Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale
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- BULLETIN
- DE LA
- S. E. 1. N.
- Bibliothèque
- BSPJr32
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT — -
- POUR
- L’INDUSTRIE NATIONALE.
- Publié avec Vapprobation de M. le Ministre du Commerce
- et des Travaux publics.
- TRENTE-DEUXIÈME ANNÉE.
- PARIS,
- IMPRIMERIE DE MADAME HUZARD (kée VALLAT LA CHAPELLE),
- IMPRIMEUR DE LA SOCIETE ,
- RUE DE L’ÉPEROÏf-SAINT-ANDRÉ-DES-ARTS, N°. 7.
- 1833.
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- TRENTE-DEUXIÈME ANNÉE. (N° CCCXLIII. ) JANVIER 1833.
- BULLE
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MECANIQUES.
- Description des machines propres à la fabrication des roues de voitures, établies dans les ateliers de M. E. Philippe, ingénieur-mécanicien> rue Saint-Bernardj n° 21, faubourg S aint-Antoine ^ à Paris.
- La Société d’Encouragement, en décernant, dans sa séance générale du 28 décembre i83i, à M. E. Philippe, une médaille d’or de 2e classe ( voyez Bulletin de décembre, même année) pour une série de machines propres à la fabrication des roues de voitures, présentées par lui au concours pour le perfectionnement des scieries à bois, a arrêté que ces machines seraient dessinées et gravées, et qu’une description détaillée en serait publiée par la voie du Bulletin.
- En conséquence, nous avons fait lever, avec le plus grand soin, les dessins des nombreuses machines employées par M. Philippe: nous allons les décrire dans l’ordre des opérations qu’elles accomplissent.
- La fabrication des roues, telle qu’elle est pratiquée dans l’établissement de M. Philippe, se divise en quatre parties distinctes; savoir, les jantes, les moyeux, les rais et l’assemblage et le ferrage.
- i°. Jantes. La première opération pour la confection des jantes consiste à débiter des arbres en grume, en plateaux depuis 0^,162 (6 pouces) d épaisseur, jusqu’à des voliges de om,ooy (3 lignes) et om,65o (2 pieds) de large. Cette opération s’exécute au moyen d’une grande scierie alternative, qui peut scier des pièces de bois de 4™ (12 pieds) de longueur, longueur qui dépend , du reste, de celle que l’on donne au chariot,
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- L’extrême régularité d’épaisseur des plateaux dispense de corroyer les jantes. A chaque coup de scie, le chariot portant le madrier avance d’une ligne, de 2, de 3 ou de 4vse^on la beauté du sciage que l’on désire obtenir * et la dureté des bois sur lesquels on opère.
- Le porte-chariot, le châssis et tous ses agrès, les montans portant les coulisseaux dans lesquels glissent les traverses fixées à la monture de la scie, et en général toutes les pièces qui seraient susceptibles par leur dérangement d’empêcher la machine de fonctionner avec la précision nécessaire, sont en fonte de fer, et construits de manière à réduire l’entretien à peu de chose.
- Cette scierie, dont la vitesse est de cent vingts coups par minute, emploie la force d’un cheval; un homme suffit pour la conduire. Un des principaux -avantages qui la distinguent de celles existantes consiste en ce que le bois-avance pendant tout le temps que la scie descend, et reste stationnaire pendant qu’elle remonte ; cette disposition empêche que la machine n’éprouve des chocs, et que lès dents de la scie en remontant ne frottent sur le bois*
- Elle réunit encore un autre avantage, c'est que les montans sur lesquels glisse la rnonturede la scie sont entièrement indépendans du bâtis qui porte l’axe du balancier de l’arbre moteur, ce qui les soustrait à la vibration causée par l’action du balancier, et par le changement du mouvement circulaire en mouvement alternatif.. • , T , . . ..
- Explication des figuresdes Pi. 5 28 et 529.
- PL 528. Ensemble de la scierie alternative pour débiter tes bois en plateaux*
- . Fig. 1* Elévation latérale. '
- - Fig. 2. Élévation vue par devant*
- . Fig. 3. Plan . ;
- Fig. 4 et 5. Détails des montans et des traverses du chariot* ;
- PL 629. Détails des diverses parties de la machine.
- Fig. 6. Élévation latérale d’une partie du chariot*
- Fig. 7. Plan du même*
- Fig. 8. Coupe transversale. ....
- Fig. 9. Châssis-porte-scie vu de face et de profil*
- Fig. 10. Traverses fixées à la monture de la scie.
- Fig. 11. Monture de la scie vue de face*
- Fig. 12. Monture vue par le bout, montrant la disposition du guide de la scie. /;'
- Fig. i3. Grande vis placée sous le chariot, et opérant le mouvement latéral de la pièce de bois*
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- Fig. t 4. Crémaillère vue en plan et en élévation.
- Fig. i5. Bielle qui transmet le mouvement du châssis-porte-scie au rochet, vue de profil et en plan.
- Fig. 16. Paliers de l’axe du pignon qui engrène dans la crémaillère.
- Fig. 17. Coupe du balancier. •
- Fig. 18. Pied de biche et secteur vus séparément.
- Fig. 19. Elévation et coupe du guide du châssis-porte-scie.
- Les mêmes lettres désignent les mêmes objets dans toutes les figures.
- A, Arbre moteur portant une poulie a, sur laquelle passe la courroie qui commande la machine; il est supporté par les paliers bb' fixés au bâtis c. Un volant d est monté à son extrémité.
- B, Bielle reposant par chacun de ses bouts sur des coussinets, l’un pour le tourillon e fixé à un des bras du volant, l’autre pour un axe g servant d’entretoise au balancier.
- C, Grand balancier mobile par ses tourillons sur les paliers ff: vissés sur la corniche du bâtis G.
- D, Seconde bielle réunie à la traverse supérieure du châssis-porte-scie.
- E, Monture de scie très légère, fixée par des boulons au châssis-porte scie.
- FF', Montans en fonte de fer établis sur une maçonnerie, et réunis, par une corniche et deux entretoises, au châssis G'.
- G', Châssis-porte-coulisse fixé par des vis à tête fraisée aux montans FF': on y adapte les coulisses en fonte le long desquelles monte et descend le châssis-porte-scie.
- H, Levier percé par un de ses bouts d’une mortaise longitudinale qui reçoit un tourillon fixé à la traverse du châssis-porle-scie, et de l’autre réuni à un arbre i, qui repose sur la potence en fer kr.
- I, Pied de biche monté sur un tourillon qui s’engage dans les trous dont est percé un secteur p fixé sur l’arbre i; c’est à l’aide de ce secteur que l’on donne plus ou moins de course au chariot. Le pied de biche est composé de deux pièces pour pouvoir plus facilement régler la machine. Une tringle d’embrayage k, attachée à son extrémité, sert à engager ou à dégager des dents de la roue à rochet / le bout du pied de biche.
- J, arbre qui repose sur deux supports faisant corps avec les montans FF', et portant d’un bout la roue à rochet l et de l’autre une roue dentée m, qui transmet le mouvement, par l’intermédiaire des roues n et v, à l’axe t du pignon y : ce pignon engrène dans les dents de la crémaillère x fixée intérieurement le long du chariot.
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- K, Porte-chariot dont les côtés sont réunis par des entretoises. Le dessus de l’un forme une règle plate, et l’autre une règle angulaire.
- L, Chariot formé de deux grands côtés et de deux traverses réunis par les coulisses o, o', o", sur lesquelles coulent les montans NN'.
- M, Rouleaux dont les tourillons tournent dans de petits coussinets en cuivre fixés au chariot L.
- NN', Montans réunis par quatre traverses portant des vis de pression z, qui maintiennent le madrier destiné à être débité. Au dessous de ces montans, est fixé un écrou q, dans lequel passe la vis O', qui imprime un mouvement latéral à la pièce de bois.
- OOO', Vis montées à collet dans les côtés du chariot L : ces vis portent chacune une roue rs dont les dents s’engagent dans les maillons d’une chaîne à la Faucanson ; celle du milieu O' reçoit une manivelle s, à l’aide de laquelle on transmet le mouvement aux deux autres : c’est au moyen de ces vis qu’on fait avancer le madrier, dans une direction latérale, de la quantité que l’on désire.
- P, Cadran portant des divisions qui indiquent le nombre de tours que l’on fait faire à la vis O': lesjilets de cette vis ayant 3 lignes de largeur, lorsque l’aiguille marque un sixième de tour, le madrier avance d’une demi-ligne.
- Q, Chaîne à la Faucanson,
- R, Madrier établi sur le chariot.
- Pour se servir de cette machine, on place la pièce de bois sur le chariot, et on l’y maintient par des visz aux traversés des montans NN' (voy.fig. 2). On engage le pied de biche dans les dents du rochet /, et on donne le mouve-jnent à la machine. Lorsqu’on a des bois durs à scier, chaque trait de scie n’entame le madrier que d’une ligne; si l’on opère, au contraire, sur des bois tendres, la pièce avance de 2 lignes. Pour régler l’épaisseur des plateaux ô débiter, on fait mouvoir le madrier latéralement au moyen de la vis O'.
- 2e. opération. Le bois, scié en plateaux de la manière que nous venons d’indiquer, est divisé ensuite, à l’aide d’une scie circulaire, en pièces de la longueur des jantes : ces pièces sont immédiatement portées sur la scie à chantourner^-
- 5e. opération. Cette scie, qui donne aussi cent vingts coups à la minute, peut scier des jantes de 0^,067 à om,i62 (2^ à 6 pouces) d’épaisseur, qui sont employées pour des roues de om,65o à im,624 (2 à 5 pieds) de diamètre.
- C’est à l’aide de moyens aussi simples qu’ingénieux qu’on règle les diverses dimensions des jantes ; ces dimensions une fois arrêtées, toutes les jantes qui sortent de la machine se trouvent parfaitement identiques. *
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- La scie emploie la force d’un demi-cheval et est dirigée par un seul homme, dont les fonctions consistent à renouveler le bois et à affûter les dents des scies : elle peut scier, par jour, cent cinquante jantes de om,io8 (4 pouces) d’épaisseur.
- • Comme la monture de la scie porte deux lames, on obtient 1 avantage de couper les jantes de largeur, en même temps quelles sont chantournées; leur régularité est telle, qu’elles n’ont besoin de passer entre les mains de l’ouvrier que pour être légèrement grattées, afin d’effacer les traits de scie. Indépendamment de l’économie de temps que procure l’emploi de cette machine, on peut affirmer qu’il est impossible de chantourner à la main d’une manière à la fois plus nette et plus régulière.
- Explication des figures des Pl. 55o et 531.
- PL 53o. Ensemble de la scierie alternative pour chantourner les jantes et les couper de largeur en même temps.
- Fig. i. Élévation latérale delà scierie. "
- Fig. 2. Elévation vue de face.
- PL 531. Détails des diverses parties de la scierie.
- Fig. 3. Plan de la scierie : pour mieux faire comprendre le mécanisme, on a enlevé le balancier.
- Fig. 4- Coupe transversale du grand chariot.
- Fig. 5. Coupé longitudinale du même.
- Fig. 6. Chariot d’une plus petite dimension, pour les jantes de 12 à 23 pouces de rayon.
- Fig. 7. Coupe transversale de ce chariot : il est à peu près semblable au grand, sauf que l’écrou de l’axe est noyé dans l’épaisseur du bois, pour que les lames de scie qui viennent affleurer le chariot ne puissent l’atteindre.
- F'ig. 8. Coupe longitudinale du même chariot.
- Fig. g. Pièce en fer forgé adaptée au petit chariot pour augmenter sa largeur, afin de pouvoir le fixer convenablement sur son support.
- Fig. 1 o. Le secteur et la mordaehe vus par derrière.
- F'ig. 11. Plan des mêmes pièces.
- A, Arbre moteur tournant dans des paliers aa montés sur le bâtis b, et portant deux poulies, l’une fixe et l’autre folle.
- B , Volant à l’un des bras duquel est adapté un tourillon à embase z, qui communique le mouvement à la bielle en bois G.
- D, Balancier aussi en bois, supporté dans le milieu par un axe d} tournant dans deux paliers ee, fixés sur le grand bâtis^.
- 1, Montans en fonte de fer, réunis par des entretoises et la corniche g;
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- l’intérieur des mon tans porte une nervure qui reçoit les règles h, le long desquelles glisse le châssis-porte-scie.
- F, Châssis-porte-sçie composé de deux traverses en fonte de fer terminées par des parties en queue d’aronde qui coulent dans les règles hh, et sont réunies par deux tringles en fer forgé ; à la traverse supérieure s’attachent l’extrémité de la bielle i et une équerre qui transmet le mouvement au levier j.
- G, Monture de scie fixée par quatre boulons au châssis porte-scie F.
- H, Arbre tournant qui reçoit son mouvement du levier /, et le communique à la roue à rochet k, par l’intermédiaire du pied de biche y. A l’extrémité de cet arbre , est une pièce à coulisse dans laquelle entre le tourillon du pied de bicfie, et qui sert à lui donner plus ou moins de course. /
- I, Arbrè tournant dans deux supports l des montans E; il porte d’un bout la roue à rochet k, et de l’autre un pignon d’angle m de quinze dents. •
- J, Cliquet attaché au montant E, et qui, par son propre poids, tombe dans la dent suivante lorsque le pied de biche a fait tourner le rochet,
- K, Arbre vertical tournant d’un bout dans une crapaudine, et de Vautre dans une douille que forme l’un des supports l. Sur cet arbre sont fixées une roue d’angle de quarante-cinq dents n et une poulie à joue o, sur laquelle s’enroule la chaîne à la Vaucanson p, qui fait avancer le chariot.
- L, Bâtis en fonte de fer surmonté d’un plateau demi-circulaire servant de
- porte-chariot. ‘ ; >
- M, Yis à bras de manivelle w, retenue par un collet au bâtis L, et servant à faire marcher le plateau au moyen d’un écrou fixé en dessous,
- N, Plateau mobile glissant sur des règles q} et portant une douille en deux parties dans laquelle tourne l’arbre O, .
- O, Arbre ayant une large embase qui glisse sous le chariot, et dont la partie supérieure, de forme méplate pour couler dans la coulisse du chariot, est taraudée pour recevoir un écrou, qu’on desserre lorsqu’on veut le faire avancer ou reculer. La partie inférieure porte une tige cylindrique qui tourne dans les coussinets fixés au plateau N.
- P, Chariot surmonté de quatre colonnes nv, ayant double écrou pour élever à volonté le secteur R. Ce chariot; qui roule sur quatre galets rr à chape mobile, est garni sur le devant d’une nervure sur laquelle passe la çhaîne à la Faucanson pf qui y est fixée d’un bout. Sa partie centrale est percée d’une coulisse pour pouvoir avancer ou reculer le point de centre, selon les divers rayons que l’on veut donner aux jantes. En dessous se trouve pne boucle mobile dans laquelle est passée la courroies, qui empêche que
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- le chariot n’avance trop vite, et sert à le faire rétrograder lorsque la jante est coupée. ».
- Q, Petits supports fixés au porte-chariot L, et dont la tête est percée d'un trou donnant passage à une goupille qui retient le chariot lorsqu’on avance ou recule l’arbre O.
- R, Secteur supporté par les colonnes v.
- S, Mordache destinée à serrer le bois dans lequel on découpe les jantes.
- T, Rouleau tournant dans deux supports U fixés au porte-chariot L, et sur lequel passe la courroie s.
- U, Deux plateaux de bois placés l’un sur l’autre pour être chantournés.
- Guides de la scie. . ^
- Y, Poids suspendu à la courroie s-,
- y, Pied de biche faisant avancer le rochet k.
- Ayant fait passer la courroie de la poulie folle sur la poulie fixe, le mouvement circulaire se change en mouvement alternatif, à l’aide du tourillon
- Pour régler la machine, on commence par fixer le chariot P, à l’aide de goupilles, aux petits supports Q, et desserrant l’écrou de l’arbre O, on fait avancer ou reculer cet arbre au moyen de la vis M, jusqu’à ce que sa distance de la lame extérieure forme le rayon de la roue dont on veut chantourner les jantes. Après avoir resserré l’écrou et retiré les goupilles qui retiennent le chariot, on place le bois sur le plateau et on l’y maintient par la mordache S ; engageant ensuite le pied de biche dans les dents de la roue à rochet, le bois avance à mesure qu’il est coupé.
- Lorsque la jante est sciée, on dégage le pied de biche, on laisse revenir le chariot, on avance le bois, on le serre en place, et on recommence l’opération. ‘ - (D.)
- {hu suite à un prochain numéro.)
- Notice historique sur ïart du monnayage en France; par M. Mongez, membre de lInstitut {i).
- Sous la première race de nos rois, on moula les monnaies ou on les frappa avec des coins gravés au touret. A dater du siècle de Charlemagne, les coins furent gravés au burin, comme ils l’étaient à Constantinople depuis le fondateur de cette ville, et les monnaies eurent aussi fort peu d’épaisseur. D’ailleurs, le monnayage
- (i) Extrait d’un Mémoire sur VArt du monnayage chez Içs anciens et les modernes , par le meme auteur. ' , » -
- Trente-deuxième année* Janvier i833. a J
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- étaîl dans l'enfance’: on forgeait à chaud les lames arec un marteau pesant 5 on coupait ces lames en morceaux carrés, que l’on arrondissait avec de grosses limes, et que Ton ajustait avec des limes moins fortes 5 enfin les flans étaient frappés au marteau. Chacune de ces opérations appartenait exclusivement a une des divisions particulières de la nombreuse corporation des monétaires, divisions désignées sous les
- noms de fondeurs, de tailleurs, d'ajusteurs et de monnayeurs.
- Les expéditions de Louis XII en Italie firent connaître aux Français les procédés des arts de la gravure et du monnayage, que les artistes grecs, fuyant le joug des Ottomans, avaient apportés en Italie ; ce roi les employa pour les monnaies sur lesquelles il prit les titres de duc de Milan et de roi de Sicile. Ses monnaies d’argent pétaient les plus épaisses que l’on eût frappées depuis le commencement de la monarchie ; et, le premier des rois de France, il y fit graver son portrait, d’où leur vint le nom de testons. François Ier plaça le sien sur les monnaies d’or. ‘ '
- Le règne de Henri II est celui qui apporta à la fabrication des monnaies un des plus heureux changemens. Après avoir ordonné quon y graverait le millésime (l’année courante) et le quantième des rois qui porteraient le même nom, Henri II fit adopter, en x553, le laminoir, appelé alors le moulin, le coupoir ou emporte-pièce, et une sorte de presse employée pour aplatir les fia ns que le coupoir de celle époque rendait convexes : par leur moyen, on obtint des flans d’égale épaisseur et ronds, que la frappe hors virole rendait cependant légèrement ovales, comme l’ont été toutes nos monnaies avant le siècle présent, mais qui étaient moins défectueux que ceux des prédécesseurs de Henri II. Plusieurs raisons me font conjecturer que l’on employa aussi à cette époque une machine pour frapper les flans, semblable au mouton, ou même au martinet, à ce gros marteau mu par un manège à chevaux ou par un. courant d’eau, pour battre le;fer pn barres et en planches. Je crois qu’il a. fallu, en l’absence du balancier, des machines aussi puissantes pour frapper à froid les beaux pieds-forts cia règne de Henri IV, dont l’épaisseur égale celle de quatre des pièces dont ils étaient les étalons. Ces pieds-forts sont aussi recommandables par la beauté de la gravure que par l’inscription qu’ils portent sur la tranche, et qui a été placée à l’aide de la virole brisée.
- L’inimitable burin du célèbre Varin a donné un grand prix aux monnaies de Louis XIII, mais l’adoption de la presse appelée balancier ajouta un grand degré de perfection à celles de Louis XIV. Jusque-là on n’avait estampé les pièces que par la percussion subite du marteau, du martinet ou du mouton \ on reconnut, sous ce cègne, que l’estampage par la pression successive donnait de plus belles empreintes. Un Français venait d’inventer te balancier, et il le proposa au gouvernement, mais il fut repoussé. L’inventeur le porta en Angleterre5 et les monnaies de Cromwell, fabriquées!avec la nouvelle machine , sont aussi recherchées pour la beauté du tra-yail que pour le portrait de cet homme fameux. Je vais rapporter les propres termes de Le Blanc, qui écrivait en 1690, époque où les corporations et les jurandes étaient légalement établies, et qui cependant en fait sentir les dangers, de même que 1 inconvenance de rendre une cour souveraine juge des procédés d’une manu-
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- facture. « Combien d’obstacles, dit-il, ne fit-on point contre la machine du balan-» cier, dont on se sert aujourd’hui pour marquer les monnoi,es, lorsqu’on la voulut » établir ? Non seulement les ouvriers qui fabriquaient la mqonoie au marteau, mais » meme la Cour des monnoies, n’oublièrent rien pour la faire rejeter. Tout ce que la » cabale et la malice purent inventer fut mis en usage pour faire échouer les desseins » de Nicolas Briot, tailleur général (graveur général) des monnoies, le plus habile , » en son art qui fût alors en Europe; il fit une infinité d’épreuves en présence de » MM. de Chdteauneuf, de Boissise et de MarUlaç , et quoique Briot eût fait voir » que, par le moyen de la presse, du balancier, du coupoir et du laminoir, on pou-» vait fabriquer les monnoies dans une plus grande perfection, avec moins de Ion-» gueur et de dépense que par la voie du marteau, dont on se servait depuis le » commencement de la monarchie, la cabale de ses ennemis prévalut contre tout » cela, et sa proposition fut rejetée. Le chagrin qu’il eut de trouver si peu de prq-» tection en France pour une chose que nous admirons aujourd’hui l’obligea de » passer en Angleterre, où l’on ne manqua pas de se servir utilemej.it de ses ma-, » chines , et de faire par son moyen les plus belles monnoies du monde.
- » La France serait encore privée de cette merveilleuse invention sans M, le chan-» celier Seguier. Ce grand homme, la gloire de son siècle, passant par dessus toutes » les chicanes que les ouvriers de lamonnoie avaient faites contre Briot, et n’ayant » aucune considération pour les arrêts qu’ils avaient obtenus contre lui, en fit » donner d’autres, lorsqu’on voulut fabriquer les louis d’or, qui y étaient entière-» mont contraires, et qui établirent en France l’usage de ses machines, malgré Ji les fortes oppositions qu’on y forma encore. On s’en est si bien trouvé dans la u suite, que la manière de fabriquer les monnoies au marteau fut interdite l’an » i645, au commencement de ce règne ( celui de Louis XIV). Il faut espérer qu’il » viendra un jour quelqu’un qui protégera la nouvelle invention qui marque les » monnoies sur la tranche en même temps que la tête et la pile, et que l’on empê-» chera par là les Français de porter cette machine chez les étrangers.
- Le souhait de Le Blane avait été, cinq ans auparavant, réalisé en partie, c’est à dire l’an i685. Un ingénieur français, nommé Castaing, avait inventé la machine à marquer sur la tranche, qui opposait une digue à la cupidité des rogneurs des monnaies, et sa machine fut adoptée en 1690. Quant au balancier, qui marquait du même coup les deux faces et la tranche, avec une virole brisée, il est certain qu’on en fit usage à cette époque pendant quelque temps : j’ai vu un écu ainsi frappé et la virole qui avait servi à cet usage. Il est probable que les inconvéniens qui empêchèrent au commencement de ce siècle , lorsqu’on perfectionna en France tous les instrumens du monnayage, d’adopter une machine aussi compliquée, s’étaient aussi opposés à son adoption, à la fin du dix-septième.
- L’art monétaire resta stationnaire en France pendant tout le cours du dix-huitième siècle, quoique des particuliers lui eussent fait faire de grands progrès en Angleterre, ùl’aide toutefois de deux graveurs français, feu Droz et feu Desmarais,• mais les
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- victoires qui signalèrent pour nous les commencemens du dix'neuvième siècle ayant fait tomber dans nos mains un nombre considérable de canons, le gouvernement employa une partie de ce bronze à refaire toutes les machines monétaires de l’ancienne France et des pays alors réunis. Un concours fut ouvert ; un prix considérable, proposé pour le perfectionnement de l’art monétaire, fut donné à M. Gengembre. On obtint par ce moyen, i° un balancier qui frappe en virole, qui pose les flans sous les coins, et qui les chasse lorsqu’ils sont frappés ; A0 une machine à marquer sur tranche, plus précise et plus prompte que celle de Castaing. Ces machines furent envoyées à Utrecht, à Turin, â Gènes, à Florence et à Rome, où elles sont employées avec succès à frapper les monnaies des gouvernemens qui ont succédé au nôtre. L’adoption de ces perfectionnemens n’aurait pu avoir lieu qu’avec beaucoup de peiné , si la corporation des monnayeurs eût encore subsisté.
- La comparaison entre l’art du monnayage chez les anciens et le même art chez les modernes est facile à établir d’après les détails exposés dans ce mémoire. A la vérité, le moulage des flans, la gravure des coins au touret, joints à l’absence de la virole, sont des procédés plus expéditifs que les nôtres; mais ils favorisent singulièrement la contrefaçon et la cupidité des rogneurs, et ils exigent un nombre de monétaires plus qüe quadruple. Cependant on peut les employer aujourd’hui avec avantage pour le monnayage des médailles seulemént, parce qu elles ne présentent pas aux faussaires un appât aussi puissant que les monnaies. Il vaudrait mieux aussi, à l’exemple des anciens , y employer le bronze que le cuivre pur, métal qui est détruit si promptement par l’oxidation. ' ; .......
- Pour ne pas interrompre la suite des objets que j’ai traités dans la première partie de ce mémoire, j’ai placé ici un appendice sur le départ. J’ai dit que l’on appelait proprement départ (du vieux mot départir pour séparer) la séparation de l’or d’avec l’argent par la voie humide, c’est à dire par la dissolution dans les acides minéraux. Cette séparation opérée par la voie sèche, c’est à dire par la calcination, a été probablement la seule que les anciens aient employée :elle était longue et dispendieuse, lors même qu’ils opéraient avec le soufre, et l’on perdait une assez forte quantité d’argent. Le plomb ne pouvait servir à cet usage, parce qu’il n’a d’action ni sur l’or ni sur l’argent.
- Ce fut dans les siècles des croisades qüe l’on connut et que l’on employa les acides minéraux pour séparer l’or d’avec l’argent. On appela eau forte la solution dans l’eau de l’acide nitrique qui est tiré du salpêtre; on l’appela ainsi à cause de l’action énergique qu’elle exerce sur l’argent lorsqu’on veut le séparer de l’or, métal inattaquable par cet acide. Au contraire, l’acide muriatique, extrait du sel marin, attaque l’or seulement, sans avoir d’action sur l’argent: aussi appelle-t-on départ inverse la séparation des deux métaux par la solution de cet acide.
- On attribue à Geber, Arabe qui vivait dans le huitième siècle , la découverte de l’eau forte; mais l’emploi de cet agent ne date en Europe que du treizième siècle, «celui où Arnauld de Villeneuve répandit le premier l’usage de l’eau de vie. Domi-
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- nique Honesli, Génois, obtint, le 18 septembre i4°3, des lettres portant ia pet-.mission de former à Paris un etablissement pour départir 1 or et 1 argent.
- Une ordonnance du roi Philippe de Valois, de 1343, sur les monnaies, fournit la première trace de l’emploi de la coupelle, du plomb et de 1 eau forte pour les essais. « Le général essayeur, y est-il dit , ou l’essayeur particulier, doit avoir bon » plomb et net, et qui ne tienne or, argent, cuivre ne soudure, ne nulle autre » communication, et de celuy doit faire essay, etsçavoir que tient de plomb, pour « en faire contre-poids à porter son essay. » M. Jean Labroni, de Florence, parle d’un manuscrit conservé en i46o dans la bibliothèque Strozziène de cette ville, et dont il existe plusieurs,copies -, l’auteur, Biffoli, qui s’exprime ainsi, sono qualche cin-quani anni che fu inventato il départo a acqua, désigne le départ par l’eau forte. Budé parle, dans son traité de Asse, imprimé pour la première fois en 1514, d'un nommé Le Cointe(Cointius'), qui exerçait à Paris, avec le plus grand mystère, l’art de faire le départ, dont son père l’avait instruit. Budé a créé les mots xpveo.vhvTH S laveur d’or,'xjpvç°,7rhv<riov, lavage de Tor, et 'yovaavh.xv), séparation de T or, pour décrire cet art nouveau; je veux dire nouveau pour le public, car il était pratiqué depuis deux cents ans dans les ateliers monétaires; mais tous les procédés y étaient couverts d’un voile impénétrable. Enfin Panciroli dit dans son traité Denovis inventis et de perditis, écrit vers 15^5 : aquafortis nostris temporibus inventa fuit.
- Budé donne, sur le mystère avec lequel travaillait à Paris ce Le Cointe, des détails qui sont fort curieux. Il faisait croire que le départ par la voie humide était une opération très dangereuse pour la santé, à cause des vapeurs délétères qui s’élevaient de son eau lorsqu’elle était en ébullition; que, par celte raison, il faisait opérer un ouvrier dont il dirigeait de loin les travaux; enfin, qu’il fallait observer les saisons et les heures favorables pour obtenir quelque succès. Il y avait de l’exagération dans cet exposé, mais il n’était pas dénué de fondement, et nous en avons eu des preuves dans le laboratoire des essais de l’atelier monétaire de Paris. Plusieurs essayeurs et plusieurs aides ont été gravement incommodés, jusqu’à ce que M. d’Arcet, rinspecleur général des essais, ait procuré à son laboratoire un assainissement total par les moyens qu’il a indiqués depuis pour conserver la santé des doreurs sur métaux.
- Avant de finir cet article relatif à l’emploi des acides minéraux, et dans lequel j’ai parlé aussi de l’emploi de l’eau de vie, je fërai une observation importante. Il est fort extraordinaire que ces découvertes, ou du moins que la connaissance de ces deux objets et de plusieurs autres moins utiles appartienne aux siècles appelés siècle$ d'ignorance, peut-être parce qu’on s’y occupait très peu des théories ; enfin aux siècles dés croisades, de ces expéditions lointaines dont on ne saurait dire ni assez de bien ni assez de mal. On sait que de tout temps les Tatares ont. distillé d’une manière grossière à la vérité, le lait de jument aigri, pour en obtenir une liqueur spiritueuse qu’ils boivent avec avidité. Les voyages de Rubruquis, envoyé par saint Louis en Tatarie, ont pu faire connaître aux Européens, aux Français en particulier, l’art du distillateur, art dont l’eau de vie est le produit le premier
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- connu 5 je ne crois pas que Ton ait fait encore ce rapprochement. C’est aussi par la distillation du salpêtre que l’on obtient l’acide nitrique (l’eau forte); ce produit de la distillation a été connu en même temps que l’eau de vie, et peut-être ont-ils tous deux une origine orientale.
- On verra ici avec intérêt un fait relatif à l’art monétaire, qui est tiré de Makrisi, et dont nous devons la connaissance à notre savant confrère M. le haron de Sacy, qui a traduit son Traité des monnaies musulmanes. Abd-almélic, khalife qui régnait l’an de l’hégire 76 (690 de l’ère vulgaire), alloua, pour payer les frais du bois et pour le salaire des monnayeurs, 1 dirhem sur 100 : le dirheni était une monnaie d’argent. C’était donc à r pour 100 à peu près qu’était réglée la fabrication des monnaies d’argent arabico-égyptiennes; le prix de la fabrication des nôtres s’élève à 1 et demi pour 100.
- Il faut que nos procédés et nos machines monétaires aient été bien perfectionnés, pour que notre prix de fabrication ne s’élève que d’un tiers au dessus de celui que je viens de rapporter. Cependant le mare d’argent vaut aujourd’hui au moins huit fois plus que celui du siècle de Charlemagne, siècle qui suivit immédiatement le règne du'khalife Abd-almélic.
- arts Chimiques.
- Procédé pour épuiser les pulpes de betteraves; par
- M. Demesmay.
- Le jus étant extrait à la manière ordinaire , on place les claies et les sacs contenant la pulpe dans une caisse de dimension suffisante pour contenir une pressée. Chaque sac repose sur sa claie; entre chaque rangée de claies, on place, deux tringles, afin d’empêcher que la claie supérieure ne repose immédiatement sur le sac inférieur. Toute la pressée étant placée dans la caisse, on recouvre celle-ci d’un couvercle, et l’on fait arriver par le fond un courant de vapeur susceptible de porter, en quinze minutes au plus, toute la masse à la température de l’ébullition. Dès le commencement, la vapeur est condensée au fur et à mesure qu’elle arrive; quand elle vient se dégager abondamment par les interstices qui existent entre la caisse et son couvercle, c’est un indice que la température a atteint le degré de l’ébullition : il faut fermer le robinet de vapeur. Peftdant cette opération, une seconde caisse a été remplie de claies et de sacs rangés comme dans la première; les sacs chauffes dans les deux caisses et fournis par deux pressées à froid sont réunis pour une seule pressée à chaud. Voici les résultats obtenus ;
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- 4oo kilogrammes de betteraves lavées ont fourni deux pressées à froid et une pressée à chaud, dont le produit en jus a été comme il suit :
- 249 litres de jus froid à 5° ou i,o55 de densité. .... s58 kil.
- 108 •— chaud à 5°. ............. • 112
- Plus, résidu en pulpe. 47
- 417 kil.
- Chaque pressée dure quinze minutes, ^re qui fait 45 par minute pour la série complète des trois pressées, dont deux à froid, une à chaud. On parvient, avec une seule pressée, à extraire 64 hectolitres de jus pendant douze heures de travail effectif. On emploie pour cela 7,000 kilogrammes de betteraves, tandis qu’il en fallait 10,000 avant de travailler les pulpes.
- Les 400 kilogrammes de betteraves ont donné lieu à la condensation de 29 kilogrammes de vapeur. Portant ce chiffre à 32, afin de tenir compte de la perte de vapeur qui a lieu par les interstices de la caisse, il en résulte que, par 100 kilogrammes de betteraves, il y a une dépense de 8 kilogrammes de vapeur ou kilogrammes de houille, en admettant qu’un kilogramme de houille vaporise 4 kilogrammes d’eau. Cette dépense est, comme on le voit, fort minime, si 011 la compare aux résultats qu’elle produit. .
- Le jus extrait à chaud, ramené à la température du jus froid, a une densité plus grande que lui, malgré l’eau qui s’y est jointe parla condensation. Les expériences répétées plusieurs fois avec soin, et à l’aide d’un aréomètre* marquant les dixièmes, ont constamment fourni les résultats suivans :
- Jus exprimé à froid, ramené à io° de température.
- 5°, 1, commencement de la pressée.
- 4°,7» fin.de la pressée.
- Jus exprimé à chaudy ramené à io°.
- 3°,2, commencement de la pressée.
- 4°,8, fin de la pressée.
- Le jus exprimé à chaud donne, par le sous-acétate de plomb, un précipité plus abondant que le jus exprimé à froid , et cependant il exige moitié moins de chaux pour la défécation. Après la défécation, le précipité formé par le sous-acétate de plomb est le même pour les deux jus.
- On pourrait craindre que le mélange du jus chaud avec le jus froid dans fe bac à jus , n’a menât un mouvement de fermentation qui pourrait empêcher le sucre de cristalliser; cela n’a point eu lieu. Il est vrai qu’on ne laisse
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- pas le jus séjourner plus d’une heure clans le bac ; au moment qu il entre clans les chaudières de défécation, il a encore 3o° centigrades.
- Il importe de conduire promptement le chauffage de la pulpe; avec un grand dégagement de vapeur, un quart d’heure a toujours suffi. En chauffant plus long-temps, la cuisson aurait lieu, et l’on recueillerait peu et de mauvais produits. Comme une grande quantité de vapeur se dégage vers la fin de l’opération et au moment où l’on ouvre les caisses, il convient de les placer sous une hotte; sinon la vapeur, se répandant dans l’atelier, incommoderait les ouvriers,
- Quant à la question économique, M. Demesmay établit que, par la seule expression à froid et au moyen d’une bonne râpe et de presses énergiques , on peut obtenir 75 kilogrammes de jus pour 100 kilogrammes de betteraves, ce qui laisse 25 kilogrammes de pulpe. Cette pulpe, traitée par la vapeur et exprimée à chaud, se réduira à 10 kilogrammes au plus; elle aura donc abandonné i5 kilogrammes de jus qu’elle contenait, lesquels seront ajoutés aux 75 kilogrammes obtenus par l’expression à froid : il y aura donc accroissement dans la proportion d’un cinquième, et 5 kilogrammes de betteraves fourniront le jus qui n’était fourni que par 6 kilogrammes avant qu’on n© travaillât la pulpe.
- Il serait utile de doubler intérieurement en cuivre mince ces caisses en bois, pour assurer leur conservation et faire arriver à la'fois par le fond et les parois latérales la vapeur, afin d’échauffer plus rapidement toutes les parties au degré de température convenable. (Extrait d’un rapport appro-» batif de MM. Payen et Peîouze sur le mémoire de M. Demesmaj.)
- Notje sur Vencre lithographique y par M. Lemercier, imprimeur-lithographe (1).
- La composition d’une bonne encre lithographique exige que le mélange de la matière dont la spécialité est de pénétrer la pierre et de celle qui a pour but de résister à l’acide se fasse par parties égales.
- J’ai long-temps cherché entre le suif, la cire, les résines, la gomme-laque, le mastic en larmes et l’huile, quelle était la substance qui, en résistant le plus à l’acide, pouvait encore donner à l’encre une qualité meilleure. Les extrêmes ne donnent pas de bons résultats, et ce n’est qu’en mettant
- (ï) L’auteur a obtenu le prix de 800 fr. proposé par la Société pour la composition de I3. meilleure encre lithographique. (Voyez séance générale du 26 décembre i832, Bulletin de décembre dernier, page 478.) ' '
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- du suif, de la cire et de la gomme-laque en diverses proportions, qu’on peut obtenir le produit désiré; on peut varier ces proportions, si on veut arriver à rendre cette encre plus-convenable pour un usage particulier. Ainsi, supposant qu’on veuille aciduler fortement pour mettre le dessin en relief, on augmenterait la proportion du suif; mais toujours sans s écarter de cette règle générale, qu’il faut que le savon soit en proportion égale avec celle de la totalité des matières non saponifiées.
- La proportion du noir est en plus du rapport que je viens d’établir; l’encre dans laquelle on aurait mis une plus forte proportion de suif nécessiterait l’addition d’un peu de noir.
- Voici la composition et les dernières proportions auxquelles je me
- suis arrêté :
- Cire jaune. ............. a parties.
- Suif. ........................ i 7
- Savon blanc de Marseille. .... 6 ~
- Gomme-laque. .......... 3
- Hoir léger. .................. i 7
- Manipulation.
- Il faut avoir une casserole en fonte ou en ctiivre, munie de son couvercle, plus une cuiller et une spatule en fer. La totalité des matières ne doit remplir la casserole que jusqu’au tiers.
- On commence par faire fondre la cire et le suif; ensuite on ajoute peu à peu le savon : il ne faut pas en mettre trop à la fois, et avant d’en mettre de nouveau, il faut attendre que le précédent soit fondu, autrement 011 s’exposerait à faire répandre la matière par dessus les bords de la casserole. Quand le tout est fondu, on ajoute la gomme-laque par petites pincées, agitant continuellement le mélange, et ayant soin de n’en remettre que lorsque la précédente est fondue. Cet amalgame étant terminé, on augmente le degré de chaleur jusqu’au moment où la vapeur blanche commence à s’épaissir; alors on retire la casserole du feu, puis on enflamme la matière, et supposant les proportions précédentes prises par onces, on laisserait brûler pendant une minute au plus; ensuite on éteint la flamme, et on attend une demi-minute; puis on fait l’amalgame du noir, le délayant pendant quelques minutes, après lesquelles on remet la casserole sur le feu, en agitant continuellement la matière. On laisse cuire un quart d’heure environ, et lorsque la cuisson de l’encre est terminée, on laisse refroidir un peu, et un verse cette encre sur une feuille de papier collé, que l’on a frottée d’avance Trente-deuxieme année. Janvier i833. 3
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- avec du savon, pour faciliter Fènlèvement de l’encre de dessus le papier lorsqu’elle est refroidie. Arrivé à ce point, on fait refondre l’encre pour mieux mélanger et raffiner la pâte, moyen bien préférable à celui du broyage , qui est très difficile, attendu qu’il ne peut se faire qu’à chaud. En faisant refondre la pâte, il est essentiel de la remuer continuellement et de la main* tenir à une chaleur modérée. Cette opération étant terminée, on coule l’encre dans un cadre posé sur un marbre ou une pierre que l’on a préala* blement frotté avec du savon. Avant que l’encre ne soit entièrement refroidie, onia coupé par morceaux, et on la laisse sécher parfaitement.
- Mémoire sur le vernis d’encrage pour la lithographiey par
- M. Lemercier (i).
- La fabrication des vernis est un des objets les plus importans de l’impression lithographique , et c’est cependant celui qui jusqu a présent a été généralement le plus négligé, peut-être parce qu’il est le plus pénible et le plus dangereux ; c’est pourquoi on l’a généralement confié à des hommes dont les capacités ne leur ont permis de faire aucune observation.
- La fabrication des vernis est donc la base fondamentale de l’impression : il est bien important d’étudier les phénomènes qui ont lieu lors de leur fabrication; car c’est de cette étude que dépend souvent la réussite d’un dessin, quoiqu’il soit dessiné sur unebonne pierre et bien acidulé; mais en admettant que la mauvaise qualité du vernis n’empêche pas sa réussite, elle borne toujours le tirage à un très petit nombre de bonnes épreuves, et l’ouvrier est d’autant plus embarrassé qu’il lui est toujours impossible de reconnaître s’il est d’une bonne ou mauvaise qualité avant d’en avoir fait usage. Or, comme c’est toujours le travail de l’artiste qui est soumis à ces terribles épreuves, je vais tâcher de donner une théorie pratique basée sur plusieurs années dexpérience, afin de remédier aux inconvéniens qui résultent chaque jour de l’emploi des mauvais vernis.
- . Jusqu a présent on a généralement fabriqué les vernis sans se rendre positivement compte du but de chaque opération ; de sorte que ce n’est souvent qu’au hasard qu’on doit leur réussite, lorsque l’on y est parvenu. C’est donc sur le dégraissage des vernis que je m’arrêterai particulièrement; ensuite je tâcherai de simplifier leur moyen de fabrication. - , -
- (î) Le prix de 600 fr. , proposé par la Société pour cette question, a été décerné à
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- Une des difficultés de la fabrication des vernis est de les épaissir en évitant cette qualité poisseuse que l’huile prend toujours lorsque cet épaississement a lieu par une ébullition prolongée. Après un grand nombre d’essais, je suis parvenu à vaincre cette difficulté par un moyen simple et facile.
- Ce résultat m’a permis de faire du vernis sans aucun danger, et on sait que, par les moyens généralement employés pour obtenir la concentration .de l’huile, on active le feu d’une manière telle qu’il devient ensuite impossible de s’en rendre le maître. On met presque toujours la marmite dans un trou creusé en terre, pour obtenir son refroidissement, et ce moyen est souvent insuffisant pour empêcher l’huile de fuir tout enflammée, et si le couvercle de la marmite ferme par une vis, il peut survenir une explosion. C’est pour répondre au désir de là Société d’Encouragement, et pour prévenir les accidens que ce mode de fabrication peut causer, que je vais tâcher de décrire les moyens d’amélioration que mes recherches persévérantes m’ont fait trouver.
- Composition.
- Pour faire mon vernis, j’emploie de l’huile de lin, du pain, des oignons et de la résine.
- Choix de Vhuile.
- Quoique les huiles du commerce soient rarement pures, on peut néanmoins s’en servir; l’huile de lin est incontestablement la meilleure : on devra la choisir ancienne d’un an ou deux; sa couleur doit être jaune et très transparente. On pourra aisément la distinguer de l’huile nouvelle, qui ordinairement est trouble et d’une couleur verte; l’huile ancienne a l’avantage d’être non seulement plus pure, mais encore de contenir beaucoup moins d’eau que l’huile nouvelle, ce qui expose moins au danger de voir l’huile se répandre lorsqu’on la chauffe fortement.
- Clarification.
- Si on ne peut se procurer de l’huile ancienne, ou si celle que l’on Trouve est rance, on prend de l’huile nouvelle, et on ia clarifie en la faisant filtrer au travers d’un morceau de feutre de laine ou de poil; cette étoffe permet d’obtenir l’huile dégagée des substances qui la rendent trouble.
- Du pain. ‘ ‘ /
- J’ai lu dans plusieurs ouvrages que le pain avait la propriété d’emporter sous son état de vapeur l’excédant du calorique qui, sans cet intejrmédi^ire»,
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- pourrait s’accumuler en quelques parties et donner lieu à des accidens. Un fait que l’observation m’a fourni, en cherchant à varier le nombre des tranches de pain, est que les premières que bon jette, surtout dans l’huile nouvelle en ébullition, prennent un goût insupportable, et progressivement ce goût diminue à mesure que le nombre des tranches de pain augmente; c’est lorsque le pain ne conserve plus ce goût désagréable que l’on peut cesser d’en mettre dans l’huile; mais comme ce nombre varie selon la vieillesse de l’huile, et que bien des personnes répugneraient à goûter ces tranches de pain, il suffira d’en mettre environ deux onces par livre, et l’on sera sûr que l’huile aura totalement perdu ce goût, qui peut être nuisible à son dégraissage-.
- Des oignons.
- L’oignon, par le mucilage et les acides qu’il contient, a la propriété de clarifier l’huile et de lui donner un certain degré de densité qui la rend plus siccative. L’ail possède à peu près les mêmes qualités, mais il rend Fhuile plus poisseuse et plus trouble, sans pour cela qu’elle soit plus dégraissée : c’est ce qui fait que j’ai donné la préférence à l’oignon.
- De la résine.
- Les obstacles que je rencontrais chaque jour dans l’emploi des vernis^ ordinaires, par la difficulté de les avoir toujours dégraissés convenablement et d’une égale qualité, m’ont fait faire de nombreux essais. J’ai employé, à cet effet, les sulfates de chaux, de potasse, l’oxide de plomb, l’acide sulfurique, etc. Tous ces divers essais ne m’ont conduit à aucun bon résultat ; mais, en persistant dans mes recherches, j’ai trouvé que les résines réunissaient tous les avantages possibles, attendu quelles sont généralement d’une nature sèche et friable, et se dissolvent parfaitement dans l’huile, même à une température peu élevée. Après divers essais, j’ai adopté celle connue dans le commerce sous le nom de poix-résine : la plus belle qualité est blonde et friable. Lorsque l’amalgame est parfait, elle donne au vernis une consistance et un moelleux que le vernis ordinaire ne possède pas. Le vernis très ordinaire est trop poisseux; la résistance de ses filamens et sa ténacité sous la molette ne permettent pas au broyeur le plus vigoureux d’y faire entrer assez de noir pour l’absorber ; par conséquent,, il est toujours mal broyé, et le noir, ne s’attachant pas également à la pierre, donne lieu à de mauvaises épreuves : c’est ce qui fait que la plupart des grands dessins ne réussissent pas toujours à 1-impression; car l’imprimeur, ayant trop de difficulté dans L’encrage de sa pierre, ne tire souvent que des épreuves lourdes
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- et sans transparence; car, outre la peine qu’il éprouve à encrer son dessin, il lui faut une pression excessive pour arracher le noir de dessus la pierre, et très souvent il arrive que, malgré sa précaution pour enlever l’épreuve, il en reste des parties sur la pierre.
- Le vernis dans lequel il entre de la résine n’a pas le même inconvénient : il a la propriété de ne pas graisser ni empatei la pierre y il a en outre la-vantage d’être plus adhérent a la pierre et de décharger tout son noir sur le papier, sans nécessiter une si forte pression, 1 imprimeur se trouvant maître de son rouleau par l’onctuosité du noir, qui, sans être ni tFop fort ni trop faible, a assez d’élasticité pour pouvoir charger et décharger la pierre, selon que l’harmonie du dessin l’exige. Il se détaché sur le papier d’une manière palpable , aa point que très souvent il ne reste rien sur la pierre : c’est ce qui fait que les épreuves que l’on tire avec ce vernis ont une très grande valeur de ton, sans que les noirs soient lourds et empâtés, ayant la propriété de tirer les noirs vigoureux et transparens. Les demi-teintes ont aussi beaucoup plus de transparence et de suavité, ce qui donne à l’épreuve une fraîcheur et une harmonie qu’il est difficile d’obtenir avec les vernis ordinaires: sa fabrication est beaucoup plus facile et surtout moins dangereuse, puisqu’elle ne nécessite pas une si forte concentration; il suffit de faire du vernis faible et d’ajouter la quantité de résine indiquée ei-après pour avoir, avec la même cuisson, des vernis de plusieurs numéros.
- On pourrait se dispenser de mettre le feu à l’huile, on pourrait encore supprimer l’addition des croûtes de pain et même des oignons; mais pour des dessins soignés , l’expérience m’a prouvé qu’il valait mieux suivre cette méthode. Dans tous les cas, il est possible , par ce procédé, de modifier tous les vernis faibles qui se trouvent dans le commerce en ajoutant de la résine. Il suffit de faire chauffer le vernis et d’ajouter la résine par petits morceaux, ayant, soin de ne p'Us mettre l’huile eu ébullition.
- . Manipulation.’
- Il faut avoir une marmite en fonte ou en cuivre, munie de son couvercle, une cuilleren fer, une écumoire et un fourneau où la marmite entre autant que possible jusqu’à la moitié. La marmite ne doit être remplie d’huile que jusqu’au tiers ou au plus- à moitiés
- Le feu de bois pour la fabrication du vernis me paraît préférable au feu de charbon. L’huile étant sur le feu, pour activer la chaleur, on couvre la marmite jusqu’au moment de l’ébullition; arrivée à ce point, on découvre la marmite et on commence à jeter le pain que l’on a divisé par tranches : on en met une ou deux, et on observe si elles se dessèchent assez prompte-
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- .ment. Si la’chaleur n’était pas suffisante pour cette dessiccation , il faudrait retirer le pain en se servant de l’écumoire, et recouvrir la marmite pendant quelques minutes, pour obtenir une élévation dans le degré de chaleur de l’huile;1 il ne faut pas que ce degré soit trop augmenté,, car alors il peut se produire un gonflement qui aurait lieu avec une telle rapidité, que l’huile se répandrait par dessus les bords de la marmite, surtout si elle est nouvelle. Il faut une très grande habitude pour prévenu* cet accident qui expose à mettre le feu : on doit toujours avoir un vase contenant de l’huile que l’on verse alors dans la marmite, et le refroidissement quelle produit Lait .descendre l’huile vers son premier niveau; alors on en est le maître et on recommence en tâchant de profiter de cette expérience. Lorsque la chaleur de l’huile peut dessécher le pain, on retira la première tranche assez à temps pour qu’elle ne se carbonise pas; lorsque toutes les tranches de pain ont été .mises et retirées, opération pendant laquelle le feu a du être entretenu de manière à laisser augmenter le degré de chaleur, on jette quelques oignons, et quand l’écume qu’ils produisent commence à diminuer on en ajoute d’autres et successivement, jusqu’à la totalité. Arrivé à ce point, Ja chaleur doit être telle, qu’il faille l’augmenter peu pour que le feu y prenne; on a un fer rouge que l’on présente^ la surface de l’huile pour en faciliter •l’inflammation : ce moyen est préférable à celui de laisser l’huile s’enflammer d’elle-même par l’extrême élévation de son degré de chaleur, qui expose à ne plus pouvoir rester .maître du feu. Lorsque l’huile commence à prendre feu, la flamme d’abord bleuâtre devient jaune; il faut, avant que celle-ci succède à la première, retirer la marmite de dessus le feu, et remuer avec la cuiller pour empêcher que la chaleur n’augmente trop rapidement :,si la flamme continuait d’être jaune et blanche, il faudrait mettre le couvercle pour éteindre le feu, et aussitôt que la flamme ne brûlerait plus, lever le couvercle pour laisser la fumée se dégager librêment. Si l’huile est nouvelle, elle peut encore se gonfler à ce moment; alors il faut y mettre Je feu, puis l’éteindre , et recommencer alternativement jusqu’à ce que la fumée ait emporté toute la vapeur d’eau qui produit cette tuméfaction.
- Gn laisse brûler l’huile tant que la flamme n’est pas jaune, et on l’éteint quand elle le devient; il ne faut pas laisser refroidir l’huile au point d’être obligé de la remettre sur le feu : en évitant cet inconvénient, on peut arriver à savoir à peu près le temps que doit durer cette combustion. Supposant les proportions précédentes prises pour 12 kilogrammes, on laisserait brûler l’huile pendant une heure environ; mais il est beaucoup plus prudent de .n’opérer que sur la moitié de cette quantité, ce qui réduit à trente minutes la durée du temps pendant lequel il faut laisser brûler l’huile: alors on
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- éteint la flamme, et ensuite avec la cuiller on fait tomber quelques gouttes de l’huile sur une assiette ou sur un morceau de verre; lorsqu’elles sont refroidies, on en prend entre les doigts pour juger si le degré de consistance est convenable; il n’est pas nécessaire qu’elle ait acquis une qualité extrêmement poisseuse, il suffit quelle poisse un peu: alors on peut ajouter la résine, en y mettant la proportion indiquée précédemment pour le n° de vernis que l’on désire. L’addition se fait par petits morceaux , et lorsque la fusion de la totalité est complète, il sest formé une écume sur la surface du produit; il faut y mettre le feu pour la dissiper, et on éteint la flamme ayant laissé brûler une demi-minute au plus. Si, malgré l’extrême facilité de la résine à prendre feu , l’huile était refroidie au point de ne pouvoir se rallumer en y présentant un fer rouge, il vaudrait mieux prendre là peine d’enlever cette écume avec l’écumoire, que de remettre la marmite sur le feu pour ramener le vernis au degré de chaleur nécessaire pour que le feu y prenne. Avant le refroidissement, on transvase ce vernis dans l’ustensile qui doit le recevoir, et il peut se conserver indéfiniment.
- Composition du vernis.
- a4 parties d’huile de lin.
- 4 — de pain tendre;
- 4 — d’oignons.
- 3 dé résine blonde du commerce, pour le n° n
- 6 1----; “*' • —* pour le n° 2.
- - 9 • —— ^ — pour le n° 3. .
- ) Des noirs.
- Les noirs (Fôs, d’ivoire, de vigne, de pêche et de liège, ne sont nullement' pfropres à l’impression lithographique, attendu qu’ils sont trop charbonneux et ne se mêlent que difficilement avec le vernis : on n’obtient qu’un noir lourd et compacte, qui ne permet pas d’imprimer des dessins légers. Le noir le plus généralement employé pour la lithographie est celui de fumée léger; provenant de la combustion des belles résines et de la poix de Bourgogne : il peut être employé tel qu’on le trouve dans le commerce ; mais, si on veut ravoir plus fin et plus pur, on doit le calciner de nouveau. L’essence de térébenthine fournit encore un noir très beau; niais de tous, la plus belle qualité est celle du noir d’huile : on l’obtient au moyen d’uné lampe recouverte d’un récipient de forme convexe ; il faut que la flamme touche la partie qui la recouvre,.de manière à former un champignon; par ce moyen, l’appareil n’a pas besoin d’êtte très grand, et la fumée sé condense parfaitement ; cependant, comme la partie la' plus légère du noir se
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- dégage toujours du récipient, on devra couvrir le tout d’un bâtis cylindrique ou d’un châssis carré enveloppé d’une toile pelucheuse et recouverte de papier; toutes les heures environ, on découvre la lampe, et au moyen d’unê plume on détache le noir qui s’est fixé aux parois du récipient. Lorsqu’on en a une quantité suffisante, on le met dans un creuset hermétiquement fermé, et lié avec du fil de fer; on place le creuset dans un fourneau de chimiste entouré de charbon bien allumé, de manière à faire rougir le1 creuset complètement. Les Anglais se servent de ce noir pour l’impression de leurs belles gravures à la manière noire ; ils ajoutent presque toujours un peu de brun-rouge, ou de la laque carminée, lorsqu’ils veulent avoir un noir plus chaud. On peut se servir du même procédé pour l’impression lithographique. On commence par broyer les couleurs à l’eau , et après les avoir fait sécher, on les broie de nouveau avec du vernis lithographique.
- Le noir étant choisi, on le broiera avec le vernis convenable à l’aide du marbre et de la molette, moyen employé généralement par tous les imprimeurs.
- «ARTS ÉCONOMIQUES.
- Note sur un moyen de prévenir la condensation de la vapeur aqueuse sur les vitres ; par M. Charrière, fabricant d7 instrument de chirurgie, çour Saint-Jean de Latran, quartier Saint-Jacques»
- Ces vitres, soit des appartenions, soit des magasins, ont, pendant l’hiver, leur face interne recouverte d’une couche d’eau provenant de la condensation de la yapeur contenue dans les pièces qu’elles éclairent. Cette eau a pour effet: j° d’empêcher la transmission de beaucoup de rayons lumineux; 2° d’altérer presque tous les corps environnans. Ce résultat est surtout remarquable dans les magasins où on étale des objets dans la composition desquels entrent des métaux,et qui doivent être vus à travers des glaces.
- J’ai voulu remédier à ces inconyéniens, et après plusieurs essais j’ai reconnu que le meilleur moyen de parvenir à ce but était d’interposer une couche d’air entre deux lames de verre. C’est ainsi, qu’au lieu d’un seul carreau de vitre, on en mettra deux placés de champ et distans l’un de l’autre de quelques lignes. Outre l’avantage d’empèeher la condensation de la vapeur, ce double carreau prévient ou rend plus difficiles les vois qui sont jppmmis en coupant le v,erre avec les moyens connus.
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- Note sur un appareil imaginé par M. Bouriat, pour réduire la pomme de terre en gruau; par M. Herpin.
- M. de Guillemin, de Metz, de qui la Société d’Encouragement a déjà reçu plusieurs communications intéressantes, a envoyé le dessin d’un petit appareil qu’il a vu employer avec succès, en Suisse, pour réduire la pomme de terre en gruau, afin de la conserver, sous cette forme, pendant plusieurs années.
- Cette machine qui est très simple et que les paysans suisses construisent eux-mêmes, est d’origine française; on la doit à notre respectable collègue M. Bouriat, qui l’avait employée, il y a vingt-cinq ans , dans les Établisse-mens delà Société philanthropique de Paris, pour réduire avec une grande promptitude la pomme de terre en gruau et remployer dans les soupes économiques , en molécules très divisées, afin de la soustraire à la dent du consommateur, qui, à cette époque, n’était pas encore bien familiarisé avec la saveur de ce tubercule, que l’on eût repoussé sous sa forme ordinaire.
- C’est à l’aide de ce moyen que M. Bouriat parvint, dans l’Établissement de la Société philanthropique qu’il dirigeait alors, à obtenir la préférence que donnaient les pauvres aux soupes de son Établissement sur celles des autres fourneaux de la même Société.
- M. Bouriat n’a pas publié la description de son appareil, persuadé, sans doute, que l’expérience favorable qui en avait été faite dans les Établisse-mens de soupes économiques, le publiait et le recommandait suffisamment.
- M. Pictet, de Genève, qui avait apprécié l’importance du procédé indiqué par M. Bouriat, lui demanda un dessin de cet appareil qu’il remporta dans sa patrie, avec des modèles des fourneaux potagers économiques de M. Bouriat , qui sont connus vulgairement sous le nom de fourneaux de M. Harel.
- C’est, sans aucun doute, aux soins de l’illustre physicien genevois que sont dues l’importation et la propagation des appareils économiques de M. Bouriat, dans les divers cantons de la Suisse où M. de Guillemin les a vu em-r ployer avec beaucoup de succès.
- Nous devons savoir gré à M. de Guillemin de nous avoir fourni l’occasion de revendiquer, en faveur de notre respectable collègue, une invention utile qui lui appartient, et de rappeler ici quelques uns des nombreux services qu’il a rendus à l’humanité.
- G© Conseil d administration, d’après les renseignemens qui lui ont été communiqués par M. Bouriat, appréciant tous les avantages que présente Trente-deuxième année. Janvier i833. 4
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- son appareil pour réduire la pomme de terre en gruau, a décidé qu’il serait décrit et gravé dans le Bulletin. ,
- Description de Vappareil imaginé par M. Bouriat, pour réduire la pomme de terre en gruau.
- Cet appareil, représenté fig. i> 2 et 5, Pl. 532, se compose d’une boîte épaisse en bois Aa au centre de laquelle est disposé un cylindre creux en forte tôle B, percé de trous au fond et latéralement. Dans ce cylindre entre juste un tampon C, mobile sur le boulon <2, afin de conserver toujours sa verticalité. Ce tampon est attaché à un levier D, mobile sur un boulon E, qui traverse une chape F, fixée en un point de la boîte A. Ce point est peu distant du tampon mobile, afin de diminuer l’effort de l’ouvrier.
- Après avoir fait cuire les pommes de terre dans l’eau, on les pèle et on les jette ensuite dans le cylindre creux en tôle; puis appuyant le tampon C sur les pommes de terre, on saisit le levier D et on presse fortement. La pomme de terre est forcée, par cette manœuvre, de passer à travers les trous du cylindre creux; elle tombe au fond de la boîte A, d’où on la retire sous forme de gruau ou de vermicelle, en ouvrant le tiroir G.
- Ce gruau ainsi obtenu, étant desséché, se conserve pendant longtemps sans altération : on peut le réduire en farine pour l’appliquer à divers usages économiques. > ; *
- Extrait des Proces-verbaux des séances du Conseil d Administration de la Société d Encouragement.
- Séance du 9 janvier 1833.
- Correspondance. M. Vetler, ingénieur-mécanicien à Haguenau (Bas-Rhin), adresse : i° un mémoire sur l’état de la filature du lin et du chanvre en France; 2° des échantillons des produits de ses machines à filer le lin, le chanvre et les étoupes.
- M. Bruckmann, architecte du roi de Wurtemberg, à Heilbronn, en remerciant la Société de la médaille d’or qu’elje lui a décernée dans sa séance générale du 29 juin dernier, pour l’emploi qu’il a fait des eaux provenant des puits forés comme moyen d’élever la température des usines et manufactures, ajoute qu’il croit avoir trouvé une nouvelle application de ce procédé. La casse des bouteilles contenant des vins mousseux lui paraissant devoir être attribuée en partie à la température trop élevée des caves , il a pensé qu’on pourrait se servir de l’eau des puits forés pour remédier à cet inconvénient, et il ne doute pas que cette eau ne produise un bon effet, principalement si on la laisse couler en pluie sur les bouteilles mêmes.
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- M. le comte de Perrochel, membre de la Société, adresse la description d’un nouvel encollage pour les chaînes des tissus.
- M. Bonafous , de Turin , adresse un échantillon desoie qu’il a obtenue én nourrissant des vers exclusivement avec la feuille du mûrier originaire des Philippines, le morus mullicaulis de M. Perrottet, et connu en Italiesous le nom de morus cucullala.
- M. Jobard, lithographe, à Bruxelles, adresse plusieurs exemplaires d’un nouveau projet de loi sur les brevets d’invention.
- M. Charrière, fabricant d’instrumens de chirurgie, adresse la description d’un moyen de prévenir la condensation sur les vitres de la vapeur aqueuse , et qui consiste à mettre aux fenêtres des doubles carreaux.
- Ce moyen n’est pas nouveau ; mais comme la connaissance n’en paraît pas suffisamment répandue, le Conseil arrête que la note de M. Charrière sera insérée au Bulletin.
- Objets présentés. M. Haize, mécanicien, à Paris, sollicite l’examen d’un pétrin mécanique pour lequel il a pris un brevet.
- M. Hude, serrurier, à Villiers-le-Bel (Seine-et-OiseJ, présente des serrures auxquelles il a apporté quelques modifications;
- M. Louis Pottier, une machine pour aérer les puits et les caves ;
- M. Lacaze , serrurier, à Paris , un nouvel entonnoir aérifère ;
- M. Ferdinand Barde, aux Batignolles-Monceaux, une méthode qu’il a imaginée pour la taille des habits.
- Rapports des Comités. Au nom du Comité des arts mécaniques , M. Francœur lit un rapport sur le compas-triangle de M. Gavard, capitaine-ingénieur-géographe.
- Le Comité propose de remercier l’auteur de sa communication , et d’insérer le rapport au Bulletin, accompagné de la description et du dessin du compas-triangle. [Approuvé. ]
- Au nom du Comité des arts économiques, M. Herpin lit un rapport sur les chenets calorifères de M. Delaroche.
- LeComité propose: i°. de remercier l’auteur de sa communication; 20. de publier le rapport dans le Bulletin, avec la description et la figure des chenets calorifères ; 3° de charger les Comités des arts chimiques et économiques réunis de rédiger une instruction pratique sur les changemens qu’il serait utile de faire dans la construction des cheminées.
- Après une discussion, le conseil arrête qu’avant de publier le rapport, l’appareil de M. Delaroche sera soumis à de nouvelles expériences, qui seront faites chez ’un des membres du Comité des arts chimiques où cet appareil est établi.
- Au nom du Comité des arts économiques , M. Gourlier lit un rapport sur un appareil imaginé par M. Parizot jeune , serrurier, à Paris, et qu’il désigne sous le nom de cuvette mobile, pour la descente des eaux ménagères.
- Le Comité propose de faire connaître cet appareil par la voie du Bulletin, et de remercier l’auteur de sa communication. [ Approuvé, j
- Au nom du même Comité, M. Fallot lit un rapport sur l’appareil à chauffer les voitures de M. le comte de Perrochel.
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- Le Comité propose d’adresser des remercîmens à l’auteur pour le beau modèle dont il a enrichi la collection de la Société et de faire insérer le rapport dans le Bulletin, avec la figure de l’appareil. [Approuvé.]
- Séance du 23 janvier i833.
- Correspondance. M. Vinet Buisson, propriétaire de carrières, à Montmirail (Marne) , adresse un mémoire sur les pierres meulieres de La Ferté-sous-Jouarre.
- Objets présentés. M. Gille/horloger, à Paris, présente une pendule à échappement , à repos, à réveil et à quantième.
- M. Horner, entrepreneur de peinture, demande des commissaires pour examiner un procédé de peinture dont il est inventeur, et au moyen duquel il imite les marbres et les bois.
- M. Pedretti, artiste, à Paris, présente : i°le modèle d’un lit qui peut en même temps servir de commode 5 20 des crayons blancs qui ont différens degrés de dureté.
- M. Paul, à Paris, communique un nouveau mode de chaussure auquel il attribue des avantages particuliers.
- M. déArcet fait hommage de plusieurs exemplaires d’une brochure ayant pour titre : Résultats de l'emploi alimentaire de la gélatine des os, continué sans interruption à l’hôpital Saint-Louis, pendant trois ans et trois mois.
- M. Mathieu de Domhasle adresse un exemplaire de la huitième livraison des Annales agricoles de Roville.
- Rapports des Comités. Au nom du Comité des arts mécaniques, M. Francœur lit un rapport sur les pièces d’horlogerie présentées par M. Perràn, de Besançon.
- Le Comité propose ; i° de publier dans le Bulletin avee le rapport, la description et les figures de l’échappement à plans inclinés de M. Perron, et de faire connaître en même temps ceux de MM. Duclos et Gille, qui n’ont point encore été décrits $ 20 de remercier M. Perron de la communication qu’il a faite de son ingénieux échappement 5 3° de rendre publics par la même voie les balanciers compensateurs de MM. Perron et Duchemin. [Approuvé.]
- Au nom du même Comité, M.. Hachette lit un rapport sur le mémoire de M. Vinet Buisson , concernant les pierres meulières de La Ferté-sous-Jouarre.
- Ce mémoire comprend deux parties : l’une est relative aux pierres meulières de diverses qualités ; l’autre traite de la mouture et des meilleurs procédés à suivre pour convertir le blé en farine.
- Le Comité a reconnu que la première partie de ce mémoire offrait un grand intérêt : il propose en conséquence de la transmettre à M. le directeur général des Ponts et Chaussées, en l’invitant à la communiquer à MM. les ingénieurs des mines employés dans 1 arrondissement de Meaux, et d’attendre le résultat de leur examen. [Approuvé.]
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- Madame HUZARÈ ( née VALLAT LA CHAPELLE ),
- £MÇRIMEUR DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT TOUR L’INDUSTRIE NATIONALE,
- eue de l’éperon , n° y.
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- TRENTE-DEUXIÈME ANNÉE. (N". CCCXLIY.) FÉVRIER i833.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES.
- JR J p port fait par M. Francceur, au nom du Comité des arts mécaniques, sur un pendule compensateur de M. Duchemin, horloger, place du Châteletà Paris.
- Les variations de longueur qu’éprouve un pendule, sous l’influence des ohangemens de température, se traduisent dans les horloges par des avances et retards alternatifs; ces effets, qui altèrent l’uniformité des mouvemens des pendules, ont été long-temps un mal sans remède : ce fut une bien ingénieuse idée que celle qui, par un ajustement convenable de branches de métaux différens, tira parti de la dilatation même pour en arrêter les effets. Dès qu’on eut reconnu que la dilatabilité des métaux était différente pour une même variation de température, on s’occupa de se servir de cette propriété pour donner aux pendules des longueurs constantes. On assembla des tiges verticales de deux métaux, liées par des traverses horizontales sous forme de grille, de manière à faire remonter la lentille par l’allongement qu’éprouvait l’un de ces métaux, précisément d’autant que le faisait descendre l’allongement de l’autre: il suffisait pour cela que la longueur totale des branches du premier métal supposées mises bout à bout, comparée à la longueur de celles du second métal, fût exactement dans le même rapport que les dilatations respectives de ces deux métaux. Les deux branches symétriques et parallèles d’un même métal ne doivent être comptées que pour une seule dans ce calcul : par là, le pendule paraît insensible aux variations de la température; son centre d’oscillation demeure exactement sans cesse Trente-deuxieme année. Février 1833. 5
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- à la même distance de la suspension, qu’il fasse très chaud ou très froid.
- Mais si cette règle est exacte en théorie, elle est très difficile à appliquer; ce sont des tâtonnement perpétuels pour arriver à l’exacte proportion voulue, soit pour allonger un peu, soit pour accourcir les tiges de l’un des métaux; et chaque fois, les défauts ne sont mis en évidence qu’après des épreuves longues, qui consistent à soumettre le pendule à des alternatives de températures extrêmes, puisa le démonter pour limer certaines tiges et refaire l’assemblage dans d’autres proportions; effets qu’on produit difficilement et avec frais : ainsi un bon pendule compensateur est une pièce à la fois coûteuse et d’une exécution très délicate.
- Sans doute, les longueurs des branches de la grille sont déterminées d’avance par la loi de la dilatation linéaire de chaque métal, et c’est une chose extrêmement facile que de tailler ces branches de longueurs propres à satisfaire à la règle. Il y a lieu de s’étonner que, dans un art aussi perfectionné que l’horlogerie, lorsqu’on sait que les pièces les plus délicates d’une montre et d’une pendule sont faites en fabrique, même par des ouvriers souvent fort peu capables, il ne soit pas encore venu dans l’idée des fabricans d’horlogerie de faire construire leurs pendules à compensation, lorsqu’il ne leur en coûterait pour cela pas plus de frais que pour produire ces pendules à fausses grilles qui ne sont que des simulacres sans utilité : il leur suffirait de faire les branches de leurs grilles en zinc ou cuivre, et en acier, et de les tailler et assembler selon les longueurs voulues par la règle; cette règle consiste en ce que les branches de fer réunies soient à celles de cuivre comme 5 est à 5, et à celles de zinc comme 6 à 17. Pour obéir à ces conditions, les pendules en cuivre et acier doivent être à neuf branches; mais celles en zinc et acier n’exigent que trois ou cinq branches, à cause de la grande dilatation du zinc: aussi, préfère-t-on généralement aujourd’hui ce dernier système.
- Le pendule ne serait pas exactement compensateur dans cet état, par des raisons que nous exposerons bientôt ; mais il serait si près d’avoir cet avantage, qu’en considérant que les pendules de nos appartemens ne sont pas exposées à de grands changemens de température, on pourrait en être satisfait. Nous recommandons surtout cette pratique, parce qu’elle ne coûterait aucuns frais nouveaux, et aurait des avantages au moins égaux à ceux des compensations de montre par arcs bi-mëtalliques, que Brèguet a imaginés, et dont tout le commerce fait usage, quoique l’effet en soit un peu incertain.
- Mais lorsqu’il s’agit de faire les pendules compensateurs des régulateurs
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- astronomiques, et autres pièces précieuses par l’uniformité de leurs mou-vemens, on ne peut s’en reposer sur la simple règle qui vient d’être prescrite : en voici les raisons. Les .métaux ne sont jamais homogènes, la manière même dont on les travaille, selon qu’ils sont coulés, écrouis ou filés, change la quantité de leur dilatation ; et comme le moyen le plus assuré de mesurer cet effet est précisément de fabriquer un pendule, de le faire osciller et de compter ses oscillations à différentes températures, parce que les plus petites variations de longueur se manifestent par la durée quelles produisent, il est évident qu’on ne peut composer un bon pendule compensateur qu’en le soumettant à des épreuves successives, le corrigeant, le remettant en oeuvre, etc.
- Ce sont ces difficultés, ces frais et ces lenteurs que M. Duchemin est parvenu à éviter complètement, d’une manière à la fois sûre et très simple. Son pendule est exactement de même forme que le pendule à grille ordinaire à cinq branches en zinc et acier : il établit ces branches de longueurs convenables, conformément à la règle connue; mais il s’est ménagé le moyen de rendre variables à volonté les tringles de zinc, afin de trouver sur place, sans rien démonter, la compensation absolue par des expériences faites sur la marche de la pendule.
- Il serait à peu près impossible, sans figures, de faire comprendre l’ajustement des tringles : il nous suffira de dire que les tringles de zinc ne sont liées à celles d’acier que par des traverses que soutiennent des vis de pression, qu’on peut faire agir ces vis sur tels ou tels points qu’on veut des tringles, et par conséquent allonger ou accourcir celles-ci dans des limites suffisantes, selon qu’on reconnaît par expérience que la compensation est trop forte ou trop faible. La pendule reste en place et montée; on ne l’arrête même qu’un moment pour déplacer les vis, et on la remet sur-le-champ en mouvement, et cela sans que la marche générale de la pièce ait varié : la compensation a seule été modifiée. Ce procédé est même d’une si facile exécution, qu’il n’est point nécessaire d’avoir recours à l’horloger pour opérer le changement (i).
- (i) Depuis long-temps, on a remarqué que la dilatation des métaux ne se fait pas uniformément sous l’influence de la température, mais qu’elle se produit par de petites saccades : cet effet a principalement lieu pour les métaux cristallisés. Ainsi, le zinc et l’acier paraissent devoir être rejetés des pendules compensateurs : on leur préférera, sous ce rapport, le fer et le cuivre. Cependant, lorsque les métaux sont écrouis, laminés, tirés à la filière, eet inconvénient a presque totalement disparu. Il conviendra donc de n’employer à la fabrication des pendules compensateurs que les métaux soumis à ces modes de travail, qui en rapprochent les molécules et détruisent la cristallisation. On sent, en effet, qu’un pendule ne peut devenir
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- Nous terminerons, Messieurs, en vous rappelant que M. Duchemin a déjà plusieurs fois mérité vos éloges par ses inventions ingénieuses : c’est un artiste distingué, qui ne se borne pas à exercer la partie commerciale et manuelle de son art, mais qui s’efforce d’en reculer les limites par des essais et des combinaisons propres à perfectionner les appareils sortis de ses mains. , Ü ' ;
- Le Comité des arts mécaniques vous propose, Messieurs:
- i°. De remercier M. Duchemin de sa communication ; ; , 3 * i •
- 2°. D’insérer le présent rapport au Bulletin, ainsi que la description et la figure de son pendule compensateur. , : j ;
- Approuvé en séance, le 6 février 1835.
- Signé Francoeur, rapporteur.
- Description d’un pendule compensateur, composé d une vergé' a grille de cinq tringles de zinc et acier, sur lequel est appliqué un nouvel appareil pour trouver la compensation absolue, aù moyen de vis de rappel et de pression; par M. Duchemiri.
- Le châssis, qui n’est ici figuré que par sa partie inférieure , est assemblé sur des traverses de laiton, comme à l’ordinaire.
- On sait qu’une verge à grille ordinaire en zinc et acier donne la compensation absolue, si les tringles de zincsontdans un rapport voulu de longueur avec celles d’acier, et s’il y a homogénéité dans les tringles des deux métaux ; mais si dans la marche de la pendule il se trouve une certaine quantité de compensation naturelle, la compensation factice se trouve en défaut, malgré toutes les conditions requises désignées ci-dessus dans la verge à grille. Il faut donc rendre variable à volonté la longueur des tringles de zinc, afin de trouver' sur place la compensation absolue par des expériences faites sur la marche de la pendule. L’appareil adapté à ce pendule est destiné à cet usage pour les verges à grilles ou à châssis de plusieurs tringles, et donnera à l’observateur la facilité de trouver lui-même la compensation absolue, sans avoir recours à l’horloger. ^
- compensateur pour tous les degrés tliermométriques compris entre les limites de température où il a été éprouvé par l’artiste, qu’autant que la marche de la dilatation s’y fait avec uniformité, parce que la compensation ne se ferait qu’aux deux limites extrêmes auxquelles le pendule n’est presque jamais exposé. • 'ti.
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- Le nouvel appareil, vu de face, fig. i, PL 533, se compose de deux traverses en laiton AA', percées de cinq trous également espacés, comme ceux des, trous des traverses ordinaires B B', qui assemblent le châssis ; de quatre vis de pression G G et DD, qui servent à fixer l’appareil sur un point de la verge à grille. La traverse inférieure A' est retenue aux deux tringles d’acier EE par les vis de pression C C. La traverse supérieure A repose sur la première par les deux vis de rappel verticales F F, et elle est fixée aux deux tringles de zinc G G, et sur les deux tringles d’acier EE. Les choses étant dans cet état, on peut voir que les extrémités inférieures des deux tringles de zinc G G ne sont pas en contaet avec le fond des trous, aux points i et 2 de la traverse inférieure B'. Ces bouts inférieurs de zinc sont donc libres de s’allonger ou de se raccourcir et sont nuis pour la compensation, et cela, parce que les tringles de zinc sont retenues par la pression des vis D D, qui les fixent à la traverse supérieure A, qui est elle-même retenue et reposée sur la traverse inférieure A', fixée aux tringles d’acier E E par les vis de pression CG. Lorsqu’on a besoin de déplacer l’appareil pour l’arrêter sur un autre point de la grille, il faut d’abord mettre les deux vis HH en contact avec les bouts inférieurs des tringles de zinc, pour conserver au pendule sa même longueur, et ensuite desserrer les quatre vis CC et D D, pour faire glisser l’appareil sur le châssis. Lorsque l’opération est terminée, on serre les quatre vis de pression GG et DD, pour fixer solidement l’appareil; après quoi, on supprime le contact i et 2 des deux vis verticales HH, pour rendre libres les bouts des tringles de zinc.
- Les vis de rappel verticales FF sont destinées à élever ou abaisser la traverse supérieure A, afin d’allonger ou de raccourcir les tringles de zinc GG, quand on n’a besoin que d’un petit espace pour arriver à la compensation absolue, en ayant soin, toutefois, de remettre en contact les extrémités des bouts inférieurs des tringles de zinc avec les extrémités supérieures des vis verticales HH, avant de desserrer la traverse supérieure A, afin de conserver la même longueur au balancier et ne pas dérégler la pendule.
- Rapport fait par M. Francœur, au nom du Comité des arts mécaniques , sur un pendule compensateur de M. Jacob , horloger, boulevart Montmartre, n° 1, a Paris.
- Nous ne rappellerons pas, Messieurs, combien de soins, de temps et de dépenses exige la fabrication d’un bon pendule compensateur. M. Jacob, qui
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- ne connaissait pas les procédés proposés par M. Duchemin pour faciliter et abréger ce travail, s’est occupé de rechercher s’il ne serait pas possible d’abandonner les pendules à grille et d’en fabriquer un autre qui remplît la même condition , savoir de rendre l’appareil insensible aux variations de température. Il se sert, il est vrai, de la propriété qu’ont différens métaux d’être inégalement dilatables par la chaleur ; mais la disposition de son appareil est nouvelle, et la solidarité qu’il établit entre le zinc et l’acier nous a paru remplir parfaitement le but que s’est proposé l’auteur : voici en quoi consiste cet ajustement.
- La tige de suspension est en acier; sa coupe est celle d’un cylindre ovale : elle a la longueur propre aux durées qu’on veut que ses oscillations produisent. Dans la partie inférieure de sa longueur, elle est entourée d’une sorte de fourreau ou étui en zinc, formé de deux lames de ce métal, qui sont réunies sur leurs bords en plusieurs points par de petites traverses. Le système de la tige d’acier et celui de son fourreau de zinc sont libres et indépendans l’un de l’autre; seulement, pour retenir l’étui de zinc et l’empêcher de couler sur la tige de suspension, le bout inférieur de la tige d’acier est taraudé et est muni d’un écrou sur lequel porte cet étui : cet écrou sert à produire l’avance et le retard à la manière ordinaire.
- Le haut du fourreau est façonné en cylindre taraudé et porte un écrou qui, étant en dessous d’une rondelle ou virole, lui sert de support; cette virole sert de point d’appui à deux verges d’acier, qui sont, par leur bout inférieur, fixées à la lentille et la supportent : bien entendu que i° la lentille est tout à fait libre de la tige d’acier, et que son fourreau de zinc ne lui sert que de support ; 2° la longueur du fourreau de zinc est calculée, d’après la loi de la dilatation, pour produire plus d’effet qu’il ne faut, en sorte qu’on n’ait besoin, pour le régler, que de l’accourcir en descendant convenablement l’écrou.
- Voici l’effet produit par cet ingénieux appareil.
- Supposons qu’après avoir adapté le pendule à une bonne horloge et l’avoir réglé de longueur à une température constante, on veuille en régler la compensation.
- On élevera la température par les procédés ordinaires, et on trouvera, par exemple, que la pendule avance plus, ou retarde moins, quelle ne faisait auparavant : on en conclura que la chaleur a, il est vrai, allongé la tige d’acier de suspension, ce qui aurait dû produire un retard; mais que l’écrou servant d’appui à la lentille sur le fourreau de zinc s’est aussi allongé, et que la lentille a été remontée d’autant : en sorte quelle a été moins descendue par le premier effet que remontée par le second. Le pendule a donc été réelle-
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- ment accourci, le centre d’oscillation rapproché de la suspension : ainsi la partie de zinc est trop longue comparée à celle de l’acier.
- Pour raccourcir, on tournera l’écrou qui est sous la rondelle de support de la lentille dans le sens convenable pour abaisser celle-ci, ce qui produira deux effets : le premier, d’accourcir le tube de zinc, qui produisait trop de compensation; le deuxième, d’abaisser le centre d’oscillation, ce qui doit faire retarder la pendule; et comme on refuse ce dernier effet, qui tend à déranger la marche générale, on remonte le centre d’oscillation d’autant, en tournant l’écrou du bout de la tige de suspension. Les deux pas de vis étant les mêmes, ou du moins comparativement mesurés, il est facile, à l’aide d’un index et de divisions égales sur chaque écrou, de faire marcher l’un et l’autre de quantités voulues, pour que la compensation seule ait été influencée.
- Ainsi on peut régler ce pendule compensateur, non seulement sans démonter l’horloge ni le pendule, mais presque sans l’arrêter, ou du moins en l’arrêtant un seul moment; en sorte qu’on peut y toucher pour modérer la compensation comme on veut, et cela, sans peine, dépense, ni travail, mais en un instant : rien n’est donc plus facile que de manœuvrer cet appareil et de l’amener, par des essais réitérés, au plus haut degré d’exactitude, avec la même facilité que s’il ne s’agissait que de retarder ou avancer un pendule simple.
- Un des résultats contre lesquels l’horloger se met en garde dans la construction des pendules compensateurs, et qui sont les plus nuisibles aux pendules à grille, c’est la flexion et l’affaissement causés par le poids assez considérable de la lentille sur les tiges d’ajustement qui la portent; ce poids tend à déformer ces tiges, et comme c’est une action perpétuelle, elle ne s’exerce pas moins au bout d’un jour qu’au bout de dix ans : il s’ensuit que jamais la compensation ne se conserve en toute rigueur. Dans les premiers jours de la construction du pendule, il est impossible de le régler; il faut que les pièces aient fait leur effet, sous l’influence du poids qui les tire. Au bout d’un certain temps, on les essaie; on tente de régler les dimensions des tringles des deux métaux : des expériences réitérées sont nécessaires, et au bout d’un long temps, un an et plus encore, on arrive à avoir un bon pendule. Le poids de la lentille agit encore, mais le nerf des métaux a appris à y résister. Toutefois, on conçoit qu’à la longue le poids pourra l’emporter, et que la compensation faillira; ce qui nécessitera des réparations nouvelles.
- Dans le pendule de M. Jacob, ces inconvéniens existent, il est vrai, dans toute leur force; mais il lui est si facile d’y porter remède, qu’ils sont, pour ainsi dire, nuis pour lui.
- Nous n’essaierons pas, Messieurs, de comparer ici les pendulescompensa-
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- teurs de MM. Duchemin et Jacob: ces deux appareils, quoique conçus d’après les mêmes principes, sont d’une nature toute différente. L’un n’a voulu que donner des moyens sûrs et faciles de régler les pendules à grille; l’autre a imaginé un pendule nouveau, que nous appellerons pendule à fourreau, pour le distinguer des premiers : ce sont deux inventions très dignes d’estime , et chacun pourra donner la préférence à l’une ou à l’autre ,'Selon les cas, avec la certitude de faire un bon choix.
- M. Jacob est déjà connu de la Société pour l’invention d’un compteur, qui a été l’objet d’un rapport très favorable du Comité des arts mécaniques. Il s’occupe du perfectionnement de l’horlogerie et publie maintenant un projet de souscription pour la fabrication de régulateurs, qu’il livrera au prix modique de 600 francs : son engagement est que l’instrument ne pourra pas, après une année entière d’épreuve, donner plus d’une demi-minute par mois d’avance ou de retard. Le pendule aura sa tige en bois, convenablement choisi et préparé, pour que ni les variations de température, ni l’humidité de l’atmosphère, ne puissent en changer la longueur ni la forme. On sait en effet que la température n’allonge pas le bois, et qu’on peut éviter la torsion de la tige sous l’influence de l’humidité de l’atmosphère, en y appliquant un enduit convenable.
- D’après l’exposé qui vient d’être fait, nous vous proposons, Messieurs :
- i°. D’écrire à M. Jacob pour le remercier de la communication qu’il vous a faite de son pendule compensateur;
- 20. D’insérer le présent rapport au Bulletin, avec la description et la figure de ce pendule.
- Approuvé en séance, le 6 février i833.
- Signé Francoeur, rapporteur.
- Description du pendule compensateur de M. Jacob.
- Ce compensateur est composé d’une verge en acier AA' (voyez la coupe verticale,fig. 2, PL 535), déformé ovale. Le côté A porte les crochets de suspension, et l’extrémité A' est taraudée pour recevoir un écrou. Sur cette verge s’ajuste un fourreau en zinc BB', composé de deux règles réunies en plusieurs points par de petites traverses de même métal, dont l’extrémité supérieure est fixée sur une douille taraudée I. La verge d’acier est maintenue au milieu de ce fourreau par une ouverture pratiquée à chaque extrémité, qui lui permet de se mouvoir librement, et le fourreau est retenu sur la verge par l’écrou IL Sur la partie taraudéeI du fourreau se trouve vissé un écrou G, sur
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- lequel se place librement une rondelle en acier CD, armée de deux oreilles auxquelles la lentille est suspendue parles deux verges EE', FF', qui partent du diamètre horizontal. La longueur de zinc est calculée pour qu’en remontant l’écrou placé sur la partie taraudée I, il y ait un excédant de compensation; en sorte qu’en descendant progressivement cet écrou, on arrive à la longueur convenable.
- Rapport fait par M. Saul nier, au nom du Comité des arts mécaniques, sur un mécanisme qui s7adapte aux ourdissoirs cylindriques *
- Messieurs, vous avez renvoyé à votre Comité des arts mécaniques une lettre du Ministre du commerce et des travaux publics, relative au modèle d’une pièce de mécanisme qui lui a été adressée de Philadelphie par M. Dan-neryy consul de France en cette ville.
- Le mécanisme dont il est question est destiné à s’adapter à l’ourdissoir cylindrique tournant; il a pour but de faciliter l’opération de l’ourdissage de la chaîne des étoffes. Yos Commissaires se sont transportés au Conservatoire des arts et métiers pour en voir le modèle ; après l’avoir examiné, ils n’ont pu que partager l’avis du Comité consultatif, que M. le Ministre du commerce vous avait fait connaître par sa lettre du 13 janvier dernier. Cet appareil est un peu compliqué et, par cela même, d’un prix plus élevé que ceux qu’il est destiné à remplacer; mais la perfection qu’il doit apporter dans l’opération de l’ourdissage, en procurant un encroisage bien régulier, et l’espoir de le voir simplifier par nos constructeurs, doivent vous déterminer à le faire connaître. Le Comité consultatif, dans son rapport au Ministre , fait mention d’un procédé peu connu, appelé passelte mobile, dont il donne la description; ce procédé est fort simple et tend au même but.
- Votre Comité vous propose en conséquence, Messieurs : i°. De remercier M. le Ministre du commerce de la communication qu’il vous a faite ;
- 2°. D’insérer dans votre Bulletin la description et la figure de l’instrument américain, et d’y ajouter la description du procédé signalé par le Comité consultatif.
- Approuvé en séance, le y mars i832.
- Signé Saulnier , Rapporteur.
- Trente deuxième année. Février i833.
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- Description d’un mécanisme adapté aux ourdissoirs cjlindriquesinventé en Amérique.
- M. Dannery, consul de France à Philadelphie, ayant remarqué , dans les fabriques de tissus de cette ville, une machine employée pour abréger et faciliter l’opération de l’ourdissage de la chaîne des étoffes, qu’il a cru n’être point connue en France, s’estempressé d’en faire l’acquisition, attendu que son importation dans le royaume pourrait devenir utile à notre industrie manufacturière.
- Le Comité consuliatif des arts et manufactures, qui a examiné cette machine, a reconnu qu’elle était d’une exécution soignée et devait parfaitement atteindre le but qu’elle doit remplir, celui de procurer un encroisage bien régulier; mais après avoir recueilli l’avis des fabricans et des praticiens, il lui a paru douteux que ce but fût atteint avec plus d’économie de temps et d’argent que par les procédés ordinaires. Il lui a même été affirmé que le procédé qui consiste à élever] et à abaisser alternativement les anneaux dans lesquels sont passés tous les fils de la chaîne est déjà anciennement connu, et qu’il a été remplacé avec avantage par une passette mobile,. composée de règles en bois percées dans leur milieu par un trou garni d’un anneau de verre ; moitié des fils passe par ce trou, l’autre moitié flotte libre dans les rainures garnies de tubes de verre qui existent entre chaque règle. La passette a un mouvement alternatif d’ascension et de descente dû à la rotation du moulin, et par ce mouvement l’encroisage de la chaîne se fait naturellement. L’ouvrière a ses deux mains libres : de l’une, elle tient la chaîne; de l’autre, elle Rattache sur le moulin; à chaque tour qu’elle fait. Dans la machine américaine, au contraire, une des mains serait constamment occupée à faire monter ou descendre la rangée d’anneaux, ce qui semble devoir entraîner une perte de temps.
- Le prix de cette machine est très élevé; toutefois, on l’obtiendrait sans doute à meilleur marché en France; et d’ailleurs les portées de toutes les chaînes n’étant composées que de 4° fils, le râtelier pourrait n’avoir que ce nombre d’oeillets, ce qui en réduirait de beaucoup le prix.
- Quoi qu’il en soit, le Comité a pensé que l’industrie naurait qu’à gagner à la connaissance de cette nouvelle machine, dût-elle ne pas l’adopter, et il a formé le vœu que la Société d’Encouragement fût invitée à en publier le dessin et la description dans son Bulletin.
- En conséquence r nous avons fait lever lé dessin de ce mécanisme au Cou-
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- servatoire des arts et métiers où il est déposé, afin que les industriels et les fabricans puissent en prendre connaissance.
- La fig. i, PL 534, représente l’ourdissoir cylindrique tournant auquel le mécanisme est adapté; la fig. 2 est la vue de face du mécanisme; la fig. 3 est le plan , et la fig. 4 la vue des loquets qui servent à faire monter et descendre alternativement la rangée d’œillets.
- L’ourdissoir cylindrique tournant est composé ordinairement d’un grand asple ou dévidoir À, dont l’axe est vertical; d’un plot B, qui règle le ren-vidage de la chaîne sur le dévidoir; d’un cannelier C; d’un banc D, servant à la fois de siège à l’ourdisseuse et de support à l’axe de la manivelle x.
- Les portées de fils que l’on ourdit décrivent sur la surface extérieure de l’asple une hélice qui commence en haut à l’endroit où se fait la première enverjure, appelée grande croisée, jusqu’au bas , à la petite croisée. La première a pour but de ranger tous les fils, de manière qu’ils puissent faire aisément sur le métier l’entrelacement qui forme le pas d'en haut et le pasden bas;\& seconde sert à former la queue de la chaîne, et à ranger toutes les portées à leur place.
- Le plot B, formé d’une pièce de bois qui monte et descend librement le long du montant E, est suspendu à une corde à boyau passant sur une poulie de renvoi e, et aboutissant à l’extrémité prolongée r de l’axe de l’asple. Il dirige les fils qui s’enveloppent sur l’ourdissoir; son mode d’agir est facile à concevoir : la corde qui le suspend s’allonge ou se raccourcit suivant le sens de rotation de l’asple, car si cet asple tourne dans un sens, la corde s’enveloppe sur la partie r, et le plot monte progressivement à mesure que la portée s’enveloppe sur l’asple; le contraire arrive toutes les fois que l’asple tourne dans l’autre sens.
- Tous les fils, partant du cannelier C et aboutissant à l’asple, passent entre deux rouleaux ff adaptés au plot.
- L’ourdisseuse, placée entre le cannelier et l’ourdissoir,saisit l’extrémité des fils placés sur les bobines du cannelier, les noue ensemble et les arrête sur la première cheville à gauche de la traverse supérieure de l’ourdissoir, en faisant passer en dessus de la cheville les fils qui viennent de la tablette supérieure du cannelier; puis prenant successivement chacun de ces fils avec le pouce, et ceux de la tablette inférieure avec l’index, elle fait passer les premiers sous le pouce et sous l’index, et les autres sous l’index et sous le pouce ; cette croisure est fixée aux deux chevilles qui se trouvent substituées aux doigts et qui conservent les fils dans cette disposition.
- Le mécanisme américain a s’adapte horizontalement, les œillets b en haut
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- par les deux pièces de bois cc qui y tiennent, à une traverse de bois formant le prolongement du plot, du côté où se place l’ouvrière, de manière à monter et descendre avec lui.
- Les deux rouleaux ff se placent sur la traverse ajoutée au plot, vis à vis le milieu du râtelier. ,
- Pour se servir de ce mécanisme, on fait d’abord passer un à un, ou deux a deux, etc., selon que la chaîne doit être simple , double, etc., les fils venant des roquets du cannelier, dans les œillets b du râtelier. À chaque révolution de l’ourdissoir, l’ouvrier n’a autre rchose à faire pour enverger, au lieu de faire passer les fils l’un après l’autre sous le pouce et sous l’index , que de lever et de baisser alternativement les deux loquets dd, qui sont sous la machine; cette manœuvre fait, à chaque mouvement, lever la moitié des fils dans l’ordre voulu. L’ouvrier maintient ces fils levés, au moyen du petit support de cuivre p, placée entre les deux loquets, et qui peut passer sous l’un ou sous l’autre à volonté, afin de bien saisir tous ces fils et fixer la croisure sur les chevilles de l’ourdissoir..
- On peut composer les portées d’un plus grand nombre de fils qu’à l’ordinaire , ou bien ne garnir qu’une partie des œillets à volonté. On fait de ces râteliers qui ont jusqu’à cent cinquante œillets my celui que nous décrivons n’en a que cent vingt, et coûte io5 francs. (D.)
- Rapport fait par M. Th. Olivier, au nom du Comité des arts-mécaniques, sur une machine propre a éprouver la force des-chaînes y établie au Havre, par M. David, mécanicien.
- *M. David, mécanicien, vous a adressé les dessins d’une machine de son invention, propre à éprouver la force des chaînes, et qu’il a établie au Havre.
- Ces dessins sont accompagnés d’un mémoire descriptif rédigé par M. Schivilgué, ingénieur des ponts et chaussées. ,
- Votre Comité des arts mécaniques ayant pris connaissance des dessins et du mémoire, m’a chargé de vous faire le rapport suivant.
- La machine de M. David se compose de deux leviers qui agissent l’un sur l’autre et enfin sur le fléau d’une romaine servant à mesurer la force qui est employée à étirer la chaîne. Les bras des leviers et du fléau sont dans des rapports tels, que le poids indicateur est à la tension éprouvée par la chaîne, comme i est à 100.
- La tension est opérée au moyen d’une vis que plusieurs hommes font
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- mouvoir dans son écrou mobile. C’est à l’écrou que la chaîne est fixée par l’une de ses extrémités, l’autre extrémité étant agrafée à l’un des leviers.
- Ainsi, la tensiôn ne s’opère pas brusquement, mais lentement et par degrés insensibles.
- On doit remarquer que les chaînes, dans les épreuves de tension auxquelles on les soumet, subissent deux allongemens de nature différente : d’abord par un changement de forme dans le maillon, ensuite par l’allongement réel que le maillon éprouve dans ses deux côtés parallèles.
- Une chaîne de go pieds de longueur peut s’allonger de 4 pieds avant d’avoir subi la tension convenable. L’allongement des chaînes soumises aux épreuves varie en raison de la forme des maillons et de leur force; car l’on conçoit que dans les premiers instans, à mesure que la force de tension augmente, chaque maillon s’allonge par un changement de forme, avant que le métal qui le compose soit étiré lui-même.
- Ainsi, pendant tout le temps que le changement de forme s’opère dans le maillon, la force est employée à plier le fer, c’est à dire à vaincre sa résistance à la flexion, et non à l’étirer, c’est à dire à vaincre sa résistance à l’allongement. Dans ces premiers instans, le changement de forme s’opère aux parties arrondies du maillon qui se resserrent et offrent des arcs dont les rayons de courbure sont de plus en plus petits, à mesure que la force de tension augmente.
- Ce sont les parties arrondies des maillons qui, au commencement de ces épreuves, sont d’abord le plus éprouvées. Si le fer n’est pas bien corroyé, c’est en ces parties que des gerçures doivent se manifester. m
- La résistance à la flexion étant vaincue, arrive l’allongement produit par l’étirage; les soudures, qui sont ordinairement placées sur les longs côtés du maillon, ne doivent céder que lorsque cette espèce d’allongement se produit, et que dès lors la force de tension employée est très forte, en supposant, toutefois, que les soudures sont bien faites.
- La machine de M. David qst d’une sensibilité assez grande; cependant, en examinant avec attention la disposition des leviers, on voit qu’elle ne pourrait pas servir à faire des expériences du genre de celles employées pour rechercher le coefficient de ductilité ou d’élasticité des métaux, en barres, ayant des formes diverses. Mais si l’industrie n’a pas besoin de résultats d’une précision mathématique, il lui suffit de résultats approximatifs, mais reconnus suffisans dans la pratique; et sous ce rapport, on peut dire que la machine de M; David offre des résultats exacts aux industriels qui sou-
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- mettent les chaînes-câbles qn’ils veulent employer aux épreuves qu’elle est destinée à leur faire subir; car une différence de îoà 20 kilogrammes entre la force réellement employée et la force indiquée par la romaine ne peut être regardée comme une erreur, dans des épreuves de cette nature, subies par des chaînes destinées au service de mer.,
- Ce mode d’épreuve remplit-il complètement le but que l’on s’est proposé * dans l’intérêt de l’industrie et du commerce ?
- Les chaînes-câbles sont employées principalement par la marine; presque tous les navires marchands ont maintenant au moins deux chaînes-câbles pour le service du mouillage, et une partie des manœuvres fixes, telles que itagues, écoutes, sous-barbes, etc., sont en chaînes. Il est donc très important de s’assurer de la force des chaînes employées, et la machine de M. David remplit complètement ce but, en supposant que, dans le service en mer, ces chaînes ne seront soumises qu’à une force de tension. Mais si cela peut être regardé comme vrai pour les chaînes employées aux manœuvres fixes, peut-on en dire autant de celles employées au mouillage ?
- Ces dernières ne seront-elles pas souvent, dans les gros temps, mises à l’épreuve par des chocs et des secousses violentes ?
- Deux modes d’épreuves seraient donc nécessaires : le premier par une force de tension, le second par une force de choc.
- Car la tension et le choc n’agissent pas de la même manière : ainsi, il arrivera que des soudures qui auront résisté à la force de tension s’ouvriront sous la force de choc; ainsi, la force de tension changera la forme du maillon, et la force de choc pourra ne pas altérer cette forme, d’une manière sensible, appréciable.
- # Ainsi, sous la force de tension les maillons se rompront par l’étirage dans les longs côtés, et sous la force de choc les maillons se rompront aux parties arrondies.
- En Suède, on a une bonne méthode d’épreuve pour les chaînes, d’attelage des voitures d’artillerie; mais ce mode n’est applicable que pour des chaînes de peu de longueur et dont les maillons sont d’un petit diamètre.
- On fixe la chaîne par une de ses extrémités et dans une position verticale; à l’autre extrémité, on place un poids qui varie suivant le diamètre du fer employé pour les maillons, et suivant la longueur de la chaîne; puis relevant l’extrémité libre de la chaîne, on laisse tomber le poids d’une hauteur égale à deux fois la longueur de la chaîne. La chaîne, dans ce cas, est soumise à une épreuve dans laquelle on emploie une force de choc, et l’on voit que chaque maillon se trouve éprouvé.
- Dans les manufactures d’armes de Suède, les épreuves que l’on fait subir
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- aux canons de fusil et aux lames de sabre sont aussi basées sur l’emploi d’une force de choc.
- Ainsi, ou frappe trois coups secs, avec un marteau, sur la culasse du canon de fusil, et si la soudure n’est pas bien faite, on la voit s’ouvrir sous cette épreuve. L’existence des pailles et gerçures se manifeste sur-le-champ.
- Ainsi, on fouette la lame de sabre ou d’épée sur un madrier horizontal et en bois dur, de sorte que tous les points de la lame arrivent en même temps sur le madrier.
- Il serait important pour la marine que les chaînes-câbles fussent toutes soumises aux deux modes d’épreuves par tension et par choc.
- Déjà, au moyen de la machine de M. David, l’épreuve par la tension est complète; les ingénieurs mécaniciens devraient maintenant chercher un moyen facile pour soumettre une chaîne-câble à la force de choc, dont il faudrait pouvoir à volonté faire varier l’intensité; et de plus, il faudrait pouvoir mesurer l’intensité de la force employée, avec autant de précision qu’on le fait pour la force de tension, dans la machine exécutée par M. David.
- En terminant ce rapport, nous devons rappeler qu’il existe plusieurs machines destinées, comme celle de M. David, à soumettre à une force de tension des chaînes ou des barres de fer.
- Telles sont la machine de M. Montaignac (r); celle que M. Navier fit exécuter pour essayer les longs anneaux et les tiges qui devaient composer les chaînes du pont suspendu des Invalides, et dont on peut lire la description dans son Mémoire sur les ponts suspendus: M. Navier fit alors quelques essais sur les fers, en employant la force de choc; celle de Brunton, en Angleterre, dans laquelle la force était fournie par une presse hydraulique. Toutes ces machines diffèrent entr’elles par les principes mécaniques qui ont déterminé leur composition et par le mode d’exécution.
- Votre Comité des arts mécaniques a l’honneur de vous proposer les conclusions suivantes :
- iQ. De faire imprimer dans le Bulletin le Mémoire descriptif, rédigé avec soin, par M. Schwilgué, ingénieur des ponts et chaussées ;
- 2°. De faire graver les plans, coupes et élévations de la machine de M. David;
- 5°. D’écrire à M. David pour le remercier d’une communication aussi utile à l’industrie.
- Approuvé en séance, le 6 février i833.
- Signé Th. Olivier , rapporteur.
- (i) Voyez ta description de cette machine , Bulletin de 1827, p. 227.
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- Notice sur la machine a éprouver les chaînes établie au Havre par M. David, mécanicien; par M. Schwilgné, ingénieur clés ponts et chaussées.
- La machine de M. David, représentée Pl. 535, se compose de trois parties distinctes :
- i°. D’un banc sur lequel s’étend la chaîne qu’on veut éprouver ;
- 2°. De la machine qui sert à tendre la chaîne ;
- 3°. D’un instrument constatant l’effort exercé.
- Le banc, qui n’est autre chose qu’un sommier d’une grande longueur placé à peu de distance au dessus de terre, est destiné à porter une chaîne de 18 brasses ou 90 pieds de longueur. Cette chaîne se fixe, par une extrémité, aux tiges«<2, fig. 3, qui la mettent en rapport avec l’indicateur, et par l’autre extrémité, elle s’accroche au chariot mobile qui en opère la tension; l’ajustement de la chaîne à cette extrémité se fait à l’aide de trois pièces Q, R, S tfig- 5 et 6 , qui permettent de saisir la chaîne à l’une quelconque de ses mailles, sans la couper en cet endroit.
- Le mouvement se communique au chariot par une vis horizontale H, qui, appuyée à son extrémité contre un butoir ou obstacle fixe K, fait avancer l’écrou N à mesure que l’on tourne la grande roue F qui est montée sur l’axe de cette vis : le chariot peut ainsi parcourir une distance horizontale de im,3o, longueur égale à celle de la vis, moins la longueur de l’écrou; mais cette course n’est pas toujours suffisante , car une chaîne de 90 pieds de longueur peut s’allonger de plus de 4 pieds avant d’avoir subi la tension convenable, ce qui dépend beaucoup de la grandeur de ses mailles; l’on est donc quelquefois obligé, lorsque le chariot est arrivé à l’extrémité de sa course, de le faire revenir à son point de départ, et de reprendre la chaîne en un autre point.
- Pendant la première partie de l’expérience, la grande roue dentée F est tournée par un seul homme qui lui communique un mouvement rapide à l’aide d’une manivelle G implantée sur un rayon, à om,36 de l’axe; ensuite deux hommes agissent sur une manivelle A, qui communique un mouvement plus lent à la grande roue par l’intermédiaire d’un pignon F>,fîg. 2 , et finalement quatre hommes agissent de cette manière, mais deux suffisent toutes les fois qu’il ne s’agit d’atteindre qu’une force de 20,000 kil.
- Le rayon des manivelles est dans le rapport de 1 à 8 avec celui des pignons : les pignons ont 9 dents, la roue dentée en a 171 ; enfin la circonférence moyenne de la vis est de om, 22 et le pas de vis de om ,022 : ainsi une
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- puissance appliquée à l’une des manivelles produit un effort quinze cent vingt lois plus grand sur la chaîne que l'on éprouve.
- Le tableau ci-joint indique les épreuves auxquelles on assujettit les chaînes dans les fabriques anglaises et dans les ateliers de la marine royale de France.
- M. David a remarqué qu’en poussant les tensions jusqu’aux limites en usage dans ces derniers ateliers , on risque d’altérer la solidité des chaînes : il préfère donc s’en tenir à des tensions un peu moindres; mais cependant, à la volonté des personnes qui achètent ses chaînes, il y applique les tensions portées dans la troisième ou dans la quatrième colonne du tableau.
- Il reste à indiquer de quelle manière on mesure la tension à laquelle un câble de fer est soumis.
- Cette constatation a lieu à l’aide d’un système composé de trois leviers ayant leurs axes respectivement aux points d,g, o: dans le premier levier, les bras cd et de sont dans le rapport de i à 5 ; dans le deuxième, le rapport des bras g e et gf est de i à4; enfin dans le troisième, qui se réduit à un fléau de balance, les deux bras o n, o m sont dans le rapport de 1 à 5, ce qui établit le rapport de i à ioo entre la tension horizontale exercée au point c et le poids qui agit au point m, extrémité du fléau ; par conséquent, le poids suspendu au crochet du fléau indique le centième de la tension éprouvée par la chaîne.
- Cet instrument, dont toutes les parties sont en équilibre dès qu’on les met en action , peut servir à mesurer avec précision des tensions qui s’élèveraient jusqu’à 5:2,ooo kil. Quand il ne s’agit que de tensions faibles, on accroche directement le poids à l’extrémité du fléau, ce qui a lieu ainsi jusqu’au poids de 5o kil. représentant la tension de 5,ooo kil. à laquelle on soumettrait un fil de fer de 3 millimètres de grosseur ; mais passé cette limite, on suspend au crochet un plateau en fer qui représente un poids de 5o kil., et sur lequel on ajoute ce qui est nécessaire pour atteindre le centième de la tension que l’on veut mesurer.
- Les personnes qui ont assisté aux épreuves des chaînés par la machine que l’on vient de décrire, ont pu reconnaître qu’elle remplit son objet avec facilité, et qu’elle est beaucoup plus simple que la machine employée jusqu’à présent au Havre dans le même but. '
- Elle renferme d’ailleurs plusieurs détails ingénieux qui prouvent que les conceptions mécaniques sont familières à M. David : telle est la disposition du balancier/, qui, dans l’état de repos, ne peut se soutenir que sur les parties voisines du système, mais qui se retrouve en équilibre dès que’ par l’effet des tensions que ses extrémités éprouvent, son couteau g, qui est placé à son centre de gravité, est pressé de bas en haut contre l’étrier h qui lui est
- T tente-deuxième année. Février i833. 7
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- opposé ; telle est encore la disposition des deux couteaux d, dont l’un s’appuie sur un plan horizontal et l’autre sur un plan vertical, et qui se réduisent à un seul couteau , puisque leurs tranchans sont deux lignes horizontales en prolongement l’une, de l’autre. On pourrait encore citer le stop, à l’aide duquel on attache la chaîne au chariot mobile par l’un quelconque des chaînons , le bouton en acier qui termine la vis et qu’on peut remplacer à volonté , etc., etc. En un mot, la machine de M. David, qui sera d’une grande utilité dans un port comme Le Havre, mérite sous plus d’un rapport de fixer l’attention de la Société d’Encouragement.
- TABLEAU DES ÉPREUVES.
- DIAMÈTRE du FER. ÉPREUVE ANGLAISE réduite aux poids et mesures français. ÉPREUVE faite AU HAVRE. ÉPREUVES faites sur les chaînes de La Ghau&sade et sur celles fabriquées dans les ateliers de la marine royale. LEUR RAPPORT avec LES CABLES. POIDS approximatif de la brasse de 5 pieds. - ’ ' * . PRIX
- lignes. kü. til. lui. pouces.
- 7 6,5oo 7,200 8,000 7 0 10 0
- 8 8,200 g,6oo I1,2:0 7 4 4
- 9 10,000 I 2,000 0 0 V? 8 18
- io i3,ooo i5,ooo 17,000 9 21
- 11 i5,5oo ï8,ooo 20,000 10 24
- 12 ig,ooo 22,000 23,200 11 28
- i3 22,000 26,000 27,200 12 34
- 4 27,500 3o,ooo 32,000 i3 4*
- i5 31,000 35,ooo< 3g,000 4 5o
- 16 36,5oo 4o,000 45,ooo i5 61
- !7 4i,ooo 44,000 4g,ooo 16 68
- 18 44,00° 48,000 52,000 17 78
- CHAINES SANS ÉTAIS.
- 4 i,3oo i,3oo i,5oo 4 2fc,7 5
- 44 1,7°° 1,800 2,000 4 V2 3 ,75
- 5 2,300 - 2,720 3,000 5 4,25
- 6 3,5oo 3,6oo 4,000 6 6 ,25
- 7 6,200 6,4<>o 7,200 7 9
- 8 O O r-. 8,000 8,800 7 V2 11
- 9 9,200 10,000 I 1,200 8 i3 ,5o
- Explication des figures de la Pi. 535.
- Fig. i. Coupe transversale du moteur sur la ligne CD du plan.
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- Fig. 2. Trojection horizontale du même.
- A, Manivelle que deux hommes font tourner.
- B, Pignons montés sur l’axe des manivelles, ayant 9 dents.
- C, Paliers des axes des pignons*
- D, Linguets que l’on abaisse sur l’axe des pignons pour les tenir engrenés avec la roue.
- E, Poteaux qui soutiennent les axes des pignons.
- F, Grande roue ayant 171 dents.
- G , Manivelle implantée dans un rayon de la roue, pour donner un mouvement' plus accéléré à la machine, au commencement de l’essai, avant qu’il faille développer beaucoup de force. Lorsque l’on fait usage de cette manivelle , les pignons sont désengrenés.
- H, Vis à filets rectangulaires implantée dans la grande roue, qui la fait tourner.
- Il, Paliers dans lesquels tourne la vis.
- K, Butoir contre lequel la vis est pressée par la tension de la chaîne et qui supporte toute cette tension.
- L, Bouton en acier trempé implanté dans l’extrémité de la vis, qui s’ap-
- puie contre le butoir, et que l’on remplace à volonté lorsque le frottement l’a usé ; sa tête est une calotte sphérique. v
- M, Crapaudine en acier trempé sur laquelle le bouton L tourne et que l’on remplace aussi très facilement lorsqu’elle est usée; elle est percée d’un trou pour fournir de l’huile à la partie sur laquelle s’exerce le frottement.
- N, Ecrou mobile, qui peut parcourir toute la longueur de la vis.
- O, Tiges en fer forgé, terminées en fourches qui sont fixées à l’écrou ; elles servent à relier la chaîne à l’écrou.
- P, Traverse en fer forgé qui reçoit la bride.
- Fig. 5. QQ', Projection verticale et horizontale de la bride qui reçoit le stop.
- Fig. 6. RR', Projection verticale et horizontale de là partie du stop qui saisit un anneau quelconque de la chaîne.
- SS', Projection verticale et horizontale du couvercle du stop, qui empêche l’anneau saisi par le stop de s’échapper.
- TT , Pièces de bois de chêne.
- Fig. 3. Elévation de l’indicateur.
- Fig. 4. Coupe du même, sur 1a. ligne AB de l’élévation.
- L’élévation est faite en supposant arrachée la pièce de bois qui cacherait les leviers.
- a, Deux pièces de fer, auxquelles la chaîne est attachée comme aux tiges
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- OO (lu moteur, et qui transmettent la tension de la chaîne ali premier^ balancier. Ces pièces ont en c des crapaudines en acier sur lesquelles s’appuie un couteau du premier balancier. ; .
- b, Balancier qui forme un levier coudé droit, et qui est parfaitement en équilibre autour de l’axe d lorsque la ligne ed est horizontale. Ce balancier a deux couteaux dont les axes sont en c et en d.
- c, Extrémité du bras de levier auquel s’applique la tension de la chaîne, marquée par le tranchant d’un couteau.
- d, Axe de rotation du balancier r cet axe est formé par le tranchant de deux couteaux, dont l’un s’appuie sur un plan en acier horizontal, et l’autre sur un plan en acier vertical ; par cette combinaison ingénieuse, la rotation se fait sans frottement, et l’axe de rotation ne peut se déplacer.
- e, Extrémité du second bras de levier du balancier b> et commencement du premier bras de levier du balancier/; le rapport de c d à de est de i à 5.
- /, Balancier intermédiaire, qui a son axe de rotation en g formé par le tranchant d’un couteau. Ce balancier n’est pas en équilibre dans sa position naturelle, car le tranchant de rotation est pressé contre un plan horizontal plus élevé, et il pèse , en e et enf, sur les deux autres balanciers; mais il est tellement construit que, renversé, il est en équilibre autour de l’axe g. Lorsque la ligne ge est horizontale ou en d’autres termes la verticale abaissée de son centre de gravité passe par g lorsque g e est horizontal, de sorte que les deux pressions en e et/’n’altèrent pas la pesée. Le rapport des deux bras de levier g e et gf est de i à 4-
- h, Etrier contre lequel le balancier intermédiaire est pressé.
- i3 Pièce en fer qui s’appuie sur la tête de l’étrier qu’elle empêche decéder à la pression du balancier intermédiaire; cette pièce est fixée par quatre boulons à deux montans en fonte assujettis aux pièces de bois r.
- k, Vis qui presse sur la tête de l’étrier pour mettre g sur l’horizontale
- qui passe par d, car l’équilibre ne subsiste que lorsque f, g, e, d, est parfaitement horizontal. l ;
- l, Bride qui transmet la pression du balancier intermédiaire au troisième balancier.
- m, Troisième balancier, dans lequel le rapport des bras de levier o n et o m est de i à 5. Ainsi l’on voit que le rapport du poids mis en m à la tension de la chaîne est de i à ioo.
- Lorsque m o n est horizontal, le balancier est parfaitement en équilibre autour de o : de plus, le crochet en m auquel on suspend les poids fait équilibre à la bride/.
- P> Pièces de fer qui limitent l’amplitude des oscillations du balancier.
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- q , Monfans qui soutiennent le balancier m, m. r, Pièces de bois de chêne.
- Note sur une nouvelle bonde hydraulique et sur un outil h former des ouvertures et des bouchons de tous les diamètres ; par M. Payen.
- Les- publications de Chaptal, celles de MM. Thénard} Gay-Lussact etc., ne laissent aucun doute sur les 'avantages que l’on réalise en évitant le libre accès de l’air atmosphérique pendant la fermentation tumultueuse ou lente des diverses boissons ou liquides à distiller.
- Déjà, dans un grand nombre de localités, on emploie divers appareils propres à tenir les vases où s’opèrent ces fermentations hermétiquement clos,en permettant, sous une légère pression, le dégagement des gaz dont l’accumulation offrirait des inconvéniens.
- Pour atteindre ce but, je m’étais long-temps servi, dans des expériences sur la production de l’alcool, d’un double tube de sûreté que j’ai décrit dans le premier numéro du Journal de Chimie médicale, lorsque songeant aux moyens de simplifier le plus possible l’exécution et l’usage de cet appareil, j’arrivai à obtenir tous ces effets à l’aide d’une bonde creuse, fig. i, Pl. 536, séparée en deux capacités B G, par un diaphragme DD, ou plan passant par l’axe de ce cône tronqué. *.
- L’une des capacités B de cette bonde est en communication avec l’intérieur du vase où la fermentation a lieu, par un petit ajuiâge intérieur EF, ouvert sous la boude en E, et près de la partie supérieure de celle-ci en F.
- Les deux capacités de la bonde ne peuvent communiquer entr’elles que par une ouverture au bas du diaphragme, en sorte qu’une petite quantité de liquide enfermé dans cette bonde, et occupant le quart de sa hauteur environ, forme une clôture hydraulique qui ne permet la sortie du gaz ou la rentrée de l’air que sous un excès de pression d’un à 2 pouces d’eau, soit intérieure, soit extérieure. Le mode d’ajustement de cette bonde qui m’a le mieux réussi, consiste à découper, dans une broche en liège, à l’aide d’un emporte-pièce semblable à celui de M. Danger, une rondelle H du petit diamètre de cette bonde. On évitera facilement la rouille à l’intérieur en y entretenant, au lieu d’eau, une solution (1) alcaline, et renouvelant
- (1) De l’eau de lessive caustique ordinaire, par exemple, ou une solution contenant un dixième à un centième de son poids de carbonate de soude.
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- celle-ci au besoin, y tenant même plongée tonte la bonde lorsque Ton ne s’en sert pas. .
- M. Collardeau, dont le nom seul est une autorité en ce genre, a jugé que ce petit ustensile devait être d’une utilité assez générale pour qu’il le comprît dans la belle collection d’appareils usuels qu’il livre au commerce et à l’industrie manufacturière (i).
- Il me semble en effet que la nouvelle bonde de sûreté, si facile à adapter sur des tonnes, cuves, bouteilles, jarres, tuyaux de conduite, etc., réalise de la manière la plus simple possible les avantages des divers appareils de sûreté en usage, pour empêcher tout accès libre à l’air atmosphérique, et cependant laisser échapper l’excès des gaz intérieurs, et rentrer l’air sous une pression extérieure accidentellement devenue plus forte.
- Cet ustensile s’appliquera donc utilement aux vases clos, où on laisse fermenter plus ou moins lentement le vin, le cidre, la bière' et les liquides à distiller; il devra souvent perfectionner la préparation de ces produits. ' v
- Il pourrait aussi être employé comme moyen de sûreté sur les divers appareils de chauffage à la vapeur, au bain-Marie, à circulation d’eau opérant à basse pression. C’est ainsi qu’il s’appliquerait au blanchissage du linge, au chauffage des serres et étuves, à la cuisson en grand despommesde terre, des viandes, etc.
- M. Collardeau, ayant ajouté au couteau emporte-pièce une série de tubes semblables de diamètres décroissans, s’ajustant tous* à volonté sur la même monture, cet assortiment de pièces concentriques si peu volumineux sera extrêmement commode pour disposer en petit et en grand une foule d’appareils, pour se procurer, dans des broches ou des planches de liège, des ouvertures circulaires et des bouchons de tous les diamètres.
- Ainsi, on n’éprouvera aucun embarras pour ajuster les tubes en plomb, en verre, de différens diamètres, etc., soit entr’eux, soit sur des bom-bonnes, des tonneaux et des ajutages, dans la préparation de l’hydrogène destiné aux aérostats, de l’acide carbonique pour les bi carbonates, çt tant d’autres opérations analogues plus ou moins usuelles.
- Il sera également facile, sans perte de temps ni de matière, de se procurer des enveloppes de liège pour augmenter le diamètre des bondes en bois et mieux les assujettir, des plaques perforées pour soutenir les entonnoirs ainsi que les fioles renversées sur des larges ouvertures de flacons, verres et
- (i) Les ateliers deM. Collardeau sont établis rue du Faubourg-Saint-Martin, n° 56,
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- entonnoirs à épuiser les filtres; plusieurs trous dans une plaque en liège pour poser debout de petits tubes .éprouvettes, etc., etc.
- On adaptera en un moment- dans une broche le tube et le siphon indiqués par M. Gay-Lussac pour amorcer les siphons dans les flacons ou boinbonnes contenant de la lessive caustique, des acides concentrés, etc.
- Entre les mains des manipulateurs, la série des emporte-pièces de M. Col-lardeau facilitera une foule d’agencemens d’appareils, en procurant une. très notable économie de temps.
- Description de Vassortiment de couteaux cylindriques.
- Tout l’assortiment ordinaire comprend quatorze couteaux cylindriques qui, rentrés les uns dans les autres, peuvent être traversés et retenus par la monture , afin d’être rendus très portatifs sous un petit volume.
- La fig. 2, Pl. 53fi, montre l’ustensile ainsi ployé.
- Il nous suffira de décrire l'un des couteaux, son ajustement avec la monture, puisque les treize autres sont tout à fait semblables et se montent de même.
- Chacun des couteaux est formé d’une lame d’acier contournée et réunie en cylindre A.
- Le bord inférieur B présente un tranchant circulaire bien affilé.
- Le bord supérieur C est crénelé de quatre entailles E à restant de baïonnette.
- La monture se compose d’un croisillon H, faisant corps avec une tige I perpendiculaire au plan des quatre branches du croisillon. Le bout supérieur de cette tige est taillé en carré inscrit, en sorte que le corps de la tige forme repos au bas du carré.
- Une poignée arrondie L L s’emmanche en T sur cette partie carrée ; elle est maintenue dans cette position par un petit mentonnet à ressort M.
- La branche la plus longue L sert à repousser le bouchon engagé dans l’emporte-pièce.
- Yoici comment on se sert de d’outil que nous venons de décrire.
- On choisit d’abord celui des couteaux circulaires dont le diamètre convient à la dimension des bouchons ou de l’ouverture que l’on veut obtenir.
- Après avoir adapté la poignée L sur la tige I, on introduit les quatre branches du croisillon dans les quatre entailles du couteau.
- Il suffit alors de poser le côté coupant sur l’endroit du liège que l’on veut perforer, et d’appuyer en tournant, à l’aide dè la poignée saisie de la main la plus exercée.
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- On ne court aucun risque en maintenant le liège de l’autre main passée dessous, carie bouchon resté dans l’emporte-pièce dépasse celui-ci toujours assez pour qu’il soit impossible de se blesser au moment où l’outil traverse d’outre en outre.
- L’ouverture étant ainsi faite, on retire l’emporte-pièce, puis poussant, le bouchon reste à l’intérieur, avec la plus longue branche de la poignée; on l’en fait sortir, et on a fait à la fois un bouchon et une ouverture nettement découpés.
- Il me semble que la série de découpoirs concentriques de M. Collardeaa doit être considérée comme l’un des outils les plus usuels des divers laboratoires de chimie théorique et manufacturière.
- Rapport fait par M. Payen, au nom du Comité des arts chimiques, sur une notice de M. J. Rénaux, concernant de
- nouveaux becs de lampes à gaz*
- Messieurs, à l’occasion de l’examen des condensateurs de M. Bourguw gnon, en 1826(1), les expériences que je fis alors et qui vous furent soumises amenèrent les résultats suivans :
- La proportion de lumière obtenue d’une égale quantité du même gaz-light varie suivant plusieurs circonstances.
- Le maximum de lumière correspond au nombre de particules charbonneuses précipitées à la fois dans la flamme et élevées à la plus haute température.
- Dans la pratique, on obtient en général la flamme la plus blanche, la lumière la plus vive, en accélérant la combustion par un fort tirage; mais cette combustion rapide diminue la somme des particules incandescentes à la fois, et par conséquent, la somme de lumière.
- D’un autre côté, si l’on ralentit le courant d’air, soit en employant une cheminée moins haute, soit en rétrécissant le passage, on diminue la température et l’éclat de la flamme; celle-ci devient rouge, plus volumineuse, et donne une quantité de lumière plus grande.
- Il est donc dans l’intérêt des fabricans de gaz-light de prendre ce dernier parti. Aussi, dès que ces données furent publiées, s’empressa-t-on, à Paris, de diminuer l’accès de l’air, en diminuant la section du passage intérieur par une bague qui fut posée à tous les becs; l’expérience apprit qu’ainsi on avait réalisé une économie d’environ i5 à 20 pour cent.
- (1) Voyez le Bulletin de janvier 1827, p. 23.
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- Mais le maximum d’effet est loin encore d’être réalisé ainsi : un excès notable d’air atmosphérique, sans servir à la combustion , emporte une grande quantité de chaleur, abaisse la température et diminue l’intensité lumineuse.
- Les nouvelles dispositions observées par M. J. Rénaux en Angleterre paraissent avoir pour -résultat de mieux porter au contact avec la flamme, et d’utiliser plus complètement l’air intérieur et extérieur du double courant, ce qui permet d’en diminuer la quantité et d’éviter ainsi la déperdition trop forte de chaleur par un aussi grand excès inutile, et enfin d’augmenter encore l’intensité lumineuse totale, obtenue.par la consommation d’une quantité donnée de gaz-light.
- Ces importans résultats ne sauraient être appréciés en chiffres, comparativement avec ceux obtenus dans la construction des becs ordinaires , sans que l’on n’eût àsa disposition un bec de la forme nouvelle, et c’est sans doute l’essai que s’empresseront de faire les Compagnies des différentes localités où l’éclairage au gaz existe.
- En conséquence, nous avons l’honneur de vous proposer de publier dans le Bulletin le présent rapport, ainsi que la note descriptive de M. J. Rénaux, et les dessins qu’il vous a adressés.
- Approuvé en séance, le 6février 1833,
- Signé Payen, rapporteur.
- Description de nouveaux becs a gaz à double courant d’air resserré, de MM. E. et W. Dixon de Londresj par M. J.
- Rénaux.
- Dans un voyage que j’ai fait récemment en Angleterre, ayant pour but spécial d’examiner les progrès de l’industrie de l’éclairage par le gaz, j’ai eu l’occasion de remarquer de nouveaux becs perfectionnés, qui remplissent parfaitement toutes les conditions d’économie et d’une bonne combustion. Ce bec ,pour lequel MM. E. et TV. Dixon sont brevetés en Angleterre , brûle peu de gaz {le bec à douze trous consomme moins de 3 pieds), n’en laisse point perdre et donne une flamme immobile et éclatante, sans dégager ni odeur ni fumée.
- Les becs Dixon sont construits à peu près sur les mêmes dimensions que les becs actuels ; les modifications que l’on y a apportées ont eu pour but de régler les courans d’air et de gaz consommés. Ainsi, l’on a cherché à envelopper le feu entre deux couches d’air égales en épaisseur et en vitesse : à l’extérieur du bec, le courant d’air qui arrive, comme dans les becs
- Trente-deuxième année. Février i833. 8
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- ordinaires, par la partie inferieure de la galerie, n’a accès qu’au travers d’une fente annulaire pratiquée dans le plateau de la galerie ; Vaire de cette fente est égale à celle du tube qui donne passage au courant d air intérieur. Afin que l’action de l’oxigène de l’air sur la flamme soit immédiate, une capsule en cuivre#, ayant la forme d’une section de sphère, enveloppe la fente annulaire par où s’introduit l’air (voir fig. g et 10, Pl. 536), et le conduit au niveau et tout autour de la grille du bec, de manière que la flamme qui s’élève de cette grille est en contact forcé avec le courant d’air qui s’établit dans la fente circulaire b; il est évident que cette disposition doit amener une amélioration dans la combustion sur les anciens becs, qui laissent l’air arriver librement et divaguer entre la flamme et la cheminée de verre. Le courant d’air, resserré ainsi, produit une augmentation notable de lumière, et empêche toute espèce de vacillement dans la flamme.
- Dans le tube ou cylindre intérieur du bec qui sert au passage du courant d’air appelé intérieur, on a pratiqué dans le bec Dixon une autre addition pour obtenir un égal résultat, c’est à dire de resserrer la flamme entre deux couches d’air égales.
- Le bec Dixon est évasé par le bas comme les anciens becs, pour faciliter l’introduction de l’air {voir fig. 8 et 12); le tube intérieur par où passe l’air est cylindrique, mais au sommet et au niveau de la grille, il est resserré par une bague ou anneau circulaire c, dont l’angle supérieur est abattu et biselé à la hauteur de l’angle inférieur, de manière que le bec présente, dans cette partie, un rétrécissement quia la forme d’un cône renversé, formé par l’anneau qui termine le bec. Ce rétrécissement est destiné à modérer la vitesse du courant d’air intérieur, et à renverser et rejeter la couche d’air tout autour de la flamme, de manière à la presser et activer la combustion.
- Dans les becs ordinaires, la vitesse du courant d’air intérieur est ordinairement plus grande que celle du courant extérieur; elle est telle, qu’elle fait très fréquemment fumer et qu’elle entraîne de notables portions de gaz qui échappent à la combustion. La disposition que l’on vient d’indiquer prévient cet inconvénient, et procure une économie réelle sur la consommation du gaz, en même temps qu’elle produit une plus vive et plus belle lumière.
- Les becs à double courant d’air resserré seront sans doute bientôt adoptés en France , comme ils le sont généralement en Angleterre.
- Explication des figures de la Pl. 536.
- Fig. 6. Le bec seul.
- Fig. 7. Galerie du bec.
- Fig. 8. Section du bec qui fait voir la construction intérieure-..
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- Fig. 9. Section de la galerie qui indique la disposition qui resserre le courant d’air extérieur.
- Fig. 10. Bec à vingt trous avec sa galerie.
- Fig. n. Grillé du bec portant vingt trous.
- Fig. 12. Section du bec au dessous de la fourche, qui fait voir les éva-semens.
- Fig. 15. Plateau qui porte la galerie.
- Fig. 14. Le bec et sa galerie vus en dessus.
- ay Capsule en cuivre enveloppant la fente annulaire b pour le passage du courant d’air extérieur.
- c. Bague ou anneau circulaire qui resserre le sommet du tube intérieur.
- ARTS ÉCONOMIQUES.
- Description dune touraille a air chaud3 inventée par
- M. Philipon.
- Les brasseurs donnent le nom de touraille à un fourneau d’une construction particulière, à l’aide duquel ils font dessécher et en quelques circonstances torréfier l’orge. En effet, lorsque les grains sont suffisamment ger-més, on doit à l’instant même arrêter leur végétation en les desséchant : il faut donc que les dimensions de la plate-forme carrée sur laquelle se fait cette opération soient telles, que toute la quantité de grains germes ensemble y puisse être étendue à la fois et en une couche de 8 à i3 centimètres d’épaisseur. La plate-forme de la touraille est à la partie supérieure du fourneau ; elle se compose de plaques en tôle percées de trous comme une écumoire : ces trous sont assez petits pour que les grains d’orge ne puissent passer au travers, et sont très rapprochés les uns des autres. Cette plate-forme représente la base d’une pyramide quadrangulaire renversée, dont le sommet est tronqué par le foyer du fourneau. La grille est surmontée d’une trémie renversée en briques, qui est destinée à empêcher que les petites racines et quelques particules de grains 11e tombent sur le feu, de crainte quelles n’y produisent de la fumée : par cette disposition, toutes les substances qui traversent les trous de la plate-forme sont renvoyées vers les parties latérales et recueillies dans des cavités inférieures, ménagées à cet effet.
- On emploie pour combustible dans ce fourneau une sorte dé houille qui produit peu de fumée; c’est le charbon de Fresnes. L’air extérieur introduit par le cendrier alimente la combustion, et l’air brûlé échappe par
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- les trous dont là plate-forme est perforée, au travers du malt qu’il dessèche.
- Le feu doit être d’abord très modéré, de manière à élever la température du malt jusqu’à /\o degrés centigrades seulement, jusqu’à ce que le grain soit presqu’entièrement sec. On élève alors latempérature en augmentant l’activité du feu jusqu’à 60 degrés centigrades, et même plus haut, si l’on se propose de préparer une liqueur colorée; mais ce n’est pas tant cette élévation de température qui caramélise le grain que la promptitude avec laquelle elle est opérée, en sorte qu’elle puisse exercer son action tandis qu’il y a encore de l’humidité dans le. malt; car, à chaleur égale, il est possible d’obtenir du malt brun ou blanc.
- Pendant la dessiccation du malt, on le retourne de temps en .temps pour exposer également toutes ses parties à l’action de la chaleur, et lorsqu’il est suffisamment desséché et encore chaud, les ouvriers le frottent en trépignant pour détacher les racines, qui sont alors très friables. On nettoie ensuite complètement le malt de ces racines en les passant dans un crible de fer* .ou, mieux encore * dans un bluteau garni d’une toile métallique. .
- Après avoir fait connaître les opérations suivies dans nos brasseries pour le touraillement de l’orge, nous allons passer à la description d’une touraille à air chaud, inventée par M.Philipon et employée dans la brasserie de M, Chap-pellet} rue d’Enfer, n° 7 1.
- Cette touraille, représentée en coupe verticale,jig. 5, PL 554* se compose d’une partie inférieure A, ayant la forme d’un cône tronqué renversé, du fourneau B et du grenier C, où se place le grain, et qui est muni d’évents, par où s’échappe la buée produite par la dessiccation.
- Le combustible, composé de charbon de Fresnes, est placé sur la grille D, La flamme et le peu de fumée qui se dégage se rassemblent dans une caisse ou boîte métallique E, en forme de trémie renversée, établie sur la maçonnerie F, et percée de trous aa, qui donnent passage à l’air chaud. La fumée vient frapper contre la plaque G, d’où elle est renvoyée sur le foyer B, où elle se brûle. La combustion est activée par l’air qui pénètre parle cendrier H,
- L’air chaud, après s’être répandu dans la capacité A, passe à travers les trous dont, est percée la plate-forme en tôle I, sur laquelle repose la couche d’orge germée. A mesure que l’orge se dessèche^on la remue avec des pelles, et la vapeur qui s’en élève passe par les trous b b et par les ouvertures latérales du chapiteau ou de la mitre J , pour s’échapper au dehors. .
- Les petites racines qui se détachent du grain pendant la dessiccation tombent sur le toit incliné R de la boîte E, et glissent de chaque côté pour arriver sur le plan incliné L de la maçonnerie F; qui les dirige au dehors par des conduits latéraux M.
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- Â4 là fin de l’opération, quand la vapeur cesse de se dégager, on ferme les évents afin de concentrer la chaleur.
- Trois tourailles semblables sont en activité dans l’établissement de M. Chappellet. Cependant, suivant lui, ces appareils laissent encore àdésirer, parce qu’ils ne permettent pas de régler la chaleur d’une manière convenable, et qu’on risque de torréfier l’orge au lieu de la dessécher. En effet, il est reconnu qu’une température trop élevée peut lui faire perdre jusqu’à 10 pour ioo de son principe sucré, ce qui est un très grand inconvénient. Pour y remédier, M. Philipon a imaginé d’employer un calorifère à circulation d’air chaud en remplacement du fourneau. Par ce moyen, il obtient une température bien plus égale et qu’il peut augmenter ou diminuer suivant le besoin. Il évite aussi le danger d’incendie qui se manifeste quelquefois dans, les tourailles ordinaires par l’accumulation des racines dans le voisinage du foyer.
- Ces améliorations ont été introduites avec un plein succès dans une brasserie de la ville du Mans. (D.)
- E x trait des proces-verbaux des séances du Conseil. d’administration de la Société d. Encouragement.
- Séance du 6 février i833.
- Correspondance. M. le baron de Fahnenberg adresse des renseignemens sur um nouveau perfectionnement apporté par M. G. Naumann, de Francfort-sur-le-Mein, à la typographie polyeolore, inventée par lord TF. Congreve. M.. Naumann-adresse, par la meme voie, une note et quelques échantillons de typographie polyeolore.
- M. Picard, au Bourg-la-Reine* près de Paris , soumet à l’examen de la Société un modèle de télégraphe qui, selon lui, réunit aux conditions de simplicité, de, solidité,'de vitesse et de précision, la faculté-de pouvoir donner mille signaux primitifs, au lieu de cent quatre-vingt-seize que donne celui dont on se sert.
- M. Stevenel, à Châlons-sur-Marne, annonce qu’il a inventé une machine à, battre le blé et en sollicite l’examen.
- Objets présentés. MM. Ptfiet frères, manufacturiers, à Paris, demandent des commissaires pour examiner les perfeetionnemens qu’ils ont apportés à la fabrica-, tion des armes à feu portatives.
- M. Mairan, chapelier, à Paris, présente un chapeau rendu imperméable par un-procédé pour lequel il a pris un brevet d’invention.
- M. Lebrun, fabricant d’appareils de chauffage un petit éolipyle en cuivre, propre à chauffer promptement les liquides.
- , M. Rock fils, chaudronnier, à Paris , des lettres en métal coulé pour enseignes. .
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- M. Félix Midy. ingénieur civil, demande des commissaires pour examiner les manuscrits de trois tableaux faisant partie d’une collection dont le but est de ramener à une opération purement mécanique et qui n’exige aucun travail d’esprit les calculs les plus compliqués du commerce , de la banque et de l’industrie.
- M. Saulnier aîné , ingénieur-mécanicien et membre de la Société , annonce qu’il a inventé une machine qui exécute ce qu’en gravure on appelle bornage, et il présente des épreuves dont il sollicite l’examen.
- M. Cl.-Anth. Costaz fait hommage d’un exemplaire de l’ouvrage qu’il vient de publier, sous le titre suivant : Histoire de ï Administration en France de T agriculture, des arts utiles, du commerce, des manufactures, des subsistances, des mines et des usines y accompagnée cC observations et de roues, et terminée par celle des moyens qui ont amené le grand essor pris par T industrie française depuis la révolution. 2 vol. in-8°.
- M. Payen présente la seconde partie du rapport qu’il à fait, au nom du Jury départemental de la Seine, sur les produits de l’industrie admis à l’exposition de 1827.
- M. Mallet dépose, au nom de M. Berthault-Ducreux, ingénieur des ponts et chaussées, un ouvrage intitulé : Théorie et pratique des mortiers et cimens.
- Rapports des Comités. Au nom du Comité des arts mécaniques, M. le vicomte Héricart de Thury lit un rapport sur la scierie de granit et de porphyre de la Mour line du Raddon, arrondissement de Lure (Haute-Saône).
- M. le préfet, qui a appelé l’attention de la Société sur cet établissement, aujourd’hui abandonné, pense qu’il pourrait être repris avec succès pour les arts et avec avantage pour le département de la Haute-Saône.
- M. le rapporteur entre dans des détails pleins d’intérêt sur la situation avantageuse de cette scierie, sur l’époque de sa création, la durée de ses travaux, les beaux produits qui en sont sortis, leur emploi dans plusieurs monumens et dans les arts, l’état actuel de l’établissement et le matériel resté en magasin ; enfin il rend compte des recherches qui ont été faites sans succès pour retrouver les premiers entrepreneurs.
- Tout en regrettant que cette belle usine ait cessé d’exister, le Coimité ne pense pas que la Société puisse la relever et la remettre en activité. Cependant il propose d’adresser le rapport à M. le Ministre du Commerce et des Travaux publics, afin que, dans l’intérêt des propriétaires, il fasse faire toutes les recherches nécessaires , et que dans le cas où ils refuseraient de se faire connaître, le Gouvernement prenne les mesures; convenables pour sauver cette intéressante usine de la ruine complète dont elle est menacée, soit en l’affermant, soit en la concédant pour un temps déterminé aux entrepreneurs qui souscriront les conditions les plus avantageuses. [Approuvé.] '
- Au nom du meme Comité, M. Francœur lit un rapport sur un pendule-compenr sateur de M. Duchemin.
- Le Comité propose : i° de remercier Fauteur de sa communication;, 20 d’insérer
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- lé rapport au Bulletin, ainsi que la description et la figure de son pendule-compensateur. [Approuvé.]
- Au nom du même Comité, le même membre lit un rapport sur le pendule-compensateur de M. Jacob. j
- Le Comité propose de remercier l’auteur de sa communication et d’insérer le rapport au Bulletin, avec la description et la figure de ce pendule. [ Approuvé.]
- Au nom du même Comité, M. Th. Olivier lit un rapport sur la machine à éprouver la force des chaînes, de M. David, mécanicien au Havre.
- Le Comité propose : i° de publier dans le Bulletin le mémoire descriptif rédigé par M. Schwilgué, ingénieur des ponts et chaussées/, 2° de faire graver les plans, coupe et élévation de cette machine 5 3° de remercier M. David de sa communication. [Approuvé.]
- Au nom du Comité des arts chimiques, M. Payen fait un rapport sur une notice adressée par M. Jules Rénaux, ingénieur civil à Lyon, relativement à des becs de gaz perfectionnés et patentés en Angleterre.
- Le Comité propose de publier dans le Bulletin le rapport, ainsi que la note descriptive de M. Rénaux et les dessins qu’il a adressés. [Approuvé.]
- Au nom du Comité des arts économiques, M. Labarraque lit les rapports suivans :
- i°. Sur les socques de M. BevaleU
- Ces socques en cuir diffèrent des socques ordinaires par la flexibilité du milieu de la semelle obtenue au moyen d’une brisure particulière, ce qui rend la marche extrêmement facile, ainsi que l’expérience l’a démontré.
- Le Comité pense que l’auteur mérite l’intérêt et les éloges de la Société , et propose de faire mention, dans le compte rendu des travaux de la Société, de l’amélioration apportée par M. Bevalet aux socques en cuir. [ Approuvé.]
- 20. Sur le soulier-socque Je A/. Lemare.
- C’est un soulier à semelles brisées qui portent chacune quatre hausses en cuir, de triple épaisseur, dont une est placée sous le talon et coupée carrément*, celle qui est placée à l’autre extrémité de la chaussure a la même forme, et de la sorte , la boue jaillit en avant et en arrière sans rebrousser sur la personne qui marche. La première partie de la hausse est cousue au soulier, les deux autres sont clouées, ce qui permet de les changer facilement et sans une grande dépense 5 on conçoit que le poids de la chaussure en est augmenté.
- La semelle des souliers et la première hausse sont enduites de goudron, afin de les rendre imperméables à l’eau.
- Une personne qui a porté pendant plusieurs mois des souliers confectionnés par M. Lemare en à été fort contente sous tous les rapports.
- Le Comité propose : i° d’adresser des éloges àM. Lemare pour avoir porté ses soins et son attention sur cet objet de première nécessité; 20 d’ordonner le dépôt du rapport aux archives de la Société. [Approuvé.]
- Au nom du Comité d’agriculture, M. Huzard fils lit un rapport sur les améliorations agricoles entreprises parM. Pons, député du département de Vaucluse. Des
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- certificats authentiques ayant constaté le succès de ces améliorations, le Comité propose de renvoyer à la Commission des médailles les deux notices.adressées par M. Pons, et renfermant le résultat de ses travaux. [Approuvé.]
- Au nom du meme Comité, le même membre lit un rapport sur le plantoir à blé de M. Bonafous.
- Ce,correspondant a adressé au Conseil.quelques considérations sur les avantages que paraît devoir présenter la plantation du blé dans la petite culture. lia accompagné ces considérations de la figure et de .la description d’un plantoir mécanique de son invention, qu’il juge plus propre ,à jemplir le but que tous çeux qui ont été essayés jusqu’à présent.
- Le Comité propose de remercier M. BonafoMs de sa communication, en l’invitant à faire connaître les résultats qu’il pourra obtenir de l’emploi de son plantoir. [Approuvé.]
- Communications. M. le baron de Ladoucette entretient le Conseil d’un puits ar?-tésien qu’on exécute en ce moment à Montreuil-sous-Laon, dans l’intérieur du dépôt de mendicité , et lit une note à ce sujet.
- Depuis le ier mars i83o,, époque du commencement du sondage,, jusqu’au ier février i833 , quatre cent cinquante journées , chacune de douze heures .effectives , ont été consacrées à ce travail et ont atteint la profondeur de a56m6o./'[ (790 pieds) avec une dépense de r8,3oo fr. Ainsi, ona avancé de 2 pieds , terme moyen, avec une dépense moyenne de 46 fr. 60 c.
- La direction des travaux a été confiée à M. Coquerel, ingénieur en chef des mines, à qui l’on doit l’introduction des puits forés dans les déparlemens de l’Aisne et de l’Oise. Les opérations du sondage sont faites par M. Mulot, d’Epinay, dont la Société a récompensé les talens.en ce genre par une médaille d’or de première classe.
- M. de Lasteyrie parle d’un puits artésien qui a été creusé à Florence , .et qui a rendu un immense service à cette ville, en lui procurant une grande abondance d’eau potable, d’excellente qualité.
- M. Héricart de Thury ajoute que le sondeur qui a foré ce puits est un Français. Séance du 20 février i833.
- Correspondance. AL ,1e Ministre du Commerce et des Travaux publics adresse une notice qui lui est parvenue sur la culture de la cochenille en Espagne, et particulièrement dans le royaumede Valence. Il invite la Société, si elle juge que la publication de ce document puisse être de quelqu’utililé, à le faire insérer dans son Bulletin, soit en entier, soit par extrait.
- M. Du Mirai-Jendy, ancien magistrat, ,à Chauriat, près Billom (Puy-de-Dôme), adresse un mémoire sur l’emploi du basalte en architecture. ;
- M. Tudot, artiste lithographe, à Paris, adresse un ouvrage contenant la des* criplion des procédés qui lui ont valu les récompenses de la Société.
- Objets présentés. M. le marquis d’ .Aubusson de la Feuillade soumet au jugement de la Société une nouvelle roue à pales, de son invention.
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- M. Taillepicd de la Garenne, un nouveau moyen d’employer la force des chevaux pour donner l’impulsion aux voitures.
- M. fleuri Robert, horloger, à Paris, deux instrumens : l’un qu’il nomme méridien portatif servant à observer l’instant du passage du soleil au méridien, l’autre qu’il appelle balance astronomique, à l’aide de laquelle il peut trouver l’heure en tous lieux.
- M. Berthault-Ducreux, ingénieur des ponts et chaussées, fait hommage d’une brochure ayant pour titre : Mémoire sur la nécessité d'une liberté illimitée dans les charges de roulage, et sur les moyens pratiques de maintenir les routes en parfait état avec cette liberté, sans accroître la dépense.
- Rapports des Comités. Au nom du Comité des arts mécaniques, M. Héricart de Thury lit un rapport sur la pompe ou appareil désinfeeteur de M. Potier, entrepreneur de puits, à Paris.
- Le Comité propose i° de remercier M. Potier de la communication de son appareil et de lui adresser deux cents exemplaires du rapport; de faire insérer lè rapport et la description de cet appareil dans le Bulletin; 3° d’adresser une expédition du rapport à M. le préfet de police, en l’invitant à faire connaître aux entrepreneurs et cureurs de puits le ventilateur de M. Potier et en l’engageant à en faire exécuter un certain nombre pour les déposer, soit dans les principaux postes de la ville, soit chez les commissaires de police, où l’on serait assuré de les trouver à tout besoin ou en cas d’accident. [Approuvé. ]
- Au nom du même Comité, M. Francœur lit un rapport sur les serrures de M. Jfude, serrurier, à Villiers-le-Bel.
- Ce que ces serrures ont de particulier consiste dans un appareil destiné à faire fonctionner le demi-tour. On sait que les serrures à bouton ne fonctionnent avec aisance que dans un sens. M. JEfude a voulu éviter cet inconvénient, et le Comité pense qu’il y est parvenu. Le pêne joue facilement, le bouton peut indifféremment agir dans un sens ou dans le sens contraire, ce qui est d’un usage commode ; mais ces avantages sont achetés par un peu de complication , d’où il résulte que ces sortes de serrures doivent être plus coûteuses que les autres et aussi plus sujettes à se déranger.
- Quoi qu’il en soit, le Comité pense que M. Hude est un artiste intelligent dont il faut encourager les essais : en conséquence, il propose de le remercier de sa communication et de l’engager à continuer ses tentatives pour perfectionner l’art qu’il exerce. [Approuvé.]
- Le même membre , au nom du même Comité , fait un rapport sur le métrophone de M. Legros de la Neuville.
- Comme la destination de cet instrument est d’enseigner une partie des élémens de l’art musical, qu’aucune combinaison mécanique particulière ne s’y fait remarquer, et qu’enfin la Société ne s’occupe point des objets qui concernent exclusivement les beaux-arts, le Comité propose de remercier M. Legros de la Neuville de sa communication et de lui faire connaître les raisons qui s’opposent à ce que la Société se constitue juge de son invention. [ Approuvé.]
- M. Hachette propose, au nom du Comité des arts mécaniques, de souscrire pour Trente-deuxieme année. Février i833. 9
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- cinquante exemplaires, à 5 fr. chacun, d’un ouvrage traduit de l’anglais par M. Pelouze père, et ayant pour titre : Résumé théorique et pratique de la question des chemins de fer, contenant la notice historique sur les chemins de fer de Liver-pool à Manchester, par M. Henri Booth , ingénieur civil, trésorier de la compagnie des chemins de fer. i vol. in-8° avec deux planches.
- Cette proposition est renvoyée à la Commission des fonds.
- Au nom d’une Commission spéciale, M. Payen lit un rapport sur le mémoire de M. Johard, de Bruxelles, relatif au projet de loi sur les brevets d’invention.
- M. Payen propose i° d’adresser des remercîmens à M. Jobard et de lui envoyer copie du rapport-, a0 d’insérer ce dernier au Bulletin. [Approuvé.]
- Au nom de la même Commission, le même membre propose de faire tirer à part mille exemplaires des observations de la Société sur la législation existante des brevets, afin de les distribuer aux membres des deux Chambres et du Conseil d’Etat.
- Cette proposition est adoptée ; mais la distribution des mille exemplaires sera différée jusqu’à l’époque où la loi sera discutée aux Chambres.
- Communications. M. Mallet annonce qu il a reçu de M. le vicomte de Barres du Molard, ancien officier supérieur d’artillerie, un mémoire sur un ciment qu’il a découvert à Bijou, commune de Chomerac (Ardèche), auquel il donne le nom, de gluten volcanique, et dont des échantillons sont déposés dans le local de la Société : il demande qu’une Commission soit nommée pour faire l’essaide ceciment.
- Cet objet est renvoyé à la Commission qui a fait l’examen du ciment de Pouilly.
- Le même membre rappelle que, l’année dernière, il a entretenu le Conseil d’un appareil deM. Robison, applicable au chauffage domestique , et que le Comité des arts chimiques avait été chargé de faire des expériences à ce sujet: il n’avait pu produire alors que des indications vagues sur cet appareil ; mais depuis, la description en ayant été consignée dans le Mechanics Magazine, il demande que le Comité des arts chimiques veuille bien s’occuper de cet objet.
- M. le vicomte Héricart de Thury annonce que M. Degousée, ingénieur civil, vient de terminer le percement du troisième puits artésien, qui lui avait été commandé par le conseil municipal de la ville de Tours. A la profondeur de 129“28 (398 pieds), à laquelle on s’est arrêté, la sonde a atteint, dans les sables et les grès verts inférieurs à la craie , une nappe d’eau^ui a fourni un ruisseau capable de faire tourner un moulin. L’eau a jailli par la trappe de la baraque des sondeurs et s’est élevée à plus de iom5o au dessus du pavé. Cette belle source donne plus de 3oo mètres cubes d’eau par vingt-quatre heures.
- Par suite de cet important succès, le Conseil municipal de Tours a traité avec M. Degousée pour le percement de deux nouveaux puits, l’un dans le quartier de la cavalerie, et l’autre dans celui de l’infanterie.
- ~ ' .... "............ 1 --— — --J-- 1 - ' -i-
- Madame HUZARD (bée VALLAT LA CHAPELLE),
- IMPRIMEUR DE LA. SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT POUR L’INDUSTRIE NATIONALE,
- RUE DE i/ÉPEROM , N° 7.
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- TRENTE-DEUXIÈME ANNÉE. (N°. CCCXLV.) MARS i833.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MECANIQUES.
- Description des machines propres a la fabrication des roues de voitures établies dans les ateliers de M. E. Philippe [Suite.] (i).
- /
- 4e opération. Elle consiste à scier les jantes de longueur, suivant le rayon de la roue à laquelle elles sont destinées, sans avoir besoin de les tracer d’après un calibre, comme dans le travail ordinaire.
- La machine qui accomplit cette opération est une scie circulaire portant un chariot sur lequel sont disposées des pièces à coulisse qui, une fois réglées, permettent de scier un bout de la jante d’après le rayon, puis, en la retournant, de scier l’autre bout selon le même rayon, en les tenant en même temps de longueur.
- Explication des figures de la PL 5*5 j.
- Fig. 1. Élévation vue de face de la machine à scier les bouts des jantes.
- Fig. 2. Élévation latérale de la même.
- Fig. 5. La machine vue en plan.
- Fig. 4* Section longitudinale, suivant la ligne AB du plan.
- Fig. 5,6, 7. Détails des supports et des butoirs.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans toutes les figures.
- A, Côté du bâtis dont le dessus forme une règle plate.
- (i) Voyez Bulletin de janvier dernier, page 9.
- Trente-deuxième année. Mars 1833.
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- .7 ~ ( «4 > : ; - ; ; - _
- B, Côté du bâtis dont le dessus forme une règle angulaire. Cette partie est réunie au bâtis A par quatre entretoises y y y y-
- C, Châssis fixé au bâtis B par deux boulons et supporté par les colonnes HH. 7 *,
- D, Arbre dont un bout forme une embase l, dans laquelle passe une goupille n9 fig. 4, pour retenir la lamé de scie circulaire K. Cette scie est maintenue de l’autre côté par une rondelle m serrée par un écrou o. Cet arbre, qui porte à son extrémité opposée une poulie motrice L, tourne dans deux paliers a a garnis de coquilles en cuivre et fixés sur le châssis C.
- E, Poulie folle montée sur un tourillon à embase b, fixé à écrous sur un support c adapté au châssis C.
- F, Chariot muni en dessous de quatre saillies qui glissent sur les règles des côtés A et B du bâtis.
- G, Support et butoir fixé sur le chariot F par un boulon contre lequel on
- appuie la jante pour scier le premier bout; on la pose ensuite sur ce même boulon en la serrant contre Ja colonne d pour couper le bout opposé.. >
- M, Support et butoir à coulisse remplissant les mêmes fonctions que le précédent, mais que l’on règle à volonté d’après un calibre, suivant la dimension des roues. La colonne r se meut aussi à coulisse pour pouvoir régler plus facilement la machine.
- I, Butoir à coulisse contre lequel s’appuie le bout de la jante qui vient
- d’être sciée, et qui détermine sa longueur. /
- J, Jante dans sa première position, prête à être sciée.
- Jeu et avantages de la machine. On règle le support M d’après la courbe, avec un calibre de la grandeur qu’on veut donner à la jante, de manière que la section soit parallèle à la scie; on règle de même la position de la colonne r, puis on arrête le butoir I, qui détermine la longueur.
- La machine étant ainsi disposée, l’ouvrier place sur le chariot la jante, dans la position où elle est représentée ,et l’appuie contre les butoirs G et M; en poussant alors le chariot F, la scie opère la première section; puis, faisant rétrograder le chariot, et retournant la jante bout pour bout, il la fixe dans la position indiquée par les lignes ponctuées,fig. 3, sur les pièces G et M, qui servent alors de support, et l’appuie Contre les colonnes d et r et contre le butoir I; dans ce moment, la scie opère la deuxième section, et la jante se trouve coupée de longueur. ^
- La scie circulaire fait quatre cents tours à la minute; il faut cinq minutes pour scier de longueur et selon le rayon le nombre de jantes nécessaire pour une paire de roues, sans avoir besoin de les tracer , et avec toute la régularité possible. V .
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- 5e opération. Le perçage des trous d’accouplement des jantes se fait au moyen d’une machine composée d’un banc surmonté d’une poupée dans laquelle passe un arbre ayant d’un bout un renflement pour recevoir une mèche ou tarière, et d’un plateau portant des mâchoires ou mordaches mues par une vis à filets taillés à droite et à gauche, comme celle d’un étau, et destinées à maintenir la jante.
- Un support et un butoir, que l’on règle à volonté, permettent de percer les trous d’accouplement parfaitement parallèles à la tangente.
- ; Cette opération faite à la main dépend entièrement de la justesse du coup-d’oeil de l’ouvrier et ne remplit jamais les conditions voulues, puisqu’elle ne permet pas de percer le trou avec la précision convenable, ce qui est cependant fort important pour assurer la solidité de la roue. En effet, quand les trous sont mal percés, ils occasionent la fente des montans des jantes et empêchent l’assemblage parfait de la roue.
- : Explication des figurés de la PL 538.
- Fig. i. Élévation longitudinale de la machine à percer les trous d’accouplement dans les jantes.
- Fig. 2. Plan de la même.
- Fig. 3. Élévation vue de face.
- Fig. 4- Le chariot et l’étau vus séparément.
- Les mêmes lettres indiquent les memes objets dans toutes les figures.
- A, Arbre tournant dans deux coussinets en cuivre, et portant à son extrémité une boîte qui reçoit une mèche ou tarière a à point de centre, dite anglaise, retenue par une goupille g. Sur cet arbre, sont montées deux poulies LM, dont l’une, fixée à clavette, donne le mouvement à la machine; l’autre poulie M tourne librement autour de son axe.
- c, Bague fixée sur l’arbre À par une vis de pression i; elle sert à empêcher la poulie M de s’écarter de la poulie motrice L.
- B, Poupée fixée sur le banc D par un fort boulon b et portant deux paires de coussinets retenus par des chapeaux nnr. Les vis kk', qui traversent un renflement taraudé au milieu des chapeaux, font pression sur les coussinets.
- C, Bride fixée, par des vis à chapeau tt, au montant de derrière de la poupée B, et portant au milieu un renflement taraudé qui reçoit une vis de butée p, destinée à empêcher que les collets de l’arbre A n’usent les coussinets sur le côté.
- Dy Banc formant deux règles, l’une plate et l’autre angulaire, et muni de
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- quatre oreilles dddd> au moyen desquelles il est boulonné sur les tréteaux m mr.
- E, Chariot ou plateau mobile coulant sur le banc D : il est muni de quatre galets en cuivre. Sur le devant et le derrière sont deux oreilles auxquelles se fixent les supports G et H ; en dessous est un tourillon qui s’en--gage dans une coulisse dont est percé le levier F dans le milieu de sa longueur, et qui sert à faire avancer ou reculer le chariot.
- A F, Levier portant une douille <?, montée sur un tourillon à embase f3 qui est fixé sur une équerre h} laquelle est retenue par un boulon au banc D. Ce levier a son centre de mouvement sur le tourillon f.
- G, Support que l’on élève de manière que le centre de la jante correspond au centre de la mèche, et contre lequel on fait buter la jante.
- H, Butoir boulonné sur le devant du chariot, et percé d’une coulisse pour pouvoir l’élever ou l’abaisser jusqu’à ce que la section de la jante forme un angle droit avec le dessus du banc D. Ce butoir est terminé par un petit talon en forme d’équerre u, qui sert à reposer la jante et l’empéche d’avancer.
- I, Jante destinée à être percée.
- JJ, Mordaches en forme de mâchoires d’étau, coulant à queue d’aronde entre les règles q q' et recevant leur mouvement de la vis K.
- R, Vis mue par une manivelle r, et ayant au milieu un collet pour un support s fixé sur les coulisses qcf, ce qui le retient sans l’empêcher de tourner. La moitié de cette vis est filetée à droite et l’autre moitié à gauche, de sorte qu’en tournant la manivelle r on rapproche ou l’on éloigne les deux mâchoires l’une de l’autre, afin que leur centre corresponde toujours au centre de la mèche, quelle que soit la dimension de la jante.
- Jeu et avantages de la machine. On a pour calibre une jante de dimensions semblables à celle que l’on veut percer ; ensuite on élève ou abaisse le support H jusqu’à ce que la section du bout de la jante soit d’équerre avec le banc D. On fait avancer le chariot, puis donnant le mouvement à la mèche, on perce la jante d’un trou qui formera un angle droit avec la section de la jante, ce qui offre l’avantage qu’en les mettant bout à bout les deux trous se correspondent exactement et forment une ligne droite parallèle à la tangente partant de l’extrémité de la section.
- Cette machine une fois réglée, on fait porter la jante sur le butoir G, on 1 appuie sur le support H, et tournant la manivelle r, on la serre entre les mâchoires de l’étau, et on la fixe d’une manière invariable. Saisissant ensuite le levier F, on faitavancer le chariot contre la mèche, qui tourne avec une grande vitesse.
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- Indépendamment de l’extrême promptitude avec laquelle cette machine opère, son principal mérite consiste dans la précision qu’elle apporte dans le travail. En effet, il est impossible qu’un ouvrier puisse percer à la main, dans le bout d’une jante, un trou qui corresponde exactement avec le trou qu’il aurait percé dans une autre jante, et se trouvant l’unit l’autre sur une même ligne parallèle à la tangente partant du point d’accouplement.
- 6e opération. Le perçage des trous des broches (i) dans les jantes se fait sur un banc surmonté d’une poupée de tour, dont l’arbre porte une mèche semblable à celle employée pour percer les trous d’accouplement. La jante est placée sur un chariot, et maintenue, au moyen de deux butoirs et d’une vis de pression, dans une position telle que les trous qui y sont percés aboutissent tous au centre, c’est à dire se trouvent dans la direction des rayons.
- Cette machine et la précédente emploient chacune la force d’un homme, et mettent le même temps à opérer.
- Explication des figures de la Pl. 539.
- Fig. 1. Élévation latérale de la machine à percer les trous pour recevoir les broches.
- Fig. 2. Plan de la même.
- Fig. 3. Élévation vue de face.
- Fig. 4. Le banc et le chariot vus en coupe.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans toutes les figures.
- A, Arbre portant une boîte pour recevoir la mèche ou tarière a maintenue par une goupille g.
- B, Poupée solidement établie sur le banc D, au moyen d’un fort boulon b. Elle porte deux paires de coussinets en cuivre dans lesquels tourne l’arbre A, et qui sont assujettis par des vis à chapeau nn'.
- C, Bride adaptée à la poupée, et traversée par une vis de butée p.
- D, Banc dont la partie supérieure est formée d’une règle plate et d’une règle angulaire.
- Les parties AB C D sont exactement semblables à celles désignées par les mêmes lettres dans la machine à percer les trous d’accouplement.
- E, Plateau mobile recevant un mouvement de va-et-vient par l’intermédiaire du levier F; il est monté sur quatre galets qui roulent sur le banc D. Ce plateau porte sur les côtés quatre oreilles qui donnent passage à un pareil
- (i)On appelle broches, en terme de charronnage, les tenons qui forment l’extrémité des rais.
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- nombre de colonnes II, et en dessous un tourillon v épii entre dans une entaille du levier F, et sert à faire avancer ou reculer le plateau. :*> i >
- F, Levier dont le milieu est percé d’une mortaise longitudinale dans la*
- quelle entre le tourillon v : il porte une douille e, et a son centre de mouvement autour d’un boulon/fixé Sür une équerre h. j i•
- G, Second plateau mobile que l’on élève à volonté, à l’aide des colonnes U
- et de leurs écrous * suivant l’épaisseur des jantes à percer, de manière que le milieu de la jante corresponde au centre de la mèche. Un trait marqué sur ce plateau, et formant prolongement de l’axe de la mèche, sert à régler la machine. ' ; ; •:^
- H, Jante destinée à être percée. i - ? ;.v .
- I, Butoir à coulisse fixé sur le plateau G. — , i . t
- J, Support à coulisse contre lequel on appuie la jante. - ;
- R, Col-de-cygne portant une Vis à manivelle pour maintenir la jante en place. Une petite embase x est taraudée" à $on extrémité pour empêcher qu elle ne marque sur le bois.
- L, Poulie fixe ou motrice. ' ’ ï\
- M, Poulie folle. :
- Jeu et avantages de cette machine. On a pour calibré une janlé semblable à celle que l’on veut percer : on marque sur le milieu de son épaisseur un trait horizontal et un trait perpendiculaire à l’axe du trou ; cè dernier trait est tracé en dedans et en dehors de la jante, et doit correspondre exactement avec celui indiqué sur le plateau G et formant prolongement de l’àxe de la mèche. Cela fait, on place la jante sür le plateau de manière à ce que le trait vertical tombe d’à-plomb sur celui marqué sur le plateau ; on règle le butoir I et le support J, et on serre la vis de pression en tournant la manivelle r; puis, faisant avancer le chariot à l’aide du levier F contre la mèche, celle-ci perce immédiatement le trou. " ’ ^ "
- Lorsque les jantes sont de diverses épaisseurs, ôn élève au moyen des écrous et contre-écrous lé plateau ô, jusqu’à cè que le trait horizontal marqué sur la jante servant de calibre corresponde àü centre dé lâ mèche.
- La machine étant ainsi réglée, on peut percer avec promptitude et précision autant de jantes qu’on le désiré, avec la certitude que tous les trous aboutissant au centre se trouvent parfaitement espacés et sont bien parallèles au plan de la janté. “ ’ .
- En douze à quinze minutes,. un ouvrier peut percer ainsi toutes les jântes d’ùnè paire de roués. * ' (î>.)
- (La suite à un autre numéro.)
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- Rapport fait par M- Héricart de Thury, au nom du Comité des arts, mécaniques j sur le ventilateur ou soufflet désinfecteur de M. Pottier, entrepreneur de puits, rue des Charbonniers, n° 9, faubourg Saint-Jacques, à Paris.
- ! -Messieurs, la ventilation est, vous le savez, l’établissement artificiel d’un courant d’air capable d’aspirer ou d’entraîner le mauvais air ou toutes les émanations pernicieuses d’une salie, d’un hospice, d’une prison, d’une mine, d’une carrière, d’un puits, enfin d’un lieu quelconque, et de le remplacer par de l’air pur sans cessé renouvelé.
- .. . Cette ventilation s’établit par trois moyens : i° les ventilateurs mécaniques ; 29 les foyers ; et 5° les tuyaux ou conduites d’air, qui établissent la communication entre des lieux de température différente.
- Ces moyens sont nombreux - ils sont connus et décrits depuis long-temps; plusieurs sont employés avec succès, mais ils ne sont pas tous également bons, ils sont plus ou moins dispendieux : aussi n’est-il pas de jour qu’on n’y apporte des modifications et des améliorations qui tendent à les simplifier, à les rendre plus puissans, et, ce qui est surtout à désirer, qui finiraient peut-être par les mettre à la portée des professions industrielles et peu fortunées qui en ont le plus besoin.
- Il y a plus de vingt ans que nous avons fait de grands essais à cet égard, en établissant, dans les travaux de consolidation des anciennes carrières de la ville de Paris, une ventilation générale à l’aide de simples tuyaux de poêle et de foyers portatifs. Ces appareils ,que nous faisions communiquer avec les puits qui traversent les anciennes carrières, furent établis et prolongés partout suivant le besoin. Ce moyen simple, actif, peu dispendieux et des plus puissans, obtint le succès le plus complet, et dans aucune circonstance, quelque pénibles ou dangereuses que fussent les opérations à faire au milieu des éboulemens les plus menaçans, et à travers d’infectes et dégoûtantes infiltrations de puisards, d’égouts ou de fosses d’aisance, qui rendaient inabordables certaines parties des travaux souterrains qu’il fallait cependant consolider, la sûreté publique se trouvant compromise à la surface, nous n’avons perdu aucun ouvrier, aucun n’a même été incommodé; enfin, en peu de temps, nous eûmes la satisfaction de voir tous nos ateliers parfaitement et complètement assainis, et même tellement aérés que nous avons souvent été obligés de modérer la circulation des courans d’air, à cause de la trop rapide combustion des lumières et du froid dont se plaignaient les ouvriers.
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- Au reste, si nous parlons ici de ce moyen, ce n’est pas dans l’intention de nous l’attribuer : non, Messieurs. Depuis long-temps il est assez connu et employé dans les mines; mais, nous trouvant en position d’en faire une grande application, nous l’étudiâmes avec soin, en le modifiant suivant les localités, les circonstances et les accidens, de manière à le rendre aussi simple, aussi prompt qu’efficace et infaillible, et nous fûmes dans le temps vivement encouragés dans nos essais en apprenant qu’en Angleterre M. Ryan, dans le même moment, faisait en grand l’application du même procédé, avec le succès le plus complet, dans les mines : de houille du Staffordshire, sujettes aux plus fâcheux et aux plus graves accidens.
