Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale
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- BULLETIN
- s. e. i. n:
- Bibliothèque
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR
- L’INDUSTRIE NATIONALE,
- Publié avec l'approbation de M. le Ministre de l'Agriculture
- et du Commerce.
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- QUARANTE-SEPTIÈME ANNÉE.
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- A PARIS,
- MADAME VEUVE BOUCHARD-HUZARD,
- IMPRIMEUR DE LA SOCIÉTÉ,
- RUE DE l’ÉPERON-SAINT-ANDRÉ-DES-ARTS , 7.
- 1848
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- QUARANTE-SEPTIÈME ANNEE» (N° DXX1II.) JANVIER 1848.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES. — tissage.
- Rapport fait par M. Alcan, au nom du comité des arts mécaniques, sur les inventions et les perfectionnements apportés par M. Eck à la fabrication des châles.
- Au nombre des opérations que comprend l’art du tissage, il en est deux assez importantes pour constituer des branches d’industrie exploitées séparément : ce sont la mise en carte et le lisage. On sait que la première a pour but de tracer sur un papier quadrillé le dessin que le tissage doit reproduire sur l’étoffe ; l’un des systèmes de lignes parallèles représentant les fils de la chaîne, et l’autre ceux de la trame , tous les points du broché, c’est-à-dire du dessin produit par l’entrelacement des fils au tissage, y sont, par conséquent, nettement déterminés. On sait également que le but du lisage est d’établir les relations entre les fils tendus sur le métier à tisser et le moteur qui doit les mouvoir, de manière à réaliser, à chaque coup de navette, le dessin de la ligne correspondante sur la mise en carte. Pour cela, il suffit d’avoir autant de bandes de carton que le broché doit recevoir de duites, de les disposer à la suite l’une de l’autre dans l’ordre que celles-ci doivent occuper dans l’étoffe, et de percer ces cartons à tous les points correspondants à ceux où la trame doit être apparente sur le tissu, pour en former les entrelacements réguliers du fond et de la partie façonnée. Chacune des bandes se présentant successivement aux aiguilles du métier portant les fils de la chaîne, elles laissent en repos ceux dont les aiguilles rencontrent des vides, et permettent, par consé-
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- ARTS MÉCANIQUES.
- quent, à la trame de les recouvrir, tandis que ceux qui ont été soulevés à la suite de la rencontre de la partie pleine recouvriront, au contraire , la trame sur le reste de la même ligne ou duite. Le travail du lisage, tel qu’il a lieu maintenant, n’est donc qu’une conséquence de l’invention récente des métiers à aiguilles et à crochets , destinés à faire mouvoir les fils isolément et principalement du métier à la Jacquart. L’application du principe de la mise en carte est plus ancienne ; elle remonte à 1770. Ces deux opérations ont été plus ou moins modifiées et améliorées depuis leur origine ; mais aucune modification n’est aussi simple, n’a été aussi généralement adoptée et n’est aussi féconde en résultats que celle dont M. Eck a libéralement doté l’industrie, il y a plus de vingt-cinq ans.
- Antérieurement à l’usage du procédé de M. Eck, les dessins brochés, à contours déliés et à plusieurs nuances , comme le sont, en général, ceux de nos beaux châles, présentaient deux inconvénients graves : les contours n’étaient pas d’une netteté désirable, parce que leur jonction ou liage avec le fond se faisait mal, et le façonné laissait voir de nombreuses piqûres, c’est-à-dire des points de la chaîne recouverts par la trame et qui ne devaient pas l’être d’après la mise en carte.
- Ces défectuosités provenaient de ce que les entrelacements des fils, qu’on peut considérer comme une suite de petites hachures formant le tissu, ne conservaient pas la même étendue sur toute la surface : celle - ci, qui devait être composée d’un système uniforme de fils croisés de quatre en quatre places , par exemple , offrait souvent un mélange d’entrelacements irréguliers ; le croisement s’effectuait tantôt de deux en deux , tantôt de trois en trois places, au lieu de se faire constamment de quatre en quatre fils. Des irrégularités analogues avaient lieu avec tout autre système d’entrelacement que celui du croisé ou batavia, auquel nous venons de faire allusion. Il en résultait un effet analogue à celui d’un damier dont tous les carreaux n’auraient pas les mêmes dimensions : or il suffit d’examiner avec quelque attention la mise en carte avec le papier dont nous avons parlé plus haut, et le lisage qui en résulte , pour reconnaître que les défauts dont nous venons de parler y sont inhérents, et que le travail présente une complication très-grande et exige, par conséquent, un temps assez long et une dépense considérable, ce qui constitue le second inconvénient grave que nous avons annoncé. On se rappelle, en effet, que, par l’emploi de ce système, le nombre de cartons nécessaires et, par conséquent, de lignes à lire est égal à celui des coups de navette qu’il faut donner pour exécuter le broché, et il augmente en proportion des couleurs et des nuances qui le composent ; il fallait donc, pour éviter une dépense et une complication trop grandes , restreindre leur nombre. La limite qu’on
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- était obligé de s’imposer était d’autant plus fâcheuse, que c’est dans la grande variété des tons et des couleurs que consiste un des principaux éléments de succès des châles indiens, avec la fabrication desquels notre industrie cherche à rivaliser.
- Le procédé de M. Eck> généralement en usage aujourd’hui dans notre industrie des châles, a fait disparaître les imperfections que nous venons de signaler, en apportant une économie de 50 pour 100 dans les frais de lisage et en simplifiant le montage si compliqué des métiers : ainsi un dessin pour l’exécution duquel il eût fallu, par les anciens procédés, 100,000 bandes de carton et 1,600 aiguilles, par exemple, n’a plus besoin aujourd’hui, pour réaliser un travail incomparablement plus parfait, que de 50,000 cartons et 800 aiguilles; il s’ensuit une facilité proportionnelle pour la multiplication des couleurs et des nuances. M. Eck est arrivé à ce résultat important en substituant , pour la mise en carte , au papier quadrillé ordinaire , son papier bri-quetè, si connu dans l’industrie, que nous pouvons nous dispenser d’en donner une description détaillée ici. Il nous suffit de dire que les divisions sont telles que celles qui sont dans la direction de la chaîne représentent chacune deux fils, lesquels vont se fixer à deux crochets différents de la meme aiguille du métier, de façon qu’un même carton peut successivement agir sur la même aiguille pour lui faire mouvoir deux séries différentes de fils : cela explique l’économie des cartons et des aiguilles. ( Voir, pour plus de détails, la légende qui fait suite à ce rapport. )
- Quant à la régularité avec laquelle les entrelacements ou hachures sont produits , elle résulte du système de mise en carte et de lisage dont nous venons de dire quelques mots, et des empoulages qui en sont la conséquence. Leur combinaison est constamment telle , que le nombre de fils levés pour former le fond et le liage à chaque coup de navette est exactement divisible par le nombre de ceux en repos, ce qui est une condition fondamentale de régularité qu’il était impossible de réaliser jusqu’ici.
- En résumé, on voit que les procédés de M. Eck ont, sur ceux qu’ils ont remplacés, les avantages de la simplicité , de la perfection et de l’économie, c’est-à-dire qu’ils remplissent les conditions que l’industrie doit constamment rechercher. Ces avantages, généralement appréciés aujourd’hui, sont attestés particulièrement par un très-grand nombre de nos plus habiles fabricants de châles et de nouveautés, et entre autres par MM. Deneirouse, Fortier, Frédéric Hébert, Croco, etc. Les améliorations que nous venons de signaler parurent déjà si évidentes au jury de l’exposition de 1823 , qu’il décerna une médaille d’argent à leur auteur ; une nouvelle médaille d’argent lui fut accordée par le jury de 1814, « en considération de la constance des travaux de M. Eck, et
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- « des services importants qu’il a rendus à la fabrication des châles. » Telles sont les expressions des juges les plus compétents. En effet, depuis les premiers services rendus à l’industrie par cet inventeur, il n’a cessé de travailler dans la même direction, et aujourd’hui, qu’il est déjà avancé en âge, il est réduit à un très-modeste emploi de comptable pour pouvoir exister et continuer ses recherches ; car les travaux de l’intelligence ne conduisent pas toujours à la fortune, comme l’a dit M. Remilly dans son rapport à la chambre des députés sur les inventions de M. Eck. « Les manufacturiers, les consommateurs, a-« t-il ajouté, ont profité de ses inventions , et lui, il a soixante ans, il est pau-« vre ; à ses souffrances, toutefois, vient un allégement, le souvenir d’avoir « été utile au pays et l’espoir qu’on ne l’oubliera pas. »
- Votre comité des arts mécaniques s’associe avec empressement à cette digne manifestation. Il pense que vous voudrez bien ajouter votre témoignage à celui de la chambre des députés, qui a recommandé M. Eck à M. le ministre du commerce. Il vous propose , en conséquence , de remercier cet habile industriel de son importante communication, de l’assurer de votre sympathie, et d’insérer le présent rapport dans le Bulletin, en y ajoutant les dessins et la légende des procédés de M. Eck.
- Signé Alcan , rapporteur.
- Approuvé en séance, le 15 septembre 1847.
- Description des procédés de M. Eck, rue du Chantre-Saint-Honoré, 24.
- Pour arriver à la complète imitation des châles indiens, il fallait mettre le sillon du broché en harmonie avec celui des fonds, opération qui, par les anciens procédés, était impossible. Ces procédés étaient
- 1° Un encartage des dessins sur l’antique papier réglé canevas (fig. 1, pl. 1050 ) ;
- 2° Quatre lisses pour le liage du broché batavia ou sergé;
- 3° Des arcades à simples branches pour empouter les métiers , fig. 10 ;
- 4° Des xemples simples pour opérer le tirage au métier, fig. 11.
- Ces procédés, sans concordance entre eux, devaient nécessairement produire un travail défectueux ; en effet, tous les châles, soit au spouliné, soit au lancé, fabriqués d’après ces procédés, étaient remplis de piqûres, fig. 6, et c’est avec ces imperfections qu’ils figuraient encore à l’exposition publique de 1823.
- M. Eck a le premier obtenu, par son système, la solution de cette difficulté ; les châles spoulinés qui figuraient à cette exposition de 1823, sous les noms d’lsot et Eck, représentaient le véritable croisé des châles cachemire des Indes, exempt de tout défaut.
- Il a atteint ce résultat en créant
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- l9 Un papier pointé deux-le-deux, fig. 3, pour l’encartage des dessins au spouliné à exécuter sur des métiers à corps double ;
- 2° Un papier pointé un-le-un, fig. 4 , pour l’encartage des dessins au lancé à exécuter sur des métiers à corps simple et le concours des quatre lisses d’usage;
- 3° Un empoutage avec des arcades à doubles branches, fig. 12, pour les deux genres de métiers à double et à simple corps ;
- 4° Un tirage au métier, avec des xemples divisés en deux parties égales, fig. 13, pour les deux genres de métiers également.
- Ces deux dernières innovations sont les plus importantes ; aussi ont-elles été les plus difficiles à découvrir. Quelques fabricants avaient prétendu que l’amélioration des châles provenait du papier pointé ; c’était une erreur, les arcades à doubles branches et la division du tirage au métier dont jusqu a présent personne n’avait parlé étant les bases principales de ces améliorations.
- Ce nouveau système, tout en apportant à la fabrication des châles le perfectionnement désiré, réduit encore de 50 pour 100 le coût de la lecture des dessins ; la carte pointée, fig. 4, ne figure que la première et la troisième des quatre passées dont se compose la course d’une étoffe au liage croisé ou sergé ; il s’ensuit qu’on n’a que deux passées à lire pour chaque course, au lieu de quatre, comme cela a lieu avec l’encartage des dessins sur le papier-canevas, fig. 1 : or, le tirage au métier, fig. 13, étant divisé en deux parties égales 1, 2, la lecture de toutes les passées impaires s’opère d’abord sur la première partie, et ensuite, sur la deuxième, celle de toutes les passées paires. L’ouvrier tisseur doit lancer alors deux fois toutes les passées sur chaque partie du tirage. D’abord la première passée impaire se double pour faire la deuxième ; après, la passée paire première, qui est la troisième du tissu, se double également pour faire la quatrième ; ainsi se complète la course de la carte : d’où une économie très-importante, car un dessin comportant pour sa lecture 60,000 cartons ( il en est qui dépassent ce nombre ) s’exécuterait avec 30,000, dont chacun du prix de 40 à 45 fr.
- Ce nouveau système, en pleine activité antérieurement à la mécanique Jacquart, qui venait remplacer les xemples du métier, la forçait, pour ainsi dire, à de nombreux perfectionnements. Les arcades à doubles branches doublaient ses moyens de tirage ; il en était de même pour les xemples : il suffit, en effet, d’un seul crochet de la mécanique ou d’une seule corde du xemple pour lever au métier deux maillons à la fois, au lieu d’un seul, comme cela arrivait avec des arcades à simples branches. Quant au tirage, il fallait diviser la mécanique en deux parties égales comme les xemples, et pour leur action successive ajouter à sa griffe un mouvement de va-et-vient, puis, pour le retour des cartons sur eux-mêmes, appliquer à l’une des extrémités du cy-
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- lindre, un engrenage, afin de doubler le coup du travail, comme il arrivait avec les xemples en tirant deux fois les mêmes lacs.
- On remarquera que l’ingénieuse invention Jacquart n’a aucune part à la contexture du nouveau système de fabrication relatif au perfectionnement des châles, son unique résultat étant d’opérer un tirage plus régulier et plus prompt que celui obtenu par les xemples au moyen des enfants.
- Créé en 1823, généralement appliqué en 1825, ce nouveau système de fabrication fut suivi jusqu’en 1833. Ayant alors remarqué que la carte pointée un-le-un, fig. A, pouvait amener quelques imperfections par l’inattention des dessinateurs, M. Eck imagina le papier briqueté, fig. 2, qui, aussitôt employé par tous les fabricants, permettait au plus faible dessinateur l’encartage des dessins sans aucune imperfection possible.
- Les fig. 6 et 7, pl. 1050, représentent le résultat du tissu des châles d’après les anciens procédés. La fig. 6 est un tissu au lancé liage sergé ; le sillon du broché est incorrect et présente des piqûres. La fig. 7 est un tissu au spouîiné liage batavia, présentant aussi des imperfections.
- Les fig. 8 et 9. sont le résultat du tissu des châles d’après les nouveaux procédés. La fig. 8 est un tissu au lancé liage sergé. Le sillon du broché est correct et en harmonie avec celui du fond. La fig. 9 est un spouîiné liage batavia conforme au véritable croisé du châle des Indes.
- Fig 10. Empoutage à arcades simples branches, a, mécanique Jacquart dans sa simplicité primitive, b, les huit premiers crochets, c, lames de la griffe. d, aiguillettes, e, boîte à élastiques, f, cylindre, g, arcades à simples branches. h, planchette d’empoutage. i, lissettes supérieures, j, lissettes inférieures. k, maillons pour le passage de deux fils chacun. /, plombs.
- Fig. 11. Montage primitif avec xemples et queue de rame d’un seul corps, c’est-à-dire sans division, m, corps de poulies dit cassin ou cage, n, collets, o, queue de rame, six cents cordes, p, xemples, six cents cordes.
- Fig. 12. Empoutage, arcades doubles branches, la mécanique Jacquart étant divisée en deux parties, r, première partie, course impaire, s, deuxième partie, course paire. t% aiguilles, u, cylindre, v, boîte à élastiques, x, arcades à branches doubles.
- Fig. 13. Montage du métier avec des xemples divisés en deux parties égales pour fabriquer les châles d’après le travail indien ; un fil au maillon et mise en carte des dessins sur le papier, fig. 3, pointé deux-le-deux. Pour fabriquer des châles au lancé, on emploie deux fils au maillon, les quatre lisses d’usage et l’encartage du dessin sur le papier pointé, fig. A, un-le-un, ou briqueté, fig. 2. y, xemples divisés en deux parties, z, queues de rames divisées également en deux parties. ( D. )
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- ARTS ÉCONOMIQUES. — optique.
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- Rapport fait par M. Silvestre fils, au nom du comité des arts économiques, sur un nouveau système de lorgnette jumelle, présenté par M. Lebrun , fabricant d’instruments de précision, rue Grenetat, 4.
- Messieurs, la lorgnette jumelle que M. Lebrun a présentée à l’examen de la Société diffère d’une manière notable de celles du même genre qui sont communément en usage aujourd’hui. On sait, en ce qui regarde ces dernières , qu’un mécanisme très-simple , placé dans la colonne qui sépare les deux corps de l’instrument, a pour objet de rapprocher et d'éloigner le plan des oculaires de celui des objectifs , en maintenant ces plans dans un état de parallélisme parfait; mais ce mécanisme n’atteint que très - rarement son but. On comprend, en effet, que le mouvement étant transmis aux coulants par l’intermédiaire de la seule branche mobile, il faut, pour que le centrage des montures reste invariable, que cette branche garde constamment la même position par rapport aux axes optiques : or cette condition ne peut être remplie qu’autant que les coulants se meuvent sans frottement dans les deux corps ou avec un frottement très-doux et parfaitement égal. Dans le premier cas , la branche est sujette à basculer à la moindre pression, et le centrage des montures manque de fixité ; dans le second cas , l’instrument a plus de solidité , il est vrai, mais il est à remarquer qu’il est presque impossible que les coulants éprouvent de la part des deux corps une résistance qui soit identiquement la même ; aussi il y a, le plus souvent, tiraillement à l’une des extrémités de la branche , et le parallélisme des axes optiques s’en trouve dérangé.
- l)e plus, comme le diamètre de la molette horizontale au moyen de laquelle on fait agir le mécanisme dépend de l’écartement des oculaires et de la grosseur de la lorgnette, il s’ensuit que, dans beaucoup de cas, ce diamètre est trop petit, que les doigts ont trop peu de prise sur la roue et que l’usage de l’instrument est difficile.
- M. Lebrun a remédié à ces inconvénients divers par un moyen ingénieux que nous allons faire connaître en peu de mots.
- Entre les deux corps de la lorgnette se trouve une molette dont le plan est, non pas horizontal comme dans les jumelles ordinaires, mais bien vertical et perpendiculaire à celui des axes optiques. À chaque extrémité de l’arbre qui passe par le centre de cette molette se trouve fixée une roue conique d’engrenage à 45°. On fait engrener ces premières roues qui sont verticales sur d’autres roues horizontales et de même forme auxquelles sont soudés des écrous destinés à recevoir la partie inférieure des coulants façonnés en forme de vis. Lorsqu’on tourne la molette , les deux coulants qui, au moyen de bonnet-Quarante-septième année. Janvier 1848. -
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- ARIS ÉCONOMIQUES. -— OPTIQUE.
- tes, sont fixés supérieurement et invariablement à la branche mobile, sont forcés de monter ou de descendre dans les écrous, et le mouvement se fait, de part et d’autre, avec ensemble et régularité , puisque les deux coulants sont soumis, à la fois et indépendamment l’un de l’autre, à la même action du mécanisme.
- On voit de plus, d’après la disposition qui précède, que la lorgnette a de la solidité, et que les coulants peuvent éprouver certaines pressions, certains chocs même, sans que les qualités les plus essentielles de l’instrument s’en trouvent compromises.
- Enfin il est clair que, dans tous les cas, on peut donner à la molette, vu sa position verticale, un diamètre suffisant pour que le jeu du mécanisme soit doux et facile à la main.
- Il faut ajouter que M. Lebrun donne un soin tout particulier à la fabrication de ses verres, ce qui fait que ses lorgnettes sont, en même temps, solides et d’une excellente qualité.
- En conséquence de ce que vous venez d’entendre, messieurs, le comité des arts économiques a l’honneur de vous proposer de donner à M. Lebrun un témoignage de votre satisfaction en faisant insérer dans le Bulletin le présent rapport ainsi que le dessin du mécanisme dont cet ingénieux praticien a fait l’application aux lorgnettes jumelles.
- Signé E. de Silvestre, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 8 décembre 1847.
- Explication des figures de lapl. 1051.
- Fig. 1. Lorgnette-jumelle à écartement fixe.
- À, arbre horizontal au milieu duquel est ajustée une molette qui sert à imprimer le mouvement à deux roues d’angle verticales B B montées sur le même arbre À et engrenant avec deux autres roues d’angle horizontales C C faisant corps avec un écrou dans lequel passent les vis D D dont le pas, en spirale , est taillé de manière que les unes tournent à droite et les autres à gauche. E E, corps des lorgnettes. F F, coulants munis des vis D D, qui montent et descendent dans l’écrou 0. G, branche qui réunit les coulants. H H, bonnettes fixées à l’autre extrémité des coulants. I, molette pour faire monter ou descendre les coulants. J, branche qui maintient l’écartement des deux corps de la lorgnette. K K, viroles assurant la position centrale des vis D B. L L, vis de pression agissant sur la branche J. M, branche qui réunit la base des deux corps E E. N, virole de pression qui agit sur cette branche. O O, écrous traversés par les vis D D. {D. )
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- NOTICES INDUSTRIELLES
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- extraites de diverses publications périodiques françaises et étrangères.
- ARTS MECANIQUES.
- Notice sur un niveau d’eau perfectionné par P. M. N. Benoît, ingénieur civil (1).
- Je fis admettre à Y exposition des produits des arts et de T industrie qui eut lieu, en 1839, à Montpellier, un niveau d’eau que j’avais perfectionné depuis longtemps et introduit dans le service des agents voyers du département de l’Hérault, dont j’étais alors le chef.
- Mon perfectionnement tient à bien peu de chose ; mais il n’en est pas moins très-utile. Les facilités qu’il procure dans la pratique des nivellements et le temps qu’il économise sur le terrain l’ont fait conserver jusqu’à ce jour par les agents voyers de l’Hérault.
- Ce ne peut être, certainement, que parce que je n’ai pas donné plus de publicité à mon niveau d’eau perfectionné qu’il s’est peu répandu, car
- 1° Il ne coûte pas plus qu’un niveau d’eau ordinaire, dont il ne diffère pas en apparence ;
- 2° On s’en sert de la même manière ;
- 3° On peut, sans en boucher les fioles, le transporter d’une station à une autre, sans même le séparer de son pied et sans perdre une goutte d’eau ;
- 4° Il suffit, par conséquent, de le remplir d’eau une seule fois pour s’en servir plusieurs heures de suite, sans addition de ce liquide.
- J’ai pensé que la Société d’encouragement apprécierait ces avantages réels de mou niveau d’eau perfectionné, qui a servi encore à effectuer plusieurs nivellements importants en Tunisie, et entre autres ceux qu’a nécessités la construction de la belle manufacture de draps que S. A. Ahmed, pacha-bey, a fait bâtir, joignant le pont de Te-bourba, sur les plans dressés par mon frère, et dont les récepteurs hydrauliques, de la force utile, l’un de 20 chevaux, l’autre de 30 chevaux, et toutes les machines de fabrication sont sortis de mes ateliers de construction de machines et de fonderie de Montpellier.
- Description. — La fig. 2 de la planche 1051 représente le niveau muni de toutes ses pièces, et la fig. 3 la coupe verticale, dessinée sur une échelle triple, de l’une des fioles A qui se placent à chaque extrémité du tube horizontal B. Mon perfectionnement consiste en un petit tronc de cône creux abc, ouvert à ses deux bases a et b c, placé à demeure dans l’un des tubes verticaux f du niveau d’eau ordinaire, de manière que la grande base 6 c de ce tronc de cône joigne exactement la paroi intérieure du tube f du niveau, et que l’ouverture ou base supérieure a de ce même tronc de cône n’ait que 2 ou 3 millimètres de diamètre.
- On conçoit facilement que le tronc de cône que j’ai ainsi introduit dans la construction du niveau d’eau joue le rôle d’un diaphragme percé d’une petite ouverture, et qu’il
- (1) Cette notice a été lue dans la séance du 13 octobre 1847.
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- NOTICES INDUSTR TELLES.
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- s’oppose ainsi au passage rapide de l’eau d’une branche à l’autre de l’instrument ; on conçoit aussi que l’air ne peut pas séjourner au-dessous de ce tronc de cône lorsqu’on verse un liquide dans le niveau, et c’est évidemment à ces deux circonstances que sont dues les propriétés de ce niveau.
- Il y a trois manières de réaliser ce perfectionnement dans la pratique.
- 1° On peut se servir d’un tronc de cône métallique mince, fig. 4, que l’on soude par sa grande base contre la paroi intérieure de la partie métallique d’une des branches verticales d’un niveau d’eau de forme ordinaire, précisément au-dessous de l’endroit occupé par la jonction de la fiole de verre avec cette partie métallique de la branche du niveau.
- 2° En emboutissant un tronc de cône métallique mince faisant corps avec une virole cylindrique fendue suivant un plan méridien pour former ressort, on pourra introduir e cette pièce à frottement, soit dans la partie métallique de la branche verticale cylindrique du niveau, soit même dans la fiole de verre dont cette branche est garnie si cette fiole est assez^cylindrique pour cela.
- Si l’intérieur de cette fiole n’avait pas une forme cylindrique régulière, on pourrait envelopper d’une bande de peau de gant la virole servant de ressort, et cette bande de peau rachèterait les inégalités de la fiole en même temps qu’elle maintiendrait le tronc de cône dans la place où on l’aurait mis.
- 3° Un troisième mode de construction consiste à se servir d’une fiole de verre particulière dont le fond ait la même forme que les fioles à contenir les liquides ; il suffit de percer un petit trou au sommet du renflement intérieur d’une telle fiole et d’en roder le pied sur un grès, afin que ce pied ne soit pas arrondi extérieurement, mais bien terminé par une arête vive, pour rendre la fiole dont il s’agit propre à réaliser mon perfectionnement en l’emmanchant, comme à l’ordinaire, à l’une des deux branches verticales du niveau.
- Mon perfectionnement peut être appliqué de deux manières aux niveaux d’eau en cuivre dont les fioles se vissent aux retours d’équerre du tube principal de l’instrument pour donner la facilité d’en nettoyer, au besoin, l’intérieur.
- On peut, en effet, introduire dans le haut de l’un de ces retours un petit tronc de cône à virole formant ressort, comme il a été expliqué pour les niveaux d’eau ordinaires, ou bien on peut poser simplement, sur le haut de ce retour, un petit tronc de cône ayant à l’extérieur de sa base un petit rebord plan qui sert à l’y maintenir quand on visse la fiole correspondant à ce retour d’équerre, contre lequel cette fiole le serre à demeure tant qu’elle reste en place.
- On trouve chez M. Kruines, ingénieur en instruments de mathématiques, quai de l’Horloge, à qui j’ai expliqué ces divers moyens de réaliser mon perfectionnement, mes niveaux cl’eau, dans tous les systèmes de construction usités, sans aucune augmentation de leur ancien prix. C’est de ses ateliers que sortent les niveaux d’eau perfectionnés qui ont été présentés dans la séance du 27 octobre 1847.
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- ÏKAITKMKXT K.T iM\KIK\i\AT! 0 X DK LA COM MK Kl
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
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- ARTS CHIMIQUES.
- Perfectionnements introduits dans la préparation de la gomme élastique connue sons le
- nom de gutta-percha, et dans son emploi, soit seule , soit combinée avec d’autres substances; par M. C. Hancock.
- Nous avons parlé, p. 404 et 624 du Bulletin de 1846, de l’origine de la gutta-percha et des propriétés qui la distinguent du caoutchouc.
- Le premier qui ait introduit, en France, la fabrication de cette substance est M. Ça-birol, rue du Faubourg-Saint-Martin, 222, qui a pris, pour cet objet, trois brevets, les 28 juillet, 5 septembre et 10 décembre 1846. Il en fabrique des tuyaux, courroies pour mécaniques, bâches, prélarts et tentes de toute espèce, cuirs pour chapeaux, pour capotes, tabliers et coussins de voitures, chaussures, étoffes imperméables de tous genres pour collets, manteaux, pantalons, blouses, vestes, etc., complètement imperméables.
- M. Cabirol assure que la gutta-percha remplace avec avantage le cuir et le caoutchouc à des prix bien inférieurs; MM. Rattier et Guibal en fabriquent aussi des courroies qu’ils annoncent comme préférables à celles en cuir et d’une plus longue durée.
- M. Hancock a pris en Angleterre, le 10 février 1847, une patente pour les divers perfectionnements imaginés par lui pour la fabrication de la gutta-percha. Ces perfectionnements consistent :
- 1° Dans une nouvelle méthode d’épuration de la gutta-percha brute, ordinairement mêlée de beaucoup d’impuretés, ce qui oblige de la diviser en petits fragments à l’aide de scies, de couteaux ou d’autres instruments tranchants. L’auteur avait d’abord annoncé que cette division était rendue plus facile en plongeant la gutta-percha dans de l’eau bouillante jusqu’à ce qu’elle fût suffisamment ramollie ; mais il a trouvé depuis que, en employant une machine représentée fig. 1 et 2, pl. 1052, cette dernière pratique était inutile, et que la gutta-percha pouvait être divisée en tranches minces avec la plus grande facilité : il a reconnu aussi que l’épuration et le ramollissement de la matière s’opèrent mieux en passant les tranches obtenues par la première machine dans l’appareil représenté fig. 4. Voici quelle est la construction et quelles sont les fonctions de ces machines.
- La fig. 1 est une élévation latérale, la fig. 2 une vue de face, et la fig. 3 une section verticale de la machine à découper.
- A, bâti de la machine. B, plateau circulaire en fer d’environ lm,523 de diamètre, dans lequel sont pratiquées trois rainures recevant trois couteaux C C dirigés suivant les rayons. D, arbre portant le plateau B et au moyen duquel on imprime à celui-ci le mouvement qu’il reçoit d’une machine à vapeur ou de tout autre moteur, par l’intermédiaire d’engrenages ou de courroies. E, trémies dans lesquelles sont jetés les morceaux de gutta-percha brute pour être amenés contre les couteaux du plateau B, qui les coupent en tranches d’une épaisseur correspondant au degré d’inclinaison donné aux couteaux. Ces tranches sont ensuite plongées dans un vase rempli d’eau chaude, où on les laisse se ramollir suffisamment. Au lieu d’employer un découpoir rotatif circulaire tel qu on
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- vient de le décrire, on peut se servir d’un découpoir vertical à mouvement alternatif en modifiant convenablement les autres parties de la machine ; mais l’auteur préfère le premier, qui est d’une construction plus simple et dont l’effet est plus certain.
- lorsque la gutta-percha est plus dure que de coutume, M. Hancock remplace les couteaux droits C C par des couteaux courbes en forme de croissant.
- La fig. h est une élévation longitudinale de la machine dans laquelle on passe la gutta-percha après qu’elle a été ramollie dans l’eau chaude, de manière à être souple au toucher.
- E est un grand réservoir ou bâche divisé en trois compartiments abc; les deux per-miers sont remplis d’eau jusqu’au niveau de la ligne xy, et le troisième, c, jusqu’à la ligne zz. F1 F2 F3 sont trois rouleaux garnis, dans le sens de l’axe, de lames dentelées. Ces rouleaux sont montés transversalement sur la bâche E et se meuvent hors de l’eau. Vis-à-vis de chacun de ces rouleaux est une paire de cylindres cannelés alimentaires e e. Une trémie conique V fournit les morceaux de gutta-percha amollis aux cylindres cannelés du premier rouleau broyeur F1. H2 est une toile sans fin inclinée qui tourne sur deux rouleaux dd; elle plonge d’un côté dans l’eau tandis que l’autre arrive en face de l’intervalle des cylindres alimentaires du broyeur F2. H3 est une seconde toile sans fin analogue à la précédente et disposée en face des cylindres alimentaires du broyeur F3. K est un laminoir armé de lames semblables à celles des moulins à triturer les chiffons. Ce laminoir est monté transversalement sur le troisième compartiment c, mais plus bas que les rouleaux broyeurs et plongeant à moitié dans l’eau. L, couteaux circulaires disposés de manière que les lames du cylindre K les joignent parallèlement pour produire l’action de ciseaux. Le laminoir K est muni, comme les broyeurs F1 F2 F3, d’une toile sans fin H4 et d’une paire de rouleaux alimentaires f. M est un agitateur rotatif complètement immergé dans le liquide du compartiment c. N est une toile sans fin qui roule dans une direction inclinée dans toute la profondeur de l’eau de c et subdivise ce compartiment en deux. O O1 O2 O3 O4, séries de cylindres couplés, montés transversalement sur la seconde partie du compartiment c, de telle façon que les cylindres inférieurs se meuvent sous l’eau et les cylindres supérieurs à la surface. P P, séries de tables ou de bancs placés entre chaque paire de rouleaux pour supporter la gutta-percha dans son passage de l’un à l’autre.
- Fonctions de cet appareil. — Les rouleaux alimentaires, les rouleaux directeurs des toiles sans fin H2 H3 H4 et les cylindres O O tournent de gauche à droite, tandis que les broyeurs F1 F2 F3, le laminoir K et l’agitateur M se meuvent de droite à gauche. Les broyeurs et le laminoir font G00 à 800 tours par minute, tandis que les cylindres alimentaires et les toiles sans fin n’en font que 100 à 130. La première série de rouleaux O fonctionne à raison de 15 à 20 tours par minute et guide les autres de manière à ce qu’ils exercent un étirage sur la matière en faisant marcher plus rapidement que les précédents une, deux ou plusieurs paires des dernières séries. La gutta-percha brute est présentée par les cylindres alimentaires à l’action du premier broyeur F1 ; elle est ainsi brisée en fragments et débarrassée de la majeure partie des impuretés qu’elle contient et qui tombent dans la bâche a, où elles se déposent suivant leur densité, ce qui permetde re-
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- cueillir quelques parties encore riches en gutta-percha. La toile sans fin H2 s’empare de la gutta-percha qui flotte sur l’eau, l’amène aux seconds cylindres alimentaires e e, qui la soumettent à Faction du broyeur F2, lequel lui fait subir une seconde épuration. De la surface de l’eau, dans le second compartiment b, la gutta-percha est saisie parla toile H3, qui la conduit vers le troisième cylindre alimentaire, lequel la livre au broyeur F3 monté sur le compartiment c; la matière est ainsi complètement débarrassée des impuretés qu elle contenait. La toile sans fin H4 la porte ensuite à d’autres cylindres qui la présentent au laminoir K, lequel la divise en très-petites tranches. Ces tranches sont projetées dans l’eau en c dans la direction de l’agitateur M. Celui-ci tournant dans une direction opposée à celle de la masse flottante, la gutta-percha est forcée de cheminer sous l’eau vers la grande toile sans fin N, où elle arrive parfaitement nette et pure. De là la matière passe entre les rouleaux O O1 O2O3; enfin elle est enlevée par une toile sans fin R, qui l’amène à une paire de laminoirs finisseurs SS', auxquels on donne, au moyen de vis de rappel, un écartement proportionné à l’épaisseur de la feuille de gutta-percha qu’on veut obtenir. Cette feuille est alors reportée au-dessus du cylindre S' et de là sur un tambour en bois T pour être enroulée sur un cylindre enleveur U. Pendant que la feuille remonte sur le cylindre S', on peut y joindre une pièce d’étoffe quelconque qui y est réunie par compression entre S' et le tambour T.
- L’eau du réservoir a doit être froide. Lorsque la gutta-percha exhale une odeur fétide, ce qui n’arrive pas ordinairement, on mêle à l’eau une dissolution de sel de soude ou de chlorure de chaux.
- L’appareil qui vient d’être décrit est également applicable à l’épuration et à la préparation du caoutchouc en bouteilles.
- 2° Le second perfectionnement décrit dans la patente de M. Hancock consiste dans la sulfuration de la gutta-percha et dans l’application de ce perfectionnement à la sulfuration du caoutchouc, ainsi qu’il est indiqué dans le brevet précédemment obtenu pour cet objet. L’auteur avait recommandé l’emploi des sulfures, tels que l’orpiment ou le foie de soufre, préférablement au soufre lui-même, et il a fait remarquer que, quoiqu’une partie de soufre pût être employée au lieu d’une partie égale de sulfure, ce moyen présentait cependant deux inconvénients, celui de l’odeur du soufre et sa tendance à s’effleurir. Il s’est assuré, depuis, qu’en ajoutant aux sulfures une petite quantité de soufre on obtient un meilleur résultat de ce mélange que de chacune de ces deux substances employées séparément. Voici quelles sont, en pratique, les meilleures proportions. A 48 parties de gutta-percha on ajoute 6 parties de sulfure d’antimoine, de calcium ou de tout autre analogue, et 1 partie de soufre. Le mélange de ces matières avant été fait, on le place dans un générateur, et on élève la température de 260 à 300 degrés Fahrenheit ; on le laisse dans cet état d’une demi-heure à deux heures, suivant l’épaisseur de la matière, qui, au bout de ce temps, est complètement sulfurée ou autrement volcanisée.
- M. Hancock applique la même combinaison à sulfurer le caoutchouc. La matière n exige pas^moins d’un sixième ou d’un huitième de son poids de soufre ; mais, en y substituant
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- un sulfure dans la proportion qui vient d’être indiquée, on n’emploie plus qu’un cinquantième de soufre, et on obtient un plus beau produit.
- 3° Le troisième perfectionnement de M. Hancock est relatif au mode d’effectuer la combinaison du soufre et des sulfures avec la gutta-perc-ha et le caoutchouc. L’auteur indique quatre moyens d’effectuer cette combinaison. 1° Après que la gutta - percha ou le caoutchouc ont été nettoyés, épurés et réduits en feuilles, on les expose à l’action combinée de la vapeur à une haute température et de la vapeur de l’orpiment ou de tout autre sulfure volatil et du soufre mêlés dans les proportions indiquées plus haut, dans un appareil représenté fig. 5. À est un récipient très-solide en métal établi sur un massif en maçonnerie B ; on y place la matière qu’il s’agit de sulfurer. C est un couvercle hermétiquement fermé par des boulons à écrous, de telle sorte qu’on puisse l’enlever selon les besoins. D est un bouilleur ordinaire à haute pression. E , vase très-solide en métal dans lequel on place l’orpiment, d’autres sulfures ou le soufre seul. a, ouverture par laquelle on introduit les substances sulfureuses. F, fourneau servant à chauffer le vase E. G, tuyau qui fait communiquer le bouilleur avec la partie supérieure du vase E. b , robinet qui sert à ouvrir ou à fermer cette communication. H, tuyau qui fait communiquer le vase E avec le récipient A. c, robinet qui ouvre ou ferme cette communication. I, soupape de sûreté fixée sur le bouilleur D. K, autre soupape de sûreté adaptée au sommet du récipient A. L, thermomètre indiquant la température. Cet appareil fonctionne de la manière suivante. On allume d’abord le feu sous le bouilleur, et, lorsque la soupape indique qu’on approche de la température de 280° Fahrenheit, on allume le second fourneau pour volatiliser le sulfure et le soufre. Les robinets b et c sont alors ouverts, et la vapeur commence à passer, par les tuyaux G et H, dans le vase E et dans le récipient A ; de cette façon , les matières contenues dans ce récipient sont préalablement chauffées avant d’être sulfurées. Après un temps très-court, les vapeurs sulfureuses se dégagent du vase E et se mêlent à la vapeur. On abandonne ces matières aux influences dont nous venons de parler, depuis une demi-heure jusqu’à deux heures , suivant leur épaisseur. On ferme alors le passage au récipient A au moyen du robinet c, on éteint les fourneaux, on ouvre la soupape de sûreté K, et, quand le récipient est débarrassé des vapeurs, on enlève les matières soufrées. La soupape desûreté I est tenue, pendant tout le temps que les vapeurs sulfureuses se forment, à une pression un peu plus élevée que celle de la soupape K, afin d’établir le courant vers le récipient A. d est un robinet qui sert à évacuer l’eau de condensation accumulée dans lp récipient A.
- Le second moyen recommandé par l’auteur consiste à prendre la gutta-percha ou le caoutchouc dans un état parfaitement sec, et de les frotter avec les sulfures et le soufre combinés dans les proportions indiquées plus haut et réduits en poudre très-fine ; après quoi on les place dans le récipient A, et on les soumet, pendant une demi-heure ou deux heures, à l’action de la vapeur chauffée à 280° Fahrenheit, sans faire usage du fourneau servant à volatiliser les sulfures. Au lieu de soumettre les matières à l’action de la vapeur, on les plonge, suivant leur volume, dans de l’eau chauffée sous la pression d’environ 280° Fahrenheit.
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- Le troisième moyen a pour objet, après avoir saupoudré les matières séchées avec des poudres des sulfures et du soufre, de leur faire subir la suite des opérations précédemment décrites, c’est-à-dire de les soumettre à l’action de la vapeur à une haute température et des vapeurs sulfureuses. Enfin on fait une pâte avec les sulfures et le soufre avec addition d’une petite quantité de gutta-percha ou de caoutchouc en dissolution; on en frotte les matières qu’il s’agit de soufrer, et on les soumet alors à l’une ou à l’autre des trois opérations précédemment décrites.
- 4° Le quatrième perfectionnement relaté dans la patente de M. Hancock consiste à exposer les matières pendant une ou deux minutes à l’action du bioxyde d’azote obtenu par les moyens ordinaires en dissolvant le zinc, le cuivre ou le mercure, etc., dans de l’acide nitrique, ou bien on les plonge dans une dissolution bouillante et concentrée de chlorure de zinc pendant une période variant d’une à cinq minutes, suivant la force de la dissolution ; dans l’un et l’autre cas, on lave ensuite les matières dans une liqueur alcaline ou même dans de l’eau douce. On peut soumettre les matières à l’influence du bioxyde d’azote, en les plongeant dans l’acide pendant que le métal se dissout et que le gaz s’échappe, ou en les introduisant dans un récipient où l’on recueille le gaz. La gutta-percha qui a été traitée de cette matière, qu’elle soit ou non soufrée, devient excessivement douce au toucher et polie comme un métal ; de même que le caoutchouc ordinaire conserve cette viscosité qui lui est particulière, le caoutchouc soufré acquiert, par un tel traitement, la douceur du velours.
- 5° Le cinquième perfectionnement consiste dans l’application des moyens décrits précédemment pour améliorer la qualité du caoutchouc soufré ou volcanisé en le soumettant à l’action du bioxyde d’azote ou en le plongeant dans du chlorure de zinc, et en le lavant bien ensuite ; il perd alors entièrement ou presque la forte odeur de soufre qui rend son usage difficile.
- 6° L’auteur produit de nouveaux composés de gutta-percha convenables pour certains usages industriels, en mélangeant, au moyen de l’appareil tritureur, 6 parties de gutta-percha avec 1 de chlorure de zinc et en formant de nouveaux composés de caoutchouc par une combinaison analogue. Tous ces composés peuvent, d’ailleurs, être ensuite soufrés ou volcanisés par la méthode ordinaire.
- 7° L’auteur combine des matières pour produire une gutta-percha poreuse ou spongieuse propre à rembourrer les chaises, les coussins, à remplir les matelas, les selles, les colliers de chevaux, les tampons des waggons des chemins de fer, etc. Ce procédé, qui est également applicable au caoutchouc, consiste à prendre 48 parties de gutta-percha ou de caoutchouc ( lorsqu’on veut obtenir des produits très-doux, on humecte ces matières avec de l’huile de térébenthine, de naphte, etc.); 6 parties d’hydrosulfate de chaux ou de sulfure d’antimoine, ou tout autre sulfure analogue; 10 parties de carbonate d’ammoniaque ou de carbonate de chaux, ou de toute autre substance vola-tde ou susceptible de donner naissance à des produits volatils ; puis enfin 1 partie de souhe. Toutes ces matières sont mélangées dans la machine à triturer et soumises ensuite à une température élevée, en remplissant les conditions énoncées précédemment à 1 art. 4 ; toutefois, en élevant un peu plus la chaleur, soit de 260° à 300° Fahrenheit. Quarante-septième année. Janvier 1848. 3
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- 8° Le huitième perfectionnement a pour objet d’appliquer des moyens et des procédés variés pour améliorer non-seulement la qualité de la gutta-percha, comme il a été dit aux articles 3 et 4, mais encore les articles manufacturés de gutta-percha ordinaire après qu’ils ont été travaillés ; enfin l’apphcation des mêmes moyens aux articles fabriqués avec le caoutchouc ou tout autre composé dans lesquels entrerait une partie de l’une de ces trois substances. Parmi les articles de gutta-percha ou de caoutchouc, ceux qui méritent le plus d’être perfectionnés par ces procédés sont les tissus imperméables, simples et doubles, connus dans le commerce sous le nom de waterproofs, les bottes , souliers , galoches, guêtres, bretelles, bandages, casquettes, coussins, bouteilles flexibles, sacs, scaphandres, tubes, boîtes, étuis, fourreaux, gibernes, chapeaux, coupes, vases, tabliers de voitures, rouleaux d’imprimerie, cylindres de' filatures de coton, plaques de cardes, dos de brosses, marteaux de pianos, bouchons de bouteilles, capsules , cordes, fils, cordons, anneaux, portefeuilles, trousses, courroies, etc.
- 9° Ce perfectionnement consiste à produire, en combinant la gutta-percha et le caoutchouc avec d’autres matières, un lustre permanent semblable à celui des objets vernis et en donnant cet éclat aux articles fabriqués avec une de ces substances sulfurées ou non. M. Hancock prend la gutta-percha ou le caoutchouc préalablement soufrés par une méthode quelconque de manière à ce que ces matières puissent supporter une haute température , et soit qu’elles aient déjà été travaillées pour faire des objets usuels, on les frotte avec une solution de résine dans de l’huile bouillante ; on place alors l’objet pendant deux ou cinq heures dans une étuve chauffée de 75 à 100° Fahrenheit, et ensuite on les polit par les moyens employés par les vernisseurs. Dans certains cas, on mêle une matière colorante avec les substances lustrantes, et on les applique au moyen de rouleaux, comme pour les tapis de pied.
- 10° Le dernier perfectionnement indiqué par M. Hancock consiste dans l’emploi d’une machine ou appareil pour couper la gutta-percha en rubans et pour la transformer en cordons de la forme voulue. La fig. 6 représente cette machine en élévation vue de face. C C sont deux cylindres cannelés en fer montés sur un bâti D. Les cannelures de chaque cylindre sont creusées de telle sorte que, lorsque celles de l’un des cylindres correspondent aux cannelures de l’autre, elles forment ensemble une série d’ouvertures circulaires. Les bords des cannelures sont tranchants, de manière à diviser, suivant des lignes droites, les feuilles ou plaques de gutta-percha qu’on présente aux cylindres. Le cylindre inférieur C a, de chaque côté, une bordure plate saillante E, et le cylindre supérieur C' a également deux rondelles planes F F qui viennent s’ajuster entre les deux précédentes, de manière à ce que les cannelures soient toujours exactement juxtaposées, et que les bords tranchants ne s’ébrèchent pas. Pour couper en filets minces une feuille de gutta-percha, la matière est passée à froid entre les cylindres, et les lames tranchantes agissent seules dans l’opération. Pour faire des fils ou des cordes, on prend une feuille de gutta-percha d’une épaisseur égale au diamètre des cannelures, et on la passe entre les cylindres à la température d’environ 200° Fahrenheit (en plaçant préalablement les feuilles de gutta-percha dans une étuve chauffée à 200° par la vapeur ou par tout autre moyen), et les fils et cordes sont, au sortir des laminoirs cannelés, plongés dans une
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- bâche d’eau froide, d’où on les retire pour les enrouler sur des dévidoirs ou sur un tambour placé convenablement, ou bien la gutta-percha est employée à l’état plastique et on la passe à la machine sous une jauge, comme cela se fait dans les manufactures de caoutchouc et de gutta-percha.
- Si l’on désire produire des cordes méplates, il suffit d’enlever l’un des cylindres et de le remplacer par un cylindre uni ; si l’on voulait des cordes carrées ou rectangulaires, triangulaires ou polygonales, il suffirait d’employer des cylindres dont les cannelures présentent cette forme. (Rep. of patent inventions, octobre 1847.)
- Extrait d’un ouvrage intitulé, Recherches historiques sur la construction des fosses d’aisances et l’emploi des matières fécales; par M. Ernest Vincent
- ( suite ) (1).
- Suite du Chap. V. Construction de fosses mobiles et d’appareils ayant pour objet la séparation des matières solides d’avec les liquides.
- En 1821, M. Mathieu prit un brevet pour un appareil de fosses d’aisances portatives représenté fig. 1, pl. 1053 (2).
- Il se compose de quatre récipients ou tonneaux en bois de chêne cerclés en fer. Deux de ces tonneaux sont destinés à recevoir les matières solides ; les urines se rendent dans les deux autres.
- a, tuyau de chute en poterie.
- b, boîte recevant les matières solides et liquides.
- c, filtre ou plaque criblée de trous séparant les liquides des matières solides.
- d, raclette percée d’un grand nombre de trous, et au moyen de laquelle les solides sont précipités dans leurs récipients.
- e, tringle ou bascule traversant la voûte m, et servant à faire agir la raclette.
- f, petite porte par laquelle on peut retirer de la boîte les objets qui y seraient tombés , sans être obligé de faire la vidange des récipients.
- g, tuyau mobile qui conduit les matières solides de la boîte b dans le récipient ou tonneau h.
- i, deux tuyaux conduisant les urines dans leurs récipients k.
- I, pièces de charpente sur lesquelles reposent les tonneaux.
- Chacun des petits côtés de la boîte est percé d’un trou. L’un de ces trous sert au passage des matières solides, et l’autre, qui est plus petit, offre une issue aux urines.
- L’appareil représenté fig. 2 est celui que, d’après divers certificats, M. Gallet aurait inventé et exploité en 1839, et qu’il a soumis au concours de la Société en 1842.
- A B, tuyau de descente rétréci en B.
- C C, gouttière inclinée, afin que rien n’y séjourne.
- D D, calotte sphérique terminée en gouttière.
- (1) "Voyez Bulletin de la Société , novembre 1847, p. 662.
- (2) Description des brevets, t. XXI, p. 263.
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- E, continuation du tuyau de descente : il est soudé à la gouttière, et les bords supérieurs en sont évasés pour la recouvrir jusqu’à 1 centimètre de la paroi intérieure et arrêter les corps légers qui pourront y être entraînés par l’eau.
- F, tuyau conduisant les liquides, soit dans une fosse séparée, soit dans la rue. L’auteur pense que cette dernière disposition ne doit être tolérée que lorsqu’un courant d’eau emporte les liquides immédiatement, ainsi que cela a lieu à la salle de spectacle du Havre, où quatre appareils portent continuellement les matières liquides dans la rue sans qu’il en résulte le moindre inconvénient.
- Dans le cas de fosses séparées, on peut faire plonger le tuyau F dans un tonneau G.
- H, ouverture fermée par un couvercle pour nettoyer la gouttière si elle venait à s’engorger.
- A la caserne des douaniers d’Ingouville, douze de ces appareils desservent une population de quinze cents personnes et opèrent la séparation d’une manière presque complète.
- Cet appareil convient aux départements qui ne peuvent avoir de fosses, à cause de la proximité des eaux à quelques mètres de la surface du sol.
- L’appareil représenté en élévation et en coupe verticale, fig. 3 et 4, est celui que M. Houssard fit breveter en décembre 1839, et qu’il présenta en 1842 aux concours ouverts par la Société, de concert avec MM. de Clacy et compagnie.
- Cet appareil consiste en un tonneau en bois B rendu imperméable, cerclé en fer, et dont le couvercle mobile se ferme et se fixe au moyen de forts boulons et de clavettes de fer. L’intérieur de ce tonneau est garni, dans tout son pourtour, de feuilles de zinc ou de tôle galvanisée percées de trous. Ces feuilles suivent la courbure des douves, sur lesquelles elles sont fixées par des tasseaux de 15 millimètres d’épaisseur; cet intervalle donne issue aux liquides le long des parois du tonneau, entre les feuilles et les douves, jusqu’au double fond b, de 2 centimètres d’élévation, où des conduits c, munis de robinets, servent à leur écoulement dans un ou plusieurs tonneaux inférieurs A, également imperméables et cerclés en fer.
- Au moment de la chute des matières, les liquides se séparent des solides par tous les points de la circonférence ; les solides retenus dans le filtre s’y égouttent et s’y conservent à l’état de glaise humide.
- Un vase en zinc d, en forme d’entonnoir, fixé par le tuyau de conduite perpendiculairement à l’orifice de l’appareil et du même diamètre, correspond avec l’intérieur; li contient du chlorure de chaux en suspension et a pour objet d’absorber les gaz qui s’échappent et d’empêcher leur ascension dans le tuyau de conduite C.
- L’appareil représenté fig. 5 est celui proposé, en 1840, par M. Guinièr (1).
- a, cuvette ordinaire en faïence garnie de sa soupape.
- b, cuvette en fonte.
- c, contre-poids.
- (i) Description des brevets, t. LVIII, p. 216.
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- d, boîte sans fond attachée, dans l’intérieur de la cuvette en fonte, au couvercle e.
- f, partie grillée percée de trous destinés à l’écoulement de l’eau qui doit tomber dans un réservoir et se séparer, dès lors, lorsque le fond mobile est levé.
- g, fond mobile à pivot fermant la boîte où s’opère ainsi la séparation des matières d’avec l’eau.
- i, crochets de tirage au moyen desquels on soulève le fond mobile : ils sont mus par une tige ordinaire à laquelle ils correspondent.
- Lorsque la soucoupe j fonctionne, le fond mobile se relève et reçoit l’eau et les matières que cette soucoupe laisse échapper; l’eau s’écoule naturellement, par la pente de ce fond, vers la grille pratiquée à la paroi de la boîte, et, lorsque la soucoupe se relève, le fond mobile s’abaisse et fait tomber les matières dans la fosse.
- En 1840, M. Roehn fit breveter l’appareil séparateur représenté fig. 6 (1).
- Cet appareil se compose d’une boîte de forme carrée ou ronde, ou d’un tonneau en métal ou en bois asphalté, muni d’un couvercle a, auquel est fixé un tuyau b, destiné à s’ajuster avec la partie supérieure du conduit des latrines ; au fond de la boîte est une semblable ouverture b' avec douille qui communique avec la portion du conduit inférieur, lequel débouche dans la fosse. Sur le côté est une ouverture c, avec sa douille, communiquant avec le réservoir ou réceptacle des urines, de telle sorte que les matières, entrant par l’ouverture 6, tombent sur le diviseur, et passent par l’ouverture b', tandis que les liquides sortent par le tuyau c.
- La fig. 7 représente les deux bouts du diviseur portant une sorte de roue à augets.
- f, palettes ayant un petit rebord à la partie saillante, lesquelles sont fixées longitudinalement sur l’axe g, comme on le voit fig. 8 ; les tourillons h de l’axe reposent suides coussinets.
- Un des bouts du diviseur est fermé ; l’autre, fig. 7, est percé d’ouvertures i disposées circulairement autour de l’axe, et qui sont entourées d’un entonnoir.
- Chaque auget est séparé transversalement vers les bouts du diviseur par deux cloisons percées de trous. Entre ces deux cloisons et parallèlement à l’axe, est aussi une cloison criblée, qui tombe perpendiculairement sur sa palette f et forme avec elle un angle droit k, de telle sorte qu’entre les angles de K, fig. 8 bis, il y a un espace vicie de forme triangulaire qui règne d’un bout à l’autre du diviseur. Entre les cloisons et ces bouts il y a également un angle droit avec des ouvertures qui communiquent avec l’espace vide que nous venons de décrire. A un des bouts du diviseur, du côté de l’entonnoir, sont fixées des chevilles saillantes m, m.
- La fig. 9 représente un poids à bascule fixé dans l’appareil, de manière à permettre au diviseur de ne tourner que dans le sens qui lui est propre ; le bout de la tige o de ce poids rencontre successivement les chevilles lorsque le diviseur tourne.
- Fonctions de Vappareil. — Les matières tombent par l’ouverture supérieure sur une des palettes du diviseur. Au fur et à mesure de leur chute, le liquide s’échappe par
- (i) Description des brevets, t. LIT, p. 115.
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- les trous des cloisons, et tombe dans l’espace vide triangulaire qui règne d’un bout à l’autre du diviseur, pour sortir par l’entonnoir, d’où il se rend dans l’auge pour être conduit à un réservoir ad hoc par la douille c c.
- Pendant ce temps, les matières solides sont restées à sec sur la palette ; il en arrive d’autres jusqu’à ce que le poids de la masse fasse échapper la cheville qui était retenue par la bascule ; alors le diviseur, en tournant, se décharge et présente une autre palette vide. Le diviseur se trouve ensuite retenu comme auparavant, de telle sorte qu’il n’y a jamais interruption dans la séparation des liquides et des solides.
- Le réservoir qui reçoit le liquide par le tuyau c peut être un tonneau, qu’on enlève souvent pour le remplacer par un autre , sans toucher à l’appareil et sans communication avec les ouvertures de la fosse ; mais on peut, à volonté, placer dans ce réservoir un conduit communiquant au dehors, d’où, sans entrer dans la maison, on pourra le vider aussi souvent qu’il sera jugé nécessaire.
- La même année, M. Brun fit breveter l’appareil représenté en coupe et en élévation fig. 10 et 11 (1).
- Le séparateur est composé d’une cuiller c placée sous le tuyau de chute a.
- Cette cuiller, percée de trous dans sa partie supérieure, reçoit les matières tant solides que liquides : ces dernières s’échappent par les trous pour se rendre, en tombant sur la palette e, et par les conduits f, m, dans le récipient n destiné à les recevoir; les matières solides restent dans le fond de cette cuiller jusqu’à ce qu’un poids assez lourd la fasse basculer.
- Le contre-poids d ramène la cuiller à sa position primitive.
- Les matières solides tombent de cette cuiller sur la palette e, qui, par son inclinaison, laisse encore écouler, par la partie f, les eaux qui auraient pu rester au fond de la cuiller.
- Cette palette e ne se renverse que lorsque la cuiller c est revenue à sa position première.
- A la cuiller c est attachée une tige g portant, par le bas, un goujon qui repose sous la partie cintrée de la tringle h ; ce goujon maintient la tringle dans sa position inclinée tant que la cuiller c est en mouvement.
- Lorsque la cuiller a ramené le goujon placé au bas de la branche g, la tringle h ne se trouvant plus soutenue, le poids des matières entraîne la palette e ; elles se rendent alors dans le récipient j après avoir traversé la partie k raccordée au récipient par un manchon.
- Les matières étant tombées de la palette inclinée e, le contre-poids o la ramène dans sa position première.
- Pour appuyer la tige g et la guider dans son mouvement, un appui p est adapté à l’appareil.
- En 1841, M. Bourg fit breveter l’appareil de séparation dit départiteur, qu’il pré-
- (1) Description des brevets, t. LX, p. i.
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- senta, en 1842, aux concours ouverts par la Société. Cet appareil, représenté en plan, coupe et élévation, fig. 12, 13 et 14, est ainsi composé :
- La partie inférieure A, qui a la forme d’un vase elliptique, est recouverte par la partie supérieure B ; la réunion de ces deux pièces est effectuée par un joint en mastic et des boulons d’assemblage.
- La partie B reçoit au centre, à l’intérieur d’un rebord circulaire, la cuvette C qui y est maintenue par un joint en mastic ; sur cette partie B est montée une capacité D pour loger le contre-poids.
- Un tube E partant d’un réservoir supérieur communique, par un robinet a, au haut de la cuvette C pour, au besoin, en laver la paroi intérieure; ce robinet, dont la tige se prolonge en contre-bas à l’intérieur du vase A, fonctionne au moyen de la poignée G ; à cet effet, l’axe de cette poignée reçoit une manivelle b qui, par une bielle c, transmet le mouvement à la manivelle d, adaptée à la tige du robinet.
- La poignée G porte une came e, fig. 14, pressée par un ressort f ; en manœuvrant cette poignée, on opère simultanément l’ouverture de la soupape à biseau H et celle du robinet a, afin que le tube E livre passage à l’eau pour nettoyer la cuvette et se répandre sur une soupape à bascule I de forme concave qui oscille autour d’un arbre pivotant, à chaque extrémité, sur des appuis qui appartiennent au vase A. En travers de cet arbre agit le contre-poids j. La soupape I est percée d’une série de trous destinés à livrer passage aux liquides qui se répandent dans le tube incliné m et de là par l’ouverture O dans des réservoirs disposés ad hoc. Les matières fécales séjournent, au contraire, sur la soupape I et ne tombent dans la fosse que quand cette soupape s’abat par le mouvement de bascule communiqué à l’arbre par le couvercle qui enveloppe le siège. Ce mouvement de bascule s’effectue par une chaînette p, qui, fixée par son extrémité supérieure au couvercle de la caisse en contre-bas, se lie à un levier q, puis par la bielle r et la manivelle s, laquelle fait osciller l’arbre de la soupape I.
- En mai 1842, M. Dalmont prit un brevet pour un appareil de séparation qui, au moyen d’un plancher mobile, faisait fermer une soupape légèrement bombée et livrait passage, par ses rebords, aux liquides qui se rendaient, par un tuyau, dans le tonneau ou récipient destiné à les recueillir. Lors du retrait de la personne, la soupape s’ouvrait et les matières tombaient dans la fosse.
- En décembre 1842, M. TIely proposa, pour la séparation, d’employer une cuvette à double compartiment semblable à celle imaginée par M. Cazeneuve en 1818 et décrite p. 659 du Bulletin de novembre 1847.
- M. de Latour Arlet prit, en 1842, un brevet pour un moyen d’obtenir la séparation des matières, en se servant de treillis en crin ou de tamis superposés, ajoutant que, par l’emploi d’une pompe atmosphérique pour faire le vide, on forcerait les liquides à s’écouler par les orifices.
- Dans la même année, MM. Bélicard et Chesneaux proposèrent divers systèmes et présentèrent aux concours ouverts par la Société un appareil fondé sur la propriété bien connue qu’ont les liquides de couler le long des parois qu’ils mouillent, tandis que les matières solides sont détachées de ces parois par la gravité.
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- Partant de ce principe, ils évasent, vers le bas, le tuyau d’une fosse d’aisances et ménagent, autour de la capacité qui se trouve verticalement au-dessous de l’axe du conduit destiné à recevoir les matières solides, une rigole annulaire où se versent les liquides, qui, malgré l’action de la gravité, restent adhérents aux parois inclinées en surplomb.
- La fig. 15 représente le système de séparation appliqué à la construction des fosses fixes.
- A , fosse recevant les matières solides.
- B, fosse recevant les liquides.
- C, flotteur indicateur avec graduation faisant connaître le moment de la vidange et la quantité de liquide à enlever.
- 1), tuyau de chute évasé vers le bas.
- E, conduit des urines.
- F, porte pour retirer les objets qui pourraient obstruer la marche de l’appareil.
- Ue système est également applicable aux fosses mobiles, et les fig. 16 , 17, 18 et 19 en font connaître les diverses modifications.
- L’appareil fig. 20 est celui pour lequel MM. Panchost et Meleton prirent un brevet en 1844 (1). Il s’applique vers le bas du tuyau de descente d’une garde-robe et opère la séparation des matières.
- a, tuyau de descente qui se prolonge en contre-bas par la pièce additionnelle b formant une partie cylindrique et une partie allongée pour constituer deux compartiments c, d.
- La capacité c est percée, sur son demi-développement, de plusieurs rangées de petits trous ; la partie inférieure de la double capacité c, d aboutit à un clapet e qui se manœuvre à la main, soit chaque jour, soit au bout d’une période quelconque.
- Toutes les matières tombent dans la capacité c : les liquides se déversent par des trous dans la capacité d pour s’écouler dans le compartiment correspondant du clapet et s’échapper par un vide très-faible ménagé entre le bas de la double capacité c d, sur le côté ; ils tombent ensuite par le plan incliné du clapet dans l’espace concentré entre la paroi fixe g et celle h, enfin dans le conduit i. A la suite de ce conduit peut aboutir un filtre pour éclaircir les parties liquides et les désinfecter en partie.
- L’appareil de séparation proposé, en 1844, par M. Descheneaux se compose d’un conduit de forme cylindrique recevant les matières solides ; ce conduit, plus ou moins prolongé, aboutit à une fosse fixe ou mobile. Un autre vase de forme ovale ou triangulaire est placé devant le premier et reçoit les urines ; ce vase aboutit à un ruisseau ou à un tonneau.
- En décembre 1844, M. Ringard présenta un appareil séparant les matières au moment de leur émission et avant leur introduction, par une disposition fondée sur l’action des parois, et qui consiste en trois ou quatre lames inclinées et distantes», fig. 21, et placées en sens inverse; après la dernière lame, les liquides et les solides séparés aboutissent dans des conduits particuliers.
- (i) Description des brevets, l. LXI, p. 294.
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- L’appareil de fosse mobile destiné au curage des fosses d’aisances, pour lequel M. Voyant a pris un brevet le 6 janvier 1845, n’est autre qu’une série de tonneaux placés les uns à côté des autres, et recevant les matières dans un réservoir qui les transmet aux tonneaux ; chaque tonneau est muni d’un tube communiquant avec un conduit qui forme cheminée d’appel.
- L’appareil séparateur de M. Lasserre Camelot, breveté le 14 février 1845, se compose d’un réservoir qui reçoit les matières et qui porte dans son intérieur une grille ou un cylindre percé de trous, afin de laisser échapper les liquides qui se rendent dans une fosse spéciale placée au-dessous du récipient qui reçoit les solides.
- L’appareil de MM. Cas et Fulcrand, breveté le 9 juillet 1845, est une cuvette avec soupape et réservoir à pompe ; il a pour objet la séparation et a de l’analogie avec ceux déjà décrits.
- Le 28 novembre 1845, MM. Fleury et Cappot prirent un brevet d’invention pour un appareil qui reçoit les matières solides et liquides dans un grand récipient muni de .deux robinets : l’un , à la partie inférieure , sert à l’extraction des solides ; l’autre, à la partie supérieure, est destiné à l’écoulement des liquides.
- Deux tubes traversent le récipient à la partie supérieure et portent, de chaque côté, une ouverture donnant passage aux gaz qui s’échappent 'des matières en fermentation , pour les conduire au sommet d’une maison et en opérer la dispersion dans l’atmosphère.
- Ils ont proposé aussi un système de fosse mobile à déversement, au moyen d’un siphon.
- Chapitre VI. Appareils séparateurs et désinfecteurs.
- On peut regarder Chaumette comme le premier inventeur des appareils de désinfection et de séparation des matières solides d’avec les liquides. Il prit, en 1815, un brevet pour des appareils qu’il désigna sous le nom de latrines carbonicinéraircs inodores, ou lieux d’aisances pulvéricarboniques (1).
- La fig. 22 est une élévation latérale et la fig. 23 le plan de cet appareil.
- A, porte d’entrée des lieux d’aisances.
- B, siège de forme nouvelle composé de deux disques C creusés en demi-cercle dans un sens, et ayant les arêtes abattues dans l’autre sens ; chacun de ces disques est attaché à une des extrémités des leviers D, fixés sur le siège par l’autre extrémité, au moyen d’un axe sur lequel ils pivotent, pour s’écarter et se rapprocher à volonté.
- E, cuvette urinaire remplie de charbon pulvérisé.
- E, tuyau par lequel s’échappe l’eau provenant de l’urine, après la filtration.
- G, passage des matières solides.
- H, tonneau recevant les matières solides et faisant l’office de réservoirs mobiles.
- I, dépôt de cendres de houille ou de substances désinfectantes destinées à couvrir les matières solides et à en empêcher les émanations.
- (1) Description des brevets, t. VIII, p. 231.
- Quarante-septième année. Janvier 1848.
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- K, fig. 22, soupape servant à mesurer et à répandre la poudre désinfectante sur les matières : elle s’ouvre et se ferme au moyen du levier L et du contre-poids M, correspondant par une corde à la marche N, sur laquelle il faut monter et qui s’élève lorsqu’on descend.
- O, couvercle à charnière ouvrant et fermant en même temps que la soupape K, à l’aide du levier L et du contre-poids M.
- Un tuyau aboutissant au-dessus des combles ou dans une cheminée conduit, hors de l’appartement, la mauvaise odeur; ce tuyau peut être surmonté d’un aspirateur ou ventilateur, mû par le vent ou par engrenage.
- En 1817, M. Duplat prit un brevet pour la construction de latrines inodores dont la description suit (1).
- Au milieu du siège de ces latrines est un avancement qui se divise en deux parties sur la hauteur; la partie supérieure contient le récipient des urines, et la partie inférieure est une petite armoire dans laquelle se trouve le vase qui doit recevoir ces liquides qui arrivent par un tuyau partant de la partie supérieure.
- La lunette est de forme circulaire; elle a, sur le devant, une échancrure qui livre passage aux urines.
- Deux caisses sont disposées sur les côtés de la lunette ; l’une n’ayant pas de destination particulière, et l’autre contenant un tamis au-dessous duquel est un plan incliné établi de manière que le tamis laisse passer du sable sur la matière.
- Le tamis porte un manche qui reçoit son action d’un châssis.
- Le vase contenant la matière est placé dans un tiroir auquel est adapté, en avant, un petit buffet ayant la forme de l’avancement du milieu du siège, et placé au-dessous de cet avancement.
- Deux autres tiroirs disposés pour divers usages complètent l’appareil.
- La fig. 24 est la coupe verticale d’une fosse ordinaire, munie de l’appareil des nouvelles latrines et surmontée d’un cabinet d’aisances établi au rez-de-chaussée.
- Ces latrines, pour lesquelles M. Dufour a obtenu un brevet d’invention en 1820 (2), sont salubres et portatives, et remédient aux inconvénients des fosses d’aisances.
- L’appareil de salubrité renfermé dans cette fosse se compose des parties suivantes :
- a, douze tonneaux disposés horizontalement sur le sol de la fosse et sur deux rangées de chacune six tonneaux. Tous les tonneaux se communiquent entre eux par un seul et même tuyau b; ils sont disposés entre les pieds c d’un bâti rectangulaire en bois, ayant, au-dessus des douze tonneaux a, un plancher sur lequel sont posés, sur leur fond, huit tonneaux e destinés à recevoir d’abord les matières liquides et solides ; ces tonneaux sont garnis, intérieurement, d’une plaque courbe en zinc, percée de trous et ajustée à coulisse dans deux des douves du tonneau ; elle est destinée à séparer les matières solides des liquides ; ces derniers passent par les trous de la plaque de zinc, et se rendent dans un trou pratiqué au fond des tonneaux ey entre la plaque de zinc et les
- (0 Description des brevets, t. XIV, p. 217. (2) Idem, t. XII, p. 212.
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- douves. Chacun de ces trous est garni d’un tuyau f, qui conduit le liquide dans l’un des tonneaux a, d’où il est distribué dans chacun des douze tonneaux couchés sur le sol de la fosse. De cette manière, les matières solides restent dans les tonneaux e, et les douze tonneaux a ne contiennent que les urines. Tous les tuyaux f, conducteurs de l’urine, se rendent dans un seul et même entonnoir g donnant dans une cuvette qui se ferme hermétiquement au moyen d’un couvercle dont le bord intérieur entre dans une rainure pleine de liquide et dont le bord extérieur emboîte la cuvette.
- h, cuvier demi-circulaire posé sur la surface supérieure du bâti rectangulaire qui porte les tonneaux e; de la surface extérieure de ce cuvier partent huit tuyaux courbes i, dont chacun se rend dans l’un des huit tonneaux e. Ce cuvier est recouvert par une espèce de toiture conique, et disposé intérieurement de manière à former des plans inclinés qui divisent la matière en huit portions égales et la dirigent dans les tonneaux e par les tuyaux i.
- Une porte j, pratiquée sur la surface extérieure de la toiture du cuvier, permet de le laver quand-le besoin l’exige.
- k, tuyau conduisant les matières de la cuvette l du cabinet d’aisances dans le cuvier h; cette cuvette se meut au moyen d’un mécanisme à garde-robe ordinaire qui fait ouvrir et fermer une soupape.
- m, petit tube ventilateur entrant de 32 centimètres dans le cuvier et traversant la voûte du cabinet d’aisances.
- n, autre tube ventilateur disposé comme le précédent : son diamètre est double de celui du tube m ; sa base est à fleur du cuvier, et son sommet s’élève de 32 centimètres au-dessus de celui du tube m. Le cône qui forme la tête de chacun de ces tubes ventilateurs est muni de quatre bouts de tuyaux renversés, par lesquels s’échappent dans l’atmosphère les émanations qui s’élèvent du cuvier, sans que les effets du vent s’opposent à cette fuite.
- Un des huit tonneaux est armé d’un petit appareil ou flotteur qui avertit quand ces tonneaux sont pleins.
- Le même avertissement a lieu pour les tonneaux a par un moyen analogue.
- o, conduit communiquant avec l’atmosphère.
- La fig. 25 représente une nouvelle disposition de l’appareil antiméphitique (1).
- a, siège mis en action par la main ou par le pied de la personne assise dessus.
- b, masse reposant sur la tige c, qui fait lever et baisser la bassine d, laquelle est toujours remplie d’eau pour empêcher l’odeur.
- e, cage renfermant la bassine et son cercle.
- f, poids pour rappeler la bassine.
- g, tuyau faisant corps avec la cage e et communiquant au tuyau de chute h, qui communique avec la cuve i.
- k, cylindre que l’on met en action pour vider la cuve i.
- m, tuyau mobile dans lequel entre plus ou moins le tuyau L
- (0 Description des brevets, t. XII, p. 256.
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- I, tuyau faisant corps avec la surface du cylindre k.
- n, tonneau de vidange dont on ne fait usage qu’au moment du service.
- o, flotteur pour avertir la personne qui remplit le tonneau n.
- p, tuyau d’air pour faciliter l’emplissage du tonneau n et empêcher l’odeur de pénétrer à l’intérieur.
- q, ventilateur placé, autant que possible, au nord et communiquant à la cuve i.
- r, chapiteau d’évaporation.
- Un orifice est pratiqué au fond de la cuve pour la vider.
- Le 29 septembre 1821, le même M. Dufour prit un brevet pour des perfectionnements ayant pour objet de clarifier les urines par la filtration, de les dégager de toute odeur et de leur donner un écoulement dans la rue au lieu de les renfermer dans une fosse (1).
- La soupape du siège privé se ferme en même temps que le couvercle s’ouvre, par le seul effet de la charge produite par les pieds de la personne qui approche de la lunette, et, lorsque cette personne se lève, la soupape s’ouvre et le couvercle se ferme.
- La soupape est garnie, en avant, d’un tablier sous lequel est un jour qui laisse passer dans l’entonnoir le peu d’urine qui échappe à l’évacuation.
- De l’entonnoir les urines sont conduites, par un tuyau, dans une première caisse ou réservoir dont le fond est muni d’un godet percé ; ce réservoir et ce godet sont garnis, chacun, d’une éponge qui arrête la partie la plus épaisse des urines ; un second réservoir est garni de la même manière que le premier, et au-dessus est un filtre de charbon pareil à ceux de M. Ducommun.
- Une seconde caisse renferme également du charbon préparé à fdtre plus fin, et rend ses eaux dans un troisième réservoir garni d’un fdtre définitif, de sorte que les eaux qui en tombent au rez-de-chaussée, par un robinet, sont sans couleur et sans odeur.
- Le tuyau de chute, muni d’un tuyau mobile, peut communiquer aux tonneaux au lieu de communiquer au cuvier demi-circulaire h, fig. 24.
- Les tonneaux s’emplissent l’un par l’autre au moyen de bouts de tuyaux qui établissent la communication entre tous les tonneaux.
- Le ventilateur peut être placé dans le tonneau ou l’être dans le cuvier demi-circulaire.
- Le tuyau évaporateur est placé dans le tonneau à l’opposé du ventilateur.
- La suite au numéro prochain.
- ARTS ÉCONOMIQUES.
- Sur la possibilité d’acclimater en France et en Algérie le lama, l’alpaca et la vigogne ;
- par M. de Castelnau.
- Le genre lama se compose de trois races d’animaux reléguées dans la cordilière des Andes, au Pérou. Deux d’entre elles sont bien distinctes l’une de l’autre par leur caractère physique et par leurs mœurs ; ce sont le lama et la vigogne ; mais la troisième, l’alpaca,
- (l) Description des brevets, t. XIII, p. 312.
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
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- ne se distingue qu’avec peine du lama : ce dernier ainsi que l’alpaca ne se trouvent nulle part à l’état sauvage, tandis que la vigogne n’a jamais, jusqu’ici, été soumise à la domesticité. Cette espèce habite généralement, par petites troupes, sur les plateaux les plus élevés des Andes ; ses mouvements sont d’une extrême vivacité, et, aussitôt que la petite troupe aperçoit un voyageur, elle s’enfuit avec rapidité.
- Le lama vit aussi par troupes nombreuses dispersées dans les plaines et sur les plateaux des Andes ; mais, depuis longtemps, soumis à l’empire de l’homme, il n’éprouve aucune crainte à son approche. Il fournit, par sa laine, des habillements parfaitement appropriés à la rigueur du climat ; sa chair, semblable à celle du mouton, remplace, dans bien des endroits, toute autre viande ; enfin il tient lieu , à l’Indien, de tout autre animal de somme. Des troupes de ces animaux chargés de marchandises parcourent des distances de 1,600 kilomètres.
- Destiné à vivre à une hauteur de 3,000 à 3,500 mètres, les lamas sont habitués à un climat froid. La chaleur des plaines leur est nuisible ; on les conduit seulement, à de certaines époques de l’année, dans les vallées voisines des villes, afin de leur faire porter eux-mêmes leurs toisons sur des points plus favorables au chargement, que l’on fait ensuite à dos d’âne.
- Il ne faudrait cependant pas conclure de ce qui précède que la tonte des lamas fut universellement pratiquée ; la plupart d’entre eux n’y sont, au contraire, jamais soumis', et bien que, par une anomalie singulière, la toison du lama vaille souvent plus que l’animal entier, l’incurie des Indiens est telle qu’ils perdent souvent, par simple paresse, des revenus considérables.
- Il y aurait une très-grande utilité d’introduire le lama dans l’ancien monde : les moyens d’y réussir seraient de chercher à le répandre dans les contrées dont le climat et la nature du sol se rapprochent le plus de sa résidence naturelle, et les montagnes de l’Algérie semblent favorablement situées sous ce rapport ; là ses services pourraient être immenses, et, véritable chameau des montagnes, il continuerait, dans des terrains accidentés, les services que celui-ci rend dans les plaines sablonneuses.
- Pour réussir dans l’entreprise dont il s’agit, il faudrait embarquer une quarantaine de ces animaux, dont la moitié devrait être des alpacas, car leur laine est très-supérieure à celle du lama. Il serait nécessaire de faire accompagner le troupeau par quelques Indiens habitués aux soins qu’il réclame et aux opérations nécessaires à la propagation de l’espèce.
- A l’époque de son expédition, M .de Castelnau s’était procuré au Pérou un troupeau d’une trentaine de ces animaux; mais les bâtiments de l’Etat n’ayant pas reçu d’ordres à cet égard ne purent se charger de leur transport, et le commerce demandait des sommes énormes pour l’effectuer.
- Diverses tentatives ont été faites pour naturaliser en Europe le lama et ses congénères. En Angleterre, lord Derby s’était déjà procuré des alpacas et les avait fait reproduire. M. Stephenson avait aussi quelques individus en Ecosse. L’attention publique ayant été fixée sur ce progrès, une Société se forma pour tenter de l’accomplir, et les hommes les plus éminents de l’Angleterre s’empressèrent d’en faire partie.
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
- En Hollande, le roi Guillaume s’étant procuré, il y a quelques années, plusieurs lamas et alpacas, et même des vigognes, et ayant ordonné que ces précieux animaux reçussent, dans l’un de ses parcs, les soins les mieux dirigés, a vu pleinement réussir cette expérience, d’autant plus concluante qu’elle était tentée dans des circonstances défavorables. Trente-quatre individus sont aujourd’hui à la Haye.
- Buffon est le premier, en France, qui ait compris toute l’importance future de cette question d'application. Il écrivait, dès 1765, « que ces animaux seraient une excellente acquisition pour l’Europe, spécialement pour les Alpes et pour les Pyrénées, et produiraient plus de biens réels, disait-il, que tout le métal du nouveau monde. »
- Après Buffon vint, en 1782, l’abbé Beliardy, qu’un long séjour en Espagne avait mis à même de recueillir de nombreux documents sur le lama et ses congénères ; il insista sur l’utilité de l’importation de ces animaux. Le ministre, disait-il, qui aurait contribué à enrichir le royaume d’un animal aussi utile pourrait s’en applaudir comme de la conquête la plus importante; mais rien ne fut fait, et Buffon, alors dans un âge avancé, ne put que déclarer qu’il persistait à croire qu’il serait possible de naturaliser chez nous les trois espèces d’animaux si utiles au Pérou.
- Au commencement de notre siècle, nous voyons le vœu de Buffon et de Beliardy reproduit, et cette fois avec plus d’efficacité, par l’impératrice Joséphine, qui eut la généreuse ambition de doter notre pays, non-seulement du lama, mais de ses congénères, plus précieux encore que lui-même. Elle obtint que le roi d’Espagne, Charles IV, fît venir pour la France un troupeau assez considérable pour que l’on fût à l’abri des chances ordinaires d’accident et de mortalité ; mais on n’avait pas prévu celles de la guerre. Le troupeau resta six semaines à Buenos-Ayres sans qu’il fût possible de l’embarquer, et lorsque, en 1808, neuf individus, reste de trente-six, arrivèrent à Cadix, l’Espagne était en feu, et non-seulement les lamas ne purent recevoir les soins convenables , mais il s’en fallut de peu qu’ils ne fussent jetés à la mer. Ainsi échoua cette tentative, faite sur une grande échelle ; mais elle prouva, du moins, avec quelle facilité les lamas s’habituent à une nourriture fort différente de celle qui leur est naturelle.
- Dans ces derniers temps, on a fait à la ménagerie du muséum d’histoire naturelle des expériences tendant à établir qu’il est possible de propager, en France, les diverses espèces de lamas qui se plient, avec beaucoup de facilité, au régime de nos bestiaux.
- M. Geoffroy Saint-Hilaire pense que, lorsqu’une tentative sera faite sur un point bien choisi de nos Alpes et de nos Pyrénées, le succès en sera aussi assuré que peut l’être celui d’une entreprise nouvelle, à deux conditions toutefois, que l’essai soit institué sur une échelle suffisamment grande et dirigé selon les vrais principes de la science. (Acad, des sciences y 13 décembre 1847.)
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- INDUSTRIE ETRANGERE.
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- TABLEAU du nombre de fabriques de sucre de betterave existant dans les États de Vunion douanière, et des quantités de betteraves converties en sucre.
- — —
- NOMBRE QUANTITÉS DE BETTERAVES EMPLOYÉES.
- ÉTATS de fabriques.
- de d’union douanière. —
- 183G 1838 1841 1845 1841-42. 1842-43. 1843-44. 1844-45. 1845-46.
- quintaux (1) quint. quint, quint. quint.
- I Prusse. — 1® Prusse
- orientale » 2 1 2 10,554 11,443 16,652 10,224 12,393
- 2° Prusse occidentale... » 4 3 » 20,378 33,882 36,727 1,262 »
- 3° province de Posen.... )) 7 5 7 71,302 57,581 96,787 96,638 101,421
- 4» Poméranie » 10 6 5 113,873 108,392 120,637 104,053 94,298
- 5° Silésie 2 16 21 16 537,526 241,808 626,911 619,011 604,247
- 6° Brandebourg 2 11 4 3 228,883 64,836 145,876 145,992 131,550
- 7° Province deSaxe, y eom-
- pris le duché d’Anhalt. 11 43 48 37 2,460,040 1,397,421 2,529,516 2,224,136 2,656,531
- 8° Westphalie 1 2 3 4 225,639 108,871 190,821 162,331 266,345
- 9° Prusse rhénane 1 10 8 3 109,717 52,278 57,402 32,526 2,477
- Ensemble. 17 105 99 77 3,777,912 2,076,512 3,821,329 3,396,173 3,869,262
- II. Grand-duché de Bade. » 9 8 2 607,741 101,776 218,494 244,466 316,968
- III. Royaume de Wurtem-
- berg 1 4 2 2 209,176 122,854 81,700 55,863 59,521
- IV. Duché de Brunswick. » )) )) 2 » 54,680 51,807 55,715 65,707
- V. Royaume de Bavière.. 1 17 11 8 194,711 74,796 70,540 62,858 52,621
- VI. États de Thuringe... » 5 4 2 63,341 34,537 43,001 30,711 36,127
- VII. Hesse électorale » 7 4 2 41,679 26,498 23,914 23,648 25,375
- VIII.Royaume de Saxe... 1 5 2 1 42,578 » 25,605 24,426 20,887
- IX. Grand-duché de Hesse 1 4 4 )) 120,098 )) » » »
- X. Duché de Nassau.... )) 2 2 » 7,052 )) )) )) »
- Totaux 21 158 136 96 5,064,288 2,491,653 4,336,390 3,893,860 4,446,468
- (1) La livre de Prusse = 467 gr.; par conséquent, 1 quintal ou 100 livres = 46 kil. 700 gr.
- Les chiffres indiqués dans le tableau précédent donnent lieu aux observations suivantes :
- 1° La quantité de betteraves employées dans la province de Saxe est à celle fabriquée dans les autres parties de la monarchie prussienne comme 2 : 3 ; elle forme, par conséquent , les deux tiers de ces dernières.
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- 32
- INDUSTRIE ÉTRANGÈRE.
- 2° En comparant les chiffres de la province de Saxe avec la production de tous les autres Etats du Zollverein, on trouvera que, dans la campagne de 1811-1842, cette proportion était comme 1 à 2; mais que, plus tard, elle est descendue de 1 à 1,78, 1 à 1,71, 1 à 1,75, 1 à 1,52.
- 3° La Silésie emploie environ le sixième des betteraves converties en sucre dans toute l’étendue de la monarchie prussienne, ou le quart de celles consommées dans la province de Saxe ; aussi cette industrie a-t-elle fait des progrès en Silésie, quoique dans une proportion inférieure de celle de la province de Saxe.
- 4° Dans le Brandebourg, la quantité de betteraves travaillées est descendue de 229,000 quintaux, quelle était pendant la campagne de 1841-1842, à 131,000 dans celle de 1845-1846; tandis que, dans la province de Posen, le résultat a été inverse : 71,000 pendant la première époque et 101,000 pendant la seconde.
- 5° La production est insignifiante dans la Prusse orientale ; elle a décru en Poméranie.
- 6° La fabrication a entièrement cessé dans la Prusse occidentale et en W'estphalie ; elle est près de s’éteindre dans la Prusse rhénane.
- 7° Après la Prusse, c’est le pays de Bade qui offre la production la plus importante.
- 8° Dans presque tous les Etats du Zollverein, la fabrication a diminué depuis 1842 ; toutefois elle s’est un peu relevée dans ces dernières années.
- 9° La fabrication a entièrement cessé dans le grand-duché de Hesse et dans le duché de Nassau.
- 10° Le nombre des fabriques, qui, en 1838, était de 158, est réduit à 96 en 1845, quoique la masse des betteraves fabriquées ait éprouvé une augmentation sensible pendant ces sept années. Il y a dix ans, la fabrication du sucre de betterave réunissait un grand nombre de partisans enthousiastes qui considéraient cette branche d’industrie comme un moyen infaillible de faire fortune ; mais cette illusion a cessé depuis que des capitaux considérables ont été engloutis dans cette spéculation par l’appât de bénéfices qui ne se sont point réalisés.
- 11° En 1845, 77 fabriques de sucre de betterave étaient en activité en Prusse, et chacune d’elles travaillait 50,250 quintaux ; dans la même année , les 19 fabriques des autres États du Zollverein ne consommaient chacune que 30,367 quintaux.
- 12° Le rendement étant ordinairement de 5 pour 100 de sucre brut, il en résulte que le produit total de la campagne de 1845-1846 a été de 222,323 quintaux; mais, comme dans certains pays la culture des betteraves est très-avancée et que les méthodes de fabrication ont été perfectionnées, on peut établir que le rendement est de 6 et demi pour 100, ce qui donnerait 289,020 quintaux ou 13,500,000 kilogr. (1). ( Mémoires de la Société pour Vencouragement de l’industrie en Prusse, 3e livraison de 1847.)
- (1) Le nombre des fabriques de sucre existant en France, en 1847, était de trois cent soixante-sept, et leur production de 50 millions de kilogrammes de sucre environ ; c’est près de quatre fois plus que ce qui se fabrique en Allemagne, non compris l’empire d’Autriche. {N. d. R.)
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- INDUSTRIE ÉTRANGÈRE.
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- Liste des brevets d’invention délivrés en Prusse pendant Vannée 1846.
- 1. M. Muller, facteur d’instruments de musique à Berlin; nouveau mécanisme de piano. ( 4 janvier. — î> ans. )
- 2. LemémeetM. Schoenemann, à Berlin; disposition des claviers de pianos qu’on peut faire fonctionner avec des touches d’une dimension réduite. ( 16 février. — 8 ans. )
- 3. Les mêmes; claviers à octaves accouplés. ( 12 juin. — 5 ans. )
- 4. M. Schoenemann, professeur de mathématiques au gymnase de Brandebourg; balance à bascule et à plateau. ( 5 janvier. — 8 ans. )
- 5. M. Stephanowski, ingénieur civil à Posen; disposition nouvelle des gares d’évitement dans les chemins de fer. ( 18 janvier. — 8 ans. )
- 6. M. Mylius, à Berlin ; appareil de condensation et de rafraîchissement employé dans les brasseries. ( 12 février. — 8 ans. )
- 7. Le même ; nouvel appareil de distillation par la vapeur. ( 12 février. — 8 ans.}
- 8. M Goldschmidt, à Berlin; préparation d’un papier sur lequel on peut écrire avec une encre incolore. ( 12 février. — 6 ans. )
- 9. M. Ulmann, négociant à Berlin; méthode de soudure des barres de fer pour en former des arbres, des essieux et autres objets analogues. (25 février. —6 ans.)
- 10. M. Scholz ( E. ), instituteur à Breslau; appareil pour guérir le bégayement. ( 25 février. — 8 ans. )
- 11. M. Borchard, ingénieur des ponts et chaussées à Tannhausen; disposition mécanique des presses à comprimer les tuiles. (25 février. — 5 ans. )
- 12. M. Schildknecht, fabricant à Berlin; nouveau moyen de contrôle des cochers de voitures publiques. ( 26 février. — 8 ans. )
- 13. M. Wolf, fabricant à Elberfeld; disposition adaptée au métier Jacquart, pour la fabrication des tissus rayés transversalement, avec économie de cartons. ( 9 mars. — 8 ans. )
- 14. M. Mendelssohn, à Berlin; machine à fendre le bois de chauffage. ( 13 mars. — 5 ans. )
- 15. MM. ICamphausen et Dister, à Cologne; procédé de transport des vieux manuscrits et imprimés. ( 20 mars. — 5 ans.)
- 16. M. Hoffman, inspecteur des manufactures à Breslau; machine propre à déblayer les neiges sur les chemins de fer. ( 31 mars. — 15 ans. )
- 17. Le même; mécanisme pour régler la marche de machines à vapeur fonctionnant sans manivelle et sans volant. ( 28 avril. — 8 ans. )
- 18. M. Blumenreich, propriétaire de la verrerie de Neudorf, près Gleiwitz en Silésie ; nouvelle forme de pots pour fondre le fer au moyen de la houille. ( 20 avril. — 5 ans.)
- 19. M. Fabian, facteur d’orgues à Braetz ; disposition des soufflets d’orgues facilitant le jeu de ces instruments. ( 20 avril. — 8 ans. )
- 20. M. Taurinus, à Cologne; nouveau système d’écluses. ( 23 avril. — 8 ans. )
- 21. M. Brehmer, maire à Carmenfelde; charrue à double soc. (23 avril. — 5 ans. )
- Quarante-septième année. Janvier 1848. 5
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- INDUSTRIE ÉTRANGÈRE.
- 22. M. Komyn, propriétaire à Wardhausen ; métier mécanique pour la filature en fin du coton et de la laine. ( 23 avril. — 5 ans. )
- 23. M. Becker, facteur d’instruments à Winterscheid ; nouvelle méthode pour toucher du piano. ( 30 avril. — 5 ans. )
- 24. M. Milde, fabricant de toiles peintes à Breslau ; disposition pour préparer et étirer le coton, la laine et autres matières filamenteuses. ( 17 mai. — 5 ans. )
- 25. M. Schermeng, dessinateur à Elberfeld; cage à navette pour être adaptée au métier à fabriquer les étoffes brochées. ( 21 mai. — 10 ans. )
- 26. M. Elliot, négociant à Berlin ; moyen de recouvrir les fils de fer d’un enduit de résine ou de plomb. ( 21 mai. — 8 ans. )
- 27. Le même; métier mécanique pour filer en fin le coton et la laine. ( 18 juillet. — 8 ans. }
- 28. M. Hanewald, propriétaire d’une sucrerie à Brieg; nouvelle presse à vapeur.
- ( 31 mai. — 8 ans. )
- 29. M. Hirtz ( N. ), constructeur de machines à Berlin; nouveau procédé d’étirage du fil de fer. ( 5 juin. — 8 ans. )
- 30. M. Baunscheidt, mécanicien à Poppelsdorff près Bonn; semoir pour les graines forestières. ( 5 juin. — 5 ans. )
- 31. M. Engelhardt, horloger à Berlin; arrêt de montre à repos et à force constante.
- ( 8 juin. — 8 ans. )
- 32. M. Michaut, plombier à Berlin; procédé pour extraire le plomb des crasses de plomb qui surnagent le bain pendant la fusion. ( 19 juin. — 10 ans. )
- 33. M. Grebin, horloger à Berlin; cache-entrée de serrures mettant celles-ci à l’abri des fausses clefs et rossignols. ( 20 juin. — 8 ans. )
- 34. Le meme; appareil pour blanchir le linge. ( 22 juin. — 8 ans. )
- 35. M. Steimmig, mécanicien à Dantzick; machine propre à triturer, mélanger et nettoyer l’argile pour la fabrication des tuiles. ( 28 juin. — 8 ans. )
- 36. MM. Scheibler et comp., fabricants à Cresfeld; métier pour fabriquer le satin uni et broché. ( 28 juin. — 8 ans. )
- 37. M. Kraekwitz, mécanicien à Anclam; cadre et charronnage pour des waggons de chemins de fer, à dix roues, avec essieux tournants. ( 7 juillet. — 8 ans. )
- 38. M. Reinhardt, de Manheim; nouveau condensateur pour des appareils de distillation. ( 13 août. — 8 ans. )
- 39. M. Einsel, maître ouvrier à Crefeld; machine pour monter, sur l’ensoupîe, les chaînes des tissus, principalement les chaînes de soie. ( 13 août. — 8 ans. )
- 40. MM. Çlarenbach et fils, fabricants à Hukeswagen; nouvelles dispositions mécaniques applicables aux machines à carder la laine. ( 22 août. — 8 ans. )
- 41. M. Serre, major au service de Prusse, à Maxen près Dresde; nouveau pétrisseur.
- ( 27 août. — 8 ans. )
- 42. M. Piepenstock, fabricant à ïserlohn ; anneaux applicables à diverses industries.
- ( 30^août. — 5 ans. )
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- BIBLIOGRAPHIE INDUSTRIELLE.
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- 43. M. Lange, à Berlin; alliage applicable à la fermeture de portes des poêles. 17 septembre. — 5 ans. )
- 44. M. Knaus, facteur d’instruments de musique à Coblentz; mécanique à double échappement pour pianos. ( 30 septembre. — 5 ans. )
- 45. M. Warker, facteur d’instruments de musique à Trêves; moyen d’attacher les cordes sur la table d’harmonie des pianos. {12 octobre. — 5 ans/)
- 46. M. Burbach, négociant à Cologne; appareil photographique propre à la représentation des panoramas. ( 12 octobre. — 5 ans. )
- 47. M. Semper, à Guben; disposition mécanique pour alimenter de laine les loups et les machines à carder. ( 15 octobre. — 5 ans. )
- 48. M. Kufahl, ingénieur-mécanicien à Berlin; nouveaux barreaux pour grilles. ( 3 novembre. — 5 ans. )
- 49. M. Kiepe, teinturier à Limbourg; appareil pour la teinture en réserve des dessins en blanc sur fond bleu. ( 7 novembre. — 5 ans. )
- 50. M. Oechelhaeuser, à Siegen; locomoteurs pouvant franchir des pentes inclinées. ( 15 novembre. — 8 ans. )
- 51. M. Naeter (E. ), facteur d’instruments de musique à Demmin ; genre de cordes de pianos. ( 25 novembre. — 5 ans. )
- 52. MM. Gaebel et Pohl, à Mittelwalde; nouveau mode de rouissage du chanvre. ( 25 novembre. — 5 ans. )
- 53. M. Fischer, facteur d’orgues, à Bole; soupape pour les soufflets d’orgues. ( 6 décembre. — 5 ans. )
- 54. M. Leonhardt, horloger à Berlin; télégraphe électrique. (10 décembre —5 ans.)
- 55. M. Zoller, à Berlin ; frein de sûreté pour les waggons des chemins de fer à huit roues. ( 18 décembre. — 5 ans. )
- BIBLIOGRAPHIE INDUSTRIELLE.
- Livres français.
- De l’état de l’industrie dans la société moderne et de la part qui lui revient dans les progrès de la civilisation ; par G. Pigeon. In-8, Lyon, Boitel.
- Loi sur la police des chemins de fer, promulguée le 21 juillet 1846. In-32, Paris, Mathias, quai Malaquais, 15.
- Système métrique et légal des poids et mesures ; par Àstier. In-lS, Paris, Delalain, rue des Mathurins-Saint-Jacques.
- Considérations générales sur l’origine et la formation des asphaltes, et de leur emploi comme ciment naturel appliqué aux travaux d’utilité publique et privée; par Huguenet, In-8, Paris, Mathias.
- Cours d’analyse de l’école polytechnique ; par Duhamel. 1 vol. in-8, Paris, Bâche* lier, quai des Augustins, 55.
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- BIBLIOGRAPHIE INDUSTRIELLE.
- Mémoire sur la meunerie, la boulangerie et la conservation des grains et des farines ; par A. Roîlet. 1 vol. in-4 et un atlas in-folio de 62 planches, Paris, Carilian-Gœury et Dalmont, quai des Augustins.
- Mémoire sur le gisement du sel gemme dans le département de la Moselle ; par Le~ vallon. In-8, Nancy, Rayhois.
- Almanach Bottin du commerce de Paris et des départements pour 1847. 1 gros vol. in-8, Paris, rue J.-J.-Rousseau, 20.
- Bulletin des travaux de la Société libre d’émulation de Rouen pendant l’année 1845-1846. 1 vol. in-8, Rouen, Rivoire.
- Caloridores et calorifuges, nouveau système d’économie sur le combustible ; par P. Pimont. In-8, Paris, Mathias.
- Collection de tableaux polytechniques ; par Roguet. In-plano, Paris, Carilian-Gœury et Dalmont.
- Eléments de perspective linéaire ; par À. Guiot. 1 vol. in-8 avec atlas, Paris, Bachelier.
- Description des machines et procédés consignés dans les brevets d’invention dont la durée est expirée, t. 62, 63 et 64. 3 vol. in-4 avec pl., Paris, Bouchard-Huzard.
- Mémoires de l’Académie royale de Metz, 27 et 28e années, 1845-1846, 1846-1847. 2 vol. in-8, Paris, Derache, rue du Bouloi, 7.
- Nouveau mode de culture et d’échalassement de la vigne; par Collignon d'Ancy. In-8, Metz; Warion.
- Résumé de l’histoire du commerce et de l’industrie de la France; par Chandelier. In-8, le Havre, Carpentier.
- Etudes chimiques sur, les cours d’eau du département de la Loire-Inférieure ; par MM. Bobière et Moride. In-8, Nantes, Sebire.
