Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale
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- s. e.i.N-
- p/.bttoîhèque
- BULLETIN
- bSPl-22
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR
- L’INDUSTRIE NATIONALE.
- Publié avec Vapprobation de S. Exc. le Ministre Secrétaire
- d’État de P Intérieur.
- VINGT-DEUXIÈME ANNÉE.
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- PARIS,
- IMPRIMERIE DE MADAME HTJZÀRD (iréE YALLAT LA ÇHAPELLE),
- RUE DE 1,’jEPEROK SAINT-ANDRÉ-DES-ARTS , N°. J.
- l823.
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- NOTICE
- SUR
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR
- L’INDUSTRIE NATIONALE.
- Nota. Des souscripteurs de la Société d’Encouragement ont exprimé le désir qu’il fût inséré dans le Bulletin une Notice propre à leur faire connaître quels sont l’organisation de cette Société, la nature de ses travaux et les services qu’elle rend aux arts, à l’agriculture et aux fabriques ; comment elle procède dans les concours qu’elle ouvre et la distribution des prix qu’elle décerne; et enfin quels sont les moyens qu’elle emploie pour se procui’er les sommes dont elle a besoin. Des documens sur ces questions se trouvant dans un article, rédigé par M. Cl.-Anthelme Costaz , l’un de ses secrétaires , nous l’imprimons ici, persuadé qu’il satisfera nos lecteurs. Il est extrait, en grande partie, de l’ouvrage qu’il a publié il y a environ quatre ans, sous le titre suivant : Essai sur V administration de Vagriculture , du commerce, des arts, des manufactures et des subsistances, suivi de V historique des moyens qui ont amené le grand essor pris par l’industrie française depuis la révolution ; ouvrage dont il a été rendu un compte avantageux dans les principaux journaux de l’Europe, et par une Commission spéciale, nommée par le Conseil d’administration de la Société (i).
- Les lois 7 en assurant la propriété des découvertes dans les arts 7 ont bien intéressé les hommes ingénieux au perfectionnement des fabriques, puisque cette disposition est pour eux un moyen d’acquérir des richesses ; mais elles ne suffisent pas. Pour que l’industrie manufacturière prenne le développement dont elle est sus-
- (1) Se vend chez Madame Huzard, libraire, rue de l’Éperon; Delaunay, au Palais Royal , et Nfongie aîné, boulevart Poissonnière, n°. 18.
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- ceptible , il est nécessaire encore d’avoir des institutions propres à faire découvrir des machines et des procédés de travail qui donnent la possibilité de fabriquer plus promptement, mieux et à plus bas prix que par les méthodes ordinaires. Comment exciter l’émulation de ceux qui peuvent faire obtenir un résultat si utile? Tel est le problème à résoudre.
- Si l’amour de la gloire est le mobile des actions de quelques hommes, il est certain, d’un autre côté, que ce sentiment n’a aucune puissance sur la masse des nations. Qu’on le mît seul en avant, il ne produirait que peu d’effet. Pour qu’une mesure fût couronnée par le succès, il convenait de la combiner de manière qu’elle agît sur la classe industrieuse mieux que sur les autres classes en position de faire des découvertes. S’il est vrai que, dans le dernier siècle, des arts ont été perfectionnés par elle, il l’est aussi que ces per-fectionnemens ne sont pas aussi nombreux qu’ils auraient pu l’être $ ce qui n’étonnera point si l’on réfléchit qu’aucun intérêt positif n’excitant son zèle, il était naturel qu’elle fût détournée de se livrer à cette suite de recherches et d’efforts qui procurent des inventions. Il importait à la prospérité de notre industrie de faire cesser son indifférence, et ce lût pour atteindre ce but qu’en 1801, plusieurs amis du bien public se réunirent à l’effet de se concerter sur les mesures à prendre.
- Après avoir examiné les institutions créées avant et depuis la révolution, pour faire faire des progrès aux arts, ils reconnurent que toutes avaient dans leur organisation des vices qui devaient être un obstacle à ce qu’elles rendissent des services. Les Sociétés établies se bornaient presque toujours, en effet, à du partage; à tenir des séances d’apparat pour fixer les regards de l’autorité : tranchons le mot, elles étaient le plus souvent un moyen d’intrigue imaginé par des individus pour arriver à des emplois, ou obtenir d’autres faveurs du Gouvernement. Elles accueillaient, sans choix ni discernement, ce que la médiocrité et le charlatanisme leur présentaient comme des découvertes $ elles faisaient plus,
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- elles décernaient quelquefois des médailles et des couronnes pour des machines ou des procédés déjà connus et employés par les fabricans et les agriculteurs. Nous ayons assisté à une séance du Lycée des arts, dans laquelle une distinction de ce genre fût accordée à l’auteur d’un mémoire sur PEducation des abeilles $ mémoire qui n’était cependant qu’une copie à-peu-près textuelle de ce qu’avaient écrit à ce sujet plusieurs naturalistes.
- Les anciennes institutions nationales ne présentant rien d’utile, il fallut renoncer à les remettre en vigueur. Alors les membres de la réunion examinèrent si l’étranger n’en possédait point dont il fût possible de tirer parti. Leurs regards se portèrent naturellement vers l’Angleterre , et ils y trouvèrent ce qu’ils auraient vainement cherché dans les autres contrées de l’Europe, une Société existant depuis long-temps pour l’encouragement de l’industrie, et organisée de manière que ni les intrigans ni les charlatans ne pouvaient faire tourner à leur profît sa grande influence sur la nation. Il faut l’avouer, il y a dans le peuple anglais un instinct qui l’empêche de se trompertoutes les fois qu’il est question de mesures à prendre au sujet de la marine, du commerce et des manufactures : il est rare qu’il n’adopte pas le bon parti. Sa Société d’Encouragement ayant beaucoup contribué à l’accroissement prodigieux pris par son industrie dans le dernier siècle, on ne pouvait mieux faire que d’en créer une semblable dans le royaume.
- Les espérances conçues de cette création, qui a eu lieu en 1802, n’ont point été trompées : la Société établie en France a rendu au royaume des services de la plus haute importance. Tous les ans , elle ouvre des concours, et celui qui résout les problèmes qu’elle a proposés reçoit des prix dont la valeur est plus ou moins considérable, suivant la difficulté présumée de la découverte à faire. Ces concours ont été pour nos fabriques le principe d’une foule d’avantages : aux unes ils ont procuré des machines ingénieuses qui diminuent les frais de main-d’œuvre j à d’autres ,
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- des méthodes et des procédés de travail plus parfaits que ceux dont elles faisaient usage. Enfin il n’est pas de petit atelier qui n’ait profité des lumières qu’elle répand, en faisant paraître , tous les mois, un Bulletin composé de plusieurs feuilles, et renfermant des détails circonstanciés, souvent accompagnés de gravures, sur les découvertes nouvelles : l’impression et la rédaction de ce Bulletin, les prix qu’elle propose, le loyer du local où elle tient ses séances, exigent qu’elle ait à sa disposition des sommes assez considérables j ces sommes, elle se les procure , au moyen, d’une souscription annuelle et volontaire de ses membres (i).
- Les récompenses décernées par la Société d’Encouragement ne sauraient être usurpées par les intrigues du charlatanisme, puisqu’elle ne les accorde qu’après la présentation de la preuve matérielle de la solution des problèmes qu’elle a proposés. Son Bulletin, dans lequel se trouve le détail de ses travaux , ne laisse aucun doute sur l’impartialité qui dicte ses décisions à cet égard. Quoiqu’il soit facile d’en devenir membre , l’admission des candidats n’est néanmoins prononcée qu’après la connaissance acquise de leurs titres à cette distinction , et qu’autant que d’anciens souscripteurs et des fonctionnaires publics d’un ordre élevé, ou des hommes connus dans les sciences, les lettres et les arts, en ont formé la demande.
- Les membres qui la composent ne sont pas tous domiciliés à Paris. Un grand nombre habitent les provinces ; elle a aussi dans les pays étrangers des associés-correspondans, à qui elle ne confère ce titre qu’après avoir entendu un rapport fait par une Commission nommée ad hoc. La dispersion de ses membres sur le territoire a nécessité la création d’un Conseil d’administration , et c’est ce Conseil qui rédige la correspondance qu’elle entretient, soit avec
- (i) Cette souscription étant seulement de 36 francs, on peut, à certains égards, la considérer comme une indemnité , payée pour le prix du Bulletin que reçoivent les membres de la Société.
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- les autorités constitiuëeS,soit avec les manufacturiers, les agriculteurs et les artistes qui lui font part de leurs découvertes, ou lui demandent des conseils sur les procédés les plus utiles à employer dans l’exploitation de leur industrie ; il prépare encore les programmes des sujets de prix qu’elle met au concours et surveille l’emploi des fonds obtenus par les souscriptions.
- Pour la régularité de ses travaux, il a,été divisé en six Comités ayant les dénominations suivantes : k, ;; i:i
- Comité d’agriculture 5 i jo ;.:.;r; j
- — des arts mécaniques J "
- •— dès arts chimiques $
- — des arts économiques 5 ' '
- — de commerce 5
- Commission des fonds.
- Il s’assemble deux fois par mois pour prendre connaissance des mémoires et des lettres qui lui sont parvenus, et entendre le trésorier sur la situation financière dé la Société, et les rapports des Comités sur les objets d’arts qd’ils ont été chargés d’examiner. N’agissant qu’en vertu de pouvoirs délégués par la masse des souscripteurs, il leur rend, chaque année, un compte de ses travaux, et c’est à la suite de ce compte qu’il est procédé à son renouvellement , qui est entier pour son bureau et partiel pour les membres des Comités : les uns et les autres sbïït toujours rééligibles.
- Indépendamment de cette assemblée ? la Société d’Encourage-ment en tient une seconde pour distribuer les prix remportés et proposer de nouveaux sujets de prix. Si les séances de son Conseil d’administration n’ont aucun éclat, il n’en est pas de même dés assemblées générales. Considérées comme des solennités dans lesquelles on honore ceux qui ont agrandi le domaine des arts, on les annonce par la voie des journaux, qui rendent ensuite compte de ce qui s’y est passé.
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- La Société d’Ençouragement ayant été si utile, nous pensons qu’il convient de faire connaître les noms de ses fondateurs ; ce sont : • .
- é'iV-'' Messieurs,; ; : - 5‘1;
- Chaptal, ancien Ministre de l’intérieur (1) ;
- Feu Feociiot , ancien préfet de la Seiné;
- Louis Costaz, ancien intendant des bâtimens dé la Couronne et1 2 3 ancien directeur général des Ponts et Chaussées (2) ; —
- Decawdolle, ancien recteur de l’École de Médecine de Montpellier ;
- Feu Brillat-Savarin , conseiller à la Cour de Cassation ;
- Benjamin Delessekt, banquier à Paris (3);
- Degérando, conseiller d’État, membre de l’Académie des Inscriptions et Bel les-Lettres ;
- Feu Mathieu de Mowtmorencï,, ancien Ministre des affaires étrangères;
- Cl.-Anthelme Costaz , ancien chef de la Division des arts et des manufactures du Ministère de l’intérieur ;
- Feu Regnauld de Saint-Jean-d’Aivgely, président de la section de l’intérieur du Conseil d’État, sous le Gouvernement impérial ;
- (1) Lorsqu’il était Ministre de l’intérieur, il a pris une décision en -vertu de laquelle la Société a touché,, jusqu’en 1816, une somme annuelle de 6,600 francs, en subordonnant la jouissance de cette faveur à la condition qu’il serait envoyé cent vingt exemplaires du Bulletin aux préfets et à d’autres fonctionnaires publics.
- Depuis, le Gouvernement a réduit à 4>ooo francs sa souscription, mesure qu’il n’a prise qu’à cause de l’extrême détresse des finances en 1816. *
- (2) C’est lui qui a rédigé le réglement adopté pour la tenue des séances et de la comptabilité , et déterminé la nature des travaux des Comités et le but que la Société se propose d’atteindre.
- (3) Les premières réunions pour la fondation de la Société ont eu lieu cheziui.
- Silvestre,
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- ^ SilvéstrÎ, membre de ^Académie des scierices pvujq lary asanamu «5>J> -"tiéSi^ïSem; ^‘Is-snxa:- , ü-'ori-îyjsiunsm BSI, ü-iiisJluarjgfi sud 1 ?Tessier^iJe/iï-'i ^ r’iOPj55a '^ir* «"h'^ « inqqx» zijsiènèg nr
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- iï•!'îc '•. an?_! mp giros-aou c'-D j.aonr£9i;îtio no ait - eodoaadoo'.;. Molard aîné, idem ; \ . i i
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- Ternatjx aîné, propriétaire dë plusieurs fabaaquyçcnoqTrr ïay fv fjb
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- de Éasteyrie, membre dé là Société â’agricültare de Paris |t l‘° : : *
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- Feu Antome-Scipion Perier , banquier a Paris ;
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- Savoie Rollin, ancien préfet du département de la Seine-Inférieure;
- Feu Conté , l’un des démonstrateurs du Conservatoire des arts et métiers de Paris ;
- Feu Bardel, membre du Comité consultatif des arts et manufactures ; Feu Magnien, l’un des administrateurs généraux des Douanes;
- Feu Laroche , notaire à Paris.
- Ceux des fondateurs de la Société d’Encouragement qui vivent encore sont presque tous membres de son Conseil d’administration. Satisfaits de leur zèle", lès Souscripteurs les ont constamment réélus et leur ont donné ainsi un témoignage de leur estime. Ils ont eu aussi l’attention de ne leur adjoindre que des hommes infiniment recommandables , de sorte que le Conseil d’administration se trouve composé en grande partie de savans et d’artistes d’un rare mérite. Nous ne craignons pas de le dire, l’Europe entière en fournirait difficilement une série d’aussi distingués, beaucoup d’entre eux étant auteurs d’ouvrages estimés avec raison du public.
- Dans notre opinion, rien n’est plus beau que le spectacle présenté par les membres de la Société d’Encourageinent : mus par le seul amour de la prospérité de leur pays, ils se font un plaisir de contribuer de leur fortune et de leurs lumières au succès Vingt-deuxieme année. Janvier i8a3. B
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- des mesures qui peuvent faire prendre un,grand esaôfi4 i,iu4^trie. Les agriculteurs, les manufacturiers , les artistes,, trp$yer$A^n |ux un généreux appui, et s’ils ont besoin d’être dirigés dans lçurs recherches, ils en obtiennent des conseils qui leur sont presque toujours utiles. Après avoir fait naître les découvertes par tous les moyens propres à exciter l’émulation, ils en jiropagerit êhcoré la connaissance , en publiant les succès de ceux auxquels elles sont dues. Il est impossible]dfi j&âm lfi Juen ^eetnoins Le
- riche commejFjipidig^pf;, Le faljriçapt comme^le consommateur, jouissent tous les jours .du fruit de leurs travaux sans se douter de ce qu’ils ont fait pour Futilité publique. * r
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- VINGT-DEUXIÈME ANNEE. (N°. CCXXIII.) JANVIER l823.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES.
- Description d’une machine à allèser les corps de pompe et Les cylmdres des machines à vapeur.
- La, plus importanle de toutes les inventions est incontestablement la machine à vapeur, c’est à son emploi que l’Angleterre doit la plus grande partie de sa richesse : par elle, la quantité des produits s’est accrue dans une proportion considérable, et la force motrice qu’elle développe avec tant d’énergie a remplacé plusieurs milliers d’individus que le sol riS. pouvait nourrir. La fortune publique s’est donc augmentée de toute la valeur du travail que l’on n’aurait pu attendre que d’une population beaucoup plus nombreuse.
- La pièce principale de ces machines est le cylindre à vapeur, qui doit offrir intérieurement une surface bien polie et parfaitement cylindrique : c’est sur-tout à cette dernière qualité que l’on doit plus spécialement appliquer ses soins, comme nous allons le démontrer.
- L’action alternative de la vapeur sur chacune des faces opposées du piston , ne saurait être complète si ce piston ne joint pas exactement dans le corps de pompe; car la vapeur, en s’échappant, diminue de force expansive, «sur-tout dans les machines où on ne l’admet que pendant une partie de la course du piston. D’un autre côté , cette perte est une dépense inutile et même nuisible à l’effet de la machine; car, dans celles à condensation, elle exige plus d’eau pour condenser, et dans les machines à haute pression elle diminue la force expansive. Dans tous les cas, la dépense du com-
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- . 0,- : ...G' -ifiL-- (M il. <L ( I? ) ;
- bustible augmente, en obligeant à former une plus grande quantité de vapeur.
- L’opération de l’allésage est donc la plus importante de toutes celles qu’exige la construction d’une machine à vapeur, et pour l’exécuter avec-certitude et économie, on a imaginé différentes machines, dont la forme et la disposition ont varié suivant la dimension des cylindres que l’on exécutait par leur moyen.
- C’est d’une machine de cette espèce, employée dans les ateliers de Chaillot, que nous allons donner la description. Nous l’accompagnerons de l’indication des opérations qui complètent et terminent l’allésage.
- L’allésoir représenté, P/. 234 et 235 , est composé de quatre parties distinctes ; savoir ,
- i°. Le système de poulies et d’engrenages, qui donne le mouvement de rotation à la barre de l’allésoir ;
- 2°. La barre de l’allésoir et le manchon qui porte les outils;
- 3°. Le banc de l’allésoir et les chevalets sur lesquels repose le cylindre;
- 4°. Le système de rappel, qui donne le mouvement rectiligne à la barre de l’allésoir suivant son axe.
- La première partie, que l’on aperçoit à gauche de la PL 234? se compose d’une grande poulie à trois gorges A , montée sur un axe B, dont les tourillons reposent sur deux chaises ou collets CC ; le même axe porte un pignon D, qui donne le mouvement à la roue E , fixée sur l’arbre de couche F : cet arbre est supporté à l’une de ses extrémités par le collet G, et à l’autre par un second collet H, qui tient à la première poupée de l’allésoir. Près de ce dernier collet, est fixé sur la barre F un pignon I, qui engrène avec une grande roue N montée sur l’arbre de l’allésoir. Par le rapport de ces roues et pignons, l’allésoir fait tin tour environ, tandis que la poulie A en fait sept. La vitesse peut cependant varier en plaçant la corde sur les différentes gorges de la poulie A.
- Nous remarquerons que pour alléser la fonte, la vitesse de l’outil doit être très-peu considérable; sans cette précaution, il s’échauffe et se trouve bientôt détrempé et émoussé. La vitesse qui paraît la plus convenable est de 2 à 3 pouces par seconde , au point où le tranchant agit.
- La seconde partie du mécanisme est la barre de l’allésoir avec les pièces qui en dépendent; elle présente un cylindre en fonte ou en fer J, qui doit être tourné parfaitement cylindrique, et qui porte vers le milieu de sa longueur un renflement K, sur lequel on fixe le manchon L, armé des outils ou burins d’acier trempé, qui opèrent le travail de l’allésage. Pour cet effet, le çpanchon est percé d’un trou qui présente un cône creux parfai-
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- tement égal à celui du renflement R. Les deux pièces R etL portent des entailles qui se correspondent et dans lesquelles on introduit des coins ou clavettes, qui fixent le manchon sur la barre J : ce même manchon porte à sa circonférence quatre entailles MM, qui reçoivent les outils, lesquels sont fixés par des coins, et ont dû être préalablement tournés tous quatre du même coup sur la barre J. Les burins sont toujours en nombre impair, afin que deux ne se trouvent pas diamétralement opposés. La coupe se fait en avant et non sur le côté du cylindre, en sorte que l’allésoir agit comme un foret à percer les canons.
- Une rainure o o, pratiquée dans la barre J, et qu’on aperçoit fig. 2, PL 204, reçoit un coulisseau fixé dans le moyeu de la roue N , en sorte que cette roue entraîne la barre de l’allésoir et lui imprime le mouvement de rotation, quelle que soit sa position sur la barre ; enfin, cette dernière passe par deux collets r/q qui la dirigent dans son mouvement rectiligne suivant son axe.
- La troisième partie se compose de deux poupées OO, dont le patin P est boulonné sur deux petites colonnes creuses très-courtes QQ. Ces colonnes reposent sur un socle en fonte R, assis sur un massif de maçonnerie très-solide. Les poupées, le patin , les colonnes et la maçonnerie sont traversés par un boulon portant inférieurement une clavette, qui s’appuie sur une forte rondelle de fonte placée sous la maçonnerie, et dont l’extrémité supérieure reçoit un écrou, au moyen duquel on fixe le patin des poupées sur les deux colonnes (voyez fig. 1, PL 234).
- Une large tablette en fonte S, qui sert de socle commun aux deux poupées, est percée de longues entailles T, qui donnent passage auxboulonsU, lesquels arrêtent les chevalets Y. Ces dernières pièces , représentées séparément, fig. 8, 9 et 1 r, PL 235, sont formées de deux parties semblables à celles qu’on voit en Y, fig. 9; elles peuvent s’approcher ou s’éloigner à volonté, à l’aide de deux vis de rappel X, munies de deux écrous Y. Ces vis passent à travers les trous pratiqués dans deux petits taquets Z, qui font partie des chevalets. Au moyen de cette disposition, il est facile de les rapprocher ou de les éloigner, afin de centrer le cylindre, ou de pouvoir placer des cylindres de différons diamètres. De forts boulons U fixent ces chevalets sur la tabletteS, et une chaîne a, qui entoure le cylindre tient par ses deux extrémités à deux chapes, terminées chacune par une queue à visp y sur laquelle est monté un écrou, qui serre la chaîne autour du cylindre; ce qui l’assujettit solidement sur les chevalets.
- Enfin, la quatrième partie consiste dans le système de rappel qui fait marcher le manchou; il se compose d’une grande vis à filets carrés d, fixée
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- et côncentfiquè h la barre de l’allésoir, dont elle forme le prolongement. A l’extrémité de cette barre, qui porte lavis, est montée une roue de trente-six dents, qui engrène avec une autre roue f de trente-sept dents. Cette der^ tiière est montée sur un arbre carré g, dont les deux bouts, formant tourillons, reposent sur deux collets h, i; le premier de ces collets est fixé sur la poupée à droite du banc de l’allésoir ; le second fait partie d’une troisième poupée k, qui porte l’écrou l de la vis d. La roue/est mobile sur l’arbre g, et comme elle est munie d’une joue ou bord plat q, qui recouvre les dents de la roue g , celle-ci, en suivant le mouvement longitudinal de la barre, entraîne l’autre Sans cesser d’engrener avec elle, et la transporte successivement dans toute fa longueur de l’arbre g. L’extrémité à droite de cet arbre porte une rouera engrenant avec la rouem fixée sur l’écrou /, lequel tourne dans le collet supérieur de la poupée k. Les deux roues m et n ont un égal nombre de dents.
- Tout ce qui précède étant bien compris, on pourra saisir facilement le jeu de la machine. En effet, le mouvement de rotation étant donné à la poulie A, elle le transmet à la roue E par l’intermédiaire du pignon D monté sur l’axe B. Cette roue E, fixée sur l’arbre F, transmet le mouvement au pignon T, qui fait tourner la roue N, montée à coulisse sur la barre J de l’allésoir; celle-ci entraîne le manchon L, armé des couteaux, qui agissent en enlevant une épaisseur déterminée du cylindre b. La barre, en tournant, entraîne la vis d, qui tend à entrer dans son écrou l; en sorte que si l’écrou était immobile, chaque tour ferait entrer la vis d’un filet, ce qui obligerait les couteaux à enlever, à chaque révolution, une épaisseur de matière égale à celle d’un filet; ce qui est impossible. Pour ralentir la marche de la vis, on a imaginé un moyen très-ingénieux : il consiste à donner à l’écrou l un mouvement de rotation presque égal à celui de la vis, et pour arriver à ce résultat, on a combiné les roues e et/, la première de trente-six dents et la seconde de trente-sept, de manière que lorsque la roue e, ou la barre, ou la vis, font un tour, la roue /fait ff d’un tour. Ainsi, en supposant les deux roues raz et ra du meme nombre de dents, il faut que l’allésoir ait fait trente-sept tours pour que la vis se soit avancée d’un filet; car l’écrou fait évidemment ff de tour, tandis que la vis en fait un : il île retarde donc sur la vis que d’un trente-septième de tour. Cette proportion peut convenir d’après la largeur du filet de la vis; si on la suppose de 12 millimètres (6 lignes), on aura environ un tiers de millimètre enlevé à chaque tour, ce qui donne un neuvième de millimètre à enlever par chacun des trois burins.
- Lorsque le cylindre est atlésé, c’est-à-dire lorsque l’outil a passé dans
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- tOitttehlalongueur à plusieurs reprises, et qu’aux derniers passages on a enlevé très-ipen de matière, il se trouve parfaitement rond intérieurement; mais ii‘conservé encore des ondulations qu’il est impossible d’éviter, et qui nuiraient au mouvement du piston en même temps quelles le détruiraient promptement; il faut donc le polir intérieurement : c’est ce qu’on appelle roder. Pour cet effet, on coule dans le cylindre une masse de plomb qui prend la forme d’un arc de Cylindre ; mais comme le retrait du plomb, en se refroidissant, change la courbure de cette masse, on l’a-juste à la râpe; jusqu’à ce quelle présente un cylindre de même diamètre que celui qui a étéallésé; alors on l’introduit dans le cylindre, et au moyen de l’émeri ou d’une autre substance usante,mêlée avec de l’huile, on efface les Ondulations en promenant cette masse de plomb, qu’on nomme rodoir, dans toute la longueur du cylindre. Il faut avoir soin de ne pas roder plus fortement sur un côté que sur un autre ; car on détruirait la cy-lindriçité intérieure, qui est une: condition essentielle de tout corps de pompe bien construit. ;;
- C’est pàr les moyens que nous venons de décrire que l’on parvient à exécuter de bonnes machines à vapeur; le temps n’est pas éloigné sans doute, où l’on cessera d’aller chercher à grands frais ces machines en Angleterre.
- Explication des figures des PL a34 et a35.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans toutes les figures.
- PI. zS^ifig. i. Élévation de l’ensemble de la machine à alléserles corps de pompe.
- Fig. 2. Plan de la même maçhine.
- PL 235Afig. 3. Élévation de la poupée à droite de l’allésoir.
- Fig. 4. Coupe de la même poupée.
- Fig. 5. Coupe de la poupée de rappel.
- Fig. 6. Élévation de la même.
- Fig. 7. Élévation de la poupée à gauche de l’allésoir.
- Fig. 8. Chevalet et cylindres montés , vus de face.
- Fig. 9. Détails d’un demi-chevalet.
- Fig, 10. Le manchon porte-outils vu à plat et par sou bord.
- Fig. 11. Plan d’un chevalet.
- Fig. 12. L’écrou dé rappel vu séparément.
- A, Poulie à plusieurs gorges recevant l’action du moteur; B, axe de cette poulie; CG, collets de l’axe précédent ; D, pignon engrenant avec la roue dentéeE ; F, arbre de couche, sur lequel est montée cette roue; G, premier
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- collet de l’arbre F ; H, deuxième collet du meme arbre; I, pignon qui donne le mouvement à l’allésoir; J, barre de l’allésoir ; K ; renflement sur lequel se monte le manchon porte-outils L ; M, entailles pratiquées dans le manchon pour recevoir les outils; N, grande roue menée parle pignon I; O O, poupées de l’allésoir; P, patin de ces poupées; Q Q ^colonnes en fonte servant de supports aux poupées; RR, tablettes en fonte servant de socles aux colonnes; S, table ou banc de l’allésoir; TT, entailles pratiquées dans la table précédente pour donner passage aux boulons U U, qui fixent les chevalets V; X, vis de rappel pour ajuster les chevalets; Y;! écrous de ces vis; Z, taquets à travers lesquels passent les vis de rappel, i p ndai» j
- a, Chaîne servant à fixer le cylindre sur les chevalets ; b, cylindre ;>*?, chape à vis pour tendre la chaîne; d, grande vis à filets carrés donnant le mouvement à l’allésoir; e,f., roues d’appel; g, arbre carré de la roue/; h \ i, collets de cet arbre ; k, poupée de l’écrou de la vis d; l, écrou de rappel ; m, roue d’engrenage montée sur cet écrou; n, autre roue fixée Sur l’arbre carré g; oo, rainure ou coulisse de la barre de l’allésoir; p, queue à vis de la chape c ; q,Joue ou plaque de la rouef; rr, collets de la barré de l’allésoir ; s s, petits godets destinés à recevoir de l’huile, pour faciliter le mouvement de celte barre. fo u ' . i ;
- Rapport fait par M. Molard, au nom du Comité des arts mécaniques ? sur -des échantillons de fils de lin et d? étoupe s filés à la mécanique f et présentés par M. Zibeliri. : '
- M. Zibelin, qui a géré pendant trois ans la filature de coton de M. de Latouche, à Montargis, vous a présenté des échantillons de fils d’étoupé de lin filés par lui à la mécaniquë. Ces fils; latissi fins que lè coùipoété la* matière première, nous ont paru unis et tordus au'degré eôWf'è haW écpbu r chaîne. La toile que M. Zibelin a fabriquée aVëé ces fils , et dont il1 a également mis des échantillons sous vos yeux, est assurément une bonne toile de ménage, très-propre à faire des draps de lits, des chemises, des torchons, etc. Ou doit regretter que l’établissement que M. Zibelin avait commencé en 1821 pour cet objet, à Ingersheim., près Colmar, 11’ait pu se soutenir. Privé de l’appui du général RcCpp , qui avait bien voulu s’y intéresser, M. Zibelin n’a pu , par ses propres moyens, continuer son entreprise; aujourd’hui, il cherche à lui donner une nouvelle activité, et il se flatte avec d’autant plus de raison du succès, que tous les essais, ordinairement si dispendieux, sont faits, et-qu’il a: acquis une expérience précieuse dans ce genre de fabrication.
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- Vous savez, Messieurs, que l’art de filer, le chanvre et le lin par mécanique est dû à la France, Le million de récompense , promis, en 1809 pour, cet objet, donna une prodigieuse activité au génie inventif de nos artistes. Plusieurs de ces inventions, quoique n’ayant pas atteint le but qu’on désirait, ont cependant présenté des résultats avantageux et ont donné lieu à quelques établissemens qui existent encore ou qui se sont formés depuis; mais ces établissemens, en petit nombre, sont loin d’avoir reçu les déve-loppemens dont ils sont susceptibles. On ne saurait les comparer à ceux que nous avons vus , en *819, dans la ville de Leeds, en Angleterre. L’un, celui de M. Marshall, qui s’était élevé sous la direction d’un Français, M. Cachard, employait un moteur de cent chevaux de force; on y filait également les étoupes, à-peu-près de la même manière que M. Zibelin les a filées, c’est-à-dire qu’on les carde, qu’on les passe à un étirage et à un boudineur, et ensuite au métier, qui file en fin et par un mouvement continu. Cette analogie de moyens nous prouve que M. Zibelin est sur la bonne voie et qu’il ne peut manquer de réussir. ,
- Le Comité des arts mécaniques vous propose, Messieurs , de remercier M. Zibelin de sa communication, et de lui témoigner la satisfaction que la Société éprouvera de le voir à la tête d’une entreprise où ses talens et son expérience dans cette nouvelle branche d’industrie lui assurent des succès certains.
- Adopté en séance , le b février i8a5.
- Signé Molard jeune, rapporteur.
- Rapport fait par M. Francœur, aunom du Comité des arts mécaniques ? sur un pupitre portatif à F usage des musiciens, inventé par M. Denayer.
- M. Denayer, habile graveur sur métaux et artiste distingué, avait remarqué que les exécutans sont souvent embarrassés pour trouver, soit à la campagne, soit même dans les salons, des pupitres propres à porter la musique qu’ils doivent avoir sous les yeux ; ils se créent alors des soutiens avec des livres, des chapeaux et d’autres petits meubles ; mais ces pupitres chan-celans sont fort incommodes, et l’exécution musicale en est souvent dérangée. D’un autre côté, il semblait gênant de porter par-tout avec soi un pupitre , comme on y porte un violon.
- M. Denayer a conçu et réalisé l’idée de construire un pupitre léger et facile à démonter, qu’on peut porter par-tout dans l’étui qui contient le vio* Vingt-deuxieme année. Janvier 1823. C
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- loii, et cela s&hs augmenter les dimensions de cet étui, et même sans en changer la distribution intérieure.
- Cè pupitre est composé de quatre pièces, qui peuvent sé disjoindre et se placer dans les cellules de la boîte : 1°. le pupitre proprément dit est un assemblage de petites tringles mobiles, qhi se dressent et reçoivent la feuille de musique i Cet appareil est depuis long-temps en usage ; 2°. une pièce coudée en laiton, qui maintient le pupitre et ne lui laisse qu’un mouvement de rotation horizontal; 5°* une bobèche àu: bout d’une branche brisée, qu’on coude à volonté et qui reçoit une bougie; 4°* enfin* une tige, partie en bois, partieêii Cuivre, ayant 1 pieds 4 pouces de long, et qui, par un tirage , prend jiisqu’à un pied de plus : cette'ti^e se logé dans la boite à violoh, à Côté dé l’archet. Lorsqu’on Veut dresser lé pupitrè; on adapte cette tige à une virole placée hors de la boité ; celle-ci, posée à terre, sert de pied ; Oh la passe entre lés jambes et même sous les pieds de la chaise sur laquelle oh s’assied. La tige se tient verticalement, et c’est à son bout supérieur que le pupitre est adapté.
- Il n’a pas fallu sans doute de grands frais d’èsprit d’invention pour imaginer l’appareil que nous venons de décrire, et cependant quoiqu’on ait senti fréquemment le besoin d’un pareil instrument, l’idée n’en était encore venue à personne. La simplicité des pièces qui le composent et la solidité de l’assemblage, malgré son apparence frêle, le rendent très-utile. Toutes les personnes qui ont été exposées à reconnaître l’inconvénient dont nous avons parlé, de se créer avec des meubles un pupitre momentané et sujet à se renverser, trouveront fort commode l’invention de M. Denayer.
- Le prix en est très-modéré, au moyen du parti qui a été adopté de le construire en fabrique : c’est chez M. Buron, quai de la Cité, rue des Ursins, n°. 5, que ce pupitre est confectionné : tous les luthiers l’auront en vente. Le prix est de i5 à 18 francs.
- M. Denayer n’a pas le dessein de tirer des bénéfices de cette invention, qu’il abandonne à tous les fabricans qui jugeront à propos d’en faire construire (î).
- Nous vous proposons, Messieurs, de donner votre approbation au pupitre portatif de M. Denayer, et dé faire insérer le présent rapport au Bulletin.
- Adopté en séance^ le 5 février 1822.
- Signé FRANCôEtm, rapportèat.
- (1) MM. Bréguet et Prony, membres du Comité des arts mécaniques^ et MM. Berton et Lesueur> artistes distingués , ont donné des éloges à cette invention.
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- Extrait d’un rapport fait par M. Molard, au nom d’une Commission spéciale> sur les machines propres à égrener le coton.
- Le Ministre de la marine, désirant favoriser la culture du coton dans la colonie du Sénégal, fit inviter la Société, au mois d’octobre 1821, à s’occuper de la recherche des améliorations dont les machines à égrener le coton sont susceptibles. La Société, en accueillant cette proposition, nomma une Commission spéciale, chargée de recueillir des renseignemens sur ce qui se pratique en Amérique, aux Indes et dans tous les pays où l’on cultive le coton.
- Nous allons faire connaître le résultat de ces recherches.
- Les seules machines à égrener le coton qu’on connaisse en Europe sont les machines à cylindres et à hérisson.
- La première est une espèce de laminoir à deux cylindres en fer, et quelquefois en bois dur des îles, pressés l’un sur l’autre par le moyen de poids ou de vis. Ces deux cylindres se commandent l’un à l’autre par des roues d’engrenage et tournent sur leurs axes en sens contraire; ils saisissent la laine du coton qu’on présente vis-à-vis leur ligne de contact, et la font passer derrière eux, tandis que la graine, à cause de sa grosseur et de l’angle très-obtus que font entre elles les surfaces des cylindres , reste devant ceux-ci, et tombe aussitôt qu’elle se trouve complètement dépouillée. On fait de ces machines de diverses grandeurs, qui sont mues à bras d’hommes ou par des manèges à chevaux : le travail en est bon; mais on trouve que la quantité de coton qu’elles peuvent égrener par jour n’est pas assez considérable. Des voyageurs revenus du Sénégal assurent que les machines de cette espèce, qu’on y a envoyées de Paris, ne donnent que l\ livres de coton par jour : aussi l’égrenage y çoûte-t-il 12 sous la livre, prix exorbitant, qui absorbe tout le bénéfice du planteur. La raison de ce peu de produit est facile à concevoir; les cylindres n’ayant point d’élasticité et devant se joindre exactement pour saisir la laine du colon, il en résulte que pour peu qu’il s’en trouve sur un seul point, elle les force à s’écarter, et dès-lors ils ne font aucun travail dans le reste de leur longueur.
- La seconde espèce de machines se compose de disques en tôle de fer, dentés comme une scie et montés sur un cylindre, à des distances Fun de 1 autre de 9 lignes, dont les intervalles sont occupés par des barreaux de fer en forme de grillage, dans nue position verticale- Le coton à égrener,
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- jété dans une trémie, est saisi par les dents des disques, qui font passer la laine derrière le grillage, tandis que les graines restent devant et tombent aussitôt qu’elles sont dépouillées. Le coton est retiré des dents des disques par une brosse en forme de tambour, dont la vitesse, dans le même sens, est plus considérable que celle (les disques mêmes.
- M Valcourt aîné, qui a résidé plusieurs années à la Nouvelle-Orléans, où l’on fait usage de cette machine, en a fourni à la Société le plan et la description ; mais la Commission, pour être assurée d’avoir une machine parfaitement conforme , a jugé convenable de s’en procurer une. M. Barnet, consul des États-Unis , à Paris, et M. Daolitle, actuellement en résidence à New-York, ont bien voulu y donner leurs soins, et la machine est arrivée à Paris, où elle a été mise de suite en expérience avec du coton non égrené, que le Ministre de la marine avait mis à la disposition de la Société. Ce premier essai n’a pas donné de résultats satisfaisans ; le coton s’est trouvé haché, et la graine n’a pas été complètement dépouillée.
- M. le rapporteur annonce avoir vu, en 1819', à Manchester, dans les ateliers d’un mécanicien, de ces sortes de machines, qui sont envoyées dans les colonies anglaises où l’on cultive le coton : elles sont à cylindres, mais disposées d’une manière particulière.
- W. Christian, directeur du Conservatoire des arts et métiers, a fait, à la demande de S. Exe. le Ministre de la marine, exécuter quelques machines à égrener le coton des deux systèmes; il en a fait l’expérience et comparé les résultats. Suivant lui, une machine à hérisson, construite pour la force d’un homme, ne fait pas plus d’ouvrage qu’une machine composée de deux paires de cylindres. La première a de l’avantage sur la seconde sous le rapport de la main-d’œuvre, quand elle est d’une plus grande dimension et disposée pour la force d’un ou de plusieurs chevaux. La main-d’œuvre qu’exige alors un moulin de cette espèce est à celle qu’exigerait une machine à cylindres, à-peu-près comme 1 est a 6, pour faire lé même travail ; maisjfl paraît, d’après l’expérience de M. Christian, que le moulin à hérisson 11e doit pas être préféré au moulin à cylindre, lorsque celui-ci est bien construit, parce qu’il déchire le coton et ne dépouille pas bien la graine.
- Rapport fait par M. de Lasteyrie, au nom d’une Commission spéciale, sur une machine à éplucher le coton, en usage aux Etats-Unis d’Amérique.
- M. Molard vous ayant fait un rapport sur une machine à éplucher le coton , que vous avez fait yenir d’Amérique, d’après la demande qui vous avait
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- été adressée par S. Exc. le Ministre de la marine, et les premiers essais tentés par votre Commission n’ayant pas réussi, je viens vous présenter, au nom de cette même Commission, les résultats avantageux qu’elle a obtenus dans une nouvelle tentative.
- Le défaut de succès que nous avions d’abord éprouvé ne dépendait point d’un vice de construction dans la machine, mais de ce qu’elle avait été mal disposée pour pouvoir agir d’après le mécanisme qui lui est propre. M. Bar-net, consul des Etats-Unis, qui a vu travailler ces machines en Amérique, a bien voulu nous donner des renseignemens à ce sujet.
- Vos Commissaires ont fait deux expériences sur deux espèces de coton : dans la première, ils ont soumis au travail de la machine 28 livres de coton du Sénégal, dont les filamens n’adhèrent pas à la graine. La machine a été mise en mouvement, d’abord par un seul homme, et puis par deux, pendant l’espace de trois quarts d’heure , et elle a donné en produit 8 livres de coton épluché et 19 livres et demie de graine : total, 27 livres et demie; perte, une demi-livre, qui provient des petits filamens de coton qui ont été disséminés dans différentes parties de l’appartement.
- La seconde expérience a été faite sur du coton de Géorgie adhérent à la graine. Deux ouvriers ont épluché, dans l’espace d’un quart d’heure, 7 livres de coton en graine, et on a eu pour résultat 5 livres de graine et 2 livres moins un huitième de coton.
- On a observé, ainsi qu’on devait s’y attendre, que cette dernière espèce de coton avait conservé, après l’épluchage, une petite portion de filamens courts, adhérens aux graines, tandis que les premières se trouvaient parfaitement nues. Le coton , au sortir de la machine, nous a paru en bon état et si bien divisé, qu’on aurait pu le carder sans le soumettre au battage ordinaire. Les Commissaires ont cependant cru s’apercevoir que les dents qui enlèvent les filamens et les séparent de la graine brisent une partie de ces filamens, et par conséquent peuvent en altérer la qualité.
- Il résulte, d’après la*force et le temps employés dans les deux expériences, que deux hommes, en travaillant dix heures par jour, obtiendraient dans cet espace de temps 106 livres de coton à graine nue, et seulement 90 de coton adhérent à la graine. On doit aussi observer que pendant qu’un ouvrier fait mouvoir la machine, l’autre peut l’alimenter avec le coton dont elle a besoin , et mettre dans des sacs celui qui en sort.
- Vos Commissaires pensent, d’après l’exposé qui vient de vous être soumis , que l’introduction de cette machine dans nos colonies peut être très-utile et très-économique pour les cultivateurs de coton, et ils vous propo-
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- sent de la recommander, sous ce double rapport, à S. Exc. le Ministre de la marine, et d’autoriser l’insertion dans le Bulletin du présent rapport (i). Adopté en séance , le 22 janvier i8a3.
- Signé de Lasteyrie, rapporteur.
- ARTS CHIMIQUES.
- Note sur les usages et la ductilité de la fonte de fer.
- La capitale de l’Angleterre possède actuellement plusieurs édifices dont la charpente est entièrement en fonte de fer, depuis les montans du rez-de-chaussée jusqu’au faîtage. Ces sortes de constructions sont plus solides et d’une plus longue durée que les constructions en bois, occupent moins d’espace et garantissent du danger de l’incendie : toutes les pièces peuvent être coulées facilement et recevoir telle forme qu’on désire.
- M. Tredgold, dans un ouvrage récemment publié sur les divers usages et la résistance de la fonte, fait observer que les moyens employés pour la fusion et le moulage du fer tendent à diminuer sa force, et qu’en général les fondeurs négligent beaucoup de circonstances qui ont une grande influence sur les procédés ultérieurs, telles que de bien régler la température des moules et le temps de leur refroidissement; de faire le choix convenable du sable, et de donner les évents nécessaires, afin d’éviter les soufflures. Il assure que plus les moules restent de temps à refroidir, plus la fonte est ductile, et que le meilleur moyen de reconnaître cette ductilité consiste à frapper sur le bord d’une plaque de fonte avec un marteau ; si ce marteau laisse une légère impression, c’est une preuve de la bonne qualité de la fonte : dans le cas contraire, et lorsqu’il se détache des fragmens sous le marteau, la fonte est dure et cassante. Toutefois, il est à remarquer que, dans une pièce d’une certaine longueur , la qualité de la fonte peut varier sur divers points , à raison de la situation de cette pièce dans le moule.
- INDUSTRIE ÉTRANGÈRE.
- Rapport fait par M. de Lasteyrie 7 sur une Ecole des arts établie, à Edimbourg en Ecosse.
- Comme les arts mécaniques ne se perfectionnent qu’en raison des moyens
- (1) Nous donnerons prochainement une description détaillée de la. machine américaine à éplucher le coton, accompagnée d’une planche.
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- d’instruction mis à la portée de ceux qui les pratiquent, il est évident que ces arts seront d’autant plus parfaits chez une nation, que les écoles et tes ateliers y seront plus nombreux et mieux organisés. L’habitude de voir confectionner des ouvrages avec soin et précision peut, il est vrai, former de bons artistes , ainsi que cela a lieu en Angleterre ; mais on ne parvient à un haut degré de perfection qu’après avoir acquis les notions fondamentales qui doivent diriger l’intelligence dans les ouvrages rie l’art: de là résulte futilité des écoles pour former de bons ouvriers , sur-tout dans les pays où les arts n’ont pas fait de grands progrès.
- C’est la conviction de ces vérités qui a donné naissance, dans plusieurs pays, aux écoles pour l'avancement des arts mécaniques : ainsi, la France, l’Angleterre et plusieurs villes d’Allemagne ont formé des écoles de ce genre, sur un plan plus ou moins vaste, plus ou moins parfait.
- Edimbourg, ville remarquable par des institutions qui tendent aux progrès des sciences et des arts, a trouvé dans son sein des particuliers, amis de l’industrie , qui, réunis en Société, ont fondé une école des arts digne d’être imitée dans les principales villes de France.
- Les fabricans delà ville ayant été consultés sur le projet de cette école, font unanimement approuvé et en ont reconnu les grands avantages; ils ont pensé que c’était un moyen de corriger l’éducation imparfaite des ouvriers, de les mettre à même d’exécuter avec intelligence les différentes opérations des arts auxquels ils se livrent, de leur inspirer des habitudes d’ordre et de morale, et de développer le génie et les talens naturels d’un grand nombre d'individus.
- On a cherché, avant de fonder l’école, a connaître l’opinion des ouvriers :: oti a fait circuler parmi eux un prospectus, pour leur faire sentir les avantages qu’ils retireraient d’une institution de ce genre , et pour les inviter à y contribuer par une souscription annuelle de i5 schellings. Cette proposition fut accueillie avec empressement par les ouvriers, qui souscrivirent pour la somme indiquée au nombre de deux cent vingt individus, et peu de temps après, ce nombre s’est élevé à quatre cent cinquante-deux. Alors la Société, composée des hommes les plus distingués dans la magistrature, parmi le clergé, les fonctionnaires publics, les professeurs de Funtversité et les habitans de la ville, fit donner le premier cours dans le mois d’octobre de l’année dernière.
- Les cours qui ont été ouverts jusqu’à ce moment sont ceux de mécanique, de chimie appliquée aux arts, d’architecture et de médecine vétérinaire. On se propose aussi d’établir un cours de dessin et de donner une plus grande extension à l’établissement. Je ne dois pas passer sous silence
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- que l’enseignement mutuel r qui offre des moyens si actifs d’instruction, a été employé avec succès dans une classe de géométrie formée à la sollicita-tiôn des élèves.
- On a fondé, avec les sommes provenant des souscriptions , ou avec des donations, une bibliothèque qui , dans ce moment, est composée de cinq cents volumes relatifs aux arts mécaniques. Cette bibliothèque est administrée par un bibliothécaire et un comité de douze personnes choisies parmi les ouvriers souscripteurs.
- On voit, par le rapport de la Société, que les succès des élèves ont surpassé les espérances qu’on avait d’abord conçues; les ouvriers ont montré autant de zèle que d’assiduité à suivre les leçons, et il est à remarquer que les chefs d’ateliers se sont aperçus d’une amélioration morale dans leur conduite.
- Avant de terminer ce rapport, je dirai un mot sur une école technologique qui existait depuis dix ans lorsque j’ai visité Hambourg en 1800. Elle était fondée , comme celle d’Edimbourg, par des souscriptions particulières; on y donnait des leçons de physique, de mécanique, de géométrie et de chimie. Les cours ne duraient que six mois de l’année; ils avaient lieu dans la soirée et seulement deux jours par semaine : ils étaient fréquentés par deux cents ouvriers. L’expérience a démontré que cette institution avait contribué puissamment non-seulement à donner plus d’habileté et d’intelligence aux ouvriers, mais aussi à leur inspirer une conduite plus réglée et des habitudes plus conformes à la morale.
- Les écoles dans le genre de celles dont nous venons de parler offrent de si grands avantages à la classe ouvrière et au perfectionnement de l’industrie, qu’il esta désirer qu’on puisse en former non-seulement dansla capitale, mais aussi dans toutes les villes manufacturières. Je n’aurais pas hésité à provoquer l’attention de la Société sur un sujet aussi important, et à lui demander d’aviser aux moyens de former dans Paris des écoles des arts, si les circonstances étaient assez favorables pour faciliter une pareille entreprise; mais je pense que cette idée doit être ajournée jusqu’au moment où il nous sera permis de rendre ce nouveau service à l’industrie française.
- Adopté en séance, le a 2 janvier 1825.
- Signé nr hasteyme, rapporteur.
- A Paris, de l’Imprimerie de Madame HIJZARD (née Vallat i.a Chapelle), rue de l’Eperon-Saint-André-des-Arts , n°. 7.
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- VINGT-DEUXIÈME ANNÉE. (N°. CCXXIY.) FEVRIER l823.
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- DE LA
- SOCIETE D ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES.
- Description dé nouvelles vannes en dessus? pour les roues à . coursier circulaire.
- On sait que les roues hydrauliques à coursier circulaire jouissent, par le bôn emploi des eaux motrices, des mêmes avantages que les roues à pots ou à àugets, et qu’elles peuvent même leur être assimilées, puisque chaque aile devient successivement le fond d’un auget compris entre le coursier, les deux joues latérales de ce coursier et l’enveloppe extérieure de la roue hy-drauliquei C’est ainsi qu’elles ont été considérées dans le Traité des machines de M. Hachette, édition de 1819 , page 96, article 167 , relatif à la roue hydraulique deM. Ferey Oberkampf, d’Essone. Le constructeur de cette roue est M. Atkins, qui a répandu en France l’usage des nouvelles vannes qui sont décrites dans l’ouvrage cite. Comme il nous a paru utile d’en répandre la connaissance, nous les avons fait dessiner avec plus de détails, d’après des modèles que M. Léger Didot a bien voulu nous confier.
- L’objet spécial de ces vannes est de fournir l’eau à telle hauteur que l’on veut du fond du canal, et d’agir par impulsion , tandis que les vannes ordinaires donnent écoulement à l’eau par le fond seulement.
- Explication des figures de la Pl. q.36.
- • Fig. 1. Plan de. la vanne et de la roue hydraulique.
- Fig. 2. Profil de la vanne, des ailes et du coursier circulaire delà roue hydraulique.
- Fig. 3., Vanne vue de face.
- Fig. 4- Autre coupe d’une vanne plus inclinée, pour un coursier circulaire de moindres dimensions suivant l’axe.
- Fingt-deuxième année. Février 1823.
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- Les mêmes lettres indiquent
- A B C ,fîg. 2 , est la coupe du coursier ; la surface qui termine ce coursier extérieurement est upi.cyl|ndrëi^^se firc|îâire|, édont l’axe ne diffère pas de l’axe de rotation ||e : }&rofte !Ji|drajiliqab-t*âÿon de ce cylindre est égal au rayon augmenté de la profondeur de l’aile. On exécute ce coursier en maçonnerie ; les joues sont en fenteQle fer.
- Une autre surface cylindrique,JB D,aussi en fonte de fer, est fixée,d’un bout sur le coursier en B, et de l’autre bout sur -des montans à rainure^ È-E, en bois ou en fer: ce prolongeaient du cqursier sert à amener les eaux du niveau II' sur les ailes de la roue."
- La vanne P N glisse entre xlcux.»ra4nnrcs-opposées RR'; elle s’élève ou s’abaisse au moyen des crémaillères RK' et d’une manivelle M. L’axe horizontal F de cette manivelle est en fer; il porte deux pignons GG, qui engrènent dans les dents des crémaillères li K/, dont le mouvement est dirigé par des poulies SS , fixées sur la traverse supérieure H.
- La pièce de bois L, traversée par les crémaillères, se projette parallèlement à la longueur de la vanne, " : ! ; b ; ' fn y è ; * ' ?;^ f,o
- La partie abcd du plan /?g. i se rapporte à la rque hydraulique,; cette roue est composée de deux ou d’un plus grand nombre; d’embrasures en fonte de fer, qui sont traversées par des tasseaux destinés à supporter les ailes en bois de la roue. V ü 'i . > n o »4> ii, ;-bs!
- La partie efg h est relative à la vanne qu’on voit en T R de la epupe/ig. 2. On peut prendre pour le module linéaire desfig. 1 à 4le rayon O O', fig. 2, de la roue hydraulique; ce rayon est de 2o3 centimètres pour la roue d’Es-sone citée précédemment, et de 244 centimètres pour la roue hydraulique delà fabrique de papier continu dqnt jYL Léger Didqta introduit les modèles en France. :.;j; ,.. rorr„ yy:^Harno' b
- Extrait d?un rapport fait par {3Ï. Héricart de Tliury? nom du Comité des arts mécaniques * sur, un mausolée en fer poli, exécuté par M, Pottié, artiste mécanicien y \rue de Tfiaugirard , So r à Paris, s ^ o \ ; b
- Ce mausolée, consacré à la mémoire de S. À. R. Mgr. le duc de Béni , est exécuté entièrement en fer forgé et poli; il est placé au bord d’une rivière sur un tertre de gazon et posé sur un socle de deux marches. Le stylobate, qui est du genre des piédestaux doublés ou continus, se compose : ip. d’une plinthe avec les moulures de la base chargées derichès orhemens, de guirlandes, de perles et de feuilles de rëfend ; 2°. d’ml tympan portant un •*.2 - • .Ccd 1 '.sbvuxft '-vV •
- v.
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- /t/'/'tff*' t/l-/. // r 'V 'ff/f '
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- filet astragale et une belle frisera palfuetîes* $?. qfejla poj'pfehfc iforiflÉé çfe ses reglets, cimaise , larmier, talon et filets ; 4°- enfitvçfô-fe pjànffee,qqvsert de frise au stylobate ou de base au tombeau. : , :-J
- Sur chaque face du piédestal, qui est entouré d’une belle guirlande de feuilles de lierre, est une plaque avec encadrement perlé : l’une de ces plaques , sur laquelle est gravée l’irfseription, peut être enlevée et changée à volonté^sarts porter aucun préjudicë au monument/
- Le tombeau est une cuvette pyramidale, tronquée et renversée, de forme antique, portée par quatre gaines corinthiennes, ornées d’un feuillage d’acanthe, et terminées par des griffes de lion , qui saisissent les boules de support. Le corps ou coffre de la cuvette est composé de quatre plaques unies sans soudure : le couvercle est formé de trois corps de moulures.
- Derrière le mausolée est placé un saule-pleureur qui couvre de son feuillage tout le monument. Du corps de l’arbre, dont l’écorce est matée et gravée au ciselet, s’élèvent cinq grandes branches, qui se divisent et se subdivisent successivement en plus de six Cents branches en fil de fer de différentes grosseurs. Sur ces branches sont soudées à l’argent et au chalumeau plus de trois mille feuilles groupées dans l’attitude la plus vraie et la plus naturelle, et ciselées de manière à présenter toutes leurs nervures.
- L’exécution de ce beau monument ne laisse rien à désirer et fait honneur au talent de M. Pottiè, en considérant sur-tout la matière ingrate sur laquelle il s’est exercé. En effet, il était difficile de suivre avec plus d’exactitude des proportions d’architecture et sur-tout les proportions de l’ordre corinthien : les lignes, les filets , les angles , les doucines , les astragales, et généralement toutes les moulures de ce monument présentent une pureté de trait et une précision véritablement géométriques, qu’on ne pouvait s’attendre à obtenir de feuilles de fer, lesquelles, indépendamment des défauts naturels du métal, spnt encore souvent sujettes à se gauchir dans le travail. Malgré toutes ces difficultés^ M, Pottié s’est rendu maître de sa matière , le métal a cédé , et cet artiste, connu depuis longtemps par ses belles compositions et ses gravures s.ur bois, sur fer et sur tous métaux,, comme par les différens modèles qu’il a exécutés, a donné une nouvelle preuve de la supériorité de son talent dans l’exécution du monument qu’il a élevé à la mémoire du due de Berri. <
- M. le rapporteur h proposé à la Société d’Encoura geinen t : i°. de recomr mander M. Pottié aulx Ministres de l’intérieur et de la maison du Roi, en leur représentant -que cet artiste distingué, père de famille, infirme, déjà âgé, et digne à tous égards de leur intérêt, a consacré deux années d’un
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- travail assidu à l’execution de ce monument; 2°. de le mentionner honorablement dans le Bulletin. ‘ î; » , i r
- Ces conclusions ont été adoptées dàns' là séance du 19 février 1823.
- Note sur les limes de La fabrique de M. Schmidt.
- M. Schmidt y fabricant de limes à Ménil-Montant, près Paris , a présenté à la Société des limes pointues et des limes plates à main, de petites dimensions, depuis 4 pouces jusqu’à 7 pouces de longueur : ces limes sont propres aux ouvrages d’horlogerie, d’arquebuserie et de bijouterie, et pour la taille ët l’affûtage des lames de scies ; elles sont fabriquées avec de l’acier fondu de la Berardière, bien taillées et trempées, et paraissent en général de bonne qualité et pouvoir soutenir la concurrence avec celles qu’on trouve dans le commerce. Le prix en est modéré et inférieur à celui des meilleures limes qui se vendent à Paris. Les limes pointues de 4 pouces sont livrées; savoir, les bâtardes à 5 francs la douzaine, les demi-douces à 5 francs 5o c., et les douces à 6 francs ; les mêmes espèces de 7 pouces, à 10, 12 et 14 francs. Quant aux limes plates à main , leur prix est coté ; savoir, celles de 4 pouces, à 6, 7 et 8 francs5o c., et celles de 7 pouces, à 15, 1 8 et 20 francs.
- Le dépôt de ces limes est établi rue de Charonne, n°. 5.
- ARTS ÉCONOMIQUES.
- Rapport fait par M. Héricart de Thury, au nom d’une Commission spéciale ? sur Vinstruction pratique de construire les aires à Vantique ou pavés terrassés à la vénitienne j présentée à la Société par M, Laudier, ancien chef de bataillon du génie. , : ,
- Messieurs, les aires ou pavés terrassés, communément appelés en Italie composto, terrazzo, marmorino, i pavimenti cûmposti terrazzati alla veni-tiana, etc., etc., sont depuis long-temps connus dans diverses parties de la France, où l’usage en remonte aune époque si reculée, qu’on l’attribiiè aux Romains, et qu’on les y désigne même sous le nom d’aires à la romaine; mais ce genre de construction, qu’il ne faut pas confondre avec les belles mosaïques et les marqueteries en pierre de Belloni, de Hersant, de Va-lin, etc., est généralement si négligé aujourd’hui, que la plupart de nos aires modernes ne présentent qu’une faible imitation des beaux restes de pavés terrassés antiques qu’on découvre dans les ruines de nos villes du Midi.
- M. Christian, dans le rapport qu’il vous fit , le 17 août 18 r 4 ? sur 011 ou“
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- vrage allemand offert à la Société parle colonel Rœdlich, officier prussien, sur l’art de construire les pavés en mosaïque, se plaignait, comme nous le faisons aujourd’hui, de la décadence de cet art, et vous disait, à son sujet, qu’il-avait subi, comme beaucoup d’autres, de très-grands changemens; mais qu’au lieu de se perfectionner, il s’était dégradé, sinon sous le rapport des procédés, du moins sous celui du fini de l’exécution (i).
- Vitruve, qui nous a donné des renseignemens si précis sur toutes les parties de l’art de bâtir, a consacré deux chapitres aux constructions des aires antiques (2). On trouve également dans divers ouvrages modernes quelques notions sur les procédés communément employés pour faire les aires des pavés terrassés; mais la plupart en parlent d’une manière si abrégée ou si générale, qu’il est impossible de les mettre en pratique. Nous devons cependant excepter.de cette catégorie le Traité de Vart de bâtir , de Rondelet, dans lequel on trouve une instruction particulière sur la construction des aires antiques ou pavés terrassés, que ce savant architecte paraît avoir rédigée d’après les principes de Vitruve, et d’après ses recherches dans les ruines de l’Italie, ou d’après ses propres expériences (3).
- Nous savons que les détails dans lesquels Vitruve est entré relativement aux aires antiques, et nous voyons par les parties qu’on en découvre en divers endroits de la ville Adrienne, combien les anciens prenaient de soins et de précautions pour les construire. En effet, en visitant les ruines des anciens édifices de la Grèce et de l’Italie, on voit que leurs aires étaient composées de trois couches distinctes :1a première, statumen, était formée de pierres de la grosseur du poing pour les rez-de-chaussée, et delà grosseur d’un œuf lorsqu’on les faisait sur des planchers élevés; la seconde couche , rudus, de 24 à a5 centimètres , était un béton de chaux et de petites pierres ou de cailloux, et la troisième couche , nucléus ou noyau, était un mortier de ciment de 12 à i3 centimètres : c’était sur cette troisième couche qu’on posait le pavé de terre cuite, les briques, les rocailles, les marbres , les mosaïques, etc., etc.
- Dans plusieurs endroits de la ville Adrienne , dans les Thermes de Cara-calla, dans les ruines de Pompéia, etc., etc., on voit des portions d’aires antiques faites sur des planchers, dont tous les bois sont détruits depuis plusieurs siècles, et qui se soutiennent cependant encore comme des voûtes. En les examinant, on y reconnaît, on y suit exactement tous les détails décrits par Vitruve ; on y voit les trous des solives, les marques de
- (1) Bulletin de la Société d’Encouragement, treizième année ^ 1814, N°. CXXI.
- (2) Lib.YII, cap. 4 et 5.
- (3) Tom. 1er. j art. et 10, planche XII..
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- l’épaisseur des planchers, l’impression des feuilles de fougère qu’on étendait, enfin'les trois différentes couches dé maçonnerie dont l’aire était formée (i).
- Nous avons vu faire, depuis quelques années, dans les vestibules et sous les portiques de quelques-uns de nos palais des aires à l’antique, en pavés terrassés, avec le plus grand succès (2); mais ces exemples , d’ailleurs très-rares, exceptés , ces aires ne sont guère plus en usage aujourd’hui que dans quelques parties de nos départemens méridionaux , où leur construction est abandonnée à des ouvriers sans aucune connaissance réelle des principes de l’art, et dirigés seulement par la tradition, encore mal conservée, de ia pratique des anciens : aussi la plupart des travaux faits en ce genre n’ont-ils qu’une durée éphémère, tandis que ceux des anciens, au milieu des ruines de la Grèce et de l’Italie, ont déjà bravé et braveront encore long—temps toutes les causes de destruction de nos climats.
- L’art de construire les aires de pavés terrassés à l’antique étant aujourd’hui à-peu-près perdu ou ignoré en France , ou n’y étant plus exercé que par des ouvriers étrangers, et par conséquent d’une manière dispendieuse, et l’ouvrage de M. Rœdlich, malgré la proposition de M. Christian, n’ayant pas été publié , ou étant même peut-être aujourd’hui perdu pour nous, il devenait important de trouver quelqu’un d’assez versé dans la théorie? et la pratique de cet art, qui voulût bien rédiger une instruction élémentaire propre à mettre à la portée des ouvriers les moins exercés les principes des anciens sur la confection des aires à l’antique. Personne ne pouvait mieux remplir cette tâche queM. Laudier, ancien chef de bataillon dans l’arme du génie, qui s’èst attaché à l’étude des monumens de'l’Italie , sons le rapport de leur construction. Cet officier, qui avait, dans ses campagnes, étudié comparativement les aires antiques et les pavés terrassés des Vénitiens, qui Ont Ta réputation d’avoir conservé la méthode des anciens, èè employé les loisirs de sa retraite à rédiger une instruction élémentaire sur l’art de construire les aires des pavés terrassés, vulgairement appelées à la Vénitienne : i pàvitÜèÀti terrWziati alla veniticma. sc
- Cètte iûstruetitm, qtre Vous trous avez thaŸ^éS cl’éxàminér , èst divisée en deux parties y là première est FinstrÙcHon pratique propremèirt dite j èàt divisée èn trois chapitres. Dans fé premier j l’auteur exposé la prépaéa-
- (1) Les ruines du palais des Thermes de Paris, nouvellement explorées, présentent un bel exemple de la solidité d’une aire antique qui a résisté jusqu’à ce jour au passage journalier des voitures des tonneliers qui avaient établi , depuis plusieurs siècles , leurs magasins et ateliers dans la belle salle de ces Thermes.
- (2) On peut voir de beaux modèles de pavés terrassés à la vénitienne au Louvre, soirs la grande colonnade j au nouvel hôtel du Ministre des finances , rue de Rivoli , etc., etc.
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- tioîi des différentes couches qui doivent former Faire du pavé terrassé.
- Nous avons dit que, suivant Vitruve, les aires des anciens étaient composées de trois couches; mais, dans la méthode vénitienne, les aires terrassées sont formées de quatre couches , dont M. Laudier fait connaître le travail et la confection dans autant d’articles. •
- Le chapitre second comprend douze paragraphes, dans lesquels sont successivement décrits le choix, le cassage et la préparation des marbres, leur application, l’usage des instrumens à battre'et à polir, le choix et l’emploi des couleurs, etc.
- ' * Enfin , dans le troisième chapitre Fauteur a fait connaître divers moyens de construire dés aires à l’antique, plus simples que les aires à la vénitienne, moins dispendieux, et par conséquent d’un emploi plus général et plus à la portée des campagnes.
- La seconde partie du mémoire est consacrée à la description de tous les outils et instrumens employés dans la construction des aires vénitiennes. Ils sont figurés dans le plus grand détail sur un dessin joint à l’instruction, de manière à pouvoir être exécutés sans difficulté.
- Telle est en peu de mots, Messieurs, l’instruction que M. Laudier vous a présentée sur Fart de construire les aires de pavés terrassés à la vénitienne. Nous pensons qu’elle réunit, tous les renseignemens que pourraient désirer les personnes qui voudraient en exécuter ou en faire exécuter. Ce n’est, nous en convenons, ni une découverte ni un perfectionnement; mais il n’est pas moins vrai de dire que c’est à M. Laudier que nous devons, i°. la connaissance de la manière de construire les aires antiques à la vénitienne , qui s’était perdue chez nous, et i°. une excellente instruction pratique de cet art, que nous vous demandons , Messieurs, de faire insérer dans le Bulletin de la Société, en témoignant à M. Laudier votre satisfaction pour l’ouvrage qu’il vous a présenté.
- Adopté en séance, le 5 février 1825.
- Signé Héricart de Thury, rapporteur.
- Instruction pratique sur fart de construire les pavés terrassés à la vénitienne $ par JM. Laudier, ancien chef de bataillon du génie.
- CHAPITRE Ier. — préparation de l’aire.
- ; . k. . - - § ier. De la première couche.
- Les pavés terrassés à la vénitienne se construisent dans les appartemens, au rez-de-chaussée, sur des voûtes, sur des charpentes couvertes de planches,
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- non-seulement dans des endroits couverts, mais aussi en plein air. Dans tous ces cas, la manière de construire ces pavés est constamment la meme ; il faut seulement avoir l’attention, en établissant la première couche sur un rez-de-chaussée, que le plan soit bien sec, la terre bien foulée et bien nivelée.
- Cette opération terminée, l’ouvrier qui dirige le travail fait des marques dans les angles de l’appartement, à 2 pouces au-dessus du fond, puis avec la règle il lie toutes ces marques par un gros trait noir; ensuite il couvre entièrement ce fond avec la première couche, qui consiste en plâtras et en vieilles briques, que l’on étend également et drument jusqu’à la hauteur du trait noir. O11 refoule bien cette première couche avec la demoiselle, fig. 8, PL %37, et pendant ce travail on a soin d’humecter la masse avec de l’eau de chaux, ce qui se fait avec de petits balais. Pour niveler cette masse, on se sert de la règle et du niveau , 18.
- § 2. De la seconde couche.
- On tire une nouvelle ligne noire autour de l’appartement, à 3 pouces au-dessus de la première; cette ligne détermine l’épaisseur delà seconde couche, qui est composée également de plâtras et de vieilles briques, qu’on prépare comme il suit : on écrase le plâtras et les briques, et on les mêle avec de la chaux et du sable, ce qui forme un gros mortier,
- Quand on a de ce mortier en quantité suffisante, on en met sur la première couche jusqu’à la hauteur de 3 ponces, on étend cette masse avec le râteau de fer,fig. 6, et on la herse; ensuite on l’égalise avec une latte en y appliquant le niveau; puis on humecte avec de l’eau de chaux; on refoule avec la demoiselle; on bat avec le battoir de fer jusqu’à ce que la couche ressemble à un mur nouvellement recrépi, et enfin on refoule encore avec la demoiselle, lorsque cette seconde couche est près d’être sèche, on applique la troisième appelée couche rouge.
- § 3. De la troisième couche, appelée couche rouge.
- On écrase de vieilles tuiles ou des tuiles neuves : quand 011 en a une quantité suffisante passée au crible à petit treillage,2, on la met en tas, après en avoir séparé les petits morceaux qui auraient pu s’y mêler. Pour faire le mélange, on forme deux tas, dont l’un contient deux tiers de briques écrasées, et l’autre un tiers de chaux : alors un ouvrier jette une nouvelle pelletée de brique, qui est mêlée de même, et ainsi de suite, jusqu’à ce que la brique soit entièrement employée et soigneusement amalgamée avec la chaux ; 011 retourne encore une fois cette masse avec le râteau de fer, jusqu’à ce que le mélange soit parfait.
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- Cette masse ayant été retournée plusieurs fois en l’arrosant avec de l’eau, onia brasse encore avec le râteau de fer, jusqu’à ce qu’elle ait acquis la consistance d’uq mortier mi-compacte.
- § 4- Manière d'appliquer la couche rouge.
- Le mortier rouge est étendu de la manière indiquée ci-dessus. Cette couche a un pouce trois quarts ou 2 pouces d’épaisseur. S’il arrive que la seconde couche soit déjà trop sèche pour ne point céder au mortier rouge, et ne puisse s’unir convenablement avec lui quand on le refoulera, alors il faudra humecter tout le plancher, et lorsque la surface sera suffisamment arrosée, on mettra le mortier par tas, et on l’étendra bien également avec le râteau de fer.
- Ensuite on applique la règle et le niveau dans toutes les directions de l’appartement, et on nivelle avec le plus grand soin.
- La hauteur totale des trois couches, particulièrement dans les appartenons au rez-de-chaussée, où l’humidité est à craindre, doit être de 6 à 7 pouces : c’est pourquoi il sera bon d’établir de petites rigoles par où les eaux puissent s’écouler.
- Dès que le nivellement est terminé, il faut, avec le battoir de fer ,fig. 9, affermir et bien aplanir toute la surface.
- Le nivellement, dans cette partie du travail, se fait d’après l’instruction suivante :
- Quand la masse rouge est étendue, on prend une latte bien rabotée, qui ait une longueur égale à la largeur de l’appartement; on la place à terre. Deux ouvriers, chacun dans un angle de l’appartement, placent cette latte suivant la largeur du local, puis la traînent en la tenant toujours dans la même situation; ils enlèvent ainsi la superficie du mortier : à chaque trait, ils appliquent le niveau, et s’assurent de l’exactitude du nivellement. ,
- La couche de mortier rouge étant bien nivelée, on la bat entièrement avec le battoir de fer et la demoiselle. Dans les coins de l’appartement, on bat le mortier rouge aussitôt qu’on l’a étendu, parce qu’il y sèche beaucoup plus promptement que dans le milieu.
- § 5. De la quatrième Couche.
- Sur la couche rouge, on étend la couche blanche, qu’on appelle lo sta-hilido ou il bianco : cette couche se prépare de la manière suivante :
- On écrase une certaine quantité de marbre blanc ou grisâtre en petits fragmens , ou plutôt en grains, que l’on passe ensuite à travers un tamis de
- Vingt-deuxième année. Février 1823. E
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- fil de fer assez serré pour ne laisser passer que ce qui est comme du sable grossier. On prend deux tiers de ce gros sable, que l’on mêle avec un tiers de chaux , et qu’on amalgame bien , jusqu’à ce qu’il en résulte un mortier ferme, que les ouvriers appellent il bianco.
- S 6. De Vapplication du mortier de marbre.
- Quand on a une suffisante quantité de mortier de marbre, on le met dans une auge, que l’on porte dans l’appartement où le pavé s’établit.
- Voici comment on applique ce mortier sur la couche rouge : un ouvrier met avec la truelle de maçon, fig. 11, le mortier par petits tas, en lignes droites, et à 3 pouces de distance les uns des autres ; un autre ouvrier l’étend bien également avec la truelle ronde d’acier io, sur toute la surface du plancher. L’épaisseur de la couche de ce mortier de marbre est d’un quart de pouce à un demi-pouce.
- L’ouvrier qui étend le mortier avec la truelle doit se garnir les genoux avec du feutre.
- On peut donner à ce mortier la couleur que l’on veut, en prenant du marbre jaune, vert, ou de toute autre couleur; on préfère cependant le marbre blanc, parce que le tracé y paraît mieux, et que les morceaux de marbre qu’on y applique ressortent davantage.
- Lorsque la couche de mortier blanc commence à sécher, on y trace légèrement le.dessin qu’on se propose ; ensuite on passe à la seconde partie du travail, qui consiste à appliquer les différens marbres de couleur qui doivent rendre le dessin qu’on a tracé.
- CHAPITRE II. ---- TRAVAIL DU MARBRE.
- § Ier. Moyen de casser le marbre.
- Pendant qu’une partie des ouvriers est occupée à établir les première, seconde, troisième et quatrième couches, un autre ouvrier trie les différentes couleurs de marbre qui peuvent convenir à l’exécution du dessin projeté. On se sert pour cet objet de fragmens de vieux marbres cassés dont on ne peut plus faire usage, et qui s’emploient encore bien utilement dans ce genre d’ouvrage, parce qu’ils ont conservé un côté poli. Quant à ceux qui servent pour les mortiers, leur forme est indifférente, puisqu’ils ne sont employés qu’après avoir été écrasés.
- On casse les différentes sortes de marbre, avec le marteau pointu,fig. 7 , en petits morceaux,dont les plus gros ne doivent avoir que 2 ou 3 pouces
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- de long sur autant de large, sans être de forme régulière,et on les met en tas, suivant leurs différentes couleurs.
- Ensuite on passe ces tas à travers le grand crible ,flg. 5, pour séparer les gros morceaux d’avec les petits, et on en forme deux tas particuliers.
- Quand tous les champs du dessin sont tracés sur le plancher et qu’on a déterminé la couleur à donner à chacun , alors les ouvriers commencent à faire les encadremens avec de petits morceaux de marbre de couleur con* venable, qu’ils appliquent dans la masse avec toute la régularité possible, observant toujours de choisir le plus long- côté et de le placer exactement sur la ligne du dessin , les côtés irréguliers en dedans de l’encadrement, comme on le voit fig. 19. Lorsque le petit morceau est bien placé , l’ouvrier l’enfonce avec le pouce , et continue ainsi le long de la ligne avant de procéder à l’intérieur de l’encadrement, qui n’exige pas la même régularité.
- § 12. De l’application du marbre.
- L’ouvrier prend de chaque espèce de marbre cassé, suivant les couleurs qu’il veut donner au dessin, et les met dans les poches dont son tablier est garni ; il se met à genoux, et en suivant le tracé du dessin il enfonce, avec le pouce, bien exactement à côté l’un de l’autre, les petits morceaux de marbre dans la masse encore à moitié molle, qui forme la quatrième couche.
- L’encadrement du dessin étant formé avec ces petits morceaux de marbre, qui doivent être autant que possible de même grandeur, on procède à l’incrustation du champ du milieu, appelé miroir.
- Si le miroir ne contient aucun dessin , on prend seulement des morceaux de marbre de la couleur qui doit être la dominante, ou bien on peut encore employer des marbres de différentes couleurs, ce qui produit un très-bon effet.
- § 3. Manière de paver le miroir.
- Les morceaux des espèces de marbres et de la couleur qui doit dominer dans le miroir seront plus, grands et auront au moins 2 à 3 pouces de large sans aucune régularité; ils doivent être en outre plats autant que possible : l’ouvrier les répand sur le plancher et les y laisse comme le hasard les place, avec la seule attention qu’ils ne soient pas trop près les uns des autres.
- Le miroir étant couvert, il faut avoir soin de mettre à plat les morceaux qui, en tombant, n’auraient pas pris cette position, et même retourner en dehors leur côté poli, s’ils en ont un. Pour les mettre à plat, les ouvriers se
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- servent de plusieurs planches, sur lesquelles ils se placent à genoux, et avancent ainsi en travaillant droit devant eux.
- Les gros fragmens, mis à plat et point trop serrés les uns contre les autres, donnent au miroir la couleur principale. Après cela, on prend des morceaux plus petits de différentes espèces de marbres, telles que blanc, rouge, jaune, noir, rougeâtre, verdâtre, etc., et l’on remplit tout l’espace qui se trouve entre les gros morceaux; on forme ainsi un mélange de couleurs agréablement nuancées. Pour s’assurer si les couleurs produisent un bon eflet, on asperge la partie déjà terminée a'vec un balai trempé dans l’eau: alors les couleurs ressortent avec tout leur éclat.
- Le plancher étant pavé de la manière prescrite, on procède à la pression avec le cylindre de pierre.
- 4- Usage du cylindre de pierre, fig. 12.
- Avant de se servir de ce cylindre, il faut que tout le plancher soit fortement arrosé avec de l’eau; de sorte que non-seulement la niasse blanche s’amollisse , mais encore la masse de mortier rouge qui est au-dessous. Cette opération étant terminée, 011 place le cylindre avec précaution, afin que les petits morceaux de marbre ne soient point dérangés, et l’on commence à le rouler sur le bord du miroir le plus près possible de la porte. L’ouvrage se commence toujours de ce côté, afin d’éviter, en entrant et en sortant, d’effacer le tracé.
- Le cylindre se roule en avant et en arrière, et la place sur laquelle il a passé doit être souvent et fortement aspergée avec de l’eau.
- Dans les coins des croisées, et dans tous les endroits où l’on ne peut atteindre avec le cylindre, il faut qu’ils soient bien refoulés avec la demoiselle et battus avec le battoir de fer.
- Lorsque le cylindre a été suffisamment roulé, que les petits morceaux de marbre se trouvent bien enfoncés dans la masse rouge, qu’on commence à s’apercevoir que la masse blanche forme une espèce d’enduit et que le tout est suffisamment incrusté, on continue encore à le refouler avec la demoiselle et à l’aplanir avec le battoir de fer.
- § 5. Usage du petit polissoir, Jig. i 3 .
- La couche de marbre ayant été bien roulée au moyen du cylindre, refoulée et rebattue, étant entièrement enfoncée jusque dans la masse rouge, et la surface ne montrant plus que l’enduit du mortier blanc, alors on emploie le petit polissoir, et les ouvriers commencent à polir en tous sens.
- Dans les embrasures des croisées, et par-tout où le petit polissoir ne peut
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- être employé, l’ouvrier se sert d’un morceau de pierre à aiguiser, assez grand pour qu’il puisse le saisir des deux mains, et polir convenablement, étant à genoux,tous les coins de l’appartement, et remplir avec la truelle les interstices qui pourraient se former.
- A mesure que la surface se polit, un ouvrier, muni d’une truelle, d’une auge avec du mortier de marbre blanc et de différens petits morceaux de marbre , s’occupe à remplir les vides et à enfoncer de nouveaux morceaux là où il pourrait en manquer; ensuite on arrose l’endroit et on y repasse le polissoir. Le mortier de marbre, qui, par l’arrosage et le polissage, est forcé de sortir, est dans un état très-liquide : l’ouvrier enlève avec la truelle d’acier, en raclant cette partie avec force, jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien à la surface.
- § 6. Manière d’aplanir les gros morceaux de marbre dont le miroir est
- incrusté.
- Lorsque le miroir est entièrement incrusté avec de gros morceaux de marbre, et qu’il s’en trouve qui dépassent les autres ou qui se soient détachés, on les enfonce avec un prisme quadrangulaire de bois. On place ce prisme sur le morceau de marbre, et l’on frappe légèrement sur la face opposée jusqu’à ce qu'il soit enfoncé.
- Cette couche de marbre naturel étant bien aplanie avec le petit polissoir, égalisée et travaillée avec la truelle d’acier, et le poli du marbre paraissant un peu , on fait usage du grand polissoir ou de la grande meule.
- § 7. JJ sage de la grande meule ,jfîg. 14.
- Le grand polissoir consiste en une mèule d’un pied et demi de diamètre, dont on a enlevé une partie de sa forme cylindrique : il reste alors une surface plate d’environ 2 pouces, qui est celle avec laquelle l’instrument pose sur le pavé; ce qui lui donne plus de prise lorsqu’on le met en mouvement.
- Cette meule, étant très-pesante, doit être manœuvréepar deux hommes, dont l’un tient le polissoir tout près de la tête, et l’autre le milieu du manche. Quand on commence à polir, l’un des ouvriers pousse en avant, et l’autre repousse avec force en sens contraire. Pendant ce travail, on asperge soigneusement le pavé, et les vides qui pourraient se former sont remplis exactement avec du mortier de marbre.
- Dans le cas où l’on voudrait employer de très-gros polissoirs, deux hommes ne suffisent par pour les faire agir : alors on attache à la tête de la
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- meule une corde , avec laquelle un troisième ouvrier la tire à lui. puis les deux autres la retirent de leur côté.
- Quand le pavé est suffisamment lissé au moyen du grand polissoir (car il n’est point encore question du poli), l’ouvrage se recommence par parties, qui ne doivent point excéder une toise carrée. Chacune de ces parties sera travaillée pendant une heure et demie dans tous les sens ; après quoi, un ouvrier, à genoux, avec un morceau de pierre à aiguiser, posé aplat, repasse sur toute la partie qui vient d’être travaillée, et la frotte en promet nant la pierre circulairement.
- L’opération du polissoir a fait sortir à la surface du pavé line matière liquide, provenant de l’arrosage et des mortiers délayés. Quand l’ouvrier a suffisamment repassé avec sa pierre à aiguiser, il prend la truelle ronde d’acier, fig. 10, et se servant du tranchant, il enlève la matière liquide en allant et venant circulairement, jusqu’à ce que le marbre se fasse apercevoir déjà à moitié poli.
- § 8. Usage du battoir de fer, fig. 9.
- L’ouvrage précédent étant terminé , un ouvrier prend le battoir de fer et bat légèrement la surface, afin que les petits morceaux de marbre s’enfoncent toujours davantage dans les masses blanche et rouge, qui sont amollies par le fréquent arrosage, et se lient avec la masse entière.
- Dans ce travail comme dans les précédens , si par le frottement ou par le refoulement une petite pierre se dérange, il faut remettre du mortier de marbre, et renfoncer la pierre avec le prisme de bois.
- La couche de marbre du miroir ayant été bien lissée la première fois, comme il est dit ci-dessus, on opère de même en se servant du petit polissoir pour polir les bordures qui sont faites avec de petites pierres, plus aisées à travailler que le milieu, qui exige l’emploi du grand polissoir et plus de temps.
- Après un second travail, on se sert de même d’un morceau dé pierre à aiguiser pour enlever la masse liquide que le polissage a fait sortir, et on racle la surface avec la truelle ronde. Comme cette masse, par le fréquent arrosage,, est devenue trop claire et qu’elle n’est plus propre à rien, on l’enlève dans un baquet, et finalement on bâtie pavé avec le battoir;de fer.
- § 9. Troisième polissage.
- Lorsque le pavé est un peu sec, on recommence à polir comme la première et la seconde fois, et l’on travaille de nouveau le. tout avec la grosse meule.
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- § io. Quatrième polissage.
- On reprend le même travail pour la quatrième fois, en observant toujours de polir les coins et les bordures avec le petit polissoir, et le miroir avec le grand ; cependant il n’y faut plus employer autant de temps , il suffit de la moitié de celui qu’exigent les précédentes opérations.
- Ce travail étant achevé, on apporte dans la salle un tas de son de froment, avec lequel, au moyen d’un chiffon de laine, on frotte tout le pavé. Quand on a suffisamment frotté, on balaie avec un balai de crin; ensuite on marque la bordure avec du crayon noir, afin de n’en point dépasser le bord en appliquant la couleur.
- § ii. Préparation des couleurs et leur emploi.
- Le rouge se délaie simplement avec de l’eau, et l’on en couvre la couche de marbre rouge.
- Le vert et le jaune se préparent de la manière suivante :
- On écrase une certaine quantité de graines de genièvre, que l’on fait bouillir dans quelques pintes d’eau ; on décante ensuite l’eau de dessus le marc : cette eau sert à broyer le jaune ou le vert, que l’on mêle bien avec de la masse blanche de marbre.
- Les couleurs, ainsi préparées, s’appliquent avec un gros pinceau sur les bordures jaunes et vertes, et servent seulement à colorer les parties de mortier apparentes entre les joints des morceaux de marbre formant la dernière couche, et qui donnent à ces mortiers la couleur des marbres qui y sont incrustés.
- Au bout de quelques jours, les couleurs étant bien sèches, on nettoie de nouveau tout le pavé avec du son et des chiffons de laine : c’est la dernière opération , après laquelle on a un appartement entièrement pavé de marbre parfaitement poli, et qui représente une très-belle mosaïque.
- § 12. Opération postérieure et nécessaire à Ventretien et à la perfection
- du pavé.
- La masse entière ayant acquis une siccité et une solidité parfaites, ce qui a lieu au bout de trois mois, on prépare un nouveau mortier de marbre blanc très-fin, dont on recouvre tout le pavé. Ce mortier ne^doit pas être trop épais; on l’étend avec la truelle d’acier; on en remplit les vides qui auraient pu se former pendant que le pavé séchait : après quoi, on en-
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- lève le superflu du mortier, et lorsque le tout est bien essuyé, on passe de l’huile de lin , qu’on étend avec des chiffons de laine, ce qui donne un très-beau luisant, et rend l’ouvrage encore plus parfait : cette opération se répète tous les ans.
- CHAPITRE HL ----- MOYENS MOINS COUTEUX DE CONSTRUIRE DES PAVÉS
- D’APPARTEMENS A LA VÉNITIENNE.
- Première méthode.
- Voici un procède moins coûteux de construire les pavés, que nous offrons à ceux qui ne voudraient pas faire la dépense de celui qui s’exécute en marbre.
- On suppose que le plancher de l’appartement est préparé comme il est indiqué pour les première, seconde et troisième couches. Maintenant, au lieu d’étendre sur la couche rouge, qui est la troisième, la couche de mortier blanc, après avoir fait provision de petits cailloux ronds et plats, ou, si l’on veut, d’autres espèces de pierres que l’on a cassées, on les met par petits tas dans la salle, et on les étend au hasard sur toute la surface de la couche rouge, en observant toutefois qu’elles soient assez rapprochées pour ne pas laisser un trop grand intervalle entre elles.
- Ensuite on roule le cylindre de pierre de la même manière que pour les pavés en marbre, jusqu’à ce que les pierres soient assez enfoncées dans la couche de mortier rouge, et qu’aucune d’elles ne paraisse à la surface.
- Lorsqu’après quelques heures l’ouvrage commence à sécher, on tire les lignes nécessaires pour encadrer les couleurs du dessin que l’on veut donner à la couche qui doit succéder.
- Cette couche supérieure, qui s’applique en suivant le dessin , n’est autre que celle désignée, dans la secondé partie de ce mémoire, sous le nom de mortier de marbre blanc, et qui consiste en marbre écrasé et réduit en sable mêlé avec la chaux, avec la différence que cette masse n’est point blanche comme la première, mais des différentes couleurs qu’on a projetées sur le dessin.
- Ces mortiers de couleur se composent, comme le mortier blanc, avec des marbres vert, jaune, rouge et autres,.que l’on réduit en une espèce de gros sable, et qu’on mêle ensuite avec de la chaux. Ils s’étendent avec la truelle d’acier dans les divers eompartimens du dessin, suivant les couleurs qu’on veut donner; on bat ensuite cette couche avec le battoir de fer, et on égalise avec la truelle. La couche de ces mortiers de couleur doit avoir l’épaisseur d’un pouce à un pouce et demi.
- Lorsque
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- Lorsque le plancher commence à sécher, on passe sur chaque compartiment du dessin une couche de la couleur respective, et cle suite on le nettoie et on le lisse avec un chiffon de laine. Au bout de quelques mois, on recouvre de nouveau le plancher avec des mortiers de marbre colorés, mais moins épais que les premiers ; on les étend et on les aplanit bien soigneusement, puis on y passe de l’huile de lin, et on polit avec du son.
- Seconde méthode.
- Dans les auberges , les cafés, les magasins , les galeries , les caves , et partout où l’on désire avoir un plancher sec et solide, sans ornemens, cette quatrième couche de mortier de marbre coloré est inutile; il suffit de bien enfoncer, et à plusieurs reprises , avec le cylindre de pierre, le gravier ou la pierre qu’on a choisie , et ensuite de l’affermir et de l’égaliser avec le battoir de fer.
- T'roisi'eme méthode. '
- On construit aussi des pavés communs, en choisissant les pierres qu’on trouve sur les lieux en quantité suffisante, et qu’on peut piler et réduire en gros sable, qu’on mêle ensuite avec la chaux et le plâtras écrasé. Quand cette masse est bien amalgamée et qu’elle forme un mortier d’une consistance épaisse, on la porte sur la troisième couche, qui est la couche rouge, on l’étend de l’épaisseur de 2 pouces à 2 pouces et demi, puis on l’aplanit et on l’égalise avec le cylindre, et on la bat avec le battoir de fer : il se forme ainsi une masse pierreuse , ferme et impénétrable, que le temps ni la température ne peuvent attaquer. Ce pavé peut être employé en plein air, sur de la charpente comme sur des terrasses, parce qu’il résiste parfaitement à l’eau.
- Description et emploi des outils nécessaires pour la construction et le polissage des pavés terrassés à la vénitienne.
- Explication des figures de la Pl. 207.
- Fig. 1. Gros maillet rond de bois, de 7 pouces de longueur sur autant de diamètre, garni d’un manche long de 11 pouces : les deux surfaces circulaires de ce maillet doivent être entièrement recouvertes de grosses têtes de clous, et entourées des deux côtés de larges frettes de fer.
- Ce maillet sert à écraser les briques et lés plâtras, matériaux qui servent à former les trois premières couches.
- Vingt-deuxieme année. Février 1823.
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- Le manœuvre qui fait cet ouvrage est assis à terre; il a devant lui une grosse pierre plate, sur laquelle il écrase ses matériaux..
- Fig. 2. Petit crible. Le treillage en fil de fer qui le compose est tendu dans un châssis un peu élevé, en forme de caisse; ce treillage doit être assez serré pour ne laisser passer que de gros grains de sable. On donne à ce crible une grandeur convenable, pour qu’une personne ou deux puissent le tenir facilement en passant la brique et le marbre écrasés.
- Fig. 5. Grand crible. Son treillage en fil de fer doit être assez large pour qu’on puisse y passer de petits morceaux de marbre et de brique du poids de 5 à 6 gros. Ce crible peut avoir les mêmes dimensions que le précédent.
- L’un el l’autre crible servent à séparer les briques et les différens marbres écrasés, partie en grains de la grosseur du gros sable, partie en frag-raens irréguliers plus ou moins gros.
- Fig. 4- Houe. Elle sert pour travailler les différentes masses de mortier. La tête a 8 pouces de longueur et4 dans sa plus grande largeur; le manche a 5 pieds de long.
- Fig. 5. Pelle de fer^au moyen de laquelle on jette sur la chaux le mélange de plâtras et de briques écrasés.
- Fig. 6. Râteau de fer servant à brasser les différens mortiers, et à les herser lorsqu’ils sont étendus sur le plancher : sa dimension est d’un pied.
- Fig. y. Marteau pointu et à tête plate pour casser les différens marbres. Le morceau destiné à être cassé est placé sur une pierre dure et plate, d’une grandeur convenable. On divise le marbre avec la pointe du marteau en morceaux irréguliers et plats, plus ou moins grands ; ensuite on les trie et l’on forme des tas avec les morceaux qui sont à-peu-près de même grosseur. On se sert aussi d’un autre marteau à tête plate et d’une dimension arbitraire, pour enfoncer les morceaux de marbre que le roulage du cylindre aurait pu déranger. On frappe alors sur la tête d’un prisme de bois carré, de quelques pouces de longueur , et dont on applique la base sur la pierre à enfoncer.
- Fig. 8. Demoiselle carrée pour fouler et aplanir : elle porte deux manches bien assujettis des deux côtés. On s’en sert pour fouler les couches lorsqu’elles ont été battues avec le battoir de fer. Get instrument a un pied carré à sa base et a pieds de hauteur.
- Fig. g. Battoir de fer pour battre les différentes couches du pavé. La longueur de la tête de ce battoir est de a pieds y pouces, sa largeur de 2 pouces et demi : le manche, qui est coudé, a 2 pieds de long.
- Fig. 10. Truelle d’acier ronde par le bout; elle ne diffçre de celle des
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- maçons que par sa forme ronde et son épaisseur, qui est plus considérable; cependant elle ne doit être ni aussi longue ni aussi large.
- On se sert de cette truelle pour étendre la quatrième couche ou le mortier de marbre blanc : en général, c’est l’outil principal qu’on emploie pour polir la couche de marbre naturel, pour égaliser et renfoncer les morceaux que le poids de la meule aurait fait sortir de la masse.
- Fig. ii. Autre truelle destinée à prendre dans le baquet le mortier de marbre, qui est la masse la plus fine, et à le mettre par petits tas sur l’aire du pavé, en ligne droite, à la distance de 3 pouces l’un de l’autre.
- Fig. 12. Gros rouleau ou cylindre de pierre dure et bien polie.
- Cette pierre, parfaitement cylindrique, se meut par ses tourillons dans un châssis portant un manche pour diriger le mouvement.
- Le cylindre a un pied 9 pouces de long sur un pied de diamètre; la longueur du manche, à partir du châssis, est de 5 pieds.
- Ce rouleau est l’outil le plus cher, mais aussi le plus indispensable dans la construction du pavé terrassé à la vénitienne : on s’eü4?ert pour enfoncer suffisamment les morceaux de marbre dans la masse du mortier. On repasse souvent sur le même endroit, en arrosant à plusieurs reprises.
- Fig. 13. Petit polissoir ou demi-meule. La tête de cet outil est une pièce de bois oblongue, dans là partie inférieure de laquelle est pratiquée une entaille demi-circulaire; à la partie supérieure est adapté un manche. Cette pièce de bois sert à assujettir dans son entaille la demi-meule, avec laquelle, quand le marbre est suffisamment enfoncé, on polit les bordures, qui sont faites seulement avec de petits morceaux de marbre.
- Un seul homme fait agir ce polissoir en le passant sur les bordures, jusqu à ce que tous les petits morceaux de marbre enfoncés dans le mortier soient à découvert.
- La longueur de la tête cîe cet outil est d’un pied 6 pouces, sa largeur d’un pied, et celle du manche de 6 pieds : la demi-meule a un pied de diamètre.
- Fig. 14. Grand polissoir ou grande meule. Le manche et la tête sont de même forme que dans le petit polissoir, mais sous de. plus grandes dimensions, parce qu’on y adapte des meules de différentes grosseurs et pesanteurs.
- La tête a a pieds de long sur üri pied à un pied et demi de large.
- Ce grand polissoif né sert absolument qu’à polir le miroir; il est mis en mouvement par deux ét même par trois hommes. S’il n’y a que deux hommes, l’un tient le manche tout près de la tête, et l’autre le saisit par le bout, et ils font agir le polissoir en allant et en venant. Dans le cas où il
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- faudrait trois hommes» l’un tire à lui la meule au moyen d’une corde passée dans un anneau attaché à la partie plate du devant de la tête du polis-soir, et les deux autres, qui tiennent l’instrument par Je manche, le poussent en avant et le retirent à eux.
- Les meules sont de grandeur et de pesanteur convenables, et taillées à plat sur une partie de leur circonférence, afin de mieux mordre sur le poli : elles ont un pied et demi de diamètre. La pierre la meilleure pour polir doit être noirâtre, d’un grain lin et pas trop dure.
- Fig. i5. Auge pour transporter les mortiers sur les lieux.
- Fig. 16. Panier rond d’osier pour transporter les plâtras et la brique pilés, destinés à la première couche.
- Fig. 17. Baquet de bois. On y met de l’eau de chaux , et 011 asperge avec le petit balai les première et seconde couches.
- Fig. ï8. Grande règle munie de son niveau.
- La règle sert à égaliser le mortier et à enlever l’excédant; le niveau est destiné à s’assurer si Faire de l’appartement est bien nivelée.
- On a besoin de règles de différentes longueurs : il convient de les faire suivant la largeur de l’appartement. »
- Fig. 19. Fragment d’une bordure d’appartement, montrant de quelle manière les petits morceaux de marbre sont disposés sur les lignés de cette bordure.
- JSouvEudu moyen de conserver les substances animales; par M. le docteur Maccullocfu
- L’auteur a reconnu que le sucre, par sa propriété antiseptique, peut être employé avec succès pour garantir les substances animales de toute altération. U a essayé de conserver par ce moyen du saumon, de la morue, des merlans et autres poissons de mer, et il les a retrouvés, au bout de quelque temps, aussi frais que si on venait de les pêcher. Xi annonce que le procédé est économique, puisqu’on n’emploie qu’une petite quantité de sucre , d’une exécution facile, et qu’il ne communique aucun goût désagréable au poisson.
- Voici la manière de procéder : on commence par ouvrir le poisson et par le vider ; ensuite on le couche sur une table et on y introduit du sucre brut, en quantité suffisante pour qu’il puisse en être bien pénétré; on le laisse dans cet état pendant deux ou trois jours, puis on le suspend , pour le faire sécher, dans un endroit aéré, dont on renouvelle l’air de temps en temps , afin dé garantir le poisson de la moisissure. M. Maceuloch assure qu’une
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- euillerée abouche de sucre brut suffit pour conserver un saumon de 5 à 6 livres.
- Il est à désirer que des expériences faites en grand confirment ces résultats, et établissent d’une manière positive les avantages du nouveau procédé sur celui des salaisons, tant sous le rapport de la dépense que sous celui de la conservation indéfinie des substances ainsi préparées.
- Mo yjln d’attirer et de capturer le poisson ; par M. de Chabannes.
- Ce moyen, pour lequel l’auteur a pris un brevet d’invention en Angleterre, consiste à attirer le poisson, en plaçant sous la surface de l’eau une lampe allumée, rénfermée dans une cage de verre, d’une solidité suffisante pour résister à la pression. Le couvercle de cette cage, hermétiquement fermée, est percé de deux ouvertures, munies dé deux tubes, qui aboutissent à la surface : l’un de ces tubes est destiné à fournir l’air nécessaire à la combustion, l’autre à dégager la fumée.
- Cette lampe, avec sa cage, est fixée au-dessus d’une caisse en bois ouverte par-devant et garnie de miroirs inclinés, dans lesquels la lumière se réfléchit et multiplie les images des poissons qui s’en approchent : ceux-ci, à mesure qu’ils pénètrent dans la caisse, trouvent un passage plus resserré, qui aboutit à la nasse placée derrière les miroirs, et d’où ils ne peuvent plus sortir. Le pêcheur, en retirant l’appareil, enlève les nasses pleines et les rem-, place par de nouvelles.
- M. de Chabannes propose de couvrir l’extérieur de la caisse, dont le fond sera garni de sable, avec du drap ou toute autre matière, afin d’en dérober la vue au poisson, qui pourrait être effrayé par un trop grand éclat de lumière le passage seul qui conduit aux miroirs restera ouvert..
- Sur F éclairage au moyen du gaz de F huile.,
- Les avantages du gaz de l’huile pour l’éclairage sont aujourd’hui bien constatés : aussi l’usage s’en répand-il de plus en plus , même à Paris , où on l'obtient directement des graines oléagineuses.
- M. Caslon, propriétaire d’un établissement où l’on prépare ce gaz, situé à Londres, a découvert un procédé pour en alimenter les maisons particulières et les édifices publics , que leur éloignement ou d’autres causes ne permettent pas de faire communiquer avec les grands appareils. Ce procédé consiste à comprimer le gaz, au moyen d’une presse mue par une machine à vapeur, dans des vaisseaux cylindriques de fer ou de cuivre, de 4 pieds
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- de long sur 15 pouces de diamètre, préalablement éprouvés, pour s’assurer s’ils sont capables de résister à une forte pression.
- Ces vaisseaux, munis de robinets d’une construction particulière, après avoir été chargés à l’établissement, sont conduits dans telle partie de l’édifice qu’on veut éclairer , et réunis au tuyau principal par le moyen d’un joint brisé ou genou de Cardan. Le gaz qui s’en échappe passe dans un appareil qui règle le degré de pression , et de là dans les lampes.
- Une échelle graduée, adaptée à l’appareil, indique la quantité de gaz consumée.
- ÉCONOMIE RURALE.
- R apport fait par M. Molard jeune ? au nom d’une Commission spéciale ? sur la herse mécanique de M. Machon.
- M. Ma'chon fils , par une lettre datée de Besançon, le 16 novembre dernier, a donné connaissance à la Société d’Encouragement du succès qu’obtient, dans le département du Doubs, sa herse mécanique, pour laquelle il a pris un brevet d’invention de dix ans le i5 novembre 1817.
- A l’appui de ce qu’il avance dans sa lettre, il a joint un extrait de la séance de la Société d’Agriculture de Besançon, le 8 juin 1822, où le mérite de cet instrument, d’après le rapport d’un grand nombre de propriétaires qui en ont fait usage, fut unanimement reconnu. Il a également communiqué à la Société le N°. 18 du Pœcueil des actes administratifs pour 1822, dans lequel M. le Préfet du Doubs le recommande d’une manière particulière à ses administrés.
- Dans la séance de la Société d’Agriculture de Besançon précitée, il fut constaté que le peigne-Machon (c’est sous ce nom qu’on le désigne aujourd’hui), passé deux fois transversalement sur les prairies naturelles et artb ficielles, enlève les mousses, les plantes rampantes et parasites; que par son travail il féconde le sol, le dispose mieux à absorber les principes fertilisans existant dans l’atmosphère; qu’il rend l’action des engrais plus efficace ;
- Que les résultats de cette opération varient non-seulement suivant l’emploi plus ou moins réitéré de cet instrument, mais encore suivant la nature du terrain sur lequel on agit ;
- Que cet instrument est propre au sarclage des céréales au mois de mars; que passé après le coup de charrue, il pulvérise, ameublit et nivelle la terre; qu’il en extirpe les racines, les mauvaises herbes, et en rend l’ensemencement plus facile et plus économique.
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- Nous rapporterons ici la lettre que M. Bosc, vice-président de la Société d’Agriculture de Besançon , a écrite à ce sujet à M. Girod, cessionnaire du privilège du peigne-Machon pour les départemens du Doubs, du Haut et du Bas-Rhin, de la Haute-Saône, des Vosges, du Jura et de l’Ain.
- « Monsieur, nous avons Lu avec un véritable intérêt toutes les attesia-» tions qui nous ont été communiquées, et nous avons reconnu avec sa-» tisfaction qu’elles concouraient toutes à démontrer les avantages que l’on » retire de l’emploi de la herse-Machon ; nous recevrons avec plaisir les » nouveaux renseignemens qui nous seront soumis par la suite, et nous en » ferons connaître les résultats. »
- A ces renseignemens authentiques, nous ajouterons notre propre témoignage, comme ayant, en 1821, assisté avec les commissaires de la Société d’Agriculture de Versailles à une expérience de cet instrument, faite chez M. Fessart fils, cessionnaire du brevet Machon pour les départemens qui environnent Paris. Il n’y eut qu’une voix sur son efficacité ; mais une misérable querelle, qui s’éleva alors entre le cessionnaire et des propriétaires voisins, qui avaient cru, en y apportant quelque légère modification, pouvoir en faire construire pour leur usage, en a empêché ou du moins fort ralenti la propagation : ils ont mieux aimé s’en passer que d’en prendre chez M. Fessart, seul autorisé à en faire, et qui d’ailleurs les vendait à un prix trop élevé.
- Nous consignons ici l’opinion particulière de notre savant collègue , M. Bosc y membre de l’Institut, frère du précédent , qui est une autorité irrécusable dans tout ce qui concerne l’agriculture : « L’idée que je me suis » formée du peigne-Machon , dit-il, en le voyant opérer, est qu’il remplit » bien son objet, et qu’il y a de l’avantage à l’employer sur les prairies na-» turelles et artificielles, soit au printemps, soit après la première coupe de » ces prairies; mais son haut pri^c, la grande dépense qu’il occasionne pour » la réparation fréquente qu’exige la rupture des dents, le mettent hors de » la portée des cultivateurs ordinaires : aussi une partie de ceux-mêmes qui j> l’avaient adopté d’abord Font-ils rebuté ensuite. »
- Vous remarquerez , Messieurs, que le seul reproche qü’on fait au peigne-Machon est d’être trop cher; mais cela ne lui ôte pas son mérite comme instrument d’agriculture : ce prix d’ailleurs est variable suivant les localités. M. Fessart le vendait 3a 5 francs; il est probable qu’à Besançon, où il est fort goûté, il ne coûte peut-être pas 200 francs.
- Si nous examinons cet instrument sous le rapport de la nouveauté, nous trouverons sans doute qu’il a beaucoup d’analogie avec des herses gravées et décrites dans différens ouvrages, entre autres dans le trente-septième
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- volume de XEncyclopédie (^e Rees, Tl. Qt fië' 10 5 ave.c cette inscription : M. Amos’s couch-grass drag. 180g. Cette herse, dont un modèle de grandeur naturelle est déposé au Conservatoire, a la forme triangulaire, des dents sur une seule rangée, qu’on fait pénétrer plus ou moins dans la terre au moyen de trois roues tenues à coulisses aux trois angles de l’instrument.
- Le peigne-Machon, dont on trouve aussi un modèle très-bien fait au Conservatoire des arts et métiers, à une autre disposition : il se compose de quatre rangs de lames placées dans un ensemble parallèle, de manière que les traces formées par les lames delà première rangée passent entre les lames de la deuxième, et ainsi de suite; de sorte que tout le sol, à un pouce près, se trouve attaqué par l’ensemble des dents en un seul voyage.
- Le châssis de la herse étant soutenu , à une hauteur qu’on peut faire varier , par des roues placées aux angles, on est maître de faire pénétrer les dents plus ou moins dans la terre , comme cela a lieu dans la herse anglaise que nous avons mentionnée plus haut.
- Nous ajouterons que M. Machon s’est donné une peine infinie pour faire connaître et répandre l’usage de son instrument : il a parcouru une grande partie de la France avec une voiture sur laquelle il l’avait placé, s’arrêtant dans tous les endroits un peu considérables, pour en faire l’essai en présence des Sociétés d’Agriculture et des propriétaires. Il a eu souvent à lutter contre les contrefacteurs , qui voulaient en jouir sans sa permission, et qui violaient ainsi des droits acquis en vertu d’une loi.
- D’après cet exposé, votre commission, Messieurs, a l’honneur de vous proposer d’accorder votre suffrage à la herse de M. Machon , et d’autoriser l’insertion du présent rapport dans le Bulletin de la Société.
- Adopté en séance, le 5 mars 1823.
- Signé Molard jeune, rapporteur.
- Rapport fait par M. de Lasteyrîe ? au nom du Comité d* a g-culture, sur les étuves usitées ' à Berne pour la dessiccation des grains.
- L’étuve dont on fait usage à Berne se compose d’une pièce voûtée qui renferme deux séchoirs, au-dessous desquels se trouvent deux foyers qui ont chacun une porte extérieure. Chaque séchoir est formé par deux murs ou cloisons en briques, parallèles l’un à l’autre, dislans de 108 centimètres, épais de 1 1 centimètres et espacés en losanges, pour faciliter la circulation de l’air chaud. Cet air passe au-dessus et au-dessous des tablettes en ardoises
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- doises sur lesquelles reposé le grain que l’on veut dessécher. Ces tablettes, larges de 35 centimètres,. sont soutenues à leurs extrémités par les deux cloisons en briques. Elles sont exactement jointes deux à deux par leur bord supérieur, et forment ensemble un angle de to5 degrés, dont le sommet est à 4 ou 5 centimètres du limbe inférieur des deux tablettes placées immédiatement au-dessus, espace suffisant pour permettre au blé de se répandre sur les tablettes inférieures. L’inclinaison est combinée de manière que le blé puisse se fixer sur toutes les tablettes et couvrir leurs surfaces à une épaisseur de 4 à 5 centimètres.
- La partie inférieure de l’étuve au-dessous des deux séchoirs, construite en plan incliné ou en forme de trémie, pour faciliter la chute du grain, est percée d’un trou qui s’ouvre ou se ferme à volonté.
- On a ménagé dans l’intervalle qui se trouve entre les deux corps de tablettes quatre ouvertures inférieures, qui portent la chaleur dans toutes les parties de l’étuve. Les vapeurs s’échappent par quatre ouvertures pratiquées à la voûte supérieure : c’est dans cette même voûte que sont percés les trous par lesquels le grain tombe sur les tablettes du séchoir.
- Au-dessous de l’étuve sont deux petits caveaux, dans lesquels on place un chariot ou caisse en tôle, remplie de charbon allumé. Cet appareil tient lieu de fourneau , et on renouvelle le charbon aussi souvent qu’il est nécessaire. .
- Lorsqu’on veut faire sécher le blé, on le fait tomber de l’étage supérieur sur l’arête formée par les deux premières tablettes : de là il se répand sur les arêtes des tablettes inférieures, jusqu’à ce que toutes ces tablettes soient garnies d’une couche de blé, épaisse de 5 à 6 centimètres. Après avoir laissé le blé ainsi exposé à la chaleur pendant trois heures, on ouvre la coulisse inférieure, on reçoit le blé dans des sacs, on le remonte à l’étage supérieur, et on le verse de nouveau sur les tablettes du séchoir ; la même opération est répétée de trois heures en trois heures, de manière que la dessiccation totale d’une quantité de blé donnée exige un intervalle de vingt-quatre heures : les deux séchoirs ont un mètre de large sur 4 mètres de long, et ne peuvent contenir que 55 ou 6o hectolitres ; ce qui forme la quantité de blé desséchée en vingt-quatre heures.
- La dépense de la dessiccation des blés dans l’étuve de Berne est évaluée à 12 centimes par hectolitre; la diminution en volume des blés venus d’Odessa a été d’urç dixième, et l’augmentation en poids de 5 pour ioo. On remarque que la farine des blés étuvés est moins blanche que celle des grains qui n’ont pas subi cette opération ; ce qui peut provenir de la vapeur produite par le charbon. Elle prend une plus grande quantité
- J^ingt-deuxième année. Février 1823. G
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- d’eau dans le pétrissage, et elle donne autant de pain que celle du grain non étuvé.
- Le mémoire dont je viens de rendre compte, qui a été communiqué à la Société par M. Fournier, et qui est accompagné de quatre dessins, contient quelques autres détails sur les produits comparatifs de différens grains, qu’il serait bon de faire connaître par la voie du Bulletin.
- Les tentatives et les expériences sur la dessiccation des blés faites en France, notamment dans l’année 1816, ont été si imparfaites et si infructueuses , qu’il me paraît convenable de publier le mémoire de M. Fournier, avec les dessins qui représentent l’étuve usitée à Berne depuis plus de cinquante ans. Il est vrai que les connaissances acquises depuis cette époque sur l’emploi du combustible et la distribution de la chaleur permettent de construire des étuves où la dessiccation s’opérerait à moins de frais et avec plus de célérité. Toutefois la combinaison heureuse des tablettes qui composent celle de Berne peut trouver des applications utiles, et diriger les personnes qui voudraient se livrer à ce genre de recherches, qui deviennent importantes, sur-totit dans un moment où la construction des silos nécessite celle des étuves à grain.
- Je demanderai donc qu’on fasse des remercîmens à M. Fournier pour la communication intéressante qu’il a bien voulu faire à la Société, et que son mémoire, accompagné de planches, soit inséré par extrait dans le Bulletin.
- Adopté en séance, le 5 février 1823.
- Signé de Lasteyrie , rapporteur.
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- ( s* ;
- TABLE AU j par ordre alphabétique} des Patentes ou Brevets A invention et A importation ; délivrés en Angleterre pendant tannée 1822.
- Nota. La durée de chaque Brevet est de quatorze ans.
- NOMS ET PRENOMS * des
- BREVETÉS.
- Appeegath (A.). Bainbridge (J.).
- Bartok 'J.). Bâte (B.)...
- Beningfield (Th.). Beale (J.-Th.)....
- Bill (R.)...................
- Bins (T.-H.-J.).............
- Bold (J.).
- V
- Boothby (B.). Bourdieu (J.).
- Brindley (J.).. Bkuket; (N.-J.).
- Rkustos (W.).-----..., ....
- Béhkén (W.)..........-.*...
- Büjsdy (W.)..
- QUALITÉS O « Il DÉSIGNATION DES OBJETS
- OU PROFESSIONS. DOMICILE. COMTÉS. H £ 5 < ^ ; pour lesquels les Brevets ont été accordés.
- imprimeur. Londres. Middlesex. i4 janv. Presse typographique perfectionnée.
- marchand. id. id. 16 déc. ' Construction des machines à vapeur de rotation.
- )) id. id. 4juin. - Application des couleurs du prisme, sur la surface de l’acier et d’autres métaux.
- opticien. idè id. 21 mars^ Nouveaux hydromètres et saccharo-niètres.
- fabric. de tabac, j ébéniste. \ id. id. 27 sept. Machines à vapeur perfectionnées.
- )) id. id. 6-février. Tubes et cylindres métalliques applicables à l’architecture civile et na-. vale.
- ingénieur. .id. id. " i 18 oct. < Moyen de faire marcher des bateaux, et construction des chaudières et des machines à vapeur applicables à ces-ba-teaux.
- imprimeur. Bermondsey. id. 4 juillet. Nouveau procédé typographique.
- maît. de forges. Chesterfield. Derby. 27 sept. Boulets de canon polis ayant une plus grande solidité et une portée supérieure aux boulets ordinaires.
- » Londres. Middlesex. 27 sept. Perfectionnemens dans la préparation des couleurs pour l’impression des _ étoffes.
- coiist. de navires. Finsbury. Kent. _ 18 oct. [ Nouvelle construction des navires , bateaux et" autres embarcations.
- ingénieur. Chelsea. Middlesex. û6 juillet Machine à vapeur perfectionnée.
- fabric. d’ancres i de vaisseaux. 1 Londres. id. 12 févr. [ Ancres de vaisseaux d’une forme 1 nouvelle.
- ingénieur. Birmingham. Warwick. 26 juin. Grilles de fourneaux perfectionnées et moyen d’y placer le charbon de terre.
- marchand. Londres. Middlesex. 2 mars. , Machine pour couper, creuser, chantourner ,-rainer , languetter et-pousser des moulures dans le bois.
- ifab. d’instrurii. ] de mathématiq. j Fulham, id. 16 déc. ; Machine pour, teiller, séràncer et blanchir le chanvre ,_ le lin et toute autre matière filamenteuse.
- G 2
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- COLEBANK. (H.).
- Collier (J.) - • • Congrève (W.)
- CoNWELL (W.).
- Cook (B.)....
- Daniel (W.)..,
- Davis (S.),....
- Deakin (F.)...
- Delveau (I.)„. Dixon (J.).
- Dodd (E.) Dudlev (Th.). Dumbell (J.)„ Egg(J.).......
- Érard (P.)..., ÉwàRT (P.) . . . ,
- QUALITÉS ou PROFESSIONS. DOMICILE. COMTÉS. DATE Je la délivrance des Jîrevets. DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels les Brevets ont été accordés.
- marchand. Londres. Middlesex. 3 sept. Nouvelles voitures.
- » id. id. 2i mai'?. Presse d’imprimerie simplifiée.
- » Leucharsfife. Cumberland. 2 mars. Perfectionnemens dans la construction des chaudières et des condensateurs des machines à vapeur.
- » Glasgow. Écosse. 17 août. Nouvel appareil pour l’évaporation des liquides. «
- vice-amiral. Londres. Middlesex. 23févr. . Lampes dans lesquelles on peut brûler des graisses animales concrètes et autres substances.
- f. de chandelles. Ireleth. Lancaster. 4 juin. < Machine propre à couper , dévider et aplatir les mèches en usage pour les chandelles, produisant une grande économie sur la main-d’œuvre.
- ingénieur. Londres. Middlesex. 27 sept. Machines à tondre les draps.
- » id. id. agjanv. Moyen de multiplier indéfiniment les ' fac-similé et d’autres impressions.
- chirurgien. id. id. 21 mars. 1 Préparation^^application d’une cer- | taine huile végétale purgative.
- fahr. de tubes. Birmingham. Warwick. 16 avril. Composition qui peut être employée avec succès pour prévenir le danger de . l’incendie.
- fabricant de fer. Abercarnk. Monmouth. 16 avril. 1 Méthode de laminer le fer pour en 1 former de la tôle.
- arquebusier. Londres. * -Middlesex. 12 févr. 1 Platines de fusil pouvant être amorcées alternativement avec la poudre ful-1 minante et avec la poudre ordinaire, sans changer aucune des pièces.
- fourbisseur. Birmingham. Warwick. 9 nov. I Nouvelle fabrication des fontesfde ( pistolets, des gibernes et autres boîtes . en cuir.
- i facteur d’instru-1 | mens de musiq. 1 j fond, de cuivre. Londres. W ol ver-Hampton. Middlesex. Stafford. 24 avril. 28 nov. Harpe établie sur un nouveau principe. Robinets pour les tonneaux.
- 1 ( facteur d’instru-'i mens de musiq. 1 Londres. Middlesex. 24 avril. j Harpes à pédales à mécanisme sim-[ plifié.
- mécanicien. id. ül. 16 déc. ) Fers en fonte destinés aux chevaux 1 de selle et de trait.
- marchand. Warrington. Lancaster. 16 déc. ) Nouveaux principes de construction [ des voitures et des véhicules à roues.
- U, arquebusier. Londres. Middlesex. 26 nov. î Platines de fusil à percussion et a | réservoir. '
- ( facteur d’instru- ) f mens de musiq. J id. ‘ id. v* 24 avril. î Perfectionnemens dans le mécanisme 1 des harpes.
- Manchester. i Lancaster. 29janv. f Construction des piles de ponts à 1 encaissement. V ,....
- : ,\Àii
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- ( 53 )
- NOMS ET PRENOMS des
- BREVETÉS.
- FaTTON (L.).
- Le même.
- Feetham (W.). Feint (à.) ....
- Ford (R.)...........
- Fraser (voyez Moxon). Frost (J.)..........
- Le même.
- Gardner (DO-
- Gauntlett (Th.). Gladstone (J.)...
- Goodman (W.)........
- Gordon (D.).........
- Le même et Gordon (A.). Grimshaw (J.).......
- Hague (J.)......
- Hareord (R.-S.). Le même.........
- Harris (J.).
- Hawkins (J.). Mordan (S.)..
- QUALITES
- ou
- PROFESSIONS.
- Higgins (J.).
- horloger.
- ici.
- f. de fourneaux.
- ingénieur.
- chimiste.
- constructeur.
- fabricant.
- taillandier.
- chapelier.
- cordier.
- m. de forges.
- marchand.
- fabricant.
- H j ï DÉSIGNATION DES OBJETS
- DOMICILE. COMTÉS. B ~ -g «j « pour lesquels
- D de la. des les Brevets ont e'te' de'livre's.
- Lpndres. Middlesex. 6 fév. < Nouvel instrument de précision, au moyen duquel on peut de'terminer les heures du jour, le mouvement des corps ce'lestes, et la vitesse des voitures , des chevaux et autres animaux.
- id. id. 27 sept. Chronomètres indiquant le moment précis d’une observation quelconque , . sans arrêter leur mouvement.
- id. id. 13 juin. 1 Perfectionnemens dans le procédé 1 d’administrer les douches.
- Uley. Gloucester. ier. nov. 1 , Machine à nettoyer et laver les 'étoffes de laine.
- Londres. Middlesex. 24 avril. . Découverte d’une composition chimique ou dissolution de rocou , pour la teinture nankin.
- id. id. 11 juin. Nouveau ciment et pierre artificielle.
- id. id. 27 sept. Méthode de construire et de fonder les piles de pont, les colonnes, voûtes, pilastres et autres objets d’architecture.
- id. id. i3 juin. ( Appareil pour corriger la difformité < du corps , et béquilles pour soutenir les (personnes faibles.
- Bath. Sommerset. 26 juin. f Bains de vapeur portatifs et écono-i miques.
- Liverpool. Lancaster. 21 mars. Chaînes d’une construction particulière.
- Coventry. » 27 sept. Métiers à tisser simplifiés.
- Edimbourg. Ecosse. i4 janv. f Perfectionnemens des bateaux à. vapeur servant au transport des voyageurs, [ et applicables à d’autres embarcations.
- Londres. Middlesex. i4janv. ( Nouvelles lampes susceptibles de brû-|ler de l’huile et d’autres matières.
- Bishop- i wearmouth. i Durham. 24 avril. ^ Machine pour fabriquer des cordes i et cordages plats, mue par une pompe 'à vapeur.
- Londres. Middlesex. 20janv. \ Machine pour faire des tuyaux , des ! tubes ou des cylindres.
- Abertruth. Monmouthshire. 9 Janv. Perfectionnemens dans la fonte du fer.
- id. id. 21 mars. 1 Fourneaux pour chauffer le fer malléable et la tôle. J
- Londres. Middlesex, 9 janv. ; Nouveaux fers à jointure brisee, pour les chevaux.
- Pentonville. Londres. )> Middlesex. 20 de'c. < Plumes destinées à faciliter l’écriture ' et le dessin , et qui n’ont pas besoin 1 d’être taillées aussi fréquemment que les plumes ordinaires.
- Fulham. id. 2 mars. Voitures perfectionnées.
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- ( 54 )
- QUALITÉS ou PROFESSIONS. DOMICILE. COMTÉS. DATE de la délivrance des Brevets. DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels les Brevets ont été délivrés,
- négociant. Kirburton. Yorkshire. 27 juillet Machines pour tondre et apprêter les draps et autres étoffes de laine.
- taillandier. Exeter. _ Devon. 4 juin. Perfectionnemens dans la construction des toitures et faîtages.
- » Sheffield. York. 28 nov.. Garde-cendre pouvant s’adaptera des cheminées de diverses dimensions, en s’allongeant et s’accourcissant.
- cap. de vaisseau. W incanton. Sommerset. 9 nov. Bains de vapeur portatifs.
- , » Oaklands. Gloucester. 20 déc. ' Machine pour tailler , creuser et ! sculpter des ornemens sur les marbres j destinés à former les jambages , chambranles et tablettes des cheminées.
- ingénieur. Bedwelty. )Monmoutli, 18 octob. * Perfectionnemens dans la fabrication 1 du fer.
- taillandier. j teinturier. Londres. Middlesex. 9 mai. 1 Nouvelle méthode d’évaporation et 1 de cristallisation des liquides à une très-.basse température.
- i fab. de chapeaux ' de paille. ici. id. 18 oct. 1 Fabrication des tresses et des cha-1 peaux de paille.
- marchand. id. id. 25 oct. Machines à vapeur, dans lesquelles la vapeur est appliquée directement à ^•la roue.
- fond, de cloches. Sheffield. Yorkshire. 20 déc. 1 Moyen d’augmenter la force du son [ des cloches.
- facteur d’instr. ) i de musique. ! Londres. Middlesex. i4 janv. 1 Nouvel instrument de musique à clefs, 1 au moyen duquel on peut augmenter 1 ou diminuer le son à volonté.
- armateur. id. id. 18 oct. Perfectionnemens dans la construction des ancres de vaisseaux.
- orfèvre. Glasgow. Écosse. 24 août. [ Procédé pour fabriquer du plaqué ' d’or, d’argent et d’autres métaux ducti-| les, d’une manière plus prompte et plus parfaite qu’on ne l’a fait jusqu’à présent.
- ( marchand et i t armateur. 5 Liverpool. Lancaster. 9 nov. Nouvelle construction des ponts.
- 'i ne'gociant. 1 ingénieur. id. Londres. id. Middlesex. 27 sept. ’ Cambuses ou foyers des vaisseaux , et appareil pour évaporer et condenser 1. les liquides applicables à ces foyers.
- m. de forges. Coleford. Gloucester. 20 avril.. Fabrication du fer avec des scories et des laitiers.
- ingénieur. Londres. Middlesex. 16 dée. i Appareil pour appliquer la chaleur 1 aux usages domestiques. ;
- fondeur de fer. Manchester. Lancaster. 7 janv. [ Perfectionnemens dans le mode de chauffer les liquides, en accélérant et [.augmentant la formation.de la vapeur.-
- NOMS ET PRENOMS des
- BREVETÉS.
- Hobsqh (J.).........