- Mais, Messieurs, ces moyens tout simples, tout puissans qu’ils sont, ne sont pas toujours prêts, ne sont pas toujours à la disposition de ceux qui en ont besoin ; ils conviennent à de grands établissemens, ils exigent des précautions et des attentions particulières : ce n’est donc pas encore là le moyen de ventilation qu’il faut à certaines professions, telles que celles des entrepreneurs de puits, des carriers, des plâtriers, des glaisiers, des marneurs, des égoutiers, des vidangeurs, etc., qui sont malheureusement si fréquemment exposés aux plus grands dangers et auxquels il faudrait un moyen plus simple, toujours prêt, aussi prompt, ou peut-être même encore plus prompt, enfin peu dispendieux. .
- Trouver un tel moyen était rendre un service essentiel à ces utiles et dangereuses professions, puisque c’était les arracher aux périls, et même à la mort dont elles sont sans cesse menacées, et c’est, suivant nous, le service que vient en effet de leur rendre un de leurs simples et laborieux collaborateurs, service d’autant pins important que souvent les propriétaires et les entrepreneurs sont responsables de ces accidens, et par suite passibles de condamnations et d’amendes , alors même qu’il est reconnu et constaté que ces fâcheux événemens ne proviennent le plus souvent que de l’impéritie et des imprudences des ouvriers, malgré les plus expresses recommandations.
- Ancien marin, retiré sans pension et sans fortune, M. Pottier, rentré dans sa famille, s’est vu obligé de prendre un état. Il s’est fait entrepreneur de puits, exerçant sa profession en s’appuyant sur ses observations et sa longue expérience, pour éclairer et améliorer sa pratique.
- Frappé des nombreux accidens auxquels sont journellement exposés les ouvriers qui travaillent dans les puits et exposé à en être lui-même plusieurs fois la victime, il a cherché à employer dans ses travaux les moyens qu’il avait vu employer à bord de différens vaisseaux pour y purifier l’air. Ses premiers essais ne furent pas heureux, ou plutôt ne furent pas complètement satisfaisans. Use servait alors d’un gros soufflet dont il reconnut promptement
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- l’insuffisance. Il sentit bientôt que le seul moyen de réussir était d’aspirer l’air vicié des puits ou leurs gaz insalubres, en meme temps que de les remplacer aussitôt par de l’air atmosphérique. Telle fut alors la question que se proposa de résoudre M. Pottier; mais il n’était point mécanicien : il n’était qu’un ancien marin devenu entrepreneur de puits. Il fit de nombreux essais, et sans avoir la prétention d’avoir inventé un nouvel appareil de ventilation, il a construit le soufflet qu’il soumet à votre examen et à votre approbation, heureux et étonné du succès qu’il a obtenu entre les mains des entrepreneurs de puits et de fosses d’aisance, qui l’emploient avec d’autant plus d’empressement qu’ils n’ont plus à redouter les accidens auxquels leurs ouvriers étaient précédemment exposés.
- L’appareil "de M. Pottier est un ventilateur mécanique; mais ce n’est ni celui des docteurs Hallet et de Mours, ni ceux de Goulet de Rugy, de Scholz, de Pommier et autres du même genre. Il nous a bien rappelé, il est vrai, certains soufflets et pompes en usage dans les mines , mais ce n’est cependant point le ventilateur décrit par Déline, ou ceux de Monnet, de Borgnis, de Christian, de Taylor, de Héron de Fillefosse et autres semblables ; il en diffère même essentiellement par sa simplicité et sa construction facile et peu dispendieuse.
- En effet, cet appareil, qui doit être celui des entrepreneurs de puits et des ouvriers de cette profession, généralement peu fortunés, est tout simplement un soufflet en bois, de forme carrée, de om,85 de hauteur sur om,20 de côté, fait en planches de cœur de chêne de o,n,o3o d’épaisseur,bien sain et sans nœuds ni défauts.
- Dans l’intérieur est un piston garni de soupapes de om,i6 de côté; sa levée est de om,70.
- Le fond inférieur du coffre est percé d’une ouverture circulaire pour l’entrée de l’air atmosphérique : cette ouverture, lors du feulement de l’air, est fermée par une forte soupape.
- En bas, sur le devant du coffre, est un tuyau de cuivre de om,o2rj de diamètre, garni d’une soupape qui affleure intérieurement la paroi de la pompe. A ce tuyau on adapte par emboîtement io, i5, 20, 25 mètres et plus de tubes ou tuyaux aspirateurs en fer-blanc de om,027 de diamètre, suivant la profondeur à laquelle régnent les gaz ou les émanations insalubres qui infectent les puits.
- L’expérience a appris à M. Pottier que l’extrémité inférieure des tuyaux aspirateurs ne devait pas plonger dans la région infectée, mais qu’il était préférable de la tenir à om,5o ou om,6o au dessus, et que l’effet de l’absorption était beaucoup plus puissant et plus actif.
- Trente-deuxième année. Mars i833. u
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- Sur Je haut du coffre de la pompe est un tuyau d’évent ou dégorgeur, par lequel se dégagent tous les gaz aspirés par la pompe : ce tuyau est courbé ou renversé en avant, pour que les gaz, en s’élevant, ne fatiguent point l’ouvrier qui fait jouer la pompe.
- . Un second tuyau d’évent est placé au dessous du premier sur la paroi du devant du coffre, pour servir au besoin ; mais le tuyau supérieur remplit tellement son effet que le second nous paraît inutile.
- Au bas du corps de pompe sont deux patins ou fortes semelles en fer, sur lesquelles l’ouvrier qui fait manœuvrer la pompe, place ses pieds pour la maintenir verticale ; mais l’expérience a prouvé qu’il était encore convenable de l’assurer avec des crochets, soit sur le pavé, soit sur les madriers dont on couvre le puits pendant l’opération.
- De chaque côté du coffre sont deux brides en fer plat, pour retenir les tuyaux aspirateurs dans le transport de l’appareil. Les tuyaux ainsi retenus par ces deux brides sont posés par en-bas sur deux petites tablettes à rebord.
- Enfin le coffre est garni de deux poignées en fer pour en faciliter l’enlèvement et de deqx bretelles de cuir, de manière qu’un ouvrier peut transporter à dos, sans difficulté comme sans fatigue, l’appareil tout monté, qui pèse au plus 15 kilogrammes sans les tuyaux, et 3o kilogrammes environ avec 4° mètres de tuyaüx aspirateurs en fer-blanc.
- Résumé.
- Tel est, Messieurs, l’appareil de M. Pottier, que vous nous avez chargé d’examiner, et qu’il a voulu mettre sous vos yeux pour que vous puissiez le bien juger.
- Sa manoeuvre est facile et meme très facile : un ouvrier, sans se fatiguer, peut donner de j5 à ioo et meme i^5 coups de piston ou plus, suivant le besoin, par minute; mais rarement il est nécessaire d’en donner plus de cent coups, dont l’effet immédiat et simultané est d’aspirer ioo mètres cubeç (Je gaz ou. d’air vicié, et de les remplacer par une égale quantité d’air atmosphérique, effet beaucoup plus puissant que ne l’exigent jamais les circonstances, qqelqu’urgent, quelqu’imminent que soit le danger,
- 11 est difficile de voir un ventilateur plus simple, plus aisé et plus commode à manœuvrer, d’une construction moins dispendieuse, enfin d’un entretien plus facile, condition essentielle.
- Il remplit parfaitement son but; son effet est actif, puissant, prompt et infaillible.
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- Plusieurs entrepreneurs et propriétaires de maisons l’ont employé ou l’ont fait employer ; ils en ont tous été satisfaits : ils se sont empressés de remettre à M. Pottier des certificats qui attestent son efficacité, et que leurs ouvriers ont travaillé dans leurs puits ou leurs puisards, sans éprouver aucun accident, malgré les émanations insalubres dont ils étaient infectés, et qui avaient fait suspendre les travaux avant l’emploi de la pompe de M. Pottier.
- Cet appareil nous paraît devoir réussir et obtenir le plus grand succès dans les exploitations de glaise, de marne, de plâtre et autres de ce genre, dans lesquelles l’airage est si fréquemment interrompu ou vicié en été, qu’on est souvent obligé de suspendre les travaux pendant des semaines et quelquefois pendant des mois entiers, malgré les puits d’airage qu’on perce pour y remédier, et qui sont souvent insuffisans.
- Mais , ne manquera-t-on point de nous dire, ainsi qu’il n’est que trop fréquemment d’usage, cet appareil n’est point nouveau; ce n’est, au fond, que l’ancien soufflet à piston ; ce n’est jamais qu’une pompe à air aspirante et foulante déjà bien connue.
- Messieurs, nous ne vous présentons point l’appareil de M. Pottier comme un nouveau moyen de ventilation ; nous vous avons même dit, en commençant ce rapport, qu’il nous avait rappelé, quoique cependant il en diffère essentiellement, certains ventilateurs mécaniques depuis long-temps employés dans les mines, et nous vous avons, en outre, déclaré, au nom de M. Pottier, simple praticien, entrepreneur de puits, qu’il n’avait nullement eu la prétention de se donner pour auteur ou inventeur d’une machine nouvelle; enfin qu’ayant reconnu insuffisant le soufflet dont il se servait dans le principe pour désinfecter les puits viciés ou gâtés, il était parvenu, après diffé-rens essais et tâtonnemens, au but qu’il s’était proposé, celui d’aspirer à la fois le mauvais air des puits et des puisards et de le remplacer par de l’air atmosphérique, et que le succès qu’il avait obtenu ayant outre-passé ses espérances, il avait cru devoir vous soumettre son soufflet désinfecteur pour avoir votre approbation.
- Conclusions.
- D’après cet exposé et les motifs que nous venons de vous développer, nous avons l’honneur de vous proposer, Messieurs :
- i°. De remercier M. Pottier de son empressement à vous faire connaître son appareil, et de lui adresser deux cents exemplaires du présent rapport avec votre approbation ;
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- 2°. De faire insérer ce rapport et la description de l’appareil de M. Pottier dans votre Bulletin (r);
- Et 3° d’adresser une expédition de ce rapport à M. le Préfet de police, eu invitant ce magistrat à faire connaître aux entrepreneurs et aux cureurs de puits, le ventilateur de M. Pottier, et en l’engageant à en faire exécuter un certain nombre pour les déposer soit dans les principaux postes de la ville, soit chez les commissaires de police, où l’on serait assuré de les trouver à tout besoin et en cas d’accident.
- -Enfin, et en outre de ces propositions, si vous voulez bien considérer, Messieurs : i ° qu’il n’est point d’année que la ville de Paris n’ait à regretter souvent plus de quinze à vingt ouvriers, la plupart pères de famille, asphyxiés soit dans les puits, les puisards et les fosses d’aisance, soit dans les puits des plâtrières, des glaisières ou de sable ;
- a°. Que les entrepreneurs et les propriétaires sont passibles ou responsables de ces fâcheux événemens, quoique le plus souvent ils arrivent malgré leurs recommandations et par l’imprudence et la négligence des ouvriers ;
- 3°. Qu’au moyen du soufflet désinfecteur de M, Pottier, qui est véritablement le ventilateur qui convient, à raison de'Sa simplicité, aux entrepreneurs et cureurs de puits, aux plâtriers, glaisiers et marneurs, cette classe laborieuse et digne d’intérêt pourra, à l’avenir, se livrer à ses pénibles travaux, sans être exposée aux accidens dont présentement elle est si fréquemment victime ;
- 4°. Que la Société d’Encouragement de Londres a accordé, en 1816, une médaille d’or et ioo guinées de récompense à M. Ryan, parce qu’il avait perfectionné la ventilation des mines, à l’aide de simples tuyaux aspirateurs et de foyers arderis, procédé cependant depuis long-temps connu dans les mines, mais dont M. Ryan a fait l’application avec le plus grand succès dans les mines de houille du Staffordshire et du Worcestershire, autrefois sujettes aux plus graves accidens (2) ; .
- 5°. Enfin que M .Pottier, ancien marin, sans pension, sans aucune fortune, et qui n’a que sa faible industrie d’entrepreneur de puits pour soutenir sa famille, vous a fait hommage de son appareil et qu’il l’a mis à votre disposition, pour que, par vos soins , son usage pût être répandu au profit et dans l’intérêt de tous.
- (1) Nous donnerons, dans un prochain numéro du Bulletin , la description et la figure du soufflet ventilateur de M. Pottier.
- (2) Voyez Bulletin, année 1816, p. 2t4-
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- iSous nous flattons, Messieurs, que vous voudrez bien accueillir favorablement la proposition que nous avons l’honneur de vous soumettre,
- D’examiner s’il n’y a pas lieu d’accorder à M. Pot lier un témoignage particulier de votre satisfaction, pour lui prouver le prix que vous mettez au service qu’il a rendu à l’humanité.
- Approuvé en séance, le no février i833.
- • ; Signé Héricart de Thury, rapporteur.
- ARTS CHIMIQUES
- Sur l emploi de l air chaud dans le traitement du fer.
- M. Mallet a donné connaissance à la Société d’une lettre qui vient de lui être adressée par M. Robison, secrétaire de la Société royale d’Edimbourg, et dans laquelle il s’occupait du succès toujours croissant du traitement du fer par l’air chaud; on y remarque le passage suivant :
- « La méthode de fabriquer le fer au moyen de l’air chaud chassé par les soufflets, commence à prendre un grand développement, et je prévois qu’elle apportera des changemens importans dans nos habitudes et nos arrangemens, quand ce procédé aura été introduit partout. Vous imaginerez facilement qu’au moment où le prix du tonneau de fer de bonne qualité sera descendu à 5o fr., il y aura économie à construire nos maisons en fer, en remplacement de la pierre et du bois, etc. »
- Le même procédé a été employé en Saxe, et a fait baisser le prix des fers dans une proportion non moins remarquable.
- On trouve, dans le Journal de Physique d’Édimbourg (Edinburgh pht-losophical Journal), les renseignemens suivans sur le même objet :
- Parmi les nombreuses découvertes qui ont été faites récemment dans les arts chimiques, il n’en est pas d’une importance pratique plus grande que l’ingénieuse application de l’air chauffé à la fusion du minérai de fer, soit parles bénéfices immédiats qu’elle ne manquera pas de procurer, soit par les perfec.tionnemens qu’elle peut apporter dans d’autres opérations industrielles. Ce procédé, déjà introduit dans plusieurs de nos forges, s’exécute de la manière suivante :
- L’air est chassé par des soufflets cylindriques ordinaires; mais avant de pénétrer dans le haut-fourneau, il passe à travers de tuyaux de fonte chauffés au rouge, qui ont jusqu’à 3o pieds de longueur et 3 pieds de diamètre : ces tuyaux sont placés horizontalement dans des espèces de fourneaux à réverbère, construits en briques réfractaires, et chauffés avec
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- de la houille de qualité inférieure : on économise de cette manière plus
- de la moitié du combustible précédemment employé.
- Il a été reconnu qu’il n’y a aucun inconvénient à fondre le minérai avec de la houille en remplacement du coke, ce qui évite les embarras et les difficultés de convertir la houille en coke; ce dernier combustible, déjà supprimé dans quelques localités, le sera bientôt entièrement.
- Les importans résultats obtenus par l’emploi de l’air chaud sont attribués à la haute température à laquelle on peut porter le feu et l’y maintenir constamment. L’économie notable dans la consommation du combustible ne provient pas de la plus grande masse de chaleur dégagée d’une quantité donnée de houille, mais bien de la plus grande intensité de cette chaleur.
- La haute température à laquelle est porté le fourneau permet de fondre le minérai non seulement avec économie de combustible, mais aussi d’opérer la séparation complète des scories et de produire des fontes plus pures.
- Introduit dans les fonderies de la Clyde, en Écosse, ce procédé a procuré une économie notable comparativement à l’ancienne méthode, puisqu’avec deux tonneaux et un quart de houille on a obtenu les mêmes résultats qu’avec sept tonneaux de coke.
- Il existe dans ces fonderies trois fourneaux alimentés par une machine soufflante dont le cylindre a 80 pouces de diamètre, et qui est mue par une machine à vapeur à double effet, d’une grande dimension ; chaque fourneau est muni de deux tuyères. L’air, chauffé à la température de 6oo° Farenheit, est capable de fondre du plomb à 3 pouces de distance de l’orifice du tuyau par lequel il s’échappe.
- La dépense de l’appareil pour l’application de l’air chaud est de 200 à 3oo livres sterling par chaque fourneau. (D.)
- ARTS ÉCONOMIQUES.
- Rapport fait par M. Herpin, au nom du Comité des arts économiquesj sur une machine à pétrir le pain ^ présentée par M. Ferrand, boulanger breveté, rue Saint-Antoine, n° 126, à Paris.
- Messieurs, c’est au zèle et aux efforts de la Société d’Encouragement que nous sommes redevables de l’emploi des agens mécaniques pour la préparation de la pâte destinée à faire le pain.
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- . Frappée des inconvéniens nombreux des procédés usuels du pétrissage, qui exigent de la part des ouvriers un travail si rude et si pénible que leur sauté en éprouve bientôt de profondes altérations, que leur existence en est notablement abrégée, la Société d’Encouragement fit un appel au génie des hommes industrieux, et proposa, dès l’année 1810, un prix de i,5oo fr. à l’auteur de la meilleure machine propre à faire la pâte la plus parfaite, mais sans efforts pénibles de la part des ouvriers pétrisseurs.
- Cette idée philanthropique, née au sein de la Société d’Encouragement, sous l’inspiration bienfaisante des Parmentier, des Cadet de Vaux et de leurs dignes émules, fut couronnée d’un succès complet.
- Le prix fut accordé l’année suivante à M. Lambert} boulanger de Paris, inventeur d’une machine fort sïm^e, facile à construire et à manœuvrer, qui donne à la pâte la meilleure qualité, et accélère beaucoup Vopération du pétrissage : ce sont les propres expressions de vos commissaires (i).
- Ce pétrin de M. Lambert ri est autre chose qu’une boîte quadrilatérale, d’environ 3 pieds de longueur, un pied de hauteur et autant de largeur : elle est placée dans une situation horizontale, et tourne sur son axe. On enferme la farine et l’eau dans l’intérieur de cette boîte, à laquelle on imprime un mouvement de rotation qui déplace la pâte, et la transporte alternativement d’un côté à l’autre de l’appareil.
- Bien que les expériences faites en divers lieux, au moyen du pétrin mobile de M. Lambert, aient été généralement satisfaisantes, cette machine n’a point été goûtée chez nous; mais elle s’est répandue en Angleterre et en Allemagne, où on l’emploie toujours avec succès.
- Depuis cette époque, de nouvelles machines à pétrir ont été imaginées. MM. Cavalier, Frère et compagnie vous ont présenté en i83o un nouveau pétrisseur mécanique, sur lequel M. Ch. Mallet vous a fait un rapport très détaillé (2).
- Cette machine se compose d’un gros cylindre ou laminoir en fonte, creux, d’environ 6 pieds de longueur et g pouces de diamètre, tournant sur son axe, à peu de distance du fond du pétrin où il est placé.
- Vos commissaires ont constaté la bonne qualité de la pâte et du pain fabriqués au moyen de cet appareil.
- Le pétrisseur dont nous avons maintenant à vous rendre compte est celui qui a été présenté à la Société par M. Ferrand, boulanger breveté, rue Saint-Antoine, n° 126.
- (1) Bulletin de la Société d Encouragement, année 1811, page 214.
- (2) Bulletin de la Société d’Encouragement, année i83o, page 307.
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- 11 est formé d’une lame ou bande de fer d’environ 2 pouces de largeur, et contournée en spirale. Cette pièce, qui a la figure d’un ressort à boudin, de 6 pieds de longueur et de 2 pieds de diamètre, se compose de douze tours ou hélices ; elle est placée dans une position horizontale et tourne sur son axe.
- Au moyen d’un mécanisme particulier, qui pourrait être modifié d’une manière avantageuse, on met en mouvement la spire, que l’on introduit à une profondeur plus ou moins grande dans l’intérieur du pétrin, dans lequel on met la farine et l’eau nécessaires pour la composition de la pâte.
- Lorsqu’on tourne le pétrisseur, les hélices traversent la pâte, la divisent, la distendent et 1 ’étirenty en même temps qu’elles lui impriment un mouvement de translation de gauche à droite et ensuite de droite à gauche quand on tourne la spire dans un sens contraire.
- Lorsque l’opération touche à sa fin et qu’elle a été bien faite, une partie de la pâte recouvre les hélices et y reste adhérente sous la forme d’une membrane mince et translucide.
- On soulève ensuite l’appareil au moyen du même mécanisme qui a servi à le descendre, et on le nettoie avec une grande facilité en passant une racloire à la surface des hélices.
- Dans l’expérience qui a eu lieu en présence des membres de votre Comité des arts économiques, le pétrissage a duré pendant neuf minutes; après quoi, l’on a ajouté à la pâte une. nouvelle quantité d’eau pour procéder à une seconde opération appelée bassinage, laquelle a duré pendant quatre minutes. Le temps nécessaire pour nettoyer le cylindre et le pétrin a été de sept minutes : les deux opérations ont donc demandé, au total, vingt minutes ; la quantité de pâte ainsi préparée était d’environ 5oo livrés.
- Cette pâte nous a paru bien travaillée et homogène; elle ne s’attachait pas aux doigts et ne contenait; aucune parcelle de farine non délayée : le pain qui en est résulté était léger, poreux, et présentait tous les caractères d’une bonne fabrication.
- La huche ou pétrin dont së sert M. Ferrand a un double-corps dans l’intervalle duquel il introduit de l’eau plus ou moins chaude, selon qu’il veut accélérer ou retarder la fermentation de la pâte : ce moyen fort simple procure l’avantage de régulariser la fabrication, surtout pendant les temps froids.
- M. Ferrand assure qu’il retire par son pétrisseur, d’une quantité donnée de farine, plus de pain qu’on n’en obtient ordinairement : ce fait n’a rien qui soit en contradiction avec la théorie.
- ï°. En opérant le pétrissage d’une manière uniforme, sans secousses et
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- dans un court espace de temps, on diminue la volatilisation d’une portion assez considérable de farine, ainsi que l’évaporation du mélange; 20 tous les boulangers savent que le bassinage, qui consiste à ajouter de l’eau à la pâte lorsqu’elle est déjà faite et à la pétrir de nouveau; tout le monde sait, dis-je, que cette opération rend la combinaison de la farine et de l’eau plus intime et plus complète, et qu’on obtient ainsi un poids de pain plus considérable que si le bassinage n’avait pas eu lieu ; 3° enfin on a observé les mêmes résultats avec différens pétrisseurs mécaniques.
- M. le Ministre de la Guerre, qui a fait examiner l’appareil de M. Ferrand, vient d’en commander un pour le service des administrations militaires. Le prix des pétrins ordinaires est de 2,000 francs.
- Pour nous résumer, Messieurs, il est constant: i°que l’on peut obtenir du pain bien fait et de bonne qualité( à l’aide de plusieurs machines à pétrir, tout à fait différentes les unes des autres par leurs principes et leur construction;
- 20. Que le pétrisseur de M. Ferrandexécute le travail avec une grande promptitude, et d’une manière qui a beaucoup d’analogie avec le pétrissage à la main; qu’on peut fabriquer, avec cètte machine, de la pâte et du pain dont la préparation ne laisse rien à désirer;
- 3°. Que M. Ferrand a introduit dans son art des perfectionnemens utiles.
- En conséquence, Messieurs, j’ai l’honneur de vous proposer, au nom de votre Comité des arts économiques :
- i°. De remercier M. Ferrand de sa communication;
- 2°. D’insérer ce rapport au Bulletin, avec la description et la figure du pétrisseur inventé par M. Ferrand.
- Approuvé en séance, le 19 décembre 1832.
- Signé Heüpin, rapporteur.
- Description du pétrisseur mécanique à lames hélicoïdes, inventé
- par M. Ferrand.
- Ce pétrisseur, pour lequel l’auteur a pris un brevet d’invention le 8 juillet 1829 et plusieurs certificats d’addition et de perfectionnement en i83o, se compose d’un pétrin semi-cylindrique C, fig. 3, PL 54o, de la forme de ceux communément en usage, construit en bois de chêne et solidement établi sur des pieds ou tréteaux AA. Le fond de ce pétrin est évidé entièrement sur une largeur de 18 pouces, et garni de plaques d en forte tôle étamée, attachées sur les côtés avec des clous à vis. Ce pétrin est muni d’un double-fond B couvert en plomb ; l’intervalle ménagé entre les deux
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- fonds est rempli d’eau chaude pour échauffer la pâte à volonté : cette eaü s’écoule par des cannelles U, après qu’on en a fait usage.
- Le pétrisseur proprement dit est composé d’un arbre E sur lequel sont implantés des supports F, qui soutiennent une lame tranchante en fer D de 2 pouces de largeur, contournée en spirale autour de l’arbre, reposant lui-même, par chacune de ses extrémités, sur des bras en fer T ; ces bras sont réunis à des montans JJ, portant deux poulies N. Au bas du pétrin est un axe muni de deux treuils LL, autour desquels s’enroulent les cordes MM qui servent à lever ou baisser les bras portant la lame hélicoïde. Cette lame est divisée sur sa longueur en autant de parties qu’il y a de cavités dans le pétrin, afin de pouvoir séparer les diverses qualités de pâte. Cette disposi-tionpermet néanmoins de faire une seule espèce de pâte dans toute l’étendue du pétrin : il suffit, pour cet effet, d’enlever la planche ou cloison X, qui divise le pétrin en deux parties. •
- Le mécanisme qui met ce pétrisseur en mouvement est simple et susceptible de recevoir diverses modifications, suivant les localités. On peut même servir deux pétrins avec un seul pétrisseur, et disposer le mécanisme qui sert à le sortir du pétrin de différentes manières.
- Le pétrisseur est mû par une manivelle R adaptée à l’axe d’un pignon H, engrenant dans une roue dentée G en fonte, adaptée à l’arbre E ; un volant I sert à régulariser le mouvement.
- Cette dernière partie du mécanisme est supportée par un bâtis A', placé au bout et à l’extérieur du pétrin.
- Explication des figures de la PI. 54o.
- Fig. i. La machine à pétrir vue en élévation latérale, du côté du volant.
- Fig. 2. Elévation, vue de face, de la même, montrant le pétrisseur relevé.
- Fig. 3. Coupe transversale sur la ligne AB de la fig. 2, montrant le pétrisseur plongé dans le pétrin. . .
- Fig. 4. Élévation du côté opposé au volant.
- Fig. 5 et 6. Détails des engrenages à l’aide desquels on élève ou abaisse le pétrisseur.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans toutes les figures. r-
- AA, Bâtis en bois de chêne, portant tout le système du pétrin mécanique. . A', Bâtis fixé en dehors du pétrin, et portant le volant et les engrenages.
- B, Double-fond du pétrin, qui reçoit de l’eau chaude.
- C, Pétrin dont le fond est formé de plaques de tôle étamée.
- D, Pétrisseur composé de lames tranchantes en fer, de 2 pouces de largeur, et contournées en hélice : elles opèrent la division de la pâte.
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- £, Arbre horizontal autour duquel est fixée la lame héliçoïde.
- F F, Supports de cette lame implantés sur l’arbre E.
- F', Points d’attache de la lame tranchante.
- G, Roue dentée montée sur l’arbre E.
- H, Pignon fixé sur l’axe du volant, et qui commande la roue précédente.
- I, Volant.
- J, Montans portant les poulies sur lesquelles passe la corde servant à élever et à abaisser le pétrisseur.
- K, Manivelle attachée à l’un des bras du volant.
- L, Treuil sur lequel s’enroule la corde M.
- N N , Poulies fixées à l’extrémité des montans J.
- O, Pignon monté sur l’axe du treuil L.
- P, Autre pignon engrenant dans le précédent.
- Q, Manivelle qu’on engage sur le carré de ce pignon.
- R, Rochet fixé sur l’axe du pignon P.
- S, Déclic pour arrêter le mouvement rétrograde du rochet.
- TT, Bras ou leviers à bascule portant l’arbre E.
- U, Cannelles pour soutirer l’eau qui a servi à chauffer le pétrin C.
- V, Entrée de l’eau chaude.
- X, Cloison mobile qui divise le pétrin C en deux parties.
- Y, Axe du pignon P.
- Z, Espace ménagé sur la lame hélicoïde lorsqu’on veut opérer séparément dans les deux divisions du pétrin.
- a, Échancrure qui reçoit l’arbre E.
- by Crochet auquel est attachée la corde M.
- c, Centre de mouvement du levier à bascule T.
- dy Fond du pétrin C en tôle étamée.
- Avantages du pétrisseur mécanique.
- L’auteur attribue les avantages suivans à son pétrisseur mécanique : ï° un homme de force moyenne suffit pour mettre le pétrisseur en mouvement et confectionner 1,000 à 1,200 livres de pâte à la fois; i° l’ouvrier le moins intelligent suffit pour le conduire, sans éprouver beaucoup de fatigue; 5° la pâte est faite dans le tiers du temps employé pour le travail à bras : elle est mieux délayée, €t on peut favoriser la fermentation au moyen d’un bain-marie ménagé dans le double-fond , et compenser ainsi le mauvais effet produit par le contact du fer de l’hélice avec la pâte ; 4° le pain est léger et de très bon goût; 5° le travail est exécuté avec une extrême propreté, puisque les farines sont tamisées avant d’être introduites dans le pétrin, et
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- que l’ouvrier ne met jamais la main à la pâte; 6° enfin, le pétrisseur peut être appliqué avec le plus grand succès à la fabrication du biscuit, des pâtes de vermicelle, etc.
- Travail du pétrisseur mécanique. <
- ire. opération. — On commence par verser sur les levains de l’eau, qui devra être très propre et n’avoir contracté aucun mauvais goût; pour empêcher qu’il n’y tombe des malpropretés, on recouvre le seau d’un tamis. Si le levain a fermenté dans le pétrin, on verse l’eau avec précaution; s’il a fermenté dans une corbeille, on coule l’eau la première et l’on introduit ensuite le levain. s,
- 2e. opération. — Après avoir descendu le pétrisseur jusqu’à toucher presque le fond du pétrin, on tourne vivement la manivelle, tantôt à droite, tantôt à gauche, jusqu’à ce que le délayage soit terminé, ce qui a lieu au bout de quatre ou cinq minutes.
- 3e..opération.— Avant d’introduire dans le pétrin la farine, on la passe dans un blutoir cylindrique, afin de la débarrasser de toutes les impuretés qui pourraient s’y trouver.
- 4e. opération. — Cette opération, qui est la plus importante, consiste dans les frases , les contre-frases et le pétrissage. Aussitôt que la farine a été également répandue sur le levain délayé, on tourne vivement la manivelle en alternant d’un côté et d’autre, et successivement de frase en frase jusqu’à parfaite confection de la pâte, ce qui est presque toujours exécuté en cinq ou six minutes. On remarque, dans cette opération, que les hélices du pétrisseur, au nombre de douze, découpent, à chaque révolution, la pâte, qui, ainsi traversée, délayée, laminée, étirée, est transportée d’un bout à l’autre du pétrin, en lui faisant subir quatre-vingt-deux déplaeemens et quatre cent vingts déchiremens par minute.
- Lorsqu’après un certain nombre de tours la pâte est envoyée vers un bout du pétrin, on tourne la manivelle en sens contraire, afin de la ramener vers l’autre bout. . '
- Le pétrissage est ordinairement terminé en dix minutes.
- 5e. opération. — Elle consiste dans le bassinage, qui constitue un pain plus agréable à la vue, et qui régularise les produits qu’on appelle rendi-tion; quatre ou cinq minutes suffisent pour cette opération et pour absorber la quantité d’eau coulée sur la pâte, afin de la ramener à l’état convenable, lorsqu’elle est trop ferme.
- 6e. opération. — Lorsque la pâte est confectionnée, on retire les verroux qui assujettissent les tourillons du pétrisseur, et on tourne le treuil qui sert à
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- enlever le pétrisseur jusqu’à ce qu’il soit à 4 ou 5 pouces au dessus de la pâte : l’ouvrier prend alors deux coupe-pâte qu’il appuie de chaque côté des hélices du pétrisseur, le tranchant en bas, pendant qu’un autre ouvrier tourne la manivelle. La rotation du pétrisseur se faisant en sens contraire, la pâte tombera dans le pétrin, et celle qui est adhérente à l’arbre, aux supporta et aux embrassures sera de même détachée sans difficulté. Cette opération, qui dure cinq minutes au plus, étant terminée, on égalise la pâte dans le pétrin, on saupoudre de farine, et on laisse fermenter.
- 7e. opération. — Le pétrin étant nettoyé, on le relève, puis on pèse la pâte, et on la tourne comme à l’ordinaire. (D.)
- INDUSTRIE ETRANGERE.
- Médailles et récompenses décernées par la Société pour Tencouragement des arts et des manufactures, séant a Londres,
- pendant Vannée i83i.
- Agriculture. — i°. AM. Anderson, à Chelsea, près de Londres, pour la communication d’un procédé simple et économique propre à chauffer les serres par la circulation de l’eau chaude; la mention honorable.
- 20. A M. Georges Aikin, à Harlington, comté de Bedford, pour la communication d’un mémoire sur la division des terres par lots; la mention honorable.
- 3°. À M. Georges Carter, à Eltham, comté de Kent, pour un nouveau procédé propre à séparer la crème du lait; la mention honorable.
- Beaux-arts.— 4°- AM. L. Lane, à Stockwell, pour un instrument propre à tracer les lignes spirales; la grande médaille d’argent et quinze guinées.
- 5°. A M. Schuttleworth, à Londres, pour un instrument propre à tracer des lignes vers un point inaccessible; la grande médaille d’argent.
- Chimie. — 6°. A M. /. Hemming, à Londres, pour un tube de sûreté qui s’adapte au chalumeau à gaz hydrogène; la grande médaille d’or.
- Commerce et colonies. — 70. A M. PF. Riley, à Londres, pour avoir importé de France des chèvres à laine de cachemire, dans la vue de propager ces animaux dans la colonie de la Nouvelle-Galles du Sud; la médaille d’or.
- 8°. AM. TVallich, directeur du jardin botanique de Calcutta, pour avoir réuni une nombreuse et importante collection de bois des Indes, recueillis par lui dans le Neypâl et dans l’empire Birman, et dont il a fait hommage à la Société; la médaille d’or.
- Mécanique. — 90. A M. Kennish, à Chatham, pour avoir imaginé un
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- procédé pour concentrer, sur un seul point, les effets du feu de l’artillerie à bord des vaisseaux; la médaille d’or. i , i
- io°. A M. Medlen, à Londres, pour un nouveau cabestan à engrenage; la grande médaille d’argent.
- nd. AM. Wilson Green, à Liverpool, pour des varangues découplés perfectionnées, applicables aux navires d’un fort tonnage; la médaille d’or.
- 12°. A M- A. Smith, à Londres, pour des crampons propres à réunir les feuilles de parquet; la grande médaille d’argent.
- i5°. A M. Hall, à Plymouth, pour des châssis perfectionnés propres à être adaptés à des croisées en ogive ; la médaille d’argent.
- 14°. A M. C. Taperhell, à Londres, pour de nouveaux boutons de serrures de porte; la médaille d’argent et cinq guinées.
- i5°. A M. H. Perkins, à Haddesden, comté de Herts, pour des moyens de ventilation des écuries et des étables; la médaille d’argent.
- i6°. A M. T. Penny, à Londres, pour un instrument propre à rogner et couper le papier ; cinq guinées. ,
- 17°. A M. G. Henercy, à Londres, pour une nouvelle jauge applicable aux tonneaux qu’on pose sur leurs fonds; la médaille d’argent.
- 180. A M. C. Variey, à Londres, pour un tour propre à doucir et polir les lentilles de verre de grandes dimensions; la grande médaille d’argent.
- 190. A M. E. Turrell, à Londres, pour un pied perfectionné propre à supporter des microscopes; la médaille d’argent.
- 20°. A M. Holland, à Londres, pour son microscope triple et double; la grande médaille d’argent.
- 2i°. A M. Slak, à Londres, pour son microscope applicable aux dissections des plantes et des animaux; la médaille d’argent.
- OUVRAGES NOUVEAUX.
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- Code administratif des Etablissemens dangereux, insalubres
- ou incommodes ; par M. Adolphe Trébuchet, avocat a la Cour royale de Paris, chef du bureau des établissemens insalubres à la Préfecture de police (1).
- Rapport fait par M. Labarraque, membre de l’Académie royale de médecine, du Conseil de . Salubrité, etc.
- Messieurs, M. Trébuchet, membre delà Société d’Encouragement, a fait
- (i) Cbez Béchet jeune , libraire , place de l’École-de-Médecïne, n* 4-
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- hommage au Conseil du livre qu’il vient de publier sous le titre de Code administratif des établissemens dangereux, insalubres ou incommodes, et vous m’avez chargé de vous faire un rapport sur cet ouvrage.
- Si l’auteur n’avait envisagé et traité son sujet que sous le poiht de vue administratif, il eût déjà fait un travail nécessaire, puisqu’il aurait réuni et coordonné des ordonnances et réglemens épars; mais en s’attachant à leur application avec beaucoup d’ordre et de clarté, il a Fait une chose très utile pour la propriété et pour l’industrie. Ainsi, dune part, les droits et la jurisprudence de l’Administration sont tracés dans l’ouvrage de M. Tré-buchet; ne l’autre, ceux des propriétaires et des industriels, et c’est principalement sous ce dernier rapport que nous devons vous le faire connaître.
- Dans une introduction concise, et pourtant remplie de faits, l’auteur trace l’historique de son sujet : la première ordonnance relative à la propriété et à la santé publique est de l’année i486; elle fut renouvelée par arrêt du parlement onze années après. Puis un réglement du Conseil du Roi i du 4 février 1567, ordonna le transport des tueries, ècorcheries et de plusieurs autres professions hors de la capitale et près de Veau; une ordonnance de police, du 10 juin 1701, prescrivit d’autres mesures de salubrité. Outre l’insuffisance des réglemens précités, les parlemens, qui réunissaient des attributions de police à leurs fonctions judiciaires, rendaient des arrêts souvent contradictoires, qui en général n’étaient pas favorables à l’industrie et qui rendaient la situation des manufacturiers intolérable. Aussi, soit par l’effet de ces arrêts, soit par l’influence nuisible des corporations, l’industrie était très restreinte à Paris lorsque la loi du i[\ août 1790 et celle du i3 no-* vembre de 1’a.nnée suivante vinrent établir que les tribunaux seraient compétens pour statuer sur les dommages causés à la propriété, et donner des droits au pouvoir municipal sur les manufactures réputées dangereuses, M. Trébuchet signale l’arbitraire qui fut la conséquence de ces mesures, et la disparité qui existait sur la manière de statuer, sur un même sujet, dans les diverses localités. L’industrie prenant un grand essor, le Gouvernement connut l’insuffisance des lois et réglemens, et l’Institut fut consulté sur cet important objet. Les rapports remarquables de ce corps illustre servirent de base aux décrets et ordonnances qui ont classé les établissemens dangereux, insalubres ou incommodes, et M. Trébuchet en a enrichi son ouvrage, qui est divisé en huit chapitres, divisés à leur tour en sections, de sorte que chacune de ces sous-divisions fixe, d’une manière précise, et l’Adr ministration et l’industriel sur leurs droits respectifs.
- Pour un établissement de première classe, qui 11e peut être fondé que d’après une ordonnance royale, le fabricant doit présenter sa demande à
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- M. le Préfet du département, qui fait poser des affiches dans les communes à 5 kilomètres de rayon; elles y restent apposées pendant un mois, et, durant ce temps, tout particulier est admis par l’autorité à présenter ses moyens d’opposition. A Paris, les demandes sont adressées à M. le Préfet de police, et dans tous les cas elles doivent désigner le siège de l’usine, la nature des opérations qui y seront pratiquées, et être accompagnées d’un plan en double expédition, qui indique l’emplacement occupé par les appareils, et enfin la distance où il se trouve des habitations ou des terrains voisins.
- A Paris, le Préfet de police renvoie la demande en autorisation et le plan à l’architecte de la petite voierie, qui se transporte sur les lieux à l’effet de s'assurer si le plan est exact, et si toutes les dispositions sont prises dans l’intérêt de la sûreté publique. Une enquête a lieu ensuite par l’autorité compétente, et M. Trèbuchet fait connaître avec détail les soins qui doivent être apportés dans cette importante opération. Ces mesures préliminaires remplies, l’affaire est soumise au Conseil de salubrité, qui, après un mûr examen des localités, des appareils, des oppositions, etc., donne son avis motivé sur la demande. L’auteur du Code administratif traite ensuite de l’intervention du Conseil de préfecture, du Conseil d’État, qui parfois soumet l’affaire à une nouvelle instruction, et du pouvoir des préfets relativement aux établissemens de première classe, et de la suppression de ces établissemens.
- Dans le deuxième chapitre, l’auteur indique la marche à suivre pour obtenir l’autorisation des établissemens de seconde classe, des oppositions et du recours du fabricant contre l’arrêt qui a rejeté sa demande. Cette partie de son livre offre un grand intérêt pour les industriels.
- Le même ordre et la même clarté se trouvent dans le chapitre suivant, qui est consacré aux établissemens de troisième classe. Dans le quatrième, l’auteur traite de la suspension des travaux pendant six mois, de l’extension donnée aux établissemens, et des droits des préfets soit pour imposer des obligations aux fabricans, soit pour ordonner la suppression des établis-semens de deuxième ou de troisième classe, pour cause d’inconvéniens graves. M. Trèbuchet parle aussi du changement de propriétaire des fabriques , de l’expertise contradictoire et des brevets d’invention, qui ne dispensent pas leurs auteurs des réglemens de police concernant la sûreté publique ou la salubrité, de l’action des tribunaux sur les établissemens classés, des dommages-intérêts, des conflits, etc., etc.
- L’auteur fait connaître les fonctions du Conseil de salubrité, des architectes, des maires et des commissaires de police; il consacre un chapitre aux machines à vapeur, et enfin le dernier aux ateliers non classés. L’ouvrage
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- de M. Trébuchet est terminé par la Collection des lois, ordonnances et instructions concernant les établissemens dangereux, insalubres ou incommodes , suivies de la nomenclature générale des établissemens classés (i).
- L’aperçu très succinct que nous venons de vous donner du Code administratif des établissemens dangereux, insalubres ou incommodes, publié par M. Trébuchet, suffira, nous osons l’espérer, pour faire apprécier son utilité à l’industriel qui voudrait former une fabrique; en étudiant ce Code, il y verra la marche qu’il doit suivre pour obtenir l’autorisation, les règles et précautions qu’il doit s’imposer pour éviter les plaintes fondées des voisins, et, dans ces cas, des changemens ordonnés à regret par l’Autorité, mais qui n’en sont pas moins ruineux pour le chef d’un établissement qui ne remplit pas les conditions imposées par les lois. Ce puissant motif nous porte à proposer au Conseil de faire insérer le présent rapport dans le Bulletin de la Société, comme un-nouveau témoignage de l’intérêt qu’elle porte toujours à l’industrie. '
- Approuvé en séance, le 6 mars 1833.
- Signé La.barraqüe, rapporteur.
- Extrait des Proces-verbaux des séances du Conseil dAdministration de la Société d’Encouragement.
- Séance du 6 mars i833.
- Correspondance. M. Vilanova, propriétaire à Corsavv (Pyrénées-Orientales), adresse une notice sur la culture du sorgho dans son département et des échantillons de ce blé;
- M. Jf ohler, président de la Société pour l’avancement des arts utiles, à Francfort-sur-le-Mein, les réglemens de cette Société ;
- M. Touboulic, de Brest, un projet de palais de l’industrie.
- Objets présentés. M. Thuillier présente un modèle de pompe à mercure.
- M. Gavard sollicite un nouvel examen de son diagraphe, auquel il a ajouté des perfectionnemens.
- M. Lebec, de Nantes, soumet au jugement de la Société un rouet perfectionné qu’il désigne sous le nom de rouet à volant et à ressorts élastiques.
- M. Blet} mécanicien à Paris, présente une nouvelle étagère pour placer les bqq-leilies dans les caves;
- (i) Cette collection de décrets et d’ordonnances, avec les tableaux qui les accompagnent, se trouve aussi dans le Bulletin de l’année i83i, dont elle forme l’introduction.
- Trente-deuxième année. Mars i833. i3
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- M. Durand, un modèle d’échelle à rallonge5
- M. Pichonnier, coutelier, des taille-plumes, canifs et autres objets.
- M. Herpin fait hommage d’une brochure intitulée : Recherches économiques sur le son ou V écorce de froment.
- Rapports des Comités. Au nom du Comité des arts mécaniques, M. le baron Séguier lit un rapport sur les machines de M. Szymanski pour débarder et transporter le bois de chauffage et de charpente.
- D’après l’examen qu’il a fait des plans et descriptions déposés par l’auteur, le Comité a trouvé ses moyens ingénieux et praticables 5 mais il ne dissimule pas que leur exécution peut donner lieu à des objections, notamment par l’impossibilité où l’on serait de laver le bois bûche à bûche, opération indispensable pour la vente.
- Le Comité conclut néanmoins à ce que M. Szymanski soit remercié de sa communication. [Approuvé.]
- Au nom du même Comité , M. Francœur lit un rapport sur un nouveau mécanisme de réveil imaginé par M. Robert.
- Le Comité propose de remercier l’auteur de sa communication et d’insérer le rapport au Bulletin, ainsi que la description et la figure du mécanisme. [Approuvé.]
- M. Labarraque fait un rapport verbal sur l'ouvrage de M. Trébuchet, intitulé : Code administratif des éiablissemens dangereux, insalubres ou incommodes.
- Au nom du Comité des arts économiques, M. Herpin rend compte d’un mémoire de M. Royer sur la fabrication des vins mousseux.
- M. le rapporteur propose de faire connaître, par la voie du Rulletin, les procédés décrits par l’auteur. [Approuvé.]
- M. le comte de Lasteyrie fait un rapport verbal sur un ouvrage de M. Tudot relatif à la lithographie.
- La partie pratique de cet ouvrage est très intéressante : elle met le lecteur au courant des progrès de l’art, c’est un traité complet 5 la partie théorique laisse à désirer.
- Toutefois l’ouvrage est utile et mérite des éloges. M. le rapporteur propose d’écrire une lettre de remercîmens à l’auteur. [Approuvé.]
- Communications. M. Glower, mécanicien anglais, entretient le Conseil d’une machine hydraulique exécutée à Paris par un artiste français, et qui lui a paru digne de l’attention de la Société; il prévient le Conseil que dette maehine doit être établie dans huit jours au passage Choiseul.
- Séance du 20 mars 1833.
- Correspondance. Mme veuve Choppin, demeurant à Château-Thierry (Aisne), adresse la description de deux procédés de son invention, l'un ayant pour but de fèiller le lin et le chanvre sans rouissage, le second, de dégommer les matières corticales avant leur filature, et des échantillons des produits ainsi obtenus.
- M. Achille Adam, banquier à Boulogne-sur-Mer, adresse une notice sur la pêche et la salaison des harengs et des morues.
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- M. Mandounet, maître de forges à Curville (Haute-Marne), sollicite une médaille de contre-maître en faveur du sieur Vougery, maître-fondeur dans son établissement.
- MM. Saint-Marc, Portier el Tétiot aîné, fabricans de toiles à voiles à Rennes, adressent la même demande pour le sieur Julien Bataille, leur contre-maître.
- M. de Saint-Bris, fabricant de limes à Amboise, réclame le même encouragement pour le sieur Batelier.
- M. le baron d’Henrichshausen, directeur de la Société d’agriculture du grand-duché de Bade, adresse un exemplaire du Journal hebdomadaire de cette Société, et exprime le désir d’établir des relations avec la Société d’Encouragement.
- Objets présentés. M. Robert, horloger, soumet à l’examen de la Société : i° un réveil-marqueur destiné aux observations \ 20 un pendule-compensateur à deux branches, sans levier ; 3° une monture pour l’échappement à cylindre en pierre employé dans les montres.
- M. Colas, mécanicien, adresse : i° une notice sur un billet de banque à l’abri de la contrefaçon 5 20 un tableau renfermant divers essais de gravure à la machine.
- M. Leblanc, serrurier à Evry-sur-Seine, présente le modèle d’une machine à forer les puits artésiens.
- M. Anastasi, pensionnaire de la maison des Quinze-Vingts, ayant construit des modèles de machines à fabriquer les briques, tuiles et carreaux et à décortiquer les légumes secs, sollicite l’examen de ces modèles.
- Rapports des Comités. Au nom du Comité des arts mécaniques, M. Francœur lit un rapport sur la pendule à quantième de M. Gille.
- Le Comité propose de remercier l’auteur de sa communication et d’insérer le rapport au Bulletin , avec la figure et l’explication de son mécanisme. [Approuvé.]
- Communications. M. Mallet communique l’extrait d’une lettre qui lui a été adressée par M. Robison, secrétaire de la Société royale d’Édimbourg, et par laquelle il annonce que le traitement du fer par l’air chaud prend tous les jours une plus grande extension, et présente des résultats tels, qu’on peut s’attendre à voir le prix du fer de bonne qualité descendre à 5o francs le tonneau. (Voyez plus haut, P-75*)
- à
- 13.
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- ( 9° )
- ' • .* . ' * ' :
- TABLE A Uj par ordre alphabétique, des Brevets d invention 3 de perfectionnement et d’importation ; délivrés en France pendant Vannée i832.
- Nota. Les lettres ( B. I. ) placées après l’énoncé des Brevets signifient Brevet d inventiony (B. I. 1J. )? Brevet d’invention et de -perfectionnement; (B. P.)? Brevet de perfectionnement; (B. Ixnp.), Brevet d’importation ; (B. Imp. P. ), Brevet d’importation et de perfectionnement ; ( B. I. Imp. ), Brevet d’invention et d importation.
- 6?-'. —" 11 -g— NOMS ET PRÉNOMS S ^ M "Z w 1 . DÉSIGNATION DES OBJETS 1
- des Brevetés. DOMICILE. DÉPÂRTEM. DATl île la iléliv des lîrevi PH O « O «5 i-Q pour lesquels les Brevets ont été accordés.
- Abbot (P.-H.) Paris, * r. N.-des-Capu-[cines, n° 13 bis. ‘ Seine. 28 mars. iôans. Perfectionnemens dans l’ébullition et l’évaporation des liquides, applicables à la génération de la vapeur et à d autres objets. (B. I. P.)
- Le même id- ; : ; Construction des gouvernails et leur emploi à certains genres de navires et de vaisseaux. (B. I. P. Imp.)
- 26 avril.
- Achard et Bernard Chapuy. .. id. rue St. - Denis,1 n° 248. i id. 3o août. 5 ans. : Machine propre à peigner les frisons, côtes ou 1 liens provenant delà soie, aussi bien que d’autres matières fibreuses, telles que laine , cachemire, étoupes de lin et de chanvre, etc. (B. I.)
- Agneray ( J.-M. Rouen. Seine-Infér. 28 mars. 5 ans. ^ Machine dite banc d’étirage a compression, | propre à être employée dans les préparations à 1 la filature du coton et de toute autre matière filamenteuse. (B. I.)
- ,Ancey (C.) Marseille. B. - du -Rhône. 21 mai. 5 ans. r Procédé propre à blanchir et à augmenter en 1 même temps la pâte du papier. (B. I.)
- D’Anvers (L.) Paris, r.Croix-des-Pet.-Champs , n° 33. . Seine. 18 j uin. 5 ans. 1 Appareil qu’il nomme sudatorium, destiné à 1 provoquer la sueur et à ranimer la chaleur vi -
- | taie. (B. Imp. P.)
- Ardaillon , Bessy et Comp., et Lalher-Foret . Saint-Étienne. - Loire. 9 mars. S ans. Procédé de fabrication simultanée d’un certain nombre de rubans unis et damassés , des-j tinés à être appliqués sur les canons des fusils de 1 chasse. (B. I.)
- Aribert ( Y.) Meus. Isère. 5 ans. ! Four à cuire le pain, à courant d’air chaud \ dans l’intérieur et à courant d’air brûlé sous 1 le sol, (B. I.)
- 3 iIé 0 *
- Arnaud (J.-A.) ; Lyon. Rhône. 23 janv. 5 ans. - Procèdes propres à empêcher la soustraction des soies par les teinturiers. (B. I.)
- Le même........... •’ ...... id. id. 11 fe'vr. r Procédés economiques dans la combinaison des cartons qui forment les dessins sur les méca-[ niques à la Jacquart. (B. I.)
- U ans.
- Aube et Comp [ Paris, rue de la Tour-{des-Dames, n°8. Seine. 3o juill. 5 ans. j ^ ^Nouvelle composition de poudre analeptique.
- Bailly (voy. Delègue).
- Barde (F.-A.) . id. rue Vivienne, . n° 8. id. 5 oct. 10 ans. Procédé propre à prendre la mesure des ha -billemens. (B. I.)
- Barrés du Molard.' Valence. Drôme. 7 mai. iô ans. Gluten volcanique. (B. I.)
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- NOMS ET PRÉNOMS des Buevete.;. DOMICILE. DÉPARTEM. fl r ?. s î ï £ -0 p; ”3 DURÉE des Brevets. "| DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels les Brevets ont ètè accorde's.
- Bataii.ee (A.) Paris, r. St.-Maur-du-Temp., n° 17 bis Seine. 16 juill. 15 ans. Herse à trains et à roues. (B. I.)
- De Beaukepaire ( A.-V.-H.).. ' id. r. de la Ville-l’Évëque, 110 42. id. 11 de'c. h ans. j Application de divers moyens mécaniques à 1 des écritoires dites ccritoivcs porte-plumes. (B. I.)
- Belly ( J.-G.) Lyon. Rhône. 3 juillet.. h ans. Mécaniques propres à dévider les soies. (B. P.) 1
- Benie r-Duchaussais ( v. Poissant),
- Bernaud-Charly (r. Achard). '
- Best ( N. -F.) | Paris, 1 r. Richelieu, n°3i. Seine. 9 janv. 10 ans. Bains et douches à vapeur ambulans , qu’il ! nomme bains sauveurs. (B. Imp.)
- Berthauet-Ducrkux Bessy (voy. Ardaillon). Ch;1lons-sur- i Saône. f Saône-et-Loire. 28 mai. i5 ans. i Moyens de remplacer avec avantage et éco-1 nomie le plâtre dans les constructions. (B. I.)
- Blanchin (J.-F.) etST.-Gir.EES. Beakchon aîné' i Paris, * r. du Faub.-St.-' Martin, n° 98. Chomerac. | Seine. Ardèche. 16 juill. i4 janv. 5 ans. 5 ans. - Tissus, étofl’es et toiles élastiques. (B. I. P.) 1 Mécanisme qu’il nomme coupe-mariage, propre ! à filer la soie sans tourneuses. (B. P.)
- Dijon. Côte-d’Or. i5 ansf I . Application des huiles minérales produites k par la distillation, à l’éclairage , au moyen de ’ préparations convenables et en se servant de j lampes particulièrement disposées pour cet obiet. ( (B- I-)’
- 17 TIOV.
- Boucher fils Chanday. Orne. 3o àofit. 5 ans. l Machine nommée pressnjilière, destinée à rem- < placer l’étirage du fil de' laiton à la filière.’fB. l I. P.)
- Bourges ( J.-B.) Bordeaux. Gironde. 28 mars. 5 ans. j Appareil propre à clarifier les sirops de raffi-1 nerie , qu’il nomme appareil clarificateur à la ' Bourges. (B I.)
- 1 Paris, Bourlet-d’àmboisf. ..< place des Vie- v. foires, n° 3. 1 , Seine. 9 mars. 5 ans. Fabrication du rakachou en poudre et de 1 la fleur de gland doux d’Asie, perfectionnée. B (B. Imp. P.) ' 1
- BouSseroux (G.) id. rue Mandar, , n° 3. al. iG juill. 5 ans. | Barettes en fer battu et bouchons en cuivre | destinés aux fourneaux économiques. (B. P.) g
- , id. id. 1 j nin. 1 3 ^ Appareil propre a l’encrage des caractères, 1 i5 ans. \ applicable à certaines sortes d’imprimerie. (B. 1 < lmp. P.) ! 1 4
- A ugust., n 28. 1
- Brame-Ch e vae ir.R Lille. Nord. 21 mai. 5 ans. • Moyen mécanique et physique applicable aux diverses espèces d’appareils d’évaporation !
- et de distillation. (B. I.) ,1
- Breuzin (S.-C.) Paris, rue des Saints-Pères, n° 16. Seine. 3i mars. 5 ans. ' Éolipyleà l’esprit de vin, dont le jet de flam- j mes s’élance verticalement. (B. P. I.) > !
- Brewim ( A.) , St. - Quentin. Aisne. 7 mai i5ans. ] Nouvelle méthode de brocher et broder le j tulle-bobbin. (B. Imp. P.)
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- NOMS ET PRÉNOMS
- des
- Brevetés.
- Brillantais (voy. Martin). Brunton (W.)..............
- Calla (C.-F.).............
- Gallet fils...............
- Cantier ( J.-B.). ........
- Chandelet (A.-V.).........
- Chapman (G.-M.)...........
- Charpentier, Louis etMuNCH.
- Chômer (J.-B.)........... •
- Chouueau (L.).........
- Christian (E.-'V.-J.).....
- Collet (M.-A.)............
- Collier (J.)..............
- Corort (A.)............
- Courtibs et Lasseré..... - •
- Crepahx (voy. Grandir).
- ( 92 )
- DOMICILE. DÉPARTEM. DATE de la délivrance ! des Brevets. DURÉE des Brevets.
- Paris, r. Neuve-Saint-Àugustin, n° 28. 1 Seine. 27 juin. 10 ans.
- id. r. du Faub.-Poissonnière, n° 92. . id. 29 févr. 5 ans.
- id. 1 r. St.-Antoine, ' n° 20Ô. 1 id. i5octob. i5 ans.
- id. r. St.-Denis? n° W- - 1 id. 11 févr. 5 ans.
- id. ' rue St.-Martin, n° n6. ; id. 12 déc. 5 ans.
- id. ] r.Neuve-St.-Au- ( gustin, n° 28. . id i3 févr. 10 ans.
- id. rue delà Ferme, n° 3. id. 5 nov. 5 ans.
- Montrenil-s-Mer Pas-de-Calais. i3 juill. 5 ans.
- Paris, r. Quincampoix, n° 63. Seine. 19 déc. 5 ans.
- ' I id. rue Blanche, n° 6. J id. i4 nov. iâ ans.
- id. rue de la Boule-1 Rouge, n° 17. 1 id. 26 mars. 5 ans.
- id. r. Richer, n° a4. | id. \ 11 juin. i5 ans.
- 1 Saint- J ulien-Molin. * Loire. 3i mars. 5 ans.
- Paris, 1 r. Saint-Honoré, n° 358. ' Seine. 3ijanv. i5 ans
- DESIGNATION DES OBJETS
- pour lesquels
- les Brevets ont e'té accordés.
- (Perfectionnemens dans certains mécanismes applicables à l’élévation des eaux et à d’autres usages. (B. Imp. P.)
- î Gargouilles perfectionnées destinées à l’écou-J lement des eaux sous les trottoirs. (B. I. P.)
- | Appareil propre à opérer, au moyen de la \ vapeur, l’extraction de toutes les matières ani-j males et végétales, et à en opérer la clarification,
- f la cuisson, la distillation et la dessiccation. (B. I.)
- 1 Nouvelle machine propre à découper la J gomme élastique dans son état naturel. (B. I.)
- I
- 1 Modèles de boutons propres au civil et au militaire. (B. I.)
- Becs de lampes antégazogènes. (B. Imp. P.)
- | Instrument nouveau qu’ils nomment guitare '• multicorde. (B. I.)
- Procédé propre à extraire le suc de la betterave , sans le secours d’aucune espèce de presse 1 et à l’aide seulement d’un très simple appareil.
- ( (B- I.)
- Nouveau chocolat dit chocolat-châtaigne. (B. I.)
- / Nouveau système complet de filature et de ) moulinage des trames, poils, organsins et au-( très fils de soie. (B. I. P.)
- i Lampe de voiture qu’il nomme lampe préser-| matrice. (B. I. P)
- Machine qu’il nomme découpeuse, propre à découper les étoffes et châles brochés, à raser les poils des peaux destinés à la chapellerie et à produire tout autre effet analogue. (B. I.)
- Nouveau mécanisme destiné au moulinage des soies (B. I.)
- Hochet hygiénique nouveau propre à faciliter le travail de la dentition. (B. I.)
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-
-
-
- (9*)
- NOMS ET PRÉNOMS des Brevetés. DOMICILE. DÉPARTEM. DATE Je la délivrance des Brevets. DURÉE. des Brevets.
- Dalton (S.) Calais. Pas-de-Calais. 3o sept. i5 ans.
- Darbo fils (F.) Darlu (A.) Paris, pass. Choiseul, n° 86. id. rue Ste-Croix-d’Antin, n° iî. Seine. id. 21 mai. 3i mars. 5 ans. 10 ans.
- Bordeaux. Gironde. 4 sept. 15 ans.
- Delaroche (J -S.) • Paris, rue du Bac, n° 38. Seine. i4 janv. 5 ans.
- id. Delarue (P.-T.) / r .N.-Dame-des- (Victoires, n° 16. id. i3 fév. 5 ans.
- Delavelaye (A.) id. quai de Gèvres, n° io. id. 3i mars. 10 ans.
- Delègue et Bailly Lyon. Rhône. 22 juin. 5 ans.
- Delbuil (J.-L.) Paris, rue Dauphine, *n° 24. Seine. 27 juin. 5 ans.
- Dersarte (N.) Sole mes. Nord. igoctob. ô ans.
- Déroché et Magsin Lyon. Rhône. 28 mars. ô ans.
- Despruneaux (G.) Paris, r. des Vieilles-Tuileries, n°33. Seine. 29 octob. jo ans*
- Dez-Maurel Lyon. Rhône. 3o août. i5 ans.
- Doguet (voir. Dk i.usei.).
- Don (Th.) et Ragon (J.-B.'... . Paris, 1 passage de l’In-1 dustrie, n° 23. . 1 Seine. i4 sept. i5 ans.
- Drotsÿ (F.) [La Villette,.près( | de Paris. 1 ; a6 avril. S ans.
- DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont été accordés.
- {
- Procédés de fabrication de boutons sans queue partie en métal, partie en étoffes, ayant le dos en tissu, en peau, ou de toute autre matière susceptible d’être percée par l’aiguille et de résister au fil. (B. Imp.)
- Nouveau biberon. (B. I.)
- Nouvelle application mécanique qu’il nomme rotateur. (B. I.)
- Application aux bassins et aux formes de carénage, dans les ports de marée, d’un système de vantaux accores flottans et à fonctions spontanées, combinée avec des moyens assurés d’imperméabilité , de sûreté et d’économie. (B. 1.)
- Nouveau foyer à circulation d’air, servant de bûche économique. (B. I. P.)
- Machine destinée à remplacer les fumivores en impririiant un mouvement circulaire et continu aux abat-jours. (B. I. P.)
- Nouvelle lampe qu’il nomme lampe-phénix.
- (P. I. P.)
- Dévidoir dit à roue volante, propre au dévidage
- t ueviaoir ait a roue votante, propre ai i des soies et autres matières. (B. I. P.)
- Seringue-pompe portative à jet continu au moyen d’un réservoir d’air. (B. I. P.)
- Lampe hydro-aérostatique qu’il nomme hé-liostat et lampe héliostatique. (B. I.)
- Bidons en cuir pressé et non bouilli, rendu imperméable par une préparation qui lui est particulière. (B. I.)
- Appareils destinés à conduire des fluides , liquides et gaz. (B. I.)
- Emploi de mastics bitumineux à la fabrication des produits propres a u carrelage, obtenus avec des cailloux, des verres découpés et du bois de différentes couleurs. (B. I. P.)
- Système complet d’établissement de chemins de 1er et de transport par terre et par eau, par de nouveaux locomoteurs à vapeur également propres aux usines. (B. I. Imp. P.)
- I Nouveau procédé de vidange des fosses d’ai-) sance. (B. 1. P.)
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-
-
-
- ( 94 )
- 1 NOMS ET PRÉNOMS des Brevetés. DOMICILE. DÉPARTEM. DATE de la délivrance des Brevets. DURÉE des Brevets.
- Dubief (G.) Berry-la-Yille. Saône-et-Loire. 27 août. 5 ans.
- Duclijsel et Doguet Saint-Etienne. Loire. 16 nov. 5 ans.
- Duferron (F.) ! Paris, , rue du Bac, • Seine. 3o juill. 5 ans.
- Durant ( F.-N.). ( n° ioo. Somme dieu Meuse. i4 janv. 5 ans.
- Le baron d’Est. .- Paris, r. Neuve-Saint- Seine. 22 févr. 10 ans.
- -, Fayard (A) Augustin,n° 5o. id. rue Montholon, . „ 4 sept. 10 ans.
- Fedder CJ.l. n° 18. Lyon. Rhône. 3 déc. 5 ans.
- Ferry fils aîné \ Paris, ' r. des 2 Boules,, Seine. 26 j uillet 5 ans.
- Fesneaij-Petitbeau n° 9- , Montrichard. Indre-et-Loire. i4 sept. 5 ans.
- Fleulard (L.-E.) Paris, ) rue Ventadour, . Seine. i3 févr. i5 ans.
- * Fontenelle CJ.) n° 4. ; \ id. i r. de la Grande-} id. 28 mars. 10 ans.
- Fourneyron (B.) Truander., n° 26 Besançon. Doubs. 24 octob. i5 ans.
- Fournier (H.-R.) ' Paris, r. Poissonnière, Seine. 4 sept. 5 ans.
- * Gale (L.) n° 34. id. 9 1 r. Saint-Honoré, 1 id. 23 janv. 6 ans.
- ... Galle aîné n° 288. id. rue de la Chaise, id. 3 août. 10 ans.
- Gantillon (C.-E ) n° 10. Lyon. Rhône. 3o août. iô ans.
- DESIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont été accordés.
- Nouvelle machine propre à pulvériser le plâtre. (B. I.)
- Cliangemens et additions aux métiers à la Jacquart et à velours , dont le principe est la réunion convenable des deux métiers, afin d’en former un nouveau qu’ils nomment jacquart-velours double façonné, et propre à la fabrication des rubans avec fleurs en velours. (B. P.)
- Art de conduire dans l’air les aérostats, (B.
- Imp.)
- Boîte à poudre et amorçoir réunis. (B. I.)
- Procédé de fabrication d’armes de guerre, pistolets, carabines, mousquetons et mousquets, et'd’une nouvelle cartouche à lingots. (B. I. P,)
- Seringue qu’il nomme clysobole nécessaire hygiénique. (B. I. P.)
- Procédé de séchage de l’orge germée destinée à la fabrication de la bière , au moyen d’un ap -pareil qu’il nomme calorifère felderin. (B. I.)
- Liqueur de table qu’il nomme sophaz de Perse. (B. I.)
- Encre indelebile et inaltérable qu’il nomme encre française. (B. I.)
- ^Machine à moudre dite pantriteur, propre à triturer les grains et à pulvériser tout ce qui est susceptible de l’être. (B. I. P.)
- Emploi des toiles métalliques à la confection des cribles servant à nettoyer lesgrains. (B. I. P.)
- Nouvelle roue hydraulique qu’il nomme roue a pression universelle et continue. CB. I.)
- Seringues de nouvelle espèce qu’il nomme cluzines. (B. I.)
- Appareil chauffeur et. sudorifique destiné à chauffer les surfaces refroidies d’un malade couché dans son lit, à exciter chez lui une transpiration prompte et abondante, et propre également à chauffer les lits d’une chaleur parfumée. (B. I. Imp.)
- Chaîne à engrenage et crochet qui s’y adapte. (B. I.)
- Confection d’un nouveau genre d’étofîè de soie. (B. I.)
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-
-
-
- ( 95 )
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- NOMS Et PRÉNOMS des
- Brevetés.
- DOMICILE.
- DEPARTEM.
- Gauthier fils.
- Gavàrd (J.-E.).......... • .
- Veuve Gérik et fils........
- Gilain-Dusart (J .-J.)....
- Gille (J.-B.)..............
- Girard (J.-F.j
- Goff (J.)......
- Paris, r. delà Calandre n° 49. Seine.
- Beaumotte. Haute-Saône
- Paris, r. Neuve-des-P.-Champs, n° 37. Seine.
- Saint-Étienne. Loire.
- Lille. Nord.
- Paris, t. des Cinq- Seine.
- Diamans, n° io. id.
- rue di Carreau, n" i5.
- Gdm (Q. -F.)\ .. ........... .
- Grakuin et Crbpaux ..........
- id. ( u Petit- i u, n" i5.1
- ( id• i
- <r. N.-des-Capu-; (cines, n° i3 bis. )
- id.
- id.
- Grus (A.-J.).
- Halé
- Hallette (L..-Â.)........
- Hamokd (C.). Hrllot (H.).
- Saint-Quentin. Aisne. 21 mai.
- Paris, r. Grange-anx-Belles , n° 16. ' Seine. 26 avril.
- id. rue Saint-Louis, n° 60. id. i4 avril.
- id. r. Saint-Honoré, n° 37 e. 1 id. 8 sept.
- Arras. Pas-de-Calais. 3 juill.
- Montpellier.
- Rouen.
- Hérault.
- Seine-lnfér.
- Paris,
- Huoohhet ( I.-P.).....| Seine.
- - • J
- Trente-deuxième année. Mars i83^.
- 26 mars.
- 16 nov.
- 7 mai.
- 22 févr. 3 juill.
- 16 juill.
- b nov.
- 26 mars,
- 26 avril,
- 24 nov.
- 20 oct.
- DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont été accordée. -
- i b ans.
- Nouveaux procédésde teinture par deâmoÿens mécaniques. (B. I. P.)
- Substitution de l’air chaud à l’air froid dans les feux d’affinerie du fer, et moyen de chauffer cet air avec la chaleur perdue de cesfeux. (B. P.)
- 5 ans. 1 Nouveau compas-triangle de réduction. (B. I.)
- Nouvelle arme à feu. (B. I.)
- I
- 1
- 5 ans.
- 1 o ans.
- 5 ans.
- Moyen d’e’conomiser le combustible dans les machines à vapeur. (B. I. P.)
- ib ans.
- b ans.
- 5 ans.
- 6 ans.
- 5 ans.
- 5 ans.
- c Nouvelle pendule à échappement , à repos \ centripète et à réveil. (B. I.)
- / v ,
- l Nouvelle machine à daguer, à peigner et à filer j le lin. (B. I. P.)
- I
- 1 Appareil perfectionne' propre à clarifier l’eau, j (B. I. P.)
- ! Mécanisme adapté à la machine à tullebobbin, système circulaire remplaçant les mouvemens alternatifs de l’ouvrier par un mouvement de rotation à l’aide d’une manivelle. (B. P.)
- I
- ) Cafetière à filtrer , à pression atmosphérique. ( (B. 1, P.)
- J
- j Perfectionnemens apportés à la construction ( des pianos. (B. I. P.)
- I
- ( Bassines et appareils accessoires propres à ap < prêter les draps et autres étoffes à l’aide de | la vapeur. (B. I. P.)
- I Nouveau système de presse hydraulique à piston élastique, propre à l’extraction des vins, des huiles, des sucs de tous les végétaux, comme aussi à dessécher toute substance com-'. pressible, du linge, des étoffes, des fils, etc.
- 1 (B. I.)
- Voiture à une seule roue qu’il nomme mono -cycle. (B. I.)
- I '
- (Système qui diminué considérablement les frottemens occasionés dans la machine dite rota ^ frotteur. (B. P.) ,
- Perfectionnemens apportés aux métiers dits a la Jacauart, destinés au tissage des étoffes. (B.
- IP)
- {
- 14
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-
-
-
- ( 96 i
- NOMS ET PRÉNOMS des Brevetés. DOMICILE. départem. « l ! H s 2 < % « 0 ^ s 0 r3 DURÉE des Brevets.
- Bordeaux. Gironde. ao févr. 5 ans.
- Inçoed^P.-F.). » Paris, Palais-Royal n° 177- Seine. 17 nov. 10 ans.
- .TArntTAnn pcre Lyon. Rhône. 4 avril. 5 ans.
- Jallu ( voy. Louvet) \
- Jay (A.) Paris, *r. des F.-Mont-martre, n° 5. . Seine. i4janv. 5 ans.
- Jean L’Huillier ' | ici. r. de Montmo -rency, n° 22. id. 3i déc. i5 ans.
- l id. . id. 20 sept.
- Eustache, n° 42. 10 ans.
- De. Kees {voy. Tchaffen)... .
- Koechun (A.) Mulhouse, Haut-Rhin. i4 nov. 1 5 ans.
- K.OLBE (G.)...' .. Strasbourg. Bas-Rhin. 3 déc. 5 ans.
- Kouwauski {voy. Lippeman). . Labourey (J.) Marseille. B.-du-Rhône. 7 août.
- 10 ans.
- Labouriau (P.-E.).. Paris, rue Christine, nù 10. Seine. 18 juin. 10 ans.
- Lachaise aîné (J.) Grandris. Rhône. 23 janv. 5 ans.
- Lachevardière (A.) ] Paris, r. du Colombier, n° 3o. Seine. 28 mai. ioans.
- Laleier-Foret(i'. Ardaiilon).
- Laroche ( M.-N. ) et Lelong neveu. Rouen. J Seine-Infér. 3 juillet.
- 5 ans.
- Lasseré ( V^oy. Courtiès) .... .
- Lavaud (A.) Pe'rigueux. Dordogne. i3 juillet 5 ans.
- IiEBEC (P.-J.) t Pans, r. des Bons-En-fans, n° a3. Seine. 5 nov. 10 ans.
- DESIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont été accordés.
- Machine propre à semer toute espèce de grains et graines, qu’il nomme semoir Hugues.
- Échappement à force constante et balancier à compensation. (B. I.)
- I
- ( Procède' de cirage qu’il nomme cirage conser-1 râleur de la chaussure et des harnais. (B. I.)
- Emploi de caoutchouc dans la fabrication des chapeaux. (B. I. P.)
- de terre. (B. I.)
- I
- i?
- Procédés mécaniques propre à rendre faciles moins coûteux les transports par terre. (B. P.)
- Machine propre à filer le coton et autres ma-
- f Machine propre a filer le i5 ans. J tières filamenteuses. (B. P.)
- | Moyen de prévenir divers inconvéniensqui ) se présentent dans l’usage des balances à bascule. { (B. I.)
- J Mécanique propre à établir une navigation
- r Perfectionnemens apportés dans la confection < et l’entretien des chaussures. (B. I.)
- | Procédé de coupe d’habits. ( B. I.)
- Application de l’impression continue à la lithographie, avec moyen d’opérer un encrage mécanique également continu et un mode de mouiller , acidaler , essayer, dresser ou poncer les pierres par le même principe de continuité. (B. Imp.)
- t Fabrication de tissus nautiques ou toiles à J voiles en coton. (B. I.)
- Procédé de satinage de toutes sortes de papiers. (B. I.)
- J Procédé du filature de lin dit filature a la pou-
- I
- péevolante. (B. I.)
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-
-
-
- ( 97 )
- NOMS ET PRENOMS des
- Brevetés.
- Lecocq (O.-A.)
- Lbhodbt- (C.-B.).... .......| %£%$££ !
- Lelong (’ÿoy. Laroche) ....
- Paris,
- '1
- • • • j place Vendôme
- ^ ii° 16.
- (A.)................) r- Richelieu , >
- ( n° l3- )
- Lemoet (A. -E.).. ..
- Lepage
- Lepelleti^T(J.-J.)....• - |r. Galandc, n° 3.(
- Linard (A.)
- id.
- l boulevart Pois-
- ^ sonnière, n° i o
- ( •id' • \ Lippeman et Rouwalski......< r< Saint-Denis, >
- | n 374. )
- Louis (voy. Charpentier) . .. | |
- Louvet, Gieie et Jallu.....j r. du Bac,n° 120. f
- Lowe (G.).... Lucas (J.-M.).
- Madden (J.-B.)......,......
- Magnin (voy. Déroché) . ... Maeebouche (J.-T.).........
- id.
- quai Conti, n° 19.
- Rennes.
- Paris, r. Grange-Bate-telièrc, n° 2. 1
- Maeignon ( L.-E.),
- Manesse-Mai.let .
- Margras (E.-L ).......
- Martin (J.-M.)........
- id.
- r. Hauteville, n” 48.
- Roanne.
- Valenciennes.
- r. N.
- Paris, \
- Sl.-Merry, \ n°i5. i
- id.
- id.
- id.
- id.
- id.
- id.
- id.
- id.
- Ille-et-Vilaine.
- Seine. ^
- id.
- Loire.
- Nord.
- Seine.
- Toulouse.
- Haute-Garonne.
- W S ï H £ *4 3 PO
- s « -
- 14 août. 9 mars.
- 28 mars.
- 13 juill. 18 juin. 28 mai.
- 13 avril.
- 3ijanv. 11 juin.
- 5 mai.
- 15 octob 9 juin.
- 9 octob.
- 5 nov.
- 4 sept.
- 28 mai
- W
- -w
- ÇA
- U
- «
- DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont été accordés.
- , Pompes rotatives excentriques à double pis-,oans* < ton.(B! I.P.)
- 1
- 5 ans.
- Perfectionnemens dansla fabrication des pendules. (B. I.)
- i Méthode thérapeutique des frictions électri-5 ans. / ques et appareil servant à les opérer, qu’il | nomme brosse électrique. (B. I. P.)
- ( Nouvelle arme à feu se chargeant par la cu-10 ans . ^ jassé, (JB. I. )
- 1
- Ç Procédé propre à l’ouverture et à la fermeture f des devantures de boutiques. (B. I.)
- 1 Appareil mécanique destiné à servir de jeu ) public et qu’il nomme joute. (B. I.)
- \ l Appareil formant un briquet à air inflammable 10 ^ j (B. I.P.)
- 5 ans.
- 5 ans.
- l Distillation du jus de betteraves à l’aide d’un I appareil perfectionné. (B. I.)
- | Manière de fabriquer et de préparer le gaz j propre à l’éclairage. (B. I. P.)
- 1 Système de mécaniques et machines propres 10 ans. à la fabrication des poteries, briques, tuiles carreaux, etc. (B. I.)
- 5 ans.
- i5 ans.
- Machine à draguer propre à enlever du fond de l’eau le gravier , la terre , etc., et à faire le terrassement à sec dans les marais. (B. I.)
- Nouveau sjstème d’éclairage à l’huile. (B. I
- Frein mécanique agissant par lui-même, pro-preà régulariser la vitesse des voitures et wagons sur les chemins de fer et sur les routes ordinaires dans les parties en plaine ou en pente, et à s’opposer à leur descente sur les parties en rampe, dans les cas d’accident. (B. 1.)
- Machines destinées à la confection soit à froid, soit à chaud, de chevilles, de clous de chaussure dits becquets, de tapis, de construction, de clous d épingle dits pointes de Paris et généralement de toute espèce de clous avec du fer laminé, platiné, fendu, filé ou élire, rond ou plat, sans perte de matière, sauf pour les clous d’épingle. (B. lmp. P.)
- r
- ô ans. ( Construction de nouvelles lunettes jumelles.
- ?(B.l.'
- 5 ans,
- Nouvelle méthode orthographique. (B. I.)
- l4.
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-
-
-
- t 9» )
- NOMS ET PRENOMS des
- Brevetés.
- Mathieu (P.)........
- May (G.- L.)........
- Maykie (A.)........
- Melun (L.). •• • • Meis'tignï (P.-A.)...
- Mercoiret ( A.)
- Le même...........
- Meugnot de Nansouty
- Micoud (A.).
- Mokeese (voy. Blum) , Moxfray (A.-E.). . • •
- Martin et Brillantais .. ..
- Motte-^aeisse. ^• •
- Moulin (J.)..............
- Mm* Mou/iour.T .
- DOMICILE. DÉPARTEM. 3 S S t 5 H ^ | -3 fl « « DURÉE des Brevets.
- *3
- I 1 Paris, v. de Bellefond, [ n° 35. > Seine, 5 octob. 10 ans.
- Lyon. Rhône. 28 mars. 10 ans.
- Paris, r. du Regard, n° 3o. Seine. 2.7 janv. 10 ans.
- Bordeaux. Gironde. 15 oct. i5 ans.
- Paris, . r. Saint-Denis, Seine. 2Ô sept. 5 ans.
- n° 3ii. -
- Vienne. Isère. 3 août. 10 ans.
- Lyon. Rhône. 26 avril. 5 ans.
- < Paris, ^ r. Dauphine, , n° 4o. Seine. 11 févr. i5 ans.
- itl. ul. 12 déc. iâ ans.
- Dijon. Côte-d’Or. 26 mars. 5 ans.
- j Paris, . r. Bourg-l’Abhé n° 16. Seine. 19 oct. 5 ans.
- ( Belleville, boul. ’ < de la Çhopi- ( V nette, n° 26. Ul. 11 fév. 10 ans.
- ( Paris, ) rue de la Paix, ' n* i3. Ul. 9 mars. i5 ans.
- Montville. Seine-Infér. 16 nov. 10 ans.
- Paris, r. Sainte-} Croix-dç-la-Bretcnnerie, n° 44. Seine. 9 mars. 5 ans.
- Toulouse. H.-Garonne. i4 sept. i« ans.
- Paris, . • < r.Ste.-Appoline n° 16. 1 / ‘ Seine. 22 déc. i5 ans.
- DÉSIGNATION DES OBJETS
- pour lesquels
- les Brevets ont été acçorde's.
- Moyens qui consistent a remplacer les pièces qui doivent résister à une force ou supporter un poids quelconque, par des piecesplus petites,
- ( présentant à la force ou au. poids une partie Iplate ou cintrée, moyen qui donne a chaque /partie en contact avec la force ou le poids , un l soutien qui augmente sa résistance. (B. I»}
- 1 Nouvelles armes à feu qu’il nomme fusil et (pistolet filminans. (B. I. P.)
- S Procédé de fabrication de bière forte à la va-( peur. (B. I. )
- 1 Appareil qu’il nomme respirateur universel, \ propre à respirer et vivre ou sous 1 eau ou en-\ touré d’émanations plus ou moins dangereuses.
- f (B. 1.)
- Bec de lampe en cuivre dit sinombre. (B. I. P.)
- Procédé propre aux apprêts des draps et de toute espèce d’étoffes qui exigent de la pression et de la chaleur. (B. I. P.)
- Mécaqisme pouvant s’adapter a tous les Pietiers et dont l’effet est de battre a pas ouvert ou mi-clos les métiers de rubans dits a la zuricoise. (B. I.)
- Briquet qu’il nomme phlogosaïde. (B. I.)
- I Mécanique propre à fabriquer des allumettes j pyrogènes. (B. I.)
- | Moyen de fabriquer en fer lamine' des versoirs j ou oreilles de charrue. (B. I.)
- i
- Procédé de fabrication d’un nouveau cuir souple et imperméable. (B. I.)
- ( Machine propre à ouvrir les huîtres, qu’il j nomme écaillère française. (B. I.)
- I
- S Mécanismes propres à faciliter et simplifier le service des lampes dites à suspension. (B. I.)
- r Machine à encoller et sécher les chaînes de co-) ton destinées au tissage. (B. I.)
- S Nouveau système de percussion applicable aux armes de guerre et de luxe. (B. Imp.)
- ! Moyen propre, à la fabrication d’un engrais. ) (B. I.)
- I
- f Chaussures imperméables ayec semelles et
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-
-
- ( 99 )
- NOMS ET PRENOMS
- des
- Brevetés.
- Munchs (vaj\ Charpentier).. Nicod.......................
- DOMICILE.
- DEPARTEM.
- Odelant fils.
- Olagson (P.).
- Palmer (G.)....................) r. île Ca’sti-
- glione,n°3.
- Paris, rue Michel-Je-Comte , n° 23.
- Lille.
- Saint-Etienne.
- Pa ris
- Parrizot (E.-J.).
- Paschal (J.-C ). Mme Pat en.....
- Pecqleur (O.).
- Pellet aine'
- Pernot (J.-P.),
- Pernot (C.-F,
- Perrin et Vernois
- Perrot (L.-J.).
- id.
- rue Neuve-des-, Poirées, n° 4.
- La Ferté-sous-Jouarre.
- Sedan.
- Paris
- rue Traversière- f St.-Antoine, n° 18.
- Lyon.
- Paris, » r. et abbaye St.-Martin.
- Montbéliard.
- Paris, I . Saint-Bon, r n° 9-
- Rouen.
- Petev (L.-M.)..............f r. SCdïonoré, |
- f n° 365.
- Nord.
- Loire.
- Seine.
- id.
- Seine-et-Marne.
- Ardennes.
- Seine.
- Rhône.
- Seine.
- Doubs .
- Seine.
- Seine-Infer.
- Soine.
- id.
- ( «A J
- Philippe (C.)..............? mcAmelot, .
- ( n° 3o. )
- Pichon (F.)...............| r. du Figuier-
- (St.-Paul, n° 16.
- I 1
- Pinet (J.-I.).............( Saït-?i$®r’ f Rhône.
- ' < au Mont-d Or. i
- 13 juill i3 avril
- 26 raar
- 3i de'c
- 7 mai
- 24 nov 3i mar
- 9 juin
- 16 nov
- a3 janv
- 16 mai
- 28 mars
- 16 juill 1G nov.
- 20 fev.
- 26 avril.
- 5 oct.
- DESIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont été accordes.
- Nouvelles poires à poudre dites à lunette. (B. lmp.)
- i Procédé de fabrication des fils du Nord, cœur 5 ans. 1 j,., ]{n apprêté , genre de soie perfectionnée.
- | (B T )
- 5 ans $ Battant propre à faire plusieurs pièces de ru-f bans et autres articles de toute largeur. (B. I. P.)
- 5 ans
- ) Charrette creusant la terre et se chargeant j d’elle-même. (B. I. Imp. P.)
- 5 ans. v Cuvette mobile propre à la descente des eaux * ménagères de l’intérieur des maisons. (B. I.)
- 5 ans. 5 ans.
- 10 ans.
- Nouvelle couchette. (B. I.)
- Eau servant au blanchissage du linge et qu’elle nomme bleu de rose. (B. I.)
- Nouveau système de moulins en fer propres à moudre les graines oléagineuses et farineuses.
- (B. I.)
- 5 ans. •) Nouveaux procédés propres à imprimer j étoffe de soie forte et sur des rubans. (B. I.)
- {Produits en pailles de diverses couleurs collés sur tissus , propres à fabriquer des chapeaux, à remplacer les tentures, et pouvant s’appliquer sur le bois de manière à former ilifférens des-> sins. (B. I.)
- 5 ans v Navette propre au tissage mécanique et or-I dinaire. (B. I.)
- I Moyen mécanique prompt, simple et facile ,
- I qu’ils nomment autopièse , propre à réunir et à i5ans < séparer à l’instant plusieurs objets distincts et j séparés de petite dimension et changer et fixer à j volonté la position et la direction de ces mêmes j objets. (B. I.)
- Nouveaux procédés d’impression sur tissus.
- (B. I.)
- Sans. Nouvelle garde-robe. (B. 1. P.)
- ) Machine propre à fabriquer des clous d’é-f pingle. (B. Imp. P.)
- c ) Construction de nouvelles fosses d’akance. i>dns< > (B.I)
- i5
- {Manipulation des fils par de nouvea et procédés et application d’un nou cipe.dit enverjure circulaire. (B. I. P.
- u veaux, moyens nouveau prin-
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- ( 100 )
- NOMS ET PRÉNOMS des Brevetés. DOMICILE. DÉPARTEM. DATE tle la délivrance des Brevets. DURÉE des Brevets. DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels les Brevets ont été accordés.
- Pinson (R.-B.) Paris, r. du Ponceau, n° 12. > Seine. 5 oct. i5 ans. Décoration de toutes sortes d’objets avec les matières composant. la couleur des perles blanches ou de couleur. (B. I.)
- id. r. Quincampoix, n° 19. id. 26 mars. 5 ans. Procédés propres à la fabrication de tissus de bretelles façon tricot, avec boutonnière sans couture. (B. I. P.)
- PtANTEVIGNES (E.) Bordeaux. Gironde. 28 mars. i5 ans. ' Machine dite rat'Zyvay marin, propre àlialer les navires à terre et à faire franchir les digues établies sur les rivières et ruisseaux, au moyen j de boulets, de boules de tous métaux, de 1 rouleaux de toutes formes et de roues de fer sur essieux. (B. I. Imp. P.)
- Poissant et Bemüu-Dï'chaiïs- Courcelles- lès-Mézerolles. Somme. 26 janv. 10 ans. \ Procédé nouveau et économique du pétrissage 1 et de la cuisson du pain. (B. I. P.)
- Puteaux (L.—F.) .• Paris, \ nière, n°ii. j Seine. 26 juill. 6 ans. Appareil de cheminée. fB I.)
- Querini (P.) id. ^ 1 rue et hôtel j du Mail. 9 janv. 10 ans. Procédé propre à la fabrication du papier et du carton de paille et moyen de les blanchir. (B. I. Imp. P.)
- Raspard (M.) Lyon. Rhône. 3o juin. 5 ans. Système de sièges inodores. (B. I.)
- Raynaud (P.) id. id. 3i de'c. 6 ans. r Procédé propre à la coupe juste et régulière de toute espèce d’habits soit pour le civil, soit [ pour le militaire. (B. I.)
- Rieussec (N.-M.) . Paris, boul. Beaumarchais, n° 2. Seine. 5 oct. 5 ans. r Voiture destinée à transport er le bois à brûler à domicile, qu’il nomme voiture-porte-mesure 1 ou fardier perfectionné. (B. I.)
- Fuottot (L.-C.) id. r. Phélippeaux, n° 3. id. i4 nov. 5 ans. [ Porte-crayon perfectionné nommé porte -l crayon a repoussoir élastique. (B. I. P.)
- 1 l id. Rives (G.) < Marche Saint- ( Jean , n° 27. id. 3 juill. 10 ans. Machine propre à transporter et élever les dif-férens objets ou marchandises suivant les localités. (B. 1.)
- ^ ; Épinal. Vosges. 3i août. 5 ans. Toupet d’un nouveau genre. (B. I.)
- Rogeat (J.).... Lyoh. Rhône. 3 déc. b ans. Confection de difîërens fourneaux de formes 1 nouvelles propres à la cuisine et au chauifage des appartemens. (B, I. P.)
- Rolland de Blomac Carcassonne. Aude. 28 mars* i5 ans. [ Moyen de décupler la valeur du marc des rai-1 sins. (B. I.) r Instrument de pesage qu’ils nomment balance
- Strasbourg. lias-Rhin. „ .
- y déménagé. (B. I.)
- Rotch (B.) Paris, r. Neuve-Saint-Augustin, n° 28, . Seine. 3 août. >5 ans. | Nouvelle méthode de tanner les cuirs. fB. Jl.P.) j
- Rotichon jeune Bergerac. 7 août. ! Moyen simple, facile et économique, propre à séparer du chanvre et du lin toutes les parties ( nuisibles à la santé de l’ouvrier. (B. I.)
- <j iliiSi
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- ( 101 )
- NOMS ET PRENOMS des
- Brevetés.
- Roussel ( LO
- Rowe Dauson.
- Sailly et Lelong.......
- Saint-Georges.
- Saint-Gilles (voj-, Blanchin). Salmon (L.-J.).............
- Sauvage ( F.).
- SCHANKLAND.................
- Schwilgué (voy. Rollé) ....
- SÉGUIN (P.-F.).............
- Spindler (a.).
- Steinau (M.-L;).
- DOMICILE. DÉPARTEM. ti ~ Mi* ï « rs DURÉE des Brevets.
- ' Paris, rue d’Amboise, n° 2. , Seine. i3 avril. 5 ans.
- L’Épine. Nord. 28 janv. 5 ans.
- Paris, r. delà Calandre n° 49. . Seine. 12 déc'. 15 ans.
- i(l\ . . i r. de la Fidélité, n° 7. ! ' id. 20 oct. 5 ans.
- ici. r. St.-Honoré, n° 4ao. 1 id. 14 août. i5 ans.
- 1 Grenelle, près de Paris. id. 27 janv. i5 ans.
- Boulogne. Pas-de-Calais. 28 mai. i5 ans.
- Paris, r. St.-Honoré, n° 376. • Seine. ao oct. 10 ans.
- id. r. N.-Dame-des-Victoires , n° 8.1 id. 9 juin. 5 ans.
- id. r. des Jeûneurs, n° i4. id. 22 juin. 10 an.s.
- ici. r. des Canettes, n 7. id. 28 mars. 5 ans.
- id. r. des Marmousets , n° 36. J 5 oct. 5 ans.
- id. . ; r. St.-Honoré, n° 337. J id. 28 mars. iô ans.
- I I Plancher- j les-Mines. 1 Haute-Saône. 4 sept. 10 ans.
- Paris, \ place Dauphine,. n° 12. Seine. 3 déc. i5 ans.
- id. ; r. de la Bienfai- | sance, n° 2. ^ id. 14janv. i5 ans.
- id. | r. d’Angoulême- j St.-IIon., n° 29.. id. ' ' '' iC juill. 10 ans.
- DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont été accordés.
- ( Appareil propre à faciliter l’écoulement et la f dispersion des urines sur la voie publique. (B. I.)
- i
- Extraction des dernières portions de sucre existant dans la pulpe ou résidu des betteraves.
- (B. I.)
- Machine à fabriquer les épingles de toilette , mue par un mouvement rotatif continu. (B. Imp.)
- Fabrication des franges, du galon et des crêtes sur des métiers non encore employés à cette fabrication. (B. I.)
- Machine hydraulique propre à moudre les grains, à scier, et applicables à d’autres usages.(B. Imp.)
- Nouvel engrais, (B. I.)
- 1 Appareil nouveau destinéà remplacer les roues I des bâtimens à vapeur. (B. I.)
- Machine propre à filer le chanvre , le lin , la laine et autres matières filamenteuses. (B, I. P. Imp.)
- Nouveau genre de bottes. (B. I.)
- Presse typographique à platine, à mouvement continu et à toucheur mécanique, pouvant être servie par un ou deux ouvriers. (B. I.)
- Poele-fourneau économique, propre à faire la cuisine et chauffer les appartemens. (B. I.)
- Instrument de perspective propre à dessiner le paysage et toutes sortes de sujets d’après nature. (B. I. P.)
- l'i ans S Procédé de teinture en prussiate de fer et | autres substances. (B. I. P )
- I „ . , .
- 3 , ???31S “e Dsserand qu’il nomme lisses
- } métalliques. (B. I. P.)
- > Nouveau procédé propre à garantir le bois de charpente et autres contre la pourriture sèche et aussi à conserver le canevas et le cordage. (B. Imp.)
- Nouvel engrais. (B. I.)
- Moyen de transport de bois à brûler bois
- rtiinrri frri.ro» /H 11
- l Moyen de transport de 1 o ans. -, équarrieten grume; (B. 1.)
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- ( 102 )
- NOMS ET PRÉNOMS des Brevetés. DOMICILE. DÉPARTEM. DATE <le la délivrance. des Brevets, DURÉE des Brevets. DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels les Brevets ont été' accordés.
- Taüfier ( A..-G.) Bordeaux. Gironde. i4 mars. 5 ans. I Méthode d’apprendre à écrire , qu’il nomme 1 système français. (B. I. P.)
- Tchaffen et de Kees Paris, 1 pass. Saulnier, [ n° C. | Seine. 1 27 janv. 5 ans. f Machine qu’ils nomment tour pressent', pro- ^ pre à confectionner la vaisselle plate, ou tous j autres ustensiles de ce genre , en argent, étain , [ zinc, tôle, cuivre, etc. (B. Imp.)
- Thouvenin ( Fr.) id. r. de la Parcbe-) minerie, n° 2. • id. i4 nov. 5 ans. ! Application à l’encadrement des tableaux, es-} tampes , etc., des procédés employés à la reliûre | des livres. (B. I.)
- Tronchet-Tissornièrf. (H.) .. Soissons. Aisne. 3 juill. 5 ans. • Procédés propres à empêcher les cheminées 1 de fumer par quelque grand vent que ce soit. (B- I.)
- Yacheron (L.-F.) Saint-Ouen, près de Paris. ! Seine. i4 sept. 5ans. Perfectionnemens apportés à l’invention de JValder, relative à l'emploi de la gomme élastique à la fabrication des bretelles, jarretières, ceintures , etc. (B. I. P.)
- Lyon. Rhône. 5 ans. ' Machine à découper toutes sortes d’étoffes brochées, soie, laine et coton. (B. I.)
- Yeknois (yoy, Perrin) —
- Vier (G.-H.) î Paris, r. des F.-Montmartre, n° 21. Seine. x3 févr. 5 ans. . Système de mouvemens propres aux petites horloges d’appartemens, et moteur perfectionné. (B. I. P.)
- VlLAl tijlls Le Havre. Seine-Infèr. 6 juill. 5 ans. Cuisine marine économique. (B. I.)
- Walker (J.) Paris, r. Richelieu , n° 88. id. 17 déc. 5 ans. . Coussins de cravates cintrées nommées carcasses. (B. Imp.)
- . Wattr (W.). ' id. r. St.-Honoré, n° 376. id. 5 oct. îôans. . 1 Améliorations et changemens apportés dans la construction et le jeu des machines à vapeur. (B. I. P. Imp.)
- Werlt ( J. ) Bar-le-Duc. Meuse. 22 juin. 5 ans. Étoffes à rondes bosses destinées principalement à la confection des corsets sans couture. (B. I.)
- Ziegler et Comp Guebwiller. Haut-Rhin. i5 mai. 5 ans. Machine à parer. (B. I.)
- Zijlgrs (H.) » Paris, r. B.-du-Remp., n° 52. ! Seine. 21 mai. 5ans. • 1 Machine propre à embattre les roues de toute dimension. (B. I.)
- »
- i IMPRIMERIE DE MADAME HÜZARD VMXAT LA CHAPELLE), rue de l’Éperoh, n9 7. j
- t I ?
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- TRENTE-DEUXIÈME ANNÉE. ( N° CCCXLYI. ) AVRIL i833.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES.
- Rapport fait par M. Saulnier, au nom du Comité des arts mécaniques, sur une machine soufflante importée en France parla compagnie des forges de TAveyron.
- Messieurs, vous avez renvoyé à votre Comité des arts mécaniques une lettre par laquelle M. le Ministre du commerce et des travaux publics vous invite à publier dans votre Bulletin, si vous le jugez utile, la description et le dessin d'une machine soufflante importée en France par la compagnie des forges et houillères de l’Aveyron.
- Votre Comité m’a chargé d’avoir l’honneur de vous rendre compte de l’examen qu’il a fait de cette description et du dessin qui l’accompagne.
- La soufflerie dont il s’agit est composée d’un cylindre à piston, à double effet, mu par une machine à vapeur, d’un régulateur à capacité constante, et d’appareils propres à régler la marche de la machine à vapeur, d’après la consommation du vent. La disposition des soupapes à air est telle que l’espace nuisible que le piston ne peut remplir à la fin de chaque course est le plus petit possible ; condition essentielle pour produire le maximum d’effet.
- Cette machine a pour régulateur un vaste récipient en tôle, dont la capacité est vingt-six fois celle du cylindre soufflant; ce qui ne permet que très peu de variation dans la pression de l’air, et par conséquent dans sa vitesse à la sortie des buses. ^ :
- Un petit appareil fort ingénieux, et qu’on ne pourrait bien décrire qu’à Trente-deuxième année. Avril 1833. i5
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- ( ïo4 )
- l’aide d’une figure, sert à régler la production du vent proportionnellement à la consommation, en accélérant ou ralentissant la marche de la machine à vapeur suivant la même proportion. On obtient ainsi toute l’économie possible dans l’emploi de la houille aux chaudières. Cet appareil n’est utile que lorsque toute la puissance de la machine soufflante ne peut être utilisée par suite d’une diminution dans le nombre ou le diamètre des buses qu’elle est capable d’alimenter.
- Un autre appareil a pour but de prévenir les accidens qui pourraient arriver si le nombre des orifices de débit se trouvait augmenté instantanément, et par suite la pression considérablement diminuée sur le piston du cylindre soufflant. '
- Votre Comité vous propose, Messieurs, de remercier M. le Ministre de la communication qu’il a bien voulu vous faire, et d’insérer dans le Bulletin la description et le dessin de la machine soufflante qui est l’objet du présent rapport.
- Approuvé en séance> le 17 avril i833.
- Signé Saulnier , rapporteur.
- /
- Description d’un appareil soufflant importé par la compagnie des houillères et fonderies de VAveyron.
- Cet appareil soufflant est mu par une machine à vapeur. Il se compose : i° d’un cylindre soufflant de 2m,33 ( 7 pieds ) de diamètre et de 8 pieds de course ; 20 d’un régulateur à capacité constante, et de porte-vents en tôle de 3 pieds de diamètre; 3° d’appareils propres à régler la marche de la machine, d’après la consommation du vent, et à prévenir des accidens graves dans le cas où les orifices d’écoulement augmenteraient subitement de surface. ' * <
- i°. Cylindre soufflant. Ce cylindre À, Pl. 541, offre, pour l’introduction de l’air et son expulsion dans le régulateur, une disposition remarquable de soupapes, qui permet au piston de remplir sa course entière et d’arriver aussi près que possible des couvercles M formant les deux bases. Il en résulte que l’espace nuisible (1) est très faible , c’est à dire que presque tout l’air qui remplit la capacité du cylindre soufflant est expulsé à chaque coup de lamachine; on conçoit que si le piston ne remplit pas toute sa course,
- (1) On entend par espace nuisible celui qui se trouve compris entre le piston ftarvenu à l’extrémité de sa course et la base correspondante du cylindre. * *' < uv > •» <{ n *
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- ( io5 )
- tout l’air n’est pas expulsé; l’air comprimé qui reste alors suit le piston dans sa course rétrograde, et ce n’est que lorsqu’il est descendu au dessous de la pression atmosphérique, que l’air extérieur peut ouvrir les soupapes CC et pénétrer dans le cylindre. Ainsi, tout l’espace que le piston a parcouru, avant l’introduction de l’air extérieur ajouté à celui qui le séparait du couvercle à l’extrémité de sa course incomplète, doit être déduit de la capacité du cylindre soufflant, lorsqu’on calcule la quantité de vent produite à chaque coup de piston. Donc, toute construction qui permettra au piston de remplir complètement sa course, en diminuant autant que possible l’espace nuisible, tendra à augmenter considérablement l’effet utile de la machine. La disposition , représentée PL 541, est la plus perfectionnée parmi celles employées jusqu’à présent.
- 2°. Régulateur. Le régulateur R est une sphère en tôle forte, d’une capacité de 8,000 pieds cubes: il n’offre aucun des inconvéniens des régulateurs à eau ou à piston , et a l’avantage de fournir un vent régulier; car la quantité d’air qu’il contient est telie que sa pression ne peut être sensiblement altérée par chaque coup de piston du cylindre à vent. En effet, sa capacité est à celle du cylindre soufflant comme 27 est à 1 : ainsi, la quantité de vent qu’il contient est à celle qu’il reçoit dans le même rapport, sauf à tenir compte des effets de l'espace nuisible. L’air, à la sortie du cylindre soufflant, est nécessairement à une pression plus élevée que dans le régulateur ; la différence peut être évaluée à un dixième de kilogramme, au maximum, dans une marche régulière d’après les indications des manomètres.
- On peut conclure de ces diverses données qu’à chaque coup de piston il entre dans le régulateur une-quantité de vent égale au 27e de sa capacité, avec un excès de pression d’un dixième de kilogramme; et, comme la quantité de vent affluente se mêle à celle du régulateur, en remplaçant une quantité semblable qui s’échappe par les porte-vents L, il s’ensuit que le dixième de pression en plus se divise sur toute la masse et que la pression moyenne de l’air contenu dans le régulateur en est augmentée de de kilogramme. Cette augmentation presqn’insensible n est qu’instantanée; car elle se neutralise aussitôt par l’écoulement un pen plus rapide du vent par les buses, et cette variation de vitesse, due à de kilogramme, est à peine appréciable aux tuyères.
- On a placé à la partie culminante du régulateur une soupape S, chargée d*mi poids analogue à la pression qu’on adopte dans le travail. Si la marche régulière de la machine est accélérée par une cause quelconque, ou que les orifices d’ëeouiement ne soient pas en rapport avec la quantité de vient
- i5.
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- - ( 106 )
- expulsée par les clapets d’expiration DE, la soupape S sert à rétablir, dans le régulateur, l’équilibre de la dépense à la production.
- 3°. Appareil pour régler la marche de la machine. A l’extrémité supérieure du gros tuyau T, qui reçoit l’air à la sortie du cylindre, se trouve un petit appareil propre à régler la dépense du vent proportionnellement à la consommation des bouches a feu , en accélérant ou ralentissant la marche du moteur, suivant la même proportion. On parvient ainsi à ne dépenser que la vapeur strictement nécessaire, et à porter toute l’économie désirable dans la consommation delà houille aux chaudières.Cet effet est produit au moyen du petit piston c, qui se meut dans le cylindre P. l.a tringle t suit le mouvement du piston c auquel elle est attachée, et fait mouvoir le levier coudé l, qui tire et pousse la tringle k; celle-ci, au moyen d’un autre levier coudéetd’une tringle verticale J semblable à t, communique avec l’encliquetage de la machine; mais la disposition est telle que, lorsque la tringle t se baisse, la correspondante J s’élève , et réciproquement. * •
- L’introduction du vent dans le cylindre P a lieu par l’ouverture o; le piston cest chargé d’un poids proportionnel a la pression voulue. Quand la machine soufflante fonctionne,elle soulève le petit piston c et la tringle t, tandis que la tringle J, correspondante à l’encliquetage, se baisse et remet la machine en repos; cependant, le vent s’écoule par les buses et la pression diminue en raison de la consommation. Aussitôt qu’elle est revenue plus faible que le poids du petit piston, celui-ci descend, entraîne la tringle t qui fait monter celle J attachée à l’encliquetage tout en le décrochant, et la machine part : ce vent produit remplace aussitôt le vent consommé , et ainsi de suite.
- Cet appareil n’est utile que lorsque toute la puissance de la machine soufflante ne peut être utilisée, par suite d’une diminution dans le nombre ou le diamètre des tuyères qu’elle est capable d’alimenter. Quand le moteur est livré à toute sa force, le jeu de l’encliquetage a lieu h la manière ordinaire , par dts leviers mus au moyen de la tringle de la pompe à air.
- Un autre appareil x est placé entre le régulateur et le cylindre soufflant; il se compose, ainsi que celui que nous venons de décrire, d’un petit cylindre c avec son piston, qui est soumis à l’action du vent par un tuyau de communication m. Ce piston monte ou descend, suivant que la pression augmente on diminue , et par l’effet de la tringle n à roulettes et à charnières et du levier q, il ouvre ou ferme la soupape à gorge G. Lorsque, par accident quelconque, les orifices de sortie se trouvent augmentés instantanément, le vent, ayant des issues beaucoup trop grandes, diminue subitement de pression, et le piston du cylindre à vent n’a presque plus d’efforts
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- (ù ùi ci'HrtcofrrtujefiU'fi.f,iK,>C(’(LlLf J <
- /j t’f}i Sf/i a ’fff/sp ,
- pl.541 - vue 121/551
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-
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- .----------------------
- pl.542 - vue 122/551
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- ( >°7 )
- à vaincre pour expulser l’air. Dans ce cas, il est à craindre qu’il ne frappe sur les couvercles ou bases du grand cylindre et ne les brise ; oet accident est prévenu par la soupape à gorge G, tendant à se fermer par le mouvement des conduits du piston p\ qui a évidemment lieu lorsque la pression du vent diminue.
- Explication des figures de la PL 54i.
- Cette planche représente l’ensemble de la machine soufflante vue en coupe.
- A, Cylindre alimentaire de la machine.
- B, Piston qui se meut dans le cylindre. '
- CC, Soupapes inférieures d’entrée de l’air.
- D, Clapet inférieur de sortie de l’air.
- E, Clapet supérieur destiné au même usage.
- F, Tige du piston.
- G, Soupape à gorge.
- H, Parallélogramme.
- I, Balancier.
- J, Tuyau de la pompe à air.
- L, Porte-vent.
- MM, Les deux fonds du cylindre A..
- N, Soupape supérieure d’entrée de l’air.
- P, Cylindre de l’appareil régulateur.
- /B, Réservoir d’air ou régulateur.
- S, Soupape de sûreté du régulateur.
- T, Tuyau à vent. •
- c, Piston du régulateur.
- k, Tringle.
- /, Levier coudé en équerre.
- m, Tuyau de communication entre le tuyau T et le petit appareil x.
- n, Tringle à roulettes qui fait agir la soupape G.
- o, Entrée du vent dans le cylindre P.
- p, Petit piston.
- ÿ, Levier monté sur l’axe du clapet. c[} Petit cylindre de l’appareil x.
- x, Appareil destiné à prévenir les accidens qui résultent de l'augmentation subite des orifices de sortie du vent.
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- ( iq8 )
- Description d’un manomètre a sonnerie et a bascule 5 pour les chaudières a vapeur y inventé par M. Henri Hind Edwards, ingénieur-mécanicien a Chaillot, près Paris.
- L’auteur de cet appareil a obtenu une médaille d’argent au dernier concours, pour les moyens de sûreté contre les explosions des machines à vapeur. La description que M. Baillet a donnée de ce manomètre, dans son rapport sur le concours dont il s’agit ( voyez page 458 du Bulletin de décembre 185a), nous dispense d'entre r dans des détails à ce sujet. Nous nous contenterons d’indiquer ici les diverses pièces qui le composent, et que nous avons lait, graver avec soin, d’après les dessins fournis par M. Edwards. 1 -
- Explication des figures de la PL 5/p..
- Fig. i. Coupe verticale du manomètre à sonnerie et à bascule, et de la soupape de sûreté.
- Fig. a. Le manomètre vu de côté et en élévation.
- Fig. 3. Plan de la soupape de sûreté.
- Fig. 4- Plan du réservoir à mercure du manomètre.
- Fig. 5. Coupe de la partie supérieure du tube du manomètre, dessiné sur une plus grande échelle.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans tontes les figures.
- a, Réservoir contenant du mercure en contact avec la vapeur de la chaudière.
- - b y Tuyau muni d’un robinet à vapeur b', et communiquant de la chaudière au réservoir#. ' .
- Cy Colonne montante faisant fonction d’un manomètre à air libre.
- dy Flotteur renfermé dans la etdonne montante c; il se lève aussitôt que le mercure monte assez haut dans la Colonne pour le faire nager.
- e, Collier à échappement, faisant partie du flotteur d} et destiné à empêcher le tambour ou treuil m de tourner «pendant tout le temps que le flotteur reste en bas.
- f, Tige qui tourne et agite la cloche quand le flotteur nage dans le mercure,
- de manière à faire lever le collier à échappement. •
- g y Colonne descendante pour le mercure, dans le cas où le chauffeur, n’ayant pas fait attention à l’avertissement qui lui aura été donné, laissera
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- monter le mercure suffisamment, pour le forcer à passer par le tuyau horizontal g'.
- h, Cylindre creux placé à l’extrémité du levier de la soupape de sûreté, opposé au poids, et destiné à recevoir le mercure sortant de la colonne montante c. Il contient une quantité de mercure non seulement suffisante pour neutraliser l’effet du contre-poids, mais encore pour l’entraîner de manière à forcer la soupape de sûreté de s’ouvrir entièrement, sans compter sur l’influence et la pression de la vapeur qui tend naturellement à produire le meme effet.
- ij Levier de la soupape de sûreté.
- A3 Contre-poids placé à l’extrémité de ce levier.
- Soupape de sûreté.
- ni , Treuil monté sur la tige^et sur lequel s’enroule la corde n portant le poids o.
- p, Mentonnet fixé sur l’axe f et qui, en frappant contre le levier q, agite la cloche /*, lorsque le treuil tourne entraîné par le poids o.
- sf Ressort fixé au levier q et qui ramène la cloche. ( D. _)
- Description d’un rouet a volant et a ressorts élastiques et d’une
- poupée volante, propres a la filature enfin du lin et du chanvre ; par M. Lebec, de Nantes.
- On connaît trois procédés pour la filature du lin : le fuseau, les diverses espèces de rouets et les métiers ou mécaniques, qui ont beaucoup d’analogie avec ceux à filer le coton. M. Lebec a imaginé un quatrième procédé, auquel il donne le nom de poupée volante, et qui offre le triple avantage de faciliter le travail, d’augmenter le produit et surtout de donner du fil d’une qualité supérieure à celui obtenu par les moyens ordinaires. Cette poupée volante est adaptée à un rouet à volant et à ressorts élastiques, présentant des combinaisons fort ingénieuses.
- Description du rouet perfectionné.
- Le renvidage du fil se fait soit sur les rouets ordinaires, soit sur les mull-jennys employés pour la filature du lin, au moyen d’une pression légère qu’on exerce sur un des côtés de la bobine pour ralentir son mouvement. Cette pression , qui est continue, a l’inconvénient d'occasioner deux frol-temens, celui de,la bobine contre la petite corde, et celui de cette bobine sur la broche. Ce double frottement, qui produit la rupture des fils fins, a empêché jusqu’à #ce jour de les obtenir, tant sur le rouet ordinaire mu par
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- (no)
- le pied que sur les mécaniques. M. Lebec a résolu ce pr oblème par l’invention de son nouveau rouet, représenté sur ses diverses faces, PL 543 : la filature s’y fait avec facilité et sans produire la rupture du fil.
- Ce rouet, composé de quatre monlans AA assemblés par des traverses B CD E, est monté sur un plateau F, lequel est fixé lui-même sur un marchepied G. Entre les montans est disposée une roue verticale J, dont l’axe porte une manivelle M, à laquelle est attachéed’une part, une corde L, communiquant avec la pédale H, que le pied de la fileuse fait mouvoir, et de l’autre, un ressort à boudin élastique N, qui fait agir deux leviers cintrés à bascule k, dont l’usage sera ci-après expliqué.
- La roue J est entourée d’une corde O, qui passe sur la poulie P, montée sur la broche v, et lui imprime un mouvement rapide de rotation.
- La pression de cette poulie contre la bobinejq au lieu d’être continue, est intermittente ; elle s’exerce par deux ressorts élastiques qqenveloppant une virole polie, faisant corps avec la bobine, l’un au dessus et^l’autre en dessous ( voyez fig. 3). L’intermittence se fait par une tige à bascule o, en acier, placée horizontalement et parallèlement à la broche : elle offre à la partie postérieure deux petits leviers cintrés un plus court à droite k\ pour soutenir un contre-poids7, qui concourt à faire remonter la tige o; l’autre, plus long/£, auquel est attaché le ressort élastique N. Cette disposition est clairement indiquée, fig. 2. La tige à bascule o est munie d’un petit crochet p, auquel sont attachés les petits ressorts élastiques qqr, et de deux coussinets pour la porter et la maintenir en place.
- En faisant tourner la roue J, on imprime à la tige à bascule o et conséquemment à son crochet p des mouvemens d’élévation et d’abaissement, qui se communiquent aux ressorts qq, lesquels, étant alternativement tendus et relâchés, exercent une pression intermittente sur la virole de la bobine. -
- ' Les petits ressorts^ q étant réunis, à leur autre extrémité, à un cordon passant sur une cheville s, on peut les tendre au degré convenable en tournant cette cheville. Il en est de même du grand ressort N, auquel est attaché le ressort u, muni également d’un cordon enveloppé sur une cheville s'.
- Au moyen du perfectionnement que nous venons d’indiquer, la pression sur la bobine étant extrêmement faible, on peut filer les fils les plus fins.
- Le rouet a toute la solidité et la fixité nécessaires pour ne pas éprouver de vibrations pendant le filage.
- I/auleur voulant y ajouter un volant pour adoucir et régler les mouve-mens, il l’a placé sur la tête de la broche : il se compose de quatre petites riiasses, dont deux sont munies de tiges w servant d’épingüer».
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- Description de la poupée volante.
- Cette poupée, représentée fig. 5 et 6, se compose d’une planchette inclinée B', le long de laquelle monte et descend un chariot E', porté par des petits galets a'a!. Cette planchette, solidement fixée sur le socle A' par son extrémité inférieure, et soutenue par un support C', est munie, à sa partie supérieure, d’une traverse portant deux poulies D'F', sur lesquelles passent les cordons If et J', dont nous expliquerons plus bas l’usage.
- Le chariot E', ou la poupée volante proprement dite, est formé d’une petite planchette moins épaisse et moins longue que le plan incliné B', et portant de chaque côté des guides G', pour diriger son mouvement. Sur ce chariot sont fixés quatre peignes, dont un droit L'est composé de trois rangées d’aiguilles verticales et longues; les trois autres peignes K/ sont circulaires et formés d’un certain nombre d’aiguilles de diverses* grosseurs d', dont les têtes sont attachées à une garniture, et dont les pointes convergent toutes au centre. Ces peignes ont pour objet d’interposer leurs aiguilles entre les brins de lin pour les séparer, les isoler et même les diviser au besoin. Pour cet effet, on fait entrer d’abord la filasse N' sur le peigne droit L'; puis, après avoir ouvert les petites portes c' des peignes circulaires K', on la pose sur les aiguilles de ces peignes. Cela étant fait, on ferme les petites portes et on les attache au moyen d’un petit cordon^'; le lin se trouve alors emprisonné entre les aiguilles de ces peignes.
- Deux petites brosses M', fixées sur la base du chariot E', sont destinées à tenir le lin écarté et l’empêcher de se tasser. La brosse supérieure est montée dans une garniture mobile, à charnière, qu’on ouvre pour donner passage au lin; après l’avoir rabattue, on l’attache au moyen d’un petit cordon g\ s’enroulant sur une cheville h'. _
- Pour faire glisser le chariot le long du plan incliné,«on attache à un crochet b' dont il est muni deux cordons, un plus court I', cpii passe sur une poulie verticale F', et auquel est suspendu un contre-poids H', un peu moins lourd que la poupée volante, afin qu’elle retombe toujours deile-même. Le cordon plus long J', après avoir passé sur la poulie D', se termine par une boucle O', que l’ouvrière passe sur le poignet gauche. A mesure qu’elle tire le lin avec cette même main gauche pour fabriquer le fil de la main droite, elle fait remonter la poupée volante et le chariot E'. On obtient par cette manœuvre, qui est clairement indiquée dans le plan,/?#. 6, deux longueurs de lin en même temps, au lieu d’une seule. Les brins de lin, étant tirés par les deux bouts, se tendent également et se placent à côté les Trente-deuxième année. Avril 1833. 16
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- uns des antres; ils se trouvent donc dans la condition la plus favorable pour faire le fil le plus égal et le plus uni, tandis que, quand on fait le fil par les procédés ordinaires, le mouvement de torsion imprimé à chaque brin se continue jusqu’à sa pointe, qui est ordinairement divisée en plusieurs fila-mens : ceux-ci se prennent avec leurs voisins, et la filasse vient mal et en trop grande quantité; ou bien on tire sur un brin par son bout inférieur, tandis que le bout supérieur est amené par les filamens précédens, et alors ce brin vient en double, ou encore ces filamens se prennent avec ceux que les brins de lin ont souvent au milieu de leur longueur, et celui qui est pris ainsi vient aussi en double.
- Tous ces obstacles, qui rendent la filature du lin si difficile et si lente aux rouets et aux mécaniques, sont évités par l’emploi des peignes dont nous avons parlé et par ce nouveau mode de filage. *
- M. Lebec plaçait d’abord sa poupée volante sur une table, à côté de l’ou-vrièrej mais, sur Fobservation faite par un membre du Conseil, qu’il serait préférable d’attacher la poupée volante au rouet même, l’auteur a réuni ces deux pièces. Pour cet effet, le socle A', considérablement diminué de volume, est percé de deux trous, dans lesquels passent les montans de gauche du rouet, auquel il est ainsi solidement fixé. Les ouvrières trouvent que ce changement rend le travail plus facile. : * . * -
- ' ' Explication des fig. de la Pl. 543.
- ; < Rouet perfectionné. , -
- * Fig. i. Le rouet, vu en élévation et de côté.
- Fig. 2. Le même, vu par derrière.
- Fig. 3. Plan de la partie supérieure du rouet montrant la disposition de la broche et de la bobine.
- Fig. 4- La bobine montée sur sa broche, vue séparément.
- A, Montans du rouet, au nombre de quatre.
- B C D E, Traverses qui réunissent les montans.
- F, Plateau sur lequel sont implantés les montans. ' / :
- G, Marchepied. v ! .!
- H, Pédale. .... 1 : * * ; ; '• ;
- I, Colonne servant à réunir le plateau F avec le marchepied G, au moyen de l’écrou K.
- J, La grande roue du rouet. ' > *
- L, Corde attachée d’un bout à la pédale H et de l’autre à la manivelle M,
- montée sur l’axe de la roue J. - , */• * ,'>i
- •>' ’ ' , •' « < ’ < V."' -.'Ui .! '>V-^\V\y\'V
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- N, Ressort à boudin élastique, attaché, d’une part, à la manivelle M, et de l’autre, à l’extrémité d’an petit levier cintré k.
- O, Corde passant sur la périphérie de la roue J et sur la poulie P, qu’elle fait tourner.
- P, Poulie à gorge montée sur la broche.
- k, Levier cintré, attaché à la tige à bascule o.
- Atitre levier plus petit portant un contre-poids t. o y Tige à bascule, qui opère un frottement intermittent sur la bobine, par l’intermédiaire de deux ressorts qq. .
- p , Crochet fixé à la tige à bascule et qui reçoit les ressorts élastiques^.
- Ressorts élastiques enveloppant la virole de 1a bobine y y l’un q en dessus, l’autre q' en dessous. “
- r, fig. i. Anneau fixe à l’une des traverses du rouet et servant à renvoyer une petite corde de tension r\ attachée d’on bout aux ressorts élastiques q'y et de l’autre, à la cheville s.
- ss'y Deux chevilles à vis servant, la première st à tendre les ressorts élastiques q’, et l’autre s'y le ressort élastique u. t, Contre- pOids suspendu au levier cintré A'.
- u y Ressort élastique servant à régler la tension du grand ressort N , par le rrièyen dun cordon û', enveloppé sur là 'cheville sf. v, Broche de la bobine.
- <x>y Tiges , au notnbTe de deux, faisant, avec deux petites ibasses montées sur la tète de la broche, l’office de volant.
- -x, Cèochét glissant sûr l’üne des tiges servant d’épmglrer. y, Bobine en bois Sur laquelle s’éWvide le fil à mesure de sa fabrication. z y Fil renvidésur la bobine, passant dans le crochet mobile# et dansl’ai-iette de la broche v.
- Poupée volante.
- Fig.5. Élévation, vue de profil, de la poupée valante.
- 6. Vue en dessous de la même.
- Fig. 7. Le peigne circula-ire, vu de face et ouvert.
- Fig. 8. Les deux brosses vues de face et fermées.
- A', SOcle peéeé de deux trous pour recevoir les deux montans de gauche dti ’tPéffifet , auqûel if est solideÉnent attaché.
- Ba, Pfe^ftcbette rnchnèe de la poupée volante.
- C', Support de cette planchette.
- disposée parallèlement an plan incliné, sur. laquelle passe le fattadré aûi|)o%rièt de la niainfauehe de l’Ouvrière.
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- E\ Chariot ou poupée volante proprement dite. ‘
- F', Poulie verticale sur laquelle passe le petit bout I' du cordon.
- G', Oreilles servant de guides au chariot E'. . , ^ >
- H', Contre poids suspendu au cordon I'.
- J', Cordon au moyen duquel on fait monter et descendre la poupée volante.. • - •
- R', Peignes circulaires au nombre de trois, montés sur la poupée volante. L\ Peigne droit ou vertical fixé sur le chariot E'. . ' .
- M', Double brosse à travers laquelle passe l’extrémité inférieure de la filasse. ' •. ; • • \ : ' \ . ; :
- N', Filasse engagée dans les peignes. ... -
- O', Boucle du cordon J' passée sur le poignet de la main gauche de l’ouvrière. ' ' ‘ ’ •: .• • "V.
- . aa', Galets sur lesquels se meut le chariot E'. , ' / , .
- b', Crochet fixé à la poupée volante et recevant les cordons I' et J7. 5
- c\ Porte ou partie mobile du peigne circulaire R', qu’on ouvre pour placer la filasse sur les aiguilles. • ' -
- d’, Aiguilles attachées par leur talon au peigne R', et dont les pointes convergent au centre.
- e\ Planchette ou garniture mobile, portant la rangée supérieure des brosses M'. . / :
- y7, Petit cordon servant à tenir fermée la partie mobile c' du peigne circulaire. : .
- g', Autre cordon enveloppé sur la cheville h', et à l’aide duquel on retient la rangée des brosses supérieure sur celle inférieure. (D.)
- ARTS CHIMIQUES.
- Rapport fait par M.. Payen, au nom du Comité des arts chimiques, sur une notice de M. le comte de Perrochel, concernant un nouvel encollage pour les chaînes des tissus.
- z' B -
- La notice que vous avez rénvoyee a notre examen contient la description d’un nouveau moyen d’encollage, et des déclarations de plusieurs manufacturiers constatant les bons effets de la composition indiquée par M. le comte de Perrochel. .
- Nous devons vous rappeler, à cette occasion , que, dans ces derniers temps, on a reconnu les avantages inhérens à l’emploi des paremens hy-
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- ( n5 )
- grométriques; et que, dans un rapport qui obtint votre approbation, une composition destinée à encoller les chaînes de tissus, et dont nous devions la communication à M. Morin, a paru réunir toutes les conditions dési-rables et éviter les inconvéniens du piquage, reprochés à juste titre à d’autres composés hygrométriques (i).
- M. le comte de Perrochel ayant observé que l’encollage au lichen, appliqué avec tant de succès dans de grandes fabriques, ne saurait sé trouver à la portée du grand nombre de tisserands isolés auxquels, dans son département, on doit la plus forte quantité et les plus belles qualités de toiles, chercha à obtenir des succès aussi avantageux de substances à bas prix et qui se rencontrent partout. Le mucilage des marcs de graine de lin paraît avoir présenté les avantages désirés, et M. le comte de Perrochel s’est empressé de publier les résultats qu’en ont obtenus plusieurs tisserands de sa localité. N’ayant pour but que de populariser un procédé utile à une classe nombreuse de travailleurs, M. le comte de Perrochel réclame votre concours, et nous pensons qu’il entre tout à fait dans le but de notre institution de nous associer à des vues aussi honorables. Nous venons, en conséquence, vous proposer d’insérer au Bulletin un extrait de la notice de M. le comte de Perrochel.
- Approuvé en séance, le 8 mai 1833.
- Signé Payen, rapporteur.
- Nouvel encollage pour les chaînes des tissus ; par M. le comte
- Max. de Perrochel.
- On fait bouillir pendant dix minutes, dans 3 litres d’eau , 6 onces de graine de lin, quelle que soit sa qualité; on passe avec expression à travers une toile forte et serrée, afin que la graine reste seule sur le linge.
- On délaie ensuite,avec un litre d’eau, i4 onces de farine de blé, jusqu’à consistance de bouillie épaisse, que l’on verse dans la décoction qui vient d’être préparée.
- Placé sur le feu, ce mélange y bout doucement le temps nécessaire à une bonne cuisson.
- Avant d’employer le marc de lin, il faut le pulvériser : sans cette précaution, la partie muqueuse du résidu ne s’extrait que très incomplètement.
- 7 livres de ce parement suffisent pour encoller une pièce de toile fine de
- (i) Voyez Bulletin de la Société d’Encouragement. Année i83i, p. 219.
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- C n6 )
- 60 aunes, pour laquelle il faudrait employer g livres de colle ordinaire, dont le prix est plus élevé. s
- L’auteur annonce qu’en se servant (lié son parement, on pourra , sans le moindre inconvénient, travailler Hors des caves insalubres, à toutes les tempérât lires. i ti
- Dix fabricans de toiles de là ville du Maris rayant employé sur des chaînes de coton, de lin et de chanvre, ont reconnu : iü qu’il s’étend sur la chaîne comme un mucilage, et lui donne à la fois plus de souplesse, de force et d’élasticité que l’encollage ordinaire composé de farine; 2° que le grâin de la toile est plus saillant, plus net et plus beau, en raison de ce qu’il est moins couvert de colle; 5° que le tourduparé nelaisse jamais apércevoir celte teinte rembrunie que l’on prend souvent pour de la piqûre dans lés toiles écrues, et qu’il facilite aussi le passage des fils entre les lames sans les encrasser; 4° que chaque paré absorbe moins de matière, conserve plus longtemps sa fraîcheur,et peut attendre sa tissure jusqu’au lendemain; Ô° enfin, qu’il se conserve long-temps sans s’altérer.
- Rapport fait par M. Paÿén , au tiùm ctu Comité dés arts chimiques } sur un perfectionnement ajouté à Vappareil réfrigérant de M. Nichols. » ' y
- En soumettant, l’année dernière, au Conseil d’administration un rapport favorable sûr le réfrigératit de Nichols (i)ViVôus é^^fmîons le désir de voir l’auteur rechercher le moyen de rendre cet appareil plus facile à démonter, afin que des nettoyages plus fréquens permissent d’obtenir constamment les èuets utiles signâtes à votre attêîltion.
- M. lÿichoîs s’est efri pressé dë fëpoiidVë à ce Vœ'tV, èt ëst ënfîn parvenu â rendre le démonfagë de son appareil assez facile pbifr <|ù'è deùk ouvriers ordinaires pussent Tôperër sans peine eh mdink (letrôislièffféèk, 'èVsâhfe'que l’effet utile (tu félrîgérâht parut àvoïr dimiriûé.
- Cet effet a été obtenu en réduisant tout le système à un defni-cylindre, et * réunissant entre aëux plàtès-bân'âe's de fér lés éëbbfds dé toutes lés enveloppes concentriques disposées d’ailleurs sous la même forme et de la même manière qu’eh’es l’étaient cfank îè'cÿtîndré <éhtier._ - .
- Les deux platés-Whdes en fer "sont càfr&ôlîdëës ëh lè^ rëhd'aht Solîdâlhés èntr elles, lpar pfôkïéiiïs 'doiibrék biîi'é&îëVs en 1er fixés sous l’appareil. •
- (i) Bulletin de la Société d’Encouragement. Année i832, p. ao3 et 2gi.
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- Nous avons vérifié l’effet utile de ces nouvelles dispositions chez l’un de nos plus habiles brasseurs, M. Jeanneret, dont le témoignage favorable à M. Nichols ne peut manquer de paraître complètement décisif. Nous nous sommes assurés, dans cet établissement, qu’il suffit d’employer une partie et demie à deux parties au plus d’eau tirée d’un puits, pour abaisser au point ' convenable à une bonne fermentation la température du moût de bière déposé.
- Nous venons, en conséquence, vous proposer de signaler à l’attention publique le perfectionnement apporté par M. Nichais dans les dispositions de son réfrigérant, et, à cet effet, d’insérer au Bulletin le présent rapport.
- . Approuvé en séance, le 3 mai 1833.
- Signé Payen , rapporteur.
- AGRICULTURE.
- Extrait d’un rapport fait par M. Soulange Bodin, sur les Mémoires de la Société d‘Agriculture de Lyon, pendant les années 1828 et i83i.
- Le compte rendu par M Grognier, secrétaire de la Société d’Agricuhlire de Lyon, oflre d’abord l’anaLyse îles travaux auxquels cette Société s’est livrée pendant les années 1828 à 1831. Les mémoires imprimés à la suite du compte rendu en sont comme les pièces justificatives. Le premier contient le détail des expériences faites avec un grand soin par M. Bonafous, sur l’emploi des feuilles du mûrier greffé et de celles du mûrier sauvage pour la nourriture des vers à soie. Elles ont donné lieu à deux séries d’observations, qui attribuent à l’emploi de chacune de ces espèces de feuilles des avantages particuliers propres à compenser les inconvéniens qu’on y remarque; de sorte que, tout balancé, la question de savoir s’il est plus avantageux de nourrir le ver à soie avec les feuilles du*mûrier greffé qu’avec celles du mûrier sauvageon peut paraître encore indécise (1).
- Dans un second mémoire, M. Bonafous démontre les avantages de l’emploi du chlorure de chaux pour purifier l’air des ateliers de vers à soie. Il suffit de placer au milieu de l’atelier un baquet ou une terrine contenant une partie de chlorure sur trente parties d’eau environ , soit une once à peu près de chlorure sur deux pintes d’eau par chaque quantité de vers ----!------—------------------------------------—---------:---------
- , (1) Voyez, sur ce sujet, un rapport de M. de Lasteyrie, publié dans le Bulletin de mai i832, pjige sffô, t- . *
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- provenus d’une once de graine. On agite la matière, et quand elle est précipitée on tire à clair; on renouvelle leau et Ion reitère cette aspersion deux ou trois fois dans les vingt-quatre heures, suivant que le besoin d’assainir l’air se fait plus ou moins sentir. On ne change le chlorure que lorsqu’il cesse de répandre de l’odeür. L’auteur recommande aussi, comme puissant moyen d’assainissement, une ventilation bien dirigée et soutenue par des feux de flamme.
- M. Grognier a développé ensuite, dans un mémoire étendu, des consi dérations sur l’usage alimentaire des végétaux cuits pour les herbivores domestiques. Il commence par combattre les préjugés ou les habitudes qui s’opposent, aux yeux de certaines personnes, à cette amélioration diététique. La stabulation permanente proposée par Tschiffely eut d’abord des préjugés semblables à surmonter. Préconisée par les plus habiles agronomes, elle est pratiquée depuis long-temps en Suisse, en Angleterre, en Allemagne, dans les Pays-Bas et dans quelques parties de la France, et partout le bétail que l’on y soumet se montre beau, sain, de meilleur produit, en même temps qu’elle donne au colon une quantité triple d’un fumier trois fois meilleur; mais on a jugé des besoins hygiéniques des ruminans domestiques par ceux des solipèdes, sans considérer leurs différences, et l’on n’a pas songé que, pour la stimulation habituelle de la vie, l’exercice musculaire de la rumination suppléait en quelque sorte celui des muscles locomoteurs. On a donc représenté les végétaux divisés, atténués, cuits et pulpeux comme impropres à l’alimentation principale des ruminans. On a cru que des alimens d’une digestion et d’une assimilation trop faciles contribuaient à l'affaiblissement des organes digestifs, auxquels ils offraient trop peu d’exercice. On a ajouté que, n’éprouvant dans la bouche qu’une trituration légère, ils n’excitaient qu’une insalivation insuffisante pour produire une bonne digestion. Enfin on les a regardés comme se dérobant à la rumination et convenant moins encore par là aux ruminans qu’aux autres herbivores. • ' ’ ’ • ‘ , ••
- L’auteur combat ce système par l’anatomie, la physiologie et l’observation. Il prouve qu’on peut nourrir ces animaux avec des végétaux cuits sans le moindre détriment pour l’organe digestif, sans la moindre crainte de diminuer leur force et d’altérer leur santé ,• et c’est ce qu’on fait aujourd’hui avec un entier succès dans la Flandre française, aux États-Unis; en Angleterre, etc., pour les bêtes bovines, pour les bêtes à laine et même pour les chevaux. La cuisson pourrait aussi convertir en alimens d’une digestion et d’une assimilation faciles une foule de plantes des marécages, les fougères des forêts, les genêts et les bruyères des sols arides. Il est donc
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- bien à désirer que celle méthode, que l’analogie indique ne pas devoir être moins avantageuse à la bête qu’à l’homme, se propage et se généralise; elle produirait une précieuse augmentation de ressources alimentaires pour la multiplication du bétail.
- On emploie dans le département du Rhône un certain nombre de charrues à versoir fixe concavoconvexe, qui marchent assez bien; maiè on y cherche une charrue à un seul versoir mobile en fer coulé ou battu concavoconvexe, qui aurait les avantages du versoir fixe de la charrue belge, et qui pourrait revenir immédiatement tracer un autre sillon à côlé du précédent, ïl résulte d’un rapport fait par M. Gariot, sur l’essai comparatif des différentes charrues exécutées par ordre de la Chambre royale d’Agriculture de Savoie , que M. de Beaupré, propriétaire à Fontaines, près de Lyon, a en grande partie résolu ce problème.
- M. Seriage, directeur du Jardin botanique de Lyon , a fait connaître les procédés usités en Suisse et en Italie pour la fabrication des chapeaux et des tissus de paille , ainsique la culture spéciale des céréales employées à celte fabrication : c’est, en général, le froment commun (triticum vulgare), dont on se sert en Suisse et en Italie , et l’on préféré la variété à épi blanc, parce qu’elle a le chaume plus blanc ; que les arêtes en se développant rendent les parois dû chaume moins épaisses, et que, soit qu’on en forme des lanières, soit qu’on emploie les chaumes non fendus, ils sonRbeaucoup plus flexibles. On augmente aussi cette souplesse en récoltant la paille peu de jours après la floraison et dans le moment où le grain est en lait ; mais les modes de culture sont totalement opposés l’un à l’autre dans chacun des deux pays. En Suisse, où l’on fabrique beaucoup de chapeaux de paille fendue, on a besoin de donner au blé une végétation vigoureuse, et l’on sème clair dans un sol bien préparé, pour obtenir des chaumes gros et longs. En Italie, au contraire, les pailles étant destinées à être employées entières, on pratique la culture appauvrissante, et l’on sème très dru dans des terrains de qualité médiocre. Les pailles sont triées d’après leur grosseur et divisées en trente ou quarante parties, qui déterminent le degré de finesse des chapeaux et par conséquent leur cherté. Nous payons chaque année, à l’Italie et à la Suisse, un tribut assez considérable, en leur achetant des objets que nous pourrions, fabriquer qhez nous, pour que cette branche d’industrie méritât d’être introduite et encouragée dans quelques parties appropriées de notre propre territoire. 'i .
- M. Grognier a recueilli des observations sur le régime des porcs dans la petite ville de iVTaurs, département du Cantal. L économisés porcs est en France d’une importance immense. Suivant Chaptal, dont l’auteur regarde Trente-deuxième année. Avril i833. 17
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- l’évaluation comme très affaiblie,nous posséderions 3,443>oob porcs représentant un capital de i56 millions et fournissant a 1 alimentation 241 millions de kilogrammes de viande consommée en France ; cependant les agronomes et les vétérinaires s’en sont peu occupés. On pourrait néanmoins améliorer beaucoup le régime des porcs, mieux traiter les maladies, et surtout en tirer un parti plus avantageux. Ce ne sont pas des races particulières qui fournissent les jambons si renommés de Bayonne et de Mayence ; ils doivent leur qualité à la manière dont on les prépare et au gouvernement des porcheries. Il se prépare à Manrs des jambons qui ne cèdent en rien à ceux de Bayonne et de Mayence; l’expérience comparative en a été faite : les porcs qui les donnent ne sont pas nés dans le pays ; 011 va les chercher, d’octobre à janvier, dans le Périgord , la Marche et le Bourbonnais. Les premiers sont plus estimés; ils ont alors huit à dix mois et coûtent de 2/j à 36 francs. On les garde un an ; c’est quelques mois de plus que dans la plupart des autres contrées de la France. Dans cet intervalle, leur prix triple s’ils sont bien soignés. La châtaigne crue, fraîche ou sèche, est la base de leur nourriture: pour les engraisser, on la fait cuire d’abord à moitié, ensuite entièrement,' et on y ajoute des pommes de terre également cuites / le tout écrasé dans l’eau et mêlé avec du son. L’engraissement, qui commence à la maturité des châtaignes, dure six semaines ou deux mois. Pendant ce temps, les animaux sont renfermés, et sur la fin 011 leur distribue du sel pour leur aiguiser l’appétit : on leur donne à manger toutes les heures et à boire quatre fois par jour; leur boisson est l’eau dans laquelle les châtaignes ont cuit. A ce régime, on joint une propreté extrême : on les lave au moins trois fois par jour; ces bains les préservent*des insectes et delà ladrerie. C’est pour trouver de la fraîcheur et de l’humidité que le porc se vautre dans la fange des bourbiers. On leur donne des toits aussi vastes que possible : le plancher est disposé comme un petit lit de camp percé de trous pour l'écoulement des urines/et couvert d’une litière légère qu’on renouvelle tous les jours." Une partie des porcs engraissés est exportée vers le Languedoc et pénètre' jusqu’en Espagne; l’autre partie est abattue dans le pays. La salaison dure six semaines : on a soin de faire sécher le sel à un feu doux et de le piler; on retourne les quartiers chaque semaine. Quelques propriétaires se servent d’une presse qui réduit à quarante-huit heures là durée de la salaison. Lès quartiers sont enveloppés de linge et stratifies avec des couches de sel. Au bout de six semaines ou de deux mois, on détache les jambons pour les suspendre dans un lieu sec,où ils restent environ quinze j ours ; si on les met à la cheminé, procédé qui n’est nullement nécessaire, ce n’est pas avant dé les avoir bien enveloppés de linge, "de crainte qu’ils s’enfument.'
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- Lorsqu’ils sont bien secs, on les saupoudre de farine de sarrasin. Les bons préparateurs de jambons de Maurs attribuent lent s succès à ces différ ens procédés, qui pourraient s’employer partout et même se perfectionner encore.
- LÉGISLATION INDUSTRIELLE.
- Rapport fait par M. Payen, au nom cT une Commission spéciale, sur un Mémoire de M. Jobard, de Bruxelles,, relatif au projet de loi sur les brevets d’invention.
- En 1829, vous avez chargé une Commission, prise dans votre sein, de vous présenter des observations sur la législation des brevets , afin de répondre à la demande que nous adressait, à ce sujet, le Ministre de l’Intérieur.
- C’est sans doute à l’honneur d’avoir présenté alors le rapport (1) de celte Commission que je dois aujourd’hui d’ètre chargé de vous offrir le résultat de l’examen du mémoire précité, par les mêmes Commissaires.
- \ La plupart des considérations qui nous avaient frappés, et que vous avez admises après des discussions longues et approfondies, sont venues à la pensée judicieuse de l’auteur, et en conséquence il propose des modifications à la loi belge, qui sont fort analogues à celles que nous avons cm devoir réclamer dans l’intérêt de l’industrie française.
- Nous serons donc dispensés de rappeler votre attention sur la discussion de ceux des articles du projet dont la conclusion est semblable chez i’au-. teur belge et dans le rapport que vous avez approuvé; notre lâche sera courte et facile.
- L’un des premiers et des plus important objets soumis à un nouvel examen est relatif à la taxe des brevets.
- Gomme nous, l’auteur a reconnu de graves inconvéniens dans une taxe forte, et surtout dans le mode et les brefs délais du prélèvement de cette taxe. Comme à nous, la discussion des faits lui a démontré que jamais un inventeur n’est en mesure d’apprécier le sort de sa découverte lorsqu’il doit déposer une somme d’argent souvent disproportionnée avec ses facultés pécuniaires. Qu’à plus forte iaison , est-il tout,à fait hors d’état de choisir raisonnablement la durée du temps utile au développement de son invention, et cependant il faut qu’il se décide,, qu’il fixe cinq , dix ou quinze ans.
- (1) Voyez le Bulletin de la Société d'Encouragement. Année 1829, p. 443.
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- Les illusions qui l’entourent sont toutes favorables a ses projets; il voudrait prendre le plus long terme, le sacrifice est au dessus de ses forces : il peut à peine atteindre à la première période. Son temps se consume en démarches ruineuses pour emprunter un secours étranger : s’il le trouve, des conditions enchaînent quelquefois pour long-temps sa liberté ; souvent le capitaliste, de son côté, se repent d’avoir couru des chances fatales. Ces désappointemens et une foule d’autres sont si fréquens, que l’on peut assurer, sans exagération , que les brevets utilement pris avec la durée qui leur convenait sont de très rares exceptions; tous les autres n’offrent que les chances des mises à la loterie. Il y a donc une sorte d’immoralité inhérente à presque toutes les transactions relatives aux brevets, et d’abord dans l’appât trompeur et dispendieux offert par la législation actuelle.
- L’auteur du projet belge, afin de détruire de tels abus, propose, comme nous l’avons fait, de constater la date de l’invention directe par un dépôt et moyennant, une légère taxe de a5 francs , qui compenserait largement les frais de bureaux; mais il porte à cinq ans le délai dans lequel l’inventeur pourrait vérifier ses prévisions et se décider à prolonger successivement, deux fois de cinq années, son privilège, au prix d’une taxe de 5oo francs à la première période et de 1,000 francs à la seconde, qui compléterait les quinze années. ‘
- Nous n’avions proposé qu’un délai de trois mois, dans lequel l’inventeur devrait payer la moitié de la taxe que nous avions laissée au même taux que dans la loi actuelle; depuis , ce délai nous a paru trop court, et nous avons proposé de le porter à six mois, au bout desquels il y aurait déchéance si l’inventeur n’avait pas alors payé la taxe définitive de la première période de cinq ans. ' 1 ‘
- D’ailleurs , nous demandions aussi qu’à chacune des périodes quinquennales des quinze années , le breveté pût, en payant un supplément de taxe, porter graduellement la durée du privilège à son maximum; nous persistons à croire ces conditions très convenables, mais nous croyons aussi que des abus d’un autre genre naîtraient de la faculté proposée par l’auteur belge d’acquérir pendant cinq années un droit exclusif pour une trop faible somme ( a5 francs ). En effet, par une priorité ainsi souvent acquise au hasard, et pour des procédés incomplets, on pourrait paralyser trop long-temps des applications utiles, mais susceptibles d’être considérées alors comme des perfectionnemens de l’idée première incomplète ; il y aurait d’ailleurs d’autres inconvéniens graves résultant d’une trop grande affluence de demandes de ce genre sur les divers points du royaume.
- Le dépouillement et le classement de ces demandes, les contestations
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- nombreuses entre les inventeurs de procédés plus ou moins analogues, créeraient de véritables entraves pour l’industrie; enfin, l’appât d’un privilège si peu coûteux pour une si longue durée de temps constituerait une sorte d’impôt prélevé sur la crédulité publique.
- Nous ne saurions non plus partager l’avis de l’auteur sur l’examen légal des descriptions ; on sait que le même but est atteint chez nous par nu examen officieux dans l’intérêt des inventeurs; les lumières et le soin scrupuleux apportés dans ces honorables fonctions par le Comité consultatif ne sauraient ici rien laisser à désirer sur ce point : nous ne croyons donc pouvoir mieux faire que de recommander cet exemple.
- L’auteur propose de donner au Roi, sur la proposition du Ministre, la faculté de proroger la durée des brevets, de cinq années au delà de quinze ans ; nous croyons bien préférable de laisser cette responsabilité à la législature et d’éviter ainsi les faveurs imméritées , ou du moins les plaintes plus ou moins fondées qu’elles feraient naître.
- Enfin, l’auteur belge propose de conférer au Gouvernement le droit d’acquérir une invention quelconque, s’il y a intérêt public à prendre cette mesure. Nous pensons que cette sorte d’expropriation forcée ne devrait pas être admise, car l’intérêt de l’inventeur le déterminera toujours à faire jouir le plus grand nombre de consommateurs des produits de sa découverte, et il ne peut y parvenir que par des prétentions modérées ; il serait d’ailleurs déchu de son privilège , s’il ne mettait pas en pratique ses procédés dans le cours de deux années. ,
- En terminant, nous vous proposons, Messieurs, d’adresser, avec une copie de ce rapport, des remercimens à l’auteur. -
- Les relations industrielles et commerciales qui ne peuvent manquer de se multiplier entre la France et la Belgique répandent un grand intérêt sur les dispositions législatives y relatives dans cette contrée voisine.
- Peut-être cette dernière considération vous paraîtra-t-elle de nature à motiver l’insertion au Bulletin du rapport que nous avons l’honneur de vous soumettre.
- Appi'ouvè en séance, le 20 février i853. .
- Signé Payen, rapporteur.
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- - ; Extrait des proces-verbaux des séances du Conseil > d’administration de la Société d’Encouragement. *
- Séance du 3 avril i833.
- Correspondance. M. le comte de Perrochel, en remerciant le Conseil de l’accueil v favorable qu’il a fait à son modèle de calorifère pour chauffer les voitures, l’informe du succès qu’obtient son procédé d’encollage des chaînes des tissus dans les départe-niens de l’Orne, de la Mayenne et de Maine-et-Loire 5 il espère que, lorsque ce procédé sera mieux connu , les fabricans l’adopteront pour tous les tissus de chanvre , de lin et de coton. - .
- M.le Conseiller d’Etat, chargé de l’Administration des ponts et chaussées et des mines, en accusant la réception du mémoire de M. Vinet-Bidsson surles carrières de pierres meulières de la Ferté-sous-Jouarre , annonce qu’il s’occupe de recueillir les renseignemens nécessaires pour éclairer la question sur laquelle la Société a appelé son attention, et qu'il s’empressera de la lui transmettre aussitôt qu’il aura pu les réunir. : • • • * ' ' - •
- Objets présentés. M. Contj adresse le dessin et la description d’un nouvel en-greneur agissant par l’effet de la force centrifuge.
- M. Cordier soumet à l’examen de la Société un siphon , qu’il déclare avoir perfectionné, et qui a la propriété d’ètremis en œuvre sans avoir recours ni à la succion ; ni à un autre liquide pour amorcer. *
- MM. Peguchet et Bouillet présentent des dés à coudre fabriqués avec un alliage de leur composition.
- M. Duchesne} docteur en médecine , fait hommage d’un exemplaire de son ouvrage sur le maïs, et sollicite un rapport à ce sujet.
- , Séance du ij avril iS33.
- Correspondance. M. Laignel, inventeur du système des petites courbes pour les chemins de Fer, journellement mis en pratique dans la raffinerie de la ruePicpus, à Paris, adresse copie d’une lettre qu’il a reçue de l’agent général des mines d’Anzin , et qui constate que ce système a été appliqué avec succès dans les usines de la compagnie. .
- M. Goguet. annonce qu’il a trouvé le moyen de préserver des effets du mercure les personnes qui emploient cette substance, et demande des commissaires pour examiner sa découverte.
- Objets présentés. M. Fusz sollicite l’examen d’un système de ressorts de voitures pour lequel il est breveté.
- M. Anastasi, pensionnaire de l’hôpital royal des Quinze-Vingts, présente un modèle de pétrin mécanique.
- M. Lé pitié, carrossier à Paris, présente un modèle de caloripède.
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- Rapports des Comités. Au nom du Comité des arts mécaniques, M. Olivier lit un rapport sur la balance de précision de M. Bocklioltz. ;
- Le Comité propose : i° de remercier l’auteur de sa communication ; i° de publier le rapport dans le Bulletin, avec la description détaillée de la balance} 3° d’inviter la Commission des médailles à examiner s’il n’y aurait pas lieu d’aecorder à M. Bock-holtz une médaille à litre de récompense. [Approuvé.J
- Au nom du même Comité , M. le baron Ségttier lit un rapport sur le rouet et la poupée volante de M. Lebec, de Nantes.
- j Le Comité propose : i° de remercier l'auteur de sa communication; a° de renvoyer le rapport à la Commission des médailles , qui jugera s’il y a lieu d’accorder un témoignage de satisfaction à M. Lebec ; 3° de publier dans le Bulletin la description et la figure de ce nouveau rouet. [ Approuvé. J
- Le même membre, au nom du même Comité , lit un rapport sur un fusil de sûreté exécuté par M. Lelyon, armurier de Paris.
- Le Comité propose : i° de remercier l’auteur de sa communication; a0 de publier dans le Bulletin la description du fusil de M. Lelyon; 3° de renvoyer le rapport a la Commission des médailles. [ Approuvé.]
- Au nom du même Comité , i\l. le comte Lambel lit un rapport sur un perfectionnement apporté à la charrue par M. Grange, du département des Vosges , et dont l’expérience a été faite, le a3 mars dernier, dans le parc de Fléviile , près Nancy, par un membre du Comité des arts mécaniques délégué à cet effet. Ainsi que l’avaient déjà constaté les rapports publiés parles Sociétés d’Agriculture de Lunéville, Nancy et Bar-le-Duc, au moyen du perfectionnement dont ils’agit,on peut, sans le secours de l'homme agissant sur les bras de la charrue , produire en labourant une raie dont le fond est parfaitement régulier, à une profondeur donnée : d’où il suit qu’un seul garçon ou même une femme, au fait de la conduite des chevaux, suffit maintenant pour toutes les charrues à avant-train munies de l’invention G rangé.
- Le Conseil arrête qu’il attendra, pour se prononcer sur le mérite de la cbarrue-Grangé, que de nouvelles expériences en aient constaté les avantages.
- Au nom du même Comité , M. Saulnier lit un rapport sur une machine soufflante introduite d’Angleterre en France par la compagnie des forges et houillères de l’Aveyron, et dont M. le Ministre du Commerce et des Travaux publics a transmis la description et le dessin , en invitant la Société à les insérer dans le Bulletin.
- Celte soufflerie , présentant divers perfeclionnemens dont il peut être utile de répandre la connaissance, le Comité propose de remercier M. le Ministre de sa communication et d’accueillir le vœu qu’il exprime. [ Approuvé.]
- Au nom du Comité des arts chimiques, M. Chevalier lit un rapport sur le noir d’impression présenté par M. Bouju.
- Le Comité propose: i° d’insérer le rapport au Bulletin, et d’en faire tirer cent exemplaires, qui seront délivrés à M. Bouju; 2° de renvoyer à la Commission des médailles la proposition d’accorder une distinction à ce fabricant; 3° d'inviter
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- M. Bonju à continuer le travail qu’il a entrepris sur le noir et à en faire connaître les résultats à la Société ; 4° de faire déposer dans ses archives la lettre des imprimeurs en taille-douce contenant des détails sur l’emploi du noir de M. Bouju. [ Approuvé. ] i • ^
- Communications. M. J omar d communique l’extrait d’une lettre de M. Jobardy au sujet du remorqueur à vapeur qui vient d’étre exécuté à Bruxelles. Dans cette lettre, en date du 29 mars dernier, M. Jobard rend compte de la première expérience qui a été faite de ce remorqueur, en présence de la Société formée pour cette entreprise. Malgré un accident arrivé à deux dents d’un engrenage, la voiture s’est dirigée dans plusieurs rues avec facilité.
- Ce remorqueur, ajoute M. Jomard} -est à ma connaissance le trente-neuvième qui ait été construit pour marcher sur les routes ordinaires. On a évité dans celui-ci presque tous les inconvéniens qui ont empêché les autres de marcher utilement : on y a fait d’autres améliorations encore-, mais n’aura-t-on pas fait de nouvelles fautes ? Voilà ce qu’un second essai nous apprendra bientôt. Au reste , c’est un pas de plus dans la solution d’un problème que l’on commence à ne plus croire insoluble.
- IMPRIMERIE DE Madame HUZARD ( née VALLAT LA CHAPELLE), * . • rue de l’éperon , n° 7.
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- TRENTE-DEUXIÈME ANNÉE. (N° CCCXLYII.) MAI i833.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- CONSEIL D’ADMINISTRATION-
- Séance générale du o.g mai i833.
- La Société d’Encouragement s’est réunie le mercredi, 29 mai 1855, en assemblée générale, à l’effet d’entendre la lecture du compte rendu des travaux do Conseil d’administration pendant l’année i832, et celle du rapport sur les recettes et les dépenses de la Société pendant le même exercice. Une distribution de médailles décernées pour des inventions et des perfectionne-mens utiles a ajouté à l’intérêt de cette séance , qui avait attiré un assez nombreux concours de sociétaires et d’industriels.
- Parmi les produits de l’industrie exposés dans les salles de la Société, nous avons remarqué les suivans :
- i°. Une balance de précision, d’une exécution soignée , inventée par M. Bockhollz, ancien élève de l’École centrale des arts et manufactures;
- 20. Des bougies stéariques, dites de l’Étoile, par MM. de Milly et Motard ;
- 3 '. Des châles en soie brochés, par M. Germain, de Lyon ;
- 4°. Un rouet perfectionné, à poupée volante, propre à filer le lin d’une grande finesse, par M. Lebec, de Nantes ;
- 5<>. Une pompe aspirante propre à aérer et ventiler les puits , par M. Pot-lier;
- 6°. Des épreuves de gravures imprimées avec le noir perfectionné de M. Bouju ;
- rj°. Un appareil pour reconnaître le niveau de l’eau dans les chaudières Trente-deuxième année. Mai 1835. 18
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- des machines à vapeur, par M. Hoyau, ingénieur-mécanicien, rue Jean-Robert, n° 17 ;
- 8°. XJn instrument pour mesurer la vitesse du courant des rivières, par M. Lalgnel ;
- 90. Un éolipyle en cuivre pour chauffer promptement les liquides, par M. Lebrun, rue du Temple , n° 3a ;
- io°. Des papiers de tenturê d’une belle exécution,' de la fabrique de MM. Zuber et compagnie, à Mulhouse ( Haut-Rhin ) ;
- ' ii°. Une pompe-seringue à jet continu, par M. Deleuil;
- i2°. Des briquets dits pyrogènes, par M. Merkel, rue du Petit-Lion-Saint-•Sauveur, n° i3;
- i3°. Des ornemens estampés en cuivre doré, par M. Lecoq, rue du Faubourg-Montmartre, n°44i
- 14°- Une nouvelle filière et un étau à griffe, par M. Paulin-Dèsormeaux ;
- î5°. Une cuvette pour la descente des eaux ménagères , par M. Parisot;
- 160. De-s échantillons de papiers de la fabrique d’Echarçon;
- 170. Une cheminée nouvelle en fonte, par M. Millet ;
- 18 Un calorifère , par M. Delaroche ; '
- 190. Un appareil pour chauffer les voilures , par M. de Perrochel ;
- 20°. Un pédomètre, par M. Berry; -
- 2i°. Des échantillons de bois inaltérable, par M. Brèant ;
- 220. Un fusil de sûreté de M. le baron Ségaier; exécuté par M. Lelyon, armurier, rue de Richelieu, n° 92 ;
- 23°. Une machine à faire des allumettes, par M. Cheyolot;
- 24°- Une bassinoire-chaufferette, par M. Fayard;
- 25°. D es fers creux, par M. Gandillot ;
- ^ 26°. Des lampes hydrauliques, par M. Galy-Cazalat;
- 270. Un pendule compensateur, par M. Duchemin ; A
- 28 . Un autre pendule compensateur, par M. Jacob. ^7
- 290. M. Henri Robert, horloger au Palais-Royal^ a expqsé quinze pendules à réveil, parmi lesquelles on remarque : i° une pendule de cheminée munie d’un échappement à repos de son invention , réglée par un balancier et un ressort spiral : dans cette pièce, le réveil est monté pour huit jours; 20 un réveil marqueur, à l’usage des astronomes, des ingénieurs, des marins, etc.; 5° un réveil militaire renfermé dans une petite boîte ; 4° diverses pièces dans lesquelles le réveil se trouve combiné tantôt avec la sonnerie, tantôt avec la répétition. Le même artiste a présenté lin méridien portatif destiné à observer avec précision l’instant du passage du soleil sur le méridien, et ,une, balance astronomique propre à prendre les hauteurs correspon-
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- dantes cîu soleil pour vérifier et régler la marche des pièces d’horlogerie.
- 3o°. M. Castera a exposé un modèle de chariot dont les roues de devant ont 6 pieds de diamètre et celles de derrière 7 pieds et demi, sans que le centre de gravité de son chargement soit plus élevé qu’il ne l’est ordinairement, et que les mouvemensde son avant-train soient gênés en aucune manière. 3
- La séance a été ouverte à sept heures du soir, sous la présidence de M. le baron Thénard, pair de France. -
- M. le baron Degérando , secrétaire, a lu le rapport suivant sur les travaux 4o Conseil d’administration depuis la séance générale du 27 juin 183a.
- Compte rendu des Iravaux du Conseil d administration de la Société d Encouragement depuis la séance générale du 27 juin 1882 • par M. le baron Degéraedo, Secrétaire.
- Messieurs, au milieu des circonstances désastreuses qui ont affligé la France et surtout la capitale, pendant le cours de l’année i832 , les Iravaux de la Société d’Encouragement ne se sont pas un instant ralentis, et ils ont continué à porter lies fruits abondans. Le zèle du bien public, loin de se refroidir, se ranime en présence de ces grandes épreuves. Deux cent vingt-lent affaires ou communications ont occupé votre Conseil, et cent onze réunions ont été consacrées à les examiner: 14,092 fr. ont été employés en prixet en médailles; le montant des souscriptionss’est élevé jusqu-À 3 4,3 3a fr. Quatre-vingt-trois nouveaux sociétaires sont venus se joindre à vous, ce qui porte notre nombre total à neuf cent cinquante environ, indépendamment des quatre-vingt-six préfets pour lesquels le Gouvernement souscrit. Le nombre des souscripteurs étrangers s’accroît de jour en jour. Les séances de votre Conseil d’administration ont été suivies non seulement avec assiduité, mais avec un concours empressé et avec un intérêt remarquable.
- Les propositions qui vont vous être faites, pour décerner les médailles d’encouragement, résumeront, en quelque sorte, les matières sur lesquelles s’est exercé l’examen du Conseil, en signalant les objets qui ont. plus particulièrement attiré -«on ; attention et qui lui ont paru dignes de votre suffrage. La distribution -de ces médailles et les-rapportsqui la motivent sont le meilleur compte rendu de nos travaux* Vous distinguerez dans
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- le nombre celle qui est proposée pour le procédé qu’emploie M. Dernesmay, pour épuiser les pulpes de betteraves, procédé qui a fait prendre une face nouvelle à la fabrication du sucre tiré de cette racine. Il ne reste à y joindre qu’un petit nombre de détails que nous sommes contraints de parcourir brièvement pour ménager vos instans. .. ..
- Peu de communications étaient propres à nous inspirer autant d’intérét que celle qui concerne de perfectionnement apporté aux charrues à avant-train par M. Orangé, du département des Vosges, et au moyen duquel un seul homme, ou même une femme, suffît pour obtenir, même dans les terrains les plus difficiles, à une profondeur donnée, une raie parfaitement régulière. M. le Ministre du Commerce a bien voulu nous consulter sur la récompense que l’auteur pourrait avoir méritée. Déjà les Sociétés d’Agricul-ture de Nancy, d’Epinal, de Bar-le-Duc, ont applaudi à cette amélioration dans le premier des arts; déjà la nouvelle charrue a acquis de la célébrité dans plusieurs de nos départemens. Votre Comité des arts mécaniques a joint son approbation à ces nombreux suffrages. Toutefois, comme M. Grangé devait sous peu venir lui-même à Paris, avec une de ses charrues pour la faire fonctionner, votre Conseil d’administration a cru devoir attendre d’avoir été témoin de celte expérience, pour mieux motiver son opinion sur le mérite de la découverte (i).
- M. le Ministre du Commerce et des Travaux publics nous a adressé la description et les dessins de la machine soufflante importée d’Angleterre par la compagnie des forges de l’Àveyron, pour le service de ses usines,, et une notice sur la culture de la cochenille en Espagne.
- Communications faites parles Membres du Conseil.
- M. Payen nous fait connaître un nouveau moyen de préserver le fer et l’acier de l’oxidation. s j. . - >
- M. le baron de Ladoucette nous a donné des détails sur un puits artésien qu’on exécute, en ce moment, à Montreuil-sous-Laon, dans l’intérieur du Dépôt de mendicité. À cette occasion, M. le comte de Lasteyrie nous a entretenus d’un puits artésien exécuté à Florence par un sondeur français,, qui a rendu un service important à cette ville, en lui procurant une grande abondance d’eau potable d’excellente qualité. f
- - M. Olivier nous a présenté le modèle d’une batterie de fusil généralement adoptée dans l’armée suédoise, et qui est construite de manière à empêcher le chien de partir au repos. Il y a joint des notes sur i’artilierie suédoise, la des*
- . (i) M. Grangé s’est trouvé, en effet, présent à la séance.
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- cripîion d’une hausse pour le pointage des canons, et celle d’une machine em ployée dans les arsenaux de Suède pour forer la plate-bande des obusiersen fer.
- M. kFarden, consul général des États-Unis, nous a remis la liste des brevets d’invention délivrés en 182g dans cette contrée. •
- M. le baron de Fahnenberg a continué de mettre la Société au courant des progrès de l’industrie allemande.
- Elle est redevable à ce zélé correspondant d’une fort, belle collection d’isopressions en couleurs, exécutée par M. Neumann, de Francfort-sur-le Mein ; et d’une autre collection de cartes de géographie en plusieurs couleurs, imprimées par M. Bauerkeller, de la même ville. '
- M. Jobardy de Bruxelles, a communiqué un projet de loi sur les brevets d’invention pour la Belgique, projet dans lequel l’auteur s’est souvent rencontré avec la Commission que la Société avait chargée de répondre aux questions adressées, en 1829, à ce sujet, par M. le Ministre du Commerce et des Manufactures. . ,
- Il a fourni aussi des renseign^emens intéressans sur le remorqueur à \uu-peur, exécuté par M. Dietz, et dont l’essai vient d’être fait à Bruxelles.
- La Société a reçu :
- De M. Grouvelle, un savant mémoire concernant les roues hydrauliques de M. Poncelet;
- De M. Saulnier aîné , ingénieur-mécanicien, rue Saint-Ambroise, à Paris, la description et le dessin d’une machine de sa composition, propre à réduire en feuilles l’or et les autres métaux. Cette machine fait partie d’une collection d’appareils propres au même usage, qui sont déjà en activité chez M. l’avrel, batteur d’or, à Paris;
- De M. le comte de Perrochel, une note sur un nouvel encollage de sa composition, plus économique que l’encollage au lichen et plus à la portée des tisserands isolés de nos départemens. Cet encollage a déjà été adopté dans le département de la Sarthe ;
- De M. Hoyau, i,J la description d’un tube indicateur du niveau de l’eau ; 20 d’un manomètre fermé, pour les machines à vapeurj;
- De M. Jules Rénaux 3 ingénieur civil à Lyon, des notes sur une nouvelle lampe des mineurs, et sur les perfeclionnemens apportés, en Angleterre, aux appareils d’éclairage par le gaz;
- Notre bibliothèque s’est enrichie de plusieurs ouvrages précieux1 qui lui ont été offerts, et parmi lesquels nous devons distinguer principalement les Transactions de la Société royale d’Édimbourg, dont l’échange contre le Bulletin a été voté par le Conseil ; *. . , p
- L’important ouvrage de M. Huerne de Pommeuse 3 sur les colonies agri-
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- col es , ouvrage qui, à son tour, à donné lieu à uri rapport de M. le comte Chabrol de Vokic, iiütre collègue, plein de vues utiles et; dans lequel le mérite de ce trüvâil ëst rusïeitiéht apprécié.
- Ca Société a reçu également:
- Les Mémoires de la Société d’Agriculture et A iis utiles de Lyon ;
- Le Manuel de C Arminier, par M. Paülin DèsOrnieaux, faisant partie des nombreuses publications dorit cet artiste a enrichi l’industrie.
- Espérons, Messieurs, que bientôt notre bibliothèque pouirâ sé compléter sur un plan méthodique, étendu, qui en fasse tomme lifte sorte d’archives pour l’histoire dqs arts, ét un foyer d’instruction pour ceux qui les cultivent. : '
- Nous avons à regretter, Messieurs, de n’avoir vu paraître, cette année, que huit coneiirrens pour les cent médailles de bronze qui, au terme de votre délibération du 27 septembre i83o, devaient être décernées dans cette séance, et dans ce petit nombre dè n’en avoir trouvé que deux qui fussent parfaitement en règle : M. Payen Va Vous présenter le rapport qui les con-
- cerne. '
- Cinq autres cependant ont rempli tés principales conditions du programme, et nous ont paru mériter que leurs noms fussent aussi proclamés dans cette séance;mais ils ont toits également omis ou oublié Une seule formalité, l’envoi du certificat de PingéiVieur. H-s ont pu croire que cêlte formalité était peu essentielle,mais vos deux commissions réunies au bureau n’en ont pas jugé deinêfeè; blîés'dut pensé qùé, dans uneinslitmièn naissante, toutes les mesures destinées à offrir une garantie devaient ètye\sCrupuIeusemeru exécutées. N'oWsoiéihh'sdBnéèôntrainfs eï’ajouritéria remisede ces médailles jusquKà la sréandè du dtmxièihe'Senie^re; pendant èet intervalle, ces estimables cobtre-rfiaîtèés pbnt^oftt m-)dsrrti*c,niSméhre la ^pièeë^igée par votre
- arrêté. ' _ )-.n:r .....
- Voici leurs noms V‘ ; '' f-j » < , '• ; . ;
- i°. Bernard {Jean-François), (îeûxième maître de la compagnie des pom-
- piers de la marine, à Brest.
- 20. Barbarant (Louis-Charles), contre-maître de la Filature cïe MM Boni-
- part et Henry, à Bar-le-Duc. .
- ïyfaugHr Qacqiies), maître - fondeti r, ‘ chez M. Mandonnet, maître de
- forges, à Eurville. \ t 1 ,
- 4 . Batelier (Jean-Louisj , contre-maître de la fabrique de limés de M. de
- .Saint-Bris, à Amboise. . »
- 5°. Aubert, k Ménarmont (Vosges), pour ses travaux cVirrigation. ‘
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- Enfin le sixième concurrent, le sieur Haillant fils, à Oncourt (Vosges), avait fait valoir, pour titre à la médaille, une machine à démoucheter le blé, qui a reçu l’approbation de la Société d’Émulation du département des Vosges; mais les renseignemens qu’il a fournis sur cette machine n’étaient pas suffisans pour donner une idée nette de sa composition et de ses effets: en conséquence, les pièces ont été renvoyées au Comité des arts mécaniques, qui est chargé de procéder à un examen plus approfondi.
