Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale
-
-
- p.n.n. - vue 1/507
-
-
-
- S. E. I. N.
- Bibliothèque
- BULLETIN
- bsn-25
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR
- L’INDUSTRIE NATIONALE.
- Publié avec Vapprobation de S. Eæ. le Ministre secrétaire
- d’Etat de TIntérieur.
- VINGT-CINQUIÈME ANNÉE.
- PARIS,
- IMPRIMERIE DE MADAME HUZARD (née VALLAT LA CHAPELLE), rue de l’éperon saint-andré-des-arts , n°. 7.
- 1826.
- a
- Page de titre 1x1 - vue 2/507
-
-
-
- p.1x2 - vue 3/507
-
-
-
- VINGT-CINQUIÈME ANNÉE. (N\ GCLIX.) JANVIER 1826.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES.
- Description d’un ourdissoir a banc incliné, destiné à alimenter les machines à parer les chaînes des tissus.
- On sait que l’ourdissage est une opération au moyen de laquelle on réunit parallèlement un nombre déterminé de fils, et après leur avoir donné une même longueur et une même tension, on les dispose de façon qu’on puisse facilement transporter leur assemblage sans qu’ils perdent la disposition régulière que l’ourdissage leur fait acquérir.
- L’instrument dont on se sert pour cette opération se nomme ourdissoir ; il se compose ordinairement d’un asple ou dévidoir, tournant autour d’un axe vertical, efr sur lequel s’enroulent les fils à mesure qu’ils se dévident de dessus les bobines ; il est nécessairement accompagné d’un autre instrument nommé cannelier ou cantre, qui n’est autre chose qu’un banc servant de support aux bobines, lesquelles y sont placées tantôt dans une position verticale, tantôt dans une position horizontale, au nombre de quarante ou cinquante , plus ou moins, et dont les fils réunis forment une portée.
- L’ourdissoir dont nous offrons ici la description diffère du précédent en ce que sa cantre est inclinée et garnie de 56o bobines ; ce qui permet de dévider le même nombre de fils à-la-fois, sans qu’ils puissent se mêler, en leur conservant une longueur et une tension toujours égales, et de les porter immédiatement sur la machine à parer les chaînes des tissus, à laquelle cet ourdissoir est principalement destiné.
- Il se compose d’un banc incliné, a,Jig. i et 2, PL 292, sur lequel on dispose dans le sens de leur longueur dix rangées de bobines pleines ; chaque
- A 2
- p.1x3 - vue 4/507
-
-
-
- (4)
- rangée étant composée de trente-six bobines, on a pour tout le Casier trois cent soixante bobines ou fils. Les broches de ces bobines cc s’engagent par leurs extrémités dans de petites entailles pratiquées le long des traverses parallèles bb, de manière à y être retenues solidement pendant le dévidage. Chacun des fils dd, après avoir été introduit entre les dents d’un peigne e, passe successivement sur le rouleau^, sous le rouleaug, etsur le rouleau h; ces rouleaux, placés dans un même plan horizontal, sur le bâtis «y.? de l’ourdissoir , tournent sur leurs axes par la simple tension des fils de la chaîne ; ceux-ci passent ensuite dans un second peigne g, et vont s’enrouler sur le cylindre i, que le tambour k entraîne dans son mouvement de rotation par l’effet de la pression directe qu’il exerce sur lui i; cette pression s’opère au moyen d’un poids Z, suspendu à l’extrémité d’un levier m, mobile sur un support t, et dont l’autre bout est réuni à l’axe du tambour k. Le mouvement est donné à ce tambour par une poulie nque fait tourner une autre poulie o par l’intermédiaire d’un ruban sans fin u, qui embrasse leur circonférence. Cette dernière reçoit son mouvement de la grande poulie motrice/?.
- La surface des rouleaux^g h est peinte en noir, afin qu’on puisse apercevoir plus facilement les fils défectueux ou l’absence de ceux qui cassent. Les petites règles r, disposées parallèlement aux rouleaux, servent à maintenir la chaîne tendue, lorsqu’on veut rattacher des fils cassés.
- En Angleterre, où cet ourdissoir est en grand usage et placé ordinairement derrière la machine à parer, l’axe du cylindre i est muni d’un compteur, qui détermine la longueur de la chaîne enroulée.
- Explication des Jig. de la PI. 292.
- Fig. 1. Elévation latérale de l’ourdissoir et du banc à bobines incliné.
- Fig. 2. Plan de l’ourdissoir tout monté, faisant voir la manière dont les fils passent sur les rouleaux et à travers les peignes pour s’enrouler sur le cylindre. On n’y a figuré qu’une seule rangée de bobines, pour éviter la confusion.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans les deux figures.
- a, cantre ou banc incliné; b, traverses parallèles recevant les axes des bobines cc; dd, fils de la chaîne; e, premier peigne; fghy rouleaux au-dessus et au-dessous desquels passent les fils; i, cylindre autour duquel ils s’enveloppent; k, tambour dont la pression contre le cylindre i détermine son mouvement de rotation; lly poids suspendus au bout des leviers m m; n, poulie montée sur l’axe du tambour k; o, autre poulie recevant son mouvement de la grande poulie p; q, second peigne ; r, réglettes servant à maintenir la chaîne tendue ; s s y bâtis de l’ourdissoir ; t, support du levier m; uy ruban sans fin qui établit la communication entre les poulies net o.
- p.1x4 - vue 5/507
-
-
-
- //' // ////.'< /// ///// /
- m
- pif N ““
- i iLj
- i <4
- i
- U1
- ii m
- lit! .J
- ijiiiff f i 1
- j.—
- JsfiÉSS lliiif 1 lill d 1
- 3 id
- !
- r
- imi cz H
- 11] 1:i
- feïCf Sviil'l-' A
- -i 11.1
- i ici 1
- T- - J " 4 - T~
- 1 ; JL| 4 33:
- lui A
- 4 'd
- 4 L f
- iif||f|§lff
- 1 f
- ‘f~~-':
- *==*&
- lÏ
- <f==^-4 ^
- *—4-
- *--4i
- 4 4.,
- ni
- I
- I
- i
- t
- <étJil:
- 4~Jk
- j~ j-
- f-4
- ij||f<|pi
- nMpi ?
- §lMiMj!jj|
- ii^*—--^fi-i
- .4- --4‘j ’f—é-
- 4. •
- £_______i
- 4
- j-TT
- :=
- J
- p—'
- :iü
- \
- d
- 33
- i—.
- "I
- t=
- 3lL
- P-----
- i
- A
- f 1
- a
- —.1 •_... '"“*8Tj
- /., /‘/./S/i- •/•• *t
- pl.292 - vue 6/507
-
-
-
- Des crip tion d une machine propre à monter et parer les chaînes des tissus, applicable aux métiers mécaniques.
- .. ; .. \C. : ,.J, ;>i- . ' ; ... i;, . , , y.
- Le procédé employé par les .tisserands,pour encollér leurs chaînes consiste, après les avoir montéç^pr l’ensouple et tçndues dans lç métier , à les enduire de parement .(espècede colle de pâtç.^ à l’aide, d’une brosse. Cette opération est longue et incomplète, en ce qiréîle produit sur ïa chaîne des barres et sur le fil des bouchons ou des aspérités, provenant duduvetdont s’est chargée la brosse, et qq’elle y dépose; ce qui nuif beaucoup à la régularité et à la.beauté de l’étoffe. v: ..
- / - y -y y ..-m y\:-‘ /'yy; ';*: •
- Divers moyens ont ete proposes pour remédier a ces înConvemens. On a pensé qu’en plongeant la chaîne lors du premier, <àévidage dans le bassin rempli de parement, et en faisant ensuite passer dessus une brosse disposée pour cet effet, l’encollage se trouverait plus également distribué sur toute la longueur de la chaîne ; mais on a objecté qu’il serait à craindre que les diverses opérations que doit subir une chaîne ainsi préparée, avant d’être montée sur l’ensouple, ne fissent disparaître l’encollage. On est donc revenu au moyen d’encoller la chaîne sur l’ensouple, mais avant que d’être placée dans le métier, et pour abréger cette opération ^ on a imaginé des machines qui remplissent les conditions voulues y savoir, i». de donner une chaîne plus unie et exempte de bouchons et de fils; 20;. de la sécher au degré convenable après qu elle a été enduite dé parement ; 3°. de lui donner une longueur, pour ainsi dire, indéfinie, en rattachant de nouveaux fils a. ceux qui s’enroulent sur l’ensouple, et de manière à ce qu’on n’aperçoive pas les points de jonction dans l’étoffe lorsqu’elle est fabriquée; 4°* enfin d’éviter .l’opération longue et minutieuse de passer ces fils à travers les .peignes dé la machine, à chaque nouvelle pièce d*étoffe qu’on veut fabriquer. . , . jy ;
- Les premières machines;de ce genre ont été inventées .en Angleterre par MM. Ross et Ratcliffe; depuis, elles ont été perfectionnées. AujourT d’hui elles sont généralement, employées dans toutes les fabriques de tissus, tant en Angleterre qu’en Écosse^ et offrent un bénéfice considérable sur l’ancienne méthode , en ce qu’elles facilitent et accélèrent l’opération du tissage, et garantissent contre la fraude des ouvriers tisseurs, qui porte un grand préjudiçq au fabricant. ,.
- Ces machines ont été introduites dans plusieurs de nos manufactures; on les construit actuellement en France avec, autant de perfection qu’en Angleterre , et parmi nos habiles mécaniciens qui se sont attachés à en répandre
- p.1x5 - vue 7/507
-
-
-
- (6)
- l’usage, nous citerons M. Calla , rue du faubourg Poissonnière, n°. 92, qui a bien voulu nous communiquer les dessins de celle qui est en activité chez lui, et qui est reconnue cômme l’une des meilleures.
- La machine est représentée en élévation et vue de face, PL 293 et 294. Elle se compose de huit rouleaux A ; absqlument semblables, quatre de chaque côté du mécanisme qüi opère le parage. Ces rôuleaux, placés l’un derrière l’autre, sur des supports B B, et s’élevant à mesure qu’ils s’éloignent du centre, sont chargés de fils sur l’ourdissoir, comme nous l’avons vu dans la description de cette dernière machiné : chacun d’eux portant trois cent soixante fils, les huit donneront une chaîne de deux mille huit cent quatre-vingts fils. Ceci n’est qu’un cas particulier, la machine à parer admettant tous les nombres dont on peut avoir besoin. Les opérations étant les mêmes pour l’un et l’aütre côté de la machine, nous avons jugé qu’il serait inutile de la représenter dans tout son développement. La Jîg. 1 de la PL 293 n’en montre donc que la moitié. CI
- Les rouleaux A, pour ne pas lâcher trop facilement les fils b b dont ils sont chargés, et pour donner a ceux-ci une Certaine torsion dans le trajet qu’ils ont à faire pour arriver à l’ensouple M, placée au sommet du mécanisme, sont bridés par un frein composé d’une bande de cuir N' , tendue par un poids 0f. Le frottement de ces bandes sur les rouleaux peut être augmenté ou diminué a volonté en changeant la position des poids sur le levier Pf, Jig. 2, PL 294.
- Tous les fils de la chaîne ô, à mesure qu’ils se développent sur les rouleaux A, se réunissent et passent à travers un premier peigne C; de là sur le rouleau D et ensuite entre le tambour E et un cylindre en fonte de fer F, l’un et l’autre enveloppés de flanelle. Le tambour E, en tournant dans une auge Z' pleine de colle de farine, s’en charge et la dépose sur la chaîne, qui s’en pénètre ; le superflu de éette colle est exprimé par la pression qu’exerce le cylindre F sur le tambour. La chaîne, après avoir subi l’encollage, passe successivement entre les peignes G H I, sous le rouleau J, qui la ramène dans un plan horizontal ou la fait changer de direction, dans les lisses K et à travers le peigné horizontal L, pour venir s’enrouler sur F en-souple M; là, elle se réunit à l’autre demi-chaîne, qui arrive du côté opposé de la machine, pour former une chaîne complète et prêté à être placée sur le métier à tisser. La largeur de cètte chaîne se règle au moyen de deux manchons hh, qui coulent dans une rainure pratiquée sur l’ensouple , et s’éloignent ou se rapprochent selon lé besoin.
- La colle n’étant pas régulièrement étendue sur les fils delà chaîne, >on a établi à la suite des rouleaux A A un système de brosses RR, animées d’un
- a>
- p.1x6 - vue 8/507
-
-
-
- ( 7 )
- mouvement alternatif horizontal, qui les met en contact tantôt en dessus, tantôt en dessous des fils, mais seulement pendant le temps qu’elles se meuvent vers le cylindre F ; ces brosses achèvent d’étendre parfaitement la colle sur tous les fils, dont la marche est d’ailleurs asseg; lente, En arrivant à lensouple, il faut qu’ils soient parfaitement secs. Pour cet effet, indépendamment d’une température assez élevée qu’on entretient dans l’atelier, un ventilateur D', composé de quatre ailes en bois et placé entre les deux parties de la chaîne, aussi près que possible des fils, tourne très-rapidement et produit un courant d’air qui les traverse et les sèche promp-
- tement.
- Après avoir décrit les différentes opérations que subit la chaîne dans son passage à travers la machine , nous allons; faire connaître : le mécanisme très-ingénieux qui opère le mouvement des diverses parties de l’appareil.
- L’arbre N, qui reçoit le mouvement du moteur principal par l’intermédiaire de la poulie O, Jig. i, PL 294, et le transmet ensuite à toute la machine , porte à chacune de ses extrémités un excentrique P, qu’on voit séparément en élévation et en plan, Jig. ,5. Cet excentrique, qui tourne dans un collet ou anneau faisant corps avec la tige Q, imprime à celle-ci un mouvement alternatif de va-et-vient, qui fait agir le système des brosses RK, composé de deux; châssis ST et de deux traverses U U, Jig. 2, PL 294. Le châssis S sje balance sur deux charnières V V, portées par un patin fixé sur le sol. Les centres de mouvement du châssis T, auquel est attachée la tige Q, sont mobiles et- s’élèvent et s’abaissent alternativement. Cette oscillation leur est communiquée par un second excentrique X, fixé au milieu de l’arbre N ; il est représenté séparément, Jig. 4, PL 294. La tige Y, portant un anneau ou collet dans lequel tourne cet exentrique, plus petit que le précédent, se réunit à la bielle Z, et transmet un mouvement de bascule au levier A, mobile sur l’arbre B', ce qui fait lever et baisser le support T. Un boulet C' glissant sur un levier fixé sur l’arbre B', et qu’on arrête au moyen d’une vis, de pressionp, est destiné à contrebalancer le poids du châssis porte-brosses. Il résulte de ce mouvement que chacune des brosses décrit une courbe semblable à une ellipse aplatie dans sa longueur, courbe reconnue convenable pour f opération.
- Le ventilateur D', qui a pour objet de sécher la chaîne après qu’elle a été brossée, reçoit une grande vitesse par l’intermédiaire d’une poulie E' montée sur l’arbre N, et combinée avec les poulies F' G' et H', au moyen de rubans ou de bandes de cuir sans fin, qui enveloppent leur périphérie.
- L’extrémité de l’arbre N porte un plateau F recouvert de cuir, qui par son frottement contre la poulie horizontale J', aussi enveloppée d’une
- p.1x7 - vue 9/507
-
-
-
- (8)
- bande de cuir, fait tourner cette dernière, et par suite la tringle verticale K/ sur laquelle elle est montée. Cette tringle est terminée à son extrémité supérieure par une vis sans fini/, qui, engrenant dans les dents delà roueM', fixée sur l’axe del’ensouple M, transmet un mouvement de rotation régulier à cette ensouple. La chaîne est ainsi attirée et enroulée à mesure qu’elle se développe sur les rouleaux A A, en conservant une légère tension, produite par la pression des freins N' N ' sur les rouleaux. -
- Le tambour alimentaire de la colle E, qni reçoit son mouvement de rotation par la pression qu’exerce sur lui le cylindre de fonte F, porte sur son axe une vis sans fin Q', fig. 2, Pl. 294, qui engrène avec la roue R7, dont le nombre des dents est calculé de manière à ce que quand la chaîne, et conséquemment la circonférence du tambour , a parcouru l’intervalle déterminé pour la longueur d’une coupe ou pièce d’étoffe de 25 aunes, cette roue R' a fait une révolution entière i alors une touche a qu’elle porte, en laissant échapper la tige d’une sonnette S', avertit l’ouvrier de marquer la chaîne. * > i ; : j j ( \ :
- La vitesse avec laquelle la chaîne s’enroule sur l’ensouple M peut se régler à volonté. Pour cet effet, le pivot de là tringle K',Jîg. 1, PL 293, porte sur Fextrémité d’un levier incliné T', réuni à un autre levier vertical U', qu’on arrête en différentes positions, au moyen des chevilles k k. Il résulte de cette disposition qu’en plaçant plus à droite ou plus à gauche le levier U' , on abaisse ou on élève le levier horizontal T', et* par conséquent la poulie J7, qui, touchant alors le plateau I' dans un point plus ou moins rapproché de son centre, augmente ou diminue de vitesse; cette vitesse est communiquée ensuite à tout le mécanisme. ‘ .1-
- Comme il est nécessaire que la poulie J' soit toujours en contact immédiat avec le plateau I', un levier Y', auquel est suspendu un poids X', opère cétte pression en tirant un cordon g > passant sur les poulies jf.
- Telle est la composition dé cette ingénieuse machiné, qui offre un avantage considérable sur le travail manuel. La quantité de ce travail dépend en grande partie de l’habileté de l’ouvrier qui la conduit, et encore plus de la qualité du fil sur lequel il opère. On peut estimer qu’en travaillant sur de bon fil français, un ouvrier un peu habile pourrait donnèr de 2.60 à 3oo aunes par douze heures.i J ^ vvi i . u-,
- üi> . uni: -;o-»
- i ç 11 : ' Explication desjig. des PL 293 et 294/ ! 1 !
- ; ;. •r . l f /...• i/' > v an ’l • U*; .. i . : ' • > iV->
- PL 293. La machine à parer la chaîne des tissus, toute montée. 7
- Fig. i. Élévation longitudinale d’un Côté dé la machine et du mécanisme v ' qui
- p.1x8 - vue 10/507
-
-
-
- '<1
- /.y ''/"//-y
- • • ' ' '
- \l :
- / ////.>/// // '/;///.//'
- .Ï/7.U.H /»fi >>/.</' vt/.y/vy
- pl.293 - vue 11/507
-
-
-
- pl.294 - vue 12/507
-
-
-
- (9 )
- qui ia fait agir. On a omis le côté opposé, parce qu’il est entièrement semblable. „ 1
- Fig. 2. Coupe des rouleaux, du tambour alimentaire de la colle et des brosses.
- Fig. 3. Elévation vue de face du compteur, monté sur l’axe du tambour alimentaire.
- Fig. 4* Le même compteur vu de côté.
- PI. ag4- Détails de la machine à parer.
- Fig. i. Elévation vue de face du mécanisme qui fait mouvoir la machine, du ventilateur et de l’ensouple.
- Fig. 2. Coupe sur la ligne AB de la fig. i, PI. 2g3, de l’appareil des brosses.
- Fig. 3. Vue de côté et en dessus de l’excentrique qui fait agir le mécanisme des brosses.
- Fig. 4* Autre excentrique destiné au même usage.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans toutes les figures des deux planches.
- A, rouleaux garnis des fils de la chaîne ; B, supports des rouleaux ; C, premier peigne ; D, rouleau sur lequel passe lg, chaîne en sortant du peigne C; E, tambour alimentaire de la colle; F, cylindre qui, par sa pression sur la chaîne, en exprime le superflu de la colle; G, H, I, second, troisième et quatrième peignes; J, rouleau qui ramène la chaîne dans un plan horizontal ou la fait changer de direction ; K, lisses ; L, peigne horizontal ; M, ensouple ; N, arbre principal du mécanisme ; 0, poulie mo trice; P, excentrique faisant agir l’appareil des brosses; Q, tige de cet excentrique; R R, brosses; S, T, châssis porte-brosses; U, traverse qui réunit les brosses inférieure et supérieure ; V, charnière ôu pivot sur lequel se balance le montant S ; X, second excentrique produisant le mouvement ascendant et descendant des brosses; Y, tige de cet excentrique; Z, bielle à laquelle est réunie cette tige.
- A', levier qui fait monter et descendre le support T; B', arbre sur lequel se meut ce levier; C' boulet ou contre-poids qui glisse le long du levier s fixé sur l’arbre B' ; D', ventilateur composé de quatre ailes; E', F', G', H', poulies dont la combinaison par des rubans sans fin, enveloppés sur leur circonférence, fait tourner le ventilateur; V plateau recouvert de cuir; J', poulie horizontale en contact avec ce plateau; K', tringle verticale portant la poulie J'; L', vis sans fin fixée sur la tringle K'; M', roue dentée montée sur l’axe de l’ensouple M; N', frein placé sur les rouleaux A; O', poids qui serrent ce frein ; P' levier auquel sont suspendus
- Vingt-cinquième année. Janvier 1826. B
- p.1x9 - vue 13/507
-
-
-
- ( IO )
- ces poids; Q', vis sans fin fixée sur l’axe du tambour E; R/, roue dentée , dans laquelle engrène la vis sans fin ; S' sonnette ; T' levier incliné portant le pivot de la tringle K/ ; U7, autre levier vertical réuni au precedent; V7, levier qui opère la pression de la poulie J' contre le plateau 1 > X;, poids suspendu à ce levier ; Z', auge contenant la colle.
- a, touche de la roue dentée R/ ; b, fils de la chaîne; c, manche de l’auge à colle ; d, axe des rouleaux A ; e, poignée du cylindre F ; ff, petites poulies sur lesquelles passe une corde g servant à presser la poulie J contre le plateau V ; hh, manchons glissant sur l’ensouple M et qui déterminent la largeur de la chaîne ; i, manivelle au moy en de laquelle pn opère l’envergure de la chaîne ; k, chevilles pour arrêter le levier U7 en .diverses positions; l, guide à travers lequel passe l’extrémité inférieure de\la tringle K/; m, rubans enveloppant les poulies E' F' ; n, autre ruban réunissant les poulies G' H' ; o, support des peignés G G H I ; p, vis qui arrête le boulet C; : r, centre de mouvement des leviers T/ U'; s, levier sur lequel glisse le boulet C\ _
- Observations faites a Londres sur plusieurs découvertes nouvelles , et communiquées a la Société d Encouragement par M. Payen. ' ' '
- Machine à vapeur de Perkins. -— La machine à vapeur de Perkins, qui est décrite dans le Bulletin de l’année 1823, page i54, considérée comme puissance motrice applicable , soit à diverses opérations mécaniques, soit à lancer des projectiles-, paraît ne devoir pas donner les résultats avantageux qu’en attendait son auteur, i°. parla difficulté de trouver un métal capable de résister à l’action combinée de l’eau et d’une température aussi élevée : des gerçures multipliées altèrent profondément les conduits ainsi exposés, qui sont mis hors de service en moins d’une demi-journée ; 20. par la grande dépense de chaleur que cause l’élévation de la température dans les tubes qui renferment la vapeur d’eau.
- Chemin sous la Tamise. — Cet ouvrage immense, dont il est rendu compte dans le Bulletin de 1824, p. ^54, a été entravé par quelques acci-dens : la couche de 5 pieds d’argile, qui est entre l’extra-dos des voûtes et la masse de sable, ébranlée par les secousses des demoiselles employées pour asseoir les fondations, s’est crevassée ; un puits a été creusé pour la rétablir, et les travaux ont été repris. En avançant les fouilles des deux galeries , les infiltrations diminuent. On place des chaudières à vapeur près
- p.1x10 - vue 14/507
-
-
-
- ( il ) .
- de la tonnelle pour assurer le service de répuisement. M. Brunei pense que lorsque les ouvrages seront poussés jusque sous la Tamise, les difficultés seront moindres ; que le poids de l’eau n’équivaudra pas au poids du sable mouvant ; enfin que la couche d’argile sera plus épaisse et les travaux plus faciles (i).
- Fonte adoucie. — Déjà le procédé qui fournit de la fonte malléable susceptible d’être trempée et de donner des ciseaux à un demi-sou anglais (un sou de France) la paire, n’offre plus de grands avantages. En effet le travail du fer est tellement perfectionné, que la tôle et le fer en barres sont à meilleur marché que la fonte en gueuse qui convient à Y adoucissement. Aussi les clous découpés dans la tôle ont-ils remplacé les clous en fonte adoucie, et celle-ci n’est plus employée qu’à la fabrication d’une sorte de casseroles , de plusieurs dimensions, tournées et étamées.
- Hôtel des Monnaies à Londres.—Dans ce bel établissement, toute la puissance mécanique est fournie par la vapeur, répartie entre cinq machines; elle est égale à la force de cinquante chevaux. L’exécution des bancs à tirer, des découpoirs et des balanciers est très-remarquable; ces derniers frappent soixante coups par minute et produisent soixante pièces, en sorte que les huit balanciers, alimentés par huit enfans, produisent 28,800 pièces, et par vingt-quatre heures, lorsqu’on travaille sans interruption , 791,200 pièces.
- Le relevé suivant, extrait des notes de M. Brunei, donnera une idée de la précision des machines et particulièrement des bancs à tirer.
- Sur mille pièces d’or, dites souverains > frappées,
- 4oo avaient le poids exact, à moins d’un grain près ;
- 370..................à un grain près;
- 180..................à deux grains;
- 4o............ à trois grains ;
- 9..... .........à quatre grains ;
- 1 .................à cinq grains.
- 1,000
- (1) Le puits pour la descente des pi'"' <ns a été construit de la manière suivante. Ou a établi un cylindre de fer de 2 à 3 pieds de hauteur, sur lequel repose un assemblage circulaire d?énorrnes pièces de bois renforcées avec du fer. Cet assemblage, de 3 pieds 6 pouces de large et de 5o pieds de diamètre intérieur, forme la base sur laquelle repose une construction en briques de 3 pieds d’épaisseur et de 40 pieds d’élévation. Cette maçonnerie cylindrique, liée par un mortier romain, est renforcée horizontalement par l’insertion de bandes de fer circulaires, placées à des distances verticales assez rapprochées entre les assises de briques, et
- B 2
- p.1x11 - vue 15/507
-
-
-
- ( 12 )
- Aussi obtient-on du premier jet , sans y retoucher, toutes les pièces mises en circulation.
- Analyse du caoutchouc. — M. Faraday ayant reçu du suc assez bien conservé, dont l’épaississement produit la substance connue sous le nom de caoutchouc (gomme élastique), a recherché dans ce liquide les principes immédiats qu’il pouvait contenir réunis ; voici les résultats qu’il a obtenus :
- Eau, acide, etc............................... 563 7
- Caoutchouc pur. . .............................317
- Substance colorante azotée amère..............70
- Matière soluble dans l’eau et l’alcool........29
- Matière albumineuse.......................... . 19
- Cire. ......................................... 1 3
- i ,000
- Le caoutchouc se sépare spontanément et presque complètement pur eu étendant le suc d’eau. Il vient surnager le liquide; on le lave à plusieurs reprises et on le recueille sur un filtre. Ce principe immédiat est blanc, presque diaphane, très-élastique ; il se compose de
- Carbone,. ........ 6812 — 8 atomes;
- Hydrogène, ... ... 1000 = 7 atomes.
- Le caoutchouc ainsi obtenu est susceptible d’être employé dans les arts non-seulement pour l’usage du caoutchouc brut, mais encore pour beaucoup d’autres, auxquels son impureté ou sa couleur le rendaient impropre : dissous dans l’huile essentielle rectifiée de houille, il peut fournir des enduits imperméables, susceptibles d’être teints en diverses couleurs.
- A la suite de sa lecture à l’institution royale de Londres, M. Faraday a fait voir comme exemples de ces applications :
- i°. Un manteau imperméable très-léger et très-souple, formé d’une double toile de coton, dans laquelle était interposé l’enduit de caoutchouc ;
- 20. Du cuir artificiel blanc formé de dix ou douze toiles entre lesquelles l’enduit imperméable était étendu;
- verticalement par quarante-huit verges de fer traversant sa masse , selon les génératrices du cylindre. Le tranchant du Cylindre découpe le terrain , comme le ferait un vaste emporte-pièce. Une machine à vapeur de la force de trente chevaux, placée au sommet de cette construction, met en mouvement une chaîne de seaux, qui descend dans l’intérieur, et jouant le rôle d’une machine à draguer, y puise la terre creusée par des ouviiers , et l’enlève pour faire place au cylindre de maçonnerie , qui ne paraît avoir souffert aucune rupture pendant l’opération.
- p.1x12 - vue 16/507
-
-
-
- ( >5 )
- 5®. Une carde faite avec ce cuir, et dont l’application en grand va être essayée;
- 4°. Des sacs en toile, emplis d’eau depuis plusieurs mois ;
- 5°. Des porte-feuilles qui peuvent être immergés dans l’eau sans que les papiers qu’ils renferment soient mouillés ;
- 6°. Des. vessies en caoutchouc enflées en distendant cette substance par l’air ou un gaz comprimé ; ces vessies , munies d’un chalumeau à robinet, soufflent spontanément ;
- 7°. Des balles d’imprimerie remplies d’air , très-élastiques et très-souples ;
- 8°. Du caoutchouc mis en bloc , puis découpé en feuilles de différentes dimensions (de 4 h 8 et g pouces carrés, sur une ou 2 lignes d’épaisseur) par un procédé encore tenu secret. Ces feuilles sont fort commodes pour former des tubes de tous les diamètres. Il suffit de rouler le caoutchouc sur un tube, en verre, de trancher vif ses bords en biseau et de les réunir par une légère pression.
- M. Faradaj pense que ces nouvelles applications du caoutchouc détermineront une récolte plus soignée et plus abondante de ce produit.
- Nouvelle usine d’éclairage au gaz, à Londres , dite /'Indépendante. — Dans cette usine, on a mis en usage plusieurs dispositions particulières, que l’on ne trouve pas dans les autres établissemens du même genre. Les cornues ont la forme d’un cylindre posé horizontalement suivant son axe et dont la partie inférieure est rentrée en dedans. Les têtes sont adaptées sans brides ni boulons ; elles s’ajustent comme les tuyaux à manchons, à l’aide d’un peu de lut.
- Le corps de la cornue est garanti de l’action immédiate du feu par un enduit argileux (terre à creuset). Les foyers dont deux chauffent cinq cornues, sous la même voûte, diffèrent des autres, en ce que à 8 pouces sous la grille une auge en fonte constamment remplie d’eau fournit au combustible (le coke ) un mélange d’air et de vapeur d’eau : de cette manière on utilise une assez grande partie de la chaleur qui rayonne sous le foyer et de celle produite par la combustion des élémeûs de l’eau décomposée par le charbon incandescent,0 la flamme monte jusqu’au haut de la voûte et on la voit sortir au dehors lorsque l’on ouvre un regard.
- Les produits de la combustion passent sous des cylindres bouilleurs qui mettent en mouvement une machine à vapeur destinée au service de l’établissement ; enfin ils s’échappent sans cheminée par de petites issues dans l’atelier: on conçoit qu’ils n’y répandent pas de fumée visible. Le coke consommé comme combustible est dans la proportion du cinquième au
- p.1x13 - vue 17/507
-
-
-
- ( 14}
- quart de la houille distillée. On voit que ces dispositions sont fort avantageuses.
- La machine à vapeur met en mouvement les agitateurs dans trois cuves a laver le gaz ; le lait de chaux qui y est contenu passe de l’une dans l’autre en suivant une direction contraire à celle du gaz, en sorte que la chaux se sature des acides hydrosulfurique et carbonique, et que le gaz, avant de se rendre au gazomètre, traverse toujours une eau de chaux neuve. Les deux gazomètres sont à l’air sans toiture, sans contre-poids; huit colonnes sur lesquelles roulent des poulies adaptées latéralement à ces gazomètres, dirigent leurs mouvemens ; le gaz les soulève constamment par une pression de 3 à 4 pouces d’eau , et ils peuvent recevoir en même temps qu’ils dépensent sans danger.
- L’éclairage au gaz de la houille ou de l’huile est très-répandu en Angleterre; presque tous les établissemens publics et particuliers, les villes, les grandes routes même, sont éclairées de cette manière. Les becs placés au dehors ne sont pas munis de verres : ce sont tout simplement des bouts de tuyaux arrondis et fendus ; la flamme du gaz qui s’en échappe s’étale en lame mince irrégulière, d’où vient le nom d’ailes de chauve - souris ( bats’wings ) que l’on donne à ces becs et aux flammes qu’ils produisent.
- ARTS CHIMIQUES.
- Préparation d une matière analogue à la cire> appelée céro-mimème , et propre à faire des bougies et des savons y par MM. Braconnot et Simonin (1).
- Cette matière, pouvant remplacer la cire dans plusieurs de ses usages , et particulièrement pour l’éclairage, est retirée de toutes les graisses animales par le procédé suivant :
- La graisse ou le suif dont on veut extraire la matière concrète est étendue avec une quantité variable d’une huile volatile, ordinairement celle de térébenthine : le mélange, placé dans des boîtes circulaires, revêtues intérieurement de feutre, et dont les parois latérales, ainsi que le fond, sont percés d’une multitude de petits trous, est soumis à une pression graduée et très - forte, qui en exprime l’hqjle volatile ajoutée, et la partie la plus
- (1) Extrait du dixième volume des Brevets d’invention.
- p.1x14 - vue 18/507
-
-
-
- (*5)
- fluide de la graisse employée; la substance solide restée dans les boîtes en est retirée ; on la fait bouillir long-temps avec de l’eau , pour lui enlever l’odeur de l’huile volatile; tenue ensuite en fusion pendant quelques heures, avec du charbon animal nouvellement préparé, elle est filtrée bouillante ; refroidie , cette substance est d’un blanc éclatant , demi - transparente , sèche, cassante, sans saveur ni odeur.
- Cette matière, très-propre à l’éclairage, ne peut cependant, dans cet état, être employée à cet usage, à cause de sa trop grande fragilité, qui n’en permet ni le moulage ni le transport; on parvient à lui donner une sorte de ductilité et de ténacité par un léger contact avec du chlore ou de l’hy-drochlore ; son alliage avec un cinquième de cire d’abeilles donne le même résultat : alors son emploi est facile, et on en moule des bougies d’un usage aussi agréable que celui des bougies faites avec de la cire.
- L’huile exprimée, ou la partie la plus fluide de la graisse employée, contient, outre l’huile volatile que l’on peut séparer par la distillation, une quantité assez considérable de matière concrète qu’elle entraîne et tient en solution, et qui étant épurée et blanchie par le charbon d’os, est éminemment propre à la fabrication de savon excellent pour les arts et même pour l’usage domestique, son odeur étant faible et pas trop désagréable. Cette huile animale, saponifiée d’abord par la potasse des Vosges, est transformée en savon dur à base de soude par le sulfate de soude, de peu de valeur et très-abondant dans les eaux salées du département.
- Enduit pour la conservation du tain des glaces ; par
- M. Lefèvre (i).
- Encaustique blanc.
- Cet encaustique s’obtient en ajoutant à un demi-litre de vernis blanc à
- l’esprit de vin, une demi-once d’essence.
- Encaustique vert.
- Vernis au gros guillot......... 8 onces.
- Blanc de céruse broyé à l’huile blanche. ... 4
- Vert-de-gris broyé à l’huile de lin....... . 3
- Essence.....................................1
- Ces différentes doses, mêlées ensemble dans un vase, produisent une livre d’encaustique.
- (1) Extrait du dixième volume des Brevets d’invention.
- p.1x15 - vue 19/507
-
-
-
- ( i« )
- Après huit jours que la glace est étamée, on la met sur une table, le tain en dessus , que l’on frotte légèrement avec de la flanelle, et sur lequel on répand de la poudre à poudrer, que l’on frotte de même : l’on étend ensuite l’encaustique sur le tain avec le pinceau; l’on donne deux couches, en mettant, entre la première et la seconde, un intervalle de quarante-huit heures , et on laisse sécher au moins pendant six jours avant de placer la glace dans son parquet (1).
- Fabrication des boutons d’acier ; par M. Schey.
- On amène d’abord l’acier fondu à l’état de fer pur, en le coupant avec un coupoir de la grandeur convenable aux objets que l’on veut estamper ; on place ces morceaux dans un creuset, par lits, qu’on couvre de limaille de fer jusqu’à ce que le creuset soit rempli à-peu-près à six lignes du bord : on met alors un lit de limaille un peu épais, qu’on recouvre avec une plaque de fer ajustée dans l’intérieur du creuset. Ce creuset est luté et recouvert d’une seconde plaque de fer , maintenue fortement par plusieurs fils de fer, croisés et fixés par un cercle de gros fil de fer , disposé vers la partie moyenne du creuset. Dans cet état, le creuset est mis dans un fourneau en terre, de forme ronde et voûté, qui se chauffe avec du charbon de bois et du charbon de terre. Le feu doit être continué pendant environ soixante heures*
- Lorsque l’acier a reçu le degré de chaleur convenable, on le laisse refroidir ; après quoi, on le sépare de la limaille, qui ne fait avec lui qu’une seule masse : cette même limaille peut^servir pour une nouvelle opération.
- Les pièces d’acier dégagées de la limaille, étant bien dressées, sont polies sur la face destinée à recevoir l’empreinte de la gravure ; elles sont ensuite frappées par le moyen du balancier ; après cette opération, elles sont percées et mises à jour suivant les divers modèles, etc. : lorsqu’elles sont disposées pour recevoir la trempe, elles sont placées dans un creuset ou boite de fonte avec du charbon pilé et tamisé, toujours par lits, pour que la cémentation pénètre également toutes les parties ; elles sont ensuite chauffées et trempées à la manière ordinaire (2).
- (1) Voyez le rapport de M. Pajot Descharrties sur cet encaustique , inséré au Bulletin de
- l’année 1818, page 24» 1
- (2) Extrait du dixième volume des Brevets d’invention.
- ARTS
- p.1x16 - vue 20/507
-
-
-
- ( l7 )
- ARTS ÉCONOMIQUES.
- Rapport fait parM. Bouriat, au nom du Comité des arts économiques j sur les bassinoires dites sanitaires, présentées par M. Delbeuf, chaudronnier a Paris.
- Messieurs, M. Delbeuf, chaudronnier, rue du Dauphin, n°. 16, vous a présenté une bassinoire en cuivre, destinée à recevoir de l’eau bouillante , au lieu de brasier ou cendres chaudes qui s’emploient dans les bassinoires ordinaires. Il a pensé avec raison que la chaleur de l’eau bouillante était infiniment plus saine et moins sujette à inconvénient. Cette bassinoire, un peu moins grande que les anciennes, est formée de deux espèces de capsules de cuivre soudées l’une à l’autre à leur plus grand diamètre; une douille pratiquée au côté sert de poignée et d’ouverture, par où l’on introduit l’eau bouillante, à l’aide d’un entonnoir. Cette douille se ferme par un bouchon de liège ; mais comme elle porte un pas de vis autour de sa partie supérieure , elle s’adapte facilement à un écrou fixé à un manche de bois de deux pieds de longueur ; cette bassinoire, qui est ronde et a peu d’épaisseur, s’introduit facilement sous la couverture et parcourt sans beaucoup d’effort la surface du lit sans laisser échapper ni eau ni vapeur, parce qu’elle est hermétiquement fermée. M. Delbeuf propose aussi sa bassinoire pour chauffer les pieds dans les voitures : pour cela, il remplace lè manche par un autre écrou en cuivre de deux pouces et demi, qui entre dans le pas de vis de la douille et la ferme parfaitement.
- Vous avez chargé votre Comité des arts économiques d’examiner cette bassinoire et de vous en faire un rapport. Nous vous dirons donc, Messieurs, que cet objet est moins intéressant sous le rapport de l’art et de l’invention , que sous celui d’une véritable utilité. Il existe en effet beaucoup de personnes que la vapeur du charbon éteint entre les draps incommode ; d’autres et sur-tout les malades en éprouvent de l’agitation, ce qui n’a pas lieu par la chaleur de l’eau bouillante. La bassinoire de M. Delbeuf peut aussi servir utilement aux personnes qui voyagent en voiture pendant l’hiver, sur-tout lorsqu’on l’enveloppe d’une étoffe de laine, qui conserve la chaleur, empêche les pieds de glisser de dessus et de la salir, de manière qu’en arrivant à la couchée elle peut servir à bassiner le lit. Nous ferons une seule observation à l’artiste, c’est de ne pas annoncer avec autant de sécurité aux acquéreurs de ses bassinoires qu’on peut réchauffer l’eau qu’elles contiennent en les plaçant au milieu du feu d’une cheminée , dans les auberges où l’on s’arrête pendant le voyage et même à domicile. Il doit au contraire leur dire que si le soin de réchauffer l’eau de cette manière Vingt-cinquième année. Janvier 1826. G
- p.1x17 - vue 21/507
-
-
-
- ( 18 )
- dans la bassinoire était confié a des personnes imprudentes qui laisseraient long-temps cette bassinoire sur un feu trop actif, il pourrait en résulter des accidens fâcheux, parce que l’eau fortement comprimée dans le vase pourrait faire explosion ; il faudrait, pour faire cesser toute crainte, ôter la vis de la douille et le bouchon , avant de poser la bassinoire verticalement sur le feu. Nous avons cru devoir émettre notre opinion à cet égard, afin de prévenir des inconvéniens qui pourraient arriver par inadvertance. Du reste, nous pensons que le Conseil peut faire connaître dans son Bulletin la bassinoire de M. Delbeuf, comme plus salubre que les anciennes et plus commode que les autres vases pleins d’eau chaude qu’on met aux pieds des malades (i).
- Adopté en séance, le 18 janvier 1826. Signé Roüriat , rapporteur.
- ÉCONOMIE RURALE.
- Rapport fait par M. Bosc, au nom du Comité d’agriculture, sur la Société d’amélioration des laines, fondée a Paris.
- Il s’est formé à Paris une Société pour l’amélioration des laines, dont M. de Rainneville père est le président, et M. le baron de Morternart-Boisse le secrétaire. La théorie et la pratique de l’éducation des troupeaux, la conservation des belles races dans toute leur pureté, l’importation des races étrangères, la formation des races nouvelles sont de son ressort. Elle doit favoriser les rapports entre les cultivateurs français et ceux des autres pays, entre les propriétaires de troupeaux et les fabricans; enfin elle publie un Bulletin (2), pour faire connaître le résultat de ses travaux.
- Le premier Numéro de ce Bulletin a été envoyé à la Société d’Encoura-gement, et j’ai été chargé d’en rendre compte au Conseil au nom du Comité d’agriculture.
- Ce Numéro contient une notice sur l’objet que se propose la Société, son réglement provisoire, la liste de ses membres et une suite de quatre mémoires.
- Le premier est intitulé : Recherches agricoles faites en Angleterre eu 1826 par M. le baron de Mortemart-Boisse, suivi d’une lettre de la Chambre de commerce de Reims et Aune note de M. Camille Beauvais.
- Le second est Y Extrait d’un Rapport sur les moyens d’encourager l’importation en France des moutons de Dishley, et sur les produits manufacturiers qu’on en peut retirer , par M. d’Autremont.
- (1) Le prix de la nouvelle bassinoire est de 25 francs.
- (2) Se trouve chez Madame Buzard, libraire , rue de l’Eperon, n°. 7.
- p.1x18 - vue 22/507
-
-
-
- ( *9 )
- Le troisième présente des Observations sur le croisement du sang abyssinien et sur le mode dentretien qu’il convient d’adopter pour la race anglaise, par M. de Rainne ville père, avec des notes du Rédacteur.
- Le quatrième est le plan d’une ferme à moutons.
- Je vais donner au Conseil une idée succincte de ces quatre mémoires.
- Dans le premier, M. de Mortemart-Boisse fait connaître les précédens de l’introduction en France des bêtes à laine de la race de Dishley, précédens dont le Conseil a déjà été entretenu (i). II fait valoir les avantages de cette race relativement à sa grosseur, à sa facilité d’ëngraisser, à sa longue et fine toison. On y trouve relatés des faits ayant eu lieu en France, qui prouvent sa supériorité , comme race améliorante , par des croisemens ; la composition des prairies qui lui conviennent ; des notions positives sur la monte, l’agnelage, l’allaitement; enfin la série des soins qu’elle exige dans le cours de sa vie y sont indiqués en détail.
- La note de M. Camille Beauvais a pour objet de faire voir qu’il est difficile d’espérer pouvoir maintenir la race Dishley en France, si on néglige les soins que lui prodiguait son créateur, le célèbre Bakewell.
- M. dAutremont, dans son Rapport, recherche les avantages que peuvent procurer à la France les bêtes à laine de Leicester. Pour cela , après avoir passé en revue toutes les laines de France, y compris les mérinos, il fait voir que les laines longues de cette race, dans un climat humide et en laissant les troupeaux toute l’année en plein air, sont susceptibles d’emplois auxquels ne sont pas propres celles des mérinos et autres.
- Ce qu’il dit des principes de la filature et du tissage des laines annonce un manufacturier consommé. Il annonce ce qu’au reste nous savions déjà , que les pâturages convenables aux troupeaux de Leicester sont mortels pour ceux d’Espagne.
- Les observations de M. de Rainneville sur le croisement du sang abyssinien et sur le mode d’entretien des bêtes anglaises, ainsi que les notes du Rédacteur qui les suivent, sont également dans le cas d’être méditées par tous ceux qui voudront se livrer à des spéculations sur l’éducation de cette dernière race en France.
- Enfin, le plan de l’établissement d’une ferme à moutons de cette même race complète ce qu’il est convenable de savoir pour réussir ; on y trouve des calculs et des expériences qui donnent des bases dont on ne peut nier la solidité.
- (O Voyez ce qui â déjà été dit sur d’utiles recherches faites par M. le baron de À/îorte-mart-Boisse , Bulletin , N°. CCXL , p. 79, 23e. année. Paris , chez Madame Huzard.
- C 2
- p.1x19 - vue 23/507
-
-
-
- (20 )
- Je propose, au nom du Comité d’agriculture, de voter des remercîmens à la Société d’amélioration des laines pour la communication qu’elle a bien voulu faire à celle d’Encouragement de son premier Bulletin (i).
- Adopté en séance y le iei. mars 1826. Signé Bosc , rapporteur.
- OUVRAGES NOUVEAUX.
- Traité des brevets d invention, de perfectionnement et d’importation , par M. A.-Cl Renouard, avocat a la Cour royale de Paris. 1 vol. in-8°. Paris, A.-A. Renouard, libraire, rue de Tour no n , n°. 6.
- La législation relative aux brevets d’invention a donné lieu, en 1825, à la publication de deux ouvrages, l’un par M. Théodore Régnault, sous le titre : De la Législation et de la Jurisprudence concernant les Brevets dinvention, etc. (2); l’autre, par M. Aug. - Ch. Renouard, sous le titre de Traité des Brevets d invention. L’un et l’autre ont été successivement offerts à la Société d’Encouragement ; mais quoique relatifs au même sujet, ils sont essentiellement dîfférens.
- Le premier, ainsi que le déclare son auteur, est purement un recueil. Il renferme le texte des lois, des ordonnances, des instructions ministérielles, des arrêts des cours et tribunaux, les discussions législatives et les débats judiciaires.
- Le second a pour objet drexposer les principes, l’esprit, le but de la législation, et d’en faire jaillir les lumières propres à justifier cette législation , à guider dans son interprétation, dans son application , et même à préparer les améliorations dont elle serait susceptible.
- Ce sujet a acquis, par les méditations et les recherches de M. Renouard, une grande richesse et un haut degré d’intérêt; il a su le lier naturellement
- (1) La Société d’amélioration des laines est créée à l’instar des associations bienfaisantes de l’Angleterre. La souscription annuelle des membres fondateurs et des associés est de 5o françs, celle des membres correspondans est de 25 francs. — Les associés étrangers sont honoraires et ne payent aucune rétribution. Il faut être présenté au bureau administrant par trois membres, pour être élu. — On ne reçoit point d’abonnement au Bulletin que la Société publie, mais on en trouve chez Mme. Huzard, libraire. La publication est indéterminée. —* Le lieu des réunions est place Taranne, n°. 10, tous les mercredis. — Les lettres, mémoires, etc., doivent être adressés, francs de port, à M. le Président, rue de Grenelle, n°. 126 , ou à M. le Secrétaire, rue Duphot, n°. 12.
- (2) Voyez le compte rendu dercet ouvrage, par M. Cl.-Anth. Costaz, Bulletin de septembre 1825, p. 3oi.
- p.1x20 - vue 24/507
-
-
-
- ( 21 )
- aux plus importantes questions de la science du droit, de l’économie politique ; il a su même y introduire des vues philosophiques, et, grâce à cette méthode, il a considéré l’importante matière traitée par lui sous les points de vue les plus larges et les plus féconds. On croit voir que cet ouvrage n’est qu’une portion détachée d’un plan plus vaste, qui embrasse en général la théorie des droits attachés aux inventions et aux découvertes dans tous les genres.
- Certes, la science de la jurisprudence ne saurait avoir une mission plus noble et plus relevée que lorsqu’elle prête ainsi son ministère au génie pour lui assurer le fruit utile de ses travaux et la juste reconnaissance de la société. M. Renouard a compris toute la grandeur de cette mission, et s’est montré digne de la remplir. Il commence par reconnaître deux sortes de droits, ceux de l’inventeur sur les inventions et leurs produits, ceux de la société sur les inventions publiées, parallèles qui, au premier abord, sembleraient lutter les uns contre les autres, mais qui, bien étudiés, se concilient cependant $ il fait ressortir l’origine même et l’essence de chacun d’eux, l’espèce de transaction naturelle qui les réconcilie entre eux. La société a un grand intérêt à ce que l’inventeur soit récompensé et dédommagé ; le génje a un intérêt non moins grand à ce que les découvertes circulent le plus promptement et le plus librement qu’il est possible. Par un privilège momentané, accordé à l’inventeur , la société l’indemnise de ses avances, de ses frais, de ses sueurs ; par la limite posée à la durée de ce privilège, la société entre en jouissance du droit qui lui était réservé de jouir, par une exploitation libre et générale d’une découverte que d’autres auraient pu faire aussi, qui est entrée dans le commerce général des idées, et qui même, à son origine, fut en partie le fruit de ce même commerce.
- C’est de ces notions fondamentales , discutées par l’auteur avec une remarquable netteté et une grande précision, qu’il fait découler toute la théorie développée dans son ouvrage.
- Jetant un coup-d’œil rapide sur l’histoire de la législation relative aux inventions industrielles, M. Renouard montre comment les communautés et corporations naquirent naturellement au sein de la féodalité, par les associations défensives qu’inspirait le besoin d’une protection mutuelle, et comment elles subirent aussi, à quelques égards, l’empreinte des institutions féodales ; comment elles devinrent ensuite un moyen d’ordre et de police ; comment, plus tard, les réglemens auxquels elles furent soumises commencèrent à être dirigés par le désir de garantir la bonté des produits ou même d’en préparer le perfectionnement ; mais comment aussi ils furent dominés par l’esprit de fiscalité , et jusqu’à quel point ils multiplièrent les entraves : il en conclut, avec autant de sagesse que de justice, que, si c.ç&
- p.1x21 - vue 25/507
-
-
-
- (22 ) .
- corporations et ces réglemens eurent une véritable utilité relative à l’époque de leur institution, leur maintien n’était plus qu’un grand obstacle ; leur rétablissement, en le supposant possible, ne serait aujourd’hui qu’une grande absurdité, sans motif et même sans prétexte.
- L’auteur, posant les principes généraux de la législation des brevets d’invention, détermine les choses qui peuvent en être la matière, et distingue les diverses espèces de brevets. Nous partageons son opinion sur l’utilité des brevets de perfectionnement ; nous ne saurions admettre d’une manière aussi absolue celle qu’il exprime contre les brevets d’importation, et nous pensons qu’il aurait dû excepter l’hypothèse dans laquelle le brevet d’importation roule sur une découverte qui est elle-même l’objet d’un privilège dans un pays étranger, lorsqu’elle n’y obtient encore aucune publicité.
- L’auteur a parfaitement saisi les motifs qui commandent à l’administration publique de délivrer les brevets sans examen préalable, et il les a exposés de la manière la plus lumineuse ; il faut cependant bien entendre que si l’administration doit s’interdire tout examen préalable relatif au mérite de la découverte vraie ou prétendue, dans la vue de porter un jugement sur ce mérite , il est un examen préalable indispensable pour elle, et dont elle fait souvent un usage très-utile aux demandeurs de brevets ; c’est celui qui a simplement pour objet de bien reconnaître, déterminer et constater la nature de la chose pour laquelle le breveUest demandé, et quant à la crainte qu’orf pourrait concevoir sur les indiscrétions qui pourraient en résulter, on y répondrait par un seul fait aussi honorable pour ceux qu’il concerne, qu’il est naturel au reste d’après le caractère de ces mêmes personnes, c’est qu’aucune indiscrétion de ce genre n’a eu lieu depuis que notre législation actuelle sur les brevets d’invention a été mise en vigueur.
- M. Renouard développe avec autant de solidité que de clarté diverses obligations des propriétaires de brevets, celles de la société envers eux, les nombreuses questions qui se rapportent aux unes et aux autres, celles qui concernent la durée des brevets et les déchéances ; enfin , les actions diverses auxquelles donne lieu l’exercice des droits dans cette matière ; il expose les doutes qui se sont élevés, ceux qui peuvent s’élever encore sur un grand nombre de points, dans l’application de nos lois. Les solutions qu’il présente sont, en général, d’une grande exactitude. Elles sont appuyées d’une logique saine , et conformes aux vrais intérêts de l’industrie. Persuadés, comme M. Renouard, que les procédés publiés dans l’étranger et en langue étrangère ne peuvent devenir en France la matière d’un brevet légalement valable, nous ajouterons que si la jurisprudence de nos tribunaux venait à consacrer une règle contraire, il deviendrait nécessaire ? dans l’intérêt de l’industrie française, de prévenir les
- p.1x22 - vue 26/507
-
-
-
- ( ^ )
- funestes conséquences qui en résulteraient, en procurant la traduction et la publication, en France, de ces mêmes descriptions avec foute la célérité possible j et ce serait un soin qui se recommanderait à la sollicitude de la Société d’encouragement elle-même. Nous pensons également, avec M. Re-nouard, que la déchéance ne peut être prononcée que par les tribunaux ; cette doctrine a été expressément consacrée par un avis des Comités réunis du contentieux et de l’intérieur du Conseil-d’Etat, en date du 6 novembre 1824, en ce qui concerne le motif de déchéance tiré de la non exécution du procédé pendant deux ans ( Contestation entre Berte et Didot ). M. Re-nouard expose avec beaucoup de netteté les motifs qui peuvent faire conserver aux juges de paix l’attribution de juger les contestations qui s’élèvent en matière de brevets d’invention, malgré les graves inconvéniens que cette jurisdiction présente dans la pratique ; mais nous eussions désiré lui voir examiner si cette compétence ne serait pas mieux déférée, sous tous les rapports, aux tribunaux de commerce.
- Parmi les solutions que donne l’auteur, il en est une seule que nous hésiterions beaucoup à admettre : c’est la faculté qu’il suppose acquise à chaque particulier, non pas seulement de connaître ce qui est certain, mais de publier par lui-même la découverte d’un inventeur breveté, dès le moment où son brevet lui est délivré, et sans en attendre l’expiration. Cette faculté nous paraît interdite par les principes de la matière, et serait sujette à de graves inconvéniens.
- L’auteur a souvent comparé la législation anglaise avec la nôtre ; il en fait ressortir les analogies et les différences ; il reconnaît que celle dont la France jouit est essentiellement équitable et protectrice ; il indique comment elle pourrait être améliorée encore dans plusieurs détails, et les réformes ou les additions qu’il propose auront le suffrage des bons esprits. Il en est une cependant qui pourra être fortement contestée, c’est celle qui aurait pour but de faire supprimer la condition imposée au propriétaire de brevet de ne point prendre de patente dans un pays étranger. En opposant aux raisonnemens de l’auteur sur ce sujet, que les intérêts généraux de la richesse nationale trouvent un avantage marqué dans une condition qui tend à faire que nous livrions au commerce étranger le produit qui sert d’objet à la découverte, fabriqué chez nous par nos ouvriers , avec nos matières premières, au lieu de le laisser fabriquer dans l’étranger d’après le procédé dont nous pouvions nous réserver l’exploitation, on dira que la France est, à cet égard, vis-à-vis des autres pays ce que l’inventeur est à 1 egard des autres fabricans. M. Renouard répondra cependant que si les procédés qui sont l’objet du brevet sont connus, chaque étranger pourra s’en emparer pour les faire exécuter au dehors, et cette réponse sera fon-
- p.1x23 - vue 27/507
-
-
-
- ( 24 )
- dée en tant que les procédés peuvent être en effet connus par la seule inspection des produits ; mais nous ferons remarquer que l’interdiction de notre loi sur ce point peut être éludée ; le propriétaire d’un brevet en France prendra un brevet dans l’étranger sous le nom d’un associé qu’il se donnera dans ce dernier pays.
- Le plus grave inconvénient qui se rencontre dans la pratique en matière -de brevets d’invention résulte de l’extrême facilité avec laquelle les contrefacteurs échappent aux condamnations, en prenant soin de varier seulement quelques détails dans la forme du procédé : nous en avons vu de nombreux et de remarquables exemples ; souvent même cette circonstance décourage tellement les propriétaires de brevets, qu’elle les détourne d’entreprendre les poursuites. Nous regrettons que l’estimable auteur n’ait pas fixé son attention sur ce point. Peut-être l’inconvénient que nous signalons tient-il à la nature même des choses ; peut-être en trouverait-on le remède dans l’institution d’une sorte de jury, qui prononcerait sur la réalité de l’imitation , d’après les caractères essentiels et constitutifs du procédé : ce serait un des motifs qui solliciteraient l’attribution aux tribunaux de commerce des contestations de ce genre.
- Alors même qu’il emprunte à la théorie, et souvent à une théorie très-élevée les vues qui abondent dans son Traité, M. Renouard ne néglige aucune des données qui peuvent être fournies par la jurisprudence positive; il recourt souvent, en particulier, aux autorités qui naissent des arrêts de la Cour de cassation. Son ouvrage sera non-seulement utile aux jurisconsultes pour les discussions des questions contentieuses qui s’élèvent dans cette matière ; mais il rendra aussi un service éminent aux fabricans , en prévenant souvent, dès leur origine, des difficultés qui les entraînent dans des procès coûteux et inutiles. Nous n’avons pas besoin d’ajouter qu’on retrouve dans ce Traité les mérites qui appartiennent à un auteur dont les succès sont déjà aussi nombreux qu’honorables, bien qu’il soit fort jeune encore, un style toujours clair, élégant sans affectation, un ordre parfait et un esprit d’analyse remarquable. Cet ouvrage nous paraît être dans son genre un véritable modèle. Nous devons à M. Renouard une sincère reconnaissance , au nom de l’industrie française, pour le service qu’il vient de lui rendre. Aussi la Société d’Encouragement croira-1-elle peut-être utile d’exprimer à S. Exc. le Ministre secrétaire d’Etat de l’intérieur l’estime que cette production lui a inspirée, en appelant l’attention de cet administrateur sur les vues renfermées dans le Traité de M. Renouard, qui seraient de nature à provoquer quelques mesures salutaires de la part de l’admi-pistration publique. Baron Degérando.
- TABLEAU
- p.1x24 - vue 28/507
-
-
-
- C 2$ )
- TABLE A U, par ordre alphabétique, des Brevets d’invention , de perfectionnement et d’importation, délivrés en France pendant l’année 1825.
- Nota. Les lettres ( B. I. ) placées après l’énonce des Brevets signifient Brevet d’invention $ (B. I. P. ), Brevet d'invention et de -perfectionnement ; (B. P. ) 5 Brevet de perfectionnement ; (B. Imp.) , Brevet d’importation ; ( B. Imp. P. ), Brevet d’importation et de perfectionnement ; ( B. I. Imp. ) , Brevet d’invention et d’importation.
- NOMS ET PRÉNOMS des brevetés. DOMICILE. DÉPARTEM. DATE île la délivrance des Brevets. DURÉE des Brevets. * DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels les Brevets ont été accordés.
- Accart-Barom Paris, 1 rue St-Germain-, des-Prés, n°. 3. ) Seine. 3i mars. 10 ans. Procédés propres à la cuisson des poussières du plâtre et de la chaux. ( B. I. )
- Alais (B. ) Lyon. Rhône. 9 sept. 10 ans. [ : Mécanisme propre à exécuter sur le fond de dentelle noire des dessins imitant la broderie et les effets de la blonde. ( B. I. )
- Albax ( E.)... Paris, • Seine. 21 déc. iôans. Appareil dans lequel l’eau est vaporisée pour ! l’usage des machines à vapeur , au moyen d’un
- . Mahon, n°. 3. métal fondu, et la chaleur du métal constamment réglée. ( B. Imp. )
- A T. T. A RT» 1 J.-J. 'l . . < id. rue Saint-Denis, id* 11 août. 10 ans. Procédés qu’il appelle planifions, et qui ont l pour objet d’enduire et de remplir de diverses
- n°. 368. substances les mailles des tissus métalliques. (B.l.)
- Andrieux (E.-J.) id. rue du Petit-.Reposoir, n°. 6. id. 5 janv. 5 ans. , Remplacement de l’arçon par la carde dans la fabrication des chapeaux, et emploi par ce moyen de duvets de cachemire. ( B. I. )
- Le même id. id. 17 juin. 10 ans. : Appareil pyrotechnique, propre au grillage des étoffes par le moyen du gaz, ou de tout { autre feu. ( B. Imp. )
- Astier (C.-B. ) Toulouse. Haute-Garonne. i4 avril. 5 ans. I ! Perfectionnemens apportés aux lampes hydro-
- statiques inventées par Lange et Verzi. ( B. I. )
- Atwood (voy. Hamlet ).
- Aulnette de Vantewet ( voy. Vandevorde ). «
- Aymé fils et Philip Tarascon. B. du Rhône. 24 nov. 5 ans. Machine hydraulique mue par le vent. (B.l.) Machine à vapeur à haute et basse pression , 1 sans chaudière, selon les système et invention de M. Hawkins, de Philadelphie. (B. Imp. )
- Atnard frères Lyon. Rhône. 3i mars. i5 ans.
- Badîull ( R. ) et Gibbon-Spilsbury Paris, r. Saint-Lazare, Seine. 23 mars. r5 ans. Machine propre à dévider la soie, le fil, le coton et autres matières filamenteuses. (B. Imp. P.)
- n°.73. '
- Balostron (N.) id. \ rue J.-J. Rous-> id. | seau, n°. 8. ) 10 nov. 10 ans. Mécanique propre à régler le papier. (B.l.)
- Bardel (G.-F. ) id. passage ’ des Petits-Pères, id 22 juillet i5 ans. Procédé de fabrication de l’acier. ( B. Imp. )
- Vingt-cinquième année. Janvier 1826. D
- p.1x25 - vue 29/507
-
-
-
- NOMS ET PRÉNOMS des
- BREVETÉS.
- Bazin (J.)
- Benson (voy. Hasilet ). Bernardet (P. )...; •
- Berry
- Berryer ( voy. Laforest ). Biliette(J.- F. ).......
- Blondeau (A. )
- Bgcquet ( L.-H. )
- Bodmer ( J.-G. )........
- Bouchy ( J. )
- Bouillet fils et Yernès
- Bourdeil-Desarnod
- Bourdenx( A.-B. ) Boussard (A. )....
- Bouvert
- Brasseux (“G.-F. )........
- DOMICILE. DÉPARTEM. DATE | <Ie la délivrance 1 des Brevets. DURÉE des Brevets. DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels les Brevets ont été' accordés.
- ( Paris, < rue St.-Jacques, ( n°. 166. . Seine. 4 août. 10 ans. 1 Machine propre à simplifier la navigation 1 intérieure. ÇB. I. )
- / id. é rue Yivienne, ( n°. 17. . ‘ id. 29 sept. 10 ans. * i Méthode propre à enseigner à écrire, en six f ou huit jours. ( B. Imp. )
- J id. J rüe Neuve-St.-August., n°. 28. . id. 19 mai. ! 10 ans. / Bouchon élastique fabriqué avec le caoutchouc ou gomme élastique, et diverses combinaisons et applications d’un appareil propre à produire l’ignition instantanée, et qu’il appelle lampe mécanique et chimique. ( B. Imp. P. )
- f id. < avenue ( de Ségur, n°. 9. , id. 2 mars. 5 ans. . Soques élastiques , s’allongeant à volonté. (B. I.P.)
- 1 ( ÛL / rue de la Paix, 1 n°. 19. j 1 i ( id- { rue St.-Lazare, 1 n°. 73. id 3i août. 5 ans. Quantième perpétuel. ( B. I. P. )
- id. 28 avril. 5 ans. | Machine propre à dresser des carreaux en terre cuite sur leur surface, et à les régulariser sur six pans , ou sur telle autre forme qu’on voudra leur donner. ( B. I.P.) *
- 1 1 7 id. | ) rue Coquillière, , ) n°. 3?.. j 1 ' 1 id. i3 janv. 1 5 j i5 ans. < Moteur qu’il tire de la force de l’eau, et qu’il accumule et propage à volonté , lequel est propre à faire mouvoir toute espèce de mécaniques. ( B. I. ) -
- id. i rue des Fosse's- ( \ Saint-Germain- î [ l’Auxer., n°. 29. 1 id. 6 oct. i i5ans. | Machine propre à la fabrication des clous d’épingle. ( B. I. )
- Lyon. Rhône. 29 sept. 10 ans. < Métier à tisser mécanique dont le battant et la navette marchent seuls par le même mouvement , et qui est propre à la fabrication de toute espèce d’étoffes. ( B. I. P. )
- Toulouse. Haute-Garonne. 3i mars. i5ans. ^ Appareil appliqué aux bateaux à vapeur et . autres, et propre à paralyser, quelle que soit la célérité de la marche, l’effet destructeur du flux ou remous des eaux. ( B. I. )
- Bordeaux. Gironde. i3 oct. iôans. < J i5 ans. | Procédé propre à préparer la térébenthine des Landes. ( B. I. )
- Toulouse. Haute-Garonne. 4 août. Moyen d’adapter à la sonnerie des pendules une nouvelle quadrature qui permet de faire tourner les aiguilles dans tous les sens. ( B. I. )
- Paris, 1 rue de la Croix , n°. 19. Seine. 3i mars. 1 10 ans. , Appareil pyrotechnique d’économie, propre à l’éclairage au gaz, au chauffage des apparte-mens et à l’ébullition de l’eau. ( B. I. )
- 1 a. | i Palais-Royal, 1 { galerie de Ri- | 1 chelieu, n°. 3. id. t dec. : 5 ans. | Cachet à cinquante côtés , susceptible d’augmentation. ( B. I. P. )
- p.1x26 - vue 30/507
-
-
-
- NOMS ET PRÉNOMS
- des
- BREVETÉS.
- Bressy ( G. ).............
- Bruand ( J. - J.).........
- PORLIER (À. - L. )........
- et Durietjx ( C. )........
- Bruyset...................
- Buffet ( J.- N. ).........
- Burstall ( T.)............
- Cambacérès (J.-L.)........
- Caxning ( A.).............
- Cahtwell ( R. )...........
- Caplain fils aîné'........
- Carlotti ( M. )...........
- Chambers ( A. )...........
- Chammas ( A. )............
- Chapelle ( A. ),..........
- Chaper ( P. - A. )........
- Charreyre ( J.-B.)........
- Chauvey ( J.-N. ).........
- CHEVREUL (afOJ'VGAY-LuSSAC ).
- Chiavassa (J.- A. ).......
- Collas ( A. ).............
- DOMICILE. DÉPARTEM. BATE de la délivrance des Brevets. DURÉE des Brevets.
- Arpajon. Seine-et-Oise. 17 nov. 10 ans.
- Besançon. Doubs. 5 janv. i5 ans.
- Lyon. Rhône. 19 mai. 10 ans.
- Paris. r. du Fau.-Poissonnière, n°. 6i. • Seine. 4 août. 5 ans.
- . id. r. Neuve Saint-August., n°. 28. ' id. 11 août. i5 ans.
- id. ] , r. Saint-Merry, 1 n°. i4. UL 10 fév. i5 ans.
- Le Havre. Seine-Infér. 19 mai. 5 ans.
- ' Paris, | rue du faubourg V Saint-Honoré, 1 ! n°-ia- Seine. 19 mai. 10 ans.
- C au Petit < Couronne, ( près Rouen. Seine-Infér. • 27 janv. 5 ans.
- ( Paris, / rue du Bouloy, ( n°. 8. ' Seine. 21 déc. i5 ans.
- 1 1 id. < rue Neuve St.-{ Àugust., n°. 28. id. 18 août. i5 ans.
- ( id. • rue St.-Martin, n°. 171. id. 3i août. 5 ans.
- Alais. Gard. i4 avril. 5 ans.
- ! Paris, r. de la Michau-. dière, n°. 6. ' Seine. 19 mai. i5 ans.
- Brioude. Haute-Loire. 4 août. i5 ans.
- Yesoul. Haute-Saône. 2 nov. 5 ans.
- Paris, rue Albouy, n°. 2. 1 Seine. 21 déc. 5 ans.
- 1 { id. < rue du Fouare , \ n°- 9- ’ * 3o juin. 5 ans.
- DESIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont été accordés.
- Lunettes qu’il appelle rastrales. ( B. I. )
- Machine propre à fabriquer du papier continu. ( B. I. )
- Machine propre à fabriquer des clous d’épingle. ( B. 1. )
- I
- | Machine à imprimer, qu’il appelle presse ju-
- ) ruelle. ( B. I. )
- I
- Appareil mécanique qu’il appelle locomoteur applicable aux équipages dits à vapeur, et per-feetionnemens dans la construction et dans l’alimentation d’eau des chaudières propres à générer la vapeur. ( B. Imp. P. )
- Emploi des acides stéarique, margarique et oléique à la fabrication de bougies qu’il appelle bougies oxigénées. ( B. I. )
- Machine qu’il appelle proxilar, propre à remplacer les presses ordinaires. ( B. I. )
- i
- \
- Cabinets d’aisance inodores , à soupapes. ( B. I. ) y 1
- i Machine propre à l’extraction des bains de 6 an ' f teinture. ( B. 1. )
- Système mécanique propre à stéréotypée la musique et toutes sortes de caractères, et qu’il appelle typo-mélographie. ( B. I. P. )
- Procédés et appareils propres à filtrer et à clarifier l’eau. ( B. Imp. P. )
- Préparation qu’il appelle Crème cosmétique du Bengale. ( B. I. )
- Mamelle artificielle, propre à nourrir les en-fans nouveau-nés, sans nourrice. ( B. I. )
- Système de roues à voies régulières, à l’usage des voitures ordinaires et des voitures spéciales conduites par des chevaux ou paF des machines à vapeur mobiles. ( B. I. )
- Piano qu’il appelle piano-duoclavi. ( B. I. )
- Nouvelle machine hydraulique. ( B. I. P. )
- Ecran à double glace et à charnière. ( B. I. )
- Machine à graver, dont l’effet est de produire :s couleurs d’iris, et qu’il appelle machine usée. ( B. I. )
- D 2
- p.1x27 - vue 31/507
-
-
-
- NOMS ET PRENOMS des
- BREVETÉS.
- Collier ( J. )...........
- Cooke (H.),,...........
- CoQUEREAU ...............
- CORDIER ( J. )... .....
- CORONT (A. )..............
- Courrier.................
- Courtois ( J.-A. )........
- Le même..................
- Daullé ( J.-M. )..........
- *
- Dayme ( voy. Seguim ).
- Debitte jeune'...........
- Mademoiselle Decomberousse.
- Delamorinière ( J. - F. ).
- Delangland (C.-F. )......
- Delaval Frères...........
- Delavenka ( J. -J. ) . ..
- Delavigke (P.-C.)........
- Delisls .................
- (28 )
- DOMICILE.
- DEPARTEM.
- Paris,
- rue Richer , n°. 21.
- ! i
- id. ) rue de Valois, n°. 4.
- Douai.
- Lille.
- Saint-Julien , Molin-Molette.
- Saint-Roman.
- Paris, rue des Deux \ Portes-Sauveur
- Deux-Saint- f , n°. 22.)
- id.
- id.
- boulevart St.-Martin , n°. 4.
- id..
- rue du Roule, ‘ , n°. 16.
- Lyon.
- (Paris, r. de Miroménil, n°. i4.
- I
- l id.
- < rue de la Paix, [ I n°. 3o. I
- I ï
- id.
- rue
- id. i
- e Chapon , /
- n°. 16. )
- Lille. Paris,
- Rotonde du Temple.
- Dunkerque.
- Seine.
- id.
- Nord.
- id.
- Loire.
- Isère.
- Seine.
- id.
- id.
- id.
- Rhône.
- Seine.
- id.
- id.
- Nord.
- Seine.
- Nord.
- si . > {-< rs S <|-a B
- fl d as
- 2
- H ü
- -ta k 0)
- & U
- 0
- a s •”0
- 19 mai.
- i5 juill.
- 11 août.
- 10 fév.
- 15 juill.
- 21 sept.
- 4 août.
- 18 août.
- 28 avril.
- 22 juill.
- 20 oct.
- 21 sept.
- 3i mars.
- 2Ô mai,
- 23 juin.
- 17 nov.
- 22 juill.
- DESIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont e'té accordes.
- 5 ans.
- i5 ans.
- 5 ans.
- i5 ans.
- 5 ans.
- i5 ans.
- Mécanisme destine' à conduire le chariot des métiers à filer, pendant l’étirage des aiguillées. (B. I.)
- Moyen de faire mouvoir les roues dans les fleuves et autres fluides. (B. Imp.)
- Composition propre à détruire les émanations fétides provenant des plaies ou de diverses fonctions de l’économie animale. ( B. I. )
- Système de routes en fer simples et doubles.' ( B. Imp. P.)
- Métier mécanique propre à tisser la soie, le coton , la laine, etc. ( B. I. )
- Machine propre à perfectionner le tirage des soies, qu’il appelle lissoir. ( B. I.)
- Tuiles carrées portant retroussis ou recouvrement et agrafes, dont l’usage peut s’appliquer à toute espèce de couvertures. (B. I. P. )
- Fabrication de briques et mitres en terre cuite, qui s’enclavent les unes dans les autres, et propres à la construction des cheminées. (B.I.P.)
- Métiers continus anglais, propres à filer la laine peignée. ( B. Imp. )
- 5 ans. |
- 1
- 10 ans.
- Bougie qu’il appelle bâtarde transparente.
- (B.I.P.)
- Procédé de lithographie, au moyen d’une encre grasse transportée d’une planche gravée sur une pierre lithographique ordinaire. (B. P.)
- | Machines et procédés propres à faire des bri-10 ans. ) ques , carreaux, tuiles, etc., par compression. ) (B.I.)
- ( Machine qu’il appelle géorama, propre à 10 ans. | pétu^e de la géographie. ( B. I. P. )
- I ,.
- 5 Composition d’un métal qu’ils appellent aria ans. ^ gentan. ( B. I. )
- ( Mécanisme qu’il adapte à la flûte traversière , 5 ans. j ainsi qU’à tous les instrumens à vent. ( B. I. )
- 1 Souliers et brodequins articulés, à une ou plu-5 ans. 5 sieurs brisures , avec semelles imperméables.
- I (B- I.)
- {Bateau à vapeur propre à la navigation des moyennes rivières et des canaüx , par 1 emploi de deux éperons agissant alternativement de chaque côté du bateau. ( B. I. )
- p.1x28 - vue 32/507
-
-
-
- ( 29 )
- NOMS ET PRÉNOMS des BREVETAS. domicile. DÉPARTEM. DATE de la délivrance des Brevets.
- Delivàni ( voy. Ousier ). Paris, r. Saint-Denis, Seine. 2Ôaoût.
- n°. 23o.
- Denizot ( J.-B. ) Saiüt-Antoinat' Isère. ii août.
- Deriard ( A.-A. ) Lyon. B.-du-Rhône. 3i mars.
- DeSLYONS de italRCARME Arques. Seine - Infér. 3i août.
- , Paris, r. Sainte-Avoie, Seine. 2Ô mai.
- l n°. 4i.
- . Dissey et PlVER ' id. r. Saint-Martin, n°. ni. . id. 17 fév.
- Dixon ( voy. Rislbr ).
- Doderet ( F. ) '. id. r. Bar-du-Bec,, n°. i3. id. 23janv.
- Dorielle (L.-F.) Pelussin. Loire. 9 iuin-
- TÏRnr ^ R . ) Charleville. Ardennes. i déc.
- Dubax ( J.-P. ) ' Paris, rue Neuve-St. -August., n°. 46. Seine. i4 sept.
- RrrnsT Fils . Lyon. Montpellier. Rhône. 2Ô mai.
- Duhae ( F. ) Hérault. 18 août.
- Durieux {yoy.Bruand ).
- Dutillet (Madame) Paris, rue des Messageries , n°. 4. Seine. 2 mars.
- Erlwakd ( G. ) id. 1 r.Grange-Bate-lière, n°. a. | id. 23 mars.
- Eulriot ( E. ) Farixa ( J.-M. ) l i id- . \ ( rue des Rosiers, / id. ( n°. i4. ) 1 ( ld- > [ rue St.-Honoré, > id. ( n°. j33i. ) 2 juin. 22 juill.
- w £
- -w
- pS U
- P «-
- a £
- DESIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont été accordés.
- Emploi et application d’une matière végétale provenant du [papyrus à la fabrication des leurs artificielles. ( B. I. P. )
- des
- y Machine propre à perfectionner l’étirage 10 ans- | soies. ( B. I. ) S
- j Composition d’un métal propre à remplacer
- ’ ( la ..................
- io ans. ^ i* p0terie d’étain.'( B. I. )
- i
- {Procédés de fabricati imitant l’agate , différ veinées. ( B. I. )
- fabrication de cristaux nuancés, différens marbres et pierres
- y.
- i
- {Procédé propre à fabriquer le vermillon français par la voie humide. ( B. I. P. )
- Composition d’une pommade propre à la con-5 ans. servation et à la reproduction des cheveux, qu’ils appellent Pommade des Francs. ( B. I. )
- Emploi , dans les broderies , de découpures 5 ans. transparentes et opaques , de plume , d’écaille et de baleine. ( B. I. )
- I
- {Substance indigène propre à remplacer la noix de galle dans tous les arts où elle est employée , et spécialement dans la teinture en rouge d’Andrinople ou des Indes. (B. I. )
- ( Cadrature applicable aux montres à répéti-io ans. j tion. ( B. I. )
- 5 ans.
- Boîte servant à emballer soi-même les clia-
- i5 ans.
- j peaux des dames. ( B. I. )
- Combinaison de machines à vapeur avec emploi de chevaux de hallage, à l’effet de remorquer les bateaux sur les fleuves et rivières.
- (B-P.)
- Appareil servant à essayer la spirituosité des 5 ans. vins. ( B. I. )
- Composition d’un ciment romain propre à i5ans. \ faire des statues , bas-reliefs et autres ornemens ^ d’architecture et de sculpture. ( B. I. P.)
- Fers à cheval de différentes formes. (B. Imp. P.)
- i5ans.
- 5 ans.
- Piano elliptique. ( B. I. )
- Eau propre à la toilette, qu’il appelle eau de la Sainte-Alliance. ( B. I. P. )
- p.1x29 - vue 33/507
-
-
-
- ( 3o )
- NOMS ET PRÉNOMS des BREVETÉS. DOMICILE. DÉPARTEM. ' DATE de la délivrance det Brevets. DURÉE des Brevets. DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels les Brevets ont été accordés.
- Favreau ( E.-N.) 1 Ivry, ; près Paris. | Seine. 27 janv. 10 ans. Mécanique propre à l’extraction des terres argileuses destinées à la confection de la poterie. (B. I. )
- Fehr ( S.) Yic-Dessos. Arriège. 10 févr. Moyens mécaniques de transport par terre , sans moteurs placés immédiatement sur terre , -^|.t sans emploi de la vapeur. ( B. I. )
- '
- Forers ( W. ) Paris, rue du faubourg Saint-Honoré, n°. 12. ; seine- 19 mai. ! 10 ans. | Papier propre à la couverture des édifices. ' (B.I.)
- '' Fort (J.) ,.. r id. r. Neuve Saint- f ï id. 20 oct. iôans. Fabrication de cylindres ou rouleaux métalliques propres à l’impression des toiles peintes, . ou de toutes autres étoffes ou tissus. (B.Imp. P. )
- August., n°. 28. .
- Fosembas(A. ) Bordeaux. Gironde. 28 avril. 5 ans. ! Poudre galvanique propre à blanchir et durcir les dents, à en arrêter la carie, etc. (B.I.)
- Fougère ( Y. ) , Herarb ôe Yilliers et Meunier (E.),. Paris, rue du faubourg Saint-Denis, n°. 17. 1 Seine. 28 janv. 5 ans. 1 Décor imitant la nacre, l’or bruni, l’argent | mat et brillant. ( B. I. P. )
- Fournier (B.) Amiens. : > Somme. 1 24 nov. 5 ans. Instrument qii’il appelle métronome perfectionné. ( B.I.)
- Mademoiselle Fournier Paris, rue Yivienne, n°. 9. i Seine. i5 déc. 5 ans. Bourrelets d’enfans en baleine, qu’elle appelle hygiéniques. ( B. I. )
- Fournier et Westerman. ..| id. rue Popincourt, nos. 4o et 42. . 1 id. 22 juill. 10 ans. Appareil mécanique propre à ourdir et parer les fils composés pour des chaînes de tissus, avant leur application au métier à tisser les étoffes. ( B. Imp. P. )
- Frichot ( J.-C. ) id. rue des Gravil-liers, n°. 42. >' id. 8 juill. 6 j Procédés de découpures transparentes perfectionnées, en corne, en ivoire et en peaux blan-, ches et coloriées. (B. I. P. )
- id. r. St .-Germain-l’Àuxerroi* , n”. 4. id. 28 fév. 5 ans. 1 Machine à rotation applicable à toute sorte 1 de manège. ( B. I. P. )
- Yalence. Drôme. 28 avril. 5 ans. Machine propre à accélérer la fabrication des chandelles dites a la baguette. ( B. I. )
- Gauwin (voy. Yernet ). -
- Gay ( P.) Lyon. Rhône. 5 ans. Ventilateur propre à séparer le minerai de sa gangue, dans les mines de plomb, à renouveler Pair dans les appartemens et à empêcher les cheminées de fumer. (B. I. P. )
- i Gay-Lussag et Chëyheüi; ' Paris, rue des Petits-August., n°. i5. Seine. 5 janv. iSans. ' Emploi, dans l’éclairage, des acides stéarique et margarique, qu’on obtient par la saponification des graisses, suifs, beurres ou huiles. (B.I.)
- Geets ( voy. Jacquet ).
- George (A.), Lyon. Rhône. 3 fév. 5 ans. . Metier a tricot soie unie, auquel il applique la tire a la Jacquart, et qui sert à détacher et varier à volonté les dessins qu’on veut y ménager. ( B. I. P. )
- p.1x30 - vue 34/507
-
-
-
- ( 3t )
- noms et prénoms des BREVETÉS. DOMICILE. DÉPARTEM. DATE de la délivrance des Brevets. DURÉE des Brevets. DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels les Brevets ont été accordés.
- Lodève. Hérault. 3i mars. 10 ans. Machine qu’il Appelle trameuse, propre à accélérer et à perfectionner le bobinage de la trame en laine et en coton. ( B. I. )
- '
- Gesein ( P.-F. ) Paris, r. Grange-Batelière, n°. 28. Seine. 9 sept. 5 ans. Procédé de fabrication d’une couleur qu’il appelle blanc métallique, destinée à remplacer le blanc de plomb ordinaire. (B. I. )
- Gibbon-Spiesbury (a1.Badnae).
- Giudiceeli ( J.-M. ) id. rue des Fossés-Saint- Jacques, n°. 6. id. 9 mars. i5 ans. Mécanique qu’il appelle âme mécanique, propre à produire immédiatement le mouvement circulaire par la vapeur, par d’autres fluides aériformes et par l’eau. (B. I. )
- Essert. Haut-Rhin. 3i août. 5 ans. Procédés de fabrication de casseroles en fer et en cuivre et autres ustensiles de la même
- nature , au moyen d’un balancier. ( B. I. )
- Gordon ( voy. Ranchett ).
- Gosset ( L.-M. ) 1 Paris, Allée d’Antin, n°. i5, aux Cham.-Elysées. Seine. 9 mars. 10 ans. . Perfectionnement de fusils, carabines et pistolets se chargeant avec de la poudre fulmi-; nante, au moyen d’une poire à poudre. ( B. I. )
- Gourlier ' id. ] rue Cassette, n°. 20. id. 19 mai. 5 ans. . Briques propres à la construction des tuyaux de cheminées, des ventouses et autres, pratiqués dans l’épaisseur des murs. ( B. I. )
- Grenier ( voy. Labarre ).
- id. clos Saint- : id. 1 déc. 10 ans. < Procédés mécaniques propres à graver les cylindres destinés à l’impression des étoffes.
- Lazare. r id. rue du PortT ( B. I. Imp.)
- . id. ' 22 juiïl. 10 ans. Emploi nouveau d’espars, afin de remplacer les mâts à bord des vaisseaux et autres navires.
- Mahon, n°. 3. ( B. Imp. )
- HamEET , ÂTWOOD , ÜSBORNE ; id. j r. de Provence,. id. 3o juin. iâans. Application et emploi de la cloche de plongeur et de tout autre appareil mécanique , propre à plonger, non usités ni appliques jusqu’à présent dans la pêche du corail. ( B. Imp. )
- n°. 26. 5
- ! Hamy ( G.-J.), - . Boulogne-sur- ] Mer. I Pas-de-Calais. 1.4 avril. i5ans. < Cylindres propres à être adaptés aux machines dites à vapeur atmosphérique et de condensation. ( B. Imp. P. )
- ] Hanchett ( 3. ) ! : ' Le même et Smith et Gor- \ ©03S , , < 1 Paris, | rue Caumartin,, n°- 9- Seine. 23 janv. i5 ans. Fours, machines et procédés propres à faire du gaz au charbon de terre, et à le purifier par l’admission et le mélange de l’air atmosphérique. ( B. Imp. )
- id. id. i5 juil. iâans. Moyen de faire marcher les voitures de toute espèce par une machine à vapeur ou toute autre force motrice. ( B. I. )
- id. id. 25 mai. i5 ans. Divers moyens d’orner le tulle dit hobbirjr-net, l ainsi que la mousseline , la gaze et autres étoffes ' légères et méthode de fabriquer séparément des bouquets , des fleurs , et d’autres ornemens susceptibles d’être appliques sur letulle, la mousseline et autres tissus. ( B. Imp. F. )
- 1 n°. 73.
- p.1x31 - vue 35/507
-
-
-
- ( 52 )
- NOMS ET PRÉNOMS des
- 'BREVETÉS.
- Heathcoat (J. )...........
- D’Hennin (C.-P.)..........
- Hérard de Yilliers ( voy. Fougère).
- Hervet et Tavernier père et Fils..................
- Howe......................
- Le même...................
- Irroy ( S.)...............
- Le même...................
- Jacobs ( F. )............
- Jacquet et Gebts..........
- James ( W.-H. )...........
- Jazin ( A. )..............
- Joanne ( L. ).............
- Le même, et Mouzin et Lecomte ....................
- Johnson (J.)..............
- Jones (J.)................
- JotJBERT ( C. )......... . •
- O c-
- DOMICILE. DÉPARIEM. a . « î l H a fe "3 n H d DURÉE des Brevet
- Paris, r. St.-Lazare, n°. 73. Seine. 2Ô mai. i5 ans.
- id. r. Neuve»Sainte-Élisabeth, n°. 2. id. r déc. 10 ans.
- Amiens. Somme. 1 déc. ô ans.
- Paris, rue Neuve-St.-August., n°. 28. Seine. 3i mars. iô ans.
- id. ' id. 19 mai. iô ans.
- id. rue de Valois, n°. 8. id. 9 mars. xôans.
- id. id. 23 juin. i5 ans.
- id. ; rue Louis-le-Grand, n°. 24. . id. 24 nov. ô ans.
- id. rue Culture-Sainte -Catherine, n°. 21. id. 29 déc. 10 ans.
- id. r. Neuve Saint-August., n°. 28. id. 19 mai. ô ans.
- Gisors. Oise. 28 avril. 10 ans.
- Dijon. Côte-d’Or. 3i mars. 5 ans.
- id. id. 8déc. i5 ans.
- Paris, r. Godot-Moroy, n°. 5. Seine. i5 déc. 10 ans.
- i id. r. Neuve-Saint-August., n°. 28. ! id. 8 avril. ioans.
- id. J r. des Écrivains, > id. n°. 10. ) J 25 août. 10 ans.
- DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont été accordés.
- Procédés propres à tirer la soie des cocons et à la faire passer sur un asple ou sur une bobine 5 et application d’une mécanique à compter, dans l’opération du tirage et du dévidage de la soie grège. ( B. Imp. P. )
- Moulin cylindrique propre à laver les cendres contenant des matières d’or et d’argent. (B.I.P.)
- Fabrication de velours de soie sans envers. (B. I.)
- iâ ans ' Nouveau procédé de fabrication du sel. ( B. Imp. P. )
- Perfectionnemens et additions dans les appareils et procédés propres à la fabrication et à la cristallisation du sel provenant ou extrait des salines, du sel gemme ou des eaux salées.(B. Imp. P.)
- 1 Machine propre à la fabrication des clous. (B.I.)
- ,1 Moyen de fabriquer du coke en procurant la vapeur aux pompes à feu. (B. I. )
- Chaussure qu’il appelle sandale. ( B. I. P. )
- Manière d’apprêter les chapeaux de feutre, qui les rend à-la-fois souples , forts et imperméables. ( B. Imp. )
- Appareil mécanique propre à la construction 1 des équipages ou roulages mus par l’impulsion ' motrice de la vapeur, du gaz, etc., et applica-{ tion particulière des machines motrices à cet V effet. ( B. Imp. P. )
- ( Procédé relatif au broiement des couleurs. \ (B.I.P.)
- J Théâtre mécanique. ( B. I. )
- ( Machine propre à faire remonter les rivières 7 aux bateaux, par la seule impulsion du courant, } et applicable aux voitures par terre à l’aide de I la vapeur ou de tout autre moteur. (B.I.)
- Registre d’affiches roulantes. (B. Imp.)
- Appareil mécanique qui fournit deux moyens alternativement employés à brosser la draperie et | autres étoffes, soit à sec, soit mouillées. (B. Imp.
- ( Machine propre à la confection des alênes y rondes de sellier et de cordonnier. ( B. I. P. )
- p.1x32 - vue 36/507
-
-
-
- ( 55 )
- I £
- NOMS ET PRÉNOMS des domicile. DÉPARTEM. § i H ï ; H5 5 <1 -e M W - tu £3 <w LJ «
- BREVETES. P _çj g "© Q « v
- Paris, r. du Faub. St.-
- Julieràc et Mayer < t Seine. 11 août. 5 ans.
- Antoine, n°.68. 1
- id.
- rue Caumartin, id. 22 juill. 10 ans.
- n°. 12. 1
- id.
- Kint ( C.-J. ) 1 rue delà Biblio- ( theque,n .17. ï id. 19 mai. 5 ans.
- id.
- Labarre et Grenier \ rue St.-Honoré, ' id. 17 nov. 10 ans.
- - n°. 210.
- id. i5 ans.
- Laforest et Berrïer Fils rue St.-Nicolas, id. 24 nov.
- n°. 2.
- id. id. 1 déc. i5 ans.
- id. '
- LaGARDE-MbSSENCE et Panter.. rue de Choiseul, id. 22 juill. 10 ans.
- 1 n°. 8. [
- id. ’
- Laignel ( J.-B. ) < r. Chanoinesse, i id. 22 juill. i5 ans.
- n°. 12.
- 1 | id. i
- Madame Laine ' rue de Paradis, n°.io,auMarais. id. io nov. 5 ans.
- Lamb ( A.)... - id. r. Neuve-Saint-August., n°. 28. id. 17 juin. i5 ans.
- Lanxe (J.) Tornec. Gard. 27 oct. 5 ans.
- Paris,
- Lasserre (J.-P.) rue Montmorency, n°. 4o. Seine. 22 juill. 5 ans.
- Lauret Fils Ganges. Hérault. 27janv. 5 ans.
- Layigne (G.) Nantes. Loire-Infér. 3i mars. 5 ans.
- Lebon ( J.-N. 1.. Paris, rue du Caire, n°. 7.
- > Seine. 17 fév. 5 ans.
- .
- ’ id.
- Lebouyer de Saint-Gervais 1 Lecomte ( voy. Joanne). rue N.-D.-des-Victoir., n°. 16. id. 8 déc. jo ans.
- Lecomte-Griotterat (P.-C.). Lyon. Rhône. 2 mars. 10 ans.
- DESIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont été accordés.
- Bois de soques à coulisse et à bascule. (B. I. )
- Sandales entièrement composées en métal.
- ( B. I. )
- Fabrication de café-seigle. (B. I. )
- Mécanique portative et à point fixe, spécialement destinée au sciage des marbres et des pierres et au polissage des marbres. (B. I. )
- ( Procédés de fabrication du papier avec les ) chenevottes du chanvre, du lin, et avec la par-i tie ligneuse de l’ortie, du houblon, de la liane I et du maïs. ( B. I. )
- 1
- 3 Broie mécanique rurale , propre à la prépara-( tion des chanvres et des lins sans rouissage. (B. I.)
- i Boîtes de roues à rouleaux antifrottans. ( B. I lmp. )
- Système de navigation sur les fleuves et rivières les plus rapides. ( B. I. P. )
- 1
- Procédé de fabrication de la gélatine d’os.
- (B.I.P.)
- j Appareil mécanique propre à préparer et à | filer le lin, le chanvre et autres substances fila-* menteuses. ( B. Imp. P. )
- Procédé économique de chauffage des fours avec du charbon de terre. ( B. I. )
- Boîte propre à contenir les amorces de fusil à piston , qu’il appelle amorceur Lasserre. ( B.
- I.P.)
- Métier propre au tournage et à la filature de la soie. ( B. I. P. )
- Pompe aspirante foulante à rotation continue. ( B. I. )
- Eau propre à la toilette de la bouche, qu il appelle eau d’or. ( B. I. )
- ^ V entilateur agissant par impulsion, aspiration
- £ ou agitation. ( B. I. )
- Machine propre à la trituration parfaite ,des
- Vingt-cinquième année. Janvier 1826.
- céléré et économique (B.I. )
- E
- p.1x33 - vue 37/507
-
-
-
- NOMS ET PRENOMS des
- BREVETÉS.
- DOMICILE.
- Paris,
- Ledru de Béthune (C.-J. ) ;. . ) rue du Faub. du (Temple, n°. 90.
- 1 .d f
- Lee ( W.-E. )..............] rue Neuve St.-1
- | August., n°. 28. j
- id.
- Léger. ........................s place de l’Estra-
- pade, n°. 28.
- Legrand Fils.
- Lille.
- ' Paris,
- , I r. Notre-Dame- ,
- Lehnert (C.-F.).............1 de-Nazareth , (
- I n°. 29. 1
- I 1
- I id.
- Lemare ( P. ).......*.......< quai Conti ,
- ( n°. 3.
- Lemierre (J.-P.)..........
- id. >
- Palais-Royal, ( gai. de pierre, ( n°. 6. )
- id.
- T , „ n ) rue des Marais-
- Lem01ne(F-)................ Saint-Germain,
- Lepetit-Lamazure. Leroy ( Th. )....
- n°. 20 bis. Rouen. Paris,
- Palais Royal, galer. de Valois, n°. i4.
- 1
- 1 id.
- Lerocx-Lajonkaire ( M.-L.).. < r. deCourcelles,
- ( n°. 6.
- 1
- Letort ( A.-J.).
- T.e même.....
- Levien ( M. ). ..
- Lorgnier ( A. ).....
- Lupin ( voj. Paturlé ) , Lustrac ( G. )........
- Manby et. ‘Wilson.
- id.
- r. Fontaine-au-Roi, n°. 39.
- id.
- id.
- ^ r. Neuve-Saint-August., n°. 28.
- Boul.-sur-Mer.
- Nanciet.
- Charenton, près Paris. 1
- Pi w H 2 9 Ëâ "S DÉSIGNATION DES OBJETS
- DÉPARTEM. P £ s < ^ m fl « » -d « u P P3 Q ce QJ pour lesquels les Brevets ont été accordés.
- Seine. i5déc. 5 ans. • Fourneau économique, qu’il appelle factotum limonadier et cuisinier. ( B. I. P. )
- id. 19 mai. 10 ans. Tarière nouvelle propre à percer des trous, à l’usage des constructeurs de navires, charpen-. tiers, menuisiers et autres professions. (B.Imp.P.)
- id. 21 dec. 10 ans. ' Moules , poinçons , matrices et caractères à l’usage de l’imprimerie. ( B. I. )
- Nord. 25 août. 1 Trtane ) Procédé de fabrication de colle d’os à l’aide 10 ans. j de la sapeur. ( B. P. ) / Application à la fabrication des poires à J poudre, de plaques ou feuilles d’écaille et en 5 ans. ; poudre d’écaille , de diverses formes , avec 1 sujets imprimés et mêlés de corne de diffé-1 rentes couleurs. ( B. I. )
- Seine. 3i août.
- id. 29 déc. j 10 ans. j Appareils, tant nouveaux que perfectionnés, sous le nom de caléfacteurs Lemare et inaltérables. ( B. I. P. )
- id. 28 avril. 5 ans. ' Lorgnette de spectacle double, à tirage parallèle, qu’il appelle lorgnette-jumelle. (B. Imp. P.)
- ul. 25 août. 5 ans. ; Instrument de musique qu’il appelle farté-campano. ( B. I. P. ) t
- Seine-Infér. i3 oct. . j 5 ans. < | Tuyère de liaut-fourneau , à double enveloppe , propre à économiser le combustible et à obtenir une plus grande quantité de fer. ( B. I. )
- Seine. 3o juin. 5 ans. [ Albâtre qu’il appelle albâtre français agatisé, et qu’il applique à la fabrication des vases, pen-. dules, etc. ( B. I. P. )
- id. 5 janv. 10 ans. Procédés propres à la fabrication du blanc de baleine. ( B. I. )
- id. 25 août. 5 ans. Application au flageolet d’une clef servant à faire les demi-tons. (B. P.)
- id. 27 oct. 10 ans. Procédé de peinture sur verre, qu’il appelle marbre veiné sur verre. ( B. I. )
- id. 6 oct. 5 ans. 1 Instrument de musique qu’il appelle euitare- | harpe. ( B. Imp. P.)
- Pas-de-Calais. 3i août. i5ans. , Changemens et, perfectionnemens faits à la fabrication des tuiles à coulisses. ( B. I. P. )
- Gers. 13 janv. 10 ans. Appareil distillatoire. ( B. I. )
- Seine. 8 juill. i5ans. Moyen de laminer les barres de fer d’une forme convenable pour en faire des routes en fer. ( B. Imp. P.) •
- p.1x34 - vue 38/507
-
-
-
- { 35 )
- aiàiMtwrtKag
- NOMS ET PRENOMS des
- BREVETÉS.
- Manceaux( J.-F. )....
- De Manneville.
- Marin ( J.-B. ) . . Martin ( E. )..
- Matha ( A. ).
- Mayer ( voy. Julierac). Mazeline ( J.-F. ).........
- Mengin et Petit—Jean.
- Mentigny ( P.-A. )....
- Meunier ( voy. Fougère ). Me vrac ( V. )........
- Mignard-Billinge ( F. ) . Milier ( P.)..........
- Du Miremont.
- Monnet Père et Fils....
- Montgolfier ( voy. Séguin). Mosley (voy. Robinson ). Mouzin ( voy. Joanne ).
- domicile. t DÉPARTEM. DATE de la délivrance des Brevets. i DUREE des Brevets. 1 DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels les Brevets ont été accordés.
- Paris, r. Lenoir Saint-Honoré, n°. 3. Seine. 22 juill. 10 ans. 1 Procédés de fabrication de fourreaux d’armes 1 blanches. ( B. I. ) |
- St.-Quentin. Aisne. 9 mars. i5 ans. . 1 Moyen de polir, bouveter et joindre les planches de toutes les dimensions, faire toute espèce de parquets et autres ouvrages de menuiserie, par des procédés mécaniques. ( B. I. )
- Marseille. Paris, rue des Juifs, n°. i3. B.-du-Rhône. Seine. 3 fév. 27janv. 10 ans. j 10 ans. < Perfectionneraens apportés aux bandages inventés par le sieur Salmon. ( B. I. P. ) Procédé de dégraissage des draps en toile. ( B. I. )
- id. boulev. des Italiens , n°. 1/1. id. 8 juill. 10 ans. Appareil propre à mettre promptement en tonneau toute espèce de liquide. ( B. Imp. )
- id. rue Rameau , n°. 9. i id. 19 mai. 5 ans. Gateaux de sucre appelés panalès. (B. Imp. P.)
- Carcassonne. Aude. 22 juill. 10 ans. Métier à tisser les draps et autres étoffes croisées et non croisées. ( B. I. )
- Montataire. Oise. 25 août. lôans. > Machines propres à la fabrication des clous d’épingle, dits pointes de Paris. ( B. I. )
- Vienne. Isère. 3 fe'v. 5 ans. Machine dite écarasse, propre à ouvrer la laine lorsqu’elle sort de la teinture, et à la rendre plus facile au cardage et au droussage. (B.I.)
- Dax. Landes. 10 fév. 5 ans. < Procédés propres à la fabrication du hrai végéto-minéral. ( B. I. )
- Belleville, prés Paris. Seine. 23 juin. 5 ans. Soques qu’il appelle universels. ( B. I. )
- . Loriol. Drôme. 28 avril. 5 ans. j Scie agissant verticalement et horizontalement. ( B. I. )
- Vienne. Isère. 21 avril. , ] i5ans. Moyen de mouvoir les embarcations par I3 vapeur, et qui consiste à employer cet agent à lancer horizontalement de l’eau dans le sens opposé à la direction que l’on veut donner. (B. I.)
- Pouilly- sur-Saône. Saône-et-Loire. 3i mars. i5ans. • Système de carbonisation sans perte de charbon, praticable dans les forêts. ( B. I. )
- Paris, rue du Bac, passage Sainte-Marie. Seine. i3 oct. 5 ans. . Machine propre à écraser, concasser et tamiser le plâtre , le ciment, etc., et applicable à toutes terres et pâtes susceptibles d’être réduites en poussière. ( B. I. )
- Grand-Gallar- gue. Gard. i4 avril. 10 ans. ' Appareil distillatoire des vins et du marc de raisin. ( B. I. ) ..
- E
- p.1x35 - vue 39/507
-
-
-
- ( K)
- w •2 0)
- >
- PS U
- U P3
- a <3
- NOMS ET PRENOMS des
- BREVETÉS.
- DOMICILE.
- DEPARTEM.
- ( Paris,
- Nasmith(A.).................ir. St.-Jacques,
- | n°. i34.
- ( i(J- }
- Nicod ( F.-N. ).............| rue des Saints-}
- j Pères, n°. s5. J 1
- J id.
- Ord(R.)......................j rue du Port- ;
- f Mahon, n°. 3. )
- Seine.
- id.
- id.
- Oudier et Delivani..........j ^^SaôneSÜr (Saône-et-Loire.
- Panter ( voy. Lagarde-Mes- I
- SENCE). I
- j Paris,
- Pape ( L. ).................\ rue des Bons- Seine.
- 1 Enfans, n°. 19. j
- id.
- Pattjreé, Lupin et Set doux (C.) \rue Lepelletier, ^
- n°. 2.
- Pacwels ( H. ).............. Lyon.
- Pauwels ( L.-A. )...........
- Pecqkeur ( O. ).
- Le même.................
- Perier ( voy. Rouquairol. ).
- Pans,
- r. du fauh. Poissonnière, n°. g3.
- id. :
- rue Neuve-de- f Nazareth, f n°. 3o. ]
- id.
- id.
- Petit ( J.-F. )..............) r. St.-Martin,
- ) n°. i93.
- Petitjean {voy. Mengin). j J
- 1 id. j
- Petitpierre ( J. )..........• 'rue Coqhe'ron ,
- f "°- 7- |
- Peyron jeune ( J.-L. )....... Montélimart.
- Philip ( voy. Aymé ).
- i Paris,
- Pignet ( A. )................/ r.desTrois-Cou-
- ( ronnes, n°. 3o. Piver {voy. Dissey). 1
- id.
- Pleyel Père et Fils.... ,....\x. Grange-Bate-
- lière, n°. 2.
- id.
- Rhône.
- Seine.
- id.
- id.
- id.
- id.
- Drôme.
- Seine.
- id.
- M S g
- 5 i Z <4*
- 6 oct.
- 21 avril,
- 19 mai.
- 1 o fév.
- 24 nov.
- 20 oct. iâ juill.
- 25 août.
- 23 juin.
- 9 sep.
- 23 fév.
- 19 mai.
- 29 déc.
- 1 j nov.
- DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont été accordés.
- Moyen de fixer solidement les dents artifi-5 ans. j belles. ( B. I. )
- 5 ans. Lampe mécanique simplifiée. ( B. I. )
- Machine propre à faire avancer les bateaux , vaisseaux et autres corps flottans, au moyen du | frottement de l’eau. ( B. Imp. )
- {Moyen de produire du remous sous les aubes des roues servant à faire mouvoir les bateaux, et emploi dans les courans rapides de pieux mis en mouvement par un axe et poussant ie bateau.
- (B.I.)
- [O ans. ! Piano sans corde, avec addition d’un moyen ( propre à en prolonger le son. ( B. I. )
- i5 ans.
- 5 ans.
- Machine qu’ils appellent vaudoise , destinée au peignage des laines. ( B. I. )
- Appareil propre à l’éclairage au moyen du gaz comprimé. ( B. P. )
- | ^ Machine qu’il appelle gaz-hydromètre, propre \ à mesurer le gaz à son passage. ( B. I. P. )
- Nouveau système de machines à vapeur, don-
- iôans. , accompagné : i°. d’une pompe, d’un soufflet et d’une machine pneumatique rotatifs ; 20. d’une autre pompe agissant par compression d’air.
- ( B. I. )
- 10 ans.
- | Nouvel engrenage d’une roue , avec une ) chaîne à mailles soudées, applicable à la re-! morque des bateaux. ( B, I. )
- l
- | Procédés de fabrication avec de la baudruche 5 ans. ) de fleurs, qu’il appelle fleurs naturelles trans-| parentes. ( B. I. )
- 5 ans.
- Appareil mécanique propre à mettre toujours en équilibre l’échappement d’une pendule', afin qu’on puisse la placer sans le secours d’un’hor-' loger. ( B. I. )
- j Tour propre à tordre et à purger la soie, au ioans. j moment où on la tire des cocons. (B I )
- I
- 5 ans. ) Mouchettes d’une construction particulière, f ( B. Imp. )
- 5 ans. | Piano à une corde, qu’ils appellent piano uni-| corde. (B. I. Imp. )
- p.1x36 - vue 40/507
-
-
-
- ( 37 )
- NOMS ET PRÉNOMS des BREVETÉS. DOMICILE. DÉPARTEM. DA T K S de la délivrance 1 des Brevets. B DURÉE des Brevets. DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels les Brevets ont été accordés.
- Plomdeur ( J.-J. ) Paris, r. des Fosse's- ' Montmartre, n°. 25. Seine. 3i mars. 5 ans. ’ Perfec*tionnemens apportés au système d’armes à feu de l’invention Pauly, et invention d’une amorce én cuivre en forme de chapiteau, j ( B. I. P. )
- Lyon. Rhône. 23 mars. 10 ans. Procédés relatifs au moulinage et à l’ouvrai-son des soies. ( B. I. P. )
- Polère ( L.) Carcassonne. Aude. 18 août. 5 ans. • Moyen de fabriquer le carton avec de la paille seule. ( B. I. )
- Reims. Marne. 27 janv. i5 ans. Procédés relatifs à la préparation, au travail et à la fabrication du fer. (B. P. )
- Porlier ( voy. Bruand ) . !
- PoRRY , SlGNORET et G' Marseille. Bou .-du-Rhône. . 8 déc. 10 ans. Machine en fonte de fer, qu’ils appellent sulfre-fusîfère , propre à la distillation et à l’épuration du soufre. ( B. I. P. )
- Poulet (A.) Lyon. r „ Rhône. g mars. ’ Mécanisme propre à la fabrication d’une étoffe fond de dentelle façonnée au corps d’étoffe, telle que taffetas, serge, satin, etc., par le moyen d’une 'quatrième armure au métier de Jacquçirt. (B..-I.)
- PoUPARD ( L. ) • Paris, r. des Fontaines, ' n°. 12. ’ Seine. 23 mars. 5 ans. Briquet-lanterne à réflecteur, qu’il appelle microphore. ( B. I. )
- Power ( W. ) j id. _ j rue Neuve St.-August., n°. 28.1 id. 22 juill. i5 ans. Nouvelle machine soufflante. ( B. Imp. )
- Price ( J. ) < id. j rue St.-Honoré, j hôtel Meurice. > id. 22 juill. i5 ans. Procédés propres à préparer la lainè à être cardée, sans employer l’huile ou autres matières grasses. ( B. Imp.)
- Ramus Père et Fils ! Châlons-sur- 1 Saône. 1 Saône-et-Loire. 23 fév. i5 ans. Appareil propre à la carbonisation de la houille, du bois, de la tourbe et du lignite. (B.I.)
- Rancurel ( F. ) Roquevaire. B.-du-Rhône. 22 juill. 5 ans. J Procédés de construction de romaines perfec-
- l tionnées. ( B. I. )
- Raymond ( G. ) Paris, r. de la Rochefoucauld,. n°. 16. • Seine. 19 mai. i5 ans. ; • Perfectionnement des machines à vapeur. ( B. I.P.)
- PlEGNAUDIN ( C.-L. ) id. rue Bourg-l’Abbé, n°. 7. > id. 22 juill. 5 ans. ; Nouvelles bésicles dans lesquelles les branches de rallonge sont à pompe, et qu’il appelle bran- 1 ‘ elles a pompe. ( B. I. )
- Reykaud (H.1 Nismes. Gard. 2 juin. 5 ans. i. .•• Liquide clair et salubre, propre à adoucir et à confire les olives, à la manière dite la picho-1 line. ( B. I. )
- PiICHARD ( L. ) Toulon. Var. 25 mai. 1 t Procèdes propres à faire remonter les ba-| teaux charge's sur les rivières les plu^ rapides,
- 1 en employant pour moteur la vitesse meme du causant.(B. I.)
- Richard ( J.-N. ) Lyon. Rhône. 4 août. 5 ans. Machine à vapeur qu’il appelle tambour rotatif et à. force constante. (B. I. ) [ Machines propres à filer le chanvre et le lin ’ peignés dans toute leur longueur, sans rien leur [ faire perdre de leur force naturelle. ( B. 1. ) «
- Rieff ( S ) » Colmar. Haut-Rhin.
- 17 dot.
- p.1x37 - vue 41/507
-
-
-
- ( 38 )
- DOMICILE. DÉPARTEM. date 9 de la délivrante 8 des Brevets. 1 DURÉE des Brevets. DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels les Brevets ont été accordés.
- r"",: Paris, rue de la Vfer- , rerie, n°. 58. Seine. 3i mars. 5 ans. 1 Imitation de pierres fines, avec vitrification composée. ( B. I. )
- , Cernay. Haut-Rhin. 3 fév. 5 ans. Machine appellée fly-frame ou banc a broche enjin, propre à la filature du coton. ( B. Imp.)
- id. id. i5 déc. 1 10 ans. - Renvidage mécanique applicable aux métiers dits mull-jennys. (B. I. P. )
- Paris, 1 ' rue Neuve-St.-, August., n°. 28. ! Seine. i3 oct. 5 ans. • ' Appareil conservateur de la respiration. ( B. Imp. P. )
- ! id. | rue Louis-le-1 Grand, n°. a4. 1 i id. ’ rue Montgolfîer, ( n°. 8. ! id., rue du Marché-Saint-Honoré, n°. 11. id. id. 3i mars. 3i août. / j i5 ans. i 5 ans. | Appareil mécanique connu sous le nom de principe de Levers , propre à la fabrication des tulles , dentelles et autres tissus de ce genre , désignés sous la dénomination originaire de bobbin-net. (B. Imp. P. ) Fabrication de bouts de baleine servant à la garniture des parapluies. (B. I. )
- id. 8 juill. 10 ans. j 1 Procédé propre à fouler les draps au moyen de l’application de la vapeur. ( B. Imp. )
- id. id. 27 oct. 10 ans. Nouvelle sorte de lancette à ressort. (B. Imp.)
- Lunel. Hérault. 27 oct. 5 ans. | Appareil distillatoire destiné à mesurer la quantité d’alcool contenue dans le vin. ( B. I. P. )
- Thuil-Signol. Eure. 9 mars. 5 ans. < Croisée construite de manière à empêcher l’eau de pénétrer dans les appartemens, et qu’il appelle croisée impénétrable ci,l’eau. ( B. I. )
- Paris, Palais-Royal, Galerie vitrée, n°. 223. Seine. 25 mai. J loans. < i Procédés de fabrication de chaussures élastiques imperméables à l’eau, et dont les semelles, en cuir fort, reçoivent un apprêt particulier. (B. I. )
- 1 ( ld-) allée d’Antin, J n°. 19, aux l Ch.-Elysées. „ 28 avril. 10 ans. < Routes en fer ou en bois, destinées au transport des marchandises et des voyageurs, à l’aide de voitures d’une construction particulière , | mises en mouvement par des machines à vapeur, hydrauliques , ou autres moteurs fixes. ( B. Imp. P. -)
- Boul.-sur-Mer. Pas-de-Calais. 28 avril. 5 ans. Moulin à vent à ailes horizontales. ( B. I. P. )
- Paris, < rue de la "Verrerie, n°. 48. • Seine. 3i août. 5 ans. Moyen d’imiter les pierres fines et brillantes avec les métaux. ( B. I. )
- 1 | Lyon. Rhône. 20 oct. ï5 ans. Améliorations apportées au système de halage a points fixes , dont les deux derniers sont inventeurs. ( B. I. P. )
- . Coivei# Charente-Infér. 10 fév. i5 ans. Appareil distillatoire continu et par chauffe. (B.I. )
- Vaucluse. Vaucluse. 3o juin. 5 ans. Machine propre à fabriquer à-la-fois et par : une seule personne quatre pièces d’étoffe de 1 soie unie. ( B. I. ) ||
- NOMS ET PRENOMS des
- BREVETÉS.
- Risler Frères et Dixon. Les mêmes..........
- Roberts ( J. ).
- Rotch (B.)........
- Le même...........
- Rouquairoe et Perier.
- Saint-Amajsd ( J.-F. )......
- Sàrgeant
- Sauvage (P.-F.)..*,.........
- ScHELIIEIMER ( M. ).........
- Serton ( A. )..........
- Setdoux (voy. Patcreé ). SlGNORET ( voy. PORRT ). SlEVAN ( S.). ........ i'.'j V.
- p.1x38 - vue 42/507
-
-
-
- ( 39 )
- NOMS ET PRÉNOMS des BREVETÉS. domicile. DÉPARTEM. DATE : la délivrance des Brevets. DURÉE es Brevets.
- SlMONARB (V.-L.) Lyon. Rhône. 21 déc. i5 ans.
- Smith ( vof. Hanchett ). Paris,
- boulev. Saint- Seine. 25 août. i5,ans.
- Antoine, n°. 71.
- Smith ( J. ) et Tyrrel (J. ).... • id. 8 avril.
- r. Neuve Saint-August., n°. 28. id. 10 ans.
- i id.
- Snowden ( J .-N . ) ' r. Neuve Saint-August., n°. 28. r id. 2i sept. 10 ans.
- id. , • . n août.
- SOMMEREIIX ( C.-Y. ) rue du Chantre, id. 10 ans.
- n°. 20.
- j id; | 28 avril.
- Soyez ( E. ) ' r. Bourg-l’Abbé, / id. 5 ans.
- n°. 22. ]
- j ' id. j
- Stanfeld ( A. ) rue de la Rochefoucauld, id. 2 juin. i5 ans.
- n°. £> bis.
- ; Siidre ( A. ) Pezenas. Hérault. 22 juill. 5 ans.
- Paris, | 8 avril.
- Madame Yeuve Susse. Tavernier ( roy. Hervat ). r. Sainte-Anne, n°. 59. 1 Seine. io ans.
- id. *
- Taylor ( D. ) < r. Neuve- Saint-August., n°. 28. id. 27janv. iô ans.
- id.
- Taylor(J.) rue Chariot, 1 id. n°. 4. ( 8 avril. 10 ans.
- id.
- Taylor ( P. ) rue du Marché Saint-Honoré, . id. 3i mars. 10 ans.
- n°. 11.
- . id.
- Termaux Fils (E.-L. ) rue du Petit-Reposoir, n°. 6. 1 id. ' 21 avril. i5ans.
- ' 1 id. .
- De Thiville (J. )..,. i rue Croix-des-Petits-Champs, , id. 24nov. 5 ans.
- n°. 9.
- r ICI.
- Touchard ( L.-J. ) |r. Sainte-Anne, ï n°. 5. I 5 Montmartre, \ près Paris. ' id. 1 19 mai. i5 ans.
- Tschaggeny (P. )., j id. 23 fév. i5 ans.
- -------1--------
- DÉSIGNATION1'DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont été' accordés.
- ). Système mécanique propre à la remonte des ? rivières par l’effet du courant. ( B I )
- I
- j, Procédé au moyen duquel le gaz peut être re-) tenu „ rendu portatif et appliqué à l’éclairage I ( B. Imp. Pi ) & '
- ilaver
- Appareil mécanique et procédé propre à la et blanchir, par les effets dissolvans de la va-peur , Jet.liage , la bonneterie et toute espèce j d’étoffes et tissus. ( B. Imp. P. )
- Construction de. chemins mécaniques et’de véhicules propres au transport des voyageurs et . des marchandises, et mécanisme qu’il appelle I I cheval mécanique, le tout composant un seul et même système dé roulage. ( B. Imp. P, )
- . Moyen de parvenir à la dessiccation des levures de bierre, et à les rendre susceptibles dé conservation. ( B. I. P. )
- Application sur toute espèce de savon de toilette et autres,' de camées, bas-reliefs, dessins guillochés, etc. j, savons qu’il appelle saponiû-ques agaùsés, avènturines, etc. ( B. I. P. )
- Perfectionnemens apportés au mécanisme des métiers à tisser, et à la préparation des chaînes de ces métiers. ( B. Imp. P, )
- Nouvel appareil distillatoire. ( B. I. )
- Moyen de cylindrer, gaufrer et timbrer les peaux et cuirs de toute espèce, en dessins, bordures, portraits, etc. ( B. I. P. )
- Procédé mécanique propre à la fabrication des épingles. ( B. I. P. )
- Préparation d’une boisson qu’il appelle canadienne , faite avec l’extrait de pin ( essence of spruce) de l’Amérique du Nord. ( B. Imp. )
- Procédé propre à la clarification des liqueurs. (B. Imp.) .
- T j
- coton. ( B. Imp. )
- Roue hydraulique applicable à toute espèce d’usines. (B. I. )
- Bains froids mécaniques, mobiles et flottans.
- ( B. I. )
- I
- ( Instrument propre à fabriquer des bouchons.
- \ (B. 1.)
- p.1x39 - vue 43/507
-
-
-
- ( 4° )
- DOMICILE. DÉPARTEM. DATE de la délivrance des Brevets. DURÉE des Brevets. . . DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels les Brevets ont été accordés.
- 1 Paris, / rue du Bac, ( n°. 101. Seine. a3 fév. 5 ans. . Chaussures qu’il appelle claques articulés h . gros liège. ( B. I. P. )
- ( id. i / rue du Coq St.- > id. I Honoré,n°.8. ; ! I i id' ( J cour des Fon- Y id. J taines, n°. i. J r 27 oct. 10 ans. 1 Bandages £ans courroies ni sous-cuisses. ( B. I.P. )
- 3i août. 10 ans. < Moyens et procédés propres à l’affichage permanent à volonté et par massification, dans des cadres à vantaux mobiles et fermant à clef, des avis et annonces publics. ( B. I. )
- 1 id. j vieille rue du J 1 Temple, n°. 78. - id. 14 avril. l 10 ans. Machines propres à la filature du lin et du chanvre. ( B. I. )
- id. rue Neuve î des-Petits- , Champs, n°,56. j , id. 1 déc. i5ans. > Moyen d’obtenir la vapeur motrice sans ébullition et sans danger, avec une grande réduction de volume, de poids, de frais, etc. ( B. I. P. )
- I ‘ id. rue du Temple, 1 n°. 63. . id. 11 août. j 10 ans. ^ Combinaison de ressorts métalliques qu’il appelle élastiques-ressorts, destinés à la confection des bracelets, ceintures, ceinturons et jarretières élastiques. ( B. I. )
- 1 id. j rue du Port- 1 Mahon, n°. 3. . id. 10 nov. 10 ans. | Moyen de donner un mouvement progressif aux bâtimens, le long des rivières et canaux. ( B. Imp. )
- id. ) | boulevart des < ' Italiens, n°. 11.. id. 8 juill. 1 10 ans. | Nouvelle méthode de boucher les bouteilles. ( B. Imp. )
- J id. \ rue Popincourt,1 n°. 4o. id. 9 mars. 1 Sans, j I Mécanisme qu’ils appellent cpinceteuse mécanique , et qui est propre, par l’application de pièces mouvantes, à remplacer l’épincetage manuel, dans la fabrique des étoffes et tissus de toute espèce. ( B. I. )
- Thann. Haut-Rhin. 2 juin. 10 ans. | Système de renvidage mécanique et contraire, produisant les fuseaux ou canettes, et applicable aux mull-jennys, et autres machines à filer le coton. ( B. I. )
- NOMS ET PRENOMS " des
- BREVETÉS.
- Tyrrer ( voy. Smith ). Usborne ( voy. Hamlet ).
- Yairrant ( J.)........
- Varérius ( P.-G. )....
- Vandevorde et Aurnette de Vantenet.................
- Vantroyen. ...........
- Verses ( voy. Bouirret ). Verset et Gauwin......
- Veyrassat (J.).
- Walcker (J.)- . Watt (G.).....
- Westermas Frères.
- VVetzer ( A. ).......
- Wirsos ( voy. Manby ).
- Nota. Le nombre des Brevets délivrés en 1825 , est de 256, dont 56 Brevets d’importation.
- IMPRIMERIE DE MADAME HUZARD (née Vallat la Chapelle ), rue de l’Éperon, 11°. 7.
- /
- p.1x40 - vue 44/507
-
-
-
- VINGT-CINQUIÈME ANNÉE. (N°. CCLX.) FÉVRIER 1826.
- BULLETIN
- ; DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES.
- Rapport fait par M. Molard jeune, au nom dune Commission spéciale, sur un métier a tisser mécanique, inventé par M. De-ber g ne, ingénieur-mécanicien , rue de ï Arb aies tre , n°. 24 ^ a Paris.
- Vous avez renvoyé à l'examen d’une commission spéciale, composée de MM. T émaux, Lastejrie, Mallet, Francœur et moi, un métier à tisser mécanique., perfectionné, qui vous a été présenté par M. Debergue : je vais, au nom de cette commission, avoir l’honneur de vous rendre compte du résultat de cet examen.
- Persuadée qu’une expérience suffisamment prolongée est le seul moyen de constater l’efficacité des machines en général, mais plus particulièrement encore de celles destinées aux manufactures, la commission n’a pu se former une opinion arrêtée sur le travail du métier en question d’après un essai à bras d’homme de quelques minutes, fait devant elle dans les ateliers de M. Debergue : seulement elle a vu que ce métier, pour lequel l’inventeur a pris un brevet, est d’une forme et d’une composition fort simples; qu’il est facile à mouvoir; que son travail paraît très-régulier ; enfin qu’il pouvait et devait présenter quelque avantage sur les métiers importés d’Angleterre et déjà en usage dans nos fabriques. Elle décida en conséquence qu’il serait soumis à un essai de quelque durée dans un local où il pourrait recevoir le mouvement d’un moteur régulier. M. Ternaux, qu’on trouve toujours empressé d’accueillir et de protéger les inventions nouvelles Vingt-cinquième année. Février 1826. F
- p.1x41 - vue 45/507
-
-
-
- ( 42 )
- qui ont pour objet de perfectionner les procédés de notre industrie, fit l’offre, que la commission ainsi que M. Debergue acceptèrent avec reconnaissance, de son local et de sa machine à vapeur de Saint-Ouen, pour faire ces essais.
- Le métier fut donc transporté à Saint-Ouen et installé dans l’un des ateliers de cet établissement, où il recevait le mouvement de la machine à vapeur au moyen d’une courroie, de manière à lui faire passer cent duites par minute ; il fut garni d’une chaîne de fil de coton toute parée , que M. Cordier, de Saint-Denis, voulut bien fournir , ainsi que les canettes de fil à trame (r).
- La première expérience faite avec la vitesse dont nous venons de parler ne parut pas satisfaisante ; le métier ne produisit en deux heures de temps que 63 pouces de toile, quantité inférieure d’environ un huitième à ce que produisent habituellement les métiers de construction anglaise, marchant avec une vitesse de quatre-vingts coups par minute. Nous jugeâmes d’après cela qu’une vitesse au-delà d’un certain terme, au lieu d’être avantageuse, est nuisible à la quantité du produit; que la rupture fréquente de quelques fils qu’occasionne le mouvement trop rapide et trop brusque delà navette et du croisement des fils de la chaîne, oblige souvent, pour les rattacher, de suspendre le travail du métier. Nous devons dire aussi que la machine à vapeur, dont la force est de six chèvaux , était très-variable dans son mouvement , à raison de la suspension momentanée du travail de quelques-unes des machines qui composent l’établissement de Saint-Ouen; ce qui nuisait au bon effet du métier à tisser.
- Cette expérience n’ayant pas été assez décisive pour que la commission pût porter un jugement sur le travail de ce métier, elle ordonna qu’on procéderait à une nouvelle expérience, qui a eu lieu le 18 du mois dernier. M. T émaux, absent, avait donné des ordres pour que tout fût à notre disposition pour cet objet.
- Un mouvement régulier , d’une vitesse déterminée et uniforme, étant nécessaire pour ces sortes de métiers, nous fîmes suspendre le travail de toute la manufacture , et nous réglâmes le mouvement de la machine à vapeur à vingt-six tours par minute , à quelques légères variations près ; ce qui faisait battre au métier quatre-vingt-dix coups pendant le même temps.
- Le travail, commencé à midi précis, fut continué sans interruption jus-
- (i) M. Cordier est propriétaire, à Saint-Denis , près Paris , d’une fabrique considérable de tissus par métiers mécaniques construits d’après le système anglais, qu’une machine à vapeur fait mouvoir.
- p.1x42 - vue 46/507
-
-
-
- (45 )
- qu’à deux heures. La quantité' de toile fabriquée dans cet intervalle se trouva être de 83 pouces, donnant, terme moyen, quatre - vingt-seize duites par chaque pouce ; ce qui fait sept mille neuf cent soixante-huit duites passées en deux heures, ou 66,4 Par minute.
- On dit qu’il existe en Angleterre des métiers qui confectionnent la toile encore plus vite, mais nous n’en avons pas la certitude; nous savons seulement qu’une femme ou un enfant soignant deux métiers de construction française, ferait dans sa journée de douze heures environ 22 aunes.
- La toile, à la simple vue, parait très-régulièrement fabriquée; mais en l’examinant à la loupe et au compteur de fils, nous y avons remarqué des différences assez sensibles dans le nombre des duites, à divers endroits pris sur la longueur. Ces inégalités proviennent, non pas de la manière de fonctionner du métier, qui est toujours la même, mais bien du plus ou moins d’humidité du fil de trame, au moment où on l’emploie. Ces inégalités n’existent pas dans le travail en grand, parce qu’alors on prend les précautions nécessaires pour avoir les canettes bien mouillées.
- Le métier de M. Debergue n’eût-il pas pour le travail du tisssage un grand avantage sur le métier anglais connu en France, on ne saurait nier qu’il 11e soit beaucoup plus simple et par conséquent moins dispendieux : toutes les pièces qui le composent, hormis un axe en fer forgé, sont en fonte et faciles à changer; on peut, à volonté/ suivant la nature et la finesse du fil qu’on travaille , modifier le mouvement de la chasse, de la navette et des marches par la substitution de quelques pièces de rechange peu coûteuses; l’engrenage qui fait enrouler la toile fabriquée sur son ensouple étant en dedans du bâtis, ne cause aucun embarras et n’est point exposé à des dérangemens comme dans le métier anglais. Le moyen employé pour la tension de la chaîne est aussi beaucoup plus simple; il n’exige qu’un poids de 4 à 5 kilogrammes, tandis que, dans le métier étranger, il en faut un de /±o à 5o kilogrammes ; enfin la toile qu’on fabrique exige-t-elle qu’on frappe deux coups de chasse sur chaque duite, le métier de M. Debergue s’y prête sans le moindre ralentissement dans la fabrication de la toile.
- Devant, à la fin de ce rapport, vous proposer d’accorder votre approbation au métier de M. Debergue, et demander que la description et le dessin en soient insérés dans le Bulletin, il serait superflu d’entrer dans de plus longs détails.
- Le jugement que nous portons sur ce métier s’accorde avec celui de plusieurs fabricans qui l’ont mis à l’épreuve et qui en ont fait des demandes pour leur propre usage. La pratique y fera sans doute remarquer quelques
- F 2
- p.1x43 - vue 47/507
-
-
-
- ( 44 )
- améliorations à faire ; mais tel qu’il est, on peut l’employer pour tisser non-seulement les calicots, mais encore les toiles de chanvre , de lin, les étoffes de laine , de soie, etc., en toute largeur.
- L’adoption de la navette volante dans le tissage avait augmenté d’un tiers le travail du tisserand et lui avait permis de fabriquer des toiles dune grande largeur, sans qu’il en éprouvât pour- ainsi dire pj^s de fatigue. Le métier mécanique, conduit par une force brute, vient augmenter son travail dans une bien plus grande proportion encore, puisque, au lieu d’un métier, il peut en diriger deux, n’ayant à s’occuper que du soin peu fatigant de rattacher les fils qui cassent, d’alimenter la navette et de faire avancer le temple au fur et à mesure que la toile se fabrique. C’est encore là un des bienfaits de la mécanique envers l’humanité : tout en diminuant les peines, elle multiplie les produits utiles et en abaisse le prix pour les mettre à la portée d’un plus grand nombre de consommateurs.
- Heureusement nous n’avons plus à combattre l’opinion qui existait autrefois, que les machines exposent les ouvriers à manquer de travail. Les écrits publiés à ce sujet, les progrès de l’instruction et sur-tout une longue expérience , ont fait justice de cette vieille et antisociale idée ; mais peut-être ne sera-t-on pas fâché de voir ici comment les manufacturiers anglais envisagent la substitution des métiers à tisser mécaniques aux métiers à tisser à la main. C’est dans l’enquête que le parlement d’Angleterre a fait faire en 1824 pour savoir s’il convenait à ses intérêts de permettre la libre exportation des machines, que je puise leur opinion à cet égard : la voici par demandes et réponses'(i).
- « D. Se fait-il maintenant une translation graduelle d’ouvriers/des me-» tiers à tisser à la main aux métiers à tisser par mécanique? — R. Oui.
- » D. Regardez-vous cette translation comme avantageuse à-la-fois pour » le maître et pour l’ouvrier ? — R. Oui ; c’est l’opinion générale dans » mon voisinage. (M. Bremmer, qui fait ces réponses, habite Hyde , situé » aux environs de Manchester. ) _
- n D. Cette translation, en vous mettant en état d’exécuter la même » quantité d’ouvrage avec beaucoup moins de bras, ne met-elle pas un » grand nombre d’ouvriers dans le cas de manquer d’occupation ? — R. Tl » n’en a pas encore été ainsi.
- » D. L’augmentation de la demande est-elle proportionnée au nombre
- (1) Voyez Enquête faite par ordre du Parlement d’Angleterre pour constater les progrès de l’industrie française , etc. , p. 180. i vol. in-8°. Paris, chez Baudouin frères , rue de Vaugirard , n°. 36.
- p.1x44 - vue 48/507
-
-
-
- ( 45 )
- » des travailleurs occupés? — R. La demande de marchandises augmente » aussi rapidement que nous pouvons fabriquer des machines pour y fournir.
- » D. Qui reçoit les salaires les plus élevés des ouvriers travaillant aux mé-» tiers mécaniques ou bien des ouvriers travaillant aux métiers à la main ? » ___Z?. Les premiers gagnent des salaires beaucoup plus élevés.
- )) D. Pouvez-vous dire dans quelle proportion ? — R. Un grand tiers de » plus.
- » D. Que reçoivent les ouvriers à chaque métier? — R. Un ouvrier » employé à l’apprêt pour les métiers à tisser par mécanique gagne de » 24. à 3b schellings par semaine. Le tissage est surveillé par des femmes » ou des enfans, qui gagnent de 12 à 14 schellings par semaine, ayant deux » métiers à conduire.
- » D. Quel salaire reçoivent les ouvriers tisserands à la main ? — R. Je ne » puis répondre à cette question, parce qu’il n’y a plus de métiers à tisser » à la main dans nos environs , depuis qu’on se sert de métiers à tisser par » mécanique : on me dit que c’est un tiers de moins ; mais je sais que les » tisserands aux métiers à la main sont toujours très-empressés à venir tra-» vailler aux métiers mécaniques, aussitôt que nous en avons en état de » marcher, »
- On voit par cette déclaration qu’à Manchester, centre de la fabrication des étoffes de coton on ne connaît déjà même plus le tissage à la main, et que les tisserands , en changeant de manière de travailler, gagnent non-seulement un tiers de plus, mais encore ont bien moins de peine.
- Nous ne prévoyons pas que l’usage des métiers mécaniques puisse éprouver de la résistance ni de la part des maîtres ni de la part des ouvriers. Il n’y a qu’une chose qui pourrait dans ce moment s’y opposer, c’est leur prix encore trop élevé. Sous ce rapport, M. Debergue a rendu un grand service , en composant un métier qui nous paraît d’une grande simplicité, si nous le comparons au métier anglais.
- D’après cet exposé, les commissaires désignés en tête de ce rapport ont l’honneur de vous proposer à l’unanimité, Messieurs, de donner votre approbation au métier à tisser mécanique de M. Debergue, d’insérer le présent rapport ainsi que la description et la gravure de ce métier dans le Bulletin de la Société, et de renvoyer à la Commission des médailles la proposition qu’ils vous font de décerner à l’inventeur une médaille d’or d’encouragement.
- Adopté en séance, le 3i août 1825.
- Signé Molard jeune, rapporteur-
- p.1x45 - vue 49/507
-
-
-
- ( 46 )
- Description du métier a tisser mécanique de M. Debergue.
- À
- Ce métier, d’une construction simple et solide, et qui peut servir à fabriquer des toiles de lin, de coton, des tissus de soie et de laine, soit unis, soit eroisés, est représenté vu de face, en élévation latérale et en coupe, PL 2q5 et 296. Son bâtis AA est entièrement en fonte de fer ainsi que les autres parties du mécanisme, à l’exception de l’arbre principal, qui est en fer forgé : il se compose , comme tous les métiers à tisser, i°. d’un battant dont la vitesse et la force de percussion se règlent d’après la finesse et le genre d’étoffe qu’on veut fabriquer ; .2°. dun caribari ou navette volante ; 3°. de lisses qui sont en plus ou moins grand nombre, suivant que le tissu est uni ou croisé; 4°- de deux ensouples, l’un, celui de derrière, sur lequel est montée la chaîne qui doit y être toujours tendue également; l’autre, celui de devant, sur lequel s’enroule l’étoffe, à mesure de l’avancement du travail ; 5°. enfin, d’un mécanisme particulier, au moyen duquel le métier s’arrête de lui-même, lorsque la navette se trouve interrompue dans sa course par un fil qui casse ou par toute autre cause.
- Nous allons faire connaître ces diverses parties du métier dans l’ordre que nous venons d’indiquer, et la manière dont elles fonctionnent.
- Le mouvement général est imprimé au métier, soit par une machine à vapeur, soit par un manège, soit par une roue de tour, au moyen d’une courroie sans fin passant sur la poulie motrice U qui se trouve en dehors du bâtis. Sur l’axe de cette poulie est fixé un pignon V, qui engrène dans une roue dentée X, laquelle est montée sur un arbre en fer P. Cet arbre tra^-verse toute la largeur du métier et porte les diverses pièces qui opèrent le mouvement du battant, de la navette et des lisses.
- i°. Le battant ou la chasse est composé de deux leviers coudés ou épées B B, placés de chaque côté du métier en dedans du bâtis : il porte, comme à l’ordinaire , la cage de la navette C et le peigne D , et se meut sur des axes aa implantés dans la semelle du bâtis. Ce mouvement lui est communiqué par deux roues excentriques semblables T T, montées à chaque extrémité de l’arbre principal P : elles sont représentées vues de face et de profil, Jïg‘ 2, PL 296. Sur leur face antérieure est creusée une gorge a', dans laquelle roule un galet b' fixé à la partie coudée de l’épée de la chasse, qui obéit ainsi à tous les raouvemens de l’excentrique.
- Ces excentriques sont susceptibles de faire frapper à la chasse un ou deux coups sur chaque duite et de lui donner plus ou moins de recul ou de vitesse ; ils peuvent également la faire marcher sans interruption, ou lui
- p.1x46 - vue 50/507
-
-
-
- ( 47}
- donner le repos que ne'cessitent différens genres de tissus lorsque la navette passe dans la chaîne ouverte par les lisses.
- 2°. La navette. La navette est lancée au moyen d’une bascule R, qui pivote sur un boulon c fixé à un canon de la traverse antérieure du métier ; cette bascule est munie d’un petit galet d,fg. 7, PL 296, qui roule dans une gorge contournée c’ taillée sur la circonférence de la poulie gauche Q, qu’on arrête sur l’arbre P , au moyen de deux vis de pression b‘ h’ (voyez fig. 5, PL 296). On conçoit que la poulie Q, en tournant, oblige le galet d à suivre les sinuosités de la gorge c’ ; ce qui imprime à la bascule le mouvement de va-et-vient qui chasse la navette. Les deux cordes ee du caribari, attachées, d’une part, à un oeil de l’extrémité supérieure de la bascule, et de l’autre, aux taquoirs^f glissant le long de la broche g, font alternativement passer la navette à travers la chaîne ouverte par les lisses.
- Le mouvement de la navette peut être accéléré ou ralenti à volonté en rapprochant ou éloignant le galet d du boulon c, au moyen de la rainure Vr fig. 7, pratiquée dans la bascule.
- 5°. Les lisses. Les lisses E sont suspendues par les courroies FF passant sur le rouleau G soutenu par les montans C'; elles sont mues par deux cames SS fixées sur l’arbre P et qui, en appuyant successivement sur les galets i, foulent les pédales ou marches HH : ces pédales tirent les cordes kk des deux contre - marches II, lesquelles, à leur tour, tirent celles II attachées aux lisses E : c’est de cette manière que la chaîne est ouverte pour le passage de la navette. On a employé dans ce métier des contre-marches , parce que la disposition du mécanisme n’a pas permis de placer les cames au milieu de l’arbre P.
- Les étoffes croisées se font au moyen de quatre cames tournant par un système d’engrenage qui permet de placer tel nombre de marches qu’on juge nécessaire. Ce mécanisme n’est point indiqué dans les figures, parce que le dessin a été levé sur un métier propre à faire des étoffes unies.
- 4°. Enroulage de Vétoffe. L’enroulage du tissu sur l’ensouple antérieur K s’opère au moyen d’un rochetp retenu par deux arrêts q q, qui empêchent son retour ; un cliquet m, en s’engageant successivement dans les dents du rochet , le pousse en avant , à mesure que le tissu se fabrique. Ce mouvement lui est communiqué par une corde n attachée au devant.de la cage à navette, de manière que chaque fois que la chasse avance pour donner le coup de frappe , cette corde tire le levier h!, qui, faisant baisser le cliquet m, opère la rotation lente et régulière de l’ensouple K. Ce système d’enroulage, très-simple et convenable pour des tissus forts, peut être remplacé par un engrenage, qui réunit à l’avantage d’un mouvement plus uniformes plus de solidité dans sa construction.
- p.1x47 - vue 51/507
-
-
-
- ( 48 )
- 5°. Tension de là chaîne. La chaîne est tendue sur l’ensouple de derrière L par un ressort en bois A' fixé à la traverse postérieure du métier ; à chaque extrémité de ce ressort est attachée une corde B', qui fait un ou plusieurs tours sur l’ensouple : l’autre bout de cette corde porte un poids 0 plus ou moins lourd,, suivant la tension qu’on veut obtenir.
- 6°. Mouvement au moyen duquel le métier s’arrête de lui-même lorsqu’il survient quelque dérangement. Chaque fois que la navette sort de la cage C pour passer dans la chaîne, une clef en bois h / qui l’y retenait par un ressort coudé t,jîg. i, Pl. 2g5 , rentre dans l’intérieur et reste dans cet état pendant le très-court intervalle du recul de la chasse. Si la navette s’arrêtait dans la chaîne par l’effet d’un fil cassé ou par toute autre cause , pendant que la duite est frappée ^le peigne serait inévitablement brisé ; mais aussitôt qu’elle est prise , le levier u, abaissé par le ressort coudé t et par un autre ressort v, s’appuie sur le butoir æ quand la chasse avance, et venant à rencontrer la pièce gr fixée au grand ressort vertical Z, dégage ce ressort de l’encoche de la bride y où il est retenu, et le fait écarter ; il entraîne alors la clef d’embrayage Y, à laquelle il est réuni : cette clef, qui embrasse la courroie sans fin de la poulie U, la fait aussitôt passer sur la poulie folle U', et le mouvement du métier est immédiatement arrêté. ( Voyez3 , Pl. agô).
- Le mécanisme que nous venons de décrire est une partie très-importante du métier mécanique ; on peut le disposer de différentes manières, mais il est essentiel que ses parties soient combinées avec exactitude, et que les mouvemens soient prompts , doux et réguliers. *
- Après avoir fait connaître les différentes pièces du métier de M. Debergue, nous allons en expliquer brièvement le jeu.
- Nous supposons le métier complètement disposé , c’est-à-dire la chaîne montée sur les ensouples KL et passée à travers les dents du peigne D, la navette garnie de sa canette placée dans la cage C, et les roues engrenées. Le moteur transmet d’abord le mouvement à la courroie passée sur la poulie U, qui fait tourner à son tour le pignon Y, la roue dentée X, et l’arbre principal P, ainsi que les différentes pièces qu’il porte. La rotation des excentriques T produit aussitôt l’allée et venue de la chasse, et par conséquent le coup de frappe : en même temps les cames S S foulent "successivement les marches HH; ce qui procure l’ouverture de la chaîne pour le passage de .la navette : celle-ci est lancée par le mouvement de va-et-vient de la bascule R, à laquelle sont attachées les cordes communiquant avec les taquoirs : cette bascule reçoit son impulsion de la poulie gauche Q. On voit donc que le même moteur produit les effets suivans, savoir : i°. l’ouverture
- p.1x48 - vue 52/507
-
-
-
- /y.
- jht/fi'itn f/t- /ti i^otur/c d’iïtu'
- f,X? CCLS
- pl.295 - vue 53/507
-
-
-
- ( 49 )
- ture de la chaîne; 20. le jet de la navette; 3°. le coup de frappe. Toute la difficulté consiste à faire coïncider ces divers mouvemens pour que le métier ne puisse pas s’arrêter, et cette difficulté a été heureusement surmontée par l’ingénieuse combinaison des diverses parties du mécanisme.
- La machine à vapeur ou le manège peuvent faire marcher un grand nombre de métiers à-la-fois, placés dans le même bâtiment. Durant le travail , l’ouvrier n’est assujetti qu’à raccommoder les fils cassés et à nourrir les navettes, ce qui lui permet de surveiller plusieurs métiers.
- Explication desJig. des PL 295 et 296.
- PL 295. Vue générale du métier à tisser mécanique de M. Debergue.
- Fig. 1. Elévation latérale vue du côté de la poulie motrice.
- Fig. 2. Vue de face du métier.
- Fig. 3. La fourchette d’embrayage représentée séparément.
- PL 296. Détails du métier à tisser de M. Debergue.
- Fig. 1. Coupe du métier par le milieu de sa largeur.
- Fig. 2. La roue excentrique, vue de face et en coupe.
- Fig. 3. La poulie à gorge contournée, vue de face, de profil et en coupe.
- Fig. 4. La roue à cames vue de face et en coupe.
- Fig. 5. Vue de profil du battant et de la cage à navette.
- Fig. 6. Vue de face de la bascule qui fait agir la navette.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans toutes les figures des deux planches.
- A, bâtis en fonte du métier ; B, battant ; C, cage de la navette ; D, peigne ; E, lisses qui opèrent le croisement des fils de la chaîne; F, courroies qui suspendent les lisses; G, rouleau sur lequel passent ces courroies; HH, marches ; 11, contre-marches ; K, ensouple antérieure sur laquelle s’enroule l’étoffe fabriquée; L, ensouple postérieure portant la chaîne; M, rouleau de renvoi sur lequel passe la chaîne ; N, autre rouleau semblable, sur lequel passe le tissu confectionné ; 0, poids qui maintient la tension de la chaîne sur l’ensouple L ; P, arbre principal faisant mouvoir les diverses pièces du métier ; Q, poulie gauche à gorge contournée, qui, en tournant, imprime un mouvement d’oscillation a la bascule R, laquelle chasse la navette; S S, cames faisant alternativement lever et baisser les marches H H ; T, roue excentrique qui opère le mouvement de va-et-vient du battant B; U, poulie motrice; V, pignon monté sur l’axe de la poulie motrice; X, roue dentée menée par le pignon et montée sur l’axe de l’arbre principal P; Y, fourchette d’embrayage; Z, ressort faisant passer la fourchette Y de la poulie motrice U sur la poulie folle U', ce qui arrête le métier.
- Vingt-cinquième année. Février 1826. G
- p.1x49 - vue 54/507
-
-
-
- (50)
- Â'f ressort eu bois destiné à régler la tension de la chaîne sur 1 ensouple L; B'B', cordes attachées à ce ressort et enveloppant l’en souple ; elles portent les poids 00 ; C' C;, montans qui soutiennent le rouleau G.
- , a a, axes implantés dans la semelle du bâtis et sur lesquels se meuvent les épées B du battant ; b, galet fixé sur la partie coudée de l’epee et tournant dans la gorge de la roue excentrique T ; c, centre de mouvement de la bascule R; d, galet fixé sur ce levier et tournant dans la gorge de la poulie gauche Q ; e, cordes du caribari ; f, taquoir de la navette; g, broche sur laquelle coule le taquoir ; h, clef en bois qui maintient la navette dans sa cage ; ii, galets fixés à l’extrémité des marches HH; kk, cordes qui font lever et baisser les contre-marches ; II, autres cordes qui tirent alternativement les lisses E; m, cliquet qui fait tourner l’ensouple K, à mesure de l’avancement du travail; tz, corde faisant agir ce cliquet; o, ressort qui maintient la position du cliquet m; p, rochet monté sur l’en-souple R ; qq, arrêts qui empêchent le retour du rochet; r, ressort qui presse sur ces arrêts ; s s, tringle sur laquelle se meut le ressort coudé t, qui appuie contre la clef en bois h ; u, levier tournant sur la tringle s; v, ressort qui presse ce levier; æ, butoir; y, bride dans laquelle passe le grand ressort Z; z, chaîne tendue dans le métier.
- af, gorge de l’excentrique T dans laquelle tourne le galet b; b' b’, vis de pression qui serrent la poulie gauche Q sur l’arbre P; c' cr, gorge de la poulie Q ; d', renflement de cette poulie dans lequel passe l’arbre P; e', axe des cames SS ; J f \ vis de pression qui serrent les cames S S sur l’arbre P ; g', pièce fixée au grand ressort Z; h', levier faisant corps avec le cliquet m; î', coulisse^ au moyen de laquelle on arrête le gaieté, à différentes hauteurs , dans la bascule R ; A', centre d e mouvement de la clef d’embrayage Y.
- Observations sur les métiers a tisser mécaniques.
- L’idée d’appliquer un moteur aux métiers à tisser et de faire exécuter toutes les opérations du tissage sans le secours de la main de l’hommç, paraît due au célèbre V^aucanson; il la publia en 1747 î mais cette utile invention ne fut mise en pratique que vers la fin du dernier siècle. En 1785, Cartwright introduisit le tissage par mécanique, à Doncaster; en 1790, Grimshaw établit plusieurs mécaniques à Manchester; d’autres furent construites par Bell à Dumbarton, en Écosse; en 1796, Robert Müler, de Milton Printfield, prit une patente pour un métier mécanique, dont on trouve la description dans le huitième volume des Annales des arts et manufactures ; mais ce métier, ainsi que ceux établis par Monteith,
- p.1x50 - vue 55/507
-
-
-
- fhiffrtm.' <?e fti A’ocuké J\Eni'ourin/etm'Jit,A\ A ( < 7jA
- f.e/t/cme, et ,
- pl.296 - vue 56/507
-
-
-
- ( 5i )
- à Glasgow en 1801, obtinrent d’abord peu de faveur, parce qu’ils laissaient beaucoup de choses à désirer, soit sous le rapport de la solidité, soit sous celui de la simplicité du mécanisme.
- Ce ne fut que quelques années plus tard, que les métiers mécaniques furent introduits dan^les manufactures. En i8o5 et 1808 , MM. Finlay et compagnie établirent à Down et à Catrine, en Écosse, des ateliers considérables de tissage par mécanique ; on y voit réunis près de cinq cents métiers mus par une machine à vapeur. Cette entreprise a eu beaucoup de succès et a donné de grands bénéfices.
- Les Anglais se sont aussi occupés du perfectionnement de ces sortes de métiers. Horrock et Morsland} de Stokport, près Manchester , ont inventé des métiers mécaniques d’une construction solide; mais dont Fusage est aujourd’hui abandonné, à cause de leur complication, et aussi parce qu’on a trouvé des moyens d’obtenir un tissage plus uni et plus régulier et d’éviter la rupture trop fréquente des fils et les dérangemens qui se sont longtemps opposés à l’adoption de ces machines.
- Aujourd’hui elles sont généralement employées en Angleterre et en Écosse, et il n’est pas d’établissement de filature qui n’en possède un certain nombre. Au moyen de quelques changemens faits dans la disposition du mécanisme, on est parvenu à appliquer ces métiers à la fabrication des tissus croisés et façonnés de soie et de laine. A Manchester, on a essayé de fabriquer de cette manière des draps de très-grande largeur ; mais cette tentative 11’a pas eu de succès. Voici, d’après des données recueillies en 1823, le produit d’une manufacture de cette ville, travaillant avec quatre cents métiers mécaniques destinés à faire des tissus de coton.
- La vitesse du battant des métiers est de 80 coups par minute pour des calicots \y de 85 coups pour des calicots |, et de 120 coups pour des étoffes de soie de petite largeur.
- Un ourdissoir dirigé par un bon ouvrier est susceptible d’alimenter cinq machines à parer, dont chacune prépare les chaînes pour dix-huit métiers quand elle est conduite par un ouvrier habile. L’atelier où ces machines sont établies est chauffé par la vapeur, à une température uniforme de 8o° à 85° Fahrenheit (21° à 23° R.'):
- Les ouviers travaillent ^ordinairement seize heures par jour, afin d’augmenter leur salaire ; le produit des métiers diffère selon l’habileté de l’ouvrier qui les conduit, le temps employé pour rattacher les fils cassés, diviser les coupes, etc. Deux métiers surveillés par une jeune fille donnent ordinairement 200 yards (182 mètres) d’étoffe par semaine, ou 18 yards (16 mètres 7)
- G 2
- p.1x51 - vue 57/507
-
-
-
- ( 5* )
- par jour pour chacun, tandis que le même travail, fait à la main par un. habile tisserand, produirait beaucoup moins.
- D’autres avantages résultent encore du nouveau mode de tissage sous le rapport de la perfection et de la bonne qualité des tissus : i°. la chaîne, étant parée avant d’être montée sur le métier, est plus solide et plus unie ; j2°. la trame, mouillée sur les canettes par la vapeur dans un espace vide d’air, est aussi lisse que si elle avait été grillée ; 3°. l’étoffe est généralement mieux fabriquée et plus solide.
- Le prix d’un métier tout en fer est, à Glasgow, de io a 12 livres sterling (3oo francs); mais on a imaginé récemment de petits métiers simples et légers , nommés dandy-loom, qui ne coûtent que 84 francs et qui promettent du succès : ils sont mus par une manivelle ou par la main de l’ouvrier , avec moins de fatigue et plus de régularité que les métiers ordinaires.
- Une autre invention fort intéressante est celle de la machine propre à faire les peignes ou ros, qui opère avec une célérité vraiment surprenante ; elle est due à un Américain. Le fil de fer, préalablement aplati et poli, se dévide de dessus un tambour placé près de la machine ; il est successivement divisé, introduit entre les jumelles du peigne et soudé avec de la poix fondue : trois dents sont ainsi placées par seconde. Malgré l’utilité d’une semblable machine , il est douteux qu’elle soit adoptée , à cause de son prix trop élevé.
- Quoiqu’on ne saurait contester les nombreux avantages du tissage par métiers mécaniques, ce système n’est cependant point encore aussi généralement répandu en France qu’il mérite de l’être : des tentatives ont été faites, il est vrai, en 1806, pour l’appliquer à la fabrication des toiles à voiles (voyez Bulletin de la Société, quatrième année, page 224); mais elles ne paraissent pas avoir eu de suite ; plusieurs de nos manufacturiers commencent néanmoins à introduire ces métiers dans leurs ateliers.
- Pour prouver combien on attache , en Angleterre, d’importance à cette branche d’industrie, nous allons faire connaître succinctement les différens perfectionnemens ajoutés depuis quelques années aux métiers mécaniques.
- i°. Horrock, de Stockport, près Manchester, a obtenu, le 5i juillet 1813, une patente pour un métier en fer, dont la description se trouve dans la dix-septième année du Bulletin, page 8 ; il n’est plus en usage aujourd’hui.
- 20. Les perfectionnemens imaginés par Robert Bowman, de Manchester, et décrits dans son brevet du mois de janvier 1821, consistent dans l’emploi d’un certain nombre de lisses pour la fabrication des futaines et des tissus mélangés de laine et soie : ces lisses sont disposées de manière qu’elles
- p.1x52 - vue 58/507
-
-
-
- (53)
- agissent avec la plus grande facilité, indépendamment l’une de l’autre et en conservant une tension toujours égale. Les marches qui les élèvent et les abaissent alternativement sont placées au-dessus et au-dessous de l’équipage du métier et mues par des roues d’engrenage.
- 3°. Richard Roberts, de Manchester, annonce dans sa patente du i/j. novembre 1822 avoir ajouté au métier mécanique les perfectionnemens sui-vans : i°. une nouvelle disposition des lisses pour la fabrication des futaines et des étoffes croisées. Les pédales, d’une forme particulière, qui les font agir, sont foulées par la rotation d’une roue armée de galets} 20. un mécanisme susceptible de remplacer la tire pour la confection des tissus façonnés et à dessins figurés ; 3°. un nouveau moyen d’enrouler l’étoffe sur l’ensouple , à mesure de sa fabrication; 4°* un autre moyen pour opérer la tension toujours égale de la chaîne ; 5°. enfin, un mécanisme pour faire agir simultanément des navettes chargées de différentes couleurs pour le tissage des étoffes de petite largeur. Ce métier a été l’objet d’un brevet d’importation en France.
- 4°. Le métier de Robert Buchanan, de Glasgow ( patente du 10 octobre 1823) se distingue par deux roues dentées excentriques, de diamètre différent , engrenant l’une dans l’autre, et faisant agir le battant avec une vitesse et une force qui se règlent suivant l’espèce d’étoffe qu’on veut fabriquer. L’auteur assure que la chasse frappe i3o coups par minute sans qu’il se casse plus de fils que dans les autres métiers mécaniques ; la seule difficulté qu’on éprouverait peut-être dans l’emploi de ce métier serait la construction des roues excentriques, qui exigent une grande régularité pour remplir convenablement les conditions voulues.
- 5°. Ulrich Stansfeld, de Leeds, a pris deux patentes pour des métiers mécaniques. La première, du 5 juillet 1823 , pour deux modes dififérens de dérouler la chaîne sur l’ensouple, et pour un moyen d’en augmenter y ou diminuer alternativement sa tension, afin de faciliter l’opération du tissage , c’est-à-dire de la lâcher lorsque le pas est ouvert et de la tendre au moment où la duite est serrée. La seconde patente, du 27 juillet 1824., est aussi relative à un nouveau système d’enroulage de l’étoffe fabriquée, et de tension de la chaîne, qui s’opère par une combinaison de leviers , fort ingénieusement conçue, mus par une roue en cœur, dans laquelle tourne un levier armé de galets, et monté sur l’arbre,principal. On y trouve en outre un mécanisme propre à faire marcher une série de métiers par un même axe de rotation, ou à arrêter le mouvement d’un de ces métiers sans suspendre celui des autres. C’est tout simplement un embrayage ordinaire qui s’applique à la poulie motrice de chaque métier ; cette pou—
- p.1x53 - vue 59/507
-
-
-
- (54)
- lie est montée sur une douille glissant sur l’arbre principal et tourne avec cet arbre, ou indépendamment de lui, selon le besoin. A ce métier est réunie une nouvelle machine à teindre et parer la chaîne. Celle-ci, en se déroulant sur les rouleaux, passe d’abord à travers un pertuis ou canal en bois, qui rassemble tous les fils ; ces fils passent entre une première paire de cylindres, et de là dans une auge contenant le bain de couleur dont on veut les teindre. On y laisse la chaîne en masse , afin qu’elle se pénètre suffisamment de la couleur, après quoi on la retire pour la passer entre une seconde et une troisième paire de rouleaux, qui en exprime la teinture superflue. Une auge à colle, placée à la suite de ces rouleaux , reçoit ensuite la chaîne, qui passe finalement entre une quatrième et dernière paire de rouleaux pour en exprimer la colle, et de là à travers plusieurs peignes sur l’en-souple (i). On voit que dans ce procédré les brosses, employées ordinairement pour étendre le parement, sont remplacées par un laminoir.
- 6°. La patente délivrée à Joseph Daniel, de Stocke, dans le comté de Wilt, le 7 juillet 1824 , a pour objet un métier mécanique propre à fabriquer des étoffes de laine, dans lequel le battant est mu par une manivelle montée sur l’arbre principal. Un ressort fixé derrière ce battant et réunj à la manivelle règle ses mouvemens , de telle sorte que la navette passe à travers la chaîne sans secousse, et que la duite est toujours également serrée. Les lisses sont ouvertes, comme à l’ordinaire , au moyen de pédales foulées alternativement par un levier armé de galets : elles sont tendues par un levier oscillant, à contre-poids, placé au-dessus du métier. Des brosses obliques ou des plaques de cardes, dont le bord de l’ensouple est entouré, servent à tendre l’étoffe fabriquée dans le sens de sa largeur ou par ses lisières.
- 70. John Potier, de Smedley, près Manchester, a imaginé un métier mécanique pour la fabrication des étoffes brochées et façonnées (patente du i3 mai 1824). Ce qui le distingue est i°. une roue excentrique à gorge, dans laquelle roule un galet, qui fait mouvoir l’équipage et les rouleaux sur lesquels la chaîne est enveloppée; 20. un mécanisme pour enrouler l’étoffe à mesure qu’elle est fabriquée ^ 3°. un mode particulier pour faire agir les lisses.
- (1) Quand la chaîne a besoin de recevoir un mordant avant la teinture , on la passe d’abord dans une ahge contenant ce mordant, puis dans le bain de couleur; en sortant de ce bain, elle plonge dans un baquet rempli d’eau pure, qui en lave les impuretés dont les fils auraient pu se charger. Après cette opération , on procède au parage.
- p.54 - vue 60/507
-
-
-
- (55)
- Rapport fait par M. Francœur, au nom du Comité des arts mécaniques, sur des pendules astronomiques construites par M. Cœur, horloger, rue delà Verrerie, n°. 55, a Paris.
- L’idée de représenter le mouvement du globe céleste dans sa révolution diurne n’est pas nouvelle ; on a plusieurs fois exécuté des appareils destinés à faire de ce mouvement l’objet principal d’une pendule à usage civil, où le globe terrestre, en tournant sur son axe, présente ses divers points à un index pour donner l’heure, non-seulement de Paris, mais de tous les pays du monde. Le mécanisme de cette pendule n’offre rien de particulier, et chacun se le représente aisément, en imaginant que l’axe du globe est substitué à l’aiguille des heures d’un cadran horizontal, qui ne ferait qu’un seul tour en vingt-quatre heures moyennes; mais les pendules de ce genre sont assez compliquées : leur prix élevé les rend peu communes. M. Cœur} en les simplifiant sans rien ôter à l’objet principal qu’il a en vue, les met à la portée des fortunes ordinaires.
- Voici la description de l’appareil.
- Un globe dont la surface porte le dessin des terres, des mers, des états et des villes, chacun à son lieu, tant en longitude qu’en latitude, est percé par un axe diamétral allant d’un pôle à l’autre : cet axe est fixé à un plateau circulaire divisé en vingt-quatre heures et même en minutes. Le tout surmonte un fût de colonne dans lequel est caché le mouvement d’horlogerie qui fait tourner le globe et son plateau. Un index fixé au haut de la colonne se présente successivement aux divers points du contour du plateau mobile et indique l’heure. Le poids à mouvoir ne s’élève pas à une livre et est d’ailleurs porté sur un pivot qui ne produit que peu de frottement : c’est donc seulement un mouvement ordinaire de pendule, dont l’aiguille horaire serait un peu lourde, mais qui serait tellement équilibrée, qu’elle ne pût causer aucune irrégularité dans la marche.
- La forme de l’appareil est assez élégante et ses dimensions n’excèdent pas celles d’une petite pendule de cheminée ; on y trouve les avantages qu’on attend d’une pendule ordinaire, réunis à ceux qur offre un appareil propre à l’enseignement de la géographie, puisqu’à la fois on a sous les yeux l’heure et le spectacle de la rotation de la terre avec la vitesse qui lui est propre, ou, plus exactement, avec celle qui lui supposerait une révolution entière en vingt-quatre heures moyennes. Le prix de cette pendule varie avec les ornemens : on peut se la procurer chez M. Cœur, pour 35o francs environ.
- V
- p.55 - vue 61/507
-
-
-
- (56)
- M. Cœur s’occupe actuellement de la construction d’un globe céleste qui tournera en vingt-quatre heures sidérales, et offrira aux yeux le spectacle du mouvement apparent des constellations autour^de nous chaque jour. Un soleil parcourra l’écliptique durant Tannée, se transportant chaque jour d’occident en orient d’environ un degré, de manière à montrer comment cet astre nous paraît traverser successivement et de mois en mois les douze constellations zodiacales. Un index marquant les heures sidérales servira aussi à faire connaître quelles sont les étoiles qui sont au méridien à chaque instant, celles qui sont vers Test ou l’ouest, les constellations actuellement invisibles, etc.; enfin un autre index donnera l’heure solaire. Cette pendule est un peu plus compliquée que la première et pourra lui servir de pendant et être employée par-tout en la mettant à l’heure du lieu. Ces deux jolis meubles seront utiles pour l’enseignement public et offriront le plus simple des moyens de faire concevoir à la jeunesse un mouvement qui n’est pas sans quelque difficulté à comprendre; ils montreront en quoi les apparences diffèrent de la réalité. Aussitôt que M. Cœur aura terminé sa pendule céleste, il s’empressera, Messieurs, de vous la présenter. Le prix ne dépassera guère celui de la première pendule. ' »
- Quoique ces appareils ne présentent aucune idée neuve , comme ils sont construits sur des principes exacts et qu ils peuvent faire le sujet d’un commerce assez étendu, décorer les appartemens de pendules très-jolies et peu coûteuses, enrichir l’industrie française de meubles d’un goût nouveau, et offrir des facilités à l’enseignement public, j’ai l’honneur, Messieurs, de vous proposer : i°. d’écrire à M. Cœur pour le remercier de sa communication et l’encourager à terminer sa pendule céleste; 2°. d’insérer le présent rapport au Bulletin.
- Adopté en séancey le ïer. mars 1826.
- Signé Francoeur , rapporteur.
- Note sur Vépincetage par mécanique des tissus.
- L’épincetage est une opération manuelle qui a lieu dans la fabrication des cachemires, mérinos, alépines, prunelles et autres étoffes de ce genre. Des femmes sont occupées a enlever avec de petites pinces d’acier les bouchons des étoffes de laine peignée, des cachemires, etc. Cette opération est longue, vétilleuse, difficile même, et par conséquent dispendieuse ; elle exige un grand nombre de bras, et souvent l’inattention des ouvrières occasionne des entailles et d’autres tares et défauts au détriment de la marchandise.
- Pour remédier à ceTinconvéuient, MM. FFestermanîvhves, mécaniciens,
- rue
- p.56 - vue 62/507
-
-
-
- ( 5y )
- rue Popincourt, n°. 4°-> ont imaginé un mécanisme qui remplace le travail manuel des épinceteuses. La combinaison de cette mécanique est à-la-fois simple et d’un effet constant et invariable; la surveillance en est facile. L’étoffe, étant enveloppée sur le rouleau, passe lentement et dans un plan horizontal, au-dessous de deux rangées de pinces métalliques, alternées et disposées sur toute la largeur de l’étoffe, de manière à ne laisser aucun vide entre elles ; par un mouvement très-simple, elles descendent ouvertes sur l’étoffe pour saisir les aspérités ; se ferment ensuite, et se relèvent après les avoir détachées du tissu , pour s’ouvrir de nouveau et ainsi continuer l’opération, au fur et à mesure que l’étoffe, attirée sur un autre rouleau, s’avance. Au-dessus des pinces, est un ventilateur qui chasse toutes les ordures enlevées par les pinces.
- Il résulte de l’emploi de cette mécanique une économie de main-d’œuvre telle, qu’une seule machine fait dans un jour ce que le travail assidu de deux femmes ne peut produire dans une semaine, et le danger des entailles et des tares est écarté. (Bulletin des sciences technologiques, avril 1825. )
- ARTS CHIMIQUES.
- Moyen de purifier le sucre brut a Vaide de ïalcool, et de raffiner toutes especes de sucres; par MM. Derosne freres (1).
- Dans les procédés employés ordinairement dans les raffineries, on était obligé de faire fondre ou de clarifier le sucre brut dans une grande quantité d’eau de chaux et avec une addition considérable de sang de bœuf. Les raffineurs sont encore incertains sur les quantités déterminées de ces deux matières; ils ignorent complètement b’action de la première, et les dangers qui peuvent résulter d’une addition trop forte de la seconde, la composition très-compliquée de cette substance exigeant des connaissances chimiques inconnues à la plupart des raffineurs.
- Dans ces procédés, tout est incertain; la quantité d’eau de chaux et de sang de bœuf nécessaire pour la purification varie suivant le caprice des raffineurs ; il se fait en outre une consommation considérable de combustible , dont l’action très-vive, et toutefois nécessitée d’après ce vice de fabrication, altère une grande quantité de la matière employée. La cuite des sirops, eaux-mères, ou, en terme de raffinerie, des sirops non cou-
- (1) Extrait du dixième volume des Brevets d?invention.
- f^ingt—cinquième année. Février 1826. H
- {
- p.57 - vue 63/507
-
-
-
- (58)
- péris, augmente encore ces ineonvéniens, qui deviennent de plus en plus sensibles, à mesure qu’on veut épuiser la matière; car il n’est pas rare de voir se dégager de ces dernières eaux-mères, ou sirops épuisés, lorsqu’on les chauffe, des fusées de gaz hydrogène carboné, qui peuvent s’enflammer par l’approche d’un corps allumé.
- Dans notre procédé, nous purifions immédiatement le sucre brut sans emploi de calorique, ni d’aucun agent destructeur de la matière, tel que la chaux, ou le sang de bœuf, dont l’action n’est bien déterminée que par la quantité d’albumine qu’il contient; elle est tout-à-fait incertaine par ses autres principes, qui sont très-compliqués et très-abondans.
- Aux moyens vulgairement employés pour la purification du sucre brut, nous substituons l’emploi d’un seul agent dont l’action est bien déterminée, et qui fait en quelque sorte l’analyse rigoureuse des diverses matières contenues dans le sucre brut. Cet agent est l’alcool, ou l’esprit obtenu de la distillation, soit des vins, soit des grains, en général de toutes les matières susceptibles de la fermentation spiritueuse, l’alcool obtenu de ces différentes substances étant constamment le même quant à ses propriétés chimiques. Nous employons cet agent delà manière suivante.
- Sur une quantité donnée de sucre brut , nous versons une quantité déterminée d’alcool bien rectifié et marquant de 32 à 34 degrés à l’aréomètre de Baume.
- Nous agitons les deux substances en les laissant en digestion pendant quelques heures, et renouvelant l’agitation de temps en temps : alors nous décantons l’alcool de dessus le sucre non dissous, et nous répétons cette manipulation jusqu’à ce que les dernières portions d’alcool ne soient plus sensiblement colorées. Le procédé est fondé sur la propriété que possède l’alcool de ne dissoudre à froid que la mélassè contenue dans le sucre brut et de ne point agir sur le sucre cristallisé. En effet, par là nous séparons entièrement toute la partie non cristallisable contenue dans le sucre brut. Cette partie non cristallisable se compose de toute la mélasse, et en outre d’une substance féculente plus légère que le sucre lui-même et insoluble dans l’eau et dans l’alcool. Elle est probablement la seule qui exige, dans l’ancien procédé , l’emploi de la chaux et du sang de bœuf pour son entière séparation. Cette substance reste facilement en suspension dans l’alcool, ce qui donne un moyeri commode de la séparer parfaitement du sucre, qui se précipite promptement au fond du vase sous forme blanche et sablonneuse.
- Le sucre bien égoutté et desséché à une très-douce chaleur, telle que celle du bain-marie , ou tout simplement à l’air libre, a l’aspect et le goût des belles cassonnades de la Martinique ou de la Havane ; il a sur elles l’a-
- p.58 - vue 64/507
-
-
-
- (5g)
- vantàge d’être privé en grande partie de la matière féculente dont nous avons parlé plus haut, et possède un degré de sécheressè très-rare dans ces espèces de cassonnades. Il ne contient de partie colorante que la petite quantité de celle renfermée dans l’eau de cristallisation du sucre.
- Nous observons que lorsque nous voulons fabriquer de suite de très-beau sucre avec cette matière, nous la dissolvons bien égouttée, mais pas entièrement desséchée, dans la quantité d’eau requise, que nous chauffons d’abord à vaisseau couvert, pour en retirer, par la distillation, le peu d’alcool qu’elle contient encore.
- Ce procédé est beaucoup plus expéditif que l’ancien , puisque, en moins de vingt-quatre heures, nous obtenons un résultat qui demànde ordinairement un long espace de temps. Pour cette partie de fabrication, nous supprimons tout emploi de combustible, et nous diminuons beaucoup la main-d’œuvre. L’alcool que nous employons n’est point perdu; les portions les plus colorées sont distillées immédiatement, et donnent pour résidu une mélasse ou matière sucrée non cristallisable, bien préférable, sous tous les rapports, et sur-tout pour le goût, la pureté et la limpidité, à celle qui sort des raffineries. Les autres portions d’alcool nous servent pour les premiers lavages de nouvelles quantités de sucre brut, jusqu’à ce qu’elles soient saturées de mélasse, comme en général ces manipulations se pratiquent dans la purification d’une foule d’autres substances , et sur-tout des matières salines , telles que le salpêtre , etc. *
- Nous étendons même beaucoup cet emploi de l’alcool ; car nous nous en servons pour suppléer en partie au terrage des pains^le sucre obtenus de nos cassonnades. A cet effet, lorsque ces pains ont laissé égoutter leur sirop ou eaux-mères, nous achevons de les purifier et de les blanchir, en versant dessus de l’alcool, que nous laissons digérer quelque temps en bouchant le petit trou du cône, pour dissoudre la portion de sirop qui souille les cristaux de sucre. On voit par là que notre procédé peut être appliqué à la purification des verjoises bâtardes, etc.