- Note sur le débordement des fleuves et rivières ; par Polonceau. In-8, Paris, Mathias.
- Le télégraphe électromagnétique américain, trad. de l’anglais. 1 vol. in-8, Paris, Mathias.
- Traité de chimie appliquée aux arts; par M. Dumas; t. II. 1 vol. in-8, Paris, Bé-chet, rue de FEcole-de-Médecine, 4.
- Relation entre la nitrification et la fertilisation des terres ; par Kuhlman. In-8, Lille, Lefort.
- Tableau général du commerce de la France avec ses colonies pendant les années 1845 et 1846, publié par l’administration des douanes. 2 vol. in-4, Paris, Renard, rue Sainte-Anne, 71.
- Annuaire de la typographie parisienne et départementale ; par Prétot. In-18, Paris, rue Neuve-des-Mathurins, 18.
- Association pour la défense du travail national ; examen des théories du libre échange. In-4, Paris, rue Hauteville, 58.
- Essai sur l’industrie des matières textiles ; par M. Alcan. 1 vol. in-8 avec atlas in-4 oblong, Paris, Mathias.
- Instruction pour le peuple. Cent traités. Filature, tissage. In-8, Paris, Dubochet, rue de Richelieu.
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- BIBLIOGRAPHIE INDUSTRIELLE.
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- Rapport annuel sur les progrès de la chimie, présenté à l’Académie royale de Stockholm par M. Berzélius. 1 vol. in-8, Paris, Masson, place de l’École-de-Médecine, 1.
- Traité de chimie minérale, végétale et animale; par le meme; 2e édit. 1 vol. in-8, Paris, Didot.
- Guide du sondeur; par Degousée. 1 vol. in-8 avec atlas in-4, Paris, Langlois et Leclerc, rue de la Harpe, 81.
- Guide des cultivateurs; par Dczeimeris. 1 vol. in-18, Paris, Dusacq, rue Jacob, 26.
- De la taille des arbres fruitiers; par G. D. In-18, Paris, Bouchard-Huzard.
- Traité de la culture du noyer dans les départements du centre ; par Huard Duplessis. In-8, Paris, Bouchard-Huzard.
- Annuaire de l’Académie des sciences , inscriptions et belles-lettres de Toulouse. In-18, Toulouse, Douladoure.
- Architecture civile ; maisons de ville et de campagne ; par Dubut. In-folio, Paris, Marie et Bernard, rue des Grands-Augustins, 1.
- Description des divers types de machines à vapeur dites d’épuisement, du bassin houiller de la Loire ; par Baure. In-8, Saint-Etienne, Théolier.
- Manuel complet du teinturier; par Biffault, Vergnault, Julia Fontenelle. 1 vol. in-18, Paris, Roret.
- Opinions des hommes politiques, des savants, des agronomes et des agriculteurs sur l’utilité du sel pour les plantes et les animaux ; par M. Demesmay. In-8, Paris, Dusacq, rue Jacob, 26.
- Cours d’agriculture; par M. le comte âe Gasparin; t. III. 1 vol. in-8, Paris, Dusacq.
- Cours de dessin linéaire appliqué aux arts et à l’industrie. 1 vol. in-8, Paris, Carilian-Gœury et Dalmont.
- Procédés employés pour obtenir les épreuves photographiques sur papier ; par Blan-quart Evrard. In-8, Paris, Baillière.
- Atlas général des phares et fanaux à l’usage des navigateurs ; par Coulier. In-4, Paris, rue du Bac, 67.
- Dictionnaire des arts et manufactures ; par Alcan, Barrai, etc. 1 vol. in-8 , Paris, Mathias.
- Eléments de trigonométrie ; par Lefèvre de Fourcy; 6e édition. 1 vol. in-8 , Paris, Bachelier.
- Leçons de géométrie analytique; par le même. 1 vol. in-8, Paris, Bachelier.
- Exposé des faits relatifs à la fabrication des tresses de paille française ; par Fleschelle. In-8, Paris, Appert.
- Notions élémentaires de balistique appliquée aux armes à feu ; par Thiroux. 1 vol. in-8, Versailles, Montalant Bougleux.
- Cours élémentaire de chimie ; par Deguin. 1 vol. in-8, Paris, Belin, rue Christine, 5,
- De la marne, de sa véritable nature et de son emploi en agriculture ; par Desvaux. In-8, Paris, Bouchard-Huzard.
- Mémoires de la Société d’agriculture, sciences et arts de Bayeux; t. III. 1 vol. in-8, Bayeux, Leméteyer.
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- BIBLIOGRAPHIE INDUSTRIELLE.
- Mémoires de la Société royale des sciences, de l’agriculture et des arts de Lille ; année 1845. 1 vol. in-8, Lille, Danel.
- Mémoires de la Société royale et centrale d’agriculture, sciences et arts du département du Nord, séant à Douai; 1845-1846. 1 vol. in-8, Douai, Adam d’Aubers.
- Libre échange et protection ; par Goldenberg. In-8, Paris, Didot, rue Jacob, 56.
- Peinture sur porcelaine, sur verre et sur cristaux, procédés de la manufacture royale de Sèvres. In-18, Paris, Desloges, rue Saint-André-des-Arts, 39.
- Théorie des effets optiques que présentent les étoffes de soie; par Chevreul. 2 vol. in-8, Paris, Didot.
- Traité du dessin géométrique; par Burg. 1 vol. in-4 avec atlas de planches, Paris, Corréard, rue de l’Est, 9.
- L’agriculture allemande, ses écoles, son organisation, ses pratiques; par Royer. 1 vol. in-8, Paris, Dusacq, rue Jacob, 26.
- Ce qu’il adviendrait de l’agriculture en France avec le libre échange; par M. Huzard. ïn-8, Paris, Bouchard-Huzard.
- Considérations sur les moyens à employer pour améliorer la Sologne; par M. de Larocque. In-8, Paris, Pillet aîné.
- Culture des plantes économiques, oléagineuses, textiles et tinctoriales ; par Schwerz. 1 vol. in-8, Paris, Bouchard-Huzard.
- Enquête sur la maladie des pommes de terre en France pendant les années 1845 et 1846; par M. Payeti. In-8, Paris, Bouchard-Huzard.
- Notice sur diverses questions de chimie industrielle, médicale et agricole ; par Girar-din. In-8, Rouen, Lefèvre.
- Agriculture française; par MM. les inspecteurs de l’agriculture,—département de l’Aube. 1 vol. in-8, Paris, Roret, rue Hautefeuille, 10 bis.
- Chemins de fer français. Code annoté ; par Bacqua. 1 vol. in-8, Paris, rue des Pou-lies-du-Louvre, 9 bis.
- Congrès scientifique de France; 13e session tenue à Reims en septembre 1845. 1 vol. in-8, Reims, Jacquet.
- Dictionnaire analytique et raisonné des articles indigènes et exotiques ; par Roussel. 1 vol. in-8, Paris, Roussel, rue Marsollier, 7.
- Lettres sur la chimie considérée dans ses applications à l’industrie ; par Justus Liebig. 1 vol. in-12, Paris, Masson.
- Mémoire sur l’importance de l’emploi du sel pour les animaux ; par Miche Tronc. In-8, Lyon, Perrin.
- Application à l’agriculture des éléments de physique et de chimie; par Caillet. 2 vol. in-12, Paris, Mathias.
- Congrès des agriculteurs du nord de la France; 3e session tenue à Amiens les 6 et 8 novembre 1846. In-8, Amiens, Duval.
- De la culture du topinambour; par Bagot. In-8, Paris, Dusacq, rue Jacob, 26.
- Traité élémentaire d’arpentage et de nivellement ; par Pouillet-Ducatez. 1 vol. in-8, Arras, Brissy.
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- bibliographie industrielle.
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- Expériences sur le sel employé pour l’amendement des terres et l’engraissement des animaux; par M. le baron Faurier. In-4, Nancy, chez l’auteur.
- Traité élémentaire de physique; par Péclet; 4e édit. 2 vol. in-8, Paris, Hachette, rue Pierre-Sarrazin.
- Cours de chimie appliquée professé à l’école centrale des arts et manufactures et au Conservatoire des arts et métiers ; par M. Payen. In-8, Paris, Brière.
- Mémoire sur l’apprentissage et sur l’éducation industrielle ; par César Fichet. In-4, Paris, rue Basse-du-Rempart, 28.
- Mémoire sur l’état de la production du sucre indigène et du sucre colonial ; par Fa-vard. In-8, Paris, Blondeau.
- Annales de la Société séricicole fondée pour l’amélioration de l’industrie de la soie en France ; 10e année. 1 vol. in-8, Paris, Bouchard-Huzard.
- De la liberté du commerce et de la protection de l’industrie. In-8, Paris, Amyot, rue de la Paix, 6.
- Essais sur la taille et la conduite des arbres fruitiers. In-12, Nantes, Gailmard.
- Nouvelles manipulations chimiques simplifiées ; par Violette. 1 vol. in-8, Paris, Mathias.
- Affranchissement de l’industrie anglaise dans l’intérêt de la richesse du pays ; par Bœderer. In-8, Paris, Didot.
- Mémoire de la Société royale d’agriculture du département de Seine-et-Oise ; 46° année. 1 vol. in-8, Versailles, Dufaure.
- Traité complet de l’évaluation de la menuiserie ; par Boileau et Bellot. 1 vol. in-8 avec atlas de planches, Paris, Carilian jeune, rue Saint-André-des-Arts, 15.
- Traité de minéralogie ; par Dufresnoy. 2 vol. in-8, Paris, Carilian-Gœury et Dalmont.
- Application de la géométrie descriptive aux ombres, à la perspective, à la gnomonique et aux engrenages ; par Théod. Olivier, 1 vol. in-4 avec atlas de 58 planches, Paris, Carilian-Gœury et Dalmont.
- De l’organisation de l’enseignement agricole en France ; par Fabre. In-8, Paris, Bouchard-Huzard.
- Exercice de dessin linéaire ; par Bouillon. In-8, Paris, Hachette.
- Le guide du magnanier ; par Fraissinet. 1 vol. in-8, Nîmes, Ballivet.
- Traité de l’exploitation des mines ; par Combes ; t. III. In-8 avec atlas, Paris, Carilian-Gœury et Dalmont.
- Manuel des inventeurs et des brevetés; par Perpigna; 8® édition. 1 vol. in-8, Paris, rue Neuve-Saint-Augustin, 10.
- De la liberté commerciale et de la marine marchande ; par Delaunay. In-8 , Havre, Brindeau.
- De l’art aérostatique et de son application aux transports par air ; par Dupuis Del-court. In-4, Paris, Bachelier.
- Ecole centrale des arts et manufactures; année 1846-1847. In-8, Paris, Bachelier.
- Manuel complet de la fabrication des allumettes chimiques, du coton et du papier-poudre ; par Roussel. In-18, Paris, Roret.
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- BIBLIOGRAPHIE INDUSTRIELLE.
- AO
- Observations sur le fumier de basse-cour et les engrais artificiels. In-8 , Paris, Bou-chard-Huzard.
- Recherches expérimentales sur l’alimentation des bestiaux et des vaches-laitières; par Robert Dundas Thompson, trad. de l’anglais. In-8, Paris, Bouchard-Huzard.
- Recueil de documents relatifs à l’exploitation des mines métallifères de l’Aveyron. 1 vol. in-8, Paris, Langlois et Leclercq, rue de la Harpe, 81.
- Théâtre d’agriculture du xixe sièle ; par Gustave Heuze. 1 vol. in-8, Paris, Roret.
- Àutophotographie ou méthode de reproduction par la lumière des dessins, lithographies, gravures, etc.; par Mathieu. Paris, Chevalier, place du Pont-Neuf, 15.
- Éléments populaires de chimie agricole ; par Lhéritier et Roussel. 1 vol. in-12, Paris, Gouet, rue des Beaux-Arts, 6.
- Cours élémentaire théorique et pratique de dessin linéaire; par Lebeaïïe. In-4, Paris, Bachelier.
- Mémoires d’agriculture, d’économie rurale et domestique, publiés par la Société royale et centrale d’agriculture; année 1847. 1 vol. in-8, Paris, Bouchard-Huzard.
- Notice sur l’importance des produits résineux que l’on peut retirer des pins maritimes de la Sarthe; par Demande. In-8, le Mans, Julien.
- Documents relatifs au coton détonant. In-8, Paris, Corréard, rue de l’Est, 9.
- Éléments de physique terrestre et de météorologie; par Becquerel. 1 vol. in-8, Paris, Didot.
- Mémoire sur les quantités de sel chloruré de sodium contenu dans les plantes des terrains salifères et non salifères ; par le même. In-8, Paris, Didot.
- Recherches expérimentales sur l’action du sel dans la végétation ; par le même. In-8, Paris, Didot.
- Études sur l’aérostation ; par Marey-Monge. 1 vol. in-8, Paris, Bachelier.
- Études sur les voies de communication perfectionnées; par Ed. Teisserenc. 2 vol. in-8, Paris, Mathias.
- Nouveaux renseignements pratiques sur le procédé de photographie sur papier de M. Blanquart-Evrard ; par de Valicourt. In-8, Paris, Roret.
- Du travail des enfants employés dans les ateliers , usines et manufactures ; par le baron Charles Dupin. In-8, Paris, Bachelier.
- Éléments de trigonométrie rectiligne ; par Cirodde. In-8, Paris, Hachette.
- Méthode pour suppléer aux instruments dans les opérations de géométrie pratique ; par Renaud. In-4 , Paris, Bénard.
- Code-manuel des ouvriers, contre-maîtres et apprentis; par Louis Bellat. In-16, Paris, rue Notre-Dame-des-Yictoires, 46.
- Mission commerciale en Chine. Industrie des soies et soieries; par Hedde. In-8, Lyon, Barret.
- Expériences pour déterminer les principales lois physiques et les données numériques qui entrent dans le calcul des machines à vapeur; par V. Régnault. 1 vol. in-4 , Paris , Didot.
- Trigonométrie rectiligne et sphérique ; par Latière. In-8 , Paris , au dépôt des cartes marines.
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- BIBLIOGRAPHIE INDUSTRIELLE.
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- Agriculture élémentaire théorique et pratique ; par Legras. In-12, Mirecourt, Humbert.
- Contrefaçon des procédés de dorure et d’argenture de MM. Elkington et Ruolz ; rapport d’expertise ; par MM. Barrai, Chevalier et Henry. In-4, Paris, Duverger.
- De l’amélioration du bétail en Limousin; par de Tourdonnet. In-8, Paris, Guiraudet.
- Manuel du cultivateur de dahlias; par Legrand. In-18, Paris, Dusacq, rue Jacob, 26.
- Mémoires de la Société d’émulation de Cambray; Cambray, t. XX, 1844-1845. 1 vol. in-8 , Lesne Daloin.
- Cours d’horticulture ; par Poiteau. 1 vol. in-8, Paris, Bouchard-Huzard.
- Cours élémentaire et pratique de dessin linéaire ; par MM. Boniface et Choquet. In-8, Paris, Delalain, rue des Mathurins-Saint-Jacques.
- Guide du chemin de fer de Paris au Havre. In-16, Paris, Bourdin, rue de Seine, 51.
- Méthode théorique et pratique de photographie sur papier; par Guillot Saguez. In-8, Paris, Y. Masson, place de l’École-de-Médecine.
- Code du commerce des bois carrés ou à œuvrer ; par F. Moreau. 1 vol. in-8, Paris, Dauvin et Fontaine, passage des Panoramas.
- Publication industrielle des machines, outils et appareils les plus perfectionnés ; par Armengaud aîné ; t. V. 1 vol. in-8 avec atlas de planches, Paris, Mathias.
- Annuaire de l’horticulteur; par Bixio. In-16, Paris, Pagnerre, rue de Seine , 14 bis.
- Instruction sur une nouvelle méthode de cultiver la vigne sans échalas ; par Lebœuf. In-8, Paris, Bouchard-Huzard.
- Maison rustique du xix* siècle ; par Ysabeau et Bixio. 5 vol. in-8 , Paris, Dusacq , rue Jacob, 26.
- Règles pratiques sur l’art de conduire les machines locomotives ; par Martial Chevalier. In-18, Paris, Mathias.
- Histoire de la recherche, de la découverte et de l’exploitation de la houille dans la Flandre ; par Ed. Grar. 1 vol. in-4, Valenciennes, Prignet.
- Vade-mecum du mécanicien constructeur de machines locomotives ; par Florentin Coste. In-18, Paris, Mathias.
- Eléments de géométrie descriptive; par Bertaux Levillain. In-8, Paris, Carilian-Gœury et Dalmont.
- Guide universel indiquant le service des chemins de fer, bateaux à vapeur, etc.; par Lebouteiller. Paris, place de la Bourse, 27.
- Voies de communication aux États-Unis; par Stuchlé. 1 vol. in-8, Paris, Carilian-Gœury et Dalmont.
- Dictionnaire abrégé des sciences, des lettres, des arts, de l’industrie, etc., par Louis Renier. 2 vol. in-8, Paris, Didot.
- Traité de chimie élémentaire ; par Allain. 1 vol. in-8, Paris, Baillière, rue de l’École-de-Médecine, 17.
- Cours de mécanique professé à l’École des ponts et chaussées ; par J. B. Bélanger. 1 vol. in-8, Paris, Carilian-Gœury et Dalmont.
- Guide des constructeurs ou traité complet des connaissances théoriques et pratiques relatives aux constructions ; par Mignard. 2 vol. in-8, Paris, Bachelier. Quarante-septième année. Janvier 1848.
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- BIBLIOGRAPHIE INDUSTRIELLE.
- Des travaux publics dans leurs rapports avec l’agriculture; par Aristide Dumont. 1 vol. in-8, Paris, Guillaumin, rue de Richelieu, 14.
- Rapports sur les instruments inventés et construits par Charles Çhevalier. In-8, Paris, Palais-Royal, 163.
- Recueil de mémoires et de procédés nouveaux concernant la photographie; par le même. 1 vol. in-8, Paris, Roret.
- Colonie agricole et horticole de Petit-Bourg. Compte rendu des exercices 1844-1845. In-8, Paris, Yinchon.
- Eléments de physique; par Ch. Roguet. In-8, Paris, Dupont, rue de Grenelle-Saint-Honoré, 55.
- Abrégé des sciences et des arts ; traduit de l’anglais de Blair. In-12 , Limoges, Martial Ardant.
- Etudes sur le chemin de fer de Lyon à Avignon et sur l’endiguement du Rhône ; par Mortillet. In-8, Lyon, Perrin.
- Méthode simple et facile pour lever les plans; par Lecoq. In-12, Paris, Mathias.
- Nouveau manuel du menuisier en bâtiments; par Teyssèdre. In-18, Limoges, Martial Ardant.
- Société d’horticulture de Paris; séance publique du 19 septembre 1847. In-8, Paris, Bouchard-Huzard.
- Aperçu sur quelques systèmes de chauffage, spécialement sur le chauffage à l’eau chaude ; par Hermann. In-8, Guebwiller, Bruckert.
- Chimie élémentaire, par Bouchardat; 3e édit. 1 vol. in-12, Paris, Baillière.
- Congrès central d’agriculture ; 4e session , du 22 mars au 1er avril 1847. 1 vol. in-8 , Paris, bureau rue Coquillière, 22.
- Conseils aux agriculteurs; par Dezeimeris. In-12, Paris, Dusacq, rue Jacob, 26.
- Des fermes-écoles, des instituts agricoles et des fermes modèles; par Chambray. In-8, Paris, Pillet aîné.
- Histoire naturelle agricole des animaux domestiques de l’Europe ; trad. de l’anglais. ln-4, Paris, rue Saint-Honoré, 288.
- Leçons élémentaires de physique; par Baume et Poirier. In-12, Paris, Lecoffre, rue du Vieux-Colombier, 29.
- Manuel de l’éducateur des vers à soie; par Robinet. Paris, rue Jacob, 26.
- Manuel théorique et pratique du jardinier; par Pirolle. 1 vol. in-12 , Paris, Pigo-reau, quai des Augustins, 9.
- Traité de la culture des champignons ; par V. Paquet. In-12, Paris, Cousin, rue de Seine, 31.
- Du pin maritime et de sa culture dans les dunes ; par Boitel. In-8, Paris, Bouchard-Huzard.
- Cours de chimie générale ; par J. Pelouze et Frémy. 1 vol. in-8, Paris, Masson, place de l’École-de-Médecine.
- Dictionnaire de bromatologie végétale exotique; par Mouchon. 1 vol. in-8, Paris, Baillière,
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- BIBLIOGRAPHIE INDUSTRIELLE.
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- Précis sur les chemins de fer de la France ; par Cronier. 1 vol. in-8 , Paris, Mathias-
- Sténographie perfectionnée ; par Pillon. In-4, Paris, Delalain.
- Cours élémentaire de chimie de Régnault. 2 vol. in-8, Paris'Masson.
- Notions industrielles contenant l’explication des forges, verreries, machines à vapeur, etc.; par Boucard. In-18, Paris, Hachette.
- Notions sur les arts et métiers; par le même. In-18, Paris, Hachette.
- Recherches sur les arrosages chez les peuples anciens ; par Jaubert de Passa. 1 vol. in-8, Paris, Bouchard-Huzard.
- Éléments de physique expérimentale et de météorologie ; par Pouillet. 2 vol. in-8, Paris, Béchet jeune, place de l’École-de-Médecine, 1.
- Étude pratique des tissus de laine convenables pour la Chine ; par Nathalis Rondot. 1 vol. in-8, Paris, Guillaumin.
- Leçons instructives et morales sur l’industrie; par Mazure. In-18, Paris, Delalain.
- Mémoires de l’Institut royal de France ; t. XVII. In-4.
- Documents officiels sur le matériel des chemins de fer ; par Valerio et de Brouville. In-4, Paris, Mathias.
- Nouveau manuel complet du charpentier ; par Biston, Boutereau et Hanus. In-18 , Paris, Roret.
- Mémoires de l’Académie des sciences , agriculture et commerce du département de la Somme. 1 vol. in-8, Amiens, Duval.
- Mémoires de la Société des sciences , agriculture et arts de Lille ; année 1846. 1 vol. in-8, Lille, Danel.
- Traité du nivellement; par Breton. 1 vol. in-8, Paris, Mathias.
- Traité complet du dessin linéaire; par J. Lipowski. In-4, Strasbourg, veuve Levrault.
- Ouvrages périodiques.
- Portefeuille des horticulteurs. In-8, Paris, Michaud, rue d’Enfer, 66.
- Bulletin de la Société d’émulation du département de l’Ailier. In-8, Moulins, Des-roziers.
- L’Avant-garde agricole; par le marquis de Travanet. In-8, Paris, rue St.-Lazare, 10.
- Le Territorial, journal d’agriculture et d’industrie. In-fol. , Paris , rue Sainte-Anne , 51 bis.
- Revue agricole et industrielle de la Côte-d’Or ; par Joigneaux. In-8 , Dijon, veuve Noellat.
- Revue du travail, journal mensuel des classes laborieuses ; par l’abbé le Dreuille. In-8, Paris, rue J.-J.-Rousseau, 5.
- Moniteur des architectes. In-4 , Paris, rue Laffitte, 45.
- Le Daguerréotype, revue de la photographie ; par Meyer frères. Paris, rue Saint-Antoine, 110.
- Journal des patentes et brevets d’invention; par Leclerc. In-4, Paris, rue Fontaine-Saint-Georges, 29.
- Bulletin agricole de l’arrondissement de Schelestadt. In-8, Schelestadt, Helbin.
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- PROCÈS-VERBAUX.
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- . La France agricole. In-folio, Paris, rue Saint-Honoré, 337.
- L’Écho de l’industrie française ; journal des inventeurs. In-fol., Paris, rue de Seine, 10. Moniteur agricole; par M. Magné. In-8, Paris, rue J.-J.-Rousseau, 8.
- Bulletin de la Société centrale d’agriculture et d’industrie du département de la Nièvre. In-8, Nevers, Duclos.
- Extrait des procès-verbaux des séances du conseil d’administration de la Société
- d’encouragement.
- Séance du 5 janvier 1848.
- Correspondance. La commission du monument à ériger à la mémoire de Geoffroy Saint-Hilaire invoque l’appui de tous les amis des sciences naturelles pour élever à ce savant illustre une statue dans la ville d’Étampes, lieu de sa naissance. Elle transmet le programme de la souscription, à la tête de laquelle elle prie la Société d’encouragement pour l’industrie nationale de vouloir bien se placer.
- M. Moreau, rue de Clichy, 48, annonce qu’il a reçu de M. Vattemare, son beau-père, douze volumes dont la Société d’agriculture de New-York fait hommage à la Société d’encouragement.
- Le conseil vote des remercîments à cette Société ainsi qu’à M. Vattemare pour son utile coopération.
- M. Pons, ancien député de l’Hérault, demande son admission au concours pour la fabrication des tuyaux destinés à la conduite des eaux. Il annonce avoir fondé , à Ville-mur, commune de Jouques ( Bouches-du-Rhône ), un établissement pour la fabrication des poteries réfractaires pour tous les usages domestiques, et des tuyaux pour la conduite des eaux et du gaz. Ces poteries ont, suivant M. Pons, un très-grand degré de finesse et de légèreté ; elles subissent au feu, sans casser et sans éprouver la moindre altération dans le vernis, toutes les épreuves auxquelles elles peuvent être soumises. Les tuyaux de différents diamètres et de 1 mètre de long, essayés par MM. les ingénieurs des ponts et chaussées, notamment par M. l’ingénieur en chef du canal de Marseille, sont adoptés par lui pour la distribution de l’eau dans toute l’étendue de la ville , ont supporté , sans casser, une pression de 20 atmosphères. M. l’ingénieur des mines, à Marseille , a fait l’analyse de la terre employée dans l’établissement de M, Pons, et a constaté sa supériorité sur toutes celles du midi de la France.
- M. Lerot, horloger à Argentan ( Orne), en adressant le plan et la description du mécanisme d’horlogerie dit réveille-matin, qu’il a soumis à l’examen de la Société, y joint le plan de la grande horloge qu’il a établie au collège de cette ville.
- M. Mathon, à Saint-Quentin ( Aisne ), adresse le plan d’un nouveau moteur sur lequel il appelle l’attention de la Société.
- M. Mansonnier, ancien employé de la maison Appert, me du Delta projetée, 18, dépose un mémoire sur l’amélioration des classes ouvrières.
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- PROCÈS-VERBAUX.
- M. Boutigny, d’Évreux, en remerciant la Société d’avoir bien voulu insérer, dans son Bulletin, un extrait de son ouvrage sur le chauffage de l’eau à l’état sphéroïdal, annonce qu’un journal anglais , le Mechanics magazine du mois d’octobre 1847, a publié une analyse étendue de cet ouvrage.
- M. Sourel, lithographe à Neuchâtel ( Suisse ), adresse, comme complément de la communication qu’il a faite le 23 juin 1847, des spécimens de gravure de billets de banque sur pierre lithographique.
- Objets présentés. M. Donduran, rue Notre-Dame-de-Lorette, 36, présente un appareil sécheur pour lequel il a pris un brevet d’invention.
- M. Joseph de Créma, avenue des thamps-Élysées, 77, fait hommage d’une brochure accompagnée d’une planche autographiée ihtitulée , Nouveau moteur.
- M. Ch. Chevallier, ingénieur-opticien, Palais-Royal, 163, fait hommage d’un ouvrage intitulé , Mémoires et procédés nouveaux concernant la photographie sur plaques métalliques et sur papier.
- M. de Beauvoys, h Seiches par Suette ( Maine-et-Loire ), fait hommage d’un ouvrage ayant pour titre , Guide de Vapiculteur. Il fait remarquer l’utilité qui doit résulter de la propagation de l’éducation des abeilles.
- Les ouvrages suivants sont déposés sur le bureau :
- 1° Annales forestières, décembre 1847 ;
- 2° Annales de Vagriculture française, décembre 1847 ;
- 3° Moniteur industriel des 5, 9, 12 et 16 décembre 1847 ;
- 4° Belgique industrielle;
- 3° Le Technologiste, janvier 1848.
- M. Combes appelle l’attention de la Société sur un article inséré dans ce dernier journal et relatif à des expériences sur la résistance que l’air oppose au mouvement des véhicules sur les chemins de fer. Après un résumé des travaux entrepris dans cette direction, le rédacteur de cet article fait observer que la question dont il s’agit a été reprise par M. Bessemer et traitée dans une brochure que l’auteur vient de publier à Londres, sous ce titre, Sur la résistance de l’atmosphère aux convois sur chemins de fer; moyen de la diminuer et perfectionnements dans les essieux pour les véhicules sur ces chemins.
- M. Combes pense qu’il serait utile de se procurer cette brochure dont un extrait trouverait place dans le Bulletin.
- Cette proposition est renvoyée à la commission du Bulletin.
- Rapports des comités. Au nom de la commission de lithographie, M. Gaultier de Claubry lit un rapport sur le résultat du concours relatif au perfectionnement de la lithographie.
- M. le rapporteur, après avoir fait l’énonciation des divers objets qui, en dehors des programmes pour des questions déterminées, ont été adressés à la Société, expose les motifs qui ne permettent pas, quant à présent, de se prononcer sur le mérite des ces objets. Il fait connaître ensuite le résultat du concours pour Y encrage des pierres lithographiques par un moyen mécanique indépendant de la main de l’imprimeur.
- Le programme exige que cet encrage mécanique puisse fournir des épreuves compa-
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- PROCÈS-VERBAUX»
- râbles dans un tirage consécutif de mille exemplaires. La commission a constaté que, pour un tirage de six mille exemplaires, toutes les conditions du programme ont été remplies.
- Elle propose, en conséquence, d’accorder à M. Perrot le prix de 1,500 fr. que la Société a proposé sur cette question. ( Approuvé. )
- M. Lemercier, partant du point qu’avait étudié M. Tudot, mais en y ajoutant tout ce que sa longue expérience l’a mis à même de réaliser, est parvenu à fournir aux artistes des moyens d’une remarquable simplicité et d’un facile emploi, qui apportent, dans la pratique du dessin lithographique, des perfectionnements tels qu’ils en font, pour ainsi dire , un art tout nouveau.
- La commission , convaincue de l’importance du procédé de M. Lemercier, propose de lui décerner une médaille d’or de la valeur de 3,000 fr. ( Approuvé. )
- Communications. M. Sainte-Preuve ht un mémoire sur la question du remplacement des machines à vapeur actuelles par les moteurs à combustion sans l’emploi médiat de la vapeur d’eau.
- L’auteur déclare qu’il est amené à traiter cette question, un peu plus tôt qu’il ne l’aurait voulu faire, par la publication des articles des journaux français et anglais sur des expériences faites en Angleterre avec un moteur à essence de térébenthine et à résine.
- 11 croit devoir rappeler les principes suivants dans l’intérêt de la science comme dans celui des industriels que pourrait abuser cette nouvelle : il est possible de remplacer avec avantage, par d’autres moteurs, les moteurs à vapeur actuels dans lesquels le pouvoir calorifique du charbon n’arrive à l’eau qu’après avoir éprouvé une grande perte. Lebon, Rivaz, Barber, Congrève, L^owe, Brown, Selligue, et d’autres encore, n’ont pu résoudre économiquement ce problème parce qu’ils se sont trompés dans le choix du mécanisme et dans celui du combustible moteur.
- M. Sainte-Preuve déclare que M. Selligue a commis des fautes graves dans les évaluations du travail dynamique fourni par la détonation du gaz mixte, obtenu en faisant passer de la vapeur d’eau sur des charbons portés au rouge , et il discute en détail ces calculs. Néanmoins il reconnaît qu’en publiant dans le Bulletin, sur l’ensemble des travaux de M. Selligue, un rapport approbateur de ces mêmes travaux, la Société a rendu un véritable service à l’industrie, qui est ainsi prévenue qu’il y a là un problème important à résoudre.
- M. Sainte-Preuve compare les quantités de travail utile que l’on pourrait tirer de la combustion de l’essence de térébenthine, du gaz d’éclairage, du gaz mixte employé par M. Selligue, de la houille, en plaçant celle-ci tantôt dans les nouveaux moteurs à combustion , tantôt dans les foyers des machines à vapeur actuelles.
- Il trouve, comme il l’avait annoncé en 1845 dans l’une des séances de la Société, que l’essence de térébenthine, et en général les hydrocarbures liquides qu’on trouve dans le commerce, ne peuvent être employés avantageusement que dans certains cas exceptionnels.
- Il trouve aussi que le gaz mixte employé par M. Selligue, que le gaz hydrogène tiré de l’eau par l’action des métaux et des acides, que le gaz d’éclairage n’ont jamais donné de résultats aussi économiques que le fait actuellement la houille brûlée dans les
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- fourneaux des meilleures machines à vapeur de France et d’Angleterre, de grandes dimensions ; mais il trouve en même temps que les charbons peuvent donner, dans les machines à combustion, un travail supérieur au travail actuel de la houille brûlée dans les fourneaux et au travail de tous les autres combustibles indiqués ci-dessus.
- M. Sainte-Preuve rappelle les détails qu’il a donnés sur ces moteurs à combustion dans une communication, faite à l’Institut, sur la locomotion pneumatique, et qu’il a consignés dans un paquet cacheté accepté par la Société. Il déclare que ces principes sont appliqués à des machines de son invention destinées à faire mouvoir les charbons, les minerais de toutes sortes, ainsi que les hommes dans les puits des mines et carrières, machines qui, en général, servent à la locomotion verticale.
- M. Sainte-Preuve prie le conseil de remarquer qu’il ne s’est nullement occupé, dans le mémoire qu’il vient de lire, du bateau de MM. Galy-Cazalat et Dubain, et qu’en demandant l’exposition prochaine des recherches du premier de ces ingénieurs il n’a fait allusion qu’aux moteurs à combustion imaginés par lui depuis quelques années. Néanmoins il a reconnu que l’emploi du gaz hydrogène pur ou des hydrocarbures peut trouver des applications utiles, notamment dans la navigation sous-marine. Pour la guerre navale telle que l’entendait Fulton, pour la pêche aux huîtres et les travaux sous-marins tels qu’on va les pratiquer bientôt, on peut s’accommoder de moteurs peu volumineux et légers, à gaz hydrogène et à hydrocarbures , et négliger le haut prix du travail dynamique qu’ils fournissent.
- Il émet, en terminant, le vœu que M. Galy-Cazalat, qui s’est livré depuis longtemps et avant lui à l’étude du même problème, veuille communiquer bientôt à la Société les modèles des machines qu’il a fait construire depuis deux ans et les dispositions pour lesquelles il s’est fait breveter tout récemment.
- M. Galy-Cazalat expose que le Bulletin de la Société renfermant un rapport sur un nouveau moteur dit propulseur à gaz, imaginé par M. Selligue, il saisit cette occasion pour donner la description de son système de propulseur à gaz hydrogène dont l’essai fut fait en 1825 dans le parc de Collioure, et pour lequel il prit en 1826, de concert avec M. Dubain, un brevet d’invention,
- M, Galy-Cazalat entre ensuite dans quelques développements sur la plus grande puissance dynamique qu’on peut obtenir de la déflagration du gaz Selligue combiné avec l’air, et il pense être arrivé, par un calcul basé sur des données expérimentales, aux conclusions suivantes :
- 1 litre de gaz obtenu par la décomposition de l’eau passant à travers les charbons incandescents coûte au moins autant et ne donne pas plus de force que 4 litres de vapeur à 4 atmosphères.
- M. Galy-Cazalat cherche ensuite à établir la preuve que ce gaz, applicable aux machines Fixes pour lesquelles on peut le préparer d’avance en l’emprisonnant dans de grands réservoirs, est inapplicable à la navigation ; car, sans de grands réservoirs, il serait nécessaire d’engendrer ce moteur dans une proportion égale à sa dépense ; il faudrait dès lors faire passer à travers le charbon incandescent un volume de vapeur tel qu’il serait impossible, dans des dimensions acceptables, de maintenir l’incandescence du
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- charbon. Or le charbon qui n’est pas incandescent ne décompose pas la vapeur d’eau.
- M. Galy-Cazalat, en prenant un brevet en 1826, n’ignorait pas que le gaz hydrogène pur qui se dégage par réaction chimique entre l’eau, le zinc et l’acide sulfurique est d’un prix trop élevé, nonobstant sa puissance supérieure à celle du gaz Selligue.
- Il avait espéré que le sulfate de zinc trouverait des applications qui diminueraient le prix de revient du gaz, ce que de récentes expériences semblent devoir réaliser. S’il en était ainsi, la faible dépense de la force motrice produite par la réaction chimique dont il vient d’être parlé la rendrait utilisable dans les opérations de l’industrie.
- M. Bussy, comme rapporteur de la commission spéciale qui a examiné le propulseur à gaz de M. Selligue, fait observer que dans le rapport on n’a pas négligé de rappeler les travaux antérieurs qui ont eu pour but d’appliquer à l’industrie la puissance mécanique produite par la combustion du gaz hydrogène, tels que ceux de Lebon en 1790, de MM. Galy-Cazalat et Dubain en 1826, etc. Quant à l’effet utile du propulseur à gaz de M. Selligue, il rappelle que dans son rapport la commission a énoncé que, privée des renseignements que cet ingénieur aurait pu lui fournir, elle s’est bornée à indiquer les appréciations qui avaient été faites de cet effet utile, mais sans en garantir l’exactitude.
- La commission ne s’est pas dissimulé non plus que la sanction de l’expérience manquait encore à l’application que M. Selligue se proposait de faire de son système de navigation.
- M. le président fait remarquer qu’il ressort des exposés de MM. Sainte-Preuve et Galy-Cazalat deux points distincts, la relation d’expériences et des priorités acquises par des brevets et des publications. Il regrette que le Bulletin n’ait pas donné, dans le temps, ces documents, et relaté les résultats des expériences, quoiqu’il ait été négatif. Le compte rendu de ces faits aurait nécessairement donné lieu à de nouvelles expériences plus décisives.
- M. Théod. Olivier fait observer qu’en rendant compte d’une expérience on ne doit pas négliger de faire connaître l’effet obtenu, et qu’il est nécessaire que dans l’obtention d’une puissance motrice on sache à quel prix elle a été produite.
- 31. le président répond que, dans la question dont il s’agit, il importait de connaître d’abord le résultat indépendant de toute autre considération ; ainsi l’emploi de l’oxyde de zinc donnera lieu à une production d’hydrogène à bas prix dont l’utilisation offrira dès lors des avantages et des bénéfices.
- M. Combes ajoute qu’il est à désirer qu’il soit donné de la publicité aux tentatives dans la manière de créer de la force par un moyen nouveau ; des perfectionnements et des expériences ultérieurs viennent confirmer l’utilité dont elle pourrait être dans l’industrie et les applications qu’elle pourrait recevoir.
- M. le président demande à M. Paul Thénard si on a conservé les résultats des expériences faites avec une machine dont le principe moteur était l’air dilaté par le feu, et que M. Niepce, son auteur, regardait comme propre à mettre en mouvement toutes sortes de mécaniques.
- M. Paul Thénard fait connaître que des expériences eurent lieu sur la Saône, et que
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- les recherches auxquelles il s’est livré n’ont, jusqu’ici, rien appris ni sur ce qu’est devenu l’appareil établi par M. Niepce, ni sur les expériences de l’auteur.
- M. le président fait observer que cet appareil a été, en 1807, l’objet d’un rapport de Carnot, à l’Institut; mais il pense qu’il serait utile qu’une série d’expériences fût entreprise sur les moteurs, basés sur ce principe.
- M. Combes fait connaître que MM. Niepce frères prirent, le 3 avril 1807, un brevet de dix ans sous ce titre : Pyrëolophore, machine dont le principe moteur est l’air dilaté par le feu, propre à mettre en mouvement toutes sortes de mécaniques. Ce brevet a été publié t. VII, p. 47 de la collection des brevets.
- Séance du 19 janvier 1848.
- Correspondance. La Société française pour l’abolition de l’esclavage adresse une lettre par laquelle elle annonce qu’une souscription est ouverte pour faire frapper une médaille destinée à perpétuer le souvenir de l’abolition de l’esclavage décrétée par le bey de Tunis.
- Sur l’observation d’un membre que cette souscription ne peut être qu’individuelle, la lettre est renvoyée à la commission du Bulletin, qui examinera si cette annonce peut être insérée dans le Bulletin.
- M. J. Fouschard, à Neuilly-sur-Seine, adresse un plan, un mémoire descriptif et une notice relatifs à un appareil dont il est inventeur et qui est propre à révivifier le noir animal et à carboniser les matières organiques.
- M. Chevalier fils, quai Saint-Michel, 25, convaincu que la pomme de terre est, jusqu’à présent, la seule production naturelle susceptible d’empêcher les disettes, puisqu’on peut conserver la fécule, qu’elle ne moisit pas et qu’elle n’est pas attaquée par les insectes, a conçu l’idée de rechercher ce qui a été publié jusqu’ici sur l’emploi de la pomme de terre et de sa fécule. Le résultat de ces recherches est consigné dans un mémoire qu’il adresse à la Société.
- M. Loriot, rue des Dames, 86, aux Batignolles, annonce avoir entrepris des essais de panification des farines de mais et de pommes de terre préparées dans des conditions particulières et très-simples; il ajoute que la farine de maïs pourrait être remplacée par celle de sarrasin.
- M. Salomon fils, rue des Postes, 33, expose que, en raison de la différence qui existe entre le papier dit à la main et celui fabriqué à la mécanique, il a cru devoir appliquer à l’une et à l’autre de ces deux sortes de papier la propriété chimique de rendre les écritures infalsifiables, pour s’assurer de l’efficacité de son mode de préparation. C’est dans ces conditions que M. Salomon présente son papier de sûreté.
- M. Gonfreville, ayant terminé l’ouvrage sur la teinture des laines qui l’occupe depuis dix-huit mois, demande qu’il soit publié sous les auspices de la Société et fasse suite à sa bibliothèque industrielle ; il sollicite l’autorisation d’apposer cette énonciation sur le titre de son ouvrage.
- S. E. Sidi-Mustafa, kasnadar de S. A. le bey de Tunis, adresse en communica-Quarante-septième armée. Janvier 1848. 7
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- tion à la Société une nouvelle disposition donnée au ventilateur de Désaguliers par M. Benoît, ingénieur au service du gouvernement tunisien.
- M. PhilippeDaleth, à Asswiller, arrondissement de Saverne (Bas-Rhin), demande que la Société veuille bien lui procurer les moyens de mettre à exécution un appareil de force motrice dont il est inventeur.
- M. Jobard, directeur du musée industriel de Bruxelles, adresse une notice sur les moyens que les oiseaux possèdent pour se soutenir en l’air sans battre des ailes. L’oiseau est, à mon avis, dit M. Jobard, un éolipyle vivant qui aspire de l’air, l’échauffe dans ses poumons et le lâche par les valvules que l’on aperçoit dans toutes les plumes ; la réaction est le matelas d’air chaud qui se renouvelle sans cesse et soutient l’oiseau en l’air.
- La notice de M. Jobard est renvoyée à la commission du Bulletin.
- Objets présentés. M. Dinocourt, constructeur d’instruments de physique et de chimie, quai Saint-Michel, 9, présente cinq modèles de thermomètres qu’il nomme chrysochlores, garnis de nouvelles montures et pour lesquels il est breveté;
- M. Vauchelet, rue de Charenton, 95, un nouveau modèle de nécessaire d’armes qui, suivant lui, remplace avec avantage, tant sous le rapport économique que sous celui de la simplicité du mécanisme, les modèles en usage ;
- M. Claret, dit Toulouse, à Belleville, des essieux à spirale pour voitures ordinaires ou voitures de chemins de fer à essieux droits ;
- M. Fournier de Saint-Martin, deux tableaux indicatifs des distances des villes entre elles : il fait observer que le dictionnaire géographique n’indique les distances qu’au point de départ de Paris.
- M. Valerio, ingénieur du chemin de fer du Nord, rue Tronchet, 23, fait hommage de deux premières livraisons de son ouvrage sur le matériel des chemins de fer, en faisant observer que ces deux livraisons forment un travail complet sur la machine locomotive du chemin de fer du Nord ;
- M. Huzard fait hommage à la Société, au nom de M. Guinon, teinturier, à Lyon , d’une note sur l’emploi du sucre pour préserver les chaudières à vapeur des incrustations salines.
- Les ouvrages suivants sont déposés sur le bureau :
- 1° Berne générale de l’architecture et des travaux publics, par M. César Daly, 7e vol., n° 9, année 1847;
- 2° Le travail intellectuel, n° 6, première année ;
- 3° La Belgique industrielle ;
- 4° Le Moniteur industriel, nos des 6, 9, 13 et 16 janvier 1848;
- 5° Annales de Vagriculture française, n° 97, janvier 1848;
- 6° Le vigneron, journal de viticulture et d’œnologie, t. I, lre livraison, janvier 1848 ;
- 7° Revue scientifique et industrielle, sous la direction de M. le docteur Quesneville , n° 95, novembre 1847 ;
- 8° Bulletin de la Société libre d’émulation de Rouen pendant l’année 1846-1847;
- 9° Projet de loi sur les brevets d’invention, rédigé à la demande du ministre de
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- l’intérieur de Belgique et considéré comme moyen d’introduire des industries nouvelles dans les Flandres, par M. Jobard, directeur du musée de l’industrie belge ;
- 10° Cours de cinématique (mécanique géométrique), séance d’ouverture du 7 janvier 1848, par M. Ch. Laboulaye.
- Communications. M. Gaultier de Claubry rend compte de la mission dont il a été chargé par le comité des arts chimiques de visiter l’établissement modèle formé à Lyon, par la compagnie générale des engrais, pour la vidange des fosses d’aisances, le transport des matières, leur désinfection et leur transformation en engrais.
- Il entre dans des détails sur cet important établissement et sur le système qui y est suivi dans l’intérêt de la salubrité publique et de l’agriculture.
- Pendant son séjour à Lyon, M. Gaultier de Claubry a visité quelques autres établissements dignes de fixer l’attention de la Société, tels que
- 1° La fabrique formée depuis deux ans par M. Neuss pour le tréfilage des aciers et la fabrication des aiguilles ; les fils y sont cuivrés, ce qui facilite leur étirage ; au lieu de se débarrasser, par un système de ventilation, de la poussière de grès provenant de l’empointage des aiguilles, on fait pénétrer dans l’atelier de la vapeur d’eau qui précipite la poussière ;
- 2° Les moyens photographiques employés par M. Thierry et qui reproduisent les images avec une grande perfection ;
- 3° La fabrique d’outremer factice de M. Guinet, montée sur une très-grande échelle, et qui livre 4,000 kil. d’outremer par semaine ;
- 4° L’atelier de construction des locomotives et des waggons pour le chemin de fer de Lyon à Avignon, dont l’étendue est très-considérable ;
- 5° L’emploi, dans la verrerie de la Guillottière, de la machine de M. Dutramblay, qui fonctionne par le moyen de l’éther réduit en vapeur, et dont nous avons parlé p. 51 du Bulletin de 1846.
- M. le président adresse à M. Gaultier de Claubry les remercîments du conseil pour ses intéressantes communications, en l’invitant à rédiger sur les diverses industries qu’il a observées une note qui sera insérée au Bulletin.
- M. Benoît communique des renseignements sur les produits de la fabrique d’horlogerie de M. Jarossay, qui emploie dans ses pendules un système de vis sans fin dont il a tiré un parti avantageux. Ses pièces d’horlogerie ont toute la précision nécessaire et marchent six mois sans être remontées.
- Le comité des arts mécaniques est chargé de rendre compte du mécanisme d’horlogerie de M. Jarossay.
- M. Emile Thomas, en son nom et en celui de M. Victor Dellisse, lit une note sur un nouveau procédé de décapage des métaux.
- Une des premières opérations que l’on fait subir aux métaux bruts laminés ou fondus , pour les transformer en métaux ouvrés, consiste à les débarrasser de la couche d’oxyde plus ou moins épaisse, plus ou moins adhérente qui existe à leur surface ; on y parvient ordinairement en les maintenant, pendant un temps plus ou moins long, dans une eau fortement acide, dans de l’acide sulfurique ou chlorhydrique de 8 à 15° B. par
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- exemple : or cette méthode a le grave inconvénient d’exposer le métal à être attaqué ; aussi, sur le bord des feuilles métalliques, dans les angles, partout où se présente une pointe ou une arête, l’acide creuse-t-il le métal ; de là perte assez considérable et de l’acide employé inutilement et du métal dissous, impossibilité d’un décapage complet sans l’aide d’opérations mécaniques coûteuses ou sans altération des pièces décapées.
- MM. Thomas et Dellisse annoncent être parvenus à faire disparaître ces inconvénients en combinant avec l’acide du bain certaines matières organiques qui jouissent de la propriété d’empêcher l’attaque des métaux par les acides, ou du moins de la diminuer considérablement. Selon les auteurs, la glycérine, le tanin artificiel, la naphtaline, la créosote sont propres à atteindre ce but. Dans des bains ainsi composés, l’écaille d’oxyde se détache sans se dissoudre, sans que le métal soit attaqué, et les pièces peuvent rester aussi longtemps qu’on le veut dans le bain de décapage sans être altérées.
- Les faits annoncés par MM. Thomas et Dellisse sont corroborés par des expériences de M. E. Flachat, ingénieur en chef des chemins de fer de Versailles et de Saint-Germain. M. Mertian, directeur-propriétaire des forges de Montataire, M. S. Falatieu, maître de forges, à Bains, attestent qu’ils ont essayé ces procédés sur de la tôle, et qu’ils les ont adoptés à l’exclusion de tous autres. L’économie que procure ce procédé sur les anciens est environ des deux tiers de l’acide employé et de 50 pour 100 de la perte en poids du métal au décapage
- Cette note est renvoyée au comité des arts chimiques.
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- Errata.
- Bulletin de décembre 1847, page 682, ligne 4, au lieu de 25 grammes, lisez 225 gramme*.
- Même page , ligne 18, au lieu de les enlever, lisez de l’enlever.
- Même page, ligne 32, au lieu de s’en imprègnent, lisez ne s’en imprègnent Page 685, ligne 20, au lieu de précis, lisez prévu.
- Page 687, ligne 31, au lieu de donnait, lisez donne.
- me
- IMPRIMERIE DE M'
- Ve BOUCHARD-HUZARD, RUE DE l’ÉPERON, 7.
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- QUARANTE-SEPTIÈME ANNEE. (N° DXXIV.) FEVRIER 1848.
- BULLETIN
- DE LÀ
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES. — ponts.
- Mémoire sur les ponts-levis et sur une nouvelle machine-embarcadère; par
- M. Dehargne, ingénieur des ponts et chaussées attaché à la marine (1).
- Parmi les divers systèmes de ponts-levis, les ponts à flèches et ceux à bascule sont, malgré tous leurs défauts, les seuls qui aient reçu de nombreuses applications dans les travaux publics ; les autres modes employés dans le génie militaire ont constamment été rejetés par les ingénieurs des ponts et chaussées.
- Cette exclusion des ponts-levis à courbe et de ceux à contre-poids variable, si en usage dans les fortifications, tient à ce que les murs latéraux des portes de ville formant les points de support naturels des appareils de mise en équilibre de ces ponts seraient à remplacer, aux abords des canaux et rivières, par des maçonneries d’une exécution trop dispendieuse.
- Néanmoins, chargé de construire un pont-levis sur le canal de la fonderie de la Villeneuve, au port de Brest, nous l’avons établi d’après le mode de pont à courbe de M. Delile, modifié suivant une proposition de M. le colonel du génie Bergère, et, comme les résultats obtenus ont été jugés avantageux, nous croyons utile de faire connaître cette application de ce mode simplifié.
- Après un précis rapide des défauts de construction des ponts à flèches et à
- (i) Le comité des arts mécaniques de la Société d’encouragement, ayant pris connaissance du mémoire de M. Dehargne, a proposé au conseil de le publier dans le Bullelm avec les dessins qui l’accompagnent. Cette proposition a été adoptée. ( Voyez Bulletin de décembre 1847, p. 665 et 707. )
- Quarante-septième année. Février 1848. 8
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- 54 ARTS MECANIQUES.
- bascule, et un exposé du système de M. Bergère, nous entrerons dans les détails d’établissement de notre pont de la Villeneuve, afin que les résultats de l’expérience aident des comparaisons exactes et puissent convaincre de tous les avantages que présenterait ce système dans ses applications aux ouvrages isolés du ressort des ponts et chaussées.
- Aujourd'hui que les ponts-levis peuvent être employés non-seulement sur les canaux et les rivières, mais encore pour les chemins de fer, il nous a semblé qu’une étude d’un mode simple et peu dispendieux pour ces ponts pourrait offrir quelque intérêt.
- L’application que nous avons faite du principe de M. Bergère nous a conduit à la découverte d’une machine destinée à embarquer avec une grande célérité de lourds chargements de charbon de terre a bord des bateaux à vapeur de la marine royale, machine que nous venons de construire et qui fonctionne actuellement au port de Brest (1).
- PREMIÈRE PARTIE. — PONTS-LEVIS.
- section première. — Examen sommaire des principaux modes de ponts-levis en usage. — Système de M. Bergère.
- § 1. Ponts-levis à flèches. — Dans le système représenté fig. 1, pl. 1054, un assemblage en charpente, composé de deux flèches À, de traverses et d’entretoises parfaitement reliées dans toutes leurs parties, est appuyé sur deux poteaux montants B, de manière à faire équilibre au tablier du pont C, à la tête duquel ce châssis est relié par deux chaînes D, attachées aux extrémités antérieures des deux flèches.
- Le pivotement de cette bascule se fait autour d’un axe transversal ou de deux tourillons fixés aux flèches et reçus dans des colliers a, établis sur le chapeau des montants.
- Les poteaux sont consolidés, le mieux possible, au moyen de jambes de force et de contre-fiches latérales scellées dans les maçonneries. Deux chaînes de manœuvre E, accrochées aux extrémités de la bascule, permettent d’abaisser celle-ci et, par suite, de lever le tablier du pont.
- Ce mode de pont-levis, souvent adopté et qui parait fort simple, présente cependant de grands inconvénients, comme on va le voir par les considérations suivantes.
- (0 Nous consignons, à la fin de ce mémoire, un extrait du procès-verbal de la commission nommée par le préfet maritime pour faire des expériences sur celte machine-embarcadère dont la construction a été ordonnée par le ministre de la marine.
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- 1° Difficulté de bien établir et maintenir l’équilibre.
- On sait que le principe fondamental d’équilibre dans les ponts-levis en général peut se formuler ainsi : La somme algébrique des moments des poids des diverses pièces de tout le système, par rapport à un plan horizontal quelconque , doit être zéro pour un plan horizontal passant par le centre de gravité de tout l’ensemble.
- En effet, puisque la condition à remplir est que, dans toutes les positions du tablier, la puissance n’ait aucun effort à produire, abstraction faite des frottements, il est clair qu’il faut que le centre de gravité général des pièces ne puisse ni s’élever ni s’abaisser à aucun instant, et, par conséquent, reste constamment dans un même plan horizontal, ce qui entraîne nécessairement cette égalité des moments.
- Voici maintenant quelles sont les dispositions que cette loi générale rend obligatoires dans les ponts-levis à flèches en particulier.
- Il faut d’abord que les lignes passant par les axes des tourillons et par les points d’attache des flèches et du tablier forment un parallélogramme. La démonstration de ce principe a été donnée par M. Morlet, chef de bataillon du génie, dans son analyse des ponts-levis ; nous ne la répéterons pas ici.
- Une nouvelle condition est également indispensable ; elle résulte de la démonstration suivante, extraite du cours de mécanique appliquée aux machines de M. Poncelet.
- Supposons le poids des chaînes de suspension décomposé en deux parties égales, agissant aux points d’attache b et b', fig. 1, et comprises parmi les composantes qui constituent le poids total de la bascule et celui du tablier, dont les centres de gravité sont ici figurés en G' et en G.
- Soit o le centre de gravité général tant de ce tablier que de la bascule considérés dans une position quelconque ; ce centre de gravité devra donc demeurer à la même hauteur pour toutes les autres positions du système, et, si l’on tire l’horizontale L a M, qu’on abaisse les verticales G g, G' g' sur sa direction et qu’on nomme P le poids total du tablier, P' celui de la bascule, on devra avoir constamment l’égalité
- P. G</ — P'. G' g' = o>
- pour que l’équilibre soit rigoureusement établi.
- Nommons « l’angle formé, à un instant donné, avec l’horizontale AX, par la droite À G qui va de l’axe A au centre de gravité G du tablier ; supposons que l’on fasse décrire à G l’arc de cercle infiniment petit G S = d S, d S cos a représentera évidemment la hauteur élémentaire dont se sera déplacé le point G, et P d S cos * sera la quantité dont aura varié le moment P. G g
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- du poids P du tablier. Si donc nous nommons pareillement «•', d S' les quantités analogues relatives au centre de gravité G' de la bascule, nous aurons, d’après ce qui précède,
- P. d. S cos a = P', d. S'cos et';
- mais, en désignant par R,R' les distances AG et A'G', par a, a les angles b A G, b' A' G', formés par ces distances avec la direction prolongée des côtés A b, A' b' de notre parallélogramme, nous aurons aussi
- d. S = R. d a, d. S = R d. a et -A === et -f- et :
- donc l’équation ci-dessus deviendra, en divisant par d. * = d. et',
- P. R cos « = P’ R'cos = P'R' cos [a + * — a).
- Cette équation, ne renfermant plus que la variable *, ne pourra être satisfaite constamment et pour toutes les positions du système qu’autant qu’on aura a — a = o, condition qui exprime que les droites A G, A' G', qui joignent les centres respectifs des tourillons aux centres de gravité du tablier et de la bascule, doivent être parallèles entre elles, comme le sont les lignes mêmes qui vont de ces tourillons aux points d’attache des chaînes.
- L’équation de condition ci - dessus se réduisant dès lors à la suivante, PR = P’R', on voit que les moments du tablier et de la bascule, pris par rapport à l’axe de leurs tourillons respectifs, doivent être égaux entre eux.
- Il faut donc, en résumé, pour qu’un pont-levis à flèches, soit en équilibre, que la figure formée parles lignes joignant les tourillons et les points d’attache soit un parallélogramme, que les lignes joignant les tourillons aux centres de gravité des systèmes inférieur et supérieur soient parallèles, et que les moments des poids du tablier et de la bascule, par rapport aux tourillons, soient égaux ( le poids des chaînes étant compté pour moitié dans le système supérieur et pour moitié dans l’autre ).
- D’après cela, lorsqu’il s’agit de l’établissement d’un pont-levis à flèches, on commence par construire le tablier d’après les conditions de convenances locales et de solidité. Le centre de gravité G est ainsi déterminé, de même que le poids P et le moment P. R. On fixe ensuite la saillie A' b' des flèches sur l’entretoise qui porte les tourillons de la bascule, d’après la condition qu’elle soit égale à peu près et même un peu supérieure à la longueur A b du tablier ; on fixe aussi provisoirement les dimensions et positions des pièces qui constituent la charpente de la bascule et sa ferrure, d’après les convenances locales et de manière à pouvoir calculer approximativement P' et R' tout en satisfaisant à l’équation
- P'R' = PR;
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- h»
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- c’est-à-dire que, après avoir réglé la disposition et les dimensions des principales parties, suivant l’usage, on laisse quelque chose d’arbitraire, par exemple l’entretoise opposée à celle des tourillons, afin d’être maître d’en faire varier la position ou l’équarrissage, selon que l’exige l’équation des moments. Ces premières données fixant d’une manière à peu près invariable la position du centre de gravité de la bascule, il ne reste plus qu a satisfaire à la condition du parallélisme des lignes A G, A' G'.
- On voit que, dans la pratique, la mise du système en équilibre nécessite des sujétions et des tâtonnements qui offrent quelques inconvénients. On n’obtiendrait, d’ailleurs, que des approximations si l’on ne faisait peser directement les ferrures et les pièces de la charpente ; car la densité des bois de chêne peut varier beaucoup suivant l’âge, la qualité et le degré de siccité.
- Mais, en admettant même cet équilibre bien calculé et bien établi, il est très-difficile, pour ne pas dire impossible, de le maintenir; il arrive toujours qu’un pont-levis à flèches bien construit et dont la manœuvre s’opère aisément avec deux hommes ne peut plus, au bout de peu de temps, se manœuvrer avec moins de quatre ou cinq.
- Cette altération de l’équilibre provient de deux causes : d’abord d’un changement dans la densité des bois, qui fait varier le poids du tablier et de la bascule ; ensuite de ce que la figure du parallélogramme ne subsiste plus peu de temps après la mise en place de la bascule, en raison de ce que la forte tension des chaînes de suspension fait courber les flèches et détruit le parallélisme établi.
- Cette tension est augmentée encore par les oscillations et par l’élasticité du tablier, qui produisent d’autant plus d’effet que le point d’attache des chaînes se trouve moins rapproché de la tête du pont.
- On peut, sans doute, jusqu’à un certain point, avoir égard à cette flexion lors de l’établissement ; mais, comme elle croit avec le temps, il est toujours impossible de bien rétablir l’équilibre, même en plaçant, comme on le fait ordinairement, des surcharges à l’extrémité de la bascule : du moins, on ne peut mettre le système en équilibre que pour des positions distinctes.
- Cette inflexion permanente des flèches allant souvent jusqu’à 0m,16, on conçoit que la bascule forme alors, en quelque sorte, un levier brisé analogue à celui des balances qu’on nomme sourdes, ce qui tient à ce que le centre de gravité général ne reste plus à la même hauteur, et qu’il faut un effort pour l’élever ou pour l’empêcher de baisser.
- Voilà pour les difficultés de mise et de maintien en équilibre.
- La construction d’une bascule dont toutes les parties soient bien solidaires et ne se gauchissent pas à l’air, la consolidation des poteaux montants,
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- au moyen de contre-fiches en bois ou en fer sur l’arrière et sur les côtés, présentent des difficultés faciles à comprendre, quand on pense que tout cet énorme châssis, chargé de contre-poids, ne s’appuie que sur un axe reposant sur deux poteaux, sans cesse ébranlés par les manœuvres.
- 3° Il est difficile de préserver de l’humidité le pied des montants en bois et, par suite, d’assurer une parfaite stabilité à tout l'appareil.
- 4° Il y a beaucoup de bois employés pour donner le mouvement, et leur exposition à l’air rend leur renouvellement fréquent et dispendieux.
- 5° Enfin la dépense d’installation de ces ponts est encore assez forte quand ils sont faits avec tous les soins nécessaires, lorsqu’on renforce, par exemple, les diverses pièces du châssis au moyen de bandes et d’équerres en fer, ou que, pour diminuer la flexion des flèches, on emploie des armatures en fer, comme on l’a fait au canal de FOurcq , ou enfin lorsqu’on remplace les poteaux montants par des piliers en pierre de taille de forte épaisseur, dont toutes les assises sont reliées entre elles de manière à ne pouvoir être ébranlées par les mouvements de la bascule.
- § %. Ponts-levis à bascule. — Dans ces sortes de ponts, représentés fig. 2, 3, 4, 5, 6 et 7, pl. 1054, encore souvent employés, on sait que la volée se compose de plusieurs flèches garnies de madriers pour former le tablier et prolongées au-dessus d’une chambre ménagée dans la culée. Le plancher au-dessus de cette cave, composé de fortes poutrelles indépendantes des prolongements des flèches, qui sont d’un équarrissage plus fort dans cette partie que sous le tablier mobile, sert à lui faire équilibre, et le poids de cette culasse est augmenté par des entretoises d’assemblage.
- Des tourillons fixés à la première entretoise traversent les flèches des rives et portent dans des crapaudines scellées sur les murs latéraux de la chambre.
- Ici pas de difficultés pour remplir parfaitement les conditions d’équilibre, puisque le système est tout simplement celui d’une balance, et, quant au mouvement de rotation du tablier, on peut toujours l’opérer facilement.
- Tantôt on fixe un quart de cercle denté sur une des flèches latérales de la volée, de telle sorte que son centre soit dans l’axe des tourillons (voy. la fig. 2), et un pignon porté par deux chevalets attachés à ces poutrelles et monté sur l’arbre d’une roue à poignées engrène dans ce quart de cercle et sert à communiquer le mouvement imprimé à la roue.
- Tantôt la manœuvre se fait en dessous de la bascule, au moyen de chaînes pendantes appliquées à l’extrémité de la culasse (voy. la fig. 3). Les hommes agissent alors, par leur poids, pour faire descendre la bascule et emploient leur force de la manière la plus avantageuse.
- Ces systèmes de manœuvre ont, du reste, été variés et perfectionnés de
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- PONTS.
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- bien des manières, comme on peut le voir par les dessins des collections lithographiques et ceux du cours de construction de M. Reibcll s ou 1 on trouve , par exemple, les détails les plus complets du pont à bascule à double volée, construit sur le bassin neuf du port du Havre, par M. Lamblardie.
- Mais, quelle que soit la méthode employée, ces ponts ont tous le défaut d’entraîner dans de grandes dépenses, résultant 1° de la nécessité de faire un plancher et des flèches d’une longueur beaucoup plus grande que la largeur du passage à franchir; T de la construction, en maçonneries hydrauliques, d’une cave, d’un escalier et d’un mur de contre-fort isolé.
- Ils ont, d’ailleurs, les inconvénients résultant de l’humidité de la chambre, qui hâte la détérioration des bois de la culasse et du plancher.
- Nous ne nous étendrons pas davantage sur ces sortes de ponts ; nous dirons seulement quelques mots des deux systèmes de ponts à bascule, se renversant du côté du passage à franchir, systèmes mis à exécution par M. le colonel Émy. Voici en quoi ils consistent :
- Dans le premier, fîg. A, le tablier est composé de trois poutrelles sur lesquelles le plancher est cloué. Cette charpente légère porte deux tourillons K, fixés aux poutrelles latérales ; ces tourillons sont reçus dans des anneaux attachés aux flèches d’un châssis b, qui porte, par deux charnières, sur deux petites semelles d, encastrées au pied de la culée. Ce châssis est représenté fig. 5 ; il est garni de deux chaînes aux extrémités e de ses flèches.
- Lorsqu’on veut interrompre le passage, on attire à soi le châssis, au moyen des chaînes; ce châssis devient vertical : le tablier est enlevé de quelques centimètres, et il se trouve dégagé de la feuillure dans laquelle il portait ; il peut alors être abattu dans le fossé en tournant autour de ses tourillons, dont' la nouvelle position devient K'.
- Le second mode, fig. 6, est plus simple encore, en ce qu’il évite la construction d’un châssis et les dépenses de la fondation, qui entraîne quelques sujétions.
- Les deux tourillons K sont établis aux deux cinquièmes environ de la longueur totale du tablier, et Ton fait basculer le système à l’aide d’un levier établi de chaque côté du pont et dont le point d’appui, peu distant de l’axe des tourillons, repose sur le couronnement du massif même de la culée C.
- Une poutrelle à, formant essieu, porte les tourillons du levier exhaussé par deux larges chantignoles n, fixées aux deux extrémités de l’essieu d au moyen de deux forts étriers. Les tourillons h sont reçus dans des crapaudines établies dans les culées ; ceux du tablier sont reçus dans des crapaudines fixées sur les leviers m.
- Au moyen des chaînes des extrémités de ces leviers, ceux-ci sont abattus
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- sur le sol ; leur mouvement fait tourner l’essieu d sur ses tourillons h, et le tablier est enlevé. N’ayant plus d’appui sur les culées, il tourne autour des tourillons K et se renverse verticalement le long de la paroi du mur.
- On voit que, dans ces deux modes, il faut un tablier parfaitement équilibré, et que la manœuvre nécessite un assez grand nombre d’hommes pour que le poids de l’appareil ne puisse entraîner les leviers et causer des accidents.
- D’une autre part, ces systèmes, mis à exécution avec succès sur des fossés de place, seraient difficilement applicables aux canaux et rivières où l’équilibre serait détruit au moment où le tablier renversé viendrait à plonger dans l’eau ; ils ne sont donc réellement avantageux que toutes les fois qu’il s’agit de franchir un fossé de fortifications au moyen d’une passerelle légère de peu de portée et facile à soutenir.
- § 3. Des ponts-levis à courbe et de ceux à contre-poids variable. — Nous avons dit que les ponts-levis à courbe employés dans les fortifications nécessiteraient de trop grandes dépenses dans leur application aux travaux des ponts et chaussées, et que cette raison probablement les avait toujours fait rejeter des ingénieurs. (
- Les systèmes de ces ponts, en effet, consistent, en général, à faire passer les chaînes de suspension sur des poulies fixes, et de là sur de grandes roues, où l’effort du tablier est contre-balancé soit par un contre-poids constant agissant avec un bras de levier variable, comme dans le pont de M. Derché, fig. 11, soit par un contre-poids variable, avec levier constant, comme dans le système ingénieux de M. Poncelet, fig. 12.
- On voit que, dans ces deux modes, les poulies et l’axe des contre-poids, devant être placés au-dessus du passage, nécessiteraient, pour supports, des appareils en charpente très-coûteux ou des maçonneries fortes et élevées, et, par suite, trop de dépenses en dehors de celles de l’appareil même de la manœuvre.
- Dans le pont à courbe de M. Delile, fig. 8, dont nous allons parler, il y a la difficulté et la dépense d’établissement de deux courbes en maçonneries très-élevées et d’une assez grande épaisseur.
- À part donc les sujétions et difficultés d’installation de ces systèmes sous le rapport théorique, les dépenses en seraient trop fortes dans les travaux isolés.
- Nous n’insisterons pas plus sur ce fait, que ces sortes de ponts-levis ne nous semblent pouvoir être appliqués avec avantage qu’aux entrées des places fortes où les points d’appui se trouvent déjà exécutés.
- Nous arrivons maintenant au système de M. Bergère, qui n’est autre qu’une simplification de celui de M. Delile.
- Comme les considérations analytiques que le premier de ces officiers a pré-
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- sentées, dans le Mémorial du génie, sur ce pont de M. Delile, sont suivies de l’exposé du système que nous voulons particulièrement faire connaître, et qu elles sont indispensables à l’intelligence du sujet, nous allons en donner un extrait,
- § 4. Théorie du pont-levis à courbe de M. Delile (1). — Déduction du principe deM. Bergère. — Le tablier A, fig. 8, du pont de M. Delile s’élève au moyen de deux barres de fer B B, qui, par l’une de leurs extrémités, embrassent un fort boulon fixé au tablier, et, de l’autre, un essieu aussi en fer, terminé par deux cylindres a, qui descendent en roulant sur deux courbes c tracées de telle manière que le système soit en équilibre dans toutes les positions successives du tablier.
- La manœuvre se fait au moyen de chaînes sans fin cl qui enveloppent deux grandes poulies b invariablement fixées à l’essieu.
- Toute la difficulté consiste dans la détermination de la courbe que doit parcourir le centre de gravité du contre-poids, pour que le système soit en équilibre dans toutes les positions du tablier; M. Bergère y parvient de la manière suivante, au moyen du principe des vitesses virtuelles.
- Soient C A, fig. 9, la position primitive du tablier, P son poids, d la distance de son centre de gravité au point d’appui, r la distance du point d’attache A au même point d’appui, D la longueur de la barre de fer et P' le poids du contre-poids. En appelant p la force verticale qu’il faudrait appliquer au point d’attache A pour soutenir le tablier s’il ne s’appuyait plus que sur ses tourillons , on aura
- P : p : : r : d;
- p d
- d’où l’on tire p = —.
- r r
- Ainsi, en considérant le tablier comme une ligne sans pesanteur, on peut
- Prf
- substituer à son poids un autre poids p = — que l’on considérera comme agissant au point d’attache A.
- Supposons la courbe déterminée et le tablier arrivé en CM et la barre de fer en M M' = D : prenons l’horizontale C A pour axe des abscisses et la verticale C D pour axe des ordonnées ; appelons a et b les coordonnées du point M et x et y les coordonnées du point M' de la courbe cherchée. En supposant le poids du tablier p réuni au point M et le contre-poids P' réuni au point M', on peut réduire la question à la considération de deux points matériels M' et M soumis aux forces verticales P' et p, reliés par une barre inflexible M' M et
- (i; Celte the'orie a déjà été publiée p. 14 du Bulletin de la Société, 23e année (1824).
- Quarante-septième année. Février 1848. 9
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- astreints à se mouvoir, le premier sur la courbe cherchée et le second sur le cercle A M. On aura * par le principe des vitesses virtuelles,
- P’.d.y + p.db = o ,
- d’où l’on tire dy = — ^ db,
- et en intégrant y = — b + c. (A)
- Pour déterminer la constante c, il faut remarquer qu’à l’origine du mouvement , lorsque le tablier est horizontal, l’on a b = o, et qu’alors le contrepoids est au sommet de la courbe , point donné , à priori, et dont nous représentons par h la hauteur au-dessus du plan du tablier ; cette donnée suffit pour fixer la position de ce point, puisque l’on connaît d’ailleurs la longueur D de la barre. On aura donc, dans ce cas,
- y = h = c,
- et l’équation (À) deviendra
- V = h b.
- Si maintenant on suppose le tablier arrivé à la fin de ce mouvement, c'est-à-dire dans la position verticale C D , on aura b = r, et le contre-poids sera au point le plus bas de sa course : appelons h' la hauteur à laquelle il se trouvera au-dessus du plan C A, nous aurons donc
- h' = h — — r>
- ou h — h' = ~ ;
- d’où l’on tire P' = r— r~ry.
- h — h
- Ainsi, en connaissant le poids du tablier, la distance du point d'attache à l’axe de rotation et les hauteurs au-dessus du plan C A , de l’origine et de la fin du mouvement du contre-poids, on pourra en conclure le poids à donner à ce contre-poids pour qu’il y ait équilibre ; et, en général, lorsque les localités obligent à donner des valeurs particulières à quatre de ces cinq quantités , féquation précédente fournira le moyen de déterminer la cinquième.
- L’équation y = h — ^ (B)
- suffit, avec les conditions connues du mouvement, pour tracer la courbe parcourue par le contre-poids. En effet, ~r est le rapport numérique de poids
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- connus : appelons n ce rapport : l’équation ( B ) devient y = h — nb ( C ) , qui suffît pour décrire la courbe, puisque pour chaque position C M du tablier on connaîtra l’ordonnée du point M', et qu’en outre il doit se trouver à une distance M M' = D du point M.
- Si l’on suppose P' = p, n est égal à l’unité, et l’équation ( C ) devient
- y = h — b.
- Ainsi, pour avoir le point de la courbe correspondant à la position C M du tablier, il faut retrancher l’ordonnée du cercle BM = b de la hauteur oE = h en la portant de o en G, mener l’horizontale M'G, dont la rencontre avec l’arc K L, décrit du point M avec D pour rayon, donne le point de la courbe. L’équation de la courbe , lorsque n = 1 étant
- y — h —b,
- on en tire y -f b = h,
- ou bien
- y -+- b________h_
- 2 ” 2 *
- Ainsi, dans toutes les positions de la barre, la quantité —^-, qui exprime la
- hauteur du milieu de cette barre au-dessus du plan horizontal du tablier, est constante et égale à la moitié de la hauteur de l’origine de la courbe au-dessus du même plan. Il est évident, d’après cela, que l’on pourra concevoir la courbe décrite par le centre de gravité des contre-poids comme engendrée par le mouvement d’une ligne droite de la longueur de la barre et dont une extrémité parcourra l’arc A D tandis que le milieu de cette même droite sera astreinte à se mouvoir sur une horizontale menée par le milieu de E o ; l’autre extrémité de la droite décrira la courbe.
- Il suit de là que , pour décrire la courbe des contre-poids, dans le cas particulier que nous examinons , il faudra mener par le milieu de o E une ligne horizontale HJ, prendre une ouverture de compas égale à la moitié de la longueur A o de la barre et décrire successivement, des différents points M de l’arc AMD comme centres, avec cette ouverture de compas, des arcs RS qui couperont l’horizontale en une suite de points T qu’on joindra aux points^correspondants M par des lignes M T que l’on prolongera au delà de l’horizontale d’une quantité T M' = T M et dont les extrémités M' seront des points de la courbe.
- M. Bergère termine ces considérations en disant : « On peut conclure, de ce « qui précède , que pour les ponts-levis de petites dimensions l’on pourrait * supprimer entièrement la courbe des contre-poids et manœuvrer le pont-
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- « levis en établissant les contre-poids solidaires aux extrémités des barres et « en faisant mouvoir le milieu M de ces barres, fig. 10, sur un plan horizon-« tal M N placé à la moitié de la hauteur de l’extrémité supérieure de la barre. « Il suffirait, pour cela, d’établir à ce milieu une petite roue dont l’axe tra-« verserait la barre et qui roulerait sur le plan horizontal à mesure que l’on « tirerait les contre-poids de haut en bas, ou le milieu de la barre horizonta-« lement, pour élever le tablier. Si la partie M o de la barre était trop longue, « on pourrait la diminuer en augmentant proportionnellement le contre-« poids. »
- Telle est l’idée de M. Bergère, idée on ne peut plus ingénieuse et dont on n’a pas tiré parti jusqu’à ce jour.
- C’est ce principe qui nous a servi de guide dans l’établissement du pont-levis de la Villeneuve, dont nous allons donner les détails.
- Explication des figures de la pi. 1054.
- Fig. 1. Pont-levis à flèches.
- Fig. 2, Pont-levis à bascule à manœuvre en-dessus,
- Fig. 3. Pont-levis à bascule à manœuvre en-dessous.
- Fig. 4. Pont-levis se renversant dans le fossé.
- Fig. 5. Châssis de ce pont. v
- Fig. 6. Autre pont-levis se renversant dans le fossé,
- Fig. 7. Châssis de ce pont.
- Fig. 8. Pont-levis à courbe de M. Delile.
- Fig. 9. Tracé géométrique de la courbe de ce pont,
- Fig. 10. Pont-levis, système de M. Bergère.
- Fig. 11. Pont à courbe de M. Dercké.
- Fig. iri. Pont-levis, système de M. Poncelet.
- SECTION DEUXIEME. — PONT-LEVIS ÉTABLI SUR LE CANAL DE LA FONDERIE DE LA VILLENEUVE , AU PORT DE BREST.
- § 1er. Considérations générales sur Vapplication du principe de M. Bergère. — On voit que la solution de M. Bergère n’est autre que la conséquence du principe général d'équilibre des ponts-levis rappelé au commencement de ce mémoire.
- D’après cela, si le contre-poids P' n’est pas égal à la composante p du poids du tablier, le plan M N, fig. 10, ne sera plus à la moitié de la hauteur oK; mais ce même plan contenant le centre de gravité du système, on aura la relation
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- d’où
- p x AI — P' x oH = o ; F _ AT p oH ’
- ur on a
- On aura donc l’équation
- AI __ AM oH oM * F _ AM p ~~ oM ’
- Dans l’application, on se donnera donc la position initiale du point M suivant les convenances de localité , et par suite A M : on fixera de même arbitrairement la longueur du second bras oM , et P' se trouvera aussitôt déter-, miné.
- On voit, par conséquent, que, si la flexion de la flèche diminue la hauteur primitive o H, on n’aura pas la moindre difficulté pour corriger la perte d’équilibre , puisqu’il suffira d’augmenter le contre-poids , d’après la relation
- Quant à la mise à exécution de ce système, elle peut être extrêmement simple : en effet, on peut prendre deux flèches en bois et faire porter chacune d’elles sur l’axe de deux roues en fonte se dirigeant sur des rails en fer établis de niveau sur la paroi supérieure d’un certain nombre de pilastres en pierre de taille de faible épaisseur, espacés convenablement entre éux. L’appareil de la manœuvre deviendrait, de cette manière, peu dispendieux, léger dans son ensemble, d’une bonne stabilité sur les rails et d’une grande durée.
- La force des flèches en bois serait augmentée par l’addition de deux lattes en fer encastrées et boulonnées dans les faces latérales, et les extrémités supérieures de ces deux flèches seraient reliées par l’axe portant les contre-poids, afin de rendre le mouvement du tablier uniforme des deux côtés et d’empêcher le gauchissement du plancher.
- La manœuvre s’opérerait facilement au moyen de deux petites chaînes égales appliquées aux bouts supérieurs des flèches et réunies en une seule sur laquelle la force motrice agirait suivant l’axe du pont, c’est-à-dire dans la direction de la résultante des deux chaînes supérieures.
- Le roulement sur les rails présenterait, de cette manière , une grande facilité , et la moindre force pourrait suffire à la manœuvre d’un pont-levis de poids assez considérable.
- Ce mode serait applicable à des ponts de 5 à 6 et 8 mètres de portée , en fixant les points d’attache des flèches sur le tablier à une certaine distance de la tête de celui-ci pour diminuer la longueur des grands leviers.
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- On voit, par ces dispositions, qu’en tenant le plan des rails à une hauteur de 2m,20 à 2m,50 environ au-dessus du sol et les pilastres convenablement espacés entre eux , on laisserait la circulation parfaitement libre dans toutes les directions aux abords du passage , avantage qui peut être très-grand dans la plupart des cas.
- Nous avons dit que pour l’établissement de ces ponts on se donnera la position initiale du centre des roues suivant les convenances de localités, et qu’ensuite on fixera, à volonté, la longueur du bras supérieur des flèches. Nous allons entrer dans quelques détails à ce sujet, et déterminer le minimum et le maximum de longueur de ce bras de levier.
- Comme il serait nécessaire de ménager dans l’épaisseur du dernier pied droit, à sa partie supérieure, une rainure longitudinale pour le jeu du bras supérieur de la flèche quand le contre-poids viendrait à se mouvoir au-dessous de l’axe des roues , et comme cette rainure étroite pourrait occasionner des frottements et d’ailleurs trop diminuer la solidité du pilier, il faudrait donner un assez grand diamètre à ces roues, afin de tenir leur axe le plus haut possible au-dessus du plan des rails et pour diminuer ainsi la profondeur du refouille-ment à faire dans le pilastre.
- Il nous semble convenable , par cette raison, de donner aux roues environ 1 mètre de diamètre, limite qu’elles peuvent atteindre sans devenir trop lourdes pour la manœuvre.
- Cette dimension étant arrêtée, on n’aura plus, pour la mise à exécution de ce système de pont-levis, qu’à fixer l’élévation du plan des rails suivant le plus ou moins de facilité que l’on voudra donner à la circulation entre les pilastres de support.
- On prendra ensuite pour position initiale du centre des roues un point situé à quelque distance en arrière de la verticale passant par les tourillons du pont, afin de soulager l’arête de tête du premier pilier, et pour donner une certaine inclinaison au parement antérieur de ce pied-droit le long duquel viendra s’appuyer le tablier.
- La longueur du bras inférieur de la flèche ne dépendra plus alors que de la position assignée à son point d’attache sur le plancher.
- Cela posé, déterminons les longueurs minimum et maximum du bras supérieur.
- La longueur minimum est facile à connaître d’après la condition suivante : il est nécessaire que le contre-poids se trouve en dehors de la paroi extérieure du dernier pilastre, lorsque le dessous de la flèche vient à toucher le plan des rails; car, sans cela, la manœuvre du pont ne pourrait s’opérer, puisque le plan des rails retiendrait l’axe du contre-poids. Il faut donc , dans le tracé graphe
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- que des positions successives du pont, prendre sur la ligne horizontale passant par l’axe des roues, et à partir du point de rencontre de cette ligne avec l’arc de cercle décrit par le point d’attache de la flèche sur le tablier, une longueur égale au bras inférieur, afin d’avoir la position du centre de rotation : la distance horizontale comprise entre ce point et le parement extérieur du dernier pilastre sera, pour la pratique, la longueur minimum convenable à donner au second bras de levier, en raison de l’épaisseur du rouleau formant contre-poids.
- Pour déterminer sa longueur maximum, il faut remarquer qu’il est important que le contre-poids décrivant la courbe de M. Delile n’ait pas à descendre au-dessous du niveau du sol : car alors, dans le cas oii les deux flèches seraient reliées entre elles au-dessus du passage, la manœuvre serait arrêtée au moment où la barre transversale arriverait au niveau du quai ; et, dans le cas où l’on aurait tenu ces deux leviers isolés , on serait forcé de construire , de chaque côté , un puits en courbe pour recevoir les contre-poids dans leur trajet en contre-bas du sol, ce qui aurait des inconvénients.
- D’après cela, la longueur maximum du bras supérieur doit être la distance comprise entre le sol et la position de l’axe des roues quand le tablier est vertical, cette distance étant comptée sur le prolongement de l’axe de la flèche. -
- Ces deux limites étant données, il ne reste plus qu’à rappeler que le contrepoids devant être d’autant moindre que le bras supérieur a plus de longueur, et, d’un autre côté, la puissance à appliquer pour vaincre les résistances passives ( après l’établissement de l’équilibre ) ayant d’autant plus d’effet que son bras de levier est plus long, il y a toujours avantage à donner à la flèche la longueur maximum, puisque la correction des changements d’équilibre provenant de la flexion ne peut d’ailleurs entraîner la moindre difficulté d’après ce que nous avons dit précédemment.
- La mise à exécution d’un semblable système nous paraît donc excessivement simple , et l’on voit, de plus, qu’elle n’exige aucune des précautions, ni aucun des calculs obligatoires, comme nous l’avons vu dans les autres ponts-levis.
- § 2. Description du pont-levis de la Villeneuve. — Nous ne parlerons ni du système des fondations, ni des maçonneries de la culée, non plus que du pont dormant, pour ne pas sortir de notre sujet, qui est la description de l'appareil de la manœuvre; nous dirons seulement que sous chacune des longuerines du tablier nous avons établi dans le parement de la culée un corbelet en pierre de 0m,30 de saillie sur 0m,!20 de largeur, pour soulager les tourillons lorsque le pont est livré au passage, pour faciliter le montage et le démontage du plancher en cas de réparations, et enfin pour empêcher les ébranlements
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- que les vibrations du tablier pourraient causer dans les premiers piliers.
- Dispositions premières d’installation. 1° La largeur, 4m,80, du passage à franchir étant donnée, le point d’attache a des flèches A, fig. 1, pi. 1055, au tablier B, a été pris à 0ra,80 en deçà de la tête du pont, afin de diminuer un peu la longueur de ces pièces.
- 2° Le terre-plein de la Villeneuve, sur lequel est établi ce pont, est limité d’un côté par un cours d’eau, et de l’autre par des clôtures de l’usine. La circulation étant donc complètement arrêtée le long du quai, nous n’avons pas eu besoin de chercher à la maintenir sous les rails C entre les piliers de support.
- Nous avons alors disposé de la hauteur à donner aux rails, et nous avons établi notre pont dans le système qui nous a semblé présenter le plus de facilité et de sécurité pour la manœuvre, celui dans lequel le fléau supérieur a le maximum de longueur, en même temps que l’égalité est conservée entre les deux parties de la flèche. Dans ce cas, en effet, le plus favorable à la puissance, puisqu’il lui donne le plus long bras de levier possible, l’extrémité de la flèche vient toucher le sol quand le plancher du pont est vertical et peut être retenue dans cette position par un crochet scellé dans le quai, ce qui permet d’abandonner à lui-même le système entier de la manœuvre pendant tout le temps que le pont est levé. De cette manière , on ne peut craindre que le tablier vienne à retomber par suite d’un accident quelconque, et d’une autre part les scellements des crochets affleurant le niveau même du terre-plein ne sauraient gêner l’entrée du pont.
- 3° Pour parvenir, d’après ces considérations, à la détermination de la hauteur du point milieu de la flèche, nous nous sommes imposé la condition que l’axe H des contre-poids D ne fût qu a 0m,16 au-dessus du quai quand le tablier serait vertical, ce qui correspond au cas oü le bout des flèches toucherait le sol. L’équation y — h— b (1)
- de la courbe décrite par le contre-poids nous a offert un moyen très-facile d’arriver de suite à ce résultat, y représentant les ordonnées de la courbe , h l’ordonnée maximum, c’est-à-dire la hauteur o K, fig, 10, b l’ordonnée du point d’attache À quand le tablier est vertical, et la ligne horizontale passant par le point A étant prise pour axe des x.
- En effet, si le pont était vertical, on aurait
- b = lm, 00 + 0m,12,
- 0m,12 étant la hauteur du tablier au-dessus du point A.
- D’une autre part, on veut avoir, lorsque le tablier est debout,
- y = 0m,16 + 0m,12,
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- l’équation (1) devient donc
- 0m,16 + Om,lâ = h — ( 4m,00 + 0m,12 ) ; d’où ^ =
- Le plan horizontal dans lequel restera constamment le centre des roues E doit donc être à 2ffi,20 au-dessus du point A, ou bien à 2m,20 — 0m,12, c’est-à-dire 2m,08 au-dessus du sol.
- Telle est la hauteur que nous avons adoptée.
- 4° Nous avons établi l’axe F des roues à 0m,ÜÜ5 en arrière de la verticale passant par les tourillons, et les deux cinquièmes de cette distance ont été pris pour fruit du parement.
- 5° La position de ce centre de rotation étant ainsi déterminée, les longueurs des bras de la flèche se sont trouvées fixées, puisqu’elles devaient être égales toutes deux , et le rayon des roues étant porté d’avance à 0m,50, il est resté lm,58 pour hauteur du plan des rails C au-dessus du quai.
- 6° L’arbre transversal H du contre-poids devait se trouver, d’après cela , à 4m,28 au-dessus du sol; mais, au lieu de l’établir à cette élévation et dans l’axe longitudinal de la flèche, nous l’avons mis à 0m,085 plus haut, c’est-à-dire dans le parement supérieur des fléaux, et cela par les raisons suivantes : nous avons pensé que la flexion des flèches , après leur mise en place, serait d’environ 0m,085 sous l’action du contre-poids et qu’elle ramènerait ainsi ce dernier à la hauteur qu’il devait avoir. D’une autre part, cet arbre ainsi appuyé sur la paroi supérieure des flèches laisse à celles-ci toute leur force, et il pourrait d’ailleurs être retiré plus facilement de ses supports à charnière toutes les fois qu’il y aurait lieu d’augmenter ou de. diminuer le contre-poids.
- 7° Quant aux maçonneries portant les deux rails dont l’étendue s’est trouvée déterminée par les deux positions extrêmes des roues , nous en avons divisé la longueur en trois parties égales au moyen de quatre pilastres G réunis par un petit garde-corps évidé en pierre de taille. De cette manière , la dépense des maçonneries a été diminuée sans que la portée des rails soit trop forte.
- 8° Enfin on a déterminé le contre-poids P', qui, dans ce cas, est égal à p> au moyen de l’équation
- p, _ _Fd
- P r
- ou P représente le poids total du tablier égal à............. 943k
- d la distance du centre de gravité à l’axe des tourillons id. . 2m,35 et r la distance de ce même axe au point d’attache A. . . id. . 4m,00
- On a trouvé ainsi P' = 554k.
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- De ce chiffre on a déduit, après l’achèvement du pont, le poids de l’arbre , de la chaîne de manœuvre , des ferrures du bout supérieur des flèches , et le reste a donné la pesanteur que devait avoir le cylindre en plomb D formant contre-poids.
- Voilà pour les premières dispositions d’installation ; nous allons maintenant entrer dans les détails.
- Largeur de voie et portée du pont. La voie entre les parements des pilastres est de im,63. Le tablier a lm,75 de largeur et Lm,80 de portée. ( Voy. la planche 1055. )
- Quoique ce pont ne doive servir qu’au passage des piétons, sa description et l’évaluation de la dépense feront voir de suite le peu de modifications qu’on aurait à y faire pour en construire un semblable d’une voie beaucoup plus large. Il est clair, par exemple, que tout ce qui concerne l’appareil de la manœuvre ( sauf le contre-poids ) serait complètement le meme et que l’accrois-sement du nombre des longuerines et de la surface du plancher serait, à peu de chose près, tout l’excédant de dépense. Un pont à large voie de ce système coûterait donc très-peu en sus de celui-ci (1).
- Il ne faudrait pourtant pas en conclure que l’application de ce mode serait trop dispendieuse pour la construction d’une passerelle. À cet égard, l’évaluation de la faible dépense de celle-ci pourra dissiper toutes craintes. Qu’on ouvre les collections lithographiques des ponts et chaussées, et l’on verra de suite que le moindre pont à bascule ou le plus petit pont tournant, nécessitant une chambre ou des maçonneries particulières et un tablier presque double de la volée, coûterait nécessairement beaucoup plus que ce pont-levis , à part l’avantage du peu d’entretien de l’appareil de ce dernier, ce qui doit cependant encore être pris en grande considération.
- Maçonneries de support des rails. Les quatre pilastres G, formés chacun d’une seule pierre de lm,5L d’élévation, sont composés d’un socle de 0m,53 de longueur, 0m,42 de largeur et 0m,54 de hauteur, et d’une partie supérieure taillée en forme de borne octogonale et ayant 1 mèt. de hauteur sur 0m,37 d’épaisseur et 0ra,48 de largeur réduite à 0m,39 en haut. L’arête seule du premier pilier, sur laquelle s’appuie le tablier lorsqu’il est vertical, reste saillante de chaque côté de la voie.
- (i) Si l’on veut, de plus, comparer les autres ponts mobiles, tels que les pouls tournants ou roulants, à celui que nous venons de décrire , on verra que leur dépense , à égalité de portée, serait trop considérable ; et pour celte comparaison nous n’avons qu’à renvoyer à l’examen des dessins de ponts mobiles faisant partie des collections lithographiques des ponts et chaussées, et aux détails de ces ponts déjà donnés dans les ouvrages sur les chemins de fer.
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- La tête du dernier pilastre porte un refouillement ba fig. 3, de 0m,20 de largeur pour le passage de la flèche.
- Des garde-corps en pierre de 0m,30 d’épaisseur sur 0m,54 de hauteur, arrondis à leur paroi supérieure , sont posés dans l’intervalle de chacun des socles des pilastres , avec lesquels ils sont reliés au moyen de tenons en pierre encastrés horizontalement et bien scellés dans les faces contiguës ; ces tenons sont nécessaires pour consolider l’ensemble des pierres de taille et soutenir principalement les efforts des premiers piliers.
- Tablier du pont. Sa charpente se compose d’une poutre transversale c de 0m,20 sur 0ra,20, portant les colliers à tourillons a; de trois longuerines ddd de 0m,14 d’épaisseur, ayant 0m,20 de hauteur vers la culée et 0m,16 à l’autre extrémité; d’une traverse de 0m,16 sur 0m,16 et de lm,75 de longueur, engagée dans les abouts des longuerines de rive et recevant celle du milieu ; d’une seconde traverse de 0m,16 sur 0m,13 et de lm,65 de longueur, encastrée à mi-bois en dessous des longuerines et destinée à les soutenir, à consolider l’ensemble de la charpente et à porter les axes d’attache des flèches. Toutes ces pièces sont en bois de chêne du pays.
- La frette, dont le tourillon traverse le bout des flèches et forme leur point d’attache au tablier, se compose, fig. 6, 7 et 8, de quatre branches , savoir, deux s’appliquant sur la paroi latérale de la longuerine et deux embrassant la traverse , l’une en dessus, l’autre en dessous, et serrées par un boulon traversant le tout. De cette manière , l’axe - tourillon , ne pouvant vaciller, fait parfaitement corps avec la charpente.
- Les deux coussinets e, scellés dans les maçonneries et qui reçoivent les tourillons f du tablier, fig. 12 et 13 , s’ouvrent à charnière dans leur partie supérieure, afin qu’on puisse, au besoin , retirer et réparer le plancher sans toucher aux maçonneries ; une petite cavité est, à cet effet, ménagée dans la pierre de taille pour faciliter le jeu de cette charnière.
- Flèches et roues. Les flèches A, en bois de chêne, ont pour épaisseur 0ra,14 au milieu et 0m,12 aux extrémités, et pour hauteur 0m,30 au centre et 0m,17 à chaque bout : chacun des deux bras a 5 mèt. de longueur, dont 4m,81 compris entre le centre des roues et le point d’attache sur le tablier, ce qui fait 10 mèt. pour longueur totale. Les flèches sont renforcées latéralement, dans toute leur longueur, par deux lattes en fer de 0m,015 d’épaisseur et 0ra,10 de largeur au milieu, encastrées à affleurer le bois ; et, pour ne pas diminuer la force de ces leviers par un trop grand nombre de boulons, surtout vers le milieu , on a serré les lattes au moyen d’étriers en fer g embrassant la pièce sans encastrement.
- L’arbre transversal H en fer, qui porte le cylindre en plomb D formant
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- ARTS MÉCANIQUES.
- contre-poids, repose sur deux supports à charnière h fixés sur la paroi supérieure des flèches. Cet arbre, bien boulonné à ces deux bouts, relie les deux fléaux supérieurs et empêche le ballottement des flèches. Son effet, joint à celui des quatre roues de support E, qui sont retenues latéralement sur les rails C, contribue beaucoup, dans la manœuvre, à rendre le mouvement complètement égal des deux côtés du pont et à empêcher le tablier et les flèches de se gauchir.
- Les roues en fonte E, de 1 mètre de diamètre, fig. 9 et 10, sont évidées autant que possible dans leur pourtour garni d’un rebord de 0m,02 de hauteur; chacune d’elles pèse 41\75. Les deux roues d’une même flèche sont reliées à leur axe par une clef, de manière à faire corps et à tourner toutes deux avec lui. De cette manière, c’est sur l’axe de chaque train que tourne la flèche. On sait que cette disposition rend le système plus stable et moins vacillant que si l’essieu était fixé au fléau pour faire tourner les roues, et qu’elle a, de plus, l’avantage de forcer le train à marcher toujours en ligne droite.
- Quand le tablier est levé , l’extrémité supérieure des fléaux vient s’appuyer sur le sol, oii elle peut être retenue au moyen d’un crochet scellé dans le quai.
- Garde-corps. Enfin nous avons cru convenable et suffisant d’employer pour garde-corps, de chaque côté du tablier, une chaîne fixée au premier pilier des rails et s’accrochant à son autre extrémité sur le parapet du pont dormant. Dans la manœuvre, la tête du tablier soulève en même temps le bout mobile des deux chaînes, force le dernier anneau à sortir de son crochet d’attache, et ces deux chaînes alors tombent en dehors du tablier sans en augmenter le poids et sans changer les conditions d’équilibre ; comme elles sont légères, elles sont faciles à reprendre ensuite et à remettre en place après 1’abaissement du pont.
- § 3. Résultats d’expériences. — Nous croyons utile de consigner ici quelques résultats d’observations et d’épreuves.
- 1° Pesanteur du tablier. Le tablier pèse en tout 943 kilog., savoir :
- Charpente en bois de chêne..............................532 kilog.
- Eordage du plancher id.....................................297
- Deux frettes à tourillons du pont...........................34
- Deux tourillons d’attache des flèches avec écrous et boulons. 70
- Deux étriers des extrémités du tablier.................. 7
- Clous du plancher........................................... 3
- Total. . '............ 943 kilog.
- 2° Pesanteur du contre-poids. Les deux bras des flèches étant égaux, le contre-poids doit comprendre non-seulement le rouleau en plomb avec son
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- PONTS.
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- arbre en fer et ses supports à charnière , mais encore le second étrier en fer 4u bout supérieur du fléau, puisque l’autre bras de cette même flèche n’en a qu’un seul. La chaîne de manœuvre doit également faire partie de l’excédant.
- D’après cela, le contre-poids se compose des éléments suivants :
- Un arbre en fer avec ses écrous. ... 49 kilog.
- Les deux supports à charnière................. 24
- Le rouleau en plomb...........................461
- Deux étriers................................... 8
- Chaîne de manœuvre avec ses crochets. . 12
- Pesanteur totale du contre-poids. . ... 554 kilog.
- 3° Flexion des flèches sous la charge du contre-poids.