- Hüxham (W.).........
- Ibeostgn (H.)...........
- Jeake-s (voyez Postans). JüKYLL (J.).............
- Jele (J.). • Jones (W.).
- JvNIGHT (R.) ,
- Rire (R.)...,
- Lane (ü.)... Leach (T.).. Linlev (Th.).
- Loescham (D.).. ÀEEWRJ.G^iT (J.) .
- Lomes (F.).
- Mitchell (W.)...........
- Mordan (voyez Hawkins). Moxon (J.-D.)...••.......
- Fraser (J.
- Müshet (D.)..............
- Nicholson (J.)..........-,
- Ormrod (R.)..............
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- ( 55 )
- NOMS ET PRENOMS des
- BREVETES.
- Oxford (J.).
- Palmer (G.-H.).
- Parker (S.). Pass (W.).. Pearse (J.).
- Peck (E.)..
- PE REINS (J.).
- Perrier (A.)............
- Pickford (voyez Whitcher) . Piper (W.)..............
- Postans (Th.). Jeakes (W.W.
- Pratt (S.)........
- Pride (W.)........
- Rabaift (B.)......
- Ravenscroft (W.).
- Richards (G.)...;.
- Roberts (R.).
- Robinson (S.). Robson (W.)..
- QUALITÉS OU PROFESSIONS. DOMICILE. COMTÉS. DATES de la délivrance des Brevets.;
- » Londres. Middlesex. ier. nov
- ingénieur. id. id. ia févr.
- bronzeur. id. id. io déc.
- teinturier. Shoreditch. id. 20 déc.
- horloger. Tavistock. Devon. 27 juillet
- marchand. Liverpool. Lancashire. 22 févr.
- ingénieur. Londres. Middlesex. 10 déc.
- » Cork. Irlande. 27 juillet
- ingénieur. Wolverley. Worcester. Ier. nov
- )) taillandier. Londres. Middlesex. 16 juin.
- coffretier. id. id. 27 sept.
- ingénieur» Uley. Gloucester. 16 avril
- » Londres. Middlesex. 26 juin.
- coiffeur. id. id. 9 janv.
- architecte. Truro. Cornouailles. 2G déc.
- ingénieur. Manchester. Lancaster. i4 nov»
- appr. de draps. Leeds. York. 21 mars
- impr. et papetier. Londres. Middlesex. 10 déc.
- DESIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont e'te' délivre's.
- Moyen de pre'venir l’altération du bois, de la toile et des substances mé-• \ triques , et de les garantir de la pour-) riture sèche, de l’attaque des vers et de ^la rouille.
- I Nouveaux fourneaux fumivores pour /les machines à vapeur, produisant une \ grande économie dans la consommation ( du combustible.
- Moyen de fondre et de calciner les inérais.
- Tourne-broches perfectionnés.
- ( Machine hydraulique applicable aux è pompes foulantes , aux moulins et à (d’autres usines.
- J Perfectionnemens dans la construc-} tion des machines à vapeur.
- 5 _ Appareil pour distiller, concentrer et ; évaporer toutes sortes de liquides.
- S Ancres de vaisseaux d’une nouvelle l forme.
- Nouvel appareil de cuisine.
- Courroies pour attacher les bagages sur des chaises de poste et autres voi-Tures de voyage. .
- ( Appareil régulateur pour dévider et . < monter les chaînes de fil, de laine et (autres.
- ! Appareil pour la préparation du café l et du thé.
- [ Perruques à boucles permanentes , s destinées aux personnes de la magis-( trature.
- {Foyers qui garantissent de la famée et du danger de l’incendie, et économisent le combustible.
- {Mécanisme applicable' aux: métiers pour tisser des étoffes unies et façonnées, et nouveaux métiers destinés', au même usage et mis en mouvement par les bras, la vapeur ou tout autre moteur.
- J Machine pour tondre et lainer les • I draps.
- { Moyen d’empêcher la contrefaçon ? des billets de banque et effëts de com-(merce.
- i ‘ ‘
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- ( M )
- NOMS ET PRENOMS
- des
- BREVETÉS.
- Rogers (T.).
- Roxry (R.) ... Ruthven (J.). Smart (G.)....
- Smith (J.)....
- Sowerby (T b.).
- Stanley (J.).
- Stephenson (G.)... Stratton (G.).....
- Thompson (J.).....
- Vazie (R.)..........
- Wass (J.),,
- Whitchep. (J.). Whitbourn (J.) , PlCKFORD (M.) . ,
- Wilks (M.)....
- Williams (J.).
- Wilson (S.)......
- WOÉLASTON (H-).
- WoOLLAjHS,(J.) . * • . .... Yardley (C.). > J.. j :’i
- QUALITES
- ou
- PROFESSIONS.
- imprimeur.
- ingénieur.
- libraire.
- négociant.
- forgeron.
- inge'nieur.
- inge'nieur.
- »
- ingénieur.
- constructeur de moulins.
- mécanicien.
- serrurier.
- carrossier.
- »
- papetier.
- marchand.
- fermier.
- fabricant de colle-forte.
- DOMICILE.
- COMTES.
- Londres.
- »
- id.
- Edimbourg.
- Londres.
- Sheffield.
- Bishop-
- wearmouth.
- Manchester.
- Long -Benton. Londres.
- id.
- Kemvyn.
- Âshover.
- Londres.
- Dartford.
- Londres.
- Streatham.
- Clapton.
- Wells.
- Camberwelî.
- Middlesex.
- id.
- Écosse. Middlesex.
- York. À..
- Durham.
- Lancaster.
- N orthumberland Middlesex,
- id.
- Cornwall.
- Derby.
- Middlesex.
- Kent.
- Middlesex.
- Surrey. Middlesex.
- Sommerset.
- Surrey.
- m
- H X!; g
- <; -3 pq
- fi « s
- 26 déc.
- DESIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- - les Brevets ont été délivrés.
- Moyen d’attacher les pantalons et culottes de peau aux bottes et aux souliers.
- 31 j uillet 5 Auditions et perfectionnemeris à l’ins-( trument astronomique appelé sextant.
- 2 mars.
- i Nouveau moyen c!e produire une force (mécanique.
- 4 juillet. 5 Chaînes qu’il nomme chaînes maillé -\matiques.
- 4 juillet. Y Chaudières des machines à vapeur (perfectionnées.
- 29 août. 5 Chaînes propres à remplacer les câbles ( des vaisseaux.
- ’ll Appareil pour alimenter les four-!7 juillet neaux de combustible et produisant une grande économie.
- 21 mars. 2 mars.
- Machines à vapeur perfectionnées. Fourneaux fumivores.
- 2 mars. I Manière de préparer l’acier propre à } la fabrication des ressorts de voitures.
- 3 sept.
- Nouveaux alliages me’talliques.
- 1 Moyen de prévenir les effets nuïsi-15 juin. /^les Pour ^es hommes et la végétation des vapeurs provenante la fusion du
- 7 sept.
- minerai de plomb et d’autres minerais. Nouvelles roues de voitures.
- 20 déc. Moyen de purifier les huiles de graines.
- Moy en de remédier au fréquent dépavement des rues et des chemins, pour placer et enlever lès tuyaux de conduite du gaz.
- 18 oct. "
- 18 oct.
- 4 juin.
- Fabrication d’un nouveau tissu.
- Verrou de sûreté applicable aux fermetures nocturnes.
- I Voitures qui facilitent le tirage des 5 déc. < chevaux et ne sont pas susceptibles de (verser. v
- 2 mars 1 Appareil pour préparer la gélatine f des os, parle moyen de la vapeur.
- „ion 1,
- IMPRIMERIE DE MADAME HUZARD ( née Yallat la Chapelle), rue de l’Éperon, n°. 7,
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-
-
- VINGT-DEUXIÈME ANNÉE. (N°. CCXXY. ) MARS l8a3.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES.
- Rapport fait par M. Baillet, au nom du Comité des arts mécaniques , sur une machine à couper les bois destinés à la confection des jantes de roues.
- M. Castelbafac vous a transmis le plan et la description d’une machine établie aux mines de Freyberg, en Saxe, pour scier en ligne droite et en ligne courbe les bois destinés à la construction des roues. Ces pièces, qui avaient été adressées à M. le Ministre des affaires étrangères par M. de Rumigny, ministre de France à Dresde, ont été soumises à l’examen du Comité consultatif des arts et manufactures. Ce Comité a reconnu que le dessin de la machine était très-soigné, que la description qui y est jointe était claire et précise, et il a pensé qu’il serait important de la faire connaître par la voie de l’impression et de la gravure, parce que cette espèce de scierie n’a point encore été décrite dans aucun ouvrage français, quoiqu’il existe une machine du même genre à Châions, et que le Conservatoire des ^rls et métiers en possède un modèle.
- M. Castelbajac ayant adopté l’avis du Comité consultatif, vous a invités à insérer dans le Bulletin de la Société le plan et la description élu moulin à scier de Freyberg, et il vous a priés de faire ensuite le dépôt des pièces originales au Conservatoire des arts et métiers.
- Quoique l’insertion dans votre Bulletin des pièces qui vous sont ainsi transmises officiellement ne puisse souffrir aucune difficulté, vous avez chargé votre Comité des arts mécaniques d’en prendre connaissance.
- Vingt-deuxième année. Mars 1825. H h
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-
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- ( ^8 )
- Vous n’atteudea pas de nous, Messieurs., que nous mettions ici sons vos yeux une description détaillée de toutes les parties de la machine à scier de Freyberg, et que nous vous en expliquions le jeu et l’usage. Il nous suffira de vous dire que cette machine est en général d’une construction simple, et qu’elle pourra aisément être imitée par des ouvriers d’une intelligence ordinaire.
- Les moyens qui y sont employés pour scier le bois en ligne courbe ne diffèrent de ceux en usage depuis long-temps pour scier en ligne droite, qu’en ce que la pièce de bois, au lieu d’être portée sur un chariot qui s’avance en ligne droite vers la scie , est placée sur un plateau ou disque qui tourne horizontalement autour d’un axe fixe. La pièce s’avance ainsi circulairement, et la scie se meut dans un plan vertical tangent à l’arc suivant lequel le bois doit être scié.
- Nous ajouterons, Messieurs, qu’on lit dans la description que la même machine fait mouvoir un soufflet, qui n’est pas représenté dans le dessin, et que le vent de ce soufflet chasse la sciure devant les dents de la scie, de sorte que l’on peut toujours voir si la machine fonctionne bien. Il nous semble que ce soufflet pourrait encore avoir un autre usage non moins utile et qu’il servirait très-bien à chasser au loin les sciures et à les empêcher de se fixer sur les boulons, les axes et les charnières des diverses parties mobiles de la machine; car il faut avouer que dans ces sortes d’ateliers, ce n’est pas un petit inconvénient que l’accumulation de la sciure sur la surface des pièces, qu’il importe d’entretenir couvertes d’huile ou de graisse, pour en diminuer les frotte mens.
- Nous nous empressons, Messieurs, de joindre notre suffrage à celui qui a déjà été donné par le Comité consultatif, et nous pensons aussi que? quoique ces sortes de machines ne soient pas nouvelles et que plusieurs aient déjà été construites en France, notamment à Châlons et à Stenay, département de la Meuse, ce sera rendre un véritable service aux arts que d’en publier la description dans le Bulletin de la Société.
- Adopté en séance, le 8 janvier 1823.
- Signé B aille t, rapporteur.
- Description d’une machine employée dans les mines de Freyberg, en Saæe, pour scier en ligne droite et en ligne courbe
- les bois destinés à la fabrication des jantes de roues.
- Celte machine est construite de manière à pouvoir scier non-seulement en ligne droite, mais aussi en ligne courbe, et cette dernière disposition
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-
- ( 59 )
- la rend très-utile pour l’établissement de Halsbruck, où l’on emploie un-grand nombre de roues de différentes espèces pour les besoins des machines; car, par son moyen , on peut couper les jantes ou courbes dont se composent ces roues avec plus de facilité et moins de consommation de bois que par les procédés ordinaires.
- La machine à scier en ligne droite ressemble aux moulins à scier généralement en usage ; les différences que présentent quelques parties de son mécanisme dépendent des localités. Celle à scier en ligne courbe ayant de commun avec la précédente l’appareil qui transmet le mouvement, et les pièces comprises entre cet appareil et le chariot, ainsi que la scie, il est nécessaire de faire connaître d’abord la première de ces machines, afin de pouvoir se rendre compte de la seconde.
- Aperçu général de la machine à scier en ligne droite.
- À,y%. i, 2 et 4-, PI' a38 et 23g, est l’arbre de couche, portant à l’une de ses extrémités une grande roue hydraulique, frappée en dessus, et à l’autre un hérisson C, qui engrène dans la lanterne D. L’arbre EF, sur lequel cette lanterne est montée, fait tourner un volant en bois G et une manivelle H. À cette manivelle est attachée une bielle I, terminée en boule à sa partie supérieure, afin de pouvoir jouer librement dans le balancier KK, où elle est engagée. Ce balancier, mobile sur l’axe B , porte à son autre extrémité une tige de fer N, à laquelle est lié le grand châssis M M, qui reçoit ainsi un mouvement de va-et-vient dans la direction verticale. Un montant L à charnière, boulonné sur la traverse supérieure du châssis, transmet le mouvement d’élévation et d’abaissement de celui-ci à un arbre P, par l’intermédiaire d’un bras de levier O : cet arbre fait mouvoir à son tourune tige Q, armée d’un bec en fer, qui, en s’engageant successivement dans les (.lents du rochet R, fait avancer ce rochet, et par suite la lanterne S, sur l’une des joues de laquelle il est monté. Cette lanterne mène la roue T fixée sur l’arbre UU, qui est muni d’un pignon Y : ce pignon engrène dans une longue crémaillère horizontale Y, sur laquelle repose l’équipage ou chariot W portant le bois destiné à être scié. On conçoit que ce mouvement amène constamment le chariot contre la scie X, et que le bois se trouve débité avec beaucoup de promptitude et de facilité. Un double cliquet Z est destiné à empêcher le recul du rochet R.
- Description des différentes parties de la machine.
- La grande roue hydraulique que nous avons omise dans les planches ,
- H h 2
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- ( 6o )
- parce qu’elle n’a rien de particulier, a 6 aunes, mesure de Saxe (i), ou 5m,39ô de diamètre, et 18 pouces de largeur entre les couronnes, qui sont épaisses de 4 pouces et demi, et saillantes de 10 pouces en dehors : elle porte trente-deux augets, et a de chaque côté quatre bras qui pénètrent dans l’arbre et sont consolidés par des coins.
- Le hérisson C, monté sur l’arbre A, a 3 aunes 9 pouces (im,939) de diamètre; la largeur de la couronne est de 9 pouces, son diamètre extérieur est de 3 aunes 6 pouces ( 1 In,857), et la largeur correspondante 7 pouces. La roue, munie de cinquante-six dents , est formée de huit courbes liées entre’ elles par deux rangées de chevilles et en outre par seize boulons à écrous. Elle porte quatre bras, qui sont assujettis dans l’arbre A par des coins; les bras, qui font de chaque côté de la couronne une saillie de 2 pouces et demi, se réunissent vers le milieu, et y sont liés entre eux et avec la couronne par des boulons à vis. Les dents ont 3 pouces de longueur; 3 pouces un quart d’épaisseur et 2 pouces un quart de largeur.
- La lanterne D a sept fuseaux, chacun de 2 pouces d’épaisseur, qui sont liés à l’arbre E F par deux fret tes.
- Le volant G a 2 aunes ( im,i3o) de diamètre; Fépaisseur des couronnes est de 6 pouces et demi, leur largeur 10 pouces et demi : ce volant est construit en bois de chêne, et garni de distance en distance de lames de plomb.
- La manivelle H, qui est en fer forgé, a 9 pouces de longueur sur 2 pouces et demi d’épaisseur; elle a 4 pouces et demi de large près du tourillon de l’arbre E F, et seulement 3 pouces dans la partie où est attachée la bielle.
- Le coussinet de l’arbre EF peut, ail moyen d’une vis de rappel placée près de E , être reculé de manière que la lanterne D n’engrène plus avec le hérisson C, disposition qui sert dans le cas où l’on veut arrêter la machine pour y faire quelques réparations.
- La bielle I, qui réunit la manivelle H au balancier RK, est en fer forgé; elle a 2 pouces d’épaisseur sur 4 pouces et demi de largeur dans sa partie inférieure , où elle reçoit la manivelle. La boule qu’elle forme à l’extrémité supérieure a 3 pouces de diamètre : cette boule joue dans un anneau de cuivre composé de deux pièces semi-circulaires, fixées dans le balancier par quatre boulons à écrous , deux bandes de fer et deux tenons.
- Le balancier RK, en bois de chêne, a 4 pouces d’épaisseur, 11 pouces trois.
- (1) L’aune de Saxe équivaut à 1 pied 8 pouces 10 lignes, ou om,565mm , mesure de France.
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- quarts de hauteur au point où il se meut sur les tourillons BB, 9 pouces un quart près du point d’attache de la bielle, et 8 pouces seulement à l’autre extrémité : la longueur totale, comprise entre ces deux points, est de 2m,45o, dont im,25o à partir de l’extrémité antérieure jusqu’au centre du mouvement, et im,2oo depuis le tourillon B jusqu’à l’endroit où est insérée la boule de la bielle I.
- Le bout du balancier, du côté du châssis, est muni d’un tenon solide en fer, de 4 pouces de large, traversé à sa partie inférieure par un boulon, auquel tient une tige N. Cette tige, en fer forgé , à laquelle le châssis est suspendu au moyen d’un autre boulon, a un pouce trois quarts d’épaisseur sur 2 pouces un quart aux deux bouts.
- Les coussinets en cuivre , sur lesquels reposent les boulons, peuvent être serrés par les vis a a; au surplus , la manière dont cet attirail est attaché au châssis étant représentée d’une manière très-claire,fig. 2, nous nous dispenserons d’entrer à cet égard dans de plus longs détails.
- Le châssis M, formé de deux montans et de deux traverses assemblés solidement, glisse dans des rainures pratiquées dans les piliers b b : ces piliers sont maintenus par des traverses ee, auxquelles ils sont fortement liés par des boulons à écrous.
- Quatre pièces de bois cc sont vissées sur les piliers, afin d’empêcher le châssis de sortir de sa rainure.
- La traverse supérieure du châssis M porte une pièce de fer d, et la traverse inférieure une semblable pièce fi percée de mortaises, dans lesquelles entre la lame de la scie, et qu’on y maintient par des boulons.
- La lame de scie X a un huitième de pouce d’épaisseur et 4 pouces et demi de large.
- La lanterne S, qui reçoit son mouvement de la roue àrochetR, a 17 pouces deux tiers de diamètre ; elle porte douze fuseaux ; son axe repose sur le coussinet a', fig. 4, Pl- 23g, et on peut la faire avancer et reculer avec la main , en adaptant une manivelle à l’extrémité du tourillon ù'.
- La roue T, menée par la lanterne S , est formée de deux disques en bois, de 900 millimètres de diamètre, réunis par des boulons et écrous, et sur la circonférence desquels sont implantées les dents, au nombre de vingt-huit.
- La lanterne V, montée sur l’arbre U, a 9 pouces de diamètre, et est armée de sept fuseaux.
- La crémaillère Y est fixée au chariot W, de telle manière que ce dernier suit les mouvemens qu’elle reçoit elle-même de la lanterne Y ; ce qui opère l’avancement de la pièce de bois contre la scie.
- Le chariot W est formé de deux poutres assemblées par des traverses:
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- ces poutres roulent sur des galets de'; ce qui facilite le mouvement du chariot dans la direction de la scie.
- Aperçu général de la machine à scier en ligne courbe.
- Lorsqu’on veut couper les bois en ligne courbe, on conserve tout l’appareil que nous venons de décrire, à quelques exceptions près.
- Le chariot W de la machine à scier en ligne droite devra être avancé vers les piliers b b, jusqu’à ce que la traverse antérieure en soit encore éloignée de 3 mètres : cette disposition n’est exigée que dans le cas où la scie à couper les courbes se meut dans la mortaise p du chariot dont il sera parlé plus bas ; alors il faudra que le chariot W soit poussé jusqu’à la seconde mortaise p'; ensuite on l’arrête, afin qu’il ne puisse plus avancer ni rétrograder, et on ôte les dents de la crémaillère Y, de manière que l’arbre U tourne librement. On monte alors sur le chariot W le plateau g, qui doit y être fixé solidemen t et dans une position telle, que le centre de la cheville saillante k se trouve exactement vis-à-vis les dents de la scie n : cette scie devra être disposée à angle droit avec le chariot W, ainsi qu’on le voit fîg. 2, PL 238.
- Le chariot i est monté sur la plate-forme h, et engagé dans la cheville k, de telle sorte que sa circonférence extérieure tourne invariablement autour de ce point.
- Une corde attachée d’un bout à un boulon l fixé sur la périphérie du chariot passe sur la poulie de renvoi m et s’enroule sur l’axe U ; cette corde oblige le chariot i à tourner sur le pivot k.
- La scie n , qui est représentée séparément,/?^. 5, PL 239, est attachée par sa monture e, au moyen d’une vis, au châssis M, de sorte qu’elle se meut verticalement de haut en bas avec ce châssis.
- Comme le chariot i tourne constamment dans la direction de la scie n, les madriers qui sont fixés sur ce chariot se trouveront débités en courbes, qui auront le développement des rainures/?/?'.
- Description des differentes parties de cette machine.
- Le plateau g* représenté séparément, fig. 3, PL 238, est forméd.e planches de 2 pouces d’épaisseur , assemblées l’une sur l’autre , à angle droit, et formant une surface parfaitement unie. Sur ce plateau est fixée à boulons et à vis la plate-forme rectangulaire ù, de 4 pouces d’épaisseur, portant une pièce de fer dpercée de trous uuf u", pour recevoir la cheville i.
- Le chariot i, composé de planches de chêne, tourne sur le plateau g au
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- moyen des galets ooo, dont les axes sont soutenus par des chapes de fer fixées au-dessous du chariot. ^ '
- Entre les courbes H'-V" sont ménagées deux mortaises pp', sur lesquelles dn place le bois à débiter, de manière que la scie puisse s’y .mouvoir librement. Ea rainure étroite r, pratiquée au-devant de la scie, sert à la diriger dans la mortaise p; mais lorsqu’on veut opérer dans le sens de la mortaise//, on enlève la pièce de bois courbe i"; on amène la scie dans cette mortaise, et on replace la courbe , afin de consolider le madrier à couper. La tige de fer q, fixée à la traverse i, sert à consolider la pièce de bois courbe s, et en même temps à recevoir le boulon /, auquel est attachée la corde. Un tenon de fer réunit la courbe / avec la traverse i, et sert à lui donner la solidité nécessaire.
- Cette traverse -i est percée de trois trous ovales///1", au moyen desquels on peut approcher le chariot de la scie en engageant successivement la cheville k dans l’un de ces trous, après l’avoir fait correspondre avec ceux du plateau g, et qui sont désignés par les lettres uu' u”.
- Par cette disposition , on peut obtenir des courbes dont lediamètren’ex-cèdé pas am,260, et n’est pas moindre de im,i5o.
- La lame de scie n est liée par les brides y y avec la monture vv, dont les montans w <v sont boulonnés solidement sur les traverses inférieure et supérieure du châssis M, et maintenus au moyen d’une double tringle de fer oblique x x. Afin que la lame de la scie ne puisse fléchir , deux tiges zzr dont les bouts sont taraudés, la dirigent dans sa position verticale : ces tiges peuvent être serrées au moyen d’écrou s.
- La manoeuvre de cet appareil est facile à concevoir : après avoir placé le plateau# et le chariot i dans la position convenable , on attache la corde f d’un bout au boulon / et de l’autre à un crochet implanté sur le treuil U. Ensuite on dresse, à l’aide de coins , la cheville ouvrière k, pour que le chariot tourne avec la régularité nécessaire. Cette opération terminée, ou établit le madrier destiné à être coupé en ligne courbe, de manière qu’il se trouve exactement au-dessus des mortaises pp'; on le fixe par des craiii-poris h'h' sur les pièces i' i'1 du chariot, et on marque avec un traçoir la courbe que la scie doit suivre; enfin le trait indiqué ayant été porté vis-à-vis les dents de la scie, on met la machine en jeu. Une poutre de bois blanc, de 5o millimètres d’équarrissage et de iM,700 de longueur, a été sciée eu deux minutes et demie, la grande roue hydraulique faisant dix-sept tours par minute.
- Lorsque la pièce de bois est sciée , on relève le levier Q, on fait rétrograder le chariot, et on place le bois de telle sorte, que le second trait de
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- scie se fasse comme le premier : on obtiendra ainsi une jante très-bien et très-régulièrement coupée. ; .
- Comme il se trouve près de cette scierie un soufflet qui est mu par le même moteur, on le fait communiquer, au moyen d’un petit tuyau, avec la lame de la scie : le vent, qui passe par ce tuyau, chasse la sciure, qui s’accumule au-devant des dents, ce qui permet d’examiner si le trait indiqué a été suivi exactement. » i , i n ; ' ' ; : ' ^
- Explication des figures des Pl. 238 et 239.
- Pl. 238, fig. 1. Élévation latérale de la scie, du plateau et du chariot. .♦
- Fig. 2. Élévation vue de face de la même machine. .
- Fig. 3. Le plateau vu séparément.
- PL o.3ÿ,fig. 4- Plan de l’appareil complet et du plateau.
- Fig. 5. La scie pour couper en ligne courbe, vue séparément et en élévation.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans toutes les figures.
- A , arbre de couche de la grande roue hydraulique; B B, tourillons sur lesquels se meut le balancier; C, hérisson de cinquante-six dents, monté sur l’arbre A ; D , lanterne de sept fuseaux menée par la roue précédente; EF, arbre portant la lanterne et le volant G garni de plomb; H, manivelle en fer fixée sur le tourillon de l’arbre EF ; I, bielle dont l’extrémité supérieure a la forme d’une boule et joue dans le bout du balancier KK, mobile sur ses tourillons B B; L, montant en bois à charnière, attaché au châssis M, et terminé par une fourchette dans laquelle s’engage le bout du levier O; M, châssis porte-scie composé de deux montans et de deux traverses solidement assemblés ; N, tige de fer qui réunit l’extrémité antérieure du balancier R avec le châssis M ; G, levier en bois fixé sur l’arbre P , et qui reçoit son mouvement du châssis porte-scie par l’intermédiaire du montant L ; hQ , autre levier qui entre dans une fourchette faisant corps avec l’axe P, et qui est terminé par un bec en fer; R , rochet dans les dents duquel s’engage le bec en fer; S, lanterne de douze fuseaux menée par le rochet R, auquel elle est réunie ; T, roue de vingt-huit dents mue par la lanterne précédente: UU , treuil portant la roue T, et sur lequel s’enroule la corde qui fait tourner le chariot; Y, lanterne du treuil U; W, chariot roulant sur des galets ; on y place les pièces de bois destinées à être débitées en planches; X, lame dé scie pour couper en ligne droite; Y, crémaillère portant le chariot W, et dans laquelle engrène la lanterne T; Z, cliquet double qui empêche le mouvement rétrograde du rochet R. . ,<>. .
- a a, boulons qui réunissent les articulations de la tige de fer N; hb, montans
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- ians entre lesquels glisse le châssis porte scie M; c c , pièces de bois boulonnées sur les montans et destinées à retenir le châssis M dans sa’coulisse; d y bride supérieure en fer qui rëçoit la lame de scie X j elle peut être serrée au moyen d’écrous; ee, traverses supérieure et inférieure du bâtis, sur lesquelles sont solidement boulonnés les montans b b //^biide inférieure de la scïeX, qu’on serre avec une clavette;^, grand plateau.çirculaire; h y plateforme vissée sur ce plateau; i, chariot mobile sur Je plateau gÿ et qui reçoit les pièces de bois destinées à être coupées en ligne courbe ; b, cheville ouvrière formant le centre de mouvement du chariot ;7 , boulon auquel s’attache la corde qui fait tourner le chariot ; m, poulie directrice de cette corde; n , lame de la scie pour couper en ligne courbe ; oo, galets sur lesquels roule le, chariot i; pp, mortaises courbes dans lesquelles opère la scie ; q > barre de fer servant à consolider l’extrémité du chariot et portant le boulon l;
- r, rainure du chariot qui reçoit la scie au commencement de l’opération;
- s, pièce de bois courbe formant l’extrémité du chariot; ttr t", trous ovales percés dans le chariot, et dans lesquels on fait entrer successivement la cheville k, d’après les différentes courbes qu’on veut obtenir; uu'u", autres trous ronds de la plate-forme h, au travers desquels passe également la cheville k; ce, monture de la scie pour couper en ligne courbe ; ww, bouts de cette monture qui se fixent sur le châssis M ; xx, tirans de fer servant à consolider la monture de la scie et à la réunir avec les traverses du châssis
- brides supérieure et inférieure de là lame de la scie ji ; z z, tringles de fer taraudées, servant à maintenir la scie dans sa position verticale.
- dy coussinets de l’arbre U; b\ tourillon du même arbre auquel s’attache une manivelle quand on veut désengrener; c[c, galets du chariot W; d’, pièce de fer percée de trous 'et vissée sur la plate-forme hpe',t verrou qui réunit la courbe i' avec le corps du chariot i;f \ corde.qui;fait tourner le chariot*', dont elle embrasse la circonférence : elle est dirigée sur la pouliem par un rouleau g'; h\ crampons en fer pour assujettir les pièces de bois sur le chariot pièces de bois courbes formant le chariot et ser-
- vant de guides à la direction de la scie ; k', bec du levier Q, qui pousse les dents du rocket; J', extrémité .supérieure de la bielle I, en forme de boule; m', fourchette faisant corps avec l’axe P, et qui reçoit l’extrémité du levier Q.
- Nouvelle machine à vapeur de M.. Perkins , de Londres.
- , L’attention du public a été vivement excitée par un projet de construction d’une machine à vapeur récemment proposée par M. Perkins. La nouveauté du principe de cette machine, la réduction considérable dans la con-
- Vingt-deuxième année. Mars 1823. Ii
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- sommation du combustible, la pifession extraordinairesous-laquelle on annonçait qu’ellé pouvait agir sans aucun danger, tendaient à: -renverse# toutes les théories; établies, et avaient'laissé des dodte&siïr; la: possibilité de l’employer utilement.:?*'Va: ; ; (y:r;.;i'Cqu.* ?. - .Vi - .u-: , ; i> e ; -
- Mi ‘Perkins vient dé çonvainere les plus incrédules : ibà prouvé par des expériences rigoureuses que sa machine fonctionne dans les circonstances et avec tous les avantages qu’il avait annoncés. La propriété de sa découverte lui est? assurée par un brevet obtenu en Angleterre. Ge brevet n’étant point encore rendu public , nous ne pouvons aujourd’hui que donner une idée générale de là machine, sauf A la faire connaître avec plus de détails lorsque nous aurons reçu les plans de la machine.; .
- -Le botnHeur &u\egénérateur àt la. vapeur, de là capacité de 8 gallons (3a litres), est un cylindre en bronze, dont les parois ont 3 pouces d’épaisseur : ce vaisseau, fermé par les deux bouts , est placé verticalement au milieu d’un fourneau de forme circulaire. On le remplit d’eau en totalité; cette eau est soumise à une forte pression ,• et le fçu qui l’enveloppe de toutes parts lui communique une température très-élevée. Une soupape, chargée d’un poids faisant équilibre à la pression intérieure, est placée au sommet du générateur; une pompe d’injection y introduit de force une petite quantité d’eau, qui déplace un volume correspondant d’eau chaude. Cette eau, en sortant du générateur, passe dans le tuyau d’entrée, où elle se convertit aussitôt en vapeur : cette vapeur exerce une très-grande force expansive contre le piston, qu’elle fait mouvoir dans un cyliiïdre de i pouces de diamètre, placé horizontalement. Ce piston y dont la course est de 12 pouces , agit par son mouvement de va-et-vient sur une soupape , qui ouvre et ferme alternativement les passages d’entrée et de sortie. La vapeur, après avoir exercé son action sur le piston , comme dans les machines ordinaires, passe dans le condenseur , mais avec cette circonstance particulière que la condensation s’opère sous une pression de 70 livres par pouce carré. La vapeùr se forme et se condense si rapidement quand la machine est en pleine activité ; que le piston frappe jusqu’à deux cent cinquante coups par minute. Lë mouvement est ensuite communiqué par la tige du piston au balahfeiër1, au volant, et delà, comme premier moteur, à toute machine qu’il s’agit de mettre en mouvement.
- L’espace occupé parla machine.èt ses accessoires; h’excède pas.une surface de 6 pieds sur 8 : elle est de la force de dix chevaux; on assure même que sans y riens changer^ excepté le eydindre& vapeur, elle pourrait être de la force de cinquante chevaux. Lac o n so mm a tio n d 11 combustible estde 2 busbels, ou 6 décalitres environ par jour;; ^ !*; c.à U: ^
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- Afin de prouver qu’on n’avait çien à redouter des explosions , on a fait crever exprès l’appareil, à .différentes fois , en présence-de plusieurs personnes : cela tient sans doute à ce que. l’eau / chauffée, et Retenue dans le générateur sous une pression considérable , ne seT convertit; en vapeur que lorqu’elle est sortie de la chaudière, et que, quelque,élevée que soit sa température, elle a peu d’élasticité tant qu’elle reste à l’étât liquide. Quant à la petite quantité de vapeur, qui se forme successivement dans le tuyau d’entrée, si elle faisait explosion, son action ne;s’étendrait:pas loin. Au reste, pour prévenir la possibilité d’un pareil accident:, on a .introduit un globe de cuivre dans une portion du tuyau à vapeur : ce globe est construit de manière à éclater sous une pression de 1,000 livres, tandisjque la machine travaille sous la pression de 5 à 700 livres, et qu’on s’est assuré qu’elle est capable de résister à une force de 2,000 livres par pouce carré. Si la machine travaillait sous une pression phis forte qu’à l’ordinaire, le globe de cuivre se fendrait, et la vapeur,s’échapperait par la fissure; ce qu’on a vérifié à plusieurs reprises (1).., : ,
- Note sur quelques machines à vapeur de dimensions extraordinaires.
- Les mines de cuivre situées près de Redruth en Cornouailles, dont on vient de reprendre l’exploitation, offrent une étendue de travaux à assécher, ayant plus d’un mille; de longueur, ët environ 260 mètres de profondeur au-dessous du niveau de la galerie d’écoulement, qui verse les eaux dans la nier.
- Pour mettre à sec ces anciennes excavations et permettre de creuser encore plus profondément, trois machines à vapeur ont été établies par M. Jr-thur TVoolf : l’une, située à l’extrémité ouest de la mine, a un cylindre de im,778 (ou 70 pouces anglais) de diamètre, et fait agir des pompes à la profondeur de 120 mètres. Une deuxième machine a été placée au centre de 1’établissement, et une troisième à la partie orientale de la mine. Ces deux dernières machines ont des cylindres de 2m,286 (ou go pouces anglais ) de diamètre ; la course de leur piston est de 3m,o48 (10 pieds).
- Chaque machine est pourvue de six chaudières ; trois sont réunies de manière à être chauffées par deux feux, et suffisent pour faire mouvoir une machine; les trois autres servent quand il faut nettoyer ou réparer les pre-
- (1) Un brevet d’importation vient d’êtïe'demaridé en Frarice pour la nouvelle machine à vapeur de M. Perkins.
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- mières. ' La vapeur agit à haute pressioii ; elle est employée suivant le mode appelé « expansion, et condensée à là manière ordinaire. Ces trois immense^ machinéS!lsont d’une construction très-soignée et très-bien entendue dans tous leurs détails. Quoiqu’elles passent en puissance toutes les machines à Vapeur connues ;:et quoique La course du piston soit àussi d’une étendue plus grande que dans aucune autre , elles ont marché jusqu’à présent d’un mouvement très-égal, sans choc, sans secousse, à raison de douze à treize coups par minute , et avec autant de'régularité que si elles étaient munies d’un Volant. K » ! è ; : • *
- - La première de ces machines a consommé environ 134 mètres cubes de houille en trente-cinq jours; ce qui revient, par jour, à 3,8 mètres cubes, c’est-à-dire environ 4,s3o kilogrammes de houille. Le poids élevé est, chaque jour, de 591 millions de kilogrammes'; chaque kilogramme de houille consumée élève 139,696 kilogrammes (ou environ i4o métrés cubes d’eau) à la hauteur d’un mètre : ce résultat dépasse celui qu’on obtient de toutes les autres machines connues de cette espèce.
- Voici le poids des parties principales de ces machines gigantesques :
- Le cylindre, sans son couvercle ni son fond, pèse 12,000 kilogrammes environ; il est fondu d’un seul jet et renfermé dans une enveloppe d’un plus grand diamètre ; le balancier et son axe pèsent 25,000 kilogrammes les tiges des pompes dans les puits et leurs ferremens pèsent environ 4o?ooo kilogrammes. - ; ; ;
- Si l’on ajoute à ce dernier poids celui de la colonue d’eau soulevée par les pompes et la moitié du poids du balancier, on trouve une charge de presque 100,000 kilogrammes d’un côté de l’axe; un contre - poids correspondant fait équilibre du côté opposé , en sorte que i’axe porte une charge réelle de 200,000 kilogrammes.
- Le piston parcourt 80 mètres par minute, et met en mouvement cette masse énorme avec une régularité étonnante.
- .Note sur la ténacité dufil de fer éprouvé dans des températures
- différentes.
- M. Dufour, lientenant-colonel du génie, à Genève, a entrepris une suite d’expériences, dont le but spécial était d’examiner l’influence présumée de la température sur la ténacité du fil de fer, en opérant dans des températures extrêmes, d’un froid artificiel de plusieurs degrés au-dessous de la glace fondante, et dans un degré de chaleur voisin de l’eau bouillante.
- On prit un fil de fer de o,85 millimètres de diamètre (n°. 4 du com-
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- merce); on s’assura, par cinq expériences préalables, que sa force absolue était de Lfi à 48 kilogrammes; ensuite on fit passer le fil au travers d’un cylindre creux ou manchon, disposé verticalement et rempli d’un mélange frigorifique, qui fit descendre la température à —227centigrades. Dans trois expériences consécutives, le fil se rompit en dehors du manchon, ce qui n’aurait pas eu lieu si le froid avait eu l’influence qu’on suppose ordinairement; car dans ce cas la rupture se serait naturellement faite dans la portion du fil la plus refroidie, c’est-à-dire vers le milieu du manchon .Le poids sous lequel le fil. se rompit fut deux fois de 47 kilogrammes et une fois de 46.
- Pour essayer l’autre extrême de température, on remplit le manchon d’eau bouillante , ce qui produisit dans l’intérieur une température moyenne de 921 degrés centigrades. On fit deux expériences : dans la première, le fil chargé de 45^ kilogrammes, se rompit hors du manchon, dans la seconde, il se rompit en dedans, portant 46 7 kilogrammes.
- On peut inférer de ces premiers essais que dans les limites de température dans lesquelles ils étaient faits , c’est-à-dire dans une étendue de 115° centigrades, la température du fer n’avait pas eu une influence sensible sur sa ténacité.
- Pour troisième expérience, on disposa le fil de manière qu’il traversait à-la-fois deux manchons éloignés de 60 centimètres l’un de l’autre : l’un contenait le mélange frigorifique, l’autre, l’eau chaude à 92 7 degrés. Le fil se rompit entre les deux manchons sous le poids de 45 7kilogrammes.
- Cette expérience, tout-à-fait d’accord avec le résultat des deux précédentes, démontre le peu d’influence de la température sur la ténacité du fil de fer dans les limites indiquées ; 011 remarquera en général que lorsque ce fil a été recuit, c’est-à-dire simplement rougi au feu, il perd presque la moitié de sa ténacité.
- Les légères différences qu’on a pu remarquer entre les charges sous lesquelles des fils de même fabrique et de même diamètre se sont rompus, doivent être attribuées aux inégalités inévitables dans le mode intérieur d’agrégation des molécules du métal sous l’action du marteau, quia préparé celle de la filière, plutôt qu’à aucune influence de la température.
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- ARTS CHIMIQUES.
- Moyen de blanchir et de purifier l’amidon ; par M. Samuel
- Hall.
- L’objet de ce perfectionnement, pour lequel l’auteur a pris un brevet en Angleterre, le g mai 1821, est d’extraire de la farine de froment destituée à la fabrication de l’amidon la partie colorante, qui donne une teinte jaune aux étoffes et au linge apprêtés avec cette substance; inconvénient auquel on ne remédie qu’incomplétemenl en chargeant les tissus de bleu.
- Voici en quoi consiste le procédé. Lorsque la préparation de l’amidon est arrivée au point où il est prêt à être mis en pains, on le délaio dans une quantité d’eau suffisante pour lui donner la consistance de la crème; puis on mêle à chaque livre d’amidon 1 gallon (4 litres) de liqueur à blanchir, composée de 2 onces de chlorure de chaux (muriate oxigéné de chaux) dissoutes dans 1 gallon d’eau: après avoir agité le tout ensemble, on ajoute 4 gallons d’eau et on laisse reposer le mélange, afin de favoriser la précipitation des matières insolubles. La liqueur étant décantée, on y mêle 2 onces d’acide sulfurique étendues d’un gallon d’eau, pour chaque livre d’amidon; on agite de nouveau, afin que l’acide dissolve toutes les parties hétérogènes ; enfin on verse dans la dissolution 4 gallons d’eau par chaque livre d’amidon : la liqueur est alors laissée en repos assez long-temps pour que l’amidon, purifié et blanchi, puisse se précipiter. Les lavages sont répétés avec de l’eau pure pour enlever le chlorure et l’acide que l’amidon pourrait encore retenir, ensuite on termine la fabrication d’après la méthode ordinaire.
- L’auteur assure que l’amidon ainsi préparé est d’une extrême pureté et d’un blanc brillant. Des dentelles et des mousselines apprêtées avec cette substance ont été trouvées d’un éclat supérieur à ces mêmes tissus apprêtés avec de l’amidon du commerce.
- Sur la ductilité du'verre$ par M. J\ Deucliar.
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- L’art de filer le verre, c’est-à-dire de l’allonger en fils quand il a été ramolli, rémonte à environ quarante ou cinquante ans, et M. Knee, d’É-dimbourg, est le premier qui l’ait pratiqué en grand. Vingt ans après, au lieu de tirer le verre avec les doigts, on s’est servi d’une roue sur laquelle le fil s’enroule en même temps, et par ce moyen on est parvenu à filer le verre beaucoup plus vite que les substances ordinaires.
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- Quand on .tife un morceau de verrecrctix' le trou se conserve toujours , quelle que soit la finesse du fil. L’auteur a pris un morceau de tube de thermomètre, dont le diamètre intérieur était très-petit, et il Ta tiré en fils. La roue dont il s’est servi avait 5 pieds de circonférence , et comme elle faisait cinq cents révolutions en une minute, il a obtenu 3o,ooo mètres de fil par heure, en sorte que le fil était d’une finesse extrême, et que son diamètre intérieur était à peine calculable.
- Le fil provenant d’un petit morceau de verre à vitre , coupé avec un diamant, a présenté, vu à travers un microscope, une forme aplatie avec quatre angles droits très-distincts ; il est très-probable qu’il doit à cette forme particulière la supériorité de son éclat; car les fils provenant de morceaux de verre ronds ont toujours une apparence sombre.
- En réunissant du verre de diverses couleurs en un seul tube, le fil qui en provient conserve toutes les couleurs originales sans qu’elles se mélangent et sans qu’on y remarque aucune interruption ; mais la plupart se ternissent par l’opération.
- Le verre filé par ce procédé est aussi souple que la soie, et peut être aisément roulé à la manière du fil commun, et employé en orne mens. Au toucher, ces fils de fer ressemblent aux cheveux, et comme eux ils peuvent être bouclés d’une manière permanente, en les roulant sur un fer chaud. Les fils provenant du verre noir ont une si grande ressemblance avec les cheveux noirs , qu’on les confond souvent.
- Composition d/une encre pour marquer le linge.
- M. Guillemin, de Metz, a adressé à la Société des échantillons d’une encre employée en Angleterre pour marquer le linge, qui, suivant lui, résiste aux lessives les plus fortes; il y a deux recettes pour préparer cette encre, la première seule a été essayée par l’auteur ; la voici :
- On commence par mouiller la place où l’on veut écrire avec une liqueur composée d?une demi-once de carbonate de soude, 4 onces d’eau pure et 3 gros de gomme arabique ; on laisse sécher, puis on frotte avec un corps dur et uni, du verre par exemple, pour lisser le linge, et on écrit alors avec une encre composée de 2 gros et demi de nitrate d’argent, 6 gros d’eau distillée et un gros de gomme arabique. On écrit à la plume avec cette encre; mais pour en répandre l’usage, M. Guillemin a essayé de faire des empreintes avec un cachet de bois en relief, ceux de métal décomposant l’encre : ces empreintes ont assez bien réussi, mais elles ne sont pas aussi noires que les caractères tracés à la plume..
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- On a publié en France la recette suivante pour marquer le linge. On fait dissoudre 2 grammes de gomme arabique et 3 grammes de prussiate de potasse cristallisé dans 7 grammes d’eau distillée; on fait tremper dans cette dissolution, pendant un quart d’heure, la portion de linge sur laquelle on veut écrire : on laisse sécher le linge, et on le lisse avec du verre ou de l’ivoire ; ensuite on prépare l’encre suivante : on fait bouillir 8 grammes de noix de galle concassée, pendant une demi-heure dans suffisante quantité d’eau; on passe à travers un linge, et on fait fondre dans cette dissolution 4 grammes de sulfate de fer. On peut aussi, au lieu de cette encre, écrire avec du muriate d’étain un peu concentré; alors les lettres paraissent en bleu , ce qui provient d’un peu de fer contenu dans la dissolution.
- Toutes ces recettes sont également bonnes; mais elles sont connues et généralement employées en Angleterre, où elles ont été publiées dans un ouvrage intitulé : Netv family receipt book, pages 116, 117 et 298. Nous les avons mentionnées ici pour appeler l’attention des fabricans de tissus sur cet objet.
- Moyen de rendre le bois, le linge, les étoffes, etc., incombustibles.
- M. Benjamin Cook, de Birmingham, chimiste distingué, a découvert, dans ses expériences sur les alcalis, que toute espèce de toile de lin ou de coton , ainsi que l’indienne , la mousseline, etc., deviennent incombustibles lorsqu'elles sont trempées dans une dissolution de potasse de 124 ou i3o grammes. Il a reconnu également que tous les bois prenaient la même qualité quand ils étaient saturés d’une dissolution du même alcali de i/jo ou i5o grammes. Il y a deux manières de saturer le bois : premièrement, en laissant tremper les planches dans la dissolution pendant trois ou quatre semaines, jusqu’à ce que la potasse ait parfaitement rempli les pores du bois; mais la méthode qu’il préfère consiste à se servir d’une machine, au moyen de laquelle il parvient à extraire la sève et à la remplacer par l’aicaîi. Il exécute cette opération en quelques heures, aussitôt après la coupe de l’arbre et avant que l’écorce ne soit enlevée : elle a le double but de rendre le bois incombustible et de l’empêcher de tomber en poussière. La dissolution de potasse que M. Cook prépare pour préserver du feu-la toile, le coton , etc., est aussi limpide que l’eau, sans aucune odeur, et n’altère pas les couleurs. M. Cook a reçu une patente, et fait disposer l’appareil nécessaire pour former un établissement où l’on exécutera ces divers procédés sous sa surveillance immédiate.
- M. Gay-
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- M. Gay-Lussac avait déjà reconnu dans le phosphate d’ammoniaque la propriété de rendre les étoffes et* le bois incombustibles avec flamme; M. Hemptinne, pharmacien à Bruxelles, a trouvé que le sulfate, le borate et le muriate d’ammoniaque, le muriate de chaux, le carbonate neutre de potasse et le sulfate de zinc jouissent plus ou moins de la même propriété.
- ARTS ÉCONOMIQUES.
- Description d’un appareil pour fabriquer les tuyauæ de plomb de toute pièce, et pour les étirer sans soudurepar M. J. Hague.
- Cet appareil, destiné à tenir en fusion le plomb et à le forcer de passer ensuite à travers un moule cylindrique au centre duquel est fixé un mandrin, est représenté en coupe, fig. 6, Pl. a3g. a est une auge ou bassine contenant le métal en fusion ; b est le fourneau disposé au-dessous; c est une capacité creuse ou espèce d’écrou traversant la bassine, et dans laquelle le métal fluide pénètre par l’orifice d. Quand cette capacité est remplie, on serre le bouchon e sur l’orifice d, en tournant la poignéef;gest le moule en fer contenant le mandrin. On en emploie de différens diamètres , qu’on visse au bout du récipient c, de manière à pouvoir former avec le même appareil des tuyaux de diverses grosseurs; h est le mandrin en fer où en acier qui entre librement dans le moule, et laisse autour de lui un espace proportionné à l’épaisseur du tuyau qu’on veut obtenir. Ce mandrin est fixé dans l’intérieur à un entonnoir conique i, percé de trous pour donner passage au métal fondu.
- Quand le récipient c est entièrement rempli de plomb fondu, et que le bouchon e est fermé, on fait tourner la vis k; cette vis, en avançant dans l’écrou, pousse devant elle le plomb, et le force à pénétrer dans l’étroit espace ménagé entre le mandrin et les parois du moule. Un réservoir l, placé à l’extrémité antérieure de ce moule, est rempli d’eau froide, pour solidifier le métal à mesure qu’il passe. Aussitôt que cette partie du tuyau est formée, elle est poussée en avant par une nouvelle quantité de plomb fondu, qui pénètre dans le moule. Le tuyau s’enroule ensuite sur le tambour mm, qui tourne par le moyen d’une corde o passant sur une poulie p, et à l’extrémité de laquelle est suspendu un poids q. On conçoit que, tant qu’il y a du plomb dans le récipient, le tuyau continue de se former et de s’enrouler sur le tambour, et qu’on l’obtient ainsi d’une longueur indéfinie.
- Le plomb, fortement comprimé par la vis k, tendrait à s’échapper à tra-Fingt-deuxième année. Mars 1823. K
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- vers les filets de cette vis, si l’on n’avait pris la précaution de le solidifier en plaçant à la partie postérieure de l’appareil un réservoir n rempli d’eau froide.
- L’appareil que nous venons de décrire, et pour lequel l’auteur a obtenu un brevet en Angleterre, le 29 janvier 1823, paraît être d’un service facile et pouvoir remplacer les bancs à tirer qu’on emploie aujourd’hui dans les plomberies où l’on tire les tuyaux sans soudure. Il devient sur-tout important depuis que l’éclairage par le gaz hydrogène a multiplié l’usage des tuyaux de conduite en plomb. •
- Procédé pour extraire la gélatine des os par le moyen de la vapeur portée à une haute température ; par M. Ch. Yardley.
- La méthode proposée par l’auteur pour extraire la gélatine des os consiste à employer la vapeur à une haute température ; cette vapeur, étant introduite dans un récipient sphérique contenant les os, en sépare la partie gélatineuse, qui est ensuite clarifiée, évaporée et séchée sur des filets, comme la colle-forte ordinaire.
- L’appareil dans lequel se fait cette opération est une sphère de fonte, de fer forgé ou de cuivre, dont les parois doivent être assez solides pour pouvoir résister à une très-forte pression. Ce récipient est mobile sur un axe qui le traverse et qui s’appuie sur deux supports; une moitié de l’axe est creuse et communique avec le tuyau qui aboutit à la chaudière : ce tuyau est muni d’un robinet, qui permet ou interdit l’entrée de la vapeur, et de soupapes régulatrices et de sûreté. Dans l’intérieur de là sphère, un tuyau coudé en équerre et communiquant avec le milieu de l’axe creux, conduit la vapeur au-dessous d’un grillage ou diaphragme, dans la partie inférieure de l’appareil : l’axe creux passe à travers une boîte à étoupes, au centre de laquelle il est réuni avec le tuyau à vapeur.
- Les os dont on veut extraire la gélatine sont d’abord plongés dans une fosse remplie d’eau pure, où ils restent pendant douze heures euviron : cette eau est renouvelée de temps en temps, jusqu a ce que les os soient complètement débarrassés de toute impureté; ensuite on prépare une dissolution d’un buschel (3 décalitres) de chaux dans 5oo gallons (2,000 litres) d’eau, qu’on jette dans la fosse ; on y laisse les os macérer pendant trois jours ; après quoi, on les retire et on les rince dans de l’eau pure. -r
- Les os, ainsi nettoyés, sont introduits dans le récipient à travers un trou elliptique percé dans son sommet ; l’appareil étant chargé, on bouche l’orifice au moyen d’une plaque qui passe en dessous, et qui est fortement serrée contre la paroi intérieure par une vis de rappel ; puis on lute les
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- joints de manière que îe récipient soit parfaitement.à l’épreuve de l’air.
- L’eau ayant été élevée dans la chaudière à la température convenable, on ouvre le robinet du tuyau de communication pour faire pénétrer la vapeur dans la sphère , sous une pression de 15 livres par pouce carré de surface ; mais, au préalable, on a ouvert une petite soupape par où s’échappe l’air contenu dans l’intérieur de l’appareil; aussitôt que l’air a été chassé, on ferme la soupape. La vapeur, passant d’abord sous le diaphragme, s’élève ensuite à travers la masse des os, et finit par occuper toute la capacité.
- Après avoir été exposés pendant une heure à l’action de la vapeur, les os laissent dégager un liquide qui se rassemble au fond du récipient : à cet instant, on ferme le robinet de communication, on ouvre la soupape à air, et on laisse couler le liquide dans un vase placé au-dessous; ensuite on introduit de nouveau la vapeur, on la fait encore agir pendant une heure, et on retire une nouvelle portion de liquide, qui est réunie à la première^ Après le refroidissement, on écume soigneusement la graisse qui surnage la liqueur, et on verse celle-ci dans le récipient par un tuyau traversant la soupape à air. La vapeur est de nouveau introduite , et pour qu’elle puisse séparer complètement la partie gélatineuse des os, on fait tourner lentement la sphère quatre ou cinq fois au moyen d’une manivelle et d’un engrenage montés sur l’axe ; enfin on tire la liqueur qui s’est rassemblée au fond, et on la conduit dans des vases évaporatoires, chauffés par des tuyaux dans lesquels circule la vapeur. Après que la gélatine a été concentrée au degré convenable, on la clarifie avec de l’alun, et on la verse dans des rafraîchissoirs, où elle achève de prendre la consistance d’une colle parfaitement pure et transparente : cette colle est divisée en tablettes et mise à sécher sur des filets, à la manière ordinaire.
- L’auteur, qui a obtenu, au mois de mai 1822, un brevet pour son procédé, observe que la chaudière doit être éprouvée à une pression de i5o livres par pouce carré, pour agir avec 100 livres; qu’il en est de même du récipient sphérique , qui sera essayé pour résister à une charge de 5o livres par pouce carré, tandis qu’il ne doit supporter que celle de i5 livres.
- Extrait d’un rapport fait par 31, Héricart de Thury_, «zz nom d3une Commission spèciale, sur un poêle en serpentine présenté à la Société par 31. Sagstête , de Limoges.
- La serpentine employée par M. Sagstête provient des carrières de la Roche-l’Abeille, au bord de la route de Saint-Yriex à Limoges, département de la Haute-Vienne. Sa couleur varie du vert brun au vert noirâtre avec quelle 2
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- ques jaspures jaunes, rouges , grises ou verdâtres. Sous le rapport de îa dureté , elle ne le cède en rien aux plus belles qualités connues de cette roche* et elle prend un très-beau poli, doux , égal et uniforme.
- La propriété de résister au feu que présente au plus haut degré cette serpentine', comme en général toutes les pierres et les roches de la classe des stéatites ou pierres oliaires, a donné à M. Sagstêie l’idée d’en construire des poêles et des cheminées à la prussienne : le succès a couronné cette entreprise. Le poêle offert à la Société par ce fabricant est un cylindre évidé d’une seule pièce, surmonté de diverses parties cylindriques, dont les diamètres vont toujours eu diminuant. Ces différens cylindres ont été retirés successivement les uns des autres au moyen d’une scie tournante, du genre des trépans employés dans les ateliers de lithoglyptique de M. Valin.
- Ce poêle ne présente, il est vrai, aucune combinaison nouvelle; mais comme il est bien construit et solidement établi, il remplit parfaitement ses fonctions; il produit unç très-grande chaleur et résiste à Faction du feu dans les parties où la serpentine est pure et sans mélange ; mais, dans celles qui présentent des mélanges et des veinules d’asbeste, il est à craindre qu’à raison de la différence de densité et par conséquent de îa dilatation, la chaleur ne sépare ces masses dans le sens de ces veinules : aussi pensons-nous qu’il ne faudrait choisir pour les poêles et les cheminées que des pièces parfaitement pures.
- Les commissaires de la Société observent que la nouvelle branche d’industrie créée par M. Sagstête est d’autant plus digne d’attention , que par la propriété réfractaire , la ténacité et la dureté de la serpentine, les poêles, les fourneaux, les cheminées et les âtres qui seront faits avec des masses pures, compactes et sans mélange, seront susceptibles d’être employés avec le plus grand avantage dans les arts qui exigent des feux actifs , comme par l’effet de la beauté du poli et des couleurs, ces divers objets pourront recevoir et même faire valoir les ornemens de bronze qui y seront appliqués.
- M. Sagstête a donné à son établissement un très-grand développement ; il Fa monté de manière à pouvoir également faire la marbrerie monumentale, la marbrerie d’ameublement et lapoêlerie à l’usage de toutes les classes, les plus riches comme les moins fortunées.
- La Commission a proposé à la Société de donner un témoignage particulier de sa satisfaction à M. Sagstête, auquel nous devons la mise en exploitation de la belle carrière de serpentine de la Roche-l’Abeille, en faisant examiner s’il n’y aurait pas lieu à lui décerner une médaille d’encouragement , et en ordonnant l’insertion dans le Bulletin d’une Notice de M, Jllou* ingénieur des mines, sur cette exploitation.
- Ces propositions ont été adoptées dans la séance du 5 février 18a5*
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- Extrait d’une notice sur la carrière de serpentine de la Roche-R Abeille y arrondissement de Saint-Yrieæ ? département de,
- la Haute-Vienne $ par M. A lion 5 ingénieur des mines.
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- Le banc de serpentine qui s’exploite à laRoche-l’Abeille occupe une étendue très-considérable ; il se montre au jour sur la pente sud-ouest d’un plateau stérile, de nature granitique, limité du même côté par la route de Saint-Yriex à Limoges. La roche se présente sous la forme de mamelons détachés, qui surmontent le sol de quelques décimètres et n’offrent pas de couches distinctes. Les autres gîtes reconnus dans le département, à quelques lieues de Chalers, aux forges de la Rivière, peu distantes de cette ville, à Pera-Bruna, près de Magnac , sur la route de Toulouse, et dans quelques autres localités, semblent faire partie d’une couche immense, qui s’étendrait ainsi de l’est à l’ouest.
- Les blocs exploités sont ordinairement d’un vert noirâtre, parsemés de lames de diallage métalloïde, quelquefois de grains de fer oxidulé et peut-être aussi de fer chromaté; la cassure en est compacte, et la surface offre souvent un enduit talqueux d’une couleur blanchâtre ; enfin les masses sont ordinairement traversées par de nombreuses veines d’asbeste dur, d’un blanc verdâtre et satiné. Cette dernière circonstance, qui nuit trop souvent à la solidité des pièces fabriquées et à la beauté du poli, n’est pourtant pas habituelle; car on trouve des blocs considérables qui ne présentent aucune de ces veinules : cette roche est d’ailleurs susceptible de prendre un beau poli, et par suite des mélanges de diallage et de quelques taches d’un vert plus tendre et quelquefois rougeâtres, elle offre des aecidens de lumière d’une grande richesse, et devient susceptible d’être employée aux ouvrages les plus recherchés 'et les plus magnifiques.
- M. Sagstéte ayant entrepris, en 1816, l’exploitation des carrières de la Roche-l’AbeiUe, déjà anciennement connues, commença à enlever des blocs détachés du sol et faciles à extraire ; mais il éprouva d’assez grandes difficultés quand il fallut attaquer la masse elle-même, qui, étant peu distinctement stratifiée, rend ce travail très-pénible. Cette roche est d’ailleurs fort tenace, et ne peut être disjointe qu’avec des coins et à grands coups de mass€. M. Sagstéte a fait débiter en tables, par de simples manœuvres du pays, des masses de serpentine assez considérables, qu’il a fait transporter chez lui. Il a formé à Limoges un atelier, où plusieurs scies sont mises en mouvement, soit à bras, soit à l’aide d’un châssis que fait mouvoir une manivelle.
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- Quelques tables ainsi fabriquées et destinées à recouvrir des commodes et des secrétaires, sont d’une dimension et d’une beauté remarquables ; il y en a de 2 mètres 5o centimètres de large sur 27 millimètres d’épaisseur, et on pourrait en obtenir de plus grandes encore. M. Sagstéte a imaginé aussi de faire avec cette serpentine des colonnes pour des cheminées, secrétaires, commodes, et où le vert foncé de la serpentine fait ressortir parfaitement l’éclat des ornemens en cuivre doré; des monumens funéraires, des pendules, des vases, des serre-papiers et autres objets d’ornement, tels que ceux qu’on fait en Angleterre avec de la chaux fluatée; des carreaux très-minces pour les pavés d’antichambre , salles à manger, etc. ; mais le genre de fabrication auquel il s’est spécialement livré est la construction des poêles et des cheminées économiques dites à la prussienne, la serpentine, par sa compacité, ayant été reconnue pouvoir résister aux effets de la chaleur, liés poêles que l’on voit dans les ateliers de M. Sagstéte sont de forme arrondie et surmontés de deux ou trois cylindres de même matière, dont les diamètres décroissent successivement : ces cylindres sont extraits d’une même colonne par un procédé ingénieux, qui a pour base l’emploi de la scie tournante ou à trépan. ?
- Quelque satisfaisans que soient les travaux actuels, M. AUqu pense qu’ils pourraient encore être perfectionnés, en tirant parti d’un ruisseau qui descend du plateau même où l’exploitation est établie, et qui servirait à faire tourner une roue hydraulique et à faire marcher des lames de scie, et opérerait, par un mécanisme très-simple , le polissage des pièces déjà débitées. Cet établissement exigerait sans doute d’assez grandes dépenses; mais on en serait promptement dédommagé par le débit des objets fabriqués, qui, pouvant être livrés à un prix modique , se répandraient plus facilement dans le commerce. Cette fabrication, dirigée avec zèle et intelligence, serait susceptible de prendre un grand accroissement et de concourir à l’embellissement de nos principaux monumens publics , en considérant sur-tout la richesse du gîte de la Roche-l’Abeille, et la beauté des pièces qu’on peut en extraire. D’autres localités du même département offrent aussi de la serpentine d’une belle nuance et d’une grande compacité, et qui n’a pas, comme celle de la Roche-rAbeille, des veines d’amiante, ce qui la rendrait préférable dans certains cas. ic* > , .
- M. A Hou fait observer que le Limousin , oublié jusqu’à ce jour parmi les contrées où l’on s’ést occupé de la recherche des marbres indigènes, est peut-être une de celles qui présentent le plus de ressources à cet égard. Outre les belles roches observées aux environs de Tulle, ce savant ingénieur a recueilli sur plusieurs points du département, et particulièrement sur la
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- route de Toulouse, près de Boissenis, des granités et porphyres de la plus grande beauté; il a rapporté des montagnes de Grandmont un granité micacé, noirâtre, qui y est très-abondant : il présente, après le poli, des effets de lumière de la plus grande richesse. Il a formé de ces divers échantillons une collection minéralogique, qui fait partie de celle des produits de l’industrie départementale, où l’on trouve la série de tous les arts pratiqués dans le pays, en offrant pour chacun d’eux la matière première et ses diverses modifications, jusqu’au moment où elle peut être versée dans le commerce. ' - •• - - r.< ,
- Extrait d’un mémoire de M. Payen sur les produits bitu-mineuæ de diverses mines de France.
- On rencontre dans diverses contrées de la France, et notamment aux environs de Seyssel, sur les bords du Rhône, département de l’Ain , de Lob-sann et de Bekelbronn, près Wissembourg, dans le département du Bas-„ Rhin, etc., des espèces de minérais bitumineux, que déjà l’on traite utilement , et qui seront probablement exploités avec beaucoup plus d’avantage lorsque les procédés d’extraction seront perfectionnés, et les emplois mieux appréciés et rendus faciles par des détails pratiqués. i
- C’est dans ce but que les Commissions réunies des arts chimiques, des arts économiques et de l’agriculture ont proposé , et la Société a adopté l’impression d’un mémoire spécial sur l’extraction et les usages des produits bitumineux. ; a r ' ^ =.; v -
- M. Dournay, propriétaire des mines de Lobsann, s’est occupé avec succès de leur application; il livre au commerce ses produits sous deux formes, l’une, connue sous le nom de bitume minéral, et l’autre, appelée mastic bitumineux. Des rapports présentés au directeur général des ponts et chaussées et au Ministre de la marine en ont rendu un compte avantageux. Déjà leur emploi en grand dans plusieurs lieux, et particulièrement à Paris et à Bordeaux, ont donné de bons résultats, et il est à désirer que leur usage s’étende et se multiplie par de nouveaux essais, et se confirme par de nouvelles données acquises avec le temps.
- Le bitume et le mastic, destinés particulièrement à prévenir les effets de l’humidité, les infiltrations des eaux et les desséchemens rapides, ont été appliqués avec succès, l’un à goudronner les bateaux et les bois en général , les fils de caret, les câbles, les toitures en plâtre, les planchers, les carrelages des chambres, les joints des briques, etc. ; l’autre, à former pour les batimens des couvertures légères, qui exigent très-peu de pente , à rai-
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- son de l’imperméabilité du mastic bitumineux; à enduire l’intérieur des murs et des chapes de voûtes, pour intercepter le passage de l’eau; à rejoint oyer les dalles en pierre, les pierres de taille, etc. M. Pîctet, de Genève, a indiqué son emploi pour lier ensemble des fragmens de pierres diversement colorés, et former ainsi un carrelage solide en mosaïque.
- Les dépôts des mastics et bitumes des mines de Lobsann, produits dont la Société a reconnu la bonne préparation, ont été établis, l’un, à Paris, chez M. H. Pouillot, rue de Cléry, n°. 16 ; le bitume s’y vend 58 francs, et le mastic 18 francs les 5o kilogrammes ; le second dépôt est à Strasbourg, chez M. F. Dournay, vis-à-vis du Jardin-Botanique, n°. 5o. Les prix y ont été fixés : pour le bitume, à 3a francs, et pour le mastic, 12 francs les 5o ki-logrammes.
- Nouveau moyen d’éclairage -par le gaz hydrogène de la
- houille.
- On vient d’obvier à Londres aux inconvéniens qui résultent de la chaleur et de l’odeur du gaz de la houille, quand on l’introduit dans l’intérieur des appartemens. Le tuyau qui le conduit dans chaque maison étant disposé de manière à aboutir aux fenêtres des chambres que l’on veut éclairer, la combustion a lieu en dehors, et son effet est augmenté par l’usage d’un réflecteur. Il en résulte l’avantage , i°. de n’avoir pas besoin de la surveillance des domestiques pour entretenir ou soigner des lampes ; 20. d’éviter la malpropreté que celles-ci produisent ; 3°. de ne point augmenter par un éclairage quelconque la température intérieure des appartemens ; 4°* d’obtenir une lumière qui n’est point nuisible à la vue; 5°. enfin d’avoir, au lieu d’un éclairage variant sans cesse dans l’intensité de ses effets, une lumière qui pénètre dans les maisons de la même manière que celle du jour.
- A Paris, de l’Imprimerie de Madame HXJZARD (née Vallat la Chapelle), ru<? de l’Eperpri-Saint-André-des-Arts , n°. 7,
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- VINGT-DEUXIEME ANNEE. (N°. CGXXVI.) AVRIL l8^3.
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT.
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- CONSEIL DADMINISTRATION.
- Séance générale du 3o avril 1823.
- La Société d’Encouragement s’est réunie, le mercredi 3o avril 1823, en assemblée générale, pour entendre le rapport sur les travaux du Conseil d’administration depuis le 17 avril 1822 , et le compte rendu des recettes et des dépenses de la Société pendant l’année 1822. Plusieurs médailles d’encouragement devaient être distribuées dans cette séance.
- Cette solennité avait attiré un concours nombreux de sociétaires, d’artistes et d’étrangers.
- Quoique six mois se soient à peine écoulés depuis la dernière réunion générale, l’exposition des produits de 1 industrie , qui a eu lieu dans les salles de la Société, a mis en évidence beaucoup de résultats nouveaux. Voici les objets qui ont particulièrement fixé l’attention des sociétaires :
- i°. Un échantillon de palladium, coulé en lingot parM. Brèant, vérificateur général des essais à la Monnaie, et amené à un degré de pureté qui le rend propre aux travaux des arts : c’est la première fois qu’on a obtenu une si grande masse de ce métal, et à un tel état de ductilité.
- 20. On sait que le platine est inattaquable par les acides simples , mais qu’il ne peut résister suffisamment à Faction des alcalis ; les creusets d’argent sont trop fusibles pour certaines opérations, et les creusets d’or sont beaucoup trop chers. M. Bréant a eu l’heureuse idée de doubler des creusets avec une feuille d’or, et a trouvé ainsi le moyen de concilier l’économie avec l’intérêt de la science. . ; ,
- Le même savant vient d’imaginer un procédé mécanique pour séparer les matières de densités différentes.
- Vingt-deuxième année. Avril 1823. L
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- 3°. Diverses pièces d’orfèvrerie eu plaqué d’argent sur cuivre, telles que soupières, fontaines à thé, vases, aiguières, etc., de la fabrique deM. Pii-lioud, rue des Juifs , n°. n, au Marais.
- Ces objets se distinguent par leur brillant poli, l’élégance et la beauté de leurs formes, et le soin avec lequel ils sont confectionnés. Toutes les pièces sont réunies au moyen de la soudure d’argent, qui, sous le rapport de la solidité, est préférable à la soudure ancienne.
- 4°. Des lampes à gaz hydrogène et à vapeur, exécutées par M. Rouyer, ingénieur en inslrumensde physique, rue Feydeau, n°. 18. Ces lampes , qui donnent de la lumière instantanément en tournant simplement un robinet, et indiquent les degrés de sécheresse et d’humidité de l’air et ceux de la température, peuvent être employées avec avantage dans les laboratoires de chimie, comme lampes docimastiques.
- Le même artiste a présenté un éolypile d’une construction nouvelle.
- 5°. Un assortiment de lampes et de becs en bronze doré, enrichis d’orne-niens du meilleur goût et de formes variées, destinés à l’éclairage par le moyen dir gaz hydrogène, exécutés par M. Garnier, lampiste, rue des Fos-sés-Saint-Germain-rAuxerrois, n°. [\5, et: un robinet propre à mesurer la consommation du gaz et à fixer le degré d’intensité de la lumière.
- M. Garnier, chargé du montage des appareils intérieurs pour l’éclairage par le gaz, de la compagnie Manby, avait remarqué que par suite de la faculté dont jouissaient les abonnés d’augmenter à leur gré la quantité de lumière, il résultait une plus forte consommation de gaz, préjudiciable aux intérêts de la compagnie, et un dégagement de fumée plus désagréable et plus nuisible à la santé que celle des lampes à huile.
- Pour remédiera ce double inconvénient, M. Garnier a imaginé un robinet^ au moyen duquel on fixe au même degré d’intensité toutes les lumières, quels que soient leur nombre et leur distance, et dont le service est prompt et facile. Les avantages qu’offre l’emploi de ce robinet sont, suivant l’auteur , i°. de maintenir le gaz toujours en pleine charge dans les tuyaux intérieurs des maisons, ce qui préviendra les intermittences et même les extinctions; 2°. de produire une économie de francs par maison, parla suppression du robinet de jauge, de la porte et de la boîte en fer qui le renferme, et de l’ouverture dans les gros murs que cela nécessite ; 3°. d’occasionner une moindre consommation de gaz et la suppression de la fumée qui résultait de l’abus qu’on en faisait.
- 6°. Des fleurs en baleine exécutées avec une rare perfection par M. de Bernardière, boulevart Saint-Martin, n°. 8.
- 7°. Des bas-reliefs faits au relevé, en tôle et en argent, par M. Barabin % ciseleur, rue Neuve-Saint-Roch, n°. 52.
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- 8°. Une pendule et des vases en pierre agatisée ou albâtre français, par M. Théodore Leroy, horloger, Palais-Royal, n°. n4, acquéreur de la carrière qui produit cette substance.
- 9°. Des vases en cristal-opale, d’un très-bel effet et d’une forme élégante, par M. Desvignes, peintre-doreur, rue de Lancry, n°. 28.
- 10°. Un nouveau pupitre pour poser la musique, inventé par M. de Nayer, quai de l’Horloge, n°. 49*
- ii°. Une chaufferette dite jorrine, inventée par M. C. de Saint-Jorre.
- 120. Une chaufferette de voiture, chauffée au moyen de la vapeur, de l’invention de M. Delbeuf, chaudronnier, rue du Dauphin, n°. 16.
- i3°. Divers modèles de machines et de manèges propres à remonter les bateaux contre le courant des rivières, par M. Courteaut.
- i4°. Des cuirs de Russie, perfectionnés par M. Duval-Duval, corroyeur, rue de laHeaumerie, n°. 18. Ces cuirs se distinguent par leur souplesse, leur excellente préparation, leur odeur particulière, et l’intensité des couleurs qui y sont appliquées.
- i5°. Une collection de médailles de bronze de divers modules, frappées d’après un nouveau procédé, par M. de Puymaurin fils, directeur-adjoint de la Monnaie des médailles.
- 160. Des rasoirs en acier damassé, de la fabrique de M. Treppoz, coutelier, rue du Coq-Saint-Honoré, n°. 3.
- 170. Des bottes et autres chaussures en cuir imperméable, préparé par M. Dufort, bottier, rue J.-J. Rousseau, n°. 18.
- 180. Un nouveau compas propre à tracer les ellipses, inventé par M. Per-relet, horloger-mécanicien, rue du Bac, n°. 4o.
- 19°. Une lampe à mèches concentriques pour l’éclairage du phare lenticulaire de M. Fresnel, dont le mécanisme, conçu avec beaucoup d’intelligence, a été construit par M. Wagner, horloger-mécanicien, rue du Cadran.
- 20°. Une grande horloge publique en fonte de fer, du même.
- 2i°. Des baguettes et des encadremens de glaees tirés au rabot méca^ nique, de l’invention de M. Hacks, mécanicien, rue du Faubourg-Saint-Antoine, n°. 4'7* Ces baguettes sont dressées avec une régularité parfaite, et présentent des arêtes très-vives.
- 220. M. Pradier, rue Bourg-l’Abbé, n°. 22, avait reproduit ses rasoirs, ses ouvrages en nacre de perle, son nécessaire de l’écrivain , et un nouveau coupe-corps, qui est d’un usage facile et commode.
- La séance a été ouverte à sept heures et demie du soir, sous la présidence de M. le comte Chaptal, pair de France,
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- M. le baron Degèrando, secrétaire, a donné lecture du rapport suivant sur les travaux du Conseil d’administration depuis la dernière assemblée générale du 17 avril 1822.
- Compte rendu des travaux du Conseil d’administration de La Société d’Encouragement ? depuis le 17 avril 1822,
- Messieurs, le but de l’industrie est de satisfaire aux besoins de la société; le domaine qu’elle exploite est l’empire entier de la nature, les moyens dont elle dispose sont les inslrumens donnés par la science. Considérée sous le premier rapport, l’industrie se lie aux combinaisons de l’économie publique, elle en forme la base ; on lui doit la création et la circulation des richesses ; elle répand l’aisance en multipliant le travail; elle obéit à toutes les demandes du consommateur, elle les prévient même : l’utilité générale est son régulateur, l’estime publique est sa récompense. Considérée sous le second rapport, elle s’empare d’une mine inépuisable; elle parcourt une carrière immense; elle s’exerce sur les objets les plus variés; elle s’enrichit de tous les biens que le Créateur a mis à la disposition de l’homme. Considérée sous le troisième rapport, elle recueille l’héritage des découvertes du génie, elle s’instruit à son école; elle applique , elle réalise les théories dues à ses méditations, elle les fait fructifier; elle aspire, chaque jour, à de nouveaux perfectionnemens, en suivant dans leurs progrès les lumières obtenues par l’observation , l’expérience et le calcul. Sous ces trois aspects, ses opérations se lient à tout ce qu’il y a de grand , de fécond et d’honorable.
- Appelés, chaque année, depuis plus de vingt ans, à vous rendre compte des travaux de votre Conseil d’administration, ces considérations nous rassurent contre la crainte de vous fatiguer, en vous ramenant, chaque année, sur un sujet toujours semblable. Il offre par lui-même un intérêt que nous n’espérerions pas y répandre; il reproduit, dans son immense variété, une scène toujours nouvelle, et quoique nous ne puissions nous flatter d’appeler,^ chaque année, vos regards sur quelques inventions importantes, chaque année, cependant, en suivant le mouvement progressif de l’industrie française, guidée parles recherches des savans, protégée par des lois qui l’ont délivrée de ses anciennes entraves, nous voyons éclore dans ce champ fécond quelque production digne d’intérêt. >
- Les améliorations les plus remarquables qui sont venues à notre connaissance pendant le cours de l’année dernière, devant être récompensées dans cette séance par une distribution de médailles qui donnera lieu à des rapports spéciaux sur chacune d’entre elles, nous nous abstenons d’en faire
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- mention dans ce compte rendu. Les autres objets que nous devons vous rappeler ont déjà été décrits dans \e Bulletin de la Société; nous devons donc nous borner à une énumération sommaire et simple, quoique fidèle, des objets qui ont été présentés à votre Conseil d’administration , des communications qu’il a reçues, des travaux de ses membres. Cette revue formera la première partie du compte que nous sommes chargés de vous rendre; la seconde sera relative aux intérêts généraux de la Société elle-même.
- PREMIÈRE PARTIE,
- REVUE INDUSTRIELLE.
- En nous replaçant dans le point de vue qui nous occupait en commençant, nous pouvons nous représenter l’industrie comme recevant de la nature ou les richesses minérales, ou les richesses agricoles, s’appliquant à épurer, à façonner les premières, à perfectionner leur emploi dans les arts; s’appliquant à multiplier les secondes, à les conserver, à favoriser, par des procédés économiques , leur application immédiate aux nécessités du consommateur. Nous pouvons nous représenter ensuite l’industrie comme employant les agens et les forces donnés par la nature, dirigeant, réglant leur puissance, en concentrant, développant leur énergie, et même en les suppléant à l’aide des instrumens que la science met dans ses mains. Nous pouvons nous la représenter enfin aspirant à imiter la nature elle-même, en créant des productions artificielles , dans lesquelles la matière première et originelle semble disparaître sous les formes nouvelles, sous les combinaisons de tout genre que l’art a conçues , pour complaire non-seulement à tous les besoins, mais encore à tous les goûts qu’ont fait naître les dévelop-pemens de la civilisation et les progrès du luxe. De là, les quatre divisions qui vont partager la nomenclature des objets que nous allons rapidement parcourir.
- section première. — Richesses minérales et leur emploi.
- Nous laissons au rapporteur que vous allez bientôt entendre le soin de vous entretenir de la carrière de serpentine que M. Sagstête, de Limoges , vient de mettre en exploitation à la Roche-1’Abeille y département de la Haute-Vienne. Cette exploitation a fourni le sujet d’un mémoire plein d’intérêt y qui nous a été adressé par M. Allou, ingénieur des mines.
- Les aciers naturels préparés par M. Bernadac dans ses forges de Sahorre (Pyrénées-Orientales), et dont nous avons parlé l’année dernière, ont
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- donné lieu à un rapport du Comité consultatif des arts et manufactures, qui vous a été transmis par S. Exc. le Ministre de l’intérieur.
- Vous avez remarqué , Messieurs, dans la salle qui précède celle où nous sommes réunis, un mausolée en fer ciselé, d’une très-belle exécution ; il est l’ouvrage de M. Pottié, mécanicien, rue*de Yaugirard, n°. 56, artiste connu depuis long-temps par ses belles compositions et ses gravures sur bois, sur fer et sur tous métaux. Ce monument, regardé par les gens de l’art comme un chef-d’œuvre, a été dédié par l’auteur à la mémoire de S. A. R. Monseigneur le duc de Berry : on désirerait qu’il fût placé dans un de nos Musées. Le Conseil d’administration a recommandé l’auteur et son ouvrage aux Ministres de l’intérieur et de la Maison du Roi.
- M. le professeur Despretz, qui avait bien voulu se charger d’une suite d?èxpériences propres à déterminer la conductibilité des divers métaux pour le calorique, et auquel votre Conseil d’administration a fourni les moyens d’en faire les frais, nous a rendu compte du résultat qu’il a obtenu par un travail persévérant et par des recherches aussi neuves qu’ingénieuses. L’argent avait été purifié sous les yeux de M. d’Arcet ; M. Brêant avait préparé le platine : c’est par les soins de M. de Puymaurin fils que M. Despretz s’était procuré une barre d’or d’un prix très-considérable. Les résultats de ces expériences , qui n’avaient jusqu’à ce jour occupé aucune Société savante, seront publiés incessamment dans le Bulletin. Les métaux peuvent être rangés, comme il suit, dans l’ordre de la plus grande conductibilité : argent, or, cuivre, platine, fer, zinc, étain, acier, plomb.
- M. Héricart de Thury nous a communiqué des recherches extrêmement curieuses sur le dessin ou le moiré des aciers damassés. Nous nous sommes empressés de les publier dans le Bulletin, et d’y joindre une planche gravée avec beaucoup de soin, et représentant les dessins de différentes lames damassées, provenant de l’Inde et de quelques fabriques françaises.
- II restait à notre collègue M. Bréant quelques expériences à faire sur les aciers damassés : il va reprendre ce travail, qu’il avait interrompu, pour s’occuper du traitement des métaux alliés à la mine de platine. Il a déjà extrait de cette mine une assez grande quantité de palladium beaucoup plus pur, et par conséquent plus ductile que les petits échantillons qui se trouvent dans les laboratoires de chimie : il l’a fondu et coulé en lingot.
- Le platine, inattaquable par les acides simples, ne peut résister suffisamment à 1 action des alcalis. Les creusets d’argent sont trop fusibles pour certaines opérations, et les creusets d’or sont beaucoup trop chers. M. Bréant a concilié l’intérêt avec l’économie de la science, en doublant des creusets de platine avec une feuille d’or.
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- : Il a présenté tout récemment un nouveau moyen mécanique de séparer les matières de densités différentes. Nous regrettons que les commissaires nommés pour l’examiner n’aient pas encore eu le temps de rendre compte des avantages que cette’invention peut offrir.
- M. Félix Dournay, propriétaire des mines de bitume de Lobsann (Bas-Rhin) , nous a adressé des échantillons du goudron minéral qu’elles renferment. L’examen de ce goudron a été l’objet d’un travail approfondi de M.Payen, travail auquel ont concouru les Comités réunis des arts chimiques , des arts économiques et d’agriculture. Il en est résulté un traité presque complet sur l’emploi du bitume dans les arts.
- section deuxième. — Richesses agricoles.
- Eu suivant d’abord l’agriculture dans les travaux qui ont pour objet de préparer le sol, nous indiquerons trois instrumens destinés à venir au secours du cultivateur.
- i°. Le modèle de charrue américaine , autrement dite araire, dont nous sommes redevables à M. Barnet, consul des Etats-Unis à Paris. Cette charrue a été essayée chez M. Benoist, à Villejuif, comparativement avec une charrue du pays et une charrue de M. Guillaume, chacune à deux chevaux : elle remplit bien son objet et ne fatigue pas les chevaux.
- 2°. Une herse mécanique de M. Machon fils, de Besançon, propre à extirper les plantes rampantes et parasites dans les prairies naturelles et artificielles. Cette machine est d’un service facile , et il y a de l’avantage à l’employer , soit au printemps, soit après la première coupe des prairies. Il est à regretter que son prix élevé et les frais d’entretien la mettent hors de la portée des simples cultivateurs ; néanmoins il paraît qu’elle est assez répandue et fort estimée dans le département du Doubs.
- 5°. Un moyen pratiqué en Angleterre et sur-tout en Ecosse, depuis plusieurs années, pour enlever les masses de pierres dures qui peuvent gêner, dans les champs, les travaux du labourage. Ce moyen est décrit dans une lettre de M. David Low, correspondant du Conseil d’agriculture, en Angleterre , qui nous a été transmise par S. Exc. le Ministre de-l’intérieur ; il est d’une telle simplicité, qu’on ne peut croire à son effet sans en avoir soi-même fait l’épreuve. Il consiste à enfoncer dans la partie supérieure du bloc qu’on veut arracher, un piton en fer d’un plus grand diamètre que le trou pratiqué pour le recevoir, et portant un anneau par où s’applique la puissance. L’adhésion du fer à la pierre est telle, qu’on peut exercer sur le piton, dans le sens de son axe, un effort équivalent à plusieurs tonneaux,
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- pourvu qu’il se fasse graduellement. Le reste de l’opération s’exécute à l’aide d’une chèvre et d’un système de moufles.
- Notre collègue, M. Boscy nous a fait connaître un moyen simple et économique de transporter les denrées, qui est pratiqué dans les États-Unis, et qui a été publié dans le Bulletin du mois de juin 1822.
- Parmi les cultures nouvelles qu’on peut tenter d’introduire sur notre sol, celle du coton devait particulièrement exciter la sollicitude des agronomes. -M. John Dortic persévère depuis plusieurs années dans ses efforts pour enrichir de cette conquête le département de la Gironde. Votre Comité d’agri: culture a donné de justes éloges à son zèle ; mais il ne partage pas sa confiance dans le succès de cette tentative. Il oppose, en effet, à quelques faits cités par M. Dortic, et qui sembleraient justifier les espérances de cet agronome, six années de recherches et d’expériences bien suivies et multipliées, qui ont coûté beaucoup d’argent au Gouvernement, et sans aucun profit, quoique faites sur les localités qui paraissaient les mieux choisies. Il fait observer avec raison que, d’après de tels résultats, on ne peut guère compter sur la possibilité de voir prospérer dans nos climats la culture du cotonnier.
- La conservation des grains est d’un intérêt de premier ordre pour l’économie publique : elle préviendrait les disettes, en réservant, pour les mauvaises récoltes, l’excédant des récoltes abondantes : elle préviendrait, avec les variations extrêmes de prix, les inconvéniens qu’en ressentent à-la-fois les cultivateurs et les consommateurs. On ne peut donc assez applaudir aux recherches et aux entreprises qui tendent à un résultat aussi désirable: nous espérons le voir bientôt réalisé. ?
- M. Ternaux aîné continue avec un zèle persévérant les expériences qu’il a commencées depuis quelques années dans les silos de Saint-Ouen. M. Lacroix vient de créer à Ivry , près Paris, un vaste établissement de ce genre.,
- Nous devons à M. Fournier, propriétaire à Paris et membre de la Société, le plan et la description d’une étuve à sécher le grain, établie dans la ville de Berne ; à M. Bruun-Neergaard, des renseignemens sur les séchoirs danois et suédois; à M. Berthaud, capitaine d’infanterie en retraite, des observations générales sur la conservation des grains.
- Considérant maintenant les substances alimentaires dans leur dernière préparation , nous rappellerons : i°. la fabrique de vermicelle de pomme de terre établie à Saint-Ouen par notre collègue M. Ternaux, d’après les procédés publiés par M. CadeJ-de-Vaux, et l’étuve perfectionnée qu’il y a jointe pour, la dessiccation de cette substance; 20. les farines de légumes cuits, préparées par M. Duvergier, rue des Barres - Saint - Paul, n°. 1, Ce sont principalement les racines potagères et les légumes que M. Duvergier offre
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- dans Cet état au consommateur. Ces substances ainsi préparées perdent un peu de leur arôme et de la saveur qui leur est propre ; mais en revanche elles paraissent devoir se conserver long temps : elles sont d’une digestion plus prompte et plus facile, et elles peuvent devenir un objet d’approvisionnement, soit pour les voyages de long cours, soit pour toutes les circonstances où il est nécessaire d’avoir des subsistances en réserve.
- Ici, notre attention se reporte vers la conservation des substances alimentaires, qui a si long-temps occupé notre Société.
- M. Louis de Freycinet > capitaine de vaisseau , dans le voyage de découvertes qu’il a si honorablement exécuté depuis peu, n’a point négligé une expérience aussi importante pour la marine ; il a fait l’essai des conserves de M. Appert, et il a bien voulu nous communiquer, à son retour, des ren-seignemens précieux sur le résultat qu’il en a obtenu : ils sont consignés dans votre Bulletin du mois de juillet dernier.
- Terminons cette section par les produits du règne animal, leur préparation et leur emploi immédiat.
- M. Serres, sous-préfet à Embrun, nous a communiqué un procédé de peignage des chèvres des Hautes-Alpes, pour extraire le duvet du corps de l’animal, et un mémoire sur les divers emplois qu’on pourrait faire de ce duvet. Il y a joint deux échantillons de feutre et un petit échantillon de tricot fabriqués avec cette matière. Ces nouveaux produits, par leur souplesse et leur moelleux, peuvent être employés avec avantage dans la chapellerie, sur-tout en les mêlant avec le poil de castor ou de lapin.
- M. Payen fils, membre adjoint du Comité des arts chimiques, vous a donné connaissance d’un mémoire sur la fabrication du charbon animal, et sur son emploi dans les arts; mémoire qui a concouru pour le prix proposé par la Société de pharmacie de Paris.
- A l’occasion de cette communication, M. le comte Chaptal a fait observer que la grande extension qu’a prise la consommation du charbon animal était due à la fabrication du sucre de betteraves. M. Ch. Derosne est le premier qui l’ait employé à cet usage; mais, plusieurs années auparavant, M.Figuier, de Montpellier, l’avait appliqué à la décoloration des vinaigres.
- M. Bruun-Neergaard nous a donné des détails sur la fabrication des cuirs odorans de Russie, extraits en grande parJie d’un mémoire de M. Ficher-stroem, savant suédois. Ces renseignemens viennent à l’appui du jugement que la Société a porté sur le travail de MM. Duval-Duvcil et Grouvelle.
- Notre collègue M. Mérimée s’est occupé de recherches sur la fabrication des peaux chagrinées en usage dans la gaînerie. Les essais qu’il a tentés à ce sujet lui ont prouvé qu’on pouvait obtenir ces peaux en les imprégnant
- Fingt-deuxième année. Avril 1823. M
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- d’acide pyroligneux, leur donnant le grenage nécessaire et les laissant sécher. Le Conseil d’administration a jugé que ces essais devaient, être-continués, et il a mis pour cet effet une somme de 3oo francs à la disposition du Comité des arts chimiques,
- section troisième . — Agens industriels.
- Quels que soient les agens que l’art de l’homme paraisse créer, ce sont toujours les forces naturelles qu’il emploie; mais les uns s’appliquent à.un moteur donné, et l’emploient à produire l’effet demandé; d’autres font naître un moteur appliqué aux arts, d’un simple phénomène naturel ; d’autres font servir les lois des combinaisons chimiques à la transformation des substances. La mécanique, l’hydraulique, la chimie, lui prêtent tour à tour leur secours pour cette multitude d’opérations diverses.
- Parmi les perfectionnemens de ce genre qui ont appelé, cette année, notre attention , nous en signalerons un d’abord qui se rapporte à la navigation des fleuves.
- § ier. Navigation. — Ce perfectionnement est dû à M. Guilbaud,Nantes, qui a appliqué un plan incliné mobile, mis en action par des chevaux, au mouvement d’un bateau qu’il nomme zoolique.
- M. Guilbaud est le premier qui ait eu l’idée de substituer le plan incliné aux manèges ordinaires sur les bateaux. Son projet, approuvé parla Société académique de Nantes, a reçu un commencement d’exécution sur l’Erdre , où son bateau a fait pendant plusieurs mois de suite un service régulier. Il l’a établi depuis sur la Loire, où il se propose de naviguer, en formant une entreprise par souscription. Il aurait désiré que la Société se mît au nombre des actionnaires ; nos réglemens et nos habitudes s’y opposent, mais nous avons dû applaudir aux efforts et aux premiers succès de M. Guilbaud, e.t nous lui aurions décerné, ceite année, une médaille d’encouragement, si nous n’avions pas jugé plus convenable d’attendre le résultat du trajet qu’il se propose de faire de Nantes à Orléans, et qu’il essaiera de prolonger jusqu’à Paris. Il lui sera accordé une mention honorable.
- M. Touboulic, de Brest, nous a adressé la description et le dessin d’un bateau de sauvetage de son invention, dont la construction est peu dispendieuse, et qui pourra être d’un grand secours dans les naufrages.
- M. Dubuisson, officier de santé à Guipavar , près Brest, a aussi transmis un mémoire sur un nouveau moyen de sauvetage.
- § 2, Agens mécaniques. — M. Bordier, mécanicien à Paris, a présenté le modèle d’un moulin à vent à ailes horizontales , de son invention, qui a été essayé par vos commissaires pour constater ses avantages comparatif
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- vement avec les moulins à ailes verticales. Ces expériences, ayant été faites sur une trop petite échelle, n’ont pas eu tout le succès qu’on s’en était promis ; votre Conseil d’administration a jugé qu’il convenait de les répéter sur un moulin de grandeur naturelle, et il a mis pour cet objet une somme de 5oo francs à la disposition du Comité des arts mécaniques.
- M. Kermarec, maître pompier au port de Brest, a soumis au jugement de la Société une échelle et une pompe à incendie de son invention. Il avait été fait, l’année dernière, un premier rapport sur cette échelle, qui alors laissait beaucoup à désirer. Des améliorations avaient été indiquées, l’auteur les a exécutées ; des expériences comparatives avaient été demandées, elles ont eu lieu parles soins de M. le comte Gourdon, commandant de la marine, à Brest. Le résultat en a été très-satisfaisant, et le Conseil d’administration , en transmettant au Ministre de l’intérieur le rapport de ses commissaires , a exprimé le vœu qu’un modèle de l’échelle de M. Kermarec fût déposé au Conservatoire des arts et métiers, non qu’il la regarde comme le meilleur moyen de secours pour les incendiés, mais parce qu’elle remplit bien son objet, et que ces accidens étant très-variés, il est nécessaire que les moyens de.salut le soient également.
- Le Gouvernement, à la demande de la Société, vient de commander un modèle de cette échelle.
- M. Regas, de Madrid, a adressé des échantillons de soies tirées à l’eau froide, au moyen d’un tour à filer dont il est l’inventeur.
- Le tirage des cocons à froid n’était pas inconnu en France, et il est pratiqué depuis long-temps en Italie ; néanmoins les procédés de M. Regas ayant eu beaucoup de succès en Espagne, méritent de fixer l’attention. Ce savant a pris l’engagement de nous envoyer un modèle de son tour, sans autre but que de se rendre utile à la nation française.
- M. Zibelin, fabricant à Paris, a présenté des échantillons de lin et d’é-toupes de lin filés à la mécanique, qui ont paru de bonne qualité. Cet artiste a le projet de monter un grand établissement deïfilature. Le Conseil, en lui témoignant sa satisfaction pour ces produits, a manifesté le désir de le voirbientôt diriger une entreprise dans laquelle ses talens et son expé^-rienee lui assurent des succès certains.
- M. Boichoz fils, contrôleur des contributions directes à Dole, département du Jura, a envoyé un nouveau modèle, très-bien exécuté, de sa machine à faire de la ficelle, que la Société a couronnée en 1818. Elle est décrite et gravée dans le Bulletin d’août.
- On doit savoir gré à ce concurrent, qui est d’ailleurs un correspondant très-zélé, (îe ne s’en être pas tenu à la récompense qu’il avait reçue de la
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- Société, et d’avoir mis tous ses soins à perfectionner sa machine, bien qu’elle ne soit pas encore adoptée dans les corderies.
- M. Haks, mécanicien à Paris, nous a soumis les dessins et la description de deux mécaniques de son invention : l’une, pour scier les arbres sur pied dans les forêts, et l’autre pour les tronçonner dès qu’ils sont abattus. Ces machines, qui lui ont été commandées par un particulier de la Nouvelle-Orléans pour une exploitation de forêts dans ce pays, réunissent plusieurs avantages, et sont d’une construction très-simple.
- M. Haks est le même artiste qui obtint, en 1820, de la Société, une médaille d’argent pour ses scies circulaires à débiter les bois de placage.
- S. Exc. le Ministre de l’intérieur nous a adressé les dessins et la description d’une machine employée dans les mines de Freyberg, en Saxe, pour scier en ligne droite et en ligne courbe les bois destinés à la fabrication des jantes de roues. La France possède depuis plusieurs années un moulin à scier du même genre, établi à l’École d’arts et métiers de Châlons, pour faciliter les travaux d’un atelier de charronnage; mais comme ces sortes de machines n’ont été gravées et décrites dans aucun ouvrage, le Conseil a ordonné que la scie de Freyberg serait publiée dans 1 e Bulletin,
- Le même Ministre nous a transmis la description d’un appareil usité en Angleterre pour préserver les ouvriers empointeurs d’aiguilles des funestes effets de la poussière siliceuse qui se dégage des meules par le frottement de la pointe.
- Cet appareil diffère de celui qui est décrit dans le N°. CXLII du Bulletin , quinzième année, en ce que, dans ce dernier, la poussière est entraînée loin de l’ouvrier par le vent d’un soufflet, au lieu de l’être naturellement par le courant d’air que produit le mouvement de la meule.
- S. Exc. le Ministre de la guerre nous a donné communication d’une notice sur la taille des pierres à feu , avec le programme d’un prix de 3,000 francs, proposé par Son Excellence pour celui qui trouvera le moyen de préserver les ouvriers qui taillent ces pierres du danger de respirer la poussière qui s’en dégage par le choc du marteau contre le silex. Le prix s’étendait originairement à l’opération de l’émoulage des armes blanches, qui présente les mêmes inconvéniens. La question a été résolue sous ce dernier rapport par la substitution des meules humides aux meules sèches.
- Nous avons encore reçu du Ministre de l’intérieur la description d’un nouveau mécanisme adapté par M. Favreau à son métier à tricot sans envers, et pour lequel cet artiste a reçu du Gouvernement un encouragement pécuniaire.
- Le même Ministre, conjointement avec celui de la marine, avait invité „
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- Tannée dernière, la Société à s’occuper du perfectionnement des machines à égrener le coton. Elle a répondu à cet appel en interrogeant l’expérience et en faisant venir de Philadelphie la machine reconnue à la Louisiane comme la plus propre à remplir cet objet. L’essai qui en a été fait à Paris par ses commissaires a eu les résultats les plus satisfaisans. Deux hommes, en travaillant dix heures par jour, peuvent obtenir 106 livres de coton à graines nues, et 90 livres de coton adhérent à la graine. Le coton, au sortir de la machine , est si bien divisé , qu’on pourrait le carder sans le soumettre au battage ordinaire. Le Ministre de l’intérieur , adoptant le rapport qui lui a été adressé à ce sujet par le Conseil d’administration, a fait publier ces résultats par ta voie des journaux. On ne doute point qu’ils ne soient reçus avec reconnaissance dans nos colonies, où l’égrenage du coton est aussi imparfait que dispendieux.
- M. Molard s’occupe en ce moment de la composition d’un appareil pour empêcher les filamens du coton d’être emportés et dispersés p^r le mouvement de la machine.
- Nous devons des remercîmens à M. Bamet, consul des Etats-Unis à Paris , pour l’obligeance avec laquelle il a secondé vos commissaires dans cette circonstance : n’est lui qui a fait venir la machine d’Amérique, et qui a indiqué la manière de s’en servir. Le Ministre a indemnisé la Société des frais de cette opération, et a ordonné le dépôt de la machine au Conservatoire des arts et métiers.
- § 3. Fontaines. — Notre collègue M. Baillet nous a donné connaissance d’un sondage pratiqué au centre de la ville de Beauvais, et qui a eu pour résultat de procurer une fontaine forée pouvant fournir i5q litres d’eau par minute.
- § 4- Balancesx limes, instrumens divers. M. Gouault de Monchaux a présenté une balance romaine, propre au numérotage des cotons filés, en exécution de l’ordonnance royale du 26 mai 1819. Cet instrument est d’un usage très-commode, d’une extrême précision , et le commerce pourra s’en servir avantageusement pour la pesée des numéros 85 à 25o et au-dessus.
- MM. Rivaud, rue de Bondy, n°. 52, et Schmidt, fabricant à Ménil-Mon-tant, près Paris, ont envoyé des limes de diverses dimensions, faites avec de l’acier fondu provenant de la Bérardière, et qui, sous le rapport de la bonne qualité et de la modicité des prix , peuvent soutenir la concurrence avec celles qu’on trouve dans le commerce.
- M. Pradelle y capitaine au bataillon des pontonniers , à Strasbourg, vous a adressé la description d’un instrument propre à faire connaître la vitesse du courant dos rivières.
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- § 5. Machines à vapeur. — Le Bulletin du mois de mars 1822 contient les plans et la description cFun fourneau fumivore à grille tournante, adapté à la machine à vapeur qui fournit de l’eau aux -bains du quai de Gèvres et à ceux de la rue Saint-Sauveur. Cette publication eêt d’autant plus utile, que les machines à vapeur se multipliant en France, les plaintes qu’excite leur voisinage se multiplient également, et mettent souvent l’administration publique dans l’embarras pour concilier les intérêts de Fin (lus trie avec ceux de la propriété.
- M. Delisle, capitaine du génie à Dunkerque , a proposé un mécanisme pour prévenir l’explosion des machines à vapeur à haute pression.
- § 6. Appareils. — M. Henry, pharmacien en chef des hospices civils de Paris, nous a communiqué le plan et là description d’une étuve établie é la pharmacie centrale.
- M. Hoyau, ingénieur mécanicien, a enrichi le Bulletin d’une description claire et détaillée de la machine à préparer les eaux minérales artificielles, inventée par M. Bramah, et employée aujourd’hui avec un grand succès en France.
- M. Fortin a présenté une marmite qu’il nomme èvasineptique, et qui est destinée à la cuisson des viandes. ‘ "
- Le travail fait par le Conseil de salubrité sur les autoélaVesa mis ces appareils en état d’être employés sans danger dans les ménages , lors même qu’on supprimerait la soupape de sûreté. On sait que le préservatif proposé par le Conseil consiste dans une rondelle de métal fusible, qu’on adapte au couvercle de la marmite, et qui, en se fondant à un degré donné de température , empêche que la vapeur ne dépasse celle que le vase peut comporter.
- M. Fortin a trouvé un autre moyen de prévenir l’explosion. Le couvercle est fixé par une griffe à trois branches en fer forgé, ou, mieux, en acier à ressort, construite de manière à pouvoir s’écarter lorsque la vapeur a acquis une certaine force d’expansion , et à lui ménager une issue entre la gorge et le couvercle.
- Ce mécanisme est ingénieux et présente un motif de sécurité; toutefois, le Comité des arts économiques a pensé que l’usage de la marmite de M. Fortin devait être restreint aux opérations des arts et de la pharmacie , au service clés armées de terre et de la marine, et à celui des grands établissent! ens.
- / section quatrième. Substances et produits artificiels.
- Interrogeons maintenant ces besoins et ces goûts nés de la civilisation et du luxe, qui demandent à l’industrie mille productions artificielles sous la
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- foFme 1» pim eommî©^sr toi® à tour la plus, élégante ou la plus solide,. et toujours au prix le plus modique. loi une nouvelle raraière s-ouvre, et e’esfe une de celles-que le génie de nos artistes parcourt avec le plus de succès. Les objets qui nous ont été soumis cette année nousren offrent encore despreuves.
- § Ier. Carrosserie, meubles. Leclerc, -habile carrossier de Paris, a
- présenté un nouveau moyen d’enrayaige des voitures et divers perfection-ueniens qu’il a ajoutés à celles de luxe.
- Ces perfectionnemens consistent : iQ. en une nouvelle capote légère et commode, destinée à abriter, au besoin, les personnes qui voyagent dans des voitures découvertes, et que l’auteur a nommée disparaît, parce qu’elle se cache et se replie sans aucun embarras dans une gouttière qui règne sur le pourtour de la voiture; 20. en un tablier de cuir recouvrant le devant de la voiture, fixé à charnière et matelassé en dedans : ce tablier peut se relever et s’abaisser, et ferme à volonté la voiture pour deux ou quatre personnes ; 5°. dans une nouvelle disposition , très-bien conçue, des boîtes de roues , qui réunit à l’avantage de diminuer le bruit des voitures en roulant sur le pavé celui de faciliter leur mouvement; 4°- enfin, dans un moyen fort ingénieux de rendre le versement de la voiture très-difficile , en rendant la flèche mobile dans l’arrière-train , de manière à ce que la caisse conserve toujours son aplomb.
- M. Bray, ébéniste à Paris, a appelé votre attention sur un meuble dit en bois coulé. Cet artiste forme avec la sciure de bois de différentes couleurs, qu’il agglutine à l’aide d’un excipient très-tenace, une pâte qu’il étend à l’état liquide sur tout objet de menuiserie et d’ébénisterie. Cette pâte étant durcie, on la vernit, et elle forme une espèce de laque aussi solide qu’agréable à la vue. On comprend qu’on peut imiter , par cette composition , tous les bois étrangers, et meme en varier à volonté les couleurs et les ac-cidens. Un dessus de table ainsi préparé est resté exposé dans les salles de la Société depuis l’automne dernier jusqu’à la fin de cet hiver : il a subi toutes les épreuves de l’humidité, du froid et du dégel sans en être altéré, et le vernis a conservé tout son éclat. On peut donc se procurer, par ce moyen, des meubles de fantaisie très - agréables et à un prix modéré. M. Bray paraît être le premier, en France, qui ait fait jouir le public du fruit de cette découverte. Le Gouvernement lui a accordé pour cet objet une récompense pécuniaire. La Société l’a encouragé d’une autre manière, , en lui indiquant les moyens de perfectionner son enduit.
- § 2. Chapeaux. — M. Achille de Bernardière a présenté des chapeaux en osier et baleine, qui sont légers, élastiques, beaucoup plus solides que les autres chapeaux de même genre, très-frais en été et impénétrables à la
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- pluie. L’auteur pense que son procédé serait applicable à la confection des schakos pour l’infanterie, sur-tout si, comme il l’espère, il parvient à simplifier ses moyens de fabrication , et par suite à en diminuer les frais..
- Cette branche d’industrie occupe déjà un grand nombre d’ouvriers, et prend, chaque jour, une nouvelle extension. Ce sont principalement les détenus de la maison de correction de Poissy qui préparent l’osier propre à la confection des chapeaux.
- § 3. Bijouterie. —-M. Oliveras, bijoutier à Paris, nous a fait part du projet d’un établissement en grand d’une fabrique de bijouterie en plaqué d’or sur argent, exécuté par de nouveaux procédés.
- § 4- Horlogerie. -— M. Revillon , horloger à Mâcon, nous a communiqué une notice sur de grandes horloges publiques, construites par lui. Ces horloges sont très-estimées dans le pays qu’habite l’auteur et lui ont mérité les suffrages de la Société des sciences, belles-lettres et arts de Mâcon. On se loue beaucoup de leur solidité, de leur bon marché ; mais le Comité des arts mécaniques n’ayant pas été à même de juger de leur exécution, n’a pu que s’en rapporter à ces témoignages honorables, que confirment d’ailleurs la méthode et l’intelligence qui se font remarquer dans les mémoires adressés par M. Revillon à la Société.
- Ce même artiste a fait connaître un procédé pour se procurer de bonnes huiles propres à l’horlogerie.
- § 5. Lampes.—MM. Gotten et Duverger, lampistes à Paris, nous ont présenté une lampe à double courant d’air, dans laquelle l’huile monte par le moyen d’un mouvement d’horlogerie simple et très-ingénieusement conçu.
- Ces lampes sont d’un bel effet, d’un service commode, et exigent moins de réparations que les autres lampes du même genre.
- Il sera accordé une mention honorable à MM. Gotten et Duverger.
- § 6. Architecture. — M. Laudier, chef de bataillon du génie, en retraite, a adressé une instruction pratique sur la manière de construire les aires à l’antique ou pavés terrassés à la vénitienne. Cette instruction est le développement d’un mémoire sur le même sujet, que M. Rœdlich, officier prussiery présenta à la Société en 18i 5, mais qui ne fut point alors publié.
- On voit au Louvre, sous le péristyle de la Colonnade, et dans le nouvel hôtel du Ministre des finances, rue de Rivoli, des pavés à la vénitienne; mais ce procédé, dont les résultats sont à-la-fois élégans, solides et économiques, n’est pas encore très-répandu; l’instruction de M. Laudier, qui va être publiée, servira à le propager.
- § 7. Musique.— M. Dumas, facteur d’instrumens de musique, a présenté une basse et une contre-basse à air. Le mérite de ces instrumens consiste à
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- produire des sons très-graves, sans que l’auteur ait été obligé de donner au tube sonore la longueur que suppose un tel degré de gravité; ce qui ne peut avoir lieu qu’à l’aide d’un mécanisme intérieur, dont M. Dumas a cru devoir faire un mystère.
- M. Legros de la Neuville, professeur de guitare, a ajouté aux chevilles des instrumens de musique un mécanisme qui permet de tendre les cordes au degré nécessaire, sans augmenter le frottement et sans avoir à craindre qu’elles baissent de ton.
- Quoique ces sortes d’instrumens, considérés dans leur usage, ne soient pas du domaine des arts industriels, ils s’y rattachent sous le rapport de leur composition et du mécanisme intérieur : c’est pourquoi le Conseil d’administration a cru ne les devoir point exclure du cercle de ses attributions. Il a accueilli l’invention de M. de la Neuville comme il avait accueilli celle de M. Scheibler, de Crevelt, qui, en 1818, lui avait présenté des chevilles de guitare, que M. le, comte de Montlouis a ensuite appliquées au violon. Les chevilles de M. de la Neuville sont applicables au violon comme à la guitare, et il est à croire qu’elles seraient généralement adoptées si elles n’avaient pas l’inconvénient d’augmenter le prix et le poids de l’instrument. Le problème n’est donc point encore résolu sous ces deux rapports, et quoique futile en apparence, il n’est pas indigne de l’attention des mécaniciens.
- M. de Nayerr a imaginé un pupitre léger et commode pour poser les cahiers de musique; ce pupitre se place dans l’étui du violon sans en augmenter les dimensions et même sans changer la distribution intérieure : il se monte et se démonte facilement et se vend à un prix modéré.
- § 8. Arts du dessin. M. Barabin, sculpteur et ciseleur, à Paris, nous a présenté trois bas-reliefs, dont deux composés de feuilles d’argent et le troisième d’une feuille de fer battu ou laminé, représentant différens sujets, relevés et retreints sur le métal, au moyen du marteau et du poinçon. Ces bas-reliefs, sous le rapport de la difficulté vaincue, ne sont pas sans intérêt ; mais ils n’offrent aucune idée nouvelle.
- M. Vincent Chevalier, opticien, à Paris, a présenté un microscope à calquer, d’une construction simple, d’un usage commode, et au moyen duquel on peut voir les détails des petits objets et les dessiner sans que la vue en éprouve aucune fatigue.
- § 9. Ecriture. — Ceci nous ramène à un art moins brillant, mais de l’usage le plus universel et le plus nécessaire.
- On a présenté à la Société, à différentes époques, des moyens tant mécaniques que chimiques pour écrire plusieurs lettres à-la-fois. On a imaginé
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- dans ce but des instrumens très-ingénieux, mais compliqués et d’un prix trop élevé. Celui qu’a construit M. Obrion, instituteur à Paris, sous le nom de polygraphe, est infiniment plus simple et ne coûte que a5 à 36 francs. Il donne le moyen de tracer simultanément deux ou trois copies d’une même pièce d’écriture.
- M. Leroy a imaginé un moyen très-simple pour faciliter l’écriture aux enfans ; il pose un exemple sous une feuille de corne mince et transparente, dont la surface est dépolie, et la plume de l’enfant suit fidèlement les caractères qu’il aperçoit à travers cette feuille : on efface ensuite ces caractères avec une éponge mouillée d’eau. Un procédé analogue est usité en Angleterre, mais les traits n’y sont formés qu’au crayon, tandis que, dans celui de M. Leroy, on peut employer l’encre.
- S. Exc. le Ministre de l’intérieur a bien voulu, sur la recommandation de la Société, accorder à cet artiste un encouragement pécuniaire.
- M. flanquez, fabricant d’encre à Yaugirard, nous a présenté, avec un mémoire sur les gallates de fer, des échantillons d’une encre qui , examinée par votre Comité des arts chimiques, n’a pas été trouvée supérieure à celle qu’on vend dans le commerce sous le nom de petite vertu.
- A cette occasion, M. le comte Chaptal nous a informés qu’un habitant des environs de Montauban, dont il n’a pu se rappeler ni le nom ni le domicile , lui a remis, il y a long-temps, une tablette d’encre solide, pesant une demi-once , dont il se sert depuis quinze mois, et qui n’a encore perdu que la moitié de son volume. Cette encre est d’une excellente qualité , elle ne s’altère point; elle est d!un très-beau noir, parfaitement soluble à l’eau et très-coulante.
- Nous terminerons cette première Partie de notre rapport en rappelant les principaux ouvrages offerts à la Société pendant l’année 1822, savoir :
- Les deuxième et troisième volumes du Dictionnaire technologique des arts et métiers ; par MM. Francœur, Payen et Molard.
- Catéchisme d’économie politique, par M. Say.
- Un ouvrage Sur les moyens d’améliorer l’agriculture en France ; par M. Bigot de Moro gués.
- De Vadministration de Vagriculture appliquée à une exploitation rurale; par M. le comte de Plancy.
- De la culture des mûriers; par M. Bonafous.
- Les cinquième, sixième et septième livraisons de la belle Collection d’instrumens aratoires, dessinée et publiée par M. Leblanc.
- Mémoire sur le houblon, sa culture et son analyse ; par MM. Payen et Chevalier.
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- Traité des réactifs; par les mêmes.
- Cours élémentaire de teinture; par M. Vitalis, professeur de chimie, à Rouen.
- Catéchisme chimique, par M. Parkes ( en anglais ).
- Mémoire sur les monumens antiques du département de la Haute-Vienne; par M. Allou, ingénieur des mines.
- Le premier volume du Voyage pittoresque du nord de VItalie; par M. Bruun-Neergaard.
- L’exposition riche et variée d’un grand nombre d’objets que divers fabri-cans se sont empressés aujourd’hui d’offrir à vos regards, complète le tableau de ce que notre Société doit, pendant le cercle de cette année, à l’émulation de nos artistes. C’est avec un juste orgueil que nous considérons leurs ouvrages et que nous rappelons les services qu’ils rendent à la patrie.
- SECONDE PARTIE.
- OPÉRATIONS GÉNÉRALES, SITUATION DE LA SOCIÉTÉ.
- Nous vous annonçâmes, l’année dernière, les dispositions généreuses faites en faveur de la Société par M. le comte et Mme. la comtesse Jollwet. Vous attendez de nous que nous vous fassions connaître les suites et le résultat d’une affaire aussi importante : elle a éprouvé, dans l’exécution, des difficultés graves et imprévues. Nous savions que les nièces de Mme. ]a comtesse Jollwet, portées seulement pour des legs modiques dans le testament, étaient peu fortunées, mères de famille, et qu’elles réunissaient tous les titres à l’intérêt et à l’estime; nous nous occupions d’examiner si la Société pouvait améliorer leur condition sans manquer aux intentions des testateurs, lorsque nous apprîmes avec surprise qu au lieu de s’adresser directement à la Société, pour lui proposer les arrangemens qui pourraient remplir ce but, on avait réclamé, au nom de ces dames, auprès dû Gouvernement, contre les dispositions mêmes du testament. Notre surprise s’accrut encore lorsque nous sûmes qu’on fondait cette réclamation sur ce que notre Société n’avait point, disait-on, d’existence légale; sur ce qu’elle était inhabile à recevoir et même à posséder. Une telle supposition, élevée pour la première fois, n’allait pas moins qu’à attaquer, dans ses bases mêmes, un établissement fondé depuis plus de vingt ans, que vos efforts et votre zèle ont porté à un aussi haut degré de prospérité, qui jouit d’une juste considération , qui exerce uné aussi utile influence. Il y allait pour nous en quelque sorte de la vie, et dans cette contestation nous avions à combattre pro aris et focis. Dix mois se sont écoulés avant que
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- cette question fût décidée; mais du moins elle a été traitée avec la plus grande maturité.
- La Commission que vous aviez chargée de suivre cette affaire y a mis les soins les plus persévérans ; enfin le Gouvernement a prononcé par une ordonnance royale rendue en Conseil d’État, le 19 mars dernier , et dont nous allons avoir l’honneur de vous donner lecture.
- « Louis, par la grâce de Dieu, roi de France, etc., etc.
- » Sur le rapport de notre Ministre secrétaire d’État de l’intérieur;
- » Yu le testament authentique de la dame Louise Durand, veuve du comte Jean-Baptiste-Moïse Jollivet, conseiller d’État honoraire, en date du il octobre 1815, par lequel elle a ordonné que le produit de la vente de tous ses biens, meubles et immeubles, converti en rentes sur l’État, fût, sous la déduction des dettes, legs particuliers et frais, consacré à perpétuité à distribuer, à Paris, des prix pour l’encouragement de l’industrie nationale française, ainsi qu’il en est usé actuellement par la Société libre d’Encôuragement établie à Paris, faisant et instituant, à cet effet, ladite Société ou tout autre établissement du même genre, qui lui serait substitué sous l’autorisation du Gouvernement, son héritier et légataire universel, le tout, sous diverses clauses et conditions insérées au testament, pour assurer l’effet et la perpétuité de ladite fondation de prix;
- » Yu la demande du président de la Société d’Encôuragement, au nom de ladite Société , tendant à être autorisé à accepter pour elle ladite fondation;
- » Yu les réclamations des trois héritières naturelles de la comtesse Joi-livet, qui, après l’exposition de divers motifs de droit qu’elles ont cru devoir alléguer contre la demande en autorisation, ont subsidiairement conclu à la réduction des libéralités de la testatrice, en protestant de leur intention de concourir à ses vues au profit de l’industrie ;
- » Notre Conseil d’État entendu , ,
- » Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :
- » Article ier. Le président de la Société d’Encôuragement pour Findustrie nationale est autorisé à accepter, au nom de ladite Société, pour la moitié seulement, le legs universel de la comtesse Jollivjet, pour la fondation et aux termes et conditions portés à son testament, j
- » Art. 2. Notre Ministre secrétaire d’État de/l’intérieur est chargé de l’exécution de la présente ordonnance. » y
- Cette ordonnance, Messieurs, a décidé en faveur de la Société la question fondamentale, celle de notre existence légale, et, sous ce rapport, elle est pour nous de la plus haute importance; car l’autorité royale, en autorisant votre président à accepter en votre nom , a prononcé que vous êtes
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- aptes a posséder et à recevoir : elle a déclaré, par un acte solennel, que le Gouvernement vous reconnaît comme existant légalement; et en effet les doutes que l’on avait essayé d’élever sur ce point n’étaient fondés que sur une fausse application de la loi du 2 janvier 1817. Cette loi, en déclarant que les établissemens religieux 11e peuvent posséder qu autant quils sont reconnus par la loi, ne concerne que les seuls établissemens religieux* elle a eu pour objet de les relever d’une incapacité spéciale qui résultait de la loi du 18 germinal an X. L’ordonnance du 2 avril 1817, qu’on invoquait également, n’a eu pour objet que l’exécution de la loi précitée, et non d’imposer des conditions nouvelles et restrictives à l’existence des établissemens civils. Ceux-ci ne sont régis, sous ce rapport, que par l’article 910 du Code civil; cet article exige seulement que les établissemens d’utilité publique soient autorisés par le Gouvernement à recevoir les donations et les legs. Une maxime de droit public, aussi ancienne que la monarchie, et qui dérive des principes mêmes d’ordre public, veut, il est vrai, que les associations civiles ne se forment dans l’État qu’avec l’agrément de l’autorité supérieure; mais quelle association a reçu d’un tel agrément des preuves plus nombreuses , plus constantes, plus éclatantes que la Société d’Encou-ragement, instituée dès sa naissance sous les auspices du Gouvernement lui-même , enrichie , chaque année, des dons de sa munificence, honorée chaque jour, de ses communications officielles, appelée par lui à résoudre des questions, à proposer des concours , secondée par une intervention bienveillante qui, chaque année, aussi, a répandu ses programmes, investie enfin, par une ordonnance royale, de la prérogative de désigner dès élèves pour les écoles d’arts et métiers. Ge ne sont pas là seulement des actes par lesquels notre Société a été reconnue ; ce sont de précieux témoignages de bienveillance et de protection. Aussi le Gouvernement n’a-t-il point désavoué ses faveurs et détruit son propre ouvrage : il a pour jamais consacré le principe en vertu duquel vous existez, et désormais jouissant d’une sécurité entière, vous pouvez recevoir les nouveaux dons que des citoyens généreux ont le dessein de vous faire.
- Nous avons l’honneur de vous proposer de donner votre approbation aux mesures dont nous venons de vous rendre compte ; nous vous proposons aussi de porter, en signe de notre gratitude, le nom de M. le comte et de M®6. la comtesse Jollivet sur un tableau qui serait placé dans le lieu de vos séances, et où figureraient par la suite ceux des personnes qui se proposent de suivre cet honorable exemple.
- Votre Conseil d’administration s’occupe en ce moment de compléter les mesures nécessaires, afin que l’existence légale de la Société, en ce qui
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- concerne la jouissance et la solidité de sa dotation, soit revêtue de toutes les sanctions désirables.
- L’ordonnance royale du 19 mars dernier n’a autorisé la Société d’Encou-ragement à accepter que la moitié du legs universel qui lui était échu. Nous eussions pu prolonger la contestation et soumettre quelques représentations plausibles contre cette limitation; mais nous avons cru devoir nous conformer aux vues du Gouvernement. Le Gouvernement ayant pris en considération la situation de trois familles peu fortunées, nous ne pouvions que respecter de semblables motifs. Nous avons pensé que la modération dans les affaires d’intérêt convenait aux établissemens de bien public. Votre président a donc rempli les formalités que l’ordonnance royale lui prescrivait. La famille de Mme. la comtesse Jollivet a adhéré, de son côté, par un acte authentique , au partage qui est maintenant admis, reconnu et consommé d’une manière définitive : ce sont environ 160,000 francs qui écherront à la Société d’Encouragement pour sa part.
- Avec la dotation que vous possédez déjà, ce sont environ 400,000 francs qui forment maintenant votre patrimoine. En joignant au revenu annuel de cette somme le produit des souscriptions, la subvention que nous recevons du Gouvernement et le produit de la vente du Bulletin $ la Société d’Encouragement aura, chaque année, à sa disposition une somme d’environ 60,000 francs. : ,
- Il n’y a pas d’exemple en France d’un établissement de bien public, formé par le seul concours du zèle individuel,qui soit arrivé, en si peu de temps, à un tel état de prospérité financière; il vous fournira, Messieurs, les moyens de donner, chaque jour, une plus grande extension aux efforts que vous faites pour seconder parmi nous les progrès des arts utiles.
- Nous espérons-qu’à l’aide de ressources toujours croissantes la Société pourra donner encore une nouvelle étendue à la sphère de ses opérations ; procurer, par exemple, ou la rédaction ou la traduction de quelques ouvrages relatifs aux arts ou de quelque manuel pratique; multiplier les expériences que depuis quelques années elle a entreprises avec tant de succès; offrir aussi aux travaux du Comité de commerce de son Conseil d’administration une matière que les lumières des membres qui le composent feront fructifier avec avantage. :
- Pendant le cours de l’année dernière, la Société a nommé quatre nouveaux correspondans étrangers et reçu cent vingt souscripteurs nationaux : le nombre total de ceux-ci s’élève en ce moment à environ neuf cents. Nous avons réparé ainsi les pertes que nous avions éprouvées par la réduction du territoire français. _ ,
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- Votre Conseil d’administration a eu à déplorer encore, pendant le cours de cette année, la perte de deux de ses membres.