- Il résulte de l’emploi de notre procédé que l’on peut obtenir, en moins d’un mois , les plus belles espèces de sucre en pains, et dans un temps encore beaucoup plus court, du sucre sous forme pulvérulente et réunissant le même degré de blancheur.
- U présente aussi de grands avantages, en ce qu’il diminue beaucoup la consommation du combustible et qu’il nécessite l’emploi d’un produit indigène, l’alcool.
- La quantité d’alcool nécessaire pour priver le sucre de sa partie non cristallisable , varie d’après l’espèce de sucre soumise à son action. On peut
- '4 Ha
- p.59 - vue 65/507
-
-
-
- (6o)
- poser en principe general qu’il n’en faut pas une quantité pondérable égale à celle du sucre, mais peu s’en faut.
- Cet alcool n’est point perdu, puisqu’on le sépare de la mélasse par distillation. v
- Observations surle bablah ou tannin oriental $ par M. Roard,
- Une note insérée dans le Journal du Commerce du 4 octobre 1825, sur le bablah ou tannin oriental, ayant annoncé que cette substance donne une grande fixité à toutes les couleurs et remplace sur-tout avec une grande supériorité la noix de galle, nous avons pensé qu’il pouvait être de quelque importance pour l’art de la teinture de vérifier avec soin les propriétés de cette matière astringente, en l’employant dans la teinture en noir, comparativement à la noix de galle du commerce.
- Pour mettre la Société d’Encouragement en état de juger si cette annonce peut répondre aux espérances qu’elle avait fait naître en faveur de l’un de nos arts les plus intéressans, nous allons avoir l’honneur de lui communiquer le résultat des expériences que nous avons faites sur le bablah.
- Les négocians qui l’ont importé du Bengale en France n’ayant donné aucune indication sur la nature de cette substance astringente , nous avons cru devoir faire quelques recherches pouf la déterminer.v
- M. de Freycinet} commandant supérieur de l’île de Bourbon, avait déjà, dans une lettre adressée à S. Exc. le Ministre de la marine, donné quelques renseignemens sur le bablah; mais nous devons à l’obligeance de notre collègue M. Bosc de les avoir complétés, en nous assurant que cette matière est la gousse du mimosa arabica, qui croît très-abondamment dans quelques parties de l’Inde.
- Les propriétés que possèdent diverses variétés de l’acacia de contenir dans leurs semences une matière plus ou moins astringente, sont depuis long-temps reconnues ; car nous trouvons dans plusieurs ouvrages sur la botanique que les gousses de l’acacia du cachou ( mimosa catheca ) fournissent un suc astringent qui contient près des deux tiers de son poids de tannin ; que les semences de Y acacia caven sont enveloppées d’un mucilage astringent avec lequel on fait de l’encre, en de mêlant avec le sulfate de fer ; nous savons de plus que les gousses de Yacacia-farnèse sont employées à l’île de Bourbon dans la composition du cirage et de l’encre, et enfin que les teinturiers de cette île en font depuis long-temps la base de leur noir.
- N
- p.60 - vue 66/507
-
-
-
- (60
- Ainsi il parait constant d’après ces faits, que les propriétés que possèdent les gousses et les graines de plusieurs espèces d’acacia de servir à faire de l’encre et d’entrer dans la composition des teintures en noir, étaient depuis long-temps reconnues et parfaitement constatées.
- Nous sommes donc fondés à croire, d’après cela, que les gousses des acacias, qui croissent très-abondamment en France, doivent aussi fournir une matière astringente. Nous ne négligerons pas de vérifier ce fait, qui pourrait être de quelque utilité pour la teinture et pour plusieurs autres applications.
- La gousse du bablah contenant une graine assez volumineuse, nous avons pensé qu’il était nécessaire de nous assurer si cette même matière existe également dans les deux parties de cette substance, ou seulement dans l’une d’elles.
- Pour parvenir à ce but, et compléter les recherches comparatives de teinture que nous nous étions proposées , nous avons fait les expériences suivantes.
- Engallage.
- Nous avons fait bouillir , avec 2 litres d’eau, pendant deux heures, dans quatre vases parfaitement semblables , 100 grammes de laine blanche avec 20 grammes des matières suivantes , amenées au même état de division : i°. Noix de galle en sorte du commerce,
- 20. Gousses du bablah ,
- 3°. Gousses du bablah avec ses graines,
- 4°> Graines du bablah.
- Ces laines, après cette opération, ayant été complètement refroidies, ont été lavées à grande eau et séchées ensuite à l’air ; elles ont présenté les résultats suivans :
- Le n°. 2 et Je n°. 3 ont pris dans l’engallage une teinte plus foncée que le n°. 1, sur-tout le n°. 25 ce qui nous a démontré de suite que la gousse du bablah contient, outre la matière astringente , une substance colorante analogue à celle qu’on trouve dans l’écorce du chêne, dans le brou de la noix, et dans quelques autres astringens employés en teinture.
- Le n°. 4 était d’une couleur de bois un peu rougeâtre , de la même hauteur que le pied de galle, mais beaucoup plus fraîche.
- On pourra apprécier facilement ces différences par les quatre échantillons de ces divers engallages.
- p.61 - vue 67/507
-
-
-
- ( 62 )
- Teinture en noir.
- Nous avions d’abord pris 5o grammes de chacune des laines engallées avec les matières ri03, i, 5 , 5, 4 > et nous les avions fait bouillir, le même temps , avec les proportions nécessaires de sulfate de fer, de bois de Cam-pêche et de vert-de-gris, matières qui sont généralement employées dans les ateliers de teinture pour faire un beau noir ; mais comme l’addition de cés deux dernières matières ne nous laissait pas les moyens de juger d’une manière aussi rigoureuse la quantité de tannin et d’acide gallique contenue dans la gousse et la graine du bablah, nous avons fait alors l’expérience suivante :
- Cinquante grammes de chacune des laines engallées avec les matières ci-dessus indiquées ont été traités séparément au bouillon dans un litre d’eau, pendant deux heures, avec io grammes de sulfate de fer : ces laines, bien aérées, complètement refroidies et bien lavées, ont alors présenté, étant sèches , les résultats suivans :
- Le n°. i, fait avec la galle, nous a donné un très-beau noir et très-intense.
- Le n°. 2, avec la gousse seule du bablah , est un noir grisâtre moins foncé que le n°. i et qui a un léger reflet jaune.
- Le n°. 3, avec la gousse et la graine de bablah, n’est qu’un brun carmélite foncé avec un reflet jaune bien prononcé.
- Le n°. 4, avec la graine seule de bablah, n’est qu’une couleur de suie foncée.
- Des échantillons pris sur chacun des n°*. i , 2 , 3, 4> teints en noir, ont été passés sur une dissolution bouillante de savon pendant cinq minutes , lavés et séchés ; ceux teints avec le bablah avaient peu perdu de leur inten sité et s’étaient soutenus à-peu-près aussi bien que celui fait avec la galle.
- Ces mêmes échantillons , traités de la même manière par une dissolution bouillante de vinaigre faible, ceux teints avec le bablah, ont été plus altérés que celui obtenu avec la galle.
- Pour compléter ces expériences, nous aurions bien désiré pouvoir soumettre ces quatre échantillons teints en noir à l’action de l’air et sur-tout du soleil; mais la saison dans laquelle nous nous trouvons ne nous a pas permis de nous en occuper.
- Les expériences de teinture que nous venons de rapporter, nous ayant démontré que la gousse seule du bablah contient les matières nécessaires pour faire du noir, et quelles ne se trouvent pas d’une manière sensible dans la graine, nous avons pensé qu’il était nécessaire de déterminer le rapport entre elles de chacune de ces deux matières sur un poids donné de
- p.62 - vue 68/507
-
-
-
- ( 63 )
- gousses entières. Pour cela, nous avons pris au hasard, sur la partie que nous avons achete'e à Paris, io grammes de gousses bien entières, que nous avons ouvertes avec soin pour en séparer les graines : les unes et les autres ont été mises à part. Le poids des gousses, sur deux expériences semblables, a été de 66grammes et le poids des graines de 53 grammes. Nous avons eu constamment environ un gramme de perte dans chacune de ces deux vérifications.
- Or, comme nous avons démontré par les expériences précédentes que la graine du bablah ne contient pas sensiblement de matière astringente, on en peut conclure que, sur les 13oo balles de 15o kilogrammes chaque, soit ig5,ooo kilogrammes de gousses entières de bablah apportées du Bengale en France, il doit se trouver 65,ooo kilogrammes de graines , qui sont entièrement inutiles pour la teinture.
- Nous venons de prouver que la gousse seule du bablah, traitée comparativement à la noix de galle en sorte du commerce, et dans la même proportion , ne donnait point des noirs aussi beaux que ceux obtenus avec cette dernière matière; nous allons actuellement démontrer que l’emploi de cette gousse privée de sa graine ne serait même pas économique.
- Le bablah se vend à Paris 260 francs les 100 kilogrammes, et la galle en sorte du comnierce, que nous avons employée pour nos expériences, n’y est cotée que ce prix : ainsi pour avoir too kilogrammes de ces gousses ou la représentation de ce poids, il faudrait acheter et employer i5o kilogrammes de bablah à 260 francs les 100 kilogrammes : on dépenserait donc alors, en se servant de cette matière pour faire du noir, 3go francs, tandis qu’avec 100 livres de galle coûtant seulement 260 francs, on obtiendrait pour les mêmes applications de meilleurs résultats.
- Pour avoir avec le bablah un noir aussi intense qu’avec la galle, et qui ne serait point encore aussi beau, nous estimons, d’après nos essais, qu’il faudrait employer deux parties de cette matière contre une de galle. Dans ce cas, ce noir coûterait le double du prix auquel il revient dans nos ateliers de teinture.
- Les négoeians qui ont fait cette spéculation ont été animés sans doute par des intentions fort louables, en faisant venir du Bengale une substance qu’ils croyaient devoir donner, en teinture, des résultats bien préférables à ceux que fournit la noix de galle : ils n’auraient point commis une erreur aussi grande et qui pourrait être préjudiciable a leurs intérêts, si, avant d’importer des quantités aussi considérables de ce bablah, ils avaient consulté des chimistes habiles et des teinturiers instruits, sur la nature intime et les applications de cette matière astringente.
- p.63 - vue 69/507
-
-
-
- ( 64 )
- Quant aux avantages que cette substance parait présenter, suivant ces Messieurs, pour faire la couleur nankin, nous ne les regardons pas comme bien importans, quand bien même les faits avancés par eux, à cet égard, seraient exacts, attendu que nous savons, et depuis assez long-temps, faire parfaitement cette couleur avec le tan, le bois d’acajou et quelques autres matières colorantes.
- D’après les expériences que nous venons de rapporter il nous paraît constant
- i°. Que le bablah est la gousse du mimosa arabica;
- 2°, Que la gousse entière du bablah de l’Inde, employée en teinture pour faire du noir, et dans la même proportion que la noix de galle en sorte du commerce, ne donne pas même une couleur noire, mais un carmélite foncé ;
- 5°. Que la gousse seule, privée de sa graine, fournit bien une couleur noire; mais que cette couleur, comparée à celle que donne la galle, en employant des poids égaux de ces deux matières, a toujours un coup-d’œil grisâtre avec un léger reflet jaune, et qu’elle coûterait beaucoup plus cher que celle obtenue par les moyens en usage dans nos ateliers de teinture ;
- 4°. Que la graine renfermée dans la gousse du bablah, et qui est le tiers du poids de cette même gousse entière, employée aussi comparativement à la noix de galle , ne produit dans la teinture en noir qu’une couleur de suie foncée ;
- 5°. Que la couleur noire produite par la gousse du bablah ne résiste pas mieux à l’action d’une dissolution bouillante de savon que celle obtenue par la galle, et enfin que traitée par les acides faibles à la même température, elle ne se soutient pas aussi bien que les noirs faits avec cette dèrnière substance.
- Nous avons l’honneur de remettre à la Société d’Encouragement le résultat de nos expériences de teinture et un échantillon de bablah.
- ARTS ÉCONOMIQUES.
- jBlanchissage du linge par le moyen de la vapeur.
- Il existe à Phipps-Bridge, près de Miteham y dans le comté de Surrey . en Angleterre, un grand établissement de blanchissage à la vapeur, où le linge et les autres objets à blanchir, recueillis dans la ville de Londres et les environs par des voitures particulières de l’entreprise, sont classés,
- marqués
- p.64 - vue 70/507
-
-
-
- ( 65 )
- marqués et disposés dans un lavoir qui occupe une partie considérable du rez-de-chaussée , à l’une des extrémités duquel se trouvent deux machines à vapeur. Il sonts préalablement trempés dans une légère lessive alcaline. La vapeur est conduite par des tuyaux dans des réservoirs de forme circulaire, où se fait le lavage. Dans l’intérieur de ces réservoirs, tournent des cylindres ou tambours à claire-voie, de io pieds de diamètre (i). Quelques-uns de ces tambours sont en bois et servent au travail ordinaire ; un autre est en cuivre et destiné pour les lavages des tapis et autres objets d’une certaine consistance, qui exigent l’applicatioTfd’une vapeur plus dense et nécessairement un agent métallique assez fort pour résister à la pression. On place, par des ouvertures latérales, dans ces cylindres les objets à laver ; après quoi, on fait arriver la vapeur, qui est distribuée de manière à ce que le linge se trouve soumis également à son action j en même temps on introduit, par une soupape, une dissolution d’alcali ou de savon, et le procédé du lavage se continue au moyen de l’action combinée de la vapeur, du savon et du ressassement des objets ; ce dernier est occasionné par le mouvement de rotation des tambours à claire-voie. Ce travail dure environ une heure ; après quoi, on arrête la vapeur et on la remplace par une certaine quantité d’eau chaude et claire, qui rince le linge, dégage l’eau de savon et les autres résidus ; on évite ainsi le travail toujours inégal du frottement manuel. Cette opération terminée, les pièces sont retirées du cylindre et transportées dans une cuve, où elles passent entre des rouleaux, qui, par leur simple mouvement de rotation, expulsent l’eau dont elles sont imbibées ; ensuite on remet le linge à des femmes, qui l’examinent, afin de s’assurer que le lavage est complet ; dans le cas contraire , elles le parachèvent. De là, le linge passe successivement dans différentes pièces, où il est empesé et séché sur des étendoirs mobiles en bois, disposés dans un séchoir d’une construction particulière. On le repasse et on le calendre ensuite dans des salles établies pour cet usage. ( London Journal of arts , Janvier 1825 (2).
- (x) Ces tambours sont analogues à ceux que nous avons décrits dans la 21e. année du Bulletin , p. 5o.
- (2) Ce procédé de blanchissage est beaucoup moins fatigant et moins destructif de tout genre de tissus que celui de les frotter, les battre , les brosser ou les tordre , encore généralement pratiqué à Paris. On se rappelle que M. Cadet-de-Vaux a proposé depuis longtemps l’emploi de la vapeur dans le blanchissage domestique. (Voyez Bulletin, delà Société 3e. année, p. 237.) Mais ce procédé, quia été essayé dans plusieurs établissemens publics, ne parait pas avoir eu de suite. On n’employait pas non plus les tambours à claire - voie en usage en Angleterre et qui facilitent beaucoup l’opération.
- L^ingt-cinquième année. Février 1826, I
- p.65 - vue 71/507
-
-
-
- (66)
- Moyen de préparer des bouchons imperméables et de les enfoncer dans des goulots minces sans les casser $ par M. Payen.
- On coupe à la scie, dans une planche de liège, des morceaux rectangulaires, qui, dans un sens, ont une longueur égale à la hauteur du bouchon que l’on veut préparer, et dans l’autre, une longueur égale au diamètre voulu ; on aplanit à la râpe les surfaces supérieure et inférieure de ces morceaux ; on les assemble deux à deux ou trois à trois , etc., et lorsqu’ils sont ainsi préparés suivant les dimensions qu’on veut donner aux bouchons, on encolle avec de la gélatine les faces qui doivent adhérer, et on lie avec un peu de fil chaque paquet qui doit former un bouchon ; on dispose ensuite les paquets entre les côtés d’un châssis à clavettes, et on les serre fortement en enfonçant les clavettes opposées à petits coups de marteau. On laisse le tout dans cet état, jusqu’à ce que la gélatine soit desséchée ; on desserre les clavettes, et on trouye chaque paquet aussi consistant et plus solide que s’il était d’un seul morceau ; on les taille au couteau et on les ajuste à la lime par les moyens ordinaires.
- Pour enfoncer facilement les gros bouchon s dans les ouvertures des vases, on les amollit en les comprimant à plusieurs reprises et dans différens sens entre les mâchoires cannelées d’un outil approprié à cet usage ; on parvient ainsi à les rendre tellement souples, qu’ils entrent sans beaucoup d’efforts dans les goulots d’un diamètre moindre que le leur ; ce qui permet de les tailler en cylindres, au lieu de leur donner la forme conique, qui tend à les faire sortir. ( Journ. de Chim. médic., Janv. 1825. )
- ÉCONOMIE RURALE.
- Rapport fait par M. Bellangé, au nom d'une Commission spéciale , sur Véducation des vers a soie dans le département de l’Ailier.
- Messieurs, vous avez renvoyé à votre Comité des arts mécaniques, auquel vous m’avez fait l’honneur de m’adjoindre, l’examen d’une communication qui vous a été faite par la Société d’Agriculture du département de l’Ailier et de plusieurs pièces qui s’y trouvaient jointes. Le tout se compose :
- i°. D’une lettre de M. le président de cette Société à la Société d’Encou-ragement ;
- 20. D’une autre lettre adressée à celui-ci par la Société d’Agriculture, histoire naturelle et arts utiles du département du Rhône;
- p.66 - vue 72/507
-
-
-
- ( 6y )
- 3°. D’un rapport fait à cette Société par M. Gensoul sur les soies du département de l’Ailier et sur les étoffes qui en ont été fabriquées à Lyon ;
- 4°. D’un rapport fait à la Société d’Agriculture de l’Ailier par M. Martin sur la récolte des vers à soie élevés à Moulins et aux environs ;
- 5°. Enfin, de deux pièces d’étoffes de soie fabriquées à Lyon avec les soies provenant de ces cocons.
- L’examen de ces divers objets s’appliquera particulièrement à la nature des soies, dont on ne peut juger d’ailleurs que d’après les rapports qui en sont faits et d’après les étoffes fabriquées ; à la qualité desdites étoffes et aux heureux effets qui pourront résulter du concours des deux Sociétés précitées, et de la communication qui en a été faite à la Société d’Encoura-gement.
- Il résulte du rapport de M. Gensoul, i°. que 17 kilogrammes 870 gram. de cocons de bonne qualité, récoltés dans le département de l’Ailier , ont produit 2 kilogrammes 620 grammes en soie grège ; 20. qu’une partie de ces soies a été filée du brin de six à sept cocons ; l’autre de cinq cocons seulement ; que cette dernière , ouvrée en organsin, a donné le titre de 28 deniers et que l’autre, qui a été moulinée en trame, a donné le titre de 36 deniers ^ ; 3°. que ces soies, filées et ouvrées chez M. Poi-debard, ont été reconnues de très-belle qualité, 4°- que rien ne pouvait surpasser l’éclat de leur teintela pureté et la régularité de leurs fils ; 5°. que, suivant le désir de la Société de Moulins, la soie, ainsi filée et moulinée, a été mise en étoffe, dont la teinture a été confiée aux talens bien connus de M. Gonin, et la fabrication à MM. Maurier et Soularj fils aîné, fabricans des plus distingués de Lyon; 6°. que deux pièces, dont l’une de satin blanc dite à grande réduction, l’autre, de gros de Naples , chacune de 11 aunes un quart, résultats de cette épreuve, ont été présentées à la Société d’Agriculture de Lyon, et que leur exécution ne laissait rien à désirer ; 70. que les fabricans susnommés ont déclaré que la soie provenant des cocons dont il s’agit était aussi belle que les premières qualités du Piémont et de la France , et n’avait pas fait plus de déchet ; 8^. que tout prouve donc en faveur des assertions avancées à la Société d’Encoura-gement par M. Chancej, l’un de ses membres , qu’il serait avantageux aux départemens situés sous le quarante-sixième et même sous le quarante-hui-tieme degré de latitude, de cultiver les mûriers et d’y élever les vers à soie.
- Le rapport précité contient une lettre de M. Tessier, de Vallerangue, qui s’est convaincu que les mûriers peuvent être cultivés avec succès dans fies climats plus froids qu’011 ne pense, et en cite des preuves ; il a paru utile a votre Commission d’en reproduire ici une partie : « Pour ne citer
- I 2
- p.67 - vue 73/507
-
-
-
- ( 68 )
- » que des faits que je garantis (dit M. Tessier), je ne parlerai que de » Vallerangue et de ses environs. Cette petite ville est située au pied de w l’Aigonal, dans un vallon formé par deux montagnes. Le climat y est » tempéré, un peu plus chaud, je crois, que le votre (Lyon) ; mais, en » s’élevant, la température change à un tel point, qu’à une lieue du côté » de l’ouest et du nord, on ne cultive aucune espèce d’arbres ; néanmoins, » à environ i5o toises de ce point, et tout près des hêtres qui sont indi-» gènes, on aperçoit des plantations de mûriers : elles sont belles, pro-» ductives, et puisque celles-ci croissent en quelque sorte parmi les hêtres, » qu’on ne trouve que dans les pays froids ( ce qui pourrait être contesté, » comme riétant pas rigoureusement exact), on doit en conclure qu’un » climat chaud n’est pas nécessaire à leur végétation. » La lettre de M. Tessier contient d’autres détails sur la seconde pousse des feuilles dans ce vallon, comparée à celle des mûriers de la Provence et du Languedoc , et au désavantage de ceux-ci; sur les époques où commencent et finissent les achats de cocons, où l’on voit une différence de trente à trente-cinq jours entre les plus précoces et les plus tardifs, détails qu’il serait superflu de présenter ici.
- M. Gensoul réfute ensuite quelques objections qui se sont élevées contre la culture des mûriers dans les départemens dont la température est moins méridionale que celle de Lyon. /
- « Les personnes qui ne partagent point notre opinion, dit M. Gensoul, » ni celle M. Tessier ,, assurent que l’expérience de deux à trois siècles a » prouvé que la soie produite par des vers élevés avec les feuilles des m mûriers cultivés dans les pays au-dessus du quarante-sixième degré, » c’est-à-dire froids et humides, était peu propre à fournir de bonnes étoffes ; » l’expérience faite par votre Commission a démontré le contraire, ce qui » nous porte à croire que cette prétendue infériorité des soies de la partie » septentrionale de la France ne tenait qu’au peu de soins des propriétaires, » qui faisaient filer chez eux les cocons sans avoir tous les agrès néces-» saires : aussi est-il reconnu que dans tous les pays où il n’existe que de » petites filatures , les soies sont généralement irrégulières et de qualité » inférieure; mais depuis que l’on a formé de grands établissemens où » l’on emploie de nouveaux moyens pour chauffer l’eau des bassines, nos » soies ont été portées à un degré de perfection qui égale et surpasse même, » dans plusieurs contrées , les plus belles soies du Piémont. »
- Après avoir observé les circonstances particulières qui ont concouru a fixer la culture du mûrier dans le midi de la France, l’auteur ajoute : « Peu » de temps après, le Gouvernement, ayant compris toute l’importance de ce commerce, chercha a le favoriser et à faire cultiver les mûriers dans
- p.68 - vue 74/507
-
-
-
- C 6g .)
- » toute la France; il accorda des primes aux propriétaires qui faisaient » des plantations de mûriers : beaucoup de cultivateurs répondirent à* cet » appel, et on vit dès-lors des plantations très-considérables même dans » les environs de Paris; mais elles ne furent faites qu’isolément et don-» nèrent de petits résultats : survinrent ensuite les orages de la révolution ; » tous les genres d’industrie furent paralysés, et la soie se trouva réduite » a un prix si modique, que les cultivateurs, ne pouvant plus s’occuper » d’une branche de commerce qui n’offrait aucun bénéfice, arrachèrent la » majeure partie de leurs mûriers. Espérons (continue M. Gensoul) qu’au-» jourd’hui, éclairés par l’expérience que les récoltes sont plus certaines » dans les pays montueuæ et mêmefroids que dans les plaines du midi, on » verra s’avancer du côté du nord la culture du mûrier, soit en arbres à » grand vent, soit en arbres nains. »
- Le rapporteur termine en invitant la Société d’Agriculture du Rhône de solliciter auprès du Gouvernement la récompense que réclame cette branche importante de culture et d’industrie.
- Je vais présenter maintenant l’extrait d’un rapport fait à la Société d’A-griculture du département de l’Ailier par M. Martin, l’un de ses membres, le 2 septembre 1823.
- k Onze particuliers ont élevé des vers à soie, cette année , à Moulins ou » autour de la ville ; un seul établissement s’en est occupé près de Saint-n Pourçain. -
- » D’après des renseignemens qui ont paru exacts, les vers de 58 onces » d’œufs, ancien poids de marc, ont produit 466 livres de soie, même » poids : les vers de chaque once ont donc donné 8 livres ; le nombre des livres de soie aurait été d’un dixième plus considérable, si l’immense » abondance des mûres queportaient les mûriers n’eût altéré la qualité de la )) feuille, m Quelques observations tirées du Cours complet d’agriculture de l’abbé Rozier sur l’air facilement vicié dans les ateliers , sur la nécessité de le purifier, de le renouveler , d’y entretenir la lumière du jour le plus possible, et d’autres, puisées dans divers bons ouvrages publiés sur la matière, occupent une place utile dans le rapport dont il s’agit.
- Le rapporteur compare la récolte dont il vient de présenter le produit à celles qu’a obtenues pendant trois ans M. le comte Dandolo, d’après son excellent Traité sur les vers à soie. Cet auteur rapporte qu’en suivant sa méthode, il a eu de 112 à 127 livres de cocons par once ; mais la livre de Milan n’étant que de 12 onces , poids de marc , l’once lui aurait donné ,. terme moyen, 118 livres de cocons; à cause de la différence de poids, il faut en ôter le quart, il restera donc 8& livres de cocons par once. M. Martin observe que l’année n’a pas même été favorable ; sans quoi, la
- p.69 - vue 75/507
-
-
-
- ( 7° )
- récolte n’eût pas été sanë doute inférieure à celles de M. le comte Dandolo.
- Pour établir plus exactement cette comparaison , il eût été mieux d’opposer livre de soie à livre de soie , et non pas livre de soie à livre de cocons.
- La proportion ordinaire étant de i o livres de cocons par livre de soie, les 88 livres de cocons par once de la récolte de M. le comte Dandolo donneraient 8 livres et j de soie par once ; ce qui différerait peu de la récolte de Moulins, qui en donne 8 livres.
- Ces 8 livres par once de graine sont, dans tous les cas, un très-beau produit, d’autant plus que, suivant M. Martin, les compatriotes de M le comte Dandolo sont loin d’obtenir le même succès; car cet auteur dit lui-même qu’en Italie on ne fait, année commune, que 52 livres de cocons par once, poids de Milan, équivalant à 5g livres poids de marc. Ces produits sont bien inférieurs à ceux qu’on peut obtenir à Moulins, où le terme moyen de vingt années a cfonné 67 livres de cocons par once, et il y a même amélioration dans la méthode d élever les vers à soie, tellement que les dix dernières années ont donné 74 livres par once ; tandis que les dix premières années n’en ont produit que 60. Le rapport cite un fait qui mérite d’être connu.
- Parmi les personnes qui ont élevé des vers à soie à Moulins, il en est une qui de g onces d’œufs, sans être lavés, a eu 1062 livres de bons cocons (près de 120 livres par once) qui ont produit 102 livres desoie; la dépense n’a pas excédé cinq cents francs. La publicité donnée à ce beau produit ne peut qu’encourager la culture du mûrier et l’éducation des vers à soie , par-ticulièrement dans les départemens d’une température à-peuvprès égale à celle de Moulins , qui est sous le quarante-sixième degré de latitude. L’expérience prouve, en effet, qu une chaleur modérée convient particulièrement aux vers à soie; de fortes chaleurs nuisent à leur santé et aux feuilles de mûriers. Le rapporteur exprime le vœu que cette branche si importante de notre agriculture soit favorisée et encouragée ; il ajoute : cest sur-tout autour des villes ou la population, à défaut de manufactures, n est pas toute employée au travail, que des plantations de mûriers devraient être faites; la filature des soies et autres petits ouvrages qui en dépendent en occuperaient une partie tous les ans pendant trois à quatre mois.
- Votre Commission pense, Messieurs , que vous partagerez ce vœu, et qu^en le faisant connaître, ainsi que les détails précieux contenus dans le rapport de M. Martin, vous rendrez hommage aux excellentes vues qui y sont exprimées.
- Quant aux deux pièces d’étoffes confectionnées à Lyon parles soins de la Sociétéd’Agriculture du Rhône, avec les soies du département de l’Ailier, elles sont de parfaite qualité et ne laissent rien a désirer.
- p.70 - vue 76/507
-
-
-
- ( 71 )
- Il est donc démontré qu’au nord defjoiï et à une\disicmcem$ez> èloi*-gnée} le mûrier peut être cultivé aveù succès y et que, les i>ers à soie nourris de sa feuille donneront un tissu aussi fin et aussi brillant que ceux que nous tirons de l’Italie et des départemens Méridionaux de la France. ; I
- u Dans xce moment, dit M. le président de là Société d’Agriculture du „ Rhône, où l’Angleterre cherche à enyahir.notre manufacture dr’iétol^ dé » soie, il est donc bien important de recoiùaaître toutes lés latitudes de ». ..notre sol où il serait possible de récolter de la soiéi t *
- : *> Les débats des Chambres nous ont appris qu’on i8ao la ïrànce à » reçu de l’étranger pour vingt et un millions de soie ; - ce fait seul indique -» combien il est nécessaire de mettre notre agriculture en rapport avec » notre industrie, en tirant de notre sol le plus possible de matières pre-» mières.
- » Le problème que vous avez résolu ( s’adressant ici à ha Société d’Agri-» culture du département de l’Ailier) servira à détruire un préjugé ex-» trêmement nuisible, et à donner de l’extension à la plantationdu mûrier. »
- Jusqu’ici , Messieurs, je me suis presque toujours borné à vous présenter l’extrait des diverses pièces dont se compose le renvoi fait à votre Commission; vous jugerez sans doute avec moi devoir remercier la Société d’A-griculture du département de l’Ailier de la communication quelle vous a faite par l’organe de son président, M. Descolombiers, et de lui en exprimer votre satisfaction, en applaudissant à son zèle et à ses efforts pour la prospérité de l’agriculture et du commerce, également intéressés à voir bientôt se réaliser des vœux aussi louables.
- La Société d’Agriculture du département de l’Ailier exprime le désir que la Société d’Encouragement soit déterminée par la communication qui lui est faite et par l’heureux succès qui est constaté,, à étendre jusqu’à la latitude de ce département les primes qu’elle accorde pour la plantation des mûriers dans les départemens méridionaux (i). Il appartient sans doute au Gouvernement de favoriser par des récompenses les plantations de cet arbre dans les départemens qui y seront reconnus propres, ainsi qu’à l’éducation des vers à soie , et où ces branches d’industrie ne sont pas encore introduites ; néanmoins , Messieurs, ne trouverez-vous pas à propos, vu l’importance de la matière , d’accorder des primes aux cultivateurs et propriétaires qui auraient planté le plus de mûriers dans les départemens au nord de Lyon et jusqu’au quarante-neuvième degré de latitude, par exemple, et qui y auraient récolté une plus grande quantité de vers à soie?
- Votre Commission a été déterminée à vous proposer d’étendre cesrécom-
- (1) La Société d’Encouragement n’a point accordé de primes de ce genre.
- p.71 - vue 77/507
-
-
-
- ( 7 2 )
- penses jusqu’à la latitude de Paris, parce qu’il est constant qu’il a été fait d’heureux>essais de plantations de mûriers et d’éducation de vers à soie dans les environs de’ la capitale. > v, n \ ' \\ v
- La.famille, de M.-.'Bordel, dont on rappellera ici la mémoire avec le juste intérêt qu’inspirent les services qu’il a rendus à l’industrie, a possédé long-temps à Saint-Germain-en-Laye une belle race de vers à soie blancs, de graine de Chine, et en récoltait annuellement de 5o à ioo livres.
- D’un autre côté, dans les environs de Tours et de Saumur, les plantations de mûriers sont très-multipliées ; il-s’y fait annuellement une récolte de plusieurs milliers de livres d’une soie de belle qualité : ces deux villes sont sous le47e* degré de latitude, et peut-être ne sera-t-il pas sans intérêt de présenter ici celle de plusieurs villes près desquelles il se récolte le plus de soie.
- Lyon et Vienne du 46e au 45e; Alais, St.-Jean du Gard et Roquemaur du 45e au 44e ? Avignon et Nismes du 44e au 45e.
- Si l’on prend le degré de latitude pourpoint de détermination, ce n’est pas qu’il n’y ait souvent dans les mêmes latitudes des positions plus ou moins avantageuses à l’éducation des vers à soie comme à la culture dès mûriers ; mais il est nécessaire d’adopter des limites, et c’est seulement ce qu’entend la Commission en proposant d’étendre les primes jusqu’au 49% degré de latitude, sous lequel on sait que Paris est situé. '
- Puisque nous avons eu occasion de parler de M. Bcu'del, ce sera ici le cas de présenter à votre souvenir son excellent Mémoire , consigné dans le Numéro CXXVIII du Bulletin, 14e. année, p. 54., dans lequel, en proposant des vues pour l’amélioration des soies blanches, il a développé les avantages de ces soies, originaires de graine de Chine. Votre Commission pense, Messieurs, qu’il serait convenable que la Société d’Encouragement fit un nouveau fonds pour des prix à accorder en faveur de ceuxqui auraient élevé le plus de vers à soie blancs , provenant de graine de Chine, dont il est facile de se procurer de la graine dans les divers départemens adonnés à la culture des soies, auxquels il en a été adressé par les soins du Gouvernement , il y a quelques années, et où cette culture s’est déjà étendue, mais n’a pas encore reçu le développement dont elle est susceptible (1).
- Adopté en séance, le 22 novembre 1825. Signé Bellangé, rapporteur.
- (1) On se rappellera que la Société a accordé , en 1822, à MM. Poidebard, de Lyon, et Roch&blave, d’Alais (Gard), deux prix pour la culture des vers à soie'provenant de g.raine de Chine.
- IMPRIMERIE DE MADAME HUZARD (née Valut la Chapelle),
- RUE DE L'EPERON, N
- p.72 - vue 78/507
-
-
-
- VINGT-CINQUIÈME ANNÉE. ( N°. CCLXI. ) MARS 1826.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES.
- Description d’un nouveau système de Lavage et de Débourbage des minerais de cuivre , inventé par M. le baron Cagniard de Latour, copropriétaire des mines de^. Sain bel et Chessy, département du Rhône.
- La France possède peu de mines de cuivre ; les principales sont celles de Baigorry dans les Pyrénées, de Giromagny dans les Vosges, et de Sainbel et Chessy, departement du Rhône. L’exploitation de ces dernières offre le plus d’avantage; elles rendent, aimée commune, 126,000 kilogrammes de cuivre. La nature du minerai est un cuivre carbonate etpyriteux assez pauvre. Nous n’entrerons pas ici dans le detail des differentes operations qu’on lui fait subir et qui sont bien connues. Nous nous contenterons d’observer qu’à Chessy , le lavage et le débourbage du minerai, mêlé de matière étrangère, s’exécutait autrefois dans des encaissemens rectangulaires horizontaux ou peu inclinés, de 7 à 8 mètres de long sur 60 à 66centimètres de large. Le minerai brut était étendu en couches peu épaisses sur toute la surface des caisses ; on y faisait affluer un courant d’eau pendant trente-cinq à quarante-cinq minutes, et durant cet intervalle de temps de jeunes ouvriers armés de rateaux étaient occupés constamment à brasser le minerai, en le remontant contre le courant, et en faisant descendre au contraire le sable et l’argile que le frottement en détachait.
- Ce procédé était très-pénible pour les ouvriers, très-long et huit à dix fois plus dispendieux que le procédé actuel. Le minerai obtenu n’était Vingt-cinquième année. Mars 1826. K
- p.73 - vue 79/507
-
-
-
- /
- . ' ' . , ( 74 )
- qu’imparfaitement dépouillé de sa gangue, sur-tout lorsqu’on lavait du rainerai pauvre enveloppé de grès.
- Le débourbage par la nouvelle méthode, due à M. Cagniard de Latour, l’un des membres du Conseil d’administration de la Société d’Encourage-ment, s’exécute dans un crible cylindrique ou tonneau a, fîg. i, 2, 3,4> PL 297 , ayant des ouvertures longitudinales et parallèles de quelques lignes de largeur. Ce crible tourne à l’aide d’une roue hydraulique à augets, k, autour d’un axe horizontal qui le traverse; il est plongé dans une cuve pleine d’eau g jusqu’au niveau de cet axe.
- A l’aide du frottement qui résulte de ce mouvement circulairè, le grès friable et l’argile qui enveloppent le minerai de cuivre se désagrègent, se divisent et sortent au travers des ouvertures du crible ; le sable le plus gros, qui contient encore du minerai, est retenu sur une grille rectangulaire d, suspendue horizontalement au-dessous du tonneau par quatre chaînes s s ; des cames u, disposées sur la circonférence du tonneau, donnent à la grille des secousses continuelles, de manière à permettre au sable fin et dépouillé de la traverser et de se déposer au fond de la cuve g; enfin l’argile, délayée et tenue en suspension dans l’eau afïluente, est entraînée à la rivière.
- Le minerai brut, réduit après cette opération au quart environ de son volume primitif, est trié, soit à la main, soit au crible à la cuve, selon sa grosseur, dans le but d’en séparer les matières étrangères et de nulle valeur qui y sont mélangées.
- - Le tonneau contient 1000 kilogrammes de minerai; une opération complète dure environ quinze minutes, dont cinq pour charger et vider et dix pour débourber. Cinq hommes exécutent ce travail, et ils lavent en neuf heures 35,000 kilogrammes de minerai brut.
- Cette méthode, introduite à Chessy vers le milieu de 1821 , quoique appliquée actuellement à un minerai trois fois moins riche, a conservé ses avantages sur l’ancien procédé, sous le rapport de la célérité, de l’économie et de la perfection de l’opération. Il a permis de décupler, presque sans aucun frais de plus, l’activité de la préparation mécanique, et par suite de suffire à alimenter les fonderies, malgré l’épuisement du minerai de cuivre peroxidé (mine noire) et du minerai pyriteux; enfin il a rendu possible, sous le rapport économique, le lavage d’un minerai carbonaté, ne tenant que 2 à 4 pour cent de cuivre, qui forme la portion la plus considérable du produit actuel de l’exploitation : en sorte que l’on peut dire avec vérité que, sans cette heureuse invention, la mine de Chessy serait abandonnée depuis deux ans, par suite de l’appauvrissement du minerai.
- p.74 - vue 80/507
-
-
-
- pl.297 - vue 81/507
-
-
-
- ( ?5 )
- Cette méthode de lavage est simple, peu dispendieuse à établir ; elle exige peu d’eau et une faible chute ( 3 mètres ) pour être mise en mouvement , et elle offre le précieux avantage de pouvoir s’appliquer à d’autres localités et à d’autres minerais. Aussi M. l’ingénieur Combes, directeur des mines de Sainte-Marie , département du Haut-Rhin, l’a utilisée récemment pour débourber des minerais menus de plomb sulfuré, rebut des anciennes exploitations.
- Ce que nous venons de dire est extrait d’un rapport de~M. l’ingénieur Thïbaud, directeur des mines de Sainbel et Chessy , qui pense que le procédé deM. Cagniard de Latour mérite d’être apprécié par les hommes de l’art et d’être plus généralement connu. Les propriétaires de ces mines, en témoignant leur reconnaissance à l’auteur, assurent que le lavagè des minerais par la nouvelle méthode leur a procuré de grands avantages.
- Explication des fig. de la PI. 297.
- Fig. 1. Coupe verticale de l’atelier de débourbage et de lavage du minerai de cuivre , et du mécanisme employé pour cet usage.
- Fig. 2. Plan de l’atelier.
- Fig. 3. Coupe du cylindre à débourber prêt à être chargé, ainsi que de la grille et de la cuve dans laquelle il se meut.
- Fig. 4. Plan de la grille, le cylindre étant enlevé.
- Fig. 5. Fond du cylindre.
- Fig. 6. Coupe verticale du même.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans toutes les figures.
- a, cylindre dans lequel on jette le minerai pour le laver; ses douves sont un peu écartées pour donner passage au grès friable et à l’argile ; b, entonnoir mobile pour charger le cylindre ; c, plancher de roulage ; d, grille en fer pour retenir le gros sable riche; e, treuil à double manivelle pour élever ou abaisser le cylindre;^ contrepoids pour équilibrer le cylindre chargé ; g, cuve d’immersion ; g1, cuve additionnelle qui est devenue inutile depuis l’emploi de la grille dy A, plancher; i, canal qui conduit l’eau à la cuve d’immersion; j, empellement destiné à tenir la cuve pleine d’eau ; k, roue hydraulique qui donne le mouvement de rotation au cylindre ; l, coursier de la roue hydraulique ; m, canal de fuite de la cuve d’immersion ; n, trop-plein de la cuve d’immersion; o, canal qui fournit l’eau au sommet de la roue k; p, soupape à charnière qui fournit à la cuve g; q, sabot en fer destiné à empêcher le cylindre de glisser lorsqu’on l’incline; rrr, quati’e bras ou supports des chaînes qui soutiennent la grille d; s s, chaînes aux-
- K 2
- p.75 - vue 82/507
-
-
-
- • ( 7<> )
- quelles la grille est suspendue; t, mentonnet à galet tournant, qui reçoit le choc des cames u, fixées au nombre de douze sur la circonférence du cylindre; v, pieds-droits ou jambes mobiles de sûreté pour garantir les ouvriers d’ac-cidens, en cas de rupture de la corde du contre-poids ; x, cadre mobile à charnière qui supporte le cylindre et sert à l’élever et à l’abaisser; y, deux arrêts coudés servant, i°. de support à la grille lorsqu’on a décroché deux des chaînes pour la vider ; 20. à recevoir le contre-choc de la grille pendant le mouvement du cylindre ; zf ressort à spirale pour renvoyer la' grille déplacée à sa position primitive,
- a'y arbre de la roue hydraulique ; b', bras d’embrayage monté sur Taxe du cylindre et qui reçoit le mouvement de la roue ; c1, fond du cylindre avec sa porte à charnière pour le remplir et le vider ; d!9 levier coudé double, monté sur l’extrémité de l’arbre de la roue hydraulique, et qui saisit le bras d’embrayage b' pour faire tourner le cylindre; e' e', cercles d’assemblage à vis pour y fixer les douves du cylindre;^, cercle portant douze cames u, qui impriment le mouvement d’oscillation à la grille dsr g”, soupape du conduit L
- Description d un Appareil dans lequel la vaporisation du gaz acide carbonique liquéfié produit un effet mécanique applicable à divers usages , inventé par M. Brunei.
- M. Faraday y habile chimiste anglais, a lu à la Société royale de Londres, au mois d’avril 1823, urï^ mémoire, dans lequel il a établi, par des expériences très^curieuses, que le chlore et plusieurs autres gaz, exposés à une basse température, se condensent en un liquide qui se vaporise par une chaleur peu élevée, et acquiert une grandi force d’expansion. Voici de quelle manière il est parvenu à liquéfier le gaz acide carbonique.
- Un tube de verre ayant été courbé et fermé à l’extrémité la plus courte , l’auteur y introduisit des fragmens de carbonate d’ammoniaque, de manière à remplir presque entièrement le bras le plus court ; il versa ensuite sur ces fragmens un peu d’acide sulfurique concentré, et ferma l’autre bout à la lampe d’émailleur. En plaçant alors la plus longue branche du tube dans un mélange de glace et de sel, la décomposition qui eut lieu produisit de l’acide carbonique, qui, ne pouvant se dégager, se comprima au point d’être condensé en un liquide sans couleur et extrêmement fluide, dont le pouvoir réfringent était beaucoup moindre que celui de l’eau. Quand on ouvrit le tube, ce fluide se transforma subitement en vapeur , et le tube se brisa avec fracas. M. Faraday trouva qu’à la température de 32° Fahrenheit (o° cen-
- *
- *
- p.76 - vue 83/507
-
-
-
- ( 77 ) '
- tigrades ) , cette vapeur exerçait une pression égale, à 36 atmosphères. On conçoit dès-lors que l’application de la chaleur doit l’augmenter considérablement. .
- M. Brunei, ingénieur mécanicien, établi à Londres, a eu l’heureuse idée d’appliquer cette force expansive de l’acide carbonique liquéfié à la production d’une puissance mécanique. L’appareil qu’il a construit pour cet effet se compose de deux cylindres ou récipiens en bronze A A' Jig. i et 3, PL 298? assez épais pour pouvoir résister à une forte pression, et dont les fonds, également solides, sont réunis par des vis à écrous. Ces récipiens, placés debout, sont revêtus intérieurement d’une chemise de bois L U pour empêcher la déperdition du calorique, et traversés dans le sens de leur axe par un certain nombre des tuyaux métalliques minces S S', qui, devant joindre très-exactement, passent à travers de boîtes à étoupes. Ces tuyaux débouchent par leurs extrémités dans des réservoirs communs FF', percés au centre d’un orifice dans lequel s’ajuste un robinet ou bouchon conique C, qui ouvre et ferme alternativement la communication avec un tuyau E, destiné à amener de l’eau chaude ou froide. A côté des récipiens A A' sont placés deux autres cylindres B B' aussi en bronze épais, nommés cylindres à expansion, qui communiquent avec les premiers par des tuyaux DD'; ces tuyaux sont fortement serrés contre les orifices percés dans les sommets des cylindres par des écrous K K' et R R', de manière à ne pas laisser échapper de gaz. Le cylindre B à moitié rempli d’huile M est surnagé par un flotteur N, qui communique, au moyen d’un tuyau G, avec le fond d’un cinquième cylindre H, placé au milieu des quatre autres ; et le récipient B' communique avec l,a partie supérieure de ce même cylindre par l’intermédiaire d’un tuyau G'. Toute la capacité intérieure du cylindre H est occupée par de l’huile etpar un piston Q, dont la tige I doit transmettre le mouvement à l’extérieur. Un robinet ou bouchon conique P, qu’on fait manoeuvrer du dehors, ouvre ou ferme la communication entre les récipiens A et B.
- On voit par cette description que l’appareil est double, c’est-à-dire qu’il est composé de deux récipiens à gaz et de deux cylindres à expansion, placés de chaque côté, et venant aboutir à un cylindre unique placé au milieu, et dans lequel agit le piston.
- Après avoir fait connaître les différentes parties de l’appareil, nous allons montrer comment il fonctionne.
- L’acide carbonique , dégagé par la réaction de l’acide sulfurique sur un sous-carbonate, est recueilli sous un gazomètre disposé à proximité de 1 appareil et refoulé dans les cylindres A A' à l’aide d’une pompe de compression dont le tuyau est adapté au canal 0. Ces deux pièces, n’ayant rien
- p.77 - vue 84/507
-
-
-
- ( :» )
- de particulier dans leur construction, Vont point e'té représentées dans la figure. Sous la pression de 3o atmosphères et à la température de io degrés, la liquéfaction du gaz commence. On continue le refoulement jüsqu’à ce que le liquide ait rempli les deux tiers environ de la capacité des cylindres: alors fermant la Communication de la pompe aux cylindres à l’aide des robinets coniques P P', on désassemble le gazomètre et la pompe, qu’on enlève , ët *bn ajuste les tuyaux D D', qu’on serre fortement par des écrous aux points R R% pour établir la communication avec les autres parties de l’appareil. L’auteur observe qu’on peut faire servir le même tuyau pour l’introduction du gaz dans le récipient A et pour sa communication avec le cylindre B, afin d’éviter l’emploi d’un double tuyau et de deux robinets, qui compliquent inutilement la construction de l’appareil,
- Les choses en cet état, si l’on fait passer de Peau chauffée à ioo degrés centigrades dans les tuyaux S S du cylindre A, la chaleur, en se transmettant à travers leurs minces parois à l’acide carbonique liquéfié qui les entoure, vaporise une partie de l’acide et cette vapeur acquiert une tension égale à 90 atmosphères ; et comme la tension dans le cylindre opposé A' n’est égale qu’a $0 atmosphères, le flotteur N et Fhuile M qui est au-dessous seront poussés avec une force équivalente à la différence entre les deux pressions opposées, c’est-à-dire 60 atmosphères : le piston sera donc chassé de bas en haut par la même force.
- Si alors on fait succéder à l’eau bouillante de l’eau froide à io° dans les tuyaux du cylindre A et qu’on fasse passer en même temps de l’eau chauffée à ioo° dans ceux du,cylindre A', on concevra que le flotteur N' sera à sou tour poussé de haut en bas, et qu’il transmettra ce même mouvement au piston avec une force qui est aussi de 60 atmosphères : de là le mouvement alternatif du piston , dont la tige peut transmettre la puissance mécanique à une machine quelconque.
- La chemise intérieure en bois LLA à pour but d’empêcher l’absorption de la chaleur par le métal épais des cylindres AA', lorsqu’on injecte de l’eau bouillante dans les tuyaux ; elle empêche aussi ces cylindres d’acquérir une température élevée , qui se communiquerait ensuite à l’eau froide et produirait une pression plus forte que celle qui est nécessaire pour obtenir l’effet désiré.
- Le passage alternatif de l’eau chaude et de 1 eau froide a travers les tuyaux SS devant se faire d’une manière régulière, on donnera aux robinets G G un mouvement uniforme. Pour cet effet, on les réunit par des tiges ou par tout, autre moyen au mécanisme de l’appareil, et on les fait tourner comme les robinets des machines à vapeur,
- p.78 - vue 85/507
-
-
-
- ( 79 )
- L’auteur n’entre dans aucun detail sur les avantagesjde son appareil et sur l’économie qu’il, procure comparativement aux machines à vapeur. Il n’établit point la dépense de combustible ni la durée de l’application de là chaleur destinée à vaporiser le gaz liquéfié , données nécessaires pour pou^ voir juger du mérite de la, machine. M, Brunei l’a déjà fait,fonctionner en. petit; il s’occupe de la construire sur une assez grande échelle pour être employée à une opération manufacturière. M. Pajen, qui a examiné cette machine lors de son dernier voyage en Angleterre -, a rendu compte à la Société des principes sur lesquels sa construction* ést fondée ] et ides utiles applications dont elle parait susceptible.
- Un brevet d’importation vient d’être, demandé en France pour ce nouveau système.
- Explication des jig. de la PI. 298.
- Fig. 1. Coupe du cylindre dans lequel le gaz acide carbonique est liquéfié, et du vase à expansion qui reçoit le gaz vaporisé, prise sur la ligne A B du plan.
- Fig. 2.. Plan des mêmes cylindres, au niveau de la ligne C D de l’élévation.
- Fig. 3. Vue extérieure de l’appareil tout monté, dessiné sur une plus petite échelle.
- Fig. 4* Plan du même appareil pris sur la ligne E F. On â omis le gazomètre, la pompe de compression, la chaudière d’eau chaude et le réservoir d’eau froide , ces parties étant bien connues.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans toutes les figures. Les cylindres et autres pièces du côté droit de l’appareil sont désignés par des lettres primes. 'v
- A Af, cylindres en bronze épais qui reçoivent le gaz acide carbonique en sortant du gazomètre et dans lesquels ce gaz est liquéfié ; BB', autres cylindres, dits à expansion, aussi eu bronze épais, dans lesquels passe le gaz acide carbonique , après avoir été vaporisé dans les cylindres A A' ; C C', robinets ou bouchons coniques, qui ouvrent ou ferment alternativement le passage de F eau chaude ou froide dans les tuyaux S S ; DD', tuyaux qui établissent la communication entre les cylindres A A' et BB' ; E E', tuyaux destinés à amener l’eau chaude ou froide ; F F', réservoirs en forme de cuvette , dans lesquels débouchent les tuyaux SS ; G G7, tuyaux qui établissent la communication entre les cylindres B B* et le corps de pompe intermédiaire H ; le tuyau G entre par le fond du corps de pompe et le tuyau G' par son sommet ; I, tige \
- s
- p.79 - vue 86/507
-
-
-
- ( 8o )
- du piston ; K K' , écrous qui serrent les tuyaux D contre les orifices des cylindres AA'; L, chemise en bois pour empêcher la déperdition du calo-que ; M, huile qui occupe une partie de la capacité du cylindre B; N, flotteur qui surnage cette huile ; 0, canal percé dans le cylindre A et qui aboutit au tuyau D; P, robinet ou bouchon conique qui ferme ce passage; Q, corps du piston ; R R', écrous qui serrent les tuyaux D D' sur les fonds supérieurs des cylindres B B'; SS, tuyaux métalliques , à minces parois, traversant l’intérieur des cylindres A et qui sont destinés à donner passage à l’eau chaude ou froide,
- Description dune nouvelle Tariere en hélice, propre à percer avec facilité et promptitude les bois les plus durs ^ et d'un appareil propre à la fabriquer ; par M. Church , de Birmingham en Angleterre,
- 11 est peu d’opérations des arts mécaniques qui se pratiquent plus fréquemment que celle de percer du bois, et les instrumens employée à cet usage sont en grand nombre.
- Les tarières dont se servent les charrons et les charpentiers sont, comme on sait, composées d’une mèche ronde en acier trempé, dans laquelle est creusée une gorge ou gouttière à bords tranchans, terminée par un tranchant horizontal ; mais la manœuvre de cet outil exige, outre une certaine dextérité de la part de l’ouvrier, beaucoup de force; il n’opère d’ailleurs que lentement. .
- On fait usage aux Etats-Unis d’Amérique d’une tarière à lame torse ou en hélice, qui présente plusieurs avantages sur les tarières ordinaires. On en trouve la description et la figure dans le Bulletin de la Société, onzième année, page io4; mais cette tarière est difficile à aiguiser lorsqu’elle est émoussée. ;
- Celle dont nous offrons la description, quoique construite sur le même principe, en diffère cependant sous plusieurs rapports. Sa forme est celle d’un tire-bouchon ou d’un ruban tourné en hélice, comme on le voit fig. 5 , PL 298. Le centre est occupé par une broche, fig. 6, terminée à son extrémité inférieure en pointe de vrille, et à son extrémité supérieure par un pas de vis qui entre dans un écrou pratiqué dans la mèche z. Cette broche sert à guider la direction de la tarière et à la centrer ; on la retire lorsqu’on a besoin d'aiguiser l’outil, ce qui se fait avec la plus grande facilité sur telle xneule qu’on le désire , sans déranger sa forme ni son diamètre. La tarière
- : opère
- \ ' >
- 7
- p.80 - vue 87/507
-
-
-
- ( 8i )
- opère avec une étonnante rapidité, et perce les bois les plus durs et les plus épais sans que l’ouvrier qui la manœuvre ait besoin de développer beaucoup de force. Le trou qu’elle fait est uniforme et d’une surface polie; les copeaux se dégagent au fur et a mesure qu’elle pénètre dans le bois, sans que l’ouvrier soit obligé de la retirer pour la vider. L’auteür assure que , dans ses effets, elle peut remplacer six tarières ordinaires (j).
- Malgré les nombreux avantages que présente cet outil, sa construction exige beaucoup d’attention pour que les filets soient également espacés et de même épaisseur par-tout. Cette difficulté paraît avoir frappé l’auteur : aussi a-t-il imaginé une machine au moyen de laquelle on peut fabriquer la nouvelle tarière avec toute la régularité possible. Voici la manière de procéder.
- On commence par forger une lame d’acier d’une longueur suffisante et à laquelle on donne la forme représentée en coupeJig. 7. On voit qu’elle est évidée des deux côtés, aplatie en dessus et en dessous, et plus large par le haut que par le bas. La largeur de cette lame est environ des deux tiers du diamètre de la tarière et son épaisseur de moitié. Après avoir été forgée, elle est enroulée autour d’un mandrin au moyen de la machine que nous allons décrire. f
- La jfig. 8 est une élévation latérale de la machine, et la Jig. g est une coupe sur la ligûe AB. a est le bâtis qui supporte les diverses parties du mécanisme ; b le mandrin autour duquel la lame d’acier est enroulée. 11 porte une gorge ou rainure en hélice, dans laquelle se loge cette lame ; l’extrémité postérieure de ce mandrin est taraudée sur une certaine longueur et passe dans un écrou c fixé au bout du canon ou cylindre creux d. Ce mandrin et son écrou sont vus séparément Jig. 10.
- Sur l’axe du canon d, est montée une roue dentée e, menée par un pignon f et par une manivelle u ; g g g sont trois cylindres de laminoirs reposant sur des coussinets logés dans des rainures des plaques pp. Ces coussinets, et par suite les cylindres g g, sont serrés latéralement sur le mandrin b au moyen des vis de pression hh, et en dessus par un double engrenage nn, qu’on fait tourner à l’aide de la clef q. Pour faire tourner les cylindres g g, trois tiges i i, réunies àleur extrémité postérieure par un genou de Cardan rr, reçoivent, par l’autre bout, des roues dentées II, dans lesquelles engrène
- CO XJn instrument à-peu-près semblable a été présenté , il y a deux ans , par M. Biddle à la Société d’Encouragement de Londres, pour percer dans des meules de foin des trous par où l’air s’introduit; ce qui empêche le foin de s’échauffer.
- Vingt-cinquième année. Mars 1826.
- L
- p.81 - vue 88/507
-
-
-
- ( 8^ )
- un pignon unique s, monté sur l’arbre du canon d. Les tiges ii reposent sur des coussinets dans les plaques kk.
- Telle est la machine imaginée par l’auteur pour former les filets de la tarière. Voici la manière de s’en servir :
- La lame d’acier t,fig. 9, de la forme indiquée ci-dessus, est d’abord épointée et amincie par son bout; on y pratique une petite entaille et on la présente ainsi dans la rainure du mandrin , au-dessous du crochet m qui la saisit. On la serre ensuite dans le laminoir en abaissant le cylindre supérieur g au moyen de l’engrenage 11 n. Cette opération terminée, on applique un homme à la manivelle u, et on fait tourner le canon d par l’engrenage ef. Le mandrin fixé au canon d tourne d’abord avec lui ; mais bientôt, attiré par l’écrou c qui reste stationnaire, son extrémité taraudée rentre dans la cavité du canon; ce qui force la lame t, pressée par le laminoir, de passer successivement dans la gorge en hélice du mandrin : c’est ainsi que les filets de la tarière sont enroulés. Le mandrin continuant de tourner , le bout antérieur du filet va buter contre l’arrêt o, qui empêche son mouvement ultérieur.
- Le filet de la tarière ainsi formé, laisse au centre un passage, dans lequel onÿntroduit la broche, Jig. 6 ; mais avant de placer cette broche , la tarière est trempée et son bout est passé sur une meule pour y former deux trânchans : l’un, qui coupe presque horizontalement, comme une gouge; l’autre, qui coupe verticalement, comme un couteau. On a vu, dans la coupe, Jig. 7, que la lame t est évidée des deux côtés, plate et large en dessus, étroite en dessous, et que cette forme présente déjà des angles très-aigus. Après avoir été étirée en hélice et tenue verticalement, les parties évidées, tournées en dedans, seront immédiatement l’une au-dessus de l’autre. La partie concave supérieure étant considérée comme la gouttière d’une gouge, on y forme un bord tranchant en usant sur la meule le côté opposé du filet, à l’extrémité delà tarière, de manière à lui donner une forme convexe correspondante à la forme concave de la partie supérieure ; ce tranchant v ,Jig- 5 , sera presque dans la direction horizontale , ayant son bord extérieur un peu relevé; en passant l’outil sur la meule, on aura soin de rendre ce bord assez tranchant pour qu’il pénètre facilement par son angle dans le bois. Le couteau en hélice du filet est formé sur le bord inférieur oc de la lame, en usant ce bord sur la meule, de manière à laisser un tranchant très-vif.
- L’instrument étant ainsi aiguisé, on introduit la broche, Jig. 6, qu’on visse au centre de la mèche ; on monte cette mèche sur une poignée ou levier , comme les tarières ordinaires.
- p.82 - vue 89/507
-
-
-
- pl.298 - vue 90/507
-
-
-
- (83 )
- Explication des Jig. de la PL 298.
- Fig.-5. La tarière vue séparément munie de sa broche.
- Fig. 6. Broche terminée en forme de vrille.
- Fig. 7. Coupe de la lame d’acier destinée à former la tarière.
- Fig. 8. Élévation latérale de la machine pour former les filets de la tarière.
- Fig. 9. Coupe de la même machine prise sur la ligne AB de l’élévation.
- Fig. 10. Le mandrin et le canon vus séparément.
- aa , bâtis de la machine ; b mandrin portant une gorge en hélice ; c , écrou dans lequel passe l’extrémité taraudée du mandrin; d, canon qui fait tourner le mandrin ; e, roue dentée fixée sur l’axe de ce canon ; f, pignon engrenant dans la roue précédente ; ggg, cylindres de laminoir; h h j vis pour serrer ces cylindres ; i i, tiges qui font tourner les cylindres g g ; kk 7 plateau dans lequel passent les tiges ii ,11, roues dentées montées sur l’extrémité de ces tiges ; m , crochet qui arrête la lame t dans la gorge du mandrin ; nn, engrenage qui serre le cylindre supérieur du laminoir ; o, butoir contre lequel s’arrête le filet de la tarière lorsqu’elle est achevée ; pp, plateaux antérieurs qui reçoivent les cylindres g g du laminoir ; q, levier qui fait tourner l’engrenage n ; r, genou de Cardan des tiges iy s, pignon monté sur l’axe du canon d et engrenant dans les roues II; t, lame d’acier; u, manivelle; v, extrémité inférieure de la tarière; xx} bord tranchant inférieur du filet; z, mèche de la tarière.
- Sur la Force des tuyaux de plomb.
- M. Jardine, iogénieur-hydrauiicien à Edimbourg, a entrepris une série d’expériences, dans le but de déterminer la force des tuyaux de plomb ou l’épaisseur qu’il convient de leur donner. Voici la méthode que cet ingénieur a suivie.
- L’un des bouts du tuyau était bouché; l’autre bout communiquait avec une pompe foulante, au moyen de laquelle l’eau était forcée dans le tuyau jusqu’à exercer une pression très-forte, analogue à celle produite par une chute élevée : une éprouvette dépendant de la pompe donnait la mesure de cette pression.
- Dans les premiers momens de l’action, on n’apercevait aucune altération notable dans la forme du tuyau ; bientôt cependant, on le voyait se dilater graduellement dans toute sa longueur ; ensuite de petites protubérances
- L 2
- p.83 - vue 91/507
-
-
-
- (84)
- se montraient dans les parties les plus faibles, augmentaient peu-à-peu} jusqu’à ce que le métal devenant de plus en plus mince, le tuyau finit par éclater et l’eau par sortir avec une grande violence. ,
- Le tuyau , dans la première expérience, avait un pouce et demi de diamètre intérieur et un cinquième de pouce d’épaisseur ; le métal dont il était formé avait une grande ductilité. Il supporta sans changer sensiblement de forme une pression équivalente à celle d’une colonne d’eau de 1000 pieds anglais de hauteur, ou à 3o atmosphères ; ce qui correspondait à 420 livres anglais par pouce carré de la surface intérieure. Quand la pression fut de 1200 pieds d’eau, le tube commença à se dilater ; la rupture eut lieu sous la pression de 14.00 livres : alors chaque pouce carré de surface supportait un poids de 600 livres.
- Il a paru étonnant qu’un métal aussi mou que le plomb ait pu supporter une si énorme pression ; mais la surprise cesse lorsqu’on considère que cette pression était distribuée uniformément sur toute la masse, et qu’il n’y avait pas de tension latérale ou inégale dans les différentes parties du tuyau, condition la plus favorable pour le développement de la force.
- En mesurant le tuyau après l’expérience, on trouva qu’il avait éprouvé une dilatation d’un quart de pouce ; c’est-à-dire que son diamètre avait été porté d’un pouce et demi à un pouce trois quarts. La fracture produite dans ce tuyau avait un aspect remarquable. Les bords , au lieu d’être dentelés ou déchirés comme à l’ordinaire, étaient tranchans et réguliers comme des lames de couteau y ce qui prouvait que le métal avait été réduit par la pression intérieure à une extrême ténuité.
- Dans la seconde expérience, le tube avait 2 pouces de diamètre et un cinquième de pouce d’épaisseur : il soutint la pression exercée par une colonne d’eau de 800 pieds de hauteur sans paraître se dilater y une colonne de 1000 pieds le rompit. La fracture avait moins de régularité que dans la première expérience ; le métal n’était pas aussi ductile.
- Il serait imprudent, dans la pratique, de soumettre les tuyaux à une pareille épreuve; le tiers de la pression paraît suffisant; mais on peut admettre, en général, qu’un tuyau de 2 pouces de diamètre et d’un cinquième de pouce d’épaisseur, est capable de résister à une pression équivalente à 800 pieds. ( Technical Repository, octobre 1825.)
- p.84 - vue 92/507
-
-
-
- (85)
- ARTS CHIMIQUES.
- Procédé d Impression sous couverte, sur faïence façon anglaise ; par MM. Paillardfreres, manufacturiers à Choisy-le-Roi( 1 ).
- Le papier joseph destiné à recevoir l’impression doit être humecté avec de l’eau saturée de salpêtre, dans la proportion de 4 onces de salpêtre par litre d’eau de rivière ou de pluie.
- La matière ou couleur noire à imprimer est composée d’une partie de cobalt purifié et de deux parties de fer calciné ; ce qui donne un beau noir fixe.
- Cette couleur se broie à l’eau, et pour l’employer on y ajoute une quantité suffisante d’alun et de gomme dissous ensemble.
- Ce noir, ainsi préparé, s’emploie pour couvrir les planches de cuivre, préalablement enduites très-légèrement avec de l’huile d’olive ; on imprime le papier préparé comme on vient de le dire, et on décalque ensuite cette impression sur le biscuit de faïence.
- Cette opération achevée, on,n’a pas besoin d’un deuxième feu, on met en émail pour passer au four à un seul feu.
- Pour imprimer différentes couleurs, il faut avoir autant de planches que l’on veut mettre de couleurs différentes dans le sujet ; ces planches s’impriment séparément avec la seule couleur qu’elles doivent rendre, et s’appliquent les unes après les autres, en suivant exactement les divers points qui indiquent la place où les objets doivent être appliqués.
- ; ----------------------.
- ARTS ÉCONOMIQUES.
- Procédé pour mouler des Ornemens en relief connus sous le nom de stuc ligneux et bois coulé ; par M. Lenormand.
- On prépare une colle très-claire avec cinq parties de colle de Flandre et une partie de colle, de poisson ; on fait fondre séparément ces deux colles dans beaucoup d’eau, et on les mêle ensemble, après les avoir passées à travers un linge fin. On connaît le degré de liquidité convenable, en laissant parfaitement refroidir les colles mélangées $ elles doivent alors fournir une
- (1) Extrait du dixième volume des Brevets d’invention.
- p.85 - vue 93/507
-
-
-
- (86)
- gelée très-peu consistante. La colle ainsi préparée, on la fait chauffer jusqu’à ce qu’on ait de la peine à y tenir le doigt plongé; ce qui lui donne plus de consistance. Ensuite on prend de la râpure du bois que l’on veut mouler, et qu’on a soin de faire, soit avec une râpe fine , soit avec des copeaux séchés au four et pilés, soit avec de la sciure du même bois, passée à travers un tamis très-fin, et l’on en forme une pâte dont on place une couche de deux ou trois millimètres d’épaisseur sur toutes les surfaces du moule de plâtre ou de soufre, après les avoir enduites d’huile de lin ou de noix, de la même manière que lorsqu’on veut mouler du plâtre. Pendant que cette première pâte commence à sécher, on en prépare une seconde plus grossière avec les poussières du même bois qui n’ont pas pu passer par le tamis fin, mais qu’on a passées par un crible plus gros. On. remplit entièrement le moule avec cette seconde pâte, qui donne de la consistance à la première , et l’on a soin de la tasser avec la main dans le moule , afin que la première prenne bien toutes les formes de la sculpture ; ensuite on la couvre avec une planche huilée qu’on charge fortement, afin que la pâte entre bien dans tous les contours, et on la laisse ainsi suffisamment sécher pour qu’on puisse la retirer sans la briser. On connaît facilement, à la retraite que fait la pâte dans le moule en se séchant, le point convenable pour l’en extraire; mais avant il faut, avec une lame assez large, enlever tout ce qui excède la hauteur du moule, afin que le dessous de la pièce présente une surface plane. On colle ensuite l’ornement sur le meuble auquel on le destine, et s’il doit rester de la couleur du bois, on y passe dessus quelques couches de couleur à l’esprit de vin, et on cire à l’encaustique, comme cela se pratique pour les bois sculptés. On a peine à reconnaître que ces sortes d’ornemens sont moulés. On peut les dorer à l’ordinaire; l’or y prend bien et la dorure est très-solide. ( Annales de l’Industrie, août 1824* )
- Procédé propre à faire, avec la soie écrue ^ des Chapeaux imitant les chapeaux de paille d’Italie; par Mademoiselle Julie Manceau^ a Paris (1).
- On fait d’abord des tissus formés de soie écrue de la plus belle qualité et du meilleur choix possible, que l’on dépose dans la teinture ; le teinturier apprête ces tissus de manière à ce qu’ils conservent une certaine roideur qui les rapproche de l’état de consistance de la paille ou de l’écorce ; puis , au moyen d’une mécanique à tresser , on convertit les soies en tresses plus
- (1) Extrait du dixième volume des Brevets d’invention.
- p.86 - vue 94/507
-
-
-
- ( 8y )
- ou moins fines et plus ou moins serrées, suivant la finesse des chapeaux que l’on veut faire. Les bandes tressées sont soigneusement vérifiées dans toute leur longueur, afin d’élaguer les parties qui seraient défectueuses, et qui nuiraient à l’identite du tissu.
- Ces tresses préparées sont aunées, mises en pelotes en quantité convenable et données aux ouvrières chargées de l’assemblage ; cette opération m’exécute à l’aiguille avec du cordonnet en soie à trois brins retors de la nuance du tissu.
- La couture perdue s’obtient en engageant la partie gauche de la tresse avec la partie droite de celle à laquelle elle doit s’assembler, de manière que la couture , prenant en zigzag autant d’un côté que de l’autre , se trouve cachée à tous les points de contact. Ces chapeaux se forment d’une seule pièce.
- On commence la calotte par son centre; les points d’assemblage sont combinés de manière qu’à mesure que les circonférences s’agrandissent, la spirale que forme la couture a la facilité de se développer et de s’assembler sans gripper ; et on continue ainsi jusqu’à ce que le devant du chapeau soit terminé et formé d’une seule tresse.
- L’apprêt qu’on donne au chapeau est composé de gomme adragant préparée ; on y plonge le tissu jusqu’à saturation et on le laisse ensuite , non pas entièrement sécher, mais perdre l’excédant de son humidité, pour pouvoir être mis à la presse.
- On emploie pour cet objet, suivant la forme que l’on veut donner à la calotte , un cylindre ou tout autre solide en bois , composé de plusieurs morceaux percés ensemble dans le centre d’un trou destiné à recevoir un morceau de bois conique. Ce cylindre étant placé dans l’intérieur de la coiffe, la pression sur le morceau conique, passant par le centre de la forme, détermine la tension du tissu ; on cylindre , au moyen de la presse mécanique, qui, en même temps qu’elle presse les chapeaux, leur donne une fraîcheur qu’ils ne peuvent obtenir avec le fer chaud.
- Pour dernier apprêt, on y passe un vernis composé de mastic en larmes, qui les rend imperméables.
- Si , au lieu d’employer des soies écrues, on voulait se servir de cheveux, les chapeaux se confectionneraient de la même manière.
- Ces nouveaux chapeaux sont plus légers que ceux de paille d’Italie ; on peut les laver et les reteindre , à volonté, en diverses couleurs.
- p.87 - vue 95/507
-
-
-
- Chandelles économiques ; par M. O’Neil.
- M. O’Neil & découvert un procédé chimique, au moyen duquel il convertit le lard du porc pour la fabrication des chandelles en une substance supérieure au suif de Russie, et cela sans un surcroît quelconque de dépense. Le lard qui a subi cette opération a l’aspect de la cire blanche ou du spermaceti. Les chandelles faites de cette substance brûlent d’une lumière supérieure à celle des chandelles ordinaires, et égale à l’éclat du gaz le plus pur ; elles sont d’ailleurs exemptes de toute mauvaise odeur , n’ont rien de graisseux au toucher et ne donnent point de fumée ; elles brûlent beaucoup plus long-temps que d’autres chandelles du même poids, et au moyen d’une légère modification du procédé, on les rend ou d’une belle couleur jaune, ou d’un blanc de neige que ni les effets de la lumière ni le temps ne sauraient altérer. (New-York Advertiser, 1825.) v
- Procédé de Fabrication des tuiles, des carreaux et d’autres ouvrages en terre cuite y par'M. Chaumette (1).
- Après que la terre destinée à la fabrication des objets de tuilerie est demeurée plusieurs jours dans la fosse pour qu’elle soit mieux imbibée, on la pétrit à la meule, au lieu d’employer les hommes, qui ordinairement la mêlent mal et n’écrasent pas les petites pierres, qui arrivent à l’état de chaux et causent la rupture des ouvrages par le contact de l’air.
- Le moule, et la tablette qui lui sert de fond mobile, sont fixés sur table à l’aide d’une charnière ; le tout est en fer fondu poli.
- Il faut avoir une provision de plusieurs milliers de petites tablettes en planches minces, assemblées par deux liteaux de trente millimètres de hauteur ; chaque pièce est d’abord déposée sur une de ces tablettes, que l’on empile au lieu de les étendre sur l’aire, où les coups de soleil et surtout la pluie gâtent souvent, dans un instant, le travail de plusieurs jours. Au sable, qui salit les ouvrages et les rend grossiers, il est préférable de substituer des corps gras , pour éviter l’adhérence : alors les ouvrages sont lisses des deux côtés, tandis que la tuile actuelle l’est à peine sur une de ses faces, encore n’est-ce pas celle qui est en vue.
- Après ces premières préparations, on fait un second moulage dans un moule bivalve à charnière et à ressort, fait en cuivre ou en fer fondu, placé, à cet effet, sur une table solide, et au moyen d’une presse simple et d’un maniement très-expéditif. Cette seconde opération a lieu un ou deux jours aprèslapremière ; l’usage apprend à connaître le degré de siccité convenable.
- (1 j Extrait du dixième volume des Brevets d’invention.
- NÉCROLOGIE.
- p.88 - vue 96/507
-
-
-
- ( 89 J
- NÉCROLOGIE.
- Notice sur feu M. Brillat-Savarin ( Jean-Anthelme), membre de la Gourde cassationy par M. Cl.-Anth. Costaz, Vun des secrétaires de la Société d’Encouragement. \
- Depuis quelques années, la Société d’Encouragement fait des pertes qu’elle ne saurait trop déplorer i la mort a frappé particulièrement sa Commission des fonds dont plusieurs membres ont succombé, après avoir rendu des services qui leur méritent des regrets universels. A la perte de MM. Bigot-Préameneu (i) et Boulard (2) , qui, pendant qu’ils ont vécu, ont montré un si grand amour pour la prospérité de leur pays, il faut ajouter celle de leur collègue, M. Brillat-Savarin, décédé le 2 février de cette année. Qu’il me soit permis, en qualité de l’un des compatriotes et des amis de ce magistrat, de parler sommairement des principaux actes de sa vie, consacrée presque entièrement au bien public.
- Il naquit, le 2 avril 1755, à Belley, département de l’Ain, d’un père et d’une mère dont les familles sont fort considérées dans cet arrondissement, et après avoir fait avec un grand succès les études convenables, il embrassa la carrière du barreau. Des connaissances étendues dans le droit, de l’érudition, un jugement sain, le firent bientôt remarquer; ce qui lui procura une clientelle nombreuse, à un âge où l’on 11e parle des avocats ayant du talent que comme de jeunes gens donnant des espérances, qui se réaliseront après un exercice de plusieurs années dans la plaidoierie.
- La convocation des Etats-Généraux, en 178g, lui fît abandonner la profession de jurisconsulte. Nommé l’un des députés du tiers-état par le bailliage de Belley, il figura dans les rangs de ceux qui, à l’Assemblée Constituante, voulaient les libertés publiques. Le Moniteur contient plusieurs discours qu’il prononça dans cette assemblée, tous remarquables par un esprit de modération et de sagesse. Les électeurs du département de l’Ain lui prouvèrent combien ils étaient satisfaits de sa conduite politique, en lui donnant, lors de la création du Tribunal de cassation, leurs voix pour l’une des places de juge dans ce tribunal. Il l’occupa jusqu’à l’établissement du gouvernement révolutionnaire, alors il en fut renvoyé. Rentré dans sa ville natale, il acquit bientôt la certitude que cette disgrâce 11e lui avait point fait perdre l’estime de ses concitoyens. Ils le choisirent pour leur maire ; ils ne jouirent pas long-temps du bonheur de son administration, qui
- /
- (1) L un des rédacteurs du Code civil^ etministre des cultes sous le gouvernement impérial.
- (2) Ancien notaire à Paris, et l’un des amis du littérateur La Harpe, dont il fut l’exécuteur testamentaire.
- Vingt-cinquième année. Mars 1826.
- M
- p.89 - vue 97/507
-
-
-
- ( 9° )
- fut douce et paternelle. Des dénonciations firent lancer contre lui un mandat d’arrêt, et, pour s’y soustraire, il se sauva en Suisse, d’où il se rendit aux États-Unis d’Amérique. Il est dans la circonstance une preuve de l’utilité des talens que procure une éducation soignée. Dans sa jeunesse, il avait appris à jouer du violon, et il tira parti de cette instruction pour avoir des moyens d’existence. Il fit annoncer dans les journaux de New-Yorck qu’il donnerait des leçons de musique aux élèves qui se présenteraient ; ce qui lui en procura de nombreux : de sorte qu’un art que jusque-là il n’avait cultivé que comme un moyen de plaisir et de délassement, devint pour lui une ressource d’autant plus utile qu’elle le mit à l’abri des besoins.
- On a dit, depuis long-temps , qu’en quittant sa patrie, on ne l’emportait point avec soi, et que les souvenirs qu’elle laisse dans l’esprit des hommes forcés delà fuir pour échapper aux proscriptions politiques, troublaient constamment leur bonheur. Ce fait est particulièrement applicable à M. Brïllat-Savarin. Des jours heureux ne luirent de nouveau pour lui que lorsqu’il lui fut possible de revoir ses foyers. Il fut reçu avec des transports d’allégresse si grands par les habitans de Belley, que la plupart d’entre eux allèrent à sa rencontre à plus d’une demi-lieue de la ville. Cette réception le toucha vivement, et elle était l’une des époques de sa vie dont il parlait le plus souvent, et qu’il se rappelait avec le plus de plaisir.
- Après avoir été nommé président du tribunal criminel du département de l’Ain et commissaire du Directoire exécutif près de celui du département de Seine-et-Oise, il fut appelé de nouveau, sous le gouvernement consulaire, aux fonctions de conseiller à la Cour de cassation. Placé ainsi dans le premier corps judiciaire, il reconnut que plusieurs de nos lois avaient besoin d’être perfectionnées, et c’est le désir d’obtenir ce perfectionnement qui le détermina à rédiger, d’abord, un mémoire ayant pour titre : Eues et projets d’économie politique, et, postérieurement,, un ouvrage inédit, intitulé : Théorie judiciaire. Enfin il est auteur d’un Essai sur le duel et de la Physiologie du goût y production remplie d’esprit et de gaieté, et dont les journaux ont parlé unanimement dans les termes les plus honorables. Le dernier de ces ouvrages, qui a paru sans son nom, est, s’il nous est permis de nous servir de cette expression , le chant du cygne, puisqu’il n’a été publié que deux mois avant sa mort.
- M. Brillat-Savarin ne fut jamais marié ; il était blond , avait les traits réguliers, les yeux bleus et pleins de feu, la stature haute et un air à-la-fois imposant et gracieux. Il est du nombre des amis des arts qui ont fondé la Société d’Encouragement, et tant que les années n’ont pas eu diminué son activité, il en a suivi les travaux et les séances avec une grande assiduité. Bienfaisant, humain , obligeant, il était étranger aux sentimens de haine, même envers les individus qui avaient cherché à lui faire du mal, et rien n’est plus vrai que ce qu’il dit à cet égard dans sa Physiologie du goût avec
- p.90 - vue 98/507
-
-
-
- ( 91 )
- une bonhomie touchante. Je dirai plus ; il avait l’âme si belle qu’il ne concevait point qu’on pût haïr. Je m’abstiens de le louer d’avoir été un juge intègre. Admettre que, dans l’administration de la justice, un magistrat puisse être déterminé par d’autres principes que ceux d’une sévère équité , c’est l’insulter gravement, puisque cette supposition le range dans la classe des hommes les plus pervers. Il devient, en effet, ou un assassin, ou un spoliateur de la fortune des particuliers, lorsqu’il prononce ou provoque des juge-mens iniques, pour satisfaire des passions politiques, ou pour se procurer des avantages personnels. Pénétré de l’importance de ses devoirs, M. Bril-lat-Savarin n’a jamais suivi que l’impulsion de sa conscience dans l’exercice des fonctions judiciaires qu’il a remplies.
- Loin de fuir les hommes disgraciés depuis 1814? comme l’ont fait, par un honteux esprit d’adulation et d’ambition, beaucoup d’individus qui se trouvaient dans leurs rangs sous les divers gouvernemens qui ont existé pendant la révolution, il les a toujours accueillis avec bienveillance, ne craignant point de se proclamer leur ami, s’ils l’avaient été auparavant, et de leur témoigner un vif intérêt. Je note cette circonstance qui est honorable pour sa mémoire. Tant de fonctionnaires publics et d’employés dont l’existence politique a été détruite, recommandables par de la probité, des talens et des services utiles, ont eu à se plaindre de procédés différens qu’il convient de la mentionner comme un témoignage de la noblesse et de l’indépendance de son caractère, toujours le même dans les divers bou-leversemens qui ont eu lieu depuis 178g. Avant de mourir, il a eu la preuve qu’il n’avait point donné ses affections à des hommes dont le cœur était desséché. A peine ses amis furent-ils informés qu’il était malade, qu’après s’être rendus dans son domicile pour lui prodiguer les soins les plus tendres, ils prirent la résolution de passer tour à tour les jours et les nuits auprès de lui. Ce n’est pas qu’ils doutassent du zèle de ses domestiques; mais ce zèle n’étant point, comme le leur, excité par un attachement d’un grand nombre d’années ; ils pensèrent que leur présence adoucirait ses souffrances et contribuerait à lui rendre la santé. Vain espoir î II fut enlevé à leur sollicitude après quelques jours de maladie.
- Sa mort a plongé dans l’affliction l’arrondissement de Belley, qui l’a vu naître ; la douleur de ceux de ses compatriotes qui sont domiciliés à Paris n’a pas été moins profonde. C’est ce qu’on a pu remarquer lors de ses funérailles, auxquelles presque tous se sont empressés de se rendre. La Cour de cassation y a envoyé une députation de plusieurs de ses membres. Des avocats auprès de cette cour et auprès d’autres tribunaux de Paris, plusieurs membres de la Société d’Encouragement y ont aussi assisté. On ne saurait trop regretter M. Brillat-Savarin 7 la France perdant en lui un de ses magistrats les plus distingués, et l’industrie nationale l’un des hommes qui en désiraient le plus vivement les progrès et la prospérité.
- p.91 - vue 99/507
-
-
-
- ( 92 )
- OUVRAGES NOUVEAUX.
- Traité de la pomme de terre ^ sa culture et ses divers emplois ; par MM. Payen et Chevallier, i vol. in-8°. avec trois planches. Paris, chez Thomine, me de la Harpe, n°. 78.
- Il existe un grand nombre d’ouvrages sur la culture de la pomme de terre et ses diverses préparations. Parmentier, Cadet-de-Taux et plusieurs autres agronomes distingués en ont parlé avec détail. Les Annales de ïagriculturefrançaise j les Mémoires de la Société royale dagriculture, la Bibliothèque physico-économique et d’autres recueils périodiques renferment des mémoires sur le même sujet.
- Renfermer dans un cadre assez resserré tout ce qu’il est bon de connaître sur une plante qui fournit aujourd’hui à la nourriture de plusieurs peuples de l’Europe; indiquer les meilleurs «procédés pour la cultiver, la conserver , la préparer et en retirer les produits utiles ; exposer le résultat des expériences faites par des savans recommandables sur ce précieux tubercule : tel a été le but que se sont proposé les auteurs de l’ouvrage que nous annonçons. Leur zèle infatigable, leurs connaissances variées, leur expérience dans la pratique des arts , donnent l’assurance que cette tâche ne pouvait être confiée à de meilleures mains. Déjà honorés du suffrage de la Société royale d’agriculture pour un premier mémoire sur la pomme de terre, ils ont voulu justifier les éloges de cette Société par la publication de ce nouveau Traité, qui ne manquera pas d’être accueilli avec l’intérêt qu’il mérite.
- L’ouvrage est divisé en soixante-trois paragraphes ; les quinze premiers traitent des divers modes de culture de la pomme de terre, des sols qui lui conviennent, de la valeur réelle des différentes espèces , des moyens à employer pour reconnaître la quantité de matière sèche contenue dans ces tubercules, pour les conserver à l’abri des gelées, pour retirer la potasse des cendres obtenues par l’incinération des fanes, etc. Dans les vingt-cinq paragraphes suivans, les auteurs font connaître les préparations alimentaires de la pomme de terre, les ustensiles nécessaires, les moyens d’en extraire la fécule, et ses diflférens emplois dans les arts et l’économie domestique, etc. Les paragraphes 41 à 46 traitent de la fabrication du sirop et du sucre de fécule. Le reste de l’ouvrage est consacré à la distillation de la pomme de terre et aux divers produits qu’elle fournit. Les planches, gravées avec beaucoup de soin par M. Leblanc, ne laissent rien à désirer.
- p.92 - vue 100/507
-
-
-
- (93)
- TABLEAU s par ordre alphabétique, des Patentes ou Brevets dinvention et de perfectionnement délivrés en Angleterre pendant Vannée i8a5.
- Nota. La durée de chaque Brevet est de quatorze ans. j
- NOMS ET PRENOMS des
- BREVETES.
- Addams (H.).
- Andrew (J.), Tarlton (G.) dateurs de coton, et Shefley (J. ).....'....^
- Leur
- PROFESSION.
- forgeron-.
- Afsden (J.).
- Atlee ( J.-F. )..........
- Atkins ( G.) et Mariott ( H. ). Atwood ( Th. ) ..........
- Ayton (J.)
- Badau (J.)... Badnall ( R. ). Le même......
- Bagshaw (S. ).....;...
- Dailey (^'uoy. Booth ).
- Barer (J.)............
- Bank (o>oj\ Thomson). Barclay ( W. )........
- Barlow ( J. )......
- Barr (i>oy. Thomson. ) Bâte ( R. )........
- Bateman (J.). ..........
- Beacham (J.)............
- e'béniste.
- Vingt-cinquième année. Mars 1826.
- fabr. de briques.
- taillandiers.
- manufacturier.
- chimiste, fab. d’e'tof. de soie id.
- rafïineur de sucre.
- opticien.
- DOMICILE.
- Londres.
- Crumpsale.
- Leeds.
- Marchwood.
- Londres.
- Birmingham.
- Trowse.
- Ashted.
- Leek.
- id.
- Newcastle.
- . Londres.
- Auldeare.
- Londres.
- id.
- id.
- id.
- COMTES.
- Middlesex.
- Lancaster.
- Yorck.1
- Soutbampton,
- Middlesex.
- Warwick.
- Norfolck.
- Warwick.
- Stafford.
- id.
- id.
- Middlesex.
- Nairn.
- Middlesex.
- id.
- id.
- id.
- H g 3 H £ Ê
- -s
- n « j
- DESIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont été délivrés.
- Nouvelle méthode de faire mouvoir i4 déc. des voitures sur des chemins de fer et ( autres.
- I Machine à filer, doubler et retordre le 11 janv. | coton et la lame, et à griller le duvet.
- ... I Nouv
- 6.lmn- {chaux.
- {Procédés pour empêcher le bois de travailler, pour le durcir et le rendre inaltérable.
- 18 juin, j Grilles de cheminées d’une forme \ nouvelle.
- », 1 Perfectionnemens dans la construc-
- 20 tevr. | tion des cylindres pour l’impression des (toiles, etc.
- , | Ressort applicable au mécanisme des
- 19 tevr. J moulins pour faciliter la mouture du ( grain.
- 16 mai. ( Moyen de séparer les métaux de leur
- \ gangue et de les purifier.
- iofévr. ) Métier pour filer, doubler et retordre \ la f
- 3o juill. j Perfectionnemens dans la filature de \ la soie
- 8 août. ! Tuyaux pour la conduite de l’eau et (autres fluides.
- ! Teinture et impression des toiles de 29 mars. 1 coton, par l’emploi d’une nouvelle substance végétale.
- 1
- j Instrument pour déterminer la lati-3o juill. tude sans avoir besoin de le diriger à ( l’horizon.
- i Procédés pour blanchir, clarifier et i5 mars, décolorer le sucre, connu sous le nom de bâtardes.
- iâ mars. 26 févr.
- Monture et châsses de besicles perfectionnées.
- Bateau de sauvetage portatif.
- ~ , c Garde - robes hydrauliques nou-*9fcrr- { velles. H
- N
- p.93 - vue 101/507
-
-
-
- ( 94 )
- 4$
- NOMS ET P des
- BREVETES.
- Beavan (J.-P.).
- Beever ( J. ) . . . • • .
- Bel'teriDge (uoy. Jennins ). Bernon ( A. )............
- Berry ( lî. ). Biddle (J.).
- Bond ( J.-L.)......
- Turner (J.).........
- Boom (N.).. Bailey (N. ).
- Borradaile (G.).
- Bowler (J.)..... Galon (Th.).. —
- Boweing (E.). Stamp ( R. )...
- Bowser (voy. Gordon). Brandling (R.)........
- Brandreth (J.-S.).....
- Broadmedow (S.),
- Broadwood (J.) .
- Brooke ( J.-E. ).. Hardgrave (J.)..
- Brooks ( P.)..
- Broomfield (J.). Luck (J. )....
- Brown (’S. ).... Brown (S.).
- Brunel (M.-I.).
- Leur PROFESSION. DOMICILE. * COMTÉS. 1 DATE de la délivrance des Brevets. DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels les Brevets ont été délivrés.
- Londres. Middlesex. 7 déc. 1 ~r ' - Ciment susceptible d’être employé dans les constructions ou à d’autres
- .usages.
- Manchester. Lancaster. 6 déc. Nouveaux canons de fusils.
- négociant. Londres. Middlesex. 7 juin. i Machine à fouler et nettoyer les draps [ et les étoffes de laine.
- id. id. id. . 3 déc. f Moyen de conserver les fluides vola-1 tils et autres, ainsi que les substances | concrètes, dans des flacons et des bou-. teilles.
- fabric. de verre. Donpington. Salop. 8 juill. 1 Machine pour nettoyer et aplanir les 1 routes.
- architecte. 1 charpentier. • Londres.] Middlesex. 9 mars., Châssis de croisées à feuillure double, empêchant le vent et la pluie de pénétrer dans les appartemens.
- mécaniciens. Congleton. Chester. i3 janv. _ 1 Perfectionnemens dans la filature, le 'doublage et le retordage de la soie.
- fourreur. Londres. Middlesex. 17 nov. 1 Moyen de fabriquer , d’apprêter et monter les chapeaux.
- fab. de chapeaux. id. id. 27 août. Nouvelle fabrication de chapeaux.
- fileur de soie, tisserand. id. Buxted. id. ] Sussex. j 17 nov. l Système de préparation , de filature 1 et de tissage de la soie.
- Gosworth. Warwick. 12 avril. Construction de routes en fer et de voitures employées sur ces routes.
- avocat. Liverpool. Lancaster. 8 nov. Nouvelles voitures.
- ingénieur. Abergavenny. Monmouth. 2 avril. Moyen de produire le vide et de condenser l’air, la fumée et d’autres fluides aériformes.
- ( facteur d’instru-j mens de musique Londres. Middlesex. 6 oct. 1 f Perfectionnemens dans la construc-Ition des pianos carrés.
- fabr. de lainages. Leeds. Yorck. 28 juill. j Machine à ouvrer et carder la laine.
- graveur. Shelton. Stafford. 21 juin. ( Fabrication de poinçons, matrices et J autres objets.
- ingénieur. Islington. Edgebaston. Londres. 1 Warwick. 20 avril. 1 f Mécanisme pour faciliter la marche de l bateaux, applicable à d’autres usages. 1 f Appareil pour faire mouvoir les bâti-mens et bateaux employés dans la navi-[ gation intérieure.
- f commandeur de 1 marine. Middlesex. 15 mars.
- id. id. 8 nov. 1 [ Machine propre à faire lés tonneaux 1 et autres vases.
- ingénieur. id. id. 16 juill. r Appareil destiné à produire de la (force en employant certains fluides, et 1 application de cet appareil à différens 1 usages.
- p.94 - vue 102/507
-
-
-
- ( 95 )
- 1
- NOMS ET PRÉNOMS ' des PROFESSIONS. DOMICILE. COMTÉS. C ..b ! i < ’-s w DÉSIGNATION DES OBJETS . } poür lesquels
- » BREVETES* ^ d s lés Brevets ont été délivrés. 1
- Burnett ( W. ) marchand. Londres. Middlesex. ii janv.. Moyen d’empêcher la dérive dps navires à la mer et de les protéger contre , les coups de vent. ( v 1
- Bitrnett (H ) id. id. igfévr. . Machine de rotation au moyen de
- leviers et de la vis sans fini
- marchand. id. id. ’ [ Procédé de ventilation des maisons et
- autres édifices. •
- Btjrstaee ( Th. ). ........... j ingénieurs. Greenwich. Kent. 3 févr. Voiture à vapeur pour le f ransport des voyageurs et des marchandises. Bières construites de manière à ee que
- Londres. Middlesex. 12 août.
- les cadavres ne puissent en être enlevés.
- Cabanae ( R. ) ingénieur. id. id. 3o mars. Machine pour élever l’eaui r rr:rr
- CaïEEY ( G. •)... . . .. . . > Chambers ( A.) : Brompton. Londres. id. * Yorck, ; Middlesex. id. 6 octoh. Voiture à vapeur locomotrice* T
- Jearrard (C.) ! Chareeton ( G. }' Walker ( W. ) :.... contre-maîtres j de navire. ) io août. Perfectionnemens dans la construction des navires.
- Chesseborough ( J. ) teinturier, Manchester. Lancaster. 16 juill. . Moyen de dévider ët mettre sur des bobines les fils de coton, de laine, de lin, etc.
- Church ( W. ) ’.. Warwick. iSianv Perfectionnemens dans la construc -tion des cylindres, des tubes et autres objets en fer et cuivre.
- - iôjanv. ê
- Cochrane ( Th.). .... ....... T unbridge-W élis. Kent. 16 sept. Moyen de faire naviguer les vaisseaux 1 en mer.
- COCIIRANE (W.) ....... . Londres. Middlesex. 8 nov. Nouvel appareil de cuisine.
- Coeeinge (J.). .*/.. .. ....... " ingénieur. Lambeth. Surrey. 15 mars. Ressorts applicables aux portes et aux barrières. ^
- Cook (B. ),. .... . fondeur de cuivre Birmingham. Warwick. ionov. • Mojren de rendre les câbles des vaisseaux et les ancres moins sujets à se détériorer pendant que les vaisseaux •sont à l’ancre.
- Le même. .......... , id. id. id. io nov. i-. Nouveau mode de reliure dès livres et des portefeuilles.
- CORBETT ( R. ) VÎV. . marchand, i ..(Jlasgov. Ecosse. 2i juin. Marchepied de voitures perfectionné.
- CoSNAHAN ( M. 'l . Isle de Man. id 17 mars. Instrument pour déterminer la mar-
- che et le sillage des vaisseaux.
- Craig (-uoj. Fdrmi val ; i*.-.'. . S i :i * , '. ! { ;iv
- Crosley ( S. )................. î’ Lopdres. Middlesex. Ier. févr. i Appareil pour mesurer la quantité de liquide passant d’un y^se dans qn alit rc. ’ ....... .1;. . . •.-. .".A
- Le même j. \V> • • • • • id. id. i<r.féyr. 'Régulateur pour l’émission' du gaz.
- CrOYVPER ( J.<)‘ • vv - i- • . ...... fabr. die dentelles. Basford. Nottingham. 3i mai. Métier à dentelle.
- DaNIEEE :f f. ,‘i . fahric. de draps. Stoke. Wilts. i3oct. j : *>'? - ; . . . -;i - T Perfectionnemens ajoutés au métier â tisser les étoffes de laine. ’ §
- Na
- p.95 - vue 103/507
-
-
-
- ( 96 )
- NOMS ET PRÉNOMS des ; BREVETÉS. PROFESSIONS. DOMICILE.
- DàviE (N. )... .. ;.;.. • ingénieur. Leeds. . •: '‘i-'
- Day ( J. ) . • • • • Hale (S.) fabr. de dentelle. i Nottingham.
- Delayons (J.) dentiste. Londres.
- Deeavaeee ( voy. Hanchelt ).
- id.
- Dentson(S.) Harris ( J. )... ... :.... fabr. de papiers. Leeds.
- Deyereein (J. ) . fabricant d’outils. Londres.
- Downing (Ch. )...... .. V,....-........ Bideford.
- Downton ( J. ) . ....... . .U .. charp. de navire. Blackwell.
- Le même................. '.. ici. ‘ ici.
- Duesbury ( W. ) . ... ... . .... fabr. de couleurs. Bosel.
- v, . Londres.
- Dwyer (Th. ).'. .,•"• • • • • fabricant de soie. Dublin.
- DïER (J. ) . . . . . . . . . . ... .J. . fabric. de cardes. Manchester.
- Bradford.
- y.i ; Edmonds ( E. ) fabric. de draps. Bradford.
- Edwards ( D.) ... i....... manufacturier. Londres.
- Eleis (E.-D.)-.. marcb. de chaux. Crexton.
- Erard( P. ). '. .. fact. d’inst. de m. Londres.
- ErROYD (-Doy. WlEKS ).
- Eve ( A. ) fabricant de tapis. South.
- Eve ( J. ). ingénieur. ! Liverpool.
- '.""“‘"T ’.t ' 'J, • ; J >ï ‘ Fanshaw ( H. ) fabricant de soie. Londres.
- Farey (J.' ). .V. :. . ï. ' . i -‘ingénieur., * id.
- Farrow ( B. ) taillandier. id.
- • •> ; " i';. U-; (TOU*; r ! '.! - • l'x .,^1 'HO (. c . . 1 “ ; ? ! ' : ; ' 77
- © r, l i g l % §3 « DÉSIGNATION DES OBJETS
- COMTÉS. pour lesquels
- W d s - ^ les Brevets ont été délivrés.
- Yorck. 7 mai. 8 juillet. Machine à filer la laine peignée. Perfectionnemens dans la construction des métiers à dentelle.
- Middlesex. i6juillet [ Instrument pour arracher les dents, 1 et nouvelle méthode de les fixer.
- id. i5 sept. Fabrication des cordages et câbles.
- Yorck. ier.janv. \ Machine propre à faire du papier | avec ou sans vergure.
- Middlesex. 10 nov. 1 Balances dites balances allemandes, à | tablier; et à bascule.
- Devon. i5 août. Nouveaux fusils de chasse.
- Middlesex. 18 juin. Garde - robes hydrauliques perfectionnées.
- 0 id. 19 juill. Nouvelles pompes.
- Derby. 29 sept. Fabrication d’une couleur blanche au moyen du sulfate de baryte.
- Middlesex. 3o avril. | Appareil pour préparer et clarifier le 1 café et le thé.
- Irlande. i3 oct. Perfectionnemens dans la fabrication des boutons.
- Lancaster. 9 déc. Machine propre à fabriquer les cardes et les rubans de cardes.
- Sommerset. i3 oct. Construction de voitures à vapeur ou locomotrices, et de routes sur lesquelles ces voitures doivent circuler.
- id. 3 déc. Machine à ouvrer et carder la laine.
- Middlesex. 26févr. Ecritoire construit de manière que par la simple pression l’encre arrive a la plume.
- Kent. i4 mai. Composition d’une substance propre à faire les briques.
- Middlesex. ôjanvier Perfectionnemens dans la construction des pianos.
- Lincoln. 15 sept. Nouveaux tapis. -
- Lancaster. 24 sept. Machine à vapeur perfectionnée.
- Middlesex. 12 août. Appareil pour filer, doubler et or-gansiner la soie.
- id. 16 juill. Nouvelles lampes.
- id. igfévr. • Moyen d’augmenter la durée et la solidité des édifices et de les rendre incombustibles.
- p.96 - vue 104/507
-
-
-
- ( 97 )
- NOMS ET PRENOMS des
- BREVETES.
- Ferris (M. ).........
- Fisher (J. ).........
- Feint ( voy. Shepperd ).
- Fox ( J. )...........
- Freeman ( voy. Nunn ). Friend (Ch. )........
- PROFESSIONS.
- impr. de calicot.
- distillateur.
- raffineur de sucre.
- Furnival ( W. ).............| fabricans de sel.
- Craig (J.)................
- Galon ( voy. Boweer ). Gaeeoway ( A. );...
- Garsed (E.)........
- Gillman ( W. ), SoWERBY ( J. ). .
- GlROUB ( H.) Gook ( Th. ).
- Gordon ( D. ). Bowser ( W. ).
- Gravier ( J.}.
- Greenwood( voy. Sayner).
- Gresentwhaite. ........
- Grimble (W.) ..........
- Guestier ( J. )........
- Gurney (G. ).
- Le même
- Le même.
- Hall {.voy. Day). IIaeley ( W. )....
- xngemeur. fîleur de lin.
- ingénieur,
- marchand.
- lieutenant dans la marine royale.
- négociant.
- chirurgien.
- , id.
- id.
- fondeur de fer.
- DOMICILE.
- Londres.
- id.
- Plymouth.
- Londres.
- Chester.
- Londres.
- Leeds.
- Londres.
- id.
- id..
- id.
- id.
- Nottingham.
- Londres.
- id.
- id.
- id.
- id.
- id.
- COMTES.
- Middlesex.
- id.
- Devon.
- Middlesex.
- Middlesex.
- Yorck.
- Middlesex.
- id.
- id.
- id.
- id.
- Nottingham. Middl esex.
- id.
- id.
- id.
- id.
- id.
- 81S
- i4 de'c.
- 2 avril.
- i4 mai.
- 26 juill. 8 juillet.
- i4 mai.
- DESIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont été délivrés.
- Presse pour imprimer les calicots.
- Chemins de fer et véhicules employés sur ces chemins.
- Alambic de sûreté pour la distillation des liqueurs.
- Nouveau mode de raffinage du sucre. Nouveau procédé de fabrication du sel.
- Machine à fabriquer les briques et les tuiles.
- . , ( Machine à broyer, teiller et peigner
- 14 mai> le chanvre et le fin. 8
- i Perfectionnemens dans la construc-i3 avril. < tion des appareils pour produire la va-f peur.
- 8 f Préparation chimique propre à rem-1 placer la noix de galle.
- 16juill.
- les
- Placage du fer avec le cuivre.
- 26 fév.
- 14 mai.
- 15 mars. i4 mai.
- Voitures dites de sûreté, et mécanisme pour enrayer les roues lorsque les chevaux s’emportent.
- Moyen de régler l’émission du ga dans les appareils portatifs et de le garantir de toute explosion.
- Pompes à air nouvelles.
- Nouvel appareil distillatoire.
- 1 nov I Fabrication du papier avec une nou-7 ’ 1 velle substance végétale.
- {Instrument de musique à clef dont le son peut être augmenté ou diminué à volonté.
- Mécanisme pour faire marcher les i4 mai. > voitures sur les routes ordinaires et sur les routes en fer.
- Appareil pour générer et conduire la vapeur. .
- 21 oct.
- 5 mars. Nouveaux soufflets de forge.
- p.97 - vue 105/507
-
-
-
- (98)
- PROFESSIONS. DOMICILE. COMTÉS. DATE la délivrance des Brevets.
- S
- Ham. ; Surrey. Middlesex.
- Londres. 25 mars. ^ i5 mars, j
- fab. de bouchons. id. id.
- ... tr Hd. id. id. i5 mars. |
- id. ' . -, id. id. 16mars, j
- bijoutier. id. id. 16 juill.
- ingénienr. id. Middlesex. ier. nov. J
- fabr.de dentelle. Tiverton. Devonshire. itr. janv. |
- ‘ id. id. id. 11 fév.
- i id. id. id. 25févr.
- id. id. id. 3i mars.
- id. id. id. 6 juillet.
- id. Worcester. Lancaster. njanv. |
- fabricant de draps Leeds. Yorck. 8juillet. |
- chirurgien. Londres. Middlesex. 22 mars.
- lieutenant d’artil. Woolwich. Kent. 26févr.
- ingénieur. Ashton under line. Lancaster. iomai. |
- ingénieur civil. Londres. Middlesex. 8 nov. |
- fabricant de draps Leeds. Yorck. 11 janv. J
- id. id. id. 5 mars, j
- id. const. de moulins. | id. id. 2i mars, j
- NOMS ET PRENOMS des i > BREVETÉS. s
- Haliidax. ...............
- Hamilton ( vojr. Parker ). ... Hancheet
- (W.). Delvalle (J. )..,
- Hancock (Th. ).
- Leméme. ,,........
- Le même .,...........,
- Hancock (W. )..........
- Hardgrave ( voy. Brooke) . Harris (noy. Denison). Harrison ( voy. Lees ).
- Hawkins (J.-A. ).....
- Heathcoat ( J.)........
- \
- Leméme.................
- Le même,
- Le même Le même.
- Henson ( W. ) . Jackson ( W. ).
- Heycock ( W. ).
- Hicks ( R. ).... Hier (W. ). ...
- JHiel ( Th. ).
- Hiort ( J. ). Hirst ( W. )
- Le même et. WOOD (J.).
- Les mêmes et
- DESIGNATION DES OBJETS pour lesquels les Brevets ont été délivrés.
- Machine mue par la vapeur.
- Mo
- letà
- Moyen de rendre impénétrable à l’eau à l’air la cale des vaisseaux, les vases
- poreuses et fibreuses, et de garantir de la corrosion les différens métaux.
- i5 mars. I Fabrication des cordes et cordages.
- cuir.
- Tuyaux pour la conduite des eaux.
- Procédé pour garantir les livres reliés
- Moyen de filer la soie.
- Procédé pour produire des dessins ou ornemens sur des étoffes de soie, de coton, de laine, etc.
- Fabrication des étoffes façonnées et à dessins figurés en soie, lin et coton.
- Nouveau mode d’étirage de la soie.
- Nouvelle baignoire.
- Moyen de faire marcher les bateaux.
- Machine à mélanger et à filer la laine.
- Procédé de foulage et de nettoyage les draps. s
- Machine à lainer et apprêter les draps.
- p.98 - vue 106/507
-
-
-
- I . '
- /
- NOMS ET PRENOMS
- des
- Les mêmes et. . Heycock ( W. ~) , Wilkinson ( S. ).
- Howard ( Th. ). Hunout ( À.)..
- Hunter ( G.). • • Hurst ( W. ) • •
- Hurst ( H. ) • • Bradley ( G. ).
- Hurst ( W. ) .. Carter ( J. )..
- Jackson {i>oy. Henson). Jacomb (C.)...........
- James (H.). Le même ...
- Le même .......... ............
- Jearrard (voy. Chambers ). Jeeferies (W. ).................
- Jennings ( H. ).
- Jennins ( À. ).... Belteridge ( J. )
- DE JONGH ( M. ).
- Jordan(E. )...
- Kay (J.).
- KimbalL ( N. )
- King ( H.)......
- Kingston ( W. )
- Kollman ( A. ).
- PROFESSIONS.
- | fabricans de draps mécanicien.
- négociant.
- fabricant de draps
- fabricant.
- manufacturier.
- mécanicien
- 1
- filateur de coton.
- march. de laine, ingénieur. id.
- id.
- chimiste, fondeur de cuivre
- fab. de tôle vernie,
- filateur de coton.
- ingénieur, filateur de coton.
- négociant.
- c .-maît. de navire. cbarp. de navire.
- profess. de musiq.
- Lagarde ( A. )
- ( 99 )
- 4> a « H 2 « DÉSIGNATION DES OBJETS
- DOMICILE. COMTÉS. B 5 £ n ^ ” pour lesquels
- 'S les Brevets ont été délivrés.
- Leeds. Yorck. ii août. 1 Mécanisme pour empêcher les voitures de verser. - t ï
- Londres. Middlesex. i3 oct. Nouvelle machine à vapeur.
- id. id. a3 avril. ' Perfectionnemens dans la construc-! tion des armes à feu.
- Edimbourg. Ecosse. 5 nov. 1 Construction et application des roues | de voitures.
- Leeds. Yorck. 16 juill. Machine à carder et mélanger la laine.
- id. id. 16 juill. Métiers à tisser les étoffes de laine.
- id. id. 16 juill. i Appareil pour donner le mouvement 1 aux mulls-jennys.
- Londres. Middlesex. ~ i5 sep. 1 Construction de fourneaux, foyers et 1 grilles de cheminées.
- Winson-Green. Warwick. 5 mars. [ Construction de chemins en fer et de 1 voitures à employer sur ces chemins.
- id. id. 3i mai. i Appareil pour plonger sous l’eau , 1 applicable à d’autres usages.
- id. id. i4 juin. ï Chaudières à l’usage des machines à 'Vapeur. ’
- Londres. Middlesex. 22 OCt. Nouveau procédé de raffinage du sucre.
- id. id. i5 sept. Machine pour communiquer le mouvement sans le secours du leu, de l’eau , ou de l’air.
- Birmingham. Warwick. 29 mars.< Moyen de fabrication de la nacre de perle, et application des ornemens faits avec cette matière sur des objets en laque du Japon. Machines à préparer et filer le co-' ton et la laine, dans lesquelles la main-^ d’œuvre est remplacée par des machines.
- y i LL L lliLU 11
- Norwich. 18 juin. \ Nouveau moteur applicable à diffé-
- 1 rentes machines.
- Preston. Lancaster. 26 juill. 1 Machine pour filer le lin et le chan-i vre.
- Londres. Middlesex. i3 oct. \ Procédé pour convertir le fer en i acier.
- Londres. Portsmouth. id. Kent. 26 nov. î Clefs de mâts de hune et de perro-• quet.
- Londres. Middlesex. 26 fév. 1 Perfectionnemens dans le mécanisme des pianos.
- id. id. 24 nov. Machine pour broyer, teiller et préparer le lin et le chanvre.
- p.99 - vue 107/507
-
-
-
- (100 )
- NOMS ET PRENOMS
- des
- BREVETES.
- Lame ( A ).... Suttil ( W. ).
- Lame ( A. ) ... Langton ( S. ).
- Larivière ( M. )
- Le même.
- Lean ( J.)
- Ledsam (J.). Cook (B. )...
- Lees ( E.).
- Le même......
- Harrison ( G. ).
- Lindsay ( J. ).
- Lloyd (E. ).
- Locket(J.).
- Lord (S. ).... Robinson ( J ). Forster( J. ).
- Luck (wy. Broomfield). Lukens( J. )..........
- Luscombe (E.).
- PROFESSIONS.
- fileur de coton, doct. en théologie
- DOMICILE.
- mécanicien.
- Londres.
- Rye.
- Langton.
- Londres.
- id.
- Fishpond.
- marchand. I Birmingham, fondeur de cuivre J °
- id.
- fahr. de briques
- .}
- f fabr. de cylindres l de cuivre.
- fabricans'.
- mécanicien.
- négociant.
- Lyne (G. H.)................( mécaniciens.
- Stainford ( Th.)............)
- (Th,) Maccarthy( J.-A. )
- Maccurdy ( J. ).... Magrath ( Th. ) ...
- Little-Turroks.
- id.
- Guernesey.
- Fulham.
- Manchester.
- Leeds.
- Londres.
- East-stonehouse.
- Londres.
- id.
- id.
- Dublin.
- COMTES.
- Middlesex.
- Sussex.
- Lincoln.
- Middlesex.
- id,
- Sommerset.
- Warwick.
- Essex.
- id.
- Middlesex.
- Lancaster.
- Yorck.
- Middlesex.
- Devon.
- Middlesex.
- id.
- id.
- Irlande.
- g .e i
- < % m fl <* g
- 1er. sep.
- io fév. ii août.
- DESIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont été délivrés.
- Machine pour préparer, filer, retordre et doubler le lin, le chanvre et des bourres de soie.
- ( Composition propre à remplacer la ( drëche et le houblon.
- 5 Moyen de préparer et durcir les bois (de construction et autres.
- / Machine pour percer les plaques mé-15août. ; talliques de manière à en former des (tamis, passoires, etc.
- ( Presses et balanciers pour perforer 28 nov. < des plaques métalliques et emploi de (ces plaques.
- ( Mécanisme pour opérer et alterner le 3o juill. \ mouvement entre des corps tournant (sur un axe commun.-
- 3i mai. 19 fév, icr. fév.
- 14 juin. 19 fév. i4janv.
- 11 août.
- I Procédé d’épuration du gaz hydro gène.
- r Moyen de conduire et de diriger les j eaux pour l’irrigation des terres.
- - Procédé pour faire des briques, des tuiles et autres objets en argile.
- (Construction des grandes routes, des rues et des véhicules destinés à les parcourir.
- { Appareil pour alimenter les four-/neaux de charbon et autres combustibles.
- ( Perfectionnemens dans la fabrication / des cylindres d’impression des calicots (et autres tissus de coton et de lin.
- ( Machine à lainer, apprêter et presser île drap.
- Î Instrument nommé lithontripteur, pour détruire la pierre dans la vessie sans avoir recours à l’opération de la taille.
- 6 déc. s Préparation d’une huile végétale pro-fpre à l’éclairage.
- 23 août. I Machine propre à faire les briques.
- 10 nov. | Système de pavage des routes et des J rues.
- 27 déc. 5 Nouveau moyen de produire la va-1 ’ (peur.
- 11 ianv i Composition pour conserver les sub-J ’ (stances animales et végétales.
- p.100 - vue 108/507
-
-
-
- ( loi )
- NOMS ET PRENOMS des
- BREVETES.
- Magratu ( Th. )..
- Makintos'ch ( C. ). Manton(J.)......
- Le même ............-
- Mariott ( vojf. Atkins).
- Martineau ( J. ) Smith ( H.-W.)
- Mason ( W. )••••• Masterman (Th. ).
- Le même...................
- Melville (F.).............
- Mercy (C.).... ...........
- Metïenberg (J. )..........
- Morgan(wj'.Perümberton). . Mosedale ( voy. Turner ).
- Moulu (J.)................
- Mulliner(-voj'.Worthington). Musselwhite ( Th.)........
- PROFESSIONS.
- arquebusier.
- id.
- ingénieur.
- DOMICILE.
- fabric. d’essieux, brasseur.
- ( facteur d’instr. 2 ( de musique. J
- Nunn ( H. ) ... FreeIuann'^ G.
- Ogilvy ( C. ).......
- Ogle (voy. Williams).
- Palmer (H. )........
- Parker (S. ).. • Hamilton ( F. ).
- Parkin ( Th. )..
- Parr (W. )............
- J^ingt-cinquième année. Mars 1826.
- sellier-harnach. fabr. de dentelle.
- ingénieur.
- fondeur de fer. ingénieur. (
- négociant.
- Dublin.
- Crosbasket.
- Londres.
- id.
- id.
- id.
- id.
- id.
- Glasgow.
- Londres.
- id.
- id.
- Devizes.
- Londres.
- id.
- id.
- id.
- id.
- id.
- COMTES.
- Irlande.
- Lanark.
- Middlesex.
- id.
- id.
- id.
- id.
- id.
- Ecosse.
- Middlesex.
- id.
- id.
- Wilts.
- Middlesex.
- id.
- id.
- id.
- id.
- id.
- DATE ! de la délivrance B dos Brevets. | DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels les Brevets ont été délivrés.
- iijanv. Appareil ou réservoir pour contenir de l’eau et autres fluides, et les garantir des effets de la gelée.
- i4 mai. 1 Nouveau procédé de fabrication de l’acier.
- 26fév. Perfectionnemens dans la construction des armes à feu.
- 26 mars. Procédé de fabrication du plomb à giboyer.
- 6 oct. 1 Nouveau procédé de fabrication de 1 l’acier.
- 18 juin. Essieux de voitures.
- 19 fév. Appareil pour boucher les bouteilles 1 contenant du vin, de la bière et autres liquides.
- 5 mars. [ Perfectionnemens et additions au pré-1 cèdent brevet. J
- 18 janv. [ Moyen de régler et modérer la ten- | ision des cordes des pianos carrés.
- 8 sept. î Mécanisme pour imprimerie mouve-1 ment aux bateaux.
- 26 fév. ' Liqueur antipsorique, pour la guéri-1 son de la gale et d’autres maladies cutanées.
- 19 févr. ! Perfectionnemens dans la construc-1 tion des armes à feu.
- 16 juill. j Colliers pour les chevaux et autres 1 animaux de trait.
- 15 mars. î Fabrication du tulle et de la dentelle 1 connus sous le nom de bobbin-net.
- 20 avril. Appareil pour produire du gaz.
- i5 sept. I Mécanisme pour faire mouvoir les • bateaux au moyen de la vapeur.
- 12 qov. Nouvel alliage métallique.
- 29 mars. j Pavage des routes et des rues facili-i tant le roulage des voitures. 8
- 27 août. Nouveau moyen de faire marcher les I bateaux. , g
- *
- p.101 - vue 109/507
-
-
-
- ( I(>2 )
- NOMS ET PRENOMS des
- BREVETÉS.
- Perkins ( J.)
- Peremberton ( R.-S.). Morgan (J.)........
- Philips ( C. ) Piiipps ( J. ) .
- PROFESSIONS.
- ingénieur.
- Poole (M. ).
- Pope ( W. )...
- Le même....
- POWELL ( C. ) .
- Pratt ( S.).
- fabr. de papiers.
- physicien.
- fabr. d’équipagës militaires.
- Pritchard ( voy. Stansfeéd ). Pyke (Th. )...............
- Raddatz(J.).. Ranyard ( W. ). RrBMund ( D. ).
- Reedhèad ( J.).
- DOMICILE.
- Londres.
- Lanelly.
- Finsbury.
- Londres.
- id.
- id.
- négociant, fa b. de chandelles ingénieur.
- « /ta a imprimeur
- Richardson ( D. ).......; • • J d’étoffes de laine. •
- Hirts ( W. )........ ...... manufacturier. )
- Rider ( S. )....... carossier.
- Fudgwày ( J. )...;.......
- Rivière (J.).............
- Robert (R.).
- Roberts (à.. Rogerson (voy. Hirst). Ronald s (F, )......
- fab. de porcelaine arquebusier.
- ingénieur.
- Rochfield.
- Londres.
- Broadway.
- Londres.
- Kinsgton,
- Londres.
- Heworth.
- Leeds.
- Londres.
- Cauldon.
- Londres.
- Manchester.
- Londres.
- Croydon.
- COMTES.
- Middlesex.
- Carmarthen.
- Kent.
- Middlesex.
- id,
- id.
- Montmouth.
- Middlesex.
- Soinmerset.
- Middlesex.
- Surrey.
- Middlesex.
- Durham.
- Ÿorck.
- Middlesex.
- Staffordshiré.
- Middlesex.
- Lancaster.
- Middlesex.
- Surrey.
- a) i: “ H — g
- < 3 m
- fl -'a
- DESIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont été délivrés.
- j Construction de lits, sophas et autres ii août. I meubles.
- 21 OCt.
- 18 juin, iijanv.
- 9 juin-
- Pompe aspirante et foulante.
- Boussole marine perfectionnée.
- Fabrication du papier par machines.
- Préparation d’une substance propre à faire des chandelles, et perfectionnement dans la fabrication des mèches.
- 3 déc
- 3 déc. 6 juin.
- L
- Perfectionnemens dans la construction des voitures.
- Nouveau procédé pour fabr. le savon. Machine soufflante.
- Moyen de combiner le bois et le mé-. tal pour en former des baguettes et cou-i4 mai. < lisses applicables aux bois de lit, aux [ corniches et à d’autres ouvrages.
- i4 mai.
- i4 mai.
- 2 nov. 28 juin.
- 26 juill.
- 26 juill. 28 avril.
- 29 mars.
- 23 avril.
- 1 Mécanisme pour empêcher la chute 1 des voitures.
- l Perfectionnemens dans la construction des machines à vapeur.
- Brosse cylindrique et à rotation.
- ï Construction des vaisseaux et des 1 édifices.
- i Mécanisme pour faire marcher lesba-< teaux et navires employés soit sur mer, (soit pour la navigation intérieure.
- ( Procédé de teinture et d’impression j des étoffes de laine et autres.
- Construction des flèches de voitures.
- Robinets en porcelaine et en terre cuite, pour soutirer les acides et toute espèce de liquides.
- Platine de fusil nouvelle.
- Perfectionnemens applicables aux ulls-jennys, et métiers continus pour la filature du coton, au moyen desquels les broches et les cylindres d’étirage s’éloignent ou se rapprochent réciproquement.
- Conservation des pommes de terre et autres végétaux.
- 23 mars.
- I Appareil pour dessiner d’après na-• ture.
- p.102 - vue 110/507
-
-
-
- ( >o5 )
- fl ^ w 5 g DÉSIGNATION DES OBJETS
- PROFESSIONS. DOMICILE. COMTES. E-i s S fl î” pour lesquels
- § - les Brevets ont été délivrés.
- bonnetier. Leicester. Leicester. 19 fév. 1 Machine à peigüer la laine et autres | matières filamenteuses.
- fileur de soie. Manchester. Lancaster, ier. nov. Métier pour purger-et filer la soie.
- fondeur de cuivre Edgebaston. Warwick. 18janv. Robinets pour soutirer les liquides.
- mécanicien. ! Hoxton. Middlesex. 3i mai. Métier mécanique pour le tissage des | étoffes de. soie , de .coton, etc.
- distillateur, j Londres. id. 28 juin. Nouvel appareil distillatoire.
- fabr. de boutons J Broomsgrove. Worcester. i3 oct. Fabrication des boutons.
- teinturier. mécanicien. Leeds. ] Gomersall. i Yorck. 11. janv, : 1 Machine pour débiter les bois de construction-et autres. •
- charp. de navires. Bermondsey. Surrey. 6nov. Perfectionnemens dans la construction des voitures. .•i . ...
- ingénieur. Londres. j Nortvich. Middlesex. 2 nov. 12 avril. Moyen de faire naviguer les bateaux dans lès canaux et les eaux peu profondes. | Fontaine statique pour élever et conduire l’eau.
- drapier. i ingénieur. \ Uley. Glocester. 29 mars. < Machines à lainer, brosser et apprêter les draps, dans lesquelles les chardons' sont remplacés par des plaques de cardes.
- tailleur. Londres. ! 1 Middlesex. 18 août. t Appareil propre à remplacer les corsets et à empêcher la déformation du (corps.
- lieut. de marine. Wrangford. | Suffolk. 8 juillet. 1 Manière de tendre, carguer et ma-' nceuvrer les voiles des navires.
- ingénieur. Stanley-mills.’ Glocester. 16 juillet Machiné à tondre et lainer les draps.
- Dunston-hall. Derby. 11 janv. 'i # | Nouvelle fabrication des lisières en [laine et laine et coton, et autres ma-
- .tières filamenteuses.
- id. id. 21 juin. 1 Machine propre à filer, doubler et 1 étirer la soie et le coton.
- fabricant de soie. Leek. Stafford. 11 janY. i Perfectionnemens dans le tissage des étoffes.
- | négociant. ingénieur. i Leeds. Cambridge. Yorck. 16 juill. 28 oct. [ Construction des métiers mécaniques 1 et desappareils applicables àces métiers. il... [ Construction des cloches de plongeur » ou appareil pour plonger sous l’eau. .
- i
- ; i Blackheath. i Kent. | 20 avril. ’ Composition de divers ingrédiens, pouvant être employés comme combustible. .. -7
- ' - -^7- -- 7; :
- NOMS ET PRENOMS des
- BREVETÉS.
- Ross ( J. ),..
- Royre ( Y.)...
- Rcdder (W.).. •
- Sabrer ( H. ) •••
- Saintmarc- (J. ) • Sanders ( B. )..
- Sayner (G. ).. • • Greenwood ( J. )•
- Seaton ( Th. ). Seàward ( J. ) .
- Sharders ( W. )....
- Sheprey ( <voy. Andrew ).
- ShepperD (S. )
- Frint ( A.
- Shoorbred ( A. ) ........
- Shurdham(N. ) .. SlTRINTON ( Th. ) . Smith (F. )......
- Le même................
- SoWERBY (-DOJ-.GlRRMAN ). Spirsbury ( G. ).........
- Stainforb (oioy. Lyne ).
- Stamp ( *voy. Bowring ).
- Stansferd ( U.).......
- WlRKINSON ( S. ).....
- Pritchard ( W. ) . , .». . . ..
- Steere (Th. )... • Sünderrand ( T.)
- p.103 - vue 111/507
-
-
-
- \
- ( 104 )
- fl w pq £ s ' DÉSIGNATION DES OBJETS
- COMTÉS. H ^3 £ "i pour lesquels
- Q js » ^ -a les Brevets ont été délivrés.
- Middlesex. i4 déc. , Moyen de s’assurer de^la profondeur des voies d’eau dans les navires.
- id. i3 août. Machine à polir, applicable à l’économie domestiqué.
- id, 18 août. - Perfectionnemens dans la fabrication du fer.
- id. 1 b sept. Machiné à vapeur perfectionnée.
- Ecosse. icr. fév. Nouveau tournèhroche.
- Middlesex. Warwick. 121 juin. Moyens de produire la vapeur.
- Middlesex. 11 janr. Machine à vapeur perfectionnée.
- Sommerset. 26 noy. Bois de lits et couchettes.
- Stafford. 28 juin. Selles de chevaux perfectionnées.
- Chester. Middlesex. 2 avril. Colliers pour les chevaux de trait.
- id, 25 mars. Perfectionnemens dans la construction des chronomètres.
- id. i4mai Machine à fendre, couper et débiter les bois. . .
- id. 17 mars. Gonds et verrous deportesét de croisées.
- Stafford. 26 févr. ’ Tuyaux pour la conduite du gaz et pour d’autres usages.
- Lancaster. 8nov. 1 Machine propre à découper les clous 1 et les pointes.
- Yorck. 20 août. Machine à nettoyer et fouler les draps et autres étoffes de laine.
- Middlesex. i6juill. Bistouri de nouvelle forme.
- Yorck. 25 màrs. Procédé d’éclairage par le gaz, qui économise le combustible.
- Middlesex. ‘5 mars. Construction des pompes de rotation pour élever l’eau et autres liquides.
- Yorck. 3o juill. • Cheminée pour les lampes d’Argand et autres.
- Lancaster. 21 juin. Métiers à faire des rubans.
- Middlesex. > 20 avril.. Machine ou appareil pour nettoyer, laver et blanchir le lin , le coton et autres matières filamenteuses.
- id, 1 21 oct. Nouvelle machine à vapeur.
- *r • • • • i4 mai. Serrures perfectionnées.
- NOMS ET PRENOMS des
- BREVETÉS.
- Suttile ( voy. Lame ). Tabor ( J.-A. ).........
- Tarlton ( voy. Andrew ). Tayeor ( J.-A. ) ........
- Taylor ( P.) .. ....
- Teissier (J. ).........
- Thin ( J. )......
- Thomson ( J. ). Bank (Th. )... Barr ( J.) ...
- Tilloch (A. )...
- Tomlinson ( J, ) ...
- Tompson ( G. ).......
- Turner ( W. ) ... Mosedale ( W. ) .
- Ulrich ( G. )....
- Weatherley (H........
- Whitechurch (R.).........
- Whitehouse ( B. )........
- Wilkinson (uoj\Stansfeld) ..
- WlLKS ( J. ) . . Erroyd ( J. ).
- Williams ( P. ). Ogle (J.)....
- Williams (R.). Wilty ( R. )...
- Winch (R.).
- WlTTY (R.)..... • ....
- Wood (voy. Hirst).
- WORTHINGTON (J.
- Mulliner( J. )..... • •• • • •
- Wright ( W. ).........
- Le même..............
- Young ( J. )....
- PROFESSIONS.
- ingénieur.
- architecte.
- ingénieur.
- jurisconsulte.
- sellier.
- carossier.
- horloger.
- taillandier.
- DOMICILE.
- Londres.
- #
- id.
- id,
- id.
- Edimbourg.
- Londres.
- Chelsea.
- Halesown.
- Islington.
- Bristol.
- Wolwerhampton.
- Winslow.
- Londres.
- id.
- id.
- id.
- Wedncsb'ury.
- fab. de fer blanc. ) Rocbdale. '
- iab. de chandelles \
- fabric.de draps, i \ Yorck
- ingénieur.
- ingénieur.
- i
- i
- ;
- ingénieur.
- quincailliers.
- ingénieur.
- * id.
- tonnelier.
- Londres.
- Kingston.
- Londres.
- Sculcoats.
- Manchester. Londres. .
- id. '
- Wolverhampton.
- IMPRIMERIE DE MADAME HUZARD (née Yallat la Chapelle ), rue de l’Eperon, 11°. 7.
- p.104 - vue 112/507
-
-
-
- VINGT-CINQUIÈME ANNÉE. (N°. CCLXII.) AVRIL i8a6.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES.
- Descrip tion dun héliostat de nouvelle construction par M. Hachette, ancien professeur à VEcole polytechnique.
- Parmi les instrumens présentés en 1823 à l'Exposition des produits de l’industrie^ le jury nommé par le Gouvernement a distingué l’héliostat construit par M. Gambey, ingénieur en instrumens de mathématiques, rue du Faubourg-Saint-Denis, n°. 52 , à Paris; et sur sa proposition, cet artiste a reçu une médaille d’or et une mention honorable, tant pour cet instrument que pour la boussole et l’équatorial exécutés dans son atelier et soumis à l’examen du jury. Consulté sur le projet de publier la description de son héliostat, M. Gambey manifesta l’intention généreuse de ne pas jouir exclusivement du fruit de ses recherches; il mit à ma disposition le seul instrument qu’il possédait et qui n’était encore qu’ébauché , en m’autorisant à le faire dessiner. Deux autres héliostats d’une construction pareille sont placés , l’un à l’Observatoire royal, l’autre au collège Bourbon. Les savans qui ont fait usage de cet instrument, le préfèrent aux anciens héliostats et ont manifesté le désir qu’il fût adopté pour tous les cabinets de physique. Le mémoire que j’ai l’honneur de présenter à la Société contient l’explication de l’héliostat de M. Gambey, et pour donner aux artistes les moyens de le copier fidèlement, nous avons joint à l’explication les dessins géométraux qui en font connaître toutes les parties, considérées isolément et dans leur ensemble.
- Vingt-cinquième année. Avril 1826. P
- p.105 - vue 113/507
-
-
-
- Notice historique sur Vhéliostat.
- L’époque précise de l’invention de l’héiiostat n’est pas connue ; les uns l’attribuent à Fahrenheit, auteur de la division thermométrique anglaise, dont les nombres 3.2 et 212 répondent aux nombres 00 et 100 du thermomètre centigrade, d’autres à S'Gravesande, professeur hollandais : ces deux physiciens étaient contemporains; le premier est mort en 1736 et l’autre en 1742. On sait que l’héiiostat a pour objet de réfléchir l’image du soleil vers un point déterminé, de manière que la position de l’image soit invariable sur le tableau qui la reçoit, tandis que le soleil prend toutes les positions apparentes, déterminées par le mouvement réel de la terre.
- Fahrenheit obtenait la fixité de l’image du soleil par deux réflexions successives du rayon solaire. Une première réflexion, qui se faisait sur un miroir plan tournant autour d’une droite parallèle à l’axe de la terre, comme axe de rotation, donnait au rayon solaire la direction de cette droite. Par une seconde réflexion sur un autre miroir plan fixe, le rayon solaire se dirigeait vers le point donné ; mais la double réflexion présentait l’inconvénient de diminuer considérablement l’intensité de l’image du soleil : c’est pourquoi S'Gravesande a composé un héliostat à une seule réflexion; il a donné la description de cet instrument dans ses Elémens de physique, dont la première édition a paru en 171g. Feu M. Charles, connu par son ascension dans le premier ballon à gaz hydrogène et par ses excellens cours de physique, avait utilement modifié l’héiiostat de S*Gravesande. Malus, que le Corps royal du génie militaire regrette autant que les Duhuat, les Coulomb, les Meunier, à qui l’on doit la découverte de la polarisation de la lumière, fit construire par M. Fortin un héliostat à une seule réflexion, que j’ai décrit et expliqué dans un mémoire publié, en i8i3, dans le seizième cahier du Journal de l'École polytechnique.
- Le nouvel héliostat de M. Gambey présente plusieurs avantages qui le distinguent de celui de Malus : i°. l’observateur peut, avant d’en faire usage, vérifier la position respective des parties mobiles qui le composent ; 20. l’instrument s’oriente facilement par la seule connaissance de la latitude du lieu de l’expérience, et de la déclinaison du soleil correspondante à l’heure de l’observation; 3°. le régulateur est renfermé dans une montre et n’est plus, comme autrefois, un pendule que le vent pouvait déranger, ce qui était fort désirable pour un instrument qui doit être placé en plein air , ainsi que M. drago l’a observé dans le rapport qu’il a fait à l’Académie royale des sciences , le 3 novembre 1823. La construction de l’héiiostat de M. Gambey est fondée sur les notions élémentaires d’astronomie que nous allons exposer.
- p.106 - vue 114/507
-
-
-
- ( '°7 )
- PREMIERE PARTIE.
- Théorie de ïhéliostat.
- Les connaissances astronomiques nécessaires pour comprendre la théorie et l’usage de l’héliostat sont les mêmes que pour l’étude des principes de la géographie, il suffit de savoir que la terre a un mouvement diurne de rotation autour d’une droite fixe qu’on appelle Y axe du monde; qu’un observateur quelconque, placé à la surface de la terre, s’y croit immobile et suppose que le lieu de l’espace qu’il occupe est un point fixe, d’où il observe tous les corps célestes en mouvement ; que , dans cette hypothèse , le soleil parait décrire chaque jour une circonférence qui a son centre sur l’axe du monde, et dont le plan est perpendiculaire à ce même axe ; que toutes les circonférences décrites en apparence par le soleil appartiennent à une sphère qu’on nomme la sphère céleste, laquelle a pour rayon la distance de l’observateur au soleil ; que le diamètre de la terre est assez petit par rapport à cette distance, pour qu’on puisse sans erreur sensible, regarder la masse terrestre comme un point matériel, qui ne diffère pas du centre de la sphère céleste ; qu’enfin on nomme méridiens les grands cercles de la sphère céleste, dont les plans passent par l’axe du monde ; parallèles à Véquateur, ou simplement parallèles, les cercles parallèles à l’équateur; déclinaison du soleil pour un jour déterminé, l’arc d’un méridien quelconque, compris entre l’équateur et le parallèle qui est, ce jour-là, le lieu apparent du soleil.
- Soit C ,Jig. i, PI. 299, le lieu de l’observateur; ce point étant pris pour le centre de la sphère céleste, on suppose rpie le rayon de cette sphère est représenté par la droite CP, comptée sur l’axe du monde CpP.
- Si l’on n’a égard ni au diamètre du soleil ni au changement de sa déclinaison entre deux midis consécutifs, cet astre parait décrire, chaque jour , une circonférence telle que S S'S", dont le centre est en ï sur l’axe du monde, et dont le plan est perpendiculaire à cet axe. Les droites, menées du centre C aux différentes positions S,S', S" du soleil sur la circonférence SS' S", représentent les directions du rayon solaire aux différentes heures du jour : ces droites sont égales entre elles et de même longueur que le rayon CP de la sphère céleste ; elles ont pour lieu géométrique le cône droit C S S' S" ; l’angle qu’elles font avec l’axe du monde C/?P, est le complément de la déclinaison du soleil, et varie chaque jour comme cette déclinaison.
- Dans tous les héliostats à une seule réflexion, le centre M du miroir qui
- P2
- p.107 - vue 115/507
-
-
-
- ( «o8 )
- réfléchit l’image du soleil, suivant une direction donnée, est fixe ; la distance CM de ce centre au point C , lieu de l’observateur, est la dimension principale de l’héliostat, que le constructeur détermine à son gré : cette distance est d’environ 158 millimètres dans l’héliostat de M. Gambej. Il est à remarquer que le point C est regardé comme le centre de la sphère céleste ; que dans cette hypothèse, la distance CM des points C et M représente le rayon de la terre, et qu’on peut admettre que les rayons solaires qui arrivent en même temps vers ces deux points, sont parallèles entre eux ; qu’ainsi les deux cônes droits qui ont pour base commune la circonférence S S'S" de la sphère céleste , et pour sommets les points C et M, ne diffèrent pas sensiblement. Cette identité des deux cônes n’est pas indiquée par laJig. i, dans laquelle les droites CS, MS concourent vers le point S , en formant l’angle S C M ; mais il faut se rappeler que dans l’hypothèse où le point C serait le centre de la terre et de la sphère céleste, la droite C S, qui mesure la distance moyenne du soleil à la terre, serait égale à 23578 fois le rayon de la terre CM, et il est évident que la Jig. 1 n’est pas construite sur une échelle qui permette de montrer un rapport exprimé par la fraction t3TTs: c’est pourquoi l’on peut, sans erreur sensible, considérer un point C placé au centre ou à la surface de la terre , comme le centre de la sphère céleste, et admettre que les rayons solaires S C, SM, qui tombent en même temps sur les points C et M, sont rigoureusement parallèles entre eux : d’où résulte l’identité des deux cônes droits CS S'S MS S'S".
- La déclinaison du soleil pour un jour déterminé de l’année étant donnée, le cône droit C S S'S' ', qui est pour ce jour le lieu des rayons solaires, rencontre la sphère du rayon CM suivant la circonférence s s' s'f, qui a son centre en i sur l’axe du monde CpP, et dont le plan est perpendiculaire à cet axe. La portion Cvj-V' du grand cône CS S'S" étânt le lieu géométrique des rayons solaires compris entre la circonférence ss' s' ' et le centre C vers lequel ils sont dirigés, on pourra faire abstraction du grand cône et 11e considérer que le petit côhe Css'srf, dont le côté fait, avec l’axe du monde CpP, un angle complément de la déclinaison : tous les cercles ^ s' s'!, intersections des cônes droits C ssf s" et de la sphère du rayon CM, sont des parallèles à l’équateur : ils sont situés sur cette sphère comme les cercles SS;S" sur la sphère céleste $ d’où il suit qu’on peut regarder les points s, s', s" de la circonférence s s’ s” comme les positions successives du soleil, le jour où le complément de la déclinaison a pour mesure l’angle s C p; ils sont aussi les sommets d’une suite de triangles CM s, qui ont pour côté commun la droite CM, laquelle joint les centres M et C du miroir et de la sphère céleste. Dans chacun de ces triangles, le côté Cv varie chaque jour
- p.108 - vue 116/507
-
-
-
- /y
- fhif,. lift ..t // H/, si/, / i i /
- ‘tsar,f Ji ff/t *
- pl.299 - vue 117/507
-
-
-
- ( >«9 )
- en grandeur et en direction ; mais en supposant la déclinaison du soleil constante pendant un jour entier, le côté C-f et l’angle sCp qu’il fait àvec l’axe du monde, ce même jour, sont aussi constans; quant au troisième côté M.? du triangle CM.?, il varie à chaque instant de ce jour en grandeur et en direction; il a pour lieu géométrique le cône oblique Mssf s1' , de même base fv'f" qne le cône droit C.?,?',?''.
- Le côté constant CM des triangles CM.?, CM,?', et le côté mobile Mj de ces mêmes triangles sont deux lignes remarquables pour l’explication du jeu du miroir destiné a réfléchir l’image du soleil vers un point fixe. Ce miroir est circulaire et son centre est en M ,Jig. 2 ; il est placé dans une chape rectangulaire ABD E, dont la queue F C est dans le plan du rectangle AB DE ; il tourne autour d’un axe AD qui est situé dans ce plan , et dont les points d’appui A et D sont sur une droite AD parallèle à B F E. Le plan du miroir contient une tige T SR fixée sur le bord T et dirigée perpendiculairement à l’axe AD. La position de ce miroir et son mouvement dans l’hé-liostat sont déterminés par le triangle variable CM s, Jig.- 1. La ligne milieu MC de la queue FC (Jig. 2) de la chape s’applique sur le côté MC, Jig. 1, du triangle, et le côté M s, Jig. 1, coïncide avec la ligne milieu M S de la tige T SR, Jig. 2. Il résulte de cette disposition que lorsque la tige MR 6, Jig. 1, du miroir, décrira le cône oblique M??'?", le plan de ce miroir sera constamment perpendiculaire au plan du triangle CM,?: en effet, les deux droites MC, MS,â/%- 2, sont perpendiculaires à la droite AMD : or, cette droite AMD est dans le plan du miroir ; donc ce plan est perpendiculaire à celui des deux droites M C, M S, et parce que tes droites s’appliquent respectivement sur les côtés M C, Ms, Jig. 1 du triangle CM.?, il s’ensuit que le plan de ce triangle est constamment perpendiculaire à celui du miroir, quelle que soit la position de la tige M.? de ce miroir sur le cône oblique M??'?". Supposant qu’un mécanisme quelconque fasse décrire à la tige M,?R (Jig- 1 ) du miroir, le cône oblique M.?.?'.?", on peut encore admettre que le point ,? de cette tige, qui se trouve sûr la circonférence ss's’f, tourne autour de l’axe du monde Cp P, de manière qu’il soit, à chaque instant de son mouvement, dans le même méridien que le soleil. Dans cette hypothèse, un rayon solaire quelconque t M, Jig. 1 , qui tombera au centre M du miroir, se réfléchira constamment suivant la droite invariable Mr, prolongement de la droite C M : cette proposition fondamentale de la théorie de l’héliostat se démontre de la manière suivante.
- Le rayon incident t M,Jig. 1, a son parallèle s C sur le cône droit Cf/f^qui est le lieu géométrique de tous les rayons solaires, le jour de l’observation : or le plan de ces deux rayons parallèles t M, .? C contient les deux droites
- p.109 - vue 118/507
-
-
-
- MC, My du triangle CMj; donc il est perpendiculaire au plan du miroir de l’héliostat, et d’après la loi connue de la réflexion de la lumière, il contient aussi le rayon réfléchi.
- Gela posé, observons que la droite CN, menée du sommet C du triangle isocèle CM^ au milieu N du côté Ms opposé à ce sommet, est perpendiculaire à ce côté, qui est dans le plan du miroir, et par conséquent perpendiculaire à ce plan, qui est lui-même perpendiculaire au plan du triangle CM .sv or s C étant un rayon solaire parallèle au rayon incident t M, et C N une normale au plan du miroir, ce rayon s C se réfléchirait sur un miroir M' CR/ parallèle au miroir de l’héliostat, suivant la droite CM, qui fait avec la normale C N à ces miroirs, l’angle MC IN égal à N C s : donc le rayon tfM, parallèle à CS, se réfléchira sur le miroir de l’héliostat, suivant la droite Mr, prolongement du côté CM du triangle CM^.
- Pour faire voir la position du rayon incident tM. et du rayon réfléchi Mr à l’égard du miroir, on a rapporté ces deux droites sur le miroir, Jig. 2 , et on les a marquées des mêmes lettres. La troisième droite Mn,jig. 1 et 2, perpendiculaire au plan du miroir, divise en deux parties égales l’angle des deux droites *M, Mr, dont l’une iM est un rayon incident, l’autre M r, le rayon réfléchi suivant le prolongement de la queue C M,jîg. 2, de la chape AB D E du miroir.
- En résumant ce qui précède, le point C,Jig. 2, de la queue du miroir est considéré comme le centre de la sphère céleste; CM est une droite arbitraire, qu’on prend pour le rayon d’une sphère concentrique à la sphère céleste; enfin CS est une droite de même longueur que CM, qui tait chaque jour avec la parallèle CPp à l’axe du monde, un anglepCS, complément de la déclinaison du soleil correspondante à ce jour : elle forme avec les deux droites C M et M S lignes milieu de la queue et de la tige du miroir, un triangle isocèle CMS. On suppose i°. que le côté CM de ce* triangle puisse pirouetter sur le point C , pour se diriger vers une mire donnée, et qu’il soit fixé dans cette direction; 20. que le côté CS tourne autour de l’axe du monde CP, en faisant avec cet axe l’angle donné />CS : dans cette hypothèse, le miroir et la chape ABED de ce miroir tourneront l’un autour de la droite A D , et l’autre autour de la droite C M, de manière que la tige TS suivra le point S , que décrit le cercle S S ' S'', en tournant autour de la droite fixe CP p. Quelle que soit la position de cette tige, elle passera constamment par les extrémités des deux côtés égaux CM, C S du triangle isocèle CMS; mais la portion TS, comprise entre ces côtés, variera dé longueur. La droite mobile CS sera dans toutes ses positions parallèle au rayon solaire, et pourra être considérée comme un rayon qui
- p.110 - vue 119/507
-
-
-
- ( 111 ) O'
- se réfléchirait sur un plan parallèle à celui du miroir T T'T, suivant la queue CM de ce miroir : d’où il suit que tous les rayons solaires, tels que Mt, dont l’incidence est au centre M du miroir TT'T, se réfléchiront suivant la droite M/, prolongement de la queue M C du miroir, et par conséquent vers la mire donnée. ( La suite à un prochain Numéro. )
- Note sur les machines à vapeur locomotives.
- On s’occupe depuis quelque temps, sur plusieurs points de la France, de l’établissement de chemins à ornières en fer, et des véhicules desti-. nés à les parcourir ; ces véhicules sont ordinairement traînés par une machine à vapeur ambulante. Nous avons déjà fait connaître, dans notre Bulletin de i8i5, p. 8o,une de ces machines employée près de Leeds en Ecosse, pour le transport du charbon de terre ; elle était à simple effet, sans condensation, et marchait à raison d’une lieue (trois milles) à l’heure, traînant à sa suite trente chariots chargés chacun de sept milliers de charbon environ.
- Au commencement de l’année dernière, on a fait à la mine de houille de Killingsworth, près de Newcastle, l’essai d’une machine à vapeur locomotive, de la force de huit chevaux ; elle pesait, avec son char additionnel renfermant la provision d’eau et de houille, no quintaux. On l’établit sur une partie du chemin de fer, longue d’un mille un quart, et dont la pente fut reconnue être de y^-. On y accrocha douze chariots chargés chacun de 54 quintaux de houille, faisant un poids total de 648 quintaux.
- Les douze chariots furent traînés sur une longueur d’un mille un quart dans les deux sens, c’est-à-dire sur une longueur totale de deux milles et demi en quarante minutes ; ce qui revient à trois milles un quart ( un peu plus d’une lieue ) à l’heure. La machine a consommé, pendant la durée de cette expérience, 5 pedks ( 45 à 5o kilogrammes ) de houille.
- Dans un second essai, on fit parcourir la même route avec la même machine à huit chariots seulement, en trente-six minutes ( quatre milles par heure), et la consommation de houille fut de 4 pecks ~ (40 à 45 kilogrammes ).
- Dans une troisième expérience , six chariots parcoururent le même espace en trente-deux minutes ( quatre milles et demi par heure J, et la consommation fut de 4 pecks ( 36 à 40 kilogrammes) de houille.
- La chaudière de cette machine était alimentée d’eau bouillante ; elle en
- p.111 - vue 120/507
-
-
-
- t) : ( 112 )
- consommait .200 galons ( rjS'j litres ) pour une route de quatorze milles , ou 22 | kilomètres environ (première expérience) ; ce qui fait à-peu-près 200 litres par heure, et 33 litres 4 pour un kilomètre.
- Quoique les détails qui précèdent soient très - incomplets, puisqu’ils n’apprennent rien sur la dimension et les dispositions de la machine, ni sur la pression et la perte de la vapeur, ni sur le poids des chariots vides ; ils ont donné néanmoins lieu à plusieurs observations que M. Bai-Lert a présentées à la Société philomatique, et que nous croyons devoir rapporter.
- i°. On voit d’abord que la quantité de houille consommée dans les trois expériences a été proportionnelle à la durée de chacune d’elles, de sorte % qu’elle peut être regardée comme constante, quelles qu’aient été la vitesse et la charge de la machine.
- 20. Cette consommation s’est élevée à 67 4 kilogrammes de houille par heure, et la dépense d’eau de 200 litres pendant le même temps : d’où il suit que dans cette machine, réputée de huit chevaux, 8 à 9 kilogrammes de houille par heure ne produisent que la force d’un cheval, et un kilogramme de houille ne vaporise que 2 kilogrammes J- à 3 kilogrammes d’eau au plus : résultats très-inférieurs à ceux qu’on obtient dans les machines à haute ou à basse pression, à établissement fixe, et dans lesquelles, au reste, il est aisé de concevoir que les déperditions de chaleur doivent être beaucoup moins considérables.
- 3°. Dans la première expérience, qui est évidemment la plus avantageuse quant à l’économie du transport, la machine à vapeur, de la force de huit chevaux, a remorqué, avec une vitesse de trois milles trois quarts par heure, une charge de 648 quintaux, non compris le poids de la machine elle-même ; ce qui donne seulement 81 quintaux par force de cheval , et 11’équivaut qu’aux trois cinquièmes de la charge qu’un cheval ( parcourant vingt et un milles par jour , ou deux milles et demi par heure ) traîne réellement sur les chemins de fer de Newcastle quand le terrain est horizontal, ou n’offre que de légères pentes ascendantes ou descendantes, comme celles de Killingsworth.
- 4°. En comparant ensuite les charges avec les distances auxquelles elles ont été traînées et avec les quantités de hqjiille qu’elles ont exigées, on trouve :
- a y que les charges sont entre elles comme les nombres 6, 4 et 5 ;
- b j que les distances auxquelles elles ont été transportées dans le même temps et avec une même dépense de houille, sont dans le rapport des nombres 8, 9 et 10;
- c,
- *
- p.112 - vue 121/507
-
-
-
- ( n3 )
- c. Et que les effets utiles ou les produits de ces distances par les char-ges sont représentés par les nombres 8, 6 et 5.
- 5°. Il résulte de toutes ces remarques que les machines à vapeur roulantes ou locomotives consomment beaucoup plus de combustible que lus machines de même force dont l’établissement est fixe , et que l’effet * utile qu’elles produisent est d’autant moindre, que leur vitesse est plus grande, conséquence évidente des faits que nous avons rapportés.
- 6°. On peut en conclure enfin que quand le prix de la houille sera assez bas pour permettre d’employer des machines à vapeur roulantes ou locomotives au lieu de chevaux pour le transport des fardeaux, on devra éviter de leur donner une grande vitesse , et qu’il sera toujours plus économique de leur faire traîner lentement des charges plus considérables.
- Nous ajouterons que les machines locomotives construites jusqu’à présent sont en général défectueuses. Dans les unes, la chaudière est trop grande, ce qui rend l’appareil lourd et embarrassant ; dans les autres, elle est trop petite, ce qui ne permet pas de générer une quantité de vapeur suffisante pour procurer à la machine toute la force qu’elle doit développer. Quant au mécanisme, il est tellement compliqué qu’il en résulte des frot-temens qui dépensent une grande partie de la force en pure perte.
- M. Murray, habile ingénieur de Leeds, a cherché à remédier à ces inconvénient dans la construction d’une machine locomotive, qui, suivant lui, réunit tous les avantages désirables. Il emploie deux véhicules, montés chacun sur quatre roues ; celui de derrière porte le fourneau, la chaudière et la cheminée; celui de devant les cylindres, les balanciers et autres parties du mécanisme. La chaudière est cylindrique et renferme dans son ultérieur le fourneau, alimenté par une trémie dont le fond est composé d’un tiroir mu par le mécanisme, et servant à régler la quantité de combustible qui doit tomber chaque fois sur la grille; celle-ci est inclinée d’avant en arrière. La cheminée verticale, en tôle, est munie d’une soupape, pour accélérer ou ralentir la combustion. Le second chariot porte déux cylindres en fonte, enveloppés d’une chemise de bois ou de tout autre mauvais conducteur du calorique, et dans lesquels agissent les pistons, dont les tiges font agir un double balancier, auquel sont attachées des bielles; ces bielles font tourner , par l’intermédiaire de manivelles, un pignon qui engrène dans une roue montée sur l’essieu de derrière. Cet essieu, ainsi que les trois autres, repose sur des ressorts, afin d’éviter les secousses. Les roues, en fonte, portent intérieurement un rebord, qui embrasse l’or-niere et les empêche de ballotter. Des tringles horizontales , fixées sur une paitie de leur périphérie, les réunissent, et transmettent successivement
- Vingt-cinquième année. Avril 1826. Q
- p.113 - vue 122/507
-
-
-
- ,( “4 )
- le mouvement de rotation des roues de derrière à celles de devant. La réunion des deux chariots se fait au moyen d’une chaîne sans fin, enveloppant deux poulies dont la gorge est armée de dents.
- La machine n’a ni condensateur, ni bâche, ni pompe à air, etc.; aussitôt que la vapeur a produit son effet, elle passe dans la cheminée pour se perdre dans l'atmosphère.
- M. Stephensan, autre habile ingénieur, a construit, pour des routes à ornières en fer, établies aux houillières de Stockton, dans le comté de Durham, des chariots mus par une machine à vapeur qui a beaucoup d’analogie avec la précédente, excepté que les cylindres à piston, au lieu d’être placés sur un chariot séparé, sont plongés dans la chaudière, qui a dix pieds de long sur quatre pieds de diamètre. Le poids de la machine est de sept tonneaux ( 14 milliers ) ; on assure qu’elle chemine avec une vitesse de six milles à l’heure sur la partie unie de la route, en consommant ioo kilogrammes de houille. Les roues qui la portent ont quatre pieds de diamètre ; la provision d’eau et de charbon est placée sur un chariot séparé. Le premier jour de l’expérience, elle a traîné à sa suite trente chariots portant chacun 4 milliers de charbon; mais ordinairement elle n’en traîne que vingt. La forme des ornières de fer est légèrement convexe et sans denture ; les roues sont à gorge.
- Il ne sera pas inutile de rappeler à cette occasion les tentatives qui ont été faites pour transporter les voyageurs au moyen de voitures mises en mouvement par une machine à vapeur, et roulant sur des routes ordinaires. En 1822, M. Griffith, de Brompton en Angleterre, fît construire dans les ateliers de Bramah, à Londres, une grande voiture de vingt-huit pieds de long, portant sur le derrière une machine à vapeur de la force de six chevaux. Cet appareil, assez compliqué et pesant de 6à 7 milliers, était composé d’un fourneau en fer, d’une chaudière formée d’un grand nombre de tubes, d’un condenseur, pompe à injection, etc. Un guide placé en dehors et sur le devant devait diriger l’avant-train, tandis qu’une autre personne aurait été chargée de surveiller la machine à vapeur et d’alimenter le fourneau. La caisse destinée à recevoir les voyageurs était placée au milieu. On supposait que cette voiture pourrait parcourir de trois à sept milles par heure, reculer, tourner en tous sens et gravir des montagnes. L’expérience en a été faite dans le temps à Vienne, et paraît avoir réussi.
- Une autre diligence à vapeur a été proposée en 1824 par M. James , de Birmingham. Elle paraît plus légère que la précédente; mais au lieu d’appliquer le moteur aux roues de derrière seulement, l’auteur l’applique aux quatre roues séparément, au moyen de mécanismes de petite dimension ?
- p.114 - vue 123/507
-
-
-
- V
- ( Ii5 )
- mis en action par la vapeur portée à une haute pression. L’objet de ce perfectionnement est de donner aux roues un mouvement de rotation indépendant l’un de l’autre, et de leur imprimer des vitesses différentes ; ce que l’auteur considère comme essentiel dans les tournans, les routes sinueuses, etc.
- Enfin, MM. Burstal et Hill, mécaniciens à Leith en Ecosse* ont pro-posé une diligence à vapeur, destinée aussi a marcher sur les routes Ordinaires, au moyen d’une machine à vapeur à haute pression, de la forcé de dix chevaux. Ce qui^distingue cet appareil des autres machines locomotives , est un moyen particulier de produire la vapeur, qui, suivant les auteurs, est obtenue en plus grande quantité que par la méthode actuelle. L’eau est projetée sur une chaudière très-plate, placée au-dessus du fourneau, ou elle se convertit immédiatement en vapeur; cette Vapeur, qui acquiert une pression considérable , traverse un tube, qui circule autour du foyer avant de se rendre aux deux cylindres à piston ; l’injection de l’eau alimentaire a lieu au moyen de la pression de l’air agissant sur sa surface dans le réservoir ; cet air est fortement comprimé à l’aidé d’une pompe manœuvrée par le mécanisme de la machine ; lë mouvement se communique aux roues au moyen de bielles, de tiges et d’engrenages d’angle. Une disposition particulière permet de modérer ou d’arrêter ce mouvement sur les pentes inclinées.
- Cette voiture n’a point encore été mise en expérience ; elle parait lourde, d’une construction compliquée, et partage avec tous les autres appareils de ce genre le défaut d’avoir la machine à vapeur établie derrière la caisse où se trouvent les voyageurs ; ce qui expose ceux-ci aux inconvéniens d’une chaleur parfois insupportable, et aux: accidens qui peuvent résulter de la rupture de la chaudière.
- Moyen d empêcher les accidens occasionnés par la rupture des essieux de voitures ou la chute des roues.
- S. Exc. le Ministre de l’intérieur a adressé à la Société d’Encouragement un rapport du Comité consultatif des arts et manufactures sur deux mécanismes proposés par M. de Rochelines, capitaine d’artillerie, attaché à la fonderie royale de Douay, pour empêcher les voitures publiques de verser. Le premier consiste en une espèce de pendule ou de servante accrochée par son extrémité supérieure, et le plus haut possible, sur les côtés de la caisse de la voiture, et armée à son extrémité inférieure d’une roulette : cette servante ou ces servantes, car Fauteur en place une de chaque côté
- Q 2
- p.115 - vue 124/507
-
-
-
- ( n6 )
- de la voiture, se tenant, suivant les lois de la pesanteur, dans une position verticale par rapport au point de suspension , doivent venir poser à terre du côté où la voiture penche et s’opposer à son versement. Le second moyen a pour but d’éviter les accidens occasionnés par la rupture d’une fusée d’essieu, ou l’échappement d’une roue par la perte de l’S ou de l’écrou qui la retient en place. Ce dernier moyen a paru au Comité le seul qui puisse être efficace dans la plupart des circonstances et ne causer aucun embarras nuisible au service. En conséquence, il a pensé qu’il serait utile de le faire connaître par la voie du Bulletin de la Société.
- Il consiste en un galet en fer porté par une chape fortement fixée au corps de l’essieu, en dedans des ressorts ou des brancards : ce galet descend à-peu-près à moitié des rais de la roue et reçoit la voiture quand la roue s’échappe, soit par la rupture de la fusée de l’essieu, soit par la perte de l’écrou.
- L’essai en a été fait dans l’enclos des bâtimens du séminaire de Saint-Sul-pice, le 14 février dernier , en présence des membres du Comité consultatif, sur l’une des diligences appelée Y Eclair, appartenant à M. Arnoux, et attelée de quatre chevaux.
- L’écrou de la grande roue de droite fut ôté, le postillon partit au grand trot ; mais le terrain étant trop uni, la roue ne sortit de son essieu qu’au bout de quelques tours et au moyen d’un madrier qu’on lui présenta obliquement. Alors la voiture fut reçue sur le galet, qui empêcha le bout de l’essieu de toucher à terre. Les chevaux continuèrent leur mouvement sans difficulté pendant un instant, et la voiture n’éprouva qu’une légère inclinaison du côté où la roue manquait.
- Ce moyen ne pouvant être reconnu efficace que par l’usage, il faudrait que quelques voitures publiques en fussent pourvues, et que les conducteurs fussent chargés, après plusieurs voyages, d’en rendre compte. Toutefois, comme il ne cause aucun embarras susceptible de nuire au service, on peut l’admettre sans inconvénient.
- M. de Rochelines assure que ce mécanisme peut encore empêcher les voitures de verser, quand les roues d’un côté s’enfoncent dans un fossé ou dans une ornière ; car alors le galet portera, dans beaucoup de cas, sur le bord du fossé ou de l’ornière.
- Les accidens causés par la chute des voitures publiques sur les grandes routes, et quelquefois même dans les rues des villes, sont si fréquens, qùe tout moyen qui tend à rassurer le voyageur contre la crainte du versement ne saurait recevoir trop de publicité. Ce motif nous a engagés à faire connaître dans le Bulletin plusieurs mécanismes propres à prévenir ces acci-
- p.116 - vue 125/507
-
-
-
- ( ”7 )
- dens. (Voyez Bulletin, dix-neuvième année, pages 221 et 228.) Celui indiqué par M. de Rochelines étant simple , solide et peu coûteux , nous ne doutons pas qu’il ne soit bientôt généralement adopté.
- Nous ajouterons ici la-description d’un mécanisme qui a quelque analogie avec les servantes ou pendules dont nous avons parlé plus haut, mais qui nous paraît moins solide et plus compliqué. On le trouve, page 234 du cahier de mai 1826, du London Journal of arts.
- MM. Hirst, Hejcock e t FFilliamson, de Leeds, ont obtenu, le 11 août 1825 , une patente pour des voitures dites de sûreté , dont la caisse porte dé chaque côté un pendule ou servante armé d’une roulette à son extrémité inférieure. Les auteurs assurent avoir obvié aux inconvéniens qui pourraient résulter de l’emploi de ce mécanisme; savoir, i°. d’être embarrassant; 2°. de ne pas agir au moment où la voiture vient à verser , ou d’agir trop tôt ; 3°. de barrer la portière ou du moins de ne permettre de l’ouvrir qu’avec une certaine difficulté; 4°* enfin d’occasionner un bruit de ferraillement désagréable.
- Dans l’état ordinaire, et la voiture marchant sur une route unie , la servante, mobile sur une charnière fixée contre le haut de la caisse, est retenue par un crochet qui s’engage dans une tringle transversale, laquelle est réunie à une tige verticale ; l’extrémité supérieure de cette tige, taillée enmentonnet, entre dans une coulisse qui règne sur toute la largeur de l’impériale, et dans laquelle roule un boulet. Tant que la caisse est droite, ce boulet reste stationnaire dans un renfoncement pratiqué au milieu de la coulisse; mais aussitôt qu’elle perd son équilibre, il frappe contre le men-tonnet, le dégage et fait descendre la tige verticale, qui entraîne la tringle transversale : alors le crochet est rendu libre, et la servante, poussée par un ressort, s’écarte et vient poser sur le sol au moyen de la roulette ; elle est guidée dans ce mouvement par une tige horizontale portant un arrêt ou butoir quil-empêche de revenir à sa première position. On pourrait dégager la servante de l’intérieur de la voiture en tirant un cordon ; mais les auteurs préfèrent, comme plus sûr, le moyen indiqué/parce que beffroi empêche souvent les voyageurs de songer à leur propre salut.
- M. Mathews} de Londres, a obtenu, le ig novembre 1818, une patente pour des voitures munies d’un semblable moyen de sûreté, mais qui laisse beaucoup de choses à désirer. Nous en avons donné la description dans le Bulletin de l’année 1820, page 228.
- p.117 - vue 126/507
-
-
-
- arts chimiques.
- Note sur le dégorgement d’une conduite d?eau de 218 mètres de longueur y par le moyen de l’acide hydrochlorique ; par M. D’Arcet, membre de VAcadémie des Sciences.
- On a fait usage, depuis long-temps, des acides, qui forment avec la chaux des sels très - solubles, pour nettoyer facilement les vases contenant des dépôts ou des incrustations de chaux carbonatée; j’ai moi-même employé l’acide hydrochlorique pour dissoudre les dépôts de cette nature qui se trouvent dans les chaudières des machines à feu ; pour nettoyer, sans nuire à leur solidité, les cuves, les soupapes et les serpentins des appareils au moyen desquels on chauffe directement l’eau par la vapeur, et j’ai employé, il y a un an, ce même procédé, pour remettre à neuf les robinets et les soupapes dés salles de bains de l’établissement thermal de Vichy. Trouvant l’emploi de ce moyen fort avantageux, je voulais l’appliquer en grand au dégorgement des conduites d’eau, et j’avais souvent témoigné à M- le comte de Chabrol, préfet du département de la Seine, et à M. Peli-got, le désir de faire désobstruer, par ce procédé, une des conduites faisant le service de la ville ou des hôpitaux. J’attendais qu’une occasion favorable se présentât, lorsque M. Duplay, membre de la Commission administrative des hospices vint me l’offrir. Il avait à faire remplacer une conduite d’eau obstruée depuis long-temps ; il me consulta, je l’informai de ce qui avait été fait à ce sujet, et je me chargeai d’essayer de dégorger cette conduite en faisant usage de l’acide hydrochlorique : ce qui suit est le rapport que j’ai fait après avoir terminé ce travail ; il contient le détail de l’opération dont il s’agit.
- La conduite dont il est question dans cette note est celle qui amène Teau d’Arcueil à la ferme Sainte-Anne, située au village du Petit-Gentilly, et appartenant aux hospices de la ville de Paris. Cette conduite, qui est en plomb , a 8c m-,i2i (3 pouces) de diamètre et 218m (671 pieds) de longueur. Elle reçoit l’eau d’un réservoir placé à un des angles du clos, traverse ce clos diagonalement en suivant la pente générale du terrain, qui est à-peu-près de 3 centimètres par mètre, et verse l’eau d’Arcueil dans la cour et au milieu des bàtimens de la ferme. Cette conduite était presque complètement obstruée et ne donnait, malgré son grand diamètre, qu’un petit filet d’eau, insuffisant pour les besoins de la ferme , et dont le cours s’arrêtait même souvent ; ce qui obligeait le fermier à s’approvisionner d’eau en allant la
- p.118 - vue 127/507
-
-
-
- ( 1 '9 )
- chercher au loin. Ayant à opérer le dégorgement de cette conduite par le moyen de l’acide hydrochlorique, je dus commencer par examiner le dépôt qui la remplissait (i). Je fis scier, vers le milieu de la conduite, un bout de tuyau d’un mètre de long ; je vis que le dépôt calcaire occupait, dans cet endroit, environ les quatre cinquièmes de la capacité de la conduite, et que ce dépôt en remplissait la partie inférieure, comme on le voit dans la coupe du tuyau, représentée Jig. 4 > PI• 3oo. Le bout de tuyau fut pesé avec soin, vidé, nettoyé et pesé de nouveau. Le dépôt calcaire, dont le poids fut ainsi connu, a été mis en poudre et analysé ; on trouva qu’il contenait au
- cent.
- Carbonate de chaux contenant un peu de sulfate de chaux.......83,81
- Résidu argileux insoluble dans l’acide hydrochlorique......... 0,5g
- Eau. ......................................................... . i5,6o
- ioo
- On constata qu’il fallait, en poids, 184 d’acide hydrochlorique à 21 de-x grés, tel qu’on le trouve dans le commerce, pour dissoudre 100 du dépôt humide, tel qu’il existait dans la conduite, et on reconnut qu’il se dégageait , dans cette opération, à-peu-près 36 d’acide carbonique, occupant en volume environ 44° fois celui du dépôt calcaire mis en dissolution.
- Ayant pris l’échantillon de ce dépôt au milieu de la conduite, on pensa
- (1) On trouve, dans le Traité de Chimie deM. Thénard, quatrième édition, tome II, page 29, l’analyse suivante de l’eau d’Arcueil, faite par M. Colin $ 15 litres de cette eau,
- prise au centre de Paris, ont donné
- centiL
- Air.............................36,89
- centil.
- Acide carbonique ....:. 32,83
- gram.
- Sulfate de chaux....................2,528
- gram.
- Carbonate de chaux..................2,536
- gram.
- Sel marin....................... . 0,290
- , gram-
- Sels déliquescens............... J ,646
- M. Colin a, en même temps, constaté que i5 litres d’eau de la Seine, prise au-dessus de Paris, ne contiennent que i2centiI-,54 d’acide carbonique, de sulfate de
- chaux, et isram-,494 de carbonate de chaux. En comparant ces résultats, on reconnaît facilement la cause à laquelle il faut attribuer le dépôt calcaire que donne l’eau d’Arcueil. Pour pouvoir évaluer l’influence de cette cause sur l’engorgement des conduites , il faudrait avoir l’analyse de l’eau %Arcueil, prise à la sortie de terre, et avant qu’elle ait commencé à perdre de l’acide carbonique, et à déposer du carbonate de chaux, ce qui a promptement lieu dès qu’elle coule dans l’aqueduc et dans les conduites "qui l’amènent à Paris.
- J
- p.119 - vue 128/507
-
-
-
- , ( 120 )
- que l’on pourrait considérer le résulat obtenu comme terme moyen ; et ayant eu 5kiIogr‘,854 de dépôt humide en vidant le bout de tuyau d’un mètre de longueur, qui avait été séparé de la conduite, on regarda comme prouvé qu’elle contenait, terme moyen, en nombres ronds, 6 kilogrammes de dépôt calcaire par mètre courant. La conduite, ayant 218 mètres de longueur, devait, à ce compte, contenir 13o8 kilogrammes de dépôt ; ce qui devaitnécessiter l’emploi d’environ 2400 kilgrammes d’acide hydrocblorique à 21 degrés.
- Ces données me servirent à établir un devis, duquel il résulta que le dégorgement de la conduite d’eau de la ferme Sainte-Anne pouvait se faire, par le moyen de l’acide hydrochlorique, pour la somme de 4^o francs.
- L’Administration des hôpitaux trouva ce résultat si satisfaisant qu’elle ordonna de suite l’application de ce procédé à la conduite dont il s’agit. Nous allons décrire l’opération telle qu’elle a été pratiquée ; nous ferons ressortir les avantages qu’elle a procurés sous le rapport de la dépense, et nous terminerons en présentant quelques considérations générales qui feront encore mieux apprécier l’emploi de ce procédé, lorsqu’il s’agit de l’appliquer au dégorgement des grandes conduites, sur-tout lorsqu’elles sont placées à nu dans le sol et sous le pavé des rues.
- On commença par arrêter l’écoulement de l’eau à la sortie de l’aqueduc d’Arcueil et on vida entièrement le réservoir et la conduite; on plaça dans le réservoir R fJig. 1 et 2, un entonnoir en plomb , à douille à double courbure , représenté en c ,Jig, 1,2 et 3, et on réunit l’extrémité a de cet appareil à la partie supérieure b de la conduite , en faisant usage, pour cela, de mastic résineux, comme on le voit en i, et en ayant soin de placer le bord c de l’entonnoir à un centimètre au-dessus de la ligne de trop-plein h du réservoir.
- Ce premier travail achevé, on laissa couler l’eau dans le réservoir, et lorsqu’il fut plein, on commença l’opération du dégorgement. On fi usage de deux moyens qui furent jugés également bons : dans l’un, on plaçait un siphon, comme on le voit en d,Jig. 2, pour verser une quantité donnée d’eau , par minute , dans la conduite, et on faisait en même temps couler dans l’entonnoir, au moyen d’un autre siphon placé comme on le voit en e, un filet convenable d’acide hydrochlorique à 21 degrés. L’eau et l’acide se mélangeaient dans l’entonnoir , et l’acide passait ainsi dans la conduite peu-à-peu, et après avoir été réduit à une densité déteyninée. Dans le second procédé, on commençait par réduire l’acide hydrochlorique à la densité convenable , en le mélangeant avec de l’eau dans un baquet^*, et on versait ensuite cet acide faible dans l’entonnoir, au moyen d’un ou de plusieurs siphons g.