- Nous avons dit qu’au lieu de placer l’arbre du rouleau en plomb dans l’axe même des flèches nous l’avons fait reposer sur la paroi supérieure des leviers, c’est-à-dire à 0m,085 trop haut, pensant que la flexion le ferait descendre à la hauteur voulue. Voici à cet égard les résultats de l’expérience.
- Le pont-levis a été mis en place le 10 mai 1845. Avant et après la pose du rouleau, on a pris exactement la hauteur des flèches au-dessus du bout des rails, et cette hauteur a de même été mesurée, depuis, à diverses époques assez éloignées : on a trouvé ainsi les élévations suivantes de chacune des flèches, ce qui constate déjà une flexion uniforme des deux côtés.
- DATE DES EXPÉRIENCES. HAUTEURS mesurées. ABAISSEMENT dû à la flexion des flèches.
- Le 10 mai 184S avant la pose du contre-poids 2m,640
- Le 12 mai id. après la pose id 2m,585 0m,055
- Le 23 juillet id. id. id 2ra,560 0m,025
- Le 20 août id. id. id 2m,560 >»
- Le 23 sept. id. id. id 2m,56®
- FLEXION TOTALE | 0m,080
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- n
- ARTS MÉCANIQUES.
- Il suit de là quç rabaissement total a été de 0m,08, et qu’il est resté stationnaire au bout de peu de temps, malgré les alternatives de sécheresse et de pluies qui ont eu lieu dans les mois de juillet, août, septembre. Tout porte donc à croire que les lattes en fer ayant une fois pris leur position dans leur rainure d’encastrement suffisent pour arrêter tout accroissement de flexion.
- 4° Manœuvre du pont. Un seul homme lève et baisse ce pont avec la plus grande facilité, ou, pour mieux fixer l’effort nécessaire à cette manœuvre, une surcharge de 32 kilog., ajoutée au contre-poids, a suffi pour lever le pont de manière à amener le tablier dans la position verticale. .Cette épreuve, faite dans les premiers jours de juin, a été répétée le 20 août et depuis, et il a fallu encore ajouter le même poids, 32 kilog., pour obtenir le même résultat.
- Voici enfin le tableau des expériences faites pour connaître la durée de la manœuvre.
- NUMÉROS NOMBRE DURÉE DE LA MANŒUVRE POUR
- des d’hommes
- expériences. employés. lever le pont. baisser le pont.
- 1 1 homme. 0', 12" 0', 9"
- 2 Id. ÉO" 0’,10"
- 3 là. 0', 13" 0', 15”
- 4 Id. 0', P” 0', 9"
- 5 Id. 0', 8" 0’, 8ff
- 0', w n* zif/
- - v 9pi
- nnEWR MftVF.MNR. P O ô' 10"
- Dix secondes suffisent donc pour lever le pont et autant pour le baisser.
- § 4. Évaluation de la dépense. — Enfin le tableau suivant fera connaître r avec tous les détails nécessaires, le montant de la dépense.
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- PONTS»
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- Tableau de la dépense du pont4evis de la Villeneme.
- INDICATIONS DES OUVRAGES.
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- -Maçonnerie en pierre de taille des huit piliers. Id. id. des six garde-corps...
- 1 Taille des parements......................
- Fourniture et pose de douze tenons en pierre. |Refouillements pour les enclaves de ces douze tenons et pour préparer le passage des flèches dans les piliers....................... • •
- Longuerines et traverses du plancher en chêne.
- | Deux flèches..............................
- | Bordages en chêne pour le plancher, pose et
- cio u....................................
- Deux coussinets à branches scellées dans la
- culée....................................
- ÎDeux colliers à tourillons embrassant la traverse du pont...............................
- [ Deux tourillons d'attache des flèches, écrous
- et boulons...............................
- (Deux étriers pour les extrémités du tablier... Deux verrous pour fixer le tablier au pont
- dormant..................................
- r Quatre lattes pour les flèches............
- iFrettes, boulons, écrous id................
- J Deux essieux pour les roues ..............
- Deux supports à charnière pour le contrepoids ............................».........
- Un arbre du contre-poids....................
- k Chaîne de manœuvre avec ses crochets......
- Quatre rails de 0m,04 sur 0®,04 et 4m,52 de
- longueur.................................
- Deux chaînes pour garde-corps du pont, crochets , etc..............................
- Poids total................
- Fonte. Quatre roues de l®,00 de diamètre..........
- Cuivre. Deux boîtes pour les essieux des roues....
- Plomb. Cylindre du contre-poids...................
- Main-d’œuvre pour scellement des rails--------------
- Peinture à deux couches des flèehes et: ferrures..
- Montant total de; k a dépense-----
- QUANTITÉS. PRIX. SOMMES.
- 2 m. C. 267 45 fr. 80 103 fr 83
- 0 m. c. 843 id. 38 61
- 29 m. 50 9 265 50
- 8 journées 2 25 18
- 6 journées 2 25 13 50
- 0 stère 50 113 56 50
- 0 stère 63 id. 71 10
- 8 m. c. 40 7 58 80
- 22 kilog.
- 70
- 7
- 4
- 634
- 121
- 24
- 10
- 49
- 12
- 239 kilog. 10
- 1136 kilog. 1 30 1475 50
- 167 kilog. 0 40 66 80
- 22 kilog. , 3 60 79 20
- 461 kilog. 0 80 368 80
- 2 journées 50 2 23 5 62
- » » 15
- 2,636 fr. 85
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- ARTS CHIMIQUES.
- Explication des figures de la planche 1055 représentant l’ensemble et les détails
- du pont-levis construit sur le canal de la fonderie de la Villeneuve, au port
- de Brest, par M. Dehargne.
- Fig. 1. Élévation du pont.
- Fig. 2. Plan.
- Fig. 3. Profil des quatre pilastres du pont.
- Fig. 4. Élévation du bout de la flèche.
- Fig. 5. Plan du dessus du bout de la flèche.
- Fig. 6. Coupe transversale des attaches des flèches au tablier.
- Fig. 7. Élévation des attaches.
- Fig. 8. Plan.
- Fig. 9. Coupe verticale des roues de support des flèches.
- Fig. 10. Élévation d’une roue.
- Fig. 11. Coupe sur Taxe de la flèche.
- Fig. 12. Les colliers et tourillons du tablier vus en élévation..
- Fig. 13. Les mêmes vus en plan.
- A, flèche du pont. B,, tablier. C, rails. D, cylindre en plomb formant contrepoids. E E, roues. F, axe des roues. G, pilastres. H, arbre du contre-poids.
- a, point d’attache de la flèche au tablier, b, entaille dans l’un des pilastres pour recevoir le bout de la flèche, c, traverse, ddd, longuerines du tablier. ef coussinets des tourillons f. g g, brides de la flèche, h, coussinet de l’arbre H du contre-poids.
- ARTS CHIMIQUES. — ACIDES.
- Rapport fait par M. Payen, au nom du comité des arts chimiques 3 sur un nouveau procédé de fabrication de l’acide sulfurique, par M. Schneider.
- Messieurs,.M. Schneider 3 chimiste, ancien chef des travaux chimiques aux établissements de Sainte-Marie-d’Oignies , près Charleroy ( Belgique ), vous a présenté un intéressant mémoire concernant l’historique et les progrès de la fabrication de l’acide sulfurique , en indiquant la part qu’il a lui-même prise dans les nombreux travaux théoriques et pratiques qui ont fondé cette fabrication, base de toutes les industries chimiques. M. Schneider annonce qu’il est parvenu à un résultat très-digne d’intérêt.
- Le système qu’il a organisé et met en pratique permet de fournir exclusivement, aux dépens de l’air atmosphérique et sans faire usage d’un agent in-
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- acides. 7*?
- termédiaire, tout l’oxygène utile au maximum d’oxydation du soufre, c’est-à-dire à sa transformation complète en acide sulfurique.
- M. Schneider sait bien que les recherches expérimentales de plusieurs savants, et surtout, durant ces dernières années, les belles expériences de M. Kuhlmann, ont mis hors de doute la possibilité d’unir directement, sous l’influence des corps poreux ( mousse de platine, pierre ponce ), l’oxygène de l’air à l’acide sulfureux, de façon à compléter les trois équivalents nécessaires à la constitution de l’acide sulfurique.
- Mais votre comité des arts chimiques sait aussi qu’aucun procédé économique n’avait jusqu’alors été signalé pour réaliser, dans les usines, une pareille combinaison.
- M. Schneider vous offrit de répéter, devant les membres du comité, l’expérience dans un appareil construit en plomb et présentant un modèle de hx construction nouvelle. *
- Votre comité, acceptant l’offre de M. Schneider, examina avec soin les ingénieuses dispositions de cet appareil, qui lui parut pouvoir remplir les conditions d’une exécution manufacturière.
- Voulant, d’ailleurs, apprécier le mieux possible l’effet de ces dispositions, les membres de votre comité s’assurèrent le concours éclairé de deux jeunes chimistes, MM. Poinsot et Brunet, qui suivirent les opérations durant toute une journée.
- La pierre ponce préparée par l’auteur fut d’abord distribuée dans les récipients spéciaux ; on n’ajouta que de l’eau dans les différents vases où les gaz et vapeurs devaient circuler.
- Tous les orifices des différents gaz ayant été clos alors par des fermetures hydrauliques, on alluma le soufre, et la combustion fut continuée sans interruption.
- Vers cinq heures, tout le liquide acidifié fut recueilli mélangé pour en former un échantillon commun. M. Péligot, l’un des membres de la commission, constata l’absence de composé azotique dans ce liquide.
- Nous reconnûmes, par la saturation, après l’avoir fait bouillir, que la quantité totale d’acide approchait du maximum pratique obtenu par les procédés actuels.
- Une deuxième expérience semblable, à deux jours d’intervalle, a donné sensiblement les mêmes résultats.
- Nous devons en conclure 1° que le procédé de M. Schneider permet de fabriquer l’acide sulfurique sans l’intervention d’azote ou d'acide azotique ;
- T Que les quantités d’acide obtenues pour un poids de soufre brûlé approchent du nîaximum réalisé dans les fabriques , et, en tout cas, dépassent
- Quarante-septième année. Février 1848. 11
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- 78 ARTS ÉCONOMIQUES.
- de beaucoup les proportions obtenues expérimentalement jusqu’ici sous l’influence des corps poreux ;
- 3° Que» ne connaissant pas le moyen de donner et de rendre à la ponce l’énergie nécessaire pour obtenir les résultats précités, nous ne pouvons que répéter, à cet égard,, l’assertion'de l’auteur, c’est-à-dire que son mode de préparation est tellement économique , qu’il s’engagerait à fournir, durant plusieurs années, la pierre ponce préparée comme à la révivifier.
- Votre commission ayant vu avec un vif intérêt l’appareil et les expériences de M. Schneider, espérant que son procédé pourra exercer une heureuse influence sur la fabrication de; l’un des produits les plus utiles à la fondation et au développement des arts chimiques, vous propose d’adresser à l’auteur vos remercîments pour son importante communication, et de renvoyer son mémoire à la commission du Bulletin, afin qu’il soit publié in extenso ou par extrait, dans votre recueil (1).
- Signé Payen, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 16 février 1848.
- ii i»ooo
- ARTS ÉCONOMIQUES. — arbres.
- Rapport fait par M. Silvestre fils, au nom du comité des arts économiques, sur le prompt-cubateur métrique de MM. Dulac et Gillet.
- i
- Messieurs, en vertu de la loi de 1837 qui annonçait le renversement de l’ancien système des poids et mesures, l’industrie forestière dut substituer à ses tarifs d’autres tarifs en harmonie avec le système métrique dont l’usage devait être bientôt obligatoire.
- Les manuels qui furent calculés d’après l’ancien système, comme ceux qui les remplacèrent définitivement en 1840, servirent à opérer le cubage des bois selon les différents modes d’évaluation adoptés par le commerce ; et il fut toujours facile, par leur moyen, de calculer avec assez de promptitude le volume des bois abattus ou sur pied, en grume ou équarris, en pièces ou façonnés , en un mot quels que fussent leur état et leur forme.
- Dans le cas particulier où il s’agit de cuber les arbres en grume, c’est-à-dire de trouver sous l’écorce le volume de la partie utile à telle ou telle industrie, on a coutume, depuis longtemps, dans la pratique, de considérer comme
- (i) Le mémoire de M. Schneider, accompagné du dessin de l’appareil employé par lui, paraîtra dans un prochain numéro du Bulletin.
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- ARBRES.
- 79
- côté de la base du solide équarri le quart de la circonférence moyenne de l'arbre préalablement diminuée de f ou de f ; ou bien, dans quelques cas, de prendre pour côté de la base le quart de la circonférence moyenne, sans déduction. Comme circonférence moyenne, il est généralement d’usage d’adopter celle de l’arbre prise à lm,30 du sol, diminué de de sa longueur. Quant à la hauteur de la pièce, on l’évalue ordinairement à la simple vue , et quelquefois aussi, mais plus rarement, à l’aide d’instruments particuliers. Au moyen de ces données et avec le secours des tarifs, on arrive aisément aux résultats cherchés.
- Le produit obtenu par le cubage au y et au j déduits et au j sans déduction est regardé comme représentant le volume de l’arbre, débarrassé de la partie variable qui tombe lors de l’équarrissage. On sait que c’est d’après l’état du sujet, d’après sa forme et l’usage auquel on le destine que les praticiens font choix d’un de ces divers modes d’évaluation.
- Le commerce ordinaire des bois estime généralement au ÿ déduit ; l’artillerie et la marine se servent de la déduction au Quant au £ sans déduction, il ne s’applique guère qu’au cubage des pièces les plus droites et les mieux venues, et lorsque le volume de la partie utile peut rester considérable après l’équarrissage (1).
- Malgré les avantages que présentent les manuels-tarifs dont on se sert communément , on ne laisse pas que de perdre beaucoup de temps à les compulser, quand on a, surtout, à opérer sur un grand nombre de pièces. MM. Du-
- (1) On pourrait se faire une idée de la différence qui existe entre les résultats fournis par les divers modes de cubage au moyen des formules qui suivent, et il n’est pas sans intérêt aussi de comparer ces résultats à celui qu’on obtient en considérant comme base de l’arbre équarri le carré inscrit dans la circonférence moyenne.
- Représentant par a le côté du carré inscrit, par a' le côté du carré provenant de la circonférence dont on déduit le £, par a" le côté du carré au | déduit, et par a"' le côté du carré au j sans déduction ; appelons C la circonférence moyenne et r le rayon. On aura
- “=r'/2=^c=Sc = (0’m)C-
- c
- = ..... = (0,208) C,
- __ C
- a" = g C = .......= (0,200) C,
- o'" = | =jC =...........= (0,250) G ;
- d’où l’on voit que le carré inscrit est plus petit que celui au £ sans déduction, mais qu’il est plus grand que les autres.
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- ARTS ECONOMIQUES.
- lac et Gillet, attachés à l'administration forestière du domaine, ont exécuté et mis en pratique, avec succès, un instrument qu’ils ont appelé prompt-cu-bateur métrique, avec le secours duquel on peut avoir la circonférence d’un arbre en grume sur pied à lm,30 du sol, et obtenir immédiatement, sur cette seule indication, la circonférence moyenne de l’arbre et le cubage de la pièce.
- Cet instrument se compose d’un ruban en toile imperméable qui s’enroule dans un fourreau cylindrique au moyen d’une petite manivelle. Sur une des faces de ce ruban sont marquées des divisions métriques qui servent à prendre la circonférence d’un arbre sur pied, et qu’on mesure à lm,30 du sol, selon l’usage. Au-dessous de chaque division se trouve un petit tableau dont les résultats ont été calculés avec beaucoup de soin par les inventeurs, et qui indique 1° la réduction du de la circonférence trouvée, ce qui, selon la pratique, fournit la circonférence moyenne de l’arbre ; la longueur des arbres de mètre en mètre; 3° le volume des arbres, de décistère en décistère, au -f et au | déduits et au \ sans déduction ; 4° enfin l’équarrissage correspondant à chacun des trois modes de cubage.
- La seconde face, destinée à l’évaluation des arbres abattus, est divisée comme la première, et donne, au moyen de petites tables analogues aux précédentes , le cubage des arbres au j déduit d’après la circonférence prise au milieu.
- MM. Dulac et Gillet n’ont pas inscrit sur leur ruban les volumes des arbres entiers, c’est-à-dire avant tout équarrissage, parce que, dans la pratique , on a coutume, pour trouver ces volumes, de doubler les résultats obtenus au f déduit. On commet alors, il est vrai, une légère erreur, comme on peut le voir par les deux formules qui suivent : soit l la longueur de la pièce ; on aura, pour le double du volume au f déduit, -^c2l = ( 0,080 ) c21, et, pour le volume de la pièce en grume, -~c21= (0,079) âl; mais MM. Dulac et Gillet ont cru, avec raison , devoir respecter l’usage établi et admettre cette erreur, qui pourrait, pourtant, devenir très-sensible s’il s’agissait d’importantes opérations.
- On vous a déjà présenté , messieurs , plusieurs cordons gradués propres à mesurer les arbres, il en est même qui ont justement fixé votre attention ; mais il a paru à votre comité des arts économiques que le prompt-cubateur métrique avait un avantage réel sur tous les cordons du même genre qui l’ont précédé. Non-seulement il dispense le praticien de feuilleter les tables des tarifs et de faire aucun calcul ultérieur, mais il offre aussi des résultats importants dont les anciens instruments ne font pas mention ; en un mot, le comité le regarde comme plus complet et comme répondant d’une manière plus commode en même temps que plus large à tous les besoins du commerce.
- Nous avons donc l’honneur de vous proposer, messieurs, d’accorder votre
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- EMBALLAGE.
- 81
- approbation à la communication de MM. Dulac et Gillet, et de faire connaître, par la voie du Bulletin, l’instrument de ces jeunes praticiens aux personnes qui s’occupent spécialement de la gestion et du commerce des bois.
- Signé E. de Silvestre , rapporteur.
- Approuvé en séance, le 16 février 1848.
- emballage.
- Rapport fait par M. Trébuchet, au nom du comité des arts économiques, sur un nouveau système d’emballage de M. Cotel, place du Louvre, 8.
- Messieurs, dans un précédent rapport publié p. 497 du Bulletin de la Société, année 1846, nous avons appelé votre attention sur les perfectionnements apportés par M. Cotel au mode généralement suivi pour l’emballage et le transport des objets d’art ; vous avez récompensé ses travaux en lui décernant une médaille de bronze dans votre séance générale du 20 janvier 1847.
- M. Cotel, encouragé par votre approbation , ne s’est point arrêté dans la voie de progrès où il était entré ; il vient aujourd’hui vous soumettre les nouveaux perfectionnements dont son industrie lui est redevable.
- Ces perfectionnements sont nombreux ; ils s’appliquent aux procédés que vous connaissez déjà ; ils consistent, en outre, dans des procédés nouveaux. Parmi ces derniers, nous avons particulièrement remarqué une charpente destinée au transport des statues, groupes et sculptures en marbre, de toutes dimensions ; un châssis à coulisses mobiles pouvant servir au transport de tableaux de dimensions diverses ; une caisse à rouleaux pour l’emballage des grandes toiles, etc.
- Le système d’après lequel est disposée cette caisse est des plus ingénieux. On sait les difficultés qu’éprouvent les artistes à préserver de tout accident les toiles qu’ils font transporter, surtout quand elles ont une grande dimension ; et ce que nous disons des toiles s’applique également aux gravures, aux étoffes précieuses, etc.
- Le mode de M. Cotel consiste dans un cylindre creux placé dans une boite dont les planches sont mobiles, et qui est disposé de manière à se poser, à se manœuvrer et à s’enlever avec une grande facilité. La toile se fixe sur ce cylindre au moyen d’une petite planchette qui s’ouvre sur toute la longueur du cylindre pour donner passage à la toile qu’elle maintient ensuite en se refermant. On évite ainsi les elous avec lesquels on fixe habituellement l’extrémité des toiles, ce qui les détériore souvent dans les parties correspondantes aux clous. Ces cylindres ont, en outre, l’avantage de tenir en suspension les objets emballés, sans aucun contact avec les parois de la boîte.
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- 82 ARTS ÉCONOMIQUES. --- EMBALLAGE.
- Les cadres ou châssis à coulisses mobiles peuvent s’allonger ou s’élargir au moyen d’une coulisse ménagée dans l’intérieur du châssis, sur chacune de ses faces ; le jeu de cette coulisse n’ôte rien à la solidité de l’emballage ; le tableau ou cadre qu'on veut emballer repose toujours sur la base du cadre et est maintenu par de petits tasseaux en liège garnis de caoutchouc et de molleton disposés dans les angles du châssis ; ce dernier est ensuite solidement maintenu au moyen d’une corde disposée de manière qu’on n’ait à craindre aucun écart.
- Pour compléter ce qui concerne le transport des tableaux, nous citerons les châssis à volets mobiles pour le transport et l’exposition des tableaux sans enlever le châssis ; les pitons-poignées propres à faciliter le transport des tableaux d’un certain poids, en évitant de toucher à la dorure du cadre. Ces pitons se fixent de chaque côté du cadre au moyen d’une entaille faite dans la bordure, et sont disposés de telle sorte qu’au moyen d’un ressort qui agit sur eux ils peuvent servir alternativement soit de poignée pour enlever le cadre, soit de piton pour le suspendre.
- Enfin des emboîtures de sûreté servent à garantir les angles des cadres, dans les différents déplacements qu’on leur fait subir, surtout lors des expositions.
- Nous ajouterons que le prix de ces différents appareils est fort modéré.
- Nous voudrions pouvoir parler avec détails des autres inventions de M. Cotel, et surtout des perfectionnements remarquables qu’il a apportés à ses boites servant à l’emballage des statuettes, porcelaines et autres objets fragiles. Rien, en effet., n’est plus ingénieux que la disposition de ces boîtes, dans lesquelles les objets les plus délicats, les plus fragiles peuvent être transportés à de grandes distances, subir même les chocs les plus violents, sans en éprouver le moindre dommage. Aussi nous n’hésitons pas à dire que M. Cotel a opéré une véritable révolution dans l’industrie de l’emballeur, et qu’il a fait un art de cette industrie qui, jusqu’à lui, avait fait des progrès peu sensibles.
- En résumé, nous ne pouvons que répéter ce que nous avons déjà dit au sujet des inventions de M. Cotel; on doit les considérer comme ayant rendu surtout aux artistes de véritables services, et sous ce rapport elles méritent tout l’intérêt de la Société.
- Nous avons donc l’honneur de vous proposer, messieurs, de remercier M. Cotel de sa communication, et d’insérer le présent rapport au Bulletin avec les dessins de ses principaux appareils (1).
- Signé Trébuchet, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 16 février 1848.
- (1) Nous donnerons, dans un prochain numéro du Bulletin, la description et les dessins des appareils d’emballage de M. Cotel.
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- NOTICES INDUSTRIELLES
- 83
- extraites de diverses publications périodiques françaises et étrangères.
- ARTS MÉCANIQUES.
- Sur les forages artésiens exécutés à Venise par M. Degousée.
- Nous avons parlé , p. 558 du Bulletin de 1847, des forages exécutés à Venise pour alimenter cette ville d’eau douce dont elle est en partie privée. Voici quelques nouveaux détails sur ces travaux entrepris par M. Degousée , dans le but de doter Venise de très-belles fontaines jaillissantes.
- L’alimentation de Venise, en eau douce , reposait, jusqu’ici, sur les eaux pluviales recueillies dans cent quarante-quatre citernes publiques, dans dix-neuf cent quatre-vingt-dix citernes particulières, à quoi il faut joindre ce que de nombreuses barques allaient prendre journellement dans la Sériole, canal de dérivation de la Brenta.
- De 1825 à 1830, le gouvernement autrichien fit faire de nombreux essais pour obtenir, au moyen de sondages, des eaux artésiennes. Les difficultés de l’opération, provenant de la présence de sables fluides dans les couches à traverser, rendirent ces tentatives infructueuses. Toute espérance était perdue, lorsque M. Degousée, après avoir étudié attentivement le régime des eaux dans la contrée , proposa de faire l’opération à ses risques et périls. Le contrat fut conclu le 1er février 1846. Les équipages de sonde partirent de Paris en mai; en août, les travaux commencèrent sur la place Santa-Maria-Formosa. Au bout de six mois l’eau jaillissait, au-dessus du sol, d’une profondeur de 61 mètres.
- Au commencement de janvier 1847, un second forage fut commencé sur la place Saint-Paul; le 14 avril suivant, une nappe d’eau jaillissante, venant de la profondeur de 60 mètres, déversait, à 4 mètres de hauteur au-dessus du sol, 250 litres d’eau par minute.
- Ce succès inespéré de M. Degousée excita l’envie. Une commission de pharmaciens soutint que les eaux étaient minérales et mauvaises ; mais la question ayant été portée devant la faculté des sciences de Padoue, ce corps savant déclara que l’eau des puits artésiens de Venise, après qu’elle a été exposée quelques instants à l’air, pour laisser dégager l’hydrogène carboné et l’acide carbonique qu’elle renferme, dissout bien le savon, cuit parfaitement les légumes, est agréable au goût et doit être rangée parmi les meilleures eaux potables connues. ( Acad, des sciences, 10 janvier 1848. )
- Oculaire astronomique polyalde ; par MM. Barbotte et Rossin.
- Les oculaires imaginés par les auteurs présentent, sur ceux en usagé, l’avantage d’une plus grande netteté à égalité de grossissement. Leur procédé consiste dans l’addition, à l’oculaire, d’une lentille divergente achromatique mobile, placée entre l’oculaire et l’objectif, un peu en avant du lieu du foyer de ce'dernier. En faisant varier la position de cette lentille entre des limites comprises dans une course double de sa longueur focale, on intercepte les rayons émargés de l’objectif, qui vont former leur foyer à des
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- distances de plus en plus grandes, selon qu’on rentre davantage la lentille divergente, de telle sorte que , lorsqu’elle se trouve en avant du foyer initial de l’oculaire d’une quantité double de sa longueur focale, les rayons provenant de l’objectif. au lieu de converger en un point quelque éloigné qu’on le suppose surtout de la lentille divergente parfaitement parallèle, divergeront si cette lentille était un peu plus rentrée.
- Pour tous les points intermédiaires de la course de cette lentille, le foyer se trouve porté à une distance où il est toujours possible d’observer l’image produite en y portant l’oculaire qu’on fait glisser convenablement dans un tube à tirage. ( Acad, des sciences, 10 janvier 1848. )
- ARTS CHIMIQUES,
- Sur la fabrication des bougies stéariques.
- On sait, d’après les beaux travaux de M. Chevreul sur les corps gras, que le suif peut être divisé en plusieurs substances, les unes solides, cristallisables, nommées stéarine, les autres fluides à la température ordinaire, désignées sous le nom d’oléine. On parvint, dès 1833, à éliminer économiquement ces dernières et à transformer les autres en véritables bougies douées des principales propriétés qui conviennent à l’éclairage de luxe.
- S’appuyant sur les données précises de la science , des manufacturiers habiles parvinrent à fonder une industrie nouvelle qui n’a cessé , depuis quinze ans , de faire des progrès remarquables.
- M. de Milly fut l’un des premiers qui s’occupa en France de cette industrie dont il créa les principaux procédés (1). Le jury de l’exposition de 1834 lui décerna une médaille d’argent, et celui de 1839 une médaille d’or qui fut rappelée en 1844. De son côté, la Société d’encouragement accorda à cet habile manufacturier une médaille d’argent en 1833 et une médaille d’or en 1836, pour les notables perfectionnements qu’il avait introduits dans cette fabrication.
- Depuis 1834, des rivaux habiles sont parvenus à rendre cette fabrication plus économique , et à livrer à la consommation , sous le nom de bougie royale, de Yéclipse, de la comète, des princes, du phare, etc., des produits qui jouissent d’une réputation méritée. Ils se présentèrent, à l’exposition de 1839, au nombre de dix, et de vingt-cinq à celle de 1844. Parmi eux se distinguaient MM. Tresca et Eboli, Delacretaz, Paillasson et quelques autres qui furent jugés dignes des récompenses du jury. La production annuelle s’élève aujourd’hui à plus de g millions de kilog. de bougies ; plusieurs améliorations ont été introduites dans les opérations, entre autres la suppression de l’alcool et l’emploi de moyens mécaniques pour nettoyer et lustrer les bougies. On a aussi tiré un parti avantageux des résidus oléiformes dans le travail des laines et dans la confection d’un savon économique.
- (1) En 1825, MM. Gay-Lussac et Chevreul prirent, en Angleterre, une patente pour la fabrication des bougies stéariques.
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- Les diverses manipulations que subit le suif pour être converti en acide stéarique ont déjà été indiquées succinctement dans un rapport sur les bougies de M. de Milly, publié p. 304, année 1836, du Bulletin de la Société. Nous croyons devoir compléter ces renseignements en entrant, sur cette fabrication, dans des détails que nous empruntons à l’important traité de chimie appliquée aux arts de M. Dumas.
- Les procédés en usage pour la fabrication de la bougie stéarique se divisent en onze opérations, savoir :
- 1° Saponification. Elle a pour objet de combiner les acides gras avec la chaux, d’éliminer ainsi la glycérine et d’obtenir des stéarates, margarates et oléates de chaux ; la glycérine, mise en liberté, se dissout dans l’eau nécessaire pour déterminer la combinaison.
- Cette opération se fait dans une grande cuve en bois légèrement conique et garnie de plusieurs cercles sur toute sa hauteur ; on y jette 500 kilog. de suif en branches, de bœuf ou de mouton, avec une quantité d’eau plus que suffisante pour dissoudre la glycérine. On chauffe toute cette matière à la vapeur au moyen d’un tube en plomb contourné en serpentin et placé dans le fond de la cuve ; ce tube est percé d’une multitude de petits trous à travers lesquels passe la vapeur.
- Quand le suif est fondu, on ajoute peu à peu 75 kilog. de chaux délayée, blanche, pure, caustique et sans grumeaux, et on laisse à la combinaison le temps de s’effectuer, en ayant le soin d’agiter fortement la masse à l’aide d’un agitateur composé de plusieurs branches réunies par des entretoises et portant des espèces de couteaux fixés aux quatre bras de l’agitateur. Ce système est monté sur un arbre vertical portant une roue d’angle commandée par un pignon ajusté sur un arbre de couche qui communique avec un moteur à vapeur.
- Dans les premiers moments de l’agitation, le suif et le lait de chaux forment une masse pâteuse et homogène. Au bout de deux heures, l’eau commence à se séparer du savon calcaire ; on arrête alors l’agitateur, mais on n’en continue pas moins le chauffage ; le savon calcaire devient de plus en plus dur. On laisse reposer pendant six ou huit heures, puis on soutire, à l’aide d’un robinet placé au bas de la cuve, le liquide qui entraîne en dissolution la glycérine. Après avoir retiré de la cuve les stéarate, margarate et oléate de chaux sous la forme de savons très-durs, on les soumet à la pulvérisation.
- 2° Pulvérisation. On écrase les savons de chaux soit sous une meule, soit sous un rouleau de fonte que l’on promène sur la matière par un mouvement alternatif qui lui est imprimé à bras d’homme.
- M. Dumas a proposé, pour atteindre le même but, de faire passer les savons durs entre deux cylindres cannelés continuellement refroidis par un courant d’eau fraîche qui les arroserait ou les traverserait, précaution indispensable parce que le savon s’échaufferait par la pression; il s’amollirait et se réduirait plutôt en lame qu’en poudre.
- 3° Décomposition des savons de chaux par Vacide sulfurique étendu d’eau. Les cuves de décomposition dans lesquelles on transporte les matières solides après qu’elles ont été broyées et réduites en poudre sont semblables à celles de saponification, à peu près de même capacité et doublées en plomb, afin d’être préservées de l’action de l’acide Quarante-septième année. Février 1848. 12
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- sulfurique. On y agite les savons pulvérisés1 avec de l’eau froide, de manière à en former une bouillie claire , puis on y ajoute 25 kilog. d’acide sulfurique étendus de 100 litres d’eau pour le savon calcaire provenant de la saponification de 100 kilog. de suif. On laisse reposer pendant quelques jours en agitant fréquemment ; l’acide sulfurique s’empare de la chaux pour former le sulfate de chaux et met en liberté les acides gras. On fait ensuite arriver dans la cuve un courant de vapeur d’eau; le sulfate de chaux se sépare et se précipite au fond, tandis que les acides gras se fondent et viennent surnager le liquide ; on procède alors au lavage des acides.
- 4° Lavage des acides. On les soutire au moyen d’un robinet placé au-dessus du dépôt, dans une cuve de bois semblable aux précédentes, doublée en plomb et également chauffée à la vapeur par un tuyau en serpentin placé au fond. Dans cette Aive, les dernières traces de chaux sont enlevées au moyen d’une solution très-étendue d’acide sulfurique. Une seconde cuve, en tout semblable à la première, est destinée à opérer un deuxième lavage à l’eau pure.
- 5° Moulage des acides. — Fonte des masses cristallines en plaques minces. Les trois acides gras, stéarique, margarique et oléique, privés autant que possible de chaux et d’acide sulfurique, sont coulés dans des moules en fer-blanc disposés en gradins dans la longueur de l’atelier, de telle sorte qu’en versant la matière dans le premier moule elle se divise successivement dans les moules suivants, ce à quoi on est parvenu en ménageant, sur l’un des bords de chaque moule, une ou deux petites rigoles qui permettent cet écoulement dès que la matière arrive à leur hauteur.
- Ces moules présentent la forme d’un.prisme rectangulaire de 70 à 75 centimètres de longueur sur 16 à 18 centimètres de largeur et environ 5 centimètres de hauteur. On forme ainsi des plaques d’acide solidifié que l’on enlève après les avoir enveloppées d’une serge de laine pour les porter à une presse hydraulique verticale, construite comme les presses ordinaires.
- 6° Pressage à froid des acides formés en plaques. La presse verticale doit être construite de manière à permettre d’obtenir une pression de 200,000 kil. Une grande partie de l’acide oléique s’écoule à froid sous l’action de cette presse ; cependant les dernières portions ne peuvent s’extraire qu’à l’aide d’une certaine température ; c’est pour cela qu’on a imaginé d’autres presses que l’on a cru devoir disposer horizontalement et qui sont chauffées par la vapeur.
- 7° Pressage à chaud. On ne se contente pas de chauffer cette presse, mais on chauffe aussi les plateaux en fer forgé entre lesquels sont placés les tourteaux qui proviennent de la presse verticale et qui, en sortant de cette1 presse , ont été entourés d’une seconde étendelle qui est alors en crin au lieu d’être en laine (1). La vapeur provenant des géné-
- (l) MM. Tresca et Eboli proposent de réduire les tourteaux en eopeaux par un couteau mécanique; ces tourteaux sont pressés entre deux cylindres qui achèvent de les diviser. La matière ainsi pulvérisée est mise dans des sacs et exposée pendant quelque temps dans un endroit chauffé à 25°; ensuite elle est pressée fortement. On lave souvent ces sacs, et on évite ainsi, suivant les auteurs, l’emploi des plaques et des étendelles. ( Yoy. Description des brevets, t. LI, p. 445.}
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- râleurs se rend dans les parois creuses latérales et dans le double fond de la presse pour échauffer cette dernière ; elle chauffe ensuite les plateaux renfermés dans une capacité rectangulaire en fonte et bien fermée.
- La pression que peut exercer le piston de la presse s’élève souvent de 4 à 500,000 kil.
- L’acide oléique qui s’écoule soit de la presse verticale , soit de la presse horizontale se rend dans une bâche inférieure, d’où on le soutire pour le recevoir dans des vases plats ; par le refroidissement, il laisse déposer l’acide stéarique qu’il avait entraîné à la faveur de la température élevée qu’il possédait pendant l’action de la presse horizontale.
- Les deux pressages étant achevés , 1 acide oléique est suffisamment séparé ; les pains formés d’acide stéarique et d acide margarique qui restent pour résidus sont d’une blancheur éclatante ; mais ils ne forment guère que 45 à 50 pour 100 du suif employé, e’est-à-dire 225 à 250 kilog. pour 500 kilog. de suif environ.
- 8° Épuration des acides solides. Les pains d’acide stéarique et d’acide margarique que l’on retire de la presse horizontale sont portés dans une cuve en bois doublée en plomb et chauffée par la vapeur, pour être épurés par l’acide sulfurique très-étendu d’eau. Ce lavage a surtout pour objet de débarrasser les acides gras des dernières traces de chaux qu’ils peuvent contenir.
- Après cette opération, il ne reste plus qu’à les dégager de l’acide même par des lavages à l’eau ; puis on laisse reposer la matière ; on la décante dans une autre cuve qui renferme de l’eau pure que l’on doit renouveler plusieurs fois : on la laisse reposer de nouveau, on la soutire dans des moules, et on obtient enfin des pains propres à la confection des bougies.
- 9° Fonte et moulage des acides solides blancs. On se sert, pour cet objet, soit de pots en grès chauffés au bain-marie, soit d’une chaudière en cuivre plaquée d’argent, afin d’éviter la coloration des acides. Cette chaudière est à double fond, pour être chauffée par la vapeur à une température qui ne dépasse pas généralement 100 degrés. On ajoute ordinairement, aux pains d’acide stéarique, 10 pour 100 d’acide sulfurique, afin de rendre les bougies moins friables.
- On coule la matière fondue dans des moules formés d’un alliage d’étain et de plomb; on fixe la mèche à la partie supérieure par une grosse épingle, et à la partie inférieure par une petite cheville en bois qui la serre contre les parois de l’orifice. Ces mèches sont nattées, disposition qui évite la nécessité de moucher continuellement les bougies ; il faut aussi pour cela, dit M. Dumas, avoir soin de les plonger dans une dissolution d’acide borique qui forme, avec la chaux, un borate qui se fixe dans la mèche.
- Dès que les mèches sont fixées au centre des moules, on porte ces derniers à un bain-marie dont la température correspond à celle de l’eau bouillante.
- Lorsque les moules sont suffisamment chauds, on les remplit à l’aide d’une poche : il importe, pour cela, que l’acide commence à cristalliser. Cette précaution , ainsi que celle que l’on prend pour chauffer les moules ; est nécessaire pour troubler la cristallisation de l’acide gras. Après le refroidissement des moules, on enlève la petite chevilla de bois qui retient la mèche, et on retire les bougies au moyen d’une espèce de poirw çon ; il faut les couper ensuite afin de les mettre de longueur.
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- 10° Blanchiment des bougies. Les bougies étant moulées, il est nécessaire de les exposer quelque temps à l’air, à la lumière et à l’humidité, pour qu’elles acquièrent toute la blancheur désirable.
- 11° Polissage et pliage des bougies. Les dernières opérations que l’on fait subir aux bougies sont le polissage et le pliage. Le polissage s’effectue soit en frottant vivement la bougie avec un morceau de drap humecté d’alcool ou d’ammoniaque, soit par des machines imaginées pour cet effet.
- Le pliage consiste à réunir les bougies cinq par cinq et à en former des paquets d’un demi-kilog. qu’on enveloppe pour être livrés à la consommation.
- Après avoir fait connaître les diverses opérations en usage aujourd’hui pour la fabrication des bougies stéariques, nous allons nous occuper d’un perfectionnement imaginé par M. Durnerin, et pour lequel il a pris une patente en Angleterre le 13 janvier 1846. La spécification de cette patente se trouve dans le journal anglais intitulé, Repertory of patent inventions, cahier d’octobre 1846.
- Ce perfectionnement a principalement pour objet la séparation de l’oléine de la stéarine, du suif ou de toute autre matière grasse, ainsi que la séparation de l’acide oléique de l’acide stéarique.
- Pour séparer l’oléine de la stéarine, M. Durnerin met le suif dans des sacs de laine qu’on place dans l’appareil que nous allons décrire.
- Cet appareil se compose d’un cyjindre de fonte percé de trous à son périmètre et dans lequel entre un second cylindre de zinc perforé. L’intervalle des deux cylindres est occupé par une étoffe feutrée. Les sacs doivent être séparés par des diaphragmes disposés dans l’ordre suivant : d’abord une pièce de feutre recouverte d’une plaque de zinc perforée, puis une toile métallique, une seconde plaque de zinc, enfin une pièce de feutre.
- L’appareil étant rempli de sacs et de diaphragmes interposés comme on le voit fig. i, pl. 1056, on place au sommet un dernier sac rempli de sciure de bois qu’on charge d’un bloc en bois qui reçoit l’effort de la presse hydraulique.
- On donne, avec cet appareil, deux pressions consécutives, l’une à 22° centig., l’autre à 35°.
- Explications des figures de la fil. 1056.
- Fig. 1. Section verticale de l’appareil chargé de ses sacs. Fig. 2. Section horizontale du même.
- A, cylindre en fonte entouré de forts cercles de fer a, et dont le périmètre est percé de trous.
- B, étoffe feutrée appliquée contre la paroi intérieure du cylindre.
- C , cylindre de zinc perforé.
- E E , diaphragmes composés ainsi qu’on l’a expliqué plus haut.
- F F , sacs de grosse toile dans lesquels est renfermée la matière grasse.
- G , sac rempli de sciure de bois. 4
- H, bloc de bois sur lequel s’exerce l’effort de la presse hydraulique.
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- Le diaphragme inférieur b repose sur le plateau de la presse, comme on le voit en K. fig. 3.
- Quand on veut vider le cylindre, on ôte d'abord le bloc de bois H, et on enlève l’appareil au moyen de deux chaînes fixées à la partie supérieure de la presse et qui s’attachent aux crochets c. Le cylindre repose, par quatre pattes d, sur un soubassement en bois.
- La fig. 3 est une section verticale, et la fig. 4 une section horizontale d’une modification de l’appareil précédent.
- A , cylindre en bois cerclé de bandes de fer a a.
- LL, rainure pratiquée dans la face interne du cylindre.
- D , feuille de zinc perforée posée en face des rainures. Entre cette feuille de zinc et une seconde C est placée une étoffe feutrée.
- Dans ce système, au lieu de toile métallique pour les diaphragmes, on a employé des cordes. — Fig. 4. 1, cordes. 2, plaque de zinc perforée. 3, pièce de feutre.
- Le surplus des indications répond à la légende de la fig. lre.
- L’appareil que nous venons de décrire a pour objet d’extraire l’oléine parfaitement claire et de produire de la stéarine sèche et fusible à 43°; ce qui permet d’en fabriquer des chandelles aussi dures que des bougies.
- Pour faciliter la séparation des acides gras, M. Durnerin a trouvé avantageux de mêler à ces acides de 2 à 6 pour 100 d’alcool à 36°, qu’on retrouve en distillant l’acide oléique. Au moyen de ce procédé, on obtient plus facilement et en plus forte proportion l’acide stéarique.
- Il est souvent utile de filtrer les matières grasses pour en retirer des produits plus purs. Voici, dans ce cas, l’appareil qu’emploie l’auteur.
- La fig. 5 représente cet appareil en élévation, et la fig. 6 vu en dessus. Fig. 7, section verticale, et fig. 8, section horizontale au niveau du filtre, ou sur la ligne AB, fig. 7.
- L’appareil est formé de deux parties assemblées par des boulons a a; il est fermé à la partie inférieure. L’intérieur est divisé en trois compartiments. E, compartiment dans lequel on place la matière à filtrer. O, tube communiquant avec un autre vase non représenté dans la figure et disposé au-dessus du filtre : on obtient, par son moyen, une pression sur la matière à filtrer.
- H, milieu filtrant qui peut être composé de sciure de bois, de pâte à papier, de coton ou de toute autre matière propre à cet usage. Ces matières sont étendues sur un plateau I, qu’on recouvre d’une étoffe feutrée b.
- J, plateau perforé garni d’un autre feutre et placé sur la matière filtrante.
- N, vis traversant un écrou qui fait corps avec le croisillon M et agit sur le plateau J, lequel comprime la matière filtrante. La pression fait monter le liquide à travers cette matière ; il passe au-dessus du plateau dans le compartiment K, d’où il s’écoule, par le tuyau L, dans' un récipient disposé ad hoc.
- G, robinet à air du compartiment H. Quand le liquide commence à couler, on ferme ce robinet.
- F, autre robinet servant à vider le compartiment E.
- B, double fond rempli d’eau chauffée par la vapeur au moyen des tuyaux C D.
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- A, bâti portant l’appareil.
- Fonctions de Vappareil. On verse le suif ou les acides gras préalablement liquéfiés par la chaleur dans le réservoir qui se trouve au-dessus de l’appareil ; on fait bouillir l’eau du double fond jusqu’à ce qu’il passe une petite quantité de vapeur dans le compartiment K; on ouvre alors le robinet de communication P, le suif arrive dans le compartiment E et chasse l’air par le robinet G, qu’on ferme ensuite.
- La matière grasse filtrée remonte dans le compartiment K à l’aide de la pression opérée en tournant la vis et s’écoule par le tuyau L.
- Pour blanchir et désinfecter le suif, on peut faire usage du procédé suivant :
- On fait bouillir le suif pendant une heure et demie avec 5 pour 100 de son poids de noir animal en poudre ; on laisse reposer le mélange pendant quelques heures , et la majeure partie du noir se dépose : la matière grasse filtrée ensuite dans l’appareil que nous venons de décrire sera alors parfaitement blanchie et désinfectée.
- Sur Vindustrie du caoutchouc.
- Le caoutchouc, vulgairement nommé gomme élastique, importé pour la première fois de l’Amérique méridionale, au commencement du xviif siècle, mais qu’on tire, depuis quelques années , en quantité considérable de l’île de Java, de Penang, de Sincapore et du royaume d’Assam, eut pendant longtemps un emploi très-borné; peu à peu ses applications se sont étendues et développées, et il entre aujourd’hui dans une foule de combinaisons industrielles, surtout en Angleterre, où il sert non-seulement à imperméabiliser les tissus et à divers objets de toilette qui demandent une certaine élasticité, mais aussi à la confection des bouchons, des bâches, des tubes flexibles, etc.
- Cette industrie est pratiquée en France depuis 1830 ; elle a fait de notables progrès entre les mains de nos habiles fabricants , et paraît être arrivée à son dernier degré de perfection.
- Nous allons faire connaître l’origine de cette industrie dont nous avons parlé pour la première fois il y a vingt-quatre ans. On trouve, en effet, page 309 du Bulletin de l’année 1823, une note sur le moyen découvert par M. Makintoseh, chimiste de Glasgow, pour dissoudre le caoutchouc et pour l’appliquer sur les tissus nfm de les rendre complètement impénétrables à l’eau. On sait que les vêtements confectionnés avec les tissus ainsi préparés ont conservé le nom de Makintoseh. Indépendamment de cet emploi, on est parvenu à réduire le caoutchouc en fils dont on a formé des tissus élastiques ; c’est en France qu’on s’est spécialement occupé de cette partie de l’industrie du caoutchouc, pour laquelle MM. Rattier et Guihal ont obtenu une médaille d’or delà Société d’encouragement, dans sa séance générale du 9 juillet 1834. (Voyez p. 281 du Bulletin, 33e année. )
- En Angleterre, M. Nickel prit, en 1836 , une patente pour un procédé propre à réduire le caoutchouc en feuilles, en le ramollissant dans de l’eau bouillante et le passant dans des laminoirs en fonte : on le soumet ensuite à un broyage ou pétrissage très-énergique, et on le comprime dans des moules en fonte à parois très-épaisses, à Laide de la presse hydraulique; enfin on le coupe dans les dimensions voulues.
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- Celui qui s est le plus spécialement occupé, dans ce pays, de l’industrie du caoutchouc est M. Thomas Hancock, qui a obtenu successivement, pour l’application de cette substance et pour sa combinaison avec d autres matières, dix patentes dont voici 1 énumération.
- 1° Le 29 avril 1820, matière élastique propre à la confection des vêtements. Nous avons donné la traduction de la spécification de cette patente Bulletin de l’année 1825, p. 45.
- 2° Le 29 novembre 1824, matière remplaçant lé cuir propre à divers usages. Nous en avons également parlé dans le Bulletin de la même année, p. 292.
- 3° Le 25 mars 1825, moyen de rendre imperméables la cale des vaisseaux, les vases contenant les liquides, etc. Le Bulletin de 1 année 1826 , p. 315 , indique un procédé de dissolution du caoutchouc.
- 4° Le 5 août 1830, confection de tissus impénétrables à l’air et à l’eau.
- 5° Le 14 juin 1835, matelas à air, coussins, etc., enduits de caoutchouc.
- 6° Le 18 avril 1837, moyen de rendre les tissus entièrement impénétrables à l’air.
- 7° Le 23 janvier 1838, nouveau mode de préparation du caoutchouc, soit pur, soit combiné avec d’autres substances, publié Bulletin de 1840, p. 481.
- 8° Le 9 novembre 1843, fabrication du caoutchouc et de ses diverses combinaisons avec d’autres substances. ( Voyez Bulletin de l’année 1846, p. 30. )
- 9° Le 14 mars 1846, mode de fabrication des dbjets en caoutchouc, soit pur, soit mêlé avec d’autres substances. ( Voyez même année du Bulletin -, p. 400. )
- 10° Le 19 novembre même année , patente prise de concert avec M. Brokedon pour la fabrication d’objets composés dé caoutchouc et de gutta-percha. Nous donnons ci-après la traduction de cette patente.
- Le nombre des brevets pris en France ayant pour objet l’industrie du caoutchouc n’a pas été moins considérable que celui des patentes délivrées en Angleterre ; on en compte trente-six depuis 1830, dont plusieurs sont tombés dans le domaine public et ont été publiés dans la collection des brevets (1).
- Dans ces derniers temps, on a beaucoup étendu chez nous les applications du caoutchouc ; on en a fait des ressorts , bandes de billard , bandages, chaussures , fourreaux d’armes, rouleaux d’imprimerie, plaques de cardes, etc.
- (l) Les brevets publiés dans !a collection des brevets expirés sont les suivants : Jay, emploi du caoutchouc dans la fabrication des chapeaux, t. 31, p. 344; Gantier, machine à découper le caoutchouc dans son état naturel, t. 33, p. 128; Blanchin, tissus, étoffes et toiles élastiques, t. 35, p. 380; tâcheron, emploi de la gomme élastique à divers tissus, t. 37, p. 72 ; Daubrée, tissus fabriqués avec des fils de gomme élastique seuls ou mêlés avec des fils de soie, t. 32, p. 304 ; le même et Barbier, travail général du caoutchouc, t. 43, p. 373 ; Bottier et Guibal, art de réduire en fil le caoutchouc et d’en former divers tissus, t. 55, p. 442 ; les mêmes, application du caoutchouc a divers objets d’ih* dustrie, t. 64, p. 446; Bonnevin, emploi du caoutchouc à la confection de divers objets par la compression et le moulage , t. 59 , p. 284 ; Gagin, procédé de dissolution du caoutchouc, t. 45, p. 461 ; Garnier, ballons en caoutchouc, L 58, p. 449; Colpin', application du caoutchouc sur cuir et tissus; t. 65, p. 129 ; Westhead, machine à couper en lanières le caoutchouc, t. 64, p. 15.
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- Perfectionnements apportés dans les industries qui emploient le caoutchouc ou la gulta-percha ; par MM. Hancock et Brokedon
- Les perfectionnements que les auteurs ont introduits dans la fabrication des articles pour lesquels on fait usage du caoutchouc consistent dans des moyens particuliers d’appliquer cette substance à une grande variété d’objets, d’après les procédés- décrits dans la spécification dune patente délivrée à M. Alexandre Parkes le 25 mars 1846 (1), et qui modifient les qualités du caoutchouc et de la gutta-percha, soit d’une manière analogue à ce qui se passe en soufrant ou en volcanisant le caoutchouc, soit en purifiant et en colorant ces substances afin de les rendre applicables à une grande variété d’objets.
- Dans cette spécification, nous désignerons, comme M. Parkes, par gutta-percha ou caoutchouc, toutes les substances végétales analogues. Quelques-unes ont des noms donnés dans les contrées mêmes qui les produisent, comme à Para, à Assam, dans les Indes occidentales, à Madagascar, à Java, etc.; les naturels les nomment saikwah, jintarvan, gutta - turban, gutta-percha, doll, etc. Quelques autres ont diverses dénominations suivant qu’elles arrivent solides ou liquides, en pains, en bouteilles, en feuilles ou rognures, etc, ; elles diffèrent aussi de couleur, elles sont blanches, noires, rouges, brunes, jaunes, etc. Le docteur Roxburgh et le lieutenant Veith en ont fait connaître beaucoup de variétés dans les Transactions de la Société d’agriculture et d’horticulture de l’Inde. Ces produits se présentent aussi sous des aspects physiques différents ; les uns ont la dureté du bois, d’autres la mollesse de la glu. Nous établirons donc que la gutta-percha ou toutes les autres substances analogues sont extraites des arbres ou des plantes par ponction, et se coagulent généralement , l’évaporation faisant disparaître la fluidité ; le produit ainsi obtenu n’est pas soluble dans l’eau ; enfin ces substances, par la distillation, donnent de la caoutchou-cine.
- Tous ces produits, sous quelques noms qu’ils se présentent, dans quelques mélanges qu’ils soient, sont solubles dans les mêmes dissolvants, et exigent le même traitement dans leurs manipulations préliminaires ; ce sont toujours les laminoirs ou rouleaux , les appareils masticateurs , allongeurs , coupeurs et autres ; ce sont les mêmes procédés de coloration, de gravure, de moulage, etc., etc., qui sont bien connus et qui sont décrits dans des brevets précédents de M. Thomas Hancock, des 18 avril 1837, 23 janvier 1838, 9 novembre 1843 et 14 mars 1846, de même que dans la patente citée de M. Parkes. Les détails des manipulations sont suffisants pour guider les personnes qui s’occupent de l’industrie du caoutchouc. Relativement à la dissolution des diverses variétés, comme le caoutchouc ou la gutta-percha, les procédés sont absolument les mêmes pendant l’été ; et, bien que la première puisse être dissoute à quelque température de l’atmosphère que ce soit, l’action est toutefois facilitée par la chaleur ; il faut donc traiter le caoutchouc dans la même chambre que la gutta-percha, à une température de 80 à 90°
- (l) Voyez Bulletin de décembre 1847, p. 700.
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- Fahrenheit (27° à 32° centig.). Le principal défaut de la gutta-percha consiste en ce que , quoique plus ferme que le caoutchouc à de basses températures , elle devient plus molle et plus plastique à des températures peu élevées; mais, en employant les procédés de M. Parités, ces inconvénients disparaissent.
- Nous ferons observer que nous emprunterons désormais à la spécification de M. Parkes l’expression changement, pour désigner le résultat de l’emploi des procédés qu’il indique, de même que par le mot immersion nous entendons la manière de produire ce changement, en plongeant les matières dans des dissolvants convenables , procédé que nous préférons d’ailleurs. Nous imperméabilisons les peaux, les étoffes, la toile, la soie, etc., en totalité ou en partie, en recouvrant leur surface de couches de caoutchouc, de gutta-percha, ou de composés de ces matières, soit à l’état de dissolution, soit à un autre état, comme cela est décrit dans les brevets précédents de Thomas Hancock, ou en collant ensemble plusieurs étoffes à l’aide de ces matières ; nous pouvons rendre les surfaces unies ou colorées, estampées ou imprimées, ou ornées d’une manière quelconque, et ensuite nous produisons le changement par immersion. Ces fabrications diffèrent de celles de M. Parkes et de M. Hancock seulement en ce qu’on opère sur des produits manufacturés au lieu d’agir sur les matières premières de caoutchouc, de gutta-percha ou de tout autre composé de ces substances. Lorsqu’il s’agit de faire l’immersion des produits imprimés ou teints recouverts d’une couche de caoutchouc d’un côté seulement, on joint les lisières, les bordures et les bouts de manière à former une espèce de sac dont on imperméabilise les coutures, puis on l’immerge sous cette forme. En opérant sur des étoffes délicates susceptibles de s’altérer au contact des solutions qui doivent produire le changement, on les recouvre d’une couche de colle forte que l’on enlève ensuite à l’eau chaude, ou d’une couche de solution de gomme laque que l’on fait disparaître dans un bain alcalin. On emploie le même moyen quand on veut garantir certaines parties des articles en caoutchouc ou en gutta-percha de l’action des liqueurs de changement. Nous appliquons cette fabrication à une foule d’objets, tels que manteaux, casquettes, pardessus, bas de pêcheurs, chapeaux, bonnets, tabliers ou toute autre partie du vêtement ; nappes, sacs, bâches de voitures, sièges, bains portatifs, costumes de bain, scaphandres, lits , coussins, etc.
- Ces articles sont fabriqués par les mêmes moyens que ceux usités pour les objets en caoutchouc. Lorsque les marchandises nécessitent des coutures, les substances imperméabilisatrices devront être soumises au changement par l’application, à l’aide d’une brosse, de la solution convenable. Quelquefois nous fabriquons les vêtements ou autres objets analogues, tels que gants, bottes, etc., en cuir ou en étoffe, à la manière ordinaire ; puis on les recouvre de couches de caoutchouc ou de gutta-percha à l’état de dissolution avec des brosses ou même avec la main, enfin on les immerge pour obtenir le changement.
- Nous ferons remarquer que, bien que la gutta-percha soit améliorée par l’opération du changement, l’élasticité diminue un peu; lors donc qu’il s’agira d’objets qui nécessitent cette propriété, il faudra opérer le changement avec mesure.
- Quarante-septième armée. Février 1848.
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- Les articles qui doivent être gonflés d’air, tels qu’oreillers, coussins, etc., sont préparés à la manière ordinaire, et on leur fait subir ensuite Y immersion. Nous préférons, pour cet emploi spécial, le caoutchouc à la gutta-percha, qui est trop rigide. Lorsque les articles sont en drap extérieurement, il est nécessaire de les protéger contre l’action des agents qui produisent le changement, et pour cela il faut recouvrir tout l’intérieur de l’étoffe imperméable , et immerger avec précaution. Si l’extérieur est en caoutchouc ou en gutta-percha , on immerge simplement l’objet. Dans tous les cas, il faut toujours orner, teindre les articles avant d’effectuer le changement.
- Nous fabriquons aussi des vases pour contenir de l’air, de l’eau, etc. ; ils sont entièrement en caoutchouc ou en gutta-percha ; nous suivons d’ailleurs les procédés décrits dans les patentes de M. Thomas Hancock. Lorsque les objets sont façonnés, nous leur faisons subir l’immersion pour produire le changement.
- Nous travaillons également le caoutchouc , la gutta-percha , ou une combinaison de ces matières, avec ou sans poudres colorantes ou substances fibreuses, et nous en formons des feuilles de toutes dimensions, par des procédés semblables à ceux décrits dans les patentes de M. Thomas Hancock. Avec ces feuilles nous fabriquons les divers articles mentionnés précédemment, et nous produisons le changement soit sur les feuilles, soit sur les objets fabriqués. De ces feuilles combinées ou non avec des étoffes, nous confectionnons des courroies pour les machines, des brides, ou autres parties de harnachement; des colliers de chevaux, des genouillères, des selles, des semelles de bottes , des portemanteaux, des trousses, des empeignes, des bouteilles et autres vases pour contenir les liquides, des rouleaux d’impression , des tuyaux et des tubes, des tampons ou ressorts pour empêcher le recul des canons, des soupapes de pompes et des seaux , des bosses et des tampons pour la marine, des capsules pour bouteilles, des bandages, ligatures et autres appareils de chirurgie. Une grande variété d’articles repoussés , tels que les vêtements de fantaisie, des bordures d’ornement, des imitations de crépines et de passementerie ; des cadres de tableaux, des formes d’imprimerie, etc.
- Nous fabriquons encore des bandes de billard ; en unissant ensemble plusieurs feuilles de caoutchouc ou d’un mélange avec la gutta-percha, on intercale quelques bandes de drap pour varier le degré de l’élasticité, et on soumet ensuite à l’immersion. On emploie aussi ces feuilles à garnir les bâches en bois, en effectuant l’application par la chaleur ou en se servant de la solution ordinaire de caoutchouc : on produit le changement lorsque les feuilles sont appliquées ; s’il avait été produit auparavant, on appliquerait le ciment qui sera décrit plus loin.
- On peut encore , avec ces feuilles, faire des ressorts de voitures, ou des tampons de chemins de fer, dans les formes et par les moyens décrits dans le brevet délivré à M. Thomas Hancock en 1846 , en réunissant les parties par les procédés qui y sont détaillés , et quant à ce qui regarde la gutta-percha ou ses composés, par les procédés décrits ci-après; on immerge ensuite pour produire le changement.
- Nous fabriquons aussi des fils avec le caoutchouc , là gutta-percha et leurs composés ; nous les soumettons au procédé de M. Parkes, et nous en obtenons des composés doués de différents degrés d’élasticité, suivant les proportions employées. On opère le change-
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- ment après ou avant de réduire la substance en fils ; nous préférons, toutefois, le faire, auparavant, sur des feuilles de l’épaisseur du fil que l’on veut obtenir. Pour découper ces feuilles nous les roulons autour d’un cylindre de bois, nous en couvrons la surface d’une solution de gomme laque pour retenir ensemble toute la masse, et nous faisons mouvoir le cylindre contre un couteau sans cesse arrosé d’eau. La laque est ensuite enlevée par l’ébullition dans une solution de potasse. Quand les feuilles sont destinées à donner du fil épais, il suffit d’employer la laque sur la face externe de la feuille roulée. Nous fabriquons, avec les fils ainsi préparés, des cordes, des ficelles, des tresses, des fouets, et d’autres articles semblables, dans lesquels nous faisons entrer des fils de différentes couleurs et qu’on ne traite par immersion que lorsqu’ils sont terminés, afin d’en agréger plus fortement les parties. Les manches de fouets, ou certaines parties de ces objets, peuvent être en bois ou en métal, pour donner plus de solidité ou de roi-deur. Si le fil élastique est tissé avec d’autres fils de natures diverses, nous maintenons l’objet aussi tendu que possible pendant la durée de l’immersion ou du séchage ; il se contracte ensuite considérablement. Nous obtenons, du caoutchouc, de la gutta-percha ou de leurs composés, des reliefs ou des modèles variés, en les coulant, les imprimant ou les estampant au moyen de moules ou de planches, par des moyens semblables à ceux décrits pour le caoutchouc , dans le brevet déjà cité de M. Hancock, et nous les traitons par immersion après ou avant cette opération. Quand les objets à travailler sont légers ou délicats, nous les plongeons dans le dissolvant, et nous les retirons sur-le-champ afin d’en durcir les surfaces, puis, lorsqu’ils sont secs, nous les replaçons dans le dissolvant et les y laissons le temps voulu.
- Nous fabriquons, avec les substances susnommées, des crosses de fusils, de pistolets, des manches de parapluies, de couteaux, des poignées d’épées et d’autres armes, au moyen de moules gravés ou imprimés ; nous colorons ces objets avant ou après le moulage, quelquefois nous faisons une âme de bois, de métal, ou d’autre matière, que nous introduisons dans l’intérieur de l’objet avant de le mouler. Quand l’objet est entièrement fait de gutta-percha sans l’emploi de dissolvant, nous opérons de la manière décrite par le docteur Montgomery, en novembre 1843, lorsqu’il introduisit cette substance en Angleterre, par l’entremise de la Société des arts. Voici comment il s’exprimait : « La gutta-percha devient plastique et se soude lorsqu’on la plonge dans l’eau presque bouillante ; on peut ainsi lui donner toute espèce de formes avant qu’elle refroidisse (entre 130 ou 140° Fahr., 55° à 60° centigr.) ; elle garde la forme qu’on lui a donnée tant que la température ne dépasse pas 110° (40° centigr,). Pour la travailler, il suffit donc de placer dans l’eau bouillante la quantité qu’on en veut employer; elle s’y adoucit, devient aussi plastique que du mastic et peut se modeler comme on le désire. » La meilleure température à donner aux moules est celle de la chaleur animale. Quand on emploie de la gutta-percha pure, on la réduit en feuilles, en la ramenant à l’état plastique par la chaleur, et la traitant par des procédés semblables à ceux qui font l’objet des brevets pris par M. Hancock en 1837 et 1838. On peut traiter ensuite ces feuilles par immersion ou en obtenir préalablement des objets sur lesquels on produit le changement. C’est ainsi qu’en combinant
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- la méthode de laminage de M. Hancock avec le procédé de M. Parkes on arrive à une fabrication perfectionnée de feuilles de gutta-percha. On peut incorporer à la gutta-percha, si on le désire, des matières colorantes ou des substances fibreuses. Pour empêcher la gutta-percha ou ses composés d’adhérer aux rouleaux, nous les recouvrons de calicot ou d’autres étoffes que l’on maintient mouillées à l’aide d’une dissolution de savon ou de soude. Les feuilles se roulent plus également et s’attachent moins quand la gutta-percha contient des matières colorantes, telles que de l’ocre ou du plâtre de Paris. Nous employons quelquefois la gutta-percha sans la réduire en feuilles, et lorsqu’elle est amenée par la chaleur à la consistance du mastic, comme le recommande le docteur Montgomery, et nous en produisons nombre d’objets en les modelant à la main ou autrement, et les immergeant ensuite pour obtenir le changement.
- Quand la gutta-percha seule (ou ses composés ne contenant qu’une petite proportion de caoutchouc) est formée en bloc par les moyens déjà cités, on peut en obtenir facilement des copeaux ou des feuilles au moyen d’une plane de menuisier, à laquelle on donne la force et les dimensions nécessaires pour produire diverses épaisseurs de feuilles. Nous coupons sur des blocs cylindriques les matières précitées, au moyen de la plane ou de tout autre instrument ; des bandes héliooïdes en feuilles étroites étant immergées, et par cela même changées, donnent des courroies pour les machines ou pour d’autres usages. Nous devons cependant faire remarquer que le défaut des courroies de gutta-percha est de s’altérer promptement par la chaleur et le frottement, ce à quoi on obvie en grande partie par l’opération du changement; néanmoins, dans quelques circonstances, ces articles peuvent recevoir un revêtement de caoutchouc préalablement à Yimmersion. Les blocs dont nous venons de parler se découpent mieux quand ils contiennent une forte proportion de matière terreuse en poudre fine, telle que de l’ocre ou de la terre de pipe. Ces blocs peuvent être percés avec une machine à percer, ou tournés au tour ; on peut en faire des vis et des écrous au moyen des outils employés à cet usage ; on peut les ciseler, les tailler, en fabriquer ainsi divers objets et les immerger ensuite pour produire le changement.
- Nous avons remarqué que quelques articles de gutta-percha sont améliorés par une légère couche de caoutchouc coloré ou non ; Yimmersion se fait ensuite pour produire le changement. La même remarque s’applique quand on recouvre le caoutchouc d’une couche de gutta-percha.
- Pour quelques articles très-délicats et lorsqu’on désire une couleur bien claire, on purifie la gutta-percha par le procédé de M. Parkes.
- Nous employons le caoutchouc, la gutta-percha ou ses composés pour la reliure des livres, portefeuilles et autres articles semblables ; on immerge les parties qui l’exigent ou bien l’on applique le dissolvant changeur. Par ces moyens, nous évitons le grand défaut qui résulte de l’emploi du caoutchouc pour la reliure, celui de devenir très-roide par le froid, tandis que, par notre procédé, les dos de livres conservent leur flexibilité et leur élasticité. Pour la couverture du livre, nous employons de la peau ou de l’étoffe recouverte de caoutchouc estampé, coloré, ou orné de quelque manière que ce soit Nous formons avec le caoutchouc, la gutta-percha ou leurs composés, un produit;
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- propre à une foule d’objets, et nous découpons, à l’aide d’un emporte-pièce ou d’un autre instrument, des patrons ou des dessins, dans des feuilles de diverses couleurs, de telle manière que les pièces d’une couleur, soit rouge, coïncident avec celles des autres couleurs ; tous ces morceaux sont appliqués contre le drap à l’aide de la pression et d’une température tiède ; on imnterge ensuite pour produire le changement. Au lieu de placer ces pièces les unes avec les autres, on peut les poser isolément sur des feuilles colorées ou non, ou sur du drap, de manière à former un relief ; on immerge ensuite pour produire le changement. Lorsqu’on veut faire des tapis pour escaliers ou antichambres, on prend des étoffes plus épaisses.
- Nous couvrons ou enveloppons complètement les objets en bois, en cuir, en papier, en métal, etc., en plongeant ces articles dans une solution de caoutchouc, de gutta-percha ou composé, et, quand ils sont secs, on les immerge pour produire le changement. On répète l’opération avant l’immersion jusqu’à ce que le nombre de couches soit suffisant pour arriver à l’épaisseur voulue. D’autres objets de compositions diverses de mélasse et de colle, par exemple, ou de matière semblable, après avoir reçu les formes voulues, peuvent être plongés dans la solution de caoutchouc ou de gutta-percha ou de leurs composés, et seraient ainsi rendus imperméables ; après quoi on les immerge pour produire le changement. Des substances diverses, telles que la sciure ou les copeaux de bois, de liège, de cuir, et de semblables matières, mêlées et cimentées avec de la colle, de la pâte ou de la gomme, et mises sous la forme qu’on désire, peuvent être traitées de la même manière. Nous fabriquons un article qui ressemble beaucoup ,à de l’éponge, en mêlant, avec une solution de caoutchouc, etc., une solution de chlorure de soufre, comme l’a décrit M. Parkes; au bout de peu de temps, la masse se coagule sous forme gélatineuse ; on l’expose alors à une température d’environ 212° Fahr. (100° centig.), dans l’eau ou autrement, jusqu’à ce que les dissolvants soient évaporés, et, si l’on veut obtenir plus de solidité, on immerge le produit. Nous préférons, dans ce cas, le caoutchouc à la gutta-percha. Une autre manière de procéder est de diviser en morceaux plus ou moins gros le caoutchouc, et de remplir presque avec ces morceaux un vase ouvert de la forme requise, de Yimmerger pour produire le changement, de laisser couler les dissolvants en excès ; par ces moyens, on obtient une masse élastique et compressible, propre à faire des coussins, des matelas, etc. Nous fabriquons des tuyaux et tubes de caoutchouc et de gutta-percha par plusieurs moyens. Nous prenons des fds des substances susdites d’une longueur proportionnée et les appliquons sur un noyau formé d’une corde préalablement revêtue de mélasse et de colle, ou de colle et de craie, et parfaitement unie ; on donne ensuite une couche de l’une des solutions, et, lorsque le tout est sec, on roule le tube sous une pression à une température légèrement élevée. On finit en immergeant le produit pour obtenir le changement et agglomérer la matière; le noyau est ensuite enlevé par l’ébullition dans l’eau. Pour les tubes de fantaisie, on emploie des fils colorés. En procédant d’une autre manière, nous prenons de la laine filée ou de l’estame d’une épaisseur proportionnée à la force du tube que l’on veut obtenir; nous la recouvrons d’une couche de caoutchouc, de gutta-percha ou d’un de leurs composés ; quand cela est sec, nous l’appliquons sur un noyau comme ci-dessus
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- et le faisons passer par la même série d’opérations. Nous fabriquons aussi ces articles en enroulant en spirale, autour du noyau, ces fils ou bandes étroites, en en maintenant les tours l’un contre l’autre, et, si cela est nécessaire, en roulant un autre fil en sens inverse ; nous soumettons ensuite le tout à l’action de la pression et de la chaleur, et nous l’immergeons pour en produire le changement, enlevant ensuite le noyau comme on l’a dit plus haut.
- Lorsque nous voulons faire des tubes, du cuir ou du feutre réunis ou soudés par l’un des composés ci-dessus mentionnés, nous les traitons par immersion pendant leur fabrication ou lorsqu’ils sont finis. Nous enduisons aussi la face externe ou interne des tubes de caoutchouc ordinaires avec l’une des solutions indiquées dans leur état ordinaire ou eoloré, et les immergeons ensuite pour produire le changement.
- La soie, la laine ou toute autre fibre animale est plus convenable à employer en combinaison avec ces substances pour les objets que l’on veut traiter par immersion.
- Dans certains cas, nous recouvrons la surface du caoutchouc, de la gutta-percha ou de leurs composés, de laine tontisse ou d’autres matières en poudre, en leur donnant d’abord un enduit de vernis de caoutchouc, puis répandant la poudre à la surface ; lorsque l’objet est sec, nous l’immergeons pour en produire le changement ; de telles surfaces peuvent être employées principalement à garnir tes empeignes et l’intérieur des chaussures.
- Nous colorons des feuilles ou d’autres objets formés en tout ©u en partie de caoutchouc ordinaire ou volcanisé, en les enduisant de vernis de caoutchouc coloré, puis les immergeant pendant peu de temps.
- Comme on peut unir 1e caoutchouc et la gutta-percha très-facilement avant le changement , nous préférons agir ainsi ; mais, lorsqu’il est indispensable de faire des joints après cette opération, nous employons un ciment composé de caoutchouc volcanisé fondu par la chaleur, auquel nous ajoutons, lorsqu’il est presque froid, une quantité égale de la dissolution employée pour faire 1e changement : on tes mêle ensemble à une douce chaleur. Nous appliquons ce ciment chaud en couches minces, et, si cela est nécessaire, nous donnons une seconde couche aux deux surfaces à joindre; lorsque le ciment est presque sec, on tes réunit en les maintenant pendant quelque temps dans un lieu chaud sous une légère pression. Il est difficile d’indiquer exactement le moment le plus favorable à cette opération ; mais c’est lorsque 1e ciment est presque sec, et d’ailleurs l’opérateur l’apprendra facilement avec un peu de pratique.
- Lorsque les articles fabriqués au moyen du caoutchouc, de la gutta-percha ou de leurs composés doivent être d’une épaisseur considérable, M. Parkes recommande d’affaiblir la solution de chlorure de soufre et d’y laisser plus longtemps les objets. Nous avons aussi reconnu que l’on peut donner au caoutchouc et à ses composés une épaisseur suffisante en unissant, par la pression, des feuilles, lorsqu’à la suite de l’immersion elles sont encore humides ou du moins à peine sèches.
- Si l’on veut obtenir une grande dureté dans certains objets fabriqués au moyen des matières susdésignées, on y parvient en plongeant à plusieurs reprises l’article dans la dissolution changeante et le laissant sécher chaque fois : il devient alors aussi dur,
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- plus dur même que de l’ivoire, et peut être limé et travaillé au tour, recevoir enfin le plus beau poli. On peut arriver plus promptement à ce résultat en augmentant la proportion de chlorure de soufre dans la dissolution chang eante.
- Pour produire le changement, nous préférons employer le chlorure de soufre mêlé au sulfure de carbone ou à tout autre dissolvant convenable du caoutchouc dans les proportions indiquées par M. Parkes; mais, quant au temps que doivent durer les immersions nous varions la durée de l’opération suivant l’épaisseur de l’objet ou le degré de changement que Ion veut obtenir.
- Nous avons trouvé aussi que parties égales de sulfui^e de carbone et de naphte obtenu «lu goudron de houille donnent une solution qui réussit bien; dans ce cas, le naphte doit être parfaitement purifié. (Repertory of patent, inc., août 1847.)
- Extrait des procès-verbaux des séances du conseil d'administration de la Société
- d'encouragement.
- Séance du 2 février 1848.
- Correspondance. M. Fer y, à Mailly ( Marne), appelle l’attention de la Société sur un nouveau système de chauffage qu’il a imaginé. Ce système résout, suivant lui, un problème dont la difficulté a toujours paru insurmontable à ceux qui ont étudié cette matière, c’est-à-dire qu’il a paru impossible d’obtenir, dans un foyer couvert, autant de calorique, toutes choses égales d’ailleurs, que dans un calorifère bien construit.
- M. Miallet, à Biot ( Yar ), demande à prendre part au concours pour le vernissage des poteries.
- M. Péligot entre dans quelques détails sur les procédés suivis par l’auteur, qui est admis à concourir.
- M. le président met sous les yeux des membres du conseil les titres produits par Mme Ve Lambert pour participer au legs Bapst destiné aux auteurs peu fortunés.
- M. Bottin, membre du conseil, adresse un exemplaire de Y Almanach du Commerce pour l’année 1848, qui est continué par ses enfants.
- Le conseil vote des remercîments à M. Bottin et à ses enfants pour le don de cet important ouvrage.
- M. Sainte-Preuve fait hommage de la 4e édition de son ouvrage intitulé, Notions les plus essentielles sur la physique, la chimie et les machines, développées dans l’ordre du programme officiel du 18 juillet 1837, relatif à l’enseignement dans les écoles normales primaires.
- M. le président exprime l’opinion que l’ouvrage de M. Sainte-Preuve, par la clarté des définitions qu’il renferme, contribuera à répandre la connaissance de l’application des principes les plus usuels de la chimie , de la physique et de la mécanique.
- M. Jomard pense que cet ouvrage satisfait à un but d’utilité et d’opportunité, et qu’il mérite d’être mentionné dans le Bulletin.
- La commission du Bulletin est chargée d’en faire l’examen et d’en rendre compte.
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- PROCÈS-VERBAUX.
- Les ouvrages suivants sont déposés sur le bureau :
- 1° Transactions de la Société royale d Edimbourg, t. 16 et 17 ( en anglais ) ;
- 2° Procès-verbaux des séances de la Société royale d’Edimbourg, 2 vol., 1846-1847, nos 29 et 30 ;
- 3° Annales de la Société d’agriculture, arts et commerce du département de la Charente , t. 29, n° 3, mai et juin 1847 ;
- 4° Bulletin de la Société pour l’instruction élémentaire, 3e série, novembre 1847;
- 5° Journal des économistes, janvier 1848 ;
- 6° Moniteur industriel, 20, 23, 27 et 30 janvier 1848;
- 7° Belgique industrielle, des 20, 23, 27 et 30 janvier 1848 ;
- 8° Journal des travaux publics, du 27 janvier 1848;
- 9° Le Brevet d’invention, n° 16 ( 2e année ), 1er février 1848;
- 10° Appel respectueux adressé aux gouvernements de la France, de l’Angleterre, de la Prusse, des autres Etats de l’Allemagne et de la Suisse, dans le but de provoquer des lois particulières et une loi internationale destinée à protéger la classe ouvrière contre le travail; janvier 1848 ;
- 11° Académie royale de Belgique, extrait du t. XIV, n° 11 du Bulletin, — Falsification des céréales et recherches sur la proportion relative des éléments inorganiques de ces graines, par M. Louyet.
- M. le président annonce qu’il a été récemment publié à Londres un mémoire sur les progrès de la fabrication du fer en Angleterre. Ce mémoire étant de nature à intéresser tous ceux qui s’occupent de cette fabrication, il invite la commission du Bulletin à examiner s’il ne serait pas utile d’en publier une traduction.
- Rapports des comités. Au nom du comité des arts chimiques, M. Chevallier lit un rapport sur les résultats des concours ouverts pour la désinfection des matières fécales et des urines dans les fosses d’aisances mêmes, et pour des appareils propres à opérer la séparation des solides et des liquides, de manière à désinfecter les premiers et à rendre les seconds impropres à se putréfier.
- Il résulte, des documents dont M, le rapporteur donne une analyse détaillée, qu’ils peuvent se classer ainsi, selon leur mode d’inscription :
- 1° Moyen de désinfection et de conversion en engrais. Dix concurrents, savoir, MM. Kraft et Suquet, Marchai, Salmon, Seiler, Raphanel et Ledoyen, Gagnage et Régnault, Pagnon-Vuatrin, Coutaret, la Société des engrais gradués, la Société générale des engrais.
- 2° Séparation des solides et des liquides, dans les fosses mêmes, et désinfection. Sept concurrents, MM. Houssard, Huguin, de la Tour Arlet, Sanson, Legras, Bayard et Boitel.
- 3° Séparation des solides et des liquides avant l’introduction dans les fosses. Huit concurrents, MM. Belicard et Chesnaux, Gallet, Ringard, Godard, Hély, Deschenaux, Bourg .et François.
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- 4” Mode particulier de curage des fosses sans séparation des solides et des liquides. La compagnie générale des engrais.
- Le comité fait observer que les prévisions émises dans le rapport sur le concours de 1844 (voy. Bulletin de l’année 1844, p. 301) se sont réalisées; d’importants établissements fonctionnent dans les départements, et le comité est convaincu que la ville de Paris est appelée à donner satisfaction aux nombreux intéressés qui réclament un mode de vidange et de fabrication d’engrais mieux approprié et en rapport avec les progrès de la science et les prescriptions de l’hygiène publique.
- Les questions posées dans le programme doivent être considérées comme ayant reçu une solution satisfaisante, non par un seul concurrent, mais par l’ensemble des travaux entrepris par plusieurs d’entre eux, et même en dehors du concours.
- La Société demeure aujourd’hui désintéressée dans les questions objet du concours, Set en demandant de retirer ces prix, le comité va au devant de là justice de la Société en proposant de récompenser des efforts, des travaux et des applications d’un intérêt général.
- Le comité a été d’avis de décerner, pour la première question posée dans le programme , les récompenses suivantes r
- 1° Une médaille d’or de la valeur de 3,000 fr. à la compagnie générale des engrais, fondée par M. Baronnet.
- 2° Une médaille de platine de la valeur de 1,000 fr. à la compagnie des engrais gradués du domaine de la Verge.
- 3° Des médailles d’argent aux gérants de la compagnie générale des engrais dont les noms suivent, savoir : pour la division de Lyon, à M. Léon Vallée; pour la division de l’Ouest, à M. Henri Valin; pour celle de Marseille, à M. Calvo ; et pour celle du Cher, de l’Indre et de l’Ailier, à M. Rabier.
- 4° De mentionner honorablement les concessionnaires de la compagnie générale des engrais pour les villes de Poitiers, Nevers, Niort, Besançon, Rochefort, Bordeaux, Orléans, Nantes, Montauban, Limoges, Metz, Amiens, Troyes, Rouen et Toulouse.
- 5° De décerner une médaille de platine à MM. Kraft et Suquet.
- 6° Des médailles d’argent à M. de Granier, gérant de la compagnie des engrais gradués;
- 7° A M. le docteur Bayard;
- 8° A M. Siret.
- ff° Une médaille d’argent et 300 fr. à M. Houssard.
- 10° Une médaille d’argent et 200 fr. à M. Coutaret.
- 11° Une médaille de bronze à M. Pagnon- Vuatrin.
- Sur la deuxième question, le comité propose de décerner
- 1° Une médaille d’or de 1a. valeur de 1,000 fr. à M. Gallet, du Havre.
- 2° Une médaille d’argent et 500 fr. à MM. Belieard et Chesnaux.
- 3° Une médaille d’argent et 200 fr. à M. Legras.
- 4° Une médaille d’argent à M. de la Tour Arlet.
- 5° Des médailles de bronze à MM. Hély, Maze et Godard, Deschenaux et Ringard.
- Le comité propose de retirer ces sujets de prix du concours, et de renvoyer à la com-Qmrante-septième année. Février 1848. 14
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- mission du Bulletin les documents adressés par les concurrents, afin d’examiner quels sont ceux qu’il serait utile d’insérer dans le recueil des travaux de la Société.
- Il propose, en outre, de faire tirer, à part, 500 exemplaires du rapport pour être distribués dans les départements.
- M. Sainte-Preuve fait remarquer que le rapport ne parle pas de certains réactifs et de certaines méthodes propres à la désinfection des vidanges et des urines, à la conservation des engrais azotés de toute sorte, et à leur manipulation ; appareils et réactifs dont quelques-uns dérivent des indications fournies par MM. Payen, Chevallier, Dumas, Boussingault, qui n’ont pas été soumis au jugement de la Société et dont plusieurs membres connaissent cependant la haute valeur : il demande, en conséquence, qu’une phrase ajoutée au rapport empêche le public de croire que ce qu’il y a de mieux en 1848 est ce que la Société récompense à la suite du concours clos en 1847.
- M. Chevallier répond que le rapport énonce que les questions posées dans les programmes doivent être considérées comme ayant reçu une solution satisfaisante, non par l’un des concurrents, mais par l’ensemble des travaux entrepris par plusieurs d’entre eux, et même en dehors du concours, ce qui n’exclut aucun perfectionnement, aucune méthode nouvelle. Le comité a voulu prouver qu’avec les procédés et modes inscrits au concours on pourrait, ainsi que cela se pratique, opérer la conversion des matières fécales en engrais utilisables.
- M. Chevallier ajoute qu’il serait utile que le comité d’agriculture entreprît ou provoquât des expériences tendant à la propagation de ces engrais.
- Le conseil approuve le rapport et en adopte les conclusions.
- Communications. M. de Lasteyrie appelle l’attention de la Société sur les travaux de Fulton dans l’établissement de la navigation à la vapeur, et dépose une notice historique de M. Michaux sur cet homme célèbre. M. de Lasteyrie pense que la Société rendrait un juste hommage à la mémoire de Fulton en plaçant son buste dans la salle des séances, et il demande qu’une commission en fasse l’objet d’une proposition au conseil.
- M. Costaz donne quelques explications sur ce qui s’est passé pendant le séjour de Fulton en France.
- M. le président revendique, en faveur de M. de Jouffroy père, la priorité de l’invention des bateaux à vapeur. On sait qu’avant 1789 M. de Jouffroy fit, sur la Saône, l’expérience d’un bateau mû par la vapeur, expérience qui devait nécessairement être connue en Amérique.
- M. Rouget de Lisle fait observer que l’invention de l’emploi de la vapeur comme force motrice a été décrite par Papin en 1695; qu’en 1775 Périer a le premier, en France, construit un bateau à vapeur qui a navigué sur la Seine, fait consigné dans les Essais sur les machines hydrauliques de Ducrest. En 1781, l’abbé Damai, chanoine d’AIais, a fait hommage, au gouvernement et à l’Académie des sciences, d’un modèle de bateau à vapeur pour remorquer les navires. Tout porte à croire que ce modèle est celui qui a été découvert, il y a quelques années, dans les archives du Conservatoire des arts et métiers, par M. le baron Seguier. M. Rouget de Lisle établit qu’on attribue à tort ce modèle à feu Dallery, qui prit un brevet d’invention en 1803.
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- Quant à l’offre d’un bateau à vapeur, qui aurait été faite , en 1802, par Fulton , au premier consul, elle manque d’exactitude : il lui soumit un bateau poisson qui fut expérimenté à Rouen le 11 thermidor an VIII ( 1801 ). Ces expériences ont été consignées dans le Journal des Débats du 14 thermidor an VIII.
- En réalité, Fulton n’a construit ou fait naviguer son premier bateau à vapeur que vers le commencement de l’année 1807. Ce fait est mis hors de doute, en consultant les écrits des auteurs américains, anglais et français.
- La notice sur les travaux de Fulton est renvoyée au comité des arts mécaniques.
- M. Sainte-Preuve annonce que la lecture d’un brevet qui jusqu’ici avait échappé à ses recherches vient de lui apprendre que M. Cliameroy avait mentionné, avant lui, l’emploi des tubes élastiques en métal pour la locomotion pneumatique; il reporte donc à cet habile ingénieur la priorité d’invention, tout en se réservant la propriété des perfectionnements qu’il a joints à cette idée première, comme le constate le Bulletin de la Société.
- M. Sainte-Preuve ajoute que M. Cliameroy doit expérimentée prochainement, sur , une très-grande échelle, son dernier système de locomotion à pistons fixes et à cylindres voyageurs.
- Le même membre communique à la Société une nouvelle qui lui paraît de la plus haute importance. Une machine à vapeur construite à Paris, d’après des principes dont M. Combes a entretenu la Société et l’Institut, il y a longtemps déjà, est installée à Marquise, près Boulogne-sur-Mer ; elle consomme moins de 1 kilog. et demi de houille par heure et par force de cheval.
- M. Alcan fait remarquer que la consommation du combustible ne peut être appréciée sur ces simples données; il annonce que, dans Une prochaine séance, il fera une communication au conseil à ce sujet.
- M. le président remercie M. Sainte-Preuve de ses communications, et invite M. Alcan à faire part au conseil des renseignements qu’il promet et qui seront d’un grand intérêt pour les propriétaires de chaudières de vaporisation.
- M. Rouget de Lisle obtient la parole pour faire l’historique des chapeaux pliants et recouverts en tissus, dont l’invention première paraît appartenir à MM. Robert Loyd et James Rowbotham, qui prirent une patente en Angleterre le 19 février 1824; c’est là, sans doute, ce qui a fait dire, avec quelque raison, que M. Gibus aîné n’avait pas inventé les chapeaux pliants.
- Ce fait a été établi dans le sein du conseil à la suite d’une discussion qui se trouve aujourd’hui éclaircie.
- Mais M. Gibus aîné prit un brevet d’invention en France, en 1834, pour un chapeau pliant perfectionné et plus commode surtout que les chapeaux anglais , et en 1837 un brevet d’invention et de perfectionnement pour le premier chapeau réellement mécanique.
- M. Rouget de Lisle pense que M. Gibus aîné doit être considéré comme le véritable inventeur des chapeaux mécaniques tels qu’on les fabrique aujourd’hui, parce qu’il a posé et décrit le premier les moyens mécaniques qui les constituent et qui ont été heureusement appliqués et bien perfectionnés depuis par MM. Duchène, Gibus jeune, Lefèvre, Dauphin, etc.
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- Usant, à son tour, des principes qui appartiennent au domaine public, M. Rouget de Liste présente deux mécanismes pour chapeaux de son invention. L’un, celui à axe mobile, lui a été suggéré, dit-il, à la suite d’une conversation qu’il avait eue avec M. Théod. Olivier, membre du conseil. Il déclare que tous les éléments qui composent ce mécanisme sont empruntés à MM. Gibus aîné, Gibus jeune, Mirot et Dauphin, qui ont fait précédemment des mécanismes fort remarquables ; que, néanmoins, le sien est nouveau, eu égard à la mobilisation de l’axe qui n’avait pas été appliqué avant lui.
- M. Rouget de Liste fait remarquer, en outre, que le point d’attache du ressort est fixé à l’axe même, ce qui établit une différence avec tous les mécanismes actuellement connus.
- M. Rouget de Liste demande que le conseil nomme une commission pour examiner ses produits dont les éléments sont exécutés mécaniquement par M. Lempereur, rue Saint-Marcoul, 3, qui a inventé lui-même plusieurs mécaniques pour chapeaux.
- Les perfectionnements présentés par M. Rouget de Liste seront l’objet de l’examen des comités des arts mécaniques et des arts économiques.
- Séance du 16 février 1848.
- Correspondance. M. le ministre de l’agriculture et du commerce adresse, pour être déposé à la bibliothèque de la Société d’encouragement, le 65e volume des Rrevets d’invention expirés.
- M. Fleuriau de Bellevue, membre correspondant de la Société à la Rochelle, appelle l’attention de la Société sur le travail de deux de ses concitoyens , MM. Rigondeau frères, et qui consiste en un mandrin universel pour le tour qu’ils croient supérieur à ceux connus.
- M. Schneider, rue du Faubourg-Saint-Martin, 93, qui a épuisé ses ressources dans la recherche d’un nouveau moteur, expose sa pénible situation qu’il croit digne de la bienveillance de la Société.
- Sa lettre est renvoyée à la commission du legs Bapst.
- M. Lenfant (Frédéric), rue de Londres, 33, soumet un plan d’amélioration qu’il intitule, Questions des subsistances, de la production des chevaux d’armes, du recrutement personnel de l’armée, de l’organisation et de la remonte de la gendarmerie et de la cavalerie.
- M. Leclaire, entrepreneur de peintures , rue Saint-Georges, 11, adresse un mémoire sur la substitution du blanc de zinc et des couleurs à base de zinc au blanc de plomb et aux couleurs à base4e cuivre et de plomb dans les arts et dans l’industrie.
- M. Leclaireavait disposé, dans la salle des séances, un tableau sous verre peint en partie avec des couleurs au blanc de plomb et des couleurs au blanc de zinc. En faisant agir l’hydrogène sulfuré, l’altération du blanc de plomb se manifeste instantanément.
- M. Chérot, peintre préparateur, rue de la Chopinette, 14, en rappelant que la Société , sur la proposition d’une commission spéciale, a voté une allocation pour les essais de ses procédés de peinture mixturale qui ont été l’objet d’un rapport favorable, demande que la Société fasse vérifier l’état de la peinture à fresque qu’il a exécutée dans l’une des chapelles de l’église Saint-Louis et Saint-Paul, il y a un an. Quoique
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- apposée sur des murs défectueux et malgré l’humidité provenant de l’écoulement de l’eau de deux fontaines voisines, cette peinture s’est bien conservée.
- M. Cherot joint à sa lettre des certificats constatant les résultats qu’il a obtenus.
- M. Hocquari expose que M. Langlumé, libraire, rue du Foin-Saint-Jacques, 11, désirant publier un Cours de dessin linéaire appliqué aux machines, l’a chargé de la direction de cet ouvrage dans lequel seront consignées les machines les plus intéressantes de l’industrie moderne, gravées au trait,"avec une courte notice explicative.
- M. Hocquart demande la permission d’y comprendre, sur la même échelle, mais seulement au trait, cinq machines gravées dans le Bulletin de la Société d’encouragement.
- M. Guérin-Méneville, rue des Beaux-Arts, 4, expose que son fils, chirurgien de là marine, offre ses services à la Société pour les observations dont elle croirait devoir le charger sur les différents points des côtes d’Afrique dépendants de notre colonie du Sénégal. Il va passer trois années dans ces contrées. Il a étudié l’anatomie comparée et l’histoire naturelle sous les yeüx de son père, et il pourrait se rendre utile en suivant les instructions que la Société croirait devoir lui donner.
- Si la Société d’encouragement juge à propos d’accepter l’offre de son fils, M. Guérin-Méneviîle assure qu’il ne négligera aucune occasion de concourir, autant que ses moyens le lui permettent, aux travaux de la Société.
- Le conseil accepte avec empressement l’offre de M. Guérin-Méneville fils, et décide qu’une commission spéciale sera chargée de rédiger les instructions de la Société, pour être transmises à M. Guérin-Méneville.
- Objets présentés. M. Combes présente, de la part de M. Boisse, dqux appareils héliographiques. L’auteur a eu pour but de fournir un instrument à l’aide duquel, par une opération purement mécanique, les personnes étrangères aux calculs et aux principes de la géométrie descriptive pourront tracer, avec facilité, un cadran solaire, quelles que soient la latitude et la position du plan qui doit recevoir le cadran. L’opération du tracé se simplifie beaucoup dans le cas où le plan du cadran est horizontal. M. Boisse a construit, pour ce cas particulier, un appareil spécial.
- M. Ormières, à Puteaux, chez M. Depouilly, présente des produits qu’il obtient de l’orseille et du bois de campêche.
- Les ouvrages suivants sont déposés sur le bureau :
- 1° Bulletin des séances de la Société centrale d’agriculture, par M. Payen, secrétaire perpétuel, 2 e série, t. 3, n°7 ;
- 2° Annales de la Société d’horticulture, janvier 1848;
- 3° Bulletin des séances de la Société d’agriculture et de commerce du département du Var, 4e série, t. 2 , n03 2“ et 3, 1847;
- 4° Annales de Vagriculture française, n° 98, février 1848;
- 3° Revue scientifique ét industrielle sous la direction du docteur Quesneville, janvier 1848;
- 601 Glanes photographiques. Notes complémentaires concernant la photographie sur papier, par M. Brebisson;
- 7° Pétitions à divers ministres pour MM. Xavier, Echert et Thibaut Ulrich, anciens
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- préposés de la batellerie de Strasbourg, précédées de quelques mots d’introduction, par M. Louis Schertz ;
- 8° Des avantages d’une assurance générale contre l’incendie étendue à tous les immeubles de la France sous le contrôle des chambres ;
- 9° Les effets de l’islamisme ou les projets des Turcs et la solution de la question d’O-rient, par M. E. Marcello,;
- 10° Annales des ponts et chaussées, septembre et octobre 1847.
- M. Combes signale, dans ce numéro, les observations sur les conditions dans lesquelles on doit placer les canaux de navigation pour qu’ils puissent augmenter la fortune publique. Conséquences que l’on doit en tirer pour le mode d’exploitation en France, par M. Comoy, ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- Un mémoire sur les dunes du golfe de Gascogne, contenant les résultats d’expériences et d’observations sur le mouvement et la marche de ces dunes et sur les travaux destinés à les fixer, par M. Laval, ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- Rapports des comités. Au nom du comité des arts chimiques, M. Payen lit un rapport sur le procédé de M. Schneider pour fabriquer l’acide sulfurique.
- Le comité propose d’adresser à l’auteur les remercîments de la Société pour son importante communication, de publier le rapport et de renvoyer à la commission du Bulletin le mémoire de l’auteur afin qu’il soit compris en entier ou par extrait dans le recueil des travaux de la Société. ( Approuvé. ) ( Voy. plus haut, p. 77. )
- Au nom du comité des arts économiques, M. Trébuchet lit un rapport sur le nouveau système d’emballage de M. Cotel,
- Le comité propose de remercier l’auteur de sa communication et d’insérer le rapport dans le Bulletin avec le dessin des principaux appareils imaginés par M- Cotel. ( Approuvé. ) ( Voy. plus haut, p. 81, )
- Au nom du même comité, M. de Silvestre fils lit un rapport sur le prompt-cubateur métrique de MM. Dulac et Gillet.
- Le comité propose d’accorder son approbation à cet instrument et de le faire connaître en insérant le rapport dans le Bulletin. ( Approuvé. ) { Voy. plus haut, p. 78. )
- Au nom du comité des arts chimiques, M. Balard lit un rapport sur le résultat du concours relatif à la panification de la pomme de terre.
- Le comité propose 1° de remercier MM . Porcheron et Voinchet de leur communication , de réserver les droits de M. Dard aux récompenses ultérieures de la Société et d’encourager M. Auguste Clerget dans ses efforts pour convertir en grand la pomme de terre crue en farine ;
- 2° De décerner à M. Martin le prix de 2,000 fr. pour ses essais sur la panification de la pomme de terre, pour l’obtention d’une farine mixte de pommes de terre et de fécule, et surtout pour son procédé propre à enlever le goût de ce dernier produit ;
- 3° Enfin d’insérer, dans le Bulletin, des extraits des mémoires des concurrents qui renfermeraient des données utiles à faire connaître, et notamment le procédé de purification de la fécule imaginé par M, Martin. ( Approuvé. )
- M. le président annonce que le bureau et la commission des fonds se sont réunis
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- pour examiner les titres des candidats à la répartition de la somme de 2,400 fr. du Jegs Jiapst laissée disponible pour l’exercice de 1847.
- M. le président propose de donner connaissance des noms des candidats et d’insérer dans le Bulletin, à la suite du procès-verbal, les titres nombreux qui militent en leur faveur.
- Cette proposition est approuvée.
- Le bureau et la commission proposent de répartir, de la manière suivante, la somme
- de 2,400 fr. dont il s’agit :
- 1° Candidats anciens.
- MM. Da Olmi 300 \ l
- -t. Eck père 250
- — Dumas 150 1
- — Laurent 100 [
- — Wàldeck 100 V 1,300 fr.
- — Oubriot 100 j
- — Girault 100 1
- — Saniewsky 100 1
- — Schwickardy 100 J
- 2° Candidats nouveaux.
- MM. Richer aîné 300 )
- — Veuve Lambert. . . . . . 300
- — Simon 250 / 1,100 fr.
- — Chérot 200
- — Dejernon 50
- Total. . 2,400 fr.
- Cette répartition est approuvée.