- Nous aimons à penser que les encouragemens offerts par votre délibération du 22 septembre i83o, mieux connus, seront aussi plus recherchés , mais ceux qui ont été si bien mérités porteront du moins leurs fruits; ils porteront au sein des ateliers le témoignage de l’estime qui est due à une vie laborieuse, jointe aux qualités du caractère, à l’activité et à l’habileté dans la pratique des arts. * t
- Vous vous rappellerez,Messieurs, que, dans votre séance générale du 22 août de l’année dernière, les profonds et justes regrets que vous a fait éprouver la perte de votre président vous inspirèrent le vœu de posséder une copie de son beau portrait, par M. Gros.-, Notre collègue, M. Mérimée, par un mouvement bien digne de la délicatesse de son caractère, a bien voulu offrir d’exécuter lui-mêrne cette copie;, ij en doublera ainsi le prix pour nous, puisque nous le devrons et à un tel sentiment et à un tel talent du premier ordre. s •
- MM. Dubois, Morteleque et Brosson frères, auxquels vous avez décerné^ une médaille d’or pour leur procédé de peinture sur lave émaillée, ont eu, à leur tour, la générosité d’offrir de reproduire par ce procédé les traits de Chaptal. f ; ... t! _ -î ’usH
- Nous avons accepté avec gratitude ces-offres bienveillantes ; mais ou est forcé d'attendre, pour en recueillir les fruits, que l’original soit disponible.
- T]ne perte immense pour l’industrie française et pour notre Société vient encore , Messieurs, il y a peu de jours, de nous plonger dans le deuil : un grand vide s’est fait dans nos rangs. Le peu de momens que vous pouvez m’accorder parmi les objets qui remplissent cette séance ne me permettent point de vous offrir aujourd’hui, sur la vie de M. Ternaux, ces détails dont elle est si féconde : plus tard, nous espérons acquitter cette dette; mais vous désirez, Messieurs, consacrer notre réunion solennelle par un hommage rendu à sa mémoire par votre reconnaissance et votre douleur. La voix de l’amitié, en acquittant cet hommage en votre nom, n’a besoin que de laisser parler les faits, et d’être, comme était notre cher collègue, à la fois simple et sincère. ( ,
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- Notice sur M. le baron Ternaux, Membre du Conseil d'administration de la Société d’Encourageimmt ; par M. le baron Degërando. ^
- Jamais vie, en effet, fut-elle mieux remplie et plus utile! Dès l’âge de seize ans, nous voyons Ternaux diriger et relever la manufacture de son père, qui la lui avait confiée pendant une absence; et, à soixante-dix ans encore, il se livrait à un travail ingrat avec une persévérante activité. Pendant le cours de plus d’un demi-siècle," nous'le voyons, fabricant, créer de toutes parts des ateliers, introduire, imaginer de nouveaux procédés, exécuter, imiter de nouveaux produits; négociant, ériger, conduire à la fois plusieurs maisons de commerce ; homme' public, siéger dans les conseils administratifs, dans les chambrés ïégislatites, et y porter le tribut des lumières et du patriotisme; citoyen , sèrviTsfm pays dans les temps les plus difficiles, avec fidélité et courage, dévoué à la cause sacrée de la liberté et ferme défenseur de l’ordre et des feus ; nôiitSoyons, philanthrope enfin, accourir partout où il y avait*cîu merf*a*¥âîf&, des malheurs à consoler; prenant part à toutes îës'assijda'HbifsFfëfilî^us'é^, et leur imprimant souvent le premier mouvement pdrQdk — •
- L’une des fabricatioVfs^TëFpfù^fmpbMtlnfég ùlc la France, celle des draps, a reçu,' pendant çotte Tè'rnaux la plus puissante influence, non seulement pa? ures qu’il avait créées tour à
- tour dans les déparlemëits'ifeŸ^éiï/è^*Mpfl^rë , de la Seine-Inférieure de la Marne et en Belgique; non s^uTémént par les débouchés qu’ouvraient a nos produits les comptoirs quM aVaif;établis dans nos ports et sur lés
- culaire, en établissant fa premfêre presse hydraulique, en introduisant des
- machines à tondre les draps et à filer; qui confectionna mille étoffes diverses pour tous les usages, depuis îêl (Irà^TleMgogne et les castorines pour hommes, jusqu’aux chà'fés^-cîIcliÇMiféfej98ür' les femmes. Toutes les expositions des produits' de Tinibiltn^iïHîoïi'âle mirent en lumière ces succès toujours renaissans, ëtalèrënt‘îâi1!l* ëé^gaVds ces belles conquêtes, valurent à leur auteur le premier ordre de récompenses, à l’exception de celle où, membre lui-même du Jury, il dut s’exclure du concours.
- Combien de milliers d’ouvriers reçurent de lui du travail pendant une longue suite d’années ! Combien de sujets instruits et estimables , formés sous ses ordres, sont devenus à leur tour des chefs d’établissement con-
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- sidérés! Combien de jeunes gens se sont formés à son école! Il aimait, comme vous le savez, Messieurs, à les réunir autour de lui, à leur ouvrir la carrière avec une affection toute paternelle!
- C’est peu encore : vous vous rappelez l’importation des chèvres du Thi-bet, la part que prit Ternaux à la mission de mon savant et illustre ami Amêdèe Jaubert, pour extraire ce troupeau de l’Asie, les soins que prit Ternaux pour les multiplier sur notre sol, où en effet déjà elles sont naturalisées- Tous vous rappelez les belles expériences suivies avec tant de persévérance par Ternaux, pour la conservation des grains par les silos. Vous vous rappelez la construction des étuves pour la dessiccation rapide et économique de la pomme de terre, et la préparation de ce gruau, également sain et nourrissant, dont Ternaux dotait notre économie domestique. Vous vous retracez l’image de ces aimables réunions de Saint-Ouen, où la plus cordiale hospitalité accompagnait les explorations, les essais, les entretiens utiles.
- Car son esprit n’était étranger à aucun ordre de connaissances, comme son amè n’était étrangère à aucun sentiment généreux. *. «
- Ils le savent ceux qui l’ont entendu, dans les conseils et à la tribune, traiter les matières de finance, d’écon<imie publique, et y déployer, avec une rare mémoire, une raison saine, une admirable droiture, les résultats d’études positives et d’une longue expérience. ,
- Ils le savent ceux qui l’ont vu tantôt à Ja tête de la Garde nationale, tantôt dans les Comités d’instruction publique, tantôt dans la Société formée pour l’amélioration de l’éducation élémentaire, tantôt dans la Société pour la Morale chrétienne, tantôt dans le Comité institué pour les Grecs, dans toutes les réunions formées par l’amour de l’humanité, payer toujours son tribut avec zèle. Etranger à toute prétention , toujours vrai, consciencieux, ne connaissant d’autre ambition que celle du bien, il se montra toujours prêt à seconder, à propager ce qui pouvait être utile à son pays, à ses semblables.
- Ils le savent tous ceux qui ont vécu avec lui : que ne leur est-il permis de révéler aussi le secret de tant de bonnes actions qui remplissaient ses jours! Elles étaient pour lui une sorte de besoin. Toute infortune avait des droits sur son cœur, était assurée de son appui : on eût dit qu’il était obligé à ceux qui lui offraient l’occasion de rendre un service. Modeste, désintéressé au sein des honneurs et d’une haute fortune, il fut héroïque de calme et de sérénité dans l’adversité. Il vit disparaître, dans ses vieux jours, ce vaste édifice industriel qu’avaient élevé son génie et sa persévérante activité. Il se montra supérieur à une si cruelle épreuve; il couronna son Trente-deuxième année. Mai i833. *9
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- ( >36 )
- honorablecarrièreen s’élevant ainsi à toute la dignité-du sage. Homme de bien, si nous acquittons une dette du pays en rappelant tes nombreux et éclatans services, c’est avec une singulière douceur, avec un sentiment d’admiration et de respect, que nous payons ici un tribut non moins juste à tes vertus! Ce témoignage que nous lui rendons, Messieurs, vos souvenirs unanimes l’approuvent, et vos cœurs lui répondent. ... . * 5 • ' ^
- Une souscription a été ouverte pour élever à la mémoire de M. Ternaux un monument vraiment digne de lui; nous avons l’honneur de vous proposer d’en faire ouvrir un registre de souscription à la Société.
- -Rapport sur les recettes et les dépenses de la Société d’Encou-rarementpendant Vexercice de i832- par M. le baron de
- i'-i i-x 1 , , j..' -U ; i; :;.ii >' "-î"‘ f„- -i l ' JIM»'-*-«UtC» «
- JLadoucette. , , .
- Messieurs, le rapportsur les recettes et les dépensesdela Société, pendant Tannée i85^, vous prouvera en même temps l’économie scrupuleuse qui a présidé à la gestion de ses intérêts et lai consiante régularité que l’on remarque dans le compte de votre trésorier. s u •• '[ .m .. «.< .^
- - Ce compte est divisé-en deux parties:** j i =• ; ; T*k<-k
- ï- L’une complète les recettes et dépenses antérieures à 1832, et faites depuis la reddition du compte précédent; * om: k * ; ^ ' •-
- ** L’autre comprend>l’exercice de 183a.un» î i -• .-'p k; <'vkrw>. k kl
- i Celui-ci se termine par l’indicalion des valeurs appartenant a là Société tf-èt établit Pétât florissant;où elle se trouve. >t' ^ \rk *u> k.‘..’k-'okl
- - i»!t -4-it^i*!;, -< t V. : , ; : • - i' M ) J * ^ k' S* " k,
- k ; :f t , tf s •' t» j O t 'Recette* !• 'tfr *k • k < n.s-i*
- i°. Excédant de recette cîu compte àe Ù83r. ;
- ^ " Remboursement d’une partie de créance sur la suc-rcession Montamant, indépendamment de i/j6‘fr. qu’elle a
- payés à l’avoué de la Société, ci.......................
- C’est la somme totale pour laquellë la Société a été colloquée dans l’ordre ouvert sur la succession de son ancien trésorier. Pour le restant, qui monte à 11,998 fr. 24 c. en capital, et qui s’élève, avec les intérêts, à i5,855fr. j5c.y ' 'notre seule espérance est dans la délicatesse des sentimens : qui oblige des héritiers, ayant pris la qualité de bénéficiaires et se trouvant dans l’aisance, à rembourser un dépôt.
- 3,6o8 fr. y oc.
- 3,4 7 4 5o
- kk K>h
- I >Y,
- ü-,: üm » ^7,o85fr.^ioç.
- r
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- ( ï:5*7 )
- Report. . . . 7,o83fr. aoc.
- 3°. Paiement de souscriptions arriérées................... 684 »
- Soixante-six souscriptions sur l’exfircicé*. i83;C ne sont pas . *
- encore rentrées, et nous faisons un appel .àceuît qjuileSidbi- < • *
- vent ou qui n’ont , acquitté 183a ^ et dont; le; nombre m ?
- s’élève à soixante-seize, afin qu’ils n’obligent pas le rappor- ; -
- teur de i833 à signaler leurs norns^ Le retard des paiemens aurait forcé la Société à aliéner unie partie des capitaux, si, grâce au zèle de ses Membres et à l’activité de son Agent î général, le recouvrement dés fondis de souscriptions n’eiit * '
- pas été accéléré. ;
- Total des recettes de la première partie. . . ... 7,767fr. 20c.
- Dépense pour droit de recette de l’Agent général. . . 27 36
- Excédant de recette formant llarticle icr du compte» < r
- de i832. .•..........................................v • 7,769 84
- Allocation faite par le Roi. . * ..... . . . 2,400 »
- Souscription de M. le duc d’Orléans pour 5oo fr., et de ^ «
- madame Adélaïde pour 200 fr. . < .. . » . . . . . 5,09, . »
- Souscription du Ministère de Gommerez et des Travaux publics...................... . * . . . . . . 4?°°° »
- Recouvrement de sept cent soixante-deux souscriptions. 27,432 »
- Dividendedecentquatre-vingt-qqinzeactionsdelabanque. i3,845 »
- Portion libre des arrérages d’inscriptions provenant du -
- legs de M. et madame JolUvet. ... . . .; . . . •. 8,979 »•
- Cette somme se représentera dans tons les budgets pendant quarante-neuf ans, jusqu’à la révolution des soixante ’
- années, après lesquelles la Société disposera de la totalité du *
- capital accru paF les intérêts cumulés.
- Produit de la vente du Bulletin.. . .. . . . . . 2,120 2.5
- Ce produit, inférieur à celui de 1851 , est plus fort que celui de i83o.
- Total de la recette. . . . . 67,016-fr. 9 c.
- Il est à observer que la recette de i83i s’élevait à. . . 89,480 4*
- Celle de i83a à. . .--v? . . . ,r «;> .. .. . . . 67,916 9
- Différence en moins sur 1832. 22,464 fr. 3è c.
- Mais comme, dans le dernier compte, se trouvait portée, ' 1 ( »
- pour la réserve qu’on a touchée sur cent quatre-vingt-cinq actions de banque alors, existantes , une somme de. . . . 26,826 »
- Çît,Recette de 183a rMlement plus forte de. 4,36o fr. 68 c.
- J9-
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- ( *38 )
- Dépense.
- La dépense est divisée ainsi qu’il suit. * -
- i°. Dépense dy Bulletin, savoir:
- Nota. On va mettre en regard la dépense du Bulletin de 1851.
- - En i83i En i832.
- Rédaction du Bulletin. 4,537 fr. 5oc. 3,107 f r. 5o c
- Frais d’impression et
- PaPier v 8,386 95 5,901 39
- Fraisdegravuredeplan-
- elles et de dessins. 4,265 ; » „’,3-455 »
- Frais de grav. de lettre. / f • i ' c) i 422 » ... .^,429 »
- Fournituredeplanches. 291 » i 2 65 »
- Impress, des planches J i h 1 i i -,
- et fourniture de papier - ' • • • t *> iL $ • '( ‘ 15 c-;
- vélin. . ! •A 5,128 » "!'4,Vs:{ 25
- Affranchissement du
- Bulletin 1,721 35” ' *>794 i5
- En i83i. . . 24,751 fr. 80 c. , jiti'i)
- En i832. . . 19,235 n *9 ? 19,235 19
- Ce qui amène au bénéfice de la Société une v différence de. . . . . . i * J >• 0 . r 1 ,/,,> 5,5i6fr. 61 c. V'' • * n . 1 >}.... . ;<n 5*5*6fr.6ic.
- Si l’on ajoute celle qui se présente : > ; ;
- i°. Pour les programmes, s!éievant > ()>;
- En 1831, à. . 4. >i > » J 3,565fr.85c. * • > a
- En i832, à. . . . . 696 81 696 81
- 20. Pour les impressions 1,6696’. 4 c. 1,6696*. 4 c
- * - : . , : . * ... -, . r< j/ . ;
- diverses, montant En i83i, à . . . . 1,641 fr. 7 5 c. ' ;!
- En 1832, à. . . ' . . 794 75 j- . • ♦ • • fr 794 75
- Différence. . . 847 fr. » 847
- Vous trouverez que, pour les publications de notre Société, votre Conseil d’administration a dépensé 8,o32 fr. 65 c. de
- 8,o3a 65
- A reporter, . . . . 20,7 26 fr. y5 c.
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- < Report- . . . 20,7 26 fr. 7 5 c.
- moins qu’en l’année i83i , qui déjà avait éprouvé une diminution en i83o.
- Voilà les avantages annoncés dans mon rapport du 27 juin i85'2, par suite des mesures prises sous la présidence ,
- de M. le comte Chaptal, et qui s’accroîtront encore par suite de nouvelles combinaisons. .
- Médailles. . ....... ... . . . . 6,763 »
- Prix et encouragemens. . . ;. . . . . . . . . 7,329 59
- En i83i, ces deux articles avaient coûté ensemble une somme de 16,816 francs Sn cent. On regrette que 1’industrie ne nous ait pas mis à même, cette fois, de dépenser davantage pour l’encouragement de ses progrès que #la présence d’un fléau destructeur a pu ralentir.
- Pension de deux élèves à l’Ecolej vétérinaire de.Toulouse, d’un à l’École des arts et manufactures, et de six*a' l’École
- gratuite de dessin. . . .' . j......................
- C’est pour la première fois que cette defoière École figure dans les comptes de la Société.
- Dépenses pour objets d’art. .
- En principe, la Société, instituée pour favoriser les dé-veloppemens de l’industrie, rempljt spécialement son nian-dat par la distribution de prix et dq médailles ; elle y a joint, quoiqu’avec réserve, des placemens d’élèves et des abon— nemens et souscriptions à divers ouvrages; elle est très sobre pour les dépenses d’expériences, et * à peine d’abus, elle doit presqu’entièrement s’interdire toute autre espèce d’encouragement pécuniaire. u -
- Àffranchissemens divers., , . . ., . . . ,. .... 698 4°
- Des circulaires et des notices adressées à MM. les pairs et députés ont un peu accru cette dépense en i832.
- Abonnement et souscription. . . . .. , . . . . . 5? 1 90.
- Diminution de près de 5oo francs sur l’année i83i, où la Société avait pris à celle d’instruction élémentaire deux mille exemplaires d’un Mémoire sur l’utilité des machines, quia été distribué aux membres de la Société, à des manufacturiers et contre-maîtres^
- Loyer........................................ 6,000 »
- reporter. ... 44,832 fr. 64 c.
- 3 C'
- 9i5 »
- 1,878 »
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- ( ‘4° )
- • ' Y y r H Report. . . 44,85a fr.64c.
- Somme payée-à’l’Agent général* y compris son droit de; ; n.. - -,-s .
- recette............................................oYis Y
- AppointemenS detf employés^ u ‘yjy. .mcuY.*; 86
- y compris le seconds accordé à l* clïane Larowsse')» neuver -j. ~ d’un employé. 5 ’ : ' . : - ’ ; ; ... V -1 ' ; '
- Frais des séances générales. .... . y. -1; . . ! 6of a5
- Cette dépense paraît un peu plus forte que celle de 1831, . *-
- mais il y àreu trois .séances générales au lieu de de.tnc« Y ; ..•;•> * *
- Chauffage et éclairage; -j .... v v! r . i ,863 55
- Différence, à votre avantage* de- i i4fr. 55 cent, sur i83it; Y -Y r ;
- Mémoires de fournisseurs et d’ouvriers. . . ... . y3o 5
- même avantage de rg.i- fr. ^5 cent.
- Dépenses diverses et administratives., ensemble... i,o4o 9S >
- La Commission des Fonds espère obtenir à l’avenir une ! Y
- réduction sur ces deiüix derniers articles^ ; . Y ' ; , -y
- Je torts de présence.
- Le 27 juin 1882 % l’Assemblée générale a arrêté que les jetons du Conseil seraient pris , dès i 83a , sur les 2,400 fr. de la Liste civile, et ceux des Comités sur les,fonds de. la Société. y Y Y < -. .
- •“Y. 1 y ,, * i ...Jv-.-
- Le coin a exigé une dépense de. . ;. V 600 fr. » Y
- On a payé à la Monnaie,, pour quinze i
- cents jetons. . . - . . . - • •, • • 5,ppa 75 { 8,855fr. 25c.
- On a racheté , six cent soixante-douze , 1
- jetons, à 3 fr. 5o cent.................2,35a 00 ] 1
- Gètte dépense* qui charge le compte de 1832, favorisera celui de 1833, puisque* tous les jetons dus étant payés , il • * en restera véritablement en caisse cinq cent quatre-vingts quatûrzè* dont la valeur-, telle qu’on la paie à la Monnaie, Y est de 2,337 fr. 4*> CeUt. y
- Totit. de fa dépense du Compte de 1882. y 66,5g6 fr. 77 c.
- L ' : BklAXÊE't : Y Y.. • ; .n-
- Recette. . . . . . . . 67*0166*. ,
- : Dépende. . ♦ . • . . . . . 66,596 • 77.................... , . y
- Y Exc^ABfT de recette- y v y. 4*9 5a
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- L’ordre et la lucidité apportés par notre trésorier dans les comptes permettent d’en saisir d’un coup d’œil toutes les parties, de savoir où l’on est parvenu à l’économie et où l’on espère encore en obtenir; depuis longtemps nous marchons avec courage dans la voie des améliorations., * " Ii nous reste , Messieurs , à vous foire connaître l’état des valeurs appartenant à la Société: .
- i°. Cent quatre-vingt-quinze actions de banque ;
- 2°. Les trois quarts des arrérages des deux inscriptions de rente o pour ioo, montant ensemble à 11.972 francs, provenant de la succession de madame Jollivet, et dont le dernier quart, appartenant aux fonds d’accroissement, doit être capitalisé pendant soixante ans, à partir du décès de madame Jollivet, arrivé le 3ojanvier 1822, pour augmenter le fonds d'accroissement.
- 3°. Le solde du compte de l’exercice i832, montant à 4*9 fr. 3 s cent.;
- . 4°. Les 5q4 fr. restant en caisse. -
- Ceci nous amène, Messieurs, au compte annuel que MM. les censeurs ont à vous présenter sur le fonds d’accroissement, provenant du legs dù à la bienfaisance de M. et madame Jollivet.
- Approuvé en séance générale, le 2^ mai 1833.
- Signé Baron de La.doucette , rapporteur.
- Rapport fait au nom des Censeurs, par M.,de Praslin , sur la 'vérification des comptes de M. le Trésorier. j î
- Messieurs, ainsi que j’avais l'honneur de vous le dire, ii y a deux ans, les fonctions de censeurs deviendraient de plus en plus.difficiles, s’ds^de-vaient toujours censurer. Grâces aux ta le ns de M. yjgasse, votre trésorier, elles sont devenues d’autant plus agréables qu’elles ne consist ent , pi us qu’à renouveler les justes éloges que méritent la régularité, l’ordre et la clarté de ses cornptes. Mais un censeur qui ne-donnerait que des éloges serait taxé par vous peut être de négligence : nous nous sommes donc efiorcéé, pour ne pas mériter un pareil reproche de trouver quelqu’imperfection dans çç compte de votre trésorier* qui eût échappé au.zèle éclairé, de votre Commission des Fonds et de son habile: rapporteur ;,une Jelle,recherche,n’a >pas été.Jajpnoins difficile de nos fonctions. b >
- Dans la partie duf.cptnpte relative au legs de .ntadanie Jollivet, il eùtiété préférable et plus régulier que les prix d’acquisjtion de chacune des renies acquittées y eussent été relatés séparément, ainsi que leur espèce et le taux auauel elles ont été achetées. V > f .4 .
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- ( *4* )
- Vos censeurs pensent qu’il conviendrait de porter à l’article 3 le détail des rentes appartenant au fonds d’accroissement, sauf à ne porter hors ligne que le total de ces rentes.
- Nous croyons aussi que le fonds provenant, tant du quart des inscrip- ( tions, destiné au fonds d’accroissement, que des inscriptions appartenant à ce même fonds, devant être placé à chaque semestre , il serait plus régu-lierde faire le compte par semestre.
- Permettez-moi de vous faire observer qu’il serait peut-être à désirer, dans l’intérêt même de votre trésorier, que votre Commission des Fonds fixât d’une manière invariable l’époque à laquelle doit se faire l’acquisition des inscriptions 5 pour ioo du fonds d’accroissement, telle, par exemple, que fin de mars et fin de septembre : c’est une idée que je soumets aux lumières de votre Commission des Fonds.
- Je vous demande excuse, Messieurs, d’avoir abusé si long-temps de votre temps pour signaler d’aussi imperceptibles défauts dans une comptabilité tenue avec tant de lucidité et de simplicité : je vous demande cependant la permission de vous faire quelques courtes observations sur l’ensemble de vos recettes et de vos dépenses.
- La diminution du nombre de vos souscripteurs, que nous avions espéré l’année dernière n’être que momentanée et tenir seulement à la situation des affaires, subsiste toujours, et nous croyons devoir vous la signaler. En i83a, il y a eu, à la vérité, soixante-sept nouveaux souscripteurs; mais soixante-sept autres se sont retirés, et il est à craindre que, dans les soixante-seize qui sont en retard de payer leurs souscriptions, plusieurs ne se retirent encore.
- Votre Commission des Fonds, par son zèle et son économie, a sensiblement diminué vos dépenses et le montant de celles de chacun des articles, ce dont il vous sera facile de vous convaincre, en les comparant avec ceux de l’année dernière. Pour ne pas vous fatiguer de cette longue énumération de chiffres, nous vous signalerons seulement les frais du Bulletin sur lesquels nous avions appelé son attention ; ils montaient encore, en i83i, non compris ceux de l’impression des Programmes qui s’étaient élevés à 2,365 fr. 85 c., à la somme de 24,751 fr. 80 c., tandis que les frais du Bulletin ne montent cette année qu’à 19,235 fr. 19 c., différence en moiîis de. ... . . . ... ... * 5,5i6fr.6i c.
- Et ceux des Programmes, à 696 fr. 81 c., différence en <
- moins de. . . . . . ... . . ........ . . ....... 1,6696*. 4
- ‘ Ce qui fait, sur les frais de votre Bulletin, une diminution notable de.............................. 7,185 65
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- ( ,43 )
- Nous nous félicitons d’avoir à vous signaler cette économie importante, que vous devez aux soins de votre Commission des Fonds.
- C’est vous’dire combien s’est encore perfectionnée votre comptabilité et l’économie due aux soins persévérans de votre Commission des Fonds.
- Approuvé en séance générale, le 29 mai 1853.
- • * - Signé Choiseul-Praslin, rapporteur.
- Rapport sur, le fonds d’accroissement provenant du legs Jollivet* par M. de Praslin.
- Permettez-moi, Messieurs, de vous rappeler que le compte du legs Jollivet se divise en deux parties distinctes : la première, composée des fonds dont vous disposez annuellement, c’est à dire des trois quarts des inscriptions, montant ensemble à 11,792 fr. de.rentes 5 pour 100. Ces fonds s’élèvent à 8,979 fr. ; le rapporteur de votre Commission des Fonds vient de vous en rendre compte. -5 ; idiUyrnwH-i , < ;
- La deuxième partie se composa des; fonds destinés à un accroissement successif de capitaux, dont ;voufc'mp!ipc(urrez disposer que dans un temps éloigné. Le rapport que je vais avoir ^l’beptîeur de vous faire n’a que celte deuxième partie pour objefoo'-dqmeuo? feov
- Ce compte doit vous être p*é^enté>anétie58aicement par semestre et cadrer* cependant avec celui par exe^cà^iquiicViOUs esfcmepdu pour l’ensemble de vos recettes et de vos dépenses. !q3?-»3tn£3Ûo* ,ê!rr> d -
- .... . •• 4ji -'ibmuK} é 1m U te ««èiitei Jura a • - -
- Elle se compose : ' 4
- i°. De l’excédant en recette du dernier compte-, ..... n3 fr. 78 c.
- 2 . Du quart du semestre, au.22 mars 1002, des inscrip-tions, s’élevant ensemble à 1 ï ,792 fr. de rentes 5 pour 1 oé>, ci. 1,496 5o
- 3°. Du meme semestre .des inscriptions appartenant au. fonds d’accroissement, montant jusc|u’alors à 1,596 fr.
- 5 pour 100................... . J.J . . ”.......698 »
- r },. :••>* Ai ~ Ut-.y. -le-, - __________
- Total de la recette d^îpremier'Semestre. ^ . 2,3o8 28
- • r c v ’> . -8 .ai 3 ST'.i d ’’:h\h t
- Dépense du premier semestre.
- r ai ( .< : r ,i k i fi .*i î ; ; :
- Il a été acheté, le 19 avril 1832, une rente 5 pour 100 de ^
- 118 fr., au taux de 96 fr. 35 c., qui: a coûté. . . . . . . . . . 2,276 fr. 28c.
- Partant, il restait un excédant de recette de. . . 53 ; 5
- Trente-deuxième année. Mai 1833. 20 '
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- Recette du deuxième semestre.
- Elle se compose : . 10. De l’excédant de recette du premier semestre. . ... 33 ‘ »
- 20. Du quart du semestre, au 22 septembre i832, des inscriptions, montant ensemble à 11,792 fr M96 5o
- 3°. Du même semestre, des rentes appartenant au fonds d’accroissement ci-dessus relatées, montant à i,3g6fr. . . . 698 »
- 4°. Du même semestre de la rente de 118 fr., acquise le ig avril i832 59 »
- Total de la recette du deuxième semestre.. 2,286 5o
- Dépense du deuxième semestre.
- Il a été acheté , le 17 octobre 1832, une inscription 5 pour 100 de 11g fr., au taux de g5 fr. 80 c., qui a coûté. . . 2,281 46
- Partant, il y a un excédant de recette de. ......... 5 4
- qui devra êlre reporté au compte prochain.
- Ainsi, le fonds d’accroissement se compose, au 3i décembre 1,832, de neuf inscriptions 5 pour 100, montant ensemble à i,633 fr.;plus, d’une somme de 5 fr. 4 c.
- Approuvé en séance générale, le 2g mai i833.
- Signé Choiseul-Prasluv , rapporteur.
- Détail des renies apvartenant au fonds d'accroissement.
- i°. 846 fr. remis, le 21 juillet 182g, à M. Agasse par M. Drugeon,
- 2°. i4 le 26 juillet i83o, à M. Agasse par M. Drugeon.
- 3°. 96 acquis le 14 novembre 1829.
- 4°. 91 — le jg avril i83o.
- 5°, 96 le 8 octobre i83o.
- 6°. 126 le 21 avril i83i.
- 7°. 127 le 3 octobre 1831
- 80. 118 . le 19 août 18 52.
- 9°* 1*9 —— le 17 octobre i832.
- Total égal. i,633
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- (.45)
- Rapport sur des propositions de médailles en faveur des contremaîtresÿ par M. Payen.
- Messieurs, M. Delruet aujourd’hui contre-maître-directeur des ateliers de M. Lemare, fut un des ouvriers les plus intelligens de plusieurs de nos meilleurs ferblantiers, un des fondateurs de la Société des secours mutuels des ouvriers-ferblantiers-lampistes.
- M. Delrue a rempli avec distinction et avec beaucoup de zèle , dans cette Société philanthropique, les fonctions de surveillant des malades, secrétaire, adjoint et syndic.
- Le Conseil archiviste et les membres de la Société appuient de leurs témoignages et de leurs vœux la présentation de leur ancien et honorable confrère.
- Les attestations irrécusables de notre collègue Grouvelle, de M. Bouwens, 'Van Coppenem et de M. Lemare, démontrent jusqu’à l’évidence, chez M. Delruey l’intelligence des dessins, une grande dextérité dans l’exécution et le perfectionnement des appareils, une urbanité bien digne d’éloges, enfin une capacité peu commune dans la direction des ateliers.
- Si notre propre témoignage pouvait lui être de quelque utilité, nous nous empresserions aussi de l’offrir en faveur de M. Delrue t dont nos relations personnelles nous ont fourni maintes occasions d’apprécier tous les titres à la médaille de la Société d’Encouragement; nous venons, en conséquence, vous proposer de lui décerner cette récompense en séance publique.
- M. Julien Bataille, contre-maître-directeur de la blanchisserie dans la manufacture de toiles à voiles de MM. Saint-M arc, Porteu et Tetiot, à Rennes , est présenté par les propriétaires de cet Établissement comme l’auteur de perfectionnemens notables dans la préparation en grand du chlore, l’application de la vapeur au blanchiment et le montage de plusieurs appareils. ,
- Ces faits sont en outre attestés régulièrement par MM. Blanchard et Bla-vier y ingénieurs. . .
- Les autres conditions prescrites dans votre programme étant d’ailleurs remplies . nous vous proposons de décerner une médaille à M. Bataille.
- Approuvé en séance générale, le 29 mai i833.
- Signé Payen, rapporteur. . -
- . ' \ ; :
- 20,
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- Rapport sur les travaux de M. Pottier; par M. Payen.
- Dans une clés dernières séances de votre Conseil d’administration , un rapport de notre collègue, M. Héricart de Thury (i), nous a mis à portée d’apprécier dignement les travaux philanthropiques el les succès obtenus par M. Pottier, dans l’assainissement des cavités où les dangers de l’asphyxie me" nacent sans cesse les ouvriers de diverses professions.
- M. Pottier, après avoir honorablement servi sa patrie dans la marine, rentré dans ses foyers, et cherchant un soutien pour sa famille dans l’exercice d’une profession nouvelle, trouva moyen de la rendre plusjionorable pour lui en évitant aux autres les dangers qu’elle leur présentait.
- C’est à l’aide d’un soufflet à piston, appareil simple et d’un usage facile , qu’il est parvenu à enlever des puits et puisards les gaz irrespirables, en y substituant de l’air atmosphérique salubre.
- On doit à ses efforts persévérans d’avoir déjà répandu l’usage de ces appareils que l’on ne saurait trop populariser.
- Nous sommes heureux de trouver ici l’occasion d’acquitter envers M. Pottier une partie de la reconnaissance publique, en vous proposant de lui décerner une de ces récompenses réservées aux artisans qui ont rendu d’émi-nens services à l’humanité (2). T , -
- Approuvé en séance générale, le 2g mai i833.
- Signé P a. yen , rapporteur.
- . * J'iiü;; . U J. ; / ' ^ ; & '
- Rapport sur un procédé proposé par M. Dernesmay, pour épuiser la pulpe de betterave ; par M. Pelouze.
- . , ' : ( > ! ; i ,;i' J iï ;> i IV- *1-.; r-'v .
- La betterave contient 9 terme moyen, environ io pour ioo de son poids de sucre; ce sucre y est dissous dans un liquide excessivement abondant, car il constitue les 97 à 98 centièmes du poids de cette racine. Ce fait a été publié et constaté depuis l’origine de la fabrication du sucre indigène, et cependant, malgré les améliorations successives introduites dans les presses et les râpes, rarement obtient-on, par les procédés ordinaires, plus de 70a 72 pour 100 de jus; le reste, c’est à dire plus du quart, est perdu pour la fabrication du sucre. , ; s ’
- M. Dernesmay, négociant à Lille, mécanicien aussi habile que chimiste distingué, imagina, il y a deux ans, de soumettre à l’action de la vapeur d’eau la pulpe de betteraves sortant de la presse hydraulique ; l’opération bien dirigée eut un succès complet. Voici succinctement en quoi consiste
- (1) Ce rapport a été publié dans le Bulletin du'mois de mars dernier, page 6g.
- (2) Une médaille de bronze et une somme de 5o francs ont été accordées à M. Pottier.
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- le procédé de M. Demesmciy : il prend les sacs au sortir de la presse , les place sur des châssis dans des caisses fermant bien , en les séparant par des tringles de bois; il ferme l’appareil et y injecte de la vapeur d’eau : aussitôt quelle commence à sortir par les jointures, la pulpe a acquis une température suffisante; on retire alors les sacs, et on les soumet de nouveau à la presse : par ce moyen, on obtient encore 0,1 Ô à 0,18 de suc, en tout o,85 à o,8G (i).
- La richesse saccharine du suc obtenu à chaud est très grande , car elle ne diffère que d’un dixième de celle du suc de la première pressée ; la dessiccation et la cuite en sont extrêmement faciles. Il est vrai de dire que ce procédé exige quelque main-d’œuvre, et qu’il faut employer du combustible pour produire la vapeur d’eau nécessaire pour le mettre en pratique; mais ces dépenses sont presque nulles , et si l’on considère que dans les fabriques à travail continu le produit d’une seule râpe peut à peine suffire, et que par le procédé de M. Demesmay il faut beaucoup moins râper pour obtenir un égal produit, que les bœufs sont moins fatigués, qu’on les conserve plus long-temps, qu’on peut réparer le manège sans chômer,et qu’en-fiu i5 à 18 centièmes de suc ont étéobtenus sans frais ni embarras de culture, on verra facilement que son emploi est d’un immense avantage. Déjà, dans les villages de Bondues, Fives, Famars , Saultain et Mareuil 'département du Nord), on aeu recours au chauffagedes pulpes, et tout ce cpti fabrique du sucre dans le nord de la France a été y examiner ce mode de travail qui sera adopté généralement l’année prochaine,à moins que quelque chose de mieux ne surgisse. . A >H i.» „ .
- Si, comme l’indique M. Blanquet à la Commission d’enquête , la betterave figurait dans le prix du sucre pour 4o centimes le kilogramme, quand on se contentait d’une expression à froid, comme 5 kilogrammes de betteraves fournissent par le nouveau procédé le jus qui n’était fourni que par 6 kilogrammes avant qu’on ne travaillât la pulpeÿ elle n’y figurera plus aujourd’hui que pour 33 centimes : c’est donc 7 pour 100 dont le prix de revient du sucre semblerait s’être amélioré ; mais de ce chiffre il faut déduire la valeur que la pulpe a perdue, et comme cette valeur est réduite de deux tiers, et qu’elle était d’abord de 3 centimes du prix de revient, c’est 5 pour 100 qu’il faut compter dans la réduction du prix de revient du sucre.
- M. Demesmayj en publiant, avec une générosité digne des plus grands éloges, un procédé dont les avantages immenses sont maintenant constatés,
- (1) Le procédé de M. Demesmay a été décrit avec détails, page i4 du Bulletin de janvier i833. , - - , ....• ...r. „„
- 'ItïO
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- a rendu à l’agriculture et à l’industrie un service que la Société d’Encou-ragement saura dignement récompenser.
- . Le Comité des arts chimiques a pensé qu’une médaille d’or de première classe devait être décernée à M. Demesmay, et sa proposition a été adoptée par la Commission des médailles et par celle de révision.
- . - Approuvé en séance générale , le 29 mai i853.
- Signé Pelouze, rapporteur.
- \
- Rapport sur la balance de précision de M. Bockholtz;
- ; par M, Olivier. '
- M. Bockholtz, de Trêves, ancien élève de l’École centrale des arts et manufactures, dont il est sorti avec distinction en i832, après ses trois années d’études, et ayant obtenu le diplôme d’ingénieur-chimiste, après un concours très remarquable, vous a présenté une balance de précision de son invention , sur laquelle votre Comité des arts mécaniques m’a chargé de vous faire le rapport suivant. , ;
- M. Bockholtz était encore élève à l’École centrale lorsqu’il imagina la balance que vous avez sous les yeux; il fut frappé de l’inconvénient de la double pesée dans les analyses chimiques, opération qui apportait de la lenteur dans les travaux dont il était chargé dans les laboratoires de recherches. . . . .. r . î .
- ‘ Les balances de précision que les élèves avaient à leur disposition, s’altérant assez promptement malgré les soins apportés à leur conservation, on ne mettait point entre leurs mains des balances d’un prix élevé; aussi leur sensibilité et leur exactitude, quoique suffisantes pour des manipulations d’élèves, meme assez délicates, ne satisfaisaient point le jeune Bockholtz, et il chercha de nouvelles dispositions qui permissent d’avoir à peu de frais des balances aussi sensibles çt aussi exactes que celles qui sont sorties des ateliers de M. Fortinet qui en même temps fussent moins exposées aux détériorations auxquelles ces instrumens ne peuvent échapper en présence des vapeurs de tout genre qui s’exhalent sans cesse dans les laboratoires de chimie.- .V ... "...
- Un autre fait non moins important le frappa encore; c’est que,dans les balances en usage, la sensibilité n’est pas constante, elle n’est pas la même lorsqu’on pèse des corps de poids différens; et il voulut que la nouvelle balancé, trébuchant pour un poids d’un demi-milligramme, offrît la cer-
- Pour obtenir ces divers résultats, voici comment M. Bockholtz raisonna.
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- Pour avoir une sensibilité constante, il faut que la charge sur le couteau soit elle-même constante.
- Pour que la balance se détériore le moins possible, il faut que toutes les parties qui la composeront, excepté les couteaux , soient en laiton.
- Pour éviter les doubles pesées, il faut construire une romaine dans laquelle le peson sera fixe et variable, au lieu d etre mobile et constant, comme dans les romaines ordinaires.
- Ce fut ainsi que M. Bockholtz parvint à réunir dans sa balance toutes les conditions auxquelles il désirait si ardemment satisfaire.
- En examinant avec attention l’instrument présenté, le jeu et l’action de ses diverses parties, et après l’avoir soumis à l’expérience dans un laboratoire, l’on a obtenu la conviction qu’en effet ce jeune ingénieur a réellement composé une balance d’une grande exactitude; que, par la disposition des parties, la sensibilité en est aussi grande que dans les balances à fléau ; que, de plus, elle possède sur ces dernières l’avantage d’une sensibilité constante, et que surtout l’ouvrier peut arriver à toute l’exactitude désirée par des tâtonnemens moins longs et sans avoir besoin d’une grande habileté, comme pour la construction des bonnes balances de précision à fléau.
- Cet instrument pourra d®nc être construit dans les provinces, et par son prix peu élevé, la hdXdnce-Bockholtz sera à la portée de toutes les fortunes; et, sous ce point de vue les jeunes chimistes devront des remercîmens à l’inventeur, car tous ont besoin d’une balance de précision et tous ne peuvent pas y consacrer une somme de 3oo à 5oo fr., car tel est le prix de celles de M. Fortin ; tandis que la nouvelle balance exécutée parM. Deleuil} sous les yeux de l’auteur, n’a coûté que 200 fr., et qu’il est possible d’en établir pour le prix de 100 fr., qui seront tout aussi exactes, tout aussi sensibles que celle qui est présentée aujourd’hui à la Société d’Encouragement, en soignant seulement l’exécution des parties qui donnent à l’instrument toute la précision désirée et en laissant les autres parties dans un état moins fini.
- Votre Comité des arts mécaniques a donc l’honneur de vous proposer les conclusions suivantes :
- i°. De faire publier dans votre Bulletin la description ainsi que les dessins de la balance de M. Bockholtz;
- 20. De décerner à l’auteur une médaille d’argent, comme une récompense justement méritée par une invention utile;
- 3°. D’écrire à M. Bockholtz une lettre de remercîmens, dans laquelle on le priera de faire connaître à la Société, soit les idées nouvelles qu’il pourrait mettre à exécution par la suite, soit les inventions et procédés qui ap-
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- paraîlraient autour de lui et qu’il jugerait, après un mûr examen, devoir être utiles à l’industrie.
- Approuvé en séance générale y le 29 mai i833.
- Signé Théodore-Olivier, rapporteur.
- Rapport sur le rouet, perfectionné h quenouille mobile, de M. Lebec; par M. le baron Séguier.
- Chargé de vous faire, au nom de votre Comité des arts mécaniques, un rapport sur un rouet et une quenouille à filer le lin en fin, nous aurons l’honneur d’appeler d’abord votre attention sur le premier de ces deux appareils.
- Le rouet que M. Lebec soumet à votre examen, et au moyen duquel il obtient les beaux résultats dont les membres de votre Comité ont été le$ témoins, est un rouet de forme ordinaire, auquel il a apporté plusieurs perfectionnemens ingénieux.
- Dans les rouets ordinaires, vous savez, Messieurs, que l’envidage du fil, à mesure qu’il est tordu, s’opère par le ralentissement de la bobine : elle reçoit pour cela son mouvement d’un volant, par une poulie à gorge plus petite que celle qui est fixée sur la broche; cette disposition, qui rend continu et inévitable l’envidage, ne pouvait convenir au filage des fils à batiste qui se rompent au moindre effort. Le moyen de ralentissement de la bobine employé dans tous les rouets du midi de la France, qui consiste à établir un léger frottement sur l’extrémité de la bobine libre sur sa broche qui porte seule une poulie à gorge, n’était point encore en proportion avec la délicatesse de l’opération. Dans les rouets du midi, la broche entraîne la bobine par simple contact pour déterminer l’envidage : on ralentit la vitesse qu’elle lui communique par la pression d’un fil enroulé sur l’extrémité de la bobine; le ralentissement est proportionné à la tension du fil, qui se règle avec une cheville comme celle de la corde d’un violon. .
- Dans ce cas, l’envidage n’est plus forcé'; la fileuse, en résistant, peut trouver dans son fil, surtout lorsqu’il est un peu gros, assez de force pour arrêter le mouvement de la bobine, mais cette action est encore trop énergique pour un fil à batiste : il convient, dans certains cas, d’arrêter l’envidage pour augmenter la torsion, de pouvoir même dépeloter sans arrêter le rouet, pour reprendre une inégalité échappée aux doigts de la fileuse. r...../ • ( . .. .. _ , ... ,,
- M. Lebec est parvenu complètement à ce résultat difficile, en substituant, à la friction d’un fil tendu agissant sur l’extrémité de la bobine en
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- bois, celle d’un élastique fin enroulé sur une petite virole de métal bien polie dont il garnit la bobine. La diminution de frottement qui résulte du contact de l’élastique sur la virole polie ne suffit pas encore pour filer du fil à batiste sans le casser fréquemment ; l’expérience a démontré , après beaucoup de petits essais, qu’une friction intermittente était, de toutes les dispositions, celle qui rendait le filage plus facile. Aussi, dans le rouet qu’il vous présente, M. Lebec a lié à la manivelle du volant, par l’intermédiaire d’élastiques, des petits leviers combinés de façon à produire dans leur mouvement des alternatives de tension et de distension dans l’élastique enroulé sur la bobine : cet élastique n’en conserve pas moins, comme dans les rouets dû midi, la faculté de recevoir une tension première, à l’aide de la cheville à violon.
- ** Une autre modification mérite encore d’être signalée. M. Lebec s’est aperçu que le volant recevait du pied, par l’intermédiaire de la manivelle, un mouvement que son peu de masse ne permet pas d’être régulier; il a eu l’heureuse idée, pour que la broche et la bobine ne s’en ressentissent point, de donner à la broche un peu de poids par l’addition de petites masses, au nombre de quatre, placées en croix, et de laisser très lâche la corde qui transmet le mouvement du volant à la broche: par cette disposition , les inégalités du volant se trouvent perdues dans la vitesse et le poids de la broche, dont la poulie en mouvement peut continuer à tourner en glissant sous la corde du volant, lorsque celui-ci se ralentit.
- Nous avons cherché, autant qu’il nous a été possible, par une description écrite, à vous faire comprendre les améliorations dont le rouet à filer est redevable à M. Lebec; mais c’est surtout l’appareil de son invention pour remplacer la quenouille qui mérite toute votre attention.
- Le lin préparé en mèche, bien peigné, est placé au centre de peignes circulaires qui s’ouvrent pour le recevoir, et dont toutes les dents sont dirigées vers le centre : ces peignes, au nombre de trois, sont espacés sur un chariot dont nous allons tout à l’heure vous signaler l’usage; l’extrémité de la mèche de lin, à laquelle la fileuse emprunte son fil, est en outre engagée entre deux petites brosses fines pressées l’une contre l’autre. Ces brosses, ces peignes ont pour but d’empêcher la torsion du fil de se communiquer en remontant dans la mèche; ils maintiennent tous les filamens parallèles entr’eux et leur laissent la possibilité de pouvoir être étirés les uns après les autres dans toute leur longueur : cet étirage s’opère, avec la quenouille de M. Lebec, d’une manière aussi remarquable par sa simplicité que par sa nouveauté.
- Dans l’opération du filage ordinaire, la main de la fileuse va chercher à
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- la quenouille le brin de lin et le tire en parcourant entre le rouet et la quenouille un espace égal à sa longueur. M. Lebec, ayant reconnu avec raison qu’il était difficile de rendre doux et uniformes de grands mouve-mens, a eu l’ingénieuse idée de placer le lin disposé dans les peignes, comme nous venons de le dire, par un chariot en bois qui court le long d’un plan incliné. Le chariot, que son propre poids tend à ramener au pied du plan incliné, est attaché à l’extrémité d’un cordon qui passe sur une poulie en haut du plan incliné, pour venir s’attacher par son autre bout autour du poignet de la fileuse : le tout est disposé de façon qu’à mesure que la main qui prend le filament de lin s’éloigne de la quenouille, le cordon étant tiré, celle-ci s’éloigne à son tour en remontant sur le plan incliné ; l’espace entre la main et la quenouille s’allongeant par les deux bouts, le lin est étiré d’une quantité double au chemin que la main a parcouru. Grâce à cette invention, il suffit à la fileuse de faire devant elle de légers mouve-mens, et elle ne craint plus de casser son fil en étendant le bras au loin, comme par les procédés ordinaires.
- Nous croyons, Messieurs, que l’invention de cette quenouille, que son auteur a justement surnommée mobile y à cause de son mouvement continuel sur le plan incliné, peut apporter, par son application au filage de toute autre matière que le lin, de toute autre espèce de fil que celui à batiste, d’importantes modifications, tant pour sa bonté que pour la quantité des produits (i). *
- L’importance des modifications apportées au rouet à filer les fils les plus fins, l’invention de la quenouille mobile ont paru à votre Comité des arts mécaniques dignes d’une distinction honorable.
- Votre Comité a eu l’honneur de vous proposer de renvoyer les appareils de M. Lebec au Comité des médailles, afin de l’encourager à continuer ses perfectionnemens utiles et lui témoigner la satisfaction que vous avez éprouvée en lui voyant justifier luhmême par la pratique les avantages de ses procédés. .
- Approuvé en séance générale, le 29 mai 1833.
- Signé le baron Séglier, rapporteur.
- Rapport sur les travaux de M. Paulin-Désormeaux ; par
- M. Amédée-DurancL
- ; Sur la proposition du Comité des arts mécaniques, le Conseil d’administration de la Société a décidé qu’une médaille d’argent serait décernée à M. Paulin-Dés ormeaux, qui, par des travaux multipliés et constans, a placé f
- (1) Voyez la description du rouet de M. Lebecy Bulletin d’avril, p. coq.
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- son nom parmi ceux des hommes qui ont rendu le plus de services à l’industrie. Toutefois, Messieurs, nous devons mentionner particulièrement que le Conseil, se renfermant sévèrement dans les erremens consacrés pour ses encouragernens , n’a en en vue que deux objets présentés par M. Paulin• Désormeaux et non l’ensemble de ses travaux.
- Ces deux objets sont d’abord un appareil très simple et peu dispendieux, au moyen duquel M. Paulin-Désormeaux est parvenu à procurer à tous les étaux à griffe la propriété de pouvoir être placés dans toutes les positions possibles 5 le second est une filière à coussinets pour tarauder les vis.
- Le premier de ces objets s’appliquant à l’espèce d’étau employé par une foule d’ouvriers qui travaillent isolés , étayant pour effet de rendre les opérations plus promptes et moins fatigantes > a paru au Conseil de la Société être un service rendu à des hommes qui se trouvent privés des ressources d’un grand atelier. Le Comité des arts mécaniques a reconnu dans l’appareil de M. Désormeaux toute la~simplicité de combinaison , la facilité d’emploi et la solidité qui sont le caractère des bonnes inventions.
- La modicité du prix de l’appareil, la commodité avec laquelle il s’adapte aux étaux à griffe existans, et sans y nécessiter aucun changement, attachent -une importance particulière à cet objet, qui est le résultat d’une excellente conception.
- La filière à faire les vis a pour caractère distinctif une simplification notable sur les anciens outils du même genre, et par suite une réduction de prix qui doit faire considérer cette invention comme un nouveau service rendu aux ouvriers isolés. A cet avantage si intéressant se joignent, sous plusieurs rapports , des perfeetionnemens et une facilité d’emploi qui rendent cet outil précieux, même pour les travaux de précision. En effet, réduite à sa plus petite dimension , là filière de M. Paulin-Désormeaux est renfermée dans un disque, qui présente un levier continu à la main qui l’emploie; alors, elle se prête mieux qu’aucune autre à l’exécution des vis les plus délicates, et de plus peut, en se fixant à la partie postérieure d’un arbre de tour et s’engageant sur une tige lisse et fine, faire momentanément le service de manchon ,à pas de vis pour ce même arbre.
- Si le Conseil, Messieurs, n’a cru devoir admettre comme droits aux récompenses de la Société que l’appareil et l’outil dont un aperçu vient de vous être présenté, il n’a pas pensé que les titres que M. Paulin-Désormeaux, a acquis à.son estime ne dussent pas être présentés à la vôtre : aussi devons-nous remplir son intention en vous énumérant les publications importantes qu’une connaissance approfondie des richesses et des besoins de nos ate-
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- lîers, aidée par un heureux talent dans l’art d’écrire, a mis M. Paulin Désormeaux à même de produire dans l’intérêt de l’industrie. .
- Nous lui devons un Manuel sur V Art de V armurier;
- Un autre Manuel sur l’Art du menuisier;
- Un Traité sur l’Art du tour} qui peut être considéré comme ce que nous possédons de plus complet en ce genre.
- Une autre publication d’un caractère particulier, et qui manquait entière*» ment à l’instruction des ouvriers, a été due au zèle et au savoir de M. Paulin-Désormeaux ; nous voulons parler du Journal des Ateliers, dont nous avons à regretter la suspension causée par des circonstances qui permettent d’espérer qu’elle ne sera que momentanée.
- Vous voyez, Messieurs, que la récompense décernée en ce moment, au nom de la Société, à M. Paulin-Désormeaux , quoiqu’elle ne s’adresse qu’à l’auteur des deux appareils qui vous ont été indiqués , aura un effet précieux pour l’industrie ; elle signalera les travaux de pratique et d’enseignement qui sont dus à un homme qui a su consacrer les facultés d’une intelligence élevée aux occupations sans gloire comme sans profit qui pouvaient être les plus utiles à la classe des simples ouvriers.
- Approuvé en séance générale , le 29 mai i833.
- Signé Amedée-Durano, rapporteur.
- Rapport sur le noir d’impression présenté à la Société par M. Bouju ;par M. Chevallier.
- Messieurs, vous avez renvoyé au Comité des arts chimiques le noir qui vous a été adressé par M. Bouju, et que ce fabricant propose pour remplacer le noir d’Allemagne dans l’impression en taille-douce.
- Le Comité a examiné ce produit avec un soin tout particulier; voici les résultats qu’il a constatés :
- Le noir Bouju mis en poudre, et examiné comparativement avec le noir d’Allemagne, a paru d’une teinte plus noire et d’une plus grande finesse; mais ces caractères ne prouvant pas la supériorité de ce noir dans l’impression, les membres du Comité ont dû i° prendre des informations près des imprimeurs qui font usage du noir Bouju; a° faire des expériences directes.
- Les imprimeurs qui se servent du noir Bouju, notamment MM. Azey Chardon aîné, Finoty Jazet, Lamoureux et Rougier, sont tous d’accord, et les lettres jointes à ce rapport le démontrent , que le noir Bouju a une
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- couleur très intense; qu’il est supérieur au noir d’Allemagne, en ce qu’il permet d’obtenir, avec des planches fatiguées par un long tirage, des gravures qui peuvent être livrées au commerce, ce qu’on ne pourrait faire avec le noir de Francfort; enfin, en ce qu’il est d’une plus grande finesse et qu’il fournit moins de bourre.
- Quelques reproches ont été adressés à M. Bouju sur son noir; ces reproches portent i° sur le prix, qui est de 2 fr. 25 cent, la livre, tandis que celui de Francfort ne coûte que de 1 fr. ^5 cent, à 2 fr. ; 20 sur la présence de quelques grains dans son noir; 3° sur ce que ce produit est d’un noir trop intense; 4° enfin sur ce qu’il absorbe trop d’huile pour être amené à l’état de noir d’impression (encre).
- Tous ces reproches ont maintenant peu de valeur, parce que, tandis que nous faisions nos expériences, M. Bouju nous a remis un noir qu’il prépare et livre au prix de 1 fr. 5o cènt. Ce noir, essayé par M. Lamoureux et par un membre du Comité, nous a paru supérieur non seulement au noir d’Allemagne, mais encore à celui que M. Bouju vendait 2 fr. 20 cent. La présence de grains dans le noir Bouju était accidentelle, car ces grains ont été aperçus par une seule personne , qui ne les a pas retrouvés dans de nouvelles fournitures de noir faites par M. Bouju. Ensuite l’intensité du noir, qui a été considérée par les uns comme un défaut, par les autres comme une qualité, peut être facilement diminuée. En effet, MM. Chardon aîné et Lamoureux (1) indiquent quel est le moyen à employer; ce moyen consiste à mêler le noir Bouju avec une plus ou moins grande quantité de noir de Francfort, selon les teintes que l’on veut obtenir. ^
- Le dernier reproche fait au noir de Bouju portait sur ce qu’il absorbait une plus grande quantité d’huile que le noir d’Allemagne, pour former l’encre d’impression. D’après les essais faits avec M. Lamoureux, ce reproche est ma! fondé: en effet, parties égales de noir d’Allemagne, de noir Bouju à 2 fr. 25 cent, et de noir à 1 fr. 5o cent, ont été converties en encre avec des quantités convenables d’huile, et il en est résulté que ces noirs avaient absorbé : ' ~
- Le noir d’Allemagne. .... 36 parties d’huile.
- Noir Bouju à 2 fr. 25 cent. . 27 dito.
- r • Noir idem à 1 fr. 5o cent. » 53 dito. , •
- Des épreuves avec ces encres, faites par nous, ont été tirées chez M. La-
- (1) Nous profiterons de la publication de ce rapport pour remercier M. Lamoureux delà complaisance qu’il a mise à aider les membres du Comité dans leurs recherches.
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- moureux, puis numérotées, comparativement avec celles obtenues avec le noir d’Allemagne : l’examen que nous en avons fait nous a démontré que l’impression avec les encres obtenues du noir Bouju est supérieure, pour la beauté de la teinte, à celle obtenue de l'encre préparée avec le noir d’Allemagne.
- De ces faits il résulte ( et les imprimeurs en taille-douce sont d’accord avec nous) i° que lê noir Bouju est un produit utile pour l’impression en taille-douce, en ce qu’il donne un ton bien supérieur à celui que fournit le noir d’Allemagne; ensuite qu’on peut tirer un plus grand nombre d’épreuves. M. Lamoureux nous a déclaré qu’une planche qui, par la manière dont la gravure était établie, ne pouvait fournir plus de 12 à i,5oo épreuves au plus, en avait fourni 2,000 à Vaide du noir Bouju ; que ces épreuves étaient belles et pouvaient être livrées au commerce.
- 20. Que si la teinte du noir Bouju est trop intense, elle peut être modifiée, par son mélange en diverses proportions, avec le noir de Francfort.
- 3°. Que ce noir n’absorbe pas plus d’huile que le noir d’Allemagne, pour fournir de l’encre propre à l’impression en taille-douce.
- 4°. Enfin que le noir Bouju à 1 fr. 5o cent, est aussi bon, et l’emporte sur le noir d’Allemagne par sa beauté et par la modicité de son prix.
- Toutes ces considérations portent les membres de votre Conseil d’administration à vous proposer : i° de faire imprimer le présent rapport dans le Bulletin de la Société d’Encouragement, et d’en faire tirer 100 exemplaires qui seront délivrés à M. Bouju;
- 20. De renvoyer à la Commission des médailles la proposition;
- 3°. De décerner à l’auteur de ce perfectionnement remarquable une médaille d’argent.
- Approuvé en séance générale, le 29 mai i833.
- Signé A. Chevallier, rapporteur.
- Rapport sur les bougies stéariques dites de ïEtoile ; par
- M. Payen.
- D’après les savantes recherches de M. Ckevreul, on s’est occupé d’appliquer à l’éclairage les acides gras solides extraits du suif. M. Camba-cérès, l’un des premiers, obtint dans cette direction des succès remarquables. MM. Motard et Milly se sont depuis occupés d’épurer un acide du suif; ils vous en ont présenté des échantillons provenant de leur fabrication habituelle, et dont la blancheur, lâ drtreté etlasécheresse ne laissaient rieçip. désirer. '' *' . *
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- Ce produit remarquable, appliqué à la confection d’une nouvelle sorte de bougie, a été, sous cette forme, renvoyé à l’examen de votre Comité des arts chimiques.
- Les nouvelles bougies offrent une très belle apparence extérieure; elles sont parfaitement lisses, et l’on observe, à leur couche extérieure surtout, la sécheresse et l’absence de toute odeur de suif. Pendant leur combustion, elles présentent encore à leur couche extérieure, et surtout dans la partie rapprochée de la flamme, une demi-transparence très analogue à celle des bougies de cire. Enfin, la blancheur et l’éclat de leur lumièrene le cèdent en rien aux memes effets de la bougie ordinaire; de même que cette dernière aussi, sa mèche se recourbe en brûlant et vient se consumer à l’extérieur de la flamme, ce qui évite ainsi la nécessité de moucher. Quant à la durée et à l’intensité comparées de leur lumière, les expériences que nous avons faites à cet égard nous ont appris que la quantité de lumière donnée dans le même temps est sensiblement égaie, et pour des poids égaux la durée relativement à la bougie nouvelle n’est moindre que d’environ un quinzième.
- En résumé, la bougie dite de l’Étoile, dont la fabrication et la vente annuelles s’élèvent à environ 25,ooo k., qui déjà est en possession de la faveur commerciale, nous paraît présenter l’une des meilleures applications qui aient été faites jusqu’ici des. acides gras à l’éclairage. Elle réunit les principaux avantages de la bougie, coule même moins que cette dernière , et son prix , fixé par les fabricans à 2 fr. 5 cent, en gros et 2 fr. 25 cent, en détail, offre assez d’économie pour lui assurer la préférence qu’elle commence à obtenir. ' r ,
- Nous venons vous proposer de donner à MM. Motard et Milly un témoignage de votre satisfaction en leur accordant une médaille d’argent.
- Approuvé en séance générale, le 29 mai 1 833.
- , Signé Pa.yen , rapporteur.
- Rapport sur le bouillon de la Compagnie hollandaise $
- par M. Labarraque.
- Le Comité des arts économiques, dont j’ai l’honneur d’être l’organe aujourd’hui, a visité, à différentes reprises et à des époques éloignées les unes des autres, l’établissement fondé à Paris par MiVI. Bouwens et van Cappe-naal pour confectionner des bouillons de viande et les livrer à un prix modéré à la consommation.
- Dans l’origine, c’est à dire en 1828, ces Messieurs avaient fondé deux
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- dépôts dans des quartiers populeux, et ils agissaient chaque jour pour leur fabrication sur 75 kilogrammes de bœuf. Leur système de cuisson était établi par M. Harel, et il consistait dans une suite de marmites en terre d’environ i5 litres chacune, placées séparément sur un fourneau : au moyen du charbon de bois, ils produisaient une température graduée et ils obtenaient un excellent produit. Mais les demandes devenant chaque jour plus nombreuses, MM. Bomvens et van Cappenaal eurent recours au talent de M. Ph. Grouvelle, qui fit établir pour leur fabrication un appareil où dix-huit marmites en fer-blanc sont placées dans un bain-Marie contenant des matières salines, lequel, étant chauffé par le charbon de terre, permet de confectionner douze cents litres de bouillon à la fois.
- Un accroissement aussi remarquable dans un court espace de temps n’a pas diminué les soins de propreté la plus minutieuse que la Compagnie hollandaise a mis primitivement en usage, ni le choix le plus parfait des matières servant à préparer le bouillon; mais, au contraire, la manière d’opérer a été de plus en plus améliorée, puisqu’au très ingénieux appareil de M. Grouvelle a succédé le système de la vapeur qui a été appliqué avec le plus grand succès par un savant physicien, professeur distingué à l’École centrale des arts et manufactures. Cette méthode offre de l’économie en même temps qu’une réussite constante dans le résultat des opérations. > .
- La Compagnie hollandaise qui, dans la première année de son existence, faisait à peine deux cents bouillons par vingt-quatre heures, en a pu livrer à la consommation plus de quatre mille cinq cents litres chaque jour, pendant la durée de la funeste épidémie qui a sévi avec tant de fureur l’année dernière dans la capitale, et dans ce moment encore elle distribue journellement, au moyen des vingt-trois dépôts qu’elle a établis à Paris, deux mille cinq cents litres de bouillon. Le Comité des arts économiques a considéré ce résultat comme un service rendu à l’humanité , avec d’autant plus de raison que la nature du produit a toujours été d’une qualité parfaite, ce qu’il a constaté avec soin et persévérance.
- MM. Bomvens et van Cappenaal avaient d’abord considéré leur entreprise comme pouvant être utile aux ouvriers et à la classe pauvre de la société, et, dans ce but louable, les deux premiers dépôts ont été établis au faubourg Saint-Antoine et près du Conservatoire des arts et métiers; mais les personnes aisées ayant trouvé commode et profitable de faire usage du bouillon préparé par la Compagnie hollandaise, les dépôts se sont multipliés pour rendre la distribution plus facile, de telle sorte que plus de la moitié des Bureaux de charité de la capitale ont trouvé de l’avantage à faire des
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- abonnem'ens avec cette Compagnie pour fournir des bouillons aux indigens, qui, en présentant leurs cartes, les reçoivent h toute heure et tous les jours, et éprouvent la satisfaction de le voir puiser au même vase où l’on prend celui que l’homme riche vient acheter pour son alimentation. •
- L’examen approfondi qu’une Commission de l’Académie des sciences a fait du bouillon de la Compagnie hollandaise nous dispense de vous entretenir de nos observations scientifiques sur cet excellent produit, et de la manière d’opérer pour l’obtenir. Le savant rapport de M. Chevreul ne laisse rien à désirer à cet égard, et il est digne de l’illustre Compagnie qui, en l’adoptant, en a ordonné l’impression; mais ce que nous pouvons affirmer, c’est que si les travaux de MM. Bomvens, van Cappenaal et compagnie n’offrent pas une brillante découverte industrielle, ils présentent un degré d’utilité des plus remarquables, puisqu’ils satisfont un des besoins de l’époque actuelle. '
- Les faits que nous venons d’exposer d’une manière très succincte ont été soumis avec détail au Conseil de la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale, qui, après un mûr examen , a voté une médaille d’argent à la Compagnie hollandaise. La Commission des médailles et la Commission de révision ont été unanimement d’avis que cette honorable récompense était bien méritée, et le Comité des arts économiques, dont je suis l’interprète, se trouve heureux d’avoir été chargé de vous faire connaître les droits que MM. 'Bouwens, van Cappenaal et compagnie ont à vos suffrages et à l’estime des hommes de bien. ^
- Approuvé en séance générale, le 29 mai i833.
- Signé L ABA.11 n aq ce , rapporteur.
- Rapport sur les nouveaux briquets de M. Merckel ; par
- M. Payen.
- Depuis l’invention de l’un des moyens les plus élégans et les plus commodes de se procurer du feu à volonté au moyen des briquets dits oxigénés, il semblait impossible de perfectionner encore ce procédé si usuel, universellement adopté : nous en trouverions au besoin la preuve dans un rapport à la Société d’Encouragement, où l’on établissait par des calculs exacts, mais fondés sur les seules notions connues alors, qu’il était bien difficile d’apporter des améliorations ou une économie notable dans la fabrication des allumettes.
- Alors même l’auteur du procédé en question s’appliquait avec ardeur à
- Trente-deuxième année. Mai i833.
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- rechercher et soumettre à l’expérience une foule de procédés plus ou moins ingénieux, et qui tous avaient pour but des changemens dans la forme et la matière des briquets et des allumettes en usage.
- Il serait trop long de vous raconter la multitude d’essais dont il,a bien voulu nous communiquer successivement les résultats curieux, mais souvent inapplicables entre les mains de la généralité des consommateurs : nous nous bornerons à décrire les formes définitivement adoptées.
- ' Nous arrêterons un instant votre attention d’abord sur la composition des allumettes, et vous allez reconnaître avec nous qu’elles ont été perfectionnées d’une manière vraiment remarquable.
- Ce n’est plus avec du bois que l’auteur a formé le corps des allumettes, mais bien avec une mèche enrobée de cire représentant une bougie en miniature; et, hâtons-nous de le dire, la substitution de ces substances, ayant une plus grande valeur intrinsèque, n’entraîne pas une augmentation dans le prix net de revient, tant la main-d’œuvre a pu être réduite par suite de ce changement.
- Mais nous ferons observer ici que cette économie ne pouvait être réalisée . sans une machine capable de mettre à profit la souplesse et la longueur presqu’indéfinie de la nouvelle tige. v
- L’auteur, avant de réussir, a dû faire exécuter successivement plusieurs machines qu’il a graduellement simplifiées; nous n’appellerons votre attention que sur la dernière construite et que votre Comité a examinée avec un grand intérêt.
- Les fils, enveloppés de cire, sont enroulés sur des cylindres ou tambours cannelés, qui les dévident au fur et à mesure de l’appel exercé par le mouvement alternatif d’un système de pinces opérant une traction graduée. Chacun des fils s’engage successivement dans des rangées de conduits coniques régulièrement espacés , et dès qu’ils ont débordé d’une longueur égale à celle qu’on veut donner aux allumettes, que l’on détermine et varie à volonté, ils sont engagés entre les mâchoires d’un outil fort ingénieux qui saisit sans les déformer tous ces bouts de fil à la fois : au même instant, un couteau est abaissé et sa pression opère simultanément deux effets utiles; l’un d’aplatir le bout de toutes les allumettes, l’autre de les couper complètement, en sorte qu’elles restent maintenues et parfaitement alignées dans l’outil précité.
- Un outil semblable est aussitôt présenté pour saisir de la même manière les bouts d’une nouvelle rangée d’allumettes : celles-ci sont détachées à leur tour et toujours tellement bien alignées, qu’on trempe tous leurs bouts à la fois dans la composition de chlorate de potasse et de matière combustible,
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- au lieu de les y tremper une à une, comme cela se pratique ordinairement / pour les allumettes en bois.
- Il suffit de pousser une détente pour faire tomber toutes les allumettes aussitôt que la composition inflammable est suffisamment sèche; et, à l’instant, le même outil est prêt à saisir une nouvelle rangée d’allumettes.
- Un de nos plus habiles mécaniciens, M. Thonnelier> s’occupe actuellement à construire sur les modèlesde l’inventeur plusieurs machines de ce genre, dont chacune pourra confectionner plus de cent mille allumettes par jour.
- Les principaux avantages de ces allumettes-bougies sont d’occuper un volume environ quatre fois moindre et de donner une flamme dont la durée est quatre à cinq fois plus considérable; d’être allumées immédiatement après la combustion de la pâte inflammable, tandis que dans les allumettes oxigénées ordinaires, après la combustion de la pâte l’inflammation du soufre a lieu, et celle-ci détermine ensuite l’inflammation du bois, à condition toutefois que l’allumette soit tenue assez long-temps renversée.
- Les allumettes nouvelles peuvent d’ailleurs être posées debout, à l’aide d’une légère pression, sur un corps résistant quelconque ; elles durent assez long-temps enflammées pour permettre de cacheter une lettre.
- L’inventeur, frappé des inconvéniens attachés à l’emploi des flacons ordinaires qui renferment l’amiante imprégné d’acide sulfurique, imagina successivement plusieurs dispositions ingénieuses pour y remédier; nous décrirons seulement celle qui est appelée à devenir la plus usuelle.
- Une boîte d’un très petit volume contient dans une case les nouvelles allumettes, et en avant de celles-ci un très petit flacon renfermant l’amiante dont le fond repose sur un bout de ressort à boudin et dont le col rétréci est exactement fermé par la pression qu’exerce dessus un obturateur élastique fixé dans la partie antérieure du couvercle. Il suffit de pousser un bouton pour que le couvercle s’ouvre et débouche le flacon à l’instant même. Les allumettes sont en même temps aussi présentées à découvert, en sorte qu’il est très facile, même dans l'obscurité, d’en plonger une légèrement dans le flacon et d’obtenir, en la retournant aussitôt, une flamme immédiatement éclairante. En refermant le couvercle le flacon se trouve également fermé, et l’on n’a plus à s’occuper de chercher et d’assujettir le bouchon.
- L’extrême commodité de cet appareil est telle que, malgré l’empire de l’habitude, il nous paraît devoir remplacer généralement les briquets oxi-génés, bien moins commodes et plus volumineux, usités jusqu’à ce jour.
- M. Merckel vous a présenté encore des formes variées, sous lesquelles il offre au commerce les nouveaux briquets; on conçoit, en effet, que l’aspect agréable et le petit volume des allumettes nouvelles permettent de les in-
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- troduire dans une foule de menus outils et d’objets d’ornement coulés en bronze.
- Votre Conseil d’administration a été d’avis que les ingénieuses et utiles inventions que nous venons de vous signaler, importantes surtout par le grand nombre de personnes qu’elles intéressent, sont dignes de nos encou-ragemens, et il vous propose de décerner une médaille de bronze à leur auteur.
- Approuvé en séance générale, le 29 mai i833. .
- - Signé Payen, rapporteur.
- Rapport sur un fusil de sûreté exécuté par M. Lelion ,
- * par M. le baron Séguier.
- Messieurs, nous avons eu l’honneur de soumettre à l’examen du Comité des arts mécaniques un fusil d’une construction telle que , soit désarmé, soit armé, il est à l’abri de toute espèce d’accident. Un inconvénient grave se rencontrait, en effet, dans les fusils à piston : lorsque le chien est désarmé et reposé sur la capsule, il suffit d’un choc sur le chien de ces fusils pour déterminer l’inflammation; ce choc peut être d’autant moindre que l’énergie du grand ressort le comprime davantage sur la cheminée que porte la capsule. Le fusil dont nous vous entretenons évite ce danger par l’addition d’un troisième cran à la noix, qui permet au chien de rester suspendu à une très petite distance au dessus de la capsule. L’espace entre le chien et la capsule est tel que , supposant que le bec de gâchette ou le cran de la noix vienne à se casser, le chien, même dans ce cas, 11e peut point acquérir, avant de frapper, une vitesse assez considérable pour que la percussion soit capable d’enflammer la poudre fulminante.
- Lorsqu’il est armé , ce fusil est mis à l’abri des accidens par un mécanisme qui rend impossible le mouvement des gâchettes dans tout autre moment que celui où le chasseur place son arme en joue pour la décharger.
- Cet effet est produit par l’application de l’encliquetage de Dobo aux gâchettes dont la partie postérieure est limée en courbe, qui 11’a point, suivant le principe de cet encliquetage, pour centre le centre même du mouvement de cette gâchette. Une petite bascule , dont une extrémité est également disposée en courbe à centre différent du mouvement de la pièce, vient à la rencontre des gâchettes; ces deux courbes, butant l’une sur l’autre, paralysent leur mouvement jusqu’à ce qu’en abaissant l’une d’elles, on laisse un passage au développement de l’autre. Cet effet d’abaissement se produit, sans aucune attention de la part du chasseur, par l’obligation de comprimer
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- la poignée du-fusil dans sa main pour l’appuyer contre l’épaule; le second doigt vient, dans ce cas, se placer nécessairement derrière la sougarde. Une pression inévitable s’exerce sur l’autre extrémité de la bascule dont nous venons de.parler, et la contraint de s’abaisser pour dégager les gâchettes et permettre l’action de la détente.
- Ce fusil se charge par la culasse; la disposition et l’emmanchement de ses parties, néanmoins, sont plus solides que ceux du système à la Pauli ; il a sur eux l’avantage de n’avoir point besoin de cartouches d’une longueur déterminée et rivées sur des culots en fer; il conserve en outre la possibilité d’ëtre chargé avec une baguette, comme un fusil ordinaire. La parfaite exécution de ce fusil a fait penser à votre Comité des arts mécaniques que M. Lelion t armurier, par lequel il a été confectionné , méritait pour son habileté une distinction.
- Cette proposition ayant été soumise à votre Commission des médailles, elle a jugé M. Lelion digne de la médaille de bronze.
- Approuvé en séance générale, le 29 mai i835.
- Signé le baron Ségüier, ravporteur.
- Rapport sur les châles de soie de M. Germain; par M. Bellangé.
- Messieurs , M. Henri Germain, de Lyon, a présenté à la Société d’En-couragement quatre châles de soie, comme produit résultant d’un perfectionnement qu’il a apporté dans la fabrication des châles de soie de Lyon.
- Une Commission nommée par votre Conseil d’administration, composée de M. Legentil et de moi, lui a fait un rapport à ce sujet. Sur un fonds satin, de grandes bordures et une large rosace forment un dessin composé de fleurs présentant de larges masses.
- A Paris, ce genre de composition, avec des détails plus multipliés, a été appliqué depuis long-temps à la fabrique de*châles façon cachemire; il a été imité ensuite par la fabrique de Lyon, en matière soie et laine, appelée Thibet, ressemblant assez au cachemire. Sous le rapport technique, les châles présentés par M. Henri Germain, le tissu, le façonné, la composition du dessin, à bordure et à rosace, n’auraient rien qui déjà ne fût connu.
- Cependant les dessins par fortes masses, ne s’opérant à la fois que sur un petit nombre de couleurs, exigent un tirage plus lourd que quand ils se divisent en une infinité de parties plus ténues, telles que l’exige le genre ca-
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- chemire : c’est dans cette difficulté vaincue, que l’on peut faire consister le perfectionnement ; ce peut être aussi dans l’application à la soierie d’un genre de travail usité dans d’autres fabriques et avec d’autres matières. Gomme d’ailleurs ces châles en soie satinés, à grandes Jaordures et rosaces et à grosses fleurs, entrent déjà dans la consommation intérieure d’une manière sensible, et qu’ils offrent un objet important pour l’exportation , votre Conseil d’administration a jugé convenable qu’il soit accordé, par la Société, une mention honorable à M. Henri Germain pour les châles qu’il a présentés. •
- / Approuvé en séance générale, le 29 mai i855.
- Signé Bellangé, rapporteur.
- --- niriT ~ 11 11 -----—
- Extrait des Procès-verbaux des séances du Conseil d’administration de la Société d’Encouragement.
- * Séance extraordinaire du S mai i833.
- Correspondance. M. le directeur de l’Ecole des arts et métiers de Châlons adresse les notes semestrielles du ier octobre i832 au ier avril i833, concernant les élèves qui occupent dans cette Ecole les places réservées à la Société d’Encouragement.
- La Société centrale d’agriculture de Nancy, vivement frappée des avantages que l’agriculture doit retirer du nouveau système de charrue inventé par le sieur &rangéy de Harol (Vosges), adresse le recueil des pièces qu’elle a publiées sur cette nouvelle charrue. Elle appelle l’attention de la Société d’Encouragement sur l’importance de cette découverte, signale les efforts que l’auteur a faits depuis cinq ans pour atteindre le but utile qu’il s’est proposé, et sollicite une récompense en sa faveur.
- M. Favrel, batteur d’or, à Paris, adresse la description et les dessins des machines qu’il a imaginées pour battre l’or, l’argent et les autres métaux ; il sollicite l’examen de ces machines, qui fonctionnent dans ses ateliers, et pour lesquelles il a pris un brevet d’invention. #
- M. Chauvin, conducteur des travaux des ponts et chaussées, à Voisin-Lieu, près Beauvais, annonce avoir apporté des améliorations importantes au graphomètre de son invention, sur lequel il a été fait un rapport favorable à la Société.
- M. Bidronnaze, à Châlons-sur-Saône, annonce avoir découvert une nouvelle matière plastique se moulant comme le plâtre et résistant à l’eau et à l’air comme la pierre. ‘ ‘
- Objets présentés. M. Alkan, typographe à Paris, présente un nouveau modèle de casse typographique. ;
- M. Proeschel, à Paris, adresse un mémoire relatif à un nouveau procédé qu’il a
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- imaginé pour garantir les tentures de papier et celles en soie contre l’humidité des murs salpêtrés et autres. ' ,
- M. Perpigna demande qu’il soit nommé des commissaires pour examiner les perfectionnemens apportés par M. Newton, de Londres, aux amorces et aux lumières des fusils à piston. '
- Rapports des Comités. Au nom du Comité des arts chimiques, M. Payen lit les rapports suivans : •
- i°. Sur les nouveaux briquets et les allumettes de M. Merckel.
- Le Comité, considérant que les ingénieuses et utiles inventions de M. Merckel sont dignes des encouragemens de la Société, propose de lui décerner une médaille à la prochaine assemblée générale et de publier le rapport dans le Bulletin. [Approuvé.]
- 2°. Sur les bougies stéariques dites de l’Etoile t fabriquées par MM. de Milly et Motard.
- Le Comité propose de donner à ces fabricans un témoignage de la satisfaction de la Société, en leur accordant une médaille. , * *
- Cette proposition est renvoyée à la Commission des médailles.
- 3°. Sur un appareil propre à Vapplication du gaz-light au chauffage, qui a été communiqué à la Société par M. Robison , secrétaire de la Société royale d’É-dimbourg. -
- Le Comité propose : i° de faire connaître cet appareil par l’insertion du rapport dans le Bulletin ; 2° de remercier l’auteur de sa communication. [Approuvé.] ’
- 4°. Sur un nouvel encollage des chaînes des tissus proposé par M. le comte de Perrochel. , .
- Le Comité propose d’insérer au Bulletin un extrait de la Notice que M. de Perrochel a publiée sur son encollage. [Approuvé.] •
- 5°. Sur un perfectionnement apporté à l'appareil réfrigérant de M. Nichols.
- Le Comité propose d’insérer le rapport au Bulletin. [Approuvé. ]
- Au nom du même Comité, M. Mérimée lit un rapport sur les crayons blancs et de diverses couleurs , fabriqués par M. Pedretti.
- Le Comité a reconnu que les premiers ne laissent rien à désirer; l’auteur leur donne à volonté plus ou moins de fermeté : leur pointe se maintient comme celle de nos crayons de sanguine; ils s’en rapprochent même par leur moelleux.
- Quant aux crayons de couleur, le Comité s’est assuré qu’ils se taillaient et s’em^ ployaient aussi facilement que les crayons blancs ; qu’ils conservaient également leur pointe sans se casser et qu’ils adhéraient bien au papier. .
- M. Pedretti attend le suffrage de la Société pour donner à sa fabrication un développement proportionné au besoin des arts; le Comité est persuadé qu’il le mérite: en conséquence, il propose d’accorder à l’auteur un témoignage de satisfaction, en lui adressant une copie du rapport. [Approuvé.] . ,
- . Au nom du Comité des arts mécaniques, M. fimédée Durand fait un rapport, sur un nouvel étau présenté par M. Garban. . , ;
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- Le Comité propose de décrire et de figurer cet étau dans le Bulletin, et de remercier l’auteur de sa communication. [Approuvé.]
- Au nom du Comité de commerce , M. Bcrtin lit un rapport sur le projet du palais de l’industrie, conçu par M. Touboulic, de Brest.
- Le Comité pense que, tout en désirant la réalisation de ce projet, la Société ne peut et ne doit y coopérer que par ses vœux. [Approuvé.]
- Au nom du même Comité , M. Warden fait un rapport sur une communication de M. Adam, banquier à Boulogne, relative à la pêche et a la salaison des harengs et des morues. •' ' •
- L’auteur, après avoir fait remarquer la grande supériorité des Hollandais et des Anglais dans l’art des pêches et salaisons, signale comme causes du mauvais résultat que nous avons obtenu dans ce genre : i° la cherté des arméniens-, 20 les mauvais procédés de salaison et saurage; 3° le défaut de débouchés à l’extérieur, joint à une consommation plus restreinte à l’intérieur. Il pense qu’il conviendrait de fixer l’attention du public sur cette matière, en proposant un prix pour le meilleur procédé de salaison ou saurage. Il termine en affirmant que le total des barils de harengs salés sur les côtes de France, depuis Dunkerque jusqu’à Caen, ne se monte pas à plus de cinquante à soixante mille par an , et que celui des barils exportés est nul.
- 1 -? Le Comité pense que cette industrie a besoin d’être encouragée : en conséquence , il propose d’ouvrir un concours pour la découverte des meilleurs procédés de salaison et saurage. [ Approuvé. ] ' ; .
- M. Warden profile de cette occasion pour donner à la Société quelques renseigne-mens sur la pêche de la baleine aux Etats-Unis. On estime à trois cents le nombre des bâtimens baleiniers sortis des ports des Etats-Unis en 1831 ; ces bâtimens ont occupé environ six mille cinq cents hommes. La quantité d’huile de baleine a été, en i83o, de l 18,000 barriques et, en ï83i, de 188,000.
- Un bâtiment baleinier rapporte moyennement 1,000 barriques d’huile. Communications. N.. Olivier donne connaissance d’une note publiée par MM. Thomas et Laurens, élèves de l’École centrale des arts et manufactures, sur l’emploi de la vapeur dilatée dans les machines à vapeur.
- M. Gaultier de Claubrj informe le Conseil qu’on vient de découvrir en France un gisement de platine, qu’il en a analysé le minérai, et que la quantité de platine obtenue est d’un demi-centième à un centième ; il se propose de faire des expériences plus exactes lorsqu’il aura pu se procurer une plus grande quantité de minérai.
- Séance du i5 mai i833. . ' .
- ‘ Correspondance. M. le préfet des Vosges, en transmettant une brochure contenant divers rapports et procès-verbaux relatifs à la nouvelle charrue introduite dans l’arrondissement de Lunéville par M. Grangé, observe qüe la Société d’Êmulation des Vosges et les Sociétés savantes des départemens voisins ont encouragé l’auteur de ce perfectionnement, et que le motif qui les a déterminées à le récompenser,
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- c’est le désintéressement qu’il a mis à faire jouir le public du fruit de ses recherches, en renonçant à prendre un brevet d’invention» ^
- M. le préfet appelle sur M. Grange tout l’intérêt de la Société et exprime le désir de le voir participer a ux encouragemens quelle décerne.
- M. Nerée-Tellier sollicite l’examen d’un moyen de sou invention pour diminue? la force motrice nécessaire au tirage d’une voiture.
- M. le comte de Maunyannonce avoir fait des modifications au moulin à vent de M. de la Molere.
- M. Belloc, directeur de l’Ecole gratuite de dessin , adresse le bulletin du 2e trimestre concernant les six élèves placés dans cette Ecole aux frais de la Société.
- M. Rosé soumet à l’examen de la Société une machine à battre le blé.
- Rapports des Comités. M. le président annonce que la Commission des médailles et celle de révision ont été d’avis de décerner les récompenses suivantes, dont il développe les motifs, savoir :
- i°. Une médaille d'or de ire classe à M. Demesmay, pour son moyen d’épuiser les pulpes de betteraves.
- 2". Des médailles d’argent
- A M. Paulin-Désormeaux, pour son étau à griffe et sa filière perfectionnée,
- À M. Bochhollz, pour sa balance de précision.
- À M. Lebec, pour son rouet perfectionné.
- AM.Bouju, pour son noir d’impression.
- A MM. Moltard et de Milly, pour leur bougie stéarique dite de ïÉtoile,
- A l’Etablissement de la Compagnie hollandaise , pour la confection des bouillons de viande.
- 3°. Des médailles de bronze
- A M. Merchel, pour ses briquets perfectionnés.
- A M. Lelion, pour l’exécution d’un fusil de sûreté perfectionné.
- 4°. Une mention honorable
- A M. Germain, fabricant à Lyon , pour ses châles de soie.
- Ces diverses propositions sont adoptées.
- M. le président présente ensuite le résultat du travail de la Commission chargée de proposer des médailles en faveur des contre-maîtres de fabriques et des ouvriers qui se sont distingués par leur zèie , leur activité et leur intelligence. Elle propose d’accorder une médaille de bronze et une somme de 5o francs.
- 1". Au sieur Delrue, contre-maître de l’établissement de M. Lemare, à Paris.
- 2°. Au sieur Bataille ( Julien), contre-maître de la manufacture de toiles à voiles de MM. Saint-Marc, Porteu et Tetiot, à Rennes.
- 3°. Au sieur Potlier, entrepreneur de puits à Paris, pour son soufflet désinfecte ur.
- Ces propositions sont adoptées.
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- Trente-deuocième année. Mai 1835.
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- Séancè générale du 29 mai i833.
- Correspondance. M. le président communique à l’assemblée une lettre par laquelle M. le comte de Montalivet, intendant général de la Liste civile, l’informe que le Roi vient d’allouer à la Société, comme l’année dernière , une somme de 2,400 fr. pour sa souscription.
- M. de Saint-Bris, membre du Conseil général des manufactures, adresse à M. le président de la Société , sous la date du 25 mai, une lettre conçue en ces termes :
- « Le département d’Indre-et-Loire, pénétré de reconnaissance et de respect pour les vertus éminentes de M. le comte Chaptal, et pour les immenses services qu’il a rendus à la France , a décidé qu’il serait élevé dans la ville d’Amboise un monument à la mémoire de ce grand citoyen. Une Commission a été chargée de recueillir les souscriptions; c’est en son nom que je crois devoir réclamer la coopération de la Société d’Encouragement.
- » Je ne crois pas avoir besoin, Monsieur le président, d’énumérer ici les titres nombreux de M. le comte Chaptal à la reconnaissance de ses concitoyens. Quel est le manufacturier qui n’a pas conservé le souvenir des travaux constans auxquels il a consacré sa vie, comme administrateur et comme savant, pour le développement et la prospér ité de l’industrie ? r *
- » Les membres de la Société d’Encouragement ont encore une autre dette à payer à la mémoire de M. le comte Chaptal : il fut un de ses plus zélés fondateurs, il 11’a cessé d’intéresser le Gouvernementà sa prospérité; enfin il l’a présidée pendant n'ente ans.
- » Je demande, en conséquence, Monsieur le président, qu’il soit ouvert un registre de souscription pour que ses membres puissent venir y déposer le tribut de leur reconnaissance à la mémoire du grand citoyen dont nous déplorons tous la perle.
- » J’ai l’houneur d’être , etc. »
- L’assemblée s’empresse d’accueillir la proposition de M. de Saint-Bris, et décide qu’un registre de souscription sera ouvert, à cette intention, dans le local de la Société.
- (Voir plus haut pour les divers rapports lus dans cette séance. )
- Madame HUZARD ( bée VALLAT LA CHAPELLE),
- IMPRIMEUR DE LA. SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT POUR L’INDUSTRIE NATIONALE,
- RUE DE l’ÉpEROK , K° J.
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- TRENTE-DEUXIÈME ANNÉE. ( N° CCCXLVHI. ) JUIN i833.
- V;.. BULLETIN
- DE LA A .
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE,
- ARTS MÉCANIQUES.
- Rapport fait par M. Francœur, au nom du Comité des arts mécaniques 3 sur une horloge de MGourdin, horloger a May etj arrondissement de la Fléché , département de la * Sarthe1 • . ..
- M. Gourdin a eu pour objet d’apporter quelques utiles modifications au mécanisme des horloges de clocher et de château, pour en assurer les fonctions; mais son système peut pareillement être employé pour les pendules d’appartement, et même le modèle qu’il a présenté à la Société est destiné à ce dernier usage, puisqu’il y a joint des cadrans indicateurs de quantièmes du mois, du jour de la semaine et de dates et phases lunaires..
- Toutefois, comme ces derniers mécanismes ne présentent rien de neuf, nous nous en tiendrons ici à l’examen des pièces principales de l’horloge.
- Au lieu de faire sonner un seul coup pour les demies, M. Gourdin met en jeu deux marteaux , dont chacun frappe sur un timbre particulier. On trouve très incommode de ne pouvoir reconnaître pendant la nuit, lorsque la pendule fait entendre un seul coup, s’il est une heure du matin, la demie qui précède ou celle qui suit, ou même toute autre demie d’heure. Cet inconvénient n’existe pas dans les horloges du Jura, où les heures sont toujours sonnées deux fois consécutives , et les demies, une seule fois. Mais les pendules de cheminée ne présentent pas cet avantage, et durant un temps d’insomnie, on est souvent contrarié d’entendre, après une demi-heure d’attente, frapper encore un seul coup, sans savoir si la pendule sonne une Trente-deuxieme année. Juin i833. i ' 24
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- : ( ,7° ) • ';/
- heure ou quelque demie. Ainsi, l’appareil des deux marteaux frappant les demies sur deux timbres est une chose ulile. Le mécanisme qui produit cet effet est simple et n’a pas encore été employé dans ce but.
- Les horloges de clocher, les pendules de salon, sont pourvues de deux forces différentes, l’une pour le mouvement, l’autre pour la sonnerie : il en résulte qu’il faut monter la pièce deux fois quand le développement est près du terme de son action ; aussi, les horloges publiques sont-elles toujours pourvues de deux poids moteurs, qu’il faut relever à des époques réglées, quand cela est devenu nécessaire. L’intervalle qui sépare deux remontages est quelquefois de plusieurs jours; mais le plus souvent il n’est que de 24 heures, c’est à dire qu’il faut chaque jour remonter l’horloge. Cette durée dépend delà hauteur de chute du poids moteur, lequel, du moins pour la sonnerie, doit être très pesant, puisqu’il soulève des marteaux dont le poids est en relation avec celifi des cloches qu’ils font résonner. Ainsi, sous peine d’être obligé d’employer d’énormes poids moteurs ou une hauteur considérable de chute, on ne peut ralentir la descente des poids en se servant de poulies mouflées, qui en affaibliraient la puissance.
- M. Gourdin a imaginé de tirèr parti du poids moteur de la sonnerie pour monter le poids moteur du mouvement. Ainsi, chaque fois que fes marteaux sont mis enjeu , la force qui les fait agir a une partie employée à remonter un poids qui meut le mouvement. Pendant que cette action s’exerce, le mouvement n’est plus soumis à l’action d’aucune force, et il courrait risque de s’arrêter, ou du moins de ne pas conserver sa vitesse ordinaire, si l’auteur n’avait employé un ressort moteur auxiliaire qui n’agit précisément que pendant la courte durée où le jeu de la sonnerie relève le poids moteur du mouvement. Ce dernier mécanisme est usité depuis bien longtemps en horlogerie; mais nous croyons que l’autre, c’est à dire le procédé pour remonter le poids du mouvement par l’effet de la sonnerie, est neuf et bien imaginé.
- Nos pendules de salon pourraient s’enrichir de cette utile invention ; il serait commode de n’avoir besoin de remonter qu’un seul barillet pour que la pendule pût à la fois marcher et. sonner, et si l’on repoussait l’idée d’animer les pièces du mouvement par un poids, qui en effet serait gênant dans les pendules de cheminée, rien ne serait plus aisé que de remplacer ce poids par un barillet, qui serait remonté par celui de la sonnerie chaque fois que ce dernier courrait en liberté. Toutefois, on doit avouer que les forces de ces deux ressorts exigeraient des relations particulières, auxquelles M. Gourdin n’a pas donné attention.
- Enfin, M. Gourdin indique un procédé applicable à toute autre circons-
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- fl?1 )
- tance qu’aux horloges, pour faire fonctionner des pièces éloignées l’une de l’autre, sans employer des roues d’angle.
- Il est aisé de juger que le mécanisme présenté par M. Gourdin doit bien fonctionner, puisqu’on n’y peut découvrir aucune cause de perturbation : nous ne nous arrêterons pas à le décrire ici , cette description ne pouvant être . bien comprise que sur le vu de la pièce ou des figures qui la représentent.
- • Nous vous proposons , Messieurs, d’exprimer à M. Gourdin votre satisfaction , et de faire graver pour le Bulletin les mécanismes dont l’un remonte par la sonnerie le poids moteur du mouvement, et dont l’autre transmet, sans roues d’angle, la vitesse à des points éloignés. :h
- Approuvé en séancey le 5 septembre 1802. , • ;; <% ; ;
- uSigné Francoeür , rapporteur, 1
- Description de Vhorloge présentée h la Société par
- M. Gourdin.
- Cette horloge , qui est représentée dans son ensemble et dans ses détails, PL 544, réunit plusieurs perfectionnemens qu’on ne trouve pas dans lés horloges ordinaires. D’abord, l’auteur, par une disposition ingénieuse, a rendu son horloge propre à sonner les heures et les demies sur deux timbres séparés, placés l’un au dessus de l’autre, de manière à ne pas confondre ces demies avec les heures, puisqu’on obtient deux sons différens; en second lieu, le poids du mouvement est remonté par celui de la sonnerie, ce qui est d’autant plus commode que l’horloge s’arrêtait lorsque ce poids était monté; enfin, il a imaginé un moyen de faire fonctionner les pièces éloignées l’une de l’autre, sans employer des roues d’angle. •
- L’explication des figures fera connaître suffisamment ces divers mécanismes. : . ; -r
- Fig. 1. Élévation vue de face de l’horloge. ' '
- f Fig. 1. Section verticale d’une partie du mécanisme de la sonnerie.
- Fig. 3. Plan de l’horloge, les timbres étant enlevés. ' ' \
- Fig. 4* Mécanisme qui annule le deuxième passage de la cheville fixée sur la roue des heures.
- Fig. 5 et 6. Détails du mécanisme qui remonte le poids du mouvement par le cylindre de la sonnerie. ' *••''V'J
- Fig. 7. Bascule qui fait agir le marteau frappant les demies. ; • > •
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans toutes les figures. '1 ' A, Grand cadran des heures et des minutes.. i * r - < ‘ . !
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- B, Cadran des jours de la semaine. -
- C, Cadran indiquant les phases de la lune.
- , D, Cadran marquant les quantièmes du mois.
- EF G, Pièce composant le mécanisme destiné à rendre nul le deuxième passage de la cheville ât, fixée sur la roue des heures, qui ne doit faire mou» yoir l’aiguille du quantième que toutes les 24 heures. ' j ‘
- i°. Remontoir, fîg. 5 et 6.
- H, Cylindre ou treuil tournant sur son axe bb. Ce cylindre reçoit la corde du poids moteur. : . ^ : , * : ; :
- M, Roue de champ à rochet rivée sur le pignon N, qui tourne sur l’axe b et a un mouvement de translation de droite à gauche.
- PP', Bascule ou levier d’embrayage mobile sur la goupille c. Sa partie su-, périeure P'entre dans une gorge cl, pratiquée sur le bout du pignon N', prolongé en canon, e est une dent de cette bascule qui s’engage dans l’une des encoches ou entailles g du chaperon ouroue de compte f On voit qu’en faisant glisser la bascule de droite à gauche par sa partie P', la roue de champ suivra ce mouvement de translation. Le pignon N est assez long pour ne pas désengrener la deuxième roue de la sonnerie N', fig, 7 , qui le mène. Voici comment opère ce mécanisme.
- Quand la sonnerie agit pour frapper l’heure, la roue de champ M tourne, menée par la deuxième roue N', engrenant dans le pignon N ; alors l’en-taille g , dont le fond est taillé en biseau, repousse la dent e de la bascule, et la roue de compte/se trouve dégagée et rendue libre. Au même moment, la bascule P' se meut de droite à gauche et pousse la roue de champ M contre le cylindre, où elle est arrêtée par la dent J. Cette roue étant ainsi rendue solidaire avec le cylindre ou treuil H, la corde s’enroule sur ce dernier, aussi long-temps que l’heure sonne. Pendant ce passage, la dent e delà bascule est légèrement pressée par un ressort contre le bord de la roue f, compris entre la première et la seconde entaille; elle s’engage dans celte dernière aussitôt qu’elle se présente, et cela par im;ressort qui sollicite la bascule de retourner à sa place; la partie supérieure P' de celle-ci recule alors, entraînant avec elle la roue de champ M, qui se dégage du cylindre H. De cette manière, le poids moteur se trouve remonté. Cet effet est produit toutes les fois que la pendule sonne l’heure, et comme il y a un encliquetage auxiliaire, la marche du mouvement de l’horloge n’est point interrompue. Il suit de là que le poids moteur du mouvement sera régulièrement remonté tant que celui de la sonnerie le sera aussi, et que toutes les heures seront régulièrement frappées ; car, dans le cas contraire, l’horloge s’arrête-
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- rait lorsque la corde serait entièrement déroulée, et c’est ce qui arriverait si elle manquait à sonner quelques heures ; mais si elle sonnait au delà du nombre nécessaire , elle s’arrêterait également, parce que le poids moteur du mouvement se trouvant alors trop souvent remonté par la sonnerie , il arriverait à une trop grande hauteur, où il serait retenu par la partie inférieure de la cage de l’horloge ou par tout autre point où il s’accrocherait. M. Gourdin a évité ce dernier inconvénient par un moyen aussi simple qu’ingénieux.
- La bascule IJL,fig. 6, remplit cet objet; elle entre dans une rainure pratiquée dans le cylindre H,Jig. 5, et se meut autour d’une goupille fixée à ce cylindre au point L; au fond de la rainure est un ressort qui le tient toujours à fleur du cylindre depuis J à I. Lorsque la corde s’enroule et arrive en I, cette extrémité de la bascule s’abaisse par la pression de la corde et du poids qui y est suspendu : alors la dent J se dégage de la roue de champ M, qui tourne avec la sonnerie sans toucher au cylindre. Ce jeu a lieu toutes les fois que la sonnerie, par un trop grand développement, élève le poids moteur du mouvement à une trop grande hauteur et que la corde arrive au point I de la bascule IJL. C’est ce qui a lieu aussi' quand il est nécessaire de faire défiler la sonnerie pour la remettre d’accord avec les aiguilles du cadran ou à l’heure, et cela sans nuire en aucune manière à la marche du mouvement et sans que le poids puisse ni s’élever ni s’abaisser davantage; car si la corde, par son développement, venait à ne plus toucher le point I de la bascule, la sonnerie étant en mouvement remettrait aussitôt la roue de champ en prise avec le cylindre, par la dent J, et la quitterait lorsque la corde se serait appuyée de nouveau en I. Dans ce cas, le poids moteur serait presque toujours à son maximum de hauteur pendant tout le temps employé à remettre la sonnerie à l’heure.
- 2°. Sonnerie des heures et des demies sur deux timbres séparés.
- R, Jig. 7, est une bascule qui engage la levée h du marteau dans les chevilles de la roue N'; elle a son centre de mouvement autour d’une goupille k et est mise en jeu par la roue de compte f. Son extrémité supérieure est taillée en forme de mentonnetr, et son extrémité inférieure m s’appuie contre un des pivots de l’axe n, sur lequel est fixée la levée h. La roue de compte / porte douze chevilles destinées à faire frapper les douze demies sur le second timbre O, par l’intermédiaire des leviersp, t, du fil de laiton ^ et du marteau u. Quand une de ces chevilles s’avance sur le plan incliné du mentonnet r, la partie supérieure de la bascule s’écarte, et la partie inférieure m, en s’appuyant contre l’axe n, le déplace et engage la levée
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- h sur une des chevilles de la roue !Nf; un coup frappe, la cheville de la roue de compte f sé dégage en passant au delà du plan incliné du mentonnet r. Dans ce cas, la levée h se dégage aussi des chevilles de la roue Nr et reprend sa position primitive, ainsi que les bascules , par un ressort#, qui tend toujours à la repousser de gauche à droite.
- , 3°. Communication sans roues d’angle.'
- Cette communication se fait, dans l’horloge de M. Gourdin, aux cadrans B CD, par l’intermédiaire des leviers s S T, dont l’extrémité, s’engageant dans les dents des rochets loy, les fait tourner de la quantité voulue.
- V, timbre extérieur ou grand timbre sur lequel frappe le marteau des heures v. i
- X, volant. (D.)
- Wote sur un phénomène arrivé a Gajarine en Italiej en creusant un puits artésien (i).
- ! M. le comte di Porcia voulant faire percer à Gajarine des puits artésiens, et n’ayant point de sondeur dans le pays, fit venir les meilleurs traités publiés en français, en allemand, en anglais, sur la sonde du fontenier-sondeur et sur l’art de sonder. ' • . , '
- Après avoir étudié les divers traités, il fit faire sous ses yeux, à Gajarine, une grande sonde et tous ses instrumens; puis il essaya et étudia la manœuvre de la sonde, pour pouvoir former ensuite des sondeurs. Voici comment il s’exprime dans une lettre en date du 28 mai dernier:
- «Le phénomène très curieux, observé par moi, présente quelque analogie avec les puits de feu ou de gaz hydrogène des salines d’Ou-Tou-Kio , près de Kiating, en Chine, décrits par M. Héricarl de Thury, dans ses Considérations géologiques et physiques sur la cause du jaillissement des eaux des puits jorès. Il consiste dans le dégagement du gaz hydrogène sulfuré et peut-être carburé qui s’élève du fond d’un puits artésien que j’ai fait creuser dans la campagne de Gajarine près de Trevise, district de Conegliano, appartenant au prince di Porcia, gouverneur de Trieste.
- » La constante reproduction du phénomène me paraît mériter l’attention des savans; en voici un exposé sommaire :
- . » Au milieu de l’automne dernier, en septembre i832 , je commençai le percement d’un puits artésien; mais je fus obligé d’interrompre mon travail, de le changer de place et même de le recommencer trois fois, par
- (1) Cette note a été communiquée à la Société par M. le vicomte Héricart de Thury.
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- suite de divers accidens. Je fus encore obligé de changer et de modifier les instrumens que j’avais fait faire d’après les descriptions et les figures que j’avais trouvées dans divers traités de sondage en anglais, en allemand et en français. • ••
- «Enfin, un accident très grave vint encore augmenter mon embarras; les tuyaux de fonte que j’avais fait venir d’Allemagne s’écrasèrent et crevèrent lorsque je les descendis en terre.
- «Malgré les difficultés et en dépit de tous les obstacles, rien n’a pu me décourager; j’ai persévéré, j’ai continué mes travaux, je voulais en venir à mes fins, je voulais avoir de l’eau ; mais jugez ce que j’ai obtenu.
- » Le 28 mars dernier, j’ai remplacé les tuyaux de fer fondu par des tuyaux' en fer battu de 1 de longueur sur om,i6cde diamètre, s’em-
- boîtant les uns dans les autres avec une telle précision, que les coups les plus violens du mouton employé pour les enfoncer n’ont pu leur faire perdre leur direction verticale. Le placement de ces tuyaux a été très difficile, à cause d’un lit de gros galets qu’il a fallu traverser.
- » Enfin, au moyen de ces nouveaux tuyaux et des instrumens que j’ai fait faire en vingt jours, je suis parvenu, après avoir percé une faible couche de
- terre végétale, à traverser successivement unbanc de grosgravierde im,58c
- une couche d’argile de...................... . . ................ 5 ,06
- divers bancs de sable et gravier alternant ensemble , de.. ..... i3 ,5o
- Total. . . 20,rai4c
- »A cette profondeur de 20ra,i4c, je suis arrivé sur un lit de galets et de graviers très durs, très compactes, agglutinés ensemble par un ciment qui présentait la plus grande difficulté et la plus vive résistance à l’action des instrumens.
- «Après un travail forcé de trois jours sans relâche, pendant lequel on n’a cessé de battre et de piler ce banc qui avait om,3ic v
- d’épaisseur...................................................... . , o ,3i
- « La sonde est entrée dans une couche de sable argileux de r ,82 » 'Nos nouveaux tuyaux se trouvant d’1111 plus fort diamètre que
- nos instrumens, je n’ai pu les faire descendre plus bas; alors -j’ai été obligé de poursuivre un percement sans tuyaux, ayant cependant l’intention de les placer plus tard. Au reste, le sable argileux que je traversais était assez compacte pour sa hauteur.
- A reporter, . 22m,2yc
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- D'autre part. . . 22m,27c
- » Au dessus de ce sable, j’ai percé. . ........................ , ôm,73
- d’une grande masse d’argile, veinée de différentes couches d’argile sableuse.
- » Le 23 mai dernier, jetais arrivé à la profondeur de. . . . 28™.
- » Ce jour-là, en remontant l’instrument dit la spire (peut-être le tire-bois), à peu près à l’heure du coucher du soleil, lorsque la sonde fut à la hauteur de 23 mètres environ, conséquemment au dessus de la grande masse d’argile, j’entendis un bruit très extraordinaire et très violent dans les tuyaux, et au même moment, nous vîmes surgir à la surface de la terre et avec impétuosité un jet de boue liquide. Ce jet dura quelques minutes, puis tout se calma, tout rentra dans l’ordre. L’eau reprit son niveau ordinaire à quelques mètres au dessous du sol ; cependant le bruit ne cessa pas entièrement. Au reste, tout occupé des moyens d’obtenir de l’eau jaillissante, j’y fis alors peu d’attention.
- «Pendant la nuit, on poursuivit le percement, et toutes les fois que l’on remontait la spire, on entendait, lorsqu’elle arrivait à cette même hauteur de à 24 mètres au dessous du sol, recommencer ce même bruit avec plus ou moins de force. ^
- » Le 24 maL au point du jour, l’eau ayant baissé, je voulus essayer de reconnaître la nature de l’air qui s’échappait de ce puits foré et qui formait un courant assez vif. A cet effet, j’approchai une lumière de son ouverture. Aussitôt, le gaz s’embrasa avec violence en formant une flamme de plus de 2 mètres de hauteur sur le tuyau. Elle brûla avec ardeur pendant quelques minutes, puis s’éteignit peu à peu; le bruit cessa entièrement dans les tuyaux.
- » Mais le même jour, vers les midi, un jet d’eau et de sable et de boue liquide s’éleva tout d’un coup spontanément avec une force extraordinaire, à plus de 5 mètres de hauteur au dessus du terrain; puis ce jet s’affaiblit peu à peu et cessa même entièrement après quelques minutes.
- »On reconnut alors que le puits était obstrué de terre, de sable et de gravier, à la profondeur de 23 à 24 mètres ; on y descendit la sonde, on parvint, mais non pas sans peine, aie désobstruer. Les instrumens furent ensuite descendus presque au fond, et toutes les fois que je faisais remonter la sonde, son mouvement déterminait le même phénomène d’un jet d’eau boueuse de la profondeur de 23 à 24 mètres dans la partie supérieure de l’argile, avec dégagement de gaz hydrogène, dont l’inflammation produisait
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- les mêmes effets que j’ai décrits plus haut : à cet égard, j’ai remarqué que ce phénomène était plus prononcé ou plutôt d’autant mieux caractérisé que la sonde était descendue plus bas; ainsi la flamme s’élevait plus haut et la colonne d’eau ou de boue liquide était plus abondante et plus violente^ dans son surgissement, lorsque la sonde avait travaillé au fond du.puits.
- » Enfin, le 27 mai, ayant voulu faire voir à plusieurs de mes amis réunis à Gajarine, ce singulier phénomène, je fis descendre, le soir, la sonde au fond du puits, à 4fi mètres de profondeur; je la fis manœuvrer pendant quelque temps dans la masse d’argile, et lorsqu’on la retira il s’éleva tout d’un coup, à 10 mètres de hauteur, une flamme de 2 mètres de largeur, avec un mélange d’eau, d’argile, de sable et de gravier : c’était un spectacle curieux, des plus extraordinaires, et réellement effrayant. Ce cône de feu a duré, à cette hauteur, pendant plus d’un quart d’heure; mais le jet d’eau ou de boue ayant faibli, cette flamme s’est abaissée successivement à 2 mètres : elle a duré plus de deux heures à cette hauteur, avec un éclat des plus vifs et des plus brillans. »
- ARTS ÉCONOMIQUES.
- Rapport fait par M. Yallot, au nom du Comité des arts économiquesj sur un taille-plume perfectionné, a plusieurs becs , présenté pàr M. Pichonnier, fabricant de coutellerie, rue Saint-Martin, n° 10, a Paris.
- Messieurs, M. Pichonnier vous a présenté des taille-plumes à plusieurs becs, pour lesquels il a pris un brevet de perfectionnement, et des lames de canif à double et à triple tranchans de diverses formes, avec ou sans grattoir.
- Les taille-plumes n’ont rien de particulier, quant à leur mécanisme et aux moyens de s’en servir; ils sont du genre des taille-plumes ordinaires dits à bascule, et n’en diffèrent qu’en ce que les proportions de chaque pièce et la trempe des mâchoires les rendent beaucoup plus solides et tendent à faire disparaître l’inconvénient qu’on reproche aux taille-plumes de s’émousser promptement, inconvénient qui, malgré le bas prix auquel l’industrie est parvenue à les livrer au commerce, paraît être le seul obstacle à ce que l’usage 11e s’en soit pas plus généralement répandu.
- Le perfectionnement pour lequel le brevet a été pris consiste dans la dis-Trente-deuxieme année. Juin i833. 25
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- position de deux , trois et quatre becs à une seule ou à plusieurs bascules , dau6 le même manche, ce qui offre l’avantage de réunir, dans un instrument d’un très petit volume et très peu embarrassant, les différais taille plumes dont on pourrait avoir besoin lorsqu’on a à s’occuper de plusieurs génies d’éçriture, comme, par exemple, h française usuelle, la ronde, l’anglaise et celle qui se trace avec les plumes de corbeau ordinairement employées dans le dessin.
- Ce perfectionnement nous paraît loin d’être aussi remarquablequecelui de M. Weber^ qui mérita vos encouragemens en 187*9(1), et au moyen duquel on obtient, par une seule opération, la taille delà plume, sans recourir préalablement à l’action d’une lame de canif pour en dégorger le bec; cependant, la mise en action de plusieurs mâchoires par une seule bascule n’était pas sans présenter des difficultés dans l’exécution de l’instrument, à raison de la nécessité d’une correspondance parfaite pour que le jeu et les (onctions d’une mâchoire ne fussent pas dérangés par le jeu et les fonctions des autres. .
- Quoi qu’il en soit, le but principal de M. Pichonnier, en vous soumettant ses taille-plumes, a été d’en faire constater la solidité, ainsi que le soin apporté dans leur confection ; c’est aussi sur ces qualités que nous avons cru devoir porter notre examen. Les échantillons sur lesquels nous avons opéré ont été pris au hasard ; ils ont été soumis à des épreuves auxquelles ne résisteraient assurément pas la plupart des taille-plumes ordinaires. Des petits canaux de fer battu et même des ressorts de montre ont été coupés sans que les tranchans aient été altérés ou aient eu besoin de la moindre réparation pour tailler les plumes aussi nettement qu’auparavant.
- Les mâchoires se démontent et se remontent avec la plus grande facilité; elles ont résisté à l’action delà lime, qualité essentielle que n’ont point les taille-plumes ordinaires qui s’émoussent au bout de très peu de temps; leurs montures et leurs leviers sont très bien proportionnés pour pouvoir résister à ta pression, sans risquer d’ètre déformés.
- Toutes les expériences faites sur ces taille-plumes, dont quelques lins ont été brisés pour en reconnaître la qualité de la trempe, prouvent la bonté de ces instrumens : le fabricant les construit d’après les modèles fournis ou les indications données par les personnes à l’usage desquelles ils sont destinés; le prix est de 5 francs par bec.
- Quant aux lames de canif, dont M. Pichonnier vous a présenté jusqu’à
- (1) Y oyez Bulletin de la Société' d’Encouragement. Année 1829, p. 2.5 f\.
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- qn inze modèles différens, et dont lés unes ont jusqu’à six tranchnns, elles ont pour objet de pouvoir servir à plusieurs usages, et quoiqu’elles nous aient paru plus curieuses que réellement utiles, elles doivent cependant convenir à beaucoup de personnes ;car il est toujours fort commoded’avoir, au moyen d’une seule lame , tout ce qui est nécessaire pour gratter et effacer sur le papier ou la pierre, ainsi que pour tailler les plumes ou les crayons, soit pour récriture ordinaire , soit pour la lithographie. On ne petit, au surplus, que savoir gré à ce fabricant de cherchera satisfaire les amateurs de pareils inslrumeus et à donner une nouvelle preuve, par lès travaux auxquels il se livre, qu’il n’est aucune espèce de difficultés que i’mP dus!rie française ne sache surmonter.
- Votre Comité pense, Messieurs, que M. Pichonnier mérite l’intérêt de la Société pour la solidité et la précision des taille-plumes qu’il vous a présentés, et il a l’honneur de vous proposer de faire connaître les nouveaux instrumens présentés par ce fabricant par l’insertion dans votre Bulletin du présent rapport, dont il serait délivré cent cinquante exemplaires à M. Pichonnier.
- Approuvé en séance, le 26 juin 1833.
- Signé Vallot, rapporteur.
- Mémoire sur les Fourneaux fumivores $ par M. Lefroy, ingénieur
- en chef des mines.
- Depuis long-temps on s’est occupé des moyens de neutraliser la fumée qui s’exhale des fourneaux, notamment de ceux alimentés par de la houilîe grasse ou de la houille sèche brillant avec flamme allongée; mais jusqu’à ce moment les procédés employés,bien que la plupart très ingénieux étayant apporté de grandes améliorations, n’ont pas cependant atteint le but cherché, la suppression totale de la fumée.
- Cependant le nombre sans cesse croissant des usines, les préjudices notables que la fumée cause aux propriétaires des habitations voisines de ces établissemens, font vivement désirer que l’on puisse arriver à la solution complète de ce problème.
- Chargé, l’an passé, de faire construire un fourneau pour la dessiccation de cimens romains, opération tombée, depuis plus de vingt ans, dans le domaine public (1), et qui se réduit à soumettre la matière avariée à une forte
- (1) C’est à Londres, en
- i8i3,que fut établi le premier fourneau, tant-pour la dessiccation du
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- température fia chaleur rouge cerise faible), pour en dégager l’eau et le peu d’acide carbonique qu’elle a absorbés par suite d’une longue exposition dans un lieu humide, je résolus de profiter de la circonstance pour chercher s’il serait possible de prévenir le dégagement de la fumée.
- Pour parvenir à ces fins, deux voies se présentaient, l’absorption (i) ou la combustion de la fumée.
- L’absorption, en supposant meme qu’on pût en rendre le succès complet, laisserait toujours subsister la double perte de calorique que fait éprouver la production de la fumée, savoir : i° perte d’une portion du calorique existant, absorbée sans utilité par la fumée et les autres gaz combustibles qui l’accompagnent (a); 2° perte du calorique que développerait la combustion de ces produits (3).
- Par la combustion , au contraire, le problème serait résolu sous les deux points de vue de salubrité et d’économie publiques, puisqu’on remédierait aux inconvéniens qui résultent decetteatmosphère noire et épaisse qui enveloppe les usines, et qu’en outre la totalité de la houille employée aurait un effet utile (4).
- Entre ces deux moyens, je n’avais pas à hésiter ; le second (la combustion) devait être le seul objet de mes recherches.
- Ces recherches pouvaient être dirigées ou sur les foyers à alimentation continue, ou sur ceux à alimentation périodique ( à charges intermit-
- ciment-Parker avarié que pour la recuite de ce ciment, quand la pierre calcaire (chaux car-bonatée argileuse) servant à sa confection n’avait pas atteint le degré de chaleur convenable. Ce fourneau , qui, probablement, est toujours en activité, portait le nom dejurnace toproof ( four à titrer ).
- (1) Ce moyen, qui a déjà été employé, consiste à introduire de la vapeur d’eau dans la cheminée.
- (2) Les gaz combustibles qui accompagnent la fumée sont l’hydrogène, l’hyd ogène carboné et bi-carl oné.
- La fuinée n’est autre que des vapeurs bitumineuses , parsemées d’une multitude de molécules de carbone imprégnées de bitume et d'huile de naphte. Cette matière charbonneuse, autrement dite suie , provient de la décomposition d’une partie du bitume et des gaz hydrogènes carboné et bi-carboné.
- (3) A ces pelles , on doit aussi ajouter celle qui doit nécessairement résulter de cette croûte de suie qui, dans les carneaux supérieurs, ne t rde pas :i se former sur les parois extérieures de la chaudière , et dont l’effet est de paralyser, dans lesdits carneaux, l’action de la chaleur sur la chaudière.
- (4) De tous les corps combustibles qui s’exhalent «les founeaux , la fumée étant celui qui exige la plus haute température ( plus de 8oop ) pour se combiner avec l’oxigène , il s’ensuit que sa combustion doit entraîner avec elle celle de tous les autres.
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- tentes) (i). Mais le premier mode, qui consiste à projeter de la houille sur la grille, par petites quantités et à intervalles de deux à trois secondes; mode, au premier aperçu, si avantageux par la régularité de la combustion et par l’économie qu’il produit dans la consommation de la houille (de 20 à 25 pour 100), ayant présenté dans la pratique des inconvéniens qui ont bientôt fait renoncer à son usage ceux qui l’avaient adopté,je dus me renfermer dans l’étendue du deuxième mode, qui d’ailleurs, comme très facile à diriger, est le plus généralement suivi.
- Le résultat de mes recherches sur les moyens de rendre fumivores les foyers à alimentation périodique a été des plus heureux. Le fourneau que j’ai établi, soit dans le moment où l’on projète la houille sur la grille, soit quand on fourgonne le feu, ne laisse apercevoir aucune trace de fumée : et telle est l’efficacité des procédés employés, qu’en en suspendant par intermittence les effets, pendant les soixante à cent vingts premières secondes qui suivent la charge, on peut, jusqu’à dix à douze fois de suite, faire paraître ou disparaître la fumée.
- Enfin on ajoutera que, comme ce fourneau est une moufle très allongée, chauffée seulement à sa surface extérieure, et qu’en outre le combustible dont on se sert est celui qui développe le plus de fumée, savoir, de la houille grasse ou sèche à flamme allongée (2), il suit de là : i° que les procédés employés sont applicables à toute chaudière à vapeur; 20 que le problème de fumositése trouve résolu dans son acception la plus générale.
- Avant dé décrire ce fourneau, il est nécessaire de faire un exposé rapide des conditions à remplir pour que,sans dépense inutile d’air atmosphérique, un fourneau soit rendu fuinivore (3).
- A. Les produits de la distillation à laquelle est soumise la houille quand on la projète sur un brasier ardent, produits d’autant plus abondans que la charge a été plus forte et que la température du foyer est plus élevée, ne sont pas, à chacun des instans de la distillation, une quantité constante : à leur
- (1) O11 entend par charge d’un foyer l’action par laquelle on projète du combustible sur la grille de ce foyer.
- (2} Des fourneaux peuvent être fumivores, ou presque fumivores, quand on n’y brûle que du bois et même de la tourbe , et cependant produire une fumée très abondante lorsqu’on remplace ces combustibles par de la houille grasse ou maigre à flamme allongée.
- (3) Ainsi qu’on l’a déjà dit, ces produits sont de la fumée et des gaz hydrogène, hydrogène carboné et bi-carboné ; ils sont aussi accompagnés, surtout dans les premiers momens de la charge, d’une assez grande quantité d’oxide de carbone, lequel provient en partie d’acide carbonique déjà formé, qui, en traversant la houille récemment jetée sur le brasier incandescent, absorbe du carbone et se convertit en oxide de carbone.
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- plus haut période de grandeur , dans les premiers raomens de la charge, ils diminuent ensuite graduellement, et cessent enfin d’avoir lieu lorsque la houille est convertie en coke.
- La masse des matières à brûler n’étant pas la meme pour chacun des ins-tans du travail d’un foyer furnivore, et de plus toute partie surabondante d'air atmosphérique, excédant les besoins de la combustion, ne pouvant être que nuisible,'puisqu’ilen résulterait une absorption de calorique en pure perte, il suit de là que le volume d’air nécessaire à l'alimentation de la combustion ne doit pas non plus être une quantité constante, et qu’il doit au contraire être subordonné aux variations qu’éprouve la masse des produits de la distillation. ;
- Mais le volume d’air qui passe entre les barreaux d’une grille ne peut être augmenté ou diminué à volonté; force sera donc, au moment de la charge, de diriger, par des ouvertures ou tuyaux, une seconde colonne d’air froid ou chaud sur un des points du foyer ou du carneau inférieur, lesquels tuyaux ou ouvertures seront munis de registres pour augmenter ou diminuer, suL vaut les besoins, la force de cette colonne d’air, ou pour la supprimer quand son action sera devenue inutile. Cette dernière colonne d’air atmosphérique s’appellera colonne à action périodique ou intermittente, et la première, colonne à action continue (i).
- B. Le premier effet delà distillation estime déperdition de calorique, et
- par suite un refroidissement du fourneau ; ainsi il faut : ,
- i°. Que les charges soient régulières et égales, et que l’intermittence entre les charges ne soit pas très grande;
- 2°. Qu’au moment de la charge, la température du foyer soit assez élevée pour que la perte que lui font éprouver la distillation de la bouille et l’addition de la colonne d’air atmosphérique à action périodique ne la fasse pas tomber au dessous du degré nécessaire à la combustion de la fumée.
- C. Il est prouvé, par l’analyse des vapeurs et gaz qui s’échappent des cheminées des fourneaux, que, même quand il y a production de famée, la totalité de l’air atmosphérique n’est pas rendue effective, c’est à dire qu’une partie de cet air (souvent près d’un tiers) n’a pas été décomposée dans son passage par la chauffe; ce qui provient, ou de ce que la température du foyer n’est pas assez élevée, ou de ce qu’il n’y a. pas eu mélange immédiat
- (i) Il paraît que l’a cl mission d’un second courant d’air atmosphérique aurait déjà été essayée, mais sans succès. Comme son action était continue, et qu’en outre les antres conditions de fumosité n’ava'.ent pas été remplies, elle ne servait qu’à refroidir inutilement le fourneau.
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- entre lés molécules de l’air atmosphérique et celles des vapeurs et ga& com* bustibles, ou enfin de la réunion de l’une et l'autre cause. .
- D. Ce n’est pas à leur point de jonction que deux rivières mélangent leurs eaux. Comme si elles avaient des fils séparés, elles coulent souvent ensemble pendant plusieurs lieues, conservant toutes deux leur état primitif; Tutie, parfois claire et limpide « l’autre colorée par les matières qu’elle charrie: mais que leur cours soit entravé par un obstacle, soit un resserrement de lit, soient dés blocs de rocher, des piles de pont, etc., aussitôt il y a remous à ce point d’arrêt, et le mélange est opéré. Ce fait, si bien connu, ne semble-t-il pas conduire à cette induction, qu’une cause semblable doit produire le même effet sur des courans de gaz, ët que, si à l’une des extrémités du car-fieaü inférieur d'un fourneau, et toujours au delà du point où la colonne d'air atmosphérique à action intermittentefait sa jonction avec les vapeurs et gaz qui s'échappent du foyer, on pratique un resserrement , il y aura aussi là remous et par suite mélange immédiat de l’air atmosphérique avec la fumée ? Déplus, il résultera de ce resserrement un autre avantage non moins précieux, c’est qu’à ce point il y aura aussi augmentation de température.
- E. La hauteur des cheminées n’a pas une très grande influence sur le tirage des fourneaux; l’activité de la combustion dépend essentiellement du rapport entre la section du tuyau de cheminée et rétendue superficielle, on ne dira pas de la grille, l’expiession ne Serait pas vraie, mais de la somme des espaces libres laissés entre les barreaux de la grille, étendue qui est la base de la colonne d’air qui fournit l’oxigène nécessaire à.la combustion. Plus ce rapport approche de l’unité, plus même (toutefois jusqu’à une certaine limite qu’on déterminera dans un autre mémoire) il la surpasse, plus le tirage est grand. Eu preuve, on citera les fourneaux à vent dés laboratoires, etc., qui, acheminées parfois très courtes et à section de cheminée souvent plus que le double de celle de la colonne d’air atmosphérique qui alimente le foyer, ont cependant un tirage aussi fort que celui des fourneaux à grand courant d’air forcé ; et il doit en être ainsi, puisque, dans la supposition même d’une combustion complète, il est évident qu’à raison, et de la vapeur d’eau formée, et des effets (la dilatation ) de la haute élévation de température, le volume de l’air sortant doit être beaucoup plus grand que celui de l’air entrant.
- Ce rapport, qui autrefois était à peine d’un cinquième d’unité (0,20), peut aujourd’hui s’élever jusqu’à l’unité (i); mais, nonobstant celle âugmenta-
- (1) 11 est admis maintenant que la section dè la cheminée doit être le tiers de celle de la-superficie de la grille : or, en supposant, ce qui a éaremdnt lieu, que l'intervalle entre les bar-
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- tion, il paraîtrait que, Hans un grand nombre de cas, par suite de la perte de calorique résultant: de la distillation de la houille et de l’admission de la colonne d’air atmosphérique à action périodique, surtout si cet air étaitfroid, le foyer ne conserverait pas le degré de chaleur nécessaire pour opérer la combustion de la fiimée. - - r ^
- Les conditions de fumosité posées, passons à la description du fourneau: i°. La chauffe est placée en avant et sur le côté de la moufle, m;
- 2°. Le point de serrement, pouropérer le mélange immédiat de l’air atmosphérique avec la fumée, est pratiqué à l’entrée des carneaux inférieurs, au sortir du foyer; ainsi c’est l’ouverture par laquelle la flamme se rend sous la moufle qui est le point d’étranglement. >
- 5°. L’admission de la colonne d’air atmosphérique à action périodique se fait au moyen de trois ouvertures munies de registres, pratiquées sur les flancs et dans la partie supérieure de la chauffe, et les trois lames d’air viennent se croiser devant l’ouverture servant de passage à la flamme; ouverture qui, par suite de son resserrement, se trouve être le point du foyer où la température est la plus élevée (i).
- 4°. Le charbon de terre se jette sur la grille par une trémie pratiquée dans la partie supérieure de la chauffe. Cette opération se fait à couvert et, par là , il n’y a pas, dans le moment de la charge, introduction d’une nouvelle colonne d’air atmosphérique. L’appareil à ce destiné a, en outre, l’avantage de pouvoir rendre les charges égales, puisqu’il suffit pour cela de ne donner au vase dudit appareil que la capacité requise pour une charge.
- reaux fût le tiers de la grille , cela, comme on le voit, donnerait l’unité pour expression du rapport.
- (i) i°. On fera observer que, dans le placement tant de la chauffe en avant et sur le côté de la moufle que du serrement à l’entrée des carneaux inférieurs , on n’a eu d’autre but que de se ménager la faculté, d’une pari, de faire varier de grandeur, et sans pour cela être obligé de toucher au fourneau, la section du point de serrement et celle de chacune des deux colonnes d’air atmosphérique à action continue et intermittente, et d’autre part d’observer et suivre , à l’aide de petites ouvertures pratiquées à l’extrémité des carneaux, la marche de la flamme et de la fumée dans le pourtour extérieur de la moufle.
- 2°. Aux trois lames d’air, on pourrait en ajouter une quatrième, qui déboucherait d’une ouverture pratiquée dans la partie inférieure de la chauffe (entre la grille et le point de serrement ) : par ce moyen, la pyramide de flamme qui se rend sous la moufle serait complètement entourée par la colonne d’air atmosphérique. j-' f s
- 3°. On pense qu’il serait préférable que le point de serrement fût établi à l’extrémité des carneaux inferieurs , et que l’air atmosphérique à action intermittente fût dirigé sur ce point par de petits conduits qui, placés sur les côtés de ces carneaux pour éehauffer cet air, viendraient aboutir a droite et à gauche de la chauffe, et seraient aussi munis de registres.
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- 5°. Pour ne pas èlre obligé d’ouvrir la porte de la chauffe lorsque l’on fourgonne le feu , le tisonnier, destiné à cette opération, s’introduit par un petit trou pratiqué dans ladite porte.
- Les essais faits sur ce fourneau, en faisant varier, i° les quantité et qualité de houille (l’anthracite excepté) consommée, et le nombre de charges pendant la même période de temps ;
- a0. La somme des espaces libres laissés entre les barreaux de la grille, et la distance d’un barreau à l’autre; la grandeur de la grille et sa position relative; . r
- 3°. La grandeur de la section de chacune des colonnes d’air atmosphérique à action continue et intermittente;
- 4°. La grandeur de la section du point de serrement,
- Ont établi que :
- Sur une grille à 5 pouces en contre-bas du point de serrement, et ayant dune barre à Vautre un intervalle de [ o à \i lignes métriques,
- Avec une intermittence entre les charges de 5 à & minutes,
- La combustion complète d’une quantité n ( 16 kilogrammes) de houille peu grasse ou sèche à flamme allongée pouvait avoir lieu dans une heure, en donnant :
- Pouces carre's méiriques.
- A la section de la cheminée, de 12,25 n, a. , . 12 11
- A la section de laj colonne d’air atmosphérique à action continue, de|n, à..........«... 4 n
- A la section de la colonne d’air atmosphérique
- à action intermittente. ...................... . 2 n
- A la section du point de serrement.......... 2 n
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- 3a
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- On a aussi trouvé : (1)
- i°. Que, dans le moment de la charge, l’admission de la colonne d’air atmosphérique à action intermittente ne devait avoir lieu que pendant 60 à 90 secondes ( 1' à i'£), et que les registres, qui par leur ouverture donnent accès à cette colonne, devaient se refermer en trois temps, savoir : à moitié au
- ta.ui ... i ........ "" ' ,|X " ' "" - 11 ,, 1^.
- (1) i°. D’après ces données, la section de la cheminée est le double de la somme des sections des colonnes d’air atmosphérique à action continue et périodique.
- Si l’on trouvait la température du foyer trop élevée , on pourrait l’abaisser en diminuant lavaleur de ce rapport ; mais alors il y aurait moins de houille consommée dans la même période de temps.
- 2°. La section totale des carneaux inférieurs est de i5o pouces ( environ 9 n ) ; celle des
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- bout d’une demi-minute, aux deux tiers au bout d’une minute, et entièrement au bout d’une minuie et demie (i).
- 2°. Que, quand on fourgonnait le feu, il suffisait d’ouvrir les registres à moitié pendant une demi-minute environ.
- En plaçant un thermomètre à air comprimé dans la partie supérieure de la cheminée, il a été constaté que la température de l’air chaud qui s’en dégageait s’élevait, dans le inoment de la charge, de à 3o degrés centigrades (2).
- Au moyen de petits trous pratiqués dans la partie la plus éloignée de la chauffe et sur le prolongement des carneaux, il a été reconnu que, dans l'état normal du foyer (entre les charges), les carneaux-inférieurs étaient remplis, dans toute leur étendue, de flammes blanches et brillantes, et que la lame de flamme qui circulait dans les carneaux supérieurs était très rare et paraissait avoir peu d épaisseur.
- Pour compléter l’historique dè ce fourneau , il ne reste plus qu’à faire connaître ce qui se passe dans les carneaux, lorsqu’en suspendant parintermit-
- carneaux latéraux supérieurs, entre lesquels , au sortir des conduits inférieurs , se partage le courant d’air chaud, de 196 pouces (environ 12n).
- La grille a iq6 pouces ( environ 12 n) d’étendue superficielle.
- O11 a aussi jugé utile d’opérer un seeond serrement au point où les carneaux débouchent dans la cheminée. A ce point, la section de l’ouverture qui sert de passage à l’air chaud n’a plus que 80 pouces carrés ( 5 n )•. ...
- 3°. D’après de nouvelles expériences, et qu’on n’a pas eu le temps de terminer, on serait fondé à croire qu’une portion de la lame d’air fournie par l’ouverture pratiquée dans la partie supérieure de la chauffe n’aurait pas d’effet dans certaines circonstances, et qu’on pourrait la réduire à moitié dans le sens de sa largeur : cela diminuerait alors la grandeur de la section de la colonne d’air atmosphérique à action périodique.
- 4°. Sans changer la valeur numérique des sections ci-dessus, on pourrait, en multipliant le nombre des charges et en fourgonnant le feu plus souvent, parvenir jusqu’à doubler la consommation de la houille dans le même espace de temps, c’est à dire à brûler 3o kilogrammes de houille par heure ; mais attendu la grande élévation de température qui en résulterait, la grille s’obstruerait trop fréquemment, et en peu de temps l’intérieur du foyer serait dégradé.
- 5°. La houille grasse et très collante, contenant beaucoup moins d’hydrogène que n’en contient la houille sèche à longue flamme, est moins propre que cette dernière pour chauffer des chaudières ou mouflesallongées ; d'ailleurs, sa flamme étant trop courte et sa combustion trop intense , son emploi serait très préjudiciable à la conservation des grilles et des foyers.
- (r) La mohoeuvre du registre est indiquée à l’ouvrier exercé par la diminution du bruissement qui s’opère dans le tourbillonnement de la flamme el de la fumée.
- , (2) Entre les deux charges , la température moyenne est de a45’• ;
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- tence, dans les premiers momens de la charge , faction çle la colonne intermittente d’air atmosphérique, on fiait successivement paraître et dis~ paraître la fumée ; effets observés par celui dont l’œil se trouve placé à l’un des trous pratiqués à l’extrémité des carneaux inférieurs.
- . A peine les registres destinés à intercepter le passage de l’air atmosphérique sont-ils fermés, qu’un nuage épais, débouchant du point de serrement, s’avance vers l’observateur en semant l’obscurité sur son passage ; mais que les registres s’ouvrent de nouveau, à l’instant apparaît dans le lointain un .point lumineux d’où jaillissent des gerbes étincelantes qui, chassant les vapeurs devant elles, ont aussitôt rempli les carneaux.
- Ces phénomènes , que toutes les personnes qui ont vu le fourneau (i) ont été à même d’observer, prouvent que c’est bien au point de serrement que s’opère la combustion de la fumée.
- Enfin on ajoutera que, comme ce n’est que huit secondes après la suppression ou l’admission de la colonne d’air atmosphérique à action intermittente que la fumée paraît ou disparaît, et que l’étendue linéaire des carneaux et du tuyau de cheminée est d’environ i6m,u5, on doit en conclure que la vitesse moyenne de l’air chaud, dans les carneaux et la cheminée, est d’environ.
- 2 mètres par seconde.
- Les précautions à prendre pour conduire le travail d’un foyer fumivore sont les suivantes :
- i°. On ne doit procéder à une nouvelle charge que quand la flamme ne remplit plus toute la capacité de l’ouverture par laquelle elle se rend sous la moufle ; autrement il y aurait surabondance de combustible et production de quelque peu de fumée. C’est par un petit trou pratiqué dans lin des registres qui ferment les ouvertures latérales servant de passage à la colonne d’air atmosphérique à action périodique, que le chauffeur reconnaît s’il est temps de charger.
- 2°. Si l’épaisseur de la couche de houille qui recouvre la grille était au dessous de 4 à 5 pouces, c’est qu’on aurait laissé tomber le feu. Le cas échéant, il faudrait, par de petites charges successives, le ramener à son état normal.
- 3°. 11 convient que le fourgonnement du feu n’ait lieu que de 5 charges en
- 3 charges ; et attendu la grande distance d'un barreau à l'autre (io à 121), il
- doit se faire avec beaucoup de ménagement, pour que la houille ne tombe pas dans le cendrier. Quand cette opération est bien dirigée, le déchet du combustible est très minime (2), » ., ;
- - (1) Ce fourneau est établi quai delà Gare , n° 22, où il est employé à la dessiccation du
- ciment-Lacordaire, dit de Pouilly.
- (2) Quand on ne brûle que de la houille peu grasse ou sèche, il serait préférable que le
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- 4°. Quand on voit la houille s’âmonceler sur le devant de la chauffe , il faut, avant de charger, la repousser sur le derrière de la grille.
- ' 5°. Si on ne voulait employer que du poussier de houille, il serait indispensable ou que les charges eussent lieu par la porte du foyer et sur le devant de la grille, ou que l’on se servît d’une trémie disposée de manière à faire tomber le combustible sur le devant de la grille. Sans cela, partie de ce poussier pourrait être entraînée dans les carneaux inférieurs , ce qui alors donnerait lieu à quelques bouffées de fumée (i).-
- On a aussi fait quelques essais avecde latourbe de bonne qualité (compacte et non terreuse): bien qu’on n’y ait pas donné suite, on ne croit pas inutile d’en donner ici les principaux résultats et de-les comparer avec ceux obtenus par une consommation par heure d’une quantité rck (i6k) de houille.
- Avec une quantité de a,5 rek (4ok) de tourbe brûlée pendant le même temps.
- i°. On a obtenu une température plus élevée que celle produite par la houille.
- 2°. Pour brûler la fumée, il suffisait de donner à la colonne d’air atmosphérique à action périodique une section de ”° (8 pouces carrés), un quart de celle exigée pour la combustion de la fumée de houille. La durée d’action de cette colonne d’air ne devait pas être au maximum de plus de trente secondes (une demi-minute).
- 3°. Ce combustible, à raison de sa grande richesse en hydrogène, a donné une flamme longue et dense qui remplissait, dans toute leur étendue, les carneaux inférieurs et supérieurs, et même s’élevait dans la cheminée à plusieurs pieds de hauteur.
- Je ne terminerai pas ce Mémoire sans donner un témoignage public de ma gratitude à M. Hamelin, ancien fabricant, et maintenant inspecteur des travaux de l’établissement du ciment-Lacordaire ( vulgairement dit ciment de Pouilly). Ce savant praticien m’a secondé, avec un zèle et une obligeance sans exemple, dans la longue suite des expériences et essais que j’avais à faire pour amener à sa perfection le fourneau fumivore; c’est aussi lui qui a dirigé et
- fourgonnement n’eût lieu que pour briser les mottes de houille ; et que, pour décrasser la grille et l’empêcher de s’obstruer, on se servît d’un crochet de fer que l’on promènerait, du côté du cendrier, entre les barreaux de la grille : ce crochet serait adapté à une tige de fer. On a fait plusieurs fois l’essai de ce moyen sous mes yeux; il a parfaitement réussi : la combustion était active, régulière, et le déchet presque nul.
- (î) On pourrait, sans changer les dispositions delà trémie , mouiller le poussier de houille; mais alors il y aurait perte de calorique occasionée par la vaporisation de l’eau de mouillage.
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- surveillé les travaux de construction ; enfin c’est à lui qu’est due partie des observations pratiques consignées dans ce Mémoire.
- Observations.
- On aurait bien désiré présenter, à la suite de ce Mémoire, des données positives sur l’économie de combustible qu’on doit obtenir dans un fourneau brûlant complètement sa fumée : malheureusement, les principaux éléinens manquaient, puisque le procédé n’a pas encore été appliqué à une chaudière à vapeur, qui seule peut donner d’une manière rigoureuse la mesure de l’effet utile produit. Mais, à défaut de faits basés sur l’expérience, on cherchera, par des aperçus théoriques , à arriver à la solution de la question.
- A cet effet, et pour donner plus de précision aux calculs, on ne considérera que la perte de calorique résultant de la non-combustion de la plus grande partie des produits volatils de la houille; on en déterminera la valeur et on la comparera avec celle du calorique développé par le coke et une très petite partie des produits volatils de la houille.
- a i°. Les premiers effets de la distillation sont une production de bitume, d’huile de naphte, de gaz oléfiant et de gaz hydrogène carboné; mais, attendu la haute température du foyer, il doit y avoir presque aussitôt décomposition de partie de chacun de ces produits et par suite mise à nu d’une grande quantité de molécules de carbone, et formation de gaz hydrogène.
- 2°. Une faible portion du gaz hydrogène est brûlée; quant au carbone, comme il est très réfractaire à la combustion, la totalité est entraînée par le courant et forme un des élémens de la fumée proprement dite.
- 5°. Le rapport du carbone à l’hydrogène est :
- Dans le gaz hydrogène carboné............... : : 3 : i
- Dans le gaz oléfiant. ..................... : : 6 : i
- Dans l’huile de naphte......................:: 87,60 : 12,78
- Dans le bitume.............................. > 87,60 : 12,78
- Par conséquent, on peut, et c’est un minimum, porter à quatre fois le poids de l’hydrogène la quantité de carbone enlevée à la houille par les différens produits résultant de la distillation.
- b. Les houilles grasses ou sèches à flamme allongée, les moins riches en hydrogène et les moins chargées de matières terreuses, contiennent sur 100 parties :
- Carbone......................80
- Hydrogène..................... 4 (J)
- (1) Certaines houilles contiennent de 15 à 20 pour ioo de gaz hydrogène.
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- En prenant ces houilles pour base des calculs, on aura, <1 après l'article précédent (a), 16 parties de car bone enlevées à la houille par l’hydrogène, ce qui donnera les proportions suivantes:
- Coke. . , * . , , . carbone. , » 64
- Produit delà distillation^arJ)OU®* * * l$
- ( hydrogéné. 4
- c. Dans les foyers non fumivores, i! n’y a qu’une très petite portion du gaz hydrogène qui soit brûlée : en estimant cette quantité à un quart de l'hydrogène contenu dans les 100 parties de houille, ce qui est un maximum d'évaluation, on aura:
- Pour
- matières brûlées. (JVI) (^ar^on®* * * ^4
- 1 hydrogéné. .1
- Pour matières échappant à la l carbone. . . 16
- combustion. . (N) ( hydrogène. , 3 ’
- d. La combustion d’une partie de gaz hydrogène développe, environ, autant de calorique que celle de 4 parties de carbone : donc, sous le rapport du calorique produit, une partie de gaz hydrogène peut être représente^ par 4 parties de carbone.
- Ainsi, en faisant, dans les expressions (M) et (N), la substitution indiquée, et en appelant q la quantité de calorique développée par la combustion de l’unité de carbone, on aura pour une consommation de 100 parties de houille dans un fourneau non fumivore:
- Calorique produit.........( 6| -f i X ^) . J = 68y ;
- Calorique perdu. . ... .(16 + 3 X /j ). j = 28 q
- Ce qui donne, en perte, environ 28 pour 100 de la quantité de calorique que serait susceptible de développer cette bouille. Mais, dans cet aperçu, on a négligé les autres pertes de calorique occasionées par la production de la fumée; on n’a pas non plus tenu compte du déchet provenant des parcelles de coke qui tombent dans le Cendrier, déchet qui souvent s’élève au dixième de la houille employée : il résulte donc delà que M. de Baude, membre de la Chambre des députés, nes’estpas trompé, ainsi que l’ont prétendu certaines personnes , en annonçant dans sa lettre adressée à M. le Ministre de la marine, en date du 14 décembre i83a, qu’il était porté à croire que, dans le fourneau fumivore établi à la Gare, Véconomie de combustible obtenue approchait du tiers de la quantité nécessaire pour obtenir le même effet dans un fourneau ordinaire ; car l’opinion émise par ce savant se trouve ici confirmée par la théorie.
- Nota. Ce fourneau a moufle pourrait être employé avec le plus grand avantage dans un grand nombre d’arts, tels que la boulangerie, ta fabrication du noir animal, etc. Déjà même on l’a employé, et avec succès, h la cuite du plâtre, de briques de grandes dimensions, de vases d’argile, etc. Toutefois, on pense
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- que,pour ces dernières opérations [la cuite du plaire, des briquesy etc.), il serait plus économique que la flamme, après avoir circulé dans les carneaux inférieurs, traversât ensuite, dans toute son étendue, f intérieur de la moufle, et de là se rendît dans la cheminée.
- Explication des figures des Pl. 5 45,546 et 547» représentant le fourneau
- jumivore de M. Lefroy.
- PL 545. Élévations. plan et coupes du fourneau pour la revivification du ciment de Pouilly.
- PL 546. Plans de la moufle.
- Fig. 1, Pl. 545. Coupe transversale du fourneau sur la ligne 1,1 de la fig. 2, Pl. 546, et passant par l’un des tuyaux de sûreté.
- Fig. 2, Pl. 546. Plan du fourneau au niveau du sol fig. 1, PL 54^.
- Fig. 5. Plan pris à la hauteur 5,5 , au niveau des carneaux inférieurs, des conduits de la flamme.
- Fig. 4- Plan à la hauteur 4,4» au niveau de la sole de la capacité intérieure de la moufle.
- Fig. 5. Plan pris à la hauteur 5,5, au niveau de l’extrados du sommet de la voûte qui termine la capacité intérieure de la moufle, et passant par les carneaux supérieurs.
- Fig. 6, PL 545. Plan pris à la hauteur 6,6, au niveau de la partie supérieure du fourneau.
- Fig. 7. Coupe longitudinale du fourneau sur la ligne 7,7 {fig. 2, PL 546, et 6, PL 545), passant par l’ouverture servant à jeter le ciment sur la sole de la moufle.
- Fig. 8. Coupe longitudinale sur la ligne 8,8 {fig. 4, PL 546), passant par le milieu des carneaux latéraux.
- Fig. 9. Coupe transversale sur la ligne 9,9 {fig- 6), passant par l’axe de la cheminée.
- Fig. 10. Élévation antérieure du fourneau sûrla ligne 10,10 {fig. 2, PL 546), du côté de l’ouverture par laquelle on jette dans la moufle le ciment à revivifier.
- Fig. 11. Élévation latérale sur la ligne 11,1 1 ( fig. 6), du côté de la chauffe.
- AA\,fig. 1 , 2, 7, 10, 11, Ouvertures longitudinales et transversales pratiquées dans le massif pour l’assèchement du fourneau.
- a, fig. 3, Ouverture par laquelle la flamme, au sortir de la chauffe, s’en"a»e sous la moufle.
- D n
- h, fig. 3, Pile de pont servant à briser le jet de flamme pour qu’elle se répande plus uniformément sous la moufle.
- c, c\ cf fig. 1, 3, 7, Carneaux inférieurs , situés sous la moufle.
- df d, fig. 3, 4 6» Carneaux verticaux servant à introduire dans les carneaux latéraux ce, fig. 1, 4? 8 (ceux situés sur les flancs de la moufle), une portion delà flamme qui a parcouru les carneaux inférieurs c>c7 fig. r, 3 et 7.
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- f, f, fig- 41 5, Carneaux verticaux par lesquels la plus grande partie de la flamme se rend des carneaux inférieurs dans les carneaux supérieurs g, g, rA7. .
- h, h, fig. 5, Soupiraux par lesquels la flamme qui a circulé dans les carneaux latéraux se réunit à celle qui a parcouru les carneaux supérieurs, pour se rendre ensuite dans la cheminée par les carneaux verticaux m> m}Jig, 5, g.
- iy i, iyfig- 45 Registres servant à régulariser le passage de la flamme dans chacun des carneaux inférieurs. Les soupiraux h, h, fig.5, peuvent aussi être armés de registres, pour diminuer ou intercepter le passage de la flamme dans les carneaux latéraux. ' .
- I, fig- 7, g, 10, 11, Base de la cheminée; elle est en briques et munie d’un registre k servant à régler le tirage du feu.
- n, fig. 7, 9, 10, 11, Cheminée , tuyau de cuivre ou de tôle forte , de 6nî 6d de hauteur, et surmonté d’un chapeau de cuivre ou de tôle.
- of fig. 1, 7, Intérieur de la moufle , ou capacité intérieure du fourneau.
- Pi fig- 1,4> 7» h«a sole sur laquelle on étend la matière à revivifier; elle est formée par de grands carreaux de terre à gazette, et supportéey fig- r, 5, par des languettes de briques <7, qy q et par l’épaulement r, fig. 1, ménagé sur les deux longs côtés du fourneau.
- s y fig. 1, 4i 7? Ouverture par laquelle on charge la moufle; cette ouverture sert aussi pour la décharge : elle est fermée par une porte z en tôle forte, ainsi qu’on le voit fig. 10.
- t}fig. 5, Languette de briques; elle a pour but de donner plus de solidité à la voûte qui termine la partie supérieure de la moufle.
- uy u, fig. 1,6, 7, Tuyaux de sûreté, armés chacun, dans leur partie supérieure, d’une soupape. Ces tuyaux , établis pour le dégagement de la vapeur d’eau qui s’échappe du ciment, servent rarement, attendu que la vapeur s’écoule par la porte de charge, qui ne ferme pas hermétiquement.
- Vy Vy v’v’y v"y v"\ fig. 5, 5, Ouvertures pratiquées sur le prolongement des carneaux et servant à nettoyer ces mêmes carneaux; ils sont fermés par des carreaux de terre à gazette, et dans le milieu desquels on a ménagé un œil d’un pouce de diamètre, pour voir si la flamme est également répandue dans les carneaux situés symétriquement (les inférieurs, les latéraux et les supérieurs) , et pour examiner ce qui se passe dans ces conduits, quand il y a suppression ou production de fumée. Ces petits trous sont bouchés par des tampons d’argile.
- Ce fourneau, comme on le voit, est armé de fer pour consolider la maçonnerie.
- Pl. 547. Détails de la chauffe ou du fourneau proprement dit.
- Fig. 2. Coupe de la chauffe sur la ligne i, i y fig. 4, passant par le milieu de
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- la grille et de l’ouverture par laquelle la flamme s’introduit sous la moufle.
- Fig. 2. Plan de la chauffe au niveau du sol 2,2,y?g. 1.
- Fig. 3. Plan à la hauteur 5,3,fig. 1, au niveau supérieur des ouvertures pratiquées dans les murs latéraux de la chauffe pour l’introduction des deux barres de fer transversales qui servent de support à la grille.
- : Fig. 4. Plan à la hauteur 4,4,fig. 1, au niveau de l’ouverture servant de passage à la flamme.
- Fig. 5. Plan de la partie supérieure de la chauffe, pris au niveau 5,5, fig. 1.
- Fig. 6. Coupe de la chauffe sur la ligne 6,6, fig. 3, passant aussi par le milieu de la grille, mais perpendiculairement à la coupe, fig. 1.
- Fig. 7. Elévation de la chauffe sur la ligne rj.rj,fig. 2, vue de face.
- Fig. 8. Élévation latérale de la chauffe sur la ligne 8, 8, fig. 5.
- A, Ouverture du cendrier,/?^. 1,7.
- B, Cendrier -,fig. r , 2 , 6. ,
- C, Intérieur de la chauffe, fig. 1, 3, 4» 6.
- D, Ouverture pour nettoyer la grille du foyer, fig. 1 , 4*
- Cette ouverture est fermée par une portière E, fig. 9 (châssis de fonte dont l’intérieur est garni d’un carreau ou briques de terre à gazette), à coulisse, et portant, aux deux tiers de sa hauteur, un petit trou F, de 2 pouces, fig. 7 et 9, pour fourgonner la houille : ce trou se ferme par un bouchon d’argile. La portière est adaptée à l’extrémité d’une chaîne G, fig. 7, roulant sur deux poulies fixes, et maintenue en équilibre par un contre-poids R attaché à son autre extrémité : c’est en tirant ce contre-poids qu’on élève la portière.
- I, I, fig. 1, 4, Coulisses ou feuillures dans lesquelles glisse la portière.
- a, fig. 1,4, 6, Passage de la flamme.
- b, b, fig. 1,6, Grille de fonte à 5 pouces métriques en contre-bas du passage de la flamme : elle est supportée par deux barres transversales c, c.
- jjjyfig. 3, Ouvertures pour l’introduction de deux traverses de fer servant de supports à la grille.
- d, d, fig. 1, 6, Ouverture ou trémie servant à jeter le combustible sur la grille de la chauffe.
- Fig. i,5,6, 7, 8, 10, 11. flan et coupe de l’appareil par le moyen duquel la charge delà chauffe s’opère à feu couvert : il se compose des pièces suivantes :
- i°. D’un châssis c, f, fig. 5 , 10 et 11 , de fer forgé ou de fonte, divisé en deux compartimens g, h; le premier g, rempli dans son intérieur par des briques ou un grand carreau de terre à gazette; le second h, recouvert par une plaque de tôle, évidée dans son milieu f pour recevoir un cylindre de forte tôle i,yzg.6,7,8, fermé dans sa partie supérieure par un couvercle A, et dans sa partie inférieure par un registre à coulisse n, fig. 10,
- Trente-deuxième année. Juin 1853. 27
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- également en tôle, et dont la tète est fixée par deux pattes my m dans le fer de ceinture o o, fîg. 8, qui couronne la chauffe; ledit châssis armé en outre d’une tige de ferp,Jîg~ 5,6, 7, 10, 11, terminée par une poignée <7, fîg. 5.
- 2°. D’une tringle de fer rr,fig. 5, terminée par des pattes fixées avec des vis dans le même fer de ceinture 00, et liée audit châssis par deux conduits ou pitons à œil, et dont l’effet est de guider l'appareil dans son mouvement de translation.
- Entre les charges, le compartiment h du châssis sert de fermeture à la trémie, comme on le so\\fig. 5.
- Quand on veut charger, on lève le couvercle k, on jette la houille dans le cylindre i9 qui se trouve alors fermé dans sa partie inférieure par le registre, et on remet le couvercle eu place. Cela fait, l’ouvrier saisit la poignée q et la pousse jusqu’à ce que la partie antérieure e, e, Jîg. 5 de l’appareil, soit arrivée en /, t, où elle se trouve arrêtée par deux points fixes. Par suite de ce mouvement de translation, le second compartiment h se trouve occuper la place que le premier g occupait, c’est à dire que le cylindre i repose sur la trémie d,fig. 6 et 10; mais comme le registre nn n’a pu participer à ce mouvement, puisqu’il est fixe, il s’est ouvert naturellement, et la houille, qui n’était plus retenue, est tombée sur la grille.
- La charge ainsi opérée, l’ouvrier ramène l’appareil dans sa position primitive, et le registre se referme de lui-même.
- Les coulisses vyv,fig. 11, dans lesquelles glisse le registre, peuvent se pratiquer par la pose, entre le châssis du deuxième compartiment et la feuille de tôle qui le recouvre, de trois petites tringles de fer x, x, x. (Voyez les fig. 10 et 11.)
- a',a',a’, fîg. 1 et 4, Ouvertures ménagées dans la partie supérieure et sur les flancs de la chauffe, et dont l’effet est de diriger, soit au moment où 'la houille est projetée sur la grille, soit quand on fourgonne le feu, des lames d’air sur le jet ou la pyramide de flamme qui s’introduit sous la moufle.
- b\ b\ b'Jig. i,5,8,Registres de tôle forte destinés, soit à intercepter, par leur fermeture, le passage des lames d’air, soit à introduire, par leur plus ou moins grande ouverture, la quantité d’air nécessaire, quantité dépendant de la grandeur de la charge, delà nature du combustible (bois, tourbe ou houille), du temps qui s’est écoulé depuis le premier instant de la charge, etc. La base de cette colonne d’air varie depuis 4 jusqu’à 32 pouces carrés.
- L’appareil pour faire manœuvrer simultanément ces trois registres, manœuvre dans laquelle gît principalement l’action fumivore.de la chauffe, se compose de deux équerres doubles (chacune de deux branches) : la première c,c'y c'y Jîg, 5 etfl, en fer plat, embrassant verticalement la chauffe, et
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- à laquelle les trois registres b', V, U,fîg- i, 5 et 8(t), sont solidement attachés par des vis à tète fraisée; la seconde équerre, </, cl', dr 3 fig. 5 et 8, embrassant horizontalement la chauffe, fixée à la première équer re en e\er par des clouS à tète fraisée , à branches en fer rond , glissant dans les yeux des pitons/',f\ vissés dans des écrous scellés dans la maçonnerie, et portant dans son milieu une tige de fer g\ avec poignée, pour faire manœuvrer l’appareil (ouvrir ou fermer les registres) : ledit assemblage d équerres consolidé de chaque côté de la chauffe, fig. 8 , par un double lien en fer h!, h\ dont les extrémités, à pattes, sont fixées en y', f par des vis aussi à tête fraisée, pour pouvoir démonter l’appareil à volonté.
- i, iyfig. 5, Petite équerre double, graduée sur le côté des deux branches ou sur une seule, et à pattes scellées dans la maçonnerie ou fixées à vis dans un des feés de ceinture du fourneau : elle sert de guide au chauffeur, puisque donuant le degré d’ouverture des registres, elle lui fait connaître la grandeur de la base de la colonne d’air dirigée sur la pyramide de la flamme, 1,2/ï de pouce carré par ligne d’ouverture des registres.
- On fera observer i° que, si les deux appareils que l’on vient de décrire étaient adaptés à des chauffes de grande dimension, il serait nécessaire qu’ils fussent armés de poulies fixes pour remire plus doux leur mouvement de translation ; 20 que , quand on n’emploie que le même combustible et que les charges sont constantes, on pourrait rendre simultané le mouvement des deux manèges par un arbre vertical à tourillons tournant dans des crapaudines fixes, situé sur le devant de la chauffe, entre les fers de ceinture et le plan qui passerait par les coulisses dans lesquelles glisse la portière : ledit arbre, armé dans sa partie supérieure au niveau de la base du premier appareil, d’un mentonnet horizontal, auquel une came adaptée au châssis pourrait imprimer un mouvement de rotation, et, dans sa partie inférieure, un peu au dessus de l’équerre horizontale du deuxième manège 3 d’une came horizontale, laquelle, par son action sur un mentonnet vertical fixé au milieu decette deuxième équerre, pourrait mettre en mouvement le deuxième manège (le repousser). Au moyen de cette disposition , la force appliquée au premier manège, pour opérer la charge de la chauffe, ferait en même temps ouvrir les registres.
- (1) Chacun dés registres sur les flancs porte un pe it œil, à l’effet d’observer le passage de la flamme sous la moufle, vu qu’on ne doit jeter du. charbon sur la grille que quand la flamme ne remplit pas entièrement l’ouverture qui lui sert dé passage ; àun de ces yeux sè voit, fig. 8, entre b' et é. /
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- ENSEIGNEMENT • INDE STRIEE.
- Rapport fait parM. Payen, au nom dune Commission spéciale,
- , sur VEcole centrale des arts et manufactures, établie h Paris
- sous la direction de M. Layallëe.
- L’éducation spéciale, qui a pour objet de former des hommes capables dans les divers ordres de travaux scientifiques et industriels, est encore loin d’avoir reçu en France les développemens utiles pour la mettre en harmonie avec les progrès actuels de la société.
- Aujourd’hui, comme au moyen âge, l’éducation spéciale ne comprend guère que des professions savantes : les quatre ou cinq écoles professionnelles qui existent sous le régime universitaire sont destinées à former des médecins, des avocats, des professeurs et des ministres des cultes. Nous ne parlons pas des écoles consacrées exclusivement à fournir des sujets à l’Etal pour l’exécution des travaux publics et pour la défense du territoire.
- Les applications à l’industrie manufacturière étaient'donc restées, jusqu’à ces derniers temps, à peu près en dehors de l’enseignement public, en sorte que tout individu qui voulait se livrer à l’une d’elles, obligé de se refaire à la hâte une nouvelle éducation , était abandonné à ses propres inspirations, à ses efforts personnels : de là, le désordre dans l’industrie; la routine des uns, les inventions extravagantes des autres, de rares succès trop largement compensés par d’innombrables catastrophes, et en général l’absence d’un lien rationnel entre la pratique et la théorie.
- Une institution particulière s’est élevée avec le concours d’hommes éclairés, pour essayer de satisfaire à ce besoin impérieux de l’état avancé de notre civilisation; elle est fondée sur cette idée féconde, qu’au point où se trouvent actuellement les connaissances humaines, l’industrie doit être, sous le rapport technologique, une déduction de la science, une application directe de ses données à la production matérielle et non pas une simple collection de procédés routiniers plus ou moins confirmés par l’expérience. Ses fondateurs se sont donc proposé la mission importante de mettre les pratiques industrielles à la hauteur des théories scientifiques ; d’organiser en quelque sorte l’industrie au moyen de l’éducation.
- L’Ecole centrale des arts et manufactures, créée en 1828, accomplira dignement la tâche difficile qu’elle a entreprise : déjà des ingénieurs civils, formés par elle, ont, dès leur début, montré ce dont ils étaient capables. L’Ecole centrale commence à répandre dans la société ces hommes instruits, dont les lumières épargneront aux manufacturiers les fautes qui ont amené
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- si souvent la ruine des établissemens et inspireront aux capitalistes la confiance nécessaire pour assurer leur persévérance ; hommes de travail, d’ailleurs, et par cela même, bons citoyens, s’intéressant à la paix et à la tranquillité du pays, parce que ces conditions sont indispensables pour utiliser leurs talens.
- On ne nous supposera pas la pensée de méconnaître l’utilité des établissemens d’enseignement industriel qui existaient avant l’Ecole centrale des arts et manufactures : ainsi nous nous plaisons à le reconnaître, les Ecoles spéciales de Châlons et d’Angers ont rendu et rendent encore de grands services; mais l’instruction y est dirigée de manière à former des contremaîtres et des ouvriers plutôt encore que des chefs de manufactures et des directeurs de constructions; la science y occupe peu de place, et les élèves étudient plus particulièrement les travaux manuels, dans lesquels ils finissent souvent par acquérir une grande habileté.
- Les Écoles de Châlons et d’Angers et l’École centrale satisfont à deux par-tiesdistinctes,mais égalementimportantes de l’éducation industrielle. Ainsi,les premières forment l’éducation des hommes qui se destinent à la partie matérielle des travaux de l’industrie; tandis que l’École centrale assure l’instruction de ceux qui veulent en étudier la partie scientifique. Les unes fournissent à nos usines d’habiles ouvriers; celle-ci forme des ingénieurs, des directeurs et des chefs instruits.
- Le but que l’Écoîe des arts et manufactures s’est proposé d’atteindre est, comme nous l’avons dit, de mettre les pratiques industrielles à la hauteur des théories scientifiques: en effet, il n’y a plus aujourd’hui de progrès cons-tans qui soient possibles dans l’industrie manufacturière sans cette condition ; il faut à la fois que l’industriel devienne plus savant et le savant plus industriel. Le système de l’École est, à cet effet, établi sur une échelle large, qui permet de descendre de la théorie à la pratique, efc réciproquement : chaque pas que l’élève fait dans la science lui en découvre immédiatement une nouvelle application ; toute application nouvelle lui est clairement expliquée.
- L’enseignement de l’École comprend des cours, des interrogations journalières, des travaux graphiques, des manipulations de chimie, de physique et de constructions, et, en général, tous les exercices pratiques qui peuvent compléter l’instruction manufacturière. Les cours sont bien harmonisés; ils se complètent, s’éclairent les uns par les autres, ou plutôt ils n’en forment qu’un , ayant pour but la science industrielle.
- Les études durent trois ans ; la première année renferme les études générales également obligatoires pour tous les élèves : ce sont : i°la géométrie
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- descriptive, indispensable au chef de ces usines, où les moteurs, les mécanismes, les fourneaux, doivent avoir une forme , des dimensions et une place clélerminces. où mille épures sont nécessaires pour le moulage, la préparation et la taille des matériaux, pour la pose des machines et des métiers; 2° la mécanique, qui démontre les lois auxquelles doit satisfaire une machine pour que son usage soit le meilleur et le plus économique possible; 5* la physique générale, qui explique les phénomènes du monde matériel, science des plus fécondes, quanta ses applications, dans tous les arts industriels, qui peut les perfectionner tous et dont le cours professé; à 1 École centrale forme en réalité une science nouvelle; 4° enfin \ îi chimie, dont les procédés, chaque jour plus exacts, pénètrent dé plus en plus avant dans la pratique et dont les manufacturiers sentent aujourd’hui mieux que jamais l’impérieuse nécessité.
- Pendant cette espèce d’éducation générale qui dure une année, et qui sert déjà de première initiation à la science industrielle, chaque élève a pu examiner la vocation qui convient le mieux à ses goûts, à sa capacité ou à sa position sociale; consulter ses parens en leur donnant les bases d’une décision aussi importante..
- Chacun d eux déclare en conséquence, au commencement de la seconde année, la spécialité à laquelle il se destine.
- Les connaissances particulières qu’exigent les destinations différentes nécessitent alors la ramification de l’éducatipn générale en plusieurs branches d’éducations spéciales, toutes relatives aux divers genres de professions industrielles. -
- L’école se divise ainsi en groupes : tous les cours sont encore suivis par tous les élèves; mais les dessins et les manipulations se partagent en deux séries, l’une générale et l’autre spéciale.
- Tous les élèves exécutent les manipulations générales et les dessins généraux; chacun, dans sa spécialité, s’occupe des antres: c’est ainsi que l’on est parvenu à combiner les études générales nécessaires à tous, avec les études indispensables à chaque élève dans sa direction particulière.
- L’éducation a été divisée en cinq sections qui embrassent toutes les parties de notre système industriel :
- : ire Section. — Constructions des machines , arts mécaniques.
- 2e Section. — Constructions, arts physiques. ( Travaux publics, architecture civile et industrielle ; chaujfage, éclairage, salubrité des villes et des grands établissent ens.) • . ! . ,
- 3* Section. -—Chimie minérale. ( Poterie_, porcelaine, verreries, minium,
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- acide sulfurique3 acide hydro-chiotique, soude, sulfates, chlore et chlorure de chaux j salpêtre , etc., etc., etc.)
- 4e Section. — Chimie organique, arts agricoles.(Teintures, couleurs 3 vernis , vinaigres, acétates, cèruse 3 sucre de canne et de betterave ,* amidon , fécule, toiles peintes et papiers peints , alcool, huiles graisses, cire, savons, tannerie3 charbon animal, bleu de P russe, gélatine 3 etc , etc.),
- 5e Section. — Exploitation des mines, métallurgie.
- Ce court aperça du système d’enseignement suivi à l’Ecole centrale des arts et manufactures indique suffisamment que les sciences n’y ont été considérées que sous le rapport de leur utilité industrielle. Des colleciions'de toute espèce se rapportent à la chimie, à la géologie et à la minéralogie ; un très beau cabinet de physique appliquée , une organisation complète de laboratoire, des ateliers pour l’exéeulion des modèles de construction,- enfin un porte-feuille, bien garni, de dessins de tout genre, la plupart inédits et dus aux professeurs de l’école, contribuent d’une manière efficace à préparer les élèves aux détails et aux difficultés de l’application. Ces dessins d’épures, ces travaux de laboratoire, ces montages d'appareils physiques, ces constructions de modèles forment en effet un véritable cours de pratique industrielle, qui donne à l’élève de l’entente et de l habitude, et l’aide plus tard à surmonter les difficultés qu’on rencontre à chaque pas quand on se trouve chargé, pour la première fois, d’une opération manufacturière importante.
- Ce nouveau mode cl’éducation exigeait de la part des professeurs une capacité toute particulière ; il ne suffit pas en effet, pour enseigner la science sous son point de vue d’utilité pratique, que les études du professeur soient complètes relativement aux théories qu’il doit exposer ; il faut encore qu’il ait été familiarisé avec leurs applications, qu’il les connaisse toutes : ce n’est qu’en possédant la science à ce point de vue d’ensemble et de spécialité, qu’il peut remplir convenablement les fonctions dont il est chargé.
- Les professeurs de l’École centrale satisfont à ces conditions importantes: pour vous en convaincre, il suffit de rappeler que ce sont M. Dumas, membre de l’Institut, auteur d’un excellent Traité de chimie appliquée aux arts; M. Ollivie , qui, après avoir long-temps professé à l’École d’application de Metz, a rempli avec distinction une mission importante en Suède; M. Péclet3 qui a érigé de si belles usines à Marseille et publié de nombreux travaux sur l’emploi du calorique; M. Perdonnet, connu par son voyage métallurgique en Angleterre et par ses écrits sur les chemins de fer; MM. Colladon3 Ferry, Rauœurt et Walter, qui tous ont exécuté des machines, dirigéde grands tra-
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- vaux ou organisé des usines; MM. Edwards et Pelouze, qui déjà sont en possession d’une brillante réputation scientifique.
- Le Conseil des études se compose de :
- MM. Dumas> président; Ollivier, directeur des études ; Perdonnet, secrétaire; Péclet, Walter, Fciryet Raucourt, membres du Conseil.