- La
- p.120 - vue 129/507
-
-
-
- ( 121 )
- La fig. i représente la disposition de cet appareil. La conduite devant contenir 13o8 kilogrammes de de'pôt calcaire, ou devait s’apprêter à en laisser sortir , lors du de'gorgement, environ 258 mètres cubes d’acide carbonique. Si la conduite avait eu son orifice infe'rieur à l’extrémité de la ligne de pente, il eût suffi de n’y faire passer à-la-fois que peu d’acide affaibli : dans ce cas, cet acide saturé de chaux serait sorti, avec tout l’acide carbonique dégagé, par l’ouverture inférieure du tuyau; mais la conduite delà ferme Sainte-Anne fait un coude à sa partie inférieure pour remonter à la surface du sol et conduire l’eau dans la cour de la ferme ; il nous fallut donc songer à évacuer par le haut de la conduite la grande quantité d’acide carbonique qui devait être dégagée; on pratiqua, à cet effet, quelques ouvertures longitudinàles sur le dessus du tuyau de plomb, près de son raccordement avec le réservoir : on fit alors couler dans l’entonnoir de l’acide hydrochlorique réduit à 2 degrés ; la liqueur arriva bientôt à l’extrémité inférieure de la conduite, Voyant que cet acide était saturé de chaux et que l’acide carbonique se dégageait facilement par les ouvertures pratiquées sur le tuyau, près du réservoir, on augmenta peu-à-peu et avec précaution la force de l’acide, et on en vint à employer l’acide hydrochlorique à 6 degrés de densité; on en réglait l’écoulement de manière à ne pas être gêné par la mousse qui se produisait dans la conduite, et à favoriser le dégagement de l’acide carbonique , et on avait sur-tout soin de 11e laisser sortir, par le robinet placé aù bout du tuyau, dans la cour de la ferme, que de l’acide bien saturé. On fut obligé, pour arriver à ce but, sur-tout vers la fin de l’opération, de fermer le robinet, de remplir toute la conduite peu-à-peu et d’arrêter de temps en temps, et pendant quelques heures, le jeu des siphons. On parvint ainsi à dissoudre tout le dépôt calcaire contenu dans la conduite, ce qu’on reconnut facilement à ce que la liqueur tirée du robinet dans la cour de la ferme contenait toujours excès d’acide, à ce que cette liqueur n’augmentait plus en densité et parce qu’il ne se dégageait plus d’acide carbonique par les ouvertures pratiquées à la partie supérieure du tuyau.
- On vida alors la conduite; elle fut réparée, les ouvertures qui y avaient été faites furent bouchées (1), et au moyen d’une corde attachée au
- (1) On laissa perdre toute la dissolution de muriate de chaux qui avait été bien neutra-hsée, mais on remit en bouteille et on conserva la portion de la liqueur dans laquellè il était resté excès d’acide- On aurait pu utiliser l’hydrochlorate de chaux neutre, soit en s en servant pour arroser les terres de la Ferme, soit en le versant sur le tas de fumier etc. : quant a la dernière portion de la liqueur, elle pourra être avantageusement employée pour commencer le dégorgement d’uneautreconduite d’eau ou toute autre opération de cette nature* Vingt-cinquième année. Avril 1826. R
- p.121 - vue 130/507
-
-
-
- . . ( 122 )
- tuyau du grand entonnoir de plomb, on rompit le ciment résineux qui le fixait à Forifice supérieur de la conduite, que l’on parvint ainsi à déboucher. L’èau du réservoir se précipita aussitôt dans la conduite ; on avait eu soin de laisser ouvert le robinet qui était à la partie inférieure, l’eau sortit donc à plein tuyau dans la cour de la ferme. Cette eau entraîna d’abord avec elle toute la partie insoluble du dépôt calcaire et beaucoup de débris de végétaux, du sable, des morceaux de charbon , de plâtre et de brique, et quelques petits os qui se trouvaient dans la conduite; l’eau était trouble et boueuse; elle contenait un peu de plomb et beaucoup de chaux en dissolution dans l’acide hydrochlorique. Peu-à-peu cette eau blanchit et devint laiteuse; elle contenait alorsr un peu de sulfate et de chlorure de plomb en suspension. On continua le lavage de la conduite à grande eau jusqu’à ce que l’eau en sortît bien claire, et jusqu’à ce que l’on ne pût plus y reconnaître la moindre trace de plomb en l’essayant avec l’acide hydrosulfurique et avec les hydrosulfates alcalins. L'opération fut alors terminée complètement ; l’eau amenée à la ferme y fut de suite employée sans aucun inconvénient, et elle y arrive actuellement en grande quantité et en raison du diamètre et de la pente de la conduite, ce qui n’avait plus lieu depuis long-temps(i) : présentons maintenant le compte de cette opération.
- La conduite d’eau de la ferme Sainte - Anne est posée dans un aqueduc de facile accès. D’après un devis présenté par le plombier de l’Administration des hospices, le remplacement de cette conduite aurait coûté 11 fr. 5o c. par mètre courant; ce qui aurait fait, pour 218 mètres de longueur, la somme de. ........................................ . 2507 fr. »
- On n’a dépensé pour le dégorgement de la conduite, pour le placement d’un gros robinet à son extrémité inférieure , et pour toutes les réparations qui y ont été
- faites, que la somme de. ............................ 618 fr. 4 c.
- L’emploi de l’acide hydrochlorique a donc procuré,
- dans ce cas, une économie de. ...........»........... 1888 fr. 96 c. (2)
- (1) La conduite dont il s’agit ici est une conduite en plomb; il est inutile de dire que le dégorgement des conduites on fonte-et des apjmr-eiis en nuivre, -en-étain-et en bois, peut se faire en suivant le même procédé.
- (2) Si la conduite dont il s’agit, au lieu d’être placée dans un aqueduc, avait été enterrée dans un sol couvert de pavés, son remplacement,aurait coûté 16 fr. 87 c. par mètre courant, ce qui aurait fait, pour le changement de la conduite entière , la somme de 3677 fr. 66 c. On voit que, dans ce cas, l’économie due à l’emploi de l’acide hydrochlorique aurait été bien plus grande ; elle se. serait élevée à la somme de 3o59 fr. 62 c.
- p.122 - vue 131/507
-
-
-
- ( l23 )
- r II faut ici faire observer qu’en appliquant ce procédé au dégorgement des conduites d’eau, on pourra le pratiquer plus économiquement que nous ne l’avons fait, en employant, au lieu des plombiers que nous avions à notre disposition, des ouvriers accoutumés aux travaux chimiques et dont la journée se paye d’ailleurs moitié moins.
- Ce procédé, outre l’économie qu’on y trouve, offre encore l’avantage4e donner un plus prompt résultat, et de le procurer sans gêner la voie publique et sans diminuer la valeur intrinsèque de la conduite ; ce qui n’arrive que trop souvent dans les grands travaux de plomberie, où l’on a pour but de remplacer les conduites d’eau mises hors de service.
- Mais le plus grand avantage que présente l’emploi de ce procédé provient de ce qu’en en faisant usage convenablement et à des époques réglées, on pourrait, presque sans dépense, conserver les conduites d’eau en bon état, et s’assurer ainsi constamment le produit en eau auquel la concession donne droit ; tandis que, dans le système du remplacement des conduites , le concessionnaire se trouve privé d’eau de plus en plus, et pendant fort long-temps, avant que l’on en vienne à remplacer la conduite et à rétablir le service qui lui est dû. On conçoit, au reste, que l’emploi de l’acide hydro-chlorique pour cet usage devra être d’autant plus avantageux que cet acide sera à plus bas prix, que les conduites d’eau à dégorger seront d’un accès plus difficile, et on sent bien que ce moyen de dissoudre le dépôt calcaire que fournissent certaines eaux (i) , présentera encore plus d’avantages lorsqu’il s’agira de nettoyer des chaudières à vapeur et sur-tout des appareils plus délicats et plus compliqués.
- Les détails dans lesquels je viens d’entrer n’ajoutent certainement rien à la science: aussi, en rendant compte d’une opération si simple, n’ai-je eu pour but que de donner un exemple utile et de recommander un procédé qui, pour recevoir de nombreuses et de grandes applications, avait peut-être besoin d’avoir été exécuté en grand, avec succès et appuyé de calculs propres à en démontrer tous les avantages.
- (1) Ce ne sont pas seulement les dépôts entièrement composés de carbonate de chaux , et solubles dans les acides, qui peuvent être enlevés par ce moyen ; les dépôts composés d’un mélange dechaux carbonatée effiide sulfate de chaux ou de toute autre substance insoluble, sont utilement traités par l’acide hydrocldorique , lorsqu’il s’y trouve assez de carbonate de chaux pour.qu’en dissolvant ce sel, le reste du dépôt puisse être désagrégé, réduit à l’état de bouillie, et mis en suspension dnns l’eau. .
- R 2
- /
- I
- p.123 - vue 132/507
-
-
-
- ( î 24 )
- Explication des fig. de la PL 3oo.
- Eig. i. Coüpe clu réservoir de la ferme Sainte-Anne, commune du Petit-Gentilly, alimenté par les eaux de l’aqueduc d’Arcueil, montrant le moyen de dégorger la conduite en plomb par un mélange d’eau et d’acide hydro-chlorique, préparé à l’avance.
- Eig. 2. Autre coupe du_ même réservoir, faisant voir le procédé de dégorgement, au moyen d’un mélange d’acide et d’eau, qui se fait dans l’entonnoir au fur et à mesure du besoin.
- Eig. 3. Entonnoir muni d’une douille à double courbure et partie supérieure du tuyau de conduite vus séparément et dessinés sur une plus grande échelle.
- Eig. 4. Section de la conduite en plomb, montrant la place que le dépôt calcaire y occupait. -
- R, réservoir rempli d’eau.
- a, extrémité inférieure de la douille de l’entonnoir ; b, partie supérieure coudée de la conduite en plomb, débouchant du fond du réservoir ; c, entonnoir; d, siphon au moyen duquel on fait passer l’eau du réservoir dans l’entonnoir; e, autre siphon servant à faire passer l’acide hydrochlo-rique de la dame-jeanne dans l’entonnoir ; f, baquet contenant le mélange d’eau et d’acide; g, siphon destiné à verser ce mélange dans l’entonnoir; h, extrémité du tuyau par où s’écoule le trop-plein du réservoir; i, mastic résineux pour luter l’extrémité de la douille de l’entonnoir sur l’orifice de la conduite en plomb; k, dame-jeaime contenant l’acide hydrochlorique ; Z, dépôt calcaire formé dans l’intérieur de la conduite.
- Note extraite d’un mémoire sur un mode de traitement du cuivre argentifère, applicable a l’affinage des monnaies a bas titre p par M. Serbat, ancien préparateur de M. Thénard; essayeur particulier du directeur de la Monnaie de Paris.
- Ce nouveau procédé d’affinage est principalement fondé sur la propriété que possède le sulfate d’argent de se réduire par le contact de la chaleur, et de se convertir alors en acide sulfureux , en oxigène et en métal, tandis que le sulfate de cuivre, d’ailleurs beaucoup plus stable que le précédent, ne laisse pour résidu de sa calcination que de l’oxide. On peut employer ce procédé avec avantage toutes les fois que l’on trouve dans le commerce une grande quantité de matière à bas titre.
- p.124 - vue 133/507
-
-
-
- •.j iv
- , , . 'i.i ri'.ti • -/y /' •/•/•••!• /y y
- pl.300 - vue 134/507
-
-
-
- ( 125 ) .
- Yüici en quoi il consiste :
- L’on commence par faire chauffer dans une moufle de fonte l’alliage que l’on veut affiner, et lorsqu’il est suffisamment chaud, on le divise en le frappant avec un ringard; la poudre qui en résulte est criblée à l’aide d’un bluteau, dont le tissu est fait en fil métallique , afin de séparer les plus gros fragmens ; puis, portée dans une autre moufle de fonte placée dans un fourneau à réverbère et chauffée au rouge brun. Après y avoir étendu la matière en couches minces, on y projette 25 pour ioo de soufre, et l’on remue avec un ringard, de manière à mettre successivement en contact avec le soufre toutes les portions de métal. La combinaison s’effectue presque instantanément avec dégagement de calorique et de lumière ; et lorsqu’elle est terminée, ce que l’on reconnaît aisément à ce que la masse cesse alors d’être incandescente, on retire les sulfures formés et on les projette dans des vases de bois remplis d’eau ; les sulfures refroidis sont repris et divisés à l’aide de forts pilons ou de meules, et tamisés sous l’eau. La poudre qui en résulte est portée dans la partie la moins échauffée d’une grande moufle de fonte placée dans un fourneau à réverbère ; on l’agite pour renouveler les surfaces ; on y projette par portions un mélange d’eau et d’acide nitrique, dans la proportion de 2 kilogrammes d’acide pour 12 kilogrammes d’eau, le tout pour 100 kilogrammes d’alliage. De là, formation de sulfates, dégagement d’acides nitreux et sulfureux que l’on dirige, au moyen de conduits, dans des chambres de plomb, où ils sont condensés par des injections souvent répétées de vapeur d’eau, et convertis en acide sulfurique, qni est employé dans les opérations subséquentes.
- La matière est successivement rapprochée du foyer et portée peu-à-peu jusqu’à la température rouge, que l’on maintient pendant environ quatre heures ; à cette température, le sulfate d’argent se convertit en acide sulfureux, oxigène et métal, et le sulfate de cuivre eu acide sulfureux, oxigène et oxide; l’argent métallique, l’oxide de cuivre, quelque peu d’oxide d’argent, de sulfates et de sulfures non décomposés, forment le résidu ; on retire ces matières de la moufle, on les laisse refroidir en partie et on les projette dans une chaudière de plomb contenant de l’acide sulfurique faible, que l’on a échauffé d’avance, en y faisant arriver à l’état de vapeur une partie de l’eau destinée à l’étendre. Dans cette opération, l’oxide de cuivre ainsi que les sulfates non décomposés se dissolvent, et l’argent métallique, inattaquable par l’acide faible, se rassemble au fond du vase; il n’a plus besoin que d’être lavé, séché, fondu, et coulé en lingots. Les liqueurs , décantées à l’aide d’un siphon, sont évaporées dans
- p.125 - vue 135/507
-
-
-
- ( 12Ô ) ''
- des chaudières de plomb et mises à refroidir dans des cristallisoirs de mêiiife métal> où le sulfate de cuivre se dépose en cristaux plus ou moins réguliers.
- Toutefois, avant de procéder à l’évaporation des liqueurs, on s’assure, au moyen de réactifs-) si elles rie contiennent pas én dissolution de l’argent; et qu’elles én contiennent ou non) il sera bon de mettre au fond des chaudières des plaques de cuivre) sur lesquelles il se déposerait s’il y en avait.
- Ce procédé, pour lequel l’auteur a pris un brevet en 1824? a été employé avec succès à la Monnaie de Paris et dans un autre établissement de cette ville, à une époque où les matières d’argent à bas titre étaient très-abondantes dans le commerce ; par son économie et sa rapidité, il offre de grands avantages sur ceux que l’on avait jusqu’alors mis en usage. On peut, en lui faisant éprouver quelques modifications, l’employer au traitement des mines de cuivre argentifère. ’ ,
- Méthode perfectionnée pour fondre ïaciery par M. Needham.
- Ces perfectionnemens consistent à fondre l’acier en grande masse dans des pots, creusets et autres vases convenables de grande capacité., lesquels doivent être fixé» dans les fourneaux. L’acier étant fondu dé cette manière, il faut le faire Couler des creusets jusqu’au moule, à travers de tubes placés latéralement, au lieu de retirer le creuset hors du fourneau et d’en verser le métal à la manière ordinaire des fondeurs. Les creusets qu’on fixe dans le fourneau, sur des supports en brique ou en pierre, sont faits avec du silex et de l’argile de Stourbridge, ou de toute autre matière réfractaire. On leur donne la forme de cuves ou de vases profonds, avec des couvercles mobiles , et on les place sur des supports qui ont une légère inclinaison par rapport au plan horizontal. A la partie inférieure du creuset on fait une ouverture, de laquelle sort un tube, qui s’étend à l’extérieur du fourneau, et lorsque l’acier est parfaitement fondu, on débouche l’extrémité extérieure du tube, et on en laisse couler le liquide métallique, écoulement que facilitera la position inclinée du creuset. De cette manière on peut fixer dans un fourneau soit en seul ou plusieurs creusëts, pourvu que le feu exerce son action en même temps sur tous Par ce moyen, on peut fondre une plus grande quantité d’acier pour le mouler, que dans les creusets mobiles, et conséquemment on peut fondre et couler des objets en acier d’une plus grande dimension. Comme différentes qualités d’acier exigent divers degrés de chaleur pour entrer en
- p.126 - vue 136/507
-
-
-
- ( I27 )
- fusion, il sera nécessaire que l’acier qui est le moins fusible soit placé dans le creuset sur lequel le feu exerce Faction la plus puissante ; tandis qu’on mettra l’acier le plug fusible dans les creusets supérieurs. Lorsqu’il s’agira de couler des objets de grande dimension, tels que des cylindres, etc., on pourra'employer l’acier de la meilleure qualité pour jeter en moule les parties de l’objet qui exigent cette qualité supérieure, et réserver l’acier moins fin pour les autres objets. ( London Journal ofartf^ juillet i8a5. )
- Alliage laminé propre à recouvrir les édifices et a doubler les
- vaisseaux ; par.M. Pope.
- L’alliage proposé par l’auteur se compose de zinc et d’étain, ou de plomb, de zinc et d’étain. Pour opérer l’alliage du zinc avec l’étain, on fait fondre le premier dans un creuset de fonte placé sur un fourneau ordinaire ; on y ajoute, lorsque la fusion est complète, une égale quantité en poids d’étain ; puis , dès qu’il est fondu , on mêle le tout ensemble et on coule cet alliage dans des moules.
- Pour allier le plomb, l’étain et le zinc , l’auteur fait fondre , à la manière accoutumée, le plomb dans un creuset de fer; il y ajoute deux fois son poids d’étain et coule cet alliage en lingots ; il fait alors fondre dans un creuset de fer une quantité de zinc égale a trois fois le poids du plomb d’abord employé, puis il ajoute dans le bain de zinc des lingots d’alliage préparé ; lorsque tout est fluide et bien mélangé on coule en plaques.
- L’auteur recommande de ne pas porter la température , dans ces opérations, au-delà du degré nécessaire pour opérer la fusion des métaux.
- Le laminage de ces feuilles d’alliage se fait comme celui des feuilles de cuivre, seulement il faut échauffer les plaques à la température de l’eau bouillante et rendre ainsi l’alliage plus ductile.
- Les feuilles de l’alliage "ainsi préparé présentent plusieurs avantages sur le cuivre, le zinc et le plomb employés séparément. (Month. magaz. , avril 1825. ) .
- Carton 4e mousse pour le doublage des vaisseaux.
- On sait que la mousse est employée, dans quelques parties de la France, en remplacement de l’étoupe pour le calfatage des bateaux, et qu’elle résiste long-temps à l’altération produite par l’effet de l’humidité. M. de Kalcouxi a déjà entretenu la Société de ce moyen, et l’a recommandé comme applicable au radoub des bâtimens de l’État. oyez JBulletmdeY année 182a, p. 3o5.)
- p.127 - vue 137/507
-
-
-
- ( 128 )
- MM. Nesbitt et Panhoutem ont tiré parti de la propriété de la mousse d’être incorruptible , pour en composer une espèce de feutre ou de carton, qu’ils interposent entre la carène et le doublage en cuivre, et qui, en se gonflant, empêche, suivant eux, l’infiltration de l’eau : ils s’en servent aussi pour calfater les joints et coutures des bordages.
- Ce carton se fabrique à la manière des cartons ordinaires. La mousse est soigneusement lavée, nettoyée et séchée ; ensuite on la coupe menu et on la réduit en une pâte semblable à celle du gros papier : cette pâte, recueillie sur des formes, est mise en feuilles, lesquelles, après avoir été séchées et pressées, sont réunies au moyen d’une colle insoluble à l’eau , et composent un carton épais, qu’on rend compacte, en le passant à travers un laminoir.
- On assure que plusieurs navires hollandais , munis de ce carton préservateur , n’ont éprouvé aucune voie d’eau dans des voyages de long cours.
- Un brevet d’invention a été pris en France et en Angleterre pour la fabrication de ce nouveau produit.
- Procédé pour préserver les murs de Vhumidité.
- Ce procédé, dû aux recherches de MM. Thénard et dÂrcet, et dont les résultats ont été constatés par une expérience de plusieurs années, consiste à faire pénétrer, au moyen d’une chaleur très-intense, soit dans les pierres tendres, soit dans le plâtre , un mélange d’une partie d’huile et de deux parties de résine. Les corps pénétrés de ce mélange acquièrent ensuite une solidité très-remarquable et deviennent absolument imperméables à l’humidité.
- Ce moyen peut être employé pour l’assainissement des lieux bas et humides : on en a fait l’essai à la Sorbonne, et la dépense a été de 16 sous par mètre carré.
- Les plafonds et les murs sur lesquels on voudra exécuter des peintures à fresque devront recevoir d’abord cette préparation. On pourrait encore l’employer à beaucoup d’autres usages, par exemple, pour empêcher les bassins de laisser échapper l’eau et pour conserver des grains dans les silos. M. Thénard a présenté à l’Académie des Sciences plusieurs objets d’art exécutés avec des plâtres préparés de cette manière. Pour en montrer toute l’efficacité, il a exposé en plein air, pendant plusieurs années, un bas-relief, dont la moitié était formée en plâtre ordinaire , tandis que l’autre était préparée : cette dernière s’est parfaitement bien conservée, tandis que l’autre offre les traces de la dégradation la plus sensible. {Le Globe, 2 mars 1826.)
- ARTS
- p.128 - vue 138/507
-
-
-
- ARTS ÉCONOMIQUES.
- Nouvel éclairage des salles de spectacle.
- On sait que Rumford et d’autres savans ont inutilement cherché le moyen de supprimer les lustres, si incommodes dans les salles de spectacle. M. Loca-telli, mécanicien à Venise, a inventé un nouvel appareil d’éclairage qui, essayé au théâtre de la Fénice, à Venise, a complètement réussi. A l’aide de miroirs paraboliques, la lumière de plusieurs lampes est concentrée sur une ouverture pratiquée au milieu de la voûte de la salle , et tombe sur un système de lentilles à plan concave, qui occupe l’ouverture d’un pied de diamètre, et renvoie dans la salle les rayons, qui arrivent parallèles et sortent divergens. Du parterre l’on n’aperçoit que les lentilles, qui ressemblent à un réchaud embrasé, et quoique le foyer lumineux soit suffisant pour éclairer toute la salle, il n’éblouit point et l’on peut y porter les yeux sans les fatiguer. Outre l’avantage d’être plus égale, et tranquille comme celle d’un seuls corps lumineux, la lumière est plus intense que celle de l’ancien lustre, et il n’est pas un point de la salle où l’on ne puisse lire avec la plus grande facilité. L’appareil étant entièrement caché, se prête commodément à tous les changemens que peut exiger la représentation. Il ne répand d’ailleurs ni mauvaise odeur ni fumée, et ne présente aucun des inconvéniens de l’ancien système. (Revue encyclopédique, septembre 18^5.)
- Procédé pour préparer la farine de gruau d’orge; par
- M. Robinson,
- On prend de l’orge perlé ou du gruau , préparé d’après la méthode ordinaire, et on le débarrasse, par le vannage, de la poussière et des matières étrangères qui pourraient y être mêlées. Ainsi nettoyé, on le jette sur des cribles et on en forme une couche bien égale de trois quarts de pouce d’épaisseur. Ces cribles sont déposés sur des rayons, dans une étuve chauffée par la vapeur, dont on élève la température de 1600 à 1700 Fahrenheit (71 à 76° centigrades). La dessiccation dure environ quatre heures; on ménage dans l’étuve des ouvertures pour laisser échapper l’humidité surabondante, et le gruau se trouve ainsi complètement desséché sans qu il soit nécessaire d’avoir recours à la torréfaction ; on le répand ensuite dans des bannes pour le laisser refroidir, après quoi on le jette dans la trémie d un moulin a noix en acier, où il est réduit en farine. Cette farine, re-
- Vingt-cinquième année. Avril 1826. S
- p.129 - vue 139/507
-
-
-
- ( i3o )
- cueillie dans des récipiens placés au-dessous du moulin, est jetée successivement dans des blutoirs à brosses en toile métallique. En sortant du dernier de ces blutoirs, elle se trouve réduite en poudre très-fine, prête à être employée. Une cuillerée de cette farine, délayée dans deux cuillerées d’eau froide et mêlée avec une pinte d’eau bouillante, donne, après dix minutes d’ébullition, une eau mucilagineuse qui, passée à travers un linge, édulcorée avec du sucre ou du miel, et aromatisée avec du jus de citron ou d’orange, forme une boisson agréable et salubre bien préférable à l’eau d’orge préparée à la manière ordinaire.
- Les bouillies préparées avec cette farine donnent un mucilage épais, transparent et d’un grand usage dans l’économie domestique (i). ( Reper-tory of patent inventions, N°. 8, février 1826.)
- Rapport fait par M. Mérimée, au nom du Comité des arts économiques, sur un nouvel outil pour repasser les rasoirs , présenté par M. Finot.
- M. Finoty ancien pharmacien à Saulieu, département de la Côte-d’Or, vous a présenté une nouvelle espèce d'affifoirs auxquels il a donné le nom à’euthégones, pour exprimer leur propriété d’aiguiser les rasoirs de manière à leur donner un tranchant vif et très-doux.
- Avant que vous m’eussiez confié le soin de vérifier les avantages attribués par l’inventeur à sa découverte, je m’étais déjà, sur la demande d’un ami , occupé à la vérifier, et j’avoue qu’en voyant une matière dure substituée aux cuirs flexibles dont on a jusqu’à présent fait usage, j’augurai peu favorablement des euthégones.
- Ils me rappelaient des afïiloirs en bois que j’essayai, il y a quelques années , et dont l’inventeur se servait avec beaucoup de succès ; mais dont, avec moins d’adresse, je ne pus obtenir d’autre effet que de mettre hors de service quelques bons rasoirs que j’employai à essayer ce genre d’aiguisage.
- Il n’en a pas été de même avec les afïiloirs de M. Finot ; non-seulement je n’ai point gâté de bons rasoirs, je suis même parvenu à affiler ceux de médiocre qualité beaucoup mieux qu’ils ne l’avaient encore été avec les cuirs dont je me servais auparavant.
- (1) Cette farine de gruau se vend à Paris chez M. Moussu, pharmacien, rue Saint-Honoré, au coin de la place Vendôme , par paquets d’une livre ? au prix de 2 fr. 5o c.
- p.130 - vue 140/507
-
-
-
- ( 131 )
- M. Finot aura sans doute observé qu’en appuyant une lame sur un cuir flexible , l’effet de la pression est de déverser le tranchant alternativement dans un sens et dans un autre. L’expérience prouve que cela n’empêche pas qu’on ne parvienne , au moyen de ce frottement, à adoucir le tranchant du rasoir; mais de jour en jour il devient moins aigu. Lorsqu’il est plus arrondi, il peut bien couper la barbe sans faire éprouver la douleur du tiraillement ; mais il ne la coupe pas près de la peau : il faut alors le repasser sur la pierre, et cette opération exige une adresse particulière dont peu de personnes sont capables.
- M. Finot a donc cherché un corps plus résistant que le cuir, afin que le déversement du tranchant n’ait pas lieu. Le bois eût été trop dur; le carton lui a offert la résistance qu’il cherchait : en effet, c’est sur du papier que les opticiens travaillent le verre pour lui donner la surface la plus égale.
- Les deux espèces de cartons employés pour les euthégones ont sans doute été fabriqués exprès avec une pâte fine et parfaitement homogène , mélangée pour les uns avec de l’émeri, et pour les autres, avec du rouge à polir très-fin. Ces cartons ont été ensuite trempés dans du suif fondu, puis pressés de manière à offrir une surface parfaitement plane : ils ont été enfin découpés par bandes et collés sur des bois préparés convenablement pour les recevoir. ^
- Ainsi chacun de ces afïiloirs a deux faces, l’une grise, sur laquelle la lame peut s’user, au point d’avoir un tranchant très-aigu, l’autre, qui est rouge , polit le tranchant et le rend extrêmement doux, en détruisant le morfîl, insensible à l’œil nu.
- Sur un cuir flexible et légèrement cylindrique, il est facile de faire porter à-la-fois le dos et le tranchant d’un rasoir. Il faut une attention particulière pour que la lame porte bien à plat sur les cartons de M. Finot. Cette précaution indispensable ne m’a pas embarrassé long-temps : j’ai contracté bientôt l’habitude de présenter la lame comme il convient de le faire.
- Dans les premiers jours , les afïiloirs nie parurent trop durs, et je trouvai que la lame glissait dessus sans former une légère adhérence, nécessaire pour qu’elle puisse s’affiler ; mais au bout de peu de jours j’ai remarqué que le frottement développait un peu de duvet, qui suffit à un frottement doux.
- La bonté des cuirs à rasoirs dépend non-seulement de la qualité de la peau, mais encore de l’enduit dont on la recouvre. Cet enduit perd peu-à-peu son énergie, et lorsqu’il n’a plus d’action il faut en remettre. Cela n est pas nécessaire avec les euthégones ; les poudres qui usent ou polissent 1 acier sont dans la pâte même du carton. Lorsqu’elles ne font plus assez
- S i
- p.131 - vue 141/507
-
-
-
- ( )
- d’effet, il suffit pour remettre l’outil dans son premier état, d’user sa surface avec une pierre ponce bien dressée ou avec de la pierre ponce en poudre, en frottant le carton sur un marbre ou une glace dépolie; on l’essuie après cela avec un morceau de drap.
- M. Finot a joint à ses euthégones une instruction fort détaillée sur la manière de s’en servir : probablement il la fera imprimer ; je regarde cette précaution comme nécessaire pour assurer le succès de son invention ; car je suis convaincu de l’injustice des plaintes portées journellement contre les rasoirs ; c’est bien plutôt à la maladresse de ceux qui les emploient qu’il faut attribuer l’imperfection qu’on leur reproche : il y a peu de personnes qui savent s’en servir et les repasser.
- Dans cette circonstance, Messieurs, je n’ai pas voulu m’en rapporter à mes seules observations ; j’ai mis entre les mains d’un barbier des outils de M. Finot, et j’ai consulté un homme très-habitué aux expériences les plus délicates, qui depuis huit mois en fait journellement usage : d’après leur témoignage, je n’hésite pas à regarder les affiloirs de M. Finot comme un des meilleurs moyens qu’on puisse employer pour maintenir les rasoirs en bon état sans avoir besoin de les repasser sur la pierre.
- En conséquence, j’ai l’honneur de proposer au Conseil de donner à M. Finot un témoignage d’approbation, en ordonnant l’insertion de ce rapport dans le Bulletin de la Société.
- Adopté en séance, le io mai 1826.
- Signé Mérimée, rapporteur.
- Moyen de faire ressortir la sculpture sur l’albâtre, en creusant et rendant mat le fond sur lequel les ornemens ou les figures se détachent ; par M. Moore.
- Ce procédé est fondé sur la propriété que possèdent l’albâtre et le sulfate de chaux d’être rongés à la longue par l’eau froide, de manière à ce que le poli en soit détruit.
- On commence par couvrir les sculptures en relief et toutes les parties destinées à être réservées d’un vernis insoluble dans l’eau, composé de cire dissoute dans de l’essence de térébenthine mêlée avec de la céruse ou plutôt d’un vernis de térébenthine, auquel on ajoute du blanc de plomb et un peu d’huile animale pour empêcher le vernis de durcir et d’adhérer trop fortement à l’albâtre. L’application se fait avec un pinceau doux, mouillé
- p.132 - vue 142/507
-
-
-
- ( ‘53 )
- avec de l’essence de térébenthine, et qu’on y plonge chaque fois qu’on prend du vernis. : « ’ '
- Les parties réservées, ainsi couvertes , on laisse sécher pendant quelques heures le vase ou l’ornement; puis on le plonge dans un récipient rempli d’eau de pluie froide , et on le laisse pendant quarante-huit heures ou plus long-temps, si on le juge nécessaire. Ensuite on enlève le vernis avec une éponge fine trempée dans l’essence, et on essuie le vase avec des chiffons doux et bien secs.
- Le vase étant ainsi débarrassé du vernis et séché, on y passe une brosse douce et sèche, préalablement trempée dans du plâtre réduit en poudre fine. Cette poudre remplit les pores des parties de l’albâtre qui ont été attaquées par l’eau, et les rend mattes ; ce qui fait ressortir l’ornement en relief et les parties transparentes de l’albâtre. ï s
- Pour nettoyer les ornemens et les sculptures en albâtre on fait d’abord disparaître, au moyen de l’essence de térébenthine, les taches de graisse, s’il s’en trouve; ensuite on plonge la pièce dans l’eau, où elle doit rester assez long-temps pour être débarrassée de toutes ses impuretés. Après l’avoir retirée , on la nettoie avec un pinceau bien sec, on la laisse sécher et on y passe du plâtre pulvérisé. De cette manière, la pièce sera parfaitement nettoyée et semblera sortir de la main du sculpteur.
- Une médaille d’argent a été accordée à l’auteur de ce procédé par la Société d’Encouragement de Londres. ( Voyez le XLIIIe. volume des Transactions de cette Société, page 54- )
- Procédé pour durcir le bois et Vempêcher de travailler par l’effet de Vhumiditéÿ par M. Àtlee.
- Le bois est d’abord débité en planches ou en pièces parallélogrammiques qui doivent avoir une épaisseur égale sur toute leur longueur : ensuite ces pièces sont passées entre les cylindres de fer ou d’acier bien poli d’un laminoir, qui les comprime à la manière des feuilles métalliques. L’écartement entre les cylindres se règle suivant l’épaisseur du bois ; mais pour qu’il n’éprouve pas une compression brusque qui romprait ses fibres et le ferait éclater, l’auteur propose de placer plusieurs paires de cylindres à la suite l’un de l’autre, afin que la pression soit graduelle et successive. L’é-cartement'de ces cylindres devra être tel, qu’à mesure qu ils s’éloignent ils soient plus serrés. M. Atlee assure que par ce moyen la sève ou l’humidité sont forcées de sortir du bois sans que ses fibres soient rompues : ce bois
- p.133 - vue 143/507
-
-
-
- ( .34 )
- sera ainsi plus compacte, plus lourd, plus solide et moins susceptible de se pourrir ; ce qui le rendra très-propre aux constructions navales ; mais c’est principalement pour l’ébénisterie que Fauteur recommande son usage, comme ne travaillant pas, prenant un beau poli et se rayant difficilement. On est dispensé d’ailleurs de l’emploi de la varlope et du rabot, attendu que le laminage donne aux planches une surface très-unie.
- Nous avons indiqué #ce procédé, plutôt comme susceptible de recevoir quelques applications utiles, que comme réellement propre à améliorer la qualité des bois ; on conçoit en effet que les bois très-noueux , et ce sont précisément ceux qu’on emploie le plus fréquemment dans l’ébénisterie, ne résisteraient pas au laminage sans se briser et éclater, quelles que soient d’ailleurs les précautions qu’on prenne pour leur donner une compression graduelle. Il faudrait donc se borner aux bois à grain serré et sans nœuds, dont on se sert pour les objets de boissellerie, la fabrication des tonneaux, etc. ; encore serait-il à craindre qu’iFs perdissent leur élasticité par l’effet d’une forte pression.
- Préparation d’une encre de la Chine de bonne qualité.
- Les propriétés et les caractères auxquels on reconnaît l’encre de la Chine de bonne qualité sont les suivaus s sa cassure est d’un beau noir luisant ; mouillée , elle se dessèche en offrant une superficie luisante un peu cuivrée ; sa pâte, complètement homogène, est excessivement fine; délayée, elle donne, suivant les proportions d’eau, des teintes plus ou moins foncées, depuis les plus légères jusqu’aux plus intenses, toujours parfaitement uniformes , dont les bords peuvent être fondus en passant à temps un pinceau mouillé d’eau pure, mais qui étant desséchées, ne sont plus susceptibles d’être délavées à l’eau, même à l’aide du frottement d’un pinceau , ce qui prouve que l’encre de la Chine réagit sur l’une des substances contenues dans le papier ; car étendue sur la porcelaine ou l’ivoire, elle est facilement délayée et enlevée au pinceau.
- C’est après avoir étudié ces divers caractères de l’encre de la Chine que M. Mérimée est parvenu à en composer une qui jouit de toutes les propriétés de la meilleure qu’on trouve dans le commerce. Voici la recette qu’il indique.
- On rend de la gélatine fluide et non susceptible de se prendre en gelée, par une longue ébullition; on en précipite une partie par une infusion aqueuse de noix de galle; on fait dissoudre ce précipité par l’ammoniaque , puis on ajoute le reste de la gélatine altérée ; il faut que cette solution soit
- p.134 - vue 144/507
-
-
-
- ( 135 )
- assez épaisse pour former avec le noir de fumée une pâte consistante susceptible d’être moulée.
- Le noir de fumée doit être choisi de la plus grande ténuité possible; on peut prendre celui qui, dans le commerce, est connu sous le nom de noir léger fin ; on le mêle avec une quantité suffisante de la colle préparée ; on y ajoute un peu de musc ou quelque autre aromate pour masquer l’odeur désagréable de la colle, puis on broie le tout avec soin sur une glace, à l’aide d’une molette. On donne ensuite à la pâte épaisse ainsi obtenue la forme de bâtons ou parallélipipèdes rectangles , à l’aide de moules en bois incrustés des lettres et dessins qui doivent paraître en relief sur toütes les faces.
- On fait dessécher lentement ces bâtons en les tenant recouverts de cendres; enfin la plupart sont dorés par l’application d’une feuille d’or sur toute leur superficie humectée. ( Dictionnaire technologique, tome VIII. )
- INDUSTRIE ÉTRANGÈRE.
- Extrait d une loi du Parlement britannique, qui règle le mode d’admission et de travail des enfans dans les ateliers de filature et autres.
- Des plaintes nombreuses s’étant élevées, en Angleterre, contre les abus résultant du mode actuellement suivi pour le travail des enfans dans les filatures de coton, le Parlement a rendu, le 22 juin 18^5, une loi qui a pour objet de conserver la santé des enfans et de les garantir des suites funestes de l’excès du travail, qui, dans quelques ateliers, était porté jusqu’à seize heures par jour. Nous allons faire connaître les principales dispositions de cette loi.
- L’article ier. ordonne qu’à partir du ier. août 1825, aucun individu au-dessous de l’âge de seize ans ne pourra travailler dans une filature ou autre manufacture de ce genre, plus de douze heures par jour, non compris le temps nécessaire pour les repas ; le travail commencera à cinq heures du matin pour finir à huit heures du soir.
- Art. 2. Aucun individu au-dessous de l’âge indiqué ne travaillera, le samedi, plus de neuf heures, lesquelles sont comptées depuis cinq heures du matin jusqu’à quatre heures et demie du soir.
- Art. 3. Les heures des repas sont ainsi réglées : une demi-heure pour le déjeûner, qui aura lieu entre six heures et demie et dix heures du matin;
- p.135 - vue 145/507
-
-
-
- ( ,36 )
- une heure pour le dîner, fixé entre onze heures et trois heures. Nul ne pourra être requis pour un travail quelconque, pendant qu’il prend sa nourriture. ; '
- Art. 4* Lorsque le mouvement des mécaniques se trouvera arrêté par un accident survenu au .moteur, le directeur de rétablissement aura la faculté de prolonger la durée du travail à raison d’une heure par jour, jusqu’à ce que les réparations aient été faites, sans pouvoir néanmoins étendre ce surcroît de travail au-delà de six jours après l’accident, et en exceptant le samedi. >“> r ;
- Art. 5. Quand le moteur de la manufacture est une roue hydraulique, et que le mouvement de cette roue se trouve suspendu par le défaut ou la surabondance des eaux, le maître pourra augmenter la durée du travail d’une demi-heure par jour pendant tout le temps du chômage, mais pas au-delà. *r ‘ • ';'
- Art. 6. Les plafonds et les murs intérieurs des ateliers seront lavés, une fois par an , avec de l’eau de chaux.
- Art. 7. Tout chef d’établissement sera tenu d’avoir un registre sur lequel il inscrira les nom et prénoms des enfans, la date de leur entrée, le nom de leurs parens ou tuteurs : ceux-ci attesteront par leur signature que l’enfant présenté par eux est âgé de neuf ans ou au-dessus. Cette déclaration garantira le maître contre toute poursuite , dans le cas où il serait reconnu qu’il aurait employé des enfans au-dessous de neuf ans.
- Art. 8. La présente loi sera publiée et affichée dans le lieu le plus apparent de l'établissement. 1
- Art. 9. Toute contravention aux dispositions ci-dessus sera punie d’unp amende qui ne pourra être moindre de 10 livres sterling, ni excéder 20 livres. !
- Les articles 10, 11, 12, i3, 14 et i5 sont relatifs à la compétence des juges-de-paix pour connaître des contraventions, et au mode de poursuite à exercer. ' —: ; -
- IMPRIMERIE DE MADAME HI3ZARD (née Vallat la Chapelle) ,
- RUE UE r’ÉPERON, N°. 7.
- p.136 - vue 146/507
-
-
-
- VINGT-CINQUIÈME ANNÉE. ( N°. CCLXIII. ) MAI 1826.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- Séance générale du 24 mai 1826.
- La Société d’Encouragement s’est réunie, le mercredi 24 mai 1826, en assemblée générale, à l’effet d’entendre le compte rendu des travaux du Conseil d’administration depuis le 27 avril 1825, et celui des recettes et dépenses pendant l’année 1825. Cette solennité, qui avait attiré un nombreux concours de sociétaires , de savans et d’artistes, a offert beaucoup d’intérêt non-seulement par les discours et les rapports qui y ont été lus, mais aussi par la distribution, à plusieurs grands établissemens d’industrie, de médailles d’encouragement, genre de distinction extrêmement honorable , et que la Société accorde, chaque année, avec autant de sagesse que d’impartialité.
- Les nouveaux produits de l’industrie française exposés dans les salles de la Société, quoique en petit nombre , attiraient cependant les regards par leur utilité et leur bonne exécution. Nous allons passer en revue ceux de ces produits qui méritent une mention particulière.
- i°. MM. John Collier et Magnan, ingénieurs-mécaniciens, rue Richer, n°. 24, avaient exposé une pièce de drap de deux aunes trois quarts de large, au compte de 2600, fabriquée sur un métier mécanique de leur invention. On avait douté jusqu’alors qu’il fût possible de tisser des étoffes de grande largeur et principalement des draps sur ces sortes de métiers. Des tentatives faites à cet égard en Angleterre n’avaient point réussi. La France, si renommée pour la beauté et la bonne qualité de ses draps , peut donc se glorifier d’avoir résolu cet important problème, et c’est à M, J. Vingt-cinquième année. Mai 1826.: T
- p.137 - vue 147/507
-
-
-
- r , ; >( i58 ) .
- Collier, dont les talens comme mécanicien sont justement appréciés, que nous devrons l’introduction dans nos manufactures d’un métier qui réunit à la solidité nécessaire, la facilité et la légèreté dans les mouvemens, une économie considérable de temps sur le même travail fait à la main, et qui donne des produits remarquables par la beauté et la régularité de leur tissage.
- Ce métier, dont le bâtis et les principales pièces sont en fonte de fer, est applicable à toutes les largeurs d’étoffes. Les mouvemens delà chasse et de la navette et l’ouverture du pas de la chaîne sont ingénieusement combinés, et réglés de telle sorte qu’on peut obtenir à volonté une étoffe plus ou moins serrée, mais toujours égale et bien frappée, sans avoir à craindre la rupture d’un grand nombre de fils ; ce qui fait perdre beaucoup de temps pour le rattachage, et a été un des principaux obstacles à l’adoption des métiers mécaniques. Celui de M. Collier permet de fabriquer 6 aunes de drap par journée de douze heures de travail, tandis qu’un bon tisserand à la main ne pourrait faire plus de 4 h 5 aunes dans le même temps. Un ouvrier homme ou femme suffit pour conduire deux de ces ' métiers ; ses dimensions en largeur n’en ont pu être changées , mais il a subi une réduction d’un tiers eri profondeur, et sa hauteur est de 5 pieds 6 pouces seulement : il exige très-peu de force motrice et n’est pas susceptible de se déranger. Le prix de celui de la plus grande largeur pour drap de Sedan est de noo francs. *
- 2°. MM. Irroy et compagnie à Bercy, près Paris, ont présenté i°. de l’acier de cémentation et de l’acier fondu provenant du fer des Pyrénées : ces aciers, très-durs, ont la faculté de pouvoir se souder facilement : on en fabrique de plusieurs qualités, suivant les divers usages auxquels ils sont destinés. On se rappelle que M. Irroy, qui était alors établi à Arc, département de la Haute-Saône, obtint, aux Expositions des produits de l’industrie des années 1806 et 1819 , deux médailles d’or, pour la supériorité de ses aciers; 2°. des clous carrés fabriqués par machines, dont la tête est refoulée , et qui, au lieu d’être pointus comme les clous ordinaires, sont aplatis et tranchans par leur extrémité ; cette forme leur procure l’avantage de pénétrer facilement dans le bois, d’y adhérer très - solidement et de ne pas le fendre comme les clous d’épingle en fil de fer, dont la pointe est mousse ; fabriqués avec du fer dur de Berry ou de Champagne, ils sont beaucoup plus roides, quoique plus minces d’un tiers pour la même longueur; 3°. des limes de toutes espèces très-bien taillées, et faites avec des aciers de choix : elles sont de bonne qualité ; 4°- des ressorts de toutes formes pour voitures, rivalisant, pour leur force et leur élasticité, avec les meilleurs ressorts anglais; 5°. des creusets destinés à
- p.138 - vue 148/507
-
-
-
- ( i39 ) '
- fondre l’acier et qui sont annoncés comme parfaitement réfractaires ;
- 6°. enfin, des échantillons de coke ( charbon de terre désoufré ) de très-bonne qualité, préparé par un procédé particulier , pour lequel M. ïrroy est breveté ; il convient particulièrement pour la fonte des métaux, le Chauffage domestique, etc.
- 3°. M. Chenavard, fabricant de tapis de S. A. R. Madame la Dauphine, 1
- boulevard Saint-Antoine, n°. 65, a exposé des tapis de table vernis, enrichis d’ornemens et de peintures de très-bon goût, et des stores et transpa-rens en soie pour croisées, écrans, etc. : ces stores, analogues à ceux en usage en Angleterre et en Russie, sont à plus bas prix et préférables sous le rapport de la fabrication et du choix des dessins ; ils ont l’avantage de modérer la vivacité de la lumière et de répandre dans les appartenons une clarté douce et agréable, qui produit l’effet des vitraux gothiques;
- 4°. M. Grenet, fabricant à Rouen, un assortiment de colle transparente et colorée, remplaçant celle de poisson, et d’une force d’adhérence supérieure à celle de Flandre et d’Angleterre. Une médaille d’or a été décernée à M. Grenet au dernier concours de la Société d’Encouragement, pour cette colle, qui est sans goût, d’une pureté remarquable, et Convient aux ébénistes, facteurs d’instrumens de musique, bijoutiers, apprêteurs de tissus, etc. ( voyez Bulletin de 1825, page 326). Le dépôt est établi, à Paris, chez MM. Briffaut de Vile et J. Mercier, rue des Deux-Portes Saint-Sauveur , n°. 28.
- 5°. M. le marquis de Pontéjos, Espagnol réfugié à Paris, et amateur distingué des arts, a présenté deux modèles de machines à vapeur, de la force de quatre chevaux, construits d’après les dessins de M. Leblanc; l’une est à cylindre vertical d’après le système de JHatt, l’autre à cylindre horizontal, d’après MM. Taylor et Martineau : cette dernière, étant simple, peu volumineuse et légère, convient pour les bateaux à vapeur. Les pièces principales de ces modèles, presque entièrement en fer, ont été exécutées avec beaucoup de soin par M. dè Pontéjos lui-même; il a été aidé dans ce travail par M. Valtot, rue Saint-Martin, n°. 246, qui â fkit aussi preuve d’habileté.
- 6°. M. Christophle, horloger, rue des Quatre-Fils, n°. 19, au Marais, a exposé une horloge destinée pour l’Imprimerie royale, d’une construction solide et soignée , dont les roues sont en cuivre et les pignons en acier trempé; elle sonne l’heure et les quarts par le même corps de rouage ; chaque quart s’annonce par un double coup ;
- 7°. M. Hubert Desnoyers, rue du Faubourg-Saint-Martin, n°. 74 > des parapluies à vis, dont la monture est assez solide pour pouvoir résister aux
- p.139 - vue 149/507
-
-
-
- ( '4° )
- plus grands vents, et qui conservent leur couverture plus dong-temps que les parapluies ordinaires , ayant des charnières et des goupilles en cuivre ;
- 8°. M. Saint-Maurice Cabciny, rue Sainte-Avoye, n°. 5j , què nous avons déjà plusieurs fois mentionné pour la richesse et la propreté de ses cartonnages, un assortiment de divers objets de sa fabrique , remarquables par la pureté de leurs formes et le bon goût de leurs ornemens, tels que boîtes , paniers et pelotes à ouvrage , nécessaires, albums et carnets., dont la couverture, en doublé d’or et d’argent gaufré, imite les ouvrages d’orfèvrerie : ces cartonnages, en général assez solides et à un prix modéré, sont très-recherchés du public ;
- 90. M. Bontemps, directeur de la Verrerie de Choisy, des carreaux de verre colorés en diverses nuances et d’une teinte pure et égale ;
- io°. M. Dearn , à Hières, du fil de lin de diverses grosseurs filé à la mécanique , et de la toile fabriquée avec ce fil ;
- ii°. M. Letellier, rue de la Juiverie, n°. 32, des cadres et autres objets dans lesquels il a su allier avec beaucoup de goût l’or et le platine ; il est parvenu à réduire cette dernière matière en feuilles très-minces et d’une ductilité telle, qu’elles peuvent être employées à tous les usages des feuilles d’or ;
- 12°. M. Pugnant, à Belleville, près Paris, une jauge en fer pour mesurer la capacité des tonneaux et autres vases, et qui paraît être d’un usage commode ;
- i3°. M. Portier, rue de la Pépinière, n°. 128, un calorifère rond en fonte de fer, très-bien exécuté ;
- i4°. M. Pincent Chevallier, ingénieur - opticien , quai de l’Horloge, n°. 69, son microscope achromatique , construit d’après le système ôüEuler , et dont les effets sont supérieurs à ceux des autres microscopes : ayant déjà fait connaître cet instrument dans le Bulletin de l’année 1825, p. 243, nous n’entrerons pas dans des détails sur ses avantages et sur sa construction , qui ne laisse rien à désirer ;
- i5°. M. L’Homond, rue Coquenard, n°. 36, déjà avantageusement connu pour ses cheminées économiques , des pierres de taille factices et des ornemens d’architecture imitant le marbre, qu’il annonce comme étant très-solides et pouvant résister aux intempéries de l’air ;
- 160. M. Legendre , six tableaux de lecture et d’arithmétique;
- 170. M. D’Arcet, membre de l’Académie des Sciences , un fragment de tuyau de plomb rempli d’un dépôt calcaire très-dur, qu’il est parvenu à dissoudre au moyen de l’acide hydrochlorique ( voyez notre Numéro précédent, page 118);
- 180. Enfin, des foulards en soie de diverses couleurs, de la fabrique de MM. Calla et compagnie, à Lyon;
- p.140 - vue 150/507
-
-
-
- ( *4' )
- Divers objets qui avaient déjà paru aux précédentes séances générales ont été exposés de nouveau. Nous citerons les horloges de M. Wagner, les cadres dorés de M. Roux ; les limes taillées à la mécanique , de M. Albert Rennette\ les appareils d’écriture de M. Dejernon; les toiles tissées sur le métier mécanique de M. Debergue, et les modèles de diverses embarcations sous-marines pour la défense des ports et rades, de M. Castera. Cet appareil a reçu plusieurs perfectionnemens, entre autres, un brûlot composé d’un bateau - poisson et d’un bateau articulé. Le premier sert à couvrir un homme d’une enveloppe qui empêcherait de remarquer sa présence , lors même qu’il serait obligé de remonter momentanément à la surface de l’eau; le mouvement de ses bras est libre, à l’aide de manches en cuir ; il tient une corde attachée au bateau principal, laquelle lui donne un point d’appui et-conséquemment la facilité de rompre le fil de l’eau dans une direction toujours parallèle à la surface.
- Le bateau articulé a sa principale division disposée en brûlot, remplie de matières combustibles et munie d’un lest et d’un gouvernail transversal, servant avec sa pompe au maintien de son équilibre. La petite division formant l’arrière du bâtiment, et qui s’en sépare à volonté, contient deux rameurs ; le bateau-poisson la dirige au moyen de cordes : l’un et l’autre sont pourvus de tuyaux flexibles par lesquels s’opère le renouvellement de l’air, et de pompes aspirantes et foulantes pour pouvoir plonger au besoin. Parvenu à sa destination , le bateau-poisson donne le signal aux rameurs, qui détachent leur bateau et s’éloignent; tandis que lui, au moment de s’en séparer également, lâche le lest et la détente qui met le feu au brûlot t celui-ci sort immédiatement de l’eau et entre en combustion.
- La séance a été ouverte à sept heures du soir sous la présidence de M. le comte Chaptal, pair de France.
- M. le baron Degérando, secrétaire, a lu le rapport suivant sur les travaux du Conseil d’administration pendant l’année 182S.
- Compte rendu des travaux du Conseil dadministration pendant Vannée 1825 \ par M. le baron Degérando.
- Messieurs, en apprenant que le Parlement d’Angleterre avait fait faire une enquête sur l’état de l’industrie en France et en avait fait publier les résultats, il n’est aucun de nous qui n’ait éprouvé un vif mouvement de curiosité, et qui n’ait désiré connaître quel jugement avait été porté, quelles comparaisons avaient été établies sur un semblable sujet, au sein de la législature d’une nation voisine, si éclairée elle-même, si avancée
- p.141 - vue 151/507
-
-
-
- ( ï42 )
- dans la carrière de l’industrie, sur-tout en pensant avec quel soin le Parlement d’Angleterre fait proce'der à ce genre d’enquêtes. Celle-ci a été traduite en français par M. Maizeau, rédacteur du Journal du Commerce, qui a bien voulu l’offrir à notre Société. Nous avons été surpris du nombre prodigieux de renseignemens que les commissaires chargés de ces recherches sont parvenus à recueillir; et quoique plusieurs des détails qui y sont consignés soient susceptibles d’être contestés ; quoiqu’à certains égards l’état des choses ait changé depuis l’époque où ces informations ont été prises ; quoique sur-tout l’esprit qui respire dans cette enquête tende sans cesse à faire ressortir la prééminence de l’industrie anglaise, nous trouvons dans ce travail des instructions utiles , et nous devons y puiser des motifs propres à ranimer notre émulation. II serait à désirer qu’il se trouvât parmi nous quelqu’un qui entreprît de contrôler cette enquête , de la rectifier, de la compléter dans les parties où elle se trouve soit erronée, soit très-défectueuse.
- La France ne possède point ces grandes masses de capitaux qui permettent de former les plus vastes entreprises, de monter les manufactures sur une échelle gigantesque; elle ne couvre point, au dehors, des régions entières du produit de ses ateliers par d’immenses exportations. Mais , d’un autre côté, elle est moins exposée aux dangers des conceptions téméraires ; elle trouve dans l’étendue de sa propre consommation intérieure le débouché toujours le plus assuré et le plus constant des fruits de son industrie ; cette industrie est par là moins exposée aux chances des événemens, moins sujette aux oscillations. Elle n’éprouve point de ces crises générales qui suspendent les travaux, répandent l’alarme, menacent les ouvriers, de la faim; les fabricans, de la ruine.
- En étudiant avec une attention impartiale la condition présente de l’industrie en France, plusieurs causes semblent se réunir pour lui promettre un avancement certain, quoique peut-être lent et presque insensible, mais constant du moins, régulier et progressif.
- Nous mettons en première ligne notre législation actuelle relativement à l’industrie elle-même, cette législation qui l’a délivrée des fatales entraves des corporations et des jurandes, qui l’a mise en possession d’une entière liberté, en protégeant cependant efficacement les droits de la propriété et ceux de F invention, qui est aussi une propriété. Parmi les bienfaits de notre législation, nous comprendrons sans doute l’institution de cette juridiction commerciale si simple, si prompte, si économique, si équitable, sous l’empire de laquelle chacun est jugé par ses pairs, par des arbitres, par un véritable jury civil. '
- Deux ouvrages offerts cette année à la Société, l’un par M. Régnault*
- p.142 - vue 152/507
-
-
-
- ( ,43 )
- l’autre par M. Ch. Renouard, ont embrassé l’une des branches de notre législation industrielle, celle qui est relative aux brevets d’invention. Le premier a formé un recueil de toutes les dispositions qui régissent la matière et en composent la jurisprudence ; le second a recherché les principes, développé l’esprit et éclairé les applications.
- On doit assigner une influence du même genre, non moins puissante, quoique moins directe sans doute, à celles de nos institutions qui, en réhabilitant l’industrie, en consacrant l’indépendance de la pensée et sa libre expression, en ouvrant toutes les carrières à tous les talens, offrant les mêmes perspectives à tous les travaux utiles, entretiennent une honorable émulation ; nous nous applaudissons de voir les mœurs, s’accordant sous ce rapport avec l’esprit de nos lois et nous garantissant leur maintien, élever les services rendus à l’industrie au rang qui leur appartient dans la considération publique.
- Notre industrie trouve une protection et un encouragement dans le tarif de nos douanes, qui, dans tout ce qui n’est pas essentiellement un impôt sur la consommation , s’éloigne de plus en plus, dans les sessions annuelles de nos Chambres, des vues purement fiscales, pour se conformer aux vrais principes qui doivent en marquer le but dans l’intérêt de notre commerce.
- Elle trouve une faveur précieuse dans les dispositions de nos lois relatives aux Sociétés anonymes, qui secondent la formation des grands capitaux par l’agglomération des petits pécules, qui intéressent aux éta-blissemens d’industrie une foule de particuliers d’ailleurs étrangers à leurs opérations par leurs habitudes : ces associations se multiplient depuis plusieurs années sous mille formes diverses ; elles doivent se multiplier encore indéfiniment, à mesure que le caractère en sera mieux connu ; elles sont garanties par les dispositions du Code, qui protègent les actionnaires et rendent les actions mobiles.
- La prolongation de la paix doit, sous une administration sage et éclairée, accroître constamment l’aisance générale, par là même la consommation intérieure, et, par'une seconde conséquence, l’activité de nos ateliers. Les grandes révolutions qui changent la face du Nouveau-Monde doivent aussi nous offrir de vastes débouchés et ranimer notre navigation trop languissante , si une politique large et prévoyante nous met à portée de paraître promptement et avantageusement sur ces nouveaux marchés, où tout nous promet que nous serons accueillis avec la bienveillance la plus marquée. 7
- Parmi les causes qui continueront à déterminer les progrès futurs de notre industrie d’une manière plus spéciale et plus directe, se présente
- p.143 - vue 153/507
-
-
-
- ( >44 )
- (L’abord la marche rapide des sciences physiques, enrichies chaque jour parmi nous d’importantes découvertes, cultivées avec une si honorable ardeur, et dirigées par des méthodes telles, que le flambeau de l’expérience et de l’observation en fait réfléchir les résultats sur le théâtre des applications dans le domaine des arts utiles , avec une abondance toujours croissante.
- Ce bienfait se multipliera, se perpétuera par la salutaire influence d’un établissement récent, qui a pour objet de faire descendre dans les ateliers les lumières répandues par les sciences mécaniques. Cette création , Messieurs, fera époque dans l’histoire de notre industrie. Déjà quatre ou cinq Cours de ce genre sont ouverts dans les diverses villes du royaume, grâce au noble exemple, aux généreux efforts de M. le baron Charles Dupin. Cet illustre savant a complété le service qu’il rend à son pays, en publiant le Cours qu’il fait lui-même au Conservatoire des arts et métiers, et offrant ainsi un modèle à ceux qui marchent sur ses traces. Honneur à celui qui a ouvert la carrière et à ceux qui l’y suivent avec une émulation aussi généreuse ! Notre collègue M. Francœur a payé, au sein de la Société , le tribut de reconnaissance qu’elle doit à l’auteur de ce fécond enseignement.
- Tous les ouvriers et artisans ne sont pas appelés à recevoir ce degré d’instruction supérieure ; mais une bonne éducation , un degré convenable d’instruction, généreusement introduits dans les classes laborieuses, concourent de la manière la plus efficace à l’amélioration du travail dans tous les genres d’ateliers, et c’est une vérité qui ressort d’une manière remarquable de l’enquête que nous citions tout-à-l’heure. Les bonnes mœurs, l’esprit d’ordre, l’application, l’instruction, rendent l’ouvrier capable d’exécuter davantage et d’exécuter mieux, et cet effet devient plus sensible à mesure que l’introduction des machines ramène graduellement l’homme à remplir son véritable rôle, celui d’agent intelligent. Sous ce rapport, nous devons donc encore applaudir vivement aux per-fectionnemens que l’éducation populaire a obtenus en France depuis quelques années, à la création et à la propagation de l’enseignement du dessin linéaire, comme nous devons féliciter aussi les chefs des grands établisse-mens d’industrie, qui, avec le zèle le plus digne d’éloges, ont institué des écoles gratuites au sein de leurs manufactures. Cet éloge est spécialement dû aux manufacturiers du Haut-Rhin, aux directeurs des mines du Lardin, aux propriétaires des belles forges de Fourchambault.
- Enfin, la formation des Caisses d’épargne et de prévoyance, les associations réciproques de prévoyance entre les ouvriers, que nous voyons
- se
- p.144 - vue 154/507
-
-
-
- ( -45 )
- se multiplier depuis quelques années , devront contribuer aussi à répandre dans les classes industrieuses cet esprit d’économie qui se lie naturellement avec toutes les dispositions favorables aux bonnes mœurs et à l’amour pour le travail. Plusieurs fabricans, parmi lesquels nous citerons les propriétaires des belles manufactures de Wesserling, département du Haut-Rhin, ont institué dans leurs établissemens des caisses d’épargnes fort bien conçues pour les familles de leurs ouvriers.
- Nous espérons, Messieurs, que les considérations générales dont nous venons d’indiquer ici un aperçu, ne vous paraîtront pas étrangères àFob-r jet de votre réunion. Non-seulement elles se rapportent essentiellement au but vers lequel se dirigent et nos vœux et nos efforts ; mais la Société d’Encouragement concourt de plusieurs manières à seconder l’action des causes qui viennent d’être rappelées : elle offre un centre de communication , d’une part entre les sciences et les arts d’application , de l’autre entre les diverses branches de ces mêmes arts ; elle s’applique non-seulement à provoquer les découvertes, mais à les signaler, à les répandre , à mettre en circulation toutes les idées utiles ; et sans doute elle est appelée à rendre, sous ces divers rapports, des services encore plus étendus, sur-tout aujourd’hui qu’elle dispose d’une masse de moyens beaucoup plus efficace.
- Le nombre de ses membres, qui s’élevait déjà à plus de mille , a reçu encore cette année un accroissement très-considérable; cent soixante-dix nouveaux membres ont été admis, parmi lesquels huit étrangers souscripteurs.
- Notre Bulletin , distribué aux membres de la Société et mis en vente, associe le public à la connaissance de nos travaux. Le produit de cette vente va croissant; il s’est élevé à 5,200 francs environ en 1825, c’est-à-dire à 2000 francs de plus qu’en 1824. Nous ne faisons cette remarque que parce qu’elle annonce l’augmentation du nombre des lecteurs, et cependant, indépendamment de quelques ouvrages périodiques fort estimables qui se publiaient déjà et qui continuent, de nouvelles publications d’une haute utilité sont venues enrichir depuis peu la bibliographie industrielle.
- Au produit de nos souscriptions annuelles, au montant de la subvention reçue du Gouvernement, au produit de la vente du Bulletin, se joint le dividende annuel du capital formé par vos réserves passées et employé en actions de la Banque. Bientôt viendra s’y joindre encore l’intérêt de votre moitié dans la succession Jollivet. C’est le 3o janvier 1827 que vous entrerez en jouissance de ces intérêts, qui jusque là s’accumulent, d’après 1 intention exprimée par les testateurs. Le capital liquide de cette succession, daprès les derniers comptes rendus, s’élève pour votre moitié à en-Vingt-cinquième année. Mai 1826. Y
- p.145 - vue 155/507
-
-
-
- ( m6 ) -
- viron 272,000 francs, dont une portion est déjà réalisée en rentes sur l’état ; cette somme sera portée à environ 5oo,ooo francs au 3o janvier prochain , par l’accumulation des intérêts.
- Ainsi, à dater de l’année prochaine, la Société aura chaque année une somme de 80,000 fr. environ à appliquer aux divers encouragemens qu’elle est appelée à décerner. Alors la Société pourra multiplier les expériences qu’elle fait faire sous ses yeux, donner plus de développement et de variété à ses publications périodiques , étendre ses collections, provoquer la rédaction de manuels pratiques pour les diverses branches des arts , donner sur-tout une nouvelle importance à ses concours. Elle trouvera toujours sa plus utile influence dans l’activité, la bonne direction de ses travaux, dans ses efforts pour seconder la propagation des lumières.
- Les séances de votre Conseil d’administration ont continué à être fort occupées , assidûment suivies ; un grand nombre de communications intéressantes lui ont été faites. Nous ne pourrions ici, Messieurs, ni vous les rappeler avec détail, ni les énumérer toutes ; ttop d’objets importans réclament les momens précieux que vous nous accordez pendant cette séance. Nous ne vous entretiendrons donc ni des produits qui ont été mis sous les yeux de la Société, et qui se trouvent déjà décrits dans le Bulletin, ni des objets qui ont été jugés dignes d’être encouragés par des médailles et dont il sera fait des rapports particuliers : nous nous bornerons à rappeler sommairement les procédés ou les perfectionnemens que le Conseil a cru devoir recommander à l’attention publique comme méritant d’être adoptés, et ceux qui lui ont paru mériter que la Société coopérât à leur exécution.
- Votre Conseil a eu particulièrement occasion de signaler , pour en propager l’usage,
- Un moulin à broyer les os, peu dispendieux et d’une construction facile, par un habitant de Thiers qui ne s’est point fait connaître ;
- Un nouveau dévidoir pour la soie, qui facilite le travail de la fîleuse, qui a été présenté par M. Barbier, mécanicien à Montelimart, et qui déjà a été adopté par la plupart des tisseurs de soie du département de la Drôme ; '
- Les chaînes d’engrenages se ployant en tout sens et la machine à broyer les couleurs, exécutées par M. Lemoine; .
- La nouvelle grue destinée à abréger la durée des sondages, par M. Beu-rzerfils, d’Abbeville.
- Les rapports imprimés dans votre Bulletin joignent à la description de ces divers objets les motifs qui nous ont déterminés à en répandre la connaissance et l’emploi.
- p.146 - vue 156/507
-
-
-
- ( *47 )
- Nous ne pouvons passer sous silence une table de fonte du poids de 25 milliers, coulée de champ chez M. Thiébaulty depuis deux ans, ces tables ont été adoptées avec un grand succès par la manufacture de glaces de Commentry. L’opération de M. Thiébault offrait de grandes difficultés dont il a heureusement triomphé.
- M. le comte de Thiville a proposé, pour la construction des roues à augets, une disposition neuve et ingénieuse. Il introduit l’eau dans la roue par sa périphérie intérieure, par une disposition telle que l’eau commence seulement à quitter les augets lorsqu’elle est arrivée au bas de la chute; votre Conseil d’administration a cru devoir employer une sômme de 1000 francs à la confection et à l’essai d’un modèle en grand d’une roue conçue d’après ce principe, qui doit procurer une économie sensible dans la puissance motrice.
- M. Besson a imaginé un genre de charrue qui est employée dans les montagnes du Jura pour déblayer la neige et entretenir ainsi les routes viables pendant l’hiver. Dans le cours de l’hiver dernier, attelée de quatre chevaux, elle a déblayé 4 lieues d’étendue sur un sol couvert de 25 à 3o pouces de neige et a fait ainsi l’ouvrage de deux cents ouvriers. Nous avons remis à l’auteur de cette utile machine une somme de 3oo francs, qui représente la valeur du modèle déposé dans les salles de la Société.
- Un encouragement de la même somme a été accordé à M. Muller, auteur d’un nouveau moteur à tout vent, qui, comme celui de M. de la Mo-lère, se dirige à l’aide d’une girouette, dont la construction est conçue d’après des moyens ingénieux.
- La catastrophe qui a détruit l’année dernière la ville dé Salins, catastrophe qui a excité de si justes et si vives émotions dans toutes les âmes généreuses, et qui a produit dans toutes les classes de la société comme dans toutes les portions de la France un empressement si honorable à en secourir les victimes ; cette catastrophe fait naître, sous le rapport des arts qui concourent aux constructions des villes, des questions du plus haut intérêt. On conçoit en effet que ce malheur lui-même fournit l’occasion de faire concourir à la reconstruction de la ville consumée les conditions les plus avantageuses qui soient connues pour le choix et l’emploi des matériaux, les distributions intérieures, les voûtes , les toitures , les appareils de chauf-fage, etc., de manière à obtenir dans les édifices de la ville nouvelle le plus grand degré d’économie, de solidité, de salubrité , de commodité, de sécurité contre les dangers d’incendie. De la sorte, le malheur lui-même dont Salins a été la victime, pourrait devenir utile dans l’avenir non-seulement a ses habitans, mais aussi à la France entière, qui trouverait dans
- ' Va
- p.147 - vue 157/507
-
-
-
- ( 48 )
- la ville nouvelle des modèles dont l’absence est généralement sentie. Ou sait tout ce qu’a fait le gouvernement de Russie pour tirer un semblable parti de l’incendie de Moscou; les soins qu’il s’est donnés pour provoquer l’émulation et le concours de tous les artistes, et les heureux résultats qu’il en a obtenus. Un membre zélé de la Société, qui habite Besançon, et qui s’est beaucoup occupé des intérêts des Salinois, nous a demandé diverses directions propres à les guider dans la restauration de leur ville. Bientôt après, M. le maire de Salins nous a consultés lui-même sur cette grande entreprise. Votre Conseil d’administration eût vivement désiré, Messieurs, que nos statuts, que les limites précises dans lesquelles ils circonscrivent la destination de nos fonds, nous eussent permis d’offrir aux infortunés Salinois plus que des conseils ; qu’ils nous eussent autorisés à prouver aux Salinois la profonde sympathie que nous éprouvons pour leur malheur , en consacrant une somme pour aider à faire renaître leur cité de ses cendres; mais cette consolation nous étant refusée par les règles absolues qui nous régissent, nous avons du moins offert aux Salinois le tribut qui dépendait de nous : une Commission spéciale a satisfait aux questions qui nous étaient adressées ; votre Conseil d’administration a saisi cette occasion pour adopter deux sujets de prix relatifs, l’un à la fabrication des briques et des tuiles, l’autre au débit des bois de menuiserie, sujets qui, en offrant une utilité immédiate et directe pour la reconstruction de Salins , sont aussi d’une application générale pour toute la France.
- Une autre Commission spéciale a été chargée par votre Conseil d’un travail qui touche aux intérêts les plus généraux de notre industrie. Il s’agit de procurer la plus prompte publication en France des découvertes qui, ayant obtenu des patentes en Angleterre, y ont été aussi immédiatement publiées d’après la législation propre à ce pays, et de prévenir ainsi les faciles spéculations de ceux qui sans mérite et sans frais, à l’aide de brevets d’importation, s’empareraient d’un monopole exclusif pour l’exploitation de ces découvertes. Nous avons ouvert, à ce sujet, une correspondance avec M. le baron Séguier, Consul général de France à Londres, dont le zèle éclairé et infatigable rend tant de services à l’industrie française ; nous en avons obtenu de précieux renseignemens et nous espérons atteindre au but que nous nous proposons sans dépasser les limites d’une modique dépense.
- Parmi les diverses communications dont nous continuons à être redevables envers M. de Fahnenberg, nous avons recueilli avec un intérêt particulier celles qui concernent les tentatives faites en Allemagne pour la préparation du lin et du chanvre sàns rouissage, et celles qui sont relatives à l’Institut
- p.148 - vue 158/507
-
-
-
- ( *49 )
- polytechnique créé à Vienne en 1815. Cet Institut tient une sorte de milieu entre nôtre Ecole polytechnique et nos Ecoles d’arts et métiers. Il a essentiellement le même but que ces dernières ; mais il a un caractère plus scientifique et plus académique ; il publie des Mémoires qui se recommandent par leur importance. Un établissement du même genre va se former à Prague.
- La Société d’Encouragement de Berlin, formée à l’instar de la nôtre, publie, comme la nôtre, un Bulletin, accompagné de planches fort bien gravées à l’aide d’une machine anglaise j nous en faisons l’échange , et nous y puisons d’utiles documens.
- Une Société des ,arts et métiers s’est aussi formée à Badej elle se concentre jusqu’à ce moment dans des objets d’un intérêt purement local.
- Vous vous rappellerez, Messieurs , que M. Cottard, inspecteur de l’Université , chargé des fonctions rectorales en Corse, avait demandé vos conseils sur les moyens de répandre dans cette lie les connaissances agricoles et industrielles. D’après nos indications , il a réussi à former en Corse une réunion d’hommes instruits et dévoués au bien, qui entrera en correspondance avec vous et deviendra le foyer d’une propagation si désirable.
- Une Société spéciale s’est formée à Paris pour l’amélioration des laines ; elle a déjà publié plusieurs cahiers de ses Mémoires, qui répondent parfaitement au but qu’elle se propose.
- Il est satisfaisant de voir l’esprit d’association s’appliquer parmi nous aux entreprises pour les améliorations agricoles. Il vient de s’.en former une sur un plan très-utilement conçu dans le département de l’Ailier, qui, entre autres services, fournira des plants d’arbres à un prix modéré , et secondera la plantation des mûriers dans ce département. Des soies qui y ont été récoltées dernièrement, filées et ouvrées chez M. Poidebard, près Lyon , ont été reconnues d’une superbe qualité, et de fort belles étoffes fabriquées avec ces soies ont été mises sous les yeux de la Société.
- L’exploitation rurale dirigée àRoville, dans le département de la Meur-the, par M. Mathieu de Dombasle, et fondée par une réunion d’actionnaires , remplit dans toute son étendue sa destination de ferme-modèle, et y réunit déjà celle d’école agricole. La deuxième livraison des Annales de Roville présente le tableau des améliorations qui s’y développent rapidement. Le zèle admirable de M. Mathieu de Dombasle ne se borne pas à agir et à donner l’exemple ; ses rapports rendent un compte lumineux de ses opérations et des principes qui le guident ; il a trouvé aussi le temps de traduire et de publier un ouvrage de, sir John Sinclair et de l’accompagner de notes instructives.
- p.149 - vue 159/507
-
-
-
- ( i5o )
- Vous connaissez, Messieurs, la vaste association qui prend naissance en ce moment, et qui doit offrir sur la plus grande échelle le type de toutes les améliorations rurales. Conçue et provoquée par S. Exc. le Ministre de la maison du Roi , l’un de nos vice-présidens, dans les vues les plus étendues et avec la plus honorable sollicitude, elle est encouragée par le Roi lui-même; elle a été dotée par lui, et elle réunit l’élite de nos citoyens à nos agronomes lés plus distingués.
- Païmi les ouvrages offerts à la Société, et dont plusieurs ont déjà été cités, nous devons assigner une distinction honorable au du mineur,
- par M. Pajot des Charmes, qui a déjà rendu tant de,services aux arts Utiles et qui vient par là d’en rendre un fort essentiel à l’une des industries les plus savantes! Nous ne pouvons assez solliciter de nos vœux l’exécution de travaux conçus dans le même but pour toutes les branches des arts. Nous devons des remercîmens à notre collègue M. le comte de Lasteyrie, pour son Journal des connaissances usuelles et pratiques , recueil aussi riche que. varié, mis à la portée de toutes les classes laborieuses; nous signalerons aussi le Mémoire de M. Poncelet, sur les roues hydrauliques à aubes courbes, auquel l’Académie des Sciences a décerné le prix de mécanique, fondé par M . de Montyon ; un Mémoire sur Veau et les terrains salans du département du Rhône, par M. de Rivière ; un Traité des vices rédhibitoires dans le commerce des animaux , par M. Huzard fils.
- Nous terminerons en rappelant que nous devons à l’obligeance de notre collègue, M. Derosne, la communication d’une Notice très-intéressante sur l’emploi économique de l’alcool dans les arts.
- En procédant incessamment au renouvellement de votre Conseil d’administration, vous serez frappés, Messieurs , des vides nombreux qui s’y sont opérés depuis deux années ; à aucune époque , il n’avait fait autant de pertes. Il en est une encore qui a affligé la France entière , et à laquelle notre Société n’a point été étrangère. M. le duc Mathieu de Montmorency avait été l’un de ses premiers fondateurs ; dès l’origine il y avait rempli les fonctions de secrétaire-adjoint, et il lés avait exercées pendant plusieurs années ; nous aimons à recueillir ce souvenir qui nous honore, et à trouver inscrit sur le frontispice de notre institution , ce beau nom , plus beau encore par l’éclat des vertus que par les honneurs historiques , ce nom qui se retrouve et brille par-tout où il s’est fait quelque bien en France depuis vingt-cinq ans. ! "!i ’ >- : ; t
- Espérons, Messieurs, que les élections auxquelles vous allez procéder nous apporteront en zèle et en lumières des’secours propres à réparer nos
- • . 'V ‘ri r- • * O i
- p.150 - vue 160/507
-
-
-
- . ( i5i )
- pertes ; que notre Société , loin de vieillir ,\se fortifiera en se renouvelant, et que j dans l’état prospère où elle est parvenue , elle remplira mieux chaque jour ce qu’on a droit attendre d’elle* pour l’avantage de lfi< France !
- Rapport sur les Recettes et les Dépenses de la Société dEncouragement pendant Vannée 1825 ; par M. Molinîer ide
- Montplanqua.
- Après le rapport satisfaisant que vous venez d’entendre sur les travaux du Conseil d’Administration , nous venons mettre sous vos yeux le compte des recettes et dépenses de la Société pendant l’année 1825, que M, le Trésorier a présenté à la Commission des fonds.
- Ce compte, rendu en présence de MM. les Censeurs, a été examiné avec la plus scrupuleuse attention ; les pièces ont été vérifiées ; et, comme les années précédentes, nous n’avons que des éloges à donner et des remer ci mens à faire à M. de Montamant, pour le zèle et l’exactitude qu’il met dans les fonctions qui lui sont confiées, et sur-tout pour les lumières qu’il apporte dans nos réunions , et qui tendent toujours à l’amélioration et à l’augmentation des fonds dont la Société fait un si noble usage en encourageant les talens et contribuant aux progrès de l’industrie de la France, et, nous osons le dire, de celle de l’Europe.
- Voici, Messieurs, l’analyse de ce compte ^ remarquable par sa simplicité et sa précision :
- Recette.
- La recette est divisée en cinq chapitres.
- Le premier comprend le reliquat dtr compte de l’année 1824? arrêté par la Commission des fonds et par MM. les Censeurs à la somme de 8,587 69 c., dont 6,587 f. 69 c. appartiennent à la Société, et 2,000 f.
- ont été déposés dans sa caisse par feu M. le chevalier Rattoji, pour un sujet de prix relatif à la substitution des presses hydrauliques aux pressoirs
- ordinaires à huile et à vin, ci. ... i .... . . . 6,58j fr. 69 c.
- Le deuxième chapitre se compose du produit, pendant l’année 1824, de la vente du Bulletin de
- la Société, montant à..........., 5,144 5o
- Le troisième , des intérêts reçus pour une année des actions de la Banque, dont la Société est pro-
- A reporter. . . . 9,752 fr. 19 c.
- p.151 - vue 161/507
-
-
-
- ( *5-2 )
- D’autre part........ 9,732 fr. 19 c.
- priétaire..................... ................... 14,964 »
- Le quatrième, du produit des souscriptions versées par les membres de la Société pour l’année
- 1825 et années antérieures. . » . •............. 39,978 10
- Et le cinquième, pour rabounement du Gouvernement au Bulletin de la Société, pour le dernier trimestre 1824 et les trois premiers trimestres 1825. 4>00° »
- Total de la Recette. . J............. 68,644 fr* 29 c*
- Dépense.
- La dépense est divisée en huit chapitres.
- Chapitre Fr. Sommes payées à M. l’agent de la Société , pour son traitement , gratifications , droit sur les souscriptions , salaire des gens à gages, frais d’administration et dépenses diverses. . . .. 11,775 fr. 65 c.
- Chap. II. Rédaction du Bulletin, feuilles d’extraits , mémoires originaux et autres travaux. ... 4,965 »
- Chap. III. Dépenses générales du Bulletin, dessins, gravures, cuivre, impression des planches et du texte, papier, abonnement aux journaux français
- et étrangers, et antres dépenses. ................. . 19,519 »
- Chap. IV. Loyer et éclairage jusqu’au Ier. janvier 1826............................................... 4>65o »
- Chap. V. Achat de sept nouvelles actions de la Banque, dont trois le 8 mars 1825 , au prix
- de. . ....................... 6,157 fr. 70 c. |
- et quatre le 1 r avril suivant, J
- moyennant..........-.......... 8,220 5o ;
- Chap. VI. Pension de deux élèves à l’Ecole royale
- vétérinaire d’Alfort.................
- Chap. VII. Souscription pour l’année 1825 a la
- Société d’enseignement élémentaire. . ..........
- Chap. VIII. Prix et médailles ; savoir , sept médailles , dont cinq en or et deux en
- argent........................ 2,878 fr. 4° c* f
- Encouragemens et prix. . . 1,960 » f
- 14,378
- 477
- 40
- 4,828
- 20
- 5©
- »
- 4o
- Total de la Dépense. .... 60,533 fr. y5 c. \
- Résultat
- p.152 - vue 162/507
-
-
-
- i53 )
- , ; , Résultat et Balance. > s » v v
- La recette pendant l’année 1825, y compris le reliquat de 1824, s’est élevée à.. . . . ; . . . . 68,644 fr. 29 c.
- La dépense pendant la même année, à. . v • 60,533 y5
- Partant, la recette excède la dépense de. . , . : . 8,1 io fr. :.-54.c.'
- dont M. le trésorier fera recette au compte de 1826, , : :Uij 1 * ;
- indépendamment des 2,000 fr. qui sont en dépôt ! ? ^
- dans la caisse de la Société. vt_ • ^
- Outre le reliquat ci-dessus, fixé à . . , .... 10,110 fr. $.
- la SocigJ^ possède 166 actions de la Banque de France, achetées à différens cours, moyennant '
- 208,979 fr. 35 c. , et représentant, au cours du ' ' ‘
- 3i décembre 1825, un capital de.. . . . 336,i5o »
- Il en résulte que la Société était réellement propriétaire, au Ier. janvier 1826, de. . . . . . . . 346,260 fr. 54 c.„
- La situation prpspère de nos finances, l’accroissement journalier du capital, des revenus, et du nombre de nos souscripteurs, vous donnent les moyens de continuer et d’augmenter vos encouragemens. Bientôt, et dès l’année prochaine, la Société entrera en jouissance du legs qui lui a été fait par M. le comte Jollivet : alors elle pourra appliquer de plus fortes sommes aux récompenses et aux prix que les savans distingués qui compo^ sent votre Conseil d’administration s’empresseront de proposer. Le devoir imposé à votre Commission des fonds, devoir qu’elle remplira scrupuleusement, sera de s’attacher à diminuer les dépenses, ou du moins à y apporter la plus sévère économie. • ?
- Malheureusement cette Commission a à déplorer, cette année, la perte de trois de ses membres, distingués, par .leurs lumières, leurs talens et leurs Vertus : M. Bigot de Préameneu, ancien ministre des cultes, un des hommes les plus remarquables de l’époque actuelle ; M..Boulard, ancien notaire, dont vous connaissez tous la vaste érudition, et ]\£. Brillât de Savarin y qui fut un des fondateurs de notre Société. Vous entendrez bientôt l’éloge des deux premiers, qui sera prononcé par MM. le baron Degérando et Jomard. M. Costaz a déjà, dans une de nos précédentes séances, payé un juste tribut de regrets à la mémoire de M. Brillât de Savarin. r . .
- Pingt-cinquième année. Mai 1826. X
- /
- p.153 - vue 163/507
-
-
-
- ( *54 )
- Rapport sur la Vérification des Comptes de M. le Trésorier, au nom des Censeurs y par M. le duc de Cadore.
- Messieurs, vos Censeurs, de concert avec votre Commission des fonds , ont examine le compte des recettes et des dépenses de la Société pendant Tannée 1825*, rendu par M. le Trésorier. Ce compte est, sous tous les rapports4" extrêmement satisfaisait. Votre revenu augmente chaque année, et vous êtes loin d’en dépenser la totalité'. Dans Tannée 1825, votre recette, déduction faite du reliquat de Tannée précédente, a été de 62,056 fr. 60 c., votre dépense n’a été que de 44*975 fr. 55 c., ainsi vous avez eu un excédant de recette de 17,0^1 fr. o5 c., sur lequel 14>378 fr. 20 c. ojit été employés à l’achat de sept actions de la Banque, et le surplus servira à accroître la recette de 1826. .... 7 . r
- Vous n’avez pas cependant toujours à vous féliciter des économies que vous êtes dans le cas de faire. Quelquefois elles proviennent de ce que les prix annoncés n’ont pas été gagnés et 11’ont pu être distribués : alors votre capital s’en accroît ; mais cet accroissement ne peut être regardé comme inaliénable, et si quelque grande découverte vous semblait mériter un encouragement extraordinaire, vous ne devriez point hésiter de le prendre sur le produit de ces économies, que vous ne capitalisez qu’a regret. Au surplus, Messieurs, ce n’est pas par vos dons seuls que vous encouragez les arts ; l’éclat que vous leur donnez, la réputation que vous faites aux artistes par T approbation dont vous honorez leurs ouvrages ou même par là simple mention que vous en faites ; votre suffrage enfin, Messieurs, sous quelque forme qu’il soit donné , est le plus puissant encouragement j son influence s’étend meme à l’étranger,, et on ne croit pas à la réalité ou a Tutilité d*uhe découverte qui n’a pas reçu votre approbation.
- Voici le tableau de vos richesses actuelles , non compris le legs de madame Jollivet 1 V , ‘
- Cent soixante - six actions de la Banque, dont le revenu variable peut être estimé dans ce moment , . . T . . . . . . . i5,5oo fr.
- "%ë produit de larente du Bulletin , pour lequel il est fait une dépensé dé.T4,°oV fr. , n^ais sans comprendre la valeur de ceux qui vous sont distribués . • * • • • , 5,000
- Le montant dés souscriptions, qui vont croissant chaque année. T . V '. . ? » * : • * • * • .* ? • 44?°°°
- Total. .................... 62,5oo fr.
- p.154 - vue 164/507
-
-
-
- ( iW>
- Vous êtes, Messieurs, la seule Société de .-bienfaisance et d'utilité pü* blique qui ait vu croître graduellement le nombre de ses souscripteurs et de ses revenus. C’est que votre création n’a point été une affaire de mode, et que plus vous avez existé, plus on a senti combien vous étiez utiles.
- Le compte qui vous est rendu est , comme celui des années précédantes, d’une exactitude parfaite. Il est appuyé de pièces justificatives que rendraient inutiles le caractère de votre Trésorier etThonnêteté de votre Agent général, qui fait sous lui une partie de la dépense; cette dépense n’augmente point d’année en année comme celle de beaucoup d’administrations, et on ne s’aperçoit pas même de l’augmentation de prix de certaines matières, sans doute parce qu’elle est compensée par*n-ne économie plus sévère dans l’emploi qui en est fait. Ainsi le chauffage a moins'coûté en i8a5 , ce qui comprend tout l’hiver dernier, qu’en 18*24 et en i8a3 (1).
- La forme de ces compte# est d’une extrême simplicité ; les recettes et les dépenses sont inscrites à mesure qu’elles sont faites ; on n’a point emprunté le mode de comptabilité compliqué des grandes administrations, ni celui des parties doubles en usage chez les négocions. C’est tout simplement un compte de famille, où, plein de confiance dans le comptabler on sait qu’on ne peut trouver ni une erreur ni un abus ; et cependant ce compte est exempt de confusion, et un dépouillement facile peut en faire jaillir toutes les lumières, tous les renseignemens désirables. Cette forme, telle qu’elle est née dans l’enfance de votre Société, peut encore lui convenir , et elle a l’extrême avantage de n’entraîner aucun frais ; la plume seule de M. le trésorier , qui écrit tout lui-même, suffit à la tenue des registres et à la rédaction des comptes. Telle administration publique aurait pour le même usage un bureau et des commis. Vous êtes servis, Messieurs, comme vous méritez de l’être ; la plus rigide honnêteté et le plus pur désintéressement secondent vos généreuses intentions , et votre prospérité financière en est le résultat.
- Si jamais vos dépenses, croissant comme votre revenu, prenaient une grande étendue, peut-être conviendrait-il d’examiner s’il ne faudrait pas qu’elles fussent d’avance réglées par un budget divisé par chapitres distincts par leur objet, ainsi que le Compte rendu; que les dépenses ottdinaires et fixes fussent soigneusement séparées des dépenses variables ou extraor-*-dinaires; on examinerait si des marchés généraux seraient préférables à des achats successifs faits à mesure des besoins^, par la probité et rintelligérice ; *—J ----------------------------------------—^ :----------— —4^ —
- (1) Chauffage et supplément : en 1823, 1266 fr. i5 c. 5 en 1824* i33i fç; Jp atye©J
- X 2
- p.155 - vue 165/507
-
-
-
- ' . ( ‘56 )
- d’un autre côte, on considérerait si tout changement dans un mode de comptabilité suivi depuis tant d’années n’entraîne pas toujours quelque inconvénient, quand ce ne serait que celui de rendre plus difficile la comparaison des dépenses à dès époques différentes ; votre Commission des fonds ferait cet examen. Mais que Dieu nous garde encore long-temps des formes plus solennëlles que sévères et plus compliquées qu’économiques des administrations publiques ! Conservons le plus que nous pourrons ces formes primitives par lesquelles la Société a crû et prospéré.
- Cependant, Messieurs , continuez vos utiles et honorables travaux ; secondée l’essor de cette admirable industrie que vous avez appelée de vos vœux et excitée par vos encouragemens, et qui maintenant, enflammée par ses succès, trouve dans ses projets et dans ses espérances les plus puis-sans motifs d’émulation, et félicitez-vous d’avoir été à son égard le plus utile instrument d’un Gouvernement réparateur, qui a remplacé la gloire des armes par celle des arts et fait succéder un luxe utile ou plutôt une aisance générale aux sacrifices si multipliés et si pénibles du période ou votre Société prit naissance. *
- Vos Censeurs estiment que le compte des recettes et dépenses de 1825 mérite votre approbation, '
- Adopté en séance généralele 24 mai 1826.
- Signé duc de Cadorf.
- Au nom de la Comission des médailles, M. Francœur a lu le rapport suivant sur les travaux de M. Gambej.
- Rapport sur les travaux de M. Gambcy, ingénieur en instru-mens de mathématiques et de physique ; par M. Francœur.
- Messieurs, lorsqu’il s’agit d’exposer les titres qu’ont à la considération générale les hommes ignorés, dont le talent se cache à tous les yeux, et qui ne révèlent leur existence que par quelques travaux utiles, il est souvent difficile de prouver aux personnes qui n’ont pas pénétré dans leurs ateliers, un mérite jusqu’alors obscur, et de faire apprécier à leur juste valeur les droits qu’ils ont à l’estime publique : les détails minutieux qu’on est forcé de donner ne sont que rarement compris, et le jugement que l’auditoire en porte est plutôt un acte de confiance envers les juges, que de persuasion.
- Aujourd’hui, Messieurs, ma tâche sera facile, car votre Comité des arts
- p.156 - vue 166/507
-
-
-
- ( l&7 )
- mécaniques est dans un cas tout différent lorsqu’il réclame une médaille d’or de première classe pour M. Gambey, qui jouit d’une renommée européenne dans la pratique de son art ; art qu’on peut regarder comme rival de l’horlogerie même, puisqu’il exige autant de précision dans l’exécution des pièces et les mêmes ressources d’esprit pour la combinaison des mouvemens , et qu’il rencontre les mêmes difficultés pour arriver à la perfection des résultats. Plus connu peut-être à l’étranger, qui nous i’en-vie, que dans sa patrie, M. Gambey jouit de la satisfaction de savoir ses beaux instrumens d’astronomie, de géodésie et de marine portés jusqu’aux contrées les plus éloignées, diriger la marche des navires, régler les travaux et les calculs des astronomes, enfin gouverner les opérations des ingénieurs géographes.
- Ce n’est pas seulement par la parfaite exécution de ses instrumens, que M. Gambey est recommandable ; mais aussi par l’esprit d’invention, qui dispose et coordonne toutes les parties, pour qu’elles jouent librement. Vous avez sans doute vu, Messieurs, à la dernière Exposition des produits de l’industrie ce bel équatorial qui attirait tous les regards, et qui va bientôt servir, dans l’Observatoire royal de Paris, à suivre la marche des corps célestes, et principalement celle des comètes , dont nos savans pourront désormais mieux calculer les orbites. Son héliostat, propre à réfléchir les rayons solaires sous une direction constante, pour aider le physicien dans ses expériences sur la lumière, est sur-tout remarquable par l’esprit d’invention qui a dirigé l’auteur; et ce bel instrument, dont le Bulletin de la Société va vous offrir bientôt le dessin, est imaginé d’après des principes neufs. Ses boussoles de variation diurne, de déclinaison et d’inclinaison permettent de suivre les plus petits mouvemens de l’aiguille aimantée et d’en mesurer les écarts. Les heureux changemens qu’il a apportés à la lunette méridienne, instrument si précieux pour l’astronomie, ont été approuvés de tous les savans, et M. Gambey en exécute actuellement une pour l’Observatoire royal, d’après les principes dont il est l’inventeur. La jolie machine à vapeur qu’il a faite comme modèle, pour l’instruction des élèves qui suivent les cours de la Faculté des sciences de Paris, est très-digne d’éloges; enfin, tousxes ouvrages attestent autant la fécondité de son esprit, que l’habileté de sa main-d’œuvre.
- Mais, Messieurs, ces divers travaux, remarquables sous tous les rapports, ne sont pas ce qui a principalement déterminé le Conseil d’administration à voter une médaille d’or de première classe en faveur de M. Gambey : ces instrumens ont trop de spécialité ; l’usage en est limité à un trop petit nombre de savans pour être fort répandus, et l'industrie générale ne paraît pas être assez intéressée à cette confection pour qu’il entre
- p.157 - vue 167/507
-
-
-
- ( 158 )
- dans vos vues d’y consacrer vos récompenses. D’ailleurs, ces instrumens ont été déjà honorablement distingués par le Jury chargé d’examiner et de juger les ouvrages présentés lors de la dernière Exposition des produits de l’industrie française ; et c’est une règle sage que vous vous êtes imposée , Messieurs, de ne pas accorder vos médailles aux hommes qui auraient déjà obtenu du Roi une pareille distinction, du moins pour les mêmes productions : vous n’avez pas voulu que votre sentiment pût sembler une critique des jugemens d’un Jury recommandable, ni que vous eussiez le droit de les confirmer ou de les réformer.
- Dans les récompenses qu’elle décerne, la Société d’Encouragement se propose moins de couronner des inventions spéculatives et, pour ainsi dire, académiques, que d’illustrer les grandes exploitations, les entreprises utiles et les créations d’ateliers, où une industrie remarquable est développée. Voilà les titres qui ont mérité à M. Gambey les suffrages de votre Conseil d’administration. Cet habile artiste a fondé un bel établissement, où s’exécutent, avec une rare perfection, un grand nombre d’ins-trumens utiles aux marins et aux ingénieurs. Ses cercles et ses sextans de réflexion parcourent aujourd’hui toutes lef mers, et sont, avec les chronomètres de B réguet, les guides les plus sûrs des navigateurs dans tous les lieux de l’univers. Ses théodolites et cercles répétiteurs sont d’une précision admirable, et on les préfère à tous autres pour les grandes opé-^ rations géodésiques. Ce qui donne à ces instrumens un avantage incontesté sur ceux des Anglais et des Bavarois, jusqu’ici les plus renommés, c’est non-seulement l’heureuse disposition d’une multitude de pièces qui tournent aisément et sans se rencontrer, ét que, malgré leur complication inévitable, l’ingénieur meut facilement ; mais c’est sur-tout la précision de ces mouvemens et l’exactitude rigoureuse des divisions du limbe.
- M. Gambey a imaginé un procédé pour diviser les circonférences sans être obligé de les centrer sur la plate-forme, opération si délicate quelle faisait le désespoir de tous les artistes. Cette ingénieuse méthode abrège beaucoup le temps de l’ouvrier et assure parfaitement son exécution. Aussi les cercles de M. Gambey sont-ils ce qu’on connaît de plus parfait sous lè rapport de la division du limbe. Un illustre astronome étranger, qui avait apporté, l’an dernier, à Paris, de beaux instrumens de Troughton, malgré les préventions si communes aux personnes de sa nation, fut si frappé de la supériorité des divisions de cercle faites par M. Gambey, qu’il insista pour que ce dernier voulût bien rediviser les siens ; et la modestie de notre habile artiste empêcha seule ce projet d’être réalisé, parce qu’il s’y est constamment refusé.
- Tant de beaux instrumens sortis des ateliers de M. Gambey ont été
- p.158 - vue 168/507
-
-
-
- (*5g)
- pour nos artistes un sujet d’émulation qui les a portés à perfectionner leurs œuvres pour conserver la juste renommée qu’ils s’étaient acquise. MM. Fortin, Richer, Lenoir, Jecker et autres, ont amélioré leurs travaux pour n’être pas dépassés par leurs compatriotes, et désormais notre industrie a conquis le premier rang dans l’art de créer et d’exécuter les instrumens de mathématiques.
- Les récompenses de la Société d’Encouragement ne devaient plus se faire attendre ; et l’étranger, qui voit avec regret nos travaux en ce genre atteindre à une perfection qu’il ne connaît pas, et perdre une supériorité à laquelle il était'accoutumé, serait surpris qu’on méconnût en France des talens qu’il envie. D’ailleurs, Messieurs, les perfectionnemens de l’art de faire les instrumens de mathématiques se font ressentir dans tous les autres genres de créations savantes, et descendent jusqu’à la fabrication des plus grossières machines, en habituant l’ouvrier à être difficilement content de son ouvrage. Combien d’arts ont été perfectionnés, par exemple , par les seules inventions exécutées en horlogerie, en exerçant l’œil et la main de l’artisan, aussi bien que le génie de l’artiste.
- La médaille d’or de première classe a donc été accordée à M. Gambey, et le Conseil d’administration vous prie, Messieurs, de confirmer ce suffrage.
- Adopté en séance générale , le 24 mai 1826.
- Signé Francoeur, rapporteur.
- Rapport sur les fonderies et ateliers de construction de machines, formés à Arras par M. Hallette fils; par M. Mallet.
- Votre Conseil d’administration, ayant arrêté d’accorder une médaille d’or de première classe à M. Hallette, m’a chargé de vous faire un rapport sur l’établissement que ce manufacturier a formé à Arras, et je viens m’acquitter de cette honorable mission.
- Je ne passerai pas ici en revue les services innombrables que l’industrie a rendus et peut rendre de plus en plus aux peuples ; les faits ont à présent suffisamment parlé, en justifiant les prévisions des hommes éclairés dont les écrits ont enfin triomphé de tous les préjugés, de toutes les erreurs, qui trop longr-temps ont suspendu le cours de cette source féconde de la richesse publique.
- Je ne viendrai pas non plus chercher à vous dévoiler ses secrets, ses moyens; consultez encore les faits , et vous verrez les succès de l’industrie suivre dans leurs progrès ceux de l’amélioration des machines et des mo-
- p.159 - vue 169/507
-
-
-
- ( 160 )
- teurs de diverses espèces, qui, en diminuant les frais du travail, offrent le double avantage d’une régularité et d’une perfection plus grandes dans ses productions.
- Je ne parlerai pas seulement de ce moteur merveilleux dont l’appropriation aux besoins de l’industrie est due au génie de THatt et à l’administration de Boulton , ces deux hommes célèbres, dont les efforts réunis ont rendu à nos voisins, à nous, au monde entier, des services qui feront passer leur nom à la postérité la plus reculée; mais bien encore de ces établis-semens où se préparent les divers instrumens dé l’industrie, ceux sans lesquels tous les travaux seraient perdus pour l’aisance publique, ceux sans lesquels la production ne serait qu’un vain nom.
- Daignez donc, Messieurs , jeter avec moi un coup-d’œjl sur celui de M. Hallette et le suivre dans ses divers progrès.
- En 1810, lorsque cet intéressant manufacturier fit ses premiers essais, aucune i ndustrie marquante n’existait à Arras ; il n’eut alors à s’y livrer qu’à l’amélioration de quelques machines pour l’extraction des huiles : il y fit quelques presses muettes, quelques engrenages et des communications de mouvement, jusqu’en 1817 , époque à laquelle il transporta ses ateliers à Blangy-les-Arras ; mais bientôt, ramené sur le premier théâtre de ses opérations par l’extension que des circonstances plus favorables firent prendre à ses relations, il donna alors à ses ateliers celles qu’elles exigaient , et augmentant toujours son établissement à mesure que le cercle de ses entreprises s’agrandissait , il parvint enfin à le porter au point auquel il est arrivé aujourd’hui.
- Dans son état actuel, on y trouve une fonderie en fer, une en cuivre et deux fours à faire le coke.
- Dans la première, on met en fusion 1000 kilogrammes (le fer par heure et on y exécute des pièces de 7 à 800 kilogrammes au moyen d’une machine soufflante aussi puissante qu’elle est simple dans sa construction.
- Deux machines à vapeur , dont l’une de la force de vingt chevaux, l’autre de huit, et représentant ensemble celle de plus de deux cents hommes, fournissent la puissance motrice nécessaire pour mettre en action la soufflerie, les tours, la machine à aléser , celle à forer, enfin tous les outils, qui n’ont plus besoin que d’être dirigés par l’intelligence, l’adresse et les soins des cent cinquante ouvriers chargés de les utiliser y et vous apprendrez sans doute avec plaisir, Messieurs, que tous ces ouvriers sont français, et que les divers manufacturiers étrangers qui se sont adressés à M. Hallette se sont plus à donner des éloges aux ouvrages quhls ont tirés de sesateliers. '
- Fondeurs
- i
- p.160 - vue 170/507
-
-
-
- ( 161 }
- Fondeurs en cuivre et en fer, ajusteurs, tourneurs, forgerons, chaudronniers, menuisiers, charpentiers, tels sont les divers genres d’ouvriers
- qui s’y trouvent employés.
- Si vous entrez dans cet établissement, vous voyez d’un côté le cuivre et le fer couler en flots vers les modèles dont les premiers produits de l’industrie vont prendre la forme pour acquérir encore une valeur nou velle ; d’un autre côté, le cylindre d’une machine à vapeur monte sur l’alésoir ; plus loin, les dents d’une suite de rouages de tout genre se façonnant sous les limes , qui rectifient et terminent leur forme ; ici, des presses de diverse nature prêtes à sortir des mains de l’ouvrier ; à côté, une roue hydraulique s’exécutant d’après les meilleurs principes ; à vos pieds, ces meules si bien imaginées par nos voisins, et que bientôt la roue que vous venez de voir va mettre en mouvement ; là-bas, le cylindre d’un laminoir recevant sur le tour sa dernière façon ; enfin plus loin encore, une scierie dont on met toutes les pièces d’ensemble.
- Tel est, Messieurs, le tableau fidèle de l’établissement de M. Hailette, que vous regarderez sans doute avec nous comme un des plus intéressans et des plus utiles pour l’industrie de notre pays.
- Nous vous proposons en conséquence de décerner à cet habile artiste la médaille d’or de première classe votée en sa faveur.
- Adopté en séance générale, le 24 mai 1826.
- " Signé Ch. Mallet, rapporteur.
- Rapport sur les fonderies et ateliers de construction de machines de MM. Aitken et Steel, établis a la Gare ; par M. Pouillet.
- L’établissement de la Gare, dirigé par MM. Aitken et Steel, est si connu en France par le grand nombre de machines qu’il livre à l’industrie, qu’il devait, un des premiers, attirer l’attention de la Commission qui est chargée de proposer des médailles d’encouragement.
- Il y a vingt-cinq ans, que M. Aitken a établi dans plusieurs cantons de la France le système de la mouture économique anglaise, et depuis cette époque il a construit un grand nombre de tournans pour Saint-Denis , Pontoise , Provins, Châlons, Marseille et pour l’Administration des Hospices de Paris : une expérience assez prolongée ne laisse aucun doute sur les grands avantages que présente ce système, soit pour l’économie de temps, soit pour la quantité des produits et leur qualité supérieure.
- MM. Aitken et Steel construisent chaque année beaucoup de machines à
- Vingt-cinquième année. Mai 1826. Y
- p.161 - vue 171/507
-
-
-
- (162)
- vapeur de toute espèce, et sur-tout d’après un système qu’ils appellent système à trois cylindres, pour lequel ils ont pris un brevet d’invention. Ces machines sont à la vérité plus chères d’un quart ou d’un cinquième que celles de Woolf et à plus forte raison que celles de Watt et Boulton y mais l’économie du combustible paraît compenser avec avantage cet excès de dépense primitive. Si on s’en rapporte à MM. Aitken et Steel, une de leurs machines, de la force de dix chevaux ,' par exemple, ne consommerait par heure que 3o kilogrammes de charbon, tandis qu’une machine de Woolf de même force en consommerait 40 kilogrammes et une de Watt et Boulton, jusqu’à 60 kilogrammes ; faute d’expériences faites par nous-mêmes, nous ne pouvons pas prononcer sur l’exactitude de ces nombres, et la question est assez importante pour que la Société saisisse avec empressement les premiers moyens qui se présenteront pour la résoudre d’une manière décisive.
- On doit encore à MM. Aitken et Steel une construction particulière des chaudières des machines à vapeur, sur-tout celles qui doivent être employées à la navigation; elles paraissent offrir deux avantages bien précieux, celui de procurer encore une plus grande économie de combustible , et celui d’occuper beaucoup moins d’espace que les chaudières ordinaires. On fait en ce moment tous les préparatifs nécessaires pour une expérience comparative entre ce nouveau système et l’un des systèmes anciens les plus avantageux. Nous regrettons que l’expérience ne soit pas encore terminée pour vous en offrir les résultats.
- La Société d’Encouragement ne saurait manquer de s’intéresser à la prospérité d’un établissement qui peut avoir une grande influence sur notre industrie, parce qu’il est un de ceux qui travaillent sur la plus grande échelle et qui fournissent aux manufacturiers le plus grand nombre de machines et d’ouvrages en fonte de toute espèce. Ce que nous devons souhaiter en France, c’est que les chefs de nos grands établissemens apportent encore plus d’exactitude et de précision dans tous les détails des machines qu’ils exécutent, et sur-tout qu’ils se livrent aux expériences comparatives qu’eux seuls sont en état de faire pour juger d’une manière certaine des avantages que peuvent offrir les différens modes de constructions , ou les inventions nouvelles ; et c’est autant pour encourager le zèle éclairé de MM. Aitken et Steel que pour récompenser leurs importations et leurs inventions, que nous vous proposons de leur accorder une médaille d’or de première classe.
- Adopté en séance générale, le 24 mai 1826.
- Signé Pouillet , rapporteur.
- p.162 - vue 172/507
-
-
-
- ( i65 )
- Rapport sur le métier a tisser mécanique de Vinvention de M. Debergue; par M. Molard jeune.
- Dans la séance du 3i août 1825, le Comité des arts mécaniques a proposé d’accorder une médaille d’or de première classe à M. Debergue, ingénieur mécanicien, rue de l’Arbalète, n°. 24? pour l’invention d’un métier à tisser mécanique, qui réunit plusieurs avantages importans. Cette proposition, soumise au Conseil d’administration, ayant été adoptée par lui, je viens aujourd’hui vous exposer les titres que M. Debergue s’est acquis à cette honorable distinction.
- Le rapport du Comité ainsi qu’une description du métier, accompagnée des planches nécessaires, ayant été insérés au Bulletin de février dernier , nous n’entrerons pas ici dans de nouveaux détails sur la composition de ce métier. Il nous suffira de rappeler qu’il est d’une construction simple et solide, facile à mouvoir et qu’il produit, par journée de douze heures de travail, vingt-deux aunes d’une toile bien frappée et très-régulière. Cette opinion de votre Comité s’accorde avec le jugement de plusieurs fabricans qui ont essayé ce métier et en ont fait des demandes pour leur propre usage.
- Depuis la rédaction de notre rapport, cette ingénieuse machine a reçu des améliorations qui simplifient sa construction et facilitent ses mouve-mens, tout en lui conservant la solidité nécessaire. On a reconnu que la poulie gauche à gorge contournée, qui fait agir le battant de la navette , et la roue à gorge excentrique , d’une forme particulière, qui opère le mouvement d’allée et venue du battant, étaient difficiles à exécuter et avaient besoin d’une grande précision pour produire l’effet désiré : la première a été remplacée par une poulie droite à double gorge, se croisant sur une partie de sa circonférence ; l’autre , par une roue à gorge circulaire , dont l’axe est excentrique. Quelques autres perfectionnemens qu# l’expérience a fait connaître, ajoutées à ce métier, lui assurent aujourd’hui tous les avantages que les fabricans peuvent s’en promettre ; savofr, solidité et légèreté dans sa construction j facilité dans ses mouvemens ; économie et célérité dans le travail.
- En conséquence, nous avons l’honneur de vous proposer, en confirmant le suffrage de votre Conseil d’administration, de décerner à M. Debergue, une médaille d’or de première classe.
- Adopté en séance générale, le 24 mai 1826.
- Signé Molard , rapporteur. .
- Y 2
- p.163 - vue 173/507
-
-
-
- ( i64 )
- Map port sur les ateliers de construction de machines , établis a
- \
- Saint - Quentin, département de VAisne, par MM. Casaiis et Cordier 5 par M. Molard jeune.
- Parmi les nombreux établissemens que nous possédons et qui méritent des encouragemens, le Conseil d’administration de la Société a dù distinguer particulièrement ceux où l’on s’occupe de la construction des machines hydrauliques et des moteurs à feu, parce que pour produire, il suffit d’avoir de la puissance mécanique, dont l’application est toujours facile.
- Indépendamment des beaux établissemens de ce genre que possède la capitale et que vous connaissez, il s’en est élevé de semblables dans quelques départemens manufacturiers, que le Conseil d’administration n’a pas dù oublier. Il a sur-tout distingué ceux de M. Hallette fils, a Arras, et de MM. Casalis et Cordier, à Saint-Quentin, comme dignes des plus grands éloges et d’encouragement. J’ai été chargé par la Commission des médailles de l’honorable mission de recueillir des renseignemens sur ce dernier établissement et de mettre sous vos yeux le tableau de ses progrès et de sa situation actuelle.
- MM. Casalis et Cordier ont été élevés à l’École d’arts et métiers de Châlons-sur-Marne : ils y étaient, de leur temps, les sujets les plus distingués par leur application à l’étude de la théorie et de la pratique des arts : ils en sortirent en même temps et se dirigèrent vers Saint-Quentin, avec des lettres de recommandation du directeur et de l’inspecteur général de l’École pour les premiers manufacturiers de cette ville. Ils furent bien accueillis et travaillèrent pendant quelques années en qualité de contre-maîtres dans des manufactures de coton. Habiles et économes, ils réunirent quelques fonds avec lesquels ils fondèrent l’établissement dont nous parlerons tout-à-l’heure; mais ce n’est qu’en 1819 qu’il a commencé à prendre un peu de consistance. Jusque-là, leurs moyens ne leur avaient pas permis de se procurer les outils et les machines nécessaires à l’exécution de grands travaux. Ils écrivirent alors protecteur des élèves des Ecoles, à M. le duc de La Rochefoucauld-Liancourt, que s’ils avaient dix mille francs de capital leur fortune serait assurée. La réponse ne se fit pas attendre : ils reçurent courrier par courrier, un effet de cette somme , payable à vue chez MM. Deles-serty et sans intérêt ; cette avance si généreusement faite et qui n’étonnera point ceux qui connaissent le noble caractère et le patriotisme éclairé de M. le duc de LaRochefoucauld, fut pour MM. Casalis et Cordier la source de la prospérité de leur établissement. En 1819, ils n’avaient encore construit qu’une seule machine du système de Trevithick, qui leur valut la médaille d’argent à l’Exposition de cette année.
- p.164 - vue 174/507
-
-
-
- ( i65 )
- Pendant les années 1820 et 1821, indépendamment des machines et outils dont ils avaient besoin pour meubler leurs ateliers, ils ont fourni au commerce cinq machines à vapeur , dont quatre du système de Trevithick~ de trois et quatre chevaux de force, placées à Saint-Quentin, et une du système de TVoolf, de quatre chevaux, placée à Metz : en tout dix-sept chevaux.
- Pendant 1822, ils ont livré onze machines, dont deux du système de TVoolf, de douze chevaux, et neuf de Trevithick, dont trois de quatre chevaux et six de cinq chevaux. Elles sont placées à Tourcoing, Roubaix , Lille, Douay , Saint-Quentin , Paris, Péronne et auCatteau : en tout soixante-six chevaux.
- Pendant 1823 , ils ont abandonné la construction des machines sans condensation à la Trevithick, et n’ont plus fait que des TVoolf, machines à double pression et à haute température, qui paraissent présenter quelque économie dans le combustible. Ils en ont construit neuf du calibre de huit, dix et douze chevaux, faisant en tout soixante-douze chevaux de force : elles sont placées à Troyés, Saint-Quentin , Elbeuf et Rouen; ils ont gardé une de ces machines de huit chevaux pour l’usage de leurs ateliers.
- En 1824? ils n’ont construit que six machines faisant ensemble une force de soixante-deux chevaux, pour Rouen, Nancy, Maubeuge et Metz ; mais ils ont fourni beaucoup de mécanismes intérieurs avec ces machines à vapeur. Ils ont pendant le courant de cette année beaucoup agrandi leur fonderie, qui est l’âme de leur établissement.
- En 1826, ils ont construit cinq machines, mais dont une de trente chevaux et les autres de huit, dix et douze chevaux, faisant ensemble soixante-dix chevaux avec les mouvemens intérieurs : ils ont fait aussi des moulins à farine , à foulon, à huile ^ etc.
- Dans ce moment, ils ont en construction quatre machines à vapeur de la force de dix et douze chevaux, pour Rouen, Elbeuf et Metz : ils occupent quatre-vingts ouvriers et ils font des dispositions pour pouvoir en augmenter le nombre.
- En récapitulant les faits ci-dessus, on voit qu’en 1820 et 1821 il n’est sorti de leurs ateliers que 5 machines représentant 17 chevaux.
- En 1822 11 . ....................... 66
- En 1823 g.................. 72
- En 1824 6 . ........................ 62
- En 1825 5 , . * . * 70
- Dans les iers. mois de 1826 4....................... 4^
- En tout . .......... 4° machines représentant 333 chevaux.
- p.165 - vue 175/507
-
-
-
- ( 166 )
- Ce résultat n’est et nnant qu’en raison des moyens bornés dont MM. Ca-salis et Cordier ont pu disposer : ils ne sont parvenus à former leur établissement que peu-à-peu , à force d’économie, d’activité et d’une grande exactitude dans l’exécution de leurs entreprises.
- D’après ces considérations, le Conseil d’administration a décidé qu’il serait déeerné à MM. Casalis et Cordier une médaille d’or de deuxième classe.
- . Adopté en séance générale, le 24 mai 1826.
- Signé Molard jeune, rapporteur.
- Rapport sur des recherches pour trouver un moyen de conservation des grains x et sur le nouveau silo queM. Ternaux l aîné a fait construire à Saint-Oueny par M. Cl.-Anth. Costaz.
- Messieurs, votre Conseil d’administration a eu plusieurs fois l’honneur de vous entretenir des^tentatives faites par des particuliers pour découvrir un moyen propre à conserver les grains. Antérieurement à la révolution, des agronomes distingués, notamment Duhamel, Parmentier et Tillet, s’étaient déjà livrés, à ce sujet, à des recherches qui n’ont produit aucun résultat satisfaisant, puisqu’on ne se sert ni des étuves, ni de la chaux, ni des ventilateurs, ni d’autres moyens qu’ils ont indiqués. L’espoir que de nouvelles tentatives seraient plus heureuses les a fait recommencer dans les années qui viennent de s’écouler. L’enfouissement dans des fosses a été particulièrement regardé comme pouvant amener la solution du problème, et cette opinion est d’autant plus fondée, que ce moyen est pratiqué avec succès dans plusieurs contrées de l’Europe. Il est vrai que le climat pluvieux de Paris et de plusieurs des autres parties de la France diffère de celui de ces contrées ; mais de ce fait, il ne suit pas qu’il soi t impossible de surmonter les difficultés résultantes de la température.
- Le besoin d’avoir des idées fixes à cet égard a déterminé la construction de silos, dans lesquels il a été mis des quantités assez considérables de blé. Après quelques années d’épreuves, il a été reconnu que, dans tous, la conservation n’avait pas été constamment parfaite; ce que des personnes attribuent à la faute commise, en les creusant dans des terrains humides,* à une construction défectueuse, qui a permis à l’air extérieur d’y pénétrer ; à des accidens particuliers qu’un peu de prévoyance aurait prévenus, tels qu’une fente ou une dimension insuffisante dans les pierres qui en couvrent l’entrée, de sorte que les eaux pluviales ont pu
- p.166 - vue 176/507
-
-
-
- ( ^7 ) "
- se répandre dans l’intérieur ; a un défaut, soit d’emploi d’une paille sèche pour en garnir le fond et la partie supérieure, soit de surveillance pour empêcher la stagnation des eaux à leur sommet, ou dans leur voisinage, et enfin à d’autres causes que nous nous abstenons de détailler. La question de l’utilité, ou de l’inutilité des silos dans les départemens qui avoisinent la Capitale, n’est donc point décidée, malgré les bruits contraires qui ont circulé à ce sujet.
- Notre collègue, M. Ternaux l’aîné, dont vous connaissez le zèle pour la prospérité publique , est à la tête de ceux qui, dans la latitude de Paris, cherchent à résoudre le problème pour la conservation des grains. Il avait prié votre Conseil d’administration de nommer des commissaires pour examiner le nouveau silo qu’il a fait construire dans sa maison de campagne de Saint-Ouen, et le seigle qu’il y avait placé.
- D’après leur rapport, le silo est le plus grand des six qu’il a établis. II a la forme d’un cône tronqué, dont le petit diamètre, qui est en bas, a 5 mètres 7 décimètres. Le grand diamètre est à la naissance de la calotte sphérique, qui sert de fermeture au silo, et a 6 mètres 6 décimètres. Sa profondeur, depuis la clef de la voûte jusqu’à la base, est de 8 mètres 5 décimètres. Etant d’une dimension beaucoup plus grande que les cinq autres, sa construction a exigé une dépense d’autant plus forte que la voûte en est faite en moellons. Dans une note , remise aux commissaires de votre Conseil d’administration, M. Ternaux observe que cette dépense, qui est de 4^19 francs 80 c., aurait été moindre des deux tiers s’il avait employé un moyen qu’il a depuis imaginé, et qu’il en fera l’essai, si la réserve de Paris veut bien lui confier les grains dont il a besoin, pour effectuer- l’opération qu’il médite. Le nouveau silo peut contenir 2190 hectolitres de blé. Enfin le seigle qui s’y trouvait n’a éprouvé aucune altération, et, depuis, il a été transporté à la halle de Paris, où il a été vendu.
- La découverte d’un moyen, propre à conserver les grains, importe tant au bien public, que votre Conseil d’administration désire vivement le succès des tentatives dont s’occupent des agronomes. M. le Préfet du département de la Seine a, dans plusieurs circonstances, secondé leur zèle. Espérons qu’il fera mettre à la disposition de M. Ternaux le blé qui lui est nécessaire , cette faveur paraissant à .votre Conseil d’administration n’avoir aucun inconvénient, puisque notre collègue se charge de ce blé, à ses périls et risques, et que , dans le cas d’un besoin, on sera libre de le faire retirer chez lui pour le livrer à la consommation. En le lui accordant, la réserve de Paris ne fera donc qu’autoriser un déplacement, c’est-à-dire qu’au lieu d’avoir les grains dans ses magasins, elle les
- p.167 - vue 177/507
-
-
-
- (.68) .
- aura chez M. Temaux. En attendant, on ne saurait trop applaudir à son zèle, et l’enconrager à continuer les expériences dont il s’occupe, puisque, suelles sont couronnées du succès, il aura contribué à propager l’emploi de l’un des moyens qui peuvent le mieux parer aux disettes, en donnant, dans les années d’abondance, la possibilité de réserver l’excédant de la récolte pour les besoins des années malheureuses. Votre Conseil d’admi-nistratiou a l’honneur de vous proposer de féliciter M. Temaux de sa persévérance à cet égard, et d’ordonner l’insertion dans votre Bulletin du présent rapport, comme contenant des faits dont la connaissance ne peut qu’avoir de l’intérêt pour tous les membres delà Société d’Encouragement.
- Adopté en séance générale, le 24 niai 18^6.
- Signé Cl.-Anth. Costaz, rapporteur.
- Après la lecture de ces divers rapports, il a été procédé, aux termes du réglement, au renouvellement du Bureau et des divers Comités.
- Les président, vice-présidens, secrétaire, secrétaires-adjoints, trésorier et censeurs, ont été réélus.
- A la Commission des fonds, MM. Bigot de Préameneu et Brillât de Savarin, décédés, ont été remplacés par MM. le comte Alexis deNoailles et Lepère, déjà adjoints au même Comité.
- Au Comité des Arts mécaniques, M. Tarbé de Vauxclairs, que ses nombreuses occupations empêchent d’assister aux séances du Conseil, a été remplacé par M. Mallet, adjoint au même Comité.
- Au Comité des Arts économiques, M. Saj, démissionnaire, a été remplacé par M. le duc de La Rochef oucauld-Liancourt, membre adjoint du Comité.
- Enfin, M. Bottin, rédacteur de Y Almanach du Commerce et de plusieurs ouvrages de statistique, a été appelé à remplir la place vacante au Comité de commerce, par la mort récente de M. Sivard de Beaulieu. v Les membres sortans des autres Comités ont été réélus.
- Nous donnerons incessamment la liste complète des membres et adjoints du Conseil d’administration.
- ( L'abondance des matières nous oblige de renvoyer au prochain Numéro du Bulletin les notices nécrologiques, lues dans cette séance. )
- IMPRIMERIE DE MADAME riüZARD ( NÉE VALLÂT LA Ch A PELLE ) ,
- rue de l’éperon, n°. 7.
- p.168 - vue 178/507
-
-
-
- VINGT-CINQUIÈME ANNÉE. (N°. CCLXIY.) JUIN 1826.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES.
- Suite de la description de l’héliostat de M. Gambey j par
- M. Hachette, ancien professeur a l’Ecole polytechnique (i).
- DEUXIÈME PARTIE.
- De la construction de Vhéliostat.
- Ayant donné la description du miroir, Jîg. 2, PL 299, de l’héliostat, on a supposé que le centre de ce miroir se plaçait au point M ,fig. 1, de manière que les lignes-milieux de la queue FC delà chape, et de la tige TS,fg. 2 , s’appliquaient sur les droites MC, M.?, fig. 1 du triangle isocèle MC^y d’après cette hypothèse , le triangle MC s, fig. 1, ne doit plus être considéré comme une figure abstraite de géométrie ; ses deux côtés M C, représentent des lignes centrales de tiges métalliques, et le mécanisme de l’hélio-stat doit satisfaire à deux conditions essentielles; la première, que le côté C M du triangle M C.y puisse prendre toutes les positions possibles autour du point C, afin qu’on puisse le diriger vers le point où le miroir doit réfléchir l’image du soleil ; la seconde condition est de faire décrire au sommet s du même triangle M C s la circonférence v.s,G'rdans un temps égal à celui d’une révolution entière du soleil autour de l’axe du monde.
- On satisfait à ces deux conditions en donnant à la tige du miroir et à la queue de la chape de ce miroir les mouvemens que nous allons indiquer.
- (1) Voyez Bulletin d’avril, page ni.
- Eingt-cinquième année. Juin 1826. Z
- p.169 - vue 179/507
-
-
-
- ( >7» )
- Des mouvemens du miroir.
- Lorsque le miroir est dans une position quelconque, telle que les droites MC, MR, Jig. i, soient les lignes centrales de la queue F C ,fig. 2 , de la chape A B D E du miroir, et de la queue ou tige T S de ce miroir , le plan du miroir a pour premier mouvement celui de rotation autour de l’axe AD, Jig. 2, fixé à la chape, et parce que cette chape tourne sur sa queue F C, le plan du miroir participe à ce second mouvement : ces deux mouvemens partiels, combinés avec le mouvement de rotation du point S, Jig. 2, autour de l’axe du monde CP, donnent à chaque instant au miroir la position convenable pour que tous les rayons solaires se réfléchissent dans la direction de la queue de la chape. Nous allons montrer par quels mécanismes ces mouvemens partiels s’exécutent, et pour ne pas confondre la queue de la chape du miroir et celle du miroir , nous continuerons à appeler cette dernière tige du miroir.
- r Du mouvement de la tige MS du miroir, Jig. 2.
- Nous supposerons que la queue CM de la chape, Jig. 2, du miroir soit déjà dans la direction du point vers lequel les rayons solaires doivent se réfléchir , et nous considérerons d’abord le mouvement imprimé à la tige M S, qui se transmet au miroir. La ligne centrale de cette tige, qui est assujettie à passer par le centre M du miroir, passe de plus par le point S, centre d’une bague ou anneau, traversé par la tige. Ce eentre S doit décrire un cerele S SfS", autour de l’axe du monde CP; le mécanisme par lequel on lui imprime ce mouvement, se compose :
- i°. D’une douille cylindrique qui a pour axe la droite CP, et sur laquelle le point S peut être fixé à une distance plus ou moins grande , en sorte que la douille tournant autour de cet axe, le point S tourne avec elle, et décrit une circonférence dont le rayon est égal à la distance de ce point à l’axe de la douille ;
- 20. D’une montre à ressort, où régulateur, contenant une roue dentée qui tourne par l’action du ressort ; cette roue engrène une autre roue dentée qui est fixée sur la douille et qui a même axe que cette douille. Le régulateur, qu’on établit solidement sur le pied de l’instrument, est disposé de manière qu’on puisse facilement engrener ou désengrener les deux roues.
- Puisque le point mobile S décrit la circonférence S avec une vitesse constante, qui est déterminée par le mouvement d’horlogerie, il est évi-
- p.170 - vue 180/507
-
-
-
- C t71 )
- dent que la tige BIS engagée dans l’anneau dont le point S est le centre, décrira le cône oblique dont le sommet est le point fixe M , centre du miroir, et qui a pour base la circonférence S S'S'7. Cette tige MS R, glissant à frottement libre dans l’anneau S qu’elle traverse, la partie MS de cette tige comprise entre le point M et la circonférence SS' S'1 s’allonge ou se raccourcit, selon la position du point mobile S dans cette circonférence.
- La distance de l’anneau S à la douille est réglée chaque jour, de manière que l’angle du rayon C S et de l’axe du monde C P soit le complément de la déclinaison du soleil correspondante à ce jour.
- Il n’est pas exact de supposer que la déclinaison du soleil soit constante un jour entier ; mais on peut admettre que le mouvement d’horlogerie appliqué à l’anneau S s’accordera sensiblement avec le mouvement diurne du soleil, sur-tout si l’on a eu soin de prendre pour la déclinaison du soleil celle qui est calculée pour le milieu de la durée de F expérience, par exemple , la déclinaison d’une heure après midi, pour faire usage de l’héliostat de midi à deux heures.
- Du mouvement de ta queue de la chape du miroir.
- La queue de la chape du miroir doit se diriger suivant une droite qui passe par le centre de l’image du soleil, et par conséquent par un point donné du tableau qui reçoit cette image : il est donc nécessaire de donner à cette queue toutes les positions désirables autour d’un point donné, qui est le centre du monde. ( Ce point est en C,Jîg. i. )
- Le mécanisme dit mouvement de Cardan résout cette question : il a pour objet de faire tourner une droite autour d’un point donné. Soit C ce point, Jig. 3 : on imagine par ce point deux axes rectangulaires CA, CB; le premier, CA, estl^ ligne centrale d’une tige cylindrique E A, laquelle peut tourner à frottement libre dans un cylindre creux GF, qui est fixe. La tige EA porte une chape B B'b b1 formée de trois branches , dont deux B b, W b' sont parallèles à l’axe CA; la troisième branche bb't perpendiculaire à cet axe, est fixée sur la tige E A, On place entre les deux branches parallèles B b, B'b\ un axe BCBf parallèle à la branche bb' et passant par le point C. Cet axe est mobile sur les tourillons B, B'. Il est manifeste qu’une tige cylindrique CD, dont l’axe CD, perpendiculaire à la droite BB', passe-par le point C , et qui est fixé sur l’axe BCB;, pourra tourner dans un plan perpendiculaire à cet axe ; la même tige C D aura un mouvement de rotation autour de la droite C A : d’où il suit que cette tige se dirigera parallèlement a telle droite qu’on voudra, par la combinaison des deux mouvemens de rotation autour des deux axes CA, CB.
- Z 2
- p.171 - vue 181/507
-
-
-
- ( l1*. )
- Du mouvement de Cardan, appliqué au support de la tige du miroir.
- Nous avons supposé, dans l’article précédent du mouvement de la tige du miroir y que cette tige passait dans un anneau dont le centre s, Jig. i, s’approchait plus ou moins de l’axe de la terre, suivant le jour où l’on fait usage de l’instrument. Au lieu d’un anneau, il faut concevoir un petit canon cylindrique traversé par la tige du miroir, et ce canon prend toutes les positions convenables autour du point S, Jig. 2, au moyen d’un mouvement de Cardan, Jig. 3, semblable à celui que nous venons de décrire. Ce canon sera, par exemple, un cylindre creux CD, fis- 5> tournant autour des deux axes rectangulaires CA, CB, passant par le point C, qui correspondrait au point S de la Jig. 2.
- A l’instant où l’on veut faire usage d’un héliostat, la queue de la chape du miroir et la tige de ce miroir doivent être placées dans des directions déterminées ; ce qui se fait par deux mouvemens de Cardan. Pendant l’expérience, la queue de la chape est fixe ; la queue ou tige du miroir est mobile, et elle prend toutes les positions convenables, au moyen d’un troisième mouvement de Cardan et d’une roue de montre à ressort. Toutes les parties du mécanisme par lequel on obtient ces mouvemens seront décrites plus amplement dans l’article suivant, qui a pour titre : Explication du dessin géomêtral de ïinstrument.
- Ceux qui ont étudié les anciens héliostats de S‘ Gravesande ou de Malus, auront remarqué que le miroir, avec tous les mécanismes qui le font mouvoir, et l’horloge qui met en mouvement ces mécanismes, font deux instrumens à part; qu’il faut, chaque jour d’observation, calculer numériquement ou graphiquemement la position des pieds de ces deux instrumens, et employer un temps assez considérable pour lés mettre dans cette position : l’instrument de M. Gambej dispense de tout calcul ; il n’y a qu’un seul pied pour le miroir et pour l’horloge qui le fait mouvoir. Un tâtonnement très-facile donne la direction de la queue de la chape du miroir ; les déclinaisons du soleil sont connues par les Tables de X Annuaire ; on sait d’ailleurs quelle est, pour le lieu de l’observateur, la direction de l’axe du monde ou sa latitude : ces données suffisent pour faire usage de î’héliostat.
- L’instrument de M. Gambej se distingue encore des anciens héliostats par les moyens de rectification. Lorsque pendant une expérience l’image du soleil change de place sensiblement (1) , on est averti qu’il faut recher-
- (0 Lorsque j’ai fait usage de I’héliostat de Malus, à l’époque où il venait d’être construit
- p.172 - vue 182/507
-
-
-
- ' ( «7»
- chercher la cause de ce changement, en examinant si les axes de mouvement ne sont pas décentrés, si la déclinaison du soleil, la direction de la queue de la chape du miroir, celle de la tige de ce miroir n’ont pas éprouvé quelques altérations. Dans le cas où quelques rectifications seraient nécessaires, l’observateur pourrait les faire lui-même sans avoir recours au constructeur.
- Explication du dessin géométral de Vhéliostat de M. Gambej, PL 3oi
- et 302.
- Les pièces de l’héliostat sont désignées par les mêmes lettre^ sur les figures des deux planches.
- Du pied de Vhéliostat.
- PL 3oi ,jig' i et 2, plans et élévations.
- A , trépied; B , vis du trépied servant à caler l’instrument; C, colonne qui porte l’appareil ; D, support en fourchette, fixé par trois fortes yis sur la base supérieure de la colonne C.
- Du miroir, PL 3o2 , jig. i.
- U, cercle réflecteur du miroir; uuu'u', chape qui tourne autour de l’axe uu; V, cylindre creux qui forme la queue de la chape; X; tige du miroir située dans le plan du cercle réflecteur, et dont la ligne centrale passe par le centre de ce cercle.
- Des cercles qui servent à orienter Vinstrument.
- Ces cercles, au nombre de trois, sont désignés sur la PL 3oi , Jig. i , par les lettres F, G, 0 ; on lit sur les limbes de ces cercles les nombres qui marquent, sur le premier, l’heure du jour astronomique, sur le second la latitude du lieu de l’observateur, et sur le troisième, la déclinaison du soleil. Il faut supposer que ces trois nombres soient connus pour le moment où l’on veut orienter l’instrument.
- Le bord cylindrique du premier cercle F est divisé en vingt-quatre parties égales, correspondantes aux vingt-quatre heures du jour astronomique ; nous le nommerons cercle équatorial, parce qu’il doit être placé parallèlement à l’équateur céleste. Le second cercle G doit être placé dans le méridien de l’observateur ; nous le nommerons cercle méridien. On lit
- par M. Fortin (en i8i3), je recevais l’image du soleil à 9 mètres de distance du miroir, et en une heure, le centre de l’image s’est écartée de la première position d’environ 3 centimètres. H.
- p.173 - vue 183/507
-
-
-
- ( T7i)
- sur le cercle 0, la déclinaison du soleil pour l’heure de l’observation; nous l’appellerons cercle de déclinaison.
- A la colonne C (fig. 2 > Élévation ; PI. Soi ) est attaché un support D, à deux branches parallèles D, D, qui portent les coussinets ce de l’axe E du cercle méridien GG; ce cercle est fixé à l’une des extrémités de cet axe, et tourne avec lui. Nous allons faire voir comment, par le mouvement de rotation de l’axe E, le cercle équatorial prend la position qui lui convient. Ces deux cercles, équatorial et méridien, sont liés entre eux par un axe et deux canons , qui sont représentés de grandeur naturelle dans la PL 5o2.
- Au centre E {fig.. 2 et 3, PL 302) de l’axe du cercle méridien, est un premier canon bb, adhérant à l’axe par la bride circulaire b’b'. Ce premier canon est conique intérieurement et extérieurement ; il est enveloppé par un second canon a a, qui est également conique intérieurement et extérieurement , et dont la surface intérieure ne diffère pas de la surface extérieure du premier canon aa. Au second canon b b, qui peut rouler sur le premier à frottement libre, est adaptée une bride a' a', sur laquelle est posé le cercle équatorial. Une ouverture faite au centre de ce cercle est remplie par le canon a a. Ce canon et le cercle équatorial ne forment qu’une seule pièce, qui peut tourner autour de la droite centrale des deux canons a a , b b, perpendiculaire à la ligne centrale et longitudinale de l’axe E.
- Le canon aa du cercle équatorial, le canon b b de l’axe E, et l’axe E, séparés les uns des autres, sont désignés Jig. 3, PL 3û2 , respectivement par les chiffres 3, 5,4*
- L’intérieur conique du canon b b (Jig. 2, PL 3o2 ) est rempli par une tige pleine Z, fixée par le bout inférieur au cercle TT ; cette tige est jointe, vers son extrémité supérieure, à un support à deux branches JJ, par une bride zz ; elle se termine au cercle du diamètre z' zf. Les deux canons aa, b b aboutissent à la base inférieure de la bride z z.
- Les branches Jfdu support portent les tourillons Y, Y de l’embase ddd'd' d’une tige c v, destinée à recevoir le cylindre creux qui forme la queue de la chape du miroir. Cette queue, désignée Jig. 1, PL 5o2 par la lettre V, tourne à frottement libre sur la tige v v,Jig. 2, qu’on a dirigée sur le point donné, vers lequel le miroir doit réfléchir l’image du soleil. Lorsque cette tige vv (Jig. 2 , Pl. 302) est dans l’intérieur de la queue V (Jig. 1 ) de la chape du miroir, la tige X de ce miroir passe dans un canon cylindrique r (Jig. 5, PL 3o2 ), soutenu par la chape R d’un mouvement de Cardan , représentée en élévation, Jig. 5, et en plan Jig. 5 bis.
- Il est très-important de remarquer que les trois lignes centrales du canon b b ou du canon a a, Jig. 2, Pl. 3o2 , de la tige c v, ou de la queue de la
- p.174 - vue 184/507
-
-
-
- ( i75 )
- chape du miroir, et de la tige du miroir , doivent se rencontrer en un point, et que ce point est considéré, sur l’instrument, comme le centre de la sphère céleste.
- L’embase dd d'd’, Jig. 2, PL 302, de la tige vv est formée des deux parties réunies dd, d' d'; la dernière d'd'est solidement jointe à la tige v'v, et ne forme avec elle qu’une seule pièce.
- Des pièces qui dirigent le mouvement de la tige du miroir,
- Sur le cercle équatorial F (fig. 1 et2, PI. 3oi), est fixé un support Q à deux branches parallèles Q, Q, qui portent les coussinets q, q d’un axe parallèle au plan du cercle équatorial, autour duquel doit tourner une pièce P comprise entre deux demi-circonférences. Cette pièce, dont la Jig. 1 (PL 5oi) , fait voir les bords circulaires dans leur véritable grandeur, est destinée à supporter la chape R {Jig- 1, Elévation, PL 3oi), qui dirige le mouvement de la tige du miroir et le cercle de déclinaison 00. Lorsque le plan de ce cercle 0 0 est parallèle au méridien GG, il doit passer par le zéro de la division horaire du cercle équatorial. Le vernier & (Jig. 1, Élévation) du cercle 0 0 est fixé sur le canon du cercle équatorial, et pour faire usage de l’héliostat à une heure donnée, on fait tourner le demi-cercle P sur son axe jusqu’à ce que le plan de ce demi-cercle fasse, avec le cercle équatorial, un angle égal à la déclinaison du soleil pour la même heure. Le demi-cercle P, mis en place, tourne avec le cercle équatorial. Une vis a presse le cercle de déclinaison 0 0 contre le vernier ».
- La chape R (.fig. 1, Élévation) d’un mouvement de Cardan appliqué au canon de la tige du miroir, est supportée par une pièce o, qui est jointe au demi-cercle P par les vis 0,0. Les deux axes du mouvement de Cardan ( Voyez Jig. 5 et Jig. 5 bis, PL 5 02 ) se rencontrent en un point r (Jig. 1, Élévation, PL 3oi) du plan du demi-cercle P, tel que les droites qui joignent ce point, le centre du miroir et le centre de la sphère céleste, forment un triangle isocèle dont les côtés égaux se coupent au second centre.
- Des axes de rotation de Vhéliostat.
- Les axes de rotation de l’héliostat varient et pour la forme et pour l’objet. Le plus souvent, un axe porte à ses extrémités des tourillons, et ces tourillons roulent sur des coussinets fixes. Tout ce qui est attaché invariablement à l’axe tourne avec lui. On peut aussi concevoir qu’une tige fixe, qui est terminée par une surface cylindrique ou conique droite, ait pour fourreau un canon dont la surface intérieure soit égale à la surface exté-
- p.175 - vue 185/507
-
-
-
- ( *76 )
- rieure de la tige, laquelle peut être pleine ou creusée intérieurement. Cette tige, quelle que soit son inclinaison dans l’espace, pourra servir d’axe de rotation au canon et à tout ce qui est adhérent à ce canon. On peut appeler les axes de rotation de cette forme axes à canon, et les axes ordinaires axes à tourillons.
- Quant a l’objet des axes, qui entrent dans la composition de Théliostat, quelques-uns ne servent que pour l’opération préliminaire, qui consiste à orienter l’instrument, et nous distinguerons ces axes particuliers, en les nommant axes de situation.
- i°. L’axe du cercle méridien, que nous avons désigné par la lettre E (,fig. 1,2, Pl. 3oi, etfig. 2,3, PL 302) , n’a pour objet que d’orienter le cercle équatorial F parallèlement à l’équateur céleste.
- 2°. Le canon b b {fig. 2, Pl. 5o2), fixé sur le premier axe E, se trouve entre le canon a a du cercle équatorial, qui l’enveloppe extérieurement, et la tige pleine, qui le traverse intérieurement ; il sert d’axe et au cercle équatorial, et à cette tige , qui est le support d’une autre tige, laquelle doit servir d’axe à canon à la queue de la chape du miroir. Ce canon b b est un axe double de rotation, et par sa surface extérieure, pour le cercle équatorial, et par sa surface intérieure, pour une tige pleine qui sert à orienter la queue de la chape du miroir.
- 3°. Lè cercle équatorial porte un axe parallèle à son plan, autour duquel le demi-cercle P (fig. 1, PL 3oi ), support du cercle de déclinaison, tourne pour s’orienter suivant la déclinaison du soleil.
- 4°. La tige pleine Z (fig. 2 , Pl. 3o2 ), qui traverse le canon b b du premier axe E, porte la chape ff d’un axe à tourillons, lequel est, comme le précédent, parallèle au cercle équatorial, et autour duquel se fait la rotation de l’embase ddd'd' (fig. 1 , Élévation, Pl. 3oi).
- 5°. La tige cc, fixée à l’embase d d d! d (PL 3oi ), reçoit la queue de la chape du miroir et sert d’axe à canon pour cette queue.
- 6°. La chape du miroir porte les coussinets d’un axe à tourillons u (fig. 1 , Élévation, PL 3oi ), qui est parallèle à celui de l’embase ddddr; cet axe passe par le centre du miroir.
- <7°. Le canon cylindrique r, qui est le fourreau de la tige du miroir, tourne par un mouvement de Cardan autour de deux axes à canon portés par la chape R.
- Nous venons d’énumérer neuf axes de rotation, en comptant le canon b b comme deux axes à canon, l’un extérieur et l’autre intérieur. De ces neuf axes, quatre ont seulement pour objet d’orienter l’instrument ; ces quatre .axes de situation sont, i°. l’axe du cercle méridien ; 20. l’axe du
- cercle
- p.176 - vue 186/507
-
-
-
- /
- ( *77 )
- cercle de déclinaison, parallèle au cercle équatorial; 3°. l’axe du support de l'embase, à laquelle est fixée la tige, qui a pour fourreau la queue de la chape du miroir; 4°-1>axe de cette queue.
- Ce dernier axe est à canon, et les trois précédens à tourillons.
- Les cinq autres axes de rotation, nécessaires pour le jeu des pièces de l’héliostat, sont i°. l’axe à canon du cercle équatorial, ou le canon b b fixé sur l’axe à tourillons du cercle méridien ; 2°. l’axe à canon de la queue de la chape du miroir ; 3°. l’axe à tourillons du miroir, dont les coussinets sont portés par les fourches de la chape du miroir ; 4°- les deux axes du mouvement de Cardan, appliqués au petit canon, qui est le fourreau de la tige du miroir.
- Opérations préliminaires pour orienter Vhéliostat.
- L’héliostat est placé en dehors d’une chambre obscure, de manière que le miroir soit éclairé par le soleil ; les rayons solaires réfléchis passent à travers une ouverture, et tombent sur un tableau placé dans la chambre obscure. Pour orienter l’instrument on procédera de la manière suivante :
- i°. On fera tourner le cercle méridien G (Jig. i, Élévation, PL 3oi) autour de son axe E, jusqu’à ce que le zéro de la division du limbe coïncide avec le zéro du vernier H, fixé à la colonne C du pied de l’instrument. Faisant mouvoir le pied lui-même et ses trois vis, on mettra le cercle G dans le plan du méridien de l’observateur, au moyen du viseur K qu’on dirige vers une mire située dans ce plan. On a soin que le rayon du cercle G, qui passe par le zéro du limbe et du vernier ,-seit vertical : alors le cercle équatorial F doit être horizontal, ce qui est indiqué par le niveau à bulle d’air M, fixé parallèlement au plan de ce cercle.
- 2°. Desserrant la vis qui fixe le limbe G sur son vernier H , on fera tourner ce limbe sur son axe E d’un arc égal au complément de la latitude du lieu de l’observation, et on le fixera dans cette position au moyen d’une pince et de la vis I (Jig. i, Élévation ).
- 3°. On fera tourner le support P (Jig. i, Élévation) du cercle de déclinaison 00 sur son axe, jusqu’à ce que son inclinaison, par rapport à ce cercle équatorial, soit égale à la déclinaison du soleil le jour de l’observation , et, au moyen d’une vis, on fixera ce support sur le cercle équatorial. Le point r de ce support, situé dans le méridien, à une distance du point Y, centre de la sphère céleste, égale à celle du centre u du miroir au même point Y, doit décrire, au moyen de l’horloge L, un cercle parallèle à celui dans lequel le soleil paraît se mouvoir ce même jour; il faudra donc engrener les dentures du cercle équatorial et du pignon l de l’horloge L, et, au Vingt-cinquième année. Juin 1826. A a
- p.177 - vue 187/507
-
-
-
- - ( 178 )
- moyen d’une clef qu’on manœuvre à la main, on fera tourner le pignon jusqu’à ce que les divisions horaires du cercle équatorial et. du cadran de la montre coïncident. La montre conduit le cercle équatqrial, et le point r du support, fixe à ce cercle, se meut de manière qu’à chaque instant ce point et le soleil se trouvent dans le même plan méridien. ;
- 4°. Pendant que la montre conduira le cercle équatorial et le support du cercle de déclinaison , on fera mouvoir le miroir autour de son axe diamétral Uÿ et la tige vv de la queue de la chape de ce miroir autour de ses deux axes, jusqu’à ce que l’image du soleil tombe au point donné sur le tableau placé dans la chambre obscure , et dans tel azimut qu’on voudra. Alors on fixe le cercle T sur l’axe E au moyen de la vis t, et la tige v v, qui ne forme avec le cercle T qu’une seule pièce, est elle-même fixée, par rapport au supports de l’embase tt de la tige cc, par la vis
- = Du jeu des pièces de Vhéliostat.
- Lorsque l’héliostat- est en place, et que le miroir de cet instrument sç meut de manière qu’il réfléchisse l’image du soleil dans une direction donnée, la tige vv ,jig. i , PL 5oi , de la chape du miroir est fixe dans cette même direction; le cercle méridien GG, l’axe E de ce cercle, le canon de cet axe, la montre L sont également fixes comme le pied de l’instrument.
- Les pièces mobiles sont, i°. le cercle équatorial, dont le canon tourne sur le canon fixé à l’axe E du cercle de déclinaison ;
- 3°. Le demi-cercle P, support du cercle de déclinaison 00, qui est fixé sur le cercle équatorial, et tourne avec lui (à midi, le plan du cercle de déclinaison 00 est parallèle à celui du méridien G G) ;
- 3°. La tige X ou r r', qui se meut sur un cône oblique, dont le sommet est le centre fixe u du miroir, et dont la base est le cercle décrit par le point 7’ du support P , lorsque ce support tourne avec le cercle équatorial autour de l’axe du monde ;
- 4°. Le miroir U U, qui tourne autour de son axe diamétral u, pendant que la queue de la chape tourne sur sa tige cylindrique fixe vv, dirigée sur l’image du soleil.
- 11 résulte de cette disposition des pièces mobiles de l’héliostat, i°. que le plan réflecteur UTJ (Jig- 2 , Élévation) du miroir est constamment parallèle à la droite wr du triangle isocèle Y ur, et que l’inclinaison de ce plan, qui varie à chaque instant à l’égard des deux droites Y r, Y u, est néanmoins toujours égale pour chacune de ces droites y
- 20. Que la droite mobile Y r étant constamment parallèle au rayon so-
- p.178 - vue 188/507
-
-
-
- ( "79 )
- laire , ce rayon, réfléchi par le miroir, coïncidera nécessairement avec le côté fixe Yuda triangle isocèle Y ur, qui est la ligne centrale de la queue
- de la chape du miroir. ; . . .
- De la rectification des pièces qui composent Ihéliostat, et de la 'vérification de la position respective de ces pièces.
- Les conditions essentielles à remplir dans l’exécution de l’héliostat sont : i°. que le centre du miroir soit fixe ; é,
- 2°. Que les trois droites centrales de la jtige du miroir., de la queue de la chape de ce miroir, et du cap on auquel est fixé, le cercle.équatorial, se rencontrent en un point invariable, qu’on prend pour le centre de.Ja sphère céleste ;
- 3°. Que la ligne centrale de la tige du miroir soit exactement dans le plan réflecteur de ce miroir et qu’elle forme «dans toutes ses positions, avec la ligne centrale de la queue de la chape, un triangle isocèle , dont le sommet est au centre de la sphère céleste, et dont les côtés égaux ont pour longueur constante la distance des centres fixes du miroir et de la sphère céleste ;
- 4°. Que la ligne centrale ou l’axe du canon du cercle équatorial soit perpendiculaire au plan de ce cercle et passe par son centre. !
- L’artiste qui construit l’héliostat devra s’assurer que toutes ces conditions sont remplies. Pour faire plus facilement cette vérification, il pourra supposer que les lignes centrales du canon du cercle équatorial et de la queue de la chape du miroir sont dans la même direction.
- Légende de l(i PI. 5oi.
- Fig. i et 2, plans et élévations.
- A , B, C, pied et colonne de l’instrument ; U, X, V, miroir, sa tige, sa chape et la queue de cette chape; F, cercle équatorial ; G, cerclé méridien ; K, viseur du cercle méridien ; H, vernier du cercle méridien, fixé sur le pied de l’instrument ; I, vis de la pince du vernier H : cette pince est fixée au support D. ^
- E, axe du cercle méridien G; D, support des coussinets e de l’axe E : ce support est fixé sur la colonne G. * ; • ' .
- 0, cercle de déclinaison. r . / ' <
- a a, canon dont la bride porte le cercle équatorial; &, vernier du cercle de déclinaison, fixé au canon a a; vis de la pince du vernier fixé sur le cercle de déclinaison 0 ; vv, tige qui a pour forirreau la queue de la chape du miroir ; dd d'd', embase à laquelle «est fixée la tige v v.
- A a 2
- p.179 - vue 189/507
-
-
-
- ( 180 )
- T, cercle ou rondelle , qui est vissé à l’extrémité d’un axe Z qui traverse l’intérieur du canon de l’axe E, et qu’on fixe, par rapport à cet axe E, au moyen d’une pince et d’une vis t : cet axe Z n’est visible que sur les fig. 2 et 5, Pl. 3o2 .
- ff, support à deux 'fourches-y,y,, fixé sur l’axe Z : ces fourches portent les coussinets de l’axe de l’embase ddd'd' ; Y y axe de l’embase ddd'd'.
- R, chape du mouvement de Cardan appliquée à l’anneau, qui sert de fourreau à la tige du miroir.
- P, demi-cercle qui porte le cercle de déclinaison O, et la pièce o, support de la chape R ; Q, support des coussinets q, q , sur lesquels roule l’axe du demi-cercle P.
- L, horloge fixée à l’axe E du cercle méridien ; l, pignon de l’horloge qui engrène la denture du cercle équatorial.
- S, quart^de cercle fixé au support de l’axe de l’embase d d d'd'; n, pince joiùte à l’embase ddd'd', pour fixer la tige y e* dans la direction du rayon solaire réfléchi.
- Légende de la PL 3b2, représentant plusieurs pièces séparées de Vhéliostat, dessinées de grandeur naturelle.
- Fig. 1. Miroir U, sa tige X, sa chape u u u’u', la queue V de cette chape.
- Fig. 2. vv, tige qui a pour fourreau la queue de la chape du miroir ; ddd’d'f embase de la tige vv; ff, support des coussinets Y Y des tourillons de l’embase ddd’d'; Z, tige du supporty/y fixée d’un bout à ce sup-por t par la bride circulaire z z, et de l’autre bout à l’embase 11 du cercle T, par la vis t't' : le bout cylindrique z'z' de la tige Z est engagé dans la branche du support perpendiculaire aux fourchesyy de ce support.
- aa, canon du cercle équatorial, joint à ce cercle par la bride circulaire a'a' ; b b, canon de l’axe E, fixé sur cet axe par la bride circulaire b'b' ; la base supérieure de ce canon , et celle du canon an se terminent au même plan, au - dessous de la bride z z..
- EE, axe du cercle méridien; TT,,cercle ou rondelle, au centre duquel la tige Z est fixée.
- Fig. 3. Cette figure représente les pièces de la fig. 2 , détachées les unes des autres. Plan, fg. 3; E, axe du cercle méridien.
- Élévation ,f g* 3; six pièces cotées : n°. 1, les deux pièces désignées, fg. 2, par vv et ff, et réunies; n°. 2, la tige L,fig. 1, à part ; 110. 3, le canon aa, fig. 1, du cercle équatorial, séparé;, n°.fi., l’axe E ,fig. 1, du cercle méridien, détaché; n°. 5, le canon b b, fig, 1, de l’axe E; n°. 6,; rondelle T de^ l’axe Z, fig. i, séparée. ^
- p.180 - vue 190/507
-
-
-
- // 'V '/ .1 -
- J/XY.lî h A ’ 'a/j/jûy i>/ ,t/i
- < ''''/"'"O,'-//
- i,ir jj
- pl.1x301 - vue 191/507
-
-
-
- pl.2x301 - vue 192/507
-
-
-
- VI Aûï . _ fj/fi/rfs/t tir iti orru'ir a '/t< ru/ut^e/z/r rzi, A *' (CfiÀlJr >
- *. ' , / ^/f //r ' f/t/V . /, /// ' /., / / ./
- <> r/
- /,, ///,
- !
- U
- trf/\t/'tf i/r/tti (
- pl.302 - vue 193/507
-
-
-
- ( r8i )
- Fig. 3 (bis). Cette figure montre les deux pièces n°. i y,fig. 3 , séparées ; l’embase ddd'd' ,fig- 2> se compose de deux parties réunies par des vis; la partie supérieure d'd', qui est adhérente à la tige v, est dessinée à part.
- Fig. 4. Cette figure est une projection de l’embase ddd'd', fig. 3, sur un plan parallèle à la face <?, P, <?" : ces trois vis, qui réunissent les deux parties de l’embase, sont marquées des mêmes lettres 3 et 4;
- S , projection du quart de cercle qui est fixé sur l’embase dd par les vis s s1, et qui est désigné (j%. 1, Élévation, PI. Soi) par la même lettre S : la pince que porte cette embase est serrée contre le quart de cercle S, au moyen de la vis ^r.
- Fig. 5. Élévation, et jig. 5 (bis), plan de la chape qui supporte l’anneau dans lequel la tige du miroir glisse à frottement libre.
- Note sur T inflammation de la poudre par le choc du cuivre et
- d autres corps .
- Le fer produisant des étincelles par le choc d’un autre morceau de fer ou celui d’un autre corps dur, n’a été employé dans la construction des machines, ustensiles etbâtimens des poudreries qu’avec la plus grande circonspection , et seulement dans les cas où l’usage en était tont-à-fait indispensable. Au lieu de fer on avait toujours recommandé l’usage du cuivre , comme ne présentant pas les mêmes causes de danger ; des réglemens même l’ont prescrit, et c’était avec la plus grande confiance que ce métal était admis dans les ateliers des poudreries, ainsi que dans les magasins à poudre. Cependant on pouvait bien présumer que le choc violent du cuivre par du fer, du cuivre, ou tout autre corps dur, serait capable de produire un dégagement de chaleur assez grand pour enflammer de la poudre placée au point de contact ; mais jusqu’ici aucun fait, aucune expérience directe n’avaient démontré la possibilité de cette inflammation.
- L’explosion arrivée au Bouchet, le 19 avril 1825, dans l’usine où était placé un granulateur mécanique, donna l’idée à M. le colonel d’artillerie Aubert de reprendre d^s expériences qu’il avait essayées sans succès un an auparavant, pour enflammer de la poudre par le choc du cuivre. Quelques jours après, aidé de M. le capitaine Tardy, il obtint un grand nombre d’inflammations de poudre, en frappant simplement du cuivre par du cuivre ou par des alliages de cuivre. 11 rendit compte de ces faits à M. le directeur général des poudres et salpêtres, qui ordonna que ces essais seraient répétés en présence de tous les membres du Comité consultatif des poudres.
- p.181 - vue 194/507
-
-
-
- ( )
- M. le colonel Aubert répéta ces essais, ainsi que cela lui avait été prescrit, et obtint, comme il l’avait annoncé, les résultats suivans ;
- Fer contre fer. — i°. Une pincée de poudre y mise sur une enclume ou sur une masse de fonte dé fer et frappée avec un marteau de fer, s’enflamme toutes les fois que l’on frappe juste, ce qui arrive souvent.
- Fer contre cuivre. — 20. La même chose arrive, mais moins facilement, lorsqu’on place la poudre sur l’enclume ou sur la masse de fonte, et que l’on frappe avec une masse de cuivre jaune, ou bien lorsque la poudre est mise sur une masse de cuivre jaune et que le coup est donné par un marteau de fer.
- Il j a aussi inflammation en se servant d’un marteau d’alliage de cuivre et d’étain ( 100 cuivre et 16 étain).
- Cuivre contre cuivre. — 3°. On obtient encore l’inflammation en plaçant la poudre sur du cuivre et la frappant avec un marteau de même métal ; mais on arrive à ce résultat plus difficilement que dans les cas précédens, et seulement en donnant un coup bien juste et bien sec.
- Ces divers résultats s’obtiennent plus aisément en mettant dans chacune des circonstances indiquées une petite feuille de papier sur la poudre.
- La poudre s’enflamme encore, mais assez difficilement, en la plaçant entre deux morceaux de cuivre posés sur une enclume, et frappant le-morceau supérieur avec une masse métallique. On réussit également, soit que les morceaux soient en cuivre jaune ou en cuivre rouge.
- Fer contre marbre. — 4°* Un a aussi obtenu l’inflammation de la poudre en la plaçant sur un bloc de marbre noir ne contenant aucune partie siliceuse et la frappant avec un marteau de fer.
- On a tenté, mais inutilement, devant le Comité, d’enflammer la poudre par le choc du fer , en la posant sur des masses de plomb et de bois debout; elle étai t cependant violemment frappée par un ouvrier avec un marteau dit de devant; mais les deux faits suivans montrent évidemment que la vitesse du choc n’était pas encore assez grande, puisqu’on a pu réussir quelques jours après de la manière suivante.
- Plomb contre plomb. —On avait mis de la poudre dans un enfoncement de la masse de plomb du pendule balistique de la Direction ; la balle tirée par le fusil-pendule dans cet enfoncement, a déterminé, par son choc, l’inflammation de la poudre qui y avait été placée. Le fusil avait une charge de 10 grammes, la masse de plomb était à 3 mètres de la bouche du canon, et on avait eu la précaution de mettre, dans l’intervalle, un grand diaphragme percé d’un petit trou pour le passage de la balle, afin d arrêter la flamme de la charge. . h r n
- p.182 - vue 195/507
-
-
-
- ( i85 )
- Plomb contre bois. — La niasse de plomb ayant été remplacée par un bloc de bois debout, la poudre répandue dans un trou , fait précédemment dans ce bloc par une balle, a été enflammée pas le choc d’une nouvelle balle tirée comme ci-dessus avec le fusil-pendule.
- Les poudres employées dans toutes ces expériences étaient des poudres superfines de chasse du Bouchet, de Toulouse , du Ripault et de Dartford (Angleterre), et de la poudre de guerre du Ripault
- Ces faits démontrent d’une manière directe et évidente que dans le travail des poudres et dans toutes les manœuvres qu’elles peuvent subir , il faut éviter tous les chocs violens, puisque des chocs de cette espèce peuvent déterminer un dégagement de chaleur capable de produire l’inflammation de la portion de poudre qui s’y trouve exposée.
- ARTS CHIMIQUES.
- Rapport fait par JM. Payen , au nom du Comité des arts chimiques, sur un appareildistillatoire présenté par M. Maillard-Dumeste, rue de la Bûcherie, n°. 18, à Paris.
- Vous avez chargé <yos Comités des arts chimiques et des arts économiques d’examiner un appareil distillatoire qui vous a été présenté par M. Maillard Dumeste.
- Cet appareil est destiné à préparer d’une manière facile et économique les liqueurs de table aromatisées. Il se compose d’une cucurbite ordinaire, contenant son bain-marie, et communiquant, par le bec de son chapiteau, avec la partie supérieure d’un cylindre séparé en plusieurs capacités par des diaphragmes coniques. La première capacité est fermée à sa partie inférieure par un robinet ; la deuxième, immédiatement au-dessous, dont le fond est perforé de trous comme une écumoire, est garnie d’un filtre de deux disques de laine entre lesquels une feuille de papier s’interpose : cette sorte de filtre est superposée à quatre autres capacités ou filtres semblables; enfin la partie inférieure est un récipient dans le fond duquel un robinet est adapté.
- Lorsqu’on veut préparer une liqueur aromatique et sucrée par distillation, on dépose dans le bain-marie les aromates et l’alcool étendu d’eau; on fait dissoudre la quantité de sucre convenable, et le sirop est mis dans la capacité supérieure du cylindre. On opère la distillation avec les précau-
- p.183 - vue 196/507
-
-
-
- ( 184 )
- tions ordinaires, et dès que la proportion nécessaire de liquide spiritueux est passée dans le cylindre, ce dont on est averti par une cannelle placée à une hauteur convenable, on fait écouler dans les filtres.la totalité du mélange de sirop et d’alcool aromatisé. Ce mélange , en passant successivement au travers des cinq filtres superposés, devient complètement limpide : on reçoit directement et sans aucun transvasement à l’extérieur la liqueur préparée.
- Vos commissaires ont vu fonctionner cet appareil, qui remplit assez bien son objet; il leur a semblé que le fdtre seul présente des dispositions nouvelles , et que dans la plupart des cas cette partie sera aussi la seule utile. On sait en effet qu’à l’aide d’essences fines on prépare d’excellentes liqueurs sans distiller l’alcool sur des aromates, et que d’après ce mode d’opérer il est sur-tout utile de prévenir les déperditions et par conséquent de réduire le plus possible les transvasemens à l’air libre : on ne saurait le faire plus efficacement qu’à l’aide du filtre de M. Maillard Dumeste, puisqu’un nombre plus ou moins grand de filtrations s’y opère dans le même vase.
- Vos commissaires vous proposent en conséquence de remercier M. Dumeste de sa communication, et d’insérer le présent rapport dans le Bulletin de la Société.
- Adopté en séance, le 21 juin 1826.
- Signé Payen , rapporteur.
- m
- Nouvel alliage métallique imitant l’or ; par MM. Parker et
- Hamilton.
- 1
- On emploie depuis quelque temps en Angleterre un nouvel alliage métallique ayant la couleur et l’éclat de l’or , et qui, suivant MM. Parker et Hamilton, est propre aux ouvrages de bijouterie, aux ornemens, etc. Voici sa composition et la manière de le préparer.
- On prend quantité égale de cuivre rouge et de zinc , qu’on fait fondre à la plus basse température possible, afin d’éviter la vaporisation du zinc. La fusion et la combinaison intime des deux métaux étant achevée, on ajoute dans le creuset une nouvelle quantité de zinc, par petites portions , jusqu’à ce que l’alliage ait la couleur convenable. Il sera d’abord d’un jaune de laiton, puis il prendra une nuance pourpre ou violette, et finalement deviendra entièrement blanc : c’est le moment de le couler dans des lingotières ou dans des formes. Après le refroidissement, il aura l’aspect d’un alliage de cuivre et d’or fin.
- Les auteurs observent qu’il faut beaucoup de soin et de précautions pour
- ; réussir,
- p.184 - vue 197/507
-
-
-
- ( .85 )
- réussir ; car si la chaleur est poussée trop fort, l’opération manque , et l’on n’obtient alors qu’un alliage dur et cassant, qui se laisse difficilement travailler.
- On assure que le nouvel alliage prend un très - beau poli et qu’il peut être tourné, réduit en feuilles minces, etc. ; ce qui le rend propre à un grand nombre d’usages ; sa pesanteur spécifique est beaucoup moindre que celle de l’or ; il a la propriété de ne point s’oxider à l’air ni à l’humidité, de résister a l’action des acides faibles et de se repolir aisément lorsqu’il est terni ; mais il perd toutes ses qualités aussitôt qu’il est refondu. Comme il ne laisse pas dégager par le frottement l’odeur désagréable de laiton , on peut l’employer pour doubler l’intérieur des vases. Pour le nettoyer il suffit de le laver avec de l’eau de savon. Son prix n’est guère plus élevé que celui du laiton. ( London Journal of arts, janvier et juin 1826. )
- AGRICULTURE.
- Rapport fait par M. de Silvestre, au nom du Comité d’agriculture, sur une institution agronomique établie au domaine de Grignon (S eine-et-Oise).
- Messieurs, vous avez chargé votre Comité d’agriculture de vous rendre compte d’une institution agronomique dont les statuts vous ont été communiqués : il s’agit dans ces statuts de l’affectation d’un vaste domaine rural à l’instruction théorique et pratique de l’agriculture perfectionnée.
- Parmi les institutions qui peuvent servir à rendre notre économie rurale florissante, l’instruction, le bon exemple tiennent le premier rang : l’emploi de ces moyens était le vœu constant de tous ceux qui ont apprécié quelle peut être l’influence d’une bonne agriculture sur notre prospérité intérieure; néanmoins, Messieurs, le nombre de ces appréciateùrs éclairés n’est pas considérable. Le mot agriculture a semblé souvent placé comme par convenance dans les discours d’apparat ; mais lorsque le blé est à bon marché, on s’inquiète peu de savoir si les hommes qui le procurent sont excités.par un intérêt suffisant à le cultiver toujours avec une égale abondance : on se persuade volontiers que l’agriculture française est dans l’état le plus satisfaisant; mais cette erreur serait funeste si elle devait, pendant long-temps encore, continuer d’être propagée. Heureusement on n’a pas toujours pensé ainsi, et il est facile de démontrer que si un commencement d instruction et quelques exemples remarquables n’eussent pas modifié Vingt-cinquième année. Juin 1826. B b
- p.185 - vue 198/507
-
-
-
- ( >86 )
- jadis nos procédés ruraux, la culture des blés serait maintenant impossible à continuer dans une grande partie du royaume.
- Ce commencement d’instruction, ces exemples fructueux ont été donnés, il y a quarante ans, par Louis XVI de douloureuse et-vénérable mémoire; c’est lui qui a créé l’établissement de Rambouillet, et qui a introduit en France ce troupeau célèbre, devenu, depuis, le germe productif de presque toutes nos améliorations rurales. Les améliorations auraient sans doute été beaucoup plus considérables, si une économie dans l’administration , dont il ne nous appartient pas d’apprécier la nécessité, n’avait toujours réduit au simple entretien des établissemens secondaires, formés à l’instar de celui de Rambouillet, et qui, plus largement secondés, auraient incontestablement exercé une plus salutaire influence. Il ne reste presque plus aujourd’hui de ces établissemens créés sur le modèle de celui de Rambouillet, et qui, pour la plupart, auraient pu remplir la double destination qu’ils avaient dans l’origine, de fournir à la France des types purs de la race des moutons à laine superfine, et d’offrir des modèles d’exploitations rurales convenablement dirigées, sur divers sols et sous des climats différens. Cette histoire, Messieurs, serait triste à raconter; mais vous le savez trop bien, la constance n’est pas chez nous indigène : taisons nos regrets et livrons-nous à l’espérance. Aujourd’hui, l’auguste frère de Louis XVI, héritier de son trône et de ses sentimens paternels , vient ouvrir une ère nouvelle à l’agriculture ; il vient accorder à la France un bienfait qui peut devenir pour elle aussi fécond que le furent jadis la formation et la destination du troupeau de Rambouillet. Charles X a acheté le domaine de Grignon, composé de noo arpens de terre et bois ; il le cède pendant quarante ans a une Société d’actionnaires, à la charge d’y former une institution centrale agronomique, et il abandonne pendant cet espace de temps, et pour cet objet, tous les revenus de ce vaste domaine , à la seule condition qu’il sera exécuté des améliorations immobilières pour une valeur de 5oo,ooo fr., qui seront acquis au domaine de la couronne.
- M. le duc de Doudeauvïlle, digne ministre de la Maison de Sa Majesté, voulant seconder les généreuses intentions du monarque, a accueilli et approuvé un projet d’association qui lui a été présenté, pour faire les fonds nécessaires à l’exploitation rurale du domaine, comme modèle pour les divers genres de culture localement praticables, et comme institution pour l’enseignement de la théorie et de la pratique de l’agriculture perfectionnée , ainsi que pour les arts qui concourent à son développement.
- Cinq cents actions de i200 francs chacune ont été créées, à l’effet de former un capital suffisant pour la culture du domaine et l’entretien de l’e—
- p.186 - vue 199/507
-
-
-
- C i87 )
- cole ; ces actions seront soldées en trois paiemens égaux, dont le premier doit s’effectuer un mois après la souscription, le second un an après le premier, et le troisième un an après le second.
- La moitié seulement des actions est émise en ce moment ; son produit servira à l’organisation de la ferme et aux perfectionnemens de son agriculture.
- La seconde émission d’actions sera déterminée par un conseil d’administration choisi par les actionnaires, lorsque ledit conseil jugera convenable d’organiser les écoles.
- Les sociétaires porteurs de cinq actions ont le titre de fondateurs , et ils sont seuls éligibles au conseil d’administration; les intérêts des actions seront payés à raison de 4 pour ioo l’an, à dater des époques des verse-mens successifs, et sur les bénéfices excédant le service des intérêts, il sera prélevé un dividende à raison de 2 pour 100 des mises de fond, et qui servira à l’amortissement des capitaux avancés par les actionnaires.
- Telles sont les principales bases du plan d’association dont vous nous avez chargés de vous rendre compte. Chacun des membres de la Société qui voudrait concourir à cette œuvre de véritable patriotisme, peut prendre une connaissance plus approfondie des détails dans les statuts qui resteront déposés sur le bureau.
- Ce projet, Messieurs, est grand, généreux et bon en lui-même; mais il est sur-tout appréciable par l’exemple qu’il fournit : en effet, c’est par la multiplication des domaines ruraux, administrés de manière à servir de modèles ; c’est par le nombre des écoles rurales, où les simples cultivateurs, les agronomes, et sur-tout les propriétaires, pourront puiser de solides instructions , que les grands intérêts de l’agriculture deviendront générale-mentappréciés et convenablement servis. Espérons que de riches capitalistes se réuniront pour former sur divers points de la France des institutions analogues et de grandes entreprises agricoles; espérons qu’on appréciera plus généralement les avantages que des avances sagement appliquées aux exploitations rurales doivent procurer, et qu’on reconnaîtra que de grands capitaux peuvent être affectés à ce genre de travail avec autant d’avantage et plus de solidité que dans toutes les autres branches d’industrie.