- Communications. M. Louis Vilmorin expose que des essais entrepris par lui dans d’autres vues l’ont amené à faire faire des cheminées de lampes en verres de diverses couleurs. Parmi ces verres', il en a trouvé un d’un bleu moyen dont la nuance, à peu près complémentaire de celle de la flamme, lui a donné une lumière qui se rapproche beaucoup de la teinte de celle du jour et lui a paru être moins fatigante que la lumière orangée des lampes, soit pour un travail prolongé du soir, soit surtout pour les observations microscopiques à la lumière. L’appréciation des couleurs au moyen de cette lumière ( quoiqu’elle ne soit encore qu’imparfaitement compensée ) se fait aussi d’une manière plus exacte qu’avec celle des lampes ordinaires. *
- La perte de lumière qui résulte de l’emploi du verre bleu est assez considérable, et le paraît surtout au premier instant ; mais, au bout de quelques minutes, les yeux s’habituent à cette nouvelle teinte des objets qui les entourent. Malgré cet inconvénient, M. Vilmorin annonce qu’il les a adoptés pour le travail du soir; il pense qu’il pourra en être ainsi de la plupart des personnes qui les essayeront.
- M. Vilmorin présente, à l’appui de sa communication, des cheminées de lampes en verre coloré en bleu.
- Leconseil, par l’organe de M. le président, remercieM. Vilmorin de sa communication.
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- NAVIGATION A LA VAPEUR.
- M. Alùan, membre du conseil, a la parole pour une communication relative à la consommation du combustible dans les machines à vapeur, d’après l’engagement qu’il avait pris dans la précédente séance. Il présente les dessins d’une machine à vapeur anglaise de la force de 30 chevaux, importée en France par M. Félix Aroux, manufacturier à Elbeuf, et un procès-verbal d’expériences faites sur cette machine par M. de Saint-Léger, ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- Après une discussion, les documents déposés par M. Alcan sont renvoyés à la commission du Bulletin.
- M. Benoît, ancien membre du conseil, lit la notice historique suivante sur la navigation à la vapeur.
- Note sur la navigation à la vapeur; par M. Benoît.
- La Société d’encouragement a pour principe d’attribuer à chacun le mérite des travaux auxquels il s’est livré pour l’avancement de l’industrie humaine, dans une quelconque des nombreuses branches dont celle-ci se compose.
- Certes, Fulton, pour lequel, dans la dernière séanee de la Société, un de ses honorables membres a cru devoir solliciter l’érection d’un buste, en lui attribuant le mérite de l’invention des bateaux à vapeur, a concouru très-efficacement à faire adopter l’usage de ce merveilleux véhicule, et, sous ce rapport, il a bien mérité du siècle ; mais il faut reconnaître aussi que d’autres, avant lui, avaient non-seulement proposé de faire mouvoir les vaisseaux par la force de la vapeur, mais qu’ils avaient encore mis en pratique cet ingénieux moyen de naviguer contre les vents et malgré les calmes.
- Voici ce que je lis dans la nouvelle édition de 1 ’ Histoire descriptive de la machine à vapeur de Stuart, imprimée à Londres en 1831 :
- « La première application pratique, sur une grande échelle, de la machine à vapeur « à l’impulsion des vaisseaux était faite en ce temps-là par un noble français. Il paraît « qu’un marquis de Jouffroy s’est livré, en 1781, sur la Saône, près de Lyon, à quei-« ques expériences en grand, avec un bateau qui avait 140 pieds de longueur. J’ignore « les détails du mécanisme et quelle en avait été la disposition sur ce vaisseau, aussi « bien que les circonstances qui ont occasionné l’abandon de ce modèle. »
- À ce témoignage d’un historien anglais j’en ajouterai un autre, celui de Partington, son compatriote. On lit, en effet, clans- sa Relation historique et descriptive de la machine à vapeur, imprimée à Londres en 1822 :
- « La possibilité de l’emploi de la vapeur comme puissance motrice, dans la naviga-« tion des vaisseaux, fut reconnue de bonne heure durant le dernier siècle ; néanmoins « son application pratique sur une grande échelle n’a été pleinement réalisée que de-« puis vingt ans.
- « En 1698, Savery recommanda l’usage de roues à courtes rames (paddle wheels), « semblables à celles si généralement employées maintenant, sans faire la moindre allu-« sion à l’application de sa machine à vapeur, comme premier moteur, et il est pro-«: bable qu’il entendait employer la force des hommes ou des animaux, agissant sur « un guindal ou vireveau pour cet objet. Environ quarante ans après la publication de c( çe mode de faire marcher les vaisseaux, M. Jonathan Huit obtint une patente pour
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- navigation a LA VAPEUR. 109
- « un bateau dans lequel les roues à courtes rames étaient mises en mouvement par une « machine atmosphérique d’une grande puissance.
- « En décrivant son moyen de produire une force suffisante pour remorquer les vais-« seaux et autres objets, l'ingénieux patenté dit : Dans un endroit convenable du bateau « remorqueur, on placera un vase aux deux tiers plein d’eau, et dont l’ouverture sera « exactement bouchée; ce vase, étant porté à l’ébullition, raréfie l’eau en vapeur; cette « vapeur, étant conduite par un gros tuyau dans un vase cylindrique et y étant con-« densée, fait le vide, ce qui occasionne que le poids de l’atmosphère presse sur ce vase « et pousse ainsi en bas un piston qui est ajusté dans ce vase, de la même manière que « dans la machine avec laquelle Newcomen élève l’eau par le feu.
- « Il a déjà été démontré que, lorsque l’air est chassé d’un vase de 30 pouces de dia-« mètre (soit 2 pieds 1/2), l’atmosphère le presse avec un poids de k tonneaux 16 quinte taux et au delà ; lorsque des mécanismes propres à ce travail y sont adaptés, il peut « mouvoir un vaisseau avec une grande force.
- « La patente de M. Hull est datée de 1736 ; il employa une manivelle pour produire a le mouvement de rotation de ses roues à courtes rames, et ce moyen ingénieux de con-c( vertir le mouvement de va-et-vient en mouvement rotatif était plus tard recommandé « par l’abbé Damai, chanoine d’Alais, en Languedoc, qui, en 1781, proposa la mani-« velle pour faire tourner des roues à courtes rames dans la navigation des barques ou « allèges.
- « Il est probable que M. Ilull prévit quelques objections à son nouveau mode de « mouvoir les vaisseaux, et il paraît, par un rapport du capitaine Savery, auquel j’ai « déjà fait allusion, qu’un puissant préjugé s’éleva contre l’usage des roues propulseurs « dans les vaisseaux. M. le secrétaire Trenchard, qui était alors à la tête de l’amirauté, « donna aussi un avis contraire à cette proposition.
- « C’est pourquoi, en réponse aux objections qu’il avait pu prévoir, M. Hull proposa « les demandes suivantes :
- « Est-il possible d’établir des instruments d’une force suffisante pour mouvoir un « poids aussi prodigieux que celui qui peut être contenu dans un très-grand vaisseau ?
- « La force des vagues n’est-elle pas capable de mettre en pièces tout engin placé de « manière à se mouvoir dans l’eau?
- « La mise en mouvement de la machine étant l’objet d’une dépense continuelle, « quelle en est l’importance ?
- « Il donna une solution satisfaisante à ces demandes.
- « M. Duquet paraît avoir essayé des rames rotatives comme autrefois, en 1699, avec « lesquelles des expériences furent faites en grand au Havre et à Marseille (voir les ma-« chines approuvées par l’Académie royale des sciences, tom. 1, p. 173) : toutefois ce « moyen de mouvoir les vaisseaux fut bientôt reconnu comme impraticable ; et après « notre compatriote Hull le marquis de Jouffroy tient incontestablement le rang le plus « distingué sur la liste des ingénieurs praticiens qui ont donné de l’importance à cette « invention.
- « Il est évident, d’après un article publié dans le Journal des Débats, que, en 1781, « le marquis avait fait construire, à Lyon, un bateau à vapeur de 14-0 pieds de lon-Quarante-septième armée. Février 1848. 15
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- NAVIGATION A LA VAPEUR.
- « gueur, avec lequel il fit sur la Saône, près de cette ville, plusieurs expériences succès-« sives. Les événements de la révolution , qui éclata peu d’années après, empêchèrent « M .de Jouffroy de poursuivre son entreprise et d’en recueillir aucun avantage.
- « À sa rentrée en France, en 1796, après un long exil, il lut dans les papiers publics « que M. Desblancs, artiste de Trévoux, avait obtenu un brevet pour la construction d’un « bateau à vapeur combiné probablement d’après les informations qu’il avait pu se pro-« curer relativement aux expériences du marquis. Ce dernier fit des réclamations auprès « du gouvernement, qui était alors trop" occupé des affaires publiques pour s’attacher à « celles des particuliers.
- « Dans ces entrefaites, Fulton, qui s’était procuré les mêmes informations et qui faite sait des expériences semblables près Y île des Cygnes, alarma M. Desblancs, qui croyait « avoir plus à craindre de l’habileté en mécanique d’un Anglo-Américain que de celle « d’un émigré. Il usa du droit que son brevet lui conférait pour obtenir la saisie des « ouvrages de Fulton, qui répondit à Desblancs que ses essais ne concernaient point la « France; qu’il n’avait pas l’intention de lui faire concurrence sur les rivières de ce « pays ; qu’il devait, au contraire, retourner bientôt en Amérique avec ce qu’il avait « fait, et qu’il avait enfin commencé la construction de ses machines sans y attacher les « prétentions d’un inventeur exclusif. »
- J’espère que ces témoignages d’écrivains anglais, bien informés, contribueront, dans tous les cas, à faire surtout reporter les sympathies de la Société d’encouragement et des amis de tous les progrès utiles sur M. de Jouffroy, dont la mémoire doit être honorée plutôt que celle d’étrangers recommandables, d’ailleurs, quoique venus après lui.
- Avant de terminer cette note, je dois faire remarquer 1° que ce n’est pas Savery, comme le dit Partington, qui a proposé le premier de faire mouvoir des bateaux à l’aide de roues à courtes rames. Il est facile de vérifier que la planche 152 de l’ouvrage de Ramelli, ingénieur du roi de France, imprimé en 1588 à Paris, en français et en italien, représente des barques ou pontons destinés à établir des ponts militaires qui sont munis de roues ordinaires pour faciliter leur transport sur terre et de roues à palettes courbes montées sur un arbre à manivelles pour que des hommes puissent les mettre en mouvement et les faire marcher sur l’eau.
- 2° Le dessin de moulins à bras faisant partie , sous le n° 128, des planches du même ouvrage de Ramelli montre encore que, bien longtemps avant Hull et le chanoine Dar-nal, on savait transmettre, à l’aide d’une bielle , à une manivelle un mouvement de rotation dérivé d’un mouvement de va-et-vient imprimé à l’autre extrémité de la bielle, dans une direction perpendiculaire à l’axe de rotation de la manivelle.
- Bien que les Français se soient plus attachés autrefois aux études littéraires et aux productions de l’esprit qu’à étudier les sciences sous le point de vue de leur application à l’industrie, il est cependant très-remarquable que des noms français figurent plus ou moins honorablement dans l’histoire de toutes les inventions dues au génie de l’hoinme. Aussi, toutes les fois que la Société d’encouragement voudra consacrer la mémoire des services rendus à une industrie quelconque, comme à la navigation à vapeur par exemple, il sera bien rare qu’elle ne trouve pas un Français à honorer,
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- Rapport sur le legs Bapst en faveur des auteurs peu fortunés.
- M. Favreau, auteur de perfectionnements remarquables dans les métiers à bas et à tricots, et un des premiers qui établirent des métiers à filer le coton, est décédé en 1847, à l’âge de quatre-vingt-dix-sept ans.
- A cette perte est venue se joindre celle de M. Gouet, âgé de plus de soixante-dix ans, et que recommandaient à la sollicitude de la Société des perfectionnements dans les cisailles à découper les métaux, les appareils de taraudage et d’ingénieuses dispositions dans les découpoirs.
- La Société avait fait participer au legs ces deux hommes utiles, dont les travaux et la position répondaient aux généreuses intentions de M. Bapst.
- Dans la répartition de la somme de 2,400 francs disponible pour l’exercice de 1847, le bureau et la commission des fonds ont examiné les titres des candidats qui, par leur âge et les services rendus à l’industrie, sont dignes de jouir des dispositions testamentaires de M. Bapst.
- Les candidats dont les titres ont été jugés admissibles se divisent en deux catégories :
- 1° Ceux qui, dans les années précédentes, ont participé au legs;
- 2° Ceux qui sont appelés à y participer pour la première fois.
- Nous allons exposer succinctement les travaux des uns et des autres.
- 1° M. Da Olmi, ancien professeur des sciences physiques à l’école de Sorèze, âgé de quatre-vingt-sept ans.
- Ses mémoires sur la culture des bois, les engrais, les épizooties ont été, à l’époque de leur publication, la preuve d’études et d’expériences d’un grand intérêt sur ces questions.
- M. Da Olmi s’est présenté aux concours ouverts par la Société pour la purification des fers cassants à chaud et à froid, pour la fabrication des litharges. Son traité d’hygiène navale, ses travaux pour la conservation des eaux potables à bord des vaisseaux ont été justement appréciés (1).
- 2° M. Eck père, dessinateur pour châles.
- Les cachemires des Indes importés en France à la suite de l’expédition d’Egypte inspirèrent au génie français le désir de les imiter ; les efforts de M. T émaux et autres manufacturiers produisirent d’heureux résultats ; mais, pour atteindre à une entière imitation , il fallait résoudre une difficulté immense, celle de mettre en harmonie les sillons du broché avec celui du fond.
- Pour changer les procédés suivis alors, en présenter de nouveaux, atteindre le but éminemment utile d’une complète imitation, il ne fallait reculer devant aucun sacrifice soit de temps, soit d’argent.
- M. Eck se mit à l’œuvre avec ardeur, et ses efforts ont eu les plus heureux résultats.
- En effet, les jurys des expositions de 1823, 1829 et 1844 ont donné leurs suffrages aux procédés de M. Eck.
- Les manufacturiers les plus distingués se sont empressés de les adopter.
- Le comité des arts mécaniques, par l’organe de M. Alcan , est venu démontrer que
- (1) Voy. Bulletin de la Société, 9e année, p. 204; 28e année, p. 240; 29e année, p. 63.
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- le mode de mise en carte et de lisage dû à M. Eck a apporté, dans cette importante partie du tissage, en la simplifiant et en diminuant les chances d’erreur, une économie qui ne saurait être évaluée à moins de 50 pour 100.
- 3° M. Dumas, âgé de soixante-huit ans, aujourd’hui d’une santé débile, livra, le premier, au commerce, de la bijouterie de fonte à l’imitation de celle de Berlin.
- Dès 1819, le jury de l’exposition apprécia les travaux de M. Dumas et l’encouragea; il a puissamment contribué à la perfection des procédés de moulage que ses élèves propagèrent.
- 4° M. Laurent, âgé de soixante-douze ans.
- Est l’un des plus anciens constructeurs de machines à filer la laine peignée. Les principes qu’il a introduits dans le système de ces machines sont encore suivis aujourd’hui.
- Il est auteur du peigne cylindrique à hérisson. C’est à ses talents qu’eut recours M. Philippe de Girard pour matérialiser les principes qu’il avait découverts pour la filature mécanique du lin.
- 5° M. Oubriot ( Maurice ), à Revigny ( Meuse ), âgé de soixante-seize ans.
- Il s’est livré à la construction de moulins, de machines à battre; son système de charrue a reçu l’approbation de plusieurs sociétés et comices d’agriculture, qui l’ont honoré de leurs médailles.-
- Au concours que la Société avait fondé pour un dynamomètre propre à l’agriculture , une médaille d’argent de la valeur de 200 francs fut la récompense de la production d’un appareil dont la simplicité et les effets ont été constatés" (1).
- 6° M. Waldeck, âgé de soixante-cinq ans, a été jugé digne du prix que la Société avait mis au concours, en 1834, pour la construction des tarauds et filières. Le jury central et la Société ont suivi, avec un intérêt marqué, les perfectionnements que son esprit inventif lui suggérait dans la construction de ces outils.
- Lorsque des infirmités graves se firent sentir, la persévérance et le courage de M. Waldeck ne se démentirent pas; il a trouvé dans l’établissement de M. Calla une occupation en rapport avec ses facultés, occupation trop souvent interrompue par les soins qu’exige sa santé.
- 7° M. Girault.
- On lui doit un nouveau système d’assemblage rigide applicable à la formation de poutres de ponts, de planchers, qui a reçu la triple approbation de l’Académie des sciences, de la Société d’encouragement et du conseil général des ponts et chaussées.
- Il a mérité de partager la valeur du prix proposé par la Société d’encouragement pour un système de pompes alimentaires des chaudières de vaporisation.
- M. Girault trouve difficilement l’occasion d’utiliser ses connaissances étendues en mathématiques. Le faire participer au legs Bapst, c’est lui donner le moyen de suivre la confection d’appareils nouveaux, dont les combinaisons attestent et son esprit investigateur et l’application raisonnée de ses connaissances.
- 8° M. Schwickardy, âgé de soixante-quatre ans, se recommande par des conceptions
- (1) Yoy. Bulletin de la Société, 35e année, p. 444.
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- utiles ; entre autres son système de charpente en tôle a obtenu, sur le rapport de MM. Briet et Leclerc, inspecteurs généraux, l’approbation du conseil des bâtiments civils; il a donné lieu à d’intéressantes expériences, par les ordres de M. le ministre de la guerre.
- La position de M. Schwickardy est digne de l’intérêt de la Société.
- 9° M. Saniewsky.
- Dès 1818, la Société d’encouragement proposa un prix pour la construction d’un moulin propre à décortiquer le sarrasin, de manière à séparer la partie blanche , farineuse et nutritive de sa balle.
- On est redevable à M. Saniewsky d’avoir apporté parmi nous un perfectionnement notable, dans la préparation du sarrasin, au moyen d’un petit moulin.
- La commission, considérant que M. Saniewsky, par son long séjour en France, peut être assimilé aux Français que M. Bapst a eu en vues, considérant que ce réfugié polonais a contribué à la solution d’un problème que la Société avait mis au concours , est d’avis que les intentions philanthropiques de M. Bapst seront remplies par l’application de son legs à M. Saniewsky.
- Dans cette énumération des titres des candidats dont nous venons de parler, nous n’avons pas cru devoir comprendre ceux d’autres candidats qui avaient participé aux répartitions précédentes, soit parce que la Société avait donné son approbation à la mesure qui limitait leur inscription au concours, soit parce que leur âge et leurs travaux précédents permettent que de nouveaux faits viennent se révéler pour apprécier les titres qui pourraient être invoqués en leur faveur.
- La commission va exposer les droits que lui ont paru avoir de nouveaux candidats d’être portés sur cette liste d’auteurs, objet de la sollicitude de M. Bapst.
- 1° M. Richer aîné, fabricant d’instruments de précision, rue du Plâtre-St.-Jacques, 28.
- En l’an VII, M. Richer, comme contre-maître de la fdature de coton de Saint-Remy, département de la Seine-Inférieure, qui occupait trois cents ouvriers, établit un modèle de métier à filer qui fut, à cette époque, mis sous les yeux de l’administration du Conservatoire des arts et métiers.
- Contre-maître de la filature de coton, au Lua, près Saint-Brice, il a monté un métier de filature de quatre-vingts broches, qui a donné un fil de 275,616 mètres avec 5 centigrammes de coton.
- À l’exposition des produits de l’industrie , ce résultat valut à M. Denis Julien , propriétaire de cette filature, la médaille d’or ; il n’hésita pas à gratifier son contre-maître d’une somme de 500 fr.
- M. Richer se livra ensuite, et d’une manière spéciale, à la fabrication des instruments d’aréométrie comparative.
- Les soins que M. Richer a pris pour rendre ses instruments comparables lui ont mérité une mention honorable à l’exposition des produits de l’industrie en 1819 , et une prime de 500 fr. du ministère de l’intérieur.
- En 1834, le comité des arts mécaniques, par l’organe de M. Francœur, reconnut le mérite de ses niveaux à bulle d’air (1).
- (1) Voy. Bulletin de la Société, 83e année (1834), p. 379.
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- Le même artiste avait soumis un excellent niveau usé plan sur une de ses faces longitudinales.
- On lui doit aussi un niveau dont les deux bouts du patin sont armés de pinnules.
- Le rodage des tubes de ses niveaux valut à M. Richer la médaille de bronze à l’exposition des produits de l’industrie en 1839.
- Les travaux de M. Richer aîné ont eu surtout pour but la fabrication des instruments ‘en verre; de très-utiles perfectionnements en ont été le résultat.
- Mais l’âge et les infirmités ont épuisé ses ressources , et, parvenu à 78 ans, il espère que sa situation pourra lui mériter la bienveillance de la Société.
- 2° Madame Lambert-Despaux, née Mazade.
- C’est à M. Lambert, ancien maire de Sèvres, chevalier de la Légion d’honneur, que la France doit son premier établissement de cristallerie manufacturée en grand, celui de Montcenis, fondé en 1787, ainsi que diverses fabriques d’émaux, de terre de pipe, de terre de couleur à l’imitation des procédés anglais (1).
- La création de ces établissements, les soins persévérants que M. Lambert donnait à * leur développement, les sacrifices qu’il dut s’imposer pour doter son pays du fruit de ses inventions, finirent par épuiser ses ressources. Il est décédé.
- Le bureau et la commission des fonds, tout en déplorant la position de la veuve d’un homme dont les laborieux et utiles travaux ont enrichi la science et l’industrie sans enrichir leur auteur, auraient eu le regret de ne pouvoir vous proposer d’inscrire le nom de sa veuve au nombre des personnes qui ont des titres au legs de M. Rapst.
- Mais en considérant que, pendant plus de quarante années, Mme Lambert prit notoirement et personnellement une part très-active aux travaux industriels de son mari ; qu’initiée aux procédés qu’elle a plus d’une fois perfectionnés de ses mains et qu’elle a pratiqués seule pendant vingt années, elle n’hésitait pas à se charger de manipulations qui étaient loin d’être sans danger ; que, guidée par ses conseils, il lui dut une intelligente coopération,
- Votre bureau et votre commission des fonds aiment à penser qu’en reportant, pour cette fois, sur sa veuve l’intérêt dont la Société aurait donné à M. Lambert un haut témoignage, les prescriptions de M. Bapst se trouveront religieusement remplies.
- 3° M. Simon (Pierre), mécanicien, du département de l’Isère, est le premier, en France, qui fit des recherches suivies pour combiner un appareil propre à cambrer lès cuirs.
- Nous ne décrirons pas cette machine, pour laquelle M. Simon a pris un brevet en 1838 (2).
- A l’exposition de 1844, le jury central, en décernant une médaille de bronze à M. Simon, reconnut que l’idée qui a présidé à la composition de cette machine paraît fort simple au premier aperçu ; cependant, en examinant ses détails, on remarque quelques dispositions indispensables au succès de l’opération et qui ont probablement exigé des recherches dont on doit tenir compte à «son auteur, aussi bien que de la bonne exécution de l’appareil.
- (1) Bulletin de la Société, 2e année (fructidor an XIj, p. 39.
- (2) Vov. Description des brevets expirés, t. LI, p. 19.
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- Bans sa lutte contre les contrefacteurs, M. Simon a épuisé ses ressources ; aujourd’hui que les droits que lui conférait son brevet sont périmés, sa machine a remplacé, dans les ateliers français et étrangers, les opérations manuelles, fatigantes et incertaines du cambrage des cuirs.
- Quoique atteint d’une affection grave, M. Simon n’a pas perdu courage ; la machine qu’il a imaginée pour pulvériser l’écaille et la corne, sans développement de chaleur, a donné des produits qui ont été appréciés dans les industries ayant pour objet le moulage de ces matières
- Les conceptions de M. Simon ont un caractère d’utilité qui est digne d’attention.
- 4° M. Chérot, peintre préparateur, rue de la Chopinette, 14.
- Nous extrairons d’un rapport de M. Gourlier, au nom d’une commission spéciale, les faits qui militent en faveur de M. Chérot.
- Cet artiste a consacré de longues années à l’étude de produits qu’il destine particulièrement soit à la préparation des surfaces en pierre, en plâtre, etc., qui doivent recevoir des peintures monumentales, soit à l’exécution même de ces peintures ; ces produits peuvent être employés aux mêmes usages pour les tableaux ordinaires sur bois, sur-toiles, etc. Le but qu’il s’est principalement proposé dans ces différentes applications, c’est d’obtenir
- 1° Une grande solidité, inattaquable par l’eau et l’humidité ;
- 2° Une grande facilité d’exécution ;
- 3° Des tons mats et exempts de reflets, avantages que seules ont procurés jusqu’ici la cire et l’encaustique, et qui sont, en effet, particulièrement indispensables pour les peintures murales.
- Les commissaires de la Société ont fait préparer, par M. Chérot, des panneaux en pierre, plâtre, bois et toiles, sur lesquels des peintures ont été exécutées avec ses couleurs par plusieurs artistes, qui tous ont paru satisfaits de ces produits et ont pensé qu’ils pouvaient être avantageusement employés, principalement pour les peintures monumentales.
- Un autre essai, plus en grand, a également été fait sous les yeux des commissaires de la Société, dans une salle attenante à l’église Saint-Paul, dont le fond circulaire de 70 mètres de développement est adossé à une fontaine publique, et était fortement imprégné d’humidité.
- Il a été préparé par M. Chérot et recouvert de peintures exécutées par lui et par plusieurs artistes, et, malgré les circonstances défavorables qui viennent d’être indiquées, ces peintures ont généralement bien réussi et paraissent devoir conserver une longue durée.
- Le jury central de l’exposition de 1844 a accordé à M. Chérot la mention honorable; la Société d’émulation de Rouen lui a successivement décerné une médaille d’argent et une médaille d’or.
- M. Chérot, doué d’un esprit investigateur, a fait des sacrifices au-dessus de ses forces, et, quoique la Société ait contribué, par une allocation, aux expériences qui ont fait le sujet du rapport de ses commissaires, cet encouragement, tout en démontrant l’utilité qui s’attache aux travaux de cet artiste, n’a pu encore contribuer à donner à leur auteur les moyens d’en tirer le profit qu'il a droit de prétendre.
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- La position de M. Chérot, ses efforts, sa persévérance , ses sacrifices lui méritent la bienveillance et l’appui de la Société.
- 5° M. Dejernon, rue Saint-Martin, 150'.
- Arrivé à un âge très-avancé, M. Dejernon a consacré de longues années à diverses applications de la lithographie.
- Admis, depuis 1819, à presque toutes les expositions des produits de l’industrie, si on ne lui doit pas de ces perfectionnements qui attestent un progrès sensible , on doit lui savoir quelque gré que, l’un des premiers , il reconnut tout le parti que l’instruction pouvait retirer de la lithographie.
- Une application bien entendue des procédés de transport lui acquiert des droits à la bienveillance de la Société.
- En proposant de faire participer M. Dejernon, pour une légère fraction, dans la distribution du legs Bapst, la commission pense donner à la Société l’occasion de montrer de nouveau sa sympathie pour la propagation de bons procédés de lithographie et pour les hommes qui y ont contribué.
- La Société des lithographes a également pris en considération la situation dans laquelle des affections douloureuses ont mis M. Dejernon.
- Pour statuer sur les droits que pourraient avoir plusieurs candidats inscrits, la commission attendra que des rapports de vos comités viennent lui signaler les travaux qui en rendent dignes leurs auteurs.
- En résumé, le bureau et la commission des fonds proposent de répartir de la manière suivante la somme de 2,400 fr. de l’exercice 1847 provenant du legs Bapst.
- 1° Candidats anciens.
- MM. Da Olmi....................................... 300 fr.
- Eck.........................................250
- Dumas.......................................150
- Laurent.................................... 100
- Waldeck....................................100
- Oubriot.....................................100
- Girault.....................................100
- Saniewsky...................................100
- Schwickardy. 100
- 2° Candidats nouveaux.
- M. Richer aîné..............................300
- Mme Ve Lambert...............................300
- M. Simon.....................................250
- M. Chérot.................................. 200
- M. Dejernon...................................50
- Total. . . . 2,400
- C’est après avoir examiné avec la plus scrupuleuse attention les droits de tous les auteurs peu fortunés que votre commission a été amenée à vous proposer la répartition de cette somme de 2,400 fr.
- IMPRIMERIE DE Mrne Ve BOUCHARD*"HUZARD, RUE DE L’ÉPERON, 7.
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- QUARANTE-SEPTIÈME ANNEE» (N° DXXV.) MARS 1848.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- Séance générale du 15 mars 1818.
- La Société d’encouragement pour l’industrie nationale s’est réunie le 15 mars 1818, en assemblée générale , à l’effet de procéder à la distribution des prix qu’elle avait proposés pour l’année 1817, et de mettre au concours quelques nouveaux sujets de prix, qui portent à 50,000 fr. la somme consacrée, cette année, par la Société à étendre le domaine de l’industrie, ou à perfectionner les procédés dont elle a enrichi la France.
- Les derniers sujets présentés au concours ont principalement pour objet la filature mécanique du lin, le tirage de la soie des cocons et le foulage des draps; 13,000 fr. sont destinés à récompenser la solution de ces importants problèmes.
- Parmi les objets exposés dans les salles de la Société, nous avons remarqué
- 1° Un nouveau tour avec accessoires et outils exécutés par les orphelins de l’institution de M. Armand Clerc, rue du Buisson-Saint-Louis, 18;
- 2° Des peintures faites avec des couleurs préparées au blanc de zinc, par M. Leclaire, rue Saint-Georges, 11 ;
- 3° Un nouveau niveau à eau de M .Benoît, ingénieur-mécanicien à Montpellier ;
- 4° Des caisses et boîtes d’emballage construites d’après un nouveau système , par M. Cotel, place du Louvre, 8 ;
- 5° Un grand nombre d’épreuves de paysages, marines et figures exécutées
- Quarante-septième année. Mars 1848. 16
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- lithographiquement, par les procédés de M. Lemercier, imprimeur-lithographe , rue de Seine ;
- 6° D’autres épreuves lithographiques obtenues par la machine à encrer de M. Perrot, à Vaugirard ;
- 7° Des épreuves sur verre et des transports de gravures produites par le procédé photographique de M. Niepce de Saint-Victor, dont nous avons parlé p. 680 du Bulletin de décembre 1847 ;
- 8° Des épreuves photographiques sur papier, par MM. Blanquart - Evrard et Martens;
- 9° Des portraits sur plaques métalliques exécutés avec une grande perfection par MM. Bisson et autres ;
- 10° Des objectifs pour chambres noires, de grande et moyenne dimension, construits par M. Désiré Lebrun, rue Grenetat, 4;
- 11° Le modèle d’un nouveau système de communication par câbles de suspension, par M. Schertz, à Strasbourg.
- La séance a été ouverte à sept heures du soir sous la présidence de M. Dumas, membre de l’Institut.
- M. Charles Dupin, secrétaire général, a lu le rapport suivant sur les concours ouverts par la Société pour l’année 1847.
- Rapport sur les concours ouverts par la Société pour l’année 1847 ; par M. Charles Dupin, secrétaire général.
- Huit sujets de prix étaient au concours pour l’année 1847 ; indépendamment de ces questions, le conseil d’administration avait à exposer le résultat de l’examen auquel se sont livrés vos comités, de vingt-quatre sujets de prix dont le jugement avait été différé. Pour éclairer la religion de la Société, vos comités ont recueilli tous les documents ; chacune des questions a été l’objet d’investigations dont on va rendre compte.
- 1° Machines à fabriquer des filets de pêche.
- Dès la première année de sa fondation, la Société ouvrit un concours pour la fabrication des filets destinés à la pêche maritime et fluviale. Le prix fut décerné à Jacquart, bien qu’il n’eût encore fait qu’ébaucher son sujet. MM. Buron et Barret soumirent, depuis , à la Société leurs moyens de fabrication ; mais le problème n’avait jamais été résolu d’une manière satisfaisante et économique.
- Des essais faits en France et en Angleterre donnaient lieu d’espérer que l’œuvre de Jacquart recevrait son complément, et que la Société d’encouragement attacherait de nouveau son nom à la création d’une industrie impor-
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- tante pour l’économie commerciale de la France autant que pour l’alimentation des populations maritimes.
- Mue par ces considérations, la Société avait offert un prix de la valeur de 3,000 francs à celui qui inventerait un nouveau métier propre à la fabrication des filets de pêche.
- Cette industrie devait, en outre, s’appliquer aux filets pour les treilles et à ceux pour le délitage des vers à soie.
- La Société doit se féliciter d’avoir mis cette question de prix au concours ; les communications qu’elle a reçues lui donnent le juste espoir que son appel a été entendu. Si les concurrents n’ont pas satisfait complètement aux prescriptions du programme, ils en approchent assez pour qu’on doive attendre un succès complet de leurs efforts prolongés.
- En conservant les droits des concurrents à l’obtention du prix, et en prorogeant cette question de prix, pour être jugée en même temps que les résultats des concoûrs ouverts pour 1849, la Société aura la double satisfaction de tenir compte des efforts tentés dans la direction de son programme, et d’appeler dans la lice de nouveaux concurrents auxquels le temps a manqué pour atteindre le but proposé.
- 2° Perfectionnement dans la construction des machines locomotives.
- La Société avait à décerner un prix de la valeur de 24,000 fr. aux auteurs des perfectionnements les plus importants apportés à la construction des machines locomotives à vapeur employées sur les chemins de fer.
- Sans exposer ici les conditions imposées par le programme, nous rappellerons que les divers perfectionnements soumis au concours devaient avoir été appliqués pour la première fois, en France, sur des machines locomotives postérieurement au 1er juin 1844, et leur importance constatée par un parcours régulier de 5,000 kilomètres au moins, sur un chemin de fer français.
- Aucun des concurrents n’a fait l’application des systèmes qu’il propose sur un chemin de fer français, dans les conditions voulues par le programme ; un seul expose les motifs qui ne lui ont pas permis d’introduire, sur les chemins de fer français, des locomotives dont les modifications ont été adoptées sur les chemins de fer étrangers, et qui lui paraissent répondre aux vues de la Société.
- Est-il utile d’apporter, dans les conditions du programme, des changements qui les rendissent accessibles à un plus grand nombre de concurrents ?
- Les travaux de quelques-uns des concurrents peuvent être dignes de récompenses.
- Ces considérations suffisent pour proposer de clore le concours.
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- 3° Application industrielle de l’action de la pile de Volta pour opérer des décompositions chimiques par la voie sèche.
- On sait, depuis longtemps, que la pile de Volta opère des décompositions chimiques quand on interpose, entre les deux pôles, des dissolutions métalliques ou des corps humides; on sait aussi, par les nombreuses expériences de Davy et par celles de M. Faraday, que la pile peut opérer la décomposition des corps secs, pourvu que ceux-ci soient amenés à l’état de fusion par la chaleur.
- L’électricité, utilisée sous cette forme, peut opérer des décompositions profitables.
- La Société, désirant encourager les essais qui peuvent assurer l’emploi de l’électricité dans cette circonstance ou dans des circonstances analogues, a proposé un prix de la valeur de 6,000 fr. pour une application de ce genre faite sur une échelle industrielle et bien constatée.
- Quoique aucun concurrent ne se soit présenté, la Société, en remettant cette question au concours, excitera l’esprit de recherches dans une voie où notre industrie métallurgique trouvera de nouveaux éléments de succès.
- 4° Découverte et exploitation de nouvelles carrières de pierres lithographiques.
- Depuis la découverte de Senefelder, la Société d’encouragement, convaincue qu’il existe en France un assez grand nombre de localités où l’on pourrait exploiter, avec avantage, les pierres lithographiques, a proposé des prix déjà remportés.
- Elle a proposé un nouveau prix de la valeur de 1,500 fr. pour la découverte et l’exploitation, en France, d’une nouvelle carrière de pierres lithographiques.
- Ce concours a amené l’inscription de pièces qui dénotent que ces recherches n’ont pas été discontinuées : elles nous donnent l’espérance de voir multiplier des exploitations qui donneront, aux imprimeurs, des pierres lithographiques réunissant les qualités nécessaires.
- La continuation de la mise au concours des questions de ce genre est d’une utilité générale.
- 5° Perfectionnement des sucreries indigènes; deux questions de prix, savoir :
- 1° Perfectionnement de la défécation du jus des betteraves;
- 2° Révivification du noir animal.
- Après les améliorations remarquables introduites dans l’extraction du sucre indigène, plusieurs problèmes très-importants restaient encore à résoudre ; leur solution intéressait l’avenir et la prospérité de nos sucreries indigènes,
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- et devait fournir de nouveaux éléments de succès à nos exploitations coloniales.
- D’après ces motifs, et dans la vue de pouvoir constater les résultats soit par des expériences scientifiques, soit par les faits pratiques recueillis dans nos grandes fabriques , la Société d’encouragement a mis au concours quatre questions relatives a des perfectionnements dans la défécation des jus, la revivification des charbons décolorants, le développement de la richesse saccharine des betteraves, enfin dans l’installation intelligente et l’exploitation manufacturière des ustensiles, des appareils et des procédés appliqués à l’extraction directe du sucre blanc.
- Un grand nombre de fabricants regrettent de n’avoir pas eu connaissance des termes fixés pour le dépôt des pièces , et, dans cette circonstance, il est utile de fixer une époque commune pour juger les questions qu’embrasse l’industrie sucrière.
- Quatre prix nouveaux avaient été proposés :
- 1° Perfectionnement de la défécation du jus des betteraves ;
- 2° Révivification du noir animal;
- 3° Améliorations des produits de la culture des betteraves;
- 4° Perfectionnement de la fabrication du sucre blanc en pains.
- Les deux premiers devaient être décernés dans cette séance, et les deux autres dans la séance générale du second semestre de 1849.
- 6° Fabrication de la glace.
- La Société d’encouragement, considérant les avantages d’un appareil simple et peu coûteux qui permettrait de s’approvisionner de glace pour les usages de l’hygiène et de la thérapeutique, avait proposé un prix de 1,^00 fr. pour la fabrication économique de la glace.
- Des appareils présentés antérieurement au concours avaient fait espérer que la fabrication de la glace répondant aux vues de la Société n’offrirait pas de grandes difficultés.
- Peut-être le temps a-t-il manqué aux concurrents : dans cette circonstance, la remise de cette question au concours est ainsi commandée.
- 7° Construction d’une machine propre à battre les céréales.
- Ce prix, de la valeur de 3,000 fr., était également applicable à une machine à battre fixe ou mobile, d’une construction simple et parfaite, nécessitant l’emploi de moins de force possible.
- Ce prix pouvait être partagé entre les concurrents si l’une des machines ne l’emportait et si plusieurs machines offraient des avantages égaux.
- Vingt-sept concurrents ont pris part à ce concours.
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- CONSEIL D ADMINISTRATION.
- L’étude des appareils, l’examen de leurs résultats exigent un temps qui en a fait demander la clôture.
- 8° Plantation des terrains en pente.
- Le déboisement progressif des montagnes est reconnu depuis longtemps, par ses influences générales comme par ses effets locaux, pour un des maux les plus funestes à l’agriculture -, et, afin d’en arrêter le cours, autant qu’il est en son pouvoir, la Société d’encouragement avait ouvert, depuis plus de vingt ans, un concours qui, successivement prorogé, n’a point encore atteint complètement son but, ou mal compris, ou trop étroitement appliqué.
- La Société , en prorogeant, quant à son objet, le concours anciennement ouvert pour la plantation des terrains en pente, l’a modifié quant à l’application des encouragements.
- Les commissaires de la Société n’ont pu, en temps opportun, recevoir les pièces justificatives des travaux des concurrents ; ils se proposent de rendre compte du résultat de ce concours en même temps que de ceux ouverts pour
- 1848.
- La Société d’encouragement remet à l’année 1849 les prix suivants :
- 1° La construction de machines à fabriquer les filets de pêche ;
- 2° U application industrielle de l’action de la pile de Volta pour opérer des décompositions chimiques par la voie sèche;
- 3° La découverte et l’exploitation de nouvelles carrières de pierres lithographiques;
- 4° Le perfectionnement de la défécation du jus des betteraves ;
- 5° La révivification du noir animal ;
- 6° La fabrication économique de la glace.
- Sont clos les concours des prix dont la nomenclature suit :
- 1° Perfectionnement dans la construction des machines locomotives;
- 2° Construction d’une machine propre à battre les céréales ;
- 3° Plantation des terrains en pente.
- Parmi les concours antérieurs dont le conseil d’administration avait prononcé la clôture, elle est maintenue pour quelques-uns d’entre eux dont le jugement a éprouvé des retards motivés par les nombreuses expériences auxquelles les commissaires de la Société ont dû se livrer pour apprécier les résultats de travaux entrepris dans la direction des programmes.
- Les documents qui doivent former l’opinion du conseil d’administration se complètent, et, dans le cours de cette année, il sera appelé à se prononcer sur leurs résultats.
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- CONCOURS.
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- Ces concours sont :
- 1° Substance propre à remplacer la colle de poisson dans la clarification de la bière;
- 2° Découverte et publication d'un procédé salubre et convenable pour remplacer le rouissage ordinaire du chanvre et du lin;
- 3° Découverte d’im procédé pour reconnaître le mélange de la fécule avec la farine de blé;
- 4° Fabrication des gélatines et des colles fortes ;
- 5° Perfectionnement dans la carbonisation du bois;
- 6° Fabrication des bouteilles de verre destinées à contenir les vins mousseux ;
- 7° Procédé pour rendre l’alcool impropre à entrer dans les boissons;
- 8° Perfectionnement dans la fabrication des faïences fines dures, des grès-cérames fins et ordinaires, et de la porcelaine tendre;
- 9° Meilleur procédé propre à la conservation des grains dans les fermes et les magasins;
- 10° Meilleur mode de nettoyage des grains attaqués pur les insectes et infectés de carie;
- 11° Fabrication des vases propres à contenir et à conserver, pendant plusieurs années, des substances alimentaires ;
- 12° Perfectionnement et extension des filatures de soie dans les départements où cette industrie existe depuis longtemps ;
- 13° Introduction et élève de vers à soie dans les départements où cette industrie n’existait pas avant 1830 ;
- 14° Introduction de filatures de soie dans les départements où cette industrie n’existait pas avant 1830.
- Parmi les concours qui étaient clos, quelques-uns n’ont pas donné lieu à l’envoi de pièces demandées par les programmes ; il est donc utile de replacer les questions dont il s’agit sur les programmes des prix pour 1849.
- 1° Transport des anciennes gravures sur la pierre lithographique;
- 2° Fabrication de pierres artificielles, de plaques métalliques ou cartons propices à remplacer les pierres lithographiques;
- 3° Transport, sur pierre, de dessins, gravures et épreuves de caractères typographiques ;
- 4° Perfectionnement de la construction des fourneaux;
- 5° Analyse de la betterave à diverses époques de sa maturation.
- Dans cette séance, la Société décerne, en tout ou en partie, les valeurs affectées aux prix
- 1° Pour l’encrage des pierres lithographiques et un nouveau lavis sur pierre ;
- 2° Pour la découverte d’un moyen saccharimétrique propre à faire connaître
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- CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- promptement la quantité de sucre cristaüisable contenue dans la betterave ou tout autre produit sucré ;
- 3° Pour la panification de la pomme de terre;
- A0 Pour le perfectionnement de la photographie ;
- 5° Pour la désinfection des matières fécales et des urines dans les fosses mêmes, et appareils pour opérer immédiatement la séparation des solides et des liquides.
- C’est d’une somme de plus de 20,000 francs que la Société est heureuse de pouvoir disposer pour récompenser des progrès considérables dans d’importantes questions de salubrité, dans les applications des arts lithographiques et photographiques, dans les procédés saccharimétriques et dans l’alimentation des populations. .
- L’année dernière, les circonstances graves dans lesquelles la France s’est trouvée, par suite de l’insuffisance des récoltes, ont excité toute la sollicitude de la Société : par la mise au concours de questions qui intéressent le perfectionnement des cultures , l’élève des bestiaux, la conservation des substances alimentaires, etc., elle pourra contribuer à ramener l’abondance et à prévenir la disette dans les années moins fécondes, en propageant les méthodes de conservation améliorées ou nouvelles.
- Avec les prix déjà mis au concours, c’est une somme de 80,000 fr. que la Société apporte pour sa part dans les encouragements dont elle veut doter l’agriculture; c’est ainsi que , dans ses investigations sur les besoins des différentes branches de notre industrie , elle n’a pas hésité à reporter ses encouragements les plus puissants sur les progrès désirables dans notre agriculture, sans négliger les arts qui s’y rattachent, et dans cette séance elle a voulu ajouter des primes pour l’emploi plus judicieux de la laine, du lin et de la soie, qui occupent un rang si élevé dans nos productions nationales.
- En terminant l’énumération des prix proposés et des prix décernés aujourd’hui, qu’il soit permis à votre secrétaire général d’ajouter quelques mots inspirés par le désir de rassurer les producteurs et les consommateurs de tous les rangs, c’est-à-dire les citoyens de la France entière.
- Rassurons, avant tout, notre bienfaisante institution. La Société d’encouragement pour l’industrie nationale n’a rien à redouter en revenant, après un demi-siècle d’existence, sous un régime qui l’a vue naître et fleurir. C’est en 1802 qu’elle s’est constituée, dans le plus beau temps de la république la plus forte, la plus sage et la plus glorieuse que la France ait possédée, entre les deux époques immortelles de Marengo et d’Austerlitz. Elle a jeté son premier et brillant éclat sous une république où le ministre de l’intérieur, en même temps l’un des fondateurs et le président de la Société d’encouragement, était l’honneur des sciences, le promoteur des arts, le restaurateur du
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- CONCOURS.
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- commerce et du crédit ; tel fut l’illustre Chaptal, qui n’a cessé d’être ministre qu’au jour où la France a cessé d’être république. Votre Société , reconnaissante à juste titre, en traversant quatre révolutions, où quatre trônes sont tombés, a réélu ce bienfaiteur de l’industrie nationale; je le dis avec un grand orgueil pour vous, messieurs, votre Société l’a réélu président trente fois en trente années, sans s’inquiéter s’il passait dans l’intervalle de la disgrâce à la faveur, de la faveur à la disgrâce.
- Soyons toujours ce que nous avons été pendant ces trente années , tour à tour si prospères et si malheureuses ; restons les constants amis de la liberté, de l’équité, du bien public, et les protecteurs incessants de l’industrie nationale.
- Nous sommes la Société d’encouragement ! ce n’est pas seulement pour procurer, au travail physique, des stimulants matériels ou des protections pécuniaires ; c’est aussi pour offrir au travail intellectuel et moral, surtout pendant les jours de crise et de pénurie, des exhortations et des conseils qui raniment le courage et relèvent la confiance ; la confiance, principe vivifiant de tout commerce et de toute industrie...
- Aujourd’hui, les ateliers et les manufactures tiennent, dans la richesse nationale et dans la force de l’Etat, une place trop grande et trop nécessaire pour qu’on puisse impunément, je ne dis pas les désorganiser, même avec le dessein contraire , ni les défavoriser, ni les violenter, pour satisfaire à des idées systématiques, fussent-elles enfantées par le plus pur génie de la bienfaisance.
- En industrie comme en humanité, le bien s’opère uniquement par les voies possibles que la raison et la patience ouvrent à la modération.
- Les capitaux , qu’on le sache bien, ne se laissent rien imposer par la contrainte et la menace. Pour se venger de leurs persécuteurs, ils ont une voie plus sûre que la force ouverte : ils se retirent. Ils disparaissent dès qu’on veut les asservir. Ils ne discutent pas sur la manière dont on prétend les assujettir au travail ; ils s’abstiennent du travail : la misère prend leur place, et démontre leurs bienfaits par leur absence.
- De pareilles vérités ne peuvent pas rester une lettre morte , sous un nouveau gouvernement qui ne peut puiser sa force que dans l’opinion, sous un gouvernement où siègent les hommes les plus illustres dans les sciences et dans les lettres. Soyons certains que, sous une ère de liberté , jamais on ne voudra disposer, par la force du sort, des manufactures au détriment des manufacturiers, et de la destinée des capitaux sans écouter la raison des capitalistes.
- Que chacun de vous, suivant sa place et son rang, élève une voix amie en
- Quarante-septième année. Mars 1848. 17
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- CONSEIL D ADMINISTRATION.
- faveur de la vérité, en faveur de l’équité, qui mènent au bien général, et ce bien triomphera, quelle que soit la difficulté des circonstances.
- Gardons-nous d’être injustes nous-mêmes envers ceux à qui nous demandons la justice ; reconnaissons, avant tout, que la crise commerciale qui sévit sur Paris avait sa source, en premier lieu , dans l’imprudence des entreprises de nos grands chemins de fer, imprudence exploitée si scandaleusement par l’agiotage ; en second lieu, dans l’excès des dépenses publiques, excès contre lequel je puis parler aujourd’hui, puisque auparavant, puisque ailleurs je l’ai sans cesse combattu, sans craindre par là de déplaire à l’autorité.
- Ce qu’il faut chercher maintenant, c’est de porter* avec courage, avec zèle, un remède à la crise, chacun suivant sa position : gouvernants, par le respect des libertés, de l’industrie* et par la sauve-garde donnée aux propriétés, aux personnes ; gouvernés , par le concours complet et sincère d’un patriotisme affranchi de tout esprit de parti, de secte * de système et surtout de haine.
- La concorde ! la concorde î voilà le premier des biens qu’il faut conserver ou rendre à la cité, à la patrie ; la concorde ! que depuis vingt ans j’ai professée tour à tour et près des maîtres et près des ouvriers * surtout au milieu des époques de déchirements politiques.
- Je suis heureux de le dire : grâce au progrès de l’instruction populaire, grâce à l’amélioration, à l’adoucissement des moeurs chez les classes laborieuses , aujourd’hui plus que jamais l’immense majorité des ouvriers est accessible à toutes les idées de bon accord et d’équité, dans leurs rapports avec les classes qui les emploient. Loin de déserter à plaisir le travail, ils y reviennent d’eux-mêmes. Ils font plus ; les meilleurs d’entre eux prennent sur leurs salaires pour faire la part des camarades moins heureux que la fatalité des temps a privés d’emploi.
- Dimanche dernier, dans mon cours du Conservatoire, j’avais convié, pour les remercier de cette magnanimité, l’élite des ouvriers du faubourg Saint-Antoine; leurs acclamations m’ont appris avec bonheur tout ce que la paix sociale a de ressources puissantes dans les cœurs droits et généreux des enfants du travail.
- Un des plus nobles travaux de l’assemblée qui va donner une constitution à la patrie sera d’assurer aux ouvriers la fructification de leurs épargnes, pour les aider dans leur vieillesse et pour venir à leur secours dans les moments de pénurie.
- Je me résume en disant : Mettons en commun nos efforts patriotiques, afin de consolider la paix intérieure ; rendons la vie et le mouvement à la prospérité industrielle, momentanément paralysée. Nous y parviendrons par une
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- CONCOURS.
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- modération mutuelle, lorsque chacun ne croira pas qu’il a droit à tout, aux dépens de tous les autres ; par une modération qui conduira les esprits et les intérêts à la conciliation, dans cet admirable phénomène d’une grande société moderne, telle qu’est au premier rang la nation française, où les sciences perfectionnées et les arts fécondés par elles, ajoutés à l’intelligence, aux efforts combinés des ouvriers et des maîtres , sont les leviers d’une production qui donne aux travailleurs le bien-être, à l’Etat la puissance et la splendeur.
- Que l’autorité s’applique à calmer les inquiétudes, à dissiper les alarmes, à rassurer la liberté. Elle n’a qu’à se ressembler; elle n’a qu’à se montrer, chaque jour, ce qu’on l’a vue dans ces moments si glorieux où l’éloquence héroïque a remporté, c’est le mot, a remporté la victoire du drapeau tricolore et de l’unité nationale contre le guidon de la guerre sociale ; elle n’a qu’à rester ce qu’on l’a vue, dans le feu de la lutte la plus ardente, quand elle a déclaré du sein du triomphe qu’elle abolissait à jamais la vindicte de la mort contre les vaincus politiques; enfin quand elle a dit aux nations qu’elle respecterait les territoires et la paix de tous les États paisibles, quelles que fussent leurs formes et leurs lois. Que l’autorité provisoire fasse à présent pour les libertés pacifiques de l’industrie et du travail ce qu’elle a fait et pour le pavillon qui rallie les cœurs magnanimes à tous les souvenirs de gloire, et pour la paix de l’univers et pour la paix sociale, même à l’égard des antagonistes politiques ; qu’elle le fasse, et bientôt l’intelligence et le travail lui payeront leur dette sacrée de reconnaissance, par leurs présents accoutumés, le bien-être pour tous, la richesse pour la patrie et la gloire pour les inventions utiles à l’humanité.
- Voilà les vœux unanimes de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale.
- M. Chevallier a présenté le rapport sur le résultat des concours relatifs à la désinfection des matières fécales et des urines dans les fosses mêmes et aux appareils à opérer immédiatement la séparation des solides et des liquides. ( Voy. plus bas, p. 131.)
- M. Balard a donné lecture de deux rapports, l’un sur le résultat du concours relatif à la panification de la pomme de terre, l’autre sur le résultat du concours ayant pour objet la découverte d’un moyen saccharimétrique propre à faire connaître promptement la quantité de sucre cristallisable contenue dans la betterave ou tout autre produit sucré.
- M. Gaultier de Claubry a lu ensuite un rapport sur le résultat du concours ouvert pour des perfectionnements à introduire dans la lithographie.
- Enfin M. Seguier a lu un rapport sur le résultat du concours relatif aux perfectionnements de la photographie.
- A la suite de ces rapports, M. le président a prononcé le discours suivant.
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- DISCOURS DE M. DUMAS.
- Discours de M. Dumas, président de la Société.
- Messieurs, la Société d’encouragement pour l’industrie nationale , fondée par l’élite de la France, vers les dernières années de l’ancienne république , en a reçu une constitution que rien n’a pu ébranler jusqu’ici.
- Elle a yu trois dynasties s’élever, trois dynasties disparaître , emportées par le flot irrésistible de cette marée qui brise , tous les quinze ans, les digues du pouvoir, et lorsque tout changeait autour d’elle , quand tout était détruit, elle s’est toujours appliquée, avec un soin religieux, à garder la direction, les instincts , les formes , le nom même qui lui furent légués par ses fondateurs.
- Aussi, après un demi-siècle troublé par tant d’orages, se retrouve-t-elle aujourd’hui en parfaite harmonie avec les besoins et les sentiments du pays , et n’a-t-elle rien d’essentiel à réformer dans les statuts qui la gouvernent.
- C’est que tout Français peut en faire partie ; c’est que tout membre peut y faire entendre sa voix ; c’est qu’un conseil émané d’une élection générale, renouvelé chaque année , en gouverne les intérêts ; c’est que jamais elle n’a dévié de sa route, consacrant tous ses soins à développer l’industrie et l’agriculture, récompensant les succès, venant en aide au talent malheureux, s’associant à tous les efforts qu’elle voyait naître, prenant sous sa tutelle tous ceux qu’elle avait provoqués.
- Appuyée sur le pays même , elle lui rend tout ce qu’elle en reçoit, elle féconde ses épargnes par le sage emploi que des intelligences spéciales leur impriment.
- La Société d’encouragement offre donc , depuis longtemps, à la France le modèle d’une institution vraiment patriotique et libérale; elle aura le privilège, espérons-le, de garder cette-situation , de rester elle-même, tout en mettant à profit, dans l’intérêt du travail national, les forces nouvelles que les événements politiques mettent entre ses mains.
- Ces forces sont grandes ; car vous êtes organisés de manière à constituer une académie des sciences industrielles , car vous êtes préparés à l’étude de toutes les questions que le mouvement des esprits soulève, car vous avez la certitude que votre voix sera écoutée des pouvoirs publics.
- Personne ne veut oublier ici cette longue chaîne de bons rapports, de confiance bienveillante qui unit, depuis tant d’années, le ministère de l’agriculture et du commerce et la Société d’encouragement.
- Mais nous avons bien le droit de penser que désormais nos préoccupations y seront mieux comprises, mieux appréciées.
- Que demande-t-on, en effet, aujourd’hui, qui n’ait été proclamé dès longtemps, ici, comme le besoin le plus pressant de la France?
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- DISCOURS DE M. DUMAS.
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- La vie à bon marché ; mais n’est-ce pas à résoudre ce grand problème que vous avez consacré, depuis deux ans, de longues et sérieuses études? N’avez-vous pas concentré toutes vos forces, engagé toutes vos ressources disponibles pour atteindre ce but si désiré ? Quand vous poussiez à la science agricole , à la pratique agricole des questions dont la solution avait pour résultat d’augmenter la production des fourrages , celle des fumiers, celle de la viande et du laitage, celle des céréales et des légumineux ; quand vous votiez si libéralement 100,000 francs de prix en faveur de l’agriculture française, n’aviez-vous donc pas compris qu’il était temps , pour la sécurité et le bonheur de la France, qu’elle inscrivît sur son drapeau : la vie à bon marché pour tous ?
- La vie saine ; mais n’est-ce pas ici que nous avons entendu proclamer, avec une persévérance digne d’un meilleur sort, la nécessité de faire intervenir dans les dispositions des manufactures, dans les travaux d’assainissement des villes, dans les dispositions des habitations elles-mêmes tous ces procédés de salubrité que la science a fait connaître, que la pratique a éprouvés et qui assurent à chacun la jouissance d’un air pur, celle d’une lumière abondante , qui éloignent de tous ces émanations dont l’effet prolongé affaiblit les populations et prépare à l’avenir des races énervées ? N’avez-vous pas couronné, aujourd’hui même, les efforts provoqués par votre longue et courageuse insistance, et lorsque nos habitations , nos villes, désormais assainies, verseront sur nos campagnes des engrais plus abondants et mieux aménagés, n’avons-nous pas le droit de dire que ce double bienfait sera votre ouvrage , qu’il appellera sur vos travaux la reconnaissance publique ?
- Mais il ne suffit pas à nos populations , anoblies par une longue pratique des libertés civiles, animées d’une juste fierté par le sentiment profond de l’égalité gravé dans tous les cœurs, d’obtenir des institutions du pays cette vie à bon marché, cette vie saine que vos travaux leur préparent : d’autres besoins agitent les âmes ; vous avez eu le bonheur de les deviner, vous avez réclamé pour tous une place assurée au banquet de la vie intellectuelle et morale.
- L’éducation des enfants de nos manufactures, celle des enfants de nos campagnes, l’éducation de la population des producteurs à tous les degrés, à tous les âges, vous a paru depuis longtemps l’un des objets les plus dignes des méditations de votre conseil. Il a consacré de longues séances à l’examen des questions qu’elle soulève, et ce n’est pas aujourd’hui qu’il voudra renoncer au droit de jeter dans la balance des pouvoirs publics le poids d’une autorité fondée sur une longue pratique , celui d’une raison mûrie par des travaux spéciaux , celui d’un dévouement aux intérêts des producteurs qui n’est pas né des circonstances du jour.
- Non , sans doute, et nous n’avons qu’à répéter ce que nous disions autre-
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- DISCOURS DE M. DUMAS.
- fois : « L’agriculture, l’industrie, le commerce forment la masse de la nation; « c’est dans leurs rangs, surtout, que l’armée se recrute ; c’est de leurs la-« beurs que le budget s’accumule, ce sont leurs produits qui assurent l’exis-« tence, le bien-être, les jouissances de chacun de nous. Il ne faut point « abandonner au hasard, livrer au caprice l’éducation des fils, des succes-« seurs de nos agriculteurs, de nos industriels, de nos commerçants. L’État. « doit à ses enfants, qui feront un jour sa force, sa richesse, sa sécurité, la « même protection qu’il accorde aux élèves de nos collèges qui s’y préparent « aux professions lettrées. »
- Désormais, l’État acquittera cette dette sacrée ; nous verrons le bienfait de l’éducation se répandre sur tous, et, grâce aux mesures qui se préparent, les succès de l’intelligence devenant un titre à la protection du pays, l’enfant qui se sera distingué dans nos écoles pourra s’élever, par son travail, son intelligence et sa moralité, des derniers rangs de la Société jusqu’aux situations les plus élevées.
- De même que chaque soldat a dans sa giberne le bâton de maréchal de France , que chacun des enfants du pays trouve sur les bancs de l’école le premier degré de cette échelle par laquelle on montera désormais aux sommets de la société.
- Fournissons à chacun le moyen d’élever son intelligence, de cultiver sa raison , de perfectionner sa moralité, lorsque l’empire des lumières, du travail et de l’honneur est le seul que nous voulions reconnaître.
- Ainsi la vie physique assurée par une alimentation abondante et saine , la vie morale et intellectuelle développée par une instruction largement répandue, voilà ce que vous demandiez sans cesse au nom de cette fraternité chrétienne gravée dans tous vos cœurs, inscrite dans tous vos actes, avant qu’elle eût pris sa place éclatante sur le drapeau national.
- Vous l’aviez bien comprise cette fraternité, vous qui savez si bien que l’industrie nationale embrasse la nation tout entière ; vous qui savez que dès longtemps, dans notre pays, elle tend à nous saisir tous dans son mouvement immense, qu’elle fait de nous tous des ouvriers occupés de l’intérêt commun; vous qui avez proclamé si souvent que le temps des oisifs est fini, que celui des travailleurs est venu ; vous qui prouvez si bien, par votre exemple, que chacun travaille, pour le bien général, à la création de la richesse qui se répand sur tous ; que , les bras et l’intelligence une fois unis dans leurs efforts communs, la confiance renaît d’elle-même et vient les féconder.
- Pour nous, la tâche est donc facile désormais. Venons en aide à l’agriculture , car c’est l’industrie qui nourrit toutes les autres ; continuons à récompenser tous les progrès de nos manufactures, car ce sont elles qui répandent
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- CONCOURS.
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- sur tous l’aisance et le bien-être ; faisons , dans nos études, la part du commerce , car c’est de lui que descend sur les masses la véritable organisation du travail ; réclamons les bienfaits de 1 éducation pour tous , et, nos devoirs accomplis, envisageons avec calme et sécurité les destins que la Providence , dans ses éternels décrets, a faits à notre pays.
- CONCOURS.
- Rapport fait par M. A. Chevallier, au nom du comité des arts chimiques, sur le concours pour la désinfection des matières fécales et des urines dans les fosses mêmes, et pour des appareils propres à opérer la séparation des solides et des liquides, de manière à désinfecter les premiers et à rendre les seconds impropres à se putréfier.
- La Société d’encouragement, pénétrée de la haute importance qui s’attache à l'assainissement des procédés des arts insalubres, a accueilli avec un juste intérêt toutes les communications qui avaient pour objet des travaux ou des essais entrepris dans cette direction.
- Les recherches des membres de son conseil d’administration, des essais faits par des hommes intelligents ont éveillé sa sollicitude, et, pour seconder les vues de tous ceux qui s’occupent de l’hygiène publique, elle a voulu, par ses programmes de prix, ses médailles, appeler l’attention sur l’introduction possible, dans les industries qui lui en paraissaient susceptibles, de tous les moyens d’assainissement qui, en donnant, à des produits infects et peu employés jusqu’ici, une nouvelle valeur ou une valeur qu’ils n’avaient pas, permettraient à ces industries de s’exercer sur des matières, cause permanente d’insalubrité et de prescriptions sévères de l’autorité, enfin d’étendre ainsi le cercle de leur exploitation.
- Les améliorations à introduire dans les fosses d’aisances, leur mode de vidange, l’état des voiries de la ville de Paris ont, ajuste titre, été l’objet de l’attention de l’autorité.
- En 1835, MM. les préfets de police et de la Seine, voulant, dit M. Parent-Du-chatelet dans un rapport fait au nom d’une commission composée de MM. La-barraque, Chevallier et Parent-Duchatelet, hâter le moment où il leur serait possible d’exécuter tout ce qui regarde la suppression de la voirie de Montfau-con, et, de cette manière, mettre fin aux réclamations sans cesse renaissantes d’une nombreuse population , réunirent, à cet effet, sous leur présidence , une commission dans laquelle ils firent entrer, indépendamment d’un certain nombre de membres du conseil municipal et du conseil de salubrité, quelques personnes qui, par leurs travaux et la nature de leurs fonctions, étaient à même de donner, sur un sujet d’une aussi haute importance, des avis salutaires.
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- CONSEIL DADMINISTRATION.
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- Dans une première réunion, qui eut lieu le 16 avril 1835, on se livra à des considérations générales, et, après une longue discussion, chacun resta convaincu que l’embarras actuel de l’administration provenait du mélange des matières solides avec les matières liquides ; qu’il fallait, avant tout, en faire le départ, non-seulement dans Paris, mais dans les fosses d’aisances mêmes, et que, sans cette séparation préalable , toute amélioration devenait en quelque sorte impraticable.
- Dans l’impossibilité de traiter en réunion nombreuse une question de cette nature, l’examen en fut renvoyé aux trois membres du conseil de salubrité qui faisaient partie de la commission.
- Le rapport fait par ces membres a été publié d’une manière officielle ; les conclusions en ont été approuvées, et le résultat du travail de cette sous-commission est résumé dans les conclusions que nous donnons ici.
- Résumé général et conclusion.
- « La vidange des fosses d’aisances dans la ville de Paris est devenue une charge très-grave pour les propriétaires , et cette charge tend toujours à s’accroître : cela tient aux modifications apportées clans la construction de ces fosses, à l’emploi plus abondant des eaux nécessité par la forme actuelle des sièges, et surtout à l’emploi des bains à domicile.
- « Montfaucon ne peut plus subsister, et Bondy offre des inconvénients tellement graves, qu’il faudra nécessairement l’abandonner un jour. Le projet d’établir un chemin de fer pour y conduire les vidanges de tout Paris ne saurait être adopté, et tout démontre la nécessité d’avoir recours à des moyens autres que ceux qui jusqu’ici ont été mis en usage.
- « Il est évident que la première des conditions pour obtenir un résultat à la fois économique et salubre est de séparer, sur les lieux mêmes de la production , les matières solides d’avec les matières liquides, d’enlever celles qui ont une valeur intrinsèque et de rejeter celles qui ne sont qu’embarrassantes.
- « Depuis plus d’un demi-siècle, quelques hommes animés de famour du bien public et plusieurs spéculateurs ont dirigé leurs recherches sur la manière d’obtenir cette séparation : nous devons mettre à leur tête Giraud et Gourlier, MM. Cazeneuve, Sanson, Derosne, Chaumet ; les auteurs de l’article qui se trouve dans le Mémorial de l’officier du génie; enfin MM. Payen 3 et Dalmont, architecte.
- « Le système de Gourlier est séduisant ; s’il n’a pas encore été soumis à toutes les expériences qu’il nécessite, on peut assurer d’avance qu’il doit réussir et qu’on en tirera un parti très-avantageux.
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- CONCOURS i
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- « Les avantages du projet de Gourlier se retrouvent à un plus haut degré dans celui qui a été adopté pour les urines par le corps du génie militaire.
- « Le système des fosses mobiles a pour lui la sanction du temps ; il peut s’appliquer partout, il facilite 1 enlevement des matières, et permet de le faire sans odeur et sans malpropreté ; il préserve les ouvriers des dangers de l’asphyxie; il empêche la dégradation de nos édifices et contribue à augmenter la masse disponible des engrais.
- « On ne peut, sans les conséquences les plus graves, envoyer ces liquides dans des puisards, et les mettre en communication avec la nappe supérieure du sol dans laquelle aboutissent nos puits ; la prudence exige qu’on ne les dirige pas dans la seconde nappe, qui, sur bien des points de Paris, fournit de très-bonne eau ; s’il est possible de les conduire, sans de grands inconvénients, dans les courants tout à fait inférieurs, l’avis de beaucoup de personnes expérimentées est qu’on ne doit pas le faire sous Paris pour des quantités d’eau trop considérables, et qu’il faut réserver cette ressource pour des localités mal disposées et qui se rencontrent rarement.
- « Tout prouve que l’on peut, sans inconvénient, envoyer à la Seine les liquides provenant des fosses d’aisances ; un travail fait autrefois, par Hallé et Fourcroy, sur les boues de Paris, ajoute un grand poids à cette opinion. Les jaugeages anciens et récents, ainsi que l’observation journalière des faits, démontrent que la quantité d’eau sale envoyée à la Seine, et comparée à l’eau de cette rivière, sera si minime, qu’elle restera toujours inaperçue, et ne pourra nuire, en aucune manière, à la salubrité.
- « Pour conduire ces eaux à la Seine , la première idée qui se présente , c’est de les jeter dans un des trois grands égouts qui entourent Paris du côté du nord.
- «Une foule de faits et d’observations prouvent que cet envoi, dans les égouts, des matières liquides provenant des vidanges n’infectera pas ces égouts, et ne fera pas courir de danger à ceux qui les parcourront ; que cette infection est d’autant moins à craindre avec les appareils de Giraud, avec ceux des fosses mobiles, avec l’appareil qui a été adopté par le génie militaire, que, par ces différentes méthodes, la séparation se faisant lentement et successivement , les liquides n’emportent avec eux que très-peu de matières solides.
- « Tout semble démontrer qu’en mélangeant dans une suffisante quantité d’eau les liquides provenant des fosses d’aisances on pourrait, sans inconvénient, les jeter sur la voie publique , et s’en débarrasser de cette manière ; mais la prudence exige que, avant de rien innover à cet égard, ce projet soit soumis à des expériences minutieuses et multipliées; ces expériences sont d’autant plus importantes qu’elles peuvent avoir pour résultat d’augmenter
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- les revenus de la ville , en lui faisant vendre une quantité considérable des eaux qu’elle possède et dont elle peut disposer (1).
- « Si la préparation de la poudrette a, jusqu’ici, été considérée comme une des industries les plus infectes et les plus incommodes, on peut dire qu’elle est aujourd’hui une des moins désagréables. Nous devons ces améliorations aux moyens d’assainissement récemment découverts, ou qui, plus anciennement connus, n’ont été mis en usage que depuis peu de temps pour des opérations montées sur une grande échelle.
- « Pour favoriser l’emploi de ces moyens et arriver par eux à des résultats d’une haute importance , il ne suffit pas à l’administration d’être animée des plus louables intentions, elle doit encore, par ses démarches, obtenir de l’autorité supérieure une modification dans la classification des établissements où se préparent les matières fécales , et surtout employer les moyens qui sont à sa disposition pour faire revenir le public des préventions qu’il a contre ces sortes d’établissements. Elle rencontrera d’abord de très-grands obstacles; mais elle peut être assurée du succès, si elle y met du temps et de la persévérance.
- (l) Ce mode de faire n’est plus à la hauteur des connaissances actuelles ; les urines, comme les matières solides, doivent être employées. Nous citerons ici quelques opinions, dues à IM. Durclé, et qui peuvent démontrer toute l’utilité qu’on peut tirer de l’engrais humain.
- Vous parlez bien à votre aise, d’ailleurs, de l’intelligence des capitaux et des engrais! vous en parlez comme d’une question tranchée, comme d’une solution donnée. A cette époque, en fait d’agriculture proprement dite, en fait de subsistances, en fait d’économie véritablement sociale, en France, que sait-on? rien! Bien labourer, bien fumer, bien assoler, là est toute l’agriculture. A cette époque on ne laboure pas, car on laboure à 0m,l0 de profondeur, quand on doit labourer à 0m,30; on ne fume pas, car l’engrais humain, si précieusement recueilli par 340 millions de Chinois, est perdu chez nous; on n’assole pas, car la théorie de l’assolement est encore confuse, vague et indéfinie , et tient au décret d’une loi sur l’engrais humain. Un jour viendra, sans doute, où les trois éléments de toute bonne agriculture seront connus. Voyez les États-Unis, avec la république : les hommes font des pas de géants ; qui sait si le jour du développement et de la richesse agricoles est éloigné? Je vous dis, moi, que les fermes nationales en bénéficieront les premières au profit de la république.
- Quatrième objection. Vous n’avez point d’engrais, je suis d’accord avec vous : toutes les terres médiocres sont infertiles sans engrais, mais toutes deviennent fertiles avec des engrais. Je n’ai point d’engrais aujourd’hui, j'en aurai demain, que la république décrète que la perle de tout engrais humainpar le fait ou la négligence d’un citoyen, sera punie des peines les plus sévères. L’engrais humain, c’est la condition de vie ou de mort du règne végétal, par suite la condition de vie ou de mort du règne animal; c’est enfin le secret de la richesse et de la sécurité publiques.
- L’engrais humain n’a point son égal ; les engrais animaux ne fertilisent que dans des conditions données ; souvent ils brûlent les récoltes. L’engrais des animaux a sa place ; mais, par une loi admirablement providentielle, l’engrais humain n’en a pas, sa place est partout.
- F. DURCLÉ,
- propriétaire agriculteur, à Verberie (Oise), ancien élève de l’école agronomique de Grignon.
- Extrait du journal la Presse du 27 mars 184 8.
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- « Les changements proposés dans ce rapport sont d une telle importance, ils ont des conséquences si utiles et si étendues, qu’ils suffiraient pour illustrer et recommander à la reconnaissance des générations futures le nom des administrateurs qui parviendraient à les obtenir ; cette gloire est réservée aux deux préfets actuels du département de la Seine et au conseil municipal de Paris ; il leur suffira de vouloir, pour faire disparaître des difficultés devant lesquelles nous avons vu échouer tous les efforts de leurs prédécesseurs. »
- Il appartenait à la Société d encouragement de ne pas rester étrangère à la solution de questions d’une si haute importance, d’un intérêt si puissant pôur la salubrité, l’agriculture et l’industrie ; aussi, dès l’année 1837, elle proposa un prix de la valeur de 3,000 fr. pour un procédé exécuté en grand, au moyen duquel les urines seraient séparées des matières solides, dans les fosses d’aisances , désinfectées complètement et avec économie , de manière à pouvoir être, sans inconvénient, versées sur la voie publique ou dans les égouts.
- Quoique le programme eût posé , d’une manière bien nette , les conditions du problème à résoudre, aucun des concurrents qui se présentèrent en 1839 ne les avait bien comprises.
- Un seul mémoire avait été adressé pour le concours de 18L2 ; des circonstances indépendantes de la volonté des concurrents les avaient forcés de suspendre leur exploitation : le comité des arts chimiques s’est alors trouvé dans l’impossibilité de vérifier les résultats.
- La question pouvant être envisagée sous deux points de vue différents qui offraient chacun leur degré d’utilité, la Société publia le programme de deux nouveaux sujets de prix, l’un pour la désinfection des solides et des liquides dans les fosses du système de construction actuel, l’autre pour la séparation complète, en les désinfectant, des solides et des liquides dans des fosses disposées à cet effet.
- Quatorze concurrents prirent part à ce concours.
- Quoique aucun des concurrents n’ait satisfait complètement aux conditions du programme, disait M. Gaultier de Claubry dans un rapport fait au nom du comité des arts chimiques, la Société doit se féliciter d’avoir mis au concours d’aussi importantes questions de salubrité. L’élan imprimé ne s’arrêtera pas, et nous avons la conviction que le temps n’est pas éloigné où l’on verra disparaître le repoussant système de vidange encore si généralement employé, et que les perfectionnements apportés aux procédés qui vous ont été soumis conduiront à la solution d’un problème si intéressant sous le rapport de la salubrité comme sous celui de l’agriculture.
- Sur la proposition du comité, ces sujets de prix furent remis au concours
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- pour l’année 1845, tout en conservant leur priorité d’inscription aux concurrents qui s’étaient déjà présentés.
- Pour bien apprécier les travaux des concurrents, votre comité a dû leur donner le temps de réunir tous les documents qui pouvaient faire ressortir le mérite et l’opportunité de leurs travaux ; il a dû faire examiner, par des commissaires pris dans son sein, les applications qui confirmeraient l’efficacité des procédés mis en pratique.
- Votre comité a consulté, avec avantage, le recueil des travaux entrepris depuis longtemps sur les fosses d’aisances, sur la désinfection et l’emploi des matières fécales ; ce recueil est dû à M. E. Vincent, l’un de vos employés. Ce travail nous a permis d’établir, d’une manière certaine, les droits que les concurrents peuvent avoir à la priorité des procédés et appareils qu’ils ont décrits ou présentés.
- Dans l’appréciation des travaux qui recommandent les concurrents à l’attention de la Société, le comité a eu surtout pour but de signaler leur application, sachant bien que cette grave question de salubrité a été, depuis plusieurs siècles, l’objet de la sollicitude des gouvernements, et qu’elle a donné lieu à l’invention d’appareils et de procédés consignés dans des mémoires et des ouvrages trop peu connus jusqu’ici de ceux qui se sont livrés à des travaux utiles dans l’intention d’atteindre un but si désirable.
- Aussi votre comité n’a fait entrer particulièrement ce mode d’appréciation que dans l’examen de procédés dont une application suivie n’a pas révélé l’efficacité ; il a voulu, dans l’esprit de justice qui l’anime, rendre à qui de droit l’honneur de découvertes qui se perdent faute d’application et donner , à ceux qui marchent sur leurs traces, connaissance des travaux de leurs devanciers, pour confirmer ou rectifier ce qu’ils ont imaginé.
- Aux quatorze concurrents du concours de 1844 sont venus se joindre treize nouveaux concurrents ; nous allons indiquer, dans l’exposé suivant, ce que chacun d’eux a fait pour la solution des problèmes.
- Avant de procéder à cette analyse et pour donner un aperçu de l’importance des sujets de prix proposés par la Société, nous extrairons de l’ouvrage de M. Girardin le passage suivant qui démontre l’utilité du problème,
- « Il est fort regrettable qu’on n’imite pas partout les bonnes pratiques des « pays qui savent utiliser les prodigieux effets de l’engrais humain. A peine « applique-t-on à l’agriculture, en France* l’engrais d’un cinquième de lapopu-« lation ; eh bien, tout ce qu’on perd pourrait pourtant faire produire au sol le « quart des grains et denrées nécessaires à la nourriture de la population entière.
- « Si l’on admet, avec MM. Liebig et Boimmqault, que les excréments li-« quides et solides d’un homme ne s’élèvent, par jour, qu a 750 grammes, sa-
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- « voir 625 grammes d’urine et 125 grammes de matières fécales, et qu’ils « renferment ensemble 3 pour 100 d’azote, cela donne, pour un an, 275 kilo-« grammes 750 grammes d’excréments contenant 8 kilogrammes 250 gram-« mes d’azote, quantité qui suffirait pour 400 kilogrammes de graine de fro-« ment, de seigle, d’avoine ou d’orge, et qui, ajoutée à l’azote puisé dans « l’atmosphère, est plus que suffisante pour faire produire annuellement à « 50 ares la récolte la plus riche. »
- La question des urines ne présente pas moins d’intérêt, si l’on réfléchit que chaque homme produit 625 grammes d’urine par jour, soit 228 kilogrammes par an, c’est-à-dire de quoi fumer plus d’un are de terrain.
- Ainsi, si nous prenions la ville de Paris pour exemple, nous verrions que son million d’habitants produit, chaque année,
- En matières solides... 275,000,000 kilog.,) kAQ nnn non i
- En liquides. . . .....228,000.000 kilo| J 503,000,000 kilog.,
- et que, si nous étendions ce calcul à toute la France, nous aurions, pour une population de 35,000,000 d’habitants, une masse
- ssarr*^ : : ssassEï"**»*"**-
- quantités suffisantes pour fumer 17,850,000 hectares de terrain (1).
- Parmi les faits les plus curieux que fournisse la statistique, il faut noter celui qui démontre l’avantage qu’il y aurait encore à employer, pour la fertilisation des terres incultes , les débris de toute nature, animaux ou végétaux , dont une grande partie se perd aujourd’hui. Il résulte, des calculs récents de MM. Hay-woodeïLee, que la ville de Sheffield, qui a 110,000 habitants, produit, en débris et en détritus de toutes sortes, environ 2,177 tonnes qui renferment 1,193,500 livres de potasse et de soude, 818,400 de chaux et de magnésie, 1,173,700 d’acide phosphorique et 1,683,800 d’azote. Tous ces débris équivalent à 3,140 tonnes de guano péruvien, ou à 30,000 livres sterling ( 750,000 francs). L’acide phosphorique seul vaudrait 250,000 fr. Ces débris pourraient servir d’engrais à 100,000 acres de terre.
- Le journal anglais auquel nous empruntons ces détails intéressants ajoute : « Tout cela est sans doute très-curieux, et nous sommes loin de contester « l’exactitude de ces calculs ; mais la seule question importante à résoudre est « de savoir comment il serait possible de rassembler tous ces débris dans un « espace donné, sans nuire considérablement à la santé des habitants qui
- (1) La France contient en terres imposables ou non 52,760,298 hectares 52 ares 72 centiares; ce qui tait 26,710 lieues carrées; on voit que les matières fécales et urines pourraient servir à la fertilisation du tiers du sol.
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- « les fournissent. Si les mesures adoptées jusqu’ici continuent à être mises « en usage, nous pensons que les habitants de Sheffield agiront très-sagement « en dédaignant des avantages qui pourraient leur coûter fort cher (1). »
- Nous allons maintenant faire connaître quels sont les travaux des concurrents.
- Sous le n° 1, au concours de 1843, MM. Krafft et Sucquet avaient fait inscrire un mémoire avec cette devise : Utilitati civitatis deceat. Ces concurrents, de concert avec M. Seveslre, avaient fondé près Paris un établissement pour l’exploitation de leurs procédés de désinfection.
- La Société avait réservé leurs droits.
- Des motifs indépendants de la volonté des concurrents et qui tiennent au maintien du privilège de l’exploitation des matières fécales de la ville de Paris ne leur ont pas permis de continuer la mise en pratique de leurs procédés désinfectants, dont l’établissement a absorbé une somme de plus de 80,000 fr.(l).
- Pour que la Société soit mise à même d’apprécier les recherches et les travaux si dignes d’éloges de MM. Krafft et Sucquet, nous ne pouvons mieux faire que de lui mettre sous les yeux un extrait du rapport fait par M. Payen au nom du conseil de salubrité , nous réservant de demander l’insertion, dans le Bulletin, du mémoire remarquable que ces savants ont adressé à l’appui de leur inscription au concours.
- « Les produits des vidanges, à leur arrivée dans l’usine, sont versés dans des réservoirs, citernes couvertes, où des oxydes métalliques en pâte y sont à l’instant mêlés pour détruire l’odeur forte due au sulfhydrate d’ammoniaque.
- « Les liquides décantés et ainsi désinfectés sont conduits dans un bassin en maçonnerie où l’addition et le mélange d’un excès de chaux hydratée mettent en liberté l’ammoniaque.
- « Les liquides, après cette deuxième opération, sont dirigés dans des appareils où une active ventilation à froid, enlevant l’ammoniaque, l’entraîne dans des solutions métalliques, afin de précipiter les oxydes propres à une nouvelle
- (IJ La réflexion du journal ne nous paraît pas juste, car tous les débris ne sont pas accumulés’, mais peuvent être employés successivement comme engrais; de plus, les parties non employées seraient placées dans les localités où elles ne seraient pas nuisibles pour l’hygiène publique.
- (2) La ville de Paris perçoit des adjudicataires de la voirie une somme de 600,000 francs ; à l’époque actuelle, il ne serait pas convenable, après tous les sacrifices qu’elle a faits par suite de l’inabondance des récoltes, etc., de la priver de cette rétribution , privation qui, cependant, tournerait au profit de l’bygiène publique ; mais il serait un moyen simple de remédier à cet inconvénient, ce serait de décider qu’un impôt de to francs par an fût admis pour chaque fosse; s’il y a à Paris, comme on le dit, au moins soixante-dix mille fosses, ce serait un revenu de 700,000 francs, revenu qui ne serait pas pour le propriétaire une nouvelle charge, mais un véritable dégrèvement, puisque les fosses seraient vidées à très-bas prix d’abord, puis pour rien ensuite, et qu’enfin il arriverait une époque où le propriétaire tirerait un lucre des matières fécales. Nous ferons observer que l’enlèvement du mètre cube de matière fécale coûte actuellement 9 francs, en moyenne.
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- désinfection, et de fournir des sels ammoniacaux utiles à l’industrie et à l’agriculture. Un dernier bassin, au besoin, contenant de l’acide sulfurique, arrêterait, en les saturant, les dernières traces d’ammoniaque.
- « Les liquides, ventilés et desinfectés, peuvent ensuite, et sans inconvénient, être dirigés vers les eaux courantes naturelles ou bien être employés comme engrais.
- '« On achève, d’un autre côté, la désinfection des matières pâteuses, déposées avec les oxydes, en y ajoutant encore une quantité suffisante de poudre charbonneuse absorbante ; on leur donne, a 1 aide de poudrette solide, la consistance convenable pour les soumettre à la presse.
- « Cette dernière opération fournit un engrais inodore, sous la forme de tourteaux durs, faciles à emmagasiner et à expédier chez les agriculteurs. »
- Sous le n° 2, M. Maze, au Havre, avait transmis, pour le concours de 1843, un mémoire sous cette devise : II n’est pas de sujets ni de matières viles qui puissent dégoûter lorsqu’on les rend utiles.
- L’auteur avait joint un appareil composé d’un siège à deux ouvertures : la première est destinée aux solides, qui tombent dans un vase cylindrique fermé en bas par une bascule oblique ; la deuxième reçoit les liquides et les conduit dans le récipient destiné à les recevoir.
- Dans le couvercle du siège est renfermée une boîte contenant des poudres désinfectantes.
- Un de vos commissaires a vu un de ces appareils au Havre, et il a pu se convaincre qu’il pourrait être mis au nombre des appareils bien conçus ; mais cet appareil manque de simplicité, et il est sujet à des altérations et h des réparations qui rendent son usage moins utile.
- Sous le n° 3, ainsi que le relate le rapport sur le résultat du concours de 1843, était inscrit M. de Clacy, qui a adopté les appareils pour lesquels M. Houssard avait pris un brevet. Un de ces appareils a fonctionné pendant quelque temps à l’hospice Beaujon, et M. le directeur de cet établissement en avait rendu un compte satisfaisant. Il consiste en une double enveloppe concentrique, l’intérieure percée de trous destinés à conserver les matières solides, et l’extérieure à recevoir et même à conduire les urines dans des tonneaux avec lesquels la communication est établie au moyen de tuyaux. (Voyez la description et la figure de cet appareil, Bulletin d,e la Société, janvier 1848, page 20.)
- À cet appareil M. Houssard a ajouté une machine destinée à mélanger les matières fécales avec les substances désinfectantes : ces deux appareils sont indépendants l’un de l’autre.
- Une machine sur une grande échelle, destinée à opérer le mélange des ma-
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- tières fécales et des matières désinfectantes, a été construite sur les plans de M. Houssard par les soins de M. Rouffet. Sur la demande du comité, la préfecture de police a autorisé l’apport de tinettes de vidange au moyen desquelles on a pu faire fonctionner l’appareil mélangeur dans deux essais qui ont convaincu le comité que cet appareil pourrait offrir beaucoup d’utilité ; mais, n’ayant pas été à même de le voir fonctionner sur une grande échelle et d’une manière réellement industrielle, l’application qui va en être faite, disait votre comité, lui permettra de se prononcer à cet égard.
- Dans les appareils de séparation et dans les appareils mélangeurs sont introduites des matières qui neutralisent l’odeur des déjections qu’ils convertissent en engrais.
- Les concurrents avaient appelé l’attention de la Société sur la composition et l’emploi de l’engrais préparés à l’aide de cet appareil. Des expériences variées , faites sous la direction de M. Philippar, au nom de votre comité d’agriculture, ont été entreprises avec succès à Grignon et à Versailles.
- Pour la mise en pratique de ces divers procédés, M. de Clacy a fondé, dans le domaine de la Verge, près Tours, une Société dite des engrais gradués : elle est dirigée par M. A. de Granier.
- Un de nous, sans y être attendu, a pu constater l’extrême propreté et la judicieuse distribution de cet établissement, l’emploi de la machine à triturer dont nous venons de parler, et au-dessus d’elle un mesureur à augets qui distribue les matières absorbantes, dans les proportions voulues, sur les matières fécales qui sont versées, désinfectées dans une trémie et ensuite triturées ; elles sont alors transportées sous des hangars à l’abri de la pluie et du soleil ; enfin elles sont séchées, criblées et tamisées, puis mises en tas et aérées pour ne pas éprouver de fermentation ; elles sont ensuite livrées à l’agriculture.
- Lors de l’examen que nous avons fait de cette fabrique, son directeur était absent; et, dans une notice qu’il a adressée à la Société, il entre dans des détails sur le mode de vidange, la confection des engrais et leur consommation, qui prend un accroissement digne de remarque.
- Cette intéressante notice, en même temps qu’elle atteste l’extension que prennent les travaux de la Société des engrais gradués, est aussi une preuve de l’aptitude et des connaissances du directeur auquel cette Société a confié ses intérêts.
- Tout en tenant compte à la compagnie de la Verge des résultats de l’utile entreprise habilement dirigée par M. A. de Granier, le conseil comprendra dans ses rémunérations le directeur ainsi que M. Houssard, breveté pour les appareils dont l’application a sanctionné le mérite, et qui, sous le n° 17 de ces
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- concours, a déposé un mémoire circonstancié sur la fabrication économique des engrais avec le dessin des appareils qu’il regarde comme les mieux appropriés à cette destination.
- Sous le n° 4, MM. Huguin, Domange et comp., qui, au concours de 1843, avaient obtenu une médaille d’argent pour leur bonne confection des appareils de séparation, leur mode simple de vidange des solides et des liquides, * n’ont pas, par suite de dissolution de société, maintenu leur inscription au concours.
- Sous le n° 5, M. Marchai, qui, pour le concours de 1843, avait annoncé qu’il avait fait une découverte ayant pour objet de solidifier instantanément, en les désinfectant, les matières fécales, n’a pas répondu à l’appel qui lui a été fait ; M. Marchai doit donc être considéré comme s’étant mis hors de concours.
- Au concours de 1843, le concurrent inscrit sous le ne 5 s’était présenté avec cette devise : Être utile est le devoir de tous; il avait indiqué l’emploi d’un appareil dont le dessin est annexé au mémoire. Cet appareil est basé sur le même principe que celui proposé par Chaumette en 1815, c’est-à-dire qu’il opère la séparation et la désinfection d’une manière permanente en utilisant la pression exercée sur un plancher mobile.
- L’auteur n’a pu exécuter son appareil, qui, dans son ensemble, paraît offrir des dispositions qui méritent d’être étudiées.
- Sous le n° 7 nous trouvons M. de Latour-Arlet, qui, dans un mémoire envoyé au dernier concours, donnait le dessin et la description des moyens qu’il croit les plus propres à la solution du problème posé par la Société. Ces moyens sont : 1° la ventilation par le mode dont M. d’Arcet avait fait une si heureuse application ; 2° la désinfection ; 36 un mode de filtrage des matières au moyen de tamis de crin, pour en séparer les liquides. Toutes ces opérations sont décrites dans le travail présenté par le concurrent.
- Dans ce mémoire, déposé le 21 décembre 1842 , Fauteur propose, pour la vidange, 1° d’exciter le dégagement des gaz par un jet de vapeur se dirigeant dans l’intérieur de la matière ; les gaz ainsi séparés s’échapperaient par un autre tuyau aboutissant dans une caisse pleine d’eau où les gaz solubles se dissoudraient, les gaz insolubles seraient brûlés à leur sortie. De cette manière les matières seraient désinfectées. Cela fait, M. Latour-Arlet intervertit les fonctions des conduits , le jet de vapeur presse à la partie supérieure des matières et les pousse extérieurement par un tuyau plongeant au fond dans un tonneau ou une voiture quelconque : ainsi la vidange se compose de deux phases distinctes : vapeur pour désinfecter les matières, vapeur pour les chasser au dehors.
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- M. de Latour-Arlet, qui a pris, le 31 décembre 1841, un brevet de cinq ans pour ses procédés, a le premier, à la connaissance du comité, proposé le vide pour l’extraction des matières des fosses. Ce procédé est digne d’attention et mérite à son auteur les récompenses de la Société.
- Le concurrent n° 8, qui a pris pour devise : Aspera me jurant, propose l’emploi d’une cuvette à double gorge pour la séparation des liquides et des solides.
- Nous ferons observer qu'en 1818 M. Cazeneuve et en 1836 M. Ch. Derosne avaient donné, à des appareils pour le même usage, des dispositions similaires fondées sur les dispositions des parties sexuelles.
- Mais, dans son mémoire déposé le 15 décembre 1841, le concurrent signale pour la première fois l’emploi de l’huile pour s’opposer aux émanations fétides.
- Il donne le dessin d’une fosse portative remplie d’une certaine quantité d’eau recouverte d’une couche d’huile ; la gorge courbe d’une lunette s’engage sous l’eau, et l’huile empêche les gaz de se dégager.
- Il propose l’application du même principe pour les tonneaux de vidange qui, au moment d’effectuer cette opération, contiendraient préalablement un certain volume d’eau recouvert d’une couche d’huile ; le tuyau d’arrivée des matières déboucherait sous l’eau.
- Cette ingénieuse idée doit valoir à son auteur une marque de satisfaction de la Société.
- Sous le n° 9, MM. Bélicard et Chesneaux, qui avaient pris pour devise : Économie, salubrité, ont présenté une série d’appareils fondés sur la propriété bien connue qu’ont les liquides de couler le long des parois qu’ils mouillent, tandis que les matières solides sont détachées de ces parois par la gravité.
- Partant de ce principe, ils évasent, vers la partie inférieure, le tuyau d’une fosse d’aisances, et ménagent, autour de la capacité qui se trouve verticalement en dessous de l’axe, 1° un conduit destiné à recevoir les matières solides ; 1° une rigole annulaire où se versent les liquides qui, malgré l’action de la gravité, restent adhérents aux parois inclinées en surplomb.
- Les liquides, lorsqu’ils ne sont pas perdus, sont enlevés et traités au moyen d’une poudre charbonneuse pour servir aux besoins de l’agriculture.
- Un de ces appareils fonctionne, depuis près de cinq années, au Conservatoire des arts et métiers.
- Quatre de ces appareils sont placés dans les ateliers de carrosserie de M. Malen, avenue de Saxe , qui occupe environ deux cents ouvriers. D’après le dire de M. Malen, ces appareils remplissent parfaitement le but que les
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- auteurs se sont proposé d’atteindre. M. Keller atteste qu’un de ces appareils a fonctionné chez lui pendant huit mois sans aucune réparation.
- Enfin un certificat de M. Labrouste, architecte des hospices civils de Paris , fait mention qu’un de ces appareils, établi, depuis le mois de mai 1845, à l’hôpital de Lourcine, et qu’il a constamment bien fonctionné.
- Vos commissaires ont pu vérifier plusieurs fois tous ces faits : un de nos collègues, lors de son séjour à Lyon, a, de plus, été, tout récemment, mis à même de constater le bon emploi de ce système, qui ne pouvait être jugé qu’après avoir été assez longtemps soumis à la pratique de F expérience . ( Voyez la description et les figures de ces appareils , Bulletin de la Société, janvier 1848, p. M.)
- Sous le n° 10, M. Gallet , fabricant de noir, à Ingouville, près le Havre , a pensé, dès 1838 ou 1839, qu’on pourrait résoudre le problème de la séparation des liquides et des solides en tirant parti de l’attraction que les parois des vases exercent sur les liquides. Après plusieurs essais, il a fait exécuter un appareil dont la simplicité est remarquable et qui n’est qu’une modification des tuyaux de descente.
- Il est à désirer, disait le rapporteur du concours de 1843, qu’une application plus étendue vienne confirmer les espérances de cet habile manufacturier.
- Les prévisions de votre comité ont été pleinement réalisées.
- M. Gallet, qui a continué ses essais et applications, a enfin fait adopter au Havre un appareil fondé sur l’action des parois.
- Le tuyau qui sert à la séparation est légèrement conique de haut en bas ; il se termine brusquement en forme de dôme, dont la gorge circulaire est inclinée de 30 centimètres environ ; un conduit placé au-dessous de cette espèce de dôme verse les urines dans un récipient ou dans la rue.
- Les solides, arrivés à la naissance du dôme, abandonnent la paroi et se rendent dans la tinette destinée à les recevoir. (Voyez la description et la figure de cet appareil, Bulletin de la Société , janvier 1848 , p.l9.) (l)
- L’appareil de M. Gallet a obtenu la sanction de l’expérience, puisqu’il est en activité dans plusieurs établissements publics et maisons du Havre ; il est d’une grande simplicité, ne comporte aucun mécanisme, puisque son prix d’établissement ne s’élève qu’à 75 ou 80 fr.
- Votre comité a voulu recueillir dans cette ville les documents sur l’emploi du séparateur de M. Gallet, et par votre rapporteur il a été heureux de con-
- fi) Nous joindrons au tirage à part du présent rapport un extrait du travail de M. Pincent (pii contient les figures, dont il est parlé dans ce rapport.
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- stater les utiles résultats, qui le rendent apte à rendre d’importants services non-seulement dans les villes qui, comme le Havre, ne peuvent avoir de fosses, à cause des eaux souterraines ; mais encore dans une foule d’autres localités.
- Il a vu fonctionner douze de ces appareils à la caserne des douaniers, et il a pu s’assurer qu’ils remplissaient parfaitement le but que l’auteur s’est proposé. M. Decvillez9 sous-inspecteur des douanes., spécialement chargé de la direction de cette caserne , a mis le plus grand empressement à lui donner non-seulement des renseignements dî vive voix, mais encore par écrit ; nous donnons ici quelques passages de la lettre qu’il a adressée à votre rapporteur.
- « Dernièrement j’ai assisté à l’enlèvement de toutes les tines, et sur douze « j’en ai trouvé onze dans l’état le plus satisfaisant, une seule contenait du « liquide.
- « En l’état., la séparation est complète et l’appareil atteint merveilleusement « le but que nous désirions : placé aux quatre coins de notre grande cour et « au milieu même de nos logements des ménages, il dessert une population « d’environ quinze cents personnes. Nous n’avons aucune odeur, et ce-« pendant nous n’avons pas encore fait usage de cheminées de ventilation, « qui complètent le système des appareils de M. Gallet; il est même pro-« bable que nous ne nous en serviroas pas.
- « Je suis convaincu que, appliqué à une fosse d’aisances partagée en deux « compartiments, l’appareil réunirai: aux avantages que je vous signale celui « d’éviter tout danger d’asphyxie pcwir les vidangeurs.
- « Enfin un grand mérite fie cet appareilet ce n’est pas le moindre à mes « yeux., réside dans sa simplicité même, ce qui fait qu’une fois en place il « n’y a pas de raison pour qu’il cesse de fonctionner. »
- M. Gallet a rendu un service signalé, et la Société aimera à lui prouver tout l’intérêt qu’elle attache à la part qu’il a prise au concours (1).
- Sous le n° 11, M, Bourg, mécanicien, avait adressé la description d’un appareil qu’il appelle départiteur ou siège inodore, séparant les liquides d’avec les matières fécales.
- Depuis le concours de 1843, rien n’est venu modifier l’opinion de votre comité, qui considère l’appareil de M. Bourg comme un bon système de cu-
- (i) L’appareil de M. Gallet pourrait, avec avantage, être établi dans l’hospice de la vieillesse-hommes (Bicêtre). En effet, nous savons que d’administration des hôpitaux doit supprimer l’usage de l’égout, dit le grand puisard de Bicêtre, égout qui est tin grave sujet d’infeclion. Si celte administration pouvait faire comme l’hôpitàl de Tours, qui vend 1,000 fr. les matières fécales et les urines qui sont recueillies dans eet établissement, elle tirerait une somme assez forte des produits qui sont pour elle un stijet, de dépenses considérables.
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- vette d’aisances, mais qui ne paraît pas satisfaire aux conditions de vos programmes. ( Voyez la description et la figure de cet appareil, p. 23 du Bulletin de la Société de janvier 1848.)
- Sous le n° 12, M. le docteur Sanson avait déposé le dessin et la description d’une fosse destinée à séparer les matières solides des matières liquides ; depuis 1843, rien n’est venu apprendre que ce système de construction , qui se recommande d ailleurs par sa simplicité, ait été appliqué.