- M. le marquis de Grave, ancien Ministre de la guerre, pair de France et chevalier d’honneur de S. R. S. Madame la duchesse d’Orléans , avait pris, dès l’origine de la Société, l’intérêt le plus vif et le plus constant à ses travaux. Excellent citoyen, doué d’un bon esprit, ami des lumières, possédant lui-même des connaissances très-variées, il était porté naturellement par ses affections à tout ce qui peut contribuer au bien public. Une extrême modestie relevait encore en lui, alors même qu’elle semblait les voiler, un mérite solide et la réunion de vertus douces et paisibles. Un caractère sans tache, une vie sans reproche, une modération constante, un commerce plein d’aménité, un dëvoûment sans bornes aux objets de ses affections, lui avaient acquis l’estime publique et lui avaient donné de nombreux amis, qui honoreront toujours sa mémoire ; le nom de ces illustres et fidèles amis suffirait à son éloge. ;
- Le compagnon des travaux de Lavoisier, l’ami de Monge, Fauteur de la Statique chimique, celui que les chimistes français honoraient comme leur guide et chérissaient comme leur père, a été enlevé, le 6 novembre dernier , aux sciences, à la patrie, à cette Société, dont il fut ira des premiers fondateurs. Arcueil, qu’il avait choisi pour le lieu de sa retraite, que ses travaux, que la réunion des hommes les plus distingués avait converti en une sorte de temple de la science, a reçu la dépouille mortelle de Berthollet. Autour de la tombe ouverte pour lui, les hommages de l’affection et de la reconnaissance lui ont été rendus par des amis des disciples, placés eux-mêmes au rang des premiers savans de l’Europe. A leur tête paraissait notre honorable président, associant sa douleur à la douleur commune, et ces hommages sont répétés par l’Europe savante elle-même, qui avoue d’aussi dignes organes , qui les eût choisis et députés pour célébrer la mémoire de l’un des premiers créateurs de la chimie moderne.
- Né à Talloire, près d’Annecy, en Savoie, le 9 décembre 1748, reçu à vingt ans docteur en médecine à FUiiiversité de Turin, Berthollet débuta à Paris en 1772, sous les auspices du célébré Tronchin, avec lequel il contracta une liaison intime. Nommé médecin delà maison d’Orléans, ce fut dans le laboratoire mis à sa disposition qu’il exécuta ses premières expériences : elles révélaient déjà les inspirations du génie; ce fut là qu’il décomposa l’ammoniaque, et prouva que la présence de l’azote est le signe caractéristique des substances animales. Dès 1779 ou 1780, Berthollet fut appelé à l’Académie royale des sciences. Pendant le cours de nos orages politiques, il poursuivit ses nombreuses découvertes; ilsoumit à des lois
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- régulières l’action de ces forces mystérieuses et variées qui président à la décomposition et à la recomposition des substances. En 1795, il fut chargé, avec Monge, de composer et de diriger sur la France le convoi de ces chefs-d’œuvre des arts, que nos regards ont long-temps admirés dans nos Musées, et qu’ils y cherchent vainement aujourd’hui. L’intégrité et le désintéressement qu’il porta dans cette mission égalèrent le zèle et le goût qu’il y montra. Avec Monge, il fut l’un des fondateurs de cette Ecole normale, dont l’apparition fut si brillante et malheureusement si rapide; avec Monge, il fut aussi l’un des fondateurs de cette Ecole polytechnique, qui, depuis près de trente ans, fournit les sujets les plus distingués aux diverses branches de nos services publics, et dont les maîtres et les élèves deviennent chaque jour, à l’envi, l’ôrnement de nos Sociétés savantes; avec Monge, il fut l’un des chefs de cette glorieuse colonie, qui, acquittant en quelque sorte envers l’Égypte la dette de la Grèce et de Rome, reporta le flambeau des sciences de l’Europe moderne dans la contrée qui fut, pour l’Europe de Fantiqyiité, le berceau des connaissances humaines. Ce fut dans son laboratoire du Caire, entouré du tumulte des camps et des dangers de la guerre, que, nouvel Archimède, il jeta Tes bases de sa Statique chimique. Appelé au Sénat dès l’année 1800, appelé par le Roi à faire partie de la Chambre des Pairs, le premier corps politique de l’État a regretté en lui un membre dont le nom, devenu immortel, s’alliait si bien à toutes les grandes illustrations nationales, et que son caractère personnel faisait vénérer et chérir. Pour nous, Messieurs, cette perte nous affecle à un titre particulier. Berthollet a été l’un des auteurs de cette grande révolution qui a fait pénétrer le flambeau de la science dans les ateliers de l’industrie, comme un principe vivifiant et créateur; noble et féconde alliance, qui porte aux arts utiles une dignité et une puissance nouvelles, et qui prête aux découvertes théoriques une puissante influence sur la prospérité sociale! Berthollet transporta la chimie dans nos manufactures sans vouloir en recueillir d’autre récompense pour lui-même que la jouissance d’avoir donné par là un nouvel essor à leurs succès. Une juste reconnaissance a fait du moins attacher son nom à un procédé de blanchiment dont l’économie a été d’une haute importance pour la vaste fabrication de nos tissus de lin, de coton et de chanvre. L’art de la teinture , jusqu’alors dans l’enfance, et livré aux aveugles pratiques de la routine, reçut de lui un corps de procédés méthodiques et de règles aussi simples que lumineuses. Son analyse de l’ammoniaque a été l’origine d’une nouvelle branche de fabrication. Les élèves sortis de son école peuplent aujourd’hui les manufactures françaises, président à ces vastes appareils, qui, par un art nouveau, chaque
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- jour perfectionné, versent dans le commerce l’inépuisable variété des produits chimiques.
- Ainsi, pendant que le nom de Berthollet sera consacré à jamais dans les annales de la science, il doit aussi occuper un rang éminent dans Fhistoire de l’industrie française.
- S’il nous est permis, Messieurs, d’éprouver un juste orgueil en nous rappelant que la Société d’Encouragement a compté dans ses rangs, dès son origine, les savans les plus célèbres; qu’elle a reçu, dès ses premiers pas, et l’appui de leurs noms et l’assistance de leurs lumières, il nous est doux aussi de penser que dans cette assemblée, où se trouvent réunis tant de citovens qui, à des titres divers, recueillent l’héritage de leurs leçons, appliquent et font fructifier leurs découvertes, le culte dont nous entourons leur mémoire peut être considéré comme l’expression de la reconnaissance publique : et quel plus digne tribut peut être offert au génie, que de proclamer les bienfaits qu’il répand sur la société, les services qu’il a rendus à la patrie?
- Nous saisissons cette occasion, Messieurs, pour rappeler le vœu que nous avons plusieurs fois exprimé, ce serait de voir ces noms honorables retracés dans un tableau, qui, suspendu dans le lieu de vos séances, en serait le plus bel ornement.
- Propositions.
- Nous avons l’honneur de vous proposer :
- i°. D’accorder des mentions honorables à M. Guilbaud, de Nantes , pour son bateau zoolique avec plan incliné mobile , et à MM. Gotten et Duverger, pour leur lampe mécanique à mouvement d’horlogerie;
- 2°. D’approuver les mesures prises, soit par le Conseil d’administration, soit par la Commission spéciale instituée par lui dans l’affaire de la succession Jollivet ;
- 3°. D’ordonner que les noms des savans distingués qui ont fait partie de la Société, et ceux des bienfaiteurs qui l’ont dotée, seront placés sur un tableau destiné à orner le lieu des séances de la Société, et dont l’inauguration se ferait à la première assemblée générale.
- M. le baron de Ladoucette, ayant pris la parole, au nom de la Commission des fonds, a présenté l’état suivant des recettes et dépenses de la Société pendant l’année 1822.
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- Rapport sur les recettes et dépenses de La Société pendant l’année 18225 Par le baron de Ladoueette.
- Messieurs, le devoir du rapporteur de votre Commission des fonds est aussi facile qu’agréable à remplir : en lisant le compte de 1822, rendu par M. Montamant, votre estimable trésorier, on ne peut trop louer l’ordre et la clarté de son travail.
- Tous n’avez pas à vous appliquer les grandes théories de crédit, d’emprunts, d’impôts directs ou indirects. Vos recettes sont simples, assurées; chaque année vous présente un excédant, et cependant vos dépenses sont suffisantes, utiles, honorables; tout suit les fixations que vous avez déterminées vous-mêmes : il est vrai que vous n’avez pas un grand échafaudage d’administration et que vous ne connaissez pas les sinécures.
- Vos fonds, Messieurs , sont placés à la Banque de France, et cette destination est bien conforme au but d’une Société qui contribue au soutien de l’industrie nationale. Cent trois actions de la Banque ont été achetées par vous en 1814; depuis, on s’en est procuré cinquante, en y appliquant, chaque année, le restant en caisse. Votre compte présente un effectif de cent cinquante-trois actions, qui ont coûté 184,908 francs 65 cent., et qui représentent, au cours du jour, un capital de près de 240,000 francs.
- Recette.
- La recette est divisée en six chapitres.
- Chapitre Ier. —- Reliquat du compte de l’année 1821, ‘
- arrêté par votre Commission et par MM. les censeurs, le 2 avril 1822, à la somme de....................... 5,882.fr. 91c.
- Chapitre II. — Produit de la vente du Bulletin pendant l’année 1821.......... ............................... 2,839 25
- Chapitre III. — Intérêts reçus pendant le dernier semestre 1821 et lé ier. semestre 1822, pour cent cinquante-
- trois actions de la Banque, dont la Société est propriétaire, ci 12,498 »
- Chapitre IV. — Souscriptions reçues pour 1822 et années antérieures...................................... 29,026 20
- Chapitre V. — Abonnement du Gouvernement au Bulletin de la Société.. . . . ......... ... 4>°°o fr.
- Encouragement accordé par le Gouvernement pour le perfectionnement des aciers... 3,000
- A reporter. . .
- 57,246 fr. 36 c.
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- Ci-conti'e......., . 67,246 fr. 36c.
- Chapitre VI. — Contribution des Sociétés élémentaire
- et des méthodes aux dépenses communes................ . 976 »
- Total de la recette. ....... 58,22ifr. 36c.
- 9,i98fr. 65 c. 3,465
- 16,023 60
- 4,5oo »
- 40 »
- 4,618 3o
- 620 . »
- 723 67
- 12,742 75
- 5i,65ifr. 97c.
- Résultat.
- La recette s’est élevée , pendant l’année 1822, à. .... 58,22ifr. 36c.
- La dépense à........................................... 5i,63i 97
- Ainsi l’excédant de la recette sur la dépense est de . . . . 6,58gfr. 39c.
- dont 4,689 francs 69 cent, appartiennent à la Société, et 2,000 francs sont, à titre de dépôt, dans la caisse, par suite du don fait par feu M. le chevalier Ration , pour un sujet de prix relatif à la substitution des presses hydrauliques aux pressoirs ordinaires à huile et à vin.
- La Société possède en outre cent cinquante-trois actions de la Banque de
- O 2
- La dépense comprend neuf chapitres; savoir,
- Chapitre Ier. — Traitement, dépenses administratives, droit sur les souscriptions et abonnemens, frais d’assemblée et autres dépenses. . .............................
- Chapitre II. — Rédaction du Bulletinfeuilles d’extraits, mémoires et autres travaux, d’après les fixations arrêtées par le Conseil d’administration. ..................
- Chapitre III. — Dépenses générales du Bulletin et dépenses diverses ............................ ...........
- Chapitre IV. — Loyer...................................
- Chapitre Y. — Souscription pour la Société élémentaire Chapitre YI. — Achat de trois actions de la Banque de
- France. . ...........................................
- Chapitre YII. —- Sommes payées pour les Sociétés élémentaire et des méthodes...........................
- Chapitre YIII. — Pensions d’élèves à l’École vétérinaire
- d’Alfort. ..............................................
- Chapitre IX et dernier. — Médailles décernées , sommes payées pour prix et encouragemens...............
- Total de la dépense.........
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- France, lesquelles, au cours du jours, représentent un
- capital de........................... . . a34,855fr. c.
- qui, joints au reliquat ci-dessus, fixé à . ... . . ... . 6,589 ^9
- la constituent réellement propriétaire d’une somme de... 241 >444fr. 39c.
- Les dépenses ont été dirigées avec économie; elles concernent des traités flaits par la Société, des émolumens, gages, gratifications, frais autorisés par vous : aussi je pourrais, à cet effet, me dispenser de toute observation. Je crois cependant devoir vous faire remarquer, Messieurs, que le montant des souscriptions et l’abonnement du Ministère, déduction faite des droits de recette, surpassent de la somme de a4>972 francs a5 cent, la dépense qu’a occasionnée le Bulletin.
- On voit dans le compte de votre trésorier que la Société a rendu de grands services à l’agriculture et à l’industrie.
- Les élèves vétérinaires que vous entretenez à Alfort seront un jour destinés à faire succéder de bonnes méthodes à l’empirisme des charlatans, dont l’ignorance est funeste aux bestiaux.
- Tous avez donné un prix de i,5oo francs pour des semis considérables de pins. Puisse cet arbre, un jour, couvrir les dunes du nord de la France, les landes de Bordeaux, les déserts de la Champagne!
- Un autre prix de i,5oo francs a été accordé pour la fabrication du cuir de Russie, que bientôt 011 ne tirera plus de F étranger. C’est en même temps exciter à la plantation du bouleau, dont l’écorce est nécessaire à la fabrication de ce cuir; et voilà comme une chaîne non interrompue unit les arts, depuis la culture du sol jusqu’aux développemens du commerce.
- La revivification du charbon animal est une découverte précieuse, quia reçu de vous un prix de 2,000 francs.
- Yous avez fait acheter à Charlestown et transporter en France une machine à égrener le coton , dont la dépense figure au compte pour ^54 francs.
- Qn a proposé de nouvelles tonnes à eau, et vous avez consenti à faire pour cet objet une avance de 5oo francs, dont vous serez récompensés, si l’expérience démontre l’utilité de ce mode.
- Depuis long-temps on avait fait des tentatives dispendieuses et sans grands résultats pour fabriquer en France les aciers damassés. Le Gouvernement vous a accordé pour des expériences 3,000 francs, auxquels vous en avez joint 2,000; et vous avez vu l’année dernière, Messieurs, dans un rapport du plus haut intérêt, fait par M, le vicomte Héricart de Thurj, que les essais remarquables de M. Brèant et les progrès de la fabrique de M. Sir-Henrj, coutelier, nous promettent le prompt et entier succès d’une
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- branche d’industrie plus essentielle encore pour l’art militaire que pour l’économie domestique.
- Je n’ai dû parler de la Société que sous les rapports financiers. Le détail de tous les services éminens qu’elle a rendus depuis sa dernière assemblée générale vient de vous être exposé par son éloquent interprète. 11 appartenait à M. le baron Degérando, et comme secrétaire général et comme ancien ami de M. le comte et de Mrne. la comtesse Jollivet, de vous entretenir de l’acte de munificence qui a porté ces amis éclairés de la patrie et des arts à nommer la Société d’Encouragement pour leur légataire universelle. Vous avez appris que votre Conseil d’administration, décidé à accepter l’héritage, s’était en même temps intéressé à la position des collatéraux de Mme. Jollivet, et qu’une ordonnance du Roi, en date du 19 mars dernier, a autorisé le partage de la succession en deux parts, l’une pour la Société d’Encouragement, l’autre pour les héritiers dont j’ai parlé. Les biens vont se vendre en détail, et vous serez plus tranquilles encore sur le résultat d’une pareille opération , en pensant que l’exécuteur testamentaire est l’un de vos collègues, qui s’est le plus distingué dans une longue et importante carrière, M. le comte Bigot de Préameneu. Espérons que le capital de la Société se trouvera presque doublé dans quatre ans, et qu’elle pourra remplir les intentions généreuses de M. et Mme. Jollwet, en donnant un nouvel essor à l’industrie, qui forme déjà l’une des plus belles parties de la gloire de la France !
- A la suite de ce rapport, M. le duc de Cadore, l’un des censeurs, s’est exprimé en ces termes sur la vérification des comptes de M. le trésorier.
- Rjpport sur La vérification des comptes de M. le trésorier/
- par M. le duc de Cadore.
- Messieurs, la voix qui vous parle aujourd’hui au nom des censeurs n’est plus celle que vous êtes habitués à entendre, quë vous aimez à entendre, et qui toujours vous commande attention et confiance. Ce n’est plus la voix de ce membre distingué de votre Société, promoteur d’autant plus éclairé de l’industrie, que, pair de France, il est lui-même manufacturier industrieux, que dans ses voyages philantropiques, dont il a rapporté tant de vues bienfaisantes pour l’humanité, il n’a pas dédaigné la recherche des procédés utiles aux arts; car les recueillir et les propager, c’est aussi servir l’humanité. M. le duc de la Rochefoucauld, à qui vous m’avez fait l’honneur de m’associer en qualité de censeur, devant partir pour la campagne,
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- m’a laissé la charge honorable, mais difficile de le remplacer. Ce qu’il vous a dit constamment, je me trouve dans le cas de vous le répéter. Les opérations de votre Commission des fonds et le compte de votre trésorier, cette année comme les précédentes, n’offrent à la censure, de quelque sévérité qu’elle veuille s’armer, que des sujets d’éloges. Exactitude dans les recettes, régularité dans les dépenses, bon emploi des fonds,clarté dans les comptes, votre Commission et votre trésorier ont fait tout ce que le devoir de leur charge leur imposait, et, ce qui est beaucoup plus dire, tout ce que, d’après l’épreuve que vous en aviez déjà faite, vous étiez fondés à attendre de l’une et de l’autre.
- Le capital de la Société s’est accru, cette année, de trois actions de la Banque : elle en possède maintenant cent cinquante-trois, qui, achetées de 1814 à 1822, ont coûté 184,908 francs. Les cent cinquante actions que la Société possédait en 1821 avaient été achetées 180,290 francs et valaient 281,375 francs ; la fortune de la Société avait suivi les progrès de la fortune publique. Depuis , l’une a décru comme l’autre, et cette année, avec trois actions de la Banque de plus, le capital de la Société se trouve réduit de près de i5,ooo francs. Cette réduction du capital, qui heureusement n’affecte pas le revenu , ne sera sans doute que temporaire. La paix, cette paix bienfaisante, qui, grâce à la sagesse d’un Gouvernement paternel, a été si favorable à notre industrie et promettait de l’ètre encore plus par sa durée, si elle n’a pu être maintenue, sera promptement reconquise, moins par la force et le talent qui préparent la victoire, que par la modération dans les triomphes et beaucoup plus encore par cet esprit de justice et de conciliation qui désarme la résistance et dispense de vaincre. Le caractère et les vertus du prince généralissime ne sont-ils pas le gage de ses succès, qu’il a déjà obtenus dès ses premiers pas ? Que ce succès soit complet et rapide; c’est notre vœu, parce que c’est le vœu et l’intérêt de l’industrie, c’est l’intérêt de toute la France.
- Mais quelle que soit cette réduction momentanée de votre capital, votre revenu, accru par le dividende des trois actions de banque acquises en 1822 et par le placement que vous ferez delà portion du legs de M. le comte Jol-livet, dont le Gouvernement a autorisé l’acceptation, et qui s’élève à près de 200,000 francs, vous permettra de continuer les encouragemens que vous donnez à l’industrie nationale, et même de les accroître, pour compenser autant qu’il sera en vous le mal que peut lui faire la guerre. N’est-ce pas au sein d’une guerre qui embrasait l’Europe que votre Société a pris naissance, et n’avez-vous pas lutté avec autant de succès que de constance contre ce fléau destructeur de l’industrie? Vous étiez le remède qu’une
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- Providence réparatrice plaçait à côté du pial, et le succès que vous avez eu alors vous l’obtiendrez encore.
- L’emploi de votre revenu a été, cette année, à-peu-près ce qu’il était les années précédentes. Yos dépenses intérieures sont restées les mêmes; elles ne dépassent pas i4,ooo francs, malgré l’étendue de votre local et les frais de toute espèce auxquels vous êtes assujettis. Il y a dans la modicité de cette dépense une économie remarquable. C’est aussi un service à rendre à l’industrie nationale que de lui enseigner l’économie, première condition de ses succès, et vous la prêchez par l’exemple. Les prix et médailles que vous distribuez ont monté, cette année, à 8,242 francs. De combien de millions ces 8,000 francs, judicieusement répartis, enrichiront un jour la France?
- Vous avez fait pour 4,5oo francs d’avances, dans la vue de faciliter d’utiles essais», et vous consacrez près de iZj,ooo francs à la confection de ce Bulletin, par lequel vous répandez au loin la lumière, récompensez par la publicité les découvertes nouvelles et les essais heureux, et excitez l’émulation des artistes de tous les pays. Votre Bulletin est peut-être le plus utile des encouragemens que vous donnez à l’industrie.
- Elle va en recevoir un plus puissant encore par une mesure dont les effets salutaires ont été plus d’une fois éprouvés. Le Gouvernement, dans sa sage politique, a ordonné une exposition des produits de l’industrie française : c’est une fête qu’il lui donne, c’est un triomphe qu’il vous apprête. Là, Messieurs, vous retrouverez des inventions nouvelles et des per-fectionnemens, résultats de vos efforts et qui ont déjà comparu devant vous. Dans ce qui intéressera la curiosité publique, il y aura peu d’objets qui ne soient le produit de vos encouragemens. Vous aurez à vous applaudir de votre ouvrage, et en jugeant le bien que vous aurez fait, vous serez encouragés à en faire davantage. Votre Société, désormais liée à l’existence de l’industrie nationale , n’aura pas, comme tant d’autres que nous avons vues éclore et disparaître, une durée éphémère. Elle a été trop utile pour cesser d’être; elle s’est consolidée à jamais, et parle bien qu’elle a fait et par celui qu’on attend d’elle : ainsi elle accomplira sa noble destination de contribuer à la prospérité de la France et aux jouissances de ses habitans.
- Au nom de la Commission des médailles, M. Francœur a lu le rapport suivant sur les appareils d’éclairage de M. Fresnel.
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- ( na )
- Rapport fait par M. Francœur sur les appareils d?éclairage
- de M. Fresnel.
- La sûreté de la navigation est un des objets les plus importans pour la prospérité du commerce ; elle tient de trop près au bien public pour que la Société d’Encouragement soit demeurée indifférente à une des plus belles inventions que la physique ait produites de nos jours, dans le but de rendre moins dangereux aux navires les abords de nos côtes. Je veux parler de cet ingénieux appareil dont M. Fresnel vient d’enrichir notre industrie, et que le Gouvernement va employer pour éclairer les phares. Comme ce système d’éclairage a fait le sujet d’un mémoire que l’auteur a lu à l’Académie des Sciences, et qu’il a été décrit dans diverses collections, et particulièrement dans le N°. CCXIX du Bulletin, année 1822, page 274? ce mode est connu de l’Europe savante, et il serait superflu d’en exposer ici, en détail, la construction et les effets : il suffira de rappeler en peu de mots la théorie de cet appareil et les avantages qu’il procure.
- On connaît cette propriété des miroirs paraboliques de réfléchir en rayons parallèles à l’axe une lumière placée au foyer. On s’est servi de ces miroirs pour porter au loin sur l’horizon l’éclat d’une flamme, afin d’avertir les marins du voisinage de la terre. Ce faisceau de lumière n’est dirigé que d’un côté et n’éclaire vivement qu’un angle très-étroit, à moins que la flamme placée au foyer du réflecteur n’ait un grand volume : c’est pourquoi l’on a donné à ces miroirs un mouvement de rotation, qui change sans cesse la direction de l’axe et porte la lumière successivement dans tous les rumbs; mais il y a de graves inconvéniens à ce système, parmi lesquels nous nous bornerons à citer les suivans : une perte de moitié de la lumière, qui a toujours lieu dans la réflexion sur les surfaces métalliques, meme les plus brillantes ; des soins perpétuels pour entretenir l’éclat de la surface argentée des miroirs; des frais d’entretien assez considérables, etc.
- Ces considérations ont conduit M. Fresnelà s’occuper des moyens de produire un éclat plus vif et mieux soutenu, avec un entretien moins dispendieux; et l’idée des phares tournans, formés de lentilles à échelons, s’est présentée à lui, non point en formant ces verres d’une seule pièce, comme le voulait Buffon, ce qui serait inexécutable, mais en assemblant et joignant entre elles des pièces de verre convenablement travaillées. Il est juste de dire (ce que M. Fresnel ignorait) que Condorcet avait proposé de composer de plusieurs pièces les lentilles à échelons imaginées par Buffon ;-mais on n’avait point trouvé jusqu’à présent les moyens de lever les difficultés
- d’exécution
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- ( l'S )
- d’exécution et de donner aux anneaux la courbure convenable : en un mot, on n’avait pas encore pu faire de grands verres ardens à échelons.
- Chacun sait qu’en présentant au soleil un verre lenticulaire, on réunit à son foyer tous les rayons qui tombent sur sa surface, et que ce point reçoit une impression de chaleur très-intense. Lorsque la lentille est assez grande, son foyer donne une température si prodigieusement élevée, qu’elle égale toutes celles que nos moyens peuvent produire par les ressources de la chimie ; c’est cette conflagration que Buffon voulait porter sur des corps renfermés dans des cloches de verre; mais pour donnera la lentille la dimension qui la rend capable d’aussi puissans effets, il faut aussi lui donner une courbure et partant une épaisseur considérables, et la lumière, en traversant cette masse, s’y éteint en partie. Buffon avait conçu l’idée de dédoubler la lentille par zones, en sorte que la surface, travaillée en échelons de. diverses épaisseurs, fût formée de portions de sphères concentriques; mais le calcul a fait connaître à M. Fresnel que des surfaces sphériques ne réuniraient pas bien les rayons au foyer, et que pour atteindre ce but, il fallait donner aux échelons une autre espèce de surface courbe, qui ne peut plus être travaillée dans des bassins par les procédés ordinaires. Après avoir imaginé les moyens d’exécuter ces surfaces courbes et de construire des lentilles aussi grandes et aussi compliquées, M. Fresnel les a appliquées à son objet, qui était de porter la lumière des phares au loin, et de la promener successivement sur tous les points de l’horizon.
- Il forme ses lentilles de plusieurs anneaux de verre fondus et travaillés à part : c’est M. Soleil, opticien, qui les a exécutés avec beaucoup de zèle et d’intelligence. Le cercle du milieu de la lentille est d’un seul morceau; il est environné d’un anneau concentrique en deux segmens; celui-ci l’est d’un autre, et ainsi de suite, de manière à composer, quand ces pièces sont accolées et jointes ensemble, une seule lentille à échelons, contenue dans un cadre carré de 76 centimètres de largeur, et dont le foyer n’est distant que de 92 centimètres.
- Quoique M. Fresnel puisse obtenir de cet appareil l’effet que voulait produire Buffon, il le destine, au contraire, ici, à donner un résultat inverse .\ loin de faire converger des rayons parallèles, il envoie parallèlement les rayons divergens partis d’un même point. La flamme est placée au foyer de cette vaste lentille, et les rayons, après l’avoir traversée, se projettent eh un faisceau cylindrique ou plutôt conique, en raison des dimensions de l’objet éclairant : ainsi cet appareil produit par réfraction les mêmes effets que le miroir parabolique par réflexion. Cette grande lentille, placée verticalement devant l’éclatante lumière produite par quatre mèches concen-
- Fingt-deuxi'em e année. Avril 1823. .P
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- triques, lumière qui équivaut à dix-sept lampes de Carcel, portera au loin son éclat. Huit lentilles verticales, placées autour de la lampe qui est à leur foyer commun, produiront le même effet dans huit régions divergentes à angles de 45 degrés; enfin ces huit lentilles, assemblées en prisme octogone , vertical et tournant autour de la flamme, par l’effet d’un mouvement d’horlogerie qu’a construit l’habile M. Wagner , feront parcourir à cette lumière réfractée tous les points de l’horizon, avec des alternatives d’éclat et d’obscurité.
- Avec ces huit grandes lentilles verticales, M. Fresnel en combine huit autres plus petites, placées obliquement à l’horizon, comme pour porter la lumière dans le haut de l’atmosphère; mais des miroirs plans reçoivent leurs faisceaux et les rejettent horizontalement entre les faisceaux des premières : notre savant physicien évite par là les pertes de lumière et diminue la durée des éclipses. .
- Les résultats de cette ingénieuse conception , tels que l’expérience les a fait connaître, sont les suivans :
- i°. Dans les observations géodésiques, faites pendant l’automne de 1821, sur les côtes de France et d’Angleterre, par MM. Arago et Mathieu, une lentille semblable, éclairée par un bec quadruple , a été vue de jour, avec-une lunette, à 5o milles de distance, c’est-à-dire à 17 lieues, et se voyait très-bien à l’oeil nu, une heure après le coucher du soleil : elle paraissait aussi brillante qu’un phare anglais, à feu fixe, éloigné seulement de 15 milles ou 5 lieues.
- 20. La combustion de ce bec quadruple est d’une livre et demie d’huile par heure, lorsque la flamme a la plus grande activité.
- 3°. On peut très-bien alimenter la flamme par la combustion du gaz hydrogène carboné. P
- 4°. L’appareil donne des éclats plus longs et beaucoup plus brillans, surtout, que ceux des phares éclairés par huit grands réflecteurs accouplés, et l’effet est triple de celui de huit réflecteurs de 3o pouces d’ouverture, les plus grands qu’on ait encore employés. Le poids de l’appareil lenticulaire n’excède que d’un huitième environ celui de ce dernier.
- 5°. Un des avantages capitaux du nouveau système, c’est qu’à raison de l’inaltérabilité du verre, l’entretien est presque nul, et n’exige que peu de soin de la part des gardiens.
- 6°. L’appareil de M. Fresnel, promenant ses cônes lumineux sur tous les points de l’horizon-, offre au spectateur éloigné une lumière, dont l’éclat croît graduellement jusqu’à un maximum d’intensité qui se soutient quelques instans, et passé lequel la lumière diminue rapidement et renaît après
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- une éclipse qui a deux fois sa durée. Dans les phares composés de huit grands réflecteurs accouplés, la durée des éclats n’est généralement que le sixième de celle des éclipses.
- 7°. Enfin, la construction de ces grandes lentilles à échelons aiymlaires servira utilement aux sciences et aux arts, lorsqu’on disposera les appareils selon le dessein qu’avait formé Buffon, pour concentrer les rayons du soleil sur un point, et y produire une excessive chaleur.
- Cette belle invention a frappé l’esprit d’un administrateur éclairé, dont le nom se rattache à toutes les circonstances où il est question de l’utilité publique. La Société doit des remercîmens à M. Becquey, directeur général des ponts et chaussées, pour l’accueil qu’il fit au projet de M. Fresnel lorsqu’il lui fut soumis : c’est à ce caractère honorable qu’on a toujours reconnu cet homme d’État, qui regarde comme un de ses plaisirs les plus vifs de contribuer aux progrès des arts. M. Becquey a ordonné la construction de cet appareil, qui, dans les expériences variées et multipliées par lesquelles on l’a éprouvé, a pleinement justifié les espérances qu’on en avait conçues. Il sera placé au mois de juillet prochain sur le phare de Cordouan.
- Une invention aussi utile par les résultats qu’elle donne, aussi précieuse par les espérances qu’elle fait naître , ne pouvait manquer d’exciter un haut degré d’intérêt parmi des hommes qui ont consacré leur vie et leurs efforts à tout ce qui peut accroître le bien de l’humanité. La Société d’Encourage-ment doit des éloges à M. Wagner pour les talens qu’il a montrés dans la disposition du mécanisme qui transmet le mouvement à l’appareil, et à M. Soleilj pour l’art avec lequel il a exécuté les pièces de la lentille, d’après les procédés que M. Fresnel lui a indiqués ; mais elle doit à M. Fresnel la plus digne des récompenses qu’il soit en son pouvoir d’accorder, la médaille d’or, qu’elle réserve aux inventions les plus recommandables par leur utilité pour les arts et le commerce. Le Conseil d’administration a décidé que cette médaille serait accordée à ce jeune savant, que tant d’autres travaux rendent si digne d’estime.
- Adopté en séance générale, le 3o avril 1825.
- Signé Fiiancoeür , rapporteur.
- Rapport fait par M.. Bréant sur la fabrication dos médailles de bronze ? d’après le procédé de M, de Puymaurin fis.
- Messieurs, parmi les divers travaux qui, dans le cours de l’année dernière, ont signalé les progrès de notre industrie, le perfectionnement apporté à la fabrication des médailles de cuivre a paru à vos Comités d’une
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- telle importance, que, d’une commune voix, ils ont arrêté de vous désigner l’auteur de cette amélioration, M. de Puymaurin fils, comme digne d’une récompense de premier ordre. *
- • Depuis que l’on frappe des médailles en France, le cuivre pur était employé pour les multiplier avec moins de dépense. En effet, ce métal, d’un prix peu élevé, ne tente pas la cupidité : aussi mou que l’or et l’argent, il ne fatigue pas davantage les coins. Toutefois, la facilité avec laquelle il s’oxide est telle, qu’il ne pourrait rester exposé à l’humidité sans être en peu de temps entièrement détruit. L’alliage de cuivre et d’étain (le bronze) est infiniment moins oxidable; mais son extrême dureté s’oppose à ce qu’on puisse, avec nos moyens ordinaires, l’employer à la fabrication des médailles.
- Cependant les anciens y sont parvenus , et grâce à l’emploi de cette matière, des médailles précieuses ont résisté pendant plus de vingt siècles à l’action destructive du temps.
- La recherche des procédés employés par les anciens a exercé la sagacité de plusieurs antiquaires. Quelques-uns (et M. Mangez est du nombre) ont pensé que l’on se servait de coins de bronze et que le métal était frappé à chaud, ou que l’on compensait son peu de ductilité par un moulage préparatoire, disposant les masses avec une telle précision, que le coin n’eût plus qu’à faire ressortir les détails ébauchés au même degré.
- M. Jeuffroy a le premier essayé le moulage préparatoire , et comme le retrait que ce métal prend en se refroidissant aurait empêché le rengrenage exact et donné lieu à une double empreinte, il eut la précaution d’augmenter la dimension de ses moules , en appliquant sur la médaille destinée à les former une feuille mince de plomb. Il réussit; mais il opérait sur une médaille de peu de relief, et au lieu de bronze il employa un alliage de cuivre et de laiton tellement ductile, qu’il pouvait, sans compromettre son coin , faire disparaître les doubles empreintes si elles avaient lieu.
- M. Chaudet essaya, en 1817 , le monnayage du bronze au moyen du moulage préparatoire : ses expériences eurent du succès ; mais il n’opéra que sur des médailles de petite dimension et de peu de relief, et le bronze qu’il employa n’àvait que 4 pour 100 d’étain. Il est évident qu’il n’eût pas réussi avec des médailles d’un grand diamètre et de beaucoup de relief, parce que le retrait étant proportionnel, les parties très-saillantes n’auraient pas eu suffisamment de matière.
- La condition essentielle au succès de l’opération, l’application parfaitement égale des coins sur tous les points de la surface des flans, a été très-habilement remplie par M. de Puymaurin, au moyen du procédé suivant :
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- D’abord il fait étaraer la pièce destinée à former les moules, et ainsi il surcharge également les parties peu saillantes, telles que les lettres, et obstrue légèrement les parties enfoncées.
- Quant aux fortes saillies sur lesquelles le retrait est beaucoup plus sensible, il le compense en collant dessus du papier plus ou moins épais, et il parvient, par tâtonnemens, à obtenir des flans, dont l’empreinte mousse peut se rengrener exactement, et dont toutes les parties dé la surface se trouvent à la même distance des parties correspondantes du coin, de sorte que le balancier exerce une égale pression sur tous les points de la médaille.
- L’emploi des coins de bronze, que M. Mongez croit avoir été en usage chez les anciens , a été également essayé par M. de Puymaurin, et le succès qu’il a obtenu a confirmé la conjecture du savant antiquaire; cependant les difficultés que cette opération a présentées font donner la préférence au moulage préparatoire.
- Sans doute les essais faits avant que M. de Puymaurin ait entrepris son travail lui ont été utiles, et sa position l’a mis à même de pousser ses expériences aussi loin, qu’il était nécessaire pour les rendre applicables en grand.
- Toutefois, pour surmonter les nombreuses difficultés qu’il a dû renconr trer, il fallait la réunion de toutes lès connaissances qu’il possède , et cette persévérance qui est un des caractères propres du génie.
- Les médailles sont, comme l’on sait,-des monumens historiques destinés à transmettre des faits ou des images mémorables à la postérité la plus reculée; pour qu’elles y parviennent à travers le bouleversement des empires , il faut qu’elles puissent rester enfouies pendant une longue suite de siècles en conservant sensiblement leur empreinte primitive.
- Aucune des nombreuses médailles de cuivre frappées en Europe depuis la renaissance des arts ne jouira de cet avantage; mais, grâce au travail de M. de Puymaurin,, nos médailles de bronze auront désormais la durée des médailles antiques.
- Ainsi que les deux Académies.auxquelles le mémoire de M. de Puymaurin a été communiqué, vous avez applaudi au succès de l’auteur, et déplus vous avez appelé l’attention du Gouvernement sur les heureux résultats qu’il a obtenus» Vous ne seriez pas d’accord avec vous-mêmes si vous ne couronniez pas un travail dont vous avez signalé l’importance.
- Ces considérations, Messieurs, ont fixé l’opinion de vos Comités. Les formes préservatrices que vous avez établies pour que vos récompenses ne pussent être décernées qu’après un mûr examen ont été ponctuellement observées,, et c’est d’après le vœu unanime émis successivement par vos deux
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- Comités, que j’ai l’honneur de vous proposer d’accorder une médaille d’or à M. de Puymaurinfils, pour avoir, par des procédés applicables en grand, substitué le bronze au cuivre pur dans la fabrication des médailles.
- Adopté en séance générale, le 5o avril i8a3.
- < Signé BaéANT, rapporteur.
- Rapport fait par M. Tarbé sur un procédé pour rompre la - ; glace dans les rivières , inventé par M. Gluck.
- Parmi les divers procédés utiles et ingénieux qui ont fixé l’attention de vos Comités et du Conseil d’administration, il en est un qui a paru digne d’ün grand intérêt par les résultats déjà obtenus et par ceux qu’il est permis d’en attendre, lorsque son usage sera plus généralement répandu : je veux parler des marrons d’artifice imaginés par M. Gluck, de Mulhausen, pour rompre les glaces qui, dans les hivers rigoureux, paralysent le cours des fleuves, et par leur agglomération en amont des usines, des ponts, des digues ou barrages et autres ouvrages en rivière, occasionnent des désastres souvent funestes à l’humanité* et toujours préjudiciables à la fortune publique ou privée. - ;
- Par-tout où la police est bien administrée, la prudence commande de faire des dispositions pour prévenir et faciliter la débâcle des glaces. Les moyens qu’on emploie ordinairement sont dispendieux et ne sont pas exempts de danger. Ces moyens varient en raison de la largeur et de la rapidité des lits de rivières, des ressources pécuniaires de chaque administration locale, et plus encore des instrumens et machines dont on peut disposer : ce serait donc fendre Un grand service à l’ordre social que de lui procurer un moyen de plus, qui réunirait l’économie à la facilité d’exécution,
- Nos Collègues, MM, Engelmann et Mérimée, ont plusieurs fois appelé votre attention sur le procédé de M. Gluck. Yoici en quoi il consiste :
- Chaque marron formant un cube de 5 centimètres de côté (1 pouce 9 lignes), est fait avec du carton entouré de ficelles imprégnées de colle ; il pèse en tout 4 onces, y compris 2 ou 5 onces de poudre : il est muni d’une mèche dont le feu brûle sous l’eau et dure assez long-temps pour qu’on puisse enfoncer commodément l’appareil sous la glace. Pour faire usage du marron, on se sert d’une perche, dont la longueur varie suivant la position des glaçons et leur distance de la rive ou du point fixe, choisi par la personne chargée de l’opération.-A.: l’extrémité de la perche, on attache un fil de fer recourbé , de 3 à 4 pieds de longueur et de 2 à 3 lignes de dia-
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- mètre, et terminé en pointe pour pouvoir être fiché entre les ficelles do marron. Il faut avoir soin que la mèche soit placée du côté du fil de fer, afin de la garantir des chocs qu’elle pourrait éprouver quand on l’introduit sous les glaçons. Celte dernière manœuvre se fait en plongeant le fil de fer et le marron dans l’eau , de manière que le bout recourbé puisse loger l’arr tifice le plus près possible de la surface inférieure de la glace, qui, lorsque le marron éclate, se trouve brisée et divisée en morceaux assez petits pour ne plus éprouver d’obstacle dans leur marchés
- Cette ingénieuse découverte a été heureusement appliquée dans la ville de Mulhausen, lors de la grande débâcle qui suivit le fameux hiver de 1788 : en signe de reconnaissance, le magistrat fit remettre à l’auteur une somme de 1,000 francs , et décida qu’il serait frappé en son honneur une médaille, que M. Gluck a refusée par modestie. Cependant il a reçu des gages de re^ connaissance de divers propriétaires d’usines et de manufactures, auxquels il a rendu les plus grands services. Depuis cette époque , déjà fort éloignée, le procédé de M. Gluck est généralement adopté aux environs de Mulhausen, Dans chaque établissement compromis par les glaces, on lient en réserve une provision de marrons pour en faire usage au premier moment du danger. *:
- A la fin de l’hiver dernier, M. le maire-de Mulhausen a publié, dans les Affiches de celte ville (du 8 février 1828), l’excellence du moyen inventé par M. Gluck pour briser les glaces. De nouvelles épreuves lui ont démontré toute son efficacité: dimmenses amas de glaces qui auraient causé des dégâts incalculables , ont été rompus et dispersés par l’effet des marrons.
- Vous avez désiré, Messieurs, que des. expériences fussent faites à Paris. M. le directeur général des ponts et chaussées, toujours empressé de concourir à vos utiles travaux, avait chargé M. l’ingénieur en chef du département de la Seine de se concerter avec vos commissaires; mais le dégel, d’ailleurs si désiré, est venu interrompre les préparatifs de l’expérience: elle a été ajournée à la première occasion favorable qui se présentera l’hiver prochain. .
- Cependant, Messieurs, votre Commission des médailles a pensé qu’il était convenable de ne pas différer davantage de donner un premier encouragement à M. Gluck, pour les succès qu’il a obtenus depuis plus de trente ans; mais il était à regretter que les résultats n’eussent pas été constatés par des commissaires instruits, qui auraient mis en comparaison les anciens procédés et le nouveau , sous le double rapport de la dépense et de la facilité d’exécution : c’est dans celte intention que des expériences réitérées ont été faites, l’hiver dernier, à Colmar, par une Commission administrative,.
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- dont le Comité consultatif des arts et manufactures avait désigné les membres. II en est résulté que le procédé de M. Gluck est utilement applicable, non pas à la glace fixe et encadrée dans les terres, mais aux glaçons isolés et flottans. On voulait répéter les expériences à Strasbourg, sur le Rhin; mais là comme à Paris, on s’y est pris trop tard : aussi le Comité consultatif n’a-t-il pas voulu se prononcer encore sur l’éteqdue du mérite de cette découverte. Quoique le même esprit de réserve nous ait dirigés, nous avons pensé, Messieurs, que, d’après les nombreux succès déjà obtenus par M. Gluck, il convenait de lui accorder, dès à présent et pour première marque de satisfaction, une médaille d’argent, sauf à le récompenser plus dignement par la suite, si les nouvelles expériences qu’on se propose de faire constatent la possibilité de rompre promptement et économiquement les glaces au milieu des fleuves et dans les circonstances les plus difficiles.
- Adopté en séance générale, le 3o avril i8a3.
- Signé Tarbè , rapporteur.
- A la suite de ce rapport, M. Héricart de Thury a rendu compte des succès qu’a obtenus M. Sagstéte, de Limoges, dans l’exploitation d’une carrière de serpentine située à la Roche-1’Abeille, département de la Haute-Vienne. (Nous en avons parlé dans le Bulletin de mars dernier, page 75.) H a proposé de décerner à ce fabricant une médaille d’argent, comme un témoignage de satisfaction de la Société pour ses utiles travaux.
- Cette proposition a été adoptée par l’assemblée.
- La séance a été terminée par le renouvellement du Bureau et des divers Comités du Conseil d’administration.
- MM. les président, vice-présidens, secrétaire, secrétaires-adjoints, trésorier et censeurs ont été réélus.
- Au Comité des arts chimiques, M. Berthollet, décédé, a été remplacé par M. Robiquet.
- Au Comité des arts économiques, M. le marquis de Grave, décédé, et M. Robert, ont été remplacés par MM. Cagniard-Latour et Labarraque.
- Tous les autres membres sortans de ces Comités , ainsi que des Comités des arts mécaniques, d’agriculture, de commerce et delà Commission des fonds, ont été réélus.
- Nous donnerons dans un prochain Bulletin la liste complète des membres et adjoints du Conseil d’administration.
- A Paris, de l’Imprimerie de Madame HUZARD (née vallat la chapelle), rue de l’Eperon-Saint-André-des-Arts, n°. 7.
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- VINGT-DEUXIÈME ANNEE. (N°. CCXXVH. ) MAI l8a3.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES.
- Description d’une machine à égrener le coton9 employée aux
- Etats-Unis d’Amérique.
- Les machines employées en Amérique et principalement à la Louisiane pour nettoyer le coton, ont le double avantage de briser les graines qui enveloppent la matière filamenteuse, et d’ouvrir parfaitement le coton, ce qui facilite l’action et la durée des cardes. C’est une machine de ce genre que la Société a fait venir de New-Yorck, et qui a été mise en expérience par ses commissaires. Nous avons fait connaître le résultat de cette expérience dans le Bulletin de janvier dernier, page 19; nous remplissons aujourd’hui l’engagement que nous avons pris de donner une description détaillée de la machine.
- Les pièces principales qui la composent sont deux cylindres de diamètres différens F, H, représentés en élévation et en coupe, fig. 1 et 5, PL 240, montés dans un bâtis en bois A, et qu’on fait tourner au moyen de la manivelle B, fixée sur l’axe d’une roue à ruban C. La courroie sans fin D, qui embrasse la circonférence de cètte roue, passe sur un manchon E enfilé sur l’axe du cylindre F. Cette même courroie, par son frottement sur le manchon G, fait tourner le tambour H , qui a un mouvement plus accéléré que le cylindre F. La courroie peut être tendue en poussant la traverse supérieure A' du bâtis qui porte le collet de la roue à ruban, et l’arrêtant par les écrous à oreilles a a.
- Sur le cylindre en bois F, de 10 pouces de diamètre, sont montées, à la Vingt-deuxieme année. Mai 1823. Q
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- distance de 9 lignes l’une de l’autre, cinquante, soixante ou un plus grand nombre de scies circulaires I, d’un pied de diamètre, qu’on fait entrer très-juste dans les rainures d’un pouce de profondeur, taillées sur le cylindre : chaque scie est formée de deux segmens de cercle ; on les coupe quelquefois dans des lames de tôle, mais on les préfère forgées. Les dents qu’on voit sur une plus grande échelle,8, doivent être très-aigues.
- L’intervalle des scies est occupé par des barreaux plats en fer R, en forme de grillage, dont la courbure est telle, que le talon delà dent passe le premier et non la pointe; car, dans ce cas, une dent courbée se redresse d’elle-même, en frottant contre les barreaux, ce qui n’aurait pas lieu si la pointe s’engageait d’abord entre leslkrreaux. Il faut avoir soin que les scies tournent exactement dans les intervalles qui leur sont ménagés ; si elles venaient à toucher les barreaux, le coton serait déchiré. «
- Le tambour ou cylindre creux H est garni de brosses en crin c, dont l’extrémité doit toucher les dents de scie, pour enlever le coton qui s’y attache. Ce tambour, qui tourne dans un sens opposé au cylindre F, a une vitesse plus grande, parce que le diamètre du manchon G est plus petit que celui du manchon E.,
- Les graines de colon sont jetées dans la trémie L ; les lames de scie I, en tournant, rencontrent le coton , les dents l’accrochent et l’entraînent avec elles derrière le grillage, tandis que les graines dépouillées, qui ne peuvent pas passer, parce que les intervalles des barreaux sont trop étroits, tombent sur la planche inclinée M, à travers le fond N de la trémie, dont l’ouverture est réglée par une vis de rappel b. Les dents chargées de coton, ayant dépassé le grillage, rencontrent les brosses c du tambour H, qui, à leur tour, saisissent le coton : cette opération est facilitée par le mouvement plus rapide du tambour. La nappe de coton dont les brosses sont garnies tombe ensuite sur une planche inclinée O, et de là dans le récipient P.
- Les cylindres et la trémie sont recouverts d’un volet Q mobile sur des charnières, et qu’on rabat quand la machine est chargée. ' .
- Nous ajouterons que les axes des cylindres doivent être maintenus -très-exactement dans leurs collets, afin que ces cylindres ne ballottent pas dans le sens de leur longueur, ce qui nuirait à l’opération.
- Explication des figures de la PL 24° •
- Fig. 1. Elévation de la machine à égrener le coton, montée dans son bâtis, vue du côté de la manivelle.
- Fig. 2. Plan de la même machine, le volet étant fermé.
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- Fig. 3. Coupe des cylindres et de la trémie; les lignes ponctuées indiquent le volet rabattu.
- Fig. 4. Plan des mêmes cylindres garnis de leurs manchons.
- Fig. 5. La trémie et le volet dessinés sur une plus grande échelle.
- Fig. 6. Coupe des deux cylindres.
- Fig. 7. Plan des mêmes, suivant leur longueur.
- Fig. 8. Indication de la forme des dents des scies circulaires.
- Fig. g. Le fond de la trémie, vu séparément.
- Fig. 10. Axe de la roue à ruban.
- A, bâtis delà machine; à!, traverse portant le collet de la roue à ruban v et qui peut être rapprochée ou éloignée à volonté ; B, manivelle; C, roue à ruban ; D, courroie sans fin ; E, manchon qui reçoit la courroie précédente; F, cylindre garni de scies circulaires; G, manchon du tambour à brosses, sur lequel frotte la courroie; H, tambour garni de brosses en crin ; I, scies-circulaires, montées sur le cylindre F ; R, grillage formé de barreaux plats en fer; L, trémie; M, planche inclinée, sur laquelle tombent les graines dépouillées; N, fond de la trémie, mobile à charnière; O, planche inclinée qui reçoit la nappe de coton ; P, récipient du coton égrené ; Q, volet mobile à charnière, qu’on ouvre pour charger la machine.
- a, vis de pression au moyen de laquelle on arrête la traverse A' du bâtis ; b, vis de rappel qui règle l’ouverture du fond de la trémie; c, brosses en crin dont est garni le tambour H.
- Rapport fait par M. Francœur, au nom du Comité des arts
- mécaniques y sur une nouvelle pendule de JM. Perrelet ? horloger y rue du Bac? n°. 4°*
- Messieurs, vous m’avez chargé d’examiner un mémoire de M. Perrelet contenant la description d’une pendule de son invention, qu’il destine à donner à-la-fois le temps sidéral et le temps moyen, avec toute la précision qu’on peut désirer. Plusieurs mécanismes ont déjà été proposés pour remplir cet objet; mais les uns offrent des irrégularités qui faussent les effets, les autres n’ont aucune précision, et l’indication de l’un des temps est sacrifiée à celle de l’autre temps; enfin, il est des pendules construites dans le même but, dont la complication est telle, que la marche en est défectueuse. Dans ces diverses horloges , on remarque que le prix surpasse celui de deux bonnes pendules, destinées chacune à mesurer l’une de ces durées, dont les irrégularités de la marche 11’offriraient d’ailleurs aucun rapport assignable avec précision.
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- Le procédé de M. Perrelet consiste à réunir dans le même cadre deux mouvemens parfaitement semblables en tout, ayant chacun ses rouages, son cadran et ses aiguilles des heures, des minutes et des secondes. Deux moteurs mettent ces systèmes en mouvement, et un seul pendule les règle, parce que l’un des rouages communique à l’autre par des roues de renvoi : ainsi un poids moteur fait mouvoir, et le pendule règle une horloge sidérale ; et comme un rouage communique de celle-ci avec l’horloge de temps moyen à laquelle un autre poids transmet le mouvement, cette dernière prend une vitesse convenable, d’après le rapport de ces deux durées, et est réglée par les nombres de dents des roues de renvoi qui établissent la communication.
- Comme le rapport du temps sidéral avec le temps moyen est exprimé par de très-grands nombres, qui forment une fraction compliquée et irréductible, ce rapport est remplacé, pour la commodité de l’exécution, par un autre, qui en est tellement approché, qu’au bout d’un an il n’y a qu’une demi-seconde d’erreur, et comme les ouvrages les plus précis ne peuvent espérer d’atteindre à une.préeision qui permette décompter qu’il n’y aura pas plusieurs secondes d’erreur au bout de l’année, il s’ensuit que la différence qui résulte de la substitution du rapport rapproché au véritable, se perd dans d’autres erreurs plus grandes et inévitables : en sorte qu’on peut regarder l’un des rapports comme rigoureusement équivalent à l’autre pour l’usage.
- Le moyen que je viens d’exposer, de faire communiquer l’une des horloges à l’autre par un rouage peu compliqué et formé de roues dont les-dentures sont peu nombreuses, n’est point nouveau;. il est employé dans tous les planisphères, dans toutes les pendules qui donnent les niouve-raens et les phases de la lune, etc., etc. : aussi M. Perrelet ne réclame-t-il, à cet égard, aucun droit au mérite de l’invention de ce système, déjà bien connu et fréquemment employé. C’est Huyghens qui, le premier, a montré l’usage des fractions continues pour trouver des rapports simples qui approchent beaucoup d’autres fractions très-compliquées et irréductibles, et le célèbre Lagrange a depuis démontré que ce procédé a l’avantage de donner des fractions plus approchées que toutes autres qui seraient plus simples qu’elles. ,
- Mais voici en quoi consiste la différence de la nouvelle pendule relativement aux précédentes.
- Les roues de renvoi qui, dans chacune des deux horloges, transmettent aux aiguilles les mouvemens, sont disposées de manière que chaque rouage est toujours tendu. On sait en effet que l’usage reçu est de disposer à la
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- cadrature des roues de renvoi qui mènent les aiguilles, et que ces roues ne sont pas tendues dans toutes leurs positions. Tantôt c’est le rouage général qui presse les dents des roues des heures, des minutes et des secondes; tantôt, ail contraire, le seul poids de l’aiguille suffît pour dégager un peu la dent qui devrait être pressée, et le contact n’a plus lieu : il en résulte que l’aiguille est alternativement un peu en avant ou en arrière du point précis où elle devrait se trouver lorsque la seconde frappe.
- Ceci n’a aucun inconvénient dans une pendule qui ne marque que l’un des deux temps, parce qu’on fait en sorte que la roue des secondes soit tendue par le rouage, et que le défaut dont nous parlons n’existe que pour celle des minutes, où il est sans importance, parce qu’il est facile de corriger l’erreur, en ne tenant compte que du lieu où l’aiguille devrait être, et ne se réglant que par le bruit des battemens du pendule ; mais il n’en est pas de même si on veut que l’horloge marque le temps sidéral et le temps moyen, parce que ces durées ne s’accordent presque jamais quand on veut les mesurer par des nombres entiers de secondes.
- Le rapport compliqué de ces deux durées est d’abord remplacé par la
- fraction
- 84oi
- 84Ï4
- , qui revient à et conduit à une seconde d’erreur par an.
- L’auteur indique d’autres nombres un peu plus composés, qui offrent une erreur moitié moindre : ainsi, des roues de 2,71 et de.216 dents, des pignons de 3i. et 3g, établiront la communication des deux horloges. Cet appareil agit sur la roue des secondes. Chaque horloge a son moteur particulier; le pendule réglera, si l’on veut, le temps sidéral, c’est-à-dire battra 86,4oo secondes dans la durée de la révolution complète des étoiles, et à l’aide du rouage de communication, ITiorloge voisine fera faire à son aiguille des secondes 86/joo pas dans la durée de la circulation du soleil moyen, et puisque les deux appareils ont leurs rouages toujours tendus, il n’y aura aucune erreur dans l’un des mouvemens qui ne soit en même temps transmise à l’autre, et cela dans le rapport même qu’on a pris pour l’équivalent de celui du temps sidéral au temps moyen.
- M. Perrelet peut aussi faire des montres à temps sidéral et moyen; mais,, à cause de la petitesse des roues de ces pièces portatives, il ne peut y adapter des nombres aussi considérables : il remplace le rapport des deux
- durées parla fraction qui revient à ;,94--74, et donne 8 secondes d’er-
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- reur par an ; mais, à l’aide d’un mécanisme fort simple, il peut arrêter l’un des mouvemens sans altérer la vitesse de l’autre, jusqu’à ce que l’erreur, lorsqu’on l’aura remarquée et qu’on la trouvera trop forte, se trouve absolument détruite; après quoi, en ôtant l’arrêt, la montre se trouveraparfai-
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- tement réglée sur les vitesses relatives des deux temps sidéral et moyen. Cette précaution ne sera nécessaire à prendre que dans des cas fort rares.
- Ce système présente un inconvénient y que l’auteur avoue, et qui, pour n’avoir rien de gênant, ne doit cependant pas être oublié : c’est que, lorsqu’une des aiguilles de secondes , celle de temps sidéral, par exemple, présente son bout exactement aux divisions du cadran sidéral, l’aiguille de secondes de temps moyen ne se place que dans l’intervalle des divisions de son cadran : en effet, à moins que par hasard la coïncidence se trouve exister entre la fin des secondes des deux durées, l’une se trouve frapper quand l’autre est déjà sur une fraction de la seconde suivante; mais l’œil, en suivant les mouvemens de cette aiguille, qui saute entre les divisions, peut mesurer ces fractions mêmes et en évaluer la grandeur; en sorte que l’inconvénient dont je parle résulte de la nature même de la machine, parce qu’il tient à la précision de ses indications.
- Le travail de M. Perreletest très-bien fait et annonce un artiste consommé dans son art; il paru digne des éloges de la Société d’Encouragement, d’êtfe conservé dans ses archives et d’être consigné au Bulletin. Il est probable que cet artiste ne tardera pas à exécuter sa pendule, afin d’en juger les effets parles expériences; mais il n’y a nul doute, d’après les principes d'analyse qui s’y trouvent appliqués, que celte machine ne remplisse parfaitement le but auquel l’auteur l’a destinée.
- Adopté en séance, le 28 mai 182a.
- Signé Francoeur, rapporteur.
- Description de /"’liyalographe ? ou instrument à dessiner La perspective , inventé par M„ Clinchamp.
- Nous remplissons l’engagement que nous avons pris de publier la figure de l’hjolographe, instrument inventé par M. Clinchamp pour dessiner des perspectives et obtenir de suite une ou plusieurs épreuves du dessin que l’on a tracé.
- M. Clinchamp a joint au dessin de son instrument un nouveau mémoire, dont nous ne publierons qu’un extrait, pour ne pas répéter ce qui se trouve dans le rapport de M. Francœur ^ inséré au Bulletin de mai 1822 , page i54 , auquel nous renvoyons le lecteur.
- Divers changemens ont été faits à Xhyalographe depuis l’époque où il a été présenté à la Société d’Encouragement. Les uns ont pour objet de rendre l’instrument plus solide et plus portatif; on ne peut qu’applaudir à ces améliorations. Nous ne regardons pas comme aussi important ce que
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- l’auteur a fait pour faciliter les nombreuses applications dont Yhyalogmphe est susceptible.
- Des divisions sont établies sur les règles qui portent roculaire , et qu’on éloigne ou rapproche à volonté de la glace; ces divisions servent au besoin à faire connaître le rapport existant entre la grandeur réelle de l’objet qu’on veut dessiner et son apparence perspective sur la glace. Elles servent aussi à mesurer l’éloignemeiit d’un objet par la connaissance de sa hauteur, ou réciproquement de sa hauteur par son éloignement ; enfin, quelques-unes de ces divisions indiquent l’angle optique formé par le champ de la glace, suivant l’éloignement de l’oculaire.
- M. Clinchamp fixe à 90 degrés la limite de l’ouverture de l’angle dans lequel peut être tracé un dessin correct. En cela, il est d’accord avec quelques auteurs qui ont écrit sur la perspective; mais ce 11’en est pas moins une erreur: il est évident que cette ouverture d'angle est de beaucoup trop grande, et qu’un tableau tracé d’après une pareille condition offrirait dans toutes les parties éloignées de son centre des déformations choquantes.
- En perspective, on considère un tableau comme une coupe transversale, effectuée perpendiculairement à l’axe du faisceau conique de rayons, qui partent de tous les points des objets compris dans ce tableau, et vont se réunir dans l’oeil du spectateur.
- Plus la coupe des rayons du cône optique est oblique, plus l’image formée par cette coupe paraît défigurée lorsqu’on la regarde de tout autre point que du sommet du cône; car, à ce point, quelle que soit l’obliquité de la section, le résultat est le même pour le spectateur.
- Mais un tableau n’est pas destiné à n’ètre vu que d’un point unique, il faut qu’il produise son effet, à quelque endroit que le spectateur se place pour le voir commodément. ,
- Il est certain que dans une perspective rigoureusement tracée il n’y a de bien correct que ce qui approche du centre du tableau, et que les objets sont d’autant plus déformés qu’ils en sont plus éloignés, parce que la section des rayons a plus d’obliquité; mais tant qu’une déformation n’est pas apparente, c’est pour le speclateur comme si elle n’existait pas. On peut donc étendre le champ de la vision, et élargir l’angle optique jusqu’à ce que la déformation devienne sensible.
- Il faut encore observer que cette déformation, qui résulte d’une section de rayons trop obliques , n’est pas également sensible pour tous les objets : celle d’un cube, par exemple, peut avoir lieu sans blesser l’œil, tandis qu’une sphère placée au même endroit serait défigurée d’une manière choquante.
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- C’est d’après ces observations qu’on peut justifier la théorie des licences, lesquelles consistent à altérer la vérité perspective autant qu’il est nécessaire pour que l’œil du spectateur, à quelque endroit qu’il soit placé, soit également satisfait.
- On a donné divers préceptes sur la proportion de l’angle optique que l’on doit adopter dans un tableau. Quelques-uns conseillent de choisir pour la distance du spectateur trois fois la largeur du tableau, ce qui donnerait un angle de 20 degrés, d’autres citent des tableaux dessinés sous un angle de 45 degrés, et qui ne présentent pas de déformations sensibles : on ne peut mieux faire que de s’en rapporter à l’expérience. En dessinant des corps réguliers avec l’instrument de M. Clinchamp, on connaîtra bientôt quelles sont les limites de l’angle optique qu’on ne doit pas dépasser, selon la forme particulière des objets.
- Il est toujours utile et souvent nécessaire de copier d’après nature les ombres des corps qu’on veut représenter fidèlement. M. Clinchamp a pensé qu’il serait possible d’exécuter les ombfes sur la glace même , ce qui donnerait l’avantage d’avoir deux ou trois copies du même dessin terminé ; car, ainsi que cela est observé dans le rapport de M. Francœur, on peut obtenir plusieurs épreuves du trait formé sur la glace.
- Nous ne doutons pas, en effet, qu’un lavis ne s’imprime aussi bien sur le papier que le trait; ce n’est pas dans le transport du dessin que se trouve la difficulté. On conçoit aisément qu’on placera la glace dans une position commode pour le dessinateur, que même on la doublera avec une feuille de papier blanc pour juger de l’effet des teintes; on conçoit même (le lavis devant être fait en sens inverse) qu’on regardera dans un miroir les ombres qu’on voudra imiter : la grande difficulté consiste dans l’exécution matérielle du lavis.
- On ne peut appliquer et fondre les teintes sur une"glace comme sur le papier; il faut les étendre d’un seul coup de pinceau sans y revenir; il faut que la première couche soit parfaitement sèche avant qu’on puisse en mettre une autre par-dessus. En un mot, il faut procéder comme pour la miniature, si l’on veut mettre quelque précision dans l’imitation.
- Ces considérations nous persuadent qu’on renoncera à exécuter le lavis sur la glace : eût-on besoin de plusieurs copies du même dessin, on trouvera plus commode et tout aussi expéditif de les exécuter sur le papier, immédiatement après l’impression du trait. Les essais que M. Clinchamp a envoyés à la Société nous confirment dans notre opinion , qu’on ne pourrait, sans employer un temps considérable , arriver à une imitation satisfaisante par son procédé.
- Quand
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- Quand bien même on devrait réduire au seul dessin linéaire l’usage de l’instrument de M. Clinchamp , il n’en serait pas moins de la plus grande utilité : il offre cet avantage important que l’on peut vérifier l’exactitude des traits qu’on a formés et rectifier les plus légères altérations résultant d’un défaut de sûreté dans la main. Ajoutons à cela que si l’on y adapte le long-bras, qui, dans le physionolrace de Chrétien, sert à éloigner, autant qu’on le veut, le sommet du cône optique, on obtiendra, dans une plus grande proportion, des dessins exempts de déformations, puisqu’ils seront tracés dans les limites d’un angle de peu d’ouverture.
- Nous pensons qu’on ne saurait trop recommander l’usage de Xhyalo-graphe à ceux même qui dessinent avec le plus de facilité. Les machines ne sont bien comprises par le plus grand nombre que lorsqu’elles sont dessinées en perspective. Avec l’instrument de M. Clinchamp, on les tracera avec une grande promptitude et une précision à laquelle personne ne parviendrait, soit à vue simple, soit avec la pratique des opérations de la perspective.
- Les peintres de paysages pourront également abréger considérablement le temps qu’ils sont obligés d’employer pour dessiner une vue; ils se fortifieront dans la connaissance et l’application des principes de la perspective, et ils s’habitueront à donner à leurs tableaux, quelque petite qu’en soit la dimension, l’apparence de grandeur naturelle, ou même d’une grandeur supérieure, s’ils le jugent convenable. \
- En s’adressant à l’auteur (i), on peut avoir pour 100 francs un hyalo-graphe avec les règles graduées, ou 70 francs sans ces divisions. Les pains d’encre coûtent 3 francs.
- Explication des fig. de la PL 1^1.
- Fig. 1. Élévation latérale de Xhyalographe en opération, montrant la position du dessinateur.
- Fig. 2. Le même instrument vu en perspective, la glace et l’oculaire étant rabattus.
- Fig. 3. L’accoudoir servant à soulager la main de l’opérateur, vu séparément.
- Fig. 4- La règle à coulisse horizontale, vue en élévation.
- Fig. 5. Le polissoir, avec lequel on passe sur le papier pour tirer des épreuves.
- (1) M. Clinchamp, professeur de dessin des élèves de la Marine, à Toulon. Vingt-deuxième année. Mai i8a3. R
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- Fig. (>. Le long bras du physionotrace de Chrétien appliqué à Xhya-lographe.
- JJ hyalographe se compose d’une table A, avec laquelle est assemblée, en forme de T, une règle horizontale à coulisse B, mobile sur une charnière C ; deux rtiontans ou colonnes DD reçoivent, dans des rainures EE , une glace mince sans tain F, posée verticalement, et qui divise la table en deux parties égales : cette glace et son châssis peuvent être coupés par le milieu, où sont fixés de$ charnières et des crochets, qui permettent de la ployer pour être renfermée plus facilement dans la boîte de l’instrument. Les trois pieds GG qui supportent l’appareil, sont munis chacun d’une broche ou cheville J, au moyen de laquelle on peut allonger les pieds, au besoin , pour tenir toujours l’instrument de niveau, quelle que soit l’inégalité du terrain. Trois conducteurs HH glissent dans la règle B et sont arrêtés chacun par deux vis de pression à tête godronnée, T T , qui fixent solidement les pièces que portent ces mêmes conducteurs. Le porte-oculaire I est brisé en trois parties par des charnières S, afin de pouvoir l’incliner ou le redresser pour maintenir l’oculaire dans une position parallèle à la glace, et faciliter son éloignement quand on veut augmenter la distance. L’appuie-main L, divisé en deux parties, est destiné à soutenir la main du dessinateur, dont le coude s’appuie sur une autre pièce M, disposition qui facilite l’exécution du trait. La baguette O porte le crayon qui sert à atteindre la surface de la glace quand l’oculaire en est éloigné. Cet oculaire Peu cuivre, dans lequel se réunissent les rayons visuels, est adapté à l’extrémité de la tige I. Une pièce opaque R, mobile autour d’un genou, est placée à la hauteur de l’œil qui n’observe pas, pour que le dessinateur ne se fatigue pas à tenir cet œil fermé. La règle horizontale B est munie de deux échelles graduées UU,fig. 4, dont Tune sert à mesurer la distance exacte de l’oculaire à la glace, et l’autre, à déterminer sous quel angle optique l’objet qu’on dessine est observé. Un rapporteur Y est destiné à faire connaître les angles qui n’ont pu être tracés sur la règle, ainsi que la vraie position des lignes naturelles avec le plan de la glace : cette pièce, qu’on peut relever au moyen d’une charnière, devient un aplomb qui sert à niveler l’instrument.
- Le long-bras du physionotrace de Chrétien, représentéfig. 6, se compose d’une tige a attachée en un point fixe b, et pouvant prendre toutes les inclinaisons voulues, au moyen d’un genou de Cardan c. Cette tige, qui peut s’allonger à volonté, au moyen d’un ressort à boudin iL, est munie d’un oculaire e appliqué contre l’œil de l’observateur : un autre oculaire y est fixé sur le porte-crayon g-. A mesure que la pointe du crayon h s’émousse, on fait agir la vis de rappel i, qui la porte contre la surface de la
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- glace. Cet instrument, ajouté à Xhyalographe, permettra de tracer dans les limites d’un angle de peu d’ouverture, puisque l’œil sera très-rapproché de la glace, des dessins exempts de déformations.
- Usage de l'instrument.
- Le dessinateur doit se placer comme l’indique la fig. i, et après avoir choisi l’angle optique sous lequel il désire voir les objets, il appliquera son œil contre l’oculaire et n’aura plus qu’à suivre sur la surface de la glace, avec la pointe de son crayon , le contour des objets vus à travers et qui se trouveront par ce moyen fidèlement retracés. Le dessin sera plus ou moins grand, selon la distance plus ou moins grande de l’œil à la glace.
- La glace dont on se sert doit être extrêmement mince, sans globules et plane le plus que possible. On l’enduira du côté de l’oculaire d’une légère couche d’eau gommée. On connaît que la glace est bien préparée quand le crayon prend bien dessus et qu’elle n’a rien perdu de sa transparence.
- Les crayons dont on se sert sont ceux de blanc de craie, et quelquefois, quand on veut avoir des traits bien déliés, de ceux faits avec de la terre de pipe taillée.
- Il n’est pas nécessaire de recommencer à préparer la glace à chaque dessin, il suffit de frotter le blanc avec le bout d’un linge; on ne doit remettre une nouvelle couche d’eau gommée que lorsque la glace est tout-à-fait chargée de blanc : alors il faut la laver avec de l’eau savonneuse ou de l’esprit de vin.»
- Pour tirer des épreuves du dessin tracé sur la glace , on retourne celle-ci du côté non gommé, et on la place dans une position inclinée, comme on le voit fig. 2, c’est-à-dire le bas du châssis appuyé contre les crochets NN, fixés, à cet effet, sur la table de l’instrument, et la partie supérieure sur l’appuie-main L; ensuite on délaie l’encre hyalographique dans un petit godet de marbre, en ayant soin de tenir cette encre un peu épaisse. Alon», avec la pointe d’un pinceau dont on a coupé tous les poils de dehors pour ne conserver qu’un faisceau intérieur très-mince, on suit tous les traits de crayons qui sont empreints sur la surface opposée de la glace; on laisse sécher, puis on étend sur ce dessin une feuille de papier légèrement humectée; on place dessus une autre feuille de papier sec, et on l’oblige à s’appliquer exactement sur la glace en la lissant avec un instrument de bois dur et poli, représenté fig. 5; après quoi, on retire la feuille, qui présente à l’encre la copie exacte de la perspective demandée.
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- Rapport fait par M. Tarbé , au nom du Comité des arts mécaniques, sur une échelle à incendie proposée par M’. Schertz , négociant à Strasbourg.
- M. Schertz, négociant à Strasbourg,'vous a adressé un projet d’échelle à incendie. Après avoir décrit trois incendies qui ont eu lieu à Strasbourg, dans les hivers de 1820, 1821 et 1822, et qui causèrent de graves accidens, faute de moyens efficaces pour porter des secours aux personnes qui se trouvaient dans les étages supérieurs des maisons enflammées, l’auteur s’étonne de ce que, dans une ville qui passe pour avoir un service d’incendie bien organisé, les moyens de sauvetage des personnes sont si peu appropriés à l’usage qui leur est destiné. Ils consistent en échelles d’une longueur insuffisante et néanmoins d’un fort échantillon, conséquemment lourdes et difficiles à manœuvrer : on ne peut les transporter que sur de grosses voitures attelées de chevaux. M. Schertz s’est proposé d’y suppléer par de nouvelles échelles solides, quoique assez légères pour être transportées et établies facilement dans toutes les localités. Elles peuvent servir isolément pour atteindre aux étages inférieurs ; on les jumelle au bout l’une de l’autre pour atteindre aux étages supérieurs. Il y applique un panier de sauvetage qu’on peut suspendre à l’un des échelons, au moyen d’un crochet qui porte une poulie et une corde. Ce mécanisme est d’une construction simple et économique. L’auteur a cru devoir préférer le système des échelles, parce que leur usage, connu et familier, ne laisse aucune incertitude sur la manière de les employer utilement. Indépendamment du sauvetage des personnes, ces échelles peuvent servir pour les déméuage-mens d’effets précieux et pour porter aux incendiés tous les genres de secours.
- *M. Schertz a donné dans son mémoire les dimensions de toutes les parties de l’appareil; il en indique les fonctions et la manière de s’en servir. Il a prévu et résolu toutes les difficultés. La dépense est modique, puisque, y compris la voiture de transport, elle ne s’élèverait qu’à 3i8 francs : il serait donc facile, dans les grandes villes, d’augmenter le nombre des dépôts sans se jeter dans de fortes dépenses. Un dessin très-bien fait est joint à l’appui du mémoire.
- Il n’y a rien de neuf dans le système proposé par M. Schertz. Les échelles à rallonge ont été souvent employées à la guerre pour les escalades ; on s’en sert dans quelques villes pour les incendies. On en voit des modèles au
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- Conservatoire des arts et métiers; elles sont gravées dans beaucoup d’ouvrages : il en est de même des paniers et sacs à incendie (i).
- Cependant votre Comité a reconnu avec plaisir que l’auteur est entré dans les plus petits détails d’exécution. Son projet est celui d’un artiste qui a su se rendre compte de toutes les difficultés. A l’aide du mémoire et du dessin, on pourrait par-tout construire un appareil semblable ou analogue. Nous vous avons déjà dit plusieurs fois , Messieurs, qu’il existe beaucoup d’excellentes machines de ce genre, et que malheureusement elles ne sont pas assez usitées. Quoique le système d’échelles à rallonge et de paniers de sauvetage soit connu, votre Comité pense qu’on doit savoir gré à M. Schertz d’en avoir fait une utile application : il a fait preuve de zèle et de talent et l’on ne peut trop applaudir aux recherches qui ont pour objet de secourir l’humanité.
- adopté en séance, le 28 mai 1823. -
- Signé Tarbé, rapporteur.
- Rapport fait par Ivî. Tarbé, au nom du Comité des arts mécaniques, sur la nouvelle roue oblique de M. Leorier, membre de la Société d1 * 3 agriculture de F arrondissement de Tonnerre f département de F Yonne.
- Messieurs, notre collègue, M. Moléon, a communiqué à la Société une notice imprimée, sur une nouvelle roue hydraulique de l’invention de M. Leorier, membre de la Société d’agriculture de l’arrondissement de Tonnerre. Cette roue, à raison de son obliquité, a l’avantage de pouvoir être transportée et établie sur la rive d’un cours d’eau, sans digue, sans barrage ni aucune des constructions qui nuisent souvent, soit à la navigation, soit aux propriétés riveraines. Elle a été approuvée par la Société royale et centrale d’agriculture de Paris, comme machine hydraulique, et a obtenu , en 1822 , la moitié du prix proposé par cette Société. M. Moléon a pensé qu’elle était digne de fixer l’attention de la Société, et vous avez chargé votre Comité des arts mécaniques de l’examiner.
- M. Leorier s’était d’abord proposé de satisfaire seulement aux besoins de l’irrigation; en conséquence, il a exécuté en grand une roue à aubes et à seaux, qui, au lieu d’être verticale ou horizontale, se trouve placée obli-
- (1) Voyez Bulletin , N°. LXXXI, dixième année, page 53, la description de l’échelle à
- rallonges de M. Regnier, et CXLIX, quinzième année, celle des paniers de sauvetage
- employés par le même artiste. >-r
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- quement à l’horizon : de sorte que sa partie basse plonge dans le cours d’eau, qui exerce son impulsion sur les aubes, en même temps que les seaux s’emplissent, tandis qu’arrivés à la partie supérieure, les mêmes seaux , forcés de basculer, versent l’eau dans une auge, d’où elle est ensuite dirigée sur les terrains à arroser.
- M. Leorier a pensé plus tard que cette même roue pourrait transmettre le mouvement à une usine, et s’attachant à cette idée principale, il n’a pas figuré les seaux sur les deux gravures jointes à sa notice ; mais il a tracé les moyens d’engrenage et de translation de mouvement.
- La machine est établie sur un patin ou chevrette placée au bord de la rivière. Toutes les pièces peuvent se démonter facilement, soit pour les établir successivement en divers lieux, soit pour les réparer, soit pour les serrer en magasin.
- Plusieurs objections ont été faites dans le sein de votre Comité; on a craint que la variation de hauteur des eaux ne "fît souvent obstacle au jeu de la machine. M. Leorier a prévu cette difficulté, et il emploie, concurremment ou alternativement, plusieurs moyens pour la résoudre : d’abord, le patin est disposé de manière à pouvoir placer ou retirer des hausses, qui élèvent ou abaissent tout le système ; secondement, à l’aide d’une bascule ou levier, on peut à volonté changer l’angle d’inclinaison de la roue, ce qui permet de 11e la faire plonger dans l’eau que de la quantité voulue. Les rais ou bras qui portent les aubes peuvent s’allonger ou se raccourcir eu glissant sur des étriers de fer. Les moyens indiqués par M. Leorier détruisent complètement l’objection , dans le cas d’une simple roue d’irrigation ; mais il n’en est pas tout-à-fait de même quand la roue doit transmettre le mouvement à une usine. En effet, l’arbre qui porte la lanterne conique ne serait horizontal que pour un seul degré d’obliquité de la grande roue, et l’engrenage qui a pu être disposé pour ce cas cesserait d’être parfait pour les autres : ainsi l’objection conserve une partie de sa force.
- L’attention scrupuleuse /le.s membres de votre Comité a fait naître d’autres objections : on a dit que cette roue ne serait applicable que dans le cas où la force du courant se porterait sur la rive de l’établissement, et que même, dans une rivière un peu large, si les deux rives étaient très-allongées et qu’il ny eût de profondeur suffisante qu’au milieu, la grandeur du diamètre à donner à la roue la rendrait peu solide ou inexécutable; qu’enfin il ne serait pas permis de l’établir sur la rive destinée au chemin de halage.
- Ces observations sont justes ; mais il en est à-peu-près de même de toutes les machines hydrauliques qu’on rte peut pas placer indifféremment sur tous les points d’un même cours d’eau; souvent on est obligé de com-
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- biner les conditions de la hauteur d’eau , de la chute à obtenir par une diminution de pente et du maintien de la navigation. C’est au propriétaire, ou au constructeur qui a sa confiance, à choisir le lieu le plus favorable à l’établissement projeté, et l’on peut même dire que la machine de M. Léo-rier présente, à cet égard, beaucoup d’avantages sur les autres roues hydrauliques; mais ils sont achetés, toutes choses égales d’ailleurs, par une grande diminution de force motrice. La roue oblique sera donc particulièrement applicable aux cas où l’on n’éprouvera pas le besoin d’une grande puissance.
- Enfin, on se rappelle queM. Bruant, maître menuisier à Paris, avait présenté à-peu-près le même système, qui a été bientôt abandonné. On peut en conclure que la machine de M. Bruant était imparfaite. Au surplus , il est permis de croire que M. Leorier n’en avait pas eu connaissance ; mais lors même qu’on voudrait lui contester le mérite de l’invention, du moins doit-on convenir que l’imitateur aura été plus utile que l’inventeur, si, par des modifications ou des perfectionnemens qui lui sont propres, il a rendu la vie à une machine qui était morte à sa naissance.
- , Aussi la Société d’agriculture n’a-t-elle pas hésité à couronner la roue oblique de M. Leorier. Nous n’avons pas cru devoir en détailler toutes les parties ; elles sont très-nettement décrites dans la notice imprimée et dans les planches qui y sont jointes.
- Votre Comité a l’honneur de vous proposer, Messieurs, de remercier M. Leorier de la communication qui vous a été faite en son nom par M. Mo-lèon, et d’insérer dans le Bulletin un extrait de la Notice imprimée, principalement en ce qui concerne la description de la machine.
- Adopté en séance, le 28 mai 1823.
- Signé Tarbé, rapporteur.
- De la roue oblique de IM. Leorier, appliquée aux irrigations.
- Extrait du rapport fait à la Société royale et centrale d’agriculture, dans sa séaitce publique du 14 avril 1822, sur le concours général pour les irrigations. Commissaires, MM. Challan r Chassiron, Yvart, Hachette ; Héricart de Thury, rapporteur.
- Deux mécaniciens se sont présentés pour le concours des machines hydrauliques ; savoir,
- i°. M. Leorier, propriétaire dans l’arrondissement de Tonnerre, qui a introduit dans la pratique des irrigations une machine connue, dont l’application a exigé de nouvelles dispositions de son invention. L’appareil
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- qu’il vous a présenté est simple, peu coûteux et d’une exécution facile; il peut s’établir sur tous les cours d’eau, et les localités permettront, dans un grand nombre de cas, d’en faire un usage fort utile sans nuire à la navigation.
- a0. M. Menestrel, mécanicien à Arles, qui a construit un système de pompes mises en mouvement par un cheval attelé à un manège. Neuf propriétaires de l’arrondissement d’Arles ont adopté la machine de M. Menestrel , et en font usage depuis cinq ans.avec le plus grand succès. Cet appareil convient à la petite culture , principalement dans le midi de la France.
- Il résulte de l’examen que nous avons fait des mémoires de MM. Leorier et Menestrel, qu’ils ont chacun introduit un nouveau mode d’irrigation dans un pays où il n’était pas connu, et qu’ils ont d’ailleurs satisfait aux autres conditions du programme du concours de cette année. Les faits qu’ils ont rapportés, et qui sont constatés par les autorités compétentes , ne laissent aucun doute sur les avantages qu’on obtient de l’application de leurs machines à la pratique des irrigations : aussi, quoique la construction de ces machines nous paraisse encore susceptible d’améliorations, que le temps et l’expérience amèneront infailliblement, nous avons l’honneur de vous proposer de partager le second prix (i,5oo francs) des irrigations entre MM. Leorier et Menestrel.
- Il résulte également des pièces présentées au concours :
- i°. Que la roue hydraulique de M. Leorier sert depuis plusieurs années à l’arrosement de io hectares de prairies dont il est propriétaire ; que le prix de cette roue ne s’élève pas au-delà de 320 francs ; enfin, que le bénéfice par hectare de pré arrosé, comparativement au fermage d’un hectare non arrosé, est d’environ 58 francs;
- 2°. Que les pompes de M. Menestrel sont en usage sur le territoire d’Arles, département des Bouches-du-Rhône, depuis l’année 1817 ; qu’en 1821 , dix appareils , que M. Menestrel établit pour la somme de 1,700 francs chacun, arrosaient ensemble plus de 125 hectares; enfin, que les produits nets de 2 hectares de luzerne, l’un arrosé par les pompes, et l’autre non arrosé, sont à-peu-près dans le rapport-de 100 à 60 (1).
- (1) Cet article a été communiqué par M. de Lasteyrie } au nom de la Société royale et centrale d’agriculture. ,
- Note
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- Note sur un bac d’une construction particulière.
- On a établi depuis plusieurs années sur la rivière d’Hudson, aux États-Unis d’Amérique, vis-à-vis de Troie, où le fleuve a 900 pieds de largeur, un bac d’une construction particulière, de l’inyention de M. Langdon, de Whitehall. Il consiste en un grand bateau recouvert d’une plate-forme, sous laquelle est placée horizontalement une roue massive, qui occupe toute la largeur du bâtiment. Dans cette plate-forme est pratiquée uné ouverture assez grande pour que deux chevaux puissent se tenir de chaque côté, sur la surface plane de la roue, parallèlement au plat-bord du bateau ; leurs traits sont attachés à de fortes barres de fer, fixées horizontalement dans des pièces immobiles. Les chevaux sont tournés en sens contraire; l’un, vers l’avant, l’autre, vers l’arrière du bateau : leurs sabots s’engagent dans des entailles faites à la roue horizontale, et en voulant avancer ils la font tourner avec leurs pieds. Cette roue met en mouvement, au moyen d’un engrenage, deux roues verticales adaptées aux flancs du bâtiment, comme celles des bateaux à vapeur (1).
- ARTS CHIMIQUES.
- De l’usage des substances aromatiques pour prévenir la moisissure; par M. Macculloch.
- On éprouve souvent le désagrément de voir des substances animales et végétales conservées dans des lieux humides, se couvrir de ces petites végétations qui constituent la moisissure.
- L’encre, les colles, le cuir, les graines, se trouvent le plus souvent exposés à cette altération. L’auteur a réussi à la prévenir par l’emploi, à très-petites doses, des huiles essentielles odorantes; mais il n’a pas obtenu le même succès quant aux substances alimentaires, telles que le pain, les viandes froides, le poisson séché, parce qu’il ne pouvait détruire le goût aromatique qui leur était ainsi communiqué. Cependant les clous de
- (0 Cette note a été communiquée à la Société par M. JVarden, ancien consul des États-Unis d’Amérique. Le procédé indiqué a quelque analogie avec celui de M. Guilbaud, de Nantes, mentionné dans le Bulletin de juillet 1822, page 2o3; mais il nous paraît moins puissant, parce qu’il offre une grande décomposition de force.
- Vingt-deuxième année. Mai 1823. S
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- gérofle et autres épices, dont l’arôme est riche et agréable, sont quelquefois employés pour cet usage; ils paraissent agir, non à raison de leur propriété antiseptique, mais bien par l’effet de leur arôme, puisqu’on a remarqué qu’ils préviennent également la formation des petits cryptogames sur des matières végétales. ;/ !
- Tout le monde sait qu’en jetant des clous de gérofle dans l’encare on empêche qu’elle se couvre, de champigpons ; on obtiendrait le même résultat en y versant quelques gouttes d’huile essentielle de lavande ou de toute autre huile. odorante. , ; ! ^
- Pour garantir: les effets d’équipemens militaires en cuir de la moisissure qu’ils contractent dans les, magasins et pour éviter la dépense occasionnée par le nettoyage fréquent de ces objets, il suffit de les enduire d’un peu d’huile de térébenthine, qui est préférable aux autres huiles essentielles, à cause de la modicité de son prix.
- Ce qui confirme cette observation, c’est que le cuir de Russie, qui a une odeur forte et pénétrante, due à sa préparation avec l’huile de bouleau, ne se couvre jamais de moisi lorsqu’il est exposé à l’humidité : celui qu’on introduit en Angleterre reste pendant long-temps dans des magasins humides sans éprouver aucune détérioration, tandis que le cuir ordinaire s’altère promptement et a besoin detre aéré et nettoyé souvent. Les livres couverts en cuir de Russie non-seulement ne contractent pas la moisissure, mais en préservent encore les reliures ordinaires placées dans leur voisinage. On voit donc qu’il suffirait d’une petite quantité d’huile essentielle quelconque, pour préserver de tout dommage les bibliothèques qui se trouvent dans des lieux bas et humides.
- La colle de pâle employée par les colleurs de papier et les relieurs est l’une des substances la plus promptement altérable par la fermentation acide; on la conserve pendant quelque temps en y mêlant un peu d’alun: la poix résine des cordonniers serait préférable, parce qu’elle agit comme principe odorant ; mais l’huile de térébenthine ou bien la lavande, la menthe poivrée, l’anis, la bergamote, ajoutés en petite quantité, offrent encore plus d’avantage. Si l’on mêle à la colle du sucre brut pour en prévenir la dessiccation, et un peu de sublimé corrosif pour en éloigner les insectes, et si on la tient dans un vase bien bouché, on peut prolonger indéfiniment son état de conservation.
- L’auteur a essayé le même moyen pour conserver les graines, particulièrement celles qu’on veut transporter à de grandes distances. Il fait remarquer que toutes les graines odorantes sont exemptes de la moisissure; que si on les emballe avec d’autres graines, celles-ci sont préservées; qu’il
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- en est de même du pain d’épices et de celui contenant des graines de carvi, sur lesquels le moisi ne se manifeste jamais, et que ce serait un objet digne de recherches de s’assurer si la farine pourrait être conservée par un procédé analogue, pourvu qu’on parvînt ensuite à la priver du goût aromatique qu’elle aurait contracté.
- Nouveau -procédé pour extraire Vélaïne des huiles ; par
- M. Peclet.
- Ce procédé est fondé sur la propriété que possède la stéarine de se saponifier à froid par des lessives fortes et qui n’appartient point à l’élaïne. Pour séparer ces deux substances, on verse sur l’huile une dissolution concentrée de soude caustique ; on agite; on fait chauffer légèrement pour séparer l’élaïne du savon de stéarine; on passe dans un linge et ensuite on sépare par décantation l’élaïne de l’excès de dissolution alcaline. Le procédé réussit sur toutes les huiles, excepté sur les huiles rances et sur celles qui ont été altérées par la chaleur.
- L’élaïne obtenue par ce procédé est parfaitement identique avec celle obtenue par les procédés de MM. Chevreul et Braconnot.
- Sur les nouvelles parures métalliques de JM. Barton.
- On sait combien sont vives et variables, dans certaines positions de 1 œil, les couleurs prismatiques que renvoient les fils d’araignée vus par un beau soleil. Une raie très-fine sur un miroir métallique bien poli donne naissance à des iris semblables ; les couleurs deviennent sur-tout remarquables quand elles se forment sur une portion du métal où l’on a tracé un grand nombre de ces lignes, à des intervalles réguliers et fort petits.
- M. Barton t de la,Monnaie de Londres, a eu l’idée d’employer ces traits pour donner aux parures métalliques , si généralement ternes le soir à la lumière des bougies^de brillans reflets,irisés, qui rivalisent avec ce «pie
- les•parifres-de,diamans .offrent deiplusjf^çïatob, ; , o-
- M.;fBarton trace ses traits sur Vacâer,, en empjoÿanf comme graeelet une pointe très-fine de diamant, et gn ,se seryatMbpeurjgQuckïcteur sd’une.-vis micrométrique parfaite; il est parvenu à renfermer ainsi dix mille;traits dans l’étendue d’un pouce anglais : le plus ordinairement, cependant, il ne les resserre pas autant; il se borne à deux mille par pouce. La plaque d’acier sert ensuite à transporter ,parimpressiqn, les mêmes traits sur toutes sortes de corps.
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- Note sur un nouveau moyen de souder P acier douce et la tôle:
- On trouve dans les NoS. 14 et i5 du Journal anglais intitulé ; Technical Repositorjy que M. GUI publie à Londres, l’indication d’un procédé de soudure qui nous paraît offrir de l’intérêt.
- On prend des morceaux de fonte douce, qu’on fait rougir à plusieurs reprises et qu’on plonge chaque fois dans de l’eau, jusqu’à ce que le métal devienne friable et puisse être concassé ou grossièrement pulvérisé dans un mortier de fonte ; on passe: cette poudre à travers un tamis et on 1; conserve pour l’usage. v.f>
- Lorsqu’on veut souder ensemble, soit de l’acier doux, soit du fer forgé, soit des feuilles de tôle, on commence par bien décaper les surfaces qui doivent être réunies, on les humecte avec une dissolution de sel ammoniac, et on les lie fortement ensemble, au moyen de tenons ou de fil de fer; ensuite on passe sur les joints une composition de borax pulvérisé très-fin, et de poussière de fonte mêlée avec de l’eau en consistance épaisse, et on chauffe jusqu’à ce que la soudure entre en fusion.
- L’auteur observe que l’acier fondu ne peut pas être soudé par ce moyen.
- Procédé pour faire le plomb en feuilles en Chine.
- La réduction du plomb en feuilles se fait par deux ouvriers : l’un es! assis à terre, ayant devant lui une large pierre plate* bien unie, et tenant à la main une autre pierre plate , espèce de molette. À côté sè trouve un fourneau, dans lequel est placé un creuset rempli de plomb ; aussitôt que le métal entre en fusion, le second ouvrier en verse sur la pierre unë quantité proportionnée à la grandeur et à l’épaisseur de la feuille qu’on veut obtenir : l’autre, en appuyant fortement avec là molette sur le plomb, produit une feuille qui est très-mince et d’une égale épaisseur par-tout. On l’enlève immédiatement et on répète l’opération , qui se poursuit avec une rapidité extraordinaire. Quand on a une certaine quantité de feuilles, on rogne les bords, qui sont toujours dentelés, ët on les soude énsehible.
- M» Wadell, qui a vu pratiquer ce procédé èn Chine^ l’a appliqué^ avec succès, à la préparation des plaques de zinc pour les appareils gab vaniques. * • — jiiïïA’.yyx k \ïc< " ^ f
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- INDUSTRIE ÉTRANGÈRE.
- Prix et médailles décernés par la Société d9 Encouragement de Londres9 pendant Vannée 1822.
- Agriculture.
- i°. AMM. Cowley et Staines, à Winslow, dans le comté de Buks , pour avoir cultivé des turneps dans le mois de novembre 1821, et les avoir conservés en bon état, pour la nourriture des bestiaux, jusqu’à la fin d’avril 1822 ; la grande médaille d’or. '
- 20. Aux mêmes, pour avoir cultivé 4 acres de pavot {papaver somnife-Tum ) et en avoir extrait 60 livres d’opium concret, égal au meilleur opium de Turquie; une récompense de 3o guinées.
- 3°. A M. J. Peart, àSettle, comté d’Yorck, pour avoir fertilisé 56 acres de terres marécageuses ; la grande médaille d’or.
- 4°. A M. A. Biddle, àPlayford, prèslpswich, pour une tarière propre à percer des trous dans des meules de foin, à l’effet de les aérer; la grande médaille d’argent.
- Beaux-arts.
- Des médailles d’or et d’argent à divers artistes, pour des peintures et des dessins originaux, des copies, des dessins d’architecture, des modèles et autres objets de sculpture, des médailles, des gravures, etc.
- 5°. A M. Lupton, pour un portrait gravé au lavis sur acier doux; la médaille d’or.
- Manufactures.
- 6°. A M. Thomson, à Coventry, pour un perfectionnement dans la construction du métier à tisser les rubans de soie ; la grande médaille d’or et 5o guinées. •
- 70. A M. T. Starkey, à Huddersfield, pour du drap fin et de grande largeur, fabriqué avec de la laine provenant de la Nouvelle-Galles du Sud; la médaille d’or.
- r .8°. A Madame Wells, de la province de Connecticut, aux États-Unis d’Amérique, pour l’importation d’une matière végétale propre à fabriquer les chapeaux de paille à l’imitation de ceux d’Italie; la grande médaille d’argent et 20 guinées.
- 90. A M. J. Parry, à Londres, pour la fabrication de tresses et dè chapeaux avec de la paille d’Italie ; la grande médaille d’argent.
- io°. A M. E. Richards, à Londres, pour un perfectionnement dans la
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- construction du tireur de lacs dans les métiers à étoffes brochées et façonnées; 20 guinées.
- ii°. A M. J. Hughes, à Londres, pour le même objet; 5 guinées.
- 12°. A M. Stephen Marschall, à Merton - Bridge, comté de Surrey, pour une nouvelle planche à l’usage des imprimeurs en toiles peintes ; i5 guinées.
- Chimie et Minéralogie.
- i3°. A M. J. Meigh, à Shelton, comté de Stafford, pour la découverte d’un vernis salubre et économique pour les poteries communes; la grande médaille d’or.
- i4°. A M. H.-W. Reveley, à Londres, pour la communication d’un procédé propre à tailler les meules de moulins en usage en Toscane ; la grande médaille d’argent.
- Mécanique.
- 15°. A M. Bushy, à Londres, pour une nouvelle machine astronomique , mue par l’impulsion de l’eau ; la médaille d’or.
- i6°. AM. A. Ainger, à Londres, pour une nouvelle échelle applicable aux hydromètres ; la médaille d’or.
- 17°. A M. Abraham, à Sheffield , pour un appareil mécanique propre à préserver les empointeurs d’aiguilles de la poussière de grès qu’ils respirent ; la grande médaille d’or (i).
- i8°. A M. G. Holditch, pour une bouée de sauvetage ; la grande médaille d’argent et dix guinées.
- 190. A M. J. Millikin, à Londres, pour un bistouri perfectionné; la grande médaille d’argent.
- 20°. A M. R-P. Littlewort, lieutenant de marine, pour une boussole perfectionnée ; la grande médaille d’argent.
- 2i°. A M. J. Wattson, à Londres, pour un nouveau système de notation musicale à l’usage des aveugles ; la médaille d’argent.
- 22°. A M. Godwin, à Londres , pour un mors de bride perfectionné ; la grande médaille d’argent.
- 23°. A M. R. Thom,aux moulinsde Bothsay, près Glasgow, pour un mécanisme propre à régler la quantité d’eau qui alimente les roues de moulins ; la; grande médaille diargent. f
- 24°. A M. H. Gordon, capitaine de vaisseau, pour un bateau de sauvetage; la médaille d’argent.
- ( 1 ) Nous avons fait connaître cet appareil dans le RulhtiniPdSïkl 1822^, page 242 • *
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- 25°. A M. B. Bering , à Plymouth, pour un affût en fer forgé propre à être employé à bord des vaisseaux ; la médaille d’argent.
- 26°. A M. E. Baker, à Londres, pour une vis régulatrice applicable au grand ressort des platines de fusils ; la médaille d’argent.
- 27°. A M. TF. Hookey, contre-maître de la marine, à Woolwich, pour un appareil destiné à faciliter le radoub des vaisseaux sans les abattre en carène ; la grande médaille d’argent.
- 28°. A M.E. TFigzell, à Londres, pour un instrument propre à indiquer, sur une carte nautique, le lieu où se trouve un vaisseau ; la grande médaille d’argent.
- 29°. A M. TF. Bailey, à Londres, pour un nouveau moyen d’ouvrir et de fermer les croisées des églises et autres établissemens publics ; la médaille d’argent.
- 3o°. A M. G. Savage, à Londres, pour un échappement libre de pendule ; la grande médaille d’argent.
- 3i°. A M. TF. TFynn, à Londres ^ pour un marteau perfectionné à l’usage des horloges publiques; 20 guinées.
- 32°. A M. Hall, à Glasgow, pour un appareil agissant de lui-même et propre à alimenter d’eau les chaudières des machines à vapeur; 10 guinées.
- 33°. A M. Bowler, à Londres, pour une nouvelle souricière ; 5 guinées.
- Commerce et Colonies.
- 34°. A M. M. Arthur, pour avoir importé i5i3o livres de laine fine, provenant de son troupeau élevé dans la Nouvelle-Galles du Sud ; la grande médaille d’or.
- 35°. Au même, pour avoir importé une certaine quantité de laine égale en qualité à la plus belle laine de Saxe, et provenant de son troupeau de la Nouvelle-Galles du Sud ; la grande médaille d’or.
- 36°. A M. J. Plaine, pour avoir ouvert un débouché aux laines provenant de la colonie de la terre de "Van Diemen, et pour ses efforts tendant à améliorer la qualité de ces laines ; la médaille d’argent.
- 37°. Au même, pour avoir importé quatre cents tonneaux d’huile de veau marin, obtenue dans les limites de la colonie de la Nouvelle-Galles du Sud ; la grande médaille d’argent.,
- Mentions honorables.
- A M. TF. Pritchard, à Londres, pour l’introduction d’une nouvelle matière propre à la fabrication des chapeaux, en remplacement de la laine de vigogne.
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- A M. G. JVebb de Renzy, capitaine au 82e. régiment d’infanterie, pour divers appareils propres à suppléer l’usage de la main.
- CORRESPONDANCE.
- Lettre de M. le secrétaire de la Société dlEncouragement pour F industrie nationale de Lisbonne , à M. le secrétaire de la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale de Paris. 1
- Monsieur,
- Lisbonne, ce 3i janvier 1823.
- J’ai l’honneur de vous envoyer, ci-joint, par ordre du Conseil.de direction de la Société d’Encouragement de Lisbonne, un exemplaire de son réglement (1), accompagné du programme publié dans sa première séance générale : par ce moyen, le Conseil cherche à faire connaître au Conseil d’administration de la Société d’Encouragement de Paris l’installation de celle de Lisbonne, et la carrière quelle s’est tracée pour parvenir à son but aussi honorable qu’intéressant. Fondée sur les mêmes principes et animée des sentimens patriotiques les plus purs, elle espère pouvoir réussir dans son entreprise, et elle sera sûre de le faire, si la Société d’Encouragement de Paris, dont les utiles travaux lui ont servi de guide, daigne l’aider de ses lumières et de la communication suivie des progrès de ses recherches. De son côté, la Société d’Encouragement de Lisbonne se propose d’envoyer régulièrement un exemplaire de ses Annales à celle de Paris, ainsi que de lui fournir tous les renseignemens dont elle pourrait avoir besoin, moyennant une correspondance particulière, dans l’intérêt général de l’industrie.
- Permettez, Monsieur, que je profite de cette occasion, pour vous prier de recevoir les assurances de la haute considération et du profond respect avec lequel j’ai l’honneur d’être, etc.
- Signé Heivr. Nunez Cardoso, secrétaire.
- (1) Ce réglement est la traduction presque littérale de celui de la Société d’Encourage-
- ment de Paris. (_ZV1 JJ. R.)
- A Paris, de l’Imprimerie de Madame HUZARD (née Vallat la Chapelle), rue de l’Eperon-Saint-André-des-Arts, n°. 7.
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- VINGT-DEUXIÈME ANNÉE. (N". CCXXVIII.) juin 1823.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES.
- Rapport fait par M. Hachette, au nom du Comité des arts mécaniques, sur plusieurs instrument de mathématiques présentés à là Société.
- Les instrumens que vous m’avez chargé d’examiner sont : i°. un compas de stéréotomie ; 20. un rapporteur d’angles tracés sur un plan ; 3°. une nouvelle équerre d’arpenteur; 4°* un pantomètre construit sur le même principe que la nouvelle équerre.
- I. Du compas de stéréotomie.
- Ce compas sert à mesurer les dimensions d’un corps rapporté à trois plans rectangulaires. „
- M. Brocchi, conservateur des modèles à l’École polytechnique, a imaginé et construit cet instrument, dont l’usage est fondé sur ce principe connu de géométrie descriptive, que toute surface peut être considérée comme engendrée par une ligne variable de forme, qui se meut dans un plan constamment parallèle à lui-même. Prenant pour exemple la surface d’un terrain , on conçoit ce terrain divisé par tranches et coupé par une suite de plans horizontaux équidistans; les contours des sections horizontales sont
- Vingt-deuxième année. Juin i8a3. T
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- J.l.l V ; ( l4^ ) .T'k^TW :.™ :[y;; ;
- en général des lignes courbes qui varient d’un plan à l’autre, et chacune de ces lignes peut être regardée comme la génératrice mobile de la surface du terrain. La surface sera d’autant mieux dessinée, que les sections horizontales seront pins rapprochées. f
- Le compas à trois dimensions, que M. Brocùhi présente à la Société d’En-couragement, a pour objet la description exacte des sections d’une surface par un plan qui se meut parallèlement à lui-même. Nous avons appliqué cet instrument avec succès au tracé géométrique des versoirs de plusieurs charrues modernes perfectionnées. Il suffit, pour cette application, que l’ins trament soit exécuté en bois ; mais pour des mesures qui exigeront plus de précision, il faudra substituer le métal au bois et employer d’ailleurs les mécanismes connus, pour faire mouvoir les diverses parties qui le composent. Lorsque les sections horizontales d’un corps terminé par une ou plusieurs surfaces courbes sont connues, la stéréotomie enseigne le moyen d’exécuter le corps tel qu’il est, en conservant sa forme et ses dimensions réelles ou projetées.
- Nous distinguerons dans le compas de stéréotomie trois parties : i°. un fond plat que nous supposons horizontal,et qui sert de base à l’instrument; a0, un montant vertical qui glisse à frottement sur cette base, étant dirigé par deux coulisses parallèles; 3°. une équerre en forme de L, soutenue par une queue qui glisse à frottemens dans une rainure pratiquée au milieu d’un montant vertical, et qu’on fixe sur ce montant au moyen d’une clavette qui traverse la queue. Cette équerre est formée de deux plans assemblés à angle droit, et dont l’un est horizontal : on pose dans l’angle rentrant de ces plans une règle rectangulaire, divisée sur ses quatre faces en centimètres et millimètres; elle est terminée en pointe et on la fait mouvoir en avant ou en arrière, jusqu’à ce que la pointe bute contre la surface à décrire.
- i°. De la base du compas , représentée en plan et en élévation ,fig* î et 2 , PI. 242.
- Cette base est une planche de 5i centimètres en longueur, sur i5 de largeur et 2 d’épaisseur; elle porte deux coulisses de même longueur, de même épaisseur, et larges de 35 millimètres. Les faces supérieures et horizontales de ces coulisses sont divisées en centimètres et millimètres.
- AB,jfig. 1; abcdjjtg. 2, sont les deux projections de la planche; les coulisses sont en plan ,fig. 1, CD, C'D'; elles ont même projection verticale cd dd!,fig. 2. . -
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- 2°. Montant vertical, fig. 1,2, 3.
- Le montant se compose de deux pièces jumelles ou parallèles, vues en plan ,fig. 1,1 et K, et en élévation, fig. 2, ikïk'; elles sont assemblées à tenons sur un support EF GH, efgh, qui glisse entre les coulisses CD, C'D\ Ce support est une planchette de la longueur E F ou G H, de la largeur E G ou F H, et d’une épaisseur eg ouf h égale à celle des coulisses.
- Pour se servir de l’instrument, on met cette planchette dans une position telle, que l’horizontale xy,jig. 1, tracée sur sa face horizontale et supérieure, coïncide avec les deux divisions parallèles marquées 00 sur les coulisses. Il faut que dans le même instant le plan vertical, mené par cette horizontale , passe par l’arête de l’angle rentrant de l’équerre, qui forme la troisième partie de l’instrument.
- Ce plan vertical, mené par la droite kkr, fig. 2, étant développé, fig. 3, on y voit les faces des pièces jumelles divisées en centimètres en allant de bas en haut, et la section q de la queue de l’équerre mobile.
- Lorsque le montant IKfiki'k' est dans sa première position, l’équerre est posée sur sa base EFGH, efgh, et le bord horizontal supérieur de la face verticale de cette équerre passe par la division marquée o sur la face, fig. 3, du montant.
- 3°. Equerre en forme de L, fig. 1 et 2.
- Cette équerre se compose de deux faces assemblées à angle droit ; l’une, horizontale , est un rectangle XYLL', fig. 1, qui se projette, fig. 2 , en Im; l’autre, verticale, se projette en XY ffig. 1, en mn,fig. 2. La queue de l’équerre, qui glisse entre les jumelles, fig. 3, est en plan 12345678,fig. 1, 1 ? 5,y%. 2. Une clavette en coin R R', fig, 1 ; rffig. 2, maintient l’équerre à telle hauteur qu’on veut sur le montant.
- Lorsque le montant qui porte l’équerre 00, fig. 1, est dans sa première position sur la coulisse, le plan Im, fig. 2, se trouve dans le plan U Y, distant des faces horizontales supérieures cf à! des coulisses, d’une quantité égale à l’épaisseur U de la petite face horizontale Im de l’équerre.
- Usage de Vinstrument.
- On place l’instrument et l’objet à décrire sur le même plan et en regard l’un de l’autre, à la moindre distance possible , et de manière que le plan U Y,
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- fig. 2, passe par le point le plus bas de l’objet ou au-dessous de ce point. On fixe l’équerre sur le montant , et on pose la règle, ST, fig. i et 4, divisée sur ses quatre faces, de manière que l’arête ST' de cette règle coïncide avec l’arête de l’angle rentrant de l’équerre, pendant que le montant glisse entre les coulisses CD', C'D\fig- i ; on poussera continuellement la règle contre la surface courbe de l’objet à décrire, et l’extrémité S, fig. 4, de la règle trace sur cette surface une section, dont chaque point sera déterminé par trois dimensions : la première se comptera sur l’échelle ,fig. 3, à partir du plan UV,fig. 2, ou U'V\fig> 3; la seconde sur l’échelle,^. 1, et la troisième sur la règle à quatre pans rectangulaires, qui glisse dans l’angle rentrant de l’équerre.
- Supposons qu’on veuille déterminer la position d’un point S, m,fîg. r et 2, appartenant à une section tracée par la pointe de la règle mobile sur le versoir de la charrue titn, fig. 2 ; ce point sera distant : i°. du plan vertical CD,/%. 1, de la quantité x S ou x' S,fig. 5 ; 20. du plan vertical OO, fig. 1, de la quantité x o, et enfin du plan horizontal TJ V, fig. 2, de la quantité mm' : on pourra donc construire par points une section horizontale quelconque du versoir, et connaissant d’ailleurs les distances respectives des diverses sections, la surface du versoir sera décrite rigoureusement.
- Cette méthode s’appliquerait de la même manière à toute autre surface.
- II. Du rapporteur d’angles donnés sur un plan, présenté par M. Lipkens,
- de Luxembourg.
- Les anciens rapporteurs, qu’on exécute en corne transparente ou en cuivre, sont des demi-cercles divisés en degrés; on place le centre du rapporteur au sommet de l’angle à mesurer, son diamètre sur l’un des côtés de l’angle* et l’autre côté prolongé, s’il est nécessaire, rencontre la circonférence divisée , en un point qui détermine la grandeur de l’angle. Le nouveau rapporteur qui vous est présenté par M. Lipkens, ingénieur géographe au duché de Luxembourg, mesure l’angle donné sur un plan, ou plutôt Tare compris entre ses côtés, parle mouvement de la circonférence d’une petite roulette sur le même arc. Après ce mouvement, on connaît le nombre entier de circonférences et la fraction de circonférence prise pour unité, contenue dans l’arc à mesurer : d’où l’on conclut la grandeur de cet arc en degrés et fractions de degrés.
- Description du rapporteur à roulette de M. Lipkens, fig. 6, 7, 8 et 9, PI. 242-
- La pièce principale de ce rapporteur est une règle en cuivre, représen-
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- tée,y%. 6 et 7, de i4 centimètres de longueur, 37 millimètres de largeur, et 2 millimètres d’épaisseur.
- Vers l’extrémité A ,fig. 6, de cette règle est une échancrure CD, dont le contour est marqué par de petites hachures , et plus près du bord A, une traverse E F est fixée sur la règle par deux vis e,
- Une roulette en cuivre, dentelée sur ses bords, marquée R, r,fig. 6 et 7, et fixée sur un axe incliné RS,ri1, se loge dans l’échancrure et descend un peu au-dessous de la face inférieure de la règle. L’axe est un fil d’acier d’environ 44 millimètres de longueur; son inclinaison, par rapport aux faces A B , a b, de la règle, est mesurée par un arc de 13 à 14 degrés ; son extrémité inférieure, terminée en pointe, roule sur la pièce EF ,fig. 7 ; traverse une plaque de cadran qu’on voit dans sa véritable forme, fig. 8 , et qui se projette en GH , gh, fig. 6 et 7. Cette plaque est terminée inférieurement par une face plane, qui se fixe par deux vis sur la règle : ces deux vis se projettent, fig. 7 , en i. L’axe de la roulette perpendiculaire au plan du cadran porte une aiguille qui marque sur ce cadran le nombre des révolutions de la roulette.
- Si par l’axe RS, rs, de la roulette, ou conçoit un plan perpendiculaire à la face AR, ab, de la règle , ce plan, dont la trace sur le plan de la fig. 6 est R ST, contiendra le profil, fig. 9, de la règle, de la roulette et du cadran.
- A l’extrémité B b de la règle, on place une pièce en acier T, t, fig. 6 et 7, qui peut se mouvoir dans une petite rainure rectangulaire K, k. La pièce d’acier terminée en pointe se visse dans un bouton en cuivre T, t', à l’aide duquel on fixe cette pièce sur la règle.
- Comme il est important : i°. que la pointe d’acier T, t soit sur l’arète inférieure TT, fig. 6, de la règle; 20. que la droite, qui joint cette pointe et le point de contact U, fig. 7, de la roulette avec le plan de l’angle à mesurer, soit dans le plan mené perpendiculairement aux faces de la règle par l’axe RS, rs, de la roulette, l’extrémité inférieure de cet axe, d’une part, et la pointe T, /, de l’autre, peuvent se mouvoir dans les échancrures K. et EF,fig. 6.
- Sur la face supérieure de la règle est une équerre L, l,fig. 6, 7, dont une face est assujettie par deux vis, et dont l’autre face sert de poignée à l’instrument.
- Pour mesurer un angle au moyen de l’instrument que nous venons de décrire, on met la pointe T, t au sommet de l’angle donné sur un plan, et l’arête delà règle sur l’un des côtés de cet angle : alors l’aiguille du cadran doit marquer zéro. Continuant à maintenir la pointe dans sa première position, on fait tourner la règle jusqu’à ce que l’arête, qui d’abord se confond avec l’un
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- des côtés de l’angle à mesurer, soit arrivée sur l’autre côté du même angle. Ce mouvement résulte du léger frottement de la roulette sur le plan de l’angle. Lorsque la roulette s’arrête, les circonférences et fractions de circonférence décrites par l’aiguille du cadran donnent la mesure de l’angle; mais pour exprimer cet angle en degrés, il est nécessaire de connaître : i °. le rapport des circonférences de la roulette et du cercle décrit par le point de contact de cette roulette mobile avec le plan de l’angle; ce rapport est celui de 36 à i ; 20. la division du cadran ; or, la circonférence de ce cadran est divisée en soixante parties égales, chacune de 6 degrés : d’où il suit que lorsque l’aiguille du cadran a tourné d’un arc de 6° ou de 56o", le point de contact de la roulette a décrit un arc trente-six fois moindre, c’est-à-dire de îo". Comme on peut estimer à la vue simple une demi-division de cadran, il s’ensuit qu’au moyen du rapporteur à roulette on peut facilement mesurer un angle donné sur un plan, à io" près.
- La précision de ce rapporteur dépend de trois conditions essentielles : la première, que le centre de rotation de la règle ou la pointe T, t soit rigoureusement sur le bord longitudinal de cette règle ; la seconde, que l’axe incliné et mobile de la roulette soit dans un plan perpendiculaire à-la-fois au plan fixe du cadran et aux faces de la règle ; la troisième, que le rayon de la roulette soit une partie aliquote du rayon du cercle que décrit le point de contact de cette roulette et du plan de l’angle à mesurer. C’est pour satisfaire à ces trois conditions que le bouton de la pointe T, t, et le support de l’extrémité inférieure de l’axe de la roulette, peuvent,par les moyens indiqués précédemment, varier de position entre les limites qui s’écartent peu de la véritable.
- Le rapporteur de M. Lipkens se vend 20 fr. à Luxembourg, chez M. Lion, horloger, qui construit aussi un autre instrument du même ingénieur, qu’on nomme équerre à miroirs : la description de cet instrument se trouve dans une brochure publiée, cette année, à Luxembourg, par M. Lipkens (24 pages in-8°. avec figures sur le texte). M. Benoit, dans le compte qu’il a rendu de cet ouvrage (voyez le Bulletin des annonces scientifiques, N°. 6, page 347), dit qu’ayant mis à l’essai l’équerre à miroirs, elle a pleinement répondu à son attente.
- TU. Nouvelle équerre d'arpenteur.
- L’ancienne équerre n’est autre chose qu’un cercle de cuivre de 9 à 10 centimètres de rayon , divisé en quatre parties égales par des lignes qui se coupent au centre à angles droits, et qux extrémités desquelles s’élèvent perpendiculairement au limbe quatre pinnules rivées ou assujetties par
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- des vis. Des deux pinnules qui se correspondent, l’une est fendue par le haut et ouverte par le bas; l’autre, au contraire, est fendue par le bas et ouverte par le haut. Les ouvertures sont traversées dans leur milieu par un crin ou une lame mince de cuivre qui sert d’objectif, tandis que la fente tient lieu d’oculaire. Cet instrument s’ajuste comme la boussole, sur un pied à trois branches ; il est soutenu par une douille dont l’axe est perpendiculaire au plan du limbe, et qui s’enchâsse à frottemens dans l’extrémité arrondie du pied. Au moyen de cet instrument, on divise un terrain donné en trapèzes , dont les côtés sont perpendiculaires à une droite placée sur le terrain , que les arpenteurs nomment base ou directrice. Les côtés de ces trapèzes se mesurent à la chaîne. Au moyen de la nouvelle équerre, on peut diviser le terrain non-seulement en trapèzes , mais en quadrilatères quelconques : chacun de ces quadrilatères ayant un côlé dirigé suivant la base, l'instrument donne la mesure des angles que ce côté fait avec les deux côtés adjacens. Connaissant d’ailleurs par une mesure directe la longueur de ces trois côtés, le quadrilatère est entièrement déterminé. Avant de décrire la nouvelle équerre, je dois citer M. Fouquier, officier du génie, ancien élève de l’École polytechnique, reconnu pour Fauteur de cet instrument.
- Description, de P équerre de M. Fouquier, officier du génie j fig. 10 et u.
- Cette équerre se compose de deux cylindres creux qui s’emboîtent l’un dans l’autre comme une tabatière cylindrique et son couvercle. La fig. 10 est une projection de cet instrument faite sur un plan parallèle à l’axe commun des deux cylindres, et la fig. n est une section sur un plan conduit suivant l’axe.
- Le cylindre inférieur ABCD,y?g. io, porte une douille GH, qui reçoit l’extrémité d’un jalon. L’instrument entier peut tourner sur le jalon , et le cylindre inférieur étant fixé sur le jalon, on peut faire tourner le cylindre supérieur sur l’inférieur. Le cercle AB, commun aux surfaces des deux cylindres, est divisé en parties égales, chacune de cinq degrés. Les traits de cette division sont compris entre les deux cercles AB, a b, et ils sont prolongés de deux en deux jusqu’au troisième cercle c d, sur lequel on lit les arcs de i o en io degrés. Ces deux derniers cercles a b, cd sont tracés sur le Cylindre inférieur, qui porte la douille GH. La hauteur des deux cylindres réunis est de 11 centimètres ; le diamètre extérieur du cercle A B est de 4 centimètres.
- Le cylindre supérieur A B E F est divisé sur un arc qui comprend quatre
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- parties du cercle AB, et pour qu’il serve de nonius, on a divisé cet axe en cinq parties : chaque partie du cercle A B, considérée sur le cylindre inférieur, étant de 5 degrés, la partie du petit 2lyc nonius tracé sur le cylindre supérieur est de 4 degrés : d’où il suit que la différence d’une partie du limbe principal à celle de l’arc nonius est d’un degré: ainsi, l’équerre cylindrique de M. Fouquier donne la mesure d’un angle à un degré près, et avec un peu d’habitude on obtient facilement le demi-degré.
- Les deux cylindres sont fendus suivant les arêtes passant par les points marqués o ou 36o degrés sur le limbe et o sur le nonius : ces fentes servent d’oculaires. Les arêtes placées à une demi-circonférence de celles-là sont aussi fendues, et ces fentes, qui sont assez larges pour y placer des fils au milieu, se nomment fentes objectives. On voit ,fig. io, la fente oculaire of du cylindre supérieur; sa fente objective est cachée : la même figure montre la fente objective du cylindre inférieur, dont la fente oculaire n’est pas visible.
- Cet instrument s’exécute, pour le prix très-modéré de 5 francs, dans les ateliers de M. Savart, très-habile ingénieur en instrumens de mathématiques, attaché à l’École royale d’artillerie et du génie, à Metz.
- Le profil ,y%. 11, de l’équerre cylindrique fait voir la hauteur AA' ouBB', du recouvrement des deux cylindres , pris dans l’épaisseur de chacun de ces cylindres , qui est à peine de i millimètres.
- Les procédés pour mesurer les angles sur le terrain, au moyen de la nouvelle équerre, sont les mêmes que pour l’ancienne. Comme ils sont indiqués dans la plupart des ouvrages de topographie, il est inutile de les rappeler ici : nous devons seulement avertir que sur l’équerre de M. Fouquier les observations ne se faisaient que par des fentes étroites, pratiquées sur l’un et l’autre cylindre, et que l’idée de substituer à l’une des fentes longitudinales une ouverture ou croisée garnie d’un fil de crin, est réclamée par M. Benoity l’un des membres de la Société, auteur du troisième instrument, qu’il vous a présenté, et qu’il se propose de substituer au précédent, sous le nom de pantomètre. (Pan, en grec, signifie tout, et metron, mesure.)
- IV. Du pantomètre de M. Benoit.
- Le corps de cet instrument se compose, comme le précédent, de deux cylindres de même diamètre et de même hauteur, qui roulent l’un sur l’autre, et qu’on peut distinguer en regardant le premier comme le limbe, et le second comme l’alidade. Le cercle commun aux deux cylindres est divisé en quatre cents degrés : son diamètre est de B centimètres. Les traits
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- de la division sont tracés sur le même cylindre qui porte la douille, laquelle s’ajuste sur un pied. Il n’y a pas de nonius sur l’autre cylindre comme sur l’équerre de M. Fouquier ; sur celle-ci, la douille était invariablement fixée au cylindre qui porte la division; elle est mobile sur le pantomètre, elle tourne autour d’une droite perpendiculaire à l’axe commun des deux cylindres; sa charnière est sur le cylindre divisé ou à limbe. Les cylindres de l’équerre de M. Fouquier sont ajustés, comme dans les tabatières, par les bords cylindriques et circulaires, de sorte que l’instrument peut facilement se démonter : c’est pour éviter cet inconvénient très-grave, que M. Benoit fait tourner les deux cylindres de son instrument, ba$e contre base, autour d’un axe qui les traverse.
- Outre ces changemens, M. Benoit' a fait plusieurs additions à l’équerre de M. Fouquier. Il place sur le fond du cylindre à limbe et près de la charnière de la douille, un niveau à bulle d’air; il substitue au fond plat du cylindre alidade une boussole de même diamètre que ce fond. Deux vis de pression butent sur le fond d’une rainure creusée autour du cylindre alidade, et maintiennent la boussole dans la position convenable; en desserrant ces vis, on peut détacher cette boussole du cylindre.
- Le niveau à bulle d’air sert à mettre l’instrument dans une position telle, que l’axe des deux cylindres soit dans un plan horizontal passant par les divisions o grade et 200 grades. Ce niveau et le cylindre qui le supporte étant fixes, le cylindre alidade tourne et se dirige vers les pbints du terrain, dont on détermine, par cette opération, les hauteurs angulaires, par rapport au plan horizontal fixe des points o grade et 200 grades.
- M. Benoit propose encore d’adapter à l’un des flancs du cylindre alidade, et parallèlement au plan passant par sa fente ou coche et par le crin de sa croisée, une lunette micrométrique, destinée à mesurer l’éloignement d’une mire , et par suite les distances des objets à l’observateur. Au moyen de ces changemens et additions à l’équerre de M. Fouquier, on aura unânstrument qui tiendra lieu de graphomètre, de boussole, de niveau de pente, et dont le prix n’excédera pas 5o francs. Le pantomètre simple, avec sa douille à charnière, sans niveau, sans boussole ^ ne coûterait que 18 francs.
- L’usage de cet instrument sera exposé avec plus de développement dans l’intéressant ouvrage que M. Benoit publie sur deux sciences, la topographie et la géodésie, qu’il a enseignées pendant plusieurs années avec le plus grand succès, dans l’École d’application du Corps royal d’État-major.
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- Détail du prix du pantomètre de M. Benoit, construit par M. Esteveny, rue
- du Four Saint-Germain, n°. 78.
- Instrument simple divisé en grades................. 12 francs.
- Plus, avec perpendicule................................ 5
- Plus, avec boussole.................................... 12
- Plus, avec niveau à bulle d’air........................ 10
- Plus, avec charnière de la douille ou genou à coquille. . . 6
- Total. . . *........... 45 francs.
- Description d’une nouvelle machine à 'vapeur inventée par M’. Jacques Perkins ? de Philadelphie (1).
- Nous avons donné dans le Bulletin du mois de mars dernier, page 65, une idée générale des perfectionneraens imaginés par M. Perkins, et nous avons décrit la construction de sa nouvelle machine à vapeur et la manière dont elle agit, d’après les premières notions qui nous étaient parvenues d’Angleterre. Aujourd’hui, nous pouvons satisfaire la curiosité de nos lecteurs, en donnant la spécification meme de la première patente qui a été accordée à M. Perkins, le 10 décembre 1822 , nous réservant de faire connaître plus tard les deux autres brevets qu’il a obtenus pour le même objet.
- Le principe fondamental de la nouvelle machine consiste à chauffer de l’eau ou tout autre fluide, à une haute température, dans un vase de petite capacité, nommé générateur, entièrement rempli et parfaitement clos, et que l’auteur propose de substituer aux chaudières ordinaires, avec une grande économie dans la consommation du combustible; de soumettre cette eau à une très-forte pression et de la faire passer dans le tuyau de conduite du cylindre, où elle se convertit immédiatement en vapeur et agit sur le piston sans l’intermédiaire d’une boîte à vapeur; d’introduire dans le générateur, au moyen d’une petite pompe foulante, une certaine quantité d’eau froide, et d’opérer ainsi le déplacement d’une quantité proportionnelle d’eau chaude, maintenue toujours sous une pression déterminée, et qui se réduit également en vapeur aussitôt qu’elle est arrivée dans le tuyau à vapeur. De cette manière, la vapeur ne se forme qu’à mesure qu’il en est besoin à chaque coup de piston, et on est dispensé de l’emploi de ces immenses chaudières des machines maintenant en usage , dans lesquelles il y a, par l’ébullition, une perte considérable de chaleur.