- J’ai l’honneur de proposer au Conseil de faire connaître la nouvelle ins» titution agronomique par la voie du Bulletin de la Société.
- Adopté en séance f le 21 juin 1826.
- Signé Silvestre, rapporteur.
- Bb 2
- p.187 - vue 200/507
-
-
-
- ( i88 )
- INDUSTRIE ÉTRANGÈRE.
- Prix et médailles décernés par la Société dEncouragement de Londres pendant Vannée 1825.
- Agriculture et Economie rurale.
- i°. A M. Ralph Crejke, écuyer, à Rawcliffe-House, comté d’Yorck , pour avoir desséché et fertilisé,. par un nouveau procédé , 429 acres de marais tourbeux : la grande médaille d’or.
- 20. A M. le colonel James Wilson, à Sweaton-Castle, pour avoir planté des arbres forestiers sur une étendue de 174 acres : la grande médaille d’or.
- 5°. A M. G. Whitworth, écuyer, à Caistor, comté de Lincoln, pour la culture d’une nouvelle variété de ray-grass (lolium perenne) : lar médaille d’argent.
- 4°. A M. Ch. William Salisbury, à Brompton, pour la communication de la méthode pratiquée en Toscane pour cultiver la plante dont la paille est employée à la fabrication des chapeanx fins dits d’Italie : la médaille d’argent.
- 5°. A MM. Cowley et Staines , à Winslow, comté de Buks , pour avoir semé et cultivé une certaine quantité de l’herbe employée en Amérique pour fabriquer les chapeaux de paille : une récompense de 20 guinées.
- y Chimie.
- 6°. A M. Roberts, à Saint - Hélens, comté de Lancaster, pour l’invention d’un appareil au moyen duquel on peut respirer librement dans des endroits remplis de fumée ou de vapeurs suffocantes : la grande médaille d’argent et 5o guinées.
- 70. AM. Sturgeon, à Woolwich, pour un appareil électro-magnétique perfectionné : la grande médaille d’argent et 3o guinées.
- 8°. A M. Moore, à Green-Hill, comté de Derby, pour l’invention d’un procédé destiné à creuser et nettoyer l’albâtre : la grande médaille d’argent (1).
- 90. A M. L. Austy , Sommerstovvn, pour la fabrication de creusets réfractaires propres à fondre le fer et le cuivre : la petite médaille d’argent et 20 guinées.
- Mécanique.
- io°. A M. W. Hardy, à Londres, pour un instrument destiné à déterminer de très-petits intervalles de temps : la petite médaille d’or.
- {1) Ce procédé est décrit dans le Bulletin d’avril.
- p.188 - vue 201/507
-
-
-
- ii°. A M. Vickenson, capitaine dans la marine royale, à Purbrook-Heath, près Portsmouth, pour l’invention d’un procédé destiné à mettre le feu aux canons des vaisseaux, au moyen d’amorces de poudre fulminante : la petite médaille d’or.
- i2°. A M. J. Cow, charpentier de marine, à Woolwich, pour un nouveau moyen de transporter les ancres et les canons des vaisseaux, à l’aide d’un canot : la petite médaille d’or.
- i5°. A M. Singer, écuyer, à Londres, pour un nouveau procédé d’assemblage des charpentes des cintres des arches de pont : la petite médaille d’or.
- i4°. A M. C. Shakespear, écuyer, directeur général des postes à Calcutta, pour un pont en cordes portatif et facile à établir : la médaille d’or.
- i5°. A M. T. CluLey, à Shefïield, pour un forceps à trois branches propre à être employé dans l’opération de la lithotomie : la petite médaille d’or.
- 16. A M. TV. Brokedon , écuyer , à Londres, pour un appareil propre à soutenir la rotule et le genou : la grande médaille d’argent.
- 170. A M. Socklj à Londres, pour une soupape de sûreté propre à être adaptée aux chaudières à vapeur : la grande médaille d’argent et 10 gui-nées.
- 180. A M. D. Mathews y à Londres, pour un nouveau moyen de creuser et de transporter les terres : la petite médaille d’argent.
- ig°. A M. Griffiths, de l’Institution royale , pour un coin à expansion, à l’usage des scieurs de long : la petite médaille d’argent.
- 20°. A M. J.-P. Hubbard, à Londres, pour une chaise pliante et portative : la médaille d’argent.
- 2i°. A M. C.-TV’. Friend, à Finsbury, pour une serrure à secret : une récompense de 10 guinées.
- 22°. A M. C.TVUliamson, à Londres, pour un rabot perfectionné à l’usage des menuisiers ; 10 guinées.
- 23°. A M. J. Aitkin, à Londres, pour une nouvelle horloge sonnant les quarts : 20 guinées.
- 24°. A M. Pechey, à Londres, pour une nouvelle pompe propre à élever l’eau : 5 guinées.
- Manufactures.
- 25°. A M. R. Jones , directeur de la Maison de travail de Saint-George à Chelsea, pour de la toile fabriquée avec du lin de la Nouvelle-Zélande : la médaillé d’argent et 5 guinées.
- 26°. Des médailles d’argent et des récompenses à différens artistes pour
- p.189 - vue 202/507
-
-
-
- ( J9° )
- avoir fabriqué des chapeaux de paille à l’imitation de ceux d’Italie, avec des végétaux indigènes.
- Commerce et Colonies.
- 270. A M. Mackay, écuyer, à Picton (Nouvelle-Écosse), pour un instrument propre à arracher les souches des gros arbres : la médaille d’or.
- 28°. A MM. Pechey et Wood, à la terre de Van-Diemen (Nouvelle-Galle du sud), pour avoir préparé et importé 5 tonneaux d’extrait d’écorce de mimosa, propre au tannage des cuirs : la médaille d’or.
- 290. A M. Le Cadre, à l’ile de la Trinité, pour des plantations de giroflier dans cette colonie : 5o guinées.
- Beaux-Arts.
- Des médailles d’or et d’argent à divers artistes, pour des peintures à l’huile, des dessins à l’aquarelle, à l’encre de la Chine et au crajon, des modèles en plâtre, des gravures en taille-douce, etc.
- Mentions honorables.
- A M. le capitaine Bagnold, à Londres , pour avoir appliqué avec succès le procédé d’Appert à la conservation du jus de citron.
- Au Même, pour la communication du procédé employé à Bomba y pour faire des canons de fusil à rubari et des lames de sabre, à l’imitation de celles de Damas.
- AM./. Clément, à Londres, pour un nouveau chevalet propre à recevoir une table à dessiner, d’une grande dimension, et à pouvoir s’incliner dans toutes les positions.
- A M. Parley, à Londres, pour un nouveau moyen de former des pas de vis sur le tour.
- A M. Turrel, à Londres, pour un vernis perfectionné, à l’usage des graveurs.
- A M. Moreau, vice-consul de France, pour ses tableaux présentant le développement des progrès du commerce de la Grande-Bretagne.
- A M. A. Sheffield, pour l’application d’un aimant pour retirer les petites parcelles de fer et d’acier qui auraient pu pénétrer dans les yeux des ouvriers qui travaillent ces métaux.
- p.190 - vue 203/507
-
-
-
- ( 191 )
- NÉCROLOGIE.
- Notice sur feu M. le comte Bigot de Préameneu, membre de ï Académie française , du Conseil A administration de la Société dEncouragement,, etc. ,* par M. le baron Degérando.
- Le nom de M. le comte Bigot de Préameneu a occupé en grande partie une séance mémorable, dont le souvenir laissera une trace brillante dans l’histoire de notre premier corps littéraire ; il y a reçu tour à tour, en présence de tout ce que la France a de plus distingué, l’hommage de cet homme de bien qui, lui succédant dans le fauteuil académique, devait l’occuper si peu de temps, qui, en appréciant ses vertus, donnait un si grand poids à un tel éloge, et le tribut de cet académicien élégant et fécond, qui réunit à l’élévation de l’esprit l’étendue et la variété des connaissances. Toutefois, la mémoire de M. Bigot de Préameneu peut encore être convenablement honorée dans une réunion consacrée au bien public, parce que c’est là sur-tout qu’elle se montre.entourée de tous les titres qui Tout recommandée à nos respects. Son nom a des droits particuliers à l’expression de notre gratitude : il siégeait depuis plusieurs années dans le Conseil d’administration de notre Société ; en sa qualité d’exécuteur testamentaire de M. Jollivet, il nous a rendu d’éminens services par la sagesse de ses conseils. 11 ne s’était point livré d’une manière spéciale à l’étude des arts industriels^ mais, en administrateur éclairé, il en jugeait avec sagacité les salutaires effets sur la prospérité publique ; il prenait un vif intérêt à leurs progrès. Ce grand jurisconsulte, en approfondissant les principes de la législation, avait compris que sur le travail reposent la prospérité, les bonnes mœurs , l’ordre public, autant que la richesse en découle, et que les progrès de l’industrie, en perfectionnant le travail, le favorisent, le multiplient et le rendent plus fructueux.
- Félix-Julien-Jean Bigot de Préameneu naquit à Rennes, le 26 mars 1747. Fils d’un avocat au Parlement, il suivit d’abord la noble carrière de son père et vint ensuite s’établir à Paris en 1779. Trois aspects principaux se présentent dans l’honorable carrière qu’il a remplie : ses travaux relatifs à la jurisprudence, les services qu’il rendit aux établissemens d’humanité, les fonctions auxquelles il fut appelé dans la haute administration publique.
- M. Bigot de Préameneu s’était livré aux études les plus étendues; c’est sur-tout en cultivant celle de la philosophie morale, objet de sa prédilec-
- p.191 - vue 204/507
-
-
-
- ( >9(i) 2 )
- tîoo, qu’il avait cherché le flambeau qui devait le guider dans la science du droit : belle et juste méthode qui doit ramener en effet celle-ci à ses premiers principes.
- Le barreau de Rennes dout il avait été l’honneur et la lumière, celui de Paris où il était venu se placer à côté des Ferey, des Pipeau, des Poirier , des Portalis ; avaient signalé M. Bigot de Préameneu à l’estime publique, comme l’un de ces jurisconsultes savans et profonds qui, dans l’application des lois, pénètrent leur véritable esprit, remontent à leurs premiers principes, déterminent leurs rapports mutuels, et qui, prêtant à leur texte une nouvelle vie, obtiennent l’honneur d’être reconnus comme les interprètes du législateur lui-même. Les travaux par lesquels il avait éclairé la science du droit et s’était annoncé capable d’en faire reculer les limites, lui ouvrirent , simple particulier encore, les portes de l’Institut. Il fut élu malgré les recommandations puissantes du Premier Consul en faveur de l’un des magistrats les plus distingués, revêtu de hautes fonctions publiques (i), dans cette classe des sciences morales et politiques, qu’on commit plus tard la faute de supprimer : suppression absurde qui, en bannissant le premier ordre des connaissances humaines d’une réunion à laquelle sont appelés toutes les sciences et tous les arts, a enlevé à cette institution son harmonie et une portion de sa dignité. Bientôt après, il fut appelé à concourir pour l’érection de ces monumens immortels qui ont donné à la France une législation uniforme si long-temps désirée et si inutilement tentée jusqu’alors ; qui, à un mélange confus de dispositions empruntées aux divers âges, de traditions , de coutumes , ont substitué des codes simples, méthodiques, clairs. Il fit partie , avec MM, Portalis , Tronchet et Malleville, de la commission formée par le gouvernement consulaire pour rédiger le projet du Code civil; il en rédigea lui-même plusieurs titres et en rendit compte à la tribune législative, par l’une de ces expositions de motifs, qui sont devenues de véritables commentaires.
- Notre respectable collègue cherchait un délassement à des études si graves, dans l’exercice delà bienfaisance, digne délassement en effet pour des travaux qui remontant aux principes de la justice éternelle et universelle, supposent une méditation habituelle des saintes maximes de la morale.
- (i) Nous rappelons à dessein cette circonstance, dont nous pouvons garantir l’exactitude, oarce qu’un journal quotidien , par une légèreté coupable et dans une complète ignorance des faits , s’est permis dernièrement de prêter à l’élection de M. Bigot de Préameneu des causes fort différentes , dans un article où il n’a pas craint de déprécier la mémoire de cet homme de bien, en louant M. le duc Mathieu de Montmorency, qui , certes, repoussait vivement un éloge peu conforme à ses propres intentions, et vicié par une telle injustice.
- Appelé
- p.192 - vue 205/507
-
-
-
- ( '95 )
- Appelé au sein du Conseil général de l’Administration des Hospices civils de Paris par le voeu des hommes de bien auxquels la tutelle des pauvres était confiée, il put, dans ces touchantes fonctions, satisfaire abondamment le besoin de son coeur en soulageant les misères humaines. Après avoir visité les asiles de l’infortune, il visita ces dépôts où le vice et le crime , misères plus déplorables encore , devraient trouver leur réforme,, et malheureusement ne font trop souvent que se confirmer dans leurs fatales habitudes, s’ils ne se plongent même dans une plus grande corruption. Membre du Conseil général des prisons, il appelait de ses désirs les améliorations importantes dont ces établissemens ont un si grand besoin : il réunissait, pour y concourir, aux lumières que prête l’étude des lois et des grands intérêts de la société, les inspirations que suggèrent l’amour de l’humanité et le commerce de la vertu.
- Les deux carrières dans lesquelles nous venons de considérer M. Bigot de Préameneu étaient l’une et l’autre de son choix ; l’une occupait sa vie de cabinet, l’autre sa vie extérieure ; ce fut, sans l’avoir prévu ni désiré, qu’il fut promu aux dignités publiques, exemple rare, mais honorable à rappeler, d’un genre de choix qui va chercher le mérite modeste , solide , pour le revêtir des emplois si souvent surpris par l’ambition et l’intrigue.
- En 1791, il fut choisi par le Roi pour être l’un des pacificateurs du département du Gard , belle mission dont son caractère le rendait éminemment digne. La même année , il fut élu par la ville de Paris à l’Assemblée législative ; en 1800, il fut appelé aux fonctions de commissaire du Gouvernement près la Cour de cassation ; long-temps il siégea au Conseil-d’Etalpet y porta un remarquable esprit de sagesse et d’équite dans la discussion des plus hautes questions d’administration publique. Successeur du célèbre Portalis dans le ministère des cultes , il sut y associer une sollicitude éclairée pour les intérêts de la religion à une douce tolérance; il sut, dans des temps difficiles, tempérer quelquefois des mesures sévères, concilier la modération et la prudence avec l’exécution des lois. 11 quitta les dignités publiques sans l’ombre d’un regret, comme il s’en était vu investi sans en éprouver l’ombre d’un sentiment d’orgueil : il n’y avait vu que de grands devoirs et une grande responsabilité ; ses mœurs et ses habitudes n’en avaient point été changées.
- Sa vie était simple, réglée, grave, retirée; son caractère respirait le calme, la douceur et la bonté; ses manières et son accueil étaient pleins d’aménité : on ne le voyait pas dans le monde; mais son intérieur , sanctuaire des vertus domestiques, lui rendait en bonheur la récompense due à tant de travaux et de bonnes actions. Ceux qui ont, comme moi , eu le
- Vingt-cinquième année. Juin 1826. Ce
- p.193 - vue 206/507
-
-
-
- ( j94 )
- bonheur de l’approcher dans cet intérieur, éprouvaient pour lui un juste et profond respect, en même temps que le sentiment d’une confiance entière* Plus on s’approchait de lui, et plus on rendait hommage à cette réunion qui se trouvait en lui de trois choses qui se conviennent très-bien , l’érudition, la sagesse et l’intégrité.
- Notice sur feu M. Boscheron, membre du Conseil dadministration de la Société dJEncouragement ; par M. le baron Degérando (i).
- Messieurs, si l’on éprouve un sentiment profondément douloureux en voyant les bienfaiteurs de l’humanité quitter cette terre où ils répandaient de salutaires influences, on goûte cependant aussi une singulière douceur en se retraçant le tableau de leur vie, de cette vie si pleine, si utile ; cette image console, encourage ; on aime à recueillir les actions que leur modestie avait couvertes d’un voile, à rappeler leurs exemples, pour les faire fructifier, à leur dérober le secret de ces généreuses inspirations qui animaient leur existence et la rendaient bien supérieure à celle du commun des hommes. Je ressens aujourd’hui, Messieurs , ces impressions, en remplissant un devoir qui m’est cher, en rendant au milieu de vous un trop rapide hommage à la mémoire du vénérable M. Boscheron. On ne connaît peut-être point généralement tout ce qu’il a fait pour être utile, en combien de manières il s’est rendu utile ; et c’est ce qüi me fait mettre un prix tout particulier à l’indiquer sommairement, aie consigner du moins d’une manière durable dans nos Annales. L’ambition d’être utile fut, en effet, la seule ^ambition de M. Boscheron; il eut le bonheur de pouvoir la satisfaire à-la-fois dans la carrière des arts, dans celle de la bienfaisance , dans celle de l’administration publique. Sous ces trois rapports, ses occupations et ses travaux furent étroitement liés; ils s’aidaient réciproquement comme ils conspiraient à un but commun. Il appartenait donc naturellement à la Société d’Encouragement : aussi le vîmes-nous figurer au nombre de ses premiers souscripteurs , et en suivre les opérations avec l’intérêt le plus constant, jusque dans la plus extrême vieillesse. Il était, Messieurs, le doyen d’âge de notre Conseil d’administration.
- M. Boscheron avait un goût prononcé pour l’étude de la chimie; il s’v était livré avec ardeur et succès. Uni par une amitié intime à MM. Tillet
- (j) Cette notice devait être lue à l’assemblée générale de l’année dernière; mais les rapports qui la remplirent n’en laissèrent point le temps. * !
- p.194 - vue 207/507
-
-
-
- " ' ' ( ".P )
- et UArcet, il partagea leurs travaux et coopéra avec eux aux premières expériences qui furent faites sur la combustion du diamant. ïl se trouva également associé avec Lavoisier, Fourcroy et Parmentier dans diverses commissions choisies pour exécuter des* expériences dont les résultats ont été mentionnés dans les Mémoires de ïAcadémie des sciences. Ses recherches sur la conservation des grains et la panification le mirent en rapport avec MM. Sage, Poncelet et Teissier. Les huiles et les savons attirèrent particulièrement son attention j il était parvenu à obtenir la fabrication du savon par un procédé à froid, à un prix très-modique. Avec de petits appareils il confectionnait de très-beau savon transparent : ce genre d’essais était l’occupation favorite de sa vieillesse, et il a laissé de nombreuses notes sur ce sujet. .
- Appelé jeune encore à faire partie du Bureau d’administration des Hôpitaux de la capitale, il trouva, dans ces bienfaisantes fonctions , l’occasion d’appliquer avec fruit les connaissances dont il était doué.. Il se livra pour cette administration à des recherches étendues sur les procédés et les avantages de la moûture dite économique, sur ses résultats comparés avec ceux des autres systèmes, sur la combinaison des mélanges des diverses farines pour obtenir le pain le moins coûteux dans la qualité convenable pour la consommation des hôpitaux. Un mémoire manuscrit sur ce sujet, riche de faits, fécond en rapprochemens curieux, et plein de méthode, s’est trouvé dans ses papiers. M. le comte Dèjean, pendant qu’il était chargé de l’admiuis-r-tration de la guerre, demanda à M. Boscheron la communication des résultats que renferme son travail sur ce sujet, et retira de grands avantages de cette communication. Ce fut en partie à ses soins que l’on fut redevable de la création de la boulangerie de Scipion. Il avait dressé un tableau fort curieux des consommations annuelles de l’Hôpital général en pain .et en viande, de 1766 à 1780. Il rédigea aussi un mémoire sur les manufactures dans les hôpitaux, dans lequel» eu s’attachant à montrer l’avantage qu’il y aurait à associer, dans l’éducation des enfans qui y sont reçus, une école d’industrie à renseignement de la lecture et de l’écriture , il discute, d’une manière très-judicieuse, les inconvénieps et les avantages que peuvent offrir les principales branches d’industrie exploitées dans ces établissemens.
- Spécialement chargé de la direction et de la surveillance de l’Hôpital de la Pitié, ils’efforça, avec le zèle le plus éclairé, le plus actif et le plus persévérant, d y porter les nombreuses améliorations dont ce grand établissement avait besoin ; dans une suite de rapports où respire un esprit éminemment sage , il traite successivement du local et des constructions, des employés, de l’habillement et de la nourriture, de f éducation morale
- C c 2
- p.195 - vue 208/507
-
-
-
- ; jo,; )
- physique des nombreux enfans auxquels cette maison servait d’asile. Ce dernier et important sujet le captive sur-tout; il y revient à diverses reprises ; il entre dans tous les détails ; il examine tout, le choix et la conduite des maîtres ; les méthodes d’enseignement, les soins donnés aux moeurs et à la religion, les récompenses et les peines, les jeux et les récréations. On le voit, de concert avec MM. Cochinetde Malezieux, visiter les écoles de paroisse de la ville de Paris : ils découvrent dans un certain nombre d’entre elles une méthode fondée sur le principe de l’enseignement mutuel : ils sont frappés de ses admirables résultats; ils la transportent à la Pitié, et en obtiennent les mêmes avantages. Il crée dans le même établissement une sorte d’école d’industrie et s’attache à choisir le genre d’apprentissage le plus convenable pour les infortunés auxquels il veut préparer une carrière.
- M. Boscheron prit également une part active aux travaux de l’École de boulangerie, établie en 1780.
- Il fut, à diverses époques, chargé de l’administration du Mont-de-Piété. Appelé aux Conseils du département de la Seine et de la ville de Paris, il s’empressa de s’unir aux principales associations de bien public qui, après la révolution, se formèrent dans la capitale. Membre du Comité cantonnai pour l’instruction primaire, il pouvait encore appliquer ses méditations et ses recherches sur l’éducation de l’enfance. Administrateur de charité du quatrième arrondissement, il pouvait satisfaire sa généreuse sollicitude pour le soulagement du malheur. Il avait été, avant la révolution, payeur des rentes sur l’Hôtel-de-Ville , et depuis 1800 , payeur général de la dette publique ; mais, de tous les emplois, celui qu’il préféra était la modeste fonction qui l’appelait à être le père des pauvres.
- Parmi ses nombreux et utiles travaux, il n’a livré à l’impression qu’un mémoire sur l’Hôpital général de la Pitié et un écrit sur l’éducation des enfans des pauvres. L’objet de ce dernier écrit parait avoir intéressé vivement sa sollicitude et occupé ses méditations; il plaide avec chaleur la cause de ces infortunés enfans contre ceux qui voudraient les condamner à l’ignorance : il entre dans les moindres détails de leur éducation morale, intellectuelle et physique ; il les chérit comme un père. Il trace, en ami de la vérité, en citoyen éclairé, le plan des instructions qu’ils doivent recevoir.
- Il avait le goût des lettres, et, l’un des fondateurs du Lycée, il se plaisait à écouter assidûment La Harpe et Delille. D’ailleurs, aussi simple que modeste, il ne cherchait jamais à se produire; il 11e se faisait point remarquer. Son caractère était paisible, sérieux, bienveillant, moddré. Son bonheur fut momentanément troublé pendant nos orages politiques ; mais sa longue vie d’ailleurs fut calme , sereine et douce. La restau-
- p.196 - vue 209/507
-
-
-
- ( >97 )
- ration, que ses vœux avaient appelée, remplit de joie ses derniers jours. Le Roi honora en lui des services désintéressés rendus en tant de manières à la société, en lui conférant le grade d’officier de la Légion-d’Honneur ; il trouva dans le bonheur domestique , dans les jouissances que lui donnaient ses fils empressés à marcher sur ses traces, la juste récompense de ce qu’il avait fait pour son pays et pour les malheureux. Quelque temps avant sa mort, il renonça à toutes ses fonctions, s’enferma dans la retraite, pour se livrer exclusivement à la pratique des vertus et aux méditations de l’avenir.
- M. Boscheron ( Jacques-Guillaume-Raphaël ) était né à Paris le ïo juin 173g; il est mort le 3 janvier 1825, âgé de 86 ans, plein de jours, respecté de tout ce qui avait le bonheur de le connaître, ayant fait beaucoup de bien, et n’ayant jamais fait que du bien.
- Notice sur feu M. le baron de Chassiron , membre du Conseil d’administration de la Société d’Encouragement ; par M. le baron Degérando.
- Messieurs, lorsque tant d’hommes ne voient dans les fonctions publiques que les perspectives propres à flatter la vanité et l’ambition, il est cependant quelques âmes élevées qui n’y aperçoivent, au contraire, que le moyen de rendre des services réels à la société ; et plus ces vrais citoyens sont rares, plus ils ont droit à être entourés de toute notre estime. M. le baron de Chassiron en a offert un exemple bien remarquable. Pourvu d’une charge de finances dès l’année 1775, il est entré dans l’administration publique en 1790 ; il a continué pendant près de quarante ans à y exercer des fonctions honorables, sans autre interruption que celle qui eut lieu naturellement à une époque funeste, où ses services eux-mêmes exposèrent sa vie et le privèrent de la liberté; et pendant tout le cours de cette longue carrière , il n’eut qu’une seule pensée, l’utilité publique. Les partis s’agitaient autour de lui, les orages se formaient, les révolutions politiques s’opéraient, les institutions changeaient : pour lui, aussi étranger à toutes les passions, qu’indifférent aux vues personnelles, il poursuivait son but avec une calme persévérance et une infatigable activité ; c’était essentiellement vers la prospérité de l’agriculture qu’il avait dirigé ses vues ; il avait fait une profonde étude de toutes les connaissances qui s’y rapportent. Par un noble usage de sa fortune, il essaya lui-même les améliorations, donna de précieux exemples, répandit les lumières par ses écrits, seconda par ses démarches et son appui les entreprises utiles, et, par ses travaux lé-
- p.197 - vue 210/507
-
-
-
- ( »98 )
- gislatifs, appela constamment l’attention sur les grands intérêts de cette industrie fondamentale. Il était, si l’on nous permet cette expression, il était, dans nos assemblées générales , le député de l’agriculture, ie représentant des agronomes. 8 o 1 : ' >
- La suppression des droits féodaux avait privé M. de Chassiron d’une portion de ses revenus. Loin de se plaindre, d’en concevoir de l’amertume, il fit mieux : il sut s’en dédommager d’une manière qui, en lui créant des revenus nouveaux, fut utile à toute la contrée. Le premier, dans le département de la Charente-Inférieure, il forma un troupeau de mérinos et réunit, dans la disposition des bergeries/ le choix de la nourriture, le parcage et l’ensemble des soins nécessaires pour faire prospérer les moutons à laine superfine; il améliora la race des bêtes à cornes ; il propagea les prairies artificielles, étudia la nature du sol pour lui demander de nouvelles productions, multiplia les plantations, dirigea ses fermiers par ses conseils. De coneert avec son digne ami M. Fleuriau de Bellevue, il concourut à opérer le complet dessèchement des marais de Boere, marais qui comprennent 5,ooo arpens, et dont il était en partie propriétaire. Pendant cent cinquante ans, on avait inutilement tenté ou provoqué cette enfreprise ; elle fut exécutée en vingt années , et maintenant elle a rendu entièrement à la culture un sol fertile, en même temps qu’elle a assaini le pays. Il associa également ses efforts à ceux du même ami, pour l’exécution d’un vaste plan qui devait, en procurant les moyens de dessécher environ 60,000 arpens de marais, et fertilisant trois départemens, établir un canal de navigation par la Sèvre-Niortaise entre Niort et La Rochelle. Pendant uné longue suite d’années, M. de Chassiron continua, avec une infatigable persévérance, ses sollicitations auprès du Gouvernement, ses démarches auprès des intéressés ; il ne négligea rien pour éclairer les uns et les autres. Il obtint enfin un décret; il obtint le commencement des travaux, il en seconda la marche; trois millions y avaient déjà été employés. Il n’a pas eu la jouissance de voir cette grande opération terminée : des conflits d’intérêts paraissent en retarder l’achèvement ; mais il 11e tint pas à notre collègue que tous les obstacles fussent levés : ils l’auraient été, si ses vues avaient été accueillies.
- Une pensée dominante paraît avoir occupé l’esprit de Chassiron, et elle méritait en effet de le frapper vivement par sa haute importance : c’était l’emploi des eaux versées par la nature sur la surface de nos champs. Ces eaux, qui, convenablement distribuées, doivent en devenir le principe fécondant, et qui tendent à se distribuer d’elles-mêmes par leur propre cours, dès que les issues convenables leur sont ouvertes, deviennent à-la-
- p.198 - vue 211/507
-
-
-
- ( *99 )
- fois un foyer d’infection et un envahissement sur la culture,' quand on les laisse accumulées en état de stagnation. Mais pour procurer ce bienfait, pour détruire ce fléau, il est nécessaire d’obtenir tout ensemble et des opérations que Fart doit diriger , et un concert de volontés entre les propriétaires, et des lois bien conçues, et de sages mesures administratives. On rencontre souvent, aussi dans l’exécution, des obstacles nombreux et puissans, des résistances produites par les préjugés, par l’ignorance, par les intérêts privés mal entendus. Chassiron é tudia cette vaste question soijs tous ses rapports ; il la traita tour à tour dans les généralités de la théorie et dans les applications locales ; il n’est personne en France qui l’ait mieux embrassée et plus approfondie. Les divers écrits qu’il y a consacrés à diverses époques forment un corps complet sur cette matière, en même temps que, dans les opérations auxquelles il a concouru ou qu’il a provoquées, il a appliqué ces principes : c’est là pour lui un véritable titre de gloire ; car il est certes une gloire pour ceux qui rendent des services utiles à leur pays, en fécondant la première source de sa prospérité. Il paraît que de bonne heure l’attention de Chassiron s’était dirigée sur ces marais immenses qui s’étendent vers le pays qu’il habitait dans l’ouest de la France, àur une surface de près de cent lieues carrées, depuis l’embouchure de la Loire jusqu’à celle de la Gironde. Il avait, vu les entreprises commencées sous Henri IV, continuées, reprises sous les règnes suivans, échouer quelquefois, rester imparfaites; il avait étudié les causes qui en avaient contrarié le succès ; il avait cherché les remèdes : de là ses Mémoires ( sous forme de lettres aux cultivateurs ), sur la législation et les réglemens nécessaires aux desséchemens à faire ou à conserver en France, mémoires dans lesquels il insiste avec force sur la multiplication des canàux, et présente , dans un tableau curieux , l’indication de celles de nos mines de houille qui n’attendent, pour être exploitées, que des rivières ou des canaux navigables ; de là ce bel article Desséchemens, dans le Dictionnaire dAgriculture de Déterville, dans lequel Chassiron a renfermé un véritable traité sur la matière; son Rapport sur le dessèchement des marais à Boëre, ses Essais sur la législation et les réglemens nécessaires, en France, aux cours d’eau et rivières non navigables, ni flottables, écrit plein .de vues sages et lumineuses, sur un sujet fort difficile et trop peu connu. La plupart de ses discours et rapports, soit au Conseil, des anciens , soit au Tribunal, se rapportent encore au mémo but : témoin la loi du 4 pluviôse an 6 r sur l’association des propriétaires intéressés aux desséchemens de l’ouest, et l’arrêté du 19 ventôse suivant, sur lapolice des rivières et canaux navigables, mesures dont il fut le promoteur. Bans les diverses propositions qu’il sou-
- p.199 - vue 212/507
-
-
-
- ( 200 )
- mît aux Assemblées législatives, et dont les intérêts de l’agriculture étaient le but constant, on remarque celle qui avait pour objet de faire entrer l’étude de l’agriculture et de l’économie rurale dans le plan de l’instruction publique. Cette vue méritait plus d’attention qu’elle n’en a encore obtenu.
- Dans son Richard converti, il expose, sous une forme familière et piquante , quelques-uns des résultats principaux qu’on devait chercher dans la confection d’un bon Code rural, de ce Code qui nous manque encore, et qu’il n’est point aisé de rédiger, du moins avec un caractère de généralité applicable à toute la France.
- L’habitude de s’occuper essentiellement d’objets d’utilité publique , l’étude des divers ordres de connaissances qui se rapportent aux exploitations rurales, disposent à la bienveillance, entretiennent le calme daps l’esprit et dans le cœur. A cette heureuse influence se joignait, dans Chassiron, celle d’un caractère aimable, doux et bon; son commerce était agréable, son esprit très-cultivé ; il saisissait comme une bonne fortune les occasions de rendre service ; il a vécu dans le monde, dans les affaires, inaccessible aux intrigues, neutre entre les partis, toujours dirigé par l’amour du bien public. Sa sérénité n’a point été altérée par les souffrances de la maladie, par l’approche de sa dernière heure. Né le 2 novembre 1753, il nous a été ravi le 18 avril 1825. La Société royale et centrale d’Agriculture a perdu en lui un de ses plus utiles collaborateurs ; la Société d’En-couragement, un de ses membres les plus zélés , les plus assidus ; l’administration publique, un magistrat digne de la plus haute estime ; la France, l’un de ses meilleurs citoyens.
- Notice sur feu M. Sivard de Beaulieu , membre du Conseil d Administration de la Société d Encouragement ; par M. le baron Degérando.
- Messieurs, le 26 mars dernier, nous fûmes saisis d’une douloureuse surprise, en apprenant la perte que nous venions de faire de notre collègue, M. Sivard de Beaulieu. Plusieurs d’entre nous l’avaient vu les jours précédens, la veille encore, plein de santé. Un accident terrible, qu’aucun signe précurseur n’avait annoncé, dont les gens de l’art ne peuvent soupçonner la cause, dont à peine connaissent - ils quelques exemples, une rupture au foie, a ravi en quelques instans cet homme de bien à son pays qu’il servait, qu’il eût servi encore si utilement, à sa nombreuse famille, dont il fut l’honneur, la joie, le guide et l’appui.
- Pierre-Louis-Antoine Sivard de Beaulieu était né à Valognes,lë ier. novembre
- /
- p.200 - vue 213/507
-
-
-
- I
- . ( 201 -)
- yembre 1767. Sa famille occupait dans cette ville un rang honorable, et son père y exerçait la première magistrature. Lui-même n’avait pas encore trente ans lorsqu’il fut élu au Conseil des Cinq-Cents, dont il se vit bientôt violemment arraché par la catastrophe du 18 fructidor. Dès 1799, il futnommél’un des administrateurs généraux des Monnaies, et il en a rempli pendant vingt-sept ans les fonctions de la manière la plus distinguée. L’art de la fabrication des monnaies, aujourd’hui porté- à la plus haute perfection, renferme de savantes applications de la métallurgie et de la mécanique ; notre collègue cultiva ces connaissances par goût autant que par devoir : les sciences naturelles avaient pour lui beaucoup d’attrait ; il s’adonnait , dans ses momens de loisir ; à la botanique et à l’entomologie ; aucune des branches des arts utiles ne lui était étrangère : il en observait les progrès avec un intérêt animé. Assidu à nos séances , il éclairait souvent nos discussions; il y portait une netteté remarquable d’idées et d’expressions. A ces études il joignait toutes les qualités qui forment un administrateur habile; un jugement sain , un coup-d’ceil exercé, un grand esprit d’ordre. Appelé plusieurs fois, dans des temps divers, dans des temps difficiles, sur la grande scène des affaires publiques , il se montra capable de les saisir, de les traiter avec un regard étendu, avec une raison impartiale et calme, avec une sagesse pleine de maturité, et sur-tout il y porta constamment la rare droiture d’un caractère qui ne s’attachait jamais qu’à ce qui était vrai, juste et utile. Il ne consultait jamais ses intérêts personnels, en présence des devoirs que lui imposait sa conscience d’homme public et de citoyen. Il offrit, par son exemple, à toutes les époques, une confirmation remarquable de cette grande maxime, que la véritable fermeté est compagne de la modération. L’une et l’autre furent en lui également inaltérables au milieu de tant de vicissitudes politiques, et sur le théâtre de passions si orageuses. Jeune encore, et, dès l’origine de la révolution, également attaché à la cause de la monarchie et à celle de la liberté, les considérant comme étroitement liées entre elles, il se vit exposé à des persécutions, à des dangers, pour avoir professé ses opinions avec une haute franchise ; il y fut invariablement fidèle jusqu’au dernier jour de sa vie. Au patriotisme le plus pur, il unissait un penchant qui semblait lui être naturellement sympathique, celui de la bienfaisance ; il se plaisait dans les reunions où le principe fécond de l’association est appliqué aux objets d utilité générale, réunions qui se sont multipliées depuis quelques années et qui semblent heureusement entrer dans nos mœurs. Son commerce était facile et sûr; il y portait l’ouverture et la franchise la plus entière. Il eut de vrais et nombreux amis , il mérita de les avoir. Fidèle, sincère dans Vingt-cinquième année. Juin 1826. D d
- p.201 - vue 214/507
-
-
-
- ( -202 ) ,
- ses affections, il y trouvait le bonheur de sa vie ; les jouissances domestiques lui furent accordées avec largesse ; il les goûta pleinement. Son intérieur offrait un tableau plein de charmes ; son existence était douce, honorée ; des larmes abondantes et bien méritées ont coulé sur sa tombe. Il laissera de longs regrets à ceux qui l’ont connu. Comme homme publie et comme homme privé, sa mémoire a droit également à nos hommages.
- Notice surfeu M. Boulard, membre du Conseil d’administration de la Société d*Encouragement ; par M. Jomard.
- Il est d’usage de rendre un hommage public à ceux des membres du Conseil que nous avons eu la douleur de perdre : peut-être n’en est-i! pas de plus digne de cet hommage qu’Antoine-Marie-Henri Boulard, membre de la Société d’Encouragement et de la Légion-d’Honneur, ancien législateur et ancien maire de Paris, mort le 8 mai de l’année dernière.
- M. Boulard naquit à Paris en Son début dans la carrière civile
- fut précédé par des études brillantes au collège du Plessis ; il obtint le prix d’honneur à l’Université. Cependant ce succès ne le conduisit pas à la profession des lettres , qui était sa vocation naturelle, ni à la culture des sciences ; il embrassa la profession laborieuse où ses aïeux avaient acquis une juste considération. INotaire, il se distingua par son zèle dans l’accomplissement des devoirs de toute espèce que cette charge bien remplie impose à ceux qui en sont revêtus : il y trouvait une ample matière à satisfaire son ardeur pour le travail, mais il n’abandonna pas pour cela les études littéraires ; les langues mortes et vivantes, la poésie ancienne et moderne continuèrent de l’occuper dans ses loisirs, et il savait en trouver plus qu’un autre, à cause de l’habitude qu’il avait prise de se lever toute l’année avant le jour. Son érudition ne nuisit point à l’exercice de sa charge y elle lui fournit au contraire le moyen d’approfondir des points de jurisprudence et d’éclairer des questions du Droit romain. Il aurait pu se livrer à des compositions originales ; mais par un sentiment, qui sera apprécié de quiconque sait faire à ses devoirs les sacrifices qu’ils exigent, il s’occupa principalement de faire des extraits raisonnés des productions étrangères les plus estimées , et des traductions nombreuses , qu’il enrichissait de notes savantes ou d’éclaircissemens lumineux : comme ces sortes d’ouvrages s’interrompent sans inconvénient, il pouvait, en sacrifiant l’amour-propre d’auteur, concilier son goût avec sa position. Tous ceux qui ont lu ses écrits ont remarqué le ton de candeur et de bonne foi qui les distingue y ils ont vu aussi quel choix judicieux il savait faire
- p.202 - vue 215/507
-
-
-
- ( 203 )
- dans les meilleurs auteurs anglais, atteignant ainsi un double,but, celui de répandre le goût des littératures étrangères, jusqu’à lui trop négligées , et celui d’enrichir la notre de bons ouvrages dé riiorale et d’histoire. C’est dans ce dessein qu’il publia un choix de fragmens en anglais avec la version interlinéaire. Il donna successivement/ depuis 1785, des morceaux choisis de Johnson, les diverses parties dé Y Histoire de Bering-ton; le Tableau des sciences et1 d^s arts p dëpurâ^iêS temps les plus anciens juquà Alexandre ; des Considérations sur la > première formation des langues y d’après Adam Smith / léè ' Fntretiënë<'Socratiques de P ex-ceval, etc. L’allemand ne lui était pas moins familier que l’anglais. On cite plus de trente ouvrages plus ou moins étendus de M. Boulard, en traductions élégantes ou productions originales! Sajfbibliothèque fut de bonne heure très - considérable, et l’on sait qu’il - l’enrichissait tous les jours : c’est ainsi qu’il rassembla avec une persévérance infatigable jusqu’à cent mille volumes; il avait coutume de dire de ses livres, Que c’étaient d’anciens amis éclairés et sages , qu’il trouvait toujours prêts à le conseiller utilement, ét qu’il ne craignait pas de perdre. Son goût pour les lettres, et le succès de ses ouvrages le lièrent avec La Harpe. Delille et Fontanes accordèrent également leur amitié à l’écrivain modeste et laborieux. M. Boulard était aussi ardent pour la bienfaisance qu’il était zélé pour l’étude et pour l’aecomplissement de ses devoirs. Maire du onzième arrondissement de Paris dès l’année i8ot, on sait avec quel esprit de bienfaisance il administra cet arrondissement, pour le plus grand bien des pauvres, qu’il appelait sa seconde famille. Il était du comité d’administration de la Société philantropique, des quarante associés de la Société royale d’agriculture de la Société asiatique ; plusieurs autres Sociétés savantes le comptèrent parmi leurs fondateurs.
- On pourrait citer de lui maints traits de bonté, de délicatesse, de bienfaisance ou d’humanité. Sacrifices d’argent, soins et démarches, rien ne lui coûta pour le soutien de l’École gratuite de dessin, fondée rue de la Harpe, en faveur des ouvriers. On le vit souvent expédiant lui-même de sa main les actes civils, pour aider les employés de la mairie : C’était, disait-il, pour ne pas faire perdre aux pauvres une seule minute d’un temps qui leur est précieux. Une veuve chargée de cinq enfans s’était adressée au Comité de bienfaisance : le maire, craignant les retards des formalités, se rend lui-même chez elle et satisfait à tous ses besoins : Vous n’en direz rien au Comité, lui dit-il, je ne veux pas empiéter sur ses droits- On citerait bien d’autres exemples de ses libéralités secrètes , si l’on ne craignait, même après sa mort, de nuire à sa réputation de modestie. Quant à sa
- p.203 - vue 216/507
-
-
-
- ( 2°4 )
- probité rigide, nous nous garderions de lui en faire un mérite, si elle ne, fournissait l’occasion de dire qu’elle était héréditaire dans sa famille. Le père et l’aïeul de M. Boulard avaient chez eux, depuis nombre d’années , des dépôts considérables appartenant à la famille du prince Talleyrand, ; les sacs d’argent étaient rongés et presque détruits. On appela plusieurs fois l’officier public pour dresser procès-verbal de l’état où ils étaient, et pour procéder à leur remplacement. Le prince a conservé ces procès-verbaux ; il se plaisait à les montrer à notre collègue, en même temps que les expressions écrites de la reconnaissance de ses ancêtres.
- Tel est l’homme généreux, le magistrat dévoué, le collègue plein de zèle que nous avons perdu. Puissent toujours être présens à notre pensée le souvenir et l’exemple d’une vie pleine de bonnes actions et de contentement , qui a prouvé encore une fois combien l’étude et la vertu peuvent faire pour le bonheur.
- IMPRIMERIE DE MADAME HUZARD (née Vallat la Chapelle),
- RUE DE t’ÉPERON, 11°. 7.
- p.204 - vue 217/507
-
-
-
- VINGT-CINQUIÈME ANNÉE. (N°. CCLXY. ) JUILLET 1826.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- ARTS MÉCANIQUES.
- Notice sur un instrument propre à mesurer la grosseur de toutes especes defils de laine , connu en Saxe sous le nom de mesureur de laine ; par M. Hachette, ancien professeur a VEcole polytechnique.
- Les fabricans de tissus en laine ont reconnu que la laine fine, courte et un peu molle convenait aux draps fins ; la laine longue, forte et nerveuse, aux étoffés rases, telles que les burats, les étamines, les tapis de toutes espèces. Les sciences deviennent les auxiliaires nécessaires des arts lorsqu il s’agit de l’examen des qualités physiques des matières premières. Le défaut d’exactitude dans la mesure de ces qualités a souvent causé la ruine de grands établissemens industriels. Les laines diffèrent entre elles par la longueur des brins, leur finesse, leur élasticité et par leur force de cohésion. Une simple règle, divisée en parties égales, suffit pour estimer la longueur d’un brin de laine ; mais la mesure de la finesse exigeait un instrument plus composé ; celui qui est l’objet de cette notice était connu en Saxe sous le nom de mesureur de laine > nous en devons l’importation à notre collègue M. Ternaux. Ayant été chargé d’examiner cet instrument, je vais rendre compte au Conseil du résultat de cet examen.
- Avant d’exposer le principe sur lequel le mesureur de laine est construit, je crois devoir rappeler les écrits qui ont précédé l’importation de cet instrument, et qui avaient pour objet de démontrer l’utilité de l’introduction en France de plusieurs races étrangères de bêtes à longue laine.
- On trouve dans les Annales d’agriculture de MM. Bosc et Tessier, cahier de mai 1824, un mémoire fort intéressant sur les différentes races de bêtes Vingt-cinquième année. Juillet 1826. Ee
- p.205 - vue 218/507
-
-
-
- ’ r' • ( 206 ) 'i 1 .q • .
- à laine de là Grânde-Bretagne, et particulièrement sur les races du Lei-cesiershire, par M. le baron de Mortemart-Boisse. Le cahier de novembre 1824 des mêmes Annales contient une lettre de M. de Staël, datée de Cop-pet, le i5 septembre 1824, par laquelle il annonce qu’il a fait arriver dans sa ferme quatre béliers et six brebis de race anglaise dite Cotts-TVold, deux béliers, quatre brebis d’une autre race anglaise dite Southdown.
- Èn août 1824, notre collègue M. Tessier fut chargé par 8. Exc. le Ministre de l’intérieur d’aller visiter à Vassonville, près de Dieppe, un troupeau de races anglaises dites Dishlej et Soutkdowny appartenant à M. TVollaston. Il a rendu compte de cette mission dans une notice qu’il a lue à la Société royale et centrale d’agriculture, le 6 avril 1825, et qui est imprimée dans le cahier du même mois des Annales d'agriculture. Notre savant collègue observe dans cette note qu’il existe en Frise et pays circonvoisins, des races capables de rivaliser avec les dishlejs ou variétés analogues ; il ne craint pas que l’importation des bêtes à laine longue nuise à la propagation des mérinos : il en donne pour raison que les races à longue laine Ont besoin, pour subsister, de pacages gras et abondans , qui ne se trouvent en France que dans des positions bornées. Presque par-tout ailleurs les mérinos bien soignés réussissent, et leur laine sera toujours très-recherchée pour un nombre considérable de diverses fabrications.
- M. Ternaux vous a communiqué un article fort intéressant sur le même sujet, inséré dans le Bulletin de février i82Û; il vous a exposé les motifs qui Font déterminé à faire venir de Saxe et de la Silésie, en échange de boucs et de chèvres de Cachemire, cent têtes de béliers et brebis choisis dans les plus beaux troupeaux de la Saxe. Les agronomes et manufacturiers de ce pays possédaient un instrument propre à comparer les finesses des laines prises sur le corps de l’animal ; M. Ternaux en a fait l’acquisition à ses frais et l’offre généreusement à la Société, à la seule condition de pouvoir s’en servir lorsqu’il en aura besoin. La description de l’instrument et les moyens de s’en servir sont l’objet d’une instruction écrite en allemand par M. C.-F. Koehler, et imprimée à Zwickau, en Saxe, en janvier 1823.
- Les laines étant élastiques, il fallait pour les comparer les soumettre, ainsi que les gaz, à une même pression. L’une des pièces principales du mesureur de laine, représenté PI. 3o3, est un poids de cuivre, de trois livres Leip-«coude 1400 grammes. Ce poids, de forme rectangulaire, monte ou descend entre quatre colonnes de cuivre qui le dirigent dans son mouvement. Pour essayer la laine prise sur le corps de l’animal, on choisit cent brins de cette laine, à très-peu-près de même longueur; on les réunit en ayant soin qu’ils soient rangés parallèlement entre eux. Les cent brins réunis forment
- p.206 - vue 219/507
-
-
-
- ( 207 )
- une pincée qu’on introduit par son milieu dans une fente pratiquée sur un petit socle en cuivre formé de deux pièces. Au milieu de ce socle, et dans son intérieur, est une languette en cuivre, dont l’épaisseur n’est qu’une fraction de millimètre, et qui est placée entre les deux parties du socle, dans la direction de la fente. La base du socle est un rectangle horizontal de 18 millimètres sur 12 ; sa hauteur de 15 millimètres. La fente est dans le sens du petit côté de la base. Une fourchette,en cuivre, placéerverdcar‘ lenient, embrasse la languette, de manière que la pipcée de laine estrete»-nue entre la base de la fourchette et une portion de la face supérieure de la languette, égale à l’épaisseur de la fourchette. Lorsque lalaine est ainsi placée entre la languette et la fourchette, le poids agit sm fa tête de la fourchette et comprime la laine. La compression s’exerce sur la base de la fourchette , qui est un très-petit rectangle horizontal, dont les côtés «ont égaux aux épaisseurs de la languette et de la fourchette. En ne ^considérant que la portion comprimée de la pincée de laine, le volume de cette portion sera plus ou moins grand, selon la grosseur ou la finesse de la laine. Les volumes des portions de laine comprimée, étant des paraîlélipipèdes qui ont une base commune égale à celle de la fourchette, ils ne diffèrent entre eux que par la hauteur. Le principal mécanisme de l’instrument a pour objet 'de mesurer cette hauteur avec une grande précision. Sans entrer dans les détails de ce mécanisme, qui s’entendront mieux par l’explication de la figure, on verra, à la première inspection de l’instrument, qu’au moyen d’un levier à deux branches inégales, une aiguille de 16 centimètres, formant la plus longue branche du levier, tourne sur un limbe vertical gradué. Chaque division, très - visible, d’environ | de millimètre, marque un abaissement imperceptible de la fourchette, soixante fois plus petit, et par conséquent d’un cent quatre-vingtième de millimètre. Cette fraction de millimètre est prise pour l’unité des nombres qui expriment les finesses des laines.
- Exemple. On appelle, en Saxe, laines électorales, celles pour lesquelles l’aiguille du mesureur de laine marque l’une des divisions du limbe comprises entre les nombres 2 et 4* Lorsqu’on dit qu’une laine électorale est du n°. 2, on doit entendre que le petit parallélipipède de laine comprimé par le poids de l’instrument, a pour hauteur deux parties, chacune d’un i8ome. de millimètre. En supposant que la’ffoase.du paralfélipipède ou de la fourchette soit un petit carré d’un tiers de millimètre de côté , ce qpi diffère pep de la vraie dimension de cette base, la compression de la laine cfôws le mesureur serait de £ £ kilogrammes par millimètre carré. J’insiste sur cette définition de la compression , parce que les instrument construits tor le pçin-
- E e 2
- p.207 - vue 220/507
-
-
-
- ( 208 )
- cipe du mesureur de laine saxon ne pourront donner des résultats comparables, que lorsque le rapport du poids comprimant à la surface plane sur laquelle la compression s’exerce, sera constant.
- Ayant de faire usage de l’instrument, il faut s’assurer que l’aiguille s’arrête au zéro de l’échelle du limbe , lorsque la base ou le fond de la fourchette est en contact avec la languette. Cette condition étant remplie, on introduit la pincée de laine dans la ferite : alors l’aiguille s’arrête à une division du limbe, et le nombre correspondant à cette division est le numéro saxon de la laine. Après avoir enlevé la pincée de laine, il est important de s’assurer que l’aiguille revient exactement au zéro du limbe.
- On a recommandé dans l’instruction de prendre la laine qu’on veut essayer sur le corps de l’animal, de la laver par de simples immersions dans de l’eau de savon à 6g degrés centigrades, d’avoir soin d’éviter la torsion des brins de laine destinés à former les pincées, et de ne pas changer la position respective et naturelle de ces brins.
- Ayant pris toutes les précautions indiquées dans l’instruction, j’ai essayé avec mon ami TVelter plusieurs échantillons de laine qui avaient été préparés à Saint-Ouen, chez M. T'émaux, et nous avons obtenu les résultats suivans :
- Laine de Saxe de Saint-Ouen.
- Moyenne de sept expériences : 4 t*
- Cette laine n’est au-dessous de la première espèce, dite électorale de Saxe, que de ± ; les autres laines de Saxe se classent dans ce pays en quatre espèces, qu’on désigne ainsi d’après l’échelle du mesureur saxon i
- ire. espèce.........4 à 5 j..
- 2.................. a 7.
- 3e. . ............. 7 à 8.
- 4e. ...... • • 8 à 9. ï /
- Finesses des laines françaises de M. Ternaux.
- îre. qualité. ...... 3-7.
- .4*.................. • • 7*
- Laine anglaise longue de M. Ternaux.
- Moyennes de cinq mesures prises au milieu des pincées. . . iS-j à 16. Les mesures ayant été prises vers l’un des bouts, on a trouvé : i|- à 11 ±. Il est à remarquer que les numéros du mesureur de laine sont proportionnels aux finesses de ces laines.
- p.208 - vue 221/507
-
-
-
- mm
- tm /.t ,lft, 4: A./t, >t/f/. .J *' f/
- pl.303 - vue 222/507
-
-
-
- . c 209 ) -
- Il résulte de l’examen que j’ai fait du mesureur de laine saxon, que cet instrument donne la finesse de cent brins de laine réunis, à -^de millimètre près, et la finesse d’un seul brin à de millimètre. Je ne crois pas devoir vous entretenir en ce moment des moyens optiques qu’on a proposés pour mesurer le diamètre d’un brin de laine pris isolément, parce qu’en supposant les moyens parfaits en théorie, les erreurs d’observation seront presque toujours au-dessus de celles qu’on peut commettre avec l’instrument Saxon.
- Ce n’est pas sans raison que l’auteur de l’instruction jointe à l’instrument, recommande de mesurer les pincées de laine dans le milieu des brins ; il a reconnu que la laine est plus grosse au milieu du brin que vers la pointe ou la racine. Cette différence de grosseur est si petite de brin à brin , qu’il serait peut-être impossible de la rendre sensible, même à l’aide des meilleurs microscopes.
- Conclusion.
- Le commerce des laines brutes et mises en œuvre, formant l’une des branches principales de l’industrie française, il est à désirer que nos ingénieurs en instrumens de mathématiques aient une parfaite connaissance d’un instrument propre à mesurer la grosseur de toute espèce de fils.
- J’ai l’honneur, en conséquence, de vous proposer i°. d’adresser des remercimens à M. Ternaux et de le féliciter sur le nouveau service qu’il rend à l’industrie par l’importation en France du mesureur de laine saxon ; 20. d’insérer dans le Bulletin la présente notice, qui sera suivie de l’explication avec figure de l’instrument, et de l’instruction sur la manière de s’en servir.
- Ces propositions ont été adoptées dans la séance du 20 juillet 1825.
- Description du mesureur de laine représenté PL 3o5. 1
- Fig. 1. L’instrument vu en élévation par-devant, et dessiné aux deux tiers de sa grandeur naturelle.
- Fig. 2. Le même instrument vu de côté.
- Fig. 3. Plan de l’embase et du socle pris sur la ligne AB de l’élévation.
- Fig. 4. La manivelle pour remonter le poids, vue séparément.
- Fig. 5. L’aiguille et sa fourchette vus de côté.
- Fig. 6. Détails de la fourchette.
- . • *
- Fig* 7. Détails du socle.
- Les mêmes lettres désignent les mêmes objets dans toutes les figures..
- p.209 - vue 223/507
-
-
-
- (210).
- a, Semelle en cuivre fixée par quatre vis sur un socle en bois b; c, rectangle de cuivre du poids de 1400 grammes, glissant à frottement doux entre les quatre colonnes dd; e, plaque recouvrant le poids., et dans laquelle entrent les têtes des colonnes ; j\ petit socle composé de deux pièces et solidement établi sur la plaque e/ g 9 fourchette qui entre dans une languette du socle et pince les brins de laine ; elle est attachée par deux vis à une traverse ou chapeau h portant des tiges ii, qui, après avoir traversé la plaque e, se réunissent au poids c et le soutiennent. On conçoit que quand le poids descend, la fourchette g entre dans la languette du socle y et comprime les brins de laine qu’elle embrasse. ;
- La plaque e est surmontée de deux colonnes kk qui supportent une autre, plaque Z faisant corps avec deux pièces mm semblables,; chacune de ces pièces est traversée par une vis n, dont le bout, légèrement creusé, reçoit la pointe d’un axe ou pivot fixé à la base de l’aiguille o : cette dispos sition se voit plus clairement dans la^/g. 4- P est un contre-poids fixé à la plus courte branche q de l’aiguille, et qui la fait incliner à gauche, pour qu’elle reste sur le zéro de l’échelle; r est un support d’acier en forme de fourchette, mobile sur un pivot de la courte branche p de l’aiguille Ce support, qui passe à travers une mortaise pratiquée dans la plaque Z, se termine en une broche dont la pointe un peu mousse vient s’appuyer sur une rondelle en pierre dure s, incrustée dans le chapeau h. La pierre porte un léger renfoncement dans lequel se loge la pointe de la fourchette, chaque fois qu’on fait usage de l’instrument : c’est cette fourchette qui détermine le mouvement de l’aiguille et lui fait parcourir les différens degrés marqués sur le limbe t7 adapté au support u.
- Les pièces mm sont traversées par un axe à manivelle P, autour duquel s’enroule une petite chaîne à articulations x : cette chaîne , qui passe à tra\ vers la plaque Z et s’attache au chapeau h, sert à faire monter ou descendre le poids c et la fourchette g. Quand on veut procéder à une opération et engager les brins de laine dans la fente du socle, il faut retirer la fourchette g et monter le poids; comme il serait nécessaire, pendant ce temps, d’arrêter la manivelle avec la main, ce qui deviendrait gênant, l’auteur a imaginé un moyen pour que le poids se soutienne de lui-même aune hauteur quelconque. Pour cet effet, l’axe à manivelle porte à chaque bout une embase j, Jig. 4, serrée par une rondelle z; le frottement de cette embase et de la rondelle contre la pièce m suffit pour tenir le poids suspendu.
- On a pratiqué dans la pièce m deux fentes verticales d'a', pour isoler Faction de la manivelle de celle des vis à pivots n. Sans cette précaution,
- p.210 - vue 224/507
-
-
-
- ' , ( 211 )
- en serrant la vis b' pour augmenter le frottement de l’axe, on rapprocherait également les vis n , ce qui gênerait le mouvement de l’aiguille o.
- Le socle , Jig. 7 , est la partie la plus délicate de l’instrument; il est composé de deux pièces : celle de derrière c' fait corps avec une embase d'; la pièce de devant e' est serrée contre la première par trois vis. Ces deux pièces-portent, chacune, une fente verticale^7 qui, réunies, n’en forment qu’une seule, et dans laquelle on engage les brins de laine : elles laissent entre elles une languette qui reçoit la fourchette g portant une entaille k'. Quand la fourchette est pressée dans la languette par le poids c, cette entaille embrasse les brins de laine et les réunit, de manière à ce qu’ils ne puissent pas s’échapper. On conçoit que plus les brins sont gros, moins la fourchette pourra descendre et par conséquent plus les degrés indiqués par l’aiguille seront forts. 11 faut avoir soin que cette aiguille conserve toujours la liberté de ses mouvemens, sans toutefois ballotter dans son axe, ce qui dérangerait l’instrument.
- Usage de ïinstrument (1).
- Après avoir réuni cent brins de l’espèce de laine à mettre en expérience , on abaisse l’aiguille à droite et on tourne la manivelle jusqu’à ce que son mouvement soit arrêté par un petit butoir ; le poids et la fourchette g se trouveront alors assez élevés pour permettre l’introduction des brins de laine : ce poids ne pouvant plus descendre par l’effet du mécanisme décrit ci-dessus,, on prend les brins de laine un à un, et on les range parallèlement dans la fente j1 (Jig- 6 et 7) du petit socle, de manière que les bouts débordent des deux côtés; on les tend bien également, puis on détourne la manivelle jusqu’à ce que le poids soit descendu, et que la fourchette g exerce une pression convenable sur la laine ; enfin on redresse l’aiguille et on place la pointe d’acier dans le petit renfoncement de la pierre dure 6- (Jig- 1). L’opération ainsi terminée, l’aiguille marquera sur le limbe gradué la qualité de là laine relativement à sa force.
- Pour ne pas endommager l’instrument il faut placer quelques fils de soie ou dé lin dans la fente du socle quand on en a retiré les brins de laine. On doit aussi éviter qu’il ne s’introduise de la poussière dans cette fente, et la nettoyer chaque fois.
- Le prix de l’instrument est de a5o francs , plus 5o francs pour entrée et port. On peut s’adresser à M. Koehler, à Zwickau, en Saxe.
- (1) On a joint à l’instrument une petite table couverte d’une étofïe, sur laquelle on range les brins de laine un à un, pour en faire des paquets de dix brins. On réunit dix paquets-sein -blables, et l’ouvriér chargé de cette opération ne peut pas se tromper en préparant les paquets d'épreüve de cent brins. (H.) . .
- \
- p.211 - vue 225/507
-
-
-
- (212 )
- Rapport fait par M. Molard jeune, au nom du Comité des arts mécaniques, sur une machine a broyer les couleurs, inventée par M. Lemoine, rue de Poitou, n°. 7, au Marais, a Paris.
- M. Lemoine, membre de la Société, vous a présenté, il y a quelque temps, une chaîne d’engrenage à double articulation, dont il fait usage pour transmettre, en certains cas particuliers, le mouvement dans les machines. Votre Comité des arts mécaniques vous a fait sur cette chaîne un rapport dont vous avez ordonné l’insertion au Bulletin (1).
- Le même Comité, auquel M. Mérimée a été adjoint, va avoir l’honneur de vous entretenir aujourd’hui d’une autre invention de M. Lemoine, qu’il a également soumise à votre examen : c’est une machine à broyer les couleurs.
- Vous savez, Messieurs, que cet objet a paru pendant quelque temps sur votre programme comme sujet de prix, et que vous ne l’avez retiré que parce que personne n’a essayé de le remporter. Si on avait persévéré à le laisser au concours, tout porte à croire que vous auriez eu ce prix à décerner cette année.
- Toutefois, M. Lemoine, dont nous expliquerons tout-à-l’heure la machine et son travail, n’est pas le seul qui s’en soit occupé avec succès; il y a long-temps que notre collègue M. Roard, de Clichy, emploie une excellente machine pour broyer le blanc de céruse.
- Dans ces derniers temps, on a publié deux machines à broyer les couleurs, dans deux ouvrages différens; l’une dans le Dictionnaire technologique, et l’autre dans le journal intitulé Y Hebdomadaire : elles sont annoncées comme en usage en Angleterre. La première a de l’analogie avec les moulins à broyer le silex destiné aux couvertures des poteries, mais dont les meules sont en fonte au lieu d’être en pierre. La deuxième se compose d’une meule verticale en pierre dure, tournant sur son axe à l’aide d’une manivelle, et d’une portion de cylindre fixe concave, également en pierre dure, pressant et embrassant environ le tiers du contour de la meule. On sent qu’une certaine quantité de couleur, mise sur la surface de cette meule tournante, est entraînée dans l’espace curviligne que laissent entre eux les deux cylindres, et s’y broie en raison du temps qu’on y emploie et de la vitesse qu’on donne à la machine (2).
- (1) Bulletin de la Société, année 1825, page 278. -
- (2) Nous avons donné, il y a vingt ans, la description et la figure de cette machine. On
- M. Lemoine
- p.212 - vue 226/507
-
-
-
- ' ;C«5)
- M. Lemoine, dans la composition de sa machine, pour laquelle il a pris un brevet d’invention, ne s’est pas éeàrté du principe du broyage à la molette : ce sont deux meules horizontales de pierre dure, d’un diamètre différent, dans le rapport à-peu-près de 2 à i; la plus grande est là meule inférieure : elles tournent en sens contraire sur des axes différens, au moyen d’une combinaison ordinaire de rouages. La meule supérieure est placée de manière que son bord dépasse d’environ un pouce le centre de la meule inférieure, qu’elle presse de tout son poids, qui est de 3o à 40 livres : elle se soulève périodiquement pour reprendre la matière sur laquelle elle opère, et la soumettre ainsi toute successivement et également à son action.
- C’est pour produire ce mouvement simultané de rotation et vertical de la meule supérieure, que M Lemoine a fabriqué sa chaîne à double articulation. Un compteur indique le nombre de tours que font les meules, et par conséquent le degré de finesse auquel le broyage est parvenu après un nombre de tours donné; et lorsque par l’expérience on a reconnu qu’il est suffisant, on règle ce compteur de manière à lui faire annoncer par un timbre que l’opération est terminée. On obtient ainsi une parfaite unifor* mité dans le broyage. Immédiatement après l’avertissement donné par le compteur, un grand couteau disposé convenablement tombe sur la meule inférieure, et, dans un tour, rassemble en un seul tas toute la couleur qui se trouvait éparse dessus. On a soin en même temps de tenir la meule supérieure élevée; ce qui se fait à l’aide d’un levier disposé à cet effet.
- La machine que nous avons vue se compose de trois systèmes de meules et de molettes semblables à celles que nous venons de décrire; un seul homme appliqué à la manivelle peut broyer sur les trois meules, dont deux chargées de couleur à l’eau et une de couleur à l’huile, la même quantité de matière que broieraient a la main trois hommes; ce qui nous a démontré que cet homme fait l’ouvrage de trois; mais il ne peut broyer à l’huile, en blanc de céruse, que la quantité que feraient deux ouvriers sur deux meules. On peut, d’après cela, juger des avantages qu’elle présente non-seulement pour la quantité, mais encore pour l’égalité et la perfection du travail. Nous ajouterons que M. Lemoine a tellement encaissé les rouages et le mécanisme, qu’il est impossible que l’huile et la limaille qui pourraient s’en échapper viennent se mêler avec la couleur.
- Vos commissaires ont pensér Messieurs, que cette machine mérite l’ap^
- la trouve dans la quatrième année du Bulletin, cahier de brumaire an i4> Page Iï2* (N. d. R.)
- Kingt-cinquieme année. Juillet 1826. - Fl
- p.213 - vue 227/507
-
-
-
- I
- j • : . : " - \
- ( 214 ) '
- probation de la Société : en conséquence ils ont l’honneur de vous poposer d’ordonner l’insertion dans votre Bulletin du présent rapport et de la description, avec figures de la machine. V
- Adopté en séance, le 7 décembre 182 5. « *
- , ' ; “ : Signé Molàrd jeune, rapportent.
- Description de la machine a broyer les couleurs, inventée par
- ' ' : ' " ' M. Lemoine. . v ;
- On sait que le broyage des couleurs à l’huile, tel qu’il se pratique actuellement, est une opération extrêmement fatigante et malsaine ; elle se fait au moyen du porphyre et de la molette. Le porphyre est une table carrée plus ôu moins grande, formée d’une pierre très-dure, dont la surface doit être unie, et sur laquelle l’ouvrier promène, dans tous les sens, la mo- 4 lette, en formant des cercles ou des ellipses; la molette est une pierre de même nature que le porphyre, et taillée en cône tronqué ; sa grande base est polie, et c’est entre cette base, qui doit être légèrement convexe, et le porphyre, que les couleurs se broient. On conçoit que lorsqu’on emploie des couleurs telles que le blanc de plomb, le minium, le vermillon, etc., l’ouvrier, courbé sur sa pierre, respire les émanations délétères qu’elles exhalent et qui lui causent la terrible maladie connue sous le nom de colicpue des peintres.
- L’humanité réclamait depuis long-temps des procédés au moyen desquels on pût préserver les broyeurs de couleurs des dangers auxquels ils sont exposés. On a imaginé pour cet effet des machines ingénieuses, dont plusieurs ont été décrites dans le Bulletin de Ja Société; mais, dans toutes, l’une des pierres, soit la molette ou le porphyre, était fixe tandis que l’autre tournait. Dans la machine de M. Lemoine, au contraire, représentée PI. 3o4 et 3o5, les deux pierres tournent en même temps et en sens contraire, -avec des vitesses différentes (1). La meule inférieure C a un mouvement de rotation sur son axe E, dans un bâtis B, sur lequel repose tout le système.
- Cette meule, entourée d’une armature en fer a,jig. 1, PI. 3o4, fixée contre ses bords par des vis b b, est montée sur une grande poulie à gorge D enveloppée d’une chaîne L, qui transmet le mouvement à la meule; trois vis c c, également espacées, passent à travers la poulie et servent à régler le niveau de la meule. La molette F, dont le diamètre est environ moitié
- (1) M, Lemoine fait aujourd’hui tourner la meule et la molette dans le même sens , il y trouve une économie de plus du tiers sur !a force employée. , .
- p.214 - vue 228/507
-
-
-
- . ' ^ (•’'•. ' de celui de la meule, est montée sur un axe G, fixé dans un collel dj et faisant corps avec une poulie H, qui tourne dans l’intérieur, et à l’extrémité d’une plate-forme I, garnie en dessous d’une plaque de fonte i, afin d’augmenter sa solidité et son poids. Cette molette est mobile dans les deux sens; l’axe G ne sert qu’à la soutenir. La plate-forme, mobile sur des tourillons ey s’appuie sur un support en forme de béquille J, réuni à un grand levier K, dmjt le centre de mouvement est en h. La meule C fait dix tours pour cinquante tours de la molette; pendant ce temps, cette dernière est soulevée'six fois, pour que la couleur s’amasse au-dessous d’elle. Quand l’opération est achevée, c’est-à-dire après deux mille tours de la molette, un grand couteau S, en forme de râteau, attaché à l’extrémité d’une tige T, s’abat et ramasse la couleur broyée; un autre couteau R, qui reste constamment en place, porte de la circonférence au centre la couleur qui s’amasse sur le bord de la meule ; enfin' un troisième couteau U, attaché à la plate-forme I, nettoie le bord de la molette F;
- Le mécanisme qui fait mouvoir les meules est placé dans un bâtis AA fermé de tous côtés pour empêcher la poussière de se déposer sur les engrenages. Un ouvrier appliqué à la manivelle A' fait tourner une roue dentée B', qui engrène dans un pjgnon C’ monté sur l’axe principal D'. Cet axe porte un volant E' et une roue d’angle J', qui mène une autre roue d’angle K' d’un plus grand diamètre, montée sur l’arbre vertical M'. La partie inférieure de cet arbre reçoit une roue dentéeL', qui engrène dans une autre roue N', fixée sur l’axe vertical 0' : cet axe porte à sa partie supérieure une grande poulie P' autour de laquelle s’enveloppe la chaîne qui fait tourner la poulie H et par suite la molette F; son extrémité inférieure est munie d’une petite poulie Q(, qui reçoit la chaîne L, laquelle embrasse la poulie D et imprime le mouvement de rotation à cette poulie et à la meule C. La chaîne L, composée de maillons ployant dans tous les sens, passe en se croisant sur la poulie Q' (voyez Jig. 2, PI. 5o5) : elle est tendue au moyen d’une poulie M, maintenue dans sa position horizontale par un contre-poids P suspendu à une corde N, passant sur une petite poulie 0. On peut encore tendre ou relâcher la chaîne en serrant ou desserrant la vis O. Quand on veut arrêter le mouvement, on fait agir le levier d’embrayage Z, qui embrasse la poulie Q\ Ce levier est dessiné séparément, Jig. 4, PL 3o5.
- Apres avoir décrit le mécanisme qui fait tourner la meule et la molette, nous allons passer à l’explication de celui qui fait lever la plate-forme I et la molette, à des intervalles réglés, afin que toute la couleur déposée sur la meule soit successivement broyée.
- Sur 1 axe D' est monté un pignon F' qui engrène dans une grande roue G ' ' F f 2
- p.215 - vue 229/507
-
-
-
- (2l6 )
- fixée sur l’arbre R' : cet arbre porte une came ou dent g, qui soulève, à chaque révolution entière de l’arbre, un galet k, fixé au-dessous d’un balancier ou bascule H ( voyez Jig. 2, PL 5o4 )• L’extrémité de ce balancier porte une tringle F, qui soulève le grand levier K, et par suité la plateforme I, par l’intermédiaire du support ou béquille J. Cette opération se fait six fois poi*r cinquante tours de molette.
- Le compteur adapté au haut du bâtis A A indique le nombre de tours de la molette et avertit l’ouvrier, par une sonnette, du moment que le broyage est parvenu au degré convenable, et qu’il faut enlever la couleur de dessus la meule pour en remettre une nouvelle quantité ; ce qui a lieu ordinairement au bout de deux mille tours de la molette. Aussitôt une corde Y, tirée par le mécanisme du compteur, fait abattre le grand couteau ou râcloire R, qui reste toujours à 6 pouces au-dessus de la meule, et qui, en un tour, ramasse toute la couleur.
- Nous avons fait dessiner ce compteur sur une plus grande échelle, afin de pouvoir mieux saisir toutes les parties de son mécanisme. On le voit en plan et en élévation ,Jig. 3, 4 et 5, PL 3o4* Il se compose de deux roues d’encliquetage, dont l’une, l, portant quarante dents, est poussée, au moyen d’un levier o, par l’intermédiaire d’un cliquet r, qui fait passer une dent pour cinquante tours de la molette ; l’autre rochet m, ayant huit dents, est poussé par un cliquet d attaché à la bascule n. Cette dernière reçoit son impulsion d’une tringle qui traverse tout le bâtis A et communique avec le balancier H', à l’aide duquel la molette est soulevée. Un bras de levier t, soulevé par une touche br implantée sur un disque d't est muni à son extrémité d’une sonnette, qui donne le signal à l’ouvrier. En même temps, la' tringle h', qui communique avec la corde Y, est tirée, ce qui fait abattre' le grand couteau R. L’échappement s’opère par un poids a' suspendu à une corde, et qui fait détendre le cliquet p, poussé par une dent d du disque dr. Les différons cliquets sont pressés par des ressorts s s. Le compteur porte deux cadrans , l’un fixe, w, et l’autre mobile, z : ils sont divisés en quarante-deux parties égales et portent des chiffres de 1 à 20. Une aiguille v, montée sur l’arbre u du rochet marque le nombre de tours que fait la molette; elle est munie sur sa face antérieure d’une gâchette ou arrêt x, dont le bout recourbé entre dans les trous y y du cadran mobile z, monté sur le canon du disque d'f et arrête l’aiguille sur ce cadran. Pour la dégager, 011 presse la gâchette et on fait tourner en même temps le cadran 3, au moyen du bouton f; ce qui amène les chiffres sous la lunette de l’aiguille, laquelle avance d’une demi-division pour 5o tours de la molette.
- p.216 - vue 230/507
-
-
-
- bn/ttfif* // Ar 'fi't/t/'- <t /. .* - ('J
- ( A //,/'///// ,/ / /y.i /s/:i, ////. ' - \
- //#/ / /'/
- 0*
- Pfedo*
- ,fW ,-i
- A.;»,.
- pl.304 - vue 231/507
-
-
-
- V,/ r y//////;*} t ///v v '//// / //y//' //* f r //'* f/'t
- ’ " r- " " ——
- II...~~ . ~.................“..**
- siffiim
- Ci
- . --------- ----------—----—-------—
- X
- pl.305 - vue 232/507
-
-
-
- < 217 )
- Explication des Jîg. des PL 5o4 et 3o5, représentant ïensemble et les détails de la machine à broyer les couleurs.
- PL 3o4, fig• i. Coupe verticale de la machine et des meules.
- Fig. 2 . Portion du balancier, au moyen duquel la molette est périodiquement soulevée.
- Fig. 3..Le mécanisme du compteur, vu en élévation.
- Fig. 4* Le même mécanisme, vu de champ.
- Fig. 5. Cadran du compteur, vu de face.
- PL 3o5, fig. 1. Les meules et une partie du mécanisme, Vues en dessus.
- Fig. 2. Plan du bâtis des meules.
- Fig. 3. Détails des couteaux qui ramassent la eouleur.
- * Fig. 4. Levier d’embrayage, vu séparément.
- Fig. 5. Plan et profd de la poulie autour de laquelle passe la chaîne qui fait tourner la molette; elle est munie de mamelons saillans, qui entrent dans les maillons de la chaîne et empêchent qu’elle ne glisse dans la gorge de la poulie.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans les figures des deux planches.
- AA, bâtis renfermant le mécanisme qui fait tourner les meules; B B, bâtis qui supporte la meule C, sur laquelle s’opère le broyage ; D, grande poulie fixée au-dessous de cette meule; E, axe vertical ou pivot de la grande poulie ; F, molette ; G, axe de la molette ; H, poulie montée sur cet axe et qui imprime le mouvement à la molette ; I, plate-forme recouvrant la molette et qui, par son poids, la fait appuyer sur la meule; J, support en forme de béquille, qui soulève la plate-forme I à des intervalles réglés; K, bascule ou levier auquel est attaché le support J; L, chaîne qui communique le mouvement à la meule ; M, poulie servant à écarter cette chaîne ; N, corde passant sur une autre poulie 0, et portant un poids P, qui fait tendre la chaîne; Q, vis au moyen de laquelle on tend ou relâche la chaîne; R, couteau fixé au bout d’un long levier et servant à ramener la couleur de la circonférence au centre de la meule; S, autre couteau en forme de râcloire, qui rassemble la couleur à la fin de l’opération ; T, manche de ce couteau ; U, couteau at-taché à la plate-forme I et destiné à nettoyer le bord de la molette ; V, corde qui fait abattre le couteau S ; X, ressort qui tient ce couteau élevé ; Y, poteau auquel est adapté ce ressort; Z, levier d’embrayage.
- A', manivelle servant à donner le mouvement à toute la machine; B', roue dentée montée sur l’axe de la manivelle ; C', pignon dans lequel engrène la roue précédente ; D', arbre principal ; E', volant ; F’, pignon monté
- p.217 - vue 233/507
-
-
-
- ( 218 )
- sur l’arbre D'; G', grande roue dentée menée par le pignon précédent; balancier qui fait lever périodiquement la bascule K; I', tige attachée à l’extrémité de ce balancier ; J', roue d’angle, montée sur l’axe D'; K', autre roue d’angle menée par la roue précédente; L', roue dentée fixée sur l’axe M' et engrenant avec une autre roue N', dont l’axe O' porte une grande poulie Y, qu’on voit dessinée séparément, fig. 5, PL 3o5, et qui reçoit la chaîne destinée à faire tourner la poulie H de la molette;. Q', petite poulie autour de laquelle s’enveloppe la chaîne L , qui imprime le mouvement à la meule C ; R', axe de la roue G'; S', boîte dans laquelle se rassemble l’huile qui a servi à graisser l’axe G; T', levier ou loqueteau servant à tenir la molette élevée pendant qu’on charge la meule d’une nouvelle quantité de couleur ; il communique avec un crochet qui passe sous le levier K.
- dy armature en fer enveloppant la meule C; b b, vis qui arrêtent cette pièce; cc, autres vis pour régler le niveau de la meule; d, collet recevant l’axe G; e, tourillons sur lesquels se meut la plate-forme I;/’ crochet qui arrête la plate-forme lorsqu’elle est levée; g, came ou dent fixée sur l’axe R'; h, centre de mouvement du levier K; i, plaque de fer adaptée au-dessous de la plate-forme I; 'galet du balancier H' sur lequel agit la camegy l, grande roue d’encliquetage du compteur; m, petite roue d’encliquetage; n, levier au moyen duquel on fait marcher la petite roue d’enr-cliquetage; il est mu par le balancier H'; o, levier qui fait tourner la grande roue d’encliquetage par le cliquet r; p, gâchette servant de cliquet; q, seconde gâchette destinée à retenir la première pour laisser échapper la grande roue d’encliquetage; r, cliquet a queue qui se dégage lorsque la gâchette se trouve en arrêt; sssy ressorts des cliquets; t, bascule servant à faire détendre le crochet du balancier des molettes et portant une sonnette ; elle est mue par la touche b' du disque d!; u, axe sur lequel -"est monté le cadran fixe ; c, aiguille ; w, cadran fixe ; æf gâchette qui, en entrant dans les trous y y du cadran mobile arrête l’aiguille sur ce cadran.
- a', poids qui opère l’échappement et fait détendre la gâchette p; b\ touche du disque df; c', cliquet qui pousse le rochet m; d! disque portant d’un côté la touche b’> et de l’autre une dent ë, qui presse la gâchette py f bouton au moyen duquel on fait tourner le cadran mobile z; g, tige correspondant à la corde Y et qui fait abattre lè grand couteau S.
- p.218 - vue 234/507
-
-
-
- ( 2I9 )
- Sur le Tableau de-'M. Clément, relatif a la théorie générale de la puissance mécanique de la vapeur; par M. Hachette.
- M, de Bétancourt avait essayé, en 1790, de déterminer les forces élastiques de la vapeur d’eau à diverses températures, et il avait fait plusieurs remarques importantes, i°. qu’il y avait une relation et une dépendance mutuelles entre la température et la pression de la vapeur, telles que la même pression doit toujours correspondre à la même température, quelle que soit l’étendue du vase dans lequel se fait la vaporisation, pourvu toutefois que ce vase ne contienne que de l’eau à l’état liquide et de l’eau en vapeur; 20. que la force élastique de la vapeur augmente plus rapidement que la température de l’eau qui la produit. En 1810, un célèbre physicien anglais, Dalton, détermina, par des expériences plus exactes, la correspondance des pressions et des températures de la vapeur d’eau. Plusieurs saVans ont, depuis cette époque, confirmé les résultats obtenus par Dalton, et les ont étendus à des pressions plus élevées. M. Clément, professeur de chimie au Conservatoire des arts et rrïétiers, a fait imprimer un tableau qui montre la relation des pressions, des températures et des puissances mécaniques de la vapeur. Prenant pour unité de pression celle d’une colonne de mercure de 76 centimètres en hauteur, le tableau nouvellement publié donne, pour les pressions croissantes de 1 à 10, les températures suivantes (thermomètre centigrade et en nombres entiers), ioo°, 121°, i35°, i45°, i53°, 1600, 1660, 1720, 1770, 182°.
- En supposant qu’un volume de vapeur à 100 degrés et à la pression d’une atmosphère soit comprimé dans un vase imperméable au calorique, et réduit par la nouvelle pression à un volume dix fois moindre que le primitif, la température s’élèvera-t-elle à 182° par le seul fait de l’augmentation de pression, ou une addition de chaleur sera-t-elle nécessaire pour maintenir toute la vapeur dans l’état de compression à dix atmosphères? Un physicien anglais , Southern, s’était depuis long-temps occupé de cette question, et il résulterait de ses expériences que l’on devrait considérer les deux volumes successifs de la vapeur aux pressions de 1 et ï“o atmosphères, comme des volumes d’eau liquide et de même poids, élevés de la température zéro aux températures £-hioo°, et t-\- ioo°-f-82°, t étant la chaleur latente de la vapeur, que les physiciens n’ont pas encore déterminée rigoureusement, et qui varie, d’après leurs expériences, de 53o° à 56j°. En admettant, avec M. Clément, qu’elle soit de 55o°, et supposant qu’une masse d’eau m ait été convertie en un volume de vapeurs de même poids,
- p.219 - vue 235/507
-
-
-
- ( 220 )
- à la pression de 10 atmosphères, la chaleur ajoutée à l’eau liquide à zéro pour former la vapeur, serait, suivant Southern, m (55o°-f- ioo°-4-82°), ou 752° m, et suivant M. Clément, seulement 65o° m, pour toutes les pressions. Ce savant affirme qu’un poids donné de vapeurs contient la même quantité de chaleur, quel que soit le volume de ces vapeurs ; qu’ainsi, après avoir rempli de vapeurs un vase imperméable au calorique, et ayant eu soin qu’il en contienne la plus grande quantité possible sous une température quelconque, on pourra, si le vase est flexible et extensible, augmenter ou diminuer à volonté le volume des vapeurs : ces vapeurs prendront naturellement, sans addition ni soustraction de chaleur, la température qui leur convient pour conserver en totalité l’état de vapeur, et pour saturer l’espace dans lequel elles sont répandues. ;
- Une commission nommée par l’Académie royale des sciences s’occupe en ce moment d’un travail fort important, qui comprendra la loi de Mariote sur les gaz permanens, celle de Dalton sur les vapeurs, et les conséquences de ces deux lois.
- De la puissance mécanique de la vapeur cCeau.
- Quoique la vapeur d’eau ne soit une puissance mécanique que lorsqu’on l’emploie dans une machine qui se complique d’un grand nombre de mécanismes,* cependant on peut facilement avoir une idée exacte de cette puissance, en ne considérant que la pièce principale d’une machine à vapeur, qui est un cylindre creux, dans lequel un piston de même diamètre peut se mouvoir à frottement, et dont la tige, qui traverse le couvercle supérieur du cylindre, glisse dans un fourreau qu’on nomme boîte à cuir : l’objet de ce fourreau est de fermer la communication de l’intérieur du cylindre avec l’air atmosphérique. Le piston, dans une position quelconque, divise le cylindre en deux capacités, et lorsque le piston est au milieu du cylindre, ces deux capacités sont égales. Admettons qu’il soit dans cette position et que chaque capacité du cylindre soit remplie d’une vapeur d’eau à la température ioo° et à la pression d’une colonne de mercure de 76 centimètres ; il est évident que si l’on refroidit seulement l’une des deux capacités, de manière que la vapeur d’eau y passe à l’état liquide, la vapeur qui conservera son état de fluide élastique dans l’autre capacité, pressera le piston, vaincra la résistance appliquée à la tige de ce piston, et le piston arrivera vers l’un des fonds du cylindre, dont elle ne sera séparée que par la couche d’eau liquide provenant de la vapeur condensée : échauffant extérieurement cette couche liquide, pour la convertir de nouveau en vapeur,
- p.220 - vue 236/507
-
-
-
- , ( 221 ) ,
- peur, et refroidissant en même temps la vapeur dans la capacité opposée, le piston sera poussé vers le fond de cette dernière capacité, et, à chaque coup de piston, on produira un effet dynamique qui aura pour mesure le volume de l’espace parcouru par le piston, multiplié par la pression moyenne de la vapeur pendant la course du piston. Des effets semblables auraient lieu, si l’on substituait à la vapeur Un fluide élastique, tel que le gaz acide carbonique, qui prendrait successivement l’état gazeux et l’état liquide par un échauffement ou un refroidissement extérieur ; ce qui a été tenté nouvellement par M. Brunei, ingénieur français domicilié à Londres. Dans les machines à feu ordinaires, le cylindre à piston moteur est alternativement en communication, d’un côté, avec une chaudière, et de l’autre côté avec un condenseur, dans lequel la vapeur passe à l’état liquide en se combinant avec un courant d’eau froide. On enlève du condenseur, au moyen d’une pompe dite pompe à air, l’eau d’injection et l’air dégagé de cette eau; le jeu du piston dans le cylindre est entretenu par un courant continuel de vapeurs qui remplissent l’une des capacités du cylindre, pendant que les vapeurs de la capacité opposée passent au condenseur. L’effet dynamique de la vapeur, transmis de cette manière au piston, se calcule pour chaque coup de la même manière que dans l’hypothèse d’un échauffement et d’un refroidissement extérieurs.
- Une machine à vapeur est dite à simple ou haute pression, selon que la vapeur qui se forme dans la chaudière est à la pression d’une ou plusieurs atmosphères. Lorsque la vapeur est à la pression d’une seule atmosphère, les parois de la chaudière dans laquelle se forme cette vapeur sont autant comprimées en dedans qu’en dehors ; mais pour des vapeurs à haute pression, elles sont poussées du dedans au dehors. Cette cause de rupture, qui n’existe pas pour les machines à simple pression, est augmentée par l’emploi de la fonte de fer dans la construction des chaudières. Cependant on a reconnu que les machines à haute pression consomment, pour les mêmes effets, moins de combustible, et malgré les dangers de rupture, elles sont recherchées par-tout où le prix du charbon de terre est élevé. Les premières machines à haute pression et à condensation, d’une bonne exécution, sont dues à l’ingénieur anglais Woolf, dont la patente pour cette invention est de 1’ année 1804,* l’importation en a été faite en France par un habile mécanicien, M. Edwards, actuellement directeur de la fonderie de Chaillot (près Paris). Woolf avait imaginé un nouveau moyen de dilater la vapeur avant de la condenser; il emploie deux cylindrés dont l’un est plus petit que l’autre; la vapeur de la chaudière passe d’abord dans le petit cylindre, de là dans le grand, où elle se dilate avant la condensation ; ces deux cy-Fingt-cinquième année. Juillet 1826. G g
- p.221 - vue 237/507
-
-
-
- ( 222 )
- lindres ont chacun leur piston, qui communique à la résistance, et de plus ils sont re'unis dans un seul cylindre-enveloppe qui communique avec la chaudière. Ce cylindre-enveloppe a été depuis ajouté aux cylindres des machines à simple pression.
- L’idée d’employer la force développée par la dilatation de la vapeur avant la condensation, appartient à Watt; mais ce développement diminue la régularité du mouvement des pistons lorsqu’il n’y a qu’un seul cylindre à vapeur; l’emploi de deux cylindres contigus pour produire la dilatation de la vapeur sans trop nuire à la régularité du mouvement des pistons, est de l’invention de Woolf.
- L’importation des machines de Woolf par M. Edwards s’est faite en 1815; et en 1817, une machine de cette espèce, de la force de six chevaux, faisait mouvoir des mécaniques à carder la laine, chez M. Richard, rue Cha-ronne, n°. g5. (Voyez le rapport de M. Molard> de l’Académie royale des sciences, Bulletin delà Société dEncouragement, année 1817, page 267. ) Aucune expérience authentique n’avait été faite pour constater la dépense du charbon; mais les propriétaires de ces nouvelles machines s’accordaient à dire qu’elles économisaient le combustible. A cette époque, on n’avait aucune opinion fixe sur la cause de cette économie. Le 6 juin 1817, M. Hachette lut à la Société philomatique un mémoire sur la manière de comparer les effets dynamiques des machines à haute et à simple pression. Quoiqu’il n’eût alors aucune connaissance des expériences de Southern, il admettait, comme un résultat suffisamment exact pour la pratique, que des poids égaux de vapeur contenaient, à très-peu-près, des quantités égales de calorique; et comme des vapeurs à haute pression sont, à poids égal, des ressorts dont la tension est mesurée par la pression, il fit voi/ que la détente des ressorts devait produire un effet dynamique d’autant plus grand, que la tension primitive était plus considérable. On objecta à M. Hachette, dans la même séance (6 juin 1817), qu’il admettait un principe qui n’était pas prouvé, que la capacité en calorique des vapeurs élevées ri’était pas connue ; que l’on ignorait ce qui se passait lorsque la vapeur se dilatait en passant du petit cylindre de la machine de Woolf dans le grand : ces objections n’infirmaient pas la proposition démontrée par M. Hachette, que l’augmentation des effets dynamiques de la vapeur, provenant de la détente de cette vapeur, suffisait pour expliquer l’économie du combustible dans les machines à haute pression.
- Sur la proposition de M. Hachette, le Conseil d’administration de la Société d’Encouragement avait arrêté, dans sa séance du 16 décembre 1818, qu’on se servirait de la chaudière de l’une des machines à vapeur de
- p.222 - vue 238/507
-
-
-
- ( 223 )
- M. Edwards pour comparer, à poids égal de combustible employé', les quantités d’eau évaporées à diverses pressions. (Voyez le Bulletin de cette Société, année 1818, page 585, et année 1819, pages 252-255.) MM. Desormes et Clément ont fait cette expérience en août 181 g : ils ont présenté à l’Académie royale des sciences un Mémoire sur la théorie des machines à feu, dont on a publié un extrait dans le Bulletin de la Société philomatique de la même année, page 115. Ils ont cru pouvoir conclure de leurs expériences cette loi générale ; savoir, qu’une masse donnée de vapeurs, constituée jusqu’à la saturation de l’espace, contient la même quantité de calorique, quelles que soient la température et la tension. Le tableau que nous avons cité au commencement de cet article contient les résultats des expériences et des calculs de MM. Desormes et Clément sur la théorie générale de la puissance mécanique de la vapeur d’eau; on y trouve une expression numérique de cette puissance, tant pour le cas où la vapeur est à force élastique constante que pour celui où elle sq détend.
- ARTS CHIMIQUES.
- Rapport fait par M. Vauquelin, au nom du Comité des arts chimiques, sur une nouvelle matière tinctoriale extraite de Vécorce d’un arbre provenant de Ra Mana? dans la Guiane française.
- S. Exc. le Ministre de la marine a invité la Société à faire examiner des échantillons de l’écorce et du bois d’un arbre provenant de La Mana, dans la Guiane française, et qui lui ont été envoyés par M. le baron Milius, comme paraissant susceptibles de servir à la teinture.
- L’écorce de cet arbre est grisâtre en dehors et d’un rouge vif en dedans ; sa saveur est amère et astringente; elle ne colore presque pas la salive; sa texture est granuleuse; elle est comme pâteuse et ne se réduit que difficilement en poudre ; elle ne communique qu’une très-faible couleur à l’eau froide, un peu plus à l’eau bouillante ; sa décoction a une saveur amère et astringente comme l’écorce; elle se trouble par le refroidissement et dépose une sorte de laque rouge. La couleur de la décoction de cette écorce n’éprouve pas de changement très-sensible par le mélange des acides et des alcalis ; cependant ces derniers la rembrunissent un peu; ce qui est d’un bon augure pour l’usage et la durée de cette couleur. Les étoffes qui en seront teintes ne seront pas exposées à être tachées par ces
- GS
- p.223 - vue 239/507
-
-
-
- C 224 )
- agens, comme cela arrive à celles qui sont teintes avec les bois de teinture ordinaires, et même avec la cochenille; mais cette écorce ne donnant que très-peu de sa couleur à l’eau, même bouillante, il en faudra une grande proportion pour teindre les étoffes en couleur saturée. Dans la décoction de cette écorce, faite avec io grammes d’écorce moulue et 3oo grammes d’eau bouillante, ont été trempés pendant une demi-heure des écheveaux de laine, de soie et de coton, apprêtés pendant vingt-quatre heures dans une dissolution de i5 grammes d’alun dans 4.00 grammes d’eau. Ces fils, exprimés, lavés et séchés, ont présenté, savoir, la soie, une couleur amaranthe saturée et très-vive; la laine, une couleur de même espèce, mais beaucoup moins saturée, et le coton presque pas de couleur.
- Le boisa une couleur rouge pâle, une saveur amère et astringente comme l’écorce ; il ne cède point sa couleur à l’eau, même après un espace de temps très-long; l’eau bouillante n’en tire non plus qu’une fort petite quantité de couleur : en effet 6 grammes de ce bois, qui avait d’abord trempé pendant vingt-quatre heures dans 180 grammes d’eau, et ensuite bouilli, n’ont pas suffi pour teindre à saturation un écheveau de soie pesant 4^ centigrammes.
- D’après ces essais, que la petite quantité de matière m’a empêché de varier davantage, il est certain que l’écorce, ainsi que le bois de La Mana, 11e pourront guère servir que pour la laine et la soie, mais ce sera toujours une couleur chère ; que l’écorce donne beaucoup plus de couleur à l’eau que le bois, quoiqu’elle-même ne lui en communique que fort peu ; elle sera donc préférable au bois. J’ai lieu de penser, d’après quelques essais, que cette couleur, convenablement appliquée à la laine et à la soie, sera solide et ne sera pas altérée par le contact des acides ni du savon ; mais il faudrait faire sur cette couleur des épreuves en grand, en variant la nature des mordans, pour constater sa solidité (1).
- Adopté en séance; le 5 juillet 1826.
- Signe Vaüquelin, rapporteur.
- (1) D’après le vœu exprimé dans ce rapport, la Société a demandé une certaine quantité de bois et d’écorce de l’arbre de La Mana, afin de ponvoir constater ses propriétés par des expériences faites en grand. S. Exc. le Ministre de la marine annonce qu’il a chargé M. le gouverneur de la Guiane française de satisfaire le plus tôt possible à cette demande.. Nous ferons connaître le résultat ultérieur de ces expériences.
- p.224 - vue 240/507
-
-
-
- ( 225 )
- Rapport fait par M. Daclin sur un mémoire relatif à la fabrication du papier de Chine, communiqué à la Société par M. Prechtl.
- M. Prechtl, directeur de l’Institut polytechnique de Vienne, a adressé à la Société un mémoire en langue allemande sur la fabrication du papier de Chine, rédigé dans la vue de répandre les connaissances encore très-imparfaites, suivant lui, sur un procédé qui mérite de fixer l’attention publique, dans un moment sur-tout où le manque de chiffon oblige de recourir à d’autres matières végétales pour produire la quantité de papier nécessaire à la consommation. La Société ayant proposé un prix pour la fabrication du papier de mûrier, l’auteur pense que la publication de ce mémoire aiderait beaucoup aux recherches des concurrens.
- Le Conseil m’a chargé d’en faire la traduction et de le soumettre au Comité des arts chimiques.
- L’auteur indique d’abord les divers uasages du papier de Chine, ses qualités et les différentes matières qui le fournissent. Il décrit le procédé pour faire du papier de bambou, d’après le P. Duhalde, et les autres missionnaires qui ont parcouru la Chine. Leurs descriptions étant obscures et incomplètes, et n’apprenant pas tout ce qu’il est nécessaire de savoir pour imiter cette espèce de papier, M. Prechtl a cherché à suppléer à cette insuffisance, en entreprenant lui-même une suite d’expériences sur les papiers d’écorce ; il annonce être parvenu à préparer, avec l’écorce du tilleul, un papier ayant toutes les qualités de celui de Chine, et pouvant le remplacer. Il fait connaître ensuite la succession des opérations, telles qu’il les conçoit, en observant que les procédés sont les mêmes, soit qu’on emploie les fibres du bambou, l’écorce du mûrier ou de tous autres végétaux ; enfin le mémoire est terminé par des considérations générales sur l’importance de cette fabrication et sur les avantages qui résulteraient de son introduction en Europe.
- On doit des éloges à l’auteur pour les soins qu’il a mis dans ses recherches et pour les vues utiles renfermées dans son mémoire; toutefois il est à regretter qu’il n’ait pas consulté l’ouvrage de Kempfer, intitulé : Amœni-tates eæoticœ, ouvrage qui lui eût fourni des renseignemens aussi curieux qu exacts sur la fabrication du papier au Japon, qui est analogue à celle suivie en Chine, puisqu’on y emploie les mêmes matières. Ces détails sont consignés dans l’article Papier de Y Encyclopédie méthodique; mais la traduction en est fautive. M. Mérimée s’est chargé de la rectifier et a bien voulu
- %
- p.225 - vue 241/507
-
-
-
- ( )
- me remettre son travail, en m’offrant sa coopération pour la rédaction d’une notice sur ce sujet, qui pourrait être insérée au Bulletin, et à laquelle on ajouterait quelques notes explicatives.
- Je pense que le Conseil doit accepter cette offre avec reconnaissance, d’autant, qu’à l’exception de Y Encyclopédie, aucun ouvrage technologique ne parle de la fabrication du papier de Chine, et que nous manquons d’une instruction claire et précise sur les procédés suivis dans ce pays. De cette manière, les intentions de M. Prechtl, dont on rapporterait d’ailleurs les expériences, se trouveront remplies, et les personnes qui voudront se livrer à la fabrication du papier d’écorce trouveront dans le Bulletin tous les renseignemens désirables.
- J’ai l’honneur de proposer au Conseil de remercier ce savant étranger de son obligeante communication, et de lui faire part des observations contenues dans le présent rapport.
- Jldoptéen séance, le 5 juillet 1826 Signé Ch. Daclik.
- Notice sur la fabrication du papier de Chine•
- Le papier de Chine, dont on fait aujourd’hui un grand usage en Europe, principalement pour l’impression des planches gravées, se distingue par l’homogénéité de sa pâte, sa surface lisse et soyeuse, sa douceur et son extrême finesse. On le vend en feuilles de très-grandes dimensions, qui ont jusqu’à 3 et 4 mètres de long sur un mètre de large.
- Les Chinois fabriquent leur papier de différentes matières. Dans la province de Se-Tschuen, on le fait avec des chiffons de chanvre, comme le papier d’Europe; celui de Fo-Kien est fabriqué avec de jeunes pousses de bambou; celui des provinces septentrionales avec l’écorce intérieure d’un arbre nommé ku-tschu, qui n’est autre que le mûrier à papier (morus pa-pyrifem). C’est ce papier qui est le plus communément employé en Chine. Le P. du Halde décrit avec assez d’exactitude la manière de le préparer; mais on trouve des renseignemens plus détaillés et plus précis sur ce sujet dans l’ouvrage cité plus haut de Kempfer.
- Suivant cet auteur, le papier se fabrique, au Japon, avec l’écorce du morus papyrifera. Chaque année, au mois de décembre, on coupe les jeunes pousses d’un an; on les réunit en paquets de 3 pieds de long environ , qu’on lie fortement ensemble et qu’on place debout dans une grande chaudière remplie d’eau bouillante mêlée de cendres : ils doivent y rester jusqu’à ce que l’écorce, en se retirant, laisse à nu un demi-pouce de bois; ensuite on les retire, on les met refroidir et on les fend pour détacher l’écorce : le bois est jeté comme inutile.
- p.226 - vue 242/507
-
-
-
- ( 2a7 )
- Cest cette écorce séchée qui forme la matière première du papier. A vaut de l’employer, on lui fait subir une autre préparation, qui consiste à la nettoyer et la trier -, afin de ne conserver que la partie pourvue de toutes les qualités requises» Pour cet effet, on la met tremper dans de l’eau pen-dant trois ou quatre heures ; quand elle est ramollie, on racle avec un couteau émoussé l’épiderme et la majeure partie de la couche corticale verte qui est au-dessous.
- L’écorce, ainsi nettoyée et triée, est plongée dans une lessive de cendres filtrée; aussitôt qu’elle commence à bouillir, on remue continuellement avec un bambou, çt on ajoute de temps en temps de la nouvelle lessive pour remplacer celle qui s’est vaporisée. On continue l’ébullition jusqu’à ce que la matière soit tellement ramollie, qu’en la pressant entre les doigts elle forme une espèce de bourre ou d’amas de fibres.
- L’écorce ayant été réduite en pâte par une longue et vive ébullition, on procède à l’opération du lavage, qui est d’une grande importance pour la réussite du procédé. En effet, si ce lavage ne dure pas assez long-temps, le papier, tout en prenant de la force et du corps, restera de qualité inférieure. Si au contraire l’opération est trop prolongée, le papier, quoique alors plus blanc, sera sujet à boire l’encre et peu propre à l’écriture et au lavis. On conçoit donc combien il faut apporter de soin dans cette partie dtt procédé pour éviter les deux extrêmes.
- Pour laver l’écorce on la met dans une espèce de Vase ou récipient à claire voie, dans lequel ôn fait passer un courant d’eau ; on la remue continuellement avec les mains jusqu’à ce qu’elle soit entièrement délayée et réduite en fibres très-douces et menues. Quand on veut faire du papier fin , on répète le lavage ; et au lieu d’un vase on se sert d’une toile qui empêche les parties ténues de l’écorce de passer à travers, et les divise davantage, à mesure qu’on augmente l’agitation ; il faut en même temps ôter les nœuds et les bourres qui auraient pu échapper au premier lavage.
- Le lavage terminé, l’écorce est étendue sur une table unie et épaisse, et battue par deux ou trois ouvriers armés de bâtons de bois très-dur, jusqu’à ce qu’elle soit réduite au degré de ténuité convenable : elle devient alors semblable à du papier mâché et susceptible de se délayer facilement dans l’eau.
- La pâte ainsi obtenue est jetée dans une petite cuvé et mêlée avec une eau de riz épaisse et une infusion mueilagineuse de la racine orénL On opère le mélange de ces substances au moyen d’un petit bambou très-propre, et on continue de remuer jusqu’à ce qu’on ait obtenu une masse homogène et douée d’une certaine consistance. Il vaut mieux employer une cuve de
- p.227 - vue 243/507
-
-
-
- ( 228 ) '
- petite dimension, parce que le mélange s’y fait plus complètement. On verse ensuite la pâte dans une cuve semblable à celles en usage dans nos papeteries, et d’où l’on tire les feuilles une à une, avec une forme dont le treillage est fait en petites baguettes de bambou, au lieu de fil de laiton.
- A mesure que les feuilles sont faites et détachées de la forme, «on les empile sur une table couverte d’une double natte de "jonc ; celle de dessous est la plus grossière; la seconde, d’un tissu moins serré, est composée de brins plus fins, pour laisser facilement passer l’eau. On met en outre entre chaque feuille une petite lame de bambou, qui déborde et sert à soulever les feuilles l’une après l’autre ; elle remplace le feutre employé dans nos papeteries. Chaque tas est couvert d’une planche mince de la forme et de la dimension des feuilles, et chargé d’abord de poids légers, de crainte que les feuilles encore fraîches et humides, étant trop fortement comprimées, ne se collent ensemble ou ne crèvent; puis ou augmente le poids, afin d’exprimer l’eau surabondante. Le lendemain, les feuilles sont enlevées au moyen de petites lames de bambou, et collées sur des planches longues et unies, en appuyant avec la paume de la main ; elles y adhèrent aisément, à cause de la légère humidité qu’elles conservent encore; on les expose en cet état au soleil, et quand elles sont entièrement sèches, on les lève de dessus les planches, on les ébarbe et on les met en tas.
- , Dans la saison froide, on emploie un autre procédé pour sécher le papier : il consiste à appliquer les feuilles, au moyen d’une brosse de colleur, sur un mur dont les deux grandes faces sont très-unies et très-blanches; à une extrémité est un poêle dont la flamme circule dans toute l’étendue des vides de ce mur, et l’échauffe. On distingue sur les feuilles de papier séchées de cette manière la. face qui adhérait au mur de celle qui a reçu les impressions des poils de la brosse : c’est sur la première, comme la plus lisse, que les Chinois écrivent avec le pinceau et y tracent des caractères excessivement déliés. On n’emploie pas comme chez nous le verso de la feuille, ni pour l’impression ni pour l’écriture; le peu d’épaisseur et la transparence du papier s’y opposeraient.
- Il nous reste à parler des divers ingrédiens dont on fait usage dans là fabrication du papier. '
- L’eau de riz employée dans la préparation de la pâte a une certaine viscosité, qui donne de la consistance et une blancheur éclatante au papier. On la prépare en jetant des grains de riz préalablement humectés dans un pot de terre non vernissé et rempli d’eau; on les remue, puis on les met dans un linge et on en exprime l’eau : on la renouvelle de temps en temps jusqu’à ce que le riz soit épuisé. >
- „ L’infusion
- p.228 - vue 244/507
-
-
-
- ( 229 )
- L’infusion de la racine oréni se fait de la manière suivante : on met rtia-ce'rer dans de l’eau froide la racine, pilée, ou coupée ~en petits morceaux ; après y avoir séjourné pendant une nuit, elle a acquis la viscosité suffisante pour être mêlée avec la pâte. Les proportions de cette infusion varient selon les saisons ; les ouvriers japonais prétendent que tout l’art du papetier consiste à bien doser le mélange. Pendant les grandes chaleurs, le mucilage à’oréni est trop fluide, c’est pourquoi on en emploie davantage en été qu’en hiver. En général, si l’on en met trop, le papier devient plus mince qu’il ne le faut pour l’usage; si, au contraire, la proportion est trop faible, il devient épais et inégal. On voit donc combien il importe de régler les proportions, afin de donner au papier les qualités requises (i).
- Après avoir donné les détails des procédés suivis au Japon pour faire le papier, Kempfer décrit les végétaux qu’on emploie dans cette fabrication.
- Les caractères du mûrier ^ papier (morus papjrifera) étant suffisamment connus, nous nous dispenserons de les rappeler ici; il nous suffira de dire que les, Japonais le cultivent de bouture comme les osiers : ces boutures, de 2 pieds de long, retranchées de l’arbre, sont plantées le dixième mois de l’année, à une petite distance les unes des autres ; elles poussent des rejets, qui deviennent propres à être coupés vers Ta fin de l’année, et dont la longueur est ordinairement de 3 à 4 pieds : ce sont les fibres fines et soyeuses de ces rejets qui forment la matière première du papier.
- La plante appelée oréni par les Japonais est une malvacée, ainsi désignée par Kempfer : alcea, radice viscosa, flore ephemero, magno, punico. Sa racine, blanche, grasse, charnue et fibreuse, contient un suc mucilagineux, transparent, qui, mêlé avec la pâte du papier, sert à lui donner la consistance nécessaire : ses feuilles, dentelées , épaisses, rudes au toucher, et d’un vert foncé, ont des nervures fortement prononcées et contiennent aussi une substance visqueuse. Les fleurs sont d’un rouge pourpre; les graines, petites, raboteuses et d’un brun foncé.
- - Nous terminerons cette notice en faisant connaître les tentatives faites par M. Precb.il pour obtenir de plusieurs végétaux du papier, à l’imitation de celui de la Chine : ces essais ont été répétés en grand dans une fabrique de papier, près de Vienne.
- L’auteur, après avoir détaché l’écorce du tilleul et de jeunes pins et sapins, l’a placée dans une fosse creusée en terre et murée, dont le fond
- (i) Le principal effet de l’infusion d’oréni est de donner à l’eau un degré de -viscosité qui contribue à rendre plus égale la répartition des filamens dans le liquide. En même temps , elle empeclie que la colle de riz mêlée avec la pâte ne fasse adhérer les feuilles entre elles, lorsqu’elles sont pressées.
- Vingt-cinquième année. Juillet 1826. ' H h
- p.229 - vue 245/507
-
-
-
- ( a5o )
- était garni d’une couche de chaux. Sur cette couche, il a étendu un lit d’écorce surmonté d’une autre couche de chaux, et ainsi alternativement, jusqu’à ce que la fosse ait été remplie : alors il y a versé de l’eau et a recouvert le tout de planches chargées de poids, pour bien comprimer la matière. Cette espèce de rouissage ou de macération a duré quinze jours, au bout desquels on a retiré l’écorce de la fosse, et on Ta battue à grands coups de maillet jusqu’à ce que l’écorce verte en ait été entièrement séparée et qu’il ne soit plus resté que les fibres blanches et déliées. Après avoir été exposées au soleil pour être blanchies, et bouillies dans l’eau pour les débarrasser de la substance gommeuse qu’elles retiennent, ces fibres ont été soumises à des lavages répétés, pour les purger de la chaux ; ensuite on les a fait bouillir dans de l’eau mêlée de cendres, et on les a rincées à l’eau claire. La matière ainsi obtenue a été arrosée d’une eau de riz ou autre substance mucilagineuse, et triturée dans un mortier avec un pilon de bois : cette opéra tion l’a convertie en une pâte assez délayée, composée de filamens d’une extrême ténuité : c’est dans cette pâte étendue d’eau que l’auteur a puisé avec une petite forme de vélin. Les feuilles retirées de la cuve ont été appliquées sur des /autres composés d’une étoffe de laine très-fine ; mais après avoir été pressées, il fut impossible de les détacher (i) : on ne réussit qu’avec quelques feuilles plus épaisses, qui conservèrent néanmoins une surface raboteuse et l’empreinte des filamens du feutre. Ce mauvais succès ayant persuadé à l’auteur que la méthode usitée en Europe de relever les feuilles à l’aide du feutre, est inapplicable au papier de Chine^il J renonça et se borna, après avoir puisé avec la forme, de l’appliquer sur la surface enduite d’une couche de chaux, d’une étuve ou poêle chauffé au degré convenable, où la feuille adhéra aussitôt : il put l’enlever ensuite facilement après le séchage. Les feuilles ayant été mises en tas, furent comprimées au moyen d’une forte presse à vis.
- Le papier ainsi fabriqué ressemblait parfaitement à celui de Chine; il en avait la douceur et la finesse, et il n’est pas douteux que, plus épais, il~ eût pu servir également des deux côtés, soit pour l’écriture, soit pour l’impression; comme il se trouvait déjà collé en pâte, on n’eut pas besoin d’un collage ultérieur (2).
- (1) Si M. Prechtl eût ajouté à sa pâte une proportion suffisante de mucilage de guimauve, les feuilles 11e se seraient collées ni aux feutres ni entre elles, au moment de la pression des porses blanches. Quant à la surface raboteuse et à l’empreinte des filamens des feutres , elles auraient disparu dans l’apprêt de l’échange.
- (2) L’imperméabilité des papiers de M. Prechtl ne doit pas être attribuée au mélange de l’infusion de riz , mais à une matière glutineuse contenue dans les écorces , et qui n’est pas
- p.230 - vue 246/507
-
-
-
- ( 230 ' ,
- M. Prechtl, après avoir donné ces détails, examine comparativement le papier d’Europe et celui de Chine.
- Les chiffons de lin étant inconnus dans ce dernier pays, parce qu’on n’y fait pas usage de toile, ils sont remplacés par des chiffons de coton ; mais le papier de coton, couvert de duvet, est peu propre à l’écriture chinoise, qui, se faisant au pinceau, exige une surface très-lisse. Les écorces des différens végétaux sont, sous ce rapport, bien préférables, puisqu’elles donnent un papier fin, lisse et pourtant solide : on ne peut l’obtenir qu’avec des matières dont le; fibres sont très-déliées. On a vu que pour parvenir à cette extrême division des fibres, les Chinois emploient non-seulement des moyens mécaniques, mais encore des agens chimiques. Les vieux chiffons de toile, souvent blanchie et lessivée, sont sans doute préférables comme abrégeant l’opération; mais il ne paraît pas démontré qu’on puisse se passer entièrement des agens chimiques, et se borner aux opérations mécaniques, comme on l’a fait de nos jours par l’emploi du cylindre. Quoique cette machine soit d’une grande utilité et qu’elle réduise les filamens en brins très-courts, elle n’est cependant pas en état de les diviser sur leur longueur, de manière à les rendre très-déliés, à moins que lé chiffon ne soit très-usé ou que le cylindre tourne avec une grande vitesse , comme cela a lieu dans les papeteries anglaises, où la grande agitation de l’eau produit l’extrême division. D’après cetle observation et plusieurs expériences faites en grand, l’auteur pense qu’il est impossible de fabriquer, au moyen du cylindre, du papier d’écorce aussi fin que celui de Chine. Sous ce rapport, le pilon paraît avoir un avantage décidé, en ce qu’il broie les fibres sans les déchirer, ce qui permet d’obtenir une division plus égale. Ainsi, pour faire du papier très-fin, à l’imitation de celui de Chine, M. Prechtl propose, après que les matières auront été traitées parles agens chimiques, de les soumettre d’abord à une légère trituration par le cylindre, et ensuite d’achever l’opération par le pilon.
- U pense qu’anciennement on fabriquait le papier en Europe comme on le fait encore aujourd’hui en Chine, et que les chiffons étaient d’abord traités par la chaux et soumis ensuite a la fermentation putride. On ne peut disconvenir, comme le prouvent des ouvrages imprimés il y a plusieurs siècles, que ce papier ne fût de très-bonne qualité (i).
- détruite par fa chaux : en effet, le papier de paille blanchi est naturellement collé. Le gluten n*a pas été détruit dans les diverses opérations qu’il a subies : aussi le collage du papier , en Chine, est plutôt un alunage.
- (i) M. Prechtl ne paraît pas avoir considéré que les Chinois ne traitent par la chaux que le bambou : en effet, les fibres ligneuses du bambou sont tellement collées ensemble, que
- Ilh 2
- p.231 - vue 247/507
-
-
-
- ( 232 ) ' '
- INDUSTRIE ÉTRANGÈRE.
- Rapport sur les communications de M. de Fahnenberg; par
- M. Daclin.
- Le Voyage entrepris par M. de Fahnenberg en Angleterre, et d’autres circonstances, ont interrompu, pendant quelque temps, les relations que ce zélé correspondant se plaît à entretenir avec la Société d’Encouragement. Rentré aujourd’hui dans ses foyers, il a repris le cours de son intéressante correspondance ; je vais avoir l’honneur de vous en rendre compte.
- M. de Fahnenberg observe que l’industrie se trouve actuellement dans un état de stagnation complète en Allemagne. Il attribue cette fâcheuse situation aux spéculations de bourse, qui ont absorbé la majeure partie des capitaux; mais comme les spéculateurs ont éprouvé de grandes pertes, il est probable que les fonds seront employés dorénavant au profit de l’agri-. culture et des fabriques.
- Malgré la concurrence et le bas prix du sucre des colonies, on s’occupe encore en Allemagne de la fabrication du sucre provenant de substances indigènes, M. TVeinreichde Hof-Rechenbach, près Wetzlar, a repris
- si cette cohésion, n’était préalablement détruite par l’action de la chaux, la trituration mécanique ne produirait qu’une bouillie, qui, déposée sur les formes et ensuite sur les feutres, n’aurait aucune consistance. »..
- Il n’en est pas de même des filamens du lin, du chanvre, de l’ortie et du liber du mûrier ; ils sont tellement déliés et naturellement divisés, que l’actiou du maillet ou du cylindre, en les triturant, leur conserve assez, de longueur pour qu’ils se feutrent sur la forme et donnent lieu à une étoffe qui est suffisamment solide lorsqu’elle est pressée et séchée.
- Dans les premiers essais du papier de paille, le résultat de la trituration mécanique ne donna qu’un papier très-peu résistant : on l’obtient maintenant beaucoup plus fort, en opérant la division des fibres par le moyen de la chaux. -
- , Le papier est d’autant plus fort qu’il est composé de fibres plus ténues et plus longues. Les papiers anglais se coupent promptement dans les plis, parce que la pâte est composée de filamens trop courts. ' ‘
- Dans les fabriques où l’on passe le chiffon à la chaux, cette opération a pour objet d’arrêter l’effet de la fermentation. Lorsque quelque accident force de suspendre ou de ralentir la trituration, le chiffon qui est suffisamment macéré serait bientôt converti en terreau , s’il restait dans le pourrissoir. On le passe alors dans un lait de chaux, et on peut ensuite le conserver indéfiniment.
- Il est assez probable qu’en soumettant le chanvre ou le lin écrus à l’action de la chaux , on détruirait une partie du gluten qui rend le papier transparent, et qu’ensuite, à l’aide du chlore, on obtiendrait une pâte très-blanche : quant aux écorces semblables à celles du tilleul, elles ne peuvent pas, plus que le bambou et la paille, être triturées mécaniquement.
- Il est indispensable qu’une opération chimique en divise les fibres au dernier point de ténuité, et les dégage de la matière glutineuse qui les colle ensemble et les rend cassantes,
- p.232 - vue 248/507
-
-
-
- ' (235)
- le procédé au moyeu duquel on obtient du sucre concret d’amidon; il annonce y avoir apporté de grandes améliorations, i°. en diminuant la proportion d’acide sulfurique employé pour convertir l’amidon en sucre; 2°. en substituant à des chaudières en cuivre, facilement attaquables par cet acide; des cuves en bois chauffées par la vapeur : il assure qu’en traitant l’amidon a une température de quelques degrés seulement au-dessus de celle de l’eau bouillante, il suffit de i à 2 pour 100 d’acide pour obtenir, après deux ou trois heures, du sucre facilement cristallisable : il y a donc une triple économie d’ingrédiens, de temps et de combustible, que Fauteur porte environ aux deux tiers, comparativement à l’ancien procédé. Suivant lui , 100 livres de pommes de terre donnent 10 à i5 livres de sucre de bonne qualité, qu’on peut employer avec avantage dans l’économie domestique. M. FFeinreichpense qu’on a eu tort d’abandonner un procédé aussi facile et aussi économique, qui peut être pratiqué par de simples cultivateurs, et augmenterait la richesse du pays, en procurant un nouvel emploi à la pomme de terre. Il offre d’en communiquer tous les détails ainsi que les dessins d’une machine pour séparer l’amidon des pommes de terre, etc., moyennant une rétribution de 3 écus (i5 francs).
- On sait que Kirchoff et Lampadius sont les premiers qui ont trouvé le moyen de retirer une matière sucrée de l’amidon de pomme de terre; leur procédé , répété en France, paraît y avoir trouvé peu de faveur et est aujourd’hui abandonné. Cet abandon tient sans doute à ce que le sucre d’amidon n’est pas susceptible de cristalliser, qu’il conserve toujours un goût particulier et qu’il contient moins de matière sucrée que le sucre de betteraves, dont la fabrication ne présente aucune difficulté ( 1).
- M. le professeur Lampadius, à Freyberg, propose d’appliquer l’acide pyroligneux à la conservation des substances animales : voici comme il opère. Les viandes de boeuf, les jambons, etc., sont d’abord salés à la manière ordinaire; après avoir été retirés de la saumure, 011 les essuie avec un linge bien propre et on les expose à l’air. Dans cet état, on passe une seule couche d’acide pyroligneux concentré à la force du vinaigre ordinaire : on les suspend ensuite dans un endroit aéré et à l’ombre, et où la température ne soit pas trop élevée.
- Ce procédé, bien connu en France, a été pratiqué par plusieurs personnes ; mais quoique moins dispendieux que celui en usage pour fumer les viandes, il leur communique cependant un goût styptique et désagréable, qu’il est difficile de faire disparaître.
- * (1) Les brasseurs de Paris fabriquent une grande quantité de sirop d’arrjidpn , qui est employé dans la préparation de la bière.
- p.233 - vue 249/507
-
-
-
- - ; ('254 ) 11
- M. Jfartig, maître particulier des eaux et forêts en Prusse, a fait de nombreuses recherches sur la duree des differentes essences de bois et sur leur propriété de résister aux influences de l’air et de l’humidité : il s’est servi pour cet objet d’un appareil particulier, qu’il a établi dans le jardin de l’École vétérinaire de Berlin, et au moyen duquel il a répété les divers procédés proposés jusqu’à ce jour pour préserver les bois de la pourriture. Ses expériences ne datent à la vérité que de l’année 1820; mais il en a déjà obtenu des résultats qui méritent d’être connus.
- in. Des pieux de chêne, d’acacia et des diflerens bois conifères , plantés en terre sans avoir subi aueune préparation, se sont conservés parfaitement intacts, tandis que des pieux de bois blanc traités de la même manière se sont plus ou moins altérés; ceux de hêtre, de tilleul, de bouleau, d’érable d’Amérique, d’aulne et de tremble ont été trouvés pourris au bout de trois ans; mais ceux de saule, de marronnier et de platane ont résisté une année de plus. -,.......................... .
- a0 . Les bois enterrés avec leur écorce se conservent mieux que ceux qui en ont été dépouillés.
- 3°. Ceux dont le bout a été eharbonné n’ont pas plus de durée que les autres, quoique ce moyen de conservation soit généralement recommandé.
- 4°. Une ou plusieurs couches de couleur à l’huile, dont on couvre la portion de bois plantée en terre, la garantit seulement pendant peu de temps.
- 5°. Les bois ne sont pas préservés de la pourriture en les plongeant préalablement dans de la saumure, de l’acide pyroligneux ou de l’huile de lin , ou en leur faisant subir d’autres préparations.
- 6°. Des pieux, charbonnés à une profondeur de 3 lignes sur toute la partie qui est enterrée et même à un pied au-dessus, et enduits ensuite de trois à quatre couches de goudron bouillant de pin ou de houille, promettent une très-longue durée ; du moins, ceux préparés de cette manière ont résisté à toutes les épreuves. ,
- Ce moyen est économique et facile à exécuter ; il convient particulièrement pour les tuyaux de conduite en bois placés sous terre, pour les corps de pompe plonges dans les puits, pour les tuteurs, les echalas, les perches à houblon , les palissades, les clôtures, barrières , etç,,. et en général pour tous les bois exposés à la. pourriture. En renouvelant la couche tous les deux ou trois ans, on sera encore mieux assuré du succès.
- L’emploi du goudron pour préserver les bois de l’humidité est connu depuis long-temps; mais pour que ce moyen réussisse il faut que le bois soit bien sec. L’auteur a donc avec raison fait précéder une légère car-, bonisation à l’application de la couche de goudron : son procédé nous semble mériter toute confiance.
- J
- p.234 - vue 250/507
-
-
-
- ( a35 )
- M. Frick, en-fondant ensemble 5o parties de cuivre, 51,2 5 dë zinc et 18,75 de nickel, a obtenu un alliage métallique blanc, inoxidable, très-ductile et qui prend un beau poli ; en variant ces proportions, c’est-à-dire en prenant 53,3g de cuivre, 29,13 de zinc et 17,48 de nickel, il a produit un alliage qui a le son et l’inaltérabilité de l’argent, mais qui est plus dur ; il convient particulièrement pour les ornemens, les objets de sellerie, les boîtes et les chaînes de montres, etc. On a d’abord vendu cet alliage à raison de 12 francs la livre; mais comme le nickel est assez abondant en Allemagne et que plusieurs artistes s’occupent de cette composition, ce prix devra nécessairement baisser. »\r
- M. Eckardt, maître serrurier à Gotha, a inventé pour hacher la viande ou couper des feuilles de tabac, une machine qui paraît offrir quelques avantages; elle est entièrement en fer et se compose d’un cylindre de 5 pieds de long, armé de vingt lames tranchantes, espacées de 4 pouces entre elles, et qu’un seul homme fait tourner : les viandes sont placées sur une table en bois disposée au-dessous. Cette machine, qui hache i5o livres de viande par heure, est simple et peu dispendieuse»
- On a essayé, dans ces derniers temps, de remplacer par des machines l’opération longue et fatigante de hacher lès viandes sur un bloc de bois, à l’aide de deux couperets; mais ce moyen, qui présente quelque danger pour l’ouvrier n’est point encore généralenfent adopté.
- M. Haensle, à Vienne, a imaginé une nouvelle presse lithographique, qui, suivant l’auteur, a plusieurs avantages sur la presse ordinaire et est susceptible d’imprimer des couleurs solides sur les étoffes ;
- M^Liebelt, de la même ville, des jalousies et dés stores de voitures, solides, légers et d’un usage commode, qui, tout en garantissant du vent et de le pluie, laissent passer suffisamment, d’air et de lumière;
- M. le capitaine Busch, à Francfort, des poêles économiques déjà généralement adoptés dans cette ville et qui présentent plusieurs avantages.
- On a fait récemment des expériences sur l’écorce du châtaignier, et on a trouvé qu’elle contenait une quantité de tannin à-peu-près double de celle de 1’ écorce du chêne; le cuir tanné avec cette substance est à-la--fois souple et solide. L’écorce du châtaignier donne aussi une matière colorante propre à remplacer le bois de Campêche.
- Tels sont, Messieurs, les différens documens que vous a transmis M. de Fàhnenberg ; vous jugerez sans doute, devoir lui en témoigner vos remer-cîmens et les faire connaître par la voie du Bulletin de la Société.
- Adopté en séance, le 5 juillet 1826.
- Signé Ch. Daclin, rapporteur.
- p.235 - vue 251/507
-
-
-
- ( 236 )
- . • •... ,. ; ' ; ? /
- NÉCROLOGIE.
- -•y
- JS or i c/c sur la vie et les travaux de feu M. Régnier, membre du Conseil d’administration de la Société d’Encouragement; par
- . M. Joinartl. ;r f v- ' , - m • _ ' •
- M. Edme Regnier, membre (de la Légion - d’Honneur et du Comité des arts mécaniques de la Société d’Encouragement, membre honoraire du Comité consultatif des arts et manufactures au Ministère de l’intérieur, ancien conservateur du Musée de l’artillerie , membre de l’Athénée des arts et de plusieurs autres Sociétés savantes, est né a Semur le i5 juin ij5i. Il se distingua de bonne heure par son goût pour la mécanique : en 1768, il obtint à l’École de dessin de Dijon , fondée et dirigée par Devosge, le premier prix de sculpture. A peine âge de dix-sept ans, il perdit son père , arquebusier dé profession ; il lui succéda et il fut dès-lors en état d’aider à l’existence d’une nombreuse famille. Au milieu de ses travaux il trouvait du loisir pour s’occuper de physique et d’électricité. Quoiqu’il n’eût jamais vu de bouteille de Leyde, il imagina de lui-même cet instrument de physique; d’autres inventions ingénieuses fixèrent sur lui l’attention de Buffon l C’est le collaborateur du Pline français, Gueneau de Montbelliard, qui découvrit le talent du jeune Regnier : il décida Buffon à lui donner des livres, des leçons, des encouragemens, à recueillir ses machinés, et à le charger d’en faire de nouvelles pour leurs expériences de météorologie et d’électricité. Buffon lui demanda un instrument propre à mesurer la force des machines, celle des hommes et des animaux, et M. Regnier fit son dynamomètre, aujourd’hui si populaire (1). Tout le monde sait qu’on s’en sert dans les arts, qu’on en fait usage pour estimer la résistance des charrues , qu’on apprécie par son moyen la force de l’homme à tout âge et qu’on l’applique avec succès à l’éducation de la jeunesse. A l’aide de ce mécanisme simple, mais ingénieux, l’on peut reconnaître les forces physiques des jeunes gens et les développer sans danger , parce que leurs progrès sont mesurés avec précision. Qui ignore l’application intéressante qu’en fit le voyageur Pérou dans son voyage aux terres australes? A l’aide du dynamomètre, ii compara la force physique des sauvages à celle des Européens, ou du moins des marins français et anglais, et il crut pouvoir conclure d’un grand nombre d’expériences, que les premiers étaient aussi
- (1) Cet instrument est décrit dans le Bulletin de la Société d’Encouragement, 16e. année , page 133.
- inférieurs
- p.236 - vue 252/507
-
-
-
- 0* 2 * * 57 )
- inférieurs aux seconds sous les rapports physiques que sous tous les autres.
- Il composa ensuite son anémomètre , instrument qui est capable de marquer avec exactitude, dans l’intérieur d’un appartement, la force des vents et leur direction ; la pendule sur laquelle il est établi se remonte par l’effet même de la machine (i). L’auteur l’appliqua depuis à l’usage de la marine, et même il en fit profiter l’art médical, en inventant un instrument qui fait connaître la force des poumons par la mesure de la puissance du souffle.
- A une époque où il n’existait pas encore de paratonnerre à Paris, M. Regnier en construisit plusieurs à Dijon, sur la demande de Guy ton de Morveau (2) : cette circonstance le mit plus tard en rapport avec un autre homme non moins célèbre que Buffon; mais n’anticipons pas sur l’ordre des temps.
- En 1777 , il remporta le prix offert par la Société libre d’émulation de Paris, pour les meilleures fermetures à combinaisons ; cependant il ne s’était jamais occupé d’ouvrages de cette espèce. Les idées ingénieuses qu’il eut alors ont été confirmées depuis par l’expérience, et il y a ajouté de nouveaux perfectionnemens. Ses cadenas à combinaisons seront toujours recherchés avec empressement pour les usages divers auxquels l’inventeur les a destinés (3).
- A son arrivée à Paris en 1778, M. Regnier apporta de nouveaux conducteurs pour les paratonnerres ; ’ Franklin les vit, les approuva et les envoya en Amérique. Un autre succès l’attendait à Dijon ; M. le prince de Condé le fit nommer mécanicien des Etats de Bourgogne : voici à quelle occasion. Pendant la tenue des Etats, M. Regnier montra au prince, entre autres machines, des éprouvettes pour la poudre ; elles furent essayées avec le plus grand succès' : cet instrument, que l’auteur a modifié pour divers usages, est connu sous le nom d'éprouvette hydrostatique; les chasseurs s,e servent de la petite éprouvette pour connaître la force des différentes poudres
- (x) "Voyez Bulletin de la Société , 15e. année , page 271.
- (2) Le colonel Coutelle, ancien chef de brigade des aérostiers, est l’un des premiers qui aient
- établi en France des paratonnerres. Il en fit élever au Mans , vers l’époque de 1768 , à la grande surprise des habitans et contre l’opinion publique. M. Regnier a. publié une instruc-
- tion sur l’établissement des paratonnerres ; il en a construit un au sommet du dôme de Sainte-Geneviève, sur plusieurs églises principales de Paris et sur des magasins à poudre. A la croix de Sainte-Geneviève, il a placé une pointe métallique sur chacune des trois branches. En général, on devrait toujours profiter de l’érection des croix sur les églises, pour y placer en même temps des conducteurs de paratonnerres.
- (5) Voyez Bulletin, de la Société, ire. et 2e. années, pages 58 et 72. .
- Vingt-quatrième année. Juillet 1826. I i
- p.237 - vue 253/507
-
-
-
- ( 238 )
- de chasse; elle peut servir aussi de romaine; la troisième, Y éprouvette à masse double, sert à comparer les forces des poudres fulminantes (i).
- Dans la même anne'e 1778, il s’occupa des méridiens sonnans. Le premier fut construit pour l’usage public de sa ville natale, et dédié à Buffon, en 1783. Il en présenta un autre à Louis XVI, qui récompensa l’inventeur avec générosité : depuis, il en a fait qui sont à musique d’horlogerie, et qui jouent, chaque jour, à midi, dés airs agréables : ses méridiens à canon sont bien connus; avec 2 onces et demie de poudre ils se font entendre et donnent l’heure à une demi-lieue à la ronde : on s’en sert pour les besoins des manufacturés (2).
- Pendant la révolution, M. Regnier fut membre de la Commission des armes portatives; les occupations de cet emploi lui donnèrent l’idée de recueillir les armes et les armures les plus anciennes, qui étaient éparses en France : de cette collection est né le Musée de l’artilleriè, si remarquable par le classement chronologique des armes de toute espèce. Cet établissement précieux mériterait une description détaillée, parce qu’il fait un des titres les plus honorables pour son créateur ; mais elle nous conduirait trop loin. Contentons-nous de dire qu’en 1816 S. A. R. le Duc d’Angoulême fut si satisfait du Musée d’artillerie, qu’il fît donner la croix d’honneur à M. Regnier pour l’avoir créé et enrichi pendant trente années.
- En 1799, M. Regnier concourut pour les échelles à incendie demandées par l’Institut, et il obtint encore le premier prix. Outre sa grande échelle , qui a été couronnée, il en a fait une plus simple, qui s’élève à 32 pieds, pour l’usage des petites villes et des campagnes (3). Son blémomètre sert à régler le degré de force que doivent avoir les ressorts des platines de fusil (4). Il a imaginé aussi un instrument qu’il appelle reumamètre, pour mesurer la force du courant des rivières (5); des casse-fds pour estimer la force des fils de lin écrus, teints ou blanchis, des fils de coton et des fils de soie organsins (6); un fauteuil mécanique à roulettes pour les malades; des thermomètres pour connaître la température de la terre au-dessous de sa surface , etc. Le nombre de ses inventions est considérable ; on en compte jusqu’à
- (1) Voy ez Bulletin àe la Société, 6e. année, page ç3, et ijs. année, page 20.
- (2) Ibidem,, 17e. année, page 260.
- (3) Elles sont décrites dans le Bulletin des ire. et 2e. années, pages 89 et J77, et 10e. année, page 53.
- (4) Voyez Bulletin de la Société , 7e. année , page 57.
- (5) Ibidem, 8e. année, page 297.
- (6) Ibidem, 6e. année, page 6.
- p.238 - vue 254/507
-
-
-
- ( (i) 2$9 )
- soixante-quinze, qu’il serait trop long d’énumérer ; la plupart sont en usage : la liste de ces instrumens suffirait à son éloge. > .
- Pendant l’occupation de la France par les troupes étrangères , M. Regnier, par son dévouement, sauva trois mille fusils qui allaient leur être livrés , et ce service fut apprécié plus tard par le colonel général de la Garde-Nationale, S. A. R. Monsieur, qui le nomma contrôleur en chef des armes de cette Garde. Ses travaux furent remarqués à cette même époque par les étrangers instruits qui se trouvaient à Paris, et aussi par plusieurs souverains, entre autres par le roi de Prusse et l’empereur de Russie, qui lui donnèrent des marques de leur satisfaction.
- Quelque temps après, M. Regnier obtint sa retraite, avec une pension et le titre de membre honoraire du Bureau consultatif des arts et manufactures. A l’âge du repos et avec tous les moyens d’en jouir, il continua .cependant sa carrière laborieuse. A ses anciennes inventions il en ajoutait de nouvelles; il perfectionnait de plus en plus ses instrumens et ses machines. Chacun de vous, Messieurs, sait combien il était assidu à nos séances, et exact à remplir les obligations imposées aux membres du Conseil. Vous l’avez toujours vu bienveillant, désintéressé , communicatif, livrant aux jeunes artistes les fruits de son expérience; enfin cachant sous les glaces de l’âge le zèle le plus actif. Nous l’attendions dans ce lieu même, la veille du jour où il a disparu d’au milieu de nous ; pour la première fois, il manquait à un devoir qui était pour lui une douce habitude : la mort seule pouvait l’y rendre infidèle. Le g juin dernier, une affection cérébrale, fruit d’un travail opiniâtre et trop prolongé, enleva cet habile artiste à sa famille et à la société, léguant aux siens pour héritage l’exemple d’une vie pleine de jours laborieux, utiles et honorés. C’est du moins une consolation pour nous que de voir le fils qui lui succède marcher sur ses traces et soutenir sa réputation (i).
- (i) Il a perfectionnné le dynamomètre à répulsion et composé un instrument propre à
- déterminer la dureté comparative des surfaces; les fermetux’es à combinaisons sont exécutées chez lui avec le soin qui seul peut les rendre utiles.
- p.239 - vue 255/507
-
-
-
- ( 24o )
- Liste des membres et adjoints composant le Conseil d administration de la Société d Encouragement, à V époque du 31 juillet 1826.
- BUREAU.
- ' MM. ' /• * ' .y A': • ' : 'M!r
- Président. '
- Le comte Chaptai. (G. O. , chevalier des ordres du Roi, pair de France, membre de l’Académie des Sciences , rue de l’Université, n°. 45*
- Vice-P résidons.
- Le comte de Lasteyrie , membre de la Société royale et centrale d’agriculture , rue de Gre-nelle-Saint-Germain, n°. 59.,
- S. Exc. le duc de laRocheïoüc auld.-Doudf.au-ville (O.^), ), chevalier de l’ordre du
- Saint-Esprit, pair de France, ministre de la Maison du Roi , rue de Varennes , n°. 33.
- Secrétaire.
- Le baron de Gérando (C.^) conseiller d’Etat, membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres , impasse Férou , n°. 7.
- Secrétaires-adjoints. . ; w:
- Jomard (^), membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, commissaire du Gouvernement près-la Commission d’Egypte, rue de Grenelle-Saint-Germain, n°. i5.
- Ci.,-Anth. Costaz , ancien chef de la Division des arts et manufactures au Ministère de l’intérieur , rue de Richelieu, n°. 93.
- ’ Trésorier. \
- deMontamant (O.^), membre du Conseil général du département , de la Seine , rue de Menars,n°. 14.
- Censeurs.
- Le duc de Cadore (G. C. ^), pair de
- France , rue de Grenelle - Saint - Germain ,
- ii°. 91. ' ' <y.-, -r.
- MM. ' ' " . r ' -
- l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, rue d’Artois , n°. 28. ' ' ' '
- Le baron de Ladoucette ( , ancien préfet,
- président de la Société des antiquaires de France , rue Chantereine, n°. 14*
- Lepère ( ^) , inspecteur' divisionnaire des Ponts et Chaussées , rue du Bac, n°. 33. Michelin ( Hardouin ) , conseiller-référendaire à la Cour des comptes, rue d’Orléans, n°. 5 , au Marais.
- Le comte Alexis de Noailles (O. ^), ministre d’Etat et membre de la Chambre des Députés, place du Palais-Bourbon, n°. 95. Le marquis de Pastoret (G. C. ^ ) , pair de France, membre de l’Académie française et de celle des Inscriptions et Belles - Lettres, place Louis XV , n°. 6.
- Pérignon ( ^ ) , chevalier de l’ordre du Roi , membre du Conseil général du département de la Seine, rue Neu ve-Saint-Augustin, n°. 8. Le duc de la Vauguyon, (C, ), chevalier
- de l’ordre dû; Saint-Esprit, pair de France, lieutenant-général des armées du Roi, grande rue Verte, n°. 24. - •
- Adjoints. , • _
- Bordier i, peintre d’histoire, rue du roi de Sicile, n°. 2.
- Ciiaslon (^), ancien administrateur des Douanes , rue Neuve-des-Petits-Champs ,
- n°- 97- , /rt.-.R: -
- Molinier de Montplanqua (^ct) , avocat à
- la Cour de cassation , rue Saint-Antoine , n°. 71. •> :
- COMITÉ DES ARTS MÉCANIQUES.
- Le duc de la Rochefoucauld - Liancourt (^), pair de France, chevalier de l’ordre du Saint-Esprit, correspondant de l’Institut, rue Royale , n°. 9.
- COMMISSION DES FONDS.
- Le comte Abrial (G. C. , pair de France , rue Plumet^ n°. 18.
- Agasse, notaire , place Dauphine, n°. 23.
- Le comte Alex, de la Borde (j^î) , ( O. ^ ), maître des requêtes honoraire, membre de
- Baillet de Belloy ( , inspecteur division-
- naire des mines, rue du Bouloy, hôtel de Bretagne.
- FRANcœuR ^ , professeur à la Faculté des Sciences, rue du Cherche-Midi , n°. a5.
- Le vicomte Héricart de Thury (O. , con-
- seiller d^Etat, ingénieur eu chef des mines, directeur des travaux de Paris , membre de la Chambre des Députés, rue de l’Université, n°. 29. .
- p.240 - vue 256/507
-
-
-
- MM.
- Humblot-Cônté , fabricant de crayons , rue de Grenelle-Saint-Germain, n°. 42*
- Mallet ( Charles) ($£), ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, rue du Regard, n°. i4* Molard aîné (#) , membre de l’Académie des Sciences et du Comité consultatif des arts et manufactures , rue de Charonne , hôtel Vaucanson.
- Molard jeune, directeur - adjoint du Conservatoire des arts et métiers, rue et abbaye Saint-Martin.
- Le baron Poisson (^) , chevalier de l’ordre du Roi, membre de l’Académie des Sciences, professeur de mathématiques à l’Ecole polytechnique, rue de Condé, n°. 1 o. de Prony (O. ^), chevalier de l’ordre du Roi, membre de l’Académie des Sciences, directeur de l’École royale des Ponts et Chaussées, rue Culture-Sainte-Catherine, n°. 27.
- Le baron Ternaux (O. , manufacturier de
- draps, membre du Conseil général des manufactures , place des Victoires, n°. 6. Adjoints.
- Bréguet fils, horloger, quai de l’Horloge,
- n°* 79-
- Gambey , ingénieur en instrumens de mathématiques , rue du Faubourg Saint-Denis, n°. 5i.
- Hachette , professeur de géométrie à la Faculté des Sciences , membre du Conseil royal d’Agriculture, impasse Sainte-Catherine St.-Dominique-d’Enfer, n°, 6. Pajot-Descharmes, membre du Comité consultatif des arts èt manufactures, rue de la Verrerie , n°. 58.
- Tarbé de Vaüxclairs (O. , chevalier de
- l’ordre du Roi, maître des requêtes, inspecteur général des Ponts et Chaussées, rue de Hanovre, n°. 5.
- COMITÉ DES ARTS CHIMIQUES.
- Bréant ^ , vérificateur général des essais, à la i Monnaie.
- d’Arcet (-^ ) , chevalier de l’ordre du Roi, membre de l’Académie des Sciences, inspecteur général des essais , à la Monnaie. d’Artigues (£^) , membre du Conseil général des manufactures, rue du Faubourg-Poissonnière , n°. 3o.
- Despretz „ examinateur ù UÉcole polytechnique, rue des Fossés-Saint-Victor, n°. 19.
- Vingt-quatrième année. Juillet 182
- MM.
- Mérimée (^)j peintre, secrétaire perpétuel de l’École royale des Beaux-Arts , rue des Petits-Augustins, n°. 16.
- Pelletier (^), pharttiacien, membre du collège de Pharmacie, rue Jacob, n°. n.
- Roard propriétaire de la fabrique de
- céruse à Clichy, membre du Comité consultatif des arts et manufactures , rue Montmartre, n°. 160.1
- Robiquet , pharmacien, professeur de chimie à l’Ecole de pharmacie , rue des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois , n°. 5.
- Le baron Thénard (^), membre de l’Académie des Sciences et du Comité consultatif des arts et manufactures, rue de Grenelle-Saint-Germain , n°. 42.
- Vauquelin (^), chevalier de l’ordre du Roi, membre de l’Académie des Sciences, administrateur du Muséum d’histoire naturelle, rue de Seine-Saint-Victor.
- Adjoints.
- Boullay (^), pharmacien , rue des Fossés-Montmartre , n°. 17. _____
- Gaultier de Claubry, membre du Conseil de salubrité , rue Férou, n°. i5.
- Payen fils , fabricant de produits chimiques, à Vaugirard. v
- COMITÉ DES ARTS ÉCONOMIQUES. Bouriat , ancien pharmacien , rue du Bac , n°: 3q.
- Le baron Cagniard de Latour (^), chevalier de l’ordre du Roi, rue du Rocher, n°. 36. Christian (^) , directeur du Conservatoire des arts et métiers, rue et abbaye St.-Martin. Le baron Delessert (O. , régent de la-
- Banque de France , membre de l’Académie des Sciences, rue Coq-Héron , n°. 3. Derosne ( Charles ) , pharmacien , rue Saint-Honoré , n°. 115.
- Gillet de Laumont (^), chevalier de l’ordre du Roi , inspecteur général des mines, membre de l’Académie des Sciences e.t de la Société royaleet centrale d’Agriculture, rue des Bernardins , n°. 1.
- Labarraquje, pharmacien, rue Saint-Martin, n°. 369. -
- Le duc de la Rochefoucauld-Liancourt.
- Adjoints.
- Le prinCe de Craon (Edmond), ^ , rue Sairit-Dominiqüe , n°. 54.
- 5. Kk
- p.241 - vue 257/507
-
-
-
- ( 24 2 )
- MM.
- Delunel, ancien pharmacien, passage Saul-nier, n°. 38.
- Gourlier, architecte du Gouvernement, rapporteur près le Conseil des bâtimens civils, rue de l’Odéonjn0. ai.
- Pouillet, professeur de physique à là Faculté des sciences, rue Saint-André-des-Arts,, n°. 6o
- Vallot, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées , rue du Jardinet, n°. 8.
- COMITÉ D’AGRICULTURE.
- Baudrill art ( ^ ) , chef de division à la Direction générale des Forêts, membre de la Société royale et centrale d’Agriculture , rue Neuve-de-Luxembourg, a°. 2 ter.
- Bosc (^) , administrateur du Muséum d’histoire naturelle, membre de l’Académie des Sciences et de la Société royale et centrale d’Agriculture , au Jardin du Roi.
- Chailan (O. ^), membre de la Société royale et centrale d’Agriculture, rue des Champs-Élysées, n°. 8.
- LeC‘°. François de Neufchateau~(G.O.^), membre de l’Académie française, président de la Société royale et centrale d’Agriculture, rue Saint-Marc, n°. 14.
- Huzard (^)j chevalier de l’ordre du Roi , inspecteur général des Écoles royales vétérinaires, membre de l’Académie des Sciences, rue de l’Eperon , n°. 7.
- Le comte de Lasteyrie.
- Le baron de Silvestre, chevalier de l’ordre de Saint-Lazare , bibliothécaire du cabinet du Roi , membre de l’Académie royale des Sciences , secrétaii’e perpétuel de la Société royale et centrale d’Agriculture, rue Ta-ranne, n°. i3.
- Tessier (^i), chevalier de l’ordre du Roi, inspecteur général des Bergeries royales , membre de l’Académie des Sciences et de la Société royale et centrale d’Agriculture, rue des Petits-Augustins, n°. 26.
- Adjoints.
- Labbé aîné, propriétaire, rue Duphot, n°. 17.
- Vilmorin aîné, pépiniériste, quai de la Mégisserie, n°. 3o.
- MM.
- COMITÉ DE COMMERCE.
- B ellangé, membre du Conseil général des mas-nufactures, rue de Vendôme, n°. îor.
- Bérard (^), maître des requêtes, membre' du Conseil de salubrité, rue du Helder, n°. 13.
- Bottin , ^, secrétaire de la Société des Antiquaires de France, rédacteur de 11 Almanach du Commercent de plusieurs ouvrages^destatistique , rue J.-J. Rousseau, n°. 20.
- Le baron Coquebert de Montbret ( $$ ) , membre de l’Acadéînie des Sciences, rue St.-Dominique, n°. 71, faubourg Saint-Germain.
- Davillier (^ ), banquier , boulevart Poissonnière , n°. 15.
- Delessert (François) (^}, banquier, membre du Conseil général de Commerce, rue Coq-Héron , n°. 3.
- Le baron Gauthier de Brécy (^) , lecteur du Roi, rue Chantereine, n°. 4*
- Laffon De Ladebat (^), ancien député , rue Basse-du-Rempart, n°. 44-
- Le baron de Lavigerie (^) , administrateur des Douanes, rue d’Enghien , n°. 26.
- Vital-Roux (^), régent de la Banque de France , rue des Petites-Ecuries, nff. 41* COMMISSION DU BULLETIN.
- Cette Commission, chargée dé diriger et surveiller la rédaction du Bulletin > est composée des membres suivans :
- Francccur, |
- Molard aîné, rpour les Arts mécaniques. Tarbé, )
- >pour les Arts chimiques.
- 'pour les Arts économiques.
- d’Arcet ,
- Mérimée ,
- Christian,
- Bouriat,
- ’ Ipour l’Agriculture.
- de Lasteyrie , Jr
- Coquebert de Montbret, pour le Commerce. Rédacteur du Bulletin de la Société.
- M. Dacein , rue d’Anjou , n°. 24, faubourg Saint-Honoré.
- Agent général de la Société.
- M. Guillard-Senainville (^), secrétaire du Comité consultatif dés arts et manufactures, chef du bureau des pensions au Ministère de la Maison du Roi, rue du Bac, n°. 42.
- IMPRIMERIE DE MADAME HUZARD ( née Villat là Chapelle ),
- v RUE DE L’ÉPERON, Nn. 7.
- p.242 - vue 258/507
-
-
-
- VINGT-CINQUIÈME ANNÉE. (N°. CCLXYI. ) AOUT 1826.
- BULLETIN
- , . . .. DE LA ....
- S O CIE T É D ’E NCOURAGEM E NT
- POUR L'INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MECANIQUES.
- Rapport fait par M. Bailïet, au nom du Comité des arts mécaniques, sur une Grue nouvelle destinée a abréger la durée des sondages. : ,
- Messieurs, M. Beurrier fils, sondeur - fontenier à Abbeville, vous a adressé le dessin et le modèle d’une grue à sonder ou grue-sonnette, qu’il a inventée, et qui est particulièrement destinée à abréger les opérations toujours trop longues du sondage.
- Avant de vous faire connaître ce qui distingue cette machiné nouvelle des autres machines de même sorte, dont les sondeurs se servent ordinairement , nous croyons devoir vous dire quelques mots sur le but que M. Beurrier s’est proposé; vous pourrez mieux apprécier ensuite les moyens qu’il a employés pour l’atteindre.
- Vous savez, Messieurs, que la sonde est un instrument éminemment utile quand on veut reconnaître la nature des différentes couches d’un terrain; rechercher des mines, des terres, des sables ou d’autres substances minérales, et découvrir des sources jaillissantes, soit pour les besoins domestiques, soit pour l’irrigation des prés, soit même pour mouvoir des moulins ou d’autres machines (i) ; instrument trop peu employé, et dont l’usage, bien entendu et bien dirigé, pourrait, sans aucun doute, rendre de très-grands services à plusieurs arts, à plusieurs industries, et nous ajouterons aussi à plusieurs sciences, à celles sur-tout pour qui il importe
- (1) Voyez le Bulletin de la Société d’Encouragement, année 1822, page 73.
- Vingt-cinquième année. Août 1&26. El
- p.243 - vue 259/507
-
-
-
- ' , : ' ; . ' C ^44 )
- de savoir quelle est la structure et la température de la terre à différentes distances de sa surface.
- Mais les sondages profonds sont très-longs et très-dispendieux, et les frais qu’ils exigent croissent très-rapidement, à mesure qu’il faut pénétrer à une profondeur plus grande. Pour qu’on puisse se faire une idée de cette augmentation de dépense, il nous suffira de rappeler ici qu’en Angleterre on paye aux entrepreneurs de sondages à forfait, pour la recherche des eaux (1), et indépendamment du prix des tuyaux qui sont nécessaires pour soutenir les parois du trou,
- 4 pences par pied (mesure anglaise ) pour chacun des 10 premiers pieds,
- 8 id. par id....................pour chacun des 1 o pieds suivans,
- 12 id, par id. . . .............pour chacun des 10 autres pieds suiv.
- et successivement en augmentant de 4 pences par pied pour chacun des 10 pieds subséquens (2).
- On peut calculer d’après ces données que la dépense de sondage s’élève :
- (1) Voyez The London Journal ofarts, 1823, tom. 4? pag. 201.
- (2) Ces prix diffèrent un peu de ceux que coûtaient, il y a soixante ou soixante-dix ans , les sondages pour la recherche des mines de houille dans les environs de Newcastle. On payait alors, indépendamment des frais occasionnés par des accidens extraordinaires ou la rencontre d’un rocher trop dur :
- 25 schellings pour les 5 premières toises,
- 5o schellings pour les 5 toises suivantes,
- 75 schellings pour les 5 autres toises suivantes ,
- en augmentant de 25 schellings pour chaque accroissement de 5 toises. Il est aisé de voir que ces prix anciens sont un peu plus considérables que les prix actuels rapportés ci-dessus, pour les sondages qui ont moins de 90 pieds de profondeur5 mais ils sont moindres pour-des sondages plus profonds. (Voyez les Voyages métallurgiques de Jars, tome 1, page 182, et la Richesse minérale de M. Héron de Villefosse9 tome 11, page 121. )
- En France, les sondeurs ne sont pas dans l’usage d’entreprendre des sondages à prix fait : ceux du département du Pas-de-Calais consentent quelquefois à le faire, quand ils savent qu’ils n’auront à traverser que des argiles et des calcaires crayeux : ils demandent ordinairement :
- 3 fr.
- 3 fr.
- 4 fr.
- 4 fr.
- 5 fr.
- » c. par pied jusqu’à 100 pieds ... - ... ci pour iQO pieds, 3oo fr. 33 c.
- 00 depuis 100 jusqu’à 125, ci pour 125 387 5o
- depuis 125 jusqu’à i5o, ci pour 15o 487 5o
- 5o depuis i5o jusqu’à 175, ci pour i75 600 T>
- » . depuis 175 - jusqu’à 200, ci pour 13 O O jn5 , y>
- Voyez le Traité sur les puits artésiens; par M. Garnier, 2e. édition, 1826, page 221.
- p.244 - vue 260/507
-
-
-
- Pour 5o pieds à Pour ioo à
- Pour 200 à
- Pour 3oo à
- Pour 400 à
- Pour 5oo à
- Pour 600 à
- ( ns )
- 5o schellings ou 60 francs environ, i85 schellings 4 pences. 21g fr. 700 schellings. 7 . . . . 840
- i55o schellings» j. . ... i85o 2733 schellings 4 pences. 327g 4^50 schellings. . . ... . 5ioo 6100 schellings. . . . . . 7250,
- et si cette progression des prix pouvait s’appliquer à des sondages d’une profondeur quelconque , on trouverait que la dépense serait :
- Pour goo pieds, de i365o schellings, i638o fr. environ. Pour 1200 de 24200 schellings, 27040
- Pour i5oo de 37750 schellings, 44°°° fr*
- La cause principale de cet accroissement progressif des frais de sondage est facile à reconnaître ; elle tient à la nature même des opérations et à la composition de l’instrument qui sert à sonder ; elle résulte du grand nombre d’allonges qui forment la tige de la sonde, et de la nécessité de les assembler chaque fois qu’il faut retirer l’outil, en remettre un autre ou curer le fond du trou.
- On a cherché depuis long-temps à diminuer cet inconvénient, soit en construisant des grues, des chèvres, ou d’autres machines analogues, d’une grande hauteur, qui permettent de retirer et de descendre à-la-fois de longues portions de tiges sans être obligé de défaire et de refaire les assemblages, soit en creusant un puits jusqu’aux premières eaux, ou en profitant d’un puits déjà existant, et en perçant le trou de sonde au fond du puits; ce qui offre encore plus d’avantage que les grues et abrège beaucoup la durée du sondage.
- Mais les grues très-élevées exigent une charpente considérable, dispendieuse, embarrassante; et sur-tout difficile à transporter d’un lieu à un autre; et les puits dont nous venons d’indiquer toute l’utilité n’existent pas par-tout et ne sont pas toujours praticables. En général, dans la plupart des sondages, on se contente le plus souvent d’employer des grues qui peuvent élever à-la-fois plusieurs barres de sonde, dont les longueurs réunies sont de 6, de 8 ourle 10 mètres.
- M. Beurrier, instruit par sa propre expérience qu’il y aurait beaucoup à gagner sur la durée et les frais d’un sondage, si on ne désassemblait la tige de la sonde que par portions d’une très-grande longueur, et qu’il importerait sur-tout de ne faire usage pour remplir cette condition, que d’une
- L1 2
- p.245 - vue 261/507
-
-
-
- ( ) -
- grue légère, peu compliquée, aisée à démonter et à porter où l’on veut, a imaginé la machine dont il vous présente le modèle.
- JNous allons vous la faire connaître et vous soumettre nos observations.
- La partie fondamentale de celte machine est une grue à sonder ou grue-sonnette ordinaire, qui, considérée seule, pourrait servir à élever et descendre des portions de tiges d’une longueur égale à l’élévation de la poulie au-dessus du sol, mais qui, par l’addition d’un mât dehune, devient propre à élever et descendre des portions de tiges d’une longueur beaucoup plus considérable. '
- Nous nous hâtons de dire que ce mât de hune (qui porte près de son sommet plusieurs poulies encastrées en nombre égal à celui des portions de tige qu’on veut élever et descendre successivement ) ne sert pas à soulever ni à porter le poids des tiges; mais il procure le moyen de les maintenir, soit pendant qu’on les retire du trou de sonde ou qu’on les fait descendre, soit quand elles sont en repos et mises en réserve.
- Pour adapter un mât de hune au haut de la grue, M. Beurrier a placé au sommet du montant principal, qu’il nomme bas mât, deux pièces de bois appelées chouquets, dans lesquelles on élève le mât de hune, et sur lesquelles on le fixe invariablement avec deux clefs qui servent à le supporter.
- La manœuvre nécessaire pour mettre en place le mât de hune est connue des marins, et s’exécute très-facilement, à l’aide d’une guinderesse et de deux rouets, dont l’un est encastré dans le pied du mât de hune, et l’autre près de la tête du bas mât.
- Aussitôt que le mât de hune est en place, des haubans attachés par un bout à son sommet, sont fixés par leur autre bout et sous différens angles à la base même de la grue et à des pieux plus éloignés, et ils concourent ainsi à assurer la stabilité de toute la machine.
- Quant à la manœuvre de la sonde elle-même, voici en peu de mots, et en supprimant tous les détails accessoires, comment elle doit s’exécuter.
- Lorsqu’il s’agit de retirer la sonde du trou où elle est descendue, on commence par élever la tête de la sonde, à l’aide du treuil et du câble, jusqu’à la poulie de la grue; on saisit ensuite la tige au niveau du sol et on élève la tête de la sonde, cette deuxième fois, à une hauteur double. Pendant cette seconde opération, la tête de la sonde est maintenue continuellement près du mât de hune, à l’aide d’une corde qui passe sur un des rouets du sommet de ce mât; enfin on saisit de nouveau la tige de la sonde près du sol, et on élève sa tête à une hauteur triple de la première, en ayant soin de la maintenir près du mât, comme dans l’opération précé-
- p.246 - vue 262/507
-
-
-
- ( 2 i" )
- dente, et de la laisser s’élever librement dans l’anneau horizontal qui est situé au-dessous des rouets.
- On désassemble alors la tige de la sonde au ras du sol; on l’écarte un peu hors de l’à-plomb du trou de sonde ; on passe une goupille dans un trou de cette tige, immédiatement au-dessus de deux pièces de bois qui, dans le modèle, sont un peu au-dessous de la poulie de la grue, et on laisse ensuite cette tige s’appuyer et se reposer sur cette goupille.
- On continue à retirer de la même manière, et en trois reprises, une seconde portion de tige de même longueur que la première, puis une troisième, et ainsi de suite, jusqu’à ce que la tige entière de la sonde soit complètement élevée.
- Lorsqu il s’agit au contraire de descendre la sonde dans le trou, on procède d’une manière inverse : on descend successivement chaque portion de tige en trois reprises différentes, en les maintenant près du mât de hune, comme quand on les a élevées, et en les assemblant les unes aux autres, aussitôt que leur extrémité supérieure est parvenue presque au niveau du sol.
- Tels sont, Messieurs, les nouveaux moyens de sondage que vous avez renvoyés à l’examen de votre Comité des arts mécaniques. Vous avez pu juger par les détails dans lesquels nous sommes entrés, que M. Beurrier, à qui vous avez déjà décerné une médaille d’encouragement en 1822, continue à s’occuper de son art avec un zèle digne de vos éloges. Il s’est proposé, cette fois, de résoudre une question très-importante, celle d’abréger la durée toujours trop longue des sondages profonds, et il s’est aidé, pour y parvenir, de procédés connus et appliqués à d’autres usages.
- Nous pensons qu’on doit approuver l’idée principale qu’il a conçue, d’é-- lever et de descendre, à plusieurs reprises, une longue tige de sonde, sans en désassembler les différentes barres, et de la soutenir quand elle est en repos ou mise en réserve, par une goupille qui la traverse dans un point déterminé de sa longueur. La disposition générale des diverses parties de sa nouvelle grue à sonder nous paraît bien entendue et ordonnée sur de bons principes; mais quelque favorable que soit notre opinion sur cette machine, nous aurions désiré que l’expérience en eût fait apprécier les avantages et les inconvéniens, et nous croyons qu’il serait utile de provoquer l’essai de ces nouveaux moyens de sondage, en les portant à la connaissance du public.
- Nous avons en conséquence l’honneur de vous proposer : i°. D’écrire à M. Beurrier pour le remercier de la communication qu’il vous a faite;
- p.247 - vue 263/507
-
-
-
- , - ( *48 )
- ' 2°. De publier, par la voie du Bulletin, la description et le dessin de la nouvelle grue à sonder.
- Adopté en séance, le 12 avril 1826.
- x. Signé Baillet, rapporteur.
- Description de la Grue a sonder de M. Beurrier jîls 7 sondeur-
- fontenier a Abbeville.
- La sonde est ordinairement composée de barres de fer qui ont 10 pieds de longueur et i5 lignes de grosseur, et sont assemblées et tenues solidement avec des boulons et des écrous. Les Jig. 1, 2 et 3, PL 5o6, peuvent donner une idée de cet assemblage ; mais quand il est nécessaire de retirer la sonde d’une grande profondeur, cette manœuvre est longue et pénible, parce qu’il faut ôter les boulons et les écrous de deux barres en deux barres : il en résulte que la plus grande partie du temps est employée à assembler et à désassembler la tige de la sonde. M. Beurrier a remarqué à Raveau, près la Charité-sur-Loire, qu’il fallait près d’une heure pour descendre et monter la sonde, et qu’il ne fallait que dix minutes pour la faire agir au fond du trou, quia 110 pieds de profondeur. C’est pour épargner une partie de ce temps que l’auteur a cherché la meilleure manière çle disposer une grue pour lever la plus grande longueur de barres possible sans les désassembler.
- Cette grue diffère peu de la grue ordinaire représentée PL 12 du Mémoire de M. Garnier. La Jig. 5 représente le pied ; un mât ou montant est élevé au centre A, afin que toutes les pièces s’appuient sur lui, L’engrain est placé au-dessus de la pièce oblique BC, qui représente la queue de la grue. Sur le point E est élevé un montant servant à tenir le treuil. On voit, Jig. 6, la mâture A F/ et la queue Ch. Les montans El servent à soutenir la mâture sur l’élévation de son pied. En KL est un plancher sur lequel se place l’homme destiné à conduire la tête de la sonde, comme nous le ferons voir dans la suite. MN est un établi composé de deux pièces de bois, représentées Jig. 8, et entre lesquelles passent le câble et la tige de la sonde. Ces deux pièces de bois MN, Jig. 8, sont posées sur deux autres pièces 0, dont on voit la forme, Jig. g : elles sont attachées sur les montans EI, Jig. 6, avec une clef R, qui les tient solidement sur le petit arc-boutant T’. La grande roue Q traverse le mât, où elle est portée par deux montans F'S ,Jig. 7. Elle doit être endéiée d’une boîte de fer et tenue par un boulon sur lequel elle tourne librement. Au-dessus de cette roue sont placées deux pièces de bois T' et lé', Jig. 6 et 7, nom-
- p.248 - vue 264/507
-
-
-
- pl.306 - vue 265/507
-
-
-
- ( 249 )
- mées chouquets : ces pièces sont représentées jig. io et n. La pièce T, Jig. io, se place au point T', où elle est arrêtée par une clef r, qui la fixe invariablement au mât; la pièce, Jîg. n, qui se place au point F', est seulement capellée au-dessus de la tête du mât : ces pièces ont une ouverture carrée, qui sert de passage à un autre mât Y, nommé mât de hune, qui est élevé à travers ces ouvertures, jusqu’à ce que son pied présente au-dessus du chouquet F' les ouvertures cd, pour y introduire une clef, qui l’empêche de descendre. Comme ce mât s’élève fort haut, nous allons donner la manière de faire cette opération.
- La grue est munie des pièces principales, Jig- 12, avant de monter la grande roue ; voici comment on fait cette manœuvre. Supposons le mâl de hune placé d’avance verticalement et auprès du bas mât de la grue dont il doit former le prolongement. Un cordage nommé guinderesse est fixé par un bout Z, fig. 12, à un piton du chouquet : il passe sur un rouet U encastré dans le pied du mât; de là il remonte dans un autre rouet Y encastré à la tête du bas mât, et ensuite il se rend au treuil : là il est roidi, et le mât qui cède à cet effort est élevé à travers les chouquets Z et T, jusqu’à ce que son pied présente les trous carrés c d dont il est percé au-dessous du chouquet Z : alors une clef h est introduite dans chacun des trous cd, et le mât abandonné repose sur les chouquets. Les haubans CV, FV sont aussitôt roidis pour les tenir fermes. (La jig. i3 donne une idée de la manière dont sont attachés les haubans à la tête du mât ; on peut les multiplier, autant que la position le permet, sous des angles plus on moins ouverts. )
- On voit,jÆg. i3, la tête du mât; elle est garnie d’un nombre indéterminé de poulies ej\ dans chacune desquelles passe un cordage qui, d’un côté, tient la tête-de la sonde quand elle est élevée à la hauteur P,jig. 6, et de l’autre vient s’amarrer sur la pièce de bois, jig. 14. Cette pièce est placée en h, jig. 6 et 7 : nous ferons voir ailleurs son utilité. Au point K, jig. i3, se trouve un anneau de fernommé blain, vu séparément,^. i5; il sert à maintenir la tige de sonde dans une position verticale lorsqu’elle est en repos. Cet anneau doit être placé quand le mât de hune présente sa tête au-dessus du chouquet Z, jig. 6 : le niât étant élevé, on monte la roue et le reste de la grue, comme elle est représentée jig. 6 et 7.
- La grue ainsi élevée, voici quelle est la manœuvre pour assembler et désassembler lesbarres de fer. Supposons que le trou de sonde soit percé à 11 o pieds de profondeur ; que la tige de sonde soit composée de douze barres, formant 120 pieds; considérons-les comme descendues au fond du trou, attachées au bout du câble n, m, o, P,jig. 6, et garnies par le bout de l’étrier,
- p.249 - vue 266/507
-
-
-
- ( 25o )
- Jig. 16 et 17 : cet étrier doit recevoir la tête de la sonde, fig. qui est armée d’un émerillon tournant sur lui-même, pour empêcher, la torsion du câble : à la suite sont attachées les barres et l’outil analogue au terrain à percer. Chaque barre est percée de deux trous renflés B'C', Jig. 3, dans lesquels on passe une goupille E, Jig. 2.
- Voyons maintenant comment on élève toutes ces barres. L’étrier r, fixé par un boulon à la tête de sonde, doit être élevé à l’aide du treuil jusqu’en Y, jig. 6. Ensuite un des hommes servant à tourner la manivelle placera dans le trou C' de la tige de sonde la goupille E, et toute la sonde reposera sur la manivelle. Pendant cette opération, le deuxième homme employé à la manivelle montera sur le plancher K L pour descendre le câble et l’étrier. Aussitôt que la sonde est en repos, on attachera l’étrier avec une goupille dans le trou B' : pendant que l’on mettra cette goupille, l’homme qui se tient sur le plancher K L posera un petit étrier semblable au premier ( voyezjig. 18 et ig) dans la tête de la sonde. Cette manœuvre se fera simultanément avec l’autre et il n’y aura pas de perte de temps. L’étrier est attaché à une petite corde qui passe dans une poulie encastrée à la tête du mât de hune, et descend s’amarrer en h. On recommencera à lever de nouveau, et l’homme sur le plancher aura soin de tirer sur la corde h, f g, afin de faire tenir la tête de la sonde le long du mât dans une position toujours verticale. L’étrier r étant parvenu une deuxième fois au point P, l’homme .placé sur le plancher KL enveloppera la corde h7 f g, autour de la pièce de bois h, comme on le voit jig. 14, et aussitôt il passera dans le trou C' une goupille; la sonde, abandonnée sur cette goupille, reposera sur l’établi MN; on fera redescendre de suite le câble pour reprendre l’étrier dans le trou B' du bas de la sonde. Pendant que l’homme d’en bas remettra cet étrier, l’homme sur le plancher K L roi-dira la corde h, j\ g; on recommencera à lever pour la troisième fois. C’est aussi au moyen de cette corde que l’on fera entrer la tête de sonde dans le blainK; lorsqu’elle y sera parvenue, on la laissera s’élever librement dans cet anneau, tant qu’elle n’aura pas trop de fouet. La sonde étant arrivée cette troisième fois à sa plus grande élévation, on placera la goupille dans le trou C' du bas, c’est-à-dire sur la manivelle ; ensuite on démontera les deux écrous qui tiennent assemblée la portion de tige hors du trou de sonde, avec les autres barres qui sont encore dans le trou. On écartera un peu cette tige hors de l’aplomb du trou, afin qu’elle ne gêne pas la manœuvre. On la laissera suspendue sur l’établi M N par une goupille, comme on la voit en A"B" C"D", fig. 7; on fera redescendre le câble pour répéter la même _ opération, jusqu’à ce que toute la sonde soit sortie du trou.
- Supposons
- p.250 - vue 267/507
-
-
-
- ( a5i )
- Supposons maintenant que l’on veuille redescendre la sonde ; il faudra introduire la première barre qui porte l’outil dans le trou et la tenir suspendue sur la manivelle par une goupille dans le trou B'; ensuite remonter le câble et l’étrier pour reprendre les barres en repos sur l’établi, les assembler avec la barre qui porte l’outil, dégager la goupille et descendre les barres jusqu’à ce que l’étrier soit arrivé en bas. L’homme placé en KL aura soin, pendant cette manœuvre, de tenir sa corde raide, afin de conserver toujours la tige bien verticale, et l’homme d’en bas mettra la goupille dans le trou C-; on remontera l’étrier pour le reprendre dans le trou B', et descendre aussitôt jusqu’en bas , puis opérant comme la première fois, on élèvera l’étrier pour le reprendre dans l’émerillon de la tête de sonde, en retirant le pétit étrier, qui est alors en repos, et cette fois elle arrivera au fond du trou pour y travailler suivant la nature du terrain.
- Il est aisé de voir combien, par cette manœuvre, on doit gagner de temps, puisqu’il ne faut diviser les barres que de 90 en go pieds, au lieu de le faire de 20 en 20 pieds ; il n’y a donc de temps perdu que celui que le câble met à descendre, pour reprendre la sonde, d’un trou B' en haut à pareil trou en bas. Cette perte, qui a lieu aussi dans d’autres grues, est peu de chose en comparaison du temps qu’il faut pour retirer les boulons et les écrous.
- Cette nouvelle grue aura beaucoup d’avantages dans b exécution d’un grand sondage.
- Voici les outils dont l’auteur fait le plus souvent usage dans le forage.