- Au dernier concours se trouvait inscrit, sous le n° 13, le nom de M. Frédéric (de Lyon), qui avait présenté un modèle d’appareil propre au curage des fosses. Cet appareil est une espèce de noria, et il avait été employé à Lyon. À cette époque (1844), le comité , de concert avec son auteur ou son chargé de pouvoir, devait assister à une expérience avec une machine construite à Paris ; le décès de M. Frédéric avait suspendu cette expérience.
- M. Louis Cherrier, concessionnaire et acquéreur du brevet de M. Frédéric, se mit en mesure de faire, en présence de vos commissaires, des expériences pour démontrer l’efficacité de cet appareil.
- C’est alors qu’il conçut le projet d’une Société pour son exploitation.
- C’est en 1844 que MM. Cherrier, Baronnet et Peyredieu formèrent une Société ayant pour objet l’application et l’exploitation de procédés pour la fabrication de toute espèce d’engrais naturels et factices et de produits chimiques (noir animalisé, poudrette, alcali, sel ammoniac et autres produits servant à la fabrication des engrais).
- Cette Société fut reconstituée , en 1846., sous la raison sociale Baronnet et comp., puis, la même année, transformée en Société par actions, en vue de la constitution d’une compagnie anonyme ; mais les fondateurs ont, jusqu’à présent, renoncé au concours des actionnaires.
- M. de Lancosme-Brèves est membre du conseil général du département de l’Indre et président du conseil de surveillance.
- Par suite , M. Baronnet a dû résilier ses fonctions administratives en conservant dans le conseil une place où son expérience et ses connaissances sont appréciées et utilisées.
- La Société générale des engrais, ainsi que le porte un acte que nous avons eu sous les yeux, pour donner à son industrie tonte l’extension désirable, a déjà organisé, dans vingt-cinq villes de France, des établissements dont vingt-deux sont en pleine activité (1).
- (l) La compagnie générale des engrais a créé, h "Lyon, un établissement important qui opère la vidange de la presque totalité des fosses d’aisances de cette grande ville.
- Le conseil municipal a pensé que, quel que fût le nombre d’agents qü’emploierait l’administration, il serait impossible de surveiller, d’une manière régulière, le service des exploitants» tandis que la popu-
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- Les systèmes pratiques d’extraction, de désinfection des matières et de fabrication des engrais suivis dans ces établissements sont l’œuvre et la propriété de la maison ; ils sont le résultat d’une expérience de plusieurs années, de longs et coûteux essais.
- iation entière lui viendrait en aide si la vidange s’opérait dans le jour. — L’avis affiché dans la ville prescrit la vidange en plein jour, et une autorisation spéciale devient indispensable pour travailler pendant la nuit.
- La vidange s’opère donc en plein jour et dans les conditions les plus diverses.
- Le préfet du Rhône, M. Chaper, ancien élève de l’école polytechnique, a dit à M. Gaultier de, Claubry, l’un de vos membres, qui s’est rendu à Lyon pour visiter cet établissement, que, pour s’assurer de l’innocuité des moyens, il suit dans les rues, chaque fois que le temps le lui permet, les voitures de la compagnie, et que jamais il n’a trouvé rien à dire. De§ procès-verbaux ont quelquefois été dressés pour divers motifs, comme stationnement sur la voie publique, etc., jamais pour contravention aux conditions de la vidange sans odeur.
- L’administration municipale de Lyon n’a pas voulu établir ce privilège en faveur d’une compagnie ou d’un système, mais la compagnie générale a seule satisfait aux conditions de son arrêté.
- J’ai, dit M. Gaultier de Claubry, assisté à quatorze ou quinze vidanges faites en plein jour, dans tous les quartiers de Lyon. Cette opération a satisfait à tout ce que l’on peut exiger sous le rapport de la salubrité ; je citerai deux exemples seulement : dans la rue de la Barre, près Belleeour, une distance de 21 mètres 70 se trouvait entre le point de puisement et celui où stationnaient les voitures; la vidange s’est opérée sans que l’on ressentît le moindre inconvénient.
- Dans un des quartiers le plus resserrés de Lyon, la bonde d’une fosse s’ouvrait dans l’intérieur d’une boutique ; la vidange s’opérait en même temps que les chalands venaient acquérir les objets qui leur étaient nécessaires.
- La compagnie a de grandes voitures, de 16 hectolitres de capacité, pour recueillir les liquides; mais l’étroitesse d’une grande partie des rues, les pentes excessives de beaucoup d’autres rendant le service excessivement difficile, quelquefois même à peu près impossible, la compagnie a aussi adopté des tonnes de 1 hectolitre de capacité, que l’on charge sur une voiture en renfermant dix, et que l’on transporte à un entrepôt, à la Guillottière. Là, une voiture plus grande en prend vingt et les conduit à Villeurbanne (Isère), où se trouve la fabrique d’engrais. Les liquides sont extraits des fosses au moyen de pompes à soufflets hydrauliques, après que l’on y a mélangé un liquide renfermant du sulfate de peroxyde de fer.
- Les solides sont extraits à la hotte en y mêlant une poudre désinfectante composée de terre alumineuse préalablement mélangée de charbon très-divisé et de sulfate de fer. Les hottes portent un couvercle qui se ferme de lui-même au moyen d’un ressort ; un ouvrier placé sur la voiture lave, avec une éponge, les bords de l’entonnoir et de la hotte, si quelques matières solides s’y attachent.
- Arrivées dans l’établissement de Villeurbanne, les voitures déversent dans de grands bassins les produits qu’elles ont amenés ; des ouvriers les mêlent avec de la poudre charbonneuse en touillant la masse avec des rabots en bois; cette masse, abandonnée à elle-même par la pente des bassins dont le soi est incliné, se divise en un produit solide qui reste sur ce plan et en un liquide désinfecté qui s’écoule dans des bassins spéciaux, d’où il est extrait par des pompes et transporté dans des voitures appartenant à des agriculteurs, qui en enlèvent, chaque jour, des quantités considérables.
- Ces liquides désinfectés provenant de l’établissement et ceux que l’on extrait directement des fosses de la ville sont, comme nous Pavons déjà dit, journellement enlevés par des voitures qui se succèdent, ce service est régularisé par des numéros d’ordre.
- Ces voitures, qui se rendent ainsi à Lyon, favorisent singulièrement le service général des vidanges.
- Les produits solides , convenablement raffermis, sont portés sous des hangars, où s’achève leur dessiccation ; ils sont passés à la claie, afin de les amener à un état pulvérulent homogène.
- Un chimiste attaché à la compagnie générale , à Paris, analyse les produits de chaque opération , qui
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- La compagnie , en effet, comprenant le parti quelle devait tirer des découvertes des savants pour F agriculture ou l’hygiène des villes, s’est créé un laboratoire de chimie ou, tout en travaillant journellement les questions qui intéressent son industrie, un chimiste suit attentivement les découvertes
- sont vendus à titre connu et sont recherchés par tous les agriculteurs. A ce même chimiste sont adressés des échantillons des produits obtenus dans les diverses villes, au nombre de vingt-cinq, dans lesquelles la compagnie exploite les mêmes piocédés.
- Dans plusieurs de ces villes , à Amiens, Troves et Metz, par exemple, on réunit l’abatage des chevaux au travail des matières des fosses d’aisances. Lyon adoptera les mêmes errements sous très-peu de temps.
- Un règlement pour le service intérieur de l’établissement de Villeurbanne oblige (art. 15) les ouvriers, sous peine d’une amende de I fr. 50, à satisfaire à leurs besoins dans un endroit déterminé où les produits sont utilisés.
- On a curé, à Lyon , une fosse de 140 mètres cubes; le curage de cette fosse aurait coûté, à Paris , au prix de 9 francs le mètre, 1,260 francs. Beaucoup de ces fosses ont 80 mètres. Dans une des rues très-populeuses, on a trouvé, en face l’une de l’autre, deux maisons dont les fosses, d’une énorme dimension, communiquaient avec une troisième sise sous la rue.
- Maintenant encore, beaucoup de fosses perdent leurs liquides; aussi la plus grande partie des eaux des puits et des pompes sont-elles altérées; depuis peu de temps, on exige que, lors d’un curage ou d’une réparation, toute fosse soit étanche.
- La vidange, par les procédés ordinaires, occasionnait de grandes pertes au commerce de Lyon ; des quantités considérables d’étoffes étaient altérées; il fallait, dans tous les cas, déménager les magasins : tous ces inconvénients ont disparu.
- Le matériel de la compagnie de Lyon se compose de vingt tonnes de 16 hectolitres; elles sont établies sur ressorts et portent quatre roues ; elles sont conduites par deux chevaux.
- Huit haquets suspendus, à un cheval, portent dix tonnes de 1 hectolitre, i mètre cube.
- Trois haquets à deux chevaux portent vingt tonnes pour le service entre Villeurbanne et la Guil-lottière.
- Trente voitures pour les appareils, pompes, tuyaux désinfectants.
- Mille tonnes de 1 hectolitre pour le service des matières solides.
- Cent cinquante hottes en bois avec couvercle mobile pour le service des grandes tonnes.
- L’écurie renferme soixante chevaux; une semblable en recevra bientôt un aussi grand nombre.
- A partir du 5 juillet 1847, on a commencé le service régulier de Lyon; la compagnie a extrait 12,171 hectolitres cubes de matières solides ou liquides qui ont été transformés en engrais.
- L’usine de Villeurbanne contient environ 2,000 mètres cubes d’engrais humide, 500 mètres de matières sèches ; elle en a vendu pour 25,000 francs.
- La dépense de dessiccation s’élèvera, suivant les prévisions, terme moyen , à 40,000 francs.
- Un fait à signaler, c’est l’emploi fait par la compagnie des eaux grasses des fabriques de sulfate de fer pour la désinfection.
- Un autre d’une grande importance, c’est d’avoir amené les cultivateurs à adopter l’usage de liquides et de solides entièrement désinfectés.
- L’enlèvement, le transport, le déversement et la fabrication des produits ont lieu dans des conditions si avantageuses, que le préfet du Rhône disait, en visitant l’établissement, que la meilleure preuve en faveur des moyens employés, c’est que les yeux étaient nécessaires pour faire connaître la nature de l’industrie que Von y exerce.
- Dans le moment où les voitures versent leur contenu dans les bassins, il se produit une légère odeur qui disparaît aussitôt ; cette odeur n’est pas sensible à plus-de 3 mètres : sous le hangar même, on complète la désinfection par le travail décrit plus haut.
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- successives de la science, analyse les engrais des établissements de la province pour en constater la richesse , etc., etc. Aussi la Société croit-elle être parvenue à former dans tous ses établissements, par l’ensemble de ses moyens d’action, un mode uniforme de travail aussi complet que possible. Voici le but qu’elle se propose :
- « Convertir, dans le temps le plus court, à l’abri des influences atmosphériques , les matières fécales en un produit pulvérulent et inodore ; transformer en sels fixes les principes volatils qui en font la richesse. »
- On conçoit que la solution du problème que s'est proposé la Société intéresse à la fois la prospérité agricole et la salubrité des villes, puisque , en fixant les gaz qui se dégagent des matières, on désinfecte nécessairement les fosses et l’on enrichit d’autant les engrais.
- Les opérations que pratique la Société générale des engrais présentent un ensemble complet qui comprend
- 1° La désinfection préalable des matières renfermées dans les fosses d’aisances ;
- Leur extraction par des procédés perfectionnés
- 3° Enfin leur conversion en engrais solides, inodores et d’une grande énergie fertilisante.
- Nous ne relaterons pas ici les procédés mis en pratique : ils ont été décrits par M. Dumas dans son Traité de chimie appliquée aux a/rts3 et ils ont été l’objet d’un rapport plein d’intérêt de M* 1. Dupasquier, rapport fait au nom d’une commission chargée, par M. le maire de Lyon, de la recherche et de l’étude, 1° des meilleurs procédés de curage des fosses d’aisances, 2° des appareils et moyens de désinfection et de vidange de la Société dite compagnie générale des engrais.
- Sur le rapport de cette commission, M. le maire de Lyon a pris un arrêté qui a été affiché dans la ville de Lyon, oh il reçoit son exécution (1).
- Je dois aussi signaler ce fait que les portes et fenêtres de tous les bâtiments sont peintes en gris clair, et que ces peintures n’ont pas changé depuis que l’exploitation a commencé.
- J’ai vu, à l’improviste et sans être accompagné d’aucune personne appartenant à la compagnie, la vidange sur beaucoup de points de Lyon ; partout fai observé les mêmes avantages.
- La compagnie générale ne se contente pas de donner des primes pour l’application de ses moyens, elle aide les compagnies secondaires de ses capitaux et de son influence. — Si cette compagnie n’avait obtenu la propriété des matières, toute amélioration à l’état des choses eût été, comme on le pense bien, impossible.....
- Signé Gaultier de Claubry.
- (l) CURAGE DES FOSSES D’AISANCES.
- Arrêté de police.
- Nous, maire de la ville de Lyon ,
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- Le eomité, frappé de l’importance et de l’utilité des travaux de la compagnie générale des engrais , a pensé qu’il était de son devoir de constater, par des délégués pris dans son sein, l’état de deux exploitations parmi les vingt-
- deux mises en activité par ses soins.
- L’un de nous a pu vérifier, à Tours, celle sous la direction de M. Valin.
- Les renseignements qu’il a recueillis ont complètement dissipé quelques doutes que l’on avait fait naître sur 1 établissement de Tours. Le délégué du comité s’est assuré, d’après l’inspection des livres, que, dans la campagne dernière, cette exploitation a livre à la consommation plus de 4,000 kil. d’engrais, quoique la fabrique n’eût pas encore pris tous ses développements. Un autre membre du comité, dans l’examen de l’établissement modèle de Lyon, a vu avec satisfaction que la solution des problèmes avait fait
- Xru les lois des 14 décembre 1T89 (art. 6a), 16-24 août 1790, 18 juillet 1:857, et l’art. 471 du code pénal;
- Vu notre arrêté de police du 27 août 1845, relatif au curage des fosses d’aisances de la ville de Lyon ;
- Vu le rapport qui nous a été transmis par la commission désignée jiar nous, à l’effet de rechercher et d’étudier les meilleurs procédés de curage des fosses d’aisances;
- Considérant que la désinfection préalable des matières renfermées dans les fosses d’aisances peut être opérée d’une manière complète par l’emploi de moyens faciles et peu coûteux, et que les expériences auxquelles la commission spéciale précitée a assisté ne laissent aucune incertitude à cet égard ;
- Considérant que, si l’emploi de moyens non désinfectants pour opérer, dans les villes, le curage des fosses d’aisances entraîne toujours après lui de graves inconvénients, ces inconvénients sont plus graves encore pour une grande cité essentiellement manufacturière où la population est agglomérée;
- Considérant qu’il est du devoir de l’administration défaire jouir la ville de Lyon des avantages résultant de l’emploi de procédés inodores,
- Avons arrêté :
- Article premier. — A partir du 1er décembre prochain, tout entrepreneur de curage de fosses d’aisances, avant de procéder à l’extraction des matières contenues dans une fosse, sera tenu d’en opérer la désinfection préalable et de la continuer jusqu’à la fin du curage, de manière à ce que les habitants, même les plus voisins, ne puissent être incommodés par la moindre odeur ammoniacale ou hydro-sulfurée. . , •
- Art. 2. — Le curage sera pratiqué, à l’avenir, pendant le jour, en toute saison; il ne pourra être fait qu’en employant des tonneaux d’une capacité de 15 hectolitres au moins.
- S’il se présentait quelques cas exceptionnels dé naturé à exiger que l’opération du curage fût faite pendant la nuit, une autorisation spéciale devra être obtenue de l’administration municipale.
- Art. 3. — Le curage de chaque fosse d’aisances devra être complet, c’est-à-dire qu’après avoir extrait les matières, soit liquides, soit pâteuses ou solides, l’entrepreneur sera tenu d’enlever entièrement, à la pelle, les fragments de terre, les morceaux de poterie, les débris et objets solides de toute nature qui pourraient s’être accumulés dans la fosse. ^
- Art. 4. — Les arrêtés de police existants continueront à recevoir leur plein et entier effet en tout ce qui n’est pas contraire aux dispositions du présent.
- Art. 5. — Les contraventions au présent arrêté seront poursuivies conformément aux lois.
- Fait à l’hôtel de ville, Lyon, le 9 octobre 1847,
- Le maire de Lyon, membre de la chambre des députés,
- Terme.
- Quarante-septième année. Mars 1848. .19
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- un pas immense, et qu’il était à désirer que Paris, qui, sous le rapport de kl vidange, est encore dans l’enfance, suivit l’exemple donné dans la seconde ville de France (1).
- En s’occupant de la question si importante de la désinfection et de la conversion en engrais actifs des matières fécales, la compagnie n’a pas négligé non plus de rechercher les moyens d’employer au profit de l’agriculture et de l’industrie les cadavres des animaux, le sang et les issues des abattoirs, source non moins grande d’infection.
- La compagnie a, dans les principales villes, des établissements ou ses procédés sont mis en pratique ; partout la désinfection est si complète, que les conseils de salubrité ont proposé d’autoriser les vidanges en plein jour.
- (1) Nous avons donné plus haut l’arrêté concernant la ville de Lyon; voici celui qui s'applique à la ville de Tours.
- EXTRAIT DU REGISTRE DES ARRÊTÉS DE LA MAIRIE DE TOURS.
- Aujourd’hui vingt-trois août mil huit cent quarante-sept,
- Nous, premier adjoint au maire de la ville de Tours,
- Yu les lois des ie-24 août 1790 et du 18 juillet 1837, ainsi que l’article 471 du code pénal ;
- Considérant qu’il résulte de la combinaison de ces differentes lois qu’il est de notre droit, comme* de notre devoir, de réglementer tout ce qui concerne la construction, la réparation et la vidange des fosses d’aisances ;
- Qu’en ce qui concerne la construction de ces fosses nous devons prescrire les mesures nécessaires pour qu’elles ne perdent pas tout ou partie de leurs matières par infiltration, et ne portent pas préjudice aux constructions et aux caves des propriétaires voisins, aux puits et aux fontaines qui alimentent la ville ;
- Considérant qu’en ce qui concerne la vidange nous devons, dans un intérêt d’hygiène publiqu^ profiter des découvertes qui ont été faites récemment, et prescrire, avant tout, la désinfection des matières ;
- Considérant que, cette désinfection étant opérée, il est d’une bonne police dte supprimer le travail de nuit pour l’extraction et l’enlèvement des matières, attendu que ce travail est de nature à troubler le repos des habitants, et que d’ailleurs il ne peut être convenablement surveillé;
- Considérant, enfin, qu’en obligeant les habitants à faire désinfecter les matières insalubres et délétères, avant de les transporter au dehors, nous ne portons aucune atteinte aux intérêts privés et n’entravons, en quoi que ce soit, la liberté de l’industrie,
- Avons arrêté :
- De la construction et de la réparation des fosses.
- Article premier. — A l’avenir, aucune maison ne pourra, dans toute l’étendue de la commune, être construite, reconstruite ou réparée à neuf, sans qu’il y ait obligation, pour le propriétaire, d’y faire établir au moins une fosse d’aisances.
- Art. 2. — Les fosses seront faites de manière à empêcher l’infiltration des liquides dans le sol, et le déversement des matières dans les égouts, dans les puits et dans les canaux de la ville.
- L’aéragerde la fosse sera suffisant, et la clef ou l’ouverture ménagée pour l’extraction sera facilement abordable et aura 75 centimètres au moins sur 50, afin de permettre que la vidange se fasse sans dangers et sans inconvénients. v
- Art. 3. — Toute fosse qui devra être comblée ne pourra l’être qu’après avoir été curée et vidée à fond ; et, pour déblayer une fosse précédemment comblée, on usera des mêmes précautions que pour a vidange.
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- On voit, daprès ce qui vient d etre dit, que les travaux de la compagnie générale des engrais sont bien dignes de la sollicitude de la Société d’encouragement.
- An. 4. ____ Pour mettre l'administration municipale à même de s’assurer que les prescriplions ci-
- dessus sont observées, tout propriétaire ou entrepreneur qui voudra faire construire ou réparer à neuf une fosse d’aisances, la combler ou la déblayer, est tenu d en faire la déclaration préalable au bureau de la voirie, et devra se conformer, pour ces différents travaux, aux instructions qui lui seront données par l’architecte de la ville.
- De la vidange des fosses. x
- Art. 5. — A l’avenir, nul ne pourra vidanger une fosse d’aisances sans en avoir préalablement fait la déclaration au bureau de police.
- La déclaration indiquera le jour où le travail devra commencer.
- Art. 6. — Préalablement à toute opération, il devra être procédé à la désinfection complète des .matières contenues dans les fosses d’aisances.
- Art. 7. — En conséquence, tout individu qui voudra exercer, à Tours, la profession d’entrepreneur de vidanges devra justifier
- 1° Qu’il possède les moyens de faire la vidange par des procédés inodores ;
- 2° Qu’il a à sa disposition un matériel composé au moins de cinquante tonneaux de la contenance de 1 à 2 hectolitres, lesdils tonneaux cerclés de six cercles de fer, avec porte sur un des fonds, fermant hermétiquement et armée de baudes, de pitons et de crochets en fer ; de deux chariots fermés sur les quatre côtés ; d’une pompe à double soufflet ; de tuyaux en cuivre et en cuir, en longueur suffisante pour conduire les liquides des fosses aux tonneaux sans hotte ni transbordement ; de deux grandes tonnes poulie transport des liquides, lesquelles tonnes, de la contenance de 1,500 à 2,000 litres, seront montées sur chariot, cerclées en fer, avec bonde à vis en cuivre et avec raccords pour les tuyaux de la pompe, de manière qu’il n’y ait ni perte ni fuite; lesdites tonnes devant enfin être garnies d’un désinfecteur pour absorber les miasmes qui pourraient se dégager encore après la première désinfection ; enfin de tous les ustensiles necessaires pour assurer la désinfection, la célérité et la propreté du travail.
- Art. 8. — Pour toutes les opérations relatives à la désinfection et à la vidange, il est accordé cinq heures par fosse de 8 mètres cubes, et trente minutes par chaque mètre cube en sus de cette quantité.
- Le délai courra du moment où l’écoutille servant à la vidange aura été ouverte jusqu’à celui où la visite de la fosse pourra être faite après l’enlèvement du dernier tonneau, et après le curage et le lavage à fond de la fosse.
- Art. 9. — Les vidangeurs ou leurs agents sont tenus, avant de se retirer, de laver à grande eau les cours et les autres emplacements des maisons où ils auront fait la vidange.
- Ils fourniront, à cet effet, des seaux propres qui ne serviront qu’à cet usage.
- Art. 10. — Toutes les matières, après leur extraction, devront être portées dans un dépôt régulièrement autorisé.
- Art. U. — A l’avenir, la vidange des fosses d’aisances, le transport des matières devront, à moins d’une autorisation spéciale, s’opérer pendant le jour.
- Art. 12. — Lorsqu’il y aura.lieu de croire que la vidange, en raison de la situation ou de la construction particulière d’une fosse d’aisances, ne peut être faite avec les appareils perfectionnés, l’autorisation de la vider suivant les anciens systèmes devra préalablement être obtenue de l’administration municipale, qui fera vérifier les lieux.
- Dans tous les cas, il sera fait, avant tout, emploi des moyens désinfectants.
- Art. 13. — L’entrepreneur est tenu, même pour le lavage de la fosse après vidange, de ne laisser descendre aucun ouvrier sans qu’il soit muni d’un bridage dont l’extrémité sera tenue au dehors par un autre ouvrier, et il est défendu à tout ouvrier de se refuser à ce que ces précautions soient prises.
- Art. 14. — Dans le cas de travail de nuit, les voitures employées au transport des matières fécales
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- CONSEIL D ADMINISTRATION.
- Èn donnant à cette compagnie un témoignage distingué du haut intérêt qu’elle attache à ses nombreuses applications et en faisant participer à ses
- devront être munies, sur le devant, d’une lanterne allumée, et porter une plaque indiquant l’objet de ^entreprise. ,
- Il sera placé, en outre, une lanterne en saillie sur la voie publique, à* la porte de la maison où devra s’opérer læ vidange, et ce préalablement à tout travail et au dépôt des voitures,, des machines et des tonneaux sur la voie publique.
- Art. 15. — La vidange d’une fosse d’aisances, une fois commencée, devra être continuée sans interruption jusqu’à l’achèvement du travail.
- Art. 16. — Défense est faite à tous ouvriers vidangeurs ou charretiers
- 1° D’entrer chez lès habitants de la maison où ils travaillent et de celles voisines pour y demander de l’eau-de-vie, de la chandelle ou tous autres objets-;
- 2° De salir avec de là matière les portes, les murs ou l’escalier;
- 3° De tirer de l’eau d’un puits avec des seaux ou avec tous autres vaisseaux servant à la vidange;
- 4° De laisser couler dans les ruisseaux de l’eau provenant des fosses;
- 5° De s’arrêter en chemin à la porte d’un cabaret ou d’un marchand de vin ou d’eau-de-vie, enfin de se détourner du chemin du dépôt pour quelque cause que ce soit.
- Art. 17. —- Lorsque l’ouverture d’une fosse d’aisances aura-un motif autre que celui de la vidange, l’entrepreneur, dans la déclaration préalable qurdoit toujours avoir lieu au bureau de police, donnera avis du motif déterminant.
- Art. 18. — Les propriétaires ou ïes locataires sont tenus de donner à l’entrepreneur ou à ses ouvriers toute facilité pour le dégorgement des tuyaux et pour l’introduction de l’air dans la fosse pendant la vidange.
- Art. 19. — Le chef ouvrier ou l’entrepreneur présent à la vidange devra toujours être muni d’un flacon de chlorure dé chaux, pour en faire usage, au besoin, s’il y avait danger d’asphyxie.
- Si, malgré ces précautions et toutes les autres prescrites dans le présent arrêté, un ouvrier était frappé d’asphyxie, la vidange de la fosse serait suspendue immédiatement, et les travaux ne pourraient être repris qu’après que de nouvelles précautions, ordonnées par l’autorité, auraient été remplies en présence d’un de ses délégués.
- Art. 20. — Il est enjoint à tons vidangeurs ou if leurs agents, dans le cas où ils trouveraient dans Ses fosses d’aisances de l’argenterie, des bijoux ou tout autre objet analogue, d’en faire la déclaration au même instant au commissaire de police et de les rendre fidèlement sans en retenir aucun.
- Il leur est également enjoint, s’ils trouvaient quelques ossements ou parties du corps humain dans lesdites fosses, des indices d’un crime ou d’un délit, d’en donner avis sur-le-champ, et avant de les enlever, au commissaire de police de l’arrondissement.
- Art. 21. — Un délégué spécial de la mairie visitera au moins deux fois par an le matériel des entrepreneurs, pour s’assurer qu’il est toujours en état.
- Art. 22. — Les entrepreneurs sont responsables des faits de leurs agents ou de leurs ouvriers; conformément à l’article 1384 du code civil.
- Art. 23. — Toutes les dispositions du présent arrêté concernant la désinfection et le transport des matières fécales sont applicables aux eaux goudronneuses, résidu de la fabrication du gaz.
- Art. 24. — Le présent arrêté, après que les formalités prescrites par l’article 11 de la loi du 18 juillet 1837 auront été remplies, sera imprimé, publié, affiché et mis en vigueur.
- Art. 25. — MM. les commissaires de police1 et leurs agents sont spécialement chargés de son exécution.
- Pour le maire de la ville de Tours absent,
- Le premier adjoint,
- Signé Gcioxmèue.
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- récompenses les gérants des établissements quelle a fondés, la Société d’encouragement aura contribué à démontrer que la propagation de procédés plus rationnels pour l’exploitation des vidanges et le traitement des matières doit, dans l’intérêt bien entendu de notre agriculture et de l’hygiène publique, recevoir dans une foule de villes, et surtout à Paris, d’importantes et utiles modifications.
- Sous le n° 1-4 est inscrit M. Siret. A sa première composition, pour laquelle il a obtenu une récompense de l’Académie des sciences, il substitue une deuxième poudre composée de sulfate de fer, 100 kil.; de sulfate de zinc, 50 kil.; de tan en poudre ou sciure de chêne, 40 kil.; de goudron , 5 kil.; d’huile, 5 kil.; total, 200 kil. Cette composition de M .-Siret lui a été suggérée par l’analyse qu’il a faite des matières fécales et des urines, dans lesquelles il a trouvé de la bile, de la gélatine, des résidus fibreux, enfin des matières nutritives mal digérées.
- Le goudron et l’huile dont il fait usage ne sont employés que pour les fosses mobiles, afin de maintenir plus longtemps la poudre désinfectante à la surface des matières fécales et d’en faire, pour ainsi dire, une espèce de couvercle , qui en complète la désinfection.
- Dans le courant de juillet dernier, ce concurrent a adressé à la Société un nouveau mémoire dans lequel il signale l’avantage qui résulterait de l’emploi d’un mélange de tourbe et d’hydrochlorate de manganèse. Il indique aussi un procédé qui serait applicable à la désinfection en plein jour; il consiste dans l’emploi de 25 kil. de sulfate de fer, 1/2 kil. de limaille de cuivre dissous dans 10 kil. d’acide hydrochlorique et de 50 décag. d’éther sulfurique. Le mélange se fait dans un tonneau de la contenance de 200 litres : cette quantité, dit l’auteur, suffit pour désinfecter une fosse de la contenance de 4,000 litres.
- Le concurrent, dans son mémoire , cherche à établir qu’il est le premier qui ait indiqué et appliqué le sulfate de fer à la désinfection des matières, et que c’est à ses travaux qu’on doit tout ce qui se pratique aujourd’hui en fait de désinfection.
- Nous rappellerons, à propos de cette assertion, qu’en 1762, de Boissieu, dans son ouvrage sur les antiseptiques, avait indiqué l’emploi du sulfate de fer, et que notre collègue M. Bréant en avait fait l’application en 1825. Le brevet demandé par le concurrent pour cet emploi date de 1837; mais notïs ferons observer qu’il n’a été délivré et porté à la connaissance du public que le 31 août 1840, un mois après celui délivré à MM. Krafft et Sucquet pour l’application des sels et oxydes métalliques à la désinfection.
- Nous devons dirè aussi que, dès 1824, votre rapporteur, de concert avec M. Payen, avait signalé la possibilité d’employer pour la désinfection des ma-
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- tières fécales le protosulfate de fer, l’hydrochlorate de protoxyde de manganèse (résidu de la fabrication du chlore), l’acide pyroligneux; enfin l’huile py-rogénée obtenue de la distillation du bois. (Annales de l’industrie, t. XIX, p. 76, 1824.)
- Cependant, après avoir rendu à chacun ce qui lui appartient, nous dirons que M. Siret a rendu service en propageant l’emploi de procédés qui tendent à l’amélioration de la salubrité publique, et que, sous ce rapport, il est digne des encouragements de la Société.
- Sous le n° 15, M. Descheneaux propose d’employer comme poudre désinfectante les substances ci-après : charbon de bois, braise, charbon d’os, suie des cheminées, charbons provenant de la calcination des matières terreuses, de la vase desséchée des marais, des égouts, etc., etc., carbonisation des matières végétales, etc., etc. (1). ,
- Il propose un appareil pour la carbonisation de ces matières : cet appareil consiste en un four long très-incliné recouvert, à sa partie supérieure, d une plaque de tôle ayant une inclinaison parallèle à celle du four ; la plaque est garnie de tubes en tôle ou en fonte juxtaposés et qui contiennent les matières à carboniser. L’inclinaison du fourneau a pour but de permettre de faire tourner, par glissement , les tuyaux d’une demi-révolution, de manière à ce qu’ils soient portés, dans leur totalité, à la'température rouge.
- Un autre plan ayant une inclinaison plus prononcée faisant suite au premier sert à la descente des tubes.
- L’auteur propose pour la préparation du charbon de bois l’emploi bien connu pour la distillation du bois en vase clos, de l’appareil dont il donne le dessin, et termine en indiquant la chaux en poudre pour la désinfection des urines et l’emploi de substances qu’il appelle demi-désinfectant (les sciures de bois, les balles d’avoine, de blé, d’orge, de seigle, la paille), qu’on mélangerait avec les matières et qu’on laisserait fermenter pendant un ou deux mois de manière à former un engrais végéto-animal.
- Nous devons faire observer que les substances indiquées par le concurrent avaient été signalées antérieurement dans plusieurs ouvrages, et notamment dans l’ouvrage de M. Girardin intitulé, Des fumiers considérés comme engrais.
- Le procédé que M. Descheneaux propose pour la carbonisation des matières terreuses a de l’analogie avec celui employé par M. Salmon en 1832.
- L’appareil que le concurrent décrit pour la séparation des liquides et des #
- (1) Nous rappellerons ici que M. Payen a le premier, en 1827 (voir la notice sur les moyens d’utiliser toutes les parties des animaux morts dans les campagnes), indiqué dans cette notice, pag. C8 et 71, l’emploi de la terre séchée au four pour la mêler aux matières stercorales et au sang et les convertir en engrais.
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- solides est fondé sur le même principe que ceux de MM. Chaumette et De-rosne.
- Le comité se borne à signaler aux encouragements de la Société les travaux du concurrent.
- Sous le n° 16, M. Salmon a adressé un mémoire et des échantillons des substances qu’il propose d'employer pour opérer la désinfection.
- Son procédé repose sur l’emploi des plantes marines desséchées pour la conversion des matières stercorales en engrais.
- Il s’exprime ainsi :
- 80 kil. d’algues desséchées sont mêlés à 20 kil. de chaux; lorsque ce mélange est bien opéré, on mêle avec ces 100 kil. 300 kil. de matières fécales solides et liquides, on boule le tout de manière à en former une masse parfaitement homogène.
- « Si, au lieu d’employer les liquides, on n’emploie que les solides, il en faudra 600 au lieu de 300. L’auteur indique, pour arriver à une prompte désinfection, différentes combinaisons de substances, parmi lesquelles nous citerons
- « L’emploi de 20 kil. de plâtre et de 80 kil. d’algdes pour 300 kil. de matières fécales liquides et solides ;
- « L’emploi de 90 kil. d’algues et de 10 kil. de sulfate de zinc pour 300 kil. de matières solides et liquides ;
- « L’emploi de 20 kil. ou litres de chlorure calcique ( sel résidu de la fabrication de la soude) et de 80 kil. d’algues; ce mélange peut absorber 200 kil. de solides et liquides. »
- D’après l’auteur, l’algue desséchée retiendrait, à Paris, à 60 fr. les 1,000 kil., qui, mêlés à 20 pour 100 de leur poids de substances propres à les rendre désinfectants, formeraient un poids de 1,200 kil. qui, mêlés à 3,600 kil. de matières, donneraient un total de 4,800 kil. à l’état humide, et qui, par la dessiccation, se réduiraient à 1,740 kil.
- L’engrais humide serait rendu à Paris à raison de 1 fr. 50 cent, les 100 kil. , représentant 2 hectares environ ; soit, pour les 4,800, 72 fr.
- L’engrais desséché à 4 fr, 50 les 100 kil., plus de f hectares ; soit, pour les 1,740 kil., 70 fr. 49 cent.
- Le concurrent a créé une fabrique d’engrais dans la vallée Saint-Rambert, près Marseille, oii il fabrique, depuis quatre ans, de 40 à 50,000 hect. d’engrais par année.
- Un rapport du conseil de salubrité de la tille de Marseille atteste que cette fabrication est établie dans des conditions très-favorables sous le rapport de la
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- salubrité^ Le concurrent dit dans son mémoire qu’il est auteur d’un appare-de séparation, mais il n’en fait pas connaître la construction.
- Nous devons exprimer les regrets de la Société de ce que le concurrent qu le premier, de concert avec notre collègue M. Payen, a fait l’application d’u charbon désinfectant à la vidange des fosses, procédé qui lui mérita le pr Montyon et que nous sommes portés à regarder encore aujourd’hui comme u de ceux appelés à rendre de grands services dans la question qui nous occupi ait jugé à propos d’abandonner et de critiquer ce procédé pour le remplace par une application qui laisse beaucoup à désirer sous le rapport de la désir? fection. '
- En analysant les travaux sur la désinfection des matières stercorales et su leur conversion en engrais par la compagnie des engrais gradués, nous avon rendu compte des appareils dus à la coopération de M. Houssardî inscri sous le n° 17. y ' ' - :ii -,r’ :
- Sous le n° 18, M. Ringard a adressé un mémoire avec dessin représentan un appareil séparant les matières solides des matières liquides au momen de leur émission et avant l’introduction dans les fosses. L’action de cet appa reil ( sa disposition est analogue à celle décrite par le concurrent n° 9 ) es fondée sur l’action des parois. Il consiste en trois ou quatre lames inclinée,! distantes les unes des autres et placées en sens inverse ; après la dernière lame, les liquides et les solides, séparés, aboutissent, au moyen de conduits particuliers, dans des récipients. {Voyez la description et la figure de cet appareil, Bulletin de la Société, janvier 1848, page fi.)’ n < ; ^
- Depuis, dans un nouveau mémoire, le concurrent conseille, pour empêcher, les émanations de se dégager de la fosse, d’employer pour chute un tuyau coudé à sa base, tuyau qui recevrait une quantité d’huile qui aurait pour objet d’intercepter toute communication de l’air extérieur avec la fosse (nous rappellerons que ce moyen a déjà été indiqué par le concurrent n° 8).
- Il propose, en outre, de descendre dans la fosse une bouteille qui surnagerait à la surface des liquides et qui contiendrait soit du chlore, de la chaux ou du muriate de chaux, dans le but d’absorber les gaz qui se dégagent des matières en fermentation et d’opérer ainsi leur désinfection d’une manière permanente. t .
- Votre comité vous signale les travaux du concurrent.
- Sous le n° 19, M. Seiler a présenté un appareil de ventilation fonctionnant à l’aide d’un mouvement mécanique à poids que l’on remonte toutes les vingt-quatre heures. 1
- On a depuis longtemps proposé et employé la ventilation rien n’indique .que le moyen proposé par le concurrent ait été expérimenté en grand : votre
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- comité pense donc qu’il n’atteint pas le but que votre programme s’est proposé.
- Sous le n° 20, MM. Raphanel et Ledoyen proposent, pour opérer la désinfection, une eau à laquelle ils ont donné le nom d'eau inodore désinfectante, composée ainsi qu’il suit i quatre parties ou 125 grammes de nitrate de plomb sur une ou 32 grammes d’acétate de plomb, dissous dans 1,000 grammes d’eau pure.
- Des matières fécales désinfectées par cette eau ont été employées comme engrais, et M. Philippar, membre du comité d’agriculture, a bien voulu, par des expériences, examiner le pouvoir fertilisant de cet engrais et donner à la Société connaissance de ces résultats dans un rapport qu’il fit au conseil dans sa séance du 1er avril 1846 (Bulletin de la Société, année 1846, page 191). Il a reconnu que les matières désinfectées par cette eau jouissaient des mêmes propriétés que celles des matières non désinfectées, qui sont d’un emploi difficile, désagréable et souvent impossible dans certaines circonstances, à cause des émanations infectes qu’elles répandent. Sous ce dernier rapport, les matières désinfectantes offriraient un avantage réel, surtout pendant les chaleurs, où il se fait un dégagement considérable d’ammoniaque, avantage qui s’accroîtrait si on tenait les fosses d’aisances dans un état constant de désinfection, car alors la matière n’éprouverait aucune perte.
- Des expériences nombreuses ont été faites en Angleterre, et le rapport qui vous en a été transmis atteste qu’elles ont donné des résultats très-satisfaisants.
- D’autres ont été faites, au Val-de-Grâce et à l’Hôtel-Dieu, sur l’application de cette eau à la désinfection des plaies, et les certificats délivrés attestent qu’elles ont toutes été couronnées de succès.
- Une expérience assez prolongée et trop souvent interrompue n’a pas permis à vos commissaires d’apprécier l’efficacité des moyens proposés par les concurrents et le prix de revient de ces applications ; la Société, qui n’a pas eu tous les renseignements nécessaires, se réserve d’assigner plus tard la place que doivent occuper les travaux de MM. Raphanel et Ledoyen dans leur application à la salubrité et à l’hygiène publiques.
- Sous len° 21, M. Legros fait connaître, dans son mémoire, divers appareils qu’il propose pour la séparation des solides et des liquides.
- Ces appareils consistent en un coffre en tôle renfermant une roue à aubes cintrées recevant les matières qui tombent des chutes ; ces aubes sont doubles, et la paroi supérieure est percée de trous, tandis que la paroi inférieure est pleine. La roue tourne lors de la chute des matières et en même temps fait mouvoir, par un taquet, une boîte renfermant une poudre désinfectante char-
- Quarante-septième année. Mars 1848. 21
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- bonneuse(l) qui en opère la dessiccation ; les liquides passent par les trous des aubes et de là se rendent dans un réservoir ; ce réservoir est muni u’un piston qui a pour objet, au moment où on le désembraye, de chasser par son poids les liquides qui y sont contenus et d’en opérer ainsi la vidange en les transmettant, au moyen d’un tuyau, dans une voiture disposée ad hoc.
- Les matières solides sont reçues dans un récipient en tôle qui s’enlève et est remplacé par un autre.
- Une fosse de la contenance de 25 mètres, rue Neuve-Saint-Denis, n° 9, a été désinfectée par l’emploi de la poudre du concurrent; 100 kilogrammes de cette poudre ont suffi pour opérer cette désinfection.
- Cette même poudre a été appliquée avec succès, en 18L5, par MM, Marquet et Miami, à la désinfection de menus3 de débris d’animaux.
- Depuis le mois de juin dernier, le concurrent a adressé à la Société de nouveaux mémoires et modèles d’appareils basés sur la disposition adoptée par le concurrent inscrit sous le n° 10, mais avec cette différence qu’il désinfecte la matière au fur et à mesure de la production par la projection d’une poudre placée dans une trémie fixée à la partie supérieure de cet appareil.
- 11 donne la description d’un appareil dit hermétique, qui consiste en un robinet à double tube pour faciliter l’emplissage des tonnes de vidange et éviter les exhalaisons putrides, appareil exploité par M. Ch. Domange.
- Il a aussi adressé la description d’une tonne d’aspiration dont le vide est opéré par une petite machine pneumatique mise en mouvement par le roulement de la voiture au moyen d’une chaîne à la Vaucanson.
- Nous pensons que les efforts faits par le concurrent n° 21, pour atteindre le but proposé par la Société, lui méritent ses encouragements.
- Le mémoire du concurrent inscrit sous le n° 22 (M. Bayard),et qui a pour devise : Principiis obsta, se divise en trois parties.
- Dans la première, il signale non-seulement les inconvénients qui résultent de l’écoulement des urines le long des murs et sur la voie publique, mais encore dans les lieux où un grand nombre d’individus se réunissent.
- Il passe en revue les divers systèmes employés et en fait ressortir les inconvénients, qui sont f infection qu’ils répandent, la malpropreté et leur mode vicieux de construction.
- Dans la deuxième partie, il propose de remplacer les urinoirs connus par un système qui offrirait de grands avantages pour l’hygiène publique.
- Dans son travail, M. Bayard a aussi traité des questions suivantes :
- 1° Prévenir la fermentation ammoniacale qui se développe si rapidement
- fl) Celle poudre n’est autre que du poussier de charbon de bois arrosé d’eau acidulée ayant servi au décapage des métaux.
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- dans l’urine par son exposition à l’air, en versant, dans le réservoir destiné à la recueillir, une couche d’huile de 2 centimètres d’épaisseur ; mais cette préservation de putréfaction due à l’huile ne dure que quinze jours environ : il conseille, pour prévenir l’altération de cette urine, d’y dissoudre une certaine proportion de goudron de houille ou de suie en poudre, qui, en raison de l’huile qui y est mêlée, conserve une densité spécifique moindre que celle du liquide qu’elle surnage et empêche les exhalaisons de s’échapper dans l’atmosphère. Le concurrent a recherché quelle était sur l’urine l’action de plusieurs substances acides dont la facile extraction et le bas prix en permettraient l’emploi en grand.
- Il a reconnu que l’acide pyroligneux et l’huile de schiste communiquaient à l’urine une grande acidité et agissaient d’une manière énergique sur ce liquide sans l’altérer ; mais le second de ces agents exhale lui-même une odeur très-fétide que l’on est obligé de masquer ; enfin leur fluidité nécessite leur mélange à des substances solides de manière a leur donner une consistance pâteuse. C’est en raison de ces difficultés d’application que le concurrent donne la préférence au goudron de houille dont il décrit, dans son mémoire, l’action sur l’urine récente. À son travail M. Bayard a joint plusieurs flacons contenant de l’urine désinfectée et convertie en engrais par le mélange de divers absorbants. Il fait remarquer que l’action préservatrice exercée par le goudron de houille sur l’urine fraîche est impuissante sur l’urine en fermentation : en effet, dit-il, l’acidité du goudron ne suffit pas pour saturer l’alcalinité du liquide dès qu’il dégage du carbonate d’ammoniaque ; il faut alors avoir recours à des agents plus énergiques qui rendent fixes les sels ammoniacaux. Les acides et les sulfates arrêtent la fermentation en décomposant le liquide; c’est ce qu’il démontre dans le chapitre m de son mémoire.
- 2° Recueillir les urines et ne pas les laisser répandre sur le sol.
- M. Bayard donne la description d’un appareil remplissant cet objet. Il se compose d’une tinette ordinaire à l’ouverture de laquelle règne un bord intérieur sur lequel s’appuie une cuvette en zinc ou en fonte percée d’une ouverture au centre ; cette cuvette est mobile ou fixe à volonté. Dans le fond de la tinette est placée une bassine contenant du goudron, dans le but de prévenir la fermentation putride.
- Il donne aussi la description de divers appareils basés sur le même principe et qui peuvent recevoir d’utiles applications dans les établissements publics.
- 3° Conserver l’urine sans qu’elle entre en fermentation jusqu’au moment où on veut l’utiliser pour les arts et l’agriculture.
- L’urine étant conservée sans fermentation dans tous les réservoirs particu-
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- liers ou publics, il suffira de la recueillir dans des tonneaux ou dans des voitures à vastes réservoirs pour la transporter dans de grands bassins.
- Ce liquide pourra être employé pour la teinture, le dessuintage des laines, après lui avoir fait subir un commencement de fermentation par son mélange avec de l’urine putréfiée.
- L’auteur pense qu’on pourrait obtenir une prompte évaporation en disposant les bassins comme ceux des marais salins, ou bien en se servant de bâtiments de graduations ; enfin il propose d’employer différents matériaux réduits en poudre pour la transformation des urines en engrais, procédé analogue à celui indiqué par M. Donat en 1819.
- La troisième partie de son mémoire a pour objet, ainsi que l’exige le programme , d’opérer dans les fosses du système de construction actuel la désinfection des solides et des liquides de manière à ce qu’ils puissent en être extraits sans répandre d’odeur, tout en conservant les propriétés utiles qui les font rechercher pour l’agriculture et les convertir en engrais sans offrir aucun des inconvénients attachés à la fabrication de la poudrette.
- Il commence par signaler les inconvénients des divers modes de construction des fosses en usage, ceux des procédés de désinfection usités et du mode d’extraction des vidanges.
- 11 propose, pour remédier à ce mode, de diviser la fosse en deux parties d’inégale capacité par une cloison composée de briquettes filtrantes et désinfectantes maintenues de champ entre deux châssis.
- La fosse placée au-dessous du conduit de chute reçoit toutes les matières solides et liquides ; leur séparation s’y opère, et les liquides s’écoulent dans la fosse voisine à travers la cloison filtrante ; les matières solides restent dans la première fosse et se mêlent à une substance désinfectante et permanente qui n’est autre que du goudron de houille mélangé à des substances pulvérulentes, telles que l’argile, le plâtre, etc., ou bien encore aune poudre désinfectante composée ainsi qu’il suit :
- Sulfate de fer............ 250 parties.
- Argile ferrugineuse. . . . 200
- Sulfate de chaux.......... 150
- Goudron de houille, quantité variable.
- Une ouverture ménagée au-dessus de la fosse qui reçoit les urines permet de faire, au moyen d’un tuyau qu’on y introduit, l’extraction des liquides par la fonction d’une pompe qui les transmet au tonneau destiné à les recevoir.
- Le comité a pris connaissance de ce travail avec un vif intérêt, et en proposant, pour son auteur, une des récompenses de la Société, il pense contribuer à la réalisation de vues d’utilité générale.
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- Sous le n° 23, M. Godard propose un appareil pour la séparation des solides et des liquides reposant sur le même principe que celui des concurrents nos 9 et 10, c’est-à-dire sur l’action des parois.
- Après la séparation, les liquides se rendent dans un long tuyau et sont reçus dans des filtres disposés de chaque côté du tonneau destiné à recevoir les solides ; un moyen mécanique à soupape fait tomber une poudre désinfectante sur les matières dans le but d’en opérer la dessiccation. Les liquides, après avoir passé sur les filtres, s’écoulent, désinfectés et décolorés, soit sur la voie publique, soit dans un réservoir situé au-dessous du filtre et qu’on vide à des époques déterminées.
- L’auteur indique les substances nombreuses dont ses poudres peuvent être composées, mais il n’en précise aucune ; il dit que ses filtres sont composés de foin saupoudré de chlorure de chaux ou d’alun, de tan neuf ou vieux, criblés et saupoudrés de même avec du chlorure de chaux ou avec de l’alun.
- Votre rapporteur a vu un des appareils du concurrent fonctionner rue de la Victoire, 2 ter; mais il laissait à désirer sous le rapport de sa construction.
- Dans un autre mémoire, le concurrent propose la construction d’une fosse fixe ayant pour but la séparation au moyen d’une cloison verticale qui la partagerait en deux parties et en y faisant arriver les liquides par un conduit placé à l’embouchure de l’appareil de séparation ; ce moyen est analogue à celui décrit par M. Parent-Duchatelet, dans ses observations sur les fosses, publiées en 1836.
- Votre rapporteur s’est transporté chez le concurrent, où il a vu un grand nombre d’appareils en exécution ; mais il n’en a vu fonctionner aucun, le concurrent n’ayant pu obtenir de l’autorité supérieure 1° l’établissement de ces divers appareils, 2° des matières pour expérimenter (1).
- Tout annonce que M. Godard s’est sérieusement occupé de résoudre le problème proposé par la Société , et nous pensons que les efforts qu’il a faits dans ce but méritent d’être encouragés.
- Le moyen proposé par le concurrent inscrit sous le n° 24 (M. Cou tard consiste à désinfecter constamment les matières au fur et à mesure de leur production, en introduisant à l’avance , par un service régulier à domicile , dans les fosses, des réactifs désinfectants, afin de prévenir le dégagement des gaz insalubres et délétères dans les habitations , gaz qui, comme on le
- (1) Nous ferons remarquer qu’il est de la plus haute importance que le maire de ia ville de Paris, qui peut consulter des hommes à qui nulle question n’est étrangère , fasse étudier les moyens de désinfection des matières fécales ; en s’occupant de cette question, il arrivera à faire disparaître Mont-faucon , Bondy ; il viendra ainsi en aide à notre agriculture, qui a un si grand besoin de protection.
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- sait, se développent par suite du séjour des matières dans les fosses et lorsqu’on les agite pour en opérer la vidange.
- Dans sa description, l’auteur, après avoir indiqué d’une manière générale la composition des matières stercorales, commence, pour en opérer la désinfection , par s’emparer de l’ammoniaque en dégageant, dans la fosse , de l’acide hydrochlorique gazeux nécessaire à sa neutralisation ; il se forme aussitôt de l’hydrochlorate d’ammoniaque qui affecte la forme de vapeurs blanches épaisses.
- Lorsque le dégagement d’acide hydrochlorique a cessé, on projette dans la fosse la quantité de réactifs qui doivent neutraliser l’hydrogène sulfuré, l’ammoniaque et l’hydrosulfate d’ammoniaque.
- Les sels employés par ce concurrent sont des sels solubles susceptibles de former des précipités par la présence de l’acide hydrosulfurique, des hydrosulfates ou des alcalis; tels sont, l’alun, le sulfate d’alumine, le pyrolignite de fer, le sulfate de fer ; à ces sels il ajoute la créosote ou l’eau créosotée.
- D’après le concurrent, 5 pour 100 de réactifs , quelquefois 3 pour 100 et même 1 pour 100, suffisent pour opérer la désinfection.
- L’abonnement est de 1 fr. 50 c. par semaine au moins. Une expérience de vidange a eu lieu le 8 mars 18L4, en présence d’une commission du conseil de salubrité et de M. Brissot-Thivars; les résultats en ont été satisfaisants.
- Le concurrent a joint à son mémoire divers rapports faits dans les conseils de salubrité de diverses villes dans lesquelles son procédé de désinfection est exploité, notamment Lyon, Brest, Strasbourg, Nancy, Bordeaux , Lorient, Nantes , etc.; ces rapports attestent que les procédés du concurrent atteignent parfaitement le but qu’il se propose.
- Le concurrent mérite les encouragements de la Société pour la persévérance qu’il a mise à propager l’application de bons procédés.
- Nous pensons que c’est accomplir un devoir en vous proposant de comprendre M. Coutaret au nombre des concurrents dont les travaux méritent d’être signalés.
- Le mémoire du concurrent inscrit sous le n° 25 (M. Boitel) a non-seulement pour objet la séparation et la désinfection des matières, mais encore leur conversion en engrais.
- Il se divise en deux parties.
- Dans la première , il signale les inconvénients des fosses ordinaires , et il propose de les remplacer par une fosse spéciale dans laquelle on posera deux châssis en toile métallique galvanisée entre lesquels on placera un lit légèrement comprimé de charbon provenant de la distillation des matières stercorales ; ce charbon est destiné à filtrer les eaux vannes qui se déverseraient
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- CONCOURS.
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- dans une rigole : les matières solides seraient reçues dans un récipient en tôle renfermé dans une fosse en maçonnerie garnie de deux tuyaux montant jusqu’au faite de l’édifice, ou se perdant dans une cheminée d’usine habituellement chauffée dans le but d’entretenir une ventilation et de détruire ainsi les gaz méphitiques qui se dégagent des matières en fermentation.
- Lors de l’enlèvement du récipient destiné à contenir les matières solides, le concurrent recommande, avant d’en opérer la fermeture, de verser dessus une partie de charbon en poudre dans le but d’empêcher les exhalaisons de se répandre dans l’atmosphère.
- Dans la deuxième partie de son mémoire, le concurrent donne le plan d’un bâtiment à construire pour le traitement en grand des produits provenant de la vidange, et, comme moyen d’achever l’assainissement, il propose d’y placer, de distance en distance , des terrines contenant du chlorure de chaux.
- Les matières seront saupoudrées, de temps à autre , d’une petite quantité de charbon pulvérisé , afin d’en opérer la dessiccation.
- Quatre chaudières recevront de l’eau et des cendres de bois à l’effet de former une lessive pour le lavage des tonneaux après la vidange. Quant aux matières après dessiccation, elles seraient converties en charbon à l’aide de la chaleur. Les liquides fourniraient leurs sels ammoniacaux, mais le concurrent ne fait pas connaître le procédé qu’il se propose d’employer pour arriver à cette extraction.
- M. Boitel parle aussi d’un moyen de ventilation. Nous pensons que ce moyen est analogue à ceux proposés antérieurement par MM. Genneté, de Hemptine et d’Arcet.
- En ce qui concerne le mode de carbonisation des matières, nous rappellerons que, dès 1786, un médecin nommé Géraud a, dans une brochure , proposé ce moyen; de plus, que M. Loyer a pris, en 1842, un brevet d’invention pour un mode d’extraction et de carbonisation des matières fécales , afin d’en obtenir des produits utiles à l’industrie.
- Les moyens indiqués parle concurrent n’ont pas été, à notre connaissance, mis en expérience ; nous pensons, d’ailleurs, que leur exécution offrirait de grandes difficultés ; quoi qu’il en soit, le concurrent n’a pas rempli les conditions de votre programme.
- Dans leur mémoire, MM. Gagnage et Régnault, inscrits sous le n° 26, indiquent la manière d’opérer la désinfection ; mais ils ne font pas connaître les substances qu’ils emploient pour arriver à cette désinfection ; ils se bornent à établir, à la fin de leur mémoire, que leurs agents désinfectants sont des composés analogues à la suie, qu’ils ne sont, à proprement parler, que de la
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- CONSEIL DADMINISTRATION.
- suie liquide, qu’ils ne sauraient, en aucune manière, nuire à la qualité de Tendrais dit poudrette.
- Nous devons dire ici que l’emploi de la suie a été indiqué par Chaumette en 1815.
- MM. Gagnage et Régnault, n’ayant fourni aucun renseignement qui pût mettre la commission à même de juger de la bonté de leur procédé, ne peuvent être admis comme concurrents.
- Sous le n° 27, M. Pagnon-Vuatrin propose, pour opérer la désinfection, d’employer 1° les cendres de houille , qui sont en abondance à Reims; 2° la chaux, l’argile, la silice, etc.
- Bien que les procédés indiqués par le concurrent n’offrent rien de neuf dans leur application, car MM. Chaumette et Bondit, l’un en 1815 et l’autre en 1823, ont signalé les propriétés désinfectantes des cendres de houille , la Société n’en croit pas moins devoir le récompenser pour la persistance qu’il a mise à propager une application qui donne d’assez bons résultats sur les terrains forts des environs de Reims, et comme ayant donné un exemple de T utilisation de matières qui sont un objet d’embarras dans une ville manufacturière.
- Conclusions.
- 11 résulte des documents que nous venons d’énumérer que ces documents peuvent être ainsi classés :
- 1° Moyens de désinfection et conversion en engrais.
- Concurrents : MM. Krafft et Sucquet (1),
- Marchai,
- Siret,
- Salmon,
- Seiler,
- Raphanel et Ledoyen,
- Gagnage et Régnault,
- Pagnon- Vuatrin,
- Coutaret,
- La société des engrais gradués,
- La société générale des engrais.
- 2° Moyens de séparation des solides et des liquides dans la fosse même, et désinfection.
- (f) Nous avons désigné ies concurrents d’après l’ordre de leur inscription au concours.
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- CONCOURS. f|/ t:
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- Bourg, François,?
- ; Concurrents-îj MM*}iMazé y 7noq fT.uvr*»v>h «»h /tm>
- Houssard,
- ’î ’Hiu .Swm’.YisûX /if 'fiHuguifiyi .jm/iaoT* :>iu*î\u**
- De Latour-Ârlet, :u 5it»o J ,,
- ”*-'u ‘MH1 t O'-SÏO / la r »i> B&JnSOn f ; i ri f;;si)tijnVi ?’“h ' : <r
- Legras, ; /d ooo, * ?!< <<üii (
- ... ,*':•;b; fiiüh Bayard, ;rr si.., M ;
- Boitel. s , ,
- 3° Moyens de séparation des solides ides liquides avant ïintroductiony dans les fosses. Vi-vïti .K Z. t joïsO'î -,i> ^
- Concurrents : MM. Bélicard et Chesmauxi ' n , H f f. K h !
- A .Gallet, / OU :*'!hon on .-î-oD OU bA" i Ringard, u
- ’O. ' i [Cîii Si:U‘. &'ji) GodO/rd} LU s-U *4 j.J Ji« ;;jî À Vf i si H îiri;.5>• if
- e Zlfôü.bl'OÎî . j Hély^îl , fiU^}inuoî[ , bA/ u/o7 . .
- . :>^UvÏ1h4 lu fPUOll
- o: , -PbiPü éîliisno
- 4° Mode particulier de curage des fosses sans séparation des solides et des liquides. -,U b;w.bpi -m , yw^vV. b .(b-b ."j/ ;
- La compagnie générale te engrais. .\t(î?r , Vo >>.*«>, >U J La Société voit, par les développements dans lesquels nous venons d’entrer, que les prévisions émises dans )© rapport *sur le concours de 1844 se sont réalisées ; d’importants établissements fonctionnent déjàdans les départements, et nous avons la conviction i que la Tille de £aris o§t,appelée spus peu à donner satisfaction aux nombreux intéressés qui réclament un mode de vidange et de fabrication d’engrais mieux approprié et en rapport avec les progrès de la science et les prescriptions de l’hygièpe publique<\ o u / b Les questions posées dans.VOS programmes doivent être.regardées comme ayant reçu une solution satisfaisante, non par un.seul concurrent, mais par l’ensemble; des travaux entrepris par plusieurs d’entre eux* et même en dehors du concours. . xu su ;
- La Société demeure,, aujourd’hui, désintéressée dans les questions objet de ce concours, eUefiî retirant ces prjx de vos programmes, le comité va au-devant de votre justice, en vous proposant 4e récompenser des efforts, des travaux, enfin desapplications d’un.intéfr^ général (1)*I i -
- (l) La Société d’encouragement recevra toujours avec empressement les communications qui lui seraient adressées et quj seraient relatives à de nouveaux procédés, et particulièrement à rutilisation des
- matières fécales et des urines, v ... \ n v x
- Quarante-septième année. Mars 1848. 22
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- CONSEIL D’ADMINIStRAflOîf. — CONCOURS.
- Le conseil vous propose de décerner, pour la première question posée par les programmes, » b r oil
- 1° A la compagnie générale des engrais, fondée ^ar M. Baronnet, une médaille d’or de 3,000 fr. ; r SL ' A ^
- T A la compagnie des engrais gradués du domaine de la Verge , une médaille de platine de 1,000 fr. ; *
- 3° Aux gérants de la compagnie générale des engrais dont les noms suivent, savoir: .v
- Pourla divisionde Lyon, à M. Léon Vallée; s v .
- Pour la division de l’Ouest, à M. Henri Valin; . h
- Pour celle de Marseille, à M. Cû&ü/ 5 ^ ^ A‘.i: : : . ; n , ^
- Pour celle du Cher, de l’Indre et de l’AllieryA M. Rabier, des médailles d’argent; - —
- 4° Aux concessionnaires de la compagnie générante des engrais, pour les villes de Poitiers, Nevers, Niort, Besançon, RoCheïort, Bordeaux, Orléans, Nantes, Montauban, Limoges, Metz, AüiieM, Trc^es, Rouen et Toulouse, des mentions honorables (1) ; < ^
- 5° A M. A. de Granier, gérant de la compagnie des engrais gradués, une médaille d’argent ; '--u-vs —w -V •• .-.P.
- 6° A MM. Krafft et Sucquet, une médaille de platine ;
- 7° A M. Houssard, une médaille d*argeht et 300 fr.; fs rJ
- 8° A M. Coutaret, une médaillé dar^nf ét 200 fr.; > : " -
- 9° A M. le docteur^ , : >;
- 1G0: A M. Sfref,Urié’ïnédailîé,d’àr^nfï,:"‘-i*'-n?;* b
- 11° A M. jf^mm-Vnafrmi nhë fiiédâüle dë btfonzèi ^ >; v]ï ; r f, h;
- Sur la dë&xiëhïe ?qüe#tioiii du prëgràmnlé y 1# ëomité propose de décerner 1° A M. (Mïëtïdu TMte^uffleinêdailteid'of de k V&lëutde 1,000 frv* •
- 2° A MM. Béliüardel OAeÉïëûî&i’in^ntëdâiïïë âargenhei500fr.; ^ ;
- 3° A M. Le^à/Une’mëdadlë d^argënt ët ^ ^ i p
- 4° A M. Uriëmédailîë d’éngentyam; a-r Hum,
- 5° A MM. HëlyV Mèzé‘; GodMi Demkéneau&M Bingm'êj^ehacun une médaille de bronze. a a; • un ;
- Le comité ptôpésedèfrëtirer ëes1 sujets dë priï du coneomrs: ; >] >? < n.i Lé comité préposé, !ën outre, de fenvoÿép A te Commission du Bulletin leà documents adressés pôUf ces cbticUUrSpiafi^ d*ëxnunner quels sont/cébx qu’il serait utile d’insérer dans îé ¥ëèUe3 ièë trUMix4efe âueiété^f m’::-) : n* ;
- ' Signé Chevallier , rapporteur» .
- (ij MM. Montel et Huguct, Fartnel, Larffcau, Ïlùllard, Àresne, Leeoudreux, B lot, Dubois Ludicres, de Lancosme-Brèvcs et F ombelle, IVatrin, Lenormand, Thierry; Martigny.
- ' I - ' ' V* _ . .‘Z* /• - - * . ' ?
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- PROCÈS-VERBA-UX • 167
- Extrait des procès-verbam séanm du cmml d'administration de la Société
- ; Séance du lfcr mars 1848., v\.'.
- Correspondance. M, Francæur,Y\in des vice-présidents honoraires , rappelle que la Société a rendu de grands services un i830, qu’elle doit encore en rendre aujourd’hui. M. Francœur est fier d’avoir proposé, à cette époque, de récompenser les ouvriers et d’avoir réussi à les éclairer sur 1 utilité, pour eux-mêmes, des machines, et à s’opposer à la destruction de celles employées dans l’industrie; il propose d’adopter trois ou quatre enfants que les derniers combats ont rendus orphelins,, jusqu’à l’âge où ils pourront gagner leur vie comme ouvriers*
- Le conseil prend en considération la proposition de M, Francœur et la renvoie à Vexamen de la commission des fonds, • m ^ i V .
- M. Jules Deckherr, fabricant de cardes à Montbelliard ( Doubs) , adresse un mémoire sur un problème de mécanique ayant pour titre, Essai pur une espèce de navigation aérienne rapide.
- M. Bevenot, rue Choiseul, 8 bis, commimiquB le procédé qu’il a découvert pour prévenir les incrustations qui se forment dans les chaudières à vapeur et détruire celles qui sont déjà formées ; il dépose des fragments d’incrustations qui ont été recueillis dans différentes usines du département de la Seine par suite de l’emploi de son procédé. • ; \
- M, -Guette* rue Qinncampoix, 86, signale les améliorations dont sont susceptibles les diverses branches de notre industrie agricole,
- M. Lapointé f ingénieur civil, présente un mémoire sur le cylindre jaugeur ou appareil propre à jauger, pendant un temps indéterminé, le produit constant ou variable d’un cours d’eau. , ;
- L’appareil dont M. Lapointe propose l’emploi et qu’il nomme cylindre jaugeur se compose d’un gros cylindre creux .en fonte pu en tôle forte* d’un petit moulinet à ailettes hélicoïdes et d’un compteur, ; , :
- M. Lapointe relate, dans son mémoire,, les expériences sur le cylindre jaugeur exécutées à la poudrière du Bouchet et à Chaillot, ;
- M. Roret, libraire, rue Hautefeuille, 10 bis , .fait hommage d’un exemplaire du Manuel du tourneur, qu’il vient de réimprimer en deux volumes in-18, avec planches ; il fait remarquer que cet ouvrage a été entièrement refondu et mis au niveau des connaissances actuelles par M. de Valicourl, qui n’a rien négligé pour le rendre clair et précis afin qu’il puisse être d’une plus grande utilité à cette industrie.
- M. Roret fait également hommage d’un exemplaire d’un ouvrage de M. Brandely, intitulé, Manipulations éledrochmiques ûppUquêep dù& arts et à l'industrie.
- M. Roret demande que ces deux ouvrages soient l’objet d’un rapport.
- Le conseil les renvoie à la commission du Bulletin,
- M. Grenet, à Rouen, désirant prendre part au concours ouvert par la Société pour
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- 168 PROCÈS-VERBAUX.
- la découverte d’une substance autre que la collé de péisson pour la clarification de la bière, dépose, sous pli cacheté, la description de son procédé dont M. Payen, membre du comité des arts chimiques, a certifié l’exactitude.
- Objets 'présentés. M. Combes meit sous les yeux des' membres du conseil deux modèles de lampe de sûreté pour les mines inventée par M. Eloin, de Bruxelles; il donne la description de cette lampe,' qui se compose d’ün réservoir d’huile, d’un appareil servant à l’introduction de l’air et à sa distribution autour de la flammé, du vèrre, de la cheminée, et de la cage destinée à relier et à maintenir lés quatre parties précédentes.
- Après avoir donné des détails sur chacune de ces parties, M. Combes fait remarquer que le verre est en cristal / cylindrique intérieurement comme les autres verres de lampes; mais il diffère de ces derniers en ce qu’il présente extérieurement une’ courbe concave destin ée à disperser les rayons lumineux
- Les ouvrages suivants sont déposés sur le bureau H '
- 1° Moniteur industriel des 17, 20 et 27 février 1848; <
- 2° La Belgique industrielle des 17, 20, 24 et 27 février 1848 ; ^ ^ ; .
- 3° Le travail intellectuel, lre année, n" 7; ; ; v ’ ni 4° Bulletin de la Société pour V instruction élémentaire;
- 5° Journal des économistes, février 1848;
- 6° Procédé pour empêcher les rivières et les fleuves de servir de moyen pour débarrasser les villes des matières à engrais, par M. Maillet, membre du comice agricole de Reims.
- Bapports des comités. M. Michelin expose les motifs d’une proposition tendant à allouer une somme de 1,000 francs pour les blessés, les veuves et les orphelins des combattants de février. . > ^
- M. de Ladoucette demandé que cette somme soit également appliquée aux ouvriers sans travail. : • ;,!i :!'r!
- Cette proposition est prise en considération et renvoyée à l’examen de la commission des fonds.- — ' - -y-.- -- 5 • '•
- Au nom d’une commission spéciale, M. Seguier lit un rapport sur le résultat du concours relatif au perfectionnement de la photographie. . - i
- Après avoir rendu compte des travaux de chaque concurrent, M. le rapporteur propose de faire emploi des sommes consacrées aux progrès de la photographie, en considérant que la Société trouvera dans ses médailles le moyen d’entretenir l’émulation entre tous ceux qui se livrent à l’art photographique.1 ’’:' 'Y'" '
- Cependant deux propositions de prix ont paru encore indispensables pour hâter ‘ le développement complet de cet art nouveau, savoir : 1° un prix pour la fabrication du papier ou autres substances transparentes pour la reproduction des images négatives de la photographie sur papier; 2° un prix pour la fixation des couleurs. La solution de cet important problème est désormais démontrée possible par les travaux de M. E. Becquerel. ‘r ' ',J' ; -v: ^ -
- En résumé, la commission propose, Sur lâ première question concernant la gravure photographique, de décerner
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- PROCÈS-VERBAÜX.
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- 1° A M. Niepce de Saint-Victor une médaille d’or de la valeur de 2,000 fr. ;
- 2° A M. Fizeau une médaille d’or de la valeur de 1,000 fr. ;
- 3° A M. Lepoitevin une médaille d’argent <î& la valeur de 500 fr. à prélever sur les fonds de la troisième question.
- Sur la deuxième question relative à la photographie sur papier,
- 1° A M. Blanquart-Evrard, à Lille, une médaille d’argent de la valeur de 500 fr. ;
- 2° AM. Martens, une médaille d’argent de la même valeur.
- Sur la question concernant les perfectionnements divers,
- 1° A M. Brebisson, une médaille d’argent de la valeur de 500 fr.;
- 2° A M. Thierry, de Lyon, une médaille d’argent de la valeur de 250 fr. ;
- 3° A M. Désiré Lebrun, une médaille d’argent de la valeur de 250 fr.
- La commission propose, en outre, au conseil de prendre en considération les deux sujets de prix, 1° pour la fabrication des papiers ou autres substances transparentes propres à la reproduction des images négatives de la photographie sur papier ; 2° pour la fixation des couleurs.
- Ces propositions sont successivement mises aux voix et adoptées.
- M. J omard rend un compte verbal de deux tableaux présentés à la Société par M. Saint-Martin, indiquant les distances des villes de France, soit de l’une à l’autre , soit de chacune d’elles, à chacune des villes de l’Europe.
- Ces tableaux n’ayant aucun rapport direct avec les travaux de la Société, l’auteur se borne à exprimer le désir que l’utilité en soit reconnue pour le service de l’agence.
- M. Jomard propose, en conséquence, de renvoyer au bureau les deux tableaux dont il s’agit. ( Approuvé. )
- Au nom du comité des arts chimiques, M. Balard lit un rapport sur le résultat du concours pour la découverte d’un moyen saccharimétrique propre à faire connaître la quantité de sucre cristallisable contenue dans le jus de betterave ou tout autre produit sucré.
- M. le rapporteur rappelle le résultat du concours de 1834, et démontre que le problème de la saccharimétrie, dans les termes et avec les exigences des programmes, restait encore à résoudre; il annonce qu’il l’est aujourd’hui d’une manière entièrement satisfaisante par des méthodes variées qui, fondées sur les propriétés du sucre cristallisable complètement distinctes, peuvent ainsi se contrôler au besoin.
- Après avoir décrit les méthodes de MM. Péligot et Payen, et fait connaître leurs diverses applications, M. Balard, entrant dans l’examen des travaux de MM. Çlerget et Soleil, fait voir que leurs méthodes s’appliquent aussi bien à l’essai des sucres bruts qu’à celui des sirops, des mélasses, des sucs de betteraves et de la canne ; fondées sur les propriétés optiques des sucres, elles introduisent, d’ailleurs, dans la pratique, un élément d’appréciation nouveau dont d’autres industries sauront plus tard tirer parti.
- M. Balard rend compte des expériences et des recherches auxquelles le comité s’est livré. Il en résulte que le problème de la saccharimétrie, tel que la Société l’avait posé, est résolu. En conséquence, le comité propose de décerner à MM. Clerget et Soleil le
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- PROCÈS-VERBAUX.
- prix de 2,000 fr. quelle avait proposé pour ia solution de cette importante question. (Approuvé.) -f;::-.îv.i .i.K / l
- Le conseil décide que des exemplaires du rapport useront transmis aux 'ministres de l’agriculture et du commerce, des finances et de la marine et dés colonies.
- Séance générale du 15 mars 1848.
- Voyez plus haut les détails de cette séance. v . r ,
- Séance générale du%2 mars 18^8. , ; ,
- Cette séance a été consacrée aux élections annuelles, conformément aux paragraphes h et 5 de l’article 2 du titre IX du règlement.
- M. Dunias a été réélu président de la Société à une très-grande majorité.
- Il est procédé ensuite, par un seul scrutin, aux élections des membres du bureau et des comités. ‘
- MM. A. Seguier et Vauvilliers ont été réélus vice-présidents.
- Aucun des candidats présentés pour la place de secrétaire n’ayant réuni la majorité des suffrages , cette nomination aura lieu dans une prochaine séance. , .
- M. Héricart de Thury a été confirmé dans ses fonctions de censeur .ainsi, que M. Agasse dans celles de trésorier.
- Il reste à pourvoir à la nomination d’un second censeur* le candidat présenté n’ayant pas réuni un nombre suffisant de voix.
- Les membres sortants de la commission des fonds ont été réélus. ‘ ,
- Au comité des arts mécaniques, M. Bande remplace M. le Chatelier, absent de Paris;
- Au comité des arts chimiques, M. Ebelmen remplace M. Brongniart père, décédé.
- Au comité des arts économiques, M. Edmond Becquerel remplace M. Vallot, décédé.
- Les membres sortants des comités d’agriculture et de commerce ont été réélus.
- Nous donnerons prochainement la liste complète des membres du conseil.
- IMPRIMERIE DE Mrae Ve BOUCHARD HUZARD, RUE DE LÉPERON, 7.
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- QUARANTE-SEPTIÈME ANNÉE. (N° DXXVI.) AVRIL 1848.
- bulletin
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- Suite de la séance générale du 15 mars 1848.
- Rapport sur le concours relatif à la saecharimétrie ; par M. Balard.
- Messieurs, au premier rang des services que les sciences rendent à l’industrie , il faut surtout placer l’acquisition de méthodes d’analyse à la fois simples et sûres qui permettent au manufacturier d’apprécier le véritable titre des matières qu’il emploie et des produits qu’il obtient ; grâce à ces méthodes, dont la fabrication et le commerce des chlorures et des alcalis décolorants nous offrent de si parfaits modèles, les transactions deviennent plus équitables , la fraude presque impossible, la fabrication moins chanceuse, la valeur des perfectionnements est mieux et plus vite appréciée, l’industrie, en un mot, est plus sure et plus prospère.
- La Société d’encouragement, qui a si puissamment contribué au perfectionnement de chaque branche de la grande industrie des sucres, ne pouvait rester indifférente à la découverte d’un procédé saccharimétrique exact et manufacturier; aussi, depuis dix ans, a-t-elle appelé sur ce sujet l’attention des industriels et des savants, et fondé le prix que vous allez décerner aujourd’hui.
- Un premier mémoire sur ce sujet, qui lui fut présenté en 1844, obtint une mention favorable et valut à son auteur, M. Barestcif un encouragement (1).
- Le procédé de M. Bareswil, régularisation du procédé de Frommers, consista Voy. bulletin de la Société, année 1844, p. 2G7.
- Quarante-septième année. Avril 1848.
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- in ' \ Conseil d’administraîiôi^.
- tait, la Société se le rappelle, à doser le glucose par la quantité d’une solution alcalino-cuivreuse dont il opérait la réduction, et le sucre lui-même par la proportion de glucose qu’il pouvait produire par l’influence des acides.
- Ces recherches n’ont pas eu de suite, et, si le procédé que nous venons de rappeler a servi quelquefois à démontrer la présence du glucose dans les sucres raffinés soumis à la réexportation, le problème de la saccharimétrie, dans les termes et avec les exigences du programme, restait encore entièrement à résoudre.
- Il l’est aujourd’hui d’une manière tout à fait satisfaisante, et par des méthodes variées qui, fondées sur des propriétés du sucre cristallisable , complètement distinctes, peuvent ainsi se contrôler au besoin.
- Deux de ces méthodes, la Société éprouve un véritable bonheur à se le rappeler, appartiennent à deux des membres de votre conseil d’administration. Ces méthodes sont des méthodes chimiques.
- M. Péligot, utilisant d’une manière heureuse ces propriétés des sucres sur lesquelles ses propres travaux ont attiré l’attention des chimistes , a essayé de doser le sucre en évaluant la chaux dont il provoque la solution, et de ramener ainsi un essai saccharimétrique à une simple expérience d’alcalimétrie. Le procédé, bien qu’il n’ait pas encore reçu la sanction de la pratique , parait renfermer le germe d’une méthode saccharimétrique exacte et simple qui n’attend que d’être convenablement régularisée dans ses détails pour rendre à l’étude des sucres des services très-réels. (Bull, de la Soc., ann. 1846, p. 289.)
- Ceux que le commerce des sucres tire déjà du mode d’essai que M. Payen nous a fait connaître sont appréciés par tous les fabricants. Ce mode consiste, vous le savez, en une application heureuse à l’essai des sucres, de ces méthodes de lavages dans des dissolutions saturées, dont l’essai des salpêtres avait déjà tiré parti (1). Ce procédé est entré dans la pratique, il n’en sortira pas. Le fabricant l’emploie avec plaisir parce qu’il le comprend ; il n’y perd pas , en quelque sorte, le sucre de vue ; il en apprécie les qualités physiques, et constate la consistance et le mode de dilution dans la dissolution sucrée, des matières étrangères associées au sucre lui-même. Ces propriétés sont liées trop intimement à la manière dont le sucre se comporte au raffinage ainsi qu’au rendement probable pour que le raffineur renonce à employer ce procédé , ne fût-ce que comme complément de méthodes saccharimétriques plus rigoureuses.
- Mais on conçoit que cette méthode saccharimétrique, qui n’est, en quelque sorte, qu’un raffinage en petit, ne peut s’appliquer à l’essai de ces dissolutions sucrées dont le fabricant et l’administration ont si souvent à apprécier la teneur en sucre.
- (1) Bulletin de h Société, année 1846, p. hg.
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- CONCOURS.
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- . La méthode de M. Clerget est, au contraire, tout à fait générale; elle s’applique aussi bien à l’essai des sucres bruts qu a celui des sirops, des mélasses, des sucs des betteraves et de la canne. Fondée sur les propriétés optiques des sucres, elle introduit d’ailleurs dans la pratique un élément d’appréciation nouveau dont d’autres industries sauront, plus tard, tirer parti.
- L’illustre physicien a qui la science est redevable de 1 etude de la polarisa-lion circulaire avait posé les bases de la méthode saccharimétrique qui nous occupe, en constatant le pouvoir rotatoire du sucre et les altérations qu’il éprouve dans ses propriétés par l’action des acides ; mais, pour la rendre pratique et manufacturière, il fallait une étude spéciale pour laquelle M. Clerget avait déjà, en 1813 , tenté quelques efforts que M. Biot voulut bien, dès leur origine, encourager de ses conseils et de ses inspirations. Rappeler cette date, c’est faire en même temps apprécier à la Société la persévérance dont a fait preuve M. Clerget, qui, n’étant, par position, voué ni à l’industrie ni à la science, a dû consacrer, pendant cinq ans, à ces recherches les courts loisirs que lui laisse l’administration à laquelle il appartient.
- Ce fut d’abord à l’appareil généralement employé pour l’étude de la polarisation circulaire que M. Clerget eut recours. En ayant, en effet, ainsi qu’il le conseille, le soin d’opérer sur des liqueurs presque incolores, et avec la lumière des lampes, qui donne des résultats plus comparables que la lumière du jour, on peut, avec l’appareil de M. Biot, et celui que M. M-itscherlich a mis en usage, obtenir des indications exactes, mais avec quelques difficultés qui disparaissent au moyen de l’appareil que M. Soleil a présenté à la Société. C’est seulement depuis la construction de cet appareil que les procédés de M. Clerget ont pu utre mis facilement en pratique, et que la fabrication des sucres, en utilisant les découvertes d’un savant fidèle au culte de la science pure sur les phénomènes les plus curieux et les plus délicats de l’optique, a montré encore une fois combien sont intimes les rapports qui lient la science à l’industrie, et comment,, dans l’étude delà nature, les faits scientifiques qui semblent, au premier aspect, n’intéresser que les spéculations philosophiques de l’homme, ont en même temps l’influence la plus directe sur son bien-être matériel. C’est, dès lors, à l’ensemble des méthodes dont M. Clerget a imaginé et coordonné l’usage ainsi qu’à l’appareil de M. Soleil, que nous vous proposons de décerner aujourd’hui le prix de 2,000 fr. destiné à la saccharimétrie.
- L’instrument de M. Soleil, décrit p. 545 et 551 du Bulletin de l’année 1847, a déjà été l’objet d’un rapport, et je n’ai point à vous en entretenir ici ; le procédé de M. Clerget, ainsi que le dessin des vases divers qu’il emploie pour que les opérations se fassent d’une manière simple et facile , a aussi été inséré dans le Bulletin de l’année 1846, p. 549, et, si je le résume rapidement ici,
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- c’est afin de montrer qu’il n’y a pas un point, dans les détails de ce procédé,, dans lequel les observations de M. Clerget ne soient intervenues d’une manière heureuse.
- Dans une méthode oii il est question de transmission lumineuse et d’appréciation de teintes* la première condition est d’opérer sur des liqueurs limpides et décolorées. Or la nature des liquides que l’étude des sucres amène à essayer est diverse ; mais à chacun d’eux M. € 1er gel a su approprier un mode d’épuration convenable. S’agit-il de décolorer les sucres bruts, il suffit d’une petite quantité d’acétate basique de plomb pour atteindre le but d’une manière complète. À-t-on à faire au suc de la canne, incolore, mais louche et d’une défécation difficile l’emploi de la colle de poisson et de l’alcool qui la coagule réussit pleinement. Il faut plus de temps et de soins quand il s’agit de la mélasse ; néanmoins, par l’emploi successif du noir animal en grain, puis de l’acétate de plomb, puis encore du noir, on parvient à- obtenir, avec des échantillons très-colorés, une liqueur incolore et limpide presque comme de l’eau. M. Clerget a observé que le charbon, outre la matière décolorante, enlevait aussi du sucre et appauvrissait ainsi la liqueur; il a fixé les limites de cette action et montré comment, en laissant perdre une partie de la première liqueur, on pouvait éviter une cause d’erreur qui, avant qu’il l’eût découverte, avait dû vicier plus d’un résultat.
- Le saceharimètre , on se le rappelle , est divisé de manière à pouvoir apprécier, au moyen d’un vernier, le pouvoir rotatoire qu’exercerait, à droite ou à gauche, une plaque de quartz d’un centième de millimètre d’épaisseur. En comparant le pouvoir rotatoire du sucre mesuré par M. Biol avec celui du quartz lui-même * on en conclut que 20 centimètres d’épaisseur d’une dissolution contenant I6S1*471 de sucre pur et occupant un volume de 100 centimètres cubes doivent produire cette identité de teinte que l’on cherche à obtenir dans l’appareil de M. Soleil, si l’on fait mouvoir de 100 divisions du vernier le zéro de la règle graduée mobile vers la droite de ce vernier. L’appareil, avant de servir comme saceharimètre * doit même être soumis à cette épreuve, qui apprendra s’il a été convenablement divisé. Maintenant, fait-on varieriez proportions de sucre, le nombre de degrés marqué par l’instrument restera toujours proportionnel à la quantité de sucre dissoute, et indiquera la richesse de la nouvelle dissolution. On voit, dès lors, que* si les sucres bruts ou les liqueurs sucrées que l’on examine ne renfermaient que des substances dénuées de pouvoir rotatoire, une simple observation, pour laquelle sept ou huit minutes suffisent, donnerait immédiatement le titre du produit. C’est ce qui arrive souvent, par exemple, pour le sucre indigène, dont le titre direct diffère si peu du titre définitif, que les fabricants chez lesquels la méthode de
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- M. Clerget est employée se contentent généralement de cette seule observation au saccharimètre.
- Mais les matières associées aux sucres peuvent posséder un pouvoir rotatoire s’exerçant soit a droite, soit a gauche , et susceptible, des lors, d augmenter ou de diminuer le titre des produits que Ion essaye. Le suc de la betterave , par exemple, d’après les nombreux essais de M. Clerget, renferme une faible proportion d’un principe tournant a droite et autre que le sucre lui-meme, tandis qu’il arrive parfois que le sucre des colonies contient une petite quantité de glucose incristallisable tournant à gauche , développé par un commencement de fermentation.
- Pour arriver, dans ce cas, à une détermination exacte de la quantité de sucre réel, on utilise ce que l’on appelle l’inversion du sucre, changement de sens et de pouvoir rotatoire, que M. Biot a appris à produire au moyen des acides. Mais l’action est lente à froid, et, si l’on essaye de l’accélérer par l’élévation de la température, on risque de colorer la dissolution en détruisant du sucre, et de rendre ainsi difficile la nouvelle observation du pouvoir rotatoire. M. Clerget a montré comment on évite ces inconvénients en élevant peu à peu le liquide à 68 degrés , température à la fois suffisante et nécessaire pour produire l’effet désiré.
- Le sucre cristallisable est, parmi les substances que contiennent les sucres bruts, la seule qui jouisse de la propriété d’ôtre ainsi intervertie par les acides. On conçoit, dès lors, que, en mesurant le degré que marque la nouvelle liqueur, la différence qui s’obtient en prenant la somme des deux rotations, quand la seconde est de signe contraire avec la première , ce qui arrive le plus souvent, indique l’inversion qui a eu lieu, et connaissant celle qu’éprouve le sucre pur, on peut en conclure la quantité de ce produit, qui existait dans un mélange complexe de substances douées du pouvoir rotatoire.
- M. Mîtseherlich a observé que ce pouvoir rotatoire à gauche du sucre interverti varie avec la température. M. Clerget, qui, de son côté, était arrivé aux mômes résultats, a dû nécessairement étudier les lois de cette variation, afin de construire la table qu’il a publiée dans vos Bulletins et au moyen de laquelle, étant données l’inversion produite et la température à laquelle elle a été observée, un en déduit la richesse en sucre du produit étudié. Le pouvoir rotatoire d’une solution marquant d’abord 100 degrés et ensuite intervertie diminue environ d’une demi-division de l’échelle pour chaque élévation de température de 1 degré, ainsi que l’a constaté M. Clerget par des recherches faites avec un soin scrupuleux et auxquelles l’Académie vient d’accorder sa plus haute sanction en ordonnant leur insertion dans son recueil des savants étrangers.
- Ces tables, votre comité a eu plus d’une fois à en constater l'exactitude, non
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- pas en en contrôlant d’une manière directe les principaux nombres, mais en analysant des mélanges saccharins connus, genre de vérification qui permet de juger à la fois l’instrument, la méthode et les tables elles-mêmes.
- À un sucre brut d’une composition connue nous avons ajouté des quantités croissantes de sucre pur, et toujours nous avons pu, sans hésitation, apprécier à un centième près la quantité de sucre réel contenue dans le mélange examiné. Nous avons analysé des mélanges artificiels de sucre avec de la dex-trine du glucose, du sucre de fruits, etc., et ces composés si complexes nous ont toujours aussi donné les indications les plus fidèles. Nous pouvons donc assurer que le procédé pour lequel nous sollicitons votre approbation est d’une exactitude irréprochable, et d’une sensibilité plus grande que celle que demandait le programme , qui se contentait d’une indication fidèle à deux centièmes près.
- Mais ce procédé dont nous venons d’apprécier l’exactitude est-il manufacturier ? Question complexe et qui comprend les suivantes : est-il d’une exécution prompte, d’un résultat sûr, d’un emploi facile? jusqu’à quel point l’habitude des opérations délicates est-elle nécessaire pour mettre en oeuvre une méthode qui, outre une pesée et la lecture de deux thermomètres, exige l’appréciation d’une égalité de teinte et la lecture d’un vernier ?
- Quant à ce qui concerne la durée de l’épreuve, nous avons déjà dit que fessai sans inversion n’exigeait que sept à huit minutes. Avec l’inversion, vingt-cinq sont nécessaires ; mais on conçoit qu’en faisant marcher de front plusieurs opérations ce temps peut être notablement abrégé. Pour ce qui concerne la mélasse, malgré les moyens ingénieux que M. Clerget a imaginés pour rendre commode la filtration sur le noir, la nécessité de décolorer deux fois par le charbon et de déféquer par le sous-acétate de plomb fait que l’essai exige une heure et demie environ ; mais il faut dire aussi que, portant ordinairement sur de plus grandes quantités de matières , on n’a, dans la pratique, à l’exécuter que bien plus rarement que les autres.
- Voilà pour le temps ; quant à ce qui concerne la sûreté des appréciations, il nous suffira de dire que les indications fournies par l’instrument sont assez faciles à saisir pour qu’au bout d’une heure au plus d’apprentissage des observateurs différents tombent tous sensiblement sur les mêmes nombres.
- Pour apprécier la facilité de l’observation, nous avons enfin fait pratiquer des essais saccharimétriques par des personnes étrangères au maniement des instruments de précision, et les résultats qu’elles ont obtenus ont été conformes à la vérité. Des manufacturiers habiles, dans l’usine desquels cette méthode saccharimétrique commence à être employée en même temps que celle de M. Payen, nous ont d’ailleurs assuré que, pourvu que les indications de
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- l’instrument fussent fidèles, et nous venons de voir qu’elles l’étaient, il n’y aurait aucun obstacle à ce qu’il fût employé par les fabricants. Nous n’hésitons donc pas à affirmer que, si l’administration des finances voulait le prendre pour base de la fixation des droits sur les sucres, elle trouverait, dans les grands centres ou se font le commerce et la fabrication de ces produits, des agents pour lesquels la pratique de ce procédé ne présenterait point de difficultés sérieuses.
- Le procédé saccharimétrique est donc exact et manufacturier.
- Le problème de la saccharimétrie, tel que vous l’aviez posé, se trouve, par-conséquent, résolu, et nous venons avec confiance vous demander de décerner le prix de 2,000 fr. que vous aviez proposé pour la solution de cette importante question à M. Clerget pour sa méthode et à M. Soleil pour l’instrument qui en facilite l’application.
- Au moyen des procédés saccharimétriques que nous venons de caractériser, le fabricant saura rigoureusement ce qu’il achète ; mais il est une autre question qui le préoccupe plus vivement encore , c’est de savoir ce qu’il obtiendra.
- Dans les opérations manufacturières, le raffineur obtient toujours, en effet, beaucoup moins de sucre pur qu’il n’en existe dans les produits qu’il emploie. On conçoit, dès lors , que les procédés d’essai les plus exacts , par cela meme qu’ils accusent la totalité du sucre contenu dans un sucre brut donné, fournissent des nombres plus élevés, et, par conséquent, plus éloignés du rendement probable que des méthodes moins parfaites, simulant le raffinage lui-même, et dans lesquelles une petite quantité de sucre échappe toujours à l’investigation. Aussi, quoique moins exacte que celle de M. Clerget, la méthode des lavages proposée par M. Pmjen continuera peut-être à être employée par beaucoup de fabricants, parce que, accusant généralement moins de sucre qu’il n’y en a dans le produit examiné, ses indications directes concordent mieux, par cela même, avec les rendements que l’on observe dans l’état actuel de la fabrication.
- M. Clerget a cherché à déduire de l’essai saccharimétrique des mélasses une appréciation du rendement des sucres bruts dont nous devons dire ici quelques mots. La moyenne de plusieurs analyses de la mélasse donne, pour la composition de ce produit, 20 pour 100 eau, L0 pour 100 de produit incristallisable et de matières salines, et L0 pour 100 de sucre cristallisable non altéré dans ses propriétés rotatoires. Ainsi, pour chaque centième de matière solide autre que le sucre contenu dans le sucre brut, un autre centième au moins de sucre ordinaire ne pourra être amené à l’état cristallin, de telle sorte que, pour calculer le rendement probable , il faut retrancher du titre réel un nombre de centièmes égal à celui qui représente les matières étrangères autres que l’eau contenues dans le sucre examiné.
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- Cette correction faite, le nombre obtenu n*est même encore qu’un maximum qu’il est impossible au fabricant d’atteindre , et dont souvent il reste fort éloi-gué. Les matières étrangères au sucre cristallisable que renferme un sucre brut ne sont pas seulement de l’eau et du sucre incristallisable déjà existant ; une portion consiste en produits salins qui, avec le concours de la chaleur et de l’eau, réagissent sur le sucre pendant la cuisson des sirops et en modifient une partie : or, comme» pour une quantité qui se transforme ainsi, une proportion à peu près égale se trouve » quoique non altérée, empâtée cependant dans la mélasse produite, il en résulte que le chiffre maximum de rendement ainsi calculé se trouve, en réalité, diminué d’une quantité double de celle qui représente le sucre modifié. Tout porte à croire que cette dernière quantité va croissant d’une manière rapide à mesure que la proportion de matière saline est plus considérable, et que cette évaluation du rendement, appliquée au sucre à bas titre , donnerait ainsi des résultats bien supérieurs au rendement réel. Si celui-ci était constaté par des expériences bien faites, on pourrait en déduire, comme le propose M. Clerget, les relations qui existent entre le titre saccharimé-trique et le rendement probable, question importante qui reste encore à étudier. Mais ces expériences, qui les fera? Exécutées dans nos laboratoires, elles n’y représenteraient en aucune manière les résultats en grand. On peutcraindre, d’un autre côté, qu’exécutées par le fabricant, au milieu d’un roulement considérable de matières premières et des exigences de la fabrication, elles n’offrent pas assez de garanties d’exactitude. La question serait jugée, si l’État, qui possède des fermes modèles, leur adjoignait, sur quelques points, une usine à sucre, modèle aussi, où tout ce qui intéresse la fabrication des sucres serait essayé rigoureusement et dans des proportions manufacturières. Nous ne verrions pas alors beaucoup de nos fabricants partir des appareils les plus simples pour adopter ensuite les plus perfectionnés, revenir ensuite aux premiers pour un temps limité peut-être, et attester, par ces changements et cette indécision, combien il leur est difficile de se rendre un compte exact de leurs opérations.
- Si, maintenant qu’il nous est facile de fixer un maximum de rendement, nous étudions, le saceharimètre à la main, les diverses qualités de sucre et le mode de perception de l’impôt, nous arrivons à des conséquences sur lesquelles M. Clerget a déjà plus d’une fois appelé l'attention, et que nous regardons comme un devoir de faire ressortir ici.
- On sait que , dans l’état actuel de la législation des sucres, les droits sont gradués d’après la nuance et rapportés à deux titres déterminant trois classes. La première renferme tous les sucres dont les teintes varient, depuis les plus inférieurs jusqu’à ceux du premier type inclusivement; la seconde comprend les sucres supérieurs, et qui s’élèvent jusqu’au deuxième type inclusivement aussi ;
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- la troisième enfin comprend les sucres supérieurs au deuxième type. Quelques sucres, et le plus ordinairement les sucres indigènes, approchent beaucoup de la nuance du premier type ; dans cet état, ils renferment 94 pour 100 de sucre, et comme, en moyenne, ils contiennent aussi 3 pour 100 d’eau , il en résulte que la quantité de matières étrangères solides s’élevant à 3 pour 100 , c’est, d’après notre calcul, 95 — 3 = 92 qui doit représenter le rendement maximum. Mais beaucoup de sucres, et l’on peut dire la presque totalité de ceux des colonies, sont loin d’atteindre cette nuance ; aussi leur titre saccha-rimétrique est-il notablement inférieur. Sur quarante-cinq sucres du commerce recueillis indistinctement par M. Clerget et titrés par lui, il n’y en a que huit qui dépassent le premier titre, et ce sont là des qualités en quelque sorte exceptionnelles et qui ne participent à la consommation que pour des proportions très-petites. Parmi ces sucres colorés, quelques-uns, appartenant aux colonies françaises, marquent 81 degrés saccharimétriques. Appliquons à ces sucres l’évaluation du rendement proposé par M. Clerget; il en résultera, en admettant qu’ils contiennent aussi 3 pour 100 d’eau, que du titre 84 il faudra retrancher 16 — 3, c’est-à-dire 13, et que le chiffre maximum du rendement d’un pareil sucre sera de 69 pour 100 au plus. Le rendement réel sera même probablement beaucoup moindre, car c’est surtout quand l’impureté est si grande qu’on peut supposer que du sucre sera détruit dans le travail. Ainsi, pour terminer cette comparaison, ces deux sucres ayant versé dans la consommation , l’un 92, l’autre 68 de sucre cristallisé, auront néanmoins acquitté le même droit. Que si, au lieu de comparer les extrêmes, nous comparions les moyennes, la différence, moindre sans doute, ne s’élèverait pas pourtant à moins de 16 à 20 pour 100. On voit donc que l’égalité de l’impôt n’est qu’apparente. Elle ne deviendra réelle que lorsque, par l’application des procédés saccharimétriques, on fixera le droit du sucre brut en proportion, non pas seulement de ce qu’il contient, mais de son rendement en sucre raffiné.
- Lors même qu’on ne voudrait pas admettre l’emploi de la saccharimétrie pour l’essai de chaque partie de sucre, on pourrait multiplier les types déterminés par les nuances. A Java, le gouvernement hollandais, qui stipule à forfait avec des fabricants pour l’extraction du sucre des cannes provenant du domaine de l’État, a admis jusqu a vingt nuances différentes pour ce produit. Sans atteindre ce nombre, on pourrait, en France, avec avantage, F augmenter sensiblement et en déduire, sur la richesse des sucres, des probabilités que la saccharimétrie transformerait, au besoin, en certitude.
- Si à la dépréciation nécessaire que ces sucres coloniaux à bas titre doivent éprouver à la vente venait se joindre une juste diminution de l’impôt qui pèse sur eux, il en résulterait que ces produits, qui, à raison de leur saveur franche,
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- peuvent être employés directement, seraient accueillis par le consommateur peu aisé, et qu’un mode de perception éminemment équitable équivaudrait, en quelque sorte, à un dégrèvement opéré au profit spécial des classes pauvres et des colonies.