- On conçoit comment, sous l’influence d’un semblable personnel, les élèves peuvent, en sortant de l’École centrale des arts et manufactures, avoir acquis une éducation industrielle complète, et posséder tout ce qu’il faut de science dans la carrière qu’ils sont appelés à parcourir; ils savent, en outre, déjà, quelles sont les chances de la pratique, les accidens qu’elle entraîne et les solutions que l’expérience a fait connaître ou que la théorie indique contre une foule de difficultés minutieuses, mais cependant du plus haut intérêt par leurs graves conséquences : en un mot, ils remplissent, en France, avec beaucoup plus d’instruction et le même tact industriel, la place éminente qu’occupent en Angleterre les ingénieurs civils.
- Nous sommes heureux de pouvoir vous apprendre, Messieurs, comme preuve du véritable besoin industriel, auquel l’École centrale des arts et manufactures est venue satisfaire, que la plupart des élèves, sortis decette école, ont trouvé presque immédiatement à utiliser dans la société leur instruction et leur talent. Il est arrivé même à l’Administration quelques demandes d’ingénieurs spéciaux auxquelles elle n’a pas pu suffire, tant la nécessité d’une instruction industrielle, solide et raisonnée, se fait sentir de toutes parts!
- L’institution remarquable dont nous avons l’honneur de vous entretenir est pleine de vie et de jeunesse; la crise qui vient d’agiter violemment les diverses branches industrielles en France ne l’a pas empêchée de continuer à améliorer son organisation, et l’on peut dire aujourd’hui, avec vérité, que l’industrie a son École polytechnique.
- Nous croyons devoir vous rappeler que l’un des élèves cités avec le plus d’éloges dans toutes nos visites à l’Ecole, le jeune Dupan, aujourd’hui ingénieur , avait été choisi par une de vos Commissions et placé dans cet établissement sous vos auspices, qu’il en est sorti au premier rang, muni d’un diplôme de capacité.
- Nous vous dirons qu’un autre élève, M. Fas que z, envoyé par le roi d’Espagne pour suivre les cours de l’École centrale, avait inventé, pendant qu’il était à Yalladolid, pour mesurer la distance d’un point à un autre, sans changer de station, un instrument grossier dans son exécution, et dans les principes géométriques, bases de sa construction; les études queM. Vasquez fit à 1 École l’amenèrent à modifier son instrument qui, exécuté par M. Ze-
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- noir en 1831, pouvait mesurer une distance de 4oo mètres à 2 ou 3 mètres près. Le longimètreen question n’est pas nouveau; dans la marine, on.se sert d’un instrument de ce genre pour relever rapidement les côtes; mais ce-' lui de M. Vasquez est très portatif, fort simple *et plus exact. " ! i
- On doit à un autre élève de l’école, M. Bockholtz, la balance de précision à charge constante, sur laquelle, organe de votre Comité des arts mécaniques, notre collègue M. Ollivier vous soumit dernièrement un rapport favorable qui obtint votre approbation.
- Nous citerons encore :
- M. Berny, métallurgiste, qui dirige une forge montée suivant le système anglais, dans la Haute-Marne, et qui apporta d’heureuses modifications dans la soufflerie-d’un haut-fourneau, dans la construction d’un four à réchauffer le fer, et dans la disposition du moteur et des diverses machines qù’il met en mouvement ;
- M. Pétiety qui dirige la pose d’une machine à vapeur de 20 chevaux, destinée à faire agir une soufflerie pour fournir l’air nécessaire à un haut fourneau et à deux feux d’affinerie : ces machines sont construites dans une forge du département de l’Indre ;
- Et enfin M. Faure, qui est chargé de la direction d’une exploitation de houille , dans le département de l’Ailier.
- De tous côtés, l’École centrale des arts et manufactures reçoit d’honorables encouragemens. Le Gouvernement a compris tout ce qu’il y avait d’important dans cette carrière positive où tant de jeunes gens peuvent, en accroissant la richesse publique par un travail mieux dirigé, trouver des emplois aussi honorables que lucratifs : il a voulu, autant que la législation actuelle le lui permettait, adoucir pour elle l’impôt universitaire; et il y a lieu de croire qu’il ne bornera pas là son utile protection, surtout dans un moment où il s’occupe de mettre l’enseignement public en harmonie avec les besoins actuels de la société.
- Le Conseil général des manufactures, qui constitue la représentation de l’industrie en France, vient aussi d’adresser au Gouvernement des observations bienveillantes qui, sans doute , ne seront pas perdues.
- « Ne se pourrait-il^pas, est-il dit dans son rapport, que le Gouvernement » encourageât soit les conseils généraux, soit les communes riches, à créer » des bourses à l’École centrale pour les sujets qu’il leur conviendrait d’y » envoyer ? Les diplômes des élèves qui ont terminé leurs études ne pour-» raient-ils pas être délivrés avec l’intervention d’examinateurs désignés par » le Gouvernement? Enfin serait-il donc impossible que les élèves xle l’École
- Trente-deuxième année. Juin i833. * 28
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- » Centrale obtinssent, dans certains cas, de concourir pour l’admission dans * quelques services publics? » Ces considérations sont graves; elles méritent lj37£fUnen du Gouvernement et de nos Chambres législatives ; il y a tant d’emplois dans les administrations de notre pays qui utiliseraient des capacités spéciales , et qui sont aujourd’hui donnnés à la faveur plus ou moins méritée, que plusieurs écoles de spécialités ou d’applications pourraient à peine y suffire. Cette destination utile constituerait le plus puissant aiguillon que l’on pût donner à l’instruction en France. i
- La Société d’Encouragement a plus d’une fois aussi témoigné tout l’intérêt qu’elle attache à la prospérité de l’École centrale des arts et manufactures : elle a suivi avec sympathie les développemens de cette École depuis sa naissance ; elle a vu la place qu'elle occupe dans notre système industriel s’agrandir chaque jour et acquérir plus d’importance.
- Appréciant nous-mêmes tant de sacrifices et d’efforts pour étendre et consolider le cercle de l’éducation positive, nous croyons entrer dans vos vues bienveillantes en vous proposant de donner aujourd’hui à cette École un témoignage éclatant de votre sollicitude, et de sanctionner ainsi l’existence d’un établissement qui doit contribuer à enrichir la Société d’Encouragement de membres instruits dans les différentes applications des sciences à l’industrie.
- Nous avons, à cet effet, l’honneur de vous proposer :
- i°. De créer quatre demi-bourses à l’Ecole centrale des arts et manufactures;
- 3°. De faire remettre à la Bibliothèque de l’École deux collections du Bulletin de la Société d’Encouragement, à dater de cette année ;
- 3°. D’insérer le présent rapport dans votre Bulletin.
- Approuvé en séance, le i o juillet i833. *
- , Signé Payen , rapporteur.
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- LEGISLATION INDUSTRIELLE.
- Ordonnance du Roi concernant les manufactures et
- établissemens insalubres. •
- Du 3i mai i833.
- Louis-Philippe , Roi des Français,etc.,
- Sur le rapport de notre Ministre secrétaire d’État au département du Commerce et des Travaux publics ;
- Yu le décret du i5 octobre 1810, l’ordonnance du i4 janvier i8i5;
- Yu les ordonnances du 29 juillet 1818, 25 juin et 29 octobre 1828, 20 août 1824, 9 février 1825,5 novembre 1826 et 20 septembre 1828;
- Notre Conseil d’État entendu ,
- Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit:
- Art. ier- Sont rangées dans la première classe des établissemens dange-gereux, insalubres ou incommodes :
- La fabrication en grand du chlorure de chaux ;
- La fonte des graisses à feu nu;
- La cuisson des huiles de lin.
- Art. 2. Sont/rangés dans la seconde classe des mêmes établissemens et ateliers :
- Toutes les combinaisons de l’acide pyro-ligneux avec le fer, le plomb ou la soude ;
- Les ateliers pour la fonte et la préparation des bitumes-pissasphaltes ;
- Les ateliers où l’on fabrique en petite quantité , c’est à dire dans une proportion de 3oo kilogrammes au plus par jour, soit des chlorures alcalins (eau de Javelle), soit du chlorure de chaux ;
- Les fabriques de chromate de potasse;
- La fabrication de feutre goudronné propre au doublage des navires ;
- Les ateliers où l’on prépare les matières grasses propres à la production du gaz ;
- La carbonisation et la préparation des schistes bitumineux pour fabriquer le noir minéral ;
- Les sécheries de morues ;
- Les fabriques de vernis à l’esprit de vin. p~ Art. 3. Sont rangés dans la troisième classe des mêmes établissemens et ateliers : '
- La fabrication en grand , avec les sels ammoniacaux, de l’ammoniaque ou alcali volatil ;
- Les échaudoirs dans lesquels on traite les têtes et les pieds d’animaux, afin d’en séparer le poil ;
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- La cuisson des tètes d’animaux dans des chaudières établies sur un fourneau de construction, quand elle n’est pas accompagnée de fonderie de suif; \
- Les établissemens en grand pour l’engraissage des oies ;
- Le battage en grand et journalier de la laine et de la bourre.
- Art. 4. Les échaudoirs dans lesquels l’on prépare et l’on cuit les intestins et autres débris des animaux continueront à faire partie de la première classe , conformément à l’ordonnance royale du i4 janvier 1825.
- Art. 5. La création et l’exploitation des établissemens, fabriques , usines, dépôts et ateliers compris dans les articles qui précèdent, restent soumises aux formalites prescrites par les décrets et ordonnances réglementaires des i5 octobre 1810 et 14 janvier i8i5, suivant la classe à laquelle ils appartiennent.
- Art. 6. Notre Ministre secrétaire d’État du Commerce et des Travaux publics est chargé de l’exécution de la présente ordonnance, qui sera insérée au Bulletin des Lois.
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- LISTE
- Des Membres et Adjoints composant le Conseil dadministration de la Société d Encouragement.
- BUREAU.
- MM.
- Président.
- Le baron Thénard (0. ^), pair de France, membre de l’Académie des Sciences, rue de Gre-nelle-Saint-Germain, n° 42 •
- Tice-P résidons.
- Le comte de Lasteyrie (^), membre de la Société royale et centrale d’Agriculture , rue de Gre— nelle-Saint-Germain, n° 5g.
- Le duc de Doudeadville (0. rue de Varen-nes, n° 33.
- Secrétaire.
- Le baron deGérando(C. ^), conseiller d’Etat, membre de l’Académie des Inscriptions etBelIes-Lettres, rue de Vaugirard, n° 52 bis.
- Secrétaires-Adjoints.
- Cl.— Anth. Costaz, ancien cbef de Division des Arts et Manufactures au Ministère de l’Intérieur, rue Taitbout, n° 8.
- Jqmard (^) , membre de l’Académie des Inscriptions et Belles—Lettres, Conservateur des plans et cartes à la Bibliothèque royale, rue Neuve-des—Petits-Champs , n° 12.
- Trésorier.
- Agasse, notaire, place Dauphine, n° 23.
- Censeurs.
- Le duc de Praslin (C. ^), pair de France, rue de Grenelle-Saint-Germain , n° ïo5.
- Le duc de Montmorency ( 0. ^ ), pair de France , rue de l’Université, n° 8o.
- COMMISSION DES FONDS.
- MM.
- Bordier (i^)> peintre d’histoire, rue du Roi de Sicile, n° 28.
- Le baron de Ladoucette (0. £$7 ), ancien préfet, membre de la Société royale et centrale d’A— griculture, rue Saint-Lazare, n°. 5.
- Le marquis de Lévis-Mirepoix ), rue de la Planche, n° 17.
- MM. .
- Michelin (Hardouin), conseiller-référendaire à la Cour des comptes , rue d’Orléans , n° 5 , au Marais.
- Molinier de Montplanqua ( {^), vice-président de la Société philantropique, rue de Gram-| rnonl, n” 10.
- [ Le baron de Montmorency, rue Saint-Dominique— Saint-Germain, n° 97.
- Morin de Sainte-Colombepropriétaire, rue de Grenelle-Saint-Germain, n° ^3.
- Le comte Alexis de Noailles ( C. ^), place du Palais-Bourbon, 110 g5.
- Le vicomte Posuel de Verneaux (^), membre de la Société royale et centrale d’Agriculture, rue de Varennes, n° 3i.
- Membres honoraires.
- Le comte Alex, de Laborde (0.£^), membre de la Chambre des députés et de la Société royale et centrale d’Agriculture, rue Laffitte, n° 32. Le marquis de Pastoret ( G. C. ^ ), membre de l’Académie française et de celle des Inscriptions et Belles-Lettres, place de la Concorde, n° 7.
- COMITÉ DES ARTS MÉCANIQUES.
- Amedee-Durand, ingénieur-mécanicien, rue dé l’Abbaye-Saint—Germain, n° 10.
- Baillet de Belloy ( , ancien inspecteur divi—
- ' sionnaire des Mines, rue du Colombier, n°26. Francoeur ( ^ ), professeur à la Faculté des Sciences , rue Las-Cases, n° 8.
- Gambey (^), membre du Bureau des longitudes, ingénieur en instrumens de mathématiques, rue Pierre-Levée, n° 17.
- Hachette (^), membre de l’Académie des Sciences, rue Saint-Hyacinthe-Saint-Michel
- n° 8.
- Le vicomte Héricart de Thüry (0. , membre
- de l’Institut, ingénieur en cbef des Mines, rue de l’Université, n° 29.
- Le comte Lambel (G. ^), maréchal de camp, ! rue S.-Dominique, n° 3^ , faub. S.-Germain.
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- MM.
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- Mallet (Ch..) ( ^ ), inspecteur divisionnaire des Ponts et Chaussées, rue Taranne, n° 27. Olivier (Théodore), professeur «à l’École centrale des Arts et Manufactures, rue de Yaugirard, n>
- Adjoints.
- Le comte Chabrol de Yolvic (G. O. ^), membre de l’Institut, rue Madame, n°27.
- De la Mojriniere (^j, oflïeier du génie maritime, rue du Mont-Blanc, n° 68.
- Sàblhijer, ingénieur-mécanicien de la Monnaie, rue de Yaugirard, n° 57.
- Le baron Séguier (^) , de l’Académie royale des Sciences, conseiller à la Cour royale, rue Ga-raneière, n° 13.
- Yauvilliers (0. , inspecteur divisionnaire des
- Ponts et Chaussées, rue Duphot, n° 23.
- Membres honoraires.
- HuaiBLGT-CojNTÉ , pair de France, rue de Gre-neHe-Saint-Germain, n° {±1.
- Molakd (^), membre de l’Académie royale des Sciences et du Comité consultatif des Arts et Manufactures, rue de Charonne , n° 47. Pajot-Descharmes , membre du Comité consultatif des Arts et Manufactures, rue de CharcnVon,
- n° 36.
- Le baron de Prony (0. ^ ), membre de l’Académie des Sciences, inspecteur général des Ponts et Chaussées, rue Hillerin-Bertin ,
- n° 10.
- Takbk de Vauxclairs (O. ^), conseiller d’État, inspecteur général des Ponts et Chaussées, rue du Grand-Chantier, n° 4.
- COMITÉ DES ARTS CHIMIQUES.
- Brkast ( ^) ), vérificateur général des Essaie, à la Monnaie.
- Bussy , professeur de chimie à l’École de Pharmacie, rue de la Verrerie, n° 55. Chevallier^), membre de l’Académie royale de médecine, quai Saint-Michel, n° 25.
- D’Arcst ({^), membre de l’Académie des Sciences, inspecteur général des Essais., à la Monnaie.
- Gaultier de Claubry, membre du Conseil de Salubrité, rue Servandoni, n° 4- •
- Mérimée ( ^ ), peintre , secrétaire perpétuel de l’École royale des Beaux-Arts, rué des Petits- I Augu$tins, n° 16.
- MM.
- Payen (^), chimiste-manufacturier, rue des Jeûneurs , n° 4.-
- Pelletier ("%), pharmacien, membre de l’Académie royale de médecine, rue Jacob, n° i5. Roard (), propriétaire de la fabrique de céruse de Clichy, membre du Comité consultatif des Arts et Manufactures, rue Grange-Batelière, n° 22.
- Robiquet ( H ), membre de l’Académie r.oyale des Sciences et de celle de Médecine, rue de l’Arbalète, n° i3.
- Adjoints.
- Boullay (.$), pharmacien, rue des Fossés-Montmartre , n° 17.
- Dumas (^), membre de l’Académie royale des Sciences , professeur de chimie au Jardin des Plantes, rue de Seine-Saint—Victor, n°35. Pelouze, répétiteur de chimie à l’École polytechnique, rue Saint-Hyacinthe-Saint-Michel, n° 7.
- Persoz, professeur de chimie à Strasbourg. Membre honoraire.
- Dartigues (^3) , rue du Faubourg-Poissonnière , n° 3o.
- COMITÉ DES ARTS ÉCONOMIQUES. Bouri»x, ancien pharmacien, rue du Bac, n° 3g. Le baron Cagniard »» Latour (i|f)), rue du Rocher, n° 36.
- Derosne (Charles), chimiste—manufacturier, rue des Batailles, n° g, à Chaillot.
- Gillet de Laumont (0. ^), ancien inspecteur général des Mines, membre del’Académie royale des Sciences , rue de la Tournelle , n° 3. Gourlier, architecte du Gouvernement, rue de l’Odéon , n° 21.
- Labarraque (^), pharmacien, membre de l’Académie royale de Médecine , rue Saint-Martin, n° 6g.
- Péclet , professeur à l’École centrale des Arts et Manufactures, rue Chanoinesse, n° 10. Pouillet(^), directeur du Conservatoire des Arts et Métiers, rue Saint-Martin. 7 Vallqt (^ ), ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, rue du Jardinet, n° 8. ,
- Adjoints.
- Le prince as Craon (Edmond) (^), à Saint-Ouen, près Paris.ü ' ' :
- ïÜEfiPiiî, docteur en médecine, rue des Beaux-Arts, n° 3. : ;
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- MM.
- Membre honoraire.
- Le baron Delesskrt (0. H>)> membre de la Chambre des députés, régent de la Banque de France, rue Montmartre, n° 176.
- COMITÉ D’AGRICULTURE.
- Darblay , propriétaire, membre de la Société royale et centrale d’Agriculture , rue des Vieilles-Étuves , n° 16.
- Huzard (^), inspecteur général des Écoles vétérinaires , membre de l’Académie des Sciences , rue de l’Éperon, n° 7,
- Huzard fils ( H? ) , membre de la Société royale et centrale d’Agriculture, rue de l’Éperon, n° 7. Labbé aîné , membre de la Société royale et centrale d’Agriculture, rue Duph®*, n° 17. •
- Le comte de Lasteyrie (HO-Le baron de Silvestre ( H? ), membre de l’Académie des Sciences, secrétaire perpétuel de la Société royale et centrale d’Agriculture, rue Taranne, n° i3.
- Soulainge Bodin (0), membre delà Société royale et centrale d’Agriculture, rue du Mont-Blanc n° 44*
- Tessier (HO? membre de l’Académie des Sciences et de la Société royale et centrale d’Agriculture, rue des Petits-Augustins, n® 26-Vilmorin aîné, pépiniériste, membre de la Société royale et centrale d’Agriculture, quai de la Mégisserie, n° 3o.
- Adjoints.
- Huerne de Pommeuse(^), membre de la Société royale et centrale d’Agriculture, rue Martel , n°2.
- Le comte de Rambuteau (HOi préfet du départe' ment de la Seine, membre delà Société royale et.centrale d’Agriculture.
- COMITÉ DE COMMERCE.
- Bellange ( HO, membre du Conseil général des Manufactures, rue de Vendôme , n° 10 Bérard(^), conseillerd’État, membre de laCham bre des députés, rue N.—des-Mathurins, n° 21. Bertin (^J), négociant, commissaire pour la vérification des marchandises étrangères, rue des Jeûneurs, n® 10.
- MM.
- Bottin (HO, membre de la Société royale et centrale d’Agriculture, rue J.-J. Rousseau, n° 20. Le baron Buscbe( ||), membre de la Société royale et centrale d’Agriculture , rue Saint-Honoré , n° 33g.
- Dësgkanges (HO, négociant, rue de Grammont, n° «9-
- Le baron Guenifey de Savonnieres ( , membre
- du Conseil général des Manufactures, boule-vart Montmartre , n° 10.
- Legentil (HO , négociant, membre honoraire du Comité consultatif des Arts et Manufactures , rue Poissonnière, n° 35.
- Warden, ancien consul des États-Unis, rue du Pot—de—Fer, n° 12. ’ .
- Membres honoraires.
- Delessert (François) ( HO , banquier , membre de la Chambre des députés, rue Montmartre, n° 176.
- Vincens (Émile) ( HO, maître des requêtes, chef de division au Ministère des travaux publics, rue Thiroux , n° 8.
- COMMISSION DU BULLETIN.
- MM. •
- Arts
- mécaniques.
- . !
- Arts chimiques. Arts économiques. Agriculture. Commerce.
- Francoeur ,
- Hachette ,
- D’Arcet ,
- Merimee ;
- Bouriat,
- PÉCLET,
- Larbe ,
- De Lasteyrie Bottin ,
- Desgranges,
- Michelin (Hard.), Fonds.
- Rédacteur du Bulletin de la Société.
- M. Daclin , chef de bureau à l’Administration des Eaux et Forêts , rue de Suresne , n° 23 bis.
- Agent général de la Société.
- M. Guillard - Senainville ( ^ ) , secrétair« du Comité consultatif des Arts et Manufactures, rue du Bac, n° 42.
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- Extrait des Proces-verbaux des séances du Conseil d’administration de la Société d’Encouragement.
- Séance du 12 juin i833.
- Correspondance. Le sieur Bompart (Henri), filateur à Bar-le-Duc, adresse le certificat d’ingénieur constatant les services rendus à son établissement par M. Bar-barant, l’un des concurrens pour les médailles de contre-maîtres.
- M. de Saint-Bris, propriétaire delà manufacture de limes d’Amboisé, transmet un semblable certificat en faveur du sieur Batelier, son contre-maître.
- M. Rubiaô, membre de la Société, lui fait hommage d’un dessin et de la description d’une potence en fer propre à suspendre les réverbères, laquelle est employée dans la ville de Porto , pour l’éclairage des rues.
- M. Marin, fabricant à Aulnois-sous-Vertuzey^département de la Meuse, demande que la Société se fasse rendre compte de la pointerie mécanique qu’il a établie dans cette commune.
- M. J^oizat, régent de mathématiques au collège de Châtillon-sur-Seine, adresse un mémoire sur les explosions des chaudières à vapeur, contenant l’indication de quelques moyens propres à prévenir ces accidens.
- M. Chauvin, conducteur de travaux de ponts et chaussées à Voisin-Lieu, près de Beauvais, fait part des perfectionnemens qu’il a apportés à son graphomètre-niveau.
- M. le baron de Ladoucette adresse une notico sur la fabrique de dés d’acier à coudre et des dés à l’usage des tailleurs, de M. Pierre Delaporte, rue de Reuilly, à Paris. '
- M. Boutigny, pharmacien àÉvreux, annonce avoir découvert dans les aiguilles à coudre un corps inconnu jusqu’à présent; il offre de communiquer sa découverte moyennant une distinction qu’il ne réclamerait toutefois qu’autant que le fait aurait été vérifié.
- M. Douault-Wieland, membre de la Société, annonce qu’après des essais pénibles et coûteux, il a atteint, suivant l’opinion de plusieurs savans, un très haut degré de perfection dans la fabrication des verres colorés, et plus spécialement dans le moulage du verre ; il prie la Société de nommer une Commission pour lui faire un rapport sur ses travaux en ce genre. -
- M. Moutier, architecte à Paris, adresse un mémoire sur les moyens à employer pour rendre les maisons incombustibles et les garantir de l’humidité. ‘ .1
- M. G rangé, désirant mettre la Société à même de prononcer avec connaissance de cause sur son nouveau système de levier applicable à toutes les charrues à avant-train , prévient qu’il sera incessamment mis en expérience à une distance rapprochée de Paris, et prie la Société de désigner quelques uns de ses membres pour y assister.
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- M. Morot, de Molesne (Côte-d’Or), expose qu’après de longues recherches, il est parvenu à la découverte d’une matière qui, étant cuite au feu et pulvérisée , produit un ciment supérieur à tous ceux qui ont été mis jusqu’à présent dans le commerce, et il en sollicite l’examen.
- M. Ed. Biot communique une expérience qui peut intéresser les graveurs et les lithographes : il a observé que si l’on fait tirer une gravure sur une feuille de parchemin, tel que celui dont on se sert pour l’écriture, et qu’on la plonge dans l’eau chaude, le parchemin se refire y en même temps, la gravure se réduit proportionnellement dans toutes ses parties, de manière à présenter une réduction exacte de l’original , en conservant parfaitemerît le caractère des figures qui y sont représentées.
- Objets présentés. M. Roux soumet à l’examen de la Société un modèle de machine à hacher diverses substances.
- M. Girardin t professeur de chimie, fait hommage du rapport fait par lui à la Société libre d’émulation de Rouen, sur l’appareil établi à l’hospice général, pour l’extraction de la gélatine des OS 5
- M. Salmouy d’une brochure ayant pour litre : Mémoire sur T emploi du noir ani-malisé comme engrais.
- Rapports des Comités. Au nom d’une Commission spéciale, M. Payen lit un rapport sur l’École centrale des arts et manufactures : il demande que la Société lui accorde un témoignage éclatant de bienveillance et desoliicilude : i° en créant quatre demi-bourses dans cet établissement ; 20 en faisant remettre à la Bibliothèque de l’Ecole deux collections du Bulletin de la Société 5 3° en autorisant l’insertion du rapport aji Bulletin. .
- Ces diverses propositions sont renvoyées à la Commission des fonds et à celle du . Bulletin.
- Communications. M. le vicomte Héricart de Thury communique une notice sur une éruption de gaz hydrogène sulfuré et peut-être carburé, qui s’est manifestée dans un puits artésien , que M. le comte di Porcia a fait creuser dans sa campagne de Gajarine, près Trévise.
- Le Conseil arrête qu’un extrait de celte notice sera inséré au Bulletin.
- M. le docteur Muzoux fait la démonstration d’une pièce d anatomie élastique dont il est l’auteur. Cette pièce, exécutée en pâte de carton très dure, et modelée sur un sujet d’une constitution athlétique, est composée de 129 pièces principales et de iii5 pièces de détail \ quelques minutes suffisent pour les monter et les démonter : l’auteur en donne la preuve en exécutant l’une et l’autre opération sous les yeux de l’assemblée, qui lui exprime sa satisfaction pour ce beau travail.
- M. Morot présente ensuite un buste et un médaillon moulés avec le ciment de Molesne (Côte-d’Or), préparé par lui ; il gâche une certaine quantité de cette matière , et après l’avoir laissée dans l’eau pendant trois minutes, il l’en retire sous la forme d’une masse solide et d’une consistance remarquable, eu égard à la durée de l’expérience.
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- Trente-deuxième année. Juin i833.
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- Séance du 26 juin i833. , f , ;
- Correspondance. M. le Ministre du Commerce et des Travaux publics transmet ‘ vingt-cinq exemplaires du prospectus des Ecoles royales d’arts et me tiers , modifié
- conformément à l’ordonnance du 22 septembre 1832.
- Le même Ministre annonce que six places d’élèves à bourse entière et à trois quarts de bourse, afFectées à la Société à l’Ecole d’arts et métiers de Châlons, sont vacantes à la fin de la présente année scolaire : il fait remarquer que, par une distinction toute particulière, le Conseil d’administration de la Société d’Encouragement remplit, à l’égard des candidats aux places qui lui sont réservées, les fonctions dé Jury départemental| il appelle l’attention du Conseil sur l’obligation, pour les candidats, de justifier d’une année d’apprentissage dans un des arts et métiers analogues à ceux qui sont enseignés dans les Ecoles; il l’invite aussi à ne pas perdre de vue l’art. 11 de l’ordonnance, qui exige que la Société prenne l’engagement de placer à leur sortie de l’École, dans des Établissemens industriels, au moins quatre des boursiers qu’elle aurait choisis.
- M. P ajot-Descharmes, membre honoraire du Conseil, adressé le dessin et la description d’un mécanisme de son invention', appliqué au rouet ordinaire et qui a pour but de suppléer la main qui file.
- Objets présentés. M. Sardat, capitaine au 6e régiment de ligne, présente le modèle et la description d’une machine à vapeur locomotive qu’il appelle tricycle.
- M. Gandais, fabricant d’orfèvrerie plaquéo , présente des produits de sa fabriqué en orfèvrerie mixte, c’est à dire dont le fond est en plaqué et les bords, angles, or-nemens, frises, etc., en argent fin.
- MM. Grouvelle, ingénieur civil, et Honoré, fabricant de porcelaine, communiquent un procédé de leur invention pour dessécher en quelques instans les pâtes à porcelaine et à faïence. .
- M. Rolland de Blomac présente un mémoire sur un moyen d’augmenter le produit du marc de raisin. \
- M. Castera demande que la Société s’occupe de la recherche d’un moyen de préparer les vessies pour les faire servir aux appareils de sauvetage.
- M. Guyon sollicite l’examen d’un procédé pour préparer le lin et le chanvre 5 sans rouissage, dont il se déclare l’inventeur;
- M. Robison, secrétaire de la Société royale d’Édimbourg, fait hommage de deux publications, l’une de M. Thomas Gràham, intitulée : Lettre aux commerçons et entrepreneurs de transports par la navigation, contenant des aperçus sur les cà-naux et les chemins de fer, et notamment sur celui de Manchester à Liverpool-l’autre de MM. Arnold et Dent, relative à la confection en verre des ressorts èn hélice destinés à régler les mouvemens des balanciers des montres marines. * #
- M. Robison annonce que cette invention fixe très particulièrement l’attention'
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- des savans èn Angleterre et qu’elle est regardée faits l’art de lachronométrie depuis Tïarfissoti
- M. Bonafoiis~ dépose éür le bureau : i° un ca^ioti du fromage du Mont-Céiiis;1 2° le calendrier de la Société royale d Agriculture de Turin , pour l’annéé 1833; 3° un essai sur le système de toiture le plus convenable aux constructions de la Savoie, par MDespine, inspecteur des Minés. t ....,
- Rapports des Comités. Au nom du Comité des arts mécaùnqueë', M. Francœur lit un rapport sur une nouvelle pompe de M. Thuillier.
- L’eau est soutenue dans le tuyau d’ascension de cette pompe par une colonne de mercuée; \m dé placeur, faisant fonction de piston, élève le niveau du mercure, et par conséquent force la colonne d’eau à monter etji se dégorger : un jeu de soupapes permet de répéter cet effet.
- Le Comité propose dé remercier l’auteur de sa communication et de lui exprimer l’opinion que sa pompe, toute ingénieuse qu’elle est, ne peut servir aux besoins de l’industrie. [ Approuvé. ]
- Au nom du Comité d’Agriculture, M. de Lasteyrie lit un rapport sur un Mémoire relatif à ia culture de la cochenille, adressé à la Société, par M. le Ministre f du Commerce et des Travaux publics, avec invitation de l’insérer dans le Bulletin, si cette publication présentait quelque intérêt.
- L’auteur du Mémoire donne d’abord une description succincte de différentes espèces ou variétés de nopal qui peuvent servir de nourriture à la cochenille; il préfère celle que les Espagnols désignent sous le nom de cascabel, importée récemment dans le royaume de Valence, où il n’en existe dans ce moment que trois individus. Le Comité regrette que l’auteur n’ait pas désigné cette espèce par son nom botanique, et il est étonné qu’on ait introduit aussi tard, en Espagne, le nopal cascabel, qui, d’après le Mémoire, semblerait devoir être préféré à toutes les autres espèces, si en effet il était plus susceptible de prospérer sous une température moins élevée que ne le sont les autres espèces.
- L’auteur donne ensuite quelques détails sur la culture du nopal et sur les soins qu’on doit apporter dans l’éducation de la cochenille; il pense que ce genre d’industrie peut être facilement naturalisé en France.
- Le Comité ne partage pas cette opinion, car il est très probable qu’il n’existe aucune espèce de nopal propre à nourrir la cochenille, même le cascabel, auquel le climat du sud de la France fût plus favorable qu’il ne l’est au cactus opuntia. Or, cette dernière plante n’a, dans nos déparlemens méridionaux, qu’une faible végétation , même dans les expositions qui lui sont les plus favorables.
- M. le rapporteur observe, au surplus, que si le cactus de la cochenille pouvait se réaliser dans le midi de la France, on trouverait dans l’ouvrage de Thierry de Menowille tous les renseignemens dont on pourrait avoir besoin à ce sujet. !
- Le Comité, n’ayant trouvé rien de nouveau dans le Mémoire dont il s’agit,
- ; comme un des pfus grands fias qu’ait Mémoire qu’il a publie sur la fabri- y
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- est d’avis qu’il n’y a pas lieu de le faire insérer dans le Bulletin. [ Approuvé. ]
- Âu nom dû Comité des arts économiques, M. Fallot lit un rapport sur les taille-plumes à plusieurs becs présentés par M. Pichonnier, coutelier, à Paris.
- Le Comité propose de faire connaître les produits de ce fabricant par l’insertion au Bulletin du rapport, dont il lui sera délivré cent cinquante exemplaires. [Approuvé, ]
- Communications. M. Robison entretien t le Conseil de deux perfectionnemens relatifs à l’éclairage au gaz : l’un, qui lui est dû, consiste à remplacer les verres ordinaires des bées, par d autres cheminées à base plus large, mieux assurée, et à corps cylindrique plus étroit au dessus et près de la naissance de la flamme.
- Cette disposition ,‘ amenant mieux l’air au contact du gaz en combustion, laisse enlever moins de chaleur, fait bien moins vaciller la flamme, qui reste cylindrique, lumineuse très près du bec, et donne une quantité de lumière de o,3 plus considérable que dans les anciens becs. M. Robison promet d’envoyer des becs et cheminées de nouvelle forme, et M. Paycn est chargé d’en faire l’objet d’expériences comparatives. -
- Le deuxieme perfectionnement résulte de la substitution de l’huile essentielle de houille à l’eau dans les gazomètres où passe le gaz-light du charbon de terre, près des habitations. •» ’
- Cette huile, qui naguère était en grande partie sans emploi, entre dans le courant de gaz , y augmente considérablement la proportion de carbone, et par conséquent la quantité de lumière. ..**
- IMPRIMERIE DE MADAME HUZARD (jvée Vallat la Chapelle),
- RUE DE l’ÉPERO-W, Tt° 7.
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- TRENTE-DEUXIÈME ANNÉE. ( N° CCCXLIX. ) JUILLET i833.
- BULLETIN
- .'•*i • .DE LA .. ’ - 5 • •' - \*’'a
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- '..... ARTS MÉCANIQUES. ;
- Rapport fait par M. le comte Lambel, au nom des Comités d’agriculture et des arts mécaniques réunis, sur le système-Grange, applicable à toutes les charrues a avant-train.
- Messieurs, M. le Ministre du Commerce et des Travaux publics a renvoyé à M. le Président de la Société d’Encouragement, par sa lettre en date du 18 décembre i83a, avec demande de lui faire connaître l’opinion du Conseil, la description et le croquis d’un nouveau système de charrue dû à Jean-Joseph Grange, né à Harol, département des Vosges. Il y a joint le rapport de M. le sous-préfet de Lunéville sur ce système, et dix certificats signés de personnes honorables, constatant que cette charrue, attelée de six et huit chevaux, fonctionne avec un seul homme au lieu de deux jusqu’alors nécessaires dans ce pays, quelle laboure bien, et que ce système diminue le tirage de la charrue, toutes choses égales d’ailleurs.
- Un membre d’un de vos Comités, qui en avait été chargé par vous, a été aussi à même de constater la plupart de ces résultats.
- Après le rapport précis et lumineux de l’xicadémie des sciences (i), qui a donné son approbation aux utiles perfectionnemens ajoutés à la charrue à avant-train par M. Orangé, il semblerait n’y avoir plus rien à dire sur ce sujet ; mais nos travaux étant principalement destinés à ceux qui exécutent ou emploient les produits des arts, vos Comités d’agriculture et des arts mécaniques réunis ont pensé qu’il leur restait encore un devoir à rem-
- ^ (i) Ce rapport se trouve à la suite de la description de 1* charrue.
- Trente-deuxième année. Juillet i833. 3o
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- •r l'y- f'.-'V; ( 2i4 ) ' :......TrJ>:r...
- plir, celui de préciser, autant que possible, le degré d’utilité qu’ont, dans les différens sols, les perfectionnemens reconnus par l’Académie des sciences/ dans l’intérêt de l’agriculture française et pour répondre à la confiance que vous a témoignée M. le Ministre du Commerce et des Travaux publics, ils ont dû rechercher d’abord l’objet de la charrue, puis examiner sommairement les moyens qu’elle a employés autrefois et ceux qu’elle emploie actuellement pour fonctionner, afin de pouvoir les comparer à ceux du nouveau système. r ~ f / \ r> ' y r'r * ry * f' nr- ” f r\ f \ £
- 4 L’objet de la charrue est de retourner dés bandes de terre plus ou môin^ épaisses et larges, et d’enterrer en même temps les engrais et les plantes qui se trouvent à la surface du terrain : ces bandes retournées laissent entre elles des vides dans lesquels l’air et l’eau s’insinuent; celle-ci en délaie les élémens, détruit leur cohésion , et donne ainsi aux racines des plantes plus de facilité pour y pénétrer et plus d’accès àf’air extérieur, nécessaire à la végétation. Pendant ce temps, les plantes et les engrais enfouis se décomposent .et rendent à la terre l’humus nécessaire pour favoriser la croissance des plantes que l’on cultive. : > vÿv . v.m> " 'vv \ ? > ^
- L’action de deux demi-coins suffit poux remplir l’objet mécanique principal de la charrue : le premier, nommé coutre, coupe les bandes de terre dans le sens vertical, et l’autre, nommé soc, en détache du sol leur surface
- inférieure; tandis que le versoir, qui est la continuation de ces deux demi* •coins, soulève cette bande sur son arête extérieure.et la renverse. ' 4/£
- — a Pour que là puissance destinée à vaincre la résistance de ces deux demi-coins éprouvât le moins de perte possible, il eût fallu qu’dlë pût1 être appliquée dans la direction même de l’axe des momens de la résistance^ mais cet axe se trouvant sous le terrain, on a partout été obligé d’y appli-que,r'la puissance suivant une ligne supérieure et plus ou moins inclinée^ Oïl a employé divers moyens pour unir cette ligne au corps de la charrue^ mais en général le soc et le versoir y sont joints entre eux par le sep, piècê horizontale dont la base est la continuation de celle dusoc : des montans fixent
- le sep à la haie, pièce extérieure placée dans le sens cïe l’axe de résistance des «oins, ayant une position plus ou moins inclinée, et qui porte le Contre, o} Pour faire fonctionner cette machine dans une direction et à‘ une profondeur données, les anciens, si nous en jugeons par leur araire qui paraît s’étre conservé jusqu’à nos jours dans les montagnes du midi de la France J prolongeaient la haie jusqu’au joug fixé sur le front de leurs bœufs. Cè système, faisant pour ainsi dire corps avec eux, forçait la charrue à stftvHè la direction qu’on leur donnait, et le laboureur, en appuyant sur le talon du sep, au moyen du bras de la charrue, maintenait la surface inférieure
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- du sqc et du sep dans une ligne parallèle au terrain : un coin placé entre la haie et le soc dpnnait à ce dernier l’entrée qu’ils désiraient.
- Ce mode de direction paraît avoir duré jusqu’à l’emploi des chevaux à l’action des charrues ; n’ayant pu obtenir de ceux-ci la fixité qu’offrait le joug des bœufs, c’est à cette époque qu’a dû commencer l’emploi de l’avant-train : fixé à la terre par son poids et ses roues, et à la haie par des attaches flexibles ou rigides, il a rendu possible de diriger la charrue en laissant aux chevaux une allure plus libre que celle qu’avaient les bœufsi On s’aperçut tard en France de l’augmentation de tirage produite, par les systèmes d’avant-train adoptés; plusieurs États d’Europe ayant donné l’exemple, la France s’occupa de perfectionner et même de supprimer tout à fait son système d’avant-train.
- Dans l’araire de M. de Dombasle, que nous prendrons pour type, la haie est traversée, à son extrémité inférieure, par une tige de fer perpendiculaire à la haie, nommée régulateur, pouvant se hausser ou se baisser dans sa rainure au moyen d’une cheville en fer; elle est en outre recourbée à angle droit à son extrémité inférieure et dentelée sur toute cette partie recourbée.
- La charrue n’est réglée que quand l’arête latérale et inférieure du soc et du sep se meut dans une ligne parallèle à la surface du terrain qu’on laboure, parce qu’alors seulement il y a dans les terrains homogènes des bandes égales produites, et par conséquent une résistance constante.! - >
- En abaissant dans sa rainure le régulateur dont on vient de parler, on augmente l’angle que fait la chaîne de traction avec la haie et celui que la ligne de tirage fait avec l’horizon. L’action dix tirage, relevant plus ou moins le régulateur, diminue alors, par cela seul, la profondeur du sillon quand la charrue est réglée, et vice versa,
- En faisant faire un angle plus ou moins ouvert à l’axe de la chaîne de traction avec celui de la haie, au moyen des dents de la partie recourbée du régulateur, on pousse de même, par l’effet du tirage, le corps delà charrue du côté opposé, et l’on appuie la surface latérale du sep contre le côté du sillon que l’on creuse. On donne ainsi une seconde ligne de stabilité au corps de la charrue, en sacrifiant un peu de puissance à vaincre le frottement latéral que cette disposition produit. : ? >
- Ce régulateur, quoique ayant un de ses élémens flexible, a produit partout, dans les terrains suffisamment homogènes, un travail facile et régulier. Les avantages de cet araire, sous le rapport de la diminution du tiragé,'ont été généralement reconnus, et la difficulté seule de trouver des garçons' de charrue disposés à oublier ce qu’ils savaient et à faire un nou-’ vef îf^rentissage' pour manœuvrer cet araire est le plus grand obstacle*
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- qu’il ait trouvé dans l’est de la France pour y être généralement adopté.
- C’est peut-être ce motif qui a engagé plusieurs cultivateurs, entre autres M. Pluchet, dont la charrue a obtenu le prix de cette année au concours de Grignon, à ajouter un avant-train à l’araire de M. de Dombasle. Cet avant-train offre aussi des moyens ingénieux d’augmenter la fixité de la charrue et la régularité du travail, dont nous croyons devoir parler ici.
- La tête delà haie, de forme carrée, se meut dans un carré qui s’élève et se baisse, au moyen d’une vis, entre deux montans fixés au corps de l’essieu. Un des côtés verticaux de la haie est délardé dans l’intervalle des deux montans, afin de pouvoir incliner assez la haie pour diminuer insensiblement la largeur du sillon, et pouvoir cultiver exactement les champs irréguliers. Quand les circonstances ne l’exigent pas, un coin placé dans la partie délardée rend à la tête de la haie sa forme carrée et le degré de fixité dont elle est susceptible. ' . > .
- La face inférieure de la haie est délardée de même entre les montans, de manière que la surface inférieure du corps de la charrue puisse, le plus possible, rester dans un plan parallèle au terrain, quand une des roues, en parcourant le fond du sillon, incline le corps de l’essieu.
- - U existe, depuis quelque temps, dans les environs de Nancy, le même mécanisme appliqué à plusieurs charrues, pour élever ou baisser l’extrémité de la haie, et par conséquent augmenter ou diminuer la profondeur du sillon que l’on trace sans arrêter la charrue ; mais cette extrémité est ronde et permet de donner au fond du sillon un plan bien parallèle au terrain. Cela est essentiel dans ce pays, où le cultivateur trouve, dans les mauvais temps, un avantage considérable à mettre les chevaux en file et à les faire marcher sur ce fond : alors ils se fatiguent moins et la terre glaiseuse qu’ils labourent ne forme pas sous leurs pieds, en se retournant, de grandes bandes assez dures pour que la gelée même ne puisse détruire leur cohésion.
- Dans les charrues des environs de Paris, un armon seul, placé au milieu du corps de l’essieu, se prolonge au dessous de la haie et se termine par un croissant en fer avec lequel il enveloppe la haie et lui établit ainsi une certaine fixité, par la pression que produit la direction du tirage de chevaux. Dans l’est de la France, une chaîne remplace le croissant.
- Dans toutes ces charrues, la pression exercée sur la haie se porte en partie surl’avant-train et en partie sur le corps de la charrue, et augmente sur la fusée des roues le frottement qu’y opère toujours le poids de l’avant-train. Dans la charrue que M. Guillaume a perfectionnée, la pression du croissant s’exerçant le plus près possible du coutre, cet inconvénient est réduit au minimum. ; - ; '• p • .... 1
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- Le système seul de M. Grangé non seulement le fait disparaître entièrement, mais par la manière dont il exerce la pression nécessaire sur le talon du sep , il diminue en même temps le frottement du poids de l’avant-train. Le premier, il a eu l’idée d’opérer cette pression en y reportant, par le moyen d’un levier, une partie du.poids de lavant-train : c’est ce qui a fait dire à M. de Dombasle que Y invention-G rangé était un des perfeclion-nemens les plus importans qui aient été faits depuis un long temps à la charrue. Il obtient ensuite une fixité complète de l’avant-tràin avec le corps de la charrue, en appliquant deux chaînes latérales à la haie au lieu d’une chaîne en dessous, et en les faisant aboutir au corps de l’essieu, de manière qu’en raccourcissant l’une plus que l’autre, la tête de la haie, qui a la forme d’un parallélépipède, se trouve serrée entre les montans de la sellette comme dans un étau; le corps de la charrue étant ainsi réuni avec l’avant-train, il suffit de bien diriger ce dernier pour obtenir un labour régulier.
- Dans ce système, la profondeur du sillon est réglée par une broche en fer qui traverse les montans, et que l’on place plus ou moins haut suivant la profondeur à obtenir. C’est la pression produite par le levier sur le talon du sep de la charrue qui remplace celle que l’homme a jusqu’ici été obligé d’y produire plus ou moins. La largeur du sillon se règle par la roue de droite en l’approchant ou en l’éloignant du centre du corps de l’essieu, comme dans les charrues de la Brie. La largeur du soc s’avançant jusqu’au bord de cette roue, même dans sa plus grande distance de ce centre, elle ne laisse aucun élément du terrain sans le cultiver.
- Le système-Grangé présente aussi un moyen nouveau de faire entrer le soc dans le sillon ou de l’en sortir. Un levier, dont le point d’appui est sur le haut du montant de la sellette, élève ou abaisse en un instant, au moyen d’une chaîne, la tête de la haie et lui ôte ainsi, ou lui rend, la position quelle doit avoir pour retourner la terre : en ne l’élevant que graduellement , ce levier permet aussi de cultiver les terrains irréguliers par la facilité qu’il donne de faire sortir le soc de la terre à point nommé.
- M. Hoffmann, mécanicien à Nancy, membre de cette Société, m’a chargé de faire hommage, en son nom, à la Société, des plan, coupe, élévation et détails de cette charrue, accompagnés d’une légende, qui donneront à ceux qui voudront la construire, ou la bien comprendre, tous les renseignemens qu’ils pourraient désirer. Ce plan a été pris sur l’épure même d’après laquelle il la construit pour la Société d’agriculture de Nancy.
- . Dans un premier rapport, on a fait connaître au Conseil les résultats de l’expérience publique faite sous le bois de Vie, près de Château-Salins, où le
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- système-Grange a labouré régulièrement un champ que le garçon de charrue avait été obligé d’abandonner Tannée précédente. .
- Un fait nouveau de même espèce vient d’être obtenu près d’Epinaî, par M. de liaset, fils de celui qui a recueilli la famille Uranie. Un terrain que l’on ne pouvait labourer avec la charrue en usage qu’en y laissant de nom-, breux manques et des trous a été cultivé daus toute sa surface sans manque ni trou. Vous l’avez vu vous-mêmes, Messieurs*, labourer à Pantin, avec deux chevaux, dans des terrains où les charrues du pays ne pouvaient produire un travail régulier, et à Clignancourt, retourner des engrais qui ' dépérissaient au soleil parce que la dureté du terrain ne permettait pas aux charrues de l’enfouir. , r v : ; .nfl ^ k/; ; -- ‘ ^
- . A Maisons-Alfort, elle a tracé trois sillons dans un terrain ayant servi de chemin, où aucune charrue du pays n’eut pu agir à cette époque; elle y a même cassé son levier ayant 3 pouces de diamètre à son milieu, ce qui vous explique les dangers que court un garçon de charrue dans des terres difficiles : quelle secousse n’eût-il pas éprouvée s’il eût tenu dans, cet ins-t tant le manche de la charrue ? La destruction du levier a préservé la charrue, qui est restée intacte. . «J-;..... ^ i ül ;-;: ,; J ^ - "jj
- On croit devoir répondre ici à ceux qui ont demandé des expériences comparatives, sous le rapport du tirage, dé la charrue que M. Grange aap-; portée de Nancy, après y avoir appliqué son système, avec celles du pays, que le système seul est de lui, qu’il est applicable à toutes les charrues à avant-train, et que, pour juger avec justice si à tous les autres avantages il réunit celui de diminuer le tirage, il doit être comparé dans la même charrue, sans ou avec ce système : la théorie et les expériences connues sont d’accord pour, lui reconnaître cet avantage, j . >1- - * d -/,> ,:h J
- Les moyens employés dans le système-Grangé éprouveront, nous n’en doutons pas, des modifications dans leur application aux différentes char-* rues usitées en France, surtout aux charrues toume-oreiiles. Déjà M. dey Dombasle en a présenté une applicable à ces dernières charrues , en ce qu’ellè donne le moyen d’incliner les deux côtés du corps de la haie sans changer la direction de la ligne de résistance, mi ;;v . ;; i n ,, '.ma
- D’autres ont rendu mobile, sur le milieu du corps de l’essieu, la sellette,, qui, dans la charrue présentée, est mobile sur Tune de sés extrémités, et qui » a pour objet, en l’élevant, de pouvoir donner à la surface inférieure du corps > de la charrue une position parallèle au plan du terrain» *;.•••'? iâ II
- : Le mouvement central donné à la sellette paraît avoir un inconvénient, c’est de porter, tant Am côté que d’im autre,< l’axe des momens de latésis-.
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- tance, qui né se trouve plus alors aboutir à l’attache dé Iâ ligne de tirage, comme l’a fait M. Grangé de sa charrue. ; ^ ^ ; - j : q
- D’autres reportent le poids de l’avant-train sur le talon du sep au moyen de la haie; mais, outre que cette manière n’aura jamais la précision du levier, on court risque, dans les terres difficiles, de casser la haie,*'ce qui devient une dépense plus ou moins considérable; tandis que M. Grajzgéne risque que son levier, qui peut être remplacé avec beaucoup moins de frais et sans perte de temps : mais, dans tous ces systèmes, l’idée-mère, celle de reporter le poids de l’avant-train sur le talon du sep, reste intaçte, et c’est cette idée neuve et féconde qui fait le principal mérite-de.l’invention, avec la fixité du système, qui permet de faire fonctionner les charr rues à six ou huit chevaux avec un seul homme. , y. ,
- -, br Résumé. \
- Le système-Grangé, en reportant sur le talon du sep une portion du poids de l’avant-train, diminue l’action du tirage. ' *
- Sa fixité permet à un seul homme, plutôt intelligent que robuste, de conduire une charrue à quatre, six ou huit chevaux, au lieu de deux qu’elle exigeait, et rend ainsi aux autres fonctions de l’agriculture un nombre considérable de bras. -
- Elle produit un labour régulier dans des terrains qui avaient jusqu’ici été impraticables aux charrues dont le bras était tenu par l’homme, et rendra par conséquent à la culture une étendue considérable de terrains maintenant en friche. . ^
- Dans les pays où le labour se fait avec un homme et deux chevaux, elle permettra de labourer avec moins de fatigue et de soins, et dans des saisons où la charrue du pays ne peut fonctionner. t
- Le.laboureur pourra employer ses chevaux pendant une plus grande partie de l’année, cultiver davantage, et ne verra plus dépérir les engrais dont il a couvert son champ, parce que la sécheresse ou l’humidité aura rendu l’usage de sa charrue impraticable. . • r i
- Enfin M. Grangé, n’ayant pris un brevet que ppur empêcher qu’un autre, comme on le voit journellement, ne s’emparât exclusivement de son invention, et ayant renoncé au brevet aussitôt qu’il a pu la publier et éviter par là ce qu’il craignait, a contribué, autant qu’il était en lui, à faire jouir la "France, le plus tôt possible, des avantages de son système. ”
- '«a.;-:.; s- ...." Conclusion. .......* • * "" * ’V"*
- •b a;
- Les deux Comités réunis liront’ chargé de vous proposer de féliciter
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- M. Grangè sur ses inventions, de remercier M. Hoffmann de l’envoi des plans et de leur légende ;
- V.. De faire insérer le présent rapport dans le plus prochain numéro du Bulletin, ainsique les dessins adressés par M. Hoffmann, sans en réduire l’échelle; >
- De renvoyer le présent rapport à la Commission des médailles, pour y être pris en considération lors de la première distribution ;
- , D’accorder à M .Grangè cinq cents exemplaires du rapport et des plans;
- Enfin d’adresser copie du présent rapport à M. le Ministre du Commerce et des Travaux publics, en lui renvoyant les pièces jointes à sa lettre du 18 décembre dernier.
- Approuvé en séance, le 24 juillet i833.
- Signé Lamrel , rapporteur.
- Description de la cAtf/vvje-Grangé, construite par M. Hoffmann, mécanicien a Nancy (Meurthè).
- Explication des planches 548, 549 et 55°.
- Fig. 1, PL 548. Plan delà charrue. ^
- A, Ligne de milieu de la haie (1).
- B, Ligne de la tranche du sillon divergent avec la précédente (2).
- C, Ligne de tirage se portant vers la gauche lorsque la charrue travaille sur un plan horizontal et à droite lorsque le premier sillon est ouvert : c’est à dire que le mancheron U , Pl. 55o, fig. 5, qui se trouve dans la direction c, h, quand la charrue, placée sur un plan horizontal, ne laboure point, prend, lorsqu’elle travaille sur ce même plan, l’inclinaison c, d; tandis qu'il se porte dans la direction c, a, lorsque le premier sillon, étant ouvert, la roue de droite marche dans la raie et fait pencher l’avant-train de ce même côté : alors la pointe du soc quitte le point a, fig. ir% se jette au point b, et se trouve ainsi dans le plan de la ligne C, qui est écartée d’environ 11 pouces de la roue de droite; i, point auquel doit répondre la pointe du coutre qui se trouve à peu près à 6 lignes en dehors de la ligne du sep.
- D, Ligne du centre de l’avant-train prise de l’extrémité des armons EE,
- (1) Pour conserver les lignes fondamentales de cette construction aussi distinctes que possible , la baie n’a point été placée dans cette figure ; elle est tracée à part pour en donner un détail plus précis.
- (2) Ce déyiexnent doit être rigoureusement observé.
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- qui, à l’exception de leur dévieraient, ont beaucoup de ressemblance avec ceux des charrues ordinaires.
- F, Chape ou régulateur auquel s’attache la balance d’attelage; il est aussi représenté détaché de la charrue.
- G, Pitons implantés dans les armons qui sont frétés, et auxquels s’attachent les deux chaînes de tirage G'G'. Ces chaînes sont ^fc^rmes par les crochets H H fixés à la haie.
- I, Sellette mobile sur une charnière J. On lui donne l’inclinaison convenable au moyen du régulateur K et des deux broches L L.
- M, Montansou jumelles entre lesquels passe et joue librement la haie T. Cette partie se distingue plus facilement dans les fig. 2 et 41 où elle est indiquée par les mêmes lettres.
- JS", Section où est implanté l’étrier à écrou qui reçoit le bout du levier de pression P.
- O, Autre section pour l’œillet servant à soutenir l’avant-train pendant que la charrue marche sans travailler.
- Les roues, l’essieu, le sep, etc., n’ont rien de particulier et sont presque semblables aux mêmes parties de la charrue ordinaire; mais quant au versoir, qui est un point très essentiel de construction dans la charrue-il va en être fait un détail particulier.
- Fig. 2, PL 549* Elévation longitudinale et coupe de la charrue-Gra/zgé.
- E, Armons.
- F, Régulateur ou chape munie d’un crochet de tirage d, lorsqu’on veut atteler plus de deux chevaux (1).
- GG, Pitons.
- (1) Je crois nécessaire d’expliquer ici comment doit se faire l’attelage de la charrue avec le régulateur ou chape dont il est question, et qui n’est pas en usage partout. D’abord, cette chape s’adapte aux armons au moyen delà broche r qui la traverse dans le milieu et qui se maintient par une clavette placée en dessous ; ensuite on attache la balance à cette chape, en la traversant de la broche s placée à son extrémité antérieure : voilà qui suffit pour deux chevaux ; mais veut-on en atteler un ou plusieurs en avant, alors on passe le crochet de tirage dans le boulon t qui réunit la balance à la chape, et à ce crochet on attache une flèche ou chaîne de conduite qui sert à l’attelage des chevaux de devant. La balance se compose d’un grand palonnierde trois pieds de longueur, à chaque extrémité duquel sé trouvent deux palonniers ordinaires suspendus h un anneau. Cette manière d’atteler est indispensable pour la ch a r rue- G ; parce qu’elle offre un tirage égal et sans secousse, qui contribue
- essentiellement à la régularité du travail et permet, concurremment avec l’inclinaison de la sellette, de donner plus ou moins de largeur à la raie.
- Trente-deuxième année. Juillet i833.
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- G', Chaînes.
- H11, Crochets. ,
- ï, Sellette. .
- K, Régulateur de la sellette.
- LL, Broches du régulateur.
- M, Montans ou jumelles.
- N, Étrier à écrou pour le levier de pression P.
- O, Œillet pour le soutien des armons.
- P, Levier de pression engagé par son extrémité antérieure dans l’étrier N, et suspendu par son autre bout à une chaîne de retenue u par un crochet e fixé au mancheron U sur lequel il appuie.
- Q, Levier supérieur servant à faire sortir la charrue hors de terre par le moyen d’une chaîne R retenue par un crochet R' ; il s'engage sous le crochet S fixé sur la haie.
- T, Haie.
- U ; Mancheron de la charrue.
- Y, Sep.
- X, Cheville ou broche du bâtis.
- Y, Boulon à écrou du bâtis.
- Ces cinq dernières pièces forment le corps de la charrue, auquel est ensuite appliqué l’oreille ou versoirZ (1). Le soc A' doit être ajusté sur le sep avant cpie ces cinq pièces soient assemblées.
- B', Coutre qui est arrêté dans la haie par un coin.
- La partie e, f de la haie qui joue entre les jumelles doit avoir un égau-chissement de quatre lignes environ , non compris la pièce de recharge g, qui suit la même inclinaison, ce qui produit à peu près six lignes sur la largeur totale de la haie en cet endroit, y compris la recharge g.
- Fig. 5, Pl. 54 B. Cette figure représente la haie T vue en dessus.
- Elle a été tracée séparément dans les dimensions les plus exactes. La partie h peut être arrondie; mais la partie eyf7 surchargée par la pièce g1, fis- 2’ doit être soigneusement conservée plane, pour former dans sa section un parallélogramme oblique (2).
- (1) Indiqué par des traits de force , puis détaillé fig. 8. *
- (2) On doit conserver assez d’épaisseur à la partie e,f pour pouvoir l’ajuster entre les deux jumelles , ce qui est le dernier travail du montage de la charrue.
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- L’échelle placée au dessous de la fig. 5 est applicable à toutes les figures des trois planches.
- Fig. 4, PI. 55o. Vue de face et coupe de la charrue sur la ligne k, m, fig. i. Le régulateur K exige deux broches L, dont l’une se place en dessous de la sellette I, quand on est obligé de donner une certaine inclinaison aux jumelles, et l’autre se place toujours en dessus pour la fixer.
- Broche en forme de clef pour régler la hauteur de la haie et l’entrure de la charrue.
- D', Crochet sur lequel s’appuie le levier de soutien E\Jig. 2 , qui ne sert que lorsque la charrue marche sans labourer, afin que la partie antérieure des armons ne s’abaisse pas trop et ne heurte pas en terre (i).
- Fig. 5. Cette figure indique la partie postérieure de la charrue vue comme dans la Jig. /h et dans la position où elle se trouve lorsqu’elle est montée sur son avant-train, et que cet avant-train est placé sur un plan horizontal : alors le mancheron U se trouve dans la position c, b et le soc au point a, comme il a été dit plus haut; mais, en labourant et par l’action du levier de pression P, le mancheron s’incline à gauche, selon c, d, formant un angle d’environ 20 degrés avec c, a , ligne que prend enfin le mancheron lorsque la roue de droite marche dans le sillon ; il fait ainsi pencher l’avant-train à droite.
- Fig, 6. Cette figure présente la position du versoir vu par derrière, et tel qu’il se termine selon les lignes n, o } fig. i et 2, lorsque la charrue est placée sur un plan horizontal, sans être montée sur son avant-train.
- T, Section de la haie.
- V, Section du sep sur la ligne 72, o, fig. 2.
- A\ Soc.
- Fig. 7. O11 voit dans cette figure le soc sur presque toutes ses faces.
- F', Vu en dessus et relevé par le profil postérieur II', qui, par ses hachures, fait connaître l’épaisseur du fer.
- I, Yu en dessous et relevé sur. le profil J'.
- K/, Soc du côté droit.
- (1) Quelques cultivateurs ont supprimé - ce levier et attachent les armons à l’extrémité de la haie, qui, se trouvant soulevée lorsque la charrue marche sans labourer, semble devoir remplacer facilement le levier de soutien ; mais il ne faut pas encore songer à cette suppression ; car Grange, qui l’avait déjà tentée , a été obligé d’y renoncer et de revenir à son levier, parce que la baie , quelquefois gênée par le poids des armons, n’était plus aussi libre dans scs mouvemens.
- ÛI.
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- Fig. 8. Oreille ou versoir. Cette pièce est la plus difficile à exécuter convenablement, et la plus importante pour obtenir un bon labourage et bien retourner la terre. Dans la confection de cette pièce, il faut, après avoir tracé son contour, ainsi que le présente la fig. 8, par a, b, c3 d, e,j, g et h y donner à sa surface droite ou extérieure une forme courbe ou torse, qui cependant ne soit pas d’une torsion égale partout.
- Pour obtenir un versoir qui remplisse toutes les conditions nécessaires, on se procure une pièce de bois de longueur et largeur voulues, sur 8 pouces d’épaisseur (i).
- On commence à bien dresser cette pièce à la varlope et à lui donner une épaisseur parfaitement égale ; ensuite, sur les deux côtés dressés, on trace le contour a, b, c, d, etc. Cela fait, on tire les deux lignes b3 g et c3 f (a), desquelles on part pour renvoyer sur le contour des traits perpendiculaires où se marquent, ainsi qu’aux quatre angles, les points ou sections suivantes. ,
- L’angle a sert de point de départ pour le tracé de la ligne torse ou pourtour de la pièce : ainsi l’angle même devient le point a.
- Sur la perpendiculaire b, on fait un point ou section à 8 lignes de distance de la rive ;
- Sur la perpendiculaire c, un autre point à 3 pouces 9 lignes de cette même rive ;
- A l’angle d, un point à 6 pouces 6 lignes.
- L’angle e se confond encore avec la même rive.
- Sur la perpendiculaire fy un point à 6 lignes.
- En g, un point à 1 pouces 6 lignes.
- Enfin, à l’angle h, un point à 6 ponces 6 lignes, toujours de cette même rive.
- Alors on trace une ligne passant par tous les points marqués, d’après laquelle 011 façonne et l’on forme la surface du versoir, qui doit avoir 6 pouces 6 lignes de torsion : cette surface est encore plus ou moins concave dans sa hauteur, suivant les portions de cercle décrites à ses extrémités, l’une à la partie antérieure a} h, dont le point de centre est o ;
- (1) On emploie pour les versoirs le bois de hêtre, de charme et de sorbier, ou tout autre bois compacte et lisse et à pores serres.
- (2) Au lieu de deux lignes seulement, b, g et c,f, on peut en tracer un plus grand nombre, par exemple, quatre ou cinq, et opérer le tracé de la ligne torse de la même manière ; ce qui offrira, avec une plus grande division de la surface, un travail plus correct.
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- l’autre à sa partie postérieure d, e, fig. 6, qui est peu sensible : quant aux sections b, g, et e,f, elles tiennent le milieu entre les deux portions de cercle des extrémités.
- Rapport fait a VAcadémie royale des Sciences, par M. Molard? sur la charrue-Grange.
- M. le préfet des Vosges a appelé l’attention de l’Académie sur une charrue perfectionnée de Grangé.
- Pour répondre à cette invitation, l’Académie a chargé de cet examen divers membres des sections d’agriculture et de mécanique, et nous allons avoir l’honneur de lui soumettre les principes et les effets du système applicable à toutes les charrues à avant-train, inventé par J.-J. Grangé, tiré de ses écrits publiés, manuscrits, et du résultat des expériences qu’il a faites en présence de vos commissaires.
- J.-J. Grangé, né à Harol, département des Vosges, fils d’un soldat devenu laboureur, après avoir été mutilé dans les champs d’honneur où la France défendit son indépendance à la fin du siècle dernier, perdit son père en 1823, n’étant âgé que de dix-huit ans : aîné de sept enfans, avec une mère malade depuis long-temps, il ne put reprendre la ferme de son père, et il entra, avec cinq de ses frères ou sœurs, chez M. de Raset, propriétaire de cette ferme.
- L’amour de ses devoirs le porta à s’acquitter constamment des fonctions de garçon de charrue qui lui avaient été confiées.
- Travaillant dans une terre forte et mêlée de pierres plus ou moins grosses, la fatigue et les dangers qu’il éprouvait journellement étaient sur le point de le faire renoncer à ses fonctions, lorsqu’il conçut l’espoir de suppléer à l’action de l’homme par du bois et du fer, et il s’occupa de suite de réaliser cette idée.
- Son premier essai n’ayant pas réussi, il fut discrédité dans le public et blâmé par sa famille meme; mais le dessein de diminuer sa peine êl la pensée du service qu’il rendrait à l’agriculture le soutinrent dans la carrière et lui inspirèrent une volonté ferme de réussir.
- On sait que, dans les six départemens de la Haute-Saône, des Vosges, de laMeurlhe, de la Moselle, de la Meuse et des Ardennes, il faut, vu la nature à peu près générale des terres, quatre, six et même huit chevaux avec deux hommes pour conduire la plus grande partie des charrues en usage dans ces départemens.
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- Il est même des terrains tellement difficiles, qu’il faut que les deux hommes s’y relaient au manche de la charrue, pendant la durée de l’attelée qui est de quatre à cinq heures pour obtenir un travail continu.
- Après avoir lutté cinq ans contre les difficultés de toute espèce qui l’entouraient, M. Grangè parvint enfin à construire une charrue labourant seule avec assez de perfection pour attirer l’attention des cultivateurs de son pays. Il en construisit pour plusieurs, et c’est en notant dans son esprit les avantages et les inconvéniens des moyens qu’il a successivement employés, qu’il est parvenu à obtenir le type de la charrue qui est présentée aujourd’hui à l’Académie des Sciences.
- Les fonctions de l’homme qui tient une charrue sont d’en maintenir de soc à une profondeur et dans une direction données, en appuyant sur les bras de la charrue et en la dirigeant.
- On était déjà parvenu , dans quelques contrées, à diminuer la quantité de pression que l’homme doit exercer sur ces bras,.par l’action de la chaîne de tirage et la précision du régulateur; mais pour obtenir ce résultat, il faut un terrain homogène en élément et en cohésion, assez rare à rencontrer.
- La pression produite par le système-Grartgê n’a point cet inconvénient, parce qu’outre l’avantage de pouvoir être réglée au moyen des maillons d’une chaîne que l’on alonge ou que l’on raccourcit à volonté, de manière à n’opérer que la pression précisément nécessaire pour maintenir le soc à une profondeur donnée, ce système a encore l’avantage de l’augmenter rapidement d’une manière rigide, quand le soc veut remonter à la surface de la terre.
- En effet, cette pression s’opère au moyen d’un levier qui, ne cédant pas comme les chaînes, appuie constamment sur le bras de la charrue par l’action qu’exerce, à son autre extrémité, la ligne de tirage des chevaux, et qu’il ne pourrait remonter sans que cette ligne, qui est maintenue par toute la force des chevaux, ne soit forcée à s’abaisser. t
- Pour tenir une direction constante, le nouveau système donne à la haie une fixité inconnue jusqu’ici dans les charrues. Il porte sur la sellette de l’avant-train deux montans parallèles qui reçoivent entre eux la haie, à laquelle on a donné la forme d’un parallélipipède, et pour obvier à la petite vacillation que le jeu indispensable laissé entre ces montans et la haie pourrait produire, deux chaînes latérales qui partent de cette haie et aboutissent au corps de l’essieu forment, en les raccourcissant d’un côté ou de l’autre, un second point d’appui qui, avec la résistance du terrain, donne une direction invariable à la charrue.
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- Bans la charrue ordinaire des départemens précités,, le laboureur, à la fin d’un sillon, la couche sur le côté ou la porte jusqu’à Ce qu’elle soit dans la nouvelle ligne à tracer, opération assez pénible. Dans le nouveau système, un levier dont le point d'appui est sur le haut des montans de la sellette enlève la haie avec une chaîne qui aboutit à son extrémité et qui est fixée par son autre bout à ce levier.
- Ce levier se fixe en un instant à sa partie postérieure au moyen d’un crochet, et le soc soulevé de terre ne pique plus : la charrue, en tournant, ne porte alors que sur l’extrémité du sep. Quand les chevaux sont de nouveau en ligne, le levier décroché rend aussi promptement au soc sa première position et son action.
- Le plan du dessous du sep et du soc de cette charrue est incliné de manière à produire un fond de sillon horizontal, quand la roue d’avant-train de droite chemine dans un sillon de 6 pouces de profondeur. Pour obtenir le même résultat quand les deux roues sont dans un terrain horizontal ou moins incliné , une sellette mobile, placée sur le corps de l’essieu et à laquelle les montans sont fixés, peut s’élever au moyen d’une crémaillère et d’une cheville, de manière à ramener la base du sep et du soc dans une position horizontale.
- La profondeur du sillon se règle par une broche que l’on place plus ou moins haut dans des trous percés dans les montans.
- Avec la charrue présentée à l’Académie, on peut labourer de 3 à 9 pouces et demi de profondeur; en outre, le boulon en fer cpii unit le sep à la haie porte une vis à l’une de ses extrémités qui permet d’ouvrir l’angle formé par la haie et le sep, et par conséquent d’augmenter l’enfoncement du soc.
- La forme du versoir a été donnée à l’inventeur par l’expérience; il l’a fait en bois parce qu’on croit que le bois adhère moins aux terres fortes que la fonte, dans l’espèce de terre à laquelle la charrue était destinée.
- Cette forme, qui a été l’objet de recherches et d’un travail très intéressant de. Jefferson, se trouve'déterminée par l’effet que le frottement opère sur un versoir nouveau suivant la nature du terrain; on conçoit facilement que les parties qui offrent une résistance plus intense que leurs voisines sont promptement détruites par le frottement, jusqu’à ce que l’égalité de son action soit établie : de là, résulte une surface courbe qui paraît devoir échapper à toute analyse, vu les nombreux.et.variables élémens qui la produisent : telle est la forme de l’excellent versoir que l’expérience seule a
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- fournie à M. Grange; il est de 4 pouces plus long que celui de Jefferson (i).
- Il est facile de fixer à volonté la largeur du sillon, sans rien perdre de la régularité de la marche, par le moyen de la fusée droite de l’essieu, qui est percée de trous de manière à permettre, avec une clavette, de rapprocher ou d’éloigner la roue de droite à volonté.
- On croit donc que le nouveau système permet de produire, dans tous les terrains, sans l’action fatigante et continue de l’homme, une profondeur et une largeur de sillon données, avec une fixité et une régularité qui n’existent dans aucune autre charrue. Son moyen de dépiquer la charrue paraît aussi plus simple et plus facile qu’aucun de ceux employés jusqu’ici; et ce nouveau système, qui n’augmente pas sensiblement le prix de la charrue, est d’une construction très solide.
- L’expérience faite sous le bois de Yic, près de Château-Salins, prouve que cette charrue permet de cultiver des terrains^ur lesquels la charrue menée par l’homme seul n’avait pu encore avoir d’action régulière.
- On finira cet exposé en énonçant un principe dont Inexpérience a démontré futilité à l’inventeur pour se servir, avec le plus d’avantage possible , du régulateur des charrues. \
- Pour obtenir le trayail le plus facile et le plus régulier, il a trouvé qu’il fallait que l’extrémité des armons, où est le point d’application du régulateur, se trouvât dans la ligne passant par la face extérieure du sep et la pointe du soc.
- Dans la charrue soumise à l’expérience, cette ligne passe à 2 pouces du milieu du corps d’essieu.
- Ce principe paraît conforme à la théorie, parce que le point d’application de la ligne de tirage paraît être alors dans la direction du centre de la résistance produite sur le soc et le versoir, qui est sur la droite et non dans le milieu de la charrue.
- L’expérience faite à Rouvray a été accompagnée de plusieurs circonstances défavorables que l’on croit devoir rappeler ici. Les chevaux peu dociles et point d’accord s’arrêtaient souvent et détruisaienj ainsi la régularité du fond et de la ligne du sillon. Le conducteur, au lieu db s’occuper de ses chevaux, regardait la charrue et la dirigeait mal ; le terrain, avec une croûte dure, offrait du sable sans cohésion au dessous, à 4 pouces seulement d’épaisseur, avec un tuf dur au dessous, et qui paraît n’avoir jamais été labouré.
- (1) L’un de nous s’occupe, dans ce moment, de prendre la forme exacte de ce versoir, d’après les procédés des sculpteurs, pour obtenir un modèle propre à être coulé en fonte.
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- Le soir, quand les chevaux ont été attelés en file, le travail a été beaucoup plus régulier et jugé très supérieur à celui du fermier, qui se fatiguait avec la charrue du pays pour obtenir un travail très imparfait, avouant lui-mème que cette terre n’était point labourable, vu la saison.
- Dans ces circonstances, on ne pouvait exécuter un travail de peu de profondeur, comme quelques personnes l’avaient demandé; il fallait une terre plus maniable et surtout d’une cohésion plus égale pour obtenir ce résultat.
- D’autres expériences, répétées ultérieurement par vos Commissaires , les ont mis à même de bien constater les avantages réels de la charrue dans le labour des différentes natures de terres , et il est constant pour eux que désormais, grâce à cette utile invention, les charrues à avant-train ne seront plus susceptibles du reproche qu’on leur faisait de traîner un poids inutile, dont les araires ne sont point surchargés, puisque, dans la charrue-Grangé, l’avant-train fournit lui-même le poids nécessaire pour faire entrer dans le sol le soc de toutes les espèces de charrues........
- Dans les six départemens de l’Est, où le système-Grangé a déjà produit des avantages incontestables, il est de fait que, dans le plus grand nombre de ces départemens, les Sociétés d’agriculture ou les autorités ont recommandé l’auteur de ce système à la bienveillance de l’Académie des Sciences, et se sont empressées en même temps de donner à M. Grangé des médailles et des éloges motivés.
- En résumé, la charrue à avant-train, en usage dans les six départemens précités et disposée par M. Grangé, procure ce précieux avantage de n’exiger, pour la conduire, quelle que soit la nature du terrain, qu’une personne au lieu de deux, puisqu’elle l’ouvre seule : ainsi le perfectionnement du plus important des instrumens d’agriculture est un véritable présent fait au premier des arts, non seulement parce qu’il diminue la peine des hommes et des animaux de trait, et qu’il rend le labour plus facile et plus régulier, mais encore parce qu’il donne à perpétuité , dans ces contrées, un homme de plus à la culture, de sorte que le laboureur peut seul, ou l’un de ses enfans encore jeune , labourer ses champs sans le concours d’un fort valet de charrue.
- En conséquence, vos Commissaires ont l’honneur de proposer à l’Académie d’accorder son approbation aux utiles perfectionnemens ajoutés à la charrue par M. Grangéf et de renvoyer le présent rapport à la Commission de mécanique pour les prix Montyon.
- Signé Molard, rapporteur.
- L’Académie a adopté les conclusions de sa Commission, le 15 juillet i833
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- Rapport fait a VAcadémie ' des Sciences, par M. Damas , sur un mémoire de MM.< Payen et Persoz, sur la diastase ' et la dextrine, et sur les applications industrielles de ces . deux substancesi : 'bb */*•- S!> i5iU3îî,“ f
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- ' L’Académie nous ayant chargés, M. Robiquet et moi, de lui rendre compte du Mémoire dont nous venons de rappeler le titre, nous avons soumis à un examen attentif les résultats scientifiques ou économiques qu’il renferme. Nous allons faire connaître à l’Académie les faits dont les auteurs nous ont rendus témoins et les conséquences qu’on peut en déduire. ;it ' >* * *
- ; Il y a peu de temps encore, les chimistes considéraient l’amidon comme une matière organique définie, et croyaient même y apercevoir, à l’œil nu, des indices de cristallisation : on sait aujourd’hui que l’amidon est un organe, et même un organe assez complexe. Les observations de M. Raspail, en plaçant la question sur son véritable terrain, ont ouvert la voie à toutes les découvertes dont l’amidon et ses produits ont été récemment l’objet. u Nous ne rappellerons ici que d’une façon rapide la théorie de M. Raspail; elle doit être popularisée maintenant, car elle est passée, depuis plusieurs années, dans l’enseignement, et elle est professée par tous les chimistes de Paris. - v-v. - y
- i On admet donc aujourd’hui, comme fait démontré, que l’amidon se compose d’un sac membraneux renfermant une matière épaisse et comme gommeuse. Sous rinfluence de la chaleur et des acides, les vésicules se déchirent, et la matière gommeuse s’épanche au dehors. Les chimistes connaissaient fort bien ces réactions; mais iis regardaient comme une véritable formation de gomme ce qui n’était en réalité qu’un phénomène mécanique propre à mettre en liberté une gomme déjà formée. ; * *
- Cette gomme extraite de l’amidon possède une propriété curieuse et que l’on peut regarder comme un phénomène chimique proprement dit ; sous diverses influences, elle se convertit en un véritable sucre qui avait été confondu avec le sucre de raisin, mais que les expériences récentes de M. Biot nous ont appris à distinguer de ce dernier. < •' ^ :: I ^ 1
- r Tous ces faits étaient connus depuis plus ou moins long-temps, et Poix avait essayé vainement, à diverses époques, de rendre applicable aux opé-- rations délicates de l’industrie la substance gommeuse retirée de l’amidon; on avait à peine pu en tirer quelque parti pour épaissir les mordans qui
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- servent à fixer les couleurs sur les toiles peintes : on employait , dans ce cas, l’anfidon déchiré par une torréfaction qui, s’exerçant d’une manière inégale, laissait des grains intacts et altérait une partie de la substance gommeuse.,'/.', f:.'71;* ; ô?»n ...-•»»«;*;? . . ;j;-*
- r,’M. Couverch&l, qui depuis long-temps/avait fort bien saisi la nature véri-, table des réactions de l’amidon , essaya de mettre à profit l’action des acides, et en particulier celle de l’acide sulfurique ; mais le haut prix: du produit ainsi préparé ne permit pas de le faire en grand pour les besoins de l’industrie. -, - ' ; •> .. h;'.; .. f> . ' o ’ ; n‘H *
- - D’un autre côté, et pendant que tous ces travaux s’exécutaient sur l’ami-don, deux industries importantes, la fabrication de la bière et celle de l’alcool de fécule, étaient l’objet d’investigations très actives. Tout le monde sait que la bière se prépare au moyen d’une infusion d’orge germée que l’on fait bouillir avec du houblon, et qui est ensuite soumise à la fermentation alcoolique. ; . , ,
- Les chimistes se rendaient compte de cette fabrication en observant quej les graines germées peuvent fournir à l’eau une forte proportion de sucre -, et ils considéraient l’amidon et les autres produits de l’orge comme inertes dans les réactions qui produisent la bière.
- Toutefois les Anglais avaient aperçu une action spéciale que l’orge germée exerce sur les matières féculentes ; ils en tirèrent d’utiles conséquences pour la fabrication dé la bière. Un habile manufacturier, M. Dubrunfaut, a poussé plus loin cet examen, et il a mis à profit, en diverses occasions, la propriété spécifique de l’orge germée, et en particulier dans la préparation de l’eau de vie de fécule et celle de la bière.-, . . .. ,
- n’-Dès 1785, le docteur hvine montra que l’orge non germée pouvait être employée avec profit dans la fabrication de la bière, pourvu qu’on eût soin de l’associer avec une certaine quantité d’orge germée; il s’assura que ce mélange, sous l’influence de l’eau chaude ,s acquiert bientôt une saveur sucrée, devient propre à la fermentation, .et .fournit"en définitive plus d’alcool que n’en aurait donné une quantité d’orge germée égale au poids du mélangé employé. Le docteur Irvine attribuait, à ce qu’il paraît, la conversion du grain brut etrsucre à'la matière sucrée qui existe dans l’orge germée: ce s mélanges de grain cru et de grain germé se font habituellement en Angleterre maintenant. r
- f : Ea i8a5, dans un Mémoire couronné par la Société d’Agriculture du département de la Seine, M.. .Dubrunfaut établit les faits suivans, qui, eu appuyant l’observation du docteur Irvine} en éclaircissent tous les détails
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- et la présentent sous un nouvel aspect. On savait, dans les ateliers, que la saccharification des grains destinés à la fabrication de l’eau de vie de grains pouvait s’opérer par le mélange de quatre parties de grains bruts pour une partie de grains germes; on savait aussi que la fabrication de l’eau de vie. de pomme de terre pouvait s’exécuter au moyen d’une macération préalable de la matière avec un vingtième de son poids d’orge germée des brasseurs:' ce sont ces faits connus que M. Dubrunfaut cherche à expliquer. ‘ >
- Dans sa première éxpérience, M. Dubrunfaut, ayant formé un empois avec 5oo grammes de fécule de pomme de terre et 4kilogrammes d’eau, y ajouta 125 grammes d’orge germée. En maintenant la masse à la température de 62 à 69 degrés centigrades, il s’aperçut qu’elle était entièrement liquéfiée au bout d’un quart d’heure. Deux heures après,' la température restant la même, la liqueur se trouva convertie en un sirop qui, étendu d’eau, put éprouver la fermentation, et dont on retira 38 centilitres d’eau de vie à 19 degrés : l’orge germée employée n’en avait fourni que 9 centilitres ; le reste provenait de la fécule.
- Ayant distingué nettement la fluidification de la fécule et sa conversion en sucre, M. Dubrunfaut s’est assuré ensuite que le seigle germé, l’avoine germée et le froment germé opèrent les deux effets, mais bien moins que l’orge germée.
- Quant à la propriété fluidifiante, elle se retrouve dans la sciure de bois de hêtre, le lin brut et la courte paille qui enveloppe le grain de l’orge, et qu’on sépare du grain germé dans les brasseries. Ces substances ne semblent pas propres à saccharifier la fécule et ne la liquéfient qu’au bout de quelques heures, tandis que l’orge germée opère en quelques minutes.
- D’après ces observations, M. Dubrunfaut propose, pour la fabrication de l’eau de vie de fécule, de convertir la fécule ou la pomme de terre râpée en empois, d’y ajouter l’orge germée nécessaire pour le rendre fluide et le sac-; charifier, et d’en exciter ensuite la fermentation comme à l’ordinaire.
- M. Dubrunfaut essaya d’appliquer ces résultats à la fabrication de la bière: un kilogramme de fécule lui fournit 10 litres de moût à 6 degrés de Baumé, et ce moût, houblonné convenablement, produisit une bière analogue à celle de Paris ; en supprimant le houblon il fit une bière blanche; et en ajoutant un dixième de miel roux il composa une bière analogue à la bière de Louvain. ;
- ' M. Dubrunfaut attribua les phénomènes qu’on vient de décrire à cette matière que Proust avait décrite sous le nom d'hordéine. Plus’ fard, dans son Traîtè de la Distillation, il assigna ce rôle au gluten dissous daiis 1 acide
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- acétique , et il y fut conduit par les expériences bien connues de frirchoff sur la saccharification de la fécule, au moyen du gluten. M. Raspail vient de reproduire cette opinion dans un ouvrage récent (i).
- Les observations nouvelles de MM.Payen et Persozen donnent une tout autre idée.
- Voici comment ces derniers opèrent :
- Dans une quantité déterminée d’eau, on met de l’orge germée, desséchée et moulue , telle que l’emploient les brasseurs : après avoir porté la liqueur à 4o degrés, on ajoute de l’amidon en proportion convenable; celui-ci a perdu la propriété de former empois, au moins d’une manière permanente, pourvu que la liqueur ne soit portée que vers 70 ou 'jS degrés centigrades. En maintenant la matière à cette température pendant dix minutes ou un quart d’heure, on voit la liqueur, qui s’était d’abord un peu épaissie, se liquéfier et s’éclaircir progressivement; et elle finit par acquérir une telle fluidité, qu’on pourrait aisément la passer au travers des filtres de papier : les débris ou le son de l’orge germée surnagent, les pellicules des grains d’amidon tombent au fond, et la liqueur claire contient toute la substance gommeuse de l’amidon, cette matière à laquelle M. Biot a proposé de donner le nom de dextrine. En évitant la formation de l’empois, on obtient une fluidification plus facile de la fécule, et l’opération se fait plus vite que par le procédé de M. Dubrunfaut. Les deux procédés différent en ce que les auteurs mettent l’orge germée la première dans l’eau tiède, et que M. Dubrunfaut y introduisait d’abord la fécule : la première de ces méthodes paraît la meilleure.
- Les auteurs trouvent que, pour cent parties d’amidon ou de fécule, il faut employer quatre cents ou cinq cents parties d’eau et cinq ou dix parties d’orge germée, sèche et moulue, selon sa bonne ou mauvaise préparation.
- La dextrine, une fois isolée de ses tégumens, se convertit en matière sucrée par l’application du même procédé ; il suffit de prolonger pendant trois heures l’application de cette température de 70 degrés centigrades, au lieu de la borner à quelques minutes.
- Quand on veut arrêter l’opération à l’état de dextrine et éviter la formation du sucre, il faut porter la liqueur à l’ébullition dès que les grains de fécule sont tous crevés. A 100 degrés, la matière de l’orge perd toutes ses propriétés et devient incapable de changer la dextrine en sucre.
- Ainsi, la formation de la dextrine et celle du sirop de fécule, deux produits d’un haut intérêt industriel,' peuvent s’exécuter en grand , sans diffi-
- (1) Nouveau système de Chimie organique. Paris, i833.
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- culte et sans variation, par un procédé qbi n’introduit dans ces matières aucune substance étrangère et surtout aucune substance nuisible. On aurait pu préparer la dextrine par l’acide sulfurique, si cette fabrication avait offert} une véritable économie. On emploie, dans certains cas, le même acide pour saccharifier l’amidon; mais, dans ces deux circonstances, on est forçé de con- ; vertir ensuite l’acide sulfurique en sulfate de chaux, dont une portion reste dans les liqueurs et y reproduit les effets bien connus des eaux plâtreuses ou séléniteuses : cet inconvénient disparaît complètement dans les nouveaux
- procédés. • ;•.. i • : , : :; _
- Nous reviendrons tout à l’heure sur les applications nombreuses de la dextrine ainsi préparée et sur celles non moins intéressantes du sirop de fécule. Noiis allons d’abord faire connaître la partie purement chimique des recherches des deux auteurs. ’ :s,
- Après avoir soigneusement constaté le fait principal qui vient d’être énoncé, ils ont cherché à isoler le principe actif de l’orge germée : c’est à ce principe qu’ils ont donné le nom de diastase. ’ ; V;\
- La diastase, telle qu’ils l’obtiennent , n’est probablement pas une matière tout à fait pure ; mais, telle qu’elle est, elle mérite déjà toute l’attention des chimistes et des physiologistes : c’est un corps solide, blanc, non cristallisé,, soluble dans l’eau; il se dissout dans l’alcool faible, mais non concentré. Les auteurs ont mis à profit cette dernière propriété pour son extraction.
- Celle-ci s’exécute en prenant de l’orge germée que l’on broie et qu’on fait macérer dans de l’eau froide. La liqueur, filtrée et portée à 75 degrés, se trouble par la coagulation d’une matière albumineuse qui s’était dissoute. On filtre de nouveau, et on ajoute au liquide assez d’alcool pour précipiter la diastase. Le sucre, dissous en même temps qu’elle et qui existait dans l’orge germée, reste dans la liqueur. La diastase ainsi obtenue n’est pas pure ; elle renferme encore une matière azotée, qu’on en sépare en dissolvant, à plusieurs reprises, la diastase impure dans l’eau et la précipitant par.
- l’alcool.
- Ainsi, le procédé de purification n’est qu’un procédé approximatif, et la diastase la plus pure qu’aient préparée les auteurs doit être encore souillée de matière azotée : c’est ce qui les porte à croire, que la diastase n’est point azotée, car ils ont vu la quantité d’azote qu’elle renferme diminuer à mesure qu’ils réitéraient les dissolutions par l’eau et les précipi^ tâtions par l’alcool. qoi: . .h ... ;f
- La diastase fait partie non seulement des semences d’orge germée, mais encore de celles d’avoine et de froment germés, et sans doute de beaucoup et peut-être de toutes les graines féculentes en germination. . , , > .
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- , • ïïon seulement ces graines en contiennent, mais les auteurs ont retrouvé cette substance dans les bourgeons de VAylanthus glandulosà.
- .. Comme on pouvait s’y attendre, les germes de la pomme de terre en renferment, et les auteurs continuent leurs recherches à ce sujet, afin de fixer la position précise de la diastase dans la pomme de terre, l’époque de son apparition et celle de sa disparition. La physiologie ne peut que gagner à cet examen,
- D’après ces derniers résultats, on voit que la germination ou la végétation des bourgeons, quand la jeune plante ou le bourgeon doit se nourrir, ce qui arrive ordinairement, au moyen de la fécule, se fait sous l’influence de la diastase.
- ? Cette matière ne préexiste pas et ne doit pas préexister en effet, car elle détruirait la fécule ; elle se forme à mesure que la végétation s’établit, et elle réagit à mesure sur la fécule qu’elle crève : la dextrine s’épanche, et, soit en nature, soit après sa conversion en sucre, vient servir à la nutrition des organes. Telle est au moins l’opinion qu’on peut se faire du rôle de la diastase dans les organes qui la renferment.
- S’il en est ainsi, on voit que les auteurs ont mis à profit l’excès de diastase que la végétation développe; car, dans la germination comme dans tous les phénomènes importans, un grand excédant de force doit être mis en jeu pour mieux assurer l’effet quil s’agissait de produire.
- On ne peut en aucune façon expliquer l’effet de la diastase sur la fécule; mais la chimie organique â tant de mystères , que celui-ci ne peut pas nous étonner beaucoup. Cette matière lique'fie et saccharifie la fécule comme l’acide sulfurique et comme l’eau elle-même. On sait en effet que l’empois tout seul finit par se convertir en sucre.
- Mais quand une matière détermine un effet rapide là où ne se produirait qu’un phénomène très lent, il faut bien admettre une action spéciale. C’est du temps, de la chaleur ou de l’eau que l’on gagne par l’effet de la diastase; mais ce sont là autant d’agens qu’un agent nouveau peut seul remplacer. . Les auteurs, à l’aide de la diastase, ont pu se procurer la dextrine dans un état de pureté où on ne l’avait pas encore vue. Comme opération chimique, c’est certainement une des plus curieuses qui se puissent voir que celle de la réaction de la diastase purifiée sur l’amidon : une partie de cette diastase suffit pour déterminer la rupture de deux mille parties au moins de fécule de pomme de terre, ainsi que vos Commissaires s’en sont assurés, et la réaction s’opère en quelques minutes avec une quantité cl’eau qui ne dépasse pas quatre fois le poids de la fécule.
- On a vu que la diastase n’est pas un produit qu’on puisse regarder comme
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- pur : il en est de même de la dextrine ; les auteurs se sont assurés qu’elle renferme toujours un peu de sucre, une matière insoluble à froid, enfin la dextrine proprement dite.Débarrassée de ces deux impuretés, la dextrine ne cristallise pas : ainsi, cette dernière n’est probablement pas encore pure non plus.
- M. Guérin Varry avait déjà fait des observations semblables, et s’était assuré en outre que les tégumens et la partie insoluble à froid de la dextrine ont une composition élémentaire identique avec celle du ligneux.
- On sait que l’amidon se colore en bleu par l’iode, et M. Raspail s’était dès long-temps assuré que sa partie soluble estdépourvue de cette propriété. Cette opinion fut fort contestée, mais les auteurs ont prouvé qu’elle est juste au fond, bien qu’ils en énoncent une un peu différente : ils ont vu que la dextrine bien pure et les tégumens bien lavés ne sont pas colorés par l’iode, tandis que la matière insoluble à froid prend une teinte d’un bleu noir.
- Yoilà donc deux substances, la diastase et la dextrine, qui, sans être encore ni l’une ni l’autre assez pures pour entrer dans les rangs déjà si pressés des substances organiques définies, méritent pourtant à divers titres toute l’attention des chimistes. Pour terminée ce qu’on peut dire de ces matières sous le point de vue chimique, nous engageons les auteurs à poursuivre leurs recherches sur ces deux corps, afin de les ramener, si l’état de la science le permet, à cette pureté parfaite qui permettra seule de les classer d’une manière définitive.
- Mais si la diastase et la dextrine laissent encore quelque chose à désirer, sous le point de vue purement chimique, elles offrent déjà un haut degré d’intérêt dans les applications industrielles : nous en signalerons quelques unes à l’Académie.
- La première, c’est la fabrication de la dextrine elle-même. Cette substance s’obtient facilement au moyen du procédé que nous avons décrit plus haut. La liqueur, évaporée, fournit un résidu qui se prend en masse transparente, tout à fait semblable, pour l’aspect, à la gomme-arabique.
- La dextrine a été essayée dans diverses industries avec un succès complet : ainsi, on s’en est servi dans l’épaississage des mordans, le gommage des couleurs, les repiqués des papiers peints, la fabrication des rouleaux d’imprimerie, etc.
- On l’a essayée dans la fabrication de l’encre, par M. de la Renaudière, un de nos plus habiles fabricans : cette encre lui a paru fort bonne, et nous en avons la même opinion; son prix est inférieur à celui de l’encre ordinaire.
- L’application la plus importante de la dextrine, de beaucoup jusqu’à pré->«
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- sent, c’est son introduction clans le pain. On a fait en ce genre des essais qui ont eu un succès complet, et on a pu introduire dans le pain — et même — de dextrine sans que les consommateurs aient rien aperçu d’extraordinaire dans le produit, qui possède au contraire d’utiles propriétés. Le pain ainsi-préparé estmieux levé, beaucoup plus léger et se conserve plus long-temps frais. Dans les premiers essais, il était un peu sucré, mais une préparation plus attentive de la dextrine a fait disparaître cet inconvénient.
- Au premier abord, il peut paraître indifférent de mettre dans le pain la fécule en nature ou la dextrine qui en provient; mais les auteurs ont vu d’abord que. le pain de dextrine était meilleur, ils ont ensuite cherché à expliquer ce fait. Ils pensent que cela tient à ce que l’huile nauséabonde qui se trouve dans les eaux de vie de pomme de terre appartient, non point à la dextrine, mais aux enveloppes tégumentaires delà fécule. Ils citent, à l’appui de cette opinion, divers faits qui paraissent concluans; nous rappellerons ici seulement le suivant. Ils n’ont pu par aucun moyen retirer cette huile de la dextrine ; au contraire, ils l’ont retirée facilement des tégumens par l’alcool.
- On conçoit que la même explication rend compte de l’avantage réel que la dextrine peut offrir dans la fabrication de l’eau de vie de fécule et dans celle de la bière. On sait assez qu’en ce qui touche l’alcool de fécule , la présence de l’huile qu’on vient de mentionner dérange la fabrication et ne permet pas d’obtenir l’alcool par les procédés simples qui seront désormais applicables.
- Relativement à la fabrication de la bière, on a déjà obtenu un résultat avantageux en introduisant dans le moût un quart de son poids de sirop de fécule préparé par l’orge germée. Ainsi préparée, la bière est plus fine, pour nous servir de l’expression du métier. Le procédé qui nous occupe , malgré les observations déjà assez anciennes de M. Diibrunfaut, ne s’est introduit dans l’art du brasseur que-par les soins des auteurs et à une époque où l’activité des travaux journaliers ne permettait pas de multiplier les essais ; mais on a tout lieu de croire que l’année prochaine verra se réaliser les espérances fondées sur des faits certains que les fabricans les plus habiles en ont conçues. ,
- Quoique la dextrine et la diastase ne soient point encore des matières pures, vos Commissaires, prenant en considération les applications nombreuses et pleines d’intérêt quelles ont déjà reçues et celles qu’on peut en espérer encore, ont l’honneur de vous proposer l’insertion du mémoire de MM. Payen et Persoz dans le Recueil des Savans étrangers.
- Signé J. Dumas, rapporteur.
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- Trente-deuxième année. Juillet 1853.
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- ARTS ÉCONOMIQUES. " '
- Description d’un 'ventilateur ou soufflet désinfecteur pour , l’assainissement des puits, des galeries de mines, etc., présenté par M. Pottier, entrepreneur de creusement et de curage de puits, rue des Charbonniers, n 9, faubourg Saint-Jacques, a Paris,
- Les avantages et Futilité de cet appareil dans un grand nombre de cas, et principalement pour le curage des puits, ont été constatés par l’expérience et développés par M. Héricart de Thury, dans un rapport inséré au Bulletin de mars dernier, p. 6g : nous y renvoyons nos lecteurs, nous bornant aujourd’hui à décrire la composition et le jeu du soufflet désinfecteur dont nous avons fait lever le dessin d’après un modèle construit en grand.
- Cet appareil, représenté dans son ensemble et ses détails,7%. 1, 2,3 et /{, Pî. 551, est une espèce de pompe en bois À , de forme carrée, composée de fortes planches en chêne assemblées par des équerres en fer. Dans l’intérieur de cette pompe joue un piston C également carré, dont la garniture est en cuir gras; il est percé d’un trou couvert par une soupape a, qui s’ouvre lorsque le piston descend et se ferme lorsqu’il monte. La lige du piston, qui traverse le fond supérieur de la caisse carrée, est manoeuvrée à l’aide d’une poignée ou levier D, qui est saisi par l’ouvrier.
- Le fond inférieur de la pompe est percé d’une ouverture portant un collet taraudé, sur lequel se visse un bout de tuyau en cuivre E, auquel s’adapte un tuyau aspirateur en cuir, qu’on fait descendre dans le puits jusqu’à quelques pieds au dessus de la région infectée. L’air vicié, après avoir traversé une forte soupape en cuir c, ouvrant en dedans, s’échappe par un tuyau recourbé ou dégorgeoir^. •
- Sur le devant du coffre en bois À, est adapté un tuyau coudé en cuivre F, garni d’une soupape b ouvrant en dehors, et qui s’applique contre l’ouverture percée dans les parois du coffre. Sur ce tuyau sont emboîtés des tuyaux en cuir G, qui plongent dans le puits et servent au renouvellement de l’air.
- Lorsqu’on n’emploie pas les tuyaux, on les range debout sur la tablette I, et ils sont maintenus contre la pompe par des brides ou embrasses HH, H'H\ Des poignées K servent à enlever l’appareil, et des bretelles L à le charger sur le dos de l’ouvrier. Quand celui-ci fait manœuvrer la pompe, il pose les pieds sur les patins J J, afin de la maintenir dans une situation verticale.
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- Jeu cle Jappareil. Quand le puits est vide d’eau, on s?assure, avant d’y faire descendre l’ouvrier pour le curer ou le réparer, s’il contient de l’air vicié. Pour cet effet, on y plonge une chandelle; si elle s’éteint, c’est une preuve qu’il faut en expulser* les gaz délétères. On amène aussitôt la pompe, et après avoir couvert le puits d’un plancher, on la place dessus : on fait descendre alors le tuyau E jusqu’à quelques pieds au dessus de la région infectée , et on manœuvre le piston. L’air vicié , aspiré par ce tuyau, traverse la soupape c, et vient occuper l’espace compris entre le piston et le fond inférieur de l’appareil. En abaissant le piston la soupape c se ferme, et la soupape a s’ouvre pour livrer passage à l’air vicié, qui, étant comprimé contre le fond supérieur de la pompe par le retour du piston, s’échappe par; le tuyau ou l’évent d.
- Comme le mouvement est très rapide, puisque l’ouvrier peut donner jusqu’à cent vingt-cinq coups par minute, il passe avec l’air vicié une grande partie d’air atmosphérique, qui est refoulé dans le tuyau coudé F, après avoir ouvert la soupape b, d’où il se rend parle tuyau de cuir G dans le puits pour remplacer l’air vicié qui en a été expulsé. C’est par cette aspiration et ce refoulement continuels que le puits est complètement assaini.
- L’opération dure ordinairement dix minutes; aussitôt qu’elle est terminée, on enlève l’appareil, et l’ouvrier peut descendre dans le puits sans courir aucun danger. .
- Explication des fîg. de la PL 55i.
- Fig. i. Elévation vue de face de l’appareil.
- Fig. 2. Coupe verticale prise par le milieu.
- Fig. 3. Coupe transversale suivant la ligne a b delà Jig. 2.
- Fig. 4. Plan du fond de la pompe pris au niveau de la ligne c d.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans toutes les figures.
- \ A, Boîte ou pompe carrée de 8 décimètres de haut sur 21 centimètres de côté, composée de quatre fortes planches en cœur de chêne, assemblées par des équerres.
- B, Tige du piston.
- C, Piston dont la levée est de 7 décimètres.
- D, Levier ou traverse monté sur la tige B, pour manœuvrer le piston.
- E, Tuyau aspirateur de l’air vicié. ... f
- F, Tuyau coudé en cuivre servant à refouler l’air dans le puits. ,
- G, Tuyau en cuir adapté au précédent. , ;
- HH, Brides destinées à maintenir les tuyaux rangés, et s’appuyant sur la tablette I.
- 33.
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- J, Patins sur lesquels l’ouvrier appuie ses pieds. ,v
- • K, Poignées pour enlever la pompe. J t
- L, Bretelles pour la transporter à dos d’homme.
- M, Margelle du puits. *
- a, Soupape adaptée à la surface supérieure du piston..
- b, Soupape du tuyau F.
- c, Forte soupape en cuir couvrant l’orifice du fuyau E.
- dy Évent ou dégorgeoir ; il est recourbé pour que l’ouvrier ne soit pas incommodé pendant la manœuvre par l’air vicié qui s’en échappe.
- <?, Second évent fermé par un tampon, et dont on se sert au besoin.
- ; ; (l>.)
- Rapport fait par M. Yallot , au nom du Comité des arts économiques y sur le thermarama, ou appareil pour chauffer t intérieur des voitures ; par M. Max. cle Perrochel. . -
- Messieurs, vous avez entendu avec intérêt, dans votre séance du g mars 1831, le rapport qui vous a été fait par M. Bouriat, au nom de votre Comité des arts économiques, sur un appareil de M. Laignel, propre à chauffer l’intérieur des voitures; mais déjà, depuis quelques années, M. le comte de Perrochel s’occupait du perfectionnement d’un appareil de même espèce de son invention, auquel il a donné le nom de thermarama; et, s’il ne vous l’a pas soumis avant que celui dont nous venons de parler vous ait été présenté, c’est qu’il désirait que le succès en fût constaté par un assez long usage et par des expériences dont il pût vous adresser en même temps les résultats. 1 — -:~
- Nous n’avons point, au reste, à nous occuper de la priorité de l’invenlion dont il s’agit; car M. de Perrochel, en vous priant d’examiner la sienne, n’a d’autre désir que d’obtenir votre suffrage et de pouvoir se rendre utile en faisant connaître, avec tout le désintéressement qui lui est naturel, les moyens qui lui ont paru les plus efficaces de parer à l’insuffisance ainsi qu’aux inconvéniens des anciens modes de chauffage des voitures , afin d’éviter, à toutes les personnes qui recherchent les moyens de se soustraire au véritable supplice que l’on y éprouve en voyage, pendant l’hiver, par l’immobilité à laquelle on est condamné, des essais souvent infructueux et toujours fort dispendieux.
- Nous nous bornerons donc, en suivant les intentions de l’auteur, à vous indiquer en quoi consiste son appareil, à vous rendre compte des expériences auxquelles il a été soumis, et à faire ressortir les avantages qu’il paraît offrir. * .
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- M. de Perrochel opère le chauffage au moyen de deux lampes placées dans un coffre en forte tôle, dont la plaque inférieure est percée de plu-, sieurs trous pour le passage de l’air et de la fumée : aux côtés intérieurs du coffre sont deux coulisseaux sur lesquels les lampes peuvent glisser lorsqu’il s?agit de les faire mouvoir, soit pour changer leur position, soit pour les alimenter ou pour les nettoyer.
- Chaque lampe est garnie d’une crémaillère d’une longueur suffisante4 pour baisser ou élever la mèche, selon que l’on veut modérer ou augmenter la chaleur ; deux petites attaches au dessous du coffre servent à fixer les lampes. *
- La plaque supérieure forme le fond d’une espèce de boîte plate de même étendue en superficie, remplie de sable et affleurant par dessus le plancher de la voiture, auquel elle est solidement fixée : le tout est recouvert d’un tapis.
- Pour vous donner une idée complète de cet appareil, M. de Perrochel vous en a adressé un modèle adapté à celui d’une calèche, et a destiné l’un et l’autre à être classés dans votre collection de machines.
- Les deux lampes ont pour objet de chauffer également et plus promptement l’appareil : une seule lampe, essayée d’abord et placée dans le milieu du coffre, ne chauffait que difficilement et à la longue les extrémités, où la chaleur n’arrivait jamais au même degré que sous la lampe. -
- L’objet essentiel qu’il s’agissait de constater était la quantité de chaleur que l’on pourrait obtenir sur le plancher de la voiture, pour garantir les pieds des incommodités du froid, sans les exposer toutefois à l’inconvénient contraire d’une trop grande chaleur; il importait enfin de connaître quelle influence pourrait produire ce moyen de chauffage clans l’intérieur: voici le résultat des expériences faites à ce sujet.
- En 1829, pendant un voyage de cent dix lieues , en poste, M. de Perrochel, étant seul clans sa voiture, fit allumer une des deux lampes : un thermomètre de Réaumur, placé en dehors, marquait 4 degrés au dessus de zéro ; un autre, mis sur la plaque supérieure, s’éleva graduellement, en moins de deux heures, à 55 degrés, maximum de la division de l’instrument : la chaleur augmentant encore, le thermomètre se brisa; un second, puis un troisième eurent le même sort dans les mêmes circonstances.
- Certain , par cet essai, d’obtenir un grand excès de chaleur, la mèche fut abaissée, et la température de la plaque se maintint entre 3o et 35 degrés, bien que le vent du nord soufflant avec violence fît descendre à 2 degrés au dessous de zéro Je thermomètre placé en dehors.
- La mèche de la lampe avait 12 lignes de largeur : dans une seconde expérience, M. de Perrochel crut pouvoir la réduire à 8 lignes, pour diminuer
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- les frais cle combustion, qui cependant n’étaient pas considérables car, pendant cinquante heures de marche, moins de 4 onces d’huile avaient été consommées.
- Les mèches ainsi réduites, et M. de Perrochel toujours seul dans sa voiture, une des deux lampes fut allumée; un thermomètre était placé à l’extérieur, un autre à l’intérieur sous l’impériale, et un troisième sur la boîte. Au bout d’une demi-heure, la chaleur s’éleva, sous les pieds, à 5o degrés, et au haut de la calèche entièrement fermée, à io degrés; le thermomètre en dehors marquait 6 degrés. .
- Les choses restèrent en cet état pendant quatre heures. M. de Perrochel fit monter la mèche; la boîte atteignit alors degrés, et l’intérieur de la voiture 12 degrés : il fit alors éteindre la lampe; et, lorsque le sable fut re-fioidi,les deux thermomètres intérieurs indiquèrent 8 degrés : celui de l’extérieur resta" à 6 degrés.
- D’autres expériences faites depuis ont amené M. de Perrochel à réduire à 6 lignes la largeur de la mèche, pour obtenir une chaleur constante de 3o degrés, plus que suffisante; car, à cette élévation, on est obligé de déplacer les pieds de temps en temps. Les mèches, dans cette circonstance, n’ont besoin d’être remontées que deux fois par jour et autant la nuit.
- Toutes ces expériences ont été faites dans une calèche fermant à vasistas. Elles 11e sont point assez nombreuses pour que l’on puisse en tirer des conséquences bien positives suf la relation qui doit exister entre la température intérieure de la voiture et la température extérieure, à raison du plus ou moins d’élévation de la chaleur de la boîte ; relation, au surplus, qu’il sera toujours très difficile d’assujettir à une loi, parce que toutes les voitures, même celles de la même espèce, avec quelque soin qu’elles soient exécutées, laissent toujours pénétrer une plus ou moins grande quantité d’air extérieur, soit à raison des disjonctions continuelles que fait éprouver le roulis, principalement dans les cahots, soit à raison du besoin plus ou moins fréquent d’ouvrir la portière ou les vasistas. Elles ont démontré cependant que, quoique la chaleur à l’intérieur de la voiture n’augmentât pas dans la même proportion que celle de la plaque, la température y devenait néanmoins toujours plus élevée qu’à l’extérieur, et aussi, ce qu’il importait le plus de constater ainsi que nous l’avons fait remarquer, que le froid, quelle que, soit son intensité, n’arrête pas l’élévation de la température sur le dessus de la boîte : c’est précisément en effet au malaise que fait éprouver le froid aux pieds qu’il s’agissait de remédier et pour lequel l’appareil a été imaginé; car il est toujours facile de s’en garantir dans les autres parties du corps par des moyens beaucoup plus simples. - - ! d: r
- Les expériences ont, en outre, démontré que les craintes que l’eui
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- aurait pu concevoir par l’usage de l’appareil, soit du danger du feu, soit de l’incommodité de l’odeur et de la fumée du combustible, ne sont nullement fondées. Les boîtes remplies de sable sont seules frappées par la flamme, et l’air ambiant qui s’introduit par les trous pratiqués dans le coffre qui contient les lampes, à l’effet d’alimenter la combustion et de laisser sortir la vapeur, tient ce coffre inférieur très peu chaud : aucun joint et, par conséquent, aucune communication n’existent, d’ailleurs, entre cette dernière partie de l’appareil et le plancher de la voiture; ni odeur, ni fumée ne peuvent donc s’introduire dans l’intérieur de la voiture.
- Votre Comité des arts économiques n’a point été à même de répéter les expériences de M. de Perrochel; mais le zèle de cet estimable collègue pour tout ce qui peut contribuer au bien-être général, les preuves qu’il ne cesse d’en donner en employant une partie de sa fortune pour propager dans le pays qu’il habite tous les genres d’industrie qui peuvent être appropriés aux localités, ne permettent pas de révoquer en doute les résultats qu’il nous a transmis. Quoique ces expériences, ainsi que nous l’avons déjà fait observer, ne soient point encore assez nombreuses, on peut cependant en conclure que l’appareil offre les avantages de pouvoir, à peu de frais et sans danger, donner au plancher de la voiture un degré constant de chaleur ; de pouvoir augmenter ou diminuer cette chaleur à volonté; de permettre à quatre personnes, lorsque les deux lampes sont allumées, de se chauffer à la fois sans se gêner mutuellement; d’élever la température de l’intérieur sans nullement incommoder les voyageurs par l’odeur ou la fumée du combustible; d’être établi de manière à ne nuire en rien à la solidité de la voiture et à n’exiger aucun changement à sa coupe ou profil, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur; et enfin de pouvoir réduire la dépense du combustible en ne chauffant qu’une partie du plancher dans le cas où une personne voyagerait seule dans une voiture à plusieurs places.
- Votre Comité a, en conséquence, l’honneur de vous proposer d’adresser des remercîmens à M. de Perrochel, pour la communication qu’il a bien voulu vous faire, ainsi que pour le très beau modèle dont il a enrichi votre collection de machines, et de lui donner un témoignage de votre satisfaction en faisant insérer le présent rapport dans le Bulletin, avec la figure de l’appareil.
- Approuvé en séance, le 9 janvier i833.
- Signé Vallot, rapporteur.
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- Explication des figures 5, 6 et 7 de la Pl. 551.
- Fig. 5. Coupe longitudinale d’une caisse de calèche.
- Fig. 6. Coupe transversale de la même.
- Fig. 7. La lampe vue séparément et de face.
- Les mêmes lettres désignent les mêmes objets dans ces trois ligures.
- A, Caisse de la calèche. '
- B B, Sièges.
- C, Fond chauffé par les deux lampes, et sur lequel on appuie les pieds : c’est une espèce de boîte plate en forte tôle, remplie de sable, affleurant le plancher de la voiture, auquel elle est solidement fixée ; le tout est recouvert d’un tapis.
- D , Coffre en tôle dont la plaque inférieure est percée de plusieurs trous pour le passage de l’air et de la fumée.
- E, lampe placée dans l’intérieur du coffre D, où elle est maintenue par le crocheta, et peut glisser.sur deux coulisseaux placés aux côtés intérieurs du coffre, lorsqu’on veut l’alimenter ou la nettoyer.
- b, Porte-mèche.
- cf Tige au moyen de laquelle on fait mouvoir de l’intérieur la crémaillère qui fait monter et abaisser la mèche.
- ” dy Cheminée en tôle entourant la mèche et percée de trous. (D.)
- Rapport fait par M. Gourlier, au nom du Comité des arts
- économiques, sur une cuvette mobile inodore pour la descente ' des eauæ ménagères y présentée par M. Parrizot.
- M. Pairizot jeune, serrurier, rue Neuve-des-Poirées , n° 4, à Paris, a présenté à la Société un modèle et un dessin d’une cuvette mobile inodore pour les descentes des eaux ménagères.
- Cet objet ayant été renvoyé à l’examen de votre Comité des arts économiques, il m’a chargé d’avoir l’honneur de vous en rendre compte.
- ~ Le modèle et le dessin présentés sont sous vos yeux, et font clairement voir le but que s’est proposé l’auteur de cette invention et la manière dont il y est parvenu. Nous avons été visiter plusieurs maisons où de semblables cuvettes ont été posées depuis un temps assez long pour qu’on ait pu se rendre compte des résultats de leur emploi.
- Leur principale utilité est de pouvoir se placer dans l’épaisseur d’un mur, quelque mince qu’il soit, ou même dans celle d’un simple pan de bois (qui n’a ordinairement que 20 à 22 centimètres, ou 7 à 8 pouces au plus), sans
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- former de saillie extérieure ni intérieure, ni même sans être aucunement apparentes, étant masquées à l’extérieur par une paroi quelconque à demeure , et à l’intérieur par une des faces mêmes de la cuvette, qui, au moment où l’on veut vider des eaux, ouvre à charnière dans un châssis dormant, fait faire à la cuvette même un mouvement de bascule, et rend disponible l’orifice supérieur. L’opération faite, on repousse la cuvette, qui reprend sa position primitive, dans laquelle tout passage à des émanations désagréables est doublement intercepté, d’abord par la face antérieure dont j’ai déjà parlé, qui ferme hermétiquement, et ensuite par une espèce d’a-jutoir placé à l’embouchure inférieure de la cuvette, et qui vient s’adapter contre l’intérieur du tuyau d’écoulement.
- On conçoit que l’usage de cette sorte de cuvette est principalement avantageux dans les endroits étroits, où il importe de ne pas réduire un passage déjà trop restreint; dans ceux où, en raison de leur destination, il serait, désagréable de laisser apparent un objet de ce genre, etc.
- La cuvette est établie, soit partie en zinc et partie en tôle, soit entièrement d’une ou d’autre de ces matières; il serait également possible d’y employer la fonte, le fer battu, le fer-blanc ou étamé , etc. Sa grandeur est d’environ 4° centimètres ou i5 pouces, tant en hauteur qu’en largeur; sa profondeur varie, en raison du plus ou moins d’épaisseur de mur ou de pan de bois dont on peut disposer.
- M. Parrizot livre en ce moment la cuvette au prix de 55 francs, compris pose, ajustemens et tuyaux de raccord. Ce prix est sans doute de beaucoup supérieur à celui auquel reviendrait une cuvette ordinaire; mais, indépendamment des avantages particuliers qu’elle peut présenter et qui motivent en partie cet excédant de prix, il y a lieu de croire que, si ces avantages sont reconnus, une fabrication plus importante mettra à même de l’établir et de la livrer à meilleur compte.
- Les témoignages des propriétaires et locataires des maisons dans lesquelles il en a déjà été posé sont d’ailleurs des plus favorables: l’un d’eux, M. Car-Ihian, propriétaire d’une maison rue des Francs-Bourgeois-Saint-Michel, nous a exprimé le regret de n’avoir pas plus tôt connu cette invention, qu’il aurait appliquée sans hésiter à la totalité de sa maison.
- D’après ce qui précède , votre Comité des arts économiques vous propose de donner votre approbation à la cuvette mobile inodore de M. Parrizot, de lui faire connaître cette approbation par une lettre que M. le Président lui adresserait, et de porter cette cuvette à la connaissance dn public par la voie de votre Bulletin.
- Nous observerons que cette cuvette pourrait mériter plus complètement
- T rente-deuxième année. Juillet 1835. 54
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- encore le nom d’inodore, si 1 auteur y ajoutait un siphon, ou autre fermeture hydraulique, qui empêchât également les émanations au moment où elle est ouverte.
- Approuvé en séance , le c$ janvier «833.
- Signé Gourlier, rapporteur.
- Explication des figures 8 à i i de la PL 55 r.
- Fig. 8. Elévation latérale de la cuvette ouverte, garnie de son tuyau de descente,
- Fig. g. La même, vue en perspective et dépourvue de son tuyau.
- Fig. xo. La même, vue de face, munie de toutes ses pièces.
- Idg. 11. Cuvette adaptée dans l’épaisseur d’un mur et contre une croisée.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans toutes les figures.
- A, Cuvette carrée, en zinc ou en tôle, ouverte par le haut.
- B, Plaque fermant la cuvette par devant.
- C, Châssis dormant sur lequel s’appuie la plaque précédente.
- D, Ajutoir recourbé fermant l’extrémité de la cuvette.
- E, Tuyau de descente.
- F, Embouchure de l’ajutoir D, qui s’applique contre la paroi G du tuyau
- E quand la cuvette est fermée, et empêche les émanations désagréables de se répandre dans l’air. *
- If, Fond de la cuvette percée de trous. '
- T, Boudin ou bourrelet de la cuvette s’appuyant sur celui du tuyau E quand la cuvette est fermée.
- J, Charnière adaptée au châssis et servant de centre de mouvement à la plaque. .
- R, Bouton au moyen duquel on manœuvre la plaque B,
- L, Armature en fer qui réunit la cuvette à la plaque.
- Extrait des Proces-verbaux des séances du Conseil d administration de la Société d’Encouragement.
- Séance du io juillet i833.
- Correspondance. MM. Grouvelle, ingénieur civil, et Honoré, fabricant de porcelaine, annoncent qu’ils viennent de construire une seconde presse propre à la dessiccation des pâtes de porcelaine et de faïence, et ils en sollicitent l’examen.
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- ( Ai )
- M. Lepage, domicilié à Brest, adresse un mémoire avec dessin sur un modèle de réverbère perfectionné.
- Objets présentés. M. Burnier, capitaine d’artillerie , employé au dépôt central, présente deux instrumens propres à la topographie militaire ;
- M. Spol, mécanicien à Paris, un support de tour à chariot et un instrument pour mesurer les grosseurs. -
- Rapports des Comités. Au nom de la Commission des fonds , M. Molinier de Montpïanqua lit un rapport sur le renvoi qui a été fait à cette Commission de la proposition d’accorder à l’Ecole centrale des arts et manufacluresqualre demi-bourses pour des élèves au choix de la Société.
- Après une discussion , le Conseil décide qu’il sera créé, dans ladite Ecole, quatre demi-bourses, à dater de la rentrée prochaine des classes.
- Séance du ^4 juillet i833 .
- Objets présentés. M. Lerot, horloger à Argentan (Orne), adresse une montre à répétition dont le mécanisme est extrêmement simplifié.
- M. Chareyre, à Paris, présente un linéomètre ou instrument propre à esquisser et réduire les tableaux de toute dimension -,
- M. PVolff, ébéniste à Paris, une jalousie mécanique;
- M. Collardeau, un nouveau lactomètre, inventé par M. Banks, et qu’il a imité d’après l’invitation de M. de Valcourt, à l’exception de quelques légères différences dans les dimensions.
- M. Journet , entrepreneur de hàtimens à Paris, demande des Commissaires, à l’effet d’examiner son nouveau mode d’échafaudage pour les constructions.
- Rapports des Comités. Au nom du Comité des arts mécaniques , M. le vicomte Hèricart de Thury lit un rapport sur plusieurs instrumens présentés par M. Henri Robert, horloger à Paris, savoir :
- i°. Une balance astronomique ;
- 2°. Un méridien portatif ;
- 3°. Une pendule à réveil et marqueur;
- 4°. Un moyen d’empêcher la poussière de pénétrer sous les cages de verre dont sont recouvertes les pendules de cheminée.
- Après avoir fait connaître la composition et les avantages de. ces divers instrumens , M. le Rapporteur propose : i° de remercier M. Robert de sa communication et de le féliciter sur ses travaux ; 2° de faire insérer le rapport dans le Bulletin, avec la description et les figures des instrumens; 3° de remettre à M. Robert cent exemplaires du même rapport. [Approuvé.]
- Au nom du même Comité et de celui d’agriculture, M. le comte Latnbel lit un rapport sur le mécanisme inventé par M. Grangé, et qui est applicable à toutes les charrues à avant-train.
- Les Comités réunis proposent : x° d’adresser des remercîmens à M. Hoffmann,
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- (*48).
- mécanicien à Nancy, pour l’envoi qu’il a fait à la Société des pians, profils et légendes de la charrue - Grange ; 2° de faire insérer le rapport dans lé Bulletin, avec les plans susdits; 3° de renvoyer le rapport à la Commission des médailles; 4° d’en accorder cinq cents exemplaires, avec les planches, à M. Grange-, 5° enfin, d’en adresser copie à M. le Ministre du Commerce et des Travaux publics. [ Approuvé.] Au nom du Comité des arts mécaniques, M. le baron Séguier lit un rapport sur un projet de tricycle à vapeur propose par le capitaine Sardat.
- Le Comité propose de remercier l’auteur de sa communication. [ Approuvé.]
- Le même membre, au nom du même Comité, lit un rapport sur un procédé d’étirage du fil, communiqué par M. P ajol- Des charmes.
- Le Comité, tout en reconnaissant ce que le procédé décrit par l’auteur a d'ingénieux, puisqu’il réussit à imiter et remplacer, par une combinaison mécanique, les mouvemens et les fonctions de la main d’une fileuse, croit devoir se borner au simple énoncé de cette communication, attendu que le mode d’étirage des substances filamenteuses, à l’aide de cylindres cannelés généralement adoptés aujourd’hui dans les métiers à filer, et appliqué maintenant avec succès au filage du lin lui-même , le dispense d’entrer dans de plus longs détails : toutefois le mérite de l’invention de M. Pajot-Descharmes n’en subsiste pas moins, et le Comité propose de le remercier de sa communication. [Approuvé.]
- Communications. M. le baron de Ladoucelte informe le Conseil que M. Fiard, de Gap (Hautes-Alpes) , auquel la Société a décerné , en i832, une médaille d’or de première classe pour sa méthode d’encaissement et d’endiguement des rivières , vient d’obtenir de M. le Ministre du Commerce et des Travaux publics un encouragement de 3,ooo francs pour le même objet.
- M. le vicomte Héricart de Thury lit une notice sur une nouvelle application du sondage, consistant à creuser des puisards propres à recevoir et à perdre les eaux infectes des voiries , des fabriques, etc., sans qu’il en résulte un inconvénient pour les puits ordinaires; il annonce que M. Mulot., auquel la Société a décerné une grande médaille d’or pour ses travaux de sondage, a obtenu un succès complet en perçant un puits de ce genre dans la féculerie de M. Ruel, à Villetanneuse, où l’on avait été obligé d’interrompre les travaux, faute de moyens de perdre les eaux de lavage , et qu’il vient d’en faire une application non moins heureuse à la nouvelle voirie de Bondy : ce dernier puisard absorbe, par vingt-quatre heures, 120,000 litres d’eau provenant de la voirie.
- Madame HUZARD (née VALLAT LA CHAPELLE),
- IMPRIMEUR DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT POUR L’INDUSTRIE NATIONALE,
- rue de l’Éperon, n° 7.
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- I
- TRENTE-DEUXIEME ANNÉE. (N° CCCL.) AOUT 1833.
- BULLETIN
- . DE LA
- SOCIÉTÉ D’EN COURAGE M E N T
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES.
- Rapport fait par M. Francœur, au nom du Comité des arts mécaniques, sur des pièces cThorlogerie présentées a la Société par M. Perron, de Besançon.
- M. Perron, habile horloger de Besançon , a présenté à la Société trois produits de son art, pour qu’elle voulût bien en porter 'un jugement. Ce sont : i° un nouvel échappement de pendule; 2° un nouveau mode de compensation; 5° les plans d’une horloge publique, qu’il a établie à Ornans. Le Comité des arts mécaniques va. Messieurs, vous soumettre ses observations sur ces objets.
- Pendule à échappement à rouleaux mobiles.
- Cette pièce est fort curieuse par la manière dont la roue dite d’échappement fonctionne. Les dents de cette route sont taillées au bout en plans inclinés, sur lesquels les bras de l’ancre viennent successivement agir, pour que la force motrice restitue au pendule la partie de mouvement qu’il perd dans les résistances. Pour diminuer les frottemens, M. Perron ajuste à chaque bras de l’ancre un rouleau mobile qui transforme les frottemens en ceux du deuxième genre : c’est l’échappement de Graham renversé, car cet artiste célèbre avait placé les plans inclinés aux bouts des bras de l’ancre. Du reste, l’échappement de M. Perron est bien soigné; pour éviter l’arc-boutement, des vis de rappel sont disposées à l’ancre qui remédient à l’inconvénient. . Quant à la priorité d’invention, nous devons dire que, depuis plusieurs Trente-deuxieme année. Août i833. 35
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- ‘ f'»50 ) . , • - ...j., ...... ....
- années , les horlogers se sont avisés de faire passer une partie des plans inclinés de l’ancre aux dents de la roue d’échappement. M. Duclos a fait plus/ il a transporté en entier ces mêmes plans sur les dents de la roue, dans ses jolies horloges en carton, qui ont paru si curieuses au public, et qui l’étaient en effet par les ingénieuses combinaisons qu’on y observait. Le défaut de succès de ces horloges n ote rien au mérite de ces conceptions, parce qu’il tient à d’autres causes.
- M. Gille, horloger, rue des Cinq-Diamans, a pris un brevet en juillet dernier, pour l’échappement à repos de sa pendule à réveil, et y a aussi fait l’application d’un système de roues à plans inclinés, semblables à celles de la pendule à secondes de M. Perron.
- Les échappemens de M. Duclos sont à recul ; mais le recul y est moindre que celui de M. Perron ; M. Duclos dit en avoir fait aussi à repos, ce qu’on conçoit facile dans son système. Ceux de M. Gille sont aussi à repos ; mais ceux de M. Perron sont à recul, puisqu’il fait agir les plans inclinés sur des rouleaux mobiles de l’ancre, et que les plans incliués ne sont pas concentriques à l’ancre.
- Comme ces systèmes ne sont pas décrits dans les ouvrages publiés jusqu’à ce jour, nous proposerons que le Bulletin les fasse connaître par une description et une planche gravée.
- M. Perron semble avoir mal examiné les pendules de carton, qu’il a dû voir marcher depuis plusieurs années, et qui. ont été livrées au public aux expositions des produits de l’industrie; il pense que ces pièces marchent avec l’échappement de Graham , tandis qu’il est certain que les dents de la roue agissent sur une ancre à palettes en corne, à l’aide de plans inclinés qui terminent ces dents; il se trompe aussi quand il présente son invention comme ayant un échappement libre.
- Compensateur de pendule, j
- M. Perron place sous la lentille une branche horizontale bi-métallique fixée à la tige de suspension; en sorte que les influences de la température, en déformant cette lame, montent ou descendent la lentille, de manière à déplacer le centre d’oscillation sur la tige, et à lui donner une distance invariable à la suspension.
- Il est évident cjue M. Perron n’avait aucune connaissance des inventions semblables et antérieures à la sienne , car son pendule est le même que celui qui est depuis long-temps exposé dans les salles de la Société d’Encourage-ment, sauf quelques différences de forme ; car ce dernier a sa lame compensatrice droite, tandis que celle de M. Perron est courbée. M. Duchemin?
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- qui a autrefois soumis au Conseil ce pendule compensateur, a bien senti que la difficulté, de régler cet appareil serait un obstacle à son usage : du reste, il a construit sur ce principe un grand nombre de pendules, et particulièrement celui d’une horloge pour l’observatoire de Nantes, mise à l’exposition de 1821. Ce procédé a été employé dans plusieurs horloges de clocher sorties de la fabrique de M. Cahier, au Tiîlay, près Gonesse.
- Horloge de Véglise d’Ornans.
- M. Perron a envoyé à la Société d’Encouragement un dessin correct, quoique négligé , maïs, du reste, très facile à comprendre, du système de sonnerie à quarts, qu’il a exécuté pour le clocher d’Ornans. Le Comité y a reconnu une pièce très bien combinée pour assurer les effets , mais qui n’offre rien de neuf ; c’est le même système qui est suivi dans les horloges dites du Jura. Un limaçon des heures règle la marche du râteau, qui tombe sur ses dentures, et tient lieu de la roue de compte en usage, et ce râteau descend à un degré qui détermine le nombre de coups frappés par le marteau quand le râteau se relève; il en faut dire autant de la sonnerie des quarts, qui est réglée par un limaçon à douze dents , dont chacune a trois degrés, et celui de ces degrés où le deuxième râteau va buter détermine le marteau à frapper un, deux ou trois coups. U y a de l’intelligence dans cètte disposition; mais, comme nous l’avons dit, point de mécanisme nouveau. ^ -
- En résultat, le Comité des arts mécaniques a pensé que, dans les pièces qui lui ont été présentées, M. Perron a donné de nouvelles preuves de la sagacité qui fait distinguer ses différons travaux. Les deux premières pièces offrent surtout cette qualité remarquable; il est certain que le système des roues d’échappement à plans inclinés sera fort utile aux horlogers, et surtout son emploi dans les montres peut remplacer avec avantage celui de la roue de cylindre , parce qu’il est d’une plus facile exécution. L’usage des roues à plans inclinés agissant sur des chevilles est plus heureux pour les montres que pour les pendules, parce qu’il devient un échappement libre, attendu qu’il est appliqué au balancier, comme dans les montres anglaises et suisses ; et par cela même que ce sont des chevilles à'l’ancre qui agissent, les effets en sont plus sûrs; tandis que, pour les pendules, il ne peut être libre, ni mêméà repos, malgré les chevilles mobiles. Nous ne prétendons rien affirmer d’ailleurs sur la priorité d’invention , puisque M. Perron dit avoir fait, en 1798, des montres sur ce système. Nous laissons ce point en douté. 'd/" 'i;; _ '' ' ; : -v
- Le Comité propose, Messieurs; que la dejcriptioîL et les figures relatives
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- aux échappernensà plans inclinés de MM. Perron, Duclos et Gille, sobn publiées dans le Bulletin, ainsi que le présent rapport, et qu’il soit écrit une lettre de remercîment à M. Perron pour la communication qu’il vous a faite de cet ingénieux échappement. Nous demandons aussi que les balanciers compensateurs de M. Perron et de M. Duchemin soient rendus publics par la meme voie. . : W
- Approuvé en séance, le 25 janvier i833.
- Signé Francoeur , rapporteur.
- Description d’un échappement a plans inclinés et a rouleaux mobiles ; par M. Perron; horloger h Besançon.
- On sait que l’échappement est la partie la plus essentielle et la plus délicate dans toutes les machines destinées à mesurer le temps. Il est nécessaire que la puissance motrice y parvienne au moyen de bons engrenages et sans déperdition de force, de sorte que l’échappement ne serve uniquement qu’à restituer au pendule ce qu’il perd par les frottemens de sa suspension, si elie est à couteau et par la résistance de l’air ou des ressorts de suspension si celte suspension est à ressorts. On peut donc atteindre ce but : i° en construisant un échappement dont la traînéesur les leviers soit longue, en faisant décrire de petits arcs au pendule, lesquels sont reconnus plus isochrones entre eux que les grands ; 2° en ne mettant pas d’huile sur les levées ; ce qui augmente les frottemçns quand elle vient à s’épaissir. Ces conditions sont remplies par l’échappement à rouleaux mobiles, que l’auteur annonce avoir adapté à une pendule astronomique, en faisant tourner les rouleaux dans des trous en rubis.
- Cet échappement, représenté fig. i et 2 , Pl. 552 , se compose d’une roue à échappement C, dont les cinq dents marquées 1, 2, 3, 4 et 5, de forme triangulaire, sont taillées en plans inclinés. Chaque dent agit alternativement sur les rouleaux placés en cage sur les bras BD, au moyen de deux ponts. Le centre de mouvement de ces bras ou pièces d’échappement est en A. Dans la position où est représenté l’échappement, la dent ou le triangle 1 vient d’agir sur le rouleau du bras B, et l’a écarté du centre de la roue, tandis que celui D s’en est rapproché. En même temps que la dent 1 quitte le rouleau du côté de B, la dent 2 fait repos sur le rouleau du bras D, qui continue à s’approcher du centre de la roue parla force d’impulsion que lui a communiquée le triangle 1, agissant sur le rouleau du bras B. Cette force d’impulsion étant épuisée, le bras D revient sur lui-même par l’effet de la pesanteur; le Iriangle 2 agit par son plan incliné sur le milieu du bras D, et lui donne une*
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- Nouvelle impulsion : alors le triangle 3 se trouve contre le rouleau du bras B, y fait repos, reçoit son impulsion ; puis le triangle 4 s’appuie contre le rouleau du bras D, pour continuer les mêmes effets jusqu’à ce que la force motrice soit épuisée.
- L’auteur annonce que cet échappement est d’une exécution facile, qu’il a peu cle frottement, exige très peu de force motrice et n’a pas besoin d’huile tur les rouleaux.
- Il fait observer que, dans l’échappement à ancre de Graham , la roue a trente dents et agit sur les leviers de l’ancre, puis sur les repos convexes et concaves fort éloignés du centre de mouvement de l’ancre, ce qui cause un frottement d’autant plus grand; de sorte que si l’on gagne de la force par les levées, elle se consume sur les repos. Dans le nouvel échappement, c’est l’inverse; la roue étant petite agit par de courts leviers sur de grands leviers à bras de l’échappement, très éloignés de leur centre de mouvement ; les repos ayant lieu sur la roue se font sur un levier très court, et qui se raccourcit encore par les grands arcs de supplément, en se rapprochant du centre de la roue, à une ligne environ. On voit donc qu’il y a une grande force de la part de la roue sur les rouleaux appliqués aux bras de l’échappement, et que les repos ne tardent pointa détruire la force d’impulsion, puisque le levier agissant se raccourcit de plus en plus à mesure que les arcs de supplément deviennent plus grands. On voit aussi qu’il y a une très grande liberté à cet échappement, puisque la roue agit sur des rouleaux au lieu d’agir sur des chevilles ; les rouleaux n’ont aucun frottement, c’est un simple roulement : par conséquent, pas d’usure et plus de constance dans l’isochronisme des vibrations.
- Au lieu de mettre trente dents à la roue d’échappement, dont la tige aurait porté l’aiguille des secondes, l’auteur a préféré donner à l’avant-dernière roue soixante dents engrenant dans un pignon de dix ailes et cinq dents à la roue d’échappement. Les dents de la roue de secondes sont toujours dans les mêmes proportions avec les ailes du pignon de la roue d’échappement et les dents de cette roue : ainsi l’aiguille des secondes doit les marquer bien exactement sur un cadran bien divisé.
- Description de Véchappement de M. Duclos.
- Cet échappement a été employé pour les pendules en carton que construisait l’auteur, et qui ont reçu dans le temps un accueil assez favorable du public. Les roues étaient en carton et les palettes de l’ancre en corne.
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- La //g. 3, PI. 55a, représente la position de cet échappement: au moment de la levée. ^
- La fig. 4 montre ce même échappement au moment de la chute.
- a, Roue d’échappement. . .
- b, Les dents de cette roue. ;
- cy Arcs de repos.
- d, Axe de l’ancre.
- e, Ancre en corne.
- La levée se fait par le plan incliné de la dent b ; la chute ou le repos, lorsque cette dent quitte l’ancre, comme on le voit fig. 4* Les arcs de repos c sont tirés de la même ouverture de compas, dont le centre est en d.
- Description de ïéchappement à plans inclinés de M. Gille.
- Cet échappement à repos, représenté,^. 5, PI. 55a, est construit sur le principe de celui de M. Grciham.
- La roue c est composée de dents ùa dont le bout est taillé en plan incliné, sur lesquelles viennent frapper alternativement les palettes b fi de l’ancre. Ces palettes étant d’égale longueur, le balancier est poussé autant d’un côté que de l’autre, avec un frottement régulier, le repos se faisant sur le même cercle. ( D. )
- Description d’un pendule compensateur proposé par M. Perron, horloger h Besançon*
- AB, fig. 6, Pl. 55a, est la verge du pendule; CD est une lame composée d’acier et de cuivre, fixée à la verge au moyen d’une vis à tête godronnée E. La lentille est traversée parla verge, dans laquelle elle passe librement; elle est soutenue, par les extrémités de la lame bi-métallique, au moyen de deux curseursE,G, auxquels sont réunies, à charnières, deux brides H,I, qui supportent la lentille R par son centre avec une, vis à portée, afin de laisser libre le mouvement des brides, soit aux curseurs, soit au centre de la lentille,par les changemens de la température.
- La lame CD doit être faite en cuivre jaune ou laiton bien écroui, ayant une épaisseur triple de celle d’acier; cette dernière doit être trempée et revenue bleue, et elle sera ensuite rivée sur celle de laiton, au moyen d’un grand nombre de chevilles assez rapprochées les unes des autres, afin que cette lame d’acier fasse pour ainsi çlire corps avec celle de laiton.
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- Le motif qui a engagé l’auteur à donner une si forte épaisseur à la lame de laiton, c’est qu’elle doit maîtriser celle d’acier et la courber en différens sens , selon la température. Cette lame peut être droite nu courbe, telle que l’indique la figure. Si à la température moyenne de io degrés, cette lame est droite, elle prendra la forme convexe , si on l’expose dans une étuve,à une chaleur de 27 degrés, parce que la dilatation du laiton étant plus grande que celle de l’acier, elle sera retenue par la lame d’acier qui s’allongera moins, et la lame composée se courbera. Si de celte température de 27 degrés on la fait descendre à zéro, alors les deux lames se raccourciront par le froid ; mais le laiton se raccourcissant plus que l’acier, la lame composée deviendra concave. On sent que si ces deux métaux étaient isolés l’un de l’autre, leur dilatation inégale aurait lieu en ligne droite; on voit aussi que si les lames étaient de même épaisseur, celle d’acier empêcherait celîe de laiton de se courber.
- Le pendule étant monté avec sa lame bi-métallique et l’horloge réglée à la température de zéro, à laquelle elle est exposée 5 si de cette température elle passe à celle de 27 degrés R., la verge du pendule s’allongera de ~~ de ligne environ, et l’horloge retardera de 20 à 25 secondes en 24 heures. La lame bi-mé'allique doit être plus longue qu’il est nécessaire , et si les curseurs F, G, étant placés aux deux extrémités, font remonter la lentille de 90 ou de ligne, la lame est trop longue : alors, on rapproche les curseurs du centre de la lame et 011 les arrête aux points 2,2 ; on répète l’épreuve, et s’il y a encore trop d’allongement, on amène les curseurs aux points 3,3. Si à cette position une nouvelle épreuve donne ~~ de ligne, la lame bi-métaliique se trouvera exacte pour opérer les effets de la compensation, puisqu’elle remonte la lentille de la quantité que l’allongement de la verge du pendule l’aura fait descendre : d’où il résulte que le centre d’oscillation du pendule restera toujours à la même distance du point de suspension.
- La fig. 7 représente nu fragment de là lame bi-métallique, de demi-grandeur naturelle, pour une lentille de 20 livres environ. Les deux lignes ponctuées indiquent le passage des goupilles qui réunissent les deux lames; celle d’acier est en dessus.
- Description du pendule de compensation inventé par M. Du-chemin, horloger-mécanicien, place du Châtelet, n 2, a Paris.
- La fig. 8, pl. 552, représente une coupe longitudinale du compensateur de M. Duchemin;
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- La fig. 9, Le même, dans la proportion de demi-grandeur naturelle et dépourvu de ses vis de rappel. >> - - ' v s - [ ,
- fig. jo est une coupe transversale. • : . •
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans ces trois figures.
- A, Lentille. ’
- B, Tringle supérieure fixée au compensateur. “
- C, Tringle inférieure qui porte la lentille.
- D, D, E, E, Lames de compensation composées de deux tiers de cuivre et d’un tiers d’acier. Les lignes ponctuées, fig. 9, indiquent les courbures qu’elles prennent par l’effet de la dilatation.
- 7iy n, Grande vis de rappel horizontale , taraudée à droite et à gauche, et portant les deux tasseaux ou coulisseaux g, g, servant d’écrous, et taraudés aussi l’un à droite et l’autre à gauche.
- F. F, Boutons moietés'fixés sur les bouts de la vis de rappel n,n.
- G, Écrou pour régler la longueur du pendule.
- Les deux lames bi-mélaliiques horizontales D, D, E, E sont assemblées, à leurs extrémités, au moyen de deux plaques i, i, fixées par quatre vis qui les tiennent assez espacées pour que les deux coulisseaux g, g et les vis de rappel n, n puissent poser sur la lame inférieure E, E, sans toucher la lame supérieure D. La tringle B est vissée dans la lame D, D du compensateur, et la tringle C, qui porte la lentille, passe librement en s au travers de la lame inférieure E, E, et est accrochée en / sur le milieu de la vis de rappel ny n.
- Le compensateur est construit de manière que le cuivre des lames bimétalliques est tourné en dedans; en sorte que la dilatation donne à ce compensateur une déformation indiquée par les lignes ponctuées, /%•. 9. On voit qu’il a perdu son parallélisme par la dilatation, et que la lentille est suspendue sur la lame E, E par un effet double et simultané des deux lames bi-métalliques dilatées du compensateur.
- Lorsque par un des boutons F on fait agir la vis de rappel n} ny les coulisseaux g, g s’écartent ou se rapprochent des extrémités du compensateur, suivant qu’on tourne la vis à droite ou à gauche, et cela lorsqu’on veut trouver le véritable point de compensation, opération qui a lieu sans dérégler la pendule, puisque les coulisseaux glissent sur une surface sensiblement plane et horizontale) à température moyenne. Ainsi l’on voit que le poids de la lentille, accrochée sur la vis n, n par la tringle C, presse cette vis sur les tasseaux g, g> et fait appuyer ceux-ci sur la surface supérieure de la lame hi-métallique E, E; que cette lame est réunie à la lame supérieure D,D par les deux plaquesminces d’acier/, i; enfin que la lame supérieure est fixée à la
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- tringle B du pendule. Les extrémités de la vis de rappel n, n passent librement au travers des plaques *, i, excepté un des bouts retenu par une entaille qui le tient fixé sur le même point quand on la tourne. L’auteur a pris toutes les précautions pour que le compensateur n’éprouve aucun obstacle dans les mouvemens que lui font subir les variations de température.
- Le point où le mouvement ascendant et descendant est le plus prononcé sur le compensateur, par les changemens de température, se trouve vers le milieu de là lame bi-métallique E,E, près de la tringle G, en s. Ainsi, en rapprochant de ce point les tasseaux g, g, la lentille aurait son maximum de mouvement ascendant et descendant, si les tringles B, C, restaient invariables dans leur longueur; mais puisqu’à la même température où se trouve le compensateur il y a variation dans la longueur des tringles, c’est à dire dans la longueur du pendule, il faut que cette différence soit corrigée ou compensée par un point quelconque du mouvement du compensateur sur la lame bi-métallique E, E; il faut chercher ce point avec les coulisseaux en les faisant mouvoir au moyen de la vis de rappel /z, n , et les diriger vers le centre du compensateur quand la pendule retarde par l’effet de la chaleur, et vers les extrémités si elle avance. Ces opérations se font lorsque le pendule a subi des épreuves de température, c’est à dire après l’avoir fait passer par des températures variées.
- Rapport fait par M.. Francœur, au nom du Comité des arts mécaniques j sur la pendule a quantieme de M. Gille, horloger, rue des Cinq-T) i amans, n° io7 a Paris.
- La pendule de M. Gille est à échappement à repos : c’est celle dont j’ai eu l’honneur de vous parler en décrivant l’échappement de M. Perron de Besançon ; c’est aujourd’hui sous un autre rapport que je dois considérer cette pendule. -
- Elle indique les mois, jours de la semaine et quantièmes sur des cadrans distincts , dont les aiguilles sautent à minuit. Ce qui rend ce mécanisme remarquable, c’est l’ajustement très simple des parties qui font sauter les aiguilles, et principalement celle des quantièmes, qui, d’elle-même, saute le n° 3i quand le mois n'a que trente jours, et qui saute le 29 et le 3o février, en ayant égard, s’il y a lieu, aux années bissextiles.
- On connaît divers procédés qui font obtenir ce résultat; mais les mécanismes en sont compliqués; il y a en général une roue qui fait son tour en un an , et qui a 366 dents, dont on rend l’une inutile dans les années communes. Cet appareil de rouages tient beaucoup de place, est d’un difficile Trente-deuxième année. Août i833. 36
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- ajustement et assez coûteux. Celui de M. Gille peut*être logé dans un petit5 espace, puisqu’il n’a que trois pièces de plus qu’un quantièmeordinaire et» que la plus nombrée des roues n’a que 3i dents. ; ï < ; , ;
- Il serait presque impossible de décrire avec netteté le mécanisme de* M. Gille, sans le secours d’une figure bien faite, et je me contenterai d'essayer d’en donner une idée , en laissant à une légende le. soin d’expliquer l’assemblage et le jeu des pièces, pour en montrer les fonctions., * ;
- On se représentera d’abord le grand cadran de la pendule percé au centre; pour le passage des axes des aiguilles d’heures: et de minutes, et percé; aussi en trois autres points de la surface pour le passage des axes aux cen-r' très de trois petits cadrans , pour les jours de la semaine, quantièmes du-mois et noms des douze mois; Chacun de ces trois cadrans est muni de son aiguille indicative, dont le saut est produit par le mécanisme général de: la pièce. - u;-
- D’abord, l’aiguille des jours de la. semaine est montée sur un axe qui: porte une étoile à sept pointes, et la détente qui la fait tourner d’un cran à; minuit fait voyager aussi l'aiguille d’un septième de la circonférence, pas-sant d’un jour au suivant. * *- .
- Le deuxième cadran, celui des quantièmes du mois, a son aiguille mon-* tée sur un axe qui porte une roue de 3i dents; c’est précisément sur cette; roue que doit agir le mécanisme inventé par M. Gille pour rendre une , deux ou meme trois dents de cette roue inutiles, quand cela est nécessaire,, afin que l’aiguille saute autant de rangs a la fois.,
- A cet effet, l’axe des quantièmes porte une sorte de petit râteau armé de quatre chevilles inégales. Le limbe de la roue des mois n’est pas denté, mais porte des chevilles implantées comme celles du marteau de la sonnerie, excepté que ces chevilles sont au nombre de 12 et ont elles^mèmes des longueurs différentes. A la fin de chaque mois , une cheville entre en prise, et fait sauter un cran à la roue des mois ; il en résulte que , suivant que le. mois a 3o ou 3i jours, telle ou telle cheville du râteau des quantièmes est en prise, ce qui en détermine le saut. Le mois de février est muni d’une che** ville qui fait sauter à la fois trois jours; les chevilles courtes sont pour les mois de 3r jours.
- Et quant aux années bissextiles, il y a une petite roue qui fait son tour: tous les quatre*ans, et qui porte une dent plus large limée en courbe pour* faire élever la roue le 28 février, afin que la cheville de cette daté, qui est la plus grande, et qui est toujours remontée par celle du râteau, puisse passer, et que le lendemain 29 soit indiqué; .... . , >* : . • •;*: «
- Ce mécanisme est simple et ingénieux;, il est d’une exécution facile; ses*
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- fonctions sont assurées, et comme il tient peu de place, il sera certainement adopté en horlogerie au lieu des pièces nombreuses et de la roue annuelle actuellement en.usage. Comme maintenant les pendules sont réglées sur le temps moyen , et qu’on en est enfin arrivé à faire peu de cas des équations qui servent à donner le temps vrai, les roiies annuelles seront bien rarement employées en horlogerie. On trouvera donc fort commode un mécanisme de quantième perpétuel qui n’a pas besoin d’une roue annuelle.
- Le Comité des arts mécaniques vous propose, Messieurs, de remercier M. Gille de sa communication, et d’insérer le présent rapport au Bulletin* avec une figure et une explication de son mécanisme.
- Approuvé en séance, le 20 mars i833.
- Signé ^rancoeur, rapporteur'.
- Description d’une pendule a quantième perpétuel, marquant les jours de la semaine, le quantième du mois et le nom des mois j parM. Gille, horloger a Paris.
- La Jig. 11, PI. 552, représente la petite platine portant le chaperon ou la roue des heures.
- La fig. 12 est une vue du mécanisme indiquant les jours de la semaine , le quantième du mois et le nom de chaque mois.
- La/zg. 15 est le cadran.
- La fig. 14, le râteau à chevilles vu en plan et de profil, et dessiné sur une plus grande échelle.
- L’étoile a, entaillée de 7 dents, sert à marquer les jours de la semaine; elle roule dans un piton vissé dans la fausse plaque; son canon dépasse le cadran sur lequel est ajustée l’aiguille. Cette étoile est pressée par uu ressort en équerre Z, sur lequel appuie une détente k, qui la fait sauter à minuit.
- La roue des quantièmes p, portant 3i dents, est ajustée de la même manière que l’étoile a, et mène la roue b ayant un même nombre de dents. Sur cette dernière est monté un râteau c à 4 dents ou chevilles d parallèles au plan de la roue et à distances inégales de ce plan ; ces chevilles agissent sur les chevilles de la roue des mois e, lesquelles sont au nombre de 12, de longueurs différentes, et perpendiculaires au plan de la roue.
- g est une étoile à 4 ailes ou dents, destinée à faire marquer au mois de février vingt-neuf jours tous les quatre ans.
- h, Ressort qui presse contre les dents de l’étoile précédente. i} Autre ressort qui appuie sur les dents de la roue e. n} Levier attaché à la détente k. o, Dent à bascule qui pousse celles de la roue p.
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- q, Ressort pressant sur les dents de cette dernière roue*
- r, Chaperon ou roue des heures. ! >*'*• ‘ *
- s, Moulinet à 4 ailes ou bras, ajusté de la même manière que l’é-
- t, Levier fixé sur l’axe de la détente k. ù
- it, Ressort servant à tenir le moulinet à la place où il est conduit par le
- chaperon r. ; . < . \ .
- v, Dent à bascule portée par un levier fixé à la détente k, pour faire sauter l’étoile a. ,y . ; "•T • < • • : ^ "
- Les ressorts h i q maintiennent les pièces du quantième quand elles ne sont pas poussées par la détente. ' * < ' •
- Effet du chaperon ou de la roue des heures. Cette pièce r, qui fait deux tours par jour, est armée de deux chevilles 5 et 4, l’une pour six heures et l’autre pour onze heures , qui font faire un tour au moulinet spendant que le chaperon accomplit ses deux tours. L’un des bras du moulinet porte une cheville j, qui soulève le levier t. Par ce moyen, lorsque le chaperon a poussé à minuit le moulinet s, et que ce moulinet a agi sur le levier t, la détente k a fait avancer d’une dent l’étoile a et la roue p> et le moulinet se trouve dégagé du levier t, qui retombe par le poids de la détente , pour être repris toutes les fois que la pendule sonne minuit.
- La détente k étant levée à minuit, et ayant fait tourner l’étoile a d’une dent, l’aiguille des jours de la semaine saute du mot lundi-à. celui de mardi; cette détente pousse en même temps la roue p, qui fait passer l’aiguille des quantièmes de 18 à 19, par exemple, et ainsi de suite. Quand le mois a trente et un jours , le râteau c, qui a 4 dents d’inégale hauteur, saisit une des chevilles de la roue des mois e, et la ffait avancer d’un douzième. Mais pour les mois qui ont moins de trente jours, le râteau pousse la roue des quantièmes à minuit, à la fin de ces mois, d’une, deux ou trois dents de plus. Les trois chevilles du râteau, qui sont progressivement plus hautes, auraient engrené trois dents avant le 3r, tandis que de cette manière la dent la plus basse pousse seule la roue e. Une cheville de cette roue se présente devant le bras delà détente^, qui, par son plan inclinée, pousse d’un douzième la roue e, ce qui fait sauter l’aiguille de janvier à février: ce dernier mois, étant le plus court de l’année, a la cheville la plus longue qui est rencontrée par la cheville la plus élevée du râteau; aussi, quand elle a déplacé la roue e, la cheville en forme de dentm est poussée par cette roue de trois dents en plus, aiclee par le plan incliné a? de la détente k, que de coutume , ce qui fait paraître le ier mars au lieu du 29 février.
- Pour les mois de trente jours, la cheville de ces mois doit être un peu plus
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- haute que celle du3ie jour, afin d’être prise parla deuxième cheville,qui sera plus haute que celle vw : alors elle engrène le 3i, et la roue e, changeant de mois , pousse d’une dent en plus le râteau, ce qui fait sauter du 5o au i*r.
- Quand l’année est bissextile, l’étoile ^ accomplit son tour par le moyen d’une cheville 2 placée sur la roue e ; cette cheville fait tourner d’un quart de tour l’étoile chaque fois que la roue a fait son tour entier, ce qui arrive au bout de douze mois. La dent u de l’étoile g, qui est taillée en plan incliné sur son épaisseur, venant à passer au centre de la roue, rencontre une espèce d’assiette en dessous, au moyen de laquelle la roue e est élevée de l’épaisseur d’une cheville, et comme la plus longue cheville de la roue e porte une encoche, la cheville la plus haute du râteau c passe dans cette encoche , ce qui fait que, le 28, la roue e ne se trouve pas déplacée par cette cheville, quoique la plus longue cheville de la roue e se trouve sur son passage. Le lendemain, la cheville la plus élevée du râteau, ne pouvant passer, touche la cheville à encoche et déplace la roue ; alors le bras de la détente k pousse, par son plan incliné#,la roue d’un douzième, et cette roue pousse en même temps le râteau de deux dents, ce qui fait qu’au lieu de marquer le 3o février l’aiguille indique le ier mars. (D.)
- Description des machines propres a la fabrication des roues de voitures> établies dans les ateliers de M. E. Philippe. [Suite] (1).
- i°. Moyeux. La première opération, dans la fabrication des moyeux, consiste à percer le trou central du moyeu : pour cet effet, on le place entre deux mordacb.es ou pinces montées sur un chariot, et au moyen desquelles on l’élève ou on l’abaisse, afin que son centre corresponde au centre de la mèche faite d’une lame hélicoïde comme les tarières américaines. Cette mèche est montée de la même manière que celle des machines à percer les trous d’accouplement et les trous des broches dans les jantes, décrites page 65 du Bulletin de mars. On fait avancer le chariot portant le moyeu, à l’aide d’un contre poids, jusqu’à ce que l’extrémité de la mèche taillée en forme de vis soit entrée dans le bois : alors abandonnant la manivelle du treuil qui retient le chariot, le contre-poids amène le moyeu à mesure qu’il se perce. O11 sent l’avantage qu’on obtient à percer le moyeu pendant qu’il est encore brut, et à le tourner ensuite sur un arbre; car en admettant que le travail manuel puisse faire une roue aussi ronde que le travail par machine, il suffit que le trou du moyeu ne soit pas bien percé
- (1) Voyez le Bulletin de janvier, p. 3, et celui de mars, p. 63.
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- au centre, opération qui se fait en dernier, pour que la roue tourne faux.
- Le perçage, tel qu’il se pratique dans les ateliers deM. Philippe, emploie environ la force de deux hommes et dure deux minutes pour chaque moyeu.
- Explication des figures de la Pl. 553.
- Fig. i. La machine à percer le trou central du moyeu, vue partie en élévation, partie en coupe longitudinale et verticale.
- Fig. 2. Plan de la même. ••
- Fig. 3. Coupe transversale sur la ligne A B du plan.
- Fig. 4* La poupée portant l’arbre moteur, vue en élévation par le bout.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans toutes les figures.
- A, Poulie folle sur laquelle on renvoie la courroie lorsqu’on veut arrêter la machine ; une bagueæ, serrée par une vis, empêche cette poulie de s’écarter de la suivante.
- B, Poulie motrice montée sur l’arbre C, où elle est retenue par une clavette. • *
- C, Arbre tournant dans deux coussinets bb, enchâssés dans les montans de la poupée E, et portant à son extrémité une douille c , percée d’un trou conique pour recevoir la mèche ou tarière hélicoïde D. Cette mèche est retenue dans la douille par une clavette d; elle est terminée par une pointe de vis ou de vrille e, qui sert à attirer le moyeu à mesure que le trou se perce.
- E, Poupée fixée sur le banc O par deux boulons à écrou jf. Elle porte deux montans sur lesquels sont établis les coussinets de l’arbre C. Au montant postérieur est fixée une bride g, qui reçoit une vis de butée h, servant à empêcher que l’arbre use ses coussinets sur le côté.
- FF, Chariot composé de deux supports réunis par des traverses ii et du plateau G. A chacun des supports est fixé un piton jj', auquel sont attachées des cordes hkr : l’une kp passant sur la poulie l et portant un poids M, sert à amener le chariot jusqu’à ce que la vis e de la mèche D ait pénétré dans le bois; l’autre U est destinée à ramener le chariot à son point de départ, à l’aide du treuil L sur lequel elle est enroulée. ..
- G, Plateau soutenu par les montans du chariot et sur lequel glissent les mordaches ou pinces HH' : celles-ci coulent, à queue d’aronde , entre des règles mm; l’une de ces mordaches esta une branche et l’autre à deux./
- _ I, Palier fixé sur les règles mm et dans lequel passe la vis J. Cette vis, qui reçoit une manivelle n, est taraudée moitié à droite et l’autre moitié
- gauche, de sorte qu’en tournant la manivelje, les mordaches qui lui servent ’écrou avancent et reculent ensemble.
- K, Arbre reposant sur les supports oo et muni d’une manivelle/;.
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- ~'L, Treuil monté sur l’arbre précédent et servant à ramener le chariot, ail moyen de la corde A' dont il est enveloppé; sur un de ses eûtes est fixée une roue à rochet r, dans les dents de laquelle s’engage un déclic s-,
- M, Poids servant à amener le chariot jusqu’àce que le bout de la mèche ait commencé à pénétrer dans le bois.
- N, Moyeu prêt à être percé.
- O, Banc portant la poupée E et sur lequel glisse le chariot F.
- PP, tréteaux qui supportent le banc.
- Jeu et avantages de cette machine. Après avoir écarté les mordaches au moyen delà vis J, on place le moyeu et on l’assujettit en serrant cette vis: il se trouve ainsi parfaitement centré sans aucun tâtonnement. Alors, dégageant le déclics, le poids M fait avancer le chariot; la vis pénètre dans le bois, et comme on lui donne une vitesse de 3oo tours par minute, le moyeu est percé, en deux minutes, d’un trou de ai lignes de diamètre. On conçoit que le centre de’la mèche D se trouvant parfaitement parallèle avec la règle angulaire du banc O, ainsi qu’avec le chariot, on ne peut faire autrement que de percer un trou parfaitement droit et bien centré.
- Deuxième opération. Le moyeu brut étant percé, on le porte sur un tour où il est tourné sans le secours de l’ouvrier, les outils s’arrêtant d’eux-mêmes lorsque le travail est terminé. Ce tour est^surtout utile quand on a beaucoup de moyeux de même dimension à fabriquer, comme pour le service de l’artillerie, des transports militaires, etc.
- Explicàtion des figures de la PI. 554-
- Fig. i. Le tour à tourner les moyeux, vu en élévation longitudinale.
- Fig. 2. Plan du même.
- Fig. 3. Élévation latérale, vue de face.
- Fig. 4* Coupe et plan du chariot.
- Les mêmes lettres désignent les mêmes objets dans toutes les figures.
- A , Poulie folle sur laquelle on passe la courroie quand on veut arrêter le mouvement du tour.
- B, Poulie motrice montée sur l’arbre C, où elle est arrêtée par une clavette.
- G, Arbre moteur à pointes, portant les deux poulies précédentes et la vis sans fin D.
- D, Ais sans fin engrenant avec la roue a.
- E, Arbre tournant dans les coussinets b et c; il porte d’un bout la roue
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- a et de l’antre la vis sans fin d, qui fait tourner l’arbre F par l’intermédiaire de la roue e. ' r'i ^ ;
- F, Arbre qui repose sur les supports/ et g; sur l’un de ses bouts est
- là roue e, et sur l’autre la roue dentée H./ ; .
- G, Embrayage ayant, à sa partie intérieure, une coulisse longitudinale
- pour un lardon fixé sur l’arbre F, et une gorge dans laquelle entre une fourchette qui sert à le faire marcher. V
- H, Roue de vingt dents tournant librement sur le bout de l’arbre F, où elle est retenue par une goupille quand elle engrène avec la suivante.
- I, Roue intermédiaire de quarante dents, menée par la précédente; elle fait marcher l’arbre J, lequel porte une roue dentée h et un pignon x, qu\ fait marcher la crémaillère / pratiquée au dessous du plateau K;
- K , Plateau coulant, à queue d’aronde, dans les,supportsy/, qui sont fixés au banc.
- L, Support retenu au plateau par deux forts boulons kk' et portant les outils//, qui sont retenus par des vis de pression m.
- M, Butoir monté à coulisse sur le plateau K ; on le règle suivant le diamètre qu’on veut donner au moyeu.
- N, Ressort surmonté d’une boule; il est frappé par le butoir M et retenu dans une entaille.
- O, Toc taraudé sur le nez de l’arbre C et faisant marcher l’arbre P.
- P, Arbre portant une forte embase n, armée de deux pointes pour empêcher le moyeu de tourner. Cet arbre est taraudé à son extrémité, pour recevoir un écrou o, qui serre le moyeu contre l’embase.
- Q, Contre - poupée coulant librement sur les règles du banc R et
- fixée par le boulon p. Cette contre-poupée a une partie q en forme de baril, dans laquelle coule un arbre à pointe/’, qui est retenu par une bride s quand on serre la vis à manivelle t. V! .
- R, Banc en fonte monté sur deux jumelles en bois qui sont supportées
- par des tréteaux SS et réunies ensemble par des boulons. - <
- T, Écrou à main que l’on serre pour assurer l’immobilité de la poupée Q.
- U, Vis de rappel à bras de manivelle, qui serre par sa pointe contre
- l’arbre r de la contre-poupée. 7 .
- Y, Poupée fixe réunie au banc R par un fort boulon u et portant, dans le montant du côté du toc O, un cône pour regagner le jeu que l’usiire pourrait apporter dans la machine. Le montant opposé porte une vis de butée vt passant dans un double écrou et destinée au même usage.
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- X, Moyeu près d’ètre terminé.
- Jeu et avantages de cette machine. Le tronçon, ayant été percé par la machine précédente, est monté sur l’arbre P, et au moyen de l’écrou o et des pointes fixées dans l’embase n, il est serré de manière à ne pouvoir tourner sans lui. On place le moyeu comme une pièce ordinaire sur le tour, en avançant la pointe de l’arbre r de la contre-poupée Q au moyen de la vis à manivelle U, et pour empêcher qu’elle ne se desserre, on tourne la vis t3 qui, en remontant la bride s, la rend parfaitement immobile. Alors poussant la courroie de la poulie folle sur là poulie fixe, celle-ci donne le mouvement à l’arbre G, qui, à l’aide du toc O, fait tourner l’arbre P, ainsi que le moyeu. La vis sans fin D donne le mouvement à l’arbre E, par l’intermédiaire de la roue a; cet arbre le transmet à l’arbre F, lequel, au moyen du double pignon, fait marcher la roue intermédiaire I, qui, à son tour, mène la roue dentée h,sur l’axe J de laquelle est monté un pignon x, qui engrène avec la crémaillère i} et fait avancer le plateau K jusqu’au moment où le butoir M vient frapper le ressort N et le dégage de l’entaille où il est retenu ; ce butoir rend libre l’embrayage: aussitôt le mouvement du plateau K est arrêté, et les outils n’avancent plus , sans pour cela que le moyeu cesse de tourner. L’ouvrier, s’apercevant que le moyeu est achevé, passe la courroie sur la poulie folle, ce qui arrête le mouvement de la machine : alors il retire le moyeu terminé et le remplace par un autre.
- On voit que, dans cette machine, l’on a prévu tous les inconvéniens qui peuvent résulter du travail manuel ; car lors même qu’un accident obligerait à arrêter un des trois tours que l’ouvrier conduit, le travail n’en continuerait pas moins pour les autres et serait également bien fait.
- La poulie motrice de cette machine fait quatre cents tours à la minute. Les roues a et e, engrenant avec les vis sans fin D d, ont soixante dents chacune. Il faut soixante tours du premier arbre pour faire faire un tour au second; de même, il faut soixante tours du deuxième arbre pour en faire faire un au troisième. Ainsi, on a 60 60 = 3,600 qui, divisés par quatre
- cents tours, donnent neuf minutes, temps nécessaire pour faire faire un tour au pignon qui engrène avec la crémaillère; mais ce pignon ayant à peu près 6 pouces de circonférence lorsqu’il a tourné seulement d’un tiers, le support s’est déjà avancé de 2 pouces en trois minutes, temps qu’il faudra pour tourner un moyeu, non compris celui qu’il faudra pour le placer et le déplacer.
- Avant d’ôter le moyeu, 011 a un calibre qui porte trois pointes que l’on place sur le support aux outils, ce qui fait faire trois traits sur le moyeu et
- Trente-deuxième année. Août i833. 57
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- marque la hauteur à laquelle on doit l’élever lorsqu’on le place sur la machine à diviser.
- Troisième opération. Cette opération, qui consiste à diviser les moyeux pour percer les trous destinés à préparer les mortaises qui reçoivent les tenons des rais, ne laisse rien à désirer et a une supériorité que le travail manuel ne saurait atteindre. Les mortaises sont exactement réparties sur la circonférence du moyeu; elles tirent toutes au centre et sont dans le même plan conique. Pour atteindre ce but on monte le moyeu sur un arbre vertical qui porte une plate-forme divisée en autant de parties qu’il faut de mortaises; l’axe de la mèche est le prolongement d’un rayon de cet arbre et l’inclinaison se règle à l’aide d’une vis à manivelle qui fait obliquer le plateau sur lequel coule la poupée qui porte la mèche; un quart de cercle, divisé en degrés, en indique le nombre. On perce avec cette machine trois rangées de trous au dessus l’une de l’autre, et il ne reste plus qu’à équarrir les mortaises, ce qui se lait à la main, mais ce qui pourrait aussi se faire par machine.
- On sent aisément l'importance de cette machine, car la moindre déviation dans le percement des mortaises est multipliée par autant de fois que la longueur du tenon est contenue dans la longueur du rai. Dans le travail manuel, l’inexactitude de cette opération oblige le charron à faire sa roue avec des angles inégaux ou à forcer les rais, ce qui peut en occasioner la rupture.
- Un garçon emploie vingt-cinq minutes pour diviser une paire de moyeux sur cette machine qui n’emploie pas la force d’un homme.
- Explication des figures de la El. 555.
- Fig. i. Élévation de la machine à diviser les moyeux et à percer les trous pour préparer les mortaises, vue de côté.
- Fig. 2. Plan de la même.
- Fig. 3. Élévation vue par derrière.
- Fig. 4. L’embase sur laquelle repose le moyeu, vue en coupe et en plan.
- Fig. 5. Coupe de l’écrou et du volant.
- Fig. 6. Coupe de la plate-forme. •
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans toutes les figures.
- A, Bâtis de la machine réuni par deux entreloises B C.
- D, Crapaudinè taraudée extérieurement pour recevoir deux écrous ff, qui servent à regagner le jeu de la machine; dans l’une de ces crapau-dines, qui est aciérée , tourne le pivot de l’arbre E.
- E, Arbre vertical tournant d’un bout sur la crapaudinè D, et de l’autre
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- dans les coquilles âd'. Cet arbre est 'muni d’une forte embase E', sur laquelle repose la plate-forme I, qui y est retenue par un écrou g. La partie supérieure de l’arbre est filetée pour recevoir les écrous F et G.
- F, Écrou à main servant à serrer le moyeu contre l’embase H, et à le faire
- entrer dans les pointes aa quelle porte, afin qu’il ne puisse pas tourner sans l’arbre E. „ ,
- G, Écrou en cuivre enchâssé dans le volant h, dont on se sert pour faire
- monter et descendre l’embase H. •
- H, Embase mobile sur laquelle repose le moyeu ; un petit lardon b, entaillé dans son épaisseur et fixé par une vis, forme une saillie qui entre dans une coulisse longitudinale c, pratiquée dans l’arbre E, et l’empêche de tourner sans l’arbre, en lui laissant la faculté de pouvoir monter et descendre.
- I, Plate-forme dont la périphérie est percée de trois rangées de trous, à distances parfaitement égales entre eux pour pouvoir diviser le moyeu à dix, douze et quatorze mortaises. Une petité broche e, munie d’une poignée et passant dans un guide j fixé au bâtis, entre dans ces trous et y reste pendant tout le temps que la tarière agit. Lorsqu’elle cesse de tourner on retire la broche , on fait avancer le plateau et on l’engage dans le trou suivant.