- La Jig. 20 représente la manivelle ; on doit avoir soin que la barre passe bien par le milieu, afin de n’être pas obligé de faire un plus grand effort daqs un tour que dans l’autre.
- Les Jig. 21 et 22 sont des ciseaux pour casser les pierres et cailloux.
- La Jig. a3 est un tire-bourre pour enlever les cailloux cassés.
- La Jig. 24 est une tarelle pour les terres grasses ; il y en a de toutes les grosseurs, depuis 3 pouces jusqu’à 12.
- La Jig. 25 est un trépan pour les argiles très-compactes; l’outil, Jig. 26, sert pour les terres de même espèce, mais liquides.
- Les fîg. 18 et ig sont des étriers que l’on met au bout des barres lorsqu’elles sont élevées au-dessus de l’établi KL ,Jig. 6. Il en faut autant qu’on a de portions de tiges à séparer.
- IL&Jig. 27 représente l’écoperche et le mouton qui sert à enfoncer les luises ou tuyaux ; elle se place, quand on en a besoin, au-dessus du point e, fig. 5.
- Il y a beaucoup d’autres outils dont on peut faire usage dans le sondage ; on en trouve la description dans le Mémoire de M. Garnier. Vingt-cinquième année. Août 1826. Mm
- p.251 - vue 268/507
-
-
-
- Description d une scierie a lames 'verticales et à mouvement alternatif, construite par MM. Cal la pere et Jils, rue du Faubourg-Poissonnière, n°. 92, a Paris.
- Le besoin de bonnes machines à débiter les bois se fait généralement sentir : aussi la Société d’Encouragemenl, convaincue de cette nécessité et considérant l’imperfection de la plupart des scieries actuelles, a-t-elle proposé un prix de 5ooo francs, dont 2000 francs pour celui qui aura construit le moulin à scie dont le mécanisme débitera avec le plus de précision, et à plus bas prix , des bois de charpente de toute dimension , et 3ooo francs pour un établissement dans lequel ou parviendra à planer, rainer et lan-guetter avec le plus d’économie les bois destinés aux ouvrages de menuiserie. /
- Pour mettre les concurrens sur la voie des perfectionnemens désirés, nous publierons successivement la description de celles des scieries nouvelles qui réunissent le plus d’avantages, et dont une longue expérience a constaté le succès.
- Nous nous occuperons aujourd’hui de la scierie alternative construite par MM., Calla père et fils, avec le soin et le talent qui distinguent ces habiles artistes. M. Molard, dans un rapport inséré au Bulletin de l’année 1824, page 25i , a donné une idée très-favorable de cette machine, qui débite des bois don demi-mètre d’équarrissage, et se distingue par plusieurs perfectionnemens et par le peu de force qu’elle emploie comparativeînent aux scieries ordinaires.
- Cette scierie est représentée en élévation latérale et vue de face, jig. 1 et 2, Pl. 307. La fig. 3 montre les galets qui guident le châssis, et lajig. le mécanisme qui fait avancer le madrier à mesure qu’il est débité.
- Les mêmes lettres désignent les mêmes objets dans toutes les figures.
- , Le bâtis A est entièrement en fer fondu ; il a 6 mètres de haut et toute la solidité nécessaire pour résister aux efforts et aux chocs auxquels les scieries sont sujettes. Le plancher B B de l’.usine est établi à environ la moitié de la hauteur du bâtis. -
- Dans la partie supérieure, le châssis porte-scies C D EF monte et descend verticalement entre huit galets GG H H, qu’on voit plus distinctement, jig. 3. Ces galets sont réunis deux à deux sur un même arbre (7; mais pour éviter les résistances que le châssis pourrait éprouver dans son mouvement alternatif, les quatre galets GG sont disposés de manière à couler longitudinalement sur la partie a des arbres, tandis que les galets HII sont fixés
- p.252 - vue 269/507
-
-
-
- pl.307 - vue 270/507
-
-
-
- ( 253 )
- invariablement et servent seuls à déterminer la position du châssis dans le sens de la largeur de la machine. Ce châssis est mis en communication avec l’arbre à manivelle 11, au moyen de deux grandes bielles JJ. Le mouvement est transmis par une courroie a la grande poulie Z; un volant A' sert à le régulariser.
- Les lames B'B' sont montées dans le châssis, par des brides K K K K, dont celles du bas sont fixes. La tension des lames, au lieu de se faire par des vis et des coins , comme dans les scieries ordinaires, s’opère au moyen d’un levier horizontal M, qui tire une tringle à crochet L. On conçoit qu’en appuyant sur le levier M ou en l’abaissant à l’aide d’une corde ou autrement , on parvient à donner aux lames une tension uniforme. Pendant cette opération, deux contre-buttes UU sont amenées en contact avec le châssis et l’arrêtent : mais lorsque la machine travaille, elles sont tenues écartées à l’aide de deux crochets V V.
- Le madrier D, destiné à être divisé en planches, est maintenu à ses deux bouts par des supports à griffes N et Q, qui l’arrêtent invariablement. L’un de ces supports 0 est fixe; l’autre, N, glisse dans une coulisse pratiquée le long du cliariot à crémaillère PP, pour s’accommoder aux différentes longueurs de bois : on l’arrête par un boulon à clavette b.
- Un pignon S, monté sur l’arbre R, engrène dans la crémaillère du chariot P et le fait avancer contre les scies , ainsi que le madrier qu’il porte, â mesure que le bois est débité. Ce pignon est mu par une roue à rochet Q fixée sur le même arbre R et que fait tourner à son tour un cliquet T, qui s’engage successivement dans les dents du rochet. Le cliquet est attaché à une pièce Er courbée vers sa partie inférieure et mobile sur l’axe c; elle porte sur une partie de sa longueur une coulisse d, dans laquelle joue librement un boulon à écrous e, fixé sur la grande bielle J. Il est évident que chaque fois que celte bielle monte, elle fait basculer la pièce L et pousse en avant le cliquet T :.de cette manière, le mouvement vertical du châssis porte-scies est transformé en un mouvement horizontal imprimé au chariot P et par conséquent au bois qu’il porte. Dans la machine de M. Cctlla, le madrier avance pendant que le châssis monte, et les scies coupent pendant que le chariot est immobile. Pour cet effet, la ligue qui passe par la pointe de leurs dents est inclinée sur le bois à couper, et forme avec le plan que parcourt le châssis un angle proportionnel à la quantité de bois qu’on veut enlever à chaque coup.
- Ce mécanisme est fort bien conçu : un autre, qui n’est pas moins ingénieux, a pour objet de raidir le madrier du haut en bas, afin d’empêcher les vibrations que de longues pièces peuvent éprouver dans le travail ; il
- iVi ni 2
- p.253 - vue 271/507
-
-
-
- (,254-)
- évite aussi uu défaut très-commun dans les scieries ordinaires et qui consiste en ce que les lames s’engagent dans le bois, au point de le soulever quand elles remontent, ce qui produit une déviation dans les traits.
- Le mécanisme dont nous venons de parler se compose d’une espèce de butoir X, qui prend sur ses tourillons//une position plus ou moins inclinée, suivant l’épaisseur du madrier placé sur le chariot.
- Les poulies Y Y montées sur l’arbre R sont destinées à ramener le chariot à sa première position , après que la pièce de bois a été sciée.
- Nous avons représenté la machine armée de quatre lames seulement ; mais elle peut en porter davantage. En général, leur nombre se règle sur l’épaisseur et la quantité des planches qu’on veut découper dans un madrier d’un diamètre donné. On conçoit que plus il y a de scies, plus il faudra de force motrice pour faire fonctionner la machine, et moins ou enlèvera de bois à chaque coup. • ) ; ; • ,
- La vitesse de chaque lame est de quatre-vingts coups par minute. Quand il y a douze lames, il faudra une force de six à sept chevaux pour mettre la scierie en mouvement. Une semblable machine, marchant douze heures par jour, peut débiter 700 mètres superficiels de bois de chêne. La force employée pour la mouvoir n’est guère, pour le même travail, que les deux tiers de celle que les ingénieurs anglais estiment nécessaire pour leur système ordinaire. ? -ril-.D-ï w-. . .
- Description d’une platine de percussion propre a être adaptée aux bouches a feu employées dans la marine militaire; par M. Dickinson,, capitaine de vaisseau. *
- * Dans l’ancien système de l’artillerie de marine, on mettait le feu aux pièces au moyen d’une mèche, comme 011 le fait encore aujourd’hui pour l’artillerie de terre. Cette pratique occasionnait .souvent des apcidens graves. Dans le désordre inévitable d’un combat naval, le transport de la poudre, depuis les soutes jusqu’à l’entrepont, ne se faisait pas avec assez de précaution pour qu’il ne s’en répandit pas à terre : alors une étincelle échappée de la mèche du cannonier pouvait mettre le feu à la poudre et donner lieu à des explosions dangereuses. Pour remédier à cet inconvénient, et en même temps pour pointer avec plus de précision, on a adapté sur la lumière du canon de fortes platines de fusil à pierre. Aujourd’hui la marine française et anglaise sont pourvues de ces platines. ^ f.
- Malgré les avantages de ce système, on reconnut bientôt que les nombreux ratés des platines à pierre nuisaient à la célérité du service et obli-
- p.254 - vue 272/507
-
-
-
- ( 255 )
- geaient de recourir souvent à l’ancienne méthode. On a donc eu l’idée de remplacer ces platines par des platines à percussion, dont l’effet est plus sûr et plus prompt. Lors des premiers essais faits dans ce but, la platine était placée directement sur la lumière; mais aussitôt que le grain d’amorce était enflammé et communiquait le feu à la charge, il se produisait une réaction du fluide qui, cherchant à se dégager, sortait vivement par la lumière et relevait le marteau ; ce qui pouvait blesser les servans.
- ' M. Dickinson a obvié à ce défaut par un moyen aussi simple qu’ingénieux , qui lui a valu une médaille d’or de la Société d’Encouragement de Londres.
- Au lieu de placer la platine directement sur la lumière n, Jig. 5, PL 3o8, il a pratiqué à côté, entre l’astragale et la culasse, un canal incliné o, dont l’orifice est très-étroit et qui vient aboutir à la lumière, à un pouce au-dessus de la charge p, qu’on perce avec un dégorgeoir. La lumière est couverte d’un obturateur^ qui la garantit de l’humidité et s’ouvre chaque fois que le marteau c s’abat, pour laisser dégager la fumée produite par l’inflammation. Le grain d’amorce est renfermé dans un petit chapeau de cuivre, qu’on place sur l’orifice b du tube. Une ficelle est attachée à la détente i; lorsque le pointeur a saisi le moment favorable, il tire cette ficelle et le coup part aussitôt.
- La platine est fixée sur la pièce au moyen de deux fortes vis l serrées par des écrous à oreilles m m. Le marteau c, au lieu d’être droit, est tourné en dehors, ce qui peut le faire casser par la .violence du choc : on a évité ce défaut dans les platines construites en France pour le même objet. Le marteau est muni d’une pièce d taillée en biseau, qui, en agissant sur une broche e, la fait sortir du trou où elle est engagée, la presse contre le talon relevé en équerre de l’obturateur, et amène ce dernier dans la position indiquée par les lignes ponctuées, fig. 2 ; ce qpi ouvre la lumière n. Aussitôt que le marteau est relevé , la broche e reprend sa première position, et l’obturateur J\ pressé par le ressort h, se ferme.
- Explication des Jig. de la PL 3o8.
- Fig. 1. Élévation latérale de la platine et d’une partie de la culasse du canon. , *
- Fig. 2. Vue en dessus des mêmes pièces. ,
- Fig. 3. Section verticale du canon, en avant de la batterie, montrant les tubes de communication du feu.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans toutes lés figures.
- tf, plate-forme faisant corps avec la culasse; ô, orifice de la lumière
- p.255 - vue 273/507
-
-
-
- ( a56 )
- qu’on recouvre d’un petit chapeau de cuivre renfermant le grain d’amorce ; c marteau; d, piècé taillée en biseau et fixée au marteau ; e, broché agissant librement dans un trou percé à la base de là platine; /j obturateur de la lumière; g, vis sur laquelle tourne l'obturateur; h, ressort qui le presse ; i, détente; kk, deux trous dam lesquels passent les vis II, qui fixent la platine sur la plate-forme a, au moyen de deux écrous à oreilles m m ; n, lumière; o, petit tuyau par lequel le feu se communique à la charge; p, tonnerre de la pièce. ‘
- Description de nouveaux cintres proposés pour être employ és dans la construction des arches de ponts a grande ouverture ; par M. Ainger.
- La construction des cintres pour les arches dé ponts à grande ouverture et à voûte surbaissée est une des opérations les plus difficiles de j’art delà charpente. Les cintreà employés dâuS lés travaux hydrauliques de TAngleterre laissant beaucoup à désirer sous le rapport de la solidité , de l’économie des matériaux et de la facilité de leur placement, on a cherché à les perfectionner ; mais les tentatives faites à cet égard ont eu en général peu de succès.
- Avant de faire connaître son nouveau système de cintres, l’auteur examine lesdéfautsde ceuxàCtUèlleméttlenttsagei. Ce^défantsconsistent i°. dans le grand nombre de mortaises percées dans les grosses pièces de charpenté pour y placer les supports et les traverses qui les lient entre elles, mortaises qui diminuent considérablement la solidité des bois; 20. dans l’excessive obliquité donnée à la plupart des pièces relativement à la direction de la pression qu’elles éprouvent; 5°. dans l’absence de tout moyen efficace dé consolider lés différentes parties de la charpente. i ^
- O11 sait combien en général lés mortaises nuisent à la solidité des bois, sur-tout lorsqu’elles sont trop multipliées Ou qu’elles sont pratiquées aux deux faces opposées des charpentes ; alors le moindre effort les fait plier ou briser : voici le moyen que M. Ainger propose pour remédier à cet inconvénient. * ^ ^
- Les pièces principales s b, s c, s g, kc, kg, kh du cintre représenté Jig. 4, PL 5o8 , ne sont pas percées de mortaises ni affaiblies en aucune manière, à l’exception des points où elles reçoivent les supports ou rayons d’assemblage b r, c q, etc., et où se trouvent de petites entailles peu profondes ; elles n’ont qu’un seul point d’intersection en o, où elles sont reçues dans un moyeu de fonte, qu’on voit dessiné sur une plus grande échelle, en
- p.256 - vue 274/507
-
-
-
- /'/. ;h>$ .
- ‘îfi/J'/t/i ./. Af itit,-/, /, Avw.yrv//M/. f'l L \l 7 ,
- m\A
- pl.308 - vue 275/507
-
-
-
- ( )
- élévation et en plan,^îg. 5. Ce moyeu, ainsi que les sabots,a., i, k3 s, aussi en fonte, sont évidés pour, les rendre plus légers, et disposés pour que les charpentes s’y appuient, en formant des angles droits avec la direction de la pression* Les sabots sont solidement fixés par des boulons et des écrous sur les pièces d’appui as,k i. Les courbes ab, hc, etc., sont boulonnées sur des genoux en chêne, à la manière ordinaire,
- I/auteur a évité les nombreuses intersections des cintres et l’obliquité des pièces, en diminuant la pression directe qui s’exerce sur les points def, et la faisant porter sur les points ç et g par un système de tirans de fer forgé, qui lient entre elles solidement toutes les pièces de la charpente, avantage qu’on ne rencontre pas dans les cintres construits jusqu’à ce jour. En c g sont fixées des pièces de fonte nommée selles, représentées en coupe et en plan,jîg. 7, et d’où partent des tirans es, g A:,'terminés par un œil ou anneau, dans lequel passent d’un bout des boulons a!, qui s’appuient sur les selles, et de l’autre, de semblables boulons, qui traversent les sabots k et s. De ces mêmes selles partent deux autres tirans semblables, qui, après s’être réunis à un boulon unique oc, se prolongent jusqu’en jj,fig. 5, où ils sont retenus par des coins b'b'. Avant de les arrêter définitivement, on augmente leur tension, en chassant un coin t au-dessus du boulon çç;,ce qui le fait descendre dans une mortaise pratiquée dans le moyeu de fonte o. Les boulons qui s’appuient sur les selles sont réunis entre eux par des anneaux allongés, en fer forgé, v y,Jîg* 7* Indépendamment de ces tirans, une série de tringles de fer partent du point central o et aboutissent à des boulons dans les sabots k s; une autre série de tringles croisant les premières sont attachées , d’une part, aux boulons des selles c g, et de l’autre, à ceux des sabots a i. Là où elles forment des angles en dessus et en dessous ^ducintre, aux points b r q dp en, etc., elles sont attachées par des boulons de', reposant sur des coussinets en fonte, qu’on voit en coupe et en dessus ,jîg. 6. Entre les coussinets inférieurs Imn pqr on introduit de chaque côté des coins en chêne, qui, étant chassés à grands coups de maillet , en même temps que le coin t, serrent fortement toutes les parties de la charpente et lui donnent une solidité à toute épreuve. Ce moyen rachète aussi les inégalités de longueur des tringles ou les dimensions fautives des> bois, s’il en existe, et permet de serrer séparément l’une ou l’autre partie de la charpente. Il est inutile de dire qu’un semblable système de tringles et de tirans est placé de l’autre côté de la charpente, et que les boulons sont arrêtés par des clavettes.
- Après avoir décrit les diverses parties du nouveau cintre et la manière dont les tringles et les tirans sont liés entre eux et à la charpente, nous
- p.257 - vue 276/507
-
-
-
- ( 258 )
- allons examiner la manière dont la résistance qu’opposent les points c et g est transmise aux points def. Puisque les points c et g ne peuvent s’approcher sans rompre les courbes cd, de, etc., le point d’intersection o des tirans c o, g o ne pourra s’abaisser qu’autant que la totalité ou plusieurs des pièces scj co, kg, go seraient également brisées. Or, comme le poids placé en e, qui produirait cet effet, est facile à calculer, les tirans dont nous venons de parler devront être assez forts pour offrir la résistance voulue , et alors la pièce verticale e o suffira pour supporter la charge du point e, De la même manière, les points d etysont soutenus par les tringles cp, pe et en, gn, par l’intermédiaire des rayons dp,fn : ces rayons , pour plus de solidité, peuvent être réunis aux pièces co, go par des tenons ou embrasses de fer, afin d’éviter de les affaiblir, en y pratiquant des mortaises. On n’a pas représenté ces tenons, a cause de la petitesse de l’échelle de la figure. ,
- Le système des tirans et des tringles remplit encore unautre objet quin’est pas de moindre impprtance sous le rapport de l’économie. L’emploi des chevilles de bois ou de fer et des tenons, qu’on trouve en si grand nombre dans les cintres ordinaires, devient inutile, et malgré la grande consommation apparente du fer dans le nouveau cintre, il y a encore une économie de plus de moitié, comparativement à celui qui a été employé dans les cintres du pont de Waterloo , à Londres.
- La dimension des tiges et des tirans est déterminée par le calcul ; l’auteur pense qu’en donnant 3 pouces carrés d’épaisseur aux tirans .? c -, co , etc., et un pouce seulement aux tringles, on obtiendra toute la solidité nécessaire.
- 11 rend compte ensuite des expériences faites par le Comité de mécanique de la Société d’Encouragement de Londres, sur un modèle en grand, chargé de près de 10,000 kilogrammes : les résultats en ont été favorables et ont confirmé les avantages qu’on s’est promis de ces nouveaux cintres. -
- La Société ayant reconnu qu’ils présentaient économie dans l’emploi des matériaux, solidité, durée, facilité de placement et absence de tout danger pour les ouvriers chargés du décintrement, a décerné à M. Ainger une médaille d’or.
- ARTS
- p.258 - vue 277/507
-
-
-
- ( ^9 )
- ARTS CHIMIQUES
- Rapport fait par M. D Arcet, au nom du Comité des arts chimiques, sur les verres colorés en rouge, fabriqués à la Verrerie de Choisy-le-Roiprès Paris.
- Le Comité des arts chimiques a été chargé d’examiner les verres colorés en rouge qui ont été présentés à la Société d’Encouragement par M. Bon-temps, directeur de la Verrerie de Choisy-le-Roi ; c’est au nom de ce Comité que j’ai l’honneur de vous faire, à ce sujet, le rapport qui suit :
- L’art de la peinture sur verre, dont les produits étaient très-recherchés dans les XIVe. et XVe. siècles, fut alors porté à un haut point de perfection, et contribua, avec beaucoup de succès, à la décoration des églises, des couvens et à l’ornement de quelques maisons royales; mais les vitraux peints ne tardèrent pas à passer de mode ; l’art de les fabriquer fut négligé, et les procédés de la peinture sur verre furent tellement abandonnés, que les personnes qui ne sont pas au courant des progrès que les arts chimiques ont faits en France^ croient encore que les procédés de cet art y sont perdus et que nos artistes ne sont plus en état de fabriquer ces beaux vitraux peints qui ornent les églises construites il y a trois ou quatre cents ans.
- La fabrication des verres colorés , qui avait suivi les progrès de la peinture sur verre, se ressentit de la décadence de cet art; ces produits, moins demandés, furent fabriqués avec moins de soin : on cessa même de produire les nuances les plus difficiles à obtenir, et c’est ainsi que l’on en vint, par exemple, à regarder comme oublié le procédé qui procurait encore, dans le XVe. siècle, ce beau verre coloré en rouge qui sert de base aux anciens vitraux peints.
- Tel était l’état des choses lorsque le Gouvernement voulut faire restaurer les églises abandonnées et en partie détruites pendant la révolution ; on chercha inutilement dans le commerce des vitraux peints, on ne trouva personne en état de les fabriquer, et on fut obligé de ne placer que des verres blancs et quelques verres colorés aux fenêtres des églises restaurées ou nouvellement construites; mais on s’aperçut bientôt que l’effet produit par ces verres était peu favorable (i). Le Gouvernement fut ainsi amené à s’occuper de la restauration de l’art de la peinture sur verre en
- ( i.) Si les vitraux fabriqués en verres blancs non dépolis répandent une lumière trop vive, inégalement distribuée, qui fatigue la vue, nuit à l’effet que doit produire le monument et s’oppose au recueillement qu’on doit y éprouver, on sait, d’un autre côté, que cette grande masse de lumière et l’influence des rayons solaires contribueraient puissamment à la salu-
- Vingt-cinquieme année. Août 1826. Nn
- p.259 - vue 278/507
-
-
-
- ( 2Ô0 )
- France; plusieurs commissions furent nommées pour cet objet : la concurrence a été établie parmi les artistes qui ont voulu se livrer à ce genre de travail, et l’on a déjà obtenu des résultats fort satisfaisans sous le rapport de la peinture sur verre ; mais rien n’avait encore été fait au commencement de 1826 pour rétablir en France la fabrication du beau verre rouge qui se trouve employé en grande quantité dans les anciens vitraux. Les architectes qui avaient le plus grand besoin de cette espèce de verre coloré et qui savaient que l’on en fabriquait encore dans quelques verreries de l’Allemagne et de l’Angleterre, sollicitèrent alors du Gouvernement la permission de faire venir de l’étranger ces produits, qui, d’après le tarif des douanes, se trouvent prohibés à leur entrée en France. Le Comité consultatif des arts et manufactures, qui fut chargé d’examiner cette demande, fut d’avis que l’on devait, avant de 1’ accorder et dans l’intérêt de notre industrie, engager les verriers français à s’occuper de la fabrication du verre coloré en rouge, et leur accorder six mois de délai avant de recevoir en France les pareils verres fabriqués à l’étranger. Ce fut alors que M. Bontemps, qui avait déjà réfléchi sur cette fabrication et qui en connaissait bien les bases, entreprit de l’établir dans la verrerie de Choisy-le-Roi, dont la direction lui est confiée. Les échantillons de verre rouge qui sont le sujet de ce rapport sont le résultat de ce travail.
- Le verre rouge des anciens vitraux n’est en général coloré que sur une de ses surfaces. Les auteurs qui ont traité de l’art de la verrerie dans les XVe. et XVIe. siècles avaient tous dit que ce verre n’était coloré que par l’oxide de cuivre, et avaient publié les procédés employés pour sa fabrication; mais l’art n’étant plus pratiqué, on regardait ces recettes comme fausses ou comme ne donnant pas la nuance désirée, et l’opinion que ce verre était coloré par de l’oxide d’or prévalut à tel point, qu’en 1793 le Gouvernement fit essayer une grande quantité de vitraux peints, dans l’intention de les faire exploiter pour en retirer l’or, et que les auteurs qui ont le mieux écrit sur l’art de la verrerie, à la fin du siècle dernier, Loisel, par exemple, 11’ont pas même indiqué le procédé de fabrication du verre rouge, si bien décrit avant 1752 par Néry, Meret, Kunckel, etc.
- brité des églises. L’emploi des vitraux peints , sur-tout lorsqu’on les monte sur des châssis fixes, comme on le fait ordinairement, y rend l’air stagnant et malsain. Si l’on adopte de nouveau l’usage de ces vitraux , il sera donc utile d’établir en même temps , dans les églises où ils seront placés, un bon système de ventilation*, pour contre-balancer les inconvéniens de ce mode d’éclairage. Profitons de l’occasion qui se présente pour émettre le vœu de voir les églises chauffées à la vapeur, et citons pour exemple de ce que l’on pourrait faire en ce genre, le chauffage à la vapeur qui vient d’être établi dans la grande salle de la nouvelle Bourse à Paris.
- p.260 - vue 279/507
-
-
-
- ( 261 )
- Cependant les analyses faites à la Monnaie par ordre du Gouvernement, et les travaux du même genre entrepris par d’autres chimistes, prouvèrent que le cuivre et le fer sont les seules substances colorantes qui se trouvent dans le beau verre rouge des anciens vitraux peints; que le cuivre doit y être à l’êtat de protoxide pour produire la belle nuance de ces verres, et que les recettes publiées par les anciens auteurs, et dans lesquelles on emploie comme principe colorant l’oxide de cuivre et le tartre ou le charbon, sont exactes et ne demandent qu’à être bien exécutées pour fournir de bons produits.
- M. Bontemps est parti de ces données et a obtenu un succès complet; on voit par les différentes nuances des verres qu’il vous a présentés, qu’il modifie à volonté les réactions chimiques sur lesquelles repose cette fabrication, et qu’il produit toutes les nuances de rouge que l’on peut désirer. Nous ajouterons que les verres dont il s’agit ont une teinte pure et égale, qu’ils ont été essayés en les exposant pendant une heure à l’action de l’acide sulfurique bouillant, et en les faisant légèrement rougir dans un creuset rempli de sulfate de fer desséché, et qu’ils ont parfaitement résisté à ces épreuves, que l’on sait être plus que suffisantes pour garantir l’inaltérabilité du verre à vitres exposé à l’action de l’air.
- Il résulte de ce qui précède que M. Bontemps, ayant fabriqué à la verrerie de Ghoisy-le-Roi des verres rouges de bonne qualité (i) colorés sur une de leurs surfaces et imitant parfaitement les plus beaux verres rouges des anciens vitraux peints, nous parait avoir atteint le but et avoir décidé favorablement pour notre industrie la question de l’introduction en France des verres rouges fabriqués à l’étranger ; car la verrerie de Choisy-le-Roi
- (1) Ces Terres sont, comme tous ceux que l’on fabrique maintenant en France, plus fusibles que les Terres qui s’y faisaient il y a trois ou quatre cents ans , époque où le combustible était beaucoup moins rare et moins cher qu’il ne l’est aujourd’hui. Les Terres contenaient alors moins d’alcali soumis à la dévitrification. Les Terres que l’on fabrique aujourd’hui s’opacifient difficilement et ne prennent ni l’apparence ni la cassure que présentent les Terres terreux lorsqu’ils sont dévitrifiés : il suit de ces observations qu’il sera aTantageux, si l’on Teut restaurer l’art de la peinture sur Terre en France, de n’employer pour cet usage que des Terres plus siliceux et moins fusibles que ne le sont les Terres qui se trouvent maintenant dans le commerce ; cgr sans cette précaution les couleurs qui seraient appliquées à la surface de ces verres, devant être encore plus fusibles qu’eux, pourraient ne pas résister à l’action de l’air aussi bien que les anciennes peintures sur verre : on conçoit qu’il n’en est pas de même quant aux verres simplement colorés. Les expériences auxquelles nous avons soumis les verres rouges dont il est question dans ce rapport prouvent que ces verres, quoique plus fusibles que ceux fabriqués dans le XVe. siècle, sont encore de tres-bonne qualité.
- N n 2
- p.261 - vue 280/507
-
-
-
- ( 202 )
- est maintenant en état de fournir au commerce le beau verre rouge pareil a celui des anciens vitraux peints, et en aussi grande quantité que ce produit pourra être demandé. r
- Nous pensons en conséquence, Messieurs, que M. Bontemps, directeur de la verrerie de Choisy-le-Roi, a fait une chose utile à l’industrie française, en rétablissant chez nous la branche d’industrie dont il est question, et nous proposons à la Société, en approuvant ses travaux, de lui témoigner tout l’intérêt qu’elle y prend. Nous croyons en outre qu’il conviendrait de publier le présent rapport dans le Bulletin, pour faire connaître aux architectes et aux constructeurs qui auraient besoin de verre coloré en rouge, que cette espèce de verre se fabrique très-bien à la verrerie de Choisy-le-Roi, près de Paris, et qu’il n’y aurait plus de raisons valables pour solliciter l’entrée en France des produits analogues venant de l’étranger.
- Adopté en séance 3 le 16 août 1826. Signé D’Arcet, rapporteur.
- Procédé d’impression sur velours de coton croisés, à l’usage des meubles et tentures ;parM, Lecaron, manufacturier a Amiens ( 1 ).
- Le grillage, le décreusage, le blanchissage des velours croisés sont des opérations d’où dépendent la perfection de l’étoffe et la beauté des couleurs.
- Les velours de coton seront débouillis et grillés quinze à vingt fois et petit à petit ; il faut les battre au fléau entre chaque grillage ; comme ils doivent recevoir environ vingt-quatre battages sur le pont à la rivière, selon la force de l’étoffe, pour les opérations qui précèdent et suivent le garançage et l’avivage, il est nécessaire qu’ils aient été assez bien débarrassés de duvet, pour qu’il n’en reparaisse pas lorsqu’ils sont entièrement apprêtés. Ce que le battage en fait reparaître est de nouveau enlevé au grillage. Enfin, s’il s’en trouve encore, les velours peuvent être regrillés légèrement. Le peu de rousseur que laisse ce dernier grillage disparaît facilement par l’exposition d’un ou deux jours sur le pré.
- Ces tissus seront soumis à l’action de huit,lessives, pour lesquelles on doit préférer le muriate de soude et la potasse; chaque lessive bouillira deux heures. Après les deux premières lessives, les velours sont exposés sur le pré pendant quatre jours. Les six autres lessives sont alternées avec six passages dans l’acide muriatique oxigéné. Après le dernier passage à l’acide , on donne encore une lessive, et on expose quatre jours sur le pré.
- Les dernières opérations du blanchiment sont : un passage à l’acide sul-
- (0 Extrait de la Description des Brevets d’invention, tome XI.
- p.262 - vue 281/507
-
-
-
- ( a63 )
- iurique suffisamment étendu d’eau chaude, deux battages à la rivière, le passage à l’eau très-piquante, et enfin deux autres battages.
- La plupart des meubles étant en rouge et amaranthe les plus vifs possible , ou dans des couleurs qui résultent des combinaisons du rouge et du noir, et qui doivent recevoir les mêmes préparations, on ne décrit ici que les opérations essentielles du garançage et de l’avivage, les couleurs, telles que le jaune, le bleu, le vert, le rose, etc., n’ayant rien de particulier.
- Pour toutes les espèces dé rouges, le mordant qui sert à tracer les dessins est composé de :
- Quatre livres ou deux litres d’eau distillée ;
- Une livre d’alun pur ;
- Demi-livre d’acétate de plomb ;
- Une once de muriate d’ammoniaque ;
- Deux onces de carbonate de soude.
- On épaissit ceÿe p^mposition avec 8 onces d’amidon.
- On doit toujours employer ce mordant quand il est nouveau.
- Le mordant :1e noir n’a rien de particulier. Le pyrate ou l’acétate de fer qu’on emploie ne doit cependant pas avoir plus de 8 à io degrés, et on peut y ajouter jusqu’à 2 gros d’acétate de cuivre cristallisé, sur 2 litres.
- Les planches qui impriment le dessin sont gravées en relief, de manière que leurs compartimens ne présentent jamais de tropgrandes parties mattes. Les vides qu’elles laissent sont remplis avec une seconde planche ou double fond. La raison de cette opération est que le velours exige que le mordant soit très-fourni et très-frappé ; on le fournit donc le plus possible avec la première planche, qu’on ne pourrait pas appliquer deux fois sans altérer la pureté des contours, du dessin ; on applique de nouveau et on frappe encore , avec facilité, les parties mattes que le dessin laisse dans ses intervalles avec le double fond. Tout ce qui reste ensuite autour du dessin s’imprime avec des planches unies qu’on aura soin d appliquer de manière à bien couvrir les endroits rapportés.
- Les velours imprimés en mordant se mettent secher pendant cinq jours ; on les passe ensuite en bouse pendant une heure a 1 eau piquante ; ils sont rincés cinq minutes à la rivière, battus au fléau sur le pont douze fois, et rincés dans l’intervalle de chaque battage, passés a 1 eau chaude piquante une demi-heure, rincés et battus encore quatre fois.
- Pour obtenir le plus beau rouge, il faut garancer pendant quatre heures avec une livre à une livre et demie de garance par aune de velours croisé de 22 pouces de large, sans addition de noix de galle, en graduant la chaleur jusqu’au bouillon, qui doit durer une demi-heure. Il faut tour-
- p.263 - vue 282/507
-
-
-
- ( ^64 )
- ner les velours dans le bain de garance le plus rapidement possible, en faisant attention que le tour soit le plus élevé qu’il se peut au-dessus de la chaudière, l’air aidant l’affinité des mordans avec les parties colorantes.
- Cette chaudière doit être revêtue d’un panier en osier, qui empêche l’étoffe de toucher aux parois; ce qui la rendrait mal unie.
- Les velours doivent pouvoir tourner librement dans la chaudière, et pour qu’ils y soient toujours en mouvement, on ne peut guère garancer plus de quarante aunes de velours croisé ou lisse.
- La chaudière contient quarante seaux, chacun de la capacité de io litres.
- En sortant du bain de garance, les velours sont rincés à la rivière et reçoivent deux battages; on les passe ensuite dans un bain de son, à raison de 20 livres par pièce de 4o aunes; on les fait bouillir une heure dans ce bain ; ils sont ensuite exposés deux jours sur le pré ; le premier jour, on les tourne à l’envers, et le lendemain l’exposition se fait du côté opposé.
- En les levant du pré, il faut avoir soin de les batfirè ^de les nettoyer convenablement avant de les porter à l’avivage, ^IM-1;?
- Le prèmier avivage se fait en mettant également 20 Ii¥PSsde son , auquel on ajoute demi-livre de savon blanc de Marseille. On soutient l’ébullition pendant une demi-heure, et même, si l’on veut, tout le temps que le bain 11e tourne pas en lochies. Quand cet accident arrive, on arrête l’opération, en ouvrant le robinet de la chaudière pour y introduire de l’eau froide. C’est par ce motif, et pour entretenir la plus grande propreté possible, indispensable pour l’avivage des couleurs, que la chaudière doit être construite de manière à se vider entièrement et avec facilité par le robinet. Vis-à-vis cette chaudière, on pratique une fosse pavée pour recevoir les eaux qùi s’écoulent par un petit aqueduc disposé de manière que l’eau chaude sortant de la chaudière puisse passer contre le tuyau de la pompe pour dégeler l’eau pendant les grands froids.
- En sortant de chaque avivage, les velours sont rincés et battus deux fois; on les expose encore sur le pré deux jours à l’envers et deux jours à l’endroit; après cette exposition, on leur fait subir deux battages, et on les nettoie parfaitement avant de leur donner le dernier bain d’avivage, qui se fait avec une livre et demie à deux livres de savon, suivant l’intensité de la couleur que les velours ont conservée après le premier avivage, On répète ou on modifie les avivages selon les nuances qu’on veut obtenir.
- Après ce dernier avivage, les velours sont, pour la dernière fois, exposés sur le pré pendant deux à quatre jours à l’envers, et le même temps à l’endroit. On sent que la durée de ces expositions dépend du temps et de la saison; ordinairement, huit à dix jours suffisent depuis mars jusqu’en no-
- p.264 - vue 283/507
-
-
-
- ( 265 )
- vembre ; en hiver, on remplace l’exposition sur le pré par des avivages plus répétés et relatifs à l’état des couleurs.
- Pendant les grandes chaleurs, on n’expose.l’endroit des velours que depuis quatre à cinq heures du soir jusqu’à neuf à dix heures du matin.
- Procédé de préparation de l’orseille de ferre (lichen parellus), et moyen d’en retirer une poudre connue sous le nom de cud-beard ; par MM. Fleury et Bourget, de Lyon (1).
- L’orseille est une matière colorante dont on se sert pour donner aux laines et aux soies des couleurs rouges ou violettes plus ou moins agréables, qui ont beaucoup de fraîcheur et d’éclat, mais peu de solidité. On la prépare avec des lichens recueillis sur les montagnes des Alpes, des Pyrénées et de l’Auvergne, et principalement avec l’orseille de terre (lichen pareil lus)y ainsi nommée, parce qu’elle est mêlée de beaucoup de parties hétérogènes. Le lichen rocellà provenant des îles du Cap- Vert et des Canaries donne des couleurs plus intenses et plus agréables ; mais cette matière exotique pouvant devenir rare et chère, par l’effet d’une guerre maritime ou par d’autres causes, MM. Fleury et Bourget ont cherché à retirer de nos lichens indigènes des orseilles comparables à celles que donnent les lichens des Canaries. Leurs tentatives ont été couronnées du succès, et aujourd’hui ils fournissent l’orseille à plusieurs ateliers de Paris, Amiens, etc. D’autres fabriques ont été établies à Lyon, Paris, Clermont et Aurillac. La consommation annuelle de l’orseille, en France, peut s’évaluer à un million de francs. Pour l’employer en teinture, on la réduit en poudre sèche nommée cud-beard par les Anglais. Voici le procédé suivi par M. Bourget pour préparer les deux espèces d’orseille.
- Préparation du cud-beard fin. — Le lichen des Canaries est trié brin à brin, bien dégagé de pierres et de poussière ; brisé et écrasé sous une meule, et ensuite fabriqué en orseille fine ; il ne faut le prendre ni trop frais ni trop vieux ; il y a un point de couleur à saisir qui exige de l’habitude ; il faut le dessécher lentement et à l’ombre, soit à l’air libre, soit dans des étuves où la chaleur est graduée, en ayant soin de le dégager à chaque fois d’une poussière étrangère qui se forme par le contact de l’air. La pâte, étant durcie au point d’être brisée sous la meule, est triturée et passée à divers tamis pour être réduite en poudre fine.
- Préparation de l’orseille de terre épurée. — Le lichen de montagne ne pouvant être écrasé sous la meule, parce que les pierres et le gravier dont il est mêlé le seraient aussi, est agité fortement dans un grand crible de fer :
- (i) Extrait du onzième volume des Brevets d’invention.
- p.265 - vue 284/507
-
-
-
- ( 366 ) '
- ce lichen, étant brisé, passe par les trous et les pierres restent dans le crible. On repasse ensuite à un crible fin ; le sable passe au travers des petits trous, et le lichen reste dans le crible ; mais comme il est mêlé d’une couche plus épaisse d’une terre argileuse ou autre, qui nuit au développement du principe colorant et qui ternit la couleur, il faut le dégager de ces matières étrangères. A cet effet, on le vide dans un cuvier a large surface, rempli d’un liquide quelconque, soit d’urine, soit d’eau, soit d’une lessive alcaline acidulée ou alunée : l’essentiel est que le lichen soit bien pénétré par le liquide. On agite fortement, de manière que la terre, le sable et le gravier qui auraient pu rester, soient précipités au fond du cuvier, et que le lichen pur surnage. Il faut agiter à plusieurs reprises pour faire arriver à la surface le lichen qui est au fond et qu’on enlève alors avec une écumoire, au fur et à mesure que le liquide repose,. Le lichen ainsi obtenu est mis en fabrique pour être transformé en orseille de terre épurée.
- Préparation du cud-beard commun. — L’orseille de terre faite avec le lichen épuré est prise à un point juste de fabrication. Elle est desséchée, triturée et tamisée comme l’orseille des Canaries, pour faire le cud-beard fin.
- ARTS ÉCONOMIQUES.
- R a p p port fait par M. Payen, au nom du Comité des arts chimiques, sur les toiles, taffetas et rubans imperméables de M. Champion.
- Messieurs, l’un des objets dans la confection desquels M. Champion a eu le plus de succès, les mesures en rubans, à l’épreuve de l’eau, ont été jugées favorablement par votre Comité des arts économiques (i); nous ne nous en occuperons donc plus dans ce rapport.
- En comparant les divers tissus présentés par M. Champion avec ceux que l’on trouve dans le commerce et qui sont destinés aux mêmes usages, il est facile de reconnaître le caractère essentiel qui les distingue les uns des autres : ces derniers, recouverts sur toute leur surface d’une couche assez épaisse d’huile de lin, rendue siccative par l’oxide de plomb et quelquefois aussi par une huile essentielle , sont mous, pesans, développent une odeur plus ou moins forte, et la matière huileuse, garantie par l’action de l’air, de la couche superficielle que cet agent a seul desséchée, conserve sa consistance poisseuse et cause les adhérences que l’on observe dans les toiles et taffetas gommés, par l’élévation de la température ou la pression.
- (1) Voyez Bulletin de l’année 1825, page i(>.
- Les
- p.266 - vue 285/507
-
-
-
- ( 267 )
- Les tissus de M. Champion sont fortement imprégnés de la substance huileuse, mais semblent n’en être recouverts que d’une couche la plus mince possible : de là vient, sans doute, qu’ils sont plus légers, plus secs, plus ternes, moins odorans, moins opaques, sans adhérence, lors même qu’ils supportent une assez grande pression ou qu’ils sont échauffés, et nous en trouvons la preuve dans les mêmes tissus, qui ayant été lissés ou glacés, sont, d’un côté, recouverts d’une couche plus épaisse, et du même côté se rapprochent davantage des tissus-gommés ordinaires.
- La distinction que nous venons d’établir suffirait pour faire deviner les avantages que présentent, dans la plupart des cas, les tissus imperméables de M. Champion; nous pouvons donc nous contenter d’énumérer ici succinctement leur emploi.
- Les taffetas nommés hygiéniques, qui correspondent aux taffetas dits gommés, s’emploient dans diverses affections, lorsqu’il est utile de maintenir, sur une partie quelconque de notre corps, une température élevée : parmi les praticiens éclairés qui les prescrivent, nous citerons M. le docteur Breschet.
- Des tissus plus fins encore et plus transparens ont été appliqués avec succès à faire des enveloppes de harpes et d’autres instrumens à cordes de boyaux. Ces taffetas, en garantissant des impressions de l’air ambiant les cordes si hygrométriques, conservent l’accord et préviennent les ruptures fréquentes que les changemens de temps occasionnent. Leur transparence permet de distinguer une partie des formes et des couleurs, et c’est un avantage lorsque ces instrumens forment en quelque sorte des meubles de luxe. A l’appui de notre opinion, nous nous plaisons à dire que celle de M .de Prony, fondée sur un assez long usage, est entièrement conforme.
- Les toiles imprégnées par M. Champion s’emploient utilement à garantir de la poussière et des vers les étoffes, les plumes, les habits, les billards, à recouvrir les sièges des voitures : dans cette dernière application, surtout , où la chaleur peut produire une odeur désagréable, elles doivent être 'préférées aux toiles gommées ordinaires. M. Champion a fait aussi avec ces toiles des manteaux légers, propres à garantir de la pluie; peut-être seraient-ils sujets à se gercer et à être brisés si on les portait pendant les gelées : ils ont d’ailleurs l’inconvénient inévitable de trop retenir la chaleur que la transpiration cutanée entraîne.
- Les rubans et les cordes de jalousie que M. Champion nous a présentés paraissent capables de résister long-temps aux intempéries des saisons ; le temps seul pourrait nous permettre d’en acquérir la certitude ; mais il serait peut-etre difficile que le fabricant pût les vendre au-dessous des prix aux-
- Vingt-cinquieme année. Août 1826. Oo
- p.267 - vue 286/507
-
-
-
- ( a68 )
- quels reviennent les mêmes objets, imprégnés des bitumes de Lobsann ou de Seyssel, mêlés au goudron de houille.
- Les cordes h étendre sont assez fortement imbibées d’huile pour promettre une longue durée, et assez bien séchées pour que l’on n’ait pas à craindre qu’elles tachent le linge.
- Le papier que M. Champion destine à remballage ne peut manquer d’être fort utile pour préserver de l’humidité divers objets d’exportation, et d’être employé à cet usage, si l’on ne change pas le prix de 56 francs la rame, fixé parM. Champion. Ce papier, suffisamment souple et complètement imprégné, n’est nullement poisseux lors même qu’il est échauffé. Quant aux enveloppes de poudre à tirer, que l’auteur a formées avee du papier plus grossier , elles doivent bien garantir de l’humidité, puisqu’elles contiennent l’eau sans en perdre ; mais plus chargées que les autres objets de matière huileuse, elles adhèrent aux objets qu’elles touchent et retiennent autour de leurs parois intérieures une couche de grains de poudre. M. Champion parviendra facilement sans doute à éviter cet inconvénient, qui ne tient qu’à un excès d’huile. Nous ne pensons pas que du papier du même genre puisse, comme le suppose M. Champion, remplacer le vieux parchemin que l’on emploie à recouvrir l’ouverture de difïérens vases ; il s’en faudrait de beaucoup qu’il présentât la même solidité.
- En résumé, la plupart des objets que vous a présentés M. Champion nous paraissent remplir parfaitement le but qu’il s’est proposé ; nous pensons qu’ils méritent votre approbation, et que l’auteur , par l’utile modification qu’il a apportée dans la confection des tissus imprégnés d’huile, aurait droit à vos encouragemens (i).
- Nous vous proposons en conséquence d’autoriser l’insertion du présent rapport dans le Bulletin de la Société.
- Adopté en séancet le 19 juillet 1826. Signé Payen, rapporteur.
- Nouveau procédé de lavis lithographique ; par M. En gel ma un.
- Malgré les ressources que présentent les différens genres de dessins lithographiques , on regrettait de ne pouvoir exécuter sans de grandes difficultés les parties les plus délicates, tels que les ciels, les reflets de lumière, les tons vaporeux et les lointains ; il fallait renoncer à ces objets d’un effet si remarquable, si nécessaires, ou se borner à de simples traits indicatifs , si l’on ne voulait courir le risque de rendre ces parties trop lourdes ou trop noires. On regrettait aussi l’absence des demi-teintes, indispensables à l’harmonie des dessins.
- (1) M. Champion demeure rue du Coq-Saint-Jean, n°. 3.
- p.268 - vue 287/507
-
-
-
- ( a69 )
- M. Bngelmann a donc rendu un service essentiel à l’art en remplissant cette lacune : son procédé de lavis lithographique, dont il a déjà fait les plus heureuses applications dans la belle collection des monumens de l’ancienne France, par MM. Taylor, de Cailleux et Charles Nodier, offre indépendamment d’une exécution prompte et facile l’avantage de permettre à l’artiste de voir distinctement l’effet de la teinte à mesure qu’il la produit.
- Nous donnons ici les détails de ce procédé, tels qu’ils sont consignés dans le onzième volume de la Description des Brevets d’invention.
- Composition de l’encre. —On met d’abord dans un poêlon de métal 4 parties de cire vierge, i. . d°. . de suif,
- . 2. . d°. . de savon desséché.
- On fait fondre ce mélange, en le remuant de temps en temps; on élève la température jusqu’à ce que ce mélange s’enflamme; l’on y jette trois parties de gomme-laque, et aussitôt après une partie d’eau saturée de soude.
- Lorsque l’écume occasionnée par ce mélange a disparu, on mêle une partie de noir de fumée, le plus léger possible, de la qualité qui se fabrique à Paris. On ajoute encore quatre parties de couleur ou encre ordinaire d’imprimeur, et on laisse refroidir la masse, avec laquelle on compose, pour la facilité de l’usage, des bâtons d’environ un pouce et demi d’épaisseur.
- Composition de la réserve. — A trois parties d’eau, dans laquelle on a fait dissoudre de la gomme arabique en suffisante quantité pour lui donner à-peu-près la consistance de l’huile , on ajoute une partie de fiel de bœuf et autant de vermillon qu’il est nécessaire pour donner une couleur bien intense à ce mélange, afin que l’on distingue facilement le travail qu’on a fait sur la pierre. Toute autre couleur produirait le même effet; mais le vermillon paraît préférable, à cause de son éclat, qui le fait ressortir à travers le noir, qui le couvre quelquefois assez fortement. ,
- Dessin sur pierre. — Pour faire une planche au lavis lithographique, on doit donner à la pierre qu’on y destine le grain le plus fin et le plus égal possible. On y décalque en frottant l’envers du papier avec de la sanguine, et en suivant les traits avec une pointe émoussée.
- Cette opération terminée, on couvre les marges de la pierre et en général tous les endroits qui doivent rester blancs, avec la réserve indiquée plus haut; cette couleur, qui doit être assez coulante pour permettre de faire les lignes les plus fines, s’applique avec un pinceau.
- Cette application faite, on verse quelques gouttes d’essence de térében- ^ thine sur une pierre, et en frottant dessus avec un bâton de l’encre dont on vient de donner la composition, on en délaye une partie; on continue de
- p.269 - vue 288/507
-
-
-
- ' / ' ( 2-0 ) \ . frotter jusqu’à ee que l’encre liquide, qu’on forme par là, ait pris assez de consistance pour pouvoir être appliquée. L’expérience seule peut déterminer ce degré, que quelques tâtonnemens font trouver aisément : alors, en en charge un tampon fait à l’instar de ceux des imprimeurs et couvert de peau blanche ; il est bon d’avoir plusieurs de ces tampons de différentes dimensions pour les diverses étendues des espaces à couvrir. -
- Il doit y avoir fort peu de couleur sur le tampon, qui ne doit colorer que les parties saillantes de la pierre; on fait d’abord l’essai sur une pierre où il n’y a point de dessin ; quand il produit le ton désiré, on tamponne le plus également possible la pierre préparée pour recevoir le dessin, jusqu’à ce qu’elle ait pris, en tout ou par parties, le ton le plus léger qu’on veut obtenir : alors on couvre de nouveau avec la réserve les endroits qu’on juge être assez colorés, et en délayant l’encre qui peut avoir séché pendant cette opération, on recommence à tamponner en produisant un ton plus fort que" le premier; quand on le trouve à son gré, on couvre de nouveau, et on continue de la même manière à couvrir et à tamponner alternativement, jusqu’à ce qu’on soit arrivé aux tons les plus vigoureux : alors on trempe entièrement^a pierre dans l’eau et on la frotte avec une éponge.
- La réserve, ayant formé une couche impénétrable à la couleur grasse, a empêché que les endroits qu’on en a couverts ne se trouvent chargés d’une plus forte partie de noir que celle qui s’y trouvait au moment du recouvrement : alors cette réserve se dissout , emporte avec elle tout le surplus de la couleur que le tampon avait déposée sur sa surface, et on voit paraître tous les tons dégradés , suivant le dessin qu’on a successivement tracé avec la réserve. Il faut exprimer l’éponge à plusieurs reprises, et laver la pierre de manière à ce qu’il n’y reste plus le moindre vestige de gomme.
- S’il se trouve des parties du dessin qui ne soient pas assez colorées, on peut recommencer à couvrir et à tamponner autant de fois qu’on le juge à propos, et jusqu’à ce qu’on soit parvenu à l’effet désiré : ces opérations terminées , on peut, si on le juge nécessaire, terminer ou retoucher J e dessin au crayon ou à l’ertcre lithographique, et en enlever des parties avec le grattoir.
- Quand tout est terminé, on prépare la pierre en y passant un acide étendu d’eau, comme on fait d’un dessin ordinaire au crayon : c’est à chaque lithographe à employer, pour cela, le moyen qu’il préfère; on imprime comme pour un dessin au crayon, par les moyens et sous les presses déjà connues et en usage dans tous les ateliers de lithographie. , .
- IMPRIMERIE DE MADAME HUZARD (née Y allât la Chapelle), '
- , ,, rue de l’éperon, n°. 7. ... , %
- p.270 - vue 289/507
-
-
-
- VINGT-CINQUIÈME ANNÉE. (N°. CCLXVII.) SEPTEMBRE 1826.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES.
- Description dune machine nommée batteur-étaleürpropre a mettre le coton en nappe continue apres quil a été battu et nettoyé, construite par M. Pihet, ingénieur-mécanicien à Paris.
- Le travail préparatoire du coton, qui consiste à le battre et a l’éplucher, se fait actuellement, pour les numéros peu élevés, au moyen de deux machines, dont l’une se nomme batteur-éplucheur, et l’autre , batteur-êta-leur. On en doit l’invention aux Anglais ; elles ont été importées en France par M, Dixon, constructeur de mécaniques à Cernay (Haut-Rhin).
- Nous avons donné dans le Bulletin de l’année 1824, Page r97> c^es" cription du batteur-éplucheur, qui ouvre le coton et le bat pour en faire sortir la poussière et les grosses ordures ; mais dans cet état il n’est point encore propre à passer à la carde en gros, il faut qu’il reçoive un dernier battage et qu’il soit mis en nappe : cet effet est produit par le batteur-éta-leur, machine non moins ingénieuse que la première, et dont nous allons nous occuper aujourd’hui. L’une et l’autre ont été construites dans les ateliers de M. Pihet, rue Parmentier, vis-à-vis les abattoirs de Popincourt, avec le soin et le talent qui distinguent cet habile artiste.
- Pour l’intelligence de cette machine, nous l’avons fait dessiner avec tous les détails nécessaires ; trois planches la représentent en plan, coupe et élévation, et donnent séparément les différentes pièces dont elle,se compose.
- Le coton, après avoir été battu et ouvert par le batteur-éplucheur, est jeté sur une toile sans fin R , fig. 1, PL 311, fortement tendue sur deux rou^-leaux C C qui la font circuler ; elle est soutenue par un plat-bord en sapin D. Vingt-cinquième année. Septembre 1&26. _ Pp
- p.271 - vue 290/507
-
-
-
- ( )
- De là le coton passe entre deux cylindres cannelés E E, et tombe sur un grillage F, à travers lequel tamise la poussière; il y éprouve une vive agitation par l’effet d’un volant à deux ailes H, représenté séparément ,Jig. 2, Pl. 310. L’extrême vitesse de ce volant, qui fait mille tours par minute, éparpille le coton dans l’intérieur de la caisse G; la poussière qui s’en dégage est entraînée par l’effet d’un ventilateur, et aussitôt que la nappe est formée, elle se dépose sur la toile sans fin I, tendue sur les rouleaux K. Le moyen employé par l’auteur pour aspirer la poussière et la chasser hors de l’atelier, et aussi pour réunir les brins de coton éparpillés par le batteur, et en former une nappé continue et régulière, est très-ingénieux : il consiste en un tambour L garni d’une toile métallique assez serrée et tournant lentement sur son axe; on le voit séparément, j£g. 2, PL 3n. Un ventilateur X, à quatre ailes (voyez Jig. 3) aspire l’air de l’intérieur du tambour ainsi que la poussière, qui s’échappe à travers la cheminée M et sort par 1 ouverture u, Jig. 1, Pl. 310. Il en résulte une espèce de vide vers lequel tous les brins épars de coton se précipitent, et viennent, en s’appliquant sur la toile métallique, former la nappe. Cette nappe se dépose ensuite sur la toile sans fin, qui la fait passer entre les deux cylindres unis, en fonte de fer, P P, fortement pressés l’un sur l’autre par une tringle à crochet X tirée par un long levier Y, au bout duquel est suspendu un poids Z, de 4° livres. On conçoit que la pression que le coton éprouve entre ces cylindres suffit pour donner de la consistance à la nappe, qui, après avoir passé sur les deux rouleaux de bois QQ, s’enroule sur un cylindre R nommé retireur, qu’on enlève lorsqu’il est chargé, pour le porter à la carderie en gros. Pour que la nappe s’enroule uniformément sur le cylindre retireur, celui-ci est pressé sur les rouleaux de bois QQ par une tringle à crochet S, chargée d’un poids de 24 livres ; on le dégage en soulevant la bascule T, et en l’appuyant sur un support V pendant qu’on place un nouveau cylindre.
- Les cylindres cannelés E, dont l’un est représenté Jig. 5, Pl. 5io, sont pressés l’un sur l’autre de la même manière, par un levier b> auquel est suspendu un poids c de 16 livres.
- Après avoir fait connaître les effets du batteur-étaleur, nous allons passer à la description des différentes communications de mouvement qui font agir tout le système.
- Le moteur principal, qui est un manège ou une machine à vapeur, est appliqué à un arbre de couche sur lequel sont montées les trois poulies d ej\ Pl. 309, qui font tourner simultanément le volant, le ventilateur et les cylindres P P, au moyen de courroies dont elles sont enveloppées. La plus grande de ces poulies/^ de 28 pouces de diamètre, commande la petite
- p.272 - vue 291/507
-
-
-
- ( 275 )
- poulie i fixée sur l’ax:e du ventilateur H (voyezJlg. i, PL. 3io); elle lui imprime, comme nous l’avons dit, une vitesse de mille tours par minute : la seconde poulie e commande celle h3 que porte l’axe du ventilateur N, lequel fait trois cents tours par minute; enfin la petite poulie d commande la poulie g montée sur l’arbre moteur m de la machine. Cet arbre est muni à son autre extrémité d’un pignon n (fig. i, PI. 3io), qui engrène dans une roue dentée n"f que porte l’axe du rouleau métallique inférieur P. Celui-ci est muni d’un autre pignon q {PI. 3i i) qui transmet le mouvement aux rouleaux de bois Q Q, par l’intermédiaire de deux pignons oo, lesquels entraînent ceux pp montés sur l’arbre des rouleaux. Le pignon q en mène également un autre r, fixé sur le rouleau K, qui fait circuler la toile sans fin ï. Ce dernier pignon fait successivement tourner les petits pignons ss3 dont le second engrène dans la grande roue dentée i de l’axe du tambour métallique L. Les cylindres cannelés EE sont mus par une grande poulie / commandée par la poulie k, fixée sur l’arbre moteur m; une courroie croisée établit la communication entre ces deux poulies. L’axe du cylindre cannelé inférieur porte une roue dentée Jî3 qui engrène dans un pignon fixé sur l’axe du rouleau C, et qui le fait tourner ainsi que la toile sans fin B qu’il porte.
- De cette manière, toutes les parties de la machine sont mises à-la-fois en mouvement avec la vitesse qui est propre à chacune.
- Les tourillons des arbres des cylindres , du volant et du ventilateur sont en acier trempé ; ils s’usent moins promptement que ceux en fer et empêchent le ballottement des arbres dans leurs coussinets. Pour adoucir le mouvement du volant H, et en même temps pour éviter que ses tourillons s’échauffent par l’extrême vitesse dont ils sont animés, M. Pihet emploie des coussinets f, fig. 6, PI. 3io, d’une forme particulière, et garnis de deux: galets de friction g’ g'f qui produisent l’effet désiré.
- La machine dont nous venons de donner la description nettoie et met en nappe 5oo livres de coton par journée de douze heures, avec une force équivalente à celle de quatre hommes : étant presque entièrement construite en fer, elle a toute la solidité convenable et exige peu de réparations. L’écb-nomie qu’elle procure est considérable ; une seule personne peut en soigner seize à vingt. Les plaques de cardes sont ménagées par ce nouveau système, et il arrive rarement qu’elles se dérangent; le déchet est aussi moins grand, puisqu’on ne sera plus obligé de rattacher ou croiser les nappes. Le cardage se fait alors d’une manière plus parfaite, et le coton est exempt de flocons ou de bouchons.
- p.273 - vue 292/507
-
-
-
- /
- ( v'i )
- Explication des Pl. 3og, 3io ci 3n, représentant l'ensemble et les détails du batteur-étaleur du coton, construit par M. Pihet.
- Pl. 3og. Élévation longitudinale fox batteur-étaleur, vu du côté droit.
- PL 3io,fig. i. Plan du batteur et du ventilateur dont il est surmonté. . Fig, 2. Le volant vu séparément.
- Fig. 3. L’un des cylindres cannelés alimentaires.
- - Fig. 4* Éa bascule servant à presser le cyYmâve-retireur, vue séparément.-
- Fig. 5. Les coussinets des axes des cylindres, vus en élévation et en plan, et dessinés sur une plus grande échelle.
- Fig. 6. Plan et élévation des coussinets du volant, munis de galets de friction pour adoucir son mouvement. > ,
- Pl. 3i i, Jig. i. Coupe longitudinale du batteur; les flèches indiquent le sens du mouvement du volant et des divers systèmes de cylindres.
- Fig. 2. Le tambour garni de toile métallique , vu séparément.
- Fig. 3. Le volant vu de face.
- Fig. 4* Coupe d’une partie de la cheminée, à travers laquelle passe la poussière qui se dégage du coton. .V • * *
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans toutes les figures des trois planches. .
- A A, bâtis en fonte de fer ; B, première toile sans fin, sur laquelle on jette le coton au sortir du batteur-éplucheur; elle est tendue sur les rouleaux CC, qui la font circuler ; D, table en sapin qui supporte la toile sans fin ; E E, cylindres cannelés à travers lesquels passe le coton ; F, grille qui tamise la poussière produite par le battage ; G, caisse dans l’intérieur de laquelle s’opère le battage ; H , volant ou batteur à deux ailes; I, seconde toile sans fin montée sur les rouleaux KKf L, tambour entouré d’une toile métallique; M, cheminée àtravers laquelle s’échappe la poussière ; N, ventilateur; 0, ailes du ventilateur ; P P, cylindres métalliques unis, entre lesquels passe la nappe, de coton ; QO, rouleaux de. bois qui la soutiennent; R, cyiindre-retireur autour duquel elle s’enveloppe ; S, levier à crochet servant à presser ce cylmdre+sur les rouleaux QQ ; il y en a un second de l’autre côté de la machine ; T, bascule qui tire la tringle S; U, poids qui fait baisser la tringle; V, support que l’ouvrière place sous la bascule quand elle enlève le rouleau-retireur chargé ; X, tringle qui s’accroche à l’axe du cylindre supérieur P, et le fait appuyer sur celui placé au-dessous; Y, levier qui tire la tringle X; Z, poids suspendu au bout de ce levier. ( «r i f ;
- a, tringle qui opère la pression des cylindres cannelés E E ; b, levier qui
- p.274 - vue 293/507
-
-
-
- pl.309 - vue 294/507
-
-
-
- pl.310 - vue 295/507
-
-
-
- pl.311 - vue 296/507
-
-
-
- J
- C -75 )
- tire cette tringle ; c, poids suspendu au bout de ce lévier ; def, poulies montées sur l’arbre de couche du moteur, et autour desquelles s’enveloppent des courroies ; g, poulie de l’arbre moteur de la machine , commandée par la poulie d; g", poulie folle montée sur le même axe et qui reçoit la courroie quand on veut arrêter le mouvement ; h, poulie du ventilateur N, menée par la poulie ey i, poulie du volant H, commandée par la grande poulie j; h , petite poulie montée sur l’arbre-moteur et communiquant avec la poulie l des cylindres alimentaires , au moyen d’une courroie croisée ; m, arbre-moteur de la machine; n, pignon monté sur cet arbre et qui engrène avec la roue dentée n " fixée sur l’axe du cylindre métallique inférieur P ; oo, pignons établis au-dessous des rouleaux Q Q et qui les font tourner ; p p, pignons de l’axe des rouleaux ; q, autre pignon du cylindre métallique inférieur P; r, pignon du rouleau K de la toile sans fin I; ss, petits pignons menés par le pignon précédent; t, grande roue dentée du tambour métallique ; u, lunette qui recouvre un trou percé dans la cheminée M, et par lequel on relire les flocons de coton qui auraient pu s’y introduire ; v, fente longitudinale percée au-dessus de la cheminée M et par où s’échappe la poussière; w, poignée de la bascule T; x, arbre renflé de la tringle X, qui entre dans une gorge pratiquée au-dessous de la partie courbe du levier.Y; y, centre de mouvement de ce levier; z, crochet sur lequel il s’appuie.
- a ', b volets de la caisse G ; c ', tringle de la bascule T, à chacune des extrémités de laquelle s’attachent les tirans X; dr df, coussinets des axes des cylindres métalliques P P et des rouleaux de bois Q Q ; e’, coussinet du cylindre métallique supérieur ;f', coussinet du volant ; g'g\ galets de friction pour adoucir le mouvement de l’axe du volant ; h’, roue dentée montée sur l’un des rouleaux cannelés E ; V, pignon du rouleau C.
- Rapport fait par M. Molard, au nom du Comité des arts mécaniques, sur une râpe à os établie a Thiers, département du Puy-de-Dôme.
- Messieurs, vous savez quels sont les grands avantages qu’on retire actuellement des os, tant sous le rapport des substances alimentaires que sous celui de l’économie agricole et manufacturière ; mais dans tous les cas il faut préalablement les diviser et les réduire pour ainsi dire en poudre par des moyens mécaniques. Les moulins qu’on emploie pour cet objet sont plus ou moins avantageux : ce sont ou des meules verticales en pierre dure, d’un poids de 5 ou 6000 livres, tournant dans une auge horizontale de
- p.275 - vue 297/507
-
-
-
- ( 276 )
- forme circulaire, également en pierre dure, à-peu-près comme les moulins qui servent à broyer les graines oléagineuses, ou des espèces de laminoirs dont les cylindres sont formés de disques en fonte dure et à dents, qui se chevauchent alternativement d’un cylindre à l’autre, et qui, en tournant en sens contraire avec une vitesse différente, pulvérisent assez promptement les os; mais l’établissement de ces moulins est dispendieux : ils ne peuvent d’ailleurs convenir qu’à de grandes exploitations, où l’on possède un très-fort moteur.
- On a communiqué à la Société d’Encouragement le plan et la description d’une machine employée à cet usage à Thiers, département du Puy-de-Dôme, dont je vais avoir l’honneur de vous entretenir.
- C’est par le moyen du râpage que cette machine divise les os : un grand cylindre creux, en forme de virole, en acier, d’un pied de diamètre sur autant de longueur, dont la surface extérieure est fortement piquée comme une râpe à bois, est fixé concentriquement sur le bout d’un arbre de moulin , avec lequel il tourne. Au-dessus de cette râpe se trouve une forte pièce de bois, à travers laquelle on pratique un trou carré , qui sert de trémie aux os qu’on veut broyer, et qu’on presse à volonté contre le tambour-râpe, à l’aide d’un poussoir et d’un levier chargé d’un poids.
- A la suite du mémoire descriptif de cette râpe à os , on ajoute que tant que les dents sont neuves, la quantité d’os contenue dans la trémie, c’est-à-dire environ un pied cube, se trouve réduite en une pâte très-fine en deux ou trois minutes.
- Cette machine, très-facile à construire et peu dispendieuse, dont le travail nous paraît avantageux, mérite d’être connue. Nous avons en conséquence l’honneur de vous proposer d’en insérer la description dans votre Bulletin,
- Adopté en séance, le 22 juin 1825. Signé Molard jeune, rapporteur.
- Description de la machine a diviser les os, employée à Thiers, département du Puy-de-Dôme.
- On emploie depuis un temps immémorial à Thiers, département du Puy-de-Dôme, ville renommée pour ses nombreuses fabriques de coutellerie commune, des moulins à broyer les os de tous genres, et principalement les résidus de ceux qui servent à la confection des manches de couteaux.
- Le moulin se compose d’une roue hydraulique qui fait tourner un arbre de couche A,Jig. 1, PL 512, dont l’extrémité repose par ses tourillons
- p.276 - vue 298/507
-
-
-
- ( a77 )
- sur im dez en pierre ou sur un sommier en bois B. Cet arbre est entouré sur une partie de sa longueur d’une râpe cylindrique en acier b, dessinée séparément, Jîg. 2, et dont les aspérités doivent être beaucoup plus fortes que celles des râpes ordinaires, et taillées en hélice. Cette râpe, qui doit être fixée très-solidement sur l’arbre, a un pouce d’épaissenr sur 8 à g pouces de large ; elle est surmontée d’une poutre transversale c, maintenue entre deux jumelles dd, de manière à pouvoir être rapprochée ou éloignée à volonté de la circonférence de la râpe, au moyen de deux coins ee; ce qui permet de diviser les os en fragmens plus ou moins grossiers. Au milieu de la traverse est pratiqué un trou f, de 5 à 6 pouces en carré environ, et dont l’intérieur est doublé en forte tôle. Dans ce trou entre un tampon g des mêmes dimensions, aussi revêtu de fer et suspendu à un grand levier h par un étrier i, qui doit laisser au tampon assez de jeu pour qu’il puisse entrer dans le trou^ quelle que soit l’inclinaison que reçoit le levier pendant le travail. L’extrémité k du levier est mobile sur un fort boulon l fixé dans l’une des jumelles, de manière que le tampon se trouve juste au-dessus de la boîte f. On emplit celle-ci de fragmens d’os concassés préalablement à l’aide d’un marteau, et on force le tampon à y entrer, en appuyant sur l’extrémité du levier. Les os ainsi pressés contre la râpe pendant qu’elle tourne sont réduits en pulpe analogue à de la grosse sciure de bois, et qui tombe dans une caisse ou un panier m placé au-dessous : quand la machine fonctionne bien la boîte se vide en deux ou trois minutes. Les dents de la râpe s’émoussent plus ou moins promptement, selon la dureté des os sur lesquels elle agit : on les affûte de temps en temps. Les os trop durs doivent être soigneusement rejetés comme susceptibles d’endommager la râpe.
- La poudre d’os ainsi obtenue est très-recherchée dans le pays pour l’engrais des terres; les os qui n’ont pas subi l’ébullition donnent un engrais plus puissant : aussi se vendent-ils plus cher.
- On fait un grand usage en Angleterre et en Ecosse des os comme engrais, appliqué sur-tout à la culture des turneps ou navets, dans la proportion de 20 boisseaux ou 2400 livres par acre.
- La machine dont, nous venons de donner la description est simple et peu dispendieuse ; elle pourra être établie par-tout où l’on a un courant d’eau à sa disposition : un manège peut y être appliqué.
- Description de nouvelles cisailles a main, a levier brisé.
- On sait que les cisailles se composent de deux branches maintenues exactement appliquées l’une contre l’autre par un axe commun, qui les traverse
- p.277 - vue 299/507
-
-
-
- ( 1 2 * * *78 )
- perpendiculairement à leur plan, et autour duquel elles sont libres de se mouvoir dans des limites déterminées. Ces deux branches, lorsque la cisaille est ouverte, présentent la forme d’un X, dont les jambages se prolongeraient plus d’un côté que de l’autre. Le tranchant se trouve au dedans de l’angle du côté des branches les plus courtes ; les plus longues servent de leviers, au moyen desquels on fait agir la cisaille.
- Le levier inférieur est ordinairement fixé dans un étau ou sur un banc, tandis que l’autre est mobile seulement autour de son axe, dans un plan vertical, soit à bras d’hommes, soit par une force motrice quelconque, selon la résistance que doit opposer le travail du découpage.
- Dans la nouvelle cisaille que nous offrons ici, et dont le dessin nous a été communiqué par M. Molard, membre de l’Académie des Sciences, l’action , au lieu de s’exercer directement sur le couteau au moyen d’un levier droit, se transmet par l’intermédiaire d’un levier brisé ; ce qui permet de découper des tôles très-épaisses sans développer un grand effort. Cette disposition est représentée fig. 3, PI. 312. On voit en a le levier du couteau supérieur, qu’on fixe sur un appui solide au moyen du talon pointu et coudé b (i}„ Le levier du couteau inférieur c est brisé vers le tiers de sa longueur, où il reçoit une articulation d, attachée à un levier droit e, armé d’une poignée, et mobile sur la vis f, qui traverse une pièce faisant corps avec le levier a. La branche d est mobile sur deux vis g g formant charnière. On conçoit qu’en baissant le levier e, il amène la branche d, laquelle tire la queue c du couteau avec une force qui est en raison de l’angle plus ou moins ouvert que forment entre elles les pièces c et d. Il en résulte que le plus grand effort, au lieu de s’exercer sur le talon des couteaux, comme dans les cisailles ordinaires, agit dans celle-ci à la pointe du tranchant.
- L’angle sous lequel la cisaille coupe varie suivant l’épaisseur de la matière qu’il s’agit de découper ; s’il est trop ouvert, la pièce de métal glisse dans le sens destranchans jusqu’à ce que le frottement fasse équilibre à la poussée; c’est un défaut auquel M. Molard a remédié, en pratiquant, sur le bord du tranchant et près du talon, quelques entailles peu profondes, qui, sans nuire à la solidité de la cisaille, lui donnent la propriété de saisir la planche de tôle qu’on veut découper, et de la retenir.
- Le découpage des tôles minces par les cisailles que nous venons de dé-
- (1) On peut aussi, au lieu du talon pointu, donner a l’extrémité de cette branche la
- forme convenable pour pouvoir la fixer entre les mâchoires d’un étau. C’est ainsi que
- M. Coulaux , directeur de la manufacture d’armes de Klingenthal, fabrique des cisailles
- de celte espèce, d’après uicmodèle que lui a communiqué3L C.-P. Molard.
- crire,
- p.278 - vue 300/507
-
-
-
- - ' - (279 ) .
- crire, ne se faisant que par reprises successives, est très lent et laisse les marques des reprises le long dü corps découpe. Cet inconvénient disparaît par l’empïoTde la cisaille circulaire de M. Molard, décrite dans la treizième année du Bulletin de la Société, page ioq; machine ingénieuse qui découpe par mouvement continu et parfaitement en ligne droite, et qu’on emploie avec succès dans les hôtels dés monnaies et dans plusieurs ateliers de construction.,. : ..
- -YihWi ù:-, îy-'-À! Vïih'.Fu . . . 0 . V ..., . \ s ., ; \
- Rapport fait par M. Molard à Y Académie des sciences, sur un métier mécanique à tisser toutes sortes détoffes, inventé par -M. Cor ont, manufacturier en soie h Saint-Julien (Loire).
- Hs\. Augustin Coronty manufacturier en soie, à Saint-Julien, département de la Loire, a communiqué à l’Académie des Sciences l’explication sommaire des effets d’un métier de sa composition, propre à tisser toutes sortes d’éfoffes au moyen de l’action seule du mouvement de rotation continu dans le même sens. ’ ’ >^
- L’auteur ajoute qu’il a établi, rue Traversière Saint-Honoré, n°. 35, à Paris, deux de ses métiers fonctionnant,'afin d’en rendre l’examen plus facile. Il termine sa lettre par prier M. le président de l’Académie de vouloir bien nommer une Commission chargée de faire un rapport sur cette noûVelle construction de métiers à tisser. , : r i
- Les commissaires, MM. Dupin, Nacier et moi, nommés par l’Académie pour prendre connaissance des métiers a tisser de M. Coront, vont avoir l’honneur de~soumettre au jugement de la compagnie le résultat de leur examen, et lui faire part en même temps des observations auxquelles cet ëxaffién a donné lieu. ' • ' 1 : -
- Vos commissaires croient devoir annoncer, d’abord, que l’auteur s’est procuré, le 15 avril 1825, un brevet d'invention de dix ans> pour les métiers à tisser qui font l’objet de Ce rapport, et que, le 16 décembre de la même année, il s’est muni d’un certificat de perfectionnement ajouté à la thème machine f par ce moyenf il s’est assuré la jouissance exclusive de son invention, en tant, toutefois, qu’elle ne lui sérait pas contestée.
- Ên Second lieu, avant d’exposer les particularités qtrehous' avons remarquées dans le mécanisme des iuétiers à tisser* de BL Ooroni, et qui ont fixé plus particulièrement notre ' ’ eùtioh’,’ nous croyons qu’il n’est pas hors de propos- de rappeler ici l’ofigr ië'du premiér métier à tisser toutes sortes d’étoffes, par le seul mouvement de rôtaftion continu dans le niénle sens, produif par Uhrpremier 'moteur quélcÔnque,.L u Vingt-cinquième année. Septembre 1826. ~ Qq
- p.279 - vue 301/507
-
-
-
- ( 280 ) •
- Plusieurs membres de l’Académie se rappelleront sans doute que Pun de nos plus célèbres mécaniciens, Jacques de V^aucanson a résolu le premier cet intéressant problème de la manière la plus complète , ainsi que l’attestent et le métier lui-même légué au Gouvernement par l’auteur, et qui fait partie des collections du Conservatoire des arts et métiers, et le Mercure de France, de novembre 1745, où les rédacteurs .s’expriment en ces termes, page 116 et suivantes ; ,
- « M. de Kaucanson, si célèbre dans les mécaniques, vient de mettre » au jour une vraie merveille de l’art, et cela dans un objet de la plus » grande utilité. C’est une machine avec laquelle un cheval, un bœuf ou » un âne font des étoffes bien plus belles et bien plus parfaites que les plus ' )) habiles ouvriers en soie. Cette machine consiste en un premier mobile j> en forme de cabestan, qui peut communiquer son mouvement à plusieurs j) métiers à-la-fois, pour y faire toutes les opérations nécessaires à la » fabrication des étoffes. ^
- » Ce cabestan, mu par une force quelconque, on voit sur le métier » l’étoffe se fabriquer sans aucun secours humain, c’est-à-dire la chaîne a s’ouvrir, la navette jeter la trame, le battant frapper l’étoffe avec une » justesse et une égalité que la main de l’homme ne saurait jamais avoir.
- » L’étoffe se roule elle-même à mesure qu’elle se fabrique , la chaîne » est toujours également tendue, la trame toujours également couchée, et » l’étoffe toujours frappée au même point et avec la même force, et tout » cela se fait sans fatiguer la soie et sans qu’elle reçoive aucun frottement ; » car la navette passe la trame sans toucher la chaîne ni même le peigne, » et les lisses qui font ouvrir cette chaîne ne la touchent jamais deux fois » au même endroit. .
- » Cet ingénieux auteur a trouvé le moyen de déterminer la quantité de » soie qu’il veut faire entrer dans une étoffe, en donnant plus ou moins » de poids au battant avec lequel il la fait frapper, en tenant la chaîne plus » on moins tendue et en faisant donner plus ou moins de trame.
- » Par un seul tour de manivelle il fait entrer pour 5 sous de soie de plus » par aune dans son étoffe, et en tournant cette même manivelle en sens » contraire, il y en fait entrer pour 5 sous de moins, laquelle augmenta-.)) tiôn ou diminution de 5 sous en 5 sous peut être portée au point où l’on » veut, par différens tours de manivelle. *
- » Ç’est par de semblables moyens qu’il fait dévider son étoffe plus ou « moins vite, selon que la trame est plus ou moins grosse et qu’elle est . » plus ou moins frappée. - . , , . - , -
- » Les lisières de l’étoffe fabriquée sur le nouveau métier sont bien plus
- p.280 - vue 302/507
-
-
-
- ( a8i )
- » belles et bien plus parfaites que celles des étoffés ordinaires, l’auteur » ayant trouvé le moyen de supprimer une pièce appelée tampia, dont on » se sert ordinairement pour contenir l’étoffe dans sa longueur; mais qui » gâte les lisières par des trous que les pointes y font. ~
- » Est-il question de recharger la navette ou de racccommoder un fil » cassé, on arrête le métier sur-le-champ, en poussant un bouton qui » peut se trouver aux quatre coins du métier et sous la main d’une petite » fille préposée pour veiller à quatre de ces métiers, dont la seule occupa-» tion consiste à nettoyer la soie, raccommoder les fils cassés et garnir les » navettes, qui contiennent six fois plus de trame que les navettes ordinaires.
- » Cet arrêt, dont la mécanique est toute nouvelle et fort ingénieuse, » suspend comme un c lair tous les mouvemens du métier, dans tel état » qu’il se puisse tourner ; et lorsqu’on le fait repartir , ce qui se fait avec la » même facilité et la même promptitude qu’on l’a arrêté, ses mouvemens » reprennent sur-le-champ au même point où ils ont cessé. Cet arrêt » d’ailleurs est particulier à chaque métier et sans aucun rapport des uns » avec les autres, en sorte qu’on arrête celui qu’on veut sans que les autres » cessent de travailler, le moteur général ne discontinuant point d’être en » mouvement.
- » Un cheval attelé au premier mobile peut faire travailler trente de ces » métiers ; une chute d’eau un bien plus grand nombre : et si l’on voulait >» y employer des hommes, un seul en ferait aller six sans peine, puisqu’un » enfant de douze ans en fait aller un fort aisément. Chaque métier fait >1 par jour tout autant d’étoffe que le meilleur ouvrier quand il ne perd » pas de temps,
- » L’auteur n’a encore travaillé ( en novembre 17^) qne pour faire » toutes sortes d’étoffes unies, comme le taffetas, le gros de Naples, le » sergé, le satin , etc. ; mais bientôt après il trouva les moyens de rendre » les nouveaux ouvriers de sa création également habiles pour la fabrica-» tion des étoffes façonnées. » -
- Le métier de Vaucanson, que possède le Conservatoire des arts et métiers est disposé pour fabriquer à volonté les étoffes unies ou façonnées, au moyen des fils delà chaîne ou simplement à la marche. ,
- Le dessin est lu sur un ou plusieurs lequel on a monté un droguet gris. • *
- La fabrication des étoffes façonnées par les anciens procédés exigeait le concours d’une ouvrière chargée d’exécuter le tirage de haut en bas d un certain nombre de cordes, travail d’autant plus fatigant, que l’ouvrière est obligée de se tenir debout pendant toute la journée» M. de Lcisalle, sui-
- Qqa
- cylindres adaptés aumetier, sur
- p.281 - vue 303/507
-
-
-
- ( 282 ) V
- vaut le rapport fait à l’Académie des sciences, le 29 juillet 1775, avait imaginé un nouvel équipage qu’il avait adapté ,à son métier, pour opérer le tirage et rendre ce travailmoins pénible à l’ouvrière, qui pouvaitl’e^écuter étaïit assise.
- Les auteurs de ce rapport, approuvé par l’Académie, citent.avec jéfe>ge le métier de Faleon, où les ouvrières n’étaient occupées qu’à présenter, assises, une suite de cartons tracés suivant l’ordre du lisage des dessins.
- Nous croyons devoir ajouter, à ce sujet, que l’un de nous, en organisant le Conservatoire des arts et métiers, sous le ministère de M. le comte Chaptal, prit le plus grand soin de réunir au métier de Faucanson les cartons du métier de Falçon, parce qu’ils avaient servi à fabriquer des étoffes façonnées par un procédé très-analogue à celui imaginé par Faitcanson. Ce procédé consiste dans l’emploi d’un cylindre percé de trous dans un ordre déterminé par le lisage du dessin ; mais à l’aide duquel on ne pouvait exécuter que des dessins de petite dimension et qui se répétaient à chaque révolution du cylindre, tandis qu’avec les cartons de Faleon on pouvait former des dessins de différentes grandeurs, en se servant d’un plus ou moins grand nombre de cartons. ;
- Il ne s’agissait plus que de trouver le moyen de faire marcher ces cartons les uns après les autres ; le cylindre de Faucanson a facilité à M. Jacquard la composition du mécanisme qui sert à manœuvrer les cartons; il lui a suffi, pour cet effet, de substituer au cylindre dont il s’agit un arbre carré percé de trous sur chaque face, et qui éprouve, comme ce cylindre, un double mouvement, celui de rotation par reprise sur ses axes, et celui d’allée et venue sur un plan horizontal ; ce qui s’obtient par le simple fou-* lage d’une seule marche. Ainsi, de la combinaison de ces deux mécanismes élémentaires qui étaient isolés, est résulté un métier propre à fabriquer les étoffes façonnées, qui porte le nom de mécanique à la Jacquard, et qui est généralement employé avec le plus grand succès. - t*
- Nous pensons que l’Académie ne trouvera pas cette digression déplacée ici, à cause, d’une part, de l’importance du sujet, et de l’autre, qu’elle offre la preuve qu’on ne peut considérer aujourd’hui comme une nouvelle découverte l’établissement de métiers à tisser les étoffes par un premier moteur quelconque, qui opère sans le secours de la main : ; >
- .. i°. Le jçu des lisses; .-V. - '• ^'?rr- :
- 20. Le lancement de la navette dans les deux sens; ,, ; ;» * ; :
- 3°. Le coup de chasse ou du battant et §on repos pendant le passage de la navette; ._ . , ; .... : y
- 4°., L’action du frein de la grande ensouple en opposition avec le coup du battant 1 Fi -V.. . • - J:. .
- p.282 - vue 304/507
-
-
-
- . . (( )
- r; gpj Eafmurdhfe tïé:!*éfdïïfe-ra -Mesuré'-'cjï^éïfê'’sé R ^
- $/U OàftSCet d<$ efeôsëè‘:|rfe tîiérîtê’dHtt^ilëiféP^ tls^W^ü^etitfe5 dèëëdftk ^outtiis à notéé-ëxàmëfr J ¥rë^eWt cèriiistéi’^^è'idïiïg l^i^ioî^aér'flîVers7 tiïe-ieâiiïsiiies^îlà'plbyés péFlél?â\i^eui^?|)émÿ^t6(îM;éfe0Pe^ëffblsîqufe?9i'6ii^>,fbiÿ6^ d ’éfiôocèr.:EtëS ktéîmes de M. "Corâhf,5éxambiê^«sôfôs2 cè point de' *ft &ik
- ont paru d’une combinaison simple, facilésc,¥è^cii\érj (f^dWériir'eiÈiêïi^ëti dispendieux^ et ftés-bièn appropriés & leUébbjet^^Ous àVonx remarqué qae le>pëigUê%st porté par uhëespèce de ébariot dans Un plan
- Imrixontal poU4v;Opérer la pression de la fràméi/>tfé'ë~le dààcé dé lafnaVettë dans les deux senë bSt produit pàr ’Wn itiëèliii^ne^^tissi^’siniple qu’mgé-nieux > et qui a l’avantage de Wè poftÿt frapper Ijruàqtiëtnent le'sHUqUetâ qui chassent la navette f mais de les conduire par un iddhvérnéiit dnifôrmément accéléré, à rimitàtïoii de là niain de l’ébry^ier èpii Ihrtiisà'g'é de lM ilàvëtte volante. ''umintmic ne'ittfr y us» aoi {un-thù .:i »b du&U a :> iaot. mp aibijou
- M. Coront a adapté à T'ôü. de sel métier^ lü^méfchftïcfüè1 a \& Jdcqùdrtt, qui, comme nous l’avons anùdncé/produit unie étoffé façonnée par le foulage d’une seule marche, laquelle reçoit le mdüvénie'dt dé f’arbre-îiiotëur, «a même temps que tontes les parties du métier :01 ÏU îci
- En se résumant , vos commissaireà pensent que M. Ôbrorit ^\è \iiét\th d’avoir produit un métier à tisser peu dispendieux £ d’une îàçtl'e éxëcuîtion èt très-susceptible d’être porté à Un degré satisfaisant de * perîeBlioé^1 ’a mesure que l’expériebce lui erl détnétatrera ialdéëesSitél1^‘if *u
- Les conclusions de cê rapport ont ‘W:’ adoptées pué VÀààâêtniè) 'ddïùfsit séance du 4 septembre1826^ -•qî'Uoq -1 -> ojcjqa nicv: :• a r, 'vaguovi. Je „Mid >;)! par .'. v:o ;> te; Ai K( fu/rgn 7 < 'r.yt/',yy',Akir:r,1, :. •/>' sgsttqr. i-'f
- Rapport fait par M. Bai llet ;/ au nom du Comité dés artsf méca-: x riïques \ sur un moyen proposé par M. Dôliger/pour oï>tqpir
- deux jets d’eau d’une même pompe. ff. ( »ônqd« no-'- -*mn.
- u Messieurs, M. Doliger> pompier à Abberillè, u récdhnu,3paëj:^a ptbpre expérience , qu’il pourrait souvent être utile dé faire produire par une pompe deux jets d’eau au lieu d’un seul : cet avantage serait sur-tout très-précieux dans le commencement d’un incendie, lorsqu’on réâ qu’une porhpe à sa disposition et que le feu, qui s’est d’abord mànifèsté dans un point, vient tout-à-coup à éclater dans un autre point-plus ou moins éloigné.
- rrh
- (j) Le métier à tisser toutes sortes d’étoffes, au moyen d’pn mouvement continu de rotation dans le même sens, inventé par Vaucanson, n’ayant,pas été^gravé, nousen publierons très-prochainement les principaux mécanismes, accompagnés des gravures nécessaires.
- tiv. n. R.y
- p.283 - vue 305/507
-
-
-
- (284)
- Il a pensé qu’il serait facile, quand on construit une pompe, de pratiquer au bas du récipient, un; second orifice de sortie opposé au premier, ou même deux orifices de sortie du mêmç côté, si l’on voulait réserver le côté opposé pour recevoir le tuyau connu saus lenom d’asp irai. On obtiendrait ainsi les deux jets, en ajustant sur les deux orifices les boyaux terminés par les lances ouïes ajutages ordinaires. * r.r^>o 1 ; fr\?r> *:•<> M, Doliger n’a point jusqu’ici fait de pompe disposée comme on vient de l’indiquer « mais désirant donner aux pompes déjà construites la propriété de lancer deux jets à-la-fois, il a imaginé d’ajouter aux pompes actuelles un tube à deux branches ou à trois ouvertures, qu’il nomme pièce triangulaire, et dont il vous a envoyé deux modèles exécutés par lui-même avec beaucoup d’habileté. Ce tube est en cuivre battu, d’une seule pièce ; l’une des ouvertures s’adapte par une boîte à vis sur l’orifice de sortie ou sur le boudin qui sort du flanc de la bâche; les deux autres ouvertures sont munies devis simples et reçoivent les garnitures des boyaux. . r ,:7Ï
- La condition nécessaire .pour que les deux jets soient aussi bien fournis et aussi bien soutenus que,le serait un seul jet, dans la supposition que la pompe est mue par la même force et avec la même vitesse, c’est que l’aire des sections des deux jets soit égale à l’aire de la section du jet unique.
- .. L’essai de ce moyen a été fait dans la cour de l’Hôtel-dé-Vilie d’Abbe-viïle, le 28 juin dernier, en présence de M. le chevalier^ Carrière, sous-préfet, et de M. tle Campenelle, premier adjoint de maire et membre de la Société d’Encouragement ; l’un de nous y a assisté. - 5 V; : oA. ?.?v\
- M. Doliger a d’abord ajusté à la pompe un seul boyau terminé par un ajutage de 16 millimètres ( 7 lignes ), et on a obteuu un jet bien nourri, qui s’est élevé à la hauteur de 25 mètres (75 pieds) environ : la pompe était servie par dix hommes. On a ensuite ajusté à la pompe le tube à deux branches et deuxboyàux, terminés par des ajutages de 11 millimètres un quart (ou 5 lignes) ; la pompe étant servie de là même manière que dans le cas précédent, on a eu deux jets également bien soutenus, qui lancèrent ensemble la même quantité d’eau que le premier, et qui s’élevèrent ùn peu moins haut (.1). :-h;oa si .'b sic '-' jp. r.rf h pnvi zneb en-y'-q-
- Tels sont, Messieurs, les faits dont nous devions d’abord vous.rendre compte; iLppus^g^ç ja. vous soumettre quelques observations . S?. B
- .. . (1) Il est pre sque-in-utile de Tarppeler ici que de plusieurs jets qui sortent de leurs ajutages avec la même vitesse, les plus gros s’élèvent toujours plus haut que les petits, parce qu’ils ont plus de masse et par conséquent plus de force pour surmonter les résistances qui tendent à détruire leur mouvement, .c.yt;o y a
- p.284 - vue 306/507
-
-
-
- ( âês ')
- mvationS^ «-T ub 9™>Jrcvoc ,s,
- |r( 7?oh irm £-.i d; ro'mSifmTO , . Jo A si sb Oflfift ni? tans iisp
- On ne peut nier qu il se rencontrera souvent des circonstances ou il serait
- * • * . . .î'CIJliV Oü KSi 'J lu '
- important d’obteniij deux^ets^d une seule ponipe pour,attrfçjue^ 1$ fie^en deux points, si. cela était nécessaire ; mais on ne doit pas perdre de vuq que,» pour éteindre un incendie, il faut en général verser un grand volume d’eau sur les parties embrasées^ car l’eau en petite quantité ne j ferait souyent qu’animer et exciter le feu au lieu de le détruire : c’est par cette| raison sans doute que les pompes ordinaires sont disposées pour ne lancer qu’un seul jet, et ce n?est qu’aux pompes de grande dimension, .telles que la pompe de Bramah ( qui a été décrite dans diflerens ouvrages (i), et dont un modèle existe au Conservatoire des arts et métiers^ qu’on a pratiqué immédiatement au-dessous du réservoir d’air deux orifices de sortie opposés l’un à l’autre. ,, . . . 0 ; v > . , * ,
- Il suit de cette remarque , qu’on ne devra se permettre de diviser l’eau d’une pompe en deux jets que quand la pompe sera assez forte, comme celle de l’expérience du 28 juin dernier, pour que chacun des deux jets conserve encore une grosseur suffisante. ,
- Dans ce cas, le tube à deux branches proposé par M. Doliger pourra recevoir son application ; il est d’une construction peu dispendieuse et d’un emploi facile : on pourra toujours l’adapter aux pompes déjà construites, si on a soin qu’il porte le même pass de vis ; il exige un second boyau pour le deuxième jet, et un homme pour le diriger; mais il laisse d’ailleurs la faculté de ne lancer qu’un jet quand on le désire, en fermant par un bouchon à vis une de ses ouvertures.
- Nous pensons en conséquence qu’il y a lieu de faire connaître ce moyen d’augmenter en quelque sorte, dans plusieurs circonstances, l’utilité déjà si précieuse des pompes à incendie, et nous avons l’honneur de vous proposer : i°. d’écrire à M. Doliger pour le remercier de la communication qu’il vous a faite; 20. d’insérer le présent rapport dans votre Bulletin, en y ajoutant le dessin et l’explication du tube additionnel qui sert à produire le double jet.
- Adopté en séance, le 2 août 1826. •
- Signé Baillet, rapporteur.
- s\ r • h ; ; Explication des jig. 4 à 8 de la PL 312.
- Pig- 4- Tube additionnel à deux branches ou à trois ouvertures pour obtenir deux jets d’une seule pompe. < r
- - ‘ (ï) Voyez la Mécanique industrielle de M. Christian, le Traité de Mécanique de B oignis t les Annales des Arts et Manufactures, la Bibliothèque Britannique, etc.
- mbucd us no 01 Ho?, oh ooilno'l/râ
- p.285 - vue 307/507
-
-
-
- ( 086)
- a, ouverture du tube qui doit s’adapter à l’orifîce de sortie ou au boudin qui sort du flanc de la bâche; b et c, ouvertures des branches qui doivent
- <!rïV;i «; n *•;$ j> j ilii «' UQf i; 'j j'i ; i iOLrfÜ'i SH II UD i i J >CF 0'. «U *
- receveur jes bocaux. \ p l ^ /
- B1. Vuftè^ servant aufmêhië usage’qüë^'ceîluidë \à fgx'\‘i maïs'dont les bralichë^ sont plus écartées èt moins saillantes, afin qu’il puisse rester visse sur le flanc d^ la bâche ,' sans‘qu'on craigne5 qu’il soit endommagé^ * *
- fiFilg. 6. lue meme tube muni de sès vis ,. pour s’adapter à la bâche et ré-
- — '••• - —- '; •• i? jjs ... • * -
- ex tu; noir iji
- ’i :
- iiiiUïrf up
- r V~’
- cevdir les boyaux.'* " \k
- " Fig. *f. Lë meme tube dont une des branches est fermée par un tampon
- •ii"- ;v<**te „ non* i<Lih '.tbiiJi!, yb aequioq ms o& Jhw n to y.. <1tn mü*
- ou bouchon a vis a. J 1 1 v*
- iüi
- -U
- Fig. S. Le même tube dont‘une des branches rèst^aussi fermée par urf tampon à vis, et dont l’autre est terminée par un écrou e pour recevoir le
- y y* 'ï-î Oi/ /.'illO SX** Jt-l 410 V I*.?- *1 i fll-J £*J AV. * J i i il ^ ü
- boudin. -f
- Les tubes représentés 4 â 8 sont en cuivre battu, d’une seu|e pièce. La méthode employée' par M. ï)bjigér pour les fabriquer consiste à re-treindrë d’abord la pièce de cuivre vers lé milieu J de manière à former un bout dé tube et une première ouverture : on continue àbattrë la pièce sur
- les bords ; on les replie ensuite et oh les soude pour, former les deux autres
- , , . , ': ,'i.yoqt>u.:-OA.y&ocp» -* ./oor/iCr.-'- ^£t ...nui> *«k..r ,,:
- branches.
- i.üj'1; te
- l no sp. ïi ‘inix,
- ni
- o CD
- : r/.ï O
- mon oiîiéb tey li ;no.
- ,,,i; i. è'inoplO-t. BTmO ,omôrn y! ateo
- Inoi
- 'arts: !chïmiqüë s?'te" 3i,te 1
- ...i : i oornij onimort un ta ,J9? aî
- 1JOR
- A
- ylbéi:
- p mo?. j'.'ineb
- PnOdÊDÉ pour dégrader les nuances de la teinture en bleu de Prusse sur soie; par M. Chevreul , directeur dés teintures de la manufacture rojale des Gobelins.
- i*.j ! -i--! ; ♦ s ,. w.j-'-. u t. -.iix-at
- 'KiUiijjî, iSH>;> Ilo a.iOBiiyq
- i"io% -wpéjrp ne ‘fôtnofnpU£r
- On doit à M. Raymond, professeur de chimie à Lyon, un procédé pré^ cieüx pottr teihdre la Sôië eh une couleur éclatante et solide pàr le bleu de Prusse. 11 ëst décrit dans la treizième année du Bulletin de la Société , pages 2§ et 55* La seule difîîcülté que présentait encore cette teinture consistait à produire à volonté toutes les nuances entre le bleu le^luè1 întensè et le blanc parfait, ou, en termes de l’art , à dégrader^eettë c<rhlèürj?hj,i’
- M. Chevrttd ëst parvenh h^ obtenir cette dégradation par un procédé très-simple qu’il a ^communiqué à FAcâdémie'des sçiehCes : il consiste à imprégner les différées échantillons de soie avec des proportions différentes d’oxide de fer, â l’aide de solutions dosées d avance. Pour .les tons lés plus foncés il emploie l’acétate, et pour les autres, rhydrôchlorate ou le sulfate dp peroxide- : après avoir-jrincé chacun d’eux convenablement f illes, plonge
- .n&
- d Vi tV\te e‘)I dan^
- p.286 - vue 308/507
-
-
-
- pl.312 - vue 309/507
-
-
-
- ( a87 )
- dans des bains de prussiate de potasse, dont le dosage correspond aux quantités d’oxide de fer déjà uni à la soie de chaque échantillon. Il obtient ainsi des nuances différentes qui se rapprochent autant qu’on le veut ; mais toutes celles qui sont claires tirent sensiblement au verdâtre. M. Chevreul a observé qu’un lavage assez long à l’eau de rivière ramenait en général toutes les nuances au bleu pur. Lorsque ce lavage ne suffit pas, on y parvient par un avivage à l’acide hydrochlorique étendu : dans ce cas , c’est un excès d’oxide de fer que l’acide enlève à la soie. •
- On voit que ce procédé nouveau, qui promet d’importans résultats, consiste dans un lavage à l’eau de rivière ou un avivage à l’acide hydro-chlorique. {Journal des connaissances usuelles, août 1826.)
- Composition d’un mastic hydrofuge propre a préserver de la détérioration les peintures sur pierre et sur plâtre, et a assainir des lieux bas et humides ; par MM. D’Arcet et Thénard (1).
- Ce mastic hydrofuge consiste dans un mélange de cire jaune ou de résine, avec de l’huile de lin lithargirée. Pour obtenir l’huile de lin lithar-girée, l’on fait dissoudre à chaud une partie de litharge en poudre fine dans dix parties d’huile de lin pure. Pour faire le mastic à la cire l’on prend :
- Cire jaune, urne partie; huile de lin cuite, trois parties, avec un dixième de son poids de litharge : on fait dissoudre le tout à une douce chaleur et on le conserve pour s’en servir.
- Le mastic résineux se fait de la même manière; mais l’on prend alors : résine, deux parties; huile lithargirée, une partie.
- Ce dernier mastic étant moins cher est employé pour les ouvrages communs et de peu de valeur. Le mastic à la cire, au contraire, est préférable pour les objets précieux, pour les moulures, les sculptures; il pénètre avec facilité les détails les plus délicats, il ne laisse aucune épaisseur à la surface, et par conséquent n’altère point la pureté des traits.
- Toute la difficulté de l’emploi de ce mastic consiste dans son application; mais c'est à ce mode d’application, sur-tout, qu’il doit la préférence sur tous les autres mastics hydrofuges.
- (r; Nous avons inséré dans le Bulletin d’avril 1826 , page 128, une note succincte sur la découverte faite par MM. 10’Arcet et Thénard d’un enduit propre à préserver les murs de l’humidité et à prévenir la détérioration des peintures à fresque ; mais cette note ne renfermant aucun détail sur les proportions exactes de l’enduit ni sur la manière de l’appliquer, nous réparons cette omission en donnant ici un extrait de l’intéressant mémoire publié par les auteurs dans le cahier de mai 1826 des Annales de Chimie. Cingt^cinquième année. Septembre 1826. Rr
- p.287 - vue 310/507
-
-
-
- (. 288 )
- 7 Lorsqu’on veut l’appliquer sur la surface d’un mur ou d’une voûte, il est nécessaire de chauffer préalablement la pierre, afin d’e,n chasser toute l’humidité, et que le mastic puisse la pénétrer. On se sert pour cet effet d’un fourneau de doreur, qui est parallélipipède en tôle, garni d’une grille de fer, et dans l’intérieur duquel on place du charbon incandescent. On présente le côté de la grille à la partie que l’on veut chauffer,* on fait ensuite glisser le fourneau devant la partie voisine, et pendant que celle-ci s’échauffe à son tour, le mastic, h la température de ioo degrés , est appliqué avec de larges pinceaux. Si l’on s’aperçoit que toute la surface n’est pas, également couverte de mastic, on la chauffe de nouveau pour en appliquer encore, et l’on répète cette opération. L’enduit pénétré à la profondeur de 4 à 5 millimètres ; il se solidifie par le refroidissement, et prend en six semaines ou deux.mois une dureté considérable. Il ne met pas seulement la peinture à l’abri de l’humidité, il prévient encore Y embu, par l’impossibilité où se trouve l’huile d’être absorbée ; il dispense aussi le peintre de vernir son tableau, avantage dont il est facile de sentir le prix.
- Ce mastic a été appliqué avec le plus grand succès à la coupole de Sainte-Geneviève; une expérience de onze années a confirmé ce succès.
- Des murs très-humides d’un rez-de-chaussée ont été assainis et séchés de la même manière, en chauffant la surface au moyen du fourneau et y appliquant cinq couches de mastic résineux. La dépense a été de 16 sous par mètre carré, ou 3 fr. 20 c. par toise.
- Le plâtre reçoit parfaitement l’enduit et se durcit en peu de temps ; seulement la chaleur doit être ménagée, autrement le plâtre se décomposerait. L’opération réussit toujours très-bien sur les plâtres neufs et secs; mais si les murs étaient trop salpêtrés, le mastic n’y pénétrerait qu’avec peine et pourrait même se détacher. . _
- On sait que la peinture sur les plafonds en plâtre se détériore peu à peu. Les auteurs sont convaincus qu’en les imprégnant d’un enduit de cire et d’huile lithargirée, on les conserverait presque autant que s’ils étaient de pierre, et que les couleurs n’ éprouveraient pas plus d’altération que sur la toile.
- Lorsqu’on veut conserver des objets précieux en plâtre, tels que statues, bas-reliefs, médailles, etc., on emploie un mastic composé de la manière suivante :
- On prend de l’huile de lin pure; on la convertit en savon neutre au moyen de la soude caustique; on y ajoute ensuite une forte dissolution de sel marin, et l’on pousse la cuisson jusqu’au point de donner une grande densité à la lessive et d’obtenir le savon nageant en petits grains à la surface de la liqueur : le tout est versé sur un carrelet, et quand le savon est bien
- p.288 - vue 311/507
-
-
-
- ( 289 )
- égoutté, on le soumet à la presse pour en exprimer le plus de lessive possible : alors on le fait dissoudre dans de l’eau distillée : et on passe la dissolution chaude à travers un linge fin. D’un autre côté, on fait dissoudre dans de l’eau également distillée un mélange de 80 parties de sulfate de cuivre et de 20 parties de sulfate de fer du commerce ; on filtre la liqueur, et après en avoir fait bouillir une partie dans un vase de cuivre bien propre, on y verse peu à peu de la dissolution de savon, jusqu’à ce que la dissolution métallique soit complètement décomposée. Ce point de décomposition étant atteint, une nouvelle quantité de dissolution de sulfate de cuivre et de fer doit être versée dans le vase, la liqueur agitée de temps en lemps -et portée à l’ébullition. De cette manière, le savon, sous forme de flocons, se trouve lavé dans un excès de sulfate; après quoi, il doit l’être successivement à grande eau bouillante et à l’eau froide ; puis il est pressé dans un linge pour l’essuyer et le sécher le plus possible, et c’est dans cet état qu’on s’en sert comme il va être dit.
- On fait cuire un kilogramme d’huile de lin pure avec 2Ôo grammes de litharge pure en poudre très-fine. On passe le produit dans un linge et on le laisse déposer à l’étuve; il se clarifie assez promptement. Cela fait, on
- prend : :
- Huile de lin cuitet, .... 3oo grammes,
- Savon de cuivre ec de fer. 160,
- Cire blanche pure. . . . . 100. . -
- On fait fondre le mélange à la vapeur ou au bain-marie, dans un vase de faïence ; on le tient fondu pour laisser dégager le peu d’humidité qui s’y trouve : on fait chauffer le plâtre jusqu’à 80 ou 90 degrés centigrades, dans une étuve, puis on l’en retire et l’on y applique le mélange fondu.
- Lorsque le plâtre se refroidit assez pour que le ràélange n’y pénètre plus, on le remet à l’étuve; on le chauffe de nouveau à 80 ou 90 degrés , et l’on continue d’y appliquer la couleur grasse jusqu’à ce que le plâtre en ait absorbé assez : il est alors remis à l’étuve pendant quelques instans, pour qu’il ne. reste pas de couleur à sa surface et pour que toutes les finesses de la sculpture paraissent et ne soient pas empâtées. Cette opération terminée, on le retire de l’étuve; on le laisse refroidir à l’air dans un endroit couvert, pendant quelques jours, ou plutôt, tant qu’il n’a pas perdu l’odeur de la composition, on le frotte avec du coton ou un linge fin, et le travail est fini.
- Cet enduit remplit tous les pores du plâtre sans laisser rien à la surface, sans former d’épaisseur, sans empâter les finesses de la gravure, et sans rendre flous les traits qui y sont sculptés.
- Rr
- p.289 - vue 312/507
-
-
-
- • ( 29° )
- En mettant de l’or en coquille sur les points culminans du plâtre , et le préparant ensuite, comme il vient d’être dit, on obtiendrait la patine antique avec le bronze métallique apparent dans les endroits saillans. *
- Une plus grand quantité de savon de fer dans l’enduit procurerait facilement la patine rougeâtre que présentent certains bronzes. Le savon de fer seul donnerait une teinte rouge brun; les savons de zinc, de bismuth et d’étain imiteraient le marbre blanc.
- •„ ARTS ÉCONOMIQUES, > -,
- Rapport fait par M. Pouillet_, au nom du Comité des arts économiques j sur la nouvelle lampe hydrostatique, présentée h la Société d’Encouragement par M. Thilorier, {- ,
- La lampe de M. Thilorier est à réservoir inférieur ; sa flamme est isolée, et peut éclairer de toutes parts sans porter aucune ombre autour d’elle. Dans les dispositions de cette espèce, il faut toujours une force pour faire monter l’huile jusqu’à la mèche et pour la soutenir à une hauteur constante. Cette force est différente dans les divers systèmes qu’on a imaginés jusqu’à présent : elle est due à l’écoulement d’un liqu^e dans les lampes des frères Girard; elle est produite par un mouvement d’horlogerie dans celles de Carcel, de Gagneau et deGotten; et dans la lampe dont il s’agit, elle résulte de deux principes d’hydrostatique, qui sont très-simples : i°. la colonne d’huile est soutenue par une autre colonne d’un liquide plus pesant, et qui est par conséquent plus courte dans le rapport inverse des densités ; 20. ce liquide auxiliaire s’écoule peu à peu sans que sa colonne change de longueur, comme il arrive dans l’appareil qui est connu en physique sous le nom de rase de Mariotte, elles portions qui s’écoulent tombent au-dessous de la colonne d’huile, la soulèvent et maintiennent le sommet à son niveau primitif, qui, sans cela , baisserait continuellement par la combustion.
- C’est un artiste ingénieux, c’est Lange, dont il nous reste beaucoup d’inventions utiles, qui paraît avoir eu le premier l’idée d’appliquer ces principes à la construction des lampes,Il employait la mélasse pour liquide auxiliaire; mais, soit à cause des altérations que ce liquide éprouve, soit à cause de quelques iheonvéniens d’une autre espèce, les lampes hydrostatiques de Lange n’ont point satisfait le public, car aucun ouvrier n’en fabrique, et 011 n’en trouve plus dans le commerce. Plus tard, on essaya de substituer le mercure à la mélasse, et les lampes à mercure , appelées <verzyeimes, du nom de Verzj, leur inventeur,, sont tout aussi rares aujour—
- p.290 - vue 313/507
-
-
-
- 09' )
- fïTiui que les lampes à la mélasse, et par conséquent ne semblent pas meilleures.
- Ce jugement du public, qui n’était pas encourageant, n’a pas empêché M. Thilorier de se livrer à des recherches sur les lampes hydrostatiques, et celle qu’il présente à la Société d’Encouragement est tellement perfectionnée , que le non succès des lampes de Lange et de Verzj ne doit pas être pour elle un préjugé défavorable.
- Le liquide dont se sert M. lliilorier est le sulfate de zinc , qui se conserve très-fluide, et qui ne paraît éprouver aucune espèce d’altération par son contact avec l’huile. En attendant qu’une longue pratique ait décidé sur ce point, nous ne pouvons mieux faire que de nous en rapporter aux expériences que M. Thilorier a faites lui-même avec beaucoup de soin et d’intelligence.
- Le sulfate de zinc se trouve par-tout ; il est à très-bas prix, et réunit par conséquent tous les avantages désirables ; mais ce qui distingue sur-tout l’invention de M. Thilorier, c’est l’appareil très - simple et très - ingénieux au moyen duquel on peut remettre de l’huile dans sa lampe. On conçoit que le sulfate de zinc, qui a successivement coulé sous la colonne d’huile pour la soulever, et qui a été d’un grand secours pendant toute la durée de la combustion, devient un grand inconvénient quand la combustion est terminée; car il a pris la place de l’huile, et il est nécessaire de le refouler et de le faire remonter dans son réservoir, pour remettre de l’huile et regarnir la lampe : c’était là sans doute le plus grand inconvénient des lampes de Lange et de Verzj. M. Thilorier a levé complètement cette difficulté au moyen d’un entonnoir tellement ajusté , qu’il s’adapte directement et hermétiquement sur le bec, sans même qu’on ôte sa mèche ni qu’on fasse aucune autre préparation. Cet entonnoir, lorsqu’il est en place, ajustement la hauteur convenable pour qu’étant rempli d’huile, la pression soit capable de refouler le sulfate de zinc jusqu’au sommet de son réservoir, et c’est ainsi que la lampe se remplit avec une grande facilité , et sur-tout très-promptement. Il est vrai que pour la remplir tout-à-fait il faut que l’entonnoir reste lui-même tout-à-fait plein ; ce qui semble d’abord un grand inconvénient , puisqu’à la fin il faut bien qu’on l’ôte, et qu’on ne peut l’ôter sans répandre l’huile qu’il contient ; mais le remède est très-simple : on se contente, quand l’opération est finie, de soulever un peu l’entonnoir, et alors son huile s’écoule par le conduit intérieur du bec, et passe delà dans un, tube qui traverse toute la longueur de la lampe, et qui aboutit à un réservoir particulier destiné à recevoir toute espèce d’huile excédente.. Voilà les perfectionnemens essentiels et assez importans que M. Thilorier a apportés aux lampes hydrostatiques; s’il a fallu beaucoup d’adresse pour
- p.291 - vue 314/507
-
-
-
- ( 1 292 )
- combiner et inventer toutes les pièces de l’appareil, nous pensons, et ce n’est pas une chose inutile pour la pratique, qu’il ne faut aucune adresse pour s’en servir. < f : :
- Après avoir examiné la disposition mécanique de la lampe, il reste à voir les effets produits et les avantages économiques que l’on peut en attendre.
- Nous avons remarqué que dans les premiers instans où la lampe*de M. Thilorier est allumée, l’éclat de sa flamme n’est pas moindre que dans une lampe de Carcel de même bec; mais , dans moins d’une demi-heure, la lampe de Carcel prend l’avantage, et au bout de quelques heures elle est hors de comparaison. On aurait pu s’attendre à ce résultat, puisque dans les lampes de Carcel 3JSagneau et Gotten la mèche ne saurait eharbonner, tandis que dans les lampes où l’huile n’arrive que par la capillarité et sans force d’impulsion, la flamme restant nécessairement en contact avec l’anneau, en élève la température, échauffe l’huile et consume et charbonne la mèche, au point que dans quelques heures ces lampes perdent l’éclat qu’elles avaient au commencement ; à toutes ces raisons, il s’en joint une autre pour la lampe dont il s’agit, c’est qu’après six ou huit heùres son niveau est baissé de deux ou trois lignes.
- Toutefois, si la lampe de M. Thilorier ne peut soutenir la comparaison avec les lampes à mouvement d’horlogerie, elle a une supériorité incontestable sur les lampes à couronne, d’abord parce que la flamme éclaire de toutes parts sans porter aucune ombre autour d’elle, ensuite parce que le changement de niveau étant très-faible, la combustion est plus régulière, et enfin parce que M. Thilorier a fait au bec ordinaire quelques change-mens de détail qui ne sont pas sans avantage.
- Nous pensons qu’il n’est pas inutile de la faire connaître, et nous proposons en conséquence de faire insérer le présent rapport dans le Bulletin (i).
- Adopté en séance, le i3 septembre 1826. Signé Pouillet , rapporteur.
- Nouveaux creusets pour la fonte du fer et du cuivre; par
- M. Anstey.
- Pour former la pâte de ses creusets, M. Anstey prend deux parties d’argile de Stourbridge, réduite en poudre fine , et une partie de coke provenant des établissemens d’éclairage au gaz, également pulvérisé et passé par un crible de toile métallique dont les mailles ont un huitième de pouce d’ouverture. La poudre de coke ne doit pas être employée trop fine, parce
- (1) Le dépôt des lampes hydrostatiques de M. Thilorier esï établi chez M. Maystre, fer*-
- blàntier-lampiste, rue des Fourreurs , n°. 14 j près la Halle. ,
- p.292 - vue 315/507
-
-
-
- ( »9ï )
- que les creusets seraient expose's à se crevasser. Après avoir mêlé-ces m-grédiens avec une suffisante quantité d’eau, l’auteur en forme une pâte; il la pétrit à la main, et l’étend le plus uniformément possible sur un moule en bois, qu’il couvre d’avance d’une coiffe d’étoffe de lin ou de coton mouillée, afin d’empêcher l’argile d’adhérer au moulé; ensuite le creuset est enlevé; on unit ses parois intérieures et ses bords, et on y pratique une petite gouttière pour verser le métal fondu. Ainsi préparés, les creusets sont mis à sécher à l’air pendant quelque temps, puis exposés'à une chaleur graduée. Pour en faire usage, on commence par les échauffer ; on les renverse ensuite sur le feu, dont on modère l’intensité en mettant du coke non allumé sur celui qui est incandescent; puis on les entoure et on les couvre de combustible et on les chauffe au rouge. Parvenus à cet état, on retourne les creusets, et sans leur permettre de refroidir on les place dans le foyer et on les charge aussitôt de la quantité de fer qu’ils peuvent contenir. Les plus grands Creusets tiennent 4° livres de métal, qui, en une heure et demie et sans addition d’aucun flux , sont en parfaite fusion. Le même creuset peut servir pour seize à dix-huit fontes successives, pourvu qu’on ait soin de ne pas le laisser refroidir dans l’intervalle.
- D’après les expériences de M. Campbell, il paraît que ces creusets sont hien supérieurs à ceux de mine de plomb, à ceux de Wedgewood de Birmingham, et même aux creusets de Hesse, et qu’à des températures excessivement élevées ils n’éprouvent pas même un commencement de fusion. Les grands se vendent 14 pences (i fr. 40 c.) la pièce. Les petits, qui peuvent contenir 20 livres de métal, un franc. ,
- Le fourneau de M. Anstey n’est pas, à proprement parler, un haut-fourneau ; la cheminée 11’est pas plus élevée que celle des maisons ordinaires à trois étages : son extrémité supérieure est formée d’un tuyau de tôle de 7 à 8 pieds. Les briques qui servent à sa construction ne sont que posées l’une sur l’autre, sans être réunies par aucun ciment, et cela, afin de pouvoir les renouveler avec plus de facilité. Le foyer n’ayant que 11 pouces en carré, dont 7 sont occupés par le creuset, doit être chargé de cote réduit en frag-mens de la grosseur d’une noix.
- Dans les ateliers de M. Anstey se préparent journellement des instrumens en fonte décarbonée, qui sont préférables, pour leur homogénéité et leur ductilité, à ceux de fer battu. Pour décarboner la fonte, il l’entretient à une chaleur rouge pendant une quinzaine de jours, entourée d’hématite, minerai de fer composé de protoxide et de peroxide de ce métal.
- La Société d’Encouragement de Londres a décerné à M. Anstey une médaille d’argent et une somme dé 20 guinées pour la communication de son
- p.293 - vue 316/507
-
-
-
- ( 294 )
- Il paraît que ces creusets ne sont pas e'galement propres pour la fonte du laiton, étant trop poreux pour pouvoir re'sisler aux flux employés. Un habile fondeur a communiqué à M. GUI, rédacteur du Technical Repositorj, une composition de creusets plus convenable pour cet objet : elle est formée sur ioo parties de :
- Argile de Stoui bridge. . ......... 5o
- Anciens creusets concassés et pulvérisés. .25
- Cokedur............ . 12.5o
- Terre de pipe pour boucher les pores. . . . 12.5o
- Total. . ... . 100
- Cet ouvrier, pour donner plus de ténacité à sa pâte , la comprime dans des moules métalliques, au moyen d’une vis de pression. Ses creusets lui servent pendant quinze jours sans être attaqués par les flux, qui sont le nitre ou le sel marin. Pour fondre le laiton, il met d’abord en fusion le cuivre et le flux, puis il met le zinc sur le cuivre fondu ; il évite ainsi i’oxidation d’une partie de çe dernier métal. ( Technical Repositorj, avril 1826.)
- Cours complet de dessin appliqué aux machines; par M. Leblanc, professeur au Conservatoire des arts et métiers et à VEcole spéciale de commerce.
- , Le manufacturier appelé à diriger la construction des machines employées dans son établissement doit en bien connaître la forme, les proportions, les fonctions ^et le jeu des pièces qui les composent. L’expérience a démontré que le moyen le plus simple et le plus efficace de parvenir à cette connaissance, consiste dans une étude raisonnée du dessin des machines.
- C’est pour atteindre ce but que M. Leblanc a ouvert, depuis plusieurs années, dans un local attenant aux galeries du Conservatoire des arts et métiers un cours de dessin, dans lequel on enseigne aux élèves non-seulement la théorie des projections, de la perspective et des ombres ; mais où ils acquièrent aussi des connaissances exactes sur la composition de toutes espèces de machines, sur-tout de celles qui présentent un haut degré d’intérêt pour l’industrie, telles que les machines à vapeur des divers systèmes , les roues hydrauliques, les machines à filer et à tisser, et les outils et instrumens employés en si grand nombre dans les ateliers.
- Depuis l’ouverture de ce cours, M. Leblanc a déjà formé plusieurs élèves distingués, parmi lesquels on compte les fils des premiers manufacturiers de France. J :
- Persuadés que la connaissance du dessin des machines est lè complément d’une bonne éducation industrielle , nous appelons l’attention des fabricant et des artistes sur ce cours , qui offre , da'ïis l’habileté et lé talent bien connus du professeur , le gage d’un succès certain.
- S’adresser pour les conditions à M. Leblanc, rue des Fossés-du-Temple , n*. 4 » à Paris.
- IMPRIMERIE DE MADAME HUZARD (née Y allai la Chapelle),
- etje de l’éperon, n°. 7.
- p.294 - vue 317/507
-
-
-
- VINGT-CINQUIÈME ANNÉE. (N°. CCLXVIII. ) OCTOBRE 1826.
- BULLETIN
- DE LA ' -
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES.
- Description d’une grue enfante de fer, employée aux fonderies de MM. Manby et Wilson , à Charenton, près Paris.
- Lés machines à élever les fardeaux, connues sous le nom de grues, sont en très-grand nombre et diffèrent par leur forme et leurs dimensions, suivant les localités et l’usage qu’on veut en faire. Ces machines ont reçu depuis quelque temps d’importantes modifications, qui ont principalement pour objet : i°. de leur donner la plus grande solidité possible , tout en diminuant les dimensions des pièces qui les composent ; 2°. de leur faire occuper peu de place ; 3°. de substituer aux charpentes en bois employées dans leur construction des pièces de fonte qui, sous un moindre volume, présentent plus de solidité et de durée; 4°* de les rendre d’un service et d’une manoeuvre faciles, et de disposer le mécanisme de manière à pouvoir développer une grande force avec peu d’effort ; 5°. d’élever des fardeaux dans le moins de temps possible, et de les transporter sur tous les points du cercle décrit par la grue lorsqu’elle tourne sur elle-même; 6°. enfin de les construire à peu de frais, et de les rendre d’un entretien facile. - Ces diverses conditions sont remplies par la plupart des grues anglaises. Nous avons déjà fait connaître dans le Bulletin de l’année 1819, page 46, une grue à frein d’une construction ingénieuse, en usage dans les ports d’Angleterre pour charger et décharger les embarcations. Nous nous occuperons aujourd’hui de la grue employée dans le bel établissement de MM. Manby et Wilson, à Charenton, pour enlever la marmite dans laquelle on laisse,couler le fer en fusion au sortir du fourneau, et la transporter sur les différons moules répandus dans la fonderie. Ce qui distingue particulièrement cette grue ,ç’est que non-seulepient elle fait parcourir au fardeau
- Pirig^-cinquième année. Octobre 1826. n;K/f -jj 1; uau 3 sa.; ^
- p.295 - vue 318/507
-
-
-
- ( )
- tous les points du cercle décrit par le bras horizontal; mais encore qu’il peut être déposé sur toute la longueur de ce même bras et plus où moins près de l’arbre vertical. Cette disposition était nécessitée à Charenton, où les moules à remplir se trouvent épars dans toute la fonderie.
- La grue, entièrement en fonte de fer, est représentée sous ses divers aspects, PL 3i3. Elle se compose de deux flasques ou joues AA, formant l’arbre vertical tournant, d’un bras horizontal ou volée B monté en équerre sur le premier, et d’une contre-fiche C servant de lien ou d’assemblage. Tout le système tourne sur un pivot i dans une crapaudine l; le pivot supérieur est reçu dans un collet fixé à une traverse frettée E, qui surmonte la fonderie. La chaîne K, à laquelle est suspendue la marmite remplie de fer en fusion, s’enroule sur un tambour ou treuil F, dont la surface est sillonnée d’une gorge en hélice, espacée de manière que la chaîne qui s’enveloppe dedans ne puisse pas se toucher. Sur l’axe de ce treuil est fixée une grande roue G de cent quinze dents, dans laquelle engrène un pignon a de dix dents, monté sur l’axe r d’une autre roue H de soixante-dix dents : celle-ci est menée par un pignon b, aussi de dix dents, fixé sur l’arbre de la manivelle I ; une seconde manivelle se trouve de l’autre côté sur l’axe du pignon a, ;
- La chaîne attachée au point e de la volée B passe d’abord sur l’un des rouets de la poulie mouflée M; de là, elle descend pour envelopper la poulie N, à laquelle est suspendue la marmite, et remonte ensuite pour passer^ sur le second rouet de la moufle M, et s’enroule finalement sur le treuil, soutenue par la poulie de renvoi L. La marmite est suspendue par deux; crochets c à une barre ou traverse O, munie d’entailles d, destinées à rap?-procher ou à éloigner les crochets, suivant les divers diamètres des mar-^ mites employées. • : ; a /
- On conçoit que deux hommes appliqués aux manivelles 11, en faisant tourner le treuil, enlèvent sans beaucoup d’effort la marmite ; mais ils netf peuvent en même temps faire tourner la grue, aucun mécanisme n’étant adapté pour cet effet à la machine ; les ouvriers se contentent de tirer la marmite , - e.t ils l’amènent ainsi facilement sur les moules les plus éloignés du fourneau , autant que le permet l’amplitude de la grue; * Pour verser dans ceux qui sont plus rapprochés, on emploie un mécanisme particulier^ que nous allons décrire. ' nid morn ';u: niufr
- La poulie mouflée M est suspendue à un chariot P, muni de quatre rou-^ lettes QQ, et qui chemine dans des rainures pratiquées le long de là volée B.* A ce chariot est fixée une longue crémaillère R, guidée dans sa course tenue constamment engrenée par un petit galet^/Cette crémaillère-reçôiti son mouvement d’allée et de venue d’un pignon g, dfe quinze dents > monté
- p.296 - vue 319/507
-
-
-
- ( 297 ).
- sur l’arbre d’une poulie S, autour de laquelle s’enveloppe une corde sans fin T. Quand le moule ne se trouve pas directement au-dessous de la chaudière, on fait tourner la poulie S en tirant la corde T : alors le pignon g fait avancer ou reculer la crémaillère , et avec elle le chariot P et k. marmite. 11 faut que pendant cette manœuvre les deux hommes restent au treuil,, afin d’enrouler ou de dérouler la chaîne d’une quantité proportionnelle au chemin qu’a parcouru le chariot, afin de la maintenir constamment tendue, et la marmite à la même hauteur. Le coulage d’un nombre de pièces placées sur différens points de la fonderie devient ainsi une opération de peu de durée, qui se fait sans perte de fonte et sans qu’il puisse arriver aucun accident.
- La grue dont nous venons de donner la description est simple, solide et parfaitement appropriée à l’objet auquel elle est destinée ; elle peut élever facilement un poids de 6000 kilogrammes; elle occupe peu d’espace et exige peu de réparations.
- Explication des Jig. de la PL 3i3.
- Fig. 1. Elévation latérale de la grue de Charenton.
- Fig. 2. Vue en dessus.
- Fig. 3. Élévation vue par-derrière.
- Fig. 4« Le treuil et sa roue dentée, vus de face et en coupe.
- Fig. 5. Coupe sur la ligne AB,fig. 1, du pignon de la manivelle et de la petite roue d’engrenage.
- Fig. 6. Coupe sur la ligne EF, Jig. 2, du chariot portant la poulie ynouflée.
- Fig. 7. Vue de champ delà poulie à laquelle s’accroche la barre de suspension de la marmite.
- Fig. 8. Coupe sur la ligne CD,7%. 3, de la partie inférieure de la grue, qui reçoit les axes des pignons et des manivelles.
- Fig. 9. Plan de la crapaudine.
- Fig. 10. Portion de la traverse qui reçoit le pivot supérieur de l’arbre tournant.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans toutes les figures.
- AA, flasques ou joues en fonte de fer formant l’arbre vertical; B, bras horizontal ou volée de la grue ; C, contre-fiche pour assembler les deux bras ; D, partie inférieure de l’arbre vertical, portant le treuil et les engrenages; E, traverse recevant le pivot supérieur ; F, treuil; G, roue d’engrenage fixée sur le treuil; H", autre roue dentée montée sur l’axe de l’une des manivelles; II, manivelles; K, chaîne; L, poulie de renvoi sur
- S s 2
- p.297 - vue 320/507
-
-
-
- ( 298 )
- laquelle passe la chaîne; M, poulie mouflée; N, poulie simple à laquelle s’accroche la barre de suspension 0; P, chariot portant la poulie mouflée M; QQ, roulettes de ce chariot cheminant dans une rigole pratiquée sur la face supérieure du bras B; R, crémaillère; S, poulie qui imprime un mouvement d’allée et de venue à la crémaillère; T, corde enveloppant la poulie S; V, pièces qui réunissent les flasques de la grue; XX, échelons au moyen desquels on monte sur la grue.
- a, pignon engrenant dans la grande roue G; b, autre pignon monté sur l’axe de la manivelle I et qui mène la roue H ; c, crochets pour suspendre la marmite; d, entailles' pratiquées sur la barre de suspension 0; e, point d’attache de la chaîne K ; f, galet servant à guider la crémaillère et à la tenir toujours engrenée dans le pignon g; tringle sous laquelle passe la corde T; pivots de la grue; l, crapaudine; m, collet du pivot supérieur; n, coussinet de l’arbre du treuil; o, coussinet de l’axe de la roue H; p% coussinet de l’arbre de la manivelle ; q q, anneaux allongés qui supportent la barre de suspension ; r, axe de la roue H ; s, axe du pignon b.
- Nouveau métier a filer le coton la laine, etc.
- M. Molineux, de Stoke, dans le Sommersetshire, vient d’obtenir une patente pour avoir introduit des -pèrfectionnemens importans dans les machines à filer le coton, la laine, la soie, etc. Ces perfectionnemens consistent dans l’adoption d’une broche et d’une bobine d’une construction particulière, applicable à toute espèce de métier à filer. La broche est dépourvue d’ailette, et la bobine tourne sur un axe horizontal; ils reçoivent le fil en ligne directe des cylindres étireurs, au lieu de le recevoir sous un angle plus ou moins ouvert par l’intermédiaire de l’ailette. La bobine et le chariot ont une grande vitesse, qui leur est. transmise par une corde enveloppée sur un tambour, comme dans les anciennes machines à filer. Le fil est d’une grosseur uniforme et d’une grande égalité sur toute la longueur des filamens; il est envidé sur les bobines par une poulie fixée sur l’axe de la bobine, laquelle tourne par le frottement d’un plateau horizontal fixé au chariot et qui se meut avec lui.
- Au moyen de ce mécanisme, la tension des fils est uniforme sur toute la longueur, et la bobine éprouve dans son mouvement une résistance tellement faible, qu’on peut filer de cette manière dans les numéros les plus élevés ; le fil est plus fin que sur aucun autre métier quelconque garni de broches et d’ailettes, et l’auteur assure qu’on en obtient une quantité double de celle produite par les mulls-jennys. ( London Journal of arts, Juillet 1826. )
- p.298 - vue 321/507
-
-
-
- -/t /,i >}’. un it Af/,,‘us,i,/, t’it/.{////
- o ///,
- Z'/'/r '/t
- '*,/;,/// // ///v ->
- ’t/ ' //////, /// / -//// / ///'* / > /,
- ,v , /
-
- ( C T)
- '>./ -,
-
-
- pl.313 - vue 322/507
-
-
-
- ( 299 )
- Rapport fait par M. Francœur, au nom du Comité des arts mécaniques, sur le diapasorama de M. Matrot.
- Le forte-piano, l’orgue , la guitare et tous les instrumens à sons fixes, ne peuvent êtçe accordés justes; il faut abaisser un peu chacun des sons de la gamme pour qu’eu dernière analyse les accords soient tolérables. Cette diminution des intervalles à été appelée tempérament : l’accordeur de piano doit s’y soumettre sous peine de ne faire rendre à son instrument que des accords qu’une oreille exercée ne peut endurer. La nécessité d’abaisser ainsi certains sons est une chose de calcul qu’il serait superflu d’exposer ici ; mais doit-on les abaisser tous ou seulement quelques-uns ; c’est ce que les musiciens ne sont pas encore convenus d’établir d’une manière arrêtée : aussi diffèrent-ils entre eux d’opinion sur les. rapports des sons des instrumens dont il s’agit. Aujourd’hui que l’art musical est arrivé à un tel degré de recherche et même de richesse, que la modulation se porte successivement sur tous les tons, il ne serait plus possible d’alléguer aucune raison valable pour répartir irrégulièrement les effets du tempérament, et de sacrifier certains accords, dans l’intention d’en rendre d’autres plus justes. C’est donc avec égalité qu’il faut descendre un peu tous les tons ; on accorde alors, comme on a coutume de le dire, par tempérament égaly mais ce mot égal ne désigne pas des parties égales de la corde sonore, dont les vibrations produisent les tons ; il ne doit s’entendre que d’une répartition proportionnelle à ces longueurs , des différences qu’on veut perdre peu-à-peu : alors chaque accord est, il est vrai, défectueux, mais d’une quantité inappréciable à l’oreille, qui est aussi satisfaite qu’elle le serait d’accords rigoureusement justes. Cet affaiblissement égal des intervalles est donc une chose de calcul et non de sentiment ; et l’on sent que l’oreille ne peut suffire à apprécier cette égalité. L’accordeur s’efforce, par un effet de l’habitude , de régler les tensions jusqu’au degré qu’exige le tempérament, et il ne reconnaît les défauts de son opération que lorsque, après avoir procédé de corde encorde, il arrive que les erreurs de chacune se trouvent accumulées jusqu’à devenir sensibles, au lieu de se perdre les unes par les autres, comme il a dessein de le faire : aussi arrive-t-il assez souvent que l’accordeur est obligé de revenir sur ce qu’il a fait pour corriger les défauts de sa pratique; mais souvent cette correction est elle-même vicieuse, et les bons accordeurs doivent avoir l’oreille singulièrement exercée pour arriver à tempérer leurs accords : aussi ces artistes sont, de l’aveu de tous les musiciens; des hommes pourvus de beaucoup de talent et d’exercice.
- p.299 - vue 323/507
-
-
-
- ( 3oo J
- On a imaginé divers moyens de guider l’accordeur et de lui créer artificiellement le genre ; de-mérite dontrmous parlons; on verra, au mot Accordeur du Dictionnaire technologique, comment on peut atteindre à ce but. L’idée de ranger douze diapasons sur une table sonore , et de les propoi'tîonner de manière à rendre les douze sons de la gamme par demi-tons, est naturelle et n est pas‘ nouvelle ; il {y a long—temps que cet instrument est mis et usage, he. diapasorama u’-est autre chose que cet assemblage : ainsi ’MpMatrotme peut tprétendre à Hbonnetm d’une invention qui, après tout, serait pea 'de chose ; il é ^seulement dtendu à seize le nombre dés* diapasons, pour 'faciliter l’accord des cor des de la harpe, qui est en mi4>émol dans'son état naturel, r' yfo > : ; - j... >
- Il nous reste a parler du mérite de l’exécution de l’instrument qui -vous est présenté, et il n y à que du bien à en dire. M. Matrot est un très-habile accordeur, qui a réussi à exécuter ses diapasons en les soumettant avec une rare exactitude au tempérament égal, sans autre secours que la justesse de son oreille ; car il ne fait usage d’aucun des moyens dont on peut se servir pour assurer le succès de cette répartition. Avec le diapasorama, chaque amateur peut accorder soi-même un piano; ce qui est souvent utile à la campagne, où les soins de l’accordeur sont rares : mais on doit avouer qu’il faut être pourvu, pour réussir, d’un grand fonds de patience; car un habile artiste ne peut guère employer moins d’une heure à accorder les 219 cordes d’ün piano à six octaves et à trois cordes * sans compter que le défaut d’adresse et d’habitude augmente beaucoup la peine, à cause des cordes cassées qu’il faut remettre.
- Quoi qu’il err soit, le Comité des arts mécaniques pense qu’on doit féliciter M. Matrot de l’habileté dont il a fait preuve dans l’exécution de son diapasorama ; que cet instrument peut être fort utile dans certains cas , et qu’il convient d’en exprimer ce témoignage dans le Bulletin (1).
- Adopté en séance^ le 26 octobre 1826.
- Signé Fràxcofxtr , rapporteur,
- (i)Le prix d’un diapasorama est de 10O francs. M. Matrot demeure rue Saint-Lpuis, au Marais , n°. 43. Cet artiste construit aussi des diapasons qui, à l’aide de poids curseurs glissant sur les branches où ils sont retenus par des vis de pression , rendent des sons dif-férens ; quand ces poids montent, le ton s’abaisse, et l’on peut, avec un seul diapason, produire tous les sons compris dans l’étendue d’un ton; ce qui peut avoir d’utiles applications dans un grand nombre de cas. Cette idée a déjà été mise en pratique par d’autres artistes sans que M. Matrot en eût connaissance , en sorte qu’il l’a de nouveau trouvée. Il gradue fort habilement l’instrument, par quarts de ton, dlepuis le sol jusqu’au la , et peut obtenir toute autre étendue diatonique., • -
- p.300 - vue 324/507
-
-
-
- (Soi)
- Description d’une nouvelle prèsse lithographique a leviers), inventée par Mi'àe la Morinière x officier 'du Genie maritime.
- Dans la plupart des, presses lithographiques, la pierre., au lieu de rester fixe sur le sommier, est placée sur un,chariot qu’on fait avancer sous le râteau. Cette disposition à plusieurs inconvéniens en effet, quelque petite que soit la saillie du rouleau portant le chariot au-dessus des coulisses, le bout de la pierre du côté du moulinet s.e trouve toujours un peu soulevé au commencement du tirage. Lorsque le râteau est, au milieu de sa course , la pierre est à-peu-près horizontale; mais à la,fin de l’opération la partie soulevée porte, à son tour, sur les coulisses, pendant que.l’autre extrémité est parvenue sur le rouleau.
- M. de la Morinière, ayant remarqué que les oscillations de la pierre sous le râteau , qui est parfaitement fixe, nuisaient à la netteté du. tirage , la pression n’étant pas égale sur tous les points de la surface, et occasionnant souvent la rupture des pierres, a eu l’idée de faire construire une presse exempte de ces défauts*; elle est représentée, PL 314. La pierre Q est immobile sur le sommier B, et le râteau F est maintenu par un boulon q, comme à l’ordinaire ; mais comme il doit parcourir toute l’étendue du châssis C quand il est rabattu sur la pierre, il est réuni à un chariot très-solide E ^ qui chemine le long d’une forte barre D garnie de fer, au moyen de lanières, de cuir G> qui s’enroulent sur un moulinet H, muni d’une manivelle I : cette barre est disposée de manière que sa face inférieure, qui appuie sur le chariot est toujours parfaitement parallèle à la surface de la pierre ; elle se trouve solidement arrêtée à ses deux extrémités par deux étriers J K, sur lesquels appuient deux leviers L M, dont les bras les plus longs sont abaissés par l’intermédiaire de deux bielles en fer 0 0, fixées à la pédale P. Comme on peut faire varier à volonté les points d’appui des leviers LM sur les bielles N N et la longueur des bielles 0 0 qui les font baisser, il est aisé d’approcher ou d’éloigner le râteau d’une quantité aussi petite qu’on le désire.
- Quandon veut manœuvrer la presse, on commence par relever la barre et le châssis garni de peau dans la position indiquée par laJig* 5. Pour cet effet r la barre tourne sur un boulon s de l’étrier postérieur K ; elle est aidée dans i son mouvement ascensionnel par un contre-poids suspendu à une corde passant sur une poulie attachée au plafond ou au mur de râtelier. -Après: avoir encré la pierre à l’ordinaire et l’avoir couverte de la feuille à inapri^; mer, oir rabat àMa-fois le châssis et la barre réunis l’un à l’autre par une petite corde e ? et on arrête la barre par un mentonnet a fixé à l’étrier J.
- p.301 - vue 325/507
-
-
-
- ( 302 )
- On donne alors la pression en appuyant sur la pédale P ; et tournant la manivelle I dq moulinet H fixé au bout de la barre, on fait parcourir toute l’étendue de la pierre au râteau. ' x >
- Cette presse a été construite par MM. Lambert et Bellemère, mécaniciens, rue des Vieilles-Tuileries, près la rue de Sèvres, qui en ont déjà livré plusieurs à des imprimeurs lithographes de Paris;] Une semblable presse, mais exécutée sur une plus grande échelle, est établie au Ministère ? de la Marine, où elle sert à tirer des planches de plus d’un mètre en carré r elle occupe peu d’espace, est d’une construction simple et solide et peut être servie par un seul homme, tandis que les grandes presses ordinaires exigent au moins deux hommes et un enfant. ‘ <
- Explication des jig, de la PL 3i4- : ô.
- Fig. 1. Élévation latérale de la presse lithographique en action, .
- Fig. 2. Vue en dessus.-. : ,, rci\ .• -f..,, • *. . .
- Fig. 5 Élévation delà presse au moment où le châssis est relevév ' Fig. 4- Plan au niveau deTa ligne A B de la Jig. 3. uts
- Fig. 5. Élévation vue par-devant. é' ,
- Fig. 6. Vue en dessus et de côté de la barre portant le râteau.
- Fig. 7. Chariot du râteau vu de côté et en dessus. * ' : s ri» .
- Fig. 8. Le râteau assemblé dans le chariot, vu en dessus et de face,
- Fig. 9. Étrier de devant vu de face et de côté. -. - il ! on r Fig. 10. Étrier de derrière vu de face et de côté, e a érsfcî j i» ïami: Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans toutes les figures, h;, AA, bâtis de la presse ; B, sommier ; C, châssis garni d’un cuir sur lequel passe le râteau ; les bouts des tringles longitudinales sont taraudés et reçoivent des écrous , au moyen desquels on peut tendre le cuir; D, forte barre de bois ferrée sur ses quatre faces, et qu’on abat sur le châssis; E, chariot qui glisse le long de la barre et se trouve arrêté au bout de sa course par un petit butoir ; F, râteau; G, courroies ou sangles qui tirent le râteau ; II , moulinet sur lequel s’enroulent ces courroies ; I, manivelle; J, étrier dodevant qui retient la barre D; K, étrier de derrière, sur lequel tourne la barre; L, levier qui fait baisser cet étrier; M, autre levier qui tire l’é-? trier J; N N, bielles percées de trous pour faire varier les points d’appui des leviers ; 0 O, autres bielles pour régler le degré de pression ; P, pédale sur laquelle l’ouvrier appuie pour opérer la pression ; Q, pierre posée sur la presse. c '•m c: rv.io nov!"
- a, mentonnet de l’étrier J ; bbP poulies sur lesquelles passe une corde c, portant un poids d pour tenir la pédale élevée; e, corde qui réunit le
- châssis
- p.302 - vue 326/507
-
-
-
- pl.314 - vue 327/507
-
-
-
- ( 3o3 )
- châssis C à la barre D ; ft autre corde chargée d’uu poids et destinée à tenir la barre D soulevée; g g, galets du chariot E ; h h, centre de mouvement des bielles N N ; i, boulon qui réunit les bielles O O à la pédale ; k k , broches de fer qui déterminent sur les bielles précédentes le degré de pression que l’on veut obtenir; l. piton auquel s’attache la cordejfr m, trou percé dans la barre D et dans lequel passe le mentonnet a; n, vis servant à régler la hauteur de la peau du châssis au-dessus de la pierre ; oo3 écrous pour tendre la peau ; p, centre de mouvement de la pédale ; q, boulon qui fixe le râteau dans le chariot E ; r, centre de mouvement du châssis C ; s, centre de mouvement de la barre D ; t, loqueteau pour arrêter la pédale.
- On voit au-dessous de la fig. & un butoir, qu’on place dans les trous de la barre D pour arrêter la course du chariot E et la régler suivant les dimensions de la pierre ; il y en a un semblable du côté de la barre : l’un et l’autre sont munis d’une vis pour obtenir le degré d’écartement nécessaire.
- ARTS CHIMIQUES.
- Composition d’un nouveau stuc pour les bâtimens et pour d’autres usages; par M. Beavan5 de Londres.
- L’auteur désigne ce nouveau stuc sous le nom de ciment, deVitruve; il est composé de marbre, de silex, de craie et de chaux, amalgamés ensemble avec de l’eau, et peut recevoir un beau poli.
- Pour former ce stuc, on prend parties égales de marbre pulvérisé, de silex réduit en poudre et de craie ; on mélange bien ces ingrédiens à sec, et on les passe à travers un tamis fin ; puis on y ajoute une partie de chaux, éteinte à l’air pendant trois mois : on délaie la masse dans une suffisante quantité d’eau, et après l’avoir bien gâchée et brassée, on en obtient une pâte très-fine, qui est étendue sur une surface raboteuse, en couche aussi mince que possible, et ensuite égalisée avec la truelle. Après que le stuc a séché, on le polit avec du talc de Venise, jusqu’à ce que la surface soit parfaitement lisse et brillante. r , ; 1
- Pour appliquer ce stuc à la façade extérieure des bâtimens, il faut que les parties destinées à être couvertes soient rendues raboteuses ; ce qui peut se faire de la manière suivante : Prenez parties égales de gros sable de rivière et de pierres meulières pulvérisées ; mêlez ensemble, et ajoutez un tiers de chaux éteinte depuis trois mois et autant d’eau qu’il est nécessaire pour former une pâte homogène. Quand on veut faire usage de ce Vingt-cinquième année. Octobre 1826. " T t
- 1
- p.303 - vue 328/507
-
-
-
- - ( 3o4 ) -
- ciment, on y ajoute un cinquième de chaux réduite en poudre fine, et on l’applique comme le plâtre, mais sans l’unir.
- Quand le stuc doit imiter le marbre, on y trace les veines au pinceau après qu’il a été uni à la truelle, et aussitôt que la peinture est sèche, on polit avec le talc de Venise. ^ • •••• -
- Pour augmenter l’éclat de ce stuc, M. Beavan recommande d’employer un vernis composé de 4 onces de savon blanc, 8 onces de cire vierge, et pareille quantité de salpêtre , qu’on fait bouillir dans 2 pintes d’eau jusqu’à dissolution complète. Quand le stuc est entièrement sec, le vernis est étendu sur sa surface, et ensuite frotté avec un chiffon usé jusqu’à ce que le lustre paraisse. {London Journal of arts, juillet 1826.)
- "Moyen de doubler ou de plaquer les objets en fer avec du cuivre ou du laiton; par MM. Gordon et Bowser, de Londres.
- Les plaques, barres, tringles, ou tous autres objets en fer qu’on veut couvrir avec du cuivre, sont d’abord décapés avec soin, de manière à ce qu’il n’y reste aucune tache de rouille ; on les introduit ensuite dans un fourneau > où ils sont chauffés au rouge. Dans cet état, 011 les plonge dans du laiton pu du cuivre en bain, ou, si les objets sont de trop grande dimension , on verse dessus le cuivre fondu, en évitant le contact de l’airr qui oxiderait le fer et empêcherait l’union des deux métaux.
- Si l’opération est bien conduite, l’adhérence du laiton ou du cuivre sera tellement intime, qu’on pourra soumettre au marteau ou au laminoir le fer ainsi plaqué, et lui donner telle forme qu’on désire, sans crainte d’altérer le placage. _ '
- ' Les auteurs emploient un. fourneau à vent ou à réverbère, et, dans quelques cas, deux fourneaux réunis, dont l’un est destiné à chauffer le fer et l’autre à mettre le cuivre en fusion. Quand le fer a été chauffé au degré convenable, on le saisit avec des pinces et on le fait passer immédiatement dans l’autre fourneau, où il est plongé dans le cuivre en bain. Une disposition particulière des portes des fourneaux empêche l’accès de l’air , qui nuirait au succès de l’opération.
- — Le temps pendant lequel le fer doit rester plongé dans le cuivre Ou le laiton dépend de l’épaisseur de la couche qu’on veut donner : 15 minutes suffisent pour le placage le plus épais ; il faut avoir l’attention de tenir les objets complètement immergés dans le cuivre fondu. ^
- Pour que le fer ne puisse s’oxider après qu’il a été décapé, on le couvre d’une couche de résiné fondue ou de toute autre matière susceptible de
- p.304 - vue 329/507
-
-
-
- ( 3o5 )
- s’évaporer à une température au-dessous de celle nécessaire pour le plaquer.
- Ce procédé est particulièrement applicable aux cylindres employés pour l’impression des toiles peintes, aux objets de sellerie, etc,
- M. Poole a obtenu en 1817 une patente pour un procédé analogue ; mais, au lieu de chauffer le fer séparément, il le couvre d’une dissolution de borax, et après l’avoir placé dans une chaudière dont le fond est couvert de cuivre ou de laiton, il fait chauffer les deux métaux en contact, jusqu’à ce que le cuivre soit fondu ; l’adhérence est également parfaite. {London Journal of arts, septembre 1826.)
- ARTS ÉCONOMIQUES.
- Rapport fait par M. Bouriat, au nom du Comité des arts économiques y sur un poêle en fonte de fer, h circulation d*air chaud, construit par M. Fortier, mécanicien, rue de la Pépinière, n°. 23, a Paris.
- On aurait pu croire que la construction des poêles, si variée dans ses formes depuis vingt ans, avait épuisé le génie de nos artistes en ce genre ; mais M. Fortier a prouvé le contraire, en ajoutant à ce qui a été fait jusqu’à présent. Il vous prie de constater les avantages que présente son poêle sous les rapports de l’économie du combustible, de la célérité avec laquelle il échauffe un appartement, de la cuisson des mets qu’on y prépare ; enfin sous celui de sa construction. Vous en avez confié l’examen à votre Comité des arts économiques, qui a fait les essais convenables pour apprécier son utilité.
- Le poêle de M. Fortier, représenté sur ses diverses faces, PL 5i5, est d’une forme ronde analogue à ceux de faïence ; il est formé à l’extérieur de deux corps superposés c h, d’un socle a, d’un laboratoire en trois pièces, d’un couvercle n, d’une porte de foyer o, avec un registre demi-circulaire pour régler l’entrée de l’air. L’intérieur se compose de deux plaques de fonte b g du diamètre du poêle, munies, chacune, d’une double gorge au pourtour, dans lesquelles s’enchâssent les pièces du laboratoire et du socle. L’une de ces plaques b forme la base du foyer; l’autre g, la partie supérieure. Beux autres plaques dd, posées verticalement et distantes entre elles de 6 pouces complètent le foyer, qui a 7 pouces de hauteur, 6 de largeur et i5 de profondeur. Aux deux principales plaques horizontales sont pratiquées des ouvertures x x, par lesquelles passe l’air pris sous le^poêle,
- : Tta
- p.305 - vue 330/507
-
-
-
- ( 5o6 )
- et s’échauffe le long des parois du foyer sans communiquer avec l’intérieur de celui-ci. Une espèce de coffre sans fond, ou cylindre creux i i, plus étroit de 3 pouces que le diamètre du poêle, pose dans des rainures sur la plaque supérieure g du foyer. Ce coffre laisse entre lui et le corps du poêle un espace videj^j", de près de 2 pouces : c’est cet espace que parcourt en totalité la fumée, à l’aide de petites cloisons k, Jig. 4, enchâssées dans des rainures, qui la forcent à suivre la route qui lui est tracée, pour sortir ensuite près de l’extrémité supérieure, où se trouve un tuyau de tôle p, qui lui donne issue. Ce poêle, comme on voit, n’a pas besoin de cercle pour maintenir les pièces qui le composent ; chacune d’elles entre dans des rainures , qui les fixent très-solidement ; à peine a-t-on besoin de terre argileuse pour remplir les interstices : aussi on peut le monter et démonter facilement ; ce qui convient à des ménages sujets à changer souvent de local.
- Nous avons mis le poêle en activité avec du bois fendu en petits morceaux d’environ 7 pouces de long ; on a placé dans l’intérieur une marmite contenant 2 livres et demie de viande et environ 3 pintes d’eau, et au-dessus, dans une casserole de fer étamé, du veau et des légumes : ce dernier vase porté sur une espèce de trapèze en fonte /, posé sur trois saillies adhérentes au coffre : le tout a été recouvert du chapiteau du poêle n, et le feu allumé n’a pas tardé à échauffer les parois de tout l’appareil. Un thermomètre de Réaumur, placé dans l’intérieur par une des bouches de chaleur pratiquées sous le couvercle , a marqué, au bout de trente-cinq minutes, y5 degrés, et a monté jusqu’à 85 en une heure; enfin, au bout d’une heure et demie, nous avons examiné la viande, qui était presque cuite. L’air de l’appartement a monté à 17 degrés, celui de l’atmosphère étant à 8 : six livres et demie de bois ont été brûlées pendant ce temps ; mais on a diminué alors l’activité du feu, et les viandes ont achevé leur cuisson à une chaleur moins forte. Nous avons calculé l’étendue que présentaient à l’air froid les surfaces de ce poêle, intérieures et extérieures, destinées à lui transmettre le calorique dont elles s’imprègnent : nous avons trouvé qu’elles étaient de 4 mètres environ.
- Si nous avons employé 3 kilogrammes un quart de bois dans une heure et demie, ce qui ferait 24 kilogrammes pour douze heures , c’est que M. Fortier a voulu montrer avec quelle rapidité on pouvait cuire la viande dans son poêle, et qu’en conséquence il l’a chargé de bois outre mesure ; mais il aurait pu obtenir cette cuisson moins rapidement, et n’employé» en trois heures que la même quantité de bois.
- Nous avons fait observer à l’auteur que, pour rendre son poêle plus parfait , il y aurait quelques additions à faire ; i°. pratiquer une ou deux ouver-
- p.306 - vue 331/507
-
-
-
- ( 3°7 )
- tures k la base, au lieu de la faire porter sur des tasseaux pour donner entrée à l’air; 2°. former sous le couvercle un conduit, communiquant au tuyau de tôle, pour y laisser passer la vapeur des mets en cuisson, dont l’odeur se répand dans l’appartement : cette vapeur y passerait tout entière en fermant les bouches de chaleur ; c’est une petite déperdition de calorique qui aurait lieu, à la vérité, pendant la préparation des viandes, mais qui n’existerait plus tout le reste du jour, à l’aide d’un registre pratiqué à ce conduit, et qu’on fermerait après avoir ouvert les bouches de chaleur ; 5°. pratiquer au tuyau de tôle qui conduit la fumée au dehors une petite porte, par laquelle on pourrait, avec une lumière ou un morceau de papier enflammé, faire appel à l’air de l’intérieur du poêle, qui, sans cette précaution, serait parfois refoulé dans l’appartement lorsqu’on allume le feu ; 4°* appliquer enfin deux poignées brisées au couvercle , qui ne nuiraient point à la forme de son poêle, mais donneraient une grande facilité pour l’ôter et le remettre lorsqu’il est échauffé. Ces observations ont été senties par l’auteur, qui les a mises de suite en pratique.
- ; Le poêle de M. Fortier a présenté dans son exécution plusieurs difficultés qui ne pouvaient être levées que par un artiste habile dans le moulage de la fonte du fer. De doubles gorges sur des surfaces opposées, des rainures verticales sur des cylindres creux et autres objets analogues, demandaient un soin et des moyens particuliers qu’a employés très-utilement M. Fortier. Ce poêle est, sous plusieurs rapports, un exemple a fournir aux artistes qui s’occupent d’instrumens de pyrotechnie ; il prouvera que par la fonte on peut obtenir beaucoup d’objets qui n’ont pas besoin de pièces rapportées : c’est un des motifs qui ont déterminé votre Comité a vous faire la proposition de le promulguer. Le plan qu’en a tracé l’auteur n’est pas assez détaillé pour qu’il soit facilement compris ; d’ailleurs il doit présenter les additions dont nous avons parlé.
- Si l’on considère maintenant ce poêle sous le rapport de l’économie du combustible, on trouve qu’il brûle moins de bois que beaucoup d’autres, en chauffant bien et très-promptement ; mais ce qu’il y a de plus avantageux pour les ménages ordinaires qui ne craignent point d’être chauffés par l’intermédiaire de la fonte, c’est qu’ils peuvent préparer les mets nécessaires à leur nourriture sans brûler sensiblement plus de bois ; ce qui présente une double économie.
- Par ces motifs, votre Comité vous propose de remercier l’auteur , M. Fortier y de sa communication, de faire graver son qjoêle , et de le faire connaître par la voie du Bulletin.
- Adopté en séance y le i5 septembre 1826. Signé Bouriat, rapporteur.
- p.307 - vue 332/507
-
-
-
- ( 3o8 ) '
- Explication des fig. de la VI. 3i 5.r
- Fig. i. Élévation vue de lace du poêle en fonte de fer à circulation d’air chaud, de M. Fortier. , : 1 ^ 1 = i
- • Fig. -2. Coupé par le milieu. j .• f :r î ' kî-cc:v
- Fig. 5. Le corps supérieur, vu en coupe.
- Fig. 4- Coupe du même corps , montrant les languettes et le tuyau. Fig. 5. Plaque de râtre ou du foyer. , ' ÿ , ,
- Fig. 6. Plaque du bas du double corps , vu en dessous. n ^ , • ;f!< >
- Fig. 7. La même plaque vue en dessus. 1 - - .
- Fig. 8. Trapèze sur lequel pose la casserole. { .
- a, socle; b, plaque de Pâtre ; c, corpsinférieur du poêle ; d d, flancs droits du corps inférieur ; e, cloisons cintrées pour le passage de l’air du corps inférieur ; f bavette faisant corps avec la plaque de Pâtre ; g? plaque recouvrant le corps inférieur ; h, corps supérieur ; z, coffre du laboratoire intérieur ; k k, languettes pour la circulation de la fumée ; /, trapèze sur lequel pose la casserole ; m, cercle posé sur le corps supérieur ; n, couvercle ; o, porte du foyer ; p, tuyau ; q, ouverture percée dans le socle pour l’entrée de Pair ; r, bouches de chaleur ; s, petite porte ou aspirateur du tuyau p; t} marmite ; uy casserole en fer-blanc; c, petit tuyau pour le dégagement de la vapeur des mets; x3 ouvertures pour le passage de l’air; j, espace dans lequel circule la fumée; z3 chevrette sur laquelle on pose le combustible. - . 4 h? , : \
- Rapport fait par M, Pouillet, au nom des Comités réunis des arts chimiques et économiques, sur la disposition des lampes et sur le mode d éclairage des écuries de cavalerie. •
- ^ Le Comité des arts économiques et celui des arts chimiques se sont réunis pour examiner, sur la. demande de la commission de cavalerie présidée par M. le lieutenant-général vicomte Mermet, quel serait le mode d’éclairage qui paraîtrait le plus convenable pour les quartiers de cavalerie. Cette question, considérée d’une manière générale, est d’un très-grand intérêt pour la France, puisque la somme des espaces qu’il s’agit d’éclairer dans tout le royaume, forme une étendue qui est comparable à celle d’une très-grande ville, et puisque la valeur du capital, qui serait compromis par un mauvais système d’éclairage, est une valeur très-considérable, tant en chevaux qu’en fourrages. ; ; ; r.-- —
- Nous avons visité les quartiers de l’École militaire, pour prendre par
- p.308 - vue 333/507
-
-
-
- fifi/Â’/it! </< /(F , .T ° CVitAj /// .
- pl.315 - vue 334/507
-
-
-
- (Sog)
- nous-mêmes une connaissance plus exacte des dispositions qui sont maintenant en pratique; et nous avons eu l’avantage de conférer sur ce sujet avec M. le lieutenant-général vicomte de Cavaignac et M. le maréchal-de-eamp comte de Périgord^ qui ont bien voulu prendre part à nos réunions.
- Les lampes dont on se sert à présent sont les lampes ordinaires à mèches plates et à flammé libre, sans cheminées et sans courant : tantôt elles sont suspendues par des cordes et des poulies, et sont alors de véritables réverbères; tantôt elles sont de simples appliques attachées contre les murs ou contre des colonnes, suivant que les localités le permettent. Il arrive souvent pour les lanternes des réverbères, et presque toujours pour celles des appliques, qu’elles sont à la portée de la main , et que les hommes de garde peuvent les ouvrir pendant la nuit, soit pour les rajuster, soit pour s’en servir à quelque usage particulier ; ce qui n’arrive pas moins souvent.
- Voilà à-peu-près ce qu’il y a de plus essentiel dans la disposition présente. S’il est possible d’y apporter quelque amélioration ou quelque réforme avantageuse, c’est principalement en ce qui regarde : i°. les précautions de sécurité ; 2°. l’économie du combustible, et 3 . la salubrité, qui est sans doute l’économie la plus considérable quand il s’agit de tant de milliers de chevaux d’un grand prix, exposés aux vapeurs malsaines d’une mauvaise combustion. ' ' -
- i°. De la sécurité.—Il ne paraît pas qu’il soit nécessaire de faire de grands frais sur ce point; car c’est une chose bien digne de remarque, que les accidens du feu sont excessivement rares dans les écuries de cavalerie. Depuis vingt ou trente ans, on pourrait à peine en citer un exemple pour toute 1a cavalerie française, et ce n’est pas sans doute qu’elle ait été trop peu nombreuse dans cet intervalle ou que toutes les chances n’aient pas pu se développer; c’est une sorte de bonheur dont on a lieu de s’applaudir, et puisqu’on ne peut pas l’attribuer à la perfection du système actuel de l’éclairage, qui est très-vicieux sous ce rapport, il faut bien l’attribuer à l’activité et à la vigilance des chefs. Cependant quelque faibles que soient les chances du danger, on pourrait encore les réduire assez facilement. Pour les lanternes suspendues, il suffirait de faire par-tout ce que l’on fait à l’École militaire, c’est-à-dire de les fermer à clef. Dans certaines localités, il serait peut-être assez commode de remplacer les cordes et les poulies par une tige de fer fixée à la voûte, et sur laquelle on ferait glisser une autre tige, comme la baïonnette glisse sur le fusil : une sorte de crochet servirait à relever cette seconde tige et à la tourner à son arrêt, et de même il servirait à la détourner et à redescendre la lanterne à la portée de la main.' Pour les appliques, on pourrait employer une tige de fer fixée sur le sol
- p.309 - vue 335/507
-
-
-
- ( 3.0 )
- et sur laquelle tourne à bascule une autre tige formant un T avec ïa première. Cette sorte de traverse porte la lanterne à une de ses extrémités, et à l’autre une poignée par laquelle on peut la saisir. Quand la lanterne est allumée, on l’élève en baissant la poignée, qui viejtÿ; s’attacher contre la tige verticale, où se trouve une fermeture, dont on ne confie la clef qu’à des mains sûres.
- 2°. De l’économie du combustible. — Le mode actuel est très-économique, car un bec ne dépense que 2 gros et demi d’huile en une heure ; mais il est vrai aussi que s’il y a une grande économie de combustible, il n’y a pas une grande abondance de lumière. Il paraît que dans la plupart des écuries, il serait impossible, dans une alerte de nuit, de seller les chevaux à leur place, et c’est là cependant le degré de clarté qu’il importe de donner aux écuries militaires : il y a donc sur ce point quelques perfeetionnemens possibles, et voici les moyens qui nous ont paru les plus propres à les obtenir sans multiplier le nombre des lanternes, ’
- On sait qu’une quantité donnée d’huile ne peut produire qu’une quantité donnée de lumière ; ainsi, dans tout éclairage, pour qu’il soit parfait, il n’y a que deux conditions à remplir : t°, faire que la combustion soit complète, et alors on a toute la lumière qu’on peut avoir ; 20. diriger la lumière sur les corps qu’elle doit éclairer, et alors la lumière produite ne va pas se perdre inutilement; c’est-à-dire, en d’autres termes, qu’il faut que toute l’huile soit bien brûlée, et toute la lumière bien employée.
- Les mèches plates font en général une mauvaise combustion, et on s’en aperçoit facilement, soit à l’odeur , soit à la fumée, soit à la couleur rougeâtre des parties supérieures de la flamme. Un seul de ces caractères est même une preuve suffisante que la combustion est incomplète, car une bonne combustion ne donne ni odeur ni fumée ; et pareillement quand la flamme est d’une blancheur éclatante jusqu’à son sommet, on peut affirmer que le combustible donne autant de lumière qu’il est capable d’en donner. Jamais une mèche plate, toute seule, ne donne ce maximum. Pour l’obtenir, il faut employer une cheminée de verre d’une grandeur convenable et convenablement ajustée : ces cheminées coûtent 20 centimes ou 4 sous, et nous pensons qu’il y aurait de grands avantages à les employer, puisqu’alors la combustion étant plus complète, on aurait plus de lumière avec la même quantité d’huile, les réflecteurs ne seraient plus ternis par la fumée, et l’air ne serait plus rempli de vapeurs.
- 11 y aurait un autre moyen de remplir le même but, ce serait d’employer les becs à cheminées et à double courant d’air. Dans ce système, on brûle beaucoup plus d’huile dans le même temps; il est vrai qu on 4 aussi une
- ' quantité
- p.310 - vue 336/507
-
-
-
- ( 3n )
- quantité de lumière qui va croissant dans la même proportion, puisque la combustion est complète ; mais pour disperser convenablement cette lumière beaucoup plus vive et pour la diriger jusqu’aux distances qu’elle doit atteindre, il est nécessaire de combiner avec plus de soin le système des réflecteurs. Les vapeurs ammoniacales qui s’exhalent dans les écuries seraient peut-être un obstacle à surmonter, et il nous paraîtrait nécessaire de faire quelques expériences un peu prolongées, avant de porter une décision sur les avantages qu’on peut attendre du système à double courant d’air. .
- 5°. Pour la salubrité. — Quand on serait parvenu par l’un des moyens précédons à obtenir une combustion à-peu-près complète, les vapeurs de l’huile ne seraient plus qu’une faible cause d’insalubrité, parce qu’elles seraient très-peu abondantes. Cependant, soit pour éviter ses effets, soit pour éviter les effets plus nuisibles encore des exhalaisons qui s’élèvent de tontes parts dans les écuries, il serait bon peut-être de donner plus de développement au système de ventilation. Les ventilateurs à soufflet, qui sont ordinairement plus ouverts à la partie supérieure qu’à la partie inférieure , n’ont pas la disposition la plus convenable , ni pour donner issue à l’air intérieur, qui est toujours plus chaud, ni pour donner accès à l’air extérieur, qui est toujours plus froid. Dans les grandes écuries qui confient lient quarante ou cinquante chevaux, il paraîtrait que le moyen le plus efficace et le plus sûr pour produire un prompt renouvellement de l’air, serait de faire des espèces de cheminées, qui seraient très-larges à leur extrémité inférieure et qui se fermeraient en haut avec une trappe, dont les divers degrés d’ouverture serviraient de registre ou de régulateur. On pourrait aussi, dans les écuries de nouvelle construction, essayer d’éclairer par le dehors, comme on le pratique dans quelques écuries particulières (i).
- Signé Poujllet , rapporteur.
- Rapport fait par M. Gillet de Laumont, au nom du Comité des arts économiques , sur les chandelles de suif durci, ou bougies scléraphthites a mèches percées de M. Hébert.
- En présentant à la Société, en 1821, un rapport sur les chandelles de suif durci, ou bougies scléraphthites de M. le docteur Manjot, nous lui
- (1) Le Conseil d’administration, dans sa séance du 25 octobre 1826, a arrêté que ce rapport serait inséré au Bulletin.
- Vingt-cinquième année. Octobre 1826. Vv
- p.311 - vue 337/507
-
-
-
- proposâmes d’accorder son approbation aux travaux de ce médecin , comme ayant trouvé un moyen de purifier les graisses, de les durcir, de les blanchir et d’en fabriquer des chandelles dont l’intensité de lumière et la durée sont supérieures à celles des chandelles communes, et surpassent toutes celles perfectionnées que nous connaissions, par leur sécheresse et par l’absence du gras désagréable et de l’odeur rebutante des suifs. La Société approuva ce rapport dans sa séance du 17 juin 1821 et le fit insérer dans son Bulletin.
- M. le docteur Manjot a, depuis, cédé son brevet et vendu sa manufacture, située à Mouceau, près Paris , n°. 46, à M. Hébert; mais avant d’entretenir la Société des perfectionnemens que ce manufacturier a depuis quelque temps ajoutés à cette fabrication , nous devons lui rappeler que nous lui présentâmes, lors de notre premier rapport, des tablettes de suif durci par le docteur Manjot, qui étaient blanches, sonores, ayant l’aspect et la cassure de la cire , des suifs en gros grains blancs et très-durs, d’autres en grains fins et friables; tous dans un état de siccité que Ton ne connaissait pas encore.
- Nous croyons pouvoir dire aujourd’hui que le docteur Manjot avait alors trouve le moyen de séparer des suifs la partie la plus dure , que des savaris français ont désignée, depuis, sous le nom de stéarine, substance qui existe dans tdutes les graisses et qui se rapproche par ses propriétés de la cire des abeilles. >
- La Société nous permettra, à cette occasion, de lui faire part d’un exemple de la séparation naturelle de cette substance dans le suif le plus commun. Je faisais depuis long-temps, à ma campagne , des essais pour préserver des effets de la pluie et des frimas des objets moulés en plâtre que les peintures ordinaires à l’huile et au vernis gras ne pouvaient garantir; je mis des médaillons dans des vases différens avec des huiles, des cires, du sper-maceti, du saindoux, du suif ; je les fis chauffer à une haute température ; après les avoir retirés du feu et les avoir laissés refroidir , je les mis tremper dans l’eau, au soleil, pendant quatre à cinq jours. Au bout de ce temps, je trouvai ceux pénétrés de cire, de spermaceti, de suif, fermes en dehors et en dedans et bien plus solides que ceux préparés avec le saindoux et sur-tout avec Y huile de lin.
- Encouragé par ce succès, je mis dans un four à cuire le pain, et encore chaud, un buste de Linné, que j’imprégnai en dedans et en dehors d’huile blanche, pendant les douze à quinze heures que le four avait conservé une chaleur suffisante; j’y fis ensuite un peu de feu pour le réchauffer; j’y remis le buste, dont j’enduisis plusieurs fois la surface extérieure de
- p.312 - vue 338/507
-
-
-
- ^ ( 31-3 )
- ^//'provenant de chandelles communes que j’avais fait fondre, et je l’exposai ensuite à l’air, au soleil, à la pluie, dans mon jardin.
- Ce buste, qui y est depuis environ cinquante jours, est reste' gras au toucher pendant les douze à quinze premiers jours ; mais ensuite l’enduit de suif est devenu tellement sec, qu’il prend un beau poli sous le frottement de la main, et fait ressentir aux doigts que l’on passe dessus les petits ressauts successifs que l’on éprouve lorsqu’on les passe sur un corps ciré; il a aujourd’hui acquis un aspect approchant de celui d’un marbre blanc à grain fin. Cette expérience me parait une preuve convaincante de la présence de la stéarine, que les savans ont reconnue dans les graisses, et une explication de ce que M. le docteur Manjot avait obtenu en 1821. Je vais recouvrir ce buste d’uu nquvel enduit de suif commun, pour m’assurer s’il prendra encore de la dureté et s’il passera l’hiver en plein air sans altération.
- A l’égard de M. Hébert, acquéreur de la fabrique de M. Manjot, ce manufacturier voyant que le public se plaignait de la facilité avec laquelle les bougies scléraphthites coulaient lorsqu’on les mouchait courtes, a cherché les moyens de remédier à cet inconvénient très-fréquent dans les chandelles communes, et il a obtenu des succès réels en fabriquant, à l’aide d’un métier qu’il a fait construire, des mèches de coton cylindriques, dans lesquelles il introduit des broches de gros fil de fer, et obtient ainsi des chandelles-bougies percées dans toute leur longueur.
- Lorsqu’il me montra ces chandelles percées , je trouvai l’idée heureuse ; je la crus nouvelle et susceptible de produire des chandelles à courant d’air intérieur ; j’ignorais alors, ainsi que M. Hébert lui-même, qu’il avait été pris en Angleterre, en 1799, une patente pour des chandelles perfectionnées et forées; qu’en France, un brevet d’invention avait été accordé en 1800 pour le nlême objet, et que celte invention avait été publiée dans les Annales des arts et manufactures et dans d’autres ouvrages périodiques.