- Ce mode d’évaluation, s’il est utile dans la fixation de l’impôt des sucres, devient tout à fait indispensable quand il s’agit des jus, des mélasses et des sirops. Quoiqu’il fût à regretter de voir transporter en Europe des produits dans lesquels l’eau interviendrait pour une quantité notable, il n’en faut pas moins reconnaître cependant que les colonies peuvent avoir intérêt à apporter sur nos marchés des produits sucrés dans un certain état de liquidité. La tarification actuelle divise ces sucres en deux catégories ; aux liquides peu colorés qu’elle appelle sirops, elle applique le droit qui pèse sur les sucres bruts ; les produits plus colorés compris sous le nom générique de mélasse payent seulement un droit de 12 fr. par 100 kil. Mais, malgré la similitude de teinte, la richesse en sucre est souvent très-variable. Entre ces produits extrêmes, que d’intermédiaires d’ailleurs ne doit pas fournir la fabrication des colonies, que l’imperfection des procédés et le défaut d’outillage rendent si incomplète.
- Toutes les difficultés qui se présentent quand il faut percevoir le droit sur ces produits douteux cesseraient évidemment si l’on faisait intervenir dans leur fixation l’analyse saccharimétrique d’un côté et l’appréciation de la densité de l’autre, qui, seule, peut bien apprendre la quantité de matière solide contenue dans le liquide sucré, mais qui est tout à fait insuffisante pour apprécier la richesse en sucre lui-même.
- C’est cependant encore à elle seule que le fabricant a recours pour faire ses inventaires et que l’autorité demande l’appréciation de la richesse saccharine des jus dans la fabrication indigène. La loi veut que chaque degré de densité au-dessus de la pesanteur spécifique de l’eau soit considéré comme représentant 1,400 grammes de sucre pur par hectolitre, quantité que le fabricant prend en charge et qu’il doit représenter par ses produits ; ainsi, chose singulière , non-seulement des substances qui ne sont pas du sucre, mais plus encore des matières salines qui doivent en modifier nécessairement une certaine quantité dans la fabrication, augmentent ainsi la densité du liquide et comptent comme du sucre lui-même. Quoique ce mode d’évaluation empirique paraisse représenter en réalité la moyenne du rendement pendant une longue fabrication, il n’en est pas moins vrai que la nature des jus pouvant éprouver, selon les lieux et les années, des variations notables, le fabricant et l’administration se trouvent plus d’une fois dans cette position, l’un de prendre en charge plus de sucre qu’il n’en a et de payer ainsi des droits pour un produit qu’il n’a pas obtenu, l’autre de donner en charge plus de sucre qu’elle n’en compte, au risque de voir une
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- partie de l’excédant s’introduire dans la consommation par des voies détournées. Toutes ces fixations se feraient avec une parfaite équité par une appréciation du rendement probable faite comme le conseille M. Clerget, en tenant compte à la fois et de la densité du jus et de son degré saceharimétrique.
- C’est un principe admis sans contestation aujourd’hui que la fabrication du sucre doit tendre à obtenir, du premier jet, du sucre blanc et raffiné d’un côté, et delà mélasse incristallisable de l’autre. Mais, dira-t-on, si cette tendance est surtout utile à favoriser dans les colonies, dont les produits, pendant le transport, perdent en poids par le coulage et s’altèrent en qualité par la fermentation, n’est-il pas à craindre que la multiplication des types n’aille directement contre ce but, et que l’écoulement facile des produits à bas titre ne devienne un obstacle à l’introduction des perfectionnements ? Cette exagération du droit qui pèse sur les sucres à bas titre, loin d’être nuisible, ajoute-t-on , est un stimulant à bien faire dont il faudrait plutôt accroître que diminuer l’emploi. Mais peut-être en faisant ces objections oublie-t-on un peu trop que tout ne dépend pas de la volonté des colons eux-mêmes ; peut-être ne donne-t-on pas une assez large part d’influence au régime hypothécaire des colonies, à l’absence des capitaux , à l’altération si prompte des jus dans ces pays chauds, etc., etc. Certes ce stimulant existe bien aujourd’hui dans l’augmentation des droits, dans la dépréciation des sucres à bas titre, dans l’aggravation des prix du transport. Qu’a-t-il produit? M. Clerget nous l’a montré , des qualités de sucre dont la presque totalité est notablement au-dessous du premier titre. À Java, une expérience plus concluante encore justifie cette assertion. Ce sont des Européens à qui ne manquent ni l’activité, ni l’intelligence, ni les capitaux, ni les grands appareils que le gouvernement hollandais charge de l’extraction du sucre des cannes provenant du domaine de l’État, en leur rachetant les produits à des prix déterminés à l’avance, variables suivant les nuances et qui vont croissant d’une manière rapide avec la blancheur. Malgré tous ces motifs, pour bien faire , il n’y a guère pourtant, ainsi que le fait remarquer M. Clerget, que 5 ou 6 pour 100 des sucres de Java qui dépasse notre premier titre ; le reste, d’une qualité bien inférieure, ne vaut pas beaucoup mieux que la moyenne des sucres des colonies.
- Que l’excellence du but vers lequel doit tendre la fabrication du sucre ne nous fasse donc pas fermer les yeux sur la difficulté de l’atteindre, et n’éxagérons pas l’emploi d’un stimulant dont l’excès pourrait être mortel. Hâtons plutôt de nos vœux et de nos efforts le moment où chacun pourra produire à volonté des sucres plus ou moins bruts, claireés, même purs , en payant un droit proportionnel à la richesse saccharine réelle, et mieux encore à leur rendement probable en sucre raffiné. Les prix de vente et les frais de transport apprendront
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- bientôt à chacun qu’il a intérêt à fabriquer à la fois des produits et de la plus haute et de la plus inférieure qualité possible du sucre pur et de la mélasse, et comme le disait, dans une circonstance récente, notre honorable président, dont je ne saurais mieux faire que de répéter ici les expressions ; « Un droit « perçu sur de telles bases excitera l’industrie, récompensera ses efforts, « préviendra ses négligences et tournera tout entier au profit des consom-« mateurs. »
- Signé Balard, rapporteur.
- Rapport sur le concours relatif à la panification de la pomme de terre;
- par M. Balard.
- Messieurs, l’amidon est le principe immédiat végétal qui sert de base à l’alimentation humaine. Si, dans les climats plus chauds, l’homme a pu faire concourir à sa nourriture le sucre si abondant dans certains fruits, ce sont les produits amylacés qu’il consomme surtout dans le nôtre.
- Cet amidon, espèce de réserve que la nature avait ménagée au végétal pour sa reproduction et son développement ultérieur, l’homme se l’approprie pour sa propre alimentation, souvent après une simple coction; mais, le plus souvent aussi, il utilise la présence simultanée du sucre et du gluten dans les graines qui le fournissent ; il tire parti de la fermentation alcoolique qu’il sait y développer, et, à la place d’une pâte lourde et indigeste, d’un gâteau dense et cohérent, il obtient un produit léger et spongieux d’une digestion facile, il obtient le pain.
- Le pain est un aliment cuit, qui se consomme froid, qui se conserve sans altération, et peut, dès lors, se préparer d’avance et en grande masse ; c’est à la fois un aliment d’une digestion facile , d’un emploi commode, et dont la manutention comporte la plus grande économie de temps et d’argent.
- Il n’y a donc pas lieu de s’étonner si, à chaque aliment amylacé nouveau dont l’alimentation humaine s’est enrichie, on a essayé de faire subir cette panification dont les graines des céréales seules sont surtout susceptibles, et si, lorsque la pomme de terre a commencé à prendre, dans l’agriculture et dans l’alimentation humaine, cette large part qui, dans ce dernier temps, a fait de l’altération de ces tubercules un événement social, on a essayé de lui faire acquérir la forme sous laquelle les graines des céréales étaient le mieux utilisées, on a essayé de la faire concourir à la fabrication du pain.
- On essaya d’abord la panification de la pomme de terre seule ; il est inutile de dire qu’on ressaya en vain. Le rôle que chacun des principes du blé joue dans la panification étant mieux apprécié, on se borna, plus tard, à essayer
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- d’introduire la pomme de terre dans la fabrication du pain en proportion limitée, mais suffisante néanmoins pour diminuer notablement le prix de ce produit alimentaire sans modifier sensiblement ses qualités.
- Le nombre de ces essais et la multiplicité des méthodes dont on a tenté l’emploi attestent l’intérêt que l’on a toujours attaché à la solution d’un problème dont les années de disette sont malheureusement venues, plus d’uni' fois, faire sentir toute l’importance.
- Dans l’appréciation des causes de la disette , il ne faut pas faire intervenir seulement la quantité absolue de matière alimentaire qui s’est produite et qui peut affluer dans un pays donné, mais encore, et pour beaucoup, la forme sous laquelle on peut la présenter à la consommation.
- Que la récolte des pommes de terre soit bonne et celle des céréales mauvaise, la diminution dans la proportion de ces dernières n’exercera qu’une influence légère sur le bien-être d’une population comme la population irlandaise, par exemple.
- Dans un pays comme la France, au contraire , là oii le pain est la base de l’alimentation, l’abondance des pommes de terre ne compensera l’absence des céréales qu'autant qu’on aura pu leur faire subir la panification et les présenter à la consommation sous cette forme spéciale que l’habitude a rendue pour nous un véritable besoin.
- Bouillie ou cuite sous la cendre, la pomme de terre n’est qu’un mets moins facile à digérer que le pain, et qu’il faut consommer au moment où on vient de le préparer, pendant qu’il est encore chaud. Serait-elle un pain tout fait, comme on l’a prétendu sans raison, ce nous semble, qu’il ne serait pas moins utile de chercher à lui donner la forme de notre pain ordinaire.
- D’ailleurs, et bien qu’on ait un peu exagéré l’augmentation de produits utiles qu’on peut obtenir d’un sol déterminé, avec des engrais donnés, en le cultivant en pommes de terre plutôt qu’en céréales, il n’en est pas moins vrai que la pomme de terre, indépendamment des autres avantages qu’elle présente dans les assolements, est le végétal qui, à surface égale, produit le plus de matière alimentaire ; en étendre la consommation dans un pays équivaut donc à augmenter l’étendue de son sol cultivable. Or, avec les habitudes d’alimentation de la France, la meilleure manière d’augmenter la consommation de la pomme de terre, c’est de l’employer à la fabrication du pain.
- On s’est préoccupé de la crainte que les perfectionnements des procédés pour la panification de la pomme de terre ne vinssent en aide à la fraude en lui permettant d’introduire clandestinement ce tubercule dans le pain ordinaire, dont le prix, on le sait, réglé par l’administration, suppose qu’il a été obtenu avec du froment pur. Une pareille pratique, laissant au pain sa valeur comme
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- aliment amylacé, aurait pour résultat fâcheux de diminuer la dose de matières azotées, qui jouent dans l’alimentation un rôle que ne saurait remplir l’amidon seul. Mais, parce que la fraude peut amener l’abus, sera-ce une raison pour proscrire l’usage d’un perfectionnement dont la fabrication des pains de luxe a déjà commencé à tirer parti? Ceux qui ne veulent pas que le pain soit même soupçonné ne se doutent peut-être pas qu’un grand nombre de ces qualités de pain les plus recherchées du public ne doivent leur supériorité qu’à l’introduction, dans la pâte, d’une certaine quantité de pommes de terre équivalant à 6 ou 7 pour 100 de la matière solide du pain lui-même. Cette addition faite à dose trop faible pour que la faculté alimentaire du pain en soit modifiée, et que l’on pourrait compenser d’ailleurs par l’emploi judicieux de farines riches en gluten ou de gluten lui-même, a pour résultat de donner, avec moins de ferment, un pain mieux levé, plus léger et bien dépourvu de cette saveur de bière qu’un excès de levûre lui eût communiquée. Eh bien, puisque sans nous la pomme de terre s’introduit ainsi dans le pain du riche, hâtons le moment où elle pourra aussi figurer dans le pain du pauvre, à dose notable, et en déterminant une diminution de prix proportionnelle à la quantité de pommes de terre employées; et, si l’abus survient, l’analyse chimique pourra toujours, au besoin, apprendre aux magistrats si la dose tolérée n’a pas été dépassée, et si le pain renferme bien cette quantité moyenne de gluten qu’il doit contenir encore après cette introduction.
- La panification de la pomme de terre est un problème complexe. La Société, qui l’avait ainsi compris, avait aussi partagé en trois sujets de prix distincts les objets sur lesquels elle avait attiré l’attention des concurrents. Un prix de 2,000 francs a été proposé depuis longtemps pour le meilleur mode de panification de la pomme de terre ; 1,500 francs ont été réservés pour récompenser le meilleur mode d’égrenage de ces tubercules cuits; 1,500 francs, enfin, pour l’amélioration des procédés propres à la dessiccation de la pomme de terre cuite et divisée en pulpe.
- Ce dernier problème présente, on le sent, une importance capitale. On sait combien sont fréquentes les altérations que peuvent éprouver les pommes de terre par l’action de causes diverses, la germination, la gelée, la maladie qui les a frappées récemment. On comprend, dès lors, combien il serait important de leur donner une forme qui, tout en les garantissant de ces altérations profondes, les ramènerait à un poids et à un volume moindres, et faciliterait ainsi leur emmagasinement et leur transport. La pomme de terre peut bien servir à contribuer à l’approvisionnement de la famille ; mais c’est seulement quand elle sera réduite en farine qu’elle pourra trouver place dans les greniers d’abondance d’un État ; c’est alors seulement que les aimées d’abondance pourront
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- venir au secours des années de disette, et les pays où la récolte aura été abondante alimenter ceux où cette récolte aura manqué.
- Aussi, dès l’an 1844, la Société, applaudissant aux efforts de M. Percheron pour la préparation en grand de la pomme de terre cuite, lui décernait un encouragement qui l’a engagé à faire de nouveaux efforts et a se présenter au concours actuel (1)* La Société doit citer ce zele et le remercier de sa communication; mais nous pensons que les moyens qu’il présente aujourd’hui rentrent dans ceux qui l’avaient déjà fait connaître et pour lesquels il avait obtenu une récompense antérieure.
- M. Auguste Clerget, auteur du mémoire n° 3, a eu l’intention de résoudre un problème analogue; mais, moins préoccupé que la Société des avantages de la cuisson de la pomme de terre, c’est ce tubercule pris dans son état de crudité qu’il a essayé de transformer en farine.
- Coupée en tranches et desséchée à l’air, la pomme de terre, en perdant l’eau de végétation qu’elle contient, donne un produit d’apparence cornée, qui se moisit souvent et se colore toujours par la concentration à la surface et par l’altération, au contact de l’air, des sucs qu’elle renferme. Dès 1813, un de vos vice-présidents, qui justifie à tant de titres le respect et la vénération dont vous l’environnez, M. de Lasteyrie, avait proposé l’emploi de lavages méthodiques pour enlever aux tranches de pommes de terre la matière âcre qu’elles contiennent, et produire ainsi une farine à la fois plus blanche et moins sapide (2). En Allemagne, depuis un certain nombre d’années, on a fait précéder ces lavages à l’eau froide par une macération dans de l’eau aiguisée d’acide sulfurique. Dans ces derniers temps enfin, on a conseillé l’immersion de ces tranches récemment coupées dans une dissolution saturée de chaux. Par ces diverses méthodes, on obtient, en effet, des galettes minces, très-sèches, d’un blanc éclatant, susceptibles d’être facilement réduites en farine, mais dans lesquelles on retrouve encore, à un degré assez prononcé, la saveur propre à la pomme de terre. C’est à l’obtention des produits de ce genre que M. Auguste Clerget a consacré ses efforts : seulement il lui a paru convenable de n’employer ni l’acide sulfurique ni la chaux , et d’en revenir au lavage méthodique de M. de Lasteyrie; il les complète seulement avec de l’eau à 25 ou 30 degrés, plus propre, selon lui, à enlever à la pomme de terre les principes auxquels elle doit sa saveur. Un inconvénient commun à ces diverses méthodes, c’est que, par ces lavages prolongés, on enlève aussi à la pomme de terre une partie notable de sa matière azotée, dont elle contient de trop faibles propor-
- (1) Voy. Bulletin de la Société, année 1844, p. 261.
- (2) Yoy. Bulletin de la Société, année 1813, p. 42.
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- tions pour qu’on puisse, sans inconvénient, s’exposer à en perdre une partie. L’emploi de l’acide sulfurique , qui coagule et rend insoluble l’albumine végétale, obvie en partie à cet inconvénient; on l’évite d’une manière complète par la dessiccation de la pomme de terre cuite et la conservation de tous les solides qu’elle contient. Quoi qu’il en soit, bien que la confection d’une farine de pomme de terre crue ne soit pas, à notre avis, le meilleur mode de conservation des pommes de terre, et que la méthode proposée par un des concurrents dont il nous reste à parler nous paraisse préférable, votre comité des arts chimiques vous aurait demandé une récompense pour M. Auguste Clerget, si celui-ci, ayant déjà mis à exécution en grand les procédés que nous venons de rappeler, était en mesure de livrer au commerce, à des prix modérés, la pomme de terre crue et réduite en farine. Nous attendrons cette époque, qui paraît devoir être prochaine, pour examiner de plus près cette industrie et solliciter pour elle, s’il y a lieu, les encouragements de la Société.
- Les divers concurrents ont essayé de répondre à la deuxième question et proposé des moyens mécaniques pour l’égrenage des pommes de terre cuites. M. Dard est l’auteur d’une machine pour cet usage, qui, à un premier examen fait par quelqu’un des membres de votre comité des arts mécaniques, a paru fort bien entendue. Cette machine a été provisoirement déposée dans vos collections, mais son auteur n’ayant pu se rendre aux invitations qui lui ont été adressées pour la faire fonctionner et édifier pleinement vos comités sur l’utilité de cet appareil avant la clôture du concours, nous n’avons pas à nous prononcer à son sujet, et nous ne pouvons que réserver à cet industriel tous ses droits aux récompenses ultérieures que pourra décerner la Société.
- M. Voinchet3 habile boulanger de Dijon, qui, de concert avec M. Porcheron lui-même, s’était occupé, il y a quelques années, d’introduire dans la panification la farine de la pomme de terre préparée par ce dernier, a présenté, pour prendre une part directe à ce concours, une note qui lui est personnelle. Aux essais qu’il avait exécutés précédemment il en a ajouté d’autres, dans lesquels, conformément aux conseils renfermés dans le programme de la Société, il a essayé, dans la panification de la farine de blé, d’associer à la farine de la pomme de terre cuite du gluten humide. Il a pu confectionner ainsi un pain dont les qualités constatées par l’Académie de Dijon ont été vérifiées en partie par les membres de votre comité. Quoique ces essais n’augmentent pas de beaucoup nos connaissances sur la panification de la pomme de terre, nous aurions proposé de décerner une récompense à M. Voinchet> si ses essais, exécutés en grand, avaient donné lieu à une fabrication régulière et à une vente à prix réduit d’un pain qui serait ainsi entré dans la consommation; mais M. Voinchet s étant contenté, jusqu’ici, d’exécuter ses essais en petit,
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- nous ajournerons à l’époque à laquelle il aura contribué, pour une certaine part, à introduire cet aliment dans la consommation populaire pour réclamer en sa faveur les récompenses de la Société.
- Celui des concurrents qui a fait faire à la panification de la pomme de terre un progrès notable est M. Émile Martin, que la Société connaît déjà, et a qui elle a décerné une juste récompense pour la fabrication en grand du gluten et son introduction dans l’économie domestique (1).
- Deux voies différentes ont été suivies, jusqu’ici, pour introduire les pommes de terre dans le pain : tantôt on a recours à la pomme de terre bouillie, employée d’une manière immédiate ou après sa dessiccation ; tantôt à la pomme de terre séchée ou à la fécule elle-même. Chacune de ces méthodes présente des inconvénients particuliers. La pomme de terre cuite, pour constituer une pâte susceptible d’être pétrie, absorbe, pour 1 partie de matière solide, 2 parties d’eau, donne un pain trop aqueux, qui s’affaisse pendant sa cuisson, dont la croûte se colore, et qui, possédant à un très-haut degré la saveur propre à la pomme de terre, ressemble plus à un mets qu’à du pain. Essaye-t-on , au contraire, d’introduire des quantités notables de fécule, chacun de ses grains se mouillant à peine à sa surface, la pâte que l’on obtient, si on lui communique la consistance nécessaire pour le pétrissage, ne renferme pas assez d’eau, et le pain est sec et mal levé, outre , d’ailleurs , qu’il possède cette saveur particulière de fécule qui n’est pas moins persistante que celle que communique la pomme de terre elle-même. Pour obvier au premier de ces inconvénients, M. Martin a eu l’heureuse idée d’associer la pomme de terre cuite et la fécule, dans des proportions convenables, pour que l’excès d’eau que le pétrissage laisse dans la première suffise à l’hydratation de la seconde. Nous avons assisté , dans les ateliers de M. Martin, à la préparation d’une farine qui a pu être introduite dans la fabrication du pain pour un poids égal et même supérieur à celui de la farine ordinaire, tout en conservant à cet aliment les qualités qui le caractérisent et qu’exigeait le programme. Le pain est léger, sans saveur spéciale sensible ; sa croûte ressemble à celle du pain ordinaire. Ce n’est pas seulement pendant trois jours, mais pendant un mois qu’il se conserve , dans son intérieur, frais et sans moisissure. La mie en est homogène, exempte de grumeaux, susceptible de se tremper, sans être sensiblement délayée, dans un liquide à 100° : nul doute que l’addition du gluten 1 n’augmentât encore cette dernière qualité d’une manière sensible. Ce pain, qui contient la dose de matière solide exigée, coûte un peu moins de 25 cent, le kilogr., prix fixé par le programme. Déjà, du reste, en 1761, Par-
- (1) Yoy. Bulletin de la Société, année 1836, p. 457, et année 1837, p. 55.
- Quarante-septième année. Avril 1848.
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- mentier, dans ses essais si divers, avait essayé , avec quelque succès, d’associer la fécule à la pulpe de pomme de terre. C’est aussi en associant, à sa farine de pomme de terre crue, de la farine de pomme de terre analogue à celle obtenue par M. Porcheron, que M. Auguste Clerget a pu introduire une quantité de pomme de terre égale à celle de la farine de blé elle-même , dans la fabrication d’un pain dont il a présenté, dans le temps, quelques échantillons à la Société.
- Cette association de farine cuite et de fécule, dont les expériences auxquelles nous nous sommes livrés ne permettent pas de contester l’utilité, n’obvie qu’à un des inconvénients ; M. Martin a essayé de faire disparaître l’autre , celui de la saveur de la fécule, et il l’a fait avec bonheur. Il a reconnu qu’un lavage avec une solution très-faible de carbonate de soude pouvait, sans augmentation presque sensible de dépense, enlever à la fécule la saveur qu’elle possède. On comprend toute l’importance que peut avoir l’emploi d’un pareil procédé pour la fabrication des pâtes alimentaires, du tapioka indigène, etc.
- Il est permis d’espérer qu’elle pourra trouver aussi sa place d’une manière utile dans la fabrication des eaux-de-vie de grain, et que la fécule , ainsi épurée, pourra donner naissance à une eau-de-vie d’un goût moins désagréable. Du reste , ces essais n’ont pas seulement été exécutés en petit : déjà M. Martin a préparé de grandes quantités de cette fécule insipide , et a purifié des quantités notables de fécule achetée dans d’autres usines et à l’état vert. Ainsi cette méthode a déjà reçu la sanction de l’expérience en grand. Aussi le comité n’hésite-t-il pas à vous proposer de décerner à M. Martin le prix de 2,000 francs, réservé pour le meilleur mode de panification de la pomme de terre. Il espère que, lorsque ces procédés seront répandus, il pourra en résulter des améliorations utiles dans l’alimentation de la population pauvre, et notamment de celle de nos campagnes. En matière d’alimentation populaire, le moindre perfectionnement ne saurait être trop encouragé ; quelque faible que soit l’amélioration du bien-être pour un individu, elle se répète trop de fois pour qu’elle n’influe pas d’une manière notable sur le corps social.
- En résumé, votre comité des arts chimiques vous propose
- De remercier MM. Porcheron et Voinchet de leur communication; de réserver les droits de M, Dard aux récompenses ultérieures de la Société; d’encourager M. Auguste Clerget dans ses efforts pour convertir en grand la pomme de terre crue en farine; de décerner à M. Martin un prix de 2,000 fr. pour ses essais sur la panification de la pomme de terre, pour l’obtention d’une farine mixte de pomme de terre et de fécule, et surtout pour son procédé propre à enlever le goût de ce dernier produit ; enfin d’insérer, dans le Bulletin, des extraits des mémoires des concurrents, qui renfermeront des
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- points utiles à faire connaître, et notamment le procédé de purification de la fécule imaginé par M. Martin.
- Signé Balard, rapporteur.
- Rapport sur le concours relatif au perfectionnement de la lithographie; par M. Gaultier de Claubry.
- Messieurs, la Société d’encouragement, en proposant, il y a déjà un assez grand nombre d’années, une série de prix sur des perfectionnements de la lithographie, s’est trouvée appelée à récompenser d’importants résultats dans un art de la création duquel l’Allemagne peut s’honorer, mais qui n’a réellement acquis qu’en France le degré d’utilité et de perfection qui le classe au nombre des plus dignes d’intérêt.
- Plusieurs des questions qui figuraient dans vos programmes, ayant reçu des solutions satisfaisantes, ont dû disparaître du nombre de celles que vous regardiez comme susceptibles de compléter la série nombreuse de prix que comportait l’art important que nous considérons; mais vous aviez prévu, dès l’origine, que le génie inventif de nos artistes pourrait faire surgir des objets auxquels la pratique aurait conduit, et vous aviez annoncé que la Société apprécierait toutes les inventions ou améliorations relatives à la lithographie qui lui seraient présentées et accorderait à leurs auteurs des récompenses proportionnées à Vimportance des objets qu’ils auraient fait connaître.
- Vous avez eu heu de vous applaudir d’une aussi libérale mesure, par la nature des objets sur lesquels ont porté plusieurs de vos récompenses; une preuve nouvelle va s’offrir aujourd’hui, et vous serez encore appelés à récompenser un grand perfectionnement dont l’influence sur la lithographie s’est déjà fait sentir, et s’étendra d’autant plus facilement que vos récompenses attireront sur lui l’attention des artistes.
- Votre commission signalera d’abord tous les objets qui vous ont été présentés ; elle s’attachera ensuite, d’une manière particulière, à vous faire connaître ceux qui lui paraissent dignes d’obtenir dès ce moment vos récompenses.
- Pouvoir fournir à l’artiste lithographe des crayons jouissant de toutes les qualités nécessaires est un objet d’une immense importance pour la lithographie ; il serait facile de citer des exemples nombreux d’accidents arrivés à d’importantes productions artistiques par suite de quelques défauts dans les crayons employés pour les exécuter, et, il faut le dire, malgré l’habileté de celui qui prépare ce genre de produits, le procédé suivi pour leur confection ne peut jamais être un garant assuré de leurs qualités.
- Remplaçant les procédés empiriques fondés sur la cuisson des huiles par
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- l’emploi d’acides gras pénétrant les crayons noirs ou mélangés avec des charbons à un état convenable, l’un des concurrents, M. Philippes, a présenté au concours un procédé parfaitement rationnel qui paraît susceptible de fournir des résultats utiles ; mais, comme ici l’expérience est le seul moyen de prononcer avec certitude, votre commission ne peut aujourd’hui que vous signaler le procédé du concurrent, et ce ne sera que pour la séance de 1849 qu’elle sera à même de vous faire connaître le résultat des essais réitérés auxquels elle doit nécessairement se livrer.
- M. Narats dont vous avez précédemment récompensé les efforts, s’est de nouveau présenté au concours, mais il n’a pas mis la commission à même de prononcer sur la nature des résultats qu’il a obtenus dans la production de reliefs destinés à la production des clichés.
- Il en est de même de M. Michel, qui a annoncé un procédé propre à fournir des clichés bitumineux.
- M. d’Aiguebelles, qui a, depuis longtemps, fait inscrire son nom parmi ceux des concurrents, n’a rien présenté qui nous permette d’asseoir un jugement sur ses procédés.
- MM. Villain et Lavaud n’ont adressé aucune pièce à l’appui des lettres par lesquelles ils annoncent à la Société des résultats nouveaux.
- M. Lottin vous a communiqué quelques détails sur des procédés d’autographie qui semblent de nature à fournir des résultats utiles ; mais il est nécessaire de soumettre ces moyens à des comparaisons qui exigent un temps assez long.
- Sous le nom de typolithographie, M. Papillon présente des moyens propres à réunir dans un même tirage la typographie et la lithographie. Yous avez déjà récompensé dans ce genre divers concurrents ; votre commission ne peut vous présenter, sur les moyens nouveaux, de propositions qu’après des essais comparatifs dont l’importance est facilement saisie.
- Frappés des résultats fâcheux de la reproduction, en pays étranger, de nombreux ouvrages publiés en France, MM. Jean et Lamoureux proposent l’emploi d’un papier préparé de manière à rendre cette reproduction impossible. On comprend facilement que pour prononcer sur une pareille question le temps est un élément indispensable.
- M. Sourel, lithographe à Neuchâtel, en Suisse, a adressé à la Société des exemplaires de lithographie présentant les effets fournis par le procédé Colas, et signale celui dont il se sert comme susceptible, par son économie et la facilité de son application , de fournir des résultats importants pour la reproduction des médailles, cachets, monnaies et autres objets analogues; mais, n’ayant pas fait connaître ce procédé, il est impossible de se prononcer sur son utilité.
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- M. Quinet a présenté le dessin d’une machine à repérer qui ne peut être jugée que par comparaison avec celles qui l’ont précédée déjà.
- M. Brissetj que vous avez déjà récompensé pour une presse lithographique, se présente de nouveau à vos concours pour des perfectionnements apportés à cette machine. MM. Nicolle et Barbasant ont également soumis à la Société des presses sur lesquelles on ne peut également prononcer qu’avec le secours de l’expérience.
- Vous avez proposé, depuis très-longtemps déjà, un prix pour Y encrage des pierres lithographiques par un moyen mécanique indépendant de l’adresse de l’imprimeur.
- Il y a plusieurs années, deux des membres de la commission se sont rendus à Rouen, pour vérifier l’emploi des procédés employés par deux concurrents, et la commission vous a rendu compte de l’état des choses à cette époque. L’un des concurrents s’est retiré, l’autre a continué, au contraire, à perfectionner sa machine en étudiant, avec une grande persévérance, toutes les conditions qui pourraient conduire au succès. Votre commission est heureuse de pouvoir vous annoncer que la question que vous aviez posée est maintenant résolue ; sa solution a présenté de nombreuses difficultés dont plusieurs n’étaient pas même prévues et qui ont longtemps arrêté la marche de cette machine, et auraient rebuté un artiste moins persévérant et moins habile que le concurrent.
- Mais dire que ce concurrent est l’ingénieux mécanicien auquel l’industrie est redevable de l’une des machines qui a produit le plus d’importants résultats dans la fabrication des toiles peintes, et dont le nom est si vulgaire dans les ateliers de toute l’Europe, c’est indiquer assez que la question a dû être traitée dans les meilleures conditions de réussite.
- L’une des plus importantes pour le tirage d’une épreuve lithographique consiste à faire adhérer uniformément l’encre à tous les détails qu’elle a reçus, mais en évitant en même temps Y empâtage; l’éponge mouillée dont l’imprimeur fait usage et réchauffement de la pierre par l’action du rouleau lui permettent, par l’habitude qu’il a acquise, de se placer dans ce milieu si difficile à saisir pour éviter sa trop grande imbibition qui empêcherait l’adhérence de l’encre et la sécheresse trop considérable qui déterminerait l’empâtage.
- Longtemps induit en erreur par les renseignements qu’il tenait cependant de bons imprimeurs, le concurrent a rencontré d’immenses difficultés pour arriver à un encrage régulier ; mais, lorsqu’à l’action des rouleaux il a ajouté celle de la ventilation destinée à amener la pièce au degré de dessiccation nécessaire , les résultats les plus satisfaisants sont venus couronner ses efforts et lui ont permis de parvenir à la solution de la question proposée.
- Un artiste dont vous avez récompensé précédemment les tentatives, M. Villeroi,
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- avait fait usage, dans le même but, de rouleaux en pierre lithographique ; mais de grandes difficultés s’offraient pour la construction et l’emploi de sa machine.
- M. Perrot ne fait usage que de pierres plates, reposant sur un chariot animé d’un mouvement de va-et-vient alternatif, lent dans le sens progressif, rapide pendant le retour. On conçoit facilement l’avantage de ce système.
- La pression est exercée sur la pierre par un petit cylindre maintenu latéralement dans une rainure et supporté par un gros cylindre qui l’empêche de fléchir; un cuir et un garde-main sont placés entre le rouleau et la pierre.
- Deux tampons cylindriques en laine, recouverts d’une peau par-dessuslaquelle est fixé un velours de coton, servent au mouillage. La pierre passe d’abord sur les rouleaux en creux et reçoit un second mouillage.
- Un encrier analogue à ceux des presses de typographie renferme l’encre nécessaire au travail. Un petit rouleau transporteur transmet à un rouleau-table animé d’un mouvement de rotation rapide, l’encre qu’il a reçue de l’encrier; un second transporteur plus gros transmet à un gros rouleau - table l’encre qu’il a reçue au contact du premier. Les diamètres des rouleaux sont tels que les mêmes points de contact ne se rencontrent qu’ après un grand nombre de tours, pour que l’encre se répartisse de la manière la plus uniforme dans le sens de la longueur.
- La répartition dans le sens de la largeur de la pierre est une condition de la plus haute importance dans le tirage des pierres que ne recouvre pas un dessin uniforme sur toute leur surface ; elle est déterminée par le moyen d’un petit rouleau coureur, oscillant, qui se présente dans une direction oblique au contact du gros rouleau-table, et reçoit, à l’extrémité de celui-ci, par Faction d’une came, une impulsion qui renverse sa direction ; il revient ensuite au point de départ pour subir une action analogue, et ainsi de suite.
- Un troisième rouleau transporteur transmet l’encre du gros rouleau-table à un gros rouleau sécheur en bois, animé d’un mouvement rapide de rotation et soutenu par un cadre qui les porte au contact de deux rouleaux encreurs, pendant que ces rouleaux n’agissent pas sur la pierre.
- Un second rouleau sécheur, placé sur le cadre dans le même plan horizontal que le premier, est mis en mouvement par le moyen d’un rouleau intermédiaire placé entre les deux.
- Deux autres rouleaux encreurs sont disposés à la hauteur des premiers au-dessous du deuxième sécheur.
- La fonction des rouleaux sécheurs est double : ils transmettent aux quatre rouleaux encreurs l’encre que leur fournit le gros rouleau-table et dissipent, par la rapidité de leur mouvement, F humidité que les rouleaux encreurs ont prise à la pierre humide.
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- La pression des encriers sur la pierre peut être graduée à volonté par le moyen d’un mécanisme particulier ; elle doit être énergique pendant le mouvement progressif de la pierre pour y déposer convenablement l’encre, et faible à son retour, dans le but de déterminer le nettoyage.
- La pierre, qui a passé d’une extrémité à l’autre de la presse, a été soumise, dans sa progression, à l’action de quatre rouleaux qui la chargent d’encre , et, à son retour, à celle de quatre autres qui la nettoient et régularisent l’encrage.
- L’écriture et les dessins au trait n’exigent pas l’emploi d’un plus grand nombre de rouleaux; mais les dessins en demandent davantage, et, quand on suit le travail d’un ouvrier, on s’aperçoit facilement qu’il fait agir plus de huit fois son rouleau sur la pierre.
- La pose du papier sur une tablette et son enlevage sont exécutés par des femmes qui n’ont autre chose à faire que de bien suivre le mouvement de la machine.
- Le mouvement est communiqué à celle-ci au moyen d’un moteur quelconque , la vitesse par une roue dentée et un pignon mis en mouvement par une courroie ou de toute autre manière.
- Le programme exigeait que l’encrage mécanique fournît des épreuves comparables dans un tirage consécutif de mille exemplaires. Votre commission , qui a suivi le travail de cette machine, a constaté que, pour un tirage à six mille exemplaires, toutes les conditions posées pour l’obtention du prix ont été remplies ; elle vient donc vous proposer d’accorder à l’habile mécanicien, M. Perrot, dont la persévérance a surmonté toutes les difficultés du sujet, le prix de 1,500 francs que vous aviez proposé sur cette question.
- Lors d’un brillant concours dans lequel la Société a été appelée, en 1830, à décerner de nombreuses récompenses, un jeune artiste dont nous sommes heureux de rappeler ici le nom, M. Tudot, soumit à son examen un procédé propre à obtenir en lithographie les effets de la manière noire : une médaille d’or de la valeur de 2,000 francs vint récompenser ses efforts ; mais, malgré la facilité d’exécution de ce procédé et les effets remarquables auxquels il peut donner lieu, un faible nombre seulement de produits furent obtenus par son moyen (1).
- Un imprimeur - lithographe dont la Société a été à même d’apprécier les talents et le dévouement à la pratique d’un art auquel il s’est consacré, M. Le-mercier, partant du point où M. Tudot avait laissé la question, mais y ajoutant tout ce que sa longue expérience, son habileté et son génie inventif l’ont mis à même de réaliser, est parvenu à fournir aux artistes des moyens d’une remarquable simplicité et d’un facile emploi, qui apportent, dans la pratique du
- (1) Voy. Bulletin de la Société, année !83t,p. 584.
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- dessin lithographique, des perfectionnements tels qu’ils en font, pour ainsi dire, un art tout nouveau.
- La gravure a produit de tels chefs-d’œuvre que l’on ne saurait trop désirer de la voir les multiplier encore ; mais elle a pour condition un travail long qui ne donne pas aux artistes la possibilité de jeter sur le métal le produit de leur imagination. Le dessin lithographique avait déjà apporté à ceux-ci des moyens d’exécution qui ne rendaient plus nécessaire l’intermédiaire du graveur pour reproduire en grand nombre le dessin qu’ils avaient eux-mêmes tracé.
- Les procédés présentés par M. Lemercier et dont un assez grand nombre de produits sont sous les yeux du conseil permettent à l’artiste un travail aussi facile et aussi rapide que celui qu’il exécuterait sur le papier avec le crayon ou l’estompe, et produisent sous sa main des effets que presque vainement on chercherait à obtenir au moyen du crayon lithographique.
- Rien de plus simple que les moyens que M. Lemercier vient de mettre à la disposition des artistes ; nous en tracerons brièvement l’exposé.
- On exécute un dessin avec le crayon et on le saupoudre de crayon en poudre que l’on étend à sa surface par l’action d’un blaireau ; on retouche par-dessus avec le crayon et l’encre ou le crayon d’estompe, et l’on obtient ainsi la puissance de ton à laquelle on veut parvenir.
- Le crayon d’estompe permet d’obtenir des dessins très-artistiques ; mais c’est comme adjonction au crayon lithographique qu’il est surtout précieux.
- Les pierres de teinte ont ajouté un grand charme aux dessins dans lesquels on les fait concourir : la première idée de leur emploi est due à M. Julien, connu par ses belles planches de figures faisant partie du cours d’étude aux deux crayons ; les perfectionnements sont dus à M. Lemercier.
- En diminuant la force du vernis , augmentant le ton avec du crayon d’estompe et l’encre lithographique, imprimant à plusieurs pierres ou avec une pierre à deux tons, et saupoudrant quelques parties avec des couleurs préparées à cet effet, on obtient des résultats extrêmement remarquables.
- On doit à M. Lemercier d’importantes améliorations à la chromolithographie pour laquelle vous avez accordé un prix à M. Engelmann en 1838 (1). Le beau vitrail de l’église de Dreux qui est sous les yeux du conseil montre tout ce que l’on peut attendre des procédés de M. Lemercier, qui, en même temps qu’il diminue le nombre des pierres, fournit une régularité de fondu que l’on n’avait pu atteindre jusqu’ici. L’exécution est très-simple.
- On frotte une pierre grainée avec une tablette de crayon lithographique de manière à l’en couvrir entièrement ; on adoucit le ton obtenu en passant sur
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- tous les points une brosse dure; on l’atténue avec une flanelle, et l’on modèle ensuite au crayon d’estompe, à l’encre et au grattoir, toutes les formes que l’on veut obtenir, ce qui permet, avec une seule pierre, de réaliser plusieurs tons.
- Quelques-uns des dessins que vous avez sous les yeux ont été exécutés par ces moyens dans un si court espace de temps qu’avec l’estompe sur le papier il serait difficile de procéder plus rapidement, et, comme nous l’avons déjà dit, beaucoup des effets obtenus n’auraient pu l’être par le crayon lithographique.
- Avec la libéralité qu’il met dans tous ses rapports avec les artistes, M. Le-mercier a communiqué ses procédés à tous ceux qui ont pu en tirer un utile parti. Vous lui tiendrez compte de la facilité qu’il leur a procurée de faire servir leur talent au perfectionnement d’un art aussi digne d’intérêt.
- Votre commission, convaincue de l’importance des procédés de M. Lemer-cier, a l’honneur de vous proposer de décerner à cet habile imprimeur une médaille d’or de la valeur de 3,000 francs.
- La Société aura lieu de s’applaudir d’avoir pu récompenser, cette année , deux procédés qui, chacun dans son genre, exerceront une heureuse influence sur le perfectionnement de la lithographie, mais dont le second est destiné à procurer un immense développement à des procédés qui ont déjà produit, entre les mains de nos dessinateurs, des résultats capables de fixer l’attention de tous ceux qui s’intéressent à l’amélioration des arts.
- Signé Gaultier de Claubry, rapporteur.
- Rapport sur le concours pour le perfectionnement de la photographie ;
- par M. Seguier.
- Messieurs, vos nombreux encouragements pour les progrès de l’art photographique ont déjà produit de très-heureux résultats. Dans vos précédentes séances générales, les vainqueurs dans ces luttes paisibles ont reçu de vous les palmes qu’ils avaient su conquérir. Aujourd’hui encore, nous venons vous demander de couronner des succès nouveaux.
- Depuis l’an dernier, l’art photographique a marché; vos justes récompenses lui ont imprimé un mouvement que nous sommes heureux de pouvoir constater.
- L’influence de la lumière sur les corps a été observée, étudiée , analysée au profit de la science , de l’art, de l’industrie. Permettez-nous, en ce moment , de passer rapidement en revue les conquêtes récentes faites en photographie. Commençons par la plus extraordinaire.
- Quarante-septième année. Avril 1848. 26
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- Un membre de votre conseil d’administration est parvenu à recueillir et à fixer momentanément les couleurs du prisme. Cette découverte , circonscrite encore dans le cercle purement scientifique, est venue révéler des faits jusqu’ici inconnus dans la composition et les propriétés des rayons solaires. Si l’industrie n’est pas appelée à tirer un profit immédiat des travaux persévérants couronnés par un si étonnant résultat, l’honneur et le mérite de l’œuvre n’en restent pas moins à l’auteur dont la modestie et la position parmi nous nous imposent le devoir d’être, envers lui, sobres d’éloges et avares de récompenses qu’il ne peut accepter.
- MM. Nicéphore Niepce et Daguerre nous ont révélé les propriétés de l’iode comme matière impressionnable par la lumière ; à M. Niepce de Saint-Victor était réservé de nous apprendre l’attrait bizarre de cette substance pour tout ce qui est noir ou foncé. À cet observateur aussi persévérant que modeste il a a été donné de nous faire connaître comment tous les délinéaments , tous les traits noirs ou foncés tracés sur la surface de matières blanches ou de couleurs claires étaient susceptibles de l’attirer à eux pour la retenir quelques instants.
- A la continuité de ces tentatives étaient bien dus les succès constatés par de nombreuses reproductions de gravures transportées sur papier, sur verre, sur porcelaine , sur métaux, sans la moindre altération de l’original. Ce nouveau champ d’expériences une fois ouvert devant M. Niepce de Saint-Victor, en chercheur infatigable , il l’a parcouru dans toutes ses directions , il l’a exploré sur tous les points, et c’est ainsi qu’il a reconnu aussi une troisième propriété de l’iode, celle de se fixer de préférence sur tous les corps en saillie et sur la tranche de toutes les substances ; il a trouvé encore que l’amour de l’iode pour le noir ou le foncé était partagé par les vapeurs de phosphore et de soufre. Si le noir a ses attraits pour certaines substances, le blanc prend aussi une puissance attractive pour certaines autres, telles que l’acide azotique, l’hypochlorite de chaux ; à l’opposé de Fiode, ces matières ont horreur du noir.
- Le désir de faire faire des progrès à la photographie proprement dite, à cette science devenue un art, que M. Niepce de Saint-Victor nous transmet comme un héritage de famille, lui a fait découvrir encore le moyen de recueillir, sur des lames de matières transparentes imprégnées d’acétonitrate soit directement, soit à l’aide d’un enduit, des images négatives dont la reproduction positive sur papier sensible devient d’autant plus fidèle que les différences de transparence de la matière sur laquelle a été recueillie l’image négative ne viennent plus altérer le résultat final.
- Les importants travaux de M. Niepce de Saint-Victor répondent à la fois à plusieurs parties de vos programmes de prix ; il enrichit la science de faits
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- aussi curieux que nouveaux, que personne avant lui n’avait indiqués ni prévus; il en fait découler des applications pratiques dont l’art et l’industrie s'enrichissent. C’est ainsi que les expériences sur les tendances diverses de certaines vapeurs à se porter, de préférence et suivant leur nature, sur le noir ou sur le blanc lui permettent d’offrir de nombreuses solutions en réponse à la demande de moyens de reproduction insérée dans votre programme. Il en est de même de ses observations sur les propriétés qu’ont certaines vapeurs de déposer, de prime abord, sur tous les points saillants et sur les tranches des corps : là aussi, messieurs, se trouve le principe de plusieurs méthodes de reproduction. Mais, pour que vos récompenses soient méritées, il ne suffit pas de s’être livré avec constance à d’intéressantes recherches scientifiques ; il faut, pour vous qui avez l’honorable mission d’encourager l’industrie nationale, que de ces travaux soient sorties des applications industrielles. Hâtons-nous donc de vous dire que déjà des épreuves de gravures sont obtenues à volonté en relief ou en creux, et sont tirées par les procédés ordinaires propres à leur nature, avec un succès qui ne laisse pas le résultat industriel un instant douteux.
- Oui , messieurs , en recevant des images négatives sur matière transparente comme le verre ou le mica , ou d’une diaphanéité uniforme comme la porcelaine , le verre opaque ou la corne, M. Niepce de Saint-Victor a fait faire un grand pas à la photographie sur papier. À ces titres divers, il est donc très-digne de vos récompenses, et vous savez les proportionner à l’importance de ces travaux. En nous montrant justes envers lui, ne soyons pas ingrats et sans mémoire ; n’oublions donc pas que la voie de la gravure chimique des planches sur lesquelles des images ont été photographiquement recueillies ou transportées a été ouverte par M. le docteur Donné.
- Rappelons-nous que MM. Choiselat et Ratel s’y sont élancés à sa suite, et que M. Berès, de son côté, à Vienne, marchait parallèlement avec eux. Mais reconnaissons aussi qu’à M. Fizeau appartiennent l’honneur et le mérite de s’être le plus approché d’un but qui n’est point encore complètement atteint par personne. Pourtant les très-nombreuses épreuves de dessins photographiques reproduits par des planches chimiquement gravées par la méthode de M. Fizeau , sans offrir encore un aspect tout à fait satisfaisant, témoignent si bien des efforts de cet habile chimiste pour répondre à votre programme, que nous n’hésitons pas à vous proposer de lui décerner, à titre d’encouragement, une partie du prix affecté à cette question. Vous vous associerez d’autant plus volontiers à cette proposition , que vous vous souvenez que c’est à M. Fizeau que l’épreuve photographique sur plaqué doit une solidité et une vigueur qui en font une oeuvre durable.
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- La gravure des planches par les méthodes chimiques est appelée à devenir un art véritable. Déjà M. Lepoitevin , inspiré par les travaux de M. Niepce de Saint-Victor, reproduit à volonté, en blanc ou en noir, au moyen d’une planche gravée, au besoin , en creux ou en relief, toute espèce de dessins directs ou transportés; c’est une industrie naissante que la Société prend sous son bienveillant patronage en offrant un honorable encouragement à M. Lepoitevin.
- La photographie sur papier vous a justement préoccupés. Vous avez compris tous les avantages qui résulteraient de la substitution de feuilles de papier minces , légères, économiques aux lourdes et dispendieuses plaques de métal. Dans un précédent concours , vous avez généreusement encouragé les efforts faits dans cette direction par M. Bayard. Espérons que sa reconnaissance envers la Société d’encouragement, pour ne s’être pas manifestée par une participation active au présent concours , apparaîtra bientôt par des travaux dont l’importance expliquera et justifiera la lenteur avec laquelle ils vous auront été présentés. En attendant, montrez-vous généreux envers M. Blanquart-Évrard, qui s’est empressé de publier toutes ses méthodes pour réaliser sur papier des épreuves de grandes dimensions dont la beauté, la netteté témoignent tout à la fois de la certitude de ses opérations et de la bonté des verres objectifs doubles de M. Charles Chevalier dont il a fait usage pour les obtenir.
- M. Martens's’est efforcé de mettre en pratique la photographie sur papier. Ses tentatives ont été couronnées des plus heureux succès ; le soin qu’il apporte dans les manipulations et le bon choix du papier de ses images négatives lui permettent de placer sous vos yeux les plus belles épreuves positives qui, jusqu’ici, aient été obtenues sur papier à l’aide de la double opération. Artiste ingénieux, M. Martens a essayé de tirer d’un objectif de petite dimension tout le parti possible ; s’il ne lui a pas été donné d’éviter, dans le plan vertical de ces épreuves, les aberrations de sphéricité et les déformations qui s’ensuivent dans les images, du moins par un mouvement successif de l’objectif et l’emploi d’un diaphragme longitudinal il a su s’en débarrasser dans le plan transversal, et il a pu recueillir, sur des plaques convenablement cintrées, des successions d’images qui en font de véritables vues panoramiques. Vous avez jugé convenable de témoigner à M. Martens toute votre satisfaction pour ces divers résultats, en l’admettant à la participation de vos encouragements.
- Vous vous êtes plu, messieurs, à récompenser, dans vos précédents concours, tous les perfectionnements dans les appareils, ou dans la manière d’opérer, qui contribueront à rendre la photographie plus facile , plus certaine , plus complète dans ses résultats; c’est ainsi que MM. Gaudin, Buron, Breton, Soleil, Voigtlander ont été appelés à recueillir des témoignages de votre syrn-
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- pathie pour leurs travaux divers. À cette première liste nous sommes heureux de pouvoir ajouter aujourd’hui, comme ayant bien mérité de l’art photographique, M. Brebissm; son esprit inventif s’est exercé sur toutes les parties des opérations. Le choix des substances, la forme des appareils pour polir les plaques, les boites à iode, à mercure , la chambre noire, les méthodes de lavage, de séchage des épreuves ont tour à tour été l’objet de ses perfectionnements ; les essais de photographie sur mica, corne et autres matières transparentes, les applications de la photographie à l’autographie , enfin à la confection des images pour la fantasmagorie, le placent à la tête des soldats du progrès, et lui donnent droit à vos générosités.
- L’emploi du bromure de chaux, mis en pratique en Amérique d’abord, maintenant généralement adopté en France, simplifie beaucoup le maniement des substances accélératrices. M. Bisson, par les plus belles épreuves qui aient jamais été recueillies sur plaqué, vient vous prouver, messieurs, que les procédés les plus simples sont souvent aussi les meilleurs. La Société d’encouragement s’estime heureuse de pouvoir, en récompensant d’aussi admirables résultats, témoigner sa reconnaissance à M. Bisson, au nom de tous les photographes , pour la généreuse franchise avec laquelle il communique les procédés qui assurent de tels succès.
- M. Thiéry n’a pas cru devoir être aussi expansif; des essais nombreux lui ont fait trouver une liqueur dite invariable, parce qu’elle donne , en restant dans certaines conditions, des résultats à peu près constants. Cette retenue vous avait empêchés, malgré l’envoi de très-belles épreuves, de comprendre M. Thiéry parmi les lauréats de votre précédent concours. Cette année, le dépôt de la formule de sa liqueur fait à votre secrétariat, et les expériences répétées devant un de vos commissaires, avec une quantité de liqueur dosée par lui suivant la formule , ne permettent plus de douter que l’art photographique ne soit réellement redevable à M. Thiéry d’un procédé utile ; vous n’hésiterez plus à lui décerner un encouragement.
- Les récompenses si justement accordées, au dernier concours, à M. Charles Chevalier pour l’invention de son objectif à verres combinés, à M. Voigtlander pour le soin si consciencieux qu’il prend de ne laisser sortir de ses ateliers que des objectifs de qualité supérieure, ont provoqué l’émulation d’autres artistes. Plusieurs ont fait de louables efforts ; parmi eux nous pouvons citer MM. Buron, Plagniol, Désiré Lebrun. Nous regrettons que parmi eux un seul ait concouru, alors surtout que nous savons que des souffrances physiques sont la seule cause de l’absence du plus rude de ces jouteurs.
- M. Désiré Lebrun, bien convaincu qu’avec un bon choix de matière et une attention soutenue pendant toute la durée du travail il était possible
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- d’obtenir, en France, des résultats semblables à ceux qui distinguent les excellents produits d’un rival étranger, a courageusement demandé une comparaison entre ses objectifs et ceux d’Allemagne. Nous le félicitons de sa hardiesse, puisqu’il a pu soutenir avantageusement la lutte pour certaines dimensions , et vous vous montrerez justes envers lui en l’associant à la distribution de vos récompenses.
- En sanctionnant toutes ces propositions , messieurs, vous aurez fait un judicieux emploi des sommes consacrées aux progrès de la photographie.
- Ce sera désormais dans les médailles que vous trouverez le moyen d’entretenir l’émulation entre tous ceux qui se livrent à un art par lui-même si plein d’attraits.
- Pourtant, deux propositions de prix ont paru encore indispensables pour hâter le développement complet de cet art si nouveau, savoir :
- 1° Un prix pour la fabrication de papier ou autres substances transparentes pour la reproduction des images négatives de la photographie à double opération sur papier ;
- 2° Un prix pour la fixation des couleurs.
- La solution de cet important problème, désormais démontrée possible par les travaux de M. Ed. Becquerel, n’en restera pas moins la découverte la plus extraordinaire et la plus admirable que l’homme ait jamais pu faire dans le livre des secrets de la nature.
- En résumé, nous avons l’honneur de vous proposer, sur la première question se reportant à la gravure photographique, de décerner à M. Niepce de Saint-Victor une médaille d’or de la valeur de 2,000 fr.;
- A M. Fizeau, une médaille d’or de 1,000 fr.;
- A M. Lepoitevin, une médaille d’argent de 500 fr. à prendre sur les fonds de la troisième question.
- Sur la deuxième question, concernant la photographie sur papier,
- A M. Blanquart-Êvrard, une médaille d’argent de 500 fr.;
- A M. Martens, une médaille d’argent de la même valeur.
- Sur la troisième question, perfectionnements divers,
- A M. Brebisson, une médaille d’argent de 500 fr.;
- A M. Bisson, une médaille d’argent de la même valeur ;
- A M. Thiéry, une médaille d’argent de 250 fr.;
- A M. Désiré Lebrun, une médaille d’argent de 250 fr.
- Signé Seguier , rapporteur.
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- PRIX PROPOSÉS.
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- ARTS MÉCANIQUES.
- Prix pour des améliorations à apporter dam la filature mécanique du lin.
- L’augmentation sensible du nombre des filatures de lin en France, la parfaite execution des métiers fournis par nos constructeurs, attestent un progrès réel. Cependant il faut reconnaître que les machines employées laissent encore à désirer sous certains rapports : elles sont beaucoup plus chères que celles qui sont en usage pour les autres matières filamenteuses ; elles absorbent plus de puissance mécanique pour arriver au même résultat. et la finesse des fils quelles peuvent produire est très-limitée ; celle-ci dépasse rarement le n° 40 métrique, et alors même le fil présente un caractère pelucheux, défavorable. Pour le coton, au contraire, il est facile d’obtenir des fils jusqu’au n° 160 et au-dessus, et l’aspect avantageux, c’est-à-dire la solidité, l’homogénéité et la netteté de la surface, va en augmentant dans le même rapport. On ne peut attribuer cette différence à la nature des matières premières, le travail à la main atteignant, pour le lin, des résultats supérieurs à ceux obtenus par les meilleures machines filant le coton aux n03 les plus élevés. Ce sont donc certaines parties du travail mécanique qui doivent être modifiées.
- La Société d’encouragement a déjà donné une preuve de sa sollicitude pour cette industrie à qui on peut promettre tant d’avenir, en appelant l’attention sur la question du rouissage et en distribuant des encouragements pour le peignage mécanique. Aussi les nouvelles méthodes de rouissage et les nouvelles machines à peigner sont-elles en pleine expérimentation , et ne tarderont-elles sans doute pas à se faire généralement adopter.
- Il reste à améliorer aujourd’hui la manière de pratiquer les étirages et les doublages, opérations qui succèdent aux préparations que nous venons de mentionner, et surtout les métiers à filer en fin. En effet, dans les filatures de lin, au lieu de former les rubans d’une manière continue, au moyen des couloirs et des machines à réunir, comme cela a lieu avec tant de succès dans les filatures de coton qui leur doivent leurs plus notables progrès depuis vingt ans, on reçoit encore les rubans dans des pots pour les porter d’une machine à l’autre, ce qui occasionne une perte de temps, des chances d’erreurs, plus de déchets, et donne des produits moins parfaits. Rien de sérieux cependant ne paraît s’opposer à ce que cette partie du travail soit modifiée pour le lin, comme elle l’a été pour le coton.
- Mais les principaux reproches faits à la filature mécanique du lin s’adressent aux métiers à filer. L’espèce de broyage ou d’assouplissage qu’on fait subir aux fibres réclame une puissance mécanique considérable, malgré la présence de l’eau chaude qui est elle-même une grave sujétion. L’inconvénient du duvet paraît également être une conséquence de l’action énergique que les cylindres des métiers exercent sur les fibres de la matière, pour les diviser à l’infini : or la tendance de celles-ci à se redresser perpendiculairement à l’axe est proportionnelle à leur nombre. Si l’on ne peut obtenir de grandes finesses, c’est encore au système de métier qu’il faut l’attribuer, le continu ou throstle anglais étant le seul dont on ait pu faire usage jusqu’ici. Tous les praticiens connaissent les obstacles que ce genre de machines présente à mesure qu’il faut augmenter le nombre de tours des broches pour donner une torsion convenable aux fils.
- Ces considérations déterminent la Société à proposer les deux prix suivants :
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- 1° Prix pour introduire les couloirs et les machines à réunir dans les filatures de lin.
- Une médaille d’or de la valeur de mille francs sera décernée au fîlateur de lin qui, le premier, aura supprimé les pots en usage pour les préparations, et les aura remplacés par les couloirs et les machines à réunir employés dans les filatures de coton, ou par tout autre moyen équivalent, de façon à ce que les préparations s’exécutent d’une manière continue, comme cela a lieu pour les filatures de coton.
- Cette modification devra être apportée à une filature se composant de deux assortiments au moins et avoir été appliquée sans interruption pendant trois mois.
- Le prix sera décerné , s’il y a lieu, dans la séance générale du second semestre de
- 1849.
- prix proposés pour l’année 1850.
- 2° Prix pour un nouveau métier à filer le lin.
- La Société d’encouragement propose un prix de la valeur de quatre mille francs pour celui qui aura appliqué un métier à la filature du lin pouvant produire des fils de parfaite qualité depuis le n° 10 jusqu’au n° 80 métrique au moins. Ce métier devra absorber moins de puissance mécanique que celui du système actuellement en usage. Le prix d’un assortiment nouveau ne devra pas dépasser celui qu’il doit remplacer, soit qu’on propose un métier d’un système complètement nouveau, soit que, par d’heureuses modifications dans les préparations ou dans le métier lui-même, on parvienne à se servir du mull-jenny. Le métier devra avoir fonctionné régulièrement pendant quatre mois au moins.
- Les concurrents devront adresser, avec les certificats constatant qu’ils ont rempli les conditions du programme, au moins huit échantillons différents de fils obtenus de dix en dix numéros, à partir du n° 10 jusqu’au n° 80.
- Le prix sera décerné , s’il y a lieu, dans la séance générale du second semestre de
- 1850.
- La Société se réserve d’accorder des médailles de prix à ceux des concurrents qui auraient le plus approché du but.
- 3° Prix pour une amélioration dans le tirage de la soie des cocons.
- Les divers éléments qu’embrasse l’industrie séricicole, tels que la plantation et la culture du mûrier, l’éducation des vers, les machines à tirer la soie des cocons , ont été, dans ces derniers temps, l’objet de nombreuses recherches. La Société d’encouragement a eu la satisfaction de publier et de récompenser les résultats les plus heureux qui en ont été la conséquence ; elle vient de nouveau signaler à l’attention des industriels un progrès à réaliser : il consiste à diminuer la quantité du déchet fait lors du tirage de la soie, et qu’on désigne sous les noms de bourrette et de frison. Ces deux produits inférieurs réunis s’élèvent moyennement au tiers environ de la soie du cocon qu’on obtient en fil continu : ainsi, si l’enveloppe en matière soyeuse de la chrysalide pèse 100, par exemple, et que les cocons soient de bonne qualité, le fîlateur en dévidera générale-
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- ment 70 en fil continu, qui constituent la soie grége, et 30 se composeront de résidus qui ne peuvent être dévidés : ceux-ci, comme on le sait, ne peuvent être utilisés que par une préparation spéciale, et leur valeur est bien moindre que celle de la soie grége ; ils ne conviennent qu’aux produits communs connus sous le nom d étoffés en bourre de soie ou fantaisie.
- Or il est incontestable que la soie grége et la bourre sont non-seulement de la même nature et de la même qualité, mais que l’insecte les file sans solution de continuité, et que, si l’on ne parvient pas à 1 en débarrasser de même, on doit l’attribuer 1° à l’irrégularité des points d’appui qu offrent les branchages des bruyères ou les arêtes vives des autres espèces de coconières, qui forcent le ver d’entre-croiser dans toutes les directions les fils des premières couches de son enveloppe, 2° à la manière dont on pratique généralement le battage et la purge pour enlever ces premières couches qui ne se prêtent pas au dévidage. Les habiles magnaniers de certaines parties de la Lombardie sont parvenus à diminuer notablement le déchet en substituant des copeaux aux bruyères. Les insectes choisissent ceux dont la forme se prêta le mieux à l’établissement des cocons; ils y filent comme ils le feraient dans l’intérieur d’un petit flacon. Cette méthode de faire travailler le ver a donc de plus l’avantage d’offrir des coconières à très-bas prix, et mérite, sous un double point de vue, d’être expérimentée. Quoi qu’il en soit, si, par ce moyen ou par une meilleure préparation, ou par les deux modifications réunies, on parvenait à rendre le dévidage des cocons presque complet, notre industrie s’enrichirait, chaque année, de plus de 50 millions.
- La Société d’encouragement ’ propose , en conséquence , deux prix de la valeur de trois mille francs chacun, l’un pour l’éducation des vers à soie, et l’autre pour le battage et la purge des cocons, pour celui ou pour ceux qui trouveront un moyen de tirer la soie des cocons sans faire un déchet, en bourrette et frison réunis, de plus de 10 pour 100 de la matière soyeuse. La qualité de la soie grége devra être au moins celle qu’on obtient par la méthode actuelle ; la quantité produite au minimum, 10 kilogrammes. Le procédé sera expérimenté sous les yeux des commissaires de la Société.
- La Société se réserve de décerner des médailles de prix à ceux des concurrents qui auraient le plus approché du but.
- Les prix seront distribués, s’il y a lieu, dans la séance générale du second semestre de 1850.
- Les concurrents déposeront au secrétariat de la Société, avant le 31 décembre 1849, un mémoire descriptif et des échantillons.
- 4° Prix pour l'amélioration des machines et des moyens employés dans le foulage des
- draps.
- L’opération du foulage est une des plus essentielles de la fabrication des draps ; elle est cependant restée stationnaire pendant bien longtemps. Les machines dont on se servait encore partout, il y a peu de temps, étaient ces anciens pilons hollandais déjà connus au moyen âge. Ce n’est que depuis ces dernières années qu’on eut l’idée, en Angleterre, de substituer l’action d’une pression continue, d’une espèce de laminage, en Quarante-septième année. Avril 18-48. 27
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- faisant passer l’étoffe entre les gorges de deux cylindres tournants, à celle du choc aller-ternatif qu’exerçaient les marteaux des moulins à fouler dont nous venons de parler. Mais les foulons cylindriques anglais présentaient plusieurs défauts graves, et n’auraient pu être propagés sans d’importantes modifications qui y ont été apportées par nos constructeurs et notamment par M. Benoît, de Montpellier, et MM. Valéry et Lacroix, de Rouen, qui eurent l’heureuse idée d’y combiner l’action de la percussion avec celle de la pression. M. Desplaces y réalisa tout récemment encore une amélioration en substituant , aux contre-poids ordinaires fixés à l’extrémité de bras de levier, et dont l’action résultante ne peut changer que par les soins du foulonnier, des ressorts presseurs disposés de telle sorte qu’elle varie spontanément suivant le besoin du travail, qui n’est plus exposé à l’imperfection par suite de la négligence de l’ouvrier.
- Nonobstant ces perfectionnements, la manière d’opérer laisse encore beaucoup à désirer : pour faire passer le drap entre les cylindres et sous le sabot, on est obligé de le replier plusieurs fois sur lui-même; les plis qui en résultent sont fixés par la pression et ne disparaissent que difficilement ; la durée de l’opération est généralement longue ; elle est d’ailleurs proportionnelle à la quantité de retraite que l’étoffe doit éprouver, et, par conséquent, à l’épaisseur et à la force qu’on veut atteindre. Cette durée est rarement au-dessous de cinq heures pour les étoffes légères ; pour la draperie corsée et fine, elle atteint souvent trente-six ou quarante heures.
- Quoique l’étoffe soit baignée d’une dissolution liquide, dans le but de hâter l’opération et de préserver le drap du fâcheux effet que l’action mécanique directe pourrait produire, il n’en résulte pas moins une certaine détérioration de la matière : la bourre qu’on peut recueillir après le travail et le froissement extraordinaire du duvet, que les apprêts ultérieurs doivent rétablir, en sont la preuve. A cet inconvénient et à la lenteur de l’action signalée tout à l’heure, il faut ajouter une puissance mécanique assez considérable absorbée par le travail ; la nécessité de sortir plusieurs fois l’étoffe des machines pour la remanier, afin de faire disparaître les plis et pour examiner si l’action s’effectue régulièrement ; enfin les déchirures assez fréquentes auxquelles le drap est exposé. La disparition complète de ces inconvénients rendrait un service signalé à l’industrie. Peut-être le problème serait-il plus promptement résolu si l’on ne se préoccupait pas exclusivement des organes mécaniques, comme on a paru le faire jusqu’ici ; ceux-ci, il est vrai, paraissent susceptibles de modification , car c’est de leur forme que dépend la disposition à donner à l’étoffe pendant le travail, et celle-ci a elle-même une grande influence sur les résultats, comme on peut s’en assurer par la construction des machines à produire le drap-feutre. Mais l’action des liquides employés dans le foulage, dont on n’a pas tenu assez compte jusqu’à présent, n’est pas moins importante, et paraît digne de la plus sérieuse attention. La chimie peut fournir des corps dont les dissolutions pourraient remplacer avec avantage celles qui sont en usage. Le tartre rouge, entre autres, paraît avoir été essayé dans certains cas avec succès. L’emploi de la vapeur appliquée à certaines périodes de l’opération pourrait aussi favoriser et activer le travail.
- La Société serait heureuse, si par ces indications elle pouvait faciliter les recherches, et contribuer à faire mériter le prix de deux mille francs qu’elle propose pour la construction
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- d’une machine à fouler, ou pour une nouvelle manière d’opérer pour toute espèce de draperies, dont le foulage ne devra rien laisser à désirer sous le rapport de la perfection. La durée du travail devra être diminuée de moitié au moins, comparée a celle qui est nécessaire actuellement ; la puissance mécanique ne devra, dans aucun cas, dépasser celle qui est employée aujourd hui avec les meilleures machines. Le foulage devra avoir lieu d’une manière continue, sans exposer l’étoffe à des déchirures ou tares quelconques , ni à des plis susceptibles de laisser des traces, ni enfin aux remaniements, qui occasionnent des pertes de temps et un refroidissement du drap et de la machine nuisibles à l’opération. La dépense pour le foulage ne devra pas excéder celle qu’il occasionne aujourd’hui.
- La machine devra avoir foulé cinquante pièces entières de drap et sera expérimentée sous les yeux des commissaires de la Société.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, dans la séance générale du second semestre de 1850.
- La Société se réserve de décerner des médailles de prix à ceux des concurrents qui auraient le plus approché du but.
- Les concurrents déposeront au secrétariat de la Société, avant le 31 décembre 1849 , un mémoire descriptif et des échantillons.
- AGRICULTURE. — PRIX RELATIFS AUX PRAIRIES.
- 5° Prix de 1,000 fr. pour la meilleure méthode de consommation des pâturages relativement à l’alimentation des bêtes à lait.
- Parmi les moyens de faire consommer l’herbe des prairies on peut citer
- 1° Le pâturage en liberté.
- L’herbe alors ne se trouve pas régulièrement consommée : les animaux font un choix qui nuit à l’uniformité de la végétation ultérieure ; les excréments inégalement répartis produisent, çà et là, des touffes d’herbes élevées, moins appétissantes pour les animaux qui laissent sécher ces touffes sur pied, tandis qu’en d’autres endroits le défaut de fumure occasionne, au contraire , une végétation trop grêle. On peut diminuer ces inconvénients par l’emploi de clôtures fixes ou mobiles et la précaution d’étendre journellement les excréments solides ; mais on accroît, en même temps, la dépense de main-d’œuvre.
- 2° Le pâturage à l’attache dit au piquet.
- Cette méthode semble économique de fourrage ; on lui reproche d’être dispendieuse de main-d’œuvre, de causer parfois des accidents II s’agit donc de balancer ses avantages et ses inconvénients.
- 3° Enfin la consommation à l’étable.
- Dans ce cas, les frais de main-d’œuvre, de transport du fourrage jusqu’aux écuries et du fumier sur les champs constituent évidemment une dépense assez forte et variable suivant les circonstances locales.
- La Société d’encouragement désire qu’un parallèle soit établi entre ces différentes méthodes et toute autre qui pourrait être plus avantageuse ;
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- PRIX PROPOSÉS.
- Que la discussion soit basée sur des expériences authentiques.
- Les concurrents, soit qu’ils se bornent à comparer les méthodes usitées, soit qu’ils indiquent des perfectionnements à l’une ou à l’autre de ces méthodes, devront démontrer quelle est celle qui mérite la préférence, parce qu’elle donnerait le maximum de produit net, c’est-à-dire que pour une superficie donnée de terrain, d’un demi-hectare au moins, elle nourrirait le plus grand nombre d’animaux sans diminuer le rendement en lait de chacun d’eux et sans que des frais plus considérables vinssent compenser l’accroissement de produit.
- On tiendra compte de l’influence de la méthode sur l’entretien du bon état du pâturage, sur le développement de la fertilité du sol, sur la régularité de la végétation et sur la qualité des herbages.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, dans la séance générale du deuxième semestre
- de 1850.
- 6° Prix de 1,500 fr. pour les moyens d'obtenir le maximum de lait d’une consommation donnée d'aliments.
- La plupart des considérations que nous venons de développer relativement à l’engraissement des animaux peuvent s’appliquer à la formation économique du lait ; les concurrents devront donc se préoccuper des soins hygiéniques, et avec d’autant plus de raison que l’alimentation aqueuse qui convient à la production du lait, la température tiède de cette nourriture, notamment en hiver et pour les animaux tenus à l’étable, peuvent affaiblir l’organisme. Certains nourrisseurs, parmi les plus habiles, combattent ces influences à l’aide d’une dose de sel, variant de 30 à 60 grammes par jour, donnée à chaque vache.
- Les animaux, dans les circonstances précitées, de même que ceux que l’on nourrit et que l’on engraisse avec les résidus chauds des distilleries de grains, semblent plus impressionnables aux courants d’air et sujets à des affections des organes respiratoires.
- La Société verrait avec plaisir que toutes ces influences fussent étudiées par des observations directes.
- La nourriture qui provoque l’engraissement peut aussi déterminer une plus abondante production du lait ; l’un des effets exclut l’autre en général, et chacun sait que le lait tarit lorsqu’une vache, bonne laitière jusque-là, commence à engraisser d’une manière notable.
- Certains aliments, riches en principes gras, peuvent communiquer au lait une partie de l’odeur des matières huileuses ; tels sont la plupart des tourteaux qu’on ne doit employer qu’avec ménagement ; le tourteau de sésame ne paraît pas avoir cet inconvénient.
- Les prairies naturelles de quelques localités semblent avoir le privilège de fournir à la fois une production abondante de lait et un lait riche en principes azotés et bu-tyreux. Toutes ces observations pratiques peuvent guider les concurrents vers le choix d’une alimentation convenable au but proposé. D’ailleurs, leur étude approfondie expérimentalement pourrait mériter, à ceux qui n’auraient pas résolu le problème princi-
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- pal, les médailles d’or, de platine, d’argent ou de bronze que la Société se réserve de decerner à l’occasion des concours.
- En résumé, la question à résoudre consiste à déterminer expérimentalement l’ensemble des moyens qui, pour une consommation donnée d’aliments, donneraient lieu à la production maximum de lait ramenee a une richesse normale.
- Les concurrents devront donc tenir compte des proportions de substance sèche et, dans celle-ci, de la matière grasse contenue par litre ou toute autre unité de mesure du lait obtenu, et comprendre ces données dans l’énoncé des résultats.
- Les expériences devront porter sur six vaches au moins, et leurs résultats présenter une authenticité irrécusable.
- Le prix sera décerné en 1850.
- 7° Prix de 1,500 fr. pour l’indication d’un ensemble de moyens propres à fournir l'engraissement maximum relativement à une consommation donnée d’aliments.
- On sait que les animaux préparés à l’aide de soins hygiéniques convenables et d’une ration suffisante pour leur entretien et leur développement peuvent, à un moment donné, recevoir des doses plus élevées de nourriture, et faire tourner cet excès de nourriture au profit de leur engraissement.
- Les conditions à remplir pour résoudre le problème consistent à développer d’abord l’aptitude à l’engraissement, puis à employer, dans les meilleures conditions, des mélanges de nourriture tels que les fonctions de la respiration, de l’entretien et du développement, soit des muscles, soit des sécrétions adipeuses, s’accomplissent avec économie.
- En général, l’engraissement rapide utilise mieux la nourriture en excès sur la ration d’entretien, et cette dernière, qui constitue une dépense journalière constante, étant moins prolongée, devient moins dispendieuse.
- Très-généralement aussi, on favorise l’engraissement en ajoutant et augmentant, par degrés, jusqu’à un certain terme, les aliments riches en matières grasses, tels que les tourteaux de graines oléagineuses, le maïs, l’avoine, le son de froment. Il s’agit de déterminer la nature et les doses de ces mélanges qui peuvent réaliser l’engraissement le plus économique.
- La Société impose aux concurrents l’obligation de déterminer expérimentalement les conditions diverses qui rendront l’engraissement plus économique en faisant produire sous ce rapport le maximum d’effet à la nourriture employée.
- Les concurrents pourront Baser leurs expériences et leur discussion sur des faits déjà connus, pourvu qu’ils précisent tellement les conditions des procédés à suivre, qu’il ne reste aucune incertitude sur l’application de la méthode : les expériences devront porter au moins sur quinze bêtes de la race ovine ou sur quatre animaux de la race bovine ; les résultats seront constatés par la balance ; enfin la Société se réserve de répéter les essais dans le cas où ils laisseraient quelque incertitude.
- Le prix sera décerné en 1850.
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- PRIX RELATIFS AUX BESTIAUX.
- 8° Prix pour le meilleur mémoire sur l’histoire critique et raisonnée de la production chevaline dans une ou plusieurs régions de la France.
- Pénétrée de l’importance de la production chevaline tant au point de vue agricole et industriel qu’au point de vue de la défense du territoire national, et vivement frappée de l’état où se trouve cette production malgré les efforts du gouvernement, la Société d’encouragement, convaincue que la connaissance du remède ne peut venir que d’une connaissance approfondie du mal, fait un appel aux hommes spéciaux en les engageant à lui apporter le tribut de leurs lumières. Dans ce but elle décernera, en 1850, deux prix, l’un de 1,000 fr. et l’autre de 500 fr., pour Y histoire critique et raisonnée de la production chevaline, dans une ou plusieurs régions de la France.
- Cet historique comprendra un laps de temps plus ou moins long et s’appliquera surtout aux essais d’amélioration par les divers systèmes ; il sera suivi d’un exposé de l’état actuel des choses.
- Sans exclure les faits isolés, la Société croit cependant devoir recommander aux auteurs de ne s’attacher, avant tout, qu’aux faits généraux, à ce qui se passe chez la masse des producteurs.
- PRIX RELATIFS AUX ENGRAIS.
- 9° Prix de 3,000 fr. pour le meilleur mémoire sur l’analyse complète des engrais usuels.
- Chacun sait, aujourd’hui, que les engrais doivent rendre au sol les substances que les récoltes lui enlèvent.
- Afin de connaître la valeur des engrais et de pouvoir apprécier leur influence spéciale , il faut donc déterminer les matières organiques et inorganiques qui les composent. Parmi les premières, il convient de constater les proportions des substances azotées , d’indiquer, en outre, leur altérabilité plus ou moins grande et leur volatilité que peut déterminer l’emploi de matièies absorbantes ou d’agents chimiques propres à les fixer. Il est utile de tenir compte de la présence des principes capables de ralentir la décomposition , par exemple, de l’huile restée dans les tourteaux, du tanin dans les cuirs, du charbon dans les résidus des raffineries, noirs animalisés, etc.
- Pour les terrains habituellement trop secs, la propriété de retenir l’eau est utile et doit être constatée expérimentalement; il serait, en outre, de la plus haute importance de connaître , dans chaque localité, les amendements ou engrais minéraux qui pourraient venir en aide soit aux fumiers, soit aux engrais manufacturés. Cependant la Société n’impose pas aux concurrents un pareil travail : il doit être achevé ailleurs.
- La Société sait, en effet, qu’une commission prise parmi les professeurs du Conservatoire des arts et métiers (1) est chargée d’analyser tous les amendements appelés marnes, recueillis sur les différents points de la France par les soins de la Société nationale et centrale d’agriculture.
- (1) Cette commission est composée de MM. Boussingaull, Moll, Morin, Payen et Péligol.
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- Le concours ouvert par la Société d’encouragement se trouvait donc ainsi tout naturellement préparé ; il devait avoir pour but, il aura sans doute pour résultat, de compléter en temps opportun les mesures dont M. le ministre de l’agriculture et du commerce entend assurer la réalisation dans 1 intérêt des progrès de .1 agriculture en France.
- Les mémoires qui parviendront à la Société seront comparés entre eux sous les différents rapports précités. Le mémoire le plus complet méritera le prix; des médailles de divers ordres pourront être décernées à ceux des concurrents qui auraient plus ou moins approché du but sans 1 atteindre.
- Le prix sera décerné en 1850.
- PRIX RELATIFS AUX PLANTES FÉCULENTES.
- 10° Prix de 10,000 fr. pour la culture, en France, de racines alimentaires farineuses non cultivées en Europe jusqu à présent, et pouvant, par la quantité et la nature de leurs produits, se substituer en partie à la pomme de terre.
- L’importance de varier la nature des plantes alimentaires qui font partie de la grande culture doit faire sentir l’utilité de l’introduction d’espèces nouvelles qui puissent concourir, avec les céréales et la pomme de terre, à l’alimentation de l’homme.
- Plusieurs plantes à racines tuberculeuses remplissent cette destination dans divers pays éloignés; les unes étant soumises déjà à la culture peuvent être mieux appréciées, les autres recueillies à l’état sauvage s’amélioreraient peut-être beaucoup par la culture.
- Parmi les premières, on doit citer spécialement l’aracaeha ( aracacha esculenta de de Candolle, apio des Espagnols de la Nouvelle-Grenade ). Les renseignements sur la culture de cette plante, fournis par MM. Boussingault et Goudot, donnent lieu d’espérer qu’elle pourrait être cultivée avec succès dans diverses parties de la France ; l’abondance de son produit dans les parties tempérées de la Nouvelle-Grenade et sa richesse en fécule en feraient une acquisition précieuse pour l’agriculture.
- On pourrait encore citer plusieurs plantes tuberculeuses cultivées à la Chine, à Manille , etc., telles que les dolichos bulbosus et trilobus ( pachyrhizus angulatus et trilo-bus de de Candolle ) ; mais la nature de leurs produits est trop peu connue pour qu’on puisse affirmer qu’elles mériteraient d’être introduites.
- Plusieurs plantes sauvages de l’Amérique septentrionale produisent des tubercules qui servent à la nourriture des Indiens ; telles sont les psoralea esculenta et hypogœa ( pommes ou navets de prairie des voyageurs canadiens ), le lewisia rediviva (spetlum des Indiens ) , le quamash ( phalangium quamash de Pursh ). Celles de ces racines qui sont essentiellement amylacées pourraient, par la culture, fournir un aliment important.
- En général, la Société croit devoir exiger que les plantes qui seraient présentées au concours pour le prix proposé soient riches en fécule, susceptibles, par cette raison, d’une conservation plus facile et d’applications industrielles lorsqu’elles ne serviraient pas directement à l'alimentation de l’homme ou des animaux, qu’elles puissent, en un mot, offrir des avantages analogues à ceux de la pomme de terre et de la patate.
- La culture de ces plantes nouvelles devrait avoir eu lieu sur une échelle assez grande
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- pour qu’on fût assuré de son succès ; elle devrait avoir duré pendant deux ou trois ans sur une étendue qui, la dernière année, aurait été d’au moins 10 ares, portant mille pieds ou plus de la plante nouvelle et ayant produit au moins 2,000 kilogr. de racine fraîche.
- Les concurrents qui, sans obtenir des résultats aussi complets , auraient cultivé avec succès, mais sur une moindre échelle, des plantes à racines farineuses qui annonceraient pour l’avenir une culture avantageuse, ou qui auraient introduit et cultivé des racines alimentaires nouvelles, mais non farineuses, pourront obtenir des médailles dès que la Société se sera convaincue par elle-même de la réalité des faits qu’ils auront portés à sa connaissance.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, dans la séance générale du second semestre de 1853.
- 11° Prix de 3,000 fr. pour un appareil propre à opérer le découpage et la dessiccation
- de la betterave dans les fermes.
- Au nombre des importantes questions relatives à l’industrie sucrière sur lesquelles la Société appelait, en 1838, l’attention publique, se trouvait un prix de la valeur de 4,000 fr. à décerner à celui qui ferait connaître le meilleur procédé pour opérer la dessiccation de la betterave dans les fermes ; ce prix n’a pas été remporté.
- L’intérêt que présente la solution de cette question décide la Société à rétablir ce prix sur ses programmes. La dessiccation de la betterave est le seul moyen connu, jusqu a ce jour, de préserver la matière sucrée qu’elle contient d’une altération incessante et rapide ; mais la Société pense que cette opération , pour être avantageuse, doit être exécutée sur les lieux mêmes de la culture de cette plante. Transformer la betterave en une denrée susceptible d’être transportée au loin, pour être exploitée en temps opportun dans les localités favorisées par l’abondance du combustible et par la proximité des centres de consommation, séparer la culture de la betterave de la fabrication du sucre, faire que cette culture devienne avantageuse dans toutes les localités en facilitant l’écoulement de ses produits, qu’ils soient destinés à la fabrication du sucre ou à la nourriture des bestiaux, tel est le but que la Société se propose d’atteindre.
- En conséquence, elle propose un prix de la valeur de 3,000 fr. à celui qui fera connaître le meilleur appareil propre à opérer le découpage et la dessiccation de la betterave dans les fermes, sans altération de sa matière sucrée.
- Le prix sera délivré en 1850.
- 12° Prix pour la culture des maïs précoces.
- La culture du maïs, introduite dans le midi de l’Europe vers le milieu du xvie siècle, est devenue une source de prospérité pour les contrées où elle s’est établie. Peu de plantes, en effet, parmi celles que la Providence a spécialement appropriées aux besoins de l’homme, offrent, au même degré que celle-là, l’abondance réunie à l’utilité des produits Aussi la pensée d’étendre, s’il était possible, à la France entière les bienfaits de sa culture a-t-elle vivement préoccupé plusieurs de nos meilleurs agronomes, parmi lesquels on doit, surtout, citer Parmentier. Leurs conseils , cependant, non plus que les efforts
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- tentés, de loin en loin, par les sociétés agricoles, n’ont eu que de faibles résultats ; la production en grand du maïs s’est très-peu étendue depuis un demi-siècle au delà des limites qu’elle axait alors.
- Le peu de succès de ces tentatives doit etre attribue , surtout, a ce qu elles ont porté sur le grand maïs ordinaire, dont les variétés, trop tardives pour nos provinces du nord, n’y acquièrent que difficilement leur maturité. Il n’est pas douteux qu’en s’attachant, au lieu de celles-là, aux variétés précoces, dont l’aptitude à mûrir sous le climat de Paris a été constatée par de nombreux essais, une grande partie des régions moyenne et septentrionale de la France ne pût trouver dans cette excellente plante des avantages sinon égaux à ceux qu’elle offre dans les contrées plus méridionales, du moins très-importants encore.
- Plus que jamais, aujourd’hui, il importe de redoubler d’efforts pour atteindre ce but. L’altération des produits de la pomme de terre, depuis deux ans, fait sentir vivement la nécessité d’augmenter, dans le système agricole des départements du Centre et du Nord, le nombre des plantes susceptibles de venir en aide, et au besoin , en remplacement de celle-ci, surtout de ces espèces qui, applicables en tout à la nourriture et à l’engraissement du bétail, peuvent, dans les années difficiles, fournir, pour ainsi dire instantanément, un grand supplément de ressources pour la subsistance publique. Le maïs satisfait à cette double condition : éminemment propre à créer de la viande si on lui donne cette destination, son grain ne l’est pas moins à fournir immédiatement à l’homme une nourriture parfaitement bonne.
- Déterminée par ces considérations et désirant contribuer à la solution d’une question pratique d’un aussi grand intérêt pour le pays, la Société d’encouragement a décidé de proposer, pour la culture des mais précoces, les deux prix dont les programmes sont énoncés ci-après.
- Le premier de ces concours est la conséquence naturelle et l’application immédiate des considérations qui viennent d’être présentées ; le second se fonde particulièrement sur les motifs suivants.
- Les variétés précoces du maïs, cultivées en France, ne sont ni nombreuses ni d’un emploi à beaucoup près général ; par cette raison, aussi, elles ne sont pas connues d’une manière bien précise. Il en existe, indépendamment de celles-là, un certain nombre d’autres dans les diverses contrées où la culture du maïs est ancienne et générale, mais les notions à leur sujet sont encore plus incomplètes. Or, pour augmenter les chances de succès de cette céréale dans le Nord, pour que sa production y devienne aussi profitable que possible, il importe beaucoup de faire choix des meilleures variétés, sous le double rapport du produit et de la précocité. Il faut donc d’abord les étudier, pratiquement et comparativement, afin d’arriver à leur connaissance précise. C’est dans ce but que la Société a proposé le second sujet du concours.
- A décerner en 1849.
- Des médailles de la valeur de 100 fr. chacune seront réparties entre les concurrents qui, dans un canton où la culture en grand du maïs n’est pas pratiquée, auront cul-Quarante-septième année. Avril 1848. 28
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- tivé et récolté à maturité 1 hectare, au moins, de l’une des variétés précoces de ce grain , telle que celle dite maïs quarantain, ou toute autre analogue.
- Les concurrents devront faire connaître
- 1° L’étendue du terrain employé à cette culture, sa nature et son exposition ;
- 2° La quantité du produit obtenu;
- 3° L’époque de l’ensemencement et celle de la récolte ;
- k° Le nom et le lieu d’origine de la variété employée ;
- 5° Le rendement ordinaire, en froment ou en «seigle, des terres de même nature et de même qualité que celle où aura été faite l’expérience.
- Ces renseignements devront être constatés par un certificat de la Société d’agriculture ou du comice agricole le plus voisin ; ils seront accompagnés d’échantillons de la récolte, consistant en trois tiges entières portant leurs épis, et douze épis détachés.
- A décerner en 1850,
- Un prix de la valeur de 500 francs pour la culture comparative, pendant deux années , dans un canton où la production en grand du maïs n’est pas habituelle, de plusieurs variétés précoces de ce grain, dont le nombre devra être de trois au moins.
- ( A mérite égal, le prix sera décerné au concurrent qui aura étendu cette comparaison au plus grand nombre de variétés. )
- L’étendue ensemencée devra être de 5 ares au moins pour chaque variété. Toutes seront placées dans des conditions semblables de terrain, d’exposition et de culture Les concurrents devront rendre compte, dans un mémoire,
- 1° Des époques d’ensemencement et de maturité de chacune des variétés;
- 2° De leur produit respectif;
- 3° Des différences qu’ils auront observées dans la végétation, les caractères extérieurs et les qualités de chacune.
- L’expérience et ses résultats devront être constatés par les autorités locales.
- Aux pièces à produire seront joints des échantillons de la récolte des deux années, consistant, pour chacune, en trois tiges portant leurs épis, et douze épis détachés de chaque variété.
- 13° Prix de 500 fr. pour la production d’une nouvelle variété de mais réunissant la précocité des maïs dits quarantains, avec un produit plus considérable se rapprochant de celui des gros maïs.
- Les maïs précoces dont le développement et la maturation ont lieu dans un court intervalle sont les seuls qu’on puisse espérer de cultiver avec succès dans le nord de la France ; mais ces maïs sont beaucoup moins productifs que les autres.
- Par un choix judicieux des porte - graine , par des fécondations croisées ou par un mode de culture convenable, on peut espérer de créer une race de maïs précoce plus productive que celles que l’on possède jusqu’à ce jour.
- Le prix sera décerné en 1852.
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- 14® Prix pour la culture des haricots.
- De toutes les semences farineuses, après les blés, les haricots sont, sans nul doute, une des plus généralement utiles à cause de leur qualité essentiellement nutritive; aussi sont-ils devenus, partout où le climat favorise leur production, soit dans les champs, soit dans les jardins, l’objet de cultures fort importantes.
- Dans le but que se propose la Société d’encouragement, l’extension de la culture des plantes légumineuses, du genre haricot (phaseolus ), ne pouvait manquer de fixer son attention.
- Le haricot donne lieu à de grandes cultures; il se garde plusieurs années dans un lieu sec sans perdre ses qualités, et il entre dans les grands établissements et dans la marine comme un des plus précieux approvisionnements. Ses usages économiques sont nombreux et n’ont pas besoin d’être rappelés.
- Les cultivateurs divisent les haricots en haricots à rames et haricots nains ; ses nombreuses variétés font espérer que sa culture pourra être étendue dans les parties de la France où jusqu’ici elle a été peu usitée, et des essais de culture comparative de plusieurs de ces variétés sont de nature à amener des résultats profitables à l’augmentation de nos ressources alimentaires.
- Déterminée par ces considérations, la Société d’encouragement propose les prix suivants, savoir;
- 1° Des médailles de la valeur de 100 francs chacune à répartir entre les concurrents qui, dans un canton où la culture en grand du haricot n’est pas pratiquée, auront cultivé et récolté à maturité un demi-hectare au moins de l’une des variétés de haricots.
- Les concurrents devront faire connaître
- 1° L’étendue du terrain employé à cette culture, sa nature et son exposition;
- 2° L’époque de l’ensemencement et de la récolte;
- 3° La quantité de produit obtenue ;
- 4* Le nom et le lieu d’origine de la variété employée ;
- 5° Le rendement ordinaire , en froment ou en seigle , des terres de même nature et de même qualité que celle où aura été faite l’expérience.
- Ces renseignements devront être constatés par un certificat de la Société d’agriculture ou du comice agricole le plus voisin ; ils seront accompagnés d’échantillons de la récolte.
- Ces médailles seront distribuées en 1849.
- 2° Quatre prix de la valeur de 500 francs chacun seront décernés en 1850, pour la culture comparée, pendant deux années, dans un canton où la production en grand du haricot n’est pas habituelle, de plusieurs variétés de cette plante légumineuse, dont le nombre devra être de trois au moins. ( A mérite égal, le prix sera décerné au concurrent qui aura étendu cette comparaison au plus grand nombre des variétés. )
- L’étendue ensemencée devra être de 5 ares au moins pour chaque variété. Toutes seront placées dans des conditions semblables de terrain, d’exposition et de culture.
- Les concurrents devront rendre compte, dans un mémoire,
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- PRIX PROPOSÉS.
- 1° Des époques d’ensemencement et de maturité de chacune des variétés ;
- 2° Des différences diverses qu’ils auront observées dans la végétation, les caractères extérieurs et les qualités de chacune ;
- 3° La quantité obtenue de chaque espèce.
- L’expérience et les résultats devront être constatés par la Société d’agriculture ou le comice agricole les plus voisins.
- A l’envoi des pièces seront joints des échantillons de la récolte de deux années, en grains et avec les gousses.
- PRIX RELATIFS A LA CONSERVATION DES SUBSTANCES ALIMENTAIRES.
- 15° Prix de 500 francs pour la conservation du lait.
- Malgré toutes les tentatives qu’on a faites pour assurer la conservation et le transport du lait, aucun bon procédé n’a été donné pour résoudre cette question que la multiplicité et la rapidité des voies de communication rendent, chaque jour, plus importante.
- La Société propose un prix de la valeur de 500 francs à décerner, en 1850, à celui qui fera connaître un procédé propre à conserver le lait pendant un voyage de dix jours, dans la saison d’été. Le lait, après cette épreuve, devra fournir un beurre de bonne qualité.
- 16° Prix de 500 francs pour la conservation des œufs.
- Plusieurs procédés sont déjà mis en pratique pour assurer la conservation des œufs ; mais ces procédés laissent à désirer. L’emploi de l’eau de chaux donne de bons résultats ; mais les œufs, ainsi conservés , ne peuvent supporter le transport sous peine de subir une prompte décomposition : ils doivent être employés peu de temps après qu’ils sont extraits du liquide conservateur. La coagulation d’une légère couche de l’albumine de l’œuf, au moyen de la vapeur d’eau, ne fournit point de résultats constants, à cause de l’impossibilité où l’on est de connaître le moment précis où l’opération doit être arrêtée. La cire, répandue à la manière d’un vernis sur la surface de l’œuf, paraît assurer sa conservation ; mais ce procédé est coûteux et d’un emploi peu commode. Le procédé chinois, qui consiste à imprégner les œufs d’une dissolution de sel marin , change entièrement la nature de cet aliment en y introduisant une forte proportion de sel.
- La Société décernera, en 1850, un prix de la valeur de 500 francs à celui qui fera connaître un procédé nouveau et peu coûteux pour assurer, pendant une année, la conservation des œufs.
- 17° Prix de 500 francs pour la conservation des fruits.
- Beaucoup de procédés ont été indiqués dans le but de prolonger, jusqu’à l’hiver, la conservation des fruits ; aucun n’a donné des résultats satisfaisants.
- La Société décernera , en 1850 , un prix de la valeur de 500 francs à celui qui fera connaître un procédé nouveau et peu coûteux pour conserver, jusqu’après la saison d’hiver, des fruits qu’on ne conserve pas sans qu’ils perdent les qualités qu'ils possèdent dans leur état de fraîcheur et de maturité.
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- 18° Prix de 500 francs pour la conservation des légumes.
- En dehors de la dessiccation , de la salaison et de l’emploi du vinaigre, le seul procédé efficace qu’on emploie pour conserver les légumes est le procédé à'Appert.
- La Société pense qu’il est possible d’assurer la conservation des légumes sans qu’il soit nécessaire d’avoir recours à l’emploi coûteux de vases hermétiquement fermés.
- Elle propose un prix de la valeur de 500 francs qu’elle décernera, en 1850, à celui qui fera connaître un procédé nouveau et peu coûteux pour conserver les legumes pendant une année, sans changer leur saveur à 1 état frais.
- 19° Prix pour la conservation de la viande dans nos climats, pendant une année, sans recourir au fumage ni à la salaison.
- L’insuffisance des procédés qu’on emploie pour conserver la viande fait, depuis longtemps, désirer des moyens plus efficaces pour assurer à cette substance alimentaire par-excellence une plus longue et plus complète conservation. La solution de cette importante question aurait pour résultat d’abaisser le prix de la viande, d’en augmenter la consommation, de la mettre à la portée de toutes les classes de la société.
- Les seuls procédés dont on fasse usage pour conserver les viandes sont la salaison, le fumage et la méthode d’Appert.
- La salaison et le fumage modifient profondément les conditions alimentaires des substances auxquelles ils s’appliquent.
- La méthode d'Appert donne d’excellents résultats ; elle rend journellement à l’économie domestique, à l’industrie, à l’hygiène de très-grands services ; mais elle augmente dans une trop forte proportion le prix des substances qu’elle conserve pour atteindre le but que la Société se propose.
- Une foule d’autres procédés ont été indiqués ou mis en œuvre pour assurer la conservation de la viande : on a proposé de la dessécher à des températures plus ou moins élevées, après l’avoir recouverte d’une couche de jus ou de gélatine, ou bien de gélatine et de tanin. Ces procédés, qui paraissent donner des résultats satisfaisants, ont probablement beaucoup de rapports avec ceux qu’employait Villaris il y a un demi-siècle ; un morceau de viande, préparé par eet inventeur, a été vu pendant de longues années, dans le laboratoire de à'Arcel père, dans un excellent état de conservation.
- Les détails du procédé Villaris ont été perdus, et, quoique la Société d’encouragement ait maintenu pendant longtemps sur ses programmes un prix dans le but d'arriver à ies mettre en lumière, ils n’ont point été retrouvés. Les essais et les résultats, consignés par MM. Dizé et d'Arcet dans les Bulletins de la Société, aideront sans doute à retrouver les détails d’exécution de ce procédé.
- Indépendamment des méthodes de conservation qui reposent sur la dessiccation préalable de la viande et sur l’emploi de différentes substances qui, répandues à sa surface, l’abritent du contact de l’air, on a proposé de la préserver de toute altération à l’aide de substances réputées antiputrides, telles que le charbon, le tanin, la noix de galle, le houblon, le cachou, le quinquina, l'ail, le poivre, etc.
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- L’efficacité de ces procédés n’est nullement démontrée. En 1740, Haies proposait de conserver les viandes fraîches en injectant dans les vaisseaux une dissolution de sel marin. M. Gannal a employé récemment de la même manière une dissolution de chlorure d’aluminium.
- Pénétrée de toute l’importance des questions relatives à la conservation de la viande, la Société propose un prix de la valeur de 2,000 francs, qu’elle décernera, en 1850, à celui qui conservera la viande, dans nos climats, pendant une année sans altérer sa saveur, sans recourir, par conséquent, au fumage ou à la salaison.
- PRIX RELATIFS AUX CULTURES INDUSTRIELLES.
- 20° Prix pour l’introduction d’un nouvel insecte capable de fournir une soie propre
- aux usages de l’industrie.
- La France produit une grande quantité de soie, et néanmoins l’heureux développement des industries fondées sur l’emploi de cette substance exige une importation annuelle de soie étrangère qui ne s’élève pas à moins de 40 millions de francs. Il y a donc là une large prime offerte au travail national.