- (1) Extrait du London Journal of Arts and Sciences, N°. XXXI.
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- La/5g. i de la Pl. •*.[$ représente une vue générale de l’appareil, a a est le générateur ou la chaudière vue en coupe : c’est un cylindre en fonte ou en bronze, dont les parois ont 3 pouces d’épaisseur, et qui doit être constamment tenu plein d’eau; il est placé, comme un creuset, dans un fourneau qui l’entoure de toutes parts, et que nous avons omis, afin de ne pas compliquer le dessin. Au sommet de ce cylindre est adaptée une soupape d’échappement ou à vapeur b, pressée sur son orifice par un levier c, muni d’un poids d, qu’on fait couler le long du levier, comme celui d’une romaine, et qu’on arrête au moyen d’une vise, afin de varier la pression à volonté. La soupape b ouvre la communication avec le tuyau de conduite f, qui aboutit au cylindre à piston de la machine. Le tuyau latéral g, fixé sur le sommet du générateur, doit être uniquement considéré comme tuyau de sûreté et de garantie contre le danger des explosions; il descend le long du fourneau, et porte à son autre extrémité un petit appareil h, qui indique le degré de pression de l’eau dans l’intérieur du cylindre; i est le tuyau alimentaire ou d’injection partant de la pompe foulante k : celle-ci est mise en action en réunissant son barreau l avec une partie mobile quelconque de la machine.
- Pour produire de la vapeur, on commence par remplir d'eau le cylindre a, au moyen de la pompe foulante k : cette eau est chauffée par un fourneau ou de toute autre manière; la soupape b est ensuite chargée d’un poids capable de résister à une pression plus grande que la force expansive de la vapeur formée. L’eau ayant été élevée dans l’intérieur du générateur à 45o° Fahrenheit (-f- 186° Réaumur), température nécessaire pour obtenir l’effet voulu, on fait agir, la pompe foulante, qui introduit une quantité d’eau froide suffisante pour déplacer un volume proportionnel d’eau échauffée dans le cylindre a, immédiatement au-dessous de la soupape b : cette soupape, en s’ouvrant, permet à l’eau chauffée de passer dans le tuyau/, où elle se vaporise immédiatement.
- Lafig. 2 représente, sur une plus grande échelle, la soupape avec la boîte dans laquelle elle est renfermée. La soupape proprement dite est formée d’une bulbe qui se loge dans une cavité pratiquée dans la partie inférieure de la boîte carrée p. Cette soupape porte une tige cylindrique q, sur l’extrémité supérieure de laquelle appuient le levier de pression c et le poids d. La partie inférieure de la soupape est formée par une tige triangulaire r, qui monte et descend dans un canal cylindrique. Lorsque la quantité additionnelle d’eau est introduite dans le générateur de la manière ci-dessus décrite, la sphère ou bulbe de la soupape sort de sa cavité, et une quantité proportionnelle d’eau échauffée s’élève à travers le canal cylindrique le long
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- cle la tiçe triangulaire, pour passer dans la boîte carrée, où, se trouvant soustraite à la pression, elle se réduit immédiatement en vapeur, et se rend par le tuyau de conduite f dans le cylindre à piston.
- Afin que l’opération puisse être renouvelée et continuée régulièrement , Fauteur place un poids m sur le barreau de la pompe k, laquelle est une petite pompe foulante simple, munie d un poids o faisant 1 office d un réservoir d’air. A l’extrémité du barreau n est une chaîne /, qui s’attache à la manivelle de la machine. En disposant les parties du mécanisme de manière qu’il y ait équilibre entre la vapeur comprimée et la soupape ù, la soupape régulatrice (qu’on n’a pas cru devoir indiquer dans le dessin) et le poids du barreau, on fait pénétrer une certaine quantité d’eau dans le générateur, h chaque coup de piston de la pompe, et on expulse en même temps une quantité correspondante d’eau chauffée, qui se vaporise aussitôt qu’elle se trouve au-dessus de la soupape. ,
- Ces principes peuvent être modifiés et appliqués aux chaudières des machines à vapeur actuellement en usage, d’après le mode indiqué fig. 5. L’appareil est ici représenté sous une autre forme et employé d’une manière différente; il est destiné à chauffer l’eau d’une chaudière ordinaire : aa est le générateur ou cylindre de métal placé horizontalement dans le fourneau, et qu’on emplit d’eau par le moyen déjà indiqué : on peut en réunir plusieurs ensemble dans le même fourneau ; b est la soupape d’échappement à travers laquelle passe l’eau échauffée ; c est le levier chargé d’un poids, qui presse la soupape contre son orifice avec une force déterminée ;p est la capacité dans laquelle l’eau bouillante, qui s’échappe à travers la*soupape, est réduite en vapeur : cette vapeur se rend ensuite par le tuvau/dans la chaudière, qui est de forme cylindrique , et dont les deux bouts décrivent des portions de sphères; elle doit être renfermée dans un torlneau ou tout autre vaisseau de bois, et entouree de charbon pulvérisé, substance qui, étant mauvais conducteur de calorique, est particulièrement propre à conserver la chaleur de l’eau et de la vapeur dans l’intérieur de la chaudière ; g est un tuyau rempli d’eau échauffée, a 1 extrémité inferieure duquel un petit appareil A sert à déterminer la pression du fluide dans l’intérieur du générateur. Ce fluide, en agissant à la partie inférieure du tuyau g contre un levier attaché à un peson, porte l’aiguille du cadran c à la division qui indique le nombre d’atmosphères sous lesquelles la vapeur agit. Les parois du tuyau g, étant beaucoup plus minces que celles des autres parties de l’appareil, cèdent à la pression, dans le cas ou elle aurait été élevée dans le générateur à un degré capable de causer quelque danger. Il résulte de cette disposition que le tuyau g crevera et que la vapeur s’échap-
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- pera par la déchirure sans qu’elle puisse occasionner aucun accident ; i est le tuyau à travers lequel l’eau du réservoir est introduite dans le générateur par la pompe k; t est la cheminée du fourneau.
- La vapeur élevée à une haute température, en passant à travers le tuyau f, chauffe l’eau qui remplit environ la moitié de la chaudière, et la vaporise promptement : il se produit ainsi une quantité de vapeur suffisante pour faire agir une machine ordinaire. L’économie du combustible obtenue est très-considérable comparée à la consommation d’une chaudière construite d’après l’ancien système et produisant le même effet.
- Quoique le générateur puisse être chauffé par un fourneau d’une construction quelconque, néanmoins l’auteur préfère et a employé avec succès un fourneau voûté, muni d’un soufflet.
- Le mode de production de la vapeur ci-dessus décrit, et qui forme l’objet de la patente délivrée à l’auteur, ne constitue qu’une partie de sa nouvelle machine à vapeur. La manière d’appliquer ce principe à une grande variété d’opérations qui exigent l’emploi du feu, est spécifiée dans la seconde patente; la troisième comprendra les détails de construction des parties fonctionnantes de la machine : nous les donnerons incessamment.
- Une machine à vapeur de la force de quatre-vingts chevaux, construite sur ces nouveaux principes, est actuellement appliquée à la navigation, et placée sur un bateau qui fera le trajet de Margate à Londres.
- Description d’un appareil propre à garantir les empointeurs d* aiguilles et les émouleurs à sec des effets de la poussière de grès qu’ils respirent3 inventé par 31. Abraham ? de Shef-feld.
- Tout ce qui intéresse la santé des ouvriers étant digne de fixer l’attention des amis de l’industrie, nous revenons sur un sujet que nous avons déjà traité, quoique succinctement, dans le Bulletin du mois d’août 1822, page 242/11 s’agit de l’appareil de M. Abraham, aujourd’hui introduit dans la plupart des ateliers des émouleurs à sec, et dont le succès est constaté par de nombreux témoignages. Nos lecteurs nous sauront donc gré de leur donner une description complète et détaillée de cet ingénieux appareil,
- Lorsqu’on considère que plus de deux mille ouvriers sont occupés, dans les seules villes de Sheffield et de Redditch, en Angleterre, soit à émoudre à sec des lames de rasoirs, des fourchettes d’acier ou de fer fondu, des alênes de cordonnier, des baïonnettes, etc., soit à empointer des aiguilles; que ces
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- malheureux, renfermés dans des ateliers bas et étroits, sont constamment enveloppés d’un nuage de poussière de grès et de particules d’acier, qui, étant absorbée par la respiration, leur occasionne des maladies de poitrine; qu’exigeant pour se livrer à un travail aussi dangereux un salaire très-ëlevé, ils sont disposés à contracter des habitudes vicieuses, qui, en se propageant dans les ateliers, y causent une démoralisation générale ; enfin, que la plupart d’entre eux périssent avant l’âge de quarante ans, on ne saurait trop reconnaître le service que M. Abraham a rendu à son pays, en trouvant un remède à tant de maux.
- - Son appareil est représenté en élévation et en coupe, fig. i et 2, PL 243. a est la meule; b b , le bâtis dans lequel elle est montée; c, les traverses inférieures du bâtis; d, le siège de l’ouvrier; e, plaque de fer qui garantit l’ouvrier des éclats de pierre, dans le cas où la meule viendrait à se briser par quelque accident;/, l’aiguille dans la position qu’elle doit avoir sur la meule pour l’empointage.
- Pour empêcher que l’ouvrier n’aspire la poussière de grès qui se répand dans l’atelier, la pièce est divisée en deux parties par un rideau de grosse toile, partant du plafond, s’étendant jusqu’à terre, et touchant les deux murs latéraux. Cette toile, qui descend directement au-dessus de l’axe de la meule, porte deux fentes longitudinales, fermées par des boutons. En ouvrant ces boutons, on relève les deux côtés de la toile, et on attache les bouts à des crochets; g g g' g' est le rideau de toile; les lettres g'g' indiquent la fente à travers laquelle l’ouvrier passe pour aller à son ouvrage et qu’il ferme ensuite ;ù est la fente donnant passage à la meule; la toile est relevée et boutonnée en h', laissant au-dessus de la meule un espace d’environ un pouce et demi, à travers lequel la poussière de grès produite pendant le travail est chassée par l’effet du courant d’air qu’occasionne le mouvement de la meule, ainsi qu’on le voit en i, fig. 1. Cette poussière est portée dans la direction de la tangente avec une vitesse extrême, jusqu’à un pied de la pointe des aiguilles, où elle s’échappe derrière la toile. Cependant comme les parties ténues s’élèvent presque toujours perpendiculairement à la pointe des aiguilles, on les arrête au moyen de plusieurs barreaux aimantés, prismatiques, kk, suspendus au-dessus de la pointe des aiguilles. Ces barreaux sont attachés à une traverse /, qu’on fixe à une hauteur convenable sur les montans mm appuyés sur le bâtis ou sur la plaque de fer e. Outre les fentes dont nous venons de parler, le rideau de toile est découpé pour s’adapter, autant que possible, aux irrégularités du bâtis. On pourrait remplacer le rideau de toile par une cloison en planche ; mais comme les meules sont susceptibles de changer de position, dans le cas où les rubans
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- des roues viendraient à se rompre et seraient raccourcis, il vaut mieux employer une cloison mobile.
- L’appareil que nous venons de décrire a été employé avec succès à Red-ditch; mais la construction particulière des bâti meus da ns lesquels se fait l’empointage des aiguilles et les habitudes des ouvriers s’opposent encore à son adoption générale. Dans un atelier de 20 pieds de long sur 9 à 10 pieds de large, six à neuf ouvriers sont placés sur trois degrés, de 6 à 7 pieds environ de large , et occupent le fond du bâtiment ; l’autre partie est réservée pour le mécanisme qui fait mouvoir les meules. On conçoit qu’entassés ainsi dans un étroit espace i]s sont toujours enveloppés de poussière : ajoutez à cela que les moulins, étant mus par une roue hydraulique, sont presque toujours établis au bord des rivières, dans des situations où ils sont en-' tourés des trois côtés par des rives élevées. H résulte de cette construction vicieuse que l’immense quantité de poussière de grès et de fer produite roule dans l’atelier jusqu’à ce que l’atmosphère en soit tellement chargée, qu’on aperçoit à peine les ouvriers en entrant par la porte. La poussière se dépose ensuite sur le plancher et sur les pièces de bois, d’où elle est de nouveau répandue dans l’atelier par le mouvement de la machine.
- Il faut donc, pour que l’appareil de M. Abraham puisse produire un bon effet, qu’un local plus vaste soit accordé aux ouvriers; sans quoi, le rideau de toile les réduirait encore à un espace tellement étroit, qu’en été la température y deviendrait insupportable. Il conviendra également que la croisée soit divisée en deux parties par le rideau, comme on le voit fig. 1. La partie du côté de l’ouvrier devra être garnie d’un châssis vitré, qu’il ferme pendant le mauvais temps, tandis que l’autre partie reste toujours ouverte.
- La condition des émouleurs à sec de Sheffield et autres lieux, quoique moins déplorable que celle des empointeurs d’aiguilles, est néanmoins encore très-fâcheuse; ils travaillent dans des ateliers généralement mieux aérés, et emploient un moyen très-simple pour se préserver de la poussière. La fig. 3 représente la coupe, la fig. 4 l’élévation, et la fig. 5 le plan d’un appareil à émoudre en usage à Sheffield. Dans ces trois figures, a indique la meule qui tourne dans une auge de fonte de fer b b; l’ouvrier est assis sur la planche c appuyée sur le bord de l’auge, et tient les objets qui doivent être émoulus au pointd; la poussière qui prend la direction Retombe dans une espèce de poche de toileffi, qui embrasse environ le quart de la circonférence de la meule et s’attache à la planche g: cette planche porte une échancrure dans laquelle tourne la meule et qui est surmontée de trois cerceaux hhh formant voûte, et recouverts;de toile. La planche# s’enlève
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- de dessus l’auge pour mouiller la toile, qui doit être toujours tenue humide, afin que la poussière s’y attache; on la secoue de temps en temps pour faire tomber cette poussière, et on la replace ensuite. Pour plus de sûreté, M. Abraham propose de placer une rangée de barreaux aimantés montés dans un châssis semi-circulaire,T?#- 7 , sous la toile ou par-tout où le besoin s’en fera sentir. On peut ajouter aux barreaux aimantés d’autres aimans intermédiaires , fixés sur la face du châssis semi-circulaire, comme on le voit,/%•. 6. L’auteur recommande de se servir d’aimans prismatiques ou octaèdres plutôt que d’aimans carrés, les particules de fer étant plus fortement attirées par les angles que par les surfaces.
- Quelque précaution que l’on prenne, il s’échappe toujours un peu de poussière qui se répand dans l’atelier, sur-tout au moment où l’on affûte la meule. Pour en garantir les ouvriers, M. Abraham a imaginé une espèce de masque ,7%. 8, qu’on place sur la bouche, et qui est couvert de trois ou quatre épaisseurs de crêpe ou de mousseline : ce masque est garni de seize barreaux aimantés, qui arrêtent la poussière avant qu’elle atteigne le tissu ; la partie supérieure de cette pièce, qui est en bois , porte un fil de fer recourbé, qui prend la forme du nez, et qui est aussi garni de mousseline, pour couvrir les narines : le tout est attaché par deux cordons passant autour de la tête et noués par-derrière.
- On pourrait aussi se servir d’une espèce de collier garni de barreaux aimantés , qu’on placerait autour du cou.
- ARTS CHIMIQUES.
- Moyen d'éviter la rupture des cornues et des creusets> et de luterles crevasses qui syy seraient formées accidentellement ; par M. Wiîlis.
- Les personnes chargées d’exécuter les opérations chimiques, soit en grand, soit dans le laboratoire, éprouvent souvent des pertes considérables par la rupture des vases de terre employés pour la fusion des métaux, et qui sont exposés à un feu violent; il est donc de leur intérêt de connaître un moyen d’éviter cet accident. Le procédé de M. Willis, récompensé par la Société d’Encouragement de Londres, paraît remplir l’objet désiré.
- Pour empecher les matières contenues dans les creusets ou les cornues de pénétrer à travers les pores de l’argile dont ils sont formés, l’auteur
- prépare
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- prépare un enduit composé de 2 onces de borax dissous dans une pinte d’eau bouillante, auquel onajoute de la chaux éteinte, en quantité suffisante pour former une pâte de consistance légère. Cet enduit, qu’on passe avec un pinceau à l’intérieur et à l’extérieur des creusets, se vitrifie aussitôt que les vases sont exposés à une forte chaleur. Il empêche bien la pénétration des substances mises à distiller, mais il ne peut prévenir leur rupture.
- Pour remplir ce second objet, l’auteur recouvre les cornues d’un enduit composé d’huile de lin ordinaire et de chaux éteinte, ayant une consistance convenable pour s’étendre facilement avec le pinceau ; ensuite il les fait sécher pendant un jour ou deux. Il faut avoir soin, chaque fois qu’on charge les cornues, de les couvrir de cet enduit ; on pourra alors s’en servir jusqu’à quatre ou cinq fois sans qu’elles se brisent. Dans le cas où il s’y formerait des crevasses, on les bouche avec la même composition, et on les saupoudre d’un peu de chaux éteinte : cette opération peut se faire sans aucun danger, même lorsque la cornue est fortement chauffée.
- M. Willis assure que ce procédé a toujours réussi sur des creusets dans lesquels il faisait fondre des métaux.
- Nouvelle couverte -pour les poteries communes ; par M. Meigh.
- On sait que les poteries communes sont couvertes d’un vernis, dans la composition duquel il entre du plomb, ce qui présente de grands dangers pour la santé lorsqu’on y fait séjourner des acides végétaux ou qu’on y fait bouillir des substances grasses.
- Pour remédier à cet inconvénient, M. Meigh conseille l’emploi d’un vernis dont voici la composition.
- On prend une quantité quelconque de l’espèce d’argile rouge qui se trouve par couches très-étendues dans une grande partie de l’Angleterre, entre Durham et Exeter; on la triture dans de l’eau et on en forme une poudre très-fine dont on recouvre les poteries, préalablement séchées et avant de les porter au four. Ce premier enduit étant bien sec, on prépare un vernis composé de parties égales de feldspath, de verre et d’oxide noir de manganèse, bien pulvérisés et étendus d’eau , à la consistance de crème. On plonge les poteries dans ce mélange, et quand elles sont convenablement sèches, on les fait cuire à la manière ordinaire. On obtiendra ainsi une couverte d’un noir brillant, très-solide, et exempte de toute substance nuisible. Quand on veut avoir un vernis transparent, on omet le manganèse.
- La Société d’Encouragement de Londres a fait répéter ce procédé, et
- Vingt-deuxième année. Juin 1823. X
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- d’après le compte avantageux qui lui en a été rendu, elle a décerné à M. Meigh la grande médaille d’or.
- P ro cédé pourpeindre sur velours de soie, applicable au velours de coton; par M. Vauchelet (1).
- On prend du papier lucidonique que l’on étend sur l’objet que l’on veut copier, et sur lequel on calque le dessin avec un poinçon ; on rougit l’envers de ce calque, dans toute son étendue , avec de la laque fine réduite en poudre ; on applique ce calque sur une feuille de parchemin bien lisse, et on décalque avec un poinçon chaque objet séparément, en employant autant de feuilles de parchemin qu’il y a d’objets et de couleurs différentes dans le dessin.
- On découpe ensuite à jour toutes les feuilles de parchemin, dans la forme du trait que lui a donné le décalcage; toutes les découpures étant faites, on prend le morceau de velours que l’on veut peindre, ou l’étend sur une table couverte d’un tapis vert, on prend chaque planche de parchemin l’une après l’autre, on la pose sur le velours à l’endroit même où doit être la partie du dessin qu’elle représente : on prend avec un pinceau de la couleur convenable à celle qui se trouve sur la même partie dans le dessin, et on l’applique sur la partie du velours que le parchemin laisse à découvert.
- On en fait autant pour chaque feuille de parchemin séparément; de cette manière, on obtient le dessin tout entier.
- L’exécution de ce procédé demande beaucoup de soin et d’attention pour ne pas effacer le dessin ; car il s’exécute de suite en entier, sans attendre que la partie que l’on vient de peindre soit sèche pour en commencer une autre : on raccorde ensuite au pinceau, ou au moyen de nouvelles planches, les parties qui ne seraient pas bien venues.
- Préparation de Vhuile employée dans ce genre de peinture.
- On réduit en poudre très-fine 20 grains de sel ammoniac et 20 grains de sel de prunelle, on jette cette poudre dans une livre d’huile de lin la plus clarifiée possible, et on fait bouillir pendant trois heures.
- Une heure avant de retirer l’huile de dessus le feu on y met un morceau de pain tendre, qu’on a soin de bien imbiber d’acide sulfurique, et trois gros oignons coupés en morceaux.
- (1) Extrait du cinquième volume de la Description des machines et procédés spécifiés dans les brevets d’invention dont la durée est expirée. -
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- Lorsque le pain est presque calciné et que les oignons sont fondus, on retire l’huile, qu’on passe dans un torchon neuf; on la met en bouteilles et on s’en sert pour broyer les couleurs au fur et à mesure qu’on en a besoin pour peindre, observant de l’employer avec ménagement, pour que les couleurs broyées ne soient pas coulantes su^* la glace, mais en consistance de beurre.
- Cette huile ne s’étend pas sur le velours au-delà des traits du dessin (i).
- Note sur le palladium $ par M. de Puymaurin fils, directeur adjoint à la Monnaie des médailles (2).
- Le palladium est un métal rare qui ne se trouve qu’en très-petite quantité dans la mine de platine; on ne parvient à le séparer de ce métal et de ceux qui sont ordinairement unis à lui que par des procédés très-compliqués. JFollaston le découvrit en i8o3 ; M. Vauquelin a fait beaucoup de recherches sur ce métal, dont on n’avait pu se procurer que de très-petites quantités ; ce qui met un obstacle à l’examen et à l’appréciation de toutes ses qualités.
- Ce métal, ainsi que le platine, étaient considérés comme infusibles ; M. Brèant, auteur de la découverte d’un procédé pour purifier et fondre le platine, a été chargé de traiter celui que la couronne d’Espagne avait fait recueillir depuis la découverte de ce métal en 1741 (par M. Wood), et qui était sans emploi, faute de procédés pour en tirer parti.
- Par un travail sur plus de 1000 kilogrammes de mine de platine, il a obtenu une quantité de palladium assez notable pour étudier ses propriétés.
- La rareté de ce métal est cependant telle, que dans une quantité aussi considérable, il n’en a pu retirer que 900 grammes.
- Il est à croire qu’une occasion aussi favorable pour en obtenir se présentera difficilement, et que ce métal sera encore long-temps aussi rare que précieux : sa valeur est de 19 fr. le gramme, ce qui répond à 19,000 fr. le kilogramme, tandis que la même quantité d’or pur vaut seulement
- 3,434 fr. 44 c*
- La couleur du palladium approche de celle de l’argent, et sa ductilité est la même; mais elle paraît altérable comme celle de l’or; sa pesanteur spécifique est de 1 2.
- M. Vauquelin le regardait comme aussi infusible que le platine; M. Bréant
- (1) jVoyez un rapport sur les peintures de M. Vauchelet f inséré dans le tome YIII du Bulletin, page 3.
- (2) Extrait du cahier de juillet 1823 de la Bibliothèque universelle.
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- est parvenu à le fondre complètement; il estime sa fusibilité égale à celle du fer. '
- L’air et l’eau ne l’altèrent nullement.
- Chauffé au rouge obscur sous la moufle d’un fourneau, il prend une teinte rouge violacée, qui passe au bleu en continuant le même degré de chaleur; mais en élevant la température, il reprend tout son éclat métallique , et le conserve si on le refroidit subitement en' le plongeant dans l’eau.
- Il est très-peu soluble dans les acides purs; mais un mélange d’acide nitrique et d’acide hydrochlorique le dissout même à froid.
- Il s’allie aisément avec les métaux, et l’alliage est généralement ductile ; une petite quantité suffit pour décolorer l’or entièrement.
- Il se combine avec le mercure, avec le soufre et très-probablement avec le carbone; car fondu dans un creuset rempli de noir de fumée, il devient aigre au point de se broyer à chaud sous le marteau, en dégageant une fumée blanche.
- La belle couleur que prend le palladium à un certain degré de chaleur le fera probablement employer à la préparation des émaux. Si ce métal inoxidable devenait assez commun pour augmenter nos matériaux industriels, on l’appliquerait avec succès à la fabrication des médailles et des vases de chimie : sa ductilité et son éclat le feraient substituer à l’argent dans quelques articles de bijouterie ; enfin on en ferait des galons blancs , dont l’éclat ne sé ternirait jamais.
- ART VÉTÉRINAIRE.
- Programme du concours pour la chaire de marêchalerie et de jurisprudence vétérinaire, vacante à P Ecole royale dl économie rurale et vétérinaire de Lyon.
- Première séance. — Exercice théorique et pratique de la forge et de la ferrure, sur des pieds bien conformés et sur des pieds défectueux de chevaux, d’ànes, de mulets et de boeufs.
- deüxième séance. — Exercice théorique et pratique sur l’anatomie des pieds et des parties correspondantes, dans les divers animaux domestiques susceptibles d’être ferrés.
- troisième séance. — Exercice théorique sur les maladies des pieds des animaux auxquelles on peut remédier par la ferrure, ou qu’elle peut occasionner.
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- quatrième séance. — Exercice sur les matières premières employées par le maréchal : le fer, l’acier, le charbon, le bois, l’eau, etc. — Sur les instrumens à forger, à ferrer. — Sur la construction des forges, râtelier, etc.
- cinquième séance. — Examen des règles de la médecine légale appliquée aux transactions commerciales relatives aux animaux domestiques. — Des maladies et des vices appelés rédhibitoires. — Rédaction des procès-verbaux et des rapports judiciaires.
- sixième séance. — Examen des règles de la médecine légale appliquée à l’hygiène publique et particulière des animaux. — Des enzooties, des épizooties , des maladies contagieuses. — Rédaction des rapports à faire aux autorités administratives, militaires et civiles.
- septième séance. — Exercice théorique sur l’anatomie et sur la connaissance extérieure des animaux.
- huitième séance. — Exercice théorique sur la botanique, la matière médicale et la pharmacie.
- neuvième séance. — Exercice théorique et pratique sur les maladies et les opérations chirurgicales.
- . dixième séance. — Exercice théorique sur les diverses parties qui composent le second cours d’études de l’art vétérinaire : l’économie rurale, la zoologie, la physique et la chimie.
- séance de clôture. — Argumentations.
- Le concours sera ouvert le Ier. mars 1824, à l’École royale d’économie rurale et vétérinaire de Lyon, en présence d’un jury spécial, conformément à l’article 12 du décret du 15 janvier 1813.
- MM. les candidats seront tenus de se faire inscrire d’avance, soit au Bureau d’agriculture du Ministère de l’intérieur, rue des Saints-Pères, n°. i3 , faubourg Saint-Germain, à Paris, soit à la Direction de l’École de Lyon.
- Ils devront être français ou naturalisés en France.
- Ils seront tenus de produire le diplôme de médecin vétérinaire, ou celui de maréchal vétérinaire, qu’ils auront obtenu dans Tune des Écoles vétérinaires d’Alfort ou de Lyon.
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- Liste des membres et adjoints composant le Conseil d’Administration de la Société d’Encouragement, à Vépoque du 3o juin 1823.
- BUREAU.
- MM.
- Président.
- Le comte Chaptal (G. O. îgt, chevalier tle l’ordre du Roi , pair de France, membre de l'Académie des Sciences, rue de l’Université, n°. 45.
- Vice-Présidens.
- Le comte de Lasteyrie , membre de la Société royale et centrale d’Agriculture, rue du Bac, passage Sainte-Marie.
- Le duc de la Rochefoucauld-Doudeauville . (#), pair de France, directeur général des postes, rue de Yarennes, n°. 33.
- Secrétaire.
- Le baron deGérando (C. ^), conseiller d’État, membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, impasse Férou, n°. y.
- Secrétaires-Adjoints.
- Jomard , chef du Bureau de l’Instruction publique, commissaire du Gouvernement près la Commission d’Egypte, membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, rue de Grenelle-Saint-Germain, n°. i5.
- Cl. Anth. Costaz , ex-chef de la Division des Arts et Manufactures au Ministère de l’intérieur, rue du Mont-Blanc, n°. 48.
- Trésorier.
- Montamant (O. ^), administrateur des tontines , membre du Conseil général du département de la Seine , rue de Ménars, n°. 14»
- Censeurs.
- Becquey (O. ^) , conseiller d’Etat, directeur général des Ponts et Chaussées et des Mines, place Vendôme, n°. 19.
- Le duc de la Rochefoucauld-Liancourt (^), pair de France, chevalier de l’ordre du Saint-Esprit, correspondant de l’Institut, rue Royale , n°. 9.
- COMMISSION DES FONDS.
- Le comte Abrial (G. O. ^), pair de France, rue Plumet, n°. 18.
- Bigot de Préameneu (G. O. ^), membre de l’Académie française, rue deVarennes, n°. 17.
- MM. '
- Boulard père , notaire honoraire, rue des Petits-Augustins, n°. 21.
- Brillatde Savarin ({^), conseiller à laCour de Cassation, rue des Filles-Saint-Thomas ,n°.23.
- Le comte Alex, de la Borde (O. , de
- l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, membre de la Chambre des Députés, rue d’Artois, n°. 28.
- Le baron de Ladoucette (^), ancien préfet, président de la Société des Antiquaires de France, rue Ghantereine, n°. 8.
- Leroy ( ^ ^ ) , ancien consul général de France , rue de Tournon , n°. 12.
- Le marquis de Pastoret ( C. ^ ) , pair de France, membre de l’Académie française
- ' À
- et de celle des Inscriptions et Belles-Lettres , place Louis XV, n°. 6.
- Pérignon (#), chevalier de l’ordre du Roi, membre du Conseil général du département delaSeine, rueNeuve-Saint-Augustin, n°. 8.
- Le duc de la Vauguyon (C. î^), pair de France, chevalier de l’ordre du Saint-Esprit, rue Saint-Lazare , n°. 88.
- Adjoints.
- Bordier, peintre d’histoire, rue du Roi de Sicile , n". 28.
- Chaslon(^), ancien administrateur des Douanes, rue Neuve-des-Petits-Champs, n°. 97.
- Michelin (Hardouin), conseiller référendaire à la Cour des Comptes, rue d’Orléans, n°. 5, au Marais. -
- COMITÉ DES ARTS MÉCANIQUES.
- Ampère (^), chevalier de l’ordre du Roi, inspecteur général de l’Université , membre de l’Académie des Sciences, rue des Fossés-Saint-Victor, n°. 19.
- Brégltet (^)î horloger, membre de l’Académie des Sciences, quai de l’Horloge, n°. 79.
- Francoeur, professeur à la Faculté des sciences, rue du Cherche-Midi, n°. 25.
- Le vicomte Hèricart de Thury (O. ,
- maître des requêtes, directeur des travaux de Paris , ingénieur en chef des Mines, ins-
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- MM.
- pecteur général des carrières, rue Poultier, n°. 7, île Saint-Louis.
- Humblot-Conté , membre de la Chambre des Députés, rue de Grenelle-Saint-Germain 5 n°. 42.
- Molard aîné (^), membre de l’Académie des Sciences et du Comité consultatif des arts et manufactures, rue de Charonne, hôtel Vaucanson.
- Poisson (^), membre de l’Académie des Sciences, inspecteur général de l’Université , rue de Coudé, n°. 10.
- de Prony (O. ^), chevalier de l’ordre du Roi, membre de l’Académie des Sciences , directeur de l’Ecole royale des Ponts et Chaussées, rue Culture-Sainte-Catherine , 110. 27.
- Tarbé de Vauxclairs (O. , chevalier de
- l’ordre du Roi, maître des requêtes , inspecteur général des Ponts et Chaussées, rue de Hanovre, n°. 5.
- Le baron Ternaux (O. ^), membré de la Chambre des Députés et du Conseil général du département de la Seine, place des Victoires, n°. 6.
- Adjoints.
- Baillet de Belloy (^), inspecteur divisionnaire des Mines, rue du Bouloy, hôtel de Bretagne.
- Hachette, professeur de géométrie descriptive à la Faculté des Sciences, membre du Conseil royal d’agriculture , impasse Saint-Dominique-d’Enfer, n°. 6.
- Molard jeune, administrateur-adjoint du Conservatoire des arts et métiers, rue Mes-lée, n°. 25.
- Pajot-Descharmes , membre du Comité consultatif des Arts et Manufactures , rue de la Verrerie, n°. 58.
- Regnier (^) , ingénieur mécanicien, membre honoraire du Comité consultatif des Arts et Manufactures, rue de l’Université , n°. 4*
- COMITÉ DES ARTS CHIMIQUES.
- Bréant, vérificateur des essais à la Monnaie.
- d’Arcet (^), chevalier de l’ordre du Roi, membre de l’Académie des Sciences, inspecteur général des Essais, à la Monnaie.
- d’Artigues (^), fabricant de cristaux, membre
- MM.
- du Conseil général des Manufactures, rue du Faubourg-Poissonnière, n®. 3o.
- Despretz, professeur de chimie à l’École polytechnique , rue des Fossés-St.-Victor, n°. 19.
- Mérimée (^), peintre, secrétaire perpétuel de l’École royale des Beaux-Arts, rue des Petits-Augustins, n°. 16.
- Pelletier j pharmacien, membre du Collège de Pharmacie , rue Jacob, n°. 11.
- Roard (^) , propriétaire de la fabrique de céruse à Clichy, membre du Comité consultatif des Arts et Manufactures, rue Montmartre, n°. 160.
- Robiquet, pharmacien, professeur de chimie à, l’Ecole centrale de Pharmacie, rue de la Monnaie , n°. 9.
- Thénard (^) , membre de l’Académie des Sciences et du Comité consultatif des Arts et Manufactures, professeur de chimie au Collège de France, rue de Grenelle-Saint-Germain , n°. 42.
- Vauquelin (^), membre de l’Académie des Sciences, administrateur du Muséum d’His-toire naturelle, rue de Seine-Saint-Victor.
- Adjoints.
- Boullav (^), pharmacien, rue des Fossés-Montmartre , n°. 17.
- Païen fils, fabricant de produits chimiques, à Vaugirard.
- COMITÉ DES ARTS ÉCONOMIQUES.
- Bouriat, membre de l’École spéciale de Pharmacie , rue du Bac, n®. 39.
- Christian (^), administrateur du Conservatoire des Arts et Métiers, rue et abbaye Saint-Martin.
- Le baron Cagniard-Latour (^), rue du Rocher, n°. 36.
- Le baron Delessert (O. ^), régent de la Banque de France, membre de l’Académie des Sciences et de la Chambre des Députés , rue Coq-Héron, n°. 3.
- Derosne (Charles), pharmacien, rue Saint-Honoré, n°. 115.
- Gillet de Laumont (^), chevalier de l’ordre du Roi, inspecteur général des Mines, membre de l’Académie des Sciences et de la Société royale et centrale d’agriculture, quai de la Tournelle, n°. 3. -
- Lab arr aque, pharmacien, rue St.-Martin, n. 69.
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- MM.
- Say (J.-B.), professeur d’Économie politique au Conservatoire des Arts et Métiers, rue du Faubourg-Saint-Martin, n°. 62.
- Adjoints.
- Delunel , ancien pharmacién, rue de l’Échiquier, n°. 38.
- Le duc de ea Rochefoucauld-Liancourt.
- Vallot , ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, rue du Jardinet, n°. 8.
- COMITÉ D’AGRICULTURE.
- Baudrixlart (^), chef de division à l’Administration des Forêts, membre de la Société royale et centrale d’Agriculture, rue Neuve-Saint-Augustin , n°. a3.
- Bosc (^) , inspecteur général des Pépinières du Gouvernement, membre de l’Académie des Sciences et de la Société royale et centrale d’Agriculture, rue des Maçons-Sorbonne, n°. i5.
- Challan (O. ^), membre de la Société royale et centrale d’Agriculture, rue des Champs-Elysées , n°. 8.
- Le baron de Chassiron (^), maître des Comptes, membre de la Société royale et centrale d’Agriculture, rué Neuve-St.-Augustin, n. 19.
- Le Cte. François de Neufchateau (G. O. membre de l’Académie française , président de la Société royale et centrale d’Agriculture, rue du Faubourg-Poissonnière, n°. 93.
- Huzard («j» , inspecteur général des Ecoles
- vétérinaires, membre de l’Académie des Sciences, rue de l’Eperon, n°. 7.
- Le comte de Lasteyrie.
- Silvestre (^J), bibliothécaire du Roi, membre de l’Académie des Sciences, secrétaire perpétuel de la Société royale et centrale d’Agri-cultüre , rue de Seine, hôtel de la Rochefoucauld.
- Tessier (^), inspecteur général des Bergeries royales, membre de l’Académie des Sciences et de la Société royale et centrale d’Agriculture , rue des Petits-Augustins, n°. 26.
- Adjoints.
- Labbé, aîné, propriétaire, membre de la Société royale et centrale d’Agriculture , rue Duphot, n°. 17.
- Vilmorin aîné, pépiniériste, quai de la Mégisserie, n°. 3o.
- COMITÉ DE COMMERCE.
- MM.
- Bellangé, manufacturier, rue Sainte-Apolline, n°. i3.
- Bérard (^), maître des Requêtes, rue du Helder, n°. i3.
- Le baron Coquebert de Montbret , de l’Académie des Sciences , rue Saint-Dominique, n°. 71 , faubourg Saint-Germain.
- Davillier (^), banquier, boulevart Poissonnière, n°. i5.
- Delessert (François), banquier, membre de la Chambre de Commerce, rue Coq-Héron, n°. 3.
- Gauthier de Brécy, lecteur du Roi, rue du Houssaye, n°. 2.
- Laffond de Ladebat, ancien Député, rue Basse-du-Rempart, n°. 4.
- de Lavigerie (^) , inspecteur général des Douanes, rue Cadet, n°. 7.
- Sivard de Beaulieu (^), administrateur des Monnaies, membre de la Chambre des Députés.
- Vital-PiOux (^), régent de Ha Banque de France, rue de Richelieu, n°. 104.
- COMMISSION DU BULLETIN.
- Francoeur,
- Molard ,
- Tarbé ,
- d’Arcet, .
- Mérimée , \ pour les Arts chimiques.
- Christian, )
- Bouriat t pour les Arts économiques.
- °Sr ’ 1 pour l’Agriculture.
- de Lasteyrie,) a 0
- Coquebert de Montbret, pour le Commerce.
- Boulard , pour les Fonds.
- Rédacteur du Bulletin de la Société.
- M. Daclin , rue d’Anjou, n°. 24, faubourg Saint-Honoré.
- Agent général de la Société.
- M. Guillard-Senainville (^), secrétaire du Comité consultatif des Arts et Manufactures, rue du Bac , n°. 42 , au local de la Société.
- pour les Arts mécaniques.
- Imprimerie de Madame HUZARD (née Vallat la Chapelle), rue de l’Éperon, n°. 7, à Paris,
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- VINGT-DEUXIÈME ANNEE. (N°. CCXXIX.) JUILLET l823.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES.
- Rapport fait par M. Jomard9 au nom d’une Commission spèciale , sur les machines à graver en taille-douce.
- Le Conseil a nommé une commission, composée de MM. Mérimée, Fran~ cœur et moi (M. Bèrard adjoint), pour lui rendre compte d’üne machine à graver présentée par M. Schlick, né Danois, et en même temps pour lui soumettre un examen comparatif des diverses machines du même genre qui ont été exécutées depuis l’origine des travaux de la Société. Dès la première réunion, les commissaires ont reconnu, tous unanimement, que la machine inventée par feu Conté, l’un de vos membres les plus recommandables et les plus dignes de regrets, avait la priorité sur les autres, et qu’elle méritait un rapport séparé. C’est un hommage que réclame la mémoire d’un mécanicien ingénieux, dévoué aux progrès des arts et au bien de l’humanité. Sa machine, après avoir, depuis vingt ans, débarrassé la gravure des plus grandes difficultés matérielles, a été introduite dans diverses manufactures, appliquée à différens usages; elle a rendu des services signalés, et cependant elle n’est ni décrite ni gravée dans votre Bulletin. Yotre commission a pensé, Messieurs, que cette occasion de réparer une telle omission devait être saisie avec empressement, et elle m’a chargé i°. de vous présenter l’historique de la machine de Conté (car c’est sous ce nom qu’elle est connue dans les arts) ; 2,0. de vous proposer de faire'dessiner et graver cet instrument, pour être publié dans le Bulletin, à la suite du présent rapport. Elle se réserve de faire plus tard, et quand elle se sera procuré tous les rensei-Vingt-deuxieme année. Juillet 182 5. Y
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- gnemens qu’elle attend, un rapport sur les différences qu’on remarque dans les machines exécutées depuis la mort de l’auteur, arrivée en décembre i8o5.
- "Votre rapporteur ayant été chargé par le Gouvernement, peu après cette époque, de la direction des travaux de la Description de tÉgypte, a eicune multitude d’occasions d’appliquer cet instrument et d’en apprécier l’utilité, ou, pour mieux dire, l’inappréciable avantage sur les procédés ordinaires de gravure. Il en a montré à vos autres commissaires tous les produits, et après qu'ils se sont assurés de la perfection des résultats, ils ont vu fonctionner la machine même dans les ateliers de la Commission d’Egypte. Ils ont reconnu que, soit la beauté et l’uniformité du travail, soit l’économie ne laissaient rien à désirer, qu’on ne pouvait les comparer qu’à la promptitude de l’exécution ; enfin ils ont pensé que tous ces avantages réunis méritaient à l’inventeur la reconnaissance de tous les amis des arts et de la gloire nationale. Si, en Angleterre, il existait dès i8o3, comme on l’assure, des machines à graver, il est certain que Conté n’en avait aucune connaissance. De plus, à en juger par les ouvrages de gravure publiés jusqu’à cette époque, les ins-trumens d’alors devaient être d’une assez petite dimension; d’ailleurs rien ne porte à croire qu’ils fussent exécutés sur le plan et d’après le système qu’imagina le génie inventif de Conté. En tout cas, ce procédé était tellement secret dans l’étranger, qu’on ne parlait que très-vaguement de l’existence de ces machines, et que même en i8i5 votre rapporteur ne put parvenir à les voir dans les ateliers. Ainsi, sous le rapport de l’invention, le mérite de Conté est inattaquable, aussi bien qup^ous celui de l’exécution.
- Je passe maintenant à l’historique et à la description succincte de là machine, en faisant usage des notes qui ont éié remises au secrétaire perpétuel de la classe des Beaux-Arts de l’Institut, pour son rapport sur les progrès des arts depuis l’année 1800.
- Conté fut nomméf, en iSo3, directeur des travaux de la Commission qui s’occupe de publier une description de TËgypte; il s’aperçut bientôt que la grande difficulté était l’exécution des planches; que la gravure en serait excessivement dispendieuse, et quelle pouvait devenir, sinon un obstacle à la publication de l’ouvrage, du moins une cause inévitable d’un très-long délai. Il chercha aussitôt les moyens d’abréger ces délais et de diminuer les dépenses, qui auraient pu décourager; il obtint le double succès qu’il cherchait : il fit plus; car la machine qu’il a inventée donne aux objets gravés par elle une perfection qu’on n’aurait pu obtenir par les moyens ordinaires. ?
- La partie la plus intéressante de l’ouvrage sur l’Égypte est la description
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- des monumens anciens que renferme ce pays si renommé. L’ensemble ou les parties isolées de ces monumens et d’un grand nombre de sites pittoresques, présentaient presque par-tout à graver, ou des ciels, ou des détails d’architecture, ainsi que le genre de travail qu’on nomme teintes plates, ou enfin beaucoup de tableaux composés de figures hiéroglyphiques. Il faut, pour donner du relief à ces figures et faire ressortir leurs formes d’une manière bien déterminée, les dessiner sur des fonds imitant le lavis le plus parfait, et d’une nuance bien égale : Conté a cherché et trouvé ces effets.
- Il paraît que d’autres avaient eu l’idée d’une machine à graver : différens essais avaient été tentés, mais les nombreux obstacles qu’il fallait surmonter avaient fait échouer tous les efforts; pour réussir, il fallait un homme qui possédât comme lui le génie qui invente, la main qui exécute.
- Les parties de la gravure que l’on appelle fonds, teintesplates, employées à représenter les plans qui ont par tout la même teinte et la même intensité de couleur, se rendent par des lignes droites plus ou moins profondes ou rapprochées, suivant le degré d’intensité de couleur que l’on veut obtenir. La perfection de ces sortes d’ouvrages consiste dans l’exactitude que l’artiste met à placer ses tailles à une distance parfaitement égale, à les maintenir dans un parallélisme exact, et dans son adresse à les creuser par - tout à la même profondeur. Les lignes qu’elles représentent sont presque toujours si serrées, qu’il n’a d’autre moyen pour se diriger que son intelligence. 11 est aisé de concevoir que les écarts de la main et de l’œil doivent être fréquens ; que ce n’est que par des tâtonnemens pénibles qu’il peut arriver à un degré de perfection relatif, mais jamais absolu.
- La machine de Conté a l’avantage d’atteindre sûrement à ce dernier degré, par sa construction ; la pointe vient toujours se placer rigoureusement à une distance déterminée de la taille qu’elle a donnée précédemment. La ligne qu’elle a tracée dans son mouvement est parfaitement parallèle : ce dernier point de perfection n’était pas facile à obtenir, parce que le cuivre, sur lequel il faut agir, n’étant point par-tout d’une densité égale, résiste plus ou moins à la pointe ; mais l’obstacle a été surmonté par des procédés ingénieux, que la description de la machine peut seule indiquer, et qui réussissent parfaitement, comme l’attestent les beaux fonds que l’on admire dans la description de l’Égypte, quelque étendus qu’ils soient.
- Dans certains cas, les lignes, au lieu d’être droites, doivent être ondulées; c’est un résultat que la machine donne également avec une grande perfection. Conté avait aussi été tenté de faire des teintes au pointillé ; ses
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- essais promettaient une heureuse réussite et devaient être d’une grande importance pour l’art de la gravure; mais la mort l’a surpris avant qu’il ait pu les terminer.
- Si l’emploi de la machine à graver eût été borné à faire des teintes plates et des fonds, son objet le plus important n’eût pas été rempli. Dès que les tailles d’un fond sont régulièrement espacées et également rentrées , il est parfait, sur-tout si l’artiste donne l’intensité de couleur exigée. Il restait encore à tenter l’exécution de ce que, dans la gravure, on appelle ciels ; mais les obstacles augmentaient ; le problème était d’un ordre supérieur; il fallait trouver des moyens nouveaux et proportionnés aux difficultés.
- Un ciel étant destiné à servir de fond à une vue de perspective d’un objet quelconque que tracent ses contours sur l’horizon, il faut qu’il rende la dégradation insensible de la lumière réfléchie par l’atmosphère, et qui, de peu de densité au zénith, va augmentant d’éclat jusqu’à l’horizon même. Le procédé employé pour obtenir cet effet consiste à modifier les tailles, qui d’abord vont en se rapprochant et en diminuant de profondeur dans un rapport progressif et constant, depuis le point le plus obscur jusqu’aux lieux les plus éclairés. Un ciel est d’autant plus parfait, que ces deux conditions sont plus exactement remplies. On conçoit que l’artiste qui, par la nature de son travail, ne peut en faire que de petites parties chaque jour, est dans l’impossibilité d’apprécier dès le commencement l’effet total, et qu’il n’arrive à un résultat satisfaisant qu’en retouchant souvent à son ouvrage, pour en remettre toutes les parties d’accord : aussi les difficultés sont si grandes, que le plus souvent l’on a recours à un moyen qui masque l’imperfection de l’ouvrage; l’on fait un ciel nébuleux : mais comme celui d’Égypte est presque constamment serein, et que, par sa position rapprochée de l’équateur, l’aspect de ce climat a un caractère particulier qu’il était important de rendre, et qui donne aux objets une manière d’être, que les climats du Nord n’offrent que rarement, Conté a tenté d’exécuter avec sa machine des ciels sans nuages et d’une dimension extraordinaire, tels que les renfermaient en grand nombre les dessins qu’il s’agissait de graver.
- Il fallait pour y parvenir qu’à chaque taille nouvelle la pointe vînt se placer à une distance de la taille voisine, égale à celle qui séparait les deux précédentes, plus une différence infiniment petite : par exemple, d’après la construction de la machine, la somme de trois cent soixante de ces différences doit être égale à la moitié de la première distance. Si l’on suppose que cette distance ne soit que d’un millimètre, et presque toujours elle est
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- beaucoup moindre, on augmente à chaque fois d’un sept cent vingtième de millimètre (i) : cela se fait avec tant d’exactitude, que, dans un espace donné, l’on peut toujours faire entrer un nombre déterminé de tailles ainsi dégradées. Ce point obtenu , la moitié du problème seulement était résolue; car il ne suffit pas, pour que la lumière d’un ciel se dégrade, que la distance entre les tailles qui le forment aille en augmentant d’une manière progressive et régulière ; il faut encore que la profondeur de ces tailles éprouve une dégradation semblable, et pour ainsi dire parallèle à celle de la distance. Pour cela, il faut que la pointe s’enfonce dans le cuivre, à la première taille, d’une quantité déterminée, et que cette quantité diminue à chaque taille nouvelle dans un rapport exact avec la différence, dont la distance entre ces tailles est augmentée chaque fois.
- On peut considérer ces deux dégradations inverses comme deux séries arithmétiques renversées l’une par rapport à l’autre, et qui ont la même différence. La première condition, celle de l’accroissement régulier et progressif de la distance entre les tailles, est remplie, dans la machine à graver, par un moyen ingénieux, d’un usage facile et prompt, dont les résultats sont certains et variés au gré du graveur. Les plans de la machine feront aisément comprendre le détail de l’opération.
- Conté remplit la seconde condition en imprimant à sa pointe un moyen de pression sur le cuivre, dans lequel il doit s’enfoncer, pression qu’on règle à volonté et d’une manière régulière et progressive, au moyen d’un ressort dont l’effort vient s’exprimer en degrés sur les divisions d’un cercle ou cadran.
- C’est particulièrement dans le moyen nouveau de tracer une division qui pût exprimer telle série arithmétique qui serait donnée, que réside le mérite de cette invention : la facilité avec laquelle un ouvrier d’une intelligence ordinaire peut exécuter des opérations si délicates, donne à cette machine une valeur inappréciable pour les arts.
- On sait que Conté ne fit pas une spéculation de sa découverte, qui, s’il l’eût tenue secrète, aurait pu lui procurer un grand moyen de fortune. Des hommes qui en sentirent l’importance lui proposèrent de l’acquérir, et lui offrirent de grands avantages; il rejeta leurs offres : c’était pour le succès des travaux de la Commission d’Égypte , et non pour lui-même, que cet homme, doué d’un zèle pur, avait inventé sa machine. La première qui a été exécutée le fut tout entière de sa main : c’est avec elle que la Commission a fait pour plus de 3oo,ooo francs de travaux, qui n’en auront pas
- (1) Voyez l’explication de la PL , fig. 2.
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- coûté 3o,ooô. Plusieurs artistes et manufacturiers, parmi lesquels on compte MM. Oberkampf, lui ont demandé aussi de la faire copier et de l’appliquer à leurs besoins particuliers; ce qu’il s'est hâté de leur accorder, trouvant une récompense suffisante dans l’utilité que les arts devaient en retirer.
- Pour donner une idée de la composition de la machine, j’ajouterai ici une description très-succincte, en renvoyant, pour les détails, à l’explication des planches. Qu’on se représente une forte table, large de im,3, sur un mètre environ (4 pieds sur 3) ; on y fixe solidement, par des griffes plates , la planche à graver; une roue verticale, large de 5 décimètres, est garnie d’un indicateur ou aiguille qui, en tournant, donne le mouvement à une très-longue vis placée horizontalement au côté droit de la machine. Ce mouvement fait avancer, parallèlement à elle-même, une large règle en cuivre, située perpendiculairement à la vis : du côté opposé, elle marche sur deux galets. On conçoit que si la règle porte un chariot, et si ce chariot est armé d’une pointe quelconque, on obtiendra, en traînant le chariot le long de la règle, des lignes parfaitement parallèles. Ces lignes seront d’ailleurs équidistantes ou à des distances données , selon l’espace qu’on fera décrire à l’aiguille de la roue, dont la circonférence est divisée en huit arcs, subdivisés en deux. On arrête l'aiguille de rayon en rayon, ou de deux en deux, de trois en trois, etc., quand on veut faire avancer la règle d’une égale quantité; et lorsqu’elle doit faire des pas inégaux et que les intervalles doivent aller en croissant, on arrête l’aiguille, par exemple, sur le premier rayon, sur le troisième, sur le sixième, sur le dixième (ou le deuxième), et ainsi de suite. On se sert aussi de la roue pour graduer les ciels. Sur le champ de la roue sont faites des marques, placées sur les contours d’une hélice, à des distances qui sont en progression arithmétique. On fait tourner la roue, à chaque fois, de la quantité indiquée par la marque , et un ressort fixe la roue en ce point, pendant qu’on fait mouvoir le chariot.
- Le chariot a environ 14 centimètres (5 pouces) ; il embrasse la règle et peut glisser sur elle par un mouvement très-doux; un porte-pointe attaché au chariot reçoit les différentes pointes on molettes destinées à tracer les lignes. On voit comment s’obtiennent le parallélisme des tailles et leurs distances respectives ; reste à concevoir comment on peut graduer à volonté la pression, c’est-à-dire la quantité dont l’instrument pénètre dans le cuivre. Le moyen est très-simple ; le chariot porte un ressort à vis qui agit sur la pointe, et il est surmonté d’un cadran à aiguille , dont la division suffit à tous les besoins. Il est aisé de comprendre qu’on peut augmenter la pression
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- d’une quantité donnée et aussi petite que l’on veut, en tournant le cadran jusqu’à ce qu’il marque le degré correspondant.
- Ces explications suffisent pour se faire une idée générale de la manière dont on grave à la pointe sèche (i) ; il y a des procédés particuliers pour graver a l’eau-forte. A la pointe ou à la molette, on substitue un diamant; le cuivre étant recouvert de son vernis, on le place comme à l’ordinaire sous la règle. Le cadran étant à zéro de pression , on promène le diamant exactement à la surface de la planche, et il enlève une ligne infiniment étroite de vernis, sans entrer aucunement dans le métal : en versant ensuite l’eau-forte, on obtient tous les tons que l’on veut, selon le temps de la morsure, et les teintes sont décroissantes, suivant une loi quelconque „ en raison des intervalles des tailles. Cette différence dans les teintes peut encore s’obtenir en inclinant le cuivre, et faisant séjourner l’eau-forte plus ou moins long-temps sur ses diverses parties : e’est un moyen de plus de varier les effets.
- Quand on veut obtenir une ligne tremblée, comme pour les coupes ou les terrains, on substitue à la molette ordinaire une molette ondulée; mais quand on veut exprimer des mouvemens plus longs, comme les ondulations de l’eau, on imprime à la pointe un mouvement analogue, en la mettant en communication avec une grande tringle , crénelée suivant une certaine figure, et fixée parallèlement à la règle de cuivre.
- Deux conditions sont indispensables pour la beauté du travail à la pointe sèche : c’est la justesse dans l’axe de la molette et la bonté de la trempe; mais ce qui passe avant tout, est la perfection de la grande vis : le moindre défaut dans le pas de la vis doit suffire pour la faire rejeter.
- Par une addition au mécanisme, on peut encore obtenir des lignes convergentes au lieu de lignes parallèles, ce qui donne le moyen d’exprimer la perspective linéaire. Un artiste habile, M. G allais, est aussi venu à bout d’obtenir des lignes circulaires. L’inventeur lui confiait la construction des machines de ce genre, qui exigent des soins délicats; elles ont dû à ses efforts d’utiles perfectionnemens et des applications nouvelles : personne n’a mieux conçu l’objet qu’elles ont à remplir (2).
- En résumé, il est peu d’effets auxquels on ne puisse parvenir par cet ingénieux instrument. Parmi les résultats qu’il produit, on peut citer des ciels hauts d’un mètre (environ 3 pieds) et larges de 7 décimètres (26 pouces),
- (1) On peut faire usage du burin, avec des précautions appropriées à cet outil.
- (2) M. Tmublay a été chargé du maniement de la machine dans les ateliers de la Com-
- mission , depuis l’origine des travaux, et s’en est acquitté avec autant de zèle que de succès, ..
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- dégradés du haut en bas avec une parfaite régularité, et gravés en trois ou quatre jours seulement (ce serait l’ouvrage de huit mois et plus s’ils étaient gravés à la main) : des teintes d’eau d’un mètre de longueur, auxquelles il a été facile d’ajouter ensuite, à la main, tous les accidens qu’exige la variété pittoresque ; de grands fonds de bas-reliefs, longs de 12 décimètres (3 pieds 8 pouces), sur lesquels on ménage (en se servant du procédé de l’eau-forte) toutes les figures qui doivent se détacher en clair (1). La Description de VEgypte renferme plusieurs centaines de grands morceaux exécutés presque entièrement à l’aide de la machine à graver, comme azurs, fonds , teintes, coupes, plans d’architecture; d’autres grands ouvrages, tels que le Voyage de Constantinople (pour ne pas parler de plusieurs collections estimables qui sont d’un moindre format), ont tiré de cet instrument un parti non moins avantageux.
- La course du chariot, sur les machines de grandeur moyenne, est de im,i5 (3 pieds 7 pouces); on a une course encore beaucoup plus longue sur d’autres machines ; il n’y a guère de limite à cet espace que le poids de la règle. ?
- Adopté en séance, le 26 juin 1822. ; #
- ' Signé Jomard , rapporteur.
- Description de la machine à graver de Jeu Conté.
- Pl. 244,7%. I* Vue perspective de la machine montée et en action.
- Sur un établi solidement fixé au plancher repose une table massive , sur laquelle est fixée, par des griffes à écrous , la planche de cuivre destinée à être gravée. La machine se compose des pièces principales suivantes : i°. la table ; 20. la grande règle, qui peut se mouvoir parallèlement à elle-même le long d’une autre règle placée à angle droit, et à l’aide d’un support qui roule sur des galets; 3°. le chariot qui conduit la grande règle à
- (1) Voici comment on opère pour la gravure des bas-reliefs à l’aide de la machine : on grave d’abord à l’ordinaire les figures au trait, et on couvre ensuite la planche de vernis clair. On la porte sous la machine et on y trace par-tout avec le diamant la teinte de fond convenable , en raison de la grandeur et de la nature du sujet ; après quoi, on remet une couche de vernis noir, rqais au dedans des figures seulement, en ayant bien soin de couvrir le trait; puis l’on verse l’eau-forte sur le cuivre. La teinte de fond sort toute finie de f cette opération; il ne reste plus qu’à terminer au pointillé les figures du bas-relief. Pour “ exprimer la sculpture égyptienne, en relief dans le creux, après que le fond est tracé on recouvre de vernis noir non-seulement les figures, mais encore un certain espace étroit parallèle à leur contour, du côté opposé à la lumière.
- l’aide
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- ï’airle de la vis ; 4°* h' chariot à tracer qui porte les pointes et qui glisse le long de la règle, entre deux brides ou arrêts; 5°. la grande vis, pièce principale de toute la machine et la plus difficile à bien exécuter; 6°. la roue sur Taxe de laquelle est montée la vis , et dont la manivelle fait avancer le chariot sur cette même vis d’une quantité quelconque, déterminée par les divisions de la roue; 70. le ressort fixé sur le chariot de la grande règle; 8°. le ressort à boudin, dont le cadran sert à régler la pression de la pointe sur le cuivre ; 90. la tringle crénelée, destinée à communiquer un mouvement tremblé à la pointe, à l’aide d’une touche fixée au chariot.
- Le chariot est composé de diverses pièces, qui seront expliquées successivement (1). On fixe les griffes à écrou sur la table, à l’aide d’une clef coudée.
- Fig. 2. Plan de la machine à graver, a, la table; b, la règle en bois; c, la règle transversale en bois, le long de laquelle marche progressivement la grande règle ; d, le grand chariot ; e, le chariot qui porte les pointes à tracer -f, position de la grande vis placée sous la règle transversale; g, la roue; hh, grand ressort; ressort à boudin; k, tringle d’acier crénelée ; l, support de la règle roulant sur des galets; m, brides ou arrêts pour limiter la course du chariot ; n, griffes à écrou pour fixer la planche à graver; o, vis de pression; r, ressort qui fixe la roue au point convenable pour la progression des lignes.
- Fig. 3. Élévation de la machine vue de face.
- py Pointe à tracer; q, crochet servant à soutenir la pointe en l’air quand il est abaissé; quand il est relevé, la pointe pèse sur le cuivre. On le met dans la première position lorsque le chariot a achevé sa course et qu’on doit reporter celui-ci à la tête de la règle, et on le met à la seconde pour tracer une ligne, s, cadran placé au-dessus du ressort à boudin pour régler la pression ; t, cadran du grand ressort : ce cadran est un peu incliné (voy./ig. 11, PL 245); u u, bandes de fer percées de trous pour servir à fixer la planche de cuivre.
- PL 245- Détails de la machine à graver.
- Fig. 1. Grand chariot vu en dessous, avec la grande vis; a, b, vis de pression.
- Fig. 2. Roue vue de face, avec l’aiguille; elle est divisée en huit parties par autant de rayons ; chacune est divisée en deux par son croisillon. L’aiguille doit parcourir quatre seizièmes de la circonférence ou cent quatre-
- (1) On a été obligé, à cause de la petitesse de l’échelle, de supprimer plusieurs pièces qui se retrouvent dans les figures de la PL 24L
- Pingt-deuxième année. JuHlet 1823.
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- vingt divisions, pour faire avancer le chariot d’un espace égal à la -soixante*: quinzième partie d’un pouce, ce qu’on appelle la taille de deux (voyez la planche des produits de la machine,fig~ 4 et i4)* Les divisions marquées sur le limbe sont au nombre de sept cent vingt. ,
- . Fig. 5. Dessus de la roue. Cette bande est sillonnée par plusieurs filets disposés en hélice ou spirale. Les filets de l’hélice sont au norajbçe de vingt-cinq, mais quatorze seulement sont divisés. Les crans sont marqués sur les filets à des distances progressivement croissantes, qui déterminent l’étendue du mouvement de la roue et celle de la marche du grand chariot , ce qui se fait en fixant à chaque fois la roue à l’aide d’un peigne à ressort ( voyez/g-. 5). : ; /
- Fig. 4- Profil de la roue.
- Fig. 5, 6, 7. Plan et coupes d’un ressort garni d’un peigne, qui maintient la roue fixe dans ses positions successives (voyez sa position contre la roue,fig. 2, PL 244> au point r). , . '
- Fig. 8, 9, 10, 11. Détails du chariot qui sert à tracer. -
- Fig. 8. Le chariot vu de profil avec la règle en coupe ; c, pomme ou poignée qui sert à conduire le chariot le long de la grande règle.
- Fig. 9. Le chariot vu par-devant; q, crochet qui sert à relever la pointe à l’aide d’un bouton, quand on reporte le chariot à la gauche de la planche pour tracer une nouvelle ligne ;*z, vis servant à donner de l’obliquité à la pointe; b, levier coudé pour relever la pointe (voyez fig. 21);/?, pointe à tracer mise en place; ici la pointe est une molette propre à graver à la pointe sèche; it portion du ressort à boudin.
- Fig. 10. Le chariot vu en dessous; d+ vis de pression pour la pointe; e, ressort qui presse le long de larègle ; o, vis pour la pression du grand ressort.
- Fig. 11. Le chariot vu par-derrière./*, grand ressort (voyezfig. 2, en hh, Pl. 244 ) r son cadran est divisé en trente-deux parties; il procure une pression plus grande sur la pointe que le ressort à boudin.
- Fig. 12, i5, 14s et 16. Pointes à tracer.
- Fig. 12 et i3. Molette pour la pointe sèche, vuè de face et de profil. Il est extrêmement important que la roue de la molette soit exactement circulaire, et que son mouvement sur l’axe soit parfaitement doux et régulier, conditions difficiles à obtenir.
- Fig. i4- Molette crénelée, pour faire des lignes ondulées, des teintes de coupe , etc. , .
- Fig. 15. Pointe à diamant, qui est employée pour tracer des lignes à l’eau-forte, et qui ne fait que mettre le cuivre à nu , en enlevant le vernis.
- Fig. 16. Pointe ronde pour faire le tremblé.
- Fig. 17 et 18. Ressort à boudin vu en plan, en élévation et en coupe.
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- s, cadran divisé>en seize parties, qui sert? à mesurer la pression de la pointe sur le cuivre.
- Fig. 19. Dessus du cadran monté sur le ressort à boudin. L’aiguille est placée à zéro de pression lorsqu’on grave à l’eau-forte, et à 2 ou 3 degrés quand la pointe doit seùlement effleurer le cuivre.
- Fig. 20. Cadran du grand ressort; sa division est en trente-deux parties.
- Fig. 21. Levier coudé servant à relever la pointe, vu en plan.
- Fig. 22. Portions de la règle et de la tringle crénelée, vues en plan. C’est contre cette tringle que bat la touche attachée au chariot, ce qui communique à la pointe un mouvement d’ondulation : c’est par ce moyen qu’on exprime les eaux et les lignes sinueuses.
- Pour éviter la rencontre des sinuosités, qui formerait un aspect moiré désagréable, on fait faire un mouvement à la tringle, à chaque progression de la règle.
- Fig. 25 et 24. Support de la règle placé à l’extrémité de la machine, vu de face et de profil ; il est supporté lui-même par deux galets qui roulent sur une bande en acier.
- Fig. 25. Détail d’une bride vue de profil, avec la règle en coupe; c’est un arrêt qui limite la course du chariot.
- Fig. 26. La même bride vue en plan.
- Fig. 27 et 28. Clef coudée, servant à tourner les vis qui fixent la planche de cuivre sur la,table, vue en plan et en élévation.
- Fig. 29 et 5o. Griffe vue de profil et en plan, servant au même usage.
- Fig. 3i et 32. Vis à écrou servant aussi au même usage.
- Fig. 53. Touche pour faire le tremblé, vue du côté où elle est en contact avec la tringle crénelée, c’est-à-dire du côté du couteau.
- Fig. 34. La même vue en plan.
- Fig. 35. La même vue de profil ; le haut de la touche n’est pas tout-à-fait à la hauteur de la tringle.
- Dimensions de plusieurs des pièces principales de la machine à graver.
- -i°. Table. Épaisseur, p5 millimètres ( 3 pouces 6 lignes ); longueur, 1 mètre 287 millimètres (47 pouces 6 lignes); largeur, 859 millimètres (3i pouces. )
- 20. Règle. Épaisseur, 25 millimètres (11 lignes); largeur, 81 millimètres (5 pouces).
- 3°. Petit chariot. Longueur totale, 196 millimètres (7 pouces 3 lignes).
- 4°. Grand Ghariot. Largeur, 132 millimètres (4 pouces 10 lignes 7); longueur totale, 204 millimètres (9 pouces 4 lignes 7).
- Z 2
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- 5°. Grande vis. Diamètre, \t\ millimètres (6 lignes); longueur, environ 712 millimètres ( 3o pouces).
- 6°. Roue. Diamètre, 332 millimètres ( 1 pied 3 lignes); largeur, 45 millimètres (1 pouce 8 lignes). , , î ‘ .
- 7°. Tringle crénelée. Diamètre, 27 millimètres (1 pouce).
- 8°. Règle transversale. Largeur, 88 millimètres (3 pouces 3 lignesV.
- Produits de la machine à graver„
- PL 245 (bis).
- I/auleur du présent rapport ayant fréquemment besoin de recourir à une table de teintes uniformes ou dégradées, pour tous les cas que présentait l'exécution des planches de la Description de l’Égypte, a fait graver une planche-modèle destinée à exprimer les différens intervalles des tailles, sous divers degrés de pression. Les exemples qui ont été choisis correspondent aux diverses conditions de la gravure à l’eau-forte et à la pointe sèche, soit pour les teintes uniformes, à tailles droites ou ondulées, soit pour les teintes dégradées, c’est-à-dire, les ciels et les eaux. Cette planche complète la notion de la machine à graver, en mettant sous les yeux les résultats qu’elle produit par la combinaison des divers intervalles avec tous les degrés de pression, moyens par lesquels elle exprime toute espèce de teinte sans exception. La planche fait partie de l’ouvrage ci-dessus.
- Il est presque superflu de faire observer qu’on peut exécuter par le même moyen les teintes de toutes les surfaces développables, comme les cônes, les cylindres, les colonnes, etc. Il suffît de calculer à l’avance l’intensité des teintes par les moyens connus, et de régler en conséquence la progression des tailles en distance et en pression.
- TEINTES UNIFORMES. --- 1°. Fonds. ;
- Fig. i. Teinte formée de lignes droites à la taille dite de un. De la Jîg. i à la fig. io , et de la fig. n à la Jig. 20, les teintes vont en croissant d’intensité, et de la Jîg. 21 à la Jig. 26, en décroissant. *
- A la taille de un, les traits sont au nombre de i5o dans un pouce : ainsi chaque intervalle représente om,00018 ou un dix-millième de mètre et huit dixièmes. Pour les produire il faut faire parcourir à l’aiguille l’intervalle de deux rayons , égal à deux seizièmes de la roue.
- Cette teinte a été gravée à la pointe sèche, ainsi que celles des figures suivantes 2 à 10 , sous divers degrés de pression. , . ^ ;
- La pression pour la fig. 1 a été très-petite, d’environ deux parties ou degrés du cadran, qui surmonte le ressort à boudin, lequel cadran est divisé
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- en seize. Quand on dit un tour de pression, cela veut dire un tour de 1 aiguille, autrement 16 degrés.
- Fig. 2. Teinte à la taille de un et demi, ou de ioo dans un pouce, intervalle égal à om,00027.
- Fig. 5. Teinte à la taille de un et deux tiers, ou de 90 dans un pouce, intervalle égal à om,ooo3o.
- Fig. 4. Teinte à la taille de deux, ou de 75 dans un pouce, intervalle égal à om,ooo36.
- Fig. 5. Teinte à la taille de deux et un quart, ou de 66 f dans un pouce, intervalle ora,ooo4o.
- Fig. 6. Teinte à la taille de deux et un tiers, ou de 64 f dans un pouce, intervalle om,00042.
- Fig. 7. Teinte à la taille de deux et demi, ou de 60 dans un pouce, intervalle om,ooo45.
- Fig. 8. Teinte à là taille de deux et deux tiers, ou de 56 dans un pouce , intervalle om,00048.
- Fig. 9. Teinte à la taille de trois, ou de 5o dans un pouce, intervalle om,ooo54*
- Fig. 10. Teinte à la taille de trois et un tiers, ou de l\o dans un pouce, intervalle om,00060.
- La taille de quatre est comprise Zq fois 7 dans un pouce ; l’intervalle de deux tailles semblables est de om,00072 : ainsi de suite.
- Fig. n. Teinte à la taille de un, comme la fig. 1; mais exécutée à Veau forte, avec le diamant, sous une pression presque nulle. La morsure a duré une demi-heure par une température moyenne.
- Fig. 12 à 20. Teintes de la même taille que les fig. 2 à 10 qui leur correspondent en dessus, mais gravées &V eau-forte. La morsure a duré trois quarts d’heure pour la fig. 12, une heure pour lafig. i3, et ainsi de suite, de quart d’heure en quart d’heure. ~
- Fig. 27. Teinte à la pointe sèche avec une très-forte pression ; taille de quatre ou de 37 \ au pouce; pression 80 tours environ, ou 1680 degrés.
- Fig. 28. Teinte très-large, exécutée de la même manière, avec une pression encore plus forte; on peut aller jusqu’à plus de cent tours : taille de quatre et deux tiers ou de 32 y au pouce.
- 20. Coupes. t
- Fig. 2 r. Teinte formée de lignes ondulées, faite à fâ pointe sèche avec une molette crénelée, et exprimant une coupe d’architecture ; taille de deux et demi ou 60 traits au pouce : pression de 5o tours environ.
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- . Fig. 22. Teinte de coupe également laite à la molette crénelée, ainsi que les fig 20 à 26, sous divers degrés de pression , taille de deux et deux tiers.
- Fig. 2.3. Idem. Taille de trois.
- Fig. 24. Idem. Taille de trois et un tiers ou de 45 au pouce.
- Fig. 2,5. Idem. Taille de trois et 3 quarts ou de 4o au pouce.
- Fig. 26. Idem. Taille de quatre et trois quarts ou de 32 au pouce.
- Fig. 29. Teintes faites en lignes convergentes; taille de deux et un quart à la partie serrée, et de trois à la partie large; exécutée à la poiute sèche. teintes dégradées. — ifl. Ciels en tailles droites.
- On commence les teintes dégradées par la partie inférieure ou la plus légère, et on augmente la pression à mesure que l’on monte. '
- Fig. 5i. Ciel ou teinte dégradée, formée de lignes droites et gravées à l’eau-forte, à la taille de deux et un tiers à la partie inférieure et de deux et trois quarts (ou 55 au pouce) à la partie supérieure. La morsure a duré deux heures et demie.
- Dans ces divers exemples, la progression est plus ou moins rapide; on la détermine selon la hauteur du sujet.
- Fig. 32. Gravé à la pointe sèche. En bas, taille de deux et demi; en haut, taille de trois ; pression, environ 4o tours.
- Fig. 33. Gravé à l’eau-forte; morsure, deux heures et demie. En bas, taille de deux et deux tiers ; en haut, taille de trois.
- Fig. 34- Gravé à la pointe sèche. En bas, taille de deux et demi ; en haut, taille de trois; pression, 5o tours.
- 20. Ciels en tailles ondulées.
- Fig. 35. Teinte dégradée, formée de lignes ondulées , gravée à la pointe sèche. Ce genre convient mieux aux ciels des sujets pittoresques, et le précèdent aux sujets d’architecture. En bas, taille de deux et deux tiers ; en haut, taille de trois; les fig. 35 à 38 ont été gravées sous divers degrés de pression.
- Fig. 36. Gravé à l’eau-forte; morsure, deux heures. En bas, taille de deux et trois quarts; en haut, taille de trois et un quart.
- Fig. 37. Gravé à la pointe sèche. En bas, taille de deux et demi; en haut, taille de trois.
- Fig. 38. Gravé à l’eau-forte; morsure, deux heures. En bas, taille de deux et demi; en haut, taille de trois.
- , Eaux ou teintes à longues ondulations. ,
- De 3g à 42 l’intensité des teintes va en décroissant.
- Fig. 39. Teinte exécutée au burin substitué à la molette; en bas, taille de
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- trois et demi; en haut, taille de cinq et demi ( 27 au pouce). Les tailles supérieures sont faites à deux reprises, c’est-à-dire que chaque trait est formé de deux tailles voisines, confondues ensemble.
- Fig. 40. Teinte faite à la pointe sèche; en bas, taille de trois et demi; en haut, taille de quatre et demi(53 ~ au pouce).
- Fig. 41. Teinte gravée à la pointe sèche, avec des entretailles interrompues; en bas, taille de trois ; en haut, taille de trois et demi.
- Les entretailles sont faites aussi à une pression croissante de bas en haut.
- Fig. 42. Teinte plus légère gravée à la pointe sèche; en bas, taille de trois ; en haut, taille de quatre.
- Il resterait à citer ici les planches remarquables dans lesquelles a été employée avec succès la machine à graver, et qui servent aujourd’hui de modèle aux artistes pour les grands ouvrages de gravure; mais à ne parler que de la Description de VEgypte, la nomenclature serait beaucoup trop longue : il suffira de citer ici quelques-unes des planches les plus étendues de cette collection, et qui présentaient, par leur nature ou par leurs dimensions dans les deux sens, une difficulté particulière : telles sont, par exemple les Pl. 68, 82 du premier volume d’Antiquités, les Pl. 10, 26 du deuxième volume, la Pl. 5i du troisième volume, la Pl. 6 du quatrième volume, la Pl. 14 du cinquième volume, les Pl. 38,6r , Etat moderne, etc. On réserve avec la plus grande facilité les nuages dans les ciels, et les accidens dans les teintes de fond. Nous avons encore appliqué avec succès la machine à la gravure des planches en couleur, pour obtenir des planches de fond d’une teinte parfaitement homogène (voyez les peintures des Tombeaux des Piois, volume II d’Antiquités, Pl. 87 à 92 , etc. ); enfin nous avons aussi tiré parti de ce précieux instrument pour la topographie et les pians d’architecture.
- Second rapport fait par M. Tarbé, au nom du Comité des arts mécaniques ? sur le bateau zoolique inventé par M. P.-A. Guilbaud, de Nantes.
- Messieurs, dans votre séance du 10 juillet 1822 , j’ai eu l’honneur de vous faire, au nom du Comité des arts mécaniques, un rapport sur un bateau nommé zoolique, inventé par M. Guilbaud, de Nantes. Nous 11e connaissions alors cette invention que par les mémoires et dessins fournis par l’auteur et par deux excellens rapports faits à la Société académique du département de la Loire-Inférieure, à la suite d’expériences entreprises sur la Loire et sur la rivière de l’Erdre (voyez le Bulletin de juillet 1822).
- Depuis cette époque, M. Guilbaud a. maintenu l’usage de son bateau pour le transport des personnes et des marchandises sur l’Erdre. Il ne paraît
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- pas qu’il soit encore parvenu à organiser un service actif sur la Loire entre Nantes et Orléans, ainsi qu’il en avait le projet. Avant de se livrer aux dépenses nécessaires pour une telle entreprise, il a voulu faire une grande tentative : en conséquence, il a armé un long bateau, sur lequel son mécanisme a été établi. Il est parti de Nantes le i\ juin dernier, et au lieu de s’arrêter à Orléans, il a essayé de franchir les canaux d’Orléans et de Loing, et de descendre la Seine jusqu’à Paris, où il est arrivé le a5 juillet 1823. M. Guilbaud a tenu un journal de son voyage ; il a consigné, avec tous les caractères de la bonne foi les obstacles qu’il a eus à surmonter, et qui l’ont quelquefois obligé de recourir à des moyens auxiliaires lorsque sa machine était insuffisante pour passer les ponts ou remonter de forts courans. Ce journal, dont il nous a remis une copie, sera déposé dans vos archives pour y être consulté au besoin.
- M. Guilbaud pense que l’arrivée de son bateau devant les quais de la capi-'tale ne laisse plus aucun doute sur la possibilité d’établir un service régulier , par eau , entre Nantes et Paris. Cette voie sera en effet souvent préférable à celle des transports par terre pour les marchandises fragiles.
- Vous vous rappelez, Messieurs, que le mécanisme de M. Guilbaud se compose d’une roue à aubes ou palettes, placée dans un canal ouvert en rainure, au milieu même du bateau, et mise en mouvement par le poids des chevaux qui marchent, sans avancer, sur un plan incliné flexible.
- Dans la traversée de Nantes à Paris, M. Guilbaud a reconnu que la forme actuelle de son bateau était vicieuse quand il s’agit de refouler un courant violent, en ce que le canal intérieur qui reçoit la roue à aubes produit l’effet d’un coursier, dans lequel l’eau se trouvant resserrée, passe avec une grande vitesse et n’offre plus aux palettes qui agissent dans ce canal un point d’appui suffisant. Il indique des moyens faciles d’y remédier; mais en même temps il a remarqué que cette rainure est très-favorable quand, à l’aide des chevaux, on se sert de la voile par un vent de côté; elle fait alors l’effet de deux quilles et empêche la dérive; ce qui permet, même à un bateau plat, de pouvoir naviguer au plus près.
- Les deux gouvernails qu’il a placés de chaque côté du bateau pour recevoir le choc de l’eau vive lui ont paru produire un très-bon effet. La roue qui les fait mouvoir est sur le gaillard d’avant ; le timonier découvre mieux les écueils, et tout en gouvernant il peut manœuvrer les boulines de la voile.
- Dans cette traversée, M. Guilbaud a employé quatre chevaux au travail, ce qui suppose huit chevaux, à cause des relais. Dans un service réglé, les chevaux de relai pourraient être placés à terre à différentes stations; mais il a trouvé quelque avantage à porter à bord les chevaux de relai, parce
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- que l’irrégularité de la marche d’un bateau, à raison des variations de vents et de courans, permettrait rarement d’arriver à heure fixe aux stations de relais, et que d’ailleurs, lors des passages difficiles, on peut mettre à terre les chevaux de relais , et les attacher à une cordelle pour ajouter à la puissance des chevaux qui travaillent dans le bateau. Dans ce cas, ce sont de véritables chevaux d’aide que l’on est heureux d’avoir toujours à sa disposition. ,
- Le plan incliné a constamment produit un bon effet ; il a exigé peu d’entretien : l’auteur a supprimé le frein, comme inutile, ainsi que les sous-ventrières des chevaux.
- Tel est, Messieurs, l’extrait des principales observations faites par M. Guil-baud pendant sa longue traversée.
- Le mercredi, 3o du mois dernier, plusieurs membres de votre Comité se sont rendus au port Saint-Nicolas , sur l’invitation de l’auteur, pour assister à une expérience qu’il désirait faire sur la Seine en leur présence. Le bateau était placé à la hauteur de l’extrémité ouest du Jardin de l’Infante : quatre chevaux étaient distribués, deux à deux, sur chaque plan incliné. Le bateau s’est mis en marche à trois heures vingt minutes; il s’est arrêté devant le milieu de l’esplanade des Invalides à trois heures quarante minutes, après avoir parcouru en vingt minutes un trajet de 2000 mètres en descendant. Pour le retour, le bateau est parti de devant les Invalides à trois heures quarante-six minutes, il est arrivé devant le Jardin de l’Infante à quatre heures dix-sept minutes : ainsi, le même espace a été parcouru en trente et une minutes en remontant. •
- De cette expérience on peut conclure que, dans l’état moyen où se trouvaient les eaux de la Seine, le bateau aurait pu, en descendant, faire une lieue de 4ooo mètres en quarante minutes, tandis qu’il lui aurait fallu une heure deux minutes pour faire la même lieue en remontant. Il est, de plus, à observer que, dans son court trajet, il avait eu deux ponts à traverser.
- Nous avons remarqué que les chevaux ne font aucun effort sur leurs traits ; ils n’agissent que par leur propre poids. Le plan incliné, qui échappe constamment sous leurs pieds et qui tend à les entraîner en arrière, les détermine naturellement à se porter en avant pour éviter ce danger, en sorte qu’ils n’ont presque pas besoin d’être stimulés. Les chevaux d’ailleurs, pendant leur travail, n’occupent pas plus de place que s’ils étaient au râtelier d’une écurie.
- Nous avons généralement été satisfaits de cette expérience; elle nous a confirmés dans l’opinion émise l’année dernière ; nous persistons à penser que le plan flexible incliné, quoique présentant une diminution de force,
- Vingt-deuxième année. Juillet 1823. A a
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- comparativement aux roues à tympan étaux manèges, et plus encore aux machines à vapeur , peut cependant être fort utilement employé toutes les fois que la célérité n’est pas une condition exclusive, ou lorsque les circonstances de localité et de fortune ne permetttent pas de recourir à des moteurs qui occupent trop d’espace ou qui sont plus dispendieux.
- M. Guilbaucl a donc rendu un véritable service à la navigation en particulier et aux arts industriels en général, lorsque, par la constance de ses efforts, il est parvenu à mettre en pratique un système qui n’avait pas encore reçu une aussi grande application.
- Yotre Comité des arts mécaniques a l’honneur de vous proposer, Messieurs , de donner à M. Guilbaudàes témoignages de satisfaction, et d’insérer le présent rapport au Bulletin.
- Adopté en séance, le 6 août i8a3.
- Signé Tarbé , rapporteur.
- Rapport fait par M. Pajot Descharmes, au nom du Comité des arts mécaniquesy sur un nouveau métier à tricot sans envers, armé d’un seul jeu d’aiguilles à deux têtes , de Vinvention , de M. Favreau père.
- Messieurs, vous avez chargé votre Comité des arts mécaniques de vous faire un rapport sur le nouveau métier de grande largeur portant trois cents aiguilles, fonctionnant d’après un système particulier, à l’aide duquel M. Favreau père, fabricant de bonneterie, remplace par un seul jeu d’aiguilles à deux têtes les deux jeux d’aiguilles à une seule tête, adaptés à son premier métier, destiné à faire le tricot sans envers^i).
- Nous nous sommes en conséquence transportés à Gonesse, où les deux premiers métiers dont il s’agit ont été construits par M. Favreau, et sont en activité dans les ateliers de M. Liberty fabricant de bonneterie. M. Favreau s’est empressé de nous expliquer le système sur lequel est fondé son nouveau métier, et les détails dans lesquels il est entré au fur et à mesure qu’il opérait sur cette machine nous en ont démontré les bons principes. Nous avons reconnu que le mécanisme en était aussi simple qu’ingénieux et facile à manœuvrer. Le résultat du travail de ce métier à un seul jeu d’aiguilles, comparé à un travail analogue fait avec le métier à deux jeux, du même auteur, nous a en outre fait connaître que le nouveau métier avait
- (1) Voyez la description de ce métier, Bulletin, N°. CLXXXIX, dix-neuvième année , mars 1820, page 5y.
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- sur l’ancien l’avantage de procurer deux économies essentielles, celle du temps et celle des frais d’entretien; l’économie de temps peut être estimée à un cinquième, d’après le nombre de mouvemens imprimés au métier perfectionné, qui n’en exige que quatorze, tandis que celui qu’il est destiné à remplacer en exige dix-sept.
- Relativement à l’économie sur les frais d’entretien , elle est regardée par. M. Favreau comme très-importante , puisqu’il annonce que la perte de ses nouvelles aiguilles, par la rupture de leurs têtes, ne s’élève qu’à environ un trentième par mois, tandis que la perte des anciennes s’élève à i5o dans le même espace de temps. Le cent d’aiguilles nouvelles coûte 5 francs, et celui des anciennes 3 francs 5o centimes : celles-ci exigent en outre le secours de l’étain pour les enchâsser deux à deux; les nouvelles aiguilles, cjui sont libres et isolées, n’en ont pas besoin. ' *
- M. Favreau père vous est connu depuis long-temps d’une manière avantageuse ; il a rendu à l’art de la bonneterie et des tissus maillés des services distingués. Parmi les perfectionnemens que lui doit cette industrie de première nécessité, nous citerons le métier double et à manivelle, déposé au Conservatoire des arts et métiers; le métier à tricot sans envers, décrit et publié avec gravure dans votre Bulletin. Le nouveau métier qui nous occupe atteste tout-à-la-fois et la continuation du zèle de M. Favreau pour les progrès de son art, et la constance de ses efforts pour mériter de nouvelles marques de la bienveillance du Gouvernement.
- Le Comité consultatif des arts et manufactures, dans son rapport favorable sur le nouveau métier de M. Favi'eau, a proposé à S. Exc. le Ministre de l’intérieur d’accorder à ce fabricant une somme de 5oo francs, à titre d’encouragement, sous la condition que la description et les dessins en seraient remis à la Société d’Encouragement, pour être publiés par ses soins. L’auteur s’est empressé d’y satisfaire, et votre Comité, qui a été ainsi à portée de vérifier le mérite de ces deux pièces , estime que leur insertion dans le recueil imprimé de vos travaux ne peut que contribuer à l’avancement de l’art de la bonneterie, avancement reconnu par M. Libei'tlui-même, qui en a donné à M. Favreau un certificat honorable, dont nous avons pris connaissance.
- Par suite de cet exposé, votre Comité des arts mécaniques a l’honneur de vous proposer : i°. d’adresser à S. Exc. le Ministre de l’intérieur une lettre de remercîmens pour la bienveillance particulière qu’il daigné témoigner à la Société , en la choisissant pour propager, par la voie de son Bulletin, les découvertes qui intéressent l’industrie nationale; 20. de délivrer à M. Favreau le certificat de dépôt à votre secrétariat des pièces exi-
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- gées de lui ; 3°. d’ordonner l’insertion de ces pièces et du présent rappOFt . dans votre Bulletin.
- Jdopté en séance, le n juin 1823.
- Signé Pajot Descharmes , rapporteur.
- ARTS CHIMIQUES.
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- Préparation d’une couleur verte connue sous le nom de
- vert de Vienne.
- . M. le docteur Liebig recommande le procédé suivant pour la préparation d’fcne couleur verte connue en Allemagne sous le nom de vert de Vienne.
- On dissout à chaud, dans une chaudière de cuivre, une partie de vert-de-gris dans une suffisante quantité de vinaigre pur, et on ajoute une dissolution aqueuse d’une partie d’arsenic blanc. Il se forme ordinairement, pendant le mélange de ces liquides, un précipité d’un vert sale, qu’il est nécessaire, pour la beauté de la couleur, de faire disparaître. Pour cet effet, on ajoute une nouvelle quantité de vinaigre, jusqu’à ce que le précipité soit parfaitement redissous. On fait bouillir le mélange ; il s’y forme, après quelque temps, un précipité cristallin grenu, d’un vert de la plus grande beauté, lequel étant séparé du liquide, bien lavé et séché, n’est autre chose que la couleur verte en question. -
- Si la liqueur contient encore un excès de cuivre, on y ajoute de nouveau de l’arsenic, et si elle contient un excès du dernier, il faut ajouter du cuivre; on opère, du reste, de la même manière. Il arrive souvent que cette liqueur contient un excès d’acide acétique : on peut alors l’employer de nouveau pour dissoudre le vert-de-gris.
- Cette couleur ainsi préparée possède une nuance bleuâtre; mais on demande souvent dans le commerce une nuance plus foncée et un peu jaunâtre , et d’ailleurs de la même beauté et du même éclat. Pour produire ce changement, il suffit de dissoudre une livre de potasse du commerce dans une suffisante quantité d’eau, d’y ajouter 10 livres de la couleur obtenue par le procédé ci-dessus, et de chauffer le tout à un feu modéré. Bientôt on voit la masse se foncer et prendre la nuance demandée. Si on fait bouillir trop long-temps, la couleur s’approche du vert de Scheele; mais elle le surpasse toujours en beauté et en éclat. La liqueur alcaline qui reste après ce traitement peut servir encore pour préparer le vert de Scheele. >
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- Appareil destiné à évaporer Les liquides ; par M. Cleland.
- Cet appareil, destiné particulièrement à la concentration des sirops, est formé par un vase de 3 pieds carrés et 12 pieds de profondeur, à travers lequel passe une série de tuyaux métalliques chauffés par la. vapeur de l’eau. La liqueur est déposée à la partie supérieure du vase, dans un bassin percé à son fond d’une multitude de trous, qui permettent au liquide de s’écouler sous forme de pluie, sur les tuyaux chauffés par la vapeur, et disposés de manière à ce que la totalité du liquide qui s’écoule en touche une portion sur laquelle il s’évapore. La liqueur arrive concentrée au bas de l’appareil, et se rend par un tuyau muni d’un robinet dans un réservoir, d’où on l’élève avec une pompe dans le bassin supérieur, pour lui faire éprouver une nouvelle évaporation, dans le cas où elle n’aurait pas été trouvée convenablement concentrée. Une ouverture percée au fond de l’appareil , un peu au-dessus du niveau de la liqueur qui s’est écoulée, est destinée à donner issue à l’air chargé d’humidité. (London Journal of arts and sciences, cahier de juin 1823.)
- Procédé de soudure employé en Angleterre par les Jabricans de cadrans de montres émaillés.
- On sait que les cadrans de montres sont composés de plaques minces de cuivre, émaillées et fixées sur la platine de la montre au moyen de petites broches ou pieds soudés sur le revers. Les émailleurs éprouvent souvent beaucoup de difficulté pour souder ces petites broches ; car, en employant la soudure ordinaire de zinc, l’émail se gerce et le cadran est perdu. Le procédé suivant, que les ouvriers avaient tenu secret jusqu’à présent, remédie à cet inconvénient, et il a en outre l’avantage d’être économique et d’une facile exécution.
- Les broches doivent être faites de fil de cuivre plaqué d’argent et étiré à la filière. On décape, au moyen d’un acide, le métal aux endroits où l’on veut appliquer la soudure, puis on y trace avec une pointe quatre traits, dont deux, perpendiculaires, laissent entre eux un espace égal au diamètre des broches, et deux transversaux, de manière que le bout du fil métallique se trouve exactement entouré par ces traits, qui produisent un petit bord relevé, servant à le maintenir. Ensuite on prépare un mélange en consistance épaisse, d’eau et de borax pulvérisé, privé de son eau de cristallisation ; on y trempe le bout des broches et on les plape aux endroits désignés. Alors le cadran est posé sur un morceau de charbon qu’on tient de la main gauche, et soumis à la flamme du chalumeau, il faut d’abord chauffer lentement et seulement assez pour que le borax puisse se fondre et faire adhérer
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- les broches; puis on élève la chaleur jusqua ce que l’argent entre en fusion , coule le long de la broche et la soude parfaitement à la plaque.
- Il faut avoir soin de diriger la flamme du chalumeau sur l’extrémité supérieure des broches et sur les parties environnantes, mais non sur le bout inférieur, qui doit être dégagé autant que possible.
- ÉCONOMIE RURALE.
- Note sur la germination particulière des graines du phormium tenax ou lin de la Nouvelle-Zélande, en France, et sur quelques essais des produits de cette plante; par M. Gillet de Laumont.
- M. de la Billardière, membre de l’Académie des Sciences, lui a présenté, en 1802, un mémoire sur les avantages et la possibilité qu’il y aurait d’acclimater en France le phormium tenax ou lin de la Nouvelle-Zélande (1). Il fit alors des essais comparatifs avec diverses substances filamenteuses en usage dans les arts, et regretta de n’avoir pas assez de matière préparée avec le phormium tenax pour en faire des cordes ; mais il reconnut par des expériences délicates, dirigées avec beaucoup de soin, que les fils faits avec les feuilles de cette plante, qui le cédaient à la soie, surpassaient de moitié en force ceux obtenus des tiges du chanvre ; il s’assura en outre que son extensibilité, si essentielle pour la résistance des cordes, était aussi de moitié en sus de celle du chanvre. D’après cette double propriété, il indiqua les grands avantages qui résulteraient pour la marine de l’emploi des cordages faits avec cette matière, soit à l’égard du poids, qui se trouverait, à force égale, diminué de plus de moitié, soit relativement à la dérive occasionnée par la grosseur des cordages au-dessus de la flottaison, qui se trouverait aussi diminuée, et à la plus grande facilité dans le service de la manœuvre.
- M. de la Billardière annonça dès-lors que cette plante réussirait parfaitement en France. Ce que ce savant a dit, il y a vingt ans, se trouve aujourd’hui en partie réalisé par les soins de M. Cachin, inspecteur général des Ponts et Chaussées, directeur des ports militaires, qui aura le mérite d’avoir naturalisé cette plante dans un port du nord de la France.
- M. Cachin a envoyé, au commencement de juin i8a3, à la Société linnéenne une tige de phormium tenax de 3 mètres de hauteur, chargée de gousses contenant des graines mûres, qu’il venait de récolter à Cherbourg. J’ai eu
- (1) L’extrait de ce mémoire se trouve dans le Bulletin de la Société d’Encouragement, N°. X, prairial an 11 (juin i8o3) , première année, page 192 de la nouvelle édition.
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- part à ces graines nouvelles en juillet dernier; j’étais fort empressé de les semer; cependant, pour en assurer le succès, j’en ai remis à MM. Thoüin et du Petit-Thouars, à M. Gondouin, jardinier en chef des pépinières royales, à Trianon, et à M. Derepas, à Dijon, qui a fait préparer des fils avec cette plante. J’ai semé dans des pots, sur une couche tiède, le 12 juillet dernier, les graines qui me restaient, craignant beaucoup d'en attendre la germination jusqu’à l’année prochaine ; mais en vingt-huit jours elles ont commencé à lever, et au ier. septembre j’en avais plus de la moitié de poussées. J’avais mis une partie de ces graines sous cloche et l’autre sans cloche : ces dernières ont levé mieux et plus promptement que les autres ; je crois qu’il en est de même de celles que j’avais distribuées. M. Fhoüin m’a appris qu’il en avait même dix-neuf de levées sur vingt-cinq graines que je lui avais remises; ce qui donne l’espoir de naturaliser facilement cette plante précieuse et vivace en France.
- Sa germination présente une disposition toute particulière: le germe, en sortant de la graine, s’élève d’abord verticalement jusqu’à la surface du sol ; là, il se replie, rentre en terre, forme un léger renflement à quelques centimètres de profondeur, d’où sort un pivot blanchâtre qui s’enfonce en terre, tandis qu’une première feuille verdâtre, engainée à la manière des iris, s’élève hors de terre et est suivie quelque temps après d’une autre feuille sortant de la première.
- D’après le désir de M. Derepas, qui s’occupe avec zèle de tout ce qui a rapport aux arts utiles, j’ai présenté et déposé au Louvre, sous le N°. 1520 :
- i°. Une portion de la matière filamenteuse très-blanche, qu’il a fait préparer à Dijon avec des feuiiles du phormium tenax;
- 20. Cette même matière allongée est devenue très-soyeuse ;
- 3°. Des fils faits avec cette plante, d’une finesse assez grande pour donner une longueur de 60,000 mètres au demi-kilogramme, et qui sont annoncés pouvoir être travaillés à l’air libre, tandis que les fils superfins ne peuvent l’être que dans des caves.
- J’ai essayé la force de ces fils conjointement avec M. Regnier, en employant son petit dynamomètre ou casse-fil; il a trouvé que,pris de court, ils ne rompaient, terme moyen, que sous un effort répondant à un poids de 27 décagrammes. J’ai fait faire avec ces fils un essai de dentelle; mais alors pris de long et engagés dans les fuseaux, ils se sont quelquefois rompus pendant le travail.
- On doit considérer que ce sont de premiers essais faits avec des feuilles venues dans des serres en Fi'ance, et on a déjà remarqué qu’il fallait qu’elles fussent parfaitement mûres pour avoir une grande force ; mais d’après la longueur de leurs filamens, il y a lieu d’espérer que lorsqu’on cultivera
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- cette plante vivace en pleine terre et qu’on pourra choisir les feuilles au point de maturité convenable, on en obtiendra des fils, des dentelles, des tissus, qui ne le céderont qu’à la soie et surpasseront en solidité, en légèreté et en beauté toutes les étoffes de fil, de lin et de coton, tandis que l’on en formera des cordages pour l’usage des mines et des arts, des câbles, des voiles pour la marine, qui auront sous un même volume une force double de ceux actuellement employés dans toute l’Europe.
- INDUSTRIE ÉTRANGÈRE.
- Rapport fait par M. Daclin, au nom de La Commission du Bulletin, sur les communications de M. de Fahnenberg.
- Messieurs, vous m’avez chargé d’examiner plusieurs mémoires allemands adressés par M. le baron de Fahnenberg, correspondant de la Société, à Carlsruhe : je vais avoir l’honneur de vous rendre compte de ces mémoires dans l’ordre de leur envoi.
- Sous le N°. i se trouve la description d’un nouveau pi'océdé pour préparer le lin sans rouissage, inventé par M. K utile, à Égeln, dans le pays de Magdebourg.
- La machine employée par l’auteur, et qui a quelque analogie avec celles de MM. Lee, Bundy et Christian, se compose de trois rouleaux cannelés en bois, dont l’un, d’un diamètre plus fort que les deux autres, porte la manivelle, à laquelle un seul homme est appliqué. Ce rouleau fait tourner les deux plus petits par l’effet de l’engrenage des dents ou cannelures.
- Le lin , après avoir été arraché au moment où ses tiges commencent à jaunir, est mis à sécher, opération qui dure un jour ou deux, si le temps est favorable ; ensuite on le fait passer entre les rouleaux cannelés, jusqu’à ce qu’il soit entièrement dépouillé de la chenevotte ; mais comme la filasse retient toujours une partie de la matière corticale, on la soumet à l’action de peignes grossiers, disposés pour cet usage; après quoi, elle est portée de nouveau sur la machine , d’où elle sort parfaitement pure et prête à être filée. Cependant comme, dans cet état, elle est encore rude au toucher, on la brosse avec des brosses très-dures; alors elle devient aussi souple et aussi soyeuse que le lin roui.
- Le lin conserve toujours une teinte jaunâtre, dont on le débarrasse en le plongeant et l’agitant dans de l’eau pure , et versant dessus de la lessive de cendres bouillantes, dans laquelle on le laisse tremper pendant douze heures; puis on le passe de nouveau à l’eau. Si l’on veut lui donner une blancheur éclatante, on ajoute par chaque livre de lin une once de savon
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- noir, qu’on fait dissoudre dans de l’eau bouillante. La filasse est mise à tremper pendant douze heures dans cette eau de savon , rincée soigneusement et séchée sur des cordes, ou, mieux encore, sur le pré.
- On peut faire cette opération, soit avant la filature, soit après.
- L’auteur assure que ce procédé est simple, économique et prompt; que la filasse est plus solide, plus souple et plus blanche que celle qu’on obtient par les moyens ordinaires, et qu’on éprouve moins de déchet.
- Le mémoire N°. 2, par M. Blumenwitz, a pour objet l’établissement de routes solides et économiques, au moyen débranchés de saules couchées transversalement sur le sol, et couvertes de sable ou de gravois. L’auteur a essayé cette construction entre Troppau et Jaegerndorf, en Silésie, sur une étendue de 100 mètres environ, et il annonce que la dépense est du neuvième seulement de celle d’une route pavée; mais pour que ces chemins soient d’une certaine durée, il faut creuser, de chaque côté, des fossés, auxquels viennent aboutir les extrémités des branches , ce qui favorisera la végétation et produira une infinité de jets, qui, s’enlaçant l’un dans l’autre, et étant rabattus sur le sol , offriront un appui solide à la masse de sable qu’ils supportent.
- Nous observerons, à ce sujet, que, dans les parties marécageuses et boisées de la Pologne, on emploie un procédé analogue pour donner un peu de solidité au sol et faciliter les communications; on se contente d’abattre les arbres et de les coucher transversalement l’un près de l’autre, sans les ébrancher : on obtient ainsi une route assez solide, mais de peu de durée, et très-dangereuse pour les chevaux, à cause des nombreuses excavations qui s’y forment.
- Le procédé de M. Osiander pour conserver les plantes et les animaux dans la poussière de charbon, est consigné dans le mémoire N°. 3, lu à l’Académie des sciences de Gottingue. L’auteur annonce avoir conservé sans altération, pendant plusieurs années, dans des caisses de sapin remplies de poudre de charbon bien sèche, des plantes avec leurs feuilles et leurs fruits, dans leurs formes naturelles, des oiseaux avec leur plumage, et des objets d’anatomie. Il considère ce procédé comme plus avantageux et moins coûteux que celui de la conservation dans l’esprit de vin, et comme applicable à d’autres usages, parce qu’il garantit les corps de la décomposition produite par l’humidité de l’air.
- La Société pour l’encouragement de l’industrie en Prusse, fondée sur les mêmes bases que celle de Paris, a proposé, pour les années 1823 et 1824, divers sujets de prix, que M. .de Fahnenberg a indiqués dans une note qu’il vous a donnée en communication. Parmi ces prix, il en est plusieurs
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- qui font dans ce moment l’objet des recherches de la Société. Nous pensons qu’il convient de les mentionner dans le Bulletin.
- Cette même Société, qui se compose déjà de plus dé quatre cents membres, tant régnicoles qu’étrangers, publie des mémoires dont M. de Fahnenberg indique les titres ; mais comme on ne peut juger du mérite de ces mémoires sur un simple énoncé, vous jugerez sans doute devoir les demander à M. de Fahnenberg.
- Ce correspondant zélé et actif a recueilli des renseignemëns sur les découvertes les plus récentes faites en Allemagne. Nous proposons de les publier par la voie du Bulletin, comme cela a eu lieu les années précédentes.
- M. de Fahnenberg a joint à son envoi un tableau des exportations faites par la compagnie des Indes occidentales établie à Elberfeld, en Prusse, et qui a pour but de procurer et d’assurer un débouché aux produits des manufactures allemandes. Cette compagnie, qui a des factoreries au Port-au-Prince et à la Yera-Crux, a exporté, pendant l’année 1822, pour une valeur de 634,oôo écusde Prusse (environ 2,5oo,ooo francs), dans laquelle les toiles de lin figurent pour plus de moitié.
- Nous avons l’honneur de proposer au Conseil d’adresser à 1À. de Fahnenberg des remercîmens pour ses nombreuses et intéressantes communications, et de l’inviter à vous tenir au courant des progrès des arts en Allemagne.
- Adopté en séance, le § juillet 1823.
- Signé Ch. Daclïn , rapporteur.
- Aperçu des inventions les plus récentes faites en Allemagne et dans les pays limitrophes.
- M. Stœkel, maître menuisier à Schleitz, a imaginé Un procédé pour donner à la céruse plus d’éclat et de solidité que la céruse ordinaire, qui jaunit en peu de temps. Il prépare avec cette substance des couleurs à l’huile pour la peinture ët le bâtiment, des couleurs en détrempe et des vernis, qui, suivant lui, sont d’une qualité supérieure. Il annonce aussi avoir trouvé une nou velle dorure au mat et au bruni, qui réunit plusieurs avantages. L’auteur së réserve le secret de ses préparations, qu’il 'offre‘aux amateurs, moyennant un prix modique.
- M. Faber, maître de forges à Wasseralfingen , dans le royaume de Wurtemberg, est parvenu à fabriquer de l’acier fondu, qu’on dit être comparable à celui des meilleures fabriques étrangères, et qüi est très-propre pour les instrumens de chirurgie; il a trouvé aussi un émail salubre ët'très-solide pour les vases en fonte de fér.
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- On emploie actuellement dans une partie de la Pologne, au lieu de chaume ou de bardeaux, des toitures composées de feuilles de carton très-épaisses , trempées dans du goudron et couvertes d’une couche de chaux et de sable, pour diminuer leur inflammabilité. L’expérience a démontré que ces toitures, quoique légères, résistent aux intempéries des saisons et exigent peu de réparations. On les fabrique à Marimont, près de Varsovie. Une feuille de ce carton préparé ne revient qu’à 5o centimes environ.
- M. Reichenbach, inspecteur général des salines du roi de Bavière, a trouvé un moyen de chauffer les bassines évaporatoires avec la vapeur, ce qui produit une économie de moitié sur la consommation du combustible, et donne du sel de meilleure qualité.
- Il existe à Wilhelmfeld, près Languenau, un établissement de carbonisation de la tourbe, où l’on obtient du goudron de tourbe, qui, après avoir subi les préparations convenables, peut être employé à divers usages et principalement pour garantir le bois de toute altération. On l’applique à chaud et à plusieurs reprises, et on assure qu’il est d’une trèsdongue durée ; il perd promptement à l’air l’odeur pénétrante qui lui est particulière.
- M. Hoffman, professeur à l’Université de Varsovie, a inventé une espèce de justaucorps en cuivre, à l’aide duquel les hommes les moins expérimentés dans la natation peuvent se sauver, quelle que soit la rapidité des courans. Cette découverte sera d’une grande utilité dans les naufrages ainsi que pour le passage des rivières par les troupes. Des expériences réitérées ont prouvé qu’on pouvait parcourir avec cet appareil une distance d’environ cent vingt pas en une minute.
- On a inventé à Lausanne, en Suisse, une machine pour opérer, en l’accélérant, la fermentation du levain. C’est une boîte de sapin de forme ronde, d’un pied de diamètre et de 2 pieds de long; elle est placée sur des supports, mise en mouvement par une manivelle et ressemble au cylindre à brûler le café. Un côté s’ouvre pour recevoir la pâte. Le temps nécessaire pour opérer la fermentation dépend de la température, de la vitesse du mouvement de rotation et de plusieurs autres circonstances ; mais lorsque la pâte est levée, on est averti par un petit sifflement que fait l’air en sortant. Cette opération ne manque jamais et dure au plus une demi-heure ^un enfant suffit pour tourner la machine, qui offre l’avantage de faire lever la pâte promptement et exactement au degré voulu (1).
- M. Ulrich Schenk, habile mécanicien de Berne, a inventé une nouvelle
- (1) Cette machine a beaucoup d’analogie avec le pétrin mobile de Lambert, dont nous avons donné la description dans la dixième année du Bulletin, page 269.
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- pompe à incendie, qu’il nomme pompe aspirante, et qui est disposée de telle manière, que, placée dans un ruisseau ou bassin quelconque - elle aspire facilement une masse d’eau assez considérable pour entretenir sans interruption un jet s’élevant jusqu’à 12,5 pieds, et pour alimenter simultanément deux pompes ordinaires. - ^ ,i4-" • >
- Il existe depuis dix ans, à Darmstadt, une école pratique et raisonnée d’agriculture, d’où il est sorti de très-bons élèves. Le propriétaire de cet établissement a fait depuis peu l’acquisition d’une ferme considérable, afin de donner un plus grand développement à son institut. Il possède actuellement trois domaines ruraux exploités par lui-mêine, lesquels, quoiqu’à peu de distance les uns des autres, offrent cependant une si grande variété, tant sous le rapport de la situation et du climat, que sous celui de la composition et de la qualité des terres , que les élèves y trouveront rassemblés tous les terrains qu’ils pourront avoir à exploiter un jour. Tous les perfec-tionnemens sont pratiqués en grand dans cet établissement, et l’on y emploie les instrumens reconnus les meilleurs. Le propriétaire a joint à l’établissement une distillerie de pommes de terre, ainsi qu’une petite brasserie et une fabrique de vinaigre, où les procédés relatifs à cet art seront enseignés aux élèves dans tous leurs détails. Le prix de la pension est de 1,000 francs par an. i ; |
- Les feuilles métalliques des boîtes à thé provenant de la Chine, et dont on se sert pour la lithographie, en remplacement des pierres, ont été analysées par M. le professeur Dœbereiner, d’Iéna. Ce savant a trouvé qu’elles étaient composées de 36 parties d’étain et de 64 parties de plomb et d’une trace de cuivre. On les emploie actuellement dans l’armée russe pour les travaux lithographiques, d’après le procédé de M. Senefelder.
- M. Leonhardt, maître-sellier à Berlin, a imaginé une machine simple et ingénieuse, au moyen de laquelle on peut sauver les incendiés, à quelque étage qu’ils se trouvent de la maison embrasée, même les malades, sans embarras et avec toute la sûreté imaginable. Cette machine, qui occupe peu d’espace et peut être montée en quinze minutes, ne coûte que 4° francs: elle a été essayée avec succès.
- M. Roschinski, fabricant de poteries dans la même ville, a trouvé un vernis pour les poteries communes, qui, d’après les essais faits en présence du Collège de médecine, n’offre aucun danger pour la santé et résiste à l’action des acides. Ce vernis est composé de 5 parties de litharge, 2 parties d’argile bien purifiée et une partie de soufre. Ces substances sont pulvérisées et mêlées avec une quantité suffisante de lessive alcaline caustique (lessive des savonniers), de manière à en former un mélange propre
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- h etre porté facilement sur les poteries et à les couvrir également partout. Cuites avec soin, ces poteries n’offrent aucune trace de plomb.
- On fabrique en Bohême et dans plusieurs forges du royaume de Saxe et du Hartz, des briques de laitier, que les ouvriers composent en faisant couler le laitier dans des trous pratiqués en terre, à côté du fourneau, et en «appuyant dessus avec leur râble, jusqu’à ce que la masse soit refroidie. Ces briques, quoique légères, ne peuvent supporter de grands fardeaux et sont cassantes.
- M. A. Tedeschi 2l obtenu un brevet d’invention pour un procédé propre à faire des cartons et des papiers d’emballage avec des déchets de cuir.
- M. Kisling, à Vienne, fabrique des chapeaux en tresses de soie d’une qualité supérieure aux chapeaux de paille d’Italie, sous le rapport de la finesse* de la légèreté et de la modicité du prix , et qui peuvent recevoir toutes sortes d’apprêts.
- M. /. Griffith a été breveté en Autriche pour une voiture propre à transporter des marchandises et des voyageurs, et qui est mise en mouvement par une machine à vapeur.
- M. Liebelty maître-sellier à Vienne, a imaginé : i°. des boîtes de roues à réservoir d’huile, qui ont l’avantage de faciliter le mouvement des voitures en diminuant le frottement sur l’essieu, et d’éviter le fréquent graissage des roues; des sièges de cocher amovibles, qu’on enlève lorsqu’on voyage, et qu’on replace à volonté.
- M. Beccaletto, à Milan, a découvert un procédé simple et économique, au moyen duquel il obtient du sucre raffiné d’une qualité supérieure, d’une grande blancheur, et avec moins de déchet que par le procédé ordinaire.
- MM. Sartory et Leitner, à Gorice, ont imaginé une machine simple et très-expéditive pour fabriquer toute espèce de clous et en former la tête et la pointe, avec une économie de ao à 25 pour ioo sur la consommation du fer.
- M. Helfenberger a inventé un moulin à bras propre à décortiquer, à nettoyer et à cribler toute espèce de graines.
- MM. Spœrlin et Rahrn, à Vienne, ont imaginé une nouvelle marmite à vapeur, qui peut être employée avec beaucoup d’avantage dans l’économie domestique, et qui n’expose à aucun danger.
- _M. Schwartz, maître - serrurier à Villach, a construit une machine au moyen de laquelle on peut couper avec beaucoup de promptitude et de régularité des feuilles de tôle et de fer-blanc.
- M. F. Lafite, chimiste et distillateur à Vienne, a imaginé une pompe sans soupape et à piston ordinaire, qui exige peu de force et élève mie quantité d’eau double des pompes ordinaires.^
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- M. Krœgner a imaginé un fourneau à vent qui peut servir à-la-fois à cuire la chaux avec le charbon de terre, à désoufrer et griller la mine, à fabriquer l’acier fondu et à d’autres usages, avec une grande économie de temps et de combustible.
- M. Magelli, à Bergame, a perfectionné les tours à tirer la soie, en n’employant qu’un seul fourneau construit sur un nouveau principe, qui chauffe deux bassines à-la-fois, maintient l’eau à une température uniforme, et s’alimente avec le charbon de terre.
- L’exposition publique des produits de l’industrie manufacturière, qui a eu lieu, pour la première fois, à Berlin , au mois de septembre de l’année dernière, a été aussi nombreuse que variée. On y remarquait, entre autres objets: i°. des échantillons d’une nouvelle poterie salubre et économique-imitant la porcelaine ; 20. des toiles peintes fabriquées à la planche, au cylindre , et par le procédé lithographique ; 3°. des étoffes de soie faites sur le métier de Jacquard; 4°- des lunettes achromatiques, un grand cercle de réflexion; 5°. des draperies fines, des casimirs et autres étoffes de laine d’Aix-la-Chapelle, Montjoie, Malmédy, Verviers, etc.; 6°. une nouvelle machine à tondre et apprêter les draps; 70. un système complet de machines à filer la laine, par M. J. Cockerill, et des fils de laine d’une grande finesse ; 8<>. des tapis en laine de M. Gothe, de Berlin ; 90. des fils de lin filés à la mécanique et des toiles très-fines, provenant de la fabrique de M. Al-berti, à Waldburg, en Silésie; io°. du linge damassé en fil, d’une grande beauté, de M. fViedman, à Gladbach, près Dusseldorff; 1 iQ. diverses étoffes et tissus en soie, des schalls et autres objets de la fabrique de M. Simon, à Elberfeld; 120. des velours, des satins et des moires sans envers, de la fabrique de M. Gabain, à Berlin; i3°. des toiles de Silésie et de Westphalie de tous les genres; ilf. des aciers, des fers, des aiguilles, des dés, etc., du même pays; i5°. des lames de sabres en acier damassé, de la fabrique de M. Knecht, à Sollingen; 160. des cardes à laine, des machines à tondre, brosser et fouler les draps; 170. des métiers à tisser de différentes espèces, des métiers à faire des rubans, des métiers à la Jacquard avec régulateur, pour les étoffes de soie façonnées : ces derniers métiers sont mis en mouvement par une manivelle ; 18°. des machines à vapeur provenant des ateliers de Cockerill; 19°. une machine à fabriquer les briques, employée aux États-Unis d’Amérique, une machine à enfoncer les pieux, une échelle à incendie, le modèle d’un appareil distillatoire de M. Pistorius, et beaucoup d’autres machines ingénieuses.
- Parmi les découvertes nouvelles présentées à cette exposition, nous citerons : les capsules de cuivre doublées en platine, qui résistent à l’action
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- des plus forts acides; un nouvel instrument de musique portatif, nommé melodica, qui imite le flageolet, la clarinette, Je hautbois, la flûte et le cor; un dessus de table couvert d’un vernis imitant le lapis ; des ciseaux à papier d’un nouveau genre et d’un travail très-soigné ; de nouveaux instrü-mens de chirurgie; enfin une lampe construite sur le principe de la fontaine de Héron. Les produits de la manufacture de porcelaine de Berlin ont paru avec distinction à cette exposition et ont soutenu leur ancienne réputation, tant sous le rapport de la bonne qualité de la matière, que sous celui de la pureté des formes et de la richesse des ornemens. Les cristaux taillés étaient également dignes d’attention, ainsi que les verres d’optique provenant de l’établissement de M. Danker, à Rathenow ; enfin, on y voyait une table en marqueterie incrustée de nacre de perle, et des échecs sculptés en ivoire, représentant les généraux et les hommes célèbres des temps modernes; une toilette en bronze doré et beaucoup d’autres objets de luxe.
- Prix proposés par la Société d’Encouragement de Berlin > pour être décernés en 182 3 et 1824.
- La Société fondée en 1820 à Berlin , pour rencouragement de l’industrie nationale en Prusse, a proposé les prix suivans pour les années i8a3 et 1824 :
- i°. Pour la fabrication du fil de fer propre à faire les cardes à coton et à laine, égal en qualité et au même prix que celui provenant de la manufacture de l’Aigle en France , et dans les numéros 10 à 28 et au-dessus. Les concurrens devront prouver en avoir livré annuellement au commerce au moins 3oo quintaux (15,000 kilogrammes). Le prix consiste en une médaille d’or ou Sa valeur, et en une somme de 1,000 écus (4*000 francs).
- 20. Pour la fabrication de cuirs à cardes, égaux en qualité et au même prix que ceux des tanneries de la Belgique. Le concurrent devra prouver en avoir fabriqué annuellement au moins 5oo quintaux ; la médaille d’or ou sa valeur, et une somme de 1,000 écus.
- 3°. Pour un procédé propre à affiner le cuivre provenant des mines de la Prusse, de manière à le rendre ductile et à pouvoir l’allier avec d’autres métaux, sur-tout avec l’or. Le prix du quintal de ce cuivre ne devra pas excéder de plus de 10 écus (40 francs) celui du cuivre ordinaire; la médaille d’or ou sa valeur et 600 écus.
- 4°. Pour un alliage métallique blanc, salubre et économique, propre à la fabrication des vases culinaires, des cuillers, des flambeaux et autres
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- .( 200 )
- objets, et dont la valeur he soit que le sixième de celle de l’argent; la médaille d’or ou sa valeur et 200 écus.
- 5°. Pour des expériences propres à déterminer l’effet du vent et sa vitesse sur des moulins à ailes verticales et à ailes horizontales, et dans quelles circonstances il convient d’adopter l’un ou l’autre genre de moulin; la médaille d’or ou sa valeur et 5oo écus. . ,
- 6°. Pour la construction d’un pyromètre, simple, économique, et moins fragile que les pyromètres ordinaires, qui puisse être mis dans les mains de simples ouvriers, et qui indique avec exactitude les degrés de chaleur, depuis celui de l’eau bouillante jusqu’au degré le plus élevé des fours à porcelaine; la médaille d’or ou sa valeur et 200 écus.
- 70. Pour la communication d’un procédé propre à colorer en rouge et en pourpre le verre à vitres : les couleurs devront être solides et d’un ton uniforme; la médaille d’or ou sa valeur et i5o écus.
- 8°. Pour la composition d’une couleur bleue propre à remplacer l’outremer dans la peinture; la médaille d’or ou sa valeur et 100 écus.
- 90. Pour un procédé propre à remplacer la teinture rouge obtenue des bois étrangers, par des couleurs tirées de végétaux indigènes ; la médaille d’or ou sa valeur.
- io°. Pour la fabrication des tuiles avec des matériaux qu’on puisse trouver en suffisante quantité près de Berlin. Ces tuiles devront avoir 2 lignes d’épaisseur seulement, être solides, bien cuites, couvertes d’un vernis, et ne pas coûter plus cher que les tuiles ordinaires ; la médaille d’argent ou sa valeur et 100 écus. . * ; : < .,
- 11°. Pour la préparation d’une encre inaltérable et indélébile ; la médaille d’argent ou sa valeur. ^
- f* ••
- A Paris, de l’Imprimerie de Madame HUZARD ( née vallat la chapelle), rué de l’Éperôri-Saint-André-des-Arts, n°. 7. / ' *
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- VINGT-DEUXIEME ANNÉE. (N°. CCXXX".) AOUT l823.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES.
- Extrait d’un rapport fait par M. Francœur, au nom du Comité des arts mécaniques, sur un mémoire présenté à la Société par M. Perrelet, horloger, relatif à un procédé mécanique propre à produire dans deux axes des vitesses relatives exprimées par deux nombres quelconques > à Vaide d’engrenages convenablement disposés.
- On sait que si deux roues engrènent ensemble, leurs vitesses de rotation sont réciproques au nombre de dents qui en divisent la circonférence. Pour produire dans deux axes des vitesses relatives données, il suffit donc d’y souder deux roues munies de dentures en nombres dont les rapports soient inverses de ces vitesses; mais ces nombres sont quelquefois si considérables, qu’on ne pourrait recourir à ce procédé. On dispose alors une suite d’axes armés chacun de deux roues qui y sont soudées, et dont la plus petite prend le nom de pignon : on fait engrener chaque pignon dans la roue dentée de l’axe suivant, et les vitesses des axes extrêmes sont entre elles comme le produit des nombres de dents de toutes les roues est à celui des nombres de dents de tous les pignons. Ainsi, on décomposera chacune des deux quantités qui expriment les vitesses données, en autant de facteurs ; on donnera aux pignons des nombres de dents marqués par les facteurs de la moindre vitesse, et aux roues des nombres marqués par la plus grande vitesse donnée. Les pièces d’horlogerie sont toujours établies sur ce principe. •.
- Mais il peut arriver que Tun des nombres donnés ne puisse pas être dé-Vingt-deuxième année. Août 1823. Ce
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- -T' ruUÂ : ^oa ) r ..^C.t •'...
- composé enfacteurs; alors ou substitue an rappel jexaet des vitesses données un rapport qui en soit fort rapproché, et dont les termes soient décomposâmes en facteurs. On est conduit ainsi à des résultats qui présentent de petites erreurs, et pour les corriger il faut de temps en temps rétablir l’accord exact entre les indications des rouages.
- L’objet du mémoire de M. Perrelet est d’offrir un moyen de remédier à cet inconvénient en communiquant à deux axes des vitesses relatives, précisément égales à celles qu’expriment des nombres donnés fort grands et indécomposables en facteurs.
- M. le rapporteur annonce que M. Péqueur s’était occupé, dès 1818, de la solution de ce problème; qu’il l’avait appliqué à divers exemples, et avait construit, d’après son système, une pendule marquant à-la-fois le temps moyen et le temps sidéral; mais que si M. Perrelet ne peut pas réclamer la priorité de l’invention, il a du moins le mérite de l’avoir expliquée clairement, et d’en avoir modifié quelques parties.
- En réfléchissant aux principes sur lesquels M. Perrelet a fondé son mécanisme, M. Francœur s’en est fait une juste idée, et c’est d’après ces notions qu’il a rédigé la description et établi les calculs consignés dans le mémoire qui se trouve à la suite du présent rapport.
- Le mérite de ce mécanisme consiste principalement dans l’application qu’on a faite à l’horlogerie des mouvemens de translation dans les rouages, pour obtenir un résultat nouveau. Quoiqu’on ne doive pas espérer que l’art de mesurer le temps puisse y trouver des moyens de précision, cependant le mécanisme de M. Péqueur sera peut-être utile dans d’autres circonstances qu’on ne prévoit pas actuellement, entre autres pour les planisphères , qui peuvent dès ce moment s’en emparer pour produire leurs effets compliqués.
- M. le rapporteur a proposé au Conseil de remercier M. Perrelet de sa communication, et de déposer son mémoire aux archives de la Société, pour être consulté au besoin.
- Ces conclusions ont été adoptées dans la séance du 9 juillet 1823.
- Moyen mécanique pour produire dans deux roues des vitesses relatives ? exprimées par deux nombres quelconques ; procédé imaginé par M. Péqueur, mais modifié par M% Perrelet.
- Lorsque le cercle AB,fig. 1, Pl. > roule sur la ligne droite AL, l’un quelconque de ses points, tels que A, décrit une courbe AM, qu’on nomme cjrcloïde, dont la propriété de définition consiste en ce que la longueur AN,
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- ( 203 )
- comprise entre le point A de départ et un autre point quelconque de contact du cercle générateur avec la droite AL, est le développement de l’arc de cercle MN ; savoir,
- AN = arc MN.