- Le but de M. Hébert n’étant pas d’obtenir un courant d’air simple ou double dans ses chandelles de suif durci, il a cherché seulement, en supprimant la mèche pleine, à la remplacer par une creuse d’un plus grand diamètre, afin de consumer successivement tout le suif, à mesure que la flamme le fondait autour de la mèche, et par là d’y former un godet plus prononcé pour éviter la coulure ; et il a bien réussi. Il a remarqué que quand ses chandelles percées coulent, parce qu’on les a mouchées trop courtes ou exposées à un fort courant d’air, elles coulent blanc, tandis que celles à mèches pleines coulent jaune. Ce dernier effet parait provenir de la quantité de coton inutilement charbonné au centre de la mèche pleine; tandis que
- Y v 2
- p.313 - vue 339/507
-
-
-
- ( 34 )
- dans celles percées il n’y a de charbonné que la partie circulaire de la mèche nécessaire à la combustion (i). ' „
- A l’égard de Y intensité de lumière, nous l’avons calculée dans notre premier rapport en 1821; mais n’ayant plus la même qualité de bougie qui nous avait alors servi de terme de comparaison, nous avons mis en parallèle les chandelles à mèches pleines de M. Manjot avec celles à mèches creuses de M. Hébert, et nous avons trouvé que, terme moyen, ces dernières surpassaient les premières d’une manière notable.
- Relativement à la durée, nous avons pris des poids égaux de plusieurs bougies scléraphthites à mèches pleines et à mèches creuses, de différens diamètres, nouvellement faites et anciennementfaites, et nous avons reconnu, terme moyen, que les bougies scléraphthites à mèches creuses avaient une plus longue durée que celles à mèches pleines.
- Quant à la sécheresse, qui permettait de les garder très-long-temps enveloppées dans du papier-joseph sans qu’il en fût aucunement taché, nous avons reconnu qu’elle était la même lorsque ces chandelles-bougies avaient quelques mois de fabrication, qu’il y avait aussi une grande diminution de Y odeur ée suif, qui est remplacée par une odeur approchant de celle de la cire.
- A l’égard du prix, les bougies scléraphthites de M. Manjot se vendaient, en 1821, 22 sous la livre, et celles de M. Hébert sont au prix de ig sous.
- Il résulte des faits et des expériences ci-dessus que les bougies scléraphthites à mèches pleines, qui avaient, en 1821, une intensité de lumière et une durée supérieures dans le rapport de 7 à 11 à celles des chandelles communes, sont aujourd’hui surpassées en intensité et en durée par ces mêmes bougies scléraphthites à mèches creuses, fabriquées par M. Hébert; qu’elles sont moins sujettes à couler, qu’elles ont conservé la sécheresse et l’absence de Y odeur rebutante des suifs qui les distinguait alors ; qu’elles ont même une odeur qui les rapproche de la cire lorsqu’elles sont fabriquées depuis plusieurs mois ; enfin que le prix en est diminué d’un peu plus d’un septième.
- Nous présentons des bougies scléraphthites à mèches pleines et à mèches
- (1) Nous croyons que pour éviter la coulure des bougies et des chandelles en les allumant, on ferait bien, au lieu d’en terminer le haut par un cône en forme de doucine , d’y pratiquer en les moulant une forme approchant du godet qu’elles doivent prendre peu de temps après. Pour empêcher ensuite les chandelles de couler lorsqu’on les transporte avec précipitation ou lorsqu’on les expose sur les fourneaux des cuisines, il serait utile de les couvrir de quelques couches d’une dissolution un peu épaisse de savon blanc de Marseille, qui ne les ferait pas pétiller. D’après des essais que nous avons faits, le suif fondu du godet s’est trouvé couvert d’une pellicule terne, qui nous parut alors s’opposer à la coulure.
- p.314 - vue 340/507
-
-
-
- ( 5*5 )
- creuses, dont M. Hébert prie la Société de vouloir bien agréer l’hommage.
- L’auteur espère que les suifs durcis qu’il prépare offriront à la marine des enduits bien plus solides que ceux formés avec les suifs mous du commerce , rendront moins fréquent le radoub des vaisseaux, et apporteront ainsi plus d’économie et de sûreté dans les voyages de long cours. Il pense que l’usage plus répandu de ces chandelles apporterait dans la consommation des suifs, que nous tirons en grande partie de l’étranger, une diminution importante.
- Nous avons l’honneur de proposer à la Société, en approuvant les per-féctionnemens apportés par M. Hébert dans ce genre de fabrication, de faire insérer le présent rapport dans son Bulletin, comme un encouragement qu’il a mis tous ses soins à mériter et auquel il attache le plus grand prix (i).
- Adoptéen séance, le 27 septembre 1826.
- Signé Gillet de L au mont, rapporteur.
- Préparation d’un enduit élastique et imperméable de caoutchouc et de goudron; par M. Hancok.
- L’auteur commence par faire dissoudre la gomme élastique dans de l’huile essentielle de térébenthine, en la coupant en morceaux menus, afin d’en augmenter la surface, et par là hâter sa dissolution : cette immersion se fait à une chaleur de 82 degrés centigrades , et l’on a soin de remuer de temps en temps jusqu’à ce que la dissolution soit complète et ait acquis la consistance du goudron. La proportion est d’une livre de caoutchouc pour un gallon (4 pintes) d’huile essentielle de térébenthine. Si le mélange se fait avec la poix et une dissolution de caoutchouc, on les mêle ensemble en les soumettant au degré de chaleur qui suffit pour fondre la poix et la maintenir à l’état liquide. On a soin d’agiter le mélange jusqu’à ce que l’union soit complète. Le goudron se mêle très-bien avec la dissolution de caoutchouc sans être chauffé. En faisant un mélange de poix, de goudron et de la dissolution de gomme élastique, on fait d’abord fondre la poix, on y mêle .le goudron et on y ajoute la dissolution de caoutchouc. L’enduit pour recouvrir les bois se compose d’une dissolution d’une livre et demie de caoutchouc dans 3 litres d’huile essentielle, à laquelle on ajoute 8 à g livres de goudron. On se sert du même enduit pour les cordages et les grosses toiles; mais dans ce cas la proportion du goudron n’est que de 6 à 7 livres : au reste, on peut varier indéfiniment ces proportions. Si le mélange est suffisamment clair et liquide, on peut l’employer à froid en l’étendant avec une brosse. (Repertory of arts, mai i8a5. )
- (j) Le dépôt des chandelies-bougies de M. hébcrt est rue de C!éry, n°. 12, à Fatis.
- p.315 - vue 341/507
-
-
-
- ( $i6 ;)
- . SCIENCES ET BEAUX-ARTS.- -
- Ex-h&Mlt d’un Mémoire sur la question de savoir si la lithographie peut être appliquée avec avantage a la publication des cartes géographiques, et jusqu a quel point elle peut remplacer, pour cet objet, la gravure sur cuivrey par M. Jomard.
- •Du moment que nous avons aborde' la question dont l’énoncé précède, nous n’avons pas tardé à reconnaître qu’elle est plus épineuse et plus compliquée qu’elle ne le paraît au premier abord. En effet, il ne s’agit pas seulement de savoir si l’art de la lithographie , si imparfait dans l’origine, a fait des progrès ; s’il peut montrer des résultats estimables; si dans un genre spécial, si dans un cas particulier il est possible d’y avoir recours : la question n’est pas là. Il faut résoudre un problème plus étendu et découvrir si la lithographie présente des avantages notables ou suflisans quand on l’applique, soit à la topographie , soit aux cartes géographiques ; s’il y a de l’utilité à l’employer pour l’exécution du trait, des montagnes, des eaux, des bois et des différentes cultures et natures de sol et de terrain, ou bien pour l’inscription de la lettre et de toutes les sortes de lettres usitées dans les cartes.
- il faut s’assurer également si la multiplication des exemplaires, c’est-à-dire l’impression et le tirage des pierres, donne des résultats avantageux et offrent de l’économie, par comparaison au tirage des planches de
- cuivre. .
- Cependant au milieu de cette complication des branches diverses de la question, nous avons cru apercevoir deux points de vue propres à la simplifier beaucoup. D’abord, nous sommes - nous dit, les.partisans de la lithographie et ceux de la calcographie (ou gravure sur cuivre) ne sont nullement d’accord : ne serait-ce pas à cause de cette complication même, les uns jugeant sur une partie de l’art et les autres sur une autre, et tous pouvant raisonner juste sur un point particulier ? Il faut donc recourir à l’expérience, le vrai juge en ces sortes de débats. Il faut observer et comparer attentivement avant de prononcer. Mais à quoi servirait de faire un ou plusieurs rapprochemens et de faire abstraction de tout le reste? Il est clair qu’on n’en serait pas plus avancé. Il faudra donc diviser et subdiviser les sujets de comparaison et se livrer à une sorte d’enquête impartiale ; le résultat cherché sera la conséquence finale de tous ces points d’observations dans un sens ou dans l’autre.
- En second lieu, tout se réduit, en dernière analyse, à la comparaison
- p.316 - vue 342/507
-
-
-
- t
- C 31-7 )
- de la dépense ( à égalité de mérite d’exécution, bien entendu) , c’est-à-dire au prix du dessin sur la pierre et au prix réel de l’impression : nous disons prix réely attendu que le tirage des pierres passe pour être très-inégal , d’où résultent une perte de temps et une perte de papier.
- - Quant à l’évaluation même du travail topographique, nous avons considéré comme très-difficile, pour ne pas dire impossible , de l’exprimer en argent. On sent que, dans un art nouveau comme la lithographie, les artistes de divers mérites et en divers genres, qui s’y livrent, ne peuvent commune quer des données certaines, invariables , sur lesquelles on puisse compter ; trop d’obstacles que tout le monde comprend s’y opposent : nous, avons donc dû chercher un autre mode d’appréciation.
- ^ Avant d’entrer plus avant dans la route que nous venons de nous tracer, nous devons prévenir un reproche d’omission qu’on pourrait nous faire : en effetyce n’est pas encore assez de comparer les deux arts sous le rapport de l’exécution et de l’économie. Quand une planche de cuivre a fourni le tirage demandé, elle est disponible pour l’avenir > et ysuivant la solidité de la gravure, elle peut fournir un nouveau tirage plus toumoms conforme au premier : les cuivres gravés forment ainsi/un fonds , une valeur*, qui doit entrer en considération dans le résultat final.. Gn n’en peut pas dire autant des pierres dessinées : aussi aurons-nous égard à cette distinction. ;
- § 1er. Dessin des plans et cartes sur la pièrre.
- Ce serait à tort qu’on opposerait à la lithographie les cartes et les plans topographiques qui ont été mal dessinés ou mal imprimés jusqu’ici. Non-seulement l’impartialité veut qu’on choisisse parmi les produits de cet art ceux qui approchent le plus de la perfection ; mais encore une comparaison faite entre des ouvrages médiocres et les bonnes cartes ordinaires ne permettrait aucune conclusion. 11 suffit que la .lithographie ait obtenu une fois de bons résultats pour être assuré qu’elle peut les reproduire. La différence qu’on observe encore entre ses produits, d’une pierre à une autre ou d’une épreuve à une autre, cette différence durera encore long-temps, parce qu’elle provient de l’inégalité des mains plus ou moins inexpérimentées ; mais ce n’est pas là un défaut de l’art.
- Nous avons dû d’abord prendre connaissance des cartes et des plans lithographiés les plus estimés, et consulter les lithographes qui se sont appliqués avec succès à la reproduction des cartes : c’est une circonstance heureuse que l’existence des deux Plans de Girone, l’un exécuté sur cuivre, l’autre sur la pierre, d’après le même original , et tous deux par d’habiles artistes. Le premier est l’ouvrage d’un des premiers graveurs français,
- u.!J
- p.317 - vue 343/507
-
-
-
- ( 3i8 )
- M. Blondeau, et le second sort de l’ancien atelier de M. Paulmier. Les deux artistes semblent avoir lutté ensemble de talent et de pureté ; malheureusement le dernier a quitté la France et s’est établi à Bruxelles : par ce motif nous n’avons pu connaître le temps que lui a coûté son Plan de Girone : nous nous bornerons donc à dire qu’à bien des égards, cet ouvrage peut soutenir le parallèle avec le plan gravé; qu’il a même en quelques parties des effets doux et moelleux, qui ne sont pas dans ce dernier au même degré, ce qui rachète plusieurs antres points ou il y a de l’infériorité; mais c’est beaucoup sans doute, après quelques années seulement de tentatives, que l’art ait pu approcher aussi près des ouvrages d’un artiste tel que M. Blondeau. > l^ 1
- Au reste, nous ne croyons pas nécessaire d’entrer ici dans aucun détail sur les moyens selon lesquels procède le lithographe, ni sur les modifications ingénieuses que ces procédés ont subies ; ils sont généralement connus, et l’on n’ignore pas que M. Paulmier a employé le moyen dont on use à Munich et ailleurs , c’est-à-dire de substituer à la plume et au pinceau l’usage d’un instrument qui pénètre légèrement dans la substance de la pierre à travers une couche de vernis (i) : on mélange aussi avec succès ces deux sortes de travaux ; mais ces détails sont étrangers à la question , qui ne roule que sur les résultats ; ils allongeraient ce mémoire sans nécessité.
- La Carte des Pyrénées-Orientales, du même artiste, est encore un ouvrage très-recommandable ; on peut la comparer aux belles cartes gravées, quoique d’une petite dimension. Le même motif que celui qu’on a exprimé ci-dessus, empêche de connaître ce qu’on voudrait savoir sur le dessin et sur l’impression de cette carte. La Carte de la Guadeloupe, les Iles-Ionien-nes, le Petit Atlas pour la Tactique de Lallemand, le Plan de Cadix, le Plan du port Dieudonné, etc., sont encore des productions distinguées. Les derniers ouvrages et beaucoup d’autres bien connus du public ont été exécutés par MM. Desmadryl, à qui l’on a l’obligation d’avoir donné les premiers, en France, une certaine perfection aux cartes lithographiques. M. Engelmann a droit aux mêmes éloges; l’établissement de MM. Cosnier et Renou a produit aussi, sur-tout en ce qui touche l’écriture des cartes, quelques bons ouvrages.
- Il serait superflu d’énumérer les différentes productions de la lithographie en ce genre ; nous nous arrêterons dans notre examen comparatif à plusieurs cartes d’un beau travail, les unes d’un grand format, les autres plus petites ;
- (1) Ce procédé est décrit, page 322 du XIe. volume de la Description des Brevets d’invention,
- on
- p.318 - vue 344/507
-
-
-
- ( 3i9 )
- on sent d’ailleurs qu’il était presque impossible de faire la comparaison des cartes étrangères sous les divers rapports dont il a été parlé (i).
- Maintenant nous allons aborder l’examen comparatif, base du tableau ci-joint : quand nous l’avons entrepris, nous ne présumions pas encore de quel côté pencherait la balance. ~
- La première, la Carte de Varrondissement de Vendôme ( département de Loir-et-Cher), désignée par lé nü. i , est d’une grande dimension; elle a environ 22 pouces sur 26 : elle se recommande moins par une belle exécution que par la netteté ; elle a demandé au dessinateur trente-trois journées, de huit heures chacune, sans y comprendre la lettre, qui est très-chargée ; elle sort de l’ancien atelier de MM. Desmadryl, et elle a été imprimée chez M. Engelmann, ainsi que les quatre suivantes.
- La seconde, la Carte topographique de la campagne de Nice, approche de la même étendue (19 pouces sur 23). Le travail des montagnes, celui des prés, des jardins et des cultures sont également bien faits et la touche est brillante; la lettre a de la netteté et de la finesse, mais pas assez de régularité ; les eaux sont dans le même cas : au total, c’est une belle topographie, dont l’effet plaît à l’œil. Tout ce travail, sans la lettre, a été fait en soixante-neuf jours.
- La troisième, le Plan topographique de la montagne de Saint-Odile, a i5 pouces environ sur 20; c’est la même main ou le même genre de mérite que dans la planche précédente; mais il y a trop d’intervalle entre les hachures des montagnes, ou bien ces traits sont trop apparens : la lettre laisse très-peu à désirer. Le dessin de la pierre a coûté vingt-cinq jours.
- La quatrième, le Plan de la bataille de Peta, en Grèce, est d’une main moins exercée; mais la lettre peut soutenir la comparaison avec ce qu’on connaît de mieux ; c’est un petit dessin de 9 pouces sur 12. Il a été exécuté en quarante-quatre jours.
- Enfin la dernière, le Plan du siège de Boulogne par Henri VIII, est encore plus petite (7 pouces sur 8 ); mais la lettre, les eaux et les montagnes sont d’un travail excellent; le trait est presque aussi pur que s’il était coupé au burin, et l’on peut en dire autant des eaux filées ; tous les mouvemens du terrain sont exprimés avec goût et intelligence, et notre plus habile graveur à l’eau forte ne désavouerait pas ce travail : tout petit qu’est ce sujet, 011 peut l’offrir comme un modèle. ïl a été exécuté en onze jours,
- ( 1) On citera seulement le grand Atlas sorti de fa presse de la lithographie bavaroise, et la collection volumineuse de M. Yandermaelent quoique beaucoup moins parfaite sous le rapport du fini du travail.
- Vingt-cinquième année. Octobre 1826. _ Xx
- p.319 - vue 345/507
-
-
-
- ( 320 )
- Nous n’avons pas compris le dessin de la lettre dans l’exposé qui précède , parce que c’est un travail distinct, et nous y reviendrons. Quant à l’évaluation que nous avons faite en journées de travail, nous avons déjà fait sentir pourquoi elle est préférable à celle qu’on voudrait faire en argent.
- Comparons maintenant ces résultats à ce qu’aurait coûté le même travail topographique, exécuté sur cuivre, à l’eau forte et au burin ; nous ne parlerons pas des opérations du calque et du décalque, parce que si la lithographie présente quelque avantage sous ce rapport, il est de peu d’importance ; mais le décalque une fois opéré sur le cuivre, il faut encore au moins quatre opérations : i°. couper le trait au burin (i) ; 2°. graver la lettre ; 3°. vernir le cuivre, faire les montagnes et les cultures à l’eau forte, et faire mordre la planche ; 4°* hier les eaux et terminer au burin toute la topographie. M. le colonel Jacotin, chef de la section topographique au Dépôt de la guerre, a bien voulu, à notre prière, estimer lui-même le temps qu’aurait employé un bon graveur pour exécuter, par cès procédés, les diverses parties des cinq cartes et plans qu’on vient d’examiner ; nous aurions pu faire de notre côté une pareille estimation, mais la longue expérience qu’a acquise dans ce genre M. le colonel Jacotin, en dirigeant depuis plus de vingt ans de belles et grandes collections topographiques, telles que Y Égypte et la Syrie, la Corse, Y Espagne, etc., donne le plus grand poids à ses calculs : en nous y arrêtant, nous pensons que tout le monde les adoptera également avec une parfaite confiance. Evalué en journées de six heures, le travail du graveur serait pour les nos. i, 2, 3, 4* 5, respectivement, de 1154, 212, 109, 424 et 29 jours; donc, en journées de huit heures, il serait de 86lôg, 81 |, 32 et 22 : cette comparaison sera exposée tout-à-l’heure dans un tableau détaillé par nature de travail.
- Nous passons aux écritures des cartes; nous évaluerons la gravure de la lettre en argent, parce qu’il n’est pas d’usage de payer le temps employé. C’est entre 5 et 8 francs le cent de mots italiques qu’on a coutume de payer la lettre gravée. La lettre romaine, l’anglaise et la capitale se paient quatre fois autant. En se fixant à 6 francs le cent, on peut obtenir une assez belle exécution. D’après ce taux, la lettre Nos. 1, 2, 3, 4*5 coûterait respectivement 149 fr. 5o c., 37 fr., 60 fr., 17 fr. 5o c. et 53 fr.
- Comme le dessinateur en lettre lithographiée est moins payé que celui qui dessine la topographie, mais aussi qu'il a plus de précautions à prendre
- (1) On fait aussi, mais avec moins de pureté, le trait à Peau forte.
- 1
- p.320 - vue 346/507
-
-
-
- ( 321 )
- pour ménager le travail déjà fait sur la pierre, ce qui exige plus de temps, il y a à-peu-près compensation pour l’évaluation du prix du temps, et comme on estime, en gravure, l’heure moyenne de travail à i fr. 20 c. à très-peu de chose près, et qu’on peut considérer qu’il y a une certaine parité entre le talent du lithographe et celui du graveur , on a une base pour apprécier la dépense de l’exécution de la lettre.
- Or, l'e dessin de la lettre lithographiée sur les nos, 1,2, 3, 4? 5 a coûté 17, 7, g, 1 et 4 jours de 8 heures chacun ; l’estimation en argent reviendra ainsi à environ i63 fr., 67 fr. , 86 fr. 5o c., g fr. 5oc. et 38 fr. 5o c.
- On sera surpris de ce que, dans les deux derniers sujets lithographiés, la lettre ait coûté si peu de temps, puisqu’elle est nombreuse et mieux faite que dans les autres.
- Un des plus grands avantages que paraît présenter la lithographie topographique est la simplification des moyens. En effet, un habile dessinateur topographe, pourvu qu’il soit suffisamment exercé à manier les instrumens, peut, à lui seul, exécuter toutes les parties d’un plan ou d’une carte, lesquelles se réduisent pour lui à trois, calquer et décalquer, dessiner le sujet et écrire la lettre ; au contraire, il y en a cinq dans la calcographie, et elles exigent presque toujours deux ou trois et quelquefois quatre artistes différens : i°. calque; 20. trait; 3°. lettre; 4°* eau forte; 5°. eaux et fini général; cependant cette observation a été négligée; il paraît même que les lithographes croient trouver plus d’avantage à diviser le travail. On trouve chez eux, en effet, des dessinateurs distincts pour le trait; pour les eaux, les sables, les prés et les autres natures dé culture; pour les montagnes; pour les bois, enfin pour les écritures.
- § IL Tirage et impression lithographiques.
- La dépense de l’impression des cartes lithographiées peut être comparée à celle du tirage des cartes ordinaires, de la même manière qu’on a comparé la lithographie à la gravure sur cuivre ; il s’agit seulement de con*-naître combien un bon imprimeur, à égale habileté et pour une carte également chargée, peut tirer de bonnes épreuves en un jour : la durée du jour moyen sera fixée à neuf heures. D’après la déclaration des lithographes, on a tiré de la pierre ci-dessus, 110. 1, 120 épreuves par jour; du n°. 2, go épreuves ; du n°, 3, i5o épreuves; du n°. 4? 2°0, et du n°. 5, a5o. Ces mêmes dessins, gravés sur cuivre, auraient fourni respectivement 110 épreuves, 100, 120, 200 et 225. ; -
- Si on fait attention à la perte de temps qui résulte des épreuves rebutées
- en lithographie, à cause de l’inégalité de l’encrage et du tirage, tandis que
- • '' •
- p.321 - vue 347/507
-
-
-
- - - ' ( 522 )
- l’impression sur cuivre présente constamment des épreuves identiques, à cause de l’uniformité de l’opération , et si on fixe, d’après les lithographes eux-mêmes , cette perte de 5 à io pour cent (1), terme moyen 8, il résultera que les cinq pierres ont pu fournir par jour environ iio, 83, i38, 184 et 23o épreuves. Le résultat ne présente qu’une très-légère différence, tantôt en plus, tantôt en moins, entre la gravure et la lithographie. Selon nous, elle ne mérite pas qu’on s’y arrête, si ce n’est que la dernière exigera environ 5 pour 100 de papier de passe en sus de ce que demande la première; ou bien, si l’on ne veut pas subir cette perte, on se condamne à accepter des épreuves très-médiocres. Tout le monde sait combien sont inégales pour le ton les épreuves des lithographies, sur-tout quand on poursuit le tirage à un grand nombre sans laisser reposer la pierre. Il faut cependant faire remarquer que cette inégalité et tous les défauts du tirage sont bien plus choquans dans les dessins au crayon que dans les dessins au pinceau et dans ceux à la plume : or, c’est à la plume que l’on dessine la topographie. On doit ajouter que le tirage est plus satisfaisant aujourd’hui qu’il ne l’était dans l’origine : le noir est plus beau, et l’on sait le moyen d’empêcher que les épreuves ne se maculent.
- Afin de nous faire par nous-mêmes une idée positive sur la question du tirage lithographique, nous nous sommes transportés dans divers ateliers et nous avons examiné la proportion des épreuves rebutées. Une petite carte de Saint-Domingue, dessinée dans l’atelier de MM. Cosnier et Renou, a été tirée en notre présence; toutes les épreuves ont été numérotées; chaque heure, terme moyen, a fourni dix-huit épreuves; c’est un peu moins que le résultat énoncé ci-dessus, raison de plus pour qu’on ne trouve pas ici une différence à l’avantage de la lithographie : huit ou neuf épreuves sur cent doivent être rejetées du tirage comme trop faibles ou trop empâtées; généralement les épreuves sont plus chargées à mesure que l’impression avance.
- § III. Rapprochemens divers entre la gravure sur cuivre et la lithographie.
- Il est dans la nature de certains procédés d’avoir des inconvéniens comme des avantages qui leur sontiuhérens : ainsi l’appareil incommode des pierres à lithographier tient à l’épaisseur nécessaire que la pierre doit avoir pour résister a la pression : de là, la difficulté, pour ne pas dire l’impossibilité, de conserver à-la-fois un grand nombre de dessins, tandis qu’on peut garder des milliers de cuivres gravés sans en être embarrassé. Quand même on aurait le local nécessité par la présence d’un grand nombre de pierres,
- (j) Elle est plus forle pour les dessins au crayon , moindre pour les sujets à la plume.
- p.322 - vue 348/507
-
-
-
- ( 5^5 )
- on ne pourrait pas échapper à l’inconvénient de l’altéra tion des dessins après un temps plus ou moins long ; il faut donc, dans beaucoup dé cas, tirer sur-le-champ le nombre entier des épreuves dont on n’aura besoin qu’avec le temps, et ainsi l’on met en dehors un capital qui restera sans fruit. Les moyens que l’on a donnés pour remédier à ce vice de l’art ne sont que des palliatifs. Sous ce rapport, la gravure nous paraît avoir l’avantage, sans compter que le métal a une valeur intrinsèque, qui diminue peu avec le temps, même quand on a fait effacer les sujets gravés.
- Il se présente encore une question générale, indépendante des avantages comparés de la gravure et de la lithographie : s’il est vrai que celle-ci peut suppléer celle-là, est-ce dans les cartes géographiques proprement dites, ou bien dans la topographie et dans les sujets à grande échelle, où l’on étudie le figuré du terrain? Nous croyons que cette question peut être résolue dès-à-présent. La géographie à petit point exige la représentation des chaînes de montagnes et des eaux avec la plus grande netteté; c’est là qu’excelle l’art du graveur : aucune échelle n’est trop petite pour sa pointe et son burin. La lettre, sur-tout, peut être exécutée avec une extrême finesse sans cesser jamais d’être parfaitement lisible. Le lithographe, qui, dans les dessins à grand point, a une libre carrière pour diriger sa plume, réussit mal à ramasser des hachures fines et nombreuses dans un si petit espace ; ou, si à force de patience il vient à bout de les dessiner nettement les unes à côté des autres , bientôt le tirage empâte son travail et amène la confusion qu’il avait d’abord évitée. 11 n’en est pas de même de la gravure; l’artiste, comme la machine à graver, peut rapprocher ses tailles jusqu’à de pouce et même encore plus sans qu’elles coïncident en aucun point, et l’impression les reproduit toujours aussi distinctes à la fin qu’au commencement. Les eaux lithographiées, sur-tout, se refuseront toujours à une extrême finesse dans les cartes à petite*échelle. Aucun de ces inconvé-niensn’a lieu dans les cartes et pians topographiques; la simple réflexion montre qu’il doit en être ainsi, et l’expérience le prouve sans réplique, puisque le dessin et l’impression amènent des résultats également satis-faisans.
- Nous n’avons pas encore parlé d’un avantage attribué à la lithographie pàr ses partisans exagérés, c’est de fournir un nombre indéfini d’exemplaires. Expliquons d’abord comment une gravure sur cuivre baisse de ton. Chaque taille rentrée au burin forme un prisme creux à base triangulaire ; à mesure que l’on tire, l’essui de la planche enlève une couche sensible de métal : alors les tailles qui étaient distantes d’un quart de millimètre, par exemple, et larges du double, diminuent avec le temps de largeur et de
- p.323 - vue 349/507
-
-
-
- .( 324 ) .
- profondeur, et au contraire leur intervalle augmente : par exemple, il sera d’un demi-millimètre et sa largeur n’aura plus qu’un quart de millimètre. Ainsi deux tailles voisines déchargeront sur le papier deux fois moins de noir, et leur intervalle, autrement le blanc du papier, sera deux fois plus grand; double motif pour que le ton paraisse plus pâle qu’au commencement; il arrivera enfin, sur-tout si l’on essuie la planche au chiffon et sans précaution, que les tailles seront réduites à une largeur infiniment petite, et elle sera usée. , , b/hut-* n ^
- En lithographie, c’est un effet contraire : au lieu de diminuer, les hachures augmentent souvent de largeur; au lieu d’augmenter, l’intervalle entre deux traits diminue : de là l’empâtement des dessins, leur couleur trop lourde, la perte de l’harmonie, la jonction et enfin la confusion des traits : c’est par là que finissent quelquefois les pierres tirées à un nombre trop grand. Ce n’est pas là un avantage sur la gravure; car celle-ci peut reprendre à-peu-près son premier état, en faisant rentrer le burin dans les tailles trop peu profondes, ou bien en remettant la planche sous l’eau forte.
- Bien entendu, il n’est pas question ici de simples écritures (car le tirage en est pour ainsi dire illimité) (i), mais de dessins difficiles et faits pour être considérés sous le rapport de l’art. Quelquefois aussi le tirage enlève les traits à la pierre au lieu de les grossir, ainsi que cela a lieu en gravure : cet inconvénient résulte de plusieurs causes qu’il serait trop long d’expliquer. Il arrive encore que les hachures cessent de paraître quand on imprime avec une encre trop peu liquide, attendu la finesse du grain des pierres préparées pour la plume ; c’est le contraire dans les dessins au crayon, parce que le, grain étant plus gros, une encre trop liquide y déposerait trop de noir et produirait des épreuves trop chargées ainsi la qualité de l’encre influe beaucoup sur l’égalité du tirage. 5 , ‘on •< /
- Il arrive souvent, trop souvent, sur-tout en géographie, qu’il fajut opérer des corrections; la lithographie ne se prête pas bien à çette nécessité ; la retouche est fort difficile et imparfaite ; toujours elle laisse des, traces visibles sur la pierre; c’est l’écueil des lithographes : corriger et retoucher sont deux choses infiniment plus faciles et d’un succès plus sûr dans la gravure sur cuivre. ^ o.r< :h> , yômv, •.: o rr - /-m -o-d'
- Nous avons à examiner si la lithographie est applicable aux cartes de grande dimension , telles que celles qu’on exécute sur le cuivre : ici l’avan-
- (1) On cite mie circulaire qui a été tirée à quatre-vingt dix-sept raille épreuves : le beau Plan de Cadix en a fourni huit mille ; mais elles laissent à désirer sous le rapport de f’uni-formité. ^ • [ •_ ; - . , : ... n: îeguj.m.d» l-.: d i- ’.sso
- p.324 - vue 350/507
-
-
-
- . (-525 )
- tage est encore à la gravure. Outre qu’il est difficile d’avoir de's pierres de 2 pieds sur 3 pieds, par exemple, parce que l’ëpaisseur devrait être augmentée en conséquence et portée jusqu’à 3 pouces, c’est-à-dire du poids de plus de a quintaux, il y aurait certainement un très-grand embarras dans l’encrage et le tirage. Pourrait-on se flatter d’obtenir des épreuves égales, ayant à promener le rouleau sur une si grande surface? Et pour le dire en passant, n’est-ce pas une des imperfections fâcheuses de la lithographie, que l’arbitraire laissé à l’imprimeur, qui dépose l’encre sur les traits du dessin sans pouvoir jamais être certain s’il en a déposé suffisamment ou trop peu? C’est toujours son habitude qui le guide, et non pas une règle sûre : si la main est trop légère ou pas assez, les résultats ne s’accordent plus; est-il même bien sûr, dans un dessin un peu étendu, d’avoir encré également toutes les parties de la pierre qui l’exigent ? Ainsi deux épreuves peuvent différer entre elles, et aussi, dans une mêmefopreuve, deux parties semblables : sous ce rapport, le nouvel art est encore éloigné do la gravure , dont il se rapproche déjà pour la perfection du dessin, et même qu’il surpasse pour l’extrême facilité du travail.
- Le retrait du papier diffère peu de celui qu’on observe dans le tirage des planches de cuivre : quinze jours après le tirage on a trouvé depuis ^jusqu’à ^ de différence entre les mêmes dimensions, mesurées sur la pierre et sur le papier.
- Un avantage qui mérite d’être consigné ici, c’est que l’artiste n’a pas besoin de tirer une épreuve pour juger de son ouvrage ; il peut se faire une idée également juste de ce qui est mal et de ce qui est bien, de la pureté des détails comme de l’harmonie de l’ensemble et de l’effet général. Le brillant et la couleur du cuivre ne permettent pas au graveur de le faire, même en encrant là planche, comme on en use quelquefois. •
- Nous n’avons pas, comme on le voit, dissimulé les défauts et les incon-véniens pratiques qui sont encore attachés à la lithographie ; mais tous les jours elle s’efforce de les corriger : nous pensons qu’elle y parviendra si elle est encouragée par la faveur publique, sur-tout si plus d’habiles dessinateurs topographes consentent à s’y livrer; elle offre d’ailleurs dès-à-présent assez d’avantages réels, incontestables, pour qu’on ne lui reproche pas son infériorité à certains égards. Nous reviendrons sur ce point dans nos conclusions.
- p.325 - vue 351/507
-
-
-
- - : , ( 320 ) _
- Tableau comparé de la dépense à faire en temps et en argent pour ïexécution de plusieurs Cartes, soit gravées sur cuivre, soit lithographiées (f).
- ' ! rèi. • TRAVAIL TOPOGRAPHIQUE. ÉCRITURES.
- DÉSIGNATION DIFFERENCE DIFFÉRENCE 3
- des ' ’ ' NATURE pour pour |
- Calco- Litho- la lithographie GENRE Calco- Litho- la lithographie, i
- CARTES. Terrain. graphie. graphie. eu en de lettres. graphie. graphie. en en , j
- 3 " plus. moins. plus. moins.
- r . - J ournée». Journées. Journé» s. Journées. fr. c. fr. c. fr. c. Ir. c.
- - TST°. 4.• i ' : ' T rait 1 et limites.... 16 i3 • » 3 Capitale 1 etTitre. ] 26 5o cap. seul. 57 5o 3i » » ai
- i Montagnes. .. 46i i5 » ‘ . • 3i 4 Romaine. 5i » 28 70 » » 22 3o 1
- ARRONDISSEMENT " > * ,j-
- DE VENDOME»-;’ é Eaux. ., .. 2 T 2 • . » % Italique. 7 a » 76 80 4 8o .a; »... [
- Superficie , 22 décimét. carre's. Bois f et cultures... «4 3 * 33 181 » ai » » » » » ». » ;
- .. Total.,. 86 3 33 33 , 53 f i4g 5o i63 » 35 8o 22 3o f
- ' »' é; | Trait...* ;.. 29 IO » *9 Capitale 1 etTitre. 1 6 5o cap. seul. 22 80 38 4o 32 90 » »
- V. ± : : | Montagnes. .. 53 | 25 . » 28•§ Romaine. 19 20 » » 3 60
- PLAN DE NICE. Eaux. .. . i... 22 i i5 » 7.1 Italique. 9 » 9 60 » 60
- j Bois, sables ,
- - ; 54 35
- Superficie, 23,11 décim. carre's. jardins etpre's. J9 » J) » - » » » » » » »
- , - Total... i5g ~ e9 w 9° i 37 âo 67 20 33 5o 3 60
- T rait. ....... 4 » 6 Capitale i3 70 âS 80 i5 10 .»
- et Titre.
- . N°. 5.^ | i Montagnes. .. . 3? T 12 )> 20 4 Romaine. 3o 70 38 4o 7 70 » »
- Bois , pre's et
- MONTAGNE DE ST.-ODILE. 1 terres labourables. 4o -§ 9 ; » 3i4 Italique. i5 80 19 20 3 4o » »
- Superficie, i5,64 de'cim. carre's.
- Total... 811 25 3) 56 | 60 20 86 4o 26 20 3) 3)
- Trait. ....... 4 { I » 3 i
- NV 4. : ' l Montagnes. .. V H 8 3) 9 Ecritures 17 5o 9 60 » » 7 9°
- 1 Eaux. ....... , 1 - », , ; S
- 1 BATAILLE DE PETA. * 2
- Superficie, 6,41 de'cim. carre's. 1 Terres et prés. 9 4 - . » . 5 . v •.'é
- O H ssssaaas 32 14 _» 18 .... U:. . 17 5o 9 60 » » 7 9° V)
- Titre, Ca-
- | ; ; i , ’ïV ’ Trait. 54 ’ 1 » pitale et 3o 5o 19 20 » » 11 3o
- 1 ... * . , • - Romaine.
- j n°. 5. " 1 Montagnes. .. 9 1 4 » 0 X Italique. 22 4o 19 20 » a? 3 20
- | SIEGE DE BOULOGNE.; \ Eaux. 34 3 » » 4 » » » » » » 33 3)
- «
- ! Superficie, 3,i8 de'cim. carre's. 1 Terrains..... 3 1 3 » » § » » >3 J> » » 3) 3)
- l Total... 22 II » 11 52 go 38 4o » a> i4 5o
- | 1 «
- (x) On n’aurait pas pu présenter un Tableau co c’est pourquoi on s’est borné à cinq, pensant d’ai
- mparatif aussi détaillé pour d’autres cartes lithographiées, quoique dignes d’être citées : eurs qu’elles suffisaient au but qu’on s’est proposé.
- (2) Ce résultat inverse des trois précédens est peut-être défectueux.
- p.326 - vue 352/507
-
-
-
- ''' />////,/s.' . / / J.’I -f/t/r/s/r s// . CY7. I / ///.
- Z.h'.w'juuiJ'!// /eerstf (fa/ 1 /./fa. (fa (>. s>/ (
- .Mrmoirr sur la li lliou rupiiic a pp! ujurr ;ui\ carlrs.par Al. Jomard.
- pl.316 - vue 353/507
-
-
-
- ( 3^7 )
- Il résulte du tableau qui précède que, pour les cinq cartes ou plans lithographiés qui cnt été comparés à la gravure par parties détaillées, l’exécution de la topographie doit être moins dispendieuse, et que celle des écritures doit coûter davantage : il y a plus que moitié de différence à l’avantage de la lithographie pour le trait, les montagnes et les cultures , un neuvième et jusqu’à un tiers pour les eaux. L’avantage total est exprimé assez bien par la fraction D’autre part, la différence pour la lettre en faveur de la calcographie va aussi quelquefois jusqu’à la moitié ; mais elle porte sur une partie de la dépense bien moindre que la première : ainsi, en réunissant la dépense totale des cinq planches, comme si c’était un seul ouvrage, on trouverait que la lettre sur cuivre coûterait 317 fr. 40 c., et sur la pierre 4^4 fr* 60; mais le topographie, dans le premier cas, demande trois cent quatre-vingt-un jours et dans le second cent cinquante-deux, ou bien, en argent, d’après l’évaluation ci-dessus, environ 3657 fr^ncs et 1459 francs : ainsi, pour la lettre, la lithographie n’est point jusqu’à présent économique ; mais pour les montagnes, les eaux et les diverses natures de terrain, elle l’est beaucoup.
- La conclusion finale est donc à l’avantage de la lithographie sous le rapport de l’économie ; nous devons nous hâter d’ajouter que la gravure sur cuivre possède et gardera sans doute long-temps une vraie supériorité sur la lithographie, et qu’elle seule peut créer ces chefs-d’œuvre de l’art topographique qui font tant d’honneur aux artistes français : c’est beaucoup pour la lithographie d’en avoir approché.
- Il serait à désirer qu’elle pût fournir un jour des modèles pour l’enseignement de la géographie. Combien, en effet, n’est-il pas affligeant de voir que c’est en grande partie à cause de la cherté des cartes que cet enseignement est si peu avancé dans notre patrie? S’il se présentait donc un moyen de les répandre dans les écoles publiques, à bas prix et en grand nombre, et sur-tout si ce moyen pouvait s’appliquer aux cartes géographiques proprement dites (1), il faudrait s’empresser de l’accueillir, de l’encourager, même de le traiter avec faveur : ce sont ces encouragemens qui lui ont manqué jusqu’ici de la part du public, et nous les appelons de tout notre pouvoir. Déjà, malgré le défaut de ce secours, la lithographie peut fournir de bonnes cartes topographiques suffisamment nettes, bien écrites, exécu-
- (1) Il est vrai de dire que des cartes élémentaires au trait, ou très-peu chargées de travail, coûteraient autant en lithographie que si elles étaient gravées sur cuivre, et les écritures qui abondent sur ces sortes de cartes ne seraient pas aussi nettes ou aussi lisibles, à moins de coûter plus cher.
- Vingt-cinquième année. Octobre 1826. Y y
- p.327 - vue 354/507
-
-
-
- ( 328 )
- tées rapidement et à bon marché : on n’aurait pas osé l’espérer il y a quel^ ques années (i). . ’
- - Elle peut être essayée par tout dessinateur j elle n’exige pas les études longues et pénibles du graveur sur cuivre,
- Elle permet une grande liberté à la main et présente, sous ce rapport, la facilité de la gravure à l’eau forte.
- Elle a enfin les avantages attachés à l'autographie (2), Ainsi les deux arts ne s’excluent pas, chacun a sa destination. Le plus ancien et le plus parfait continuera de s’appliquer aux cartes géographiques, aux ouvrages de grande dimension, aux collections et atlas qui exigent beaucoup d’uniformité ; enfin aux ouvrages dont l’impression doit se faire à de longs intervalles : tandis que le nouvel art s’appliquera aux études topographiques, aux cartes isolées, aux besoins des voyageurs et à ceux du commerce. Ces avantages répondent aux besoins les plus pressans.
- Toutefois, le premier aura toujours sur le second deux très-grands avantages : l’un, de pouvoir conserver les planches gravées pendant un temps indéfini, sans aucune altération; l’autre, de pouvoir, atout moment, y faire les corrections que l’on veut exécuter, et celles que nécessite le perfectionnement des connaissances.
- Le 19 juillet 182.6.
- (1) On vient d’appliquer la lithographie à l’impression des cartes coloriées $ c’est un essai qui mérite d’être encouragé, mais qui a besoin de perfectionnement.
- (2) Cette remarque s’applique plus particulièrement aux ouvrages faits au crayon qu’au
- travail de la plume. '
- Nota. A la suite de la lecture de ce Mémoire, auquel était jointe une ample collection de cartes lithographiées avec soin , la Société d’Encouragement arrêté qu’il serait offert plusieurs prix pour le perfectionnement des diverses branches de la lithographie, soit sous le rapport mécanique, soit sous le rapport chimique.
- La carte ci-jointe a été, exécutée exprès par M. Desmadryl, pour être jointe au Mémoire précédent, et donner une idée de l’état de l’art sous le rapport de son application à la topographie; le sujet en a été emprunté à VAtlas pour la tactique, qui se publie chez MM. Treuttel et TVürtz.
- IMPRIMERIE DE MADAME IIUZARD (née Vallât la Chapelle ),
- rue ny. l’éperon, n°. 7. .
- p.328 - vue 355/507
-
-
-
- VINGT-CINQUIÈME ANNÉE. (NVCCLXIX.) NOVEMBRE 1826.
- ULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- Séance générale du 22 novembre 1826.
- La Société d’Encouragement s’est réunie le mercredi, 22 novembre 1826, en assemblée générale, à l’effet de procéder à la distribution des prix proposés pour cette année, et de mettre au concours quelques questions dont la solution pourra contribuer aux progrès de notre industrie.
- L’assemblée était nombreuse et brillante , et les nouveaux produits offerts aux regards du public, dans les salles d’exposition, attiraient l’attention , par leur utilité et leur bonne exécution. Voici ceux qui nous ont paru mériter une attention particulière :
- i°. Les schalls longs et carrés de diverses couleurs, en laine de cachemire, imitant ceux de l’Inde, de la fabrique de M. Rey, rue Sainte-Appoline, n°. i3, dont la réputation en ce genre est bien établie.
- 20. Les crêpes de Chine, les popelines lustrées et moirées, et les gazes de laine, de la manufacture royale de la Savonnerie, qui surpassent, par la vérité des couleurs et la beauté des dessins, les tissus analogues provenant d’Angleterre. Cette industrie, originaire de France, où elle était pratiquée avec succès, principalement à Reims et à Amiens, a été transportée en Angleterre. Ce qui a contribué à cet abandon de notre part, c’est le manque de la matière première. En effet, les étoffes rases exigent des laines longues et lustrées, que nos moutons ne fournissent pas, et qu’on trouve en abondance chez nos voisins, dans la race dite de Leicestershire. L’objet le plus important était donc d’introduire et de naturaliser en France cette race; on a ensuite cherché à se procurer une machine à apprêter, sans laquelle les étoffes rases n’auraient pas de valeur. Cette double tentative a
- f^ingt-cinquième année. Novembre 1826. Z z
- p.329 - vue 356/507
-
-
-
- (330 )
- été couronnée du succès; et la manufacture ^.e la Savonnerie, fondée par la munificence royale, est aujourd’hui en possession de cette précieuse industrie, qui nous rendait tributaires de l’étranger. La popeline, étoffe légère et brillante, dont la chaîne est en soie et la trame en laine, est très-recherchée pour sa souplesse, son éclat et la modicité de son prix; elle convient sur-tout pour vêtemens de femmes.
- 3°. Les fils de lin filés à la mécanique par MM. Breidt et Compagnie, à Nogent-les-Vierges, près Creil, département de l’Oise, et qui unissent une grande égalité à beaucoup de finesse.
- 4°. Une horloge horizontale d’un nouveau calibre, dont tous les rouages sont en cuivre, qui sonne les heures et les quarts et marche huit jours. Le mouvement, qui n’a que deux mobiles, est remonté par la sonnerie des quarts, au moyen d’une chaîne de Vaucanson. Construite pour S. A. R. Monseigneur le Duc d’Orléans, par M. Wagner, horloger - mécanicien du Roi, elle mérite de fixer l’attention des connaisseurs par le fini de toutes les pièces de son mécanisme.
- 5°. Une nouvelle lampe mécanique sans intermittence ; par le même. On sait que dans les lampes à rouages l’huile est portée au bec par secousses successives , d’où résultent des alternations d’éclat et d’affaiblissement de lumière. M. Wagner a paré à cet inconvénient par un mécanisme fort ingénieux, qui lui procure un jet d’huile continu.
- 6°. Des lampes hydrostatiques de diverses formes et d’une bonne exécution ; par M. Thilorier. Elles se distinguent par leur simplicité, la vivacité de leur lumière, la facilité de leur service, l’absence de toute ombre causée par un réservoir supérieur; enfin, par la modicité de leur prix. On les trouve chez M. Maystre, ferblantier-lampiste, rue des Fourreurs, n°. 14.
- ( Voyez le rapport de M. Pouillet sur ces lampes, Bulletin de septembre , page 290.)
- y0. Une lampe à gaz hydrogène comprimé et portatif, et une lampe à huile; par MM. Bourguignon et Tespaz, rue des Filles-Saint-Thomas, n°. 2. Ces lampes sont surmontées d’un appareil fumivore vaporisateur, qui, en absorbant la vapeur du gaz brûlé, régularise la hauteur de la flamme, augmente l’éclat de la lumière et diminue la consommation*
- 8°. Des robinets à gaz d’une construction aussi simple qu’ingénieuse, et un briquet à gaz comprimé ; par MM. Gallois et Langlois, passage des Panoramas.
- 90. Une pendule dite géographique, composée d’un globe terrestre argenté , sur lequel sont tracés les terres, les mers, les états et les villes, et qui surmonte un fût de colonne renfermant le mouvement qui fait
- p.330 - vue 357/507
-
-
-
- C 33r )
- tourner le globe. Les heures , marquées sur une zone, viennent se présenter successivement à un index fixé au haut de la colonne. Cette pendule, construite par M. Cœur. horloger, rue delà Verrerie, n°. 35, est d’une forme élégante et d’un prix modique. (Voyez Bulletin de février 1826, page 55. )
- io°. Une pendule à équation, dont la roue annuelle indique les années bissextiles , le quantième séculier et l’heure du lever et du coucher du soleil. Ce triple effet est obtenu sans le secours d’aucun rouage, par un mécanisme aussi simple que sûr, inventé et exécuté par M. Laresche, horloger-mécanicien, Palais-Royal, n°. i45.
- ii°. Des montres à échappement libre, à détente et à repos ; d’autres qui se remontent sans* le secours d’une clef, au moyen d’un bouton dont la tige passe dans la queue ; par M. Plaine, rue du Cherche-Midi, n°. 3o.
- 12°. Une aigrette en strass et des perles factices imitant les perles fines ; par M. Bourguignon, bijoutier, rue de la Paix, n°. 1.
- 13°. Des échantillons de blanc de baleine purifié , des bougies diaphanes de bonne qualité, et des bougies de cire blanchie par un nouveau procédé, de la fabrique de MM. Pasquier et Meyer, rue de la Chaussée-d’Antin, n°, 35.
- 140. Des chandelles de suif durci à mèches creuses et cylindriques, par M. Hébert, rue de Monceau, n°. 46- (Voyez le Bulletin d’octobre, page 311.)
- i5°. Un appareil distillatoire destiné à préparer, d’une manière facile et économique, les liqueurs de table aromatisées ; par M. Maillard Dumeste, rue de la Bûcherie, n°. 18. (Voyez Bulletin de juin, page i83. )
- 160. Un instrument nommé diapasorana, composé d’un certain nombre de diapasons fixés sur une table d’harmonie, à l’aide duquel on peut accorder soi-même un piano; par M. Matrot, rue Saint-Louis, au Marais, n°. 43. ( Voyez Bulletin d’octobre, page 299.)
- ry°. Deux dynamomètres à ressorts à boudin ; par M. Fresez , horloger, rue Saint-Victor.
- 18°. Des limes en acier fondu , de la fabrique de M. Striffler, à Strasbourg.
- 190. Deux tarauds, un ciseau à froid, un crochet de tour, cinq morceaux d’acier fondu de différens calibres, à raison de 1 fr. 3o c. le demi-kilogramme , de la fabrique de M. Japy, à Batevel ( Haut-Rhin ).
- 20°. Un poêle en fonte de fer à circulation d’air chaud ; par M. Fortier, rue de la Pépinière, n°. 23. (Voyez Bulletin d’octobre, page 3ô5.)
- 2i°. Le modèle d’une machine à polir les verres d’optique.
- 220. Le modèle en fer d’un moulin à vent à ailes horizontales; par M. Màc~ quart, entrepreneur de travaux des ponts et chaussées, à Loos , près Lille.
- Z z 2
- p.331 - vue 358/507
-
-
-
- ( 55i ) '
- 25°. Des cordes d’inslrumens de musique, par MM. Sctvarese de Paris, et MM. Savarese-Sara, deNevers.
- D’autres cordes de violon , remarquables par leur transparence, leur égalité et leur ténacité ; par M. Gelinsky, à Blois (Loir-et-Cher).
- 25°. Les tissus et taffetas dits hygiéniques, les mesures linéaires, les cordons de jalousie et autres objets couverts d’un enduit imperméable, de la fabrique de M. Champion, rue Grenetat, n°. 6.
- 26°. Les semelles dites anticatharrales, propres à être mises dans les chaussures; par M. Turban, rue Saint-Honoré, n°. n4-
- 270. Les tuyaux de chanvre sans couture à l’usage des pompes à incendie, et pour l’arrosement des jardins; par M. Quetier fils, de Corbeil, dont le dépôt est établi chez M. Barbier, rue du Bac, n°. 42 , à Paris.
- 28°. Des échantillons de papiers de diverses qualités, fabriqués avec l’écorce du mûrier à papier ; par M. Grimauld Santyago, Espagnol.
- 2g0. Des méridiennes horizontales et verticales, des thermomètres, des cadrans solaires et autres objets de gnomonique; par M. Champion, ingénieur-mécanicien, rue Saint-Honoré, n°. 365.
- 5o°. D es lits et matelas élastiques , par M. Molinard, rue Basse-du-Rem-part, n°. 44- Ces couchers, doux et commodes, ont l’avantage de rester toujours tendus, de conserver leur forme et de dispenser de l’emploi d’un second matelas et d’un lit de plume. Ils conviennent également aux personnes malades et blessées. Le même système s’applique aux meubles, tels que canapés, divans, fauteuils, chaises, etc. Ces matelas sont rendus élastiques par des ressorts en spirale en fort fil de fer dont ils sont garnis intérieurement.
- Plusieurs objets qui avaient paru aux précédentes séances générales ont été reproduits à celle-ci, tels que les parapluies à vis de M. Hubert Desnoyers; les montres en chrysocalque de M. Buffet; les élégans cartonnages de M. Saint-Maurice Cabany ; les colles de M. Grenet; les appareils d’écriture de M. Dejernon ; les modèles de bateaux de sauvetage et d’embarcations sous-marines, de M. Castera, etc.
- M. Chenavart, fabricant de tapis, boulevart Saint-Antoine, a fait hommage à la Société d’un tapis de bureau en toile cirée, orné de dessins élégans et des divers attributs de l’industrie et des arts.
- M. Brédnt, vérificateur général des essais à la Monnaie, à qui les arts industriels sont redevables de§ procédés d’épuration en grand du minerai de platine et des premières applications de ce métal à la concentration de l’acide sulfurique, devait exposer un nouveau siphon en platine, destiné à la décantation de cet acide; une circonstance fortuite ayant empêché que
- p.332 - vue 359/507
-
-
-
- C 333 )
- cet ingénieux appareil fût présenté, les membres de la Société n’ont pu juger de son mérite. M. Pajen., qui en avait pris connaissance, a annoncé, dans une séance précédente, que le nouveau siphon, composé d’un faisceau de quatre branches, offre à l’acide un passage quadruple de celui des siphons ordinaires ; qu’il effectue quatre fois plus vite la décantation et le refroidissement de l’acide, immédiatement après la concentration ; qu’il permet de faire une ou deux opérations de plus en vingt-quatre heures, et présente une économie notable de main-d’œuvre, de combustible et de capital en platine.
- La séance a été ouverte à sept heures et demie du soir. En l’absence de M. le comte Chaptal, M. le duc de Doudeauville, Ministre de la Maison du Roi, a occupé le fauteuil. Son Excellence a annoncé, à l’ouverture de la séance , qu’ayant informé le Roi des travaux de la Société d’Encourage-ment et des services qu’elle ne cesse de rendre à l’industrie, Sa Majesté a daigné lui accorder une dotation annuelle de 3,ooo francs, destinée à fonder un droit de présence pour les membres du Conseil d’administration. L’assemblée a remercié M. le duc de Doudeauville d’avoir bien voulu, dans cette circonstance, être l’interprète des vœux de la Société.
- M. Costaz, l’un des secrétaires, a lu le rapport suivant sur le résultat du concours ouvert pour l’année 1826.
- Rapport sur le résultat du concours pour Vannée 1826; par M. Cl.-Anth. Costaz, l un des secrétaires.
- Messieurs, vingt et un sujets de prix ont été proposés pour 1826. Il en est neuf pour lesquels il ne s’est présenté aucun concurrent ; les douze autres ont donné naissance à des recherches plus ou moins heureuses. L’année dernière, vous avez accordé à VL?Stewart une médaille d’or pour la machine à polir les verres d’optique dont il est auteur ; nous ignorons s’il a ajouté à cette machine les perfectionnemens qu’il avait fait espérer, n’ayant reçu de lui aucune lettre à ce sujet ; ce qui n’a point permis à votre Conseil d’administration de donner suite à la demande du prix qu’il avait auparavant formée.
- Deux nouveaux concurrens se sont présentés pour ce prix. Au mémoire de l’un d’eux se trouve joint le modèle d’une machine nommée rajo-mètre, qui est la même que celle qui fut envoyée au concours de 1825, et que votre Conseil d’administration jugea digne de peu d’intérêt. N’ayant pas éprouvé des améliorations assez importantes pour donner une garantie du succès du travail, et l’auteur n’ayant pas envoyé non plus du verre
- p.333 - vue 360/507
-
-
-
- ( 33/f )
- poli par elle /ainsi que le prescrit votre programme, il a dû persévérer dans l’opinion qu’il a émise à son sujet. Il a dû aussi n’avoir aucun égard au mémoire envoyé par le second concurrent, qui se borne à donner dés conseils aux ouvriers , et qui termine par déclarer qu’on ne saurait faire une bonne machine pour le polissage. Votre Conseil d’administration s’attendait que le concours aurait une issue différente, étant informé qu’en Bavière il existe une machine inventée par feu M. de Reichenbach, et qui ne laisse rien à désirer : feu M. Fraiienhofer, de Munich, l’employait avec succès. 11 est possible à la Société d’Encouragement, au moyen de corres-pondans zélés qu’elle a en Allemagne, d’en avoir un dessin détaillé. Votre Conseil d’administration va faire les démarches nécessaires pour l’obtenir, et il s’empressera, aussitôt qu’il l’aura reçu, d’en publier une gravure dans le Bulletin ; ce qui rendra inutile le concours dont nous avons l’honneur de vous entretenir.
- Trois concurrens se sont présentés pour le prix relatif à la construction d’un moulin propre à écorcer les légumes secs. Le premier n’a envoyé qu’un modèle en petit d’une machine qu’il na point exécutée ; ce qui l’a mis hors de concours, puisque votre programme exige l’envoi ou d’un modèle fonctionnant, ou de dessins sur échelle, accompagnés de certificats des autorités locales, constatant que le moulin est employé avec succès, et qu’il donne au moins par heure un décalitre de légumes écorcés. Le second s’était déjà présenté l’année dernière. Les défauts qu’on avait remarqués dans sa machine n’ont pas été corrigés, ou ne l’ont été qu’incomplétement, bien qu’il y ait ajouté des armatures en fer. Enfin, le troisième, après avoir annoncé la construction d’un moulin qui remplirait les vues de la Société, n’a fait aucun envoi. Il n’est pas douteux que le sujet de prix dont il est ici question n’ait vivement excité l’émulation des constructeurs de machines agricoles. Sous ce rapport, et sous celui de son utilité, vous jugerez peut-être, Messieurs, convenable de le maintenir au concours jusqu’à l’année 1827.
- Il n’a été adressé que deux mémoires sur le prix pour le perfectionnement de la teinture des chapeaux. L’auteur du premier, après avoir signalé les inconvéniens qui résultent des procédés de teinture suivis généralement dans nos principaux ateliers, propose une méthode plus rationnelle, et discute avec habileté les avantages que cette méthode procurerait, si elle était adoptée. Malheureusement, l’expérience ne vient pas à l’appui de ses raisonnemens, qui sont démentis par les échantillons qu’il a envoyés, le noir de ces échantillons étant beaucoup inférieur à celui qu’on obtient habituellement dans nos principaux ateliers, ;
- p.334 - vue 361/507
-
-
-
- ( 335 )
- Le second mémoire a été' rédigé par un praticien consommé ; il contient les observations les plus judicieuses sur les améliorations à faire éprouver à la teinture des chapeaux. Maïs s’il est vrai que la teinture des échantillons envoyés, sur-tout celle des feutres communs, est très-belle, il ne l’est pas moins que les premiers ateliers de Paris produisent un noir qui ne le cède à celui dont il est ici question, sous aucun des rapports qui peuvent le faire préférer par le public. En supposant qu’il ait été fait mieux qu’autrefois, lu plus grande cherté serait un obstacle à l’adoption du procédé nouvellement inventé; car, dans les arts, il ne suffit pas d’exécuter du beauy il faut aussi que les4 objets produits soient d’un prix peu élevé. En dernière analyse, il est certain qu’aucun des deux concurrens n’a donné une solution complète du problème, mais que l’un et l’autre ont approché du but; il est même probable que, s’ils avaient eu plus de temps pour se livrer à des expériences, leurs recherches auraient été couronnées d’un succès complet. C’est donc encore un problème à résoudre; et cette solution, on doit l’espérer de l’utilité dont elle sera pour l’art du chapeliér.
- Le rétablissement, en 1814, de nos relations commerciales avec l’Amérique avait fait croire à beaucoup de personnes que la fabrication du sucre de betterave serait abandonnée ; le temps a prouvé que cette opinion était erronée. Non-seulement cette industrie s’est maintenue, elle s’est même perfectionnée dans quelques localités, notamment dans les ateliers de M. Crespel, d’Arras, qui l’exploite avec un grand succès. Le désir d’en hâter le développement vous a déterminés à proposer deux prix, l’un de i,5oo francs, l’autre, de 1,200 francs, pour la construction d’ustensiles simples et à bas prix, propres à rendre facile l’extraction du sucre de la betterave. La machine à râper, remise par le seul concurrent qui s’est présenté, est loin de répondre à l’attente de son auteur; elle consiste en une plaque de fer-blanc trouée, posée horizontalement sur un bâtis en bois, et surmontée d’un tambour aussi en fer-blanc, que partage un diaphragme. Le fond de chaque section est muni d’une plaque en forte tôle, "montée à charnière et destinée à former la pression. Enfin, le râpage s’opère, à l’aide d’une manivelle, en tournant le tambour. Une disposition semblable ne saurait procurer une trituration parfaite. Aussi les produits donnés par la machine sont-ils moins considérables que ceux des appareils déjà en usage. L’emploi du fer-blanc, dans sa composition, doit encore la mettre promptement hors de service. Tous ces défauts ne permettent pas de donner le prix à celui qui l’a construite..
- Un seul concurrent s’est présenté pour obtenir le prix proposé au sujet de la découverte d’un moyen très-économique de faire de la glace. C’est
- p.335 - vue 362/507
-
-
-
- ( 336 )
- M. Debaussaux, ancien brasseur à Amiens. Appréciant les avantages que, pour refroidir promptement la bière, il retirerait de l’emploi de la glace, il a imagine une glacière fort economique, et dans laquelle il a mis 12,000 kilogrammes de glace; il en a retiré 10,000 au mois de septembre. Son appareil, dont il nous a envoyé le plan, est assurément ingénieux, mais il n’est pas celui qu’exige votre programme» Vous en voulez un qui soit une sorte de meuble, et qui non-seulement fournisse de la glace en été, mais qui serve encore à conserver les alimens. Il doit aussi être d’un transport facile; ne point détériorer les bâtimens, ni changer la forme des lieux où il sera placé. Enfin, l’inventeur est tenu d’avoir une fabrique des appareils de ce genre, afin que chacun puisse s’en procurer pour une somme modique. M. Debaussaux n’ayant point rempli ces conditions, votre Conseil d’administration, tout en rendant justice à ses talens, ne peut vous proposer de lui décerner le prix.
- Voilà, en substance, Messieurs, quels sont les motifs qui ont empêche votre Conseil d’administration de vous proposer de récompenser les efforts faits par ceux qui ont concouru pour les cinq sujets de prix dont nous venons de vous entretenir. Il sera plus heureux pour sept autres sujets de prix qui ne sont pas d’un moindre intérêt. Des rapports détaillés vous prouveront que si, dans ses jugemens, il a été sévère, il a été en même temps juste, et que rien ne saurait lui être plus agréable que de proclamer les succès de ceux qui ont résolu les problèmes annoncés dans vos programmes. Ces rapports seront faits :
- i°. Par M. Héricart de Thury, pour le concours ouvert au sujet de Y application de la presse hydraulique à l’extraction du vin, des huiles et des sucs des fruits ;
- 20. Par M. Pouillet, pour celui qui est relatif à \n fabrication des cordes d’instrumens de musique ;
- 3°. Par M. Mérimée, pour le prix proposé au sujet de la fabrication du papier avec V écorce du mûrier ;
- 4°. Par le même, pour celui qui a pour objet la découverte dune matière se moulant comme le plâtre, et capable de résister à l’air autant que la pierre; -
- 5°. Par M. Gaultier de Claubry, pour le concours concernant le perfectionnement des fonderies de fer ;
- 6°. Par le même, pour celui qui est relatif à la découverte d’un moyen de perfectionner le moulage des fontes destinées à recevoir un travail ultérieur;
- 70. Par M. Dose, pour le prix relatif à un semis de pins dÉcosse.
- En
- p.336 - vue 363/507
-
-
-
- ( 337 )
- En attendant, votre Conseil d’administration a l’honneur de vous proposer'de retirer le prix pour une machine à polir les verres d’optique, devenu inutile par suite des dispositions prises à l’effet d’obtenir un dessin de celle en usage en Allemagne , et de remettre les prix suivans au concours de l’année prochaine :
- i°., Le prix de mille francs, pour la construction d’un moulin propre à écorcer les légumes secs / '
- 2°. Celui de mille f rancs, pour une machine propre à raser les poils de peaux employées par les chapeliers ;
- 5°. Les deux prix, l’un de quinze cents francs , et l’autre de douze cents francs, pour la fabrication d’ustensiles simples et d’un prix peu élevé, propres à Vextraction du sucre de la betterave ;
- 4°. Celui de six mille francs, pour la découverte d’un outremer factice ; 5°. Celui de six cents francs , pour des laines propres à faire des chapeaux communs çl poil ; ^ ^ ’
- * 6°. Celui de deux mille quatre cents francs, pour la découverte d’un éta-
- mage des glaces à miroirs par un procédé différent de ceux qui sont connusy 7°. Celui de quinze cents francs, pour le perfectionnement des matériaux employés dans la gravure en taille-douce ,•
- 8°. Celui de trois mille francs, pour la découverte d’un métal ou d’un alliage moins oxidable que le fer et l’acier, propre à être employé dans les machines à diviser les substances molles alimentaires ; '
- 9°. Celui de sixcents francs , pour la construction d’un moulin propre à nettoyer le sarrasin ;
- io°. Le prix consistant en trois médailles d’or, de la valeur de cinq cents francs chaque ( i,5oo francs) , pour l’introduction des puits artésiens dans les arrondissemens ou il ri existe pas de ces sortes de puits ;
- ii°. Ceux de deux mille et de mille francs (en tout 3,ooo francs), pour l’importation, dans le royaume, de plantes utiles à l’agriculture, aux arts et aux manufactures. \ '
- Si le délai d’une année suffit pour les prix dont nous venons de parler, il n’en est pas de même de ceux de trois mille francs pour le perfectionnement de la teinture des chapeaux, et de deux mille francs pour la découverte d’un appareil propre à faire très-économiquement de la glace. L’un et l’autre nécessitent des expériences et des recherches qui prendront beaucoup de temps aux concurrensj ce qui détermine votre Conseil d’adminis^ tration à vous proposer d’en renvoyer la distribution à l’année 1828.
- Vingt-cinquième année. Novembre 1826. Aaa
- p.337 - vue 364/507
-
-
-
- ( 358 )
- Rapport sur le prix proposé pour Vapplication de la presse hydraulique a lextraction des huiles, du vin, et en général des sues des fruits; par JM. Hericart de Thury.
- Messieurs, l’an dernier, sur le rapport de votre Comité des arts mécaniques , vous avez remis au concours pour cette année le prix proposé pour l’application de la presse hydraulique au pressurage de la vendange et des huiles, et vous avez en même temps rappelé aux çoncurrens que le programme exigeait i°. la presse hydraulique la plus solide et la plus économique, et 2°. le plus grand nombre de presses éprouvées par l’expérience, et réunissant toute la solidité nécessaire pour pressurer la vendange et les huiles au degré convenable, en même temps que la plus grande facilité pour la manœuvre , renfermant enfin , dans leur composition , tous les élémens propres à rendre leur entretien facile, peu dispendieux et de nature à en prolonger la durée. > > . • *
- Enfin, et ainsi qu’il est dans vos usages, vous avez demandé que les certificats des autorités locales, constatant l’établissement de ces presses, fussent envoyés à la Société, avant le ier. mai 1826, et qu’ils fussent accompagnés d’un mémoire .descriptif, et de dessins sur une échelle métrique.
- Quatre çoncurrens se sont présentés, Messieurs; savoir, deux, enregistrés au dernier concours, sous les nos. 1 et 2, qu’ils portent également cette année. Les pièces enregistrées sous les nos* 3 et 4 sont nouvelles ; elles n’ont point fait partie du concours de 1825.
- Nous regrettons que l’auteur d’une presse hydraulique établie à Paris, au Marais, pour la fabrication de l’huile, et qui produit, assure-t-on, les résultats les plus satisfaisans, ne se soit pas présenté à ce concours.
- L’auteur des pièces enregistrées sous le n°. 5 n’a produit qu’un dessin et une notice sur le moyen de construire une presse hydraulique pour l’extraction des vins et des huiles. Cette notice annonce un homme qui connaît parfaitement la construction des anciens pressoirs, et qui, après en avoir constaté tous les vices , s’est attaché à chercher les moyens d’y remédier. La machine dont il présente le dessin est très-simple et d’une facile exécution ; mais rien ne prouve qu’elle ait été exécutée. L’auteur n’a joint aucun certificat à sa description : aux tenues de vôtre programme, il s’est donc de lui-même mis hors de concours, :
- Sous le n°. 4 est , enregistrée une notice ayant pour titre t Devis dun modèle de presse hydraulique pour extraire le suc des fruits, ainsi que celui du raisin. L’auteur ne peut être qu’un habile mécanicien et bon
- p.338 - vue 365/507
-
-
-
- ( 539 )
- constructeur : il n’a pas joint de dessin à sa notice; mais il a envoyé un modèle, au quart, d’une machine projetée et non encore exécutée; Le mO* dèle est très-bien fait ; il annonce de la part de l’auteur de grandes connaissances en mécanique ; mais ; nous le répétons , ce n’est que le modèle d’une machine projetée : votre programme exige des presses hydrauliques exécutées. L’auteur, comme le précédent, s’est donc mis de lui-même hors de concours.
- Sous le n°. 2 est enregistré un mémoire sur l’application de la presse hydraulique à l’extraction des huiles et du vin, et en général des sucs des fruits : il porte pour épigraphe ces vers de Delille :
- es. .... ..............Le progrès de l’art
- 33 Est le fruit de l’étude et souvent du hasard. 33
- A ce mémoire sont jointes i°. huit feuilles de dessin; 20. une notice, dans laquelle l’auteur rappelle qu’au dernier concours, votre rapporteur disait, en parlant de sa presse, également alors enregistrée sous le n°. 2, qu’il s’était attaché i°. à rendre cette presse d’un usage facile ; 20. à donner au moteur la disposition la plus convenable et la plus simple pour obtenir le plus de force possible, et 3°. à pouvoir appliquer sa machine aux anciens pressoirs qui ont encore une valeur, motif très - louable, et dont vous devez apprécier, Messieurs, les avantages.
- Cette machine est composée , vous disions-nous, d’un petit corps de pompe, où se trouve un piston, sur lequel agit la force motrice. Ce premier corps de pompe communique à un second d’un bien plus grand diamètre, qui renferme aussi un piston. D’après les principes connus, ce dernier piston doit, au moment de l’action, faire subir une pression considérable aux corps sur lesquels elle s’appuie ; enfin, nous terminions en disant que la disposition de cette presse paraissait assez ingénieuse, mais qu’elle n’avait point été exécutée, et qu’ainsi l’expérience n’avait pu en faire connaître les inconvéniens ou les avantages, soit dans la manœuvre, soit dans les résultats.
- Dans une lettre du 23 avril dernier, jointe aux pièces, l’auteur dit que, d’après une nouvelle disposition donnée au corps de la presse et à la petite pompe d’injection sans soupape, il procure à la machine les avantages sui-vans : i°. que les propriétaires auront la faculté de pouvoir adapter gratuitement la nouvelle machine hydraulique à leurs anciens pressoirs sans y faire aucune dégradation, et sans leur nuire en aucune manière, et qu’ainsi ils ne se décideront à faire l’acquisition des nouvelles pièces qu’après s’être assurés par l’expérience qu’ils doivent y trouver de l’avantage; 20. qu’on
- Aaa 2
- p.339 - vue 366/507
-
-
-
- ( 34° )
- aura la faculté de changer la nouvelle machine hydraulique , avec facilité et à l’instant même , à tout pressoir à huile ou à vin, de manière qu’une seule machine pourrait suffire pour plusieurs pressoirs, et 3°. que le prix de la machine hydraulique qu’il propose d’appliquer aux anciens pressoirs, ou à des pressoirs neufs qu’on ferait construire, ne serait que de 700 francs environ. ' ^ ' ~
- Le mémoire de l’auteur est celui d’un homme exercé, qui réunit la pratique à la théorie. La construction de sa machine et la manière de l’adapter aux pressoirs anciens nous paraissent très-simples j bien raisonnées et sagement combinées. ih : ' - ~ ^
- Dans un certificat adressé à votre secrétariat, M. le comte de Neffiès, maire de la ville de Beziers, dit i°. que cette machine vient d’être mise en œuvre en présence de M. le baron Sarret de Coussergues, député de l’Hérault, et de MM. Jeannj, agriculteur, et Valentin Bernard, architecte, lesquels en ont constaté les puissans effets ; 2qu’elle est mue par un seul homme ; 3°. que le prix est de 800 francs environ ; 4°* enfin , que son usage ne peut manquer de se répandre promptement, à cause des avantages qu’on peut en retirer pour l’extraction des huiles et du vin.
- M. Armand de Villeneuve, sous-préfet de l’arrondissement, a attesté, de son côté, qu’il a vu fonctionner ce pressoir hydraulique ; qu’il partage l’opinion de M. le maire de Beziers ; que cet appareil est de nature à s’adapter facilement et à peu de frais aux pressoirs en usage ; enfin , qu’il doit amener une grande économie de bras : avantage précieux pour le pays, qui en manque toujours aux époques des récoltes.
- - Avant de vous parler du mémoire enregistré sous le n°. 1, nous vous témoignerons nosi*ègrets de ce que l’auteur des pièces enregistrées sous le n°. 3 , dans le précédent concours, ne se soit pas représenté, parce que la presse qu’il se proposait de construire était remarquable par sa grande simplicité, et qu’elle offrait en outre, comme celle dont nous venons de parler, l’avantage de faire servir presque toutes les pièces des anciens pressoirs.
- Sous le n°. 1, nous avons retrouvé le rapport que notre collègue, M. Garnier, ingénieur des mines, fit, à votre demande, sur des presses hydrauliques d’un nouveau système, à double effet et à mouvement continu, qui vous avaient été signalées comme ayant été exécutées avec succès dans diverses usines des départemens du nord de la France. Au rapport de M. Garnier étaient joints, i°. deux feuilles de dessin de ces presses et de tous leurs détails, et 20. cinq certificats constatant les bons effets des presses hydrauliques établies dans les ateliers de MM. Gruet freres, à Muille-Villette, près de Ham, département de la Somme, et dans les
- p.340 - vue 367/507
-
-
-
- (340
- usines de M. Aimé Brice, a Noyelles-sur-l’Escaut, près de Cambray, département du Nord.
- Dans notre rapport sur le concours de i8s5, nous vous avons fait connaître que l’inventeur de cette presse s’était proposé dans sa construction les conditions suivantes :
- i°. Qu’une fois en activité, sa presse n’exigeât aucune manœuvre particulière, pour que les pistons pussent opérer d’une manière continue leur mouvement, ou, en d’autres termes , qu’on ne fût point obligé de l’arrêter à chaque pression et de perdre un certain temps pour les desserrer;
- 2°. Que la pression s’opérât avec une parfaite régularité, et que cette presse, dans le cas où les quantités de graines que l’on introduirait dans les sacs seraient différentes, pût être mise également en jeu sans qu’elle fût sujette à la moindre rupture ;
- 5°. Que la pression restât constamment la même, quelles que fussent les quantités de graines introduites dans les sacs ;
- 4°. Enfin, que le mouvement de cette presse ne dépendît nullement de l’ouvrier, et que dans le cas où il s’en éloignerait, elle marchât également sans qu’on eût à redouter aucun accident.
- Toutes ces conditions ont été parfaitement remplies, suivant M. Garnier, et l’examen attentif qu’il a fait de ces presses lui a prouvé que leur manœuvre était d’une grande régularité; ce qui est d’ailleurs attesté par les cinq certificats produits par l’auteur.
- Cette presse, disions-nous, dans notre précédent rapport, est composée de deux parties principales : l’une supérieure, dans laquelle sont placés les pompes et les robinets propres au mouvement de l’eau qui sert à la faire marcher; l’autre, inférieure, et qui contient les pistons cylindriques, à l’aide desquels sont pressées les graines que renferment les sacs, que l’on place verticalement dans des coffres. Nous renvoyons, pour plus de détails, au rapport de M. Garnier, dont la description ne laisse rien à désirer, cet ingénieur s’étant attaché à faire connaître le jeu ainsi que le calcul des effets de cette presse, qui n’exige pas un effort de plus de quatre hommes, et avec laquelle MM. Gruet, frères, fabriquent, en vingt-quatre heures, deux mille tourteaux et quatorze tonnes d’huile de cent litres chacune. Aussi, pour mieux faire apprécier ces presses, M. Garnier ajoute-t-il que si on prend pour terme de comparaison la presse anglaise fournie par MM. Gallo-way, Bowmann et Compagnie, on verra que l’avantage'est entièrement du côté des nouvelles presses établies chez MM. Gruet, qui font, avec un ouvrier et un aide, un travail supérieur à celui que quatre des meilleures presses à coin peuvent faire avec quatre ouvriers. Enfin, nous vous rappel-
- p.341 - vue 368/507
-
-
-
- ( 342 )
- lerons, Messieurs, que M. Garnier estime que les réparations que les presses exigeraient seront peu considérables ; qu’elles ne demandent d’autre entretien que le renouvellement de quelques cuirs; et qu’il est difficile de citer , dans les arts , une machine qui soit plus indépendante dataient des ouvriers et qui exige moins de soins de leur part.
- Tel était, Messieurs, l’état de ces presses l’an dernier , lorsque nous vous finies la proposition de présenter de nouveau au concours le prix des presses hydrauliques; mais pour mettre votre commission à portée de prononcer définitivement cette année sur cette importante question, déjà tant de fois proposée et remise (i), notre respectable président, M. le comte Chaptal, a demandé à M. Garnier de faire connaître, par un nouveau rapport, l’état actuel des presses hydrauliques des départemens du Nord et de la Somme , sur lesquelles il vous avait adressé, en 1824, un rapport si favorable. Cet ingénieur a en effet répondu à la demande de M. le président par un nouveau rapport signé de différens ingénieurs et architectes, membres de la Société d’Encouragement d’Arras.
- Il résulte, Messieurs, de ce rapport, que tout ce queM. Garnier avait avancé en 1824 est pleinement confirmé par le temps et l’expérience. Ainsi ces presses portent en elles tous les caractères qui constituent les bonnes machines. Depuis qu’elles sont appliquées à l’extraction de l’huile, elles n’ont éprouvé aucune irrégularité dans leur marche : ce qui tient à ce que les différentes pièces qui les composent ont toutes été exécutées avec la plus grande perfection. En effet, si l’on n’apportait pas un soin extrême à la confection du robinet par lequel l’huile s’introduit derrière les pistons pour les mettre en mouvement, l’effort considérable, qui tend à écarter l’un de l’autre les disques qui renferment ce robinet distributeur, quand la pression qui agit sur la base de chaque piston est parvenue à son maximum, cet effort serait certainement une cause qui contribuerait à la destruction de cette pièce importante de la presse. Aussi l’auteur , sans cesse dominé par le désir de rendre les machines qui sortent de ses ateliers les plus parfaites possible, a eu l’heureuse idée, dans la construction d’une nouvelle presse hydraulique qu’il vient de fournir pour Valenciennes, de remplacer ce robinet de distribution par un système de soupapes, qui, combiné avec un coin double et un levier à bascule, mis en mouvement par une vis sans fin, remplit parfaitement toutes les conditions de ce même robinet, et sans que les soupapes de ce système puissent se déranger, par suite de la pression intérieure qu’exerce contre elles le fluide comprimé.
- 11 y a quinze ans que le concours des presses hydrauliques est ouvert.
- p.342 - vue 369/507
-
-
-
- ( 343 )
- On doit se rappeler, ajoute M. Garnier, que les conditions que l’auteur s’était proposé de remplir, en construisant sa presse, consistaient principalement en ce que la transmission du mouvement moteur fût facile, et qu’elle eût lieu même pendant le temps que les sacs contenant les graines restent soumis à la pression, maximum constant qu’ils éprouvent, pour que l’huile puisse s’en écouler, et sur-tout en ce que cette presse, qui devait être livrée à des ouvriers peu habitués aux soins qu’exigent la plupart des machines , fût affranchie totalement de leur dépendance. Ainsi toutes les pièces devaient être disposées de manière que, soit que l’on emplît les vides d’une quantité convenable de substances à presser, soit qu’on outre-passât cette quantité, ou bien qu’on la supprimât entièrement, soit même qu’on y substituât des corps incompressibles, la marche de cette presse n’en éprouvât pas la moindre variation, et que l’ouvrier chargé d’en faire le service se bornât exclusivement à y mettre et à en ôter en temps convenable les sacs à presser. Or, toutes ces conditions sont parfaitement remplies par ces presses hydrauliques, soit de première construction, telles qu’elles ont été présentées au concours de l’an dernier, soit d’après le nouveau principe sur lequel a été construite la presse a huile fournie pour Valenciennes. Et comme dans le mécanisme des pompes et des soupapes de distribution de cette presse, ses différentes pièces sont d’une réparation plus facile et plus à la portée de l’intelligence des ouvriers, soit serruriers, soit, armuriers, que celle des presses â robinet, il nous paraît évident, dit M. Garnier en terminant, qu’on peut considérer comme de véritables perfectionnemens les changemens apportés dans les premières presses hydrauliques de nos départemens du Nord et de la Somme. Aussi ne craignons-nous pas de dire que nos fabriques doiven t à leur auteur une presse spéciale d’un usage très-facile, et dont les produits, indépendamment de la grande économie de main-d’œuvre dont nous avons précédemment parlé, sont au moins de quatre pour cent au-dessus de ceux des anciennes machines en usage dans le nord de la France, puisque dans une usine dont la force motrice ne dépasse pas celle de dix chevaux, donnant par semaine cent tonnes d’huile de cent kilogrammes, vendues à cent francs chacune, on obtient par la nouvelle presse au moins cent quatre tonnes ou un bénéfice de quatre cents francs.
- A son rapport M. Garnier a joint deux feuilles de dessin qui font parfaitement connaître l’ensemble des dispositions du mécanisme de cette nouvelle presse.
- Enfin, quant au prix, ainsi que nous l’avons dit dans notre rapport sur le concours de 1825, il est fixé à six mille francs; mais a ce prix, quelque
- p.343 - vue 370/507
-
-
-
- ( 544 )
- élevé qu’il puisse paraître au premier aperçu, ces presses sont de près de moitié moins chères que les presses hydrauliques faites à Londres pour la fabrication de l’huile, puisqu’une presse anglaise rendue et posée à Lille est revenue à la somme de onze mille sept cents francs.
- Le jugement porté par M. Garnier sur cette presse hydraulique vient d’être confirmé par l’expérience, ainsi qu’il résulte d’un,certificat, en date du 3 octobre, délivré par les sieurs Maréchal, Deroj et Gossard, propriétaires du moulin à huile situé à Valenciennes, portant que cette presse, desservie par un seul ouvrier, n’exige de lui que la peine d’y mettre et d’en ôter les sacs à presser; que cette presse, d’une simplicité remarquable, exerce, sans perte de temps, sur tous les corps qu’on lui présente, et sans danger, une pression de plusieurs cents milliers de livres, selon la volonté du propriétaire.
- Conclusions.
- Après tout ce que nous venons d’avoir l’honneur de vous exposer, nous vous proposons, Messieurs, i°. d’accorder le prix de deux mille francs que vous avez annoncé devoir donner à celui qui aurait établi le plus grand nombre de presses hydrauliques, éprouvées par l’expérience et réunissant toute la solidité nécessaire pour pressurer les vendanges, les huiles, et tous les jus ou sucs, au degré convenable, en même temps que la plus grande facilité pour la manœuvre, et renfermant en outre, dans leur composition , tous les élémens propres à rendre leur entretien facile et peu dispendieux ; enfin, à en prolonger la durée ; nous avons, dis-je, l’honneur de vous proposer d’accorder le prix à l’auteur des pièces enregistrées sous le n°. t, M. Hallette fils, ingénieur-mécanicien , fondateur et directeur du bel établissement de fonderie et d’atelier de construction de machines à Arras, auquel, sur le rapport de M. Mallet, notre collègue, vous avez décerné une médaille d’or dans votre séance générale du 24 mai 1826 (1).
- ( t) Nous réclamons encore un instant votre attention, Messieurs, pour vous donner connaissance d’une découverte importante due à l’habile mécanicien que vous allez couronner.
- Diverses tentatives avaient été faites à Roubaix pour procurer de l’eau à celte ville, dont Timportance manufacturière a acquis depuis dix ans un accroissement considérable. Elles avaient toujours été infructueuses, et les habitans étaient obligés d'aller, à de grandes distances , prendre l’eau nécessaire aux besoins multipliés des nombreuses fabriques qu’elle renferme. - '
- M. Hallette, par des sondages habilement dirigés, est parvenu à y creuser, clans une manufacture appartenant à MM. Minerel et Bulteauy un puits artésien dont l’eau s'élève
- ' ’ " Et
- p.344 - vue 371/507
-
-
-
- ( 345 )
- Et 2°. de de'cerner une me'daille d’argent à M. Cordier, mécanicien à Beziers, auteur du mémoire enregistré sous le n1. 2, pour l’application qu’il a faite de la presse hydraulique aux anciens et nouveaux pressoirs , en remplacement de la vis en usage, application avantageuse, qui a été couronnée de succès, mais qui a encore besoin de perfectionnement.
- La Société n’apprendra pas sans intérêt que cet habile mécanicien, chargé d’élever les eaux de la rivière d’Orbe sur la place de Beziers, a construit, à cet effet, une machine hydraulique à haute pression et sans condensation, qui a reçu l’approbation du Conseil général des ponts et chaussées.
- Adopté en séance générale, le 22 novembre 1826.
- Signé Héricart de Thury, rapporteur.
- Rapport sur le concours pour le perfectionnement de la fabrication des cordes d instrumens de musique; par M. Pouillet.
- En 1819, la Société d’Encouragement avait proposé deux prix pour le perfectionnement de l’art du boyaudier ; l’un pour la découverte d’un procédé chimique ou mécanique, au moyen duquel on pût préparer les intestins des animaux sans macération, et en s’opposant à la putréfaction ; l’autre, pour la découverte et la description d’un procédé simple et économique, au moyen duquel on pût fabriquer, avec les intestins de nos moutons, des cordes d’instrumens et sur-tout des chanterelles qui fussent égales à celles de Naples.
- Le premier prix fut remporté par M. Labarraque , qui depuis est devenu notre confrère. C’est par un emploi convenable du chlorure de chaux que M. Labarraque est parvenu à résoudre la question d’une manière complète, sans qu’il reste rien à désirer, ni sur l’économie de son procédé, ni sur la certitude et la rapidité de ses effets. On pouvait présumer qu’un moyen assez efficace pour désinfecter en quelques minutes les ateliers dans lesquels on travaille les intestins devait être un moyen assuré contre toutes les infections possibles ; car il suffit d’avoir seulement approché de ces ateliers, pour être convaincu que nulle part ailleurs la fermentation putride ne produit des exhalaisons plus repoussantes. L’expérience a confirmé cette con-
- à une grande hauteur. Un second puits sera très-incessamment établi , et la population de Roubaix devra à M. Ballette de nouvelles ressources pour alimenter son active industrie.
- De semblables recherches vont être faites à Turcoing, où le défaut d’eau paralyse aussi le développement du commerce manufacturier : on a tout lieu d’espérer qu’elles seront couronnées d’un égal succès.
- Nous avons pensé que la Société trouverait quelque intérêt dans ces détails, et que ce serait un motif de plus pour décerner à M. Hallettp la récompense proposée.
- Vingt-cinquième année. Novembre 1826. Bbb
- p.345 - vue 372/507
-
-
-
- ( 346 )
- jecture, et le chlorure de chaux est devenu un spécifique à-peu-près universel contre toutes les odeurs infectes qui émanent des substances organiques en décomposition, soit que ces substances se trouvent en petites quantités, soit qu’elles forment des amas d’un volume et d’une étendue considérables.
- Les principes des maladies contagieuses, qui échappent à la perception directe de nos sens et à tous les instrumens que nous pouvons employer pour les recueillir, ne sont pas cependant sans avoir quelque rapport avec les exhalaisons fétides, que détruit si complètement le chlorure de chaux : il faut bien que quelques vapeurs matérielles émanent des corps malades ou des substances infectées, et il faut bien aussi que ces vapeurs se propagent à distance, à-peu-près comme se propagent les odeurs ; car sans transmission matérielle, il ne peut y avoir transmission de maladies. Or, si le chlorure de chaux attaque et détruit les exhalaisons de nature animale, qui sont si fortement odorantes, il a sans doute tout autant de prise sur les exhalaisons de même nature qui ne sentent rien; car il est à présumer que s’il détruit les premières, ce n’est pas parce qu’elles sont des substances odorantes, mais bien parce qu’elles sont des substances animales. On peut donc espérer que l’emploi des chlorures alcalins ne sera pas sans effet contre les contagions, et quelques essais heureux semblent déjà confirmer ces espérances.
- Ainsi le premier des prix proposés par la Société d’Encouragement, à l’occasion de Y Art du hojaudier, a donné naissance à de beaux travaux et à des résultats d’une grande utilité publique.
- Quant au second prix, celui qui avait pour objet la fabrication des cordes d’iustrumens, la Société d’Encouragement a tout lieu de s’applaudir aussi de l’avoir proposé. Il y a bien des siècles que l’on fabrique des cordes d’instrumens avec des intestins de mouton; il y a même bien des siècles qu’on les fabrique avec une grande perfection : car il paraît que les cordes de Naples étaient tout aussi bonnes il y a cinq ou six cents ans, qu’elles le sont aujourd’hui, et aujourd’hui elles sont, avec celles de Rome, les meilleures que l’on connaisse.
- Dans les autres pays, il y a des difficultés qui ne se rencontrent pas sous le climat de l’Italie : en Angleterre, par exemple, on a proposé un prix sur ce sujet, qui est resté huit ans au concours sans produire aucun résultat satisfaisant, et sans doute puisque les ouvriers anglais n’ont pas réussi, il est permis de dire que l’entreprise est difficile. Notre Société d’Encouragement a été plus heureuse que celle d’Angleterre. Depuis l’e-poque du premier concours, nous avons fait de grands progrès; plu-
- p.346 - vue 373/507
-
-
-
- ( 347 )
- sieurs de nos fabricans, pleins de zèle et d’intelligence, ont fait plus pour cet art en France, dans l’espace de quelques années, qu’on n’avait fait auparavant dans l’espace de plusieurs siècles. Cependant le prix ne fut pas décerné en 1822, parce que les chanterelles du concours restaient encore à une assez grande distance au-dessous. de celles de Naples; mais il fut accordé une médaille d’or à chacun des concurrens, à titre d’encouragement, et aussi à titre de récompense, pour les talens distingués dont iis avaient fait preuve. Un nouveau concours fut ouvert, avec une modification importante dans le programme; savoir i°. que chacun des concurrens travaillerait sous l’inspection d’un commissaire nommé par la Société, et 20. qu’il travaillerait sur des intestins qui lui seraient fournis, sans qu’il pût en employer d’une autre espèce. Ces matières premières du concours ont été exactement les mêmes pour tous les concurrens ; elles contenaient les mêmes proportions d’intestins de Paris, de Lyon et de Nevers.
- Tel est le concours dont nous avons à vous rendre compte aujourd’hui.
- Deux fabricans seulement se sont présentés. L’un est M. Savaresse Sara y qui avait reçu une médaille d’or au dernier concours, et l’autre est un de ses frères, qui n’était point encore entré en lice; c’est celui qui tient la fabrique de Nevers, qui avait été fondée par Savaresse le père en 1761. Les échantillons de ces concurrens nous sont arrivés en très-bon état, et le Comité des arts chimiques et celui des arts économiques se sont réunis, au mois d’août, pour en faire l’examen. Ceux d’entre nous qui avaient été juges dans le dernier concours ont pu reconnaître qu’il y avait, dans les produits de cette année, des perfectionnemens très-sensibles, et que tout s’annonçait de la manière la plus favorable. Il est bon, dès le commencement de ce rapport, de donner aux concurrens F éloge qu’ils méritent non-seulement pour leur zèle et pour les nouveaux progrès qu’ils ont su faire, mais encore pour l’intelligence qu’ils ont montrée.
- Les intestins qui avaient été envoyés par la Société devaient produire des cordes de différente nature ; mais le concours ayant uniquement pour objet la fabrication des chanterelles, nous ne rendrons compte ici que de Fexamen que nous avons fait des chanterelies; pour les autres cordes, il suffira de dire que c’est une opinion bien établie chez tous les luthiers , qu’elles sont au moins égales aux meilleures *cordes d’Italie, et sans doute les secondes et les troisièmes de violon, et les cordes de harpe qui ont été fabriquées avec les intestins du concours, ne démentent pas cette bonne réputation.
- D’ailleurs, nous avons assez à dire sur les chanterelles, et nous n’avons
- Bbb 2
- p.347 - vue 374/507
-
-
-
- ( 548 )
- pas à craindre de faire un rapport trop court en rendant compte de toutes les parties de l’examen que nous en avons fait.
- Il est bien certain que les qualités musicales des cordes dépendent de leurs propriétés physiques; mais en même temps il est bien certain que ces propriétés physiques ne sont pas de celles que l’on puisse apprécier et comparer au moyen d’instrumens très-précis. Une chanterelle étant donnée à un physicien, il peut faire sur elle tous les essais qu’il voudra : il peut constater sa force de tension, son allongement, sa torsion, sa sensibilité hygrométrique, et toutes ses autres propriétés comparables ; il peut même aller jusqu’aux épreuves qui altèrent la composition de la corde, et avec tous ces résultats il ne pourra rien conclure sur ses qualités musicales, parce que la science de l’acoustique ne va pas encore jusqu’à établir des rapports certains entre les qualités physiques d’un corps et la pureté des sons qu’il est capable de rendre. Cependant, nous n’avons pas dû négliger une occasion de constater les rapports moyens qu’on obtient sur un grand nombre de cordes entre les propriétés physiques et les qualités musicales. Nous les avons donc examinées sous les divers rapports qui nous ont paru les plus exactement comparables ; savoir , leur diamètre, les tensions qu’elles supportent au moment où elles se rompent, et l’allongement qu’elles éprouvent sous une longueur donnée , pour passer d’une tension fixe de 4 kilogrammes à la tension qui est la limite de leur effort; car nous avons remarqué qu’en général l’allongement est proportionnel à la tension. t
- On pourrait croire qu’une chanterelle est toujours assez mince quand ‘ elle peut monter au ton, et toujours assez grosse quand elle n’y arrive que sous une tension convenable ; mais la pratique en décide autrement. Le diamètre des chanterelles est une condition nécessaire de leur bonté ; si elles sont plus minces que six dixièmes de millimètre, elles sont trop minces, et si elles sont plus fortes que huit dixièmes, elles sont trop fortes : voilà les dimensions qui sont consacrées par un long usage , et toute corde qui ne .tombe pas entre ces limites est réputée mauvaise pour cet usage. Nous avons donc mesuré toutes les chanterelles du concours avec un instrument un peu plus sensible que celui qu’on emploie ordinairement, et .nous avons conservé, comme bonnes à passer aux autres essais, celles qui tombaient dans des limites, que nous avons prises un peu plus étendues que celles de la pratique.
- Toutes celles-ci ont été coupées en deux parties égales; une moitié a été marquée par un numéro et conservée avec soin, pour passer entre les mains des musiciens, et l’autre moitié a été soumise aux épreuves de la
- p.348 - vue 375/507
-
-
-
- (349)
- torsion et de l’allongèment. Nous avions, pour faire ces expériences , un instrument ingénieux et très-exact, qui a été construit par M. Saulnier 3 et qui nous permettait d’apprécier les demi-kilogrammes pour la tension, et les demi-millimètres pour rallongement. Chaque résultat était noté avec soin, et la demi-corde qui l’avait produit était marquée du même numéro que la moitié qui était restée intacte : en sorte qu’il nous a été facile de comparer, pour une même corde, son résultat musical à son résultat physique. Les opérations terminées, nous nous sommes adressés à MM. Baillot, Kreutzer3 Gand, Vernier, Bengale3 Frej et Péan 3 qui ont bien voulu recevoir un certain nombre des demi-chanterelles qui leur étaient destinées, avec un registre portant leurs numéros, et trois colonnes dans lesquelles ces messieurs ont écrit les mots bonnes, médiocres et mauvaises : alors, en revenant aux registres d’expériences, nous avons reconnu à quels fabricans appartenaient les bonnes et les mauvaises cordes, avec quels intestins elles avaient été faites, et les nombres qu’elles nous avaient donnés sur notre instrument.
- Ces comparaisons nous ont appris que l’allongement moyen et la moyenne tension sous laquelle ont cassé les mauvaises cordes ne diffèrent que très-peu de l’allongement et de la tension moyenne sous laquelle ont cassé les bonnes , et qu’ai nsi il y a peu de fond à faire sur ces résistances, lorsqu’on essaie d’en déduire les qualités musicales. Il en serait de même de toutes les autres qualités physiques que l’on pourrait observer ; car en consultant les musiciens sur les qualités qu’ils exigent dans les cordes, il nous semble qu’on peut les réduire à-peu-près aux quatre suivantes ; savoir , la force, la justesse, la persistance et le timbre.
- i°. Il faut que des cordes aient de la force, c’est-à-dire qu’elles puissent soutenir la tension qui est nécessaire pour les faire monter au ton, et cette qualité dépend des opérations chimiques et mécaniques que l’on fait subir aux intestins avant de les filer.
- L’embarras n’est pas de leur donner de la force , mais bien de ne pas leur en donner au détriment des autres qualités, et le juste milieu, qu’il importe de saisir et qui n’appartient qu’au coup-d’œil d’un artiste habile, est précisément une des plus grandes difficultés que présente la fabrication.
- 2° 11 faut quelles aient de la justesse, c’est-à-dire qu’en les divisant en parties proportionnelles, comme le fait le musicien dans le jeu de son instrument, elles doivent rendre des sons qui aient un rapport certain avec le son fondamental; ou bien, encore, qu’elles soutiennent l’accord, c’est-à-dire que la chanterelle et la seconde ne cessent pas de donner la quinte, soit qu’elles vibrent à vide, soit qu’elles vibrent quand le musicien les
- p.349 - vue 376/507
-
-
-
- ( 5oo )
- touche de manière à les accourcir de la même quantité. Cette qualité dépend i°. de l’homogénéité de chacun des fils qui composent la corde; 2°. d’un rapport de nature entre les différens fils, qui leur permette de se souder l’un à l’autre d’une manière plus ou moins intime ; 5°. de l’égalité de tension qu’on leur donne avant de les tordre; 4°. enfin de l’égalité de torsion dans toute l’étendue de la corde. Ni l’une ni l’autre de ces conditions physiques ne peut être remplie d’une manière certaine. D’une part, le fabricant le plus habile n’est jamais sûr d’y être arrivé; d’une autre part, une corde étant donnée, il serait impossible de vérifier physiquement si elles sont convenablement remplies,
- 5°. Il faut qu’elles aient de la persistance , c’est-à-dire qu’une fois montées à leur ton, elles y restent et qu’elles ne cèdent pas de manière à prendre un allongement qui les fasse baisser. Ce caractère ne peut pareillement se reconnaître que par la pratique : dès qu’un musicien voit qu’une corde baisse, puis qu’elle baisse encore après l’avoir retendue, c’est une preuve certaine que la corde' est mauvaise, qu’elle manque de persistance et que certainement elle ne pourra jamais tenir le ton. Il serait difficile d’assigner les qualités physiques desquelles dépend cette qualité musicale; on peut seulement présumer que la préparation chimique a, sur ce point, la plus grande influence; car ni l’homogénéité, ni la tension, ni la torsion, n’y peuvent produire que de faibles effets ; et sans doute l’opération du soufrage , l’intimité plus ou moins grande avec laquelle les fils se soudent et se soutiennent les uns les autres, sont les causes les plus influentes.
- 4°. Enfin, il faut que les cordes aient du timbre, ou, comme disent les artistes, qu’elles aient de la voiæ.
- Dans l’état actuel de nos connaissances sur les propriétés vibrantes des corps, il serait impossible d’assigner les causes de ce phénomène ; on peut dire seulement que si la texture intérieure influe sur l’élasticité et le retentissement de la corde, il est bien présumable que l’état de la surface extérieure joue aussi un grand rôle sur la plénitude et la pureté du son. Sans doute si un TamTam était poli, il ne rendrait pas le son qu’il rend avec la surface martelée et inégale que lui donnent les Chinois depuis tant de siècles.
- Ainsi la torsion est un élément très-essentiel à considérer, puisque toutes les qualités qu’on exige en dépendent d’une manière plus ou moins directe.
- Ces considérations nous ont déterminés à nous en rapporter au jugement des musiciens sur les produits que nous avions à examiner, et de l’ensemble de leurs observations nous avons pu tirer les conséquences suivantes : •
- i°. Que les intestins des moutons de Paris, de Nevers et de Lyon don-
- p.350 - vue 377/507
-
-
-
- ( 55i )
- nent la même proportionne bonnes chanterelles, et sont par conséquent également propres à la fabrication des cordes de cette espèce ;
- 2°. Que parmi les chanterelles qui ont été produites par M. Savaresse, de Nevers, et par M. Savaresse Sara, il s’en trouve à-peu-près la moitié de bonnes, et sur cette moitié il en est quelques-unes qui sont véritablement aussi bonnes que celles de Naples. L’épreuve du violon a paru un peu plus favorable à M. Savaresse, de Nevers, qu’à M. Savaresse Sara; mais d’après une enquête que nous avons faite auprès des luthiers les plus habiles, nous avons trouvé, au contraire, que leur opinion est un peu plus favorable à M. Savaresse Sara. En conséquence, nous avons pensé que ces deux habiles concurrens devaient, en dernier résultat, se trouver à-peu-près sur la même ligne.
- D’apr ès toutes ces données, la Commission s’est arrêtée aux conclusions suivantes :
- i°. Que le concours a donné des produits d’une qualité très-sensiblement supérieure aux produits du dernier concours ;
- 2°. Que les fabricans, d’après les perfectionnemens auxquels ils sont déjà parvenus, sont très-près d’obtenir des chanterelles aussi bonnes que celles de Naples ; mais qu’il leur reste encore un dernier effort à faire pour y arriver d’une manière certaine dans leur fabrication ordinaire;
- 5°. Qu’il serait accordé un encouragement à chacun des deux concurrens; savoir, à M. Savaresse, de Nevers, une médaille d’or et une somme de 5oo francs, et à M. Savaresse Sara une somme de 5oo francs seulement, parce qu’il a déjà obtenu la grande médaille d’or au dernier concours ;
- 4°. Enfin, que le concours serait ouvert de nouveau, avec quelques modifications dans les conditions qu’exige le programme.
- Adopté en séance générale, le 22 novembre 1826.
- Signé Pouillet , rapporteur.
- Rapport sur le concours pour la découverte d une matière plastique/ par M. Mérimée.
- Messieurs, deux concurrens seulement prétendent cette année au prix que vous avez proposé pour la découverte d’une matière plastique se moulant comme le plâtre, et pouvant résister autant que la pierre aux injures de l’air.
- La matière employée par l’un et par l’autre est la même ; c’est le ciment présenté, if y a quelques années, par M. Dihl : mais l’un des concurrens n’annonçant ce ciment que comme propre à faire des terrasses, des joints de pierre, des, enduits sur les murs; enfin, ne paraissant pas l’avoir em-
- p.351 - vue 378/507
-
-
-
- ( 552 )
- ployé au moulage, votre Comité n’a pas dû s’en occuper. ïl n’a à vous entretenir que d’un établissement considérable , formé par un architecte distingué, M. Dedreux , où il fait mouler des statues d’après les meilleurs modèles.
- La matière plastique employée par M. Dedreux est composée de sable, d’argile cuite, de tessons de porcelaine, d’éclats de marbre blanc, pulvérisés et mélangés avec de la litharge et de l’huile. L’huile est en si petite proportion, que le ciment en est seulement humecté, et qu’en le pressant il ne contracte pas plus d’adhérence que le sable des fondeurs ; mais peu-à-peu la matière s’échauffe, les molécules se collent entre elles, et en peu de temps on en forme une pâte assez ductile pour prendre l’empreinte d’un moule.
- Que l’on soit parvenu avec une pareille matière à mouler une statue , c’est assurément un tour de force de l’art plastique ; car on ne peut la couler comme le plâtre : il faut, lorsqu’à force de la pétrir on l’a rendue assez ductile pour prendre et garder les formes du moule, la presser contre ses parois partie par partie. ïl faut que la pression soit égale, pour que les pièces du moule ne sortent pas de leur place; il faut enfin surmonter beaucoup de difficultés.
- Dans le moulage en plâtre, les figures ne sont pas coulées entières et d’un seul jet, mais en plusieurs parties, que l’on rajuste ensuite parfaitement. Avec la matière plastique de M. Dedreux, on moule la figure tout entière, et l’opération ne peut être interrompue; elle dure une journée pour une figure de 5 à 6 pieds.
- On conçoit que cette manière de mouler par compression doit fatiguer beaucoup les moules : aussi ne peuvent-ils produire qu’un petit nombre de bonnes épreuves ; celles qui suivent après ont des pièces renfoncées et des coutures très-apparentes. On fait disparaître ces inégalités en réparant la statue, et le travail de cette réparation n’est pas sensible, s’il est confié à une main habile.
- On moule dans cet établissement beaucoup plus de statues que d’orne-mens d’architecture : cela tient à ce que la matière doit rester long-temps dans le moule avant qu’on puisse l’en'sortir et l’exposer à l’air pour achever sa dessiccation. Or, dans une frise dont les ornemens se répètent, il faudrait avoir une grande quantité de moules , ou attendre bien longtemps avant de produire la quantité d’ornemens nécessaire pour décorer un édifice; il vaudrait donc mieux, à l’exemple des anciens, estamper de l’argile et la faire cuire.
- A l’exposition dernière des produits de notre industrie, M. Dedreux
- obtint
- p.352 - vue 379/507
-
-
-
- ( 353 )
- obtint une médaille. Il a justifié la bonne opinion que le Jury se forma de son opération. Il a perfectionné le moulage; il a également perfectionné sa matière : en 1823, elle était fortement colorée en jaune brun. L’introduction de la porcelaine et du marbre blanc pilés lui ont procuré un ciment beaucoup plus blanc, et ses statues peuvent se passer de la couche de céruse dont il fallait autrefois les enduire.
- Nul doute que la matière plastique de M. Dedreux ne puisse être très-utilement employée .\ l’expérience de plusieurs années a déjà prouvé qu’elle résiste à l’air beaucoup mieux que le plâtré ; mais résiste-t-elle autant que la pierre? La fumée, les lichens qui s’attachent sur le marbre, ne s’attacheront-ils pas bien davantage sur une matière beaucoup moins lisse? C’est ce que l’expérience seule peut décider, et c’est dans cette intention que nous avons demandé à M. Dedreux de nous donner quelques pièces, pour les exposer à l’air et examiner comment elles y résisteront.
- Il est à craindre que lorsqu’une fois la croûte supérieure, qui est la plus dure, sera entamée, la destruction ne soit rapide; l’expérience seule peut éclaircir nos doutes.
- M. Dedreux prétend arriver à la perfection du moulage du plâtre, et aller même au-delà. Sans partager son espoir , nous y applaudissons , parce que ce sentiment lui fera faire de nouveaux efforts ; observons toutefois que cette condition n’est pas la condition rigoureuse du programme.
- Ce à quoi il est impossible de parvenir, c’est à accélérer le moulage, comme celui de la pierre de Boulogne, avec laquelle on fait des corniches comme avec le plâtre.
- La couleur brune du ciment de Boulogne exige, à la vérité , qu’on l’enduise d’une couche de peinture à la chaux. C’est une véritable fresque qui doit avoir la solidité de ce genre d’enduit ; mais il ne nous paraît pas impossible qu’on trouve un ciment moins coloré, et alors le problème serait complètement résolu.
- L’enduit que MM. Thénard et Darcet ont si heureusement employé pour mettre le plâtre à l’abri des injures de l’air aurait de l’avantage sur le ciment de M, Dedreux, s’il préserve le plâtre de l’action alternative des rosées, de la gelée et du soleil, comme il l’a préservé de l’action de l’eau d’une gouttière.
- D’après ces considérations, votre Comité pense, Messieurs, que les conditions de votre programme ne sont pas remplies par M. Dedreux : i°. parce que sa matière doit rester dans le moule un temps trop long pour qu’on puisse exécuter, par ce moyen, dès ornemens propres à décorer les édifices; 20. parce que les difficultés du moulage et la préparation de P'ingt-cinquième année. Novembre 1826. C c c
- p.353 - vue 380/507
-
-
-
- ( 354 )
- sa matière la rendent nécessairement beaucoup plus chère que le plâtre et le ciment de Boulogne.
- Toutefois, comme elle est utile dans beaucoup de circonstances; comme M. Defireux a perfectionné cette découverte* nous avons l’honneur de vous proposer de faire une mention très-honorable des travaux de M. Dedreuoc.
- Les échantillons qu’il vous a adressés seront exposés à l’air, et s’ils ne reçoivent aucune altération, une nouvelle récompense vous sera demandée pour M. Dedreux.
- , Les conditions du programme n’étant pas remplies , votre Comité vous propose de proroger le prix à l’année prochaine. , • . „
- Adopté en séance générale, le 22 novembre 1826.
- Signé Mérimée , rapporteur.
- Rapport sur le prix proposé pour la fabrication du papier d’écorce de mûrier; par M. Mérimée.
- Messieurs , depuis quelques années, la consommation du papier s’est accrue au point que maintenant les fabricans peuvent à peine subvenir à toutes les commandes qui leur sont adressées : ils n’ont donc pas eu le loisir de s’occuper du programme que vous avez publié sur la fabrication du papier d’écorce de mûrier.
- C’est, n’en doutons pas, à cette cause qu’il faut attribuer l’indifférence apparente de nos papetiers pour un prix dont l’objet est d’un intérêt trop évident pour qu’il soit négligé, ,
- Toutefois, de nouveaux échantillons de papier semblable au papier de Chine vous ont été adressés ; mais ils ne sont pas envoyés au concours : ils sont du même fabricant espagnol (M. Santjago Grimaud), à qui vous accordâtes une mention honorable lors du rapport qui vous fut fait l’année dernière sur ce sujet de prix.
- Jaloux de justifier vos éloges, M. Grimaud vous a envoyé le résultat d’un second essai, qui, s’il n’a pas encore la perfection que vous avez en vue, est du moins tellement supérieur au premier, qu’il ne doit laisser aucun doute sur le succès complet du fabricant, lorsqu’il aura à sa disposition une quantité suffisante de matière première.
- Ce nouveau papier se distingue de l’autre non-seulement par plus de blancheur, mais encore par une pâte plus fine,, composée exclusivement du liber des jeunes pousses du mûrier, sans auç.un point noir. Or, ce n’est pas une légère difficulté vaincue que d’avoir dégagé entièrement la partie blanche de l’écorce des couches qui la recouvrent et qui produiraient des taches dans le papier. .. ..rr - juir' ^ t üuo n/. ^
- Kæmpferf quia décrit avec grapfl ^iitvhfrihbric^fion du papier* qu’il a
- p.354 - vue 381/507
-
-
-
- ( 355 )
- tu exécuter au Japon, nous apprend que le nettoiement des ecorcés du mûrier s’opère avec le tranchant émoussé d’un couteau. Cette opération serait longue et dispendieuse ; il est présumable que M. Grimaud aura trouvé un moyen plus expéditif.
- lia pâte des nouveaux échantillons n’est pas parfaitement triturée; mais ce n'est pas la faute du fabricant. 11 n’avait à sa disposition qu’une trop petite quantité de jeunes branches provenant du jardin botanique de Madrid, et la pile ne se trouvant pas suffisamment remplie , il a fallu employer une plus grande quantité d’eau; ce qui a nécessairement rendu la trituration imparfaite.
- Comme c’est dans l’intérêt de la gravure que vous avez proposé la fabrication du papier d’écorce de mûrier , une partie des échantillons qui vous ont été envoyés est sans colle, afin qu’on puisse voir s’il convient à l’usage auquel vous le destinez. Nous avons fait tirer quelques épreuves sur ce papier, et nous en avons été pleinement satisfaits; mais M. Grimaudy entrant parfaitement dans vos vues, a employé d’autres écorces qui lui paraissent devoir se mouler encore mieux dans les tailles de la gravure et dépouiller les parties d’encre les plus ténues des pierres lithographiques.
- On peut croire qu’il ne s’abuse pas dans ses espérances ; car, bien que le procédé du blanchiment de la paille soit à peine connu, il l’a exécuté avec un plein succès, ainsi que vous pouvez en juger par les deux échantillons qu’il vous a envoyés. Dans l’un, la paille n’a reçu que la première préparation, à l’aide de laquelle les fibres sont divisées en filamens très-déliés. La couleur jaune est conservée; elle est même augmentée par Faction alcaline de la chaux. Il a fait imprimer sur ce papier une grammaire pour apprendre le français aux Espagnols, et dont sou fils est Fauteur. Il vous prie d’en agréer l’hommage. Ce papier paraît plus souple et plus fort qu’aucun des papiers de ce genre qui vous ont été présentés.
- Celui de paille blanchie est sans colle, et cependant l’encre ne perce pas à travers, quoiqu’il soit très-mince : la pâte en est d’un beau blanc et très-homogène ; cependant les feuilles n’ont pas l’égalité de feutrage que l’on remarque dans les beaux papiers de même finesse, qu’on appelle pelures. Nous ne croyons pas que ce soit la faute de la matière , mais plutôt celle de l’ouvrier, qui ne sait pas balancer sa forme de manière à^pbtenir un dépôt parfaitement égal.
- Quand bien même M. Grimaud aurait rempli toutes les conditions du programme ; quand il vous aurait envoyé la quantité demandée de papier parfaitement fabriqué, vous ne pourriez lui décerner le prix, puisque son établissement n’est pas en France : cependant il a rendu à la papeterie mu
- Ccc 2
- p.355 - vue 382/507
-
-
-
- ( 356 )
- service réel, en faisant voir le parti que l’on peut tirer non-seulement de l’écorce du mûrier, mais encore de l’écorce d’autres arbres indigènes.
- Votre Comité pense donc , Messieurs, que de nouveaux perfectionne-mens méritent un nouvel encouragement. En conséquence, il vous propose de décerner une médaille d’or de seconde classe à M. Santjrago Grimaud.
- Votre Comité est persuadé que cet encouragement, accordé à un étranger, excitera l’émulation de nos fabricans, et il se flatte que le temps n’est pas éloigné où la Société d’Encouragement pourra se féliciter d’avoir procuré à nos papetiers un nouveau moyen de développer leur industrie.
- Nous vous proposons donc de proroger le prix à l’année prochaine , et d’ajouter au programme un extrait du procédé de fabrication du papier des Japonais, décrit par Kœmpfer (i).
- Adopté en séance générale, le 22 novembre 1826. Signé Mérimée, rapporteur.
- Rapport sur le concours pour le perfectionnement des fon- deries de fer; par M. Gaultier de Claubry.
- Messieurs, vous aviez remis, l’année dernière, au concours le prix proposé pour le perfectionnement des fonderies de fer, parce que les concurrens n’avaient pas satisfait aux conditions du programme ; mais votre commission avait distingué les fontes envoyées par MM. Boigues, et vous avait proposé, ce que vous avez adopté, de leur accorder une médaille d’or de première classe, comme un encouragement mérité.
- Les mêmes concurrens se sont présentés cette année. Les fontes inscrites sous le n°. 2 ont été adressées par M. Hazard-Flamand, qui, n’ayant rempli aucune des conditions du programme, ne peut prétendre à obtenir le prix. Les fontes inscrites sous le N°. 1 proviennent des usines de MM. Boigues et fils ; elles sont accompagnées d'un mémoire sur les procédés employés dans la conduite de leurs fourneaux.
- Pour procéder à l’examen des fontes, vos commissaires se sont réunis une première fois chez M. Bechu, fondeur, qui a coulé, en leur présence, un assez grand nombre <|e pièces, telles que roues d’engrenages, volans, et petites roues pour une mull-jenny, divers bas-reliefs, etc.
- ,,-La fonte en gueuse, pôrtant le nom de MM. Boigues, a été fondue au Cubilo en présence des commissaires, qui ont assisté aussi à l’ouverture des moules. Ces pièces, d’une uniformité remarquable, se limaient avec facilité jusque dans les parties les plus minces ; le burin les attaquait très-aisément; en un mot, elles paraissaient réunir les qualités désirables. La commission a cru devoir alors s’adjoindre , pour multiplier ses essais et
- (1) Ce procédé a été publié dans le Bulletin de la Société, du mois de juillet 1826, p. 226.
- p.356 - vue 383/507
-
-
-
- ( 357 )
- l’aider dans son travail, M. Saulnier, membre de la Société, dont les talens sont parfaitement connus.
- Dans une seconde assemblée de la commission, on éleva la question de savoir si le prix devait être accordé dans le cas où toutes les conditions du programme n’auraient pas été remplies. Après une discussion approfondie, la majorité de la commission s’étant prononcée pour la négative, il fut décidé que le prix ne serait pas décerné.
- La Société nous permettra d’entrer dans quelques détails relatifs à cette décision ; ils paraissent à la commission d’une grande importance pour notre industrie.
- La quantité considérable de fonte employée annuellement pour la fabrication d’une foule de machines, parmi lesquelles figurent au premier rang les machines à vapeur , nécessite l’importation d’une masse énorme de fontes anglaises, à laquelle nos habiles fondeurs mêlent quelquefois de petites proportions de fonte provenant de nos usines. La plus grande partie de la fonte que l’on fabrique en France ne jouit pas de toutes les qualités que l’on trouve dans les fontes anglaises , et jusqu’à ce qu’on soit parvenu à améliorer nos fontes, nous resterons nécessairement tributaires de l’Angleterre pour un aussi important produit.
- Ce n’est pas que la France manque de mines de fer et de hauts-fourneaux ; mais la plupart des maîtres de forges ne s’occupent qu’à fabriquer de la fonte sans rien faire pour en améliorer les qualités , et sous ce rapport nous sommes peu avancés dans le traitement des divers minerais ; la routine conduit plus habituellement qu’une véritable connaissance.
- Parmi les améliorations importantes à apporter dans la construction des hauts-fourneaux, l’on doit signaler deux dispositions principales : augmenter la hauteur du fourneau , et donner sur-tout une beaucoup plus grande quantité d’air dans le même temps; un grand nombre de maîtres de forges ont déjà éprouvé les avantages qu’offrent ces changemens pour la qualité de la fonte.
- Les minerais de fer exploités en France sont très-différens sous le rapport de leur composition et des gangues qui les accompagnent. Certaines espèces paraissent donner des fontes d’assez bonne qualité, d’autres en produisent ordinairement de mauvaises. Ne pourrait-on pas , par des mélanges appropriés, des changemens dans la forme des fourneaux, dans la quantité de vent, etc., obtenir habituellement de bonnes fontes avec ces minerais? C’est là sans doute une question qui mérite une grande attention, et c’est pour arriver à sa solution que la Société a proposé le prix qui nous occupe.
- La Société avait demandé dans son programme « que les concurrent » indiquassent un procédé peu dispendieux, à l’aide duquel on pût (quel
- p.357 - vue 384/507
-
-
-
- ( 358 )
- » que soit le minerai quon ait à traiter) obtenir de la fonte douce propre )> au moulage. »
- Cette condition était exigée plus particulièrement encore dans la suite du programme, les concurrent devant envoyer un mémoire « indiquant » i°. l’espèce de minerai qui, par sa nature, donne la fonte la plus con-a venable; 20. les procédés peu dispendieux à l’aide desquels on pût, avec » les plus mauvaises qualités de minerai communément employées dans les » hauts-fourneaux} obtenir une fonte douce. »
- L’intention de la Société était donc parfaitement exposée ; elle demandait un procédé pour faire de bonnes fontes avec de mauvais minerais , et sur-tout avec ceux qui sont les plus répandus. Considérée dans sa généralité, la question paraît à la commission ne pouvoir être résolue; il est presque impossible de traiter dans un et plusieurs hauts - fourneaux les minerais exploités sur le sol de la France.
- En second lieu, la nature très-diverse de nos minerais exige des traite-mens particuliers.' Il est à peine possible de croire qu’un même moyen puisse être mis en usage pour leur traitement métallurgique, et en supposant que, dans un fourneau, on puisse employer toutes les espèces, il est probable que les procédés devront varier. Ainsi, le fer limoneux, le fer hématite, le fer oxidulé, le fer oxidé-hydraté , le fer carbonaté, ne peuvent être soumis à un traitement absolument semblable ; des modifications particulières doivent avoir lieu, et par conséquent le programme exigeait des choses trop difficiles, en demandant un procédé pour traiter tous les minerais qu’exploitent nos maîtres de forges.
- Il est donc nécessaire de reconnaître que MM. Boigues ont approché du but presque autant peut-être qu’on pourra s’en approcher, en obtenant, avec une assez grande variété de minerais du Berry et du iNivernois, des fontes dont la bonne qualité est reconnue, et qui luttent avantageusement avec les fontes anglaises et sont employées par nos plus habiles artistes , concurremment avec elles; il suffira de dire que ces fontes sont employées en grande quantité par MM. Manbj et Wilson, Perrier frères, Aitken et Steel, etc., etc.
- La masse immense de fonte consommée depuis quelques années en Angleterre, en diminuant beaucoup la quantité importée en France , nos fondeurs se seraient trouvés, dans un grand embarras si les fontes de MM. Boigues ne leur eussent donné la faculté de continuer leurs travaux.
- Ces habiles fabricans ont consacré trois de leurs hauts-fourneaux à la préparation de la fonte grise pour moulerie ; les neuf autres qu’ils possèdent fabriquent des fontes destinées à l’approvisionnement de leur belle usiije de Fourchambault.
- p.358 - vue 385/507
-
-
-
- ( 35g )
- La commission n’aurait donc point hésité à vous proposer de leur accorder le prix proposé, si la lettre du programme ne £e fût absolument opposée à cette conclusion : car MM. Boigues n’ont pas traité la plus grande partie des minerais de Frauce, ni sur-tout les plus mauvaises qualités, les fontes du Berry et du Nivernois étant en général d’une assez bonne qualité.
- Du reste , éclairée par le concours même, votre commission a reconnu que les conditions du programme étaient trop difficiles à remplir,* mais elle pense que la grande importance du prix nécessite sa remise au concours.
- MM. Boigues ont rendu un service signalé à notre industrie par le travail auquel ils se sont livrés, et votre commission vous aurait proposé de leur accorder une médaille d’or, si déjà ils n’en avaient obtenu une l’année dernière.
- Pour résumer ce rapport, votre commission est d’avis :
- i°. Que les conditions du programme n’ayant pas été complètement remplies , il n’y a pas lieu de décerner le prix;
- 2°. Que la même question doit être remise au concours , mais en présentant un nouveau programme, dans lequel on séparera les deux questions du perfectionnement des fontes et de celui du moulage, qui avaient été réunies précédemment.
- Adopté en séance générale, le 22 novembre 1826.
- Signé Gaultier de Claubry, rapporteur.
- Rapport sur le concours pour le perfectionnement du moulage de la fonte ; par M. Gaultier de Claubry.
- Messieurs, trois fois déjà vous avez mis au concours une question d’une grande importance sur le perfectionnement du moulage des pièces de fonte destinées à recevoir un travail ultérieur ; aucun concurrent ne s’est encore présenté cette année pour disputer le prix.
- Cependant notre industrie s’attend à cet égard à des améliorations que vous devez procurer par vos encouragemens.
- En effet, s’il importe que nos fontes soient améliorées, et que nos artistes puissent les employer au lieu de fontes anglaises , il n’est pas moins nécessaire que nos fondeurs puissent se servir de bonnes fontes sans les détériorer par la fusion et le moulage; et sous ce rapport, les Anglais sont beaucoup plus avancés que nous, et souvent nos fondeurs n’ont pu V
- se servir même de fontes anglaises d’excellente qualité. Après toutes les opérations du moulage, la fonte doit conserver des qualités semblables dans toutes ses parties ; elle doit rester également douce à la surface, et même dans les parties les plus minces, afin que la lime, le burin ou le foret, l’attaquent sans difficulté, et que le burin enlève des copeaux et non de? grains.
- Lorsqu’une fonte est de bonne qualité, c’est à des défauts dans la fusion
- p.359 - vue 386/507
-
-
-
- ( 36o )
- et le moulage que l’on doit attribuer les changemens qu’elle éprouve dans quelques-unes de ses parties. Il est donc important d’appeler de nouveau l’attention des fondeurs sur cet objet, en indiquant les points sur lesquels ils doivent la fixer de préférence.
- Si des pièces moulées sont devenues aigres à la surface, elles ne peuvent être terminées en les soumettant à l’action de divers instrumens.
- Quand la surface ou les ouvertures des pièces sont abreuvées de sable, la fonte ne peut prendre un poli parfait, et quelquefois les formes sont altérées , et les pièces ne peuvent être employées.
- Enfin si les gaz qui se dégagent des moules quand on coule en sable vert n’ont pas trouvé d’issue suffisante, les pièces sont pénétrées de soufflures, qui en détruisent souvent la solidité, mais qui, dans tous les cas, offrent de grands inconvéniens pour la perfection des pièces.
- Le moulage en sable vert est très-employé en Angleterre. Depuis quelque temps nos fondeurs ont gagné sous ce rapport ; mais d’utiles améliorations peuvent encore être apportées à ce genre d’opérations.
- La Commission vous propose donc, Messieurs, de remettre au concours le prix pour le perfectionnement du moulage, en faisant quelques changemens à votre programme, et en le publiant séparément de celui du perfectionnement des fontes, avec lequel il avait été réuni.
- Adopté en séance générale 3 le 22 novembre 1826.
- Signé Gaultier de Claubry , rapporteur.
- Rap port sur le prix pour un semis de pins d’Ecosse; par M. Bosc,
- La Société a proposé un prix de 5oo francs pour celui qui aura fait le plus grand semis de pins d’Ecosse dans un canton où il ne s’en trouve pas.
- M. le Roy-Berger, propriétaire de dunes aux environs de Boulogne, envoie des certificats qui constatent qu’il a semé, cette année, 16 hectares de ces dunes en pins d’Écosse, et des échantillons de ces pins; il demande que le prix lui soit accordé.
- Comme il ne se trouve point de forêts de pins d’Ecosse dans tout le nord-ouest de la France, que M. le Roy-Berger en a couvert plus de 2 hectares, et qu’aucun autre concurrent ne s’étant présenté, il est dans le cas d’obtenir le prix, aux termes du programme, en conséquence, nous vous proposons , au nom du Comité d’agriculture, de le lui accorder et de continuer le concours pour l’année prochaine.
- ! Adopté en séance générale, le 22 novembre 1826. Signé Bosc, rapporteur. r IMPRIMERIE DE MADAME HUZARD (née Vallat la Chapelle),
- .i iî' r] i:î RUE DE l’éperon, n°. 7.
- p.360 - vue 387/507
-
-
-
- VINGT-CINQUIÈME ANNÉE. (N°. CCLXX. ) DÉCEMBRE 1826.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES.
- Description d’une machine propre a remplacer, dans l’étirage du coton y les lanternes et les métiers en doux , et connue sous le nom de banc à broches*, construite et perfectionnée par M. Laborde, ingénieur-mécanicien rue Saint-Maur, n . 5o? faubourg du Temple, a Paris.
- Le système d’étirage du coton, aujourd’hui en usage dans les établisse-mens de filature, est dû au célèbre Arkwright} qui l’inventa vers l’année 1770 ; il se compose de deux ou trois paires de cylindres doués de différentes vitesses, et disposés comme des laminoirs : c’est ce quia fait donner à ce système le nom Retirage par le laminage. Si les cylindres avaient une vitesse uniforme, ce mode d’étirage ne remplirait point son but; car alors ils ne feraient que développer le ruban sans l’allonger. Si au contraire, la seconde paire tourne plus rapidement que la première, et la troisième plus rapidement encore, il est évident que le ruban, en passant de l’une à l’autre, éprouvera un allongement proportionné à la différence de leur vitesse, et que le passage de la seconde à la troisième paire produira un nouvel allongement. Les cylindres de la ravagée inférieure sont cannelés; ceux de la rangée supérieure sont garnis de peau. La pression que ces derniers exercent sur les cylindres cannelés est proportionnelle à la ténuité des filamens et en raison inverse de leur longueur.
- Mais il ne suffit pas d’étirer le ruban de coton au sortir de la carde, il faut encore lui donner le degré de torsion nécessaire pour le convertir en fil plus ou moins fin. Une simple broche tournant sur elle-même est le moyen Je plus généralement employé. Cette broche, indépendamment de son Vingt-cinquième année. Décembre 1826. Ddd
- p.361 - vue 388/507
-
-
-
- y,: ; (362)
- mouvement de rotation, peut, ou rester à la même place, ou être soumise a un mouvement de translation en ligne droite. Il existe un troisième moyen de torsion, où la broche, sans bouger de place, a la propriété de renvider le fil, à mesure qu’elle le forme. Cette broche porte une bobine et à sa partie supérieure une ailette composée de deux branches, dont l’une sert à conduire le fil à la bobine. Pour que le renvidage et la torsion se fassent simultanément, la bobine doit être assujettie à un degré de mouvement inférieur à celui de la broche et dans le même sens. Plus la différence sera grande entre la vitesse respective du mouvement de rotation de la broche et de la bobine, moins le fil pourra recevoir de torsion pendant le renvidage ; plus , au contraire, ces deux vitesses tendent à s’approcher, plus le renvidage sera lent et le degré de tors considérable. On conçoit que la rapidité du renvidage avec des vitesses données de broche et de bobine croît comme les grosseurs des bobines employées. Quand la charge du fil augmente beaucoup cette grosseur et donne lieu à un renvidage trop irrégulier, il est indispensable d’accroître la torsion avec racornissement de diamètre de la bobine. Tel est l’objet de l’ingénieuse machine que nous allons décrire, et dans laquelle la bobine a un mouvement de translation le long de la broche. Elle est connue en Angleterre sous le nom de spindle and Jly rowing frame, que nous traduisons par banc à broches, et a été importée en France par MM. Maton et Farej : elle commence à s’introduire dans nos filatures, et plusieurs de nos mécaniciens la construisent aussi bien que les Anglais. M. Laborde y a ajouté divers perfectionnemens, pour lesquels il a pris un brevet d’invention de cinq ans, le 25 décembre 1824. Avant de les faire connaître, nous croyons devoir parler du système d’étirage à lanternes, que le banc à broches est destiné à remplacer.
- Le coton , amené à l’état de ruban par là carde en fin, est soumis à un premier étirage sur une machine dont l’objet est de doubler, de redoubler et d’étirer en même temps le ruban, afin de le rendre d’une grosseur uniforme et de disposer les filamens dans une direction parallèle entre eux. Cette machine est composée de quatre rangées de cylindres-lamineurs et de deux pots ou cylindres en fer-blanc posés verticalement, dans l’un desquels sont les rubans venant de la carde, et dans l’autre le ruban étiré. Le second étirage consiste seulement en deux laminoirs ; mais le ruban, au lieu de tomber dans des pots immobiles, tombe dans des pots en fer-blanc nommés lanternes et tournant lentement sur leurs pivots ; ce qui donne au ruban un léger degré de tors. Ces pots, qui ont la forme d’un cône tronqué, sont munis d’une porte pour en retirer le boudin quand ils sont pleins. ,,
- p.362 - vue 389/507
-
-
-
- ( 363 )
- Le boudin , en sortant de cet étirage, est mis sur des bobines, à l’aide d’une bobineuse, et passe ensuite sur le métier à filer en gros Ou en doux, dit mull-jenny, dont la construction n’a rien de particulier et est bien connue.
- Le banc à broches remplace à lui seul, et avec une grande supériorité d’effet, ce dernier métier et l’étirage à lanternes. Il y en a deux, celui en gros et celui en fin; leur construction ne diffère que par les dimensions et proportions de vitesse. On ne peut y préparer que des fils de chaîne assez forts pour résister à la grande vitesse des broches et au degré de tors qui leur est donné.
- Toute la difficulté de cette machine consiste dans le mouvement varié, soit de rotation, soit de translation verticale qu’il faut donner à la bobine, pour qu’elle débite exactement le boudin, à mesure qu’il est produit. On sent que le mouvement de translation de cette bobine le long de la broche doit être réglé de telle manière, que quand les cylindres ont fourni assez de ruban pour faire un tour, l’espace parcouru par la bobine soit égal au diamètre de ce ruban ; et comme à chaque voyage cette bobine se charge d’une couche de coton, qui en grossit d’autant le diamètre, il faut, par compensation, que son mouvement de rotation soit ralenti dans la même proportion , tandis que la broche tourne toujours avec la même vitesse. C’est par la combinaison d’un tambour conique conduisant une courroie par ses différens diamètres, et d’une roue de friction appliquée plus ou moins contre le centre d’un plateau circulaire, qu’on obtient ces diverses variations de vitesse.
- Dans le banc à broches importé d’Angleterre par MM. Eaton et Farey, et décrit tome III, page 4°9 du Traité de mécanique industrielle, par M. Christian, le tambour conique est enfilé sur un arbre horizontal, et la roue de friction tourne contre un plateau circulaire disposé verticalement. M. Laborde emploie, au contraire , un tambour conique d’une forme particulière tournant debout, et une roue qui frotte contre les divers diamètres du cône, en glissant le long d’un arbre incliné. Cet artiste a encore ajouté à sa machine d’autres modifications qui en rendent la construction plus simple et l’effet plus sûr. Nous allons décrire les différentes pièces du mécanisme et en expliquer le jeu.
- Description du banc à broches.
- La PL 317 représente le métier vu sur ses différentes faces, et la PL 318], le détail des pièces.
- Le métier repose sur un bâtis solide en fer A A ; il reçoit son mouvement
- D dd 2
- p.363 - vue 390/507
-
-
-
- ( 36/, )
- d’une poulie en fonte C, enfilée sur un arbre de couche B, et autour de laquelle s’enveloppe la courroie V aboutissant au premier moteur. L’arbre B fait tourner , avec des vitesses différentes, le système des cylindres cannelés B', par l’intermédiaire des pignons U et des roues dentées V ; il y en a trois paires pour chaque broche, lesquelles sont au nombre de quarante-huit disposées sur une seule rangée. Le boudin de coton est jeté d’abord sur les crochets ou guides E', placés du côté opposé des broches : de là il passe entre la première rangée de cylindres, et successivement entre les autres, en prenant un degré d’allongement progressif ; il est comprimé , dans ce passage, par des cylindres garnis de peau A', chargés d’une barre en bois D', laquelle est tirée par un levier q et un contre-poids C '. En sortant de cet étirage, le ruban passe sur la barre h\ et après avoir été introduit dans le petit entonnoir e de la broche b et dans l’ailette façonnée en tube d, il s’enroule sur la bobine a, laquelle reçoit son mouvement de rotation de la poulie H 'y en même temps la broche tourne en sens contraire par l’intermédiaire de la poulie I, et c’est ainsi que le ruban reçoit un certain degré de tors. Ce mécanisme est semblable à celui de tous les métiers à filer le coton ; mais pour obtenir un tors toujours régulier et éviter un trop grand allongement du fd et sa fréquente rupture, il a fallu réunir plusieurs conditions essentielles que le banc à broches remplit parfaitement.
- L’arbre moteur B porte une roue d’angle E qui engrène avec une autre roue d’angle E" montée sur l’axe B d’un tambour F en cuivre ou en fer, ayant la forme de deux cônes réunis par leur base, l’un parfait F, à sa moitié supérieure, l’autre tronqué F" à sa partie inférieure. C’est ce double cône qui donne le mouvement au jeu des broches $ il opère la torsion et le bobinage. A sa base est fixée une poulie à gorge plate G, garnie en cuir , afin que le ruban qui l’enveloppe ne puisse glisser ; elle mène les broches b par l’intermédiaire des poulies I; le ruban est tendu par un rouleau H' et passe sur des poulies de renvoi l'l7. La partie F" du tambour conique fait tourner, au moyen d’une courroie z, un tambour cylindrique J, qui, à son tour, mène les bobines a par l’intermédiaire des poulies H enfilées à canon sur la broche b. On voit dans la coupe , fig. i, PL 318, la manière dont ces poulies, qui glissent le long des broches, et la hobine, sont ajustées ensemble. La courroie z est conduite sur les différens points de la partie F" du tambour par un guide F attache au bas de la crémaillère T, qui tend toujours à s’élever par lè contre-poids r, suspendu a la corde f'. Cette crémaillère est retenue par un pignon G , qui engrène avec elle et fait corps avec une roue à rochet à double denture F'.
- Chaque fois que les bobines se sont chargées d’une couche de fil, le rochet
- p.364 - vue 391/507
-
-
-
- h (-v
- '/' '/>
- '/ ///>// y ,//,, //////.-, ,f.!„,,> /// '/ / f -
- v‘ v/ >r ^ v/"!/
- '/'<// /' >/'/////> y ////t.>/'////'/ ' / ' // >/.i *y> // '///'./.t'>/<..'// /y .•/*// />;/'y/ j
- pl.317 - vue 392/507
-
-
-
- ( 365 )
- passe d’une dent; ce quia lieu quand la balance L, portant la rangée des bobines, est arrivée au point le plus élevé ou le plus bas. Un contre-poidsp facilite le mouvement ascensionnel de cette balance, lequel s’opère au moyen d’une double crémaillère K', qui lui est attachée à charnière par une pièce o, et passe dans les ouvertures des supports ou guides n fixés au banc des cylindres. Ces supports sont traversés par un arbre S qui règne sur toute la longueur du métier, et porte des pignons L' d’un diamètre tel, qu’ils font deux révolutions pendant la levée des crémaillères K ', qui est de y pouces : ces dernières sont guidées dans leur mouvement de va-et-vient par une languette qui suit alternativement les deux ramures pratiquées dans l’ouverture du support n. Des ressorts mm, fixés sur les côtés des crémaillères, déterminent le passage d’ujae rainure à l’autre : ce passage étant subit, le mouvement n’éprouve aucun retard.
- Il y a ordinairement quatre crémaillères doubles pour chaque métier. La révolution de l’arbre S est produite par une roue dentée R, dans laquelle engrène une vis sans fin Q, montée à canon sur l’arbre incliné P. Ce même arbre porte une roue de friction N, composée de quatre rondelles en cuir serrées entre deux plateaux de métal, et glissant dans une rainure d' de l’arbre P; la roue y est retenue par une petite languette e'/ elle l’est également par son canon, au moyen d’un collier à deux tourillons h, qui jouent dans une rainure de la fourche O attachée à la crémaillère T. Cette disposition permet que la roue de friction et la courroie z changent en même temps de position sur le cône F. On conçoit que, pressée contre la partie supérieure F du cône, la roue N tourne par l’effet du frottement qu’elle éprouve : elle transmet ce mouvement à la vis sans fin Q, qui, à son tour, mène la roue dentée R, et par suite l’arbre S. Pour que le changement de position de la roue de friction et de la courroie s’opère à chaque montée et descente de la balance L, un pignon X, fixé sur l’arbre S, engrène avec une roue Y, qui, ayant un diamètre double de celui du pignon, ne fait qu’un tour pendant que l’arbre en fait deux. Sur l’axe Z de cette dernière roue est fixée une came O', qui, dans sa révolution, rencontre un levier V’ qu’elle fait basculer. Ce levier, monté sur l’axe du cliquet X’, fait baisser celui-ci et dégage ainsi une dent de la roue à rochefc F'; le rochet étant libre, tourne jusqu’à ce que la prochaine dent soit en prise. Un contre-poids Z', suspendu à l’extrémité du levier U', ramène le cliquet X' dans sa première position. Quand on est arrivé à la dernière couche de coton sur la bobine, qui est l’instant où le métier doit s’arrêter, la poignée y, attachée à la crémaillère T, soulève le verrou x, qui laisse reculer la tringle v} retenue en place par un ressort à boudin. La tringle
- p.365 - vue 393/507
-
-
-
- /
- ( 366 )
- entraîne dans son mouvement la barre d’embrayage M, qui fait passer la courroie V sur la poulie folle C". Alors on recommence la levée, et pour cet effet on ramène la roue de friction et la courroie 3 à son point de départ. La courroie, serrée sur la partie la plus large du cône F", ne pourrait descendre d’elle-même, si elle n’était détendue. Pour cela, on recule l’arbre D du cône, qui tourne sur une crapaudine à coulisse a', fig. 3, PI. 318, au moyen d’un levier Q', dont l’extrémité est taillée en forme de segment denté, et qui fait corps avec une pièce k[, laquelle rapproche en même temps la crapaudine b' de l’arbre incliné P. Ce double mouvement s’opère à l’aide d’un pignon P', qui engrène dans le segment denté et est fixé à l’extrémité d’une tige R' qu’on fait tourner par une manivelle S'.
- Lorsque la courroie 2 est lâchée, on désengrène le pignon G', et en appuyant sur la poignée y, on fait descendre la crémaillère ; en même temps on repousse la tige v, qui fait passer la courroie V sur la poulie C, et on remet en place le verrou x.
- La roue N étant susceptible de perdre de son diamètre par son frottement contre le tambour conique, on maintient une pression toujours égale, en appuyant sur l’extrémité supérieure de l’arbre P, afin de le tenir constamment incliné. Cela se fait par un levier horizontal N" sur lequel agit un contre-poids T
- Telles sont la composition du banc à broches et la manière dont il opère l’étirage et la filature du coton. Il nous reste à faire connaître les avantages comparatifs de cette ingénieuse machine avec les métiers qu’elle est destinée à remplacer, avantages qui l’ont fait adopter dans la plupart des ateliers.
- Avantages du banc à broches.
- Les lanternes, par leur poids et leur volume, tournant sur pivots au moyen d’une corde légère qui enveloppe la poulie fixée à leur base, ne peuvent s’arrêter ni partir au même instant que les cylindres : de là, une première cause d’inégalité de tors. Au-delà du maximum de vitesse de la machine, la force centrifuge rejette le boudin sur les parois des lanternes : alors ne pouvant continuer d’entrer, il se tortillonne sur l’entonnoir.
- Le plus grave inconvénient se manifeste au métier en gros lorsque la mèche sort des boîtes pour arriver au cylindre. Par son frottement sur la barre et le déroulement de dedans ces boîtes, le tors s’accumule par places, et peut être double quelquefois dans un endroit plutôt que dans l’autre ; il serait impossible de faire une mèche plus finie et peu tordue j car elle laisserait, sur les points où elle toucherait, une partie de ses filamens; ce qui rend le fil inégal.
- p.366 - vue 394/507
-
-
-
- ( S6y )
- Le banc à broches remédie à ces défauts. La combinaison de ses mouve-mens est si précise, qu’il n’enveloppe que la quantité exacte de coton fournie par les cylindres, à mesure que la bobine grossit. Son service est très-facile, puisqu’il ne s’agit que d’enfiler les bobines sur des broches, et il possède sur les mulls-jennys en doux l’avantage que le fil coûte moitié moins cher de façon; qu’il peut-être beaucoup moins tordu, n’ayant pas besoin de force pour se dévider; qu’il y aura rarement des mariages, qu’occasionne le tors du fil par sa tendance à se mêler au passage de la queue-de-cochon derrière le métier en fin. Un tour de roue en plus ou en moins sur le métier en gros produit souvent une grande différence de tors; ce qu’on n’a pas à craindre sur le banc à broches. Le métier en fin se démontera moins souvent, et la bobine, chargée de plus de coton, s’y placera facilement derrière les cylindres.
- Le banc à broches produira moins de déchet, ses pièces s’useront moins, et la rupture du fil étant peu fréquente, celui-ci sera plus net et plus égal.
- Tous ces avantages réunis permettront de travailler sans rattacheur et ' de faire plus d’ouvrage.
- On devient également indépendant du fileur en gros, la machine n’exigeant que de simples soigneuses. Les quarante-huit broches qu’elle porte font une livre de fil en doux par jour.
- Nous terminerons cet article en présentant les vitesses des différentes pièces du métier et les élémens de la formation du tambour conique. Ces données, qui intéressent particulièrement les constructeurs de métiers, sont également bonnes à être portées à la connaissance des manufacturiers et des artistes.
- Calcul des vitesses des différentes pièces de la machine et élémens de la construction du tambour conique.
- Nous avons dit plus haut que le banc à broches doit remplir deux conditions essentielles, accélérer la rotation de la bobine, à mesure que son diamètre augmente, et retarder le mouvement ascendant et descendant de la balance L, pour avoir des couches de même épaisseur, et être certain que la mèche n’éprouve aucun allongement.
- Ces conditions s’obtiennent par les opérations suivantes.
- Soient :
- A, le diamètre de la bobine a.
- B, le diamètre des cylindres cannelés B'.
- C, celui de la roue de friction N.
- p.367 - vue 395/507
-
-
-
- ( 368 )
- D, le diamètre du tambour conique F.
- E, le diamètre des poulies I des broches.
- Soient également :
- F, le nombre de tôurs de la mèche sur la bobine.
- G, le nombre de la roue d’angle Ë des cylindres d’étirage.
- H, le nombre de la roue d’angle E" du tambour conique.
- Soient enfin : N
- I, la vitesse des cylindres d’étirage.
- K, la vitesse du cône.
- L, la vitesse de la broche.
- M, celle de la bobine.
- N, la vitesse de l’arbre incliné P.
- (1) Supposons que le corps de la bobine ait 19 lignes de diamètre, y
- compris une partie de l’épaisseur de la couche de coton, et que la mèche ait une grosseur telle, qu’elle fasse 45 tours dans la longueur de la bobine, nous aurons , pour la longueur de la mèche formant cette première couche, 2687 j. _ '
- (2) Le diamètre des cylindres d’étirage étant supposé de 12 lignes, ou leur circonférence de 87 lignes il faudra 71,26 révolutions du cylindre pour produire la longueur de la première couche : ainsi 1—71,25 tours.
- (3) Pour trouver la vitesse du cône, nous supposerons Qr=;5rj, etH~ 42.
- GI
- Or, G étant à H : ; K : I, ou GI=HK et K— K sera égal à 96,7 tours.
- (4) Faisant le diamètre de la roue de friction ou C de 118 lignes, et E de 59 lignes, nous aurons pour L le double de K, c’est-à-dire que L sera égal à 193,4 tours; mais comme 1a, bobine doit retarder des 45 tours fournis par la mèche (1) , il faudra qu’elle fasse 45 tours de moins que la broche; donc M = 148,4 tours.
- (5) Pour savoir quelle est la dimension du cône au point qui produit cette première couche, nous remarquerons que le tambour n’est ici qu’un rên-yoi, et que la corde des bobines qui passe sur le tambour peut être considérée comme si elle tirait son mouvement du cône même. D’après cette
- M C
- observation, nous aurons L : M : : C : D et D = —- • ce qui nous donnera
- L
- 90,54 lignes pour le diamètre du cône aux points e f. (Voyez la figure encontre. )
- p.368 - vue 396/507
-
-
-
- C 36g )
- (6) Prenant pour les deux roues d’angle les quantités 5j et 4Ü > nous ayons établi notre calcul dans la supposition du grand tors; mais il convient souvent de tordre moins. Nous remarquerons qu’en travaillant au grand tors , on se sert de la partie la plus grosse du cône pour la dernière couche de la bobine : ainsi, en donnant lignes de diamètre à cette couche, nous trouverons que L augmentera en raison de l’accroissement du diamètre de la bobine, et nous aurons ig1- : 47L : : ig3,4 : tours de la broche; et comme la bobine fera 45 tours de moins (4) = 4^5,4 > on obtiendra pour la dernière couche du grand tors :
- L = 478,4 tours.
- M = 453,4
- (7) Nous avons vu (5) que D ~
- MC
- T"’
- nous aurons donc 106,g lignes pour
- D, au point a b du cône, au grand tors, attendu que c’est la couche la plus élevée.
- (8) Connaissant les points du cône qui forment les deux couches extrêmes de la bobine au grand tors, cherchons les deux points qui composent les extrêmes au petit tors.
- Nous donnerons aux deux roues d’angle le même nombre de dents, et seulement 40 tours de mèche sur les couches de la bobine, parce qu’on fde plus gros. Le corps de la bobine étant de ig lignes, et les multipliant par F, qui, dans ce cas, est égal à 40, nous aurons 2388 f tours pour la longueur de la première couche. La circonférence du cylindre est 67 y1-, et nous avons vu (4) que L était le double de K ; donc, divisant 2388y par 18y, correspondant à un tour de broche, nous aurons L première couche = 126,66 et M = 86,66, parce qu’ici M est toujours égal à L — 4°*
- MC
- (g) D’après la formule D = — f nous aurons D=80,7 3 lignes aux points
- L
- g h du cône, formant un des extrêmes du petit tors.
- Vingt-cinquième année. Décembre 1826. E e e
- p.369 - vue 397/507
-
-
-
- ( 37o )
- (io) Relativement à l’autre extrême, nous avons vu (6) que 19 : 47 ; : L, première couche, est à M, dernière couche : nous aurons donc L = 3i3,52 tours, et M= 273,32.
- (11) Employant toujours la formule D
- MC
- L
- D sera égal à 102,g5 li-
- gnes aux points du cône marqué cd, et formera l’autre extrême du petit tors.
- (12) De cette manière nous avons obtenu le diamètre des quatre principaux points du cône; il reste à déterminer leur hauteur.
- La longueur du cône est arbitraire ; nous la supposerons de 11 pouces, du point i au point k, ou i32 lignes. Nous avons vu (7) que a b— io6,9l et (9) que g h — 80,73 L, ou a 2=53,45 et g Æ=40,36, ou enfin a 772=13,09; mais ef— 90,54 (5), ou <372=40,27; donc ep sera égal à 4^,27— 4°>36, c’est-à-dire à 4,911, Ceci déterminé, nous obtiendrons les triangles semblables gam, gep, qui donnent la proportion suivante : ik ou gm: am : : gp : ep. Dans ce cas, g’p=49>5 et in ou pm= i 32 —49,5=82,5.
- ( i3) Pour déterminer la longueur de k l ou go, nous aurons gm : am : :
- go : co.
- c d = 102,93, et c Z=5i,4?5; donc co sera égal à g l-—gk ou 5i,47^ — 4o,36, c’est-à-dire ii,n5L Donc go— 112,1 L
- (i4) Connaissant la longueur kl, qui doit être égale à qi', nous pouvons déterminer la valeur de qr. Soit arb’— io5, qui est une mesure arbitraire. Nous avons vu (8) que K = 63,33 tours ; soit la roue de friction également arbitraire = 741'? nous aurons io5 : 74 : •* N : 63,33, c’est-à-dire N=8g,8. Ainsi N peut être considéré comme égal à 90 tours pendant la durée de la couche au petit tors ; et comme cette vitesse ou ce nombre de tours doit être le même dans toute la couche, les divers points diminueront comme l’accroissement de la bobine. Or, la première couche de la bobine ayant 19 lignes et la dernière 47 nous obtiendrons pour la distance q r cette proportion 19 : 47 : : qr : q,f V, c’est-à-dire 21,221- ou r^=42,45L
- Examinons maintenant le diamètre tu. Deux triangles semblables donnent a’m! : m' r : : y t : jr ou i32— 112,1, c’est-à-dire 19,9.
- a! 772'=52,5—qr ou 21,22. On aura donc 3.1,28, lesquels, multipliés par 19,9 et divisés par 112,1, donnent pour quotient 5,55. Ainsi yt=&,55; en le retranchant de qr, il restera 15,6j pour la valeur de tx, ou tu=z 3i,34.
- Comme la roue R de la vis sans fin doit faire deux tours pour une montée et une descente de la balance L, on lui donnera 45 dents. D’après cela, nous
- p.370 - vue 398/507
-
-
-
- ( i )
- déterminerons la valeur de N pendant une couche au grand tors, t u : 74 : : N : 239,2, moitié de L (6) ; ainsi N, pendant la durée d’une couche au grand tors, peut être évalué à 100 tours, et la roue de la vis sans fin devra être entaillée, dans ce cas, de 5o.dents.
- (16) Il nous reste à fixer les points intermédiaires correspondant à chaque' couche, pour en déduire la construction des roues à rochet. Si l’on connaît ces divers points, il sera facile d’établir un mouvement qui porte, à chaque couche, la courroie au cône inférieur, et la roue de friction au cône supérieur.
- L’expérience a démontré que sur une bobine de 7 pouces de hauteur on peut mettre 12, 14, 16 couches au petit tors, et 18, 21, 24 couches au grand tors. Nous prendrons pour exemple le diamètre des roues à rochet, qui formeront les 12 couches.
- Nous avons admis que le corps de la bobine a 19 lignes, y compris une partie de l’épaisseur de la couche de coton ; il en aura 47 à la dernière couche. Si nous fixons dix points intermédiaires, les nombres seront dans les progressions arithmétiques suivantes :
- *9> 34,28
- 2i,55 36,82
- 24,09 39>57
- 26,64 4i,9x
- 29^9 44>46
- 31,73 47.
- Nous avons vu (10) que L est en raison directe des divers diamètres de la bobine; il faudra donc, pour trouver les diverses valeurs de L, faire autant de règles de trois qu’on a supposé de couches sur la bobine. Nous nous contenterons de porter ici le résultat de dix règles de trois, qui, jointes aux deux extrêmes connus, forment les douze valeurs de L. Ces règles sont d’ailleurs comme il a été dit (10). On pourra aussi insérer dix moyennes proportionnelles arithmétiques entre les deux extrêmes connus ; ce qui revient au même.
- (17) Progressions de L et M.
- Eee 2
- *>
- p.371 - vue 399/507
-
-
-
- ( 372 )
- 126,66 \ 43,65 \ 160,60
- •77>37 194,54 • 211,51 1 228,48 *
- 245,45
- 262,42
- 279>59 2g6,36 I 3i3,32 /
- moins 40.
- 86,66
- io3,63
- 120,60
- 137,57
- i54,54
- i7ï,5i
- 188,48
- 2o5,45
- 222,42
- 239,39
- 256,36
- 273,32
- ( 18) Reprenant la formule
- leurs de D, ainsi qu’il suit :
- nous obtiendrons les diverses va-.
- 80, 73 97 > 34
- 85,158 98,770
- 88, 61 IOO, Ot
- 9^419 101,106
- 93,737 102,073
- 95,684 102, 93
- Ces différens diamètres travailleront tour à tour et formeront la bobine.
- ([9) Si nous concevons une pièce portant le guide-courroie et le guide de la roue de friction, et que cette pièce soit taillée en crémaillère, nous parviendrons à la faire monter au moyen d’un pignon qui portera une roue à rochet, dont le nombre de dents sera égal au nombre de couches qu’on voudra obtenir sur la bobine.
- On a vu (i3) que go = ii2,iL; ainsi, pour produire un mouvement ascensionnel de cette valeur, il faudra prendre un pignon arbitraire, celui employé dans la machine a 129 lignes de circonférence.
- Soit donc 129 : 112,1 : : 36o° est à un quàtrième terme, qui sera 5i i°,3 : c’est donc sur un arc de 3i i°,3 que devra être répartie la division.
- (20) Pour trouver chacun des points de cette division, il faut que ces points soient en raison des différences des diverses valeurs de D. Or, ces différences sont :
- p.372 - vue 400/507
-
-
-
- PI. AtS
- < ///./y '/ ^ Z'//rr it
- Zïts/iW/ft </* Zi Xh-I'A J fj/t< t
- UC
- 2 PUr .
- HH
- P’, (ALU
- pl.318 - vue 401/507
-
-
-
- ( 573 )
- 4,4°8 3,4 72 2,800
- 2,3i8 “
- " ^947
- i,656
- i,43o
- 1,240 .
- 1,106
- 0,967
- 0,857
- Total........22,210
- Ainsi 22,210 : 3i i°,3 : : 4>4°8> première différence, est à un quatrième terme, qui sera l’arc qui doit lui correspondre.
- Comme tous ces arcs partiels comporteront des fractions, on arrivera à un résultat plus exact en établissant la proportion de la manière suivante : 22,210 : 3ii°,3 : : 7,880, somme de deux premières différences, est à un quatrième terme, qui sera la somme des deux arcs partiels. A la troisième, on prendra trois différences, et ainsi de suite, et on trouvera la division ainsi déterminée; savoir, de la première dent à la seconde 6i°,8; de la première à la troisième, no°4; de la première à la quatrième *49°>8> puis 182°,3, 209°,6,232°,8, 252°,8, 270^2, 285°,7, 299^2, et enfin pour la dernière 3xi°,3.
- Voilà donc le rochet à douze couches établi ; on pourra déterminer les autres de la même manière.
- Explication desJig. des Tl. 317 et 318.
- PL 317. Le banc à broches monté de toutes ses pièces.
- Fig. t . Elévation longitudinale.
- Fig. 2. Elévation latérale.
- PI. 3i8. Coupes et détails des différentes pièces du mécanisme.
- Fig. r. Coupe par le milieu du métier.
- Fig. 2. Elévation vue par le bout.
- Fig. 3. Plan des tambours et des poulies des broches.
- Fig. 4- Poulie à canon de la bobine, vue en plan et en coupe.
- Fig. 5. Coupe dè la roue de friction montée à canon sur son axe, et de lavis sans fin qui là surmonte.
- Fig. 6. Vue de face et en coupe de la crémaillère simple qui fait monter et descendre le guide-courroie du cône.
- p.373 - vue 402/507
-
-
-
- ' ( )
- Fig. 7. Roue à rochet à double denture, vue en plan et en coupe.
- Fig 8. Crochets et tablettes sur lesquels passent les boudins avant d’arriver aux cylindres d’étirage.
- 9* Support dans lequel passe la cremaillere double qui fait monter et descendre la balance L. On y voit la maniéré dont le pignon engrène alternativement dans chacune des crémaillères.
- AA, bâtis en fonte dumetier; R, arbre de couche ou arbre moteur de la machine ; CC", poulies motrices en fonte, dont l’une est fixe sur l’arbre B et l’autre tourne autour de lui ; D, axe vertical du tambour conique; EE", roues d’angle, dont la première est montée sur l’arbre B et l’autre sur l’axe D; FF", tambour vertical conique en fer ou en cuivre; G, poulie à gorge plate, fixée à la base du tambour; HH, poulies à canon qui commandent les bobines; 1, poulies des broches; J, tambour cylindrique; K, autre tambour plus petit, placé en avant du premier; LL, balance au moyen de laquelle les bobines sont transportées le long des broches; M, barre d’embrayage surmontant le métier ; N , roue de friction montée à canon sur son arbre, et qui est mise en mouvement par le tambour F : elle prend plus ou moins de vitesse, selon qu’elle frotte contre le sommet ou la base du cône ; 0, fourche dans laquelle glissent les tourillons de la roue N ; P, arbre incliné , le long duquel chemine cette roue ; Q, vis sans fin montée à canon sur l’arbre précédent ; R, roue dentée qui engrène dans la vis sans fin ; S , arbre horizontal qui règne sur toute la longueur du métier et reçoit son mouvement de la roue R; T, crémaillère qui, par son mouvement d’ascension et d’abaissement, fait varier la position de la roue N sur le cône F et de la courroie sur le tambour F"; U U, pignons qui, fixés sur les axes des cylindres d’étirage , font tourner ceux-ci avec des vitesses différentes ; V V, roues dentées dans lesquelles engrènent les pignons ; X, pignon monté sur l’arbre horizontal S; Y, roue dans laquelle engrène le pignon précédent; Z, arbre de cette roue.
- Acylindres de pression couverts en peau; B', cylindres cannelés placés au-dessous des précédens, et entre lesquels passe le boudin de coton ; il y en a trois paires de différens diamètres, disposées l’une derrière l’autre pour chaque broche ; C ', poids qui opèrent la pression des cylindres en peau sur les cylindres cannelés ; D ', barre qui presse la rangée des cylindres supérieurs ; E ', crochets ou guides placés derrière les cylindres et sur lesquels passent les rubans de coton ; ils sont garnis d’un morceau de peau servant à nettoyer les cylindres cannelés ; F', roue à rochet à double rangée de dents, distribuées sur sa circonférence, suivant une progression croissante indiquée à la page précédente ; G pignon faisant corps avec le
- p.374 - vue 403/507
-
-
-
- ( 375 )
- rochet; H', poulies de tension des rubans qui enveloppent la poulie G; V, poulies de renvoi qui font passer le ruban du tambour cylindrique J sur les poulies des bobines H; J' guide de la courroie qui enveloppe le tambour conique F" et les deux tambours J et K ; il monte et descend avec la crémaillère T; K', crémaillère double qui fait monter et descendre la balance L; I/, pignon fixé sur l’arbre S et engrenant alternativement dans chacun des côtés de la crémaillère K'; M', tringle qui guide le mouvement d’ascension et de descente de la balance; N', levier qui presse sur le tourillon de l’arbre T et fait appuyer la roue N contre le tambour F; O', came fixée sur l’axe Z; P'., pignon engrenant dans le segment denté Q', qui opère le rapprochement des tambours, afin de relâcher la courroie; R', tige verticale de ce pignon ; S manivelle pour tourner cette tige ; T contre-poids qui fait appuyer le levier N'; U', levier muni des deux cliquets X' et Y', dont le premier s’engage dans les dents de la circonférence extérieure du rochet F', et l’autre dans celles de la circonférence intérieure ; V', levier placé derrière la roue à rochet et monté sur l’axe du levier U'; il bascule par la rencontre de la came O'; Z', contre-poids qui fait baisser le levier U'.
- a a, bobines; bb, broches; cc, ailettes des broches; d, l’une des ailettes façonnée en tuyau; e, entonnoir à travers lequel passe la mèche de coton ; f, canon de la vis sans fin; g, vis qui l’arrête sur l’arbre P; h, collier du canon de la roue N ; i, tourillon de ce collet qui glisse dans une rainure de la fourche O; k, vis qui fixe sur.son axe la roue Y; l, guides de la tige M'; mm, ressorts de la crémaillère double qui font passer alternativement le pignon L' d’un#denture à l’autre; n, support à travers lequel monte et descend la crémaillère K ; o, pièce sur laquelle bascule cette crémaillère '; p, contre-poids suspendu à une corde qui fait monter la balance ; q, bras de levier sur lequel agit le poids C '; r, contrepoids qui tend à faire monter le guide-courroie J'; s, supports de la barre d’embrayage M; t, galets sur lesquels elle roule; uuy goupilles qui main-^ tiennent la courroie V; c, tige entourée d’un ressort à boudin qui fait avancer ou reculer la barre d’embrayage M; x, verrou qui arrête la tige <v; y, poignée^ qui, par le mouvement ascendant de la crémaillère T, dégage le verrou ; z, courroie enveloppant le cône F " et les tambours cylindriques J et K.
- a’} tourillon de l’arbre D ; b!9 tourillon de l’arbre P; cvis qui arrête le pignon U sur l’arbre B; d', rainure pratiquée dans l’arbre P; e\ languette de la roue N y f, corde à laquelle est suspendu le poids r; g broche qui arrête la manivelle S'; hbarre sur laquelle passe le coton au sortir des cylindres; courroie motrice; k'f pièce faisant corps avec le segment denté Q'.
- p.375 - vue 404/507
-
-
-
- ( 576 )
- /
- Moyen de fournir a la dépense d’eau de condensation dans les
- machines a vapeur. ;
- Un obstacle assez frequent à l’établissement d’une machine à vapeur dans un lieu donné, est la difficulté d’y rassembler une quantité d’eau suffisante pour la condensation. L’évaluation commune de 5 litres d’eau froide par minute et par force de cheval est au-dessous de la vérité ; car l’expérience et le calcul indiquent que cette dépense excède io litres (i).
- Or, il n’est pas toujours aisé de fournir à une aussi grande consommation : il y aurait moins d’embarras si l’on refroidissait immédiatement l’eau chaude sortant du condenseur, en sorte qu’on pût l’employer de nouveau à la condensation. On satisferait donc à l’un des besoins de l’industrie, et l’on favoriserait la multiplication des machines à vapeur, en indiquant un procédé simple pour opérer, en peu d’instans, dans une grande masse d’eau un refroidissement qui la ramenât de 40 degrés à 10 ou 12 degrés du thermomètre centigrade.
- Voici, pour y parvenir, un moyen que l’on a mis en pratique avec succès.
- Les forges de Lajoye (2) ont pour moteurs deux machines à vapeur, l’une de la force de trente chevaux, l’autre de vingt chevaux. Des sources rassemblées dans l’enceinte de l’usine , et que l’on supposait devoir suffire en tout temps à la consommation de ces deux machines, ayant été taries
- (1) Pour obtenir la force d’un clieval dans une machine à, vapeur sans expansion , on consomme par heure 5 kilogrammes de charbon, qui produisent 3o kilogrammes de vapeur dans le même temps , ou un demi-kilogramme par minute. L’eau d’injection étant à io°, et celle du condenseur à 4-0°, on aura pour déterminer la quantité x d’eau d’injec^ tion nécessaire pour condenser un demi-kilogramme de vapeur ,
- ikiiogr. ^ 60,5o-f—^ ki,ogr' X i°°r:r G-f-a:) kUos1, X4°%
- d’où l'on tire pour x la valeur suivante :
- x " 1-0,16 ki]osr- ou io,i6litrc*,
- puisque le kilogramme est le poids d’un litre d’eau. Ce nombre exprime la dépense d’eau de condensation par minute et par cheval.
- (a) Ces forges sont nouvellement établies près d’Hennebon, département du Morbihan, sur les bords du canal de Blavet. On y affine le fer à la houille par les procédés importés d’Angleterre depuis quelques années. Elles ont déjà livré aux arsenaux de la marine royale des produits qui, après des épreuves variées , ont soutenu la comparaison avec les meilleurs fers de France. •
- en
- p.376 - vue 405/507
-
-
-
- ( 577 ).
- en grande partie par îa sécheresse de l’été de 1826, on songeait déjà à ouvrir un canal de communication avec la rivière de Blavet. Cependant, avant d’entreprendre ce travail dispendieux, les administrateurs de l’établissement suivirent le conseil qu’on leur donna d’essayer de refroidir l’eau qui avait servi à la condensation. Cette épreuve a réussi complètement.
- L’eau nécessaire au service de l’atelier vient d’un réservoir supérieur, situé à i5o mètres de distance. On a adapté à l’une des machines à vapeur une pompe aspirante, qui reprend la plus grande partie de l’eau sortant du condenseur, et la verse dans un canal découvert aboutissant à l’extrémité la plus éloignée de ce réservoir. Là, au lieu de tomber brusquement, elle s’écoule en nappe sur un massif de fascines, à travers lequel elle arrive doucement jusqu’à l’eau froide, et si elle n’est déjà pas revenue à la température de l’atmosphère par l’évaporation qu’elle a subie en traversant les fascines, elle achève de perdre sa chaleur en s’étendant à la surface du réservoir, dont l’eau froide occupe nécessairement le fond, où est la prise d’eau du tuyau qui alimente les machines.
- Des observations répétées ont montré qu’après avoir ainsi opéré pendant vingt-quatre heures de travail continu, on n’a pas sensiblement élevé la température de l’eau à sa sortie du réservoir.
- Il résulte de ce fait que l’on peut établir une machine à vapeur sans avoir à sa disposition une source assez abondante pour fournir à la dépense ordinaire de condensation.
- S’il n’y avait même pas des pertes inévitables, on pourrait, à la rigueur, se borner à rassembler primitivement une masse d’eau suffisante pour assurer le service du condenseur pendant le court intervalle de temps employé à refroidir l’eau qu’on en retire ; mais il est indispensable de pourvoir au remplacement de ces déchets, tels que la vapeur qui s’échappe par les soupapes de sûreté, l’eau que perdent les tuyaux, l’évaporation qui produit le refroidissement. Quoique cette dernière sur-tout soit assez considérable, la somme totale des pertes est beaucoup moindre que la dépense actuelle, et pourra être fournie par une faible source.
- L’appareil employé aux forges de Lajoye ne serait peut-être pas le plus convenable dans d’autres circonstances; mais il sera facile de le modifier pour l’approprier aux localités.
- Par exemple, si l’on n’eût pas trouvé dans cette usine un grand réservoir, où l’on pût renvoyer l’eau chaude à très-peu de frais, on aurait eu la ressource de la faire prendre à sa sortie du condenseur par une pompe aspirante et foulante, qui l’eût projetée en l’air sous forme de jet d’eau; elle fût retombée dans une suite de cuvettes en clayonnage, qu’elle eût
- J^ingt-cinquième année. Décembre 1826. Fff
- p.377 - vue 406/507
-
-
-
- ( 378 )
- traversées successivement pour arriver enfin dans une dernière cuve servant à alimenter la bâche de la machine à vapeur. Il n’est pas douteux que l’eau chaude, ainsi exposée à l’air dans un état de grande division, ne se fût refroidie en peu de temps au degré convenable. On aurait eu a déterminer par expérience la hauteur du jet d’eau, le nombre et l’espacement des cuvettes nécessaires pour obtenir dans la chute un refroidissement complet.
- Cet exemple suffit pour indiquer comment on peut faire varier les détails du procédé en se rattachant à l’idée primitive, qu’il est toujours possible de refroidir de l’eau en la divisant beaucoup pour l’exposer à l’air (i).
- Rapport fait par M. Mérimée, au nom d'une Commission spéciale j sur une machine a broyer les couleurs, inventée par M. Bouvier, passage Saulnier, n°. 17, faubourg Montmartre, a Paris.
- Messieurs, l’année dernière, vous accordâtes un témoignage d’approbation à l’auteur d’une machine à broyer les couleurs. Une invention du même genre vous a été présentée il y a quelques mois; vous nous avez chargés M. Motard et moi de l’examiner, et de vous rendre compte des avantages que les arts peuvent en retirer.
- Lorsque nous nous rendîmes chez l’auteur, il nous demanda de ne pas faire connaître ses moyens, son intention étant de s’assurer la propriété de son invention en prenant un brevet. Nous nous engageâmes à garder le secret : ainsi nous ne pouvons que vous faire connaître les effets de la machine, sans entrer dans aucun détail sur la manière dont l’opération s’exécute.
- L’inventeur de cette machine, M. Bouvier, est un peintre d’un talent distingué; il exerçait son art à Genève, où l’on ne trouve pas comme ici des couleurs toutes prêtes à être employées. Obligé de les broyer lui-même, il conçut, il y a plus de vingt ans , le projet de faire exécuter la trituration, à l’aide d’un mécanisme qui la rendît plus rapide et plus parfaite. La machine qu’il inventa fut soumise à l’examen de commissaires choisis parmi les membres de la Société des arts de Genève les plus en état
- (1) Le moyen de refroidissement de l’eau de condensation que nous venons d’indiquer, n’est pas nouveau ; il est pratiqué depuis plusieurs années par M. Madeleine, officier d’artillerie , à qui l’on doit l’établissement formé près la barrière d’Enfer, à Paris, pour scier des pierres et des marbres par une machine à vapeur, qui fait mouvoir des lames de scies enchâssées. (IV. D. R.)
- p.378 - vue 407/507
-
-
-
- ( 579 )
- de la juger. Leur rapport, que nous avons eu sous les yeux, est on ne peut pas plus favorable.
- Le but de l’auteur était non-seulement de bien broyer les couleurs, mais encore de préserver les ouvriers des émanations délétères auxquelles ils sont exposés.
- Son but ne fut alors atteint qu’en partie; la trituration était parfaite, mais c’était la seule opération de la machine : il fallait qu’un ouvrier ramassât la couleur lorsqu’elle était broyée, et remît sur la pierre une nouvelle quantité de matière pour remplacer celle qu’il avait enlevée. Il pouvait donc, pendant ce temps, respirer des vapeurs dangereuses.