- Pourtant les efforts tentés pour transporter la culture du mûrier et l’éducation du ver à soie dans les parties centrales de la France n’ont eu, jusqu’ici, qu’un résultat plus ou moins certain, et si l’on remarque, d’autre part, que les mûriers cultivés dans le Midi ne prospèrent dans le même sol que pendant un demi-siècle , et que leur culture paraît aujourd’hui s’être étendue sur toutes les terres qui pouvaient y être appliquées, on peut craindre que les ressources de la France pour la production de la soie n’aient pas une base aussi assurée pour l’avenir qu’on aurait le droit de le souhaiter.
- En conséquence, la Société propose un prix de la valeur de 3,000 fr. qui sera décerné à celui qui trouvera le moyen de doter le nord de la France d’une production de soie analogue à celle dont jouit le midi; elle espère qu’on en trouvera les éléments dans l’éducation de quelques insectes propres à la Louisiane.
- Le genre bombyx se compose de beaucoup d’espèces dont les chenilles construisent leurs cocons uniquement avec de la soie, sans associer à leur fil aucun corps étranger ; leurs cocons sont donc des cocons de pure soie. Le bombyx mori, c’est-à-dire le ver à soie ordinaire, occupe le premier rang parmi les espèces ainsi caractérisées, tant par la pureté et la finesse de sa soie que par son abondante exploitation.
- Néanmoins le bombyx mysitta donne une soie exploitée depuis longtemps dans les Indes orientales.
- L’Amérique septentrionale possède plusieurs espèces dont la soie est employée soit après la filature, soit par un simple cardage des cocons.
- Audouin a prouvé que le bombyx cecropia de la Louisiane peut être élevé facilement en France, où il se nourrit des feuilles du prunier et en particulier des feuilles du prunus communis ou du prunus spinosa: Plusieurs éducations poursuivies avec succès, des cocons filés d’une manière satisfaisante, la solidité et la pureté de la soie obtenue ,
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- tout prouve que le nouveau ver à soie peut réussir en France, et qu’il peut fournir un nouvel aliment à notre industrie.
- La Société indique aux concurrents le travail d’Audouin, parce qu’il se rapporte à une espèce dont le cocon est très-volumineux, dont la soie est très-belle et très-solide , et dont l’aliment est emprunté à un arbre d’une culture facile dans nos départements les plus froids ; cependant elle ne fait pas de ce choix une condition exclusive , et elle accordera le prix qu’elle propose a la personne qui aura fait deux éducations consecutives d’un nouveau ver à soie, propre à être élevé dans le centre et le nord de la France, avec des feuilles d’une plante bien connue pour résister au climat de ces régions, et qui, dans l’éducation de la seconde année, aura obtenu au moins 25 kilogr. de soie filée.
- Le prix sera décerné , s’il y a lieu, dans la séance générale du second semestre de 1850.
- 21° Prix pour la destruction d’un insecte, vulgairement appelé' /'écrivain, qui cause de grands dommages dans les vignes.
- Vécrivain est un petit insecte de la grosseur de la coccinelle ; il apparaît au moment de la floraison de la vigne, et il cause de tels dégâts, que, lorsque la végétation n’est pas active, il ronge les bourgeons au fur et à mesure qu’ils se développent, et la vigne semble ne pas pousser du tout.
- Plus tard , quand la vigne a acquis toute sa croissance , il se nourrit de l’épiderme de la feuille et de la grappe du fruit ; il enlève cet épiderme en traçant des lignes d’un demi-millimètre environ de largeur sur plusieurs centimètres de longueur, sans toucher au parenchyme, de sorte que la feuille semble avoir été gravée avec un instrument; c’est ce qui a fait donner à l’insecte, par les vignerons, le nom d'écrivain.
- Il y a bien longtemps que l’écrivain a été remarqué ; mais, depuis quelques années , il s’est développé d’une manière effrayante, et il a causé les plus grands dommages dans toute la Bourgogne ; en deux Ou trois ans une vigne est détruite, et l’on n’a, jusqu’à présent, d’autre parti à prendre que de l'arracher.
- Il est à croire que cet insecte détériore non - seulement la feuille et le fruit, mais encore les racines ; car l’on remarque que les feuilles sont attaquées longtemps avant que la vigne n’ait souffert d une manière notable, et que dans une jeune vigne, où les racines ne sont pas très-développées, il n’y a pas d’écrivain. De plus, les vignes plantées dans des terrains forts ou humides sont exemptes de cet insecte. Il se tient de préférence dans les terrains secs et légers, c’est-à-dire dans ceux qui produisent les meilleurs vins.
- Aussi les propriétaires qui voient leurs récoltes diminuer notablement se sont-ils déterminés à planter beaucoup de vignes dans la plaine , afin de pouvoir continuer à satisfaire aux demandes qu’on est dans l’usage de leur faire et de ne pas perdre leur clientèle. En effet, une grande partie des terrains qui n’auraient pas été plantés en vignes le sont aujourd’hui, de sorte que la moyenne de la récolte en blé, maïs , pommes de terre, etc., etc., a diminué, tandis que la production du vin n’a pas augmenté, et
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- PRIX PROPOSÉS.
- que sa qualité a tellement baissé, qu’il se conserve moins bien, voyage plus difficilement et donne lieu à de justes plaintes de la part des consommateurs, qui n’achètent qu’en tremblant les vins de ces contrées, autrefois si renommées.
- La destruction des petits oiseaux est une des causes de la propagation de l’écrivain. Autrefois les vignes étaient closes par des haies vives; dans beaucoup d’endroits laissés incultes , on voyait des buissons épais dans lesquels les petits oiseaux faisaient leur nid : aujourd’hui toutes ces haies sont détruites, et il n’y a plus de petits oiseaux pour faire la guerre à l’écrivain.
- Les propriétaires et les vignerons ne connaissent pas les mœurs de l’écrivain ; ils sont même divisés sur la question de savoir si la larve se retire en terre ou dans l’écorce : il n’est aucun vigneron qui ait pu émettre un avis à cet égard; chacun avoue même qu’il n’a jamais vu ni l’œuf ni la larve de cet insecte.
- La Société d’encouragement désire qu’on fasse connaître les mœurs de l’écrivain et les moyens de le détruire.
- Les services rendus par les travaux de M. Audouin, sur la pyrale, sont un exemple frappant de l’utilité de semblables recherches. En donnant l’histoire de la pyrale, M. Audouin a permis de trouver des moyens efficaces pour la combattre, si bien qu’elle a disparu aujourd’hui des pays qu’elle infestait. Celui qui donnerait l’historique de l’écri-vam, même sans avoir obtenu un procédé assuré de destruction, rendrait certainement un service important, et la Société lui saurait gré de ses efforts.
- Le prix de la valeur de 2,000 fr. sera décerné dans la séance générale du second semestre de 1850.
- 22° Prix pour un moyen de détruire les insectes qui attaquent l’olivier.
- Depuis quelques années, les insectes qui ravagent les récoltes de l’olivier, dans le midi de la France, ont fait de nouveaux progrès dans leur fâcheux développement. Les feuilles, les boutons, les noyaux des olives sont attaqués, et les récoltes, quelquefois complètement détruites, éprouvent toujours de notables diminutions.
- L’histoire des insectes qui attaquent l’olivier est encore le sujet de controverses; delà quelque incertitude sur le choix des moyens propres à remédier à leurs ravages, ou à les prévenir pour les années suivantes.
- La Société d’encouragement, voulant contribuer à conserver à nos départements méridionaux une culture précieuse, propose un prix de la valeur de 2,000 francs qu’elle accordera à l’auteur de la meilleure méthode pour la destruction des insectes qui attaquent l’olivier.
- Elle se réserve de récompenser les auteurs qui, sans avoir résolu le problème, auraient fait connaître d’une manière satisfaisante les habitudes des insectes qui attaquent les oliviers et auraient préparé de la sorte la découverte des moyens de les détruire.
- Le prix sera décerné en 1850.
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- 23° Prix pour la culture du chanvre et du lin.
- La chimie a prouvé que certaines récoltes consistent en substances formées de carbone, d’hydrogène et d’oxygène, c’est-à-dire d’éléments empruntés à l’air ou à l’eau. Le sucre, les fécules, les fibres textiles sont dans ce cas; il en est de même des huiles.
- Il serait du plus grand intérêt de s’assurer si en reportant sur le sol tous les produits fournis par la plante, la matière qui fait le but de l’exploitation exceptée, on lui assurerait une fécondité pour ainsi dire indéfinie.
- Ce qui paraît certain, c’est qu’on a pu, dans le Nord, cultiver la betterave pendant de longues années sur le même sol, sans diminution du rendement, l’exportation étant réduite au sucre lui-même, et tous les autres matériaux de la betterave étant rendus au sol par les fumiers.
- M. Kane a prouvé que dans la culture du lin il y avait un avantage considérable à restituer au sol les eaux du rouissage , les débris de chènevotte , et à exporter la fibre ligneuse pure.
- Les tourteaux de graines oléagineuses réunis au fumier produit par le fanage des plantes d’où elles proviennent devraient aussi restituer au sol la faculté d’en produire de nouvelles récoltes.
- On pourrait étendre, sans crainte, ces principes à la culture du mûrier et conseiller aux cultivateurs du Midi de réduire les emprunts qu’ils font à leurs terres à la soie proprement dite et de rendre à leurs arbres, comme fumure, les chrysalides et les crottes du ver à soie.
- Jusqu’où s’étend et où s’arrête l’application de ces principes? Faut-il tenir compte de l’opinion qui attribue aux plantes la faculté d’excréter certains produits qui donnent au sol où elles ont végété de fâcheuses propriétés pour la culture de nouvelles récoltes? Dans ce dernier cas, comment en neutraliser les effets?
- La Société voudrait que ces questions fussent examinées, discutées, résolues ; elle décernera , en conséquence, un prix de la valeur de 2,000 francs à l’auteur du meilleur mémoire fondé sur des expériences authentiques relativement à l’effet que produit, pour la culture du chanvre ou du lin, une fumure formée des eaux de rouissage, de chènevotte et de tous les débris de la plante.
- Le prix sera décerné en 1850.
- PRIX EXTRAORDINAIRES.
- 2à° Prix relatif aux inconvénients de la pomme de terre considérée comme nourriture
- trop habituelle des peuples.
- Madame la princesse Eudoxie Galitzin, née Ismailow, frappée de l’influence qu’exerce le régime hygiénique et alimentaire sur la constitution, le tempérament, le caractère des individus, sur les mœurs et les institutions des peuples, a fondé un prix qui sera décerné au meilleur ouvrage relatif aux effets de l’alimentation par la pomme de terre.
- Quarante-septième année. Avril 1848.
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- PRIX PROPOSÉS.
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- La tendance qui amène des contrées entières à répudier une nourriture que des siècles d’expérience ont démontrée excellente et pleinement appropriée aux conditions de climat, de température, de travail, etc., pour adopter des principes nutritifs nouveaux, mérite un sérieux examen.
- Quand cet effet nécessaire d’une civilisation plus avancée, de relations plus étendues de peuple à peuple, de découvertes lointaines aboutit à améliorer réellement le mode de nutrition des masses, à propager dans des proportions convenables l’usage des substances animales et des boissons alcooliques saines, on doit l’accepter comme un bienfait ; mais en est-il de même si l’on substitue des aliments moins nourrissants et peut-être moins salubres à ceux qu’un peuple possède?
- La pomme de terre a été acceptée avec difficulté en Europe ; aujourd’hui elle est devenue indispensable. Son usage assez prolongé et assez général dans quelques contrées permet d’étudier, avec quelque sûreté, les effets que son emploi journalier et presque exclusif peut produire sur les populations. Un examen attentif de la manière de la conserver, de modifier ses propriétés nutritives, si elles sont insuffisantes pour l’homme, ne peut être qu’utile à tous les pays.
- Il est surtout nécessaire de s’assurer si cette plante remplace utilement le pain de seigle, d’examiner dans quelles proportions elle nourrit, de s’assurer si l’eau-de-vie de pomme de terre est moins salubre que celle de vin ou celle de grains.
- Un prix de 1,000 francs, fondé par M*"® la princesse Gaiilzin, sera donc décerné, en 1849, à l’auteur du meilleur mémoire sur les deux questions suivantes :
- 1 ° Quelles sont les propriétés nutritives des pommes de terre comparées à celles du pain de seigle, de la soupe de chou et d’autres légumes, enfin du laitage, nourriture habituelle des pays agricoles ;
- Quels moyens employer, dans les pays où la pomme de terre est adoptée, pour corriger les inconvénients qui seraient reconnus à son usage trop exclusif comme matière alimentaire.
- 25® relatif au changement dans un système de monnaies de Vunité monétaire.
- Diverses circonstances amènent les gouvernements à changer le système monétaire précédemment en usage, et tout le monde convient que l’on ne doit procéder à cette grave opération qu’avec la prudence convenable ; car il ne serait pas impossible que, dans des conditions données, un changement dans le système des monnaies devînt une injustice réelle et compromît les intérêts des peuples.
- Ne serait-ce pas une grande erreur de supposer qu’on ne change rien en changeant Y unité monétaire?
- Peut-on ordonner que les transactions commerciales, les ventes et les achats se fassent dans un système qui suppose l’existence actuelle d’une fraction suffisamment petite de funité, lorsque cette plus petite monnaie n’existe pas? En France, la classe peu aisée, le pauvre ne souffre-t-il pas de la pénurie si grande de centimes quand le tarif du pain, etc., etc., quand le chiffre des impositions, etc., sont évalués en centimes?
- Telles sont les deux principales questions sur lesquelles Mme la princesse Gaiilzin ap-
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- PROCÈS-VERBAUX.
- pelle l’attention des personnes qui en auront fait ou qui en feront l’objet d’études plus approfondies.
- Un prix de la valeur de mille francs sera décerné à l’auteur du mémoire qui aura le mieux résolu les questions suivantes :
- 1° N’y a-t-il pas des inconvénients graves à adopter pour unité nouvelle un multiple de l’unité ancienne et à changer la valeur de la plus petite monnaie?
- 2° Un des effets certains de ce système ne sera-t-il pas d’élever le prix de toutes les denrées, qui devront subir forcément une évaluation nouvelle et être exprimées en fractions de la nouvelle unité? Cette évaluation ne pourra se faire qu’en partant de l’unité ancienne, que l’on ne peut oublier, puisqu’elle entre forcément dans l’expression reçue de valeur d’un objet quelconque ; on verra naître, dès lors, des fractions que l’on ne négligera qu’en donnant précisément aux denrées une plus-value autre que celle amenée naturellement par l’augmentation du numéraire.
- 3° Lorsque l’unité de monnaie a une valeur intrinsèque assez considérable, qu’elle vaut, par exemple, 4 francs, suffit-il que la plus petite monnaie soit la centième partie de l’unité, ou 4 centimes?
- 4° Quand, dans les transactions journalières, les payements ne peuvent pas se faire exactement par l’absence d’une monnaie suffisamment petite ou pour d’autres raisons quelconques, y a-t-il compensation? ou plutôt cet inconvénient retombe-t-il sur la portion la moins aisée de la population ?
- Extrait des procès-verbaux des séances du conseil d’administration de la Société
- cl’ encouragement.
- Séance du 29 mars 1848,
- M. le président annonce que, depuis sa dernière réunion, le conseil a perdu deux de ses membres, M. Vauvilliers, que les suffrages de la Société venaient de réélire vice-président, et M. de Ladoucette, membre delà commission des fonds depuis l’année 1819.
- En consignant au procès-verbal les vifs regrets que la Société éprouve de la mort de ces honorables membres, M. le président demande que le bureau soit autorisé à exprimer à leurs familles combien la Société a été douloureusement affectée de la perte de ees deux hommes distingués.
- L’autorisation est accordée.
- Correspondance. M. Frémy, membre de la Société, rue Beautreillis, 21, expose les motifs qui l’ont déterminé à faire la proposition suivante :
- Provoquer immédiatement une assemblée générale de la Société ayant pour objet V d’entendre chacun des membres du conseil qui se portent candidats à l’assemblée nationale ; 2° de les inviter à s’expliquer principalement sur leurs tendances relatives aux questions de douane et sur l’organisation du travail, afin que chaque électeur soit fixé sur les conséquences de son vote ; 3° de déterminer par un vote préparatoire le nombre
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- des candidats que la Société adopte, afin que les suffrages soient moins disséminés lors des élections.
- M. de Lasteyrie fait observer que la Société ne peut prendre à cet égard aucune mesure générale.
- Le conseil partage cette opinion.
- M. Armand Clerc, rue du Buisson-Saint-Louis, 18, rappelle que, par sa lettre du 21 septembre 18k3, le secrétaire de la Société d’encouragement avait informé l’institution qu’il a fondée en faveur des jeunes orphelins pauvres pour l’exécution des outils, machines et instruments de précision nécessaires à la fabrication de l’horlogerie, que sa demande d’examen avait été renvoyée à un comité.
- A cette époque, l’établissement avait à peine quelques mois d’existence. Aujourd’hui M. Armand Clerc place sous les yeux du conseil un travail remarquable entièrement exécuté par ses élèves, c’est-à-dire qu’à l’exception des matières premières ils n’ont eu recours à aucune main étrangère.
- M. Armand Clerc entre dans des développements pour faire apprécier le mode suivi dans son institution et les sacrifices sans nombre qu’il a faits pour l’amener à l’état d’avancement où elle se trouve; il prie la Société de venir à son aide dans l’œuvre qu’il a entreprise.
- Après une discussion,, cette demande est renvoyée au comité des arts mécaniques.
- Al. Jobard , directeur du musée de l’industrie, à Bruxelles, croyant utile de désillusionner les malheureux chercheurs de mouvement perpétuel, adresse à la Société une note portant pour titre, La maladie du volant ou du mouvement perpétuel.
- M. Girault, rue Notre-Dame-des-Champs, 46, dépose une ampliation du rapport fait à l’Académie des sciences sur une disposition vicieuse dès waggons dès chemins de fer et sur les moyens de la corriger.
- Il rappelle qu’il a soumis, depuis plusieurs mois, le même sujet à l’examen de la Société ; il espère que la commission voudra bien étudier la question et formuler son opinion.
- M. Tourillon, rue d’Qrléans-Saint-Marcel, 20, annonce qu’après de nombreux essais et expériences il a découvert un procédé de teinture en noir solide des schabraques de peau de mouton à l’usage de la cavalerie.,
- M.. Salmon fds, rue des Deux-Portes, 33, ayant fait la découverte d’une encre applicable au papier de sûreté qu’il a soumis à la Société, la prie de faire éprouver le papier et les caractères qui y ont été tracés, afin de constater la propriété de cette encre de résister aux acides et aux alcalis, et la sensibilité de son papier.
- M. Brun, à Rouen, transmet un supplément d’épreuves de transports lithographiques pour être joint à celles qui accompagnaient le mémoire envoyé par lui précédemment.
- M. Brunei expose que, bien que M. de Ruolz eût indiqué , dans un brevet pris en 1842, l’emploi des doubles cyanures alcalins pour précipiter, par la pile , de leurs dis=-solutions salines les alliages du cuivre, du zinc et de l’étain, cette découverte, peut-être à cause du haut prix des cyanures, était restée sans applications industrielles.
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- De nouveaux procédés brevetés en 184-7 , et dus à MM. Gaugain et Bisson, ont permis, en évitant les cyanures, de recouvrir h bas prix de cuivre jaune les métaux oxydables.
- Les applications de ces procédés sont aussi nombreuses que variées ; l’acier, le fer, la fonte, le zinc, le plomb, l’étain, leurs différents alliages sont recouverts d’une couche de bronze ou de laiton qui les préserve de la rouille; préparés ensuite convenablement, ils prennent l’aspect du bronze le plus riche dont ils. ne diffèrent que par leur bon marché.
- Après quelques développements sur la difficulté du problème qu’ont résolu MM. Gaugain et Bisson, M. le président invite le comité des arts chimiques à examiner cette découverte, qui est digne de toute son attention.
- Sur la demande de M. E. Becquerel, le comité des arts économiques est chargé, de concert avec celui des arts chimiques, de l’examen dont il s’agit.
- M. Chérot, rue de la Chopinette, 14- et 54-, prie la Société d’agréer ses remercîments pour la part qu’elle a bien voulu lui allouer dans la répartition du legs Bapst; il met sous les yeux du conseil le résultat de ses travaux sur fa conservation des viandes de boucherie qu’il destine à la marine.
- Il joint à sa demande une notice sur son mode de conservation des viandes.
- Objets présentés. M. Denombret, à Marne (Seine-et-Oise), présente une mèche servant à percer des trous carrés.
- M. Barrat, rue de Castiglione, 12, une machine dont il est l'inventeur, et qui paraît être d’une grande importance pour l’agriculture et particulièrement pour le défrichement des terres.
- M. Bouillant, rue Ménilmontant, 50, appelle l’attention de la Société sur un rouleau compresseur et portatif d’un nouveau système. Ce rouleau est destiné à écraser les cailloux pour les travaux des routes et chemins; il est accompagné d’un chariot à quatre roues qui sert à le- transporter et évite l’inconvénient de le faire rouler sur lui-même.
- M.Pimont, membre de l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen, ayant appris que la Société avait proposé un prix pour le perfectionnement des machines à vapeur destinées à produire un mouvement continu, se présente au concours. Une économie de 20 pour 100 sur la consommation du combustible , par l’application des caloridores et des calorifuges, lui fait penser qu’il a rempli les conditions du programme.
- M. Pimont joint à sa demande le dessin et la description de son appareil et un rapport de M. Girardin accompagné de diverses attestations.
- M. Canard, rue de la Parcheminerie, 2-7 , expose que la poudre de liège étant reconnue applicable au sauvetage, il a confectionné, avec cette poudre, des matelas et des camisoles sur lesquels il appelle l’attention de la Société.
- M. Tettamanzy, opticien, à Rochefort, présente quatre modèles de pèse-liqueurs avec thermomètre.
- Les ouvrages suivants sont déposés sur le bureau :
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- 1’ Le Technologiste, publié par MM. Malpeyre et Yasserot, mars 1842 ;
- 2° Revue générale de Varchitecture et des travaux publics, sous la direction de M. César Daly, septième volume, 10e numéro ;
- 3° Le Brevet d’invention , par M. Gardissal, mars 1848;
- 4° Le Moniteur industriel, mars 1848 ;
- 5° La Belgique industrielle, feuilles de mars 1848;
- 6° Mémoire sur les propriétés mécaniques des bois, par MM. E. Chevandier et Wer-theim ;
- 7° Moyen d’élever une fois plus d’eau avec moitié moins de dépense, 6e partie, mars 1848;
- 8° Mémoire sur les transformations principales de la mouche et sur certaines modifications qui permettent d’en rendre le mouvement uniforme, soit que l’on emploie des roues dentées, des courroies ou des cordes, par M. B. Sal-adin;
- 9° Nouveau manuel complet des falsifications des drogues simples et composées, par M. Pedroni fils ;
- 10° Journal des économistes, mars 1848;
- 11° Revue scientifique et industrielle sous la direction du docteur Quesneville, mai s 1848;
- 12° Rapport de M. Martens sur un mémoire présenté au concours de la classe des sciences de l’Académie de Bruxelles en réponse à la question suivante : « Exposer et discuter les travaux et les nouvelles vues des physiologistes et des chimistes sur les engrais et sur la faculté d’assimilation dans les végétaux indigènes, en même temps ce que l’on pourrait faire pour augmenter la richesse de nos produits agricoles ; »
- 13° Projet de cautionnement hypothécaire national adressé aux membres du gouvernement provisoire, par M. Hébert, notaire honoraire;
- 14° Annales de Y agriculture française, mars 1848;
- 13° Le Lithographe, sous la direction de M. Jules Desportes, 6e année, n° 64 ;
- 16° Bulletin des séances de la Société nationale et centrale d'agriculture, par M. Payen, secrétaire perpétuel, 2e série, t. 3, n° 8;
- 17° Annales de la Société centrale d’horticidture, février 1848;
- 18° Bulletin delà Société d’agriculture du département du Cher, n° 41, t. 7 ;
- 19° Programme des prix proposés par la Société philotechnique, concours de 1848 ;
- 20° De l’insuffisance des subsistances en France, par M. Bouvier-Dumolard ;
- 21° Cours d’hygiène et de prophylaxie à l’usage des gens du monde et des maisons d’éducation, par M. le docteur Valat;
- 22° Aux ouvriers, du pain, du travail et la vérité, par M. J. JP. Schmit.
- M. le président signale la brochure de M. Schmit comme digne d’intérêt et comme l’œuvre d’un bon citoyen.
- Rapports des comités. Au nom de la commission des fonds, M. Michelin lit le rapport suivant sur deux propositions, l’une relative à l’allocation d’une somme de 1,000 fr. pour les blessés de février et les ouvriers sans ouvrage, et l’autre à l’adoption des orphelins des victimes de la dernière révolution.
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- « Dans sa séance du 1er mars dernier, la Société a pris on considération deux propositions, l’une de notre honorable vice-président honoraire, M. Francœur, d’adopter plusieurs enfants que les derniers combats ont rendus orphelins, jusqu’à l’âge où ils pourront gagner leur vie comme ouvriers ; l’autre de voter une somme de 1,000 fr. pour les blessés et les ouvriers sans ouvrage.
- « Ces propositions ont été renvoyées à la commission des fonds.
- « La commission rappelle que, à l’époque de la révolution de 1830, la Société, sur la proposition de M. Francœur, institua des médailles en faveur des contre-maîtres et des ouvriers, mesure dont la Société a eu lieu de s applaudir. Ces médailles n’étaient distribuées que tous les quatre ans; mais, par un arrêté de 1847, la Société a rendu cette distribution annuelle en réduisant à vingt-cinq le nombre de ces médailles et en appelant à y participer d’une manière plus explicite les contre-maîtres et ouvriers des établissements agricoles.
- « La commission pense que la proposition de M. Francœur mérite d’être accueillie, et elle propose de faire les frais de l’éducation de deux enfants , soit dans une école industrielle, soit dans une école d’agriculture.
- « La Société ne fera ainsique rétablir momentanément des places dans des écoles, et, en même temps qu’elle donnera un témoignage d’intérêt aux orphelins, elle secondera les vues du gouvernement dans la direction à donner à l’éducation d’enfants si dignes d’intérêt.
- « La commission a aussi été d’avis de verser une somme de mille francs dans la caisse des blessés et des ouvriers sans ouvrage.
- « En conséquence, la commission propose 1° le placement, après examen préparatoire, de deux orphelins dans une école industrielle ou agricole; 2° de voter une somme de mille francs pour les blessés et les ouvriers sans ouvrage. » (Approuvé. )
- Au nom du comité des arts mécaniques , M. Kerris lit un rapport sur un instrument, de M. Julien Jaulin dit panorgue-piano, lequel présente une association de l’orgue expressif avec le piano.
- Le comité propose de remercier l’auteur de sa communication et d’insérer le rapport dans le Bulletin avec les dessins et légendes du panorgue-piano. (Approuvé.)
- Au nom du comité des arts économiques, M, Edmond, Becquerel lit un rapport sur les horloges électriques de M. Paul Garnier.
- Le comité a reconnu que M, Garnier a résolu la question de chronométrie électrique avec autant de simplicité que d’élégance, en mettant à profit toutes les ressources que son habileté, comme horloger, lui a suggérées, et les principes scientifiques connus sur le dégagement de l’électricité et la formation des électro-aimants.
- En conséquence, pour que la Société manifeste son approbation à cette application, le comité propose d’insérer le rapport dans le Bulletin avec la description et la gravure de l’appareil et d’en adresser une copie au ministre des travaux publics. (Approuvé.)
- M. Gourlier a la parole pour une proposition au nom du comité des arts économiques.
- 11 développe de la manière suivante les motifs d’une proposition lue et approuvée
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- dans une réunion de ce comité, le 28 mars, pour qu’il soit nommé une commission à l’effet d’examiner diverses questions qui touchent aux intérêts des maîtres et des ouvriers et du travail national,
- « La Société d’encouragement s’est toujours occupée de l’intérêt de tous les travailleurs, soit chefs d’établissement, soit contre-maîtres ou simples ouvriers. C’est ce que prouverait, au besoin, quant à ces derniers, le nombre des questions examinées dans leur intérêt et contenues dans la table générale publiée en 1838 et dans les tables des volumes subséquents, relativement surtout
- « 1° Aux moyens d’éviter les dangers que présentaient, sous le rapport de la santé, plusieurs arts industriels ;
- « 2° Aux moyens d’enseignement, et notamment aux bourses fondées dans plusieurs écoles industrielles ;
- « 3° Enfin aux récompenses, livres, médailles, etc., distribués à partir de 1830.
- « Aussi la voix de la Société a-t-elle été toujours écoutée de la part des ouvriers ; et, en 1830, une affiche , signée d’un certain nombre de membres de la Société , n’a pas peu contribué à assurer le respect dû aux propriétés industrielles et notamment aux machines.
- « Si la Société n’a pris aucune part, en ce qui la concerne, aux questions importantes qui s’agitent depuis un mois, on doit l’attribuer, sans doute, à la soudaineté des événements qui se sont accomplis, et à cette circonstance que la Société avait alors à s’occuper de ses séances générales et de ses élections.
- « Ces points maintenant accomplis, la Société n’a-t-elle pas quelque chose de plus à faire dans les circonstances solennelles où nous nous trouvons ?
- « Sans doute, les questions à l’ordre du jour sont principalement politiques et sociales; mais elles sont aussi essentiellement industrielles , elles intéressent et les maîtres et les ouvriers.
- « Comment la Société resterait-elle impassible, indifférente et muette?
- « Ne peut-elle pas, ne doit-elle pas, à peine de sembler se démettre de son noble titre, de ses précédents non moins nobles, examiner et peser mûrement ces différentes questions , et en dire consciencieusement, courageusement son avis, quel qu’il puisse et doive être, de façon à ce qu’il devienne un des documents, et l’un des plus importants, sans aucun doute, sur lesquels le gouvernement et la prochaine assemblée auront à prononcer?
- « Si les questions soulevées ( principalement celles de l’uniformité du salaire, de la fixation de la durée du travail, de l’abolition du marchandage et de la participation aux bénéfices) sont susceptibles d’une solution facile et avantageuse, la Société doit le reconnaître , le proclamer, et rassurer et convaincre les maîtres que ces questions effrayent ; si, au contraire, elles présentent des difficultés, des dangers sans avantages réels pour les ouvriers, c’est à ceux-ci que la Société doit de les éclairer sur leurs véritables intérêts.
- « Par sa composition et celle de ses divers comités, la Société peut facilement réunir
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- toutes les lumières, recueillir tous les renseignements propres à la solution de ces différentes questions.
- (( Pjj conséquence et sans se prononcer, du reste, en aucun sens, votre comité des arts économiques, à l’unanimité, a l honneur de vous proposer
- « 1° Que vos divers comités soient immédiatement réunis à l’effet de désigner chacun un ou plutôt deux commissaires spéciaux,
- « 2° Et que la commission soit invitée à s’occuper, sans aucun retard, de l’examen de toutes les questions dont il s agit. »
- Signé Silvestre fils, Herpin, Gourlier, E. Becquerel, POUILLET , TrÉBUCHET , PÉCLET , PRIESTLEY, CAGNIARD-Latour, Dizé.
- Après avoir entendu plusieurs de ses membres sur l’opportunité de ces propositions, le conseil décide qu’il se réunira extraordinairement’le mercredi'fi avril pour délibérer sur leur prise en considération.
- Communications. M. Sainte-Preuve fait connaître, en peu de mots-, les procédés de fabrication des tuyaux en terre cuite appliqués au dessèchement et à ^assainissement de? terres, dont l’usage s’est répandu en Angleterre et en Ecosse.
- M. le président émet l’avis que la Société pourrait consacrer une partie de la séance du 12 avril prochain pour entendre les renseignements qui seraient communiqués sur les meilleurs modes d’assèchement des terres ; il -cite l’emploi judicieux et sur une échelle immense des tuyaux dont vient de parler M. Sainte-Preuve, et qui pourrait recevoir, dans plusieurs localités de la France, une application non moins utile.
- Le conseil entend avec intérêt l’exposé succinct fait par M. Lescellier de Blécourt, sur l’extension donnée par 31. Makenzie sur ses propriétés en Ecosse, de ce mode d’assainir les terrains; il promet de recueillir, sur ce sujet, des documents qu’il communiquera à la Société.
- 31. le président adresse à 31. Lescellier les remercîments du conseil pour sa communication..
- Il rappelle que, dans la séance générale du 22 mars dernier, aucun des candidats à la place de secrétaire et à celle de censeur n’ayant obtenu la majorité des suffrages, la Société sera appelée à renouveler le vote ; que, par suite du décès de 31. Yauvilliers, les comités auront à délibérer sur son remplacement comme vice-président et comme membre du comité des arts mécaniques ; enfin que la commission des fonds aura à examiner s’il y adieu de procéder au remplacement de 31. de Ladoucette.
- 31. le président invite les divers comités à se réunir et à faire connaître le résultat de leurs délibérations à la séance-extraordinaire du fi avril.
- Il saisit cette occasion pour témoigner de toute sa gratitude pour l’honneur que la Société lui a fait en portant sur lui ses suffrages pour la présidence. Un entier dévouement aux intérêts de la Société continuera d’être la règle qu’il s’est imposée dans les honorables fonctions qui lui sont confiées.
- Quarante-septième année. Avril 1848.
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- PROCÈS-VERBAUX »
- Séance extraordinaire du 5 avril 1848.
- L’ordre du jour appelle la lecture d une proposition lue et approuvée dans la réunion du 28 mars dernier, pour qu’il soit nommé une commission à l’effet d’examiner diverses questions qui touchent aux intérêts des maîtres et des ouvriers et du travail national.
- Un membre du conseil, en appuyant la prise en considération dè la proposition, signale l’interprétation qu’on doit donner au marchandage comme l’objet d’une discussion grave entre les patrons et les ouvriers, et qui mérite surtout de fixer l’attention de la commission.
- 31. le président fait observer qu’il s’agit seulement de la prise en considération de la proposition..
- Un membre de la Société développe les motifs qui lui font penser que, dans un moment où les questions touchant aux intérêts qui divisent les chefs d’industrie et les ouvriers deviennent l’objet d’une discussion plus calme, il est utile que la Société d’encouragement fasse entendre des conseils qui seront d’autant mieux écoutés qu’ils sont plus désintéressés.
- M. le président pose la question sur laquelle le conseil est appelé à délibérer ; elle consiste, ainsi que le propose le comité des arts économiques, à nommer une commission à l’effet d’examiner diverses questions qui touchent aux intérêts des maîtres et des ouvriers.
- Un membre du conseil pense que la Société n’a pas toutes les données nécessaires pour étudier les questions administratives; que dans leur examen elle rencontrera des difficultés insurmontables : ces motifs l’engagent à demander l’ordre du jour.
- Un autre membre du conseil s’oppose à ce que la Société s’immisce dans des questions qui ont altéré si profondément les rapports établis entre les fabricants et les ouvriers. Si la Société entrait dans cette voie, il lui faudrait faire une enquête fort difficile et qui ne produirait, pour la Société, que la désaffection des uns et des autres.
- Un membre du conseil partagerait les craintes exprimées par les deux préopinants, s’il s’agissait, pour la Société, de rechercher la solution du problème socialiste de l’organisation du travail, et de formuler une opinion absolue sur cette matière. Mais il est d’avis qu’on doit entrer dans cette question, et qu’on peut, par exemple, commencer par recueillir les renseignements qui apporteront des éclaircissements aux questions pendantes. Il croit que la Société a un rôle convenable à jouer dans ces graves débats. Tandis que les bons citoyens agissent, la Société d’encouragement, par sa position indépendante, par l’impartialité de ses jugements, peut et doit faire quelque chose de vraiment utile. Sans parler des patrons, des ouvriers, ne pourrait-elle pas, en rayant ce mot, organisation du travail, rechercher ce qui a été fait pour l’avenir, la moralisation de la classe ouvrière, provoquer ces documents par la voie d’une circulaire? En les publiant, ce ne serait pas un des moindres services quelle aurait rendus à l’industrie. C’est sous ce point de vue qu’il appuie la proposition.
- Un membre du conseil ne voit aucun inconvénient à ce que la Société s’occupe de
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- l'origine des rapports qui existent entre les manufacturiers et ceux qui les emploient, de la direction à donner au travail. Le conseil a dans son sein un comité de commerce qui aurait dû prendre l’initiative de 1 étude de ces questions.
- Un autre membre du conseil rappelle que la Société a nommé une commission pour la direction à donner à l’enseignement industriel. La discussion des questions que cet enseignement doit suggérer fournira des documents précieux et utiles pour la solution des questions qui font l’objet de la proposition du comité des arts économiques. C’est un élément de discussion qui doit préoccuper la commission.
- Un membre du conseil partage l’avis du premier préopinant, en faisant observer que ce genre de travail est étranger aux attributions de la Société. Dans les précédents cités par le comité des arts économiques., il ne trouve rien qui vienne changer son opinion.
- Un membre du conseil, qui avait pris la parole pour appuyer la proposition, est d’un avis contraire à celui du préopinant. Il ne suffît pas d’étudier les errements de l’école sociale ; c’est un terrain où la Société craindrait de s’engager. Mais, avec son caractère de dignité, de convenance, elle n’excéderait pas ses attributions en adressant à tous ses souscripteurs, aux présidents des conseils des prud’hommes et des chambres consultatives des manufactures, de l’agriculture et du commerce, enfin aux préfets et sous-préfets des villes manufacturières, une circulaire par laquelle on demanderait communication , dans le plus bref délai, de toutes les mesures prises dans les diverses manufactures pour l’amélioration du sort des travailleurs et pour leur moralisation, 1° par des caisses de réserve pour secours aux blessés, aux malades et aux vieillards ; 2° par des sociétés de secours mutuels; 3G par l’enseignement; 4° par des récompenses ou des primes accordées aux ouvriers les plus méritants. On demanderait aussi d’indiquer avec soin la part prise par les chefs de manufactures dans la création eu la conservation de ces mesures philanthropiques. Le conseil général des manufactures., dans sa dernière session, a traité la question ainsi qu’elle vient d’être posée.
- L’un des préopinants, qui avait combattu la proposition du comité des arts économiques, appuie celle qui vient d’être produite et dont le but est parfaitement déterminé; en recueillant ce qui existe, ce sera une masse de notions les plus précieuses.
- Un autre membre, qui avait aussi été contraire à la proposition du comité, se réunit à celle qui vient d’être exprimée.
- Un membre du conseil énonce que les événements sont d’une nature telle qu’ils sont une véritable révolution sociale, laquelle laisse les bras inoccupés. Vaincre les difficultés qui surgissent est un problème très-difficile à résoudre. L’agriculture donne peut-être une solution qu’on ne peut espérer des opérations de l’industrie.
- Un membre du comité des arts économiques observe que le comité n’a voulu faire qu’une proposition de principe. Quant aux objections que cette proposition a soulevées, objections basées sur la difficulté d’obtenir des renseignements, de résoudre les questions qui y sont énumérées, ce membre, se référant à l’exposé des motifs, dit que, si ces questions sont susceptibles d’une solution facile et avantageuse, la Société doit le reconnaître , le proclamer et rassurer et convaincre les maîtres que ces questions
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- effrayent; si, au contraire, elles présentent des difficultés, des dangers, sans avantages réels pour les ouvriers, c’est à ceux-ci que la Société doit de les éclairer sur leurs véritables intérêts.
- Quant aux précédents, le titre seul de la Société suffirait. D’ailleurs il existe une époque où l’on ne peut s’appuyer sur des précédents ; cependant lé comité les a rencontrés; ils se trouveraient dans les mesures prises en 1830, qui n’ont pas peu contribué à assurer le respeet dû aux propriétés industrielles et notamment aux machines ; dans la part que la Société a prise dans la discussion de la loi des brevets, de celle sur l'industrie sucrière*. Il termine en émettant l’opinion qu’il y aurait’ un danger moral à ce que la Société, se croyant liée par ses statuts, par les précédènts, ne vînt pas apporter son avis, ses conseils, que la soudaineté des événements a fait naître.
- Un membre de la Société fait observer que, à une époque où les opérations industrielles ne peuvent procurer une existence à ceux qui s’y livrent, il faut recourir aux opérations agricoles*, il faut enfin marier le travail industriel avec l’agriculture, en laissant au comité de commerce le sein de s’occuper des questions générales.
- Pour sortir de la généralité de la question, ce membre rappelle qu’une proposition faite dàns* ïâ dernière séance, celle de rechercher les meilleurs moyens de dessécher les terrains humides, doit appeler une sérieuse attention, car il peut résulter de l’application de moyensdes mieux appropriés aux localités des produits plus abondants, et le moyen de fournir uno occupation utile et lucrative à un nombre considérable d’ouvriers. Il pense que d’Académie des sciences morales et politiques s’occupant de la question de l’alliance du travail agricole avec le travail manufacturier, la Société d’encouragement pourrait consacrer quelques -séances à la discussion du dessèchement des terrains^
- Plusieurs membres dû conseil et dé la Société‘prennent ensuite la parole sur la question de l’organisation du travail telle qu’elle est posée dans une autre enceinte ; sur le retour progressif des ouvriers-aux idées d’ordre et dû conciliation , idées que leur suggèrent leur participation aux droits-d’électeurs et d’éligibles et leur inscription sur les contrôles de la garde nationale.
- Après une délibération sur la position de la question réduite au titre de la proposition, en ajoutant et du travail national, le*conseil ferme la discussion.
- M. le président met aux voix la proposition tendant à ce qu’il soit nommé, par les comités, une commission à l'effet d’examiner diverses questions qui. touchent aux intérêts des maîtres et des ouvriers et du travail national..
- La majorité se prononce pour la prise en considération .
- Quant aux moyens d’exécution,. M. le président expose les motifs qui lui font considérer le comité de commerce comme devant former le noyau de la commission.
- Plusieurs membres indiquent des établissements, soit en France, soit en Angleterre-, auprès desquels la Société pourra recueillir des renseignements sur les- mesures prises pour l’amélioration du sort des travailleurs et pour leur moralisation.
- Un membre du conseil demande que M. le président soit invité à diriger les délibérations de la commission.
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- PROCÈS-VERBAUX.
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- Cette proposition est accueillie.
- Le conseil adopte ensuite la proposition de considérer le comité de commerce comme le noyau de cette commission.
- Pour que la délibération ne souffre pas de retard, M. le président est invité ù désigner les membres de la commission.
- Elle se compose,
- 1° Pour la commission des. fonds, de MM. Michelin et Valois;
- 2° Pour le comité des arts mécaniques, de MM. Calla et Féray;
- 3° Pour le comité des arts chimiques, de MM. Payen et Ebelmen; rt° pour le comité des arts, économiques, de MM. Gourlier et Trébuchet;
- 5° Pour le comité d’agriculture , de MM. Huzard et Darblay.
- Séance du 12 avril 1848.
- Correspondance. M. Laignel, rue de la Harpe, 13, rappelle que M. Vauvilliers, à la suite de son rapport sur son système de frein pour modérer et arrêter promptement le mouvement des trains sur les chemins de fer, avait annoncé que dans un second rapport il rendrait compte de ses nombreux travaux..
- Dans cet état de choses, M. Laignel prie la Société de nommer une commission pour examiner ses travaux, surtout en ce qui concerne les chemins de fer et la navigation.
- M. Fouillon, inspecteur général du service de santé de la marine, annonce que M. Chérot a proposé au ministre de la marine d’utiliser, à bord des vaisseaux, son procédé de conservation de la viande de bœuf. Avant de l’admettre à faire des expériences, M. Fouillon désire connaître le résultat des essais auxquels la Société d’encouragement va se livrer pour constater l’efficacité du procédé de. M. Chérot.
- Objets présentés. M. Camus, de concert avec M. Cdrnuau, rue Neuve-des-PoLits-Champs ,18, soumet à l’examen de la Société une machine à fabriquer les briques, tuiles et carreaux, pour laquelle il a été pris un brevet d’invention.
- Ils demandent à prendre part au concours que la Société a ouvert pour la fabrication des briques, tuiles et carreaux.
- Les ouvrages suivants sont déposés sur le bureau :
- 1° De la collection géographique créée à la bibliothèque nationale, examen de ce qu’on a fait et de ce- qui reste à faire pour compléter cette création et la rendre digne de la France, par M. Jbmard, membre de l’Institut;
- 2° Vade-mecum du mécanicien-conducteur sur les chemins de fer, par M. Cos te;
- 3° Mémoire sur Vapplication des gaz des hauts fourneaux au chaitffage des chaudières à vapeur, par MM. Clément Désormeset Dubu ;
- V Traité des machines à vapeur^ ouvrage divisé en deux grandes sections,—2e section, n° 42 à 43, par M. C. E. Jullien;:
- 3° Le Tcchnologiste, publié sous la direction de MM, Malpeyre et Vasserot, avril 1848;
- G0 Le Moniteur industriel des 30 mars, 2, 6;et 9 avril;
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- PROCÈS* VERBAUX.
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- 7° La cherté des blés est due à tous les Français, par M. Lainé, négociant droguiste et armateur;
- 8° F agriculture avant tout, par le même ;
- 9° Pacte industriel, système sur l’organisation des travailleurs, par M. E. Granger;
- 10° Précis analytique de VAcadémie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen, pendant l’année 1847 ;
- 11° Bulletin de la Société académique, agricole, industrielle et d'instruction de Falaise, — année 1847, 2e, 3e et 4e trimestres;
- 12° Journal des économistes, avril 1848;
- 13° Le brevet d’invention, sous la direction de M. Gardissal, n° 18, 2e année;
- 14° La Belgique industrielle des 30 mars, 2, 6 et 9 avril 1848.
- Rapports des comités. Au nom du comité de commerce, M. Chapelle lit un rapport sur un ouvrage de M. Salomon, intitulé, le Nouvel abréviateur universel ou les facteurs décimaux.
- Il suffit, dit M. le rapporteur, d’un simple examen du livre de M. Salomon pour en reconnaître toute l’importance. Le grand nombre de ses facteurs rend faciles tous les calculs d’intérêt, soit simples, soit composés, et font de cet ouvrage, par leur extrême simplicité, un véritable livre indispensable à tous ceux qui s’occupent d’opérations financières.
- Le comité propose d’adresser des remercîments à M. Salomon pour sa communication, et de faire connaître son ouvrage par la voie du Bulletin. ( Approuvé. )
- Au nom des comités des arts chimiques et des arts économiques, M. Edmond Becquerel lit un rapport: sur les procédés de laitonnage et de bronzage électrocbimiques de MM. Brunei, Bisson et Gaugain.
- Lorsqu’on veut préserver le fer, la fonte, le zinc, etc., des altérations dues aux agents atmosphériques, on les couvre d’une couche de peinture ; mais, grâce aux procédés de MM. Brunei, Bisson et Gaugain, il est possible de déposer, à l’aide de l’électricité, à la surface des corps métalliques, une couche mince d’un alliage tel que le laiton ou le bronze, ou de leur donner l’apparence des bronzes les plus beaux.
- M. le rapporteur fait voir que, s’il est facile d’opérer le dépôt d’un seul métal, il n’en est pas de même de la réduction simultanée de deux métaux.
- Plusieurs savants et industriels sont parvenus, dans quelques cas, à connaître les quantités des deux sels métalliques nécessaires pour donner lieu à un dépôt simultané de deux métaux. Toutefois, à cause de la dépense qu’occasionnaient les procédés, ou par tout autre motif, on n’a donné aucune suite industriellement à leurs méthodes.
- MM. Brunei, Bisson et Gaugain ont trouvé la composition de bains peu coûteux qui, dans les mêmes circonstances d’intensité électrique, déposent, à la surface des pièces de fonte, de fer, de zinc, etc., dns couches jaunâtres ayant tout à fait l’apparence du laiton ou du bronze. Leur procédé n’a pas été seulement mis en usage dans un laboratoire, mais il a donné lieu à une exploitation industrielle qui a déjà reçu de grands développements.
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- M. Becquerel décrit les procédés de MM. Brunei, Bisson et Gauguin, et signale leurs applications variées.
- Les comités, pensant que cette application industrielle naissante mérite d’être encouragée et qu’elle est digne de l’approbation de la Société , proposent de faire insérer le rapport dans le Bulletin. (Approuvé.)
- Communications. M. le président annonce que la Société va entendre plusieuis communications sur les procédés de dessèchement et d’assainissement des terres.
- .M. Combes donne la description de là machine à fabriquer les tuiles et les tuyaux inventée par 31. Ainslie.
- Cette machine confectionne des tuyaux en terre cuite, d’un prix modique et qui sont employés , avec avantage, en Angleterre et en Ecosse, pour le drainage ou dessèchement des terrains.
- La Société entend avec intérêt les détails dans lesquels entre M. Th. Thackeray sur le système de dessèchements souterrains exécutés sur une vaste échelle, en Ecosse et en Angleterre, et sur la machine à fabriquer les tuyaux dont vient de parler M. Combes. Cette machine fonctionne sous les yeux des membres de la Société, et produit des tuyaux d’une bonne exécution, qui, en sortant du moule, sont divisés en tronçons d’une longueur déterminée, au moyen d’un fil de fer. L’argile est fournie toute préparée à cette machine.
- M. Dumanoir donne quelques détails sur les essais de dessèchement par les tuyaux qu’il a entrepris dans une de ses propriétés du département de Seine-et-Marne.
- De son côté, M. Lupin entretient le conseil de l’application.qu’il a faite de ce mode de dessèchement dans le département du Cher.
- M. de Gourcy communique divers renseignements sur le drainage qu’il a recueillis en Angleterre et en Ecosse. Voici la méthode pratiquée dans ces pays : on divise le champ par un système de rigoles dont la direction et la coordination dépendent de la disposition du sol, de la quantité d’eau qu’ii reçoit et qu’il retient. Ces rigoles, creusées à lm,25 de profondeur, aboutissent dans d’autres rigoles principales qui déversent leurs eaux dans des fossés, d’où elles s’écoulent dans des ruisseaux ou des rivières. On doit faire les rigoles le moins larges possible à la surface et donner au fond la largeur nécessaire pour que les tuyaux puissent y entrer sans dévier de la ligne droite ; on recouvre ces tuyaux de terre qu’on tasse dé manière que l’eau ne puisse arriver au fond de la tranchée par le terrain remué ; elle doit y pénétrer après avoir été filtrée lors de 'son passage à travers la terre non remuée ou bien tassée, afin d’arriver claire dans les tuyaux.
- La longueur des rigoles est déterminée par l’étendue et la configuration du champ.
- On emploie ordinairement des tuyaux de 27 millimètres de diamètre, qui ne se remplissent jamais qu’aux deux tiers, même après une grande pluie.
- Il ne faut pas faire de rigoles à portée des haies ou des racines d’arbres, surtout de celles qui recherchent davantage l’humidité; car ces racines boucheraient complètement les tuyaux.
- Quant aux machines à les fabriquer, M. de Gourcy observe qu’il en a été présenté
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- %\ ï PROCÈS-VERBAUX.
- quatorze au concours de la Société d’agriculture à Shrewsbury : celle qui a obtenu la préférence est de l’invention de M. Clayton; elle fabrique, par heure, quinze cents tuyaux de 27 millimètres de diamètre, étant manœuvrée par un homme , un garçon et deux enfants.
- Le four pour cuire les tuyaux est de forme circulaire; il se construit sur place en argile, à murs très-épais ; il est alimenté avec de la houille et peut contenir quarante-sept mille tuyaux de 33 centimètres de long chacun.
- Tels sont les renseignements communiqués par M. de Gourey.
- Une discussion s’élève sur des diverses machines à fabriquer les tuyaux, sur la charrue-sous-sol de Smith propre au dessèchement, sur la charrue fouilleuse importée par M. Dumanoir, instruments construits : par M. Laurent, rue de Lancry, 20; sur les avantages que l’agriculture retire du drainage, dont les dépenses sont amplement compensées par des récoltes plus abondantes et par l’assainissement des campagnes. Ges avantages consistent en ce que les racines des plantes pénètrent plus profondément dans le sol et arrivent plus tôt à maturité, attendu quelles eaux étant éloignées, la température de la terre se trouve plus élevée.
- M. le président, en déposant sur le bureau divers documents imprimés sur le système du drainage, présente de nouvelles considérations sur les effets heureux que doit produire cette opération, tant sous le rapport agricole que sous le rapport industriel.
- Il adresse les remercîments du conseâl aux personnes qui lui ont adressé des renseignements sur ce système, renseignements dont la Société fera son profit lorsqu’elle examinera la question du dessèchement ;et de l’assainissement des terrains humides.
- M. Duméril, ingénieur civil, donne lecture d’un nouveau système d’organisation sociale.
- M. le président, en remerciant M. Duméril de sa communication, fait observer que ce système s’éloigne des idées 4e la commission chargée d’examiner la question de l’organisation du travail.
- La fin de la séance a été consacrée à la nomination d’un vice-président en remplacement de M. VauvUliers décédé, d’un secrétaire, d’un censeur et d’un membre du comité des arts mécaniques.
- Voici quel est le résultat du scrutin :
- 1° Pour la place de vice-président, sur cinquante-huit votants, M- Darblay a obtenu quarante-quatre suffrages ; M. Théod. Olivier, quatorze.
- 2° Pour la place de secrétaire, M. Ch. Dupin a réuni trente-neuf suffrages, M. A. Seguier sept, M. Combes six, M. Costaz deux.
- 3° M. Jomard a été nommé censeur par cinquante et une voix et M. Théod. Olivier membre du comité des arts mécaniques par cinquante voix.
- En conséquence, M. le président proclame M. Darblay l’un des vice-présidents, M. Ch. Dupin secrétaire, M. Jomard l’un des censeurs.et M. Théod. Olivier membre du comité des arts mécaniques,
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- LISTE
- des membres titulaires, des adjoints et des membres honoraires composant le conseil d’administration de la Société d encan-
- rarement.
- ^ Année 1848.
- bureau
- 1829
- i833
- 1829
- i845
- 1839
- i836
- 1825
- 1816
- MM.
- Président.
- Dumas (C. ^), membre de l’Académie des sciences, du conseil de l’universite, professeur à la faculté de médecine, doyen de la faculté des sciences , rue Cuvier, 35.
- Vice-présidents.
- A. Seguier (S^), conseiller à la cour d’appel, membre de l'Académie des sciences et du comité consultatif des arts et manufactures, rue Garan-cière, i3.
- Darblay (*f|), membre de la Société nationale et centrale d’agriculture, rue de Lille, 82.
- S ccrét air 3.
- Charles Dupin ( G. O. % ), membre de l’Académie des sciences, professeur au Conservatoire des arts et métiers, rue du Bac, 26.
- S ecrétaires-adj oints.
- Combes (O. ^ ), de l’Académie des sciences, ingénieur en chef des mines, professeur à l’école des mines, rue de l’Ouest, 24.
- Peligot (E.) (^), professeur au Conservatoire des arts et métiers, essayeur à la Monnaie, quai Conti, 1 î.
- Trésor ter.
- Agasse ), notaire honoraire, rue du Bac, 80.
- Censeurs.
- Héricart de Thury (O. ^ }, membre de l’Académie des sciences et de la Société
- 1816
- 1804
- 1802
- 1817
- 1840
- «8o2
- 1823
- Quarante-septième année. Avril 1848.
- MM.
- nationale et centrale d’agrkuîture, ancien inspecteur general des mines, quai d’Orsay, 3.
- Jomard ( O. $$ >, membre de l’Institut de
- France, conservateur - administrateur
- de la bibliothèque nationale, rueNeuve-des-Petits-Champs, 12.
- Président konara're.
- Thénard (G. O. ^), membre de l’Académie des sciences, chancelier de 1 u-niversité, place Saint-Sulpice , 6. Vice-présidents honoraires. de Lasteyrie (^), membre de la Société
- nationale et centrale d’agriculture, me de Grenelle-Saint-Germain, 5g. Francoeur (^), membre de I Académie des sciences et de la Société nationale et centrale d’agriculture , professeui à la faculté des sciences, rue de l’Université, 10.
- de Gasparin (G. 0. ^), membre de l’Academie des sciences et de la Société nationale et centrale d’agriculture;, rire de Courcelles, 29.
- Secrétaire honoraire.
- Cl. Anth. Costaz., ancien chef de la division des arts et manufactures au ministère de l’intérieur, rue des Trois-Fr-ères, 7.
- COMMISSION DES FONDS.
- Mtchelin (Hardouin) (^), conseiller référendaire à la cour des comptes,
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- 236
- MEMBRES DU CONSEIL D,’ADMINISTRATION.
- 18a5
- 1827 ï.832
- r835
- 1842
- 1843
- 1845,
- 1823
- 1829
- 1831 ! 831
- 1881
- .'8jo
- t847
- MM.
- rue Saint-Guillaume, 20, faubourg Saint-Germain.
- Molinier.deMontplanqua(0. ancien maire de Paris, doyen des avocats à la-cour de cassation, président de la Société philanthropique , rue de Gram-mont, 19.
- de Mx,aEPoix (^), rue de la Planche,
- '7-
- de Montmorency ( ^ ), rue Saint-Dominique-Saint-Germain, 111.
- DE Perrochel, quai Voltaire, i5.
- Baudon de Mony, conseiller référendaire à la cour des comptes, rue d’Anjou-Saint-Honoré, 62.
- Valois (^), banquier, rue Joubert, 3 a.
- Mallet (Alphonse), banquier, rue de la Chaussée-d’Antin, i3.
- COMITÉ DES ARTS MÉCANIQUES.
- Mallet (Ch. ) (0..^), inspecteur général honoraire des ponts et chaussées, vue de Verneuil, 34.
- de Lambel(C. ^), maréchal de camp du génie en retraite, rue St.-Dominique-Saint-Germain ,37.
- Amédée Durand (^), ingénieur-mécanicien, rue de l’Abbaye-S.-Germain, 10.
- Saülnier ( Jacq.-Franç.) (^), ingénieur-mécanicien de la Monnaie, membre du conseil général des manufactures, rue de Tournon, 3;i.
- Olivier ( Tliéod. ) (0. ^), professeur au Conservatoire des arts et métiers et à l’école centrale des arts et manufactures , rue de l’Observance, 2.
- Calla(0),ingénieur-mécanicien,membre du conseil général des manufactures , rue du Faubourg-Poissonnière, 92.
- Baddë ( ^ ), ingénieur en chef des ponts èt chaussées, rue Nationale-Saint-IIo-noré ,11.
- 1847
- 1845
- 1846
- 1817
- 1824
- 1827
- i83o
- I;83î
- 1840
- 1-846
- ,844
- ,844
- MM.
- Adjoints.
- Alcan, ingénieur civil, professeur à l’école centrale des arts et manufactures, membre de l’assemblée nationale, rue Bergère, 7 bis.
- Kerris ( ^ ), ingénieur de la marine, rue du Bac ,53.
- Féray (Ernest) (0. %), manufacturier, membre du conseil général des manufactures, a Essonne (Seine-et-Oise ).
- COMITÉ DES ARTS CHIMIQUES.
- Bréant (tf^), directeur honoraire des essais à la Monnaie, quai Conti, 1,.
- Gaultier de Claubry ( ^), professeur à l’école de pharmacie, membre du conseil de salubrité , rue des Fossés-St-Victor, 37.
- Payen (0. ^), membre de l’Académie des sciences, secrétaire perpétuel de la Société nationale et centrale d’agriculture, professeur au Conservatoire des arts et métiers et à l’école centrale des arts et manufactures, rue Saint-Martin, 208.
- Bussy ( % ) , membre de l’Académie de médecine, directeur à l’école de pharmacie, rue de l’Arbalète, 13.
- Chevallier (^), membre de l’Académie de médecine et du conseil de salubrité , professeur à l’école de pharmacie, quai Saint-Michel, 25.
- Frémy ( ^ ), professeur de chimie à l’école polytechnique, quai des Grands-Augustins, 55.
- Ébelmen ( 0 ), ingénieur des mines , directeur de la manufacture de porcelaines de Sevrés, rue d Enfer, 3/j-
- Balard (^), membre de l’Académie des sciences, professeur de chimie à la facnl-té des sciences, rue de la Sorbonne, 9.
- Cahours (^)? répétiteur de chimie à l’école polytechnique , rue d’Orléans, au Marais, 9.
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- ï H i o
- 1839
- 1846
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- 1828'
- i832
- 1Æ40
- 1840
- ï 840
- MEMBRES DU CONSEIL D
- MM.
- Adjoints.
- Boullay (O. ^ ), membre de 1 Academie de médecine, rue duHelder, 5.
- Magendie (O. {§), membre de l’Académie des sciences, professeur au college de France, rue d’ Anj ou - Saint-Honoré, 6.
- Thénard ( Paul) ( ), préparateur de
- chimie au collège de France, place Saint-Sulpice, 6.
- Leblanc, ingénieur des mines, répétiteur de chimie 4 l’école polytechnique, rue Madame, 41 •
- Levol, essayeur à la Monnaie.
- COMITÉ DES ARTS ÉCONOMIQUES.
- 1847
- 1847
- 1804
- 1818
- 1802
- Labarraque (^), membre de l’Académie de médecine et du conseil de salubrité, rue Pavée^Saint-Antoine , 4.
- Goürlier ( ^ ) , inspecteur général, secrétaire et membre du conseil des bâtiments civils , rue des Beaux-Arts, 2.
- Pouillet (0. ^ ), membre de l’Académie des sciences , professeur à la faculté des sciences, professeur-administrateur du Conservatoire des arts et métiers, rue Saint-Martin, 208.
- Becquerel (Ed.), aide-naturaliste au muséum d’histoire naturelle, rue du Jar-din-des-Plantes, 16.
- Péclet (O. ^ ), inspecteur général de l’université, professeur à. L’école centrale des arts et manufactures rue de la Harpe ,81.
- Herpin, docteur en médecine, rue de l’Abbaye, 10,
- Dizé (£^), membre de L’Académie de médecine , rue Neuve-Saint-GiMes,
- Trébuchet (^), chef de bureau à la préfecture de police, membre du conseil de salubrité, rue de l’Est, 1.
- E. de Silvestre fils, ancien élève de l’école polytechnique , rue de Verneuil, 28.
- 1802
- 18 i o
- 1828
- 1829
- i84q
- 1843
- ADMINISTRATION. 237
- MM.
- Adjoints.
- Barre (^), graveur général des monnaies, quai Conti, 11.
- Priestley (Ch.), professeur-répétiteur à l’école centrale des arts et manufactures, rue Pavée, 3, au Marais.
- Membres honoraires.
- Bouriat, membre de l’Académie de médecine , rue du Bac, 3g.
- Cagniard de Latour (^), rue du Rocher, 5o.
- COMITÉ D’AGRICULTURE.
- de Lasteyrie ( ^ ), membre de la Société nationale et centrale d’agriculture , rue de Grenelle-Saint-Germain, 5p.
- de Silvestre ( ^), membre de l’Académie des sciences et de la Société nationale et centrale d’agriculture rue Saint-Benoît ,.23i
- Vilmorin aîné (^), pépiniériste, membre de l’Académie des sciences et de la Société nationale et centrale d’agriculture, quai de la Mégisserie, 3o.
- Huzard ( {^ ) , membre de la Société nationale et centrale d’agriculture , de l’Académie de médecine et du conseil de salubrité, me de l’Eperon, 5.
- Da rblay (^), membre de la Société nationale et centrale d’agriculture, rue de Lille, 82.
- Dailly ( ^ ), membre de la Société nationale et. centrale d’agriculture , rue Pigale, 2.
- Philippar ( Fr. H. ), membre de la Société nationale et centrale d’agriculture, directeur du jardin des plantes de Versailles, professeur à l’institution nationale agronomique de Grignon, à Versailles (Seine-et-Oise).
- Moll (^), membre de la Société nationale et centrale d’agriculture...profes-
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- Année
- MEMBRES DU CONSEIL D ADMINISTRATION.
- 184o
- 1826
- 1827
- ] 840
- —*
- MM. § < v s “Ç fi
- seur au Conservatoire des arts et mé-
- tiers , rue d’Enfer, 55.
- Brongniart ( Adolphe ) (0. ^ ), mem- i832
- bre de l’Académie des sciences, vice-
- secrétaire de la Société nationale et 1842
- centrale d’agriculture, professeur au
- muséum d’histoire naturelle,, rue Cu- 1843
- vier, 35.
- Membre honoraire. i844
- de Gasparin (G. 0. membre de
- l’Académie des sciences et de la Société CO CO
- nationale et centrale d’agriculture, rue
- de Courcelles, 29. 1846
- COMITÉ DE COMMERCE.
- Bottin ($$), membre de la Société natio- CO W* CO
- nale et centrale d’agriculture, rue J ean-
- Jacques-Rousseau, 20. 1823
- Busche ( ^ ), ancien préfet, membre
- de la Société nationale et centrale d’a- i83o
- griculture, rue des Saints-Pères, 5.
- Delambre (^), chef du bureau des arts 00
- et manufactures au ministère du
- MM.
- commerce et de l’agriculture , rue du Bac, 83.
- Desgranges (^), négociant, rue de Gram-mont, 19.
- de Colmont (O. ^), rue Saint-Dominique , 182, au Gros-Caillou.
- Gautier (O. ^), sous-gouverneur de la banque de France, ruede la Vrillère,3.
- Gaelthier de Rümilly (^), membre de l’assemblée nationale , rue du Hous-saye, 3.
- Biétry ( ^ ), manufacturier, rue Richelieu , 102.
- Chapelle ( ^ ), ingénieur-mécanicien, rue du Cliemin-Vert, 3.
- Membres honoraires.
- Bérard (0.^), conseiller d’Etat, receveur général du département du Cher.
- Delessert (François) (0. ^), banquier, rue Montmartre, 176.
- Vincens (Emile) (O. ^), conseiller d’Etat, rue Thiroux, 8.
- Legentil ( Ch. ) (0. ^ ), rue de Paradis-Poissonnière , 49-
- Imprimerie de Mmc Y* B0UCIIARD-HUZ ARD, me de l’Éperon, 7.
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- QUARANTE-SEPTIEME ANNEE. (N° DXXVII.) MAI 1848.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MECANIQUES. — embarcadères.
- Suite du mémoire de M. Dehargne sur les ponts-levis et sur une nouvelle machine embarcadère construite au port de Brest (1).
- DEUXIÈME PARTIE. — Machine embarcadère.
- section première. — Inconvénients des grues ordinaires et des drops anglais employés comme moyens d’embarquement.
- Les grues de quai ont reçu, dans ces derniers temps, de nombreux perfectionnements. Construites autrefois presque entièrement en bois, elles obligeaient à un grand emploi de force et à de fréquentes réparations. Les nouvelles grues à engrenages, parfaitement combinées, donnent d’immenses avantages à la puissance tout en facilitant la manœuvre et en diminuant les frais d’entretien. Enfin les nouvelles grues dynamométriques , servant en même temps à enlever les charges et à les peser, présentent encore un perfectionnement qui offre un assez haut intérêt, puisqu’elles permettent de faire à la fois deux opérations distinctes* et, par suite, de réaliser d’assez fortes économies de temps et de main-d’œuvre.
- Néanmoins, malgré toutes ces améliorations, il est reconnu que, dans certains cas, la meilleure des grues à engrenages ne fonctionne pas encore d’une manière satisfaisante.
- (i) Yoy. Bulletin de février 1848, p. 76.
- Quarante-septième année. Mai 1848.
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- ARTS MÉCANIQUES*
- S’agit-il, par exemple, d’établir, au bord d’un quai desservant un vaste entrepôt d’une même matière , une machine destinée principalement à embarquer avec une grande célérité et dans des bateaux obligés de se tenir éloignés du pied des quais, pour rencontrer un mouillage convenable. Dans ce cas, les grues à engrenages, telles que celle de M. Cave (1), présentent de graves inconvénients :
- 1° Les 5 ou 6 mètres de portée de la grue réduits de la distance de 2 mèt., au moins, du pivot au bord du quai ne donnent plus qu’une trop faible saillie en dehors du môle.
- 2° On perd beaucoup de temps dans la manœuvre. Après avoir soulevé le poids, il faut le soutenir en équilibre, tourner la volée de la grue, descendre la charge assez lentement pour que l’accélération de vitesse ne fasse pas casser quelques engrenages et afin que l’on puisse tenir le fardeau suspendu à la hauteur voulue pour le déchargement, employer un temps très-long à enrouler de nouveau sur le tambour tout le câble déroulé, et faire tourner une seconde fois l’appareil pour le ramener à sa position initiale.
- Les grues, en un mot, qui donnent tant de facilité pour soulever un fardeau , sont loin de présenter les mêmes avantages lorsqu’il s’agit de le descendre seulement.
- Il y a donc lieu, pour ce qui concerne l’embarquement, dans le cas dont nous venons de parler, de se servir d’un autre appareil fonctionnant avec-plus de promptitude, dans lequel la charge soit équilibrée par un contrepoids , afin de tirer parti de la gravité , puisqu’il ne s’agit que de descendre, et dans lequel la volée, au lieu de se mouvoir autour d’un axe vertical, fasse sa rotation sur un axe horizontal établi sur le bord même du môle.
- Cette dernière disposition, permettant d’établir cet axe sur un appontement en charpente saillant de 5 à 6 mètres et même plus, donnerait ainsi à la machine un avantage précieux, celui d’une grande portée.
- En Angleterre on a senti depuis longtemps ce désavantage des grues dans le cas dont nous parlons, et l’on ne se sert, dans tous les grands entrepôts de charbons de terre à embarquer sur les bâtiments à vapeur ou sur les bateaux d’approvisionnements, que de machines fonctionnant très-promptement à l’aide d’un contre-poids. Nous pourrions faire connaître avec quelques détails ces machines dont les meilleures sont connues sous le nom de drops; mais cette description nous entraînerait trop loin de notre sujet. Nous allons nous borner à signaler le principal défaut de ces appareils , qui rend leur application tout à fait impossible dans nos ports.
- fl) Décrite dans le Bulletin de la Société d’encouragement, année (847, p. 405.
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- EMBARCADÈRES. 241
- Les mines de houille, en Angleterre, sont presque toutes situées à une très» grande élévation au-dessus des vallées, comme dans le bassin de Newcastle , par exemple, où les rivières navigables, le Tyne et le Wear, sont encaissées au fond d’une gorge étroite et profonde.
- Aussi les dépôts de charbon communiquent-ils avec les canaux et les rivières au moyen de plans inclinés à rails en fer dont la pente n’est praticable qu’en raison de ce qu’on s’est attaché à établir les postes d’embarquement à une hauteur très-grande au-dessus du niveau de ces rivières.
- Cette circonstance de localité a imposé dans la construction des drops cette condition impérieuse de prendre le waggon chargé à 10 , 12 et 1-4 mètres en contre-haut du plat-bord des bateaux à charger, pour le descendre de toute cette élévation à l’aide d’un châssis mobile autour d’un axe horizontal, retenu dans son mouvement au moyen d’un frein et d’un contre-poids. Il est évident que cette condition rend l’emploi de ces machines tout à fait impossible dans nos ports où l’on a tant d’avantages, au contraire, à tenir les quais et les dépôts de charbon à la plus faible hauteur possible au-dessus du niveau du plat-bord des bateaux à charger.
- Les principaux inconvénients des drops sont d’ailleurs les suivants : 1° il est difficile d’établir une solidarité complète entre toutes les parties d’une charpente aussi élevée, composée d’un grand nombre de pièces de bois dont quelques-unes ont jusqu’à 15 et 16 mètres de longueur, et qui doivent résister à des ébranlements continuels. L’entretien et le renouvellement de ces machines sont, par suite, toujours dispendieux. 2° Le châssis mobile destiné à descendre le waggon n’est pas équilibré dans toutes ses positions par le contre-poids ; il ne l’est d’ailleurs que sous la charge du waggon vide ; d’où il suit que le frein employé à modérer la chute du waggon chargé, au lieu d’être un simple auxiliaire, devient une impérieuse et fâcheuse nécessité, et ne peut être secondé par aucun autre effort.
- Les drops, d’ailleurs, ne servent qu’à embarquer, et le même poste ne peut faire les débarquements.
- Ces machines, comme les grues ordinaires, ne pouvant donc être appliquées, dans nos ports, aux nouveaux établissements de dépôt des charbons destinés à l’approvisionnement des bateaux à vapeur de la marine, nous avons proposé, pour ces établissements, une machine embarcadère nouvelle dont l’exécution a été ordonnée et vient d’être terminée au port de Brest. Nous allons faire connaître ici les dispositions de cet appareil, dont l’application peut d’ailleurs avoir lieu dans d’autres établissements que ceux des ports maritimes.
- En effet, sans compter les immenses terrains houillers de la Belgique traversés par la Meuse , n’avons-nous pas des bassins de houille près de la Dor-
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- dogne, sur les rives du Cher et de l’Ailier, sur les bords du canal du Centre , près du Rhône et en divers points du littoral ? et ne pouvons-nous pas présager, dès à présent, que ces mines, comme beaucoup d’autres, seront mises en communication par des railways et par des embarcadères, soit avec les rivières , soit avec les canaux ou avec la mer, soit encore même avec quelques lignes de chemin de fer?
- section deuxième. — Exposé général du système de la machine embarcadère.
- Revenons au pont-levis de la Villeneuve : supposons son tablier devenu vertical, son plancher supprimé, le châssis en charpente privé de la pièce du milieu, et supposons qu’à sa traverse supérieure soit attachée une chaîne destinée à tenir les charges suspendues.
- Il est évident qu’au moyen d’un contre-poids convenable on pourra toujours mettre ce système en équilibre, quelles que soient la pesanteur du châssis et la charge additionnelle portant sur sa traverse de tête. Si donc nous imaginons que la chaîne fixée à cette entretoise soutienne une caisse chargée, équilibrée par le contre-poids et amenée sur le bord du quai pour être embarquée, ce tablier, d’abord vertical, pourra s’incliner en tournant sur ses tourillons , et, par suite, abaisser la charge sans qu’il y ait lieu d’employer d’autre force que celle nécessaire pour vaincre les frottements.
- Les deux grands leviers de la machine restant en équilibre sous toutes les inclinaisons feront descendre la caisse sans accélération de vitesse, et l’on pourra , par cette raison, arrêter le mouvement à tel écartement du quai et à tel abaissement du fardeau que l’on jugera convenable, suivant la position du bateau d’embarquement.
- Dès que la charge descendue de la hauteur voulue aura été détachée de la chaîne qui la tenait suspendue à l’entretoise du châssis, l’équilibre sera détruit, et le contre-poids, tendant à descendre, fera revenir de lui-même la bascule dans la position initiale en forçant les deux trains de support des flèches à rouler sur leurs rails.
- Ce retour à la position initiale s’opérera uniquement par l’effet de la gravité, et l’on n’aura plus qu’à modérer la vitesse de ce retour, de manière à éviter le moindre choc contre les piliers de l’avant.
- Deux câbles amarrés de chaque côté du tablier seront fixés sur la tête de deux poteaux solidement établis, afin de soutenir le châssis lorsqu’il s’abaissera jusqu’à sa position-limite, c’est-à-dire jusqu’à devenir horizontal.
- Tel est le système de cette machine applicable à l’embarquement de chargements dont la pesanteur serait à peu près toujours la même, c’est-à-dire faisant équilibre au contre-poids réglé une fois pour toutes.
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- EMBARCADÈRES.
- Cette condition d’égalité de pesanteur pour tous les chargements à embarquer est toujours suffisamment satisfaite lorsque les matières à charger sont de même nature à chaque entrepôt pour la même machine, et renfermées dans des caisses d’égale capacité , ainsi qu il arrive pour 1 embarquement des charbons de terre.
- Quant à l’installation de cette machine, on déterminera, dans chaque localité, la longueur du châssis suivant la hauteur maximum dont on voudra faire descendre la charge , soit qu’il s’agisse d’embarquer sur un canal ou une rivière, soit que l’on doive embarquer sur un point quelconque du littoral et à toutes marées.
- Dans ce dernier cas, cette longueur sera fixée d’après le plus grand abaissement de la mer qui puisse permettre aux bâtiments de rester à flot en recevant leur chargement ; et, pour toute manœuvre, à hauteur de marée plus grande que cette dernière, on inclinera moins le châssis au lieu de le faire descendre jusqu’à devenir horizontal.
- Quant au niveau à donner au quai ou à l’axe des tourillons , il faut que le terre-plein soit un peu au-dessus du plat-bord des bateaux à charger, flottant à la plus grande hauteur qu’ils puissent atteindre.
- Pour la mise en mouvement de cette machine, il est nécessaire que la caisse chargée, amenée au bord du quai, puisse être accrochée à la chaîne du châssis et perde pied facilement. Cette condition est satisfaite en donnant une saillie assez forte à la partie antérieure des deux premiers piliers de support des flèches, afin que le châssis, au départ, au lieu d’être vertical, soit retenu un peu incliné vers le terre-plein. De cette manière il est facile d’accrocher la chaîne de suspension, et, lorsque le châssis est passé de cette position à celle de la verticale à laquelle il tend toujours à revenir, le poids est soulevé de toute la différence de niveau entre les deux points extrêmes de l’arc décrit. Comme, d’une autre part, le waggon est amené un peu en dedans de cette verticale et que la chaîne tire cette caisse obliquement, le waggon recule dès que le châssis revenant à la verticale fait tendre cette chaîne ; et la caisse, poussée en avant de cette manière, perd facilement son appui. On n’a donc pas besoin d’agir pour mettre ce système en mouvement.
- La caisse pleine, ainsi équilibrée, est descendue sans effort et très-promptement de toute la hauteur voulue. .
- Pour opérer avec sécurité le retour du châssis quand la caisse ouverte par le fond a embarqué sa charge et que l’équilibre est détruit, on a recours, comme nous l’indiquerons plus loin, aux moyens mécaniques mêmes qu’il faut nécessairement associer à cet appareil pour que le même poste serve indistinctement à deux fins, comme toutes les grues, c’est-à-dire soit à débar-
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- Mi ARTS MECANIQUES.
- quer les charbons destinés à l'approvisionnement du dépôt, soit à embarquer ces mêmes charbons à bord des bateaux à vapeur.
- Nous ferons remarquer que le châssis, dans son mouvement de retour, ne tend pas à dépasser la verticale, et qu’en conséquence, au delà de cette limite , la vitesse acquise décroît au fur et à mesure que ce tablier s’approche du parement incliné des piliers ; ce qui contribue encore à empêcher le choc.
- Il est facile de se rendre compte de ce fait, que le châssis non chargé tend toujours à revenir à la verticale sans la dépasser, en se rappelant que le contrepoids décrit la courbe de M. Delile, et que, pour toute position du tablier dépassant la verticale, le contre-poids serait obligé de remonter sur une seconde branche de courbe symétrique à la première, ce qui ne pourrait se faire sans perte de vitesse acquise.
- Ce qui précède suffit pour donner une idée de l’ensemble de cette machine en ce qui concerne l’embarquement. Dans ce cas, où il ne s’agit que de faire descendre une masse, où la gravité seule est plus que suffisante, cet appareil a l’avantage de détruire cet excès de puissance de la gravité et d’obtenir qu’une quantité considérable de charbon arrive à bord très-promptement et sans vitesse acquise. L’emploi du contre-poids équilibrant la charge et le retour de ce contre-poids à sa position initiale n’obligent qu’à un travail modérateur toujours facile et prompt.
- Mais , en ce qui concerne le débarquement, la gravité ne venant plus en aide , il faut nécessairement, pour élever le charbon du bateau sur le quai, un travail mesuré par le poids, par la hauteur d’ascension, plus les frottements. Pour l’effectuer, le moyen que nous employons et qui nous a paru s’associer le mieux au système déjà indiqué de la machine consiste à élever la charge à l’aide de poulies convenablement placées au haut du châssis mobile et de deux treuils simples établis de chaque côté du poste d’embarquement. La force appliquée à ces treuils tend toujours à retenir le châssis appuyé sur les piliers de l’avant, ou à le faire revenir dans cette position, quelle que soit sa charge. On n’a, en conséquence, qu’à forcer ce châssis à s’incliner vers l’avant de la quantité nécessaire pour porter la caisse hors du quai, à le retenir dans cette position et à le laisser revenir ensuite.
- La force nécessaire à ce travail est appliquée à deux petits treuils établis à l’avant du poste et dont les cordes fixées à l’axe des roues des flèches forcent celles-ci à se mouvoir et, par suite, à porter ce tablier vers le large ou à le ramener à sa position le long des piliers.
- Cette manœuvre du châssis, qui se fait en même temps que celle des autres treuils, n’entraîne aucune perte de temps, et n’occupe, du reste, qu’un moment les deux hommes déjà chargés, au poste, de l’approche et de la con-
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- EMBARCADERES.
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- duite des waggons, ainsi que d’accrocher et décrocher les chaînes de suspension de la caisse.
- Dans l’opération de l’embarquement, on profite des deux premiers treuils dont nous ayons parlé, pour modérer le retour du châssis ramenant la caisse vide. À cet effet, une corde fixée à chaque treuil passe en dessous du poste dans une poulie attachée au parement du quai, et de là se rend au bras du châssis auquel elle est amarrée. On conçoit de suite qu a l’aide de cette corde et des treuils on retienne facilement le châssis dans toutes ses positions.
- Cette machine peut etre installée sans difficulté sur un appontement en charpente d’une saillie assez forte en dehors du môle.
- La description suivante de cet appareil, tel qu’il a été exécuté, fera, du reste, connaître tous les détails.
- section troisième. — Description de l’appareil exécuté à Brest.
- 1° Disposition générale à donner aux postes d’embarquement et de débarquement.
- Un railway à double voie reliera l’entrepôt aux postes d’embarquement destinés également aux débarquements.
- Les chargements de charbon se feront au parc dans des caisses tenant une tonne et demie, ou 1,500 kilog., s’ouvrant en dessous par deux vantaux et reposant sur un chariot élevé d’environ 0m,57 au-dessus du plan des rails. Quatre embarcadères établis deux par deux à 24 mètres de distance , d’axe en axe, sur des appontements en charpente saillants de 5 mètres sur le quai, permettront aux plus grands bateaux à vapeur tenus constamment à flot de venir entre deux postes recevoir leur chargement à l’avant et à l’arrière en même temps.
- Le terre-plein est fixé au niveau du plat-bord des bateaux à vapeur de la force de 450 chevaux, flottant sans chargement à haute mer, c’est-à-dire à 6 mètres en contre-haut des grandes marées.
- La caisse remplie de charbon, équilibrée par la machine et descendue à 1“,50 environ au-dessus du pont de bateau à vapeur, se décharge par le fond dans un waggon-entonnoir préalablement descendu à bord, sur lequel elle vient s’appuyer, que les hommes de l’équipage poussent ensuite au-dessus de l’orifice des soutes et qui s’y vide instantanément par deux clapets de fond.
- Deux de ces waggons-entonnoirs sont nécessaires pour desservir la même machine. Quant aux petits bateaux dont le pont trop étroit ne permet pas la manœuvre des waggons-entonnoirs, ou pour le petit nombre de ceux qui n’ont pas leurs trous de soute en dessus, la caisse descend sur le pont même comme sur le waggon-entonnoir, et, une fois les ressorts ouverts, elle se relève
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- ARTS MÉCANIQUES.
- peu à peu de manière à déposer son charbon sans aucun choc. Comme ces bateaux n’embarquent qu’une faible quantité de combustible, on pourrait, au parc, charger ces charbons dans des sacs de toile, et ces sacs dans les caisses portées par les waggons. Alors ces sacs, déposés sur le pont par la manœuvre ci-dessus, seraient transportés et vidés par l’équipage dans les soutes mêmes, sans salir aucunement le bâtiment, et cela avec une grande promptitude.
- Les fig. 4, 5, 6, 7 de la planche 1058 indiquent le mode de construction du Avaggon-entonnoir.
- 2° Dispositions premières d’installation de la machine.
- On a pris 2m,80 pour hauteur de l’axe des flèches au-dessus du plan des rails, afin de relever le contre-poids à une hauteur suffisante pour le maintien de la libre circulation des chariots.
- La longueur du châssis, fixée à 5m,80, suffit pour descendre, à toute marée, les caisses de charbon à bord des plus grands bateaux à vapeur, en raison de l’élévation du waggon-entonnoir. Le point d’attache des flèches sur le tablier ayant été pris à 4“,80 de distance de l’axe-tourillon ou à 1 mètre du bout, nous avons déterminé d’abord la position première du châssis par la condition que la chaîne de suspension de la caisse pût venir prendre celle-ci sur son chariot presque suivant la verticale. L’inclinaison à donner au tablier et, par suite, la saillie des piliers d’avant ont été connues par là, et le centre des roues des flèches a été posé ensuite un peu en arrière du bord.
- Ce point une fois déterminé, la longueur du bras supérieur des flèches s’est trouvée fixée, et, par suite, celle des rails supérieurs qui portent leurs roues. Quant au bras inférieur, nous lui avons donné sa longueur minimum, afin de conserver environ 2m,40 de hauteur au-dessous du contre-poids, rendre commode l’approche des waggons et réduire ainsi la longueur des pièces.
- Le diamètre des roues étant de 1 mètre, comme à la Villeneuve, nous avons projeté le système en charpente de l’appontement, du plancher et des piliers, de manière à satisfaire aux conditions précitées en même temps qu’à celles de solidité.
- Les deux poteaux verticaux qui doivent supporter le châssis devenu horizontal sont moisés fortement dans les fermes latérales de l’appontement, établies en plan suivant la direction des cordes allant de ces poteaux à leur point d’attache sur le châssis.
- L’appontement se compose de cinq fermes dans lesquelles l’about des lon-guerines est solidement retenu dans le quai par des armatures chargées d’une épaisse maçonnerie.
- Les flèches, en bois de chêne de 0m,20 d’épaisseur, sont renforcées de lattes
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- embarcadères. f>47
- en fer de 0m,035 d’épaisseur, encastrées dans les faces latérales et bien serrées au moyen de forts colliers.
- Pour donner plus d’ensemble aux mouvements de l’appareil et éviter tout gauchissement, les flèches reliées déjà entre elles par le contre-poids meme le sont encore par l’axe prolongé des quatre roues, ce qui ne gêne nullement la circulation des waggons ; et, du reste , les quatre rails supérieurs, maintenant les roues des flèches dans la même direction, s’opposent à tout écartement et à toute déviation du système.
- Il est inutile de rappeler qu’on est obligé, comme au pont-levis de la Villeneuve , de ménager ici, dans les piliers de l’arrière, une rainure pour le passage des flèches. Cette rainure , de 0m,25 de profondeur le long du parement , commence sur le dessus à lm,20 de distance de ce parement. Pour conserver une solidité suffisante aux piliers en maçonnerie, on leur a donné une épaisseur de 0m,80 à la base et de 0m,70 en haut sur 2m,40 de longueur. Les sablières portant les rails supérieurs sont encastrées sur 1 mètre de longueur dans la pierre de taille du couronnement de ces piliers.
- Nous ferons remarquer qu’à chacun des postes on peut mettre les ouvriers à couvert sous une toiture cintrée en planches, appuyée sur le bord supérieur des piliers et sablières et en dessous de l’axe transversal des quatre roues, de manière à ne gêner nullement les manœuvres.
- 3° Détails sur la chaîne de suspension, le châssis, les treuils, le waggon et les caisses.
- La chaîne de suspension des charges à embarquer se compose de deux bras attachés au bout supérieur des longuerines du châssis , lesquels soutiennent une chaîne pendante terminée par un crochet qui retient l’anneau de réunion de quatre bouts de chaîne dont les derniers maillons saisissent les poignées de la caisse.
- Outre cette chaîne dont la force doit être calculée et bien éprouvée, la traverse supérieure du châssis porte, en son milieu, deux cordes pendantes de lm,20 de longueur, terminées chacune par un fort anneau qui doit recevoir les poulies servant au débarquement.
- Pour cette dernière opération, la première chaîne n’est pas employée : on accroche la poulie mobile dans l’anneau des quatre bouts de chaîne de suspension de la caisse ; et les deux bouts d’une corde passée sous la gorge de cette poulie remontent sur deux autres semblables fixées aux deux cordes pendantes, et de là se rendent aux treuils, qui, par cette disposition, soulèvent la charge avec une vitesse égale à celle que chacun d’eux donnerait séparément.
- A l’aide d’une gaffe armée convenablement, on ôte, on remet en place les
- Quarante-septième année. Mai 1848. 33
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- ARTS MÉCANIQUES.
- quatre bras de la chaîne d’en bas, et l’on pose, on enlève en nn Instant l’en" semble des poulies et de la corde passée à l’avance dans la gorge de chacune d’elles.
- Le mode d’attache des flèches au tablier mobile est absolument semblable à celui du pont de la Villeneuve.
- L’assemblage en charpente du châssis consolidé en tête par deux entraits boulonnés sur la traverse qui porte les tourillons d’attache des flèches est encore renforcé en haut par des équerres en fer à deux et trois branches, et en bas par quatre jambes de force , deux en bois et deux en fer. La traverse du bas porte trois colliers embrassant l’essieu-tourillon en fer forgé bien taraudé à ses points d’enclave dans les trois coussinets scellés à la tête des fermes de la charpente. L’assemblage des montants du châssis sur sa traverse inférieure est consolidé, en outre, de chaque côté , en dessus et en dessous, par une bande ou latte en fer enveloppant cette traverse, remontant jusqu’à 2 mèt. de hauteur le long du châssis et serrée par quatre forts colliers bien boulonnés , et latéralement par une autre bande de fer très-large , enclavée dans les montants , serrée entre eux par ces mêmes colliers, coudée en équerre vers le bas et terminée par un œil que traverse l’axe-tourillon.
- Les deux câbles destinés à soutenir, dans le mouvement, le châssis devenu horizontal sont fixés, d’une part, à la tête des deux grands poteaux d’amarrage bien moisés dans les fermes latérales, et, de l’autre, à des frettes à écrou saisissant les longuerines par le milieu de leur longueur (1).
- Les deux grands treuils sont placés obliquement sur l’appontement, au-dessous des flèches et près des pilastres en maçonnerie pour ne point gêner la circulation, et afin que, dans la manœuvre du débarquement, la corde allant de chacun de ces treuils aux poulies supérieures du châssis ne touche ni aux poteaux, ni aux sablières de support du chemin de fer des flèches.
- Les deux petits treuils de l’avant, munis seulement d’une manivelle et dont le tambour est en dehors des piliers, permettent, dans l’opération du débarquement , d’agir sur l’axe des flèches, et de forcer ainsi le châssis à projeter la caisse en dehors de l’appontement.
- Cela se fait aisément et sans que la corde allant du tambour à la poulie accrochée au bout extérieur de l’axe des quatre roues, et de là à son point d’arrêt sur le poteau du milieu, frotte contre aucun des piliers.
- Ces petits treuils ont encore un autre emploi. Lorsqu’il s’agit d’embarquer,
- (i) Il serait bon de confectionner ces câbles en fii de fer, et chacun en deux parties égalés reliées ensemble par croupière et manille pour éviter toute courbure.
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- embarcadères.
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- on ôte de chaque côté la corde ci-dessus, et on se sert d’une autre allant du tambour a l’extrémité supérieure de la flèche, ou elle est fixée à demeure.
- À l’aide de ces deux treuils, dès que la caisse est revenue vide, on force le châssis, en cinq tours de manivelle, à dépasser la verticale et à rester dans la position inclinée qu’on veut lui donner pour accrocher ou décrocher plus aisément la caisse , et faciliter, comme nous l’avons dit, le départ de celle-ci chargée, ou sa mise en place sur le waggon, lorsqu’elle est revenue vide.
- Le châssis se met en mouvement dès que l’on dévire à ces deux treuils, et après cinq tours de manivelle on saisit la corde par son anneau sur le tambour, et on l’accroche au bout du garde-corps. Dans cette position, elle suit le mouvement du châssis sans agir sur le treuil, et, au retour de la caisse vide, elle est aisément reprise et remise sur le tambour. On active ainsi la manœuvre en diminuant la longueur de corde à enrouler et à dérouler.
- Le waggon de transport des caisses se compose d’un cadre en charpente sur quatre roues de très-petit diamètre, surmonté de deux rouleaux, dont l’axe repose sur des coussinets solidement fixés aux parois latérales du cadre.
- Les caisses destinées à l’embarquement ont lm,50 de longueur, lm,35 de largeur et 1 mètre de hauteur ; elles s’ouvrent en dessous par deux vantaux de lm,50 de longueur, dont l’un porte une forte plaque en fer s’appuyant de chaque côté sur deux ressorts boulonnés aux parois antérieures de la caisse. On fait fléchir ces ressorts à l’aide d’un petit levier transversal.
- Au haut de chaque caisse sont établies, de chaque côté, deux poulies montées sur un axe commun et dans lesquelles passent des cordes fixées par un bout à chaque vantail et à l’aide desquelles on referme successivement chacune des portes dès que le charbon est sorti. Cette fermeture s’opère ainsi en quelques secondes et avec d’autant plus d’aisance que le poids des hommes facilite la manœuvre.
- La caisse vide destinée à l’embarquement est placée sur son chariot de telle sorte que les ressorts soient, de chaque côté, un peu en dedans de l’axe du rouleau de l’avant. Ainsi appuyée sur les deux rouleaux et retenue par deux petites chaînettes scellées à l’arrière du waggon, elle peut aisément être fixée sur son appui ou rendue libre quand elle doit basculer et partir.
- En ce qui concerne le débarquement des charbons , les caisses s’ouvrant par le côté, n’ayant plus ni ressorts ni poulies, se posent sur le waggon dans le sens de leur longueur, le milieu au-dessus du rouleau de barrière sur lequel on les fait basculer sur place lors du déchargement dans les parcs. A cet effet, le waggon est échancré à l’arrière, et deux autres petites chaînettes à l’avant permettent de retenir ou laisser basculer ces caisses, dont le dessous est fixé à volonté sur son rouleau, pour que la caisse ne quitte pas son appui.
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- ARTS MÉCANIQUES.
- C’est, en un mot, le système de déchargement employé dans tous les grands travaux de terrassement.
- 4° Manœuvre de la machine.
- Pour l'embarquement. — La fig. 1 de la planche 1057 fait voir la disposition de la machine prête à fonctionner pour embarquer une caisse chargée amenée sur le bord de l’appontement. Chaque poulie inférieure servant à la retenue du châssis est soutenue par une petite chaîne fixée à la jambe de force de l’appontement, et elle tire sur une forte chaîne scellée à un organeau du quai. C’est sur cette poulie qu’est fixé, de chaque côté, le dormant d’un palan accroché en dessous du bras du châssis, et dont le garant se rend au treuil, y reste pendant l’opération des embarquements, et est décroché du tambour pour être mis en repos lorsqu’il s’agit de débarquer.
- Nous avons dit qu’aussitôt après le retour du châssis ramenant la caisse vide on virait aux deux petits treuils d’avant cinq tours de manivelle pour rapprocher le châssis des piliers ; on le retient ensuite dans cette position en abattant le linguet de chaque treuil.
- Pour l’embarquement, quatre hommes sont aux grands treuils. Deux autres amènent un waggon chargé, le poussent jusqu’à l’entretoise inférieure du châssis, saisissent la chaîne pendante, en accrochent les quatre bras à ceux de la caisse, dépassent les deux petites chaînettes de l’arrière du waggon de leur point d’attache à la caisse et lèvent le linguet des deux petits treuils d’avant pour dévirer cinq tours de manivelle.
- Le châssis revient alors vers la verticale , tend la chaîne de suspension , tire la caisse obliquement et la fait pivoter sur son rouleau d’appui, tandis que le waggon, se trouvant ainsi poussé vers l’arrière, recule de lui-même et abandonne sa charge. À son départ, la caisse, se trouvant portée au delà de la verticale , met ainsi le système en mouvement et descend d’une manière uniforme et continue, pendant que le contre-poids en plomb (d’environ 5,000 kil.j décrit la courbe de M. Delile.
- Dès que les deux hommes ont déviré leur treuil, ils enlèvent du tambour le bout de la corde et le passent dans un crochet fixé à l’extrémité du garde-corps ; dès lors ils n’ont plus rien à faire et gardent leur position près de leur treuil.
- La caisse en mouvement descend jusqu’à ce qu’elle rencontre le pont du navire sur lequel on veut déposer le charbon, ou le waggon-entonnoir sur lequel deux aiguilles mobiles en bois établies en travers la reçoivent, ou enfin jusqu’à ce que les deux gros câbles latéraux retiennent le châssis dans sa position-limite.
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- EMBARCADÈRES.
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- Cette caisse est donc ainsi descendue de toutes les hauteurs qui conviennent aux bateaux à vapeur flottant à toute marée.
- Pendant cette descente les quatre hommes d’en haut virent à leurs treuils pour serrer le palan et retenir le châssis dans la position qu’il doit garder dès que la caisse est descendue.
- Quant à l’ouverture et à la fermeture de cette caisse, elles s’opèrent de la manière suivante au moyen de deux hommes de l’équipage du navire.
- A mer basse pour les petits bateaux à vapeur peu élevés au-dessus de l’eau : un homme de chaque côté ouvre le ressort en tirant le bout de corde du levier, et immédiatement les deux vantaux s’ouvrent au-dessus du waggon-entonnoir, qui reçoit la charge. Ces deux hommes, en tirant ensemble et successivement les deux cordes destinées à la fermeture des portes, soulèvent ainsi très-facilement les deux vantaux et les ferment l’un après l’autre en quelques secondes. À toute marée pour les grands bateaux à vapeur, dès que la caisse est appuyée sur le waggon-entonnoir et que le palan est serré , on tient les ressorts ouverts au moyen des petits leviers , tandis qu’on dévire quatre tours de manivelle aux treuils d’en haut. Les vantaux alors, étant appuyés sur les aiguilles transversales de l’entonnoir et non retenus par les ressorts, s’entr’ouvrent peu à peu, tandis que la caisse remonte et que le charbon descend, sans se briser, pour remplir l’entonnoir. Cette sortie du charbon s’effectue, sans aucun déversement, sur le pont du navire, et l’entonnoir, poussé par les hommes de l’équipage au-dessus des trous de soute du bâtiment, facilite et activera le transport, en maintenant la propreté parfaite et la bonne conservation des ponts.
- Après avoir déviré quatre tours de manivelle, les hommes des treuils font un temps d’arrêt pendant lequel la caisse est fermée, et, avertis par le bruit des deux ressorts, ils continuent à dévirer pour laisser revenir à la position verticale le châssis ramenant la caisse vide.
- Ce retour s’opère aisément ainsi, sans fatiguer les hommes, qui ont pour eux l’avantage de tous les frottements.
- Aussitôt que la caisse est revenue, les deux hommes des petits treuils reprennent leur bout de corde, le fixent au tambour, virent cinq tours de manivelle, abattent le linguet et vont tirer un peu obliquement la caisse, tandis qu’un homme détaché des deux grands treuils vient pousser le waggon. La caisse est ainsi posée en un instant sur ce chariot, décrochée de la chaîne de suspension, emmenée et remplacée par une autre qu’amènent les deux mêmes hommes de l’avant.
- La durée totale de cette manœuvre pour l’embarquement à basse mer, nécessairement le plus long, est, d’après un grand nombre d’expériences, de deux minutes et demie, savoir :
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- ARTS MÉCANIQUES.
- Pour amener le waggon chargé, de 10 mètres de distance, accrocher la
- caisse, faire partir à l’aide des petits treuils.............0' 30"
- Descendre à mer basse.....................................0' 25"
- Achever de serrer les palans..............................0' 20"
- Ouverture, évacuation dans l’entonnoir et fermeture de la caisse, 0' 20"
- Retour de la caisse vide. -...............................0' 25"
- Mettre la caisse sur son waggon, l’emmener à 10 mètres. . . 0’ 30"
- Durée totale de la manœuvre à mer basse........... • • 2' 30"
- Soit trois minutes.
- D’après cela, on embarque une tonne et demie (ou 1,500 kilog.) à chaque poste en trois minutes (temps maximum), ou trois tonnes, avec les deux postes fonctionnant ensemble pour le même bateau à vapeur, en trois minutes ; ce qui donne une tonne par minute.