- Concevons que le cercle AB se trouve placé entre les deux règles parallèles AL et BR, la première fixe, la seconde mobile, selon sa longueur, et glissant de B vers R. Dans ce mouvement , le frottement du cercle AB sur les deux règles le forcera à rouler sur AL , et le point A décrira la cycloïde ACMPQ; mais en même temps le point B décrira une autre branche de cycloïde BB', égale à la seconde moitié PQ de l’autre courbe.
- Or, quand le point A est monté avec la roulette jusqu’en M, le diamètre AB a pris la situation MO'B', en sorte que le point B' est l’un de ceux de la deuxième cycloïde qui répond à la situation MO'B' du cercle générateur. On voit que lorsque la règle BR glisse de B vers R, le point B de cette règle arrive en R, quand le point B de la circonférence arrive en B', avec la condition que les divers points de IR se soient successivement appliqués sur la roulette de B' jusqu’en I, et par conséquent que la partie IR de l’axe soit le développement de l’arc IB', ou
- IR = arc IB'.
- Et comme l’arc MN est égal à l’arc IB', à cause des angles MO'N,IO'B' opposés par le sommet, on en conclut que les premiers membres de nos deux équations sont aussi égaux; savoir, IR=AN—BI. Ainsi, I est le milieu de BR, ce qui annonce que le centre O de la roulette a pris une translation moitié moindre que la règle mobile BR, ou bien la vitesse de Vune est la moitié de celle de Vautre.
- Si on courbe les deux règles en anneau, on formera le système de lafig. 2, et on voit que si le plan circulaire supérieur BR tourne sur l’axe XY, le plan inférieur AQ demeurant fixe , le frottement sur le cercle vertical IN lui fera décrire autour du même axe XY une surface, avec cette même condition que 1^ bras OV, dans sa translation, aura une vitesse moitié moindre que le plan BR dans sa rotation : celui-ci aura décrit un cercle entier, que le bras OV n’aura parcouru qu’une demi-circonférence. Il est bien entendu que le mouvement du cercle IN sur le plan fixe AQ est supposé uniquement produit en roulant, et par un frottement dit de seconde espèce. Pour assurer l’effet dans le sens où nous l’entendons, au lieu de le faire produire par un simple frottement, on peut employer un engrenage, comme on le voit fig. 3. Les roues BR et AQ auront le même nombre de dents quelconque ; la roue O, mobile à son centre O sur le bras OY, aura des dents égales aux
- C c 2
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- ’ .. s (.204 )
- précédentes et en nombre dépendant de son rayon* lequel, étant en lui-même arbitraire, laisse maître de disposer du nombre des dents de cette roue IN , pourvu que l’engrenage soit possible et facile avec BK et AQ.
- Si les deux roues BR, AQ ont la même vitesse, alors elles entraîneront la roue IN avec elles et aussi avec la vitesse commune, comme si le système était formé départies unies fixement entre elles et prenant un mouvement commun. La roue IN n’engrène plus et ne tourne pas sur son bras OV, ce bras seul est transporté avec la vitesse commune.
- Supposons maintenant que les roues BK, AQ tournent dans le même sens , mais avec des vitesses inégales Y,Y'; que la première , par exemple , tourne plus vite que l’autre, je décompose la vitesse Y de BR en deux parties : l’une égale à V' celle de AQ, l’autre, qui est l’excès de vitesse , ou Y—Y' : en vertu de la première , la vitesse du bras OY sera la vitesse commune Y', ou celle de AQ ; en vertu de la deuxième, comme la roue AQ est censée immobile, le bras OY prend une vitesse moitié moindre que l’excès dont il s’agit Y—V; : réunissant ces deux parties, on a Y'-+-i (Y—Y'); savoir, i (V+YQ, c’est-à-dire que le bras OY tourne avec la vitesse moyenne des deux roues, ou la demi-somme de leurs vitesses propres.
- Si on fait tourner les roues BK, AQ en sens différens, en raisonnant de même, on verra que la translation du cercle IN se fait avec une vitesse égale à la demi-différence des vitesses des roues BK et AQ et dans le sens de la plus rapide.
- Tout ceci bien entendu , prenons un exemple numérique pour mieux montrer comment on doit former un système d’engrenages, dont les vitesses soient telles que deux axes accomplissent leurs révolutions dans des temps dont l’un soit exprimé par un grand nombre premier.
- Supposons que l’un des axes fasse un tour en 12 heures, tandis que l’autre ferait le sien dans une lunaison ou 29’’ i2t- l\l\’àl' de temps moyen : le premier de ces axes accomplira son tour en un demi-jour, et le deuxième en une révolution synodique de la lune ; celui-là pourra marquer les heures sur un cadran divisé en douze parties égales, et celui-ci les jours de la lune et ses phases sur un autre cadran. Le rapport de ces vitesses est : .
- " ' 7o8h-44'3" 255i443_85o48r
- 12*’’ ~ 48200 l4400
- Pour produire l’effet demandé, comme le numérateur est un nombre premier, il faudrait faire engrener une roue de 85o48i dents avec une de 144oo ; ce qui est impraticable, à cause de la grandeur des nombres. Voici comment 011 opérera :
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- On décomposera le numérateur en deux nombres non premiers et on les choisira tels qu’ils forment avec i44oo des fractions réductibles : ainsi on pourra poser 85o48i =800000 -f--5o48i, et ou aura
- 85o48i 800000
- i44°° 144°°
- 5o48i 2000
- 144°° ~ 36
- 6609__4oX5o
- 1600 6X°6
- 7J-79
- 5o.32
- Et comme le système que nous allons adopter donnera une vitesse moitié de la somme que nous voulons produire, nous doublerons ces deux fractions, et traitant chacune séparément, nous ferons précisément comme s’il s’agissait de produire deux engrenages séparés, destinés à donner les rapports de vitesse :
- 8oX5o 7rX79
- 6X6 25X^2
- Ce qui se fera ainsi qu’il suit :
- _ , 8oX5o( roues motrices 80 et 5o dents.
- Premier système. _ -
- ^ 0X0 v roues menees o et o
- _ , 7!X79( roues motrices 71 et 70
- Deuxieme système. —^ -{ i 7.
- 2roues menees 02 et 20
- Ainsi sur l’axe XY qui doit faire sa révolution dans une lunaison, on soudera deux roues A a, fig. 4, et qui seront les origines de chacun de nos deux systèmes, et accompliront leur révolution ensemble et dans le même temps; puis on disposera l’engrenage supérieur pour le premier système, et l’inférieur pour le deuxième; savoir,
- i°. A, de 80 dents, engrènera avec B de 6.
- Sur le même axe que B et faisant corps avec B, on soudera une roue C, de 5o dents, engrenant avec D de 6,
- Et on sera assuré que les roues A et D auront les vitesses relatives prescrites par le premier système.
- 20. a, de 79 dents, engrènera avec b de 32.
- Sur le même axe que b et faisant corps avec b on soudera la roue c de 71 dents engrenant avec d de 2a,
- Et on sera certain que les roues a et d auront les vitesses relatives exigées pour le deuxième système :
- En sorte que la rotation de l’axe XY, forçant tout le système à tourner, communiquera aux roues A et a des vitesses égales, qui, se distribuant inégalement dans les roues D et d, leur communiqueront des vitesses inégales et dans les rapports assignés par les fractions ci-dessus.
- Admettons maintenant que les roues terminales D d de ces deux sys-
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- ( 2°6 )
- ternes sont montées sur le même axe ZT, mais librement mobiles sur cet axe, qu’elles enveloppent d’un canon ou cylindre creux, et sur le canon de chaque roue adaptons fixement deux roues de champ E, e, en sorte que E fasse corps avec D, et eavec d, chaque canon portant ainsi deux roues animées d’une même vitesse, mais la vitesse du canon supérieur différant de celle du canon inférieur. Au milieu O de l’intervalle laissé entre les roues de champ E e, fixons à Y axe indépendant TZ un bras FO, portant à son extrémité une roue verticale F. Les nombres des dents des trois roues E, e, F sont arbitraires, et elles ne sont assujetties pour leurs grandeurs, à d’autre condition qu’à engrener entre elles : ainsi E, e sont des roues égales et de même nombre; F a ses dents égales à celles de Ee, et en nombre résultant de la grandeur de son diamètre ou de l’espace arbitraire qui les sépare.
- Il suit de ce qu’on a démontré précédemment, que l’axe TZ, qui semble être indépendant du reste du système, est cependant entraîné par le bras FO, et prend une vitesse moyenne entre celle des roues E et e ou D et d, vitesse qui est égale à la moitié de la somme de ces dernières : or celles-ci, par la théorie des engrenages, étant comparées à celles de l’axe XY, sont dans les
- 8oX5o 71X79 ! i • s 4oX5o
- rapports -g^g- et la demi - somme est =
- vitesse de l’axe TZ, celle de XY étant i.
- Donc deux aiguilles étant portées sur les axes TZ et X Y, si par un moteur P on détermine le mouvement de l’axe X Y, l’axe TZ entrera en mouvement ; l’aiguille N marquera les heures de temps moyen, et l’aiguille M les révolutions synodiques de la lune. Chaque jour, N fera deux tours, et M n’en accomplira qu’un seul en 29’’ i2hw 4V 3", comme on le demandait.
- Si les roues des deux systèmes supérieur et inférieur étaient en nombre pair d’une part et impair de l’autre, les roues terminales à canon E, e tourneraient dans des sens contraires; l’axe T Z ne prendrait plus pour vitesse que la demi-différence des vitesses des canons : cela résulte de tout ce que l’on a dit.
- Si par exemple je veux produire un engrenage dont les vitesses des axes
- A . , , 271 . . , 5i5 44 35 11
- extremes soient dans le rapport —qui revient a —---------é =-------:
- rr 216A 21b 216 24 54
- je doublerai ces fractions et je composerai deux rouages, dont les vitesses
- 35 11
- soient données par les fractions — et —, allant en sens contraire, c’est-à-1 12 27
- dire l’un ayant une roue de plus que l’autre, comme l’indique la fig. 5,
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- ( ao7 )
- dans laquelle la roue b est destinée seulement à changer-la direction du mouvement du système inférieur : cette roue b a un nombre arbitraire de dents, ainsi que D, d, F.
- A a 35 dents et mène B de 12.
- a a 11 dents et mène b, qui mène à son tour c de 27 dents.
- D est soudé à B et tourne sur un canon indépendant de l’axe T Z.
- Il en faut dire autant de d et c. D et d sont des roues de champ égales en tout; F, une roue verticale dont la denture engrène avec D et d ; F tient fixement à l’axe T Z par le bras FO.
- Quand l’axe X Y tourne, TZtourne aussi, entraîné par le bras FO, et les
- vitesses de ces deux axes sont précisément dans le rapport exigé
- 271
- 216
- En effet, quand A fait douze tours, B en fait 35, ainsi que D, du moins lorsque FO n’existe pas. Multipliant ces deux nombres par 18, les vitesses de A et D sont telles que,
- A fait 2i6 tours quand D en fait 63o,
- De même a fait 27 tours quand c en fait 11 ; multipliant par 8, a fait 216 tours quand d en fait 88.
- À et a sont soudés au même axe X Y, et quand cet axe tourne, les canons et roues BD, cd tournent en sens contraire, et 216 tours de l’axe XY, en produisent 63o dans BD, 88 dans cd; mais la roue F O étant ajoutée, l’un de ces systèmes réagit sur l’autre et sur l’axe T Z, et il en résulte que cet axe prend la demi-différence des vitesses : l’axe T Z parcourt donc la moitié de (63o — 88) tours; savoir, 3i5 — 44 ou 271 tours, comme on l’avait demandé.
- Il s’agit maintenant de donner des règles à suivre en général pour produire les décompositions de vitesse dont qous venons de donner des exemples.
- premier cas, ou on suppose que le dénominateur de la fraction - est dé-
- composable en facteurs, mais que le numérateur n ne Vest pas.
- Soit le dénominateurs? -zzzabc, la fraction proposée qui représente
- le rapport des vitesses Observez que souvent le dénominateur pourra
- abc
- se décomposer en trois facteurs de plusieurs manières, ce qui fournira autant de systèmes de solutions du problème, sauf une condition dont nous allons parler.
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- ( 208 )
- Nous voulons décomposer-^- en deux fractions réductibles, et par conséquent nous poserons
- n ax by . . .
- —-= ——h—7- » savoir nz=ax-i-by. abc abc abc
- Il est facile de résoudre cette équation en nombres entiers pour x et y, et d’en tirer une infinité de valeurs de x et dey, qui satisferont au problème et donneront :
- n
- abc
- x
- bc
- r_
- ac
- Il faut cependant que a et b soient premiers entre eux, puisque n est premier : c’est la condition nécessaire dont nous avons parlé d’abord.
- 271
- Par exemple, soit proposée la fraction * comme 216 = 4X9X6) on peut poser :
- 271 = 9 x-h4j «=9,6=4,
- Les calculs ordinaires à ce genre d’équations donnent:
- ,r=3i —4*
- X = 9* —2
- t étant entier positif ou négatif et quelconque,
- cb = 24, ac = 54
- On en tire #=27, 23, 19 ... . 3i, 35, 3g . . .
- jr= 7, l6>
- Répondant à f= 1, 2
- 16, 25 3
- 1 r.
- -20
- -2
- 71
- Ainsi on pourra poser que la fraction donnée —— est
- Ou =-7
- 27 . 7
- =^4+54’ °“
- 3i 2
- 24 54’ 0U
- 23 16 10
- Î4'|-54’ °u — a4
- 2l6
- 25
- 54’
- etc.
- n
- ou
- __^9
- 20
- 54»etc-
- 35______
- 24 541 24
- La première série se rapporte au cas où les roues de champ tournent dans le même sens; la deuxième, au cas où la rotation se fait en sens contraire : on y retrouve l’exemple numérique que nous avons employé ci-dessus.
- Mais puisque 8 et 3 n’ont pas de facteur commun, on aurait également pu décomposer le dénominateur 216 en 8X^X9) et P°ser
- 271 =8o:*+«3iy;
- On
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-
- y=zg3— 81
- — ï —4 — 7 .
- . 93 loi 109
- 2 85 5 77 8
- — -f- -,--------h—, -
- 27 72 27 72 27
- qO 1
- ---------, etc.
- ( 2°9 )
- On aurait trouvé :
- x = ’îit— 1
- D’où .r = 2, 5, 8 . .
- y = 85, 77, 69 .
- Et les décompositions
- %___________
- 72 .72 27
- qui toutes donnent des solutions du problème proposé.
- En général il faudra décomposer le dénominateur proposé en facteurs premiers sous la forme mu. n&. py. . ., prendre deux quelconques des diviseurs de cette quantité pour a et b, pourvu qu’ils soient premiers entre eux, et résoudre l’équation n = ax -4- by en nombres entiers ; les fractions
- composantes seront y- , c étant le produit de tous les autres facteurs bc ac
- du dénominateur, a et b exceptés.
- Autre exemple. On sait qu’à fort peu près le temps moyen est au temps sidéral comme 8424 : 84oi ; mais on a :
- 8401 SiX2?1 . 271 I7I
- 271
- 8424 39X2I6’ 216
- 216
- 100 19 2 5
- 216 24 54
- Ces résultats numériques conduisent à l’engrenage fig. 6, où l’axe XY fait son tour dans un temps sidéral quelconque (1 jour, ou 12 heures, ou etc. ), et l’axe TZ fait en même temps le sien dans la même durée exprimée en temps moyen.
- La roue A a 51 dents, B en a 69.
- Sur le même axe on a soudé les trois roues B , C et c , lesquelles tournent ensemble et avec la même vitesse,
- C a 19 dents, D en a 12.
- c a 25 dents, d en a 27.
- Les roues D et E sont soudées ensemble sur un canon indépendant de l’axe TZ; il en est de même de d et e : E et e sont des roues de champ parfaitement égales qui engrènent dans la roue verticale F, et celle-ci tourne sur le bras FO, qu elle entraîne avec l’axe T Z qui y est adapté.
- Voici l’analyse de l’effet produit:
- C fait 12 tours quand D et E en font i9.....X1^* c fait 27 tours quand d et e en font 25 X 8.
- Ou bien C fait 216 tours quand D et E en font 342. c fait 216 tours quand D et E en font 200,
- Vingt-deuxième, année. Août 1823. Dd
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- Et comme C et c font corps avec leur axe, 216 tours de cet axe en produisent 34a dans le haut et 200 dans le bas du système ; donc l’axe TZ en
- fait la demi-somme ou ~ 542 = 271. Donc
- 2
- 216 tours de B produisent 271 de Taxe T Z.
- Mais 3g tours de A, ou de l’axe XY, produisent St tours de B. Multipliant par 3i les deux nombres de la première ligne, et par 216 ceux de la deuxième, on voit que
- 2 i6X3i tours de B produisent 3iX27ï ou 84oi tours de T Z, 216X^9 ou 8424 tours de A produisent 2i6X3* tours de B ;
- Donc: 8424 tours de A ou de l’axe X Y
- Produisent 8401 tours de l’axe TZ
- comme on le voulait.
- deuxième cas. Il nous reste à traiter le cas où les vitesses relatives qu’on veut produire sont exprimées l’une et Vautre par des nombres premiers ; car ce qu’on vient de dire suppose que le dénominateur est décomposable en facteurs simples.
- Soit ^ la fraction proposée, n et d étant des nombres premiers. On formera les deux fractions — et A étant ùne quantité arbitraire et commo-
- A A 1
- dément décomposable en facteurs; on la choisit telle que les calculs subsé-quens et les modes de rouages qui en résulteront soient simples, ainsi qu’on va l’exposer.
- On composera séparément deux rouages, tels que les axes extrêmes aient pour vitesses relatives n et A, d’une part, d et A de l’autre; A représentera la vitesse de l’axe moteur (celui qui ne retient pas les deux canons et la roue verticale de translation). Comme ces deux axes moteurs ont la même vitesse, il est évident que si on les met en mouvement par un moteur commun qui ne change pas cette propriété, les roues menées extrêmes des deux parts auront les vitesses n et d qu’on demandait. Ainsi, ilsuffira de réunir les deux systèmes en un seul, en faisant communiquer leurs axes moteurs par une roue égale pour chaque. C’est ce qu’on va développer par l’exemple suivant:
- On demande qu’un axe fasse 17821 tours, tandis qu’un autre axe en fera
- 17321 • 'j
- ——-7; est irreduc-11743
- tible et indécomposable en facteurs. Je prends un diviseur tel que
- 11745 : ces deux nombres sont premiers : et la fraction
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- 5040=7*8.9.10, et je forme séparément les rouages, dont les vitesses sont représentées par :
- 17321 ^ 11745
- Premier système, méthode exposée Deuxième système.
- 17521
- 5o4o
- 1480
- et
- 5o4o
- 5o4o 65o 720
- 783
- f--— , décomposition qu’on fait par la
- 1743
- 5o4o
- 63 1 f- — , a ou résultent 00 ’ 65 et —^ 4o
- 83o j 729 85 ( 81 166 81 et y~ 40
- 63o 1 ^ 720 63 ^ do 65
- Donc si on réunit ces deux systèmes entre les deux mêmes platines, et qu’un moteur communique la même vitesse aux roues motrices, les roues menées dans chaque système seront mues avec les vitesses données 17321 et 11743, c’est-à-dire que l’un des axes extrêmes fera 17821 tours, tandis que l’autre en fera 11743, comme on le demandait.
- Quant au moyen de faire communiquer des vitesses égales aux axes moteurs, cela se peut de plusieurs manières :
- i°. En faisant porteries quatre roues motrices sur un même axe, les roues extrêmes se trouvent alors tourner en sens contraire, ce qui n’offre aucune difficulté à changer. - .
- Si on veut que les axes Y et X tournent dans le même sens, on décom-
- 6.83 c v
- et on formera 1 engrenage qui
- ' r . 166 2.83
- posera les fractions en
- 63 7X9 9X2i
- , • ~ , , 81 9X9 gX36
- s y rapporte,fig. 7, ou on a aussi change — en = ^^7—
- 20. On peut encore faire porter aux axes moteurs U et T, supposés dif-férens, une troisième roue qui leur soit soudée et ait le même nombre de dents, en sorte que la rotation de l’une entraîne celle de l’autre avec la même vitesse; et on évitera les mouvemens contraires des deux axes extrêmes V etX, soit par le procédé précédent, soit en faisant tourner ces roues additives par une troisième roue intermédiaire, qui mènera l’une et l’autre.
- Nous donnons encore ici un autre mode de décomposition de la frac-I 752 I
- tion proposée.' ^, en prenant le dénominateur 12000:
- A.
- 17321
- T 2000
- IOI
- 1 25
- 61
- 96
- 11743___107
- I2000 96
- *7
- I 25 Dd 2
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- Le pignon M,/%. 8, est destiné à changer le sens des mouvemens, à
- cause du signe — de la fraction —
- 1 20
- L’axe T fait 1200 tours, tandis que Taxe X en fait 17321.
- L’axe U fait aussi 12000 tours, tandis que l’axe Y en fait 11743.
- Donc une force motrice, qui communique aux deux axes T et U la même vitesse , fait décrire à l’axe X 17321 tours, en même temps que V en décrit 11743.
- La communication de la force qui imprime la même vitesse aux axes T et U s’établit comme ci-dessus. . ' ’
- Le diviseur A, qu’on prend à volonté pour faire cette décomposition, donne lieu à des calculs plus ou moins longs, et à des résultats plus ou moins compliqués, selon le choix qu’on en a fait. Il faut observer qu’on pourrait prendre deux diviseurs différens A et A' pour chacune des fractions ; car alors il suffirait de donner aux axes U et T des vitesses doubles l’une de l’autre, si x4. était double de A', etc. (1).
- Rapport fait par M. Molard jeuney au nom du Comité des arts mécaniques ? sur les mémoires présentés par M. le comte de Thiville.
- Messieurs, vous avez chargé votre Comité des arts mécaniques d’examiner deux mémoires sur des moyens d’élever l’eau par voie d’oscillation et de balancement, que vous a présentés M. le comte de Thiville : je vais avoir l’honneur de vous rendre compte du résultat de cet examen.
- Dans le premier de ces mémoires, que l’auteur annonce avoir composé en Angleterre en 1800, il donne le dessin et la description d’une machine qu’il nomme berceau hydraulique. Elle consiste dans un demi-cylindre creux, à base circulaire, dont les bouts sont fermés, ainsi que le contour convexe, à l’exception d’une ouverture longitudinale ménagée au sommet de la surface courbe, qui doit être en partie plongée dans l’eau. Ce berceau pose par ses deux bouts sur deux madriers ou tréteaux , sur lesquels on lui imprime un mouvement de balancement, qui détermine l’eau à entrer d’abord par l’ouverture dont il a été question, et à s’élever ensuite alternativement de chaque côté par-dessus ses bords, où elle est recueillie dans les bâches
- (1) Dans les figures de la PL 246 , tous les axes sont supposés dans un même plan 5 mais cette condition est inutile, et il suffit que les rayons des roues soient dans le rapport des nombres de dents } ce qui détermine la distance des axes sans en fixer la position absolue sur les platines.
- J
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- ^ ‘ 7"
- (•=>3)
- disposées à cet effet. On peut de cette manière l’élever à 5 ou 6 pieds avec un très-léger effort, puisqu’il n’y a point de frottement à vaincre.
- L’auteur indique deux autres moyens d’obtenir le même effet du berceau hydraulique, en lui imprimant un mouvement de va-et-vient, comme dans une balançoire ou sur un plan horizontal, où le mouvement est facilité par des rouleaux de friction, r , „ . . „ .
- Il eût été à désirer que l’auteur eût pu faire voir, par des expériences, l’effet de sa machine dans l’un et l’autre cas; mais malheureusement ses moyens pécuniaires ne lui ont pas permis de faire cette dépense. Notre collègue M. Pajot-Descharmes , chargé, au Comité consultatif, de l’examen de celte même machine , en a fait exécuter un petit modèle en fer-blanc, avec lequel il a obtenu les résultats annoncés par M. de Thiville.
- Le berceau hydraulique , qui peut trouver , à cause de son extrême simplicité, une application utile dans les desséchemens, les irrigations ou d’autres travaux où l’eau ne doit être élevée qu’à de petites hauteurs, a quelque analogie , quant au principe qui fait monter l’eau , avec une machine hydraulique dont le capitaine d’artillerie Pingeron a fait usage en 1778, et qu’il nommait X expulsive ; il en a aussi avec la canne hydraulique, avec le serpenteau de M. Fiallon : il en diffère en ce que, privé de soupape, il a fait pourtant monter l’eau; ce qui nous paraît une propriété toute nouvelle et particulière à cette machine.
- Dans le deuxième mémoire que M. le comte de Thiville a présenté à la Société, il donne, comme dans le premier, le dessin et la description d’une machine au moyen de laquelle il fait voir le parti qu’on peut tirer de la fluctuation de l’eau et de son extrême facilité à se mouvoir. Il fait remarquer que cette machine ^nest pas, comme le berceau hydraulique, limitée dans ses effets; qu’elle peut élever l’eau à toute hauteur, en y proportionnant le poids d’un flotteur, que des vagues naturelles ou artificielles font monter et descendre alternativement. x
- Ce problème peut être résolu de plusieurs manières; car dès qu’il y a production de mouvement, la mécanique 11’est guère embarrassée d’en faire des applications : ainsi nous ne nous arrêterons pas à faire remarquer celle qu’en a faite l’auteur pour faire circuler le chapelet d’une noria; il n’y a rien là d’extraordinaire.
- Nous ne pouvons pas non plus donner notre approbation à l’idée qu’il puisse y avoir du profit dans l’économie des forces , à former des vagues artificielles dans un bassin , quelque mobile que soit l’eau, pour qu’ensuite ces vagues venant à soulever le flotteur, aillent mettre en mouvement des machines quelconques. Les intermédiaires entre les objets qu’on veut faire
- t
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- mouvoir et le moteur, absorbent toujours en pure perte une portion plus ou moins grande de celui-ci. . ;
- En résumé, le Comité des arts mécaniques est d’avis que le berceau hydraulique, très-bien décrit dans le premier mémoire de M. le comte deThi-ville, mérite d’être publié.
- Il a l’honneur, en conséquence, de vous proposer de l’insérer dans le Bulletin de la Société, en retranchant toutefois divers passages étrangers à cette matière, et de faire participer son auteur aux avantages que vous accordez à ceux qui vous adressent des communications que vous jugez dignes de cette insertion.
- Quant au deuxième mémoire sur l’utilité qu’on peut retirer d’un flotteur agité par des vagues, le Comité pense qu’il convient de le rendre à son auteur, en y joignant une copie du présent rapport.
- Adopté en séance, le 20 août 1823.
- Signé Molard jeune, rapporteur.
- Rapport fait par M. Francœur, au nom du Comité des arts mécaniques9 sur un siphon de Vinvention de M. Eferblantier, rue des Filles-Saint-Thomas, n°. 1, à Paris,
- Tout le monde sait qu’un siphon est un tube deux fois coudé, de manière à avoir deux branches à-peu-près verticales, jointes par une branche horizontale : c’est un tuyau courbé et continu. La propriété physique de cet instrument consiste en ce que, si on emplit totalement ce tuyau d’un liquide, en tenant les orifices en haut, et qu’ensuite on renverse les deux orifices en en bas, en plongeant l’un dans un réservoir qui contient un liquide quelconque, l’écoulement se produira par l’autre orifice, pourvu qu’il soit plus bas que le niveau du réservoir. Tant que ce niveau sera au-dessus de l’orifice de sortie, tout le liquide pourra ainsi monter dans la branche qui y est plongée, suivre le tube horizontal, redescendre dans la branche verticale et s’écouler au dehors. On donne à la branche d’écoulement plus de longueur qu’à celle d’ascension.
- Cet appareil est d’un fréquent usage non-seulement dans les laboratoires de chimie, où il sert à décanter les liqueurs sans agiter la matière qui s’est précipitée au fond du vas/, mais aussi dans les arts qui se proposent des opérations dont le but est analogue. Pour soutirer le vin d’un tonneau sans troubler la liqueur par la lie qui est déposée , on se sert d’un siphon. Comme il serait impossible, ou du moins très-incommode, de remplir le siphon et de le renverser pour faire plonger la courte branche dans la liqueur, attendu que l’orifice du bouge est trop étroit pour se prêter à cette
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- (*5)
- manœuvre, on fait plonger la branche courte dans le tonneau, et on produit le vide par succion avec la bouche, qu’on applique à l’orifice d’écoulement. La liqueur s’élève dans le siphon ainsi vidé d’air, et dès qu’elle arrive dans la bouche, on laisse l’écoulement se produire librement, ou, mieux encore, on adapte un tube de succion à la branche d’écoulement; on bouche avec la main l’orifice de sortie, tandis qu’on plonge l’autre orifice dans la liqueur à soutirer. Dans ce dernier appareil, il n’est plus nécessaire de laisser arriver la liqueur dans la bouche en faisant le vide, et il suffit, lorsqu’elle est descendue jusqu’à la main qui s’oppose à l’écoulement, de la retirer et de laisser le liquide couler de lui-même. Ce dernier procédé est sur-tout employé lorsque la liqueur ne pourrait être sans inconvénient introduite dans la bouche.
- La forte action musculaire qu’il faut développer quand le siphon est large, rend ce procédé très-pénible; car les muscles des joues portent tout le poids du liquide élevé au-dessus du niveau : c’est ce qui fait qu’on est quelquefois obligé de se reprendre à plusieurs fois pour emplir totalement le tube. On a imaginé de remplacer le tuyau de succion par une pompe aspirante , qui produit le même effet. J’ignore pourquoi cette pompe n’est pas plus souvent employée par les marchands de vin et d’eau-de*vie (i).
- M. Escax a voulu éviter les inconvéniens du siphon ordinaire, tel qu’il vient d’être décrit. Il adapte une soupape à l’orifice d’entrée et un robinet à celui de sortie ; on ferme d’abord l’une et l’autre. Vers le milieu du tube horizontal est une troisième soupape, qu’on manœuvre en tournant une virole, qui est retenue par un mouvement de baïonnette. Lorsque cet orifice supérieur est ouvert, on y verse de la liqueur pour remplir totalement le siphon; un petit conduit situé à côté laisse échapper l’air à mesure que la liqueur y entre. Une fois le siphon plein , on ferme cet orifice supérieur en tournant la soupape, puis on plonge l’orifice de la courte branche dans la tonne qu’on veut vider; on ouvre la soupape qui le ferme, ce qui se fait à l’aide d’un manche qu’on tourne, et qui mène une tige en forme de vis, laquelle se rend à la soupape; enfin, on ouvre le robinet, et la liqueur s’écoule par la longue branche. La soupape supérieure est conique, pour suffire aux effets de l’usure causée par les frottemens : à promptement parler, c’est plutôt un robinet qu’une soupape, car la fermeture se fait à la manière des robinets de fontaine.
- (1) M. Jaïlien, marchand de vin, rue Saint-Sauveur, n°. 18, emploie un siphon qu’il nomme aérifère, dans lequel la succion se fait par une pompe aspirante. (Voyez la description de ce siphon dans la huitième année àu Bulletin , page 5y.) •
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- Le Comité des arts mécaniques a trouvé cet appareil fort simple et d’un usage commode. Ce siphon coûte 3o francs : c’est le triple de ce que coûte un siphon ordinaire; mais l’auteur, qui a pris un brevet d’invention , espère diminuer ses prix à mesure que l’usage de son siphon se répandra dans le commerce : au reste ce prix ne semble pas considérable, eu égard au travail qu’exige la construction de cet appareil, et en outre cette dépense est du nombre de celles qui ne se reproduisent pas très-fréquemment.
- Le Comité a trouvé au siphon de M. Escax un avantage qu’il ne partage avec aucun autre, c’est de pouvoir servir à décanter des liqueurs très-chaudes. On sait que le vide ne peut, dans ce cas, se produire dans le siphon ordinaire, parce qu’à mesure qu’on en extrait l’air, les vapeurs qui s’élèvent du bain bouillant remplissent le canal, et la liqueur ne peut monter au-dessus de son niveau. Dans le nouvel instrument, on opère avec la meme facilité à chaud qu’à froid , et nous pensons que dans un grand nombre d’arts, on pourra se servir utilement du siphon de M .Escax. Toutefois, il ne faut pas dissimuler que les soupapes, et principalement celle du canal horizontal , peuvent s’user en frottant et exiger des réparations; car dès que l’air pourra entrer par en haut dans la colonne liquide, on doit être sûr que l’écoulement cessera : c’est à l’expérience à faire connaître après quel temps cette réparation sera devenue nécessaire.
- Le Comité vous propose, Messieurs, d’accorder à l’auteur votre honorable approbation , et d’insérer au Bulletin le présent rapport.
- Adopté en séance, le 20 août 1823.
- Signé Frajvcoeür, rapporteur.
- Rapport fait par M. Tarbé T au nom du Comité des arts mécaniques , sur un mémoire de M. de La m bel ? directeur des fortifications ? relatif à V application du principe des vitesses virtuelles à la poussée des terres et des voûtes.
- Après avoir exposé là théorie des vitesses virtuelles, l’auteur en fait l’application à la recherche de l’équation d’équilibre des parties inférieure et supérieure des voûtes, et parvient aux résultats consignés dans l’ouvrage de feu M. Gauthey, inspecteur général des ponts et chaussées. Jusque-là , M. de Lamhel'&và\\. supposé, avec M. Gauthey} que les fondations des pieds-droits étaient établies sur un terrain incompressible ou rendu tel par les moyens que présente l’art des constructions; mais il abandonne ensuite cette hypothèse, et recherche quelle serait la nouvelle condition indispensable pour la stabilité d’une voûte construite sur un terrain susceptible de
- tassement :
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- ( 2ir )
- tassement : il considère, dans ce cas, le terrain comme un fluide, la voûte comme un corps flottant, et détermine, à l’aide des vitesses virtuelles, l'équation correspondante au cas d’équilibre dans lequel il n’y aurait aucune inclinaison de la demi-voûte sur le plan d’établissement, laquelle équation doit exprimer que la résultante des pressions établies d’après la manière réelle dont elles agissent, passe parle centre de gravité de la surface des fondations ; mais , dans la pratique, ce n’est pas un état d’équilibre que l’on doit chercher à donner aux voûtes , c’est un état de stabilité. L’auteur observe, à ce sujet, que si la résultante des pressions venait à se rapprocher de l’arête extérieure des pieds - droits , il s’établirait vers cette arête un mouvement qui déterminerait deux joints de rupture à la clef et aux reins, tandis que si la résultante se rapprochait de l’arête intérieure, l’incompressibilité et la cohésion des maçonneries seront plus que suffisantes pour empêcher que l’équilibre ne soit rompu : or, la formule présentée fournira les moyens de s’assurer , dans chaque cas particulier, si cette condition est remplie. L’auteur applique cette formule à une voûte de 3o mètres d’ouverture, surbaissée au tiers, ayant un mètre 5o centimètres d’épaisseur à la clef et extradossée de niveau. Le résultat auquel il arrive pour l’épaisseur de la fondation des pieds-droits est à-peu-près double de celui obtenu par M. Gauthey dans les mêmes circonstances, et les deux tiers de la dimension usitée dans la pratique : la même formule est ensuite appliquée au magasin à poudre de Vauban. L’auteur observe qu’il y aurait de l’avantage à établir les contreforts en dedans du magasin, au lieu de les placer en dehors; enfin il conclut de la même formule qu’en général les retraites extérieures des pieds-droits doivent être portées au maximum, et les retraites intérieures réduites au minimum. .
- La troisième section du mémoire est une application du principe des vitesses virtuelles à l’équation d’équilibre des revêtemens en maçonnerie et des terres qui leur sont adossées. L’auteur rappelle l’équation dtieà M. Coulomb t la soumet à une discussion basée sur des considérations nouvelles et des expériences faites par M. Mayniel, et lui fait subir plusieurs modifications. Passant ensuite à l’hypothèse où les fondations seraient établies sur un terrain compressible, l’auteur recherche, à l’aide du principe des vitesses virtuelles, les équations qui expriment que les revêtemens s’enfoncent dans le terrain sans s’incliner par rapport au plan d’établissement, et ohserve qu’un excédant de pression sur la demi-surface intérieure des fondations, qui forcerait le revêtement à s’appuyer sur la masse du remblai auquel il est adossé, n’aurait pas d’inconvénient tant qu’il n’opérerait ni rupture ni pression trop forte sur les arêtes extérieures des assises. Pour vérifier l’exacti-
- Vingt-deuxi'eme année. Août 1823. E e
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- tude de ses formules, l’auteur les applique aux revêtemens du système de Vauban, et le résultat auquel il arrive est d’accord avec l’expérience. En effet, cette espèce de revêtement renferme toutes les conditions de stabilité; mais les revêtemens de Fauban sont sujets à éprouver de rapides dégradations, à cause de l’allongement de leurs talus extérieurs. Pour faire disparaître cet inconvénient, l’auteur propose un système de revêtemens avec contreforts voûtés, dont le talus extérieur serait réduit à moins d’un cinquantième de la hauteur. D’après les formules précédemment établies, ce système, dont on a trouvé des exemples dans un des fronts d’Ingouville, au Hâvre, et dans plusieurs murs de quai à Paris, présenterait, à égalité de stabilité, une diminution d’un peu plus du sixième dans le cube des maçonneries ; mais on pourrait objecter à l’auteur que l’économie ne serait pas proportionnelle à cette diminution, parce que la sujétion de construire des voûtes sur les contreforts augmenterait le prix moyen du mètre cube de maçonnerie.
- Telle est l’analyse sommaire du mémoire dont M. de Lambel à fait hommage à la Société. Les recherches auxquelles il s’est livré présentent des considérations nouvelles et une utile application du principe fécond des vitesses virtuelles. Il est à désirer que des expériences faites en grand fournissent à l’auteur les moyens de fixer les incertitudes qui lui restent encore et de compléter sa théorie.
- Votre Comité des arts mécaniques , qui a lu avec autant d’attention que d’intérêt le mémoire de M. le colonel de Lambel, a l’honneur de vous proposer de le remercier de son obligeante communication, et de faire insérer le présent rapport au Bulletin de la Société.
- Adopté en séance, le 6 août 1823.
- Signé Tarbé, rapporteur
- Rapport fait par M. Pajot-Descharmes ? au nom du Comité des arts mécaniques , sur les limes et aciers présentés par M. Jaegerschmidt, de Strasbourg. .
- Nous avons soumis et fait soumettre aux épreuves nécessaires les échantillons d’acier destinés pour la coutellerie et les limes adressés à la Société par M. Jaegerschmidt, et annoncés comme provenant d’un nouvel établissement qu’il vient de former à Strasbourg, en société avec MM. Striker, Stroht et compagnie.
- Voici le résultat des différens essais que les échantillons ont subis: i°. L’acier pour coutellerie a été trouvé susceptible de bien se souder ;
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- niais il a été reconnu que son grain n’était pas. assez fin, et qu’il ne prenait pas assez de dureté à la trempe. . -
- 2°. Les limes sont de bonne qualité; elles ne s’égrènent point, chose essentielle, la taille se soutient; assèzbien : toutefois il serait à désirer qu’elle fût un peu plus profonde.
- Nous pensons , en conséquence, qu’en donnant connaissance du résultat de ces essais de M. Jaegerschmidt, il convient de le prévenir qu’il importe d’autant plus qu’il donne des soins à la fabrication de son acier, que s’il parvient à lui procurer les qualités désirables, il sera propre à toutes sortes d’ouvrages. '
- Nous estimons en outre que le Conseil d’administration de la Société adresse des remercîmens à cet artiste, pour son empressement à lui faire part de ses nouveaux produits.
- Adopté en séance7le n juin 1823.
- Signé Pajot-Desciiarmes, rapporteur.
- Description d’une petite machine propre à couper les hois et les métaux > employée en Angleterre.
- On se sert, dans les ateliers de construction de Londres, d’une espèce de tour , sur l’arbre duquel est montée une fraise ou scie sans fin, destinée à couper, sur toute longueur et épaisseur, les pièces de bois et de métal qui entrent dans la composition des machines ou des mécanismes.
- Cette machine , simple et ingénieuse, construite par M. Galloway, habile mécanicien, opère avec une célérité et une précision remarquables. L’emploi de la fraise n’offre sans doute aucune idée nouvelle; mais le principal mérite de ce tour consiste à pouvoir régler à volonté la vitesse du mouvement ainsi que l’épaisseur, la largeur et l’angle d’après lesquels la pièce doit être coupée.
- Comme la machine dont il s’agit n’est encore employée en France que par M. Calla, et dans la fabrique de M. Dollfus, à Mulhausen, nous avons cru devoir la faire dessiner et graver, dans l’espoir qu’elle pourra être promptement introduite dans nos ateliers, ses avantages sur les moyens employés jusqu’à présent pour le même objet étant incontestables. Le mécanisme en sera aisément compris à la simple inspection des figures.
- Explication des figures des Pl. 247 et 248.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans toutes les figures.
- Pl. 247- Vue de l’ensemble de la machine montée et prête à fonctionner.
- Fig. 1. Elévation latérale du côté delà fraise.
- E e 2
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- Fig. 2. La machine vue par-devant et du côté où se place l’ouvrier. On peut la faire mouvoir, soit au moyen d’une pédale, comme les tours ordinaires, soit par tout autre moteur.
- PL 248. Détail des pièces qui composent la machine.
- Fig. i. Vue en dessus de la table sur laquelle on place les pièces destinées à être coupées. , i
- Fig. 2. Coupe de cette même table.
- Fig. 5. L’axe portant les pignons qui font agir les crémaillères, vu séparément. ; ;
- Fig. 4. L’une des crémaillères, vue en élévation et de face.
- Fig. 5. La même, vue de profil. s " 1
- Fig. 6 et 6 bis. L’une des coulisses, vue en dessous et en coupe.
- Fig. Vis de pression qui règlent l’écartement des coulisses.
- Fig. 8. Plan et élévation du guide oblique et de l’écrou à tige qui le fait mouvoir.
- Fig. 9. La fraise montée sur son arbre , vue en coupe.
- Fig. 10. La même, vue en élévation et séparée.
- A, scie circulaire ou fraise en tôle d’acier, qui doit être parfaitement dressée.
- B , arbre en fer sur lequel la fraise est solidement montée.
- C, poupées à pointes entre lesquelles tourne l’arbre B.
- D, montans du bâtis.
- E, sommier du bâtis sur lequel sont établies les poupées.
- F, arbre coudé tournant entre les pointes des deux vis GG fixées dans les montans DD du bâtis.
- H, grande poulie en bois à trois gorges de rechange; elle est fixée, au moyen de vis à bois, sur une roue en fonte de fer I, montée sur l’arbre F, et faisant fonction de volant.
- J, petite poulie en bois montée sur l’arbre B, et qui reçoit le mouvement de la poulie H, au moyen d’une corde sans fin K.
- L, pédale en bois sur laquelle l’ouvrier agit avec le pied pour faire mouvoir la machine.
- M, axe de cette pédale oscillant entre les vis à pointes NN, taraudées dans lè bâtis.
- OO, bras qui supportent la pédale.
- P, traverse qui transmet, au moyen de la bielle Q, le mouvement de la pédale à l’arbre coudé F. *
- R, table en fer fondu dressée, sur laquelle on fait couler le bois ou le métal à scier.
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- SS, cadres en fonte de fer qui supportent la table R. Ces deux cadres glissent verticalement entre les coulisses de cuivre TT, fixées sur le sommier E du bâtis, et dont l’écartement est réglé par les vis de pression TJU.
- YV, crémaillères en cuivre fixées sur les cadres SS. V “
- X, axe tournant dans des coussinets adaptés sur le sommier E et muni de deux pignons nn, qui engrènent dans les crémaillères VY;
- Y, guide parallèle en fer fondu. Ce guide étant susceptible de s’éloigner
- et de se rapprocher de la scie A, son parallélisme avec, cette scie est conservé par les deux petits brasZZ, qui se. meuvent autour des centres a a. La, distance du guide à la scie est réglée par le boulon A, qui coule dans une rainure courbe ç,;; u.. ri \ ::ïv:r. ^ -rm . ..a :u.îp-.’.r .'.-riM'
- d, guidé oblique en cuivre posé sur le petit coulisseau e; il est construit de manière à former avec.le coulisseau différens angles* dont la valeur peut se déterminer au moyen d’une division graduée, tracée sur ce même coulisseau. L’écrou à tige h fixe le guide dans la position qu’on lui a donnée. Le coulisseau coule horizontalement entre la table R, dont le champ est rendu angulaire à cet effet, et la coulisse/', fixée sur les cadres SS, au niveau de la table. Le parallélisme de la coulisse avec la table est réglé par les vis de pression gg. ; ; - -b- - - : >
- Pour faire usage de cette machine, on fixe d’abord le guide parallèle Y à une distance voulue de la scie, en se guidant sur une échelle graduée k, gravée sur la table R; on pose le pied sur la pédale , et on lui imprime le mouvement comme à un tour à pédale ordinaire; puis on place sur la table R la pièce de bois ou de métal destinée à être coupée; on la pousse contre les dents de la scie en l’appuyant dans l’angle que forment le guide et la table. En opérant de cette manière, on ne peut faire dans le bois qu’un * trait de scie parallèle au bord qu’on appuie contre le guide; mais si on veut scier dans une autre direction , on appuie là pièce contre le guide oblique d, et on fait tourner celui-ci sur son centre au moyen de la vis à tige h, jusqu’à ce que la ligne suivant laquelle on veut scier se trouve dans le plan de la scie : alors on donne le mouvement à la pédale, et on pousse tout-à-la-fois le guide et le bois. . .
- La hauteur de la table R, par rapport à la scie, peut encore varier suivant l’épaisseur de la pièce à scier. Un carré /, pratiqué au bout de l’axe X, reçoit une manivelle; en tournant cette manivelle à droite ou à gauche, on élève ou on abaisse les crémaillères V Y, et par conséquent la table R, à laquelle elles sont liées. Les vis m servent à serrer les cadres SS, et à les fixer à la hauteur qu’on leur a donnée.
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- : fi • ARTS/'"CHIMIQUES. • - K -
- Descri pt ion cl’un procédé à l’aide duquel on obtient une espèce d’acier fùndu3 semblable à celui des lames, damassées orientales ; par éM, Bréant ^vérificateur général. des Essais ? à la Monnaie (i). . >;>; ; - l -nn- :> . : :;.n .. ,
- La surface moirée des sabres orientaux a dû faire croire qii-iis sont fabriqués avec " ce qu’on appelle* une' étoffe , c’est-à-dire un composé de barres ou de fils-d’acier soudés , corroyés, et tordus eh divers-sens.
- Une longue série d’expériences entreprises pour éclaircir la question m’a démontré que la matière du damas oriental est un acier fondu plus chargé de carbone que nos aciers d’Europe, et dans lequel, par l’effet d’un refroidissement convenablement ménagé, il s’est opéré une cristallisation de deux combinaisons distinctes de fer et de carbone. u
- - Cette-séparation est la condition essentielle; car si la matière en fusion
- (1) Ce mémoire, , qui contient le résultat de l’important travail sur les aciers damassés entrepris par M.. Bréant, sur l’invitation et en partie aux frais dé la Société et de S. Exc. le Ministre de l’intérieur; ne devait"être rendu publie que l’année prochaine; mais des considérations particulières et le désir de répandre promptement dans nos fabriques d’acier la connaissance d’un procédé aussi précieux, ont engagé le Conseil à devancer le terme
- d’abord assigné pour cette publication. ,
- M. Bréant se propose d’ajouter à cette, description quelques détails sur les précautions qu’il a dû prendre pour assurer le succès de son procédé. Cette nouvelle instruction, accompagnée des dessins des fourneaux et des creusets dont il a fait usage, paraîtra.dans l’un des plus prochains cahiers du Bulletin.
- Aussi modeste que désintéressé, notre collègue annonce qu’une partie des succès qu’il a obtenus est due à M. Mérimée, qui, le premier, a fait connaître1 a"ïà!Société d^Encoura-gement l’acier de l’Inde ou -wootz, dont il s’était procuré quelques; échantillons en Angleterre. M. Mérimée s’occupait depuis long-temps des moyens de faire travailler cet .acier, et contre l’opinion générale, il avait avancé que le damassé des lames orientales devait être le résultat d’une combinaison chimique et non d’un mélange mécanique de métaux, lorsqu’une Commission fut nommée par la Société pour x’épéter les expériences de MM. Sto-dart et Faraday sur l’amélioration de l’acier au moyen des alliages. M- Bréant, l’un des commissaires chargés de cette tâche difficile, s’en est acquitté avec tout le talent et la persévérance qu’on devait attendre de son zèle pour les progrès de notre industrie. Il a cru devoir déclarer-néanmoins que M. |Mérimée a dejjustes droits à la reconnaissance de la Société , pour l’avoir puissamment secondé de ses conseils et de ses lumières, et ranimé son courage , toutes les fois que le défaut de succès ou la fatigue lui faisait abandonner son entreprise.
- La Société doit également des remercîmens à M. Beaunier, ingénieur en chef des mines, pour l’empressement qu’il a mis à coopérer au succès des expériences, en envoyant à la Commission de la terre préparée pour la fabrication des creusets. (AT. D. B. )
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- est subitement refroidie comme elle le serait dans une petite lingotière, il n’y a pas de damassé apparent ; il n’est visible qu’à la loupe.
- La loi découverte par Berzélius, suivant laquelle se combinent les corps qui ont entre eux quelque affinité, explique d’une manière satisfaisante la propriété qui caractérise l’acier des damas orientaux, de se moirer à la surface lorsque, après l’avoir poli, on le soumet à l’action d’un acide très-affaibli.
- Si les combinaisons des corps qui ont entre eux de l’affinité n’ont lieu qu’en proportion fixe, tout ce qui excède cette proportion n’entre pas en combinaison, mais se trouve seulement mélangé : or, le fer et le carbone forment au moins trois combinaisons distinctes. L’acier qui est à une des extrémités de la série ne contient qu’une très-petite proportion de carbone (un centième) ; la plombagine, au contraire, contient douze à quinze fois plus de carbone que de fer : les fontes blanches et noires occupent l’espace intermédiaire.^
- Supposons que dans la préparation de l’acier on ne fasse pas entrer assez de carbone, il n’y aura dacier formé qu’en proportion de la quantité de carbone combinée; le reste sera du fer seulement mélangé : alors le refroidissement s’opérant lentement, les molécules d’acier plus fusibles tendront à se réunir et à se séparer de là portion du fer. Cet alliage sera donc susceptible de développer un damassé; mais ce damassé sera blanc, peu prononcé, et le métal ne sera pas susceptible d’une grande dureté, parce qu’il sera mêlé de fer.
- Si la proportion dù carbone est précisément telle quelle doit être pour convertir en acier la totalité du fer, il n’y aura qu’une seule espèce de combinaison ; dès-lors aucune séparation dé composés distincts n’aura lieu pendant le refroidissement1: c’est-ce qui m’est arrivé plusieurs fois, et ce qui, je le présume, pourra servir à faire reconnaître ia meilleure proportion de carbone dans la fabrication de l’espèce d’acier la plus propre au travail des métaux (i). -
- Mais si le carbone est un peu en excès , la totalité du fer sera d’abord convertie en acier* ensuite le carbone restélibre dans le creuset se combinera dans utie riouvelie proportibn avec une partie dé l’acier déjà formé. Il y aura deux composés distincts ; défi’acier pur et de l’acier carburé ou de la fontei Ces deux composés, d’abord mélangés indistinctement, tendront à se
- (j) On sait que les scies doivent avoir des dents plus ou moins larges, suivant la dureté-1 des substances auxquelles elles sont appliquées. C’est par ia même raison que l’afcierrqui convient le -mieux aux instrumens destinés à couper des chairs, molles , doit être différent de celui qui convient particulièrement aux limes , aux burins, aux rasoirs, etc.
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- séparer lorsque la matière liquide restera en repos : alors il se formera une cristallisation, dans laquelle les molécules des deux composés se rangeront suivant leur affinité respective ou leur degré de pesanteur.
- Que l’on trempe dans de l’eau acidulée une lame faite avec de l’acier ainsi préparé, il se développera un damassé très-apparent, dans lequel les parties d’acier pur .seront noires, et celles, d’acier carburé resteront blanches, parce que l’eau acidulée met plus difficilement à nu le carbone de l’acier carburé. ,, , :
- Le carbone irrégulièrement réparti dans le métal et formant deux combinaisons distinctes, est donc ce qui donne lieu au damassé, et l’on conçoit aisément que plus le refroidissement est lent, plus les veines damassées doivent être larges : c’est pour cette raison qu’il faut peut-être éviter de fondre des masses trop considérables, ou bien il faudra apporter quelque modification au procédé. A l’appui de mon opinion, je crois devoir citer Tavernier, qui, dans son Voyage en Perse, a donné quelques renseignemens qui nous font connaître la grosseur des billes d’acier qui, de son temps, étaient employées à la fabrication des lames damassées : > ; >
- « L’acier susceptible d’être damassé vient, dit-il, du royaume de Gol-» conde; il se trouve dans le commerce en pains de la grosseur d’un pain » d’un sou : on les coupe en deux pour voir s’ils sont de bonne qualité, et » avec chacune des deux moitiés on fait une lame de sabre. »
- D’après ce récit, il est évident que cet acier de Golconde était en culots comme le wootz, et que les culots ne devaient pas peser plus de 2 ou 3 kilogrammes.
- Tavernier ajoute que si dans la trempe de cet acier on suivait les procédés d’Europe, il se briserait comme du verre. On doit conclure de là qu’il est très-difficile à forger, et Réaumur en a fait l’observation. . j
- Ce savant, ayant reçu du Caire des échantillons d'acier indien, ne trouva personne à Paris qui pût les forger. A ce sujet, il déclare que ce doit être la faute de nos ouvriers, puisque les Orientaux parviennent à travailler cette espèce d’acier. J’expliquerai bientôt comment il faut procéder pour réussir.
- Comme le carbone a la principale influence non-seulement sur le damassé de l’acier, mais encore sur ses qualités intrinsèques, il est à craindre que MM. Siodart et Faraday n’aient été induits en erreur dans leur travail, ainsi que je l’ai été moi-même long-temps, et qu’ils n’aient attribué à des alliages métalliques des effets dus plus particulièrement à une proportion plus considérable de carbone.
- Je suis très-éloigné de contester l’existence des alliages métalliques dans les sabres orientaux, bien que dans le peu de fragmens que j’ai eu occa-
- sion
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- sion d’analyser, je n’aie trouvé ni argent, ni or, ni palladium , ni rhodium; il me semble néanmoins très-probable que diverses combinaisons auront été tentées. En effet, le même peuple qui était parvenu à durcir le cuivre par des alliages, n’a-t-il pas dû , par analogie, essayer le même procédé sur le fer ?
- Cette façon de voir m’a conduit à former divers alliages métalliques, dont quelques-uns m’ont donné des résultats satisfaisans. Une des lames de sabre que j’ai présentées à l’Exposition contient un demi pour cent de platine, ét une proportion plus considérable de carbone que dans les aciers ordinaires: c’est à cet excès de carbone qu’est particulièrement dû son damassé. D’ex-cellens rasoirs ont été faits avec le même alliage.
- Quoi qu’il en soit, je conseille de ne faire l’essai de ces alliages qu’après s’être bien assuré des effets du carbone pur, et de commencer par des combinaisons en très-petites proportions. L’addition d’un métal rend l’acier plus cassant; j’ai cependant obtenu des alliages ductiles en portant l’or et le platine jusqu’à 4 pour ioo, et le cuivre et le zinc jusqu’à 2.
- Quant au zinc, je dois avertir qu’il y a quelques précautions à prendre lorsqu’on veut l’employer dans l’alliage; il détonne fortement : il ne faut donc en projeter dans le bain que de très-petites portions. J’ajouterai qu’en forgeant l’acier allié de zinc, une partie du métal volatil se dissipe.
- Le manganèse s’unit facilement à l’acier, et l’alliage se forge aisément; mais il est très-cassant à froid ; j’en ai fait des burins qui entamaient le fer sans avoir été trempés : le damassé qui en résulte est très-noir et très-prononcé.
- La plombagine m’a paru , dans quelques circonstances, adoucir l’acier qu’un excès de carbone rendrait trop aigre : du moins j’ai obtenu d’excel-lens résultats de cent parties d’acier, une de noir de fumée et une de plombagine.
- Mais une expérience fort remarquable par le parti qu’on pourrait en tirer dans un travail en grand, c’est que cent parties de fer doux et deux de noir de fumée fondent aussi facilement que l’acier ordinaire (1). Quelques-unes de nos meilleures lames sont le produit de cette combinaison : elle a l’inconvénient de prendre beaucoup de retrait par le refroidissement, et les culots ont le plus souvent des cavités qui les rendent très-difficiles à forger; mais si, au lieu d’acier damassé, on voulait se borner a faire de l’acier ordinaire, on éviterait le retrait opéré parle refroidissement, en coulant cet acier dans une lingotière.
- (1) On doit supposer que la totalité du charbon n’entre pas en combinaison.
- Fingt-deuxième année. Août 1823. ' F f
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- On voit, par cette expérience, qu’il n’est pas nécessaire, pour obtenir de très-bon acier, de commencer l’opération par cémenter le fer. On peut le traiter de suite avec le noir de fumée, te qui diminuerait beaucoup les frais de fabrication.
- Cent parties de limaille de fonte très - grise et cent parties de pareille limaille préalablement oxidée, ont produit un acier d’un beau damassé et propre à la fabrication des armes blanches. Il est remarquable par son élasticité, qualité précieuse dont ne jouit pas l’acier de l’Inde (i). Plus la proportion de fonte oxidée est forte, plus l’acier est nerveux. L’oxigène se portant sur les métaux terreux et sur une partie du carbone, on conçoit que plus il y aura d’oxide, plus le résultat aura de ductilité ; mais aussi moins il sera dur.
- Les fontes les plus noires réussissent le mieux. Je suis convaincu qu’avec de semblables fontes on pourrait fabriquer très en grand de l’acier fondu dans des fourneaux à réverbère, en suivant un procédé analogue à celui de l’épuration du métal de cloches, c’est-à-dire en ajoutant au métal en fusion une portion du même métal oxidé, ou, mieux encore, de l’oxide de fer naturel. .
- Il me paraît également possible de convertir en acier fondu la totalité du produit des forges à la catalane , en faisant à la construction des fourneaux deschangemens qui permettraient d’acbeverla fusion du métal. Il me semble que si j’avais à conduire une de ces forges, je réussirais à trouver le moyen de fabriquer avec beaucoup d’économie les qualités d’acier les plus désirables.
- J’ai toujours eu soin de bien remuer la matière en fusion avant de la laisser refroidir; cela est indispensable lorsqu on fait des alliages métalliques, autrement le damassé n’est pas homogène.
- C’est après avoir tenté la combinaison de l’acier avec la silice et l’alumine, amenées à l’état métallique, que je m’aperçus de l’influence du carbone dans la production du damassé : dès-lors j’eus soin d’employer toujours le charbon de noir de fumée.
- Si, dans l’analyse des aciers que j’ai fondus, U se trouvait quelques terres, il faudrait supposer qu’elles proviennent de la fonte employée, ou du fer, de la plombagine , ou enfin des creusets.
- Plus l’acier contient de carbone, plus il est difficile à forger. La plupart de ceux que j’ai préparés n’ont pu être étirés qu’à une température dont les limites sont assez resserrées. Chauffés au rouge blanc, ils s’émiettent sous
- (i) J’ai toujours opéré sur un ou deux kilogrammes.
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- le marteau ; ail rouge cerise, ils deviennent durs et cassans, et cette disposition augmente en proportion de l’abaissement de température, de telle sorte qu’une fois parvenus au-dessous du rouge cerise, si on veut en enlever une portion avec le burin ou la lime, on les trouve beaucoup plus durs et plus cassans qu’après leur entier refroidissement.
- Il est évident que les aciers de l’Inde, que la plupart de nos ouvriers ne peuvent étirer, sont dans le même cas , et si les Orientaux les travaillent sans peine, c’est qu’ils connaissent les limites de la température qui leur convient.
- Je ine suis assuré par l’expérience que les veines orbiculaires , que les ouvriers appellent ronces, et qui se voient sur les belles lames orientales, sont le résultat de la manière de forger. Si on se contente d’étirer l’acier en long, les veines seront longitudinales; si on l’étend également en tous sens, le damassé à une apparence cristalline ; si on le rend onduleux dans les deux sens, il y aura des nuances comme aux damas d’Orierit. Il ne faudra pas de longs essais pour arriver à produire tel dessin de moiré que l’on voudra.
- Quant au procédé à suivre pour développer le damassé de manière que l’acier puisse devenir noir ou bleuâtre sans perdre son poli, celui qui m’a paru le meilleur est celui des Orientaux. M. le vicomté 'Hêricàrt de Thurjr en a donné la description dans un rapport inséré au Bulletin de la Société d’EncouragCment, 1S°. GCX, décembre 1821, vingtième année, page 56i.
- Note sur Les avantages de l’appareil construit par M. cPArcet pour garantir les doreurs sur métaux des vapeurs mercurielles.
- Les services que M. d’Arçet a rendus à l’humanité par l’invention de plusieurs appareils destinés à prévenir les funestes effets résultant du dégagement des gaz délétères, dans quelques opérations des arts, sont depuis long-temps connus et appréciés du public. Les doreurs sur métaux, en particulier, lui ont de grandes obligations pour avoir introduit dans leurs ateliers un procédé d’assainissement qui les met entièrement à l’abri des vapeurs mercurielles, et leur évite ainsi des maladies cruelles, auxquelles la plupart d’entre eux succombaient avant l’âge de quarante ans. M. d’Arcet a recueilli la plus digne récompense qu’il pouvait espérer de ses efforts, le suffrage des hommes éclairés et les bénédictions d’une classe nombreuse d’ouvriers. Son fourneau de doreur , au moyen duquel 011 peut dorer, sans danger pour la santé, des pièces d’un grand volume, et dont nous avons
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- donné une description détaillée, accompagnée d’une planche, dans la dix-huitième année du Bulletin, page 198, a été établi dans les ateliers de M. Ravrio et dans ceux de plusieurs autres doreurs de la capitale. Les avantages bien reconnus de cet appareil auraient dû déterminer tous les doreurs sur métaux à l’adopter ; mais tel est rattachement des hommes aux vieilles pratiques , tel est l’empire que la routine exerce encore sur certains esprits, que les perfectionnemens les plus utiles sont repoussés lors même que de terribles exemples viennent confondre les incrédules. Espérons que le fait que nous allons rapporter, et qui atteste de nouveau le succès de l’appareil de M. d’Arcet, réveillera chez les doreurs le sentiment de lepr propre conservation , et leur fera abandonner à jamais le mode vicieux que plusieurs d’entre eux persistent à employer encore.
- Il y a deux ans que M. Duguet dit GailErançais d’origine, établi à Turin , fût chargé de dorer les nombreux ornemens en bronze destinés pour une voiture qui avait été commandée pour le roi de Sardaigne. Cet ouvrage étant très-pressé, les ouvriers y travaillèrent sans relâche dans un atelier disposé d’après l’ancien système, et qui 11’était nullement préparé pour l’exécution de grands travaux : un malheur déplorable s’ensuivit, trois de ces ouvriers, sur lesquels le mercure avait déjà exercé ses ravages, en furent tellement maltraités de nouveau , qu’ils périrent.
- M. Bonafous, négociant à Turin, ayant eu connaissance de ce malheureux événement, écrivit à M. Degérando pour le prier de lui procurer le moyen d’établir dans cet atelier le nouvel appareil de M. d'Arcet, et aussitôt qu’il eut reçu le mémoire descriptif et les plans de la forge placée chez M. Ravrio, il en fit construire une semblable chez M. Gail, dont l’atelier s’est trouvé dès-lors parfaitement assaini. Cet artisan, qui avait aussi éprouvé les funestes effets du mercure, bénit, chaque jour, le nom du savant phi-lantrope auquel il est redevable d’un si grand bienfait : ni lui ni aucun de ses ouvriers n’ont ressenti depuis la moindre, incommodité, les vapeurs mercurielles ne pouvant plus les atteindre et étant constamment entraînées dans la cheminée de la forge.
- A Paris, de l’Imprimerie de Madame HUZARD (née Vallat la Chapelle), rue de l’Eperon-Saint-André-des-Arts , n°. 7.
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- VINGT-DEUXIÈME ANNÉE. (N°. CCXXXI.) SEPTEMBRE 1825.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES.
- Extrait d’un mémoire sur un nouveau moven d’élever l’eau par voie d"*oscillation $ par M. de Thivilîe.
- La machine que l’auteur propose pour élever l’eau, et qu’il nomme ceau hydraulique3 se compose d’un demi-cylindre creux à base circulaire, Jig. i, PI. 249, plongé dans l’eau d’un réservoir dont les lettres CD indiquent le niveau. Cette machine est formée de jantes en bois disposées en portions de cercle, et de bordages faits en planches; les jantes portent sur deux tréteaux E F établis au fond du réservoir et espacés de toute la distance AB du plan ,fig> 4* Le fond de la machine, ou le sommet de la surface courbe, est percé d’une ouverture xx, par laquelle l’eau pénètre dans l’intérieur.
- En imprimant au berceau un mouvement de balancement sur ses tréteaux , de l’avant à l’arrière, AB prendra alternativement la position deab et xyy, et après plusieurs oscillations, l’eau, en s’élevant graduellement, surmontera les bords et passera dans les bâches G H disposées pour la recevoir. ..
- Dans cette opération, la machine n’éprouve sur ses appuis qu’un frottement de seconde espèce. L’oscillation aura lieu jusqu’au moment où le fluide commencera à surmonter les bords : alors il prendra un mouvement régulier et uniforme, et continuera ainsi tant que le balancement durera.
- Supposons que les bâches soient placées à 6 pieds au-dessus du réservoir, l’eau se .sera élevée de 6 pieds parle mouvement d’oscillation qu’on aura communiqué à la machine. A chaque oscillation, le fluide décrit dans le
- Vingt-deuxième année. Septembre 1825. G g
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- bercêâtt les courbés ec/el cid, fig. i, et parcourt toute letendue de ces courbes ; mais en même temps il laisse au point i un espace, qui, se trouvant plus bas que le niveau de l’eau dans le réservoir, permet à cette eau de pénétrer dans le vase par l’ouverture x x, fig. 4« *
- Comme il serait peut-être difficile d’appliquer au berceau une force motrice purement mécanique, telle que le vent, une chute d’eau ou une machine à vapeur, l’auteur a pensé que la force d’un homme, susceptible d’âug-menter ou de diminuer l’effort à volonté , était la seule qui pût se prêter à son mouvement. Dans cette vue, au lieu de faire balancer la machine sur des tréteaux , comme dans la fig. i, il la fait porter sur quatre roulettes X Y, fig. 2, réunies par une traverse Z,fig. 5. Ces roulettes circulent par leur partie supérieure dans une rainure pratiquée dans la traverse A B, et par leur partie inférieure dans une autre rainure creusée dans la traverse I L, soutenue au fond du réservoir par des pieux ou montans MN. De cette manière, les roulettes sont contenues dans les rainures qui leur servent de guide et les empêchent de s’écarter. La fig. 5 montre cette disposition.
- La machine ainsi établie aura un mouvement parallèle à elle-même sur ses roulettes ; elle produira le même effet que celle fig. i, et n’éprouvera qu’un frottement de seconde espèce.
- Un autre moyen de faire mouvoir la machine, indiqué par l’auteur, consiste à la suspendre par des cordes attachées aux points o etp, fig. 3 , à une traverse fixe. Le mouvement, dans ce cas, est très-facile à imprimer; seulement la direction oblique que prendront les Cordes pour former les angles o hh et p gg, tendra à élever un peu le système; mais cet effort sera presque insensible.
- I! est à remarquer que, dans les fig. 2 et 3, dont l’une agit sur des roulettes et l’autre est suspendue à des cordes, il y a un segment du berceau immergé dans l’eau, qui oppose au mouvement une résistance quelconque, difficile à évaluer; celte résistance est cependant peu considérable, parce que la forme cintrée du berceau ne présentant aucune coupe brusque, propre à former un angle avec l’eau , il en résulté que la machine n’éprouvé qu’une faible résistance. »
- En supposant que le maximum de l’eau élevée par ce moyen fut de 6 pieds (et Fauteur pense quelle pourrait être portée à une plus grande élévation si l’on augmentait la dimension de la machine), on pourrait combiner deux ou un plus grand nombre de berceaux, qui seraient mus par le même moteur ; ce qui donnerait le moyen de porter l’eau à 12, 18 pieds et au-dessus. ‘La force motrice étant appliquée au levier O, fig. 6, le mouvement du premier berceau sera transmis au second parle moyen de la tige P,
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- et ainsi de suite à un plus grand nombre, selon le besoin. Les bassins ou réservoirs dans lesquels agiront ces berceaux s’élèveront successivement, c’est-à-dire que si QR était le niyeau de l’eau dans le premier réservoir, il se trouverait en ST dans le second.
- Enfin, on pourrait faire agir la machine par une puissance mécanique telle que celle représentée^'. 7, pourvu qu’on ait une chute d’eau à sa disposition. Dans ce cas, on fixe sur les bordages qui garnissent le berceau une crémaillère k, et sur la traverse IL une pièce de bois saillante U, sur laquelle on adapte par des vis et des écrous les quatre supports mn} dont deux seulement sont visibles. Ces supports portent des collets qui reçoivent les tourillons d’un balancier Y, muni à son centre d’un segment de cercle denté /, qui engrène dans les dents de la crémaillère. Ce balancier est terminé à ses extrémités par deu£ cuillers qr, ayant des soupapes z, qui ouvrent en dedans; en tournant sur ses tourillons , il fait parcourir à ces cuillers les arcs st et ur; la cuiller r, arrivée en e, rencontre un heurtoir établi sur la pièce K, qui, en ouvrant la soupape .z, lui fait perdre l’eau qu’elle contenait; dans le meme temps, la cuiller q , arrivée en s, a soulevé une soupape a établie à la bâche G, et s’est remplie d’eau pour descendre en t : alors r remonte en u et s’emplit de même. Par ce moyen , le segment de cercle denté, engrenant dans la crémaillère, communique au berceau le mouvement de va-et-vient, qui le fera osciller et prendre la position marquée par les lignes ponctuées 1,2.
- Ce mécanisme est dessiné sur une plus grande échelle, fig. 8.
- Après avoir fait connaître les détails de sa nouvelle machine hydraulique, M. de Thiville en expose les avantages. Il fait observer d’abord que, n’ayant ni pistons ni attirails d’aucun genre, elle est exempte de tout frottement, car il n’en admet pas entre la machine et l’eau pendant son mouvement. Il annonce ensuite que ses effets sont tellement supérieurs à ceux des autres machines hydrauliques, qu’un seul homme de force moyenne, ap-, pliqué à la faire osciller, peut élever quatre muids d’eau par minute à 10 pieds de hauteur, ou 4 pieds cubes d’eau par seconde à un pied de hauteur. Voici comment cet effet est produit :
- Lorsqu’on fait agir le berceau, l’eau qu’il contient s’élève graduellement jusqu’au moment où elle est prête à sortir du vase : alors le mouvement ayant acquis plus de régularité, il peut être maintenu dans cet état avec beaucoup de facilité; car, dès que la lame d’eau est parvenue en V,ftg- 3» un balancement contraire à celui qui l’y a fait arriver la transportera en ç', qui est à la même hauteur que V, du niveau de l’eau dans le réservoir. Ce passage se fera sans aucun effort, et lors même que la machine s’arrêterait
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- pendant qu’il a lieu, les lois de l’équilibre transporteront de nouveau la lame encr ou très-près de ce point. .
- L’effort nécessaire pour que l’eau déborde le vase ne doit donc pas se mesurer sur la distance entre les bords et le niveau du réservoir, mais seulement sur la hauteur à laquelle il faut élever la lame pour lui faire surmonter les bords. Ainsi, l’eau étant parvenue en bf} il ne faudra pas calculer la hauteur ù'cr comme étant à la charge de la puissance motrice, puisque cette élévation est déjà acquise par le mouvement d’oscillation, mais la hauteur b'qui est celle de la lame sortant du berceau pour s’épancher dans la bâche. :
- L’auteur termine en annonçant que cette machine, qui a été essayée avec Succès à Londres, en 1801 , en présence de plusieurs savans distingués, est très-propre, étant mue à bras d’homme, aux irrigations, à épuiser les eaux d’un terrain inondé, à dessécher un marais, et à une infinité d’autres usages, où le volume qu’elle occupe ne serait pas un obstacle à son éta- * blissement.
- Répondant à l’objection du Comité consultatif des arts et manufactures , que le berceau hydraulique, quant au principe qui fait monter l’eau, a beaucoup d’analogie avec deux machines inventées par MM. Pingeron et Vialon, l’auteur observe que dans ces dernières l’eau, à chaque oscillation, va frapper contre une soupape, qu’elle force à s’élever pour laisser pénétrer le fluide dans un tuyau d’ascension, ce qui doit produire un effet à-peu-près semblable à celui du bélier hydraulique, mais qu’il résulte de cette disposition une perte de force considérable ; car la lame d’eau, en frappant contre la soupape, au lieu de conserver la force vive que l’oscillation lui a imprimée , la perd en totalité; de plus , elle est obligée de rétrograder avant de produire une nouvelle oscillation : d’où il suit qu’il faut continuellement répéter le mouvement pour obtenir l’effet voulu. Dans le berceau hydraulique, au contraire, chaque oscillation, en se confondant avec celle qui la précède et celle qui la suit, conserve à l’eau sa force vive, qui l’oblige à sortir du vase et à entrer dans la bâche supérieure ; cette eau est constamment alimentée par celle qui pénètre dans le vase à travers l’ouverture xx, et une fois l’oscillation établie, la moindre force suffit pour la maintenir à la même hauteur : c’est précisément de cette conservation des forces vives non interrompue, quoique agissant alternativement en sens contraire, que résulte tout l’avantage de la nouvelle machine.
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- Rapport fait par M. Molard jeune, au nom du Comité des arts mécaniques, sur les produits de la fabrique de M, Pradier 7 rue Bourg-1’Abbé, n°. 22, à Paris.
- M. Pradier, dont vous avez encouragé les travaux par des éloges mérités et par la récompense la plus flatteuse que vous puissiez accorder, une médaille d’or, a désiré vous faire connaître des améliorations notables qu’il a apportées en dernier lieu dans ses procédés de fabrication de rasoirs, de coutellerie, de bijouterie, de nacre de perle, etc.
- Organe de votre Comité des arts mécaniques, que vous avez chargé de cet examen, je vais vous en entretenir le plus brièvement possible , ne devant pas remettre sous vos yeux les détails de cette immense fabrication , déjà expliqués dans les précédera rapports faits par nos collègues, MM. Pa* jot-Descharmes, Francœur, Bouriat et Baillet (1).
- Nous avons vu avec satisfaction qu’en effet M. Pradieiinfatigable dans ses recherches, n’est pas un de ces hommes qui s’endorment sur leurs lauriers et qui laissent au hasard le soin d’amener de nouvelles et de plus heureuses combinaisons : il a senti avec raison que c’est rétrograder que de rester stationnaire dans les arts.
- C’est en faisant à sa fabrication de rasoirs et de coutellerie, en général, une application mieux entendue du principe fécond de la division du travail, qu’il est parvenu à perfectionner encore des produits qui paraissaient déjà si parfaits. Vous aviez été frappés de voir qu’on pût donner des rasoirs d’une qualité si remarquable à des prix si modiques, i5 et 12 francs la douzaine. Cependant aujourd’hui son nouveau mode de fabrication lui permet de les livrer au commerce à 12 et à 9 francs; et nous ferons remarquer que la qualité ainsi que la forme en sont généralement meilleures.
- Le travail de la lame du rasoir était précédemment divisé en sept parties faites par autant d’ouvriers. Dans le mode actuel, ce meme travail est divisé en dix; savoir, trois pour la forge , deux pour limer et calibrer, deux pour émoudre, un pour polir, un pour monter, et enfin un pour affiler : il y a une onzième division de travail, qui est la trempe, que M. Pradier s’est réservée exclusivement.
- La simplicité de chaque partie n’exige pas de l’ouvrier une grande intelligence; il conçoit et exécute plus promptement, et ne tarde pas à atteindre
- (1) Voyez Bulletin, dix-neuvième année, pages 204 et 240; vingtième année, page 1145 vingt et unième année, page 65. ' ,
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- une très-grande habileté. C’est au moment d’une espèce de révolte survenue parmi ses ouvriers, révolte qui le força à renvoyer les plus habiles, qu’il introduisit ce nouveau mode dans sa fabrication, qui n’en a nullement souffert, quoiqu’il n’y ait employé que des ouvriers non encore au fait de ce travail, et qui n’étaient précédemment que des hommes de peine.
- Le perfectionnement du travail des rasoirs n’a pas empêché M. Pradier d’améliorer aussi celui de ses autres produits. Ses ouvrages de bijouterie, de coutellerie, de tabletterie, de nacre de perle , etc., reçoivent des formes plus propres à leur usage ; les dessins sont d’un meilleur goût, le travail en est plus fini sans qu’ils soient plus chers; mais c’est particulièrement le manche du rasoir, du couteau, du canif, en corne ou en métal, qu’il a perfectionné : il en a considérablement multiplié les formes et les empreintes, qui sont en général de bon goût.
- M. Pradier ne se borne pas à perfectionner les objets courans de sa fabrique; il se livre encore à des recherches nouvelles pour composer et rendre plus complets et plus commodes ces petits meubles, qu’on appelle nécessaires. On trouve chez lui des boîtes élégantes, d’un volume peu embarrassant, qui contiennent tous les objets dont on peut avoir besoin pour la toilette, l’écriture, la table, etc., réunis ou séparés. Dans l’un et l’autre cas, il s’est attaché à les classer suivant l’ordre de leur utilité; à les ranger de manière à ne faire occuper à chacun que la place qui lui est rigoureusement nécessaire ; à ne pas confondre ceux destinés à un usage avec ceux destinés à un autre'; à pouvoir les retirer et les remettre séparément sans occasionner de dérangement. Ces diverses combinaisons nous paraissent très-heureuses, et sans doute le public confirmera ce jugement. M. Pradier compose des nécessaires pour toutes les fortunes. Celui qu’il a mis sous nos yeux et qu’il reproduit ici sous les vôtres, peut être regardé comme son chef-d’œuvre dans ce genre de travail.
- Nous pourrions encore beaucoup étendre ce rapport et vous entretenir d’un taille-plume qu’il construit pour accompagner sa plume à réservoir à encre, dont le bec de plume ordinaire est taillé d’une manière particulière; mais cet instrument n’est pas terminé : il ne diffère pas, quant au principe, des taille-plumes à pince connus depuis long-temps, et sur-tout de celui que vous a présenté M. Lasserre.
- D’après cet exposé, vous voyez, Messieurs, que les encouragemens donnés àM. Pradier, à diverses reprises, n’ont pas été perdus pour les progrès de notre industrie. Assurément, avant lui, personne ne pensait qu’on pût se procurer un excellent rasoir pour i5 sous, et beaucoup d’autres choses utiles aux besoins de la vie, à des prix proportionnellement aussi modérés,
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- Ses efforts et ses succès mériteraieiit une médaille de première classe, si cette récompense ne lui avait pas déjà été accordée.
- Nous avons l’honneur de vous proposer de lui renouveler le témoignage de votre satisfaction, et d’ordonner l’insertion du présent rapport dans le Bulletin de la Société.
- Adopté en séance, le 3 septembre 1823.
- Signé Molard jeune, rapporteur.
- ARTS CHIMIQUES.
- Nouveau procédépour affiner le cuivre et le rendre parfaitement ductile $ par M. Sheffîeld.
- Le défaut de mines de calamine oblige les Anglais à s’approvisionner, sur le Continent, du laiton dont ils se servent pour les besoins des arts ; ils sont également tributaires de l’étranger pour les feuilles de cuivre destinées au doublage des vaisseaux : ils ont donc cherché les moyens de rendre le cuivre suffisamment malléable pour pouvoir être réduit en feuilles et pour donner, par son alliage avec le zinc, du laiton d’une qualité supérieure ; mais pour atteindre ce but, il a fallu remplacer les fourneaux à réverbère employés pour la fusion du métal, par d’autres fourneaux mieux appropriés à cet usage; car on a reconnu que pour obtenir du cuivre parfaitement ductile, il était nécessaire d’exclure l’air extérieur, dont l’oxigène rend le métal cassant.
- M. Sheffîeld a imaginé un procédé de cémentation du cuivre, analogue à celui de l’acier. Pour cet effet, il choisit le cuivre le plus pur qu’on puisse se procurer, et après l’avoir réduit en grains ou en feuilles d’une épaisseur médiocre, il le cémente avec du charbon dans des vases clos, placés dans un fourneau d’une construction particulière. On chauffe à une température un peu au-dessous de celle nécessaire pour fondre le cuivre, et jusqu’à ce que la surface du métal soit couverte d’une cristallisation particulière.
- Nous regrettons de 11e pouvoir donner de plus amples détails sur cet intéressant procédé, pour lequel l’auteur a obtenu une patente qui n’est point encore publiée : nous nous empresserons de communiquer ces détails à nos lecteurs, aussitôt qu’ils seront parvenus à notre connaissance.
- Les Anglais attribuent à ce procédé de cémentation la propriété que pos-
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- sèdent les feuilles de cuivre employées en Hollande pour le doublage des ^isseaux, de résister très-long-temps à l’action de l’eau de mer.
- Nouveau moyen de concentration et dy évaporation des liquides à une basse température ; par M. Knight.
- Nous avons fait connaître dans le Bulletin de la Société de l’année 1821, page 14, un nouveau procédé imaginé par M. TVilson pour cuire le sucre dans des bassines chauffées par des tuyaux dans lesquels on fait circuler de l’huile bouillante. Le moyen employé par M. Knight diffère de ce procédé, en ce qu’au lieu d’huile c’est de l’air chaud qui parcourt les tuyaux.
- On place dans le fond de la bassine un tuyau contourné en spirale et percé de beaucoup de petits trous, à travers lesquels s’échappe l’air chaud? qu’on introduit dans le tuyau, soit par un soufflet, soit par un appareil de chauffage placé en dehors , soit par tout autre moyen, mais de manière à ce qu’il soit entretenu dans une circulation continuelle. Cet air, en sortant des trous, pénètre toute la masse et distribue la chaleur également partout ; ce qui facilite la concentration et l’évaporation du liquide contenu dans la bassine, en entraînant avec une grande rapidité toutes les parties aqueuses.
- L’auteur considère ce procédé comme applicable à la fabrication du sucre, de l’alun, de la colle-forte, du savon, du suif, etc.
- Moyen de décomposer le goudron de houille et de le convertir en gaz propre à Véclairage ; par MM. Vere et Crâne, de Stafford.
- On sait depuis long-temps qu’on peut obtenir du gaz d’une qualité supérieure en faisant distiller le goudron de houille; mais le procédé employé pour produire ce gaz laissait encore beaucoup de choses à désirer, parce que les tuyaux se trouvaient souvent engorgés par le résidu charbonneux qui s’attachait à leurs parois.
- MM. Vere et Crâne sont parvenus à perfectionner ce procédé par la construction d’un appareil simple et commode et qui n’exige aucune réparation. Le goudron tombe goutte à goutte d’un réservoir supérieur dans une capacité chauffée, et se convertit immédiatement en vapeur. Cette vapeur se rend ensuite dans une cornue chauffée au rouge; mais comme elle ne serait pas encore suffisamment purifiée, on dirige dans la cornue un petit jet de vapeur
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- peur d’eau qui précipite la matière charbonneuse et dégage la partie volatile, laquelle est du gaz hydrogène très-pur et propre à l’éclairage.
- Les auteurs assurent qu’ils retirent 70 pieds cubes de gaz de chaque gallon (4 litres) de goudron, quantité suffisante pour alimenter une lampe d'Argand pendant vingt-quatre heures ; et comme chaque gallon de goudron ne coûte que 2 sous, on voit que cet éclairage est très-économique.
- ARTS ÉCONOMIQUES.
- Rapport fait par M. Labarraque au nom du Comité des arts économiques , sur les toiles et cordes humidifuges de la fabrique de M. Guibert ? rue du Faubourg- Saint- Jacques, n°. 55,, à Paris.
- Messieurs, vous avez renvoyé à l’examen du Comité des arts économiques les échantillons de toiles et cordes humidifuges de la fabrique de M. Guibert.
- Après avoir suivi avec la plus scrupuleuse attention les procédés de fabrication employés par cet artiste , nous venons, au nom de votre Comité, vous soumettre son opinion sur cet objet, qui n’est, à proprement parler, que la suite des travaux de M. Rey sur la même matière. Aussi sommes-nous persuadés qu’en vous rappelant le rapport sur les applications du bitume faites à divers usages , lu, à votre séance du 11 août 1819, par notre collègue M. de Lasteyrie, nous remplirions très-bien le mandat dont le Conseil nous a chargés, si nous n’avions pas à vous entretenir aujourd’hui d’une application en grand, qui n’était pas encore effectuée à l’époque où le rapport dont nous venons de parler vous fut présenté.
- M. Guibert est pourvu d’un brevet d’invention; mais, jaloux d’obtenir votre suffrage, il n’a caché aucun de ses procédés à votre Commission, et en déclarant ce fajt, c’est une justice que nous nous plaisons à lui rendre.
- Les procédés de fabrication de cet artiste sont simples et bien entendus ; ils consistent à mettre dans une chaudière de cuivre de grandeur convenable la mixtion bitumineuse, préparée , soit avec le goudron obtenu à l’hôpital Saint-Louis, soit avec celui qui se trouve dans le département de l’Ain, et à faire entrer ce mélange en fusion, à l’aide d’une chaleur suffisante. La chaudière est surmontée d’une sorte de sparadrapier, d’une plus grande dimension que celui dont se servent depuis long-temps les phar-Vingt-deuxieme année. Septembre 1825. H h
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- raaciens ppnr préparer la jtpüe-Gauthier.. A epté $le çefrte pièeç sont pfôcé deux cylindres en 1er tourné, entre lesquels passe la tpile quand elle est imprégnée. Ç.es cylindres sont destinés à U li^esr,çt#• em,pèçh£rqu’el I e n’jen-traîne une trop forte noucbe 4e ^ituuae. Avant 4e ^tH^r les pièçesde toile, on a soin de les laisser au moins douze heures en macération dans la mixtion bitumineuse liquide, ensuite elles sont retirées avçc une grande rapidité ; car une pièce de 60 aunes ne demande pas plus de cinq minutes pour sortir de la chaudière et passer entre les cylindres : le double de ce temps suffit pour l’étendre dans le séchoir.
- On conçoit, d’après ce que nous venons d’exposer, que chaque fibre végétale se trouve, pour ainsi dire, entourée d’une couche bitumineuse, et que par ce moyen la toile doit être garantie de l’humidité.
- Pour conserver une souplesse constante à la toile humidifuge, l’artiste a été obligé d’employer sa composition bitumineuse un peu liquide, et il évite l’inconvénient de voir sa toile se coller quand les pièces sont entassées les unes sur Jes autres, en recouvrant chaque côté de la toile avec une pâte, qui la dessèche à la surface sans lui faire perdre sa souplesse.
- Les rubans à jalousies, les percales, etc., sont préparés de la manière que nous venons d’indiquer.
- Pour la fabrication des cordes, M. Guibert met en macération dans la composition bitumineuse la ficelle de la plus petite dimension, confectionne la corde et la remet plusieurs fois dans la chaudière pour subir de nouvelles macérations; ensuite, et chaque fois, elle est tirée entre des cylindres cannelés et de grosseur convenable.
- Il nous restait à nous assurer si le temps altérait les toiles et les cordages préparés par M. Guibert; mais pour établir rigoureusement notre opinion, il nous aurait fallu des observations long-temps continuées, si M. Rey, de qui M. Guibert déclare tenir les procédés dont il fait usage, ne nous eût offert de nous montrer les mêmes toiles et cordes bitumées qui ont donné lieu au rapport dont nous avons déjà parlé. A cet effet , nous nous sommes transportés chez M. Rey, et nous avons examiné la terrasse qui surmonte sa maison. Aucune trace d’humidité ne se laissait apercevoir sur les bois qui supportent la toile servant de couverture. Nous avons également jugé de la conservation des cordes exposées depuis cinq années à l’intempérie des saisons, et cet examen a été favorable au procédé employé pour les fabriquer.
- M. Guibert se propose de confectionner des tuyaux humidifuges sans couture, destinés aux arrosages et aux pompes à incendie ; mais il n’était pas encore en position de les soumettre au jugement de votre Comité.
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- Le prix des toiles humidifuges (r) nous a paru d’abord un peu élevé; mais en réfléchissant qu’une longue macération dans un liquide chaud occasionne un retrait assez considérable à la toile, et que d’ailleurs leur emploi offrira une assez notable économie pour couvrir des hangars, ateliers , etc. ; soit que cette économie provienne de la légèreté des bois employés , ou bien qu’on puisse l’attribuer à la quantité moins considérable qu’on devra en employer pour leur construction, nous avons cru ne pas devoir nous y arrêter. Au surplus, M. Guibert, en donnant une plus grande extension à sa fabrique, se convaincra de la nécessité de se borner à un bénéfice médiocre, pour favoriser l’emploi de ses produits. Toutefois il nous a paru important de nous assurer jusqu’à quel point cette économie serait réelle, en nous procurant le devis (au prix actuel des toiles) d’un hangar de 60 pieds de long sur 20 pieds de large et 9 pieds de hauteur.
- Couvert en toile humidifuge, il coûterait. . .... 1432 fr. 9 c.
- Id. en ardoise. ........ id........ . 1867 83
- Id. en tuile............... id................ 2437 97
- La différence serait à l’avantage de la toile humidifuge sur l’ardoise, de 455 francs, et sur la tuile, de ioo5, c’est-à-dire de 3o pour 100 dans le premier cas, et de 70 pour 100 dans le second.
- La durée sera-t-elle également à l’avantage de la toile humidifuge? Le temps seul pourra nous l’apprendre. En attendant, nous avons, pour préjuger favorablement, la couverture du local deM. Rey, posée depuis sept ans, offrant une pente très-légère, et qui, depuis cette époque, s’est très-bien conservée sans paraître exiger de long-temps aucune réparation.
- M. Guibert nous a également montré ses ateliers couverts en toile humidifuge depuis plus ou moins de temps, et qui sont en très-bon état ; mais 11e connaissant pas l’époque précise où cette toile a été posée, nous n’en ferons point mention.
- Les cordes humidifuges, quant à la durée, doivent avoir un grand avan-
- (1) Voici ces prix :
- Toiles ordinaires , l’aune................................. 3 fr. 5o c.
- Toile fine, id.................................... 5 »
- Toile en quatre fils, le pied de tuyau fabriqué............. 1 33
- Toile de coton en quatre quarts , l’aune. ................... 4 »
- Rubans à jalousies, la pièce de 24 aunes..................... 3 60
- Cordes à puits, câbles, cordes pour la marine, cordes à lanterne , pour couvreurs, badigeonneurs, traits de chevaux,
- longes, etc., la livre................................... 1 »
- Cordes à jalousies, la toise.......... .................... 33 i5
- Hh 2
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- tage sur les cordes non bitumées : aussi voit-on déjà les cordes de M. Gui-bert employées pour les réverbères de la capitale; l’entreprise de l’éclairage a consulté ses intérêts en les adoptant pour cet usage.
- D’après ce qui vient d’être exposé, votre Comité pense que M. Guibert mérite les eneouragemens de la Société, et qu’un moyen de lui faire connaître sa satisfaction, serait d’ordonner l’impression du présent rapport dans le Bulletin.
- Adopté en séance, le ier. octobre 1823.
- Signé Labarraque, rapporteur.
- Procédé pour Jixer sous glace , avec ou sans tain , les gravures noires ou coloriées et les découpures et vignettes en or et en argent $ par M. Morin de Guéri vière (1).
- On fait fondre de la gomme arabique parfaitement transparente, on l’emploie très-épaisse sur les découpures et on l’applique sous la glace. Lorsqu’elle est bien desséchée, on la recouvre avec la même gomme, mais moitié moins épaisse , pour qu’elle s’étende bien : cette opération est nécessaire pour empêcher les différens fonds de peinture à l’huile de s’introduire entre la glace et l’objet appliqué, et pour éviter les taches.
- Quant à la manière de fixer les gravures sous glace, on emploie le même procédé que pour les découpures, à l’exception qu’il faut, avant de fixer la gravure découpée ou non, la laisser dans l’huile de noix pendant huit à dix heures, la retirer ensuite et n’en faire l’application que lorsque l’huile est bien desséchée. Comme cette huile ternit la gravure et lui laisse un transparent , il faut ranimer les couleurs par une application de peinture à l’huile, en couleurs analogues aux différens fonds de la gravure; ce qui ôte ce transparent, lui donne le ton de la peinture et efface celui de la gravure sur papier. '
- Relativement à la manière d’enlever le tain des glaces sur toutes sortes de formes, cela dépend principalement du plus ou moins d’adresse ; il faut aire des calibres, soit en carton, soit en cuivre laminé , que l’on pose sur le tain, et avec la pointe d’une aiguille l’on trace tout autour du calibre, et l’on enlève avec un grattoir le tain là où l’on veut appliquer des découpures ou gravures que l’on imite par divers fonds de peinture à l’huile.
- (1) Extrait du cinquième volume de la description des brevets d’invention dont la durée
- est expirée.
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- Rapport fait par M. de Lasteyrie 5 au nom d’une Commission spéciale, sur les fosses à grains.
- La Commission que vous avez nommée pour examiner la question relative à la conservation des grains, a considéré i °. les avantages que l’agriculture, le commerce et la population entière de la France retireraient d’une conservation plus facile, plus sûre, plus économique que celles qui ont été employées jusqu’à ce jour; i°. la possibilité de ce genre de conservation au moyen des fosses a grains ; 3 . les differentes méthodes ou expériences qui ont été proposées ou tentées depuis peu ; 4°. les mesures qui peuvent être prises pour propager en France la construction des silos ou fosses à grains.
- § ier. Il est prouvé, d’après les calculs les plus exacts, que les produits de notre sol sont assez abondans non-seulement pour nourrir notre population, mais aussi pour offrir une surabondance de denrées qui peuvent contribuer à la richesse de notre agriculture et de notre commerce. Nous voyons cependant, malgré cëtte abondance, arriver périodiquement des disettes de grains si onéreuses au Gouvernement, si pénibles pour tous les individus et si funestes à la classe indigente. Ce désordre social ne doit pas être attribué à la nature, mais bien à notre défaut de prévoyance. La nature est libérale dans ses dons : c’est à nous qu’il appartient de savoir les recueillir, les conserver et en faire un emploi proportionné à nos besoins.
- Si jamais on adopte en France un bon système de conservation des grains, ce qui serait facile, non-seulement nous n’aurons plus à craindre des disettes, mais nous ne serons plus exposés à des variations de prix si disproportionnées, et également funestes aux producteurs et aux consommateurs. Lorsque l’expérience aura prouvé aux cultivateurs et aux négo-cians que la conservation des grains dans une fosse est aussi facile que celle des vins dans une cave ; lorsque cet usage se sera répandu généralement en France, alors l’agriculteur, pouvant conserver avec sûreté ses grains ou les vendre avec profit à des spéculateurs ; alors, dis-je , l’agriculteur, qui, dans le système actuel, est sans cesse découragé, pourra se livrer avec sécurité à des travaux dont le bénéfice lui sera assuré.
- Le Gouvernement ne sera plus entraîné dans des dépenses excessives, qui, sans remédier au mal, ne servent souvent qu’à l’aggraver; notre numéraire n’ira pas se perdre inutilement chez l’étranger; le commerce français trouvera des bénéfices plus certains et plus çonstans ; les grains qui se perdent par des avaries ou qui se gaspillent dans les années d’abondance,
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- par l’effet de l’avilissement des prix, viendront augmenter de io pour ioo les produits nécessaires à notre consommation enfin les préjugés populaires , si funestes à la circulation des grains et à la vente intérieure et extérieure, cesseront d’entraver les combinaisons utiles du commerce.
- § 2. Presque toute l’Europe a négligé de faire usage des silos, dont l’emploi , chez les anciens, nous était indiqué par les auteurs grecs et latins et par un grand nombre de voyageurs chez les peuples modernes; mais notre siècle, qui marche rapidement vers tout genre d’amélioration, malgré de vieilles habitudes, sait apprécier ce qui peut être utile. Il ne s’agit, pour trouver des imitateurs, que de dissiper quelques préjugés, et de prouver par des faits et par l’expérience la bonté d’une méthode.
- Les faits prouvent la possibilité d’une bonne conservation des grains dans des fosses, puisqu’on les a conservés ainsi de temps immémorial dans une grande partie de l’Asie, de l’Afrique et même de l’Europe, et qu’on continue encore aujourd’hui à faire usage du même procédé. Pourquoi donc ce procédé ne pourrait-il pas être employé avec les mêmes avantages dans les diverses parties de la France, dans le centre comme dans le nord, ainsi qu’il l’a été autrefois dans le midi, sur-tout lorsque la chimie et l’expérience nous ont appris à faire des constructions souterraines mieux appropriées à ce genre de conservation que ne l’ont été celles dont on a fait usage jusqu’à ce jour?
- On objecte à ce genre de conservation la nature de notre climat, de notre sol et celle de nos grains; mais l’humidité de l’air n’influe en aucune manière sur la conservation des grains déposés dans des silos, puisque l’air extérieur ne peut y avoir aucun accès : celle du sol, à la profondeur où l’on fait ce genre de construction, est la même dans tous les pays, les circonstances étant les mêmes d’ailleurs ; et en supposant que rhumidité puisse pénétrer dans un silo, les pays chauds présentent plus de chances défavorables, puisque les pluies abondantes qui tombent pendant trois ou quatre mois de l’année dans ces climats, en humectant plus fortement les terres, doivent pénétrer plus facilement dans l’intérieur des fosses.
- Quant à la différence qui peut se trouver entre le sol des pays chauds et celui des pays froids, elle est tout-à-fait insignifiante ; il suffit que dans l’un et l’autre cas le sol ne soit pas marécageux ou noyé parles eaux.
- On a prétendu que les grains des pays chauds étaient plus favorables à ce genre de conservation, parce que, a-t-on dit, ces grains étant durs et cornés, ils n’étaient pas aussi susceptibles de recevoir l’humidité. On n’aurait pas fait cette objection si l’on avait examiné les différentes variétés de grains cultivées en Italie, en Espagne, en Sicile et même sur les côtes d’À”
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- frique. En effets quoique la culture dos grains tendres et farineux ne soit peut-être pas aussi coinnay,ne dans ces contrées que celle des grains dors, elle y est cependant généralement pratiquée, et l’un de vos commissaires a vu verser indistinctement dans les silos des trois premiers pays dont on vient de parler, des grains tendres et des grains durs, qui s’y conservent également bien. Il met sou,s le.s yeux 4e la Société diyerses espèces de blés tendres et farineux qu’il a rapportés de &es voyages en Italie et en Espagne.
- La troisième objection qu’on a présentée contre les silos, et à laquelle on a imprudemment donné trop de publicité, puisqu’elle est en opposition avec des faits bien avérés, c’est la destruction des blés occasionnée par les ravages des charançons. L’un de vos commissaires a vu ouvrir un assez grand nombre de silos en Italie, en Sicile et en Espagne, sans s’être jamais aperçu du moindre dégât occasionné par les insectes. Ce fait est d’ailleurs attesté parles habitans des pays où se pratique ce genre de conservation; il a été confirmé également par l’ouverture du silo de M. Lacroix, et par celle des deux silos de l’hôpital Saint-Louis, On n’a vu aucun insecte dans ces derniers, et ceux qui ont été trouvés dans le premier étaient engourdis et n’ont laissé aucune trace de dégât dans le grain. Le blé sorti des silos de M. Ternaux n’a également éprouvé aucune avarie de la part de ces animaux, quoiqu’on en ait trouvé, à l’ouverture, qui étaient morts ou engourdis. On a trouvé, dit-on, des blés rongés parles charançons dans quelques- uns des silos qu’on a vidés il y a un ou deux ans; mais on ne réfléchit pas que ces silos étaient mal construits, qu’ils donnaient accès à l’air extérieur, et que la chaux dont ils avaient été couverts a favorisé la respiration des insectes, dans le cas où la totalité de l’oxigène de l’air n’ait pas été convertie en acide carbonique; car la chaux, en absorbant l’acide carbonique produit, aurait augmenté la proportion d’oxigène dans le mélange restant, et aurait ainsi contribué à une combinaison d’air respirable, surtout pour des insectes.
- C’est ici le lieu de donner un aperçu des diverses expériences tentées à Paris ou dans les départemens pour s’assurer de la bonne conservation des grains.
- § 3. MM. Dartigues et de Barbançois ont proposé, pour la conservation des grains, des magasins formés par des caisses en trémies, soutenues par des montans et des traverses à une hauteur indéterminée, placées les unes sur les autres, et rangées ainsi dans la longueur et la largeur d’un bâtiment. Le premier construit ces caisses en planches, le second les forme en clayonnage. Après avoir rempli une pile de caisses placées les unes au-dessus des autres, on fait écouler le grain en ouvrant une coulisse pratiquée au bas de
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- la caisse inférieure. Lorsque celle-ci est vidée, on fait la même manœuvre pour les caisses supérieures, de sorte qu’on remue et qu’on fait ainsi circuler toute la masse, en remontant le grain dans la partie supérieure, à mesure que les caisses se vident.
- Si ce genre de construction doit être rejeté, à cause des dépenses considérables qu’il nécessite et de la manipulation qu’il exige, il doit l’être encore bien davantage sous le rapport de la bonne conservation des grains. On conçoit que des caisses en planches ou en clayonnage, soutenues par une charpente, offrent aux insectes et aux souris des retraites, dont il serait impossible de les déloger, et que par conséquent les blés se trouveraient exposés, dans ce genre d’édifice, à des avaries bien plus considérables que celles qu’ils éprouvent dans les greniers ordinaires.
- On a rendu compte des expériences qui ont été faites au local de la manutention des vivres, rue du Cherche-Midi : elles consistaient à renfermer des grains dans des vases de plomb d’un diamètre plus ou moins considérable, et fermés hermétiquement, de manière qu’ils ne pussent donner aucun accès à l’air extérieur. L’ouverture de ces vases a prouvé, ainsi qu’on devait s’y attendre, que le blé offrirait une btïnne conservation ; mais cette méthode très-dispendieuse et ne pouvant par conséquent être adoptée, ni par les propriétaires ni par le commerce, ne saurait être proposée comme un moyen d’une application générale.
- Il faut donc se borner aux fosses souterraines, si l’on ne veut pas s’écarter de l’économie rigoureusement indispensable dans ce genre de conservation. L’usage ancien, ainsi que les nouvelles propositions qui peuvent être adoptées, se réduisent donc à des fosses revêtues intérieurement de paille, ou à des fosses garnies de murs.
- La Société connaît les expériences que l’un de ses commissaires, M. Ter-naux, a faites dans le premier genre. Il en résulte que le grain peut se conserver dans la terre pendant une, deux et trois années, et même plus longtemps , lorsqu’il se trouve enveloppé d’une forte couche de paille; que le sol est assez solide pour supporter ce genre de construction, et que le terrain est d’une nature à ne pas donner accès à une trop grande humidité ou à une infiltration des eaux pluviales. Il est bon d’observer que, dans les pays même où l’usage de conserver les grains dans des silos est généralement répandu, ou emploie très-rarement les fosses non murées, par la raison qu’on a reconnu que le grain ne peut s’y conserver long-temps sans subir un degré d’altération quelconque; on ne fait usage de cette méthode que dans les cantons où le soi est de nature à ne donner aucun accès aux infiltrations des eaux : c’est ce qu’on voit en Toscane, où quelques petits mé-
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- tayers déposent ainsi leurs grains pendant un ou deux ans, tandis que les propriétaires qui veulent attendre la hausse des prix les conservent dans des silos murés pendant un nombre d’années indéterminé. En Pologne , on jette aussi le blé dans des fosses garnies de paille, dans les années d’abondance; mais le vil prix de cette denrée permet d’en perdre une certaine quantité pour conserver la plus grande partie des récoltes.
- Le but qu’un autre membre de la Commission s’est proposé en combinant la construction des fosses de^Saint-Louis, nécessairement plus dispendieuses que des fosses simplement creusées en terre, a été de former de vastes réservoirs, dans lesquels on pût conserver les grains pendant l’espace de dix ans et même beaucoup plus, si les circonstances l’exigeaient, genre de construction qui peut avoir lieu non-seulement dans tous les terrains et sous tous les climats, mais encore dans toutes les localités, et qui, par conséquent, peut se prêter également aux besoins des cultivateurs, des consommateurs et des commerçans. ' : ' -
- Le même membre ayant été consulté par M. Lacroix sur la construction des fosses taillées dans le roc, àlvry, a fait enduire ces fosses avec un mélange d’huile, de cire et de litharge, et l’expérience a prouvé que le grain s’y est parfaitement conservé après y avoir séjourné pendant un an; mais ce genre de construction, quoique excellent, se trouve nécessairement restreint à un très-petit nombre de circonstances, et ne peut être adopté que dans certaines localités particulières. 4 ;
- Les expériences faites à l’abattoir du Roule n’ont pas eu les résultats qu’on avait lieu d’espérer, si toutes les précautions nécessaires avaient pu être prévues. . . ^ r
- Le premier silo, construit en moellon et revêtu d’une lame de plomb, a été rempli de blé, puis recouvert d’une autre lame reployée avec la première : le tout a été couvert d’une natte en paille, d’une petite couche de sable et d’une seconde couche très-épaisse de chaux. Malgré ces précautions, l’humidité s’est introduite à travers les jointures du plomb, et la chaux, en se combinant avec le gaz acide carbonique, produit par la fermentation du grain, a pu, en augmentant la proportion d’oxigène, ainsi que nous l’avons dit, rendre l’air propre à la respiration des insectes qui se sont trouvés jusque vers le milieu du silo, et qui ont occasionné de légers dégâts. L’air sorti dé cette fosse, analysé par M. Vauquelin, n’a offert aucun excès d’acide carbonique : ainsi le moyen employé contre l’humidité n’a pu-la prévenir entièrement, et il a été funeste au blé, en appropriant l’air à la respiration et à la vie des insectes. *
- ( La seconde fosse de l’abattoir du Roule a été creusée en terre sans voûte
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- ni murailles. On y a fait brûler quelques fagots pour dessécher et durcir es parois, qu’on a revêtues en paille avant d’y jeter le grain. La conservation du blé ma pas été très-bonne dans cette fosse ; la moisissure s’est manifestée en quelques éndroits , et les charançons ont attaqué le blé et se sont trouvés jusque vers le tiers de la hauteur. L’activité de ces insectes doit être attribuée, comme dans la fosse précédente, à la présence de la chaux.
- Dans la troisième fossé, construite en briques, on avait formé, à un décimètre. des muràillles , un revêtement en briques sans mortier : aussi l’humidité du sol ;ayant; trouvé . plus d’accès;, maigre la chaux dont la fosse a été couverte , ïa 'masse de blé avariée a été plus considérable, et les insectes , ayant une plijs .grande quantité d’air, se sont manifestés dans la partie supérieure dés grains ainsi que dans le fond.
- D’autres expériences ont été tentées à l’abattoir du Roule. Le grain enfermé dans un grand vase en grès recouvert d’une lame de plomb, sans addition de chaux, n’a donné aucun indice de charançons et s’est trouvé assez bien conservé; mais le gonflement du grain ayant fait fendre le vase, le blé qui se trouvait contre la fente avait pris de la moisissure.
- Trois autres vases ont été déposés.dans un caveau souterrain, dont deux, surmontés de paille et de leur couvercle, ont eu, l’un , le blé rongé par les charançons, et l’autre avarié par Thnmidité, mais sans charançons; enfin le troisième vase était une grande bouteille en grès, à col étroit, fermé par une lame de plomb. Cette expérience est la;seule de tontes celles dont nous venons de parler, où le blé se soit- parfaitement conservé , et où il n’ait souffert aucun dommage ni de l’humidité ni des charançons.
- On doit donc conclure de tous ces faits que les blés ont été altérés et devaient l’être dans les circonstances où iis ne se trouvaient pas suffisamment abrités contre rhumidité, ainsi que dans celles où l’air,rendu propre à la respiration par la présence de la chaux, a soutenu la vitalité des insectes., - -,c ;r
- Nous devons parler d’un magasin fait dans une des caves du Grenier d’abondance, avec des planches épaisses en chêne. Le blé s’y est parfaitement conservé pendant l’espace d’un ansauf un peu d’humidité qu’il a éprouvée dans l’un de ses cotés adossés à la muraille. Ces espèces de chambres en bois peuvent être employées avec -avantage dans de certaines circonstances; mais leur , prix élevé 7 comparé à leur durée, n’en ;permetira l’usage que dans un très-petit nombre de localités. D’ailleurs l’influence de l’humidité., de la chaleur ou du froid peut, d’après la position où elles seraient placées, produire sur le blé des effets qui tendraient à le détériorer ou à le corrompre , si on l’abandonnait dans ces chambres pendant
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- plusieurs années : les jointures des planches pourraient même donner accès à l’air extérieur, ce qui permettrait aux charançons de vivre et d’exercer leurs ravages.
- Il nous reste à vous rendre compte des fosses de Saint-Louis, qui forment l’objet principal de ce rapport. On a cherché à reconnaître dans cette expérience quels étaient les matériaux qu’on pouvait employer selon les localités , quelle devait être la manière d’en faire usage et quelles étaient enfin les précautions à prendre pour obtenir une bonne conservation des grains dans un silo, pendant un certain nombre d’années. On a donc employé la brique, le moellon, la pierre meulière, la chaux maigre, la chaux grasse, ainsi que des enduits de bitume, de ciment avec la litharge et l’huile; enfin des revêtemens à chaux maigre et à sàble. Après avoir creusé le terrain, on a garni le fond d’une première couche en cailloutage, ensuite d’une seconde en pierre meulière à sec, et on a formé sur cette base le sol des silos avec des pierres meulières garnies d’un mortier à chaux maigre et à sable. La construction des murailles latérales a été variée, en joignant les briques, le moellon, la pierre meulière, tantôt avec de la chaux grasse,,tantôt avec de la chaux maigre; enfin ces différentes portions de murailles ont été laissées sans revêtement dans quelques parties, tandis que dans d’autres elles ont été couvertes d’un enduit à chaux maigre et à sable, ou d’une couche de bitume ou de ciment composée de briques pulvérisées, de litharge et d’huile. La partie extérieure des murs avait été garnie d’une couche de gros sable, dans l’épaisseur de 2 décimètres environ. Cette précaution avait été prise, afin que les eaux pluviales, en pénétrant le sol, ne pussent séjourner contre les murs du silo ou à sa base.
- Pour rendre imperméables les revêtemens faits à chaux et à sable, on avait eu soin de les carboniser en faisant brûler, à plusieurs reprises, du charbon dans l’intérieur des silos.
- Ces silos ayant été construits avec ces diverses combinaisons de matériaux et avec les soins indiqués, on a versé dans l’un 126 hectolitres et demi, et dans l’autre i3i et demi de grains fournis par la réserve de Paris. On a scellé les fosses et on a adressé au Ministre de l’intérieur le procès-verbal de cette opération. Ces mêmes fosses ayant été ouvertes au bout d’une année révolue, le membre de votre Commission , chargé par le Ministre de diriger ces opérations, a remis à Son Excellence le procès-verbal qui constatait l’état des grains et celui des fosses. L’administration des subsistances de Paris a pareillement dressé, de son coté, des procès-verbaux pour constater le même état.
- Il résulte des diverses observations qui ont été faites pendant l’extraction
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- et après l’entière évacuation, que les parties de grains qui étaient contre les revêtemens de mortier à chaux maigre carbonisée, ou contre ceux en bitume, ou enfin en ciment à l’huile et à la litharge, ont été trouvées sèches et dans un parfait état de conservation, tandis que les grains qui portaient sur les murs sans aucun revêtement ont été moisis ou pourris dans une épaisseur de i à 3 pouces.
- Ces résultats ont été analogues dans les deux fosses, et on a trouvé un rapport identique entre les mêmes modes de construction : de sorte qu’on a acquis une double certitude sur la bonté ou sur le vice des méthodes employées dans la double expérience faite sur les deux fosses, et qu’on croit pouvoir affirmer que le but qu’on s’était proposé dans cette expérience a été parfaitement atteint.
- On remarquera que l’emploi des matériaux étant indifférent, pourvu qu’on les unisse avec de bonne chaux maigre et de bon sable, et qu’on les garnisse d’un enduit, ainsi qu’il a été dit, il n’est pas un seul canton en France où l’on ne puisse construire des silos propres à une bonne conservation des grains. On présume aussi que la chaux grasse, substituée dans les revêtemens à la chaux maigre, empêchera également l’humidité de pénétrer dans l’intérieur, puisqu’on a observé que les jointemens faits avec cette chaux n’avaient offert aucune trace d’humidité ; enfin on croit pouvoir conseiller les revêtemens en chaux et sable, de préférence à ceux en bitume ou en briques pulvérisées, huile et litharge, à cause du meilleur marché des premiers.
- Pour donner une idée du prix que coûteraient des silos construits d’après la méthode proposée, nous dirons d’abord que les deux fosses de Saint-Louis placées l’une à côté de l’autre, et auxquelles on avait donné une forme carrée, à cause de la gêne produite par l’emplacement, sont revenues à la somme de 4?71 11 francs 27 cent., et qu’elles contenaient ensemble plus de 260 hectolitres. On conçoit que si au lieu de construire deux fosses on n’en eût fait qu’une seule d’égale capacité aux deux et d’une forme ronde, on aurait considérablement diminué la dépense : ainsi nous pensons qu’un silo d’égale capacité, construit avec économie par un propriétaire habitant la campagne, reviendrait au plus à 2,5oo francs (1).
- D’après un devis et une soumission présentés au Ministre de l’intérieur, un entrepreneur offrait de construire à l’hôpital Saint-Louis, une fosse de 6 mètres de hauteur sur 4 de diamètre en œuvre, pour la somme de
- (1) Une des fosses en terre, de moyenne grandeur, construite à Saint-Ouen par M. Ter
- nauxt contenant 192 hectolitres de grains, a coûté 1,227 francs.
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- 3,465 fr. a3 c. Les murs, épais de 55 centimètres, devaient être construits en meulière et ourdés en chaux maigre. Le pourtour aurait été garni en gravier ou en sable, et l’intérieur revêtu d’un mortier en chaux maigre.
- Une fosse de cette dimension contient 67 mètres cubes ou 44° quintaux métriques de grains, qui équivalent à 670 hectolitres. L’achat des grains nécessaires pour remplir cette fosse étant calculé'sur le prix de 18 francs l’hectolitre, on aura un déboursé de 12,060 francs.
- L’intérêt de la somme de 3,5oo francs, à laquelle on porte la construction de la fosse, plus le capital mis dans l’acquisition des grains, doivent se retrouver dans la vente de ces mêmes grains. Ainsi, en supposant que ces grains aient été achetés dans le temps d’abondance pour la somme de 12,060 francs, à raison de 18 francs l’hectolitre, et qu’on les revende au bout de cinq ans, à raison de 26 francs, on aura une somme de 17,420 fr. dont il faut défalquer i°. l’intérêt de 3,5oo francs, capital employé à la construction du silo, qui, évalué à 5 pour 100,
- donne pour cinq ans la somme de....................... 8y5 j
- 20. Le capital employé à l’acquisition des grains. . 12,060 (
- 12,935
- Il reste une somme de...................................... 4 465 fr.
- qui, répartie sur cinq années, donne, pour le capital employé en acquisition de grain, un intérêt annuel de 7 fr. 34 c. pour cent.
- Si l’on ajoute à cet intérêt i°. les bénéfices annuels qui doivent résulter d’une conservation parfaite et exempte des avaries auxquelles sont nécessairement exposés les grains conservés dans les greniers ordinaires ; 20. le montant des dépenses de manutention , bénéfices qui peuvent être calculés à 10 pour 100, on aura un intérêt annuel de 17 fr. 34 c. pour cent.
- § 4- Les faits et les considérations qui viennent de vous être présentés, ayant paru à votre Commission d’un grand intérêt pour la prospérité de notre agriculture, de notre industrie et de notre commerce, et pensant que l’usage des silos, en se généralisant en France, contribuera puissamment à l’aisance et au bien-être de toutes les classes, elle vous propose i°. de décerner des médailles d’encouragement aux personnes qui construiront des silos; 20. de faire imprimer ce rapport et de l’envoyer à S. Exc. le Ministre de l’intérieur ainsi qu’à MM. les préfets; 5°. d’inviter M. le préfet de la Seine à faire construire dans Paris un silo, d’après les meilleurs principes, afin de constater ainsi la certitude d’une bonne conservation, et d’offrir au public un modèle de construction qui puisse être imi(é dans chaque canton de la France.
- Adopté en séance, le 6 août 1825.
- Signé de Lasteyrie , rapporteur.
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- Extrait d’une notice sur l’étuve construite à Berne pour la dessiccation des grains $ par M. Fournier de Faye (ï).
- Cette étuve, dont la construction remonte à l’année 1775, est représentée en plan , coupe et élévation, PL i5o.
- La fig. 1 est une section verticale de quelques portiques du couchant de la Halle aux grains, vaste édifice à quatre étages de magasins. On y remarque i°. un perron double (2), sur lequel ouvrent trois portes, dont l’une, vue à gauche, est celle de l’escalier, affecté spécialement au service de l’étuve, et au haut duquel se trouve un demi-cercle gradué, faisant partie d’un pyromètre; 20. un arrachement abcdefgh du mur du levant, qui met à découvert dans sa largeur la partie antérieure de l’intérieur de l’étuve.
- La fig. 2 est une section verticale sur la longueur, passant par les poinîs AB, fig. 1.
- La fig. 3 est une coupe horizontale sur la ligne CD,y^. 1, tant de l’étuve que de l’escalier.
- La fig. 4 est une coupe pareille, prise aux points EF de la fig. 1, avec arrachement de la presque totalité de la voûte de cette étuve, à l’exception de la bande U VU.
- L’étuve est une pièce voûtée en arcade haked, fig. 1, contenant deux séchoirs, chacun composé de deux cloisons de briques verticales, espacées de 108 centimètres et liées ensemble au moyen de tablettes d’ardoises inclinées, dont les bouts sont engagés dans la maçonnerie. Chaque cloison, de 11 centimètres d’épaisseur, est en partie pleine à sa base et au sommet, tandis que sur une autre partie intermédiaire ( dont le périmètres ke dih,fig. i,a la forme d’une losange à petite diagonale verticale et avec ses angles horizontaux tronqués) elle est à claire voie et percée d’ouvertures rhomboïdales, portant aussi leur petite diagonale verticalement. L’ensemble de ces ouvertures représente un réseau dont les mailles sont formées par huit rainpans de briques, qui, partant chacun des côtés inférieurs du losange, s’entrecroisent.
- Au-dessus de chacun des côtés supérieurs de chaque petit rhombe est
- (1) Voyez le rapport de M. de Lasteyrie sur cette étuve, Bulletin de février 1823, p. 48.
- (2) L’emploi le plus ordinaire du perron placé en avant des fourneaux de l’étuve est de faciliter le mesurage des grains qu’on verse dans un pilastre creux G, contenant une mesure bernoise de 12 quarterons. La trappe en tô!e o, placée à mi-hauteur du pilastre, opère ensç levant la sortie des grains et leur transvasement dans les sacs.
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- placée une tablette en plan incliné. Deux de ces tablettes, exactement jointes par leur bord supérieur, forment ensemble un angle de io5 degrés environ, dont le sommet est à 5 ou 4 centimètres de distance du limbe inférieur des deux tablettes placées immédiatement au-dessus, et qui convergent vers ce point.
- Deux petits caveaux voûtés, garnis de portespp, doublées de forte tôle, sont disposés au-dessous de l’étuve : un chariot q,fig- a et 4, à roulettes, chargé de charbon de hêtre, préalablement allumé sur le perron, est introduit dans chaque caveau; l’air chaud s’élève vers la voûte, où sont les deux conduits rs et tu, fig. i, qui aboutissent dans l’étuve, entre les deux séchoirs, aux points ii,fig. 2 et 3 : de là il se répand sur chaque face des plans inclinés en traversant les réseaux de brique. -
- Le feu est entretenu pendant les soixante-douze heures qui précèdent l'introduction du grain sur les tablettes ; ce temps est nécessaire pour faire ,évaporer l’humidité et pour pénétrer de calorique les murs et les plans inclinés. : ; .
- Dès que le grain est introduit dans l’étuve, les chariots ne sont alimentés que de trois en trois heures, à raison de 20 litres de charbon pour chacun, et l’opération doit marcher sans discontinuer. La sortie des vapeurs humides a lieu par quatre ouvertures circulaires U,/%. 4? percées au sommet de l’arcade voûtée de l’étuve; des bouchons de bois s’y adaptent à volonté.
- lie pyromètre H, représenté, fig. 1 , avec ses rouages, son aiguille et son demi-cercle gradué vw, est rarement consulté par les ouvriers, qui jugent du degré d’échauffement par l’impression de l’air au sortir des conduits U et de deux ouvertures pratiquées au pied des murs latéraux.
- Trois autres ouvertures Y, fig. 2 et 4, qui se trouvent sur le même ali-^ gnement que les bouches d’évaporation, sont disposées pour chaque séchoir et reçoivent trois tuyaux de tôle formant le fond d’une trémie chargée de grain. : C - '
- On voit dans la fig. 1 le grain tombant par l’un de ces conduits V sur le sommet de l’angle formé par les deux tablettes supérieures de la case n°. 1, et se répartissant également à leur surface : parvenu au bas d’une tablette, il retombe de 4 à 5 centimètres de hauteur sur l’arête que forment les deux tablettes supérieures delà case n°. 2 ou de celle n°. 5, selon la direction primitive, et successivement sur le sommet des cases nos. 4> 5 ou 6, etc. ; enfin, parvenue en II, fig. 1, aux deux plans inférieurs, la couche de grain rencontre la soupape à tiroir L fermée : alors elle s’arrête et so maintient sur toute la hauteur des plans inclinés, avec une épaisseur moyenne de 5 à 6 centimètres. La soupape, dont la tige M à crémaillère est mise en mouve*
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- ment, au moyen d’un pignon et d’une manivelle N, en s’ouvrant, laisse couler trois sacs de grain contenant environ 690 litres par chaque séchoir : ce grain tombe dans une trémie commune mn yJig. 1, dont l’extrémité inférieure aboutit au grand escalier de l’établissement ; il est reçu dans des sacs, puis reversé de suite dans les trémies supérieures Y, fig. 2, afin de parcourir de nouveau la surface des tablettes.
- Ces transpositions périodiques ont lieu de trois en trois heures pour chaque séchoir; elles occasionnent l’ébranlement de toute la masse et changent nécessairement la situation relative du grain, de manière à produire une égale dessiccation.
- Une quantité de 55 à 60 hectolitres reste ainsi dans l’étuve pendant vingt-quatre heures, à l’expiration desquelles le grain est totalement retiré pour faire place à une nouvelle quantité semblable; puis, après un préalable refroidissement , qu’on opère en étalant le grain sur le plancher d’un magasin contigu à l’étuve, il est conduit au magasin de réserve.
- Le grain torréfié est conservé dans une grande caisse en bois divisée en trois eompartimens et munie d’un couvercle. Cette caisse, qui a 2 mètres et demi de haut sur 6 de large, est placée dans une des salles du rez-de-chaussée. A l’époque où M. Fournier visita l’établissement, on y avait déposé trois espèces de grains : du froment tiré d’Odessa en 1818, de l’épeautre et du seigle. Ces grains étaient plus ou moins glacés, avec une légère teinte brune; beaucoup étaient ridés ou crispés, principalement le seigle, et un peu rudes au toucher. Malgré leur entassement sur une épaisseur de 8 pieds pendant trente mois, et l’altération causée par les insectes et l’humidité antérieurement à la torréfaction, ils indiquaient, en septembre 1822,une fraîcheur égale, à un mètre de profondeur et à la superficie des caisses.
- Les frais, tant de main-d’œuvre que de combustible, se sont élevés, pour l’opération de 1820, à 1 fr. 55 c. par 100 kilogrammes.
- Le grain a diminué d’un dixième en volume; mais chaque mesure a acquis en poids un excédant de 4 et demi à 5 pour cent, ce qui a réduit le déchet à 5 et demi environ par cent.
- La farine obtenue est plus bise que celle du grain ordinaire, ce qu’on doit attribuer à une véritable torréfaction de l’épiderme ; mais on obvierait à çet inconvénient en la séparant en trois ou quatre qualités, comme cela se pratique dans la mouture journalière destinée à l’approvisionnement des grandes villes (i).