- Dans la nouvelle machine, tout le service de l’ouvrier s’exécute mécaniquement. Une quantité déterminée de couleur, préalablement réduite en poudre et mêlée avec la quantité d’huile nécessaire, est placée dans un réservoir, d’où elle sort par portions égales et arrive sur la pierre : elle y est alors broyée pendant un espace de temps, que l’on règle à volonté. Ce temps écoulé, la couleur est ramassée et jetée dans une caisse destinée à la recevoir. Dans le même moment, un égal volume de couleur remplace celle qui vient d’être enlevée, et ainsi de suite jusqu’à ce que tout ce qui est contenu dans le réservoir soit épuisé.
- La trituration des couleurs exige plus ou moins de temps, suivant leur nature et leur destination. La machine pourvoit à ces différens besoins. La trituration peut, à volonté, durer depuis une minute jusqu’à un quart d’heure. Une minute suffit pour broyer 25 hectogrammes de céruse aussi parfaitement qu’on peut le désirer pour l’emploi de la peinture en bâtimens. Par conséquent, ioo kilogrammes de cette couleur n’exigeraient que six heures quarante minutes; mais d’autres couleurs, telles que l’ocre jaune ou le brun rouge, demanderaient quatre ou cinq fois plus de temps pour être broyées au même degré.
- La trituration s’opère à l’abri de la poussière ; le mécanisme est contenu dans une armoire d’environ g pieds de longueur sur 5 ou 6 de largeur et 8 de hauteur. Un vitrage permet de voir dans l’intérieur, et un tuyau aspirateur, communiquant avec le dehors, sert au dégagement des vapeurs qu’il serait dangereux de respirer.
- Tout étant disposé pour l’opération, on ferme l’armoire, et les ouvriers font le service de la machine sans voir comment la trituration s’exécute.
- La machine est mise en mouvement au moyen d’une manivelle que deux hommes font tourner, et qui pourraient être remplacés par tout autre moteur de force suffisante. Alors une masse de 3o à 4° kilogrammes de couleur est triturée sans interruption, et également, au degré qu’on a déter-
- Fffa
- p.379 - vue 408/507
-
-
-
- ( 58o )
- miné. Au moment où le réservoir est vide, on en est averti par le bruit d’une sonnette; on arrête le mouvement; on enlève par dehors le réservoir, on lui en substitue un autre plein ; on enlève aussi la caisse remplie de couleur broyée, on en remet une autre vide; enfin on remet la machine en mouvement, et l’opération continue.
- Toutes les couleurs n’absorbent pas la même quantité d’huile. La céruse, par exemple, est très-épaisse lorsqu’on commence à la broyer, et elle devient plus liquide, à mesure que la trituration avance. L’effet inverse a dieu pour certaines couleurs argileuses, telles que la terre de Sienne et la cyanite ou terre verte de Vérone ; mais l’addition d’un peu d’huile tombant goutte à goutte et en quantité déterminée ne. peut offrir de difficulté à M. Bouvier après celles qu’il a surmontées ; enfin un compteur est établi, à l’aide duquel on peut vérifier le nombre de tours de manivelle qui ont eu lieu dans un temps donné, en sorte que le possesseur de la machine voit si, pendant son absence, les ouvriers employés à tourner la manivelle ont ou n’ont pas perdu de temps.
- En examinant combien est compliqué le problème que M. Bouvier s’est donné à résoudre, pour que, sans le secours d’aucun ouvrier, la trituration s’opère à tel degré de finesse qu’on désire, soit à l’eau, soit à l’huile, on ne sera pas surpris de la dépense considérable de temps et d’argent que sa machine a pu lui occasionner.
- Le mécanisme employé pour compléter 1’opération, en y joignant l’action de l’ouvrier qui ramasse la couleur, nous a paru très-ingénieux; mais en compliquant davantage la machine, n’augmente-t-il pas les chances de dérangement? Est-il nécessaire de cacher aux yeux des ouvriers l’action de la machine, lorsqu’on s’en est assuré la possession exclusive pendant un certain nombre d’années? Nous présumons donc que la plupart de ceux qui voudront faire usage de la machine de M. Bouvier préféreront employer un ouvrier de plus , et demanderont la suppression du mécanisme qui le remplace. Au surplus , la partie essentielle de la machine est la trituration. Gette partie nous a paru ne rien laisser à désirer : le surplus est un perfectionnement accessoire que l’on peut supprimer à volonté.
- Ainsi, les avantages de ce mode de trituration sont de broyer les couleurs très-également, à tous les degrés de ténuité que l’on peut désirer, de l’exécuter en beaucoup moins de temps qu’on ne pourrait le faire avec les meilleurs ouvriers, et de ne pas compromettre leur santé.
- Notre opinion, Messieurs, ne s’est pas formée d’après un examen superficiel de la machine de M. Bouvier. Chargé spécialement d’en constater les résultats, votre rapporteur a assisté à cinq expériences succcessives, et '
- p.380 - vue 409/507
-
-
-
- ( 38* )
- d’après ce qu’il a vu, il ne doute nullement de l’avantage que les arts retireront de l’emploi d’un mode de trituration bien supérieur à l’opération manuelle ordinaire, et qui n’expose pas la santé des ouvriers.
- Le temps seul peut nous faire connaître si la machine peut faire un long service sans avoir besoin de réparations. Ce qui doit cependant être, sous ce rapport, une garantie, c’est qu’elle a été exécutée par MM. Colla père et fils.
- D’après ceL exposé, Messieurs, nous avons l’honneur de vous proposer de donner un témoignage d’approbation à M. Bouvier, en insérant le présent rapport dans le Bulletin de la Société.
- Adopté en séance, le 6 décembre 1826.
- Signé Mérimée, rapporteur.
- ARTS CHIMIQUES.
- Rapport fait par M. Molard jeune, sur des aciers fondus de la fabrique de M. Jappy, à Badevel, département du Haut-Rhin.
- M. Frédéric Jappy a ajouté, depuis plusieurs années, aux nombreux ateliers qui composent son établissement une fabrication importante d’acier fondu. D’abord il n’a fabriqué cet acier que pour sa propre consommation , qui est considérable pour l’entretien de ses machines et outils ; mais ayant parfaitement réussi et y trouvant du profit, il a augmenté cette fabri-. cation de manière qu’aujourd’hui il verse dans le commerce des quantités assez considérables d’acier fondu, qu’il vend à raison de 1 franc 40 c. au détail, et de 1 fr. c. en gros. Le dépôt est établi chez M. Poliard, rue Poissonnière, n°. g.
- M. Jappy ne s’est pas écarté, dans sa fabrication, des procédés indiqués par le célèbre Clouet, et principalement par nôtre collègue M. Bréant. Le fer, découpé par morceaux, est placé dans le creuset en même temps que le cément nécessaire et une légère proportion de fondant. Poussant ensuite la chaleur jusqu’à complète fusion, il verse la matière dans des lingotières en fonte, de forme octogonale : il obtient ainsi des lingots du poids de 12 à 15 kilogrammes ; ce qui est la contenance d’un creuset : ces lingots , chauffés dans un four à réverbère, sont forgés à des martinets à la manière ordinaire.
- Nous ferons remarquer que M. Jappy a été assez heureux pour décou-
- p.381 - vue 410/507
-
-
-
- ( 382 )
- vrir dans le voisinage de son établissement une terre propre à faire ses creusets , circonstance qui a singulièrement contribué à consolider son entreprise.
- Du. procédé de Clouet que M. Jappy modifie à son gré, il résulte les trois qualités d’acier fondu dont il vous a envoyé des échantillons. Le n°. i se distingue par un grain extrêmement fin; if contient un léger alliage d’argent fait dans le creuset, un instant avant la coulée : il est propre à la coutellerie , aux instrument de chirurgie; il prend un poli parfait, mais il est très-cassant. Le n°. 2 est l’acier pur résultant d’uû mélange juste et bien proportionné de fer et de cément : c’est avec cet acier que M. Jappy conseille de faire les petites limes, façon- anglaise ; les outils d’atelier, tels que crochets, burins, mèches>-tarauds, coussinets, etc. Le n°. 3 est un acier soudable sans se dénaturer , parce qu’il contient une dose moins forte de cément que les précédens. Il est propre aux outils tranchans à l’usage des menuisiers, des charpentiers, charrons, etc.
- Les barres qui ont été remises au Comité ont servi à faire des outils d’atelier, pour lesquels il faut le meilleur acier fondu. Ces outils , qui consistent en des crochets pour tourner le fer, l’acier et la fonte, en des mèches pour percer les mêmes métaux, et des tarauds et des coussinets de filières , résistent très-bien. Il faut toutefois y apporter, en les façonnant à la forge , une grande attention ; il faut les chauffer peu et les battre vite et bien carrément. La trempe pour le n°. 2 doit être faite à une chaleur visiblement rouge au jour, et le recuit à une couleur de paille ; faits de cette manière, les outils tranchans pour métaux égrènent d’abord un peu, mais iis tiennent très-bien après le deuxième ou troisième affûtage. Nous déposons sur le bureau un crochet et deux tarauds faits avec l’acier uos. 2 et 3, qui ont travaillé fort long-temps.
- MM. Gambej et le colonel Parisot, qui ont de leur côté essayé ces mêmes aciers, en rendent un très-bon témoignage. M. Parisot continue à s’en approvisionner au dépôt de M. Poliard, pour les besoins de l’atelier de perfectionnement de l’artillerie, qu’il dirige.
- M. Sir-Henry les a essayés et s’en sert également, ainsi qu’il l’atteste dans un certificat joint aux pièces déposées sur le bureau. Il affirme qu’il le trouve , pour la coutellerie, aussi bon que l’acier anglais, et qu’il continue à en faire usage.
- Ces témoignages satisfaisans, ajoutés à notre propre conviction, ne laissent aucun doute que la France possède un établissement de plus, qui fournit déjà une excellente qualité d’acier fondu, dont les prix modérés ne peuvent manquer de les faire rechercher.
- p.382 - vue 411/507
-
-
-
- ( 583 )
- D’après ces considérations , nous avons l’honneur de vous proposer de faire , dans le Bulletin de la Société, une mention très-distinguée des aciers fondus de la fabrique de M. Jappy, et sur-tout de le Jouer d’avoir adopté des procédés qui lui permettent de les donner à des prix modérés.
- Adopté en séance, le 6 décembre 1826. : Signé Molard, rapporteur.
- Note sur la poudre d os employée comme engrais, à Thiers (.Puy-de-Dôme)/ par M. D’Arcet.
- En publiant dans le N°. CCLXVII du Bulletin, page 276, la description de la machine dont on se sert à Thiers pour broyer les os, on a oublié de dire que c’était à M. Bergouhniouæ fils que la Société devait la communication des renseignemens que M. Molard jeune a été chargé d’examiner, et au sujet desquels il a fait un rapport avantageux. M. Bergouhniouæ avait eu soin d’envoyer en même temps des échantillons de la poudre d’os préparée en Auvergne , et qui y est destinée à servir d’engrais : c’est sans doute encore par oubli que M. Molard n’a pas été averti de ce fait.
- Chargé d’examiner les échantillons dont il s’agit, j’avais rédigé les notes qui suivent pour les joindre au rapport qui devait être fait sur les machines employées en Auvergne pour y broyer les os. J’ai pensé que, quoique paraissant isolées de ce rapport, ces notes pourraient encore être utiles ; c’est ce qui m’a décidé à les joindre à la réclamation que je viens de faire en faveur de M. Bergouhniouæ.
- Les os broyés à Thiers sont réduits en poudre grossière, qui contient des morceaux de la grosseur d’un haricot. Cette poudre est grasse au toucher ; elle tache le papier joseph, sent le fromage et donne de l’ammoniaque lorsqu’on la mélange avec de la chaux. L’eau distillée, que l’on fait agir à froid sur cette poudre, devient légèrement alcaline et contient un peu de gélatine en dissolution : cette poudre d’os, séchée à l’étuve, contient au cent, terme moyen de trois essais :
- Matière animale combustible. . . . . .
- Phosphate de chaux, etc............56,14
- 100
- M. Bergouhniouæ avait dit dans sa lettre d’envoi que les os étaient broyés, au village de Courpière, par un autre procédé que celui dont on se sert à Thiers, et avait envoyé un échantillon de ces os. Il paraît que la mécanique employée à Courpière, sous le nom de stordoir, se compose d’une meule verticale tournant dans une auge circulaire, comme on le voit dans les pressoirs à cidre. ,
- p.383 - vue 412/507
-
-
-
- C 384 )
- La poudre d’os fabriquée au village de Courpière est plus sèche que celle qui a été prise à Thiers ; c’est un mélange de poudre très-fine et de morceaux d’os très-gros : les morceaux sont gras au toucher ; la poudre ressemble à de la terre, elle fait poussière lorsqu’on la remue.
- Cette poudre, examinée comme on l’a dit en parlant de la poudre d’os prise à Thiers, a donné les mêmes résultats; elle contient seulement un peu plus d’ammoniaque et de gélatine soluble à froid.
- Séchée à l’étuve, elle contient par quintal, terme moyen de trois essais :
- Matière combustible. . . . . . 32,5 Phosphate de chaux, etc. . . . 67,5
- 100
- Nous avons été voir, il y a quelques mois, M. Gay-Lussac et moi, un riche propriétaire des environs de Strasbourg, qui a fait établir, dans un moulin dépendant de son parc, un bocard et un tamisage mus par l’eau, pour y mettre les os en poudre. Les os broyés dans cette usine y sont réduits en poudre très-fine : cette poudre, passée au tamis, contient peu de morceaux de la grosseur d’un pois. Le propriétaire nous a dit qu’il suivait les procédés adoptés en Angleterre pour pulvériser les os et pour les approprier aux besoins de l’agriculture; il nous a assuré qu’il ajoutait du salpêtre à la poudre d’os pour en empêcher la fermentation et pour l’employer avec plus d’avantage comme engrais ; il nous a annoncé que la poudre d’os ainsi préparée qu’il mettait dans le commerce contenait au cent :
- Poudre d’os tamisée. .... 90
- Salpêtre. , . ............... 10
- 100
- Il nous a assuré que les cultivateurs lui payaient les 100 kilogrammes de cette poudre jusqu’à 16 francs. <
- On voit, par ce qui précède, que la poudre d’os doit être un engrais bien puissant; qu’il est à désirer de voir établir, sur différens points de chaque département, des machines pareilles à celles dont il a été parlé plus haut ; et que, quant au mode d’action de la poudre d’os employée comme engrais, les observations faites en examinant les os en poudre pris à Thiers et à Courpière confirment ce que j’ai publié à ce sujet dans le tome XVI des Annales de physique et de chimie, page 361, et dans le tome XV, page 113 de la deuxième série des dnnales d’agriculture.
- Note
- p.384 - vue 413/507
-
-
-
- . ( 385 )
- Note sur un moyen de durcir les pierres tendres ; par M. Pajot-
- Descharmes.
- Occupé en 1808, à Soissons, de la décomposition en grand du muriate de soude par le sulfate de fer, je me vis obligé de déposer le menu sel extrait de ce sulfate, que je préférais comme moins cher, dans des parcs formés, tant sur leur sol que sur leur pourtour, de dalles de pierre de taille du pays, qui sont très-tendres. Lors de 1’enlèvement de ces menus sels, je fus surpris de voir que toutes les surfaces des dalles avaient été infiltrées, à-peu-près de 2 lignes, par l’espèce d’eau-mère qui s’était écoulée des substances salines qu’elles renfermaient, et avec lesquelles ces dalles s’étaient trouvées en contact ; et qu’elles offraient, dans les places ainsi infiltrées, une dureté telle qu’elles ne se laissaient plus, comme auparavant, entamer avec le couteau. A la vérité, la couleur blanchâtre de ces surfaces avait pris une teinte plus ou moins jaune ou roussâtre. Les dalles qui recouvraient le sol, plus intimement et profondément pénétrées de la dissolution égouttée des tas de menu sel sulfaté en dépôt, se distinguaient sur-tout par leur extrême dureté et la cohésion considérable des parties calcaires dont se composaient leurs masses imbues de ces eaux.
- Depuis, j’ai eu occasion d’imbiber la surface de ces mêmes sortes de pierres d’une forte dissolution des terres pyriteuses et vitriolisées, dont le departement de l’Aisne abonde; des effets semblables se sont manifestés. Des planches ou tables de plâtre, enduites d’une pareille dissolution, ont acquis pareillement une grande dureté. J’ajouterai que l’eau .ne paraît pas agir sensiblement sur ce nouvel enduit (1),
- AGRICULTURE.
- /
- Rapport fait par M. Huzard sur les élèves entretenus a ZEcole royale vétérinaire d’Alfort, aux frais de la Société d’Encouragement.
- A l’époque où j’ai eu l’honneur de faire mon rapport au Conseil d’administration, l’année dernière, 10 novembre 1825 , la Société n’avait à l’École
- (1) Il est à croire que les espèces de moellons ou carreâux pour les maisons des pauvres habitans, que l’on fait près de Reims avec les débris et poudres de la craie dont le pays abonde, acqùerraient beaucoup plus de solidité s’ils étaient imprégnés, tant à l’interieur qu’à l’extérieur, de l’une ou de l’autre des liqueurs dont je viens de parler.
- Eingt-cinquième année. Décembre 1826. U g g
- p.385 - vue 414/507
-
-
-
- ( 386 ')
- royale vétérinaire d’Alfort qu’un seul élève, M. Delaporte,- un second, M .Ca-chelou, était malade chez ses parens, déjà depuis long-temps, et rien n’annonçait sa rentrée prochaine à l’École.
- M. Pierre-Charles Delaporte, dont je rendais bon compté à la Société, a terminé ses troisième et quatrième années d’études, cette année, et a obtenu son diplôme de vétérinaire, lors de l’examen général d’août dernier ; il a quitté l’Ecole à la fin du même mois pour aller prendre un établissement à Aix, département des Bouches-du-Rhône : c’est un hon sujet, qui remplira avantageusement les vues de la Société et qui lui fera honneur, en étant utile à son pays. Je demande à être autorisé à lui remettre le cautionnement qu’il a déposé, dans le temps, entre mes mains, et dont l’effet a cessé par l’obtention de son diplôme. ; : :
- M. Eugène-Edmond Cachelou est rétabli : if s’est présenté à l’École pour reprendre le cours de ses études ; mais sa longue absence l’avait fait rayer des contrôles, et M. le directeur n’a pu le recevoir que d’après une nouvelle autorisation de S. Exc. le Ministre secrétaire d’État de l’intérieur f que M. Cachelou & sollicitée et qu’il à obtenue. Il est rentré à l’École le i5 novembre; il suit sa troisième année d’études et aura encore à faire la quatrième : il montre toujours les mêmes dispositions qui lui avaient fait obtenir la place gratuite aux frais-de la Société; il est pénétré de reconnaissance pour ses bontés, et il espère qu’elle voudra bien les lui continuer.
- Dans mon dernier rapport, j’avais l’honneur de proposer au Conseil, attendu les motifs qui militaient en faveur de M. Cachelou, d’ajourner son remplacement, d’attendre le rétablissement de sa santé et sa rentrée à l’École, s’il y avait lieu : le Conseil a adopté cette mesure. Je viens aujourd’hui lui proposer de continuer d’entretenir cet élève aux frais de la Société, jusqu’à la terminaison de ses cours; il a précédemment fourni et déposé entre mes mains le cautionnement exigé par le Conseil. Les succès qu’il a obtenus jusqu’à présent et le zèle qu’il a mis à poursuivre sa réintégration sur les contrôles des élèves, militent en sa faveur et doivent continuer à lui mériter celle qu’il avait déjà obtenue du Conseil d’administration de la Société.
- Il résulte du tableau que je viens d’avoir l’honneur de mettre sous les yeux du Conseil, que le départ de M. Delaporte, avec son diplôme, et la rentrée de M. Cachelou pour terminer ses études, ce qu’il doit faire pendant dix-huit mois , ne laissent toujours qu’un élève à l’École vétérinaire, aux frais de la Société. J’ai l’honneur de lui proposer d’en nommer un second, aux mêmes conditions que les précédons, comme elle l’a fait jusqu’à présent, en remplacement de M. Delaporte. Plusieurs demandes ont
- p.386 - vue 415/507
-
-
-
- ( a»7 )
- été adressées à ce sujet; j’aurai l’honneur de les lui mettre sous les jeux, si elle adopte cette proposition. Jusqu’à présent elle n’a eu qu’à se louer de cette mesure, qui tend à répandre l’instruction et l’encouragement dans les campagnes, et qui porte toujours sur des sujets dont les bonnes dispositions sont connues et appréciées à l’avance., -
- Adopté en séance, le 20 décembre 1826.
- Signé Huzard-, rapporteur. -
- Ouvrages offerts à la Société pendant Vannée 1826.
- Traité de Vhydrophobie; par M. Buisson, docteur en médecine. Un vol. in-8°.
- Archives des découvertes et des inventions nouvelles faites dans les sciences et les arts, pendant Vannée 1825. Un vol. in-8°.
- Recherches sur les moyens de remplacer les feuilles de mûrier par une autre substance propre aux vers à soie ; par M. Bonafous.
- Examen de la question si un traité de commerce avec V Angleterre serait avantageux à la France; par M. le baron de Puymaurin.
- Observations sur le calorique et la lumière; par M. Pugh.
- Statistique industrielle du canton de Creilf département de l’Oise. Brochure in-8°.
- Compte rendu des travaux de l’Académie de Mâcon pendant l’année
- i8a5.
- Annales agricoles de Rovilley par M. Mathieu de Dombasle, troisième livraison.
- Procès-verbal de la séance générale tenue, le AS janvier 1826, par la Société d’encouragement des arts et métiers parmi les Israélites de Metz.
- Méthode naturelle de l’enseignement des langues; par M. de Lasteyrie.
- Almanach du commerce pour Vannée 1826; par M. Bottin.
- Bulletin de la Société des amis des arts séant à Genève.
- Notice sur feu M. le duc Mathieu de Montmorency; par M. VHillard, vice-président de la Société d’agriculture de la Sarthe.
- Moyen de rendre les croisées impénétrables à l’eau pluviale; par M. Saint-Amans, architecte. Brochure iu-8°. avec planche.
- Compte rendu des travaux de la Société d agriculture, sciences et arts de Metz pendant Vannée 1825.
- Projet dune Société pour Vamélioration des animaux domestiquespar M, Sénac.
- °gg2 .
- p.387 - vue 416/507
-
-
-
- ( 588 )
- Rapport des directeurs de L’École d’arts et métiers d’Edimbourg ( en anglais). :/.; ^-u ;
- Manuel du cultivateur de chanvre et de lin ; par M. Ldforest.
- Essai sur ï'agriculture du département du Jura, ,
- Séance publique de kl Société d’émulation du Jura, du 29 décembre 1825.
- Théorie et pratique de laformation des feutres; par M. Morel. Un vol. in-8.
- Système des connaissances commerciales; par M. Claye, professeur à l’École de commerce.
- Recherches statistiques sur la 'ville de Paris; par M. le comte de Chabrol, préfet du département de la Seine. Un vol. in-4°.
- Des étangs de la Brenne; par M. Marivault. Brochure in-8°.
- Bulletin de la Société pour ïamélioration des laines, publié par M. le baron de Mortemart-Boisse, ire., 2e. et 5e. livraisons.
- Traité de la pomme de terre; par M. Payen. Un vol. in-12. (Voyez Bulletin de février, page 92.)
- Chimie enseignée en vingt-six leçons; par le même. Troisième édition ; un vol. in-12. A
- Statuts de VInstitution centrale d’agriculture.
- Sur la navigation maritime du Hâvre à Paris; par M. de Bérigny, inspecteur divisionnaire des ponts et chaussées.
- Journal des connaissances usuelles ; par M. le comte de Lasteyrie. Nos. 8, 9, 10, 11, 12, i3, 14, i5, 16, 17, 18, 19 et 20.
- Tableau des arts et métiers; par M. le baron Charles Dupin.
- Rapport présenté à S. Exc. le Ministre de la marine et des colonie# sur l’institution d’un enseignement de la mécanique et de la géométrie, appliquées aux arts, dans les villes manufacturières de France.
- Annales européennes ; par M . Rauch.
- Dictionnaire technologique ou Nouveau Dictionnaire universel des arts et métiers : tomes VU, VIII et IX, accompagnés de plusieurs livraisons de planches. Les articles les plus importans contenus dans ces volumes sont : Épingles, Faux, Filature, Forage, Forges, Fusils, par M. Molard; Épy-cycloïde, Équation d’horlogerie, Équerre, Évaporation, Fardeaux, Flotteur, Fluides, Flûte, Fontaine, Force, Forté-piano, Frein, Frottement, Fusée d’horlogerie, par M. Francœur; Embaumement, Émeraude, Empoisonnement, Encre, Engrais, Équivalents chimiques, Fabrique, Farine , Fourneaux, par M. Payen ; Encollage , Fanaux, Filières, Flacons, Fleuriste, Fer-blanc, par M. Lenormand; Étain, Fer, Filon, Fonte, Fonte moulée, par M. Dufresnoy; Éther , Fermentation, Feutrage, Filtre, Frôid artificiel, Fromage, par M. Robiquet; Émail, Eudiométrie, Fard, Fluates, par M. Laugier.
- p.388 - vue 417/507
-
-
-
- ( 389 )
- Description des machines et procédés spécifiés dans les brevets d’invention dont la durée est expirée; par M. Christian, directeur du Conservatoire des arts et métiers : tomes X et XI, in-4°., accompagnés d’un grand nombre de planches. Paris, chez Madame Huzard, rue de l’Éperon, n°. 7.
- The Franklin Journal and american mechanics Magazine ; bj. Thom. Jones, Deux volumes avec planches.
- Du commerce extérieur et de la question d’un entrepôt à Paris; par M. Rodet.
- Catalogue des spécifications de tous les brevets d’invention délivrés depuis le 1er. juillet 1791 jusqu’au ier. juillet 182Ô. Imprimé par ordre de S. Exc. le Ministre de l’intérieur.
- De l’enlèvement des immondices de Paris ; par M. Huzard fils. Brochure in-4°. ,
- Le Guide du mineur; par M. Pajot-Descharmes, membre du Comité consultatif des arts et manufactures. Deux vol. in-8°. avec plauches.
- La première partie de cet ouvrage traite de l’exploitation des mines de houille ; la deuxième, des perfectionnemens de cette exploitation, et la troisième, des objets d’une utilité générale dans ces mines; la quatrième, de la minéralogie des anciennes provinces duHainaut, de Flandre et d’Artois.
- L’auteur a envisagé son sujet sous différens points de vue, qui doivent intéresser le mineur et le métallurgiste ; il n’a pas entendu faire un traité complet de l’exploitation des mines, mais il a appelé l’attention des exploi-tans sur les questions qui lui ont paru les plus importantes. Il a rapporté les faits et les exemples que son expérience lui a fait connaître, et en ajoutant ce nouveau service à ceux qu’il a souvent rendus aux sciences et aux arts, M. Pajot-Descharmes s’est acquis un nouveau titre à l’estime publique.
- Programme de deux prix proposés par la Société industrielle de Mul-hausen, département du Haut-Rhin.
- Cette Société décernera, dans son assemblée générale du 27 mai 1827, les deux prix suivans, savoir :
- i°. Un prix de 3oo francs à celui qui trouvera un moyen prompt et facile de déterminer comparativement la valeur d’une garance à une autre ;
- 20. Un prix de 1200 francs à celui qui parviendra à séparer la matière colorante de la garance et à déterminer ainsi la quantité qu’un poids donné de garance en contient.
- Les mémoires devront être adressés, avant le 25 avril 1827, à M. Isaac Schlumberger, président de la Société , à Mulhausen.
- p.389 - vue 418/507
-
-
-
- ( 39° )
- Liste des membres de la Société admis pendant l’année^ 1826.
- MM.
- Académie royale des sciences et arts de Bordeaux ( le président de 1’ ).
- Allevy, docteur en médecine, rue de Beaujolais , n°. 7, à Paris.
- Andelle , architecte, rue Lesdiguières, n°. 6, à Paris.
- Ardaillon et Bessy, maîtres de forges à Saint-Chamond (Loire).
- Barrois (Th.), filateur de coton, à Lille (Nord).
- de Berigny (O. ^) , inspecteur divisionnaire des ponts et chaussées, rue Royale, n°. 18, au Marais, à Paris.
- Bernard, ingénieur de la Marine, à Toulon.
- Bernard , imprimeur-lithographe, rue Notre-Dame-des-Victoires , n°. 16 , à Paris.
- Bonneau , propriétaire, rue de Rivoli , n°. 3o, à Paris.
- Bouchard, imprimeur, rueVle l’Eperon, n°. 7, à Paris.
- Bourdon , architecte, inspecteur général de la Grande-Voirie, rue Neuve-des-Mathurins, n°. 8, à Paris.
- Bourguignon, joaillier-bijoutier, rue de la Paix , n°. 1 , à Paris.
- Boussard (Franklin), horloger à Toulouse -( Haute-Garonne ).
- Le marquis de Broc , ^, lieutenant-colonel de hussards, rue de Belle-Chasse , n°. 6, à Paris.
- de Brune, capitaine du génie, à Grenoble (Isère).
- Bucquet , fabricant de sucre de betterave, à Roissy ( Seine-et-Oise ).
- Buneau ( Alexandre ) , négociant, rue du Faubourg-Saint-Martin, n°. ji , à Paris.
- Bureaux, banquier, rue des Francs-Bourgeois, n°. 25 , à Paris.
- Caflère (Théodore), fabricant de sucre de betterave , à Dorigny , près Douay.
- Coeur, horloger, rue de la Verrerie, n°. 55, à Paris.
- Constantin, architecte, rue Saint-Lazare , n°. 52 , à Paris.
- Cordier (Jean-Marie), ingénieur-mécanicien, à Beziers ( Hérault).
- de Coulombiers , propriétaire, quai Voltaire , n°. 17, à Paris.
- Darblay, membre de la Société royale et centrale d’agriculture , rue des Vieilles-Etuves, n°. 16 , à Paris.
- Daubenton, chef de bureau à la préfecture de
- MM.
- la Seine , boulevart Bonne-Nouvelle, n°. 3, à Paris.
- Delmas, avocat à la cour royale d’Amiens.
- Deschamps, horloger, à Saumur.
- Drouillard, concessionnaire de mines, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, n°. 43, à Paris. /
- Dupuits de Maconex, ancien élève de l’École polytechnique, propriétaire à Tains (Isère).
- Emery (Edouard) , docteur en médecine, rue Tbiroux, n». 9 , à Paris.
- Le baron de Ferussac, ^î, chef de bataillon au corps royal d’état-major , membre de plusieurs Sociétés savantes , rue de l’Abbaye , n°. 3 , à Paris.
- de Filière , chimiste, rue d’Enghien , ii°. 17, à Paris.
- Fournel , ancien juge au tribunal de commerce de Paris, placé Vendôme, n°. 16.
- Frissart, ingénieur des ponts et chausées, à Dieppe.
- Froidefond Duchatenet , receveur général des finances du département du Bas-Rhin, rue Saint-Florentin, n°. 9 , à Paris.
- Gense (Abel-François), raffineur de blane de baleine et fabricant dé bougies diaphanes, rue de Courcelles, n°. 6, à Paris.
- Grandidier , mécanicien, à Reims.
- Grangier, receveur principal des contributions , à Baume ( Doubs ).
- Le comte de Gueheneuc (0. ^) , rue Chàn-tereine, n°. 7, à Paris.
- Guillard aîné, propriétaire et négociant, à Saint-Genies de Comolas ( Gard ).
- Guillemin , horloger, rue Saint - Honoré , n°. 203 , à Paris.
- Le baron Huerne de Pommeuse , membre de la Chambre des Députés, quai Malaquais, n°. 17 , à Paris.
- Irroy, fabricant d’acier, à Bercy, près Paris.
- Jacob , mécanicien , rue de Charonne, n°. 47, à Paris.
- Jonquoy, notaire, rue des Fossés-Saint-Ger-main-des-Prés , n°. 4 , à Paris.
- Lahure, architecte, rue Saint-Fiacre, n«. 18, à Paris.
- Lamaille, pharmacien, rue des Lombards, n°. 24 , à Paris.
- Langloix, ancien receveur des Domaines, rue du Cherche-Midi, n°. i5 , à Paris,
- p.390 - vue 419/507
-
-
-
- ( 39» )
- MM.
- Le baron de Larochette, membre de la Société d’agriculture? à la Rochette , près Melun (Seine-et-Marne).
- de Lauverjat , avocat à la cour royale de Paris, aux Batignoles , barrière de Clichy.
- Laveissxère j chaudronnier, rue Duphot, n°. y, Paris.
- Lefèvre, architecte, rue Saint-Dominique, n°. 53, à Paris.
- L’Herbette (Amand), jurisconsulte, rixe Sainte-Anne, n°. 5o , à Paris.
- Lorillard, serrurier - mécanicien, à Nuits (Côte-d’Or).
- Loup (David-Julien) , filaieur de coton, à Vabres ( Tarn ).
- Maiseau, directeur du Journal du Commerce, rue Saint-Marc, n°. 10.
- Maréchal, propriétaire, rue des Lombards, n°. 24} à Paris.
- Le chevalier Masclet, consul de France à Edimbourg.
- Le comte de Mauny, propriétaire , à Anières, près Châteaudun (Eure-et-Loir).
- Le comte de Meffrey, membre de la Chambre des Députés, rue de Miroménil, n°. 34, à Paris.
- Michon , manufacturier, à Melun.
- Millot , avocat à la cour royale , rue Neuye-de-Belle-Chasse, n°. 6, à Paris.
- Moulfarine, ingénieur-mécanicien, rue Basse-Saint-Pierre, n°. 18, boulevart du Temple, à Paris,
- Mounier (Théodore) , ancien officier supérieur , rue Neuve-Saint-Roch , n°. 17} à Paris.
- Mury, docteur en médecine, à Vire ( Calvados).
- Odiot fils, orfèvre, rue l’Evêque, n°. î , à Paris.
- Le chevalier d’Ounous d’Andurand,^, membre de la Chambre des Députés, à Saverdun ( Ariége ).
- Péan de Saint-jGilles (Ange-Louis), propriétaire , quai TMalaquais , n°. 9 , à Paris.
- Pépin fils, fabricant de peaux, rue des Lombards, n°. 17, à Paris.
- Le comte de Périgord , jgt ( G. £^) , maréchal de camp, rue Saint-Dominique, n°. 93, à Paris. -
- Pinard, imprimeur et fondeur de caractères , rue d’Anjou-Dauphine , n°. 8 , à Paris. :
- Porterait , négociant, yue J.-J. Rousseau , n°. 1 2 , à Paris.
- - MM.
- Potier, peintre, rue Montmartre, n°. 16 , à Paris.
- Le comte de Qtjinsonas (C. ^ ) (O. ^), maréchal de camp, membre de la Chambre des Députés, boulevart Montmartre, n°. 8, à Paris.
- Le comte de Rambüteatj , propriétaire, rue Sainte-Anne, n°. 27, à Paris.
- Renard, professeur de mathématiques, rue des Billettes, n°. y, à Paris.
- Richard , pharmacien , rue Taranne , n°. 20, à Paris.
- Riondel aîné , maître de forges à Nevers.
- Robert, horloger, rue Mazarine, n°. 41 } à Paris.
- Rodet , courtier de commerce , rue Richer , n°. 42} à Paris.
- Roger, membre1 de l’Académie de Bordeaux.
- Salogne , chef de bureau au Ministère de la Maison du Roi, rue Saint-Honoré , n°. 296, à Paris.
- Sivard ( Ernest ), rue Saint - Germain - des-Prés , n°. 11 , à Paris.
- Société industrielle de Mulhouse.
- Société royale d’agriculture, sciences et arts de Lyon.
- Sulzer ( Henri ) , chimiste, rue de Corneille, n°. 5 , à Paris.
- L’abbé Talhouet de Brignac , vicaire général du diocèse de Reims.
- Talle, employé à la Pharmacie centrale des hôpitaux.
- Varaigne (Hector), homme de lettres, rue Saint-Nicolas d’Antin , n°. 2 , à Paris.
- Vincent, tabletier, rue Aumaire,n°. 40, à Paris.
- Le baron de Wolboc, ^ , inspecteur général du Ministère de la Maison du Roi , rue de Grenelle-Saint-Germain , à Paris.
- CORRESPONDANS ÉTRANGERS.
- Castillo (Manoel), pharmacien, à Grenade ( Espagne).
- Clauss, manufacturier, à Chemnitz (Saxe).
- Le prince Gagarin , chambellan de S. M. l’Empereur de Russie , à Saint-Pétersbourg.
- Grimauld-SantYago , manufacturier , à Madrid.
- Rodriguês, négociant, à Buenos A.yres ( république de la Plata ).
- Société des arts séant à Genève.
- Vogt ( François), manufacturier , à Dusseldorf.
- p.391 - vue 420/507
-
-
-
- ( %92 )
- TABLEAU^ par ordre alphabétique, des Brevets A invention, de perfectionnement et A importation, délivrés en France pendant Vannée 1826.
- Nota. Les lettres ( B. I. ) placées après l’énoncé des Brevets signifient Brevet d’invention ; (B. 1. P. ) ? Brevet d'invention et de -perfectionnement(B. P. ) , B revende perfectionnement ; (B. Imp.) , Brevet d’importation ; (B. Imp. P. ), Brevet d’importation et de perfectionnement ; ( B. I. Imp. ), Brevet d’invention et d’importation.
- NOMS ET PRÉNOMS . © g * w . | <î 3 « Cft K v DÉSIGNATION DES OBJETS
- des DOMICILE. DÉPARTEM. y <u ai u p P3 pour lesquels
- BREVETES. Q * « « Q. « « d les Brevets ont été accordés.
- D’àiguebelle (E--F.-J.).'.... Paris, ’ rue de l’Univer-, sité,n°.4o. , Seine. 3 mars. 5 ans. Procédés propres à reproduire , en lithographie , tous les végétaux, feuilles et fleurs. ( B. I.P.)
- Ai-rjsrr (E.) et Vanhoutem (S.)./ id. , rue de l’Èchi-quier, n°. 24. : u,. i5 févr. 10 ans. Scierie portative, propre à scier le marbre et la pierre. (B. I.)
- Allüaud frères Limoges. Haute-Vienne. 20 oct. 10 ans, s Procédé de broiement instantané et continu , à l’eau, qui opère la réduction en poudre impalpable, et la conversion en pâfe à émail, des substances siliceuses, terreuses et autres oxides métalliques. (B. I. )
- Andiuec (G.-J. ) .., ' Paris, rue du Petit-Reposoir, n°. 6. , Seine. 5 mai. iôans. Machine destinée à être mise en mouvement par certain gaz en remplacement de la vapeur d’eau. (B. I. P. )
- Anspach et Valentin. ....... Metz, Moselle. g sept. i5 ans. Nouveau moulin à huile. (B. Imp.)
- Antheauhe (G.). •••, Rouen. Seine-Infe'r. 2-3 juin. 5 ans. | Moyen de coudre mécaniquement les élastiques des bretelles en tissu de coton et autres. .'(B. I.P,)
- Arnaud (J.), Fournier (J.-B-) et Westerman frères Paris, rue Popincourt, nos. 4oet42. . Seine. 28 juillet 10 ans. Système de machines propres à ouvrir, peigner, préparer et filer, en toute longueur de fibres, la laine, le lin, le chanvre et autres ma-
- tières filamenteuses. ( B. Imp. P. )
- Arnut (P. ) Rochefort. 'Charente-Infer, 27 oct, 5 ans. Cheminée économique, préservant de la fumée 5 et machine propre à la ramoner. (B. I. )
- Avril Paris, r. Saint-Benoît, n°. g. Seine. 9 déc. 5 ans. 1 Voiture à deux roues qu’il appelle triolet. (B.I.) 1
- . Bailly (M.) id. rue de Richelieu , n°. 83. «. ! 11 août. 5 ans. 1 Procédé à l’aide duquel toute personne peut se prendre la mesure d’un habit, d’un panta-' Ion, etc. (B. I.P.)
- Barjïet (J.-G.) i id. r. Plumet, n°. a. id. 12 janv. i5 ans. [ Procédé propre à convertir le fer en acier. » (B. Imp.)
- id. id. 10 févr. i5 ans. Nouveaux procédés de fabrication de cha-i peaux. ( B. Imp. )
- Baron ( J.-L.-M.) id. rue de Mondovi, n°. 2. . «. i4juill. 10 ans. C [ Procédés de construction d’un four destiné à cuire le pain et autres substances ou matiè-i res. ( B. Imp. P. )
- Barras du Sni.isn "Valence. - A 5 ans. | Nouveau système de ponts à grande portée.
- ixj août.
- p.392 - vue 421/507
-
-
-
- ( 393 )
- NOMS ET PRENOMS des
- brevetés.
- Barret (voj-, Charmas). Bart (J.-A.) et Dorléans.
- Battendier.............
- Baudet ( voj-. Peeeecat). Béranger père et fils. .....
- Berèche (C.-E.).......
- Bernhardt (voj-. de BuCq
- Beroeea ( A.-F. )..........
- Bertaux (A.-M.)..........
- Berthauet (voj-. Mariotte).
- Berthaut (B.-L.).........
- Boucarut ( J.-L. ).
- Briery (P.)....
- Brocot (L. -G.). Bruguière ( H. ) .
- Bufnoir ( H. ) ,
- (J.-J.).
- DOMICILE. DÉPARTEM. R ^ a b « P s t < 3 « -H > S £ p fiÛ DÉSIGNATION DES OBJETS; pour lesquels
- \ fl rt g "ü ^ Q » <v -e les Brevets ont été accordés.
- i’ Paris, quai des Orfè-vres,n°. 38. | ’ Seine. io nov. 10 ans. I Mécanique propre à perfectionner la fabrication des verres d’optique. (B. I. )
- id. rue de Bussy, n°. i5. ' id. io noy. I 5 ans. 1 Malle en cuir à soufflet, avec serrure à | pompe, à cuvette ou sans cuvette. (B. I. ) l
- Rouen. Seine-Infér. 21 juill. 10 ans. Cylindre-débourreur, adapté aux carderies de coton. (B. I.)
- Paris, < rue Basse, porte ! S.-Denis, n°. 28. 1 ' Seine. 29 déc. 10 ans. ( Siège ordinaire et couvercle absorbant, à 1 l’usage des cabinets d’aisance. (B. I. P.)
- 1 l id. < rue du Helder, \ n°. i3. | id. 27 oct. - i5 ans. 1 Bobine et son chariot, propres à filer, étirer | et retordre le fil de soie, de lin, de chanvre , 1 de laine, de coton et de toute autre matière ' filamenteuse. (B. Imp. P.)
- 1, id. ' rue d’Antin, ' n°. 6. ; '«• 27 oct. i5 ans. ( Nouveau système de bateaux et de navires | à vapeur, construits plus légèrement que par [ la méthode ordinaire. (B. Imp. F.)
- id. ' r. Saint-Martin, n°. 102. | id. 10 nov. 5 ans. f Nouveau système de pendule ou balancier, ) consistant en une figure sur une escarpolette, 1 marchant en avant et en arrière, au lieu de I gauche à droite. (B. I.)
- | id. 1 r. Saint-Martin, n°, 48. 11 mars. 10 ans. û Moyen de rendre les voitures inversables. (B.I.)
- 1 id. • r. Montorgueil, n°. 5i, | id. 4 août. 5 ans. Tuiles à rebord et à rainures; et dalles en 1 terre cuite propres à remplacer les plombs ’ servant de gouttières. (B. I. P.)
- 1 id. • rue de Cléry, n°. 11. | id. 10 fév. 10 ans. ^ Procédés propres à la confection de pan- neaux inaltérables, à l’usage de la peinture. (B. I.)
- Lyon. Rhône. 22 déc. 5 ans. 1 Étoffe destinée à remplacer les fourrures avec 1 dessins variés ; et procédés de teinture des matières introduites dans sa fabrication. (B. I.)
- Paris, r.Bourgtibourg, n°. 24. . Seine. 5 mai. 5 ans. > Mouvement de pendule avec sonnerie à râ - i teau et échappement à repos. (B.I.) 1
- Nîmes. | Gard. 1 23 juin. 5 ans. f Perfectionnemens apportés à l’appareil distil- 1 latoire du Sr. Derosne. (B. 1. )
- Paris, . r. Neuve-Saint-August. ,n°.28. ’ Seine. 16 juin. 10 ans. Procédé propre à regénérer ou reproduire un cuir factice ou substance remplaçant le cuir . de peau animale. (B.I. Imp. )
- Lyon. Rhône. 9 sept. 5 ans. Galoches d’un nouveau genre. (B. P.)
- Clignancourt, 1 ( près Paris. 1 » Seine. ' 16 juin. 10 ans. ' Procédés de blanchiment, sèchement et repassage de toute espèce de linge par le moyen de la vapeur. ( B. I. )
- [ Paris, Palais-\ Royal, galerie ( vitre'e, n°. 215. j id. 2 juin. 5 ans. Composition nouvelle de platine. (B. I.)
- inee Décembre 1826. Hhh
- V
- p.393 - vue 422/507
-
-
-
- ( 394 )
- NOMS ET PRÉNOMS ! des 3 BREVETÉS. DOMICILE. DÉPARTEM. DATE de la délivrance des Brevets. DURÉE des Brevets. DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels les Brevets ont ète' accordés.
- Ofcqï‘F^- .., ' Paris, boulev. Mont- Seine. 10 nov. 5 ans. 1 Perfectionnemens dans la construction des fusils à piston et à bascule dits a la Paulr.
- martre, n°. io. 1 (B- I. P-)
- Lyon. Rhône. 5 mai. i5 ans. | Voiture mécanique à trois roues, que deux hommes font mouvoir, et application du me-! canisme de cette voiture à toute espèce d’usine. (B. I.)
- Paris, boulevart du Seine. 25 mars. 5 anS;. j Mécanisme qu’il appelle le guide du fileur, ,i ou renvideur régulier, s’adaptant aux mulls-jen-
- Temple, n°. 8. k nys. (B. I.)
- P.Tf 4TTWT7.TTF: £ fl. M^.. ’ id. 1 rue Porte-Foin , > id. 5 mai. 10 ans. i Encriers et écritoires à bascule et à soupape. » (B. I. ) Nouveau jeu de cartes. (B. ï. lmp. P.)
- T,p. jntfm.p.. . . . , , , ^ n°. 6. id. f id. 14 juill. i5 ans.
- Chàbssonnet ( P.~A. ) ' id, r. Saint-Denis, n°. 256. id. 1 27 nov. 5 ans. ( Méthode de fabriquer en toute sorte de mé- tal des boutons imitant ceux de soie de diffé-. rentes couleurs. (B. I. P.)
- Chereau ( P.-C. ) id., faubourg du Temple, n°. 18. id. 21 juill. 5 ans. Billard à blouses nouvelles. (B. I. P.)
- Pwp y k.wtwv.xk Saint-Quirin. Meurthe. 18 nov. 5 ans. Fourneau propre à consommer des braises, et principalement applicable aux séchoirs dits carcaisses, où l’on lait sécher le bois destiné,
- } dans les verreries, à la fusion de la matière à ^ vitrifier. (B. I.)
- Paris, rue du Temple, . n°. 22. id. 5 mai. 5 ans. Boutons à facettes métalliques. (B. I.)
- T,p. piÂmp. id. 18 nov. 5 ans. 1 Nouveaux procédés de fabrication de boutons 1 en corne et ergot. (B. I.)
- - Paris, rue des Enfans- id. 2 j uin. , j 5 ans. / Fabrication de boutons en écaille et en corne fondue, imitant ceux de soie de toutes couleurs, nuances, formes et dimensions, avec incrustation de la queue de paillettes d’acier, d’argent et d’or.-(B. I. lmp. P.)
- l Rouges, n°. 7.
- CxouÉ ( J.-C. ) id. rue du Bac, n°.i23. i id. 24 avril. 5 ans. • Presses lithographiques perfectionnées. (B. I.P.)
- CoEFFIER (H.-P.). Lyon. Rhône. 27 nov. 10 ans. Alphabet fait en tissu, papier, cuir ou car-i ton, en toutes dimensions et couleurs, et avec 1 dorures, propre à remplacer, dans les ensei-1 gnes et autres usages, tant sur le bois que sur le verre, les procédés ordinairement employés par les peintres. (B. I.)
- Paris, rue Richer, . Seine. 9 sept. i5 ans. . Métier à tisser mécanique, à manivelle intermittente, et à double ou simple fouet de na-
- n°. 24. vette. (B. 1. P.)
- Nevers. Nièvre. .9 juin. 5 ans. Pressoir à vin à double levier et à danaïde. (B. 1.)
- •Tlt. Prnvpvr'.K . • < Paris, rue Goquenard, n°. 21. l Seine. 16 sept. i5ans. J Procédé servant à chauffer la vapeur, de manière à la porter sans pression à un degré d’élévation plus ou moins considérable , et pour appliquer cette vapeur, soit comme calorique, soit comme moteur. (B. Imp.)
- p.394 - vue 423/507
-
-
-
- ( 395 )
- NOMS ET PRÉNOMS des BREVETÉS. BOMICILE. DÉPARTEM. DATE «le la délivrance des Brevets. DURÉE des Brevets. DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels les Brevets ont été accordés.
- CûRDIER ( J. - M.).. . . ... • Beziers. ’ He'rault. 26 janv. 5 ans. Pompe à double effet. (B. I.)
- Cordier (J.-L.'l et Datjeeé ( P.-H. )....' ’ Paris, rue Neuve St.- • Seine. 19 mai. 5 ans. • Machine propre à préparer les laines, les soies, etc. (B. Imp.)
- August., n°. 36.
- id. id. 22 déc. 5 ans. Machine à peigner la laine. (B. Imp.)
- CABOTS A T TF.). id. rue de l’Odéon, n°. 33. ' id. 22 déc. 5 ans. Procédés employés à la fabrication des fleurs en cheveux et eu soie. (B. I.)
- Condom. Gers. 23 juin. 0 ans. Machine à moudre les grains. (B. I.)
- Daeeeé (voy. Cordier).
- Davexne ( L.-D. ) Paris, rue du Bac n°. 35. Seine. 27 oct. i5 ans. Bandes mobiles de billard. (B. I. P.)
- Debergtje ( L.-N. ) i id. rue de l’Arbalète, n°. 24. id.' ' ; r. des Jeûneurs, n°. 19. ’ • id. 29 déc. i5 ans. î ' Récipient propre à transporter le gaz. (B. I.)
- . Debezis (P.-J.) « a. 6 oct. 10 ans. l Appareil de distillerie propre à extraire à chaud et à froid les parfums des fleurs et t autres substances. (B. I. ) \
- . Decaudin (J.-G. ) id. rue du faub. St.-Benis, n°. 214. J id. • r. Neuve-d’Or-leans, n°. 22; id. 24 avril. 10 ans. i Machine propre à fabriquer des franges. 1
- i TYKT.r.AMMtF ) id. 5 mai. i5 ans. 1 , ( Epuration mécanique, à tout degré de finesse { voulu, des substances minérales et végétales. ((B.I.) '
- Descroizieees (P.) Rouen. Seine-Infér. 28 avril. i5 ans. I C Appareils à combustion d’alcool, appliqués < au flambage de toute espèce de tissu de laine , ( de coton, etc. (B. I.)
- Despiau père Bordeaux. Gironde. 12 mai. 10 ans. | Machine propre à ouvrir, battre et nettoyer 1
- | la laine, qu’il appelle appréteur de laines. ( B. I. ) j
- Dietz (J.-E.) Paris, r. Chantereine, n°. 36. Seine. 3 nov. 5 ans. 1 { Machine à vapeur et pompe à eau, à piston i métallique et élastique, propres à remplacer les j chevaux dans toutes les circonstances, et à <. servir de moteur aux vaisseaux et aux bateaux j remontant les canaux, fleuves et rivières5 et f susceptibles d’être appliquées au dessèchement ^ des marais. (B. I.) 1
- Bueeman (C. - F. 1 Reimhardt ( J. - M. ).... Strasbourg. Bas-Rhin. i4 juill. 10 ans. 1 \ 1 Mouvement de bobine horizontale, à pression verticale, propre àla filature du coton. (B. I. P. )
- Bobbe (voy. Englerth). Dorléaus ( vojr. Bart ).
- Douet ( A.) Tours. Indre-et-Loire. 5 mai. 5 ans. 1 Vermicelle qu’il appelle analeptique au sagou, 1 au salep, à l’arrow-root, au tapioca, au lichen l d’Islande et au cachou. (B. 1.)
- Broksart (C. - J. 'i • Paris, rue du Grand-Prieure', n°. 16.1 Seine. 17 mars. i5ans. Système de navigation intérieure, qu’il ap-' pelle équipage anthelctique, mu par une ma-chine à vapeur, agissant sur des points fixes. ! (B. I.P.)
- H h h 2
- p.395 - vue 424/507
-
-
-
- ( 3g6 )
- NOMS ET PRENOMS des
- BREVETES.
- Drouin (J,,-B. )....
- Dubain (i>oy. Gary.) Dugueyt( C. ).......
- Dumery (L. ). .......
- Dumont frères et Poitevin ....
- Dupon ( J.-P. )..........
- Dussurgey ( A. ).........
- Dutertre (A.)............
- Duvoir ( N.-G. ).........
- EnGLERTII, REUEEAUXetDOBBE. Faeatieu ( J. )..........
- Favre (F.).
- Favreau ( E.-N. ).
- Fehr.
- Fichet (V.-M.).....
- Finot (G.-M.).......
- Fischer.
- DOMICILE. DÉPARTEM. DATE de la délivrance des Brevets. DURÉE des Brevets.
- Amiens. Somme. 19 août. i5 ans. 1 1
- Lyon. Rhône. 3i mars. 5 ans.
- Paris, rue de l’Aiguil-lerie, n°. 2. Seine. 24 avril. 5 ans.
- Pont de Bordes. Lot-et-Garonne. 10 fév. ioans. -
- Paris, rue aux Fers, n°. 18. ! Seine. 6 mai. i5 ans. | r
- Lyon. Rhône. 25 mars. 1 5 ans, i
- Paris, r. du Faub. Poissonnière, n°. 19. Seine. - 16 juin. 15 ans.
- id. r. du Houssaye,, n°. 1 lis. id. 10 fév. 10 ans.
- Esclnveiler. Bas-Rhin. 28 avril. 5 ans.
- Paris, rue Joubert, n°. 2. Seine. 2ojanv. 5 ans.
- Nantes. Loire-Infér. 7 avril. 5 ans. < !
- Gentilly, 1 près Paris. ! Seine. 21 juill. 1 i5 ans. | J
- Vie d’Essos. Ariègè.. 2 juin. 10 ans. ^
- Paris, quai de la Mégisserie, n°. 56. Seine. 3o juin. 1 10 ans. | . |
- id. courdes Coches, n°. 4i. id. 11 août. 1 5 ans. | 1
- Saulieu. Côte-d’Or. 10 fév. , • i5 ans. . ( .1
- Paris, r. Neuve-Saint-August., n°. 28. ' Seine. 9 juin. . I
- DESIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont été accordés.
- ( Procède de teinture rouge solide, qui s’ap-} plique à l’impression de toute espèce de tissus de coton. (B. I.)
- Métier mécanique propre au tissage de toute espèce d’étoffes de soie, de laine, de coton et de fil. (B. Imp. P.)
- Moteur hydraulique perfectionné. (B. I.)
- Appareil distillatoire continu ambulant, fixé sur une charrette. et condensant sans le secours de l’eau. ( B. P. )
- Appareil de chauffage et d’éclairage par le gaz hydrogène, qu’il appelle cheminée gazo-fumi-vore. (B. I.)
- Préparation d’une substance qu’il appelle gallate de tannin, propre à remplacer les astrin-.gens dans la teinture et autres arts. (B. I.)
- Nouvel instrument à l’usage de la vue. (B. I.)
- Lit à extension de lacolonne vertébrale. (B. I. )
- Machine propres fouler les draps. ( B. Imp. P. )
- Perfectionnemens apportés à la fabrication des fers en barres. (B. I. P.)
- Rouleaux de cylindres inaltérables, et d’exécution économique, propres tant aux presses d’impression des toiles peintes, et en taille-douce, qu’à l’apprèt des étoffes à la calandre et aux cylindres à chaud et à froid. (B. I.)
- Moteur hydraulique propre à l’exploitation des grandes usines, des filatures de coton et autres fabriques. (B. I.)
- Construction de vases clos portatifs, propres à la fabrication du charbon végétal, minéral ou animal. (B. I.)
- Outil propre à nettoyer les bouteilles. (B. I.)
- Machine propre à nettoyer les grains. ( B.
- ( Machi
- \ I- P- )
- Composition d’un carton imprégné de divers , oxides, propre à remplacer les cuirs a rasoir, ( et qu’il appelle eutkégone, oubonaiguiseur.(B.I.)
- Perfectionnemens dans les mécaniques propres à carder, à préparer et à filer la laine, ou toutes autres matières filamenteuses, et notamment à produire, dans le cardage des laines, un ruban et des préparations continues, au lieu de loquettes. (B. I. lmp. P- )
- p.396 - vue 425/507
-
-
-
- ( ^97 )
- NOMS ET PRÉNOMS des BREVETÉS. DOMICILE. DÉPARTEM. DATE <le la délivrance des Brevets. DURÉE j des Brevets.
- Fr,KÏSrHTNGRR . 1 ' Paris, rue du f. Mont- > Seine. 24 avril. 5 ans!
- martre, n°. 39.
- Fmrir.HP. aîrifi. . . , Hâvre. Seine-Infér. 3 fév. 10 ans.
- Fouquier (P. )..,.,.. Roubaix. Nord. 16 juin. 5 ans.
- Fournier (wy. Arnaud). Fràne ("F) j Paris, r. Neuve-Sainte- Seine. 20 oct. 5 ans.
- Élisabeth, n°. 2.
- FR¥?nj7.me. fils ^ Cï. V . Lyon. Paris, rue des Gravil-liers, n°. 4s. Rhône. 10 nov. i5 ans.
- Frichot ( P.-A. ) < Seine. 24 avril. 5 ans.
- Fromont (A.) id. rue Blanche , n°. 22. , id. 18 nov. 10 ans.
- Gaey Cazaeat id. r. Phelippeaux, n°. 11. * id. 1 déc. 10 ans.
- id. id. 3 nov. 10 ans.
- Le même, et Dubain ( A.).... Perpignan. Pyrén .-Orient. 10 nov. 10 ans.
- Ganahe (J. ) < Paris, rue St .-Lazare, n°. 73. Seine. 28 juill. i5 ans.
- Cancer (A.-J.) Lalande. Seine-Infér. 28 avril. 5 ans.
- Garnier dit Rousserin (J.)... Saint-George, île d’Oléron. 1 Charente-Infér. 5 mai. 10 ans.
- Gavedere-Geanny (labaronne) _ • Paris, r. Trudon, n°. 2. Seine. 16 juin. i5 ans.
- Gensour (A.-B. ) Bagnols. Gard. 27 oct. 10 ans.
- Godart ( J.-B. ) Amiens. Somme. 10 nov. i5 ans.
- Grégoire aîné et Lombard. ... Nîmes. Gard. 1 déc. 5 ans.
- désignation des objets
- pour lesquels
- les Brevets ont été accordés.
- Machine en acier coupant, propre à broyer les couleurs à sec, lorsqu’elles sont en pierres ou en morceaux. (B. I.)
- i
- 5 Système de bateaux bordés avec des planches ( croisées. (B. I.)
- I
- $ • Machine propre à fabriquer les peignes d’acier ( servant à tisser toute sorte d’étoffes. (B. I.)
- I ' ' '
- $ Cirage pour la chaussure, qu’il appelle lui-5 ans. ^ sont (je çor(lova. (B. Imp. P.)
- 1
- 1 Métier propre à la fabrication des filets à '• \ mailles carrées et fixes. (B. I.)
- Confection au laminoir, en fer ou en acier, de toutes les pièces connues, dans la fabrication de l’acier poli, sous le nom de pièces perlées.
- (B. I.P.)
- Mastic composé, propre à recevoir l’impression de tous les sujets, tableaux à l’huile ou à la détrempe, sur la toile , le papier, le bois, les métaux et la pierre $ et nouveaux procédés servant: les uns à l’impression du papier sur planches gravées, les autres à dorer et argenter sans mercure ni feu 5 et machine à imprimer les grands tableaux. (B. I. P. Imp.)
- Lampe et chandelier aérostatique, à briquet et à deux combustibles. (B. I.)
- Fusil à percussion avec sa cartouche. (B. I.)
- Moteur agissant sans machine, pouvant remplacer la vapeur dans les bâtimens de commerce ; et son application à un brûlot insubmersible sous-marin. (B. I.)
- Machine à vapeur rotative, susceptible de recevoir diverses applications, soit comme moteur, soit pour remplacer les pompes et les roues hydrauliques. (B. Imp.)
- Machine qu’il appelle lavoir économique des laines, propre à la fabrication des draps. (B. I.)
- Appareil distillatoire. (B. I.)
- Machine propre à la fabrication des briques, tuiles et carreaux. (B. lmp. P.)
- Moyen propre au chauffage des bassines a filer les cocons, avec économie de combustible. (B. I.)
- Machine propre à peigner la laine et autres matières. (B. I.)
- Mécanisme adapté au métier à mailles fixes, et combiné avec le mécanisme de Jacquard, propre à obtenir des étoffes qu’ils appellent tulle broché et blonde brochée. (B. I.)
- p.397 - vue 426/507
-
-
-
- ( 398 )
- NOMS ET PRENOMS des
- BREVETÉS.
- Mademoiselle Guersant.....
- Guigq ( C. )..............
- Guillaume (Y.-C. )....
- DOMICILE.
- Caen.
- Lyon.
- DÉPARTEM.
- Hall (E.)...............^ rue
- Hayward (J.)........
- Paris, \
- deCrussol, > n°. i3. )
- I
- id. | d’Enghien, > n°. 9. J I l
- !id. boul. St.-Jacq., n°. 4.
- Le même.
- Heurtault ( E.), Hipert ( E.)...
- Hoyau ( L.-A. ).........
- id.
- id.
- rue Richer, n°. 9 bis.
- Montpellier.
- Paris,
- rue de Paradis-Poissonnière , n°. 39.
- I
- id. | des Grands- / ust., n°. 28. !
- Madame Hue................./ rue
- ( August
- I
- ; id. r. Croix-des-
- Hunter (G.)................é Petits-Champs,
- (hôt. de la Marin.
- Saint-Etienne.
- Joarhit (P.).............
- Joly (R.-M.)................
- Paris,
- rue St.-Jacques, n°. 283.
- id. \
- Db Johgh (H.).......... .......^ passage des Pet.- >
- "'ères, n°. 1. )
- Joseph ( S. )............
- Julih Acharb.............
- Kirkelir ( P.-E. ).......
- Le même..................
- ( Pères,
- l
- ( id- r. Neuve Saint-
- August., n°. 28.
- Lyon.
- Paris,
- r. de Corneille, n°. 5.
- id.
- Calvados.
- Rhône.
- Seine.
- id.
- id.
- id.
- id.
- He'rault.
- Seine.
- id.
- id.
- Loire.
- Seine.
- id.
- id.
- Rhône.
- Seine.
- id.
- M S g Bd»
- 0!*
- H a?
- -w
- U
- S fQ
- a w <D HJ
- 11 août.
- 19 mai.
- 21 juill.
- 22 déc.
- 5 mai.
- 23 juin.
- 3 mars. i4 juill.
- 3i mars,
- 16 sept.
- 16 juin. 18 nov.
- 20 oct.
- 1 avril.
- 29 déc.
- 1 o fév. 9 juin-
- 4 août.
- 5 ans.
- DESIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont été accordés.
- Procédé propre à fabriquer le picot simultanément avec le corps même de la dentelle. (B. I. )
- I Métier mécanique à deux étages, avec régu-10 ans. labeur à vis sans fin. (B. I. P.)
- - Perfectionnemens apportés à la broie méca-
- ôans. nique <Je M. Laforest. (B. I.)
- Nouvelle pile à fouler les draps. (Bi lmp.)
- . \ Appareil à vapeur, propre à faire bouillir
- ® anS’ j toute espèce de liquides. (B. I. Imp.)
- (Perfectionnemens dans la construction d’un appareil et d’une nouvelle méthode de filtrer et clarifier les sirops, et les préparer au raffinage. (B. I.)
- 10 ans. | Drague circulaire avec ses accessoires, (B. I.)
- 10ans I Procédé propre à tirer la soie des cocons, et
- j à la filer. (B. I.)
- I
- (Machines propres à exécuter rigoureusement les surfaces planes, sphériques, cylindriques et 10 ans. < coniques, et qui sont applicables à la fabri-f cation des glaces, des verres d’optique, au dressage et polissage des marbres. (B. I.)
- 5 ans J tes prêtes à recevoir l’or, et destinées à l’enca-j drement des tableaux, estampés, ainsi qu’aux f décors intérieurs d’appartemens. (B. I.)
- 5 Voiture portant avec elle sa route en fer. !5ans. j (B j
- 5 ans.
- 5 ans.
- i5ans.
- 5 ans.
- 5 ans.
- 5 ans.
- Procédé propre à confectionner des baguet-s prêtes à recevoir l’or, et destinées à T ement des tableaux, estampés, ainsi décors intérieurs d’appartemens. (B. I.
- :u
- )
- Appareil propre au décatissage des draps et autres étoffes, à la vapeur de l’eau bouillante.
- (B.I.)
- Nouvelle chaussure imperméable. (B. 1.) Machine propre à filer la laine. (B. Imp.)
- Nouveau mécanisme à adapter aux presses à vis pour en augmenter la puissance. ( B. Imp. P. )
- Bains portatifs à domicile. (B. I. P.)
- Moyen de fixer les bateaux qui naviguent sur les fleuves et rivières, et qu’il appelle ancrage instantané. (B. I.)
- i5 ans. | Système de navigation intérieure, sur un an-( crage continu. (B. I.)
- p.398 - vue 427/507
-
-
-
- ( 3gg )
- NOMS ET_ PRENOMS' des
- BREVETÉS.
- Keepfeb Défaut. Knowies ( J. ). .
- Laborde (J.). . •
- Lamartisière.
- Eakglois ( Th. )..........
- Large ( B. )..............
- Larguier ( P. )...........
- Lebourlier (F.-P.)........
- Leboüyer de Saint-Gervais. .
- Lechartier (J.-F.)........
- Lelyon ( J.- P. ).........
- Lemarchand frères.., Lemoike et Meurice.
- Lenoble ( J.. ). . . Lenoir ( b.-A.).
- domicile.; DÉPARTEM. DATJ3 <le la délivrance des Brevets. H 1 -PS 0 g s O 8 DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels les Brevets ont été accordés.
- Lyon. Rhône. 10 fe'y. 10 ans. Forte-piano d’une nouvelle construction. (B. Imp. P.)
- Paris, rue du Petit-Reposoir,n°. 6. ' Seine. \ 9 sept. 10 ans. Système de construction de mâts de vaisseaux de ligne, frégates et bâtimens de commerce, de première classe. (B. I.)
- id. rue St.-Joseph, n°. 3. 1 id. 27 oct. 5 ans. ' ‘ Appareil mécanique propre à évaporer, à con-’ centrer, à épaissir et à clarifier les liquides ou [ toute substance liquéfiée. (B. Imp. P.) r
- id. rue Neuve-St.-Laurent, n°. 6. id- 19 août. 6 ans. 1 Régulateur propre à régler l’émission du gaz. (B. I.)
- id. quai Voltaire, 11°. 21. id. 17 mars. 10 ans. Mécanique qu’il appelle va-à-amont, propre à faire remonter les bateaux par la force du courant. (B. I. Imp.)
- id. rue de la Verrerie, n°. 83. Lyon. ' id. . Rhôn e.. 2 juin. 20 janv. 5 ans. i5 ans. • Robinet pouvant s’adapter à toute machine contenant du gaz ou fluide quelconque. (B. I.) Système de chaudières propres aux machines à vapeur. (B. I. P.)
- Moissac. Lozère.. 29 déc. 5 ans. < Nouvelle application de la vapeur au chauffage de l’eau, dans les filatures.de la soie. (B. I. P.)
- Paris, r. Plielippeaux, n°. 27. Seine. 20 oct. 5 ans. Moyen de dépouiller le poivre noir de son écorce, et de le blanchir. (B. I.)
- id. rue N.-D.-des-Victoir., n°. 16. . id 16 juin. 10 ans. Appareil mécanique qu’il appelle 'voltige, propre à remplacer, dans les jardins publics, le jeu des montagnes russes. (B. I.)
- id. r. Cr.-des-Pet.-Cliamps. Versailles. • id. Seine-ct-Oise. 24 fév. 10 nov. 10 ans. 5 ans. 1 Machine propre à la fabrication des clous d’épingle. (B. I.) Carabine tournante à quatre coups, ne portant qu’un seul canon, et pouvant à volonté servir de fusil, en adaptant un canon en remplacement de celui delà carabine. (B. I.)
- Canteleu. Seine-Infér. 3 mars. 5 ans. Séchoir condensateur à air chaud. (B. 1. P.)
- Paris, rue Ri cher, n°. 17. id. ’ Seine. 20 oct. 16 ans. Machine à broyer les couleurs. (B. I.)
- id. 16 sept. 5 ans. Nouveau moyen de peigner la laine par mécanique. (B. I. Imp.)
- id. quai delàMe'gis-serie, n°. 66. . ^ id. j5 fév. 10 ans. Procédés de production, de conservation et de transport de la glace, applicables à divers objets d’utilité. (B. I. P.) '
- id. rue St.-Honore', n°. 247. id. 10 fév. 5 ans. | Machines servant à procurer à la combustion 1 du gaz une lumière constante et regulicie. (b. I.j
- id. \ r. Montmartre, n°. iG. id. 14 juili. 5 ans. Pâte propre à détruire les punaises. (B. I. )
- p.399 - vue 428/507
-
-
-
- ( 4oo )
- NOMS ET PRÉNOMS des DOMICILE. DÉPARTEM. >ATE délivrance Brevets. w g pi s. DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- BREVETÉS. H d « S 0 s "d les Brevets ont été accordés.
- Paris, r. St .-Lazare, • Seine. 29 déc. 10 ans. 1 Lampe génératrice de son gaz, qu’il appelle gazo-lampe. (B. Imp. P.)
- n°. 37.
- Leprince et Poulain id. r. des Amand.-Popinc., n°. 11. id. 29 déc. 5 ans. Machine à laminer le coton. (B. I. P.)
- Lequart . id. r. du faub. St.-Antoine, n°. 58. [ id. 1 déc. 10 ans. « Fabrication des moulures en cuivre sur bois, notamment pour bordures de glaces, montans 1 ronds et carrés, et petit bois de tout profil, employés dans les devants de boutiques. (B. I.)
- Lerichè aîné ' id. rue Michel-le-Comte, n°. 26. id. 1 déc. 10 ans. 1 . Application de la machine de guerre des an- ciens, dite catapulte, à l’extraction, au déblai . et remblai des terres. (B. I. P.)
- Levavasseur-Précour (G.-L.).] id. rue de Cléry, , n°. 11. id. 17 mars. i5 ans. • Système dé machines propres à filer la laine peignée. (B. Imp.)
- id. id. 25 mars. i5 ans. Système de fahrication de tuiles, briques et carreaux. (B. Imp. P.)
- - Alençon. Orne. 22 sept. 5 ans. 1 Amorçoir à l’usage du fusil à piston, système
- ( rreiat. { u. 1. ) j Procédé de fabrication de pierres de taille
- | Paris, rue Coquenard, n°. 36. Seine. 23 juin.
- chitecture de même matière. (B. I. P.)
- id. id. 2 sept. 10 ans. Cheminées qu’il appelle parisiennes, préservant les appartemens de la fumée. ( B. I. P. )
- Lombard ( -uoy.-Grégoire ).
- Nuits. Côte-d’Or. 5 mai. 5 ans. . Machine propre à percer les planches destinées à recevoir les bouteilles vides. (B. I.)
- id. id. 9 sept. i5 ans. , Machine propre à préparer le lin et le chanvre non rouis. (B. I.)
- Tours. Indre-et -Loire. 10 fév. 5 ans. Fusil à percussion perfectionné. (B. I.) Appareil distillatoire, propre à la fabrication des liqueurs d’après les procédés usités aux Antilles. (B. I.)
- Maillard-Dumeste (J.-F.). Paris, rue de la Bû-cherie,n°. 18. Seine. 2 juin. 10 ans. <
- Malbec (A.) ' id. r. du Foin-St.-Jacques, n°. 28. id. 27 nov. 5 ans. Manière de préparer et conserver l’extrait de lait ou lait de voyage. (B. I.)
- Manicler ( N. - H. ). ; ....... id. r. du ait.-Blanc , { n°. 28. id. 11 août. i5 ans. Préparation d’une substance qu’il appelle vaxè-mej propre à la confection des bougies. (B. Imp.)
- ' Marchand ( J. - F. ) .. ' id. r. Saint-Denis, n°. i55. > id. 24 avril. 5 ans. 1 Machine propre à découper, dans des plaques de métal, des écrous et des rondelles, et à forger des pièces de différentes formes. (B. I.)
- Mariotte ( E. ) et Berthault • Ghâlons. Saône-et-Loire. 10 fév. 5 i5 ans. < Construction de toitures, plafonds, planchers, cloisons, etc,, à l’épreuve du feu, au moyen de fils métalliques revêtus, en dessus et en dessous, d’un enduit quelconque. (B. I.)
- v u . |
- Louviers. Eure. . 28 juill. 5 ans. < Cône avis sans fin, propreà remplacer l’ouvrier dans la conduite du chariot des filatures mécaniques. (B. I.)
- p.400 - vue 429/507
-
-
-
- NOMS ET PRENOMS des
- Meurice (voy. Lemoine)
- Middendorp. . «......
- not. des r ermes.
- I I
- ( id., rue du faub. Mouton (V.) et Guiot (J.-G.). |St.-Ant., n°. i5.
- domicile.
- Paris, rue de Gren. -St .-Hon., hôt. des Fermes.
- DEPARTEM.
- Napier ( Ch. ) et Polonceau
- (A.-R.).. ......
- I
- id. i rue de la Paix, n°. 6.
- Cernay. Paris,
- Neale (J.).........
- Paris,
- Nichols ( J.-B. ).. ........l rue St.-Nicolas,
- ( u°- i7-
- Nichoison ( J. ).......
- f
- Le même.
- Le même.
- Norbert - Rielieüx.
- id.
- rue des Fossés-Mont., n°. 2.
- id.
- Lille.
- is, )
- iis-le- > n°. 16. )
- ( id- )
- / r. Contrescarpe, >
- ( n°. 2. )
- Paris rue Louis Grand
- id.
- pAittETTE ( L. ).............{ r.Contrescarpe,
- n°. 2.
- id.
- rue des Bons-Enfans, n°. 19.
- Pape ( J. - H. ).
- Le 1
- id.
- id.
- Pattjrlé - Lupin. ...........,. • \ rqe Pelletier,
- ( n°. 2. j
- f -, *
- i )
- Pellecat ( L. )...............< r. N.-des-Petits- \
- (Champs, n°. 26. )
- Le même et Baudot.....
- id.
- id.
- Perot (J. -B. - D. ).....| rue Maubuée , t
- i n°. 5. )
- 1 1
- ( ld‘ . )
- Perpigna ( A. )..........< r. du faub. Pois- >
- ( sonnière, n°. 8. )
- Vingt-cinquième année. Décembre 1826.
- Seine,
- id.
- id.
- Haut-Rhin.
- Seine.
- id. .
- id.
- Nord.
- Seine.
- id.
- id.
- id,
- id. ;
- id.
- id.
- id.
- id.
- W £ f
- H | S
- < S Æ
- fl d s
- 27 nov. 29 sept.
- 9 sept.
- 10 nov.
- 6 oct.
- 25 mars.
- 21 juill.
- 3 nov.
- 19 mai.
- 3i mars.
- 29 déc.
- 5 janv.
- 4 août.
- 3i mars.
- 19 mai.
- 9 déc.
- DESIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont été accordés.
- Sans. Machine à imprimer. (B. lmp. P.)
- _ J Bâtons couverts en doublé d’or, d’argent, cui-
- 5 ans. j Tre roUge ^ zinc et e'tain uni et décoré. (B. I. P. )
- . • ! , . .
- 10 ans. T Système de barrage écluse' flottant, propre à l la navigation des rivières et canaux. (B. I. )
- 6 ans x Machine à vapeur à double pression. ( B. ( lmp. P. )
- Appareil propre à rafraîchir la bière. (B. I.)
- i5 ans.
- i5 ans.
- 5 ans.
- Machine servant à conduire, à la surface des bobines ou broches, les rubans de coton , de fil, etc., et à guider et comprimer ces mêmes rubans à cette surface. ( B. Imp. )
- Appareils propres à renfermer et à transporter le gaz hydrogène. (B. I. P.)
- Moyen perfectionné propre à donner, dans les machines de préparation, et dans celles dont l’objet est de filer et de retordre les matières fibreuses, le mouvement nécessaire aux bobines, tubes et autres instrumens servant à rouler le ruban ou le fil. ( B. Imp. )
- Moyen d’obtenir immédiatement le gaz hydrogène carboné à une pression plus ou moins grande.
- (B-E)
- Chaussure qu’il appelle à semelle ligno-métal-lique. (B. I.)
- Piano perfectionné, à sommier fendu et à nouvelle disposition de marteaux. (B. P. )
- ( Machine à percer et à débiter les bois de pla-
- Î cage, ainsi qu’à tourner et moleter les bases et les chapiteaux des pieds de pianos, et autres meubles. (B. I. P.)
- \
- 5 ans.
- i5 ans.
- 5 ans.
- i5 ans.
- Machine destinée à dégager les tissus de toute espèce, des nœuds, vrilles et autres aspérités qui se trouvent sur leur surface. (B. I.)
- Métier à tisser mécaniquement toute espèce d’étoffes. (B. lmp.)
- Machine propre à arçonner et bastir les chapeaux d’homme. (B. Imp.) .
- Procédés et composition servant à marquer les points des jeux de cartes, dominos, etc. ( B.
- I- P-) ..........
- Procédés perfectionnés propres à vaporiser l’eau, (B. lmp.) :j /
- Iii
- p.401 - vue 430/507
-
-
-
- ( 4°2 )
- NOMS ET PRÉNOMS • des
- BREVETÉS.
- PlGEAU ( N. - E. )’.....
- Poitevin ( voy. Ddmont). Polonceau ( voy. Napier ). PoOLE (M.)..............
- Le même..............
- Le meme..............
- Poueain ( voy. Leprince ). PoUEEIOT (J.-Y.).....
- Ravier ( P. ).. , Reboül ( F. ). . PlEDMUKD ( D. ).
- Madame veuve Regnaued. ... Reinhardt ( voy. Dileeman ) . MadameV®. Renaux-Bainvieee. Reuleux (voy. Englerth).. Rimbert ( F. - N. )......
- Rivaux (A. ).
- Rodier fils... Rotch ( B. ). . Roth ( L. ) ... Rouard (F.).
- Saint-Étienne (F.-X. ).....
- B S ï Ë3 0 > DÉSIGNATION DES OBJETS
- DOMICILE. DÉPARTEM. b1 © «s £ P p ' pour lesquels
- P » V rO les Brevets ont été accordés.
- Paris, cour Batave, n°. 124. Seine. 12 janv. 5 ans. 1 Huile qu’il nomme huile de castor, propre à faire croître les cheveux. (B. I.)
- id. r. du Marché-St.-Hon., n°. ii. id. 23 juin. i5 ans. 1 Procédé propre à tanner les peaux, en employant 1 la pression de l’air atmosphérique. (B. I.)
- ici. id. 21 juill. i5 ans. Alliage imitant l’or. (B. I. )
- id. id. id. i5 ans. i Procédé propre à orner et décorer en relief \ toute sorte d’objets en métal. (B. I.)
- id. r. du Jardin-du-Roi, n° 27. id. 29 déc. 5 ans. Régulateur pneumatique applicable aux ap -pareils à gaz hydrogène et aux machines à leu. (B.I.)
- id. rue du Faub. du Temple, n°. 52. id. 2 juin. 10 ans. Composition qu’il appelle cerfe des dames, ( B. I.P.)
- Marseille. B.-du-Rhône. 20 janv. 10 ans. Scie qu’il appelle sansjin ou rondin. (B. I. )
- Paris, r. Neuve-Saint-August., n°. 28. Seine. 3i mars. i5 ans. 1 Perfectionnemens dans la construction des ba- ! teaux et navires. (B. Imp. P.)
- id., r. Caumartin, n°. 45. . id. 19 mai. i5 ans. 1 Préparation d’un bonbon pectoral qu’elle ap- ( pelle pâte pectorale balsamique. ( B. I. )
- Givonne. Ardennes. 24 avril. 5 ans. Machine qu’elle appelle pluseuse, propre à nettoyer la laine destinée à la fabrication des draps. ; ( B. 1. )
- Paris, vieux Marché S.-Mart., n°. i5. Lyon. 1 Seine. Rhône. 20 janv. 27 oct. 5 ans. 5 ans. Lampe mécanique. ( B. I. ) f Navette de tisserand, oùla cannetteéprouve un mouvement rétrograde de rotation, qui se fait sentir précisément à la fin de chaque lancée, et 1 qui fait remonter sur la cannette la portion de ^ la trame qui s’était dévidée de trop. (B. P.)
- ' Paris, 'rue Montaigne, ' n°. i4. [ Seine. 2 juin. i5 ans. 1 l Roue servant à régulariser l’émission du gaz 1 comprimé. (B. I. )
- j Nîmes. Gard. 3 mars. i5 ans. | Procédés propres à donner toute espèce d’ou- 1 vraison à la soie, à la laine, au coton, etc. (B.I.)
- : Paris, Mar.-St.-Hon., n°. 11. > Seine. 28 avril. i5 ans. 1 ) Procédé propre à filer, tordre, doubler et or- ( gansiner la soie. (B. Imp.)
- Sceaux. id. 18 nov. 10 ans. [ Système de distillation dans le vide, avec ou f sans dépense de chaleur. ( B. I. )
- , Paris, rue du Jour, { n°. i9. . id. 3 mars. 5 ans. 1 - ( Fabrication de tuiles propres aux couvertures ) des bâtimens. ( B. I. P. )
- id. r. de la Colombe, t n°. 4. J 12 janv. 5 ans. r Machine propre à séparer, au moyen d’ùn ta- * mis mécanique, la fécule de pomme de terre de 1 son parenchyme ou marc. (B. I.)
- id., rue de la ' Cbaus. d’Antin, n°. 32. ) id. 25 mars. i5 ans. / î Système de barrage et vannes propres à faci-» liter la navigation. (B. Imp. P.)
- p.402 - vue 431/507
-
-
-
- ( 4q3 )
- Stuckens (P.-G.).. SüTTIL ( J. )......
- Tastemain (P.-N. ).
- Tespaz ( P. ).....
- Thérok ( J.-P. ),... Thieoriee (A.-J.).
- Vallée ( S. )..........
- Vanhoutem ( voy. Allen).
- DOMICILE. DEPARTEM. H 2 S S < fl ffl S < ; -3 DURÉE des Brevets.
- Paris, ! rue du Mail, ^ n°. i. ! Seine. 26 janv. i5 ans.
- 1 id. 1 rue du Port-Mahon,n0. 3. ' id. ' ; 24 févr. 10 ans.
- • Rouen. Seine - Infér. 28 juill. 10 ans.
- Paris, rue St.-Lazare, n°. 7-3. Seine. 6 oct. 10 ans.
- id. id. 29 déc. 5 ans.
- id. rue du Helder, n°. i3. , id. 3o juin. i5 ans.
- Senonches. Eure-et-Loir. 12 mai. i5 ans.
- Paris, r. des Filles-St.-Thomas , n°. 2. Seine. 2 juin. 10 ans.
- Lyon. Rhône. 26 janv. 5 ans.
- Paris, place Vendôme, n°. 2i. | Seine. 12 mai. 5 ans.
- id., rue du Mar.-St.-Hon., n°. ii. 1 i id. 4 août. 10 ans.
- id. rue de l’Ouest, n°. 7. > . id' . 2 juin. 5 ans.
- id. r. Saint-Lazare, n°. 73. . id. 21 juill. io ans.
- id. r. du faub. Poissonnière , n°. 32. 1 t id. 10 févr. i5 ans.
- id. r. Neuve-Saint-Augustin, n°.2S. - 1 id. 1 ’ 5 mai. i5 ans.
- ' id. rue St.-Déni», n°. 3n. id. 16 sept.. 10 ans.
- '
- DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont été accordés.
- Machine qu’il nomme mull-jenny perfectionnée, propre à filer le coton, la laine et toute autre matière filamenteuse. (B. Imp.)
- Préparation d’un extrait composé des parties salubres du malt et du houblon, au moyen duquel il obtient diverses espèces de biere. (B. Imp.)
- 1 Appareil propre à dégraisser et à laver les lai-l nés destinées à la fabrication des draps. ( B. I. )
- 1
- / Procédés propres à imprimer ou à peindre,
- J des deux côtés, la surface des tissus, des étoffes \ en fil, soie, laine ou coton , et généralement tou-I tes les matières qui en sont susceptibles. ( B.
- ! Imp. P.) :
- Cor sans ton de rechange. ( B. Imp. )
- Série de machines propres à préparer et à filer le lin, le chanvre ou toute autre matière fila-menteuse. ( B. Imp. P. )
- Machine propre à couper le blé dans les champs. (B. I. )
- Appareil qu’il appelle fumivore vaporisateur, condensateur, propre à condenser la vapeur produite par la combustion du gaz, de l’huile, etc.
- (B.I.P.)
- I
- S Cantre, ou machine propre à ourdir la soie.
- j (B‘L)
- I Lampe qu’il appelle hydrostatique, à réservoir inférieur, propre à remplacer celles dites a la Carcel, et ne renfermant aucun rouage ou pièce mobile. ( B. I. )
- 1
- î Procédé propre à faire mouvoir les voitures ) à l’aide de la vapeur. (B. Imp.)
- ! Machine destinée à composer les pages de caractères d’imprimerie, et qu’il appelle composi-teur typographique. ( B. I. )
- Écritoire mécanique, fournissant de l’encre toujours liquide, et qu’on fait disparaître à volonté, de manière qu’elle ne puisse se répandre. (B. Imp. P.)
- Mécaniqne propreà scierie marbre et la pierre, et à faire des rainures. (B. Imp. )
- Perfectionnemens apportés à la composition et à la construction des chronomètres. (B. Imp. P.)
- | Fabrication de fil de coton à coudre, qu’il ap-j pelle coton - cordonnet, (B.I.P.) _
- p.403 - vue 432/507
-
-
-
- (4°4)
- DOMICILE. DÉPARTEM. BATE de la délivrance des Brevets. DURÉE des Brevets. DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels les Brevets ont été accordés.
- l' Paris, quai aux Fleurs, n°. 21. „ Seine. 5 janv. 5 ans. 1 Tissu qu’il appelle mexico-francais, destiné à | fabriquer des chapeaux. ( B. I. )
- ( id. < rue de Grenelle ( St. - Honoré. i 24 avril. 5 ans. Machine qu’il appelle table mobile, propre à | battre le blé et autres grains. ( B. I. )
- 1 1 id. Palais - Royal, .gai. vit., n°. 24i. l 1 id. 23 juin. 5 ans. Moyen d’apprendre à écrire en peu de temps. (B.I.) 1 \ Voiture portant avec elle sa route en fer, qu’il | appelle locomotive universelle. ( B. I. )
- Lorient. Morbihan. 2 juin. 10 ans.
- Paris, • r. de Richelieu, n°. 88. Seine. 3 nov. iâans. . Bretelles, ceintures et jarretières élastiques, dont les ressorts sont couverts en tissu double. (B.I.)
- Nancy. Meurthe. 24 févr. i> ans. - Instrument de musique qu’il appelle guitare-basson. {B.I.)
- Rouen. Seine - Infér. 10 nov. 5 ans. ' Méthode servant à faire écrire droit sans être tracé. ( B. I. P. )
- Versailles. Seine - et - Oise. 2â mars. 5 ans. < Calèche qu’il appelle calèche - Weydeman. (B.I.)
- Paris, \ r. du faub. Pois-1 sonnière, n°. 8. ( Seine. 18 nov. i5ans. < Perfectionnemens dans la vaporisation de l’eau destinée aux machines à vapeur, ou à d’autres usages. ( B* lmp. )
- Rixheim. Haut - Rhin. ! 10 nov. 1 10 ans. | Moyen de substituer au mode actuel d’impression des papiers à la main celui d’impression au rouleau gravé en creux et en relief. (B. I. )
- NOMS ET PRENOMS des
- BREVETÉS.
- VlNÇARD (B. -A. ).
- Vital ( P.)..., Walker (G. ). Walker ( J. ).
- Warneke (L.-G.).....
- Werdet................
- Westerman ( voj. Arnaud ).
- Weydeman (J.-P.)......
- Wilkinson ( voj\ Bérard ).
- Wilks (J.) ............
- ZüBER ( J. ).
- Nota. Le nombre des Brevets délivrés en 1826 est de 2i3, dont 51 Brevets d’importation.
- IMPRIMERIE DE MADAME HUZARD (née Vallat la Chapelle), rue de l’Éperon, n°. 7.
- p.404 - vue 433/507
-
-
-
- TABLE ANALYTIQUE
- Et raisonnée des Matières contenues dans la vingt-cinquième année
- du Bulletin. ;
- - -= - A. . ' — • - ; "
- ^ca.cia , les graines de cet arbre fournissent une teinture noire, 60.
- Accords, manière de les régler dans les instru-mens de musique, 299.
- Acide carbonique liquéfié, sa force expansive appliquée à la production d’une puissance mécanique, 77. -
- — Hydrochlorique, employé pour dissoudre le dépôt calcaire d’une conduite d’eau, 119. — Pour aviver la teinture en bleu de Prusse , 287.
- — Nitrique, prix proposé pour indiquer ses
- — effets sur les planches de cuivre à l’usage des graveurs (progr.), 29.
- — Pyroligneux, conserve les substances animales , 233.
- — Stéarique ., employé dans l’éclairage (brev.
- françQ, 3o. '
- Acides , dissolvent les dépôts de chaux carbo-natée contenus dans les vases , 118.
- Acier, manière de le forger et de le contourner pour former les mèches des tarières en hélice , 81. —De le fondre , par M. Needham, 126. —De le préserver de la rouille (progr.), 31. • i
- — Fondu de M. Irroy, i38. •— De M. Jappy, 381. — Essais faits avec ce dernier , 382.
- Affiches nouvelles (brev. franc.), l\<x i
- Affiloirs pour repasser les rasoirs, i3o.
- Affinage des monnaies à bas titre , 124.
- Aitken et Steele , rapport sur leurs fonderies ,
- 161. ’— Une médaille d’or leur est décernée,
- 162. <
- Aiguilles à coudre, prix pour la fabrication des (progr.), 8.
- Alambic de M. Maillard-Dumeste , i83.
- — De sûreté (brev. angl.), 97. A
- Albâtre , moyen de le creuser, i32 (méd. déc.),
- 188. . ........ : - ..... f.,.„ .
- Alcool, de son emploi dans le raffinage des sucres, 37.-^-Ses avantages , 59.
- Alimens, de leur cuisson dans la poêle de M. Portier, 3o6.
- Allemagne, état de l’industrie dans ce pays, 23?..
- Alliage laminé pour recouvrir les édifices ; par M. Pope, 127.
- — Imitant l’or , 184 ( brev. franç. ), 402. — Imitant l’argent, 235.
- — Métallique, moins oxidable que le fer et l’acier 5 prix pour la découverte d’un (progr.), 3o. — Moyen d’affiner les, i?5.
- Amalgame, composition de celui pour étamer l’intérieur des globes de verre (progr.) , 28.
- Amidon, de sa conversion en sucre , 233.
- Amorçoir pour fusil à piston ( brev. franc. ) , 4oo. : , ; ••
- Ancres de vaisseaux, nouveau moyen de les transporter (méd, déc.), 189. , ... .
- Appareil pour la production du gaz hydrogène, employé à Londres , 13.
- — Pour débourber les minerais de cuivre , 74.
- — Dans lequel la vaporisation du gaz acide carbonique liquéfié produit un effet mécanique ; par M. Brunei, 76. —Manière dont il fonctionne, 78.
- — Pour dégorger des conduites d’eau, par M. Darcet, 120.
- — Pour éclairer les salles de spectacle , 129.
- — Distillatoire de M. Maillard-Dumeste, rapport sur 1’, i83 (brev. franç.) , 4o°*
- — Pour former la glace dans le vide (progr.) ,
- 46.
- Kkt
- Vingt-cinquième année* Décembre 1826.
- p.405 - vue 434/507
-
-
-
- ( 4°6 )
- Appareil électro - magnétique ( méd. déc. ) , 188.
- — Pour respirer librement dans des endroits
- remplis de vapeurs suffocantes ( méd. déc.), 188 (brev. franc.), 38. ;
- — Pour soutenir la rotule et le genou (méd. déc.), 189.
- — Pour le grillage des étoffes par le gaz (brev. franc.) , 25.
- — Dans lequel l’eau est vaporisée pour l’usage des machines à vapeur (brev. franc.) , ib.
- — Applicable aux bateaux à vapeur pour détruire le rémous des eaux (brev. franc.), 26.
- — Pyrotechnique, propre à l’éclairage et au chauffage (brev. franc.), ib.
- -—Mécanique, applicable aux voitures à vapeur (brev. franc.), 27.
- — Pour filtrer l’eau (brev. franc.) , ib.
- — Pour essayer la spirituosité des vins (brev.
- franc.) , 29. c
- — Pour ourdir et parer les chaînes des tissus (brev. franc.), 3o.
- — Pour mettre les liquides en tonneaux (brev. franc.) , 35.
- —Pour mettre en équilibre l’échappement d’une pendule (brev. franc.), 36.
- — Pour l’éclairage au moyen du gaz comprimé (brev. franc.), ib.
- —Pour carboniser la houille (brev . franc.), 37.
- — Pour flamber les tissus de laine ( brev. franc.), 396.
- — Pour filtrer et clarifier les sirops (brev. franc.), 398.
- — A vapeur, pour faire bouillir les liquides (brev. franc.) , ib.
- — Pour le décatissage des draps (brev. franc.),
- 399.
- — Pour remplacer les montagnes russes (brev. franc.), ib.
- — Pour rafraîchir la bière (brev. franc.) , 401.
- — Pour transporter le gaz (brev. franc.), ib.
- — Pour dégraisser les laines (brev. franc.), 4o3.
- — Pour condenser la fumée produite par la combustion du gaz (brev. franc.), ib.
- — A gaz carbonique (brev. angl.), 94*
- — Pour faire mouvoir les bateaux (brev. angl. ),
- ib. ’
- — Pour mesurer l’écoulement des liquides (brev. angl.), ç5.
- — Filtrant, nouveau (brev. angl.) , 95.
- — Pour préparer le café et le thé (brev. angl.),
- 96.
- — Pour filer la soie (brev. angl.), ib.
- — Pour générer la vapeur (brev. angl.), 97.
- — A plonger (brev. angl.), 99.
- — Pour donner le mouvement aux mulls-jen-nys (brev. angl.), ib.
- — Pour alimenter les fourneaux de charbon (brev. angl.), 100.
- — Pour empêcher l’eau de geler (brev. angl.),
- 101.
- — Pour boucheries bouteilles (brev. angl.),i6.
- — Pour produire le gaz (brev. angl.), ib.
- — Pour dessiner d’après nature (brev. angl.), j 02.
- — Pour remplacer les corsets (brev. angl.), io3. Arbre de la Mana, couleur que produit son
- écorce, 224.
- Argent, alliage qui l’imite , 235. .
- Argile, quelle est la plus convenable pour faire des creusets (progr.), 11.
- Armes à feu nouvelles (brev. franc.) , 37 ( brev. angl.), 995 101 *
- Ateliers de filature, loi qui règle l’admission des enfans dans les, i36.
- — De construction de MM. Cazalis et Cor-dicr, 164.
- B.
- Bablah, ou tannin oriental, observations sur cette substance j par M. Roard , 60. — Sa ' gousse seule contient du noir, 62. — Ne peut remplacer la noix de galle > 65. — A peu d’intensité et de solidité, 64*
- Baguettes applicables aux corniches , etc. (brev. angl.), 102.
- — Pour l’encadrement des tableaux ( brev. franc.), 398.
- Baignoire nouvelle (brev. angl.), 98. Bain-marie, employé pour la distillation de liqueurs aromatisées, 184.
- Bains froids mécaniques (brev. franc.), 3g.
- — Portatifs à domicile (brev. franc.), 398. Balances dites à bascule (brev. angl.), 96. Balanciers, quantité de pièces qu’ils frappent
- dans la Monnaie de Londres ,11.
- p.406 - vue 435/507
-
-
-
- ( 4°7 )
- — Pour perforer des plaques métalliques (brev.
- angl.), 100. -• •
- Bambou, son écorce sert à faire du papier en Chine, 23t. '
- Banc à broches; par M. Laborde, 36x. — Machines qu’il remplace, 363. — Difficulté . de sa construction, ib. •— Sa description, ib.
- — Ses avantages, 366. — Vitesse des différentes pièces qui le composent, 367.
- Bandes mobiles de billard (brev. franc.), 3<)5. Barrage pour faciliter la navigation ( brev.
- franc.), 401,402-
- Bassines à filer les cocons, moyen dé les chauffer (brev. franc.) , 3çy.
- Bassinoires dites sanitaires, de M. Delbeuf^ 17.
- — Leurs divers usages, ib, }
- Bateau de sauvetage portatif (brev. angl.), ç3.
- — Sous-marin ; par M. Castéra, 141 *
- Bateaux, machines pour leur faire remonter les
- rivières (brev. franc.), 29, 35, 3y (brev. angl.), 98, 101, 102, io3. — Moyen de les fixer (brev. franc.) , 3ç8.
- — A vapeur nouveaux (brev. franç.), 35, 393, 402, -
- — Bordés avec des planches croisées ( brev. franç.) ,397.
- Bâtimens, moyen d’y appliquer le stuc de M. Beavan, 3o3.
- Bâtons couverts en doublé d’or et d’argent (bi’ev. franc.), 401.
- Battant, manière dont il agit dans le métier mécanique de M. Debergue , 46.
- Batteur - étaleur du coton ; par M. Pihet, 271.
- • — Ses effets, 272. — Mécanisme qui le fait mouvoir, 273.
- Besicles nouvelles (brev. franc.), 37. >
- Betteraves; prix proposé pour des ustensiles propres à en extraire le suc (progr.) , 21. Bigot de Préameneu , notice nécrologique sur ce membre, 191.
- Billard nouveau (brev. franc.) , 394*
- Bistouri nouveau (brev. angl.), io4* ‘ “ :
- Blanc de baleine , procédé pour le fabriquer (brev. franc.), 34» ' J‘
- Blanchissage par la vapeur, 64* — Ses avan-tages, 65. - - ; ; * *
- Blé, moyen de le conserver dans des silos, 166. Bleu de Prusse, procédé pour dégrader les nuances de cette couleur sur soie , 286.
- Bobines, comment elles sont placées dans l’ourdissoir à banc incliné, 3.— D’une nouvelle construction, 298 (brev. franc.), 393. — Leur usage dans la filature du coton , 362. Manière dont leur mouvement doit être réglé dans le banc à broches , 363. — Quantité de fils qu’elles renvident dans un temps donné, 368. . f
- — Horizontales, à pression verticale (brev. franc.), 3ç5.
- Bois, moyen de le carboniser (brev. franc.), 35.
- — De le percer avec facilité, 80. — De le durcir et de l’empêcher de travailler, i33. — Est passé sous le laminoir, x34 (brev. angl.), 93, 100. — D’éviter sa pourriture et d’augmenter sa durée , 234* — Manière dont il est coupé par la scie de M. Calla, 235. — Enduit pour les préserver, 3i5. Nécessité de le débiter avec le moins de déchet possible (progr.), 5.
- — Coulé de M. Lenormand, 85.
- Boisson faite avec l’extrait de pin (brev. franc.) ,
- 39. ' • •
- Boissons froides, de leur utilité (progr.), 45. Boîte pour emballer les chapeaux (brev. franc.), 29.
- — Pour contenir les amorces de fusil ( brev. franc.), 33.
- Boîtes de roues à rouleaux (brev. franc.), 33. Boscheron , notice nécrologique sur ce membre, 194. *
- Bouchon élastique en caoutchouc (brev. franc.), 26.
- Bouchons , moyen de les préparer et de les enfoncer dans des goulots minces, 66.
- Bougies faites avec une matière nouvelle, i4>
- — Oxigénées (brev. franç.) , 27.
- — Transparentes (brev. franç.), 28.
- — Scléraphtites de M. Hébert, 3n.
- Boulard, notice nécrologique sur ce membre ,
- 202.
- Bourrelet hygiénique (brev. franc.), 3o. Boussole perfectionnée (brev. angl.) , 102. Bouteilles, moyen de les boucher (brev- franc.),
- 40.
- Boutons d’acier, de leur fabrication, par M. Schey , 16.
- —• De métal, de corne et d’écaille , imitant ceux de soie (brev. franc.)» 394. •=
- Kkk 2
- p.407 - vue 436/507
-
-
-
- I J
- ( 408 )
- Brai végétal, moyen de le fabriquer (brev. franc.)» 35.
- Brevets d’invention, de leur législation ; par M. Renouard, 20. — Délivrés en France pendant l’année 1825, 25. — Pendant l’année 1826, 3ç2. — En Angleterre pendant l’année 1825, 93.
- Bretelles élastiques (brev. franc.), 4°4‘
- Brillât de Savarin , notice nécrologique sur ce membre, 89.
- Briques, prix proposé pour les fabriquer par machines (progr.), 3.
- — A enclaves (brev. franc.), 28.
- — Pour la construction des cheminées (brev. franc.), 31.
- Briquet-lanterne (brev. franc.), 3j.
- Broches, leur usage dans la filature du coton, 362. — Sans ailettes, 298.
- Broie mécanique pour la préparation du chanvre (brev. franc.), 33, 398.
- Brosse cylindrique (brev. angl.), 102.
- Brosses, manière dont elles opèrent la distribution de l’encollage dans les machines à parer, 7.
- Broyeurs de couleurs, dangers auxquels ils sont exposés, 214.
- Bulletin de la Société pour Vamélioration des laines, rapport sur cet ouvrage, 18.
- c.
- Câbles, moyen de les conserver (brev. angl.), 95.
- Cachet à cinquante côtés (brev. franc.) , 26.
- Cadrature de montres à répétition (brev. franc.), 29.
- Calèche nouvelle (brev. franc.) , 4o4*
- Canons de vaisseaux, moyen d’y mettre le feu avec la poudre fulminante (méd. déc.), 189, 254.
- Cantre à banc incliné ,3.
- Caoutchouc , son analyse par M. Faraday, 12. — Son emploi dans les arts , ib. — Procédé pour le dissoudre, 3i5. .
- Carabine tournante àquatre coups (brev. franc.), 3". ...
- Caractères à l’usage de l’imprimerie ( brev. franc. ), 34-
- Carde, de son emploi dans la fabrication des chapeaux en remplacement de l’arcon (brev. franç.), 25.
- Carreaux, prix proposé pour les construire par machines (progr.), 3.
- Cartes géographiques gravées sur cuivre comparées à celles dessinées sur pierre, 3i8>. — Leur dépense en argent comparée, 326.
- Carton, fait avec de la paille (brev. franc.), 37.
- — Substitué au cuir pour repasser les rasoirs , j3i (brev. franc.), 396.
- — De mousse, pour doubler les vaisseaux, 127.
- Cartons des métiers à tisser, moyen de les faire marcher, 282.
- Casalis et Cordier, rapport sur leurs ateliers de construction, 164.— Une médaille d’or leur est décernée, 166.
- Casseroles en fer fabriquées au balancier (brev. franc.), 3i.
- Censeurs, leur rapport sur la vérification des comptes de M. le trésorier, i54»
- Cercles, de leur division, par M. Gambey, i58. — Servent à orienter l’héliostat , i73.
- Cérimomème, matière propre à faire des bougies , 14.
- Chaîne des tissus, manière de l’encoller à la main , 5. — Inconvéniens de cette méthode, ib. — Moyen de régler la vitesse avec laquelle elle s’enroule sur les ensouples de la machine à parer, 8. — Comment elle est tendue dans le métier de M. JDebergue, 48. — Machine pour la teindre et la parer en même temps, 54.
- Chaise pliante portative (méd. déc.), 189.
- Chaleur développée par la vapeur, 220.
- Chandelles économiques ; par M. Oneil, 88.— Faites d’après un nouveau procédé ( brev. angl.), 102.— de suif durci de M. Hébert,
- 3il. Leurs qualités, 314. — Moyen de diminuer leur coulure , ib.
- Chanterelles présentées au concours, 349. — Prix proposé pour leur fabrication (progr.), 43.
- Chanvre préparé sans rouissage , prix proposé pour cet objet (progr.), 36.
- p.408 - vue 437/507
-
-
-
- ( 4°9 )
- Chape du miroir de l’héliôstat, ses mouve-mens, 171.
- Chapeaux, prix pour perfectionner leur teinture (progr.), 43*—Préparés avec de la laine dite de Hambourg, prix proposé (progr,), 26. — Moyen de les apprêter (brev. franç.), 32, 3ç2 (brev. angl.), 94.
- -— De soie, imitant ceux d’Italie } par mademoiselle Manceau, 86.
- Charbon , quantité qui en est consommée dans les machines à vapeur, 222.
- Chariot à vapeur de Murray, 113.
- Charpentes des cintres des arches des ponts, moyen de les assembler ( méd. déc. ) , 189 , 256.
- Châsses de besicles perfectionnées (brev. angl.),
- 93-
- Chassiron y notice nécrologique sur ce membre, 197.
- Châssis de croisée à feuillure double ( brev. angl.), 94.
- Chaudières des diligences à vapeur , leur disposition , 114, 115.
- — Des machines à vapeur (brev. angl.), 99.— ( brev. franç. ) , 399. — Forme de celles construites par MM. Aitken et Steele, 162.
- Chaussures élastiques imperméables ( brev.
- franc.), 38, 398, 401-
- Chaux , remplacée par l’alcool dans le raffinage des sucres, 58.— Nouvelle méthode de la préparer (brev. angl.), 93. — De son emploi dans la fabrication du papier, 202. Prix proposé pour déterminer ses effets comme engrais (progr.), 52.
- — Carbonatée, est dissoute par l’acide hydro-
- • chlorique, 120.
- Chlorure de chaux, son efficacité contre les émanations fétides , 346. .
- Chronomètres perfectionnés (brev. franc.), 4°3. — (brev. angl.), jo4*
- Chemin sous la Tamise, travaux entrepris pour le creuser, 10.
- Cheminée économique ( brev. angl.), 98.— (brev. franç.), 392, 3ç6,4oo.
- Cheminées de lampes^ nouvelles (brev, angl.) , 104.
- Chemins de fer, de leur établissement en An-
- gleterre , 111 .—Perfectionnés (brev. franc.), 38. — (brev. angl.), 97 , 99 , 100.
- Cylindres , leur forme et leurs fonctions dans le batteur-étaleur de M. Pihety 272.
- — D’étirage du coton, leur usage, 36i. — Leur disposition dans le banc à broches, 364.
- — Pour l’impression des toiles peintes (brev. franç.) , 3o , 3i, 396. — (brev. angl.) , 93, 9 5, 100.
- — Applicables aux machines à vapeur ( brev. franç.), 3i.
- Ciment romain, propre à faire des statues (brev. franc.), 29. — (brev. angl.), 94.
- — De M. Dedreua7, sert à faire des statues et des bas-reliefs , 352. —Ses propriétés, 353.
- — De Vitruve , sa composition, 3o3.
- — De Boulogne, devient aussi dur que la pierre (progr.), 32.
- Cintres pour les arches de ponts à grande ouverture , 256. — Leurs avantages, 257. Cirage pour la chaussure (brev. franç.), 397. Cire, moyen de la remplacer dans la fabrication des bougies, 14-Cisailles à main à levier brisé , 277.
- Clef de flageolet nouvelle (brev. franç.) , 34* Clefs de mât de hune (brev. angl.), 99.
- Cloche de plongeur appliquée à la pêche du corail (brev. franç.), 3i. — (brev. angl.),
- 103.
- Clous fabriqués par machines ; par M. Irroy,
- i38.
- Cocons de vers à soie élevés dans le département de l’Allier, 67.
- Coins à expansion pour les scieurs de long (méd. dé/C.), 189.
- Coke, moyen de le fabriquer (brev. franç.), 32.
- .— Pulvérisé , employé dans la fabrication des creusets, 292.
- Colle, manière dont elle est distribuée sur les chaînes des tissus, 6.
- — Forte, moyen de la préparer pour former des ornemens en relief, 86. — Prix proposé pour sa fabrication (progr.), 9.
- — De poisson, prix proposé pour sa fabrication (progr.), 12.
- — D’os, fabriquée par la vapeur (brev. franc.),
- 34. i
- Colliers de chevaux nouveaux (brev. angl.), ioi ,
- 104.
- p.409 - vue 438/507
-
-
-
- ( 4.0 )
- Compte rendu des travaux du Conseil d’administration pendant l’année 1825, 141 •
- — De M. le trésorier ; leur vérification par les ' censeurs, i54-
- Compteur, description de celui adapté à la ma-chine à broyer les couleurs, de M. Lemoine, 216.
- — Établi dans la machine de M. Bouvier, 381.
- Concours ouverts pour l’année 1826 ( rapport
- sur les), 333.
- Conditions générales à remplir par les concur-rens pour les prix proposés par la Société (progr.), 53.
- Conduite d’eau remplie d’incrustations, dégorgée par M. JDarcet, 118. — Manière de la débarrasser de son dépôt, 121. — Économie de cette opération, 122.
- Cône à vis sans fin pour les filatures (brev. franc.), 4oo.
- Conseil d’administration , ses travaux pendant 1825, i4i.— Liste de ses membres, 240.
- Cor sans ton de rechange ( brev. franc.), 4°3.
- Cordages et câbles perfectionnés (brev. angl.)7 96’
- Cordes d’instrumens de musique , résultat du concours ouvert pour ce sujet de prix, $45.
- __Encouragemens accordés à MM. Sa varesse,
- 35!. — Propriétés d’où dépendent leurs qualités musicales, 34ç- — Prix proposé pour leur fabrication (progr.), 42.
- — De pianos, moyens de régler leur tension (brev. angl.), 101.
- Cornues pour la production du gaz hydrogène, employées à Londres, i3.
- Correspondans étrangers admis par la Société en 1826, 39i.
- Coton,manière dont il est battu et mis en nappe sur la machine de M. Pihet, 272. — Quantités qu’on en obtient par journée , 273. — De son étirage par le laminage, 36 r. — De sa filature, 362. — Manière dont il est étiré et tordu au banc à broches, 364-
- Couleur destinée à remplacer le blanc de plomb (brev. franc.), 3i.
- -— Obtenue du sulfate de baryte (brev. angl.),
- 96.
- Couleur rouge, extraite de l’écorce d’un arbre provenant de la Guiane , 223.
- — A la réserve pour le lavis lithographique , 269.
- Couleurs pour l’impression de la faïence, de leur préparation, 85.
- — Inconvéniens de leur broyage à la main , 214. — Manière dont elles sont broyées sur la machine de M. Lemoine, 215. — Sur la machine de M. Bouvier, 379.
- — Sur velours de coton, de leur avivage, 264.
- Coussinets , leur forme dans le batteur-étaleur
- de M. Pihet, 273.
- Crayons lithographiques, prix proposé pour leur amélioration (progr. ), 4°-
- Crémaillères, leur usage dans le banc à broches, 365.
- Creusets réfractaires, de leur fabrication en grand; prix proposé (progr.), 10. —De M. Austey (méd. décern.), 188. —Manière de les former et de les cuire , 293. — Supérieurs à ceux de mine de plomb, ib.
- — Composition de ceux pour la fonte du cuivre, 294.
- Crible , disposition de celui employé pour laver le minerai de cuivre, 74.
- Cristaux nuancés, imitant l’agate (brev. franc.), ' 29-
- Croisées impénétrables à l’eau (brev. franc.), 38.
- Cud-béard, de sa préparation, 265.
- Cuir, moyen de le remplacer (brev. angl.) , 98 (brev. franc.), 393.
- Cuirs à rasoirs, qualités qu’ils doivent avoir, 131.
- Cuivre, son choc contre le fer et contre lui-même produit l’inflammation de la poudre , 182. — Son mélange avec le zinc donne un alliage imitant l’or, 184. — Manière de le plaquer sur le fer , 3o4- — Qualités que doit avoir celui employé parles graveurs (progr.) , 29.
- — Argentifère, de son affinage; par M. Serbat, 124.
- D.
- Débourbage du minerai de cuivre, par M. Cagniard-Latour, 73.—Avantage de cette méthode , 74.
- p.410 - vue 439/507
-
-
-
- ( 4” )
- Découpures transparentes pour broderies (brev. franç.) , 29, 3o.
- Dégorgement des tuyaux de conduite, par M. Darcetj économie qu’il procure, 122.
- — Diverses applications de ce procédé , 123.
- Dentelle, moyen de la fabriquer (brev. franc.),
- 398.
- Dents artificielles, moyen de les fixer (brev. franc.), 36.
- Dépenses de la Société pendant l’année 1825,
- i52.
- Dépôts calcaires des conduites d’eau, moyen de les dissoudre, 122.
- Dessins , moyen de les produire Sur des étoffes de soie (brev. angl.), 98.
- — Au lavis lithographique , manière de les faire, 269.
- — Des cartes lithographiées, comparés à ceux des cartes gravées , 318.
- Diapasorama de M. Matrot, 299. —Avantages de cet instrument, 3oo.
- Diligences à vapeur de Griffith, 114. — De Jamesy ib. — De BurstaU et Hill, 115.
- Distillation dans le vide (brev. franç.) , 402.
- Dotation accordée par le Roi à la Société pour fonder un droit de présence, 333.
- Drague circulaire (brev. franc.), 398.
- Draps , moyen de les fouler et de les dégraisser (brev. franc.), 35 , 38. — (brev. angl. ), 98.
- Drêche, composition pour la remplacer (brev. angl.) , 100.
- Duites, nombre de celles passées sur le métier de M. JDeberguey 48.
- E.
- Eau, employée pour essayer la force des tuya'ux de plomb , 84- — Manière dont elle agit dans l’appareil à gaz de M. Brun'ef 78. — Moyen de la diriger pour l’irrigation des terres (brev. angl.), 100. —Ronge l’albâtre, i33. —Effet qu’elle produit dans la pompe de M. Do-liger, 285. — Moyen de la vaporiser (brev. franc.), 401. -—De la congeler (progr.), 46. — De refroidir celle de condensation des machines à vapeur, 376.
- Eaux d’Arcueil et de la Seine, leur analyse,
- 119.
- Eclairage des salles de spectacle, 129. —Des écuries de cavalerie, 3o8.
- — Par le gaz hydrogène, très-répandu en Angleterre, 14.
- Ecole vétérinaire d’Alfort, rapport sur les élèves entretenus par la Société, 385.
- Ecorce de mimosa , de son importation (méd. déc.) , 190.
- — De mûrier, sert à faire du papier (progr.), 2.5. — Manière de la préparer au Japon, ib. — A la Chine, 227.
- — De l’arbre de la Mana, couleur qu’elle produit, 224.
- — De tilleul, on peut en fabriquer du papier, 23o.
- Ecran à double glace (brev. franc.), 27.
- Ecritoire mécanique (brev. franc.), 4o3.
- Ecriture lithographique des cartes, comparée à la gravure, 320.
- Ecuries de cavalerie, sur leur mode d’éclairage, 3o8. —Les accidens du feu y sont rares, 309. — Moyen de les assainir, 3n.
- Edifices, moyen d’en augmenter la durée (brev. angl.), 96.
- Elastiques de bretelles, moyen de les coudre mécaniquement (brev. franc.), 392.
- Elèves entretenus par la Société à l’Ecole vétérinaire d’Alfort, 386.
- Encaustique pour conserver le tain des glaces, par M. Lefèvre y i5.
- Encre lithographique, composition de celle employée dans le lavis, 269. — Prix pour perfectionner sa préparation (progr.), 40.
- Encre delà Chine, ses propriétés, 134.—-Moyen de l’imiter, ib.
- Encrier de nouvelle construction (brev. angl.), 96. — A bascule (brev. franç.), 394.
- Enduit pour conserver le tain des glaces, i5.
- —. Pour préserver les murs de l’humidité, 128.
- — Pour durcir le plâtré, 289.
- —Élastique et imperméable de caoutchouc et de goudron , 3 i5.
- Enfans , extraits d’une loi sur leur admission dans les ateliers de filature, i35.
- Enseignes nouvelles (brev. franç.) , 394.
- Entonnoir en plomb à douille à double courbure , employé pour le dégorgement des conduites d’eau, 120. — Forme de celui adapté à la lampe de M. Thilorier, 291.
- Epincetage des tissus par machines, 56.
- Essieux des voitures, moyen d’empêcher les accidens occasionnés par leur rupture , 115.
- p.411 - vue 440/507
-
-
-
- ( 4
- Étain, allié avec le fer donne un étamage très-dur (progr.), 3r.. — Qualité de celui qui esi le plus propre pour l’étamage des glaces (progr.), 27.
- Étamage des glaces à miroirs, prix proposé pour F (progr.), 27.
- Étirage du coton , machine propre à le remplacer , 361. — Comment il s’opère sur les machines à lanternes, 36 2.
- Etoffes ; manière dont elles sont enroulées dans le métier de M. Debergue, 47 • — Machine pour les épinceterouen enlever les bouchons et vrilles, 56. — De leur tissage sur le métier mécanique de Vaucanson, 280.
- — Façonnées, fabriquées par le métier mécanique, 281 , 282.
- :— Rases, de leur fabrication en France, 329.
- — De laine, nouveau procédé de teinture (brev. angl.), i02.
- Euthégones ou affiloirs pour les rasoirs , i3o.
- Excentriques, leur disposition dans la machine à parer, 7, — Leur forme et leur emploi dans le métier mécanique de M. Debergue, 45.
- F.
- Fahnenberg, rapport sur ses communications, 232.
- Fardeaux, manière dont ils sont élevés par la grue de Charenton, 296.
- Farine de gruau d’orge, moyen de la préparer, j 29.
- Fascines, divisent et refroidissent l’eau de condensation des machines à vapeur, 377.
- Faïence imprimée sous couverte, 85.
- Fer , fabriqué d’après un nouveau procédé (brev. franc.) , 37. — (brev. angl.), 104. — Quantités qu’on en fabrique dans les ateliers de M. Halette, 160.-—<• Ne peut être employé pour les machines des poudreries, 181.— Son choc sur le cuivre et sur le marbre produit l’inflammation de la poudre, 182. — Moyen de le doubler avec du cuivre, 3o4 (brev. angl.), 97. — Manière dont il est converti en acier, par M. Jappy, 381. — Prix proposé pour le remplacer par un métal moins oxidable (progr.), 3o. — Pour améliorer sa fonte (progr.), 48.
- Feuilles de papier de Chine, manière dont elles sont séchées et pressées, 228.
- I 2 )
- I Fil d’acier pour les aiguilles à coudre, prix proposé pour la fabrication du (pi'ogr.), 7.
- Filatures de coton, loi qui règle le mode d’emploi des enfans dans les , i35.
- Fils de chaîne, manière dont ils passent sur l’ourdissoir à banc incliné ,4- — De les en~ coller par machines, 6. — De les dévider et bobiner (brev. angl.), 95. —De leur donner plus d’égalité, 298. — Plus parfaits sur le banc à broches, 367.
- Flèches de voiture nouvelles (brev. angl.), 102.
- Fleurs artificielles (brev. franc.), 29, 36.
- — En cheveux et en soie (brev. franc.), 895.
- Fluides volatils, moyen de les conserver (brev, angl.), 94.
- Fonderies de fer, résultat du concours ouvert pour leur perfectionnement, 356. Le prix est prorogé à l’année 1828, 359. — (prog.),
- 48. — Rapport sur celles de MM. Aitken et Steele, 161. — De M. Halette k Arras, 169,
- Fontaine statique (brev. angl.), io3.
- Fonte de fer, avantages qu’on en retire en Angleterre, 11. — Moyen de la décarboner, 295. — Nécessité de la perfectionner, 3Sj. -— De son traitement, par M, Boigue, 358. — Est de mauvaise qualité en France (progr.), 48. — Prix proposé pour les moyens de l’améliorer et d’en obtenir un moulage plus parfait,
- 49. —Est moins oxidable que le fer et l’acier , 3i.
- Forceps à trois branches (méd. déc.), 189.
- Forges de Lajoie, moyen de rafraîchir l’eau de condensation d’une machine à vapeur qui y est établie , 377.
- Four à cuire le pain (brev. franc.), 392.
- Fours chauffés avec du charbon de terre (brev, franc.), 33,
- Fourneau , forme de celui pour faire les creusets réfractaires (progr.), n.
- -—De M. Austey pour fondre le fer, 293.
- —Pour plaquer le cuivresur le fer, 5o4»
- — De doreur, employé pour appliquer l’enduit hydrofuge de Da,rcet, 288.
- Fourneaux, prix proposé pour leur perfectionnement (progr.), 16.
- Fourreaux d’armes blanches (brev. franc.), 35.
- Fumée , ses inconvéniens pour la conservation des viandes (progr.), j3.
- Fusils se chargeant avec la poudre fulminante (brev. franc.), 3i, 394} 397, 400.
- G.
- /
- p.412 - vue 441/507
-
-
-
- G.
- Gallate de tannin, substance propre à rempla cer les astringens dans la teinture ( brev franc.) , 3ç6.
- Galoches nouvelles (brev. franc.), 393.
- Gambey, rapport sur ses travaux, 156.—Une médaille d’or lui est décernée , i5y.
- Garance, son emploi dans l’impression sur velours de coton , 203.
- Gaz acide carbonique, manière de le vaporiser et dé le liquéfier , 76.
- — Hydrogène, sa préparation à Londres , J3. — Moyen de l’épurer, — (brev
- franc.), 3i , 401. — (brev. angl. ), 100. — Moyen de régler son émission dans les appareils portatifs (brev. angl.), 97.
- Gaz-hydromètre , machine propre à mesurer le gaz (brev. franc.), 36.
- Géographie, avantages que cette science peut tirer de la lithographie, 327.
- Glace moyen économique de la faire, résultat du concours ouvert pour ce sujet de prix, 335. — Prorogé à l’année 1828, 33 j. — (progr.), 45.*—"Diverses manières de la con server, 46. — Cause de sa fusion, ib. — On peut la former par l’évaporation de l’eau, 47. — Dans le vide, ib. — Moyen de la fabriquer et de la conserver (brev. franc.), 399.
- Glaces , étamées par un procédé différent de ceux qui sont connus 5 prix proposé (progr. ),
- 27. — Moyen de conserver leur tain, i5.
- Globe terrestre surmontant une pendule, et
- tournant au moyen d’un mouvement d’horh> gerie, 55.
- Globes de verre, leur étamage intérieur (progr.),
- 28.
- Gomme élastique, son analyse, par M. Faraday, 12. — Son emploi dans les arts, ib. — Manière de la faire dissoudre , 3i5.
- Gonds de portes (brev. angl.), xo4-
- Goudron, préserve le bois de la pourriture, 234-
- — Mélangé avec la gomme élastique rend le bois incorruptible, 3i5.
- Grains, leur conservation, par M. T'émaux, j66.
- Graisses , moyen de les durcir, 312.
- Gravure sur cuivre, comparée à la lithographie
- ( 4i3 )
- pour l’exécution des cartes, 3i6, 022. — Prix proposé pour la perfectionner (progr.)., 29*
- — Lithographique, prix proposé (progr.), 41* Grignon, rapport sur l’Institution agronomique de, j85.
- Grilles de cheminées nouvelles (brev. angl. ), 98. Gruau d’orge, moyen de le préparer, par M. Robinsont 129.
- Grue pour abréger la durée des sondages, rapport sur une, 243. — Ses avantages, 247. — Sa description, 248. — Sa manœuvre , 249.
- — En fonte, employée aux fonderies de Cha-renton,295.
- Guitare-harpe , nouvel instrument de musique (brev. franc.), 34.
- H.
- Halette, rapport sur ses fonderies, 159. — Une médaille d’or lui est décernée, 161. Hauts-fourneaux, nécessité d’améliorer leur construction, 35y.
- Héliostat de M. Gambey, description de cet instrument, io5. — Origine de son invention, 106.—Ses avantages, ib. >— Théorie de sa construction, 107. — Cercles qui servent à l’orienter, 174* — Ses axes de rotation, 175. — Opérations préliminaires pour l’orienter, 177. —Jeu de ses pièces, 178. —Conditions à remplir dans son exécution , 179. Houille, quantité^que consomment les machines à vapeur locomotives ,112.
- Horloge à rouages en cuivre, marchant 8 jours, par M. Wagner, 33o.
- Hôtel des Monnaies à Londres , travaux qui s’y exécutent, 11.
- Huile, manière dont elle monte dans la lampe de M. 1Tkilorier, 290.—Moyen d’en diminuer la consommation dans les écuries de cavalerie, 3i 1. — Quantité qu’en extrait la presse hydraulique de M. Halette, 342.
- — De lin, son emploi pour préserver les murs de l’humidité , 287.
- Essentielle de térébenthine, dissout la gomme élastique, 3j5.
- I.
- Ichthyocolle , nom donné à la colle de poisson (progr.), 12.
- Vingt-cinquième année. Décembre 1826.
- LU
- p.413 - vue 442/507
-
-
-
- ( 44 )
- Impression sous couverte de la faïence , par M. Paillard, 85.
- — Sur velours de coton, 262.
- — Lithographique} comparée à celle des cuivres, 321 .
- Incendies, moyen de les éteindre, 283.
- Industrie manufacturière , prix proposé pour l’établir dans les campagnes (progr.), 20.
- Institution agronomique de Grignon, rapport sur 1’, i85.
- Instrumens de mathématiques et d’astronomie construits par M. Garnbey , 15.7.
- — De sondage, employés par M. Beurier, 25i.
- — De musique, moyen de les accorder, 299.
- Instrument pour mesurer la grosseur des laines,
- 2o5. — Sa description, 206. — Son usage, 211.
- — Pour faire les bouchons (brev. franc.), 3ç.
- — Pour déterminer les latitudes en mer (brev. angl.), 93.
- — Pour déterminer la marche des vaisseaux (brev. angl.) , 95.
- — Pour détruire la pierre dans la vessie (brev. angl.), 100.
- — Pour déterminer de petits intervalles de temps (méd. déc.), 188.
- — Pour arracher les souches des gros arbres (méd. déc.) , 190.
- L.
- Laines teintes en noir, par le bablah , 62. — Longues, leur avantage, 329. — Moyen de mesurer leur grosseur, 207.-—Finesse de celles de Saxe, de France et d’Angleterre, 208. — Moyen.de les préparer (brev. franc.), 899. — Prix proposé pour celles propres à faire des chapeaux communs à poils (progr.), 26.
- Lait , procédé pour le conserver en voyage (brev. franc.) ,
- Laiton, moyen de le fondre, 294. — De le plaquer sur du fer , 5o4*
- Lames d’acier pour faire des tarières en hélice , manière de les fabriquer, 82.
- — De scies, comment elles sont disposées dans la machine de M. Calla, 253. — Leur vitesse, 254*
- Laminage des pièces de bois, 184.
- Lampe hydrostatique de M. Thilorier, rapport
- sur la , 290. — Manière de la remplir , 291. — Sa lumière moins vive que celle des lampes de Carcel, 292. •— Ses avantages, ib. — (brev., franç.), 4o3.
- Lampes mécaniques de M. TVagner^ 33o.
- — employées dans les écuries de cavalerie, 309.
- Lanternes d’écuries, moyen de les perfectionner,
- 309.
- Lanternes, on nomme ainsi des pots en fer-blanc employés dans l’étirage du coton , 302.
- Lard de porc , peut être converti en une substance propre à faire des chandelles , 88.
- Laricio, espèce de pin qui croît en Corse, prix proposé pour sa culture (progr.), 4i.
- Lavis lithographique, parM. Engelnian, 268.
- Lavoir économique des laines (brev. franc.), 897.
- Lazulite , on en a extrait de l’outre-mer exempt de fer (progr.), 24.
- Légumes secs, prix pour la construction d’un moulin à bras propre à les écorcer (progr.), 22.
- Lentilles de verre, employées pour éclairer une salle de spectacle, 129,
- Lessives, composition de celles pour l’impression sur velours de coton , 263.
- Leviers, leur disposition dans la presse litho-
- i graphique de M. La Marinière, 3oi.
- Levûre de bière, moyen de la dessécher ( brev. franç.), 39.
- Lichens, leur préparation pour en retirer une couleur rouge, 265.
- Liège, manière de le tailler et de le coller ensemble, 66.
- Lin , prix pour sa préparation sans rouissage (progr.), 36.
- Linge blanchi par la vapeur, 64. — Placé dans des tambours à claire voie, où il est agité, 65. — (brev. franc.), 3ç et3ç3.
- Liqueurs aromatiques , manière de les préparer, i83.
- Lisières en laine et laine et coton (brev. angl.), io3.
- Lisses, manière dont elles sont ouvertes dans le métier de M, L)ebe/gue, 47’
- Liste des membres du Conseil d’administration, 240. — Des membres de la Société admis pendant l’année 1826,39p.
- Lits d’une construction nouvelle (brev. franc.), 102.
- Lithographie, perfectionnemens qu’y a apportés M. Engelman , 269. —Appliquée aux cartes,
- p.414 - vue 443/507
-
-
-
- ( 4i5 )
- 3i6. — Comparée à la gravure sur cuivre, 322. — Ses avantages, 325. — Prix proposé pour son perfectionnement (progr.), 36. Livres, procédé pour les rendre inaltérables (brev. angl.), 98.
- Lorgnettes de spectacle doubles (brev. franc.), 34.
- Lunettes dites rostrales (brev. franç. ),27.
- M.
- Machine à monter et parer les chaînes des tissus, 5. —Introduite en France, ib.—.Conditions qu’elle remplit, ib. — Description de celle employée chez M. Colla, 6. — Mécanisme qui la fait mouvoir ,7. — Ses avantages, 8. — Quantité de chaîne qu’elle prépare dans un temps donné, 51. —Disposi-; tlon de celle de Stansfeld ,54*
- — A faire les peignes des métiers à tisser, 52.
- — A peigner la laine (brev. angl.), io3. — (brev. franc.), 36, 392, 3ç5, 397.
- — A ouvrer, carder et mélanger la laine (brev. angl.), 94, 96, 98, 99. — (brev. franç.), 35, 395.
- -—Aéplucher et nettoyer la laine (brev. franc.),
- 39, 402.
- —?» A filer la laine (brev. angl.), 96 ( brev. franc. ),
- 398, 400.
- — A épinceter les étoffes, ( brev. franç. ),
- 40, 4°i.
- — A fouler les draps (brev. angl.), 94. — (brev. franc.), 396.
- — Alainerlesdraps (brev.angl.), 98, xoo, io3.
- — A brosser les draps (brev. franc.), 32.
- — A tondre les draps (brev. angl.), io3.
- — A nettoyer les draps (brev. angl.), 945
- 104.
- — A accélérer le bobinage de la trame du coton (brev. franc.), 3i.
- — A laminer le cotoii (brev. franc.), 4^0.
- — A conduire les rubans de coton sur les bobines (brev. franc.), 401.
- — A filer et retordre le coton (brev. angl.), 93, 99 ( brev. franc.), 4o3.
- — A remplacer les lanternes dans l’étirâge du coton, 361.
- — A broyer le chanvre (brev. angl.), 97, 99.
- — A préparer le lin èt le chanvre non rouis (brev. franc.), 400.
- -— A nettoyer et blanchir le lin (brev. angl.) ,
- 104.
- — A préparer et filer le lin ( brev. franç. ) ,
- — 33, 40, 4°3 (brev. angl.), 99, 100. '
- — A dévider la soiè (brev. franc,), 25.
- —- A perfectionner le tirage des soies ( brev. franc.), 28, 29.
- — A ourdir la soie (brev. franc.), 4o3.
- — A filer la soie (brev. angl.), io3.
- — A fabriquer des clous d’épingle ( brev. franc.), 26, 27, 32, 35, 399.
- — A découper les clous (brev. angl.), 104. —A débiter les bois ( brev. angl. ) , io3, io4-
- — (brev. franc.), 401* -
- —- A faire des planches, parquets, etc. (brev. franc.), 35.
- — A percer des plaques métalliques (brev. angl.), 100. — (brev. franc.), 400.
- — A percer les planches à bouteilles (brev. franç.), ib.
- — Soufflante (brev. angl.), 102. ' ( 4
- — A couper le blé (brev. franç.), 4<>3.
- — A battre le blé (brev. franç.), 4°4*
- —- A moudre les grains (brev. franç.), 3ç5.
- — A nettoyer les grains (brev. franç.), 896.
- — A fabriquer les briques, leur importance (progr.), 4. — ( brev. franç. ) , 28, 3çy. — (brev. angl.), 97, 100.
- — A dresser des carreaux de terre cuite (brev. franç.), 28.
- — A dresser les pierres lithographiques , prix proposé (progr.), 40*
- — A remplacer les presses (brev. franc.) , 27.
- — A imprimer (brev. franç.), 27, 401.
- — A composer les pages d’imprimerie (brev. franç.), 4o3.
- — A faire des chandelles (breV. franç.), 3o.
- — A faire remonter les rivières aux bateaux (brev. franç.), 32, 36.
- —* A faire des alênes de sellier (brev. franç.), 32.
- — A écraser le plâtre (brev. franç.), 35. ,
- — Pour la distillation et l’épuration du soufre (brev. franç.), 57 . *
- — A faire les épingles (brev. franç.), 3g.
- — A fabriquer les tarières en hélice, 81.
- — A faire des tonneaux (brev. angl.), 94.
- lu 2
- p.415 - vue 444/507
-
-
-
- ( 4
- Machine à élever l’eau (brev. angl.), ç5.
- — De rotation au moyen de leviers ( brev. angl.) , ib.
- — A faire le tulle noué (brev. angl.), 98.
- — A polir (brev. angl.), io4•
- — A hacher les viandes, 235.
- — A fabriquer le papier continu (brev. franc.), 27,96.
- —- A fabriquer des peignes d’acier ( brev. franc.) , 397.
- — A fabriquer les cardes (brev. angl.), 96. Hydraulique mue par le vent (brev. franç.),
- 25.
- — A polir les verres d’optique, le prix proposé pour cet objet est retiré , 337. — (brev. franç.) , 3g3.
- —• A diviser les os, employée à Thiers , 276.
- — Applicable à un manège (brev. franç.), 3o.
- — A triturer les graines oléagineuses (brev. franç.), 33.
- — A gaz liquéfié de M. Brunei, 77.
- — A combustion du gaz (brev. franç.), 399.
- — Pour simplifier la navigation intérieure (brev. franç.) , 26.
- *— A graver , produisant l’effet de l’iris (brev. franç.), 27.
- —- Pour l’étude delà géographie (brev.franç.), 28.
- — Pour l’extraction des bois de teinture (brev. franc.), 27.
- —— Pour communiquer le mouvement ( brev.
- ang1-)* 99-
- — Pour arçonner les chapeaux (brev. franç.),
- 401.
- — Pour le déblai et le remblai des terres (brev. franç.) , 4°°’
- — A polir les glaces (brev. franç.), 398.
- — Pour séparer la fécule de pommes de terre de son parenchyme (brev. franç,), 402.
- — A fabriquer les franges ( brev. franç. ), 3ç5. A raser les poils des peaux employées dans
- la chapellerie, prix proposé (progr.), 20.
- — A broyer les couleurs (brev. franç.), 397, 399. — Rapport sur celle de M. Lemoine , 212. — Sa description, 214. — Mécanisme qui la fait mouvoir, 215. —Rapport sur celle de M. Bouvier, 378.^— Manière dont elle agit, 379.
- — A diviser les substances molles alimentaires 5 prix pour un métal ou alliage inoxidable
- 16 )
- propre à être employé dans sa construction (progr.), 3o.
- Machines à vapeur , moyen de les remplacer , 77. — Description de celles construites j>ar MM. Jlitken et Steele, 162.—Par MM. Ca-salis et Cordier, 165. — Leurs diverses espèces, 220. — Avantages de celles à haute pression, 222. — Moyen de fournir à la dépense de leur eau de condensation, 376. — Quantité de houille qu’elles consomment pour fournir la force d’un cheval, ib. — Brevets accordés en Angleterre pour diverses — perfectionnées, 96, 98, 99,102.—Brevets délivrés en France, 25 , 36, 37, 3y5 , 397,
- 401.
- —Locomotives, essais faits en Angleterre sur les, 111. -—Observations de M. Baillet à ce sujet, 112. — Distances qu’elles parcourent, ib. — Quantité de houille qu’elles consomment , 1x2. — Charge qu’elles peuvent traîner, ib. —Description de celle de M. Murray , 113.—Description de celle deStephenson 1 x4< — De Griffith, ib. — De Burstall et Hill, ib.
- —> Mues par certains gaz, en remplacement de la vapeur (brev. franç.) , 392.
- Madrier, mécanisme pour le faire avancer contre les scies dans la machine de M. Calla , 253.
- Maisons , moyen de les aérer (brev. angl.), 95.
- Malle en cuir à soufflet (brev. franç.), 393.
- Mamelles artificielles pour nourrir les enfans (brev. franç.), 27.
- Manufacture de la Savonnerie, produits qu’elle fabrique, 33o.
- Marais tourbeux desséchés par un nouveau procédé (méd. déc.), 188.
- Marchepieds de voitures nouveaux (brev. angl.),
- 95.
- Marmite de fusion employée à Charenton, manière de la transporter sur les divers points de l’atelier , 296.
- Mastic hydrofuge pour préserver les peintures sur pierre 5 par MM. Darcet et Thénard, 287. — Manière de l’appliquer, 288.
- — Propre à recevoir l’impression des tableaux (brev. franç.), 397.
- Mât de hune, appliqué à la grue à sonder de M. Beurier, 246.
- p.416 - vue 445/507
-
-
-
- ( 4*7 )
- Matelas élastiques de M. Molinard, 33î.
- Matériaux employés dans la gravure en taille douce ; prix proposé pour leur perfectionnement (progr.)}29-
- Matière plastique propre à remplacer la pierre, résultat du concours ouvert pour ce sujet de prix, 351. —Prorogé à l’année 1827, 354* ,, — Programme de ce prix (progr.), 29.
- Mâts, moyen de les remplacer à bord des vaisseaux (brev. franc.), 3i.—De nouvelle construction, 399.
- Mécanique pour stéréotyper la musique (brev. franc.), 27.
- — Pour l’extraction des terres argileuses (brev. franc.), 3o.
- — Pour produire immédiatement le mouvement de rotation (brev. franc.), 3i.
- — Pour scier le marbre et les pierres (brev. franc.), 33, 4o3.
- Mécanisme pour exécuter les broderies sur un fond de dentelle (brev. franç.), 25.
- —Applicable à la flûte traversière (brev. franc.), 28.
- — Pour conduire le chariot des métiers à filer pendant l’étirage (brev. franc.), 28.
- — Pour faire marcher les voitures (brev. angl.), 97.
- — Pour empêcher les voitures de verser (brev. angl.), 99, 102.
- —De pianos, nouveau (brev. angl.), 99.
- — Pour alterner le mouvement entre deux corps (brev. angl.), 100.
- — Pour faciliter la marche des bateaux (brev. angl.), 945 101. — (brev. franç.), 399.
- — Pour faire avancer le bois contre les lames de la scie de M. Calla , 253.
- — Applicable aux mulls-jennys ( brev.franç. ),
- 394.
- — Pour augmenter la puissance des presses à vis (brev. franç.), 398.
- Mèches creuses employées dans la fabrication des chandelles, 3i3.
- Médailles décernées par la Société d’Encoura-gement de Londres , i38. —Par celle de Paris , i56.
- Membres du Conseil d’Administration au 3i juillet 1826,240. — De la Société , admis pendant l’année 1826, 390.
- Mémoire sur la fabrication du papier de Chine, 225.
- Mesureur de laine, sa description, 206. — Soî^ usage,211.
- Métal moins oxidable que le fer et l’acier, propre à être employé dans les machines à diviser les substances molles alimentaires, prix proposé (progr.), 3o.
- — Propre à remplacer l’étain (brev. franc.), 29.
- Métaux, moyen de les séparer de leur gangue
- (brev. angl.), 93.
- Métier à filer le coton de M. Molineuæ, 298.
- — Pour filer la laine peignée (brev. franc.), 28.
- — Pour la filature' delà soie (brev. franç.), 33. — (brev. angl.) , 93.
- Métiers à tisser mécaniques, opinion des Anglais sur leurs avantages comparativement aux anciens, 44* •— Leur origine , 5o. Pau-canson en est le premier inventeur, 280. — Divers perfectionnemens qui y ont été ajoutés, 5i et suiv.—Leur usage aujourd’hui généralement répandu en Angleterre et en Ecosse , ib. — Nombre de coups du battant qu’ils frappent par minute , ib. — Leurs divers avantages et leur prix, 52. — Description de ceux perfectionnés par Bow-man, Roberts , Buchanam , Stansfeld, Daniel et Potier, 53, 54. — Rapport sur celui de M. Debergue, 41* — Expériences auxquelles il a été soumis , 42. — Vitesse de son battant, ib. — Ses avantages, 43. — Sa description , 46. —' Mécanisme au moyen duquel il s’arrête lui-même quand il survient quelque dérangement, 48. — Perfectionnemens qui y ont été apportés, i63. — Une médaille d’or décernée à l’auteur, ib. — Description de celui de M. Collier pour le tissage des draps'de grande largeur, i3y, i38. —Rapport sur celui de M. Coront, 279. — Ses avantages, 283. — La mécanique de Jacquard y a été adaptée, ib. — Divers brevets d’invention accordés pour les —, en France, 26, 28 , 35,38, 39, 394, 396,398, 401. — En Angleterre , 95 , 98,99, io3.
- — A faire le tulle et la dentelle (brev. franç.), 3o, 37, 38,397. — (brev. angl.), 95, 96 , 98.
- — Afaire des filets à pêcher (brev. franç.), 397.
- — A rubans (brev. angl.) , 104.
- Métronome perfectionné (brev. franç.), 3o.
- Meules, leur disposition dans la machine à
- broyer les couleurs, de M. Lemoine, zi3.
- p.417 - vue 446/507
-
-
-
- ( 4>8 )
- Mimosa arabica, la gousse de cet arbre fournit une couleur noire , 64.
- Minerais de cuivre, nouveau procédé pour les laver et les débourber, 73. Ses avantages, 74.
- — De fer de France, leurs différentes qualités,
- 357. — (progr.), 49-
- Mines de cuivre, nombre de celles que possède là France, 73.
- Miroir de l’héliostat de M. Gambey , ses mouvemens , 170. — Ceux de sa tige , ib. — De la queue de la chape, 171.
- Miroirs paraboliques , employés pour éclairer une salle de spectacle, 129.
- Monnaies d’or frappées à Londres ,11.
- — A bas titre, leur affinage, par M. Serbat, 124.
- Mordant, composition de celui pour l’impression sur velours de coton , 203-
- Mortier , prix proposé pour un moyen de le rendre aussi dur que la pierre (progr.) , 32.
- Moteur hydraulique pour l’exploitation des usines (brev. franc.) , 396.
- — Agissant sans machine (brev. franc.), 397.
- Mouchettes nouvelles (brev. franc.), 36.
- Moulage des pièces de fonte, résultat du concours ouvert pour ce sujet de prix, 357. — Prorogé à l’année 1829,36o. — Programme de ce prix (progr.), 5o.
- — De la matière plastique de M. Dedreua7, se fait de toutes pièces , 352.
- Moules, manière de les remplir aux fonderies de Charenton , 296.
- Moulin propre à nettoyer le sarrasin, prix pour la construction d’un (progr.), 33.
- —« A écraser les légumes secs , résultat du concours ouvert pour ce sujet de prix, 333. — Remis au concours pour 1827, 337. — (pro-gr.), 22.
- — Pour laveries cendres d’orfèvres (brev. franc.), 3a.
- — A huile, nouveau (brev. franc.), 392.
- — A ailes horizontales (brev. franc.), 38.
- Moulures en cuivre sur bois pour bordures de
- glaces (brev. franc.), 4°°.
- Mousse, son emploi pour fabriquer du carton, 128.
- Moutons à laine longue, introduits en France, 329.
- Mouvement de Cardan, appliqué à l’héliostat de M. Gambey, 172.
- — de pendule avec sonnerie à râteau ( brev. franc.), 393.
- jMuriate de soude , sa dissolution durcit les pierres, 385.
- Mûrier, possibilité de cultiver cet arbre dans le centre de la France , 68. — Latitudes sous lesquelles il peut prospérer ,72. — Manière dont il est traité en Chine pour faire du papier, 226. —Prix proposé pour fabriquer du papier avec son écorce (progr. ), 25.
- Murs, moyen de les préserver de l’humidité, 128, 288.
- N.
- Nacre de perle fabriquée d.’après un nouveau procédé (brev. angl.), 99.
- Nappe de coton , manière dont elle est formée dans le batteur -étaleur de M. Pihet, 272.
- Navette, comment elle est lancée dans le métier mécanique de M. Debergue , 47*
- Navires construits sur un nouveau principe (brev. angl.), 95. — Moyen de les empêcher de dériver, ib.
- Noir produit par la gousse du bablah, peu solide, 64.
- — Des chapeliers, prix pour un moyen propre à donner plus d’intensité à cette couleur (progr.), 44.
- Noix de galle comparée au bablah dans la teinture noire, 62. — Moyen de la remplacer (brev. angl.), 97 (brev. franc.), 29.
- Notices nécrologiques sur M. Brillât de Savarin, 89. — Sur M. Bigot de Préameneu, 191. —- Sur M. Boscheron, 194. — Sur M. Chassiron, 197. — Sur M. Sivard de Beaulieu, 200. — Sur M. Boulard, 202. — Sur M. Regnier, 236.
- O.
- Or, moyen de l’imiter, 184.
- O ré ni, la racine de cette plante employée en Chine à la fabrication du papier, 227. — Manière delà préparer, 229. —Ses effets, ib.
- p.418 - vue 447/507
-
-
-
- ( 4«
- Orge , moyen de la préparer, par M. Robinson, j 29.
- Ornemens en relief, manière de les mouler, 85.
- Orseille de terre, de sa préparation , par MM. Fleury et Bourget, 265.
- Os , leur broyage à Thiers, 276. — A Strasbourg , 384. — Employés comme engrais,
- %r]7'
- Ourdissoir à banc incliné, 5. — Nombre de bobines qu’il porte, ib. — Sa description, 4.
- Outil pour nettoyer les bouteilles (brev. franc.),
- 396.
- Outils faits avec l’acier fondu de Jappy, 382.
- Outre-mer factice, prix proposé pour sa préparation (progr.), 24*
- Ouvrages offerts à la Société pendant l’année 1826,387.
- Ouvriers tisserands , leur condition en Angleterre, A5.
- P.
- Paille servant à faire les chapeaux d’Italie , en-couragemens accordés pour sa culture, 188.
- Panneaux inaltérables pour la peinture (brev. franc. ),393.
- Papier pour couvrir les édifices (brev. franc.), 3o.
- — Fait avec les chenevottes de chanvre (brev. franc.) , 33. — Fabriqué avec une nouvelle substance végétale (brev. angl.), 97. — Fabriqué par machine (brev. angl.), 102.
- — D’écorce de mûrier,, de sa fabrication en* Chine , 226, 228. — Essais faits par M. Prechtl pour le fabriquer à l’instar des Chinois, 23o. — Ses avantages sur celui de chiffon, 231. —Ne peut être trituré par machines, ib. — Résultat du concours ouvert pour ce sujet de prix, 354- — Une médaille d’or décernée à M. Grimaudy 356. — Le prix est prorogé à l’année 1827, ib. (progr.), 2.5.
- — Imperméable de M. Champion, 268.
- — De paille, présenté à la Société par M. Grimaudy 355.
- — Autographique , prix proposé (progr. ), 41 •
- — Imprimé au rouleau gravé (brev. franc. ),
- 4° 4-
- Parapluies, à vis de M. Desnoyers , 139.
- Pâte composée de sciure de. bois liée par de la colle, 86.
- 9 )
- Patentes délivrées en Angleterre pendant 1825, 93.
- Peaux , moyen de les cylindrer et gaufrer (brev. franc.),39.—De les tanner (brev. franc.), 402.
- Peigne des métiers à tisser fait par machines, 52.
- — Sa disposition dans le métier de Coront, 283.
- Peintures à fresque, moyen de les préserver, 128.
- I — Sur verre, origine de-cet art, 269.
- ;— Sur plâtre , moyen de les conserver, 288.
- [Pendules astronomiques de M. Cœar, 55.
- j Pianos , manière de les accorder soi - même , 3oo. — Brevets délivrés pour leur perfectionnement, en France, 27,29, 36, 399, 401. — En Angleterre , 94, 96.
- Pierre lithographique, manière de la préparer pour le lavis, 270. —— Est fixe dans la presse de M. La Morinière, 3o r.
- iPierres fines imitées ( brev. franc. ), 38.
- [— De taille factices imitant le marbre (brev.
- î franc.), 400.
- f—Tendres , moyen de les durcir, 385.
- jPile à fouler les draps (brev. franc.), 398.
- [Pins d’Ecosse, résultat du concours ouvert pour un semis de, 36o. — Le prix est décerné à M. Leroy-Berger et remis au concours pour 1827, ib. (progr.), 34-
- i—Du Nord, prix pour un semis de (progr.), 41.
- Placage du cuivre sur le fer, 3o4-
- Planches employées pour imprimer sur velours
- de coton, 263.
- — De cuivre à l’usage des graveurs en taille-douce , nécessité de leur donner un plus grand degré de dureté (progr.), 29.
- Plantation de terrains en pente, prix proposé (progr.), 5i.
- Plantes utiles à l’agriculture, aux manufactures et aux arts, prix proposé (progr.), 55.
- Platine , possibilité de l’allier avec le fer et l’étain pour former des instrumens non sujets à la rouille (progr.), 3o.
- Platine de fusil à percussion, propre à être adaptée aux canons de marine, 254-
- Plâtre, moyen de le durcir,, 288, 312 ( progr. ),
- 33.
- Plomb, pression qu’il petft supporter sans se déchirer , 84- — Son choc contre un. morceau de même métal et contre le bois produit l’inflammation de là poudre, 182.
- Poêle en fonte de fer de M. For lier, 3o5. —-
- p.419 - vue 448/507
-
-
-
- ( 4^o )
- Expériences faites sur cet appareil, 3o6. — Économise le combustible, 307.
- Poils destinés à la chapellerie, prix proposé pour un moyen de les raser (progr.), 23.
- Poinçons et matrices nouvelles (brev. angl.), 94.
- Poires à poudre nouvelles (brev. franc.), 34*
- Poissons, espèce de ceux qui fournissent l’ich-thyocolle (progr.), i3.
- Poivre -, moyen de le dépouiller de son écorce (brev. franc.), 399.
- Pommes de terre, moyen de les conserver (brev. angl.), J02.
- Pompes nouvelles (méd. déc. ), 189. —Brevets accordés pour des — perfectionnées , en France, 33,395.—En Angleterre, 97, 102, 104.
- — A incendie, moyen d’en obtenir deux jets d’eau à-la-fois, 283.
- Pont en cordes portatif (méd. déc.), 189.
- Ponts à grande portée (brev. franc.), 892.
- Popelines fabriquées à la manufacture de la Savonnerie , 329.
- Poudre à canon, de son inflammation, 181.— On doit éviter, dans sa fabrication, les chocs violens, i83.
- — Fulminante, sert à mettre le feu aux canons de marine, 254*
- — D’os employée comme engrais à Thiers, 277. —- Son analyse, 383. — Examen de celle fabriquée à Strasbourg , 384-
- Presse hydraulique applicable à l’extraction de l’huile et du vin ; résultat du concours ouvert sur ce sujet de prix, 338. Avantages de celle de M. Halette, 34i- — Perfectionnemens qu’il y a ajoutés, 343. — Le prix lui est décerné, 344. — Médaille d’argent à M. Cor-dier, 345.
- — Pour exprimer le suc de la betterave , prix proposé (progr.), 22.
- — A imprimer les calicots (brev. angl.), 97.
- Presses lithographiques, prix proposé pour leur
- construction (progr.), 4l* — Description de celle à leviers de M. La Morinière, 3oi. — Ses avantages, 302.
- Prix proposés pour l’année 1827 (progr.), 3.— Pour l’année 1828, 36. — Pour l’année 1829, 48 • — Pour l’année 183o , 51. — Remis au concours pour l’année 1827, 21. — Pour l’année 1828,42, — Décernés par la Société d’Encourageinent de Londres, 188.
- Procédés d’industrie manufacturière à introduire dans les campagnes, prix proposé (progr.), 20.
- Produits de l’industrie présentés à la séance générale du 24 mai 1826, 137. A la séance générale du 22 novembre 1826, 329. Programmes des prix proposés par la Société d’Encouragement pour être décernés en 1827, 1828, 1829 et i83o, sont joints au Bulletin de novembre n°. CCLXIX.
- Puits , moyen de les creuser, 11. — Artésien creusé à Roubaix, 345. — Prix pour leur introduction dans un pays où ils n’existent pas (progr.), 34-
- Pyrolignite de fer, ses avantages dans la teinture des chapeaux (progr. ), 44-
- R.
- Rabot perfectionné (méd. déc.), 189. Rambouillet, origine de l’Institution agronomique qui y est établie, 186.
- Râpes pour réduire les betteraves en pulpe, prix proposé (progr.), 22.
- — En fonte de fer, pour diviser les substances molles alimentaires ( progr. ), 3o. — Employées à Thiers pour pulvériser les os , 276.
- Rasoirs, nouveau moyen de les repasser, i3i. Râteau, est mobile dans la presse lithographique de M. de la Morinière, 3oi.
- Recettes de la Société pendant l’année 1825 ,
- i5i.
- Récipient pour transporter le gaz (brev. franc.),
- 395.
- Registres d’affiches roulantes (brev. franc.), 32, Regnier, notice nécrologique sur ce membre, 236.
- Régulateur qui fait tourner le miroir de l’hé-liostat de M. Gambey, 170.
- — Pour l’émission du gaz (brev. angl.), 95.— (brev. franc.), 399, 4oo.
- Reliûre des livres perfectionnée ( brev. angl.),
- 95*.
- Renvidage mécanique du coton, applicable aux mulls-jennys (brev. franç.), 4°-Ressort applicable au mécanisme des moulins (brev. angl.), 90.
- Ressorts métalliques pour ceinture, bracelets, etc. (brev. franc.), 4o.
- — Applicables aux portes (brev. angl.), 95.
- Riz
- p.420 - vue 449/507
-
-
-
- c 421 )
- Riz, sa décoction sert à coller le papier de Chine, 228.
- Robinet des presses hydrauliques, remplacé par des soupapes, 342.
- Robinets nouveaux (brev. angl.), 102, io3.— (brev. franc.), 399.
- Romaines perfectionnées (brev. franc.), 37.
- Roue de friction, son usage dans le banc à broches, 365.
- — Pour régulariser l’émission du gaz ( brev. franc.), 402.
- — Hydraulique à palettes courbes, prix proposé (progr.), 5.
- — De voitures, moyen d’empêclier les acci-dens résultant de leur chute, 116.
- — A rochet du banc à broches, sa construction , 371.
- Rouleau lithographique , prix proposé pour la construction d’un (progr.), 4o*
- Routes en fer pour le transport des marchandises (brev. franç.), 28, 34, 38.— (brev. angl.), 94 7 98-
- ^Rubans imperméables de M. Champion, 268.
- S.
- Salles de spectacle, moyen de les éclairer, 129.
- Sarrasin , prix pour la construction d’un moulin propre à le nettoyer (progr.), 33.
- Savon, fabriqué avec du suif, 15.
- — De fer, pour conserver et durcir le plâtre , 289.
- Scierie à lames verticales $ par M. Calla, 252. — Sa description , 253. — Quantité de bois qu’elle débite , 254*
- — Portative pour le marbre (brev. franç.), 392.
- Scieries à bois, mues par l’eau, imperfection
- de celles généralement en usage (progr.) , 4-—> Prix proposé pour leur perfectionnement, ib.
- Sciure de bois , manière d’en former des orne-mens en relief, 86.
- Sculpture, moyen de la faire ressortir sur l’albâtre, l32.
- Séance générale du 24 mai 1826, —Du
- 22 novembre 1826,329.
- Sel, nouveau moyen de le fabriquer ( brev. fi-anç.) ,32. — (brev. angl.), 97.
- Selles de chevaux, nouvelles (brev. angl.), 1 o4-
- Serrure à secret (méd. déc.), 189,
- Servantes ou leviers, leur disposition dans les voitures de sûreté de MM. Rochelines et .Hirstj 116, 117.
- Silo construit par M. Ternaux à Saint-Ouen, 166. — Sa formé et ses dimensions, 167.
- Siphon en platine , pour la concentration de l’acide sulfurique, par M. Bréant, 332.
- Sivard de Beaulieu, notice nécrologique sur ce membre, 200.
- Société pour l’amélioration des laines établie à Paris , rapport-de M. Bosc sur la , 18.
- — D’Encouragement de Londres, médailles qu’elle a décernées en 1825, 188.
- Soie , cultivée dans le département de l’Ailier, 67. —- Procédé pour en fabriquer des chapeaux imitant ceux d’Italie , 86. —Moyen de déterminer la quantité qui en entre dans une longueur donnée d’étoffe, 280.
- — Nouveau procédé de moulinage et de tirage (brev. franc.),32, 37, 398. — (brev. angl.), 98. —De filature (brev. angl.), 93,94, 98. — De retordage et doublage (brev. angl.) , 94- — (brev. franc.), 402.
- Soleil, manière d’obtenir la réflexion de son image par l’héliostat, 106.
- Sondages des terrains, leur prix comparatif en France et en Angleterre, 244- — Difficultés de la méthode ordinaire, 245.
- Sonde, utilité de cet instrument, 243. — Difficulté de la retirer d’un trou très-profond , 248. —Sa manoeuvre, d’après M. Beu-rier, 25o.
- Sonnerie de pendules perfectionnée ( brev. franc.), 26.
- Soufflets de forge nouveaux (brev. angl.), 97.
- Soufre, de son emploi dans l’affinage des métaux , 125.
- Soupape de sûreté pour les machines à vapeur (méd. déc.), 189.
- Soupapes, disposition de celles appliquées à la presse hydraulique de M. Halette, 343.
- Statues en pierres artificielles; par M. Dedreux, 352.
- Stéarine , de son emploi dans la fabrication des chandelles, 3i2.
- Stuc pour les bâtimens, par M. Beavan, 3o3.
- — ligneux, de M. Lenormandy 85.
- Substances animales , moyen de les conserver
- (brev. angl.), 100.
- T~ingt-cinquVerne année. Décembre 1826.
- Mmm
- p.421 - vue 450/507
-
-
-
- ( 422 )
- Substances minérales , de leur épuration mécanique (brev. franc.), 395.
- Sucre , nouveau procédé pour le purifier et le raffiner, par M. Derosne, 5<j. — Ses avantages , 59. — Inconvéniens de la méthode ordinaire de le raffiner, 5j. —Procédé pour le blanchir et le décolorer ( brev. angl. ),
- 93----Pour le raffiner, 97, 99.
- — De betteraves, prix pour la construction d’ustensiles simples pour l’extraire (progr.) ,
- 21.
- — D’amidon, de M. JVeinrich, 233.
- Suif, moyen de le convertir en une matière
- analogue à la cire, 44*
- — Purifié et durci; par M. Manjot, 3x2.
- Sulfate de fer, de son action dans la teinture
- des chapeaux (progr.), 14.
- — De zinc, employé dans les lampes de M. Thi-lorler pour faire monter l’huile, 291.
- T.
- Tableau des prix proposés par la Société d’En-couragement, pour les années 1827, 1828,
- 1829 et i83o; est joint aux programmes.
- — De la dépense comparée des cartes gravées et lithographiées, 320.
- Taffetas dits hygiéniques, de M. Champion,
- 267.
- Tain des glaces, moyen de le conserver, i5.
- Tambour conique, sa disposition dans le banc à broches de M. Lahorde, 368. -— Elémens de sa construction, 369.
- Tambours à claire-voie employés au blanchissage du linge, 65.
- Tampon, de son emploi dans le procédé du lavis lithographique, 270.
- Tapis vernis, de M. Chenavard, 139.
- Tarière en hélice pour percer les bois les plus durs, 80. — Sa forme, ib. — Manière de la construire, 81, 82.
- Teinture noire au moyen du bablah, 62. — Ses défauts, ib.
- — Des chapeaux , résultat du concours ouvert pour ce sujet de prix, 334- — Remis au concours pour 1828,337 (progr.), 43.
- — En bleu de Prusse, moyen de la dégrader,
- 286.
- 1— Rouge pour l’impression des toiles (brev. franç.), 396.
- Térébenthine, moyen de la préparer (brev. franc.), 26.
- Terrains en pente, prix proposé pour leur plantation (progr.), 5i.
- Terres, nouveau moyen de les creuser et de les transporter (méd. déc.), 189.
- Théorie de l’héliostat, 107. — De la puissance mécanique de la vapeur, 219.
- Tige du miroir de l’héliostat de M. Gambeyy de son mouvement, 17O. — Pièces qui la dirigent, ij5.
- Tig es des sondes, moyen de les désassemhler et de les retirer du trou, 247.—De les enfoncer, 25o.
- Tirage des cordes du métier à tisser remplacé par un agent mécanique, 282.
- Tirans de fer, leur usage dans les cintres des arches de ponts, de M. Ainger> 258.
- Tissus , quantités qu’on en obtient sur les métiers mécaniques, 5i.
- — Métalliques, procédé pour remplir leurs mailles (brev. franc.), 26.
- — Peints sur les deux faces (brev. franc.), 4od.
- Toile, quantité de celle tissée sur le métier de
- M. Debergue, 42* — Sa qualité , 43.
- — Fabriquée avec du lin de la Nouvelle-Zélande (méd. déc.), 189. — Moyen de la rendre imperméable, 2i5. — Rapport sur celle de M. Champion, 266. — Ses avantages, 267.
- Toitures à l’épreuve du feu (brev. franc.), 4oo-
- Tôle, de leur découpage par la cisaille à levier brisé, 278.
- Tour à tordre la soie (brev. franc.), 36.
- Touriitons des axes des cylindres du batteur-étaleur, sont en acier trempé, 278.
- Traité des brevets d}invention, par M. Re-nouardj analyse de cet ouvrage, 20.
- — De la pomme de terre , par M. Payen, analyse de cet ouvrage, 92.
- Travaux du Conseil d’administration pendant l’année 1825, 141.
- Tresses de soie, manière de les préparer pour en former des chapeaux , 87.
- Treuil, de sa disposition dans la grue de Cha-renton, 296.
- Trituration des couleurs par la machine de M. Bouvier, 379. — Ses avantages, 38o.
- p.422 - vue 451/507
-
-
-
- ( 423 )
- Tuiles 5 manière de les préparer économiquement , par M. Chaumette, 88. Prix proposé pour les construire par machines
- ( progr. ) , 3. _Divers brevets accordés en
- France pour leur perfectionnement , 28, 34 >
- 293, 400, 402.
- Tulle, moyen d’y appliquerdes ornemens (brev. (franc.), 3i.
- T urbines hydrauliques, de leur application en grand dans les manufactures , prix proposé (progr.), 5.
- Tuyaux de plomb, de leur force, par M. Jardine , 83. — Moyen de les débarrasser de leur dépôt calcaire, 118.
- — De cuivre à deux branches pour les pompes à incendie 5 par M. JDoliger, 284.
- Tuyère de haut-fourneau perfectionnée ( brev. franc.), 34»
- ü.
- Ustensiles pour extraire le sucre delà betterave, prix proposé (progr.), 21.
- y.
- Vaisseaux, nouveau moyen de les doubler, 127.
- — Moyen de les faire naviguer en mer (brev. angl.), 95.
- Vapeur, moyen de l’obtenir sans ébullition ( brev. franc. ), 4°* — Employée au blanchissage du linge, 64* — De sa force élastique, par M. Clément, 219. — De son degré de chaleur, par Dalton et Southern , ib.
- — De sa puissance mécanique, 220. — Manière dont elle agit dans les machines , 220, 22i. — Appliquée aux filatures des soies (brev. franç.), 399.
- Velours de coton imprimé , 262. — Moyen d’aviver sa couleur, 264* -,
- —- De soie, sans envers (brev. franc.) , 32.
- Ventilateur, manière dont il opère dans la machine à parer les chaînes des tissus, 7. — Ses effets dans le batteur-étaleur de M. Pi-het, 272.
- Vermillon, fabriqué par la voie humide (brev. franc.), 29.
- Vernis, composition de celui à appliquer sur le stuc de M. Beavan, 3o5,
- — A l’usage des graveurs , prix proposé pour le perfectionner (progr.), 29.
- — Lithographique., prix proposé pour sa préparation (progr.), 4cT.
- Verre, moyen de l’étamer (progr.), 27. —Etamage de celui en globes ou en cylindres, 28.
- — Rouge, fabriqué à la Verrerie de Choisy, rapport sur le, 259. — Celui des anciens n’est coloré que sur une des surfaces, 260.
- Il n’y entre point d’or, 261. — Qualités de celui de Choisy, ib.
- Vers à soie, de leur éducation dans le département de l’Ailier, 66.
- Viandes , prix proposé pour leur dessiccation (progr.), 15.
- Vide employé pour former la glace (progr.), 46.
- Vitraux colorés , de leur fabrication en France , 269. ’
- Voitures, moyen de les empêcher de verser; par M. Rochelines, 116. — Essai fait de ce procédé, ib. — Dites de sûreté, de MM. Hirst et Heycock, leurs avantages, 117. — Divers brevets accordés pour des — nouvelles, en France, 392, 393,394,398, 4°4* — En Angleterre, 93, 94, 97 , 102, io3.
- — A vapeur locomotrices (brev. angl.), 95, 96 (brev. franc.), 3i, 32.
- Z.
- Zinc, son mélange avec le cuivre produit un alliage imitant l’or, 184.
- p.423 - vue 452/507
-
-
-
- ( 4H )
- PLANCHES.
- PL 292. Double. Ourdissoir à banc incliné , en regard de la page 4*
- PL 2ç3. Quadruple, Machine à monter et parer les chaînes des tissus , p. 8.
- Pl. 294. Quadruple. Détails de la machine à monter «t parer les chaînes des tissus , p. 9.
- PL 295. Triple. Métier à tisser mécanique , inventé par M. Debergue, p. 4$*
- PL 296. Double. Détails du métier mécanique de M. Debergue , p. 5o.
- PL 297. Double. Machine destinée au lavage et au débourbage du minerai de cuivre 3 inventée parM. Cagniard-Latour, p. j5.
- PL 298. Double. Appareil dans lequel la vaporisation du gaz acide carbonique liquéfié produit un effet mécanique. — Tarière en hélice , et machine pour la fabriquer , p. 79.
- PL 299. Simple. Explication de l’héliostat de M. Gambey , p. 107.
- PL 3oo. Simple. Dégorgement des conduites d’eau , par Darcet, p. 124.
- Pl. 3oi. Quadruple. Héliostat de M. Gambey, p- 179-
- Pl. 3o2. Quadruple. Détails de l’héliostat de M. Gambey, p. 180.
- Pl. 3o3. Double. Instrument pour mesurer la grosseur des brins de laine , p. 209.
- Pl. 3o4. Double. Machine à broyer les couleurs, inventée par M. Lemoine , p. 217.
- PL 3o5. Double. Détails de la machine à broyer les couleurs, inventée par M. Lemoine, p. 217.
- Pl. 3o6. Double. Grue de sondage et sondes de M. Beurier, p. 248.
- Pl. 307. Double. Scierie à lames verticales et à mouvement alternatif, par M. Calla, p. 252.
- Pl. 3o8. Double. Platines de percussion appliquées à l’artillerie de marine. — Cintres pour les arches des ponts à grande ouverture, p. 255.
- Pl. 309. Triple. Elévation longitudinale du batteur-étaleur du coton construit par M. Pihet, p. 274.
- Pl. 310. Triple. Plan et détails du batteur-étaleur du coton , p. 274.
- PL 311. Triple. Coupe et détails du batteur-étaleur du coton , p. 274.
- Pl. 312. Simple. Moulin à diviser les os. — Cisailles à main , à levier brisé. — Tuyaux pour obtenir deux jets d’eau d’une seule pompe , p. 276.
- Pl. 3i3. Quadruple. Grue en fonte de fer employée aux fonderies de MM. NLanby et Wilson, à Charenton près Paris, p. 296.
- Pl. 314. Quadruple. Presse lithographique à leviers , par M. de la Morinière , p. 3o2.
- Pl. 3i5. Simple. Poêle en fonte de fer à circulation d’air chaud, par M. Fortier, p. 3o8.
- Pl. 3i6. Simple , lithographiée. Mémoire sur la lithographie appliquée aux cartes , par M. Jo-mard, p. 326.
- PL 317. Quadruple. Métier pour la préparation du coton , remplaçant l’étirage à lanternes et la filature en gros ou en doux , et connu sous le nom de banc à broches, par M. Laborde, p. 374.
- PL 3i8. Quadruple. Elévation, coupe, plan et détails du banc à broches, par M. Laborde, P. 37/(.
- IMPRIMERIE DE MADAME HUZARD (kée VallaÜla Chapelle),
- rue de l’éperon, n°. 7.
- p.424 - vue 453/507
-
-
-
- PROGRAMMES
- DES
- PRIX PROPOSÉS
- PAR
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE,
- Dans sa Séance générale du 22 Novembre 1826, pour être décernés en 1827, 1828, 1829 et i83o.
- p.2x1 - vue 454/507
-
-
-
- p.2x2 - vue 455/507
-
-
-
- «MiUV\^WVVV\VVVV\^U^VV^l^VV\VVVV\%lV\U^VV\m\^Vl\\A«VVU4^\MfViVU>U\i\\VUVVVtV\t\\U^VVVV^U\\Ui\iVUVVVVV\lVVVV%VV%
- PROGRAMMES
- DES
- PRIX PROPOSÉS
- PAR .
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE,
- Dans sa Sëance générale du 22 Novembre 1826, pour être décernés en 1827, .1828, 1829 et i83o.
- PRIX PROPOSÉS POUR L’ANNÉE 1827.
- ARTS MÉCANIQUES.
- I.
- Prix pour la fabrication des briques, tuiles et carreaux, par machines.
- On emploie dans une grande partie de la France des briques , des tuiles et des carreaux de terre cuite 5 mais on n’en fabrique pas par-tout où il serait possible d’en faire, et dans les lieux même où cette fabrication est déjà fort ancienne, elle ne paraît pas encore avoir acquis tous les perfectionnemens qu’on peut désirer.
- La Société d’Encouragement a plusieurs fois appelé l’attention du public sur cet art important , quoique commun , qui fournit de précieux matériaux pour toutes les sortes de constructions, pour les palais comme pour les habitations les plus simples.
- Elle a fait connaître combien il serait avantageux, sous plusieurs rapports , d’appliquer des machines à ce genre de fabrication ; on est fondé à croire en effet qu’à l’aide de moyens mécaniques on parviendra à faire subir aux terres une préparation plus complète, qu’on les comprimera avec plus de force dans les moules , qu’on hâtera leur dessiccation, que les briques, les tuiles et les carreaux recevront et conserveront une forme plus régulière, que ces matériaux acquerront plus de consistance , qu’ils seront moins fragiles et peut - être moins susceptibles de s’altérer et de se détruire par l’action combinée ou successive de l’air , de l’humidité et de la gelée, enfin que les frais de manipulation pourront être considérablement diminués. Ce dernier avantage mérite sur-tout d’être apprécié dans les pays où,
- p.2x3 - vue 456/507
-
-
-
- pai raison d’économie seulement, on continue à préférer aux briques et aux tuiles le bois et la paille, malgré le danger, continuellement imminent, des incendies les plus désastreux.