- J, Levier servant à faire avancer ou reculer à la main la poupée portant la tarière. Ce levier, dont le centre de mouvement est en i, est percé d’une coulisse dans laquelle entre un tourillon k, fixé sur la poupée.
- K, Plateau mobile servant à donner l’inclinaison convenable à la poupée; il tourne par ses tourillons l sur des coussinets m fixés au bâtis A. Sur l’un des côtés du plateau est vissé un petit index n, marquant, sur un secteur divisé o le degré d’inclinaison ou d’écuage à donner aux trous percés dans le moyeu.
- LL, Règles fixées avec des boulons au plateau K, et sur lesquelles coule la poupée.
- M, Poupée dont les deux montans portent les coussinets de l’arbre O, lesquels sont couverts de chapeaux pp, avec un renflement dans le milieu percé d’un trou taraudé pour recevoir la vis de pression q.
- N, Bride fixée au montant de derrière de la poupée M, ét ayant dans le milieu un téton taraudé pour recevoir une vis de butée r, qui sert à empêcher que les collets de l’arbre O n’usent les coussinets.
- G, Arbre tournant dans des coussinets enchâssés dans les montans de la poupée M ; il porte dans son milieu deux poulies S et T, dont l’une, T, est la poulie motrice sur laquelle passe la courroie .? , et l’autre, S, la poulie folle, et à son extrémité une boite t, percée d’un trou conique, dans lequel on place la mèche P, qui y est retenue par une goupille u.
- P, Mèche à point de centre, dite anglais.©.
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- Q, Traverse boulonnée au bâtis, et portant dans le milieu une douille
- taraudée qui donne passage à une vis R. - „
- R, Vis à manivelle, dont l’extrémité entre dans un trou ovalisé pratiqué au plateau mobile K, avec une petite vis à tête en dessous, au mo)ren de laquelle on éleve ou on abaisse le plateau K.
- U, Moyeu monté sur l’arbre E et percé de deux rangées de trous.
- V, Lame à fourchette qui coule sur les montans de la poupée M, et qui maintient la courroie s, malgré le mouvement de va-et-vient, sur la poulie que l’on désire.
- Jeu et avantages de cette machine. On commence par monter le moyeu sur l’arbre E, de manière que le point de centre de la mèche P corresponde exactement avec la première rangée de trous à percer : alors on serre fortement l’écrou F, on règle la position du plateau mobile K au moyen de la vis de rappel R , selon l’écuage qu’on veut donner, et on fait avancer la poupée Ma l’aide du levier J. Aussitôt que la mèche,qui tourne avec une grande vitesse , a percé le trou , on relire la broche e, on fait avancer la plate-forme d’un quatorzième de tour, on l’arrête et on fait agir la mèche, qui perce le second trou, et ainsi de suite. La première rangée de trous étant percée, on desserre l’écrou F, on fait remonter l’écrou G en tournant le volant h, ce qui élève l’embase mobile H, ainsi que le moyeu, sans pour cela qu’ils puissent tourner, à cause du lardon b, qui entre dans l’entaille c de l’arbre E. Le centre de la mèche P, étant amené vis à vis le trait de la seconde rangée de trous, on serre l’écrou F et on recommence l’opération.
- L’inclinaison que doit recevoir la mèche P, pour donner l’écuage, s’obtient par la vis R, après que l’on a relevé la mesure de l’angle sur le plan de la roue qu’il s’agit d’exécuter.
- On voit qu’à l’aide de cette machine , on peut diviser avec précision un moyeu dont toutes les mortaises tireront parfaitement au centre et suivant un même plan d’écuage, travail qu’il est impossible à l’ouvrier d’obtenir aussi promptement et avec autant d’exactitude, et dont les défauts ne s’aperçoivent qu’au moment d’assembler la roue. (D.)
- ' , ( La suite a un prochain numéro. )
- Rj p po rt fait par M. le vicomte Héricart de Thury, au nom du Comité des arts mécaniques, sur la fabrique d orfèvrerie mixte (iplaqué dor et d argent) de M. J.-A. Gandais, rue du Ponceau, n 42, et dépôt au Palais-Royal, n 118, à Paris.
- Messieurs, la fabrication du plaqué d’argent pour la vaisselle et le service de table a, depuis quelques années, atteint une si grande perfection, que
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- nos fabriques devaient nécessairement finir par rivaliser avec celles d’Angleterre, qui ont eu long-temps sur les nôtres une supériorité bien marquée.
- Motif de plusieurs rapports faits successivement à la Société, cette fabrication n’a encore été considérée que relativement aux procédés ingénieux ou nouveaux, suivis dans les fabriques, soit pour établir la matière première employée dans la confection du plaqué, comme chez MM. Levrat et Papinaud, en 1818, soit pour en simplifier les façons, comme par le tour de M. Tourroten 1820, tandis que, relativement au titre et par conséquent à la durée et à la solidité du plaqué, la Société 11’a encore eu connaissance d’aucune amélioration. ' .
- A cet égard, nous devons le dire, cette fabrication était loin d’ètre parvenue à la perfection que l’on désirait : aussi, après quelques années de service, renonçait-on presque généralement au plaqué, en voyant son argenture tellement usée, que le cuivre, devenu apparent, en faisait mettre forcément au rebut les plus belles pièces, comme étant alors hors de service.
- Sous ce rapport, en effet, le plaqué le mieux conditionné, même celui d’Angleterre, laissait beaucoup à désirer, et la première demande faite à tous les fabricans était, communément, de trouver un moyen pour empêcher le cuivre de paraître après quelques années de service ; mais leur silence ou leurs réponses avaient fait croire jusqu’à ce jour à l’impossibilité de vaincre cette difficulté,
- Enfin, il était réservé à M. Gandais, fabricant de plaqué, rue du Ponceau, n° 42, de fabriquer ce plaqué depuis si long-temps demandé, et de présenter des produits d’un mérite achevé, d’une solidité évidente et incontestable, enfin d’une réalité de valeur égale à l’élégance des formes, ainsi que npus allons essayer de le démontrer.
- Pénétré de l’impossibilité de remédier aux vices et aux inconvéniens du plaqué, tant qu’il serait fabriqué suivant les anciens procédés, M. Gandais a pensé que le seul et véritable moyen d’éviter les reproches faits et répétés journellement aux meilleurs fabricans de plaqué sur sa prompte désargen-ture était d’introduire l’argent pui'j partout où le frottement et le service mettaient le cuivre à découvert.
- Mais avant de se livrer à ce nouveau genre de fabrication , il a senti qu’il devait préalablement aller visiter les plus célèbres fabriques d’Angleterre, eu. examiner et étudier les procédés ; enfin , tâcher de découvrir à quoi était due cette-supériorité du plaqué anglais sur le nôtre.
- M. Gandais a en effet successivement visité les premières manufactures de plaqué anglais de Londres, Birmingham, Shelfield, etc., etc. : la beauté, a magnificence de leurs riches produits l’ont étonné, l’ont frappé d’admira-,
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- tion, ou plutôt et comme il l’exprime si bien dans son langage passionné pour son art, Vont empêché de dormir, en lui faisant sentir plus vivement l’infériorité de notre fabrication, qui, fut-elle confectionnée avec des matières au plus haut titre, resterait toujours, à raison de son extrême simplicité, au dessous du plaqué anglais, si riche, si brillant, si somptueux d’ornemens, bien souvent, il est vrai, de mauvais goût, mais cependant, il faut en convenir, du plus grand effet. *
- • L’étude que M. Gandais fit des fabriques anglaises et de leurs procédés lui fit bientôt connaître l’étendue du développement que pourrait recevoir en France la fabrication du plaqué, si, en le confectionnant d’après les nouveaux procédés qu’il avait en vue, il soumettait au goût épuré de l’école française les formes riches et brillantes, mais lourdes, écrasées et sans goût des fabriques anglaises, toutefois sans trop s’en éloigner, la mode les ayant fait adopter et prévaloir.
- Telle fut la résolution que prit, à son retour en France, M. Gandais, résolution très sage, qui a assuré le succès de son entreprise, par laquelle cet habile fabricant a prouvé qu’en ce genre de goût, comme en quelques autres, nous ne faisons que reprendre aux Anglais ce qu’ils nous ont eux-mêmes emprunté à une époque antérieure. En effet, ici, par exemple, il est évident que c’est à dater de 1660 environ que la fabrication du plaqué, qui avait commencé à fleurir en Angleterre, sous le gouvernement de Cromwell, s’empara des formes de l’orfèvrerie française, à ornemens de rocaiiles, de fruits et de chimères, qui, depuis, est devenue type, sous le nom d’orfévre-rie de Louis XIV, et qui domine encore aujourd’hui généralement en Angleterre et dans une grande partie de l’Europe.
- Ce genre ayant de nouveau été adopté chez nous, et y ayant même repris, depuis quelques années, une très grande faveur, notre orfèvrerie, jusque-là si belle et si remarquable par la pureté et la simplicité de ses formes gracieuses, qui rappelaient les plus beaux modèles antiques , notre orfèvrerie a dû revenir également à celle de Louis XIV, dite aujourd’hui l’orfèvrerie anglaise; et, par suite, la fabrication du plaqué, par les soins et les travaux deM. Gandais, a suivi le même mouvement ; mais, rendons justice à cet habile fabricant, il n’a cédé à l’influence de la mode et à ses exigences qu’en donnant aux produits de sa fabrique des formes et des ornemens plus purs et plus distingués. ’ * : ; ; ‘ ’ -
- A cet égard, l’on pourra nous dire que ce n’est rien que d’avoir restitué au pays une sorte de mérite dont l’oubli l’avait pour ainsi dire déshérité, et que, sous ce rapport, M. Gandais, s’il était permis de s’exprimer ainsi, ne serait tout simplement qu’un chronologiste français ( nous dirons à ce
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- sujet, en passant, que ses talens ne se bornent pas à la sphère cle l’industrie, et qu’il est également versé dans les sciences et les beaux-arts); mais, d’après ce que nous avons vu chez lui, nous déclarerons, parce que cela est vrai, les riches produits de ses ateliers en fournissent des témoignages authentiques et irrécusables : i° que jamais on a poussé plus loin le désir ardent de satisfaire matériellement le public et sa consciencieuse recherche, de ce qui est bon , commode et durable ; et que jamais on n’a fait d’aussi beau, d’aussi solide plaqué en France.
- Nous nous sommes , Messieurs, sur votre invitation, transportés dans les ateliers de M. Gandais, et nous les avons tous successivement parcourus dans le plus grand détail. Son établissement est très considérable; il présente la plus grande activité : retreinte, planage, laminage, tour, estampage, mouton, ciselure, etc., etc., tout y est bien établi et largement développé. Partout on trouve des ouvriers placés ou plutôt échelonnés avec autant d’adresse que d’intelligence suivant le degré de la fabrication , et de manière à ce que chaque pièce, d’après son avancement, passe successivement de main en main ^avec économie et sans aucune perte de temps, depuis le premier travail jusqu’au dernier achèvement.
- Ce bel établissement présente un matériel de plus de 200,000 francs , sans y compter la valeur du superbe dépôt établi au Palais-Royal, galerie de Valois, n° 118.
- En suivant les procédés de fabrication de M. Gandais , nous avons été frappés de leur simplicité , de leur précision, de la promptitude de la mise en œuvre et du soin comme du fini de l’exécution.
- Nous nous sommes convaincus qu’il est impossible d’offrir plus de garanties aux consommateurs. En effet, nos premières fabriques n’employaient, celle de M. Levral, que du plaqué au 4oe, et celle deM. Tourrot que du plaqué au 20e. M. Gandais met non seulement en œuvre, pour le corps des pièces, un titre de plaqué bien plus élevé, puisque ses titres, suivant les pièces et les demandes, sont au i5e,au ioe et au 5e; autrement, que la i5e partie, la 10e partie ou la 5e partie delà feuille métallique est en argent fin : mais ce qui fait le caractère particulier de la fabrication de M. Gandais, ce qui était demandé aux fabricans de plaqué, c’est à dire $ empêcher la prompte désargenture des bordsy ou le cuivre de paraître par Veffet du service et dufrottementc’est que toutes ses pièces sont garnies en argentfin sur leurs bords, leurs angles, enfin, dans tous les contours, savoir d'un fü à cheval en argent pour les pièces unies; et pour les pièces riches ou composées , tout ce qui est ornement, tout ce qui est application, tels que les anses, les poignées, les pieds, les griffes , tout est exactement en argent, c’est à dire fait d’une lame d’argent
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- pur, rapportée à une épaisseur convenable pour résister, pendant de longues années, à l’action du nettoyage , étant pourtant assez mince pour que l’emploi n’en soit pas trop coûteux. ,
- Ainsi, économie, solidité et élégance, voilà enfin ce problème dont les fabricans avaient jusqu’à ce jour regardé la solution comme impossible, voilà donc enfin ce problème résolu par M. Gandais.
- Dans les parties qui sont de deux pièces assemblées, telles que les poignées et les anses, la feuille d’argent a, selon les dimensions de la pièce, depuis un quart jusqu’à un demi-millimètre d’épaisseur.
- Or, pour pouvoir se figurer ce que c’est en orfèvrerie qu’un demi-millimètre d’épaisseur d’argent, il faut savoir que les plaques ou les feuilles d’argent qu’emploient les orfèvres pour fabriquer les théières , les cafetières et une foule d’objets de ce genre, ne sont qu’au n° 12 du laminage, ce qui répond à un seul millimètre d’épaisseur.
- Cela posé, on concevra aisément le degré de durée que peut et doit présenter un objet d'orfèvrerie mixte (c’est le nom qu’avec raison M. Gandais donne aux produits de sa fabrique ), lorsqu’on saura que l’épaisseur de la feuille d'argent qui l’entoure et le préserve des frottemens est du quart au moins et souvent de la moitié de l’épaisseur totale de la feuille.
- Des supputations, peut-être un peu exagérées, mais cependant fondées sur l’expérience, semblent démontrer que l’argenterie perd le quarantième de son poids par vingt années d’usage ou de service journalier : en admettant ce calcul comme vrai, il en résulterait que les articles en orfèvrerie mixte, dont les lames d’argent seraient au quart du millimètre, auraient une durée de vingt-cinq ans, et ceux dont les lames seraient au demi-millimètre en dureraient soixante.
- Ces calculs, certes, seraient bien favorables aux travaux de M. Gandais; mais si l’on considère que les pièces cVorfèvrerie mixte se vendent au total pour le prix seul de la façon de pareilles pièces en argent massif, dont il faut en outre payer la valeur au titre et le contrôle , on conviendra qu’il y a réellement économie, facilité de changer sans frais, selon le goût et la mode, gain de contrôle; enfin, avantage d’une moindre dépense , toutes considérations.très influentes sur tous ceux , et c’est bien aujourd’hui le plus grand nombre, qui raisonnent leurs jouissances et leurs dépenses.
- Aussi n’avons-nous été nullement étonnés d’entendre un des premiers orfèvres de Paris, qui a voyagé en Angleterre et qui a visité les plus belles fabriques d’orfèvrerie et de plaqué, dire, en parlant de celle de M. Gandais, que si le public était bien persuadé de la valeur de ses produits, il ne dépenserait plus en argenterie des capitaux qui, ainsi placés, ne rapportent
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- aucun intérêt, et qu’on se bornerait généralement au service de l’orfèvrerie mixte.
- Mais telle n’est point l’ambition de M. Gandais : en donnant à sa fabrication tous les développemens dont elle est susceptible, il se borne à mettre son art et son industrie au service de sa sœur aînée l’orfèvrerie française ; il veut satisfaire les amateurs qui connaissent la valeur de ce qu’ils recherchent, et qui savent le bon emploi des capitaux. Il y a, dit fort sensément à ce sujet M. Gandais, il y a dans notre beau pays de France place pour toutes les industries, et quels que soient ses succès, nous ne pensons pas que, dans la lutte qu’il semble engager, notre belle orfèvrerie ait plus de tort, plus de préjudice à craindre de cette branche d’industrie, qui ne peut cependant manquer d’obtenir le plus grand succès, que n’en a éprouvé l’orfèvrerie anglaise de la part du plaqué anglais. Il y aura toujours assez XX amateurs du vrai pour que notre belle orfèvrerie obtienne la préférence à bien des titres sur le plaque.
- Mais cependant ne manquera-t-on pas de nous demander comment les pièces d'orfèvrerie mixte peuvent être données pour le prix seul de la façon ou de la fabrication de X argent massif : à cela, il est facile de répondre; les métaux que M. Gandais emploie sont d’une malléabilité parfaite , son argent est de Yargent vierge à 999 millièmes ; conséquemment son laminage est très doux, la retreinte est aussi prompte que facile, l’estampage se fait avec la plus grande perfection; enfin, le poli est des plus vifs, il est d’un noir parfait.
- Or, l’argent au titre qu’emploie l’orfèvrerie est loin de présenter ces avantages; tout le monde sait qu’il ne se peut travailler aussi économiquement, aussi promptement, et qu’il a besoin de trop de recuisson. On va sentir de suite la différence des deux manutentions. De g5o millièmes , taux du premier titre mis en usage par les orfèvres, à 99g de fin, titre qu’emploie M. Gandais, il y a une différence de 49 millièmes au désavantage de l’orfèvrerie, ces 49 millièmes étant du cuivre allié à cet argent : or, par la raison inverse qui fait que l’argent de M. Gandais est doux et ductile, parce qu’il est vierge, l’argent au premier titre est raide et rebelle à cause de la présence du cuivre ; il faut le travailler plus long-temps : il exige donc plus de main-d’œuvre, il s’estampe peu et difficilement; les orfèvres pratiquent l’usage long et dispendieux de fondre et mouler leurs ornemens et de les faire ciseler ensuite, etc., etc. Il résulte de là une différence de main-d’oeuv re en faveur de l’orfèvrerie mixte, et la possibilité de donner certains articles pour le prix seul de la façon chez l’orfévre primitif.
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- Pour que vous puissiez juger vous-mêmes, Messieurs,du degré de perfee* tion des produits de sa fabrique, M. Gandais soumet à votre examen diffé--rentes pièces que vous ne pouvez manquer dé voir avec intérêt, telles que :
- Un service à thé complet, composé d’une belle fontaine ou tea urn> au i5% les ornemens en argent fin ; d’une belle théière, et d’un pot à crème à intérieur doré ;
- 2°. Une salière double, dont la colonne et les pieds sont en argent et l’intérieur des coquilles est doré ;
- 5°. Et diverses autres pièces non moins remarquables, toutes fabriquées d’après les procédés que nous venons de vous décrire.
- Le pot à crème, la salière double, ainsi que toutes les pièces de ce genre, sont dorés sur argent.
- Ces pièces, et en général toutes celles que nous avons vues en train de confection dans les ateliers de M. Gandais, sont montées avec le plus grand soin, une richesse et une élégance que nous ne connaissions pas encore, et qui sont réellement les caractères distinctifs des produits de cette belle et importante fabrique, que nous signalons particulièrement à l’attention de la Société.
- M. Gandais vient d’exécuter un service de 2 5,ooo francs pour quarante personnes, d’après demande, dans le style des ornemens du moyen âge. Il est impossible de rien voir de plus beau, de mieux travaillé et de plus parfait.
- Il est à regretter qu’il n’y ait pas eu, cette année, une exposition publique des produits de l’industrie française; elle eût été certainement une occasion d’éloges et d’honneur pour M. Gandais ; elle eût prouvé la supériorité des produits de sa fabrication, et qu’en ce genre nous n’avons plus rien à envier aux Anglais. ,
- Enfin, et en terminant, nous ferons observer que si les pièces XXorfè^ vrerie mixte paraissent chargées d’ornemens trop pressés les uns sur les autres, ces festons , ces guirlandes ,ces bordures de coquillages et de fruits enlacés avec des feuilles d’acanthe et des grappes de raisin entremêlées de têtes de faunes et de satires, tous ces ornemens au moins sont polis, conséquemment faciles à nettoyer. Cet immense avantage sauve Xorfèvrerie mixte des inconvéniens inévitables des mats de l’argenterie, mats d’un effet séduisant, il est vrai, tant qu’ils sont neufs, mais trop susceptibles, trop prompts à se ternir et à se salir, au point qu’on ne peut ensuite les ramener à leur blancheur première qu’en les repassant au feu, * ' i ’ v -Y-
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- Résumé et conclusions.
- Messieurs, d’après tout ce que nous venons d’avoir l’honneur de vous exposer, nous ne doutons point que vous ne soyez convaincus que ce n’est que par de nombreux essais, des recherches longues et dispendieuses, une persévérance infatigable et à toute épreuve ; enfin, et surtout, par des avances de fonds considérables, que M. Gandais a pu parvenir à porter la fabrication de Xorfèvrerie mixte à ce haut degré de supériorité et de perfection que nous venons de vous faire connaître.
- En conséquence, et en considérant :
- i°. Que, par les nouveaux procédés qu’il a introduits dans la fabrication du plaqué, il est enfin parvenu à donner aux produits de cette importante branche d’industrie une solidité, une durabilité que jusqu’à ce jour nos fabricants avaient regardé comme impossible de leur donner;
- 20. Que, tout en satisfaisant au goût capricieux de la mode, il a cependant su se préserver de la mauvaise et pernicieuse influence des form es riches, il est vrai, mais trop souvent grotesques de l’orfèvrerie dite anglaise ou de Louis XIV;
- 3°. Que les caractères particuliers et distinctifs des produits de sa fabrication sont réellement Xéconomie, la solidité et Xélégance',
- 4°. Enfin, que M. Gandais est ainsi parvenu à nous affranchir du tribut que nous semblions devoir toujours payer à nos voisins pour leur plaqué anglais, si long-temps le désespoir de nos fabricans, à raison de la supériorité qu’il avait sur le nôtre,
- Nous avons l’honneur de vous proposer, Messieurs , i°. De faire insérer le présent rapport dans le Bulletin 2°. De le renvoyer à la Commission des médailles, pour examiner s’il n’y a pas lieu à accorder une médaille d’or de première classe.
- Approuvé en séance, le 4 septembre i833.
- Signé Héricart de Thüry, rapporteur.
- ARTS CHIMIQUES.
- Rapport fait par M. Payen, au nom clu Comité des arts chimiques, sur le lactomelre présenté par M. Collardeau.
- Dans la dernière séance du Conseil, M. Collardeau vous a présenté un instrument nommé lactom 'etre vous avez chargé votre Comité des arts ^chimiques de l’examiner, et je viens vous soumettre le rapport de ce Comité. Qn s’est occupé depuis longtemps des moyens de reconnaître etdepré-
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- venir les altérations généralement apportées dans le lait, comestible dont une foule de nourrisseurs approvisionnent les consommateurs dans les grandes villes. ;v -,v- ' v ‘
- Les Autorités administratives, les Conseils de salubrité, les Sociétés médicales ont discuté cette question sans la résoudre : d’ailleurs il convient d’ajouter que les altérations ont été reconnues exemptes du caractère d’insalubrité que Fou croyait devoir leur reprocher. ,
- En effet, les nombreux essais entrepris à cet égard ont appris que la seule addition de quelque importance faite au lait est toujours de beau potable; que la légère proportion de matière colorante employée pour rétablir la teinte ordinaire du lait, après l’avoir ainsi étendu, n’offre aucun danger pour la santé; qu’une partie de la crème enlevée, augmentant parfois la proportion relative du caséum, n’avait pas non plus d’autre inconvénient que de rendre la saveur du lait moins agréable.
- J Cependant, on avait cherché vainement un moyen pratique facile de reconnaître ces altérations variables , les résultats de quelques autres causes d’appauvrissement du lait, et d’assigner du moins au lait sa véritable valeur vénale. x
- L’instrument nouveau , imaginé à Londres par M. Banks, et fort usité dans ce pays des applications positives , importé par M. de Valcourt, agronome distingué, construit, à Paris , par l’un de nos plus habiles fabricans d’ustensiles de précision , porte déjà dans son historique d’excellentes recommandations.
- Nous avons donc été peu surpris de reconnaître que le lactomètre de M. Collardeau atteint le but proposé mieux qu’on n’était encore parvenu à le faire jusqu’ici.
- Le lactomètre consiste en une sorte d’éprouvette à pied, divisée en centièmes près de sa partie supérieure (1).
- Une mesure exacte de lait remplissant le tube jusqu’à la ligne ultime, la crème monte, et lorsque son épaisseur est stationnaire, on apprécie facilement le nombre de centièmes du volume total que cette partie butireuse occupe.
- On conçoit que la proportion de crème représente la valeur relative du ~ lait, car elle en forme la partie la plus agréable ; elle recèle le beurre qui vaut davantage que les autres substances y contenues, et d’ailleurs tous les moyens connus d’altération tendent à en diminuer la quantité. >
- , Afin de vérifier si l’indication précitée est donnée par le lactomètre, nous
- (1 ) Cet ustensile est vendu?, fr. chez M. Collardeau, rue duFaubourg-Saint-Marlin, n° 5(5.
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- avons fait l’essai suivant, la température de l’air étant de 19 degrés centésimaux.
- Quatre tubes gradués ont été remplis simultanément : le premier, avec du lait qui venait d’ètre obtenu et passé au tamis ; le deuxième, avec un tiers d’eau et deux tiers du même lait ; le troisième,'avec moitié de chaque liquide ; enfin , le quatrième, avec deux tiers d’eau et un tiers de lait.
- Au bout d’une demi-heure, les tubes emplis avec les mélanges, et surtout celui qui contenait le plus d’eau, offraient des nuances très différentes entre la partie inférieure et la partie rapprochée de la superficie.
- Ce premier indice aurait suffi pour déceler les mélanges, le lait pur n offrant pas de différence sensible entre les parties et ne présentant pas meme ultérieurement entre les deux couches du lait et de la crème stationnaires une différence de teintes aussi marquée.
- L’épaisseur des couches de crème rassemblées à la surface a longtemps varié : huit heures après le versement dans les tubes, toutes étant stationnaires ,
- L’épaisseur de la couche sur le lait pur fut de 8 7 centièmes.
- . . . . . contenant •§ d’eau rr: 6 f
- ...................... 7 d’eau =5
- • * • • . . . . ... § d’eau 5
- On remarque que la diminution du volume de la crème est très peu moindre que celle de la quantité de lait pur enlevée ; qu’ainsi le nombre de centièmes donne bien approximativement l’indication désirée.
- Rien d’ailleurs ne serait plus facile que d’intéresser les vendeurs à livrer toujours le lait le plus riche en crème et exempt de mélange; il suffirait, pour cela, de payer proportionnellement plus cher les hauts degrés que les faibles.
- On conçoit qu’indépendamment de toute intention de fraude les proportions de crème varieraient encore en raison de la nourriture donnée aux vaches , de la constitution même de ces animaux, de leur état de santé, de l’époque plus éloignée de leur mise-bas, etc.; mais les vendeurs ne seraient pas, en cela, soumis à des chances plus défavorables que les vignerons et d’autres cultivateurs ; ils pourraient même bien plus aisément étudier et réunir les circonstances les plus favorables à l’amélioration de leur produit; le bénéfice qu’ils s’efforceraient ainsi d’obtenir serait une juste récompense de leurs soins.
- On parviendrait sans doute, ainsi que le fait observer M. Thénard} à faire monter la crème plus promptement et abréger ainsi les essais, en
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- soutenant la température à un degré plus élevé : nous rendrons compte des expériences que nous ferons dans ce but.
- Outre les motifs précités , qui doivent porter les consommateurs à faire usage du lactomètre, nous ajouterons que la graduation de cette mesure en trois décilitres la rend applicable à une foule d’usages utiles dans les laboratoires et les diverses opérations économiques.
- En conséquence, votre Comité des arts chimiques vous propose de remercier M. Collardeau de sa communication, et d’insérer le présent rapport dans le Bulletin. ;
- Approuvé en séance, le 4 septembrei833. - ; • - ?
- Signé Payen , rapporteur. \
- Extrait des proces-verbaux des séances. du Conseil dadministration de la Société d Encouragement* ‘
- ’ Séance du io août 1833.
- Correspondance. M. le Ministre du Commerce et des Travaux publics transmet, avec une lettre de M. Ronchon jeune, de Bergerac, un paquet contenant deux sortes de cordes confectionnées, l’une, avec du chanvre ordinaire, l’autre avec du chanvre préparé selon le procédé de l’auteur.
- M. le comte de Thiville, officier supérieur aux Invalides, adresse trois mémoires ayant pour objet : le premier, un nouveau moulin à vent-, le deuxième, un nouveau moyen d’élever l’eau; et le troisième, un procédé pour tirer parti de la chaleur produite par les frottemens.
- Objets présentés. M. Roby, à Paris, présente un instrument propre à nettoyer les puisards.
- M. Caron, à Paris , communique un procédé pour clarifier les vins blancs.
- Rapports des Comités. Au nom du Comité des arts mécaniques , M. le comte Lambel lit un rapport sur l’engraineur ou baille-blé de M. Conty.
- Le Comité propose : i0 de remercier l’auteur de sa communication ; a0 d’insérer le rapport dans le Bulletin avec la gravure de l’engraineur. [Approuvé. ]
- Communications. M. Demesmay, de Lille , annonce que M. de Beaujeu, fabricant de sucre de betteraves aux environs d’Angers, a imaginé un appareil qui a rendu praticable l’idée de M. de Dombasle relative à l’extraction du jus de la betterave par le moyen de la macération. M. Demesmay n’a point eu de description exacte de cet appareil ; mais ce qu’on lui en a dit a suffi pour lui prouver qu’il était loin de ce degré de simplicité qu’exige tout ce qui sert à l’industrie * que la conduite en était difficile , et qu’il n’était pas très économique. M. Demesmay a cherché à le modifier et à le rendre d’une application facile ; il a, comme M. de Beau-jeu, fait usage des filtrations successives , et il est arrivé aune combinaison qui lui semble simple et manufacturière.
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- Il joint à sa lettre la description et un croquis de son appareil, en promettant d’adresser plus de détails et une figure plus correcte s’ils lui étaient demandés.
- M. Laignel lit une notice intitulée De l'action et de leffet des eaux sur les bords de la mer, par comparaison avec celles des rivières et des fleuves , et des moyens qiielles offrent d'empêcher le port du Havre de s'obstruer de galets et de gravier»
- Séance du 21 août i833.
- Correspondance. M. Masquelier, professeur de mathématiques et de géodésie à l’Ecole forestière de Nancy , soumet à l’examen de la Société un dendromètre ou instrument propre à mesurer, par une seule observation, la hauteur et le diamètre d’un arbre sur pied.
- M. Lebec annonce qu’en ajoutant à son rouet un petit appareil qui amène sous le lin à filer un jet de vapeur, il est parvenu à ce résultat que le lin perd sur-le-champ toute sa raideur et son élasticité , qu’il devient souple 5 qu’en conséquence son étirage se fait bien plus aisément et que la filature en est plus rapide et plus régulière. M. Lebec sollicite l’examen de ce perfectionnement.
- Objets présentés. M. Vincent Chevalier, ingénieur-opticien, présente des lunettes orbitaires à pinnules , remédiant aux vices congéniaux.
- M. Brunet, à Paris , adresse un mémoire sur la composition d’une poudre qu’il appelle métallo-minérale, et qui, selon lui, est propre à préserver les corps sur lesquels on l’applique de l’action de l’eau et de l’humidité.
- M. Michelin, membre du Conseil et Directeur-gérant provisoire de la Société du ciment hydraulique de Pouilly, adresse , pour être placé dans Les salles dé la Société, un buste de femme moulé en ciment de Pouilly, et plusieurs briques également moulées avec la même matière, mais dans des proportions diversesj plus, une brique réfractaire cuite dans le fourneau fumivore de M. Lefroy.
- Rapports des Comités. Au nom du Comité des arts mécaniques, M. Olivier lit un rapport sur deux instrumens pour les opérations de la topographie militaire, présentés par M. Burnier, capitaine d’artillerie : l’un est une boussole perfectionnée à l’usage des ingénieurs militaires ; l’autre est un niveau éclimètre également perfectionné.
- Le Comité propose : i° de remercier l’auteur de sa communication ; 20 de faire graver et décrire dans le Bulletin les deux instrumens, pour que tous les ingénieurs en instrumens de mathématiques puissent les exécuter, M. Burnier n’ayant pas pris de brevet et abandonnant son invention à l’industrie *, 3° de faire imprimer le rapport dans le Bulletin. [ Approuvé.]
- Au nom du Comité des arts chimiques, M. Payen lit un rapport sur le lacto-mètre présenté par M. Collardeau.
- Le Comité propose de remercier l’auteur de sa communication et d’insérer le rap port dans le Bulletin. [Approuvé.]
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- ( 28O ) ' * -,
- : Au nom d’une Commission spéciale, M. le baron de Silvestre lit un rapport sur les candidats qui se sont présentés pour obtenir les places d’élèves actuellement
- vacantes à l’Ecole des arts et métiers de Châlons. ; - - ' - * .. j
- Des sept candidats qui ont subi l’examen , la Commission propose de présenter à la nomination du Ministre les sieurs Renaud et Sinodot, comme élèves à places entièrement gratuites, et les sieurs Morisset et Geoffroy comme élèves pour les deux places à trois quarts de pension gratuite. f *
- La Commission propose de témoigner au Ministre du commerce et des travaux publics le regret que la Société éprouve de ne pouvoir présenter à sa nomination les sieurs Gignon et Vidal, qui se sonty montrés, dans le concours, supérieurs à leurs rivaux, et de l’inviter à examiner si, d’après le peu de temps qui s’est écoulé depuis la publication du programme , il ne serait pas convenable de ne point exiger, cette fois, l’année d’apprentissage dans ce cas, les sieurs Gignon et Vidal devraient être-nommés les premiers à place entière. [ Approuvé. ]
- : Communications. M. Lemare présente iè modèle d’une cheminée qu’il vient d’imaginer ; il en explique la construction et les effets et en sollicite l’examen,
- M.\Payen soumet au Conseil, de la part de M. Drouard, plusieurs échantillons de papiers peints à fonds unis, à dessins coloriés et en repiqués de laine, dans lesquels la gomme a été remplacée avec avantage par la dextrine.
- On remarque sur ces échantillons que l’adhérence des couleurs est très forte, que les tons ont été haussés par la transparence de la nouvelle matière , et que la même propriété a permis de faire avec une seule nuance ( le bistre ) les ombres de diverses couleurs (jaune , lilas, orangé, rouge ), qui ont reparu au travers de celte «couche ombrée. ,
- M. Colclough, correspondant étranger, dépose sur le bureau un pantographe nouveau imaginé par MM. W. et A. Smith, et dont les ingénieurs se servent avec beaucoup d’avantage en Irlande pour les opérations de cadastre-, il offre aussi à la Société une tablette faite en Angleterre pour remplacer l’ardoise, et dont la blancheur per-met de se servir de crayons de mine de plomb.
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- (a8i)
- PABLEAUj par ordre alphabétique} des Patentes ou Brevets d invention et de perfectionnement délivrés en Angleterre pendant l annee i832.
- Nota. La durée de chaque Brevet est de quatorze ans.
- NOMS ET PRENOMS des
- Brevetés.
- Abbot(i>oj\ Warner). Alcock (Th.). .......
- Amise (J.)...........
- ArPLEGATH (yoy. Gibbs). Atkinson (R.)........
- Axon (Ch.). . Badnall (R.)
- Backewell (F.)............
- Barrer ( voy. Jones ).....
- Bâte (J.).................
- Beale(J.-E. )............
- Bearo (Ch.)..............
- Bell (voy. Mosley)........
- Bol ton (H.).............
- Boürne (J.).
- Brewer (H.)
- Brown (W.) .
- Le même...
- Hendrick. ..
- Brown (J.)..
- Heys (T.)....
- Trente-deuxième année. Août 1835.
- et
- et
- PROFESSIONS, DOMICILE. COMTÉS. DATE la délivrance es Brevets-
- © ^ -3
- fabr. de dentelles. Claines. Worcester. i8 déc.
- fabr. de papier. Loses. Kent. 29 sept.
- fabr. de draps. Huddersfield. York. 16 fév.
- filateur de coton. «Sf Heaton-Norris. Lancaster. i*r mai.
- » Douglas. Ile-de-Man. 18 sept.
- )) Hampstead. Middlesex. 8 mars.
- opticien. Londres. ici. 9 avril.
- ingénieur. ici. id. 28 mars.
- quincaillier. Cogges-Hall. Essex. Ier mars.
- cardeur. Bolton-le-Moors. Lancaster. 5 juin.
- inspect.des routes Ilchester. Sommerset. 22 oct.
- treillageur. Londres. Middlesex. i5 mars.
- négociant. Liverpool. Lancaster. 9 juin.
- » ici. id.. \
- )> Londres. Middlesex. ^ 22 mars.
- fabr. de coton. \
- teneur de livres. I Heaton-Norris. Lancaster. 18 sept.
- DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont etc accordés.
- Machine perfectionnée pour faire le tulle noué.
- Appareils et machines à fairele papier.
- [
- Machine pour brosser et apprêter les draps.
- Machines pour filer et doubler le cotou, le lin, la soie et autres matièr~“ filamenteuses.
- Construction des rails ou ornières 18 sept. ^ des chemins de fer, destinés à recevoir des machines locomotives.
- Machine ou appareil pour fabriquer l’eau de soude et d’autres eaux gazeuses.
- Machine applicable à l’imitation des médailles, de la sculpture et d’autres objets en relief.
- Machine à vapeur perfectionnée.
- Constructions de nouveaux robinets pour soutirer les liquides.
- Machine à carder le coton et autres i[ matières filamenteuses. ,
- I Machine pour nettoyer et égaliser < les routes.
- J Machine pour fabriquer le papier.
- r Perfectionnement dans la construc-s tion des machines à vapeur.
- Méthode de préparer le prussiate de potasse et de soude, et application de cette substance dans la teinture bleue en remplacement de l’indigo.
- Machines à filer le coton, le lin, la soie et autres matières filamenteuses.
- fl
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-
-
- ^ ( afe )
- NOMS ET PRÉNOMS des Brevetés. PROFESSIONS. DOMICILE. COMTÉS. 8 ^ s g c-i ^ g < ‘-S « fi ri 2 *3
- Bgrgess (C.-E.). » Beauport. Sussex. S sept.
- Bgrlinghau (J.) i » Oldbuckenham. Norfolk. 8 nov.
- Busbt ( C.- A. ) archit. etingén. Stove. Sussex. i5 mai.
- Cattie (R.) ' - et * » Grovéhouse. York. 4 déc.
- North (W.-G.) Chape ir (roy. Gibbs) » ' -
- Christopher (J.) négociant. Londres. Middlesex. 4 août.
- Church (W.) ,... ‘ » Bordsley-Green. Warwick. 9 fe' v-
- Le même » id. id* 25 fe'v.
- Clark. (J.-J.) » ! Marketraven. Lincoln.
- Nash (J.) fabr. de briques. ] i3 avr.
- et Longbottom (J.) mécanicien» Leeds. .. York.
- Collin-Smith » Londres. Middlesex. 3ijanv.
- Converse (S.). » id* id. a g sept.
- Le même. » . id. id. 22 oct.
- Cook (B.). fondeur de cuivre Birmingham. ifr Warwick. - 22 mars.
- Crawhale (J.) ICI» cordîer. Newcastle. , itc» Northumberland. i3 avr. 8 août.
- Crofts (W.) serrurier. Linton. Nottingham. 23 fév.
- Le même id. 1 id. | id. 1 18 déc.
- Dance (C.-W.) lieuten.-colonel. Busby. j Hertford. i i ; 28 avril.
- Daï (J.) fondeur de cuivre > ( Birmingham.! . .... i 1 Warwick, ! i5 mars.
- DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont été délivrés.
- Appareil pour faire des esquisses et dessins.
- Moulin à blé mu par le vent.
- Méthode de produire la circulation des fluides à travers des tuyaux pour chauffer et rafraîcliir\l’intérieur des habitations.
- Appareil pour éteindre les incendies.
- J Perfectionnemens dans la fabrica-| tion des boutons d’habit.
- Appareil pour transporter des marchandises et des .voyageurs, mu par une machine à vapeur.
- Machine à faire des clous.
- Fabrication des briques, tuiles, carreaux et autres matières plastiques, par machines.
- Appareil pour régulariser le cours et l’action des fluides et des liquides.
- f Construction des rails destinés aux î chemins de fer.
- : Perfectionnement dans la construc-l tion des grilles de cheminée.
- Matières propres à être employées dans la prépai’ation des couleurs, ver nis, etc.
- Méthode pour fabriquer divers arti clés d’une substance métallique non encore employée pour cet usage.
- I
- Ç Fabrication des câbles plats en usa go i dans les mines.
- " Métier pour faire le tulle et la dentelle.
- Machine à faire la dentelle et le tulle.
- Perfectionnement dans la construc-5 tion des chaudières à vapeur.
- ( Fabrication de robinets et de bou-< chons pour arrêter ét soutirer le gaz (et les liquides.
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- noms et prénoms des Brevetés. PROFESSIONS. DOMICILE. COMTÉS. DATE de la délivrance des Brevets.
- LUy (W.) impr.-lithograph. Londres. Middlesex. 22 mars.
- Delarue (Th.). *., fabr. de cartes. id. id. 23 févr.
- id. i3 avril.
- Desgrand (J.-W.) négociant. id. id. i4 nov.
- Dikinson (J.) )) Abbots-Langley. Hertford. 10 janv.
- Dobinsqn (yoy. Tïzach) ' -
- Durant (J.-W.) forgeron. Londres. Middlesex. 12 octob.
- Edwards (G.) y> Birmingham. Warwick. (3 avril.
- Ericson (J.) ingénieur civil. Liverpool. Lancaster. 9 fev.
- Fisciier (P.)... i.. Foster (voy. Jones) 1 » Londres. Middlesex. 18 sept.
- Foucand (L.) négociant. id. id. 2 nov.
- Freeman (G.) fabr. de dentelles. Tewkesb ury. Glocestcr. 22 fév.
- Fuller (T.-J.}* ingénieur civil. Londres. Middlesex. 3i janv.
- Galloway (E.) ingénieur. id. id. 17janv.
- Le même Gaused (E.) id* » i id. u. 7 nov.
- et 1 id. id. 22 juin.
- Bobinson (A.) négociant. F
- Gaunt (Th.) » Islington. id. 27 mars.
- Gibbs (J.L. et ingénieur. Kentroad. 1 Kent. ^ 8 mars.
- GhaMun (W.). -carrossier. Londres. Middlesex.
- Le même et ingénieur. Kentroad. ; i Kent. 2? sept.
- AvfLRGÀTH (A.) imp. en toil.peint. Crayford. - Il
- DESIGNATION DES OBJETS
- pour lesquels
- les Brevets ont été accordés.
- Presses lithographiques.
- Extraction de la matière oléagineuse d’une certaine amande exotique, et application de cette matière à la fabrication de l’huile, des chandelles, du savon, etc.
- 5 Moyen de tissage des étoffes e'ias-\ tiques.
- ( Perfectionnemens dans la fabrica j tion du papier.
- {Moyen de garantir de tout accident, des manuscrits, des imprimés, de la musique, des dessins, etc.
- Alphabet abrégé ou arrangement de lettres, formes ou figures par lesquelles les sons articulés d’un langage peuvent être notés.
- Machine pour transmettre la puis sauce à certains-mécanismes.
- Perfectionnemens dans la construction des pianos.
- - Nouvelle méthode d’amorcer lès fusils et pistolets à piston.
- Machine pour produire des orne-mens et des dessins sur dentelle.
- Nouveau moyen d’élever de l’eau.
- Roues à palettes perfectionnées pour les bateaux à vapeur.
- Machine à vapeur applicable au mouvement des bateaux.
- Appareils pour chauffer et ventiler des serres, des appartemens, l’intérieur des vaisseaux, etc.
- Perfectionnemens dans la confection des guêtres.
- Nouvelle construction de voitures.
- Machine pour fabriquer les roues de voiture et p êparer les bois destinés à cet usage.
- 39- if
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- i
- \
- ( 284 )
- I NOMS ET PRÉNOMS des Brevetés- PROFESSIONS. DOMICILE. COMTÉS.
- Les mêmes. ing. etimp. s. t.p. Kentr. et Crayf. Kent.
- Gillet (II.- G.) négociant. Birmingham. Warwick.
- Goodlet (G.) » ) Leith. Écosse.
- GrANT-PrE STON fondeur. Londres. Middlesex.
- Gdtteridge (W.) et , ingénieur ciyil. id. id.
- Stevens (G.) raffîneur. Norwood. Surrey.
- Hainsseun (P.).............. ingénieur. Londres. Middlesex.
- Hardwick (J.) LiverpooJ. Lancaster.
- Heatucoat (J.) fabr. de dentelles. Tiverton. Devon.
- Le même » ici. id.
- Heathork (J.) propr. de navires. Londres. Middlesex.
- Hesdrick (R.-J.) teinturier. id.
- Henson (W.) fabr. de dentelles. Worcester.
- Ze même id. id. ul.
- Heys (voy. Browk) ....
- Hicks (R.) » • * Londres. id. .
- Hodge (W.) teint- en chap. id. ici.
- Holmes (W.-D.). ingénieur. id. id.
- Holt (J.) ;.... Hood (voy. Warser) cordicr. Whitby. York.
- Houton ^D.) maître de forges. Kingswinford. Stra fford.
- Howard (Tu.) négociant. / Londres. Middlesex.
- W £ H - £ < -a S
- DÉSIGNATION DES OBJETS
- pour lesquels
- les Brevets ont été accordés.
- 29 sept. 1 Construction nouvelle des voitures 1 à vapeur.
- 28 juin. 1 Instrument pour marquer les temps | et les mesures de la musique.
- 3 mai. 1 j Méthode perfectionnée de mouture de farine de froment, d’orge et d’au-l très grains. 1
- 26 mai. 1 Boussoles perfectionnées pour la navigation.
- 21 déc. 1 Appareil pour fabriquer et raffiner 1 le sucre et d’autres produits.
- 26 juill. [ Machine propre à transmettre et » communiquer le mouvement.
- 17 déc. j R.oues à palettes pour les bateaux à l vapeur.
- 16 févr. ; Procédés pour appliquer des orne-mens, des broderies et des chiffres sur 'la dentelle et le tulle. .
- i5 mai. Méthode de dessécher et de cultiver les terres, au moyen de machines applicables à d’autres usages.
- r3 nov. _ 1 Perfectionnemens dans le gréement | des vaisseaux.
- 3 mai. 1 Procédé économique de teindre la 1 soie.
- 26 déc. • Moyen de produire des tulles et dentelles de diverses largeurs avec des .coins et bordures.
- * 36 déc. . 1 Machine pour fabriquer le tulle noué.
- 19 juill. Appareils pour pétrir le pain.
- 19.juill. 1 | Perfectionnemens dans la teinture des chapeaux.
- 19juill. ' | Moyen de chauffer les habitations et d’appliquer la chaleur à des bâti-mens de manufacture.
- 28 avril. Procédé pour préparer et fabriquer certaines substances filamenteuses.
- 7 sept. . 29 nov. ' . 1 Fourneau à puddler, et perfectionnemens dans la fabrication du fer.
- Perfectionnemens dans son appareil qu’il nomme machine a vapeur.
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- ( *85 )
- '
- NOMS ET PRÉNOMS
- des PROFESSIONS.
- Brevetés.
- Hcjbie (W.). Ingram (T.).
- Isaac (F.-W.)...
- James (W.).....
- Jellicorne (J.).
- Jones (S.).
- Jones (G.).. Barrer (J.).
- et
- Foster (J.). Joyce (J.).
- Le même.
- Le
- Làngiiam (J.)............
- Libou (J.)..............
- Loncbottom (voy. Clark) , Lowe (G.)...............
- Macdonald (J.)* • •
- Mau,lARD-Düuesie .
- Maw (J.-H.)......
- ébéniste.
- tabJetïer.
- tabletier.
- ingénieur.
- 3»
- manufacturier.
- maître de forges.
- id.
- id.
- DOMICILE.
- Joyce (W.)..................
- Kingston ( voy. Petiierick )..
- Kyan (J.-H.).................
- harnaclieur.
- fabr. de tulles, officier de mar.
- inge'nieur civil.
- »
- chimiste.
- fab. d’inst. de cb.
- York.
- Birmingham.
- Londres.
- id.
- Stansfeldmill.
- Londres.
- Wolverhampton.
- Stourhridge.
- Londres.
- id.
- Bow.
- Londres.
- id.
- id.
- id.
- id.
- id.
- id.
- id.
- COMTES.
- Warwick.
- Middlesex.
- id.
- York.
- Middlesex.
- Stafford.
- Worcester.
- Middlesex.
- id.
- id.
- id.
- id.
- id.
- id.
- id.
- id.
- id.
- id.
- H .6 2 H 75 g <J -3 S
- fl 0!
- 2 juin.
- DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont été accordés.
- Nouvelle calandre.
- c a. ( Machine à fabriquer les boutons de i5 août. jtoute espèce.
- Moyen d’orner et d’incruster les touches des pianos, des orgues et autres instrumens de musique.
- | Perfectionnemens dans la construc-i5 août. )tion des chariots à vapeur, et de l’ap-( pareil qui les fait mouvoir.
- [ Machine à filer le coton perfec-2Sjanv. ^tionnée.
- Appareil pour produire une lumière instantanée.
- • Perfectionnemens du procédé ac-
- [ ) tuellement en usage pour fabriquer le
- r B sept. 1 fer malléable.
- il Machine pour faire des clous de fer, ier mars, jde cuivre et d’autres métaux.
- Machine à faire des clous perfec -tionnée.
- j Nouveaux colliers pour les chevaux
- 22 août
- 1
- 3i mars.
- et autres animaux.
- Procédé de conservation des substances alimentaires.
- ! Moyen de conserver et de garantir 1 de toute altération le papier, les tissus, 22 sept. I les cordages et les matières premières 1 qui servent à leur fabrication.
- I Machine à faire le tulle noué, dit 17 déc. | bobbin net.
- | Méthode de construction des cabes-lojanv. <tans.
- I Moyen d’augmenter le pouvoir éclai-. . \ rant du gaz de la houille, et d’utiliser
- 9 Juin‘ 1 les résidus de la distillation.
- r Perfectionnement dans la construc-29 juin. < tion des chemins de fer.
- ] Machine pour réduire le caoutchouc, déc < ou 8omTne élastique en fils élas-" ’ ) tiques de diverses grosseurs.
- 1 . f Appareil pour injecter certaines 17 déc. j substances médicales.
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- ( *86.)
- NOMS ET PRÉNOMS ; des ; --.t r ^ Brevetés.’1 '.v:. * -r î ' : professions. DOMICILE. . COMTÉS. DATE <le la délivrance des Brevets.
- Maybüry (J.) maître de forges. Belton. Stafford. 21 janv.
- Miles-Berry.. ingénieur civil. Londres. Middlesex. 26 juill.
- Montgomery (R.) i » Johnston. * .? :/} \ Écosse. 26 avril.
- Mosley fJ.-O.) > '' \ ; r ; K
- et Bell (G.). .................. tabletiers. Londres. Middlesex. 8 sept.
- Miintz (G.-F.) . lamineur. * Birmingham. Warwick. 22 octob.
- Le même ici. ! ici. id. 17 déc.
- Nash (voy. Clark).
- Nettlefold (J.). quincaillier. Londres. Middlesex. ' 16 fév.
- Newton (W.) ingénieur. id. id. 10 août.
- Nortii (voy. Gattle). . .. ’ ' “ "
- Oldland (G.) fabr. de draps. Hillsley. Glocester. 3 mars.
- id. id. id. 3 nov.
- Palmer (G.-Y.) ... * artiste. JSwîthens. i Worcester. 24 janv.
- Palmer (W.)................ fahr. de chandell. Londres. j Middlesex. 29 sept.
- Parker (J.).. : !» !' Birmingham. ; ' Warwick. 26 juill.
- { ’jj ‘ *
- Perkins (J.). . | : ingénieur, j -••• t ! id. id. 9 juin.
- Le même id. f ., ! i ici. ' id. 20 nov.
- Perry (J.). libraire. I ( id. ; id. 24 janv.
- Pethekick (Th.). .....,...i.,., . agent de mines, Tydwardreoth. Cornouailles.
- : et • 1 ' ï * Islington. ^ f Brighton. i 8 mars.
- Kingston (J.) : "• r n . ^ » î De von.
- Ranger (W.) i constructeur, 1 Sussex. 4 déc.
- DESIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont e'te' accorde’s.
- Moyen de fabriquer des fourchettes, ûllers et autres objets en fer étame', \ en usage dans l’économie domestique.
- Perfectionnemens dans la construction des presses.
- Machine ou métier à filer le coton, la soie, le fil et d’autres matières filamenteuses.
- Méthode de faire des cartonnages et des boîtes de toute espèce.
- nrtoh 1 Feuilles métalliques servant au dou-* ? ries vaisseaux.
- blage des vaisseaux
- Nouvelle fabrication des chevilles Lde navires.
- Perfectionnemens dans la fabrication de divers objets destinés au service de la table.
- lumière instantanée.,
- I Machines ou appareils pour tondre 1 et apprêter les étoffes de laine.
- ï Machine ou appareil pour apprêter, J garnir et presser le drap.
- T Machine ou appareil pour creuser la terre, qu’il nomme tombereau [creusant et se chargeant de lui-même.
- • Nouvelle fabrication de chandelles et de chandeliers.
- Plumes métalliques à réservoir.
- Nouvelles serrures de portes. Moyen de 'souffler et d’épuiser l’air i applicable à différens usages.
- : Moyen de préserver le cuivre de [l’altération causée par la chaleur.
- Plumes métalliques.
- Machine pour séparer le cuivre, le plomb et d’autres minéraux de leur gangue.
- Nouveau ciment liydrofuge. '
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-
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- ' ( *8 7 )
- NOMS ET PRÉNOMS des Brevetés. PROFESSIONS. domigileJ i COMTÉS, DATE de la délivrance des Brevets.
- Roberts (R.). .. Robinson (v. Gàrsed etTytACi') Rose ( voy. Ruddall) Ruddall (G.). ingénieur civil. Manchester. Lancaster. ï i3 avril.
- et Rose (J.).................... fabr. de plaqué. Londres. Middlesex. 27 nov.
- Saxton (J.) mécanicien. ' id. id, 20 nov.
- Scrivenor (H.). » id. 5 id* 6 nov.
- Selby(R.)... • * négociant en vins. id. id. 20 déc.
- Shankland (A.) » id. id. 23 févr.
- Le meme » id. id* i3 avril
- » ; id. id. 5 juillet
- Soiomons (G.) opticien. id; id. 16 févr.
- Sfinney (Th.) ingénieur. Chëltenham. Gloccster. iS-nov.
- Steineu (F.) chimiste-manuf. Church. Lancaster. 2 juin.
- Stevens (voy. Gutteridge ). 1
- Stoker (A.) » Birmingham. Warwick. 22 oct.
- SwAN (J.).. . . , brasseur. Basingstok. Hants. 29 sept.
- Sylvester (J.)............... ingénieur. Londres. / • f Middlesex. 5 juin.
- Taylor (J.-A.). ..... . . . 3) id. id. ) 5 juin.
- fahric. de feutre. Bow. ' ïd* j 8 nbv.
- |Tayeor (\y ) . IjTïAGCE (M.).. ............... maître deftrges. Calford. : | Glocester. tqjawr.
- DESIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont été accordés.
- Perfectionnemens dans la construction des machines à vapeur, et dans le mécanisme par lequel la force élas tique de la vapeur imprime le mouvement aux voitures.
- Perfectionnemens dans la construc-j tion des flûtes.
- f Moyens de faire mouvoir des voi J tures et des bateaux pour la navi-I gatiou intérieure,
- ( Perfectionnemens dans la construc \ tion de certaines parties des chemins ( de fer.
- I
- | Construction des bois de lit, canapés | et autres couchers.
- f Procédé pour couper, planer et \ raboter le bois et les métaux à l’aide (de machines.
- ! Moyen de filer le lin et le chanvre par machines.
- I
- . i Nouvelle méthode de filature de la ( laine.
- I
- ( Préparation de certaines substances j transparentes propres à être em-j plôyées dans la confection des lunettes.
- ) Cornue en terre pour la distillation r du gaz propre à l’éclairage.
- j Moyen d’utiliser les résidus de ga-J rance qui ont déjà servi en teinture, I et d’en obtenir diverses couleurs sur | coton j laine j soie, etc.
- ( Machine pour fabriquer des broches, * des pointes et chevilles métalliques J pour chaussure ; des boulons servant { à réunir les maillons des chaînes, etc.
- I
- { Perfectionnemens dans l’art de bras-l ser la bière.
- i , Construction des appareils pour /élever la température de l’air, et ( chauffer et ventiler les habitations.
- I
- Ç Cravaches et fouets d’un nouveau
- | genre.....
- I
- 1 Tissu propre à faire les voiles des I vaisseaux........
- !
- S Procédé pour fabriquer et fondre le ffer.
- L , ...............
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- ( ^88 )
- NOMS ET PRENOMS des
- Brevetés. ->
- Todd (Th.).......
- Towgood (M.)....
- T ravis (J.)....
- Trevithick (R.)*
- Troughton (H.)..
- Tyzack (B.)... Dobinson (T.).
- et
- Robinson (J.).. Walker (S.).... Walmslet (J-).
- Warner (H.). Hood (Gu.) ..
- et
- Abbot(B.). .'......
- Watson (R.).....» • <
- Watt (Ch.). ......
- Wedlake (T.)......
- Wells (W.). . . -,
- WlIARTON (W.7L.). . . ,
- White (J-). .... • • •
- WlIYTOCK (R.). .....
- WoODCROFT (B ). ...
- Woods (W.)........
- Wordsworth (J.). .. Wrigiit (W.-E.).... Yotng (P.).......
- ; • 4 • ; 1 s
- PROFESSIONS. * - i S * ’ . DOMICILE. i : COMTÉS.) i DATE de la délivrai! de» Brevets,
- agent de marine. Kingstonuponhull ! 24 nov.
- fab. de papier. Dartford. ” Kent, i i mars.
- fïlateur de coton. Shawmills. Lancaster. ; 29 sept.
- i , . i ingénieur. Camboi-n. ' - * i Cornouailles. 22 sept.
- fondeur de cuivr. . % Swansea. ; Glamorgan. 18 sept.
- * { ' 1 fabric. de câbles. Northfield. Northumberland. 4 août.
- » â f ) fabr. de draps. Millshaw. . i York. 1” mars.
- fileur de soie. Manchester. Lancaster. , x5 mars.
- bonnetier. ; Longborough. Leicester.
- serrurier. id. . id- S mars.
- bonnetier. ' id. id. -
- : ’i * i • • 5 Londi-es. Middlesex. , s3 févr.
- chirurgien. Clapham. i ' i Surrey. * 22 sept.
- fab. d’inst. arat. | Londres. | Middlesex. 19 juill.
- mécanicien. •! Manchester. Lancaster. , 8 mars.
- 4 •* ï> £ \ Dryburn. i i Durham, j 3o janv.
- ingénieur. i Southampton. id. l 10 oct.
- . » i 1 1 Edimbourg. i Ecosse, i \ 17 sept.
- imprimeur. Manchester. Lancaster. 22 mars.
- fab.de plum. mét. Londres. Middlesex. , 11 oct.
- rae'caniçien. Leeds. ? York. * l 26 juill.
- S 1 } » ;» . Londres. ! Middlesex. ! 4 août.
- cordieret voilier, : i i id. j' . ? ... id. • 22 mars.
- DÉSIGNATION DES OBJETS poux' lesquels les Brevets ©nt e'té delivres.
- Machine pour élever l’eau et d’autres
- | pier.
- Machine pour e'tirer le coton et j d’autres matières filamenteuses.
- S Machines à vapeur applicables à la
- Ciment applicable aux constructions et à d’autres usages, et préparé avec des scories métalliques.
- ÎPerfectionnemens dans la construction des vindas, cabestans et autres moyens de lever des câbles.
- 1
- f Machine pour garnir et apprêter le {drap.
- 4 Machine pour raser et tondre toute
- Lampe perfectionnée.
- Procédé de purification et de raffinage du suif, et fabiication de chandelles pei’fectionnées. . -
- Perfectionnemens dans la construc-1 tion des charrues, et principalement l^des socs et coutres.
- I Construction des machines à lainer, 1 bi'osser et apprêter les draps.
- (.vapeur.
- I Pompe pour élever l’eau et autres } fluides.
- ( Procédé de chinage et d’ornement jdes velours, moquettes et tapis de ' Turquie.
- t Application depaleshélicoïdestonr-’ J nantes au mouvement des bateaux.
- Machines perfectionnées pour pré-
- l,
- f res filamenteuses, i Nouvelles formes de théières et d<
- [cafetières. .............-
- ; Procédé de traitement de la bette 22 mars. ^rave pour en extraire divers produits.
- IMPRIMERIE DE M™ IIUZARD (née VALLAT LACHAPELLE), eue pel’éperon, 7.
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-
-
- TRENTE-DEUXIÈME ANNÉE.
- ————a—1—tag—aHBHBBaWBgq^^gSB
- ( N° CCCLI. ) SEPTEMBRE i833.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES.
- Rapport fait par M. Francœur, au nom du Comité des arts mécaniques, sur un nouveau mécanisme de réveil imaginé par M. Henry Robert, horloger a Paris.
- Pour concevoir Futilité île l’invention présentée par M. Robert, il convient de rappeler d’abord le mécanisme usité pour faire résonner les réveils à l’heure voulue. La boîte de montre renferme un timbre et un marteau ; ce marteau est mis en rapide mouvement de va-et-vient par un rouage ; ce rouage est mu par un barillet dont on monte le ressort lorsqu’on veut que, plus tard, le réveil se fasse entendre. Une détente sert d’arrêt à ce rouage; elle est mise en jeu par un mécanisme ingénieux : un disque central, placé sous la roue des heures, la soulève, en frottant continuellement sur le bout d’une goupille qui est fixée à cette roue. Ce disque porte une entaille en l’un des points de son contour. L’instant du départ delà sonnerie est déterminé par la chute de cette goupille dans l’entaille, lorsque, par la révolution de la roue des heures , l’entaille est présentée sous la goupille. La détente dégage alors Je rouage de sonnerie , et le timbre, frappé vivement, se fait entendre. Le moment du départ dépend de la place qu’occupe l’entaille du disque; et en tournant une aiguille qui entraîne ce disque , on amène ainsi l’entaille à telle heure qu’on veut. Ainsi, la sonnerie part quand l’aiguille des heures arrive juste au dessus de celle du réveil.
- Les inconvéniens de ce mécanisme sont quele rouage de réveil presse constamment la roue des heures et charge le mouvement, et cela que le réveil soit monté ou ne le soit pas ; ce qui oblige de donner à la force motrice plus de Trente-deuxième année. Septembre i833. /jo
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- ' .....^ ( 29° ) ’ ..........’ ‘ ' ’
- puissance : en outre, l’instant du départ de la sonnerie est incertain, parce que le disque qui porte l’entaille est d’un court rayon, et que le mouvement de la goupille qui vient, y tomber est lent ; la moindre excentricité du cadran occasione de grandes différences dans le moment du départ ; aussi remarque-t-on que la sonnerie parle souvent un quart d’heure trop tôt ou trop tard.
- Les réveils d’horloges ccmmunes sont construits sur un plan un peu différent. Le disque à entaille est fixé à la roue des heures et tourne avec elle : un levier à bascule, pressé par un ressort, frotte, par son extrémité, sur le contour de ce disque, et cette extrémité, façonnée en biseau, tombe dans l’encoche lorsque cette entaille arrive au dessous du biseau, et le mouvement de sonnerie se trouve dégagé.
- C’est ce dernier mécanisme que M. Robei't a adopté, mais il lui fait subir une modification sans laquelle on ne pourrait l’employer commodément dans une montre; et d’ailleurs, l’objection principale resterait encore, puisque le ressort presse constamment la roue des heures, même quand le réveil n’est pas monté.
- Dans la montre présentée par M. Robert, la détente a deux bras, dont l’un presse, il est vrai, le disque, mais seulement quand le réveil est monté; dans l’autre cas, une roue d’arrêt soulève cette détente, de manière qu’elle n’a pins aucune action sur le mouvement : ainsi la marche de la montre ne peut être gênée par la présence du réveil que dans le seul cas où on monte le barillet de sonnerie.
- Déplus, l’instant du départ est plus précis dans les nouveaux réveils que ne le permet la détente ordinaire des montres, parce que le bras du levier tombe dans une entaille faite sur la circonférence d’un disque qui peut, sans inconvénient, recevoir un assez grand diamètre, et qui est, d’ailleurs, sensiblement concentrique à l’axe de rotation des aiguilles ; le nombre des pièces est aussi moins considérable. La détente agit, dans les pièces ordinaires, en faisant monter et descendre l’aiguille des heures ; on y dispose la bascule de cette détente, dans le sens perpendiculaire au cadran, ce qui force d’accorder plus d'épaisseur à la montre La détente de M. Robert a son mouvement dans un plan parallèle au cadran : ainsi sa montre est plus commode à porter, moins compliquée dans son mécanisme et d’un effet plus sûr.
- On voit, d’après cet exposé, que le réveil de M. Robert est établi sur les mêmes principes que les réveils à horloges communes, et que, par conséquent, l’aiguille doit décompter, c’est à dire qu’il inscrit en ordre rétrograde les chiffres du cadran sur lesquels il faut porter l’aiguille du réveil pour qu’il sonne quand un nombre d’heures sera écoulé; mais, outre qu’il a
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- modifié ce mécanisme pour qu’on puisse rappliquer aux montres, il a réussi à rendre le mouvement général indépendant des pièces du réveil, si ce n’est dans le cas accidentel où celni-ci est monté.
- C’est un principe en horlogerie de préférer une résistance constante, même un peu forte, à une résistance variable, qui peut changer la durée des vibrations , et donner à la pièce une marche égale ; sous ce rapport, la montre de M. Robert, dont la détente ne charge le mouvement que quand le ressort du réveil est bandé, doit sembler moins régulière dans ses effets, puisque, quand le réveil est monté, le mouvement est sous l’influence d’une pression inaccoutumée; mais cette résistance variable est ici sans inconvénient, parce qu’elle n’est point appliquée à l’échappement ni même aux derniers mobiles du rouage : ce n’est donc que lorsque le premier mobile est exposé à cette petite résistance accidentelle qu’il pourrait y avoir quelque altération dans les oscillations du balancier, et il est évident qu’ici on doit préférer ce mode de construction à celui qui nécessite une force motrice plus grande pour rencontrer après tout une résistance toujours variable.
- Par ces divers motifs, votre Comité des arts mécaniques pense que le mode de construction de M. Henry Robert, employé dans ses montres à réveil, est supérieur à celui qui est en usage dans ces appareils, parce que
- i°. Il diminue la somme des résistances, et par conséquent la puissance du moteur ;
- 2°. Il est une simplification des pièces qui se trouvent sous le cadran ;
- 3°. Il permet plus de précision dans l’instant du départ de la sonnerie ;
- 4°. Il diminue l’épaisseur de la montre.
- En conséquence, nous vous proposons, Messieurs, d’insérer au Bulletin le présent rapport et la description de ce mécanisme, comme une marque de votre approbation et de l’estime que vous faites des talens de l’auteur.
- Approuvé en séance, le 6 mars 1833.
- Signé Fiiancoeür, rapporteur.
- Description de la nouvelle détente pour les montres h réveil
- imaginée par M. Robert.
- Dans cette détente représentée fîg. i* PI. 556,1e bras AB remplace à lui seul les trois pièces P DR de la détente ordinaire, indiquées par des lignes ponctuées. L’instant du départ du réveil est fixé par la chute du bec B dans une entaille O pratiquée ail disque^N : ce disque appartient à la roue de réveil et tourne avec elle, à frottement gras, sur la roue des heures ; il achève, comme cette dernière, sa révolution en douze heures. L’entaille O est faite
- 4o.
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- de telle sorte que la sonnerie agit à l’instant même où l’aiguille arrive sur le zéro du cadran.
- Lorsque le ressort est développé, la détente est relevée par la roue d’arrêt E; c’est dans cette position qu’est représenté le mécanisme; mais quand le ressort du réveil est monté, la roue d’arrêt E ne soutient plus la détente en l’air, en pressant sur le talon T, elle bec B repose sur la circonférence du disque jusqu’à ce que l’entaille O se rencontre et lui permette de tomber.
- Rapport fait par JM. Héricart de Thury, au nom du Comité des arts mécaniquessur les instrumens et appareils présentés a la Société par M. Henry Robert, horloger, P al a is-Royal, galerie de Valois a Paris.
- Messieurs , M. Henry Robert, horloger au Palais-Royal, galerie de Valois, n° 164, vous a présenté : i° une balance astronomique; 20 un méridien portatif; 5° un compteur chronométrique; et 4° un moyen de couvrir hermétiquement les pendules de cheminée , de son invention.
- Vous avez chargé votre Comité des arts mécaniques de l’examen de ces di vers instrumens et procédés ; nous allons avoir l’honneur de vous en rendre compte.
- i°. De la balance astronomique.
- La balance astronomique de M. Robert est un instrument de nouvelle invention , qui, suspendu librement par sa chaîne, donne le moyen d’observer l’heure, la minute et la seconde , enfin l’instant auquel le soleil arrive à une hauteur quelconque au dessus de l’horizon, lorsqu’il s’élève dans la matinée, et de reconnaître ensuite dans l’après-midi son passage à la même hauteur.
- L’instant du passage du soleil au méridien, étant celui de sa plus grande hauteur, arrive à des temps également éloignés des hauteurs égales observées le matin et le soir, sauf les petites corrections à faire dans les observations astronomiques rigoureuses, mais desquelles on ne peut tenir aucun compte ici.
- Usage de la balance. La balance astronomique est suspendue par sa chaîne à un point fixe, le verre tourné vers le soleil, le limbe incliné à l’opposé : elle forme avec l’horizon l’angle convenable pour que le rayon solaire tombe sur le limbe. Dans cet état, avant midi, en se servant d’une bonne montre, on observe et on note successivement l’heure, la minute et la seconde de l’entrée
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- de ces points lumineux sur les lignes du limbe, et l’instant delà sortie de ces mêmes lignes. Après midi, on fait la même opération : on compare les observations faites sur les différentes lignes pour en déduire la moyenne ; on compte le temps qui s’est écoulé entre les observations correspondantes; on ajoute moitié de ce temps aux heures des premières observations. Si cette somme ne forme pas douze heures ou midi, la montre retarde de la différence; si elle fait plus de midi, la montre avance de toute la différence.
- Par cette méthode, dite de hauteurs correspondantes, pour la recherche du midi vrai, on a l’avantage de connaître l’heure sans avoir égard à la latitude du lieu de l’observation, d’en faire plusieurs pour eh déduire une moyenne, de lever toutes les difficultés du tracé d’un méridien, d’obtenir plus souvent l’heure que par le passage du soleil au méridien, qui est un instant précis, qu’un nuage et diverses circonstances peuvent faire manquer.
- Cet instrument, simple et ingénieux, peut éprouver dans son emploi des difficultés dépendantes des variations trop fréquentes dans notre climat, variations telles que souvent il est impossible de répéter le soir l’expérience faite le matin. Malgré cet inconvénient, nous pensons que la balance astronomique de M. Robert peut être d’un très bon emploi dans les temps calmes.
- Les prix fixés par M. Robert à sa balance astronomique nous paraissent très modérés : ainsi la balance de om,3o à om,35 (un pied environ), donnant dix secondes pour l’observateur le moins exercé, est de 3o francs, et celle de om,45 à om,5o (ou 18 pouces environ), ou de cinq secondes, est de 36 francs.
- 2°. Méridien portatif.
- Le moyen le plus commode d’avoir l’heure exacte est d’observer le passage du soleil au méridien : le degré de précision dépend de la sensibilité de l’instrument et de l’habileté de l’observateur.
- On se serf, 5ans les observations, d’une lunette méridienne, qui, par ses dimensions et les soins apportés à sa pose, permet d’apprécier les dixièmes de seconde de temps, résultat qu*on ne peut attendre des instrumens d’une très petite dimension : aussi le public ne trouve-t-il dans le commerce que des cadrans solaires généralement mal exécutés, mal posés, et souvent promptement détériorés. Qu’un cadran de celte nature donne l’heure à quatre ou cinq minutes près, sans doute cela suffit aux usages de ce public, qui n’a besoin de l’heure que pour régler ses travaux dans la vie civile; mais entre l’astronome qui veut les fractions de seconde en dixièmes, et la généralité des personnes pour lesquelles cinq minutes ne sont rien , il existe une classe d’hommes qui a besoin d’avoir l’heure avec précision : ce^
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- sont les horlogers, en province surtout ; les amateurs d’arts me'eaniques, les personnes cpri s’occupent des sciences, ont des instramens pour l’exacte; mesure du temps, et desquels il est essentiel de bien constater la marche et» l’exactitude.
- A défaut de meilleur instrument, et surtout d’instrument peu dispendieux, chacun se sert aujourd’hui de divers moyens plus ou moins parfaits,, desquels on ne peut obtenir mieux que quinze secondes, précision bien souvent insulfisante : ainsi , l’un perce une plaque de tôle; il la scelle dans: un mur et trace tant bien que mal une ligne méridienne ; un autre suspend un fil à plomb, marque un point sur lequel arrive l’ombre d’un fil .à l’instant de midi; d’autres élèvent des styles, et tracent les divisions horaires et leurs subdivisions, d’après leur régulateur souvent lui-même bien peu exact.
- Mais ces moyens, bons en eux mêmes, n’offrent pas assez de précision, car la pénombre ne permet pas de voir une image nette. Ainsi, la grande méridienne de Saint-Sulpice, malgré tout le soin, toutes les précautions qu’on a puapporler dans son tracé, n’est pas encore assez sensible pour qu’on puisse y prendre l’heure à moins de trois secondes près. •
- Le méridien portatif présenté par M. Henry Robert est composé dans l’esprit des grands instrumens des passages : c’est une alidade portée par une monture, sur laquelle elle se meut dans un plan autant invariable qu’il est possible de le faire dans un aussi petit instrument.
- A l’une des extrémités de cette alidade est un verre lenticulaire, dont îe foyer est égal à la longueur de l’alidade : à l’autre extrémité est une pièce dont la partie qui regarde le verre est taillée en plan incliné, formant un angle de trente degrés avec le plan du mouvement de l’alidade ; sur ce plan incliné est une ligne très fine en platine : cette ligne et l’axe optique du verre se trouvent dans un plan parallèle à celui du mouvement de l’alidade.
- Le pied ou porte-alidade est disposé de manière à ce que, chaque fois qu’on le pose sur un entablement fait exprès et scellé sur l’appui d’une fenêtre , il reprend exactement la position qui lui a été assignée la première fois.
- Trois pieds et trois butoirs servent à régler sa position verticale et celle méridienne.
- Dans les petites proportions , cet instrument, avec un verre de om,20c de foyer (7 pouces 6 lignes ) , peut très bien donner l’heure, à quatre secondes près , pour un observateur lin peu exercé.
- Sa sens.bilité tient à deux causes : d’abord le verre donne une image nette, et sans l’incertitude que laisse la pénombre toujours gênante avec les plaques percées, les fils aplomb, les styles, etc., etc.;
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- En second lien, l’image est reçue , non sur un plan perpendiculaire à la direction du rayon du point lumineux, mais sur une plaque qui forme un angle de trente degrés environ avec cette direction.
- La longueur de ce plan est double de sa hauteur ; ainsi , pendant que l’image du soleil parcourt la totalité du plan incliné, il ne traverserait que la hauteur de ce plan, si, selon l’usage ordinaire, il tombait sur un plan perpendiculaire à sa direction : donc sa vitesse pour l’œil de l’observateur est double.
- Cet artifice permet d’avoir, avec une alidade de om,20, autant de sensibilité qu’on en aurait avec une de onII,4o, et c’est, sans contredit, un avantage notable d’obtenir les mêmes résultats avec des instrutnens très réduits.
- ^ Un méridien dont la sensibilité permet d’apprécier quatre secondes très facilement est du prix de 80 francs, et M. Henry Robert espère parvenir à le réduire à 5o francs.
- “Nous ne doutons point du succès qu’obtiendra ce petit instrument; il est en effet difficile de réunir aulant d’avantage et de simplicité sous le rapport de la précision, de la facilité de l’application, celle du transport et la modicité du prix. *
- 3°. Compteur chronométrique et pendule portative à réveil.
- Le moyen employé par M. Robert dans sa pendule portative à réveil et compteur consiste en une double aiguille de secondes du genre de celles qui sont vulgairement appelées trotteuses : l’une de ces aiguilles s’arrête instantanément lorsque la main agit sur une détente disposée à cet effet ; son cadran est distribué de manière à ce qu’on apprécié les fractions de seconde en cinquièmes : cette aiguille arrêtée reste immobile pendant que l’observateur écrit la quantité qu’elle marque, et lorsqu’il a terminé, aussitôt que la main fait marcher la détente en sens inverse , l’aiguille saute et rejoint rapidement celle qui a continué sa marche, et ne la quitte que lorsque voulant faire une nouvelle observation on recommence la même manœuvre.
- A l’aide de cet instrument, on peut faire sans peine, avec certitude et avec une grande précision, toutes les observations dans lesquelles la mesure du temps est employée par les astronomes, les ingénieurs et les mécaniciens.
- Les compteurs sont de petites pendules de voyage, composées : i° d’un mouvement qui sert à la mesure du temps ; a° d’un mécanisme accessoire de ce mouvement ; ce mécanisme est tel, qu’à l’instant auquel ou agit sur une détente , une aiguille s’arrête et marque sur un cadran la se-
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- coude et ses fractions exprimées en cinquièmes; celle aiguille reprend sa marche et parcourt d’un saut l’arc d’un cadran qui marque le temps pendant lequel elle est restée stationnaire; 3° d’un rouage de sonnerie d’avertissement ou réveil qui se fait entendre à l’heure fixée d’avance, et qui s’emploie le matin comme un réveil ordinaire, et, en d autres cas, comme sonnerie d’avertissement, qui prévient l’observateur occupé à d’autres travaux que l’heure d’une observation à faire est arrivée.
- M. Robert varie ce genre de sonnerie suivant les goûts et les besoins ; ainsi, pour les personnes qui sont rarement dans le cas de s’en servir, c’est un réveil simple, tel que ceux qui sont usités généralement : il est composé d’un rouage qui se monte chaque fois qu’on veut être averti et à l’instant auquel on fixe l’heure du départ de la sonnerie. ^
- Mais pour des personnes que des habitudes ou des travaux forcent à se lever chaque jour à la même heure, c’est un réveil à trois effets, qui sonne chaque matin à la même heure , tant que l’indication n’est pas changée. Si l’on ne veut pas être éveillé, on tourne une aiguille vers le mot silence; mais si un voyage , une affaire majeure, ou toute autre cause, fait craindre de rester endormi malgré le réveil ordinaire, alors on dirige la même aiguille vers le mot grand réveil, et le bruit est alors tel, qu’il est impossible que le plus profond dormeur puisse y résister.
- 4°. Enfin, d’un rouage de sonnerie semblable à celui des pendules ordinaires de cheminée. Cette disposition s’accorde plus facilement avec le réveil simple qu’avec celui à trois effets.
- Au reste, toutes les combinaisons usitées en horlogerie, telles que la répétition semblable à celie d’une montre ordinaire, la grande sonnerie et autres, sont compatibles avec le compteur. * .
- M. Robert a établi les prix de ces pendules, ainsi qu’il suit :
- i°. Une pendule de voyage , simple, marchant huit jours, avec compteur, 3oo francs ;
- 2°. Une pendule semblable , avec réveil simple , 35o francs ;
- 5°. Une pendule semblable, avec réveil à trois effets, 5oo francs;
- 4°. Une pendule semblable, avec sonnerie d’heures et demies, mais sans réveil, 35o francs ;
- 5°. Une pendule idem, avec le réveil simple en plus, 4°° francs.
- 4°. Moyen de couvrir hermétiquement les pendules de cheminée.
- ' 11 n’est personne qui n’ait remarqué combien, malgré les ballons et les cloches dont on couvre communément les pendules de cheminée, il pénètre de poussière dans leur intérieur, et que la quantité en est d’autant plus grande que les chambres, les salions et les salles d’assemblée sont plus ou
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- moins garnis de tapis, réceptacles inépuisables d’une poussière impalpable et abondante, dont chaque pas fait élever des nuages qui, pour être peu sensibles à nos sens, n’en sont cependant que trop réels.
- Quelque bien fermées que soient nos pendules, quelque bien faites que soient les garnitures des cloches et des ballons dont on couvre celles des cheminées, on n’a jusqu’à ce jour encore pu éviter l’introduction de cette poussière : c’est surtout lorsque l’air de leur intérieur se met en équilibré avec celui des appartemens que cette poussière tend à y pénétrer davantage. Ainsi, c’est le matin, au moment où l’on ouvre et que se fait le ser-vice de propreté, que l’air ést rafraîchi et condensé dans les appartemens, qu’elle s’insinue dans les ballons, à travers la garniture de leurs bords, avec le courant d’air qui va s’y mettre en équilibre.
- Il est facile de juger des effets qu’à la longue doit produire cette introduction de poussière sur les mouvemens et les rouages souvent ténus et délicats des pendules de prix, quand on voit la couche épaisse de poussière qui chaque jour se dépose sur les meubles, dans les appartemens garnis de tapis et où se réunissent de nombreuses assemblées. '
- Trouver un moyen pour couvrir les pendules de cheminée aussi hermétiquement quil est possible de le faire par les procédés ordinaires, et que ce moyen soit simple , peu dispendieux, d’une facüe application et par conséquent à la portée de tous 3 était donc rendre un service essentiel à l’art de l’horlogerie, et c’est ce que vient de faire M. Robert, dans l’ingénieux procédé qu’il a soumis à votre approbation.
- Ce procédé consiste à garnir le bord ou la partie inférieure des cloches ou ballons, non d’un velours épais ou d’une double chenille, mais d’un bourrelet élastique, qui entre de force sur la partie conique du socle, de manière à presser assez fortement dans tout son pourtour contre le socle, pour que l’air ne puisse passer entre les deux parties, à moins d’y être contraint par une très grande pression. '
- Le socle est creux ou en boîte composée d’un pourtour, d’un fond et d’un dessus ou couvercle : il est divisé en deux parties, par un diaphragme ou poche de taffetas gommé.
- Le fond et le couvercle sont percés l’un et l’autre d’une ouverture; celle du fond établit la communication entre l’air extérieur et la partie du socle inférieure au diaphragme, tandis que celle du dessus ou couvercle l’établit entre l’air de la cloche ou du ballon et la partie creuse et supérieure du socle.
- Il résulte de cette disposition, qui est de la plus grande simplicité et que nous pouvons dire aussi simple quelle est ingénieuse, que, suivant les variations de la température des appartemens, l’équilibre s’établit avec la plus Trente-deuxième année. Septembre 1835. 4*
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- grande facilité entre l’air ambiant et celui des ballons, sans aucune pénétration de poussière, puisque, lorsqu’il y a dilatation de l’air contenu dans leur intérieur, le diaphragme de taffetas cède et descend dans la partie inférieure du socle, et que, s’il y a au contraire condensation, il s’élève jusqu’à
- ce que l’équilibre soit bien établi.
- Tel est, Messieurs, le procédé présenté par M. Robert, pour couvrir hermétiquement les pendules de cheminée, et en général tous les mécanismes, les instrumens, les pièces et objets quelconques de prix et de curiosité que Ton voudrait soustraire à l’action de la poussière; enfin des sels, des préparations ou des matières déliquescentes, qu’il est important de préserver des vicissitudes ou des influences trop précipitées et trop prononcées de l’atmosphère. Ce procédé peut être également employé, et avec le plus grand succès, dans une foule de circonstances : dans les arts, les ateliers, les magasins, les musées, les collections, les cabinets de physique, les laboratoires, les arsenaux, etc., etc. ; il est difficile de présenter un procédé plus simple, plus ingénieux et d’une application plus facile. Il peut être construit à peu de frais ; il peut entrer dans la composition des socles ordinaires de pendules, sans rien changer à leurs formes, Jt leurs dimensions et à leurs proportions accoutumées; enfin il remplit parfaitement les conditions de la proposition que M. Robert avait cherché à résoudre :
- Trouver un moyen simple, peu dispendieux, d’une facile application, et par conséquent à la portée de toust pour couvrir, aussi hermétiquement quil est possible de le faire par les procédés ordinaires, les pendules de cheminée.
- Aussi pensons-nous que, par ce procédé, M. Robert a réellement rendu un service essentiel aux arts, à l’histoire naturelle, à nos musées, et plus particulièrement à l’art de l’horloger et de l’ingénieur en instrumens de physique et de mathématiques, et que, sous tous ces rapports, ce procédé mérite, Messieurs, votre approbation.
- Conclusions.
- Au nom de votre Comité des arts mécaniques, nous avons l’honneur de vous proposer :
- i°. De remercier M, Henri Piobert de la communication qu’il vous a donnée de ses divers instrumens, que nous venons de vous faire connaître;
- 2°. De le féliciter sur ses travaux et sur l’ingénieux procédé de couvrir hermétiquement les pendules de cheminée, qu’il a soumis à votre approbation; ;
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- 3°. De faire insérer ce rapport dans votre Bulletin , avec la description des instrumens de M. Robert :
- 4°. De lui remettre cent exemplaires de ce rapport.
- Approuvé en séance, le 24 juillet i833.
- Signé L. IIéricart de Tiiury, rapporteur.
- Description des instrumens et appareils présentés a la Société
- par M. H. Robert.
- Balance astronomique. Elle est représentée en élévation,y%. 2 , Pl. 556.
- A B, Tube creux en cuivre portant au milieu de sa longueur une chape C, dans laquelle tourne, à frottement gras, la règle CD. A l’extrémité B, est un verre lenticulaire, dont le foyer est égal à B F.
- E, Chaîne servant à suspendre l’instrument librement. Lorsqu’on veut faire une observation, on incline plus ou moins le tube AB, pour que son axe corresponde avec la hauteur du soleil S.
- II', Échancrure pratiquée dans la partie inférieure du tube; elle est couverte en partie par un limbe incliné G, sur lequel sont tracées des lignes croisées, ainsi qu’on le voit dans la portion du tube, fig. 3 : c’est sur ces lignes que tombe, à l’instant du passage, le rayon solaire qui traverse la lentille.
- Méridien portatif pour observer le passage du soleil. Ce méridien, représenté en élévation et en plan, fig. 4 et 5, se compose d’une alidade A B, mobile sur un axe C. A son extrémité A, est fixé un verre lenticulaire, dont le foyer est égal à A B. Sur l’extrémité B est adapté un plot taillé en plan incliné I, Jîg.5, du côté correspondant au verre. Ce plan incliné est bronzé, et un trait blanc en platine y est incrusté; c’est lorsque l’image du soleil est partagée en deux parties égales par ce trait que l’astre se trouve dans le plan du méridien.
- M, Table montée sur trois pieds en fer scellés sur l’appui d’une croisée. Sur cette table sont fixés les deux tasseaux TT, contre lesquels s’appuient les trois butoirs b b.
- P, Pied de l’instrument posé sur la table M. Le montant P' porte, à sa partie supérieure, un disque D, traversé par Taxe C, sur lequel tourne l’alidade. . .
- Y Y, Yis à caler pour mettre l’instrument dans un plan vertical.
- bbb, Butoirs fixés au pied P, et qui, étant appuyés contre les deux tasseaux TT, servent de repaire pour que l’instrument reprenne rigoureuse-
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- ment la position qu’on lui a assignée, lorsqu’on l’a orienté, après l’avoir posé sur la table M. '
- Compteur chronomètjique.'\j&fig. 6 montre le cadran de ce compteur.
- A, Aiguille des minutes.
- B , Aiguille des heures.
- E, Aiguille qui peut prendre trois positions différentes. Lorsqu’elle est dirigée vers le mot réveil, la sonnerie se fait entendre de vingt-quatre heures en vingt-quatre heures, à l’heure qu’on a déterminée à l’avance, sans qu’il soit besoin de remonter le ressort chaque jour. Quand l’aiguille marque grand réveil, le bruit est beaucoup plus prolongé; mais lorsqu’elle est arrêtée sur le mot silence, il n’y a pas de sonnerie, même après que l’aiguille de réveil a dépassé le point O. -
- R, Aiguille de réveil faisant sa révolution en vingt-quatre heures; elle marque toujours le temps après lequel le réveil partira : ainsi la sonnerie se fait entendre lorsque l’aiguille est arrivée au point O.
- S, Deux aiguilles de secondes superposées et marchant ensemble. Quand on pousse le verrou de Y en Y', l’une d’elles s’arrête et marque en cinquièmes les fractions de seconde; on note l’instant de l’observation, puis on repousse le verrou de Y' en Y, et l’aiguille qui était restée immobile rejoint d’un seul saut celle qui a continué de marcher et ne la quitte plus.
- Appareil pour couvrir hermétiquement les pendules de cheminée. G C, fig. 7 , est une cloche de verre garnie, vers sa partie inférieure, d’un bourrelet élastique bb, qui entre sur la partie conique du socle. Ce bourrelet presse assez fortement contre le socle, pour que l’air ne puisse passer entre les deux parties.
- M N OP, Partie creuse du socle, divisée en deux parties par une poche S T, en taffetas gommé.
- R, Ouverture qui établit la communication entre l’air de la cloche et celui de la partie creuse du socle.
- H, Ouverture qui établit la communication entre l’air contenu dans une partie de la cavité du socle et l’air extérieur.
- Lorsque l’air renfermé sous la cloche est dilaté, la poche cède et descend; quand il est condensé, elle s’élève. (D.)
- Description dun appareil de sûreté contre les explosions des chaudières à vapeur, inventé par M. Henry, de Mulhouse, département du Haut-Rhin,
- L’auteur de cet ingénieux appareil, qui a été appliqué avec succès à une machine à vapeur à haute pression, de la force de dix chevaux, a obtenu
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- une médaille d’argent au dernier concours relatif aux moyens de sûreté contre les explosions des chaudières à vapeur. ( Voy. le Rapport de M. Baillet, Bulletin de décembre i83a, p. 471-)
- Le mécanisme de cet appareil est combiné avec un baromètre, à mercure, soit à siphon, soit à cuvette. Le maximum de tension de la vapeur une fois déterminé, on calcule la colonne mercurielle qui y correspond et on pratique, à l’extrémité supérieure du tube, une ouverture latérale qui arrête, d’une manière positive, en mesurant de la base, la hauteur de la colonne de mercure. Si la tension de la vapeur vient à pousser le mercure jusqu’à cette ouverture, il se déverse et tombe dans un bocal en tôle : celui-ci, par un surcroît de poids, agit sur une détente très sensible, par le moyen de tringles et de leviers qui viennent dégager un marteau; ce marteau, en tombant de tout son poids, dégage et frappe un long levier muni en outre d’un poids, se meut avec célérité, et d’horizontal qu’il était, prend une position verticale. Au centre de mouvement de ce levier, est fixé un robinet qui ferme la communication du baromètre avec la chaudière; un autre robinet, lié par un parallélogramme audit levier, se meut simultanément avec le premier et ouvre une communication de l’intérieur de la chaudière avec l’air. Tous ces mouvemens s’exécutent avec précision et promptitude. Le premier robinet a pour but d’empêcher la déperdition du mercure qui, si l’on n’interrompait point la communication avec la chaudière, serait jeté hors du tube.
- Aussitôt que l’appareil a fonctionné, le surveillant verse dans le tube du baromètre le mercure qui est tombé dans le bocal en tôle, et il remet le grand levier à sa position horizontale; le premier robinet s’ouvre et rétablit de nouveau la communication de la chaudière avec le baromètre; le second robinet se ferme. Il suffit de moins d’une once de mercure pour faire jouer' le système.
- Explication des figures de la PI. 55^.
- Fig. 1. Élévation de l’ensemble de l’appareil.
- Fig. 2. Élévation du marteau avec son système de détente vu par derrière.
- Fig. 3. Plan du robinet adapté au tuyau communiquant de la chaudière au baromètre.
- Fig. 4 et 5. Élévation et plan des pièces qui servent à amortir le coup du levier qui ouvre et ferme les robinets.
- Fig. 6. Élévation, vue de côté, de la partie supérieure du manomètre et de la boîte qui reçoit le mercure.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans toutes les figures.
- A ÿ Manomètre ou baromètre à air libre et à siphon.
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- B , Boîte conique en tôle qui reçoit le mercure sortant du tube du mano-’ mètre par le petit tuyau C, toutes les fois que la pression de la vapeur excède les limites qu’on s’est imposées.
- C, Tuyau de conduite du mercure.
- D, Tringle qui transmet le mouvement de la boîte à mercure lorsque le poids du mercure la force de descendre.
- EF, Équerre qui reçoit le mouvement de la boîte à mercure et de la tige D.
- G, Fil de laiton attaché d’un bout à l’équerre EF et de l’autre au bras de levier J. ^
- G', Autre fil attaché au même bras de levier, et passant sur la petite poulie a; un poids Y est suspendu à son extrémité.
- H IR, Équerre mobile autour du point ô, et communiquant le mouvement qu’elle reçoit du bras de levier J, qui tourne aussi sur l’axe b.
- M L, Crochet dont le centre de mouvement est en L: il est articulé avec l’équerre H IR, et retient à son extrémité le marteau N, au moyen d’un petit mentonnet c.
- O P, Autre crochet qui, frappé dans sa chute par le marteau N, tourne autour de son point fixe O, et laisse échapper le levier Q R S, mobile sur l’axe R, et fixé en ce point à un robinet qui, en tournant, ferme le passage delà vapeur dans le manomètre.
- ST, Tige qui transmet le mouvement à une autre branche T U, attachée en U à un robinet qui ouvre le passage à la vapeur, laquelle se répand dans l’air.
- Y , Poids qui, dans l’état ordinaire de l’appareil, contre-balance le poids de la boîte B.
- X, Ressort à boudin enveloppé autour de la broche Y; il est destiné à recevoir et à amortir le eboe qu’il reçoit du levier Q R S, dont la partie Q vient frapper contre l’arrêt Z. **
- W, Hanche portant une échelle graduée sur laquelle un contre-poids J, servant d’index, indique la densité de la vapeur.
- e, Poids suspendu au levier Q R S et qui accélère sa chute.
- La fïg. 7 représente l’appareil dans la position qu’il prend après avoir opéré son mouvement.
- Jeu de l'appareil. Dans la position habituelle de l’appareil représentée fig. i, le robinet R, qui traverse le manomètre à air libre, est ouvert, en sorte que la vapeur, arrivant de la chaudière par l’orifice A, agit librement sur le mercure du manomètre. Le robinet U, qui est destiné, au moyen d’un tuyau vertical qui s’embranche sur le manomètre, à donner l’écoidement à la vapeur lorsque la tension qu’on s’est imposée est dépassée, est fermé.-
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- Dans cette même positionne marteau N est retenu par le crochet ML. Le levier Q R S se tient aussi horizontal, parce qu’il est soutenu par un [angle saillant ou cran de la tige OP.
- Tout se tient ainsi en équilibre en vertu du poids Y, qui contre-balance le poids de la boîte B; mais s’il arrive que îa tension de la vapeur s’élève au dessus de celle qui correspond à la hauteur du mercure C, limite que L’on s’est donnée d’avance, le mercuré descendant par l’orifice C|dans|la boite rompt l’équilibre. La branche E de l’équerre EF s’abaisse eivméme temps que la boîte, à cause de la tringle D. Le point K, fié à ce mouvement, s’abaisse, et par suite le mentonnet M se relève. Dès lors, le marteau N, n’étant plus retenu, retombe, et dans son mouvement frappe le crochet OaP, et l’écarte. Aussitôt la tige QR S, tournant autour du point R, étant entraînée parle poids e, prend la position verticale, ainsi que la tige TU,?|qui est fiée avec elle. Dans cette position verticale des deux tiges RS et T U, représentée fië' 7 » le robinet R est fermé et, par suite, la communicationMe la vapeur avec le manomètre est interrompue; le robinet U, au contraire, est ouvert, et la vapeur s’échappe avec violence par le tuyau vertical f.
- Lorsque le chauffeur voit l’index du manomètre relevé au dessus de la position habituelle de o, 10 centimètres à o,i5 centimètres, il retire le mercure de la boîte B, raccroche le marteau N au crochet M, puis relève peu à peu le levier QRS. La lenteur dans les premiers insîans de ce mouvement est indispensable, parce que la vapeur, affluant tout à coup dans le manomètre , donnerait une secousse au mercure et en ferait partir une nouvelle quantité par l’orifice C.
- L’auteur a pratiqué dans le robinet R une petite fente perpendiculaire à l’ouverture générale. Cette fente présentant un orifice de plus en plus grand, à mesure que le robinet tourne, la vapeur pénètre peu cà peu dans le manomètre, et ce n’est que lorsqu’on voit l’index du manomètre sensiblement stationnaire cpi’on achève de faire tourner le robinet, de manière que le levier QS reprenne sa position horizontale.
- Depuis la construction de cet appareil, M .Henry y a apporté quelques modifications qui en simplifient lemécanisme. La majeure partiedeséquerres et des tringles a disparu; le double système des tiges RS et T U et des robinets a été supprimé et remplacé par un robinet unique et à double effet qui, dans le jeu habituel de la machine, donne passage à la vapeur dans le manomètre et qui, par le jeu de la détente , fait un quart de tour, ferme la communication avec le manomètre et ouvre celle de la vapeur dans la chaudière avec l’air extérieur.
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- Rapport fait par M. Francœur, au nom du Comité des arts mécaniques y sur le compas-triangle de M. Gavard, capitaine détat-major, rue Neuve-des-Petits-Champs, n à Paris.
- Cet instrument est formé de trois règles : l’une en acier et les deux autres en cuivre mince; celles-ci sont articulées à charnières aux extrémités de la première, de manière à pouvoir prendre toutes les directions et à former ainsi une multitude de triangles différens. Des vis de pression servent à arrêter ces règles dans telle situation qu’on juge à propos de leur donner. L’articulation de l’une de ces deux règles se fait en un point fixe au bout de la règle d’acier; mais celle de l’autre règle est mobile le long de cette dernière, à l’aide d’une petite boîte en cuivre qui peut glisser sur sa longueur. Le compas-triangle de M. Gavard sert à plusieurs objets; il tient lieu : i°. De compas à verge, pour mesurer les grandes longueurs; a°. De compas de réduction, pour changer les figures en d’autres semblables, dans un rapport donné; il remplace le compas de proportion ;
- Et 5°. de rapporteur à grand diamètre, pour mesurer ou faire des angles. D’abord, lorsqu’on démonte les deux règles de cuivre, la règle d’acier, qui est divisée en millimètres sur toute sa longueur, est un véritable compas à verge, parce que la boîte glissante est pourvue d’un vernier qui fractionne ces divisions; et pour donner plus de certitude aux mesures, M. Gavard a imaginé de déterminer les deux bouts de la ligne droite à mesurer, d’une manière ingénieuse. 11 y a deux petits cercles à jour, au centre desquels sont situées des pointes à vis. On pose d’abord le cercle qui est fixé à un bout de la règle au dessus de l’un des points-limites de la ligne droite, et en tournant la petite vis on y fait descendre exactement sa pointe ; ensuite, en faisant cheminer la boîte mobile le long de la règle, jusqu’à ce que le cercle à jour qu’elle porte vienne au dessus de l’autre limite, on y fait descendre la pointe de la vis correspondante. 11 ne reste plus qu’à lire, surfes divisions de la règle d’acier, la longueur entre ces deux points.
- Venons-en à l’usage des règles de cuivre, qui sont des lames très minces, articulées sur les cercles à jour de la règle d’acier, de manière que leur centre de rotation soit exactement celui du petit cercle à jour, qui est déterminé par la vis dont nous avons parlé.
- Lorsqu’on veut réduire un dessin proposé, on y prend une ligne droite pour base, et on y amène les centres des deux cercles à jour; puis,on in-
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- cline'les deux, règles jusqu a ce quelles forment un triangle dont le sommet soit juste à un troisième point du dessin : on fixe alors les règles dans cette situation à laide des vis de pression; et si l’on transporte l’instrument dans cet état sur une feuille de papier, on peut y marquer trois points, qui sont les sommets d’un triangle parfaitement égal à celui du dessin : ainsi * en variant le choix du troisième sommet, on peut rapporter fidèlement tous les points du dessin proposé, et en faire une copie exacte, sous les mêmes dimensions. . ... ; ( . . ; ; •' :
- Mais veut-on réduire toutes les lignes aux deux tiers, par exemple? Après avoir fixé les règles comme il vient d’être dit, de manière à composer un triangle égal à celui du dessin proposé, on fait glisser la boîte mobile de la règle d’acier, jusqu’à ce que la base soit réduite aux deux tiers; ce qui est facile, à cause îles divisions égales marquées sur cette règle, et du vernier qui est tracé sur le bord de la boîte. Dans ce mouvement, l’une des règles est mobile et entraînée 'parallèlement ; en sorte que le nouveau triangle n’est plus égal, mais semblable au premier, les côtés respectifs se trouvant,chacun, réduits aux deux tiers. En répétant sans cesse la même manœuvre pourtousles points du dessin, il est clair q don peut le transporter, avec la réduction déterminée, sur là feuille de papier qui en devient la copie.
- On peut ainsi augmenter ou diminuer les dimensions d’un dessin dans un rapport voulu, et cela par une seule opération pour chaque point, ce qui offre à la fois exactitude et exécution rapide.
- Lorsqu’on veut changer le compas en rapporteur, on fait glisser la boîte mobile le long de la règle d’acier, jusqu’à ce que l’index coïncide avec un trait qui.y est marqué; puis faisant tourner les deux lames de cuivre jusqu’à ce qu’elles se joignent en un point aussi marqué, on fixe les règles dans cette position par les vis de pression; on reconnaît que, dans cet état, elles forment un grand triangle rectangle. Le côté perpendiculaire à la règle d’acier est celui qui est articulé à la boite mobile, et doit rester fixé ^la ns celte situation, pour toutes les mesures d’angle qu’on veut prendre.
- Maintenant on remarque que l’autre [règle en cuivre porte une suite de traits et des graduations dezéro à quatre-vingt-dix degrés. Pour faire un angle de cinquante-trois degrés, par exemple, on desserre la vis de pression de la règle hypoténuse, et on incline cette règle, jusqu’à ce qu’elle vienne affleurer le trait marquant cinquante-trois degrés; l’hypoténuse du triangle est alorsincliriée de cinquante-trois degréssur la règle d’acier : ainsi l’instrument forme un rapporteur à grand diamètre, pour mesurer tous les angles aigus; pour lesangles obtus,on en prend le supplément à cent qu atre-vingts degrés. D’après cette description de l’instrument, on reconnaît qu’il remplit par-
- Trente-deuxième année. Septembre i855. 4 2 - ‘
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- fortement sa destination, et que l’auteur mérite les éloges de la Société d’En-eou rage ment pour les nouveaux services qu’il rend à l’art du dessin. Le Comité des arts mécaniques ne croit cependant pas devoir vous proposer ces louanges sans restriction , parce qu’il a reconnu qu’on peut faire des objec--tions assez fortes, dont la valeur ne doit être estimée que par l’expérience. <En effet : ;
- jo Comme il est indispensable que les cercles à jour soient dans une relation rigoureuse avec les divisions de la règle d’acier, et que leurs centres soient exactement les points autour desquels les règles de cuivre accomplissent leur révolution , il y a une difficulté d’exécution qui peut jeter de Fincertitude sur les fonctions de Finstrumeut et doit en rendre le prix un peu élevé. ;
- 2°. Lorsqu’on veut rapporter un sommet de triangle aux extrémités de sa base, le point d’intersection des deux lames de cuivre n’est pas assez précis, et les bords des règles ont une parallaxe qui dépend de la position de l’œil : ainsi on pourrait craindre quelque défaut d’exactitude.
- 5°. Quoique le rayon du rapporteur soit en effet très grand, il n’est pas possible de se servir d’un vernier pour fractionner les divisions; en sorte que cet avantage est perdu pour la précision. Il est douteux qu’un petit rapporteur de 4-pouces de diamètre avec alidade et vernier ne puisse servir
- avec plus d’exactitude à prendre des angles. > r
- 4°. Enfin on a reconnu depuis long-temps que les instrumens qui'servent ainsi à obtenir une certaine quantité d’effets, et qu’on veut employer pour remplacer l’usage de plusieurs instrumens distincts, ne conviennent que très imparfaitement à leur objet : on a donc renoncé à ces appareils multiples,
- qui sont embarrassais et Souvent inexacts.
- ;; Quoi qu’il en soit, Messieurs, du mérite de ces objections, nous pensons que le compas-triangle de M. Gavard est ingénieusement combiné, et qu’il mérite votre approbation. L’auteur est déjà connu avantageusement de vous. Nous vous proposons, Messieurs, d’insérer le présent rapport au Bulletin, avec un dessin du compas-triangle, et d’écrire à M. Gavard une lettre de remercîment pour la communication qu’il vous en a faite.
- Approuvé en séance, le qjanvier i855.
- ' •• yr'é;- - : * ; Signé Francceur, rapporteur.
- Description du compas-triangle de M. Gavard.
- La fig. i, PI. 558, représente cet instrument dans la position où il sert de rapporteur. t
- ’ Dans la fig-z, il est disposé pour donner les lignes perspectives dont le point de rencontre est très éloigné, . .
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- L’instrument est composé de deux lames en cuivre A*et B et d’une règle horizontale en acier G. -V..'*
- La lame A. porte des divisions semblables à celles de la lame B.
- La règle d’acier G est divisée en millimètres. A l’une de ses extrémités est fixé un centre à jour D v sur lequel tourne la lame de cuivre A, et cette lame peut s’arrêter dans une position quelconque par une vis de pression EJ
- L, est une petite pièce en cuivre tenue par deux vis à la règle d’acier,
- et terminée par une visa pointe/, pouvant s’élever et s’abaisser, et indiquant toujours le centre de la pièce D. ;
- A l’extrémité opposée de la règle d’acier G , se trouve un autre centre à jour D', semblable au premier;seulement ce centre est monté sur une boîtegv glissant sans jeu sur la règle G et munie d’un vernier h. Le centre et la lame B qu’il supporte peuvent glisser facilement quand on desserre la vis i; mais quand cette vis est serrée, ils ne peuvent se mouvoir qu’au moyen de la vis de rappel m. , : ;
- Les deux lames À et B sont divisées sur le bord extérieur en quatre cents degrés,etsur le bord intérieur en trois cent soixante degrés(i); elles ont été divisées dans une position fixe, et cette position est indiquée par une petite ligne tracée sur les parties en retour de la règle d’acier et par les lignes tracées sur les lames A et B , lignes où ces lames doivent venir se croiser quand on fait glisser le centre de la lame.de cuivre B, jusqu’à la ligne tracée sur la règle d’acier G. - - , ,
- M, est une lame de cuivre divisée comme la règle d’acier G, mais seulement de dix en dix. Elle est fixée d’un côté à un centre n, qui glisse sur la règle A et s’arrête à un trait marqué sur cette règle. Le centre proprement dit, ainsi que les trois autres centres n, doivent être sur les lignes extérieures des lames A et B, ainsi que ceux du centre D.
- Un autre centré est placé entre deux coulisseaux dont l’un glisse sur la règle M, et l’autre sur la lame B; enfin, une troisième règle en cuivre! peut glisser dans deux coulisseaux qui, comme les précédens, en joignent deux autres pouvant glisser sur les règles A et B.
- Manière de se servir du compas-triangle.
- Compas triangle employé comme compas de proportion. Si on désire diviser une ligne quelconque en parties égales (en 5oo par exemple'), on fait glisser la boîte g jusqu’à la division 3oo, puis on porte la pointe apposée ! sur une des extrémités de la ligne à diviser par l’autre extrémité, de laquelle
- (i) Afin de ne pas multiplier.les divisions et les chiffres, le bord extérieur des lames À et B porte seulement 190° et le bord intérieur 170°. .
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- onfe fait passer la règle placée à la division 5oo. Si alors on fait marcher celte règle, dont la charnière aura rendu l’inclinaison invariable, on aura, à chaque division marquée par la boîte,'une division correspondante, indiquée par la règle inclinée sur là ligne qu’on veut diviser.
- < Il est bien entendu que la pointe mobile doit toujours rester sur la même ligne droite qui passe par le point fixe.
- . On doit placer le compas de manière à rendre isocèle le triangle formé par la ligne à diviser, la règle en acier et la branche inclinée, pour que la ligne soit coupée sous des angles qui se rapprochent le plus de l’angle droit.'
- ’ Réduction ou augmentation. On choisit, ou on place sur le dessin qu’on veut réduire, deux points assez séparés pour que les lignes qui les réuni-1' raient aux différens points du dessin ne forment pas entre elles des angles trop aigus, ni trop obtus. Si le dessin est grand et si le compas ne peut en atteindi e toutes les patt es, on se porte sur deux autres points situés plus convenablement et tr ansportés par le compas sur la réduction. Dans un dessin encadré, les angles du cadre seront ordinairement les points qu’on choisira de préférence. j v
- ‘ On pose les deux pointes ff du compas sur les deux points choisis, puis on serre la petite vis i, qui fixe la branche glissante sur la règle principale G, On incline ensuite les deux branches A et B jusqu’à ce qu’elles passent toutes deux par le point qu’on veut avoir, en ayant soin de régler les charnières, pour qu’elles ne soient ni trop dures ni trop libres.
- • Cela fait, on desserre ia petite vis i, puis on enlève le compas et on fait glisser la règle d’acier G, jusqu’à ce que les deux pointes puissent se poser sur les points indiqués sur la feuille destinée à recevoir la réduction ou l’augmentation, et séparés de manière à établir, entre leur distance et celle qui sépare les deux premiers points, le même rapport que celui de la réduction au dessin à réduire. Si, par exemple, on désirait réduire au tiers le dessin encadré (après avoir préalablement réduit le cadre au tiers) en-crKoi-sissant les angles du grand cadre pour points de départ, les angles du cadre réduit seraient les points sur lesquels devraient venir se placer les pointes du compas.
- Usage du compas comme rapporteur. ( Voy. fig. i. ) Sur la règle d’acier C, se trouve une grande division sur laquelle vient se placer le côté de la boîte g y qui sert à les compter, et qu’on rend fixe au moyen de la vis i; après quoi, on place une des deux règles perpendiculairement,'et l’autre' inclinée sous un angle de quarante-cinq degrés à peu près : quatre grandes lignes indiquent, d’une manière certaine, l’endroit où elles doivent se croiser. Pour donner aux règles cette position, on fixe alors la charnière de la
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- réglé inclinée sur laquelle sont marqués les angles qu’on voudra obtenir par l’inclinaison de celle qui d’abord était placée sous un angle de quatre-vingt-dix degrés. . . , r . ,r •!---.... -, • 'V.
- Manière de convertit' une surface quelconque en un seul triangle. (Voy. fig. 3.)
- * Soit abcdef % un polygone quelconque qu’on désire convertir en un triangle; posez les deux pointes du compas en a et g, inclinez la règle en g, jusqu’à ce qu’elle passe par le point e; faites glisser la boîte jusqu’à ce que cette même règle passe par le point^y vous aurez alors un point g7, qui, joint au point e,donnera un triangleg-g7e égal au triangle egf, et vous aurez ainsi supprimé un côté du polygone. On en supprimerait un second en répétant l’opération, et on ne tarderait pas, en continuant ainsi, à ramener le polygone aune surface composée de trois côtés seulement, surface qu’on calculerait alors facilement par le compas même. .
- Rapport fait par M. Amédée-Durancl, au nom d’une Commission \ spéciale, sur un procédé de préparation des planches gravées a . la maniéré noire 3 imaginé par M. Saulnier , ingénieur-mécanicien rue Saint-Ambroise-Popincourt, n 5 7 h Paris.
- . M. Saufaierzinè, dont les conceptions mécaniques ont enrichi l’industrie de plusieurs inventions dignes d’une haute estime, a présenté à la Société un procédé de berçage pour les planches à imprimer les estampes à la manière noire. :
- , Cette manière est celle qui produit des épreuves dont les teintes imitent assez parfaitement les dessins à l’estompe.
- Voici comment ce résultat s’obtient : une planche de métal est couverte d’une multitude de points creux et tellement rapprochés qu’ils forment à l’œil une teinte mate et d’un effet velouté. On conçoit que si on couvrocette planche de noir par le procédé de l’imprimeur en taille-douce, et qu’on en tire une épreuve, celte épreuve présentera une teinte noire en raison de la profondeur et de la multiplicité des points qui y auront été creusés : si ensuite on atténue ces points creux en lissant dans quelques parties la surface de la planche, les parties ainsi modifiées retiendront moins le noir de l’imprimeur et au tirage donneront sur les parties correspondantes de l’épreuve des demi-teintes ou des lumières, suivant que l’opération du lissage aura été plus ou moins complète. C’est au moyen de ce travail, qui nécessite souvent de la part de l’artiste la plus grande délicatesse de main, qu’on arrive à reproduire des teintes égales en transparence, et des détails comparables, pour la finesse, à tout ce que le dessin sur papier peut produire de plus parfait.
- Il est évident d’après cela que le travail de l’artiste ne consistant que dans
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- la suppression d’une partie des points creusés sur la planche, et l’effet de l’épreuve résultant en grande partie de la nature des points conservés,la ma-nière de former ces points a une grande importance dans ce genre de gra-J vure. ' ; ' • " ' ; . :; ^ .V" ' V: ''S\
- Jusqu’à ce jour, et à l’exception de quelques essais restés incomplets, on n’avait obtenu en France la préparation des planches pour la manière noire-que par un procédé manuel fort long et qui exigeait une habileté difficile : à acquérir. Ce procédé de préparation, nommé herçage, s’exécutait au moyen . d’un outil appelé berceau, dénominations qui, toutes deux, dérivent, comme on va le voir, du mouvement exécuté par la main de l’ouvrier. Le berceau * est une espèce de ciseau chargé de plomb , et dont la partie représentant le taillant décrit un arc de cercle, qui se trouve ainsi dans le plan de l’outil. Ce taillant, formé de pointes très rapprochées, est promené sur la planche avec un mouvement de balancement, de l’un de ses angles à l’autre; et ce mouvement est accompagné d’une progression lente. (Test par l’effet de cette progression et la répétition presque infinie, et dans tous les sens, de ce mouvement, qu’on parvient à préparer complètement les planches pour la manière noire. . . u , w . . b.--'' î w. t. ari . b. <
- \ On peut juger que, si habile que fût l’ouvrier qui berçait les planches, il était impossible que la distribution presque fortuite des points procurât > une teinte rigoureusement égale et pouvant se dégrader uniformément; il était impossible également que la multiplicité et la confusion des points ne*: donnassent pas sur certaines placés ries teintes dépourvues de transparence.
- On avait à regretter aussi que le travail n’eut pas assez de profondeur pou* donner un tirage nombreux. ? b; ; 1 . ^
- Ces planches, jusqu’à ces dernières années, avaient été en cuivre rouge , et généralement ne fournissaient qu’un tirage qui pouvait varier entre les:î limites de trois à quatre cents épreuves. Depuis l’emploi des planches enu acier, le tirage a considérablement augmenté. Les planches-que prépare mécaniquement M. Saulnier aîné sont de ce dernier métal ; le travail dont il > les couvre a une profondeur et conséquemment une durée dont n’appro-chait pas le travail à la main : quant à la qualité des teintes qu’on en obtient, ! elle est au nombre des causes qui procurent à ses planches une préférence ) marquée parmi les graveurs. , ; :b:;., ^ i r : î i
- M. Saulnier dîné tient secrète la machine qu’il emploie; cependant il s’est , empressé de la faire fonctionner devant les membres de lâ Commission spéciale déléguée par le Conseil d’administration. r r
- Cette Commission a reconnu dans le procédé de M* Saulnier les avantages suivans ;.;b!bb -".b rb:. ircb'Ci
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- i°. Une distribution rigoureusement uuifoimie elevS points sur la surface de la planche ; • . ' : ; : ! '
- , 2°. Une variété infinie dans la forme et la disposition de ces points ;
- 3°. La possibilité d’en "varier le travail sur des places exactement circonscrites, et de l’approprier ainsi à la nature des différons objets qu’il est appelé à représenter;
- 4°. De produire ce travail à une profondeur toujours uniforme, à laquelle le travail à la main n’avait pu atteindre; >>
- 5°. Enfin, de donner des planches rigoureusement semblables par le travail,, quelque variées et multipliées qu’en soient les dispositions, et de pouvoir faire ces répétitions à telle distance de temps que ce soit.
- L’opinion que la Commission s’était faite du mérite de l’invention de M. Saulnier aîné s’est trouvée pleinement justifiée par les renseignemens qu’elle a pris auprès des artistes et dans le commerce. Elle a trouvé partout qu’une préférence décidée estacquiseaux planches préparées mécaniquement -pourla manière noire. Des préventions bien faciles à expliquerde la part d’ar* listes dont le succès du travail dépend d’opérations préliminaires dont ils ne sauraient être trop certains ont pu ralentir un instant le développement de l’entreprise de M. Saulnier ai né; aujourd’hui ces préventions se sont évanouies, et c’est sur un procédé d’une réussite assurée que la Société est appelée à prendre une décision. \>
- M. Saulnier aîné a bien d’autres titres aux distinctions de la Société que l’excellent procédé qu’il a inventé pour préparer les planches à la manière noire : il ne semblerait donc pas dans les convenances d’en proposer aucune particulière pour la présentation dont il s’agit.
- Le désir exprimé par M. Saulnier aîné ayant été simplement de prendre date pour son invention, la Commission spéciale vous propose d’insérer le présent rapport dans le Bulletin de la Société.
- Approuvé en séance, le 24 septembre i833.
- Signé Amédée-Dukaiïi), rapporteur.
- Rapport fait par M. Héricart de Thury, au nom dit Comité des arts mécaniquesj sur les moyens proposes par M. Laiguel, pour empêcher l'envasement de l’entrée du port du Havre.
- Messieurs, M. Laignel vous a présenté des observations sur l’action et les effets des eaux sur les bords de lainer, par comparaison avec celles des rivières et des fleuves, et sur les moyens qu’elles nous offrent d’empêqher le port du Havre de s’obstruer de galets et de graviers.
- Après avoir Dosé des principes généraux fondés sur l’hydraulique et la
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- géologie, principes aussi remarquables par leur précision et leur clarté que par la sagesse avec laquelle ils sont présentés, M. Laignel développe sa manière de voir et de juger l’action et les effets des eaux de la mer, en fai- “ sant l’application de ces principes au port du Havre, et aux bancs ou pou- : liers qui se forment à l’entrée de ce port. - v • >
- Ayant été à même de bien voir et d’étudier ce port, ses jetées du nord et du sud, celle de la Floride, la formation des bancs de galets et celle des pouliers, qui menacent d’obstruer un jour entièrement ce port, dont il serait cependant si important de maintenir les abords toujours libres, nous pensons qu’il est difficile de faire une application plus juste et plus exacte des principes que M. Laignel a posés. > : ; " > o >
- L’application qu’il en a faite nous paraît en effet parfaitement expliquer la formation des pouliers de l’entrée du port du Havre. Nous sommes entièrement d’accord avec lui sur la cause première de leur formation ; ainsi nous admettons avec lui qu’à chaque marée les flots delà mer, en éprouvant une diminution progressive de leurvitesse, doivent successivement abandonner les galets qu’ils avaient entraînés, en gardant cependant encore les graviers, les sables et la vase, dont ils ne se dessaisissent que peu après, pendant la continuation de leur cours, et seulement quand la mer est étale et tranquille; d’où doivent nécessairement résulter l’envasement du chenal et du bassin et la formation des pouliers du sud-est du port.
- .... Pour remédier à ce grave inconvénient, M. Laignel dit qu’il ne s’agit que de maintenir la vitesse et la force du courant, pour repousser les galets, et que pour y parvenir on devra former un radier en contre-bas du chenal, d’une profondeur de o,m6o, appuyant contre l’élévation actuelle du fond, et prolonger ce radier jusqu’en avant de la jetée du sud-est et le long de la Floride, afin d’y former un chenal assez large pour y laisser passer tout ce qui viendra de l’amont de la jetée du nord. - . ^ :
- Le moyen dont je compte me servir, dit M. Laignel, est extrêmement simple et actif; et je le développerai si l’on accorde quelque attention à mon . projet, me bornant à indiquer ici seulement, d’une part, les causes et les ..effets, et d’autre part, ce qu’il faudrait faire. ' v
- Messieurs, en considérant que vous avez déjà donné votre approbation aux projets et aux utiles inventions de M. Laignelque vous savez avoir pour principe de 11e jamais proposer de travaux dispendieux avant d’avoir résolu les questions ou problèmes, par des expériences convenables, répétées et sans grandes dépenses, . : '
- Nous avons l’honneur de vous proposer, conformément à la demande que vous en fait M. Laignel, de prier M.le Ministre du commerce et des travaux
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- publics de faire examiner son projet par MM. les Ingénieurs des ponts et chaussées.
- Approuvé en séance, le 18 septembre i855.
- Signé L. Héricart de Thury, rapporteur.
- Mémoire sur Vaction et les effets des eaux sur les bords de la mer, par comparaison avec celles des rivières et des fleuves , et des moyens quelles offrent dempêcher le port du Havre de s’obstruer de galets et de gravier ; par M. Laignel.
- Principes généraux.
- i°. Plus les eaux d’une rivière ou de la mer ont de vitesse, plus elles transportent lourd et vite.
- 2°. Tant que cette vitesse existe, les corps lourds ne cessent d’être emportas et traînés.
- 3°. Au fur et à mesure que la vitesse augmente, ces eaux emportent plus lourd et plus vite, comme elles abandonnent au fur et à mesure que la vitesse diminue;, il en est de même de leurs attaques contre les rives.
- 4° Ces eaux ont plus de vitesse à hauteur égale quand la crue ou le flot augmente que quand il diminue.
- 5 ’. Plus le fond du lit est uni, plus elles ont de facilité à courir et à charrier. 6°. Les eaux prennent toujours le chemin le plus court et le plus direct, et ne s’en écartent jamais que par des causes locales.
- 7°. Elles charrient des corps lourds et volumineux, mais elles ne les tiennent point ou peu en suspension, et les roulent sur leur lit.
- 8 Ces corps lourds et volumineux n’arrivent point d’emblée aux parties élevées d’un banc déjà formé et élevé, mais bien au bas de ce banc, et n’atteignent que graduellement à l’élévation supérieure par les effets répétés des eaux ou du flot.
- p°. Le dépôt de ces corps ne se fait point non plus au pied des berges, si le courant ne change point de direction par quelque cause subite ou locale, comme celles de division, de détour, etc.
- io°. Les eaux d’une même vitesse à la surface ont comparativement, sur le fond ou le lit, plus de courant, de force et d’action, dans une petite ou moyenne hauteur que dans une grande.
- 11°. Elles tombent toujours vers les berges et s’éloignent des rives, en déposant sur ces dernières ce qu’elles charrient; ce qui cause, dans le premier qas, des baies et des affouillemens, et dans le second, des bancs et des atter-rissemens.
- 12°. Les eaux de la mer ont sur leur rivage beaucoup d’analogie avec *1 rente-deuxième année. Septembre 1853. [fi
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- (3.4)
- celles des rivières; chaque marée doit être considérée comme une crue subite '.‘ainsi, ce qui est développé ci-clessus est applicable aux unes comme aux autres. .
- Application de ces principes au port du Havre et aux pouliers qui se forment
- à Uentiêe de ce port, et des moyens de les empêcher de se reformer et de faire dtsparailre en grande partie le poulier du sud-est.
- A la marée montante, les eaux, comme une crue subite dans les rivières, sont poussées avec rapidité (i 2) tout le long de la rive, depuis le cap de la Hève jusqu’à l’extrémité de la jetée du nord, dont elles affouillent le pied (g), le déchaussent et détruisent les pierres dont elle est formée.
- Ces eaux, au commencement de la marée montante (4), ont une vitesse et une force considérables 3 , dont l’action se fait bien plus sentir au fond du lit 10), que lorsque la mer est parvenue à une grande bailleur.
- Cette vitesse se trouve subitement diminuéeau bout de cette jetée (g et 11), parce que les eaux éprouvent une modification causée par l’entrée du port qu’elles sont obligées de remplir : il arrive alors qu’elles prennent deux directions; l’une pour entrer dans le port, et l’autre en passe-outre par continuation de la première direction.
- Par ce fait, tout le galet, comme corps plus lourd, n’étant plus mu par la même puissance\5), est contraint de tomber à l’entrée du port, après avoir parcouru encore un peu d’espace par suite de la première impulsion ; le galet se dépose à l’endroit même de l’entrée du port, où les eaux éprouvent un remous (3) par l’effet du détour qu’elles prennent en partie lorsque la berge de la jetée du nord leur manque.
- On conçoit que ces eaux, éprouvant une diminution de vitesse, ne peuvent faire autrement que d’abandonner le galet (3); mais el es gardent encore le gravier et la vase, corps plus légers, et s’en dessaisissent peu à peu pendant la continuation de leur cours, et surtout quand la mer est étale et tranquille, ce qui nécessairement cause l’envasement du chenal et des bassins, et forme le poulier du sud-est.
- Aucun de ces effets 11’aurait lieu si la jetée du nord était contiguë à celle du sud et à la Floride, dont les murs sont de vraies berges.
- Telles sont les principales causes de l’engorgement du port et de la formation des pouliers. Ces causes bien connues, il est possible d’y remédier par les principes de l’hydraulique : il en est un entre autres , c’est celui où les eaux viennent tomber vers les berges (11), en augmentant de vitesse et par conséquent de force (3;; là elles ne déposent aucunement (9), elles affouillent et déchaussent au contraire.
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- ( 3iî> ) .
- Il faut donc employer l’auxiliaire d’une berge pour produire une continuation de cours aux eaux ,'galets, vases, etc.
- On objectera, sans doute, que les murs de la Floride forment aussi une berge bien prononcée; que, cependant, ils sont aujourd’hui envahis par un banc prodigieux de gravier : cela est vrai; mais ici il se passe un fait qui tient à la localité, c’est la diminution subite de la vitesse, et la division des eaux et du courant au débouquement de la jetée du nord.
- Il faut donc trouver un moyen de pratiquer une continuation de berge qui maintienne la vitesse et la force du courant.
- On peut y parvenir, je crois, en formant un radier en contre-bas du chenal, d’une profondeur d’environ om,6o, appuyant contre l’élévation du sol.
- Il faut prolonger ce radier jusqu’en aval de la jetée du sud, puis former le long de la Floride un chenal, pour y laisser passer tout ce qui viendra de l’amont de la jetée du nord.
- Ce chenal peut être facilement établi au moyen de chutes d’eau que des siphons de grande dimension puiseraient dans la Floride, qui a 4.00 mètres de long sur ïoo mètres de large et 5 à 6 mètres de hauteur d’eau.
- De cette manière, la berge établie perpendiculairement au chenal du port empêchera le galet de se déposer à l’entrée de ce port, puisque la vitesse du courant qui l’aura apporté continuera à l’entraîner(2); qu’en second lieu, il île pourra entrer dans le chenal, parce que l’élévation de cette nouvelle berge s’y opposera ; qu’elle le fera retomber sur lui-même et emporter au prochain flot.
- Dans cet état, les eaux et le galet, continuant de courir avec la même vitesse, traverseront tout l’espace perpendiculaire au chenal entre la jetée du nord et celle du sud-est et au delà, tant qu’il se présentera une berge.
- li résulte de la nécessité de former une berge perpendiculaire au port celle de la continuer parallèlement au mur de la Floride, pour transporter plus loin les galets, graviers, vases, etc., au moyen d’un chenal assez large pour rendre facile le passage de ces corps, lorsque la mer commence à monter; car c’est dans ce moment que les eaux ont plus d’action au fond (10), et on peut les comparer à celles d’une crue subite et considérable dans un
- fleuve ( 12). . '
- C’est alors un déblai très léger à opérer depuis la jetée du nord jusqu’au bout de la Floride. La partie perpendiculaire au port peut présenter un peu d’embarras, à cause de la fréquentation du chenal par les navires; mais celle parallèle au mur de la Floride ne sera ni difficile, ni dispendieuse, ni longue à exécuter.
- Les expériences à entreprendre pour résoudre ce problème ne sont ni em-
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- oarrassantes ni dispendieuses, et quelques jours suffisent pour juger du mérite de ce projet : en conséquence, pour expérimenter le radier et la berge que j’indique, et pour connaître la possibilité de donner au galet une direction forcée, je propose de faire établir, sur le sol même et au bout de la jetée du nord, une petite berge au moyen de deux planches de om,3o chacune de largeur sur 2 à 3 mètres de longueur, posées de champ l’une sur l'autre et appuyées par un bout contre la jetée du nord, et de l’autre contre un pieu enfoncé dans le sol, de manière à présenter aux eaux 1111e surface de o," 60 de haut, au dessus du sol, sur 2rà 5 mètres de long. ;
- Dès les premières marées, on apercevra un changement de direction du galet, des graviers, etc. , etc., qui se trouveront portés plus loin ; ce qui prouvera la possibilité de les détourner et éloigner par une continuation du même moyen, et de les faire déposer dans un endroit moins nuisible qu’à Fentrée du port, si même ils ne sont pas entraînés plus loin,dans des parties de la mer où Us 11e pourront jamais nuire.
- K Apport fait par M. Olivier, au nam du Comité des arts mécaniques, sur deux instrumens de topographie militaire présentés a la Société par M. Burnier.
- M. Burnier, capitaine d’artillerie, attaché aux ateliers de précision du Comité central de l’arti lerie, vous a présenté deux instrumens pour les opérations de la topographie militaire. Le premier est une boussole pour la mesure des angles horizontaux; le second est un niveau-éclimètre pour les nivellemens et la mesuie de quelques angles verticaux.
- Votre Comité des arts mécaniques m’a chargé de vous faire le rapport
- suivant : i ; : ,
- Pour les levers militaires qui doivent être faits rapidement et qui ne demandent pas une très grande exactitude, on doit préférer des instrumens portatifs à ceux d’une plus grande précision, mais d’un volume trop considérable et d’un emploi trop lent. Les officiers en campagne doivent avoir des instrumens d’un petit volume et de forme convenable, qui leur permettent de les placer avec facilité dans leur porte-manteau ou de les porter sur eux-mêmes sans gêne ni fatigue.
- Katter avait exécuté une boussole du prix de 45 fr. à 80 fr. , dont la description se trouve dans le Bulletin de la Société d’Encouragement, 1 3e année, n° de janvier, qui remplissait le but désiré, sauf le prix, qui était un peu élevé: la boussole de M. Burmerne coûte que 25 francs, et elle remplit toutes les conditions auxquelles la boussole de Katter satisfait; de plus, elle est d’une exécution plus facile, et aussi elle est plus portative. Dans la boussole de
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- Katter, le limbe gradué est horizontal : pour pouvoir lire la division en meme temps que l’on vise l’objet au moyen de l’oculaire et de la pinnule, on place sous l’oculaire un prisme taillé par dessous en forme lenticulaire; de sorte que l’observateur lit la division par réfraction, et en même temps la division se trouve grossie. Le grossissement, dû à la forme lenticulaire du prisme, fait qu’une boussole d'un petit diamètre donne des résultats aussi exacts que ceux que l’on obtiendrait avec une boussole d’un diamètre plus grand, si on lisait la division à l’œil nu : ainsi le grossissement étant triple, par exemple, le diamètre de la boussole, pour pouvoir lire tout aussi facilement au moyen du prisme les demi-degrés, pourra être le tiers de celui d’une boussole ordinaire, sur laquelle on lirait facilement des demi-degrés à l’oeil nu. ,t
- Pour diminuer la dépense et rendre la construction plus facile, M. Burnier a placé les divisions sur un cylindre entraîné par l’aiguille aimantée, et en avant il place une loupe grossissant quatre fois; un cercle de cuivre, se relevant sous forme d’arc, tend un crin qui sert de pinnule; de sorte que l’on peut lire la division en même temps que l’on vise l’objet.
- Ce petit instrument peut être tenu à la main ou fixé sur un piquet au moyen d’une douille qui se visse sur la face inférieure.
- Le goniomètre ordinaire , qui ressemble, comme on sait, à une tabatière dont les cercles de jonction de la partie inférieure et supérieure portent des divisions, peut aussi servir à mesurer les angles horizontaux; mais il faudrait lui donner de trop grandes dimensions pour estimer à l’œil nu un demi-degré, ce qui le rendrait importatif en campagne, et de plus il faut faire tournera la main la partie supérieure dans la gorge, de sorte que l’on 11e peut mesurer les angles que d’une manière assez grossière. La boussole est plus facile à manier, et l’opération est plus prompte : le goniomètre ordinaire peut, en y adaptant un niveau, servir d’éclimètre et être employé à la mesure des angles verticaux; toutefois cet instrument, dont le prix s’élève à 80 francs, offre le même inconvénient signalé ci-dessus; savoir, que l’on doit faire mouvoir à la main une partie de l'instrument et dans une gorge, et que le frottement empêche de mesurer avec une exactitude suffisante.
- M. Burnier a conçu un éclimètre d’après le même système suivi pour la construction de sa boussole; il renferme dans une boîte d’une petite épaisseur, de 2 centimètres environ, et de 1 décimètre de longueur, un petit cylindre de 5 à 6 millimètres de hauteur, et ayant pour base un arc de cercle. Ce limbe cylindrique, qui est fixe, porte des divisions; un petit levier mobile autour d’un axe, et portant à son extrémité une pointe recourbée, marque
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- les* divisions suivant les inclinaisons que l’on donne à l’instrument; le point de suspension du levier est au centre du limbe.
- Cet instrument ne coûte que 18 francs.
- Ces deux instrumens remplissent bien Frisage auquel ils sont destinés ; ils coûtent moins cher et sont d'une exécution plus facile que ceux qui jusqu’à présent étaient destinés aux mêmes usages; ils sont tout aussi exacts, plus portatifs et plus commodes en voyage.
- Le corps d’état-major les a adoptés pour les opérations militaires, sur un rapport favorable, adressé par MM. Puissant et Lapie au Ministre de la guerre.
- Votre Comité des arts mécaniques a donc l’honneur de vous soumettre les conclusions suivantes :
- i°. Remercier l’auteur de sa communication utile, car c’est rendre un grand service aux officiers que de leur présenter des instrmnens peu coûteux et portatifs, et d’une exactitude suffisante pour les levers et reconnaissances militaires ;
- 2°. Faire graver et décrire dans le Bulletin les deux instrumens, pour que Tous les ingénieurs en instrumens de mathématiques puissent les exécuter, M. Burnier n’ayant point pris de brevet et abandonnant son invention à l’industrie (i) ;
- 3°. Faire imprimer le présent rapport. approuvé en séance, le 21 août 1835.
- Signé Théodore Olivier, rapporteur.
- Description d’une nouvelle boussole pour les levers militaires,
- par M. Burnier.
- Cet instrument, représenté sur ses différentes faces, fig. 1 à 5, PL 55g, a le grand avantage S’orienter lui-mème le lever du terrain et d éviter ainsi les fuisses directions que l’on pourrait prendre; il est construit sur le principe de la boussole de Katter, perfectionnée par Schmalkalder et décrite page 13 i\u Bulletin de japvier 181 f\ .Dans cette boussole, le limbe est entraîné par l’aiguille aimantée, mais dans celle de M. Burnier la lecture de l’angle est beaucoup plus facile; son limbe est cylindrique, et les divisions sont tracées sur la surface extérieure de ce cylindre. Cette disposition permet à l’obser*
- (1) C’est M. Charles Chevalier, ingénieur-opticien au Palais-Royal, galerie deValais, n° ï63, qui a établi les premiers modèles de ces instrumens ; ceux qui sortiront des ateliers de cet ingénieur seront préalablement vérifiés par l’auteur, et donnés aux prix ci-dessus indiqués, avçc une notice faisant connaître la manière de s’enscryir.
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- valeur de lire directement, en même temps qu’il vise, Ta division qui vient s’arrêter dans le plan de colimalion ; cette lecture est facilitée par une loupe qui peut faire estimer les demi-degrés, quoique le diamètre du limbe ne soit que de L\ centimètres.
- Les pinnules se composent d’un crin tendu au moyen d’une anse de panier qui se relève sur le plan de la boîte; cette anse, en se refermant, garantit la loupe contre les corps étrangers, en même temps qu’elle agit sur un levier qui suspend le limbe au dessus du pivot et dispose ainsi l’instrument pour le transport.
- Fig. i. La boussole fermée, vue en plan.
- Fig. 2. La même, dont la plaque de recouvrement est enlevée pour laisser voir le limbe et l’aiguille aimantée.
- Fig. 5. Coupe longitudinale de l’instrument.
- Fig. 4- Elévation vue de face , l’arc étant relevé.
- Fig. 5. Le limbe, vu séparément.
- Les mêmes lettres désignent les mêmes objets dans toutes les figures.
- a, Boîte de l’instrument.
- b, Plaque de recouvrement.
- c, Limbe cylindrique portant les divisions sur sa surface extérieure.
- d, Aiguille aimantée fixée sur le limbe.
- e, Pivot sur lequel tourne l’aiguille.
- /, Levier servant à soulever le limbe et à l’arrêter, lorsqu’on ne fait pas usage de l’instrument; l’anse, en se fermant, appuie sur ce levier.
- g, Anse destinée à tendre le crin qui sert de pinnule.
- h, Ressort qui retient l’anse quand elle est rabattue.
- i3 Loupe grossissant quatre fois, et au travers de laquelle on lit les degrés du limbe.
- k, Petite plaque en cornes pour éclairer le limbe.
- l, Vis à laquelle on attache le crin m, qui passe dans un petit piton faisant corps avec l’anse et dans des crans pratiqués sur la plaque de recouvrement b. Il se tend verticalement contre la loupe et passe dans un petit trou du fond de la boîte.
- n, Douille vissée sous l’instrument, qu’on tient à la main ou qu’on pose sur un pied.
- Usage de Vinstrument. Pour observer avec cette boussole, on la tient par sa douille à une distance de l’œil telle qu’on distingue bien les deux crins formant pinnules, on dirige le plan de ces deux crins sur l’objet dont on cherche la déclinaison, et on lit la division qui vient s’arrêter devant l’indicateur. On peut hâter l’instant du repos du limbe, soit en le soulevant légèrement
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- lorsqu’il est au milieu de sa course, au moyen du levier^, qui le suspend eu repos ou simplement en inclinant l’instrument de manière à faire frotter le limbe sur le fond de la boîte. On sait que, sans attendre le repos parfait du limbe, on peut prendre une moyenne entre un nombre pair d’oscillations. Cette méthode, qui fait gagner du temps, est suffisamment exacte, et avec un peu d’habitude on lit facilement les divisions extrêmes des oscillations, la vitesse du limbe devenant nulle aux deux limites de sa course. . •
- Si l’on veut faire des observations avec plus de soin, on monte la boussole sur un pied; dans cet état, on pourra faire un lever avec autant d’exactitude qu’avec une boussole ordinaire.
- Le mode de construction de l’instrument assure la position du pivot au centre de la boîte, et les crans pratiqués sur le couvercle en cuivre b et sur l’anse g fixent la position des crins d’une manière invariable.
- L'aiguille aimantée cl est placée d’une manière fixe; la boussole marque o, lorsqu’on vise le nord magnétique, position représentée par la fig. 4; afin d’éviter la confusion, on a supprimé un zéro : ainsi i veut dire 10,2, 20,35, 35o , etc.
- Description du niveau-éclimetre, par M. Burriier.
- ’ Ce nouvel instrument, représenté fig. 6 à 12, PI. 55g, est construit d’après les mêmes principes que la boussole; seulement le limbe, aussi divisé sur sa surface cylindrique extérieure, est indépendant de l’aiguille : celle-ci est maintenue par un contre-poids dans une position horizontale, et l’indicateur, qui passe devant les divisions du limbe, fait connaître l’inclinaison de la ligne visuelle au dessus et au dessous de l’horizon ; cette ligne visuelle est déterminée par des crans latéraux formant alidade. La lecture des angles, pouvant se faire en même temps que l’on vise, l’instrument, peut, comme la boussole, se tenir à la main ; néanmoins lorsqu’on voudra faire un travail plus exact, on pourra, pour diminuer les oscillations, le placer au moyen de sa douille sur un bâton ou sur un pied.
- La fig. 6 représente l’instrument vu en élévation latérale.
- La Jig. 7 est une vue de profil aux trois quarts.
- Fig. 8. L’instrument découvert.
- Fig. 9. Le limbe en projection.
- Fig. 10. L’instrument, vu par devant.
- Fig. 11. Le même, vu par derrière.
- Fig. 12. L’aiguille, vue en élévation et en plan.
- Les mêmes lettres désignent les mêmes objets dans toutes les figures.
- a} Boîte de l’instrument.
- b, Douille.
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- c, Plaque de recouvrement.
- d, Fenêtre percée dans la plaque, à travers laquelle on observe les divisions du limbe.
- e, Limbe en forme de secteur de cercle adapté à la boite.
- f , Aiguille qui oscille sur une suspension à couteau.
- g, Contre-poids au moyen duquel l’aiguille conserve sa position horizontale.
- h, Indicateur faisant corps avec: l’aiguille.
- z, Petit levier dont le crochet /s’engage sous l’aiguille, pour l’arrêter quand on ne fait pas usage de l’instrument; dans ce cas, on relève le levier de manière qu’il prenne la position verticale.
- k y Crans entaillés sur le bord de la plaque c, et formant alidade.
- Usage de V instrument. Le limbe e ne donne que a5 à 3o degrés au dessus et au dessous de l’horizon; cette limite est suffisante pour l’usage auquel l’instrument est destiné : cependant, si l’on prend pour cran ducôté del’ohjet un des angles de la boîte, on se procure ainsi une alidade artificielle, qui laisse pour la mesure des angles toute l’étendue du limbe.
- La position de zéro dû limbe est déterminée par expérience: on vérifiera son exactitude en visant un point quelconque' et en retournant ensuite l’instrument et visant le même point. Si, dans cette opération, l’indicateur h marque le même degré au dessus et au dessous de zéro, qu’il indiquait d’abord, le niveau est bien réglé. Pour fixer le zéro tle l’alidade artificielle, on vise avec elle un point déjà nivelé; l’indicateur s’arrêtera alors sur une des divisions du limbe, qu’on prendra pour le zéro. D’après la construction de l’instrument, ce point doit être le vingtième degré de la division.
- Afin que l’aiguille ne s’use point sur son pivot, il suffit, après le travail, de tourner le petit levier i, qui le suspend convenablement pour le transport.
- Avantages de Vinstrument. Cet instrument est propre.au nivellement et à la mesure de quelques angles verticaux ; ses avantages se feront sentir dans un pays accidenté, où il sera presque toujours très utile de faire connaître même approximativement les principales cotes de hauteur des différens points imporlans d’une position militaire. Employé comme niveau, il servira à tracer quelques courbes horizontales, à reconnaître la possibilité et l’étendue d’une inondation, et à faire avec une exactitude suffisante toutes les opérations nécessaires pour la connaissance du figuré du terrain.
- Trente-deuxieme année. Septembre 1833. ^4
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- Rapport fait par M. Amédée-Durand, au nom du Comité des arts mécaniques, sur un modèle d’étau a main présenté par M. Garban, contre-maître des, forges de la marine f a Quérigny (JYièvre).
- ^Messieurs, nos’étaux, tels qu’ils ont existé jusqu’à ces derniers temps, renferment, entre autres défauts, une disposition tellement incorrectequ’il n’est pas de machine grossière et d’un usage passager dans laquelle on voudrait l’admettre. On comprendra de suite que nous voulons parler de l’em—
- • ploi qu’on y fait de la vis. En effet , cet agent auquel, dans cette application , on demande un effet de traction , et qui devrait le produire dans la direction de son axe, le fournit très souvent suivant une ligne qui forme avec cet axe un angle très prononcé. Les conséquences de cette disposition ' malheureuse n’ont pas besoin d’ètre développées, et les personnes qui emploient les étaux savent toutes trop bien ce qu’elles ont d'inquiétude sur da résistance des filets de l’écrou ou de la vis, lorsqu’elles ont à saisir une forte pièce, pour qu’il soit nécessaire d’appeler leur attention sur ce point.
- > Si on jette un coup-d’œil d’examen sur les étaux, on leur trouve les trois : inconvéniens snivans :
- Le premier, de ne pas maintenir de parallélisme entre les faces des mor-daches; le second, conséquence du premier, est de faire fatiguer la vis et son écrou dans une direction oblique à l’axe de chacun d’eux; le troisième est dans l’insuffisance du ressort pour faire écarter les mordaches, quand on ‘veut leur donner une grande ouverture.
- Les perfectionnemens qu’offre l’étau présenté par M. Garban se rappor-< tent aux deux derniers de ces inconvéniens.
- * Quant à la vis, c’est dire qu’elle agit exactement dans la direction de son
- • axe, quelle que soit l’ouverture des mordaches; et, quant au ressort, M. Gar-
- * ' ban l’a supprimé, en appliquant le moyen usité dans les presses des établis “ de menuisiers qui, sous un autre nom , sont de véritables étaux.
- Dans ces étaux, une clef, pénétrant dans la partie de la presse que. traverse la vis, s’engage dans une rainure que porte cette dernière, et rend 1 ainsi cette branche de l’étau solidaire avec elle.
- L’exposition, sur le bureau, de l’étau présenté par M. Garban, et sa description dans le Bulletin} que le Comité des arts mécaniques a chargé son rapporteur de proposer, nous interdisent d’entrer dans des détails qui ne pourraient qu’employer inutilement le temps du Conseil.
- Nous devons néanmoins appeler son attention sur la circonstance suivante: l’idée de l’amélioration introduite dans la construction des étaux, quant à lavis seulement, n’est pas due à~M. Garban. Contre-maître dans l’usuie de
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- Guérigny, à l'époque où M. Gengembre y fit construire un grand nombre d’étaux pour les ateliers d’Indret, dont la direction venait de lui être remise, M. Garban n’a fait que mettre à profit et améliorer une disposition pouvellg que présentaient ces étaux, 1
- Le Comité a eu à regretter que la disposition que M. Garban a empruntée aux presses d’établis des rnenuisi ers ne soit offerte par son modèle que > dans un état incomplet pour l’emploi qu’il en a fait.
- En effet, les deux goujons fixés dans les branches de l’élan, et qui se logent dans la rainure annulaire pratiquée sur la vis dans sa partie lisse, devraient,, ainsi que cela est usité dans les découpoirs , et une foule d’autres cas anale* . gués, venir s’engager dans une bague remplissant cette rainure.
- Cette imperfection légère, qui ne peut être attribuée qu’à une négligence, a fait d’autant moins d’impression sur l’esprit des membres du Comité, qu’ils ont été informés, d’une manière positive, que l’étau perfectionné par M. Garban a reçu des applications très étendues; en effet, tons les étaux des arse-,, naux de la marine sont maintenant construits d’après ce modèle, et dans l’usine de Guérigny.
- En résumé, le Comité des arts mécaniques a reconnu, dans l’étau présenté par M. Garban : i° un emploi et une modification heureux et bien entendus du perfectionnement introduit dans cet outil par M. Gengembre ;
- 2°. Une disposition heureuse dans le moyen par lequel il a suppléé le ressort.
- En conséquence, le Comité charge son rapporteur de soumettre au Conseil les propositions suivantes :
- iw. L’étau présenté par M. Garban sera décrit dans le Bulletin , et figuré , sur les planches.
- 2°. La figure de cet étau sera accompagnée de cette légende. : Modèle d’étau présenté par M. Garban.
- 3°. Il sera écrit à M. Garban pour le remercier de sa communication, et lui témoigner la satisfaction de la Société sur l’emploi intelligent qu’il a fait de l’idée fondamentale du perfectionnement des étaux d’indret, et de celle qu’il a eue de remplacer le ressort par l’application du moyen usité dans les presses des menuisiers.
- Approuvé en séance, le S mai 1833.
- Signé Améüée-Durajnd, rapporteur.
- Explication des figures i3 à i6, PL 55g. gFig. 13. L’étau, vu en élévation latérale.
- Fig. i4 Coupe transversale de l'étau sur la ligne À B de l’élévation.
- Fig. i5. L’écrou et la rondelle placée sous l’embase de la vis, détachés et vus séparément.
- 44.
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- . Fig, 16. La vis, vue séparément.. s • / y...
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans toutes les .figures. aa, Branches de l’étau; b, écrou en cuivre; c, vis en fer; d , rondelle en cuivre, sur laquelle s’appuie lavis; eparties des branche» de l’étau façonnées en arc de cercle, et sur lesquelles jouent la rondelle d, ainsi que l’extrémité opposée et conforme de l’écrou b > suivant les différens degrés d’ouverture que peuvent prendre les branches de l’étau ; ff, vis qui retiennent l’écrou;^, goujons taraudés qui entrent dans la gorge h de la partie lisse de la vis c et la convertissent en vis de rappel; i, cavités pratiquées dans l’écrou, qui reçoivent le bout des vis f f; Æ, bague occupant le fond de la gorge annulaire h, et qui reçoit les bouts des goujons taraudés g g. -Nota. Le Comité a acquis la certitude que cette bague est employée dans tous les étaux construits actuellement pour la marine.
- On doit faire observer que les vis ou goujons^, g, servent uniquement à faire fonctionner comme vis de rappel la vis e : que bien que ces vis forment les points autour desquels ont lieu lesjnouvemens de variation d’angle de la vis e et de l’écrou b avec les branches de l’étau , ces points ne sont nullement des points d’appui. Cela est tellement exact qu’on peut, pourvu qu’on serre dans l’étau un corps résistant, supprimer les vis f,g> sans que l’effet demandé à la vis c de conserver le même axe que son écrou éprouve la moindre altération. Ainsi, les vis f, g, qui, comme points d’appui, offriraient trop peu de résistance pour n’être pas un objet d’entretien continuel, n’ont d’autre fonction que de suppléer les ressorts des anciens étaux, en rendant la vis et l’écrou solidaires avec chacune des branches; et la position de la vis et de l’écrou est due à la disposition des parties e, qui joignent à des moyens de résistance bien suffisans l’avantage d’augmenter la force îles branches de l’étau dans l’endroit même où les ruptures ont lieu le plus fréquemment. \ <
- ARTS CHIMIQUES.
- Rapport fait par M. Payen, au nom du Comité des arts chimiques , sur un appareil destiné a lapplication du gaz-light au chauffage.
- Vous avez renvoyé à l’examen du Comité des arts chimiques un appareil signalé à votre attention par notre collègue, M. Mallet, qui en devait lui-même la communication à M. Robisony secrétaire de la Société royale d’Edimbourg. .
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- C’est au nom de ce Comité, auquel fut adjoint M, Mallet, que je viens vous rendre compte de nos expériences. : i ; ; i
- Nous avons fait construire l’appareil dans les dimensions indiquées; il se composait d’un tube conique, ouvert des deux bouts, offrant à sa partie-inférieure une section de 6 pouces de diamètre; sa hauteur était de i pied, et sa section à la partie supérieure avait un diamètre de 3 pouces : elle était recouverte d’une toile métallique en cuivre, offrant cinquante mailles par ; pouce carré; trois pieds adaptés à la partie inférieure de ce tube le supportaient à 6 lignes au dessus du plan sur lequel il était posé : trois mon-tans en tôle, fixés sur deux cercles, pouvaient à volonté envelopper le tube et soutenir, à i pouce au dessus de la toile métallique, le vase qu’on se proposait de chauffer.
- Lorsqu’on introduit sous l’appareil le courant de gaz équivalant à un fort bec, et qu’on présente au meme instant un corps enflammé au dessus de la toile métallique, une flamme bleuâtre se manifeste sur toute la surface de cette toile; si l’on pose alors un vase rempli d’eau au dessus de celte flamme, à l’aide du support précité, il s'échauffe rapidement sarfs qu’aucune partie du gaz-Üght échappé à la combustion ne se décèle, soit par une odeur désagréable facile à reconnaître, soit par la présence du charbon léger répandu dans l’atmosphère. Les deux effets ont lieu, au contraire, lorsqu’en levant l’appareil on allume le gaz-lightà l'issue du bec, et qu’on expose directement au dessus un vase rempli d’un liquide à chauffer On conçoit en effet que, dans ce dernier cas, le contact des parois refroidies abaisse la température de la flamme, au point de rendre impossible la combustion ultérieure; que, par conséquent, le charbon non encore brûlé, et même les gaz échappés à la combustion , se répandent dans l’atmosphère ; l’odeur désagréable qui en résulte, le dépôt de flocons de noir de fumée sur les plafonds, les tentures et divers objets d’ameublement, constituent des inconvéniens assez graves, qn’il importe beaucoup d éviter. Il est facile de concevoir encore comment on y parvient, en employant l’appareil indiqué par W. Robison : dans ce cas, en effet, le courant du gaz entraîne avec lui une quantité d’air atmosphérique suffisante pour qu’après leur mélange, en passant au travers de la toile métallique, la combustion de l’hydrogène et du carbone ait lieu simultanément, et qu’aînsi aucune partie échappée à la combustion ne puisse se répandre dans l’atmosphère; la teinte bleuâtre de la flamme et son pouvoir éclairant presque nui le démontrent d’adleurs suffisamment.
- La combustion complète du gaz-light appliqué au chauffage, en évitant, les inconvéniens assez graves que nous avons signalés, constitue le principal
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- avantage de l’application notfvefie : il en résulte bien aussi une économie dans la quantité de gaz employée pour produire une égale quantité de chaleur ; mais cette économie, d'après une moyenne de plusieurs expériences, nè s’élève guère au delà de dix pour cent.
- Nous devons rappeler une précaution essentielle à prendre lorsqu’on fait * usage de cet appareil : il faut, dès qu’on ouvre sous le tube l’issue au gaz- • light, s’empresser de présenter un corps enflammé au dessus de la toile' métallique; faute de celte précaution, il pourrait se former dans la capacité du'tube un mélange détonant, et une petite explosion aurait lieu lorsqu’on ? viendrait à présenter un corps enflammé au dessus du tube. .
- Nous avons signalé le principal motif d’utilité de l’appareil en question; il nous paraît de nature à mériter l’approbation à la Société, et nous venons ' vous proposer, en outre, de le faire connaître par l’insertion de ce rapport au Bulletin, et enfin d’adresser une lettre de remercîmens à l’auteur de cette communication. ’
- Approuvé en séance, le 8 mai i833. ‘ Signé Payen, rapporteur.
- Explication des figures 17 à ig, PL 55g.
- Fig- 17- Elévation de l’appareil pour chauffer les liquides au moyen du gaz-light.
- Fig. 18. Le meme, vu en coupe verticale.
- Fig. 19. Diaphragme en toile métallique.
- a7 Tube conique enveloppant la flamme du gaz.
- by Trépied sur lequel repose le tube conique.
- Cy Montans en tôlequi supportent le vase g, contenant le liquide à chauffer.
- d. Diaphragme en tissu métallique.
- e, Tuyau de conduite du gaz.
- f\Robinet adapté à ce tuyau.
- - . ----- -r-Bnf» OOP - WM — --
- Extrait des Procès-verbaux des séances du* Conseil d’administration de la Société d’Encouragement. s Séance du 4 septembre 1833.
- Correspondance. M. le préfet du département des Vosges transmet une délibération prise par la Société d Emulation d’Epinal, et dont l’objet est de recommander à l’intérêt de la Société d Encouragement le jeune Boban, de Treohonzey, qui an-1 nonce les plus heureuses dispositions pour les arts mécaniques.
- Objets présentés. M. J.-B. Verzy, à Paris , demande des Commissaires pour examiner un nouveau moteur à tout vent, pour lequel il est breveté.
- M. Bourdon met. sous les yeux du Conseil le modèle fonctionnant d’une machine à vapeur en verre, qui permet d’observer parfaitement le jeu de toutes les pièces^ intérieures.
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- ('•327 )'
- ' M*. Collin, élève en pharmacie* présente de l’huile épurée pour T horlogerie.
- 3V1. Sorel, à Paris, un nouveau régulateur du Feu par L’effet de la vapeur.
- a M. le comte d’Ourdies, un essai de gravure sur verre, par un procédé de son invention.
- Rapports des Comités. Au nom du Comité des arts mécaniques, !M. Ve vicomte 1Héricart de Thury lit un rapport sur la Fabrique d’orfèvrerie mixte de M. Gandais, à Paris.
- ' Le Comité propose de Faire insérer le rapport dans le Bulletin, et de le renvoyer à la Commission des médailles. ^Approuvé.]
- Au nom d’une Commission spéciale, M. A mèdée-Durand lit un rapport sur un procédé mécanique de hereage pour les planches en acier gravées à la manière noire, imaginé par IM. Saulnier aîné.
- La Commission propose de Faire insérer le rapport dans le Bulletin.
- Le Conseil adopte ces conclusions, et arrête que le rapport sera renvoyé à la Commission des médailles.
- Séance du 18 septembre i833.
- . Correspondance. M, Thonmelier, ingénieur-mécanicien et membre de la Société, la prie de nommer des Commissaires pour examiner : i° la nouvelle pressejmQué-taire qu’il vient de construire et dont il lui avait fait connaître le premier modèle ; 2° une nouvelle presse à l’usage de la typographie.
- M. Laignel annonce que son système de petites courbes sur les chemins de fer a été appliqué avec succès dans l’établissement des mines d’Anzin.
- M. Buran, manufacturier à Charenton, annonce qu’il vient d’élever une fabrique de dextrine, et qu’il se propose d’envoyer un mémoire raisonné sur les avantages que peut présenter cette matière dans ses divers emplois.
- Objets présentés. M. Davenne fils aîné, fondeur à Paris, présente : i° des échantillons d’acier de cémentation obtenus avec différens fers de France et de l’étranger, au moyen de la chaleur perdue des fours à coke-, 2° des limes fabriquées avec cet acier; 3° trois timbres dont l’alliage est composé de fonte et d’acier; 4° quatre plaques de filières du même alliage; 5° un culot de fer fondu dans un creuset.
- MM. Caire, Raimond et compagnie, fabricans de produits chimiques à Toulouse, adressent un échantillon d’un vert-dragon, résultat de la combinaison du fer et du cuivre avec l’acide acétique.
- M. Lemare, membre de la Société, adresse un de ses couvoirs avec le régulateur du feu, décrit dans sa notice sur les caléfacteurs. Il fait remarquer qu’il opère par le moyen d’un flotteur qui lève ou abaisse la porte du foyer, selon qu’il existe dans l’appareil plus ou moins de pression exercée par la dilatation plus ou moins grande de l eau.
- M. Roux présente un instrument pour copier directement dans une position renversée les dessins sur la pierre lithographique et les planches de cuivre.
- , M. le baron de Morogues adresse un exemplaire du mémoire qu’il a présenté à l’Académie royale des Sciences en 1831 , ayant pour titre : De l’utilité des machines, de leurs incQiivéniens et des moyens d’y remédier, en assurant l’extension et les progrès de notre agriculture.
- Le même correspondant fait hommage d’un ouyrage autographié,, intitulé : Mémoire sur les causes de là richesse et de la misère des natiçns.
- Rapports des Comités. Au nom du Comité des arts mécaniques, M. Héricart de Tfmry' lit un rapport sur l’emploi du basalte en architecture, proposé par -M.-Du-miraDJeudy, ancien magistrat.
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- ( 3a8 )
- Le Comité propose de remercier l’auteur de sa communication et de faire insérer le rapport dans le Bulletin. [Approuvé.] . ^
- . Le même membre, au nom du même Comité , lit un rapport sur les moyens proposés par M. Laignel, pour prévenir l’envasement du port du Havre. /
- Le Comité propose, conformément à la demande que l’auteur en a faite, d’inviter M. le Ministredu commerce et des travaux publics à faire examiner son projet par MlYI. les Ingénieurs des pouls et chaussées. [ Approuvé ]
- Au nom du même Comité , M. Francœur fait un rapport sur une potence en fer pour suspendre les réverbères, employée dans la ville de Porto, en Portugal, pour 1 éclairage des rues, dont M. Rubiao, membre correspondant de la Société, lui a communiqué le dessin.
- Le Comité, pensant qu’il peut être utile de faire connaître ce moyen de suspea-sion, propose de remercier l’auteur de sa communication, et de faire graver le dessin de l appareil pour être inséré au Bulletin. [Approuvé. J
- Communications. M. le vicomte Héricart de Tliury communique une lettre de M. Jauberl de Passa, sur un puits foré remarquable par l’abondance des eaux qui en sortent. Ce puits existe dans la commune de Pages, à'2 lieues sud-ouest de Perpignan; il a été entrepris par M. Durand, propriétaire, et le travail a été dirigé par M. Fabie, de Perpignan.
- > Le sondage fut d'abord pratiqué sur un point situé à 5o pieds au nord de Bages, à 80 pieds de profondeur; la sonde, ayant pénétré à travers plusieurs lits alternatifs de marne et d’argile , perça une couche de marne très sablonneuse de 3 pieds d’épaisseur, et alors jaillit une source peu abondante d’eau claire, ayant un goût particulier, pourtant pas impropre à la boisson. Cette eau, dont la température était de i4°,5 Réaumur, pouvait s’élever à 3 ou 4 pieds au dessus du sol.
- Un second soudage, fait à 6 pieds de distance, donna, à la même profondeur, une source jaillissante; mais le jet de la première diminua, et la masse totale d’eau versée par les deux était moindre que celle donnée d’abord par la première. On continua de travailler dans le second trou. La sonde, ayant pénétré à x45 pieds de profondeur, commença à s’enfoncer d’elle - même : alors on la retira précipitamment, et on vit aussitôt jaillir, à près Je 5 pieds de hauteur, une source qui étonna par son abondance et sa force ; dès l’inUani de son apparition, aucun obstacle n’a pu lui être opposé pour la contenir. Aucun essai direct n’a encore été fait pour reconnaître'le maximum d’élévation auquel elle peut parvenir; mais on croit être au dessous de la réalité en disant qu’elle s’élèvera à 5o pieds.
- ‘ Depuis le 28 août i833, à trois heures et demie du soir, moment de son apparition , cette source a toujours montré la même abondance , la même violence d’a.scen-sion ; il paraît qu’il y a plutôt augmentation que diminution du volume d’eau. Cette eau forme dès sa sortie de la terre un courant de 63 centimètres de largeur sur 1 décimètre de profondeur. Dans une minute l’eau parcourt 82 mètres, ce qui donne par conséquent, à peu de chose près, 2,000 litres d’eau par minute, ou 2,880 mètres cubes par jour. Un poids en plomb de 8 livres soutenu par une corde, ayant été plongé dans le trou de sonde, a été rejeté rapidement.
- L eau de ce puits foré, qui avait d'abord un goût particulier, sans être impropre à la boisson , est maintenant très claire, très limpide, d’une saveur un peu fade; sa température est de i5° Réaumur. . '
- La dépense totale pour les deux forages a été seulement de 263 francs.
- IMPRIMERIE DE MADAME HUZARD (tœe Vallat la. Chapelle),
- RUE DE L’ÉPERON, N° 7.
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- TRENTE-DEUXIÈME ANNÉE. (N°CCCLII.) OCTOBRE i833.
- BULLETIN
- ; DE LA •
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES.
- Description des machines propres à la fabrication de roues
- de voitures3 établies dans les ateliers de M. E. Philippe, rue Château-Landon, n 17, faubourg Saint-Martin, a Paris. [Suite.] (,)
- Rais. ire opération. Lorsqu’on veut débiter des rais dans des bois en billes, c’est à dire dans des bois qui ont été fendus en quartier, ces pièces sont presque toujours très gauches; ce qui empêche de les scier à une scie circulaire à parallélogrammes : on se sert alors de la scierie que nous allons décrire, et qui les dresse sur les deux faces.
- Le bois étant posé sur un chariot, où il est maintenu par des griffes, l’ouvrier le pousse contre la scie circulaire, qui enlève une des faces; il le retourne ensuite bout pour bout, le replace sur le chariot, et le présente contre la scie qui coupe la face opposée : de cette manière, la bille est rendue parfaitement d’équerre , et propre à être débitée sur la scie circulaire à parallélogrammes.
- Explication des figures de la Planche 56o.
- Fig. r. Élévation latérale de la machine à scier d’équerre les billes des rais.
- Fig. 2. Élévation vue par le bout.
- Fig. 3. La machine, vue en plan.
- Fig. 4. Section transversale, suivant la ligne A B du plan.
- Fig. 5], 6 et 7. Détails des griffes.
- U) Voyez Bulletin de la Société d’Encouragement. Août i833, p. 261. Trente-deuxième année. Octobre i833. 4$
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- A , Côté du bâtis dont le dessus forme une règle plate.
- B, Côté du bâtis dont le dessus formel une? règle Angulaire. Ces deux règles sont réunies par des entretoises^/r"
- C, Chariot dont le dessous porte six saillies, qui glissent sur les règles des côtés A et B.
- D j ’ Griffiei fixée au chariot «pari-' deufc 'boulons -j elle fcst ‘représentée / vue de face et de profil, fig. 7 : on la change de place suivant les longueurs des pièces de bois. h. .... . ... ,
- E, Autre griffe qui est mobile, et qu’011 fait avancer au moyen d’une vis
- à manivelle e, retenue par deux-goupilles dans-la griffe et taraudée dans le support t. , - ' y
- F, Châssis fixé au côté B du bâtis par des boulons et reposant sur les
- colonnes u u; il porte deux renflemens qui reçoivent les coussinets de , l’arbre G. ....... .
- G, Arbre portant d’un bout une embases, dans laquelle est taraudée une goupille pour fixer la scie circulaire ‘zv Cette scie est serrée par un écrou r et un contre-écrou qui pressent sur une rondelle n; sur cet arbre tourne la poulie follep; la poulie fixe^r y est arrêtée par une bague o.
- _ H', Vis de pression, dont l’une est taraudée dans le châssis F, et l’autre dans le bâtiâ B; le bout de ces vis est percé d’un trou dans lequel on introduit un morceau de cuir qui fait pression sur la lame de scie z,. et sert à l’empêcher de se déranger.
- Il, Banc en bois sur lequel est établie la machine.
- Jeu et. avantages de cette machine. On fixe la griffe-D , suivant la longueur» ! de la pièce de bois, qu’on maintient en la serrant avec la griffe mobile E. y* En poussant le chariot G contre la scie circulaire» z , on >fait la première-^ levée; on retourne le bois bout pour bout, et on le maintient de même^h en ayant soin de faire reposer les parties sciées sur le chariot : celui-ci former un plan d’équerre avec la scie. Après avoir fait la seconde levée, la bille se trouve parfaitement d’équerre.
- Cette manière de débiter apporte une grande économie dans le bois et dans la façon, en ce qu’elle évite le corroyage, et en même temps qu’elle-* procure l’avantage de rejeter l’aubier et de conserver beaucoup plus du cœur du bois qu’en le fendant.
- 2e opération. Cette opération consiste à empatter les rais ; elle est faite au-moyon de deux scies-circulaires -montées sur le même arbre et espacées par une rondelle squet.Foibchaiageid’apiéâ'i l’épaisseu^des.empaiteraensï Au
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- ‘de**cet arbreest feiiitp ? tpouÜft reœvantr^o^vRiou^rae»t.d’unén&Mtre poulie tquiç s au moyen éd’irni contrer poids, terKfîtQujours à l’élever, de naa-- filière qU’à l’aide d’un levier de deuxième genre on abaisse le curseur portant *> les Goüssinetsïdaeslesquejs tourne l’arbre «de&âcies. i Le rai est placé sur une règle en,téquerre.supportée par deux montans, l’un à charnièreJet* l’autre à coulisse : celui-ci porte une lame divisée, pour <> indiquer le degré «sous lequel on ernpatte le rai, degré qui doit correspondre ? # avec» celui jq ne l’on a «donné au plateau de la machine à diviser; ce.quipro-
- * cure une grande exactitude dans l’assemblage des roues. Un butoir:placé à l’extrémité de la règle fixe la longueur de l’empattement.
- Explication des figures de La Blanche 561.
- â y i .^Élévation latérale de la machine à empatter les, rais.
- ,'fïuFig. «a.. La même, vue en élévation par derrière. h 5. Elan de la machine.
- Fig. 4. Coupe verticale, sur la ligne a b, fig. 2, du curseur et du châssis,
- * dessinés sur une plus grande échelle.
- Fig. 5 et 6. Profil et élévation de face d’un des montans portant La règle sur laquelle repose le rai.
- Fig. 7: Élévation latérale du moteur.
- < Fig. 8. Plan du même.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans toutes les figures.
- A A, Bâtis dont les montans sont réunis par deux entretoises y y et f deux traverses z z.
- B, Châssis sur lequel sont fixées deux règles ssffig. 4, entre lesquelles coule à queue d’aronde le curseur G. Sur le coté de ce châssis est un renflement pour porter le tourillon o du levier r, et deux petites oreilles pour des vis de pression q, destinées à rapprocher une des règles. Ce châssis est maintenu
- • par un arc-boutant à fourchette p.
- C, Curseur coulant à queue d’aronde entre les règles s s!, ét ayant deux bras ffj qui forment palier pour l’arbre E; une crémaillère t sert à lui communiquer le mouvement de va-et-vient qu’elle reçoit de la demi-roue déniée w, fixée sur la douille du levier r.
- ! 1), «Courroie enveloppant la poulie motrice Dh
- E, Arbre port a nt cette ? poulie et ayant une forte embase A, contre laquelle m’appuie la scie circulaire n; cette scie est séparée de la seconde scie a par
- r une rondelle F$ une embase /nj, serrée par deux écrous iy sert à: consolider tout le système.
- F, Rondelle retenue sur l’arbre E par un lardon, et ayant une saillie sur
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- laquelle repose la scie <z, arrêtée par une goupille en acier taraudée dans la rondelle. Il y a autant de ces rondelles qu’on fait d’espèces de tenons. ?
- GG', Supports fixés sur les traverses zz : l’un porte un boulon c, qui sert de point d’articulation à la règle H, et l’autre une coulisse, pour pouvoir lelever à volonté; sur le côté de celui-ci est une lame graduée#, qui indique le degré d’inclinaison à donner à la règle H.