- - (1) L’état actuel des sciences physiques permet de croire qu’il serait facile de substituer un mode d’échauffement plus avantageux sous le rapport de l’économie de temps et de
- Suivant
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- Suivant les comptes tenus par le boulanger, la farine du grain naturellement desséché, propre à la confection d’un pain de seconde qualité, produit environ les trois huitièmes en sus de son poids au sortir du four; cette quantité s’accroît encore de 5 à 6 pour cent, si la farine provient de grain torréfié : ainsi le déchet se trouve compensé. Lors de sa réduction en pâte, cette farine absorbe cinq mesures d’eau, tandis que la farine de grain non torréfié n’en prend que quatre au plus.
- Le seigle reçoit de ce mode de dessiccation une amélioration remarquable ; sa farine acquiert plus de disposition à lever, et le pain qui en provient perd en grande partie la saveur âcre et acidulé qui le caractérise ; mais le mélange de cette farine avec celle d’épeautre donne des résultats peu satisfaisans (i). . »
- Le tableau ci-après a été dressé d’après les renseignemens recueillis à Berne par M. Fournier, sur les registres memes de l’établissement; il contient le résultat des opérations de mouture de divers grains torréfiés en 1820, et de leur confection en farine et erf pain, et exécutées au printemps de 1822. M. Fournier a cru devoir y joindre les résultats de mouture et de boulangerie du grain d’épeautre non torréfié, tels qu’ils lui ont été fournis sur les lieux. L’épeautre est le seul grain d’automne cultivé dans le canton de Berne, à quelques exceptions près.
- combustible ; une étuve entièrement isolée des gros murs et plus rapprochée des foyers y contribuerait : il serait aussi très-facile d’empêcher la coloration du grain produite par les gaz émanés de la combustion du charbon, et de remplacer les tablettes d’ardoise par des toiles métalliques. . ’
- (1) La farine de seigle torréfié a produit, dans la panification , un excédant supérieur à celui obtenu d’une pareille quantité de froment d’Odessa pareillement torréfié : le mélange, par portions égales , de cette farine de seigle et de celle d’épeautre , dont on devait attendre un résultat non inférieur, comparé aux produits de chacune de ces farines manipulées séparément, n’a donné pour excédant qu’une quantité inférieure à celle obtenue de l’épeautre seule : si ces expériences sont exactes, il en résulterait que le consommateur aurait de l’avantage à manipuler ces farines isolément.
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- Produits de mouture.
- DÉSIGNATION des grains torréfiés. IV PRODUITS DIVERS ET DÉCHETS.
- Nos. d’ord. des mesures. total du grain. Farind Sa proportion dans le total. Son. Sa proportion dans le total. De'chets. Leur proportion dans le total.
- (•) maas. Ut. onc. iiv. onc. Iiv. onc. Iiv* onc.
- 1. Seigle 5 92 8 72 10 î 9 38 20 12 4 19 2 2 I Tï
- 2. Epeautre. ... 5 id. 94 » 83 4 3 3 3 8 10 12 5 18
- 3. From. d’Odessa 5 id. 101 8 86 » £2 IO l3 6 X *8 2 2 X 4©
- 4. Epeautre non torréfié. . . 5 id. 90 33 80 8 12 19 8 12 ? 38 » 12 moins de —
- Produits de boulangerie.
- N0S. d’ord. DÉSIGNATION des farines employées. POIDS de chaque espèce. POIDS total de chaque essai. POIDS du pain deux heures après le de'fournement.
- Iiv. onc. Iiv. onc* Iiv. onc.
- Seigle 36 »
- 1. • 72 33 99 9!
- Epeautre. . . . 36 »
- 2. Seigle seul. . . 36 10 36 10 56 i3
- 3. Épeautre seul. 47 4 47 4 68 2
- 4- From-. d’Odessa 86 86 33 128 X>
- 5. Épeautre non
- torréfié. . . 80 8 00 0 oc 110 T>
- PROPORTION de cet excédant
- Dans Dans
- le poids le poids
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- farine. pain.
- •7 5
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- Excédant du poids du pain sur celui de la farine.
- 1;t. onc.
- 27 9l
- 20 3
- 20 l4
- 42 »
- 29 8
- (1) Le maas est une mesure de i4 litres.
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- Observations générales.
- Le pain de froment torréfié est aussi savoureux, mais plus bis que celui de froment non torréfié et de seconde qualité.
- La farine et le pain provenant du seigle torréfié ont une différence de teinte moins prononcée, si on les compare aux mêmes produits de seigle non torréfié; mais le pain est beaucoup moins mat et d’une saveur bien préférable à celle du pain de seigle ordinaire.
- AGRICULTURE.
- Description d’un moulin propre à nettoyer le sarrasin, inventé par M. Lescure, serrurier à la Palisse, département de la Corrèze.
- Ce moulin, qui avait été présenté en 1822 au concours ouvert par la Société pour le perfectionnement des moulins à sarrasin, est un moulin à blé ordinaire surmonté d’une noix analogue Acelle du moulin à bras de basse Normandie, et muni d’un volant qui chasse les débris des calices et des angles des grains avant leur introduction entre les meules.
- Quoique ce moulin, à raison de son prix élevé, ne pût remplie l’objet du programme, puisque la Société avait demandé le moulin le plus économique, elle a jugé néanmoins que l’application de la noix et du volant au moulin ordinaire pouvait offrir de fréquens avantages. Elle a donc fait l’acquisition du modèle adressé par M. Lescure, pour être déposé dans le cabinet des machines, et être gravé et décrit dans le Bulletin.
- Le moulin de M. Lescure, représenté Pl. 251* se compose, comme la plupart de ceux qui existent dans le département de la Corrèze, d’une trompe AB,y%. 1, alimentée par les eaux du canal S, qui se précipitent sur les ailes d’une roue horizontale R, et procurent à l’arbre T une vitesse de 85 tours par minute, titesse due à la hauteur de la chute et à la position particulière de la trompe. A l’extrémité de l’arbre T est attachée une tige en fer U, sur laquelle est montée une poulie F,, qui reçoit une corde sans fin passant sur la petite poulie K. (voyez le plan, fig. 3). L’axe de cette dernière poulie reçoit un volant L composé de quatre ailes en fer, qui chassent la poussière du grain avant qu’il soit parvenu entre les meules P Y.
- Le grain se jette dans la grande trémie D, dont la partie inférieure
- K k 2
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- est formée en boisseau ; dans ce boisseau tourne une noix en bois cannelée E, qui est maintenue dans la trémie par un croisillon Y, et du côté delà poulie par une bride, qui n’a pu être figurée dans le dessin. Un ressort qu’on tend à volonté , au moyen d’une vis qui se trouve placée derrière la trémie, sert à accélérer ou à ralentir la vitesse du volant L. La bascule I, dirigée par la vis J, est destinée à faire lever ou baisser la noix, afin de faire frotter plus ou moins le grain, G est un conduit mobile, agité par une pièce carrée de bois O, enfilée sur l’arbre U, et dont on peut augmenter ou diminuer l’inclinaison au moyen d’une corde enveloppée autour de la vis H. La vanne G est levée ou baissée au moyen du levier N.
- Le moulin que nous venons de décrire est exécuté en grand et employé depuis plusieurs années avec succès dans la commune de la Palisse. Il résulte des expériences faites par ordre de la Société d’agriculture de la Corrèze, qu’un sac de sarrasin, pesant 45 kilogrammes, a passé à l’état de mouture en seize minutes, après que le grain a été parfaitement dépouillé de sa pellicule.
- Explication des fig. de la PL a5r.
- Fig. i. Coupe générale du moulin, du bâtiment dans lequel il est établi, et de la chute d’eau qui le fait tourner.
- ^ Fig. 2. Coupe de la trémie, de la noix et du conduit mobile.
- Fig. 3. Plan pris au-dessus de la poulie F. y
- Ces deux dernières figures sont dessinées sur une plus grande échelle.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans toutes les figures.
- À B, trompe en bois qui alimente le moulin ; elle est faite de deux pièces et assemblée à queue d’aronde ; C, vanne; Dr trémie; E, noix en bois cannelée; F, grande poulie; G, conduit mobile; II, vis pour lever ou baisser le conduit mobile; I, bascule pour serrer ou lâcher la noix E dans son boisseau; J, vis directrice de cette bascule; K, petite poulie; L, volant composé de quatre ailes; M, le grain tombant entre les meules; N, levier de la vanne; O, carré en bois enfilé sur l’arbre, et qui agite le conduit mobile; P, meule tournante; Q, levier du palier; R, roue horizontale garnie d’ailes; S, canal qui alimente la trompe AB; T, arbre vertical de la meule; U, tige de fer ajustée sur le carré de l’arbre de la meule; Y, croisillon qui maintient la noix dans le boisseau ; X, palier de la meule ; Y, meule dormante. • , ^ ;
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- OUVRAGES NOUVEAUX.
- Chimie appliquée à P agriculture $ par M, le comte CliaptaL Paris, chez Madame Huzard, imprimeur-libraire , rue de l’Éperon, n°. 7.
- (PREMIER EXTRAIT.)
- Nos cultivateurs les plus éclairés pensaient depuis long-temps qu’une chimie agricole manquait à la France. Tous désiraient que l’on commençât l’étude de l’agriculture par des recherches sur la composition et la nature des corps, sur les lois de leur changement, et qu’on établit enfin une théorie agricole fondée sur les principes chimiques.
- M. Davj, savant anglais, avait déjà répondu au vœu émis également sur cet objet par ses compatriotes. Ce que cet écrivain avait fait pour son pays, M. le comte Chaptal vient de le faire pour le sien : la France aura, comme l’Angleterre, sa Chimie appliquée à Vagriculture, et de plus un recueil d’observations à l’appui d’une saine théorie.
- Le Discours préliminaire, que liront avec un vif intérêt tous ceux qui s’occupent du premier des arts , montre d’abord le but de l’ouvrage.
- « Sans l’agriculture, y est-il dit, les hommes vivraient errans sur le globe, » se disputant entre eux la dépouille des animaux et quelques fruits sau-» vages : on ne connaîtrait ni société ni patrie. L’agriculture est la source » la plus féconde de la richesse d’un pays et du bien-être de ses habitans : » c’est par son état plus ou moins florissant qu’on peut juger par-tout du » bonheur des peuples et de la sagesse des gouvernemens. L’éclat dont a brillent les nations par l’industrie des ateliers peut être passager ; la pros-» périté qui est assise sur une bonne culture du spl est seule durable. » Passant rapidement sur les temps éloignés, où le laboureur vivait misérablement sous le poids du mépris et des impôts arbitraires, l’auteur décrit l’époque actuelle. « Maintenant, dit-il,
- » La nature du sol est mieux connue, la culture des prairies artificielles » s’est répandue ; on a établi la succession des récoltes pour supprimer les » jachères; le nombre des bestiaux s’est accru progressivement, et avec » eux les engrais et les bons labours, qui sont la base de la prospérité agri-» cote; il ne reste plus aujourd’hui qu’à éclairer l’agriculture par l’applica-» tion des sciences physiques. »
- Ces considérations, qui indiquent clairement le but que l’auteur Veut atteindre, ne l’ont point empêché de signaler l’influence première et indis-
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- pensable d’une bonne législation , également protectrice de celui qui possède et de la personne qui exploite.
- M. Chaptal propose plusieurs lois qui seràient très-favçrables à l’agriculture : la première fixerait pour toujours les contributions d’un terrain mis en culture d’une manière absolue et invariable, sans que jamais on pût les élever en raison de ses produits ou de la valeur qu’on lui a donnée par le travail et l’industrie ; la seconde aurait pour but d’encourager le rétablisse-. ment des futaies et la conservation de celles qui existent encore; une troisième serait relative aux chemins vicinaux et aux communications par les canaux , qu’un de nos écrivains du XVIe. siècle appelait des chemins qui marchent ; une quatrième favoriserait les échanges de terrains.
- M. Chaptal examine la question de la division des propriétés; il pense que l’intérêt privé pose lui-même des bornes aux morcellemens de territoire, et qu’on peut s’en rapporter à ce grand mobile de la conduite des hommes pour arrêter la division au moment où elle cesse de présenter une exploitation facile et avantageuse. Il regarde la courte durée des baux comme l’une des causes qui contribuent le plus à retarder l’application des bons principes à l’agriculture française; il propose, dans l’intérêt du propriétaire et du fermier, de porter le terme des baux à douze ou quinze ans. Il blâme le mode de culture qui n’admet que des céréales. En variant les produits suivant le sol et le climat, l’agriculteur établit un système d’assolement sagement combiné; il est moins dépendant des chances de récoltes et des variations dans les prix.
- L’auteur termine ainsi son discours préliminaire :
- « Jusqu’ici les applications des sciences physiques à l’agriculture ont été » peu nombreuses, si on les compare à celles qu’on en a faites à plusieurs » arts qu’elles ont créés ou perfectionnés de nos jours. Cette différence me » paraît pouvoir être rapportée à deux causes principales : la première, c’est » que la plupart des phénomènes que nous offre l’agriculture sont des effets » des lois vitales qui régissent les fonctions du végétal, et ces lois nous sont » encore inconnues; tandis que dans les arts qui s’exercent sur la matière » brute inanimée, tout se règle, tout se produit par l’action seule des lois » physiques ou de simple affinité que nous connaissons; la seconde, cest » que pour appliquer utilement les connaissances physiques à l’agriculture, » il faut l’avoir profondément étudiée non-seulement dans les cabinets, mais » encore dans les champs. . -
- » Quoique propriétaire de grands domaines, dont j’ai long-temps dirigé » l’exploitation , je sens que les faits que j’ai pu recueillir sur divers objets » sont encore insuffisans pour former des principes incontestables, et je
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- » me borne, dans tous ces cas, à présenter des doutes ou de simples pro-» habilités. Je puis avoir commis des erreurs dans mes explications; mais » je ne crois pas avoir altéré un seul fait, et c’est dans cette confiance que » je livre cet ouvrage à l’agriculteur. »
- Vues générales sur Vatmosphère considérée dans ses rapports avec la végétation. (Chapitre Ier.)
- On ne sera point étonné qu’un ouvrage d’agriculture commence par l’exposition de la théorie de l’air. Il est maintenant reconnu que les végétaux soumis à l’action de l’eau, de la lumière et de la chaleur, subsistent principalement par les airs ou gaz qu’ils puisent directement dans l’atmosphère, ou dans les engrais humides qui se décomposent autour de leur charpente ligneuse. Cette décomposition se fait plus ou moins facilement, suivant la nature des sols.
- La propriété des mélanges terreux et les moyens de les disposer à une bonne culture sont l’objet du second chapitre. Le mélange de la chaux, de la silice et de l’alumine forme la base d’un bon terrain ; mais pour que ce terrain possède toutes les qualités désirables, il faut certaines proportions dans le mélange, que l’analysé des meilleurs sols a fait connaître. L’auteur cite M. Davy pour deux remarques importantes : la première que tout sol composé de de matières réduites en poussière cesse d’être productif, et que les fumiers ne peuvent corriger ce défaut que momentanément ; la seconde remarque est très-précieuse pour la science agricole : M. Davy a comparé l’énergie avec laquelle divers sols absorbent l’humidité atmosphérique, et il a constamment trouvé que les plus fertiles sont ceux qui jouissent de cette faculté au plus haut degré : de telle sorte qu’on peut estimer et classer la fertilité des sols d’après cette propriété.
- La nature et l’action des engrais, l’heureuse division des engrais en nutritifs et stimulans, forment le troisième chapitre, d’où l’auteur passe à la germination et à la nutrition des plantes. (Chapitres IV et V.)
- Les trois principes gazeux rigoureusement nécessaires à la végétation sont, l’oxigène, le carbone et l’hydrogène; ils se combinent entre eux dans des proportions différentes, et de cette différence résulte l’immense variété des produits de la végétation. Quelques centièmes en plus ou en moins des trois gaz élémentaires changent la nature des corps.
- La nutrition des plantes se fait principalement par les feuilles et par les racines; les feuilles absorbent le gaz oxigène, l’acide carbonique et l’eau contenus dans l’atmosphère ; les racines puisent dans le sol le gaz oxigène et l’acide carbonique qui y sont libres ou dissous dans l’eau, de même que
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- les sucs et les sels qui y sont contenus. Ces effets sont dus principalement à l’action de la chaleur; mais cette chaleur a un terme au-delà duquel elle dessèche les plantes. Elle atteindrait plus souvent ce terme si la nature prévoyante n’avait pas employé des moyens pour en modérer les effets. Le premier de ces moyens, c’est la transpiration elle-même du végétal, qui ne peut pas avoir lieu sans enlever une grande portion de chaleur et conserver, par ce moyen , au corps qui transpire une température qui est au-dessous de celle de l’air; le second moyen existe dans l’organisation des feuilles, qui sont la partie du végétal par laquelle se fait la transpiration. La surface des feuilles qui est exposée aux rayons du soleil est recouverte d’un épiderme épais qui repousse les rayons calorifères : dans les plantes herbacées, cette enveloppe est en grande partie siliceuse ainsi que dans les tiges des graminées; dans d’autres végétaux , elle est analogue aux résines, à la cire, à la gomme, au miel; et l’épiderme qui recouvre la surface opposée des feuilles est mince, transparent, c’est par celle-ci que se font la transpiration et l’absorption des principes nutritifs qui existent dans l’atmosphère. Si l’on renverse cet ordre de choses si bien établi, et qu’on retourne une feuille, de manière à lui faire présenter au soleil la surface qui y était soustraite, on la voit bientôt faire tous ses efforts pour reprendre sa position naturelle.
- L’eau paraît être le véhicule nécessaire de presque tous les principes nutritifs qui sont fournis par le sol ; elle sert à la nutrition du végétal, non-seulement en lui abandonnant les élérnens oxigène et hydrogène dont elle est composée , mais encore en transmettant dans ses organes intérieurs les substances qui peuvent lui servir d’aliment.
- M. Chaptal a considéré les plantes aux deux époques de la germination et de la fructification. Il fait remarquer que, pendant la seconde époque, la plante ne se borne pas à puiser dans le sol les principes nutritifs qui y sont contenus, elle emploie encore à la formation de la graine ou du fruit les sucs nourriciers qui ont été déposés dans les tiges et les racines.
- A Paris, de l’Imprimerie de Madame IIUZARD (née vallat la chapelle), rue de^l’Éperon-Saint-André-des-Arts, n°. 7.
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- VINGT-DEUXIÈME ANNÉE. (N°. CCXXXII.)OCTOBRE l8z5.
- BULLETIN
- DELA:- ;
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- Séance générale du 29 octobre 1823.
- La Société d’Encouragement s’est réunie, le mercredi 29 octobre 1823, en assemblée générale, à l’effet de procéder à la distribution des prix qu’elle avait proposés pour cette année, et de mettre au concours de nouvelles questions propres à étendre le domaine de l’industrie.
- Le concours nombreux de sociétaires qu’avait attirés cette solennité atteste que les travaux delà Société excitent toujours un vif intérêt, et que ses jugemens, dictés par la plus stricte impartialité, inspirent la plus juste confiance à tous les amis de la prospérité nationale.
- Après la grande exposition des produits de notre industrie, celle plus modeste et non moins utile, qui a eu lieu dans les salles de la Société, a encore paru avec un certain éclat. Parmi les objets dont se composait cette exposition, nous citerons :
- i°. Deux magnifiques candélabres de 11 pieds de haut, en porphyre factice, de la fabrique de Sarguemines, ornés de bronzes dorés, de la plus grande richesse et du meilleur goût. Ces candélabres, qui se distinguent par la dureté et le poli de la matière, imitent parfaitement le porphyre naturel, et offrent une preuve nouvelle des progrès remarquables d un établissement dont la France s’honore, et d’où sont déjà sortis tant de produits dignes d’intérêt.
- 20. Un vase en bronze , forme médicis, et une coupe en argent ciselé, de la fabrique de M. Fauconnier, orfèvre, rue du Bac, n°. 58, d’une grande pureté de formes et enrichis de ciselures de très-bon goût.'
- Vingt-deuxieme année. Octobre 1823.
- L 1
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- J-.,,'. - V —) ; . kv, !_ - .' ...;.; -:
- 3°. Une boîte en cristal opale, garnie d’ornemens en bronze doré, et plusieurs autres objets de fantaisie en nacre de perle et en cristal, provenant des ateliers de M. Fournier, orfèvre et bijoutier, rue Grenier-Saint-
- Lazare , n°. 6. 1 ji
- 4°. Des sculptures de ronde bosse en nacre de perle, par M. Libert, rue des Billettes, n°. 9, d’une pureté et d’une délicatesse de travail d’autant plus remarquables, que cette matière présente une grande difficulté d’exécution.
- 5°. Des chaînes dites du Mexique, en cuivre doré, par M. Lelong, bijoutier, rue Montorgueil, n°. 71. :
- 6°. Des échantillons de papier-écaille, d’une belle transparence, imitant l’écaille naturelle, de la fabrique de M. Rousseau, rue Saint-Honoré, n°. 372.
- 70. Des peintures sur velours, par M. Vauchelet, rue Chariot, n°. 19 , au Marais, qui se distinguent par la vivacité, l’éclat et la solidité des couleurs.
- „ Nous avons remarqué entre autres une tulipe qui est digne de fixer l’attention des connaisseurs par la vérité et la parfaite imitation de la nature. Cette fabrique, déjà avantageusement connue, continue de mériter la réputation qu’elle s’est acquise dans ce genre d’industrie, qui a subi des per-fectionnemens notables.
- 8°. Un superbe nécessaire, de la fabrique de M. Pradier, rue Bourg-l’Abbé, n°. 22, garni cl’un nombre infini de pièces du travail le plus soigné, tant en vermeil qu’en nacre de perle, disposées d’une manière commode et avantageuse. Ces pièces se développent successivement par le moyen de ressorts qu’on fait partir en tournant la clef.
- 90. Des bijoux en crysoprase factice, fabriqués par M. Bourguignon t bijoutier, rue de la Paix, n°. 1.
- io°. Une pendule, des miroirs de toilette, des boîtes et autres objets ornés de peintures sur cuivre d’après le procédé de MM. Soehnée frères, rue Contrescarpe-Saint-Antoine, 110. 5o à 56. Ces peintures, imitant les incrustations, sont exécutées au pinceau et recuites au feu; elles sont couvertes d’un vernis qui les préserve de l’influence de l’air et les rend inaltérables.
- r i°. Une grande corbeille de mariage, des sacs, des paniers à ouvrage et des porte-feuilles en maroquin, richement ornés de perles et de broderies en acier, d’un fini précieux, fabriqués par M. Dubourg, rue Philipeaux,
- n°. 11.
- 12°. Des bourres de soie filées, d’une grande finesse et d’une égalité parfaite , de la fabrique de M. le comte Didelot, rue de Picpus, n°. 55, faubourg Saint-Antoine. - ; -,
- i3°. Des chapeaux de paille très-fins, imitant ceux d’Italie, du travaille
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- plus soigne, de là fabrique de M. Bouillon, à Alençon, département de l’Orne.
- 14°* Des lampes et des lustres, pour la combustion du gaz hydrogènej garnis de verres dépolis, par M. Garnier, lampiste, rue des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois, n°. 43- : ! ^ ' ;
- i5°. Divers instrumens d’optique et de physique, par M. Vincent Cheva-lier, quai de l’Horloge, n°. 6g. . w - (r ‘
- i6°. Une nouvelle capote de cabriolet, nommée disparaît, de l’invention de M. Leclerc, carrossier, rue d’Anjou-Saint-Honoré, n°. 6o.
- 170. Un tube pour connaître la pression de la vapeur et le niveau de l’eau dans les chaudières, de l’invention de M. Hoyau, ingénieur mécanicien, rue de Paradis, n°. 3g, faubourg Poissonnière. - y
- i8°. Des instrumens de physique en verre, des baromètres, thermomètres, pèse-liqueurs, etc., par M. Bunten, quai Pelletier, n°. 26.
- 190. Un scarificateur propre à remplacer les sangsues, des balances d’essai et des balances hydrostatiques , par M. Deleuil, rue Mazarine, n°. 21.
- ao°. Une balance à bascule, portative, à l’usage du commerce, inventée par M. Quintenz, à Strasbourg. >
- 2i°. Une baignoire en bois pour les bains sulfureux, construite par M. Pejrier, tonnelier, rue de Courty, n°. 8, faubourg Saint-Germain.
- 220. Des modèles en bois de roues d’engrenage et d’autres pièces de mécanique, par M. Menut, menuisier, rue du faubourg-Poissonnière, n°. 1.
- 23°. Des couteaux à revers pour les tanneurs et corroyeurs, des sabres de damas et de la coutellerie fine, de la fabrique de Madame Degrand-Gur-gey, de Marseille, et dont le dépôt est établi chez M .Allies, rue Traver-sière-Saint-Honoré, n°. i3, à Paris. * 4 . m; * - —
- 24°. Des plaques et des carreaux en mastic bitume, préparés par MM. PU-lot et Eyquem , rue Hauteville, n°. 17. ; 1 1 ;
- 25°. Divers assorlimens de caractères d’imprimerie, provenant de la fonderie polyamatype de M. Henri Didot.
- 26°. Des papiers marbrés et agàtisés, de la fabrique de M. Brèjoit, rue de Bondy, n°.6o. ' --- . < è, . - 'y.y . . • , y yyy \
- 27°. Des cuirs imperméables, de la fabrique de M. Didier, rue de Mont-morencÿ; n°. 3. vy ,:m. >* -y-, - y*
- 28°. Des cuirs de Russie, de diverses couleurs et espèces, parfaitement corroyés, provenant de la tannerie de MM. Duval-Duval et Grouvelle, rue de l’Oursine, n°. 1. .vsjii ju '.y •loatj'y.s'yrq J2 hunjvnon 0..* -v.i -.f
- • 29°. Des dessus de fauteuils et de fcanapés en point de. tapisserie, de M. Sandrin, rue Grange-aux-Belles:, R®; 5 ;‘i,i ’ ‘ !
- r 5o°. Des échantillons de laines et de draps teiftts en écarlate au moyen
- -.Lia
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- de la garance, d’après un nouveau procédé imaginé par M. fFerdet, boule-vart Saint-Antoine', n°. 17. ' ' ' p 1
- 3i°. Des échantillons de bleu de Prusse et de prussiate de potasse, provenant de la fabrique de M. Vincent, àYaugirard. '
- 32°. Un assortiment d’aiguilles de différens numéros, de la manufacture de M. Hanhoutem, à l’Aigle, département de l’Orne. !
- 33°. Bu fil d’acier pour aiguilles, d’une excellente qualité, delà fabrique de M. Perret, à Saint-Étienne, département de la Loire.
- 34°. Des fils de cuivre dorés et argentés d’une grande finesse, de MM. Gar-don et Vilette frères , de Lyon. ’
- 35°. Un peigne de tisserand en aciër, dont les dents, au nombre de 5oo par pouce, sont d’une finesse et d’une régularité remarquables, par M. Bon-nand, de la même ville.
- 36°. Des limes de diverses sortes et d’excellente qualité, en acier français , de la manufacture de M. Rémond, à Versailles , qui a obtenu la grande médaille d’or à l’Exposition.
- 370. Un modèle, très-bien exécuté, de l’échelle à incendie inventée par M. Kermarec, maître pompier à Brest. ?
- 58°. Un panier à incendie, de l’invention de M. Caslera.
- 59°. Un nouveau siphon pour soutirer les liquides sans aspiration, de l’invention de M. Escax, ferblantier-lampiste, rue des Filles-Saint-Thomas, n°. 1.
- . 4o°. Enfin, un pendule d’horloge construit d’après un nouveau système, par M. Perrelet, horloger, rue du Bac, n°. 38.
- La séance a été ouverte à huit heures du soir, sous la présidence de M. le comte Chaptal, pair de France.
- M. le baron Degèrando, secrétaire, a lu le rapport suivant sur les prix mis au concours par la Société pour l’année 1823.
- Ha p po rt sur. les concours ouverts par La Société pour Vannée 1823 5.par M. le baron Degèrando.
- Messieurs, les concours que vous avez ouverts, l’année dernière, ont excité une émulation remarquable, et leurs résultats vous préparent aujourd’hui une douce satisfaction, en versant sur le champ de l’industrie française de nouvelles et précieuses semences. j i ^ ;
- , Deux seuls problèmes, il est vrai, parmi ceux qui avaient été proposés pour 1825, ont été complètement résolus ; mais deux médailles d’or seront en outre données à des concurrens qui ont fort approché du but. Parmi
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- les prix qui faisaient partie du concours de l’année dernière, trois, dont la délivrance était restée suspendue, sont maintenant définitivement obtenus.
- Sur ceux qui avaient été proposés pour cette année, indépendamment de ceux qui devront être délivrés aujourd’hui, un quatrième a été conquis également, quoique sa délivrance doive être suspendue pour attendre quelques renseignemens nécessaires; il en est enfin quatre autres dont on s est approché, et que nous avons l’espoir de pouvoir bientôt décerner.
- Chacun de ces concours devant faire l’objet d’un rapport spécial pendant le cours de cette séance, nous devons nous borner à vous rendre ici un compte sommaire et rapide des travaux auxquels ont donné lieu les autres questions renfermées dans votre programme, et de l’examen qu’en a fait votre Conseil d’administration.
- Parmi ces travaux, vous en remarquerez plusieurs, qui prouvent des efforts louables, qui ont produit des recherches utiles, et cela est encore une acquisition de richesses. Les améliorations partielles acquièrent de l’importance par leur ensemble, et c’est par une suite de tentatives que se trouve ordinairement tracée la route qui conduit aux découvertes.
- L’examen d’un nombre considérable de mémoires a exigé beaucoup de temps, et cette circonstance a en partie contribué à retarder l’époque de la séance générale, destinée à la distribution des prix. Plusieurs motifs commandaient aussi d’attendre que l’exposition des produits de l’industrie fût terminée. . .
- 1 °. Construction d’une machine propre à travailler les verres d’optique.
- . Un sentiment douloureux, et qui sera vivement partagé par cette assemblée, vient nous saisir en vous entretenant de ce concours. Le Comité qui avait examiné la machine présentée à la Société, avait eu pour organe et pour rapporteur dans votre Conseil d’administration un collègue dont nous déplorons la perte récente, dont le nom sera honorablement célèbre dans l’histoire de nos arts, et dont les vertus commandaient à-la-fois l’affection et l’estime ; de celui qui porta parmi nous l’art difficile de l’horlogerie au plus haut degré de perfection. Son rapport, qui est en ce moment sous nos yeux, est le dernier gage que nous ayons reçu de son zèle infatigable et de sa rare sagacité. M. Bréguet, après avoir exactement décrit la machiné dont il s’agit, a fait remarquer que la précision de ses effets dépendait « d’une » condition essentielle ; savoir, qu’il n’existe aucune flexion dans ses par-» ties; que cette condition est loin d’être remplie; que par conséquent les » produits seraient de beaucoup inférieurs à ceux qui sont obtenus par la » méthode ordinaire des bassins. » Il a fait remarquer aussi « que l’auteur
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- » n’a adressé, et par ce motif peut-être, aucun échantillon de verres pré-» parés d’après cette méthode. » Aussi, en proposant de remettre ce problème au concours, nous vous proposerons d’insister pour que les concur-rens joignent à l’envoi de leurs modèles et de leurs mémoires un échantillon de leurs produits.
- 20. Travail des aveugles indigens.
- La Société d’Encouragement, ainsi qu’elle l’avait annoncé, avait proposé cette question, autant dans l’intérêt de l’humanité que dans celui de l’économie sociale ; elle a lieu de s’affliger que ces deux motifs n’aient pas excité une plus grande émulation, et d’autant plus que la solution préparée par le programme n’offre pas de grandes difficultés.
- Du moins ce concours a donné lieu à deux circonstances qui offrent chacune un genre particulier d’intérêt.
- M. Barbier, de Versailles, en annonçant qu’il n’a point l’intention de concourir, a offert à la Société deux écrits imprimés et une collection d’ins-trumens d’écriture nocturne, exécutés par un aveugle, pour fournir aux aveugles des moyens d’instruction; une boîte d’instruction générale et un cylindre d’impression ont été envoyés à l’Exposition du Louvre. M. Barbier n’a eu dans cette communication d’autres motifs que le désir d’être utile aux infortunés privés de la vue. Il a indiqué la taille des limes, restreinte à de certaines parties, comme un travail qui pourrait les occuper avec fruit.
- Un seul concurrent s’est présenté, d’ailleurs, pour remporter le prix; mais ce concurrent est aveugle lui-même : c’est un membre interne de l’hôpital royal des Quinze-Vingts, qui, de plus, se trouve privé de l’usage d’une main. li a remis à la Société trois notes sommaires, un dessin, des échantillons et les modèles des instrumens qu’il emploie. Des aveugles se sont réunis à lui pour confectionner les ouvrages qu’il vous a offerts, et qui consistent en briques et carreaux de terre, genre d’ouvrage qui peut s’étendre et se modifier de diverses manières. Tel qu’il est conçu par son auteur, il offre assurément de nombreux avantages aux infortunés qui sont privés de la vue; mais l’auteur n’a pas assez remarqué que le programme demandait le travail le plus utile pour les aveugles et le mieux approprié à leur situation ; que dès-lors il fallait comparer entre elles les diverses industries auxquelles ils peuvent se livrer. U s’est borné à indiquer dans une note un grand nombre d’objets auxquels on peut les occuper, sans établir aucun rapprochement qui permette d’évaluer les avantages ou les inconvéniens de chacun.
- On pourrait remarquer aussi que les ouvrages proposés par lé conciir-
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- rent ne peuvent guère être exécutés par les femmes, les enfans, et que la matière première, quoique fort commune, n’existe pas par-tout.
- La solution demandée n’est donc point encore fournie.
- Nous devons cependant des éloges au zèle et à l’habileté de l’aveugle qui a concouru; il mérite d’autant plus d’exciter votre bienveillance, qu’il était lui-même un artiste recommandable, et que, dans le malheur qui l’a atteint , il a été sur-tout animé par le désir de soulager ses compagnons d’infortune.
- En vous proposant de remettre ce sujet au concours, nous pensons qu’il convient de recommander aux concurrens d’indiquer exactement les prix de journée que l’aveugle peut obtenir par chaque genre d’occupation.
- 3°. Conservation des substances alimentaires par le procédé de M. Appert, exécuté plus en grand, ou par tout autre moyen analogue.
- Deux concurrens se sont présentés :
- L’un d’eux n’avait rempli aucune des conditions du programme.
- L’autre était M. Appert lui-même. Ses produits, renfermés dans des caisses portant le cachet de la Société, ont été embarqués sur un bâtiment de la marine royale qui a dû passer la ligne. Il est nécessaire d’attendre son retour pour vérifier l’état où se trouveront les conserves à l’ouverture des caisses ; mais on attend ce retour incessamment. On jugera alors s’il y a lieu à décerner le prix..
- 4°. Importation en France et culture de plantes utiles à Vagriculture, aux
- arts et aux manufactures.
- La Société avait proposé deux prix pour un sujet qui est très-riche par lui-même, qui devait attirer l’attention des naturalistes, que les conquêtes journalières de nos voyageurs et les progrès de la botanique doivent singulièrement favoriser.
- Cependant, un seul mémoire nous est parvenu, et encore ne satisfait-il point à la question.
- Son auteur s’est borné à la culture du phitolacca decandra, ou raisin d’Amérique, et a essayé d’appliquer à la teinture le suc des baies de cette plante; mais il ne présente rien de nouveau sur sa culture, et sur son emploi dans la teinture : le travail est trop incomplet pour qu’on puisse y donner quelque suite.
- Il est probable que le temps a manqué pour faire les deux genres d’essais
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- demandés à-la-fois par la Société : aussi, vous proposerons-nous de proroger le concours.
- 5°. Construction d'un moulin à bras propre à écorcer les légumes secs.
- Deux concurrens se sont présentés :
- Le premier a envoyé le dessin d’un moulin qui paraît très-propre à remplir l’objet demandé, et qui paraît être copié sur celui qui est usité pour monder ou perler l’orge ; mais l’auteur n’annonce point qu’il a exécuté ce moulin en grand ; il ne peut prouver par conséquent qu’il dépouillera au moins un décalitre de pois par heure, comme l’exigeait expressément votre programme.
- Le second n’a pas davantage satisfait à cette condition essentielle ; il n’a d’ailleurs envoyé qu’un modèle en petit et fort grossier. Son moulin paraît moins propre que le précédent à remplir le but.
- Votre Conseil d’administration vous propose de proroger le concours jusqu’en 1824.
- 6°. Construction d'un moulin propre à nettoyer le sarrasin.
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- Un seul concurrent s’est présenté. Il a envoyé un modèle et un dessin, l’un et l’autre grossièrement exécutés; il semble annoncer qu’il n’a point fait construire un moulin en grand et qui fonctionne, comme vous l’aviez exigé. Vous aviez demandé également que le mémoire descriptif renfermât tous les détails nécessaires sur les frais de construction et la quantité de produits obtenus dans un temps donné. La lettre de l’auteur ne fournit aucune donnée à cet égard : le prix ne pourrait donc être adjugé.
- Cependant l’idée d’après laquelle ce moulin a été conçu a été jugée bonne ; on craint seulement que les frais de construction ne s’élèvent plus haut que ceux des moulins actuels, qui ne coûtent que 6 à 7 fr.
- Votre Conseil d’administration a espéré qu’en remettant le prix, on laisserait à ce concurrent le temps de faire exécuter son moulin en grand, de le faire agir et de fournir les renseignemens exigés. Il vous propose en conséquence de proroger le concours jusqu’en 1825.
- Sur les vingt questions qui avaient été proposées pour l’année 1820, il en est huit qui sont demeurées sans réponse; savoir,
- i°. Construction d’un moulin à moudre et à concasser les grains, pouvant être adapté à toutes les constructions rurales;
- 20. Application de la presse hydraulique à l’extraction de l’huile, du vin , et en général des sucs des fruits ;
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- 5°. Construction d’une machine à raser les poils des peaux employées dans la chapellerie;
- 4°. Recherche des laines propres à fabriquer les chapeaux communs à poils;
- 5°. Étamage des glaces à miroirs par un procédé différent de ceux qui sont en usage ;
- 6°. Perfectionnement des matériaux employés dans la gravure en taille-douce;
- 7°. Découverte d’un métal ou d’un alliage moins oxidable que le fer et l’acier, pour diviser les substances molles alimentaires ;
- 8°. Fabrication de la colle de poisson.
- En considérant que vos programmes n’ont pu être publiés l’année dernière qu’au mois de novembre; que les envois des concurrens ont dû parvenir à la Société avant le ier. mai; qu’ainsi il ne restait guère aux concurrens que cinq mois, et que, sur cet intervalle, il faut prélever encore les retards qui peuvent résulter de la distance des lieux où résident les concurrens , on est forcé de reconnaître que le temps nécessaire a réellement manqué pour les méditations, les calculs, les essais, les expériences, les rédactions de mémoires, constructions, etc., exigés pour la plupart de ces problèmes. Votre Conseil d’administration a donc estimé qu’il était juste de proroger ces divers concours jusqu’en j824-
- En y joignant ceux pour lesquels il s’est présenté des concurrens, qui n’ont point donné de résultat suffisant, et que nous vous proposons de proroger aussi, ce seront en tout dix-sept sujets de prix de remis.
- Vous en aviez déjà proposé l’année dernière neuf pour 1824, un pour 1825, un pour i83o.
- Ce sont en tout vingt-huit concours ouverts en ce moment.
- Votre Conseil d’administration a cru qu’il suffisait d’en ajouter un de plus cette année ; que vingt-neuf questions présentées à-la-fois aux recherches des investigateurs, offraient un champ assez vaste et assez varié pour exercer leur émulation, qu’en les multipliant davantage, 011 s’expose peut-être à affaiblir l’attention que devrait attirer chacun d’eux; qu’une récompense plus forte attachée à une découverte importante produira plus d’effet que des récompenses plus divisées, par conséquent plus modiques. Il y a d’ailleurs des limites à l’étendue des travaux que votre Conseil d’administration peut entreprendre pour apprécier le mérite des objets envoyés aux concours; cet examen exige des vérifications, des essais, des expériences; vos Comités se sont justement imposé la loi d’y porter les soins les plus scrupuleux et l’attention la plus sévère comme la plus impartiale : il est donc nécessaire de 11e pas les surcharger d’un fardeau trop considérable. Nous
- Vingt-deuxieme année. Octobre 1823. M m 7r
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- avons donc lieu de croire que les questions livrées en ce moment aux méditations des concurrens feront naître, par leur nombre, leur variété, leur choix, et le haut intérêt qui s’attache à la plupart d’entre elles, une moisson toujours plus abondante de fruits nouveaux pour notre industrie. Nous nous plaisons à espérer que les couronnes décernées par la Société, chaque année plus vivement désirées, seront aussi chaque année obtenues en plus grand nombre. Il est à remarquer que, dans les arts, les plus vraies découvertes ont cet avantage, qu’elles mettent sur la voie pour en préparer de nouvelles, à l’aide de l’analogie et des corrélations qui existent entre les différens procédés; la Société s’applique spécialement à choisir les sujets qui lui paraissent offrir ce mérite spécial de fécondité.
- Nous ne saurions terminer, Messieurs, sans exprimer notre juste reconnaissance envers ceux dont la générosité vous a fourni les moyens de décerner plusieurs prix particuliers, et dont les vues éclairées vous ont indiqué des problèmes dignes d’exciter votre sollicitude. Nous devons aussi des remercîmens à M. Tiolier, graveur général des monnaies, pour la perfection qu’il a apportée dans l’exécution du coin destiné à frapper vos nouvelles médailles ; il retrace les plus hauts progrès auxquels cet art est parvenu jusqu’à ce jour.
- Conclusions.
- Nous avons l’honneur de proposer à l’assemblée de remettr e au concours, pour l’année 1824, les treize questions suivantes; savoir,
- i°. Pour la construction d’une machine propre à travailler les verres d’optique ;
- 20. Pour un moyen de procurer aux aveugles indigens le travail le plus utile pour eux et le mieux approprié à leur situation ;
- 5°. Pour la conservation des substances alimentaires par le procédé de M. Appert, exécuté plus en grand , ou par tout autre moyen analogue;
- 4°. Pour l’importation en France et la culture de plantes utiles à l’agriculture, aux arts et aux manufactures;
- 5°. Pour la construction d’un moulin propre à écorcer les légumes secs;
- 6°. Pour la construction d’un moulin à moudre et à concasser les grains, propre à être adapté à toutes les constructions rurales ;
- 70. Pour l’application de la presse hydraulique à l’extraction de l’huile et du vin, et en général des sucs des fruits ;
- 8°. Pour la construction d’une machine à raser les poils des peaux employées dans la chapellerie ;
- 90. Pour la recherche des laines propres à fabriquer les chapeaux communs à poils;
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- i o°. Pour l'étamage des glaces à miroirs par un procédé différent de ceux qui sont connus ;
- ii°. Pour le perfectionnement des matériaux employés dans la gravure en taille-douce; '
- i2°. Pour la découverte d’un métal ou alliage moins oxidable que le fer et l’acier, pour diviser les substances molles alimentaires ;
- 13a. Pour la fabrication de la colle de poisson. <
- De remettre également au concours, pour l’année 1025, le prix pour la construction d’un moulin propre à nettoyer le sarrasin.
- Ces diverses propositions ont été adoptées par Vassemblée, •
- Rapport sur les prix proposés pour l9 application de la machine à 'vapeur aux presses d>imprimerie ; pour la fabrication des aiguilles à coudre et pour celle du fil d9acier propre à faire ces aiguilles $ par M. Molard jeune.
- Nous avons à remplir l’honorable tâche de vous rendre compte des motifs qui ont déterminé le Conseil d’administration de la Société à décerner i°. à M. Selligue le prix de deux mille francs pour l’application de la machine à vapeur aux presses d’imprimerie ; 2°. une médaille d’or à MM. Vanhoutem père et Sevin de Beauregard, à titre d’encouragement, et comme une marque particulière de votre satisfaction pour les efforts qu’ils ont faits et les succès qu’ils ont déjà obtenus dans la fabrication des aiguilles à coudre, objet pour lequel le concours restera ouvert jusqu’à l’année i825; 5°. à déclarer que la fabrique de fils d’acier fondu, propres à la fabrication des aiguilles à coudre, établie à Valbenoîte , près Saint-Étienne, à laquelle une médaille d’or fut décernée l’année dernière, continue de mériter la mêfne distinction, et que le prix de six mille francs proposé pour cette fabrication ne sera décerné, s’il y a lieu, qu’en 1825. ,
- Nous allons, Messieurs, vous rappeler le plus brièvement possible les frrinèipales raisons qui ont fait adopter par votre Conseil d’administration les conclusions que vous venez d’entendre.
- ip. Prix pour T application de la machine à vapeur aux presses d imprimerie.
- Ce prix, proposé dès l’année 1817 , et rernis au concours successivement d’année en année, n’a commencé à être disputé que l’année dernière par deux concurrens, MM. Amêdèe Durand et Selligue. Tous deux eurent droit à vos éloges; mais le prix ne fut pas remporté.
- M. Selligue, persévérant dans son entreprise, en recueille aujourd’hui les
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- fruits. Il a la satisfaction de voir ses efforts couronnés d’un plein succès. Il est sans compétiteurs pour le prix; mais il se présente avec une telle surabondance de moyens, qu’il n’y a plus aucune objection à lui faire. Toutes les conditions qu’exige le programme sont remplies. Six presses, mues simultanément ou séparément par une machine à vapeur, travaillent sans interruption à imprimer des journaux ou des ouvrages de librairie, depuis le io mars dernier, dans l’imprimerie de M. Chaigneau fils, rue des Vieux-Augustins , n°. 8, à Paris. .
- La description et la gravure de cette presse, pour laquelle M. Selligue a pris un brevet d’invention et de perfectionnement, devant être insérées dans le Bulletin de la Société, nous n’entrerons point ici dans les détails de sa composition ; nous vous en présenterons seulement le résultat sous le rapport de l’économie qu’elle apporte dans le travail dont il s’agit.
- La machine à vapeur qui fait agir les presses de M .Selligue a été construite pour cet objet par M. Bresson fils, d’après le système $ Olivier Évans, très-bien décrit dans un ouvrage traduit en français et publié par M. Doo-little. Travaillant habituellement sous la pression de deux atmosphères qui, dans ces sortes de machines, n’exposent à aucun danger, elle a la force de quatre chevaux, en comptant i4 kilogrammes pour chaque pouce superficiel de la coupe du piston; sa dépense, pendant dix heures de travail, est de ioo kilogrammes de charbon de terre, valant aujourd’hui à Paris 6 francs 4o cent. ; ajoutant à cette dépense la journée de l’ouvrier qui la surveille, 5 francs 6o cent., et l’intérêt du capital de la machine 3 francs, le moteur des six presses coûtera i5 francs par jour, ce qui fait pour chacune d’elles a francs 5o cent.
- Or, une des presses de M. Selligue, servie par deux hommes, imprime dix feuilles des deux côtés par minute, ou six mille feuilles par journée de dis heures (i);la dépense pour ces deux hommes est de ii francs; il n’en coûte donc que i4 francs 5o cent, pour imprimer 6,ooo feuilles avec la presse mécanique.
- On sait que deux hommes, avec une presse ordinaire à la Stanhope, n’im-
- (i) On observe que M. Selligue, ne voulant pas exagérer les avantages de sa nouvelle presse, avant d’en avoir fait une longue épreuve , ne lui a attribué d’abord que la faculté
- d’imprimer dix feuilles par minute des deux côtés, avec une seule composition ; mais depuis que ses presses marchent tous les jours, et que les ouvriers poseurs de feuilles ont pris l’habitude de ce genre de travail, l’expérience a démontré la possibilité d’imprimer quinze feuilles par minute avec une seule composition , et trente avec deux placées sous la même presse : l’épreuve en a déjà été faite, lorsqu’il est arrivé au journal de V Etoile , qui s’imprime par cette machine, de mettre sous presse plus tard que de coutume.
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- priment pendant une heure que 3oo feuilles d’un seul côté, ou îoo des deux côtés; ce qui donne pendant une journée de dix heures i,5oo feuilles; la dépense en journées est de 12 francs : il y a donc en faveur du travail de la presse mécanique, comparé à celui de la presse ordinaire, une économie dans le rapport de 3 à 8 environ.
- Il convient même d’ajouter que le travail qu’exige la première presse n’est pas, à beaucoup près, aussi fatigant que celui de la deuxième. Il se borne, dans le premier cas, à poser les feuilles de papier sur un tambour et à les retirer quand elles sont imprimées; tandis que dans le second cas l’ouvrier qui est à la presse doit appuyer fortement sur le levier, sur-tout quand la feuille est double..
- L’année dernière, la machine de M. Selligue laissait beaucoup de choses à désirer; plusieurs môuvemens étaient communiqués par des chaînes d’engrenage si sujettes à s’allonger; il y a substitué d’autres agens mécaniques d’un effet plus sûr. Il en a tellement régularisé la marche, qu’il obtient exactement ce qu’on appelle, en terme d’imprimerie, la justification; ce qui lui donne la faculté d’imprimer non-seulement des journaux, mais encore toutes sortes d’ouvrages destinés à être reliés.
- Le problème que vous aviez proposé se trouve donc parfaitement résolu, et vous n’avez plus rien à cet égard à envier aux étrangers. Une expérience de plus de six mois a constaté l’efficacité et l’économie du travail de cette presse typographique continue, qui ne tient guère plus de place qu’une presse ordinaire, et dont le prix d’achat n’est pas plus élevé. Vous n’hésiterez donc pas , Messieurs, à confirmer la décision provisoire de votre Conseil d’administration, qui décerne le prix de deux mille francs à M. Selligue, pour l’objet dont il s’agit.
- 20. Prix pour la fabrication des aiguilles à coudre.
- Ce prix, suivant le programme, devait être décerné cette année; mais, soit que cette fabrication présente des obstacles difficiles à vaincre, soit que le temps ait inanqué aux concurrens qu’orj devait espérer voir se mettre sur les rangs, vous n’avez reçu, comme l’année dernière, que les échantillons de la fabrique de Mérouvel, près l’Aigle, département de l’Orne.
- Cet établissement, dirigé et administré par MM. Vanhoutem père et Sevin de Beauregard, a envoyé à la Société une grande variété d’échantillons d’aiguilles, qu’il livre au commerce sous le nom d’'aiguilles à la coupe, de première et deuxième qualité, courtes ou allongées , façon anglaise ou d’Aix-la-Chapelle : vous les voyez réunies sur une grande carte exposée dans vos salles.
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- Indépendamment de ces cartes, ces Messieurs ont envoyé quelques paquets de ces mêmes aiguilles, avec lesquelles nous avons fait et fait faire des essais qui ont donné lieu aux remarques suivantes :
- En général, on trouve que les aiguilles fines, sur-tout celles qui sont faites de fil d’acier fondu portant les nos. i à 7, sont bien fabriquées; qu’elles sont en tout comparables aux bonnes aiguilles anglaises : mais les concurrens déclarent que, vu le prix trop élevé du fil d’acier fondu èii France, ils 11e pourraient les établir en cours de fabrique avec profit^ qu'en les vendant trois fois plus cher que les aiguillés ordinairès.
- En cela, nous voyons par leurs calculs même, que nous vous demam dons la permission de rapporter ici, qu’ils sont dans l’erreur.
- Suivant eux, on fabrique trois mille aiguilles des numéros moyens, avec une livre de fil, qui coûte, quand il est d’acier fondu, 4 francs 5o cent., et seulement 1 franc 5o cent, quand il n’est que cémenté. Dans le premier cas, il entre pour 3o sous de matière première dans un millier d’aiguilles, et dans le second seulement pour 10 sous. Les aiguilles communes de première qualité se vendent 3 francs 5o cent, le mille, et celles de deuxièmé qualité 2 francs 60 cent. La façon est donc 3 francs pour les premières et 2 francs 10 cent, pour les secondes. Cette façon n’est pas plus élevée pour l’acier fondu que pour l’acier ordinaire; au Contraire, elle doit être moindre, par la raison qu’il y a moins de déchet; mais en supposant qu’elle soit égale, le mille d’aiguilles première qualité des numéros moyens, matière et façon comprises, ne revient qu’à 4 francs 5o cent., et le mille de deuxième qualité à 3 francs 60 cent. ; ce qui ne fait que le tiers en sus des aiguilles communes.
- Cette erreur les a conduits à ne point s’occuper de la fabrication des aiguilles d’acier fondu , et à négliger une des conditions essentielles du programme, qui prescrivait d’en mettre dans le commerce, concurremment avec les aiguilles communes. Ce n’est point uné disposition oiseuse et qu’on puisse éluder. La Société a désiré qu’on fabriquât des aiguilles d’acier fondüî non-seulement pour nous soustraire à la nécessité d’en tirer de l’étranger, mais encore pour fournir un écoulement aux fils d’acier fondu, quelle cherche, par l’offre d’un prix considérable, à faire fabriquer en France.
- Quant aux aiguilles Communes, nous avons remarqué que la fabrication en est sensiblement améliorée : elles supportent en tous points la comparaison avec celles qui sortent des meilleures fabriques d’Aix-la-Chapelle ; les prix de Mérouvel sont en général même aù-dëssous ; vous apprécierez ce résultat. Il serait inutile dè vous dire combien il a fallu d’effôrts et de persévérance pour pouvoir lutter ainsi avantageusement contre d’ancîëns éta-
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- blissemens, dont les produits sont admis en France en payant des droits ^très-modiques, ioo francs pour 100 kilogrammes d’aiguilles, c’est-à-dire, io francs pour une livre, ou 16 cent. } pour un millier.
- Pour être juste envers MM. Vanhoutem et Sevïn, et leur tenir compte des efforts qu’ils ont faits pour répondre à votre appel, le Conseil ^provisoirement décidé qu’il leur serait décerné, dans cette séance, une médaille d’or. - < . . . •
- Il a pareillement décidé que le prix pour la fabrication des aiguilles serait remis au concours ; mais qu’attendu le temps qu’il faut pour créer un établissement qui puisse remplir les vues de la Société, le prix ne sera distribué
- qu’à la séance générale d’automne de l’année 1826.
- 5°. Prix pour là fabrication du fil d’acier fondu propre à faire les aiguilles
- à coudre.
- Ce prix, proposé en même temps que celui des aiguilles, devait être, ainsi que ce dernier, et suivant le programme, distribué dans cette séance ; mais votre Conseil d’administration n’a pas trouvé que toutes les conditions exigées fussent complètement remplies parle seul concurrent quise soit présenté.
- Ce concurrent est M. Perret, propriétaire de la tréfilerie de Valbenoîte, près Saint-Étienne,, auquel vous avez, l’année dernière, décerné une médaille d’or à titre d’encouragement et comme une marque de votre satisfaction. Ce fabricant n’a pas démérité, mais ses progrès ne sont pas assez marqués pour qu’on ait pu lui accorder le prix. Il a envoyé quinze petites masses de fil d’acier fondu provenant des aciers Jakson y numérotées de 1 à i5 pour la fabrication .d’autant d’espèces d’aiguilles à coudre. En général, on les a trouvées , comme l’année dernière, d’une excellente qualité, et propres à remplir leur objet; les prix moyens, qui étaient de 12 francs, sont réduits cette année à 9 francs 75 cent, le kilogramme. C’est un heureux acheminement vers le but qu’on se propose d’atteindre; mais, ainsi que l’année dernière, le temps a manqué pour faire des essais assez en grand et suffisamment prolongés, qui auraient sans doute changé en certitude ce qui n’a été jusqu’à présent que présomption. Dans un objet aqssi important que celui qui nous occupe, l’expérience seule peut prononcer, et pour cela il faut du temps.,
- En conséquence , pour donner aux concurçens la facilité de remplir toutes les conditions exigées par le programme, le Conseil d’administration a pensé qu’il convenait de renvoyer la distribution du prix proposé à la séance générale d’automne de l’année 1825. , •
- Adopté en séance générale, le 29 octobre i8a3.
- -. Signé Molàrd jeune, rapporteur.
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- Rapport sur le prise proposé pour la fabricatioii des cuivres en bâtons à L’usage des tireurs d’or ; par JVL. Mérimée.
- Pendant long-temps nous nous sommes approvisionnés en Allemagne de fils d’or et d’argent faux, ainsi que de bâtons de cuivre ductile, avec lesquels nos tireurs d’or préparent les traits dorés et argentés pour les besoins de la broderie et de la passementerie.
- Celte importation s’élevait encore, il y a peu d’années, à plusieurs millions; mais au moment où elle attira votre attention, où vous arrêtâtes de proposer un prix pour nous affranchir d’un pareil tribut, vous étiez informés qu’il existait déjà quelques fabriques qui pouvaient soutenir avantageusement la concurrence avec l’étranger.
- Votre objet était donc moins d’engager à faire de nouvelles recherches sur l’affinage du cuivre, que d’exciter l’émulation entre nos fabriques existantes. En conséquence, vous arrêtâtes que le prix serait décerné à celui qui, le Ier. mai de l’année suivante, aurait livré au commerce la plus grande quantité de cuivre affiné, tel que les tireurs d’or l’emploient pour la fabrication de la dorure appelée mi-fine, et qui aurait en même temps présenté, au nombre des produits nécessaires aux besoins de la passementerie et de la broderie, l’alliage employé pour les traits d’or en faux. \ !
- L’année dernière, deux concurrens vous adressèrent leurs produits : ni l’un ni l’autre n’étant en règle, vous prorogeâtes le prix.
- Les mêmes concurrens se sont représentés, cette année, avec des certificats qui attestent la bonne qualité de leurs cuivres et constatent la quantité qu’ils en ont versée dans le commerce.
- Le Comité des arts chimiques, chargé de l’examen des pièces, acquit la conviction que les produits présentés par chacun des deux concurrens ne laissaient rien à désirer sous le rapport de la fabrication, et que si le prix eût été proposé pour la pureté des produits, l’un et l’autre y auraient un égal droit; mais le programme portant expressément que ce prix doit être décerné à celui qui, au Ier. mai 1825, aura livré au commerce la plus grande quantité de cuivre à l’usage des tireurs d’or, le Comité fut, à runanimité, d’avis de ne pas s’écarter de la teneur du programme, et l’application du prix fut faite par lui en conséquence de cette opinion.
- Votre Conseil d’administration , Messieurs, approuva ce rapport, dans sa séance du 3 septembre ; mais dans la séance suivante cette décision fut attaquée par celui des concurrens dont les produits, d’après l’examen des certificats, avaient été trouvés inférieurs en quantité.
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- Il n’y avait aucun inconvénient à renvoyer la réclamation au Comité qui avait pesé les droits des concurrens. Le Comité fut donc convoqué de nouveau : tous les membres ne purent être réunis ; mais la plus grande partie se trouva présente à la séance où la réclamation fut discutée.
- Cette réclamation dénonçait une erreur dans le certificat qui constatait la quantité des cuivres fournis par le concurrent qui avait obtenu les suffrages du Comité. L’erreur évidente avait déjà été reconnue; mais elle avait été expliquée et rectifiée depuis. Il ne parut donc pas probable à la presque unanimité du Comité qu’une seconde erreur eût été commise dans le même sens. Un seul membre fut d’avis que cela était possible : dès-lors tous s’accordèrent à demander qu’il fût sursis à la distribution du prix, jusqu’à ce qu’on eût obtenu de nouveaux renseignemens et’fait une nouvelle vérification.
- Cette mesure, dictée par la prudence, est dans l’intérêt de cette Société, dont les récompenses produiraient plus de mal que de bien, si on pouvait élever quelques doutes surles précautions prises pour les décerneravec justice.
- Elle doit satisfaire également les deux parties. Le réclamant qui se croit lésé par la décision du Comité n’a pas dû croire qu’on ajouterait une foi aveugle à ses assertions, il n’a pu demander qu’une révision, qu’un nouvel examen : cela lui est accordé.
- Le concurrent à qui le Comité avait cru devoir adjuger le prix est également intéressé à démontrer que la preuve établie en sa faveur est inattaquable. S’il a réellement mérité le prix, un nouvel examen ne peut qu’ajouter à son triomphe.
- Cette révision ne présente aucune difficulté, car il ne s’agit que d’une vérification de chiffres : ainsi la vérité, dans cette question de fait, ne peut pas être long-temps méconnue.
- Quoi qu’il arrive, Messieurs, votre but est atteint : vous vouliez affranchir notre commerce du tribut considérable, payé annuellement à Nuremberg ; il l’est déjà en partie pour ce qu’on appelle les traits dorés et argentés , la dorure mi-fine ; mais il ne peut l’être pour ce qu’on appelle les traits en faux, et il est impossible qu’on soutienne la concurrence pour cet article, tant que cette fabrication sera assujettie aux droits de l'argue. U est évident que c’est par une extension illégale que les fils de cuivre, enduits d’une couche de laiton, sont assujettis à la même surveillance que les fils d’or ou d’argent. Un pareil abus ,qui paralyse une fabrication importante, ne peut durer long-temps. Votre Conseil d’administration a chargé le Comité des arts chimiques de lui faire un rapport sur l’illégalité et sur les inconvéniens de cette taxe.
- Fingt-deuxième année. Octobre 189.3. N n
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- Il ne doute pas, Messieurs, que les observations qu’il aura à présenter sur çette question ne soient favorablement accueillies par un Gouvernement qui regarde l’encouragement de l’industrie comme la principale source de la prospérité nationale.
- Adopté en séance générale, le 29 octobre 1823.
- Signé Mérimée , rapporteur.
- R apport sur le prix pour la fabrication des cuirs odorans dé Russie ; par M. Mérimée.
- Messieurs, des considérations dictées par la prudence vous ont déterminés à exiger une année d’épreuve avant d’adjuger la totalité du prix proposé pour la fabrication des cuirs odorans ayant toutes les qualités de ceux de Russie. Le temps de' l’épreuve est écoulé ; vos espérances sont remplies: de nouveaux efforts ont produit des perfectionnemens, et la France est maintenant en possession d’un procédé qui manquait à notre industrie.
- Lorsque votre Comité vérifia les expériences de MM. Grouvelle et Duval-Duval, il observa qu’il fallait des précautions particulières pour qu’on pût, sans les tacher, imprégner les peaux de l’huile empyreumatique qui les rend odorans. Cette huile, telle qu’on l’obtenait alors, était grasse et très-colorée. Le procédé de sa distillation a depuis été perfectionné; l’huile qu’on obtient maintenant est beaucoup plus ténue, et colore si peu, que les maroquins de la nuance la plus claire peuvent en être fortement imprégnés sans qu’ils perdent rien de leur éclat.
- Trompé par des expériences qu’il n’avait pas eu le temps de pousser assez loin, M. Grouvelle avait avancé, dans le mémoire dont il était rédacteur, que l’odeur aromatique de l’huile de bouleau ne provient pas exclusivement de la résine à laquelle M. Chevreul a donné le nom de bétuline. Les observations de votre Comité l’ont engagé à faire de nouvelles expériences, qui l’ont conduit à reconnaître que si l’épiderme de bouleau donne encore de l’huile odorante après une longue digestion dans l’alcool, c’est que la dernière portion de la résine adhère tellement au tissu de l’épiderme, qu’on ne parvient pas à l’enlever complètement. M. Grouvelle, dans une note adressée à votre Comité, a déclaré qu’il était persuadé maintenant que l’odeur aromatique de l’huile de bouleau est produite par la bétuline, et il en a déterminé approximativement les proportions.
- Il a de plus, sur notre demande, vérifié une observation que nous avions
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- faite dès l'armée dernière, et qui explique la différence observée entre les cuirs nouvellement préparés et ceux de Russie.
- Nous avions cru reconnaître dans des cuirs, façon de Russie, achetés en Angleterre, un mélange de Todeur du bois de cèdre : en conséquence nous distillâmes de la sciure de cèdre, espérant retrouver dans le produit la même odeur qui se dégage lorsqu’on jette un peu de ce bois sur des charbons ardens : notre attente fut déçue ; nous n'obtînmes que beaucoup d’acide pyroligneu* et une huile très-épaisse, ne sentant que le goudron. Cependant un morceau de cuir imprégné de cette huile perdit peu à peu à l’air cette odeur désagréable, et au bout de quelques mois l’arôme du cèdre était resté seul, presque sans mélange.
- Ce fait explique pourquoi les cuirs préparés depuis peu n’ont pas exactement la même odeur des cuirs de Russie, lesquels ne nous parviennent que long-temps après qu’ils ont été fabriqués. L’huile de bouleau retient toujours un peu d’acide pyroligneux et de goudron. L’un et l’autre s’évaporent à l’air, et alors seulement l’odeur des cuirs est aussi pure qu’elle peut l’ètre.
- Dans le mémoire de Ficherstroem sur les juchten ou cuirs de Russie, mémoire dont l’extrait a été inséré dans le Bulletin de la Société du mois de novembre 1822 , page 374, il est dit que si l’on ne fait usage que d’écorce de saule ou de peuplier, au lieu de celle de chêne, qui a bien plus d’énergie , c’est que le chêne ne croît pas dans les latitudes septentrionales. Nous avons dans plusieurs de nos forêts du chêne en abondance; mais il croît lentement et il ne se trouve pas dans toutes les parties de la France. On pourrait donc , ainsi que nous l’avons fait observer, se servir avec avantage de l’écorce de peuplier, et l’effet seul d’un pareil tannage serait de donner aux cuirs une odeur qui les ferait préférer : or, cette qualité n’est point à dédaigner, puisqu’en Italie l’odeur de nos cuirs de France paraît généralement insupportable.
- Sous ce rapport on peut encore citer un arbre, peu commun jusqu’à présent, mais qui s’acclimaterait aisément (le tulipier ) : son écorce répand une odeur d’épices très-suave et contient beaucoup de tannin. On est donc fondé à croire que les cuirs préparés avec l’écorce du tulipier retiendraient une partie du parfum qu’elle exhale.
- Mais ce n’est pas à cause de leur odeur aromatique qu’on recherche les cuirs de Russie ; il est beaucoup de personnes qui ne peuvent la supporter. La propriété même d’écarter les insectes ne doit exister qu’autant que le cuir est très-odorant, et l’on vous a montré une reliure en cuir de Russie
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- attaquée par les vers ; à la vérité, elle était tellement ancienne, qu’elle n’avait plus d’odeur. • • >
- Mais un autre avantage précieux pour nos climats humides, et qui a été observé par les Anglais, c’est que le cuir de Russie est beaucoup moins sujet à la moisissure qu’aucun autre ( i ). -
- On pourrait expliquer cela en admettant que l’huile de bouleau communique quelque chose des propriétés de l’épiderme de cet arbre, qui reste encore intact lorsque le bois est entièrement pourri, ou, mieux encore, par l’émanation de l’huile volatile, qui s’oppose à la végétation de la moisissure.
- La résine qui recouvre les feuillets de cet épiderme écarte l’eau ; mais ce n’est pas comme le font l’huile et les graisses, c’est plutôt comme le ferait une poussière résineuse, telle, par exemple, que celle de lycopodium : on sait que l’on peut tremper dans l’eau sa main recouverte de cette substance sans qu’elle soit mouillée.
- Il se passe peut-être quelque chose de semblable dans le cuir de Russie; il n’est nullement gras, et cependant il s’imbibe moins facilement que nos cuirs. Un membre de cette Société nous a assuré qu’avec une chaussure en cuir de Russie il a souvent passé une matinée dans un marais sans que ses pieds en fussent aucunement mouillés.
- Si cette propriété de ne pas prendre l’eau est constante, il faut remarquer, Messieurs, l’avantage qu’aurait ce cuir sur ceux dont l’imperméabilité est due à un corps gras qui en bouche les pores : il empêche bien l’eau extérieure d’entrer; mais il s’oppose également à l’issue de la transpiration, et il arrive qu’on peut avoir le pied humide, même en marchant sur un terrain sec.
- Dans la rectification de l’huile de bouleau , il se sépare une matière grasse mêlée de goudron. Ce déchet n’est pas perdu ; ^M. Duval-Duval en forme une espèce de dégras, avec lequel il imprègne des cuirs de vache destinés aux capotes de voitures. Cet apprêt les rend tellement imperméables à l’eau , qu’elle glisse dessus sans pouvoir y adhérer. Si le cuir ainsi préparé laisse passer la transpiration, en s’opposant en même temps à l’en-. trée de l’eau extérieure, il ferait les meilleures chaussures imperméables, qui n’auraient pas l’inconvénient de celles faites avec des cuirs trempés dans le suif.
- Vous savez par expérience, Messieurs, combien il y a souvent loin de la découverte d’un procédé à son établissement en grand : aussi exigez-vous quel-
- (i) Voyez le mémoire de M. Macculloch, inséré dans le Bulletin du mois de mai dernier, page iZj.
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- quefois des concurrens qu’ils présentent, avec la découverte faite, la preuve d’un commencement d’établissement où l’on en fasse une application utile.
- Vous eussiez imposé cette condition, qu’elle serait remplie par M. Duval-Duval. Chacun de vous peut visiter son établissement ainsi que nous l’avons fait, et il verra que la fabrication des cuirs odorans, façon de Russie, est en pleine activité.
- Il s’est approvisionné d’une quantité considérable d’écorce de bouleau, provenant des forêts d’Allemagne ; ce qui lui laisse tout le temps nécessaire pour faire recueillir cette matière dans nos forêts, avec le plus d’économie possible : il s’est en outre associé un habile corroyeur, qui a travaillé, pendant six ans, dans une des premières tanneries de Revel ; il a donc réuni tous les moyens de succès.
- L’application la plus étendue des cuirs odorans étant la reliure, M. Duval-Duvalà. cru devoir soigner particulièrement la partie de la teinture, et les peaux diversement colorées qu’il vous a présentées nous paraissent devoir fixer l’attention des consommateurs.
- Vous n’avez donc pas à craindre que le procédé découvert par MM. Grou-velle et Duval-Duval ne soit qu’une imitation imparfaite et peu durable des cuirs de Russie; et comme sous le rapport du tannage et des apprêts de la corroierie, nos manufactures ont une supériorité, nous devons espérer que dans plusieurs marchés de l’Europe nos cuirs odorans obtiendront quelque préférence.
- Ainsi, Messieurs, toutes les conditions de votre programme étant remplies , j’ai l’honneur de vous proposer, au nom de votre Comité, de déclarer que le prix pour la fabrication du cuir d’œuvre , façon de Russie, étant complètement gagné par MM. Duval-Duval et Grouvelle, la seconde moitié de la somme de trois mille francs, mise en réserve, leur soit délivrée.
- Adopté en séance générale, le 29 octobre 1823.
- Signé Mérimée , rapporteur.
- Rapport sur le prix pour la découverte d’une matière plastique se moulant comme le plâtre et pouvant résister à l’air autant que la pierre ; par M. Mérimée.
- Messieurs, dans le programme que vous avez publié pour la découverte d’une matière plastique capable de résister aux injures de l’air, vous aviez indiqué le ciment de Boulogne comme un exemple de la possibilité de remplacer le plâtre par une matière beaucoup plus solide. L’objet de cette indication n’était pas cependant de tracer aux concurrens une route dont ils
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- ne devaient pas s’écarter : toutefois c’est celle qui a été généralement suivie, sans doute parce qu’au premier coup-d’œil elle offre le plus de chances de succès. . .
- Parmi les concurrens qui nous ont adressé le résultat de leurs efforts pour la solution de ce problème difficile, un seul a particulièrement fixé votre attention et fait concevoir de belles espérances : je veux parler de M. Vicat, l’auteur de savantes recherches sjur le mortier des anciens.
- En 1821, il vous adressa un mémoire sur la substitution du mortier hydraulique au plâtre, et il y joignit quelques essais de moulages faits avec cette matière.
- M. Vicat reconnaissait lui-même qu’il s’était spécialement occupé de la première condition du problème, la solidité de la matière, et que son emploi (le moulage) ne pouvait avoir lieu par les procédés ordinaires; enfin que c’était un nouvel art à créer.
- Ainsi la question n’étant pas complètement résolue, il n’y avait pas encore lieu à donner le prix; mais la découverte d’une matière plastiqué, possédant la solidité de la pierre, était trop importante pour ne pas mériter une Récompense distinguée. En conséquence, vous arrêtâtes qu’une médaille d’or serait décernée à M. Vicat} si ses échantillons soutenaient sans altération, pendant un hiver, les gelées et les dégels. L’épreuve ne put avoir lieu immédiatement; l’hiver se passa sans gelées. Pendant cet intervalle, M. Vicat n’a pas discontinué ses recherches, il les a même étendues aux moyens de faire prendre à la matière de son invention toutes les formes que l’on obtient par le moulage.
- Cette lois, ce n’est plus sur dés bas-reliefs de peu de saillie qu’il s’est exercé : c’est sur des objets de ronde bosse qui présentaient les principales difficultés d’exécution.
- Le second mémoire de M. Vicat nous a paru infiniment supérieur au premier, en ce qu’il contient, sur la préparation des mortiers, plusieurs expériences nouvelles du plus grand intérêt. Il confirme ce qu’il avait avancé en 1821, que la chaux grasse, dont la blancheur et la finesse sont si séduisantes , n’exerce aucune action sur le sable siliceux. Aujourd’hui, cette assertion est appuyée de l’autorité d’un chimiste célèbre, de M. John, de Berlin , qui s’est assuré que le quartz réduit en fragmens n’éprouve pas la plus légère diminution de poids pendant une longue digestion dans un lait de chaux bouillant.
- C’est donc la chaux maigre qui s’éteint plus difficilement, et à laquelle M. Vicat a donné le nom de chaux hydraulique, parce qu’elle durcit sous l’eau; c’est cette chaux, disons-nous * qu’il faut employer pour avoir dés
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- mortiers durables comme la pierre. De nouvelles expériences ont fait découvrir que Je sable calcaire peut être employé avec le même succès que le sable granitique, et que même la chaux a plus d’affinité pour lui que pour celui dont le quartz fait la base.
- Avec la chaux hydraulique et le sable calcaire, ou le sable siliceux, on fait deux espèces de mortiers très-durables, dont l’un se solidifie à l’air et l’autre dans la terre humide. M. Vicàt a nommé le premier, aèroselère, et le second, géoselère. '
- Il a déterminé par des expériences faites avec le plus grand soin les proportions de chaux, de sable et d’eau qui doivent entrer dans la composition des mortiers. Des tableaux comparatifs présentent le résultat de ces expériences diverses.
- Sous le rapport de la solidité de la matière plastique, les recherches de M. Vicat nous paraissent ne rien laisser à désirer, ét nous pensons qu’en suivant ses procédés on pourrait refaire ces fameux enduits à la grecque dont parle Vitruve, et que l’on enlevait des vieilles murailles pour en faire des tables. Sous le rapport du moulage , les échantillons de M. Vicat laissent encore beaucoup à désirer, quoique nous soyons persuadés qu’on perfectionnerait les procédés par la pratique, et que dès-à-présent ils seraient applicables dans plusieurs circonstances.
- Il est à regretter que le procédé de la massivation soit tel , qu'il faudrait autant de moules qu’il existe de pièces à mouler.
- Si l’on n’appliquait ce procédé qu’à des colonnes ou à des parpaings d’une seule pièce, on en tirerait le plus grand parti,, et l’on pourrait, comme l’observe l’auteur du mémoire, construire une maison d’une seule pièce.
- Votre Comité ne pense pas, Messieurs , qu’il y ait lieu encore à décerner le prix, et il se persuade, malgré les difficultés de cette question , que vous aurez, tôt ou tard, la satisfaction de la voir complètement résolue dans ses deux parties , la solidité de la matière et la facilité de son emploi.
- M. Vicat ne fait que commencer son apprentissage dans l’art du mouleur. Nul doute que de nouvelles expérences ne lui fassent découvrir de nouveaux moyens de succès. D’ailleurs, vous n’avez pas prétendu qu’on ne puisse trouver aucune autre matière que le mortier, Susceptible de se bien mouler, ou qu’on ne puisse trouver quelque mélange qui rende le plâtre plus capable de résister aux injures de l’air.
- Quant à M. Ficat, lors même que vous n’eussiez pas promis une médaille d’or à la découverte qu’il a faîte d’une matière plastique résistant à l’air comme la pierre, les nouvelles expériences consignées dans son second mémoire mériteraient cette récompense. Il en est donc doublement digne ?
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- puisque ses échantillons, présentés en 1821, ont subi l’épreuve exigée, en résistant deux ans aux injures de l’air sans éprouver d’altération. ^
- D’après ces considérations, Messieurs, votre Comité vous propose : i°. de proroger le prix à l’année prochaine; 20. . d’accorder une médaille d’or à M. Ficatf et, s’il y consent, de publier son second mémoire par la voie de votre Bulletin. v,- " .
- Adopté en séance générale, le 29 octobre 1823. '
- Signé Mérimée, rapporteur.
- Rapport sur Le prix pour le meilleur mémoire concernant l}élève des moutons de race pure d?Espagne et le croisement des races indigènes j par M. Huzard.
- Il résulte du rapport fait à la Société dans sa séance générale du 3o du mois d’octobre de l’année dernière, par notre collègue M. Silvestre, que les sept mémoires qui avaient été envoyés au concours pour le prix relatif à l?éducation des mérinos et des races croisées, ne remplissaient pas complètement l’objet du programme; que néanmoins deux de ces mémoires méritaient une distinction , et qu’il devait être accordé à chacun des auteurs une médaille d’argent ; qu’un troisième méritait une mention honorable, et que la délivrance du prix devait être ajournée à celte année, en laissant la liberté aux concurrens de retirer leurs mémoires pour les rectifier, ou d’envoyer des additions, s’ils jugeaient ce moyen plus convenable (1).
- Depuis cette époque, l’un des concurrens, auquel il avait été accordé une médaille d’argent, a jugé convenable de publier son mémoire et de ne pas rentrer dans la lice (2). La Société a reçu trois nouveaux mémoires et un appendice ou supplément au mémoire présenté l’année dernière sous le N°. 5.
- Le mémoire N°. 1 annonce un praticien soigneux ; mais il est beaucoup trop concis et ne répond pas à toutes les questions posées dans le programme; il a été rédigé pour le climat des Pyrénées, et ses calculs fondamentaux seraient complètement erronés, si on voulait en faire l’application à nos cultures du centre et du nord.
- Le mémoire N°. 2 est un appendice au mémoire N°. 3, présenté au con-
- (1) Voyez Bulletin de la Société, année 1822, pages 3i6, 317.
- (2) Mémoire sur Véducation des mérinos, comparée à celle des autres races de bêtes à laine, dans les diverses situations pastorales et agricoles ; par M. de Gasparin , de la Société royale et centrale d’agriculture. Paris, chez Madame Huzard (née Vallat la Chapelle ) , imprimeur-libraire , rue de l’Eperon , n0. 7; 1823. In-8°. de viij et 123 pages.
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- cours de l’année 1822, et qui a obtenu Une médaille d’argent; nous ne répéterons pas ce qui a été dit, l’année dernière, de ce mémoire, qui paraît généralement remplir les conditions du programme et qui contient de bonnes observations. Le but de l’auteur est principalement d’établir que les mérinos de petite taille sont préférables à ceux de grande taille, sous le rapport de l’économie de la nourriture et sous celui de la finesse de la laine; peut-être donne-t-il trop d’extension à cette idée. Un ancien proverbe, qui s’applique bien à ce genre de commerce, dit quV/ faut faire à la volonté de celui qui paie; la longueur de la laine, la grande taille et la force "des animaux ont été long-temps commandées par le goût général des cultivateurs et du commerce, et la finesse a pu se concilier avec ces autres qualités; aujourd’hui le commerce, les fabricans, la mode, demandent des étoffes qui exigent de la laine courte et fine, que l’on trouve facilement surde petites races, et pour arriver plus tôt à ce but on tond deux fois par an ; on doit donc faire de ces petites races, comme on a fait des grandes jusqu’à présent, avec les mêmes avantages, et peut-être les petits cultivateurs y trouveraient-ils des bénéfices, en élevant des bêtes productives à la place des races chétives dont ils tirent un si faible parti.
- Les commissaires estiment qu’il est à désirer que ce mémoire soit publié, en y joignant soit dans le corps du mémoire, soit en notes, ce que l’auteur y a ajouté d’important dans le supplément qu’il a adressé cette année. L’auteur est M. le vicomte de Perrault de Jotemps, ancien officier de marine, propriétaire à Gex, département de l’Ain.
- Le mémoire N°. 3, envoyé cette année en remplacement d’un mémoire adressé par le même auteur l’année dernière, 11e paraît pas avoir abordé les questions importantes posées dans le programme; l’auteur reconnaît lui-même que le principe de la métisation qu’il préconise est très-incomplet et ne peut être admis. Il ne remplit donc pas l’objet du concours.
- Le N°. 4 est écrit régulièrement, mais les bases sur lesquelles l’auteur appuie ses calculs paraissent être hypothétiques, les dépenses et les recettes sont exagérées. Au surplus, les résultats sont concordans avec ceux de l’ouvrage imprimé de M. de Gasparin et avec ceux de M. de Perrault de Jotemps.
- Le Comité d’agriculture a l’honneur de proposer au Conseil d’administration de délivrer la médaille d’or de la valeur de 3oo francs, dont M. Ter-naux a bien voulu faire les fonds, à M. de Perrault de Jotemps, auteur du mémoire Jï°. 2, et d’accorder une mention honorable au mémoire N°. 4 » dont l’auteur est M..Derepas, propriétaire à Dijon, département de la Côte-d’Or.
- . Adopté en séance générale, le 29 octobre 1823.
- Signé Huzard, rapporteur.
- JGngt-deuxième année. Octobre 1823. O o
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- Rapport sur les prix pour la culture du pin laricio et du pin
- d’Ecosse ; par AT. Bosc.
- L’assemblée générale de la Société avait arrêté en 1820 qu’il serait proposé deux prix, pour être décernés, en 1822, à ceux qui auraient semé la plus grande étendue de landes en pin laricio ou en pin du Nord, pourvu que cette étendue ne fût pas moindre d’un hectare.
- M. de Lorgeril, propriétaire à Plesder et à Pleyneuc, près Saint-Malo, département d’Ille-et-Vilaine, ainsi que M. Trochu, propriétaire à Belle-Isle-en-Mer, département du Morbihan, justifièrent, l’année dernière, qu’ils avaient semé au-delà de la quantité requise de terre en graines de ces deux espèces de pin; mais, comme par suite des circonstances qui avaient fait manquer ces graines l’année de la proposition, leurs semis n’avaient qu’un an lors de leur examen par les autorités locales, et qu’il en faut deux pour être assuré de leur réussite, le Conseil vous proposa de retarder la remise de ces prix.
- Aujourd’hui que ces cultivateurs ont de nouveau justifié, par des procès-verbaux réguliers, du bon état de ces semis, le Conseil vous propose de leur faire délivrer ces prix; savoir, celui de quinze cents francs à M. de Lorgeril, et celui de mille francs à M. Trochu.
- Adopté en séance générale, le 29 octobre 1823.
- Signé Bosc, rapporteur.
- Rapport sur la médaille gravée et offerte à la Société d’Encouragement par AT. Tiolier.
- Messieurs, depuis long-temps le besoin de graduer vos récompenses vous faisait désirer d’avoir à votre disposition une médaille intermédiaire entre la médaille d’argent et celle d’or que vous décernez comme premier prix. Des motifs d’économie vous avaient fait ajourner cette dépense à une époque où l’état prospère de vos finances vous permettrait de la faire sans nuire aux encouragemens que vous distribuez annuellement.
- M. Tiolier n’eut pas plutôt connaissance de votre désir, qu’à l’exemple de son père, qui vous fit don de la médaille que vous décernez, il s’offrit de graver le nouveau coin qui vous était nécessaire.
- -f* Votre Conseil agréa , en votre nom, l’offre généreuse de cet artiste. Le type delà médaille fut aussitôt déterminé. Les images réunies de Minerve et de Mercure furent adoptées tomme emblèmes du génie appliqué à l’industrie commerciale.
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- Le désir de rendre son offrgncje p^u£ 4%**? de .cette SocjijéJt^,^ .fxc^é île génie de notre collègue : il a mis d^ns ce travail tout son talent, et il a réussi, au point que sa médaille sera regardée comme une des plus belles productions de l’art numismatique, qui, de nos jours, a fait de grands progrès.
- Je ne doute pas, Messieurs., de remplir le vœu de chacun de vous, en vous proposant d’arrêter que, dans la séance générale de ce jour, votre président, en faisant des remercîmens à M. Tiolier, lui offre, comme un gage de votre reconnaissance et de votre satisfaction, une empreinte en or de la médaille dont cet artiste vient de nous gratifier.
- Adopté en séance générale, le 29 octobre 1823.
- Signé Mérimée, rapporteur.
- CORRESPONDANCE.
- Lettre de M. Rocheblave, adressée à M. le Secrétaire de la Société d’Encouragement, et relative au fdage des "soies au moyen de l’eau froide.
- Monsieur,
- Alais, le 24 juillet 1823.
- En novembre de l’année dernière, vous nous fîtes l’honneur de nous adresser deux échantillons de soie provenant d’un filage fait en Espagne à l’eau froide (1); par notre lettre du 17 décembre suivant, nous annonçâmes que nous n’avions jamais fait l’essai de cette méthode, mais que nous la ferions à l’époque du prochain filage.
- Nous avons d’abord essayé de filer les cocons immédiatement après les avoir mis dans une bassine remplie d’eau froide; on les a fortement battus sans en pouvoir détacher les fils. Nous avons cm qu’en les faisant ramollir nous obtiendrions un meilleur résultat : en conséquence, nous les avons laissés séjourner plusieurs heures dans la même bassine sans en obtenir davantage. Nous avons versé, toujours dans la même bassine remplie d’eau froide, une forte infusion de savon ; mais nous 11’avons pas été plus heureux.
- D’après ces divers essais, nous doutons, quelque ingrédient qu’on em-
- (i)Ces soies avaient été filées d’après le procédé de M. Régas. ( Vojez le rapport de M. Pajot-Descharmes sur ce procédé, inséré dans le Bulletin de l’année 1822, page 283.)
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- ploie, que cette méthode devienne facile et avantageuse, et qu’elle soit préférable à celle qu’on pratique avec l’eau chauffée par les appareils à vapeur de M. Gensoul, de Lyon.
- Nous avons filé , d’après ce dernier procédé, des soies à trois et à cinq cocons, dont une partie l’a été avec les cocons blancs ordinaires du pays, et l’autre avec des cocons blancs dits nankins, provenant de la graine de la Chine, que le Gouvernement fit distribuer, il y a plus de quarante ans. Nous avons été très-soigneux de conserver dans toute sa pureté l’espèce de cette graine, qu’on nous avait chargés pendant six ans de propager. Nous envoyons ces soies à la prochaine exposition, et comme nous pensons qu’elles seront aussi soumises à l’examen de votre Société, elle nous obligerait beaucoup de vouloir bien porter plus particulièrement son attention sur nos blancs nankins. Le blanc nous a toujours paru beau ; cependant les fabricans de blondes préfèrent ceux des environs de Lyon qui ont une légère teinte d’azur. Cette teinte est-elle naturelle ? C’est ce que nous ignorons. Ce qui est certain, c’est que nos cocons sont beaux et de bonne qualité, filés dans une eau très-limpide et sans mélange d’aucun ingrédient.
- Nous désirons qu’un bon fabricant fasse l’essai de nos soies, afin de reconnaître par l’emploi la perfection du filage et la solidité du blanc. Nous croyons que les nôtres réunissent ces deux qualités, et nous doutons que celui chargé de la teinte d’azur les possède au même degré.
- Agréez, Monsieur, etc.
- Signé Rocheblave et compagnie.
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- A Paris, de l’Imprimerie de Madame HUZARD (née Vallat la Chapelle), rue de l’Eperon-Saint-André-des-Arts , n°. 7.
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- VINGT-DEUXIÈME ANNEE. (N°. CCXXXIII.) NOVEMBRE i8a5.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES.
- Rapport fait par M. Francœur > au nom du Comité des arts mécaniques 3 sur des chevilles mécaniques pour tendre les cordes des instrumens de musique , inventées par M. Brouet.
- Messieurs, on se fait une juste idée des chevilles de M. Brouet, en se rappelant la manière dont on arrête le mouvement d’un moulin ; le frein du meunier est précisément la même chose que l’invention qui vous est présentée. A la tige de la cheville, qui est d’ailleurs construite en bois, à la manière ordinaire, est fixé un cylindre de cuivre, à la surface duquel s’exerce la pression du frein. Ce cylindre est entouré d’une petite boîte circulaire en cuivre, fixée par des vis au manche de l’instrument, et dans la capacité de cette boîte est placé un ressort d’acier, qui entoure et serre la cheville et l’arrête fortement dans toutes ses positions. Cette pression est modérée ou accrue au gré du musicien, à l’aide d’un petit écrou : en sorte que ce frein peut serrer la cheville jusqu’à la rendre immobile contre l’action d’une force bien supérieure à la tension que les cordes doivent supporter.
- Le nouveau mécanisme est extrêmement simple; il remplit bien son objet, et je pense que de tous les moyens d’arriver au même but, il est le plus commode : cependant le frottement m’a semblé plus doux et moins saccadé dans les chevilles de M. Legros de la Neuville ; mais celles-ci, étant beaucoup plus composées dans leur construction, me paraissent moins utiles, sur-tout en considérant qu’elles n’acquièrent l’avantage dont je viens de parlér qu’aux dépens de quelques autres qualités dont jouissent les chevilles de M. Brouet.
- Vingt-deuxième année. Novembre 1823. P P
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- En général, les chevilles mécaniques sont peu en usage : comme celles qui sont bien entendues et bien exécutées ont des avantages incontestables, on doit se demander quelle est la cause qui empêche les artistes d’adopter une invention aussi utile. Il m’a paru qu’on devait l’attribuer à la dépense qu’est obligé de faire celui qui veut se servir des nouvelles chevilles. Quoique celles de M. Brouet soient fort simples , il les fait payer 5 francs pièce quand elles sont en cuivre ; celles de M. Legros de la Neuville coûtent encore plus. Une dépense de 20 francs est un obstacle réel au succès de ce mécanisme. Quand après un long usage une cheville ordinaire cesse de frotter dans son trou , on l’enduit de colophane, ou , mieux encore , de craie rendue grasse avec un peu de savon , et elle fait encore un assez long service. Enfin, lorqu’elle cesse d’être ronde, comme aucun moyen ne peut lui rendre la forme à laquelle elle doit sa puissance de résistance, on la met au rebut, et une très-faible dépense suffit pour la remplacer par une autre. Il est vrai que si le trou du manche est devenu ovale, il faut en outre boucher ce trou et le percer de nouveau ; mais les artistes préfèrent une petite dépense , qui n’est nécessaire qu’après de longs intervalles, à des frais assez forts, qui ne leur semblent pas offrir de compensation. Il serait à désirer qu’on pût répandre l’invention des chevilles mécaniques de M. Brouet, qui sont les plus simples de toutes; mais il faudrait qu’il pût les donner à assez bon compte pour surmonter l’inertie dont je viens de parler.
- Je propose au Conseil d’approuver les chevilles mécaniques de M. Brouet, et d’autoriser l’insertion du présent rapport au Bulletin (1).
- Adopté en séance, le 2.2. novembre 1823. . .
- - Signé Fraüvcœur, rapporteur.
- D jb scr J P ti on des procédés employés dans la fabrique de M* Monteith , à Glasgow, pour produire des dessins réservés
- en blanc sur des étoffes de coton teintes en rouge d’ Andrinople.
- On connaît dans l’Inde, s/>us le nom de bandanas, des mouchoirs rouges ornés de dessins réservés en blanc, d’une extrême netteté , et qu’on avait jusqu’ici vainement cherché à imiter. Les Anglais sont parvenus à obtenir ces dessins avec une telle perfection, qu’aujourd’hui leurs produits rivalisent avec ceux de l’Orient, soit sous le rapport de l’éclat des couleurs, soit sous celui de la pureté des dessins. ,
- (1) M. Brouet demeure rue Saint-Jacques ? n°. 162, à Paris..
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- C’est dans la manufacture de MM. Monteith et compagnie, à Glasgow, déjà renommée pour la beauté et la supériorité de ses tissus de coton , que se pratique le procédé que nous allons décrire.
- Seize presses hydrauliques, d’une construction très-soignée, y sont employées pour cette opération. Ces machines sont placées sur un seul rang, par divisions de quatre ; les espaces réservés entre chaque division servent de passage aux ouvriers pour communiquer facilement derrière les presses. Chaque division occupe un espace de a5 pieds, ce qui donne 100 pieds pour la longueur totale des seize presses.
- A chaque presse sont adaptées deux planches en plomb ; l’une est fixée au plateau supérieur ou chapeau , et l’autre sur le sommier ou plateau mobile, de manière à correspondre exactement lorsqu’elles sont jointes ; des repères dans lesquels passent des guides , servent à assurer la position de ces planches.
- Le moteur de l’ensemble des presses, placé dans une pièce séparée, se compose de deux tuyaux d’une construction particulière, dans lesquels agissent deux pistons cylindriques joignant exactement. A chacun de ces tuyaux sont adaptées trois petites pompes foulantes, mues par une machine à vapeur.
- Le piston du plus gros cylindre, de 8 pouces de diamètre, a une course de 2 pieds ; sa tige passe dans une boîte à cüir et il est chargé d’un poids de 5 tonneaux (5ooo kilogrammes); le piston du second cylindre n’a qu’un pouce de diamètre; il est également chargé d’un poids de 5 tonneaux, et sa course est aussi de a pieds.
- Les pistons étant aü bas de leur course, on fait agir , au moyen de la machine à vapeur, quatre des six petites pompes foulantes, dont deux servent à élever le grand piston, et les deux autres le petit piston. Aussitôt il s’introduit dans les tuyaux une quantité d’eaù assez considérable pour que les pistons chargés arrivent àjeur point le plus élevé : alors ils sont disposés pour faire agir les presses hydrauliques. La pression hydrostatique est communiquée d’une pièce dans l’autre, au-dessous du plancher, par de forts tuyaux de cuivre d’un petit calibre.
- Chaque presse est munie de deux soupapes : l’une ouvre la communication entre le grand tuyau et le corps de pompe de la presse, l’autre celle avec le petit tuyau. Les fonctions du premier sont d’élever le plateau mobile et de le mettre en contact avec le plateaü supérieur; l’objet du second est d’opérer lu pression nécessaire; Une troisième sôupape, dite de décharge, est destinée à faire écouler l’eau quand on veut desserrer la presse.
- Douze à quatorze pièces d’étoffes préalablement teintes en rouge d’An-
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- drinople, sont étendues l’une sur l’autre aussi également que possible, à l’aide d’une machine appropriée à cet usage. Ces pièces sont ensuite enroulées sur un tambour de bois placé derrière la presse. Une partie des quatorze pièces d’étoffe, dont la surface est égale à celle des planches de plomb, est alors amenée entre ces dernières par des crochets fixés aux deux lisières. On ouvre ensuite la soupape communiquant avec le grand tuyau ; l’eau, en pénétrant dans le corps de pompe, élève aussitôt le plateau mobile, de manière que la planche inférieure et l’étoffe dont -elle est chargée s’appliquent exactement contre la planche supérieure ; puis on ferme cette soupape et on ouvre la seconde. Le poids de 5 tonneaux (5ooo kilogrammes), que porte le piston du petit tuyau, agit alors sur le piston de la presse, dont le diamètre est de 8 pouces. La force appliquée sera donc 5 tonneaux )x(82 = 320 tonneaux, les surfaces des cylindres étant comme le carré de leurs diamètres respectifs. Ainsi l’étoffe est comprimée contre les planches de plomb avec une force de 320 tonneaux.
- L’opération suivante consiste à faire arriver sur l’étoffe la liqueur destinée à enlever la couleur. Cette liqueur, composée de chlore liquide, qu’on obtient en ajoutant de l’acide sulfurique à une dissolution de chlorure de chaux, est tenue dans un grand récipient placé dans un bâtiment contigu, d’où elle est amenée dans de petits réservoirs de plomb attachés à la presse. Ces réservoirs portent des tubes indicateurs gradués, destinés à régler la quantité de liqueur qu’on doit laisser couler sur l’étoffe , en raison des dessins plus ou moins nombreux dont elle est chargée. Les robinets adaptés à ces réservoirs et tuyaux sont en verre.
- A mesure que la liqueur sort des réservoirs en plomb, elle passe, en traversant les vides pratiqués dans la planche supérieure, sur l’étoffe, qu’elle pénètre et dont elle enlève la couleur rouge ; de là elle se rend par un trou de la planche inférieure dans le tuyau de décharge.
- Immédiatement après le passage de la liqueur, on laisse arriver sur l’étoffe de l’eau, qui enlève le chlore qui y adhère encore, et empêche en même temps son action corrosive. Si on négligeait cette précaution, il arriverait qu’en desserrant la presse, le contour du dessin serait inégal, et que l’étoffe se trouverait altérée. On peut faciliter le passage de la liqueur ainsi que de l’eau à travers l’étoffe, au moyen d’un appareil pneumatique ou d’une machine soufflante composée d’un grand gazomètre, d’où l’air, soumis à une pression modérée, s’échappe et agit dans la direction des liquides entre les plis ou les doubles de l’étoffe. En tournant le robinet à air, l’ouvrier peut aussi s’assurer de l’égale.distribution delà liqueur décolorante sur tous les vides de la planche supérieure. Lorsque les commandes
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- sont nombreuses et pressées, on se sert fréquemment de l’appareil à air, parce qu’il permet à l’ouvrier de doubler son travail.
- Le temps nécessaire pour opérer l’enlevage dans la première presse suffit aux trois autres ouvriers pour mettre en jeu les quinze autres presses. Celui qui est chargé de cette opération passe ainsi d’une presse à l’autre; il introduit la liqueur, l’air et l’eau, et il est suivi, à des intervalles réguliers, par les autres ouvriers, qui desserrent les presses, disposent sur les planches une nouvelle couche d’étoffe et opèrent ensuite la pression. Toute l’opération dure dix minutes seulement, temps pendant lequel deux cent vingt-quatre mouchoirs (16X *4) sont décolorés. La quantité d’étoffe enroulée sur le tambour est successivement déroulée pour être soumise au même traitement.
- En sortant de la presse elle passe entre deux rouleaux placés en avant, et de là elle est plongée dans un réservoir d’eau disposé au-dessous; finalement on la transporte à la blanchisserie, où les couleurs acquièrent encore plus d’éclat.
- Au moyen de cette disposition des presses, 1600 pièces de 12 yards, ou 10 aunes de France chacune, = 19200 yards, sont converties en mouchoirs de Bandana dans l’espace de dix heures, par le travail de quatre hommes seulement.
- Les planches de plomb destinées à produire les dessins réservés en blanc sur l’étoffe, sont préparées de la manière suivante. On fixe solidement dans un châssis de fonte de fer, à jour, d’un pouce d’épaisseur et à bords relevés, et à l’aide de vis et d’écrous, une planche en plomb d’un demi-pouce environ d’épaisseur; on soude sur les bords de ce châssis une feuille mince de plomb, qui doit recouvrir toute la surface extérieure, afin que le fer ne soit point en contact avec l’étoffe. On forme ainsi une plaque creuse d’un pouce de profondeur, assujettie par les bords, qui servent à retenir la liqueur. On ajuste ensuite sur la plaque de plomb une feuille mince de même métal, qui est soudée par ses bords. Les feuilles de plomb seront parfaitement planées et unies, ce qu’on obtient en les battant d’abord à coups de marteau sur une table de pierre bien lisse, et en les finissant ensuite avec une plane. On couvre la surface de la feuille attachée à la plaque avec le papier portant le dessin qu’on veut produire, et on la remet alors à l’ouvrier chargé de découper les figures. Celui-ci commence d’abord par attacher avec des clous de laiton toutes les parties du dessin qui doivent rester pleines, c’est-à-dire qui ne doivent pas être découpées : il procède ensuite avec les petits outils généralement en usage parmi les sculpteurs des planches en bois, et il coupe perpendiculairement à travers
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- li feuille mince. Les morceaux çle plomb détachés par l’emporte-pièce sont aisément enlevés, et c’est ainsi que se forment les vides qui produisent les figures blanches sur le tissu rouge. On pratique au fond de ces vides et à travers la plaque épaisse de plomb un nombre suffisant de petits trous , à travers lesquels la liqueur décolorante passe sur l’étoffe. Une des planches étant ainsi préparée, on en tire une épreuve, qui est collée sur l’autre planche, laquelle est traitée de la meme manière.
- La fîg. i de la PL représente la presse vue de face et en élévation. A est le sommet ou l’entablement; BB, les pilastres ou jumelles; C, le chapeau, auquel est attachée la planche supérieure ; D, le plateau mobile; E , le cylindre ou corps de pompe; F, le sommier de la presse; G , réservoir plein d’eau, dans lequel tombe l’étoffe en sortant de la presse; H, récipient contenant la ligueur décolorante. ,
- a a, tuyaux qui conduisent l’eau sur le tissu; b, tuyau à air; c, robinet qui permet à la liqueur de passer du réservoir h sur le tissu ; cld, tubes de verre gradués pour indiquer la hauteur de la liqueur dans le récipient; ee, robinets de verre pour admettre la liqueur dans le récipient; ff, robinets d’introduction de l’eau ; gg, les planches en plomb couvertes du dessin; hh, rouleaux placés en avant de la presse et à travers lesquels passe l’étoffe, après avoir été soumise à l’action de la liqueur, pour tomber ensuite dans le réservoir g; ii, tuyaux de décharge pour l’eau et la liqueur; k, robinet pour remplir d’eau le réservoir G; l, tuyau qui conduit la licjueur dans le réservoir H; mm, repères adaptés à chaque angle du plateau supérieur, et dans lesquels s’engagent des broches fixées sur la planche inférieure; nn, vis pour régler la parfaite horizontalité des planches de plomb, de manière qu’elles correspondent exactement l’une avec l’autre.
- Pour compléter ce qui nous reste à dire sur le procédé de décoloration des mouchoirs rouges, nous emprunterons à XEncyclopédie de B.ees la description qu’elle en donne, à l’article Décoloration, et qui renferme des-détails sur l’application de la presse à vis ordinaire à cette méthode, application qui est sur-tout d’un grand intérêt pour la France, où la construction des presses hydrauliques n’a point encore atteint le degré de perfection désirable. '*
- On sait qu’autrefois les teinturiers et les imprimeurs de calicot occupaient un grand nombre de femmes et d’enfans à réserver sur l’étoffe non encore teinte, de petits carrés symétriquement arrangés, et à travers lesquels la teinture ne pouvait pénétrer. On produisait ainsi des dessins jaunes ou blancs sur la surface des mouchoirs. Ce procédé, long et imparfait, a subi un
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- perfectionnement très-remarquable par l’emploi d’une liqueur décolorante, destinée h enlever la couleur sur les tissus qui avaient déjà été passés en teinture.
- Ce nouveau procédé a été introduit récemment dans l’ouest de l’Écosse, où il est pratiqué en grand pour la fabrication des mouchoirs de Bandanas,
- , a l imitation de ceux importés de l’Inde. Ces mouchoirs, ordinairement en coton, sont tantôt unis et tantôt croisés, et teints en rouge solide, connu sous le nom de rouge d’Andrinople. Lorsque cette couleur est enlevée sur des places désignées, il en résulte un grand nombre de mouches ou dessins blancs réservés sur le fond rouge. (
- Ces mouches, tantôt rondes ou carrées, mais plus rarement triangulaires, sont toujours distribuées par masses dans une direction diagonale, et cette distribution a été suivie dans les imitations qu’on en a faites. Avant la découverte et l’introduction de la nouvelle méthode, on avait cherché à imiter les mouchoirs de Bandanas par le procédé ordinaire de l’impression sur calicot; mais indépendamment de ce que les couleurs des mouchoirs imprimés avaient moins d’éclat, elles se ternissaient aussi très-promptement, inconvénient qu’on est parvenu à éviter entièrement par le procédé d'enlevage........
- La machine employée pour cet objet est une très-forte presse à vis, dont le bâtis est en fonte de fer. En la construisant, il faut donner à chaque partie la solidité nécessaire pour qu’elle puisse supporter une très-forte pression sans avoir besoin d’être étayée. * ‘
- Le dessin que l’on veut produire est découpé dans deux planches bien unies qui se correspondent exactement; elles sont ordinairement en fonte de fer : la planche inférieure est couverte d’une feuille de cuivre ou de tout autre métal susceptible de recevoir un beau poli et en même temps de pouvoir résister à l’action corrosive de la liqueur décolorante, composée d’une dissolution de chlorure de chaux. Les vides qui produisent les mouches à décolorer, sont découpés dans la planche inférieure; tandis que dans la planche supérieure , ils sont formés par des tubes creux de cuivre ou laiton, solidement assujettis daus un trou percé dans la planche : les joints de ces tubes sont lutés avec un ciment de blanc de plomb et d’huile, afin d’empêcher que la liqueur décolorante ne se répande au dehors.
- La planche supérieure est entourée d’un rebord propre à contenir la liqueur. A chaque angle de cette planche est pratiqué un trou rond pour recevoir une broche fixée sur le sommier de la presse, et qui est destinée à guider le bout des tubes de manière qu’ils s’adaptent exactement sur les vides de la planche inférieure. Indépendamment de ces guides, le chapeau
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- de la presse porte deux entailles qui embrassent les jumelles. L’élévation et l’abaissement duchapeau et de laplanchesupérieureontlieu en tournant la vis de la presse, au moyen d’une roue garnie de fuseaux droits, agissant sur un levier adapté à la vis. Le sommier ou fond de la presse est placé dans une position exactement horizontale; il est supporté par six piliers en fer, un à chaque angle, et deux au milieu; ces derniers servent de bases aux jumelles. C’est entre le chapeau et le sommier qu’est placée l’étoffe qu’on veut décolorer.
- La partie mécanique de ce procédé est, à quelques égards, semblable à celui dont se servent les apprêteurs d’étoffes, les relieurs et d’autres artistes qui emploient de fortes presses à vis. Le succès de l’opération dépend uniquement de la précision du travail et de la force de la pression. La presse doit être disposée de manière que le sommier et le chapeau conservent une horizontalité parfaite, et joignent exactement l’un sur l’autre sans dévier de leur direction.
- Après que l’étoffe a été rincée et débarrassée de toutes les impuretés qui pourraient y adhérer, on la passe à la teinture du rouge d’Andrinople de la même manière que les fils de coton. Lorsqu’on veut procéder à l’opération de l’enlevage de la couleur, l’étoffe est ployée en dix à douze doubles formant des carrés, et placée sur le plateau inférieur de la presse, le chapeau ayant été préalablement élevé ; on serre alors fortement ensemble les planches supérieure et inférieure, et par conséquent l’étoffe placée entre elles. Le bout de chaque tube s’applique exactement sur la surface de l’étoffe, et comme ces tubes se trouvent perpendiculairement au-dessus des vides dans la planche inférieure, la liqueur décolorante est obligée de les traverser et ne peut se répandre sur le reste du tissu. Là presse ayant été convenablement serrée, cette liqueur est versée sur le plateau supérieur, dont les bords la retiennent; elle pénètre ensuite à travers les vides et enlève la 'couleur sur les endroits de l’étoffe qu’elle touche. Après que la liqueur a produit son effet, elle est reçue dans un auget placé au-dessous du sommier de la presse , et de là elle passe dans un réservoir. Quoiqu’elle perde beaucoup de ses propriétés chimiques, en enlevant la couleur de l’étoffe , elle peut encore être employée dans les opérations de nettoyage et de blanchiment de l’étoffe. La décoloration s’opère en huit ou dix minutes : alors on fait monter le chapeau de la presse, on enlève l’étoffe et on la remplace par une autre pièce.
- Deux ouvriers intelligens et adroits, employés à plier l’étoffe, à faire agir la presse et à verser la liqueur, peuvent préparer une pièce de douze mouchoirs en quinze minutes environ : d’où il suit que dans une journée de
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- douze heures de travail quarante-huit à cinquante douzaines de mouchoirs peuvent être fabriquées de cette manière.
- L’opération n’exige que du soin et de l’atlention ; car si la presse est bien construite, il suffit de plier les mouchoirs, de les placer carrément sur la plaque inférieure de la presse, et de n’admettre la liqueur sur l’étoffe que lorsque celle-ci se trouve fortement comprimée. Quand les mouchoirs sortent de dessous la presse, les mouches et autres dessins ne paraissent pas réservés en blanc, mais en couleur jaune paille foncé. Le blanchiment et le nettoyage font disparaître cette couleur jaune et rendent les dessins d’un blanc très-éclatant, en même temps que le fond rouge devient plus vif.
- !Nous avons dit plus haut que la liqueur employée pour cette opération est une solution de chlorure de chaux.
- La méthode de préparer cette liqueur a été découverte par M. Tennant, qui a été le premier à en introduire l’usage; aujourd’hui elle est généralement en usage dans toutes les blanchisseries de coton.
- La solution de chlorure de chaux la plus propre à enlever la couleur rouge doit avoir une pesanteur spécifique de 1,010; on y ajoute un centième de son poids d’acide sulfurique de 1,846 de pesanteur spécifique.
- Description d’une chambre obscure à prisme ménisque , de
- l’invention de M. Vincent Chevalier aîné, opticien , quai de
- VHorloge 9 n°. 69, à Paris.
- Au moi? de novembre 1819, M. Chevalier présenta à la Société d’Encou-ragement un prisme convexe qui donne dans une chambre obscure l’image des objets extérieurs, qu’on suppose éclairés, et qui par conséquent remplace le miroir et la lentille dont on se servait précédemment. Une commission spéciale fut chargée d’examiner cet instrument, et le 19 décembre suivant,* M. Hachette en rendit un compte très - favorable : il reconnut que le prisme convexe offrait les avantages suivans :
- i°. L’image des objets est plus vive et plus nette que dans le système du miroir et de la lentille.
- 20. On évite, par la réfraction sur la face du prisme, l’inconvénient de la double réflexion sur les faces parallèles d’une glace de miroir qui a une certaine épaisseur.
- 3°. Un prisme est préférable, pour la durée, au miroir, dont l’étamage peut se détériorer par l’humidité ou par d’autres causes accidentelles assez fréquentes.
- Vingt'deuxième année. Novembre 1825. Q q
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- 4°. L’artiste ou l’amateur peut travailler long-temps et commodément sous le rideau de la chambre obscure, parce que l’air y circule facilement.
- 5°. Enfin le prisme convexe sans monture, qui ne se vend que i5 francs, produit l’effet d’une lentille avec son miroir, qui coûterait le triple, à cause de la grande difficulté de faire de bons miroirs plans, même d’une petite dimension.
- Depuis l’époque du rapport de M. Hachette, l’auteur a perfectionné cet instrument, afin de le rendre plus digne encore des suffrages des artistes et des amateurs. r
- Pour cet effet, il a remplacé le prisme convexe dont il se servait précédemment par un prisme ménisque, ce qui rend l’instrument entièrement nouveau et lui donne, outre les avantages déjà reconnus au prisme convexe, celui très-précieux dans une chambre obscure, de produire l’image sans aberration et également nette dans toutes ses parties.
- M. Chevalier a également apporté dans la monture de l’instrument quelques modifications qui lui ont été suggérées par l’expérience, et qui le rendent à-la-fois simple, portatif et d’un service commode et facile.
- Le prisme nouveau est représenté fig. 2 et 5, PL 262; sa base ne diffère d’un triangle rectangle isocèle qu’en ce que les deux côtés de l’angle droit sont remplacés par deux arcs de cercle qui ont ces côtés pour cordes. La grande surface plane, ayant la forme d’un parallélogramme, passe par les hypothénuses des deux triangles, bases du prisme des cinq faces, dont deux sont sphériques, l’une concave et l’autre convexe. Ces courbures le distinguent des prismes ordinaires, et c’est pour cette raison que l’auteur l’a nommé prisme ménisque.
- Lorsque ce prisme est en expérience, la face convexe est tournée vers l’objet. La grande face plane, inclinée à 45 degrés, et la surface convexe, sont tournées vers le papier.
- Les dimensions du prisme sont arbitraires; cependant elles doivent être combinées suivant la longueur du foyer auquel on les destine.
- La fig. 2 de la PL 2Ô2 représente le prisme ménisque dans sa monture et vu de face.
- Fig. 3. Coupe verticale qui fait voir le jeu et la disposition de l’instrument. * .
- Fig. 4- Le prisme vu de face.
- Fig. 5. Le prisme vu de côté.
- Fig. 6. L’appareil tout disposé sur la chambre obscure, ainsi qu’on le place lorsqu’on le met en état de fonctionner; il est vu de face et dessiné sur une plus petite échelle que les autres figures.
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- A, prisme; B, monture en cuivre; CG, vis godronnées pour arrêter le prisme dans la position convenable.
- Voici quels sont les effets du prisme ménisque.
- Un faisceau de lumière horizontal, dirigé vers le centre de la face convexe, traverse le prisme, rencontre la face plane, inclinée à ^5 degrés, fig. 5, et s’y réfléchit; il tombe ensuite sur la face concave horizontale et sort du prisme pour rentrer dans l’air. On reçoit sur une feuille de papier l’image de l’objet d’où le faisceau de lumière est parti.
- En général un rayon de lumière qui se réfracte de l’air dans un verre, se réfracte ensuite de ce verre dans l’air; mais il a des angles d’incidence, pour lesquels cette seconde réfraction se change en réflexion totale. Le rayon de lumière qui passe du verre dans l’air, milieu moins dense, s’éloigne de la perpendiculaire au plan d’incidence, et lorsque la réfrangibilité est telle que l’angle de la perpendiculaire et du rayon réfracté surpasse un angle droit, ce rayon ne sort pas du verre : il se réfléchit dans l’intérieur du prisme sur la face d’incidence, qui, dans ce cas, fait fonction de miroir.
- Effets utiles et avantages de la chambre obscure à prisme ménisque.
- Cette chambre obscure, pour laquelle l’auteur est breveté d’invention, est beaucoup plus simple que celle présentée à la Société d’Encouragement en 1819; elle se compose seulement de trois montans légers, qui, par leur disposition, sont inclinés et retiennent un cercle de bois, sur lequel est placé l’appareil. Ils soutiennent aussi une tablette à une distance convenable. On enveloppe le tout d’une étoffe noire, de manière à produire une obscurité parfaite.
- L’instrument étant disposé, le dessinateur, dont le dos est tourné vers les objets à peindre, s’assied dans la chambre obscure, et reçoit sur une feuille de papier placée sur la tablette l’image des objets extérieurs, avec toute la netteté des contours et du coloris que l’on remarque dans la nature. L’on peut, par ce moyen, faire des dessins d’un accord parfait, puisqu’il ne s’agit que de calquer l’image des objets qui viennent se peindre sur le papier. Il résulte de là que les dessins faits avec la chambre obscure sont exactement un calque de la nature.
- Comme la grosseur des prismes forme une masse assez grande de verre, il est très-difficile de se procurer de la matière sans défauts, c’est-à-dire sans stries ni bulles et d’une teinte uniforme.
- Pour les obtenir, M. Chevalier choisit lui-même, dans les manufactures, des morceaux de glace parmi ceux qu’on destine à la miroiterie ; il prend ceux qui lui paraissent les plus convenables, et il en trouve à peine vingt
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- sur mille; il les amollit au feu d’un fourneau de coupelle et leur fait prendre dans un moule une forme peu différente du prisme taillé. Par ce procédé, qu’on nomme le refoulage, il obtient d’une glace à miroir de dix à douze millimètres d’épaisseur des prismes dont les dimensions sont décuples.
- Le système du refoulage est le seul moyen de se procurer de la matière sans défaut d’une certaine épaisseur; l’invention en est due à feu M. Feret, bombeur de verre, qui, en 1787, fut chargé de courber les verres de la grande lentille à eau, avec laquelle M. de Bemières fit ses expériences au Jardin de l’Infante.
- Notice sur le tripoli récemment découvert dans Varrondissement de Dôle , département du Jura$ par M., Domet de Mont.
- Le sol de la France, et principalement celui de l’Auvergne, renferme plusieurs sortes de tripoli; cependant les artistes ont constamment donné la préférence à celui qui est connu sous le nom de tripoli de Venise, toujours fort cher à Paris.
- Le minéral que l’auteur a présenté à la Société d’Encouragement, après plusieurs essais mécaniques, lui a paru réunir les memes avantages ; il ressemble d’ailleurs tellement au tripoli de Yenise, qu’on pourrait souvent les confondre ensemble.
- L’arrondissement de Dole fait partie d’un immense atterrissement de sable quartzeux, qui s’étend sur les départemens voisins, la Bresse et le vaste bassin de la Saône. Les galets y sont répandus en grande quantité, quelquefois même entassés et formant une roche de poudingue extrêmement dure.
- Mais nulle part ces galets ne présentent autant de variétés que dans le Jura. Le quartz grenu, d’une blancheur éclatante, les jaspes de toutes couleurs, quelques porphyres, même des granits, qui ont résisté à la désaggrégation, s’y trouvent confondus jusqu’à des profondeurs inconnues.
- Dans ces amas, plusieurs sont en décomposition et tombent en poussière; mais il en est une sorte, dont la décomposition plus ou moins avancée présente une cassure plane et prismatique tant que le galet est saturé d’humidité; desséché, sa cassure devient irrégulière; il perd une grande partie de son poids et happe parfaitement à la langue. Replongé dans l’eau, il l’a-tire fortement et avec un sifflement remarquable.
- Il rougit à une légère chaleur, et sa couleur est d’autant plus intense qu’elle était plus jaune ou plus chargée d’oxide ; il ne fait aucune effervescence avec les acides; enfin il polit le verre et les métaux, ainsi que les
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- bois, avec la plus grande facilité et possède toutes les qualités du meilleur tripoli (i).
- Extrait d’un rapport fait par M. Leroy, au nom du Comité des arts mécaniques, sur les moyens proposés par AI, Valcourt pour accélérer la marche des petites embarcations , et pour perfectionner la construction des 'vaisseaux.
- M. Valcourt aîné, de Toul, département de la Meurthe, a adressé à la Société un mémoire accompagné de dessins, dans lequel il propose d’adapter aux bateaux à vapeur, comme force motrice, des rames employées par les Chinois et appliquées par eux à des embarcations de toutes dimensions.
- Les rames en usage en Europe exigent beaucoup de force dans les poignets et beaucoup d’habitude pour les faire agir; tandis que celles des Chinois, qui en diffèrent pour le mouvement et sur-tout pour la suspension, ne demandent de la part du rameur nulle adresse; son travail consiste à pousser et ensuite à tirer à lui : aussi un homme sans expérience peut les faire mouvoir dès la première minute comme le matelot le plus exercé.
- La rame ou goudille chinoise est composée d’une forte rame pour la partie qui plonge dans l’eau et d’une esparre pour la partie intérieure, fortement chevillées et assemblées immédiatement en arrière du tableau de poupe. Le mouvement de gauche à droite s’exerce au moyen de la suspension de la portion intérieure de la goudille sur un pivot en fer établi solidement au haut du tableau de poupe, tandis qu’à son extrémité dans le bâtiment, la goudille porte une corde qui est fixée par le bas sur le pont de l’embarcation ou sur la carlingue, si elle n’est pas pontée. Une garniture de métal, placée dans l’entaille en forme de cône, sur la lisse supérieure du tableau, traversée par le pivot en fer, centre du mouvement de rotation , et enfin l’amarre intérieure en corde , soit qu’on n’emploie qu’une seule rame, soit qu’on en emploie deux, complètent le système d’installation de la goudille chinoise.
- Le timonnier tire ou pousse la goudille et utilise l’inclinaison qu’elle doit au cône de l’entaille, pendant que l’amarre ou bride de retenue maintient l’extrémité de la rame et la force à décrire des arcs, dont le point inférieur
- (i) M. Molard a été chargé par la Société d’essayer le tripoli présenté par M. Domet de Mont; il a reconnu que cette substance , d’un grain très-fin, possède, à peu de chose près, les mêmes qualités que le tripoli de Venise, et qu’elle peut fort bien le remplacer.
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- de l’amarre oa bride est le centre. De cette manière l’embarcation avance avec une vitesse surprenante.
- La propriété de ne jamais sortir de l’eau et la non interruption de leurs mouvemens caractérisent, suivant M. Valcourt, l’avantage des rames chinoises sur les nôtres, qui ne sont immergées qu’à-peu-près un tiers du temps. Il observe que les Chinois ne mettent qu’une rame à l’arrière d’une chaloupe : cette rame supplée ainsi le gouvernail et sert en même temps à faire avancer l’embarcation ; lorsque le bâtiment est plus fort et que l’équipage est nombreux, ils en mettent quelquefois deux à l’arrière, une de chaque côté de l’étambot. Quand la rame est très-grande et qu’on veut y appliquer plusieurs hommes, on cloue des deux côtés des poignées comme dans les rames de galères, chebecs ou bâtimens semblables ; mais à la manière européenne, il n’y a pour les goudilles le plus souvent qu’un seul matelot, qui ne peut par conséquent manœuvrer qu’une chaloupe légère.
- M. Valcourt pense qu’il serait facile d’adapter aux bateaux à vapeur une ou deux rames chinoises, placées à l’arrière, et qu’on pourrait les faire manœuvrer par un mouvement de va-et-vient, qui serait aisément communiqué par une manivelle et des bielles adaptées au mécanisme de la machine. Ces rames, très-simples et peu coûteuses , auraient l’avantage d’être employées dans la plus grosse mer, lorsque les roues ordinaires ne peuvent plus servir qu’avec beaucoup de peine. Placées à l’arrière, ces rames ne sont pas sujettes à être heurtées, et d’ailleurs on peut les rentrer aisément et les remettre ensuite à l’eau.
- M. le rapporteur observe que les embarcations qui sont dirigées dans nos ports, en goudillant ou en gabarrant à l’aide d’un seul aviron manié par un hpmme placé à l’arrière, se réduisent à de moyens canots ou chaloupes, qui tous ont besoin d’être favorisés par le peu de profondeur et de résistance de l’eau ; qu’on emploie des moyens analogues sur les fleuves et rivières, et que cette pratique remonte à une haute antiquité. Il pense que la goudille chinoise peut être employée avec succès pour la navigation intérieure ; mais qu’elle serait inadmissible pour toute navigation maritime un peu prolongée. Il propose, en adressant à M. Valcourt des remercîmens pour ses communications, de l’inviter à se livrer à quelques expériences sur l’emploi de la goudille chinoise, et d’après lesquelles on pourrait la recommander pour la navigation fluviale.
- Dans la seconde partie de son mémoire, M. Valcourt propose i°. d’adopter, dans la construction des bâtimens de guerre et des bâtimens marchands de grande dimension , une pratique usitée en Chine , et qui consiste à diviser la cale en un grand nombre de cases qui n’auraient entre elles aucune
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- communication, en sorte que les accidens n’entraîneraient presque jamais la perte du navire, parce que l’eau pénétrant partiellement dans quelques-unes de ces cases, il est facile de l’épuiser et de remettre le navire à flot après l’échouage; a°. de placer sur le pont un petit moulin à vent pour faciliter la manœuvre des pompes, quand il surviendra une voie d’eau considérable, et d’y adapter la voilure du moulin portugais; 3°. d’ajouter dans les mailles de la membrure des vaisseaux des monceaux de bois en forme de coins , un peu plus larges du côté de l’eau que du côté de la cale, pour rendre les voies d’eau moins fréquentes; 4°* de substituer au goudron un mastic qui ne soit pas cassant et qui, en conservant bien le bois, ne soit pas cher; 5°. enfin , d’adopter généralement en France l’usage pratiqué sur le Rhin et sur la Moselle, de nctiller les embarcations, en calfatant les coutures avec de la mousse ; ce qui leur procure une grande durée, sans avoir besoin de réparations. M. Valcourt pense qu’il faudrait nailler de la sorte les pontons en bois, les nacelles des pontonniers, les moulins flottans et toutes les petites embarcations de transport. Ces nailles pourraient également devenir très-utiles pour les coursiers en bois dans les travaux hydrauliques, et même pour raccommoder les tuyaux et les corps de pompe en bois.
- M. le rapporteur observe, relativement à la première proposition, qu’il est douteux que les armateurs français adoptent la division de la cale, parce que cela diminuerait l’arrimage; quant à la seconde, que l’usage des moulins à vent à bord des bâtimens serait impraticable dans certaines circonstances, parce qu’ils seraient brisés lors des forts mouvemens de tangage et de roulis; mais dans un échouage et favorisés par de petits vents, ils pourraient soulager les matelots. Il vaudrait mieux faire agir les pompes d’un vaisseau par son sillage. En ce qui concerne le naillage, il faudrait s’assurer si l’emploi de la mousse pour les petites embarcations peut s’étendre aux objets qui exigeraient plus de résistance que n’en offre la mousse.
- Au surplus, M. le rapporteur a pensé que M. Valcourt doit s’adresser, s’il le juge à propos, à S. Exc. le Ministre de la marine et lui soumettre ses idées sur la construction des vaisseaux, qui dénotent beaucoup de connaissances et de zèle à se rendre utile.
- Les conclusions du rapport ont été adoptées dans la séance du io décembre 1823.
- Perfectionnement dans Vart de Vimprimerie.