- Plusieurs établissemens se sont formés, il y a déjà plusieurs années, en Russie, en Amé -rique et en Angleterre , et on y a établi , pour la confection des briques , des machines qui ont été décrites dans le 'Bulletin de la Société, des années i8i3, p. 173 et 177 , et 1819, p. 361 , et qui , A ce que l’on assure , ont eu les heureux résultats qu’on vient d’indiquer.
- D’autres machines analogues, destinées à produire des effets semblables , ont aussi été l’objet de quelques patentes et de quelques brevets d’invention, qui ont été délivrés à Londres, à Paris et à Berlin : on ignore si elles ont été exécutées.
- On sait qu’en France quelques tentatives ont déjà eu lieu; mais les essais qui ont été faits jusqu’ici ne sont pas encore achevés.
- La Société d’Encouragement, convaincue de toute l’importance de ce genre de fabrication , croit qu’elle fera une chose vraiment utile à la France entière, en encourageant les entreprises déjà commencées, et en provoquant la création d’entreprises nouvelles pour l’application de moyens mécaniques à la confection des briques, des carreaux et des tuiles; mais elle croit devoir sur-tout rappeler aux entrepreneurs que, dans cette fabrication plus que dans toute autre, le but principal qu’ils doivent se proposer, c’est d’obtenir des produits fabriqués de bonne qualité et aux moindres frais possible.
- En conséquence , elle propose un prix de deux mille francs} pour être décerné dans la séance générale du mois de juillet 1827 à celui qui, dans une fabrique de briques, de tuiles et de carreaux en pleine activité, aura introduit l’usage de machines et de moyens mécaniques, qui permettent de livrer les briques, les tuiles et les carreaux de bonne qualité à des prix inférieurs aux prix ordinaires.
- Les concurrens adresseront à la Société, avant le ier. mai 1827, i°. un mémoire descriptif de leurs procédés, accompagné des dessins des machines qu’ils emploient; a°. des échantillons de leurs produits; 3°. des certificats des autorités locales, constatant que la fabrique est en pleine activité , et indiquant les prix et les quantités des produits fabriqués.
- Le prix sera décerné à celui qui aura le mieux satisfait aux vues de la Société, sous le rapport des prix , de la qualité et de la quantité des produits livrés au commerce.
- - IL
- Prix pour le perfectionnement des scieries à bois mues par Veau.
- Il existe depuis long-temps en France, et sur-tout dans les pays de montagnes, un grand nombre de scieries à bois mues par l’eau. La plupart de ces usines sont encore ce qu’elles étaient il y a plusieurs siècles ; leur construction est généralement très - grossière et très-peu soignée. On y débite des bois de charpente, des madriers et des planches; mais il est rare que ces différentés pièces aient leurs faces de sciage bien planes et leur épaisseur bien égale , et qu’elles offrent cette précision de forme qui serait nécessaire pour abréger le travail ultérieur qu’elles exigent, et pour diminuer les pertes et les déchets de matières que ce travail même rend indispensables.
- Ce serait sans doute faire faire un grand pas à cette industrie que d’introduire dans les scieries mues par l’eau tous les perfectionnemens qui ont été apportés depuis plusieurs
- p.2x4 - vue 457/507
-
-
-
- années dans l’art de scier et de préparer les bois par machines, perfectionnemens adoptés avec empressement dans les pays étrangers, déjà essayés avec succès dans quelques-unes de nos fabriques , et qui ont pour objet de diviser les bois de toutes grosseurs dans le moins de temps , avec le moindre déchet de matières et avec la plus petite dépense de force motrice; de les dresser, de les planer, de les couper sous telle forme que ce soit, et de les rendre prêts à être mis en oeuvre pour la charpente, la menuiserie, l’ébénisterie, la tonnellerie et le charronnage (1). i • . , ü •- :.J ;
- On ne peut disconvenir que de tels changemens apportés dans ces scieries, et qui auraient ces heureux résultats, ne deviennent très-profitablés à ceux qui possèdent ces établissemens, aux habitans de la contrée où ils sont situés, aux propriétaires des bois voisins et à tous les consommateurs.
- C’est dans la vue de provoquer l’adoption de quelques-unes de ces améliorations dans nos anciennes scieries que la Société d’E'ncouragement propose un prix de cinq mille francs, qui sera décerné , dans la séance générale de juillet 1827 , à celui qui, dans une scierie mue par l’eau et en pleine activité , aura disposé le mécanisme, les différentes sortes de scies et les divers instrumens de cette usine , de manière à débiter avec précision des bois de charpente de toutes dimensions, à préparer, c’est-à-dire diviser, dresser, planer, rainer, languetter, etc., ceux destinés aux ouvrages de menuiserie, et à livrer au commerce ces produits à des prix inférieurs aux prix actuels des mêmes produits obtenus par les moyens ordinaires.
- Les concurrens enverront à la Société, avant le ier. mai 1827 , un dessin et une explication de leurs moyens mécaniques et de leurs machines, des échantillons de leurs produits, et desvcertificats constatant l’activité de la fabrique, la quantité et le prix des produits.
- Le prix sera accordé à celui des concurrens qui aura le mieux rempli les conditions du programme sous le rapport des prix, des qualités et des quantités des produits de l’usine.
- Dans le cas où ce prix ne serait pas remporté, la Société se réserve de le diviser, et d’accorder deux mille francs si les perfectionnemens introduits dans l’usine s’appliquent au sciage seulement, et trois mille francs s’ils ne se rapportent qu’à la préparation mécanique pour la menuiserie. ; « - . ‘
- , - III.l
- Prix pour Vapplication en grand, dans les usines et manufactures, des turbines hydrauliques, ou roues à palettes courbes, de Bélidor.
- La théorie indique un mode particulier de recevoir l’action des chutes d’eau, qui pourrait rendre de très-grands services à nos usines, et qu’on doit regretter de ne pas voir appliqué plus généralement 5 ce sont les roues désignées sous le nom de roues à palettes courbes (2), ou sous celui de turbines hydrauliques (5). •
- (1) "Voyez les Bulletins des années 1806, i8i3, i8i5, 1818, 1819, 1822, 1825 et 1826.
- (2) Nouvelle édition de Bélidor, par M. JYaaier. ; ^
- (3) Rapport fait à l’Académie royale des Sciences, le 19 avril 1824, par une Commission composée de MM. de Prony, Girard et Dupin, inséré dans les Annales de Chimie et de Physique, cahier de juin 1824, et par extrait dans le Bulletin de la Société d’Encouragement, du mois de septembre de la meme année, page s56.
- p.2x5 - vue 458/507
-
-
-
- Ces turbines présentent en effet, suivant la théorie, sur toutes les machines existantes de très-grands avantages, tels que i°. de produire le maximum d’effet autour d’axes verticaux , horizontaux ou inclinés; a0. de s’adapter à toutes leâ chutes avec toutes les vitesses et les dépenses d’eau possibles. Il serait donc essentiel de réaliser complètement et économiquement dans la pratique tous les résultats précieux de la théorie.
- L’entrée de l’eau sans choc et sa sortie de la roue sans vitesse sont, il est vrai, deux conditions faciles à remplir, dans le cas hypothétique où l’on ne considère qu’un seul filet liquide incident 5 mais dans les applications en grand, On peut présumer qu’elles éprouvent des difficultés plus ou moins considérables.
- En effet, en y réfléchissant un peu, on sent combien les dimensions finies des masses entrantes et sortantes,
- Combien la mobilité des molécules liquides, l’épaisseur et la forme des palettes ou couloirs courbes, sur lesquels elles glissent ou réagissent,
- Combien l’écartement ou l’expulsion nécessaire de ces mêmes molécules, déposées en repos, après leur action, dans un espace qui doit être incontinent occupé par la roue;
- Combien enfin toutes ces circonstances peuvent compliquer la question dont il s’agit, et forcer à recourir à des expériences variées et répétées. .
- Ces réflexions paraissent même si bieti fondées, que les moulins du Betsacle, à Toulouse, que les roues à poire et autres, dont lés principes sont plus ou moins analogues à ceux des turbines, n’ont encore offert que très-peu ou même point d’avantages, et n’ont, jusqu’à présent, reçu que des usages très-bornés , attendu , i°. qu’elles n’ont pas été en général construites d’après des règles sûres, indiquées à-la-fois par la théorie et par l’expérience; 2°. que les modifications à leur faire subir, suivant les circonstances et les exi-geances des usines diverses, n’ont pas été assez exactement déterminées, ou sont même toujours restées entièrement ignorées.
- Ces considérations, réunies à l’importanèe des turbines , à l’universalité que peut recevoir leur emploi, à la possibilité très-probable de les faire tourner même sous l’eau, à l’abri des gelées et de ces variations continuelles de niveau, qui souvent, et notamment à Marly , ont présenté de si grands obstacles aux machines ordinaires , ont déterminé la Société d’Encouragement à accorder un prix au mécanicien qui, d’ici au ier. mai 1827, aura construit et mis en oeuvre au moins deux roues de l’espèce dont il s’agit, et assez en grand pour que les résultats offerts à la Commission qui sera chargée de les examiner, puissent porter une entière conviction dans tous les esprits , et soient assez positifs et assez concluans pour dissiper toute espèce dé doute sur le succès des machines ultérieures qu’on pourra projeter d’après une pareille application.
- A l’appui des expériences et de la partie théorique, les concurrens devront présenter, i°. une instruction pratique et méthodique , mise à la portée des charpentiers-mécaniciens , ét contenant toutes les règles à suivre dans la construction de ces machines pour chaque cas particulier qui pourrait se présenter ; et 2°. lés plans et dessins détaillés à une échelle de om.o5c, par mètre. ......
- La Société demande en outre que les roues à palettes courbes ou turbines hydrauliques présentées au concours , donnent pour de petites chutes , telles que celles de ûm 20e, à 2*11 , un effet au moins double de celui obtenu par les grandes roues à palettes employées dans les moulins et autres Usines établies en amont sur lés courans libres de la Seine, de la Marne et autres rivières; _
- p.2x6 - vue 459/507
-
-
-
- ( 7 )
- 2°. Que pour les chutes d’eau de 3 à 6 mètres, elles rivalisent avantageusement avec les bonnes roues à augets ou les roues à coursier les mieux construites ;
- 3°. Que, dans tous les cas, elles soient moins lourdes et plus économiques que ces dernières ;
- 4®- Qu’elles déploient une plus grande puissance sous un plus petit espace.
- Il serait à désirer que ces roues pussent tourner sous l’eau avec une vitesse quelconque , et qu’elles fussent à l’abri des gelées , des variations de niveau et autres inconvéniens plus ou moins graves. •
- Enfin, il a été décidé : 1°. que les mécaniciens éloignés, qui auraient construit des turbines et qui voudraient concourir pour le prix, s’adresseraient au préfet de leur département , pour faire examiner leurs machines par les ingénieurs réunis des ponts et chaussées et des mines de l’arrondissement et du département 4 2°. que ces ingénieurs constateraient , dans un rapport détaillé , si toutes les conditions du programme ont été remplies* afin de mettre la Société à même de juger le parti qu’il conviendrait de prendre pour les machines qui ne peuvent être directement soumises à l’examen de ses commissaires.
- A raison de tous les frais de construction de ces machines , des mémoires* plans et dessins , de l’instruction détaillée , méthodique, mise à la portée des praticiens, enfin de toutes les dépenses de déplacement et de séjour auxquels seront obligés les concurrens, la Société a fixé la valeur du prix à six mille francs.
- Ce prix sera décerné* s’il y a lieu, dans la séance générale de juillet 1827.
- IV.
- Prix pour la fabrication du fl d’acier propre à faire les aiguilles à coudre.
- Il existe en France un grand nombre de tréfileries, mais aucune ne fabrique encore le fil d’acier propre à l’usage des manufactures d’aiguilles à coudre ; cependant il importe aux progrès de ces précieuses manufactures qu’elles ne puissent jamais être privées de la matière première sans laquelle leurs travaux seraient paralysés.
- On pourrait espérer que la grande consommation de fil d’acier qui se fait maintenant en France déterminera bientôt les propriétaires de tréfileries à réunir à leur fabrication de fil de fer celle du fil d’acier, et à se mettre en état d’approvisionner le commerce , et sur-tout les manufactures d’aiguilles, de cette matière première. Mais comme cette nouvelle fabrication exige des soins particuliers, la Société d’Encouragement a pensé qu’il serait utile de diriger l’attention des artistes et des fabricans vers cet objet important par quelque récompense, afin de hâter l’établissement en France de cette nouvelle branche d’industrie.
- En général, le fil d’acier doit être uni, et conserver la même grosseur d’un bout à l’autre, dans chaque degré de finesse. Le fil d’acier pour aiguilles doit être d’un grain fin* homogène et susceptible de prendre la forme d’aiguille sans se briser ; il faut aussi qu’il puisse supporter l’opération du recuit sans perdre sa qualité acéreuse, et qu’il prenne, à la trempe, la dureté convenable.
- La Société d’Encouragement propose en conséquence un prix de six mille francs * qu’elle décernera à celui qui non-seulement sera parvenu à fabriquer des fils d’acier dans tous les degrés de finesse et ayant les qualités requises pour la fabrication des aiguilles, mais qui
- /
- p.2x7 - vue 460/507
-
-
-
- prouvera en même temps qu’il peut les livrer aux mêmes prix que les fabricans étrangers , et qu’il a formé un établissement permanent, capable de fournir du fil d’acier à tous les besoins du commerce. Des certificats des autorités locales constateront l’existence de la fabrique , dans le cas où les concurrens ne résideraient pas à Paris.
- Le concours restera ouvert jusqu’au ier. mai 1827. Le prix sera adjugé dans la séance générale du mois de juillet de la même année»
- y.
- Prix pour la fabrication des aiguilles à coudre.
- La Société d’Encouragement, dans la vue de contribuer aux progrès des manufactures d^aiguilles à coudre, situées, pour la plupart, dans le ci-devant département de la Roër , formant aujourd’hui une partie du -grand-duché du Rhin, a proposé un prix de six mille francs pour la fabrication des fils d’acier à l’usage de ces manufactures, afin de les mettre à portée de se procurer en France cette matière première, qu’elles tiraient de l’étranger, et dont on aurait pu les priver pour, paralyser leurs travaux. _ .
- Aujourd’hui que ces précieuses manufactures d’aiguilles ne font plus partie du domaine de l’industrie française; que la quantité d’aiguilles de différentes sortes qui se fabriquent dans ce royaume est bien loin de suffire à sa consommation , la Société d’Encouragement a jugé qu’il serait utile de diriger l’attention des mécaniciens et des manufacturiers vers cet objet important. En conséquence, elle propose un prix de trois mille francs, qu’elle décernera, dans sa séance générale du mois de juillet 1827, à celui qui aura formé, dans l’un des départemens français une fabrique d’aiguilles à coudre, comparables, par la variété de leur forme ou grandeur, la perfection et le prix , à celles que le commerce préfère.
- Four être admis au concours , il sera nécessaire de faire parvenir à la Société d’Encouragement, avant le ier. mai 1827:
- i°. Des échantillons de toutes les variétés d’aiguilles que la manufacture fournit au -commerce , avec l’indication des prix de chaque variété ;
- 20. Des certificats des autorités locales, qui constatent non-seulement l’activité de la fabrique , mais encore qu’elle est montée et organisée de manière à ne laisser aucun doute sur la permanence et le succès de ses travaux, et qu’elle a versé dans le commerce des produits pour une valeur annuelle de 10,000 francs.
- Indépendamment des aiguilles fabriquées à la manière d’Aix-la-Chapelle, c’est-à-dire avec du fil de fer cémenté, les concurrens devront adresser des aiguilles de tous les numéros en acier fondu, à l’instar de celles provenant d’Angleterre.
- Le concurrent qui, à l’époque indiquée ci-dessus, aura formé la fabrique d’aiguilles à coudre la plus étendue, et obtenu des produits aussi parfaits que ceux des fabriques étran-.gères f par des moyens économiques et sans danger pour les ouvriers, sera considéré comme ayant le plus approché du but que la Société s’est proposé d’atteindre.
- . L’art de fabriquer les aiguilles à coudre ayant été décrit dans le plus grand détail et publié par divers auteurs , on n’a pas cru devoir rappeler ici la marche des opérations, ni faire connaître les divers outils, machines et appareils actuellement en usage. La Société se contentera seulement d’observer que, lorsqu’on se sert de meules de grès pour former la pointe des aiguilles , cette opération, se faisant à sec , occasionne beaucoup de poussière,
- p.2x8 - vue 461/507
-
-
-
- ( 9 ) -
- qui nuit à la santé des ouvriers 5 on remédie à cet inconvénient eii établissant un courant d’air qui porte au dehors la poussière du grès, à mesure qu’elle se détache de 1a. meule (x). Il est également prudent de montei'- les meules sur leurs axes, de manière que si elles venaient à se fendre , les morceaux ne pussent pas se détacher (2). Ces diverses précautions deviendraient inutiles, si l’on substituait aux meules de grès des meules de fer ou de fonte oxidée, proposées par l’un des membres de la Société , M. JVLolard, ancien administrateur du Conservatoire des Arts et Métiers , qui est le premier qui ait fait usage de cet ingénieux procédé pour former la pointe des aiguilles, des épingles , etc. Le même auteur s’est aussi servi, avec avantage , d’un instrument composé de deux règles, entre lesquelles on place les bouts de fil d’acier, qu’on fait tourner sur eux-mêmes, en imprimant le mouvement de va-et-vient à l’une des règles, en même temps qu’on soumet à l’action de la meule les bouts des fils pour former les pointes.
- ARTS CHIMIQUES.
- VI.
- Prix pour la fabrication cle la, colle-forte.
- La colle-forte fabriquée en France, il y a trente ans , était d’une couleur brune foncée, en plaques épaisses , molles 5 elle se dissolvait dans l’eau froide, et développait une odeur fétide 5 sa force d’adhérence était peu considérable ; elle attirait puissamment l’humidité de l’air. Tous ces caractères indiquent une gélatine altérée au feu 5 sa mauvaise qualité bornait ses emplois à la fabi'ication des chapeaux de feutre , et son prix était peu élevé : on la nommait colle de Paris , ou colle noire, ou colle des chapeliers. Elle est connue encore sous ces dénominations ; mais on ne la pi'épare plus aujourd’hui qu’avec des matières premières altérées, les tendons de chevaux qui ont subi un commencement de putréfaction dans les clos d’écamssage, par exemple.
- A cette époque, les colles étrangères importées en France fournissaient seules'aux usages multipliés de la gélatine dans les arts. L’ichthyocolle , presque inodore, sans couleur et insipide , outre son application à la clarification de la bière et des vins , était employée, exclusivement à toute autre, dans les préparations pharmaceutiques et alimentaires, dans l’apprêt des divers tissus, dans la préparation des perles fausses, la monture des pierreries jla fabrication du taffetas d’Angleterre, du papier-glace, du cartonnage fin , etc.
- La colle blonde de Flandre et de Hollande en feuillets minces, peu colorée, assez tenace et d’un goût peu prononcé, servait à préparer la colle â bouche, à détremper les couleurs dites à la colle, à assembler les pièces des instrumens de musique, au placage des meubles d’acajou, à composer les bains gélatineux , etc.
- La colle-forte d’Angleterre, en plaques plus épaisses, et plus colorée que la précédente, offrant une grande force d’adhérence', s’employait dans beaucoup de travaux de l’ébénis-
- (1) Ce moyen est de'crit dans les Bulletins de la Socie'té, N°. CXLII, quinzième anne'e, page 75, N°. CCXYIII, vingt et unième anne'e, page 24i , et N°. CCXXYIII, page 187, vingt-deuxième anne'e.
- (2) On trouve dans le Bulletin, N°. CI Y, douzième anne'e, page 46, la description d’un moyen de monter et de consolider les meules à e'moudre.
- 2
- p.2x9 - vue 462/507
-
-
-
- ( 10 )
- terié et de la menuiserie , dans la confection des emballages, dans le collage des papiers , etc.
- Plusieurs colles-fortes obtenues par divers procédés , et offrant des propriétés et des caractères extérieurs différens, ont été successivement substituées en partie aux colles étrangères , à l’exception toutefois de la colle de poisson , relativement à la clarification de la bière et des vins.
- Nos fabriques des départemens de la Seine, de la Seine-Inférieure, de l’Eure, des Ardennes, des Bouches-du-Rhône, de la Haute-Vienne et du Haut-Rhin , offrent au commerce des produits remarquables et qui peuvent soutenir avec des avantages marqués la concurrence étrangère (1). Cette industrie, de création moderne dans notre pays, a fait des progrès rapides ; ses produits déjà sont supérieurs à ceux des Hollandais, des Belges et des Anglais. Quelques perfectionnemens sont encore possibles j si nous ne pouvions les atteindre, il serait utile de nous fixer au point élevé où nous sommes parvenus. Le concours qui est ouvert par la Société d’Encouragement fera connaître du moins aux spéculateurs la supériorité de nos colles-fortes sur les colles étrangères : nous serons heureux de la proclamer. Puisse-t-il avoir aussi pour résultats de faire cesser les importations encore considérables, et d’ouvrir à nos produits des débouchés au-delà des frontières !
- On pourra consulter , relativement aux moyens de fabrication et de perfectionnement , aux caractères et procédés d’essais , l’article Coîle-forte du Dictionnaire technologique $ le rapport sur la colle - forte de M. Grenet ( Bulletin de la Société d’Encouragement, cahier d’octobre 18^5) , etc.
- La Société d’Encouragement décernera, dans la séance du mois de juillet 1827 , un prix de deux mille francs au fabricant de colle-forte qui aura livré au commerce, pendant le cours d’une année, la plus grande quantité de ce produit en qualités diverses, les mieux appropriées aux différens emplois dans les arts , et à des prix avantageux pour le consommateur. On ne demande pas qu’elle puisse être substituée à la colle de poisson pour la clarification de la bière ; il serait même inutile que les concurrens fissent des tentatives pour y parvenir. ^
- Les concurrens seront tenus d’envoyer, avant le ier. mai 1827, des échantillons de chaque espèce de colle qu’ils fabriqueront.
- VII.
- Prix pour rétablissement en grand d'une fabrication de creusets réfractaires.
- La Société d’Encouragement propose un prix de trois mille francs pour celui qui établira en grand une fabrication de creusets assez réfractaires pour pouvoir être employés à fondre du fer pur.
- En proposant ce prix, la Société a pour but de procurer à l’industrie le moyen de faire des expériences d’un grand intérêt, auxquelles on est obligé de renoncer , parce qu’on ne trouve pas dans le commerce des creusets capables de résister à l’action du feu le plus intense des fourneaux de laboratoire.
- (1) Dans le département de la Seine, la fabrication de la colle-forte produit annueüeftiént une valeur de plus de 600,000 francs. -
- p.2x10 - vue 463/507
-
-
-
- ( 11 )
- La résistance des creusets , leur iijfusibilité, dépendent de l’argile avec laquelle ils sont faits. 11 s’en trouve sur plusieurs points de la France, dont la qualité réfractaire ne doit rien laisser à désirer , puisque , dans nos fabriques d’acier fondu , on est parvenu , avec la terre de notre sol, à faire des creusets qui peuvent servir à cinq ou six opérations. Il est probable que de nouvelles recherches feront découvrir des dépôts d’une argile très-pure , qui pourra être employée avec succès, ou que l’on trouvera quelque moyen peu dispendieux de rendre encore plus infusibles celles qui le sont déjà à un certain degré (1).
- Ce qu’on demande d’un creuset, c’est qu’il puisse supporter sans se fondre l’action d’un feu de charbon le plus violent, et qu’il ne casse pas dans les changemens subits de température : cette seconde condition n’est pas la plus difficile à remplir; on y parvient en composant la pâte des creusets de manière que le ciment fait avec l’argile calcinée soit prédominant, et qu’il ne soit pas en poudre fine ; mais à mesure que l’on augmente la proportion du ciment, la pâte , devenue moins ductile , se tourne plus difficilement : ce n’est pas un obstacle invincible ; il paraît même que l’emploi du tour à potier n’est pas le mode de fabrication le meilleur, ni le plus expéditif ; la pression semble préférable, ou tout autre moyen qui donnerait une densité égale aux parois du vase. •
- 11 est de l’intérêt des concurrens de s’assurer par eux-mêmes de la qualité de leurs creu-^ sets : c’est pourquoi on les engage à le faire. Ils y parviendront facilement avec une forge de maréchal, sur laquelle ils construiront en briques un petit fourneau de 8 pouces de diamètre sur i4 à i5 pouces de hauteur , à partir du fond du foyer, où s’abouche la tuyère du soufflet.
- Ce foyer, qui formera le cendrier , peut avoir 6 pouces de diamètre et 4 pouces de hauteur seulement. -
- On ménagera un canal, fermé avec une brique, qui pourra s’enlever à volonté , afin de pénétrer, au besoin, dans le cendrier, dans le cas où la grille serait obstruée par un creuset qui aurait fondu.
- La grille est placée sur ce cendrier ; elle peut être en terre réfractaire, percée de trous comme le fond des fourneaux de ménage , ou bien composée de barreaux de fer d’un pouce ou 9 lignes de diamètre et de 5 pouces et demi de longueur, lesquels reposeraient sur deux petites tringles de fer, de manière à ne laisser que 3 lignes de distance entre eux, afin que , si le soufflet était très-fort , lè vent ne pût frapper le creuset et le refroidir.
- A partir de la grille, l’élévation des parois du fourneau , qui doit avoir 8 pouces de diamètre , sera de îo pouces dans œuvre.
- Aussitôt que la maçonnerie est achevée , on revêt l’intérieur du fourneau d’une couche d’un pouce d’épaisseur, d’un enduit composé de cinq parties de sable non fusible et d’une partie seulement de bonne argile , que l’on bat pour unir sa surface et le faire adhérer aux briques. Ainsi revêtu, le foui'neau n’a plus que 6 pouces de diamètre. ;
- On place sur la grille un tourteau ou petit support cylindrique, haut de 2 pouces et demi à 3 pouces ^ et fait du même mélange infusible d’argile et de sable ; c’est sur ce tourteau que se pose le creuset rempli de morceaux de fer non oxides , coupés par petits, frag-mens et disposés de manière qu’il y ait entre eux le moins de vide possible ; on ferme le creuset par un couvercle , qu’on lute avec du sable et de l’argile.
- (i) La lévigation, par exemple , peut enlever le sable pyriteux qui rendrait la terre fusible. Quelques chimistes, considérant 1a. qualité réfractaire de la magnésie, ont pensé que l’on rendrait l’argile plus infusible en y mêlant un peu de muriate de magnésie.
- 2.
- p.2x11 - vue 464/507
-
-
-
- ( )
- Dès que le charbon dont on entoure le creuset est allumé , on fait agir le soufflet et on remplace le combustible à mesure qu’il se consume.
- A l’aide de cet appareil, on produit une chaleur telle qu’en 3o ou 40 minutes on peut fondre un demi-kilogramme de fer doux.
- 11 n’est pas nécessaire d’attendre que les creusets aient été au four pour les essayer , il y a même de l’avantage à les employer avant d’être cuits , pourvu qu’ils soient parfaitement secs ; ils supportent mieux sans se casser le passage rapide à une température élevée : aussi dans les fabriques d’acier, les creusets dont on fait usage sont seulement séchés.
- Ceux qui voudront être admis à ce concours sont tenus d’envoyer, i°. des échantillons de creusets de différentes grandeurs; 2°. une quantité suffisante d’argile non travaillée , telle qu’elle sort de la terre , et une quantité proportionnelle de ciment, afin que les commissaires puissent , avec ces matériaux , faire des creusets, pour les essayer comparativement avec ceux qui auront été présentés au concours.
- Les concurrens devront joindre à leurs échantillons un mémoire contenant la désignation de la terre et la description exacte de ses caractères extérieurs et de son gisement ; enfin tous les détails des opérations préliminaires employées avant de la travailler , ainsi que des procédés suivis'dans la fabrication ; ils y joindront aussi un aperçu des dépenses , afin que la Société puisse s’assurer que l’établissement formé pourra soutenir avec avantage la concurrence étrangère.
- L’épreuve à laquelle les creusets seront soumis consistera à fondre, sans addition de carbone, 3 à 4 kilogrammes de fer doux.
- Si les concurrens désirent que leurs procédés restent secrets, les commissaires qui en auront la communication s’engageront à ne pas les divulguer ; mais la description qui en sera faite par eux sera déposée sous cachet aux archives de la Société.
- Les échantillons et mémoires devront être envoyés avant le ier. mai 1827 , et le prix sera décerné dans la séance générale du mois de juillet de la même année.
- y ni.
- Prix pour la fabrication de la colle de poisson.
- Depuis long-temps on a cherché les moyens de remplacer Vichthyocolle par une substance moins rare, et pour laquelle on ne fût plus tributaire de la Russie : des Sociétés savantes en Allemagne , à Londres, à Paris, ont proposé des prix pour la solution de ce problème.
- La colle de poisson, nommée ichthyocolle dansles arts, et isin-glass par les Anglais, sert à beaucoup d’usages; les médecins la prescrivent comme médicament ; elle sert à clarifier\a. bière , le vin, l’infusion de café ; on l’emploie pour donner du lustre et de la consistance aux étoffes de soie, aux rubans, aux gazes, pour préparer le taffetas d’Angleterre, les fleurs artificielle# et le papier-glace ; pour contrefaire les perles fines, pour recoller la porcelaine et le verre ; elle entre dans.la composition des gelées alimentaires ; les lapidaires l’emploient pour monter les pierreries. M. Rochon a fait une très-belle et très - utile application de Vichthyocolle en composant les lanternes des vaisseaux avec des toiles métalliques trempées dans une solution de colle de poisson. De tous ces usages, la clarification de la bière est le seul pour lequel l’industrie n’ait encore pu parvenir à remplacer Vichthyocolle : c’est don© à cet emploi qu’il faut attribuer le prix souvent fort élevé que le commerce met à l’achat de cette substance.
- p.2x12 - vue 465/507
-
-
-
- C >3 )
- Jusqu’à présent les Russes ont eu le commerce exclusif de cette colle \ qui se'prépare sur les bords du Wolga, de vfaik., du Don et de la mer Caspienne : les Hollandais vont la chercher au port d’Archangel. ' : : ^ ' '
- La colle de poisson se fait avec la vessie natatoire du grand esturgeon (acipenser huso). Les Moscovites procèdent de la manière suivante : ils ouvrent dans leur longueur les vessies aériennes, et les lavent dans de l’eau de chaux très-légère5 ils.en retirent la fine membrane qui les recouvre , puis ils enveloppent ces vessies dans de la toile mouillée, les pressent , les étendent ensuite et les font sécher en feuilles , ou les roulent sur elles-mêmes , plient ce rouleau et le contournent en forme de cœur ; ils rapprochent les deux bouts , et les assujettissent l’un contre l’autre au moyen d’une petite cheville de bois, qui empêche les feuillets de se désunir ^.enfin ils suspendent ces rouleaux cordiformes à l’air pour les faire sécher.
- On distingue dans le commerce cinq sortes de colle de poisson; une en petits cordons, une autre en gros cordons, une troisième en feuilles ; leur prix varie , en France , suivant leur qualité et les chances du commerce, depuis 2.4 jusqu’à 36 francs le kilogramme (1). On vend aussi une colle de poisson en gâteaux, préparée avec les débris des membranes; elle a beaucoup moins de valeur que les deux autres, et est impropre à la clarification de la bière.
- Enfin, on obtient en Laponie une colle de poisson en tablettes, en faisant dissoudre à chaud la peau , la queue et les nageoires des poissons sans écailles ; celle-ci ne peut être assimilée qu’à la colle-forte bien préparée. *
- Il paraît que les Russes ne se bornent pas à la vessie natatoire de l’esturgeon pour fabriquer Vichthyocolle ; ils emploient plusieurs autres membranes de quelques autres poissons , tels que le sterlet, le silure , les squales.
- Les recherches entreprises jusqu’à ce jour dans la vue de trouver une substance indigène capable de remplacer Vichthyocolle de Russie, ont été dirigées vers la préparation d’une gélatine la plus pure possible. Les produits obtenus en suivant cette direction ont pu suppléer à la colle de poisson dans tous les emplois où celle-ci est convertie' en gélatine , c’est-à-dire dissoute dans l’eau chaude ; mais relativement à son usage spécial , le seul important aujourd’hui, la clarification de la bière , on est resté tout aussi loin du but qu’on l’était avant les premières expériences.
- La théorie de l’action de Vichthyocolle dans la clarification de la bière ne paraissant pas bien connue, des observations microscopiques et des recherches chimiques ont été entreprises récemment ; elles ont amené les résultats suivans :
- La colle de poisson, détrempée à froid dans l’eau et malaxée jusqu’à être réduite en une bouillie claire , conserve une organisation remarquable ; elle se compose de fibres droites , blanches, nacrées; délayée dans du vin blanc ou de la bière faite, elle forme une gelée remplie de fibrilles excessivement déliées, qui se disséminent dans toutes les parties de la bière lorsque l’on y verse cette gelée en l’agitant fortement.
- Si cette espèce de réseau restait ainsi étendu dans le liquide, on ne concevrait pas comment il pourrait opérer une clarification quelconque; il était probable qu’un agent-inconnu déterminait sa contraction. Des expériences sur tous les principes solubles et in-
- (1) En ce moment, la colle en feuilles vaut 34 francs; celle en gros cordons 36 francs, et celle en petits cordons 38 francs.
- \
- p.2x13 - vue 466/507
-
-
-
- ( «4)
- solubles contenus dans la bière trouble au moment où elle va être livrée au consommateur , ont appris que la levure réagit sur les fibrilles de V ichthyocolle de manière à les contracter. On conçoit alors que le réseau, étendu dans le liquide, se resserrant de plus en plus sur lui-même, enveloppe toutes les substances insolubles ; la solution claire seule peut traverser ses innombrables mailles. Des bulles de gaz acide carbonique , enfermées elles-mêmes, entraînent à la superficie de la bière une partie du réseau contracté avec les substances qu’il retient, et forme cette écume rejetée par l’ouverture de la bonde. Les fibrilles gélatineuses ne se dissolvent pas dans les solutions acides faibles , en sorte que V ichthyocolle peut être employée pour clarifier le vinaigre ; mais dans cette circonstance , la contraction ne s’opère pas, et la clarification ne peut être complète sans faire filtrer le liquide sur des copeaux. ' *
- Des expériences directes ont démontré que la colle de poisson dissoute dans l’eau chaude est désorganisée, ne produit aucun des phénomènes ci-dessus décrits , et n’opère pas la clarification de la bière.
- 11 est donc désormais inutile de présenter de la gélatine ou colle-forte, quelque pures qu’elles puissent être, pour remplacer la colle de poisson : c’est parmi les matières susceptibles de former un réseau semblable à celui de Vichthyocolle que l’on peut espérer trouver celle qui remplacera cette substance.
- Les intestins et autres détritus des poissons sont rejetés dans nos villes maritimes $ à Marseille notamment, où la salaison des poissons a lieu en quantités considérables , ces débris encombrent plusieurs rues ; ils pourraient probablement fournir aux concurrens une matière première propre à la fabrication d’une ichthyocolle indigène.
- Si les essais sur cette matière ne réussissaient pas, ou que la quantité recueillie fût insuffisante, on devrait diriger ses vues ^ur toute autre substance organisée, susceptible de former des gelées fibreuses peu solubles dans la bière , où elles pussent être contractées par l’un des agens contenus dans cette boisson.
- Le règne végétal offrirait même des chances de succès : ainsi l’acide gélatineux trouvé dans l’écorce de Vaylanthusglandulosa , et répandu dans les racines charnues, les tubercules, etc., est miscible à l’eau au moyen de l’ammoniaque ou d’une solution alcaline , et tous les acides le coagulent en gelée. Le mucilage du salep, soluble dans l’eau, se prend en gelée fibreuse par une addition de magnésie , d’ammoniaque , de soude , etc. Ces substances et d’autres analogues peuvent donner lieu à des recherches utiles.
- Les personnes qui désireront avoir des détails plus étendus sur cet objet en trouveront dans le Voyage de Pallas ; dans un mémoire de M. Chevalier, de la Société royale de Londres ( Transactions philosophiques) 5 dans un mémoire de M. Muller, secrétaire de l’Académie de Saint-Pétersbourg ( cinquième volume des Savans étrangers) ; dans les observations de M. Base, insérées dans le Citoyen français, n°. 1044? à l’occasion de la pêche du golfe du Mexique ; dans l’article Colle de poisson du Dictionnaire technologique (volume Y, et Supplément, fin du volume VIII) 5 et dans un rapport fait à l’occasion d’un concours précédent sur le même objet, inséré dans le Bulletin de la Société d’En cou rage -ment, du mois d’octobre 1825.
- . Quels que soient au reste les procédés suivis et les substances employées, il suffira que le produit présenté puisse remplacer /^ichthyocolle dans la clarification de la bière , que son prix n’excède pas 1 o francs le kilogramme, et que l’on puisse s’en procurer des quantités suffisantes pour les besoins du commerce.
- p.2x14 - vue 467/507
-
-
-
- ( i5 )
- Un pris de deux mille francs sera décerné , dans la séance générale du mois de juillet 1827, à celui qui aura rempli ces conditions.
- Les échantillons et mémoires devront être remis au secrétariat de la Société avant le 1er. mai de la même année.
- ARTS ÉCONOMIQUES.
- IX.
- Prix pour la dessiccation des 'viandes.
- La Société d’Encouragement, toujours occupée d’augmenter oü de propager les diverses branches de l’industrie nationale , éprouve une nouvelle sollicitude lorsqu’il s’agit d’un objet qui a pour but le bien de l’humanité. C’est d’après ce principe qu’elle désire ardemment trouver un mode de conserver les viandes , autre que celui de la salaison , mais au moins aussi sûr , afin d’offrir aux marins plus d’un moyen de se procurer une nourriture saine et savoureuse. Parmi tous ceux qu’on a employés jusqu’à ce jour, la dessiccation pourrait avoir la préférence sous plusieurs rapports 5 elle réduit la viande en un plus petit volume, demande moins de soins pôur la conserver ainsi desséchée j elle évite encore aux sucs de la chair des animaux leur contact avec des substances étrangères, qui tôt ou tard en modifient la nature ; la fumée même n’est point exempte de cet inconvénient. Le Tartare et le Mexicain , qui vivent sous un climat tout-à-fait différent, font dessécher des viandes, l’un, pour les préserver de la gelée, l’autre, pour les garantir de l’influence de la chaleur atmosphérique, qui les altère promptement. Dans une partie de la Tartarie, on réduit en poudre les viandes desséchées , qui servent, dans cet état, aux longs voyages dè terre et de mer. Cette préparation , faite avec peu d’exactitude et de soins par lés Tartares, n’offre pas aux Européens un mets bien agréable ; mais si ceux-là font usage de leurs connaissances pour perfectionner ce procédé , il est probable que ces derniers en tireront bientôt un parti très-avantageux. On est d’autant plus fondé à le croire, qu’un fait utile à rapporter en donne la preuve.
- Depuis dix ans, il existait à l’hôtel des Monnaies de la viande desséchée par M. Pilaris, pharmacien à Bordeaux, laquelle avait été gardée sans précaution dans un lieu qui ne pouvait la défendre ni de la poussière , ni des variations de l’air atmosphérique. Cependant cette même viande, après avoir été lavée et cuite dans un pot de terre, a fourni un potage assez bon 5 elle-même était très-mangeable, et conservait presque la saveur des viandes nouvelles. Feu M. d’Arcet père, dont la mémoire est si ehère aùx amis des sciences, des arts et de la saine philantropie, était en correspondance active avec ce pharmacien , qui mourut avant lui. Il ne paraît pas avoir eu connaissance de son mode de dessiccation : il dit seulement que le procédé de M. Vilaris n’a pas été rendu public, par la faute de quelques agens de l’ancien Gouvernement, qui tinrent à une faible somme pour en faire l’acquisition. M. cPAreet en témoigne son mécontentement, parce qu’il sentait l’importance de ce secret, qui a été enseveli avec son auteur.
- Mais ce qui a été trouvé par une personne ne peut-il pas l’être par d’autres? Rien ne peut s’y opposer : au contraire, les sciences et les arts n’ont cessé de faire des progrès dé-
- f-
- p.2x15 - vue 468/507
-
-
-
- c .6 )
- puis cette époque. Les recherches sur les substances animales, et leur analyse faite avec soin par MM. Gay-Lussac et Thénard, sont autant de guides qui mettront sur la voie de cette découverte.
- M. Vilaris exprimait-il la viande pour en séparer une partie des sucs les plus liquides et hâter par là la dessiccation ? Quand ce serait, la faible partie des sucs qu’on obtient par la pression ne serait point perdue ; car , chauffée avec de la graisse , elle lui communique toute sa saveur et son odeur 5 elle l’aide à se conserver, sur-tout en y ajoutant les aromates qui s’emploient dans nos mets ordinaires.
- La Société d’Encouragement ne pense pas qu’il soit impossible de retrouver le procédé de M. Vilaris, ou un autre procédé analogue. Ces motifs l’ont déterminée à proposer un prix de cinq mille francs pour celui qui trouvera un procédé facile et économique pour dessécher les viandes qui servent aux embarcations et dans l’économie domestique. Ces viandes devront être desséchées convenablement pour reprendre, par leur coction dans l’eau , la saveur et la souplesse les plus analogues à celles du bouilli, et donner un bouillon sain et agréable.
- Les concurrent désigneront la forme des tonneaux ou autres vases qui doivent contenir ces viandes, l’espèce de bois qu’on doit préférer pour leur confection , l’âge auquel on doit prendre les animaux , et la saison la pli/s convenable pour préparer les viandes.'
- Une partie de leurs viandes devra avoir passé la ligne et être revenue en Europe avant le ier. mai 1827^
- Le capitaine du navire qui les aura transportées à son bord, les sous-officiers et au moins six matelots de l’équipage devront faire usage de ces viandes passé l’équateur. Us certifieront, par un procès-verbal signé d’eux, dans quel état ils les ont trouvées, et ce qu’elles ont présenté de remarquable à l’oeil et au goût.
- Une portion de ces viandes sera adressée à la Société , avec un mémoire descriptif de tous les procédés suivis pour la dessiccation ; plus, les certificats exigés par le programme.
- Le vase contenant cette portion de viande aura du être scellé , lors de l’embarcation, par les autorités du lieu, qui attesteront, au retour du voyage de long cours, qu’elles ont reconnu leur sceau.
- Le prix sera décerné dans la séance générale du mois de juillet 1827, si les viandes qui auront été présentées ont le degré de perfection désirable.
- Nota. La Société croit devoir rappeler aux concurrens que le Ministre de la marine est disposé à favoriser l’embarcation des substances animales qui seraient envoyées par eux dans les différens ports de mer , et que des ordres ont été donnés à cet effet. Leur déplacement n’est pas d’une absolue nécessité} il suffira aux concurrens de prévenir Son Excellence qu’ils expédieront, à telle époque, à M. le Commissaire de la marine de tel ou tel port, deux caisses ou deux vases quelconques contenant des viandes destinées à être embarquées pour concourir au prix proposé par la Société. /
- . x.
- Prix pour le perfectionnement de la construction des fourneaux.
- Les phénomènes de la combustion ont été l’objet d’études approfondies ; les lois que suit le calorique dans son développement et dans sa transmission, les effets qu’il produit et le pouvoir calorifique des divers combustibles, ont été observés et déterminés par les plus
- p.2x16 - vue 469/507
-
-
-
- ( *7 )
- habiles physiciens 5 mais il manque quelques données pour pouvoir appliquer avec succès ces résultats scientifiques au calcul des dimensions convenables aux différens fourneaux dont on se sert dans les manufactures, et le praticien n’a pas encore de guide sûr pour résoudre le mieux possible les questions de ce genre qu’il a à examiner. On sait en effet que chaque constructeur de fourneau fait usage de proportions différentes, et marche ainsi en tâtonnant vers le but qui lui est indiqué. Il résulte de cet état de choses qu’en général les fourneaux employés dans les manufactures sont bien éloignés du point de perfection où l’on pourra sans doute les amener : or , cet état d’imperfection est une des causes principales delà cherté de nos produits et de la dépense énorme qu’entraîne l’achat des combustibles dans les usines à feu ; d’un autre côté , il est évident que si les données qui doivent servir de base à la meilleure construction des fourneaux étaient mieux connues et plus répandues , il serait plus rare de voir des fourneaux mal construits couvrir de fumée tout le voisinage des usines à feu. Cette question est donc aussi intéressante sous le rapport de la salubrité du voisinage des fabriques et de la tranquillité des fabricans, qu’elle est importante en la considérant sous les rapports économiques et industriels. La Société d’Encouragement, pénétrée du haut intérêt qu’offre une telle question , sentant bien toutes les difficultés que présente un sujet aussi neuf, a décidé qu’elle établirait plusieurs divisions dans le Programme de ce prix , et qu’elle consacrerait à chacun des prix partiels une somme assez forte pour indemniser les concurrens qui se présenteront.
- Il a paru qu’en ayant égard aux conditions à remplir par les différentes espèces de four? neaux, on pouvait les ranger dans les trois divisions suivantes :
- i°. Fourneaux destinés à chauffer les liquides , à évaporer ou à produire de la vapeur; 2°. Fourneaux destinés à oxider les métaux ; .
- 3°. Fourneaux destinés à réduire les oxides, à fondre simplement les substances métalliques ou à les recuire. ,
- Dans la première espèce de fourneaux, le but doit être de brûler le combustible de la manière la plus utile , en ne produisant que le moins de fumée possible.
- Dans la seconde , on doit construire le fourneau de manière à faire affluer sur le combustible une masse d’air telle, que l’oxigène qu’elle contient soit suffisant pour bien brûler le combustible et pour oxider promptement, complètement et avec facilité le métal que l’on veut convertir en oxide. '
- Les fourneaux rangés dans la troisième division doivent au contraire être établis sur les dimensions convenables, afin que l’air qui traverse le combustible y soit assez décom-i posé pour ne pas oxider facilement le métal qui doit être fondu , ou simplement recuit sur la sole du fourneau. - , -
- . La seconde espèce de fourneaux peut donc être facilement rendue fumivore , puisque le combustible s’y trouve toujours exposé à l’action d’un courant d’air plus que suffisant. Il en est autrement pour les fourneaux rangés dans la troisième division : ces fourneaux ne peuvent pas être rendus directement fumivores, et les fourneaux destinés à la désoxidation des métaux doivent même constamment donner de la fumée ,puisque la même cause qui tend à réduire les oxides métalliques s’oppose à la facile ignition des corps combustibles.
- Les fourneaux qui sont le plus généralement employés sont ceux qui forment la première division ; ce sont aussi ceux où le défaut de bons renseignemens se fait le plus sentir , et s’il est vrai de dire qu’il est quelques fabriques où l’on sait les bien construire, il l’est
- ' ~ ‘ * ’ . . 3 •'
- p.2x17 - vue 470/507
-
-
-
- ( i8 )
- aussi d’avouer qu’en général le contraire a lieu , au grand détriment du voisinage dei usines à feu et des propriétaires de ces usines. Quelques développement vont appuyer cette opinion. . .
- On sait, par exemple, qu’en faisant usage du calorimètre on peut réduire en vapeur de lO à n kilogrammes d’eau, en y brûlant un kilogramme de charbon de terre j mais on sait aussi que dans la plupart des fabriques on n’obtient que 4 ou 5 kilogrammes de vapeur, exl brûlant un kilogramme de houille , sous des chaudières remplies d’eau ou de dissolutions salines peu concentrées. Il en est ainsi pour beaucoup de chaudières de machines àfeu, et il est même peu de fabricans qui connaissent, sous ce rapport,la puissance de leurs fournêaukç on sait cependant que, dans quelques manufactures, on est parvenu à réduire directement en vapeur jusqu’à 8 et même 9 kilogrammes d’eau avec un kilogramme de chal'bon de terre. On voit donc tout le bien que peut produire le perfectionnement des fourneaux dont il s’agit.
- Quant aux fourneaux rangés dans la deuxième et dans la troisième division , étant principalement employés dans des usines considérables , où se trouvent ordinairement réunis les secours de grands capitaux et de connaissances étendues, iis ont dû être plus promptement perfectionnés 5 on sait cependant par expérience qu’il reste encore de grandes améliorations à y apporter. La distinction établie, en classant les fourneaux, indique le but vers lequel doit tendre le constructeur chargé de leur établissement , donne des idées plus justes des propriétés qu’ils doivent avoir, et contribuera Sans doute à en faire perfectionner la construction.
- La Société d’Encouragement a pensé qu’il serait utile de faire examiner séparément tout ce qui a rapport aux fourneaux de chacune de ces trois divisions : elle propose, en conséquence, trois prix, de trois mille francs chaque, pour cet objet, savoir :
- Un prix de trois mille francs à l’auteur du mémoire qui aura convenablement traité la question de la construction des fourneaux destinés au chauffage des liquides , à leur évaporation ou à la production de la vapeur. _ ~ -
- Un prix semblable.de trois mille francs à l’auteur du mémoire qui aura résolu la seconde question, c’est-à-dire qui aura amené à un haut degré de perfection la construction des founieaux propres à l’oxidation des métaux.
- Il sera de même accordé un prix de trois mille francs au concurrent qui aura, éclairci la troisième question, et qui aura enseigné les moyens de parfaitement établir les fourneaux destinés à la fonte des métaux ou à la réduction des oxides métalliques.
- La Société d’Encouragement désirant hâter et faciliter le plus possible la solution de ces trois questions si importantes pour les progrès de notre industrie manufacturière, a de plus pensé qu’un puissant moyen d’arriver à ce but serait d’obtenir des fabricans qui ne voudront pas concourir pour ces prix, le tableau exact des dimensions , de la dépense en combustible et des effets des différens fourneaux construits dans leurs ateliers : elle a en conséquence décidé qu’il serait accordé , indépendamment des trois prix dont il est question , quatre médailles d’encouragement aux fabricans qui lui auront envoyé des tableaux pareils aux modèles ci-joints, et qui y auront consigné les résultats les mieux constatés, les plus complets et les plus avantageux. - 1
- Les mémoires et tableaux envoyés au concours devront parvenir au secrétariat de la Société avant le ier- mai 1827. .
- Les prix seront décernés, s’il y a lieu, dans la séance générale de juillet de la même année. ( Suivent les Modèles d’Etats. )
- p.2x18 - vue 471/507
-
-
-
- DATES des Essais.
- Département d , MODÈLE D’ÉTAT, N”. \. Commote i>
- Essais faits avec des fourneaux destinés à chauffer les liquides, à évaporer ou à produire de la vapeur.
- CHAUDIÈRE. GRILLE. CARNEAUX. CHEMINÉE, U CA 3 rt . 43 A 4) • A a «5 CD «3 Ç3 '43 o § g CENDRES. 3 M
- Métal dont elle est composée. 2. Usage auquel elle sert. 3. Sa forme. 4-. Surface du fond. 5. Sa profon- deur. 6. Sa capa- cité. 7- I Densité 00 des liqueurs , j qu’on y traite j Ses \ CO dimensions j et sa surface, f __ Sa distance f q du fond de l ’ la chaudière. / Leur plus petite ouver- ture. I 1. Leur plus grande ouver- ture, 12. Sa plus petite ouver- ture. i3. Sa plus grande ouver- ture, 14. ® 4 p 3 U oj 2* g 9.S 3 J g h (O P. a i5. Degré de chai qj de la fumée au ’ de la cheminé Quantité d’c “ gène resté d l’air pris au 1 de la ch émir -v 3 5 .s o —• a « « «m p- 43 O* g â S i8. | Leur couleur i prises dans 1 * le cendrier, f ^ Leur couleur 1 q prises dans 1 ' les carneaux. / à ‘3 V > o '43 ^ ^ .«2 43 43 43 'V n3 a % . S cito 21. , OBSERVATIONS.
- m. c. m. c. m. c. m. e. m. c. m. c. m. c. m. c. m. o. ' kilog. T, litres. Si Ton fait usage de bois ou de tourbe pour le chauffage des chaudières , on l'indiquera eu tête de la 18e. colonne , en substituant les mots combustible employé à ceux de quantité de houille consommée. On peut consulter , au sujet des fourneaux rangés dans cette division , les articles du Dictionnaire technologique qui s’y rapportent, aux mots cheminée, combustible, combustion, évaporat., whpeur, etc. On pourra encore utileipent consulter un très-grand nombre de mémoires publiés, au sujet des fourneaux dont il est ici question, dans les deux collections du Journal des Mines, dans les Annales de Chimie, dans le Bulletin de la Société d’Encouragement, dans la collection du Journal des Arts et Manufactures , dans la Description des Brevets d’invention, etc.
- Département d MODÈLE D’ÉTAT, N°. 2. ’ . Commune d
- Essais faits avec des fourneaux destinés à oxider, à désoxider, à fondre et à recuire les métaux.
- DATES des Essais. FOURNEAU. CHEMINÉE. Quantité de houille brûlée par heure. Produit • A g « a> -C3 d 43 43
- Son usager Sa forme. Dimen- sions de la sole. Épaisseur de ses parois. sions de la grille. Sa plus graude ouver- ture. Sa plus petite ouver- ture. Sa hauteur , à partir di; dessus d< la sole. ordinaire du fourneau par heure. Quantité d’e: *ène restant d l’air pris au 1 de la chemin Températur de la fumé prise Lans la chemir OBSERVATIONS.
- I. 2. 3. 4, 5. 6. 7- 8. 9- 10. 1 I . 12. i3.
- - m. c. in. c. m. c. m. c. m. c. m. c. kilog. - Si l’on fait usage de bois ou de tourbe pour le chauffage de ces fourneaux , on l’indiquera en tête de la ioe. colonne, en substituant les mots combustible employé à ceux de quantité de houille brûlée. Ou peut consulter , au sujet des fourneaux rangés dans la seconde et dans la troisième division , les ouvrages publiés par Jars, par Hellot,- ou trouve uii très-grand nombre de détails à ce sujet dans les deux collections du Journal des Mines, dans la Sydérotechnie de Hassenfratz, et dans le grand ouvrage de M. Héron de Villefosse, sur la richesse minérale ; on peut aussi consulter ayec fruit l’ouvrage de Karsten, etc., etc.
- %
- p.2x19 - vue 472/507
-
-
-
- ( 20 ) • AGRICULTURE.
- XI.
- Prix pour la description détaillée des meilleurs procédés d’industrie manufacturière qui sont ou qui peuvent être exercés par les habitans des campagnes.
- Les améliorations qu?on péut introduire dans l’agriculture doivent avoir principalement pour but le meilleur emploi possible du temps , du sol et de ses produits : c’est par le perfectionnement de ces élémens de la richesse territoriale que le cultivateur pourra supporter les pertes qu’il éprouve aujourd’hui, à raison du bas prix des denrées de première nécessité, dont le débit faisait jadis sa récompense et l’unique objet de ses travaux; mais la plupart des instructions rurales qui ont été publiées ont servi à indiquer quel serait le meilleur emploi du sol. Très-peu ont traité de celui du temps et de celui des produits , en sorte que ces deux moyens de prospérité ne sont encore bien pratiqués chez nous que dans quelques localités. On trouve un beaucoup plus grand nombre d’exemples de ce genre à l’étranger , notamment en Angleterre, dans plusieurs parties de l’Allemagne, en Suisse et dans lq royaume des Pays-Bas. Diverses espèces d’industrie manufacturière , établies dans les habitations rurales , peuvent offrir à nos agriculteurs des exemples qui les mettraient à même de tirer un parti avantageux d’un temps trop souvent perdu pour eux aux époques où la saison ne permet pas des travaux assidus dans les champs, et qui leur montreraient : i°. à acquérir le bénéfice de la première main-d’œuvre sur beaucoup de produits ruraux qu’ils livrent bruts au commerce ; 2°. à tirer un parti avantageux d’un grand nombre d’objets qu’ils laissent détériorer, et qui sont tout-à-fait perdus, faute de connaître les procédés qui mettraient à même de les rendre propres à la consommation. La plupart des travaux manuels qu’on pourrait introduire dans nos campagnes ne sont pas d’une exécution plus difficile que ceux qui déjà y sont exercés: ainsi les bières de ménage et les liqueurs fermentées tirées des fruits et des racines sont aussi faciles à fabriquer que les cidres, les vins et les poirés ; les fromages de longue conservation , la dessiccation et la préparation des grains , des fruits , des viandes et autres parties des animaux , le tissage des plantes filamenteuses, le lavage des laines, l’emploi des bois, des écorces, des pailles; l’usage de divers métiers dont la manutention est très-simple , offriraient sans difficulté de plus grands bénéfices que l’emploi du tricot et du rouet, commun aux habitans des campagnes.
- L’observation éclairée n’a encore porté aucun secours de cette espèce aux cultivateurs , en sorte que, d’une part, tout ce qu’ils pratiquent déjà en ce genre peut être considérablement perfectionné, soit par l’emploi de machines mieux appropriées à leurs travaux, soit par la publication de procédés plus économiques qui leur sont inconnus ; de l’autre part, on peut facilement décupler leurs moyens d’industrie manufacturière, en leur indiquant des travaux d’une facile exécution , pratiqués avec avantage dans divers lieux , et dont ils n’ont aucune idée.
- La Société d’Encouragement a pensé qu’il serait utile de procurer ce genre important d’amélioration à notre agriculture, et elle a voulu exciter par des récompenses le zèle des hommes qui ont visité attentivement les travaux de l’industrie manufacturière exercés dans les habitations rurales, ' . ;
- p.2x20 - vue 473/507
-
-
-
- (21 )
- Elle propose un prix de trois mille francs à l’auteur qui fera le mieux connaître , d’une manière suffisamment détaillée, toutes les sortes d’industrie manufacturière qui sont actuellement pratiquées dans les campagnes, soit en France, soit à l’étranger , avec les per-fectionnemens dont ces divers genres d’industrie seraient susceptibles. Elle accordera un second prix de quinze cents francs à l’auteur du travail qui aura le plus approché du premier 5 plus, deux médailles d’or et deux médailles d’argent seront décernées aux concurrens qui, sans avoir embrassé la question dans toute son étendue, auraient néanmoins rempli avec succès une partie des conditions proposées.
- En demandant la description des procédés d’industrie manufacturière déjà exercés dans les habitations rurales , la Société a pour but principal de donner, à ceux qui voudraient les adopter la certitude qu’ils sont déjà pratiqués avec bénéfice et facilité ; elle désire en conséquence non-seulement que les descriptions soient suffisamment détaillées pour que, suivant leur importance, les procédés qu’elles ont pour objet puissent être pratiqués, soit par de simples manouvriers, soit par des propriétaires ruraux ou par des fermiers, mais encore elle exige que les dépenses et les bénéfices du travail soient établis, et que les ouvrages envoyés au concours soient accompagnés des dessins qui pourraient être nécessaires. Elle désire que les concurrens proposent les améliorations qu’il leur paraîtrait possible d’introduire dans les divers procédés qu’ils auront à faire connaître, et aussi qu’ils indiquent les travaux fructueux d’industrie manufacturière qui, n’ayant point encore été exercés dans les campagnes, seraient néanmoins de nature à y être pratiqués, soit par les propriétaires ruraux, soit par les simples agriculteurs.
- Les prix seront décernés dans la séance générale du mois de juillet 1827; les mémoires devront être envoyés au secrétariat de la Société avant le ier, mai de la même année.
- La Société se réserve expressément la faculté de conserver et d’employer en totalité ou en partie les ouvrages qui auront été envoyés au concours.
- PRIX REMIS AU CONCOURS POUR L’ANNÉE 1827.
- ARTS MÉCANIQUES.
- XII.
- Prix pour la construction P ustensiles simples et à bas prix, propres à l’extraction du sucre de la betterave.
- Depuis que la fabrication du sucre de la betterave est établie en France, le procédé d’extraction de la matière sucrée de cette plante s’est singulièrement perfectionné, et il est aujourd’hui d’une exécution facile et d’une réussite assurée 5 mais jusqu’ici tous les établissemens de ce genre ont été formés très en grand, et l’agriculteur, qui n’a souvent dans son domaine que quelques arpens à consacrer à la culture de la betterave, n’a pas cru qu’il lui fût possible d’ajouter à son exploitation cette nouvelle branche d’industrie agricole. ;
- La Société d’Encouragement, pénétrée de l’importance de cette fabrication, et convaincue qu’on ne parviendra à enrichir l’agriculture française de cette nouvelle source de pros-
- X
- p.2x21 - vue 474/507
-
-
-
- ( 2J )
- périté qu’alitant qu’on rendra l’opération facile et peu coûteuse , a pensé que le seul moyen d’atteindre ce but était de procurer, à bas prix, à l’agriculteur les ustensiles nécessaires.
- Comme la plupart de ces ustensiles se trouvent habituellement dans les ménages ruraux , la Société a jugé qu’elle devait se borner à proposer des prix pour la construction d’une râpe et d’une presse.
- Elle propose en conséquence deux prix : l’un, de la valeur de quinze cents francs, pour la meilleur© râpe, d’une construction simple et économique, propre à réduire en pulpe 600 kilogrammes de betteraves par heure 5 l’autre , de la valeur de douze cents francs , pour la meilleure presse , qui devra extraire 72 à qS pour cent de suc de la pulpe de la betterave.
- Les machines envoyées au concours seront reçues jusqu’au ier. mai 1827 , et les prix seront adjugés dans la, séance générale du mois de juillet de la même année.
- La Société d’Encouragement publiera , à la même époque , une instruction précise et détaillée, pour diriger l’agriculteur dans la culture des betteraves, leur conservation et l’extraction du sucre qu’elles fournissent.
- XIII.
- Prix pour la construction P un moulin à bras propre a écorcer les légumes secs.
- Il est reconnu que la consommation, pendant l’hiver , des fèves, des haricots, des pois, des lentilles et autres graines de ce genre , est restreinte , dans les villes, par la difficulté de les faire cuire avec leur peau ; pour les estomacs délicats , par celle de les digérer , et encore par celle de les dérober ou de les réduire en purée, sur-tout un peu en grand. Comme faciliter l’emploi des subsistances , c’est les multiplier, les amis de l’économie doivent désirer qu’il soit possible de diminuer le temps, ainsi que les frais de la cuisson de ces légumes , et de faire en sorte qu’ils se réduisent seuls en purée : la Société d’Encouragement doit donc chercher les moyens d’arriver à ce but.
- Les inconvéniens du mode actuel de la cuisson des légumes secs ont été sans doute sentis en tout temps et en tous lieux : aussi sait-on qu’à diverses époques on a cherché des moyens de les faire disparaître ; mais ces tentatives, quoique toujours accompagnées du succès , n’ont pas eu en France de suites durables.,
- Peut-être observera-t-on qu’il serait plutôt à désirer qu’on cultivât plus généralement les variétés de ces légumes dont la peau est fort mince ; mais cette culture, qui, au premier aperçu , semble à la portée de tout le monde , sera toujours restreinte aux jardins des riches, et à quelques communes rurales qui en ont l’usage, parce que ces variétés dégénèrent très-facilement quand on les change de climat, de sol, de culture, que les influences nuisibles agissent davantage sur elles, que leurs produits se conservent moins longtemps;, etc. D’ailleurs, il est des eaux si crues ( si surchargées de sélénite) , que ces variétés même n’y peuvent cuire.
- Deux moyens mécaniques de-faciliter lîa cuisson des légumes secs; à peau épaisse sont connus, les-réduire en farine, ouïes dépouiller de leur peau.
- Le premier de ces moyens modifie considérablement la saveur du légume, accélère beau-» coup son altération, ne permet pas, par la disposition de la farine à se grumeler, de la faire cuire en grande masse et seule : aussi une entreprise qui en faisait usage n’a-b-ell© 9» aucun succès à Paris j il y a une trentaine d’années. , '
- p.2x22 - vue 475/507
-
-
-
- ( 43 )
- Le second de ces nioyens est depuis long-temps pratiqué en grand dans les principales villes d’Angleterre et de L’Amérique septentrionale -, ainsi qu’en Espagne et en Italie. Le seul des ineonvéniens ci-dessus qui lui soit applicable est la plus prompte altération 5 car la nature a donné une enveloppe aux graines pour les garantir du contact de l’air. Puisque, d’un côté, on fait entrer les graines ainsi dépouillées dans l’approvisionnement des vais*-seaux , et que, de l’autre , on ne peut les dépouiller qu’à mesure de la consommation , cè second moyen doit donc être préféré. -
- D’après ces considérations, la Société d’Encouragefnènt propose un prix de mille francs, pour être adjugé, dans la séance générale du mois de juillet 1827, à celui qui aura construit le moulin à bras le plus simple , le moins coûteux, le plus facile à mettre en mouvement , ou toute autre machine propre à faciliter aux consommateurs les moyens de décortiquer leurs légumes. Il devra dépouiller au moins Un décalitre de pois par heure.
- Les concurrens adresseront, avant le ier. mai de la même année , un modèle fonctionnant de ce moulin , ou des dessins sur échelle , accompagnés de certificats des autorités locales , constatant que le moulin a été employé avec succès et qu’il produit les résultats demandés. . ~
- V xiv.
- Prix pour la construction d’une machine propre a. raser les poils des peaiix employées dans la chapellerie.
- Les peaux de lièvres, de lapins et autres dont on se sert dans la fabrication des chapeaux , après que le poil en a été touché par la dissolution mercurielle , sont étendues sur une table et rasées par un instrument tranchant, que l’ouvrier dirige d’une main, tandis que de l’autre il maintient la peau. Cette opération est longue , puisqu’elle ne donne que 2 à 3 livres au plus de poil par jour 5 elle est fatigante et confond les diverses qualités de poils , qui sont plus ou moins fins, suivant les parties auxquelles ils adhèrent. On a en outre à craindre l’infidélité des ouvriers, qui, par ce moyen , ont la facilité de soustraire une certaine quantité de poil.
- Depuis long-temps on cherche à remplacer le coupage des poils à la main par des machines : les Anglais ont proposé, pour cet effet, des mécaniques plus ou moins ingénieuses, mais qui laissent encore beaucoup à désirer ; l’une d’elles a même été importée en France. /Leur défaut est d’être très-compliquées, d’un service et d’une manoeuvre difficiles, d’être sujettes à de fréquentes interruptions , et d’un prix tellement élevé, qu’elles ne pourraient être généralement adoptées dans les ateliers ; il paraît d’ailleurs que ces machines ne sont point encore en activité dans les manufactures de chapeaux.
- Ces considérations déterminent la Société d’Encouragement à proposer un prix de mille francs, qu’elle décernera , dans sa séance générale de juillet 1827, à celui qui présentera une machine simple de construction , d'un service prompt et facile , peu dispendieuse , et susceptible de raser ou tondre toutes sortes de peaux propres à la chapellerie , après que les poils en ont été secrétés. Cette machine devra raser1 au moins 12 livres de poil par jour, de manière à en séparer facilement les diverses qualités, et offrir sur le même travail fait à la main un bénéfice de 5o pour 100 au moins} il faudra aussi qu’elle
- p.2x23 - vue 476/507
-
-
-
- ( 24 )
- tienne les peaux parfaitement tendues , pour faciliter l’enlèvement dps poils, condition d’autant plus essentielle, que la dissolution mercurielle les fait souvent crisper.
- Les concurrens adresseront, avant le 1er. mai 1827, un mémoire descriptif de leurs machines, accompagné d’un dessin sur échelle ou d’un modèle , et de certificats authentiques des autorités locales, constatant qu’elles sont montées en grand et qu’elles fonctionnent habituellement.
- ARTS CHIMIQUES.
- xv. ' _
- Prix pour la découverte d}un outremer factice.
- L’outremer , l’une des couleurs les plus brillantes, est en même temps la plus solide ; mais son prix excessif en restreint l’usage aux peintures précieuses.
- D’habiles chimistes ne doutent pas de la possibilité de faire de toutes pièces un outremer ayant toutes les qualités de celui qu’on retire du lapis lazuli.
- On a cru pendant long-temps que le fer était un des principes colorans de l’outremer ; mais MM. Clément et Desormes , ayant eu l’avantage d’opérer sur des quantités considérables de lazulite, sont parvenus à en extraire de l’outremer exempt de fer (1).
- Leur analyse a démontré que si le sulfure de fer se trouve toujours dans le lazulite, il ne paraît pas être un des élémens de la couleur bleue.
- Mais une substance qu’on n’y soupçonnait pas, la soude, y a été trouvée dans une proportion trop considérable pour qu’elle ne soit pas regardée comme partie constituante de la couleur. v
- Lorsque l’analyse de MM. Clément et Desormes fut publiée, on était loin de croire que la soude et la potasse seraient classées parmi les oxides métalliques, et quand on vit ces deux alcalis , transformés d’abord en métaux , prendre ensuite , dans leur premier degré d’oxidation, une couleur bleue, on put alors regarder le sodium comme un des principes colorans du lazulite.
- De nouveaux faits sont venus à l’appui de cette conjecture.
- En 1814 , M. Tassaert, directeur de la manufacture de glaces de Saint-Gobin , trouva , en démolissant l’àtre d’un four à soude $ quelques morceaux de grès imprégnés d’une couleur bleue très-vive. Il les remit à M. Pauquelin, qui, frappé de la ressemblance de cette couleur avec celle de l’outremer, fit sur cette matière diverses expériences, et trouva qu’elle se comporte avec les réactifs exactement comme le lapis lazuli.
- Depuis cette époque , il a été fait de nombreux essais pour s’assurer si la soude, dans son plus grand état de pureté, ne peut pas être substituée à la potasse et produire un verre sans couleur, et l’on a acquis la preuve que plus la soude est pure , plus le verre qu’on en obtient est coloré en bleu.
- D’après ces faits et d’autres encore qu’il est inutile de rapporter, on est fondé à regarder comme possible la production artificielle de l’outremer; et si l’on en juge par les élémens que l’analyse y a fait découvrir, cette couleur serait d’un prix si modéré, que non-seule-
- (1) Voyez les Annales de Chimie, tome LVIÎ, page 317.
- p.2x24 - vue 477/507
-
-
-
- ( »5 )
- ment elle pourrait être employée dans les peintures de décoration , mais encore aux divers usages pour lesquels on se sert de l’azur de cobalt et du bleu de Prusse.
- Dans l’espoir de procurer cet avantage aux arts, la Société d’Encouragement propose un prix de six mille francs pour la découverte d’un procédé économique , à l’aide duquel on puisse faire de toutes pièces de l’outremer semblable en qualité à celui que l’on retire du lazulite.
- La Société regardera comme économique le procédé qui permettrait de livrer de suite au commerce le kilogramme de cette couleur à 3oo francs au plus , persuadée que les perfec-tkmnemens ultérieurs de fabrication en abaisseront considérablement le prix. '
- Les mémoires devront être envoyés avant le ier. mai 1827.
- XVI.
- Prix pour la fabrication du papier avec Vécorce du mûrier à papier.
- Depuis quelque temps, les plus habiles graveurs font tirer sur du papier de Chine les premières épreuves de leurs planches. Sans doute ils ont reconnu que la matière soyeuse de ce papier est plus souple, se moule mieux , et prend par conséquent une empreinte plus fidèle des tailles délicates exécutées sur le cuivre. Quoi qu’il en soit des motifs qui lui font donner la préférence, il est certain que ce papier est maintenant recherché par nos graveurs, et l’avantage qu’ils trouvent dans son emploi les fait consentir à le payer beaucoup plus cher que nos beaux papiers.
- La matière employée par les Chinois dans cette fabrication est le liber, l’écorce intérieure d’une espèce de mûrier appelé communément arbre à papier, et nommé par les botanistes Broussonetia papyrifera (1). Cet arbre , acclimaté en France depuis un demi-siècle, croît rapidement et s’accommode des terrains les moins bons. Semé dans un sol convenable , il s’élève en deux ans à la hauteur d’un mètre , et peut être coupé la troisième année. Il vient également de bouturer, et c’est de cette manière qu’on le reproduit au Japonoù on le cultive comme les osiers.
- Kempfer a décrit dans le plus grand détail le procédé suivi par les Japonais dans la fabrication du mûrier à papier.
- Au mois de décembre , on coupe les jeunes pousses d’un an, et on les écorce en les soumettant à l’action de l’eau bouillante. Par une opération ultérieure, on enlève l’épiderme et la majeure partie de la couche corticale verte qui est au-dessous 5 on fait bouillir dans une lessive de cendres ce qui reste , jusqù’à ce qu’en les pressant légèrement entre les doigts, les filamens se séparent comme ceux du lin j on lave ensuite à grande eau cette filasse , et on achève de la nettoyer de toutes les parties grossières qui nuiraient à la beauté du papier* Il ne reste plus qu’à la réduire en pâte, et il paraît que cette dernière opération est bien facile , puisqu’il suffit de la battre avec des maillets sur une table de bois dur. Cette pâte n’est pas employée seule : on la mêle avec de la colle de riz ( faite à froid ), et avec l’infu-siori visqueuse de la racine èéoréni qui est une malvacée. L’effet de cette infusion doit être de faciliter l’égale suspension , dans l’eau, de l’amidon du riz et des filamens de l’écorce,
- (1) L’écorce intérieure de nos mûriers est également propre à faire du papier : ainsi, dans les parties de la France où on les cultive , on pourrait se servir de la partie de l’émondage contenant les pousses d’un an.
- 4
- p.2x25 - vue 478/507
-
-
-
- et aussi d’empêcher les feuilles de se coller entre elles, car on ne les couche pas sur des feutres, comme dans nos papeteries (î). J' >
- Si l’on veut se convaincre, par l’expérience, de cette facilité, on verra qu’on ne peut présenter aux fabricans de papier une matière qui leur soit plus convenable. Les filamens de l’écorce intérieure du mûrier sont d’une blancheur parfaite, et il suffit de la simple trituration prolongée, pour obtenir ces filamens purs. Ils sont soyeux, se feutrent facilement, et forment une étoffe presque aussi forte que celle qu’on obtient avec le lin. Il n’est pas douteux qu’avec nos moyens de blanchiment et de trituration on ne parvienne à fabriquer des papiers bien supérieurs à ceux de la Chine.
- Il est vrai que les frais de culture et de main-d’œuvre nécessaires pour amener cette écorce au point où se trouve naturellement le chiffon, en feront une matière un peu plus chère que la pâte ordinaire employée dans nos papeteries ; mais on ne la propose que pour des papiers dont le prix élevé indemnisera les fabricans de leurs avances.
- D'ailleurs, il faut considérer que la consommation du papier est aujourd’hui telle que nos manufactures ont peine à s’approvisionner de chiffon. Il est donc urgent de songer aux moyens de suppléer à la'matière ordinaire, qui devient de jour en jour plus insuffisante.
- Ces motifs réunis déterminent la Société d’Encouragement à proposer un prix de trois mille francs pour celui qui aura le mieux fabriqué , avec l’écorce employée par les Chinois, une quantité de papier égale à cinq rames de format grand-raisin.
- Le concours sera, fermé au mois de mai 1827. '
- Le prix sera décerné , s’il y a lieu , dans la séance du mois de juillet de la même année.
- XVII.
- Prix relatif aux laines propres à faire des chapeaux communs à poils.
- *
- Les chapeliers ont reconnu qu’une sorte de laine qu’ils tirent de Hambourg était la seule propre à faire des chapeaux couverts de poils , qui flattent le consommateur, principalement ceux destinés aux militaires ; mais cette laine est chère , et fait sortir, t.ous les ans , des sommes considérables de France.
- Celle d’Aragon , qui a quelque analogie avec elle , est également étrangère.
- La Société d’Encouragement, voulant soustraire la France à l’obligation de tirer cette sorte de laine de l’étranger, propose un prix de six cents francs, qui sera décerné, dans la séance générale du mois de juillet 1827, à celui qui aura constaté , par des expériences rigoureuses , i°. quelle est la cause de la différence qu’offre le feutrage de la laine dite de Hambourg, et de la laine de Sologne, qui forme un feutre très-serré et toujours ras; 2°. s’il se trouve en France une race de brebis dont la laine jouisse de la propriété de celle dite de Hambourg. ' f . • -
- La Société pense que les concurrens doivent principalement porter leurs recherches pour répondre à cette seconde question, sur les petites races des bords de la mer. Ils pourront s’éclairer des Observations de M. Viborg sur les bêtes à lâine du Danemarck, insérées dans le tome X de la seconde série des jlnnales de l’agriculture française.
- Le concours restera ouvert jusqu’au ier. mai 1827.
- (1) Voyez, pour plus de détails , le Bulletin de la Société d’Encouragement, du mois de juillet 1826, page 226.
- p.2x26 - vue 479/507
-
-
-
- ( »7 )
- 1 - ' Vi' -xvrti. V - : ' ' ' -
- , Prix pour Vétamage des glaces à miroirs par un procédé différent de ceux "/ ç- : qui sont connus. :
- Les étains les plus fins ou les plus purs que l’on puisse se procurer par la voie du commerce sont ceux de la Chine et des Indes , connus sous les noms de Malac et de Banca. Ces étains, sur-tout le dernier, sont avec raison préférés pour l’étamage des glaces ; cë n’est qu’avec eux qu’on obtient non-seulement des feuilles des plus grandes dimensions , mais encore le brillant, si recherché pour la réflexion des objets. Il est reconnu d’ailleurs que l’étain de Banca , moins allié que tout autre de parties hétérogènes, est le plus duc^ tile , il s’étire plus facilement sous le marteau , et son éclat métallique approche davantage de celui dont jouit par excellence le mercure en bain. » ,
- Lorsque, par l’effet de la guerre, la France voyait ses ports de mer fermés, l’approvisionnement de ses fabriques de glaces et celui des miroitiers ne pouvant plus avoir lieu que par les vaisseaux neutres ou par la fraude, à défaut des étains des Indes , on se trouvait réduit à celui d’Angleterre , dont les qualités sont bien inférieures à celles des premiers. A Si, pour l’étamage des glaces , on pouvait, parvenir à diminuer la consommation de l’étain , ou, mieux encore, à le suppléer par une composition ou un alliage de matières indigènes et communes , on rendrait un service important aux manufactures de glaces. L’écoulement de leurs produits est souvent arrêté , soit par la difficulté de se procurer l’étain convenable, soit par la dépendance dans laquelle les miroitiers sont du petit nombre de batteurs de feuilles, qui conservent encore , par routine, le malléage de préférence au laminage , et dont les procédés sont très-peu connus, ou en quelque sorte tenuÿ* secrets 5 par conséquent les feuilles d’étain, toujours chères, se ressentent, sous le rapport du prix , des variations des temps et des circonstances. : 1
- Jusqu’à présent on ne connaît que trois méthodes pour étamer les verres ( dont deux sont adoptées pour les surfaces planes ). La plus ancienne et en même temps la plus usitée consiste dai^s l’emploi de l’étain en feuilles uni au mercure ; l’étamage auquel cet alliage est destiné se -l'ait presque à froid, ou du moins à une température peu élevée, Par la seconde manière d’étamer , dont la découverte , due à M.’ Véréa , date de 1812, on fait usage seulement de plomb et d’étain fondus ensemble, Le procédé pour l’emploi de ce mélange est à-peu-près celui du clichage (voyez , à ce sujet, le Bulletin de la Société, N°. CX, douzième année, page 188). La troisième méthode est usitée particulièrement pour l’étamage de l’intérieur des vaisseaux soufflés en cylindres ou en globes. L’amalgame dont on se sert pour cet effet se compose de mercure , d’étain, de bismuth et de plomb ; il est appliqué à chaud. : . ' , >
- Quoique cette dernière méthode n’ait été jusqu’ici affectée qu’à l’étamage des globes ou autres vases cylindriques de verre , peut-être ne serait-il pas impossible de l’appliquer aux glaces à miroirs à surfaces planes. A la vérité, il est à craindre qu’il ne se présente beaucoup de difficultés pour les glaces d’un grand volume; mais il est vraisemblable qu’il s’en offrirait peu pour, des volumes moyens ou médiocres , qui sont les plus recherchés et les plus marchands , c’est-à-dire ceux dont les dimensions n’excéderaient pas 40 à 5o pouces de hauteur sur 3o à 40 de largeur. . ;
- Comme il serait possible que plusieurs des concurrens ne connussent ni l’amalgame de
- ‘ ' r " ~ 4-
- p.2x27 - vue 480/507
-
-
-
- ( 48 )
- la troisième méthode , ni la manière de l’employer , la Société d’Encouragement croit devoir leur donner des renseignemens à cet égard. ^
- L’amalgame en usage pour étamer l’intérieur des vaisseaux de verre se compose de deux parties de mercure , d’une de bismuth, d’une de plomb et d’une d’étain ; on l’emploie de la manière suivante :
- On fait d’abord fondre l’étain et le plomb ensemble dans un creuset; on ajoute le bismuth écrasé en petits morceaux, et quand l’étain est fondu, on met le mercure, que l’on a eu soin de purifier auparavant ; on brasse bien le mélange avec une baguette de fer, on l’écume et on le laisse refroidir jusqu’à une température convenable ; enfin on l’emploie alors, en le faisant couler successivement et lentement sur toutes les parties dé la surface intérieure des vaisseaux , qui doit être bien nette , bien sèche et un peu échauffée*
- De même que les globes de verre, beaucoup plus minces que les glacés, doivent être échauffés pour n’être pas étonnés, ou, autrement , exposés à être fracturés par l’effet de la chaleur subite de l’alliage versé dans leur intérieur, de même cette précaution et quelques autres doivent être prises à l’égard des glaces à miroirs à surfaces planes, qui sont presque toujours le produit d’une composition bien moins tendre que celle des globes destinés à être étamés.
- Parmi les précautions à prendre, on indiquera les suivantes î i°. tenir l’amalgame au degré de chaleur nécessaire pour roussir légèrement un papier plongé dans le bain; 2°. placer le fourneau destiné à chauffer l’alliage le plus près possible des glaces à étàmer ; 3°. disposer la table de l’appareil qui portera les glaces de manière à recevoir les inclinaisons les plus favorables au succès de l’opération; couler l’alliage sous forme de nappe, d’une largeur Suffisante pour couvrir la surface des glaces ; 5°. garantir les côtés de ces mêmes glaces par des bordures susceptibles de s’opposer à la fuite de l’amalgame , et le conduire vers le pied de la glace ou le bas de la table , où seraient placés des vases pour recevoir l’excédant du jet; 6°. donner à cette table une disposition telle qu’elle puisse avancer ou reculer sous le même jet ; y°. tenir les glaces à étamer dans une température proportionnée à celle du bain de l’alliage au moment de sa coulée.
- En prenant les précautions que l’on vient d’indiquer, ou toutes autres analogues , suivant le procédé que les concurrens croiront devoir adopter , la Société d’Encouragement espère que le problème qu’elle propose sera résolu. Il aura l’avantage d’économiser une matière étrangère , coûteuse, et difficile parfois à se procurer; de la suppléer par des substances indigènes dont on pourra s’approvisionner plus facilement ; de procurer un mode d’étamage moins dispendieux et vraisemblablement d’une exécution aussi aisée que ceux déjà connus, enfin de rendre le commerce des glaces moins dépendant des circonstances.
- D’après ces considérations , la Société d’Encouragement propose un prix de deux mille quatre cents francs, qu’elle décernera, dans sa séance générale du mois de juillet 1827 , à celui qui aura trouvé un moyen économique d’étamer les glaces à miroirs d’après le procédé indiqué ci-dessus, ou par tout autre moyen analogue.
- Les concurrens adresseront, avant le ier. mai de la même année, deux glaces étamées, l’une de 3o pouces sur 20, l’autre de 40 pouces sur 3o , accompagnées de procès-verbaux des autorités locales , constatant que les glaces ont été passées au tain d’après les procédés énoncés dans le mémoire de l’auteur. Ce mémoire devra contenir une description détaillée de la méthode qui aura été pratiquée pour l’étamage des glaces; on y joindra des dessins sur échelle , représentant les plan , coupe , profil et élévation, tant des fourneaux , tables
- p.2x28 - vue 481/507
-
-
-
- ( 29 )
- 4 étamer, que des étuves, outils, etc., nécessaires au succès de l’opération, le tout accompagné d’une explication de ces divers appareils.
- - , , „ XIX. ,, .. ,
- Prix pour le perfectionnement des matériaux employés dans la gravure en
- taille-douce.
- Les graveurs se plaignent de ne rencontrer que rarement des planches de cuivre ayant les qualités qu’ils désirent} en général, ils trouvent le métal trop mou et inégal de densité.
- D’après ces observations, on doit croire que le cuivre le plus pur n’est pas convenable aux besoins de l’art, et que l’écrouissement employé pour le durcir n’est pas le meilleur moyen de le durcir par-tout également.
- Il faut que le métal destiné à la gravure ait une certaine densité , soit pour faciliter les travaux délicats du burin, soit pour ne pas être promptement usé à l’impression. Cette dureté doit être parfaitement égale, et l’on ne conçoit pas que l’écrouissement produit par les coups de marteau du planeur puisse être obtenu au même degré sur tous les points de la surface d’une planche de cuivre, quelque bien travaillée qu’elle soit. On aurait une matière plus homogène, si le métal, au sortir de la fonte, avait assez de dureté pour n’avoir pas besoin d’être écroui.
- Les vernis dont on fait usage dans la gravure à l’eau-forte laissent aussi beaucoup à désirer , sur-tout les vernis tendres. La manière dont on les applique est très-vicieuse. Les tampons dont on se sert laissent quelquefois de petits poils qui peuvent nuire à la netteté des traits. Souvent, en chauffant la planche pour sécher le vernis et le disposer à céder plus facilement sous la pointe, on le brûle dans quelques endroits : alors il n’adhère plus assez au cuivre pour le défendre de l’action des acides , qui s’insinuent par-dessous et détruisent en peu d’instans le travail de plusieurs mois.
- Il serait donc mieux d’avoir un vernis liquide qui pût être étendu à la brosse , en couches minces, qui fût assez adhérent au cuivre pour ne jamais laisser pénétrer les acides, et qui cependant cédât, comme nos vernis tendres , au pi oindre effort de la pointe.
- Enfin il importe également aux progrès de l’art de la gravure de bien connaître les effets des acides qu’on emploie, soit purs , soit mélangés , soit plus ou moins concentrés.
- La Société d’Encouragement demande donc :
- i°. Un procédé à l’aide duquel on puisse préparer des planches de cuivre dont la densité convenable aux besoins de l’art tienne à la nature du métal, et non à l’écrouissement du planage j
- 2°. De perfectionner les vernis et la manière de les appliquer f de façon qu’ils ne s’écaillent jamais, et que Tonne soit pas exposé aux accidens qui arrivent fréquemment lorsqu’on fait mordre les planches $
- 3°. De faire connaître quels sont, sur les planches de cuivre, les différens effets des acides, suivant qu’ils sont purs ou mélangés , et suivant leurs degrés différens de concentration.
- La Société d’Encouragement propose un pr ix de quinze cents francs , qu’elle décernera à celui qui résoudra ces trois problèmes. -
- Dans le cas où Ton ne satisferait complètement qu’à une ou deux des trois conditions du programme , une partie proportionnelle du prix pourra être accordée.
- Le concours restera ouvert jusqu’au ier. mai 1827. Le prix sera décerné , s’il y a lieu, dans la séance générale du mois de juillet de la même année-
- p.2x29 - vue 482/507
-
-
-
- (>)
- qc 1 Oü .
- XX,
- Prix pour la découverte d’un métal ou * alliage moins oxidable que le fer et l’acier , propre à être employé dans les machines à diviser les substances molles alimentaires. l-, v
- La Société d’Encouragement, désirant faciliter la construction et la conservation des machines usuelles propres à être employées dans les grands et petits ménages, propose un prix de trois mille francs pour la découverte d’un métal ou d’un alliage d’un , prix peu élevé , qui ne soit pas nuisible à l’économie animale , non oxidable par l’eau, par les sucs des fruits et des légumes, ou infiniment moins attaquable que le fer et l’acier, sans donner de couleur ou de goût aux substances à la préparation desquelles on l’emploierait.
- Ce métal ou cet alliage serait assez dur, en conservant une ténacité suffisante pour pouvoir en former des crochets , des râpes solides , des instrumens propres à écraser, couper , séparer, diviser convenablement les poires , les pommes , les betteraves, les pommes de terre et autres produits végétaux mous , destinés aux usages domestiques.
- La Société exige que les auteurs fassent connaître la nature des métaux ou la composition des alliages qu’ils emploieront, en y joignant des échantillons de chacun d’eux , et déposant un modèle d’une machine connue , avec laquelle on puisse faire les expériences propres à constater la bonté des pièces principales composantes 5 les pièces secondaires pourront être en bois dur ou en fonte de fer coulée, de grandeur convenable et non limée, ou en toute autre composition moins attaquable que le fer ou l’acier.
- Les mémoires , les échantillons , le modèle fonctionnant , seront déposés à la Société, au plus tard le ier. mars 1827, âfîn que l’on puisse trouver encore des végétaux propres à faire les expériences et avoir le temps, de les répéter. .
- Le prix sera décerné dans la séance générale du mois de juillet 1827.
- Pour faciliter les recherches des concurrens, on donnera ici l’extrait d’un mémoire ré-. digé, à l’occasion de ce sujet de prix, parM. Gillet de Laumont.
- L’emploi du fer à l’état malléable ou converti en acier, dans les machines qui ne travaillent pas habituellement, y occasionne une rouille qui les met fréquemment hors de service au bout d’un laps de temps quelquefois fort court, suivant la nature des fers ou le voisinage des vapeurs de la mer. Cet effet se fait principalement sentir dans les machines à écraser les fruits et à diviser les racines alimentaires ; cependant ces instrumens d’accélération se multiplient journellement dans les campagnes , et il serait fort à craindre que la1 rouille, qui altéré la qualité de leurs produits en même temps qu’elle les détruit, ne parvînt à jeter une défaveur générale sur ces machines, dont le résultat serait funeste a,ux progrès de l’agriculture et des arts. , ’ , 1
- La Société d’Encouragement engage les savans, les artistes à vaincre cette nouvelle dif-' ficulté , soit en employant des procédés connus ou encore ignorés , pour préserver le ter et l’acier, soit en y substituant d’autres substances métalliques. .
- Au nombre de ces métaux, on sera peut-être étonné de voir citer le platine. Il est fâcheux que ce métal, inappréciable pour cet objet, par sa fermeté et sou inaltérabilité, soit encore trop cher 5 mais il y a lieu d’espérer que d’ici à quelque temps il deviendra beaucoup plus commun, et il ne serait pas impossible alo.rs que l’on pût s’en servir, en l’emV
- p.2x30 - vue 483/507
-
-
-
- 4
- ( 3i )
- ployant avec économie, pour les parties frottantes seulement. D’ailleurs, au lieu de lui faire subir tant d’opérations longues et dispendieuses pour l’amener à l’état malléable, ne pourrait-on pas l’employer moins pur, moins ductile, en le prenant brut, tel qu’il se trouve dans le commerce , et en l’alliant avec d’autres métaux, qu’il garantirait de l’oxida-tion? Il est certain que Vétain peut augmenter beaucoup sa fusibilité et donner des combinaisons , peut-être peu malléables, mais plus dures que le fer, saines et sensiblement inattaquables. On peut en dire autant du fer uni à V étain et au platine , et il y a lieu d’espérer que ces alliages, déjà cinq à six fois au moins meilleur marché que le platine malléable , pourraient être employés très-utilement. On connaît encore, depuis long-temps , l’alliage très-dur de cuivre, Al étain et de platine } employé par M. Rochon pour les miroirs de télescopes. • ' • •• ’ > ; .1 . .u.- :
- Les autres métaux combinés chimiquement, les alliages binaires, tertiaires, quaternaires, etc., dans des proportions variées, ne pourraient-ils pas présenter des résultats heureux , que l’on n’a pas jusqu’ici obtenus , parce qu’on ne les a pas assez cherchés? On ne citera que quelques combinaisons. , T, ,
- On connaît l’alliage de V étain probablement avec le fer, sans mélange de cuivre, qui donne un étamage dur, innocent, malléable et très-résistant, dont on ne fait pas assez d’usage , et qui paraît pouvoir être employé en masse , en lames, ou être jeté en moule.
- M. Dussaussoy, qui a fait connaître qu’un mélange de cuivre , d’étain et de fer, donne un alliage d’une grande ténacité, joint à beaucoup de dureté, facile à faire , en se servant de fer déjà étamé, et excellent pour les bouches à feu (1), indique plusieurs autres compositions, qui, suivant la proportion des métaux et l’épaisseur des pièces moulées, perdent ou gagnent de la ténacité, et d’autres fois de la dureté, qualités qui peuvent souvent être augmentées par la trempe et par M1 écrouissage t ces compositions n’ont pas été mises en usage par les modernes, et pourraient cependant être d’une grande utilité aux arts. Nous > nous contenterons de citer Valliage des anciens, de quatorze parties d’étain sur cent de cuivre, qui, écroui à froid et aiguisé, peut donner des tranchans phis durs que le fer, et même préférables à ceux fabriqués avec certaines variétés d’acier.
- Si l’on examine ensuite les fers et les aciers employés seuls à seuls, on trouve que les aciers sont généralement moins oxidables, mais qu’il y en a de bien moins oxidables les uns que les autres • qu’il importe de choisir, et que l’on peut, pour les parties non frottantes, les garantir beaucoup de là rouille en les enfumant, en y appliquant des vernis durs, des étamages solides (2), ou en oxidant d’avance la surface avec des acides, ainsi qu’on le fait souvent pour les armes à feu , et mieux encore en les tenant sous l’eau pendant un certain temps, d’où ils sortent avec une espèce de vernis moins attaquable à l’humidité, et analbgue à celui qu’acquiert à la longue le fusil d’un garde-chasse.
- Il est un autre état du fer, naturellement bien moins oxidable, c’est la fonte de fer, surtout lorsqu’elle est blanche, qui, par sa facilité à être moulée, par sa dureté, paraît pouvoir être employée pour toutes les parties frottantes, en en fabriquant des surfaces revêtues de
- (1) Voyez dans les Annales de chimie et de physique, cahiers de juin et de juillet 1817 , le résultat des expériences sur les alliages } par M. Dussaussoy, chef de bataillon au Corps royal de l’artillerie.
- (2) On peut consulter le N°. XCI du Bulletin de la Société d’Encouragement, janvier 1812, page 34, sur un nouvel étamage, et le N°. GUI, janvier i8i3, page 12, sur divers procédés propres à garantir le fer de la rouille ,en ayant soin de rejeter ceux qui seraient insalubres.
- p.2x31 - vue 484/507
-
-
-
- I
- (3, )
- crochets solides, d’aspérités disposées avec art, qui formeraient des râpes excellentes pour la division des fruits et des racines alimentaires. On pourrait se servir de la même fonte pour toutes les parties non frottantes, en les moulant avec précision , afin de n’avoir pas besoin de la lime pour les ajuster , et de conserver ainsi leur surface de moulage beaucoup plus dure et moins oxidable que l’intérieur. Lorsque ces machines ne travailleraient pas, elles seraient déposées dans des lieux secs, enduits d’une espèce de savon, formé avec des huiles mêlées avec de la chaux vive et saupoudrées de chaux, qui absorberait l’humidité et les acides. ! . • • - : ; ' ’ ... -: b . - ; - •'''• 1 :
- Il y a lieu d’espérer qu’avec ces moyens, heureusement combinés, et avec d’autres que connaissent et que trouveront les savans et les artistes, on parviendra à obtenir des machines usuelles , peu coûteuses, et suffisamment inattaquables par l’humidité et les sucs desfruits. • _ ' . r-. .’ . v ; V. ;l- ;
- ARTS ÉCONOMIQUES.
- xxi., : .
- Prix pour la découverte d’une matière se moulant comme le plâtre , et capable de résister à l’air autant que la pierre.
- Le plâtre est pour l’art du mouleur une matière des plus précieuses : il donne le moyen d’obtenir promptement et à peu de frais des copies identiques de toutes les productions de la sculpture, et de multiplier indéfiniment ces copies. Malheureusement il se décompose trop rapidement en plein air, pour être d’un bon usage dans les décorations extérieures, et tout ce qu’on a tenté jusqu’à présent pour en augmenter la solidité n’a donné aucun résultat satisfaisant.
- L’argile est également propre à recevoir des empreintes fidèles, et, de plus, elle offre l’avantage de prendre au feu une dureté égale à celle de la pierre 5 mais la cherté du combustible augmente considérablement les frais de fabrication. D’ailleurs, le retrait qu’elle prend au feu ne peut guère être soumis à un calcul précis $ il en résulte de l’altération dans lesformes, laquelle s’augmente en proportion des grandeurs : aussi obtient-on difficilement des morceaux d’une grande dimension. , :
- Ce serait donc une découverte utile aux arts que celle qui procurerait le moyen de rendre le plâtre capable de résister en plein air autant que nos bonnes pierres calcaires, ou bien qui ferait connaître quelque ciment réunissant à l’avantage d’une pareille solidité celui de se mouler aussi bien que le plâtre. , - - ;
- Ces deux conditions semblent pouvoir être remplies. > :
- D’après l’excellence des mortiers des anciens, dont quelques-uns sont susceptibles de prendre le poli, on ne peut guère douter de la possibilité d’obtenir un ciment qui devienne , avec le temps , dur comme la pierre. La préparation de ces mortiers n’est pas un secret perdu , puisque plusieurs de nos constructions modernes offrent la solidité des an*-ciennes. • r ' 'T : , • _
- On ramasse aux environs de Boulogne, sur les côtés de la mer, une espèce de galet ayant, ainsi que le plâtre, lorsqu’il est convenablement calciné et pulvérisé , la propriété 4e se durcir sur-le-champ avec l’eau aussi l’emploie-Non à faire de grandes cuves , des
- p.2x32 - vue 485/507
-
-
-
- N
- ( 33 )
- conduites d’eau et des constructions hydrauliques» Les mêmes galets se trouvent sur les côtes de l’Angleterre, et à Londres on emploie le ciment de Boulogne, avec un très-grand succès, pour revêtir les constructions en briques* On le travaille compte le plâtre $. on en fait des corniches, des ornemens, qui se moulent assez facilement-.
- Comme il est très-brun, on est obligé , lorsqu’il est encore frais, de le peindre avec un lait de chaux î c’est une véritable peinture à fresque. Cette couleur brune est produite par de l’oxide de fer, qui, d’après l’analyse de M. Guy ton , insérée dans le premier volume du Bulletin de la Société , page 5g , entre pour un neuvième dans la composition des galets de Boulogne ; mais les belles expériences de M. Yicat sur les chaux factices et les mortiers hydrauliques prouvent que le fer n’est pas indispensable à la solidité des cimens, ou du moins qu’il peut y exister dans une proportion assez faible pour que la couleur ne diffère pas de celle de nos pierres à bâtir.
- Ainsi, on a tout lieu de croire qu’il est possible de préparer un mortier blanc réunissant toutes les propriétés du ciment hydraulique de Boulogne , et d’ailleurs on n’exige pas qu’il se durcisse aussi promptement que le plâtre, pourvu qu’il prenne bien les empreintes, et qu’avec le temps il acquière la dureté demandée, quand bien même cette dureté ne pourrait s’obtenir que sous l’eau , comme celle des bétons.
- Le problème consiste donc, soit à durcir le plâtre par quelque mélange qui le fasse résister en plein air , soit à composer de toutes pièces un stuc ou ciment de couleur claire, se moulant avec autant de facilité que le plâtre, d’un grain assez fin pour prendre les empreintes les plus délicates, et capable d’acquérir avec le temps une solidité comparable à çelle des pierres calcaires employées dans la sculpture.
- La Société d’Encouragement propose , pour la solution de ce problèmeun prix de deux mille francs y qui sera décerné , dans la séance générale de juillet 1827 , à celui qui aura satisfait à toutes les conditions du programme.
- Les concurrens adresseront à la Société, ayant le Ier. mai 1827 , les échantillons de ciment ou de plâtre durci.
- Ils décriront avec précision les procédés qu’ils auront employés, pour que l’on puisse répéter les expériences et obtenir de nouveaux produits, qui sejjont, ainsi que les échantillons , soumis, au moins pendant un an, aux épreuyes comparatives nécessaires pour en reconnaître la solidité.
- AGRICULTURE.
- XXII.
- prix pour la construction d’un moulin propre à nettoyer le sarrasin.
- La Société d’Encouragement propose un prix de six cents francs pour celui qui aura construit un moulin destiné à nettoyer le sarrasin, plus économique et plus parfait que ceux qui sont maintenant en usage. Ce moulin devra dépouiller le sarrasin de son écorce noire , et en faire une espèce de gruau qui puisse être employé immédiatement.
- Les concurrens adresseront, avant le ier. mai 1827, un modèle de leur moulin, ou un dessin sur échelle . accompagné d’un mémoire descriptif, renfermant tous les détails
- 5
- p.2x33 - vue 486/507
-
-
-
- (34)
- nécessaires sur les frais de construction et la quantité de produits obtenue dans un temps donné.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, dans la séance générale du mois de juillet de la même année.
- XXIII.
- Prix pour un semis de pins d’Ecosse ( pinus rubra ).
- La plupart des arbres du genre des pins s’accommodent des plus mauvais terrains , croissent rapidement, et fournissent à la marine et aux constructions rurales un bois qui ne peut pas toujours être remplacé par un autre. Ils fournissent de plus aux arts des produits résineux de plusieurs sortes , d’un emploi fort étendu.
- Cependant, les forêts de pins sont rares en France, quoique les terrains sablonneux ou craïeux y soient fort multipliés, et celles qui existent naturellement sont composées d’espèces inférieures à d’autres, telles que les pins des Landes de Bordeaux (pinus maritima) , et les pins des montagnes du centre de la France et des Basses-Alpes (pinus mughus).
- La Société d’Encouragement considérant les besoins de notre marine en mâts et en goudron, ceux des constructions civiles, des arts, de l’économie domestique, en bois de cette sorte , en résine, en brai, etc., désire porter l’attention des cultivateurs sur une espèce qui, quoique propre à l’Europe, n’est pas encore aussi connue qu’elle mérite de l’être. -
- C’est le pin d’Ecosse, le pinus rubra de Miller, qui est si fréquemment employé à l’ornement des jardins paysagers dans les environs de Paris , qui croit fort vite , et s’élève beaucoup. On trouve facilement de ses graines chez les marchands de Paris , entre autres chez M. Vilmorin.
- Déjà quelques propriétaires des parties craïeuses de la Champagne, des parties sablonneuses de la Sologne , du Perche , etc., retirent, au moyen de semis de pins d’Ecosse , d’importans revenus de terrains qui auparavant ne leur donnaient qu’un pâturage extrêmement maigre 5 il s’agit d’étendre ce bienfait à tous les cantons analogues de la France.
- En conséquence, la Société d’Encouragement, renvoyant, pour les détails d’application, à l’article Pin, du Dictionnaire d’agriculture, en 16 volumes, imprimé par Déterville , libraire, à Paris, propose un prix de cinq cents francs à celui qui aura , la même année, dans un terrain au moins de deux hectares d’étendue, éloigné de 20 lieues de toute ancienne plantation de pins, semé le plus de surface en graines de pin d’Ecosse.
- Les concurrens justifieront, par un certificat des autorités locales, de la nature du terrain et de l’étendue de la plantation.
- Le prix sera décerné dans la séance générale de juillet 1827.
- Les mémoires seront adressés avant le ier. mai de la même année.
- XXIV.
- Prix pour l’introduction des puits artésiens dans un pays oh ces sortes de puits
- n’existent pas.
- La Société d’Encouragement désirant propager l’usage des puits artésiens, si utiles pour l’arrosage des prairies et les besoins de l’agriculture , offre trois médailles d’or, chacune da
- p.2x34 - vue 487/507
-
-
-
- (35)
- la valeur de cinq cents francs, aux trois propriétaires qui auront introduit ces sortes de puits dans un pays où ils n’existent pas, pour l’irrigation de la plus grande étendue de terre, qui ne pourra être moindre de cinq hectares.
- Des certificats authentiques constatant l’établissement de ces puits seront adressés à la Société avant le ier. mai 1827.
- Les médailles seront délivrées, s’il y a lieu, dans la séance générale du mois de juillet de la même année.
- XXV.
- Prix pour l’importation en France et la culture de plantes utiles à l’agriculture,
- aux arts et aux manufactures.
- Les relations des voyageurs et les recherches des botanistes ont indiqué un assez grand nombre de plantes qui, abandonnées à la seule nature , donnent cependant des produits qui peuvent être appliqués, soit à notre nourriture, soit à nos vêtemens et aux besoins des arts. Il existe même des plantes que certaines nations ont su approprier à leurs besoins, en les recevant immédiatement des mains de la nature , ou en les soumettant à une culture réglée.
- L’Inde, la Chine, et sur-tout la vaste contrée de l’Amérique méridionale , produisent une grande variété de végétaux qui , transportés dans notre climat ou sur notre sol, pourraient augmenter considérablement la variété de nos produits, enrichir notre agricultüre, nous procurer de nouveaux moyens de subsistance, et fournir à nos manufactures, à notre industrie de nouveaux perfectionnemens et une bien plus grande extension.
- C’est d’après ces considérations que la Société d’Encouragement croit devoir proposer deux prix, l’un de deux mille francs, et l’autre de mille francs, pour d’introduction d’une ou de plusieurs plantes pouvant être cultivées en pleine terre , soit dans le midi , soit dans le nord de la France, et dont les produits trouveraient un emploi important dans l’agriculture ou dans un art quelconque.
- Les concurrens devront prouver que ces plantes ont été cultivées en pleine terre assez long-temps pour constater leur naturalisation en France, et qu’elles ont reçu un emploi utile à l’agriculture ou aux arts. La Société, en accordant aux importateurs le prix qu’elle propose, distribuera des médailles aux personnes qui se livreront d’une manière plus spéciale à la culture ou à la fabrication des produits de ces plantes.
- Le concours restera ouvert jusqu’au ier. mai 1827.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, dans la séance générale du mois de juillet de la même année.
- 5.
- p.2x35 - vue 488/507
-
-
-
- f
- ( 36 )
- PRIX PROPOSÉS POUR L’ANNÉE 1828.
- ARTS CHIMIQUES.
- XXVI.
- Prix pour la préparation du lin et du chanvre sans employer le rouissage.
- La Société d’Encouragement, désirant propager la méthode de remplacer le rouissage du lin et du chanvre par des opérations simples, faciles et nullement nuisibles à la santé, propose un prix de six mille francs pour celui qui, avant le ier. mai 1828, aura préparé par ces moyens 5oo kilogrammes de chanvre ou de lin sans rouissage.
- La Société exige , comme condition essentielle, que, dans les diverses Fabrications dont les matières premières sont le lin et le chanvre, ils soient reconnus d’une qualité au moins aussi bonne que les meilleurs lins ou chanvres de même espèce traités par la méthode ordinaire du rouissage ; que le déchet ne soit pas plus considérable, et que le prix de la matière ne soit pas sensiblement augmenté par l’emploi du nouveau procédé.
- Les concurrens seront tenus d’indiquer avec exactitude l’état dans lequel la plante aura été arrachée, de décrire les procédés employés et de fournir un certificat authentique qui en constate le succès f par l’emploi de la filasse en fil, toile et cordages , et par l’émission de ces matières dans le commerce.
- Le prix sera décerné dans la séance générale du mois de juillet 1828.
- XXVII.
- Prix pour le perfectionnement de la lithographie.
- Si l’on jugeait des progrès de l’art lithographique par les produits qu’il a successivement offerts depuis son introduction en France, on devrait croire à de nombreux perfec-Fionnemens ; mais , il ifkut l’avouer , les artistes et les ouvriers seuls sont devenus plus habiles : aucune amélioration remarquable n’a été acquise à la lithographie depuis les publications de Senefeider.
- Tous les obstacles que l’adresse et One longue habitude pouvaient vaincre ont été vaincus sans doute ; mais ces ressources étant épuisées , on doit craindre que l’art ne reste maintenant stationnaire : il est donc temps d’appeler à son secours la chimie et la mécanique , afin que ces sciences délivrent de leurs entraves nos habiles lithographes.
- Les améliorations dont la Société d’Encouragement a entrevu la possibilité sont nombreuses et d’une haute importance : elles ont pour but d’offrir au dessinateur et à l’écrivain des crayons et de l’encre plus faciles à employer, constans dans leur composition et dans leurs effets; d’affranchir les lithographes de la dépendance d’hommes à métier, qui font payer cher leur routine acquise , et sont encore en trop petit nombre pour suffire aux productions de nos premiers artistes ; quelquefois encore la préparation trop forte altère le dessin, l’encrage salit promptement les pierres, elles ne produisent alors qu’un
- p.2x36 - vue 489/507
-
-
-
- ( 37 )
- petit nombre d’épreuves plus ou moins imparfaites; afin <jue les balles estampes lithographiées aient un coup - d’ceil agréable , on ne doit pas -être obligé de les remettre , après <eoup y à un habile dessinateur, qui répare toutes les lacunes et les imperfections du tirage : le moindre défaut de cette pratique serait de renchérir beaucoup les lithographies. > On va voir quelles sont les principales difficultés d’exécution et les prix que la Société propose pour ceux qui parviendront à les résoudre.
- Crayons. Dans la plupart des établissemeus lithographiques, on s’occupe de la préparation des crayons : incertain sur le meilleur dosage des ingrédiens, sur leur qualité et sur le mode d’opérer le plus convenable , on y obtient des produits d’autant plus variables que les mêmes jiersonnes ne peuvent pas en faire leur occupation exclusive. Il serait à désirer que cette fabrication et celle de l’encre à écrire et de l’encre d’impression devinssent l’objet d’une industrie spéciale, chez laquelle de bons procédés, suivis avec exactitude et toujours répétés, pussent garantir la composition constante et la bonne qualité des préparations.
- Les crayons lithographiques se composent , en général, de noir de fumée^ de savon sec, de gomme laque et de cire. On peut, avec avantage, y ajouter du vernis gras de copal.
- ' Le noir de fumée d’une couleur intense et très-divisé, tel qu’il se vend en général dans le commerce, convient à cette préparation ; le savon fabriqué avec le suif-et la soude, et la cire exempte de corps étrangers, paraissent devoir être préférés. Au reste ; les concurrens ne seront pas astreints à employer les ingrédiens actuellement en usage, s’ils en trouvent qui soient plus convenables.
- La composition de l'encre lithographique est fort compliquée et plus variable que celle des crayons ; il y entre assez ordinairement à-la-fois dunoir de fumée, de la cire, du suif, du savon , de la gomme laque, du mastic en larmes ; ceux de tous ces ingrédiens dont la présence est vraiment utile (à défaut d’autres qui soient préférables) , leurs proportions les meilleures; le degré de cuisson , qui doit être constant, pour que la qualité de l’encre ne soit pas variable, et le mode d’opérer, importent sur-tout à connaître. Il conviendrait que l’on fut fixé sur la proportion la plus convenable de la solution de savon ou d’essence. II serait mieux encore que l’on pût éviter l’emploi de ces ingrédiens (et déjà l’on y est parvenu à force d’adresse ) , ou qu’on les remplaçât par d’autres qui ne fussent sujets à aucun inconvénient, et fussent propres à faciliter l’écriture sur la pierre et à rendre les traits nets.
- L’encre d’impression employée pour l’encrage du crayon et celle qu’on .destine aux ouvrages à l’encre lithographique se préparent en soumettant de l’huile de lin à une longue ébullition , y ajoutant des morceaux de pain et quelquefois des oignons, que l’on renouvelle une fois ou deux pendant la cuite. Afin d’accélérer l’opération, Certains fabricans mettent le feu à la vapeur qui se dégage ; ils l’étouffent de temps en temps en posant le couvercle sur la chaudière, afin de juger de la consistance du vernis (,i). A cet effet, on en tire quelques gouttes , que l’on met sur une assiette froide; puis on observe sa consistance en la faisant filer entre les doigts. Cette préparation répand au loin une vapeur âcre, excessivement désagréable et insalubre; elle a fréquemment causé des incendies, excité des plaintes, et presque jamais elle ne donne des produits semblables. On ignore le rôle que jouent les agens ajoutés dans cette opération à l’huiie de lin, et les changemens qui s’opèrent dans celle-ci.
- (i) On nomme vernis l’huile de lin cuite.
- p.2x37 - vue 490/507
-
-
-
- (38)
- On peut supposer qu’une distillation convenablement ménagée, en produisant, d’une manière plus sûre , les résultats désirés, serait plus économique et sujette à moins d’inconvé-niens ; que l’addition de quelques corps résineux ou la solution d’oxide de plomb dans l’huile suppléerait en tout ou en partie à son épaississement sur le feu. On sait que pour l’encrage du crayon l’huile doit être plus épaisse que pour l’encrage du dessin à la plume; qu’en employant l’huile plus fluide on obtient un encrage plus prompt et plus facile , mais . qu’elle adhère quelquefois aux parties de la pierre non couvertes par le dessin ; que celle-ci est plus promptement salie, donne des épreuves moins nettes et en plus petit nombre; que si, après avoir encré avec un vernis trop fluide on se sert d’un vernis très-serré, il nettoie la pierre au lieu de l’empàter. On doit donc chercher à obtenir un vernis incapable de salir la pierre et assez fluide pour que l’encrage se fasse promptement.
- Tous les noirs de fumée qu’on trouve dans le commerce ne sont pas également propres à cette préparation ; ceux dont la division est très-grande , qui donnent la couleur la plus intense et sont privés par la calcination des substances volatiles que la fumée des résines entraîne, sont préférables. Le noir de lampe, s’il pouvait se préparer assez économique-' ment en grande quantité, serait le meilleur de tous; on doit le considérer comme le type de la qualité à obtenir.
- On fait ordinairement à froid le mélange du vernis avec le noir , et au moyen d’une molette arrondie. Cette opération est très-pénible ; il est probable qu’elle serait sensiblement facilitée en la pratiquant à chaud, soit avec une spatule dans un vase creux, soit à l’aide de cylindres agissant à la manière de ceux des fabricans de chocolat sur une pierre légèrement concave. Enfin, on sait que le vernis doit être plus ou moins serré, suivant que les qualités physiques des pierres varient.
- L’un des principaux obstacles à la production des lithographies ombrées pour être coloriées, consiste dans la teinte brune du vernis, qui probablement sera moins foncée en traitant l’huile par une distillation ménagée. D’autres obstacles encore se rencontrent dans la facile altération des couleux-s végétales, dans le prix trop élevé de plusieurs couleurs minérales et dans la réaction des agens de la lithographie sur quelques-unes de ces dernières. On demande donc un moyen facile et économique pour décolorer les vernis, et quelles sont les matières colorantes susceptibles d’être appliquées à l’art lithographique. Déjà l’on a obtenu de bons résultats avec des oxides de fer dans un état convenable de division.
- Les rouleaux en bois recouverts d’une flanelle et d’un cuir, dont on se sert pour encrer les pierres, n’offrant pas un développement aussi étendu que l’écriture ou le dessin, la couture, quelque bien faite qu’elle soit, laisse une trace entre ses deux bords : on peut espérer que l’on évitera cet inconvénient, soit en rendant le rapprochement du cuir plus immédiat, soit en préparant des rouleaux sans couture, soit de toute autre manière.
- Le dressage des pierres, péniblement opéré à bras d’homme, est coûteux et ne donne pas toujours les meilleurs résultats possibles. Les difficultés que l’on est parvenu à vaincre dans le douci des glaces à la mécanique ne peuvent laisser de doute sur la possibilité de travailler utilement les pierres lithographiques par des machines; il est donc probable que cette partie importante de l’art sera aussi perfectionnée.
- L'encrage des pierres n’est pas seulement difficile par le défaut des rouleaux et la trop grande viscosité du vernis , il l’est peut-être bien plus encore par les inégalités dans le pian de la superficie de la pierre, et ces inégalités sont souvent inévitables lorsque , pour
- p.2x38 - vue 491/507
-
-
-
- C 39 )
- opérer des changemens ou des corrections , on est forcé d’enlever, au grattoir ou à la pierre ponce, une légère épaisseur de la pierre, avec les traits formés. On conçoit que les parties creuses , à peine mises en contact avec le rouleau, ne seront pas suffisamment chargées, tandis qu’elles devraient plutôt l’être davantage que le reste, afin que dans le tirage, moins comprimées par le râteau, elles donnassent autant d’intensité que les autres parties semblables dans le dessin.
- Un bon ouvrier peut suppléer à presque tous ces défauts par son adresse, tantôt en évitant de poser la couture ou rechargeant les traces qu’elle a laissées , tantôt en repassant un assez grand nombre de fois pour faire adhérer la quantité de vernis utile, quelquefois enfin en introduisant dans les creux de la pierre l’angle arrondi que forme près de chaque poignée la section du cylindre en bois recouverte par le cuir tendu. Quelque grande que paraisse la difficulté de remplacer par une machine aveugle tant d’art exigé de l’ouvrier (1), il ne faut pas désespérer d’y parvenir , sur-tout pour les pierres non retouchées, et même pour toutes les autres, si l’on pouvait opérer des corrections sans entamer la pierre.
- Le tirage des épreuves est une des opérations les plus fatigantes dont soient encore chargés les hommes habiles dans l’art d’encrer les pierres5 cette manipulation, toute mécanique, peut sans doute être remplacée par une bonne presse , à l’aide d’une puissance mécanique quelconque , et dirigée sans aucun effort par chaque ouvrier d’un vaste atelier. On en devra même attendre plus de régularité que des mouvemens pénibles imprimés par la main de l’homme au moulinet des presses actuelles.
- Les retouches sur le dessin altéré par le tirage d’un grand nombre d’épreuves peuvent être opérées et obtenues aussi belles que la première fois , en passant au préalable sur la pierre une légère solution d’alun et nettoyant, comme à l’ordinaire, le fond de la pierre à l’acide nitrique affaibli avant d’encrer : on parvient ainsi à doubler le nombre des épreuves à tirer, et souvent, après les retouches, elles sont plus belles que dans le premier tirage. H est nécessaire de déterminer quelles sont les proportions d’eau et d’alun les plus convenables pour faire la solution, et le temps pendant lequel la pierre doit rester en contact avec ce liquide. .
- Papier autographique. On sait quelles ressources offre l’autographie : par ce procédé, on peut écrire ou dessiner sur une feuille de papier préparée, transporter l’écriture ou le dessin sur la pierre et en obtenir un grand nombre d’exemplaires. Quelques perfectionne-mens peuvent être apportés dans cet art nouveau , et c’est sur-tout vers l’encre et le papier qu’on doit apporter des vues d’amélioration. _
- L’encre lithographique, rendue assez grasse par une proportion convenable de suif, délayée comme à l’ordinaire, est celle que l’on emploie pour autographier, en sorte qu’il est permis d’espérer que les perfectionnemens indiqués pour celle-ci s’appliqueront également à l’autographie.
- Le papier autographique se prépare en enduisant du papier ordinaire avec de l’empois coloré par un peu de gomme-gutte ou de teinture de graine d’Avignon, et saupoudrant sur cet enduit sec de la sandaraque pulvérisée. La coloration servit, dès l’origine, à dé-
- (1) Un habile ouvrier > n’altérant pas le dessin, peut tirer un bien plus grand nombre d’épreuves plus belles, et dans une proportion étonnante, qu’un ouvrier ordinaire : c’est au point qu’on a vu une pierre confiée à un ouvrier très-habile , après avoir été vainement fatiguée par un autre, donner un plus grand nombre d’épreuves que dans le premier tirage , et ne laissant pas de retouches à faire.
- p.2x39 - vue 492/507
-
-
-
- (40
- guiser la substance appliquée sur le papier; elle n’est utile encore que pour indiquer le côté du papier sur lequel on doit écrire ; la poudre de sandaraqne cause parfois des adhérences; on doit tâcher d’éviter son emploi ; enfin l’encre coule difficilement sur cette pré-* paration, et quelquefois la plume, la raie ou Pencre la délaie. On voudrait que le papier préparé reçût l’encre plus facilement et la conservât à sa superficie; qu’étant humecté , il abandonnât à la pierre toute l’encre qu’il aurait reçue,
- D’après toutes ces considérations, et afin de mettre un plus grand nombre de personnes à portée de concourir aux divers perfectionnemens de la lithographie, la Société d’Encou-ragement a cru devoir consacrer un prix pour chaque objet spécial, en laissant aux eon-currens le droit de s’occuper de plusieurs ou de tous ensemble, et de remporter un ou plusieurs prix.
- Elle décernera, dans sa séance dit mois de juillet j8a8, les récompenses suivantes :
- 1°. Un prix de cinq cents francs au concurrent qui aura indiqué une recette facile à exécuter pour la préparation des meilleurs crayons,• ceux-ci devront se tailler aisément, fournir un trait graisseux, être peu cassans et capables de conserver leur pointe. La Société demande que l’on en prépare qui soient numérotés suivant deux ou plusieurs degrés de dureté , comme cela a lieu pour les crayons de Conté et ceux de carbure de fer ( dits de mine de plomb ).
- 2°. Un prix de siar cents francs pour celui qui aura décrit exactement le procédé de fabrication, et envoyé l’échantillon dhine encre lithographique supérieure à celles connues, bien coulante, susceptible de résister à l’action de l’acide que l’on emploie pour mettre à nu le fond de la pierre, permettant de tracer des lignes fort déliées , et prenant bien l’encrage dans toutes ses parties pendant un lpng tirage. Les concurrens devront indiquer la substance la plus convenable à appliquer sur la pierre pour faciliter l’écriture et la rendre plus nette , la manière de confectionner les meilleurs pinceaux et les bonnes plumes d’acier ou d’autres sortes de plumes , s’ils en trouvent qui méritent la préférence ; ils rechercheront quel est le degré le plus convenable de l’acide nitrique pour décaper les pierres suivant la température atmosphérique , si l’acide hydrochlorique ou un mélange des deux, ou enfin tout autre acide ne produirait pas mieux l’effet de nettoyer la pierre sans altérer les traits formés. Ils essaieront enfin d’opérer les corrections à l’aide d’alcalis ou de tous autres agens chimiques, sans entamer la pierre.
- 3®. Un prix de cinq cents francs pour celui qui aura indiqué la meilleure recette pour la préparation des vernis d’encrage propres à l’encre et au crayon. Si l’on se règle sur les procédés usités, la question comprendra la cuite de l’huile de lin à des degrés faciles à reconnaître, sa décoloration pour les dessins coloriés, la préparation du meilleur noir de fumée y celle des matières colorantes convenables à la lithographie et le mélange de ces in-grédiens dans des proportions fixes : la Société verrait avec plaisir que l’on indiquât la théorie de ces opérations; elle n’en fait pas cependant une condition de rigueur.
- 4°. Un prix de deux cents francs pour la construction d’un rouleau préférable à ceux dont on se sert en ce moment, et dans lequel la couture ou la jonction des bords n’aura aucune influence sur l’encrage : les concurrens devront en outre indiquer le cuir le plus convenable pour supporter l’effet direct du râteau.
- 5°. Un prix de quatre cents francs pour la meilleure machine à dresser les pierres, qui présente d’ailleurs des avantages marqués sur le travail à la main usité aujourd'hui.
- 6°. Un prix de quinze cents francs pour un encrage mécanique qui réussisse constant-.
- p.2x40 - vue 493/507
-
-
-
- (40
- ruent bien, indépendamment du moteur qu’on lui appliquera et des corrections faites sur la pierre.
- „ 70. Un prix de deux mille quatre cents francs pour la construction d’une bonne presse, à laquelle une puissance mécanique quelconque puisse être appliquée, et procurer économiquement un tirage au moins aussi parfait que celui obtenu par des ouvriers adroits, des presses à bras actuellement en usage. Les systèmes déjà essayés pourront être suivis par les concurrens; l’exécution plus parfaite qu’ils en feraient leur donnera des droits au prix proposé. ’.. ‘ 1 -O ‘ '
- 8°. Un prix de trois cents francs pour la meilleure méthode d’incision des pierres, ou la combinaison la plus utile de ce genre de gravure avec les procédés de lithographie à la plurne et au crayon. Ces procédés, que l’on semble vouloir abandonner en France, paraissent cependant avoir donné de bons résultats en Allemagne.
- 9°. Un prix de cent francs pour la meilleure méthode de faire des retouches nécessaires pour doubler le nombre d’épreuves obtenues dans le premier tirage.
- io°. Un prix de deux cents francs pour les meilleurs papiers et encres auto graphiques : il faudra que l’écriture soit facile à tracer , que son transport sur la pierre soit complet, que Fencre prenne bien le vernis, et que les déliés soient tous marqués dans le tirage.
- La Société décernera une médaille d’or du grand module à l’auteur de la description la plus complète des meilleui-s procédés et des divers ustensiles actuellement en usage. Cette notice devra être rédigée sous la forme de manuel et être très-intelligible.
- Les recettes ou ustensiles présentés par les concurrens seront examinés et soumis à l’expérience par les Commissaires de la Société, pendant tout le temps qu’ils jugeront nécessaire pour bien constater la supériorité des moyens proposés : à cet effet, toutes les pièces relatives au concours devront être déposées au secrétariat de la Société d’Encou*-xagement avant le ier. février 1828.
- AGRICULTURE.
- XXVIII.
- Prix pour un semis de pins du Nord ou de pins de Corse, connus sous le nom
- de laricios.
- La plupart des arbres du genre des pins s’accommodent des plus mauvais terrains, croissent rapidement et fournissent à la marine et aux constructions rurales un bois qui ne peut pas toujours être remplacé par un autre. Ils fournissent de plus aux arts des produits résineux de plusieurs sortes , d’un emploi fort étendu.
- Cependant, les forêts de pins sont rares en France, quoique les terrains sablonneux ou . craïeux y soient fort multipliés, et celles qui existent naturellement sont composées d’espèces inférieures à d’autres, telles que les pins des landes de Bordeaux (pinus mari-tima ) et les pins des montagnes du centre de la France et des Basses - Alpes (pinus mughus ;.
- Lai Société d’Encouragemcnt considérant les besoins de notre marine en mâts et en goudrons , ceux des constructions civiles, des arts, de l’économie domestique en bois de cette sorte, en résine, en brai, etc. , désire porter l’attention des cultivateurs sur deux
- 6
- p.2x41 - vue 494/507
-
-
-
- ( 4 ! )
- espèces qui , quoique propres à l’Europe, ne sont pas encore aussi connues qu’elles méritent de l’être. - ,
- La première est le pin du Nord , autrement appelé pin de Riga , pin de Russie , pin de Hagueriau, le véritablepinus sylvestrïs de Linné, qui fournit les belles mâtures que l’on préfère dans les chantiers militaires de la France et de l’Angleterre.
- Le second est le pin de Corse , vulgairement appelé dans cette île laricio del monte , le pinus altissima de quelques auteurs , celui des arbres de l’Europe qui s’élève le plus haut. Il croît plus rapidement que le précédent, et lui est préférable pour les mâtures, comme plus dur et plqs élastique. C’est de la Corse seulement qu’on peut en tirer des graines en abondance , en indiquant sa désignation vulgaire 5 car on pourrait leur substituer celles du pin maritime ou du pin d’Alep , qui se trouvent sur les côtes.
- Déjà quelques propriétaires dés parties craïeuses de la Champagne , des parties sablonneuses de la Sologne retirent, au moyen de semis de pins d’Ecosse {pinus rubra ) , d’im-portans revenus de terrains qui auparavant ne leur donnaient qu’un pâturage extrêmement maigre; il s’agit d’étendre ce bienfait à tous les cantons analogues de la France , et de l’augmenter en substituant à cette espèce celles qui ont été indiquées ci-dessus.
- En conséquence , la Société d’Encouragement propose un prix de mille francs pour celui qui aura , dans un terrain craïeux ou sablonneux, produisant au plus 6 francs de rente par hectare, fait le semis le plus étendu de graines de pins du Nord ou de pins de Corse, ce semis ne pouvant être moindre de deux hectares. Aucun autre arbre ne sera semé avec les espèces de pins désignées, mais seulement des arbustes propres à les protéger dans leur jeunesse contre la sécheresse.
- Les concurrens justifieront, par un certificat des autorités locales , de la nature du terrain et de l’étendue de la plantation , et par l’envoi de deux ou trois pieds arrachés en hiver de l’espèce qui s’y trouve ; car la Société n’entend encourager que la culture des espèces ci-dessus , comme les plus importantes pour la marine et lès arts.
- L‘e prix sera décerné , s’il y a lieu , dans la séance générale du mois de juillet 1828.
- PRIX REMIS AU CONCOURS POUR L’ANNÉE 1828.
- ARTS CHIMIQUES.
- XXIX.
- Prix pour le perfectionnement de la fabrication des cordes à boyaux destinées
- aux instrumens de musique.
- Les cordes à boyaux préparées en France pour les instrumens de musique, et principalement les chanterelles, -sont généralement inférieures en qualité aux meilleures cordes de Naples.
- Celles-ci, filées à trois intestins entiers, sont remarquables par une grande transparence ; elles ont du ressort ; elles ne s’allongent pas beaucoup pour arriver au ton de l’instrument, et peuvent rester plusieurs jours au même degré de tension. Si on les met dans l’eau, comparativement avec d’autres, elles y restent plus long-temps sans se détordre. Toutes ces qualités paraissent dériver des mêmes principes, c’est-à-dire de la nature des intestins
- p.2x42 - vue 495/507
-
-
-
- C 43 ) .
- employés et des préparations qu’ils ont subies avant d’être filés , préparations qui doivent disposer les fils de la membrane intestinale à se souder dans la torsion.
- La forte race de moutons que l’on conserve de préférence à Paris, n’est peut-être pas celle qui convient le mieux pour les cordes fines ; toutefois, la Société a reconnu , en examinant les produits des fabricansqui se sont présentés au concours de 1825, que les intestins des moutons de Paris, de Lyon et de Nevers fournissent la mêmequantité de bonnes cordes.
- Ayant tout lieu de croire que les races de moutons qui se trouvent en France offrent aux fabricans tout ce qui leur ést nécessaire pour satisfaire aux besoins de l’art, la Société d’Ëncouragemeü t propose un prix de deux mille francs pour celui qui prouvera qu’il peut fabriquer constamment, et assez économiquement pour soutenir la concurrence étrangère, des chanterelles égalant en qualité les meilleures chanterelles de Naples. x Afin de laisser aux concurrens la plus grande liberté possible sans établir entre eux des conditions inégales, la Société a arrêté :
- i°. Que ceux qui voudront concourir se feront inscrire atr^Secrétariat de 1k Société, avapt le ier. mai 1828: /
- 20. Ils seront tenus de fabriquer des chanterelles avec les intestins faisant partie de leur approvisionnement ordinaire •
- 3°. Des commissaires seront nommés par la Société, pour suivre les opérations du concours ; ils préviendront les concurrens huit jours à l’avance, afin de leur donner le temps de s’approvisionner. Au jour marqué, ils se rendront à leurs fabriques, pour suivre toutes les opérations; on prendra des mesures pour que les divers concurrens reçoivent les commissaires à-peu-près à la même époque;
- _4°. Les Commissaires recevront de la Société des instructions particulières sur les précautions qu’ils auront à prendre pour constater l’état des intestins au commencement de l’opération , et pour suivre toutes les modifications qu’ils subissent avant d’être transformés en chanterelles. Toutes les opérations étant achevées, les paquets seront scellés et adressés au Secrétariat de la Société; „
- 5°. Les concurrens devront fabriquer au moins quatre paquets de chanterelles sous les yeux des commissaires ;
- 6°. La Commission chargée de l’examen des produits fera acheter d’autres paquets de chanterelles de première qualité chez les envers concurrens ou dans leurs dépôts , et ces paquets , tirés du commerce , et résultant de leur fabrication ordinaire , seront examinés en commun avec les pièces du concours elles-mêmes ;
- 70. La Société fera venir aussi des chanterelles de Naples des fabriques les plus renommées ; ces chanterelles seront soumises aux mêmes épreuves que les chanterelles françaises, et le prix sera décerné à celui des concurrens qui aura pu soutenir la comparaison.
- Le prix sera distribué , s’il y a lieu , dans la séance générale du mois de juillet 1828.
- xxx. ' : y '
- Prix pour le perfectionnement de la teinture des chapeaux.
- Les matières colorantes sont ou simples ou composées, c’est-à-dire que tantôt ce sont dessubstances sui generis qu’on ne fait qu’extraire des corps qui les contiennent, et d’autres fois elles résultent de la réunion de plusieurs élémens, qui constituent entre eux une véritable combinaison insoluble à proportions déterminées, et qui affecte une couleur assez
- 6.
- p.2x43 - vue 496/507
-
-
-
- (44)
- prononcée pour qu’on en puisse tirer parti en teinture. La couleur simple se fixe au moyen d’un mordant ; l’autre se produit dans le bain de teinture , et se précipite sur le tissu, ou bien on en détermine la formation sur le tissu lui-méme en l’imprégnant successivement des diverses matières qui entrent dans cette composition. Nous ne citerons point ici les nombreux exemples connus de ces deux espèces de teinture , nous nous occuperons seulement de la composition qui produit le noir. En général, cette couleur n’est autre, comme on sait, que la réunion de l’acide gallique avec l’oxide de fer, et cette multitude d’ingrédiens qu’on ajoute à ces deux principes ne servent, selon toute apparence, qu’à nourrir ou à lustrer la teinte. Considérant donc les choses dans leur plus grand état de simplicité , nous voyons que pour teindre en noir il ne s’agit que de produire du gallate de fer , et de le combiner avec la matière organique qu’on veut revêtir de cette couleur. Or, toute combinaison , pour être intime , nécessite un contact immédiat ; il faut donc que les surfaces qui doivent être réunies soient d’une grande netteté , et c’est en effet un principe reçu en teinture qu’une couleur sera d’autant plus belle et plus pure que la surface des fibres aura été mieux débarrassée de toute substance étrangère , mieux décapée , si on peut se servir de cette expression. Une autre conséquence de ce même principe , c’est cpi’on doit éviter de rien interposer entre les surfaces à teindre et les molécules teignantes , et c’est là très-probablement un des graves inconvéniens dans lesquels tombent constamment les teinturiers en. chapeaux. Ils composent leur bain d’unë foule d’ingrédiens qui contiennent une grande quantité de substances insolubles : c’est au milieu do l’espèce de magma ou de boue qui en résulte que la teinture doit s’opérer. On ciBtoit dès-lors que la couleur se trouvera nécessairement salie et nuancée par tous ces corps étrangers qui viennent s’intercaler; et de là la nécessité de surcharger en matière colorante pour masquer ces défauts , et la fibre , ainsi enveloppée , perd tout son lustre et sa souplesse.
- En s’appuyant sur ces données théoriques, la marche qui semblerait la plus rationnelle consisterait donc , -- -
- i<>. A n’employer que les substances rigoureusement nécessaires pour la production du noir; ^
- 2°. A n’agir , pour les corps solubles , que sur des dissolutions filtrées ou tirées à clair ;
- 3°. A porter le fer à son medium d’oxidation, soit en calcinant la couperose ordinaire, soit en faisant bouillir sa dissolution avec un peu d’acide nitrique , soit enfin en traitant la rouille de fer par l’acide acétique ou autre acide susceptible de dissoudre cet oxide.
- En teinture , on a généralement observé, relativement à ce dernier point, que l’acide sulfurique du sulfate de fer exerçait sur les fibres une influence préjudiciable, et plusieurs praticiens ont proposé avec raison de lui substituer l’acide acétique. On obtient, en effet, par ce moyen des résultats beaucoup plus favorables, et si le succès n’a pas toujours été complet, cela ne tient, sans aucun doute , qu’à la mauvaise confection de ce produit, qui se livre rarement fabriqué convenablement. Le plus ordinairement on se sert pour cet objet de l’acide pyroligneux brut, ou qui n’a subi tout au plus qu’une simple rectification: dans cet état, il contient encore une grande quantité de goudron, qui se dépose cà et là sur l’étoffe , et empêche que l’engallage , et par conséquent la teinture, ne prennent également : c’est donc de l’acide provenant de la décomposition de l’acétate de soude par l’acide sulfurique qu’il faut se servir , et non de l’acide brut ou ayant subi une seule distillation; l’emploi du pyrolignite bien préparé offre le double avantage de ne déterminer aucune altération de la fibre organique , et de faciliter en outre sa combinaison avec l’oxide de fer.
- p.2x44 - vue 497/507
-
-
-
- ( 45 )
- Cet acide volatil abandonne avec tant de facilité les bases qui lui sont combinées , qu’il mérite en ce sens la préférence sur tous les autres.-
- Tel est l’ensemble des observations que l’état actuel de la science permet d’indiquer j mais il se pourrait qu’ici, comme dans beaucoup d’autres circonstances, la théorie ne marchât pas d’accord avec la pratique. Nous avons blâmé, par exemple , et tout semble y autoriser, l’emploi de ces bains bourbeux, dans lesquels les molécules teignantes se trouvent tellement disséminées , que leur rapprochement ne peut s’effectuer qu’avec les plus grandes difficultés j mais ne serait-il pas possible que ces entraves fussent plus favorables que nuisibles , en ne permettant, comme dans le tannage , qu’une combinaison lente et successive, et par cela même plus complète? Ce n’est donc qu’avec beaucoup de réserve que nous présentons les vues précédentes, et on doit les considérer plutôt comme un sujet d’expériences et d’observations que comme un résultat définitif et absolu.
- La Société d’Encouragement , voulant favoriser autant qu’il est en elle l’amélioration qu’elle réclame dans l’intérêt commun , propose un prix de trois mille francs pour celui qui indiquera un procédé de teinture en noir pour chapeaux , tel que la couleur soit susceptible de résister à l’action prolongée des rayons solaires, sans que le lustre ou la souplesse des poils en soit sensiblement altéré. -
- Les conditions essentielles à remplir par les concurrens sont les suivantes : i°. Les mémoires seront remis avant le ier. mai 1828 5
- 20. Les procédés y seront décrits d’une manière claire et précise, et les doses de chaque ingrédient y seront indiquées en poids connus j
- 3°. Chaque mémoire sera accompagné d’échantillons teints par les procédés proposés.
- Le prix sera décerné , s’il y a lieu, dans la séance générale de juillet 1828.
- ARTS ÉCONOMIQUES.
- XXXI.
- Prix pour la découverte d’un procédé très-économique propre-à conservée
- la glace.
- Personne, n’ignore combien l’usage des boissons froides durant ies chaleurs de l’été est utile pour conserver aux organes digestifs le ton qui est nécessaire à leurs fonctions, Il est des peuples pour lesquels la glace est un besoin durant l’été ; et si, pendant la courte durée des chaleurs de notre climat, ce besoin est moins impérieux pour nous, il n’en serait pas moins fort utile de répandre l’usage de la glace comme un moyen d’hygiène et une jouissance. D’ailleurs, si les hommes de" peine préfèrent aux boissons glacées les liqueurs enivrantes y qui abrutissent leur raison et ruinent leur santé, c’est peut-être parce que la glace est trop coûteuse pour qu’ils en fassent un usage habituel. On assure qu’aux Etats-Unis il est des contrées où chaque particulier conserve, pour les besoins de sa famille, de la glace dans des appareils peu coûteux, destinés à cet effet : pourquoi ne jouirions-nous pas en France des mêmes avantages? Il importerait que la glace fût, durant l’été, à la portée du peuple. ' . ' ' ' - " '
- La Société d’Encouragement, considérant les avantages inappréciables qu’on retirerait d’un procédé qui permettrait à chaque ménage de conserver, durant l’hiver, de la glace
- p.2x45 - vue 498/507
-
-
-
- pour ses usages pendant l’été, propose un prix de deux mille francs pour Rétablissement de glacières domestiques. Voici les conditions auxquelles il faudra satisfaire : 1
- i°. L’appareil devra être tellement construit, que les frais d’établissement soient peu coûteux"; qu’il ait la forme d’une sorte de meuble transportable, pour se prêter aux déména-gemens, et qu’il soit facile de le sortir.de la cave pour le remplir de glace pendant les ri-*
- gueurs de l’hiver;
- 2°. Il devra être propre à contenir assez de glace pour qu’en évaluant à 400 kilogrammes la consommation annuelle d’un ménage on puisse y trouver pendant l’été cette provision; cependant ces 4-00 kilogrammes pourront être partagés en deux ou trois vases , si l’inventeur y trouve plus de facilité de transport et plus d’économie;
- 3°. Chaque kilogramme de glace ne devra pas coûter plus de 3 centimes, en comprenant l’intérêt du capital employé à l’acquisition de l’appareil, et supposant que la glace ne coûte rien en hiver;
- 4°. Il devra être facile d’ouvrir et fermer l’appareil, pour y déposer, dans la partie déjà vidée de glace, les vases de ménage contenant les substances alimentaires qu’on veut préserver de la corruption pendant les temps chauds et humides ;
- 5°. L’inventeur rédigera un mémoire, où il exposera tous les détails de son appareil, afin d’en rendre la construction facile, et décrira les soins nécessaires pour enfermer la glace dans l’appareil et la conserver ; il serait même convenable que l’inventeur du procédé formât ou fît établir une fabrique où son appareil serait construit à un prix fixé ; '
- 6°. Le prix sera délivré à l’inventeur dans l’année 1828. D’ici à cette époque, il aura dû en faire les épreuves nécessaires sous les yeux des commissaires délégués par la Société d’Encouragement, qui se rendront certains par le fait que toutes les conditions exigées sont remplies.
- La Société croit devoir donner ici quelques conseils sur les moyens à employer pour atteindre le but proposé.
- De tous les procédés propres à refroidir les boissons, celui qu’on tire de la glace fondante est préféré, parce qu’il est le plus actif. En effet, l’expérience prouve que la glace , en se résolvant en eau, abaisse le même poids d’eau de j5 degrés centigrades à zéro, où , ce qui équivaut, abaisse d’un de ces degrés un poids d’eau soixante-quinze fois plus considérable, quelle qu’en soit d’ailleurs la température : un kilogramme de glace à zéro, mêlé à un,litre d’eau aux trois quarts bouillante , donne deux litres d’eau à zéro. Les y5 degrés de chaleur sont absorbés par la fusion de la glace (1). ' '
- Il est à observer que l’appareil étant exposé à l’air extérieur pendant les rigueurs de l’hiver, la glace qu’on enfermerait dans ce vase peu perméable à la chaleur, se trouvant à 10 degrés au moins sous zéro, conserverait très-long-temps cette basse température': en sorte que le vase préservé des chaleurs en le descendant à la cave dès les premiers jours où la température s’y trouve moins élevée qu’à l’air libre, il serait vraisemblable que la
- (1) Voici la formule qui sert à déterminer la température d’un mélangé d’eau et de glace rapidement fondue, en ne'gligeant toutes les actions extérieures. K kilog. de glace à zéro qu’on laisse fondre dans L litres d’eau à t degrés cente'simaux, abaissent par cette seule fusion la température de d degrés, et l’on a 75. K — dL ; mais cette glace fondue donne K kil. ou litres d’eau à zéro, qui se mêlent aux L litres
- Lt — 75 AT
- à ùdegrés, et le mélange prend la température T donnée par la formule T — "*•
- p.2x46 - vue 499/507
-
-
-
- •( 47 )
- partie intérieure de la niasse de glace conserverait un froid inférieur à zéro de quelques degrés. Cet effet, facile à constater, ajouterait encore aux avantages qu’on peut se promettre de l’appareil pour conserver la .glace et en rendre les”effets plus étendus.
- On a déjà conservé de la glace dans un petit tonneau introduit dans un autre plus grand : on foulait de la poudre de charbon entre les deux futailles5 une natte on paille garnissait, l’intérieur du petit tonneau, et la glace reposait sur cette sorte de doublure. La chaleur ne pouvant pénétrer de dehors en dedans qu’après avoir percé quatre enveloppes peu perméables à la chaleur, n’y arrivait qu’avec une extrême lenteur5 et comme il faut une énorme quantité de chaleur pour fondre la glace, et que l’air se prête mal à cette communication , par les propriétés qu’on lui connaît, la glace devait très-bien se conserver dans un appareil ainsi construit. On examinera les causes qui ont rendu cette disposition peu utile , quoique les lois de la physique semblent en assurer le succès.
- Une des causes les plus actives de la fonte des glaces est la libre circulation de l’air. On sait que ce fluide en abandonnant de sa chaleur devient plus pesant j il doit donc céder sa place à de nouvel air, qui se refroidit à son tour. Il se fait ainsi un courant perpétuel, et la perte de la chaleur de l’air entraîne la fusion de la glace, sur-tout si la circulation a de l’activité. Il faut pourtant dire que, d’après les expériences qui ont été faites, un vase de fer-blanc formé de quatre enveloppes séparées par de l’air qu’on y avait emprisonné conservait de l’eau qu’on y avait mise bouillante, et qui, douze heures après, n’était encore descendue qu’à 71 degrés, quoique ce vase fût exposé à l’air libre, dont la température n’était qu’à 10 ou 12 degrés.
- Il est fort utile de ménager un écoulement à l’eau qui se fond , celle qui touche la glace étant un meilleur conducteur que l’air stagnant. La glace qui pose sur les parois se fond la première, le reste demeure jusqu’à un certain point isolé 5 mais il faut éviter que l’air qui s’y trouve puisse former un courant, ce qui arriverait infailliblement s’il rencontrait un passage par l’issue réservée à l’eau de fusion. Il faut donc que cette issue soit en forme de siphon, dont le coude soit sans cesse plein d’eau. Ce liquide forme une sorte de bouchon qui
- s’oppose à l’écoulement de l’air.
- Un autre procédé qu’on pourrait employer pour faire de la glace, ou du moins pour abaisser beaucoup la température de l’eau, se tire de l’évaporation. Il suit des expériences de M. Clément, que Veau exige pour se résoudre en vapeur la chaleur capable'd’élever d’un degré centigrade six cent cinquante fois ce meme poids dé eau, quelles que soient d’ailleurs la pression atmosphérique et la température du lieu. De l’eau exposée à l’air libre* s’évapore en prenant de la chaleur à sa propre masse et aux corps voisins. Si l’air est tranquille , la vapeur formée , ne pesant que les cinq huitièmes d’un égal volume d’air, s’élève par sa légèreté spécifique, et fait place à de nouvelles vapeurs. L’eau restante se refroidit donc 5 mais il faut que l’opération marche vite, si on veut que la masse liquide se refroidisse, car le rayonnement et la conductibilité réparent sans cesse les pertes de chaleur. Il convient donc de ménager un vif courant d’air qui vienne renouveler l’espace, et emporte la vapeur- d’eau à mesure qu’elle se forme5 il peut arriver qu’on obtienne même de la glace, ainsi qu’on le voit dans l’expérience de Leslie.
- C’est sur ce principe qu’est fondé l’usage des alcarazas ou hydrocérames, qui, laissant suinter l’eau par de larges pores, donnent un liquide plus froid de quelques degrés que celui qu’on y a mis 5 mais cet abaissement de température n’est que d’un petit nombre de degrés. Les poteries qui ont été fabriquées en France sur ce principe étant trop fragiles, on
- p.2x47 - vue 500/507
-
-
-
- ( 48 )
- a abandonné ce procédé réfrigérant, qui devenait trop coûteux; cependant en Egypte, en Espagne , où il est d’un usage habituel, on en retire des avantages très-importans.
- M. Thénard, a imaginé un appareil propre à former de la glace par l’évaporation dans le vide. Un vase contenait de l’eau, et communiquait avec une autre capacité remplie de fragmens de muriate de chaux desséchés; le tout était hermétiquement fermé. Une pompe aspirante était mise en jeu pour enlever l’air et la vapeur d’eau à mesure qu’elle se formait : cette eau, dans le vide, se vaporisait rapidement. Le muriate de chaux absorbait la vapeur que la pompe n’enlevait pas, et le liquide finissait par se glacer. Ce genre d’appareil pourrait être imité par les concurrens, s’ils réussissaient à le faire économiquement et à en rendre la manœuvre simple. La Société n’impose d’autres conditions à cet égard que d’offrir une manipulation facile et fort peu de dépense , le bas prix de la glace étant l’objet qu’elle a spécialement en vue.
- PRIX-PROPOSÉS POUR L’ANNÉE 1829.
- ? ! ARTS CHIMIQUES.
- ' ' . XXXII.
- Prix pour le perfectionnement des fonderies de fer.
- Les fontes fabriquées avec une grande partie des minerais exploités en France présentent des défauts que l’on ne rencontre pas dans celles qui proviennent de la plupart des hauts-fourneaux d’Angleterre. •
- C’est particulièrement quand on taraude la fonte, qu’on la burine ou qu’on la lime , que ces défauts deviennent sensibles. Les bonnes fontes ne présentent pas de dureté à la surface, forment des copeaux lorsqu’on les tourne ou les burine, et n’offrent pas de grains ou de cavités qui empêchent de faire des filets vifs, ou de donner un beau poli à la fonte.
- Les fusions répétées de la fonte en changent la nature , et les opérations du moulage en durcissent souvent la surface; mais travaillées par nos plus habiles fondeurs, les fontes françaises n’offrent pas en général des qualités égales à celles de la fonte anglaise et à celle de Fraitche - Comté, et dès - lors le grand nombre des machines à vapeur et une foule d’autres machines qui exigent l’emploi de fonte très-douce rendent indispensable l’amélioration de nos fontes , si nous ne voulons rester tributaires de l’étranger pour l’un de^-plus importans produits de notre industiie.
- Les minerais de fer exploités en France présentent de grandes différences sous le rapport de leur nature chimique, et celles même qui sont composées des mêmes principes consti-tuans se conduisent souvent d’une manière fort diverse dans le haut-fourneau. Tous les maîtres de forge savent la grande différence qui existe entre une mine chaude et une mine froide, et l’influence qu’exerce un minerai qui ne paraît contenir aucune substance nuisible sur la marche du haut-fourneau et les qualités de la fonte.
- Les dispositions particulières et la forme des diverses parties du haut-fourneau, la nature et la disposition des souffleries, la pression du vent , le nombre et la position des tuyères, la nature du minerai , de la castine et du charbon , etc. , sont autant d’objets d’une haute importance à considérer pour le but que se propose la Société.
- p.2x48 - vue 501/507
-
-
-
- (49)
- Les minerais de fer exploités en France sont : le fer oxide compacte 5 le fer oxidé hydraté en grains ou en masse ; le fer carbonaté ou spathique ; le fer oxidé hématite et le fer oligiste. Ces mines ont pour gangues des substances très-différentes et qui demandent des fondans appropriés pour obtenir leur fusion dans le haut-fourneau. Certaines espèces de minerai exigent des préparations particulières avant d’être employées, comme le grillage , destiné à chasser quelques substances volatiles ou à détruire la cohésion 5 moyen employé pour la plupart des mines appelées vulgairement en roches $ ou l’exposition à l’air et l’arrosage, suivis du grillage , comme pour les maillas du département de l’Isère. :
- Les procédés que demande la Société doivent être applicables à des minerais de diverses natures ; et quoiqu’elle sente bien la grande difficulté où se trouvent les maîtres de forge d’un pays de traiter convenablement tous les minerais employés à faire de la fonte pour moulage, plus les procédés seront applicables à un grand nombre de minerais , plus le but que la Société se propose sera rempli.
- La Société d’Encouragement offre donc un prix de six mille francs à celui qui indiquera un ou plusieurs procédés simples et peu dispendieux, et en faisant usage de minerais de diverses natures et produisant habituellement des fontes de qualités inférieures, pour obtenir constamment des fontes grises à grain homogène, jouissant de beaucoup de ténacité , pouvant être fondues plusieurs fois et recevoir les diverses opérations du moulage en petites et en grandes pièces sans perdre de leurs qualités ; faciles à travailler à la lime, âu burin , à tarauder et à polir , et pouvant se comparer, sous ces divers rapports, aux bonnes fontes anglaises et de Franche-Comté.
- Les concurrens devront faire connaître dans un Mémoire la forme, les proportions et les dispositions du haut-fourneau ; la nature des matériaux employés dans sa construction 5 le nombre et la position des tuyères ; la force et la quantité du vent ; l’espèce de soufflerie ; la nature des minerais employés j les opérations préliminaires auxquelles il a fallu les soumettre ; la nature des fondans ; leur proportion relative ; la nature du charbon ; et joindre à cette description des plans t coupes et élévations du haut-fourneau , tracés sur une échelle métrique (1).
- La Société verrait avec plaisir des détails exacts sur l’allure du haut-fourneau dans le traitement des différens minerais, et l’influence qu’exerce le mélange de diverses espèces sur la qualité de la fonte.
- Pour mettre la Société à même de décider l’importante question qui fait le sujet de ce prix , les concurrens devront envoyer des gueuses ou gueusets en quantité suffisante , par exemple, deux mille kilogrammes environ, pour les soumettre à divers essais et pouvoir faire couler des pièces d’une assez grande dimension (2).
- Ces fontes devront être accompagnées de certificats authentiques délivrés par les Ingénieurs des Mines ou les Officiers d’Artillerie, Directeurs de fonderies ou d’usines métallurgiques du Gouvernement, et constatant i°. qu’elles proviennent de première fusion ; 2°. qu’elles sont le produit habituel du haut-fourneau, et non un produit obtenu avec des
- (1) Il serait à désirer que tous les concurrens choisissent la même échelle, par exemple celle de 5^,,
- pour rendre facile la comparaison des divers plans. Cependant la Société n’en fait pas une condition essentielle. , , , .
- (2) La Société tiendra compte aux maîtres de forge du prix de transport des fontes, dans le cas où les pièces moulées ne pourraient être vendues à Paris, et des déchets,obtenus dans le moulage des diverses pièces qu’il sera jugé convenable de faire exécuter.
- ' 7 ’
- p.2x49 - vue 502/507
-
-
-
- ( 5o )
- précautions particulières, et qu’on ne pourrait se procurer à 'volonté • S°. que le hautfourneau marche depuis plusieurs mois en fonte semblable , quel que soit le minerai employé; 4°. que la quantité de ces fontes -versées dans le commerce est assez considérable pour qu’elles aient pu être employées à mouler de grandes pièces. v '
- Il sera nécessaire que les concurrens joignent à leur envoi des échantillons des minerais et des fondans employés, et de quelques laitiers provenant des fondages (i). .
- Les concurrens seront tenus de faire devant les Commissaires de la‘Société tous les essais qui seront jugés convenables, pour s’assurer de la bonne qualité de leurs fontes ; et pour conserver les procédés dont ils auront fait usage, ils pourront prendre un brevet d’invention.
- Les échantillons et le Mémoire descriptif devront être adressés à la Société avant le „ie,\ janvier 1829. Le prix sera décerné dans la séance générale de juillet de la même année.
- XXXIII. : ' ' ; '
- Prix pour le perfectionnement du moulage des pièces de fonte destinées à recevoir un travail ultérieur.-
- La fusion et les diverses opérations du moulage ne doivent changer en rien les qualités de la fonte , qui doit conserver toute sa douceur, ihême dans les parties les plus minces. Il est indispensable que les pièces sortent du moule sans avoir tassé; que leur surface ne soit pas abreuvée de sable; qu’elles ne renferment pas de soufflures; que les arêtes conservent toute leur vivacité.
- Le moulage en sable vert a déjà éprouvé des améliorations ; mais il est important d’étendre cette méthode avantageuse et de la rendre beaucoup plus générale.
- La Société d’Encouragement , convaincue de l’importance du perfectionnement du moulage, propose un prix de six mille francs à celui qui indiquera le procédé le plus simple, le plus économique et le plus prompt pour mouler en fonte douce des pièces destinées à un travail ultérieur, de quelque forme et de quelque dimension qu’elles soient. -
- Les concurrens devront indiquer, dans un Mémoire, quelles sont les fontes qu’ils ont employées ; comment on peut s’assurer de la bonne, qualité d’une fonte et ne pas la détériorer en l’employant; comment on peut adoucir de la Fonte de médiocre qualité et la rendre susceptible de recevoir ensuite tel travail qu’on voudra lui donner.
- Ils devront également faire connaître le moyen de prévenir le durcissement qui s’opère à la surface des pièces minces , ou remédier à ce durcissement, si, comme cela est probable , il est l’effet d’une trempe produite,par le refroidissement rapide.
- Ils décriront les règles à suivre et les dimensions à observer dans le placement des évents et des jets, et pour remédier aux inconvéniens du tassement dans quelques parties..
- Ils feront connaître l’espèce de sable dont il faut se servir ; quel est le meilleur charbon pour préparer les moules,. et la manière de les préparer ; les moyens à employer pour
- (i) Un ouvrage très-remarquable sur le traitement des minerais de fer a e'te' publié en France, il y a deux ans; les maîtres de forge qui ne le connaîtraient pas encore , pourront y puiser des notions importantes ; la Société le signale d’une manière particulière à l’attention deS'concïirre'ns. Cet ouvrage èst intitulé : De la Métallurgie du fer, par Karsten; traduit del’allemândpar Culmanh; officier d’artillerie.
- p.2x50 - vue 503/507
-
-
-
- (5.)
- bien placer les noyaux et empêcher leur déformation dans le moulage, soit en sable vert , soit en sable étuvé. ' >
- Enfin ils décriront les moyens d’empêcher que le sable ne s’incorpore dans le métal, et les précautions à prendre pour donner issue aux fluides élastiques , qui occasionnent des soufflures. -,
- La Société distinguera particulièrement ceux des concurrens qui indiqueront en même temps quels sont les meilleurs procédés ou alliages que l’on doit employer pour avoir une matière d’une extrême dureté et susceptible de recevoir un poli fin, tel que doit être celui des laminoirs (i). ... . . ..
- Les concurrens devront présenter des échantillons accompagnés de certificats authentiques délivrés par les Ingénieurs des Mines ou les Officiers d’Artillerie, Directeurs de fonderies ou d’usines métallurgiques xlu Gouvernement, et constatant qu’ils ne sont pas choisis exprès parmi les pièces qui ont le mieux réussi. Parmi ces échantillons , devront se trouver des corps de presses hydrauliques, des chaudières et des bouilleurs de machines à vapeur exécutés en fontes françaises (2).
- D’ailleurs , pour ne laisser aucun doute sur l’efficacité des moyens décrits dans les Mémoires , les concurrens seront tenus de répéter, en présence des Commissaires de la Société, toutes les expériences qui leur seront demandées , et de mouler les différentes pièces dont on leur présentera les modèles (3).
- Les concurrens pourront s’assurer, par un brevet d’invention, la propriété de leurs procédés.
- Les Mémoires et échantillons devront être adressés à la Société avant le 1er. janvier 1829. Le prix sera décerné dans la séance générale de juillet de la même année.
- PRIX PROPOSÉS POUR L’ANNÉE i83o.
- AGRICULTURE.
- XXXIV.
- Prix pour la plantation des terrains en pente.
- Il y a déjà plus d’un siècle que des hommes éclairés et amis de la prospérité de la France se sont affligés du déboisement progressif des montagnes et des résultats qu’il avait alors et devait avoir encore plus, à l’avenir , sur notre agriculture.
- E11 effet, la première conséquence de ce déboisement a été la diminution des sources , et
- (1) Un quinzième d’e'tain produit une fonte très-douce et d’un grain fin. L’alliage du manganèse et de l’acier produit une matière se moulant très-bien, se forgeant bien à chaud, mais très-aigre., et très-dure à froid.
- Le moulage dans des moules de fonte peut donner aux cylindres de laminoirs une durete singulière, mais qui n’est pas toujours parfaitement e'gale dans toutes les parties.
- Les concurrens pourraient consulter avec profit les Mémoires de MM. Stoddart et Faraday, publies dans les slnnales de Physique et de Chimie.
- (2) Les grandes pièces moulées resteront la propriété des concurrens, et leur seront rendues apres le
- concours. ~
- (3) Les concurrens trouveront dans le Traité de là Métallurgie du fer, de A arsten, traduit de 1 aile -mand par Culmann, officier d’artillerie, des détails qui pourront leur devenir utiles.
- - 7-
- p.2x51 - vue 504/507
-
-
-
- ( 5a )
- par suite des rivières et des fleuves j les eaux de pluie , qui alors s’infiltraient lentement j usqu’aux couches d’argile , coulent aujourd’hui en torrens sur la surface de la terre , et Se rendent directement dans les ruisseaux , qu’elles ne grossissent qu’instantanément j ces eaux entraînent non-seulement la terré végétale qui formait cette surface , mais encore les couches inférieures jusqu’à la roche vive , de sorte que beaucoup de ces pentes sont devenues complètement infertiles.
- Tous nos départemens , mais principalement ceux du Midi , offrent le hideux aspect de montagnes entières ou de coteaux nombreux ainsi dénués de terre , où de chétifs troupeaux trouvent à peine quelques touffes d’herbe au printemps et en automne } lorsque les docu-n*ens constatent qu’ils étaient jadis couverts de superbes forêts.
- Reproduire la terre végétale sur des rochers n’est pas une chose facile et prompte ; cependant cela Brest pas impossible , comme le prouve l’expérience 5 mais ce n’est que par la puissante intervention du Gouvernement , et par l’action des lois d’un effet général et durable , qu’on peut espérer d’y parvenir. .. _
- La Société d’Encouragement voulant, autant qu’il dépend d’elle , non réparer le mal fait, mais empêcher le mal de s’étendre, propose, pour être distribués en l’année i83o, deux prix, l’un de trois mille francs $ et l’autre de quinze cents francs, pour ceux qui auront replanté en chênes, en châtaigniers , en hêtres, en micocouliers, en aliziers , en frênes , en merisiers , en ormes, ou seulement en trois ou quatre de ces espèces d’arbres , le plus d’étendue de terre ayant au moins 4^ degrés d’inclinaison 5 cette étendue ne pourra être moindre de 25 hectares , et la plantation devra avoir au moins cinq ans.
- Les coneurrens feront constater par les autorités locales la contenance et l’état de leurs plantations, et en enverront le procès-verbal au secrétariat de la Société , dans les six premiers mois de 1829.
- L’ouvrage dans lequel les coneurrens trouveront le plus de faits est celui de M. Dugied, intitulé : Projet de boisement des Basses-Alpes , imprimé par ordre du Gouvernement en 1819. Ils trouveront également des documens relatifs à cet objet dans le Nouveau Dictionnaire d’agriculture y imprimé par Déterville , libraire à Paris.
- • XXIV.
- Prix pour la détermination des effets de la chaux employée comme engrais.
- Les avantages de la chaux en poudre répandue en petite quantité sur la terre pour t’a-hiélioràtion des récoltes sont connus de temps immémorial 5 on sait qu’elle agit, dans ce cas, comme alcali, en rendant plus promptement soluble l’humus que les racines des plantes doivent pomper du sol pour faire croître les tiges, les branches , les feuilles, les fleurs et les fruits j mais on ignore si l’action des différentes sortes de chaux est différente à cet égard , et il peut être fort utile de le connaître. La Société d’Encouragement propose eh conséquence un prix de quinze cents francs , pour être distribué , en i83o, à celui qui aura le mieux déterminé , à son jugement, par des expériences comparatives faites sur des terrains arides très-argileux, sur des terrains arides très-sablonneux , et sur des terrains intermédiaires très-fertiles , la différence des effets de la chaux maigre et de la chaux grasse, employées, soit après avoir été réduites en poudre au sortir du four, soit après leur avoir donné le temps de s’éteindre naturellement à l’air. Au taMeau des expériences faites dans le but d’éclaircir cette question, devra être joint celui des analyses des pierres cal-
- p.2x52 - vue 505/507
-
-
-
- ( 53 )
- caires dont proviennent les chaux employées , ainsi que des terres sur lesquelles ces chaux auront été répandues.
- Le concours restera ouvert jusqu’au ier. mai i83o.
- CONDITIONS GÉNÉRALES A REMPLIR PAR LES CONCURRENS.
- Celui qui aura obtenu un prix conservera la faculté de prendre un brevet d’invention , si l’objet en est susceptible.
- Les modèles, mémoires, descriptions, renseignemens , échantillons et pièces, destinés à constater les droits des concurrens, seront adressés , francs de port, au Secrétaire de la Société d"1 Encouragement pour P industrie nationale, rue du Bac, N°. 42, hôtel de Boulogne. Ils doivent être remis avant le ier. mai de chaque année. Ce terme est de rigueur.
- Les procédés ou machines seront examinés par des commissaires que la Société désignera.
- Les étrangers sont admis à concourir ; mais dans le cas où l’un d’eux aurait obtenu un prix , la Société conservera la propriété du procédé, à moins qu’il ne le mette à exécution en France , en prenant un brevet d’invention.
- Les membres du Conseil d’Administration et les deux censeurs sont exclus du concours.
- Les autres membres de la Société sont admis à concourir. 7
- Les concurrens ne mettront point leurs noms à leurs mémoires 5 ils y mettront seulement une devise , et ils joindront aux modèles, mémoires ou échantillons un billet cacheté, renfermant la même devise, leur nom , et l’indication de leur domicile.
- Les médailles ou la somme seront remises à celui qui aura obtenu le prix, ou à son fondé de pouvoirs.
- Adopté en séance générale , le 22 novembre 1826.
- Le Comte CHAPTAL , Président;
- Le Comte DE LASTEYRIE, le Duc DE DOUDE AU VILLE, Vice-Présidens;
- Le Baron DE GÉRANDO , Secrétaire ;
- CL.-ANTHELME COSTAZ, JOMARD , Secrétaires-Adjoints.
- IMPRIMERIE DE MADAME HUZARD ( NÉE VALLAT LA CHAPELLE),
- rue de l’éperon , n°. 7.
- p.2x53 - vue 506/507
-
-
-
- TABLEAU
- DES PRIS PROPOSÉS
- PAR LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT POUR L’INDUSTRIE NATIONALE, POUR ÊTRE DÉCERNÉS DANS LES ANNÉES 1827,1828, 1829 et 1830.
- ARTS MÉCANIQUES.
- ARTS CHIMIQUES.
- ARTS ÉCONOMIQUES.
- AGRICULTURE.
- ARTS CHIMIQUES.
- ARTS ÉCONOMIQUES. AGRICULTURE.
- XXXII
- ARTS CHIMIQUES. \ XXXIII.
- NUMEROS
- BBS
- PROGRAMMES
- I.
- II.
- III.
- IV.
- V.
- XII.
- XIII.
- XIV.
- VI.
- VII.
- VIII.
- XV.
- XVI.
- XVII. XVIII.
- XIX.
- XX.
- X.
- XXI
- XI.
- XXII.
- XXIII.
- XXIV.
- XXV.
- XXVI.
- XXVII.
- XXIX.
- XXX.
- XXXI. XXVIII.
- 1
- ' AGRICULTURE.
- XXXIV.
- XXXV.
- DÉSIGNATION DES SUJETS DE PRIX.
- Prix proposes pour l?annee 1827.
- Pour la fabrication des briques , tuiles et carreaux, par machines........................
- Pour le perfectionnement des scieries à bois mues par l’eau...........................
- Pour l’application en grand, dans les usines et manufactures, des turbines hydrauliques f
- ou roues à palettes courbes de Bélidor. . .............................................
- Pour la fabrication du fil d’acier propre à faire les aiguilles à coudre............ . . .
- Pour la fabrication des aiguilles à coudre...............................................
- Pour la construction d’ustensiles simples et à bas prix, propres à l’extraction du sucre de la betterave; deux prix, l’un de i5oofr. , l’autre de 1,200 fr. , ensemble.............
- Pour la construction d’un moulin à bras propre à écorcer les légumes secs.................
- Pour la construction d’une machine propre à raser les poils des peaux employées dans la chapellerie.. .......................... . .................................................
- Pour la fabrication de la colle-forte.....................................................
- Pour l’établissement en grand d’une fabrication de creusets réfractaires. ................
- Pour la fabrication de la colle de poisson................................................
- Pour la découverte d’un outremer factice........................;.........................
- Pour la fabrication du papier avec l’écorce du mûrier à papier............................
- ' Pour des laines propres à faire des chapeaux communs à poils...............-...............
- Pour l’étamage des glaces à miroirs par un procédé différent de ceux qui sont connus.'. . Pour le perfectionnement des matériaux employés dans la gravure en taille-douce.. . .
- Pour la découverte d’un métal ou alliage moins oxidable que le fer et l’acier, propre à être
- em lo é dans les machines à diviser les substances molles alimentaires.................
- Pour la dessiccation des viandes....................................................
- Pour le perfectionnement de la construction des fourneaux; trois prix de 3,ooof. chacun, ci.
- Pour la découverte d’une matière se moulant comme le plâtre, et capable de résister à l’air autant que la pierre...........................................................
- Pour la description détaillée des meilleurs procédés d’industrie manu- 1
- 1 # L { xer. prix,
- facturière , qui ont été ou qui pourront être exercés par les habitans des >
- 1 2e. prix.
- campagnes. ......................................................
- Pour la construction d’un moulin propre à nettoyer le sarrasin........................
- Pour un semis de pins d’Ecosse ( pinus rubra )........................................
- Pour l’introduction des puits artésiens dans un pays où cea sortes de puits n’existent pas ; trois médailles d’or, de la valeur de cinq cents francs chacune , ci....................
- Pour l’importation en France et la culture de plantes utiles à l’agri- I ieu prix. .... culture , aux manufactures et aux arts............................ . . \ 2e. prix.......
- > Prix proposés pour l’année 1828.
- Pour la préparation du lin et du chanvre sans employer le rouissage..................
- Pour le perfectionnement de la lithographie : dix questions de prix, ensemble........
- Pour le perfectionnement de la fabrication des cordes à boyaux destinées aux instrumens de musique. .............. . . ..........................................................
- Pour le perfectionnement de la teinture des chapeaux. ...............................
- Pour la découverte d’un procédé très-économique propre à conserver la glace. .......
- Pour un semis de pins du Nord ou de pins de Corse , connus sous le nom de laricios...
- Prix proposés pour l’année 1829.
- Pour le perfectionnement des fonderies de fer........................................
- Pour le perfectionnement du moulage des pièces de fonte destinées à recevoir un travail ultérieur...........................................................................
- Prix proposés pour l’année i83o.
- Pour la plantation des terrains en pente. ................. . .
- Pour la détermination des effets de la chaux employée comme engrais.
- ier. prix. 2e. prix.
- La valeur des Prix proposés et remis au Concours pour l’année 1827 s’élève à.
- Celle des Prix proposés pour 1828, à......................................
- Celle des Prix proposés pour 1829, à......................................
- Enfin, le montant des Prix proposés pour i83o, à..........................
- Total..
- Total égal
- ÉPOQUE
- VALEUR
- de l’envoi des Mémoires , Descriptions , Dessins, Machines , Modèles ou Echantillons. de la Distribution des Prix. DES PRIX.
- Ier. Mai 1827. Juillet 1827. .2,000 fr.
- id. id. 5,ooo
- id. id. Ç,ooo
- id. id. 6,000
- id. id. 3,ooo
- id. id. 2,700
- id. id. 1,000
- id. id. 1,000
- id. id. 2,000
- id. id. 3,ooo
- id. id. 2,000
- id. id. 6,000
- id. id. 3,ooo
- id. id. ^ 600
- id. id. 2,400
- id. id. i,5oo
- id. id.
- id. id. JjUUU 9,000
- id. id. 2,000
- id. id. 3,ooo
- id. id. i,5oo
- id. id. 600
- id. id. 5oo
- id. id. i,5oo
- id. id. 2,000
- id. id. 1 ,ooo
- ier. Mai 1828. Juillet 1828. 6,000
- id. id. 0 0 <0"
- id. id. 2,000
- id. id. 3,ooo
- id. id. 2,000
- id. c id. 1,000
- Ier. Mai 1829. Juillet 1829. 6,000
- id. id. 6,000
- ier. Mai i83o. Juillet i83o. 3,ooo
- id. id. i,5oo
- id. id. i,5oo
- OBSERVATIONS.
- 115,ooo fr.
- 76,300 fr.
- 20,700
- 12,000
- 6,000
- 1 i5,ooo fr.
- * Nota. Les Personnes qui désireraient prendre connaissance des Programmes détaillés, publiés par la Société, les trouveront aux Chefs-Lieux des Préfectures et
- .... des Sous-Préfectures, où ils sont déposés.
- p.n.n. - vue 507/507
-
-