- H, Eègle en équerre sur laquelle repose le rai N; d’un bout est fixé, à coulisse, un petit butoir b, que l’on avance suivant la longueur à donner au tenon, et de l’autre est un petit indicateur l, qui marque les degrés d’inclinaison. \
- Détails du moteur ,jig. 7 et 8. ,
- II'I", Colonnes traversant le plafond et réunies par deux supports kk.
- JJ, Traverses coulant le long des colonnes II', et portant une coquille pour l’arbre K, et un tire-fond c, à renflement, pour un boulon x, qui le lie à un tirant L. :: n î .• / ; ;
- R, Arbre qui reçoit le mouvement de la poulie motrice d, et le communique à la machine par la poulie e; sur le même arbre tourne une poulie folle y.
- LL',Tirans réunis au dessus du plafond O par une traverse portant un tire-fond pour une corde qui passe sur une poulie à gorge, et à laquelle est suspendu un contre-poids.
- M, Fourchette formant châssis, pour faire passer la courroie de la poulie folle sur la poulie fixe; cette fourchette coule dans deux gâches ww, fixées aux supports kk. Chacun de ses bouts est percé d’un trou qui reçoit une corde passant sur une poulie fixée au plafond; d’un côté est un contrepoids, et de l’autre une corde pendante, qu’on tire quand on veut mettre la machine en mouvement.
- N, Pièce de bois placée >«sur la règle H, et destinée à recevoir un tenon à l’un de ses bouts. -
- Jeu et avantages de cette machine. On place entre les deux scies circulaires une rondelle F, de l’épaisseur du tenon ou empattement quel’on veut faire; on faitbasculer la règle H sur son centre de mouvement, selon le degré d’inclinaison à donner à l’empattement, inclinaison qui doit être en rapport ayec celle qu’ont reçue les mortaises percées dans le moyeu. On place le butoir d’après la longueur du tenon ; on avance, on recule les supports G G, suivant l’épaisseur du bois; ensuite plaçant le rai N sur la règle II, on le maintient d’une main, et de l’autre appuyant sur le levier r, on fait descendre les scies circulaires. En cessant d’appuyer sur le levier, le curseur C remonte à
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- l’aide du contre-poids; ce qui fait que la courroie se trouve toujours également tendue. . ? ,
- Cette machine fait quatre cents à quatre cent cinquante tours à la minute, et un seul homme peut empatter dans une demi-journée six à sept cents rais, dont les tenons seront tous de la même grosseur et de la même inclinaison , et sans avoir besoin de les tracer.
- 3e opération. La machine propre à araser les rais est construite à peu près comme celle qui sert à les empatter; le moteur s’enlève également au moyen d’un contre-poids, ce qui élève le curseur, sur lequel on fixe, à coulisses, deux paliers doubles; dans ces paliers tournent en sens contraire deux petites scies circulaires, que l’on éloigne à volonté, selon la grosseur de l’empattement; on l’abaisse de même avec un levier. Le rai est placé sur une règle supportée par deux montans, de la même manière que dans la machine à empatter, avec cette différence néanmoins, qu’au lieu d’un butoir simple pour fixer la longueur de l’empattement il y a au bout de la règle un butoir à joues, que l’on fait entrer dans les deux traits de scie faits par la machine précédente. A l’un des montans qui supportent la règle, èstfixée une lame graduée, dont l’usage est le même que pour la machine à empatter.
- Explication des figures de la Planche 562.
- Fig. 1. Élévation latérale de la machine à araser les rais.
- Fig. 2. Élévation vue de face.
- Fig. 3. Plan de la machine.
- Fig. 4* Coupe du curseur, suivant la ligneah,fig. 2.
- Fig. 5. Coupe du même, suivant la ligne cd.
- Fig. 6. Élévation vue de face du curseur et des deux paliers.
- Fig. 7. Crémaillère fixée au curseur, vue de face et de profil.
- Fig. 8. Demi-roue dentée, montée sur la douille du levier, vue de profil et en coupe.
- Fig. g. Tourillon à embase fixé à l’oreille que porte le châssis.
- jFig. 10. Douille du levier, vue en coupe.
- Les mêmes lettres désignent les mêmes objets dans toutes les figures.
- AA, Bâtis dont les montans sont réunis par deux entretoises jy et deux traverses zz; il est surmonté d’un châssis cintré B, portant deux règles ss, entre lesquelles coule le curseur C; sur le côté est un renflement, auquel est fixé le tourillon o du levier r, et deux petites oreilles pour des vis de pression destinées à regagner le jeu des règles,
- C, Curseur coulant à queue d’aronde entre les règles s s, et ayant deux bras fi/, formant palier pour les arbres EE; une crémaillère t sert à lui
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- cormimuniquer lemouvement d’élévation et; d’abaissement;qu’il reçoibpar l’intermédiaire delà demi-roue dentée n, fixée sur la douilleju :duiïlevier r. ÿi,:DV Corde qui s’enronle sur k poulié»:du moteur, etnqui^est ieroisée g de manière^ faire tourner les scies*# et Æ encens «contraire.-i ; . .-.j r -
- * t •
- ',n‘E E, Arbres tournant!dans':deux-paliers Iï,< qu’on peutéloigner à‘volonté, à l’aide de vise, qui pressent sur le curseur G, selon ia grosseur des ‘ tenons; à leur extrémité est une embase df pour recevoir la lame de scie. i.u - pî Butoir à jones dont ^épaisseur est égale à cellei de la scie de la ma-u chine à empatter; il entre dans les traits faits par cette scie; ce qui maintient le ‘ rai en position. II y a un butoir pour chaque espèce de tenon pportant le meme numéro que les rondellesMplàcées’ëntre les scies àf empatter. ;
- GG, Supports semblables‘à ceux de la^machine^à-empatter. • i
- H, Règle sur laquelle est placé le rai N. ! ^ ; ; > „
- J "'MM', Poulies dont l’une est1 plate et l’autre à gorge, et sur lesquelles ^s’enveloppe la corde D. , . h i . ; _
- Jeu et avantages de cette machine< On donne à la règle H la meme: inclinaison qu’à celle de la machine à empatter; on choisit le butoir F, qui se trouve en rapport avec l’écartement des traits de scie déjà faits t on le règle de manière que . les quatre traits se rencontrent exactement, ce qui se fait par les vis de pression que porte le patin des paliers II; ensuite, appuyant sur le levier,on abatles cales du tenon avec une très grande célérité.
- Cette scierie fait de quatre à cinq cents tours à la minute. Un seul homme produit autant à cette machine qu a celle à empatter, et même au delà.
- Le planage des rais se fait à la main , et comme ce travail ne peut influer en aucune manière sur la qualité de la roue, et que les procédés mécaniques n’apporteraient qu’une économie de temps, l’auteur a différé de mettre à exécution un projet au moyen duquel il se propose de faire trois rais à la iuEois en dix minutes.
- Les rais étant empattés et planés, le moyeu, percé de ses mortaises, est monté sur un arbre fixé sur un bâtis de bois, de manière qu’un seul homme peut plus aisément monter les rais que deux pourraient le faire parle procédés usage employé! par les charrons. , ‘ (D.)
- i ;< ^ ( La suite à un prochain numéro. )
- ïfîf.j UHI ; j ...........
- 'UiDiEgGRiPTiow de la balance de précision a charge et sensibilité ; b i o j ^constantes, inventée par M* Bocklioltz, de Trêves.
- r Les balances de précision employées par les chimistes sonfcà fléau : quel-* jque soin que l’on apporté'dans l’exécution; il i est- impossible qu’une* sem-btable balance puisse rester exacte. Les tatïations ; de fa température pro-
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- ( s.
- durent,des .dilatations qui, doiventêfi’e. inégales.dans, les, bras, du fléau*parce, qu’jbest impassible d’avoir u^fe matière,, d’une homogéneité^par/aite ; j.dè$,û lors les bras dm fléau;,devenant inégaux,.il est impassible de s’assurer du poÿs id’un corps*.autrement q1u’eu.empÎQyawt la méthode,de,la donblçr pe7r r sée; .nette méthode, consistera placer, dausde plateau de droite le eprps à ? peser* et dans,le plateau de.gaucbe un ,poids;qui fasse équilibre au corps ^ puis à enlever le corps,. etàJui substituer .despoids étalonnés jusqu’à ce que.,, l’équilibre soit rétabli les poids .étalonnés placés .dans le plateau de droite ?*-donnent le poids du, corps. .Outre les. dilatations provenant de la variation dp.). température, il existe une autre cause qui peut faire varier l’égalité des bras du fléau, c’est la destruction du fléau, dont toutes les parties^peuventêtre inégalement attaquées par. les vapeurs aGid.es répandues dans le laboratoire malgré les précautions employées pour soustraire la balance à leur fâcheuse ,
- influence__ ” .......
- Pour obvier à l’inconvénient de la double pesée, on a imaginé plusieurs,?., systèmes? qui. permettent d’égaliser les deux bras du fléau .Gane,(de Suède),» plaçait le couteau-support [du point milieu du » fléau sur un petit chariot qu’il faisait mouvoir à droite<ou à gauche, pour allonger ou raccourcir . l’un des bras du fléau; Wollaston plaçait des vis de rappel à l’extrémité des bras du fléau, et par/leur moyen il éloignait ou rapprochait du couteau,les ; points de suspension des plateaux.de la balance. En employant l’un .ou..., l’autre mécanisme , on s’assurait de rexactitudeide la balance, .en plaçant des poids étalonnés et égaux dans les plateaux, et l’on faisait mouvoir leméça-,;, nisme jusqu’à ce que l’équilibre fut établi. ,,
- Mais on est obligé de vérifier une semblable balance chaque jour au moins»,, de la placer dans un lieu où la température soit constante pendant tout Ip temps des opérations, de la soustraire avec soin au contact des émanations chimiques, et de la préserver de l’humidité,.
- Outre rinconvénient de la double pesée ou de la vérification journalière ,r delà balance, il en est un autre qui doit être, signalé dans les essais chimiques; la quantité des matières à peser, varie; à chaque opération on a des,, quantités différentes; la charge de la balance varie donc, et dès lors aussi, , sa sensibilité : de sorte que si l’on a répété plusieurs analyses du même,corps , en .agissant sur des, quantités différentes de matière , et il serait bien difficile , que cela fût autrement, chacune des,pesées ne sera pas faite sous l’influence de la mêmesensihiUté dans la balance.En un mot, dans les balances à fléau * la. „ charge n’étant pas. constante sur le couteau, la sensibilité ne l’est pas.., Ajoutons encore que. le fléau est construit; pour ne pas. fléchir? sous un n poids donné, et que si l’on dépasse ce poids,,-, la balance, est faussée, et ne «
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- peut plus servir comme balance de précision, et que' rien ne peut empe- *’ cher de commettre une erreur aussi préjudiciable dans les balancés à fié ait.* Tf* M. Bockholtz a cherché à éviter tous ces inconvéniehs. Il a réussi à *
- donnera sa balance toute la précision désirable, et par Une combinaison heureuse la double pesée est inutile; la charge, et par suite la sensibilité, est constante ; enfin il est impossible de peser un corps dont le poids dépasse- f rait le poids maximum que la balance peut peser; de sorte que la balance de M. Bockholtz 11e peut jamais être faussée : de plus , son prix est bien moins * élevé que celui des balances de précision à fléau, et son exécution plus facile. ‘ ’ ‘ ......
- La balance-Bockholtz est construite de la manière suivante.
- Un fléau R, Jig. 1, PL 563, à bras inégaux, repose, par un couteau £, sur un plan en apier poli ou en agate c; à l’extrémité k du plus grand bras, est suspendue une tige ^portant deux plateaux i et h; sur le plateau supérieur/, l’on place un poids étalonné, par exemple un gramme et toutes les subdivisions du gramme, en tout 2 grammes (si l’on ne veut pas peser un corps dont le poids excède 2 grammes ). A l’extrémité m du plus petit bras, se trouve vissé un corps cylindrique o, qui doit établir l’équilibre.
- Il est facile de placer ce corps de révolution sur le tour et de l’amener peu à peu à avoir le poids voulu pour équilibrer la balance. D’ailleurs, si ce corps cylindrique excédait le poids voulu, au moyen d’une petite tare que l’on placerait sur le plateau, il sera toujours facile d’arriver à la position d’équi- T libre. f ï „
- L’ouvrier doit faire en sorte que le centre n du corps de révolution, le couteau b et le point de suspension k du double plateau soient en ligne droite, autant que faire se peut. Au moyen du double écrou a, dont l’invention appartient à Berzélius, on peut rapprocher ou éloigner dn couteau b y autrement du point de suspension, le centre de gravité du système, et rendre par ce moyen les oscillations du fléau plus rapides ou plus lentes.
- La balance doit pouvoir être mise au repos, pour que le couteau b ne soit pas fatigué, et que son arête inférieure ne s’émousse pas trop prompte-' ment.
- Pour cela M. Bockholtz a placé un support P, qui se visse sur le pied Q de la balance, et qui à son extrémité porte une pointe coniquep, qui entre dans un trou conique pratiqué dans le corps cylindrique o; de sorte qu’en pressant sur le bouton g on fait agir le levier/, e, qui remonte le plan d’acier ou d’agate c, lequel soulève le couteau b, et par suite tout l’équipage du fléau, et dans cette position la balance ne porte plus que sur le couteau b, et se trouve disposée pour la pesée.
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- /i/it’f. (u\ t/c /a JvcVt-'Ar d'fànco-
- PL JdA
- £<'6/à/IC {{{'i- c/ c’Cff/p .
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- Cessant de presser sur le bouton g, le plan c descend,. le fléau aussi, et le contre-poids o vient se reposer sur la pointe/?, et, dans celte position du repos, le couteau b ne porte plus sur le plan c, et ne peut dès lors se fatiguer. ; v
- La levée du plan c est fort petite, afin qu’il n’y ait pas de choc contre le couteau b.
- La balance étant en position de peser, l’on place le corps dans le plateau h, et l’on enlève du plateau i tous les poids nécessaires pour que l’équilibre se rétablisse. On reconnaît que l’équilibre est rétabli, comme dans toutes les balances de précision, à la marche des oscillations de l’aiguille k, par rapport au zéro tracé sur l’index ou mire verticale l.
- Il est évident que les poids, ôtés du plateau donnent le poids exact du corps placé dans le plateau h.
- Il est encore évident que si le plateau supérieur i n’est chargé que de 2 grammes, il sera impossible de peser dans le plateau inférieur7i un corps dont le poids excéderait 2 grammes, et l’on voit aussi que, quel que soit le poids du corps à peser , la charge sur le couteau b est toujours la même.
- Le corps cylindrique o étant vissé à l’extrémité m du petit bras du fléau R, on pourrait avoir des contre-poids de poids différens, et tels qu’ils équilibreraient la balance , suivant que l’on voudrait que le poids maximum à peser fût 10 ou 20 , ou 5o ou 100 grammes , de sorte qu’il est facile d’employer la même balance, par le seul changement du contre-poids o, à peser des poids maximum différens : ce qui est avantageux , pour ne pas fatiguer inutilement le couteau ; car si pour une série d’expériences le poids maximum à peser n’excède pas 10 grammes, vous disposerez la balance pour ce poids ; si, dans une autre série d'expériences, le maximum du poids doit aller à 3o grammes, vous disposerez la balance pour ce nouveau poids; mais au moins, pendant la durée des premières expériences, le couteau Æ*aura été chargé d’un poids moindre que celui qu’il aura porté dans les deuxièmes, et par ce moyen le couteau n’aura pas été inutilement chargé.
- 11 faut, autant que possible, que les trois points n, b et A soient en ligne droite, parce que, le contre-poids o étant de révolution, son centre de gravité se trouve toujours situé sur l’axe n, parallèle au couteau ô, et cette disposition permet à l’ouvrier d’arriver à la précision sans des tâtonnemens aussi longs que ceux nécessités par la forme de la balance à fléau.
- La fig. 1 montre une élévation latérale de la balance placée dans sa cage de verre; en /*, est un vitrage à coulisse qui permet de placer le corps à peser dans le plateau h.
- Excepté l’espace xx,yy qui est mis en contact avec l’air du laboratoire,
- Tiente-deuxième année. Octobre i833. /j6
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- lorsque la coulisse rest levée, tout le reste de la cage est tenu fermé; de sorte que les deux plateaux & et i sont les seules parties de la balance qui, pendant l’opération de la pesée, peuvent être en contact avec les vapeurs du laboratoire. ;i K
- Toute la balance est en cuivre, excepté le couteau b , et le point de suspension k des plateaux , qui sont en acier, et la partie supérieure de la tige supportant les plateaux, qui est en fer forgé. ‘
- La fig. i donne une vue de face de la balance; :’ i ' 1 ' ' ‘
- La Jig. 3 , un détail de point de suspension A' (i). ~ ' "é ~
- ; T. Olivier. -
- Rapport fait par M. Réricart de Thury, au nom du Comité des arts mécaniques, sur Vemploi du basalte en architecture, proposé par M. Dumiral-Jeudy.
- Messieurs, M. Dumiral-Jeudy, ancien magistrat, demeurant à Chauriat, près Billom, département du Puy-de-Dôme, a adressé à la Société un mémoire sur l’emploi du basalte en architecture, en lui proposant d’ouvrir un concours pour la meilleure manière d’exploiter le basalte, de l’extraire, de le débiter, de le tailler, le scier et le polir, offrant de contribuer pour une somme de i oo francs, dans le fonds qui serait spécialement affecté au prix de ce concours. ; ... .
- Après avoir fait une juste et sévère critique sur le peu de soins et le défaut d’expérience de la plupart des constructeurs qui, dans les travaux, font journellement, dit-il, les fautes les plus graves par la disproportion des assises de pierre, des jambages, des trumeaux, etc., et compromettent ainsi la solidité et la sûreté, M. Dumiral-Jeudy demande : ï° si l’on ne pourrait pas employer avec avantage, soit dans les constructions civiles et particulières, soit dans les constructions monumentales, le basalte, dont il existe des masses si abondantes dans les départemens du Puy-de-Dôme, du Cantal, de la Haute-Loire, de la Lozère , de l’Ardèche, etc., etc.; ’
- Et 2° s’il existe un moyen plus avantageux de diviser symétriquement le
- (i) On peut construire la bA&nce-Bockholtz de manière à ce qu’elle ait plus ou moins de sensibilité ; on peut assurer la pesée à un demi—gramme comme à un demi-milligramme près : de sorte que Cette’ balance peut remplacer, dans tous les cas, les balances à fléau ; mais un avantage qui lui est propre, c’est celui de ne pouvoir permettre au vendeur de tromper l’acheteur. Jl est impossible de peser faux.avec celte balance, tandis qu’avec la balance à fléau l’acheteur doit, pour s’assurer du poids de la marchandise , faire changer de plateaux le poids et la marchandise pesée, L’industrie pourrait avec avantage adopter les balances~Bockholt%.
- T. Q.
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- basalte , sans l’épaufrer ou le fracturer, que la scie communément employée pour scier les marbres et la pierre. . : -!
- Tout en reconnaissant avec M. Dumiral-Jeudy que le basalte proprement dit est le produit de Faction ignée ou volcanique , nous ne pouvons partager son opinion, quand il dit que le basalte est qualifié de marbre noir.
- Communément cristallisé ou plutôt divisé, par l’effet du retrait de la masse lors de son refroidissement, en colonnes ou piliers prismatiques polyèdres, le basalte a une couleur noire, une texture serrée, d’un grain fin et compacte; enfin, il est tellement dur, qu’il peut prendre le plus vif poli; mais aussi est-il d’une extrême difficulté à tailler et à travailler, et n’en voit-on dans les musées qu’un très petit nombre de statues antiques : car on ne doit plus confondre, comme on l’a fait si long-temps, les statues de trapp et de granit noir avec celles de basalte, qui en diffèrent essentiellement.
- M. Dumiral- Jeudy paraît avoir parfaitement étudié et bien apprécié la nature et la qualité supérieure du basalte sur tous les autres matériaux employés dans les constructions, à raison de son extrême dureté; mais nous trouvons qu’il porte un peu loin son enthousiasme pour le basalte, quand, après avoir dit qu’on devrait lui donner la préférence pour l’érection des fontaines, pilastres, colonnes, ornemens extérieurs, mausolées, etc., il émet le vœu que, pour établir la hiérarchie ou la prééminence des villes, on oblige tous les chejs-lieux de département à ériger un arc triomphal dans le plus bel abord de la cité, et particulièrement sur la route principale, communiquant avec la capitale.
- Quoique nous partagions l’opinion de M. Dumiral-Jeudy, à l’égard de la supériorité du basalte sur la plupart des matériaux, à raison de sa dureté, nous ne pouvons cependant être de son avis sur le bon effet des constructions dans lesquelles il introduit le basalte par assises alternées avec des pierres blanches , dont il paraît admirer les contrastes ou oppositions ; mais nous pensons comme lui sur le mauvais effet et le défaut- de solidité que l’on ne remarque que trop souvent dans les constructions des environs de Lyon, qui présentent dans les jambages de portes et de fenêtres des assises ou plutôt des piliers souvent de la hauteur de la baie, sans aucune liaison avec le reste du bâtiment, et dont ils se détachent au premier choc.
- M. Dumiral-Jeudy a raison de signaler ce défaut dans les constructions des environs de Lyon, mais ce ne sera jamais avec le basalte qu’il pourra y remédier. .
- Persuadé de la supériorité de cette matière sur toutes celles qui sont employées dans la construction et la décoration de nos édifices publics, il termine son mémoire eu proposant à la Société d’ouvrir un concours et de dé-
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- cerner un prix à l’artiste qui aura le mieux réussi à extraire le basalte, à le débiter, le tailler, le scier et le polir, offrant même une somme de ioo francs, pour sa part, dans la souscription, à laquelle il ne doute point que tous les amis du pays ne s’empressent de concourir également.
- Messieurs, tout en applaudissant aux vues d’utilité publique que M. Du-miral-Jeucly a exprimées dans son mémoire sur le basalte, nous devons déclarer, d’après notre propre expérience comme ancien Directeur des Travaux publics, qu’il sera toujours impossible de l’introduire avec avantage dans les constructions publiques et monumentales, à raison de son extrême dureté, qui ne permet point de le tailler de manière à en faire des pare-mens réguliers, et qui est telle, que ce n’est qu’à grands frais que nous sommes parvenus dans nos essais à le mettre en œuvre. Les seuls usages auxquels nous l’avons reconnu propre sont : i° pour la construction des ponts plats de petites dimensions, sur des ruisseaux; 2° comme pavé; et 5° comme piliers isolés, dans l’état naturel de ses prismes ou colonnes, ainsi qu’on en trouve plusieurs beaux exemples dans les constructions romaines et mauresques de nos déparlemens méridionaux, où l’on rencontre des basaltes bien cristallisés. r
- Enfin, et en nous résumant, nous aurons l’honneur de vous proposer, Messieurs :
- i°. De remercier M. Dumiral-Jeudy de l’envoi qu’il vous a fait de son mémoire, qu’il nous paraît utile de déposer pour renseignemens aux Archives de la Société ;
- Et 2°. de faire insérer le présent rapport dans le Bulletin de la Société.
- Approuvé en séance, le 18 septembre \ 853.
- Signé Ij. IIéiucart de Thury, rapporteur.
- ARTS CHIMIQUES.
- Rapport fait par M. Gaultier de Ciaubry 3 au nom du Comité des arts chimiques y sur le procédé de dessiccation des pâtes a porcelaine et a poterie, de MM. Grouvelle et Honoré, boule-vart Poissonnière, n° 4? a Paris.
- Messieurs, l’emploi de la pression pour séparer des substances liquides d’avec d’autres, que leur état de solidité permet d’obtenir plus ou moins facilement, est très répandu pour la préparation de beaucoup de produits des arts, mais il n’avait pas été fait jusqu’ici pour celle des pâtes alumi-
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- nenses. MM. Grouvelle et Honoré viennent de s’en servir avec un grand avantage pour ce but important, et votre Comité des arts chimicjues a été chargé d’examiner le procédé suivi par ces industriels.
- Les terres alumineuses qui servent à la fabrication des porcelaines ou des poteries retiennent toutes, plus ou moins fortement, l’eau qu’on y a mélangée pour les délayer ou séparer les matières étrangères qu’elles peuvent contenir, et les rendre aptes à toutes les préparations mécaniques qu’elles doivent subir pour être converties en pâte susceptible d’être moulée. Parmi ces préparations, l’une des plus importantes est la marche, qui mélange intimement les diverses parties : pour l’opérer, il faut que les pâtes aient acquis un certain degré de dessiccation, sans laquelle la matière ne pourrait être que très imparfaitement travaillée. Le moyen le plus simple d’opérer la séparation d’une grande partie de l’eau consiste à laisser déposer dans des bassins la pâte très liquide, et à faire écouler au fur et à mesure l’eau claire qui se réunit à la surface; mais une très faible portion du liquide se sépare dans cette simple décantation, et d’autres moyens doivent être employés pour enlever toute celle qui est encore superflue. Arrivé à ce terme, deux procédés dilférens sont mis en usage pour réduire la pâte à l’état convenable; sa reposition dans des vases en plâtre qui absorbent et laissent écouler une portion de l’eau, en même temps que l’air en enlève une autre partie, et la dessiccation par la chaleur. A ces diverses opérations, MM. Grouvelle et Honoré ont substitué la pression sur la pâte renfermée dans des sacs, et sont arrivés à des résultats très importans. Pour les constater d’une manière positive, nous les comparerons avec ceux que l’on obtient par les procédés habituellement suivis: et d’abord nous devons faire une observation générale, qui mérite un haut intérêt, c’est que les pâtes à porcelaine perdent leur eau plus facilement que celles qui sont destinées à la fabrication de la faïence; ces dernières, plus liantes, s’écouleraient avec l’eau par les pores de tissus qui ne laisseraient point passer les pâtes à porcelaine, si on les soumettait à une pression aussi rapide; heureusement il est facile de régler la pression et d’obtenir ainsi les effets désirés, quelle que soit la pâte sur laquelle on opère.
- La pâte à porcelaine, après avoir été broyée sous des meules, est réunie dans des bacs,où ladécantaiion s’opère lentement t; on fait écouler, chaquefois qu’elle s’en est séparée, la couche d’eau qui la surnage; on coule ensuite la pâte dans des renversoirs en plâtre bien desséchés, qui enlèvent une grande quantité d’eau. Mais deux effets différent se présentent suivant l’état de l’atmosphère : si l’air est très sec, il se dépose sur les renversoirs une couche de terre qui bouche les pores et empêche la transsudation de l’eau; il faut alors enlever la
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- pâte et la porter sur de nouveaux ren ver soirs. Si, au contraire, il règne beaucoup d’humidité, la dessiccation s’opère à peine. Dans tous les cas, il faut fréquemment remanier les pâtes pour les rendre uniformes; et quand la des^ siccation a lieu rapidement, la surface en éprouve une trop forte, devient plus difficile à travailler et se mêle mal avec le reste de la masse. -j-
- Exposée à la poussière pendant le temps qu’elle est dans les renversoirs, la pâte en renferme toujours une plus ou moins'grande quantité, et il s’y trouve des grains de plâtre qui forment dans la porcelaine des défauts très marqués, par la fusion que cette substance éprouve à la haute température du four.
- Quelquefois, au lieu de renversoirs, on place la pâte sur des planches dans un séchoir à l’air libre ou échauffé par du feu ; elle reçoit alors aussi de la poussière qui en altère la pureté. ; ; * ; > ; ;
- Lorsque l’on peut se procurer de la houille à un prix peu élevé, on dessèche quelquefois artificiellement la pâte dans des bacs ou chaudières en briques chauffés par le moyen d’un conduit qui passe au dessous; mais de nombreux défauts résultent de cette dessiccation coûteuse; certaines parties deviennent rugueuses, d’autres, au moins, forment une pâte courte, et l’on n’obvie aux principaux inconvéniens qu’ils offrent qu’en laissant pendant long-temps les ballons dans des caves humides, les battant et y mêlant même des pâtes fraîches. > ^ . . • ••;. ;
- La dessiccation de la pâte à faïence doit être opérée à la fois sur une plus grande échelle et plus économiquement quecelle de lapâte àporcelaine.Quand les terres ont été délayées et mélangées, on les porte dans des bacs, où elles se déposent, et à mesure que l’on fait écouler l’eau surnageante, on ajoute la masse de nouvelle bai'botme : quand la pâte a pris une consistance convenable, ce qui n’a lieu qu’au bout de six à huit mois, on la divise dans des renversoirs en plâtre, et lorsque la dessiccation a été opérée en grande partie, ôn la colle le long des murs pour l’achever. Ce travail exige de très grands emplacemens, beaucoup de main-d’œuvre, et un capital de roulement très considérable, et cependant l’humidité de ralmosphère, en retardant la dessiccation, expose souvent les fabricans à des chômages qui présentent toujours d’immenses inconvéniens.
- En Angleterre , on dessèche généralement les pâtes au moyen de la chaleur; mais en faisant abstraction, des inconvéniens qu’offre ce procédé, relativement à leur nature, la dépense en combustible devient un objet d’une grande importance, et dans le pays où la houille est rare ou d’un prix élevé, cette dépense est de nature à changer complètement la position d’un établis* sement,. relativement à ceux qui sont mieux placés: pour le prouver, nous prendrons un exemple. . ! r : . ,
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- Pour une fabrication de t,ooo kilogrammes de pâte prêté à travailler, et qui doit contenir alors 280 kilogrammes d’eau, on emploie .*
- , . » : ] ' • * f ‘ i * . > / ' T ‘l ' .... j
- Matières sèches. . . . . . , . % ......... jSo kilog.
- Eau. ........... r ....................... i,o85
- Barbotine. . . .... , .......... 1,835
- Composée de : *
- A Pâte prête à travailler. . . . . . . . . . . . 1,000 kilog.
- Eau à séparer. 835
- formant un volume de 4j°6o litres, pesant chacun ik,356.
- On laisse reposer cette barbotine pendant quatre à cinq jours, dans des bacs, et il s’en sépare environ 22 p. 100 d’eau en volume, ou 290 lit. oukilog., et il reste en barbotine, prête à être déposée dans la chaudière, 1,000 litres qui, au poids de 1^578 l’un, pèsent i,5/y5 kilog., et dont il faut encore séparer 545 kilog. d’eau pour la convertir en pâte. La quantité d’eau à évapo-rer est même ordinairement plus grande, parce qu’au lieu d’employer l’argile sèche, 011 la prend humide pour la mêler avec la barbotine sortant du moulin à broyer. ^
- La barbotine est coulée dans des chaudières en briques qui en contiennent 9,3oo litres environ, et d’où l’on retire, après quarante -huit heures, environ 6,000 kilog. de pâte à travailler ; l’évaporation des 3,3oo kilog. d’eâu exige 1,200 kilog. de houille, cé qui donne deux tiers d’eau environ évaporée pour une partie de ce combustible.
- MM. Grouvelle et Honoré, persuadés que l’on pourrait obtenir parla pression de la barbotine la séparation d’une très grande quantité de l’eau' quelle renfermait, se livrèrent à des essais qui les conduisirent aux résultats' les plus satisfaisans pour la terre à porcelaine, et qui n’eurent besoin que de très légères modifications pour s’adapter également à la terre à faïence.
- Ils commencèrent par renfermer la barbotine dans des sacs, qu’ils placèrent verticalement, en les chargeant de poids. En douze heures environ 1» pâte était assez bien desséchée ; mais ils trouvèrent que la lenteur de ce procédé et la main-d’œuvre nécessaire pour l’exécuter ne répondaient pas aux besoins d’une grande fabrication, et ils se décidèrent alors à soumettre les matières à l’action d’une presse, que l’on peut faire agir aussi lentement que le besoin l’exige, et sans s’attacher à l’emploi d’aucun moyen mécanique particulier, ils préférèrent la presse à vis, à cause de son prix moins élevé et de la facilité de sa conduite.
- Le plateau de la presse dont ils se servent a. 1 mètre carré; on y place une'
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- claie, sur laquelle on dispose trois rangées de six sacs remplis de harbo-tine ; on les recouvre d’une nouvelle claie, et l’on fait ainsi cinq ou six lits de sacs, à la surface desquels on place un dernière claie, et un plateau en bois delà largeur de la presse, en donnant la pression très lentement.* Nous rapporterons ici les résultats d’une expérience faite en présence de M. Brongniart, du rapporteur du Comité et de plusieurs fabricans de porcelaine. . ;
- 442k,5oo de pâte à porcelaine, provenant de la fabrique de MM. Mluau, de Limoges, ont été mêlés dans le rapport de 2 de pâte pour 5 d’eau en volume; le poids de la pâte était à celui de l’eau à peu près comme 1,9 est à 1, et contenait 34q kilog. d’eau; on l’a tamisée dans un bac, et quinze heures après on a enlevé 1 17 kilog. d’eau ; On en a rempli quatre-vingt-dix sacs de treillis, de chacun de 44 à 45 centimètres de long sur 22 à 24 de large, dont les ouvertures ont été liées, ce qui les a réduits à 33 centimètres de long sur 16 centimètres de diamètre; et on a fait sur la presse cinq lits, séparés par des claies; les quatre-vingt-dix sacs pesaient en tout 675 kilog., composés de 442'%5oo de pâte et 252k,5oo d’eau. ^
- Avant que l’on commençât à presser, le poids des sacs supérieurs avait déjà fait écouler des sacs des rangs inférieurs une assez grande quantité d’eau ; un seul homme a manœuvré la presse, et il s’est écoulé une eau très limpide; en augmentant successivement la pression pendant trois quarts d’heure, on a recueilli 12 1 kilog. d’eau : les sacs ouverts, les fabricans ont reconnu que la pâte était bonne à être marchée : desséchée complètement, on en a retiré 442 de terre et 11 ik,5oo d’eau.
- Dans une autre expérience, faite en présence des membres .de votre Comité des arts chimiques et d’un grand nombre de fabricans, on a obtenu des résultats absolument analogues; mais les commissaires ont remarqué que deux hommes avaient peine à produire la pression; et que si la presse employée exigeait autant de force, trois suffiraient difficilement pour opérer la pression; mais le local où l’appareil se trouvait placé était trop exigu, on n’avait pas employé des leviers assez longs, et quand l’opération a été terminée, on a trouvé que la pâte avait été desséchée trop fortement; de sorte que l’inconvénient remarqué par votre Comité peut très facilement disparaître.
- La presse dont se servent MM. Grouvelle et Honoré est formée d’une vis à filets carrés, qui peut donner 3o à 35,000 kilog. de pression : nous devons rappeler ici que ce n’est nullement sous le rapport de la confection de celte machine que ces industriels ont présenté leur procédé à l’examen de la Société d’Encouragement, mais comme un moyen manufacturier d’amener
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- rapidement la pâte à porcelaine ou à faïence au degré de dessiccation nécessaire pour être travaillée. '
- Ce procédé est suivi maintenant dans la fabrique de porcelaine de M. Edouard Honoré, à Champroux, département de l’Ailier, et dans l’exploitation de kaolin, de M. A’emers, à Limoges, et plusieurs fabricans de porcelaine ou exploitans de kaolin ont traité avec MM. Grouvelle et Honoré pour l’emploi de leur procédé.
- Nous croyons nécessaire de revenir sur quelques détails, pour prévenir des objections que l’on pourrait faire contre l’emploi de ce moyen.
- Les pâtes à porcelaine sont prises au sortir du moulin , après le tamisage ou tout au plus après deux à trois jours de repos, et renfermées dans des sacs en treillis de chanvre, que l’on en remplit aux deux tiers, et qu’au lieu de nouer, on peut simplement replier deux fois en dessous, comme ceux qui renferment les graines oléagineuses ; la pression les ferme complétemen
- En conduisant la pression avec lenteur, l’eau coule parfaitement limpide, et les sacs ne subissent aucune altération : la force d’un homme suffit pour dessécher aux trois quarts 5oo kilog. de pâte, au point convenable pour être portée à la marche.
- Les pâtes à faïence exigent une pression plus lente, parce que, plus fines et plus grasses, elles tendent à traverser le tissu si on ne laisse pas à l’eau le temps de s’en bien séparer; mais quelques instans suffisent pour que l’ouvrier connaisse la force qu’il doit employer : en deux heures, on peut amener facilement 5oo à 600 kilog. de barboline, qui a seulement déposé quatre à cinq jours après le tamisage, à l’état de pâte propre à être travaillée Immédiatement, et ne contenant plus que 28 pour 100 d’eau à peu près.
- Il est bon, au milieu du temps employé pour opérer la dessiccation, de relever les sacs, de les battre un instant à la main et deucamassePla pâte dans un plus petit espace : pour la première pression , il faut nouer les sacs ; mais, dans la seconde, il suffit de replier l’ouverture deux fois sur elle-même.
- Dans un très grand établissement, deux pressions seraient nécessaires pour économiser beaucoup de temps; mais, dans tous les cas, il suffit de douze heures de répos à la cave pour que l’humidité se répartisse très également dans la pâte, et qu’il ne soit plus nécessaire que de la battre quelques instans à la main.
- La pâte travaillée de cette manière a été jugée, par plusieurs bons ouvriers, d’une meilleure qualité que la pâte séchée à la manière accoutumée, et surtout parfaitement exempte de vents. '
- Deux hommes peuvent conduire facilement deux presses, au moyen desquelles on sèche pour chaque deux heures cent dix à cent vingt sacs, conte -Trente-deuxième année. Octobre i833. 47
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- nant chacun 4k>5oo à 5 kilog. de pâte prête à travailler, ou 5oo kilog. de pâte par presse et par deux heures, ou 5,ooo à 6,000 kilog. de pâte pour deux presses et par jour avec deux hommes. Les chaudières ou bacs à évaporer exigent au moins autant de main-d’œuvre, non compris le combustible; et le service des renversoirs en exige trois fois plus.
- On pourrait aussi, pour faciliter le travail, conduire à la presse, au moyen d’un chariot, les sacs tout disposés par rangées., comme on conduit les perses dans les papeteries, etc., et les retirer par le même moyen.
- Plusieurs personnes ont cru voir dans l’emploi des sacs une occasion de dépense considérable, soit par les déchirures qu’ils éprouveraient par la pression , soit par l’altération des fils par les alternatives d’humidité et de sécheresse auxquelles ils peuvent être exposés, ou par l’action continuelle de l’humidité sur eux. - „ ,
- Quant à la première objection, on peut répondre que, dans l’établissement de M. Honoré, on a trouvé, par un travail continu pendant trois mois consécutifs, que chaque sac suffit à un service de cent jours; ce qui, à cent sacs par presse, donne une dépense de 1 franc par jour pour chaque presse.
- Relativement à la destruction des sacs, on pourrait les rendre inattaquables par l’eau , en les imprégnant de liqueur d'Akermann^ qui les préserverait d’altération sans en oblitérer les pores (1).
- Votre Comité, convaincu par les résultats qu’il vient de rapporter de l’importance de l’application que MM. Grouvelle et Honoré viennent de faire, ,n’a plus, en terminant, qu’à vous faire remarquer quelle influence elle exercera sur la fabrication des porcelaines et des faïences, en diminuant, dans un rapport si remarquable, ia mise de fonds nécessaire pour faire marcher un grand établissement, et les facilités qu’elle procurera aux exploitans de kaolin pour préparer et livrer à la consommation les masses considérables de cette matière, qu’ils soumettaient jusqu’ici à des opérations d’une si longue durée.
- Il a l’honneur de vous proposer :
- (i) Cette liqueur, quia été aiialysée par T'auquelin, et dont la composition est indiquée dans le Bulletin n° 2e année, page ig4> est formée de savon , de colle-forte , d’alun et d’acide sulfurique : pour la préparer, on dissout du savon et de la colle-forte dans l’eau , on y ajoute de l’alun qui y forme un précipité : on ajoute alors à la liqueur de l’acide sulfurique faible jusqu’à ce qu’on l’ait presque entièrement redissous; la liqueur reste opaline, parce que la combinaison d’huile , d’alumine et de gélatine n’est pas soluble dans les acides ; mais elle y reste en suspension tellement intime qu’elle 11e se précipite plus. On plonge dans cette liqueur les tissus que l’on veut rendre indestructibles , et on les fait sécher avant de les,employer.
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- i°. D’ordonner l’impression du présent rapport dans le Bulletin de la Société;
- a°. De renvoyer à la future Commission des médailles la proposition d’un encouragement pour MM. Grouvelle et Honoré. -
- • Approuvé en séance, le i octobre i833. -
- Signé Gaultier de Claubry, vapporteuîè'
- Rapport fait par fil. Payen, au nom du Comité des arts chimiques , sur un procédé de clarification des vins blancs, communiqué par M. Caron.
- Messieurs, à l’occasion du concours ouvert pour trouver une substance qui puisse remplacer la colle de poisson dans la clarification de la bière et des vins blancs, M. Caron, ancien négociant, marchand de vins, vous annonce qu’il a fait dè nombreux essais, tous infructueux; mais il ajoute la communication d’un procédé cpi’il a long-temps employé avec succès pour clarifier les vins blancs, et les décharger de la couleur jaunâtre qui souvent nuit à leur placement Ce procédé est fort simple; il consiste à retirer environ trois litres d’une pièce, afin d’y pouvoir introduire aussitôt un litre de lait de vache que l’on vient de traire ; on agite vivement à l’aide d’un bâton , on remplit avec le vin retiré de la même pièce , on bondonne en laissant ouvert un petit trou de foret. .
- Au bout de quelques jours, on soutire comme à l’ordinaire.
- Nous avons recherché d’abord si ce moyen était nouveau, et nous devons les renseignemens qui suivent à l’obligeance de notre savant collègue M. Chevallier.
- Yoici ce qu’on trouve dans divers ouvrages sur la clarification à l’aide du lait.
- Dans les Annales de chimie, tome 5a, Observations sur la clarification des vins et de la bière, par Parmentier, p. 216.
- « J’ai souvent substitué la colle de poisson à l’albumen dans cette opéra-» tion , de même que le lait et la crème; mais outre que ces substances sont » beaucoup plus long-temps à clarifier les liqueurs, celles-ci ne sont jamais » aussi limpides, aussi peu colorées que celles qu’on traite avec le blanc » d’œuf ; elles conservent de plus une consistance qu i leur donne l’aspect hui-» leux, et ne passent à travers le papier à filtrer qu’avec une grande difficulté.
- » Le lait chaud et la crème doivent être mis au rang des substances cia-. » ïifiantes, ils agissent même assez promptement ; mais il résulte de leur t> emploi, surtout du premier de ces corps, un inconvénient grave, celui » de laisser dans la liqueur une certaine quantité de levure, qu’il est impos-
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- » sible d’en séparer et qui nécessairement altère la saveur délicate de ces » sortes de liquides aromatiques. »
- Dans le Dictionnaire de Vindustrie, tome 6, on trouve ce passage, à la page 458.
- Procédé pour clarifier le vin blanc , décharger les vins rouges trop foncés en couleur et convertir les vins rouges en vins blancs.
- « II est une méthode pour clarifier les vins blancs, mais qui n’est point » propre pour les vins rouges, parce qu’elle enlèverait leur couleur; aussi » peut-on s’en servir pour décharger un vin qui serait, trop foncé en cou-» leur, et même on peut convertir par ce procédé du vin rouge qui est trop » piquant, parce que ce petit degré d’acidité ne s’y aperçoit plus : tant pour » produire ces effets, ainsi que pour clarifier les vins blancs, même les eaux » de vie et l’esprit de vin faible, il ne s’agit que de mettre quelques pintes 9 de lait bien écrémé dans un muid de ces vins ou autres liqueurs , et de l’a-» giter dedans le tonneau. C’est en ajoutant ainsi un peu de lait écrémé avec » les matières que l’on emploie à la clarification que les marchands de vins » déchargent leurs vins delà conleur brune et leur donnent cette couleur » qu’ils appellent blancheur d’eau, qu’on recherche chez l’étranger, tant » dans le§ vins blancs que dans les eaux de vie. »
- On lit dans Y Encyclopédie méthodique, Arts et métiers mécaniques, tome 8, page 611.
- ce On observera encore qu’on blanchit avec le lait écrémé les vins mus-» cats, ceux de Condrieux, et autres vins de liqueur.»
- À la page 626, il est encore fait mention du lait susceptible d’être employé comme clarifiant.
- On voit par ces citations que le moyen en question était connu depuis long-temps; mais on doit convenir que chacun des auteurs en a parlé à sa manière : la plupart le considèrent comme propre à une clarification plus ou moins complète, quelques uns ajoutent que la décoloration est un de ses effets, aucun ne lui donrîe le caractère exclusif qui nous semble lui être propre.
- Sans rendre ici compte d’expériences dont les détails exigeraient plus de temps à décrire que nous n’en avons employé à les observer, nous donnerons les seuls résultats qu’il peut importer de connaître.
- Le lait, essayé dans la clarification des.divers vins blancs, ne produit jamais cette diaphanéité complète que les connaisseurs désignent par la locution clair fin. Relativement aux vins blancs qui n’offrent pas une teinte jaunâtre capable de les déprécier, le lait ne paraît devoir être d’aucune utilité. ^
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- Quant aux vins plus ou moins ambrés, nous avons constamment obtenu leur décoloration au moyen du lait; c’est donc là le seul but utile de cet agent; mais hâtons-nous d’ajouter que L’effet ainsi obtenu est d’une grande importance, qu’il augmente de beaucoup la valeur vénale et facilite le placement du vin; le lait dont on a enlevé la plus grande partie de la matière butireuse, à une température douce et au bout de six à huit heures, est celui qui m’a le mieux réussi dans cette.application.
- D’ailleurs, il faut toujours, après avoir ainsi opéré la décoloration, clarifier à l’aide de l’ichthyocolle, par le mode usité, afin d’obtenir la diaphanéité voulue. .
- La détermination de l’effet vraiment utile que produit le lait, pouvant intéresser un grand nombre de propriétaires et de marchands , nous vous proposons d’insérer ce rapport au Bulletin et d’adresser des fémercîmens à M. Caron, *
- Approuvé-en séance} le 2 octobre i835.
- _ . ' Signé P a yen , rapporteur.
- Note sur de nouvelles falsifications de la fécule et les moyens de les découvrir ; par M. Payen.
- Depuis quelque temps les falsifications de la fécule se sont multipliées ; elles ont occasioné des pertes importantes à plusieurs fabricans de sirop et de sucre de fécule; elles pourraient compromettre gravement la salubrité publique, si les fécules ainsi altérées venaient à être mélangées aux farines.
- ' Heureusement rien n’est plus facile que de déceler ces fraudes, et il suffira sans doute d’en publier les moyens, pour engager les principaux consommateurs à vérifier fréquemment ainsi la qualité des produits qui leur sont livrés.
- Nous rappellerons d’abord le procédé que nous avons précédemment indiqué : il consiste à incinérer dans une capsule en platine ou en terre à creuset, chauffée au rouge, 20 grammes de fécule.
- Les fécules non altérées à dessein et les plus mal lavées laissent moins d’un décigramme, c’est à dire d’un demi-centième de leur poids en un résidu de sable et cendres, les plus pures ne donnant pas un demi-millième du même résidu.
- Dans cette opération, la combustion très lente du charbon de fécule peut être activée et rendue bien plus facile dans le vase en platine, par l’addition d’un peu d’acide nitrique. '
- Un autre procédé plus général d’essai, et qui permet de mieux apprécier
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- la nature et les proportions de la substance étrangère insoluble, lors meme qu’elle serait de matière organique combustible, consiste dans la dissolution « de toute la substance utile de la fécule à l’aide d’une solution brute de diastase.
- Yoici comment on peut opérer :
- On pèse a5 grammes de malt pâle (orge germée, séchée, moulue), tel que les brasseurs l’emploient pour fabriquer la bière blanche, ou tel encore qu’on doit l’employer pour préparer la dextrine ; on l’épuise à l’eau tiède (de4<)à 60 degrés centésimaux), en l’humectant d’abord, le versant sur un léger tampon d’étoupes placé au fond d’un entonnoir, puis ajoutant en cinq ou six fois environ 200 grammes ou 2 décilitres d’eau.
- Le liquide passé sous l’entonnoir est ensuite chauffé de 72 à 70 degrés dans un bain-mariç; filtré alors au papier, il constitue la liqueur d épreuve.
- On replace celle-ci dans le bain-marie nettoyé, 011 y délaie 25 grammes de fécule, et l’on chauffe en agitant le mélange jusqu’à 72 ou 70 degrés; on entretient cette température pendant trente à cinquante minutes, puis on recueille et on lave à l’eau froide ou chaude la partie insoluble, sur un filtre ou par dépôts et décantations ; on la fait dessécher sur un vase plat dans une étuve, ou sur la table d’un poêle au même degré, ou du moins dans les mêmes circonstances cpie la fécule soumise à l’essai.
- Le poids de ce résidu donne très approximativement la proportion de corps étrangers introduits dans la fécule : si celle-ci eût été sans mélange, elle aurait laissé au plus un centième de son poids de résidu; si elle était très pure, elle n’aurait donné en matière non dissoute, que 4 à 5 millièmes de son poids.
- En examinant le résidu par différens moyens, 011 reconnaît en général facilement sa nature : ainsi, parmi les échantillons que plusieurs fabricans de sirop de fécule et des brasseurs m’ont demandé d’analyser, trois substances frauduleusement ajoutées jusqu’ici se sont rencontrées en forte pro-, portion. _
- Ce furent la craie ou carbonate de chaux , le plâtre et la sciure d’albâtre gypseux ou'sulfate de chaux; enfin, une-argile blanchâtre. .
- Yoici les caractères les plus simples qui décèlent la nature du résidu., occasioné par chacune de ces matières mélangées, ét dont les proportions ont d’ailleurs varié entre i5 et 3o pour 100 de la fécule.
- La craie, dans l’acide hydrochlorique étendu de quatre parties d’eau, formait une très vive effervescence, se dissolvait en grande partie, laissant un résidu argileux en poudre line qui, décanté, découvrait 1 à 2 centièmes de sable.
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- Les deux autres sortes de résidus ne donnaient pas avec les acides d’effervescence sensible.
- Le sulfate de chaux, tenu pendant deux ou trois minutes dans un creuset chauffé à peine au rouge brun, un instant refroidi, puis délayé dans l’eau en bouillie épaisse, a fait, au bout de quinze minutes, une prise solide.
- Chauffé dans le même creuset au rouge clair, pendant une heure, avec environ un quart de son volume de fécule, puis délayé dans l’eau , il n’a plus fait prise; l’addition de quelques gouttes d’acide en dégageait alors du gaz acide hydrochlonque, cpie décelait une forte odeur d’œufs pourris.
- La troisième sorte de résidu, mise en pâte, réunie en petites boules,séchées, chauffées au rouge clair dans un creuset, est restée fortement agglomérée sous la même forme, en consistance d’une brique peu cuite, ne se délayant pas dans l’eau, ne donnant ni effervescence, ni odeur sensible d’hydrogène sulfuré par les acides.
- Le même mode d’essai par la diastase brute s’appliquerait, sans aucun changement, aux essais de l’amidon commercial.
- Il pourrait servir à mettre en évidence, comme nous l’avons ditM. Persoz et moi, les proportions de gluten, de débris ligneux et. de divers mélanges dans les farines, le son, les recoupes et même les pains cuits : quelques autres manipulations, dans ces différens cas, seraient indispensables; elles seront aisément devinées par les chimistes exercés aux analyses organiques.
- Nous rappellerons, en terminant, le plus simple ou le plus expéditif des movens d’essai des fécules altérées par les mélanges en question.
- Il consiste à placer sur une petite lame de verre une très petite pincée de la fécule sèche, en couche si mince qu’elle ne soit pas opaque par son épaisseur, puis placer cette lame sur la tablette, éclairée par dessous d’un microscope; enfin, à regarder au point de vue (i).
- Si la fécule est exempte de mélange, elle n’offrira que des grains arrondis, diaphanes, blancs ; si elle contient une des trois substances que la fraude y fait entrer si fréquemment aujourd’hui, on verra distinctement interposés entre ses grains des corps opaques, bruns ou nuageux, anguleux, irréguliers : dans ce dernier cas, peu importe la proportion du mélange, il faut rejeter toute livraison d’un produit altéré; c’est le meilleur moyen de mettre fin à des fraudes aussi scandaleuses.
- (i) On trouve chez M. Chevalier ( Vincent ), quai de l’Horloge, n° 69, au zèle infatigable duquel la science doit de si bons instrumens, des microscopes d’un prix peu élevé , montés solidement, qui mettent à la portée de tous les commerçons ccs sortes d’observations.
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- Rapport fait par M. Mérimee, au nom du Comité des arts chimiques, sur des préparations destinées au nettoyage et à rentretien des meubles> marbres, dorures, métaux polis, etc,.}
- et présentées par M. Goyon , rue Hauteville, n° 26 , às Paris.
- En 1824, M. d’Arcet vous fit un rapport très détail lé sur des préparations employées par M. Goyon au nettoyage et à l’entretien des meubles, des marbres, des ornemens et ustensiles en cuivre poli, de la dorure sur métaux, etc., etc. (1)
- Désirant vous faire connaître tout le parti qu’il est parvenu à. tirer de ses préparations, M. Goyon vous a demandé de vous faire rendre compte des résultats qu’il obtient maintenant de ses procédés.
- Les commissaires que vous avez chargés de cet examen se sont rendus au Louvre, et à leur grande satisfaction, ils ont vu au Musée des meubles de Boule, et d’autres d’une époque beaucoup plus ancienne, parfaitement remis à neuf. De vieux bronzes dorés d’or moulu leur ont paru brillans comme dans leur état primitif.
- Les garnitures en cuivrç qui ornent des armoires et d’autres meubles ont absolument l’aspect de cuivres dorés, et on les confond avec quelques cuivres qui sont réellement dorés.
- Différens objets, tels que marbres, dorures et boiseries, ont été nettoyés sous les yeux de vos commissaires, qui ont été surpris de la promptitude avec laquelle ce nettoyage s’exécute.
- La préparation employée pour les métaux est composée d’une substance terreuse, propre à polir, et délayée dans de l’essence de térébenthine ; elle est surtout très convenable pour le cuivre , parce que l’huile volatile dissout rapidement l’oxide de ce métal, et de plus le cuivre poli de cette manière conserve plus long-temps son brillant.il paraît que l’essence de térébenthine laisse à la surface du métal une couche imperceptible , qui produit l’effet d’un vernis extrêmement léger.
- On fait depuis quelques années un emploi assez fréquent de cuivre jaune poli dans la décoration des devantures de boutiques , et on en voit une application très heureuse dans la galerie du Palais-Royal. Ce genre de décoration exige des soins continuels pour maintenir le métal brillant. M. Goyon est chargé de l’entretien de ces cuivres.Tous les matins, avant l’ouverture des boutiques, la partie inférieure de ces devantures la plus exposée aux alté-
- (1) Voyez Bulletin de mars, 1824, page 87.
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- rations est nettoyée; les parties élevées conservent assez long-temps leur éclat. Ce travail, cjui paraît très considérable, n’exige maintenant que deux hommes.
- M. Goyon assure que tous les métaux peuvent être nettoyés et entretenus par sa préparation. Il faut observer toutefois que ce moyen serait insuffisant pour nettoyer l’argent sulfuré; pour le ramener à son premier éclat, il faut nécessairement commencer par enlever la couche de sulfure. L’acier rouillé ne serait pas non plus repoli par cette préparation; mais elle peut servir à le maintenir brillant et à le défendre jusqu’à un certain point de la rouille : c’est un avantage suffisant dont on doit se contenter.
- Les ébénistes donnaient autrefois le lustre aux meubles avec de la cire, maintenant ils se servent pour cela d’un vernis. Ils commencent par polir la surfacedu bois avec une pierre-ponce et de l’huile de lin; ils dégraissentensuite cette surface avec une terre absorbante, et quand ils la trouvent suffisamment sèche, ils la frottent avec un linge sur lequel ils ont versé un peu de vernis fait avec de la résine-laque dissoute dans l’alcool. En continuant de frotter et de remettre du vernis, la surface du bois devient luisante comme une glace : le vernis est entré dans les pores du bois et ne fait pas d’épaisseur sensible; mais au bout de plus ou moins de temps, l’huile qui a pénétré dans les parties les plus spongieuses du bois ressort, se combine avec le vernis et forme des taches saillantes. Il est probable que cela n’arriverait pas si les ébénistes ajoutaient un peu delitharge en poudre fine à l’huile avec laquelle ils polissent les meubles.
- Au demeurant, avec les préparations de M. Goyon on dissout aisément l’huile qui a reparu à la surface du bois; mais la place où ces taches existent reste un peu plus mate, et en ajoutant une nouvelle portion de la composition, on ne donnerait pas un lustre parfait. Au bout de quelques jours cela devient facile, et il ne s’agit plus, pour maintenir le meuble brillant, que de le frotter souvent avec un linge doux.
- Je n’entrerai pas davantage dans les détails des procédés de M. Goyon; ils sont si parfaitement décrits par M. cVArcet, que je ne pourrais que répéter ce qu’il vous a clairement expliqué. Il résulte de son rapport que rien n’est plus facile que d’employer les préparations de M. Goyon.
- C’est l’opinion qu’en ont eue tous vos commissaires, en voyant opérer les ouvriersdeM. Goyon. Pour vous donner une idée de la rapidité de l’exécution, je puis vous dire que, devant un membre de la Commission, un ouvrier de M .Goyon anettoyé, dans une journée deneuf heures, une commode, un lit en acajou, un lavabo, deux fauteuils,deux bureaux, une bergère, six chaises, deux flambeaux et une garniture de feu. Le nettoyage de la même commode, du T rente-deuxième année. Octobre i833, 4^
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- lit et du lavabo avait exigé l’emploi de deux journées d’un ouvrier-ébéniste.
- Quelque facile que soit l’emploi des préparations de M. Goyon , il ne faut pas croire qu’on réussira parfaitement sans quelques essais, et il est des hommes qui n’ont pas la patience de faire un apprentissage, quelque court qu’il puisse être.
- f Pour ceux-là, nous croyons qu’il leur serait beaucoup plus commode que M. Goyon se chargeât du nettoyage et de l’entretien de leurs meubles, comme les vitriers se chargent de nettoyer nos vitres et nos glaces.
- D’après les avantages que présentent les procédés de M. Goyon, votre Commission, Messieurs, a l’honneur de vous proposer d’insérer le présent rapport dans le Bulletin.
- Approuvé en séance, le 2 octobre 1833.
- Signé Mcrimée, rapporteur.
- Rapport fait par M. le vicomte ïiéricart de Thury, sur les procédés de moulage en verre et cristal colorés de M. Douault-Wieland, passage Dauphine, a Paris.
- Messieurs, vous annoncer que je vais vous parler des travaux de M. Douault-Wieland, l’un des membres les plus zélés de la Société, c’est vous diCe d’avance que j’ai à vous entretenir de perfectionnemens,-de découvertes ou de procédés nouveaux; enfin, de quelque succès dans l’art auquel vous savez que se livre cet habile artiste avec une supériorité dont, jusqu’à ce jour, on n’avait encore aucun exemple en France ou dans l’étranger.
- M. Doit a ait- JFiela /1 d nous est en effet depuis long-temps connu par la beauté de ses pierres artificielles, de ses cristaux et de ses verres colorés, qui lui ont mérité les plus honorables récompenses et distinctions dans nos diverses expositions des produits de l’industrie française; mais ce que vous ignorez, Messieurs, et ce que vous n’apprendrez pas sans intérêt, c’est qu’avant de se livrer à la joaillerie des pierres artificielles, dans laquelle il a surpassé tout ce qui avait été fait jusqu’à lui, il s’était déjà distingué comme ciseleur et sculpteur, et qu’on lui doit plusieurs ouvrages remarquables , du fini le plus parfait et le plus précieux, parmi lesquels nous vous citerons, entre autres, l’admirable buste en ivoire du roi de Rome, qu’il présenta à l’empereur Napoléon, avec un beau modèle de pièce d’artillerie en ébène et acier, attelée de deux chevaux en ivoire (1), et le grand ordre de la Légion-d’Honneur , richement exécuté en strass de la plus grande limpidité, Frappé
- (1) Ce modèle de pièce d’artillerie doit se trouver dans la collection du Garde—Meuble de la Couronne ; on y trouvera le nom de l’auteur gravé sur écusson d’argent dans le coffret du caisson.
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- de la beauté et de la perfection de ces divers ouvrages, l’Empereur en témoigna son admiration à plusieurs reprises, d’une manière assez énergique, ne pouvant croire qu’ils fussent dus au même artiste* auquel il en exprima d’ailleurs publiquement sa haute satisfaction, en l’engageant à lui demander ce qu’il pouvait faire pour lui; mais M. Douaidt-fFieland n’aspirait qu’à se faire connaître, il ne demanda rien.
- La-fabrication du strass et des pierres artificielles a été, pendant plusieurs années, le but spécial de ses études, et par suite de ses recherches; il a acquis dans leur composition une telle perfection, que ses pierres sont aujourd’hui regardées comme infiniment supérieures à celles des premières fabriques d’Allemalgne, auxquelles il a enlevé le monopole qu’elles ont long-temps exercédans cette partie. Ses pierres artificielles ont partout la préférence, et sa réputation en ce genre est tellement établie, que M. Douault-fVieland a été chargé par différens souverains de faire plusieurs grands assortimens royaux et de riches parures de cour pour divers Etats d’Europe, d’Amérique et même des Grandes-Indes, où au milieu des pierres précieuses naturelles qui y sont si abondantes ses pierres artificielles ont encore obtenu le plus grand et le plus brillant succès.
- Pendant son séjour à Paris, l’empereur Alexandre a plusieurs fois admis M. Douaull-TVieland auprès de lui. Dans une de ses audiences, il lui donna une riche bague de diamans, et en lui disant les choses les plus gracieuses et les plus obligeantes, il lui proposa d’aller élever une fabrique en Russie, sous sa protection spéciale et immédiate; mais quelque avantageuses que fussent ses propositions, il ne put jamais déterminer à quitter sa patrie l’artiste français, qui n’avait pas eu une demande à faire à l’empereur Napoléon.
- Louis XVIII, qui comme les deux souverains dont je viens de parler, Louis XVIII, qui savait si bien apprécier le mérite de nos artistes et qui les admettait avec tant de plaisir clans son intérieur, s’arrêta long-temps à l’exposition du Louvre en i8a5 devant îesbeaux produits de M. Douault-TVie-land, qui lui fit hommage de son portrait sculpté en ivoire; et Sa Majesté, aprèss’ètre entretenue avec lui sur la composition , la dureté, la limpidité, la couleur et la taille de ses pierres, lui exprima publiquement le regret de ne pouvoir l’aller voir faire ses compositions : notre artiste, tout ému et encouragé par les paroles bienveillantes du Roi, se hasarda à lui proposer de porter dans son cabinet un petit appareil, et d’opérer devant lui, sans qu’il en résultât aucun dérangement ni aucun inconvénient. Louis XVIII y consentit, et quelques jours après, M. Douault-IFLeland fut en effet prévenu qu’il serait admis le lendemain dans le cabinet du Roi. La Famille royale s’y trouva
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- réunie, et, ainsi qu’il l’avait annoncé, il fit avec un tel succès, flans une séance de plusieurs heures, ses diverses compositions et expériences, que le Roi, qui en avait suivi tous les détails avec le plus grand intérêt, lui dit qu’il espérait^ bien , à la prochaine exposition, lui remettre mieux que la médaille, qu’il lui avait récemment donnée. M. Douault-TVielandXdV,^ au Roi un écrin contenant la collection de toutes ses pierres de couleur admirablement taillées et du plus beau choix pour les différentes nuances. Louis XVI11 se plaisait à montrer celte charmante collection , que j’avais, à la demande de son auteur, classée et étiquetée suivant Haüy, et d’après les dénominations vulgairement usitées dans la joaillerie : enfin, c’est à l’issue de cette audience , que le Roi ordonna d'acheter pour son compte le magnifique ostensoir que M. Douault-TVieland avait présenté à l’exposition, et qui est aujourd'hui dans le trésor de l’église métropolitaine de Paris (i).
- J’ai pensé, Messieurs, devoir vous donner tous ces détails, qui vous étaient, je crois inconnus, et qui méritent d’être publiés, parce qu’ils font partie de l’histoire de la branche d’industrie qui doittantd’éclat à M. Douault-Wieland; j’en garantis au reste l’authenticité, ayant été chargé, comme membre et vice président du Jury central des expositions de 1823 et loi'], conjointement avec M. Guiilaid-Senainville, membre de ce même jury, de tout ce qui était relatif aux objets à présenter particulièrement au Roi.
- Assuré de ses procédés pour la composition des pierres factices, M. Douault-TVieland n’a pas douté qu’il ne parvînt également à réussir dans le moulage du cristal et des verres colorés, comme dans celui des pâtes de verres, que les anciens ont autrefois fait avec tant de succès, et qui a été long-temps regardé comme un secret perdu pour les modernes, au point que quelques personnes ont prétendu que les pâtes étaient plutôt l’œuvre de la glyptique ou de la gravure, que l’œuvre du moulage, en s’appuyant à cet égard de ce que dit Pline, que Von gravait sur verre, en le faisant passer sur le tour, tandis qu’il est bien prouvé que les anciens ont réellement su couler et mouler les pâtes de verres colorés sur des empreintes de pierres gravées, et que c’est aux procédés qu’ils employaient qu’est due cette grande quantité de pâtes antiques, copiées d’après les pierres gravées les plus précieuses que l’on voit dans les cabinets et collections d’archéologie.
- Au reste, quand je dis que les procédés des anciens ont été long-temps
- (1) Ce magnifique ostensoir, fait d’après Jcs dessins de Debret., architecte de l’église Saint-Denis, est exécuté en vermeil et en pierres de couleur de la plus grande beauté. Il fut payé i5,ooo francs.
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- perdus pour les modernes, je n’entends cependant pas dire que dans les derniers temps on n’ait pas travaillé au moulage des pâtes ; bien loin de là : je sais meme au contraire qu’à diverses époques on a tenté de reproduire cette industrie, et qu’on y a même obtenu plus ou moins de succès; mais le fait est que nous ne connaissons point les procédés suivis par les anciens, et que les pâtes des modernes ne sont généralement que d’un petit module, souvent remplies de fils et de bulles, qui nuisent à l’effet des pierres, et les font reconnaître pour des pierres artificielles.
- C’est cependant ici le cas de parler d’un artiste peu connu, Francesco J^isconti, de Milan, de la fin du xve siècle, qui a travaillé au moulage des pâtes avec un certain succès, mais pour les pierres de petites dimensions seulement. On ignore quels étaient ses procédés, et nous ne voyons pas qu’il ait formé d’élèves qui aient travaillé et soutenu cette industrie après lui.
- Quant aux autres artistes italiens qui se sont livrés à ce genre de travail, nous sommes fondés à dire qu’ils n’ont généralement obtenu que bien peu de succès, et qu’ils n’ont encore rien produit que l’on puisse comparer aux ouvrages de J^isconti, et encore moins à ceux des anciens.
- Nous devons bien à Mariette des recherches d’un grand intérêt sur la glyptique et le moulage des pâtes, mais il n’a rien dit sur les procédés employés pour parvenir à les obtenir, ou "plutôt il n’a rien écrit de satisfaisant à cet égard.
- Le célèbre HombergïiX, au commencement du xvme siècle, de grands travaux sur les verres colorés, les pierres artificielles et les pâtes de verre, à la demande du duc d’Orléans, qui venait souvent y travailler avec lui, et qui s’était chargé de subvenir à tous les frais et dépenses. Avec un tel protecteur, avec d’aussi puissans moyens, Hornberg ne pouvait manquer de réussir, il réussit en effet; il obtint même un tel succès que les plus habiles connaisseurs n’osaient plus se prononcer, s’étant plusieurs fois trompés en pre-r nant ses pâtes pour les pierres originales. Le mémoire que rédigea cet habile chimiste est inséré dans ceux de l’Académie royale des Sciences, année 1712; mais je suis porté à croire que Homberg n’a décrit qu’une partie de ses procédés, et seulement ceux qu’il suivait pour le moulage des-petites pierres, et qu’il renonça à celui des grandes pierres, qui exigeaient de grandes dépenses, parce qu’il fallait des moules en bronze, et que d’ailleurs , malgré toutes les précautions, le moulage manquait presque toujours, au point qu’il 11e reste que quelques exemples, encore très rares, de ces grandes empreintes (1).
- (1) Je ne puis douter que le médaillon de Louis XIV, sur glace coulée en creux, et proba-
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- M: Douault-Wieland ayant fait part de ses premiers essais à M. Cadet-Gassicourt, ce savant ne douta point du succès-qu’il pourrait obtenir en persévérant dans ses travaux; à cet effet, il l’encouragea de ses conseils, et liii< communiqua le mémoire de Homberg, que ns connaissait point encore M. Douault-Wieland. Il travailla avec application d’après les procédés et les moyens décrits parce célèbre académicien», et comme lui il parvint à faire quelques belles empreintes de camées et pierres gravées en creux, mais dans les petites dimensions seulement; car, malgré toutes les précautions, tous les soins qu’il put y*apporter, il ne-put jamais obtenir une empreinte parfaite pour faire ses moules, lorsqu’il essaya de prendre un module de plus de om,o5o de diamètre ; aussi, et après bien des tentatives, finit-il par se con-vaincre< de l’impossibilité d?y parvenir avec: les procédés de Homberg; et cependant voulant absolument parvenir à ses fins, voulant réussir à quelque prix que ce fût, il ne se rebuta point; il fit de nombreux essais, il changea entièrement les procédés qu’il avait suivis jusqu’alors ; il fit construire des fourneaux: de diverses dimensions; il recommença ses essais, et parvint enfin, après bien des recherches dispendieuses, à obtenir des empreintes parfaites de grandes dimensions; ce .fut alors qu’il entreprit le beau tableau delà Famille royale, qu’il présenta à la dernière exposition.
- Ce tableau, qui obtint le plus grand succès et l’approbation générale de tous les connaisseurs, prouva dès lors queM. Douauit-Wieland était entièrement maître de ses procédés pour le moulage et la fusion des pâtes et des verres colorés, qu’aucune difficulté ne pouvait plus l’arrêter, et qu’il ferait non seulement aussi bien, mais même mieux que les anciens.
- En effet, MM. d\Arcet, Mérimée, Bréant, Gaultier de Claubry, Payen et plusieurs" autres de nos confrères , membres de votre Comité des arts chimiques, qui ont suivi les opérations de M. Douault-TVielimd, ont été à même de voir et dé juger ses procédés et la beauté de leurs résultats; mais M. d’Àfcet, quia fait des essais pour retrouver les moyens des anciens, et qui a moulé plusieurs camées, a déclaré qu’il ne connaissait pas de procédés plus sûrs, plus parfaits et supérieurs : au reste, nous ne pouvons mieux faire * que de vous donner connaissance d’une lettre que ce savant chimiste a écrite à M. Douault-TVicland, et qu’il vient de nous communiquer.
- blement s\ir bronze, qui se voit dans le Musée d’Orléans, ne soit dû à Homberg. Ce superbe médaillon , d’une belle transparence cristalline, sans bulles et sans aucun défaut, à om,o25 de creux , sur ûm,366 de hauteur et om,254 de largeur.
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- J ’ ' ' - Paris, lei 27 septembre i833.
- .« Monsieur, je vous recommande bien les essais que je vous ai prié de • » me faire.
- » Quanta tout ce que j’ai vu hier chez vous, je vous en fais mon bien » sincère compliment, et ce témoignage de satisfaction en vaut un autre, » car je me suis long-temps occupé de la fabrication des empreintes de pierres » gravées, et je connais les difficultés de ce travail.
- « C’est parce que j’y suis resté bien en arrière de vous, que j’admire la » perfection à laquelle vous êtes arrivé. Je-n’ai rien vu de pareil à ce que » vous avez fait en ce genre , et je vous en fais de nouveau mon compliment.
- » Agréez, je vous prie, Monsieur, l’assurance de mes sentimens affectueux.
- d’Arcjkt.
- Après une telle lettre, il me semble, Messieurs, que ma tâche est terminée, et que jé ne devrais plus me permettre de rien ajouter sur les travaux de M. Douault-ï'Vieland; cependant, comme vous pourriez me demander de vous faire connaître les procédés par lesquels il a obtenu de si brîllans succès, je vais vous donner quelques détails sur ses opérations.
- J’ai dit que les moyens de Homberg, du moins ceux qu’il a décrits dans son mémoire, bons pour les petites pièces, 11e pouvaient réussir pour celles qui excèdent om,o5o; ceux de M. Douault-JVieland réussissent parfaitement, non seulement pour le moulage des empreintes de o,n:p5o, mais même pour celles deom,2o à om,3o et au delà, et sans difficultés, sans accidens, enfin, sans plus de peines que pour celui des petites pièces. Il 11e se sert pour les uns et pour les autres , soit en creux, soit en relief, que de plâtre lin tamisé au tamis de soie, pour prendre ses empreintes, ou, à défaut, de plâtre, de cire ou de soufre, et sur les empreintes il fait ses moules avec du plâtre également, sans autres préparations que le tamisage au tamis de soie et le délayage dans l’eau.
- Homberg, lorsqu’il voulait mouler de grands bas-reliefs en creux ou en relief, se servait, nous 11'en pouvons douter, de moules de cuivre, comme ouïe fait aujourd’hui dans les verreries et les cristalleries : il fallait donc avoir recours au fondeur en bronze, puis au ciseleur, et après bien des dépenses, le plus souvent on manquait encore les pièces, malgré toutes les précautions que l’on pouvait prendre , comme le prouve.la rareté de celles qui existent dans les collections.
- De là, Messieurs, vous pouvez apprécier la 'différence des deux procédés, la simplicité, la facilité, la promptitude des opérations, enfin, l’économie
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- clans les moyens de M. Douault-Wieland, pour le moulage de toutes les pierres en creux ou en relief dans toutes les proportions ou dimensions. Les gratifies pièces, celles qui ont plus de om,3o, demandent seulement un peu plus de précaution que les moyennes, et il est essentiel que le moule ait été séché lentement pour éviter les gerçures; il faut en outre qu’il soit parfaitement pur, sans poussière et sans aucune épaufrure ou accident quelconque.
- Mais c’est particulièrement dans la conduite des fourneaux que les soins et la pratique sont nécessaires, pour bien connaître je degré du coup de feu, l’effet de son intensité sur le cristal, pour juger le degré de ramollissement du verre ou des pâtes, l’état de la fusion, enfin le moment !e plus opportun pour retirer la matière de dessous la moufle, la passer sous le balancier, qui ne doit être tenu élevé qu’à la hauteur strictement nécessaire pour que le moule puisse y passer promptement et en sortir aussi rapidement, l’abaissement du balancier, le desserrement et le retirage ne devant pas durer en tout plus à'une seconde. .
- Lorsque la pièce sort de dessous le balancier, elle est immédiatement remise sous la moufle d’un fourneau chauffé au même degré de chaleur que celui du moulage, et il est aussitôt fermé hermétiquement en le lu tant avec de l’argile : on le laisse ainsi huit à dix jours pour recuire les pièces, qu’on 11e retire du fourneau qu’après son entier refroidissement, pour éviter leur cassure.
- Il est difficile de voir des opérations plus simples et plus faciles à diriger, en même temps que moins dispendieuses et plus à la portée des fabricans; aussi, une fois les procédés bien connus, on peut dire qu’il ne faut que de la pratique pour réussir.
- Mais pour arriver à ces procédés, pour obtenir ces moyens qui paraissent si simples, vous jugerez facilement, Messieurs, des peines, des travaux et des sacrifices de M. Douault-Wieland, lorsqu’après bien des tentatives, il reconnut qu’il n’avait aucun guide pour se diriger dans ses opérations, et qu’il y avait impossibilité de suivre les procédés de Hômberg ou ceux des cristalleries pour ses grandes pièces, et qu’il fut obligé d’en chercher d’au très à ses frais, risques et périls.
- Homberg recommandait encore de se servir de tripoli ou craie de Venise avec le tripoli de France; mais M. Douault se 4sert de plâtre seulement pour faire ses moules; enfin, il s’est tellement familiarisé avec ses opérations, qu’il n’y a point de bas-reliefs les plus compliqués, de pierres gravées ou de pâtes en creux ou en relief, qu’il ne moule à l’instant même qu’on les lui présente, sans qu’il en puisse résulter aucun accident ou aucun
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- inconvénient pour le sujet original, et dont peu d’heures après il ne puisse produire autant de copies que l’on peut lui en demander, et toutes tellement belles, tellement vraies, enfin tellement exactes, qu’il est difficile de les distinguer de l’original. ;
- Tels sont, Messieurs, les procédés de M. Douault TVieland, procédés dont vous pouvez apprécier l’importance, et au moyen desquels il s’est formé la collection d’empreintes la plus considérable et la plus belle que l’on connaisse , puisqu’elle renferme plus de huit mille sujets différens, en médailles, bas-reliefs, camées et pierres gravées de toutes les dimensions, collection unique et à laquelle il vient encore de joindre celle de la renaissance.
- C’est d’après ces procédés que cet artiste a exécuté la magnifique rosace gothique qui est exposée, Messieurs, sous vos yeux, et sur laquelle je fixerai un moment votre attention. Cette rosace est composée de cent quatre pièces moulées, outre le beau médaillon du milieu , qui représente la Vierge à la chaise de Raphaël, moulée avec une perfection bien digne de cet admirable tableau : les autres morceaux de cette rosace sont en verre de couleur uni; la monture est en plomb bronzé, afin de pouvoir à volonté la placer en dehors d’une croisée, sans avoir rien à craindre de l’injure du temps.
- M. Douault-Wielancl termine en ce moment une belle collection de tous les rois qui ont régné en France, depuis Pharamond jusque et y compris Louis-Philippe 1er : elle est disposée de manière que chaque médaille et son revers sont rangés par lignes de seize pièces en longueur sur neuf de hauteur; ces différentes médailles sont chacune, avec leur revers, dans un cadre particulier. Le milieu de chaque quadrille est séparé par un ornement en verre rouge, et la bordure en verre émeraude. Ce tableau se compose en tout de trois cent quatorze pièces; l’ensemble en est beau, gracieux et meme harmonieux; le sujet est du plus grand intérêt : c’est le résumé, c’est l’analyse, c’est enfin un tableau synoptique de l’histoire de France, qui remplit parfaitement la devise de l’Utile clulci.
- M. Douault-JVielaiidsous prie, Messieurs, de faire connaître ce tableau à MM. les Ministres de l’Intérieur, de l’Instruction publique et de l’Agriculture, Commerce et Travaux publics, qui, sur votre recommandation, pourraient, à titre d’encouragement, dit-il, lui en commander de semblab’
- pour les musées et les bibliothèques publiques, en considération do "lGS v -tousses
- travaux , essais et sacrifices.
- Enfin, Messieurs, d’après les succès que M. Douaut^^^ a ob(enus dans la composition des pierres factices, il vient ^entreprendre deux collections importantes et du plus grand intérêt POur les gens du monde qui, sans
- Trente-deuxieme année. Octobre i823, ’
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- fhîixï uhë étude sipéeralé1 de là minéeâlbgie, vealètit ceperïdàntcortnâïfî’ë ibutë» tèà* p iéftes piéteiéuses ; tous 1 es cris tau x qui so ut s useep ti Mes5, par l eii rs beiî bs éoülëtirs, lëiir éclat et leur trànspàrëuce, d%rb eiïïplbyés dans là joaillerie. La première de ces collections est celle des formes primitives et des pï*hïd> pàleà variétés dès formes secondaires de ces pierres; d’après les modèles ré-dlùitsde là cristallographie de notre célèbre professeur Haitf ; et la secbtidè, cèlle de toutes ces pierres travaillées et taillées suivant les différentes fermes dè là joaillerie, avec des imitations; dans leurs véritables dimensions, dès plus grbsses pierres précieuses ou dés plus! beaux dlamans connus dans les-écriras OU lés tréàorS des différens souverains. Ces deux intéressantes séries, qui manquaient dans les collections minéralogiques de nos musées, en seront à l’àveiiirlè complément obligé* et elles contribuèrent, je n?en doute pas, à répandre de plus ert plus lë goût de l’étude de la minéralogie, et par suite à-rendre cette science plus familière aux gens du monde, qui trouveront dans ces deux colleetibns de charman-s assortimens de joyaux, d?un prix modéré, à offrir aux jeunes geris ebmmé étrenUesî instructives.
- Résumé et conclüSïbns.
- Messieurs, si j’ai été assez heureux pour vous faire apprécier l’importance des nouveaux procédés et des travaux de M. Douault-JVieland, dans la fabrication des verres colorés et du moulage des pâtes en creux ou en relief, fabrication long-temps regardée comme perdue, ensuite retrouvée, mais resserrée dans les bornes ou les limites les plus restreintes , et que cet habile artiste est parvenu à étendre par des moyens aussi simples que peu dispen-, dieux, dont la cristallerie ne manquera pas de s’emparer et de faire promp-, tement les plus heureuses et les plus utiles applications, -
- Je ne doute pas que vous n’adoptiez les propositions que je vais avoir l’honneur de vous soumettre, savoir :
- i°. D’adresser copie de ce rapport à MM. les Ministres de l’Intérieur, de l’Instruction publique et de l'Agricul ture, Commerce et Travaux publics* qui pourraient, à titre d’encouragement, commander à M. Douault-PFieland des copies de son beau tableau de l’histoire de France, soit pour nos musées et bibliothèques publiques, soit pour être décernées comme grand prix dans >îversités, les académies, les collèges et les écoles de service public ; les uii. u.e examiner, par votre Commission des médailles , s’il n’y a pas 2°. De fan :llïje à Thabile et ingénieux artiste qui nous a affran-
- lieu d en accoidei ^ .* gj long-temps exercé à notre égard les fabriques de
- chis du monopole quorn -me;; et qui vient de rendre un éminent ser-pierrés ai tificielles dA ema^, *;<staUerie par les procédés de fabrication vice à l’art de la verrerie et de la ci . 4
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- qü?il sfest empressé de vous Faire connaître, avec un désintéressement que vous saurez apprécier ;
- Et '5°. de faire insérer le présent rapport dans le Bulletin.
- Approuvé en séance, le 16 octobre 1833.
- Signé HjÉrtcart de Thüry , rapporteur.
- INDUSTRIE ETRANGERE. . .......................'y
- Médailles et récompenses décernées par la Société pour T encouragement des arts et manufactures, séant a Londres»
- dans sa session de i832. \
- Agriculture. t°. A M. Gilbert, à Easfbourn, comté de Sussex , pour avoir cultivé des terrains conquis sur la mer; la médaille d’argent.
- 2°. AM. Pybusy à Londres, pour une houe perfectionnée; la médaille d’argent.
- Mécanique. 5°. AM. G. kFhithelaw, à Glasgow, pour une nouvelle méthode d’élever l’eau et d’alimenter les machines à vapeur à haute pression; la grande médaille d’argent.
- 4°. A M. W. Franks, à Londres, pour un système de rouages qui produit un mouvement de rotation très rapide; la grande médaille d’argent.
- 5°. A M. Robison, secrétaire de la Société royale d’Edimbourg, pour ses expériences tendant à démontrer quelle est la forme la plus avantageuse à donner aux bâtimens qui naviguent sur les canaux; la grande médaille d’argent.
- 6°. A M. FF. Ward, à Londres, pour son lit à l’usage des malades et des blessés; la médaille d’argent.
- 7°. A M. E. ïFardà Bedford, pour son tourniquet, appareil propre à redresser les fractures des membres; la médaille d’argent et 5 guinées.
- 8°. A M. Hutchinson, à Sheffield, pour son forceps à bec de lièvre ; la grande médaille d’argent.
- 9°. A lord J. Hay, capitaine de la marine royale, pour un support de télescope à Tusage des personnes privées d’une main; la grande médaille d’argent.
- i c)°. A M. Wicks, à Stokewell, pour un appareil propre à sauver lés incendiés; la médaille d’argent;
- 11°. A M. G. Flenekey, à Londres, pour une pompe d’épuisement; la médaille d’argent.
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- j'i*. A M. G. Farroiv, à Londres, pour un appareil propre à argenter les lunettes et les besicles ; la grande médaille d’argent et 5 guinées.
- i5°. A M. W. Rogers, à Londres, pour sa machine propre à diviser Tes
- dents des peignes; la grande médaille d’argent.
- i4°. A M. G. Edwardsj à Lowestofl-Harbour, pour ses tiges de sonde» pour les puits forés ; la grande médaille d’argent.
- i5°. A M. M. Staunton , à Londres, pour sa machine à couper et rogner le papier, à l’usage des relieurs; la grande médaille d’argent.
- Chimie. i6°. A M, J. Ross, à Londres, pour son chalumeau hydraulique; la grande médaille d’argent. ^
- iy°. A M. J. JFilson-TSeil, à Londres, pour la communication d’un procédé propre à préparer les vernis; la médaille d’or.
- Beaux-arts, i 8°. AM./. JFdliams, à Londres, pour sa méthode de prendre des empreintes sur des pierres gravées ; la médaille d’argent.
- 190. A M. J. Hop/dns y à Londres, pour un instrument propre à réduire des dessins d’architecture; la grande médaille d’argent.
- \2o°. A M. Flight, à Londres, pour un instrument propre à tracer des lignes spirales; la médaille d’argent.
- 21®. AM. Hammond-Jones, à Londres, pour un fluide propre à l’usage des peintres en miniature; la médaille d’argent.
- Mentions honorables. 220. À M. Bedford, à Leeds, pour sa méthode d’emr pêcher le dépôt des eaux séléniteuses dans l’intérieur des chaudières à vapeur. ,
- 23°. A M. Baynes 3 à Londres, pour son procédé d’alimenter d’eau chaude les ateliers de teinture.
- 24°. AM. JF. Word, à Londres, pour son moyen de faire communiquer un vaisseau naufragé avec la côte.
- 25°. A M. lleard, à Blackheath, pour sa description d’un chemin en bois à Pétersbourg.
- 26°. A M. J. Holland y à Walworth, pour un réflecteur perfectionné à adapter à la lampe d’un microscope.
- 270. A M. Smythies, pour ses expériences comparatives de culture du tur-neps et des pommes de terre.
- 28°. A M. Smith, à Leeds, pour son mémoire sur la pourriture sèche.
- 29°. AM. Reeves, à Clapham, pour son mémoire sur la fabrication du papier de Chine.
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- Extrait des procès-verbaux des séances du Conseil d administration de la Société d’Encouragement.
- Séance du 2. octobre i833.
- Correspondance. M. le Ministre du Commerce et desTravaux publics, aprèsavoir pris connaissance de la délibération du Conseil d’administration de la Société d’En-couragement, au sujet, du remplacement de six élèves sortis de l’École d’arts et métiers de Châlons, approuve les propositions qui lui sont faites en faveur des sieurs Renaud, Sinodot, Morisset et Geoffroy, et accorde au sieur Guettier, élève à trois quarts de bourse, l’une des places entièrement gratuites-, mais il regrette de ne pouvoir admettre les sieurs Gignon et Vital aux deux autres places vacantes, attendu qu’ils n’ont pas l’année d’apprentissage exigée par les réglemens; toutefois leur âge leur permettra facilement, d’ici au prochain concours, de remplir cette condition.
- M. Henriot, directeur de l’École théorique et pratique d’horlogerie de Mâcon , adresse onze pièces d’horlogerie fabriquées par les élèves de cette École.
- M. Slévenel, mécanicien à Châlons-sur-Marne, annonce l’envoi d’un moteur à vent de son invention. -
- MM. les administrateurs de la papeterie d’Echarçon annoncent qu’ils se sont occupés, depuis un an, de la fabrication du papier de roseau, propre à l’impression des gravures, et qu’ils espèrent arriver à faire en grand cette espèce de papier, assez à temps pour pouvoir se présenter au concours ouvert par la Société, relativement à la fabrication dii papierde Chine : ils joignent à cette lettre quelques échantillons de papier de roseau.
- M. Gonfreville, à Deville, près .Rouen, sollicite l’intervention de la Société, pour provoquer de nouvelles recherches sur les teintures et les peintures des GreGS et des Turcs à Andrinople , Larisse , etc.
- Rapports des Comités. Au nom du Comité des arts chimiques , M. Payen lit un rapport sur le procédé de M. Caron pour clarifier les vins blancs.
- Le Comité propose d’insérer le rapport au Bulletin, et d’adresser des remercîmens à M. Caron. l/jPl rrouvé. J
- Au nom du meme Comité, M. Gaultier de Claubry lit un rapport sur un procédé de dessiccation des pâtes à porcelaine et à poterie de MM. Grouvelle et Honoré.
- Le Comité propose : i° d’ordonner l’insertion du rapport au Bulletin; i° de renvoyer à la Commission des médailles la proposition d’un encouragement en faveur de MM. Grouvelle et Honoré. [Approuvé. ]
- Au nom du même Comité, M. Mérimée lit un rapport sur les préparations de M. Goyon, destinées au nettoyage et à l’entretien des meubles, marbres, dorures, métaux polis, etc.
- Le Comité propose d’insérer le rapport au Bulletin. [ Approuve. ]
- Au nom du Comité des arts mécaniques, M. Hachette fait un rapport sur un me-
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- moire de M. Voizot, de Châtillon-sur-Seine, contenant quelques moyens propres à prévenir les explosions des chaudières à vapeur. , J
- Il résulte d’un rapport fait à l’Institut, le 3o novembre r83i , que les moyens de sûreté proposés par M. Voizot sont plus ou moins ingénieux , mais qu’on ne pourrait en juger d’une manière absolue qu’autant qu’ils auraient été exécutés et mis en pratique pendant le temp% nécessaire-pour-en apprécier exactement les effets.
- M. Hachette, en déclarant que le Comité des arts mécaniques partage cette opinion, y ajoute quelques observations tendant à prouver, d’une part, que les chances d’explosion des chaudières à vapeur sont beaucoup diminuées; de l’autre, que l'attention soutenue d’un chauffeur intelligent et actif est Punique moyen d’çviter de pareils accidens. ' , !, ‘ ..... .
- Le Comité a pris aussi connaissante du tachomètre décrit dans le mémoire de M. Voizot, et ainsi que l’auteur il pense que l’expérience seule peut mettre à même d’en déterminer les dimensions et les positions les plus favorables. . , '
- Le Comité propose de remercier l’auteur de Phommage qu’il a fait à la Société de son mémoire, et de l’engager à lui communiquer la suite de ses recherches sur le meilleur système de précautions de sûreté, relatif aux chaudières à vapeur/ [Approuvé. J ^ \. : , -,
- Au nom du même Comité , M. Francœur lit un rapport sur un pantographe de M. Ï'V. Smith, dont M. Colclough, membre correspondant de la Société , a mis un modèle sous les yeux du Conseil. • .
- Le Comité, considérant que le pantographe de M. Smith est digne d’être présenté au public, comme étant d’un usage commode, d’une construction facile et peu dispendieuse, propose d’en insérer la description, avec gravure , dans le Bulletin. £ Approuvé. ] ' . , . r
- Au nom du même Comité, le même membre lit un rapport sur un nouveau mécanisme de montre à répétition, inventé par M. Joseph Lerot, horloger à Argentan (Orne).
- 'Le Comité propôse de décrire et de faire graver ce mécanisme clans le Bulletin. [Approuvé.-]
- 1 Séance du 16 octobre r833. \:
- Correspondance. M. le président de la Société industrielle de Mulhouse annonce que cette Société a l’intention de proposer deux prix ayant pour objet de provoquer des améliorations dans l’emploi de la garance et comme matière tinctoriale et Gomme couleur d’application.
- Désirant attacher une forte récompense à‘!a solution de ce problème important, et ses propres fonds ne pouvant, y.suffire, elle appelle toutes les Sociétés savantes, et particulièrement la Société d’Encouragemenl, à contribuer aux frais du concours ou, en tout cas, à publier en entier le programme de ces deux prix lorsqu’il paraîtra.
- M. Drouàrd an nonce qu’ayant tenté plusieurs fois de remplacer l’amidon par la fécule, avec addition de gomme, pour faire diverses couleurs, il n’obtenait par ce moyen que des couleurs très lourdes et ne pouvant s’imprimer; mais qu’en remplaçant la gomme par la dextrine, rapprochée a consistance de pâte et bien mélangée avec dès laques préparées de la même manière, il est parvenu à produire des cou-
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- leurs plus binllamesquavecTaniidDiï âftdsnKuaiit delrès belles impressions.Mi Dmuard pense* ce; procédé paiirrâii être a pphqué> avec avantage dans la préparation,de rouge à laver que l’an;enîpk»e.paar bafommles riibans*. V. ••
- M. Gaspard* de La-Chapelle, aq château deBiassac (Puyrde-Dàme), adresse oh échantillon de soie provenant, d'une éducation de. veBs assoie qu’il a établie depuis cinqans dansson departement, et en sollicite l’examera.
- 'M..-Camille Beauvais adcesse; uime notice:sur lléducatidn des vers à soie qu’il a établie dans lé:déparlement de Séiraét-et*-Oise. i: > . :
- Objets présentés. M. Cavaillé,. facteur d’orgues à Toulouse y sollicité bexaraen d’une scie circulaire et: d’autre» machinés de .son invention. !
- M. Sauvais, facteur de pianos, demande des commissaires ponr examiner le* perfectionnemens qu’il a apportés1» cetmislriiment.; •
- Mt DesbordesP de Tours , présente un soufflet d’abatoir, pour lequel il vient; de prendre un brevet d’invention. ' " ' I —• ' ; *
- M. Delhomme^ à Paris , adresse le plan?et:la description d’ùn! nouveau système de force motrice. - ’ ' , .. (j
- Rapports des Comités. M. le vicomte Hèricavt de Tlhu'y, lit un rapport sur un procédé de,moulage des pâtes et-'verres colorés de M. D.ouauk-%Wieland\ *
- M. le rapporteur conclut : ip àce qu’une copie dece rapport soit adresséeà MM. les Ministres de l’Intérieur, de l'Instruction , du Commerce et des)Travaux publics j 20 à ce qu’il soit renvoyé à la Commission des médailles j 3° a en ordonner l’insertion dans le Bulletin. [Approuvé. ]j ' . :
- M. Soulange Bodin fait un rapport verbal sur le Traltédumaïs ,y>d,Y M. le docteur Duchesne. 11 propose de remercier l’auteur de l’hoinmage qu’il en a fait,, et de dé-ppser" l’ouvrage' dans* la'Bibliothèque.. [Approuvé. ]
- Au nom du Comité des artsî économiques,. M. Pécjet lit un rapport sur un nouveau régulateur du feu 'mventé par M. Sorel, et sur un appareil culinaire auquel ce régulateur est appliqué. " ‘ '
- Le Comité propose, i° de remercier l’auteur de sa communication et de l’engager à poursuivre ies applications de son ingénieux régulateurv, a° d’ordonner -1’.#^ sertion du-rapport dans le Bulletin. [Approuvé. \ ’
- Au nom du; Comité des arts mécaniques,. M.-de La Marinière lit un rapport sur un modelé do machine à vapeur:en verre, construit par M. Bourdon.
- Le Comité propose : i° de faire connaître les travaux de M. Bourdon, en in serrant le rapport au Bulletin j a*0 de le renvoyer à la Commission des médailles $ 3° do recommander M. Bourdon aux Ministres de la Guerre,. de l’Instruction publique ;et • de la Mari ne. [Approuvé. J . ,
- Communications. M. Payent donne lecture d’une note sur diverses falsification» de la fécule et sur les moyens,de la découvrir*,,il propose et le Conseil ordonne l’insertion de cette note au Bulletin. ^
- ; Svdncè.du'io octobre i833.a
- Correspondance. M. leMinistre du Commence et des Travaux publics annonce qu’il
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- a accordé à M. Grange, inventeur d’un nouveau mécanisme adapté aux charrues à avant-train, un encouragement de 3,ooo francs , à la fois Comme récompense de son ingénieuse et utile découverte, et comme dédommagement du sacrifice qu’il a fait de ses droits à un brevet d’invention , afin de le propager plus promptement. .
- MM. Boscary et Donné exposent qu’ils ont l’intention d’exploiter en grand, et à l’aide de procédés en partie nouveaux, la fabrication du gaz provenant de l’huile de résine, et ils prient la Société de nommer des commissaires, à l’effet d’assister aux expériences comparatives qu’ils se proposent de faire de leur gaz qu’on obtient de l’huile ordinaire, de la résine brute et de la houille.
- Objets présentés. M. Ch. Chevalier, ingénieur-opticien, présente un microscope perfectionné. ,
- M. Cousinery, ingénieur en chef des ponts et chaussées, présente un étui de mathématiques qu’il a fait construire par M. Rochette, et dont les principales pièces sont conçues d’après un système qui lui a permis de réduire le volume de la boîte.
- M. Jacquemot, fabricant à Voiron , département de l’Isère, adresse un mémoire accompagné de dessins, et contenant des détails sur les perfectionnemens qu’il a apportés au tissage mécanique du chanvre.
- M. Bonafousprésente de la part de M. le comte Gambogi, de Milan, un échantillon de fer, auquel ce dernier a fait subir une préparation qu’il croit propre à le garantir des effets de l’humidité. ;
- ; Rapports des Comités. Au nom du Comité des arts mécaniques, M. le baron Sé-guier lit un rapport sur un ouvrage, traduit de l’anglais, par M. Lihuillier de TÉ-tang, et intitulé : Des machines et de leurs résultats.
- Le Comité propose de voter des remercîmens à M. de VÉtang, pour avoir traduit un ouvrage utile et d’en ordonner le dépôt dans la Bibliothèque. (\Approuvé.J Le même membre, au nom du même Comité, fait un rapport verbal sur un perfectionnement, apporté par M. Lebec, au rouet mécanique, pour lequel il a obtenu de la Société une médaille d’argent.
- - Ce perfectionnement consiste en ce que l'auteur a substitué au mouillage du fil un jet de vapeur qui remplit le même objet.
- Le Comité entrevoit la possibilité, par ce procédé, de dégommer le fil au moment du filage, ce qui éviterait l’inconvénient de faire des toiles creuses; mais l’auteur n’ayant fait qu’un essai en petit, le Comité pense qu’il faut attendre, pour se pro-» noneer, le résultat d’expériences en grand; toutefois il propose de remercier M. Lebec de sa communication et de le féliciter des efforts qu’il fait pour mériter de plus en plus l’encouragement qu’il a reçu. [Approuvé.^
- Communications. M. Laignel, membre de la Société , donne lecture d’un mémoire sur les causes de la modération de vitesse des eaux dans les rivières et les fleuves.
- M. Castera lit un mémoire sur l’emploi du flux et du reflux de la mer comme force motrice.
- Madame HUZARD ( née VALLAT LA CHAPELLE ),
- IMPRIMEUR DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT POUR L’INDUSTRIE NATIONALE,
- BUE DE l’ÉPEROX , N° . ' '
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- TRENTE-DEUXIÈME ANNÉE. ( N° CCCLIII. ) NOVEMBRE i833.
- BULLETIN
- DE LA '
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES. ''
- Rapport fait par M. le comte Lambel, au nom du Comité des arts mécaniquesj sur V engreneur ou baille-blé de M. Conty, propriétaire a la Haie-DesCartes, département d3Indre-et-Loire.
- Cet engreneur ou baille-blé, à l’usage des moulins à farine, se compose principalement : •
- i°. D’une espèce de soucoupe placée sur la tête de l’anille et tournant avec elle ;
- 2°. D’un entonnoir descendant jusqu’à environ 18 lignes du fond de la soucoupe et placé verticalement au dessus du centre de cette soucoupe : cet entonnoir n’est mobile que dans un sens à peu près vertical.
- Ces pièces sont disposées de manière qu’àj^’état de repos, une partie du blé descendu de l’entonnoir s’amoncelle dans la forme d’un cône dont la base repose sur la soucoupe, et dont la partie supérieure est tronquée au point où vient aboutir l’entonnoir.
- La meule étant en mouvement, la soucoupe tourne, et alors la force centrifuge entraîne hors de cette soucoupe le blé qui excède la hauteur de ses bords, et qui est remplacé à mesure qu’il tombe dans l’œillard.
- Le bout inférieur de l’entonnoir étant plus ou moins éloigné de la soucoupe, l’engreneur donne plus ou moins de blé. La distance entre ces deux pièces se règle au moyen d’une vis qui lait lever ou baisser une traverse à laquelle est assujetti l’entonnoir.
- ' Pour qu’un engreneur remplisse bien sa destination, il est nécessaire que, lorsque la meule tourne d’un mouvement régulier, l’engreneur lui fournisse en des temps égaux des quantités de blé égales ; que la quantité Trente-deuxième année. Novembre 1853. 5o
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- : ; • C 57° ) . - • t: ..
- de grain à fournir dans un temps donné puisse être réglée facilement et d’une; manière certaine; que cette quantité augmente ou diminue.par lerseuU effet et en proportion de l’accélération ou du ralentissement qui peut s’opérer dans le mouvement dû moulin; que ; sans qu il soit besoin d’y toucher, l’engreneur cesse de donner du grain quand le moulin s’arrête ; enfin qu’il agisse sans déranger l’équilibre que la meule doit conserver dans son mouvement de rotation.
- Le nouvel engreneur de M. Conty, suivant le rapport des personnes qui l’ont adopté, satisfait entièrement à ces conditions.
- Les auget et frayon qu’il remplace n’opéraient qu’avec un grand bruit; l’auget versait le blé sur un seul point et toujours d’un même côté de l’œil-lard. Avec ces anciennes machines, souvent du blé était répandu sur la meule tournante et perdu pour le propriétaire. Les secousses au moyen desquelles le frayon ou agitateur donnait le mouvement à l’auget se faisaient sentir sur la meule et nuisaient plus ou moins à son équilibre. La quantité de blé à fournir aux meules était réglée au moyen d’une corde de guindage, sujette à varier de. longueur par l’effet de la sécheresse on de l’humidité de l’atmosphère.
- . Avec le nouvel engreneur, qui fonctionne sans bruit, sans chocs, sans secousses, la prise du blé se règle avec facilité et d’une manière .sûre- Le blé est réparti également sur tous les points de la circonférence de l’œillard, et s’engage conséquemment en même quantité dans toutes les directions ou dans tous les rayons des meules, effet qui contribue beaucoup au bon travail des moulins. . < ... . .....
- Cet engreneur ne peut verser le blé ailleurs que dans l’œillard;,: il est peu susceptible de dérangement ; il emploie moins de force que le jeu de l’auget et du frayon; il est d’une construction simple et de peu d’entretien; il coûte beaucoup moins que les pièces dont il tient la place dans,un moulin monté à l’anglaise. . .
- Il convient également bien pour le blé et pour les gruaux, en substituant une enveloppe en cuivre de a pouces et demi de diamètre.au tuyau, en fer-blanc de i pouce, par lequel passe le grain dans la soucoupe.
- Cet engreneur coûibe.80 franea enviroir.;
- Telfe est la description qui a été donnée par M. Contj lui-même , et le dessin qu’il y a joint fait connaître suffisamment les diverses parties de l’appareil. . , _
- Pour donner sonuayis, le Comité.des arts mécaniques n’avait plus qu’un dêvoicA remplir, c’était de charger )un <de ses membres de voie.fonctionner i’ap pareil. Il s’est rendu à GorbeiLdansfle bel établissement de mouture dp
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- M. Darblay, notre collègue, où il a vu fonctionner quatorze meules nru^ nies de l’engreneur Conty, ayant tous les avantages dont on vient de parler.
- Il y a’vu aussi quatorze autres meules employant de même la force centrifuge pour engrener le blé, seulement on a supprimé la soucoupe': c’est le tuyau en fer-blanc, percé à son extrémité, qui, en tournant avec l’anille, distribue également le-grain, et c’est un cylindre cannelé, qui commence l’action des meules en aplatissant le blé, qui règle la quantité de blé qui s’engrène.
- Votre Comité des arts mécaniques a l’honneur de vous proposer de donner votre approbation à l’engreneur-Conty, de remercier l’auteur de la communication qu’il vous en a faite, et d’insérer le présent rapport et le dessin dans le Bulletin de la Société. . •
- Approuvé en séance, le 7 août i 833..
- Signé Lambel, rapporteur.
- Explication des figures 1 à 4, PL 564*
- Fig. 1. Coupe, sur la ligne A B du plan, del’engreneur ou baille-blé à force centrifuge de M. Conty.
- Fig. 2. Plan ou vue en dessus du boitard qui enveloppe les meules, et du levier qui fait agir l’engreneur.
- Fig. 3. Cuvette qui reçoit le grain, vue en plan et en coupe.
- Fig. 4. Plan et élévation de l’entonnoir.
- Les memes lettres indiquent les mêmes objets dans toutes les figures.
- a, Cuvette ou soucoupe en fer-blanc, assujettie sur la tête de l’anille.
- b, Entonnoir fixé à la traverse k.
- c, Anille scellée dans la meule tournante.
- d, Axe vertical qui communique le mouvement à la meule tournante par rintennédiaire de l’anille.
- c, Meule tournante.
- f3 Meule dormante.
- g, Boitard.
- /c, Traverse en bois à laquelle est assujetti l’entonnoir b. Cette traverse est fixée, d’un bout, par un boulon formant tourillon,au support/; de l’autre, elle entre dans une entaille ou enfourchement du support /'.
- //',.Supports de la traverse.
- m/Plancher du moulin.
- n, Tringle en fer sur laquelle est appuyé l’un des bouts de la traverse /(, qu’elle fait lever ou baisser. Cette tringle, munie d’une poignée, traverse le premier étage, et porte tme vis o, qui est engagée dans un écrou assujetti
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- sur le plancher ; elle monte ou descend suivant qu’on la tourne à droite ou à gauche. ;; >•:, ;; .,:v,
- p, Conduit en fer-blanc, d’un diamètre plus ou moins grand, qui amène dans l’engreneur le blé ou le gruau provenant de l’étage supérieur. . '
- Les pièces a, b, k, l, n composent le nouveau système imaginé par M.Conty j toutes les antres entrent dans là construction ordinaire des moulins. (D.)
- Rapport fait pareil. Francœnr, au nom du Comité des arts mécaniques , sur un p autographe de M. Smith.
- M. Colclough, Anglais, ami des arts et de l’industrie, qui a résidé plusieurs années en France, et qui s’intéresse aux progrès de nos ateliers, a apporté de Londres un nouveau pantographe, de l’invention d’un de ses compatriotes, nommé TV. Smith, pour lequel cet artiste est patenté. Cet instrument, qui est fort bien exécuté en cuivre jaune, se vend à Londres 4 gainées : il vous a été présenté par M. Colclough, et je vais avoir l’honneur, Messieurs, de vous en indiquer la construction et l’usage, regrettant de ne pouvoir vous offrir l’instrument même, parce que je l’ai rendu au propriétaire, qui vient de retourner dans son pays. . . . :
- Le pantographe de M. TV. Smith est composé de quatre règles ou tiges assemblées en parallélogramme , dont tous, les angles sont à charnière ; en sorte que ces tiges peuvent former, l’une par rapport à l’autre, tous les angles possibles. Ce parallélogramme est traversé par une autre règle qui le divise en deux parties égales, et est aussi à charnières aux deux bouts.
- 11 résulte de cette disposition que, quelles que soient les directions qu’on donne aux côtés ou tiges, deux de ces règles sont toujours parallèles, et que les trois autres sont aussi parallèles entre elles ; le tout formant sans cesse deux parallélogrammes égaux, sous toutes les valeurs angulaires possibles.
- On voit sur la règle transversale des divisions graduées, ainsi que sur les deux règles avec lesquelles celle-ci est assemblée. 11 y a trois curseurs, un sur chacune de ces trois règles, qu’on fixe par des vis de pression sur la tige, en ayant soin de les placer chacun au même numéro de graduation : par exemple, les trois curseurs seront sur le numéro 1, si l’on veut copier un dessin avec les mêmes dimensions ; sur le numéro 7, si l’on veut réduire les lignes à moitié, etc.
- ' Chacun de ces curseurs est percé d’un trou cylindrique pour y faire entrer une tige, dont l’une porte le crayon, l’autre le tracelet; la troisième, un
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- pivot d’acier t ies'pointes des axes de ces trois tiges sont rigoureusement en ligne droite dans toutes les positions angulaires.
- Ce qui est particulier à cette machine , c’est, que le pivot autour duquel on la fait manœuvrer lorsqu’on fait suivre au tracelet toutes les positions pour parcourir les traits d’un dessin, ce pivot, dis-je , n’est point serré dans un tuyau immobile , comme cela arrive dans le pantographe ordinaire : il pose simplement sur le fond d’une espèce de crapaudine d’acier, qu’on fixe sur la table à l’aide de petites pointes, à la manière des pièces plates appelées punaises, dont on fait usage pour fixer les feuilles de papier sur le bois.
- Il en résulte que lorsqu’on dirige le tracelet sur les traits d’un dessin, mouvement qui se transmet au crayon, le pantographe entier tourne sur son pivot, en prenant un léger balancement sur ce point d’appui. Ce petit mouvement, qu’on aide avec la main qui conduit le tracelet, suffit pour enlever la pointe du crayon au dessus du papier et l’empêcher de'marquer, lorsqu’on veut en suspendre l’action ; en lâchant ensuite la règle, le crayon retombe sur le papier, autant par son propre poids que par un poids additif qu’on attache près de lui.
- Chacun sait qu’un des plus grands inconvéniens du pantographe ordinaire consiste dans la nécessité d’avoir un attirail de poulies de renvoi et de fils pour soulever le crayon lorsqu’on veut qu’il ne marque pas. Avec le pantographe de M. Smith, on n’éprouve pas cet embarras : ainsi il offre plus de simplicité dans l’exécution, ce qui en abaisse le prix, et plus de facilité dans l’emploi, ce qui doit en répandre l’usage. .
- On pourrait faire à cet appareil un reproche que nous ne nous sommes pas dissimulé. Pour que le pantographe ait de la précision, il faut, en toute rigueur, que les pointes du tracelet, du crayon et de l’axe de rotation soient en ligne droite dans toutes les positions des règles : or, dans l’instrument de M. Smith, les trois pointes ne sont pas exactement dans un plan horizontal, et quoique le balancement des règles sur le pivot soit très faible, et seulement suffisant pour empêcher le tracelet et le crayon de poser ensemble sur Ja feuille de papier lorsque cela devient nécessaire, cependant la petite déviation qu’éprouve la direction du pivot sur sa crapaudine doit apporter dans les résultats une petite cause d’inexactitude.
- Toutefois l’instrument, ayant été éprouvé avec beaucoup de soin, n’a présenté aucune irrégularité sensible dans les dessins, lorsqu’on a conservé leur grandeur dans la copie. Peut-être que si j’eusse eu plus long-temps ce pantographe à ma disposition, j’aurais pu le soumettre à des épreuves plus délicates qui auraient mis en évidence des incorrections dont je n’ai pas été frappé dans les tentatives que j’ai faites.
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- Quoi qu’il en soit, le pantographe de M. Smiêh nous a paru digue<d’ètre présenté au public comme étant d’un usage commode , d’une construction facile et peu dispendieuse, et comme propre à remplir sa destination, du moins quand on ne l’emploie qu’à réduire des dessins ou àAes copier de même grandeur. Nous proposons d’en donner connaissance par la voie, du Bulletin, et de le faire graver et décrire. ’ '
- Approuvé en séance, le 2 octobre 1 833. '
- Signé; Frâkcoeur, rapporteur.
- Explication dé la figure 5, Pi564-
- A B, Règles graduées du pantographe de M. TV. Smith.
- C D, Tiges assemblées à charnières sur les règles précédentes.
- E,;ïtègle transversale graduée, qui divise en deux parties égales le parallélogramme formé par les tiges ABCD.
- F G H I, Charnières sur lesquelles se meuvent les règles A B.
- K L, Charnières de la règle intermédiaire E.
- M, Poids pour faire appuyer le crayon a sur le dessin.
- N, Curseur de la règle A, auquel est attaché le crayon a, qu’on arrête en serrant une petite vis b.
- O, Curseur de la règle B; il porte un îracelet c, qu’on gouverne à la main par l’intermédiaire d’une tige à charnière d.
- P, Curseur de la règle transversale E sur lequel pivote tout l’instrument, qui est représenté dans la position où il opère la réduction d’une figure.
- Rapport fait par M. Fiancœur, au nom du Comité des arts
- mécaniques, sur un nouveau mécanisme de montre h répétition inventé par M. Joseph Lerot, horloger à Argentan (Orne).
- La montre présentée par M. Lerot a paru au Comité des arts mécaniques remarquable par la simplicité de sa construction et la sûreté de ses fonctions. Les nombreuses pièces qui entrent dans la composition des montres à répétition sont ici réduites à quatre, dont le mécanisme est très ingénieux. En adoptant ce système, non seulement on pourra livrer ces montres au commerce à bas .prix, mais encore les pièces ne seront pas aussi exposées aux destructions et aux erreurs qui résultent de leur complication.
- Une grande roue d’acier, ’d’un diamètre un peu moindre que le cadran, et concentrique, porte à sa circonférence douze dents ou bras construits comme ceux des roues à rochet : ces bras servent à attaquer successivement le manche du marteau tle sonnerie, quand ils passant à leur tour et entrent en prise. Cette roue, tout à fait indépendante du-mouvement de la
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- montre^ tourne par,une petite manivelle, qui est placée- dans le bouton , et dont raxe,;duâgé dans le,sens d’un des rayons du cadran , porte un pignon ; ce pignon; engrène .dans les dents de champ, dont est munie la grande roue d’acier surmonte la surface inférieure de son contour.
- Lorsqu’on-veut faire sonner l’heure, on tourne celle manivelle, dans un sens, jusqu’à ce qu’on rencontre un arrêt: ce mouvement fait tourner d’autant la roué d’acier, dont les bras-laissent le marteau inactif; puis on fait tourner la manivelle en sens contraire. À chaque tour qu’on fait dans ce dernier sens, il passe une dent de la roue d’acier, et le marteau frappe un coup. Le nombre de coups, ainsi frappés s’accorde avec l’heure qu’indique l’aiguille, parce qu’on trouve un arrêt qui empêche de continuer la rotation de la manivelle.
- L’effet est immanquable, parce que l’arrêt est une pièce à bascule, fixée dans la minuterie* sur la roue des heures, en sorte qu’il est matériellement impossible que le marteau frappe plus de coups que l’aiguille n’indique d’heures.
- Quant aux quarts, on les estime aisément par le chemin que la manivelle fait après avoir fait frapper le dernier coup, chemin qui est donné par l’arc décrit, jusqu’à ce que la manivelle ait atteint son arrêt.
- Deux inconvéniens sont attachés à ce mécanisme : le premier consiste daus l’emploi de cette petite manivelle, qui est toujours saillante hors du bouton de la montre; le deuxième résulte de ce que, par la disposition de l’arrêt et du bras qui vient buter contre lui, on ne peut évaluer les quarts dans la durée qui s’écoule depuis douze heures jusqu’à une heure.
- Mais il est facile de remédier à ces inconvéniens : on pourrait remplacer la manivelle par un bouton molleté, qu’on ferait tourner entre les doigts , ainsi que cela se fait dans beaucoup de montres, mais pour un autre objet; et quant à l’arrêt, on pourrait le briser en pied-de biche, pour lui permettre de se coucher à plat quand ori tourne dans un sens, et de se relever quand on tourne en sens contraire.
- Au reste, M. Lerot a peut-être l’intention d’ajouter quelques perfectkm-nemens a son mécanisme; car on ne peut regarder la montre qu’il a présentée à la Société que comme un modèle tenant lieu d’un dessin pour en faire comprendre le mécanisme. Celte pièce est exécutée avec une grande négligence ; sauf ce qui se rapporte au mécanisme de la répétition , qui était en effet l’objet essentiel, il n’est pas possible de faire marcher la montre. Nous reviendrons ici sur ce que nous avons dit précédemment au Conseil, c’est que les inventeurs ne devraient, dans leur propre intérêt, lui offrir que des pièces d’une exécution parfaite, et propres à mettre en évi-
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- dence à la fois le génie du fabricant et son habileté dans la main-d’œuvre.
- Le Comité des arts mécaniques, reconnaissant le mérite du mécanisme qui fait le sujet du présent rapport, vous propose, Messieurs, d’accorder votre approbation à l’invention de M. Lerot, de le remercier de la communication qu’il vous a faite, et de faire graver sa montre à répétition dans votre Bulletin. * ’l
- Approuvé en séance, le 2 octobre i853.
- Signé Francoeur, rapporteur.
- Description de la montre a répétition de M. Lerot.
- L’ingénieux mécanisme au moyen duquel l’auteur supplée à la complication et au grand nombre de pièces employées dans les répétitions actuelles est d’une extrême simplicité, d’un prix peu élevé, et permet de rendre ses montres aussi plates que les montres simples, propriété recherchée par les amateurs.
- Explication des figures 6 à 8, Pl. 56lj.
- Fig. 6. La montre, dessinée de grandeur naturelle , et montée de toutes ses pièces. Le cadran est enlevé pour faire voir la quadrature.
- Fig. 7. La roue de sonnerie, vue de champ.
- Fig. 8. La même, vue en plan.
- ay Roue plate en acier portant sur son bord extérieur douze dents, et au dessous une denture continue b, dans laquelle engrène un pignon c, monté sur l’axe d; cet axe, qui traverse le bouton, est mu à l’aide d’une petite manivelle e.
- Levée que viennent attaquer successivement les dents delà roue a. Cette levée, qui porte deux petites dents 1 et 2, est montée sur l’axe du marteau de la sonnerie, qu’elle fait partir chaque fois que la dent 1 entre en prise.
- g, Pièce fixée sur la roue#, et qui vient buter contre l’arrêt mobile h, monté sur la roue des heures. Quand la montre marche, cet arrêt bascule et passe contre la pièce g, sans l’arrêter; mais quand on a fait sonner le nombre de coups correspondant à l’heure indiquée par l’aiguille, l’arrêt h s’oppose à tout mouvement ultérieur de la roue a, en s’appuyant contre la pièce g.
- i, Goupille soudée sur la platine, et contre laquelle vient buter la pièceg, quand la roue a accompli sa révolution. .
- En tournant la manivelle e à gauche, la roue a tourne à droite, et ses dents, en attaquant successivement la dent 1 de la levée_/, font partir le marteau et sonner autant de coups que l’aiguille indique d’heures. Ce mou-
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- vement continue jusqu’à ce que le bout de la pièce g- rencontre l’arrêt mo-bile h, qui, alors ne pouvant plus basculer, empêche la roue a de tourner. Dans ce moment, la manivelle e indique par sa position les quarts ou les demies.
- Quand on tourne la manivelle à droite, la roue prend un mouvement en sens contraire, et ses dents passent contre la dent 2 de la levée f, quelles font basculer, mais sans que le marteau puisse partir; ce mouvement continue jusqu’à ce que la pièce g vienne buter contre la goupille i: ce qui indique la position naturelle de la roue pour recommencer, lorsqu’on veut faire sonner de nouveau. (D.)
- Moyen de suspension des réverbères pour ïéclairage des rues, employé dans la ville de Porto, en Portugal.
- Les réverbères des rues de Porto sont suspendus sans cordes ni poulies, au moyen de tiges et de potences en fer aussi simples que solides.
- La potence qui sert à suspendre la lanterne est scellée dans les murs des maisons, des deux côtés des rues, en ordre alterné; ainsi, pendant son service, elle ne met aucun obstacle au passage des charrettes et des voitures.
- La fig. 1, Pl. 565, représente l’appareil tout monté et fixé en place.
- Fig. 2. Les tiges de suspension vues séparément.
- A, Tringle pour descendre et élever la lanterne; elle est articulée au point D avec une tige de suspension B, qui prend un mouvement de bascule autour du boulon E. La tige B est consolidée par un tirant H.
- CG, Pièces de fer formant potence, scellées dans le mur,et portant le boulon E, sur lequel tourne tout le système.
- F, Crochet qui, en appuyant sur la potence C, sert à régler la hauteur à laquelle la lanterne doit rester suspendue.
- G, Cadenas passé dans un piton scellé dans le mur, et qui arrête la tringle A. .
- I, Bout de corde avec son crochet pour suppléer la longueur de la tringle A, au moment du service.
- Description d’un perfectionnement ajouté au rouet a filer le lin et le chanvre ; par M. Lebec , rue des Bons-Enfans, n 22 , à Paris.
- En donnant, page 109 du Bulletin du mois d’avril dernier, une description du nouveau rouet à filer le lin présenté à la Société d’Encouragement par M. J^ebect nous n’avons point parlé de l’effet produit sur le fil par l’humi-
- Trente-deuxième année. Novembre 18?5. 5i
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- dite que lui procurent les doigts delafileuse imprégnés de salive,et qu’elle porte continuellement à sa bouche.
- M. Lebec a observé que cette pratique, en facilitant îe filage, donne un fil plus uni et plus régulier, mais qu’elle épuise les fileuses au point de.les contraindre souvent à renoncer à leur travail. L’eau froide, et même une eau légèrement gommée, ne pourraient y suppléer, parce que c’est principalement la chaleur et la viscosité de la salive qui entretiennent dans le lin la souplesse et la flexibilité auxquelles le fil doit sa bonne qualité.
- Réfléchissant sur la possibilité de remplacer cette méthode par un.moyen simple , suffisant et peu dispendieux, à la portée des- fileuses , M. Lebec a essayé de faire passer dans la filasse montée sur sa poupée volante un courant de vapeur d’eau bouillante, et le succès a couronné sa tentative. Il a reconnu que la vapeur, en se condensant sur le lin, non seulement produit le meme effet que la salive, mais qu’elle amollit la gomme contenue clans le lin, et en faisant entrer dans le fil une plus grande quantité de filamens , plus pressés et mieux tordus, évite ainsi l’inconvénient de faire des toiles creuses.
- Le Comité des arts mécaniques de la Société, qui a pris connaissance de ce procédé, ne doute point de sa réussite ; mais il attend, pour se prononcer définitivement, qu’une expérience en grand ait confirmé les résultats obtenus par M. Lebec.
- En attendant, voici la manière dont l’auteuF a appliqué son procédé au rouet.
- La3, Pl. 565, présente une élévation latérale de la poupée volante déjà décrite, garnie de ses peignes et d’une quantité de filasse prête à être filée.
- La fig. 4 est une élévation et une coupe verticale du réchaud en tôle, dans lequel est accrochée la lampe qui sert à chauffer la petite bouilloire.
- La fîg. 5 représente cette lampe en élévation et en plan.
- " a, Support fixé par deux vis au socle A du rouet ; il est muni d’un crochet auquel on suspend le petit réchaud.
- b, Réchaud en tôle percé de trous à sa partie supérieure.
- c, Petite lampe du système-Locatelli, garnie de deux mèches pleines'et carrées; elle est placée au fond du réchaud.
- d, Bouilloire posée sur trois pattes fixées dans l’intérieur du réchaud
- e, Tuyau en cuivre soudé sur le couvercle de la bouilloire, et dirigeant sur la filasse la vapeur qui sort par son extrémitéf.
- g, Anneau à vis sur lequel repose le tiiyau.
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- h}x Orifice fermé par uu,bouchon peur verser l’eau dans la bouilloire saust-ôter le vcouverele^i; ). (D.)
- Rapport fait par M. de la Morinière, au nom du Comité des arts mécaniques, sur une machine h 'vapeur en 'verre construite par M. Bourdon? rue de'Vendôme, n° i3? a Paris.
- Le mécanicien qui s’occupe de la construction des machines à vapeur doit connaître non seulement les divers organes qui les composent, mais encore les fonctions que ces organes ont à remplir. Bien qu’il ne puisse pas* voir l’intérieur de l’appareil, il faut qu’il sache, quand la machine fonctionne, dans quelle partie se trouve la vapeur agissante, celle qui se condense ; qu’il connaisse la position convenable à donner aux pièces de la distribution, pour que le système se meuve de lui-même; et comment on pourra employer la force expansive de la vapeur, si l’on veut marcher avec détente : il doit même, sans lçisecours du manomètre, savoir si la condensation s’opère bien, et s’il faut augmenter ou diminuer l’injection nécessaire à cette condensation.
- Celui qui n’a pas été contraint d’étudier une machine dans tous ses détails, et de coordonner ses diverses parties, afin d’obtenir le maximum d’effet utile, ignore souvent les phénomènes qui se passent dans l’intérieur de l’appareib Nous ne craignons pas d’assurer que beaucoup d’industriels qui emploient les machines à vapeur sont étrangers au jeu de ces moteurs, et sont obligés de s’en rapporter, pourleur conduite, aux soins de mécaniciens, souvent fort peu instruits.
- Il ne nous paraît pas douteux qu’une machine, dont toutes les parties sont susceptibles d’être examinées, même dans le temps où elle fonctionne, pourrait ( quelque petite que fût l’échelle sur laquelle elle serait construite) donner le moyen de comprendre très promptement tout le jeu du mécanisme.
- (i) M. Lebcc doit à M. le comte de Perrochel, membre de la Société, une observation fort importante. Il lui a fait remarquer qu’en prenant les filamcns du lin parleurs pointes, comme on le fait dans les mécaniques, cette disposition pouvait convenir aux fils pour batistes, dentelles et linons., mais non pour les toiles qui exigent que le filait la même force dans tonte sa longueur. Les fileuses obtiennent cet avantage en disposant leur lin sur leur quenouille de manière à le prendre par le centre en le filant , parce que le lin ayant toute sa force au centre et aucune à ses pointes, il faut que celles-ci soient le plus possible courbées et dirigées en arrière. M. Lebec a profité de celte observation, en doublant le lin des deux tiers au tiers, et le plaçant ainsi dans ses peignes et brosses, de manière à ce que le coude ne dépasse celles-ci que d’un pouce tout au plus. Le fil, obtenu par ce moyen, a toute la; foree nécessaire pour servir à fairela chaîne des toiles--
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- Nous pensons aussi que cette machine serait non seulement utile à ceux qui devront un jour s’occuper de construction , mais encore aux industriels qui auront à se servir de ce genre de moteur, et aujourd’hui que l’étude appliquée des machines doit être généralement répandue, il seraitintéressant déposséder, dans les cabinets de physique et dans les laboratoires, un modèle fonctionnant dont tous les organes pourraient être aperçus simultanément. 5
- Le modèle qui vous a été présenté par M. Bourdon satisfait complètement à ces conditions; il a encore l’avantage d’être toujours prêt à marcher sans exiger un entretien difficile, puisque toutes les parties qui sont exposées à la vapeur ou à l’humidité sont en verre, tandis qu’un modèle en métal nécessiterait des soins continuels et ne pourrait être confié qu’à un préparateur intelligent.
- M. Bourdon a pensé qu’il serait plus commode, pour la démonstration, de placer toutes les parties de l’appareil sur un même plan , et de manière à ce qu’elles fussent susceptibles d’être embrassées d’un seul coup-d’oeil : par ce motif, il s’est écarté des systèmes des machines usitées. Il s’engagerait néanmoins à construire des appareils suivant le modèle qui lui serait indiqué, sauf toutefois les détails d’ajustement; car, indépendamment de la difficulté qu’il y aurait à confectionner en verre toutes les pièces qui entrent dans la composition de la machine, en suivant exactement les formes habituelles, il faut encore remarquer (et c’est un des obstacles que M. Bourdon a eus à surmonter) que les dilatations différentes de ces pièces exigent des emmanchemens particuliers, pour éviter les ruptures, surtout lors de la mise en train. Il y aura en conséquence toujours des différences dans les détails d’exécution, et notamment dans les joints qui ne peuvent pas être faits suivant les méthodes employées en grand.
- Le modèle qui vous a été présenté peut servir à la démonstration des machines à basse et à haute pression. Tel que vous l’avez vu fonctionner, il est muni du condenseur, de la pompe à eau froide et de la pompe à air.C’est une machine complète, à l’exception de l’appareil d’alimentation, qui, toutefois, n’est pas indispensable pour en faire comprendre le jèu, et devient même inutile, puisque la machine ne doit marcher que pendant un temps fort limité; dans cet état, le modèle doit servir à faire comprendre le jeu des machines à condensation. Pour démontrer ce qui a lieu dans la machine à haute pression, il suffit de tourner un robinet qui permet à la vapeur de s’échapper dans l’air au lieu d’aller au condenseur, et de détacher les tiges de la pompe à eau froide et de la pompe à air.
- • M. Bourdon a adopté la distribution à tiroir, qui est généralement em-
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- ployée. Le tiroir èsjt mis en mouvement au moyen d’un balancier conduit parle bouton d’une manivelle placée sur l’arbre; il distribue la vapeur pour toute la course du piston : ce même balancier sert pour la pompe à eau froide et la pompe à air.
- Une valve de détente, mise en jeu par un excentrique appliqué à l’arbre, pertnet d’étudier l’emploi de la force expansive de la vapeur.
- Enfin, un régulateur à force centrifuge, mis en communication avec la valve de gosier , achève de. compléter tout le système.
- Pour faire fonctionner ce modèle, il suffit, lorsque l’eau est en ébullition, de faire marcher pendant quelques instans la machine à la main pour échauffer simultanément toutes les parties, afin d’éviter les ruptures qui pourraient avoir lieu, si l’on admettait la vapeur d’un seul côté : il est très facile ensuite de régler l’injection, puisqu’on voit ce qui se passe dans le condenseur.
- M. Bourdon connaît le travail des métaux plutôt comme un bon ouvrier que comme un amateur, et i! lui aurait été sans doute plus facile de copier fidèlement une machine connue, que d’employer le verre dans sa fabrication ; mais indépendamment de ce que nous avons dit au sujet de la facilité des démonstrations et de l’entretien , il a encore eu pour but de faire voir qu’on peut appliquer le verre à la construction d’une foule d’appareils, afin d’en rendre l’intelligence plus facile.
- Son laboraloire est rempli de quantité de machines intéressantes, telles que des pompes de différentes sortes, exécutées avec beaucoup de talent; il est même parvenu à faire une presse hydraulique, qui produit des effets remarquables, relativement à ses petites dimensions. L’expérience que M. Bourdon a acquise dans l’emploi du verre, et quelques perfectionnemens apportés à sa machine, lui font espérer qu’il pourra construire de petits moteurs, capables de faire mouvoir le tour d’un artiste qui voudrait se livrer à des recherches dans un cabinet, sans avoir recours à des bras étrangers.
- Ce peu de mots suffira pour vous convaincre que la machine de M. Bourdon ne doit pas être confondue avec beaucoup d’objets curieux, qui n’ont d’autre mérite que celui de la difficulté vaincue, et que cet appareil, qui devrait ' trouver place dans tous les cabinets de physique, pourra servir à répandre les connaissances relatives à la machine à vapeur, de laquelle dépend en partie le développement des arts industriels, et qui est destinée à modifier un jour la navigation commerciale et militaire.
- Nous avons, en conséquence, l’hormeur de vous proposer: i°. De faire connaître les travaux de M. Bourdon, en insérant le présent rapport dans le Bulletin ;
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- 2°. De renvoyer le rapport à la Commission des médailles ;
- 3°. De recommander M.Bourdon auxMinistres de la Guerre, del’Ihstrue-tion publique et de la Marine.*; .
- Approuvé en séance, le 16 octobre i835.
- Signé de la. M crinière ,rapporteun
- Rapport fait par M. Francœur, au nom du Comité des arts mécaniques, sur des pendules et des montres présentées par M. Henri ot.
- M. Henriot est un habile professeur d’horlogerie, qui était chargé de la direction de ce genre de travaux à l’Ecole d’arts et métiers de Cliâlons. Lorsque les dernières ordonnances ont changé l’ordre des occupations des élèves de cette Ecole, l’horlogeriea cessé d’en faire partie, et M. Hemiot a cru devoir,' dans l’intérêt de son art, élever à ses frais une école à Mâcon, lieu de sa résidence. Depuis trois ans, cet établissement est en activité, et les résultats d’aussi heureux commencemens font présager de grands succès.
- Pour obtenir le suffrage du public, M. Henriot a cru devoir solliciter celui de la Société d’Encouragement, et vous a présenté, Messieurs, quatre mouvemens de pendule et cinq de montre, exécutés par les Elèves de son École. Les échappemens sont à ancre, un seul est à cylindre : en général, ces pièces sont bien traitées, et faites sous une bonne direction. On n’attendait pas moins des efforts d’un maître exercé, qui depuis long-temps a fait ses preuves. Du reste, il ne nous est pas donné d’affirmer jusqu’à quel point ces pièces ont été exécutées par les élèves de l’École de Mâcon, et quelles sont les corrections qu’il a été nécessaire d’y faire, pour leur donner la forme sous laquelle on vous les présente.
- M. Henriot demandait que la Société d’Encouragement entretînt à ses frais deux élèves dans son École. Tout en convenant avec lui que l’horlogerie est un art admirable qui mérite toute l’attention de notre Société, il nous a été facile de lui faire comprendre qu’une pareille mesure sortait des usages du Conseil et même des pouvoirs qui lui sont conférés. D’ailleurs, il a compris que, de Paris, il ne nous était pas possible de nous assurer des progrès des élèves : aussi, a-t-il bientôt renoncé aux espérances qu’il avait formées à ce sujet.
- Nous ne pouvons donc, Messieurs, vous proposer que défaire connaître au public, par la voie de votre Bulletin, l’existence de l’École d’horlogerie de M. Henriot., et le cas cpie vous faites de cet utile établissement, en y insérant le présent rapport.
- Approuvé en séance, le i3 novembre iQ33.
- Signé Fraincoeu» , rapporteur'
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- Rapport fait par M» Francœur, au nom dw Comité des arts mécaniques , sur les jalousies mécaniques de M . Wolff, ruade Bourgogne, n 43, à Paris.
- Les jalousies de.M. TVoljf sont connues depuis vingt-deux ans que M. Co chot a pris un brevet d’invention, aujourd’hui expiré. Ce brevet est décrit tome 7, page 68 de l’ouvrage sur les brevets dont la durée est expirée, et représenté PL L\. Je n’ai donc rien, Messieurs , à vous en dire de nouveau, et je me bornerai à vous rappeler que les cordes qui servent à monter et descendre les lames de bois sont remplacées par des chaînes à la Vaucan-son, qui sont sans fin, et roulent sur des roues dentées garnies d’un encliquetage; que ces lames sont soutenues par des tiges plates en cuivre, portées par d’autres chaînes, dont les maillons déterminent l’écartement des lames et se plient l’un sur l’autre lorsque le mouvement d’ascension en opère le rapprochement. Des cordons adroitement combinés et ajustés produisent l’inclinaison des plans des lames sur l'horizon. Toutes les chaînes sont faites avec des machines.
- M. TVoljf ëtait établi à Nancy, où il a fructueusement exercé son industrie : désirant y donner plus d’étendue, il est venu se fixer à Paris. Comme les jalousies mécaniques sont depuis dix-sept ans dans le domaine public, et qu’il en a fait avec succès différentes entreprises, il a voidu se faire connaître comme exécutant avec habileté ces appareils,et il a pensé que la Société d’Encouragement pourrait donner de la publicité à son industrie. Le Comité des arts mécaniques n’a vu aucun inconvénient à consentir à sa demande; d’autant plus que les machines dont M. Tf olff se sert pour fabriquer ses chaînes sont très bien combinées ; d’ailleurs les jalousies mécaniques sont réellement préférables à celles qui sont en usage, et cependant elles sont presque oubliées du public. Nous vous proposons donc, Messieurs, Finser-tion du présent rapport au Bulletin.
- Approuvé en séance, le i3 novembre i833.
- Signé Fra.ncof.ur, rapporteur.
- 1 ARTS CHIMIQUES.
- Ra p por rfait par M. Bussy, au nom du Comité des arts chimiques, sur les siphons adressés a la Société par M. Collardeau ; rue du Faubourg-Saint-Martin, n 56, à Paris.
- ...Messieurs, vous avez,renvoyé à l’examen- de votre Comité des arts chi- iniques une notice de M. Collardeau sur le siphon.
- Cette petite brochure renferme la description de quinze variétés de siphons que M. Collardeau fait exécuter dans sa fabrique d’instrumens. La
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- plupart de ces siphons ne sont que des modifications de dispositions déjà connues, mais dont quelques unes permettent de réaliser avec plus de-facilité les avantages de ce genre d’appareil. •
- Déjà vous avez entendu un rapport favorable de notre savant confrère M. Hachette sur un siphon du même artiste, qu’il avait désigné sous le nom de siphon libre, et dans lequel l’aspiration se trouve déterminée par l’écoulement d’un liquide que l’on introduit dans la plus longue branche (i).
- Parmi tons ceux que contient la brochure dont nous rendons compte, nous citerons comme devant plus particulièrement fixer l’attention :
- i°. Le siphomà double obturateur;
- 2°. Le siphon-pompe ;
- 3°. Le siphon d'insufflation;
- 4°. Le siphon d’aspiration de sûreté.
- Siphon à double obturateur. — Ce siphon, exécuté en fer-blanc et particulièrement destiné à transvaser des huiles ou des liquides alcooliques, se compose de deux branches verticales, AB, fig. 6, Pl. 566, d’égale longueur à peu près, unies par une troisième branche horizontale. Les deux ouvertures sont fermées par deux obturateurs ou' mobiles, portés chacun par deux fils de fer qui glissent le long des branches A et B. Lorsqu’on veut élever les fils de fer, et par conséquent fermer les ouvertures des branches A et B, on glisse une. espèce de coin en bois sous l’arcade C, que forment les fils en se réunissant au dessus de la branche horizontale. Pour ouvrir les obturateurs, au contraire, on enlève le coin et l’on appuie avec la main pour faire descendre les mêmes fils de fer; l’un des obturateurs o' est percé dans son milieu d’un trou p, qu’on peut ouvrir ou fermer à volonté avec un bouchon ordinaire en liège.
- . Lorsqu’on veut amorcer le siphon, on le renverse de manière à ce que les deux ouvertures soient en haut; on ouvre l’ouverture o et l’on ferme o' celle qui porte l'obturateur percé. Par cette dernière ouverture, on verse lj liquide; lorsqu’il est arrivé en o, on ferme cet obturateur et l’on continue à verser jusqu’à ce que le liquide soit en p; on ferme alors l’ouverture p avec un bouchon de liège, et l’on renverse le siphon de manière à opérer le transvasement; le siphon étant en place, on ouvre les deux obturateurs et le liquide s’écoule.
- Siphon-pompe. -- L’avantage de cette disposition consiste: i° à pouvoir amorcer le siphon en faisant le vide dans son intérieur au moyeu de la pompe, et de pouvoir, lorsque la différence des niveaux dans les réservoirs n’est plus assez considérable pour déterminer l’écoulement, y suppléer par
- (i) Voyez Bulletin de février i832, p. 38.
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- l’effet de la pompe. Ce siphon trouve son application surtout dans le transvasement du vin d’un tonneau dans un autre, lorsque ces réservoirs^ sont placés à la même hauteur, ce qui a lieu presque constamment.
- Siphon d’insufflation, — Ce siphon, qui n’est autre chose qu’une application du flacon d’insufflation de M. Gay-Lussac, est recommandable tant par la grande simplicité de son exécution que par la facilité avec laquelle on peut le mettre en action, et ses avantages seront particulièrement appréciés par les chimistes et les manufacturiers , qui ont souvent besoin de transvaser des liquides corrosifs, qui pourraient être difficilement transvasés par tout autre procédé. Ce siphon, qui est exécuté en verre, se compose de deux pièces :
- i°. Un tube en verre ordinaire recourbé en forme de siphon, b, c, e, fig. 7, PI. 565; seulement la petite branche b, c forme à son extrémité un crochet a, de manière à ce que, lorsque le siphon fonctionne, l’ouverture de cette petite branche soit tournée en haut, et légèrement .évasée. La deuxième partie de l’instrument, et qui ne sert que momentanément pour amorcer le siphon, est une pipette c/, également en verre ; elle porte un renflement, et son extrémité s’adapte assez, exactement, mais sans aucune disposition particulière, sur l’orifice de la petite branche b,c du siphon. Pour faire fonctionner ce dernier, on plonge la branche b, c dans le réservoir, puis on y adapte la pipette d remplie de liquide du réservoir, et à l’aide d’une légère insufflation, le liquide qu’elle contient passe dans la branche b et s’élève jusqu’en c : le siphon se trouve alors amorcé; on enlève la pipette et l’écoulement continue de lui-même par l’orifice e. Cet appareil est d’une si grande simplicité, qu’il y a peu d’élèves en chimie qui ne sachent assez bien travailler le verre pour pouvoir l’exécuter eux-mêmes.
- Siphon d’aspiration de sûreté. — Un autre siphon qui pourra également être employé avec avantage dans les laboratoires de chimie et les ateliers où l’on opère sur des liquides corrosifs est le siphon désigné sous le nom de siphon d’aspiration de sûreté, et représenté fig. 8.
- Ce siphon s’amorce par aspiration à l’aide d’un tube e^g, soudé parallèlement à la plus longuebranche&, c; mais il porte à sa partie supérieure une boule^, qui empêche le liquide qui s’élève du réservoir pq d’arriver immédiatement à la bouche.
- Yotre Comité des arts chimiques est d’avis de faire connaître, par la voie du Bulletin, la description des quatre variétés de siphon dont il vient d’être fait mention, tant en raison de leur utilité réelle, que pour donner à M. Collardeau un témoignage de l’intérêt que vous portez à la prospérité de son établissement, qui est signalé depuis long-temps à la bienveillance Trente-deuxième année. Novembre 1853. 5a
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- des industriels et des savans par la perfection des instrumens qu’on y confectionne.
- Approuvé en séance, le 17 octobre i832. Signé Bussy, rapporteur.
- Rapport à M. le directeur général des ponts et chaussées et des mines ^ sur la conduite des fourneaux a l’air chaud ; par M. E. Gueymard, ingénieur en chef des mines (1).
- Je ne rappellerai pas la révolution que la France vit naître dans la métallurgie du fer, par rintroduction d’une plus grande masse d’air dans les hauts-fourneaux, en remplaçant des machines défectueuses par les souffleries à pistons. Une autre révolution, non moins importante que la première, vient d’assurer au domaine de l’industrie des résultats inattendus. Les premières expériences, en France, viennent d’ètre faites à Vienne (Isère), au haut-fourneau du faubourg Pont-Evêque, et je m’empresse de les consigner dans un rapport officiel. C’est à l’Ecosse que nous sommes redevables du procédé important de l’air chaud, introduit pour la première fois dans l’usine deClyde(2). Cette brillante découverte doit être considérée comme l’apogée de la gloire et de la perfection de l’art métallurgique.
- Pour apprécier justement toute l’étendue de cette innovation, il convient d’exposer l’état passé de l’usine devienne, pour faire le parallèle avec sa nouvelle position.
- Le haut-fourneau se trouve sur la rive gauche de la Gire, dans le faubourg Pont-Évêque, à trente minutes de distance du Rhône.
- La puissance motrice est l’eau de celte rivière , appliquée à une roue hydraulique, ayant 10 pieds de diamètre et 10 pieds de large.
- Deux manivelles font mouvoir, à l’aide de leviers, les deux pistons de la machine soufflante. Les cylindres sont à double effet. Les pistons ont [\ pieds de diamètre, et la course de la tige est de 3 pieds 6 pouces.
- Cette machine est estimée de la force de vingt-quatre chevaux, dont deux pour monter les ininérais et les charbons au gueulard, et vingt-deux pour la soufflerie.
- En 1828, on chargeait au gueulard 200 kilogr. cote, provenant des mines de houille de Rive-de-Gier; 75 kilog. de minérai en grain de la Haute-Saône, et 100 kilog. de celui de la Voulte(Ardèche); enfin y5 kilog. castine.
- Le coke était cassé en morceaux ordinaires avant d’être chargé au gueulard et passé à une grille pour séparer le fraisil.
- On faisait de seize à dix-huit chargemens par poste de huit heures, ou de cinquante à cinquante-deux par jour.
- j j ( j,) .Extrait du tome IV, 3e série, des Annalcs'des Mines.
- (2) Voyez Bulletin de la Société d’Encouragement, mars i833, p.
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- Le vent était introduit par deux tuyères "à eau. Les buses avaient 21 lignes de diamètre au commencement du fondage, mais on augmentait successivement ce diamètre au furet à mesure que le fourneau s’agrandissait dans le bas, et souvent à la mise-hors, il était porté à 5o lignes.
- On produisait avec les chargemens précités 3,5oo kilog. de fonte grise , douce et bonne pour les moulages. On aurait pu produire davantage avec des fontes destinées seulement pour faire du fer.
- La dépense totale du combustible, depuis la mise en feu jusqu’à la mise-hors, était de 275 kilog. pour 100 kilog. fonte, et la pression du vent de 3 pouces 6 lignes.
- J’ai donné les chiffres de 1828, qui élaient très exacts; toutefois, je ferai remarquer que jusqu’à ce jour il y a eu peu de variation. Dans le dernier fondage, la moyenne, pour la consommation du combustible, a été de 270.
- Si on remontait à l’origine de l’établissement, en 1820,011 trouve jusqu’à i85o que le chiffre du combustible est de 3oq.
- Passons maintenant à la description de l’appareil à chauffer l’air du hautfourneau.
- Des tuyaux en fonte de 9 pouces de diamètre sont placés à la hauteur de ini,5 au dessus de l’aire du fourneau, autour de la masse, ayant une longueur de 70 pieds de développement. On a établi une maçonnerie en briques autour de ces tuyaux, laissant un vide pour le passage de la flamme et du gaz. On a construit un four à réverbère près du régulateur et deux autres près des tuyères. Ces trois fourneaux sont tellement espacés, que l’air qui traverse ces 7a pieds de tuyaux doit avoir la même température vers chacune des deux tuyères. D’après cette légère esquisse, on sent que chaque emplacement d’usine doit présenter des variations pour les dispositions de ees tuyaux autour de la masse des fourneaux, en raison des espaces disponibles pour développer l’appareil.
- Les tuyaux employés à Vienne ont 5 pieds de longueur et 9 lignes d’épaisseur : ils sont à brides.
- Les brides sont mi-polies et réunies par une rondelle de fer, avec des vis et des écrous. Après la pose, on bat extérieurement les rondelles pour empêcher toute fuite d’air.
- On a placé aussi quelques compensateurs. Ce sont des tuyaux à emboîtement, l’un ayant un bout mâle et l’autre un bout femelle; on les a tournés et forés de manière à ce qu’ils s’emboîtent à frottement dur. Il eût mieux valu, à mon avis, pour la compensation , employer des tuyaux à bout mâle , et les .réunir, par un manchon à frottement dur.
- Les tuyaux.de l’appareil sont supportés sur des rouleaux en fonte quiperr-
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- mettent encore des mouvemens occasionés parla dilatation ou par la contraction. C’est encore une espèce de compensation pour éviter toute rupture ou écartement dans les tuyaux.
- Une seule cheminée de 5o pieds de hauteur sert pour le tirage des trois fourneaux à réverbère qui chauffent les tuyaux de l’appareil. Elle doit être disposée de telle manière, que le vent vers les deux tuyères ait la mêrrje température.
- Les fours à réverbère sont alimentés à Vienne par la houille menue de Rive-de-Gier ; ils consomment par vingt-quatre heures de 22 à 24 hectolitres, pesant l’un 78 liilog.
- La maçonnerie qui enveloppe les tuyaux de l’appareil ne laisse pas un assez grand espace pour le passage de la fumée et du gaz : cette maçonnerie n’est pas assez épaisse, et il y a une grande déperdition de chaleur. En faisant des corrections à cette construction quand il en sera temps, on réduira la consommation de la houille, je n’en doute pas, à 18 hectolitres par jour.
- Les tuyaux de l’appareil sont chauffés, près de l’autel des fours à réverbère, à la couleur du rouge cerise. L’air, en entrant dans le haut-fourneau, doit avoir la température du plomb fondu. On laisse à cet effet une petite ouverture sous les tuyaux, près des buses, et l’ouvrier y introduit un fil de plomb; s’il ne fond pas, le chauffeur élève la température des fours à réverbère.
- J’ai pris à tâche de faire des observations sur tous les élémens de l’appareil, lorsqu’il laisse quelque chose à l’arbitraire.
- La différence du traitement de l’air froid à l’air élevé, à la température du plomb fondu, est immense pour la consommation du combustible et la production de la fonte dans un temps donné. Si l’air vers les buses diminue de 5o, 100, 1 5o degrés centigrades, à l’instant il y aura des changemens dans l’allure du fourneau qui pourront le compromettre. La couleur cerise du tuyau et la dépense de 22 à 24 hectolitres sont les seuls guides des employés.
- Je propose un pyromètre placé vers chaque buse, de manière à ce que l’ouvrier puisse lire sur cet instrument, comme il le fait sur le manomètre. Ce pyromètre consisterait en une tige de fer assujettie dans le tuyau, agissant à l’extrémité d’une aiguille qui décrirait un arc de cercle, par la dilatation ou la contraction de la tige. Sur cet arc on indiquerait les degrés centigrades par 5o à la fois, depuis zéro jusqu’à la température du plomb fondu.
- Les tuyaux de l’appareil vers les fours à réverbère, exposés à recevoir quelque coup de feu qui pourrait les fendre et les fondre, sont enveloppés
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- avec une couche d’argile réfractaire. Je ferai remarquer que cette argile peut se détacher, et que si, par la maladresse, d’un ouvrier, il arrivait un accident aux; tuyaux , on pourrait courir quelque risque d’engorger le hautfourneau avant d’avoir pu faire les réparations convenables. Dans les appareils que nous allons faire construire pour les fourneaux de l’arrondissement de Grenoble, nous placerons un demi-manchon vers la partie du tuyau qui est le plus exposée au feu, avec un lit de terre réfractaire entre le tuyau et le manchon. Avec cette double garantie, nous serons sans inquiétude.
- L’appareil, ainsi construit, a fonctionné du 25 septembre au 6 octobre; mais un accident, arrivé à l’un des tuyaux , a forcé le propriétaire de l’établissement à remettre le fourneau à l’air froid. À cette époque, ioo de fonte exigeaient 170 de coke.
- Les réparations terminées, on a recommencé avec l’air chaud le 23 octobre : on a introduit, comme pour la première fois, l’air à la température du plomb fondu, avec une pression de 3 pouces 6 lignes; les buses avaient 24 lignes de diamètre, tandis qu’à l’air froid elles n’avaient que 21. Aussitôt que l’air chaud a été introduit, on a bouché avec la terre réfractaire toutes les issues vers les buses, et on a conduit le fourneau, dès ce moment, sans le concours des tuyères.
- Je crois que l’on s’expose à quelque danger en remplaçant immédiatement l’air froid par l’air à la température du plomb fondu. Le fourneau a été un peu endommagé vers les tuyères et vers la tympe. Le creuset n’a aucune avarie, ni même le dessus de l’ouvrage.et les étalages.
- Pour les fourneaux de l’arrondissement de Grenoble, je ferai introduire de l’air à 100 degrés centigrades, et lorsque l’allure sera régulière, je passerai
- à 200, à 3oo...., jusqu’à la température du plomb fondu. J’aurai, par ce
- moyen, étudié et obtenu le chiffre correspondant à chaque température pour la consommation du charbon. D’après cet exposé, on voit qu’il n’y a eu à l’air chaud que le changement dans l’augmentation du diamètre des buses.
- Je passe aux changemens du gueulard et aux produits.
- En 1828, on chargeait :
- 200 kilog. coke,
- 1 kilog. minerai,
- ^5 kilog. casline.
- En 183a , la charge à l’air froid était de : :
- 232 kilog. coke,
- 200 kilog. minerai, \
- 5o kilog. casline.1
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- En 183 2,, la charge à l’air chaud se -compose dè; : f îL.-Fb ; J):-. ;
- i . , : 23 a kilog. coke, 1 (‘J ' ' ‘ .-j: ; . -a
- ; '3oo kilog. minera^, \ Fontes traitées blaisches.. : '
- r 5.o. kilog. ciistine. j ; : / . rr. . i
- 282 kilogi coke, j « - ^
- 287 kilog.. minerai, j Fontes grises pour, moulages.
- 58 kilog. castine. ) .
- Du iS novembre au 17, dans l’espace cle quatre jours etdemi,-on a obtenu 2,1,411 kilog. fonte avec i/p chargemens ; ce qui porte la consommation du coke à 1 54 pour 100 de fonte.
- La dépense pour l’appareil s’est élevée à 7,72.5 kilog. houille menue, représentant 3,862 kilog. de coke ( 36 kilog. de houille pour 100 kilog. dé font e, ou 18 kilog. de coke pour la même quantité ).
- On aurait donc produit par vingt-quatre heures 4?7 58 kilog. dè fonte.
- ' La journée du î 7 au 18 novembre a donné : ' 1
- > 5,984 kil. de fonte traitée blanche, avecune consommation de 7,888 kil. de coke. On a fait 34chargemens : la charge do rainérai avaitété portée à 3^5 kil.
- Au 21 octobre, et à l’air froid, on produisait 3,55o kilog. de fonte avec 9,048 kilog. de coke.
- Il résulte de cet exposé : ’
- i°. Que 100 kilog. de fonte traitée à l’air froid ont consommé 25o kilog. 87 de coke ; ^
- 20. Que 100 kilog. de fonte traitée avec l’air chaud à la température du plomb fondu1 ont exigé 15i kilog. 82 de coke.
- Déplus, l’appareil a consommé 2.3 hectolitres de houille; ce qui fait 1,726 kilog., représentant 862 de coke.
- 100 de fonte ont donc exigé i4,42 de coke (ou son équivalent en houille) pour chauffer l’air froid. La consommation totale, pour 100 kilog. de fonte à l’air chaud, est donc de 146,24 de coke, et l’économie de 1 o8,65 pour roo de fonte. ’ ’
- Ces résultats, extraits des registres du haut-fourneau et des notes que j’ai prises pendant mon séjour à Vienne, sont on ne peut plus satisfaisans. O11 remarquera peut-être qu’il n’y a pas une grande régularité dans les expériences faites à des jours très rapprochés; mais qu’on me permette à mon tour de faire remarquer que le fourneau 11e marche que depuis quelques jours; que les mélanges pour la fonte à.fer et la fonte moulée ont été introduits brusquement; qu’il a fallu réparer les pierres de tuyères, la tympe, etc.; et alors les métallurgistes ne seront pas étonnés de ces variations, qui n’altèrent pas le fond de la découverte. “
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- • .‘Depuis* quelques jours on avait cl iiTïi’nué'la pression du Vent, sans changer le diamètre des buses; Cette pression n’était plus quelle 2 pouces 3 lignes, au lieu de 3 pouces 6 lignes; c’est avec cette pression que l’on a obtenu les résultats consignés dans ce rapport, depuis le i3 novembre. Je n’ai pas vu 'moi-même marcher le fourneau avec 3 pouces 6 lignes de pression.
- Une remarque importante encore, c’est l’économie de la castine, puisque, pour les chiffres 287, 3oo, 325 de minerai,' on n’en consomme pas davantage que pour 200 : on gagne donc 20 kilog. de castine par chargement, oy. la moitié de celle qui était employée à l’air froid. Les laitiers ont changé de suite dès qu’on a introduit l’air chaud : ils ressemblent parfaitement à ceux qu’on obtient dans les hauts-fourneaux au charbon de bois, et s’en rapprochent par les analyses. C’est une‘suite inévitable des proportions de la silice. ' f
- Les expériences que nous venons de rapporter assurent un succès complet pour tous les fourneaux qui seront conduits au coke. Mais les chiffres qui -expriment le rapport de la dépense à l’air froid et à l’âir chaud seront-ils constans? Toutes les expériences faites en Écosse et en Angleterre indiquent une économie des f- du combustible,et ici nous avons obtenu plus des f. S’il m’était permis de hasarder mon opinion, je croirais que ce rapport ne peut être constant, et que la plus grande économie se fera dans les fourneaux, quifont la plus grande consommation à l’air froid, toutes choses étant égales. Les usines qui ont presque atteint leurs limites pour la consommation, en -raison des formes des fourneaux et du soin des directeurs, 11e donneront pas autant d’économie; mais encore si mes prévisions se réalisaient, quand on n’économiserait que ^ du combustible, cette découverte n’en serait pas tmoins encore très précieuse.
- Les propriétaires du brevet d’importation, MM. Taylor, de Lémont et Beugoa, ont eu l’obligeance de me communiquer tous les renseigne^ mens qu’ils ont apportés de la Grande-Bretagne. Le procédé de l’air chaud a été appliqué aux cubilots ou fourneaux à la TVilkinsoli, avec des avantages plus grands qu’aux hauts-fourneaux, puisque l’économie est de f. Le -procédé est très simple. On place au dessus de la flamme du cubilot deux lentilles percées, communiquant avec des tuyaux verticaux; la flamme perdue chauffe cet appareil. L’air froid arrive alans la lentille supérieure, passe par les tuyaux verticaux, parcourt la seconde lentille, et de là, par d’autres tuyaux placés le long du fourneau, il arrive aux tuyères.
- On a fait aussi l’application de l’air chaud à la forge du maréchal, et les succès ont été satisfaisans.
- Avec les élémens connus, je suis convaincu, dès ce moment, que les four-
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- neaux au charbon de bois, que les forges à fer et à acier au charbon de bois, sont appelés à jouir des mêmes avantages, ainsi qu’une partie du traitement du cuivre et des matières auro-argentifères du commerce, que l’on traite dans les,fourneaux-à manche.
- Les usines qui seront construites à l’air chaud auront-elles une existence aussi longue que celles à l’air froid, depuis la mise à feu jusqu’à la mise-hors? Les renseignemens arrivés de l’Ecosse et de l’Angleterre ne- laissent aucune inquiétude et concourent à établir que les dégradations dans]| les fourneaux ne sont pas plus fréquentes. Si j’ai néanmoins quelques craintes à cet égard, il faut les attribuer en partie aux impressions que m’ont laissées celles du haut-fourneau de Vienne, et qui ne sont vraisemblablement que la brusquerie, soit de l’air chaud, soit du changement subit des mélanges, de la pression, etc., etc.
- Les avantages des combustibles ne sont pas les seuls. La qualité des fontes change d’une manière sensible dès l’instant que l’air chaud est introduit. Ces résultats ont été obtenus partout dans la Grande-Bretagne, et je puis confirmer l’exactitude des faits dans les produits de l’usine de Vienne.
- ' Cette découverte semble déjà ne plus rencontrer de limites dans f’ses applications.
- L’anthracite, les houilles sèches ou très peu bitumineuses (qui ne décrépitent pas) , le bois sec, peut-être, pourront être employés à la fusion du minérai de fer.
- Dans l’appareil de chauffage on pourra brûler toutes sortes de combustibles, comme houille menue, même pyrileuse, anthracite, houille sèche, lignites de toute espèce, mauvais bois, fagots, etc., etc.
- Considérée sous le point de vue des forêts, cette question est du plus haut intérêt; les bois sont très rares sur tous les points du royaume. Partout la pénurie se fait sentir de plus en plus, et rien ne présage un meilleur avenir : hâtons-nous de propager cette découverte sur tous les ateliers de la France. Si la fabrication reste la même, nous verrons nos forêts s’agrandir et s’étendre sur les terrains frappés de stérilité; si la fabrication augmente, les produits diminueront de prix, et alors leur application dans les arts prendra un développement plus grand.
- Fonderies et forges de Vienne, le 20 novembre i832.
- Signé Gueymard.
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- Extrait dune Notice sur Tappareil servant a chauffer le vent qui alimente les hauts-fourneaux de la fonderie royale de FF as serai fin gen (royaume de Wurtemberg) • par M. Yoltz , ingénieur en chef des mines(i).
- L’usine de Wasseralfingen, composée de deux hauts-fourneaux placés au milieu d’un vaste atelier de moulage et de plusieurs autres ateliers accessoires, est située sur le Koclier, à une demi-lieue de la petite ville d’Aalen , et à 16 lieues de Stuttgard.
- Les deux fourneaux de cet établissement portent les noms de Wilhelm et de Frédéric; le premier a marché au vent froid jusqu’au id mai 1833 ; le second a marché au vent chaud depuis le mois de décembre i852. Ils livrent au commerce principalement des fontes moulées, qui sont fort estimées. Leur hauteur est deg’^iB; ils ont chacun 2 tuyères et marchent au charbon de bois. Le diamètre du gueulard est de im,435. L’intérieur est rond jusqu’aux étalages : le plus grand diamètre du ventre est de 2m,44-Au fourneau-Wilhelm, l’ouvrage a dans le haut un diamètre de om,646; au niveau des tuyères, le diamètre est de ©“,267 ; la hauteur de l’ouvrage est de im,455.
- On traite dans ces fourneaux un mélange de minérai, composé d’une partie de mine pisiforme, de 4 parties de mine en roche, qui est une oolithe ferrugineuse, à grains très fins. Ce minérai est très semblable au minérai en roche de Hayange (Moselle). Le mélange rend moyennement environ 3i,5o pour 100 de fonte. Jusqu’à ces derniers temps, le fourneau-Frédéric consommait, sur 100 livres de fonte termemoyen, i851iv. de charbon ; savoir, 9,87 pieds cubes de charbon de hêtre, pesant 10 liv., l’un, et i3,i3 pieds cubes de charbon de sapin de mauvaise qualité, pesant 6 livres ± l’un; c’est la moyenne du précédent fondage, qui a duré deux cent sept semaines. Le fourneau- Wilhelm consommait ordinairement un peu moins; la moyenne du dernier fondage de deux cent quarante-deux semaines a été de 176 liv. ± de charbon par 100 livres de fonte.
- Description de Vappareil servant a chauffer le vent qui alimente le fourneau-Wilhelm.
- Fig. 1, Pl. 566. Coupe verticale et longitudinale de l’appareil, prise sur la ligne À B du plan.
- Fig. 2. Plan du même.
- Fig. 3. Coupe transversale sur la ligne C D du plan ^montrant la disposition des tuyaux et de leurs genoux.
- (1) Annales des mines, 3e série, tome IY.
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- Fig. 4- Coupe horizontale, prise au niveau de la ligne E F de la fîg. 3. v
- Les mêmes lettres désignent les mêmes objets dans toutes les figures.
- A, Partie supérieure du fourneau.
- P, Gueulard.
- C, Doublure en fonte formant le revêtement de l’embrasure, destinée au
- passage de la partie de la flamme du gueulard qui est employée au chauffage du vent. .
- D, Aile de la pièce C, servant à fixer celle-ci dans la maçonnerie du gueulard.
- E, Sol du jour où le vent est chauffé.
- F, Mur de devant du four.
- G, Deux murs formant les parois latérales et intérieures du four; ils supportent les tuyaux R , où le vent est chauffé.
- H, Intérieur du four renfermant les tuyaux R, et recevant par l’embrasure C une partie delà flamme du gueulard, laquelle s’échappe ensuite par la cheminée Q.
- I, Plaques en fonte sur lesquelles reposent les tuyaux R.
- K, Tuyaux en fonte où l’air est chauffé; ils ont om, 178 de diamètre intérieur, et om,201 de diamètre extérieur. Ces tuyaux sont au nombre de 16; le vent les parcourt dans l’ordre de leurs numéros. Il passe par les doubles genoux M, pour aller d’un tuyau à l’autre; il entre et il sort du côté du mur G. L’air froid entre par le n° 1 ; l’air chauffé sort par le n° j 6.
- L, Collets ou renflemens des extrémités des tuyaux R; ils reçoivent les genoux M Le vide entre L et M, de i5 millimètres environ, est rempli d’un mastic particulier.
- M, Genoux ou tuyaux courbes en fonte, qui entrent dans les collets L des tuyaux R, et sont fixés par le moyen des vis de pression a, fîg. 1.
- N, Mur de revêtement qui ferme complètement l’espace des genoux M.
- O, Espace entre les murs G et N, que l’on remplit de débris de briques.et autres matières peu conductrices de la chaleur. On voit que les joints des genoux avec les tuyaux R ne sont pas exposés à une chaleur aussi forte que ces derniers.
- P, Plaque en fonte recouverte d’une faible épaisseur de maçonnerie b, fermant le haut du four.
- Q, Cheminée par où sort la flamme entrée par C.
- R, Plaque en fonte, avec un renflement à l’entour de l’orifice de la cheminée, sur lequel 011 peut appliquer le couvercle S.
- S, Couvercle ou obturateur de la cheminée suspendu à un levier c, et que l en peut fermer ou ouvrir plus ou moins au moyen de la tringle d.
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- T, Portes ou coulisses au moyen desquelles on peut fermer ou ouvrir plus ou moins l’entrée du foui' en G.
- 'Y, Ouvertures latérales par lesquelles les coulisses T entrent dans le four. Ces ouvertures sont plus larges que les portes, en sorte qu’il reste un espace de 5 centimètres environ de largeur, par lequel l’air pénètre dans le four, afin d’opérer la combustion du gaz carboné, ce qui augmente considérablement la chaleur.
- W, Ouverture supérieure du four.
- X, Portes postérieures du four.
- Le courant du gueulard dépose beaucoup de poussière sur les tuyaux K, x et l’on est obligé de les balayer deux à trois fois par semaine, autrement ils ne se chauffent plus convenablement. C’est par les ouvertures W et X que l’on opère ce balayage.
- Y, Porte par laquelle on retire cette poussière.
- Observations.
- A la sortie, du tuyau n° 16, qui est encore prolongé de 2 pieds environ, le vent est conduit par un genou jusqu’au sol de la plate-forme du fourneau , et là il se bifurque; l’une des branches tourne à droite pour se rendre à la tuyère de droite en faisant plusieurs coudes, l’autre se rend à la tuyère de gauche. » .
- Toute la partie des tuyaux placée sur la plate-forme est entourée d’un corps de maçonnerie ayant environ r pK 7 de diamètre. Les parties qui descendent aux tuyères sont placées à l’extérieur du massif de maçonnerie du fourneau et entourées de manchons carrés en planches de 1 5o de côté, dont l’extérieur est rempli de matières peu conductrices de la chaleur.
- L’assemblage de ces tuyaux se fait au moyen du mastic dont il a été question, et d’anneaux en cuivre très tendre.
- Le mastic est composé de limaille de fer pétrie d’argile grasse et réfractaire, dont la proportion est tout juste celle nécessaire pour donner du liant à la pâte ; le mélange est humecté avec du vinaigre en telle proportion, que la pâte prend une consistance épaisse. Ce mastic est excellent, il durcit promptement, n’est pas sujet à se gercer, et est parfaitement inaltérable à une grande chaleur.
- : Les joints des tuyaux conducteurs du vent sont munis de brides qu’on •-assemble au moyen de vis; on place en même temps un anneau de cuivre de 12 millimètres d’épaisseur entre les deux brides et les vis. Eu serrant fortement les écrous, le cuivre s’aplatit entre les brides, et forme une fermeture hermétique. On a soin ensuite de recouvrir le tout de mastic et
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- d’en former un bourrelet tout à l’entour du joint des deux tuyaux, ainsi qu’à l’entour des boulons et des écrous des vis.
- Ce four est tout à fait semblable à celui du fourneau de Frédéric, où le ventprend «me température de i65à 210° Rèaumur, sans queles tuyaux soient chauffés au delà du rouge cerise faible. La longueur totale des parties de ces tuyaux exposée au feu du four est de 65 ri- 60 = i8m> 75, la longueur partielle de chaque tuyau entre les murs GG (fig. 3) du four étant de 4 pl*0 = im> 18. Toute la disposition de cet appareil est si bien entendue, qu’il n’est guère sujet à se détériorer par l’action du feu, et que celui du fourneau Frédéric, qui est en activité depuis vingt-trois semaines, 11’a montré encore aucune détérioration, nu perte de vent jusqu’à ce jour ( 16 mars i833)-La dilatation des tuyaux par la chaleur n’a causé aucun embarras, sans doute, parce que d’une part la température n’y est pas excessivement élevée, et que d’autre part ils ont un peu de jeu dans les massifs de maçonnerie qui les entourent, ainsi que dans les manchons de bois qui les renferment. • »
- Au moment où l’on a commencé à chauffer le vent, c’était dans la septième semaine du fondage, le fourneau consommait 174 livres de charbon par 100 livres de fonte, ainsi que cela était souvént arrivé dans les campagnes précédentes; et cette proportion n’était que peu au dessous de la moyenne générale. La température du vent ne s’élevait dans les premiers temps qu’à 120° Rèaumur ; l’on était cependant arrivé, pendant la seconde semaine de l’emploi du vent chaud, à ne faire qu’une consommation en charbon de 137 livres par 100 livres de fonte, puis elle est descendue à 120 livres. Cette consommation a diminué à mesure que la température du vent à été portée plus haut; aujourd’hui la température varie de i65à 210 degrés Rèaumur, et la consommation moyenne est de 11 3 livres de charbon par 100 livres de fonte, c’est à dire à o,643 de ce qu’elle était au moment où l’on a donné le vent chaud, et 0,611 de la consommation moyenne de la campagne précédente du ionmeau-Frédéric. ‘
- Relativement à celle-ci, la température du vent n’est pas le seul élément qui ait varié dans ce nouveau fondage, puisque l’on a fait deux autres chan-gemens encore, l’un dans la construction de l’ouvrage et des étalages, l’autre dans le volume de la charge. Les étalages avaient anciennement une inclinaison de 45°, laquelle a . été portée à 6o°; en même temps l’ouvrage a été élargi de 2 à 3 pouces et sa hauteur a été diminuée de 6 pouces ; en outre, la grandeur des charges a été augmentée; de 22 ^'87 cubes de charbon , elle a été portée à 31 pi' 22 cubes, et la charge de minérai a été augmentée d’abord dans la même proportion , mais on a pu ensuite l’aug-
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- menter encore très promptement; elle était en premier lieu de 70 liv.go, et aujourd’hui elle est, terme moyen, de 1 02 livres. L’augmentation du volume des charges a eu pour but de rendre les charges moins fréquentes, afin de tenir l’entrée de l’embrasure G entièrement libre pendant des intervalles plus longs, parce qu’au moment des charges cette entrée est toujours un peu embarrassée, ce qui nuit au chauffage du vent.
- Il est évident que ce ne sont pas ces changemens qui ont produit une différence si considérable dans la consommation en charbon.D’ailleurs, comme on l’a déjà vu, le fourneau avait marché pendant six semaines à l’air froid, et ses consommations et produits, pendant les quatrième et cinquième semaines, étaient tels qu’on les avait souvent vus anciennement; mais ils se sont améliorés presque subitement dès qu’on adonné le vent chaud.