- M. fVilliam Ckurch, de Boston, vient de perfectionner l’art de l’imprimerie. Un principal mérite de ce perfectionnement est d’imprimer constamment avec de nouveaux caractères, ce qui se fait par la simplification
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- du procédé de les frapper et celui de composer. Au moyen d’une machine, le caractère est rendu parfait et mis dans des cases séparées aussitôt qu’il est frappé, avec un ordre et une exactitude que rien ne peut déranger. La composition se fait ensuite par une autre machine, à laquelle sont adaptées des touches comme celles d’un piano, et le caractère est ainsi arrangé en mots et lignes aussi promptement que dans l’exécution des notes de musique.
- Aucune erreur ne peut avoir lieu, à moins qu’on n’appuie sur une fausse touche : une main habile laissera par conséquent peu à faire au correcteur. La forme est ensuite mise sous presse comme à l’ordinaire. On trouve alors plus d’économie en refondant ces caractères qu’en les distribuant.de nouveau dans les cases. La fonte se fait sans le contact de l’air; on évite par là le déchet et l’oxidation du métal. On a calculé que deux hommes peuvent produire soixante-quinze mille caractères par heure, et pour la composition , un seul homme peut faire autant que trois ou quatre compositeurs. Dans la production des types, l’économie est de 90 pour 100, et dans la composition , la distribution et la lecture des épreuves, elle est de 75 pour 100. Quant à l'impression, M. Curch a inventé une presse où les cylindres sont remplacés par des platines, ce qui procure l’avantage de pouvoir tirer trente épreuves par minute. Plusieurs de ces presses ont été commandées par les imprimeurs de Londres.
- Moyeis de couper Pacier avec le fer doux.
- M. Barnes, de Cornwall, aux États-Unis d’Amérique, est parvenu à couper l’acier le plus dur avec un simple disque de fer doux, et c’est au hasard qu’est due cette découverte. Ayant monté sur le mandrin de son tour un disque de tôle, et lui ayant imprimé un mouvement de rotation très-rapide, il a appliqué sur le bord une lime, afin de réduire son diamètre et de lui donner une forme parfaitement circulaire; mais, à sa grande surprise, la lime fut coupée sans que le disque pût être entamé.
- M. Perkins a vérifié cette singulière observation. U a placé dans un tour un disque de fer doux d’un vingtième de pouce d’épaisseur. En lui imprimant une vitesse égale à environ dix mille pieds de sa circonférence par minute, des entailles très-profondes ont été faites par le disque de tôle dans une lime; et il a remarqué que celle-ci avait été adoucie par la chaleur produite par le frottement. Il a ensuite appliqué une des faces planes du disque contre une partie de la lime, et il en a usé les dents sans qu’il en soit résulté une élévation sensible de température dans le métal. Le disque, qu’on avait auparavant dressé, n’avait diminué ni de grandeur ni de poids ; mais il avait
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- acquis, suivant M. Perhins, une surface excessivement dure dans la partie tranchante ( London Journal of arts, octobre 1823) (1).
- ARTS CHIMIQUES.
- Rapport fait par M. Payen , au nom du Comité des arts chimiques, sur le prussiate de potasse de la fabrique de M. Vincent.
- Le Comité des arts chimiques ayant été chargé de vous présenter un rapport sur le prussiate de potasse ( hydrocyanate ferruré de potasse) de la fabrique de M. Vincent, établie à Vaugirard, près Paris, nous nous sommes transportés, M. Mérimée et moi, dans cet établissement.
- Les cristaux de ce sel en magasin , ceux qui, encore en cours de fabrication , étaient près d’ètre livrables au commerce, nous ont paru semblables aux échantillons qui vous ont été présentés ; et en effet les uns et les autres, et même du prussiate de potasse que j’avais acheté chez ce fabricant pour mon usage particulier, ont présenté les mêmes résultats dans les essais auxquels nous les avons soumis. On peut les comparer aux meilleurs prus-siates de potasse d’Allemagne : ils ont donné la même quantité de bleu de Prusse et la même nuance de bleu avec des mélanges semblables d’alumine pour les bleus en pâte et d’amidon pour les bleus pâles, tels que les fabricans sont obligés d’en préparer, afin de les livrer au bas prix exigé dans le commerce. -•
- Nous pouvons donc assurer que le prussiate de potasse préparé chez M. Vincent et livré en cristaux bien formés, d’un beau jaune citrin, est aussi pur qu’il est en général possible de l’obtenir dans une grande fabrication , et qu’à prix égal il a mérité jusqu’aujourd’hui la préférence qu’on lui a accordée sur le prussiate étranger.
- Le Comité des arts chimiques vous propose d’accorder votre approbation aux produits de la fabrique de M. Vincent, et de lui témoigner votre satisfaction , en faisant insérer le présent rapport dans votre Bulletin.
- Adopté en séance, le 26 novembre 1823.
- Signé Payen, rapporteur.
- (1) Il est probable que l’effet dont on vient de parler est dû à la chaleur produite par le frottement, qui détrempe l’acier et permet au fer, qui s’échauffe beaucoup moins, de le couper. L’expérience doit réussir d’autant mieux , que le disque de fer aura un plus grand diamètre et une plus grande vitesse.
- Vingt-deuxième année. Novembre j823. R r
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- Extrait d’une notice sur les forges de Fourchambàult, département de la Nièvre.
- La Société d’Encouragement décerna , eh 1819, à M. Dufaud la grande médaille d’or, pour avoir introduit dans les forges de Grossouvre, département du Cher, les procédés anglais relatifs à la fabrication du fer, et qui consistent dans l’affinage au fourneau à réverbère, chauffé avec la houille, et dans l’étirage au laminoir.
- MM. Labbè et Boigues frères, propriétaires de l’établissement dont il s’agit, l’ont transféré à Fourchambault, département de la Nièvre. La situation de cette usine sur les bords de la Loire offre de grands avantages pour les arrivages de la matière première et l’expédition des produits dans toutes les parties du royaume.
- Ce nouvel établissement est très-étendu; tout y est disposé pour une fabrication annuelle de 5 à 6 millions de kilogrammes de fer, dont près de 2 millions ont déjà été livrés au commerce. Une colonie tout entière d’ouvriers anglais y a été importée à grands frais ; de nombreux élèves français leur ont été attachés pour naturaliser le secret de leur industrie.
- Toutes les fontes qu’on y consomme sont fabriquées au bois, ce qui leur donne une supériorité à laquelle les fers anglais ne peuvent atteindre. Neuf hauts-fourneaux assurent son approvisionnement principal en fonte de Berri de la meilleure qualité. L’affinage se fait dans des fourneaux à réverbère chauffés à la houille, mais dont la flamme seule agit sur le fer par l’effet de la réverbération , sans aucun contact possible entre le métal et le charbon : il en est de même des fours employés à réchauffer et corroyer les fers affinés.
- Le nouvel affinage a l’avantage sur l’ancien procédé de laisser la fonte toujours à découvert. L’ouvrier la voit et peut la suivre dans toutes les parties de l’opération, et comme la disposition des fours lui permet de diriger à volonté son travail et son feu, si le fer est mal affinér c’est de sa part défaut de capacité ou de soin. Le procédé est tel, qu’un ouvrier capable et soigneux ne doit rendre que du fer bien affiné.
- Quatre trains de laminoirs et une fenderie, mis en œuvre par une machine à vapeur de la force de soixante chevaux, convertissent les fers en échantillons de toute espèce, avec une précision inconnue jusqu’alors dans les forges de France, et que le laminoir peut seul procurer. En effet, la pression exercée par le laminoir est bien plus propre à purger le fer de son laitier que la percussion du marteau. Lorsqu’on présente la pièce sous
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- le marteau, les premiers coups en font jaillir, à la vérité, une assez grande quantité de scories; mais au bout de quelques minutes, le refroidissement de la pièce en a resserré les pores, et les coups qu’elle reçoit ne font plus que l’allonger sans en faire sortir le laitier. Dans l’étirage au laminoir, au contraire, en moins d’une minute la pièce passe successivement par un grand nombre de cannelures de formes différentes, qui la pressent vigoureusement en sens divers. Cette diversité de forme des cannelures ajoute beaucoup à Feffet de leur pression, qui a lieu pendant que le fer est à un degré de chaleur tel, que ses pores, largement ouverts, laissent un libre cours à l’écoulement des scories.
- La substitution du laminoir au marteau présente en outre l’immense avantage de pouvoir porter les fers à tel degré de qualité qu’on peut le désirer, au moyen du corroyage, que le laminoir permet de leur appliquer à des frais modérés, opération qui serait impraticable sous le marteau, ou du moins que rendraient trop dispendieuse les frais énormes et la perte de temps qu’elle occasionnerait.
- Ce corroyage a déjà reçu deux applications importantes : l’une pour l’embattage des roues de voiture, l’autre pour la fabrication des chaînes, par lesquelles on commence à remplacer les câbles de mouillage des navires, et qui sont d’une grande importance pour la marine.
- Les fers à carrossage, composés de six barres de fer de Berri superposées et soudées ensemble parle corroyage, acquièrent, par cette manipulation, un nerf qui les met à l’abri de toute rupture, et leur extrême régularité fait qu’ils serrent la roue dans toute sa circonférence, avec une précision qui en augmente beaucoup la solidité.
- Quant aux chaînes des navires et à celles à l’usage des machines, le corroyage seul peut fournir la qualité à toute épreuve que leur fabrication exige.
- L’établissement de Foürchambault, qui fait exister une population de plus de quatre mille individus dans les départemens de la Nièvre et du Cher, est dirigé par M. Dufaud, dont les talens et l’expérience dans la fabrication du fer sont avantageusement connus, et lui ont mérité des distinctions honorables de la part du Gouvernement.
- Le jury de l’Exposition de 1823 a décerné à MM. Labbè et Boigues frères la grande médaille d’or, comme ayant introduit des perfectionnemens notables dans le travail du fer et les ayant appliqués aux fontes du Berri.
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- ARTS ÉCONOMIQUES.
- Procédé pour rendre impénétrables à Veau les cuirs, les toiles de lin, de chanvre et autres tissus; par MM. Fairman et Mills.
- Les auteurs annoncent que la toile goudronnée dite prèlart, employée à bord des vaisseaux, présente, dans sa préparation actuelle, le double in-, convénient d’être épaisse, roide et difficile à manier, et de se coller par ses surfaces quand elle est pliée et exposée à la chaleur; ce qui est fort incommode dans les voyages de long cours. Les toiles huilées ne sont pas non plus exemptes de reproches, et quoique plus souples que les précédentes, la peinture dont elles sont enduites se durcit à l’air et s’écaille; ce qui les met bientôt hors de service.
- La composition proposée par MM. Fairman et Mills n’a, suivant eux, aucun de ces défauts. Elle acquiert un degré de siccité suffisant pour ne pas happer, et conserve au tissu assez de souplesse pour qu’il puisse être manié facilement ; elle n’a aucune odeur désagréable, n’altère point le tissu et pénètre dans toutes ses mailles.
- On prépare cet enduit en mêlant ioo livres d’huile de lin de bonne qualité avec 6 livres et demie d’acétate de plomb, une livre un quart de terre d’ombre calcinée, une livre et demie de blanc de plomb, et une livre un quart de pierre ponce à grain très-fin. Ces ingrédiens, après avoir été convenablement broyés et incorporés, sont mis à bouillir pendant dix heures sur un feu d’abord modéré, et dont on augmente graduellement l’intensité pendant les deux dernières heures, mais sans permettre à l’huile de s’épaissir ; ce qui arriverait infailliblement si l’on ne prenait cette précaution.
- Le vernis huileux ainsi préparé doit conserver assez de fluidité pour que, après y avoir ajouté le tiers de son poids de terre de pipe, il ne prenne que la consistance de la mélasse. On le laisse reposer pendant huit jours, et on le passe ensuite à travers un tamis de mousseline ; puis on délaie dans une dissolution de colle-forte claire une quantité de terre de pipe pulvérisée et. tamisée, égale en poids au tiers de l’huile de lin employée, et on en forme un mélange ayant la consistance de l’onguent ; on y ajoute peu-à-peu le vernis, en remuant continuellement avec une spatule de bois. Quand tous les ingrédiens sont bien incorporés, on broie à plusieurs reprises le mélange , jusqu’à ce que le vernis soit devenu bien fluide : on peut lui donner la teinte qu’on désire en y mêlant de la couleur broyée à l’huile, dans la proportion d’un quart de la composition.
- Les toiles ou autres étoffes qu’on veut rendre imperméables sont tendues
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- dans un châssis de bois ; on applique dessus la composition avec de grands couteaux à lame plate en acier fondu , de 3 pouces de large sur 8 pouces de longueur. Le vernis , en pénétrant à travers la toile, bouche complètement les mailles du tissu, et présente à l’extérieur une surface bien unie. Alors on retourne le châssis et on répète la même opération de l’autre côté de la toile; enfin on met le châssis dans un lieu convenable pour que la toile puisse sécher, et on la laisse dans cet état pendant une semaine, après quoi on enlève la toile.
- Les tissus soit de lin, soit de coton, ainsi préparés peuvent être employés avec beaucoup d’avantage pour des capotes de voiture, des toiles propres aux vètemens des marins, pour les couvertures et pour tout autre usage. La même composition est applicable aux cuirs et peaux, auxquels on donne ensuite une surface lisse et brillante au moyen du procédé suivant : on prend 5o livres du vernis huileux dont on vient de donner la recette, on y ajoute 5 livres de résine bien clarifiée, et on fait bouillir le mélange à petit feu jusqu’à ce que la résine soit dissoute, puis on y mêle deux livres d’huile de térébenthine, et la couleur broyée à l’huile qu’on veut donner au vernis ; on passe la composition à travers un tamis de mousseline et on l’applique avec de grandes brosses; quand le vernis est bien sec, on le frotte avec de la pierre ponce et de l’eau, on lave et on fait sécher de nouveau; deux ou trois couches de ce vernis, qu’on laisse sécher chaque fois pendant deux ou trois jours, suffisent pour donner au cuir un brillant analogue à celui de la laque du Japon.
- Autre moyen de rendre les tissus imperméables.
- M.Malintosch, chimiste àGlasgow, adéêouvertun moyen simple et efficace de rendre complètement impénétrables à l’eau des étoffes de soie, de laine et autres. Ce moyen consiste à fabe dissoudre du caoutchouc (gomme élastique) dans l’huile minérale provenant de la distillation de la houille, et qu’on trouve en abondance dans les établissemens où l’on prépare le gaz. On met cinq à six couches de cette composition, avec une brosse, sur un côté de l’étoffe, on y applique une autre pièce et on passe le tout entre les deux cylindres d’un laminoir. L’adhérence est si complète, qu’il serait plus aisé d’user le tissu que de séparer les deux surfaces collées et qui paraissent ne former qu’une seule épaisseur. Les tissus ainsi préparés conservent toute leur souplesse et sont parfaitement impénétrables à l’eau.
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- AGRICULTURE.
- Descri ption d’un instrument aratoire nomnié herse mécanique, inventé par MMachon, et destiné à ameublir le sol et à extirper les plantes parasites et rampcintes dans les prairies naturelles et artificielles, , , .
- Cette machine, dont M. Motards, rendu un compte très-avantageux à la Société, dans son rapport du 5 mars 18a3 , inséré au Bulletin N°. CCXXÏV, page 46, est représentée en plan, coupe et élévation, PL 253. Elle se compose d’un châssis en bois a a , armé de quatre rangs de lames bbbb en fer, tranchantes et pointues, ençastrëès dans les traverses o, o, et disposées sur des lignes parallèles, mais de manière que les raies formées par les lames du premier rang passent entre les lames du second rang et ainsi de suite, afin qu’il ne reste aucun vide dans le travail.
- Le châssis est supporté par six petites roues en bois cc, dont une à chaque angle et deux au milieu; ces roues montent et descendent à volonté, avec leurs axes, dans des coulisses en fer dd dont elles sont garnies. Par cette disposition, on fait entrer les lames dans la terre, depuis une ligne jusqu’à 4 et 5 pouces, selon le besoin. ‘
- Indépendamment des six petites roues dont nous venons de parler, le châssis a est supporté pendant le travail par deux grandes roues ee adaptées à deux chariots ff. Ces roues servent principalement à transporter la machine, ainsi que le montre la fig. 2, et à débarrasser le peigne des mauvaises herbes qu’il a ramassées. Cette dernière opération se fait à l’aide d’un treuil g g monté sur le chariot f, et autour duquel s’enroulent les courroies hh, attachées en i aux flasques du châssis. En faisant tourner ce treuil, au moyen du levier la partie postérieure s’élève, et la partie antérieure reste appuyée sur les deux roues de devant; le centre de ce mouvement est sur les deux Roulons à écrou II, Afin que le treuil ne puisse rétrograder pendant que lé châssis est en l’air, le bout du levier k est retenu par une petite courroie m. Quand on conduit la machine aux champs , le devant repose sur un sabot en bois n.
- Explication des fig. de. la Pl. 253.
- Fig. 1. Élévation vue du côté de la herse en action et traçant des sillons dans le sol.
- Fig. 2. Coupe sur la longueur de la même, et montrant la manière dont
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- elle est relevée lorsqu’on la conduit aux champs ou qu’on vèiit la débarrasser des herbes parasites qu’elle a ramassées pendant le travail.
- Fig. 3. Plan de la herse, le châssis étant relevé.
- Fig. 4. Une des lames en fer vue séparément et dessinée sur une échelle double.
- a a, châssis en bois ; bbbb, lames tranchantes et pointiies ; cccc, petites roues en bois sur lesquelles repose le châssis; dd, coulisses en fer pour élever ou baisser les axes de ces roues; ee, grandes roues; /, chariot; g g, treuil \hh, courroies enroulées sur le treuil; i, pièce de fer fixée contre les flasques du châssis et à laquelle s’attache la courroie-; levier du treuil; II, centre de mouvement du châssis\m, petite courroie pour arrêter le levier; n} sabot sur lequel s’appuiele devant du châssis quand on conduit la machine aux champs ; o, traverses dans lesquelles sont encastrées les lames ; p, palonnier.
- OUVRAGES NOUVEAUX.
- Chimie appliquée à Vagriculture ; par M. le comte Chaptal. Paris, chez Madame Huzard , imprimeur -libraire, rue de
- l’Eperon, n°. 7.
- (SECOND EXTRAIT (1).)
- Des amendemens et assolemens. (Chapitres VI et VII.)
- Amender un sol, c’est le rendre plus propre à la végétation en améliorant la nature du terrain.
- L’amendement comprend les opérations purement mécaniques de pioche, bêche, charrue, herse, etc., et les mélanges terreux qu’on opère par l’art; il embrasse tous les moyens qu’on peut employer pour mieux diriger l’action de l’air, de l’eau et de la chaleur.
- C assolement est l’art de varier les récoltes sur le même terrain, de faire succéder l’un à l’autre des végétaux différens , et de connaître l’effet de chacun sur le sol. M, Chaptal cite MM. Yvart et Pictet comme les auteurs des meilleurs ouvrages publiés sur cette partie importante de l’agricultùre. Il recommande, d’après son expérience, la culture de la betterave, comme plante sarclée et comme fourrage.
- Cette opinion s’accorde avec celle que M. Morel de Vindè a exprimée dans un écrit nouvellement publié sur la solution de ce problème :
- (1) Voyez le Bulletin de septembre dernier, page 2.5*].
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- « Trouver une plante non épuisante dont la culture exige, dans le cours » d’une année, trois façons (binage, sarclage ou buttage ), et dont les pro-» duits soient d’un emploi général et d’un débit certain. »
- On admet, comme base d’un bon assolement, le retour fréquent d’une plante sarclée en remplacement de la jachère. Un bon système d’assolement donne seul la garantie d’une prospérité durable en agriculture.
- Tableau des produits de l'agriculture française. (Chapitre VIII.)
- Ce tableau est extrait de l’ouvrage de M. Chaptal sur l’industrie française (deux volumes in-8°., année 1819). On voit dans cet intéressait ouvrage qu’il y a, en France, quarante-cinq millions et demi d’hectares, qui produisent plus ou moins, et que le septième environ ne produit rien ou très-peu. Le revenu moyen d’un hectare est de 28 francs, et le revenu total à-peu-près un milliard et demi de francs. La contribution foncière de 1823 est de 216 millions et demi de francs. L’impôt total annuel excède gi5 millions.
- TOME II.
- De la nature et des usages des produits de la végétation employés dans les arts et dans les usages domestiques. (Chapitre IX.)
- Les produits les plus communs de la végétation sont la gomme et le mucilage, l’amidon ou fécule, le sucre, la cire, les huiles, les résines, les fils ou fibres végétales, le gluten et l’albumiiie, le tannin, les acides végétaux, les alcalis fixes.
- De la conservation des substances animales et végétales. (Chapitre X.)
- Du lait y de la crème y du beurre, de la matière caséeuse. ( Chapitre XI. ) De la fermentation et de la distillation. (Chapitres XII et XIII.)
- Ces deux chapitres sont remplis d’observations remarquables par leur nouveauté et par leur utilité. M. Chaptal rapporte l’expérience de M. Gay-LussaCy qui prouve que le suc du raisin foulé dans le vide ne fermente pas, et que néanmoins, s’il est en contact seulement quelques instans avec l’air, la fermentation se développe ensuite sans le secours de l’air. Il décrit l’art de produire l’alcool avec la pomme de terre, et fait ressortir les avantages de cette industrie pour l’agriculture. L’histoire et les progrès successifs de la distillation, dont quelques-uns sont de MM. Chaptal et dlrgand, précèdent la description des nouveaux appareils imaginés au commencement de ce siècle. Les appareils sont chauffés à la vapeur, comme dans plusieurs
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- sieurs ateliers étrangers à la distillation, et l’on obtient une grande économie de combustible.
- Plusieurs établissemens ont été formés sur ce principe par Edouard Adam ; d’autres appareils plus simples, imaginés par Isaac Bérard ( du Gard) remplissent le même objet; enfin ces procédés ont encore été perfectionnés par M. Derosne (de Paris), qui a exposé, cette année (1825), son grand appareil à distiller (1), dans la cour du Louvre, avec les autres produits de l’industrie française. M. Chaptal décrit l’appareil qu’il a disposé pour son usage, et qui peut fournir 1000 à 1 ioo litres de bonne eau-de-vie, en distillant des vins qui donnent du quart au cinquième.
- Moyen de préparer des boissons saines, à Vusage dès habitans de la campagne. (Chapitre XIV.)
- Des habitations rurales. (Chapitre XV.)
- Lessive économique. (Chapitre XVI.)
- L’autèur traite dans ce dernier chapitre de la manière de lessiver avec économie le linge de ménage. Il avait introduit dans le Midi le procédé de blanchir les fils de coton par la vapeur de l’eau alcaline, et ce même procédé a parfaitement réussi pour la lessive économique.
- De la culture du pastel. (Chapitre XVII. )
- Le pastel est une plante bisannuelle; sa tige s’élève à un mètre de hauteur; elle fournit un excellent fourrage et ne craint pas les gelées. M. Chaptal considère la culture du pastel comme devant former un jour l’une des branches les plus importantes de l’agriculture française, et il lui consacre un chapitre spécial.
- Uindigo qu’on retire du pastel ne diffère pas sensiblement de celui qu’on obtient de Xanil en Amérique, et du nuricum dans l’Indostan : i5 demi-kilogrammes de bon indigo indien, qu’on emploie ordinairement pour monter une cuve de teinturier, équivalent à 2600 demi-kilogrammes (Je coques de pastel, provenant d’un poids triple de feuilles de pastel. Le bel indigo
- (1) Cet appareil coûte 5ooo francs \ il distillé en vingt-quatre heures, avec une dépense de 3oo à 35o kilogrammes de charbon de bois, 10 à 12,000 litres de vin, qui produisent i5oo à 1600 litres d’esprit 3/6, ou 2100 à 2400 eau-de-vie à 22 degrés Cartier, Ces nombres 3/6 et 22 degrés Cartier expriment respectivement les pesanteurs spécifiques 842 et 9 l’eau étant 1000.
- Vingt-deuxieme année. Novembre 1823. S s
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- ( 5.4 )
- se vend g francs le cîemi-kilogramme. M. Chaptal estime que le produit net d’un arpent cultivé en pastel serait de ii5 francs, et en froment, de i53 francs.
- 11 propose , pour introduire cette belle industrie en France, d’augmenter le droit d’entrée de l’indigo étranger de io francs par kilogramme. L’arpent peut rapporter 14 kilogrammes d’indigo pur de pastel.
- C’est principalement dans les environs de Toulouse, et sur-tout dans le Lauraguais, qu’on cultivait autrefois le pastel; les coques qu’on y préparait étaient très-recherchées, et le pays s’étant fort enrichi par le commerce de ces coques, on le nomma pays de Cocagne. En i52Ô, Charles-Quint exigea que Beruni, riche fabricant de coques, servît de caution pour le paiement de la rançon de François Ier., fait prisonnier à Pavie et conduit en Espagne.
- De la culture de la betterave et de Vextraction de son sucre. ( Chapitbe XVIII.)
- Margraff est le premier chimiste qui ait reconnu l’identité du sucre de canne avec le sucre de betterave. Cette découverte importante a été faite en 1749- Achai'd, à Berlin ; Dejeux, à Paris, ont propagé cette utile vérité; mais c’est principalement au savant auteur de la Chimie appliquée à Cagriculture que l’on doit l’art de faire le sucre de betterave. La publication de ses procédés, la connaissance des résultats qu’il a obtenus, en douze années d’observations et d’expériences, deviendront une source féconde de prospérité agricole, si l’on parvient à simplifier les procédés et à les mettre à la portée de ceux qui ne cultiveraient qu’un ou deux hectares en betteraves.
- Un hectare produit, terme moyen, quarante milliers de betteraves. M. Chaptal a toujours préféré, pour sa fabrique, les betteraves du poids d’un kilogramme et au-dessous, quoique le terrain, de 00 à 60 hectares qui les fournit, ne donne que vingt-cinq à trente milliers par hectare.
- Yoici le produit de douze milliers de betteraves non épluchées qu’on peut exploiter en un jour :
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- (3.5)
- NATURE des PRODUITS. POIDS en kilogrammes. - VALEUR en 1823.
- i ire. qualité. ......... Sucre < 84 kilogrammes. 210 fr. 5o c.
- f Ie. qualité.. 3o 67 70 .
- Epluchures 1000 0
- Marc . 12 5o 3o 33
- Mélasse. i3o 12 33
- Recette totale ....... ’ • * • * • • 322 fr. >3 c.
- Dépense. Produit net de douze milliers de betteraves non épluchées, ou 255 5o
- de dix milliers épluchées...... 66 fr. 5o c.
- Ainsi une fabrique montée pour cent jours d’exploitation, ou douze cents milliers de betteraves, rapporterait annuellement 665o francs.
- C’est principalement pour la pratique des arts agricoles qu’il serait nécessaire d’introduire les instrumens de physique indiqués par M. Chaptal (page 3o) ; savoir, le thermomètre, le baromètre, l’hygromètre, et on pourrait ajouter l’aréomètre ou pèse-liqueur. Le baromètre indiquerait beaucoup mieux les retours des pluies et des sécheresses que les phases de la lune, et l’usage des autres instrumens ne serait pas moins profitable pour la fabrication des vins, vinaigres, bières, fromages, que pour la conduite des vers à soie.
- Ce simple exposé suffit sans doute pour montrer l’intérêt répandu dans l’ouvrage que nous annonçons ; mais nous voudrions encore, si les limites qui nous sont prescrites nous le permettaient, faire ressortir le caractère d’utilité qui le distingue essentiellement. _
- M. Davy avait dit avec raison que la chimie philosophique n’offrirait aucun avantage à l’agriculture, à moins que le chimiste philosophe n’eût fait tout-à-la-fois son apprentissage de la pratique de l’art et de la théorie :
- * *
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- ( 5i6 ) ;
- on peut dire que M. Chaptala précisément satisfait à cette condition; que, chimiste de premier ordre et agriculteur expérimenté, il a fait un livre que l’on peut définir : Le passage de la science à Vapplication.
- M. Chaptal s’est moins occupé que M. Davy de la partie botanique de l’agriculture : cette partie, déjà traitée dans une foule d’ouvrages, sortait du cercle qu’il s’était tracé.
- M. Davy avait parlé, dans la première section de son livre, de l’usage des plantes appliquées aux besoins de la société. Il semble ici, sans rien ôter au mérite du Traité de M. Davy, que l’ordre suivi par l’auteur français est plus naturel. M. Chaptal, comme on l’a vu, a porté d’abord son attention sur les élémens qui entrent dans la composition des végétaux, sur l’air, les sols, la germination, les assolemens, et enfin sur tout ce qui constitue l’agriculture chimique proprement dite. Il n’arrive à la conservation et à l’usage des produits que dans son deuxième volume, et il s’en occupe d’une manière plus spéciale, plus neuve et avec beaucoup plus d’étendue que ne l’ont fait ceux qui l’ont précédé. Tout directeur d’exploitation rurale ne pourra lire cette deuxième partie de l’ouvrage sans fruit et sans plaisir.
- Déjà la charrue avait pris rang parmi les instrumens que la géométrie et la mécanique ont perfectionnés, la Chimie agricole placera l’homme des champs à côté du savant. Nous ne doutons pas que les avantages qui en résulteront pour l’agriculture ne soient pour l’auteur la récompense la plus désirée et la plus digne de ses nobles efforts.
- A Paris, déT’fmprïinene de Madame HUZAliD (née vallât la chapelle), , > > ruê de i’Éperon-Saint-AHdré^des-Arfcs,, n°. 7.
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- VINGT-DEUXIÈME ANNÉE. (N°. CCXXXIV.) DÉCEMBRE 1823.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES.
- Rapport fait par M, Francœur, au nom du Comité des arts mécaniques , sur une nouvelle balance dite bascule portative 7 inventée par M. Quintenz ? mécanicien à Strasbourget perfectionnée par M. Rollé. .*
- Messieurs, avant de décrire l’ingénieuse machine qui fait le sujet du présent rapport, je crois devoir rappeler qu’elle a été honorée du suffrage de l’Académie des sciences, sur la proposition de M. Ampère, et que l’auteur a obtenu une médaille d’argent à la dernière Exposition des produits de l’industrie. M. Quintenz veut ajouter votre approbation à celles que je viens de citer, et le Comité des arts mécaniques pense que, dans l’intérêt du commerce et des manufactures, il est utile de répandre la connaissance de cette balance, dont l’usage présente des avantages incontestables.
- La bascule portative est une balance construite sur le même plan que celle de Sanctorius; mais elle en diffère considérablement sous, certains rapports que nous ferons connaître. Elle est formée d’un fléau à bras inégaux, porté sur un couteau, comme dans la romaine ordinaire : l’un de ces bras est tiré par le poids qu’on veut peser, l’autre l’est par le poids qui lui fait équilibre; mais ici le premier de ces bras est tiré en deux points diffé^-rens par des liges verticales, chargées de transmettre l’action du poids du corps proposé. Ce corps est placé sur un plateau mobile nommé tablier, lequel communique aux deux tiges dont nous venons de parler. L’objet de Vingt-deuxieme année. Décembre 1823. T t
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- r ( 5.3 )
- ces tiges est de rendre l’expérience indépendante du lieu du tablier sur lequel repose le poids à évaluer. On sait que si on pose un poids sur une tige horizontale, soutenue à ses deux bouts, ici, par un appui fixe, là, par une puissance convenable, cette puissance dépend de la place qu’occupe le poids sur ce levier. Si donc on se bornait à faire communiquer avec le fléau cette extrémité libre du levier, l’effet varierait avec les circonstances; et selon que le corps serait posé en tel ou tel lieu du levier ou tablier, l’équilibre ne serait amené que par l’action de poids très-différens, appliqués au second bras du fléau.
- Mais M. Quintenz a eu l’idée de rendre à-la-fois libres les deux extrémités du levier ou tablier qui reçoit le corps à peser : l’une tire le bras du fléau , comme nous venons de le dire, et l’autre, au lieu d’être fixée sur un appui, presse un second levier placé au-dessous, et qui est précisément dans l’état où nous supposions d’abord le premier; c’est-à-dire que l’un de ses bouts est posé sur un appui fixe, tandis que l’autre tire aussi le bras du fléau par une seconde tige. Cet appareil présente donc un fléau tiré par trois puissances verticales ; savoir, le poids produisant l’équilibre, d’une part, et de l’autre, les deux tiges verticales qui soutiennent le tablier et le corps dont il est chargé, et dont on demande le poids :ces deux tiges constituent la différence essentielle qui distingue cette balance de celle de Sanc-torius, qui ne fait communiquer le tablier au fléau que par une seule tige.
- Par une heureuse combinaison dans les dispositions des appuis et des couteaux, il se trouve que ces deux tiges, qui tirent le fléau, l’une plus, l’autre moins, selon la place occupée par le corps sur le tablier, ont leurs actions tellement compensées, que les tiges restent verticales durant les mouvemens de la bascule, et que l’équilibre exige que le fléau supporte, à l’autre bras, le même poids, en quelque lieu du tablier que le corps à peser réside. En outre, le poids équilibrant n’étant que le dixième de celui-ci, la bascule permet d’évaluer des pesées considérables, en ne se servant que de poids dix fois moindres, et par conséquent sans charger les couteaux outre mesure (i).
- (i) Voici la théorie de cette machine:
- Soient RP,^g-, î, PL 254> un levier horizontal chargé d’un poids Q, dont le centre de gravité divise la longueur en parties représentées par m et n j les forces qui soutiendraient ses deux bouts en équilibre sont, comme on sait :
- R_. v== 771Q
- m-^n.7 m-\-n
- L’extrémité R tire le bras du fléau BC, dont l’appui est en B; l’autre bout P presse
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- Yoici les principaux avantages que présente la nouvelle balance :
- i°. Les poids sont répartis sur divers couteaux, en sorte que chacun n’en porte qu’une portion, et que la sensibilité de la machine, qui dépend de la pression exercée sur ces couteaux, est beaucoup plus grande que dans toute autre combinaison de ce genre. Le couteau du levier principal ne porte que i r, quand il porterait 20 dans la balance à bras égaux. E11 outre, les parties d’assemblage ne sont pas aussi sujettes à fléchir, parce qu’elles sont moins chargées, chacune en particulier, que ne le sont les leviers des autres balances à bascule.
- 2°. Dans les balances ordinaires, les plateaux sont souvent agités par des mouvemens oscillatoires fort incommodes, attendu qu’on doit les calmer avant d’arrêter les pesées, et qu’outre cette perte de temps, les oscillations ont encore quelques autres inconvéniens plus ou moins graves : la machine de M. Quinteuz n’a pas ce désavantage.
- en O un second levier SA , dont l’appui fixe est en A. Soient a et b les longueurs O A , O S, la force qui tire la tige B D est :
- c P a amQ
- O —^ I I j ê
- a~\-b (a-\-b)
- en substituant à P sa valeur ci-dessus.
- Voilà donc le fléau ED soumis aux actions de trois forces verticales ; savoir, le poids M équilibrant, d’une part, et de l’autre, les forces R et S qui tirent les tiges RC, SD} la théorie donne cette équation :
- M X L B — R X B c+S X BD ;
- mais d’après la disposition adoptée par l’auteur, EB est le dixième deBC, et en outre BC et CD sont entre eux comme a est à b } cette équation revient donc à:
- MX.o«=RX«+S(«+i)=^.+ ^i = «Q
- ou i o M = Q. Comme m et n disparaissent du calcul, on voit que la place du poids Q sur le tablier B P est indifférente , et que les choses sont dans le même état que si ce poids Q était suspendu en C au fléau , et équilibré par un poids M dix fois moindre. Le poids à peser est décuple de celui qui lui fait équilibre.
- Il est à observer que dans lè mouvement de la bascule les tiges RC , SD demeurent toujours verticales 5 car si le point O fléchit sous le poids qui le presse selon PO, l’extrémité S doit descendre six fois plus que O (en admettant que b soit cinq fois af comme cela a lien dans la construction adoptée ) ; mais aussi le point C descend six fois moins que D, et par conséquent les points R et P descendent autant l’un que l’autre : le tablier reste donc horizontal dans tous ses mouvemens. Les couteaux sont placés en B pour lé fléau, en A et en O poxir le tablier , et c’est sur ces points que se distribuent lés divers poids du système. On peut se dispenser de placer un couteau eh O, "puisque lé tablier descend en conservant son parallélisme, et un simple ajustement, qui permet la flexion en O, peut suffire.
- Tt 2
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- 3°. La machine est d’un usage aussi facile que le serait celui d’une balance simple; elle est moins embarrassante à placer, facile à transporter, ne nécessite pas l’emploi de poids étalonnés aussi considérables, et enfin, par son exécution délicate, elle peut même servir à de petites pesées, en plaçant les corps sur le plateau des poids, et les poids sur le tablier.
- - .D’après ces considérations, nous pensons, Messieurs, que la balance-bascule deM. Quintenz, imitée de celle de Sanctorius, mais simplifiée et perfectionnée, est digne de l’approbation de la Société d’Encouragement, et qu’on en lira avec intérêt la description dans le Bulletin, où nous vous proposons de l’insérer. Cette machine sera d’une application fort avantageuse dans un grand nombre de circonstances : les services publics, les manufactures, les halles, magasins et entrepôts, et en un mot tous les établissemens où on veut faire de grandes pesées en retireront une notable utilité.
- Adopté en séance, le 26 novembre 1825. : ‘
- Signé Francoeür , rapporteur.
- Description de la balance-bascule portative.
- Cette balance est composée d’une caisse en bois A ,y%. 2, PL 254, en forme de trapèze, surmontée d’un pont ou tablier B, sur lequel se place la charge à peser; d’un montant aussi en bois C, qui supporte un fléau D, à bras inégaux; d’un plateau E, accroché à ce fléau; de deux leviers coudés FF, dont les points d’appui sont en y b' cr, et qui sont terminés par une fourche G; ces leviers sont placés dans l’intérieur de la boîte A, et supportent le pont mobile B; d’une barre en fer recourbée H, fixée aux poutrelles II, et qui repose sur les couteaux qq des leviers coudés FF; d’une tringle enfer K, qui maintient l’écartement de ces leviers; enfin, d’une planchette verticale L, destinée à garantir le mécanisme supérieur des secousses qui pourraient être produites par la précipitation du mouvement des charges qu’on roulerait sur le pont.
- - Le plateau B repose sur trois points d’appui xy z ; pourvu que ces trois points parcourent, dans un déplacement infiniment petit, des espaces verticaux égaux entre eux, tous les points du plateau parcourront en même temps le même espace vertical. Or, les points xz reposent, à l’aide de deux couteaux qq, sur le levier à deux branches FF, qui s’appuie en b' et cr sur des points fixes, et en G sur le bord inférieur d’une ouverture pratiquée au bas de la tige verticale o; cette tige est accrochée, au moyen de la chape g, à la plus courte branche a du fléau D, dont le centre de mouve-
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- ment est sur la fourchette r, fixée au montant C. Le point y est supporté de la même manière par une autre tige verticale n, qui repose en h sur le même bras de levier a, qui porte la première tige verticale o ; en sorte que les vitesses des points G et g étant égales entre elles, ainsi que celles des points h et y, puisque les deux premiers de ces points appartiennent à la même tige verticale, et qu’il en est de même des deux derniers, il faudra, pour que les vitesses des points xz soient égales à celles du point y, que les deux premières et la dernière aient le même rapport avec la vitesse verticale de la tige o. C’est ce qu’on obtient facilement en établissant le même rapport entre les distances des points G et de la barre H à la ligne b' c', et les distances des points g et h au point r. Ce rapport est comme 6 à i.
- Au bras du levier a correspond l’autre bras b, qui est au premier dans le rapport de 5 à 3. Dès-lors la vitesse du point k et par conséquent celle du poids mis sur le plateau E, est les cinq troisièmes de celle de la tige o, qui est égale à six fois celle d’un point quelconque du tablier. Celle du plateau E est donc toujours dix fois plus grande que celle d’un de ces points : d’où il suit qu’il n’y aura équilibre que quand le poids mis dans le plateau sera dix fois plus petit que celui qu’on place sur le tablier. Ainsi il suffit que le premier de ces poids soit connu, pour qu’en le multipliant par dix, on ait la valeur du second.
- Le fléau D est muni de quatre couteaux prismatiques cdef ; les deux premiers, fixés à la courte branche a, reçoivent les chapes g et h des tiges o et n; le troisième e, formant centre de mouvement, repose sur la fourchette r; le quatrième, fixé sur l’extrémité de la longue branche b du fléau , porte la chape k, à laquelle s’accroche le plateau E.
- Ces couteaux sont espacés dans les rapports suivans : la distance de c à e est à celle de e à /"comme 3 est à 5, et la distance de d à e est à celle de eà/comme i est à io.
- Les leviers coudés FF sont munis de cinq couteaux, dont deuxpp servent de points d’appui, et deux qq supportent la barre courbée H; au bec fourchu G de ces leviers est adapté le couteau v, auquel s’accroche l’extrémité inférieure de la tige o.
- Le rapport des distances de ces couteaux FF est de i à 6 ; savoir, de q kp égal à i, et d e q au égal à 5.
- Ces rapports, composés de 3 à 5 pour le fléau, et de i à 6 pour les leviers coudés, produisent le rapport de 3 à 3o ou de i à io.
- Il est évident que le rapport de d à e étant comme i est à io, il en résulte une égalité de pression sur toute la surface du pont B.
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- Manière de se servir de la balance. -
- La balance doit être posée horizontalement et d’à-plomb. On aura soin d’écârter au-dessous de la machine tout obstacle qui pourrait gêner le jeu de la mécanique. Ensuite on ôte le coin m, suspendu à la potence en fer a'j et on retire la clef m; on met le plateau E en équilibre avec le pont, ce qui s’opère à l’aide de petits plombs qu’on jette dans la cuvette t. L’on procède ensuite au chargement du pont B, en ayant soin de mettre auparavant la mécanique au repos, au moyen <3u coin m, qui arrête le jeu du fléau D, et de la clef u, qui interdit le mouvement du pont : ce n’est qu’au moment de la pesée même qu’on enlève cette double enrayure, pour rétablir le jeu de la balance. Dès que l’index l, fixé sur le fléau, correspond avec la petite aiguille adaptée au milieu de la bride i, la balance se trouvera dans un équilibre parfait. -
- Avantages de la nouvelle balance.
- Celle balance, qui est une réunion ingénieuse de la romaine simple et de la balance de Sanctorius, présente les avantages suivans :
- i°. Elle ne charge ses couteaux que de n parties en poids, lorsque la balance à bras égaux en porte 20.
- 20. Les pressions se trouvant réparties sur plusieurs points de suspension, les leviers n’ont besoin que d’une force beaucoup moindre et sont moins sujets à fléchir.
- 3°. La double suspension du pont au fléau rend la balance susceptible d’osciller, en lui donnant un équilibre fixe, tandis que la romaine seule ne jouit pas de cet avantage.
- 4°. Quoique la balance soit au moins aussi sensible qu’aucune autre en pesant de grands fardeaux, on peut la rendre d’une grande délicatesse en pesant de petits poids avec des poids décuples ; circonstance qui étend son usage depuis des onces jusqu’à des quintaux.
- 5°. La machine est d’un transport facile, peu volumineuse et très-peu susceptible d’altération et de dérangement : elle offre en outre une facilité remarquable pour le travail des pesées.
- 6°. Elle est d’une application fort utile à tous les services publics, civils et militaires, d’une grande solidité et 11’est exposée à aucun frottement.
- 70. Enfin, elle est d’un prix modique; elle coûte depuis 120 fr. jusqu’à 35o fr., selon les dimensions (1). , ,
- (1) S’adresser à M. Rollé, à Strasbourg, ou à M. Chapuis, -rue du Ponceau, n°. 7, à Paris.
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- Explication des fig. de la PL a54-
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans toutes les figures.
- La Fig, i est la démonstration géométrique de la théorie de cet instrument. •
- Fig. 2. Élévation latérale de la balance montée.
- Fig. 3. Plan de la même. On a enlevé le pont ou tablier, afin de faire voir l’intérieur du mécanisme.
- Fig. 4* Coupe prise au-devant des leviers coudés.
- Fig. 5. Fléau de la balance vu en plan et en élévation.
- Fig. 6. Extrémité antérieure, vue eh élévation et en plan, des leviers coudés terminés en fourche.
- Fig. 7. Extrémité postérieure, en élévation et en plan, des mêmes leviers.
- Fig. 8. Vue en élévation et de côté de la chape qui repose sur l’un des couteaux de la courte branche du fléau.
- Fig. ç). Vue en élévation et de côté d’une autre chape placée sur la longue branche du levier, et à laquelle s’accroche le plateau de balance.
- Fig. 10. Vue de face et de côté de la fourchette fixée au montant C, et sur laquelle bascule le fléau.
- Les fig. 5 à 10 sont dessinées au double de l’échelle des fig. 2,5 et 4-
- A, caisse de forme trapézoïdale; B, pont ou tablier ; C, montant; D, fléau ; E, plateau; FF, leviers coudés; G, extrémité fourchue de ces leviers; H, barre recourbée appuyant sur le levier; I, poutrelles sur lesquelles repose le pont ; R, tringle en fer qui maintient l’écartement des leviers ; L, planchette verticale qui sépare le pont du mécanisme.
- a, courte branche du fléau; bf longue branche du même; c, premier couteau qui reçoit la tige o ; d, second couteau qui reçoit la tige n; e, troisième couteau appuyant sur la fourchette r, et formant le point autour duquel bascule le fléau;/, quatrième couteau, qui reçoit la chape du plateau de balance; g, chape de la tige o; h, chape de la tige n; i, bride à laquelle est attachée l’aiguille ; k, chape du plateau; /, index adapté au fléau ; m, petit coin en bois servant à arrêter le mouvement de la balance; n, tige de fer communiquant avec les poutrelles II; o, autre tige qui s’accroche aux leviers coudés F F ; pp, couteaux de l’extrémité postérieure de ces leviers ; qqy autres couteaux sur lesquels appuie la barre recourbée II; r, fourchette servant de centre de mouvement au fléau; ss, poignées pour soulever la balance; t, petite cuvette dans laquelle se placent des poids additionnels : u t clef pour arrêter le mouvement du pont ou tablier; v, couteau
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- (3 *4)
- du bec de la fourchette G; xyz, points d’appui des poutrelles II;a', potence en fer portant la bride i; b' cr, points d’appui des leviers coudés FF.
- Rapport fait par M. Tarbé , au nom du Comité des arts mécaniques, sur une pompe portative à incendie, présentée par JM. Gancel, mècatiicien à Cambrai.
- M. Gancel, mécanicien à Cambrai, département du Nord, a adressé à la Société d’Encouragement une pompe portative à incendie, qui a été vue au Louvre lors delà dernière Exposition des produits de l’industrie française. L’auteur appelle votre attention sur cette machine, qu’il soumet à votre jugement.
- Chargé par le Comité des arts mécaniques de vous faire un rapport à ce sujet, j’ai examiné attentivement la pompe de M. Gancel.
- Cette pompe, à double effet et à jet continu, est composée d’une bâche contenant i35 litres d’eau, d’un système de corps de pompe avec son piston , d’un récipient et d’un jet d’ascension à double genouillère, afin de pouvoir lui donner telle direction que l’on veut.
- Le corps de pompe dans lequel se meut le piston a 2 pouces et demi de diamètre ; sa course peut être de 12 pouces. Un seul homme manœuvre facilement la pompe, qui ne pèse que 52 kilogrammes et dont le volume permet l’introduction dans les passages et dans les escaliers les plus étroits.
- Toutes les soupapes sont montées en cuir et à vis, de manière que le premier ouvrier venu peut les réparer.
- On voit que cette machine convient non-seulement aux villes et villages, mais sur-tout aux habitations éloignées ou isolées. Le prix de cette pompe, avec le récipient, et de 280 francs, et seulement de 260 francs pour les souscripteurs.
- La pompe de M. Gancel a été honorablement distinguée à l’Exposition du Louvre ; elle a valu à son auteur une médaille de bronze.
- Nous pensons que cette récompense a été justement acquise, et qu’en effet la pompe dont il s’agit mérite votre approbation pour l’usage auquel elle est destinée. Nous avons l’honneur de vous proposer, Messieurs, de remercier M. Gancel de sa communication, et de faire connaître par la voie de votre Bulletin les avantages qui sont propres à cette machine, dont l’exécution ne laisse rien à désirer.
- Adopté en séance, le 24 décembre 1823.
- . Signé Tarbé , rapporteur.
- Description
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- Description d’un pont suspendu en fer, construit sur la rivière de Tweed, près de Berwick, en Angleterre.
- Les ponts suspendus à des câbles fixés au - dessus des extrémités d'un espace qu’il s’agit de franchir, ne sont pas une invention nouvelle. Lorsque les Européens abordèrent au Pérou, ils y trouvèrent de semblables ponts, attachés à des câbles fabriqués avec des filamens de végétaux. L’Asie nous en offre également. À la Chine, au Thibet, les Européens ont admiré ces constructions hardies. L’un des plus beaux ouvrages de ce genre, le pont de Chuka, jeté sur le Jampo, existe depuis un temps dont les traditions ne peuvent fixer l’époque avec quelque certitude; mais ces ponts, qui permettent à l’homme chargé d’un fardeau ou meme à des bêtes de somme de franchir les plus grandes rivières, ne présentent pas assez de sécurité pour le passage de lourdes voitures attelées de chevaux. Il était réservé aux nations d’origine européenne de résoudre cet important problème.
- C’est aux Etats-Unis d’Amérique, contrée coupée par des rivières d’une grande largeur, et par des précipices non moins considérables, et où le besoin de moyens de communication faciles et peu dispendieux se faisait par conséquent le plus impérieusement sentir, qu’on a eu la première idée de construire des ponts suspendus qui pussent porter des chevaux et des voitures : le succès a couronné l’audace d’une telle entreprise. De l’Amérique septentrionale cette belle application fut bientôt transportée en Europe. En i8i3, M. Telford, célèbre ingénieur anglais, proposa de construire un pont suspendu pour traverser la rivière de Mersay, à Runcorn, sur une longueur totale de 2,000 pieds, et composé de trois arches seulement, dont celle du milieu devait avoir 1,000 pieds d’ouverture. Nous avons rendu compte de ce projet gigantesque, qui n’a pas encore reçu son exécution, dans notre Bulletin du mois de février 1818, page 39.
- Vers la fin de 1816, les Ecossais introduisirent dans leur pays l’usage des ponts de suspension, mais sans l’étendre d’abord au passage des chevaux et des voitures ; ces ponts différaient entre eux par la manière dont la plateforme horizontale, qui constitue la route du pont, est suspendue aux câbles en fer. Dans quelques-uns, les tiges de suspension convergent vers les points d’appui et divergent jusqu’aux côtés longitudinaux delà plate-forme; dans d’autres, la plupart des tiges sont verticales et placées à égales distances; il n’y a que deux tiges obliques qui partent de chaque point d’appui; ce dernier système a été trouvé défectueux ; enfin, le système qui réunit à-la-fois la solidité et l’élégance, est celui de la courbe caténaire ou de la chai-nette , employé avec succès dans le pont dont nous allons nous occuper.
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- Ce pont, dont l’idée est due à M. le capitaine Brown, propriétaire d’é-tablissemens où l’on fabrique des câbles en fer à l’usage de la marine, est le premier de ce genre qui ait été construit en Angleterre pour donner passage aux voitures. Commencé en août 1819, il a été livré au public le 26 juillet 1820. v
- Tl est situé sur le Tweed près du port de Berwick. La longueur du plancher est de 110 mètres et sa largeur de 5 mètres et demi ; la distance entre les points de suspension des chaînes est de i32 mètres.
- La PI. 255 représente la disposition générale du pont. La fig. ire. est l’élévation latérale; la fig. 2 , le plan ; la fig. 3, une vue de l’entrée du pont par l’arcade pratiquée dans le pilier situé sur la rive gauche, du côté de l’Ecosse ; la fig. 4 » dessinée sur une plus grande échelle, est une section verticale suivant l’axe du pont dans l’endroit où les chaînes sont les plus basses ; la fig. 5 est une élévation latérale de l’assemblage des chaînes supportant le chapeau : la fig. 6 est le plan du même assemblage ; la fig. 7, une section transversale faite au milieu d’un assemblage ; la fig. 8, une coupe prise au-devant d’un assemblage.
- Le plancher est en bois de sapin et recouvert de bandes de fer sous la trace des voitures ; il a 5 mètres 49 centimètres de largeur entre les parapets et 110 mètres (3/jo pieds) de longueur entre les culées. L’intervalle des parapets est partagé en trois parties; les deux parties latérales, réservées aux piétons, ont 91 centimètres de largeur; le milieu , destiné aux voitures, a 3 mètres 66 centimètres. Cette partie est séparée des deux autres par des bouteroues en fer fondu, de 12 centimètres de largeur et de hauteur, et recouverte par des bandes de fer placées longitudinalement sous la trace des roues et transversalement sous le passage des chevaux.
- Cette grande plate-forme est suspendue, à 8 mètres au-dessus des basses eaux delà rivière, aux chaînes aaa, fig. 4, tendues d’une rive à l’autre par des tiges de fer rond bbb, retenues par leur extrémité supérieure dans des espèces de chapeaux en fer fondu ccc; le fer devient carré, augmente de grosseur à cette extrémité, en forme de queue d’aronde, et pénètre dans une ouverture pratiquée dans le chapeau, ouverture dans laquelle la tête de la tige entre de bas en haut, et où l’on place ensuite une petite cale en fer, qui achève de la remplir et empêche que la tige ne puisse descendre. Le chapeau, qui, repose sur les assemblages des chaînes, est destiné à recevoir les têtes des tiges, et en même temps à maintenir, en faisant fonction d’entretoise, les situations respectives des pièces des chaînes sur lesquelles il repose. - ,
- Les extrémités inférieures des tiges de suspension, faites avec du fer plus
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- fort, sont terminées en fourchettes dd; elles embrassent une barre de fer plat e, posée de champ, qui court dans toute l’étendue du pont, et sur laquelle portent les solivesJf/’du plancher; des clavettes passées sous la barre la fixent à ces fourchettes. Le plancher du pont est donc entièrement soutenu sur deux fermes, éloignées l’une de l’autre de 5 mètres 49 centimètres.
- Les maîtresses chaînes sont au nombre de douze, disposées par paires et placées de chaque côté du pont sur trois rangs, situés dans un même plan vertical et espacés d’environ 5 centimètres (voy.fig. 1 ). Les barres dont sont composées ces chaînes sont en fer rond de 5i millimètres (2 pouces) de diamètre. Les chaînons ont 4 mètres 55 centimètres de longueur, mesurée entre les milieux des assemblages, et portent à leurs extrémités des boucles fortement soudées g-g-, fig. 5. Ces chaînons sont assemblés au moyen d’anneaux en fer carré h, de forme ovale, et de boulons i passés dans les boucles et les anneaux. Les boulons ont à un bout une tête et à l’autre une clavette k avec une rondelle. Les nœuds des chaînes, chargés des chapeaux qui portent les tiges de suspension, sont disposés de manière que ces tiges sont alternativement suspendues aux trois rangs des chaînes ; la première tige étant attachée au rang inférieur, la seconde au rang du milieu, la troisième au rang supérieur, et ainsi de suite ( voyez fig. 4)* H résulte de cet arrangement que toutes les chaînes supportent un égal effort, et que les chaînons ne tendent point à être fléchis, mais sont seulement sollicités dans le sens de la longueur. L’intervalle des tiges de suspension est, au milieu du pont, le tiers de la longueur des chaînons, c’est-à-dire d’un mètre 52 centimètres. Cet intervalle diminue un peu en approchant des culées, en raison de l’inclinaison des chaînes.
- Quoique la longueur du plancher soit seulement de 110 mètres, la distance entre les points des piliers où aboutissent les chaînes est de i3i mètres 7 centimètres. La flèche de la courbe est d’environ 8 mètres. Les six chaînes principales, avec leur appareil, pèsent 5 tonnes (5,080 kilogrammes) chacune, et le poids du pont entier, entre les points de suspension, a été estimé à 100 tonnes ( 101,600 kilogrammes).
- * Les parapets, dont la; hauteur totale est de 1 mètre 5 centimètres, dans les parties où ils ne sont pas interrompus pour faire place aux chaînes, sont formés parles tiges de suspension qui servent de montans, par d’autres montans verticaux placés au milieu des intervalles de ces tiges , et par plusieurs cours de lisses horizontales. Les montans, aussi bien que les lisses, sont en fer rond; il faut en excepter toutefois la lisse inférieure, qui court dans toute la longueur du pont, et les lisses supérieures ; l’une et l’autre sont
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- en fer plat. Les tiges de suspension passent au travers des lisses dans des ouvertures circulaires pratiquées à cet effet; mais les montans intermédiaires portent au contraire des ouvertures, dans lesquelles passent les lisses horizontales , en sorte que c’est par ces derniers montans que les lisses sont supportées.
- Les chaînes passent sur la rive gauche de la rivière, du côté de l’Ecosse, sur un pilier en maçonnerie, A,j%. i et 3, de 18 mètres de hauteur et 10 mètres de largeur, sur 6 mètres 5 centimètres d’épaisseur au niveau du plancher. La largeur de l’arcade ouverte dans ce pilier, qui sert d’entrée au pont, est de 3 mètres 66 centimètres* Chaque paire de chaînes passe au travers d’ouvertures correspondantes pratiquées dans la maçonnerie, à 6 décimètres d’intervalle les unes au-dessus des autres , et repose sur des rouleaux scellés dans la pierre ; les chaînons sont faits dans cette partie de la chaîne aussi courts qu’il a été possible, afin qu’ils puissent s’appuyer sur les rouleaux sans que le fer soit exposé à être fléchi. Après avoir traversé le pilier, les chaînes sont prolongées vers le sol dans une direction inclinée, y pénètrent jusqu’à la profondeur de 7 mètres 3 décimètres, et traversent aux extrémités de grandes plaques en fer fondu auxquelles elles sont fixées par un fort boulon de forme ovale. Ces plaques ont 1 mètre 83 centimètres sur 1 mètre 5a centimètres de largeur; les chaînes, ainsi fixées, sont chargées de pierres meulières et d’autres matériaux jusqu’au niveau de la route.
- Sur la rive droite du Tweed, du côté de l’Angleterre, le pilier B, sur lequel portent les chaînes, est établi dans une excavation faite dans un rocher escarpé , et construit en pierres d’un grès tendre. Sa hauteur est d’environ 6 mètres et la figure en est semblable à celle de la partie supérieure du pilier élevé sur la rive opposée. Les chaînes s’appuient sur des plaques de fer fondu, encastrées dans la maçonnerie, et non sur des rouleaux, comme du côté opposé. Les grandes plaques en fer fondu, fixées à l’extrémité des chaînes, sont des mêmes dimensions que celles décrites ci-dessus; mais au lieu d’être, comme ces dernières, enfoncées dans le sol, elles sont plutôt situées au-dessus de la fondation du pilier, où elles sont posées presque verticalement et dans une direction correspondante à celle de l’effort ou de la tension provenant du poids du pont. Pour plus grande sûreté, ces plaques portent contre un arc horizontal en maçonnerie, encastré à queue d’aronde dans le roc. - r
- L’aspect de cette belle et hardie construction est intéressant au plus haut degré. Sa vaste dimension, sa légèreté, son élégante courbure, l’ont fait comparer avec assez de raison à un arc-en-ciel renversé. Elle a été achevée en une année, et n’a coûté que 5,000 livres sterling (126,000 francs), tandis
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- qu’un pont de pierre de même étendue aurait coûté au moins le quadruple de cette somme, et n’aurait pu être construit en trois ans.
- M. Navier, ingénieur en chef des ponts et chaussées, chargé par M. le directeur général de cette Administration, de visiter les ponts suspendus construits en Angleterre, a fait dans son important ouvrage sur cette matière, publié par ordre du Gouvernement, les réflexions suivantes sur le pont dont il est question :
- « Quoique situé dans un lieu éloigné des habitations et d’une grande route, le pont du Tweed, dit M. Navier, est assez fréquenté, parce qu’il sert à l’exploitation des mines et usines du voisinage. J’y ai vu passer un grand nombre de chariots chargés de charbon, et attelés d’un, de deux ou de trois chevaux : lors du passage des voitures, il se produit des effets de différente nature; le plancher du pont fléchit, parce que la présence de la voiture changeant la distribution des poids supportés par les chaînes , ces chaînes doivent prendre une nouvelle figure, différente de leur figure naturelle , et convenable au nouvel état d’équilibre qui tend à s’établir. 11 ré- * suite de cette circonstance que la ligne tracée par le plancher est modifiée continuellement pendant toute la durée du passage, l’endroit où est située la voiture s’abaissant, tandis que les autres parties s’élèvent. Cet abaissement commence à se manifester lorsque la voiture est entrée sur le pont; il augmente progressivement jusqu’à ce qu’elle arrive au milieu, diminue ensuite, et disparaît entièrement quand la voiture atteint l’autre extrémité. Ces changemens de figure dépendent de la longueur du pont, de la courbure des chaînes, et du rapport du poids du plancher au poids de la voiture. Dans le pont du Tweed, l’abaissement produit par une voiture attelée d’un seul cheval est presque insensible; mais on aperçoit distinctement la flexion mobile du plancher quand il est parcouru par une voiture plus chargée ou quand il s’y trouve plusieurs voitures en même temps.
- » Outre les changemens de figure dont on vient de parler, et qui doivent être considérés comme un effet statique résultant de la flexibilité des chaînes et du plancher, il se produit des effets dynamiques, dont les uns résultent également de la flexibilité de la construction et. les autres sont dus à l’élasticité des matériaux. Les petites secousses provenant du roulage des voitures et de la marche des chevaux ne communiquent pas de mouvement horizontal sensible au plancher, et quoiqu’il ne s’y trouve aucune pièce dirigée diagonalement pour faire fonction de contrevent, on ne remarque rien qui puisse faire présumer que de semblables pièces eussent été utiles. Mais ces secousses se transmettent par les tigesx de suspension aux chaînes, qui prennent toujours, lors du passage des voitures, un très-petit
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- balancement horizontal. Le vent, lors même qu’il est faible, occasionne un balancement semblable; en sorte que ces chaînes, qu’on peut regarder comme de longs fils très-flexibles, ayant beaucoup de masses sous un petit volume, sont presque toujours en mouvement. La distribution des, poids qu’elles supportent détermine bien en effet la courbe que les chaînes doivent décrire dans le plan vertical où elles sont situées ; mais letat d’équilibre ainsi formé n’étant point altéré sensiblement lorsque les points des chaînes s’écartent très-peu de part et d’autre de ce plan, l’action la plus légère suffit pour faire naître de semblables déplacemens. Ces oscillations paraissent facilitées dans le pont du Tweed par l’isolement des cours d’anneaux dont les chaînes sont formées, et il est vraisemblable qu’elles seraient moindres, si, en réunissant de chaque côté du pont les six rangs d’anneaux, on en eût formé un faisceau qui aurait eu moins de flexibilité. Les mon-vemens dont il s’agit font ballotter les tiges de suspension dans les ouvertures circulaires pratiquées pour leur passage dans les lisses du parapet: il en résulte un bruit de ferraille désagréable et qui inquiète jusqu’à ce qu’on en ait reconnu la cause. La disposition adoptée pour le parapet semble aussi avoir apporté beaucoup de gêne lors de la pose du pont, une grande partie des tiges de suspension n’étant pas bien verticales et se courbant en pénétrant dans les lisses de ce parapet. Les mouvemens dont on vient de parler ne paraissent toutefois avoir rien de contraire à la solidité de la construction.
- » Le passage des voitures et des animaux produit aussi dans les chaînes des oscillations qui ont lieu dans le plan vertical où ces chaînes sont placées. Pour s’en former une idée exacte, on peut concevoir d’abord un fil parfaitement flexible et inextensible, attaché à deux points fixes et chargé de poids distribués sur la longueur. Ce fil prendra de lui-même une figure dépendante de la distribution des poids. Si l’on vient à rompre cet état d’équilibre en poussant un ou plusieurs points sans les écarter du plan vertical où ils sont placés, et qu’on abandonne ensuite le fil à lui-même, tous les points oscilleront dans le même plan , jusqu’à ce que les résistances aient anéanti le mouvement imprimé, et ramené le fil dans sa première situation. En admettant, de plus, que le fil soit élastique, c’est-à-dire qu’il puisse s’allonger un peu quand on le tend, et revenir à sa longueur primitive quand il est déchargé, l’effet d’un mouvement imprimé dans une partie du fil sera d’y faire varier la tension et par suite de faire naître dans les points de ce fil des mouvemens de vibration, qui auront lieu dans le sens de la longueur et en même temps que les oscillations dont il vient d’être parlé. Les chaînes des ponts suspendus étant flexibles, et le fer dont elles sont formées étant élastique, elles doivent offrir et elles offrent effec-
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- tivement des effets semblables à ceux dont il s’agit, mais plus compliqués, toutefois, qu’ils ne le seraient dans un fil parfaitement homogène. Lorsqu’une voiture parcourt le pont du Tweed, le cheval allant même au pas, elle produit une trépidation dont on s’aperçoit peu si l’on marche, mais qui devient très-sensible si l’on s’arrête, et qui est assez forte pour empêcher une personne debout et en repos d’écrire ou de dessiner : le mouvement cesse aussitôt que la voiture atteint la culée. Ces vibrations, dues à l’élasticité du fer, peuvent être mises en jeu par la moindre force; la marche d’un homme et même le trot régulier d’un chien de moyenne taille suffisent pour en faire naître : elles sont alors extrêmement faibles, mais ne sont pas tout-à-fait insensibles quand on les observe avec attention.
- » Si i’iôn se représente les divers mouvemens dont il vient d’être question, c’est-à-dire les flexions variables du plancher, provenant du poids des voitures qui en parcourent la longueur, les balancemens horizontaux , les oscillations verticales, et les vibrations longitudinales des chaînes, comme s’accomplissant en même temps sans se nuire les unes aux autres, on aura l’idée des effets qui se manifestent dans le pont du Tweed ; ils causent d’abord quelque surprise, mais après un examen attentif on ne se trouve nullement prévenu contre la solidité de la construction; elle paraît, au contraire, offrir toute la sûreté que l’on puisse désirer. »
- On voit, d’après ces remarques, que les ponts suspendus, malgré la flexibilité des chaînes et du plancher, peuvent être suffisamment fixes, et que le passage y est aussi sûr et aussi commode que sur les autres ponts. Le succès des constructions de ce genre paraît donc assuré, pourvu que l’on donne aux chaînes une. force convenable, qu’on choisisse du fer de bonne qualité et sans défauts, et qu’on le garantisse de la rouille, en le couvrant d’une couche de peinture à l’huile.
- M. Navier a proposé la construction d’un pont suspendu, qui serait établi sur la Seine, en face l’Hôtel des Invalides, et qui aurait i5o mètres de longueur sur 9m,5 de largeur; les chaînes passeraient sur des colonnes de i4m,5 de hauteur. Ce pont, qui serait en tout semblable à celui du Tweed, à quelques modifications près, servirait au passage des piétons et des voitures, et présenterait l’avantage d’une grande légèreté et d’une économie considérable dans les frais d’établissement. Ce projet a été adopté par le Conseil général des ponts et chaussées.
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- AGRICULTURE.
- Nouveaux détails sur la possibilité d’acclimater en France le phormium tenax ou lin de la Nouvelle-Zélande.
- Nous avons publié dans le Bulletin du mois de juillet dernier, page 191 , une première note de M. Gillet de Laumont sur la possibilité d’acclimater en France le phormium tenax ou lin de la Nouvelle-Zélande, plante précieuse sous le double rapport de la ténacité et delà finesse de ses filamens, qui peuvent remplacer avec avantage ceux de chanvre et de lin pour la fabrication des cordages et des toiles.
- De nouveaux renseignemens étant parvenus à l’auteur sur la germination des graines du phormium tenax, nous les communiquons ici à nos lecteurs, dans l’espoir que quelque propriétaire zélé pour la prospérité agricole de la France essaiera la culture en pleine terre de cette plante.
- Les feuilles du phormium tenax ont, dans les sols favorables, environ 2, mètres de longueur et jusqu’à i4 et i5 centimètres de largeur; elles se terminent en pointe comme celles des iris, auxquelles elles ressemblent beaucoup.
- Les tiges, portant des fleurs jaunes à six pétales, puis des graines alternativement groupées, ont 3 mètres et plus de hauteur.
- Les capsules, qui contiennent les graines, sont trigones, quelquefois torses, de 6 à 7 centimètres de longueur et environ 9 millimètres de grosseur : elles sont composées de trois valves ayant chacune à l’extérieur un léger sillon dans le milieu de leur largeur, d’où partent de chaque côté des stries obliques, formant entre elles des angles, dont le sommet, ordinairement aigu , est tourné vers la base des valves. Au dedans des capsules, une arête saillante, portant les graines et correspondant au petit sillon de l’extérieur, s’élève cje l’intérieur des valves et suit le milieu de chacune d’elles. La proximité de ces trois arêtes au centre des capsules les divise en trois parties, dans lesquelles les graines sont imbriquées les unes dans les autres. : .
- Les graines sont noires, très-luisantes, ondulées, minces à leurs bords, imparfaitement ovales, longues d’environ 12 millimètres, larges de 4 à 5; ^ elles portent l’indication de leur attache dans la capsule, vers le bout le plus arrondi, où l’amande portant l’embryon prend naissance, et sont terminées à l’autre bout par une pointe ordinairement un peu oblique.
- M. Gillet de Laumont ayant reçu de M. Cachin, directeur des travaux du port de Cherbourg, 34 kilogrammes de feuilles de phormium tenax venues
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- en pleine terre, il les a envoyées en septembre dernier à M. Derepas, à Dijon, afin d’en faire confectionner des cordes et du fil ; il en attend ‘d’autres que doit lui faire parvenir M. le comte Dijon, qui cultive avec succès cette plante dans son domaine de Poudenas, près de Nérac, département de Lot-et-Garonne.
- Le Ministre de la marine a envoyé, de son côté, à M. le président de la Société royale et centrale d’agriculture, au commencement de novembre dernier, des graines mûres venues à Saint-Mandrier, près de Toulon, département du Yar, par les soins de M. Robert, docteur en médecine. Son Excellence a annoncé que M. Robert cultivait depuis long-temps cette plante dans le Jardin botanique de Toulon, dont il est le directeur, sans avoir pu en obtenir des fleurs; qu’en 1818, espérant que le terrain sablonneux de Saint-Mandrier et le voisinage de la mer lui seraient plus favorables, il y plaça plusieurs pieds, que l’hiver de 1820 n’altéra point, tandis que les feuilles de ceux qui étaient restés à Toulon furent détruites par le froid. Les plantes de Saint-Mandrier devinrent superbes, fleurirent et produisirent des graines mûres dès les premiers jours d’août. Le Ministre ajoute que la beauté et la vigueur de ces plantes font espérer qu’elles donneront, en 1824, une récolte plus abondante de graines.
- Malgré la saison avancée, M. Gillet de Laumont2i semé, dans une orangerie, en novembre dernier, quelques-unes des graines envoyées à la Société d’agriculture, afin d’essayer si leur germination serait prompte et facile.
- Il pense qu’on peut considérer comme un premier degré de naturalisation , qui donne de grandes espérances pour l’avenir, la production des graines mûries en pleine terre, à Cherbourg et à Toulon, et leur prompte germination, l’expérience ayant appris que beaucoup de plantes délicates qui exigeaient des serres pour leur conservation se sont successivement acclimatées, principalement parles graines, et peuvent, aujourd’hui, avec quelques soins, affronter nos hivers.
- Il reste encore des données importantes à acquérir sur l’exposition et la nature du sol qui conviennent le mieux à la culture du phormium tenax, sur les moyens de le garantir du froid et sur la préparation de ses feuilles.
- i°. A l’égard de l'exposition et de la nature du sol, il paraît qu’une situation un peu ombragée, abritée des vents du nord, une terre sablonneuse, ^ humide, noire, légère, mais fertile, telle que serait la terre de bruyère, susceptible d’ètre arrosée par un ruisseau d’eau courante, sont les circonstances les plus favorables, quoique, suivant le capitaine Cook, on trouve cette plante à la Nouvelle-Zélande, également sur les collines, dans les val-Vingt-deuxième année. Décembre 1823. Xx
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- lées et sur le terreau le plus sec, mais de préférence dans des endroits marécageux. D’après la facilité de propagation par œilletons, que cette plante a jusqu’ici présentée en France, et sa difficulté à porter des graines, il sera utile, lorsqu’elle sera acclimatée, de distinguer les terrains propres à donner des touffes abondantes en feuilles de bonne qualité, d’avec ceux capables de rapporter des tiges portant des graines. Il sera peut-être possible alors de cultiver le phormium tenax, pour les feuilles, dans le bas des vallées destinées à la culture du chanvre, et même dans des lieux marécageux ou mélangés de tourbe, ce qui serait d’un grand avantage pour la France, qui en contient beaucoup dont on pourrait éloigner les eaux stagnantes et pour les grainesy dans des terrains frais et sablonneux qui abondent sur les bords de la mer. 0
- 2°. Relativement au froid, on craint que ces plantes ne gèlent à de faibles degrés. M. Freycinet père ( ainsi que le rapporte M. Faujas de Saint-Fond dans un Mémoire imprimé chez A. Belin, en i8i3) en a cultivé en pleine terre dans son jardin près de Montéümart, département de la Drôme, qui ont supporté un froid de sept degrés au-dessous du thermomètre de Réaumur, pendant trois semaines des mois de janvier et février 1812, à la vérité par un temps sec et avec une toiture très-élevée, en planches, pour les garantir du givre ou de la neige. Ces plantes ont ensuite poussé avec une grande vigueur, et.l’une d’elles a fleuri parfaitement aux mois de mai et juin suivans, mais 11’a pas donné de graines.
- M. Thoüin y dans un mémoire très-utile à consulter pour tous ceux qui voudront cultiver cette plante, inséré dans le tome second des Annales du Muséum d’histoire naturelle, page 128, et M. de la Billardière, page 4y4 des mêmes Annales3 ont annoncé que dans la Nouvelle-Zélande on éprouvait généralement de plus grandes chaleurs et de plus grands froids que dans notre climat ; il est donc facile en France d’y obtenir une température plus égale du sol et de l’atmosphère. Jusqu’à ce que cette plante soit acclimatée, il faudra en couvrir les pieds l’hiter et employer quelque moyen analogue à celui de M. Freycinet, mais applicable en grand, pour empêcher le givre, le grésil et la neige de s’amasser à l’insertion des feuilles, où ces frimas, passant de l’état de glace à celui de liquide, soutireraient nécessairement une quantité notable du calorique de la plante, et lui feraient éprouver un degré de froid supérieur à celui de l’atmosphère, s’il reprenait de l’intensité après les faux dégels , fréquens dans notre climat.
- Il y a donc lieu d’espérer qu’avec des soins on pourra cultiver cette plante en France, dans le midi, et dans beaucoup d’autres lieux favorablement situés, pour profiler 11011-seuîement des nombreux abris que pré-
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- sentent les hautes forêts, les coteaux, les montagnes, mais aussi des localités qui contiennent des terres noires, et du voisinage des rivières et des grands amas d’eau qui ne gèlent pas.
- 3°. A l’égard de la préparation des feuilles} M. de la Billardière regarde les longues et larges feuilles de cette plante vivace comme présentant plus de facilité que les tiges frêles et annuelles du chanvre, à être dépouillées du parenchyme spongieux qui les recouvre, sans en altérer les filamens.
- JM. Faujas de Saint-Fond a consacré dans son mémoire plusieurs pages à la description de la méthode suivie en 1797, et sans doute depuis très-perfectionnée, dans la manufacture que les Anglais avaient établie dansl’île de JNorfolck; il y a ajouté un procédé analogue au décreusage de la soie, qu’il annonce lui avoir parfaitement réussi. Ce procédé consiste principalement à faire bouillir les feuilles dans de l’eau , avec du savon ; à les pressurer entre les doigts pour en détacher la partie mucilagineuse, puis à laver les filamens dans de l’eau courante ; il rapporte avoir ainsi obtenu des fils d’un blanc argentin.
- Le meilleur procédé pour préparer les filamens du phormium tenax et les rendre propres à former des cordes, des fils, exigera sans doute des essais multipliés ; mais les connaissances actuelles en chimie et en mécanique doivent beaucoup les faciliter.
- Le Ministre de la marine a annoncé à M. Gillet de Laumont que M. Robert, informé que des essais avaient été faits à Dijon avec des feuilles du phormium tenax cueillies sur des plantes élevées en serres, a offert d’envoyer 10 à 12 kilogrammes de feuilles venues en pleine terre et qui ont acquis toute leur maturité, pour faire des essais en grand. Son Excellence a ajouté que si la Société d’agriculture était disposée à entreprendre ces essais, des ordres seraient donnés pour faire venir ces feuilles de Toulon. Cette offre ayant été acceptée par la Société, les 12, kilogrammes de feuilles lui ont été adressés, et elle a chargé une Commission spéciale, à laquelle M. le comte Chaptal et MM. de la Billardière et Cachin ont été adjoints, de faire les expériences dont il s’agit.
- La double production des graines du phormium tenax obtenues en France, par les soins de MM. Cachin et Robert (1), dans des lieux éloignés l’un de
- (1) Ce dernier a envoyé à M. Gillet de Laumont la copie d’un rapport lu, le 3 septembre 1823, à la Société d’agriculture de l’arrondissement de Toulon, suivi d’une note supplémentaire , et d’où il résulte que de vingt-quatre œilletons de -phormium tenax , que M. Robert avait plantés à Saint-Mandrier, il a obtenu, au bout de cinq ans, quatre tiges, qui, ayant commencé à pousser les premiers jours de mai 1823, avaient acquis 6 pieds de
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- > l’autre de près de trois cents lieues, et leur prompte germination donnent la certitude que l’on pourra, ainsi que l’avait annoncé, il y a vingt-deux ans, M. de la Billardière, acclimater cette plante précieuse pour les besoins de la marine, de la guerre , de l’artillerie, des mines et des arts, si les autorités supérieures, à l’exemple du Ministre de la marine, encouragent les essais des savans, des amateurs et des cultivateurs.
- OUVRAGES NOUVEAUX.
- JRappor tfaitparM. Jomard^r-w/z ouvrage intitulé : Recherches statistiques sur la ville de Paris et le département de la Seine > pour l’année 1823 ? 1 vol. in-4°.,
- Fidèle à l’engagement qu’il a pris l’année dernière, le premier magistrat du département de la Seine fait paraître un nouveau volume de statistique, touchant la ville de Paris et les communes voisines. C’est un gage assuré, pour l’avenir, de la publication périodique de semblables recueils, et en même temps une preuve de l’utilité incontestable de la publicité en matière d’administration. Aussi devons-nous un nouveau tribut de reconnaissance à celui qui a donné et qui continue d’offrir un si bel exemple à ses collègues. En tout temps, on cherchera à marcher sur ses traces; et ces travaux, malgré l’aridité qui les accompagne et les difficultés qu’ils présentent, seront imités par-tout où les idées de bien public prévaudront sur les calculs d’une fausse prudence. Heureusement aujourd’hui, les méthodes et
- hauteur à la fin de ce mois, et ont donné en juin suivant des fleurs d’un jaune verdâtre,-auxquelles ont succédé des fruits contenant chacun cinquante à soixante graines.
- Ce botaniste, aussi instruit que laborieux, a semé en septembre suivant, une poignée de ces graines dans une grande caisse, sans employer aucun moyen artificiel pour en-accélérer la germination : au bout d’un mois , la majeure partie était levée; d’autres ont succédé, et il espère qu’il en paraîtra encore au printemps prochain. La caisse est toujours restée en plein air sans aucun abri ; le thermomètre est descendu à 4 degrés Réaumur au-dessous de zéro. Les sommités des feuilles de la plus grande partie des deux cents jeunes plantes qu’il a obtenues ont été détruites par le froid ; mais le cœur n’a pas été attaqué : elles ont des feuilles de 2 pouces de long chacune et se portent bien. Il a levé plusieurs de ces plantes pour en examiner la germination , et il a reconnu dans toutes le mode particulier, indiqué page 191 du Bulletin de juillet dernier.
- M. Robert a remis au jardinier que le Muséum d’histoire naturelle envoie au Sénégal, et qui est parti de Toulon le 9 janvier 1824 , des œilletons de phormium, tenax , dans l’espoir qu’ils y réussiront et porteront des graines. Il y g. joint une collection d’arbres de notre pays, tels que jujubiers, oliviers, mûriers, pistachiers, cApriers, vignes, etc.
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- les procédés sont fixés , il n’y a plus qu’à suivre la route qui a été ouverte. Chacun des tableaux publiés dans les Recherches statistiques est un cadre prêt à recevoir également tous les faits déjà observés et tous les résultats à obtenir par la suite.
- L’exactitude, la précision mathématique, sans lesquelles la statistique ne serait qu’une suite de compilations stériles et de fausses déduct ions, doivent présider à la composition de ces sortes de tableaux; c’est aussi le mérite qui caractérise , par-dessus tout, les nouvelles recherches, comme celles qui ont paru en 1821 (1); mais le plan en est beaucoup plus vaste: on y trouve cent quatre tableaux, la plupart très-étendus, et qui ont exigé que le format in~4°. fût substitué au format in-8°. du premier volume. Us roulent sur les matières les plus variées et sont assujettis à la distribution suivante :
- I. Topographie. Description physique et géométrique; état de l’air et des eaux, etc. — IL Population. Mouvement annuel, maisons habitées, éta-blissemens publics, professions, etc. — III. Institutions civiles. Administration, ordre judiciaire, force publique, distribution des secours, instruction, sciences et arts. — IV. Agriculture. Récoltes, habitations rurales, bes^-tiaux, consommation, etc. —V'. Industrie. Manufactures, commerce, arts et métiers. — VI. Finances. Domaine, contributions, revenus. Chaque année, on se propose de publier une série de tableaux analogues, dans chacune de ces six branches capitales.
- Comme ce volume se compose en entier de faits et de résultats positifs,, il est impossible d’en présenter une analyse raisonnée. Tout ce qu’on peut faire est donc de citer un nombre suffisant d’exemples, choisis parmi les résultats publiés, et d’exposer les conséquences générales les plus saillantes: Futilité de ces détails donnera peut-être de l’intérêt à l’énumération un peu longue dans laquelle je vais entrer. C’est un moyen sûr, sinon de satisfaire, du moins d’éveiller la curiosité sur cet ouvrage important. Quant aux généralités sur les avantages de la statistique, c’est un lieu commun dont il serait désormais superflu de s’occuper.
- Le climat et en général l’état physique exerçant par-tout une influence marquée sur la vie et principalement sur ce qui touche à l’existence d’une grande masse d’hommes rassemblés, il importait de réunir en un centre commun les observations de ce genre que l’on fait journellement à l’Observatoire royal de Paris. Toute la première partie du premier chapitre est remplie en conséquence par des détails météorologiques, traités avec le plus grand soin. On publie, entre autres, dix-neuf années d’observations du thermomètre,
- (1) Voyez Bulletin de la Société, -vingtième année, page 307.
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- faites de i8o3 à 1821, plusieurs fois chaque jour, et qui fournissent un élément exact de l’état de la température à Paris. .
- . Il en résulte que le maximum de cette température répond constamment à deux ou trois heures après midi; le minimum, au lever du soleil. Par chaque année, le maximum a lieu du 10 au 29 juillet, et il est de i9°,34 centigrades ; le minimum s’observe du 3 au 22 janvier ; il est de i°,77 : pour les dix-neuf années, la température moyenne, c’est-à-dire la somme des observations équidistantes faites chaque jour, divisées par leur nombre, a été de io°,53. Or, on a reconnu que la moyenne des deux températures extrêmes d’un jour, est sensiblement égale à la moyenne de toutes celles de ce même jour : d’où il suit qu’il suffirait presque d’observer le thermomètre au lever du soleil, et entre deux et trois heures, pour connaître le mouvement de la température. -
- Le vent dominant à Paris est celui du sud-ouest : on ne doit donc pas être surpris que les jours pluvieux ou couverts soient si nombreux chaque année; le nombre s’élève à 164, 185, même 222.
- Voici un aperçu de ce qui regarde l’état des eaux. La Bièvre alimente 102 usines ou établissemens, et dans Paris seul 90, dont la plus célèbre est la manufacture des frères Gobelins, qui lui ont donné leur nom. Bien des habitans de la capitale sont loin de se douter de cette multitude de tanneries, papeteries, foreries, moulins, filatures, brasseries, distilleries, entretenus dans Paris par ce courant d’eau, qui n’est bien connu que des riverains.
- La plupart des habitans des communes rurales sont réduits à boire des eaux de puits, peu salubres en général, ou de sources d’une qualité médiocre : c’est un point qui appelle la sollicitude de l’administration.
- On mesure tous les jours avec soin la hauteur de la Seine au pont de la Tournelle. Quand elle est parvenue à 5 mètres au-dessus du point zéro, le Port-aü-Blé et les Champs-Elysées sont inondés.
- Paris possède 65 fontaines et 124 bornes-fontaines. Chaque habitant consomme par jour 27 litres d’eau l’un dans l’autre. Il en pourra consommer t 17 quand le canal de l’Ourcq sera achevé : or, il faut un pouce en 24 heures à 1000 habitans, c’est-à-dire 19 litres 1953 (t). Ainsi, le canal fini, on aura plus de 6 fois la quantité nécessaire. Le canal de l’Ourcq fournira en tout 4ooo pouces, dont la moitié sera concédée, et l’autre destinée à l’usage de la ville. On regrette que l’établissement si utile des eaux épurées du quai des Célestins ne fournisse encore que 2000 hectolitres, ou seulement la centième partie de la consommation actuelle.
- (1) Un pouce fontainier fait 19 litres 1953, en vingt-quatre heures.
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- Les expériences chimiques ont prouvé que l’eau dé l’Ourcq tient le milieu, pour la pureté, entre l’eau de la Seine et celle d’Arcueil. Les sources de Belleville, des Prés Saint-Gervais et de Ménilmontant sont beaucoup plus chargées de terres et de sels.
- Ce que la Navigation a éprouvé d’amélioration depuis peu d’années est un point très-imporlant pour le commerce de cette grande ville. Il est superflu d’énumérer les bateaux dè toute espèce employés à la navigation de la haute et delà basse Seine, des marchandises chargées dessus, etc. Les canaux sont, après la haute Seine, les voies qui fournissent le plus de bateaux marchands ; après viennent l’Yonne et la Marne. Quand le grand projet de canalisation de la France sera effectué, il existera 528 lieues de plus de canaux utiles à la navigation de la Seine, enjoignant à cette rivière l’Oise, l’Ourcq, l’Aisne, et la Loire-Inférieure.
- La largeur de la Seine, au Jardin du Roi, est de 166 mètres; au Pont-Neuf, 261 mètres; au pont de Louis XYI, 146 mètres. Sa pente moyenne entre les ponts de la Tournelle et de Louis XYI est évaluée à 1 mètre (pour une distance de 23oo mètres). La vitesse par seconde varie de ira,o3 à 1 m,91, suivant que les eaux sont élevées de im,43 à 6m,82 au-dessus du zéro de l’échelle du Pont-Royal. Ce point est à om,58o au-dessus du fond de la Seine.
- En 1658, année où l’on a observé les plus hautes eaux de la Seine, elles marquaient 8m,8o au-dessus du zéro du pont de la Tournelle; et en 1767, année des plus basses eaux, om,2>7 au-dessous du même point, c’est-à-dire qu’il y avait en ce point om,53 d’eau, ou un pied seulement.
- La profondeur moyenne du canal de l’Ourcq est de i™,5o; la vitesse par seconde est d’un pied. Le bassin de la Yillette a 6S2m,i6 de longueur sur 70™, 17 de largeur, ou la cinquième partie de la surface du Jardin des Tuileries. Le fond est élevé de 23™,79 au-dessous du zéro du pont de la Tournelle. Le canal Saint-Denis, qui joint ce point à la basse Seine, a 20m de large, 2m de profondeur et 12 écluses. Pour aller de Paris à Saint-Denis par ce canal, et revenir, il faut 2 jours et une dépense de 178 fr., tandis que, par la rivière, il faut 4 jours ^ et 468 fr. Le commerce économisera ainsi les frais de halage, le salaire des maîtres de pont, et d’autres frais; il profitera sans doute avec empressement d’un avantage aussi considérable. Ce bel ouvrage d’art est fini depuis deux ans et demi.
- Le canal Saint-Martin, commencé depuis peu, jouira d’avantages non moins précieux; il aura même largeur et même profondeur; 10 écluses serviront à franchir la pente de 25m qui existe entre le bassin de la Yillette et la gare de l’Arsenal. . '
- Hauteurs de dijfèreiis points du département de la Seine. Le point le plus
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- élevé est le Mont-Valérien, dont le sommet est à 169™ au-dessus de la mer, et à 1 iom au-dessus du zéro du pont de la Tournelle ; Sceaux est à ioora. Les rues les plus élev,ées de Paris sont celles d’Enfer, à l’Observatoire ( 66m au-dessus du zéro du pont de la Tournelle ), et la butte de l’Estrapade (68m,67). L’abattoir de Rochechouart est le point le plus élevé de tous (7im02); le sol de l’église Sainte-Geneviève est à 64m, et le jardin du Luxembourg à 56. Comme la pureté de l’air est nécessairement relative à ces différentes élévations, toutes choses égales d’ailleurs, il est utile d’en connaître lame-sure. La plate- forme de l’Observatoire est à g5m de hauteur. Paris ( au zéro du pont de la Tournelle) est à 59™ au-dessus du niveau de la mer.
- Le sol le plus bas est celui des Champs-Elysées (38m,93) : aussi est-il couvert par les inondations de la Seine; les endroits les plus bas, ensuite, sont les marais du Temple et de Popincourt, les places de Grève et du palais Bourbon , et les rues du Colombier, des Petites-Ecuries, de Provence, etc. (39™,29 à 39™,58). Ce chapitre se termine par le tableau des distances des principaux lieux de Paris et des environs, à la méridienne et à la perpendiculaire de l’Observatoire. ' ?
- Population. — Trente-trois tableaux sont consacrés à cette matière, qui est traitée avec le plus grand développement, et en raison de son importance. Dix donnent tous les détails du mouvement de la population pendant 1819, autant pour 1820 et pour 1821 ; un autre présente le mouvement pendant un siècle et demi, depuis 1670 jusqu’en 1821; le suivant, pendant un siècle (de 17104 1809), supputé de 20 ans en 20 ans ; le dernier est un tableau des décès, calculé de 5 ans en 5 ans (de 1670 à 1787), et de 20 ans en 20 ans (de 1670 à 1782) : chacun de ces tableaux mériterait qu’on s’y arrêtât spécialement; mais l’espace nous manque pour le faire.
- Il est aisé de voir que l’on a eu pour les cinq années 1817,1818, 1819, 1820 et 1821, des ressources qui avaient manqué jusque-là. L’exactitude et la multiplicité des détails qu’on s’est procurés sont les résultats des soins que M. le préfet a pris à cet égard pendant le cours de son administration. D’après le relevé des actes de l’état civil, on continue de donner, comme l’année précédente, des détails sur les enfans naturels, sur les enfans morts-nés, sur les décès, avec distinction d’âge de sexe et d’état de mariage, les suicides, les morts par accident et par la petite-vérole ; enfin, sur la vaccination gratuite. Rien n’était plus difficile que d’obtenir sur tous ces objets, si importans pour l’économie publique , des notions d’une exactitude précise; peut-être est-ce la première fois qu’elles sont publiées avec cette condition remplie dans toute sa rigueur. Il est si aisé de tirer des conséquences intéressantes de tous les résultats comparés ensemble, que nous laisserons
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- au lecteur le plaisir de faire ces rapprochemens, nous bornant à un petit nombre de renîarques : au reste, plusieurs se trouvent déjà faits dans l’ouvrage même. C’est ainsi qu’on apprend, par une expérience d’un siècle et demi, qu’à Paris, les mois où la mortalité est la plus grande sont constamment ceux de mars et avril, et ceux où elle est la moindre, août et juillet. Le terme moyen est au icr, janvier; les mois de décembre et de juin sont mortifères au même degré. La différence des termes extrêmes est d’environ 5 à i 2.
- Il n’est pas moins curieux de connaître l’époque des moindres naissances et celles de leur maximum. C’est ce que nous apprennent les tableaux du mouvement de la population. Dans les mois de mars et de janvier, il naît le plus d’enfans; juin, novembre et décembre sont ceux où il en naît le moins : d’où l’on peut inférer, avec assez de vraisemblance, que le plus grand nombre de conceptions productives a lieu en juillet et mai, et le moindre, en mars et avril. C’est aussi dans le mois de mai qu’il y a le plus de mariages, et dans les mois de mars et de janvier qu’il y en a le moins.
- Mais un des résultats les plus importans à déduire du grand tableau de la population, de 1670 à 1821, c’est le rapport du nombre des naissances de garçons à celui des naissances de filles; le premier est constamment supérieur au second : la proportion finale pour les soixante-dix-sept dernières années (les seules depuis lesquelles on ait distingué les sexes dans les registres de l’état civil) est de 795,35o à 765,936, à-peu-près de 26 à 25, ou plus exactement 1041 à 1000. A la vérité, ces nombres renferment les enfans-trou-vés, parmi lesquels on compte sans doute moins d’enfans mâles qu’il n’eri naît dans la réalité. En ayant égard à cette circonstance, le rapport deviendrait égal à celui des nombres 22 et 21. A Londres et à Naples, on a fait des observations analogues : le rapport trouvé dans la première de ces villes est de 19 à 18, et dans la seconde de 22 à 21. Ce phénomène, observé en Europei et dont le mystère est impénétrable pour nous, n’existe pas dans l’Orient, du moins généralement; il paraît même que le nombre des naissances de filles excède celui des naissances de garçons en Égypte, en Nubie et dans l’île de Çeylan.
- Quant à la différence dans le même sens, que l’on trouve entre les décès de garçons et ceux de filles, on n’en peut tirer une conséquence aussi exacte. ^ *
- Nous terminerons ce court aperçu du chapitre de la population par quelques rapprochemens.
- Fingt-deuxième année. Décembre i8a5.Y y
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- de 1779 à 1789 de 1789 à 1799 de 1799 à 1809 de 1809 à 1819 Terme moyen des 3o dernières anne'es. , NOMBRE MOYEN, PAR ANNÉE,
- des naissances. des , ; décès. des mariages. des enfaus- trouvés. des enfans ' naturels.
- 19,9Ôi 21,761 20,159 21,799 19,934 22,473 20,601 2 1,233 5,i 58 6,5i3 4,068 5,642 ’ 5,714 4,335 5,o65 » y> 6,646 pour 4 ans. 8,439
- 21,239 21,436 5,4o8 4,492 7,5oo .
- Il-résulte de ce petit tableau : i°. que les naissances, et par conséquent la population, se sont accrues, depuis la grande commotion politique de 1789, à-peu-près dans le rapport de 200 à 212; 20. qu’il est arrivé constamment dans la capitale, sur-tout depuis la révolution, un grand nombre d’étrangers qui y sont morts ; 3°. que le nombre des mariages est augmenté d’un seizième environ depuis trente ans; 4°- que le nombre des enfans-trouvés a diminué de plus d’un quart : d’un autre côté, il paraît que celui des enfans naturels va croissant depuis 1806; mais on est sans données à cet égard pour les années antérieures, parce que les enfans légitimes et les enfans naturels étaient confondus, avant cette époque, sur les registres de l’état civil ; au reste le nombre des enfans naturels reconnus par leurs parens a été d’environ 19 sur 48 en 1819 et 1820, et de 14 sur 48 en 1821. C’est presque deux cinquièmes de moins dans cette dernière année.
- Nous recommandons au lecteur curieux les trois tableaux publiés pour chacune des années 1819, 1820 et 1821, et relatifs aux décès (avec distinction d’âge, de sexe et d’état de mariage), aux morts accidentelles et aux suicides.
- Passons au troisième chapitre, des Secours publics, ie nombre des secours accordés par les bureaux de charité a été, en 1819, de 85,i5o; en 1820, de 86,870 ; celui des admissions dans les hôpitaux ou hospices ( en comptant les enfans-trouvés ) en 181 g, de 77,513 ; en 1820, de8o,o3i. Dix individus de Paris, sur 84 ou 82, ont reçu des secours ; la mortalité moyenne dans les hôpitaux et les hospices, a été de 1 sur 7 environ. La dépense moyenne par individu qu’on y reçoit est de nofr. à ia3 fr. par an.
- Le nombre des femmes indigentes est de plus de moitié en sus des indi-gens du sexe masculin. <
- Un tableau entièrement neuf est celui des prêts faits par le Mont*-de-Piété sur nantissement. On remarque avec surprise, dans le tableau des six années 1816 à 1821, que, chaque année, les déposans ont constamment engagé pour la même somme de 18 millions ou peu s’en faut ; la différence de
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- la moindre somme à la plus forte ne dépasse guère 600,000 francs; mais le retrait des articles déposés n’a été moyennement que de 13,611,277 fr* ’ ce^u^ des renouvellemens, de près de 4 millions. La valeur moyenne d’un prêt en argenterie et bijoux varie de 32 à 43 fr. ; en linge et hardes, de 6 fr. 20 c. à 9 fr. 37 c.
- Le quatrième chapitre renferme quatre tableaux dont l’objet se rapporte à la Police administrative. En 1819, on a compté 271 noyés; en 1820, 270; en 1821, 5jo, etc. Ce nombre est, comme on le voit, renfermé entre des limites rapprochées : le quart a été retiré de l’eau vivant; près de la moitié des individus noyés se sont précipités volontairement.
- Un autre tableau , publié aussi pour la première fois, est celui des incendies. Il renferme l’énumération de i5,32i incendies arrivés dans les 27 années qui ont précédé l’an 1821. Par année, le terme moyen est de 585. On a peine à concevoir un nombre aussi considérable de ces fâcheux accidens : comme il y a 26,801 maisons à Paris et 224,922 ménages, il s’ensuit que, sur 10,000 maisons, il y a eu 217 incendies* et 26 sur 1,000 ménages. Dans ce nombre sont compris les feux de cheminée.
- Nous omettons les tableaux consacrés à 1 ' Agriculture y et qui présentent les récoltes des arrondissemens de Sceaux et de Saint-Denis en 1820 et 1821, pour arriver au sixième chapitre, relatif aux Consommations, lequel se divise en cinq tableaux. Dans le premier, on compare les consommations en tout genre pour 1819, 1820 et 1821 : boissons, comestibles, fourrages, combustibles, matériaux, etc. En 1821, on a consommé 8i3,o66 hectolitres de vin, et 42,784 d’eau-de-vie ; 671,565 têtes de boeufs, vaches, veaux, pores et moutons ; pour 867,984 fr. d’huîtres et près de 12 millions de beurre et d’œufs ; 64,018,996 kilogrammes de sel; 768,299 de tabac; plus de 20 millions de bottes de foin et de paille; plus d’un million de stères de bois et 2 millions d’hectolitres de charbon. On remarque que la consommation du charbon de terre augmente chaque année : elle s’est élevée en 1821 à 563,863 hectolitres; son emploi pour la préparatiou du gaz et dans un grand nombre de machines à feu et d’usines l’augmentera beaucoup encore; et il est à craindre que la dépense croissant plus vite que l’extraction et les arrivages, le prix de cette matière si utile pour les arts ne devienne bientôt trop considérable, à moins que le prix du transport ne vienne à diminuer par l’exécution des projets de navigation intérieure.
- La consommation de la chaux et du plâtre, des briques et des tuiles a presque doublé depuis cinq à six ans : on en est peii surpris quand on sait que chaque année voit s’élever un millier de maisons : aussi voit-on Paris changer d’aspect avec une étonnante rapidité,
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- D’après un relevé fait sur les 21 années qui ont précédé 1821, un habitant dépense o kilogramme 4602$ de pain par jour, et 167 kilogrammes 99par an; un ménage, 1 kilogramme 34303 par jour, et 49° kilogrammes 58445 par an ; la dépense annuelle en pain d’un habitant est de 58 fr. 64 c., et celle d’un ménage, de 171 fr. 21 c.
- Un autre relevé de dix années apprend qu’on a vendu aux marchés de Sceaux, Paris et Poissy, année moyenne, pour 5o millions de francs et plus de bœufs ; pour plus de 12,000,000 fr. de vaches ; pour 5 millions un quart de veaux, et pour près de g millions de moutons : le prix moyen du premier de ces animaux a été de 3oi fr. 91 c.; du deuxième, 179 fr. 09 c.; du troisième, 67 fr. 11 c., et du dernier, 21 fr. 21 c.
- Le chapitre de Y Industrie et du Commerce renferme un grand nombre de tableaux. Celui qui présente les exportations à la douane de Paris en 1819 et 1820 n’est pas le moins curieux; le total s’en est élevé à 47?7145a^4 fr* en 1820 plus d’un million de moins que dans l’année précédente. Dans cette somme entrent pour la plus grande valeur les étoffes et schalls de soie et laine (8 millions) ; les modes, les draps, les merceries, les soieries, les rubans de soie et les plumes, pour 10 millions; les peaux, pour 2 millions et demi; l’horlogerie, pour un million un quart; la porcelaine, pour près de 2 millions; l’orfèvrerie, bijouterie, perles et gemmes fausses, pour près de 5 millions; les meubles et la tabletterie, pour un million un tiers; les glaces, verres et cristaux, pour près d’un million; les batistes et linons, pour urfmillion; la librairie, pour 2 millions et demi. En 1821, l’exportation a diminué de près de 2 millions.
- Paris exporte plus de la moitié des merceries, meubles, modes, gravures , etc., qui sortent de France; les trois quarts des objets d’horlogerie, instrumens, médicamens, métaux ouvrés , orfèvrerie, objets d’art, cartes, gravures, musique, poterie, produits chimiques, étoffes de soie. On peut juger par là de l’étendue du commerce de cette place et de l’importance de son industrie. Sous ce rapport, Paris a complètement changé de face depuis trente ans. Peut-être faut-il regretter que la France 11’ait pas son Liverpool, et que tant de ressources et de lumières restent concentrées sur un seul point, qui absorbe presque tout. L’activité du commerce de Paris est devenue telle, que les primes d’exportation payées au commerce de France, n’ayant guère que décuplé de 1819 à 1821, celles qu’on a payées au commerce de Paris ont plus que centuplé dans le même espace de temps; ces primes portent principalement sur les sucres raffinés et les tissus de coton et de laine» Paris et ses environs possèdent 25 raffineries, dont on évalue le bénéfice net à 1,281,052 fr. : cette fabrication exige l’emploi de 1,680,000 kilo-
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- grammes de charbon animal et i5i,ooo hectolitres de charbon fossile, pour une valeur de près d’un million ; ce qui explique la cherté actuelle de ces matières ; mais on sait que les chimistes s’étudient à en faire baisser le prix.
- Voici des détails moins importans, mais aussi curieux. Paris compte 9761 boutiques destinées à la seule vente des alimens, sans comprendre 5ooo marchands, qui stationnent sur les halles et sur la voie publique. Les seuls marchands de vin sont au nombre de 2333, tandis qu’on ne compte que 56o boulangers, 555 bouchers, 927 traiteurs, 787 cafés. Ainsi lenom-bre des cabarets est plus que quintuple de celui des boulangers, et plus que sextuple de celui des bouchers; il est vrai que ces derniers 11e peuvent dépasser un certain nombre.
- Il serait trop long d’extraire les tableaux relatifs à l’industrie, aux tanneries , à la fabrication des tissus en soie et en laine, aux filatures de coton, à l’horlogerie, aux matières d’or et d’argent, etc., tous construits d’après des données exactes, et publiés ici avec tous les détails nécessaires. Depuis i8i3 jusqu’à 1821,1e nombre des filatures a augmenté de 52 à 67 : or, en t8i3, on pouvait fabriquer 2,270,000 paires de bas, dont le prix courant était alors de 2 fr., et 6,818,000 aunes de tissus, aussi à 2 fr. Aujourd’hui l’emploi des machines a diminué ces prix d’un tiers. On estime que i5,ooo ouvriers de tout âge et de tout sexe sont occupés aux filatures.
- Sept à huit mille s’occupent du travail des matières d’or et d’argent; en 1819 on a recensé, en France, 6 millions de pièces représentant une valeur de 64,000,000 de francs; on estime que l’or manufacturé en France en 1819, forme les 38 centièmes de l’or versé annuellement en Europe.
- Année commune, on vend à Paris 120,000 montres et i5,ooo pendules; environ pour 20 millions : le bénéfice net est de 3 millions et demi. Les bronzes dorés vont à 5 millions un quart.
- Chaque année, 35 à 4° mille chevaux ou mulets sont mis en vente au marché; le prix moyen d’un cheval est de i65 fr. 62 c. Paris compte 12,800 chevaux appartenant aux particuliers, et 3,5oo aux corps militaires.
- On compte à Paris 680 presses en activité, et 3 à 4 mille ouvriers d’imprimerie : on a calculé que sur 100 ouvrages publiés, 68 regardent les belles-lettres, l’histoire ou la politique; 20, les sciences et les arts, et 12, la théologie ou la jurisprudence. Le prix d’une feuille d’impression, tirée à mille exemplaires, papier compris , est évalué, terme moyen , à 62 fr. ; on emploie par an 556 mille rames de papier, etc.
- Il nous reste à passer en revue les tableaux qui concernent les finances. Le tableau des ventes mobilières faites à Paris, dans les dix années qui ont précédé 1822, présente des résultats curieux et absolument neufs; il a dû
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- coûter des recherches infinies. L’exactitude avec laquelle il a été dressé ne laisse aucun doute sur les résultats qui suivent : i°. le montant moyen annuel des ventes est de 8,821,168 fr. ; 20, les quatre dixièmes des ventes sont volontaires, c’est à-peu-près le même nomhre que celui des ventes après décès : le reste a lieu au Mont-de-Piété, par autorité de justice ou par déshérence; 3°, les livres et les objets d’art (tableaux* gravures, bronzes, etc.) entrent pour les deux quinzièmes des objets vendus (1,179,576 fr.), sans parler du Mont-de-Piété, où il s’en vend beaucoup; le reste se compose des meubles, pour sept dixièmes et des fonds de commerce pour trois centièmes ; 4°. la perte que l’on éprouve en revendant des objets non usés s’élève au tiers (\u prix d’achat ; 5°. le montant d’un mobilier moyen équivaut ordinairement à une année du revenu de son possesseur (à l’exclusion des grandes collections de livres et d’objets de sciences et arts).
- Il y a long-temps que les économistes demandent la réduction du droit d’enregistrement sur les mutations et toutes les espèces d’actes, afin de multiplier les transactions et la circulation des valeurs; mais il est à croire que tant que les droits actuels produiront en six ans 72,186,637 fr., comme il en a été de 1816 à 1820, c’est-à-dire plus de 12 millions par an, le fisc n’en rabattra rien. Croirait-on que dans ces six années le nombre des actes enregistrés et des droits perçus monte à près de 4 millions ? C’est plus de 2,100 fr. par jour : quel mouvement, quelle activité ne suppose pas cette immense quantité d’affaires !
- Le montant des créances inscrites au bureau des hypothèques et du prix des ventes est, année moyenne, de plus de i33 millions.
- fJn autre tableau très-intéressant est celui du timbre, en voici les résultats généraux : année commune, le timbre sur les effets de commerce (principal et amendes) monte à environ 1,200,000 francs; sur le papier blanc , 1,800,000 fr.; journaux, musique, affiches, annonces, passeports, etc., 1 million et demi, en tout 4 millions et demi. On remarque que le nombre des passeports, de 1815 à 1820, a descendu de 4°5<>oo à 3o,ooo; au contraire, les journaux produisent près de moitié en sus, et les annonces presque le double. . '
- Les Contributions indirectes rapportent plus de 19 millions, année moyenne : en 1821, le produit a été égal à une fois et demie celui de 1816 et de 1817 : les boissons y entrent pour 8 millions et demi; les huiles pour 1 million; les tabacs pour 5 millions un quart ; les voitures publiques pour i,4oo,ooofr.; les cartes seules produisent 127,000 fr.
- A propos des Jeux de hasard, il faut citer la loterie, ce gouffre hideux qui dévore de plus en plus la substance du peuple. En i8i6, les joueurs
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- n’ont guère versé que 19 millions; mais en 1820, pins (le 29 : ils ont, à la vérité, retiré 6 millions de plus : au total, dans ces cinq années, ils ont perdu 32,194,000 francs : c’est la fortune de quatre ou cinq milles familles.
- La Poste aux lettres perçoit annuellement, à Paris seulement, 4 millions un quart environ. C’est toujours en janvier qu’a lieu le maximum des recettes. Chaque jour produit, l’un dans l’autre, i3 mille francs : tous les jours on jette dans les boîtes 38,000 lettres (dont 10,000 pour la petite poste) et 35,ooo feuilles périodiques et prospectus. On met au rebut, chaque année, 144 mille paquets.
- Contributions directes. D’après un relevé fait sur les quatorze années antérieures a 1822, elles montaient, avant i8i5, à 22 millions environ par an| aujourd’hui elles s’élèvent à 28 millions : les patentes ont monté de 4 millions à 5 ; les portes et fenêtres, de i,3oo,ooo fr. à 2 millions (ce qui vient des nombreuses maisons bâties depuis sept ans) , et la contribution foncière, de 11 millions et demi à près de 14, pour le même motif; mais cet effet remonte plus haut : c’est ce qu’éclaircit bien le tableau du rôle foncier dressé pour 1806, et composé avec un soin tout particulier. Les résultats sont énoncés au bas du tableau même; en voici quelques-uns : i°. on compte 26,801 maisons et 920,238 portes et fenêtres, ou 34 un tiers par maison ; 20. en quinze ans, le nombre des constructions s’est accru d’un quarantième, ou deux fois un tiers la masse des bâtimens de l’ile Saint-Louis, prise pour objet de comparaison ; 3°. la durée moyenne d’une maison , à Paris, est de trois cent dix ans et demi, résultat qui peut-être est .modifié par les circonstances provenant du fait de l’Administration.
- A Paris, le montant total des locations est de 5q millions et demi de fr. Le prix moyen du loyer d’un habitant, en général, est de 89 fr. 37 c.; celui d’un patenté, de 768 fr. 47 c. Par chaque maison, il y a 8,13 locations; leur valeur moyenne est de 289 fr. 6 c.; enfin le revenu moyen d’une maison est de 2,35o fr. j 2 c.
- De i8i5 à 1821 l’octroi de Paris s’est élevé de 18 millions à 26, somme brute; un dixième du produit net appartient au Trésor. Il reste à la ville environ 12 millions net.
- Si Paris attire à lui la plus grande partie du commerce, il procure aussi à l'État des sommes considérables. Le dixième à-peu-près des sommes versées au Trésor par la France entière est acquitté par la seule ville de Paris (8i,423,366 fr. année commune) ; dans celte somme les domaines entrent pour 20 centièmes-; lés douanes en fournissent 2; les contributions indirectes, 24; la poste 5 ; la loterie, 8; les contributions directes, 34, et les jeux, 7. Chaque habitant, l’un dans l’autre, paie par tête 114 fr., tandis qu’un Français, en général, ne paie que 27 fr. 61 c. On paie donc ici à l’Etat
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- quatre fois autant- que si l’on résidait ailleurs. Ce rapprochement nous apprend encore que l’habitant de Paris contribue au bénéfice que fait l’État sur la loterie , pour une somme dix-huit fois plus forte qu’un autre habitant du royaume.
- Telle est la substance des io4 tableaux statistiques dont nous devons la publication aux soins de M. le comte de Chabrol. Pour ajouter à cet impcu> tant travail un intérêt de plus, ce magistrat a permis que l’on publiât à la suite son rapport au Conseil général sur le grand projet des alignemens c’est un point qui intéresse la salubrité publique autant que l’embellisse^ ment de Paris. Il a ses difficultés, et la moindre n’est pas le temps considérable que doit exiger cette opération. Il faut remonter à Sully pour trouver l’origine de la grande voirie, établissement auquel appartient la surveillance de cette opération. En 1783, la législation devint fixe; il fut réglé que les rues nouvelles n’auraient pas moins de 3o pieds de large, et que les anciennes seraient élargies successivement; ensuite l’alignement général fut ordonné et commencé au Ministère de l’intérieur. C’est ce travail qui, bien qu’incomplet, sert aujourd’hui de règle aux alignemens particuliers récla-més par les propriétaires. M. le préfet de la Seine, de son côté, a calculé que, par le projet général, 5o6,ooo mètres carrés seraient ajoutés à la voie publique. Or, en suivant la marche actuelle, il faudrait bien des siècles, car par année on n’agrandit la voie publique que de 5oo mètres. Il faut donc se borner d’abord au travail le plus nécessaire et le plus urgent; savoir, celui qui a pour objet l’élargissement des grandes communications principales, ou qui est prescrit par la sûreté et la salubrité publiques, ou enfin qui doit contribuer à l’embellissement delà ville. Le montant des indemnités pour les alignemens des deux premières classes monte à 43 millions. Le mémoire explique les divers moyens par lesquels on pourrait bâter ce travail , de manière à l’achever en quarante années seulement. Ensuite on expose le projet d’établissement des trottoirs dans les principales rues de Paris, objet des vœux d’une foule d’habitans, et dont l’utilité est si bien démontrée par l’expérience des villes d’Angleterre, d’Allemagne et d’Italie: on présente, à cet égard, des moyens d’exécution parfaitement appropriés à l’entreprise. Ce mémoire est un modèle pour la clarté autant que pour la justesse des vues.
- J’ai l’honneur de proposer au Conseil de faire connaître, par la voie du Bulletin de la Société, un ouvrage aussi important sous le rapport de l’inr dustrie et du commerce, et d’ordonner l’impression du présent rapport.
- Adopté en séance, le 24 décembre 1823. Signé Jomard, rapporteur.
- CORRESPONDANCE.
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- CORRESPONDANCE.
- Circulaire adressée par Son Exc. le Ministre de Vintérieur à MM. les Préfets, en leur envoyant les programmes des prix proposés par la Société d’Encouragement.
- Paris, le 19 décembre 1823.
- Monsieur ïe Préfet,
- Vous venez de recevoir du département de l’intérieur un certain nombre d’exemplaires des programmes des prix que la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale doit décerner en 1824, 1825 et i83o. Ces prix , dont la somme totale s’élève à 77,800 francs, sont au nombre de vingt-neuf; vingt et un sont proposés pour 1824, sept pour 1825, un pour i83o, et parmi eux on en compte quatre de 6,000 fr. chacun, un de 5,000 fr., un de 4,000, quatre de 3,000 et dix de 2,000 à 2,700 fr.
- A plusieurs exemplaires des programmes dont il s’agit, on a joint le tableau énonciatif des sujets mis au concours, et qui est destiné à être affiché, tant au chef-lieu de votre préfecture, qu’à ceux des sous-préfectures qui en dépendent.
- Vous jugerez, Monsieur le Préfet, par l’importance des prix proposés et par celle dés problèmes dont ils tendent à procurer la solution, combien il importe de leur donner la plus grande publicité possible : aussi je vous recommande d’employer, à cet effet, les moyens dont vous vous êtes servi pour répandre la connaissance des programmes antérieurs de la Société d’Encouragement, et que mes prédécesseurs ont indiqués dans diverses circulaires, au contenu desquelles je dois me référer.
- Recevez, Monsieur le Préfet, l’assurance de ma considération la plus distinguée,
- ]Le Ministre secrétaire d’état de Vintérieur,
- Signé Corbière,
- ORDONNANCES ROYALES,
- Ordonnance concernant les mesures de précaution à observer dans P emploi des machines à vapeur à haute pression.
- Du 29 octobre 1S23,
- Louis, par la grâce de Dieu, etc.
- Article Ier. Les machines à vapeur à haute pression, ou celles dans lesquelles la force élastique de la vapeur fait équilibre à plus de deux atmo-Vingt-deuxi'eme année. Décembre 1823. Zz
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- sphères, lors même qu’elles brûleraient complètement leur fumée, ne pourront être établies qu’en vertu d’une autorisation obtenue conformément au décret du 15 novembre 1810, pour les établissemens de deuxième classe (1).
- Elles seront en outre soumises aux conditions de sûreté suivantes :
- Elles ne pourront dépasser le degré de pression déclaré par eux.
- La pression sera évaluée en unités d’atmosphères, ou en kilogrammes, par centimètre carré de surface exposé à la pression de la vapeur.
- Art. 2. Lors de la demande en autorisation, les chefs d’établissement seront tenus de déclarer a quel degré de pression habituelle leurs machines devront agir. ; '
- Art. 3. Les chaudières des machines à haute pression ne pourront être mises dans le commerce, ni employées dans un établissement, sans que préalablement leur force ait été soumise à l’épreuve de la presse hydraulique. *
- Toute chaudière devra subir une pression d’épreuve cinq fois plus forte que celle qu’elle est appelée à supporter dans l’exercice habituel de la machine à laquelle elle est destinée. >
- Après l’épreuve et pour en constater le résultat, chaque chaudière sera frappée d’une marque indiquant, en chiffres, le degré de pression pour lequel elle aura été construite.
- Les chefs d’établissement ne pourront faire emploi d’une chaudière qu’autant qu’elle sera marquée d’un chiffre indiquant au moins une force égale au degré de pression annoncé dans leur déclaration.
- Art. 4* Il sera adapté deux soupapes, une à chaque extrémité de la partie supérieure de chaque chaudière. Leur dimension et leur charge seront égales, et devront être réglées tant sur la grandeur de la chaudière que sur le degré de pression porté sur son numéro de marque, de telle sorte, toutefois, que le jeu d’une seule des soupapes suffise au dégagement de la vapeur, dans le cas où elle acquerrait une trop grande tension.
- La première soupape restera à la disposition de l’ouvrier qui dirige le chauffage ou le jeu de la machine. . .
- La seconde soupape devra être hors de son atteinte et recouverte d’une grille dont la clef restera à la disposition du chef de l’établissement.
- Art. 5. Il sera en outre adapté à la partie supérieure de chaque chaudière deux rondelles métalliques, fusibles aux degrés ci-après déterminés.
- La première, d’un diamètre au moins égal à celui d’une des soupapes sera faite en métal dont l’alliage soit de nature à se fondre ou à se ramollir suffisamment pour s’ouvrir à un degré de chaleur supérieur de dix degrés
- . (0 Voyez ce Idécrétj Bulletin de la Société , treizième année ? page 67. . >
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- centigrades, au degré de chaleur représenté par la marque que doit porter la chaudière.
- La seconde, d’un diamètre double de celui ci-dessus, sera placée près de la soupape de sûreté et enfermée sous la même grille. Elle sera faite en métal dont l’alliage soit de nature à se fondre ou à se ramollir suffisamment pour s’ouvrir à un degré de chaleur supérieur de vingt degrés centigrades à celui que représente la marque de la chaudière.
- Ces rondelles seront timbrées d’une marque annonçant en chiffres le degré de chaleur auquel elles sont fusibles.
- Art. 6. Une chaudière ne pourra être placée que dans un local d’une dimension au moins égale à vingt-sept fois son cube.
- Ce local devra être éclairé, au moins sur deux de ses côtés, par de larges baies de croisées, fermées de châssis légers et ouvrant en dehors. Il ne pourra être contigu aux murs mitoyens avec les maisons voisines, et devra toujours être séparé, à la distance de deux mètres, par un mur d’un mètre d’épaisseur au moins. U devra aussi être séparé par un mur de même épaisseur de tout atelier intérieur. Il ne pourra exister d’habitation ni d’atelier au-dessus de ce local.
- Art. 7. Les ingénieurs des mines, dans les départemens où ils sont eu résidence, et à leur défaut les ingénieurs des ponts et chaussées, seront chargés de surveiller les épreuves des chaudières et des rondelles métalliques. Us les frapperont des marques dont les timbres leur seront remis à cet effet.
- Lesdits ingénieurs s’assureront dans leurs tournées, au moins une fois par an, que toutes les conditions prescrites sont rigoureusement observées. Ils visiteront les chaudières, constateront leur état et provoqueront la réformé de celles que le long usage ou une détérioration accidentelle leur ferait regarder comme dangereuses.
- Les autorités chargées de la police locale exerceront une surveillance habituelle sur les établissemens pourvus de machines à haute pression.
- En cas de contravention aux dispositions de la présente ordonnance, les chefs d’établissement pourront encourir l’interdiction de leur établissement, sans préjudice des peines, dommages et intérêts qui seraient prononcés par les tribunaux. 1 • ' ’ ' '
- Art. 8. Notre Ministre secrétaire d’état au département de l’intérieur fera publier une instruction sur les mesures de précautions habituelles à observer dans l’emploi des machines à haute pression. Cette instruction sera affichée dans l’enceinte des ateliers.
- Z z 2
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- Ouvrages offerts à la Société pendant Vannée 1823,.
- De Vinfluence des Sociétés littéraires, savantes et agricoles sur la prospérité publique; par M. le baron Bigot de Moro gués. 1 vol. in-8°.
- Mémoire sur Vutilité d’un corps permanent d’ingénieurs agricoles et manufacturiers; par le même.
- Traité complet sur l’art de la distillation ; par M. Dubrunfaut, de Lille. 1 vol. in-8°.
- Mémoire sur la saccharification des fécules ; par le même.
- Instruction sur la manière de faire commodément et à peu de frais les expériences et les observations d’agriculture; par M. Herpin, de Metz.
- Récréations chimiques ; par le même. 3 vol. in-8°.
- _ Manuel du dentiste ; par M. Maury. 1 vol.
- Traité de la poudre la plus convenable aux armes à piston; par M. Ver-gnaud aîné, à Orléans. * 5
- Mémoire sur les procédés les plus convenables pour remplacer le cuivre par le bronze dans la fabrication des médailles ; par M. Puymaurin fils, directeur-adjoint de la Monnaie des médailles.
- Mémoires de la Société de Lisbonne.
- Mémoire sur l’éducation des vers à soie ; par M. Bonafous. 1 vol.
- Rapport fait à la Société d’agriculture de Lyon sur les établissemens formés par M. Poidebard, à Saint-Alban, pour l’éducation des vers à soie.
- Compte rendu des travaux de la Société d’agriculture de Lyon pendant l’année 1822; par M. Grognier. 1 vol. in-8°.
- Nouveau Dictionnaire des termes de marine ; par M. le vice-amiral fVillau-mez. 1 vol. in-8°. avec planches.
- Technical Repository; journal rédigé par M. Th. GUI. 1 vol. in-8°. avec planches (en anglais).
- Dictionnaire technologique, par MM. Francœur; Payen et autres; 3e. et 4e. volumes. In-8°. avec planches.
- État actuel des carrières de marbre de France; par M. Hêricart de Thury,
- Horace et l’empereur Auguste; par M. Eusèbe Salverte. c vol. in-8°.
- Notice sur la vie et les ouvrages de M. Cadet de Gassicourt; par le même.
- Voyage en Espagne ; par M. Jaubert de Passa. 3 vol. in-8°.
- Sur la télégraphie universelle de jour et de nuit, sur terre et sur mer; par M. le baron de Saint-Haouen.
- Notice sur la culture de /’érable negundo; par M. Bentzien.
- Sur l’emploi des aimans dans les maladies nerveuses; par M. Regnier. ,
- Manuel du dessinateur lithographe; par M. Engelman..
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- Chimie appliquée à V agriculture ; par M. le comte CTiaptal. 2 vol. in-8°.
- Recherches statistiques sur la ville de Paris et le département de la Seine. 1 vol. in-4°.
- Mémoire sur de nouveaux essais minéralogiques; par M. Le Baillif.
- Description des machines et procédés spécifiés dans les brevets d'invention dont la durée est expirée; par M. Christian. 5e. vol. in-4°-, avec planches.
- Cours de teinture appliquée aux manufactures ; par M. Vitalis. 1 vol. in-8°.
- L’auteur, qui a rendu des services importans à l’industrie du département de la Seine-Inférieure, et en particulier à la ville de Rouen, a consigné dans cet ouvrage le résultat d’une longue expérience. Il commence par poser des principes généraux de chimie; il en fait ensuite l’application à l’art de la teinture, décrit les matières tinctoriales, et entre dans le détail des procédés, qui sont en grand nombre, et présentés avec beaucoup de clarté. Ce recueil ne contient point de découvertes particulières à M. Vitalis; on n’y trouve de son propre fonds que de légers perfectionnemens ; néanmoins, rien d’aussi marquant n’a paru sur la pratique de la teinture, depuis l’ouvrage de Berthollet.
- Recueil de machines et instrumens qui servent à Téconomie rurale, dessinés et gravés par M. Leblanc. Huitième livraison, in-folio oblong, composée de six planches. Paris, chez madame Huzard. Prix de chacune, 6 fr.
- Le succès de cette intéressante collection se soutient. Elle le doit au choix bien entendu des instrumens aratoires, qui tous sont déjà en usage ; à la correction du dessin et à l’exécution soignée des gravures. La réputation que M. Leblanc s’est acquise dans ce genre de travaux nous dispense de tout éloge. Il nous suffit de dire que les planches de la livraison que nous annonçons, ne sont pas moins bien exécutées que celles des livraisons précédentes.