- En même temps qu’on a donné le vent chaud, il a fallu augmenter la levée de la pâlie. Le manomètre indiquait anciennement une hauteur de 11 pouces = om,3i6 d’eau environ pour la pression du vent froid ; pour la pression du vent chaud, il indique celle de 14 pouces om,4o d’eau. La consommation par semaine en charbon n’a guère varié par le vent chaud; mais le produit en fonte, qui s’élevait à 527 quintaux pendant la sixième semaine du fondage, s’est élevé, dès la huitième, à 676 quintaux; à la neuvième elle était de 725, et depuis que la température du vent dépasse constamment i65 degrés, elle est , terme moyen, de 734 quintaux = 35y quintaux mé-triqu es parsemaine.
- L’allure du fourneau a été de beaucoup améliorée; aussi la fonte est plus propre aux mélanges, elle prend des empreintes plus nettes; car il ne se forme plus de graphite, bien qu’elle soit très carbonée. La marche du fourneau est plus régulière, les scories sont en général mieux vitrifiées et plus fluides.
- Ces beaux résultats ont engagé l’Administration royale à employer le même procédé au fourneau de Wilhelm, qui est en feu depuis quatre-vingt-deux semaines. Il a fallu un mois de temps pour construire le four et tout ce que comprend l’appareil destiné à chauffer le vent.
- Le j 5 mai i353, à quatre heures du soir, le vent a cessé d’arriver au fourneau à l’état froid, et on l’a fait passer dans l’appareil destiné à le chauffer. La charge a été poussée à 23 pieds cubes de charbon, et 77,5o de miné-rai, ce qui correspondait, quant à la proportion, exactement aux petites charges telles qu’on les avait faites ce jour encore avec le vent froid. Les roues de la machine soufflante faisaient alors sept tours par minute; le manomètre de Wilhelm marquait ipio5. Les scories n’étaient pas bien vitrifiées et avaient une couleur vert foncé, la fonte tirait sur le blanc; tout indiquait qu’on était dans le cas de diminuer la charge en minérai. A cinq heures le
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- manomètre marquait i pl 4o, les roues ne faisaient plus six tours par minute, et le thermomètre du vent manquait 78 degrés; les deux, tuyères étaient devenues plus éclatantes et les matières plus fluides.. > .• :
- , Le lendemain matin, la fonte était grise et excessivement chargée de graphite, circonstance qui, dans le fondage avec un vent chaud, semble indiquer une charge beaucoup trop faible en minerai;, elle ne s’était jamais montrée|encore au Frédéric> et disparaîtra évidemment dès que cette charge sera convenablement augmentée; les scories étaient parfaitement vitrifiées et avaient la couleur gris violâtre, qui indique la meilleure allure du fourneau, et permet d’augmenter notablement la charge en minérai, laquelle a été portée dès lors à 80 livres. La température du vent était alors de 165 degrés. Le surlendemain, à cinq heures du matin, au moment de mon.départ, l’état de la fonte et des scories était encore le meme, et la charge en minérai a été portée à 85 livres. , , .
- Les tuyères de Wilhelm sont en grès siliceux, très pur, à grains fins. Celles du Frédéric sont en cuivre et creuses; on les rafraîchit par un courant d’eau qui passe dans leur cavité intérieure. Les tuyères du Wilhelm demanderontsans doute de fréquentes réparations; mais avec de bonne argile réfractaire cela se fera sans inconvéniens majeurs; on en a l’expérience aux fourneaux de Hausen et d’Albruclt, qui appartiennent au grand-duc de Bade, et où l’on vient de faire, avec un grand avantage, un fondage au vent chaud, de quatorze mois. ;
- ARTS ÉCONOMIQUES.
- Rapport fait par M. Pèclet, au nom du Comité des arts économiquessur un nouveau régulateur du feu^ et sur un appareil culinaire duquel ce régulateur est appliqué, imaginé par M. Sorel, passage Choiseul, n 47 , à Paris.
- Dans un grand nombre de circonstances, -il est nécessaire de maintenir un corps à une température donnée. Cette question a été résolue dans quelques cas particuliers, en modifiant la.grandeur de l’orifice qui donnait Saccès à l’air dans le foyer, par un mouvement provenant de la dilatation d’un corps solide ou liquide, échauffé par le corps même dont on voulait maintenir la température à une limite fixe. C’est sur ce principe qu’ont été construits le grand appareil d’incubation de Bonnemain et le petit couvoir dp M. Lemare. Dans ces différens appareils, les variations de l’orifice d’introduction de l’air ont produit l’effet qu’on, en attendait ; mais em général , ces
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- régulateurs ont présenté une complication et un défaut de précision quf rendent ces appareils imparfaits. • • . ' '
- Pour en concevoir la raison , examinons successivement les régulateurs à corps solides et à liquides. ;
- Dans les premiers, le mouvement résulte de l’inégale dilatation de deux barres métalliques, et comme l’effet doit être produit par une variation d’un petit nombre de degrés de chaleur, il a fallu augmenter par des leviers le très petit mouvement qui résulte de la variation de longueur des deux barres; mais alors la flexion des leviers et le jeu des axes de rotation produisent nécessairement beaucoup d’irrégularité et d’incertitude dans la marche du registre.
- Dans les régulateurs à liquide^, il faudrait, ou employer un piston qui serait mis en mouvement par la dilatation, et dont le mouvement se transmettrait au registre par l’intermédiaire de leviers, ou employer de grandes masses liquides dont la dilatation agirait directement sur le registre. Dans le premier cas, on rencontre tous les inconvénients des régulateurs à corps solides et plus de complication encore; dans le second, le liquide ayant un très grand volume ne peut pas prendre instantanément la température du corps, qui peut alors varier dans des limites plus grandes que dans le premier cas ; à moins, cependant, que le liquide régulateur ne serve d’intermédiaire pour échauffer le corps : c’est le cas du cou-voir de M. Lemare; mais ce n’est que dans des circonstances bien bornées que cette circonstance peut être réalisée.
- On voit donc qu’en général les régulateurs fondés sur la dilatation présentent beaucoup de complication, d’embarras et peu de précision; et on ne doit pas être étonné, si jusqu’ici on en a fait si peu d’usage.
- Pour qu’un régulateur fût réellement utile , et pour qu’on pût l’employer dans les différentes circonstances qui le réclament, il devrait satisfaire à ces deux conditions : i° à la température fixée produire un mouvement instantané d’une certaine étendue et avec une force suffisante pour vaincre l’inertie du registre; 2° être d’une grande simplicité.
- M. Sorel est parvenu à remplir ces conditions d’une manière très ingénieuse. Le principe dont il s’est servi ne repose point sur la dilatation; les appareils sont même toujours disposés de manière à ren.dre sensiblement nul l’effet qu’elle produit. Il s’appuie sur ce principe de physique bien cônnu : si un liquide remplissant exactement une cloche qui repose par sa partie inférieure dans un bain est graduellement échauffé, il 11e produit de vapeurs qu’à la température de son ébullition, température qui varie pour le même liquide avec la pression qu’il supporte. Voici maintenant de
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- quelle manière M. Sorel emploie ce principe pour produire un mouvement instantané à la température fixée. - • * vh \ '
- Concevons un siphon renversé, dont les deux branches sont verticales, la plus grande ouverte et la plus petite fermée. Supposons la branche la plus courte pleine d’eau, et la branche la plus longue contenant du meme liquide à la même hauteur, et admettons pour plus de simplicité que l’eau soit privée d’air. En .échauffant la petite branche du siphon, l’eau se dilatera, l’effet de la dilatation se portera dans la longue branche, et si la colonne d’eau échauffée n’est pas très grande l’effet sera peu sensible; mais quand la température sera arrivée à ioo degrés, une partie du liquide se réduira instantanément en vapeur, et le liquide sera refoulé dans la branche ouverte. Alors la vapeur sera pressée par l’atmosphère et par la colonne d’eau soulevée; et pour que la vapeur se maintienne, il faudra nécessairement que la. température s’élève au dessus de ioo degrés, d’une certaine quantité qui dépendra de l’accroissement de pression. Par exemple, pour que l’eau s’élève de io centimètres par le développement de la vapeur, il est facile de trouver que l’accroissement de température devra être d’un quart de degré. Cela posé, si sur l’eau de la branche ouverte se trouve un flotteur lié par des poulies fixes au registre du fourneau qui chauffe le liquide, et si l’orifice d’accès de l’air n’a que io centimètres de hauteur, il est évident qu’à ioo°,25 le registre sera complètement fermé, et que la combustion cessera; ainsi la température du corps ne pourra varier qu’entre ioo degrés et ioo°25. Si la température fixée était différente de 100 degrés, plus basse ou plus élevée, on pourrait employer : i° un liquide bouillant à la température fixée; 2° un liquide quelconque, soumis à une pression telle que la température de son ébullition fût celle qui est donnée. Le premier système pourrait quelquefois présenter des difficultés pour le choix des liquides et des vases qui devraient les contenir, et ne serait pas applicable aux basses températures ; le second serait applicable dans un bien plus grand nombre de ' cas; il le serait surtout facilement aux températures peu éloignées de ioo degrés, en se servant de l’eau ; car il suffirait de faire varier la hauteur de l’eau dans la branche ouverte du siphon, pour soumettre le liquide de la branche fermée à une pression plus grande ou plus petite que celle de l’atmosphère, et par conséquent pour élever ou abaisser la température de son ébullition. Mais si la température fixée était trop éloignée de 100 degrés, il faudrait pour éviter l’emploi d’une trop longue colonne d’eau, avoir recours au mercure ou à d’autres moyens.
- On verra facilement, d’après ce qui précède, que le principe que M. Sorel a eu, le premier, l’idée d’employer, peut être susceptible de nombreuses ap-
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- plications. Mai» ii y a loin <te ce principe* aux applications industrielles menie l<es plus simples ; car, dans chaque cas particulier, il y a une foule de conditions à remplir, qui rendent souvent très difficile l’usage des principes même les plus féconds. Aussi votre Comité n’aurait pas cru devoir vous en-, tretenir aussi longuement dé ces vues théoriques, si une application ne les sanctionnait.
- M. Sorela appliqué son régulateur à un appareil destiné à faire le pot-au-feu. Dans cet appareil, M. Sorel s’est proposé dé soumettre le liquide à une légère ébullition qui se maintienne d'elle-même, au même point, pendant huit heures et sans alimentation de combustible pendant cette durée. Cet appareil se compose d’un cylindre en tôle fermé par le bas, garni à une certaine hauteur d’une grille qui en occupe toute la section, et au dessous delà grille d’un orifice latéral, recouvert d’ùu registre mobile dans deux coulisses verticales. Un vase composé de deux cylindres concentriques se place dans le cylindre en tôle qui sert de fourneau; le cylindre intérieur sert à contenir l’eau et la viande; l'intervalle des deux cylindres, qui est hermétiquement fermé, contient l’eau qui sert de régulateur ; cette dernière capacité est garnie, à la partie supérieure, d’un orifice destiné à la remplir, et qui*. pendant que l’appareil fonctionne, doit rester fermé; elle communique, à une certaine hauteur, par un tube horizontal avec un large tube vertical , q.ui renferme le flotteur lié au registre* Pour se servir de l’appareil, on met du charbon sur la grille de manière à remplir complètement l’espace qui se ; trouve, en Ire la grille et la marmUe quand elle est en place; on jette sur le combustible quelques morceaux de charbons incandescens; on remplit d'eau l’enveloppé annulaire, que l’on ferme ensuite exactement ; on remplit la marmite, et après l’avoir posée dans le fourneau, on attache le registre au flotteur; bientôt l’ébullition se manifeste, et aussitôt que l’on a écutné, l’appareil doit être complètement abandonné à lui-même.
- Une expérience a été faite dans lé local de la Société, sur un appareil de petites di mensious ; et plusieurs membres du Comité se sont transportés dans un local où M. Sorel a monté un appareil destiné à faire 70 litres de, bouillon. Enfin, le rapporteur s’est servi d’un appareil de M. Sorel, pendant deux mois consécutifs, en l'abandonnant aux soins de sa cuisinière.
- Il résulte de toutes ces expériences que les appareils en question fcinction-nent ayee une..grande.fprécision, et que le,léger frémissement-nécessaire à la confection du bouillon se maintient de lui-même pendant toute la cuisson,
- sans accroissement jseusiblé^t sans interruption.i !
- Le prix du. combustible consommé est de quinze centimes pour un pot-au feu destiné à sept ou huit personnes. Nous ferons remarquer que, si le Trente-deuxieme année. Novembre i853. 54
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- fourneau en tôle était remplacé par un vase annulaire plein d’eau, la, consommation du combustible serait notablement diminuée, en même temps que l’effet, utile serait augmenté. , • - ^ '• . ' i ; : -
- D’après ce qui précède, votre Comité vous propose de remercier M. Sorel de sa communication , de l’engager à poursuivre les applications de son ingénieux régulateur, et d’ordonner l’insertion du présent rapport dans le Bulletin de la Société. . .
- Approuvé en séance, le 16 octobre i853.
- Signé Péclet, rapporteur.
- Extrait des procès-verbaux des séances du Conseil dadministration de la Société d’Encouragement.
- Séance du i3 novembre i833.
- Correspondance. M. le comte de Lasteyrie, l’un des vice-présidens de la Société, offre de lui céder en toute propriété une collection d’objets et d’ouvrages relatifs à l’économie industrielle , rurale et domestique, qu’il a recueillis dans ses voyages, et qui sont en ce moment déposés au collège des Grassins.
- Objets présentés. M. Lahausse, breveté d’invention pour un taille-crayon por-tatif, sollicite l’examen de cet instrument.
- Rapports des Comités. Au nom du jury chargé d’examiner les candidats pour l’École centrale des arts et manufactures, M. Francœur lit un rapport sur le concours qui avait été ouvert pour les quatre demi-bourses fondées par la Société dans celte Éeole.
- Sur vingt-deux candidats inscrits, douze seulement se sont présentés, et parmi ceux-ci sept, dont les noms suivent, ont été déclarés admissibles à l’Ecole, savoir : MM. Polonceau, Bois, Lehec, Priestley, Jullien, Duplantys et Teslelin.
- Le jury propose de présenter les quatre premiers comme devant jouir des demi-bourses que cet établissement pourrait accorder à des sujets d’élite. [Approuvé.J
- Au nom du Comité des arts mécaniques, M. Francœur lit un rapport sur les pendules et montres présentés par M. Henriot, et exécutés par les élèves de l’École d’horlogerie qu’il a fondée à Mâcon.
- Le Comité propose de faire connaître au public, par la voie du Bulletin, l’existence de cette École, et l’intérêt que la Société prend à cet utile établissement. [Approuvé.] JV
- . Au nom du même Comité, le même membre lit un rapport sur les jalousies mécaniques de M. Wolff. ; îi . :u- r - —
- Le Comité propose d’insérer le rapport dans le Bulletin. [Approuvé.] - :
- Au nom du même Comité, M. de la Morinière lit un rapport sur des Mémoires de mécanique présentés par M. de-Thmlle. ; . : i. ^ '
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- Le premier a pour objet d’obtenir d’un faible cours d’eau une force motrice, sans l’intermédiaire d’une roue hydraulique; le second est relatif à un moulin à vent à axe vertical ; dans le troisième, l’auteur propose d’employer la chaleur produite par le frottement, pour obtenir la vapeur nécessaire au jeu d’une machine à feu.
- ; Le Comitéobserve : i°que l’objet du premier Mémoire a déjà été publié dans XeTraité de M. Borgnis, sous le nom de M. de Thiville, mais que l’auteur y a fait une addition qui paraît utile; 2° que le moulin horizontal, comparé à ceux qui existent, ne présente pas des différences bien notables dans sa composition, et que d’ailleurs les avantages de ce genre de moteur ne sont pas encore suffisamment démontrés. Quant à la production de la vapeur par le moyen du frottement, le Comité croit pouvoir se dispenser de faire des réflexions à ce sujet.
- En résumé, le Comité pense qu’il n’y a pas lieu de publier dans le Bulletin les mémoires de M. de Thiville. Il propose, en conséquence, de remercier l’auteur de sa communication , en lui faisant connaître que la Société ne publie que des machines dont l’effet est sanctionné par l’expérience. [Approuvé.]
- Au nom du Comité d’agriculture, M. Huzard lit un rapport sur les Elèves que la Société entretient dans les Ecoles vétérinaires de Toulouse et d’Alfort. Ce sont les sieurs Dieuzaide ( Joseph), de Caslera-Lectournois, département du Gers, et Charles-Laurent Felizet, de la commune de Maizièresla-Grande-Paroisse, département de l’Aube.
- Le premier, admis à l’Ecole vétérinaire de Toulouse aux frais de la Société, le i" janvier i83a, a remporté le premier prix de la deuxième année d’étude; il s’est toujours bien montré et a justifié le choix de la Société.
- Le sieur Felizet, entré à la même époque à l’Ecole vétérinaire d’Alfort, a aussi remporté le premier prix de la deuxième année d’étude.
- M. le rapporteur propose qu’il soit écrit, parM. le président, des lettres d’encouragement à ces deux élèves, dont la conduite est très bonne. [Approuvé.]
- Séance du 27 novembre i833.
- Correspondance .M. Lavallée, directeur de l’Ecole centrale des arts et manufactures, en accusant réception du rapport concernant les candidats auxquels ont été accordées les demi-bourses fondées par la Société dans cet établissement, annonce que trois de ces candidats, MM. Polonceau, Bois et Priestley, sont entrés à l’Ecole; que le quatrième, M. Lehec, n’a pas encore obtenu l’autorisation de sa famille pour venir occuper la place qui lui est destinée, et que MM. Jullien, Duplantys et Testelin, qui ont concouru avec eux, viennent d’être admis à l’Ecole aux frais de leurs parens.
- Objets présentés. M. Fayard soumet à l’examen de la Société : i° un nouveau double stère; 20 une mesure, dite peso-stère, représentant à la fois le poids et la mesure réunis ; 3° un appareil remplaçant le levier du fardier.
- M. Duclos, arpenteur, présente divers systèmes de balances ; ' :
- MM. Pradel et Bignon, un soufflet mécanique à double courant et à réservoir d’air; ^
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- M. Caron, à Saint-Valery-sur-Somme, des serrures perfectionnées, . .
- M. Guyon, chirurgièn-major à Alger , annonce L'envoi d’uncabse çoojfçpgnt differentes productions des règnes minerai et végéta). . * «.
- " M. Leroux-Dufay, raffineur de sucre à Paris, informe la Société qu’i^ est inven-teur d’un système de planchers fixes et mobiles propres à recevoir l’égout des sirops, dans les raffineries de sucre de canne ou de betterave, et en sollicite rexainen. • ,
- Rapports des Comités. Au nom du Comité des arts mécaniques, M. le vicomte Héricart de T/iury lit un rapport sur le résultat du concours relatif à l'application,^ dans les usines et manufactures, des turbines hydrauliques ou rpues à palettes, courbes de Béîidor. '
- Le Comité, considérant que l'auteur du Mémoire n° 2, M. Fourneyron, ingénieur civil de Besançon , a complètement résolu le problème et rempli toutes les conditions du programme, propose de lui décerner le prix de 6,000 francs, annoncé par* la Société. [Approuvé.]
- Au nom du Comité des arts chimiques, M. Gaultier de Claubry lit un rapport; sur les prix proposés pour la découverte d’un moyen de reconnaître le mélange de la fécule avec la farine de blé. ’ '
- %e Comité propose d’accorder une médaille de bronze à M. Dubucpère, à Rouen,! le seul concurrent qui se soit présenté pour disputer le prix. [Approuvé.]
- Au nom du même Comité, le même membre lit un rapport sur le concours relatif 5 à un procédé pour l’étamage des glaces à miroirs.
- Le Comité propose de remettre le prix à l’année prochaine, en réservant les droits du seul concurrent qui s’est présenté, et qu’une maladie a empêché de satisfaire' aux conditions du concours. [Approuvé. ] .
- Au nom du Comité des arts économiques, M. Derosne lit un rapport sur le ré-: sullat du concours relatif à la dessiccation des viandes.
- Parmi les dix-huit Mémoires inscrits, quatre seulement ont fixé l’attention du: Comité, qui propose d’accorder des médailles d’argent aux auteurs des Mémoires nos 2 et i3, et des mentions honorables à ceux des mémoires nos 11 et i5 : il propose en outre de retirer le prix et de le remplacer par une prime de 2,000 francs.
- Le Conseil arrête qu’une médaille d’argent sera décernée à M. Deschenaux, auteur du Mémoire n° 2, et que M. Mw'laye, auteur du Mémoire n° .13, sera men-! lionné honorablement. II arrête, en outre, que le prix sera retiré du concours, et ; ne sera pas reproduit sous la forme de prime ,
- IMPRIMERIE DE MADAME HUZARD (née Vallat^la Chapell^},
- ^ RUE DE LÉPERON, N° 7.
- ï[ : ?*
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- TRENTE-DEUXIÈME ANNÉE. (N° CCCLIY. ) DÉCEMBRE i833.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- CONSEIL 0’ADMINISTRATION.
- Séance générale du 24 décembre i833.
- La Société d’Encouragement s’est réunie, le 24 décembre 1833, en assemblée générale, à l’effet de procéder à la distribution des prix mis au concours pour cette année, et d’entendre la lecture des programmes de quelques nouveaux sujets des prix proposés. —
- Les objets exposés dans les salles de la Société, quoiqu’en petit nombre , étaient remarquables pour leur utilité et leur bonne exécution. Nous avons remarqué, entre autres : x r
- i°. Des tapis/en toile cirée dits xylographiques} imprimés à l’eau, par M. Achille de Bernardière, rue du Delta, n° 6, faubourg Poissonnière. Ces tapisse distinguent par le bon choix des dessins, la vivacité des couleurs, leur solidité et la modicité des prix.
- 20. Un assortiment de tubes, en cuivre sans soudure, par M. Mignard-Billinge, fabricant de fil d’acier, boulevart de la Chopinette, n° 26, à Believiite, près Paris. Ces tubes, susceptibles de résister à une forte pression , sont parfaitement étirés.
- 5°. Des lampes dites lilliputiennes, à un ou plusieurs becs, perfectionnées par MM. Baucray frères, lampistes, rue Neuve-Saint-Etienne, n° 16 ; elles sont à double courant d’air, et consomment peu d’huile.
- 4°. Des soufflets à vent continu par M. Palluy, rue Grenetat, passage de la Trinité. Ces soufflets, qui se manœuvrent à l’aide .d’une manivelle, sont applicables à l’économie domestique comme aux usines. :
- 5°. De bouteilles de verre de formes identiques et de bonne qualité, provenant de la verrerie de M. Darche, à Haurnont près Maubeuge (Nord). Trente-deuxième année. Décembre i833. 55
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- 6°. Des épreuves de dessins lithographiques, de gravure et de typographie, tiréessur une même pierre lithographique, par i\l. Delarue, imprimeur-lithographe, rue Notre Dauae-des-Victoires, up 16; à Paris..
- 70. M. Legey, ingénieur en instrumens de précision , rue de l’Université, n° 48, avait exposé : i° un cercle de réflexion, muni d’un nouveau système de vis de rappel et niveau, servant dans toutes les positions du cercle; 2° une boussole, servant de niveau fixe; 3‘» une autre boussole dite universelle, à cercle répétiteur; 4° un grand niveau de pente et un grand niveau d’épreuve; 5° une boussole de déclinaison,., -
- 8°. M. Henry Robert, horloger, Palais-Royal, galerie de Valois, n° 164, avait exposé : i° des pendules du prix de 68 francs et au dessus; u°cinq pendules de précision, remarquables par leurs dispositions simples et neuves; les chevalets qui portent les mouvemens sont en fer ou en bronze; on les règle au moyen des curseurs circulaires ; un pendule composé de deux branches seulement corrige les effets de la température. Ces pendules sont destinées à être placées sur les cheminées; 3° quatre pendules de voyage, conçues d’après un nouveau système; un réveille-matin s’y trouve combiné avec divers effets. ' ?
- g0. Des dessins coloriés sur lave de Vol vie, par M, Mortelèque, io°. Des pendules de compensation, par M. Duchemin, horloger-mécanicien, place du Châtelet, n° 2.
- n°. Divers objets d’orfèvrerie mixte, tels que théières, bouilloires, pots à crème, vases, etc., de la fabrique de M. Ganclais, rue du Ponceau, n° 4^* v Cette orfèvrerie plaquée se distingue par la beauté du poli, la parfaite exécution desornemens et la pureté des formes.
- 12°. M. Lebec, de Nantes, qui a obtenu une médaille d’argent de la Société pour son rouet à poupée volante propre à filer le ün en fin , a fait l’expérience de son nouveau système de filature au moyen de la vapeur^ système dont les applications pourront devenir utiles,
- i3°. M. Laignel, ingénieur mécanicien, rue Chanoinesse, n° 12, a expliqué un nouveau système de chemin de fer, particulièrement applicable dans les usines et magasins ; il a l’avantage d'être peu dispendieux ei de pouvoir recevoir toute espèce de voitures.
- Divers objets, qui avaient paru lors des précédentes assemblées générales,, ont été reproduits à celle-ci , tels que les fontaines à filtration as-. rendante, de M. Relogé, rue Neuve-Saint-Étienne, n° 16; des camées moulés en verre de couleur, par M. Douault-Wièhind, passage Dauphine; les briq nets et allumettes pyrogènes, par M. Merkel, rue du Petit-Lion-Saint» Sauveur^,n« jl3, etc. ;t : ,
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- La séance a été ouverte à sept heures du soir, sous la présidence de M. le baron Thénard, pair de France. _
- . M. le b aron Dégerando , secrélaire, a donné lecture du rapport suivant sur les résultats des concours ouverts pour l’année 1833.
- Rapport sur les concours ouverts pour l’année i83o; par M. le
- baron Degerando.
- Messieurs, vous vous rappelez que l’année dernière, en retirant pour l’avenir quelques concours, vous aviez réservé justement lés droits des con-currens qui s’étaient présentés, et dont les travaux n’avaient pu être jugés avant votre réunion générale, '
- Vous vous étiez réservé en meme temps de prononcer aujourd’hui sur le mérite de leurs travaux.
- Quatre concours avaient été clos sous celte condition.
- Deux rapports spéciaux vont vous être soumis, pendant le cours de cette séance, sur les deux premiers sujets, savoir :
- i°. Vapplication en grand, dans les usines et manufactures, des turbines hydrauliques, ou roues à palettes courbes de Bélidor;
- 2°. Le peignage du lin par machines.
- Sur l’un d’eux vous aurez la jouissance d’apprendre que le prix est remporté, prix d’une haute importance, et qui fera époque dans l’histoire de notre industrie. '
- Le rapport sur le troisième concours , relatif à Yapplication du système des chemins de fer aux nivellemens irréguliers des roules ordinaires, sujet qui se lie à des questions dont l’administration et le public s’occu pent en ce moment avec un si vif intérêt; ce rapport, dis-je, ne peut vous être présenté aujourd’hui: des circonstances inattendues y ont mis obstacle. Une maladie grave a surpris, dans un département éloigné, M. le comte Alexis de Noailles, qui, adjoint au Comité pour cet objet, devait lui présenter sou travail, et se trou« vait à cet effet dépositaire du dossier. Il l’a renvoyé lorsqu’il a vu sa maladie se prolonger, sans avoir pu exprimer son opinion. Votre Comité n’avait plus le temps de procéder à un examen approfondi. D’un autre côté, il a été proposé à M. le Ministre du Commerce et des Travaux publics de construire à Paris un spécimen chi système proposé par l’un des concurrens.
- Enfin, quant au quatrième et dernier concours, c’est à dire à celui qui avait pour objet la découverte de procédés propres à remplacer le rouissage du chanvre et du lin, la Commission spéciale, qui avait été chargée d’examiner les droits des concurrens, a unanimement reconnu qu’aucun d’eux
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- n’avait rempli les conditions du programme : il n’y a donc pas lieu à décerner le prix. Mais l’importance de ce problème nous a déterminé à en faire l’objet d’un nouveau concours que nous vous proposons d’ouvrir, en portant son terme au mois de juillet 1856.
- En meme temps, le Comité des arts çhimiques a été chargé de faire des expériences comparatives sur les effets du rouissage à l’eau sous dilférentes températures jusqu’à l’ébullition (i;.
- Je passe aux concours dont le terme était fixé pour la présente année 1853 ; il en est sept qui n’ont point vu paraître de concurrens. Ce sont :
- i°. Sous le n° 2 des programmes : Prix pour la fabrication des pierres lithographiques artificielles ;
- 2°. Sous le n° i a : pour la confection d'armures métalliques et de tissus d'amiante propres à préserver de Vaction des flammes 3 et pour un procédé destiné à rendre les tissus organiques incombustibles ;
- 5°. Sous le n° 17 : pour une substance propre à remplacer la colle de poisson ;
- 4°. Sous le n° 19 : pour la découverte d'un métal moins oxulable que le fer et Vacier, propre à diviser les substances molles alimentaires ;
- 5°. Sous le n° 20 : peur le nettoiement des écorces propres à la fabrication du papier ;
- 6°. Sous le n° 21 : pour la conservation de la glace ;
- 70. Sous le n° 22 : pour la plantation du mûrier à papier.
- Nous vous proposons de proroger les six derniers concours, avec l’espoir
- (1) C’est ici le lieu (l’observer que des expériences authentiques mentionnées dans un rapport à la Chambre des États-Unis et d’autres faits constans semblent prouver que les libres textiles extraites, soit mécaniquement sans rouissage, soit après un certain temps d’exposition à l’air, sur la terre, l’herbe ou la neige , offrent moins de résistance ou de durée que les produits des mêmes substances filamenteuses obtenus après un rouissage par immersion complète dans l’eau.
- Dans le premier cas, les substances dissolubles ou altérables, restées adhérentes aux fibres, occasionent, lorsqu’elles sont sèches, le déchirement de quelques fibril'es, en se cassant elles-mêmes. Les chanvres ainsi préparés conservent une sorte d’encollage qui leur donne une apparence de force , mais celte apparence est trompeuse ; car la matière qui forme cet en-» collage, s’altérant facilement , entraîne la détérioration dea parties fibreuses en contact avec elle , et lorsqu’elle est ultérieurement détachée, elle laisse les toiles, les fils et cordages en quelque sorte désagrégés et beaucoup moins résislans qu’ils ne le seraient, toutes choses égales d’ailleurs, s’ils provenaient de chanvres rouis dans l’eau.
- Dans le deuxième cas, des variations trop fréquentes ou brusques dans la température ou l’humidité de l’air altèrent inégalement la force des fibres textiles et déprécient sensiblcnimt leurs produits filés ou lissés.
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- qu’avec le temps ils obtiendront l’attention, et exciteront l’émulation dont les rendent dignes les sujets pour lesquels vous les avez institués.
- Le premier sera compris dans un rapport spécial que va vous faire M. Payen.
- Il reste donc, Messieurs, quinze concours qui ont vu naître les travaux de concurrens plus ou moins nombreux, plus ou moins habiles. C’est sur l’ensemble de ces travaux qu’a dû porter notre examen , et vous voyez que la matière en était encore assez riche. ^
- Onze d’entre eux vont être, dans cette séance meme, l’objet de rapports spéciaux, au nom de votre Conseil.
- Ainsi, M. Payen, comme je viens de le dire, aura l’honneur de vous'en-tretenir des cinq concours portés dans le programme sous les numéros i, 2, 3, 14 et i5 , qui tous sont relatifs à diverses branches de l’art de la lithographie..
- M. Gaultier de Claubiy vous rendra compte du concours porté sous le n° 4 •> relatif à la découverte d’un procédé propre à reconnaître le mélange de la fécule avec la farine de blé, et vous proposera de décerner une médaille à l’un des concurrer.s.
- Vous entendrez MM. Ch. Derosne sur le n° 6, pour la dessiccation des viandes ; M. Boulange Bodin, sur le n° 7, jjouv la plantation de terrains en pjente; M. de la Ülorinière, sur le n° 9, pour la fabrication des tuiles, briques et carreaux par machines; M. Hachette, sur le n° 11, pour la fabrication des bouteilles destinées à contenir les vins mousseux ; et M. Gaultier de Claubry, sur le n° 16, pour le perfectionnement de la construction des fourneaux.
- Ces concours ont présenté des circonstances assez remarquables, pour nous paraître mér iter que les détails vous en fussent fournis dans des rapports distincts et particuliers, préparés dans les Comités respectifs.
- Nous n’avons maintenant, Messieurs, qu’à compléter cet ensemble du compte que nous devons vous rendre, en vous faisant connaître avec rapidité, mais avec fidélité, les résultats obtenus dans cinq autres concours, ceux qui portent dans le programme les numéros 5, 8, 10, i3 et 18.
- Nous emprunterons les termes mêmes employés par vos Comités dans les avis motivés qu’ils ont donnés sur chacun des Mémoires envoyés.
- N°. 5. Découverte d'un moyen de procurer à la fécule la propriété de donner un pain qui lève comme celui de. farine de froment.
- Trois concurrens se sont présentés.
- Le Mémoire n° 3 est le seul qui ait fixé l’attention du Comité des arts chimiques. Ce mémoire renferme un grahd nombre de détails inté-
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- ressans sur les divers moyens que l’on peut mettre en usage pour résoudre le problème. Les substances que l’on peut employer à cet effet sont le gluten, l’albumine, le caséum et la gélatine. ' ;. *
- Les deux dernières sont celles dont l’auteur s’est occupé particulièrement. Il a fait connaître la nature des mélanges, la quantité de matière employée, le prix auquel reviendrait le pain obtenu, et les échantillons qu’il avait adressés à la Société ont paru offrir des qualités assez satisfaisantes ; mais ces résultats avaient été obtenus précédemment et publiés par M. d’Arcet, Une note, qu’il a insérée dans Y Industriel du mois de février 182.9, ava^ fait connaître les procédés de fabrication qu’il avait suivis.
- Dans une autre note sur la préparation des 400*000 biscuits qui ont été fabriqués .pour l’expédition d’Alger, M. cVArcet a donné des détails sur l’emploi très avantageux qu’on a fait de la gélatine pour cette importante préparation.
- . L’auteur du Mémoire 110 5 n’a sans doute pas eu connaissance de ces faits; mais, du moment où ils sont publiés, il n’y a pas lieu de récompenser des procédés qui n’offrent rien déplus complet.
- Il devient donc nécessaire de remettre la question au concours pour i834-Les indications précédentes ont paru au Comité des arts chimiques devoir être ajoutées au programme. Il pense qu'on pourrait aussi éclairer les con-curreiis, en publiant dans le Bulletin une nouvelle notice de M. d’Arcet sur l’emploi du caséum. ‘ . .
- JM° 8. Fabrication des tuyaux de conduite des eaux. «
- En prorogeant ce concours, vous aviez réservé les droits des concurrens, afin de leur donner le temps de remplir la condition qui exigeait la confection d’une conduite d'eau de 5o mètres au moins de longueur.
- Votre espérance n’a pas encore été remplie; les choses sont restées dans le même état.
- Les mêmes motifs vous porteront sans doute à proroger encore une fois le concours, sous la même réserve en faveur des droits des concurrens.
- • N° 10. Construction d'un moulin à bras propre à écorcer les légumes secs.
- Un concurrent, mais un seul, s’est mis ou plutôt est resté sur les rangs ; c’est le fabricant qui avait obtenu, l’année dernière, une médaille d’argent 1 pour une machine propre à décortiquer. les légumes secs. Il avait refusé, en i83a , de publier ses procédés, et il avait été dit, dans le rapport, que ce refus avait seul empêché que le prix ne lui fut accordé.
- Aujourd’hui il fonde ses prétentions au prix sur deux titres : le premier est la présentation d’une nouvelle machine, le deuxième est la phrase même que l’on vient de citer. . v: .
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- Il a vu, dans ce passage du rapport, une offre permanente de lui adjuger le prix, en échange de la communication dés procédés, dont la Société a apprécié les produits il y a un an.
- Son erreur est facile à démontrer; car les commissaires du concours, en s’exprimant comme ils l’ont fait dans le rapport, avaient agi en dehors de la loi qui leur était imposée par les termes du programme : ils prenaient les choses dans leur état actuel, et ils avaient en vue l’esprit qui a dirigé rétablissement des concours de la Société, lesquels ont évidemment pour but de propager la connaissance et l’emploi des procédés utiles.
- En un au, les circonstances ont entièrement changé; Ta décortication des légumes secs a pris, par d’autres que le concurrent, un développement qui désintéresse la Sociétéd’Eneouragement dans la propagation de cette industrie comme entreprise particulière, et la proposition faite au concurrent de communiquer ses procédés ne pouvait avoir d’effet au delà des circonstances qui y avaient donné lieu .
- Si le concurrent n’a pas obtenu le prix, il ne peut s’en prendre qu’à son propre refus.
- Le Comité des arts mécaniques n’avait donc à s’occuper, cette armée, que de la machine présentée à son examen par ce même concurrent; voyons si elle a rempli l’atteiUe de la Société.
- En demandant, pour l’usage du consommateur, une machine qui pût lui donner les moyens de décortiquer ses légumes, et en exigeant que cette machine fût la plus sim pie et la moins coûteuse possible, elle avait nécessairement exclu toute machine occupant un mètre superficiel de terrain , ainsi que toute machine dont le prix s’élèverait à 4oo francs : telle est celle qu'a présentée le concurrent; elle réunit ces deux circonstances.
- D1 ailleurs La Société voulait incontestablement une machine qui non seulement fonctionnât bien, mais qui fut encore d’une construction solide et combinée dans toutes ses parties de manière à pouvoir être employée immédiatement et servir* de modèle pour en construire rie semblables.
- Celte dernière condition n’est nullement remplie par l’appareil que le concurrent a fait fonctionner devant le Comité. Cet appareil est un reste de machine, sur lequel on a essayé diffénenîes applications, et qui conserve encore des dispositions étrangères aux fonctions qu’on lui demande aujourd’hui.
- D’après les faits qui viennent d’être exposés, le Conseil a jügé qu’il n’y avait pas lieu, à décerner le prix proposé; et considérant que l’extension que vient de prendre femploi de différentes machines à décortiquer les lé-gume^.secsi tant : en me satisfaisant' pas exactement aux vîtes exprimées
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- clans le programme, a cependant atteint le but le plus important que la Société s’était proposé, celui de faciliter aux consommateurs les moyens de se procurer des légumes décortiqués ; considérant que 1 industrie qui procure ce résultat se répand tous les jours, le Comité a jugé que l’intervention delà Société devenait surabondante, et il a proposé de supprimer le concours qu’elle avait ouvert pour cet objet.
- N°. i-3. Établissement en grand d'une fabrication de creusets réfractaires.
- Il y a déjà plusieurs années que ce concours est ouvert; un seul concurrent s’est présenté.
- Le programme indiquait assez clairement qu’il ne suffisait pas, pour mériter ce prix, d’avoir fait quelques pièces plus ou moins satisfaisantes, et que le but de la Société était de provoquer la création d’une fabrique de ce genre sur une grande échelle.
- Non seulement le concurrent n’a pas rempli cette condition, mais même deux des creusets qu’il avait envoyés étaient si friables, qu’ils se sont brisés en les touchant. Le Comité des arts chimiques a cru pouvoir se dispenser dès lors d’essayer les autres. '
- v Nous vous proposons de proroger également ce concours à l’année prochaine.
- Mais il deviendra nécessaire de supprimer, du programme particulier qui le concerne, la clause portée au cinquième alinéa, où il est dit : Que les con-currens pourront conserver la propriété de leurs procédés , pourvu qu’ils les décrivent dans un mémoire cacheté, qui sera communiqué seulement aux commissaires désignés par la Société.
- Cette clause ne doit plus subsister depuis la décision prise dans la séance générale du 26décembre 183a, et portant, art.7, que la Société reste propriétaire des dessins et Mémoires descriptifs qui n’auront point été couronnés.
- Enfin, le concours portant le n° 18, pour létamage des glaces à miroirs par un procédé diffèrent de ceux qui sont connus, après avoir été long-temps infructueux, a obtenu cette année une réponse.
- Le concurrent qui s’est présenté a envoyé la description et le dessin d’une machine propre à étamer des glaces de petites dimensions, en faisant seulement usage d’un amalgame d’une partie d’étain et deux de mercure, ce qui dispense de se.servir de fenil les d’étain, qui demandent un métal d’une grande pureté, et reviennent à un prix élevé, à cause de la main-d’œuvre à laquelle elles se trouvent soumises. N , 1
- L’auteur ayant proposé d’envoyer à la Société la machine qui a servi à ses
- expciiences, on la lui a demandée: malheureusement une maladi el’a empêché de satisfaire àcette demande; de sorte qu’il a été impossib le aux
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- commissaires de vérifier les résultats annoncés par l’auteur. Aussitôt que la machine sera-parverme à la Société, le Comité des arts chimiques s’occupera des expériences nécessaires pour en constater l’utilité. Il se borne aujourd’hui à proposer de remettre le prix à l’année prochaine, en réservant les droits du concurrent.
- Sans doute, Messieurs, vous regretterez qu’aucun des sujets proposés pour la présente année n’ait obtenu une solution assez complète pour motiver la distribution d’un prix. Vous éprouverez cependant une juste satisfaction', en pensant que de nombreux et utiles travaux ont été provoqués par les programmes; que dans leur nombre six ont mérité de vous être signalés aujourd’hui, d’obtenir de vous des médailles de diffère ns degrés; ces récompenses viendront se joindre à un prix de premier ordre, décerné pour l’un des concours restés en suspens. L’expérience nous apprend d’ailleurs que souvent le temps manque aux concurrens pour se présenter dans les délais fixés; que souvent aussi la persévérance obtient un succès qui avait échappé aux premiers efforts; et vous vous détcrminerez.vous-mêmes, par conséquent, à persévérer aussi dans vos invitations, qui ouvrent au génie de nos artistes ces nombreuses carrières. en leur offrant des palmes dont votre estime et leur confiance forment à leurs yeux la plus véritable valeur.
- Nous avons donc l'honneur de vous proposer :
- i°. De remettre au concours, pour l'année prochaine, les prix ci-après :
- 1. Pour la fabrication des tuyaux de conduite des eaux , en fer, en bois et en pierre.
- 2. Pour la découverte d’un procédé destiné à procurer à la fécule lapropriété de donner un pain qui lève comme celui de farine de froment.
- 5. Pour la confection d'armures métalliques et de tissus d amiante propres à préserver de l’action des flammes, et pour lin procédé destiné à rendre les tissus organiques incombustibles. -
- 4- Pour Vétablissement en grand d'une fabrication de creusets réfractaires.
- 5. Pour une substance propre à remplacer la colle de poisson.
- 6. Pour l’étamage des glaces à miroirs par un procédé, diffèrent de ceux qui sont connus.
- 7. Pour la découverte d’un métal ou alliage moins oxidable que le fer et l’acier, propre à être employé dans les machines à diviser les substances molles alimentaires.
- 8. Pour le nettoiement des écorces propres à la fabrication du papier.
- q. Pour la conservation de la glace.
- 10. Pour la plantation du mûrier à papier. /
- Nous vous proposons en second lieu :
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- 2°. De retirer du concours le prix pour la construction, d'un moulin à. bras propre à écorcer les légumes secs;
- 3°. De fermer le concours pour les chemins de fersons la réserve des droits des concurrens;
- 4°. De remettre à l’année i836 le prix relatif à la préparation du lin et du chanvre sans rouissage.
- Il arrive souvent que des personnes qui se présentent aux concours de la Société, ou qui lui adressent quelques communications, réunissent, dans leurs Mémoires, diffère ns objets qui n’ont aucune connexion entre eux. Il résulte de cette confusion qu’une partie des travaux communiqués par les concur-rens peuvent être oubliés, parce qu’ils se trouvent renfermés dans un mémoire adressé à un Comité différent de celui qui doit les juger, sans parler de la difficulté qu’il y a, pour les comités, de classer ces matériaux disparates, et d’en rendre compte dans un même rapport.
- Pour éviter à l’avenir cet inconvénient, nous proposons d’ajouter aux conditions générales qui terminent les programmes la clause suivante :
- « Les concurrens qui auraient traité plusieurs des questions mises au con-» cours, sont invités à envoyer des Mémoires séparés sur chacüne d’elles. »
- Approuvé en séance générale, le ii\ décembre i855.
- Signé baron Degérando, rapporteur.
- Rapport sur le concours relatif à la construction clés turbines hydrauliques, ou roues a palettes courbes de Bélidor • par M. le Vicomte Héricart de Thury.
- Messieurs, en 1824, M. Girard, au nom d’une commission composée de MM. de Prony, Dupin, et Girard rapporteur, fît à l’Académie des sciences un rapport sur un mémoire de M. Burdin, ingénieur en chef des mines, intitulé : Des turbines hydrauliques ou machines rotatoires à grande vitesse.
- Frappé des avantages signalés dans le rapport des commissaires de l’Académie, la Société d’Encouragement s’empara de la question , et proposa , en 1826,'un prix pour Vapplication en grand, dans les usines et manufactures, des turbines hydrauliques ou roues à palettes courbes de Bélidor.
- Dans sa séance générale du 28 novembre 1829, la Société, en décernant une médaille d’or et un prix de deux mille francs à M. Burdin, qui lui avait adressé un mémoire ou instruction théorique et pratique sur les turbines hydrauliques, avec le procès-verbal constatant l’application d’une roue de ce genre établie dans la manufacture royale d’armes de Saint-Etienne, la Société prolongea son concours jusqu’au [juillet i85o, et publia un nou-
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- veau programme à l’effet de provoquer le plus grand nombre possible de chaque -espèce d’applications en grand de ccs turbines à nos usines et manufactures,, en demandant aux eoncurrens que celles qu’ils présenteraient donnassent, quel que fût le volume d’eau dépensé, un effet approché de ceux qu'on obtiendrait, avec la même force , parles roues à augets ou par les roues dites de côté ; enfin la Société exprima formellement le désir qu’une des roues présentées pût tourner sous l'eau avec une vitesse quelconque, et qu elle fut à l'abri des gelées, des variations de niveau et autres inconvé-niens plus ou moins graves.
- Par suite de diverses demandes, la Société consentit, en 1829 et î83o, à accorder une prolongation aux eoncurrens; mais, le 12 décembre i832, elle ferma définitivement le concours et décida que son comité des arts mécaniques examinerait les mémoires et modèles envoyés, et qu’il lui en rendrait compte avant la séance générale du second semestre de i833.
- . C’est ce compte rendu que nous allons, Messieurs, avoir l’honneur de vous présenter* mais vous voudrez bien nous permettre de vous rapporter préalablement la haute importance des turbines ou de l'application des roues à palettes courbes submergées, pour nos usines et manufactures.
- Les turbines, ainsi que nous l’avons dit dans le programme, présentent sur toutes les machines existantes de très grands avantages, tels que i° de produire le maximum d'effet autour d'axes verticaux, horizontaux ou inclinés; et 20 de s'adapter à toutes les chutes, avec toutes les vitesses et dépenses d'eau possibles; d’où l’on voit combien il était essentiel de réaliser dans la pratique complètement et économiquement tons les résultats précieux de la th ’orie.
- L’entiée de l’eau sans choc et sa sortie de la roue sans vitesse sont deux conditions faciles à remplir, dans le cas hypothétique où Ion ne considère qu’un seul filet liquide incident ; mais , dans les ap'plications en grand, on peut présumer qu’elles éprouvent des difficultés plus ou moins considérables.
- En effet, en y réfléchissant, .on sent facilement combien les dimensions finies des masses entrantes et sortantes;
- Combien la mobilité des molécules liquides, l’épaisseur et la forme des palettes ou couloirs courbes, sur lesquels elles glissent ou réagissent;
- Combien l’écartement ou l’expulsion nécessaire de ces me 1 es molicules, déposées en repos, après leur ac.ion, dans un espace qui do t être immédiatement occupé par la roue;
- Combien enfin toutes ces circonstances peuvent compliquer la question dont il s’agit, et forcer à recourir à des expériences variées et répétées.
- Ce sont ces considérations, réunies à 1 importance des t rbir.es, àl’uni-
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- versalité que peut recevoir leur emploi ; enfin à la possibilité plus que probable de les faire tourner sous l’eau, à l’abri de ses variations continuelles de niveau , comme à l’abri des gelées, qui déterminèrent la Société, en 1826, à fonder un prix pour l’application en grand de deux roues à palettes courbes au moins, en exigeant du concurrent que l'une des deux roues présentées pût tourner sous Veau.
- Enfin nous croyons encore devoir vous rappeler, Messieurs que, plus que personne, M. Burdin a contribué aux progrès et aux succès que nous allons vous faire connaîlre, que c’est bien certainement à lui que nous devons les rapporter, et qu’il aurait indubitablement remporté votre prix, s’il s’était retrouvé en position de se représenter à ce concours (i).
- Passons à l’examen des pièces et mémoires qui vous ont été envoyés.
- Quatre concurrens se sont fait inscrire.
- N ' 1. — M. Ribes-Bourrel, géomètre à Limoux (Aude) , a annoncé à la Société, le 21 mars 1829, qu’il, a adapté les turbines : i° aux moulins à farine à mouvement horizontal ; 20 aux scieries, foulons, martinets et mécaniques à mouvement vertical; 5° aux moulins à l’huile et à scierie bois, qui sont à mouvement horizontal et à effet vertical. La roue turbine hors de l’eau, dit M. Ribes, a de si grands avantages, qu’avec 20 pouces d’eau prise d’un courant, sans être compr imée par aucun poids d’eau, elle fait mouvoir sur un ruisseau une meule de 5 pieds de diamètre,avec une pente de dix pieds, tandis qu’il fallait auparavant à peu près 170 pouces d'eau , et que placée sur l’eau, soit qu’on ait une chute, soit qu’elle joue par le seul mouvement du courant, elle a les avantages : 1" de ne jamais être arrêtée par l’engorgement des eaux; 20 de h’ètre jamais à sec, lorsque les eaux baissent; 5° d’être toujours à l’abri ries gelées.
- Après avoir dit qu’il a adopté les turbines pour élever les eaux des fontaines, jardins, prairies, etc., il ajoute qu’il a également trouvé le moyen de faire aller par le vent toutes les usines et machines hydrauliques, et qu’avec sa méthode elles sont mises en mouvement par un vent très faible, tandis que les autres chôment ; que sa méthode consiste à placer les voiles directement au vent, ou bien de le recevoir obliquement, de manière qu’elles le reçoivent toujours intégralement de quelque point qu’il souffle , et que néanmoins les ouvriers et les usines ne sont point exposés à souffrirfde sa violence ou de ses changemens, attendu que les voiles 11e font résistance
- (1) Nous recoin marnions à ceux qui voudraient sc livrer à la construction de ees machines les mémoires que cet ingénieur a insérés dans les Annales des mines, 2e série, tome III, p. 5i^, et 3e série, tome III, page 8.
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- que d’un côté, etqu’elles se ploient desuite avecune corde et d’un seul coup.
- Enfin M. Ribes-Bourrel, après avoir donné ses prix, termine en disant qu’il est à la disposition de la Société.
- Nous ne pouvons douter, d’après les détails dans lesquels il est entré, que M. Rites n’ait réellement construit des turbines; mais il s’est lui-même placé hors du concours, en ne remplissant point les conditions du programme, puisqu’il n’a joint à sa lettre aucun dessin, aucune pièce, enfin aucun certificat constatant les effets de ses machines, qu’il dit avoir adaptées à des moulins à farine.
- Ayant particulièrement à vous entretenir du mémoire enregistré sous le n° 2 , nous passons au suivant;
- Sous le n° 3, est un mémoire ou plutôt un discours ayant pour devise les mots Dieu et Patrie.
- Une feuille porte pour titre : Instruction pratique et méthodique, contenant les règles à suivre, mise à la portée des charpentiers-mécaniciens, pour chaque cas particulier qui pourrait se présenter; mais cette instruction manque, ou plutôt l’auteur n’en a point fait, puisque , dans son second alinéa, il dit : i° que les charpentiers pourront construire les turbines avec une Lien grande facilité d’après ses dessins, attendu que la courbure des palettes y est poussée jusqu’à la demi - circonférence, que c’est à eux qu’il appartiendra de déterminer les longueurs et largeurs des turbines, suivant le besoin qu’ils en auraient, et qu’il croit superflu de donner de plus grands dévelop-pemens, pour ne pas faire injure à V intelligence des charpentiers-mécaniciens.
- A son discours l’auteur a joint deux modèles de ses turbines.et un atlas de cinquante dessins signé Tourniaire, dont huit sont relatifs à la partie théorique, et quarante-deux h l’application de ses principes à la pratique ou construction des moulins, usines, fabriques, manufactures, ballons, bateaux à vapeur, etc.
- L’auteur, qui paraît avoir bien étudié Bèlidor, dit qu’il a cherché à perfectionner les roues à palettes courbes, qu’il les a portées au plus haut degré de perfectionnement, et qu’il a mis en œuvre deux roues, ainsi que l’exige le programme de la Society;, l\me pour recevoir l’action d’une chute d’eau , l’autre au dessous du niveau des eaux.
- Quoique le programme n’ait pas exigé que les palettes courbes tournassent dans l’air, fauteur présente cependant de nombreux dessins de roues de son invention, basés, dit-il, sur l’expérience qu’il a acquise, et dont fa seule vue démontre à l’instant, suivant lui, que non seulement des roues à air, à cinq ailes demi-sphériques, tournent parfaitement, mais que, placées
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- horizontalement, elles tournent à tout vent.,-et deviennent une force motrice immense, qu’il ajoute avoir appliquée à la navigation, à toutes les (usines, à l’exploitation des mines, à la direction des ballons libres ou captifs à la stratégie, etc., etc.
- Parmi les nombreuses applications qu’il a présentées, l’auteur en signale une qu’il dit de la plus haute importance , c’est le placement de la turbine à 45° d’inclinaison , sur l’essieu de laquelle il prétend fixer la vis d’Archimède que l’on pourra, suppose-t-il, faire alors très longue pour élever d’un seul coup les eaux à une hauteur considérable.
- Enfin il annonce un siphon de son invention qu’il appelle écluse aérienne, et à l’aide duquel il doit faire passer les eaux au dessus des plus hautes montagnes, et les y transporter des lieux les plus creux, la di/jérence des deux branches des siphons ne jut-elle que d’un pouce.
- Sous la date du 20 juin dernier, la Société a reçu une lettre d’un M. Bru-meaux., qui paraît être l’auteur du discours enregistrén° 5, puisqu’il répète la devis c Dieu et patrie. Après avoir rappelé sa roue hydraulique tournant au dessous des glaces , et son moulin tournant à tout vent, il annonce qu’il a perfectionné son troisième moteur, son écluse aerienne, dont il dit avoir donné un modèle il y a quelques années à la Société, et se plaint de ce qu’une Société des Géorgiphiles de Besançon aurait fait connaître son nouveau moteur. L’article cité par M. Bnuneaux peut bien , eu effet, se rapporter à la turbine^hydrauîique; mais il nous paraît plus probable cpie c’est à celle d’un autre concurrent dont nous allons parler tout à l’heure.
- A11 reste, si M. Brumeaux paraît bien connaître les avantages des roues hydrauliques à palettes courbes, dont il semble s’étre plu à représenter toutes les applications qu’on pourrait en faire, ainsi que le prouve la nombreuse collection de dessins qu’il a adressée à la Société, la Commission a vu à regret qu’jl ne pouvait être admis au concours, puisqu’il n’a point rempli les conditions du programme, qu’il n’a point produit l’instruction pratique et méthodique demandée ; enfin que, s’il a mis en œuvre deux turbines hydrauliques, ainsi qu’il l’annonce, il ne présente point les certificats qui doivent en attester le succès , et faire connaître les expériences auxquelles ces turbines auraient été soumises.
- N° 4. M. Laborde, ingénieur civil, rue d’Angoulème , n° 11 , à Paris, qui a obtenu une médaille d’argent à l’Exposition de 1823, et le rappel de cette même médaille à celle de 1827, s’est présenté au concours; mais, attendri qu’il n’a pu faire qu’une seule turbine exécutée au moulin de M. Baucheton, maire de Vierzon, dans une localité peu favorable, ayant 2m,6o de chute, 60 litres d’eau par seconde en été et 100 litres en hiver , avec de grandes
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- crues en aval, et ainsi une force au dessous de celle de 2 chevaux ou de 468 unités dynamiques par vingt-quatre heures, M. Laborde a demandé que le concours fût remis, si les autres concurrens 11 avaient, pas rempli les conditions du programme.
- A sa lettre qui annonce un ingénieur exercé et bon observateur, enfin capable de bien construire les turbines, dont il nous paraît parlaiternent connaître Le mécanisme, M. Laborde a joint un mémoire descriptif imprimé, d’un moteur tournant sous l’eau, qu’il désigne sous le nom de moleur-La-borde.
- Nous ne nous arrêterons pas à lui contester cette dénomination, ainsi que l’ont fait quelques personnes; mais nous lui témoignerons le regret de ce qu’il n’a pas donné plus de développement à ce mémoire, d’ailleurs bien rédigé, qui aurait pu répondre à la demande de l'instruction pratique, faite par le programme.
- Enfin, le mémoire de M. Laborde est accompagné : i° d’un dessin d’une roue hydraulique, tournant sous l’eau, à l’échelle de 2 centimètres parmè-tre;et 20 d’une planche gravée représentant un moteur hydraulique horizontal tournant également sous l’eau, extraite du vol. ix de l’Industriel, et donnant tous les détails de la construction de ce moteur à l’échelle d’un centimètre pour mètre.
- Nous ne pouvons douter queM. Laborde n’ait construit le moteur hydraulique dont il parle ; mais comme il n’a point produit les certificats exigés, il ne peut être admis au concours.
- Enfin, sous le n° 2 est enregistré un mémoire, avec cette épigraphe: Plusieurs des phénomènes qui accompagnent le mouvement des fluides échappent ci h'observation, et d’autres ne pouvant être calculés, faute de connaître exactement les lois en vertu desquelles ils ont lieu, on doit, dans l’état actuel de nos connaissances, se rapprocher le plus possible du maximum, malgré le peu d’espoir de l’atteindre complètement. ‘
- Ce mémoire est divisé en quatre parties, précédées de considérations préliminaires, relatives à l’état de 110s connaissances sur la construction des roues hydrauliques, et aux services rendus à cette partie de la mécanique par Bélidor, Prony, Navierr Poncelet, Burdin, enfin par la Société d’En-couragement.
- Le programme exigeant que les concurrens, outre l’instruction pratique qu’ils devaient présenter, fissent connaître deux roues, au moins, construites et appliquées à une usine en grand, l’auteur dit que, quoiqu’il eût obtenu le succès le pl us complet de son premier essai dans les usines de Pont-snr-l’OgnonrdéparKemenL.de la Haute'Saône, il ne crut pas<devoir se mettre sur
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- les rangs au premier concours; mais qu’ayant depuis été assez heureux pour en établir successivement plusieurs, dans diverses usines des départemens voisins, il n’a plus hésité de se présenter au second concours, et c’est après avoir ainsi prouvé tous les avantages que l’on peut retirer de turbines hydrauliques, qu’il a rédigé et adressé à la Société son instruction pratique et méthodique, mise à la portée du charpentier-mécanicien, contenant toutes les régies à suivre dans la construction de ces machines, pour chaque cas particulier qui pourrait se présenter.
- A cette instruction sont joints i° un mémoire contenant la description et la théorie des tmbines, telles que Fauteur les construit ;
- a°. Les plans et dessins détaillés «à l’échelle de om,o5 pour mètre, des trois premières roues qu’il a construites à Pont-siir-l’Ognon (Haute-Saône), à Dampierre et à Fraisans (Jura);
- 5°. Un modèle de ces mêmes roues, pouvant fonctionner sous les yeux des Commissaires de la Société;
- Et 4° des procès-verbaux dressés par les ingénieurs des mines et des ponts et chaussées de la Haute-Saône et du Doubs, légalisés par les préfets.,et attestant le succès des différentes turbines construites par l’auteur dans ces deux départemens. >
- La première partie de son mémoire’présente la théorie ou les principes sur lesquels est fondée la construction des turbines hydrauliques.
- Après avoir établi que la question à résoudre pour obtenir d’une chute d’eau le plus grand effet possible consiste à recevoir l’eau sans choc dans l’appareil destiné à en transmettre la force, et à l’en faire sortir sans vitesse, l’auteur dit : t ° que les conditions seraient faciles à remplir , s’il ne se présentait dans la pratique des difficultés qui paraissent insurmontables, une masse d’eau un peu considérable ne se comportant pas comme un simple filet ; et 2° que plusieurs des phénomènes qui accompagnent le mouvement des fluides échappant à l’observation, tandis que d’autres ne peuvent être calculés, on doit se rapprocher le plus possible du maximum, malgré le peu d’espoir de l’atteindre complètement.
- A cet effet, ayant successivement examiné toutes les conditions et arrêté ses dispositions générales, il donne, d’après M. Navier, la théorie de sa roue et finit par arriver à cette formule :
- Sin. a .
- 2 U
- C’est à dire que le sinus de l’angle sous lequel l’eau pénètre dans la roue doit être égal au quotient de la vitesse de l’eau, divisé par le double de la
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- vitesse d’un point de la circonférence, sur laquelle l’eau entre dans la roue; et la théorie indiquant que cette équation est satisfaite, il en tire cette conséquence qu’on obtient de la roue le maximum d’effet de la force motrice, M. Naviei' ayant obtenu le meme résultat, dans sa théorie de la roue du basacle de Toulouse, décrite par Bélidor : quoique cependant le professeur Poncelet dans son examen des roues des environs de Metz, analogues à celles du basacle, ait trouvé qu’elles produisaient moins d’effet que les autres roues hydrauliques connues, motif, ajoute l’auteur, qui l’a déterminé à remplir aussi exactement que possible les conditions imposées par la théorie, ce à quoi il s’est particulièrement appliqué.
- Nous regrettons de ne pouvoir suivre les développemens dans lesquels il est entré pour déterminer rigoureusement la valeur des angles, la largeur des couronnes de la roue, la hauteur des aubes courbes, leur position, leur nombre, et celui des diaphragmes, enfin, pour compléter l'exposé des données d’après lesquelles il établit ses turbines.
- Dans la seconde partie, il donne la description des turbines hydrauliques exécutées en grand, d’après les principes établis dans la première partie, savoir : i° celle qu’il construisit en 1827, aux usines de Ponf-de-l'Ognon ( Haute-Saône) , comme moteur d'une scierie, d’un tour et d’une forte meule.
- ; M. Thirria, ingénieur en chef des mines de ce département, dans un certificat des 26 avril 1827 et i4 juin 1802, légalisé par M. le préfet de la Haute-Saône, dit 1® que dans trois essais qui ont été faits de cette turbine, avec le frein de M. de Prony, qui permet de calculer exactement la force de toute machine de rotation, on a trouvé, eu soumettant la machine à différentes charges, pour effet maximum, la force de 6 chevaux —jj—, en prenant 70 kilogrammes élevés à un mètre par seconde pour la force d’un cheval ; 20 que cet effet, bien que satisfaisant, eût été plus grand encore , si l’on eût contre-balancé le frottement, et si la roue, par suite d’un vice dans l’établissement ou la pose de la crtfpaudine, ne s’était abaissée de om,o$6 , ce qui a occasioné une perte d’eau ; 5° qu’on a négligé de contre-ba-lancer le frottement , pour que l’effet fût au dessous de ce qu’il devrai t être réellement ; 4° que la quantité d’action théorique de l’eau étant de 7 chevaux ^ il s’ensuit que l’effet maximum obtenu est à l’effet théorique : : 85: 100. Or, dans les nouvelles roues dites à la Poncelet, l’effet utile est à l’effet théorique, frottement compensé :: 67 : 100, d’oû il suit que la turbine en question doit être préférée aux roues à augets les mieux construites, puisque dans celles-ci l’effet maximum varie entre leso,6o et ieso,7o de l’effet théor que; qu’elle est également bien préférable aux roues de côté, Trente-deuxième année. Décembre 185 3. 67
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- (qui ne peuvent transmettre au plus que les o,/j5 de la quantité de Faction de l’eau, et à plus forte raison encore aux roues à aubes, dont l’effet maxi-mum n’est que les o,33 de celui indiqué par la' théorie.
- M. Thirria ajoute i° que celte turbine a l’avantage sur toutes les autres roues de pouvoir fonctionner étant noyée, et que dans cette circonstance., étant plongée de om, 51 dans l’eau, ce qui établirait une différence de niveau de im,o3 entre les eaux d’amont et celles d’aval, sa force était de 3 chevaux 88, l’effet maximum théorique étant de 4 chevaux 57 ; et a0 qu’elle est de peu de volume, eu égard à la force qu’elle produit, d’un établissement peu dispendieux, et qu’en conséquence elle est avantagement applicable à toute espèce de cours d’eau , et doit être préférée à toutes les autres roues hydrauliques.
- II. La turbine établie pour mettre ers jeu la machine soufflante du four*» neau de Dafnpierre ( Jura V fonctionne sons mie chute d’eau variable de 3 à G mètres, selon la quantité-d’eau accumulée dans, l’étang. Elle différés de la première, non seulement par la hauteur de la chute, mais encore par l’addition d’une vanne régulatrice, au moyen de laquelle on augmente ou l’on diminue, à volonté,la force de la machine, en y introduisant, selon le besoin, une plus ou -moins grande quantité d’eau ; elle en diffère encore par le moyen d’amener l’eau dans un cylindre en fonte fermé hermétiquement à sa partie supérieure, et faisant fonctions de la huche ou réservoir en bois, communément employé. Ces dispositions permettent de placer le moteur au milieu d’une salie ou d’un atelier , où il n’occupe, pouf une force de 8 à 10 chevaux, ou une chute de L\ à 5 mètres, que la place d’un grand poêle ou calorifère ordinaire. Le diamètre extérieur n’est que deom,8r ; les aubes ont om,o8 de hauteur-et om,i2 de saillie. Le poids total est de 80 kilogrammes , enfin la chute est de 3m,5o.
- Le succès de cette machine a déterminé M. Caron, propriétaire des usines de Frai s an s, à y faire établir la grande turbine, dont nous allons parier et dont les résultats avantageux ont été recueillis et constatés de la manière la plus authentique.
- III Cette troisième turbine, construite par l’auteur, est établie aux forges de Fraisans. Elle est de la force de 5o chevaux-vapeur.
- M. le préfet du département du Doubs a transmis à la Société un rapport qui lui a été fait sur cette turbine le a5 juin iS52, par une commission composée de M. Gouvy jeune, ingénieur en chef du Doubs, rapporteur, de M. Corne y ingénieur en chef du canal du Rhône au Rhin , et de MM. Paraît cher.. et Kornprolt, ingénieurs ordinaires. l a turbine de Fraisans était
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- noyée de oTO43, lorsque MM. les ingénieurs s’y sont présentés pour l’examiner. Ils ont rencontré h Fraisans M. Emile Weber t commissaire délégué par le comité de mécanique de la Société industrielle de Mulhouse et M. Gueble, artiste-mécanicien delà maison Hartman, de Munster, pour examiner cet te turbine.
- !
- r' Voulant se rendre maître du degré d’action de cette machine, Fauteur y a fait, comme à celle de Dampiérre, une vanne cylindrique qui s’élève et s’abaisse à volonté, de manière à pouvoir imprimer à la turbine le degré de force qu’il convient de lui donner, et qu’on lui donne en effet avec la précision nécessaire, disposition ou perfectionnement ingénieux dont ou peut apprécier toute l'importance, et dont MM. les ingénieurs ont profité pour submerger la turbine de i na,44- C’est dans cet état de submersion qu’ont été faites les cinq premières expériences rapportées dans le tableau n° i , et desquelles il résulte que la vanne étant levée de c’est à dire de son
- maximum, et la chute ou différence de hauteur des deux biefs n’étant que de om,9.27, la roue fournissait encore 8 tours 1/2 par minute, et un effet utile de o,,n5G équivalent à la force de 2 1/2 chevaux - vapeur, mini/num auquel il y a lieu de croire qu’elle ne sera jamais réduite. La vanne d’aval ayant été ensuite levée, l'immersion n’a plus alors été que de om,452; la vanne motrice levée de om,2y,la vitesse dans le bief supérieur s’est trouvée de 0,23. Le frein a été fortement pressé, on l’a chargé du poids de 4*5 kilogrammes, qui est devenu insuffisant pour modérer la vitesse de rotation de l’axe, donnant encore 38 tours par minute, malgré le frottement qui était tel, que le feu prenait au bois et que la charpente était ébranlée.
- Les cinq dernières expériences ont eu pour but de faire connaître la vitesse de la roue tournant sans entraves. A cet effet, on a enlevé le frein, et elle a donné 45 tours; ce qui excède la vitesse théorique de l’eau de près de 4/io (om,58), et cependant la roue était encore noyée de om,4a2. .
- Il résulte du rapport de MM. les ingénieurs : i° que cette turbine remplit toutes les conditions du programme; 20 que son effet, même dans le cas d’immersion, est supérieur à celui des roues considérées j isqu’à ce jour comme les plus productives ; 3° qu’elle tourne à iUi,44f’olîS l’eau, avec une vitesse reconnue de 12 tours par minute, lorsque la chute n’était que de ojn,5o7 , et de 3 tours lorsque l’immersion n’a été que de om,41 ; que la chute a été de et la vanne levée de ora,39.4 ou toute sa hauteur; 4° qu’à la
- profondeur de ira,4i et meme de a,44 cju’cm peut lui donner artificiellement, elle est à l’ab.ri des gelées, et que fonctionnant sous l’eau à des pro- ' fondeurs aussi différentes et avec une chute que l’on a réduite à o,m22 7 , elle est également à l’abri des variations de niveau. ;
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- ’ Au rapport de MM. les ingénieurs sont annexés deux tableaux des résultats obtenus dans les quarante-trois expériences auxquelles cette turbine a été soumise. v ... i ; . '
- Dans la troisième partie de son Mémoire , l’auteur donne le détail des expériences faites sur la turbine hydraulique, en adoptant pour le calcul de la force des chevaux les démens de ^5 kilogrammes, et se servant du frein de M. de Prony auquel il a fait différentes modifications.
- . Enfin la quatrième partie présente une instruction pratique sur l’établissement des turbines hydrauliques pour chaque cas particulier. Peut-être trouvera-t-on cette instruction un peu trop concise, mais elle ne l’est que parce que l’auteur suppose de la part des constructeurs des notions exactes, ou des connaissances positives sur la puissance des chevaux-vapeur et de la force à obtenir des turbines qu’ils auront à construire. Quant à nous, nous ne pouvons que l’approuver d’avoir renvoyé les charpentiers praticiens, pour tous les détails de pratique proprement dite, à l’excellent ouvrage de M. Poncelet sur les roues à aubes courbes, et de s’ètre borné au calcul des dimensions et au tracé de la roue.
- Nous avons dit que la Société industrielle de Mulhouse avait chargé son Comité de mécanique de lui faire un rapport sur les turbines hydrauliques de Dampierre et Fraisans. M. Emile Weber, l’un des membres Jes plus distingués de cette savante Société , lui a fait, au nom de ce Comité, un rapport détaillé et d’un haut intérêt sur les nombreuses expériences auxquelles il a soumis ces turbines. Cet important rapport est joint aux pièces. MM. les ingénieurs du département du Doubs, qui ont assisté à une partie de ses expériences, en ont constaté l’exactitude, et en ont rendu compte dans les tableaux joints à leur rapport. M. Weber s’est servi dans ses essais de l’instrument appelé le compteur on le mesureur des cours d'eau, pour reconnaître d’abord le rapport entre les produits obtenus par 3a formule, l’eau coulant en déversoir, et les résultats indiqués par l’instrument, afin de déterminer ensuite exactement la puissance mécanique de la turbine à l’aide du frein de M. de Prony. Pendant la durée des expériences, la turbine a été constamment noyée de plus de o,4o d’eau.
- M. Weber dit dans son rapport : i0 que les expériences qu’il a faites sur la turbine de Fraisans donnent la solution d’un problème d’autant plus important qu’il paraissait impossible à résoudre par la pratique pour un grand nombre de localités où les chutes disparaissent en grande partie par les inondations fréquentes ou les crues des rivières ; 2° qu’il est peu ou point de personnes qui ne sachent apprécier cette qualité de la turbine hydraulique, qui donne encore de 5o à 6o pour o/o de puissance mécanique, alors que
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- toutes les autres roues à eau s’arrêteraient si elles étaient noyées, comme la turbine, de im,7o à im,6o et même p'us, de manière qu’il ne restait plu* que quelques centimètres de chute; 3* que le poids de la turbine est en raison inverse de celui des autres roues, c’est à dire qu’à quantité égale d’eau^ la turbine sera d’autant plus petite que la chute sera plus grande, tandis que les autres roues augmentent de poids et de dimensions eu raison directe des chutes; 4° qu’elle a un avantage immense sur toutes les autres roues, par la légèreté avec laquelle on peut établir les transmissions de mouvement dans les établissemens qui exigent une grande vitesse de rotation, parce que la vélocité de la turbine augmente encore en raison de la chute, tandis que les vitesses des roues ordinaires diminuent par la même raison, en exigeant des engrenages et des arbres fort pesans, conséquemment difficiles à manier; 5° enfin que cette roue peu coûteuse, toute puissante qu’elle est, a le grand avantage de pouvoir être démontée facilement et remontée aussi promptement, de manière à n’avoir que peu ou point de chômage dans hs usines.
- M. Weber a joint à son rapport un tableau sur la dépense d’eau du canal des usines de Fraisans, et sur l’essai au frein de la puissance mécanique de la turbine.
- Dans une contrée aussi industrielle que celle des départemens du Doubs, du IIaut-Rlnn.de la Haute-Saône, etc., le succès des turbines devait les faire juger et apprécier promptement ; elles l’ont été en effet, aussitôt leur établissement, par un grand nombre de propriétaires d’usines et de manufactures. Aussi avons-nous la satisfaction d’annoncer à la Société que les vues qu’elle se proposait sont non seulement remplies, mais même de beaucoup dépassées , puisqu’au lieu de deux turbines fonctionnant qu’elle exigeait par son programme, outre les trois que nous venons de lui faire connaître, l’auteur nous en indique encore trois autres nouvellement construites et en pleine activité, savoir : i° une de 4 chevaux, chez MM. Breton père et fils, à Grenoble (Isère) : c’est celle que MM. les ingénieurs du département du Doubs ont vue dans les ateliers et dont iis ont admiré les modèles; e° une de 12 chevaux, chez MM. Hartmann , père et fils, à Munster (Haut-Rhin) ; 3° une antre de i1 chevaux, chez M. Jacques Hartmann également à Munster, et qu’il en a encore quatre présentement en construction, savoir : i° une de 8 à io chevaux pour MM. Grosodier, Roman et compagnie, à Wesserhng (Haut-Rhin); 2° une semblable pour MM. Hartmann père et fils de Munster, qui en ont déjà une; 3° une de io chevaux, pour MM. Breton père et fils de Grenoble, qui en ont déjà fait construire une; et 4° une de 45 che-^ vaux pour MM. J. Ch. Davillier et compagnie, à Gisors (Eure).
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- « Enfin, à toutes les pièces qu’il a annoncées, fauteur a joint un beau mo-dèle de sagurbmè, que nous avons éliminé avec soin et dans "lequel nous avons reconnu l’exactitude de détails qui caractérise l’instruction théorique et pratique qu’il vous a adressée.
- ' ' Résumé et conclusions.
- De tout ce que nous venons d’avoir l’honneur de vous exposer, il résulte, Messieurs, que l’auteur du Mémoire n° 2 est le seul qui ait rempli les conditions de votre programme sur le concours des turbines hydrauliques.
- En effet, vous demandiez au moins deux de ces roues, construites assez en grand pour que les résultats pussent porter une entière conviction dans tons les esprits, et que ces résultats fussent assez positifs et assez concluans pour dissiper toute espèce de doute sur le succès des machines de ce genre, qu’on pourrait construire d’après une pareille application. Or , fauteur du Mémoire n° 2 vous présente d’abord trois turbines en pleine activité, éprouvées par les ingénieurs du département, ensuite trois autres construites avec le même succès ; enfin, i! en a quatre en ce moment en construction pour de grands établissemens bien connus. Au mémoire qu’il vous a adressé il a joint une instruction claire, précise et méthodique, avec tous les plans et dessins détaillés, à une échelle de om,o5 par mètre, et un modèle bien exécuté.
- Enfin, vous demandiez que les turbines hydrauliques présentées donnassent, quelle que soit la force motrice qui a pourélémens les chutes et le volume d’eau dépensé, un effet approché de celui qu’on obtiendrait avec la même force par les roues à augeis ou parles roues dites de coté, et vous avez vu, par les certificats et rapports des ingénieurs du département du Doubs et de la Société industrielle'de Mulhouse, la supériorité des turbines sur toutes les autres roues hydrauliques, qui seraient de nul effet dans les conditions de leur minimum de puissance.
- Sur le rapport de son Comité des arts mécaniques, le Conseil d’administration de la Société d’Enceuragement a décidé que le prix de six mille francsj annoncé par le programme du concours qu’elle avait ouvert poulies turbines hydrauliques, serait décerné, en séance générale, à l’auteur du Mémoire, enregistré sous ’îe n" 2, portant cette épigraphe :
- « Plusieurs des phénomènes qui accompagnent le mouvement des fluides » échappant à l’observation, et d’autres 11e pouvant pas être calculés faute » de connaître exactement les lois en vertu desquelles ils ont lieu, on doit,
- » dans 1’éiat actuel de nos connaissances, se rapprocher le plus possible du « maximum, malgré le peu d’espoir de l’atteindre complètement. »
- Par suite de cette décision, M. le président, ayant ouvert devant le Conseil
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- le bulletin cacheté annexé à ce Mémoire , il a été eonstaté-cjit’il présentait la meme épigraphe, signée par M. Fonrneyron, ingénieur civil à Besançon*, élève de M. Burdin, et run des élèves les plus distingués de l’École pratique des mineurs de Saint-Etienne,. • ; ' ‘
- Approuvé en. séance générale, le 24 décembre 1855.
- , Signé L, IlÉiucART dû Tiiury, rapporteur. •!
- Rapport sur le concours pour la fabrication de briques, tuiles et carreaux par machines $ par M. de la Moriuière.
- Messieurs, dans la séance du 12 décembre i85a, vous avez décidé que le concours relatif à la fabrication des briques, tuiles et carreaux par moyen mécanique, serait prorogé d’une année, parce qu’il restait trop peu de temps entre le délai fie rigueur de la fermeture du concours et l’époque de la distribution des prix, pour que les concurrens eussent la faculté d’adresser leurs Mémoires ainsi que les pièces justificatives, et que le Comité pût se livrer aux recherches et expériences nécessaires pour établir son jugement.
- Nous allons avoir l’ironneur de vous rendre compte du résultat de notre examen, en suivant l’ordre d’inscription des Mémoires qui vous ont été adressés.
- Sous le numéro 1 est inscrite une lettre portant pour épigraphe : Dans Vapplication des machines à quelque fabrication que ce soit, on doit se proposer un triple but, savoir : le perfectionnement de cette fabrication , la diminution de son prix de revient ; et enfin, s'il y a lieu, le mieux-être des ouvriers qui y sont employés L’auteur demande à être admis au concours, et annonce qu’il adressera incessamment la description de scs procédés.
- Cette description ne nous est pas parvenue; nous avons appris seulement que le concurrent a déposé ses machines dans un établissement, près Paris, où on peut les voir fonctionner.
- Le deuxième concurrent vous a-adressé conformément au programme :
- i'\ Les plans de l’établissement, des outils eippioyés au moulage et à la préparation des terres;
- 20. La description du travail qu’on leur fait subir; la description de l’é-tendage, séchage et.rebattage;
- 5°. l.es plans du four;
- 4°. La description de l’enfournage, la conduite du feu, le vernissage des tuiles ; , '
- 5°. Le. nombre d’ouvriers nécessaire à chaque partie du travail ; le prix de la journée, la nature et la quantité du combustible employé;
- La dépensc.en matières et main-d’œuvre, le prix de la machine à broyer
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- la terre, et le coût de son entretien annuel, la quantité de briques, tuiles, carreaux produite par l’établissement, ainsi que leur prix de vente.
- 6°. Enfin des certificats du maire de la commune, indiquant l’existence et l’utilité de cette fabrique, l’extrait d’un rapport approbatif d’une commission nommée par la Société des arts et d’agriculture de Saint-Quentin, et un certificat d’un architecte de cette même ville qui fait l’éloge des produits de rétablissement.
- Les procédés de fabrication consistent à préparer la terre au moyen d’un arbre vertical en fer, garni de couteaux de même métal, se mouvant au moyen de la flèche d’un manège dans une caisse sans fond. Ce mode de préparation n’est pas généralement employé dans le pays, excepté toutefois à la fabrique de pipes d’Arras, qui n’est pas très éloignée : c’est, au reste, celui dont on se sert eu Hollande pour le même objet; il est décrit dans plusieurs ouvrages, et notamment dans le n° d’août i8i3, page 177 du Bulletin , d’abord sous le nom de machine de Kinsley, puis dans le 110 de janvier 182g, page 20. .
- Les outils qui servent au moulage ne présentent rien de particulier.
- Enfin le four se compose d’une enceinte carrée en maçonnerie à laquelle on a joint une arche ou fourneau où l’on place le combustible : c’est, en un mot, un four ordinaire; la seule différence qu’il présente consiste en ce qu’on a substitué le fer au bois dans la charpente de sa couverture.
- Le'troisième et dernier concurrent s'est borné à envoyer une feuille de dessin, représentant une machine à broyer la terre, et une propre à mouler : rien n’indique que ces moyens mécaniques soient mis à exécution. Le concurrent ne donne aucune description de ses méthodes; il ne présente aucun prix de fabrication et de vente, et ne s’est pas occupé de la cuisson.
- La machine à préparer la terre se compose d’une tonne en bois placée horizontalement, traversée suivant son axe par un arbre garni de couteaux, et mis en mouvement par une courroie : cette tonne peut s’ouvrir par en-haut pour recevoir la terre, qu’on doit préparer, et par la partie inférieure pour l’en laisser sortir.
- La machine à mouler se compose de deux cylindres tangens, placés horizontalement dans un bâtis en bois : le premier est garni, suivant toute sa circonférence, de deux rangées de moules en fer, dont le fond mobile est constamment attiré vers l’axe au moyen d’un ressort liéiicoïde, de manière à laisser entre lui et les bords des moules un espace égal à l’épaisseur qu’on veut donner à la brique; le deuxième cylindre, qui paraît être en bois, passe dans une bâche pleine d'eau; son axe et celui du premier portent chacun une poulie de même diamètre, sur laquelle passe une
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- corde croisée de telle sorte que, lorsqu’on fait tourner le cylindre porte-moule, le cylindre plein marche en sens contraire. La terre préparée, étant dans une terrine, à cheval sur les deux cylindres, on suppose que l’espèce de laminage qu’on lui fait subir la forcera à remplir chaque moule. A mesure que les moules pleins arriveront à la partie inférieure de l’appareil, une traverse mobile, à laquelle les fonds de chaque paire de moules sont attachés, et dont les extrémités dépassent les bouts du cylindre, est rencontrée dans sa marche par des courbes en fer qui forcent la brique moulée à sortir. Dès l’instant que les moules sont vides, la traverse abandonne les courbes, et les ressorts exerçant leur action , les fonds se retrouvent dans la première position pour reprendre une nouvelle quantité de terre en passant sous la trémie. À mesure que les briques tombent des moules, elles sont reçues sur des toiles sans fin placées sur des rouleaux mis en mouvement par une corde passant sur le porte-moule. Une machine semblable a été décrite dans plusieurs ouvrages anglais et français.
- La feuille de dessin représente aussi le détail d’un moule propre à faire les tuiles, dans le fond duquel on a placé une sorte de clapet destiné à former un petit appendice pour faire immédiatement le talon de la tuile.
- Tous voyez, Messieurs, d’après ce qui précède , que le premier concurrent n’ayant envoyé aucune description de ses moyens de fabrication, n’ayant pas non plus fourni les pièces justificatives qui attesteraient qu’il possède un établissement en activité et livrant au commerce des produits d’un prix inférieur, il a dû être mis hors de concours aussi bien que le troisième qui n’a fourni qu’une feuille de dessin.
- Quant au deuxième concurrent, il paraîtrait, à la rigueur, avoir satisfait à toutes les conditions du programme ; nous devons , toutefois, vous faire remarquer que les perfectionnemens qu’il a apportés dans cette fabrication consistent seulement dans l’emploi du moulin à broyer la terre, qui, bien que connu, n’est pas généralement adopté, et dans la substitution du fer an bois pour la couverture de son four.
- Nous devons dire aussi qu’il résulte des certificats faisant partie du dossier, qu’avant l’établissement de cette fabrique on était obligé d’aller au loin chercher les briques, tuiles et carreaux, et qu’on peut aujourd’hui dans la commune se procurer ces objets à meilleur marché, puisque déjà les frais de transport sont moindres ; mais nous ne savons pas si les prix du concurrent sont au dessous de ceux du pays, condition expresse du programme. .
- D’après ce qui précède, il n’y aurait pas lieu de décerner le prix cette année. Nous vous ferons cependant remarquer que si le deuxième concurrent Trente-deuxième année. Décembre! 833. .58 .., \
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- ri’a pas complètement atteint le but, il a du moins fait des efforts qui doivent mériter votre suffrage;
- Que les dépenses qu’il a faites ont été certainement au delà de la somme de 2,000 francs affectée au prix;
- Que,si les améliorations peu remarquables, il est vrai, qu’il a apportées à"sa fabrication, ne sont pas de nature à produire une influence sensible sur cette fabrication en général, il a du moins créé un établissement fort utile pour la localité, puisqu’il paraîtrait que, depuis la formation de cette tuilerie, il n’en coûte pas davantage pour couvrir les maisons en tuile an lieu de se servir de chaume;
- Qu’à l'époque où de fréquens incendies ravageaient le pays, cette circonstance était d’une grande importance;
- Enfin, qu’en donnant, d’après tous ces motifs, un encouragement pour les deux seuls perfectionnemens dont nous vous avons entretenus, dans un pays où l’on fait un usage exclusif de la brique, ce serait un moyeu de stimuler le zèle, non seulement du concurrent, mais encore d’appeler sur cet objet important l’attention des autres fabriques.
- Nous vous ferons observer, en terminant, i° que les procédés de cette fabrication étant très variables d’un lieu à un autre, tant sous le rapport des produits que sous celui des matériaux qu’on y emploie, il en résulte que , dans certaines localités, l’ensemble de la fabrication peut recevoir des améliorations , tandis que dans d’autres une partie seulement des procédés est susceptible d’être perfectionnée; 20 que l’obligation d’employer exclusivement des machines, condition fort difficile pour cette spécialité, a dû nécessairement écarter du concours beaucoup de fabricans qui, pour la plupart, sont étrangers aux moyens mécaniques. '
- D’après ces considérations, il a paru indispensable de diviser le prix unique proposé, ainsi qu’on l’a fait pour la lithographie.
- Nous avons, en conséquence, l’honneur de vous proposer :
- i°. D’accorder, à titre d’encouragement, une médaille d’argent au deuxième concurrent qui s’est présenté cette année, M. Gérard Maréeat, fabricant de briques à Montbréhin ( Aisne ) ;
- 2.0. De remettre au concours pour iS35 le prix pour la fabrication des briques, en portant sa valeur à 4,5oo francs, répartis ainsi qu’il suit:
- i°. Un prix de cinq cenlsfrancs pour un procédé nouveau propre à opérer, plus économiquement ou plus parfaitement qu’on ne le fait ordinairement, la division des terres dont la proportion exige cette division ;
- 20. Un prix de cinq cents francs pour le mélange et le corroyage des terres;
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- 3°. Un prix de cinq cents francs pour un nouveau procédé de moulage;
- 4°. Un prix de cinq cents francs pour le rebattage et le réparage;
- 5°. Un prix de mille francs pour la cuisson;
- 6°. Un prix de mille francs pour le vernissage;
- 7°. Un prix de cinq cents francs pour l’extraction des glaises par puits et galeries souterraines.
- Approuvé en séance générale, le 24 décembre i833.
- Signé de la. Morinière, rapporteur.
- Rapport sur le concours pour le peignage du lin par machines;
- par M. Th. Olivier.
- Neuf concurrens se sont présentés pour le prix proposé par la Société pour le peignage du lin par machines.
- Ils ont été inscrits dans l’ordre suivant :
- N°. 1. M. Vatrin, avoué à Schelestadt, a envoyé une lettre.
- N°. 2. M. Bricaille, demeurant rue Pierre-Levée, n° i5, à Paris, a présenté une machine fonctionnant.
- N°. 3. M. Saulnier aîné, demeurant rue Saint-Ambroise-Popineourt, n°5, devait présenter une machine; mais il s’est retiré du concours.
- N°. 4. M. Delcayre, demeurant au Montet (Dordogne), a envoyé un dessin et une explication.
- N°. 5. M. Girard, ingénieur des mines à Varsovie, a adressé à la Société quatre lettres, un Mémoire, un certificat, quatre feuilles de dessin, des échantillons de lin filé et de fil, et un modèle aux trois quarts de grandeur naturelle, mais fonctionnant et pouvant remplacer la machine construite dans ses véritables dimensions.
- N°. 6. M. Charles Scfilumberger, demeurant rue de Charenton, n° 58, un Mémoire, avec cette devise : Et pourtant elle doit réussir', une caisse contenant des échantillons de lin peigné, les étoupes provenant du peignage, et une machine fonctionnant.
- N°. 7. Un dessin, une lettre cachetée.
- N°. 8. M. David Fandeweghe, demeurant à Lille, une machine fonctionnant et deux certificats.
- N°. 9. M. Garnier a adressé une machine fonctionnant.
- Le programme exige que les concurrens envoient à la Société des machines fonctionnant, afin que les commissaires puissent les mettre en expérience et vérifier les résultats annoncés dans les Mémoires : cependant la Société d’Encouragement n’exigeait l’envoi des machines que dans le cas où les concurrens n’auraient pas formé de grands établissemens, se conten-
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- tant alors de dessins sur échelle, d’un Mémoire descriptif et détaillé et de certificats des autorités locales, constatant l’exactitude des expériences faites sous leurs yeux, par les concurrens et dans leurs ateliers.
- En conséquence,les numéros i, 4et 7 doivent être mis hors de concours, puisqu’ils n’ont pas rempli les conditions imposées par votre programme : quant au n° 9, sa machine a été déposée pendant quelques jours dans les ateliers de Chaillot. MM. Saulnier, Amédée Durand, et votre rapporteur l’ont fait fonctionner pendant quelques instans, afin de prendre connaissance du système d’après lequel elle était établie. Ils ont cru, d’après cet examen, quoique assez superficiel et imparfait, pouvoir se regarder comme suffisamment éclairés, et conduits à penser que cette machine ne pouvait atteindre le but proposé.
- M. Grt/vi/e/ayant enlevé immédiatement sa machine pourlatransporterdans son pays, des expériences 11’ont pu être faites par vos commissaires. M. Garnier devait répéter sur sa machine les expériences auxquelles on soumettait à Paris les machines des autres concurrens, d’après un programme arrêté par vos commissaires : il a été impossible d’obtenir les résultats qui lui étaient demandés, soit qu’il ait abandonné son projet de concourir, soit qu’il n’ait pas pu faire constater l’exactitude de ses expériences, n’ayant pas trouvé sur les lieux des ingénieurs dont le temps fût disponible.
- Le n° 9 doit donc être exclu du concours, puisqu’il n’a pas fourni tous les cîocumens exigés.
- Cependant nous donnerons ci-après le principe d’après lequel il avait construit sa machine.
- Restaient les numéros 2, 5, 6 et 8.
- Le Comité des arts mécaniques chargea MM. Saulnier, Amédée Durand et moi de soumettre à des expériences comparatives les quatre machines appelées à concourir: vos commissaires demandèrent l’adjonction d’un membre du Comité d’agriculture. M. Labbè fut désigné pour prendre part à nos travaux: ses connaissances spéciales furent très utiles dans les discussions auxquelles votre commission dut se livrer afin de s’éclairer, soit pendant, soit après les expériences comparatives, et pouvoir enfin établir son jugement avec impartialité.
- Avant de vous soumettre nos observations au sujet de ces expériences, ainsi que leurs résultats, nous allons donner une description succincte de chacune des machines, pour faire connaître le principe fondamental de leur construction; et quoique la machine de M. Garnier n’ait pu concourir, nous croyons devoir la décrire aussi, puisqu’elle est employée dans divers ateliers de filature.
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- Description de la machine de M. Garnier.
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- Cette machine est composée d’un bâtis formant coffre, dans l’intérieur duquel tourne, sur un axe horizontal, un système composé de deux cadres tournant l’un dans l’autre et portant sur leurs bras, parallèles à l’axe, des peignes dont les aiguilles vont en augmentant de finesse; des tringles en fer, jouant dans des anneaux, chassent l’étoupe engagée dans les aiguilles.Lorsque les peignes arrivent au bas du cercle qu’ils parcourent, alors les tringles sortant de la position qu’elles occupaient sur le peigne au fond des aiguilles, et descendant de la course permise par les anneaux qui les retiennent, elles forcent l’étoupe à sortir des aiguilles. Le lin marche verticalement, serré dans des mordaches conduites horizontalement par une chaîne sans fin à la Vaucanson.
- Dans cette machine, le lin est fouetté en zigzag, mais les peignes prenant successivement et par un mouvement rapide le lin en dessus en dessous, la quantité d’étoupe est très considérable; de plus cette étoupe ne peut être filée, car elle tombe en flocons, formés de brins très courts et renfermant une grande quantité de poussière.
- Description de la machine de M. David.
- Cette machine est composée de deux nappes sans fin et verticales; chacune d’elles porte des aiguilles dont les grosseurs vont en diminuant horizontalement de droite à gauche; ces aiguilles sont d’autant plus rapprochées entre elles qu’elles sont plus fines et plus déliées.
- Ces nappes sont mises en mouvement au moyen d’engrenages, et tournent en sens inverse, avec des vitesses égales.
- Le lin est placé dans des mordaches qui se meuvent horizontalement au moyen d’une vis sans fin un peu plus longue qu’une mordache, de sorte que, lorsque la mordache n’est plus conduite par la vis sans fin, on place en avant une seconde mordache, qui est conduite par la vis sans fin pendant un chemin égal à sa longueur, et pendant ce temps elle pousse la première mordache, et ainsi de suite.
- Le lin est peigné de haut en bas; les aiguilles le sillonnent dans toute sa longueur.
- Les grosses aiguilles ne font qu’effleurer la surface de la poignée de lin; mais à mesure que le lin s’avance et se trouve soumis à l’action des aiguilles, devenant de plus en plus déliées, ces aiguilles pénètrent davantage, et enfin les aiguilles les plus fines pénètrent toute la inasse de lin.
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- Les étoupes s’enroulent sur les nappes-peignes et s’enfoncent entre les aiguilles. Les nappes sont divisées en deux ou trois bandes, par un intervalle de quelques centimètres dégarni d’aiguilles, de sorte que les étoupes sont divisées en autant de nappes; la nappe enroulée sur la partie portant les aiguilles moyennes est déjà de meilleure qualité; enfin la nappe enroulée sur la partie portant les aiguilles fines et déliées est d’une qualité supérieure et peut être filée avec quelque avantage.
- Description de la machine de M. Girard.
- Une chaîne à la Vciuccnison conduit horizontalement les mordaches portant les poignées de lin à peigner.
- Le lin marche horizontalement, ses brins étant dans une position verticale, et pendant son trajet il est soumis à l’action de peignes dont les aiguilles sont horizontales.
- Les peignes forment une double rangée; le lin passe au milieu.
- Chaque peigne portant trois rangs d’aiguilles reçoit, au moyen d’axes ou manivelles coudées, un mouvement circulaire, de sorte que chaque pointe d’aiguille décrit un cercle dont le plan est vertical.
- Chaque aiguille sillonne le lin de haut en bas, mais seulement dans une petite partie de sa longueur; et comme les peignes sont disposés les uns au dessous des autres dans un plan vertical et parallèle à la nappe de lin, le lin se trouve peigné dans toute sa hauteur, quoique chaque peigne n’agisse que sur une partie de la longueur des brins.,
- On conçoit dès lors que, la même aiguille ne sillonnant point le lin dans toute sa longueur, les fibres doivent être plus ou moins divisées, en formant une espèce de réseau. -
- Les étoupes sont saisies pour ainsi dire brin à brin par deux cylindres dont les axes sont dans un même plan horizontal, et qui, formant une espèce de laminoir , disposent les brins courts formant les étoupes parallèlement les uns aux autres, et les donnent ensuite à un gros tambour placé en dessous, qui par son mouvement de rotation eu forme une nappe plus ou moins épaisse. '
- Avant de soumettre le lin à l’action des peignes, on le brise et on l’adoucit en le faisant passer entre deux cadres en 1er tournant en sens inverse et l’un dans l’autre. Le lin est ainsi fouetté en zigzag, les brins sont disposés plus parallèlement entre eux;les lames d’origine ou, en d’autres termes, les fibres qui composent l’etivéloppe extérieure du lin, et q.ui sont les plus
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- dures et les plus difficiles à attaquer par les aiguillés, sont! adoucies, brisées et déjà mieux préparées pour que les aiguilles puissent agir sur elles.
- D’ailleurs la grosseur des aiguilles va en diminuant ainsi que leur distance respective, à partir de l’entrée du lin jusqu’à sa sortie. •»’
- On peut changer les pignons des engrenages et augmenter la vitesse de rotation des peignes ainsi que la vitesse des mordaehes, et cela à volonté et dans tout rapport demandé. Enfin l’on peut avec facilité changer les peignes et en placer d’autres dont les aiguilles soient de grosseur différente. On peut donc ainsi disposer la machine de manière à la rendre propre à peigner des lins de toute qualité.
- Description de la machine de M. Schîumberger.
- Cette machine n’est autre qu’un grand tambour portant à sa surface cylindrique une rangée de peignes juxtaposés les uns aux autres; toutes,les aiguilles sont de même grosseur, également espacées, inclinées dans le sens du mouvement de rotation que doit prendre le tambour sur son axe horizontal. Cette disposition a été reconnue, par l’auteur,meilleure que celle primitivement employée, savoir de les placer normalement à la surface cylindrique du .tambour.
- Ce tambour porte deux rangées circulaires de peignes séparées par un intervalle de quelques décimètres, de sorte que deux ouvrières peuvent travailler en même temps.
- On n’emploie point de inordache ou pince pour saisir le lin. L’ouvrière tient elle-même la poignée de lin , et présente d’abord la pointe du lin à deux cylindres cannelés horizontaux, dont elle peut à volonté, au moyen d’un levier d’embrayage, changer le mouvement de rotation, suivant qu’elle veut faire avancer le lin pour le soumettre à l’action des aiguilles ou qu’elle désire le retirer et le soustraire à cette action.
- Ces cylindres cannelés produisent ici, en partie, l’effet obtenu par les cadres mobiles de M.Girard; les brins sont disposés parallèlement entre eux, les lames d’origine sont brisées , le lir^est'adouci.
- La peigneuse laissé avancer le lin "entraîné sur de tambour par l’action des cylindres cannelés, et il n’est saisi par les aiguilles que par sa part extrême , de sorte que ce n’est que peu à peu que le lin est soumis dans le trois quarts de sa longueur à l’action des peignes.
- Ainsi les aiguilles préparent peu à peu le lin à recevoir une action plus complète de leur part.
- Par son mouvement de rotation assez vif, le tambour établit un courant d’air dans le sens de ce mouvement, qui tend à épanouir le lin sous forme
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- de gerbe , et produit en partie l’effet que le peigneur cherche à obtenir dans le peignage à la main , en lançant son li;i sur les peignes fixes. De pins, ce courant d’air emporte les diverses pellicules, fragmens de chenevotte , etc., qui sont détachés du lin par l’action rapide et vive des aiguilles. :
- Les étoupes se logent entre les aiguilles et forment une nappe dont les brins sont bien disposés, étant parallèles entre eux.
- Au moyen d’un petit instrument ingénieux, l’on peut promptement redresser les aiguilles qui se trouveraient tordues soit par quelque accident, soit parce qu’elles auraient rencontré dans le lin des parties offrant une certaine résistance qu’elles n’auraient pu surmonter.
- Les étoupes contiennent généralement une assez grande quantité de longs brins, soit parce que, la vitesse du tambour ne donnant pas aux aiguilles le temps de pénétrer dans les lames d’origine pour les diviser (leur dureté exigeant une vitesse assez faible), il arrive que ces lames extérieures du lin passent presque toutes dans les étoupes, soit parce que les brins n’étant pas tous disposés très parallèlement entre eux , ils forment des zigzags qui permettent aux aiguilles de les entraîner, la vitesse étant trop rapide pour que ces brins puissent se déranger peu à peu afin de donner passage aux aiguilles. :
- Description de la machine de M, Bricaille.
- Cette machine se compose, comme celle de M. Schlumberger, d’un tambour dont la surface cylindrique est complètement couverte de peignes juxîa-pcsés.
- Le lin est placé par boites dans de grandes mordaehes, et non par petites poignées , comme dans les trois machines précédentes; de sorte que, pour peigner le lin à fond, on est obligé de retourner les mordaches , afin que les aiguilles pénètrent bien dans l’intérieur de la boite de lin. Pour ne soumettre d’abord que la pointe du lin et le présenter peu à peu sur les trois quarts de sa longueur à l’action des aiguilles, le cylindre dans lequel sont implantées ces aiguilles est recouvert en partie, du côté où le lin estplacé.par un cylindre ou boîte en cuivre ou en tôle, qui, au moyen d’une poignée, peut recevoir du peigneur un mouvement de rotation concentrique et en sens inverse de celui que prend le tambour : par ce moyen, le lin se trouve peu à peu et sur une longueur de plus en plus grande mis en présence des ai-
- Lorsque le peigneur juge que le lin est suffisamment peigné , il fait fnou^
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- voir le cylindre mobile de cuivre et détache ainsi peu à peu et successivement les brins de lin engagés dans les aiguilles. Cette machine n’est autre que celle qui fut employée par ’NL.Ternaux dans sa fabrique de Saint-Ouen; aucun perfectionnement n’y a été apporté par M. Bricaille ; il l’a présentée telle qu’elle était lorsqu’il l’acheta.
- Chacune des quatre machines présentées au concours a été soumise aux mêmes expériences, et chacune d’elles en présence de vos commissaires et de plusieurs membres du Comité.
- Les concurrens ou leurs fondés de pouvoir ont eux-mêmes dirigé les machines. Chaque machine a dû peigner la même quantité de lin, et des lins de même qualité. /
- Cependant, comme la machine de M. Girard n’était qu’un modèle fonctionnant, dont les dimensions étaient environ d’un quart plus petites que celles de la machine réelle, et que dès lors elle ne pouvait peigner que des lins courts, on a cru pouvoir accorder que les expériences n’auraient lieu pour elle que sur du lin gris,assez court, pour que sa marche fût régulière et que par rapport au travail elle se trouvât dans les mêmes conditions que les machines des autres concurrens.
- Chacune des autres machines a opéré sur la même quantité de lin , mais moitié en lin gris, court, et moitié en lin jaune, long.
- D’après les expériences, le temps employé est à peu près le même, et il paraîtraitque ces machines employant trois hommes se relayant tour à tour, dont deux sont constamment appliqués à la manivelle, et un peigneur ou une peigneuse pour surveiller le travail, placer les mordaches , retourner les poignées de lin dans les mordaches, afin de peigner le lin aux deux extrémités et au milieu de la poignée, il paraîtrait, dis-je, que ces machines feraient un travail double de celui produit par quatre ouvrières peignant à ta main dans une journée de douze heures.
- Mais vos commissaires sont portés à croire que, dans les expériences qui ont eu lieu, les concurrens ont plutôt cherché à produire beaucoup, et dans le moins de temps possible, qu’à faire bien ; qu’ils ont, en un mot, plutôt eu en vue la quantité que la qualité des produits. L’opinion que nous venons d’émettre vous paraîtra très probable après la lecture du procès-verbal signé par les experts appelés pour nous éclairer sur le mérite des produits, sur la valeur des lins peignés par les machines en concours et sur la nature du fil que l’on pourrait oblenir en filant ces lins, et surtout si vous comparez entre eux les produits fournis par les concurrens avant nos expériences comparatives et ceux qui ont été obtenus sous les yeux de vos commissaires.
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- Les expériences ayant eu lieu, la commission fut fort embarrassée pour porter un jugement équitable. . . . :
- Enfin , après un mûr examen, elle reconnut: que, si toutefois elle pouvait prononcer sur le mérite des machines, sous le point de vue mécanique, elle ne pouvait prononcer sur le mérite des produits de ces machines : elle dé* cida donc que l’on appellerait cinq industriels pour former un jury chargé de porter un jugement sur la valeur des produits obtenus.
- Les experts appelés furent MM. John Collier, Saulnier aîné, JDebergue, Lasgorsciix et Cacan. Les lins peignés et les étoupes provenant du peignage furent rangés avec ordre sous les n° i , 2, 3, 4 ; le jury ignorait les noms des auteurs des machines.
- , Extrait du procès-verbal dressé et signé par les experts.
- Les échantillons se classent pour leur mérite dans l’ordre d’inscription présenté: .
- Le n° i. Lin peigné mieux que les autres.
- Les n°s a et 3, semblables entre eux pour les lins peignés, mais les étoupes du n° 2 égales à celles du n° i et meilleures que celles du n° 3.
- N° 4? grande infériorité en tout.
- Le lin soumis aux expériences est de deux sortes: l’un, jaune, long, propre à donner le n° to (io,ôoo mètres à la livre),et l’autre gris, court, propre à donner le n° 16 (16,000 mètres à la livre).
- Le n° i est plus vidé d étoupes que les autres ; il présente un peu moins de lames primitives au centre et très peu de chenevotte; c’est ce qui le fait placer au premier rang.
- Les étoupes du n° 3 sont inférieures à celles des nos i et 2. Les brins sont moins bien disposés en longueur; ils sont feutrés, ce qui les rend impropres à un travail subséquent.
- Les exper ts pensent que les échantillons soumis à leur examen, étant filés à la mécanique* ne pourraient pas donner le n° io pour le lift jaune peigné, et le n° 16 pour le lin gris peigtiéï-"'*'*-* * * *
- Les experts sont d’avis que les échantillons ne satisfont pas à toutes lés conditions imposées par le programme de la Société d’Encouragement. /
- Tous voyez que, suivant l’expertise du jury, les produits se trouvent précisément rangés par ordre de valeur, dans le même ordre j, 2, 3, 4? sous lequel ils lui avaient été présentés, mais qu’en même temps les experts ont déclaré que les lins peignés ne pouvaient être filés sous les nos auxquels le fil devait arriver, vu la nature et la qualité du lin que les concurrens avaient eu à peigner dans les expériences comparatives. \
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- Aucun des concurreiis n’a donc atteint le but désiré, et votre commission pense que, quoiqu’il doive apparaître, d’après les épreuves, qu’aucune des machines présentées au concours ne peut dispenser de repeigner à la main les lins qui n’auraient été pour ainsi dire que dégrossis et préparés par ces machines, cependant il faut s’abstenir d’un pareil jugement. Les machines doivent donner de meilleurs produits que ceux obtenus dans les expériences; les concurrens se sont trop hâtés, ils ont cherché la quantité et non la qualité. Vos commissaires pensent aussi que ces machines ne sont pas encore arrivées au degré de perfection qu’elles peuvent atteindre, sans affirmer toutefois qu’elles pourront, après avoir été perfectionnées, arriver à rivaliser avec le travail à la main ; à ce sujet, ils sont dans le doute. Les réflexions précédentes sont suggérées par ce qui suit.
- Ayant soumis à l’examen du jury les produits présentés par un des concurrens, lors de l’envoi de sa machine (le nom de ce concurrent étant ignoré des membres qui composaient le jury), il a été déclaré que l’on pourrait, sans avoir besoin de repeigner les lins , les filer sous les nos i6 et io (à la livre), mais que les étoupes renfermaient une très grande quantité de long lin. Le jury ajouta qu’il croyait que les échantillons qui lui étaient présentés devaient être le produit de la machine dont des lins peignés lui avaient été d’abord présentés sons le n° i , mais que les étoupes du n° r; valaient mieux que celles de la caisse d’échantillons, parce qu’elles contenaient très peu de lin long; et il ajouta qu’il pensait que pour peigner des lins à la machine, et aussi bien que l’étaient les lins renfermés dans la caisse d’échantillons , le déelietdevait être beaucoup plus considérable, vu la nature des étoupes , que dans le peignage à la main.
- D’après cet exposg succinct de leurs travaux, vos commissaires doivent vous déclarer qu’aucun des concurrens n’a mérité le prix proposé.
- Ils doivent cependant vous faire connaître que , d’après les expériences et l’examen détaillé -des machines, iis croient pouvoir les ranger sous le point de vue mécanique, c’est à dire comme panÿs^int devoir produire des effets plus ou moins approchant de ceux obtenus dans le peignage à la main, dans l’ordre suivant :
- i°. La machine de M. Schlumberger,
- 2°. Celle de M. Girard,
- 5°. Celle de M. David,
- 4°. Celle de M. Bricaille.
- Le jury appelé à prononcer sur le mérite des produits les a rangés aussi dans le même ordre. J -
- Ainsi la machine de M. Schlumberger est, sous tous les rapports, celle qui
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- doit l’emporter sur les autres machines présentées , et cependant elle ne satisfait pas encore à toutes les conditions exigées par le programme.
- En proposant un prix de 6,000 fr. pour le peignage du lin par machines, la Société d’Encouragement a annoncé à l’industrie qu’elle attachait une grande importance à la solution de ce problème ; le gouvernement a eu la même pensée que vous, en promettant d’accorder, de son côté, 6,000 fr. à celui qui résoudrait la question proposée.
- A l’époque où le programme fut rédigé, l’on avait établi en France et avec succès plusieurs filatures de coton par machines, et l’on essayait la filature du lin par les procédés mécaniques. Les Anglais achètent presque tous nos lins bruts, les peignent et les filent chez eux et viennent ensuite les vendre avec avantage sur nos marchés. La filature, par machines, du lin et du chanvre serait une conquête des plus heureuses pour l’industrie française , car chaque pays doit chercher à manufacturer chez lui les produits bruts de son sol ; il y a gain et profit. Mais le peignage à la machine favorisera-t-il rétablissement des filatures de lin et de chanvre? Est-il possible qu’une machine produise des effets analogues à ceux que la main peut produire dans le peignage ordinaire ? Un bon peigneur anglais, aidé de deux enfans, peigne soixante bottes de 44 onces par journée de douze heures. A Glascow,l’un des centres importans pour les filatures anglaises, on a renoncé aux machines ; le peignage se fait à la main dans tous les ateliers.
- On conçoit que le peigneur, en lançant la poignée de lin sur so npeigne fixe, peut par un tour de main faire épanouir en gerbe le lin , et dès lors le présenter sous une nappe de très peu d’épaisseur à l’action des aiguilles.
- On conçoit que, lorsqu’il retire la poignée de lin, pour en extraire l’étoupe, il emploie plus ou moins de force, suivant la résistance qu’il éprouve. Sa main se lève plus ou moins , suivant cette résistance sentie , pour que les brins se dégagent sans se rompre d’entre les aiguilles du peigne. Cette action intelligente de la main du peigneur peut-elle être produite par une machine?
- Votre Comité des arts mécaniques, après une discussion très longue, a été conduit à regarder le problème comme très compliqué, et sa solution complète comme très difficile ; mais il n’a pas osé affirmer que cette solution fût impossible. Peut-être, a-t-on dit, serait-il possible de faire autre chose que ce qui se pratique maintenant dans le peignage à la main, et de combiner autrement l’intelligence de l’ouvrier, et la forme de la machine qui sert de peigne; de telle sorte que les produits seraient plus parfaits et en plus grande quanliîédans un temps donné; car remarquonsque la machine de M. Schlum-berger approche assez près de ce que.désire la Société d’Encouragement :
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- encore quelques efforts, et le but désiré pourrait être atteint. Votre Comité a donc pensé que le prix devait être continué.
- Mais en même temps il a aussi pensé que les travaux de MM. Schlumber-ger, Girard et David méritaient des encouragemens de la part de la Société, puisque, par l’examen détaillé et approfondi de la question , il était amené à la regarder comme offrant les plus grandes difficultés, et à penser que l’on ne devait pas encore perdre l’espoir d’obtenir la solution de cet important problème.
- Votre Comité des arts mécaniques a donc l’honneur de vous proposer les conclusions suivantes :
- i°. Accorder, comme encouragement et pour récompenser les efforts des concurrens, 600 francs à M. Schlumberge?-, pareille somme de 600 francs à M. Gii'ard et 3oo francs à M. David ;
- 20. Remettre au concours le prix pour le peignage du lin par machines.
- Approuvé en séance générale, le 24 décembre i833.
- Signé Tu. Olivier, rapporteur.
- Rapport sur le concours relatif a un procédé propre à reconnaître le mélange de la fécule avec la farine de blé ; par M. Gaultier de Claubry.
- La Société n’a reçu, cette année, qu’un seul mémoire sur le sujet qui nous occupe; l’auteur y propose l’emploi de six moyens différens pour arriver à la détermination désirée.
- Le premier consiste dans l’emploi du microscope ou d’une forteloupe,et pour en augmenter l’action, l’auteur fait déssécher la farine au bain-marie, à l\o ou 5o° centigrades, auquel cas la fécule devient beaucoup plus visible.*
- Le second a déjà été indiqué un grand nombre de fois ; c’est le poids d’une mesure égale de farine pure et de farine mêlée de fécule, qui, en tassant un peu , donnerait, d’après l’auteur, entre la farine pure et la fécule une différence de 1000 à i5oo. Déjà, dans les rapports sur les concours des précédentes années, votre Comité des arts chimiques avait émis son opinion relativement à ce procédé qui peut présenter de grandes causes d’erreurs; et cependant d’autres concurrens ayaient proposé de faire tomber la farine dans une mesure au moyen d’un tamis, tandis que l’auteur du mémoire envoyé cette année au concours, propose de la tasser un peu, et l’on sent facilement combien cette modification peut aisément conduire à des résultats erronés.
- Pour troisième moyen, l’auteur propose l’extraction du gluten. Nous n’aurons rien à dire à ce sujet, la variation des proportions de gluten dans
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- les diverses farines ne permet pas d’établir par comparaison si une espèce quelconque contiendrait de la fécule, puisque la variation obtenue pourrait très bien dépendre de la farine elle-même.
- Les procédés suivans sont nouveaux et pourraient offrir quelques moyens de comparaison ; ils consistent dans l’emploi de l’acide hydrocblorique ou nitrique et du nitrate de mercure.
- Si on mélange exactement dans un petit pot de faïence, au moyen d’une petite baguette, parties égales de farine pure et d’acide nitrique, le mélange s’échauffe légèrement et en peu d’heures il passe par toutes les nuances du jaune, pour arriver au jaune orangé.
- La fécule,- dans la même circonstance, éprouve peu de changement de couleur. ' '
- Un mélange de quatre-vingts parties de farine et de vingt de fécule donne un jaune citron et non un jaune orangé, et avec portions égales la couleur ne sera qu’un jaune pale dégradé. .
- La farine pure, mêlée avec l’acide hydrocblorique, devient rouge clair et violet, et après quelques heures d’un beau bleu d’indigo; en chanlfant un peu, la.teinte s’élèvera plus rapidement.
- La fécule devient, dans la même condition, pâteuse, et se liquéfie sans changer de couleur. ,
- Avec soixante-quinze parties de farine et vingt-cinq de fécule, on n’obtient qu’un violet clair.
- Ces résultats pourraient, si on avait toujours à sa disposition un échantillon de farine pure, donner des moyens de comparaison assez exacts ; mais l’auteur.le dit lui-même : « Ce sont d’cxcèllens réactifs dans des mains exercées. » Mais il est à peu près impossible qu’il serve aux boulangers eux-mêmes à reconnaîtr e l’altération de la farine et encore moins la proportion de fécule * et, comme fauteur le fait bien observer, dans certaines années la farine adhère fortement au cariospe ; et les meuniers sont obligés d’ajouter un peu de fécule ou de riz sec pour faciliter la monture. Si on n’avait.pas de moyen de reconnaître la proportion cm mélange, on confondrait cette petite proportion de mat ière, pour ainsi dire accidentelle, avec celle que l’on aurait ajoutée dans l’intention de falsifier.
- Si on mêle de la farine pure avec du nitrate de mercure à parties égales, la pale devient citrine, et passe successivement, au bçut de quelques heures^ au rouge garance : en hiver, il faut chauffer un peu le mélange pour faciliter, le développement de la teinte. v
- ï La fécule ne se colore pas dans les mêmes conditions, et les nuances que Lan obtient varient suivant la proportion de son mélange avec la farine.
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- Ici, comme dans les expériences précédentes, la différence des teintes peut offrir des résultats comparables, mais seulement dans le cas où l’on aurait, comme type, des farines pures aux teintes desquelles on comparerait celles des farines que l’on voudrait essayer. Mais il se présente à cet égard lïne observation importante, c’est que les teintes obtenues dépendent de la proportion du gluten, et que les farines présentent de grandes variations suivant la nature du blé, les localités, le mode de culture, la nature des saisons et les conditions particulières auxquelles se sont trouvées soumises les farines ; de sorte qu’il ne suffirait pas d’avoir une farine sans mélange pour obtenir un type invariable,et que cet étalon lui-mème pourrait, induire en erreur dans les comparaisons nécessaires pour déterminer la nature des mélanges.
- L’auteur du mémoire emploie l’acide nitrique du commerce, l’acide hydrochlorique à 21 degrés, et prépare son nitrate de mercure avec 3o grammes d’acide nitrique pur, 16 grammes d’eau et autant de mercure.
- Il ajoute à ses observations que les farines féculentes absorbent moins d’eau que la fécule pure pour donner une pâte ferme, et que les boulangers se servent de ce moyen pour reconnaître la bonté des farines.
- Ce procédé ne peut offrir aucun moyen exact pour reconnaître le mélange de farine et de fécule, parce que les farines sans mélange offrent elles-mêmes des variations très considérables sous ce point de vue.
- Enfin, l’auteur ajoute que quand on mélange des farines de haricots et de pois, on peut les reconnaître en frottant la farine entre les mains, ou mieux en la délayant dans un peu d’eau bouillante; l’odeur des haricots devient très sensible. -
- Si jamais les farines pures ne présentaient une odeur analogue à celle qu’offrent les farines des légumineuses, on pourrait induire de sou développement la conséquence qu’en tire fauteur; mais des farines pures de tout mélange peuvent, dans quelques circonstances, présenterai! plus haut degré cette odeur, à tel point que l’om sè croirait assuré de l’existence de la farine de haricots en grande proportion; et nous citertfùs (jpmrae exemples certaines farines de minot, qui proviennent des États-Unis, et même des farines de France, qui ont été gardées long-temps, dans des magasins un peu humides sans cependant qu’elles se soient pelotées.
- Nous ajouterons aussi, relativement à l’extraction du gluten, que cette substance offre souvent des caractères assez différens dans diverses espèces de farines. Quand la farine est de très bonne qualité le gluten est très élastique, s’étend en couches extrêmement minces sans se déchirer, et n’adhère pas aux doigts, s’il sont seulement très légèrement humectés; tandis que, dans
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- beaucoup decas,il est mollasse, pi us ou moins poisseux, et quand onle tire il forme des espèces de cordes et se rompt aisément dans les points oùil produit Une membrane mince : souvent alors il a une légère odeur. Dans ces circonstances, la farine donne un pain de moins bonne qualité, et la pâte ne se conduit pas sur couche et au four de la même manière que celle de farine pure non altérée, et se rapproche de celle qui aurait subi un mélange de fécule.
- Lorsque la farine de blé contient de la farine de haricots, en lavant la pâte pour extraire le gluten elle se divise, et une grande quantité de gluten se perd avec l’amidon ; mais les farines qui contiennent un peu de son présentent le meme caractère, et les unes comme les autres ne peuvent être lavées que dans un nouet de linge un peu serré. C’est au surplus avec la même précaution qu’on doit laver toute farine dont on veut extraire le gluten ; sans cela on perd beaucoup de cette substance, et encore faut-il recevoir l’eau de lavage sur un tamis qui retient une assez grande quantité de gluten divisé, qui serait perdu sans cette précaution.
- Quoique l’auteur du mémoire que nous venons d’analyser n’ait pas rempli les vues de la Société, et que la question déjà proposée plusieurs fois ne soit pas résolue, votre Comité des arts chimiques est d’avis que le mémoire qu’il a présenté mérite d’être signalé par la nouveauté des procédés mis en usage pour arriver au but, et il a l'honneur de vous proposer de lui accorder une médaille de bronze. Ce concurrent est M. Dubuc père, de Rouen, auquel l’industrie doit plusieurs travaux dignes d’intérêt, et que l’Académie des sciences a recompensé en 1829 par l’un des prix du legs Montyon.
- Approuvé en séance générale, le 24 décembre i833. .
- Signé Gaultier de Claubry, rapporteur.
- Rapport sur les divers concours ouvertsi° pour Vexploitation de carrières de pierres lithographiques ; i° pour la fabrication de pierres artificielles propres a remplacer les pierres lithographiques ; y pour le transport des anciennes gravures sur la pierre lithographique ; 4° pour le perfectionnement de la lithographie ; et 5° pour l impression lithographique en cou-leur ; par M. Payen.
- i°. Exploitation de carrières de pierres lithographiques.
- Deux concurrens se sont présentés et ont offert les produits de carrières situées, l’une près de Périgueux et l’autre dans l’arrondissement de Tonnerre ( Yonne ).
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- Le temps ne leur a pas permis de remplir toutes lès conditions du programme : il en est une d’ailleurs que nous vous proposons de modifier ; elle exigeait la mise en œuvre de pierres ayant 24 pouces sur 3o; ces dimensions excédant les formats usités, il nous paraîhconvenable de les restreindre -aux grandes dimensions usuelles. Nous vous proposons, en outre, de proroger le concours à l’année prochaine.
- 20. Fabrication de pierres lithographiques artificielles.
- Aucun concurrent ne s’étant présenté, nous vous proposons de proroger le concours à l’année i836.
- 3°. Transport des anciennes gravures sur la pierre lithographique.
- Ce concours n’ayant amené aucune solution, nous vous proposons de le prorogera l’année i836.
- 4°. Perfectionnement de la lithographie.
- Deux concurrens se sont présentés : l’un, le n° 2, n’a envoyé aucune pièce.
- Le n° ier, M. Delarue, imprimeur-lithographe, à Paris, n’a traité aucune des deux questions posées dans le programme , savoir : la préparation des meilleurs crayons et l’encrage des pierres ; mais il nous a présenté des encres et des papiers lithographiques et autographiques.
- Nous fatiguerions votre attention inutilement en vous donnant lecture des recettes indiquées par M. Delarue. Nous signalerons cependant une observation qui nous paraît offrir un intérêt particulier.
- M. Delarue observa l’influence très favorable du sel marin dans la composition de l’encollage des papiers autographiques, et reconnut que d’autres substances solubles, du sucre notamment, étaient loin d’offrir d’aussi bons résultats; l’auteur attribuait à une différence de solubilité l’effet avantageux observé, mais nous sommes porté à croire que la propriété utile du chlorure de sodium est, dans ce cas, de déterminer la séparation entre l’eau et le savon que renferme l’encre, et de mieux fixer ainsi les substances grasses et résineuses qui l’accompagnent.
- L’utilité du sel, en ce sens, recevra peut-être quelques autres applications dans l’art lithographique.
- Nous citerons encore comme digne de votre attention le moyen de correction employé sur le papier autographique chez M. Delarue. Il consiste à effacer par l’essence de térébenthine, puis à écrire de nouveau sans aucun grattage et à l’instant même.
- Trente-deuxième année. Décembre 1833.
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- Un perfectionnement d’un autre genre, opéré par le même concurrent, a plus particulièrement fixé l’attention de votre Commission spéciale; il est relatif aux encres et papiers d’impression pour les-reports de dessins et d’é-Criture sur pierre : nous entrerons à ce sujet dans quelques détails.
- Senefelcler, dont notre collègue M. de Lasteyrie a fait connaître et appliquer les procédés en France, avait indiqué les reports des gravures sur pierres lithographiques; l’une des premières applications en France s’est faile par un artiste employé dans la manufacture royale de Sèvres. M. Bron-gniart, de l’Institut, directeur de ce bel établissement, fit ainsi transporter la gravure des cartes d’entrée du Muséum, afin d’en multiplier les épreuves, que l’on tire encore de temps à autre par ce moyen. Depuis, MM. Dumas, Brongniart£\\s et sdudouin reproduisirent, dans les Annales des sciences naturelles,, des épreuves de plusieurs planches en cuivre.
- Un grand nombre d’essais de reports ont encore été faits dans les nombreux étabiissernens lithographiques de Paris; mais les imperfections des encres et papiers, la difficulté du décalquage ont resserré entre d’étroites limites cette ingénieuse ressource de l’art industriel qui nous occupe.
- M. Delarue nous a montré les avantages qu’il réalise déjà journellement de Temploi des reports, extrêmement faciles et perfectionnés par les moyens nouveaux qu’il a soumis à notre examen.
- En faisant usage de l’encre et du papier d’impression qu’il confectionne, le décalquage s’opère en imbibant le papier, enlevant l’excès d’eau, posant sur la pierre et frottant à l’aide d’une roulette en drap; la feuille, aussitôt enlevée, laisse tous les traits empreints Sur la pierre; elle est complètement décolorée : on prépare comme à l’ordinaire, puis on procède au tirage.
- On peut souvent ainsi quadrupler et même décupler la vitesse et l’économie du tirage, puisque la meme pierre, ayant reçu quatre ou dix décalques du même dessin, donne ensuite, pour chaque pression, quatre ou dix épreuves à la fois : c’est là le principal avantage que M. Delarue signalait à votre attention, lorsque l’un de nos plus zélés collègues, M. Chevallier-, entrevit de plus nombreuses applicat ions de ces reports, et travailla, de concert avec M. Delarue, à vérifier ses prévisions.
- || Les premiers résultats ainsi obtenus permettent déjà de concevoir de belles espérances dans un avenir prochain.
- Nous a vens surtout remarqué:
- i°. Le décalquage sur papier, puis report sur pierre des gravures en taille-douce. S’il paraît impossible que ce procédé donne avec une rigoureuse exactitude tous les traits les plus fins sans aucun défaut, et surtout la saillie du noir, il est évident que, dans le plus grand nombre des
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- produits commerciaux de ce genre, on obtiendra, à l’aide de cinq ou six épreuves sur papier enduit d’empois léger, plusieurs milliers d’exemplaires d’une belle exécution. Quant àd’économie réalisée, elle sera d’environ un quart pour les formats in-folio, d’un tiers pour les formats, in-4°, et., de-moitié pour les in-8°; elle serait bien plus considérable encore pour les*'* grands tableaux à colonnes et à rayures ; , ; :
- • 2°. Le tirage sur papier préparé d’une épreuve de caractères mobiles transportée de meme sur pierre offre'un moyen déjà tenté,, mais avec bien moins de probabilité de succès, démultiplier les épreuves typographiques, de porter au loin, sans frais nouveaux de composition, le tirage <le nouvelles épreuves. Les éditeurs pourraient peut-être éviter ainsi, en en profitant eux-mêmes, la contrefaçon à l’étranger;
- 3°. L’intercalation de dessins et figures diverses, au milieu du texte d’une foule d’ouvrages; elle promet de remplacer avec une grande supériorité les gravures en. bois, si sujettes à des altérations fâcheuses pendant le tirage. Outre la vigueur des tous , la précision des dessins et la pureté des formes, on doit encore obtenir ainsi une économie très notable.
- L’alliance de la lithographie avec la typographie pourra encore être utile dans la-confection de divers tableaux, dont tous les titres, notes et texte seraient composés en caractères mobiles et tontes les figures lithographiées.
- Une autre amélioration importante, que nous devons signaler à votre attention, s’est offerte à nous dans les transports des dessins au crayon. iNon seulement on peut multiplier ainsi indéfiniment les épreuves, puisque celles-ci, reportées, fournissent de nouveaux reports qui couvrent de nouvelles pierres; mais encore on peut se mettre à l’abri des accidens arrivés aux pierres, et qu’on redoute surtout pour les dessins d’un prix élevé. En effet, il suffit de tirer d’abord quelques épreuves avec l’encre et le papier à reports, et lors même que la pierre serait cassée ou tachée après le tirage de vingt épreuves, on serait assuré de pouvoir couvrir plusieurs pierres et obtenir plusieurs milliers de belles épreuves.
- Le tableau qui est sous vos yeux réunit plusieurs exemples des reports que nous venons de décrire. Le cadre, le titre et les deux chaumières ont été primitivement tracés à la plume sur pierre.
- Le paragraphe qui suit le titre a été aulograpbié.
- Le portrait de Vauquelin, emprunté de la planche en cuivre du Traité des réactifs, a été tiré sur papier de Chine préparé.
- La notice sur ce savant fut rédigée par noire collègueChevaHier, puis composée en caractères mobiles, tirée , puisenfin reportée sur la ;mèm# pierre.
- Le;fac-similé a été lithographié, puis transporté. f: -,, - * . >
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- Le dessin au crayon, représentant le château de M. Duhamel, avait été tracé sur pierre.
- Toutes ces pièces, exécutées séparément, ont été réunies sous nos yeux en quelques minutes; puis les épreuves entières sont venues en un seul tirage.
- En faveur de tant et de si beaux travaux, nous n’hésiterions pas à vous^ demander la première de vos récompenses, si une assez longue expérience répondait à toutes les objections possibles.
- Mais déjà les reports d’une foule d’objets de lithographie et d’autographie assurent l’incontestable économie dans le tirage que nous vous avons démontrée; les encres et papiers à reports décrits par M. Delarue dans sa notice nous permettent de répandre cette utile pratique; c’est donc encore un perfectionnement à la lithographie. Nous vous proposons, en conséquence:
- i°. De décerner à M. Delarue votre médaille d’argent;
- 2°. De remettre les deux questions au concours pour l’année 183-4
- 3°. De faire insérer au Bulletin l’extrait de la notice de M. Delarue (i)â
- 4°. De décider qu’un programme de prix sera rédigé, pour ouvrir Un concours sur les reports de dessins et lettres intercalés dans les ouvrages do typographie.
- Impression lithographique en couleur.
- Deux concurrens se sont présentés; l’un propose d’appliquer sur pierre des couleurs à l’huile mêlées à du vernis et un peu d’essence; de tirer alors comme à l’ordinaire, puis de recharger de nouveau la pierre à la main.
- Il est évident que ce procédé n’abrège en rien les opérations d’enluminure, qu’il les complique, au contraire, donne d’ailleurs de moins bons résultats, et n’a par conséquent aucun droit au prix.
- Le deuxième concurrent a imaginé d’imprimer la lithographie au rouleau, comme on imprime les indiennes et les nouveaux papiers peints. ,
- Ce moyen est d’autant plus remarquable, que l’auteur, M. Filleroi, y ajoute un système ingénieux de réservoirs et rouleaux susceptibles de distribuer mécaniquement la couleur. C’est le premier procédé qui ait paru offrir à vos commissaires des chances heureuses pour la solution du problème; il mérite
- « (i) Afin de laisser à M. Delarue l’avantage que lui assurent ses premiers et remarquables essais, on ne publiera sa notice qu’après la clôture du concours.
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- d’ailleurs d’autant mieux de fixer votre attention , qu’il résoudrait plus aisément encore la question de l’encrage mécanique, et remporterait ainsi deux des prix proposés pour le perfectionnement de la lithographie.
- Le Comité, regrettant que les conditions de votre programme n’aient pas été complètement remplies, vient vous proposer de voter une mention honorable pour M. Viiteroi, et de remettre le prix à l’année i834» Approuvé en séance générale} le 24 décembre i833.
- Signé Paye N , rapporteur.
- Rapport sur le concours pour la fabrication des bouteilles destinées à contenir des vins mousseux ; par M. Hachette. r
- La Société d’Encouragement a proposé un prix de 3,000 francs pour le verrier qui, pendant trois années consécutives, aura], le premier, fourni aux négocians en vins mousseux cinq mille bouteilles qui satisferont aux conditions suivantes :
- , i°. Que la casse ne s’élève pas au delà de cinq pour cent ;
- 20. Que le prix nouveau ne dépasse pas d’un quart l’ancien prix ;
- 3°. Que la capacité moyenne soit, comme dans les bouteilles en usage, de huit dixièmes de litre au moins, et le poids moyen du verre de 880 grammes;
- 4°. Que les formes des trois parties principales de la bouteille, le col, le cul, le ventre, soient régulières et symétriques par rapport à l’axe.
- Les procès-verbaux de la mise en bouteilles et de la casse seront certifiés véritables par les autorités et par les ingénieurs des ponts et chaussées, ou par ceux des mines du lieu de l’expérience; la description des procédés de fabrication sera jointe à chaque procès-verbal, pour être insérée au Bulletint si le Conseil d’administration le juge nécessaire.
- Un seul concurrent, M. Darche, propriétaire de la verrerie d’Haumont, près Maubeuge, se présente au concours, muni des pièces suivantes ;
- i°. D’une lettre écrite par lui, à Haumont, près Maubeuge, le 25 juin i833, et adressée à la Société d’Encouragement ; *
- . 2°. De sept certificats de négocians en vins mousseux, constatant la qualité des bouteilles;
- V- 3°. D’un procès-verbal rédigé et signé par M. de la Serre, ingénieur au corps royal des ponts et chaussées, pour l’arrondissement d’Avesnes ;
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- '4°- D’un certificat de MM. les maire et adjoint de la commune d’Hau-mont, constatant qu’ils ont,, sur la demande de Ts\,Darche‘, tiré indistincte* ment des fourneaux de sa verrerie douze bouteilles sur lesquelles iis ont, apposé le cachet de la mairie ; , ’ < ;, !
- 6°. De douze bouteilles désignées dans le certificat des maire et adjoint de la commune d’Haumont. , >
- Les négocians qui ont délivré les sept certificats constatant la qualité des bouteilles sont : MM. Ilenaudui, Bollinqer et compagnie, d’Aï; Heid-sieck et compagnie; Buinarï père et fils; Delamolhe père et fils, et Grou-selle, de Reims; Chanoines frères, d’Épernay; V. Moët et Chandon Moet7 de la même ville. . •
- Ils attestent tous que M. Darctïe leur a fourni une grande partie des bouteilles dont ils ont besoin pour le tirage de leurs vins de Champagne mousseux. Quoiqu’ils ne fassent pas mention du nombre des bouteilles fournies, on ne peut pas mettre en doute qu’il soit moindre que cinq mille, nombre fixé par le programme. Les deux premiers négocians , MM. Renaudin, Bollinger, d’Aï, et Heidsieck, de Reims, ont seuls attesté que la casse est d’environ cinq pour cent. Vos Comités ont pensé que ce témoignage méritait toute confiance; il est confii me par le procès-verbal de M. l’ingénieur, des ponts ét: chaussées, qui constate que Ja labrication moyenne de la verrerie de* M. Darche est de trois mille deux cents bouteilles par jour, et par la lettre du 26 juin 1 855, adressée à la Société, par M. Darche, qui porte qu’il a livré depuis trois ans.plus,d’un million de bouteilles pour le tirage du vin mousseux d’Aï, Reims et Epernay.
- Les sept négocians sont tous d’accord sur le prix actuel des bouteilles de M. Darche, qu’ils déclarent inférieur au prix ancien. MM. Delamothè père et fils attestent que M. Darche a vendu les bouteilles, pour les tirages de 1829 et i83o, 27 francs le cent, et pour ceux de j831 et i852, 24 francs 5o centimes.
- La d escription de la verrerie de AI. Darche et celle des procédés de fabri-cationsetiouventdans le procès-verbal de M. deLaserre, rédigéle 26 juin i833, à Haumont, à trois quarts de lieue de Maubeuge, commune où est située la verrerie.
- Vos commissaires se sont réunis le 3o septembre t 853, dans les ateliers de M. Collardeàu, rue du Faubourg-Saint-Martin, n° 56 , pour examiner leS douze bouteilles scellées du eachrt de la maiiie d’Haumont, et pour en faire l’essai avec lavmaetnne inventée par cet artiste, et dont la description se trouve? dam rôtre; Ballelm d'août 182g; - 3 . '3 '^'*
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- La cajwcité moyenne des douze bouteilles est de oIil ,775; la cassure s’est faite sous la pression moyenne de 21 atmosphères; la densité du verre des bouteilles est de 2,662, celle de l’eau étant 1. ‘
- M. Darche observe, dans la lettre qu’il a écriteà la Société le 25 juin i853, que si parmi les douze bouteilles déposées et scellées , ainsi qu’il a été dit, quelques unes diffèrent de forme entrehlles, cela provient de ce que les nê-gocians adoptent des formes spéciales et plus propres a favoriser leurs ventés. Il ajoute qu’il se conforme à cet égard à leurs indications et à leurs désirs.
- Le tableau des expériences des Comités réunis fait voir que la capacité des douze bouteilles déposées par M. Darchc varie de oHtl • ,77 à olur‘ ,79 ; que les poids sont entre 874 et qqà grammes ; qu’aiusr il y a d’une bouteille à l’autre une différence en ppidsde 128 grammes. .îfou.s ajouterons, qu?ayant mesuré avec un compas, dit cFépaisseur, chaque partie de la bouteille, depuis le col jusqu’au fond, nous avons trouvé des inégalités d’épaisseur très sensibles.
- Les épaisseurs du col, à sa naissance et à son extrémité , sont environ de 6 et 5 millimètres; le ventre, à partir de sa jonction au coi, n’a d’abord que 2“ilL,5 d’épaisseur; vers le milieu, cette épaisseur est de 4 millimètres; au bas du ventre, vers le fond, presque 7 millimètres.
- Vos Comités pensent que la bouteille-est encore susceptible d’être perfectionnée sous le rapport de l’uniformité d’épaisseur, et de la solidité qui en résulterait.
- Postérieurement aux essais du 3o septembre i853, dans les ateliers de M. Collardeau, en présence des Comités réunis, l’un de nous s’estassuré qu’une bouteille pleine de vin mousseux confectionné n’a pas éprouvédans le moment de la plus grande fermentation une pression au dessus de quatre atmosphères : cequile prouve, c’est que, sous une pression plus grande, le vin aurait coulé entre la paroi intérieure du col de la bouteille, et le bouchon retenu parle fil de fer et le mastic, et la bouteille serait eu vidange. Lorsqu’une bouteille de vin mousseux casse pendant la fermentation, sous uue pression qui dépasse quatre atmosphères, elle doit se vider eh partie ou en totalité avant la rupture. -
- , * ' Conclusions. '
- »- ‘ 5
- , M. fiarche, propriétaire de la verrerie d’Haumont, près Maubeuge, n?a
- satisfait qu’à une partie des conditions exprimées dans le programme du .26 décembre i83a, pour la fabrication des bouteillés destinées à contenir des sins mousseux. Considérant qu’il a néanmoins rempli la condition prin-
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- cipale de réduire la casse de cinq ou six pour cent, les deux Comités des arts chimiques et mécaniques sont d’avis : i° de Lui accorder une médaille d’or de première classe, et de lui réserver ses droits pour le prochain concours; 2° de remettre le prix à l’année 1835, et de modifier le programme, quant aux épaisseurs des bouteilles, en disant que les différences d’épaisseur ne peuvent être tolérées que dans la hauteur des bouteilles, et que chaque section annulaire ou circulaire devra être, dans son pourtour, d’une épaisseur égale. Approuvé en séance générale, le 24 décembre i833.
- Signé Hachette, rapporteur.
- Rapport sur le concours pour le perfectionnement de la construction des fourneaux ; par M. Gaultier de Claubry.
- Messieurs, deux concurrens seulement se sont présentés cette année pourle concours que vous avez ouvert sur la construction des fourneaux. Nous n’aurons qu’un mot à dire sur la note adressée par celui qui est inscrit sous le numéro 1, et qui ne renferme que l’indication d’un fourneau propre à cuire la pomme de terre; la figure qui accompagne le texte ne pourrait être d’aucune utilité , puisqu’elle n’offre pas.même de côte ni d’échelle.
- Le même concurrent annonce qu’il désire concourir pour la dessiccation des viandes et la plantation des terrains en pente. Nous croyons devoir rappeler à ce sujet que les mémoires doivent être séparés quand ils ont rapport à différens prix, et nous pensons qu’il serait convenable de l’indiquer dans les conditions générales des programmes, pour éviter à quelques auteurs, comme cela est déjà arrivé, de voir leurs travaux oubliés, parce qu’ils se trouvent renfermés dans un mémoire adressé à un Comité différent de celui qui devrait les juger.
- L’auteur inscrit sous le numéro 2 vous a adressé un mémoire sur un appareil propre à l’évaporation des dissolutions salines, et qui peut, avec un léger changement, servir aussi à la production de la vapeur, par une pression de 1 atmosphère il s’est présenté au concours sur ces deux questions. Ce mémoire porte pour devise : Toucher et s'unir.
- L’appareil a été mis à la disposition de votre Comité des arts chimiques, qui a été à même de le voir fonctionner à trois reprises différentes.
- Il se compose de deux doubles-corps, l’un inférieur, à compartimens hydrauliques qui multiplient beaucoup les surfaces de chauffe, que l’auteur appelle surfaces àe touche; l’autre, supérieur, est aussi double. Le premier contient le foyer et quatre compartimens en forme de serpentins mobiles; le second double-corps supérieur est double dans son fond et sur les parois,
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- repose sur le corps inférieur, dont l’eau communiqué avec Itiî ainsi qüé celle des compartimens.
- Dans une expérience faite le 28 novembre dernier, l’appareil n’ayant pas été rempli constamment au même niveau pendant plusieurs heures, la surface de chauffe s’est trouvée de beaucoup inférieure à ce qu’elle devait être : aussi les résultats obtenus se sont-ils trouvés de beaucoup au dessous de ce que Ton devait attendre.
- En sept heures et demie on a brûlé dans le foyer :
- Houille . ... . . ............. a5k »
- Bois évalué en houille......... 7k,5oo
- Total................. 3ak?5oo
- La quantité d’eau vaporisée d’une dissolution saturée de sel marin s’est trouvée de i3g litres ou 4»27 de vapeur pour une partie de houille; le thermomètre s’est constamment soutenu entre 114 et 116 degrés centigrades.
- Pour éviter le contact immédiat des parois de la chaudière où s’évapore la dissolution saline avec le foyer, l’auteur interpose entre elles une surface d’eau bouillante sous une pression de 1 atm-^, et comme la dissolution saturée de sel marin bout à 109 degrés, le bain-Marie qui l’entoure suffit pour la maintenir constamment en ébullition : il suffit donc de charger la soupape d’un poids proportionnel à la température que l’on veut obtenir.
- Dans une seconde expérience du 3o novembre, l'appareil contenant 100 litres de dissolution saturée de sel marin en pleine ébullition, le liquide a été conservé à la même hauteur par l’addition successive d’eau également
- saturée du même sel.
- Eu sept heures et demie on a brûlé :
- Houille......................... i5k,65o
- Bois évalué en houille. ... . . 7k,2oo
- Total.............. 22k,85o
- La quantité d’eau vaporisée a été de 145 kilog. ou 6,246 pour une partie de houille brûlée.
- Cette proportion est peu considérable, eu égard à la surface de chauffe, quoique l’on ne puisse s’attendre à obtenir une évaporation aussi grande que si l’on faisait usage d’eau pure, parce que le sel retient le liquide avec assez de force.
- Ce que cet appareil offre de particulier relativement à divers autres dans lesquels on a employé le chauffage par bain de liquides, c’est qu’en raison de la fermeture complète de l’enveloppe d’eau, il ne se fait qu’une très faible
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- évaporation parla soupape, et qu’il ne peut y avoir alors nî diminution très sensible dans le niveau, ni formation de dépôts, comme il s’en produit par l’évaporation dans lés circonstances ordinaires : mais l’emploi d’une soupape a tous les’incdnvénîens (les appareils à vapeur , sans présenter plus d’avantages qu’ils n’en offrent; eux-mêmes. Votre Comité a remarqué que la conduite en est difficile; pour peu que l’on chauffe trop, la soupape joue fortement, et il se perd de la vapeur en grande abondance, et si la proportion du combustible est un peu trop faible , l’évaporation languit. Il semble à votre Comité que l’on arriverait peut-être à des résultats plus avantageux en enveloppant le vase où l'évaporation doit se produire de vapeur comprimée.
- Par un changement, qui a consisté a mettre les deux parties de l’appareil en communication et a clore la chaudière, on a pli Ie faire à la seconde expérience pour la production de la vapeur, sons une pression de i âtm' ts*
- L’expéf ience a été faite le 7 décembre; elle a duré huit heures un quart j on a brûlé :
- Houille. . . . . • Ôôk,94o/ La température s’est maintenue
- Bois évalue en houille. 2 ,5oô,eîJtre 112 et 115°, et le manomètre
- : ' 58k,44o!'à 4°6/.
- La quantité d’eau évaporée a été de ô'jo litres ou 10,24 pour une partie de houille.
- Nous devons faire remarquer ici que, dans la mesure du niveau du liquide après l’expérience, les oscillations du liquide avaient été cause que l’on avait trouvé une quantité d’eau moindre qu’elle ne s’est rencontrée un instant après que le Comité eut achevé ses essais, et quele concurrent lui-même a prévenu les commissaires de la différence, en sa faveur, que cette erreur pouvait procurer : c’est d’après cette dernière donnée que la quantité d’eau évaporée a été déterminée.
- Le résultat obtenu remplirait les vues delà Société, si 3a,construction et le service de .l’appareil n’offraient des inconvéniens que votre Comité croit ne pouvoir ètre.suruiontés^que, par l’expérience dans un établissement industriel. La chaudière est circulair#» et ne peut être préservée de la déformation que par le moyen de brans , comme on est obligé d’en employer dans tous les appareils du même genre, tels que les chaudières de JVatt\ fonctionnant habituellement , il est à craindre qu’elle n’éprouvât bientôt des altérations considérables, et qui engageraient à un entretien dispendieux. Nous avons déjà signalé la dilficulté du, service du foyer qui se fait d’autant plus sentir, que la pression sous laquelle on travaille est plus forte.
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- Par ces motifs, votre Comité a cru qu’il ne pouvait prononcer en ce moment sur les appareils du concurrent, et qu’il fallait attendre le résultat, de l’expérience pour prendre une décision définitive à ce sujet. Alors que l’emploi de quelques uns de ces appareils dans des usines aura démontré les avantages qu’ils peuvent offrir, le Conseil sera parfaitement éclairé, et pour arriver à ce but, le Comité a l’honneur de vous proposer de remettre le prix à l’année prochaine, et de considérer l’auteur, de l’appareil ci-dessus-mentionné,.comme premier inscrit pour le nouveau concours.
- Approuvé en séance générale, le 24 décembre 1833.
- Signé Gaultier de Claubry? rapporteur.
- Rapport sur le concours relatif a la dessiccation des viandes;
- par M. Ch. Derosne.
- Depuis vingt ans, depuis i8i3, la Société d’Encôuragement a maintenu au concours, pour sujet de prix, la dessiccation des viandes.
- Si la Société ne s’est pas trouvée dans le cas de décerner le prix, on pouvait, pendant long-temps, en attribuer la cause au petit nombre des con-currens qui s’étaient présentés; mais la persévérance de la Société a obtenu que ce petit nombre, s’augmentant successivement, a fini par devenir considérable, et qu’aujourd’hui il ne se présente pas moins de dix-huit concur-rens.
- Lorsqu’en i8i3 vous mîtes ce sujet de prix au concours, en en fixant le montant à 3,000 francs , vous proposâtes des conditions beaucoup moins rigoureuses qùe celles voulues en 1819, époque à laquelle de 3,000 francs le prix fut porté à 5,000 francs.
- Originairement vous vous étiez borné à demander un procédé facile et économique pour dessécher les viandes, de manière qw’apiès une très longue traversée , elles jouissent, le plus qu’il est possible, de leur saveur première. Par ces termes vagues, le plus possible, le programme laissait beaucoup de latitude aux juges du concours ; c’est probablement, après avoir senti le vague de ces expressions, qu’en 1819, en portant le prix à 5,000 fr., vous crûtes devoir imposer des conditions plus définies, et que vous exigeâtes que les viandes fussent desséchées convenablement pour reprendre par leur coclion dans l’eau la souplesse et la saveur les plus analogues à celles du bouilli et donner un bouillon sain et agréable; vous exigeâtes encore que les capitaines de navire, les sous-officiers, et au moins six matelots de l’équipage, eussent fait usage de ces viandes passé-l’équateur. ,
- Ces conditions étaient-elles; faciles à remplir? c’est ce donc vous pourrez
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- juger après l’exposé succinct de l’examen des mémoires envoyés au concours.
- 11 serait trop fastidieux d’entrer ici dans les détails minutieux contenus dans ces mémoires, dont, d’ailleurs, les auteurs d’un grand nombre ont négligé de remplir les formalités exigées par votre programme : les uns ont envoyé des échantillons de viande desséchée sans donner la description des procédés employés, d’autres ont envoyé des mémoires descriptifs sans remplir les conditions exigées pour les échantillons de viande à envoyer.
- Ce défaut de formalités essentielles abrégera nécessairement beaucoup cet exposé. Quant aux concurrens qui ont rempli ces formalités, nous devons déclarer qu’aucun d’eux n’a rempli la condition essentielle de présenter des échantillons de viande bien conservée et susceptible de renfler, en fournissant un bouillon sain et agréable. Tous les concurrens, sans exception, sont dans ce cas; toutes les viandes étaient attaquées par les vers ou par les mites : quelques échantillons ont paru renfler mieux que d’autres; mais la viande, après sa coction, a toujours été trouvée coriace et ayant contracté une odeur et une saveur plus ou moins désagréables.
- Les*concurrens, dont les résultats ont été les moins mauvais, sont ceux désignés, suivant l’ordre de leur mérite, par leurs numéros d’inscription, 5, 8, 2 et i5 : les auteurs des mémoires nos 5 et 8, n’ont pas envoyé la description de leurs procédés; cette condition a été remplie par les auteurs des mémoires 2 et i3. Quoique les échantillons de viande envoyés par le concurrent nQ 2 n’aient pas été trouvés suffisamment bons , bien que meilleurs en troisième ordre que les autres , ce concurrent, toutefois, nous a paru avoir bien mérité auprès de vous , Messieurs, par l’heureuse idée qu’il a eue de faire sécher des pieds de veau qui se sont parfaitement conservés, et qui, employés sur mer, par 18 degrés de latitude sud et 52 degrés de longitude ouest, ont été trouvés donner un aussi bon résultat que des pieds de veau frais : c’est ce qui résulte du procès-verbal dressé par les officiers et une partie de l’équipage du navire de l’Etat le Lézard, après plus d’une année de préparation et quarante-cinq jours de mer.
- Les échantillons, qui, aux termes du programme, ont été rapportés en France , ont également été trouvés en parfait état de conservation; le procédé décrit par le concurrent est très simple, et prouve que la conservation des substances gélatineuses est bien loin de présenter les mêmes difficultés que celle de la viande ou chair musculaire. Les morceaux de viande séchés par ce concurrent, essayés à la même latitude, se sont trouvés entrer en décomposition putride avant qu’ils eussent eu le temps de renfler; ceux
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- qui sont revenus en France étaient attaqués par les mites et par les vers , ils exhalaient une mauvaise odeur, qui, toutefois, s’est beaucoup affaiblie par leur exposition à l’air. Cette viande avait conservé sa couleur dans l’intérieur des morceaux , et quelques uns de ces derniers paraissaient encore mangeables; mis à renfler, ils ont présenté le même inconvénient que sur mer, et ils seraient entrés en décomposition avant que le renflement ait pu avoir lieu, si l’un des membres de votre,Comité n’eût eu l’idée d’arrêter ce commencement de putridité par l’addition d’une petite quantité de solution de chlorure de soude. Par ce moyen, on est bien parvenu à obtenir, autant que possible , le renflement de la viande, mais elle est restée coriace et de mauvais goût.
- Le concurrent n° 13 a envoyé des échantillons sur le même navire porteur des échantillons n° 2 , et qui ont été essayés le même jour que ces derniers, le 1e1' avril i85i. La viande était bien conservée; elle était très sèche et avait une faible odeur de fumée ; mais on n’a pu la faire renfler dans le temps désigné, quarante-huit heures; car, en moins de vingt-quatre heures, une odeur de putréfaction s’était déjà fait sentir. Après une coction de neuf heures , on en a obtenu un bouillon très limpide, de couleur brune, d’un goût assez agréable, différant sensiblement de celui du bœuf frais. La viande, après la cuisson, était sèche et dure, se détachant en longs fila mens difficiles à mâcher et presque sans saveur.
- La viande, retournée en France, a été essayée un an après celle essayée sur mer; elle était piquée de vers et entièrement altérée, à l’exception de-quelques morceaux dont le plus gros était sain, mais couvert d’une moisis; sure blanche.
- Cette viande, essayée, a -donné un bouillon passable: la viande avait une bonne odeur, mais quelque chose de la viande de jambon ; elle n’a pas beaucoup renflé, et elle était un peu coriace. On a comparé la viande qui avait fait la traversée avec un morceau préparé à la même époque sous les yeux de M. Bouriat, et qui était resté à l’air libre depuis cette époque. La graisse de ce dernier morceau était encore blanche et parfaitement conservée ; la viande avait un bon aspect, mais 011 remarquait un commencement de piqûre de vers.
- Ce concurrent n° i3 avait d’abord fait un secret de son procédé ; depuis il s’est décidé à le communiquer.il est très simple , mais il paraît avoir beaucoup d’analogie avec des procédés déjà connus : il consiste plus spécialement à saisir la viande par de l’eau bouillante, dans laquelle on la plonge ; puis, après l’avoir laissée se ressuyer, à la plonger dans du vinaigre affaibli bouillant, et ensuite à la laisser sécher à l’air sans autre précaution.
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- Ce mode de préparation nous indique pourquoi îa viande préparée par, le concurrent ne renfle pas bien. Saisie par l’eau bouillante , la partie albumineuse de la viande devient concrète, et, par suite de sa dessiccation, elle forme autour de la fibre musculaire une espèce de réseau ou d’enduit qui s’oppose à la pénétration de l’eau , et par conséquent au renflement de la viande. Cette théorie ne s’applique pas à la conservation de la graisse, et c’est pourquoi le procédé paraît très bon pour la conservation de cette partie de substance animale, et, sous ce rapport, votre Comité a pensé que l’auteur du mémoire n° ï3 méritait d’èlre mentionné honorablement.
- Quant aux autres concurrens, ou ils n’ont pas rempli les conditions du programme, ou leurs produits n’ont rien présenté de satisfaisant; nous jugeons donc qu’il est inutile de vous en entretenir. •
- Vous pouvez déjà juger, Messieurs, par ce qui précède, qu’il nous est impossible de vous proposer de décerner le prix à aucun des concurrens. Nous croyons, toutefois, que si nous ne pouvons décerner un prix, la faute n’est pas entièrement aux concurrens , et qu’elle peut être rejelée sur l’exigence de votre programme, qui, aujourd’hui, nous paraît demander des résultats impossibles à obtenir.
- Il nous est aujourd’hui démontré que, dans l’état actuel des choses, il est de toute impossibilité que le renflement des viandes puisse s’opérer, et leur souplesse première puisse être rétablie dans îe court espace de temps limité par leur décomposition putride. Ainsi nous avons reconnu que, pour obtenir le renflement imparfait de morceaux médiocres, il fallait au delà de quarante-huit heures, et .qu’avant ce temps, souvent la décomposition putrideavait lieu. Comment obtenir ce renflement sous les tropiques et sous l’équateur, où l'état électrique et hygrométrique de l’air concourt, avec sa chaleur, à hâter si puissamment la décomposition des matières animales?
- Di vers procès-verbaux dressés sur nieront constaté cette difficulté, que plusieurs membres-de votre Comité onQ reconnue eux-mêmes en se partageant plusieurs des échantillons envoyés au concours ; cependant l’un rie nous, Messieurs, a reconnu que cette difficulté n’était pas insurmontable, et qu’avec une très petite quantité de solution de chlorure de soude , on parvenait à empècher cette décomposition : il est ainsi parvenu à faire renfler sans décomposition et sans en altérer le goût plusieurs morceaux de viande de grosseur médiocre, qu’il avait séchés lui-même et conservés par un procédé dont il vous-donnera connaissance fout à l’heure.
- La condition d’obtenir un bouillon sain et agréable et un bouilli souple et d’une bonne saveur paraît donc très difficile à obtenir. Nous nous demandons aujourd’hui si cette condition est bien essentielle, etsi, en admettant que le
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- potage soit mie nourriture nécessaire au marin, il est indispensable que ce potage soit analogue au pot-au-feu de la ménagère? Celte condition, Messieurs, paraît à peu près impossible à remplir et, nous osons le dire, n’est pas aussi importante que nous avons pu d’abord le croire.
- Que voulons-nous obtenir ? un aliment sain, nutritif et agréable en même temps pour les hommes de mer, enfin une meilleure nourriture que celle qu’ils sont dans l’usage de recevoir.
- Est-il bien nécessaire que ce soit sous la forme de pot-au-feu que nous procurions cette nourriture au marin , et est-elle dans ses usages? Et en admettant l’affirmative, ne peut-on pas l’amener facilement à modifier cet usage en lui donnant un potage rendu substantiel par des morceaux de viande de petite dimension , qui nagent au milieu d’une espèce de bouillon gélatineux? Ne voyons-nous pas qu’en Angleterre c’est plus spécialement de cette manière que sont préparés les ,potages qu’on sert dans les restau-rans? En outre, ne peut-on pas donner au marin des ragoûts'qui, parla variété de leur assaisonnement, plairaient à son goût, et atteindraient au résultat désiré, c’est à dire une nourriture saine, agréable et variée?
- Car, il ne faut pas nous le dissimuler, Messieurs, si nous renonçons à l’espoir de-faire manger au marin le pot-au-feu fait avec de la viande séchée, à plus forte raison renonçons-nous à l’espoir de lui faire manger le rôti, genre de préparation culinaire à laquelle il nous paraît de toute impossibilité d’amener jamais les viandes desséchées.
- Une des grandes difficultés qu’ont rencontrées jusqu’à ce jour les concur-rens est celle de préserver de la moisissure ou .de la piqûre des insectes les viandes desséchées.
- Parmi les nombreux échantillons qui nous sont parvenus, nous n’en avons pas vu un seul qui, sous ce double rapport, ne donne lieu à des reproches fondés, il nous est démontré que si les viandes desséchées ont moisi ou ont été piquées par les vers , ces accidens proviennent de ce que les con-currens n’ont point assez isolé leurs préparations du contact de l’air chaud et humide et des insectes qui y sont répandus sous formes si diverses, et cependant plusieurs avaient renfermé leurs préparations dans des boîtes de fer-blanc soigneusement soudées. Ces précautions n’ont point empêché que les viandes n’aient été trouvées en général dans un état d’altération qui ne laissait rien de satisfaisant à la vue et à l’odorat. Probablement on aura enfermé les viandes dans des boîtes lorsque déjà des insectes avaient déposé sur leur surface les œufs qui, éclos après leurfermeture , ont donné naissance aux larves, qui ont ensuiie jvorté leur ravage sur ces mêmes viandes.
- : Ces mêmes précautions n’ont point empêché la formation de bissus ou
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- moisissure sur les viandes renfermées i ce qu on ne peut attribuer qu’à l’humidité renfermée, soit dans la viande elle-même , soit dans 1 air qui l’entoure de toutes parts.
- Nous avons donc acquis la certitude qu’à moins de précautions toutes spéciales , ces inconvéniens seraient dans le cas de se représenter.
- Les expériences de l’un de nous lui ont encore donné la certitude qu’il était possible d’y remédier facilement, en renfermant ces viandes sèches dans un milieu qui ne permettrait pas aux larves de vivre, et qui absorberait lui-même l’humidité qui pourrait se trouver dans le peu d’air existant lors de la fermeture des boîtes, ou même celle qui pourrait être encore renfermée dans les viandes incomplètement séchées : ce milieu n’est autre chose que le charbon très divisé, soit pur, soit combiné avec les substances ter* reuses, .tel qu’il se trouve dans le noir animal ordinaire, dans les noirs schisteux de Menât, ou dans les noirs terreux faits artificiellement. Les expériences dont nous parlons ont été faites avec le noir schisteux de Menât, qui, par ses propriétés absorbantes de l’humidité, parait de beaucoup l’emporter sur le noir animal et sur le charbon végétal, réduit en poudre impalpable.
- Des viandes ont été complètement séchées dans l’hiver de i83i à i832 sans l’emploi de la chaleur et en les mettant simplement en contact avec du noir de Menât très sec et réduit en poudre impalpable. On s’est borné à renouveler les couches charbonneuses au fur et à mesure que, dans les premiers jours, elles se trouvaient saturées d’humidité.
- Par ce procédé simple, on a amené facilement à l’état complètement sec des viandes qui originairement contenaient 62 et 65 pour 100 d’humidité; on les a rendues aussi sonores que du bois. Conservées dans cette même poudre de charbon très divisée, ces viandes, au bout de dix-huit mois, n’offraient pas la moindre trace de moisissure ni de piqûre de vers : elles ont, comme les échantillons des concurrens, exigé beaucoup de temps pour renfler dans l’eau, et leur décomposition s’est annoncée avant que ce renflement ait été complet. C’est ce grave inconvénient qui a suscité l’idée d’employer une faible quantité de dissolution de chlorure de soude, qui, en se convertissant en hydrochlorate de soude, a détruit le commencement de fermentation putride,et a permis à la viande de se saturer d’eau pour arriver à un état de renflement suffisant pour permettre delà couper par tranches minces et d’en faire des émincées susceptibles de former toutes sortes de ragoûts.
- Ces viandes, réduites à l’état de tranches minces et mises en coction avec de l’eau et des assaisonnemens convenables , ont fourni un bouillon d’une
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- saveur agréable, mais participant de la saveur du bouiÜon fait avec le petit-salé ou la viande rôlie. La viande a pris par sa décoction dans l’eau une sorte de fermeté très analogue à celle de la viande fraîche, qui avait été réduite également en tranches minces avant de la soumettre à la décoction dans l’eau ; sa saveur n’était pas positivement la même et a donné lieu à diverses, opinions sur la préférence à donner.
- D’après ce qui vient d’èire exposé , nous regardons donc aujourd’hui comme certaine la possibilité de mettre les marins à même de consommer les viandes desséchées, ayant pour eux tous les avantages qu’on peut dési-, rer, c’est à dire une saveur agréable et des propriétés nutritives aussi grandes que celles de la viande fraîche.
- Nous ne pensons pas qu’au point où nous sommes arrivés, et après vingt ans de persévérance, il soit convenable de proroger davantage le prix pour la dessiccation des viandes. Les procédés de dessiccation des viandes proposés par plusieurs concurrens sont plus ou moins bons : ils n’ont pas obtenu de succès, parce que les moyens de conservation étaient vicieux et que les viandes ont été altérées par les insectes et la moisissure. Le procédé de dessiccation par le charbon sec et très divisé est certain et donne la facilité d’a--voir des viandes sèches à toutes les époques de l’année. Ce même moyen, appliqué à la conservation des viandes, paraît infaillible en prenant les précautions d’enfermer ces viandes avec du charbon très sec et bien tassé dans des caisses de métal ou même de bois,bien sec et verni à l’intérieur.
- Quant au renflement des viandes, il faut que nous renoncions à l’espérance d’avoir, par ce moyen , des morceaux d’une grosseur analogue à ceux qu'on voit sur nos tables. Contentons-nous d’offrir aux marins une nourriture substantielle et plus agréable que les viandes salées , qui sont les seules que, jusqu’à présent, ils consomment, et nous atteindrons ce but en leur donnant le moyen de consommer des viandes qui, amenées à un certain état de division, pourront se prêter à toutes les modifications d’une cuisine assez variée.
- Nous avons d’ailleurs l’espoir très fondé que, prochainement, on pourra employer à la conservation des substances animales le procédé ingénieux de M. Appert, maïs débarrassé de toutes les entraves qui, jusqu’à présent, ont empêché ce procédé de devenir une application générale et économique, et par conséquent de l’appliquera la nourriture des équipages de mer.
- D’après l’ensemble de ce qui précède, nous vous proposons : .
- 1°. D’accorder une médaille d’encouragement d’argent au concurrent n° a, M. Declieneaux, professeur de chimie au collège de Sorèze, pour l’heureuse idée qu’il a eue de sécher les matières essentiellement^ gélatineuses, telles Trente- deuxieme année. Décembre i833. 6a
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- que les pieds de veau, et d’avoir ainsi mis les marins à meme de consommer une substance nourrissante et agréable, que, jusqu’à présent, on n avait pas songea dessécher;
- a0. De mentionner honorablement le concurrent n* i3, M. Murloye, pou® avoir démontré qu’il était possible de conserver la graisse des animaux sans altération, par un procédé très simple qui, sans être entièrement neuf, n’avait pas encore reçu cette application ;
- 3°. De retirer du concours le prix pour la dessiccation des viandes, nous réservant de vous proposer ultérieurement une prime d’encouragement pour ceux qui auront offert à la consommation de la marine des viandes desséchées, pouvant ainsi remplacer les viandes salées, ou au moins offrir une variété de-nourriture à cette partie intéressante de la population.
- Approuvé en séance générale} le 24 décembre 1853.
- Signé Ch. Derosne, rapporteur.
- Rapport sur le concours pour la plantation des terrains en pente y par M. Soulange Bodin.
- La Société cl'Encourage ment a proposé deux prix, l’un de 3,000 francs et l’autre de i,5oo francs, pour ceux qui auront replanté en chênes, châtaigniers, hêtres, micocouliers, aliziers, - frênes, merisiers, ormes, ou seulement en trois ou quatre de ces espèces d’arbres, le plus d’étendue de terre ayant au moins 45 degrés d’inclinaison. Cette étendue a été annoncée ne pouvoir être moindre de a5 hectares, et la plantation devoir être âgée au moins de cinq ans.
- Les concurrens ont dû faire constater, par les autorités locales, la contenance et l’état de leurs plantations, par un procès-verbal transmis au secrétaire delà Société avant le ier. juillet i835, pour les prix, s'il y avait lieu, être décernés dans la séance générale du deuxième semestre de la même année.
- Trois concurrens se sont présentés :
- 1°. La compagnie des canaux de Paris, représentée par M. Hainguerlot;
- 20. MM. Vdanova frères, de Corsavi, dans les Pyrénées Orientales ;
- 3°. M. Geslin , propriétaire à Beaurepaire, près Villers-Colterets.
- La compagnie des canaux, dont les entreprises se lient, sous tant d’autres rapports, aux développemeus de la prospérité publique, paraît ne pas avoir suffisamment saisi le sens et le but du programme, en demandant que l’application en fut faite aux terrains en pente qu’elle a fait planter, d’une manière d’ailleurs fort utile, tant en bois taillis qu’en arbres de haute futaie sur la ligne du canal de l’Oureq, et qui ne sont en général que des talus formés par les
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- déblais ou par les encaissemens de ce canal; mais le Comité n’a pas moins saisi avec empressement cette occasion de rendre un hommage public aux beaux travaux de ces honorables citoyens. » . ..
- MM. Fïlanova paraissent bien avoir fait sur la partiemontagneusede la corrn mune d’Arles Pontaniels et de celle de Corsavi, département des Pyrénées*-Orientales, des plantations qui rentreraient dans le programme, et qui ont été commencées plusieurs années avant sa publication ; mais la preuve écrite qu’ils en ont fournie n’a point le caractère de justification exigé parle programme. Toutefois, comme ces propriétaires semblent s’être le plus rappro-ch és du but du concours, ils seront invités à se mettre en règle, et leurs droits leur seront réservés.
- Le troisième concurrent est M. Geslin. Cet excellent cultivateur ne se ralentit pas dans les défrichemens, plantations et constructions de chemins qu’il a commencés, depuis plusieurs années, sur ses propriétés, où il réside constamment. Il y a obtenu un succès que lui méritaient bien justement l’ordre de son administration et de sa comptabilité, l’activité de ses travaux, son infatigable surveillance, et l’amélioration de la condition morale des nombreux ouvriers qu’il fait vivre.
- Il résulte sommairement des pièces, que M. Geslin a planté en ormes tortillards, espèce qu’a près plusieurs essais il a jugée la plus propre à sa localité, 4^ hectares de terrains en pentè dont l’inclinaison moyenne est de 58 degrés. Les 5oo hectares environ qui composent sa propriété sont situés, partie sur un vaste plateau qui règne assez généralement de la forêt de Villers-Cotterets jusqu’à Soissons, partie sur le revers des coteaux que forment la grande vallée arrosée par les ruisseaux de Vierzy et de la Savière, ainsi que les vallons qui en dépendent. Ce sont ces coteaux que M. Geslin a plantés; il en est qui ont jusqu’à 5o degrés d’inclinaison. MM. Girard, Héricart de Thury et Ladoucette ont vu avec la plus grande satisfaction ces travaux, sur lesquels M .Tessier vous a déjà fait, en 1831 , un rapport très favorable.
- On voit que M. Geslin n’a pas non plus précisément atteint le but du programme, qu’en général le public ne semble pas avoir bien saisi; mais ses travaux présentent un tel caractère d’amélioration et d’utilité, que votre Conseil d'administration croit devoir proposer de lui décerner une médaille d’or de la valeur de 5oo francs, autant comme une récompense dont M. Geslin est digne, que comme un moyen de soutenir en général l’émulation des planteurs.
- En cet état de choses, le prix pour la plantation des terrains en pente reste entier, et comme sa très grande utilité n’a pas besoin d’être démontrée,
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- puisqu’il tend à réparer une partie des maux quont faits a l agriculture les déboisemens inconsidérés des terrains élevés et en pente, principalement dans le voisinage des montagnes, j’ai l’honneur de vous proposer,, au nom de votre Comité d’agriculture, de proroger le concours jusqu’à l’année i856, en ajoutant au programme une définition plus précise de l’espèce de terrains en pente dont la Société cherche à encourager le reboisement pour obtenir leur reconsolidation.
- Approuvé en séance générale, le 24 décembre i833.
- ' Signé Soulange Bodin, rapporteur.
- Rapport fait par M. Amëclée-Durand, au nom des Commissions des médailles et de révision réunies, sur les récompenses a accorder aux contre maîtres des fabriques.
- Le 7 décembre r835, la Commission des médailles et la Commission de révision se sont réunies, à l’effet de délibérer sur la production, jusqu’alors incomplète, de pièces faite par quatre des contre-maîtres, dont les titres avaient été pris en considération par la Société, et qui avaient été l’objet d’un ajournement, parce que ces titres étaient dépourvus de certificats d’ingénieurs.
- Ces contre-maîtres sont :
- Le sieur Bernard, ci-devant contre-maître, et maintenant second maître dansla compagnie des sapeurs-pompiers du port de Brest, quin’avait pas joint, aux attestations nombreuses et honorables qu’il présentait, le certificat exigé d’un ingénieur civil ou militaire. Les explications demandées à ce sujet, au port de Brest, ont présenté la situation du sieur Bernard comme exclusivement dépendante de l’autorité maritime, et ne pouvant admettre le contrôle d’un ingénieur étranger à la marine. Dans cet état de choses, la Commission a pensé que le certificat de M. le capitaine de vaisseau, directeur du port de Brest, pouvait être admis en l’absence de celui d’un ingénieur civil ou militaire , et que, dès lors, il n’y avait plus d’empêchement à ce que le sieur Bernard reçût la médaille, sur laquelle l’ajournement avait été prononcé.
- Ces conclusions ont été adoptées par le Conseil d’administration.
- Le deuxième contre-maître dont la Commission a dû s’occuper est le sieur Barbarant, qui, par des travaux non interrompus qui remplissent une période de vingt-trois années, a mérité de devenir directeur du grand établis-sementde filature de M. Henri Bompard, à Bar-Ie-Duc. Ilnemanquait plus aux pièces produites parce contre-maître que la légalisation du certificat del’in-
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- génieur en chef du département de la Meuse; cette légalisation a été suppléée par la vérification de la signature que portait ce certificat. Le Conseil d’administration a, en conséquence, levé l’ajournement de la médaille à l’égard du contre-maître Barbarant. ; v : ; ^ \ '
- Après lui venait le sieur Cpugny, qui se recommande par des services multipliés rendus dans les hauts-fourneaux d’Eurville et des environs, département de la Haute-Marne. Les certificats produits attestent en lui un grand mérite ; quoiqu’ils n’aient pas été accompagnés d’un certificat d’ingénieur, la proposition de la Commission spéciale, qui était d’admettre le sieur Cougny à recevoir la médaille, a été adoptée par le Conseil.
- Le dernier ajournement de médaille à juger était relatif au sieur Batelier, contre-maître dans la fabrique d’acier et de limes d’Amboise. Il n’avait produit qu’un certificat du chef de l’établissement qui l’emploie, appuyé par un autre certificat du maire de la ville, formant en même temps légalisation du premier certificat. La qualité d’ingénieur des ponts et chaussées retraité que possède M. le maire a paru suffisante pour valider les prétentions du sieur Batelier, et la médaille lui a été accordée.
- Approuvé en séance générale , le i[\ décembre i853.
- Signé Amédée-Durakd , rapporteur.
- Rapport, au nom des Commissions des médailles et de révision réunies, sur la proposition de convertir en un don de livres celui de la somme de cinquante francs dont est accompagnée chaque médaille a décerner aux contre-maîtres.
- Messieurs, le 7 de ce mois, la Commission des médailles et celle de révision se sont réunies à l’effet d’examiner s’il y avait lieu de maintenir la décision qui ajoutait à chaque médaille de contre-maître une somme de 5o francs, et s’il ne serait pas plus convenable d’employer la même valeur en acquisition d^ livres qui auraient la même destination.
- Cette proposition n’a rencontré aucune contradiction au milieu des Commissions réunies, ni au sein du Conseil [d’administration. Si nous entrons dans quelques détails sur ce qui a été dit à ce sujet, c’est pour montrer que l’adoption de la proposition a été le résultat d’opinions qui, par des motifs différens et même opposés, sont arrivées à une unanimité parfaite. * ' ;
- Ainsi, après que plusieurs membres eurent fait ressortir, d’une part, la disproportion qui existe entre celte somme de 5o francs et les salaires considérables que reçoivent beaucoup de contre-maîtres; de l’autre, que la
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- nature meme d’une récompense pécuniaire est peu en accord avec lès senfi-mens élevés qui doivent appartenir à la position des chefs d’ateliers , on entendit produire cette considération particulière, que, si, pour le plus grand nombre, une somme d’argent était une récompense peu digne, elle pouvait devenir, dans des cas différens, une provocation à célébrer l’obtention de la médaille d’une manière qui, elle-même, serait peu digne de la Société qui la décerne et du but élevé quelle se propose. Quant à l’exécution delà nouvelle disposition, il ne saurait y avoir de difficulté. Le choix de livres convenables pour cette destination se trouve en partie réalisé dans les exemplaires de l’Instruction sur les outils, par M. Paulin-Désormecmx, que la Société a acquis. Tout récemment aussi l’ouvrage anglais, intitulé des Machines et de leurs résultats, lui â été recommandé sous ce point de vue, dans l’intéressant rapport verbal qui lui en a été fait.
- Il a paru aux Commissions réunies qu’un don de cette nature, outre l’utilité incontestable dont il serait pour le contre-maître qui en serait l’objet, aurait encore l’avantage de mettre en sa possession, et pour un usage journalier, un témoignage durable de la distinction que la Société a faite de lui : aussi, pour ajouter à cette récompense toute la valeur honorifique qu’elle peut recevoir de son origine, plusieurs membres ont émis le vœu que chacun des ouvrages ainsi donnés reçût le timbre de la Société, qu’il fut accompagné d’une légende indiquant sa destination et certifiée par l’apposition de la signature de M. le président. Ces différentes dispositions ont été approuvées par le Conseil d’administration.
- De l’exposé, Messieurs, qui vient de vous être fait, il résulte que les Commissions réunies des médailles et de révision chargent leur rapporteur d’avoir l'honneur de présenter à l’adoption de la Société la proposition suivante :
- À compter de ce jour, la somme de 5o francs qui, par délibération du 22 septembre i83o, avait été ajoutée à chacune des médailles de bronze décernées aux contre-maîtres, sera employée en acquisition de livres qui auront la même destination que la somme précitée. Chacun des livres ainsi donnés portera une légende indicative de sa destination , et cette légende sera revêtue de la signature de M. le président. : < K - :
- Une autre question a été soumise au Conseil d’administration relativement aux certificats d’ingénieurs, qui, jusqu’à présent, pouvaient seuls valider les droits des contre-maîlres à l’oblention des médailles qui leur sont spéciales. Dans l’examen des titres présentés par plusieurs d’entre eux, les Comités avaient eu à regretter de se trouver liés par cette disposition, dont l’application approchait de la rigueur, dans certains, cas particuliers. En effet, des at-
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- testations délivrées par des hommes dont les lumières et la droiture étaient hors de doute pour les membres des Comités se trouvaient sans valeur par ^absence d’un certificat d’ingénieur. Les difficultés que peut présenter dans certaines localités l’obtention de ce certificat ont été mûrement examinées dans les Comités; une discussion étendue a eu lieu devant le Conseil d’administration qui, enfin, a décidé que les deux modifications suivantes seraient présentées à l’adoption de la Société. .
- À l’avenir, tous les ingénieurs civils, militaires et de la marine, en activité ou en retraite, seront aptes à délivrer les certificats établissant les droits des contre-maîtres à l’obtention des médailles qui leur sont spéciales. En outre, les empêchemens ou les difficultés que ces contre-maîtres auraient rencontrés pour se procurer les certificats d’ingénieurs seront soumis à l’appréciation de la Société, qui portera son jugement sur le mérite des candidats, sans cesser de faire des certificats d’ingénieurs une condition essentielle.
- Approuvé en séance générale 7 le .24 décembre 183 5.
- Signé Amédée-Düïu.n,d, rapporteur.
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- Liste des membres de la Société admis pendant Vannée i833:
- MM. • "
- Ajasson de Grandsagne, proprietaire, rue Saint-André-des-Arts, n° 3o, à Paris.
- Auzoux, docteur en médecine, rue du Paon-Saint-André-des-Arts , n° 8, à Paris.
- Bailleul, fondeur en caractères typographiques, rue de la Harpe, n° 58, à Paris.
- Barillon, propriétaire, rue Neuve-de—Luxembourg, n° i5, à Paris.
- Beauvisage , teinturier, rue et hôtel Bretonvil-liers, île Saint-Louis, à Paris.
- Berger-Walter, fabricant de verres de montres , rue du Grand-Chantier, n° 5, «à Paris.
- Bibliothèque du Muséum d’histoire naturelle, à Paris.
- Blachette , propriétaire de la blanchisserie de Gonesse, rue de l’Echiquier, n° 33, à Paris.
- Bois-Duval, docteur en médecine, rue Mouffe-tard , n° 76, à Paris.
- Botce , propriétaire, rue Chantereine, n° io, à Paris.
- Breguet fds, horloger, quai de l’Horloge, n° 79, à Paris.
- Brioonet, fabricantde sel ammoniac, à Jouy, près Versailles.
- Brocchi fils, professeur de mathématiques, rue Descaries, n° 1, à Paris.
- Cirlot , directeur de la papeterie d’Echarçon ( Seine—et-Oise ).
- Colliard aîné, fabricant de châles, rue Bourbon-Villeneuve, n° 26, à Paris.
- Combes ( Charles), ingénieur des mines, professeur à l’École royale des mines, rue de l’Ab-baye-Saint-Germain-des-Prés, 1105 9 et 11 , à Paris.
- Cordier, négociant, manufacturier, rue de la Verrerie , n° 36, à Paris.
- . MM.
- Cordier (Frédéric), fabricant à Itteville, parla Fet lé-Aleps ( Seine-et-Oise ).
- de Courtigis , capitaine au corps royal d’état-major, grande rue Verte, n° 42, à Paris.
- Defontaine, ingénieur eu chef des ponts et chaussées , rue de l’Université, n° 88, à Paris.
- Ferry, ingénieur civil, rue du Colombier, n° 3o , à Paris.
- Fourneyron, ingénieur civil à Besançon ( Doubs).
- Froelich, ingénieur-mécanicien , chez M. Pihet, avenue Parmentier, faubourg Saint-Antoine, à Paris.
- Gabaille, procureur du Roi, à Étampes ( Seine-et-Oise ).
- Gandais , fabricant d’orfèvrerie mixte , rue du Ponceau, n° 42, à Paris.
- Garreau, place de l’ancien marché Saint-Martin, n° 9, à Paris.
- Gaudereau, horloger-mécanicien, à Tours (Indre-et-Loire ).
- Giret ( Juste) et Moisson, négocians, à Rouen.
- Goïon , fabricant de produits chimiques, rue Hauteville, n° 25, à Paris.
- Heyrauld, propriétaire , à Billancourt, près Sèvres ( Seine ).
- Huau, fabricant d’instrumens de chirurgie, à Brest.
- Huvé, architecte, rue de Choiseul, n° 4 bis, à Paris.
- Jay, architecte des travaux publics et professeur à l’École royale d’architecture, rue d’Enfer, n° 19, à Paris.
- Jay , fabricant de chapeaux, rue des Fossés-Montmartre, n° 3, à Paris.
- Le comte de Lachastre , rue de la Planche, »• 7 , à Paris.
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- MM.
- Lagorseix, filateur de lin, Vue et impasse Saint-Sébastien, n° 10, à Paris.
- Imurens-H dmblot, membre du Conseil général du département du Rhône, à Lyon.
- Lavallée, directeur de l’École centrale des arts et manufactures, rue de Thorigny, au Marais.
- Leblanc, maire d’Evry-sur-Seine ( Seine-et-Marne ).
- Lemare , docteur en médecine , quai Conti, n° 3, à Paris.
- Lerot (Joseph), horloger-mécanicien, à Argentan ( Orne ).
- L’Hüillier de l’Etang, homme de lettres, passage de l’Industrie, n° ic), à Paris.
- Loürmand , 'fondateur de l’École orthomatique , rue Saint-Louis-au-Marais, n° 26, à Paris.
- Mathias , juge au tribunal de première instance du département de la Seine, vieille rue du Temple, n° 34 , à Paris.
- Pihet ( Auguste ) , fabricant d’armes , avenue Parmentier, faubourg Saint-Antoine, à Paris.
- Poissenet, fabricant de noir animal et autres produits chimiques, à Clichy-la-Garenrie , près Paris.
- Poüssielgue chef du bureau du matériel de i’artillerie, des forges et fonderies de la marine, au ministère de la marine.
- Pboeschel, propriétaire, quai de la Cité, n° 23, à Paris.
- MM.
- Racaud (Auguste ), mécanicien, à Toulon.
- Le comte de Rastignac ( 0.^), maréchal de canlp retraité, à Puyguilliem, près Brantôme (Dordogne).
- Ribollet, négociant, boulevart du Temple , n° 17 , à Paris.
- R.OUSSEL, architecte, rue des Beaux-Arts, n° 11 , h Paris. _
- Roux , négociant, à Bordeaux.
- De Saint-Cricq ^, membre du Conseil general des manufactures, propriétaire delà manufacture de faïence de Creil ( Oise ).
- Sardat, capitaine au 6e régiment d’infanterie de ligne, à Lyon.
- Société d’agriculture et d’industrie du departement d’Ille-et-Vilaine, à Rennes.
- Teutsch (Henri ) , propriétaire de la verrerie de Hochberg, arrondissement de Saverne (Bas-Rhin).
- Topinard fils, maire de Pontarmé, près ITle-Adam (Oise).
- Trotté de la Roche , directeur des travaux hydrauliques du port de Brest ( Finistère).
- Van deWegiie, ingénieur-mécanicien, à Lille (Nord). .
- Vaneecout, ingénieur de la marine, rue Neuve-des-Bons-Enfans, hôtel de Bruxelles, à Paris.
- Vetter, ingénieur—mécanicien , à Haguenau (Bas-Rhin).
- CORRESPOND ANS ÉTRANGERS.
- Brancamp ( José-Augusto ), propriétaire, à Lisbonne ( Portugal ).
- Capriola, à Alexandrie (Piémont).
- Directeur ( le ) des postes de Bruxelles ( Belgique).
- Miranda ( Autonio-Joseph), propriétaire, à Para, au Brésil.
- Neuhauss, Huber et compagnie, filateurs de coton, à Berne en Suisse.
- Lecomte di Porcia, propriétaire, à Gajarino , près Conegliano, gouvernement de Trieste ( Autriche ).
- Viney (James), colonel au service de S. M. Britannique.
- Trente-deuxième année. Décembre 1853.
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- Ouvrages offerts et la Société pendant l'année i835.
- Dictionnaire de Vindustrie manufacturière , commerciale et agricole, ouvra g e accompagné d’un grand nombre de figures intercalées dans le texte;
- , v MM. Baudrimont, Blanqui ainè, Colladon, Coriolis, d'A rcet, Paulin-Desorhieaux, Despretz, H. Gaultier de Claubry, Gourlier, T. Olivier, Parent-Duchâtelet, Sainte-Preuve, Soulange Bodin, A. Trébuchet. Tome ier, contenant 174 figures. Chez Baillière, rue de l’Ecole de Médecine, n° 15 bis.
- Mémoire sur la culture du melon dans le département du Calvados ; par M. Montaigu.
- Observations sur les mouvernens des voitures ; par M. Pattu.
- Rapport de M. Lair sur Vutilité de la culture de la pomme de terre dans le Calvados.
- Programme d'un prix proposé pour Vétablissement de fontaines publiques à Caen.
- Programme d’un prix proposé par la Société philharmonique du Calvados, sur les moyens de propager le goût de la musique en France.
- Procès-verbal de la troisième assemblée générale de la Société d'Encouragement pour la production, l'amélioration et l'emploi des soies, établie à Lavaur.
- De Vutilité des machines, de leurs inconvéniens et des moyens d'y remédier, en-assurant l'extension et les progrès de notre agriculture; par M. le baron de Moro gués.
- Mémoire autographié de 6 à 700 pages in-lf, sur les causes de la richesse et de la misère des nations; par M. de Moro gués.
- Des Machines et de leurs résultats, ouvrage traduit de l’anglais par M. L'Huillier de l'Etang, un vol. iri-12.
- Budget de i85/h présentant l’analyse des recettes et dépenses delà France, établi sur des àoeumens officiels, avec des notes historiques et statistiques sur les revenus, les dépenses, la dette publique de l’État et sur les différentes branches du service public, depuis l’année i5i4 jusqu’à nos joursj brochure in-4°, lithographiée ; par M. Marc Jodot.
- Elémens de Technologie, ou Description des procédés des arts et de l’économie domestique, pour préparer, façonner et finir les objets à l’usage u de l’homme; par L.-B. Francœur,m\ vol. in-8°.
- Annales de Roville ; par M. Mathieu de Dombasle, 8e livraison, un vol. in-8° avec planches.
- Nouveau système de guerre maritime et de navigation marchande ; par M. le marquis de la Feuillade d’Aubusson, broch. in-8°.
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- Histoire de Vadministration en France de Vagriculture, des arts utiles y du commerce, des manufactures, des subsistances, des mines et des usines, accompagnée d'observations et de vues, et terminée par celle des moyens qui ont amené le grand essor pris par V industrie française depuis la révolution; par M. Cl.-Jnth. Costaz, ancien chef de division des arts et manufactures au Ministère de l’intérieur; 2 vol. in-8°. Chez Mme Huzard.
- Rapport du jury départemental de la Seine., sur les produits de Vindustrie f admis à Vexposition publique de 1827; par M. Payen. Tome 2, un vol. in-8°.
- Théorie et pratique des mortiers et cimens ; par M. Berthàult-Ducreux s ingénieur des ponts et chaussées. Un vol. in-8°.
- Mémoire sur la nécessité illimitée dans les charges du roulage et sur les moyens pratiques de maintenir les routes en parfait état, avec cette libej'lè , sans accroître la dépense ; par le même. Brochure in-8°.
- Code administratif des établis s emens dangereux , insalubres et incommodes; par M. Trèbuchet, avocat à la Cour royale de Paris. Un vol. in-8°.
- Recherches sur le son et l'écorce de froment s par M. Herpin, membre du Conseil d’administration de la Société d’Encouragement. Brochure in 12.
- Mémoire sur l'art du monnayage chez les anciens et les modernes ; par M. Mongez, membre de l’Institut. Un vol. in-4°.
- Traité de l'art lithographique ; par M. Tudot. Un vol. in-8°.
- Traité du mais; par M. Duchesne, docteur en médecine. Un vol. in-8°. Chez Mllie Huzard. .
- Mémoires de la Société d agriculture, sciences et arts du département de l'Eure. Tome 3, un vol. in-8°.
- Recherches expérimentales sur l'emploi de la gélatine comme substance alimentaire ; par MM. Edwards, membre de l'Institut, et Balsac, docteur en médecine.
- Mémoire sur Vemploi du noir animalisé comme engrais; par M. Salmon. Brochure in-8°.
- Rapport fait à la Société d'émulation de Rouen, sur Vextraction de la gélatine des os; par M. Girardin. Brochure in-8 \
- Une question de longitude; par M. de Monville. Brochure in-8°.
- Historiographie de la table; par M. Ferdot. Un vol. in-i 8.
- Rapport fait à VAcadémie royale des sciences, sur un mémoire intitulé ; Essai sur la statistique morale de la France; par M. Guerry, avocat à la Cour royale.
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- Mémoire sur la fabrication des fromages du Mont-Cènis; par M. Bona— fous. Brochure in-8°.
- Calendrier de la Société royale d'agriculture de Turin pour l’année i835.
- Essai sur le système de toiture le plus convenable aux constructions de la Savoie; par M. Despine, inspecteur des mines. Brochure in-8°.
- La Zigzographie, ou Nouvelle écriture sténographique; par M. Dublar, homme de lettres. Brochure in-8°.
- Notice sur Véducation des vers à soie , établie dans le département de Seine-et-Oise; par M. Camille Beauvais.
- Lettres à M. Bonafous, sur la culture du mûrier et Véducation des vers à soie dans le département de VAveyron ; par M. Amans Carrier. Brochure in-8°.
- De la possibilité d'utiliser les communaux et les terres vagues et des avantages que présenterait Véducation des vers à soie. Brochure in-8°.
- Description des machines et procédés spécifiés dans les brevets d'invention et de perfectionnement dont la durée est expirée. Tom. XXII et XXIII,. 2 vol. in-4° avec planches. Chez Mme Lluzard.
- . Annales des Mines, année i833, 4 livraisons in-8° avec planches. Chez Carillian Gœury.
- Journal du comice agricole du département de la Marne, année i833, douze cahiers in-8°.
- Recueil de la Société d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres du département de VEure, année i853, douze cahiers in-8°.
- Bulletin de la Société industrielle de Mulhausen, n° 25 à 28, quatre cahiers in-8° avec planches.
- Annales de la Société d'horticulture de Paris pour l’année 1853. Douze cahiers in-8°.
- Annales de Fromont; par M. Soulange Bodin, in-8\
- Le Cultivateur, journal des progrès agricoles.
- Journal de la Société d'agriculture, sciences et arts du département de Loir-et-Cher.
- Annales de la Société d,'agriculture du département d'Indre-et-Loire.
- Annales de la Société d'agriculture du département de la Haute-Fienne.
- Compte rendu des travaux de la Société d'Émulation de Rouen pour l’année i83a.
- Compte rendu des travaux de VAcadémie de Rouen.
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- — Livres étrangers.
- Annales de V institut polytechnique de Vienne; par Prechtl. Tome XIX; im vol. in-S° avec planches ( en allemand ).
- Journal polytechnique ; par M. Dingler. Année 1833 ; vingt-quatre cahiers in-8° avec planches ( en allemand).
- Mémoires de la Société pour la propagation des arts et de Vindustrie en Prusse, pour i855. Six cahiers in-4° avec planches ( en allemand).
- Transactions de la Société royale d Edimbourg. Tome 7 à 12 ; six volumes in-4° avec planches (en anglais )'.
- Sur la législation française concernant les brevets d invention; par M. Per-pigna, avocat à la Cour royale. Un vol. in-8° ( en anglais ).
- Lettre aux commerçons et entrepreneurs de transports par la navigation, contenant des aperçus sur les canaux et les chemins de fer, et notamment sur celui de Manchester à Liverpool ; par Thomas G raha/n ( en anglais).
- Note relative à la confection en verre des ressorts destinés à régler 1er mouvement des montres marines ; par MM. Arnold et Dent. Brochure in-o° (en anglais).
- London journal oj arts and sciences; par M. Newton, année] 1833 . Douze cahiers in-8°, avec planches.
- Mémoire sur un moteur non employé dans les arts ; par M. Minutto. Brochure in-8° (en italien).
- Extrait des Proces-verbaux des séances du Conseil d’administration de la Société d’Encouragement.
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- Séance du ii décembre 1833.
- Correspondance. M. le comte de Mauny adresse : i° un prospectus de ses inventions ayant pour but de tirer tout le parti possible du vent considéré comme force motrice; 20 un autre prospectus intitulé Des Appareils dynamiques applicables à tous les moteurs mus par des agens animés ou inanimés , pour tirer tout le parti possible de leur force , la compenser, prolonger la duree du mouvement et le régler.
- M. Mocquet adresse un projet ayant pour but d'établir un service de sauvetage et une société d’assurance mutuelle entre les marins.
- Objets présentés. M. Palissard fils soumet à l’examen de la Société un tombereau mécanique ou machine à transporter les terres, pour laquelle il est breveté.
- M. Darbo fils présente un biberon perfectionné.
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- Rapports des Comités. Au nom du Comité des arts chimiques , M. Gaultier de Claubry lit un rapport sur le résultat du concours pour la découverte d’un moyen de procurer à la fécule la propriété de donner un pain qui lève comme celui de farine de froment.
- Aucun des trois concurrens qui se sont présentés n’ayant rempli les conditions du programme , le Comité propose de remettre la question au concours pour l’année i834, en ajoutant quelques considérations au programme [Approuvé.]
- Au nom du même Comité, le même membre lit un rapport sur e résultat du concours pour le perfectionnement de la construction des fourneaux.
- Le Comité propose de remettre le prix à l’année prochaine, en réservant les droits de l’auteur du mémoire n° 2, qui a présenté un appareil propre à l’évaporisation des dissolutions salines. [Approuvé.] >
- Au nom de la Commission de lithographie, M. Payen rend compte du résultat des divers concours relatifs à la lithographie.
- La Commission propose de remettre au concours, pour l’année prochaine, les questions relatives : i° à la découverte d'une carrière de pierres lithographiques 3 2° à F impression lithographique en couleur5 3° à la préparation des meilleurs crayons à V usage de la lithographie ; 4° à Y encrage des pierres par un autre moyen que le rouleau ; et à l’année i836, celles pour la fabrication des pierres lithographiques artificielles, et pour le transport des anciennes gravures sur pierre lithographique.
- Il ne s’est présenté des concurrens que pour les questions nos r et 2 ; mais aucun n’a rempli complètement les conditions du programme. Toutefois, M. Delarue> imprimeur-lithographe àParis, ayant présenté un procédé ingénieux pour multiplier la gravure , l’écriture et le dessin, au moyen d’épreuves reportées sur une même pierre lithographique , la Commission propose de lui décerner une médaille d’argent et de publier un extrait de §a notice dans le Bulletin. [ Approuvé. ]
- Le Conseil arrête qu’un nouveau prix ayant pour but de donner plus d’extension à l’emploi des reports sera proposé pour l’année i835. Sa valeur est fixée à la somme de 3,ooo francs.
- Au nom du Comité d’agriculture, M. Soulange Bodin lit un rapport sur le résultat du concours pour la plantation des terrains en pente.
- Aucun des concurrens n’ayant atteint le but du concours , le Comité propose de proroger le prix à l’année i836, en faisant quelques modifications au pro-gramme^
- Le Conseil adopte ces conclusions, et arrête en même temps qu’une médaille cl’or de ire classe sera décernée à M. Geslin, propriétaire à Beaurepaire, près de Villers-Cotterets (Aisne), pour avoir fait des plantations étendues sur des terrains fortement inclinés.
- Au nom du Comité des arts mécaniques, M. de laiMorinihre lit un rapport sur le résultat du concours pour la fabrication des briques, tuiles et carreaux par machines.
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- ( 4'75 )
- lue Comité propose : i* ^d’accorder une médaille d'argent à M. Gérard Marécat , fabricant de tuiles à Montbréhin (Aisne) , pour avoir formé un établissement utile pour la localité où il est situé 5 20 de remettre le prix au concours pour l’année i835. £ Approuvé. ]
- Le Conseil arrête qu’un nouveau programme sera rédigé pour ce prix, dont la valeur est portée à 4?5oo francs.
- Au nom d’une Commission spéciale, M. Payen lit un rapport sur le résultat du concours pour la préparation du lin et du chanvre sans rouissage.
- La Commission estime qu’il n’y a pas lieu de décerner le prix. Elle propose, en conséquence, de proroger le concours à l’année i836. [ Approuvé. ]
- Au nom du Comité des arts mécaniques , M. Olivier lit un rapport sur le résultat du concours relatif au peignage du lin par machines.
- Le Comité propose : i° d’accorder, aux trois concurrens qui ont le plus approché du but du concours, un encouragement pécuniaire, pour les indemniser des frais que leur ont occasionés les expériences auxquelles leurs machines ont été soumises; savoir, à M. Schlumberger fils une somme de 600 francs, pareille somme à M. Girard, et une somme de 3oo francs à M. David ; 20 de remettre le prix au concours pour l’année i835. [Approuvé.] '
- Au nom du même Comité, le même membre rend compte du résultat du concours relatif à la fabrication des tuyaux pour la conduite des eaux.
- Les conditions du programme n’ayant pas été remplies, le Comité propose de remettre le prix à l’année prochaine, sous la réserve des droits des concurrens. [Approuvé]
- Au nom du même Comité, M. le baron Séguier rend compte du résultat du concours relatif aux chemins de fer.
- Ce concours avait été fermé l’année dernière, avec réserve des droits des concurrens. Les pièces produites n’ayant pu être examinées à temps, et le système de l’un des concurrens devant être soumis à des expériences, ld Comité propose de remettre à l’année prochaine le rapport sur cette importante question. [Approuvé.]
- Au nom du même Comité, M. Amédée-Durand lit un rapport sur le résultat du concours relatif à une machine propre à décortiquer les légumes secs.
- Le Comité , considérant que l’extension que vient de prendre l’emploi de différentes machines à décortiquer les légumes secs a atteint le but le plus important , celui de faciliter aux consommateurs les moyens de se procurer des légumes décortiqués, propose de retirer le prix du concours. [Approuvé.]
- Il est donné lecture d’un rapport fait par M. Hachette, au nom du même Comité et de celui des arts chimiques , sur le prix pour la fabrication des bouteilles propres à contenir des vins mousseux.
- Les Comités réunis proposent : i° de décerner une médaille d’or de ier classe à M. Darche, propriétaire de la verrerie de Haumont près Maubeuge , pour avoir rempli une partie des conditions du programme ; 20 de remettre le prix au concours pour l’année i835, en apportant quelques modifications au programme. [Approuvé.]
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- (476) •
- Au nom de la Commission des médailles et de celle de révision , M. Amédée Durand lit un rapport sur les contre-maîtres dont les droits à la médaille avaient été ajournés lors de la dernière distribution, faute par les ayant-droit d’avoir fourni les certificats exigés.
- Les Commissions réunies proposent : i°de lever l’ajournement à l’égard des sieurs Bernard, deuxième maître de la compagnie des sapeurs-pompiers du port de Brest5 Barbarant, ancien contre-maître et actuellement directeur de la filature de M. H. Bompard, à Bar-le-Duc (Meuse ), et Balélier, contre-maître de la fabrique des limes d’Amboise 5 20 d'attendre que le sieur Vougny, contre-maître aux forges d’Eurville ( Haute-Marne ), ait produit les certificats demandés pour lui accorder la récompense promise.
- Le Conseil arrête qu’une médaille de bronze sera décernée au sieur Vougny.
- Au nom des mêmes Commissions, M. Amédée Durand lit un autre rapport dont les conclusions tendent à ce que, à compter de ce jour, la somme de 5o francs, qui avait été ajoutée à chacune des médailles de bronze décernées aux contremaîtres, soit employée en acquisition de livres à leur usage, lesquels seront revêtus du timbre de la Société.
- Cette proposition est adoptée, avec la modification qu’au lieu du timbre les ouvrages offerts porteront une légende indicative de leur destination, et que cette légende sera revêtue de la signature de M. le président.
- Séance générale du 24 décembre 1833.
- Voyez plus haut les détails de cette séance.
- IMPRIMERIE DE Madame HÜZARD ( née VALLAT LA CHAPELLE),
- rue de l’éperon , n° 7.
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- ( 477 )
- TABLE
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- ©ES NOMS DES PERSONNES CITÉES DANS LA TRENTE- DEUXIÈME ANNÉE DU BULLETIN.
- A.
- Adam, pêche et salaison des harengs, 166. Auzoux , pièce d’anatomie élastique, 20g.
- B.
- Barbarant , contre-maître, 4^4-Barrês du Molajrd , j_lu en volcanique, 62. Bataille, contre-maître, 146-Batelier, contre-maître , 465.
- Bernard, centre-maître , 4^4-Bernadière , tapis cirés , 4<>5.
- Bevalet , .«orques , £g.
- Biot, procède de réduction des gravures , 209. Bockholtz, balance de p.écision , 148, 334-Bonafous , plam'oir à blé, 60. — Emploi du chlorure de chaux pour purifier l’air des ateliers des vers à soie ,117.
- Bouju , noir d’impression , i54>
- Bourdon , machine à vapeur en verre , 379. Bouriat , appareil pour réduire la pomme de terre en gruau , 2.5.
- Bouwens et van Cappenaal , préparation du bon.lion, i5g.
- Bricaille , machine à peigner le lin, 43 r, 473 Bruckmann, application des eaux des puits forés , 26.
- Brumeaux, turbines hydrauliques , 4!8. Burdin, turbines hydrauliques, 4*4» 4*5-Burnier, inslrumens de tcpograph.e militaire, 3i6.
- c.
- Caron, clarification des vins blancs, 348. Cbaptal , monument à t lever à sa mémoire, 168.
- Charrière, moyen de prévenir la condensation de la vapeur aqueuse sur h s vitres , 24.
- Conty, engreneur oubaille-hlé , 36g.
- Collardeau , emporte-pièce pour percer les bouchons, 5o. — Lactomèlre, 2^5. — Siphons, 383.
- D.
- Darche , bouteille en verre, 4°5, 452.
- David , machine à éprouver la force d;is câbles— chaînes , 4°*
- David Vandeweghe, machine à peigner le lin, 43i,433.
- Degousée, puits artésien , 62.
- Delarue , perfectionnement de la lithographie,
- 406, 445» 448.
- Delrue, contre—maître des ateliers de M. Le— marc, 146.
- Demesmay, procédé pour épuiser la pulpe de betterave , i4-
- Deschenaux, dessiccation des viandes, 461.
- Dixon , becs de lampes à gaz, 53.
- Douault-Wieland, moulage en verre , 354-
- Drouard , papiers peints , 280. — Emploi de la dextrine, 366.
- Dubuc , moyen de reconnaître la falsification de la farine de froment, 444*
- Duchemin , pendules compensateurs , 2g , 255.
- Duclos , échappement de pendule en carton, 255.
- Dumiral-Jeudy, emploi du basalte, 338.
- Durand , puits artésien , 328.
- E.
- Edwards, manomètre à sonnerie et à bascule pour les chaudières à vapeur, 108.
- F.
- pétrir le pain , 76.
- 64
- Ferrand , machine à T tente-deuxième année. Décembre i833.
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- ( 47»')
- Fiard , encaissement des rivières ,248.
- Fourneyron j turbines hydrauliques, 427*
- ’ f
- G.
- Gandais , orfèvrerie mixte , 268.
- Garban , étau , 322.
- Garnier^ machine à peigner le lin, 43* > 433.
- Gavard , compas-tria glj , 3o4-
- Gérard-Marécat , fabrication des briques, 43o.
- G ermain, châles desoie, i63.
- Geslin , plantation des terrains en pente, 463.
- Gille, pendule .à,quantième, 25^ , 25g.
- Girard /machine à peigner Je lin, 431,434*
- Gourdin, horloge perfectionnée, 16g, 171.
- Goyon, préparations pour le nettoyage des meubles, 352.
- Grange , charrue à avant-train , 2i3 , £20.
- Grognier, usage alimentaire des végétaux cuits pour les bestiaux , 118. — Observations sur le régime des porcs dans la ville de Maurs (Cantal), 119.
- Grouveuue et Honoré, dessiccation des pâtes à porcelaine, 34o.
- Gueymard , fourneaux à air chaud , 386.
- Guillemain, appareil pour réduire la pomme de terre en gruau , 25.
- IL
- Henriot , pendules , 282.
- Henry, appareil de sûreté contre les explosions des machines à vaprur, 3oo.
- Hoffman, construction des charrues-? Grande, 220.
- Homberg, moulage du verre, 35^.
- IIude, serrures nouvelles, 6i.
- J.
- Jacob, pendule compensateur, 33.
- Jobard, projet de loi sur les brevets d’invention , 121. — Remorqueur à vapeur, 126.
- L.
- Laborde, turbine hydraulique, 4*8.
- Laignel, moyen d’empêcher l’envahissement du port du Havre, 311. — Chemins de fer, 4o6.
- Lavallée , école centrale des arts et manufactures , 196.
- Lebec, rouet à volant et à ressorts élastique, 109,377.
- IaefrcIy , fourneau fumivore, 17g.
- Legéy , instrumcns de précision, 4o6.
- Legros de la Neuville, métrophone, 62.
- Lelion, fusil de sûreté, 162.
- Lemare , soulier-socque, 5g.
- Lemercier, encre lithographique, 16.— Vernis d'encrage, 18.
- Lerot, montre à répétition ,374.
- M.
- Merckel , briquets , iSg.,
- Mignard-Billinge, tubes étirés sans soudure, 4o5.
- Mongez , sur l’art du-monnayage enFrance, g.
- Morot , ciment, 20g.
- Motard et Milly , bougie stéarique, 157.
- Mulot, puits artésiens, 248.
- JHubxove , dessiccation des viandes, 462.
- N.
- Nicholls , appareil réfrigérant perfectionné , n6.
- P.
- Palluy , soufflet à vent continu, 4o5.
- Parizot, cuvette mobile inodore, 244.
- Paulin-Desormeaux , étaux à griffe, filières ,
- 153.
- Payen , bonde hydraulique, 5g. — Falsification de la fécule , 34g.
- Payen et Persoz , application de la diastase et de la dextrine , 23o.
- Pedretti , crayons blancs et de couleur, i65.
- Perrochel , nouvel encollage pour les chaînes des tissus , ii4- — Appareil pour chauffer l’intérieur des voitures, 240.
- Perron, échappement à rouleaux mobiles , 249, 252. — Compensateur , 254-
- Philipon, touraille à air chaud, 55.
- Philippe, machines pour la fabrication de roues de voitures, 3 , 63 , 261,32g.
- Pichonnier, taille-plume, 177.
- Porcia (di) , puits artésien , 174*
- Pottier , soufflet ventilateur, 6g, 238.
- R.
- B en aux , nouveaux beesde lampe à gaz, 5a.
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- ( 479 )
- Ribec-Bourrel, turbines hydrauliques, 4ï6. Robert (IIenri) , mécanisme de réveil, 289. — Balance astronomique , 292. — Méridien portatif, 293. — Compteur chronométrique , 295. — Moyen de couvrir hermétiquement les pendules , 296.
- Robison , appareil culinaire à gaz, 62. — Emploi de l’air chaud dans le traitement du fer, 75. —Ressorts de montre en verre filé ,210. •— Becs de lampe à gaz, 212. — Appareil pour appliquer le gaz-light au chauffage,
- 824.
- S.
- Saulnier, préparation des planches gravée^, à la manière noire , 309.
- Schlumberger , machine à peigner le lin , 431 ,
- 435,44i,
- Schwilgué, notice sur une machine à éprouver les câbles-chaînes, 44-
- Sehtage , fabrication des chapeaux et des tissus de paille , 119.
- Smith, pantographe, 280,372.
- Sorel, régulateur du feu, 3g8.
- Szymanski , machine à débarder le bois , 88.
- Ternaux , notice sur sa vie et ses travaux , i34~ Thiviixe , mémoires sur divers objets , 4°3. Trébüchet , Code administratif des établisse— mens dangereux, insalubres et incommodes,
- 84, 'i . *
- V.
- Vimjsroi, impression lithographique en couleur , 448-
- Visconti , moulage du Vrre , 3£>7.
- Voizot , moyen d’empêcher l’txplosiou des machines à vapeur, 366.
- Vollz, appareil pour chauffer le vent des hauts— fourneaux , 2g3.
- Vougny , contre-maître, 465.
- w.
- Wolf , jalousies, 383.
- /
- *
- 64.
- S
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- ( 48a )
- TABLE
- ANALYTIQUE ET RAISONNÉE
- DES MATIÈRES
- CONTENUES DANS LA TRENTE-DEUXIEME ANNEE DU BULLETIN.
- A.
- Acides minéraux, de leur emploi pour le départ des monnaies, i3.
- Aiguilles à coudre (prix pour la fabrication des) (progr. ), 3.
- Air chaud , de son emploi pour le traitement du fer, ^5, 386. •—Avantages de ce procédé , 3g2. —« Appliqué dans l’usine de Wasseralfin-gen, 396.
- Alliage moins oxidable que le fer et l’acier (prix pour la découverte d’un), (progr.), 17.
- Amidon, produit nouveau qu’on en retire, 23o.
- Angles, instrument pour les mesurer, 3o4^
- Appareil pour chauffer l’intérieur des voitures , par M. de Perrochel, 24°) 242 > 244*
- — Pour chauffer l’air chaud d’un haut-fourneau, 387. — Description de celui de l’usine de Wasseralfingcn, 3g3. — Expériences auxquelles il a été soumis, 3g6.
- — Pour appliquer le gaz-light au chauffage, 324.
- ___De sûreté contre les explosions des machines
- à vapeur, 3oo.
- — Réfrigérant perfectionné, par M. Nicholls, 116.
- — Pour couvrir hermétiquement les pendules de cheminées, 3oo.
- — Pour extraire le jus de betteraves par la macération, par M. Demesmay, 278.
- — Pour réduire la pomme de terre en gruau , par M. Bouriat, 25.
- — Culinaire, par M. Sorel, 398, 4oï*
- — Pour l’évaporation des substances salines, 452. — Quantité de combustible qu’il consomme, 452.
- Araire de M. de Dombasle, ses avantages, 215.
- Armures métalliques pour préserver de l’action des flammes ( prix pour la confection d’). —-Remis au concours, (progr.), 14.
- Avant-train, ses avantages dans les charrues , 216.
- B.
- Baille—blé , par M. Conty, 36g.
- Balance de précision à charge et sensibilité constantes par M Bockholtz, 148.— Médailled’ar-gent, 1 4g. — Sa description , 334*
- — Astronomique, parM. Robert, 292, 29g.
- Balancier pour les monnaies, de son invention,
- 1 o.
- Basalte, de son emploi en architecture, par M. D amiral- Jeudy, 338.
- Bas-reliefs moulés en verre, par M. Douault-Tfiéland, 358.
- Becs de lampes à gaz, à double courant d’air, par M. Dixon, 53.
- Belteiaves, moyen d’augmenter leur produit, 14.
- Bière de fécule , de sa préparation, 237.
- Bois, machines pour les débarder, par M. Szy~ manski, 88.
- Bonde hydraulique nouvelle, par M. Payen, 4g.
- Bouchons, moyen de les percer facilement, 5o.
- Bougies économiques ( prix pour la fabrication des), (progr. ) , 8.
- — Stéariques, dites de Vêt oile, i56.—Médaille d’argent à MM. Motard et Milly,
- Bouillon de la Compagnie hollandaise, îS*}. — Médaille d’argent à MM. Bouwens, van Cap~ penaal et compagnie, i5g.
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- ( 48
- Boussole pour les levers militaires, par M. Burnier, 3i8.
- Bouteilles, moyen de prévenir leur casse, 26.
- — Desliuéesà contenir des vins mousseux , résultat du concours, 449* — Médaille d’or de première classe à M. Darche, 462. —Prix prorogé , ib. ( progr. ), 26.
- Brevets d’invention (projet de loi sur les), par M. Jobard, 121.
- — Délivrés en France pendant l’année 1882, 90.
- — En Angleterre pendant la même année, 281.
- Briques fabriquées par machines , résultat du
- concours, 427- —Médaille d’argent à M. Gérard Marécat, 43o.—Le prix porté à 45oo fr. et prorogé à l’année i835, 43t (progr.), 3i.
- Briquets nouveaux, par M. Merckel. — Médaille d’argent, 162.
- c.
- Camées en verre moulé, par M. Douault-TVié-land, 358.
- Carrières de pierres lithographiques (prix pour l’exploitation des), résultat du concours, 444-
- — Prorogé à i836, ib. (progr.), il.
- Chaîne des tissus , moyen de faciliter son ourdissage , 38. — De l’encoller, par M. de Perro— cJiel, n5.
- Chaînes, moyen d’éprouver leur force, 4*- — Epreuves auxquelles elles sont soumises , 48.
- Châles de soie de M. Germain, i63. — Mention honorable, i64-
- Chanvre préparé sans rouissage, prix proposé (progr.), 28. —Avantages de son immersion dans l’eau , 4o8.
- Chapeaux de paille, de leur fabrication en Italie,
- n9.
- Charrue à avant—train de M. Grangé (rapport sur la), 213.— Ses avantages, 217.— (Expériences sur la ), 218. — Sa description , 220. — Rapport fait à l’Académie des Sciences, 225.—Diminue la pression sur le sol, 226. — Sa manœuvre facilitée, 227.
- Chaux , de ses effets pour l’amendement des terres, prix proposé (progr. ), 20.
- Chemins de fer applicables aux nivellemens irréguliers des routes ordinaires, résultat du
- concours, 407, 414-
- Cheminées, dimensions exigées pour rendre les fourneaux fumivores, i83.
- 1 )
- Chlorure de chaux, de son emploi pour purifier les ateliers des vers à soie, 117.
- Cochenille , de sa culture en Espagne ,211.
- Code administratif des établissemens insalubres ou incommodes, par M. Trêbuchet, 84.
- Coke, de sou emploi dans les fourneaux à air chaud , 38g.
- Colle de poisson, prix pour une substance propre à la remplacer (progr. ) , 16.
- Compas-triangle, par M. Gavard, Zo!\. — Sa description, ib.—Manière de s’en servir, 307.
- Compensateur des pendules, par M. Duchemin , sa description, 3?.. — Par M. Jacob, 36.
- Compte rendu des travaux du Conseil d’administration pendant l’année i832, 129.
- Comptes de M. leTrésorier, Ieurvérificalion,i4i*
- Compteur chronométrique , parM. Robert, 295, 3oo.
- Concours ouverts pour l’année i833 (rapport sur les), 4o7-
- Conditions générales à remplir par les concurrens (progr. ),3i.
- Conseil d’administration, ses travaux pendant l’année i832 , 129. — Liste de ses membres , 2o5.
- Contre-maîtres, médailles qui leur ont été décernées dans la séance générale du 29 mai i833 , i45.—Dans la séance générale du 24 décembre , 464- — La somme de 5o fr. qui leur est accordée, convertie en un don de livres, 466.
- Couleurs à appliquer sur les toiles peintes (prix pour la préparation des ) , ( progr. ), 6.
- Contre, de ses fonctions dans la charrue, 2i4-
- Crayons blancs et de couleur, par M. Pedretti,
- l65.
- Crayons lithographiques (prix pour la fabrication des ) ( progr. ), 11.
- Creusets réfractaires (résultat du concours pour la fabrication des), /[i2. — Prorogé à l834'» 4i3 (progr.), i5.
- Cristaux colorés , de leur fabrication , par M. Douault-TViéland, 354-
- Cuivre, moyen de le nettoyer et de le polir, 352.
- Cuvette mobile pour la descente des eaux ménagères , par M. Parizot, 244*—Sa description,
- 46.
- D.
- Dépenses de la Société pendant l’année i83a , i38. ....................
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- ( 482 )
- Dessins, moyen de les réduire, 373. — Auto-graphiques, prix pour un moyeu de les reporter ( progr. ), 20.
- Détente nouvelle pour les montres à réveil y par M. Robert, 291.
- Dexlrine, substance extraite d’un mélange d’orge germée et d’amidon, 23o. — Manière de 1 obtenir , 233. —Ses applications, 236.— Employée dans la fabrication des papiers peints, 280. — Produit des couleurs d’impression plus brillantes qu’avec l’amidon, 367.
- Diastase , principe actif de l’orge germée, 234-— Son action sur la fécule, 235. — Employée pour reconnaître la falsification de la fécule, 35o.
- E.
- Eau de vie de fécule , de sa fabricat'on , 232.
- Eaux delà mer, de leurs effetssur les côtes, 3i3.
- — Des arnidonnerics , prix pour un procédé propre à les 1 tiliscr ( progr. ), 7.
- — Infectes , moyen de les perdre, 248.
- Echappement à plans inclin s et à rouleaux mobiles, par M. Perron, 252.—Description de celui de M. Duclos, 253. — De celui de M. Cille ,2.54.
- Eclairage des rues de Porto , 377.
- Ecole d’arts et métiers de Châlons, élèves nommés par la Société, 280.
- Ecole centrale des arts et manufactures établie à Paris, 196. —Enseignement qui y est pratiqué, 197* —Élèves nommes par la Société, 4®2.
- Ecoles vétérinaires , élèves entretenus aux frais de la Société , 4®3.
- Ecorces propres à la fabrication du papier (prix pour le nettoiement (les), (progr.), 18.
- Encodage pour les chaînes des tissus, par M. de Perrochel, 114 » 1ï5.
- Encrage des pierres lithographiques (prix ponr
- ^ )» Cproë.r-
- Encre autographique, parM. Delarue, 44^*
- Encré lithographique, de sa préparation, par M. Remercier, 16.
- Etig’ri peur ou baille—blé, par M. Conty, 36g. I
- Etau à main , par M. Garban , 322.
- F.
- Farine de blé , prix pour un moyen de reconnaître sa falsification , résultat du concours ,
- 44t,442. —Prorogéà i834, 44s(progr.), x3, Fécule de pomme de terre, de son emploi pour 1 faire de l’eau de vie, 232. — Moyen de dé-.-; couvrir sa falsification , par M. Payen, 34g. — De reconnaître son mélange avec la farine de blé (prix pour un moyen), résultat du concours, 441 • ’— Prorogé à i834 , ib. ( progr. ) , i3. — Moyen de lui procurer la propriété de donner un pain qui lève comme celui de farine de froment , résultat du concours, 4°9‘ — Prorogé à 1834? 413 ( progr. ), 13.
- Fer, de son traitement au moyen de Pair chaud,
- 75,389.
- Feu, manière de régler sa température dans Pap-pareil de M. Sorel, 399, 4°°-Feuill s d" mûrier grelfé , de leur emploi , par M. Pona/ous, 117.
- Fil de lin , de son étirage , par M. Pajot-Des-charmes, 248.
- Fourneau pour recuire les pâtes de verre moulées , 36o.
- —Fi.mivore, par M. Lefroy , 179.—Précautions à prendre pour le conduire , 187. —Sa description, 191.
- Fourneaux , prix pour la perfectionnement de la construction des, résultat des concours, 452 (progr ), 16.
- —Aair chaud, de leur conduite, pnrM. Guey-mard, 386. — Description de celui des forges de Vienne , 388. —De celui de Wasseralün-gen, 3
- Fonderies de fer (prix pour le perfectionnement des) ( progr. ), 5.
- Fonte , de son traitement par l’air chaud , 3go. Fumée , moyen de la supprimer totalement dans les fourneaux, 180.
- Fusil de sûreté, par M. Lelion, 162. — Médaille de bronze , i63.
- G.
- Gaz hydrogène dégagé d’un puits artésien, 174. — Enflammé en arrivant à la surface du sol,
- Gaz-light, appareil pour l’appliquer au chauffage , 324.
- Garance , prix pour améliorer son emploi , 366. Gluten, moyen de l’extraire de la farine altérée , 441,444. — Prix pour ua procédé propre à - le recueillir du s la fabrication de l'amidon i ( progr. ), 7. ': > '
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- Glace , conservation de la , prix remis au con-‘ cours, 413 (progr.), 18.
- Glaces à miroirs, prix pour les élamer par un nouveau procédé, résultat du concours, 4i2 ( progr. ) , 17.
- Glaise , prix pour son extraction (progr.) , 24-
- Grain , manière de l’introduire sous les meules des moulins, 370.
- Graine de lin , de son emploi pour l’encollage des chaînes des tissus , ii5.
- .Gravures , moyen de les réduire , 209. — De les multiplier, — De les transporter sur la pierre lithographique, prix proposé (progr.), 27. .
- ' f H.
- .Hauts-fourneaux de Amasserai fi ng en , alimentés parTair chaud , 3t)3.
- Harengs-, de leurs peehe et salaison , 166.
- Havre, moyen d’empêcher l'envasement de son port, 311, 313.
- JHorloge de M. Gourdin, 169. — Sa description, 171.
- Horlogerie de M. Rohert, f\ 16.
- Houille , de sa combustion dans le fourneau fumivore de M. Lefroy, 184 , 190.— Moyen de diminuer sa consommation dans les hauts-fourneaux , 388.
- Huile essentielle de houille, de son emploi, 212.
- .1.
- Impression lithographique en couleur, résultat du concours, 44^* — Prorogé à i834> ib. (progr. ), 12.
- ïnstrumens de topographie .militaire, par M. Burnier, 316.
- — De précision de M. Legey, 4<>6.
- J. *
- Jalousies mécaniques , par M. Wolf, 383.
- Jantes de roues, moyen de les fabriquer par machines, 3. — De les chantourner, 7/ — De les scier de longueur, 63. — D’y pratiquer les trous d’accouplement, 65. — Les trous des broches, 67.
- Jetons de présence (compte des), i4°-
- Jus de betterave, exprimé à chaud , i5. — Extrait par le moyen de la macération ,278.
- lu.
- Lactqmètre , par M. Collavdeau, 275.
- Lait, moyen de reconnaître sa qualité , 276.— Sa falsification , 277.— De son emploi pour la
- clarification des vins, 347.
- Lampes à gaz perfectionnées ,212.
- Legs Jollivel (sur le fonds d’accroissement du ), i43.
- Lin , moyen de faciliter son filage, 378.
- — Peigné par machines, résultat du concours, 431.—Encourngemens pécuniaires accordés à MM. David, Girard et Schlumberger, 4^7- — Remis au concours pour i835 ( progr. ), 28.
- — Préparé sans rouissage , résultat du concours,
- - 4°7- — Prix prorogé , 414 C progr. ), 28.
- Liqueur pour rendre les tissus imperméables, 346.
- Liquides, moyen de faciliter leur transvasement,
- 384.
- Lithographie ( prix pour le perfectionnement de la), résultat du concours, 44^ (progr.), 11.
- M. -
- Machine à marquer la tranche des monnaies, de son invention, 11.
- — Soufflante anglaise, 104.
- — A débarder les bois, par M. Szymanski, 88.
- — Pour éprouver la force des chaînes, 4o. — Sa composition , 44-"~$a description, 47.
- — A pétrir le pain , par M. Ferrand, 76. —Sa description , 79.
- — A scier les jantes de longueur, par M. Philippe,
- 63. ,
- — Pour percer les trous d’accouplement dans les jantes, 65.
- — A percer les trous des broches , 67.
- — A percer le trou central des moyeux, 262.
- — A diviser les moyeux pour préparer les mortaises, 266.
- — empâter les rais1, 33o. —A araser les rais,
- 333. ;
- — A vapeur en verre, parM. Bourdon, 367. Machines ( des ) et de leurs résultats, par
- M. Lhuillier de l’Etang, 368.
- — Pour la fabrication des roues de voitures, par M. Philippe, Z, 63, 262, 33o.
- — A peigner le lin, présentées au concours, 431.
- ' /
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- ( 484 )
- — Expériences auxquelles elles ont été soumises , 437*
- — A faire les briques, présentées au concours,
- 428,429.
- — A vapeur ( moyen de sûreté contre les explosions des) ( progr. ), 4- — Moyen de les garantir de l’explosion, 3oo , 366. — De faciliter leur élude, 37g.
- Manomètre à sonnerie et à bascule pour les chaudières à vapeur, par M. Edwards, 108. Manufactures insalubres (ordonnance royale sur les), 2o3.
- Marteaux d’horloge, mécanisme de M. Gourdin pour les faire frapper, 169.
- Mécanisme qui s’adapte aux ourdissoirs cylindriques , 37.
- — Pour faire frapper les heures et les demies sur deux timbres séparés, 170.
- — De montre à répétition, par M. Lerot, 374* Médailles décernées par la Société d’Eneourage—
- ment de Londres en i83i et i832, 83, 363.— Par la Société d’Encouragemenl de Paris, i4o.
- — Décernées aux contre-maîtres, j 46, 464. Membres de la Société admis pendant l’année
- i833,468.
- — Du Conseil d’administration (liste des), 2o5. Mémoires de la Société d’Agriculturc de Lyon ,
- pendant les aunées 1828 à i83i ( rapport sur les), 117.
- Méridien portatif, par M. Robert, 293, 29g. Métal iuoxidable (prix pour la préparation d’un), (progr.) , 17.
- Métaux , moyen de les nettoyer, par M. Goyon, 352.
- Métrophonc , par M. Legros de la Neuville, 61. Meubles , préparation pour les nettoyer, par M. Goyon, 352. „
- Monnayage, histoire de cet art en France,-9. Monnaies, de leur départ, 12.
- Moutre à répétition de M. Lerot, 374. — Sa description , 376.
- — A réveil de M. Robert, 290.
- Monument à la mémoire de Chaptal, 168. Mortaises, moyen de les pei’cer dans les moyeux,
- 266.
- Morues , de leurs pccbe et salaison , 166. Moulage en verre, par M. Douaull—ÏTriéland,
- 354.
- Moulins à bras propres à écorcer les légumes secs, prix retiré du concours, 4'4*
- — Perfectionnés , par M. Conty, 36g.
- Moyeux de roues, de leur fabrication par machines, 261. — Moyen d’y percer le trou central , 262. — De les tourner, 263. — De les diviser, 266.
- Mûrier à papier (prix pour la plantation du), remis au concours , 413 (progr.) , 19.
- N. .
- Niveau-éclimètre, par M. Burnier, 320.
- Noir d’impression pour la gravure en taille douce, purM. Bouju, x54-—Médaille d’argent, t56.
- O.
- Objets présentés à la séance générale du 24 décembre i833,4°5.
- Orfèvrerie mixte , par M. Gandois, 268. — Ses avantages , 272.
- Orge gerrnée , de ses propriétés, 23l.
- Ornemeus en argent Hu pour plaqué, 271.
- Ourdissoir cylindrique perfectionné , 38.
- Outil pour percer les bouchons, par M. Collar-deau, 5o.
- Ouvrages offerts à la Société, pendant l’année i833, 47°-
- P.
- Pain , moyen d’améliorer sa fabrication , 78. — Diverses opérations auxquelles il est soumis , 82.
- — De fécule , prix pour un moyTen de le préparer (progr. ), i3.
- la^.tographe, par M. Smith, 372.
- Papier de Chine, prix pour la fabrication du (progr.), 7.
- Papiers autographiques, pour les reports de gravures, 446.
- — Peints, dans lesquels la gomme est remplacée par la dextrine , 280.
- Patentes délivrées en Angleterre , pendant l’année i832, 281.
- Pâtes à porcelaine et à poter’e , de leur dessiccation , par MM. Grouvelle et Honoré, 34o. — lueonvéniens de l’ancien procédé , 342. — Avantage du nouveau , 343,345.
- Pâles de verre, de leur moulage, par M. Douaull-TViéland, 36o.
- Pendule à échappement, à rouleaux mobiles,
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-
-
-
- ( 485 )
- par M. Perron , 249. —« A quantième, par M. Gille , 25^ , 269.
- Pendule compensateur, par M. Duchemin , 29 , Il 32, 2 >5. — Par M. Jacob, 33,36. — Par M. Perron , 254*
- Pendules portatives à réveil, par M. Robert,
- 295.
- — De cheminée, moyen de les garantir de la poussière, 296,3oo. — De M. Henriot, 382. Pélrissctir mécaniuqe , par M. Ferrand, 79. — — Manière de s’en servir, 82.
- Pieds de veau desséchés pour la nourriture des marins, 458. ;
- Pierres précieuses factices, par M. Douault-TFiéland, 356.
- Gravées , moyen de les mouler en verre , par Uomberg, 358.
- Pierres lithographiques, prix pour un moyen de les remplacer (progr. ) , 27.
- Pinsdu Nord et pins d’Ecosse, prix pour la plantation des (progr. ) , 29.
- Planches gravées à la manière noire, procédé pour les préparer, parM. Saubùer, 3og.
- Plantation des terrains en pente , résultat du concours, 4^4- — Rem is au concours pour 1836 (progr ), 29.
- Plantoir à blé, par M. Bonafous, 60.
- Plaqué perfectionné, par M. Gandais, 270. — Ses bords sont en argent fin , 271.
- Platine découvert en France, 166.
- Plumes , facilité ch* les tailler au moyen de l'instrument de M. Pichonnier , 179.
- Pomme de terre, moyeu de la réduire en gruau , 25.
- Pompe de M. Thuillier, 21 1.
- Porcs , de leur éducation et de leur régime , à Maurs (Cantal), 120.
- Port du Havre, moyen d’empêcher son envasement , 313. .
- Poupée volante du rouet de M. Lebec, 111. Préparations pour nettoyer les meubles , , par M Goyon, 352.
- Presse, de son emploi pour la dessiccation des pâtes à porcclaiue, 343, 345.
- Prix proposés par la Société pour l’année 1834 (progr.), 3. — Remis au concours pour l’année i834, 10. — Proposés pour l’année i835,
- 20. — Remis au concours pour l’année i835,
- 21. —Pour l’année i836, 27.—Proposé? pour l’année 1837, 29.
- Procès-verbaux des séances du Conseil d’ad—
- Trente-deuxième année. Décembre
- ministration ( extrait des), séance du 19 janvier i833 , 26. — Du 23 janvier, 28. —• Du 6 février, 57. —Du 20 février , 60. — Du 6 mars, 87. — Du 20 mars, 88. — Du 3 avril, 124. — Du 17 avril, ib. —Séance extraordinaire du 8 mai, 164. — Du i5 mai, 166. — Du 1 o juin , 208. — Du 26 juin, 210. Du 10 juillet, 246. — Du 24 juillet, 247- — Du 10 août i833, 278. — Du 21 août, 279. — Du 4 septembre , 326. — Du 18 septembre, 827. — Du 2 octobre, 365. — Du 16 octobre, 366. — Du 3o octobre , 367. — Du i3 novembre, /\oi. — Du 27 novembre , 4°3. — Du 11 décembre, 473.
- Programme de prix proposés par la Société pour les années i834, 1835, i836et 1837 , annexe au n° CCCL1Y de décembre 1833.
- Puits, moyen de les assainir, 69. — Accidens auxquels ils exposent. 70.
- Puits artésiens , phénomène arrivé en Italie en en creusant un, 174. — Peuvent perdre les eaux infectes des voiries, 248.
- Puits artésien exécuté à Montreuil-sous-Laon, 60. —Établi à Tours, 62. — A Rage, près Perpignan), remarquable par l’abondance de ses eaux 328.
- Pulpe de betterave, procédé pour l’épuiser , par M. Demcsmay, i4-—Médaille d’or, 146.
- R.
- Rais des roues, manière de les scier de longueur, 329. — De les empaler, 33o. — De les araser, 333.
- Rapporteur, moyen de le remplacer, 3o8.
- Recettes delà Société, pendant l’année i832, i36.
- Régulateurde la machinesoefflanteaglaise, 1 o5. ~ Adapté aux charrues, par M. de Dombasle , 215. — Du feu, par M. Sorcl, 3q8 , f\oo.
- Remontoir d’horloge, parM. Gourdin, «72.
- Remorqueur à vapeur exécuté à Bruxelles, 126.
- Renversoirs, de leur emploi dans la dessiccation des pales à porcelaine , 342.
- Reports de gravures, manière de les obtenir, 446. —De dessins aulographiques, prix pour des ( progr. ), 20.
- Ressorts de montres en verre , 2 i o.
- Réved nouveau par M. Robert, 289.
- Réverbérés, moyen de les suspendre à Porto,
- 377-
- Roues de voitures , de leur fabrication par ina-
- l835. 65
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-
-
-
- f J
- chines , par M. Philippe , 3 , 63 , 261 , 32g.
- Roi es hydrauliques à palettes courbes, Je leur application ,'4>9*
- -Rouet à volant et à ressorts élastiques, par M. Le-• bec, 109. —Médaille d’argent, t52.—-Pcr-> fectionuemens ajoutés , 2771 , .
- Rou issage, prix pour un moyen de le remplacer (pro. r. ) , 28.
- Rues, nouveau moyen de les éclairer, 377.
- .S.
- Scie alternative pour débiter les bois en grume,
- . par M. Philippe ,
- — Circulaire pour chantourner les jantes, 7.— Pour scier de longueur les rais des roues, 329. Scierie de granit et de porphyre de la Mouline-du-ïladdon ( Haute-Saône ), 58.
- Séance générale du 29 mai 1833 , 127. — Du 24 décembre i833,4o5.
- Serrures nouvelles, par M. Hudc, 61.
- Siphons , par M. Collardeau , 383.
- Société industrielle de Mulhouse , prix proposé pour l’emploi de la garance , 366.
- Société d’Eneouragcment de Londres, médailles et récompenses décernées en 183 r, 83. —En t832,363.
- Soleil , instrument pour reconnaître son passage au méridien , 292.
- Sonnerie d’horloge , moyen de la remonter , 170. — Indique les heures et les demies sur des . timbres séparés , 1^3.
- Soufflet désinfecteur , appliqué au curage des puits , 69. — Sa description , 238.
- Soufflets à vent continu, par M. Palluy-, 4°5. Soulier-socque , par M. Lemare , 5g.
- Substances organiques , moyen de les rendre incombustibles , prix proposé ( progr. ) , 1 5. Sucreries de betteraves , prix pour l’établissement des (progr. ) , 8.
- T.
- Tableau des prixproposés parla Société pour les années 183Zp, ï835, i836 et 1837, annexé aux programmes. .
- Taille—pî urne perfectionné par M. Pichonnier, 177*
- Tapis en toile cirée , pnrM. Bernardièrc , o5. Terre à brique, moyen d'opérer sa division économiquement, prix proposé (progr. ), 22. — Mélange et corroyage , ib.
- Terrains en pente, prix pour la plantation des
- ^ ( Progr. ) , 29. ' : -
- Terres alumineuses, servant à la fabrication des poteries, moyen de les dessécher, 341 -
- Thermarama , ou appareil pour chauffer l’intérieur des voitures, 240.
- Tissus, moyen de les rendre imperméables, 346.—D’amiante pour préserver de l’action des flammes, prix pour la confection de ( progr. ),
- *4*
- Toiles, prix pourles procédés de blanchiment des ( progr. ), 6.
- Toiles peintes, prix pour la description du procédé de fabrication des ( progr. ), 6.
- Tour à tourner les moyeux, par M..Philippe, 263.
- Tourailie à air chaud , par M. Pliilipon , 55.
- Tourhe, de sa combustion dans le fourneau fu— mivorc de M. Lefroy , 188.
- Traité du maïs , par M. Duchesne , 867.
- Travaux du Conseil d’administration , pendant l’année 1.83?. , 129.
- Tricycle à vapeur du capitaine Sardat, 248.
- Tubes de cuivre sans soudure , par M. Mignard Billinge, 4o5.
- Turbines hydrauliques, résultat du concours pour La construction des , 4i4- "— Leurs avaulages, 4 15, 422. — Lear application dans les usines, 416,4 * 9• —Leur théorie, t\ 20. — Effet qu’cI les produisent, 421.—Appliquées pour mettre en jeu une machine soulflante , ib. — Employées aux forger» de Fraisans, ib. — Expériences faites sur les, 423, 424. — Prix accordé à M. Four-neyron, 427.
- Tuvnux de conduite dos eaux , prix pour la construction des, remis au concours, (progr.), 10.
- ¥.
- Vaisselle en plaqué, de M. Gandais , à bords en argent fin , 271.
- Vapeu employée pour faciliter le filage du lin ,
- 3-8.
- Vases propres à contenir et à conserver les substances alimentaires, prix pour la fabrication de (progr. ) , 9.
- Végétaux cuits, de leur usage pour la nourriture des bestiaux , 118.
- Vent, manière de le produire par la machine soufflante anglaise, io5. — De-sori chauffage dans le haut-fourneau de ^Vasseralfingcn , 3g3.
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-
- ( 48? )
- Ventilateur pour les puits, pa rM. Polder, 6q.— Médaille de bronze, 146.—Sa description, 028. Vernis d’encrage pour la lithographie, par M. Lemercier, 18.
- Verres colorés, de leur moulage,en Italie et en Allemagne, 357-
- Verres-de lampes à gaz perfectionnés, 212. Vcrsoir de la charrue- G rangé, moyen de déterminer sa forme , 242*
- Viandes (dessiccation des), résultat du concours, 455. — Examen de celles présentées par les concnrrens, 4^7* — Prix retiré, ib.
- Vins blancs, de leur clarification, par M. Caron,
- 347.
- Vitres, moyen de prévenir la condensation des vapeurs aqueuses sur les, par M. Charrière, 2$. Voitures, moyen de les chauffer intérieurement,
- 240.
- PLANCHES.
- PL 528. Double. Scierie alternative à .débiter les arbres en planches de toute épaisseur, par M. JE..Philippe, en regard de la page 4- '
- PL 52g. Double. Détails de la scierie alternative à débiter les arbres en planches, par M. E.
- Philippe, p. 5.
- PL 53o. Double. Scie alternative pour chantourner les jantes de roues et pour les couper de largeur en même temps, par M. E. Philippe, p. 7*
- PI. 53 1. Double. Détails de la scie à chantourner les jantes de roues , par M. E. Philippe, p. 8.
- PL 532. Simple. Appareil pour réduire les pommes de terre en gruau , par M. Bouriat, p. 26.
- PL 533. Simple. Pendule compensateur à grille, parM. Duchemin. — Pendule compensateur à fourreau , par M. Jacob , p. 33.
- PL 534- Double. Touraille à air chaud , par M. Philipon. — Mécanisme adapté aux ourdissoirs cylindriques, inventé en Amérique, p. 3g.
- PI. 535. Double. Machine à éprouver la foi ce des chaînes , inventée et exécutée par M. David au Ha vre, p. 44-
- PL 536. Simple. Becs à gaz à double courant d’air resserré , par MM. È. et TÉ. Dix on, à Londres. — Instrument pour former les ouvertures et les bouchons de tous les diamètres , par M. Collardcau. — Bonde hydraulique pour les tonneaux, par M. Payen, p. 5i.
- PL 537. Double. Machine à scier les jantes de longueur d’après le rayon de la roue , par M. Phi-- lippe, p. 64.
- PL 538. Double. Machine à percer les trous d’accouplement dans les jantes de roues, par M. Philippe, p. 65.
- PL 53g. Double. Machine à percer les trous des broches dans les jantes des roues , par M. Philippe , p. 67.
- PL 54o. Double. Pétrsseur mécanique à laines héüeoïdes , par M. Ferrand, p. 80.
- PL 54i. Double. Machine soufflante employée dans Icj^forgcsdu département de l’Aveyron, p. 107.
- PL £42- Simple. Manomètre à sonnerie et à bascule pour les chaudières à vapeur, par M. H. Edwards, p. 108.
- PL 543. Double. Rouet à volant et à ressorts élastiques et poupée volante propres à la filature en fin du lin et de chanvre , par M. Lcbec, de Nantes , p. 112.
- PL 544- Double. Horloge sonnant les heures et les demies sur des timbres séparés, et qui remonte le poids du mouvement par l’effet de la sonnerie, par M. Gourdin, p. 17 1.
- PL 545. Double. Fourneau fumivorede M. Lefroy. —Elévations, plan et coupes do la partie du fourneau renfermant la moufle pour la revivification du ciment-Lacordaire, dit ciment de Pouiily, p. igi. '
- %
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-
- . (
- PI. 546. Double. Plan delà moufle pour la revivification du c\mci\\,-Lacordaire , p. 192.. -
- PI. 547. Dour le. Élévations, plans et coupes de la chauffe , p. 193.
- PI. 548. Quadruple. Plan de la charrue à avant-train, perfectionnée parM. Gratigé, p. 220.
- PI. 549. Quadruple. Élévation longitudinale et coupe de la charrue à avant-train , perfectionnée par M. G rangé, p. 282. • • ,,
- PI 55o. Quadruple. Coupe et détails de la charrue à avant-train de M. Grangé, p. 223.
- PI. 551. Double. Ventilateur ou soufflet désinfecteur, par M. Potlicr. — Appareil pour chauffer l’intérieur des voitures, par M. de Perrochel. — Cuvette mobile , inodore, pour la descente des eaux ménagères de l’intérieur des maisons, par M. Parrizot, p. 23g.
- PI. 552. Double. Pendule à quantième, par M. Gille. — Échappement à plans inclinés, par M. Gille. — Échappement à plans inclinés et à rouleaux mobiles, par M. Perron. — Échappement pour les pendules en carton, par M. Duclos.-—Balancier compensateur, par M. Perron. —Balancier de compensation, par M. Duchemin, p. 252. . .
- PI. 553. Double. Machine à percer le trou central des moyeux , par M. Philippe, p. 262.
- PI. 554. Double. Tour pour tourner les moyeux sans le secours de l’ouvrier, par M. E. Philippe,
- p. 263. • - i, —
- PI. 555. Double. Machine à diviser les moyeux et à percer les trous pour préparer les mortaises , par M. E. Philippe, p. 266.
- PI. 556. Triple. Instrumens et appareils présentés par M. Henry Robert. — Balance astronomique. — Méridien portatif pour observer le passage du soleil. —Compteur chronométrique. — Nouvelle détente pour les montres à réveil. — Appareil pour couvrir hermétiquement les pendules de cheminée , p. 299.
- PI. 557. Double. Appareil de sûreté contre les explosions des chaudières à vapeur, par M. Henry, de Mulhouse, p. 3oi.
- PI. '58. Triple. Compas-triangle, par M. Gavard, p. 3o6.
- PI. 559. Triple. Niv cau-éclimèlre, par M. Burnier. — Nouvelle boussole pour les levers militaires, par M. Burnier. — Modèle d’étau à main, présenté par M. Garban. — Appareil pour appliquer le gaz—light aux opérations culinaires, p. 318.
- PI. 56o. Double. Machine à scier d’équerre les billes pour fabriquer les rais des roues, par M. E. Philippe, p. 33o.
- PI. 561. Double. Machine à empaler les rais , par M. E. Philippe, p. 332.
- PI. 562. Double. Machine à araser les rais, par M. E. Philippe, p. 334-
- Pl. 563. Double. Balance de précision à charge et sensibilité constantes, par M. Boclcholtz , p. 336. ' 7 _ ‘ .
- PI. 564- Triple. Engreneur ou liaille-blé, par M. Conty. —Nouveau pantographe , par M. TTC. Smith. —Mont ic à répétition, par M. Lcrot, p. 871.
- PI. 565. Double. Moyen de suspension des réverbères «à Porto. — Perfectionnement ajouté au rouet à filer le lin, par M. Lebec. — Siphons de M. Collardeau, p. 378.
- PI. 566. Double. Appareil servant à chauffer le vent qui alimente le haut-fourneau de l’usine de Wasscralfingcn, p. 3cy^p.
- Imprimerie de Mmc IJUZARD(née Vai.làt la Chapelle), rue de l’Éperon, n° 7.
- #
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- ET DES CORRESPONDANS ETRANGERS
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- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR LIXDUSTRIE NATIONALE,
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- LE ROI.
- S. A. R. Monseigneur le Duc d’ORLÉANS.
- S. A. R. Madame la Princesse ADÉLAÏDE , soeur du Roi.
- À.-:'-* • -
- ' MM. .. . .
- Abélard (Antoine), propriétaire, rue de Valois, n° 8, à Paris. -
- Le baron d’Aboville (C. ^), maréchal de camp, à Brouay, près de Caen (Calvados).
- Le comte Abrial (O. ^), pair de France, rue Plumet, n° 18, à Paris, .
- Académie des Sciences, Agriculture, Commerce, Belles-Lettres et Arts, à Amiens (Somme).
- Académie de Bordeaux (M. le président de 1’). J
- Académie des Sciences, Commerce et Arts, à Troves -(Aube).'
- Accarier fils, propriétaire , à Arc , près Gray (Haute-Saône). ; ; ^ t ; ; :
- Adam (Achille), banquier, à Boulogne (Pas-de-Calais).
- Agasse , notaire , trésorier de la Société , place Dauphine, n° 2o, à Paris. . • i / f . > .
- Ajasson de Grandsagne , propriétaire $ rue Saint-André-des-Arts, n° 3o, à Paris. ; . ;(’ v '
- Albert (Charles), ingénieur-mécanicien, à Strasbourg (Bas-Rhin);- ~ ' - • r, . ' ------' €
- Ali.ix (C. ^), lieutenant-généial, à Razarnes (Nièvre).
- MM.-: •- : : ............-
- Amédée-Durand , ingénieur-mécanicien , rue de l’Abbaye, n° io, à Paris. “
- Àndré (Dominique), banquier, membre de la Chambre de Commerce , rue des Petites-Écuries, n° 4o , à Paris.
- André fils, ingénieur-mécanicien , à Massevaux (Haut-Rhin). : ’ - •
- André, maître de. forges, rue Neuve-Ménilmontant, n° 12, à Paris. ‘
- Angrand, fabricant de papiers de couleurs, rue Meslay, n° 6i, à Paris.
- Antiq, ingénieur-mécanicien, rue d’Enfer , n° i.oi , à Paris.
- Appert, chimiste-manufacturier, rue de Paradis, n°’ 16,
- ; au Maraisvà Paris. ; .u : : n - A
- Archdéacon fils, propriétaire, rue Laffitte, n° i4, à Paris.- * ... « ^ ; “
- Archives du Ministère du Commerce et des Travaux publics.’;l'..’.l Le marquis d’Argenteuil , ^ , rue d’Enfer, u° 4o, à i iP.aris.'-rcrt ::i oh 'v.
- l
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-
-
-
- MM.
- Le comte d’Argoüt (0. ^)), pair de France, ministre de l’Intérieur, rue de Grenelle-Saint—Germain, à Paris.
- Armonviixe, secrétaire du Conservatoire des Arts et Métiers, rue de Richelieu, n° 102, à Paris.
- Arthur', professeur de mathématiques et de navigation, associé correspondant de l’Académie de Caen, à Dijon (Côte-d’Or). ,
- Athénée de Nismes.
- A tramrlay et Bkiot fils, fabricans de tapis , rue de Richelieu, n° 8g, à Paris.
- Aubergier, pharmacien, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). >
- Le baron Aubert (0. ^), colonel d’artillerie, rue des Moulins, na 12, à Paris.
- Avril, associé-gérant de la fonderie de la Picque, à Nevers (Nièvre).
- Azevedo, chef du bureau des Arts et Manufactures au Ministère du Commerce et des Travaux publics, rue d’Enghien, n° 26, à Paris.
- B.
- Bacot , manufacturier, rue de la Monnaie , n° 26 , à Paris.
- Le baron Bacot de Romand, ^, conseiller d’État, à T ours ( Indre-et-Loire ). ^
- Bacot père et fils, fabricans de draps, à Sedan (Ardennes).
- Baillet de Belloy , ^ , inspecteur général honoraire des mines , à Abbeville (Sommé ).
- Bailleur (T.—M.-A.), ex-Prote de l’Imprimerie de Mme Huzard , à Paris, Fondeur en Caractères typographiques, successeur de Monsieur et Mme Bardot, rue de La Harpe, n° 58, à Paris. .
- Le baron Baillod ( C. % ), maréchal de camp , membre de la Chambre des Députés, rue Molière, n°4> à Paris. •
- Le baron Ballÿet ( O. {^) , maître des requêtes au Conseil d’Etat, intendant militaire, rue Pigale, n° 11, à Paris. ' .v ji ' . .
- Baltard, , architecte, rue des Petits-Augustins, n° 16, à Paris. ; ; >
- Barbier (Charles), rue des Mathurins-Saint-Jacques, n° 24» à Paris* .*• > , • ü 1.':. •« i >' *)
- Bardel ( Yictor ), chef du bureau de la navigation a
- MM.
- la Préfecture de police, rue Montholon, n° 20, à Paris.
- Barnet fils, attaché au consulat des États-Unis d’Amérique , rue de Monsieur, n° 11, à Paris.
- Baronnet , agent général de la Compagnie du chemin de fer de Saint-Étienne, rue du Bac, n° 26, à Paris.
- Barrat , propriétaire , rue du Bac, n°42, à Paris.
- Barillon, propriétaire , rue Neuve-de-Luxembourg, n° 15 , à Paris.
- Barrois, filateur de coton , à Lille ( Nord ).
- Baudet-Dulary, membre de la Chambre des Députés, à Étampes ( Seine-et-Oise ).
- Bayvet, raffineur de sucre, rue de la Roquette, n° 72, à Paris.
- Bazin , propriétaire-cultivateur, au Ménil-Saint-Fir-min, près de Breteuil ( Oise ).
- Le comte de Béarn, au château de La Rochebeaucourt, par Mareuil ( Dordogne).
- Beau ( Pierre ), aux forges de Syam-Champagnolles (Jura).
- Beau ( Alexis) , négociant, rue Dauphine, n° 3o, à Paris.
- Le colonel de Beauchefne ( Arthur-Dubois ) , rue de l’Échiquier, n° 3i , à Paris.
- Beaudoin , entrepreneur de travaux de peinture et décors, rue Grange-Batelière, n° 26 , à Paris.
- de Beaujeu , propriétaire , au château de Narcé, près d’Angers ( Maine-et-Loire ).
- Begue aîné, négociant, rue Basse-Saint-Denis, n° 22, à Paris.
- Bellangé, ^ , rue de Vendôme, n« 10, à Paris.
- Bellot , propriétaire , rue du Helder, n° 12, à Paris.
- Bell y de Bussy , propriétaire à Beauvieux , par Fis-mes ( Aisne).
- Bénard ( Pieri ), éditeur de gravures, boulevart des Italiens, n° 11 , à Paris.
- Benoist, membre de la Société royale et centrale d’A-griculture, rue de la Paix, n° 20 , à Paris. ‘
- Benoit , directeur du Dépôt des remontes, à Carcassonne ( Aude ). •'' • t
- Bérard , ^ , conseiller d’État, membre de la Chambre des Députés, rue Neuve-des-Mathurins, n° 21 , à
- . Paris. :
- Bérard (Étienne), correspondant de l’Institut, fabricant
- de produits chimiques , à Montpellier ( Hérault ).
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- MM. -
- de Bérigny (0.£^), inspecteur divisionnaire des Ponts et Chaussées , membre de la Chambre des Députés , rue Royale-Saint-Anloine, n° 18, à Paris.
- de Bermonville , propriétaire, rue Barbette, n° 9 , à Paris. - '
- Bernard (0. ^ ), ingénieur en chef des Travaux hydrauliques et civils de la marine, à Toulon.
- Bernard , propriétaire, à Lagny ( Seine-et-Marne ).
- Bernard-Candelier, rentier, à Lille ( Nord ).
- Berte , fabricant de papiers, rue du Croissant, n° 16, à Paris. -
- Berthier, ^ , membre de l’Institut, ingénieur en chef des mines, professeur à l’École des Mines, rue d’Enfer , n° 34 , à Paris.
- Bertholon, fabricant de doublé et plaqué d’or et d’argent, rue Michel-le-Comte, n° 3o , à Paris,
- Berthoud frères, horlogers, rue de Richelieu, n°io3, à Paris.
- Berthier , cultivateur, à Roville, par Nancy (Meurthe).
- Bertin , ^ , négociant, commissaire-expert pour la vérification des marchandises étrangères , rue des Jeûneurs, n° 10, à Paris.
- Bertin de Launay, propriétaire d’un établissement de corderie , à Nogent-sur—Seine (Aube).
- Bertrand ( Alphonse ), fabricant, à Louviers (Eure).
- Bertrand-Fourmand , ingénieur-mécanicien , à Nantes ( Loire-Inférieure ).
- Besuchet, ingénieur de la marine, à Rochefort (Charente-Inférieure).
- Bibliothèque de la ville de Paris , rue du Tourniquet-Saint-Jean.
- Bibliothèque du Ministère de l’Intérieur.
- Bibliothèque de l’Institut.
- Bibliothèque des Ponts et Chaussées.
- Bibliothèque du Conservatoire des Arts et Métiers.
- Bibliothèque communale de Châlons-sur-Marne.
- Billaud, architecte, rue de l’Échiquier, n° 33, à Paris.
- Blaque de Belair , membre de la Chambre des Députés , l’un des concessionnaires des mines de Poul-laouen, près de Morlaix (Finistère), rue Sainte—Croix-de-la-Bretonnerie, n° 43, à Paris.
- Biot ( Édouard ), ingénieur, au Collège de France, place Cambrai, n° 1 , à Paris.
- Blech ( Joseph ), fabricant de toiles peintes, à Mul-hausen ( Haut-Rhin ).
- MM'.
- Le vicomte Blin de Bourdon (0. ^ ), ancien préfet, à Amiens (Somme ).
- Boichoz , vérificateur général du cadastre , à Dole ( Jura ). *
- Boigues, ^ , maître de forges, membre de la Chambre des Députés et du Conseil général des Manufactures , rue des Minimes, n° 12 , à Paris.
- Bonmatin, propriétaire, à Provins (Seine-et-Marne).
- Bonnard( 0. ^), directeur des constructions navales, à Toulon.
- Bonnet, fabricant de faïence, à Apt ( Vaucluse ).
- Bontemps , directeur de la Manufacture de verrerie et de cristaux ,à Choisy-le-Roi ( Seine).
- Bordier, peintre d’histoire, rue du Roi de Sicile , n° 28 , à Paris.
- Bordier-Marcet, ingénieur, fabricant d’appareils d’éclairage , rue Neuve-Sainte-Élisabeth, n° 7, à Paris.
- Bosc d’Anxic, ^ , ancien directeur des Contributions indirectes, à Besançon (Doubs).
- Bqscheron-Saint-Ange , propriétaire , rue Lafayette, n° 9, à Paris. .
- Bottin , ^, membre de la Société royale et centrale d’Agriculture, rue J.-J. Rousseau , n° 20 , à Paris.
- Bouchard , libraire , rue de l’Éperon, n° 7 , à Paris.
- Boula de Coulombier , ^, conseiller d’État, à Pui— seux, près de Chambly (Oise).
- Boullay, ^, pharmacien, rue des Fossés-Montmartre , n° 17 , à Paris.
- Bourcart , manufacturier, à Guebwiller (Haut-Rhin).
- Bourdon , architecte de la grande voirie ,‘ rue Neuve-des-Mathurins, n°8, à Paris.
- Bourguignon, bijoutier-joaillier , passage de l’Opéra, à Paris.
- Bouriat , professeur à l’École spéciale de Pharmacie, rue du Bac, n°39, à Paris.
- Bourret, propriétaire, rue de Condé, n°n , à Paris.
- Boussingault , professeur de chimie, rue du Parc-Royal, n° 1 , à Paris.
- Le baron de Boutray , ^ , ancien receveur général des finances, quai Voltaire, n°2i, à Paris.
- Bgutron-Charlard , pharmacien, rue Basse-Saint-Denis, n° n , à Paris. ;
- Boyer (0. ^),président de la Cour de cassation , pair de France, rue Cassette, n° i5, à Paris.
- • 1. '• ••
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-
- MM.
- Boyer , fabricant de porcelaines, rue Jean-Beausire, n° io , à Paris.
- Brame-Chevalier, négociant, à Lille (Nord).
- Bréant , ^ , vérificateur général des essais à 1* Monnaie , à Paris. (
- Bresson , professeur de mécanique , au Locle , près de Neuchâtel (Suisse). . ,
- Brian, propriétaire, rue de Grenelle , n° 126, à Paris.
- Brian et Saint-Léger , fabricans de chaux hydraulique , rue de Grenelle-Saint-Germain , n° 126 , à Paris. . '..
- Bricaille , fabricant de crins, rue Pierre-Levée, n° i3, à Paris. ; . '
- Brincourt (Hector), fabricant de draps , à Sedan ( Ardennes).
- Le marquis de Broc , ^ , rue de Belle-Chasse , n° 6 , à Paris.
- Brocchi, conservateur des modèles, à l’École polytechnique , à Paris.
- Brochant deVilliers, ingénieur en chef des Mines, membre de l’Académie des Sciences, rue Saint-Dominique, n° 71 , à Paris.
- Bréguet , horloger , quai de l’Horloge , n° 79, à Paris. .
- de Breuvery, peintre , rue de Beaune, n° 10 , à Paris.
- Brongniart ( O. ), membre de l’Académie des Sciences, directeur de la Manufacture royale de porcelaines de Sèvres, rue Saint-Dominique-Saint-Germain , n° 71, à Paris.
- Broqüard de Bussière , propriétaire, à Soissons ( Aisne ). -
- Brosson, exploitant les carrières de lave de Volvic , rue et quai Saint-Sabin , n° 20 , à Paris.
- Bcffault , , receveur général du département de
- la Meuse, régent de la Banque de France , rue Saint-George , n° 4, à Paris.
- Bujon, directeur de la papeterie de Cusset (Allier).
- Bunau ( Alexandre ), négociant , rue du Cadran , n° 20, à Paris.
- Burand , manufacturier, à Charenton , près de Paris.
- Bureau des manufactures et de la statistique industrielle , rue de Grenelle , n° 122 , à Paris.
- Le baron Busche , membre de la Société royale et centrale d’Agriculture, rue Saiut-Honoré , n° 339 , à Paris.
- 'MM. -
- Bussy , professeur de chimie, à l’École de pharmacie , rue de la Verrerie, n° 55, à Paris. de Buyer , maître des forges , à la Chaudeau , près de Luxeuil (Haute-Saône ). . - ;
- Cabasse, fabricant, à Bemiremont (Vosges).
- Cadet de Gassicourt, maire du 4e arrondissement, rué Saint-Honoré, n° 108, à Paris.
- Le duc de Gadore (G. C. ^), pair de France, rue de Varennes, n° 10, à Paris.
- Le comte Caffarelli (G. C. ^), lieutenant-général , pair de France, rue Saint-Guillaume, n° 34 , à. Paris.
- Le baron Cagniard de Latour, , rüe du Rocher, n° 36, à Paris.' ' •
- Calla fils, ingénieur-mécanicien, membre du Conseil général des Manufactures , rue du Faubourg-Poissonnière, n° 92, à Paris.
- Callon, ingénieur-hydraulicien, place Royale, ix° 21 , à Paris.
- Cambrai, mécanicien, fabricant d’instrumensaratoires, rue Ménilmontant, n° 23, à Paris.
- Le comte de Canouville (C. ^), pair de France, chevalier d’honneur de la Reine, rue des Châmps-Ély-sées, n° 3, à Paris.
- Canson aîné, pair de France, à Annonay (Ardèche).
- Carayon-Talpeyrac, directeur de la Monnaie, à Toulouse (Haute-Garonne).
- Carbonnet, propriétaire au Marais, commune de Merfy, près de Reims (Marne).
- Caristie, ^ , architecte, membre du Conseil des Bâti— mens civils, passage Sainte-Marie, n° 2, à Paris.
- Caroillon de Vandeul, ancien Ministre plénipotentiaire de France, rue Neuve-de-Luxembourg, n° 18, à Paris.
- Madame veuve Caron, aux forges de Fraisans, par Saint^Witt (Doubs).
- Caron-Langlois fils, négociant, à Beauvais (Oise).
- Cartier (François), fabricant d’acide sulfurique, rue des Cinq-Diamans, n° 20, à Paris.
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- . MM.
- Le vicomte DE Cavâignac (C. ^), lieutenant-général, rue Jean-Goujon, n° 9,. à Paris. : • *
- Cave aîné , ingénieur-mécanicien , rue du Faubourg-Saint-Denis, n° 189, à Paris.
- Cécile, directeur de la machine de Marly, rue du Coq-Saint-Honoré, n° i3, à Paris. , . ^
- de Chabrol (Alexandre), directeur des forges d’Ablon, près de Saint-Benoît-du-Sault (Indre).
- Le comte Chabrol de Volvic (G. C. ^), membre de l’Institut et de la Société royale et centrale d’Agri-culture, rue de Madame, n° 27, à Paris. :
- Ckagot frères et Compagnie, propriétaires de la Manufacture de cristaux de Mont-Cenis (Saône-et-Loire).
- Chaillot, facteur d’instrumens de musique, rue Saint-Honoré, n° 338, à Paris.
- Chambre de Commerce, à Amiens (Somme).
- Chambre de Commerce, à Caen (Calvados). t
- Chambre de Commerce, à Carcassonne (Aude). . ......
- Chambre de Commerce, à Lyon.
- Chambre de Commerce, à Reims (Marne).
- Chambre (la) consultative des Manufactures, à Saint-Étienne (Loire).
- Chappellet, brasseur, rue d’Enfer, n° 71, à Paris.
- Chappe-Chaumond , ^ , propriétaire, à la Forestry , près le Mans (Sarthe).
- Chardigny, sculpteur, rue Pierre-Levée , n° 19, à Paris.
- Chardin , fabricant de parfumerie , rue du Faubourg-Saint-Honoré, n° 19, à Paris.
- Chardin-Hadancourt, parfumeur, rue Saint-André-des-Arts, n° 3, à Paris.
- Chartron (Étienne), filateur de soie, à Saint-Vallier (Drôme).
- Le marquis de Chasseloup-Laubat (G. C. ^/lieutenant-général, pair de France , rue du Mont-Blanc , n°3i,àParis.
- Le comte de Chastenay, propriétaire, place de la Concorde, n° 4, à Paris.
- Chauveau aîné, manufacturier, à Saint-Julien, près de Joigny (Yonne).
- Chefdrue et L. Chauvreulx, fabricans de draps, à Elbeuf (Seine-Inférieure).
- Le chevalier Chemin de Beuvry, propriétaire, au château de la Chapelle-Saint-Mesmin, près d’Orléans (Loiret).
- MM.
- Chenal, fabricant de couleurs fines, rue de la Planche— Mibray, n° 4? h Paris.
- Chenot, ingénieur des Mines, à Saponcourt, par Jussey (Haute-Saône).
- de Cheppe, ^, chef de la division des Mines, à la Direction générale des Ponts et Chaussées, rue de Sèvres, n° 23, à Paris. * *
- Chevalier (Vincent) aîné , opticien, quai de l’Horloge, n° 69, à Paris.:
- Chevalier (Charles), ingénieur-opticien, Palais-Royal, n° i63 , à Paris.
- Chevallier, membre de l’Académie de médecine et du Conseil de salubrité, quai Saint-Michel, n° 25, à Paris. ' . •
- Chevreüx fils, négociant, rue Poissonnière, n° 35 , à Paris.
- Chopin, fabricant de lampes, rue Saint—Denis, n° 374» à Paris. =
- Le comte deClarac (0.^) , conservateur des antiques au Musée royal, rue du Faubourg-Saint-Honoré > n° 100, à Paris.
- Clarke, officier du Génie maritime, à Rochefort (Charente-Inférieure). • *
- Clément, membre de la Chambre des Députés, rue Montholon, n° 20, à Paris.
- Clément-Desormes, ^, professeur au Conservatoire des Arts et Métiers, rue du Faubourg-Saint-Martin , n° 92, à Paris.
- Glère, ingénieur des Mines, à Douay (Nord).
- Le marquis de Clermont-Tonnerre (G. 0. ^), pair de France, rue de Madame, n° 21, à Paris.
- Coeur, horloger, rue de la Verrerie, n° 55, à Paris.
- Colas, négociant, maire de Boulogne, près de Paris.
- Colasson, directeur des Douanes, à Thionvilie (Moselle).
- Colin (Joseph-Pierre), fabricant de conserves alimentaires, à Nantes (Loire-Inférieure).
- Collardeau , ingénieur en instrumens de physique, rue du Faubourg-Saint-Martin, n° 2, à Paris.
- Colliau père , négociant, rue Sainte-Avoie , n° 67 , à Paris. i
- Collier (John), ingénieur-mécanicien, rue des Saints-Pères, n° 5, à Paris.
- Collot, directeur de la Monnaie, à Paris.
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- (6)
- ' MM. :
- Compagnie (la) des verreries de Saint-Quirin, arrondissement de Sarrebourg (Meurthe).
- Constitutionnel (le rédacteur du), rue Montmartre , n° 121 , à Paris. '
- Conty, propriétaire, à Lahaie- Descartes ‘(Indre-et-* Loire). - s - -
- Coquebert nE Montbret (Eugène), rue Saint-Dominique-Saint-Germain, n° 71, à Paris.
- Cordier, fabricant, à Itteville (Seine-et-Oise). , CoRDiER(Jean-Marie), mécanicien, à Chaumont (Haute-Marne), ‘ • , • - ,
- Cordier - Marret , estampeur, rue Sainte - Âvoie, n°58, à Paris. , ! - >
- Le baron Costaz (O. ^), conseiller d’État honoraire, membre de l’Institut et du Conseil général du département du Loiret, à Bellecour, prèsde Nogent-sur-Yemisson (Loiret).
- Costaz (Cl.—Anthelme), ancien chef de Division des arts et manufactures, au Ministère de l’intérieur, secrétaire de la Société d’Encouragement, rue Taxt-bout, n° 8, à Paris. •
- Coste ( Jules), banquier, à Châlons-sur-Saêne (Saêne-et-Loire). .. • - ; •
- Coste (Prosper), officier d’artillerie, à Metz (Moselle). • . . . ; . .. ; ;
- Couleaux, propriétaire de la Manufacture d’armes de Mutzig, près de Strasbourg (Bas-Rhin). -Coulet (Pierre), ^, consul de S. M. le roi de Dané-marck , chevalier de l’ordre de Dannebrog, à Montpellier (Hérault). ; :
- de ' Courtigis , capitaine d’État-Major , grande rue Verte, n° 4^, à Paris. > ? ‘
- de Courtilloles (Hippolyte), propriétaire , à Alençon (Orne).
- Couturier, négociant, rue de Lulli, n° i, à Paris. Cramailue, propriétaire, rue Olivier-Saint-George, n° 6, à Paris. - •
- Le prince de Craon (Edmond), à Saint-Ouen, près de Paris. ; -
- Crespee-Deeisse , fabricant de sucre de betteraves, à Arras (Pas-de-Calais). . >
- Le comte de Crielon [Prosper], (O. ^), place de la Concorde^ h Paris.
- Le comte de Croix , ^, rue de la Chaise , n° 3, à Paris. : . / ' :n-
- _ MM. , ' •
- Çunin-Gridaine , ^ , membre de la Chambre des Députés , manufacturier de draps, à Sédan (Ardennes).
- D. '
- Dacein, chef de bureau à l’Administration des Forêts^ rédacteur du Bulletin de la Société d’Encouragement, rué de Suresne, n° bi$, à Paris.
- Dailey, maître de la Poste aux chevaux, membre de la Société royale et centrale d’Agriculture, rue de la Tour-des-Dames, n° 2, à Paris.
- Le maréchal duc de Daematie ( G. C. £^), pair de France, président du Conseil des Ministres , ministre de la Guerre , rue de l’Université, n° 57, à Paris.
- Barbeay, membre de la Société royale et centrale d’Agriculture, rue des Vieilles-Étuves, n° 16, à Paris, . r
- Darcet , ^ , inspecteur général des Essais à la Monnaie, membre de l’Académie des Sciences: '
- Dartigues, ^, manufacturier, rue du Faubourg-Poissonnière, n° 3o, à Paris.
- Daugy , ingénieur des Ponts et Chaussées, à Tonnerrè (Yonne).
- Dauptain , fabricant de papiers peints , rue Saint-Bernard, n° 26 , à Paris. i ‘
- Davelouis fils, propriétaire, rue Bourg-l’Abbé, n° 32, à Paris.
- Davessens , propriétaire, rue de Cour celles, n° 4? à Paris. 1
- David, serrurier-mécanicien, au Havre (Seine-Inférieure ).
- David ( Emmanuel ), propriétaire , rue de l’Ouest, n° 20, à Paris.
- Davrainvilee , facteur d’orgues, rue Basse-du-Rem-part, n° 14, à Paris.
- Debauve , fabricant de chocolat, rue des Saints-Pères, n° 26, à Paris.
- Debeadis , l’un des propriétaires des forges et usines d’Imphy (Nièvre).
- Le duc Decazes ( 0. ^) , pair de France, rue Saint-Dominique , n° 11 , à Paris.
- Le vicomte Decazes (0. ^) , conseiller d’État, membre de la Chambre des Députés, rue Saint-Dominique-Saint-Germain , n° 11 , à Paris.
- Defontaine, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, rue de l’Université, n° 88 , à Paris.
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-
-
- ( 7 )
- MM.
- Le baron de Gérando (C. , conseiller d’État, mem-
- bre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, secrétaire de la Société d’Encouragement, rue de Vaugirard , n° 52 bis, à Paris.
- Delabrière, propriétaire, à Gaudebec (Seine-Inférieure). -, •
- Delacroix (Gabriel), propriétaire, à Orléans (Loiret).
- Delapierre , fabricant de papier, à Vraichamp, près d’Épinal (Vosges). • .
- Delaroche , fumiste, rue du Bac , n° 4o, à Paris. *
- Delatouche , directeur général des papeteries du Marais, rue Christine, n° 5, à Paris.
- Delebourse , armurier, rue Coquillière , n« 3o, à Paris.
- Le baron Delessert (O. ^ ), régent de la Banque de France, membre de la Chambre des Députés et de l’Académie royale des Sciences , rue Montmartre , n° 176, à Paris.
- Delessert (François), banquier, membre de la Cham-
- bre des Députés, rue Montmartre, n° 176, à Paris.
- Delecil, ingénieur-mécanicien, rue Dauphine, n° 24? à Paris.
- Le marquis Departz de Pressy, au château d’Équire, arrond. de St.-Pol (Pas-de-Calais).
- Derosne (Charles), chimiste-manufacturier, rue des Batailles, n° g, à Chaillot.
- Derosne aîné, pharmacien, rue Saint-Honoré, n° 115, à Paris.
- Derosne (François-Bernard), maître de forges, au Fourneau de la Grâce—Dieu, près Baume (Doubs).
- Deschapelles, ^, propriétaire, rue (FAnjou-Saint-Honoré, n° 8 , à Paris.
- Descheneaux, pharmacien, à Sorrèze (Tarn).
- Descolombiers , président de la Société d’Agriculture, à Moulins ( Allier ).
- Le baron Desgenettes ( Ci ^ ), maire du 10e arrondissement, professeur à la Faculté de médecine de Paris , quai Voltaire , n° 1, à Paris.
- Desgranges, négociant, rue de Grammont, n° 19, à Paris.
- Le baron Desjamonnieres , membre du Conseil général du département de la Loire—Inférieure , à Nantes.
- Desjars ( Barthélemy), banquier, à Guingamp ( Côtes-du-Nord).
- Le baron Despatys, président du Tribunal de
- MM.
- première instance de Melun ( Seine-et-Marne );
- Despous, ^ , ancien receveur général du département de l’Hérault , à Montpellier. •
- Destigny , horloger, trésorier de la Société d’Émula-tion, à Rouen. 1 '
- Deurbroucq ( Gaston ), propriétaire , rue Bleue , n° 27, à Paris.
- Deville , propriétaire, rue des Malhurins, n° 9 , à Paris. - ‘
- Devilliers, ingénieur en ehef des Ponts etChaus-
- ' sées, rue Saint-Dominique, n° 94, à Paris.
- Le baron Didelot, ancien ministre plénipotentiaire de France, rue Chantereine , n° 21 , à Paris.
- Didiez , professeur de mathématiques, place Dauphine, n° 12 , h Paris.
- Madame veuve Dietrich et fils , propriétaires des Forges de Niederbronn ( Bas-Rhin ).
- Directeur (le) des Postes à Liège (Belgique).
- Dollfus (Daniel), fabricant de toiles peintes, à Mul-hausen (Haut-Rhin).
- Dollfus ( Émile ) , manufacturier , rue du Sentier , n° i3 , à Paris. /
- de Dombasle, ^(Mathieu), correspondant de l’Institut, à Roville , près de Nancy (Meurthe). •
- Domet de Mont, propriétaire, à Dole (Jura).
- Donsard , propriétaire , rue des Malhurins-Saint-Jacques, n° i, à Paris.
- Dosne ( Charles), payeur de rentes au Trésor royal, rue Grange-Batelière, n° 24, à Paris.
- Douault-Wieland, fabricant de strass, passage Dauphine , à Paris.
- Le duc de Doudeauville ( O. ^ ), vice-président de la Société d’Encouragement, rue de Varennes, n° 33, à Paris.
- Le comte Dourche , propriétaire , à Paris.
- Dournay (Félix), propriétaire des Mines de bitume de Lobsanu , à Strasbourg ( Bas-Rhin ).
- Le vicomte de Dreux-Brézé , pair de France , place du Palais-Bourbon , n° 89, à Paris.
- Drouard , préparateur de chimie , rue Beauveau , n° 10 , faubourg Saint-Antoine , à Paris.
- Drouillard , concessionnaire de Mines , rue Sainte-
- 1 Croix—de-la-Bretorinerie , n° 4'3 , à Paris.
- Drouot (Victor), maire—adjoint du 3e arrondissement, rue du Faubourg-Poissonnière, n° 16, à Paris.
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- (S)
- MM. -
- Dubois (Alexandre), ^, architecte, rue de Roche-chouart, n° 4^ > à Paris. - ,
- Dubois , propriétaire, rue de Lançry, n° 19, à Paris. Durois-Morambert , propriétaire , à Troyes (Aube). Duroürjal, fabricant d’ouvrages en zinc , rue Saint-Denis , n° 3oo, à Paris.
- Dubrunfaut , professeur de chimie appliquée aux arts, rue Pavée, n° 24 , au Marais, à Paris.
- Madame la comtesse du Cayua, à Saint-Ouen, près . de Paris. . ,
- Duchemin , horloger-mécanicien , place du Châtelet, n° 2 , à Paris. ,* ? ,i
- Duchêne de Villiers ( François-René ), propriétaire , rue Beauregard , u° 10 , à Paris.
- Dufaud ( George ), maître de forges., membre du Conseil général des Manufactures, à Fourcham-bault ( Nièvre ). ;
- Dufresne , sous-intendant militaire , à Caen ( CaW
- vados). ' ••• ; - :
- Duguet fils , négociant, rue des Marmousets, n° 25,
- à Paris. , '
- Dulong, membre de l’Académie des Sciences, professeur de chimie à l’École polytechnique, a Paris. Duluc, j chef d’escadron de cavalerie, à Bordeaux. Dumas , membre de l’Academie des Sciences, professeur de chimie, au Muséum d’histoire naturelle, rue de Seine-St.-Victor, n° 35, «Paris.
- Dumont , manufacturier, rue Martel, n° 11, à Paris. Dumont (Claudol), manufacturier, rue Saint-George, n° 11, à Paris, . f
- Dumoutier , fabricant de chaux hydraulique , rue Chabrol, n° 11, à Paris.
- Le baron Dupin (Charles), [ O. ^], membre de l’Académie des Sciences et de la Chambre des Députés, rue des Saints—Peres, n° 26, a Paris,.
- Dupleix de Mêzy (C. ^), pair de France, rue du
- Faubourg—Saint—Honore, n° 25, a Paris.
- Dupont - Grandjardin, propriétaire^ à Mayenne,
- (Mayenne). uî-’-i.-.b/Iui.’
- Durand, mécanicien, à Réalmont,(Tarn ). ?
- Durand aîné, pompier-fontainier,.rue Saint-Nicolas^ d’Antin, n° 24, à Paris.
- Durand ( François ), ^, propriétaire , à Perpignan (Pyrénées-Orientales).- ; ( ,;('f
- Duraisp (François) et filsf à Montpellier (Hérault).
- MM. ’ ;
- Durenne, fabricant de chaudières^de machines à vapeur, rue des Amandiers—Popincourt, n° 5 4 Paris. Duriez, propriétaire , rue Chantereine, n° 38, à Paris. ? ’’ ,> . . 7
- Duris-Dufresnb ,' membre de la Chambre des Députés , à Châteauroux (Indre ).
- Duvautenet , propriétaire , rue de Nazareth , n° 1, à de Paris, .,7 \
- Duvergier fils, propriétaire , au Grand-Gentilly, près Paris. , - .7; - '
- Le baron Duveyrier , ^ , premier président honoraire à la Cour royale de Montpellier, rue Hauteville, nû 5,
- • à Paris. - 7.- 77.
- École royale d’Arts et Métiers, à Châlons-sur-Marne;'
- Ecole royale des Mines, rue d’Enfer, n° 34, à Paris.
- Edwards (Henri-Hind), ingénieur-mécanicien, à la . fonderie de Chaillot, à Paris.
- Le comte de l’Espine (Charles), rue de Lille, n° 54,
- ' à Paris.
- Le vicomte de l’Espine (Émile), rue de Lille , n^54, à Paris. ' ‘ . { ;-;
- Étienne, ^, membre de l’Académie française et de la Chambre des Députés , rue de Grammont, n° 11 , â Paris.
- Eustache, inspecteur divisionnaire des Ponts et Chaussées, rue Bleue, n° 3 bis, à Paris.
- F. ’ ^
- Farricius (Frédéric-William) , ancien officier de cavalerie, à Châtillon-sur-Loire , prèsGien (Loiret).
- Le baron de Falatieu, ^ , membre du Conseil général des Manufactures, propriétaire des Manufactures de Bains ( ^Vosges ).
- Farel , négociant à Montpellier (Hérault ). ,
- Favrel ( Auguste ) , fabricant d’or eu feuilles, rue du Caire, n° 3o, à Paris. , ,,, - .; : ;
- Fawtier , cultivateur, à Roville , près de Nancy
- 7 (Meurthe , , ; .. ?
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- ( 9 )
- MM.
- Fayard aîné, ^ , marchand de bois , quai d’Austerlitz , n° 7 , à Paris.
- Feline , propriétaire , rue Taitbout, n° 34 , à Paris.
- Félïssent-Neyran , directeur de la condition des soies, à Lyon.
- Ferrier, directeur des Douanes à Dunkerque (Nord).
- Ferry , ingénieur civil, rue du Colombier, n° 3o, à Paris.
- Feuchère , fabricant de bronzes, rue Notre-Dame-de-Nazareth, n° 25 , à Paris.
- Fevret de Saint-Mesmin , correspondant de l’Institut, conservateur du Musée , à Dijon.
- Fieffé , président du cercle de commerce, à Bordeaux.
- Fion , jardinier-fleuriste, rue des Trois-Couronnes, n° 14, à Paris.
- Flamen d’Assigny , ^ , capitaine d’artillerie , à Ne-vers ( Nièvre )•
- Fleuret , serrurier — mécanicien , passage Saulnier , n° 4) à Paris.
- Fleuriau de Bellevue , ( O. ^ ), correspondant de l’Institut, à La Rochelle (Charente-Inférieure).
- Flon , pharmacien , rue Taitbout, n° 3o bis, à Paris.
- Flory , banquier , rue du Temple, n° 108, à Paris.
- Fonderies de cuivre de Romilly ( Eure ) ( les propriétaire s des), me de l’Échiquier, n° 19 , à Paris.
- Fontaine , plombier , rue Richepanse, n°g, à Paris.
- Fort, maître de forges, à Harancourt, près Sédan ( Ardennes ).
- Fournel , juge au tribunal de commerce, rue de la Michodière, n° 4 7 à Paris.
- Fourneyron , ingénieur civil, à Besançon (Doubs),
- Fournier , propriétaire de filatures de coton, rueju Faubourg-Saint—Martin , n° 70 , à Paris.
- Fournier, propriétaire, rue de Braque, n° 10, au Marais , à Paris.
- Fraisse, négociant à Perpignan (Pyrénées-Orientales).
- Le comte Français de Nantes ( G. O. ^ ), pair de France , rue d’Antin, n° 10, à Paris.
- Francoeur, professeur à la Faculté des Sciences , rue Las Cases, n° 8, à Paris.
- Frémy, pharmacien, à Versailles (Seine—et-Oise).
- Frèrejean (Victor) , fabricant de cuivre, zinc, et plomb laminés , à Pont-l’Évêque , près de Vienne (Isère).
- MM.
- Le baron de Fréville (O. ^), pair de France, rue de Provence, n° 56, à Paris.
- FrisaRd , horloger, à Rouen.
- Froment jeune , apprêteur d’étoffes , rue du Bouloy, n° 19, à Paris.
- G.
- Gabaille , procureur du roi, à Étampes (Seine-et-Oise).
- Gailard (Jean-François), ingénieur-hydraulicien , allée des Veuves, n° 88, aux Champs-Élysées, à Paris. *
- Gaillard , fabricant de tissus métalliques, rue Saint-Denis, n° 228, à Paris.
- Gallais , pharmacien, rue des Saints-Pères, n° 26, à Paris.
- Galle, ^, graveur en médailles, membre de l’Académie des Beaux-Arts, rue de la Chaise , n° 1 o, à Paris.
- Galy-Cazalat , professeur des sciences physiques au collège de Versailles.
- Gambey, ^ , ingénieur en instrumens de mathématiques, membre du Bureau des Longitudes, rue Pierre-Levée, n° 17 , faubourg du Temple , à Paris.
- Gandais , fabricant d’orfèvrerie plaquée, rue du Ponceau, n° 42 , à Paris.
- Garella, ingénieur en chef des Mines, à Marseille.
- de Gargan, ingénieur des Mines, à Metz.
- Garnier (Eugène), directeur de la manufacture de toiles de Frévent (Pas-de-Calais).
- Garnier, ^ , ingénieur en chef des Mines , à Arras (Pas-de-Calais). -
- Garnier-Deschènes, propriétaire, rue d’Antin, n° 7 , à Paris. . ,
- Garrigou , fabricant de faux, à Toulouse (Haute-Garonne). }
- Gaude , directeur des contributions indirectes, au Maris (Sarthe). ;
- Gaudriot, docteur en médecine, rue Montmartre, n° 9, à Paris. . *
- Gaultier de Claubry, membre du Conseil de salubrité publique, rue Servandoni, n° 4, ù Paris.
- Gautier, vice-président delà Société d’Agriculture, à Loudéac (Côtes-du-Nord).
- 2
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- ( ÏO )
- MM.
- Gautier (J.-J. Lorent), fabricant de faïences , rue de La Roquette, n° 46, à Paris.
- Gavaudan, receveur principal des contributions indirectes, à Ancenis (Loire-Inférieure).
- Gavet , fabricant de coutellerie, rue Saint-Honoré , n° i38, à Paris.
- Gavez, propriétaire, rue des Deux-Portes-Saint-Jean , n° 1, à Paris.
- Gensoul (Ferdinand), ^ , filateur de soie, à Lyon.
- Gérard (Sébastien), ingénieur des Ponts et Chaussées, rue de Vendôme, n° 5, à Paris.
- Geslin, propriétaire, à Beaurepaire , près Vertefeuille (Aisne).
- Gigault - d’Olincourt , architecte, à Bar-le —Duc (Meuse).
- Gillet, fabricant de rasoirs, rue de Cbarenton , na4i 5 à Paris.
- Gillet, propriétaire, à Besançon (Doubs).
- Gillet de Laumont (O. ^) , inspecteur général honoraire des Mines, membre de l’Académie des Sciences et de la Société royale et centrale d’Agriculture, quai de la Tournelle, n° 3, à Paris.
- Girard ( O. ^ ), inspecteur divisionnaire des Ponts et Chaussées, membre de l’Académie des Sciences, rue Papillon, n° 5, à Paris.
- de Girardin (Émile), directeur et fondateur du Journal des Connaissances utiles, rue Saint-George, n° 11, à Paris.
- Giroudot, ingénieur-mécanicien, rue du Val-de-Grâce, n° 13, à Paris.
- Le chevalier Gohin, ^, propriétaire, rue Joubert, n° 24, à Paris.
- Goll (0. ^), colonel du génie, à Colmar (Haut-Rbin).
- Gompertz, fabricant de colle-forte, à Metz (Moselle).
- Gonfreville fils aîné, manufacturier, à Deville (Seine-Inférieure).
- Gourdin, horloger-mécanicien, à Mayet (Sarthe).
- Gourlier, architecte du gouvernement, rapporteur près le Conseil des bâtimens civils, rue de l’Odéon , n°2i, àParis. i f
- Goyon , fabricant de produits chimiques, rue du Faubourg du Temple, n° 123, à Paris. 1
- Grandidier, mécanicien, à Reims (Marne).
- Grandin, fabricant de draps, à Elbeuf (Seine-Inférieure).
- MM.
- Granger, manufacturier, à Bouviers (Eure).
- Grasset, propriétaire, à Mont-Muzard, près Dijon (Côte-d’Or).
- Graz, avocat, membre de la Société des lettres, sciences et arts , à Valenciennes (Nord).
- Grenet, fabricant de colle-forte , à Rouen.
- Grenier, propriétaire, rue d’Enfer, n° i3 , à Paris.
- Grimes, professeur de chimie à l’École de la marine , à Toulon (Var).
- Grisard, mécanicien, à Rouen. "
- Grivel (George), filateur de coton, à Auehy-les-Hesdin, (Pas-de-Calais).
- Grondard (Charles), fabricant de quincaillerie , rue Jean-Robert, n° 1(7, à Paris.
- Grouvelle, ingénieur civil, rue des Beaux-Arts, n° 2, à Paris.
- Le baron Guenifey de Savonnières, négociant, membre du Conseil général des manufactures, bou-levart Montmartre, n° 10, àParis.
- Guennepin, architecte, rue Croix-des-Petits-Champs, n° 25, à Paris.
- Guérin, ^, receveur général des Hospices civils, parvis Notre-Dame, n° 3o, à Paris.
- Guerrini (Pierre), négociant, raffineur de sucres, à Marseille (Bouches-du-Rhône).
- Guihal ( Anne Veaute), manufacturier , à Castres (Tarn).
- Guibout , inspecteur des canaux de l’Ourcq et de" Saint-Denis, rue des Petites-Écuries, n° 5o, à Paris.
- Lecomte Guilleminot (G. 0. ^), pair de France, lieutenant-général, directeur du Dépôt de la Guerre, grande rue de Chaillot, n° 72, à Paris.
- Guillot, fabricant de papiers, quai Voltaire, n° 21, àParis.
- Guimet, inspecteur des poudres et salpêtres, à Lyon.
- H.
- Habart, sous-préfet à Rocroy (Ardennes).
- Hache-Bourgeois, fabricant de cardes, à Louviers (Eure).
- Hachette, ^, membre de l’Académie des Sciences , professeur à la Faculté des Sciences, rue Saint-Hyacinthe , n° 8, à Paria.
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- /
- (1
- MM.
- Hackett , docteur en médecine, rue de Castiglione, n° 12, à Paris.
- IIaentjen's , négociant, membre de la Société académique du département de la Loire-Inférieure, à Nantes.
- Halette, ingénieur —mécanicien , membre du Conseil général des manufactures , à Arras (Pas-de-Calais).
- Harel, fabricant de fourneaux économiques) rue de T Arbre-Sec, n° 5o, à Paris.
- Haumont, entrepreneur de menuiserie de la Chambre des Députés, rue de l’Université, n° 107, à Paris.
- Héard de Boissimon (Charles), propriétaire, à Noyant, par E'augé (Maine-et-Loire). -
- Hennecart , fabricant de gazes de soie, rue Thérenot, n° 14, à Paris. '
- Henon fils aîné, fabricant de peignes, rue Chapon, n° 5, à Paris.
- IIenraux, négociant, rue Colbert, n° 6, à Paris.
- Le vicomte Héricart de Thüry (0. ^), membre de l’Institut, ingénieur en chef des Mines, rue de l’Université, n° 29, à Paris.
- Hernandez , pharmacien, rue du Bac, n° 56, à Paris.
- Le baron Héron de Vieeefosse (0. ^), inspecteur général des Mines, membre de l’Académie des Sciences, rue du Mont-Blanc, n° 45, à Paris.
- Herpin , docteur en médecine, rue des Beaux-Arts , n° 3, à Paris.
- Herran , chimiste, rue Caumartin, n° 20, à Paris.
- Heudebert , ingénieur de la Compagnie française des desséchemens, place Dauphine, n° 6, à Paris.
- Le comte Heudelet (G. O. ^), pair de France, lieutenant-général, au château de Bière, près la Maison—Neuve (Côte-d’Or).
- Heywood, manufacturier, à Schirmeck et Molsheim (Vosges).
- Hofer (Mathieu), fabricant d’indiennes, à Mulhausen (Haut-Rhin).
- Hoffmann (Amédée-François), docteur en médecine, rue des Petits-Augustins, n° 11, à Paris.
- Holker , élève en chimie, rue de la Ferme , n** 11 , à Paris.
- Honoré (Edouard), fabricant de porcelaines, boulevart Poissonnière, n° 4, à Paris.
- < )
- MM.
- Houdin , fabricant d’horlogerie, vieille rue du Temple, n° 78, à Paris.
- Hoyau, ingénieur-mécanicien, rue Jean-Robert, n° 17 , à Paris.
- Huauet jeune , teinturier en chapeaux , rue desMéné-triers, n° 6, à Paris.
- Hue, fabricant de filières, à L’Aigle (Orne).
- Le baron Huerne de Pommeuse , ^, membre de la Société royale et centrale d’Agriculture, rue Martel, n° 2, à Paris.
- Huet , négociant, rue des Capucines, n° 5, à Paris.
- Hugand fils, propriétaire , à Charlieu, près Roanne (Loire).
- Humbert père, médecin-orthopédiste, à Morley (Meuse).
- Humreot-Conté, pair de France, rue de Grenelle—Saint -Germain , n° 42 , à Paris.
- Huree, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, à Dijon (Côte-d’Or).
- Huret , mécanicien , fabricant de serrures et de portefeuilles, rue de Castiglione , n° 3, à Paris.
- Husson , frères, libraires, à Metz.
- Huvé , architecte, rue de Choiseul, n° 4 bis, à Paris.
- Madame Huzard, imprimeur-libraire, rue de l’Éperon, n° 7, à Paris.
- Huzard, inspecteur général des Écoles vétérinaires, membre de l’Académie des Sciences et de la Société royale et centrale d’Agriculture, rue de l’Éperon, n° 7, à Paris.
- Huzard fils aîné, ^, membre de la Société royale et centrale d’agriculture, rue de l’Éperon, n° 7, à Paris.
- I. ' '
- Le vicomte Imbert dé Corneilean, propriétaire, au château de Saint-Urcise, par Montauban (Tarn-et-G.).
- Le comte d’Ïmécourt, membre du Conseil général du département de la Meuse, rue Boudreau , n° 1 , à Paris.
- Inspecteur ( e’ ) de la Manufacture d’armes de Char-leville ( Ardennes). .
- Inspecteur (L’)de la Manufacture d’armes de Châtel-lerault ( Vienne ).
- Inspecteur (e’) de la Manufacture d’armes blanches de KJ ingenthal ( Bas-Rhin ).
- 2.
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-
-
- ( i* )
- V
- MM.
- Inspecteur ( l’) de la Manufacture d’armes de Mau-beuge ( Nord ).
- Inspecteur ( l’ ) de la Manufacture d’armes de Mutzig ( Bas—Rhin ).
- Inspecteur (u’) de la Manufacture d’armes de Tulle ( Corrèze ).
- I
- J.
- Jacob, mécanicien, rue de Charonne, n° 47 > à Paris.
- Jacquin, marchand-grainier, fleuriste et pépiniériste, quai de la Mégisserie , n° i4, à Paris.
- Jacquemet-Bonnefond , pépiniériste, à Annonay (Ardèche ).
- Jacquemont (Frédéric), rue de l’Université , n° 84, à Paris.
- Janinet , architecte honoraire, filateur, à Hague-nau (Bas-Rhin ).
- Jannet ( Jules), fabricant d’orseille et négociant, rue des Trois-Bornes , n° 1, à Paris.
- Le vicomte de Janzé, conseiller d’État, rueNeuve-de-Luxembourg, n° 20, à Paris.
- Le baron de Janzé (Hippolyte), capitaine de cavalerie , rue Neuve-de-Luxembourg, n° 2g, à Paris.
- Jaubert de Passa, correspondant de l’Institut, à Perpignan (Pyrénées-Orientales).
- Jay, architecte des travaux publics, professeur à l'École royale d’architecture, rue d’Enfer, n° ig, à Paris.
- Jehannot, propriétaire, rue Richer, n° 8, à Paris. ^
- Jobard, imprimeur-lithographe , à Bruxelles.
- Join-Lambert , manufacturier, à Elbeuf ( Seine—Inférieure).
- Joliclerc, propriétaire-cultivateur, à Collias, arron-
- N dissement d’Uzès ( Gard ).
- Joixoïs , ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, à Orléans ( Loiret ).
- Jomard, membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres , conservateur des Plans et Cartes à la Bibliothèque royale, secrétaire de la Société d’En— couragement, rue Neuve-des-Petits-Champs, n° 12, à Paris.
- Josselin, passementier, rue du Ponceau, n° 2 , à Paris.
- MM. . •; :
- Jourdain (Frédéric ), ^ , membre du Conseil général des manufactures, fabricant de draps, à Louviers (Eure ).
- K.
- de Rergorlay ( Alin ), rue de Babylone, n° 33, à Paris.
- Koechlin (André) et compagnie , constructeurs de machines , à Mulhausen ( Haut-Rhin ). .
- Koechlin ( Edouard ), chimiste et négociant, à Mulhausen ( Haut-Rhin ).
- Koechlin, Favre et Waldner , à Mulhausen ( Haut-Rhin ). -
- Kunckel ( Philippe ) fils, docteur en médecine, rue de Bellefond, n° i4» à Paris.
- Kunth, botaniste, correspondant de l’Institut, rue Louis—le-Grand, n° 11 , à Paris.
- Li.
- Labarraque , pharmacien, membre de l’Académie,, royale de Médecine et du Conseil de Salubrité, rue Saint-Martin, n° 6g , à Paris.
- JLabbé aîné , propriétaire, membre de la Société royale et centrale d’Agriculture, rue Duphot, n°i7,à Paris.
- Labbé ( André-Martin ), négociant, boulevart Saint-Denis , n° 22 , à Paris.
- Le comte de Laborde (C. ^), conseiller d’État, questeur de la Chambre des Députés , membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, rue Laffitte, n° 28, à Paris.
- Laborde ( Jean—Baptiste ), mécanicien-constructeur, rue d’Angoulême, n° 11 , faubourg du Temple, à Paris.
- Lacordaire, ingénieur des Ponts et Chaussées, à Pouilly, près de Sombrenon ( Côte-d’Or).
- Lacoste , fabricant de produits chimiques, rue des Gravilliers , n° 23 , à Paris.
- Le baron de Ladoucette (O. ^), ancien préfet, membre de la Société royale et centrale d’Agriculture, rue Saint-Lazare , n° 5 , à Paris.
- Le général marquis de Lafayette , membre de la Chambre des Députés, rue d’Anjou—Saint-Honoré, n° 8, à Paris.
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- ( i3 )
- MM.
- Lagier, fabricant de garance, boulevart Saint-Martin, n° 26, à Paris.
- Lahure , architecte, rue Saint—Fiacre , n° 18 , à Paris.
- Laignel , ingénieur-mécanicien , rue Chanoinesse, n° 12 , à Paris.
- Le comte de Laizer, ^ , chevalier de plusieurs ordres et membre de plusieurs Sociétés scientifiques françaises et étrangères , à Clermont-Ferrand ( Puy-de-Dôme ).
- Lamandé (O. ^), inspecteur divisionnaire des Ponts et Chaussées , rue du Regard, n° 1, u Paris.
- Le comte Lambel (C. ^ ), maréchal de camp, rue Saint-Dominique, n° 37, faubourg Saint-Germain , à Paris.
- Lamourëux fils, imprimeur en taille-douce, rue Saint-Jean-de-Beauvais, n° 12, à Paris.
- DE Lancry , colonel au service de S. M. l’empereur de Russie , chevalier de plusieurs ordres, rue Ménil-montant, n° 48> à Paris.
- de Laperrelle , professeur de stéréotomie , avenue de Neuilly , près delà barrière de l’Étoile.
- Laplanche , architecte, à Gannat ( Allier ).
- Le baron de La Rochette, à La Rochette, près de Melun ( Seine-et-Marne).
- de Laroserie, homme de lettres, rue d’Enghien, n°24, à Paris.
- Le comte de Lasteyrie, membre de la Société royale et centraled’Agriculture,vice-président delà Société d’Encouragement, rue de Grenelle, n° 69, à Paris.
- Laugier ( Édouard ), chimiste , rue Bourg-l’Abbé, n° 4i » à Paris.
- Laurens-Humruot , membre du Conseil général du département du Rhône, rue de la Chaise, n° 10 , à Paris.
- Le duc de Laval-Montmorency (C. ^ ), rue de l’Université , n° 11 , à Paris.
- Le baron de Lavigerie, administrateur honoraire des Douanes , à Melun (Seine-et-Marne).
- Lavocat, chef de bataillon du génie en retraite , à Bar-le-Duc ( Meuse ).
- Lebastard de Kerguifinnec, ^ , membre de la Chambre des Députés, à Quimper (Finistère).
- Lebeuf, banquier, rue de Cléry, n° 29, à Paris.
- Leblanc, ^ , professeur au Conservatoire des arts et métiers, à Paris..
- MM.
- Lebrument , trésorier de la Société libre du Commerce, à Rouen ( Seine-Infér. ).
- Lebrun , orfèvre, quai des Orfèvres , n° 45, à Paris.
- Lebrun jeune , ingénieur civil, à Montauban ( Tarn-et-Garonne ).
- Lecarpentier Bruno, propriétaire , à Cricqueville , près de Dozulé ( Calvados ).
- Lecoq, quincaillier, fabricant d’ornemens en cuivre estampé, rue du Faubourg-Montmartre , n° 44, à Paris.
- Lecottier, médecin-vétérinaire, à Josselin (Morbihan).
- Lecourt , ^ , propriétaire , à Clermont ( Puy-de-Dôme).
- Lecousturier l’aîné, directeur et caissier de la Compagnie des mines de Littry (Calvados), rue des Marais-Saint—Martin, n° 48, à Paris.
- Ledéan , ^ , ingénieur de la Marine, à Lorient (Morbihan).
- Lefranc, joaillier du roi, rue Taitbout, n° 3o, à Paris.
- Legenissel , horloger, rue Saint-Martin , n° 147, à Paris.
- Legentil, ^, négociant, membre du Conseil général de commerce , rue Poissonnière , n° 35 , à Paris.
- Legey , ingénieur en instrumens de physique, rue de l’Université, n° 44, à. Paris.
- Leguey frères, négocians, à Pont-l’Àbbé, près Quimper ( Finistère).
- Lelièvre, propriétaire, boulevart Bonne-Nouvelle , n° 31 , à Paris.
- Lelong ( Pierre-Arsène ) , à Châteâu-du-Loir ( Sar-the ).
- Lemaire , ^ , chef de division à la Préfecture de la Seine , rue Saint-Louis, n° 3o, au Marais , à Paris
- Lemare , docteur en médecine , quai Conti, u° 3 , à Paris.
- Lemercier , imprimeur-lithographe , rue du Four-Saint—Germain, n° 55, à Paris.
- Lemire , fabricant de produits chimiques, à Choisy-sur Seine ( Seine ).
- Lemire aîné, maître de forges, à Clairvaux—les-Vaux-d’Ain (Jura).
- Lemoine ( Louis-Antoine ), fabricant de noir animal, à Sotteville-les-Rouen (Seine-Inférieure ).
- Lemoine , ancien chef de division au Ministère de l’Intérieur, rue d’Énfer, n° 20 , à Paris.
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- ( '4 )
- MM.
- Lepage, arquebusier du roi, rue de Richelieu, vis à vis le Théâtre Français, à Paris.
- Lepage , négociant, à Brest (Finistère ). •
- Lepaute , horloger du roi , rue Beaujolais , n° i, à Paris. v i *
- Lepère , ^, ancien inspecteur divisionnaire des Ponts et Chaussées, à Gisors (Eure).
- Lerebours , ^ , ingénieur-opticien, membre du Bureau des Longitudes, place du Pont-Neuf, n° 13 , à Paris.
- Lermier , ip), commissaire en chef des poudres , à Youges, près d’Auxonne ( Côte-d’Or ).
- Leroux-Duchatelet , propriétaire, à Arras ( Pas-de-Calais ).
- Leroy ( Louis-Charles ) , horloger, Palais-Royal , à Paris.
- Leroy ( Louis ), teinturier-apprêteur , rue des Fossés-Saint-Germain-des—Prés, n° 12 , à Paris.
- Leroy-Berger , imprimeur-^libraire , à Boulogne ( Pas-de-Calais ).
- Lescellier de Blécourt , propriétaire , au Cellier près Laon (Aisne ).
- Lescure de Bellerive , propriétaire , à La Rochelle ( Charente-Inférieure ).
- Levy, membre de l’Académie de Rouen.
- Le marquis de Levis-Mirepoix, ^, rue de la Planche , n° 17 , à Paris.
- Lezurier , baron de La Martel ( Oi ^ ), à Rouen.
- Le duc deJLiancourt, ^,-rue de Varennes, n° 33, à Paris.
- L official , ancien sous-préfet, à Baugé (Maine-et-Loire ).
- Lombard , notaire , rue d.u Marché-Saint-Honoré, n° 11 , à Paris.
- Loup (David-Julien), filateur de coton, à Vabre (Tarn). , V .
- Le marquis de Louvois, pair de France, membre du Conseil général des manufactures, rue du Fau-bourg-Saint-Honoré, n° 110, à Paris. ;
- Le baron Lucas , docteur en médecine, directeur de l’établissement des eaux de Yichy, place de la Madeleine , h Paris.
- Lucas-Montigny , ancien chef de division à la Préfecture du département de la Seine , petite rue de Vau-girard , n° 5, à Paris. ’
- MM. -
- Le prince de Luxembourg, rue de Varennes, n° 14, à Paris. . '
- Le duc de Luynes , membre de l’Institut, rue Saint-Dominique-Saint-Germain, n° 33 , à Paris.
- Le comte de La Luzerne, rue Saint-Dominique, n0gi, à Paris. : ;
- M. '
- Le chevalier JI^abru (O. ^), lieutenant-colonel, commandant l’artillerie, à Boulogne (Pas-de-Calais).
- Maire (le) de la ville de Vitry-le-Français (Marne).
- Le chevalier de Maisons, £§£, maire de Ménil-Glaise, par Argentan (Orne).
- Maistre, manufacturier, à Villeneuvette (Hérault).
- Malard , fabricant de chapeaux, rue des Rosiers, n° 20 , à Paris.
- de Malartic (O. ^), conseiller d’État, à Fondât, près de Rochefort (Landes). ;
- de Malary, architecte, rue de la Pépinière, n° 58, à Paris.
- Mallet (Ch.), inspecteur divisionnaire des Ponts et Chaussées, rue Taranne, n° 27, à Paris.
- Mallet, négociant, à Amiens (Somme).
- Manceaux (Jules), fabricant d’armes, quai de la Cité, n° 27,à Paris.
- de Manneville , ^ , propriétaire des scieries de Troussebourg, près Honfleur (Calvados).
- Manufacture de faïence de Saint-Clément (Meurthe).
- Marchand, pharmacien, rue de la Verrerie , n° 36, à Paris.
- Mareschal, propriétaire, rue de Montholon , n° 14, à Paris.
- deMarivault, ^ , ancien secrétaire d’ambassade, rue de la Ferme, n° 7, à Paris.
- Le marquis de Marmier (C. {^), membre de la Chambre des Députés, rue de la Ville-l’Évêque , n°37, à Paris. '
- Marquiset, négociant, à Besançon (Doubs)..
- Marre, imprimeur-graveur, rue Saint-Honoré , n°6g, à Paris.
- Martin, ingénieur de la machine de Marly, à Saint-Germain (Seine-et-Oise).
- Martineau, banquier, rue de Vendôme, n° 12, à Paris.
- Masclet, ^, consul de France , à Nice (Sardaigne).
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- ( •
- MM. '
- Masson (George) fils, membre de la Société d’Agriculture de la Meurthe, à Nancy. . : ; ;
- Matiievon et Bouvard frères , fabricans de tissus de soie, à Lyon. — . ; . . ... • . ù.: y
- Mathieu , docteur en médecine, à Épinal (Vosges).
- Mathieu de Quenvignier, associé à la Direction des mines d’Ànzin, à Valenciennes (Nord).
- Le comte de Mauny, à Chartres (Eure-et-Loir).
- Mayer, négociant, rue Beauregard, n° 6, à Paris.
- Ménétrier, mécanicien, au fourneau Beaudin, près Sellières (Jura).
- Ménier et Adrien , négocians , rue des Lombards, n° 37, à Paris.
- Le comte de Menon , propriétaire , rue de Rivoli, n° 26 , à Paris.
- Mention et Wagner, fabricans de nielle , rue du Mail, n° 1, à Paris.
- Le baron Mercier, fabricant de mousseline, membre de la Chambre des Députés, à Alençon (Orne).
- Mérimée, ^, peintre, secrétaire perpétuel de l’École royale des Beaux-Arts, rue des Petits-Augustins, par Frévent (Pas-de-Calais).
- Mertian (Louis), négociant, rue Saint-Louis, n°9, à Paris. ’ ' _
- Metcaefe, fabricant de cardes, à Meulan (Seine-et-Oise).
- Le baron de Mevoehon, ^, rue du Faubourg-Montmartre, n° 1, à Paris.
- Michel (Jules), ^, chef de bataillon d’artillerie de marine, directeur delà fonderie, à Nevers (Nièvre).
- Michelin (Hardouin), conseiller référendaire à la Cour des comptes, rue d’Orléans, n° 5 , au Marais, à Paris.-
- Mieg (George), fabricant de draps, à Mulhausen (Haut-Rhin).
- Mignard-Billinge, ^, mécanicien , propriétaire de la tréfilerie d’acier, boulevart de la Chopinette ,
- _ n° 26, à Belleville, près de Paris. ,
- Millot , avocat à la Cour royale , rue Tronchet, n° 17 bis, à Paris. , .
- Mirri, ancien chef de bataillon, rue Saint-Honoré, n° 333, à Paris. '>.
- Molard, membre de F Académie des Sciences et du Comité consultatif des arts et manufactures, rue de Charonne, hôtel Vaucanson, à Paris.
- 5 )
- MM.
- Mole, ^ , graveur et fondeur de caractères typographi-. ques , rue de Madame, n° 4» R Paris.
- de Moléon, ingénieur du Domaine de la couronne, rue des Capucines , n° 13, à Paris. .
- de La Molère (Auguste) j propriétaire, à Châteaudun (Eure-et-Loir), a ; .
- Moline, ^, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, à Chartres (Eure-et-Loir).
- Molinier de Montplanqua , ^, vice-président de la Société philanthropique, rue de Grammont, n° 19, à Paris.
- Le prince de Monaco, duc de Valentinois, pair de France, rue de Grenelle-Saint-Germain, n° 67, à Paris.
- Mondot de Lagorce, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées , à Toulouse. :
- Monier ,de La Sizeranne , propriétaire, à Tains (Drôme). ...y; .. ,/
- Le duc de MoNtébello ,, pair de France, rue Bou-dreau, n° 1, à Paris.
- Le comte de Montesquiou (G. O. ^), pair de France, rue de Monsieur, n° 12, à Paris.
- Le comte de Montesquiou [Anatole], (O. ^), maréchal de camp, rue de Babylone, n° 43, «à Paris.
- Le comte de Monthion (G. O. ^), lieutenant—général, rue de la Pépinière, n° 19, à Paris. '
- Le duc de Montmorency (O. ^ ) j pair de France, rue de l’Université , n° 80, à Paris.
- Le baron de Montmorency [Raoul], (O. ^), rue Saint-Dominique, n° 181, à Paris.
- Morand, professeur à l’Ecole de Droit, place Sainte-Geneviève, à Paris.
- Moreau, ^ (Martin-Ferdinand), censeur de la Banque de France, place Royale, n° 9, à Paris.
- Moreau de Bellaing (Juvénal), maire de Bellaing, à Valenciennes (Nord).
- Morel (Etienne-Achille) et Garnier, propriétaires , rue des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois, n° 43 , à Paris.
- Morel de Campennelle (O. ^), president de la Société d’Emulation, à Abbeville (Somme).
- Le vicomte de Morel-Vindé, ^, pair de France,
- ; membre de l’Institut et de la Société royale et centrale d’Agricullure , boulevart de la Madeleine, n° 11, à Paris.
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- ( i6 )
- MM.
- Morin de Sainte-Colombe, propriétaire, rue de Grenelle-Saint-Germain, n° <j3, à Paris.
- de La Morinière, officier du génie maritime, secrétaire de la Commission consultative des travaux maritimes, rue du Mont-Blanc, n° 68 , à Paris.
- de La Morinière, inspecteur des Travaux publics, rue de l’Université, n° 38, à Paris.
- Motel, horloger delà Marine, rue de l’Abbaye, n° 12 , à Paris. . < -
- Moulfarine , ingénieur-mécanicien, rue Basse-Saint-Pierre, n° 18, à Paris.
- Muel (Adolphe), maître de forges, à Sionne, près Neufehâteau (Vosges).
- Muel—Doublât, propriétaire et maître de forges, à Abainville, par Ligny (Meuse). ;
- Mulot, mécanicien-sondeur, à Epinay, près de Saint-Denis. >
- Munch, professeur de chimie, à Strasbourg.
- Musseau , fabricant de limes, rue du Faubourg-Saint-Antoine, n° 137, à Paris.
- r . N.V . V". *
- L.e vicomte de Nettancourt , propriétaire , à Tillombois , par Saint-Mihiel ( Meuse ).
- de Nicéville , propriétaire , à Metz ( Moselle ). : '
- Nichols , ingénieur, rue de Montholon, n° 24 Bis, a Paris. s/ ;
- Le comte de Nicolai ( Christian ), pair de France, rue du Mont-Blanc, n° 68, à Paris.
- Le comte de Noailles (Alexis), [C. ^], place du Palais Bourbon, n° 95, à Paris.
- Noël, ingénieur des Ponts et Chaussées, à Étarçopes ( Seine-et-Oise). - •
- O.
- Le baron Oberkampf , ^, propriétaire , rue Bleue , n° 17, à Paris.
- Odent, négociant, rue des Quatre-Fils, n° 20, à Paris.
- Odilon-Barrot, ^ , conseiller d’État, membre de la Chambre des Députés, rue de la Ferme', n° 24 , « Paris. '
- MM. *
- Odiot , ^, membre du Conseil général des Manufae-, tures, rue de l’Oratoire, faubourg du Roule n° 4 à PanS.
- Odiot fils, orfèvre, rue del’Evêque, n° 1, à Paris.
- Olivier (Théodore), professeur à l’École des Arts et Manufactures, répétiteur à l’Ecole polytechnique, rue de Vaugirard, n° 7, à Paris.
- Oudin, horloger, Palais-Royal, n° 32, à Paris.
- Le marquis d’Oysonville , au château du Bouchet, par Baugé ( Maine-et-Loire).
- P.
- Pajot-DescHarmes , membre du Comité consultatif des Arts et'Manufactures , rue de Charenton , n° 36, à Paris. \
- P4.LLUY, fabricant de lampes , passage de la Trinité , rue Grenetat, à Paris.
- Panis, marchand de bois, rue Poliveau, n° 27, à Paris.
- Pape , facteur de pianos , rue des Bons-Enfans , n° 19, à Paris.
- Parlier ( Jean ), propriétaire , à Montpellier ( Hérault).
- Le baron Pasquier ( G. C. ^ ), président de la Chambre des Pairs, rue d’Anjou-Saint—Honoré , n° 3o, à Paris.
- Pasquier (Jules) [0. ^], conseiller d’État, directeur général de la Caisse d’amortissement, à l’Oratoire.
- Le marquis de Pastoret (G. C. ^), membre de l’Académie française et de celle des Inscriptions et Belles-Lettres , place de la Concorde, n° 6 , à Paris.
- Le comte de Pastoret ( Amédée ) [C. ^], membre de l’Institut, place de la Concorde, n° 6, à Paris.
- P aven , fabricant de produits chimiques, à Gre-
- nelle, près Paris.
- Payen (Thomas ), propriétaire de carrières de marbre, rue du Faubourg-Saint-Marlin, n° 126, à Paris.
- Péan de Saint-Gilles , ^ , notaire, quai Malaquais, n° 9, à Paris.
- Péan de Saint-Gilles (Ange-Louis), propriétaire, quai Malaquais , n° g , à Paris.
- Pèclet, professeur à l’École des Arts et Manufae^-tures, rue Cbanoinesse , n° 10, à Paris. -
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- ( *7 )
- MM.
- Pecqueur , ingénieur-mécanicien , Tue Traversière-Sainl-Antoine , n° iSèéf, à Paris.
- Pelletier,*^, pharmacien, docteur ès-sciences, rue Jacob , n° i5 , à Paris.
- Pelletier , secrétaire général de la Société des Scien-ces , Belles-Lettres et Arts, à Orléans.
- Pelouze, répétiteur de chimie à l’École polytechni-* que , rue Saint-Hyacinthe , n° 33 bis , à Paris.
- Pépin , négociant, rue du Faubourg-Saint-Antoine, n° i, à Paris.
- Perdonnet, ingénieur civil, professeur à l’École centrale des Arts et Manufactures, passage Violette , n° 7, à Paris.
- Perier (Scipion) et Compagnie, propriétaires des usines de Chaillot.
- Le duc de Périgord (C. ^), pair de France, rue Saint-Dominiquen° g3 , à Paris.
- Perpigna ( Antoine), avocat à la Cour royale de Paris, rue Neuve-Saint-Angustin , n° 28, à Paris.
- Perrelet, horloger-mécanicien , rue de Rohan, n0 24, à Paris.
- Le comte DE Perrochel (Maximilien), maire de Saint-Aubin , près Fresnay-le-Vicomte (Sarthe).
- Perrot (Frédéric ), à Pron-le-Roi, près de St.-Just (Oise).
- Perrot de Gournay (Auguste), quai d’Anjou, île Saint-Louis, n° 21 , à Paris.
- Persoz, préparateur de chimie au Collège de France, à Paris.
- Petit , membre de la Chambre des Députés , rue d’Anjou , n° 21, au Marais, à Paris.
- Petit , fabricant de perles , rue Saint-Martin , n° g3 , à Paris.
- Petit, entrepreneur de menuiserie, place Royale, n° 11, à Paris.
- Peyre, architecte des bâtimens civils, rue des Poitevins, n° 6, à Paris.
- Pfeiffer , facteur de pianos, place des Victoires , n° 7, à Paris. -
- Philippe (Eugène), ingénieur-mécanicien, rue Saint-Bernard , n° 21 , faubourg Saint-Antoine , à Paris.
- Piette , fabricant de papier, à Dilling ( Prusse).
- Pigeau , parfumeur, cour Batave, 110 7, à Paris.
- Piiiet (Eugène), mécanicien-constructeur, avenue Parmentier, faubourg du Temple, à Paris.
- MM.
- Le comte de Pinieux, rue des Capucines, n° 7, à Paris.
- Planche, pharmacien, membre de l’Académie royale de médecine , rue des Vieilles-Audriettes, n° 4> n Paris.
- Le comte de Plancy, ^ , ancien préfet, à Plancy, près Méry-sur-Seine (Aube).
- de Plancy, propriétaire, rue des Filles-Saint-Thomas, ii° 11, à Paris. . <
- Pleyel ( Camille ), facteur depianos, rue Cadet, n° g, à Paris.
- Pluvinet ( Charles ), fabricant de produits chimiques, rue des Jeûneurs, n° 4 > à Paris.
- Le baron de Poilly (Charles) [O. ^], propriétaire de la verrerie de Folambray, près de Chauny (Aisne).
- Poisat (Michel), affineur, rue de la Fidélité, n° i5, à •Paris. , ...
- Poncelet, chef de bataillon au Corps royal du Génie, professeur à l’École d’application, à Metz.
- Pons, membre de la Çbambre des Députés, maire d’Apt ( Vaucluse ).
- Pons de Paul , directeur de là fabrique d’horlogerie de St.-Nicolas-d’Aliermont, près Dieppe (Seine-ïuf.).
- Populle, propriétaire, à Roanne (Loire). *
- Le vicomte Posuel de Verne aux, membre de la So-
- ciété royale et centrale d’Agriculture, rue de Gre— nelle-Saint-Germain, n°77, à Paris.
- Potier, ^pein t re , rue du Faubourg-Montmartre, n° 16, à Paris. . ;
- Pouillet, administrateur du Conservatoire des Arts et Métiers, rue et abbaye Saint-Martin, à Paris.
- Poupart ( Louis), propriétaire, à Sédan ( Ardennes).
- Pradier, coutelier et fabricant de nacre de perle, passage Saucède, à Paris. . . „
- Le duc de Praslin (C. ^), pair de France, rue de Grenelle-Saint-Gcrmain, n° io5, à Paris.
- Le marquis de Praslin, rue du Faubourg-Sain t-Ho.-noré , n° 55 , à Paris.
- Le baron de Prony (O. $$), membre de l’Académie des Sciences, directeur de l’École des Ponts et Chaussées, pue Culture-Sainte-Catherine, n° S7, à Paris.
- Pugens et Compagnie , propriétaires de l’exploitation des marbres des Pyrénées, rue de l’Université, n° 16, à Paris. “ ..
- 3
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- mm.
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- Quinart ( Melchîor ), Fabricant de fécule , à Magny , arrondissement de Nevers (Nièvre).
- R.
- Le comte de Raffetot , ^, ancien écuyer du roi , rue des Beaux-Arts, n° 12 , à Paris.
- Madame la maréchale duchesse de Raguse , rue de Paradis-Poissonnière , n° 43 , à Paris.
- de Rainneville , propriétaire , à Amiens.
- Le comte de RaïBbuteau , membre de la Chambre
- des Députés , rue Neuve-Saint-Augustin , n° 54 , à Paris.
- Le comte Rampon (G.,C. , lieutenant-général,
- pair de France, rue Duphot, n° i5 , à Paris.
- Le marquis de RastïgnaC ., ^, pair de France , rue
- de Yarennes, n° 33, à Paris.
- Lecomte de Rastignac, maréchal de camp, à Pui-guilhem, par Brantôme (Dordogne).
- Rattier , négociant, rue des Fossés-Montmartre, n° 4, à Paris. ,
- Le colonel Raucourt de Charleville , ingénieur des Ponts et Chaussées, rue de la Planche, n** 20, à Paris.
- Raux frères , maîtres de forges , à Belval, arrondissement de Vouziers ( Ardennes ). •
- Raymond, ingénieur-mécanicien, rue de La Rochefoucauld, n° 16, à Paris.
- Le comte Réal (C. ^ ), propriétaire , rue de l’Université , n° 5 , à Paris.
- Reech, officier du Génie maritime , à Lorient.
- Regnart , dentiste , rue Dauphine , n° 02, à Paris.
- Regnier, ingénieur-mécanicien, rue de Sorbonne, n°4> à Paris.
- Reizet , £*& , receveur général du département de la Seine-Inférieure, à Rouen.
- Requien , administrateur du Muséum, à Avignon (Vaucluse).'
- Revillon , horloger-mécanicien, rue des Marmousets, n° 25 , à Paris.
- Rey , restaurateur de tableaux, rue de l’Arbre-Sec, n° 4^, a Paris. -l •
- Reynard , pharmacien , à Amiens (Somme).
- MM.
- Riboixet , négociant, boulevart du Temple , n° 17, à Paris.
- Richardière (Lucas), négociant, «à Versailles.
- Riciioux , ^ , capitaine-ingénieur-géographe , rue de Rivoli, n° 2 , à Paris.
- Rigauet de Genouilly , ^ , ingénieur des constructions navales , à Cherbourg (Manche).
- Rigoült , propriétaire, à Jandun, près de Lannois (Ardennes).
- Rivaii. , homme de lettres, chef d’institution, rue de Sèvres, n° 35, à Paris.
- Roabd , ^ , propriétaire de la manufacture de blanc de cérusede Clichy , membre du Comité consultatif des Arts et Manufactures, me Grange-Batelière, n° 22, à Paris.
- Robillarb , ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, àTronchoy, près Tonnerre (Yonne).
- Robiquet, membre de l’Académie des Sciences, rue de l’Arbalète , n° j 3 , à Paris.
- Roche , professeur de mathématiques à l’École d’artillerie, à Lorient (Morbihan). s
- Le marquis de La Rochefoucauld ( Gaétan ) [O. ^ ], membre de la Chambre des Députés , rue Joubert, n° 21 , à Paris.
- Rodet , courtier de commerce , rue Grange-Batelière, n° 22 , à Paris.
- Le prince de Rohan, ^ (Jules-Armand ), rue dti Faubourg-Poissonnière , n° 24 , à Paris.
- Rohault, architecte, membre du Conseil des
- bâtimens civils, rue d’Aguesseau , n° 12 , à Paris.
- Rollé, propriétaire de l’établissement des balances de M. Quintenz , à Strasbourg ( Bas-Rhin ).
- Romagnesi , sculpteur-figuriste, rue de Paradis-Poissonnière , n° 12 bis, à Paris.
- Roman-Roman, fabricant de toiles peintes , à Wesser-ling (Haut-Rhin).
- Ronchaud , manufacturier et maire de la commune de Tenay , près de Saint-Rambert ( Ain ).
- Roret , libraire, rue Hautefeuille , à Paris.
- Rosé , ingénieur-mécanicien , fabricant d’instrumens aratoires, rue Grange-aux-BelIes, n° i5, à Paris.
- Roth , ingénieur, rue du Temple , n° 101 , à Paris.
- Le baron de Rotschiud , ^ , banquier, rue Laffitte, n° i5 , à Paris. .
- Rougier , propriétaire , àMarrriandc(Lot-ct Garonne).
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- ( J
- MM. '
- Roussel, architecte, rue des Beaux-Arts, n^ u, à Paris.
- Roussel ( Jules ), propriétaire , rue du Faubourg-Poissonnière, 3a, à Pai’is.
- Rousselle , négociant, rue Thibautodé , n° 6 , à Paris.
- Roux, fabricant de cadres et de dorures, rue Croix-des-Petits-Champs, n°4i , à Paris.
- Roze-Leroux, fabricant de draps, à Tours (Indre-et-Loire ).
- Ruïtié , maître de forges et fabricant de faux, à Foix ( Ariége ). .
- V ' s.. J
- Le baron Sabathieh (G. O. ^), maréchal de camp, inspecteur du Génie, 'rue de la Planche, n° 24, à Paris.
- Sadourny fils aîné, propriétaire et commissionnaire des mines de houille et de la verrerie de La Combelle, à Sellamines, près Issoire (Puy-de-Dôme).
- Sa-Duval , corroyeur, rue du Jardin des Plantes, n° 12 , à Paris.
- Saint-Bris, membre du Conseil général des Manufactures, propriétaire de la fabrique de limes d’Amboise (Indre-et-Loire).
- Le comte de Saint-Cricq , ^, membre du Conseil général des Manufactures, propriétaire de la manufacture de faïence de Creil, rue delà Ferme-des-Mathurins , n° 17, à Paris.
- Saint-Didier, £$£, receveur général du département de la Loire-Inférieure, rue Chantereine, n° 4o, à Paris. • •
- Saint-Maurice Cabany , fabricant de cartonnages, rue Sainte-Avoie, n° 5^ , à Paris.
- de Sainville, propriétaire, rue de la yiHe-l’Évêque, n° 28, à Paris.
- Sallandrouze de La Morneix, membre du Conseil général des Manufactures, rue des Vieilles-Au-driettes, n° 3, à Paris.
- Saumon, manufacturier, à Grenelle, près Paris.
- Salverte (Eusèbe) , membre de l’Institut et de la Chambre des Députés, rue de Clichy , n° 3 , à Paris.
- Le comte de Sampigny , ancien officier de cavalerie, à Privas (Ardèche). - .
- 9 )
- MM.
- Saulnier aîné, ingénieur-mécanicien, rueSaint-Am-broise-Popincourt, n°6, à Paris.
- Saulnier, ingénieur-mécanicien, membre du Conseil général des Manufactures, rue de Vaugirard, n° S'j, à Paris.
- Sauvé, imprimeur en taille-douce, rue des Mathurins, hôtel de Cluny, à Paris.
- Sauvo, rédacteur en chef du Moniteur, rue des Poitevins, n° 6, à Paris.
- Schlumberger , banquier, rue de Charenton , n° 36 , à Paris.
- Schlumberger (Nicolas), fabricant de toiles peintes , à Guebwiller (Haut-Rhin).
- Schmitz jeune, entrepreneur de constructions hydrauliques , à Nancy (Meurthe). -
- Schoubart , filateur de coton, à Sainte-Marie-aux-Mines (Haut—Rhin).
- Sebille-Auger , chimiste-manufacturier , à Sanmur (Maine-et-Loire).
- Le baron Séguier, conseiller à la Cour royale , rue Garaneière, n° 13, à Paris. .
- Selligue , ingénieur-mécanicien, rue Chantereine , n" 4l > à Paris.
- Le marquis de Sémonviule (G. O. ^), grand référendaire de la Chambre des Pairs, au palais du Luxembourg , à Paris. .. , '
- Sénéchal, ingénieur des Ponts et Chaussées, à Versailles (Seiue-et-Oise).
- Sénéchal , coutelier, rue du Petit-Lion-Saint-Sauveur n° 14, à Paris.
- Serrât, chimiste, carrefour de l’Gdéon, n° 8, à Paris.
- Serrurot , fabricant de lampes hydrostatiques, rue du Bouloy , n° 4> à Paris. •-
- Sganzin (O. ^|), inspecteur général des Ponts et Chaussées et des travaux maritimes, à la chaussée de Bou-gival, près de Nanterre.
- de Silguy , ^, ingénieur eu chef des Ponts et Chaussées, à Mont-de-Marsan (Landes).
- Le baron de Silvestre , ^ , membre de l’Académie des Sciences, secrétaire perpétuel de la Société royale et centrale d’Agriculture , rue Taranne, n° i3, à Paris.
- de JSilvestre (Edouard), ancien élève de l’École polytechnique, rue des Petits-Augustins* n° 26, à Paris.
- Sirhenri , fabricant d’aciers et de coutellerie, place de l’École de Médecine, n° 6, à Paris;,
- 3.
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-
- (20 )
- MM.
- Sivard (Ernest), rue du Port-Mahon, n° 7 , à Paris. Société d’Agriculture et d’Économie rurale, à Blois (Loir-et-Cher).
- Société d’Agriculture et d’Émulation, à Bourg (Ain) (M. le président de la). •
- Société d’Agriculture, à Bourges (Cher).. - -•
- Société des Amis de l’Industrie, à Brest (M. le prési-v dent de la). • * ’ .
- Société d’Agriculture , CommerceSciences et Arts, à Châlons-sur-Marne (Marne).
- Société d’Agriculture, à Châteauroux (Indre).
- Société royale d’Agriculture , Sciences, Arts- et Commerce , à Lyon (Rhône).
- Société industrielle de Mulhausen (Haut-Rhin).. * Société royale et centrale d’Agriculture, a Paris. Société d’Horticulture,, à Paris.
- Société de Commerce et Arts, à Rouen (Seine-Inferieure). . •
- Société d’Emulation , a Rouen (Seine—Inferieure). deSommariva, rue Basse-du-Rempart, n° 4, à Paris. Soueange Bodin , %, propriétaire-cultivateur, membre de la Société royale d’Agriculture, à Fromont, près de Ris (Seine-et-Oise).
- Souvion, propriétairer à Saillans (Drome),.
- Spoerlin et Bahm, fabricans de papier, à Mulhausen (Haut-Rhin).
- Stewart , ingénieur-mécanicien, à Bordeaux.
- T.
- ♦
- Tachet , mécanicien-ébéniste,, rue Saint-Honoré , n° 274, à Paris. ♦
- Taeabot (C. , négociant , rue Blanche, n° 45j a
- Paris.
- Tarbé de Vauxceairs (O. ^), conseiller d’État, ins-/ pecteur général des Ponts* et Chaussées, rue du
- Grand-Chantier, n°4, à Paris.
- Terquem , bibliothécaire du Comité central d Artillerie, place Saint-Thomas-d’Aquin , à Paris.
- Tessier , membre de l’Académie des Sciences et de - la Société royale et centrale d’Agriculture, rue des
- Petits-Augustins, n° 26, à Paris.
- Tessier-Dücros, négociant à Vallerangue, par le Vi-gan (Gard). • <'
- MM.
- Texier (Charles), architecte, place des Victoires, n° f, à Paris. , -
- Le baron Thénard (O. ^), pair de France, membre de ; l’Académie des Sciences, président de la Société d’Encouragement, rue de Grenelle-Saint-Germain , n° 42 , à Paris.
- Thiébaut aîné, fondeur de cuivre et fabricant de cylindres pour l’impression des toiles, rue du Faubourg-Saint-Denis, n° 152, .à Paris.
- Thiébaut (Laurent), fondeur de fer, rue de Paradis-Poissonnière , n° 12 bist à Paris. ...
- Thierrée, architecte, à la Monnaie, à Paris..
- Thiuorier , employé à l’Administration des Postés,
- place Vendôme , n° 21, à Paris.
- Thirion de Chipiley , maire de la ville d’Amiens (Somme).. •
- Thomas de Coemar, directeur de la Compagnie d’As^
- surance dite du Soleil, rue duHelder, n° i3, a Paris.
- Thoneeeier, mécanicien ,1 rue des Gravilliers, n° 3o,. à Paris.,
- Le comte de Tilly , à Villy, par Villers-Bocage (Calvados).
- Tiolier , ^ , graveur général des Monnaies, à l’hôtel des Monnaies , à Paris.
- Titot,,fabricant de toiles de coton, à Ehsisheim (Haut-Rhin).
- de Toelenare, négociant, à Nantes (Loire-Inférieure).,
- Touboulic , chef des ateliers de construction de la marine , à Brest (Finistère).
- Le comte de To^jrnon (C. ^), pair de France, rue de l’Arcade , n° 23, à.Paris.
- Toussaint r serrurier-mécanicien ,. rue Saint—Nicolas— d’Antin, n° 47» à Paris.
- Le vicomte de Tracy (Victor), membre de laChnm-bre des Députés, rue d’Anjou-Sa in t-Honoré,.n° 38, à Paris.
- Traxler , ingénieur-mécanicien, à Arras (Pas-de-Calais ). '
- Trébuchet, avocat, chef du Bureau sanitaire à la Préfecture de police, rue de l’Ouest, n° 42 > a Pari®-
- Trochu , propriétaire—cultivateur, à Belle—Ile-en—Mer (Morbihan).
- de.Troyes propriétaire , rue de Seine, n° 12 , à Pans.
- Truchy-Grenier, maître de forges, à Rochefort, par Aignay—le—Duc (Côte-d’Or).
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- MM.
- Le comte de Turenne (O. ^), rue Caumarlin , n° 7, à Paris.
- Le baron de Tureheim (O. ^ ), banquier à Strasbourg (Bas-Rhin).
- Tùbquois jeune, entrepreneur de serrurerie , rue des Fossés-Monsieur-le-Prince, n° 29, à Paris.
- U.
- Uxzschneider, manufacturier, à Sarreguemines , (Moselle).
- .* V.,
- Valentin de Lapelouze , ^, propriétaire , rue de la Paix, n° 8, à Paris.
- Valois jeune, négociant, rue de l’Échiquier, n° 19., à Paris.
- Vallot , ^ , ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, professeur d’architecture civile à l’Ecole royale des Ponts et chaussées , rue du Jardinet, n° 8, à Paris.
- Vallou de Boisroger , employé au Ministère des finances , rue des Marais-Saint—Germain, n° 3, à Paris.
- Le comte Pierre de Vaudreuil , ^ , à Angoulême ( Charente ).
- -Vaultrin, l’un des propriétaires de la filature de Saint-Maurice,, à Sennones,... près de Raon-l’Étape ( Vosges ).
- Vaultrin (George), propriétaire d’une filature hydraulique de laine , à Sainte-Marie-aux-Mines ( Haut-Rhin ).
- Vauvilliers, ^ , conseiller d’Etat , ancien secrétaire général de la Marinerue d’Anjou-Saint-Ho-noré, n° 34 > à Paris.
- Vauvilliers (O. ^), inspecteur divisionnaire de Ponts et Chaussées, rue Duphot, n° 23 , à Paris.
- de Velloreille fils, maître de forges, à Chenecey (Doubs). -
- Le duc de Ventadour (0'. ^ ),... rue de. Grenelte-Saint-Germain, n° 49 , à Paris.
- de Verges ingénieur des Ponts et Chaussées', , rue Saint-Guillaume’, n° 29, à Paris.
- Vetillart fils ( Marcelin ), propriétaire , au. Mans (Sarlhe),.
- MM.
- Vetter, ingénieur-mécanicien , à Haguénau (Bas-Rhin ). ' > -
- Le marquis de Vide ave , ^ , rue Saint-Dominique, n°9t , à Paris. :
- Viéville de Clanlieux , ingénieur-mécanicien , rue
- , Saint-Victor, n® 49» à Paris.
- Le comte-ViGiER (Achille) [^] , membre de là Chambre des Députés, quai Voltaire, n° 1, à Paris.
- Vignon, propriétaire, rue de Grenelle-Saint-Germain, n° 20, à Paris.
- Villeroy, manufacturier , à Metz ( Moselle ).
- Vilmorin aîné, pépiniériste , membre de la Société royale et centrale d’agriculture , quai delà Mégisserie, n° 3a , à Paris. * .
- Vincens (Emile) , ^ , maître des requêtes, chef de division au Ministère des travaux publics, rue Thi-roux, n° 8 à Paris.
- Vinet Buisson , fabricant de meules, à Montmirail (Marne). -
- de Violaine, propriétaire de là verrerie de Prémontré, par Coucy—le-Château (Aisne).
- Vitry et Càny , directeurs du Propagateur industriel, à Toulouse (Haute-Garonne). '
- Vivaux ( François-Eldi ), maître de forges, à Damraa-rie, près de Ligny (Meuse).
- Voisin , fabricant de plombs coulés,' rue Neuve-SainW Augustin, n° 32 , à Paris..
- • w
- Wagner, horloger -mécanicien, rue dü Cadran j..
- - n° 39, à Paris. ^
- Wallet et Huber , fabricans dë carton-pierre, rue -Porte-Foin, n° 3 , à Paris. , *
- Walter^ ingénieur civil, professeur à l’Ecole centrale des Arts et Manufactures, rue Jacob, n° à Paris.
- Warden, ancien consul des Etats-Unis d’Amérique , rue du Pot-de-Fer, n° 12, à Paris..
- Le baron de Wasservas, propriétaire, à Thiepval, près d’Albert (Somme).
- Weber (Emile), mécanicien, à Mulhausen (Haut-Rhin).
- Welter, correspondant de l’Académie des
- Sciences, rue et barrière de Sèvres, n® i3;, à Paris.'
- V
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- ( )
- MM. MM-
- Z. Zeigler Gros-Jean, manufacturier, à Guebwiller (Haut-Rhin).
- Zedé [André-Pierre] (0. £^), ingénieur de la Màrine, conservateur du Musée naval, rue des Saints-Pères , n° 20, à Paris. i Zilges (Henri), écuyer, rue Basse-du-Rempart, n° 5o, à Paris. ' Zuber (Jean) et Compagnie, fabricansde papiers peints, à Rixheim, près Mulhausen (Haut-Rbin).
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- MM.
- Andrieff , conseiller à la Cour de S. M. l’Empereur de Russie, à Pélersbourg.
- Bonafous (Matthieu), propriétaire des Messageries royales, à Turin.
- Caprioeo , à Alexandrie (Piémont).
- Casteleani (Fortunato Pio), à Rome.
- Colclough ( César ), rue de Rivoli, n° So bis, à Paris.
- Le comte Coronini de Cronberg, chambellan de S. M. l’Empereur de Russie, président de la Société d’agriculture , à Goritz, en ïllyrie.
- Dingeer, chimiste et fabricant, à Augsbourg (Bavière).
- Le Directeur des Postes, à Bruxelles.
- Le baron de Fahnenberg, conseiller de S. A S. le grand duc de Bade, directeur général des postes , à Carlsruhe.
- Hugues, libraire, à Varsovie.
- Le docteur Jaekee, professeur de chimie appliquée aux arts, à Dresde.
- Le comte de Kartzoff (Dmitri), à Moscou.
- Knecht, fabricant d’armes blanches, à Sollingen ( grand duché de Bade).
- Le baron T. N. de T. de Leyen, ancien député, à
- \ Crevelt (Prusse ).
- Le baron de Meyendorff, rue de Lille, n° 65, à Paris.
- Miranda (Antonio-Joze), propriétaire , à Para (Brésil).
- Newton (J.), éditeur du London Journal of arts , à Londres.
- de Oeaede ( Basilio-Joze), Espagnol, à Bilbao.
- Pereira ÏIubiao da Vileareal ( Ignacio) , membre de la Société d’Encouragernent pour l’industrie portugaise , rue d’Angoulême, n° 29, faubourg du Temple, à Paris.
- Le comte Ponte de Pino, membre delà Société royale d’agriculture et de l’Académie des Beaux-Arts, à Turin,.
- Poppius, président du collège de commerce, à Stockholm.
- Raymond-Bioelay , manufacturier, à Vervias (Bel-gique). • .
- MM.
- Le comte de Revedin , à Venise. •
- Rodrigues, négociant, à Buenos-Ayres (république de la Plata).
- Le baron Roemers (C. ^), ancien député, à Maës-trieht ( Belgique).
- Roscee ( Jean), négociant, à Gand (Belgique).
- Le comte de Sanyitaee, propriétaire, à Parme (Italie).
- Sarrasin (Louis), mécanicien, à Bâle (Suisse).
- Schwartz ( Gustave—Magnus), directeur en chef du département du contrôle, professeur de chimie, à Stockholm.
- Silliman , professeur de physique, à Philadelphie (États-Unis d’Amérique).
- da Sieva Beetrao ( Luis—Antonio ),^ officier supérieur brésilien, à Lorient (Morbihan).
- Société d’Encouragernent de Prusse , à Berlin.
- Société de lecture de Neuchâtel (Suisse).
- Stichaner , chevalier de l’ordre du mérite de Bavière, commissaire général et président de la régence du cercle du Rhin , à Spire.
- Suezer ( Henri ), chimiste, à Winterthur , canton de Zurich (Suisse).
- Tayeor (Philippe), ingénieur anglais, à Grenelle, près Paris.
- Le baron d’Uxhuee , rue des Champs-Elysées, n° 1, à Paris. '
- Vigiteelo , ingénieur, à Turin. ,
- Le comte Villa de Montpascae (Philippe) , directeur général de l’Administration centrale des monnaies de Sardaigne, à Turin.
- Viney (James), colonel d’artillerie, au service de S. M. Britannique , à Londres.
- Voght (François), manufacturier, à Dusseldorf (Prusse).
- Zurhausen, directeur principal des Postes, à Aix-la-Chapelle ( Prusse ).
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