- Elles représentent, i?. un tarare ou machine à vanner et cribler les grains, construit par M. Gravier; 20. les détails de cette machine; 3°. un hache-paille à tambour et à lame en hélice ; 4°- détails de ce hache-paille; 5°. Un semoir mécanique à cheval de M. HiU: 6°. une pompe anglaise qui est à-la-fois aspirante et foulante et élève l’eau à toute hauteur.
- Nouvel essai sur les irrigations des prairies; par M. Léorier. 1 vol. in-8°., avec planches.
- Notice sur les oliviers frappés de la gelée; par M. Raibaud-Lange.
- Catalogue des plantes rares, cultivées [et multipliées dans le jardin de Fromont, près Paris.
- Le jardin de Fromont, situé commune de Ris, à six lieues de Paris, sur la route de Fontainebleau, est d’une étendue de i5o arpens. Le mouvement général du terrain présente une pente rapide vers le nord,
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- depuis la grande route jusqu’à la Seine. Il est arrosé par quelques sources placées à la partie supérieure, et suffisantes aux cultures. M. Soulange-Bodin, propriétaire de ce domaine, a su tirer un parti fort avantageux des eaux, en les distribuant de la manière la plus ingénieuse, par des rigoles et des tuyaux, dans toutes les directions du terrain, ou en les rassemblant en nappes d’un volume considérable ; des robinets placés aux embranchemens des tuyaux, fournissent une quantité d’eau telle que l’emploi des arrosoirs devient presque inutile.
- Les plantations sont belles et nombreuses ; elles existent depuis vingt ans : le propriétaire n’a épargné ni peines hidépenses pour les augmenter chaque année. Tous les massifs ont été originairement des pépinières, dont la ligne extérieure avait été tracée pour concourir à un dessin général, et dont la surface avait été couverte de groupes irréguliers d’arbres et d’arbrisseaux de toute espèce, dans la vue d’obtenir, un jour, par le mélange ou l’opposition des formes, des couleurs et des tons, des effets pittoresques calculés d’avance. , ^ ; . .
- Quand ces grandes masses ont commencé d’ombrager un terrain autrefois absolument nu, et que, par leur élévation, elles ont déterminé des expositions variées et formé de bons abris, le propriétaire a profité de ces expositions et de cêst abris pour la culture de plantes plus délicates. De grands encaissemens de terre de bruyère ont été formés à l’appui et au nord des massifs. Là, plus de 2,000 espèces de plantes rares et précieuses de toutes les parties du monde, et principalement des rhododendron> des ca-mellia, des magnolia, sont cultivées avec un soin extrême et sur une échelle dont on comprendra l’étendue quand on saura que ces encaissemens présentent plus d’un arpent de superficie.
- Un objet plus digne de remarque encore, et qui excite l’attention des nombreux amateurs qui visitent le jardin de Fromont, c’est le nombre, l’étèndue et l’ingénieuse' distribution des serres chaudes et tempérées. On fait sous ces abris vitrés une promenade de mille pieds, presque sans in^ terruption. Là , tous les moyens de propagation sont employés avec une méthode et observés avec un soin qui annoncent à-la-fois un praticien instruit et un àmateur distingué dé la botanique. Nous avons remarqué surtout une serre à boutures, dans laquelle on a commencé quelques expériences sur la greffe des végétaux précieux. Le nombre des plantes réunies dans cette enceinte s’accroît journellement de tout ce que l’étranger offre de plus intéressant et de plus nouveau ; et ce n’est point pour le seul plaisir des yeux qu’elles y* sont introduites, c’é^t pour y être aussitôt assujetties à des procédés tendant *à accélérer leur multiplication. Toutes ces plantes sont livrées aux consommateurs à'des ^iri^ extrêmement modiqüesV
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- ( '355 y
- Liste des Membres de la Société admis pendant
- Vannée
- MM.
- Agasse, notaire, place Dauphine, n°. 23 , à Paris.
- Auviiy (Léon), docteur en médecine, rue du Bac, n°. 8y, à Paris.
- Barbot, ingénieur des Ponts et Chaussées, rue du Bac, n°. 69, à Paris.
- Baume , propriétaire , rue Notre-Dame-des-Victoires , n°. 32, à Paris.
- de Beauchefne (Arthur-Dubois), rue Saint-Dominique , n°. ç5, à Paris.
- Beaudoin , entrepreneur des travaux de peintures et de décors, rue du Faubourg-Poissonnière , n°. 34, à Paris.
- Bellanger fils, directeur de la fabrique de draps de Valençay (Indre).
- Benner, mécanicien à Guebwiller (Haut-Rhin).
- Benoit , ingénieur pour les mines , manufactures et machines, rue du Four-Saint-Germain , n°. 37, à Paris.
- de Bernardière (Achille), fabricant de chapeaux et de fleurs en baleine, boulevart Saint-Martin, n°. 8, à Paris.
- Biot, chevalier de l’Ordre du Roi, membre de l’Académie des Sciences, au Collège de France, à Paris.
- Bonnard , fabricant de peignes de tisserand, à Lyon. '
- Bonviê, propriétaire àlaVoivre, près Vau-couleurs ( Meuse ).
- Boscheron Saint-Ange, propriétaire, rue du Faubourg-Poissonnière, n°. 3o, à Paris.
- BoularD fils, ^ , notaire, maire du XIe. arrondissement, rue des Petits-Augustins , ,n°. 21, à Paris.
- Bourdon frères, meuniers, à Saint-Laurent, près Mâcon (Saône-et-Loire).
- Madame veuve Bouvard et fils, fabricans de tissus de soie, à Lyon.
- Breidt , propriétaire de filatures, rue de la Paix , n°. 1, à Paris. .
- Brué, ingénieur-géographe de S. A. R. Monsieur, rue des Maçons-Sorbonne, n°. 9 , à Paris.
- l823,
- MM.
- Bunten, ingénieur en instrumens de physique, quai Lepelletier, n°. 26 , à Paris.
- Madame veuve de Buyer, propriétaire de forges, à La Chaudeau, près Luxeuil (Haute-Saône).
- Cabasse (Joseph) j fabricant, rue Saint-Martin, n°. 126, à Paris.
- Caillard,, , ancien chargé d’affaires de France, rue Saint-Louis, n°. 10, au Marais, à Paris.
- Calla fils, ingénieur - mécanicien, rue du Faubourg-Poissonnière , n°. 93 , à Paris.
- Canuet, docteur en médecine, grande rue de Chaillot, n°. 10 , à Paris.
- Chartron (Etienne), filateur de soie, à Saint-Vallier (Drôme).
- Chayaux, fabricant de draps, à Sedan (Ardennes).
- Chevalier, propriétaire, ruedel’Odéon,n°. 3/j, à Paris.
- Coste, rédacteur des Tablettes universelles, rue Rameau, ri°. 8, à Paris.
- Cottenet, architecte, à Vitry (Marne).
- Chamaille (Guillaume-Jean), propriétaire, rue de Provence, n°. 9, à Paris.
- Cunin-Gridaine et compagnie, fabricans de draps, à Sedan.
- Dannet, fabricant de draps, à Beaumont-le-Roger (Eure).
- Daubuisson , , ingénieur en chef des mines,
- secrétaire de l’Académie , à Toulouse.
- Davrainville , facteur d’instrumens de musique , rue Basse-du-Rempart, n°. 14 j à Paris.
- Denière , fabricant de bronzes, rue d’Orléans, n°. 9, au Marais, à Paris.
- Denimal, fabricant de tissus métalliques, à Valenciennes (Nord).
- Despous, receveur général du département de l’Hérault, à Montpellier.
- Drapier fils, ingénieur des Ponts et Chaussées, à Rouen.
- Dubin, propriétaire, vieille rue du/Tempie, n°. 83, à Paris.
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- MM.
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- Dubourg (le colonel), rue de Grenelle-Saint-Honoré , n°. 8, à Paris.
- Dumont, employé à la manufacture de glaces, à Saint-Gobain (Aisne).
- Durrieu, négociant, rue de la Chaussée d’An-tin , n°. 28, à Paris.
- Eck. (Daniel), fabricant de toiles peintes, à Cernay (Haut-Rhin).
- Farcot, mécanicien, rue Neuve-Sainte-Gene-•viève j n°. 22 , à Paris.
- Fargeon, parfumeur du Roi, rue Saint-Honoré , n°. 319, à Paris.
- Fion, jardinier-fleuriste, rue des Trois-Cou-rormes, n°. 14, à Paris.
- Flon, pharmacien, rue Taibout, n°. 3o (bis), à Paris,
- Fonderies de Vaucluse ( le directeur des).
- Fonderie de cuivre de Romilly (Eure) (les propriétaires de la ), rue Saint-Méry, n°. 12, à Paris.
- Fournel , fabricant de schalls de cachemire, rue Neuve-Saint-Eustache, n°. 7, à Paris,
- Frisard, horloger, à Rouen.
- de Gargan , ingénieur des mines, à Metz.
- G'arnier-Deschênes , propriétaire, quai Voltaire , n°. 21 , à Paris.
- Gaultier de Claubry, membre du Conseil de salubrité , rue Servandoni, n°. 28, à Paris.
- Gensoul (Ferdinand) , ^ , filateur de soie, à, Lyon.
- Gerdret fils aîné, fabricant de draps, àLouviers.
- Gerdret (Anatole), fabricant de draps, à Lou-viers.
- Girod , de la Louisiane , propriétaire, rue Neuve-des-Bons-Enfans , hôtel de Hollande, à Paris.
- Grangeret , coutelier, rue des Saints-Pères, n°. 45, à Paris.
- Gréau , ^ , ancien officier d’artillerie, fabricant de tissus , à Troyes.
- Greimes , professeur de chimie , à Brest.
- de Grieu (le comte), membre de plusieurs sociétés savantes, à Privas (Ardèche).
- Griolet, manufacturier, à Sommières (Gard).
- Gueniveau, ingénieur des mines, professeur
- MM.
- de minéralogie à l’Ecole des mines, rue de l’Odéon, n°. 34, à Paris.
- Guérard de la Quesnière, propriétaire, à Rouen.
- Guibal (Anne-Véaute),^, fabricant de draps, à Castres (Tarn).
- Hache Bourgeois, fabricant de cardes , à Lou-> viers.
- Hall, fabricant de faïence, à Gien (Loiret).
- d’Harcourt (le vicomte Emmanuel) , place du palais Bourbon, n°. 89 , à Paris.
- Héard de Boissimon (Charles), juge de paix, à Noyant, par Baugé (Maine-et-Loire).
- Herbin et Maréchal , fabricans de cire à cacheter et d’encre, rue de la Verrerie, n°. 52, à Paris.
- Inspecteur (!’) de la manufacture d’armes de Charleville (Ardennes).
- Inspecteur (1’) de la manufacture d’armes de Châtellerault (Vienne).
- Inspecteur ( 1’ ) de la manufacture d’armes blanches de Klingenthal (Bas-Rbin),
- Inspecteur (1’) de la manufacture d’armes de Maubeuge (Nord).
- Inspecteur (P) de la manufacture d’armes de Mutzig (Bas-Rhin).
- Inspecteur (1’) de la manufacture d’armes de Saint-Etienne (Loire).
- Inspecteur (1’) de la manufacture d’armes de Tulle (Corrèze).
- Isambert, inspecteur des manufactures de la guerre, rue Neuve-Saint-Eustache, n°. 7, à Paris.
- Jametel , commissionnaire-facteur à la Halle de Paris, pilier des potiers d’étain, n°, 32.
- Jourdain, fabricant de schalls, place des Victoires , n°. 6, à Paris.
- Koechlin (Joseph), mécanicien, rue des Jeûneurs , n°. 8, à Paris.
- Lagrenée (Charles), propriétaire, rue de Richelieu, n°* 18 , à Paris.
- Lefranc, joaillier de S. A. R. Monseigneur le duc d’Orléans, rue Taitbout, n°. 3o, à Paris.
- Leroy (Théodore), horloger, Palais-Royal, n°. 114 } à Paris.
- Malapeau , peintre , inventeur du procédé |i-
- thoçhromique,
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-
-
- ( 357 )
- MM.
- thochromique , quai Malaquais , n°. 7, à Paris.
- Maury , dentiste, rue de Richelieu , n°. 46, à Paris.
- Montebello (le duc de) , pair de France, rue de Yarennes, n°. 27, à Paris.
- Neuling , manufacturier, rue de Richelieu, hôtel des Princes, à Paris.
- de Noailles ( le comte Alexis), ministre d’Etat, place du palais Bourbon, n°. ç5, à Paris.
- Noël (Charles), mécanicien , rue de Louvois, n°. 2, à Paris.
- S, A. R. Monseigneur le duc d’Orléans , au Palais-Royal, à Paris.
- Pagezy (Jules), manufacturier, à Montpellier (Hérault).
- Pape, facteur de pianos, Cour des Fontaines,
- , à Paris.
- de Perey, directeur général des fonderies de Vaucluse.
- de Perrault de Jotemps (le vicomte), ancien officier de marine ^ directeur de l’établissement de Naz , arrondissement de Gex (Ain).
- Perrelet, horloger, rue du Bac, n°. 4° > à Paris.
- Petiot-Groffier, propriétaire, à Châlons-sur-Saône (Saône-et-Loire).
- Picquet, mécanicien, rue desTrois-Couronnes,, n°. 3o , à Paris.
- de Plancy, propriétaire, rue des Filles-Saint-Thomas , n°. 1 r, à Paris.
- Pluvinet (Charles), fabricant de produits chimiques , rue des Jeûneurs, n°. 4, à Paris.
- Poupart (Abraham) de la Moncelle, fabricant de draps, à Sedan.
- Quesné, membre du Conseil général des manufactures, fabricant de draps, à Elbeuf (Eure).
- Raibaud-Lange , correspondant du Conseil d’agriculture, à Paillerols-les-Mées, par Sis-teron (Basses-Alpes).
- Rapin (Maurice), négociant, à Orléans.
- Raymond fils, manufacturier, à Saint-Vallier (Drôme).
- Regnard, dentiste, rue Dauphine, n°. 32, à Paris.
- MM.
- Rémond, fabricant de limes, à Versailles.
- de la Renaudière, négociant, rue du Mouton, n°. 5, à Paris.
- Rey, fabricant de schalls de cachemire,
- rue Sainte-Apolline, n°. i3, à Paris.
- Risler-Heilmann, négociant, passage Saul-nier, n°. 6, à Paris. x '
- Roehn, négociant, rue de la Chaussée-d’An* tin , n°. 7, à Paris.
- Rollé , propriétaire de l’établissement des balances-bascules de M. Quintenz, à ^Strasbourg.
- Rousseau , fabricant de papiers, rue Saint-Honoré, n°. 372, à Paris.
- Rousselle, négociant, rue Thibautodé, n°. 16, *à Paris.
- Ruffet, fabricant de bijoux dorés, Palais-Royal, n°. ç5, à Paris.
- Sabran père, fils et compagnie, fabricans, à Lyon.
- Saladin (Émile-Auguste), négociant rue des Jeûneurs, n°. 6, à Paris.
- Salleron fils, tanneur, rue des Gobelins, n°. 3, à Paris.
- Salneuve père, ^, mécanicien , rue Férou, n°. 6, à Paris.
- Sandrin et compagnie, fabricans de tapisseries pour meubles, rue Grange-aux-Belles, n°. 3o, à Paris.
- Séguin, fabricant de draps, à Annonay ( Ardèche).
- Seillère, négociant, Place-Royale , n°. 11, à Paris.
- Selligue, ingénieur-mécanicien, ruedesVieux-Augustins, n°. 8, à Paris.
- Simon (Albert), fabricant de schalls, place des Victoires, n°. 6 , à Paris.
- Société littéraire (le président de la), séant au Puy (Haute-Loire).
- Soulange-Bodin, ^, propriétaire-cultivateur, àFromont, près Ris (Seine-et-Gise).
- Stichaner, chevalier de l’Ordre du mérite de Bavière, chez M. Utzschneider, à Sargue-mines (Moselle).
- Thierrée , architecte, à la Monnaie, à Paris,
- Touboulic, chef des ateliers de construc-
- tion de la marine , à Brest.
- A a a
- Vingt-deuxième année. Décembre 1823.
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-
-
- ( 358 )
- MM.
- Truffauet, agent d’affaires, rue Saint-Lazare, n°. 73, à Paris.
- Vautrin , l’un des propriétaires de la filature hydraulique de Saint-Maurice (Vosges).
- Vergnaud aîné, négociant, à Orléans (Loiret).
- Vileette (Robert), fabricant de cuivre en bâtons, à Lyon.
- MM.
- Wax>dington frères, maîtres de forges, à Saint-Remi-sur-Avre (Eure).
- Weber (Philippe), chimiste, rue Montmartre, n°. 35, à Paris. . .
- Willaumez, (C. ^), (C. )^), vice-amiral, rue des Ternes, n°. 3, à Paris.
- Witz-Steffan , Oswald frères, fabricans de cuivre , à Niederbruck (HaqJrRhin).
- ASSOCIÉS ÉTRANGERS.
- MM.
- Gagarin (le prince Serge) , sénateur de l’em-
- . pire de Russie, rue Saint-Honoré, n°. 366 , à Paris.
- Kostrowicky ( le comte), polonais, rue Go-deau, n°. 10 , à Paris.
- de Lancry, colonel au service de S. M. l’Empereur de Russie, chevalier de plusieurs Ordres, directeur de la manufacture d’armes
- MM.
- de Saint-Pétersbourg, rue de Bondy, n°. 6, à Paris.
- de Mesnie (le baron), chambellan de S. M. l’Empereur d’Autriche, rue du Dauphin, n°. 12 , à Paris.
- de Oealde (Basilio-Joze), Espagnol, à Bilbao.
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-
- ( 35g )
- TABLEAUj par ordre alphabétique, des Brevets d’invention, de perfectionnement et d’importation, délivrés en France pendant l’année 1823.
- Nota. Les lettres ( B. I, ) placées après l’énoncé des Brevets signifient Brevet d}'invention $ (B. I. P*)} Brevet d'invention et de perfectionnement ; (B. 1J. ) ? Brevet de perfectionnent en t ; (B. lmp. ) , Brevet d importation ; (B. lmp. P. ), Brevet d’importation et de perfectionnement ; ( B. I. Imp. ), brevet d'invention et d'importation.
- ‘NOMS ET PRENOMS;
- des
- BREVETES.
- Achard aîné (F. ). Aiïdet ( P. )..
- Aillakb (roy. Dumoltier ).. 'Aclamand (F.-L.).....
- Allard (J.-J ).
- Appert (N.)...........
- Audet ( voy. Achard. )
- Rapxall fils ( R. ). Le même.........
- /le même.
- Banse ( Th.-J. )............
- Barbier (J. )...............
- Bataille (L.-J. )... .......
- Belargext .,......
- DOMICILE. DÉPARTEM. DATE de la délivrance des Brevets. DURÉE des Brevets. DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels les Brevets ont été accordés.
- t Lyon. Rhône. 10 juill. 5 ans. ' Chapeaux d’hommes et capotes de femmes en peluche, soie ou coton, montés sur des carcasses faites en carton, cuir et toile imperméables ou non imperméables, et chapeaux montés seulement sur toile et papier imperméables ou non imperméables. (B. Imp. P.;
- , Paris, rue de Lancry, m°. 6. Seine. 3 déc. i5ans. Procédés qui préservent de l’oxidation tous les objets ouvrés en fer et en acier, au moyen de l’application d’une couche métallique préparée, qui leur donne la couleur du platine. (B. Imp. P.)
- ( ld-/ rue St.-Denis, ( n°. 368. i id. 16 octob. 5 ans. Moteur qu’il appelle Balancier thermique. (B. I.)
- 1 r id. 1 rue Moreau, [ n°. 17. | id. 24 avril. 5 ans. Procédé propre a fondre le suif. (B. I.)
- id. rue St.-Lazare, n°. 73. | id. 7 août. i5ans. • Procédés propres à teindre en diverses couleurs au moyen d’une mixtion particulière de bleu de Prusse. (B. Imp. P.)
- id. id. 7 août. i5 ans. < Mécanique destinée à tordre et doubler la soie, et toute espèce de matière filamenteuse. (B. Imp. P.)
- id. id. 27 nov. , | i5 ans. 3 Machines, appareils et procédés propres à tanner avec économie de temps, de matières et de main-d’œuvre, les cuirs et peaux de toute espèce, en forçant la liqueur tannante à passer à travers, , au moyen de la pression. (B. Imp. P.)
- Lyon. Rhône. 2Ô sept. 10 ans. ' Application de la gaufrure sur des étoffes ou rubans tissus en soie écrue, moulinée ou non, et conservation après le décrument de l’effet produit par l’action de cette gaufrure. (B. I.)
- Montélimart. Drôme. i5 mai. 5 ans. Tour à filer la soie. (B. I.)
- Paris, rue du Lycée, n°. 48. Seine. 2 mai. 5 ans. Construction d’un greffoir-emporte-piècé, d’un écusson à estampe et d’une serpette à marteau, destinés à greffer et à tailler les arbres. (B. I. P.)
- 1 “?• 1 rue Popmcourt, n8. 64. 1 1 * * • 27 nov. iô ans. 1 Moyen de régénérer les vieux plâtres en plâtrés neufs. (B. I.) -
- Aaa 2
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-
-
- ( 36o )
- NOMS ET PRENOMS des
- BREVETES.
- DOMICILE.
- Paris, rue de Riche-
- DEPARTEM.
- Benoist ( Madame )........\lieu, cour Saint {
- f Guillaume !
- Berger ( N.-'W. )........
- Bergouiisioex (A.-A.)....
- ( Guillaume, i ., '
- ul. \
- cour de Sully, l n°. 8, à l’Arsenal )
- Le même.
- Seine.
- id.
- Clermont.
- id.
- Puy-de-Dôme.
- Paris,
- Berthault ( B.-L. )......... rue du Petit-
- vCarreau, n°. 21.
- j I
- Blouet (J. -Ch. )...........| Saint-Michel. I
- \ .1
- Boinet ( P.-F.-D. ).........J rue du Ro’ule, J
- Marschal. .................n°. 1. l
- ( id,
- Boisset ( Et. ).............) rue Guénégaud,
- v n°. i5.
- Bonnand ( voy. Goujon). J Bonnard (C.)................ Lyon.
- j
- Paris,
- b°— ..........••is.rÆefs;,
- ( n°. 4o.
- Bouron {voy .Chevalier-Joly) J
- Brémon (J.)..................I rue St.-Martin, 1
- ( n°. 85. )
- I f
- id.
- Brouet (L.-V. ).......
- Clément (J.).....«...
- Brunet {yoy. Dumarest ).
- Capplet (A.). Sebe (P.-H.).
- ( ld• 1
- / rue St.-Jacques, /
- ( n°. 162. f
- rue Croix-des- f Petits-Champs. n°. 23. 1
- Elbeuf.
- id.
- Seine.
- Manche.
- Seine.
- id.
- Rhône.
- Seine.
- id.
- id.
- Seine-Inferieure
- H‘î H | ï < 3 m
- S V
- I9JUW-
- 3i déc.
- i3 déc.
- i3 déc.
- 6 mars.
- 3 oct.
- 6 mars.
- 3i juillet
- i5 mai.
- 12-juin.
- 3i oct.
- •w &
- Ch Z
- p P3
- Q te
- ** O
- H3
- 5 ans.
- DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont été accordés.
- Siège inodore destiné à l’assainissement des lieux d’aisance. (B. I.)
- Diverses formes de crayons de mine de plomb, en bois, à coulisses recouvertes et à virole de métal. (B. I.)
- i5 ans
- I
- ]
- . { rat
- 1 d’i
- Préparation d’une substance propre à la décoloration des sirops et à la fabrication de l’encre ’imprimerie. (B. I.)
- Trois brevetsde perfectionnement au précédent brevet, savoir: 1 °. pour revivifier le noir provenant des lignites, terres, schistes, sables bitumineux, etc., qui ont déjà servi à la décoloration et clarification des sucres, etpour obtenir, par la distillation des memes substances, un corps gras et un carbone susceptible de diverses application s dans les arts ; 20. pour en ext raire aussi des gaz qui peuvent être employés à l’éclairage des ateliers et au chauffage des appareils j 3°. pour appliquer lenoir spécifié dans le brevet primitif à divers autres usages , tels que la fabrication des crayons, poudre à tirer, etc.
- Sabots articulés ou élastiques. (B. I. P.)
- Procédé propre à confectionner des chapeaux de paille tissus à l’envers sur baguettes d’osier, de baleine, etc. (B. I.)
- Nouvelle forme de bas qu’ils désignent sous le 10 ans. { nom de bas-jarretières. (B. I.)
- I Four servant à carboniser le bois et la tourbe, ia ans. J en épurant le charbon de terre. (B. I.) .
- 1
- C Mécaniques propres à filer la soie en la tirant 1 du cocon , dont une sert à la filature perfection-10 ans. \ née en soie grèze ordinaire, et l’autre à la fila-I ture et à l’apprêt de la soie en trame, par la même f opération du tirage des cocons. (B. I.)
- 1
- Moyens de fabriquer des rasoirs avec économie et perfection. (B. I. P.)
- 5 ans.
- 5 ans.
- 5 ans
- 1
- •I
- 5 ans.
- 5 ans.
- i5 ans.
- Appareil propre au transport et au chauffage des bains à domicile. (B. I. P.)
- Cheville à frein dont l’effet est de maintenir dans leur accord et dans leur tension les cordes des violons, basses et guitares. (B. I. P-)
- Cuves alcalines d’épuration tant à chaud qu’à froid, servant à clarifier les bains alcalins qu’on j rejetait j usqu’à présent, et à les faire servir de [ nouveau. (B. I.)
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-
-
- ( 56. )
- NOMS ET PRENOMS
- des
- BREVETÉS.
- Carette ( L. ) .
- Carpentier-Leperre .
- DOMICILE.
- Lille.
- id.
- Paris,
- Cartier (J.-B.)........ '8^^’ }
- l “I- I
- Champagnat (P.)..............| rue des Grands-?
- tins, n°. 6. '
- v Augustins,
- I
- id. )
- i id. I
- Chevalier ( L.-Y. ).........< quai de l’Hor- ?
- ( loge, n°. 69. '
- I
- er-Joly (Madame). . J A r
- r.T-R-1 ' j r. de Richelieu,
- ' " ...............\ n°. 10.
- Chevalier-Bouron
- Chevenier ( M. ) .......
- Clément (voy. Broxiet).
- Collier (J.).
- Le même. Le même.
- Dan-ré ( G. ).
- Lyon.
- Paris, rue Richer, n°. 10,
- ici.
- id.
- Le Hâvre.
- Debergue ( L.-N. ), Dubois ( Y.-S.) ...
- Paris,
- rue Mauconseil, n°. 3.
- Delangre (L.-A. )......
- Delavigne (voy. Testier ).
- {
- id.
- rue des Bernardins, n°. 34.
- Deleuil (L.-J. )
- id.
- rue Mazarine, n°. ai.
- Despiau père
- Bordeaux.
- DEPARTEM.
- Nord.
- . id.
- . Seine.
- id.
- id.
- id.
- Rhône.
- Seine.
- id.
- id.
- Seine-Infér.
- Seine.
- id.
- W £ ? H S Z
- fi-5!
- 3i dèc.
- ai août.
- 15 nov.
- 3i janv.
- 10 juill.
- 6 mars.
- 19 juin.
- i4 fèvr.
- 3 juin. 3i de'c.
- 3i juillet
- 16 oct.
- 25^sept.
- H
- -W
- CS
- O
- a
- H3
- DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont été accordés.
- 5 ans.
- 5 ans.
- Lanterne portative desûreté à cylindres mobiles , à l’aide de laquelle on peut, sans craindre l’incendie, parcourir les magasins et établisse-mens renfermant les matièresles plus inflammables. (B. I.)
- Chaudière propre à la fabrication de'l’acide muriatique oxigéné ou liqueur à blanchir toutes sortes de toiles et de cotons. (B. Imp.)
- 5 ans. | ^ Mécanique servant à carder les laines à matelas.
- 10 ans.
- 5 ans.
- ô ans.
- i5 ans.
- 5 ans.
- 1
- 10 ans. |
- i5 ans
- 5 ans.
- I
- iô ans. ‘
- 5 ans.
- Yernis propre à être appliqué sur les peaux de maroquin et de mouton de toutes couleurs. (B. I. P.)
- Chambre obscure dans laquelle la lentille et le miroir sont remplacés par un seul prisme triangulaire à faces planes et courbes, qu’il désigne sous le nom de prisme ménisque. (B. I.)
- Composition d’une poudre dentifrice qu’ils appellent corail rafraîchissant de Paris. (B. I.)
- Machine propre à faire des clous dits pointes de Paris, ayant-la pointe en forme de lame, et au moyen de laquelle on peut en fabriquer 6,000 par heure. (B. I. P.)
- Appareil destiné à alimenter de charbon ou autre combustible les machines à vapeur et les cheminées' de tout genre, moyennant une force motrice. (B. Imp.)
- Moulin à bras propre à moudre et concasser les grains ou autres substances (B. Imp. P.)
- Machine à tisser'les draps et autres étoffes. (B. Imp. P.)
- Bateau à -vapeur destiné à transporter des ports de Cancale, Saint-Malo, et autres de la Manche, les huîtres, poissons, coquillages de tout genre, vivans, etc. (B. Imp. P.)
- Système qu’ils appellent archimédien, propre à faire remonter aux vaisseaux et bateaux les fleuves et rivières, au moyen de deux vis d’Archimède placées horizontalement et mises en mouvement par une machine à vapeur ou par toute autre force. (B. I.)
- Chaussure qu’il appelle chaussure anticrotte.
- (B. I.P.)
- id.
- G'ronde.
- 6 mars.
- 3i déc.
- {Instrument qu’il appelle scarificateur, propre à remplacer l’opération de la pose des sangsues.
- 5 ans. | ^ Métier à tisser les étoffes de toute espèce.
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-
-
- ( 56» )
- NOMS ET ET PRÉNOMS des BREVETÉS. DOMICILE. départem. DATE âe la délivrance des Brevets» DURÉE des Brevets. —"—-essssL DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels les Brevets ont été accordés.
- Devourx (L.-P-) Marseille. B.-du-Rhône. 17 avril. 10 ans. Machine propre à couper la colle-forte et autres corps tendres. (B. I.)
- Paris, rue Jacob, ’ - Seine* ; :. . ; 25 sept. 5 ans, j Cartes géographiques exécutées au moyen de planches gravées en relief et en creux. (B. I.)
- , xl°. 24. . id.
- 26 juin. 5 ans. ' Mécanique propre à laver les cendres provenant de matières d’or et d’argent. (B. I.)
- Franc, nQ. n.
- Dubois (voy. Debergue). j 1
- Décrûs (J.) ^ Châteauneuf l d’Isère. ) Drôme. i5 mai. 5 ans. Pressoir à vin perfectionné. (B. I.)
- i DuFAGET ( J.-F. ) | 1 1 Paris, ' quai de l’Hor- , loge , np. 63. Seine. 3i janv. i5 ans. < Mastic à l’usage des bâtimens et propre à mouler toutes sortes d’objets, tels que statues, bas-reliefs, corniches, chapiteaux et autres ornemens d’architecture. (B. I. P.)
- • . 1 Dumarest ( J. ) Brunet (H.) ..} Saint-Etienne. Loire. 5 juin. 10 ans. Mécanisme propre à fabriquer économiquement des galons de toute espèce et de toutes sortes . de matières. (B. I.)
- Dumas (voy. Martin), Dumont (voy. Jolin-Dubois ).
- Dumoutier ( P. ) Aieeand ( M. ).., 1 Pantin, i près Paris, j Seine. : 12 juin. i5 ans. . Composition d’une chaux qu’ils appellent chaux hydraulique, propre aux canaux, bassins de rivière, réservoirs, etc. (B. I.)
- 1 Dutieeet ( Madame ) | Paris, | rue Lepelletier, n°. 8. 1 18 déc. i5 ans. j Procédés relatifs à la formation d’un marbre factice. (B. I. P. )
- Duverger (voy. Yernet). Eaton ( J. ) J Farev ( H. ) j id. rue St.-Lazare, nu. 73. 1 Tossey, : , près Sedan. < • id. i5 nov. 1 5 ans. < Machine qui prépare à la filature sur des mull-jennys le coton et autres matières filamenteuses. (B. Imp. P.)
- Engee (G.) > Ardennes. / i4 août. 1 5 ans. . Brosse cylindrique servant à nettoyer les chardons employés au lainage des draps. (B. I.)
- Escax (X. ) < Paris, ' rue des Filles- ' Saint - Thomas, | n°. .i. Seine. 5 juin. 5 ans. < Siphon propre à soutirer les liquides sans tuyau d’aspiration. (B. I.)
- Le baron d’Etchegoyen. ..... de Mceder. . ' id. t ' quai de l’École, J n°. 16. 1 j iJ. 12 juin. 10 ans. Mécaniques propres à la préparation de la bourre de soie. (B. I.)
- 1 i id. . Faivre (C.-F.) ... è r. des Marmou- ( sets, n°. i5. ; , ! id. : 18 sept. 10 ans. Mécanique propre à fabriquer les bourses de soie, or et argent, mailles doubles, simples et à dessin. (B. I.)
- f Faehon | Farey (voy. Eaton), .. , !;! 'ju ' 1 Fourmand (L.-B. ). ^. Ganïïet et Compagnie. ...... j id, ; quai des Augus-tins, n°. i5. ' Nantes. Paris, ' rue du Bouloy, n°. i3. '• . .. id. 'Loire-Infér. i’ Seine.) | 4 sept. 24 avril. 18 déc. 5 ans. 5 ans. 10 ans. Procédés relatifs aux bordures argentées et dorées et à des objets propres à la sellerie. (B. I.) Procédés de fabrication de câbles de fer propres au service de la marine. (B. I.) Nouveau cirage pour les chaussures.(B. I.)
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-
- ( 365 )
- NOMS ET PRENOMS des
- BREVETÉS.
- Gensoul (J.-F. ).........
- Gotten (J.-C. ).........
- Làlouette (A.).....,.....
- Goujon et Bonnand.........
- Grandjean père et fils...
- Guenet ( voy. Lantein ). Gueroult (A.-B.).........
- Guibout (A. ). ...........
- Guillois ( M.-F. ).....
- Guizot ( L. )............,
- Hacks
- Halette (L.-A.-J.).......
- Hall (S.)-!..............
- Hallam (Th.).
- Le même.....
- Halle (L.-G. )• Hançhett ( J. ).
- DOMICILE. DÉPARTEM. DATE île la dùlivianco j clés Brevets. DURÉE des Brevets.
- Paris, rue des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois, n°. 43. > Seine. 22 mai. 5 ans.
- Lyon. Rhône. 2a sept. 10 ans.
- Paris, r. de la Reynie , nos. 4 et 6. rue St .-Honoré, n°. i48. > Seine. 11 sept. 5 ans.
- Lyon. Rhône. 4 sept. 10 ans.
- Paris, r. Beaurepaire, n°. 20. Seine. 24 juillet 10 ans.
- id. quai Pelletier, n°. 8. id. 1 id. i3 déc. 10 ans.
- id. r. Saint-Denis, n°. 367. ; l3 déc. ô ans.
- id. rue du Mont- , Blanc, n°. 59. . id. i4 août. i5 ans.
- id. rue Traînée, n°. 11. ' | id. 3i juillet i5 ans.
- id. r. du Faubourg Saint-Antoine, n°. 47. , id. 22 mai. 5 ans.
- Arras. Pas-de-Calais. 3’déc. 5 ans.
- Paris, rue St.- Lazare, n°. 73. , Seine. 4 sept. i5 ans.
- id. id. 3i juillet i5 ans.
- id. id. 25 sept. i5 ans.
- id. rue, des Prou- j vaires , n°. 8. id. 3i déc. 5 ans.
- Versailles. Seine-et-Oise. i5 mai. i5 ans.
- DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont été accordés.
- i Moyen de régler la consommation du gaz in-5 ans. £lammable dans l’édairage par le gaz. (B. I.)
- Appareil à vapeur propre à filer les cocons. (B. I. P.)
- k Espèce de chaussure qu’ils appellent claque, 5 ans. I s’adaptant à toute espèce de chaussure. (B. I.)
- Nouvelle fabrication de velours de soie. (B. I.) Rame mobile à trois manœuvres. (B. I. P.)
- Système de rames verticales rotatives, applicables à la navigation des bateaux à vapeur. (B. I.)
- Mécanique propre à préparer 5 ans. j soie. (p, i.)
- la fantaisie en
- Fourneah mobile à couvercle descendant, prc-re à la carbonisation de la tourbe. (B. I.)
- ï Grue applicable < naux, et au remblai ( tifications. (B. I,)
- i
- au déblai des terres des ca-remblai des terres des travaux de for-(B. I,)
- Machine destinée à faire des moulures en bois et à les préparer à la dorure pour l’encadrement des glaces et tableaux et pour la décoration des appartemens. (B. I.)
- Machine à vapeur ambulante. (B. I.)
- Machines propres à flamber ou griller les fils de lin , de coton , de soie et autres, ainsi que les dentelles , etc. (B. Imp. P.)
- Procédés propres à purifier et blanchir le riz
- J (B. Imp. P.)
- ( Machine destinée à tordre et retordre en même < temps toute espèce de matières filamenteuses.
- ( (B. lmp. P.)
- 1
- 1 Nouveau métier propre au décatissage des draps
- ( et autres étoffes. (B. I.J
- 1
- Application du pouvoir réactif de l’eau à la he des bateaux et vaisseaux de toute espèce. ) .............................
- ( Ap s. < marc ( (B.I
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-
-
- ( 364 )
- NOMS ET PRENOMS
- des
- BREVETÉS.
- Smith (H.-G Hayqn ( A- ) Le meme ...
- Le même.
- Le même.
- Heath ( George). ...........
- Hecquet d’Orval (J,-P. ). ..
- Heiligensteis .
- Henry (P.-P. )., Hollond (Th. ). Hubert (J.-B. ).
- Humbert ( P. ).....
- Jacqtjemin (F.-M.). Jeandeau (U. )... t. Jernstedt (P.). ...
- Jolin-Dubois . Dumont.,....
- DOMICIRE. DÉPARTEM, S § s H i g b 3 $ < S fi a . - ÿ | DURÉE j des Brevets.
- Versailles. Paris, r. de Provence, ne. 26 Seine-et-Oise. ' [ Seine. J 4 sept. iô ans.
- id. r. Regratière, n°. 12. id. 3 avril. 5 ans. •
- ici. id. 5 juin. 5 ans. j I
- ici. id. 19 juin. 5 ans. ] |
- id. . id. 11 oct. 5 ans. |
- id. r. du Faubourg Saint-Martin, n°. 92. ; "• 6 mars. I iâ ans. |
- Abbeville. Somme. 4 sept. 5 ans. ;
- Paris, r. Contrescarpe, n°. 6a. Seine. 3i oct. 5 ans. ’
- id. rue de Cléry, n°. 23. • , id. 21 août. 10 ans. ’
- id. rue RÏanche, n”. 11. , > id. i5 mai. 5 ans.
- Rochefort. Charente-Infér. ifioct. i5ans, <
- Paris, r. du Faubourg Saint-Denis, nQ. 65. * Seine. 6 nov. 1 5 ans. | j
- Guebwiller. Haut-Rhin. * 22 fév. 5 ans. |
- Châlons. Marne. 2 mai. 10 ans. 1 *
- Paris, ' r. des Coquilles, n“. 3. • Seine. 3i oct. , j i5ans. /
- Nantes. Loire-Infér. l3 déc. 10 ans. |
- DESIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont e'te' accordés.
- Machine propreà transporterie gaz. (B. Imp. P.)
- Chaudière à vapeur et à e'bullition, propre à divers usages, et pouvant servir de poêle hydraulique pour chauffer convenablement de grandes serres. (B. I.)
- Tableau mécanique servant à l’exécqtion des panoramas, dioraroas, cosmoramas, etc. (B. I.)
- Cheminée économique qu’il appelle augut%ine, à réverbération et à soupape, à tuyau de chaleur ordinaire et extensible, et à double courant d’air, (B.I.)
- Serre et couche permanente et continue à l’usage des plantes, qu’il nomme calorique ignée ou couche miraculeuse. (B. I.)
- vapeur. (B. Imp.)
- Perfectionnement d’une étoffe connue §ous le nom de moquette. (B. P.)
- Formes à sucre et pots à sirop destinés au commerce de la raffinerie. (B. I. P.)
- Fabrication d’une étoffe imitant la tapisserie , destinée à couvrir les meubles. (B. I.)
- Nouveau système de roulage. (B. I.)
- Système d’aubes mobiles au moyen duquel on peut donner à volonté toutes les combinaisons de mouvement de translation et de rotation aux navires, et de dispenser aussi de l’usage du gou-
- Cristal de lampe qu’il appelle vase lumineux. (B, I.)
- Moulin à bras portatif propre à réduire en farine non blutée 3o kilogrammes de grains par heure. (B. I.)
- Application de la machine à vapeur au mouvement des usines à fer, de maniéré à les faire marcher constamment. (B. P.)
- Moyen de conserver en grand et dans les mé-i5ans. ^ nages la viande, le poisson, la volaille, les légumes , fruits et autres comestibles. (B. 1.)
- Moyen de clarification, de filtration et de cuisson des sucres. (B. I.)
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-
-
- ( 365 )
- DOMICILE. DÉPARTEM. DATE i délivrai ; brevets w g -w g 1=5 'JS » «
- — 3 a “
- -S
- Ganges. Hérault. iojuill. 10 ans.
- Belleville, près Paris. Seine. i3 déc. 10 ans.
- Reims. Marne. ^ fév. 5 ans.
- Aix, B.-du-Rhône. 27 mars. 5 ans.
- Paris, !
- rue de Savoie, Seine.5 6 mars. 10 ans.
- n°. 18. '
- id.
- rue de Bourbon, ‘ id. 33 fév. 5 ans.
- n°. 97. ; ;
- Bordeaux. Gironde. 27 mars. i5 ans.
- Tours. Indre-et-Loire. 3 juin. ) 10 ans.
- Paris, aii Gros-Caillou. Seine. ! 20 nov. i5 ans.
- id.
- rue de Rohan, . id. 4 sept. 10 ans.
- n®. 18. .
- id.
- rue Saint-Marc, id. 26 juin. 5 ans.
- n°. i2.
- id. id. n sept. i5 ans.
- id. \
- r. du Faubourg Saint-Denis, ‘ id. \ 21 août. $ ans.
- n°. ni. ;
- id.
- r. de la Limace, id.' 3i oct* î 5 ans.
- n°. 18.
- id.
- rue des Prouvâmes , n°. 10. id. 26 juin. 5 ans.
- Colmar. Haut-Rhin. 22 fév. 5 ans.
- Tonnerre. Yonne, 3 avril. 5 ans.
- NOMS ET PRENOMS des
- BREVETES.
- Jourdan (A. ).
- Lantelme (L.-V.).
- Lassieux ( L. )....
- Lee( W. ).
- Le même.
- Koutzer frères.........
- Lalouette (yoy. Gotten). j
- Lantein ( L.-E. )et....
- Guenet (J.-B. )........
- Latourette (Madame)........
- Lavigne ( J. )...........
- Leblanc-Paroissien ( F. )....
- Lecour (L.-ü. )............
- Lecouturier de Courcv '' ( M,-P. ),.........,......
- Lefaure ( P.-H. ).........•
- Leeevre
- Lefort ( L. )*• Lefran(V.-J. )•
- Leorier (J.-T.)....
- Vingt-deuxième année. Décembre 1823.
- DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont été accordés.
- Mécanisme propre à faire remonter les bateaux ontre le courant le plus rapide sans le secours u tirage ou d’une machine à vapeur. (B. I.)
- 3 Sous-chaussure flexible qu’ils appellent Jlexili-
- l subocalce, (B. I.)
- Régulateur ou compteur propre à perfectionner la filature des laines cardées. (B. I.)
- 3 , Appareil propre à distiller les vins, eaux-de-vie * et esprits, par deux opérations distinctes. (B. I.)
- Chronomètre compteur des secondes et de leurs fractions, servant à apprécier la durée de diverses expériences par un procédé de notage perfectionné et généralisé dans ses applications. {B. Imp. P.)
- Petit casier nommé arguphule, propre à sépa--rer et à faire reconnaître la mise au jeu des , joueurs. (B. I.)
- Nouveau procédé viniûcateur, (B. I.)
- Machines propres à la fabrication des porce -laines, faïences, terres cuites et carreaux, et préparation des terres destinées à ces divers usaires. (B. I.) S
- Procède' propre à convertir directement le mi-nerai de fer en fer doux, sans fabrication préala-j ble de la fonte et sans employer le charbon de 1 bois. (B. I.) '
- ! Cheminée qu’il appelle fumi-ealorique, appli-
- cable à toutes cheminées existantes, qui présente une économie de combustible et préserve les ap-partemens de la fumée. (B. I.)
- Imp. P.)
- ! Appareil mécanique servant à l’imprimerie. (B. Imp. P.) . ^......... ...... -v .
- { Platine de fusil s’adaptant à toute espèce d’ar-\ mes à feu, montée à piston et qui s’amorce d’elle-\ même avec la poudre fulminante. (B. I. P.)
- } Fourneau économique avec ses accessoires, qu’il
- î> ans. | appelle fourneau a étuve et coquille. (E. I. P.)
- Buanderies publiques. (B. I.) 4
- • • : 1 . •
- Série de porte-crayons depuis celui uniligne usqu’au porte-crayon trace-page. (B. I.)
- Application d’une roue oblique à diverses es->èces de mécanismes. (B. I.)
- Bbb
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-
-
- NOMS ET PRÉNOMS des
- brevetés.
- Leroy ( B.-C. )...........
- Leubel ( J.-C.-L. ).......
- Magnan ( E.)..............
- Magnien ( D.-C. ).........
- Mahiet fils. .............
- Manceau ( Mademoiselle ).... Marschal ( voy. Boinet ). Martin ( D.
- Dumas (J.).................
- Masson ( J.-B. )..........
- MENESTREL ( P. ) . . i ...... .
- . Mestrallet ( J. ). ^......
- Molinié (L.)... .... * /..
- Morand {voy. TirmaRche). Moulinié {voy. Revon ). deMulder {v. d’Etciiegoyen).
- Naqdet (A.). ..............
- Négro (B.) et.............
- Tourntjs (J.).............
- Noyon ( J.-F. )...........
- OxLEY ( H.)...............
- Parker (S.)...............
- DOMICILE. DÉPARTEM. DATE de la délivrance des Brevets. DURÉE des Brevets.
- ’ Paris, Palais-Royal, [ nos. i4eti5. . Seine. 18 déc. 5 ans.
- id. rue Beauregard, { n°. 39. ' " iô nov. 10 ans.
- ; id. rue Richer, , n°. 20. id. 2 mai. 5 ans.
- id. rue delà Ferronnerie, n°. 5. id. 17 avril. 10 ans.
- Chinon. Indre-et-Loire. 6 mars. 5 ans.
- Paris, , rue Ste.-Avoie, n°. 57. Seine. 2 mai. i5 ans.
- Lasalle. Gard, 8 fév. 5 ans.
- Rouen. Seine-Infér. 10 juillet 5 ans.
- Arles. B.-du-Rhône. € mars. 10 ans.
- Lyon. Rhône. 22 févr. frans.
- Saint-Pons. Hérault. 19 juin. 5 ans.
- Paris, Palais-Royal, 1 n°. i32. | Seine. 19juin. 5 ans.
- id. ' rue S.-Sauveur ,j n°. 26. , \ rue des Fossés-Saint-Victor, 37. ; : V ; i3 déc. 5 ans.
- Ville-Dieu. Manche. 6 mars. 10 ans.
- Paris, rue du Marché-Saint-Honoré, n®. 11. Seine. 26 juin. 10 ans.
- id. ; placeDauphine,, . • n°. 1 a* i id.. 7 août. ï 10 ans.
- DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont été accordés.
- i Horloge ou pendule dite atmosphérique se montant d’efie-même par l’effet du vent. (B. I.)
- Machines propres, à fabriquer l’une , la chandelle moulée, et l’autre la chandelle à la baguette.
- (B. I. P.)
- j Machine à dévidoirs pour l’ourdissure. (B. \ lmp. P. )
- Instrument portatif qu’il appelle Jîxe-longe, lequel est propre, avec son billot, à attacher les chevaux de manière à les empêcher de se blesser et de s’empêtre):. (B. I.)
- Mécanisme particulier adapté à la platine d’un fusil à percussion. (B. I. P.)
- Tissus de soie, imitant la paille d’Italie, propres à la confection des chapeaux d’hommes et de femmes, etc. (B. I. P.)
- Procédé économique de chauffage des fours avec du charbon de terre. (B. I.)
- Moyen d’empêcher les poêles en cuivre de I perdre leur brillant par l’action du feu. (B. I.)
- Levier hydraulique propre à arroser les propriétés rurales et à être employé à d’autres usa-'ges. (B.I.)
- r Filières propres à obtenir, dans toutes les pro-1 portions de grosseur, des traits avec les matières ‘ d’or ou d’argent et d’argent doré. (B. I. P.)
- Moyen de perfectionnement des drousses et cardes servant à travailler la laine et le coton. (B. I.)
- Composition d’une pâte qu’il appelle rouge-vert d’Athènes, propre à la toilette des dames et susceptible d’être appliquée sur pots. (B. I.)
- Moyens de fabrication d’une étoffe propre a faire les cols. (B. I.)
- Machine à percer les cribles, grenoirs et cartes à dentelles en tout genre. (B. I. )
- f Laines filées d’une manière particulière et pro-
- J près à la confection des crêpes de Laine* LJ,
- Lampe dite.statique. (B. Imp.)
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-
-
- ( 367 )
- NOMS ET PRÉNOMS DES BREVETÉS. DOMICILE.
- Pétou frères et fils Louviers.
- PlGNANT (T. ). . . Premières.
- Paris,
- PlGUET (A.) r. desTrois-Cou-
- ronnes, n°. 3o.
- Pillard père (P.).......... j
- PüVROCHE ( B. )..........
- Ranquk ( L.-F.).........
- Saint-Pères-Tertres.
- Rees-Davies. .............
- Regnard ( A. ).............
- Revilliod fils ( F. ).......
- Revom et Moulinié........
- Rodier fils.
- Rogérs ( Th. ).
- «£e même........
- Roller (J.)...
- Orléans.
- Paris,
- pl. des Italiens,
- n°. la.
- Lyon.
- id.
- Paris,
- rue de Rivoli, n°. 17.
- Nîmes.
- Paris,
- rue du Port-Ma-hon,n°. 3.
- id.
- id. rue de Para-dis-Poisson-. nière, n°. 27
- id.
- ( *«• )
- Rotch ( B. )............... < rue du Marché- >
- (S.-Hon.,n°. 11.)
- t I
- ( id. j
- Rouan ( J.-R. ).......... \ marché Saint- 1
- 1 Honoré, n°. 21. )
- r |
- , T a 4. 5 id. rue Gît-le- j
- Rout ( J.-M. ) et...........) Cœur,n°. 6. (
- , T . i quai de Bour- l
- CJ0..................\ bon,n°. n. 1
- I . I
- !id. r. du Petit- ^ Lion-St.-Sau- > veur,n°. 18. 7
- ! a. {
- Roux r H. ).................... rue d’Artois, >
- v ' ( n°. 24. )
- JÉPARTEM. DATE de la délivrance de» Brevets. DURÉE des Brevets.
- Eure.. 22 fév. 4 5 ans.
- Côte-d’Or. 25 sept. ô ans.
- Seine. 21 août. io ans.
- Aube. 3i oct. 5 ans.
- Seine. 3 juillet. 5 ans.
- Loiret. 22 fév. iôans.
- Seine. 10 avril. 5 ans.
- Rhône. 7 août. 5 ans.
- id. 20 mars. 5 ans.
- Seine. x8 déc. 10 ans.
- Gard. 5 juin. i5 ans.
- Seine. 24 avril. 5 ans.
- id. 3i déc. 5 ans.
- id. 17 avril. 5 ans.
- id. i3 déc. 10 ans.
- i(}. i4 fév. 5 ans.
- id. 24 juill. 5 ans.
- id. i5 nov. 5 ans.
- id* 26 juin. 10 an&.
- DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont été accordes.
- 1
- Etoffes qu’ils appellent drap d’été. (B. I.)
- Machine servant à refouler et rebattre les carreaux, et qu’ilappelle rebattoir mécanique. (B. I.)
- Procédés propres au transport et au placement à domicile du gaz hydrogène. (B. I. P.)
- Moteur s’adaptant à toutes sortes de machines mues par la force, et qu’il appelle moteur français. (B. I.)
- Machine qu’il appelle tourne-feuille mécanique, qui s’adapte à toutes sortes de lutrins, pupitres, pianos, etc. (B. I.)
- Engrais dit chrysolin, propre à améliorer les terres et à préserver les troupeaux de la météorisation. (B. I.)
- Fours propres à la fonte et à la fabrication du fer, et procédé de fabrication du fer avec le fer de fonte. (B. Imp.)
- Lit élastique. (B. I.)
- Procédés de fabrication d’une étoffe pour meubles, qu’il appelle taffetas diaphane. (B. I.)
- Machine à vapeur s’adaptant aux chars de tout genre et aux bateaux de toute dimension. (B. I.)
- Moteur hydraulique qui peut s’adapter a toute espèce de fabriques, moulins et arrosages, presses, et en général à tout objet ou mécanique qui exige du mouvement. (B. I. P.)
- Sous-pieds élastiques à l’usage des pantalons et des guêtres. (B. I.J
- OEillets mobiles à l’usage des corsets, et ins-trumens propres à les fixer. (B. I.)
- Sommier de métal pour les pianos. (B. I.)
- Clef mobile devant servir à la manœuvre des mâts de hune et de perroquet des vaisseaux de tout tonnage. (B. Imp.)
- Machines appelées rouanettes-saloanat propres à la natation et dont l’effet est de préserver le nageur des dangers de la submersion. (B. I. P.)
- Carreaux de terre cuite propres aux apparte-mens, (B. I. P.) •
- Fabrication de perles artificielles- imitant les 5 ans. ^ perJes fines. (B. I.)
- Additions et perfectionnemens apportés au sys-
- ) te
- de Pauly. (B. 1. P.)
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-
-
- ( 563 )
- NOMS ET PRENOMS des
- BREVETÉS.
- Saint-Cricq Cazeacx.
- De Saint-Jorre (C. ) Sauvage ( F.)......
- Schwiegué (J.-B.).....
- Sebe (voy. Capplet). Smith ( voy. Hanchett).
- Taueet (C.-H.)........
- Taurin aîné' ( J. ). Thomas (J.).....
- Testier ( J.-A. ) et..,,, Delavigne (J.-H.)...,
- Trèfcon ( J.-L.-A. ) .... Todrnus (voy. Négro). Toussaint (P.-F. )....
- Tirmarche ( J.-B. ) et Morand ( B. ).....
- Yerket (J.-F. )..
- Gotten ( J.-C. ) et ..
- Duverger ( N.-P.). . Yidal (voy. Rout). Yourloud ( J.-F. )..
- Wolf (L.).
- S • ci « g S œ •« " DÉSIGNATION DES OBJETS
- DOMICILE. DÉPARTEM. H ~ ? < ^ « G C*3 g 2 « pour lesquels
- de la des Q ** CC O *"3 les Brevets ont été' accordés.
- Creil. Oise. % 18 janv. 10 ans. Procédés économiques propres à la cuisson des porcelaines, faïences, terres de pipe et autres terres, ainsi que pour la fabrication des briques, 1 tuiles et noirs d’os, dans des fours cylindriques , elliptiques ou de toute autre forme. (B. I. P.)
- i Paris, r. Poissonnière, n°. 35. Seine. 6 nov. | Appareil appelé joi'rine ou conservateur dé la 5 ans / c^a^eurf devant remplacer les chaufferettes à j l’usage des appartemens et les boules d’eau et ré-f chauds pour le service des tables. (B. I. P.) 1
- Boulogne. Pas-de-Calais. 3i oct. k 5 Machine propre à scierie marbre au moyen du 5 ans* ) vent. (B. I.)
- Schlestadt. Bas-Rhin. 24 juill. 5 ans. 1 Balance dite à pont, perfectionnée et propre à 1 peser les voitures chargées. (B. P.)
- Paris, < rue Ste.-Avoie, i ( n°. 3. Seine. 22 févr. i5ans. • Moyens de parvenir à une épuration pins prompte et plus sûre du suif et à une fabrication plus facile et plus économique de la chandelle. (B. I.)
- J Elbeuf. Seine-Infe'r. 25 janv. 5 ans. Machine à tondre les draps. (B. I.)
- ) Paris, ) r. de Ponthieu. ’ Seine. 22 mai. 10 fins. < Nouveaux moyens de fabriquer les fers feuil-lards et les fers en barre de toute dimension. (B. Imp.)
- > Nantes. J s / Pans, / rue Beaubourg, ( ( n°. 48. J Loire- Infe'r. 18 janv. 5 ans. | ! 5 ans. | Machine hydraulique, qu’ils désignent sous le nom de pompe aspirante foulante, a rotation continue. (B. I.)
- Seine. i3 déc. Mécanisme propre à faire monter et baisser la mèche dans les lampes à double courant d’air. (B. I. P.)
- 1 ,id. , . ; / rue Basse-du- / (Rempart,n°.64. ' *. 11 sept. 5 ans. | Clef, avec ses accessoires, appelée par lui clef-tous saint jumelle, à double panneton mobile, pour la fermeture des serrures, cadenas, etc. (B. I.)
- [ id. rue St.-Ho-] 1 noré,n°. 357. 1 \ rue Grenetat, ( ( n°. a4. I 1 id. 27 nov. 1 5 ans. | I Appareil destiné à rendre inodores les fosses d’aisance et les chaises percées. (B. I.)
- ) id. rue du Mail, ] j. n°. 29. 1 ir.de la Reynie,) ( n°. 4. S r. N.-des-Petits-Champs, n°. 6. id. 22 mai. 1 5 ans. | 1 Pâte cristallisée servant à fabriquer des réflecteurs , lanternes , et généralement toute espèce d’enveloppe de lumière. (B. 1.)
- Lyon. Rhône. 6 nov. 5 ans. | 5 ans. j Composition d’une eau aromatique spiritueuse, dite eau de Cologne. (B. P.)
- Strasbourg. Bas-Rhin. 10 juill. Tour cylindrique en cheveux avec frisure perpétuelle. (B. I.)
- ms
- IMPRIMERIE DE MADAME HUZARD (née Vallat la Chapelle), rue de l’Éperon? n°. 7.
- a
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-
-
-
- ( 36g)
- TABLE ANALYTIQUE
- Et raisonnée des Matières contenues dans la vingt-deuxieme
- du Bulletin.
- année
- A.
- Acide sulfurique, sert à purifier l’amidon, 70.
- Acier, moyen de le préparer pour le rendre propre aux ressorts de voitures (brev. angl.), 56. — D’y tracer des lignes très-fines pour produire des reflets prismatiques, i3g.— De le souder, 140.—Qualités de celui de M. Jae-gerschmidt> 218.— De son alliage avec divers métaux , 225.— Plus il contient de carbone, plus il est difficile à forger, 226. — Est coupé
- par le fer doux, 3o4*
- •— Fondu, obtenu par le procédé de M. Bréant, est semblable à celui des lames damassées t, ' orientales, 222.
- Aiguilles, leur disposition dans le métier de M. Favreau, 187. *
- — A coudre, comment on peut former leur pointe sans exposer les ouvriers à respirer la poussière de grès , i58. — Résultat du concours ouvert pour leur fabrication, 273.— Qualités de celles présentées par M. Vanhou-— Le prix est remis à l’année 182 5,
- 2?5, .
- Air, analyse de celui des fosses à grains, 2/(5.
- Ai^es à l’antique, manière de les construire à Rome , 2g.— Exemple de leur grande solidité, 5o.~ De la préparation de celles dites
- , à la vénitienne, 3l. — Travail du marbre, 34- — Polissage, 38, 3g.
- Affinage, comment il s’opère dans les forges de Fourchambault, 3o6.
- Affût de marine en fer forgé ( inéd. déc.), i43.
- Allemagne, inventions les plus récentes faites dans ce pays, 1 g4*
- jAllésoir, utilité de cette machine, 11.— Composition de celui employé à Chaillot, 12.
- Alliages métalliques, donnent des tranclians durs et cassans, 225.
- Amidon, moyen de le blanchir et de le purifier, 70.
- Ammoniaque, rend les étoffes incombustibles, 73-
- Ancres de vaisseaux'de forme nouvelle (brev. anf>l. ), 5i, 54, 55.
- Angles, comment ils sont mesurés avec le rapporteur à roulette de M. Lipkens, i4g.
- Appareil pour l’évaporation des liquides (brev. angl.), 52.
- — Pour corriger la difformité du corps ( brev. ' angl.), 53.
- — Pour appliquer la chaleur aux usages do-mestiques ( brev. angl.), 54-
- — Pour préparer le café et le thé (brev. angl.), 55.
- — Pour dévider et monter les chaînes des tissus (brev. angl. ), ib.
- — Pour alimenter les fourneaux de combustible ( brev. angl. ), 56.
- — Pour préparer la gélatine des os (brev. angl.), ibid.
- — Pour fabriquer les tuyaux de plomb, par M. jHague,, 73.
- — D’éclairage de M. Fresnel, 112. — Expériences faites avec cet appareil, 114-— Une médaille d?or est accordée à l’auteur, 115.
- — Pour garantir les empointeurs d’aiguilles de la poussière de grès qu’ils respirent 5 par M. Abraham. Une médaille d’or est accordée par la Société d’Encouragement de Londres à l’auteur, 142--—• Sa description et ses avantages, 167.
- — Pour faciliter le radoub des vaisseaux sans les abattre en carène ( méd. déc.), i4'3.
- C C C
- yingt-deuxième année. Décembre 1825.
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-
- ( 370 )
- — Pour évaporer les liquides j par M. Cléland, 189.
- .— Pour garantir les doreurs sur métaux des vapeurs mercurielles, 227.
- — Pour fabriquer des étoffes à dessins réservés en blanc, 294.
- — Four chauffer et transporter les bains à, domicile ( brev. franc. ), 36o-
- — Pour alimenter de charbon les fourneaux des machines à vapeur (brev. franc.), 361.
- — A vapeur pour filer les cocons ( brev. franç.), 363.
- —• Mécanique servant à l’imprimerie ( brev. franc.), 365.
- — Pour distiller les vins et eaux-de-vie ( brev. franç. ) , ib.
- — Pour remplacer les chaufferettes ( brev. franç. ), 368.
- — Pour rendre les fosses d’aisance inodores
- ( brev. franç. ), ib. «
- Appartemens, moyen d’y établir des pavés à la vénitienne, 31,40. — D’en éloigner l’odeur et la chaleur du gaz de la houille, 80.
- Arme à feu pouvant tirer plusieurs coups successifs ( brev. franc. ), 365.
- Associés étrangers admis par la Société en 1823, 358.
- Atmosphère, considérée dans ses rapports avec la végétation, 2.5g.
- Aubes applicables aux navires et propres à remplacer le gouvernail (brev. franç. ) , 364-
- Aveugles indigens , nécessité de leur procurer un travail utile ; résultat du concours ouvert à ce sujet, 266. — Le prix est prorogé à l’année 1824, 270.
- Axes des roues, mécanisme pour y produire des vitesses relatives , 20x.
- B.
- Bac d’une nouvelle construction , 137. — Est mu par un manège, ib.
- Bains de vapeur portatifs ( brev. angl. ), 53,
- 54.
- Banc à tirer les tuyaux,. remplacé par l’appareil de M. Hague, 74-
- Bandanas, on nomme ainsi, dans l’Inde, des mouchoirs rouges ornés de dessins réservés en blanc, 290.— Ont été imités en Angleterre, 291. ,
- Bandes de roues , moyen de perfectionner leur fabrication , 307.
- Balance-bascule de M. Quintenz ( rapport sur la ), 317.— En quoi elle diffèie de la romaine ordinaire , ib. —- Théorie de cet instrument, 318. — Sa description, 320.— Manière de s’en servir, 321. —Ses avantages , ib.
- — Dite à pont pour peser les voitures chargées ( brev. franç. ) , 368.
- Balancier thermique, nouveau moteur (brev.
- ' franç. ), 359.
- Barre de l’allésoir de Chaillot, sa disposition et son usage ,12.
- Barreaux aimantés, employés dans l’appareil de M. Abraham pour garantir les émouleurs d’armes , 160.
- Bas d’une nouvelle forme ( brev. franç. ), 36o.
- Bascule portative, nouvelle balance de M. Quin~
- ' tenz, 317.— Construite sur le même principe qne celle de Sanctorius, ib.
- Bas-reliefs, peuvent être gravés par la machine du feu Contét 176.
- — En argent ciselé, de M. Barabm, 97.
- Bassines à sucre, de leur chauffage, 236.
- Bateau zoolique, une mention honorable est
- accordée à M. Guilbaud pour cette invention , io5.— Nouveau rapport sur ce bateau, i83. — A fait le voyage de Nantes à Paris, 184. — Est muni de deux gouvernails, ib.—Sa vitesse, i85.
- — De sauvetage ( méd. déc. ), i42.
- Bateaux, nouveau moyen de les faire naviguer
- (brev. franc.), 363.
- — A vapeur, on pourrait y adapter les rames chinoises, 3oi. — Perfectionnés (brev. angl. ), 5i, 53. — Destinés au transport de la marée ( brev. franç. ), 36i.
- Battoir de fer, de son emploi dans la préparation des pavés à la vénitienne , 38.
- Berceau hydraulique de M. de Thiville (rapport sur le ), 212.— Description de cette machine, 229. —Différentes manières de la faire mouvoir, 23o, 231. —- Ses avantages sur d’autres machines semblables, 232.
- Berthollet, note sur sa vie et ses travaux, io3.
- Betterave, de sa culture et de sesproduits, 3i4-
- Bétuline, c’est une résine extraite de l’écorce de bouleau, qui donne de l’odeur aux cuirs de Russie, 279.
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- ( 37! )
- Billets de banque, moyen d’empêcher leur contrefaçon ( brev. angl. ), 55.
- Bistouri perfectionné ( méd. déc. ), i42.
- Bitume minéral, 7g. — Prévient l’humidité, ib. — De son emploi pour rendre les- toiles imperméables, 237.
- Blés, manière de les faire sécher dans l’étuve de Berne, 49- — Avantages de cette opération, ib. — De leur conservation dans les silos, 241.-— Daus des caisses en planches, 246.— Dans des vases de plomb, 247.
- Bleu de Prusse de la fabrique de M. Vincent, 3o 5.
- Bois , moyen de les garantir de la pourriture sèche ( brev. angl. ), 55. — De couper ceux destinés à la confection des jantes de roues, 57. — De les rendre incombustibles, 72. — De les couper avec régularité et promptitude par le tour de M. Galloway^zig.
- Bordures argentées et dorées (brev. franc.), 302.
- Bouée de sauvetage ( méd. déc. ), 142.
- Bouleau, son écorce sert à la préparation des cuirs de Russie , 27g.
- Boulets de canon polis ( brev. angl. ) , 51.
- Boussole perfectionnée ( méd. déc. ), 142.
- Brevets d’invention accordés en Angleterre pendant l’année 1822, 5l. — En France, pendant l’année 1823, 35g.
- Briques de laitier, de leur fabrication, îgy.
- Bronze, de son application à la fabrication des médailles, 116.
- Brosse cylindrique pour nettoyer les chardons à lainer les draps ( brev. franç. ), 362.
- Buanderies publiques ( brev. franç. ), 365.
- c.
- Câbles en fer propres au service de la marine ( brev. franc. ), 302.
- Cadenas de montres émaillés, moyen d’y souder les pieds ou broches, 18g.
- Cage pour attirer et capturer le poisson, 45.
- Caisses en planches pour conserver les grains, leurs inconvéniens , 244*
- Cale des vaisseaux, proposition de la diviser en un grand nombre de cases, 3o2.
- Calorique , métaux qui s’en pénètrent le plus aisément, 86. ’ r
- Cambuses de vaisseaux d’une nouvelle construction (brev. angl. ), 54*
- Caractères d’imprimerie, procédé pour les fondre, 3o4.
- Carbone, doit être mélangé avec l’acier pour produire du damas , 223.
- Cardes à laine perfectionnées ( brev. franç. ),
- 366.
- Carreaux de terre cuite pour les appartemens ( brev. franç. ) 367.
- Cartes géographiques exécutées avec des planches gravées en relief et en creux ( brev. franç. ), 362.
- Casier propre à faire reconnaître la mise au jeu des joueurs ( brev. franç. ) 365. 1
- Cémentation du cuivre , 235.
- Censeurs ( rapport des ) sur la vérification des comptes du trésorier, ioç.
- Céruse, moyen de lui donner plus d’éclat et de blancheur, iç4*
- Chaînes d’une construction particulière ( brev. angl. ) , 53.
- — Dites mathématiques ( brev. angl. ), 56.
- — Pour remplacer les câbles des vaisseau^ ( brev. angl. ) , 56, 307.
- — Leur forme et leur dimension dans le pont du capitaine Brown, 320. — Leur nombre et leur assemblage, 327. — Manière dont elles sont attachées et soutenues , 328.
- Chambre obscure à prisme ménisque de M. Chevalier , 297. — Sa description, 2ç8. — Ses effets et ses avantages, 2Ç9. — Brevet accordé, 361.
- Chapeaux de paille faits avec une matière végétale provenant d’Amérique (méd. déc.), 141. — Tissus sur baguettes d’osier ( brev. franç. ), 36o.
- — En peluche de soie et coton ( brev. franc.), 35g.
- Charançons, n’attaquent pas les blés enfermés dans des silos, 243.
- Charbon pulvérisé, sert à conserver les plantes, ig2,
- Chariot, sa disposition dans la machine à scier en ligne courbe, établie à Freyberg, 62. — Dans la machine à graver de Conté, 1,74.
- Chaudière pour fabriquer l’ücide muriatique (brev. franç. ), 361.
- Chaudières des machines à vapeur remplacées par un vase de petite capacité dans la-machine
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- à vapeur de M. Perkins, 66, 154* — Manière dont elles sont disposées dans les machines à vapeur de M. Woolf, 67.— Epreuves que doivent subir celles des machines à haute pression, 35o.— Moyen de les tenir toujours pleines d’eau en y produisant la condensation de la vapeur ( brev. franc. ) , 364-— Perfectionnées (brev. angl. ) , 5i, 56 ( brev. franc. ) , 364-
- Chaussure qui garantit de la crotte ( brev. franc. ), 361. — Appelée claques ( brev. franc.), 363.
- Chaux hydraulique, de ses qualités; par M. Vient, 282. — Propre aux canaux, réservoirs, etc. ( brev. franc.), 362.
- Cheminée nouvelle et économique (brev. franc.), 364, 365.
- Cheminées en serpentine , 78.
- Chevalets, leur disposition dans l’allésoir de Chaillot pour recevoir des cylindres de divers diamètres , i3.
- Chevaux, manière dont ils agissent dans le bateau de M. Guilbaud, i85.
- Chevilles mécaniques de M. B rouet, 289. — Comparées à celles de M. Legros , ib.
- Sont très-simples, 290. —Brevet accordé, 36o.
- Chimieappliquée à l’agriculture parM. le comte Chaptal, premier extrait de cet ouvrage, 25j.—~ Deuxième extrait, 3i 1.
- Chlorure de chaux, employé pour blanchir l’amidon , 70. — Sa dissolution est appliquée à décolorer les étoffes , 295.
- Chronomètre, compteur des secondes (brev. angl.), 53 (brev. franc.), 365.
- Ciels des gravures, exécutés par la machine de Conté, 172, 182.
- Ciment de Boulogne propre à remplacer le plâtre, 281.
- Cirage nouveau pour les chaussures ( brev. franc. ), 36‘2.
- Circulaire du Ministre <3e l’intérieur en envoyant les programmes aux préfets, 349*
- Clef de serrure à double panneton (brev. franc.), 368.
- — Mobile, pour servir à la manœuvre des mâts de hune et de perroquet ( brev. franc.),
- 367.
- Cloches, moyen d’augmenter la force de leur son ( brev. angl. ), 54-
- 2 )
- Clous de girofle, empêchent la moisissure de l’encre , i38.
- Cocons filés à l’eau froide ne donnent pas de belle soie , 288.
- Colle de pâte, comment on peut empêcher son altération, i38.
- Combustible, est économisé par l’emploi de la macliine à vapeur de M. Perkins, i5y.
- Compas de stéréotomie de M. Brocchi , i45. — Sa description, 146. — Appliqué au tracé des versoirs de charrue, ib.—Son usage, 147.
- Composition des pages d’imprimerie , peut se faire par machine , 3o4*
- Compte rendu des travaux du Conseil d’administration pendant l’année 1822, 84.
- Comptes du trésorier, de leur vérification par les censeurs, 109.
- Concours ouverts -par la Société pour l’année
- 1823, 264.
- Conseil d’administration , ses travaux pendant l’année 1822, 84. —Liste de ses membres afi 3o juin 1823, 166.
- Cordesdesinstrumens de musique,comment ell%s sont tendues par les chevilles de M. Brouet, 286.
- — Humidifuges de M. Guibert, 2.3j. — Manière de les préparer, a38.
- Cornues, procédé pour éviter leur rupture et pour boucher les crevasses qui s’y seraient formées, 161.
- Coton, moyen de l’éplucher par machine, 20. — Quantité qu’on en a obtenue avec la ma -chine américaine, 21, 123. — Essais qu’on a faits pour introduire sa culture en France, 88.
- Couleur verte connue sous le nom de vert de Vienne, 188.
- Couleurs, de leur préparation et de leur emploi dans les pavés à la vénitienne, 39.
- — Prismatiques, effets qu’elles produisent à la lumière, i3q. —Appliquées sur la surface des métaux (brev. angl.), 5i.
- — Pour l’impression des étoffes ( brev. angl.) , ibid.
- Coupes exécutées par la machine à graver de Conté, 181.
- Courroies pour attacher les bagages sur les voitures de voyage ( brev. angl. ), 55.
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- ( )
- C'oxirsier circulaire , introduit en France , 2.5.
- Couteaux, leur disposition dans la balance-bascule^ 322.
- Couverte pour iespoteries communes, 161, 196.
- Cou vertures en toile humidifuge , leurs avantages sur celles en tuile et en ardoise, z3g.
- Crayons, espèce de ceux dont on doit se servir dans l’hyalographe de Clinchamp, i3i.
- — De mine de plomb perfectionnés ( brev. franc. ), 36o.
- Crevasses , moyen de luter celles qui se forment dans les cornues et les creusets , 160.
- Creusets, comment on peut éviter leur rupture, 161.
- — De platine , doublés d’or, 81.
- Cribles, diverses formes de ceux employés pour la construction des pavés à la vénitienne, 42.
- Cristal de lampe nouveau ( brev. franc. ), 364*
- Croisées des églises , moyen de les ouvrir et de lés fermer ( méd. déc.), i43.
- Cuirs, moyen de les garantir de la moisissure , i38. — De les rendre imperméables, 309.
- — De .Russie , cause de leur odeur aromatique, 279. — Sont moins sujets à la moisissure que les autres cuirs, 280.—La seconde moitié du prix proposé pour ce sujet est remise a MM. Duval-Duval et Grouvelle , 281.
- Cuivre, a été remplacé par le bronze pour la fabrication des médailles, 116. —Procédé pour l’affiner et le rendre parfaitement ductile, 235.— De sa disposition dans la-machine à graver de Conté, 176.
- — En bâtons, à l’usage des tireurs d’or, résultat du concours ouvert à ce sujet, 276. — Le prix est réservé , 277.
- Cuves alcalines d’épuration (brev. franc.),
- 36o.
- Cylindres des machines à vapeur, nécessité de les alléser avec soin ,11. — Moyen de les roder ou polir intérieurement, i5. — D’une dimension extraordinaire , 67.
- D.
- Damas oriental, matière dont il est formé, 222.
- Découpures, comment on peut les fixer sous glace , 240.
- Dégras provenant de la rectification de l’huile de bouleau, sert à rendre les cuirs imperméables, 280.
- Dépenses de la Société pendant l’année 1822, 107.
- Description de l’Egypte, les planches de cet ouvrage ont été gravées, en grande partie, parla machine de Conté, 170.
- Dessins, moyen de les obtenir avec l’hyalographe de M. Clinchamp , i3x.— D’en tirer des épreuves, ib. 2— De les appliquer sur du veloui's, j 62. —— De les produire sur des étoffes teintes en rouge, 290.— De les exécuter dans la chambre obscure de M. Chevalier, 299.
- Disettes, moyen de les prévenir, 241.
- Doreurs sur métaux, à quels dangers ils sont exposés, 228.
- Douches, appareil pour les administrer (brev. angl. ), 53.
- Drap fabriqué avec de !a laine de la Nouvelle-Galles du Sud ( méd. déc. ), 141.
- E.
- Eau, agit par impulsion dans les vannes en dessus, 25. — Manière dont elle est chauffée dans la machine à vapeur de M. Perkins, 66, 164. —Soumise à une très-forte pression,
- 155. — Moyen de déterminer Sa pression ,
- 156. — De l’élever par voie d’oscillation, 229. — Effets qu’elle produit dans le berceau hydraulique , 232.
- Echappement libre de pendule (méd. déc.),
- i43.
- Echelle applicable aux hydromètres (méd. déc.), 142.
- — A incendie de M. Schertz, i32.— Est d’une construction simple , ib.
- Éclairage par le gaz hydrogène , 80.
- Ecole des arts établie à Edimbourg ( rapport sur l’),22.
- — Technologique, fondée à Hambourg, 24.
- — Pratique d’agriculture, 196.
- Ecriture nocturne à l’usage des aveugles, 266.
- Edifices dont la charpente est en fonte de fer, 22.
- Élaïne, nouveau procédé pour l’extraire des huiles, 139.
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- Émaux , le palladium peut être employé à leur préparation, 164*
- Émouleurs d’armes, précautions qu’ils emploient pour se garantir de la poussière de grès, 159.
- Empointeurs d’aiguilles , procédé pour les préserver de la poussière de grès, \5y.
- Empreintes pour marquer le linge, 71.
- Encre, composition de celle pour marquer le linge, 71. — En tablette, d’une qualité supérieure, 98. -— Comment on empêche sa moisissure, i38.
- Enduit pour éviter la rupture des creusets, j61.— Pour revêtir les fosses à grains, 245.
- — Pour rendre les toiles imperméables, 3o8.
- Engrais pour améliorer les terres (brev. franç.),
- 367.
- Engrenages nouveaux de M. Perrelet, 3o2.
- Epreuves des dessins de perspective , moyen de les obtenir, i3i.
- Equerre d’arpenteur de M. Fouquier, i5i. — A été perfectionnée par M. Benoît, i52.
- Etoffe propre à faire les cols (brev. franc.), 366.
- — Nommée drap d’été ( brev. franc.), 367.
- Etoffes, procédé pour les rendre incombustibles, 72.— De produire des dessins réservés en blanc sur celles teintes en rouge , 290.— Manière dont elles sont placées dans la presse hydraulique , 292. — Dont elles sont décolorées, ib. — Temps nécessaire pour cette opération, 293. —• Moyen de les rendre imperméables, 309.
- Etoupes de lin, de leur filature, 17.
- Etuve employée à Berne pour la dessication des grains ( rapport sur 1’), 48.— Sa description, 25o. —Est chauffée au charbon de bois , 251. —- Quantité de grain qu’elle contient, 252.
- Exposition publique des produits des manufactures en Prusse, 198.
- F.
- Fabrique de M. P radier ( rapport sur la ) , 233.
- Fahnenberg, rapport sur les communications faites par lui ,192.
- Fanal lenticulaire de M. Fresnel, 1x2.
- Farine de froment, comment on la prépare pour
- en extraire la matière colorante, 70.— Qualité de celle provenant du grain non torréfié, 253.
- Fer, manière dont il a été travaillé par M. Pot-tié, 27. — Perfectionnemens dans sa fabrication (brev. angl.), 52 , 54. — De sa combinaison avec l’acier, 223. — Son alliage avec le noir de fumée produit de très-bon acier , 225. — Coupe l’acier, 3o4- — De sa préparation dans les forges de Fourcham-bault, 3o6. — Avantages de son étirage au laminoir, 307. — Moyen de le préserver de l’oxidation (brev. franç.), 35ç.
- Fers de chevaux en fonte (brev. angl.), 52. -— A jointure brisée (brev. angl.), 53.
- Feuilles de plomb, de leur fabrication en Chine,
- x4i.
- — De cuivre, destinées au doublage des vaisseaux, possibilité d’en améliorer la fabrication, 235. — Celles employées en Hollande résistent à l’action de l’eau de mer, 236.
- — De phormium tenax, leurs dimensions, 332. — Manière de les préparer pour en tirer la filasse, 335.
- Fil d’acier propre à faire les aiguilles à coudre, résultat du concours ouvert pour ce prix, 275. — Est prorogé à l’année 1825, ib.
- — De fer, de sa ténacité dans des températures différentes, 68. — Il la perd lorsqu’il a été recuit, 69.
- — De lin, filé à la mécanique, par M. Zibelinr 16.
- —• D’or et d’argent faux, à l’usage de la passementerie , de sa fabrication, 276.
- Filières nouvelles pour les matières d’or et d’argent (brev. franç.) , 366.
- Fils provenant des feuilles du phormium tenax, sont d’une grande solidité, 191.
- — De verre , sont très-fins , 71. — Leurs divers emplois, ib.
- Fléau , sa disposition dans la balance de M. QuintenZ) 318, 321.
- Fonds exécutés par la machine de Conté\ 180.
- Fonte de fer , manière de la couper dans l’allé-soir de Chaillot, 12. —De reconnaître sa ductilité, 22. —Son moulage a été jusqu’alors négligé , ib. — Pulvérisée , sert à préparer de la soudure pour l’acier, 140. — Mêlée avec de la limaille oxidée , produit
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- 5,5 )
- de bon acier, 226. — De son affinage dans les forges de Fourchainbault, 3o6.
- Fontes de pistolets perfectionnées (brev. angl.), 52.
- Forges de Fourchambault (sur les) , 3o6.
- Formes à sucre perfectionnées (brev. franc. ) ,
- 364*
- Fosses à conserver les grains, manière de les construire, 24J* —- Enduit dont elles doivent être revêtues, 245. — Leurs avantages, ib. — De leur construction à l’hôpital Saint-Louis, 247*
- Fourchambault, notice sur ces usines , 3o6.
- Fourneau pour chauffer le fer malléable (brev. rugi. ), 53. —Fumivore pour les machines à vapeur (brev. angl.), 55 , 56. — De doreurs de M. Darcet, ses avantages, 228. — A réverbère, chauffé à la houille, sert à affiner le fer, 3o6. — Mobile pour la carbonisation de la tourbe (brev. franc.) , 363. — Économique nouveau (brev. franc.), 365.
- Fours à carboniser le bois et la tourbe ( brev. franc. ), 36o. — Moyen de les chauffer avec du charbon de terre ( brev. franc. ), 366. — Pour la fonte et fabrication du fer ( brev. ranc. ), 367.
- Foyers qui garantissent de la fumée et de l’incendie (brev. angl.), 55.
- Fraise pour couper les bois et les métaux, 219.
- Frein des moulins adapté aux chevilles mé-' c-aniques de M. Brouet, 289.
- F^omont, plantes rares qu’on cultive dans ce
- jardin, 354*
- Fusils à percussion, dits de Pauly, perfectionnés (brev. franc.), 367.
- G.
- Garde-cendre nouveau (brev. angl.), 54*
- Gaufrure appliquée sur des étoffés et rubans de soie (brev. franc.), 359.
- Gaz de la houille, moyen d’éviter la chaleur et l’odeur qu’il occasionne lorsqu’il est employé pour l’éclairage dans l’intérieur des appartemens , 80. — De régler sa consommation , 82 (brev. franc.), 363. —De le transporter à domicile (brev. franc. ), 367.
- — Obtenu du goudron de houille, 236.
- __De l’huile, procédé pour le transporter à
- domicile ,45* — Pour le comprimer, ib.
- Gélatine, moyen de l’extraire des os, 74*
- Générateur, on nomme ainsi la chaudière dans la machine à vapeur de M. Perkins, i54-
- Glace, procédé pour la rompre dans les rivières, par M. Gluck, 118. — Une médaille d’argent est accordée à l’auteur, 120.
- Glaces, moyen d’en enlever le tain et d’v fixer les gravures et vignettes , 240.
- Globe de cuivre introduit dans la machine de M. Perkins pour prévenir les explosions, 67.
- Gomme élastique dissoute dans de l’huile goudronneuse de houille , sert à rendre les étoffes imperméables, 309.
- Goudille chinoise , ses avantages sur les rames ordinaires, 3oi. — Convient pour les petites embarcations et la navigation fluviale, 3o2.
- Goudron, doit être remplacé par un enduit moins cassant et moins cher, 3o3.
- — De houille , de sa décomposition , 236.
- Graines de coton, moyen de les ouvrir et d’en
- retirer les filamens, 21. — De leur épluchage par la machine américaine, 122.
- — De phormium tenax, de leur germination , 190. — Ont réussi en pleine terre en France , 333. — Semées à Toulon et à Cherbourg , 336.
- — Odorantes, sont exemptes de la moisissure, i38.
- Grains, leur mode de dessiccation est encore imparfait en France, 5o. —- Avantages de leur conservation dans des silos, 24î* — Com ment on les conserve en Italie et en Pologne, 245. — Expériences faites sur ceux extraits des fosses souterraines, 246. — Bénéfices qui doivent résulter de ce mode de conservation, 249. — Manière de les torréfier dans l’étuve de Berne, 252. -—Produit de leur mouture et de leur panification, 254-
- Gravures en taille-douce, exécutées à l’aide de la machine de Conté, 175. —• Moyen de les fixer sous glace, 240.
- Greffoir emporte-pièce (brev. franc.), 35g.
- Grilles de fourneaux perfectionnées (brev. angl.), 5i.
- Grue applicable au déblai des terres ( brev. franc.), 363.
- H.
- Harpes perfectionnées ( brev. angl. ), 52.
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- ( 576 )
- Herse mécanique de M. Machon , rapport sur
- — cet instrument, ^6. — Ses avantages, &,<]. — Sa composition , 48. — Sa description,
- . 3io.
- Horloge à temps sidéral et à temps moyen de M. Perrelet, 125. — Se montant d’elle-même par l’effet du vent (brev. franc.), 366.
- Houille, quantité qu’en consomment les machines à vapeur de VFoolf^ 68. — Moyen d’en extraire le goudron , 236.
- Huile de bouleau, empêche les effets de la moisissure sur le cuir de Russie, i38. —> Causes de son odeur aromatique, 278.
- «— De veau marin de la Nouvelle-Galles du Sud , importée en Angleterre ( méd. déc. ) , i43.
- -— De térébenthine, garantit les cuirs de la moisissure, i38.
- Huiles de graines , procédé pour les purifier (brev. angl.), 56.
- — Essentielles , odorantes , préviennent la moisissure, 137.
- — D’olives, moyen d’en séparer l’élaïne, i3q. — Composition de celles employées pour peindre sur velours , 162.
- Humidité, est prévenue par l’emploi du bitume minéral ,79.
- Hyalographe, description de cet instrument, 126. — Changemens qui y ont été faits, 127. -r- Ses avantages , 129. — On doit y adapter le long bras du physionotrace de Chrétien, ib. — Manière de s’en servir , i3i.
- Hydromètres nouveaux (brev. angl.), 5i. '•
- I.
- Impressions, moyen de les multiplier (brev. angl.), 52.
- Imprimerie , perfectionnemens ajoutés à cet art, par M. Church , 3o3.
- Incendies, moyen de les prévenir (brev. angl.), 52. —De les rendre moins fréquens, i3a.
- Insectes, n’occasionnent point de dégât dans les blés enfermés dans les silos, 243. — N’attaquent pas le cuir de Russie , 280.
- Instrument de précision pour déterminer le mouvement des corps célestes , la vitesse des voitures, etc. (brev. angl.), 53.
- s— De musique, à clefs (brev. angl. ) , 54.
- — Pour connaître la vitesse du courant des rivières, 93.
- — Pour dessiner la perspective, sa description, 126. —- Manière de s’en servir, 131.
- — Propre à indiquer sur une carte nautique le lieu où se trouve un vaisseau (méd. déc. ),
- i43.
- — Pour fixer les longes des chevaux ( brev. franc.), 366.
- Irrigations , comment on peut les pratiquer avec la roue oblique de M. Léorier, i36.
- J.
- Jantes de roues, machine destinée à les couper, 5j.
- JoLlivet, contestation relative à sa succession , 100. — Ordonnance royale rendue à ce sujet, ib. — Son nom sera placé sur un tableau déposé dans le local des séances de la Société , io5.
- L.
- Laine de la Nouvelle-Galles du Sud importée en Angleterre ( méd. déc. ), i43.
- — Filée d’une manière particulière ( bflev. franc.), 366.
- Laitier, moyen de le séparer du fer , 3o6.
- Laminoirs employés pour étirer le fer dans les forges de Fourchambault , 5o6. — Leurs avantages sur le travail au marteau , 307.
- Lampe pour attirer et capturer les poissons,
- 45. .
- — A gaz hydrogène, de M. Rouyer, 82.
- — A mouvement d’horlogerie , de MM. Got-ten et Duverger, une mention honorable leur est accordée , io5.
- Lampes dans lesquelles on peut brûler des graisses animales (brev. angl.) , Si. —Perfectionnées ( brev. angl.), 53, 55. ,
- — Dites statiques (brev. franc.), 366.
- Lanterne portative de sûreté (brev. franc.), 361.
- Legs de M. Jollivet, est réduit à moitié par
- une ordonnance royale du 19 mars 1823,100,
- Lentilles à échelons de M, Fresnel, 112. —; Expériences faites avec ces verres, 114-
- Levier hydraulique pour l’arrosement ( brev, franc.), 366.
- Lignes, manière de les tracer sur l’acier , 139 *
- Lignes
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- ( 3;
- ®— Ondulées, moyen de les exécuter par la machine à graver de Conté, 172, 175. Limaille de fonte, on en compose de bon acier, 226.
- Limes fabriquées par M. Schmidt, 28. — Par M. Jaegerschmidt, 218.
- Lin , l’art de le filer à la mécanique est dû à la France, 17. — Nouveau procédé pour le préparer sans rouissage ,192.
- — De la Nouvelle-Zélande, supérieur au chanvre, 190. — Peut s’acclimater en France, 191. — Caractères de cette plante , 332. — De ses graiues, 322. — Ont mûri en pleine terre à Toulon et à Cherbourg, 333. — Précautions à prendre pour sa culture, ih. — Moyen de le garantir du froid, 334- — Manière de préparer ses feuilles , 335.
- Linge , composition d’une encre pour le marquer, 71. — Procédé pour le rendre incombustible, 72.
- Liqueurs chaudes, sont décantées par le siphon de M. Escax , 216.
- Liquides, moyen de les chauffer (brev. angl.), 54. — De les évaporer, 189.—De les concentrer à une basse température, 236. — De les soutirer à l’aide du siphon de M. Escax y 2l5.
- Liste des membres du Conseil d’administration au 3o juin 1823, 166. — Des membres de la Société admis pendant l’année 1823, 355, Lit élastique (brev. franc.), 367.
- Long-bras du physionotrace de M. Chrétien, adapté à l’hyalographe de M. Clinchamp, i3o.
- Lumière, manière dont elle se réfléchit dans la chambre obscure de M. Chevalier, 299.
- M.
- Machine à alléser les corps de pompe, établie à Chaillot, 12. — Sa description, ih, — Sa manœuvre, 14»
- — A égrener le coton ( rapport sur la ) , 19. Description de celle à cylindre, ib.—Avantages de celle à hérisson, 26. — Est employée en Amérique, ih, — Un modèle en est acheté par la Société, ib. — Quantité de coton qu’elle produit ,21. — Son introduction dans les colonies peut être très-utile, ib. — Sa description, 121.
- Vingt-deuxième année. Décembre 1!
- 7 )
- —A creuser et languetter le bois (brev. angl.), 5x.
- —A teiller et sérancer le chanvre (brev. angl.), ib.
- — A couper et aplatir les mèches des chandelles (brev. angl.), 52.
- — A faire des tuyaux (brev. angl.), 53.
- — A fabriquer des cordes et cordages plats (brev. angl.), ib.
- — A nettoyer et laver les étoffes de laine (brev. angl.), 53.
- — A tailler des ornemens sur les marbres des cheminées (brev. angl.), 54-
- — A tondre et apprêter les draps (brev. angl.), ib.
- — A tondre et lainer les draps (brev. angl.) , 55.
- — A couper les bois destinés à la confection des jantes de roues , 5y. '
- — A scier en ligne droite, sa description, 5g., en ligne courbe, 62. — Sa manœuvre, 63.
- — Astronomique , mue par l’eau (méd. déc.)-, 142.
- — A graver de feu Conté, 170. —- Historique de cette machine, ib. — Ses avantages, 172. — Economie qu’elle procure, 173. — Sa description, 174, 176. — Ses détails, 177. —- Dimension de ses pièces principales, 1-79. — Ses produits , 180.
- — A préparer le lin sans rouissage ,192.
- — Propre à sauver les naufragés, 195.
- — A pétrir le pain , ib.
- — Pour tirer parti de la fluctuation de l’eau , par M. de Thiville, 2x3.
- —• Propre à couper les bois et les métaux, employée en Angleterre, 219. —Manière d’en faire usage ,221.
- — Hydraulique,nommée berceau hydraulique, 229.
- — Propre à travailler les verres d’optique , résultat du concours ouvert à ce sujet, 265. —r Ce prix est prorogé à l’année 1.824 , 270.
- —- Pour composer les pages d’imprimerie, 3o>4.
- — A fondre les caractères , ib.
- —A tanner les cuirs et les peaux, en forçant la liqueur tannante à passer à travers, au moyen de la pression (brev. franc.), 359.
- — A faire des clous, dits pointes de Paris, (brev. franc.), 36i.
- — A tisser les draps (brev. franc.), ib.
- *5. bdd
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- 3,8)
- ___A couper la colle (brev. franç.), 362.
- ___ A préparer le coton à la filature ( brev.
- franc.), ib.
- __ A faire des moulures dans le bois ( brev. françj, 363.
- — A flamber et griller les fils de coton et la dentelle (brev. franc.), ib.
- — A tordre et retordre les fils ( brev. franç. ),
- 363. .
- A transporter le gaz ( brev. franç. ), 364*
- —- A dévidoirs pour l’ourdissure (brev. franç.), 366.
- — A percer les cribles ( brev. franc.) , ib.
- — A tourner les feuillets des cahiers de musique ( brev. franç. ), 367.
- — A refouler et à rebattre les carreaux ( brev. franç.), ib.
- — Appelée rouanette-Salvanat, propre à la
- ^natation ( brev. franç.), ib.
- — A tondre les draps ( brev. franç.), 368.
- — A scier le marbre ( brev. franç. ) , ib.
- — Hydraulique nouvelle (brev. franç.),.ib.
- — A vapeur, son importance en Angleterre, 11. — De rotation ( brev. angl. ), 54. — perfectionnée ( brev. angl.), 5i, 55, 56. — Quantité de combustible que consomme celle de Woolf, 67. — Poids des pièces qui la composent, 68. — Celle de Per-kins n’est pas sujette aux explosions , 67. — Sa description, i54* — Principes sur lesquels sa construction est fondée, ib. — Peut servir à chauffer l’eau d’une chaudière ordinaire, i56.— Moyen d’éviter le danger des explosions, ib.— Appliquée aux presses d’imprimerie, résultat du concours ouvert à ce sujet, 271. — Le prix est décerné à M. Sélligue, 273. —Précautions à prendre dans l’emploi de celles à haute pression, 349» — Ambulante ( brev. franç. ), 363.— Appliquée au mouvement des usines à fer ( brev. franc. ), 364* — S’adaptant aux voitures (brev. franç.), 367.
- — A tondre les draps ( brev. angl. ), 52.
- — Hydraulique , applicable aux pompes foulantes ( brev. angl.) 55.
- — A graver la taille-douce ( rapport de M. Jo-mard sur la ), 169.
- — Pour la fabrication des porcelaines ( brev. franç. ), 365.
- — Pour fabriquer la chandelle ( brev. franc. ),
- 366.
- Magasins en bois pour conserver les grains , leurs iuconvéniens, 244*
- Maillets, forme de ceux employés dans la confection des pavés à la vénitienne, 42.
- Maisons, moyen de les alimenter avec du gaz de l’huile, 45.
- Manganèse, de son alliage avec l’acier, 225.
- Marbre, de son emploi dans la préparation des pavés à la vénitienne , 34» — De son application, 35. —- On en trouve dans le département de la Haute-Vienne, 78. — Factice (brev. franç. ) , 362.
- Marrons d’artifice employés à rompre la glace dans les rivières, 118.
- Marteau perfectionné, à l’usage des horloges publiques ( méd. déc ), i43.
- Marteaux, forme de ceux pour casser le marbre des pavés à la vénitienne, 42*
- Mastic bitumineux de Lobsann , 79.
- — A l’usage des bàtimens (brev. franç.), 36a.
- Matière plastique se moulant comme le plâtre, et aussi dure que la pierre, résultat du concours ouvert à ce sujet, 281. — Une médaille d’or est accordée à M. Vicat, 284. — Le prix est prorogé à l’année 1824, ib.
- Matières de densités différentes, moyen de les séparer, 87.
- Mausolée en fer poli de M. Pottié, 26.
- Mécanique pour tordre et doubler la soie (brev. franc.), 359.
- — Pour filer la soie ( brev. franç.), 36o.
- —Pour carder les lainesà matelas( brev. franç.),
- 361.
- — Pour laver les cendres des doreurs (brev. franc.), 362.
- —» Pour la préparation de la bourre de soie ( brev. franç.), ib.
- — Pour fabriquer les bourses de soie ( brev. franç., ib.
- — Pour préparer la fantaisie de soie ( brev. franç.), 363.
- Mécanisme de harpes perfectionné (brev. angl.), 52.
- — Applicable aux métiers pour tisser des étoffes unies et façonnées ( brev. angl.), 55.
- — pour régler la quantité d’eau qui alimente
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- les roues «les moulins ( mé<3. déc.), 142. - Pour fabriquer des galons ( brev. franc. ) , 302.
- -Pourfaireremonterles bateaux(brev. franc.), 365.
- —> Adapté aux platines des fusils à percussion ( brev. franc.), 366.
- — Pour faire monter et baisser, la mèche des lampes (brev. franc.), 368.
- Médaille gravée, offerte à la Société par M. Tiolier, 286.
- Médailles décernées par la Société d’Encoüra-gement de Paris, 11a et-suiv. — Par la Société d’Encouragement de Londres, 141 •
- «— De bronze, fabriquées d’après le procédé de M. de Puymaurin , n5. — Préférables à celles de cuivre 117. — Une médaille d’or est décernée à l’auteur, 118.
- Membres composant le Conseil d’administration de la Société au 3o juin 1823, 166. — Admis depuis le i^r. janvier i8a3, 355.
- Mémoire sur les avantages des moutons à laine superfine d’Espagne , et sur le métisage des moutons indigènes de France; le prix proposé pour ce sujet est décerné à M. Perrault; àe Jotemps, 286.
- Mérinos, ceux de petite taille sont préférables à ceux de grande taille sous le rapport de la finesse de la laine yib.
- Métaux, de leur conductibilité pour le calorique, 86. — Moyen de les couper avec régularité et promptitude, 219.
- Métier à tisser les rubans de soie, perfectionné (méd. déc.), *4l»
- — A tricot sans envers de M. Favreau, 186. — Un seul jeu d’aiguilles à deux têtes y remplace les deux jeux d’aiguilles de l’ancien métier, ib. — Ses avantages , 187.
- — A tisser nouveau (brev. franç.), 36 x.
- — Pour le décatissage des draps (brev. franc.), 363.
- Meule de grès, manière dout elle est disposée dans l’appareil de Abraham, i58.
- Meules de moulin, procédé pour les tailler (méd. déc.), 142. '
- Minerai de fer, moyen de le convertir directement en fer doux (brev. franç.), 365.
- Mines de cuivre de Cornouailles, moyens employés pour les assécher, 67.
- —- De bitume de France , 79.
- Miroir, on appelle ainsi des incrustations de marbre dans les pavés à la vénitienne, 35. — Manière de le préparer, ib» — De le polir ,
- O
- ?7\
- Miroirs paraboliques, inconvéniens de leur emploi pour les phares, 112.
- Moisissure, moyen de la prévenir, i3r]. — Le cuir de Russie en est préservé, 280.
- Montres à temps sidéral et à temps moyen de M. Perrelet, 125.
- Mors de bride perfectionné (méd. déc.), 142-
- Mortier, de sa préparation, par M. Vicat, 282. — Composition 4<e celui employé dans la construction des pavés à La vénitienne, 32.
- Mortiers de couleur, manière de les préparer, 4o.
- Moteur hydraulique s’adaptant à toute espèce de fabriques (brev. franc.), 367.
- Mouchoirs rouges des Indes, moyen de les orner de dessins réservés en blanc, 295.
- Moulage des médailles de bronze , 116.
- Moules , doivent rester long-temps à refroidir pour rendre la fonte ductile, 22. — Manière de les préparer pour les médailles de bronze, 117.
- Moulin à éeorcer les légumes secs, résultat du concours ouvert à ce sujet, 268. —- Ce prix est prorogé à l’année 1824» 270.
- — A nettoyer le sarrasin ; résultat du concours ouvert pour ce sujet, 268. — Le prix est prorogé à l’année 182$, 271. — Description de celui de M. Lescure, 255.
- Moulin à scier le bois en ligne courbe, employé à Freyberg , 5g.
- — A bras portatif (brev. franc.), 364-
- Mousse employée pour le calfatage des vaisseaux , 3o3,
- Moutons de race pure d’Espagne, croisés avec les moutons indigènes ; résultat du concours ouvert pour ce sujet de prix, 284» —• Est décerné à M. Perrault de Jotemps, 285.
- Mouvemens d’.horlogerie de M. Perrelet, 124.
- Murs, moyen de les garantir de l’humidité, 80.
- Minerais, moyen de les fondre et de les calciner (brev. angl. ), 55.
- Ddd a
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- ( 38o )
- N. *
- Naillage des embarcations avec de la mousse, 3o3.
- Navires de nouvelle construction (brev. angl.), 51.
- Nécessaires de M. Pradier, leurs avantages,
- 234.
- Noir de fumée, sa combinaison avec le fer produit d’excellent acier, 225.
- Notation musicale à l’usage des aveugles (méd. déc.), 142.
- °.
- Objets exposés dans' la séance générale du 3o avril 1823,81. — Dans la séance générale du 29 octobre 1823,261.
- Œillets mobiles à l’usage des corsets (brev. franc.), 367.
- Ordonnance royale relative aux précautions à prendre dans l’emploi des machines à vapeur
- à haute pression , 349-
- Os , moyen d’en extraire la gélatine par la vapeur , 74. ,
- Outils employés pour la construction et le polissage des pavés à la vénitienne, 41 •
- Ouvrages offerts à la Société pendant l’année 1823, 352.
- Ouvriers, nécessité de leur donner de l’instruction, 23.
- P.
- Pain fait avec de la farine de grain torréfié, sa qualité, 255.
- Palladium, de sa préparation par M. Bréant, i63. —Ses propriétés , 164*
- Paritomètre de M. Benoit, i52. — Son usage, j53. —Son prix, i54-
- Parures métalliques de M. Barton, *3g.
- Parapets, leur construction dans le pont suspendu en fer du capitaine Brown , 327.
- Paris, recherches statistiques sur cette ville, 336. — Son climat, 337. — Ses eaux, 338. — Navigation, 33g- — Population , 34o. — Secours publics, 342. — Consommation, 343. — Industrie et commerce , 344* — Finances , 346-347- — Alignement des rues, 348.
- Pastel, de sa culture, 3i3.
- Pâte cristallisée servant à faire des réflecteurs de lampes (brev. franc.), 363.
- Patentes délivrées en Angleterre pendant l’année 1822,51.
- Pavés en mosaïque, leur usage s’est perdu , 29. — Terrassés à l’antique, manière de les éta- ' blir, 3o.
- — A la vénitienne , instruction sur l’art de les construire , par M. Laudier, 3i. —De leur préparation, ib. —^ De l’incrustation des fragmens de marbre, 34* — Du polissage, 38-3g. — De leur entretien, ib. — Manière plus économique de les construire, 41*
- Pavot, de sa culture (méd. déc.), i4>*
- Peaux chagrinées à l’usage de la gaînerie, mar nière de les obtenir, 90.
- Peigne-Machon, avantages de cet instrument aratoire ,46.
- Peintures sur velours de M. Vauchelet, 162.
- Pendule nouvelle de M. Perrelet, 123. — Donne à-la-fois le temps moyen et le temps sidéral, ib. •
- Perles artificielles imitant les perles fines (brev. franç. ) , 367.
- Perruques à boucles permanentes (brev. angl.),
- 55.
- Perspective, règles à observer pour l’obtenir exactement, 127. — Comment tracée avec l’instrument de M. Clinchamp, 128.
- Pesées, se font très-facilement avec la balance-bascule, 322.
- Peuplier, son écorce peut servir à préparer les cuirs de Russie , 279.
- Phormium tenax, ou lin de la Nouvelle-Zélande 5 disposition particulière que présente sa germination , 191. — Possibilité de l’acclimater en France, 332.
- Pieds de cadrans de montres, nouvelle manière de les souder, 189.
- Piles de pont, moyen de les fonder (brev. angl.),
- 53.
- Piliers, dimensions de ceux du pont en fer suspendu du capitaine Brown , 328.
- Pins du Nord, résultat du concours ouvert à ce sujet, 286. — Le prix est décerné à M. Tro-chuf ib.
- Pins-laricio, résultat du concours ouvert à ce sujet, 286. — Le prix est décerné à M. de Lorgeril, ib.
- Pistons, doivent joindre exactement dans les
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- ( 58. )
- cylindres des machines à vapeur, 11. — Leur construction dans la machine de M. Perkins, 66. — Leur effet dans les presses hydrauliques destinées à la fabrication des mouchoirs de Bandanas , 291.
- Plan incliné du bateau zoolique, ses avantages, 186.
- Planche à l’usage des imprimeurs en toiles peintes (méd. déc.), 142.
- Plancher, sa construction dans le pont suspendu en fer, 3a6.
- Plancher des appartemens, moyen de les établir en Italie, 41-
- Planches de cuivre à l’usage des graveurs, manière dont elles sont gravées par la machine de Conté, i83.
- Planches de plomb découpées, pour produire des dessins réservés sur des étoffes rouges, leur préparation, 293. — Leur disposition dans les presses à vis, 295.
- Plantes, moyen de les conserver sans altération, 193. — De leur végétation, suivant M. Chaptal, 260.
- -—Utiles, importées en France, résultatdu concours ouvert à ce sujet, 267. — Ce prix est prorogé à l’année 1824, 270.
- — Parasites, moyen de les extirper dans les prairies, 3io.
- Plaqué d’or et d’argent, procédé pour le fabriquer (breV. angl.), 54-
- Plaques de plomb, leur disposition dans la presse hydraulique pour produire des mouchoirs de Bandanas ,291.
- Plate-forme , sa construction dans le pont suspendu du capitaine Brown, 3z6.
- Platine, moyen de retirer le palladium de ce métal, i63.
- Plâtras, procédé pour les régénérer (brev. franc.),
- 359.
- Plâtre, comment on peut le remplacer par une matière aussi dure que la pierre, 283.
- Plomb, moyen d*en fabriquer les tuyaux sans soudure, 73. — Est le métal le moins conductible pour le calorique , 86. —* Comment on le réduit en feuilles en Chine, 140.
- Plombagine , son alliage avec l’acier donne de bons tranchans, 225. - , i
- Plumer perfectionnées pour l’écriture (brev. angl.), 53.
- Poêle en serpentine, exécuté par M. Sagstête,
- 75. — Produit beaucoup de chaleur et résiste parfaitement au feu ,76.
- Poêles en cuivre , moyen de les empêcher de perdre leur brillant (brev. franc.), 366.
- Poids, manière dont ils sont placés dans la balance-bascule, 319.
- Pointe, de son emploi dans la machine à gra'ver de Conté, 173.
- Poissons conservés dans du sucre brut, 44* — Procédé pour les attirer et les capturer, 45.
- Polissage des pavés à la vénitienne , 39.
- Polissoirs, de leur usage pour la préparation des pavés à la vénitienne, 36. — Leurs diverses formes, 43.
- Pompe à irrigation de M. Menestrel, i36.
- — Alimentaire de la machine à vapeur de M. PerkinSy sa construction, i56.
- — A incendie, nouvelle, construite par M. Schenck , 196.-7- Portative , à jet continu, de M. Gancel, 324-
- Pompes , moyen de faciliter leur manœuvre a bord de vaisseaux , 3o3.
- Ponts suspendus à des câbles, dans quels pays employés, 325. — A quelle époque ils ont été introduits en Europe , ib. — Description de ceux construits en Angleterre, ib. — De ceux en chaînes de fer établis sur la rivière de Tweed, 326. — Leurs dimensions, ib. — Effets qui se produisent en passant dessus , 329.—Oscillations qu’ils éprouvent, 33o. — Sont aussi solides et moins chers que des ponts en pierre, 33i.
- Ponts d’une nouvelle construction (brev. angl.), 54.
- Porcelaine, nouvelle méthode pour la cuire (brev. franc.) , 368.
- Porte-crayons de diverses formes (brev. franc.), 365.
- Potasse, une dissolution de cet alcali rend les étoffes incombustibles, 72.
- Poteries , moyen de les recouvrir d’un vernis économique et salubre, 161, 196.
- Poudre dentifrice nouvelle (brev. franc.), 361.
- Poussière de grès, moyen d’en garantir les empointeurs d’aiguilles, i58.
- Prairies , comment on peut les débarrasser des herbes parasites, 46, 310.
- Prélart, inconvéniens que présente cett,e toile goudronnée, 3o8.
- Presse à vis ordinaire , appliquée à la fabrica-
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- tion des mouchoirs à . dessins blanc, 295.
- — Hydraulique, appliquée à produire des dessins réservés en blanc sur des étoffes teintes en rouge ,291.
- — D’imprimerie, avantages de celle de M. Sel-ligue , 272. «— Nouvelle de M. Church, 3o4» — Perfectionnée (brev. angl.) , 5i, 62.
- Pressoirs perfectionnés (brev. franc.), 362.
- Prisme convexe, sadisposition dans la chambre obscure de M. Chevalier, 297.
- Prix décernés par la Société d’Encouragement de Londres, 141.
- — Proposés par la Société d’Encouragement de
- ' Berlin, 199. — Décernés par la Société
- d’Encouragement de Paris, dans sa séance du 29 octobre, 1823, 271 et suiv. — Désignation de ceux pour lesquels il ne s’est pas présenté de concurrens , 268.
- Procédé mécanique pour produire dans deux axes des vitesses relatives exprimées par deux nombres quelconques, 20x.
- Produits bitumineux de diverses mines de France (sur les), 79.
- Programme du concours pour la chaire de ma-réchallerie et de jurisprudence vétérinaire à l’Ecole vétérinaire de Lyon, 164.
- Prussiate de potasse de M. Vincent, 3o5.
- Pupitre portatif à l’usage des musiciens, 17. — Sa composition et ses avantages , 18.
- Pyromètre , employé daus l’étuve à sécher les grains en usage à Berne, 251.
- R.
- ,Rames des bateaux, manière dont elles sont construites et manceuvrées en Chine, 3oi.
- — Leurs avantages, 3o2. — Proposition de les adapter aux bateaux à vapeur, ib..
- — Mobiles , à trois manoeuvres (brey. franc,),
- 363. -
- —Verticales rotatives, applicables aux bateaux à vapeur (brev. franç.), ib.
- Rapporteur à roulette de M. Lipkenst 148. — Sa description, 149» — Ses avantages, i5o.
- Rasoirs, manière dont ils sont fabriqués par M .P radier, 233.
- Recettes de la Société pendant Fannée 1822 106.
- Recherches statistiques sur la ville de Paris rapport sur cet ouvrage, 336. . >
- (3Sa )
- Récipient, forme de celui dans lequel on réduit les os en gélatine , 74. —- Doit être fortement construit, y5.
- : Régulateur pour perfectionner la filature des laines ( brev. franc. ), 365.
- Reliûres en cuir de Russie , ne contractent pas la moisissure, i38.
- Revêtemens des murs', nouveau mode proposé par M. de Lambel, 218.
- Rivières, moyen de désobstruer leur cours embarrassé par les glaces, 118. •
- Riz, moyen de le purifier et de le blanchir (brev. franc.), 363.
- Robinet pour régler la quantité de gaz consumée pour l’éclairage ,82.
- Rocou, moyen de le préparer pour la teinture nankin (brev. angl.), 53.
- Rodoir , son usage pour polir les cylindres des machines à vapeur, i5. . . .
- Roue oblique de M. Léorier, x33. — Peut servir à communiquer le mouvement à une usine, i34* —* Aux irrigations, i35. —. Brevet accordé (brev. franç.), 365.
- Roues d’engrenage , leur disposition dans l’ai-lésoir de Chaillot, x4* Dans la pendule deM. Perrelet, 125. —Moyen d’y produire des vitesses relatives, exprimées par deux nombres quelconques, 202.. ..
- — Hydrauliques, à coursier circulaire , leurs avantages, 25.
- — De voitures nouvelles (brev. angl.), 56. Rouge vert d’Athènes , nouvelle pâte cosmétique (brev. franc.), 366.
- Roulage, nouveau système de (brev. franç. ),
- 364»
- Routes solides et économiques, faites avec des branches de saule , iq3.
- S.
- Sabots articulés ou élastiques (brev. franç.) , 36o.
- Sarrasin, manière dont il est nettoyé dans le moulin de M. Lescure, 256.
- Scarificateur, instrument propre à remplacer les sangsues (brev. franç), 361.
- Schiste bitumineux applicable à la clarification des sirops (brev. franç.), 36o.
- Scie, manière dont elle est disposée dans la machine de Freyberg, 63» —- Forme de celle
- réservés en
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- employée dans la machine à égrener le coton ,123.
- — Sans fin , destinée à couper les métaux, 219.
- Scierie mécanique de Freyberg (rapport sur la), 57. — Ses avantages , 58.
- Sciure de bois, manière dont elle est chassée. dans le moulin de Freyberg, ib. — On en forme une pâte qui imite les bois étrangers , 95-
- Séance générale du So avril 1823,81. — Du 39 octobre 1823, 261. :
- Séchoir pour les grains en usage à Berne y 49* — Sa description , 25o.
- Serpentine des carrières de la R.oche-1’Abeille , 76. — Ses propriétés, ib. — Manière dont cette pierre est exploitée , 77. — Sa couleur, ib. — Divers usages auxquels elle est propre , 78. — M. Sagstéte en fabrique des poêles et des cheminées, 120. — Une médaille d’argent lui est accordée , ib.
- Serre chaude permanente, à l’usage des plantes (brev. franc.), 364*
- Sextant perfectionné (brev. angl.), 56.
- Siège inodore pour assainir les lieux d’aisance, (brev. franc.), 36o.
- Silos , leurs avantages pour la conservation des grains, 242. — Ont été employés par les anciens, ib. — Objection contre l’usage de ces appareils, ib., 243. —Expériences faites sur ceux établis aux abattoirs de Paris, 245. — De leur construction , 248.
- Siphon, usage de cet instrument, 214. — Manière d’y produire le vide, 215. — Avantages de celui de M. Escaæ, ib. — Brevet accordé (brev. franc.), 362.
- Sirop , nouveau moyen de le concentrer, 189. — De le décolorer (hrev. franc.), 36o.
- Société d’Encouragement de Paris , notice sur les services qu’elle a rendus à l’industrie, 5. — Ses travaux, 7. — Noms de ses fondateurs ,8.
- -----De Londres, médailles qu’elle a décernées , 141.
- — — De Lisbonne, envoi de son réglement,
- *44-
- -----De Berlin, prix proposé pour 1823 et
- 1824,199.
- Soies, de leur filage au moyen de l’eau froide, 287.
- Sommjerde métal pour les pianos (brev. franc.), 367.
- Soudure de l’acier, 140. — Des cadrans de montres en Angleterre, 189. . i ,
- Soupapes, leur forme dans la machine à vapeur de M. Perkinsy 155. — Nombre de celles qui doivent être adaptées aux machines à vapeur à haute pression , 351.
- Sous-chaussure flexible (brev. franc.), 365.
- Sous-pieds élastiques à l’usage des pantalons (brev. angl.), 56. — (Brev. franc.), 367.
- Substances alimentaires conservées, résultat du concours ouvert à ce sujet, 267. — Ce pi'ix est prorogé à l’année 1824,270. — Moyen de les conserver en grand (brey. franc.), 364»
- — Animales, manière de les conserver, 44*
- — Aromatiques, préviennent la moisissure,
- j37.
- Sucre, conserve les substances animales, 44* — Moyen de le cuire avec l’air chaud, 236. — De le clarifier et de le filtrer ( brev. franc.), 364-
- Suif, nouveau procédé pour le fondre (brev. franc.), 359. — Pour l’épurer (brev. franç.), 368 r
- T.
- Tableau mécanique pour l’exécution des panoramas (brev. franc.), 364*
- Tablettes en ardoise , leur disposition dans l’étuve de Berne pour dessécher les grains , 251.
- Taffetas diaphane, nouvelle étoffe pour meubles (brev. franc.), 367. .
- Tailles, manière de les tracer sur le cuivre dans la machine à graver de Conté, 172. — De régler leur écartement, 173. — Leur profondeur, 174.
- Tapis de moquette perfectionnés (brev. franc.),
- 364*
- Tarières pour percer des trous dans les meules de foin, i4* •
- Teintes plates et dégradées , sont exécutées avec une grande perfection par la machine à graver de Conté, 171, 180, 182.
- Teinture au moyen du bleu de Prusse ( brev. franc.), 359.
- Terrains, moyen de les mesurer avec l’équerre deM. Fouquier, i5i.
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- Terres, application du principe des vitesses virtuelles à leur poussée, 21 y.
- — Marécageuses, de leur fertilisation (méd. déc.), 141. .
- Tiges de suspension, manière dont elles sont attachées aux chaînes du pont de fer du capitaine Brown, 326.
- Tireur de lacs perfectionné pour les métiers à étoffes brochées (méd. déc.), 142.
- Tissus, moyen d’y apposer des marques indélébiles, y2. — De les rendre incombustibles, ib. — De les rendre imperméables, 3o8. — De les décolorer, 290. -
- — De soie, imitant la paille d’Italie ( brev. franc.), 366.
- Toiles, moyen de les rendre incombustibles, 72. — De les rendre imperméables, 3o8. — Usages auxquels elles peuvent servir, 309. — Procédé pour les décolorer , 290. ,
- — Humidifuges de M. Guibert, 23y. — Manière de les préparer, ib. —Leurs avantages, 238.—Leur prix , 209.
- Toitures d’une nouvelle construction ( brev. angl.), 54. — En carton, légères et économiques, îçS.
- Tôle , moyen de la souder, 140.
- Tour pour couper le bois et les métaux, 219. — Manière d’en faire usage, 221.
- — A filer la soie (brev. franc.), 369.
- Tournebroches perfectionnés ( brev. angl. ) ,
- 55. *
- Travaux du Conseil d’administration pendant l’année 1822, 84*
- Tresses et' chapeaux de paille perfectionnés (brev angl.), 64.
- Tripoli découvert dans le département du Jura, 3 00.
- Truelles, diverses formes de celles employées pour la confection des pavés à la vénitienne, 43. * '
- Tubes métalliques, applicables à l’architecture civile (brev. angl.), 5i.
- Tulipier , son écorce peut servir à la préparation des cuirs, 279.
- Turneps, de leur conservation (méd. déc. ) , 141.
- Tuyaux de conduite du gaz, moyen de les
- * placer (brev. angl.), 56.
- De plomb, procédé pour les fabriquer de toute pièce et pour les étirer sans soudure , y3.
- *
- ; V.
- Vaisseaux, moyen de perfectionner leur construction, 3oi.
- —- Cylindriques, forme de ceux dans lesquels on comprime le gaz de l’huile^ l\(y.
- Vannes en dessus pour les roues à coursier circulaire, 25.
- Vapeur, son action n’est complète dans les machines à vapeur que lorsque le cylindre est bien allésé, 11.—Manière dont elle agit dans la pompe à feu de M. Perkins, 66. —Dans les machines de VFoolf, 68. — Est employée à une haute température pour extraire la gélatine des os, 74. —Effets qu’elle produit dans la machine de Perkins, i54, J 5 5.
- Vapeurs provenant de la fusion des minerais , moyen de prévenir leur effet nuisible (brev. angl.), 56.
- — Mercurielles, funestes accidens qu’elles produisent, 228.
- Vases , en plomb pour conserver les grains,
- 244.
- Velours, moyen d’y appliquer des peintures , 162. — Perfectionné (brev. franc.), 363.
- Vernis pour les poteries commun es de M. Meigh, 161. — Médaille décernée à cet auteur par la Société d’Encouragement de Londres, 142.
- — Préparation de celui de M. Roschinski, 196.
- — Pour rendre les toiles imperméables, 3o8.
- — Applicable sur les peaux et cuirs ( brev. franc.), 361..
- Verrou de sûreté (brev. angl.), 56.
- Verre, de sa ductilité , 70. — Moyen de le tirer en fils ,71. — D’en former des prismes par le système du refoulage, 3oo.
- Verres lenticulaires du phare de M. Fresnel, leurs avantages, 113.
- Versoirs de charrue, moyen d’en déterminer le tracé géométrique, 146.
- Vert de Vienne, préparation de cette couleur , 188.
- Vignettes en or en argent, moyen de les fixer sous glace, 240.
- Vis à'Archimède, applicable au remontage des bateaux (brev. franc.), 361.
- •rm Régulatrice,,
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- — Régulatrice, applicable au grand ressort des platines de fusil (méd. déc.), i43.
- Vitesses virtuelles, application de leur principe à la poussée des terres et des voûtes ,216. Voitures nouvelles (brev. angl.), 52,53, 56. Voûtes, de leur stabilité, 216.
- w.
- Wootz, forme sous laquelle on le trouve dans le commerce, 224.
- Z.
- Zinc , de son alliage avec l’acier, 226.
- PLANCHES.
- PI. 234. Triple. Machine à alléser les corps de pompe et les cylindres des machines à vapeur, en regard de la page 12. »
- PL 235. Double. Détails de la machine à alléser les corps de pompe, p. 16.
- PL 235. Simple. Vannes en dessus pour les roues hydrauliques à coursier circulaire, page 26.
- PL 237. Double. Outils pour la construction des pavés terrassés à la vénitienne, p. 42.
- PL 238. Triple. Machine pour couper en ligne droite et en ligne courbe les bois destinés à la fabrication des jantes de roues, page 64.
- Pl. 239. Triple. Plan de la machine à couper ën ligne courbe les bois destinés à la fabrication des jantes de roues. — Appareil pour fabriquer des tuyaux de plomb, page 65.
- PL 240. Double. Machine à égrener le coton, employée en Amérique, page 122.
- Pl. 241• Double. Hyalographe, ou instrument à dessiner la perspective, de M. Clinchamp, page 129.
- Pl. 242. Double. Compas de stéréotomie , de M. Brocchi. — Equerre de M. Fouquier. — Rapporteur de M. Lipkens, p. 149*
- PL 243. Double. Nouvelle machine à vapeur de M. Per Lins. — Appareil pour préserver les empointeurs d’aiguilles de la poussière de grès qu’ils respirent, page i54*
- PL 244* Double. Machine à graver de feu M. Conté, page 176.
- PL 245. Double. Détails de la machine à graver de feu M. Conté, page 178.
- Pl. 245 (bis). Quadruple. Produits delà machine à graver, page 180.
- Pl. 246. Simple. Moyen mécanique pour produire dans deux roues des vitesses relatives exprimées par deux nombres quelconques, page 202.
- Pl. 247* Double. Machine pour couper les bois et les métaux, page 219.
- PL 248. Double. Détails de la machine à couper les bois et les métaux, page 220.
- Pl. z4ç- Simple. Berceau hydraulique de M. de Thiville, page 23o.
- PL z5o. Triple. Etuve pour la dessiccation des grains, employée à Berne, page 25o.
- PL 25 j. Double. Moulin pour nettoyer le sarrasin , inventé par M. Lescure, page 256.
- PL- 252. Double. Appareil pour la fabrication des mouchoirs rouges à dessins réservés en blanc. — Chambre obscure à prisme ménisque, p. 294.
- PL 253. Double. Herse mécanique, inventée par M. Machon, page 3io.
- PL 254* Double. Balance dite bascule portative, inventée parM. Quintenz, et perfectionnée par M. Rollê, 320.
- PL 255. Double. Pont suspendu en fer, construit sur la rivière de Tweed, près de Berwick, en Angleterre; par M. Samuel Brown, capitaine de la marine royale anglaise, p. 326.
- Vingt-deuxième année. Décembre 1823. E e e
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