- Il suit de là enfin qu’un bateau à vapeur de la force de 450 chevaux, qui prend ordinairement 600 tonneaux de charbon, peut ne mettre, avec cet appareil, que dix heures au plus à recevoir tout son chargement sans fatiguer son équipage ni salir son pont, travail qui ne se fait pas actuellement à Brest en moins de quinze et même de vingt jours, faute de machines embarcadères et de parc de dépôt muni de rails et de waggons.
- On conçoit tout l’intérêt qu’on doit attacher à la formation de dépôts de charbon bien installés surtout sous le rapport du mode d’embarquement ; car la vitesse d’action , principal avantage des bateaux à vapeur, doit nécessairement se trouver appliquée aussi bien aux chargements et aménagements de départ qu’à la locomotion à la mer.
- Pour le débarquement. Les fig. 8 et 9 de la planche 1059 font voir la disposition de la machine prête à fonctionner pour débarquer.
- On retire d’abord du tambour des grands treuils le garant des palans et on le met au repos au pied de ceux-ci ; on ôte aussi les cordes des deux petits treuils et on les accroche, comme nous l’avons dit, au bout des garde-corps. On passe dans l’anneau de l’axe des flèches upe poulie dont la corde est fixée, par un bout, au haut du poteau du milieu et par l’autre au petit treuil d’avant, et on attache de suite, au haut des châssis, les deux poulies portant le câble des deux grands treuils, qui soutient la poulie mobile. On accroche cette dernière à l’anneau des quatre bras de la chaîne, et dès lors on peut commencer la manœuvre.
- La caisse vide, amenée au bord du quai, est accrochée au moyen des quatre bras de la chaîne de suspension, et l’on se met de suite à virer en même temps aux quatre treuils : savoir aux deux grands pour soulever la caisse, aux deux
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- embarcadères .
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- petits pour projeter le châssis vers le large et permettre à la caisse de descendre au dehors de fappontement.
- Quand le châssis est assez incliné, le travail des deux petits treuils cesse, et les deux Grands seuls font la manœuvre de la descente de cette caisse vide et du montage de celle qu’on vient de remplir en bas.
- Lorsque celle-ci est élevée au-dessus de son waggon, le travail des grands treuils est terminé, et l’on n’a plus qu a dévirer aux deux autres, afin que le châssis, toujours sollicité à revenir, s’appuie sur les piliers d’avant et ramène sur le waggon la caisse chargée, dont on fixe le milieu sur le rouleau d’arrière; cette caisse est ensuite décrochée et remplacée par une autre.
- Nous avons déjà dit qu’ici le travail s’opère avec la vitesse de chaque treuil séparé, puisque tous deux agissent ensemble pour soulever la poulie mobile. Le déchargement des navires d’approvisionnement peut donc se faire ainsi très-vite avec deux treuils simples calculés pour ne lever qu’une charge donnée avec le plus de vitesse possible ; cette vitesse d’ascension est de trente-trois secondes par mètre de hauteur avec quatre hommes.
- Explication des figures des planches 1057, 1058 et 1059.
- P. 1057, fig. 1. Élévation latérale de l’appareil pour l’embarquement des charbons de terre, construit au port de Brest par M. Dehargne.
- Fig. 2. Vue, de face, de fappontement en charpente de cet appareil.
- PL 1058, fig. 3. Plan de l’appareil d’embarquement.
- Fig. 1. Le waggon-entonnoir qu’on place sur le bateau, vu de face,
- Fig. 5. Le même, en élévation latérale.
- Fig. 6. Plan du train d’avant.
- Fig. 7. Plan de l’axe et des roues d’arrière.
- Pl. 1059, fig. 8. Appareil pour le débarquement des charbons de terre, vu en élévation latérale.
- Fig. 9. Le même vu en plan.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans toutes les figures des trois planches.
- A, mur du quai ou du môle auquel est solidement fixé l’appareil servant au débarquement et à l’embarquement.
- B, appontement composé de cinq fermes en fortes pièces de charpente de A à 5 mètres en saillie sur le quai, et donnant à la machine une grande portée.
- C, jambe de force destinée à soutenir cette charpente.
- D D, poteaux à la tête desquels sont amarrés des câbles E enroulés sur de petits treuils F servant à retenir le châssis lorsqu’il a pris la position horizontale.
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- ARTS MECANIQUES.
- G, tablier de l’appontement.
- H, châssis qui s’élève ou s’abat en tournant sur ses tourillons a par l’effet des flèches I, qui avancent ou reculent par leurs poulies J roulant sur les rails K. Ce mouvement est indiqué par les lignes ponctuées fig. 1, pl. 1057.
- L, contre-poids en plomb des flèches I.
- M, treuils obliques établis de chaque côté de l’appareil.
- N, waggon de transport portant la caisse O, chargée de 1,500 kilog. de charbon, laquelle s’ouvre en dessous.
- P, chaîne pendante attachée au bout supérieur des longuerines du châssis : elle est terminée par un crochet qui retient l’anneau de réunion de quatre bouts de chaîne qui saisissent les poignées de la caisse.
- O, cordes terminées par un fort anneau recevant les poulies qui servent au débarquement.
- R, corde attachée à la caisse et substituée à la chaîne P pour le débarquement. Cette corde, qu’on voit fig. 8 et 9, pl. 1059, s’enroule sur le treuil au moyen duquel on enlève la charge.
- S, chaîne fixée à la jambe de force C : elle soutient les poulies inférieures servant à la retenue du châssis et tire sur une forte chaîne T scellée à un organeau du quai.
- 5° Évaluation de la dépense.
- Le tableau suivant fera connaître , avec tous les détails nécessaires, le prix de revient de cet appareil (1).
- (j) Prix d’un waggon et de la caisse pour l’embarquement contenant 1,500 kilogrammes de charbon
- en roche..................................................................... 450 fr.
- Prix d’un waggon-entonnoir seul. ........................................ 650
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- EMBARCADÈRES.
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- État de la dépense de l’ensemble de la machine embarcadère.
- INDICATION DES OUVRAGES. QUANTITÉS. PRIX. SOMMES.
- § 1. appontement.
- m. c. fr. c. fr. c.
- Massif de maçonnerie chargé d’armatures en fer retenant l’extrémité des
- poutres dans le quai t>y, stères. 10 » 690 »
- ,rînq poutres en chêne de 35/25 d’équarrissage, cubant.... 3,40
- / rinq sous-poutres en chêne de 25/25 d’équarrissage, cubant.. 1,90
- j pixjambes de force en chêne de 30/25 d’équarrissage, eu-
- I bant •••••• 3,17
- lCinq tirants horizontaux en chene de 25 25 d’équarrissage,
- 1 cubant 0,50
- lUne moise horizontale d’en bas de 20/30 d’équarrissage, eu-
- J bant 0,42
- Bois / peux moises horizontales d’en haut deff/irl et d’équar-
- \ rissage, cubant 1,20
- iDeux poutres transversales à l’avant de 27/20 et 25/20 d’é-
- J quarrissage, cubant 0,60
- Traverses du plancher et garde-corps de 15/13 et 15/15 d’é-
- I quarrissage, cubant 1,36
- ! 12,50 113 « 1,412 50
- \Bordages du plancher de 0,05 d’épaisseur, 7 » 175 »
- ( Boulons pour les fermes et clous du plancher 110 kilog.
- * ER | Barres de fer pour armatures des poutres dans le quai 957
- 1,067 kilog. 1 30 1,387 10
- Fonte pour rails et coussinets 370 » 40 148 »
- Peinture à l’huile à trois couches
- art Af\
- Montant total de la dépense de l’appontement
- g 2. MACHINE EMBARCADÈRE.
- i Maçonneries en moellons piqués m. c. 8,10 12 » 97 20
- | Parements en moellons piqués 28,70 7 50 215 25
- Piliers.. .. ' Pierre de taille pour couronnement sur 0,50 de hauteur.... 1,52 45 80 69 62
- ) Taille des parements 8,70 9 » 78 30
- Refouillements 15 journées. 2 25 33 75
- /Deux poteaux en chêne adossés aux piliers avec leurs ta- stères.
- | quets 25/25 0,53
- Deux moises verticales formant poteaux du milieu, 25/50... 1,61
- 1 Deux moises de l’avant et leurs poteaux compris, 25/70.... 1,37
- 1 Contre-forts et jambettes pour appuis du châssis 1,30
- 1 jDeux couronnements des poteaux , 25/50 1,45
- , R J Quatorze jambes de force , haut et bas, 20/20 0,99
- i C0IS \Deux poteaux moisés aux fermes latérales, 30/40. 1,85
- ] Quatre jambes de force aux fermes latérales, 25/25 0,40
- |Deux flèches de llm,40 de longueur, 0m,40 sur 0m,20 1,84
- i Deux montants du châssis, 25/25 0,70
- 1 Trois entretoises du châssis, 27/25, 16/25, 22/22 0,71
- 1 Deux liens moisés en haut, 18/25 0,21
- ' Deux jambettes en bas du châssis, 20/20 0,12
- 13,08 113 » 1,478 04
- i Boulons pour poteaux et moises 160 kilog.
- i Axe-tourillon du châssis 170
- 1 Quatre colliers embrassant l’axe et la traverse du châssis.. 80
- p ) Deux lattes avec leurs boulons, traversées par l’axe et fixées
- t ers. • • • • Je long des montants du châssis 132
- J Deux lattes embrassant la traverse et les montants du châs-
- F sis 52
- ' Huit frettes à écrou pour les serrer 95
- A reporter 689 » » 1,972 16
- Quarante-septième année. Mai 1848. 34
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- ARTS MÉCANIQUES.
- INDICATION DES OUVRAGES.
- Report.
- Fers.
- ' Deux jambes de force eu fer carré au bas du châssis------
- Huit boulons en fer pour ces jambes de force..............
- Deux frettes en fer au milieu des montants du châssis.
- Deux frettes en fer eu haut des montants avec crochets....
- 1 Trois coussinets en fer pour l’axe du châssis............
- [Quatre plaques à T pour ces coussinets....................
- [Douze boulons pour ces plaques.............. .............
- /Deux axes d’attache des flèches au châssis ...............
- 'Huit équerres d’assembl. sur le châssis etquatorze boulons.
- Un axe des roues des flèches avec crochets extérieurs.....
- [Quatre lattes en fer pour les flèches de 0m,035 d’épaisseur... iDix-huit frettes en fer pour serrer ces lattes et vingt boulons. [Deux chapes et leurs boulons pour l’axe du contre-poids...
- I Un axe en fer carré pour le contre-poids............
- Deux étriers à crochet fixés aux poteaux du milieu........
- Chaînes de retenue et de suspension des palans..........
- Deux organeaux et scellements desdits dans le quai........
- \ Chapes et crochets de sept poulies.......................
- „ j Quatre rails pour les roues des flèches.
- t' 0NTE.....j Quatre roues pour les flèches..............
- Cuivre.
- i Trois boîtes pour coussinets de l’arbre-tourillon du châssis.
- s Quatre boîtes pour coussinets des roues des flèches........
- ( Sept rias de poulies.......................................
- Plomb du contre-poids.....................................
- Deux moufles en bois...........................
- Cordage neuf......................... .........
- Deux grands treuils simples en fer et fonte....
- Deux petits treuils simples en fer et fonte....
- Peinture sur bois et fers.................................
- Dépenses diverses..............................
- Montant total de la dépense de la machine.
- QUANTITES.
- 689 kilo^
- 98
- 4
- 26
- 20
- 75
- 20
- 34
- 90
- 15
- 142
- 2,028
- 94
- 26
- 131
- 12
- 220
- 260
- 32
- 4,016 kilog.
- 648
- 220
- 868 kilog,
- 6
- 5
- 16
- 27 kilog.
- 5,070
- 2
- 167
- 2
- 2
- PRIX.
- 1 30
- 40
- 3 60 » 80
- 15
- 2
- 250
- 90
- SOMMES.
- 1,972 16
- 5,220 80
- 347 20
- 97 20
- 4,056 » 30 » 334 » 500 » 180 » 90 » 172 64
- 13,000 »
- Extrait du procès-verbal de la commission nommée à Brest pour faire des expériences sur la machine embarcadère de M. Dchargne.
- Aujourd’hui, 28 juillet 1847, s’est réunie la commission nommée le 23 du même mois, par ordre de M. le préfet maritime, afin d’examiner la machine embarcadère de M. l’ingénieur Dehargne, et de faire des expériences sur son emploi, tant pour le chargement que pour le déchargement des navires : ladite commission composée de
- MM. Fauveau, ingénieur de la marine, président;
- Lahalle, officier de marine, de la direction des mouvements du port;
- Lebeurriée, sous-commissaire de marine, du détail des approvisionnements ;
- Verrier3 ingénieur des travaux hydrauliques.
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-
- EMBARCADÈRES.
- 257
- M. le sous-contrôleur Gérodias a assisté aux opérations de la commission.
- M. l’ingénieur Dehargne a d’abord présenté à la commission une feuille de dessins contenant les plans, coupes et élévations, tant de l’appontement et de la machine, pendant les deux opérations du chargement et du déchargement , que du waggon-entonnoir au moyen duquel, après avoir reçu le charbon tombant de la caisse, on le transporte au-dessus du trou de soute qui doit le recevoir.
- La commission s’est ensuite transportée à Quéliversan, où elle a fait des expériences , tant sur la manière de manœuvrer la machine que sur la durée de ces manœuvres. S’occupant d’abord de l’embarquement, elle a reconnu que l’opération se faisait de la manière suivante :
- Deux hommes poussent sur un railway, jusqu’à l’entretoise inférieure du châssis, le waggon qui porte la caisse à fond mobile chargée d’une tonne et demie de charbon, accrochent à cette caisse les quatre bras de la chaîne pendante , etc.
- La caisse arrivée, presque sans choc, sur le waggon-entonnoir placé sur le pont du navire dans lequel on veut embarquer le charbon, est reçue par deux aiguilles en bois placées horizontalement sur les bords de ce waggon. Deux hommes placés aux côtés opposés de la caisse ouvrent le fond mobile au moyen de cordes mettant en mouvement les loquets qui le retiennent fermé, et aussitôt on dé vire quatre tours aux treuils des palans de retenue. La charge du charbon portant alors en grande partie sur les aiguilles, la caisse remonte lentement, les deux vantaux s’ouvrent, et le charbon tombe dans le waggon-entonnoir sans qu’aucune parcelle puisse se répandre sur le pont. Aussitôt les deux hommes qui ont ouvert la caisse la referment au moyen , etc.
- La commission a fait deux expériences sur la durée de l’opération du chargement.
- Première expérience.
- Première période, comprenant l’approche du waggon et de la caisse, la descente de cette dernière et son ouverture jusqu’à l’évacuation complète du
- charbon qu’elle contenait...................................1' 30"
- Deuxième période, comprenant la fermeture de la caisse, son remontage et son éloignement à 10 mètres environ............0' 55"
- Total...................2' 25"
- Deuxième expérience.
- Première période.....................1' 38"
- Deuxième période.....................0' 55"
- Total. ... 2' 33"
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- 258.
- ARTS MÉCANIQUES.
- La moyenne de ces deux expériences est donc de 2- 29" pour l’opération totale du chargement d’une tonne et demie, à marée basse. Si nous supposons que , en raison des retards ou obstacles de diverses natures qui pourront se présenter dans l’opération continue, ce temps soit porté à 3', on voit qu’on pourra, en une heure, effectuer le chargement de 30 tonnes de charbon.
- Quant au débarquement, en voici la manoeuvre.
- Dans cette opération, le contre-poids agit pour retenir le châssis, qui ne sert plus que comme support de la poulie sur laquelle s’enroule la corde au moyen de laquelle on enlève la caisse chargée à l’aide des deux grands treuils qui servaient tout à l’heure à manœuvrer les palans de retenue. Le dessin montre la disposition que reçoit l’appareil, et l’on voit que les petits treuils agissent alors sur des cordes ayant pour effet de projeter le châssis en avant, tandis que les grands treuils agissent directement sur les deux extrémités d’une même corde qui, après avoir passé sur deux poulies fixées au sommet du châssis, vient s’enrouler sous la poulie mobile à laquelle est suspendue la caisse.
- La caisse vide étant donc amenée sur son waggon contre l’entretoise du châssis , les deux hommes qui l’accompagnent la suspendent à la poulie mobile ; puis, saisissant les manivelles des petits treuils, ils virent quelques tours pour projeter le châssis en avant, pendant que quatre hommes virent également aux grands treuils pour soulever la caisse , etc.
- La commission a fait deux expériences sur la durée de l’opération du déchargement.
- Première expérience.
- lre période comprenant l’approche de la caisse vide et sa descente jusqu’au
- moment où elle est décrochée...........................1' 55"
- 2e période comprenant le chargement de la caisse jusqu’au moment où elle est accrochée de nouveau (la caisse a été chargée avec des sacs qu’on a remplis de charbon) (1). . . . 9' 5"
- 3e période comprenant le remontage jusqu’au niveau de l’appon-
- tement, hauteur 4m,75.....................................2' 40"
- 4e période comprenant l’achèvement du remontage, l’installation de la caisse sur son waggon et son éloignement à 10 mètres environ.. 0' 58"
- Total.................14' 38"
- On voit que, dans cette expérience, quatre hommes ont remonté, en 2' 40",
- fl) Ce temps ne doit point être compté dans les manœuvres continues. ( Note de l’auteur. )
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- EMBARCADÈRES.
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- une tonne et demie de charbon à 4m,75 de hauteur, ce qui donne, pour vitesse ascensionnelle de la caisse, 1 mètre de hauteur en 33 secondes.
- Deuxième expérience.
- lre période.................................
- 2e id. ( la caisse a été chargée à la pelle ). 3e id., hauteur d’ascension 4 mètres.
- 4 e id......................................
- 1' 37" 8' 43" 1' 15" 0' 53"
- Total..................12' 28"
- On voit que, dans cette expérience, le montage de la caisse a été beaucoup plus rapide, puisqu’il a été de 4 mètres en 1' 15", c’est-à-dire de 1 mètre en 19 secondes. Toutefois la commission, ayant remarqué que les hommes virant aux treuils de montage ont exercé un effort plus considérable que celui que l’on peut attendre d’eux d’une manière continue, pense que l’on doit s’en tenir au résultat de l’expérience précédente, c’est-à-dire d’élever la caisse de 1 mètre en 33 secondes.
- Après avoir fait les expériences qui précèdent, la commission reconnaît que, si, dans la pratique, il ne se présente pas plus d’entraves à la manœuvre continue de la machine embarcadère qu’il ne s’en est présenté pendant le cours de ses expériences, chacune de ces machines pourra embarquer à bord d’un bateau à vapeur 30 tonnes de charbon par heure, soit 60 tonnes pour les deux postes d’embarquement situés à l’arrière et à l’avant des tambours des roues. Elle reconnaît également que cette machine , agissant comme grue de débarquement, pourra élever le poids d’une tonne et demie de charbon avec la vitesse de 33 secondes par mètre de hauteur, après avoir été le prendre à la distance de 6 à 8 mètres du quai (1).
- Les membres de la commission,
- F au veau , Lalialle , Lebeurriée ; Terrier , rapporteur.
- (1) Il suit de ces expériences
- 1° Que le chargement des 600 tonnes de charbon en roche que prennent les plus grands bateaux à vapeur se ferait avec deux postes en 10 heures au plus ;
- 2° Que chaque poste pourrait (en supposant 10 mètres pour hauteur moyenne de montage ) débarquer une tonne et demie en li' 38", et, par suite, 9 tonnes par heure ou 90 tonnes en 10 heures. ( Note de l’auteur. )
- 4««<
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- 260
- ARTS CHIMIQUES.—métaux.
- Rapport fait par M. Ed. Becquerel , au nom des comités des arts chimiques et économiques, sur les procédés de laitonage et de bronzage électrochimiques des métaux de MM. Rrunel, Risson et Gaugain , rue des Amandiers-Popin-court, 12.
- Lorsqu’on veut préserver le fer, la fonte, le zinc, etc., des altérations dues aux agents atmosphériques, et faire disparaître les teintes grisâtres de ces métaux, on est dans l’habitude de les peindre, et encore ne parvient-on que grossièrement au but que l’on veut atteindre en ne donnant qu’un aspect désagréable aux pièces ainsi recouvertes de peinture, et en ne les préservant pas de l’oxydation ultérieure. Désormais il n’en sera plus ainsi, et grâce aux procédés de MM. Brunei, Bisson et Gaugain , il est possible de déposer, à l’aide de l’électricité, à la surface des pièces métalliques, une couche mince d’un alliage tel que le laiton ou le bronze, et de leur donner l’apparence des bronzes les plus beaux.
- Les décompositions chimiques opérées à l’aide de l’électricité ont montré que l’on pouvait recouvrir les métaux d’une couche plus ou moins épaisse d’un autre métal, comme dans la dorure , l’argenture, le cuivrage , etc., de façon qu’il y eût adhérence parfaite entre le métal précipité et la pièce recouverte. Mais, s’il est facile d’opérer ainsi le dépôt d’un seul métal, il n’en est pas de même lorsqu’il s’agit de la réduction simultanée de deux métaux. En général, lorsqu’un courant électrique circule dans une dissolution contenant plusieurs sels métalliques, il ne se réduit pas au pôle négatif un alliage composé des divers métaux dans la proportion des sels dissous ; les combinaisons métalliques sont inégalement décomposables, et ce n’est qu’après des tâtonnements plus ou moins longs que l’on arrive à connaître les circonstances de concentration, de dissolution et d’intensité électrique nécessaires pour obtenir un dépôt de deux métaux dans des proportions voulues pour constituer un alliage. Actuellement il n’y a aucune règle certaine qui puisse guider dans ces recherches, mais plusieurs savants et industriels, et notamment M. de Buolz3 sont parvenus , dans quelques cas , à connaître les quantités relatives de deux sels métalliques nécessaires pour donner lieu à un dépôt simultané de deux métaux; toutefois, soit à cause de la dépense qu’occasionnerait leur procédé, soit par tout autre motif, on n’a pas donné suite, industriellement parlant, à leurs méthodes.
- MM. Brunei, Bisson et Gaugain ont trouvé la composition de bains peu coûteux qui, dans les mêmes circonstances d’intensité électrique, donnent, à la surface des pièces de fonte , de fer, de zinc, etc., des couches jaunâtres ayant tout à fait l’apparence du laiton ou du bronze ; leur procédé n’a pas
- s
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- MÉTAUX.
- 261
- seulement été mis en usage dans un laboratoire, mais a donné lieu à une exploitation industrielle qui a déjà reçu de grands développements.
- La dissolution dont on se sert pour le laitonage est composée de 500 parties de carbonate de potasse en poids,
- 20 parties de chlorure de cuivre,
- 40 parties de sulfate de zinc,
- 1i50 parties d’azotate d’ammoniaque,
- 5,000 parties d’eau.
- Pour obtenir le bronze, on substitue au sulfate de zinc un sel d’étain ; mais habituellement on se borne au laitonage des pièces métalliques à l’aide de l’électricité, le bronzé étant donné ensuite à l’aide d’une mise en couleur. On opère à froid. La pièce à couvrir d’alliage, préalablement décapée suivant sa nature, est plongée dans le bain et mise en communication avec le pôle négatif d’une pile de Bunsen dont le nombre d’éléments dépend de la grandeur de l’objet, le pôle positif étant une lame de laiton ou de bronze, selon que la dissolution contient du zinc ou de l’étain; par ce moyen, le bain reste pendant assez longtemps dans un état de concentration suffisant pour opérer le dépôt métallique. Cependant on est obligé de remettre de temps en temps ces mêmes quantités de sels pour maintenir la dissolution à la même densité. Lorsqu’il s’agit de recouvrir de grandes surfaces, l’expérience a démontré qu’il fallait augmenter le nombre et non la dimension des couples ; on peut, en variant les quantités de sel dissous, obtenir une couche métallique plus ou moins rouge et, par conséquent, plus ou moins riche en cuivre. Quand les pièces sont recouvertes de laiton et qu’elles ont reçu la mise en couleur en usage dans les arts, elles peuvent rivaliser avec les plus beaux bronzes.
- Dans quel état est le dépôt métallique? Est-ce un alliage analogue à celui que l’on obtient par la fusion, ou bien un simple mélange de molécules agglomérées de zinc et de cuivre, comme cela a lieu dans les dépôts de cuivre par l’action de l’électricité ? La couleur jaune de la couche métallique fait supposer qu’il s’opère un véritable alliage à la surface des pièces recouvertes; en tout cas, on voit que l’on peut comparer le dépôt de laiton en couche mince à la dorure et à l’argenture , et que l’acier, le fer, la fonte , le zinc , le plomb, l’étain et leurs alliages, préparés de cette manière, au lieu de conserver leurs teintes grises, prennent l’aspect du bronze le plus riche, dont ils ne diffèrent que par leur bon marché.
- Les pièces ainsi recouvertes sont préservées de l’oxydation dans l’intérieur des habitations ; quant à celles qui sont destinées à être placées au dehors , il faut leur appliquer un vernis convenable pour leur conservation. La question ne nous semble pas résolue quant à ce qui concerne les statues en fonte ou
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- 262
- ARTS CHIMIQUES. — METAUX.
- les objets destinés à subir les intempéries de l’atmosphère ; cependant nous devons ajouter que le dépôt métallique, quoique plus cher qu’une peinture ordinaire, est d’une richesse de ton admirable, présente une beaucoup plus grande solidité, et doit être, dans certains cas, préféré à celle-ci.
- Les objets d’art en fonte, en zinc ou en alliage, recouverts d’un laiton dont le grain excessivement fin et homogène résiste au brunissoir, conservent toute la finesse de leurs contours et ont l’apparence de véritables bronzes.
- Les pièces en fer poli des machines, métiers à filer, métiers à tisser qui ne peuvent travailler que dans des lieux humides , machines à vapeur et autres sujettes à l’oxydation, ainsi que les ornements d’architecture, les chambranles des cheminées , pourront être d’un bel aspect et recouverts à très- bas prix. Les broches de filature et le fil à cardes ainsi bronzés deviennent plus propres aux usages auxquels on les destine , et ne sont pas sujets à l’oxydation comme lorsqu’ils n’ont-pas subi cette préparation. Enfin le plâtre lui-même peut acquérir toutes les apparences du bronze, s’il est préalablement recouvert de cuivre par les procédés galvanoplastiques.
- On peut juger, d’après les riches échantillons qui sont sous les yeux de la Société, des beaux résultats auxquels MM. Brunei, Bisson et Gaugain sont parvenus. La force électrique nécessaire pour opérer le dépôt de l’alliage est fournie par des couples de Bunsen de petite dimension ; ce sont les appareils qui, jusqu’à présent, ont le mieux réussi pour cette application. Nous pensons qu’il y aurait probablement quelques améliorations à apporter dans l’usage de ces piles dont la dépense est considérable , surtout lorsqu’il s’agit de très-grands objets, car il est nécessaire alors de faire usage d’un grand nombre de couples de petite dimension.
- Les comités des arts chimiques et économiques ont visité avec beaucoup d’intérêt l’établissement de MM. Brunei et compagnie, et ont suivi la série d’opérations par lesquelles on passe pour recouvrir les pièces métalliques d’une couche de laiton et de bronze. Vos comités, pensant que cette application industrielle naissante mérite d’être encouragée et est digne de toute votre approbation, vous proposent, en conséquence, d’ordonner l’insertion du présent rapport au Bulletin.
- Signé Edmond Becquerel , rapporteur.
- Approuvé en séance, le 12 avril 18L8.
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- COMMERCE.
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- Rapport fait par M. Chapelle, au nom du comité de commerce, sur un ouvrage
- de M. E. Salomon, intitulé, le Nouvel abréviateur universel ou les facteurs
- décimaux.
- L’utilité des tables pour calculer les intérêts simples et composés a été reconnue de tous les temps; mais, aujourd’hui, elles sont devenues une nécessité impérieuse, à cause du grand développement qu’ont pris l’industrie , le commerce, la banque, le crédit public, et notamment la gigantesque entreprise des chemins de fer.
- Nous nous abstiendrons de faire l’énumération des ouvrages qui ont paru sur la matière, nous citerons les deux principaux seulement.
- 1° Smart, écrivain anglais, a beaucoup simplifié les systèmes connus alors, mais son ouvrage a le grave inconvénient de ne donner des facteurs que pour les nombres suivants :
- 2, 2 y2, 3 » 3 V2, 4, 4 Va » 5, 6, 7, 8 et 9 pour 100.
- 2° En 1832, M. Violeine, contrôleur chargé du dépôt double du grand livre au ministère des finances, a publié des tables dont le mérite incontestable est justement apprécié par le commerce, la banque et l’administration ; mais il ne donne les taux d’intérêts que par huitième, sixième, quart, tiers, demi, de 1 à 6 pour 100, et seulement par quart, tiers et demi, de 1 à 10 pour 100.
- L’ouvrage de M. Salomon, dont nous avons à vous rendre compte, est également basé , comme ceux de MM. Smart et Violeine, sur le système unitaire, mais ses facteurs sont beaucoup plus nombreux; aussi, pour les intérêts simples, son point de départ est
- 7s, 74, Va, 3V, 1» 1 7s, 1 74, 1 7a, 13A, et ainsi de suite jusqu a 6 pour 100 inclusivement.
- Les calculs sont établis depuis un jour jusqu’à trois cent soixante-six pour les années bissextiles.
- A l’aide de ses facteurs , M. Salomon obtient l’intérêt en multipliant un capital quelconque par le facteur correspondant au nombre de jours, et cela par une opération d’une grande simplicité, ainsi qu’on va le voir par l’exemple suivant :
- Pour connaître l’intérêt simple d’une somme de 100,000 fr. à 5 pour 100 pendant cinquante-neuf jours, il suffit de multiplier ce capital par le facteur 0 fr. 008194 cent, indiqué dans l’ouvrage de M. Salomon, et on trouve que 1 intérêt est de 819 fr. 40 cent.
- Le qui prouve l’exactitude des calculs de M. Salomon, quant à l’établissement de ses facteurs, c’est qu’en opérant, pour l’exemple qui précède, par le
- Quarante-septième année. Mai 1848. 35
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- m 4
- COMMERCE.
- mode usité dans le commerce, on trouve 819 fr. 44 cent., c’est-à-dire la minime différence en plus de 4 cent., tandis-que dans l’ouvrage de M. Violeine l’intérêt de cette somme se trouve être de 810 fr., soit 60 centimes en plus sur le chiffre réel de l’intérêt. Cette différence provient de ce que M. Violeine a procédé à l’aide de formules algébriques, tandis que M. Salomon procède par de simples calculs arithmétiques.
- Pour la formation des facteurs d’intérêts composés, M. Salomon a opéré d’après le même principe que pour les intérêts simples, c’est-à-dire qu’il a ramené tous ses résultats à l’intérêt de 1 franc pendant un an jusqu’à cent ans. Il a ainsi opéré la capitalisation à 3, 3 74 » 4, 4 7a» b et 6 pour 100 pour une somme de 3 milliards.
- Pour obtenir le résultat,, il faut opérer comme pour l’intérêt simple. L’exemple suivant vient de nouveau à l’appui de l’exactitude des calculs de M. Salomon, calculs obtenus , il faut le rappeler, à l’aide de simples opérations d’arithmétique, lesquelles ont demandé à raideur un travail de plusieurs années.
- Pour capitaliser un milliard pendant vingt ans, à 5 pour 100, il suffît de multiplier le facteur de vingt ans, soit 1,653,297,705 fr. 20 cent, pour 1 milliard, ce qui donne 1,653,297,705 fr. 20 cent, pour les intérêts auxquels il faut ajouter le capital primitif.
- En calculant suivant le mode usité dans le commerce, on obtient 1,653,297,705 fr. lacent., différence 2 centimes; d’après M. Violeine, la différence serait de 4 fr. 80 cent.
- Il suffd d’un simple examen du livre de M. Salomon pour en reconnaître toute l’importance. Le grand nombre de ses facteurs rend faciles tous les calculs d’intérêt, soit simple , soit composé , et font de cet ouvrage , par leur extrême simplicité, un véritable livre indispensable à tous ceux qui s’occupent d’opérations financières.
- Conclusions. Nous ne nous étendrons pas davantage sur le mérite et l’opportunité de l’ouvrage dont nous venons de vous rendre compte. Si le conseil partage nos convictions, nous lui proposerons de faire connaître cet ouvrage par la voie du Bulletin et d’adresser les remercîments de la Société à M. Salomon pour sa communication.
- Signé Chapelle , rapporteur,
- Approuvé en séancev le 12 avril 1848.
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- NOTICES INDUSTRIELLES 265
- extraites de diverses publications périodiques françaises et étrangères.
- ARTS CHIMIQUEfS.
- Extrait d’un ouvrage intitulé, Recherches historiques sur la construction des fosses d’aisances et l’emploi des matières fécales; par M. Ernest Vincent
- | suite ) (1).
- suite du chapitre vi. — Appareils séparateurs et désinfecteurs.
- En 1833, MM. Guibout et Sanson (2) prirent un brevet pour des moyens de prévenir les émanations provenant des fosses d’aisances. Voici les principaux appareils décrits dans ce brevet.
- Fig. 1, pl- 1060. Vue perspective de l’appareil ou siège en bois.
- a , planche du siège.
- b, marchepied.
- c, quatre supports fixés sur le bâti qui soutient le marchepied et portant la planche du siège.
- f, soupape fermant le tuyau.
- g, axe supportant un cou-de-cygne terminé en arrière par un contre-poids, et faisant suite, par un levier coudé, à un prolongement de la soupape, en arrière de la
- charnière.
- Fig. 2. Fosse divisée en trois étages et ouverte par l’escalier latéral k. Il n’y a que les fosses les plus profondes qui exigent la division en plusieurs étages, dont chacun est destiné à supporter un certain nombre de récipients.
- i, tuyau conducteur de la lunette à la fosse.
- l, quatre branches latérales destinées à conduire les matières dans les récipients.
- m, vases en poterie, métal ou bois, recouverts, intérieurement, d’un enduit en mastic : ces récipients doivent être faits d’une matière qui les rende imperméables, indestructibles par le temps, et l’on obtient ainsi une clôture parfaite, sans aucune fuite de gaz infects.
- n, tuyaux de communication entre les vases du premier et du deuxième étage, contenant les matières solides.
- o, tuyaux de communication entre le double fond des récipients recevant les matières solides, et les récipients p destinés aux liquides qui sont soutirés par la pompe q.
- Fig. 3. Appareil vu de face.
- Fig. 4. Appareil vu de profil.
- Fig. 5. Coupe verticale de l’appareil sans les récipients.
- a, tuyau de descente de la lunette à la fosse.
- b. cuvette tournante ou tambour divisé en quatre compartiments par autant de plans convergents à l’axe c, et limité , à chaque extrémité, par un plateau ou disque per-
- 0j Voyez Bulletin de la Société , janvier 1848, p. 28. Description des brevets expirés, t. XXXIV, p. 234.
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
- pendiculaire à l’axe, criblé de trous, de manière à donner passage à l’épanchement fies liquides. Cette cuvette est mise en mouvement par le poids des matières fécales qui tombent successivement par l’extrémité du tuyau de descente a.
- d, plateaux circulaires, ou disques destinés à empêcher les liquides de couler le long de l’axe c, jusqu’aux supports e.
- f, barre transversale à laquelle sont fixés les supports ou montants e qui soutiennent l’axe c.
- g, réservoir contenant des matières désinfectantes sèches qu’il laisse échapper par-suite d’un mouvement de rotation imprimé à un pignon h, placé à sa partie inférieure, et dont l’axe qui se prolonge latéralement est terminé par une roue dentée i, s’engrenant avee une étoile ou roue à quatre dents fixée sur l’axe c, mais en dehors du disque d.
- k, panier destiné à recevoir les matières solides tombant de la cuvette b, ainsi que les substances employées à leur désinfection.
- l, gouttières placées sur les disques percés de la cuvette tournante b , communiquant, par des tuyaux m, avec les récipients n, dont les fig. 6 et 7 représentent les dispositions intérieures.
- Fig. 8. Coupe verticale du réservoir avec les parties inférieures de l’appareil.
- a, récipient dans lequel sont disposés des canaux longitudinaux 6 , percés de trous. Ces canaux, fixés contre les parois, sont destinés à la séparation mécanique des liquides et des solides. Le récipient pourrait remplacer Ms paniers et même la cuvette tournante décrite fig. 3, en ce qui concerne la séparation des matières. Les canaux se rendent à un canal commun c, non percé, placé à la partie inférieure du récipient et horizontalement, de manière à conduire les liquides vers le tuyau d.
- e, intérieur du récipient n de m ilg. 3.
- Le plan horizontal f et les plans inclinés g sont chargés de substances filtrantes, désinfectantes et décolorantes.
- h, récipients contenant les produits de la filtration, décolorés, désinfectés, et propres à être versés sans danger sur la voie publique.
- Fig. 6. Section verticale d’un récipient divisé par un filtre ou crible vertical. La moitié de ce récipient, destinée à recevoir les liquides non encore désinfectés, contient, jusqu’à la moitié de sa hauteur, des substances, propres à produire ce résultat ; ces substances sont contenues dans la seconde partie de l’appareil.
- Fig, 7. Intérieur d’un récipient présentant, à sa partie supérieure, un filtre horizontal, puis au-dessous une série de vases superposés contenant des substances chimiques désinfectantes. On comprend, à l’inspection de la figure, le jeu de l’appareil; les matières s’écoulent par le centre du plan supérieur et tombent dans l’intérieur du premier vase où commence leur désinfection, de là dans le deuxième, et ainsi de suite. Cet appareil de macération et de décantation peut remplacer celui de filtration représenté fig. 3.
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- notices industrielles.
- 2Cw
- En 1836 (1), MM. Buran, Payen et compagnie proposèrent l’emploi de l’appareil représenté fîg. 9 et 10; il est ainsi disposé. Le tuyau a, fig. 10, est situé sous la descente conduisant toutes les matières de chaque siège dans la fosse; ces matières, versées dans le tuyau, se divisent par la combinaison des trous dont il est percé; l’eau tombe à travers ces trous sur la palette b, qui les conduit, par son inclinaison, dans la partie e du récipient, et de là, à l’aide d’un tuyau de conduite d, dans la fosse e, ou toute autre capacité destinée à les recueillir. Les matières solides étant restées dans le tuyau a. ce n’est que lorsque l’on fait tourner le bouton*, fîg. 9, que la palette 6, fîg. 10, bascule et fait tourner la palette f placée au-dessous du tuyau ; la matière se déverse alors dans l’autre récipient g, disposé pour la recevoir. Lorsque l’on fait mouvoir le bouton i, on touche à un ressort h, qui laisse échapper la poudre désinfectante placée à côté dans un réservoir o, et qui tombe en même temps que la matière solide dans, le récipient g. Le récipient e, qui reçoit les liquides, renferme un filtre h, à travers lequel passent les eaux, qui se dégagent alors du peu de matières qu’elles auraient pu entraîner , se désinfectent en, même temps, et de là se rendent dans la fosse disposée pour les recevoir.
- Cet appareil a fonctionné pendant quelque temps dans l’hospice de Bicêtre ; mais il fallait un homme exercé pour le manœuvrer ; quelques avaries survenues dans le mécanisme en ont fait suspendre l’emploi.
- Le 9 septembre 1837, M. Derosne prit un brevet pour un appareil applicable à la séparation et à la désinfection des matières, fécales..
- Cet appareil, représenté en coupe verticale, fîg. 11, et en plan, fig.. 12,. est fondé sur-la disposition anatomique des parties sexuelles de l’homme.
- a, cuvette du siège recevant les matières solides qui tombent, par le tuyau b, dans le récipient c; d, autre cuvette recevant les urines qui se rendent, par le tuyau e, dans le réservoir f; g, trémie dans laquelle on jette du schiste de Menât pulvérisé qui opère la désinfection des matières solides contenues dans le récipient c; h, cylindre cannelé qu’on tourne à l’aide de la manivelle i et qui sert à distribuer également la poudre désinfectante, laquelle se rend dans le- récipient c par le tuyau #.
- Dans une brochure publiée en 1837, M. Couverchel proposa la construction d’un séparateur désinfecteur des fosses d’aisances, dont la description suit.
- L’appareil consiste-en un siège ordinaire renfermant une cuvette cylindrique en faïence ou en terre cuite, au moins aussi large en bas qu’en haut, et conséquemment à parois fuyantes ; cette disposition a pour objet d’éviter qu’elle ne soit salie par les matières lors de leur chute. Aux trois quarts environ de la hauteur du siège, en avant et en arrière, le tuyau présente deux ouvertures. : la première est béante et communique avec un tuyau extérieur d’environ 15, centimètres de diamètre, destiné à recevoir une grande partie des urines et à les verser au dehors ; l’autre, communiquant avec une sorte de réservoir sec ou trémie, est munie d’une soupape qui laisse échapper au besoin
- (1.) Rapport fait au conseil de salubrité , au nom d’une commission spéciale. Annales a’hygiène, E XIV, octobre 183,5.
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
- une poudre absorbante et désinfectante. Enfin, en avant du siège et autour de la lunette, est une rainure remplie d’un liquide quelconque, de mercure par exemple, et dans lequel plonge une languette circulaire fixée au couvercle ou prise dans son épaisseur. Pour éviter l’emploi des liquides et les inconvénients qu’ils entraînent, on pourrait garnir le fond de la rainure et la surface de la languette d’une lame de gomme élastique.
- Les fig. 13 et 14 représentent l’appareil séparateur et désinfecteur des matières fécales proposé par M. Dalmont en 1839 (1). Cet appareil se compose
- 1° D’un tuyau a, en talus, fig. 13, percé de trous et placé, comme lui, immédiatement sous le tuyau de descente de la maison, au-dessous du dernier siège, et posé sur un autre tuyau c qui lui sert d’enveloppe ;
- 2° D’une plaque 6, au-dessous, pour fermer ce tuyau troué et retenir les objets qui pourraient être jetés par les tuyaux supérieurs : cette plaque est percée, sur le devant, d’une entaille qui sert à laisser tomber les liquides dans la partie e de l’appareil; de là ils se rendent dans leur récipient par la partie d, disposée pour les laisser couler : cette plaque est, en outre, supportée par deux tringles en fer, et, comme elle est carrée, l’eau s’échappe par ses trois côtés qui ne joignent pas l’enveloppe e, laquelle est circulaire ;
- 3° D’un trou d, laissant échapper les eaux qui se rendent dans un filtre f, pour de là passer dans un second filtre, et se déverser enfin dans la fosse g;
- 4° D’un autre tuyau h, tenant à la partie de l’enveloppe e, qui reçoit les eaux : elle est plus large que le tuyau a, afin de conduire les matières solides dans le récipient destiné à les recevoir ;
- 5° D’un tuyau de jonction i adapté au tuyau h, et d’une tinette y ou tout autre récipient devant recevoir les matières solides ;
- 6° D’un réservoir k renfermant la poudre qui tombe dans la tinette par un trou l, à l’aide d’un tuyau placé au-dessous et joignant le tuyau i.
- Pour faire tomber des matières solides tenues en suspension dans le tuyau a, la palette b étant tirée et débouchant le tuyau h, la matière solide qui était placée dessus tombe seule à travers ce tuyau dans la tinette j, tandis que l’eau s’est dégagée à l’avance par les trous du tuyau a.
- La poudre se rend ensuite sur cette matière en faisant tourner la roue l au moyen d’une manivelle.
- Dans la fig. 14, la partie g, composée de deux tuyaux, sert à réunir la descente générale de la maison avec l’appareil.
- Une tinette h, fermée par le bas, percée de trous dans toute la hauteur et renfermée dans une autre tinette j, mais fermée par le haut, est attachée à la première par deux plateaux évidés.
- La cuvette k, sur laquelle repose cette tinette, sert d’enveloppe à la cuve, laquelle est percée d’un trou par le haut.
- (i) Description des brevets expirés, t. XLIX, p. 15-4.
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- Le tuyau / conduit les eaux dans la partie destinée à les recevoir.
- Les appareils représentés fig. 15 et 16 sont ceux que M. Guenon de la Chanterie lit breveter en 1839 (1) .
- Fig. 15, coupe verticale de l’appareil.
- Fig. 16, section longitudinale du meme.
- a a', boîte contenant une trémie.
- a, son couvercle, s ouvrant a chamieie.
- b trémie contenant une poudre désinfectante.
- c, boîte à compartiments contrariés fixée à la partie inférieure de la trémie b : elle est destinée à laisser échapper la poudre désinfectante par le tuyau c.
- d, embouchure du tuyau c.
- ee, caisse contenant Fappareil pour séparer les matières solides des urines, et le mécanisme de la machine.
- f, couvercle du siège delà garde-robe, s’ouvrant à charnière, pour découvrir la lunette.
- h, cuvette en cuivre étamé fixée à la lunette.
- l, soupape en zinc, criblée de trous, fermant exactement et à frottement l’ouverture de la cuvette h. Cette soupape est fixée par un fort boulon à écrou sur le levier p.
- m, tuyau à renflement soudé à la soupape l et conduisant l’urine dans le réservoir x.
- n, clef mobile pour imprimer le mouvement à l’axe.
- o, axe traversant le levier p, auquel il est fixé.
- p, levier destiné à porter en avant et horizontalement la soupape l et son tuyau m, de manière à ouvrir entièrement le fond de la cuvette h.
- r, tablette percée au centre pour le passage de la cuvette h et qui sert à la maintenir en place.
- i, potence recevant le tourillon inférieur de l’axe o.
- v, vase ou seau en zinc placé sous la soupape l, et dans lequel tombent la matière fécale et la poudre désinfectante.
- x, réservoir où sont versées les urines par le tuyau m. Ce réservoir est disposé pour filtrer ces mêmes urines à travers le charbon.
- y, marchepied qui sert à se placer à la hauteur du siège de l’appareil et à s’asseoir commodément sur la lunette.
- i, poulie sur laquelle passe la corde qui soutient le contre-poids/; cette corde s’attache à l’extrémité du levier p et ramène la soupape l sous la cuvette, après avoir marché d’arrière en avant pour ouvrir la partie inférieure de cette cuvette, à travers laquelle tombe la matière fécale dans, le seau tu
- kk, système de poulies de renvoi sur lesquelles passe une corde qui soutient le contrepoids s; cette corde vient s’attacher à l’extrémité et à la partie antérieure du levier p, et s’enroule sur la bobine de là boite à compartiments contrariés c.
- z, axe renfermé dans la trémie b, passant à travers la boîte c et portant, à son extré-
- (t) Description, des brevets expirés, t. XLYII, p. 2(5.
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- mité inférieure, une bobine sur laquelle s’enroule une corde qui lui imprime un mouvement de rotation.
- z', agitateur servant à remuer la poudre désinfectante et à la faire tomber dans la boîte c.
- En 1840, M. Huguin fit breveter l’appareil représenté en coupe, fig. 17.
- A, cylindre percé de trous formés en tronc de cône, dont la grande base est entourée vers l’extérieur pour prévenir les engorgements : le liquide contenu dans les matières que ce cylindre est destiné à recevoir s’échappe par ses petites ouvertures, ainsi que par celles pratiquées à un tube cylindrique C fermé par le haut et fixé par le bas sur le fond du cylindre A. Sa partie inférieure est ouverte, afin que les eaux qui en proviennent, ainsi que celles du cylindre A, puissent être reçues au-dessous dans un récipient D qui enveloppe le tout, en remontant jusqu’au couvercle B. Ce couvercle s’enlève pour être remplacé, dans le moment du transport des matières, par un autre couvercle qui ferme hermétiquement le cylindre A. Du récipient D, où elles ont déjà déposé la presque totalité des matières qu’elles tenaient en suspension, et par l’action de substances qui neutralisent leurs principes putrescibles, les eaux s’échappent, par un tuyau F, dans un récipient G, où elles achèvent de se clarifier, pour se rendre, par un tube recourbé H, dans l’endroit qu’on leur destine.
- M. lïuguin a, depuis quelques années, modifié ce système et lui a substitué celui qui est décrit dans le Bulletin de septembre 1844, page 389, et pour lequel il a reçu une médaille d’argent de la Société.
- L’appareil représenté fig. 18 est celui proposé par M. Louis François D. en 1842.
- Il est disposé de manière qu’une personne, en arrivant avec un vase de nuit contenant les solides et les liquides , fait, en marchant sur le plancher mobile E, fermer la soupape A et avancer, par la tige a, fixée, ainsi que celle b, au tablier mobile M, la cuvette mobile B ; et, comme la soupape A a une inclinaison assez prononcée, le liquide s’écoule immédiatement par cette pente et vient, par conséquent, tomber dans la cuvette mobile B , qui le transmet par le tuyau F au tonneau P destiné à le recevoir : de même, en se retirant, la personne fait ouvrir la soupape A, et aussitôt le tablier mobile M, venant à se relever par les deux ressorts u, fait rentrer la cuvette mobile B dans la position qu’elle occupait avant l’opération; alors la matière solide, abandonnant la soupape A, tombe sur la soupape mobile f, qui la transmet, par le conduit G, au tonneau destiné à la recevoir.
- Le tablier mobile M, en se relevant, fait faire, par l’intermédiaire de la tige du levier o, au cylindre cannelé T un huitième de tour, ce qui permet à une très-petite quantité de poudre désinfectante de tomber du réservoir N dans le tuyau L et de s’échapper par le trou s, pour se rendre dans le tonneau D, à l’effet d’en opérer la désinfection. Des robinets Y servent à intercepter la chute des matières lors de l’enlèvement des tonneaux.
- L’auteur indique un moyen pour obtenir parfaitement incolores les urines, et pouvoir, dit-il, les verser sans danger sur la voie publique.
- Le tonneau P, qui reçoit les urines, est muni, aux deux tiers de sa hauteur, de deux diaphragmes xx entre lesquels se trouve une certaine quantité de poudre désinfectante;
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- la pression exercée par la hauteur du liquide contenu dans le tuyau F force les urines à passer au travers de cette poudre désinfectante et à se rendre dans une série de tonneaux placés les uns à côté des autres et munis de semblables diaphragmes, de manière à être extraites au moyen d’un robinet y et jetées entièrement inodores sur la
- voie publique.
- Les couvercles R permettent de changer les diaphragmes lorsqu’ils ne peuvent plus filtrer. Il suffira, pour le nettoyage de ces filtres , de les laver à grande eau mélangée avec du chlorure de chaux pour les rendre propres à servir de nouveau.
- Le dépôt qui restera dans les tonneaux après la filtration peut être employé avec avantage pour l’engrais des terres ou dans divers arts.
- En octobre 1842, M. Maze adressa à la Société d’encouragement la description d’un appareil ayant pour objet la séparation et la désinfection des matières au moyen d’un siège à deux ouvertures, dont l’une recevait les solides qui tombaient dans un vase cylindrique fermé à son extrémité inférieure par une bascule oblique et l’autre les liquides, et qui les conduisait dans un récipient disposé à cet effet.
- Dans le couvercle du siège était renfermée une boîte contenant une poudre désinfectante extrêmement ténue ; un tissu de mousseline recouvrait cette boîte et permettait à la poudre , lors de la fermeture du couvercle, de tomber par les mailles du tissu sur la matière à désinfecter.
- En levant ce couvercle, on faisait, par un mécanisme particulier, descendre un petit seau qui puisait dans un récipient rempli d’eau la quantité nécessaire pour qu’en refermant ce couvercle le seau, en remontant, pût verser son contenu dans la cuvette et en opérer le nettoyage.
- Les figures 19 et 20 représentent, en élévation et en plan, l’appareil de M. Jourdain (1), breveté en 1843.
- La cloison inclinée formant le réservoir o, fîg. 19, sert à diriger les matières fécales au centre de l’appareil, afin que la poudre désinfectante, s’échappant du tamis k, puisse les recouvrir entièrement.
- Une poignée adaptée à un levier entraîne un châssis métallique, à l’extrémité duquel est fixée à charnière la soupape s; l’une des branches du châssis est munie d’un goujon qui fait fonctionner le tamis k, servant de fond à la boîte y, laquelle contient la poudre désinfectante. Cette poudre se répand dans l’intérieur de l’appareil par l’effet de l’ouverture et de la fermeture de la soupape s; cette soupape fait avancer et reculer le châssis et donne, par ce mouvement, l’impulsion au tamis.
- À cet appareil peuvent s’adapter un ou plusieurs récipients, afin que le surplus des matières liquides déjà désinfectées puisse se déverser dans les récipients par un tuyau conducteur.
- On peut ajouter à l’appareil un réservoir de liquide désinfectant servant à nettoyer et à désinfecter la cuvette et les tuyaux de descente, s’il y a lieu d’en employer pour conduire les matières dans les étages inférieurs.
- (l) Description des brevets expirés, t. LIX, p. 143.
- Quarante-septième année. Mai 184=8.
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- On pourra supprimer la cuvette et la remplacer par un couvercle qui fera fonctionner le tamis.
- La %. 21 représente un appareil, breveté en octobre 1844, en faveur de M. Legras.
- Cet appareil consiste en un coffre A construit en bois ainsi que tout le reste de l’appareil : ce coffre renferme une roue à aubes cintrées B qui reçoit les matières tombant des chutes ; ces aubes sont doubles , et la paroi supérieure est percée de trous, tandis que la paroi inférieure est pleine. De plus, à l’ouverture du coffre, se trouve placé un récipient contenant une poudre charbonneuse.
- Les matières tombent dans le centre cl’une de ces aubes, le liquide fdtre à travers les trous de la paroi supérieure et passe dans la paroi inférieure, qui le rejette dans un récipient au moyen d’un tube C.
- Pendant ce temps, la matière solide fait tourner la roue par son poids et s’échappe d’elle-même lorsque l’aube qui l’a reçue se trouve renversée immédiatement au-dessus de son réservoir, après, toutefois, que celle-ci a, dans son mouvement de rotation, fait agiter , au moyen d’un clapet, la boîte, qui laisse échapper une quantité suffisante de poudre pour enlever le peu d’odeur qui pourrait rester aux matières. Cette disposition , dit l’auteur, peut très-bien s’appliquer aux anciennes fosses en les séparant par une cloison latérale et en y amenant les urines à l’aide d’un conduit.
- L’auteur indique aussi de petits appareils portatifs et non portatifs basés sur le même principe.
- Le 12 août 1844, M. Chaufard, d’Ingouville, fit breveter un appareil de séparation et de désinfection basé sur la conformation des parties sexuelles de l’homme. Cet appareil opère la désinfection par l’emploi d’une poudre désinfectante, qui tombe d’un réservoir placé au-dessous du siège. Un cône disposé intérieurement au-dessous du tuyau de chute répand cette poudre sur les matières pour en effectuer la dessiccation. Par la pression exercée sur un plancher mobile, on fait arriver dans la cuvette la quantité d’eau nécessaire pour en opérer le nettoyage ; ensuite les liquides se rendent, par un conduit, dans un tonneau placé au-dessous.
- Le brevet de M. Chaufard a encouru la déchéance; mais, au lieu de le publier en entier ou par extrait, on s’est borné à mentionner le titre, p. 368, t. 63 de la Description des brevets expirés.
- Le 24 septembre même année, M. Smith, de Londres, prit un brevet d’importation pour un appareil séparant les solides des liquides par une disposition de tuyaux inclinés percés de trous. Une certaine quantité de poudre absorbante tombe par un conduit sur les matières à désinfecter en pressant sur un levier qui fait basculer une soupape.
- Le 27 août 1844, MM. Sir et et Chauvin firent breveter un appareil de garde-robe mobile séparant et désinfectant les matières. Le coffre de cet appareil, qui a la forme d’un fauteuil, est un réservoir contenant la poudre désinfectante qui tombe sur la matière par la pression exercée par la personne qui s’assied sur le siège.
- M. Godard fit breveter, le 31 décembre 1844, un appareil ayant pour objet la séparation et la désinfection fondées sur l’action des parois. Après la séparation, les liquides se rendent dans un long tuyau etsontreçus dans des filtres placés de chaquecôté du tonneau
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- destiné à recevoir les solides. Une mécanique à soupape fait tomber une poudre désinfectante sur les matières de manière à en opérer la dessiccation. Les liquides, après avoir passé sur les filtres, s’écoulent, désinfectés et décolorés, soit sur la voie publique, soit dans un puisard situé au-dessous du filtre, qu’on vide à des époques déterminées.
- Le 2 juin 1846, M. Savoye fit breveter un appareil, de l’invention de M. Houssard, représenté en élévation et en coupe verticale fig. 22 et 23.
- a, siège d’aisances.
- b, cuvette.
- cc, paniers coniques en métal, percés de trous sur toutes les faces et suspendus dans les niches ee établies de chaque côté de la cuvette et à chaque siège, quel qu’en soit le nombre. Ces paniers contiennent du chlorure de chaux mélangé de poussière de charbon de bois pour faciliter l’introduction des gaz méphitiques dans le chlore et retarder sa décomposition en pâte. Chaque panier a quatre étages ou divisions au moyen de rondelles percées de trous, sur lesquelles le chlore et le charbon reposent. Ces divisions ont pour but de faciliter l’effet du chlore dans toutes ses parties afin d’absorber les gaz méphitiques immédiatement au-dessous de la cuvette et de les empêcher de remonter et de se répandre dans les cabinets d’aisances.
- Une porte pratiquée à chaque niche dans le siège permet de visiter et de renouveler à volonté le contenu des paniers.
- dd, tuyaux conduisant, au-dessous de chaque panier, les gaz remontant par le tuyau de descente ou de chute.
- f, tuyau de chute.
- h, revêtement mobile et conique avec manchon à douille de baïonnette à la gorge, afin de pouvoir le monter ou le descendre et même l’enlever à volonté, quand le tonneau est plein et qu’on veut le remplacer par un tonneau vide. On remonte le revêtement et on raccroche par sa douille à un piton fixé au bas du tuyau de chute au-dessous du coude. Quand le remplacement du tonneau est opéré, on redescend le revêtement sur l’orifice de l’appareil, en ayant soin de bien l’emboîter; ensuite on glaise en haut et en bas du revêtement pour empêcher les fuites ou émanations.
- On a donné la forme conique à ce revêtement afin d’empêcher les liquides et les solides de tomber à la même place dans le tonneau et, par conséquent, de faciliter la filtration.
- Les solides, tombant presque toujours perpendiculairement après le passage du coude, arriveront au milieu du tonneau, tandis que les liquides, en sortant du tonneau, se répandent le long des parois du tuyau de chute en suintant, et arrivent de même jusqu’en bas; or le revêtement, étant plus large en bas qu’en haut, conduira les liquides dans le pourtour, où sont posés des filtres par où ils doivent passer pour se rendre dans le double fond du tonneau i, puis dans le tonneau k.
- L’appareil représenté fig. 24 , 25 et 26 est celui proposé par nous en 1845 : il est fondé sur le même principe que celui de MM. Bélicard et Chesneauoc ; seulement il en diffère dans la facilité de son nettoyage. Il se compose d’une cuvette courbe a fixée au
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- siège. Cette courbure est nécessaire pour opérer la projection des solides et des liquides sur la partie métallique courbe b, destinée à effectuer la séparation, d, rigole fixe recevant les urines et les conduisant dans la boîte e, nommée filtre, d’où elles se rendent ensuite dans le tonneau qui doit les contenir.
- f, bride fixe, formant couteau ou racloir, à l’effet d’opérer le nettoyage de la plaque courbe b, au moyen de l’anneau g. Pour obtenir ce nettoyage, on imprimera un mouvement de va-et-vient, et les matières se détacheront par le contact du racloir f.
- h, conduit des urines.
- i, plan incliné recevant les matières lors du nettoyage, et les transmettant à la fosse.
- j, soupape s’ouvrant pour donner passage aux matières.
- k, robinet interceptant la communication entre le siège et la fosse.
- l, tubes recourbés en forme de siphon, plongeant dans deux vases contenant du chlore ou autre liquide désinfectant dans le but de neutraliser les gaz qui s’échappent des matières.
- Le 29 avril 1845, M. Salmon fit breveter un appareil de séparation composé d’un tonneau ou tinette en bois à double fond, d’une dimension déterminée. Dans l’intérieur de ce tonneau et dans une position verticale est fixée une grille ou une cloison en toile métallique, ayant pour objet d’opérer la séparation. On met dans ce compartiment diverses substances désinfectantes, telles que du sulfate de fer ou de zinc, de l’alun, du chlorure de chaux, etc. Un robinet fixé à l’extrémité de cette tonne sert à l’extraction des urines désinfectées.
- L’appareil pour lequel M. Depaigne a pris un brevet le 29 octobre 1846 est destiné à faire tomber, au fur et à mesure de sa production, une poudre désinfectante sur les matières ; cet appareil a de l’analogie avec celui précédemment décrit.
- Celui de M. Toury, breveté le 31 décembre 1846, sous le nom de fosse mobile dite fosse séparative mixte, se compose d’un premier récipient recevant les solides et les liquides, qui se rendent de là dans un second récipient muni d’un filtre composé de charbon et de cailloux. Là, les matières se divisent, les urines sont reçues dans un tonneau; les solides restent dans ce second récipient, d’où elles sont extraites en faisant agir un obturateur à vis qui en ferme le passage.
- La suite au numéro prochain.
- Sur l'image colorée du spectre solaire, par M. E. Becquerel.
- L’auteur, dans le cours de ses recherches sur faction chimique de la lumière , a été conduit à ce fait remarquable, que le spectre solaire peut imprimer son image avec des couleurs correspondantes aux siennes sur une plaque d’argent convenablement préparée. Il suffit, pour cela, de faire attaquer cette plaque par l’action du chlore libre ; la couche sensible qui se forme à la surface de la lame s’impressionne alors en rouge dans le rouge prismatique , en jaune dans le jaune, en vert dans le vert, en bleu dans le bleu et en violet dans le violet. La teinte rougeâtre tourne au pourpre, à l’extrême rouge; la teinte violette va en s’affaiblissant graduellement. En laissant continuer longtemps l’action du
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- spectre, les teintes se foncent, et l’image finit par prendre l’éclat métallique ; les couleurs ont alors disparu.
- Suivant la préparation de la plaque et l’épaisseur de la couche sensible, on peut faire prédominer telle ou telle teinte du spectre; ainsi une surface bien préparée et impressionnée préalablement à la lumière diffuse en pourpre foncé, sur un verre rouge foncé, donne une belle image photographique du spectre, dans laquelle l’orange, le jaune . le vert et le bleu sont marqués avec la plus grande netteté.
- La substance formée à la surface de l’argent n’est pas du chlorure blanc, mais probablement un sous-chlorure, puisqu’elle ne s’impressionne pas vivement au delà du violet visible comme le chlorure précipité chimiquement, et que le maximum d’action se trouve dans le jaune, là où est le maximum d’intensité lumineuse, ou bien remonte vers le rouge, suivant la préparation de la plaque. Pour avoir un effet assez rapide, il faut agir à l’aide d’un spectre fortement concentré.
- L’auteur est parvenu à préparer, à l’aide du chlore libre et aussi en faisant usage du bichlorure de cuivre, une couche sensible de chlorure d’argent qui s’impressionne de telle manière, que non-seulement certaines parties du spectre sont représentées avec leur couleur, mais encore que la lumière blanche produit une impression blanche.
- Le composé formé à la surface des lames d’argent par suite de l’action du chlore est le seul, jusqu’ici, qui ait manifesté les propriétés dont il vient d’être question.
- Jusqu’à présent, l’impression prismatique colorée semble devoir se conserver à l’obscurité; l’auteur n’a pu lui donner de la fixité sous l’influence des rayons lumineux. Si cette fixation pouvait se réaliser et que l’impressionnabilité de la matière fût plus grande, non-seulement on dessinerait , mais encore on peindrait à l’aide de la lumière. [Acad, des sciences, 7 février 1848.)
- Sur la fabrication des cyanures par l’azote de l’air; par MM. Possoz et Boissière.
- En parlant , page 672 du Bidlelin de novembre 1847, des faits industriels recueillis par M. Dumas dans un récent voyage en Angleterre, nous avons dit que le procédé de fabrication du cyanure de potassium par l’azote de l’air, sans emploi de matières animales, avait été introduit dans ce pays par MM. Possoz et Boissière, et que des quantités énormes de ce produit étaient livrées au commerce à des prix très-modiques
- Voici de nouveaux renseignements sur cette fabrication adressés par les auteurs à l’Académie des sciences. Ils annoncent que, dès 1843, ils s’étaient occupés de cette question et qu’ils avaient monté, à Grenelle, des appareils d’essai sur une échelle assez importante pour avoir pu livrer au commerce, en moins d’une année, 15,000 kilogr. de prussiate de potasse. Toutefois la cherté du combustible à Paris et les réparations fréquentes qu’exigeaient les appareils qu’ils employaient à cette époque les engagèrent à rechercher une autre localité en France, mieux située sous le rapport du combustible et des terres réfractaires. Sur ces entrefaites , en 1844, l’occasion se présenta pour eux d’établir leur système de fabrication à Nexvcaslle-Upon-Tyne, pour le compte d’une compagnie anglaise. Depuis deux années cette usine produit par jour environ 1,000 kilog.
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- de prussiate de potasse, d’une pureté et d’une beauté remarquables, et à moins de 2 fr. par kilog.
- M. Possoz est parvenu à rendre les appareils capables de résister, pendant plusieurs mois, à l’action destructive de la potasse et à l’énorme chaleur que cette opération exige.
- L’appareil se compose d’un cylindre vertical en grosses briques réfractaires d’une forme appropriée, et dont le diamètre intérieur est de 0m,50; la hauteur chauffée au rouge blanc est de 3 mètres. Des orifices sont ménagés de distance en distance à travers les parois dont l’épaisseur est de 0m,25. Le cylindre étant chauffé au rouge blanc et rempli de charbon de bois concassé imprégné de 30 pour 100 de carbonate de potasse , une pompe aspirante détermine à travers les petits orifices une multitude de jets de flamme ( azote, acide carbonique, etc. ) aspirée dans un carneau chauffé au blanc et entourant le cylindre de briques. Le mélange de charbon et de potasse reste exposé, pendant environ dix heures, au courant de ces gaz fortement incandescents, et qui pénètrent la masse en la traversant dans toutes les directions. Ces appareils fonctionnent d’une manière continue. Le haut du cylindre est alimenté au fur et à mesure du débit d’un extracteur placé au bas et qui enlève régulièrement une quantité déterminée de charbons cyanurés, lesquels se refroidissent en passant dans une allonge en fonte, et de là tombent dans un réservoir contenant de l’eau et du fer sphatique ( carbonate de fer natif) en poudre. Ensuite les charbons sont lessivés en présence d’un excès de carbonate de fer, et les liqueurs sont évaporées et cristallisées comme à l’ordinaire.
- Par ce procédé, on obtient pour une quantité donnée de carbonate de potasse une proportion de cyanure de potassium plus grande avec l’azote de l’air qu’avec les matières animales.
- Le coke produit moins de cyanure que le charbon de bois. La présence de la vapeur d’eau, meme en petite quantité, nuit à la production des cyanures, ou tout au moins les décompose à mesure de leur formation, en donnant de l’ammoniaque.
- Enfin l’azote, lorsqu’il est pur, produit plus facilement les cyanures que lorsqu’il est mélangé d’acide carbonique ou d’oxyde de carbone.
- Ce procédé consomme une grande quantité de frasil (charbon de bois menu et brisé) pour mêler au carbonate alcalin, et aussi beaucoup de combustible (coke) pour chauffer les cylindres de briques au rouge blanc. Néanmoins, dans certaines localités rie la France, cette industrie serait susceptible d’une exploitation relativement aussi avantageuse qu’en Angleterre. Non-seulement la teinture et les arts chimiques qui emploient les composés du cyanogène y trouveront un avantage par la baisse des prix des cyanures et des ferrocyanures, mais encore l’agriculture profitera de plus de 3 millions de kilog. de matières animales que la fabrication actuelle du prussiate de potasse absorbe, chaque année, en France. ( Acad, des sciences, 14 février 1848.)
- Couleurs à base de zinc; par M. Leclaire.
- L’auteur a présenté à l’Académie des sciences divers spécimens de peinture destinés à faire ressortir les avantages que présente l’emploi des couleurs à base de zinc sur les
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- couleurs correspondantes à base de plomb et de cuivre. Les premières, après avoir été exposées à l’action de l’hvdrogène sulfuré, ont conservé complètement leur éclat tandis que les autres sont toutes altérées plus ou moins profondément.
- Les dangers auxquels sont exposés les ouvriers qui préparent ou qui emploient le blanc de plomb avaient fait, depuis longtemps, songer à substituer à cette couleur le blanc de zinc; mais, outre qu’il n’existait point d’établissements dans lesquels ce produit fût fabriqué en grand et par un procédé économique, il restait une autre cause d’insalubrité dans la nécessité où l’on était d’employer, comme siccatif, pour le blanc de zinc comme pour la céruse, une huile préparée à la litharge. M. Leclaire fait disparaître cette cause de danger par la découverte d’un siccatif à base de manganèse aussi efficace que l’ancien, et dont l’emploi est sans inconvénient pour la santé.
- Dans la peinture en bâtiments, la céruse n’est pas le seul produit toxique dont on fasse usage; plusieurs autres couleurs à base de plomb ou de cuivre sont encore très-généralement employées ; M. Leclaire est parvenu à les remplacer par des couleurs à base de zinc dont l’emploi, jusqu’à présent, n’a paru exercer aucune influence fâcheuse sur la santé des ouvriers. ( Acad, des sciences, 24 janvier 1848. ) (1)
- Application de Y un des produits de la résine commune, par M. Louyet, de
- Bruxelles.
- La distillation de la résine commune dans une cornue de fer donne indépendamment d’une espèce de brai sec qui reste dans la cornue, une huile essentielle jaune et une huile grasse très-consistante.
- La première, connue en fabrique sous le nom de vive essence, est à peu près demeurée sans usage. En faisant quelques recherches sur la possibilité d’appliquer à l’éclairage l’huile grasse de résine et de la substituer aux huiles de semences oléifères, l’auteur a trouvé que la vive essence, convenablement rectifiée sur de la chaux vive pour la débarrasser de l’acide acétique, de l’eau et de la poix qu’elle contient, pouvait être parfaitement appliquée à l’éclairage des appartements en la brûlant dans des appareils appropriés. On sait qu’il existe, en Angleterre, des lampes d’une construction particulière, connues sous le nom de vesta-'lamp, et dans lesquelles on brûle la térébenthine rectifiée , sans fumée et avec une lumière éclatante ; chez nous on les désigne par lampes camphines. L’auteur a reconnu que la vive essence de résine rectifiée, substituée à la
- (l) La découverte de l’emploi de l’oxyde de zinc en peinture et la constatation de ses avantages sous les rapports hygiénique, artistique et économique ne sont pas nouvelles; elles remontent à Panne;* 1782, et Phonneur en appartient à Guyton-Morceau, qui s’exprimait ainsi dans un mémoire inséré au tome 1er des Mémoires de VAcadémie des sciences, belles-lettres et arts de Dijon. « Je puis offrir a la peinture trois blancs , ceux de tartre calcaire, d’étain et de zinc, et particulièrement ce dernier dont la préparation est sujette à moins de variations , dont la nuance est plus vive et plus uniforme , qui sera propre à tous les usages et qui sera probablement aussi le plus économique. Je voudrais pouvoir annoncer aussi qu’il le sera assez pour remplacer la céruse dans la peinture des appartements, moins pour ajouter un nouveau luxe à ce genre d’ornement que pour ie salut des ouvriers que l’on y emploie. «
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- NOTICES INDUSTRIELLES
- térébenthine pure dans la vesta-Iamp, égalait, si elle ne surpassait pas, cette huile essentielle.
- Il a trouvé aussi que la vive essence de résine, rectifiée par distillation sur de la chaux vive, pourrait remplacer parfaitement l’huile essentielle de térébenthine dans tous les emplois en peinture ; mêlée aux couleurs à l’huile, elle agit comme un siccatif énergique. (Acad, des sciences, 7 février 1848.)
- Manière d’employer le pyroœyle dans l’exploitation des mines; par M. Combes.
- Nous avons rendu compte, p. 621 du Bulletin de 1846, des premières expériences faites par MM. Combes et Flandin pour le tirage des rochers au moyen du coton azotique. Ces expériences ont été continuées dans une carrière à plâtre , à Belleville.
- Les produits de la déflagration du pyroxyle peuvent être représentés par
- Oxyde de carbone................................................ 40 volumes.
- Acide carbonique................................................. 1 —
- Azote........................................................... 10 —
- Yapeur d’eau.................................................... 34 —
- Il en résulte que cette substance ne contient pas , comme les poudres, la quantité d’oxygène nécessaire à la combustion complète du carbone qu’elle renferme, et que sa déflagration doit donner lieu à beaucoup d’oxyde de carbone, gaz à la fois inflammable et très-vénéneux. En effet, en approchant une torche allumée de l’une des fissures déterminées par l’explosion d’un pétard chargé de 600 grammes de pyroxyle, les gaz sortants s’enflammèrent et brûlèrent avec la flamme bleue particulière à l’oxyde de carbone ; la flamme se propagea par la fissure, ce qui donna lieu à une explosion du mélange d’air et d’oxyde de carbone qui s’était formé dans les crevasses de la roche.
- M. Combes pensa, dès lors, que l’addition, au pyroxyle, d’un sel riche en oxygène et pouvant le céder à un corps combustible à une température élevée déterminerait la combustion de l’oxyde de carbone, et qu’il résulterait de cette combustion plus complète un accroissement très-notable des effets du pyroxyle sur la roche. Il essaya d’abord le chlorate de potasse; il ajouta à 100 parties en poids de pyroxyle, fait avec du coton cardé , 80 parties de chlorate de potasse en poudre séché à l’étuve ; il mêla le sel au pyroxyle ; il enferma le mélange dans des cartouches en feuilles de papier gris ordinaire et il chargea de 900 grammes , contenant, par conséquent, 500 grammes de pyroxyle et 400 grammes de chlorate de potasse, un pétard qui aurait dû recevoir 3 kilogr. de poudre de mine. Le pétard produisit un effet très-considérable , au moins égal à celui qu’auraient produit 3 kilog. de poudre de mine. Les gaz, sortant par les fissures de la roche, n’étaient pas inflammables; l’explosion ne fut accompagnée d’aucune odeur ni d’aucune fumée ou vapeur apparentes. Le trou, chargé de pyroxyle mêlé au chlorate, fut bourré avee de l’argile et de la pierre comme à l’ordinaire , avec la précaution de tasser légèrement les premières pelotes d’argile appliquées directement sur la charge.
- Le chlorate de potasse étant à un prix élevé, M. Combes essaya des mélanges de pyroxyle avec du nitrate de potasse et du nitrate de soude; il ajouta à 100 parties de pyroxyle 80 de nitrate de potasse ou 70 de nitrate de soude; les mélanges ont donné des
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- notices industrielles.
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- résultats constants ; absence complète de fumée et d odeur apres 1 explosion, ainsi que de gaz inflammable sortant des fissures de la roche ; effets de rupture presque aussi grands que ceux obtenus du pyroxyle avec le chlorate de potasse ; c est-à-dire qu un mélange de pyroxyle et de nitrate de potasse . dans la proportion indiquée. produit à peu près autant d’effet que son propre poids de pyroxyle seul, que trois fois son poids de poudre de guerre et que quatre fois son poids de poudre de mine ordinaire.
- L’auteur fait remarquer que l’addition du chlorate de potasse ou des nitrates de soude et de potasse au pyroxyle, dans les proportions indiquées, ne change pas le volume des gaz qui résulterait de la déflagration du pyroxyle, seulement il y a transformation de l’oxyde de carbone en acide carbonique, dont une partie , quand on fait usage d’un nitrate, reste combinée avec la base de ce sel et est remplacée par son volume d’azote. L’augmentation d’effet obtenue est donc due à la plus grande élévation de température produite lors de la déflagration. [Acad, des sciences, 17 janvier 1848.)
- ARTS ÉCONOMIQUES
- Moyens propres à préserver les bois des causes naturelles d’altération, notamment de la pourriture et de l’attaque des insectes ; par M. de Gemini.
- Le problème de la conservation des bois ne consiste pas, suivant l’auteur, à produire temporairement dans le bois des combinaisons douées de propriétés antiseptiques, mais bien d’imprégner le bois d’une substance à la fois antiseptique et insoluble, en un mot d’assurer aux effets obtenus la persistance, condition sans laquelle le but essentiel ne saurait être considéré comme atteint.
- L’auteur fait pénétrer des matières bitumineuses, telles que le goudron, dans le tissu même du bois, à des profondeurs suffisantes pour assurer , d’une part, la cohésion des fibres ligneuses entre elles ou avec des combinaisons salines antérieures ; de l’autre, l’absence de toute pénétration de l’humidité tendant à dissoudre les sels et à désagréger le tissu. L’auteur a obtenu cette imprégnation partielle ou complète par le goudron minéral seul, sans l’adjonction ni des huiles de naphte et de schiste, ni d’autres essences destinées à en atténuer la densité naturelle. Avant d’être soumis à l’imprégnation, les bois, renfermés dans le cylindre de l’appareil, y subissent d’abord une dessiccation presque complète au moyen de la vapeur portée à une haute pression, de manière que la pénétration des solutions salines ou du goudron s’opère non - seulement avec plus de facilité , mais qu’elle ne renferme pas dans le bois les principes d’humidité qui lui sont, naturels. Quant aux moyens d’opérer l’imprégnation, ils consistent dans la formation du vide à l’intérieur du cylindre de l’appareil et dans la pression exercée sur les liquides par une pompe foulante.
- Il est à remarquer que, dans l’imprégnation par le goudron, il s’opère, à une certaine profondeur dans le bois, une séparation de la partie solide (la poix) d’avec la partie huileuse et subtile ; la première, s’arrêtant à une profondeur de 3 à 4 centimètres, résiste alors à l’énergie de la pression , mais la portion huileuse continue de s’infiltrer beaucoup plus profondément et même jusqu’au cœur du bois, si l’opération est suffisamment prolongée. (Acad, des sciences, 27 mars 1848.)
- Quarante-septième année. Mai 1848.
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
- Sur la conservation des bois de construction et particulièrement des traverses de chemins de fer; par MM. Hutin et Boutigny.
- Les bois s’altèrent par l’action incessante de l’humidité et de l’oxygène de l’air atmosphérique. Ces principes de destruction le pénètrent jusqu’au cœur par voie d’absorption et d’infiltration, qui s’opère exclusivement par les extrémités du bois et dans le sens naturel de la circulation physiologique. Si l’on parvenait à soustraire les bois à l’action désorganisatrice de ces causes, on les conserverait indéfiniment.
- Le procédé que les auteurs proposent pour atteindre ce but consiste à sécher les extrémités du bois, à neutraliser leurs propriétés hygrométriques par un commencement de combustion et à les sceller hermétiquement au moyen d’un mastic qui pénètre entre les fibres, s’y incorpore et les soustrait à l’action destructive du milieu dans lequel on les place. Ce procédé simple, expéditif et peu dispendieux n’exige ni appareils, ni ateliers. Voici à quoi l’opération se réduit.
- 1° Immerger les extrémités de la pièce de bois à conserver dans un carbure d’hydrogène quelconque, l’huile de schiste, par exemple, qui pénètre fort avant, avec rapidité ; 2° y mettre le feu, et, au moment où la flamme s’éteint, plonger le bois, à la hauteur de quelques centimètres, dans un mélange chaud de poix noire, de goudron et de gomme laque qui est légèrement aspiré entre les fibres, et qui forme à chaque extrémité du bois une sorte de cachet hermétique et relativement inaltérable ; 3° le bois est ensuite goudronné dans toute son étendue par les procédés ordinaires. (Acad, des sciences. 1er mai 1848.)
- Moyen de préserver les approvisionnements de bois de la marine de la piqûre des tarets;
- par M. Quatrefages.
- On sait que le taret, importé des colonies, fait aujourd’hui sur les côtes d’Europe des ravages très-considérables, et qu’en particulier il occasionne annuellement de grandes pertes dans les chantiers où l’on conserve sous l’eau les approvisionnements de bois destinés aux constructions navales.
- Pour préserver ces approvisionnements des tarets, il faudra, au lieu de laisser les bois dans les chantiers en pleine eau, les emmagasiner dans des bassins. Pendant toute la durée de la ponte des insectes, il faudra maintenir dans le liquide une proportion suffisante de sublimé corrosif, ou de toute autre substance dont l’action aura été reconnue pour être suffisamment énergique.
- Un litre de dissolution saturée de sublimé, c’est-à-dire un demi-kilogramme, suffirait pour tuer tous les spermatozoïdes du taret contenus dans 20,000 mètres cubes d’eau de mer; mais, dans la pratique, cette proportion devra être augmentée par suite de la propriété que possède le sublimé de se combiner avec les substances organiques. Peut-être pour cette raison et aussi à cause de la différence de prix y aura-t-il avantage à se servir des sels de plomb ou de cuivre. (Acad, des sciences, 17 janvier 1848.)
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
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- Découverte sur deux points du territoire français du prolongement des couches houillères de Saarhruck; par M. Kind.
- M. Kind, connu par les perfectionnements qu’il a apportés aux instruments de sondage et pour les grands travaux de ce genre qu’il a exécutés dans diverses parties de l’Allemagne , notamment dans le grand-duché du Luxembourg et la Prusse rhénane, vient de découvrir sur deux points du territoire français le prolongement du terrain houiller et des couches de houille de Saarhruck, au-dessous du grès des Vosges qui constitue le sol des environs de Forbach.
- Les deux trous de sonde ont été forés, le premier près de la Petite-Rossel, le second près de Stiring; ils sont situés sur une ligne dirigée de l’ouest à l’est, parallèlement à la frontière, à 2 kilom. de distance environ de celle-ci, et à la distance de 6 kilom. l’une de l’autre. Le sondage de la Petite-Rossel a atteint, le 7 décembre dernier, à la profondeur de 121 mètres, une couche de houille de bonne qualité qui a été traversée complètement le 9 décembre et dont la puissance est de lm,95. Elle repose sur un banc de grès houiller de 6m, 19, au-dessous duquel la sonde avait encore traversé, le 30 décembre, deux petites couches de 10 et de 21 centimètres.
- Le sondage de Stiring a atteint, le 21 décembre, à la profondeur de 220 mètres, une couche de houille de 2m,06 de puissance, qui repose sur une couche d’argile schisteuse de 0m,66 sous laquelle la sonde a traversé une seconde couche de houille de lm,07 d’épaisseur, reposant aussi sur l’argile schisteuse.
- Ces deux sondages étaient arrivés, le 30 mars dernier, aux profondeurs respectives de 181 et 232 mètres. Le premier, celui de la Petite-Rossel, a déjà traversé sept couches de houille, dont cinq sont parfaitement exploitables et offrent ensemble une épaisseur mesurée, suivant la verticale, de 7m,97. Les quatre premières couches sont séparées entre elles par des bancs de grès ou de schiste houiller d’une faible épaisseur. Les trois dernières sont voisines entre elles et forment un groupe séparé du premier par des bancs de grès houiller d’une épaisseur totale de 26m,31 dans le sens de la verticale.
- Le forage de Stiring a traversé quatre couches de houille offrant ensemble une épaisseur verticale de 4m,14, et séparées par des assises peu puissantes de grès ou de schistes houillers. Ce groupe correspond peut-être au. groupe supérieur de la Petite-Rossel.
- Le terrain houiller est recouvert, à la Petite-Rossel, par une épaisseur de 37 mètres et, à Stiring, de 77 mètres de grès des Vosges.
- M. Kind emploie des instruments ingénieux au moyen desquels il est parvenu à tailler dans la roche, au fond d’un trou de sonde, des colonnes ou témoins cylindriques de 0m,25 de diamètre et de plus de 1 mètre de hauteur; il extrait ces témoins et les amène au jour dans la situation même qu’ils occupaient au fond du trou, et constate ainsi le sens et la quotité de la direction et de l’inclinaison des couches.
- Les couches du terrain houiller ont une pente de 32 pour 100 à la Petite-Rossel et de 38 pour 100 à Stiring. (Acad, des sciences, 3 avril 1848.)
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
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- BEAUX-ARTS.
- Nouveau procédé de gravure sur argent, sur cuivre argenté ou doré ;
- par M. Poitevin.
- Nous avons publié, p. 680 du Bulletin de décembre 1847, un moyen ingénieux découvert par M. Niepce de Saint-Victor, pour décalquer des dessins et des gravures sur-papier, sur verre ou sur des plaques de métal. M. Poitevin a transformé ces décalques en planches gravées en relief ou en creux à l’aide desquelles on tire des épreuves. Deux ou trois heures suffisent pour exécuter ce travail.
- On commence par exposer une gravure à la vapeur de l’iode qui se dépose sur les noirs seulement. On applique, avec une légère pression, la gravure iodée sur une plaque d’argent ou de cuivre argenté, polie à la manière daguerrienne. Les parties noires de la gravure ayant reçu de l’iode le rendent à l’argent, qui se transforme en iodure dans les parties correspondantes seulement. On plonge ensuite, pendant quelques instants, la plaque mise en communication avec le pôle négatif d’une pile composée d’un petit nombre d’éléments, dans une solution saturée de sulfate de cuivre en relation avec le pôle positif au moyen d’une lame de platine. Le cuivre ne se dépose que sur les parties non recouvertes d’iodure et correspondant aux blancs; on a ainsi une représentation parfaite de la gravure dans laquelle le cuivre représente les blancs et l’argent iodé les noirs. Il est nécessaire que la plaque ne reste que peu de temps dans le bain de sulfate de-cuivre, car, si l’opération était trop prolongée, la plaque entière se recouvrirait de cuivre.
- La plaque, après avoir reçu le dépôt de cuivre, est lavée avec beaucoup de soin, puis plongée dans une solution d’hyposulfite de soude pour dissoudre l’iodure d’argent qui occupe la place des noirs; on lave à grande eau distillée et on sèche. On chauffe ensuite la planche à une température suffisante pour oxyder la surface du cuivre, qui prend successivement différentes teintes, et on s’arrête à celle brun sombre. On laisse refroidir, puis on amalgame l’argent mis à nu, en chauffant légèrement la planche afin de faciliter l’opération. Le mercure ne se combinant pas avec l’oxycle de cuivre, on a un dessin dans lequel les parties amalgamées représentent les noirs, et les parties de la plaque recouvertes d’oxyde de cuivre les blancs. L’amalgamation étant terminée, on recouvre la planche de deux ou trois feuilles d’or battu, et l’on fait évaporer le mercure en chauffant. L’or adhère seulement à l’endroit des noirs des dessins. L’or non adhérant est enlevé avec un gratte-bosse. Cela fait, on dissout l’oxyde de cuivre avec une dissolution de nitrate d’argent, et l’on attaque l’argent ainsi que le cuivre qui est au-dessous avec de l’acide nitrique affaibli. Les traits du dessin qui sont protégés par l’or n’étant pas attaqués, on peut obtenir des creux aussi profonds qu’on le désire et qui correspondent aux blancs de la gravure.
- Cette dernière opération étant achevée, la planche est propre à tirer des épreuves à la manière des gravures sur bois.
- Pour obtenir, avec les memes dessins, des planches gravées en creux ou en taille-douce, il faut opérer sur une planche de cuivre recouverte d’une couche d’or. Dans ie bain de sulfate de cuivre, les parties correspondantes aux blancs se recouvrent encore
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
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- de cuivre. On enlève avec l’hyposulfite l’iode ou le composé d’iode qui s’est formé, on oxyde la couche de cuivre qui s’est déposée, et l’on amalgame l’or, qui peut être enlevé avec de l’acide nitrique ; on dissout en même temps l’oxyde de cuivre. Dans cette préparation , les blancs sont préservés, et les creux représentent les noirs comme dans les planches gravées en taille-douce. ( Acad, des sciences, 7 février 1848.)
- AGRICULTURE.
- Expériences faites avec le sel marin sur le blé en 1846; par MM. du Breuil, Fauchet
- et J. Girardin, de Rouen.
- Ces expériences ont été faites sur trois lots de terre de nature argileuse ; chaque lot était divisé en dix parcelles d’un are chacune. Tous les lots étaient ensemencés en blé russe fait sur trèfle, après avoir été fumés dans la proportion de 35 mètres cubes à l’hectare. Voici comment on opéra sur chaque lot.
- Le 10 mars 1846 , on répandit du sel en nature sur les parcelles 1, 3, 5, 7 et 9 du premier lot, à raison de 1, 2, 3, 4 et 5 kilogrammes, les parcelles intermédiaires 2, 4, 6, 8 et 10 ne recevant rien.
- Le 27 avril, on sema également, à la main, du sel sur les parcelles 1, 3, 5, 7 et 9 du deuxième lot dans la même proportion que ci-dessus.
- Le troisième lot ne contenait que huit parcelles d’un are chacune. La première et la huitième ne reçurent rien. Sur les parcelles 3, 4, 5, 6 et 7 on répandit, le 27 avril, 100 litres d’eau renfermant depuis 1 jusqu’à 5 kilog. de sel. Sur la deuxième parcelle on répandit, le 8 mai, 100 litres d’eau à laquelle on avait ajouté 14 litres d’eau ammoniacale du gaz marquant 4 degrés à l’aréomètre, et saturée de 3 décilitres d’acide sulfurique.
- Pendant près de deux mois, on ne remarqua aucune différence dans la végétation de toutes les parcelles. À partir de ce moment, les lots ayant reçu du sel prirent une plus belle apparence, et, lorsque les blés furent arrivés à la hauteur moyenne, tous ceux qui avaient été salés offraient une végétation plus vigoureuse, des feuilles plus noires, plus grandes, des épis plus garnis. Les parcelles 5 et 7 du premier lot, qui avaient reçu 3 et 4 kilog. de sel, paraissaient les meilleures de toutes. À l’approche de la maturité. les parcelles salées versèrent.
- Sur les deuxième et troisième lofs , les différences entre les parcelles étaient moins sensibles que dans le premier lot. Le blé n’a point versé, excepté celui qui avait reçu l’eau ammoniacale. Dans les derniers jours de juillet, on procéda à la récolte.
- Les auteurs concluent des résultats obtenus
- 1° Que l’emploi du sel, dans les proportions de 2 à 5 kilog. par are, ou 200 à 500 kilog. par hectare, a augmenté le produit de la récolte ;
- 2° Que la dose la plus productive du sel répandu à l’état solide a été de 4 kilog. par are ou 400 kilog. par hectare ;
- 3° Que la dose la plus favorable à la production de la paille a été de 4 à 5 kilog. par are ou 400 à 500 kilog. par hectare.
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- 4° L’influence du sel s’est exercée à peu près également sur la paille et sur le grain; mais , en outre-passant la quantité de 4 kilog. par are ou 400 kil. par hectare , on développe proportionnellement plus de paille que de grain, et l’on détermine le versement de la récolte sur des terres déjà fumées dans des proportions indiquées.
- 5° Au prix actuel de 40 fr. les 100 kilog., l’augmentation des produits due à l'emploi du sel, déduite de la dépense occasionnée par cet engrais, se traduit le plus souvent en perte, et, quand il y a bénéfice, il est tellement insignifiant, qu’il ne pourrait engager à faire usage du sel. La perte varie de 13 à 150 fr. par hectare, malgré l’augmentation du rendement.
- 6° En supposant le sel à 20 fr. les 100 kilog., il y a , en l’employant a la dose de 300 à 400 kilog. par hectare, un bénéfice variant de 61 à 78 fr. pour le sel répandu en hiver, et de 5 à 30 fr. pour celui répandu au printemps.
- 7° Employé en dissolution et sous forme d’arrosement, au printemps, le sel a produit aussi une augmentation de récolte tant en paille qu’en grain, et la dose la plus productive a été de 5 kilog. par are, soit 500 kilog. par hectare.
- Le terrain sur lequel on a opéré dans ce cas étant moins riche que celui des jdeux premiers lots, il n’y a point eu versement de blé, ce qui explique comment, dans ce troisième lot, la plus forte dose de sel a procuré les meilleurs résultats.
- 8° L’eau ammoniacale saturée par l’acide sulfurique à la dose de 1,400 litres par hectare, ce qui a occasionné une dépense de 21 fr. 60 cent., a fourni des résultats à peu près identiques-à ceux du sel pris à la dose de -400 kilog. ; mais, dans ces conditions, il y aurait perte à en faire usage. ( Acad, des sciences, 6 mars 1848.)
- Programme d'un prix proposé par la Société nationale et centrale d’agriculture, pour des expériences relatives à l’emploi du sel ordinaire ( chlorure de sodium ) soit comme amendement des terres, soit dans son application à l'alimentation des animaux domestiques.
- PREMIÈRE PARTIE. — EMPLOI DU SEL DANS L’AMENDEMENT DES TERRES.
- Questions proposées. — cc Le sel ordinaire peut-il être employé avantageusement, « avec ou sans le concours des engrais, sur les terres ensemencées de plantes céréa-« les, de plantes fourragères ou autres, ainsi que dans les prairies artificielles? »
- Les résultats contradictoires obtenus jusqu’ici, dans l’emploi du sel comme amendement , prouvent que les expériences n’ont pas toujours été faites dans les mêmes conditions, et que la question est complexe.
- Le but que l’on doit se proposer est de déterminer, à l’aide de méthodes rigoureuses, les elfets résultant de l’action du sel répandu sur de grandes surfaces ensemencées de plantes céréales ou autres, en tenant compte de la nature du sol, de son hygroscopicité et du climat.
- Pour atteindre ce but, la Société nationale et centrale d’agriculture divise, comme il suit, la question principale :
- Première question. — Quels sont les effets produits par le sel, répandu en diverses
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- proportions, sur le développement des céréales, des plantes fourragères et autres, cultivées dans les établissements agricoles pendant les diverses phases de la végétation.
- Deuxième question. — Établir, au moyen de méthodes rigoureuses, les différences obtenues entre les produits en vert et en grain 1° Dans les terres amendées avec le sel;
- 2° Dans les terres non amendées avec le sel;
- 3° Dans les terres amendées avec le sel, et avec le concours des engrais;
- -V° Dans les terres non amendées avec le sel, et avec le concours des engrais. Troisième question. — On devra s’assurer si les fourrages récoltés dans les terrains salés sont plus recherchés du bétail que ceux qui sont naturellement sans sel.
- Quatrième question.—Chaque expérience devra être faite sur une surface de 10 ares au moins et répétée pendant les années 1848, 1849 et 1850, afin d’avoir la moyenne des résultats obtenus dans le cours des trois années.
- Conditions. —Les concurrents feront connaître, d’avance, à la Société nationale leur intention de concourir, en indiquant, dans leur déclaration, leur demeure et les champs d’expérimentation, afin qu’une commission choisie dans son sein , ou dans la localité, lorsque l’éloignement de Paris l’exigera , puisse se transporter sur les lieux, pour suivre et vérifier la série des expériences, la nature des terrains soumis au salage, les espèces de culture et les résultats annoncés.
- Des échantillons des divers produits, ainsi que des terres, avant et après le salage , dans le même lieu , jusqu’à la profondeur du labour, devront être envoyés à la Société nationale.
- Deux prix, l’un de 3,000 fr., l’autre de 2,000 fr., seront décernés, dans la séance publique de 1851, aux auteurs des expériences les plus complètes faites sur l’emploi du sel comme amendement. D’après le programme précédent, la Société se réserve d’accorder des médailles aux personnes qui auront contribué, par des observations comparatives, à éclairer la question.
- DEUXIÈME PARTIE. — EMPLOI DU SEL DANS LA NOURRITURE DES ANIMAUX DOMESTIQUES.
- Les questions que soulève l’emploi du sel marin (chlorure de sodium) dans l’alimentation du bétail sont nombreuses.
- Pour comprendre cette vérité, il suffit de se rappeler combien diffèrent entre elles nos races d’animaux, et combien sont diverses les conditions dans lesquelles on les entretient.
- Il convient de chercher à résoudre plusieurs de ces questions par clés observations variées, recueillies dans la pratique de l’agriculture, plutôt que par des expériences dont tous les éléments doivent être préparés et constatés avec précision.
- Il est extrêmement difficile de déterminer, par un petit nombre d’expériences, le degré d’utilité du sel donné, soit pour prévenir les maladies, soit comme moyen curatif. — En effet, les altérations des fourrages, sources de beaucoup de maladies, varient extrêmement; et, d’un autre côté, il est impossible déjuger exactement de l’état de santé que l’usage du sel conserverait ou rendrait aux animaux.
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- Des obstacles d’un autre genre se présentent quand on veut préciser l’effet de cette substance sur la sécrétion de la laine et sur celle du lait.
- Une année entière serait nécessaire pour obtenir un résultat quant à la sécrétion de la laine. — Afin d’avoir une expérience simple, comme cela est désirable, il faudrait opérer sur des animaux bien portants et bien nourris. Or il est raisonnable de supposer que, dans ces conditions, le poids de la laine lavée ne serait pas sensiblement différent chez les moutons auxquels on aurait donné du sel et chez ceux qui n’en auraient pas reçu; de là la difficulté de conclure sur l’activité de la sécrétion.
- Dans l’appréciation de la qualité de la laine, les difficultés ne seraient pas moindres; il faudrait employer des experts, naturellement disposés à baser leurs jugements d’après les caractères qu’ils recherchent davantage : l’un pourrait préférer la finesse et la douceur de la mèche, l’autre sa résistance; des discussions sans fin pourraient s’élever sur la qualité envisagée à différents points de vue.
- La sécrétion du lait dépend de tant de causes physiques et physiologiques, pouvant agir d’un moment à l’autre, que des expériences demanderaient une circonspection très-grande, presque journalière, et des analyses fréquemment répétées sur la composition de ce liquide. Que de sources d’erreurs dans de pareilles études!
- Après avoir indiqué, comme ne pouvant être expérimentées, l’action du sel pour prévenir ou guérir certaines maladies, son influence sur la production du lait et de la laine, la Société d’agriculture appelle l’attention des cultivateurs sur les moyens d’apprécier l’effet que peut produire le sel dans la conservation des forces musculaires , l’accroissement des jeunes animaux et l’engraissement des animaux adultes.
- La Société n’attache pas la même importance à ces trois genres d’essais.
- Dans les premiers, on ne conseille pas l’emploi du dynamomètre, instrument souvent trompeur. Pour déterminer ce que vaut le sel donné aux bêtes de travail, on ne propose qu’un moyen indirect : il consiste dans l’appréciation de l’amaigrissement plus ou moins marqué que la fatigue peut occasionner chez des animaux, les uns ne recevant pas de sel, les autres en recevant. Cette manière d’opérer nécessite une étude préalable des animaux, la similitude complète des lots mis en comparaison, une même nourriture, un même travail, enfin des pesages réitérés des animaux avant, pendant et après l’expérience. C’est l’essai sur lequel la Société compte le moins, parce qu’il présente beaucoup de difficultés dans son application.
- Elle accorde un intérêt plus grand aux expériences sur l’accroissement des jeunes animaux. Cet accroissement, très-rapide pendant l’allaitement, s’arrête parfois au moment du sevrage, pour reprendre ensuite, avec plus de lenteur, jusqu’à ce que les animaux aient pris leur complet développement, On a tenu compte de ces faits dans les articles du programme en recommandant de commencer les expériences quelque temps après le sevrage.
- Des recherches sur l’action du sel dans l’engraissement sont celles que la Société recommande surtout. Il est plus facile d’appareiller les lots, on peut abréger la durée des essais; enfin l’abatage des animaux donne les moyens de constater leur valeur.
- Plusieurs caractères doivent être communs à toutes ces épreuves : il est indispen-
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- sable qu’elles soient comparatives. Après avoir partagé les animaux en plusieurs lots égaux, il faut que l’un de ces lots ne reçoive pas de sel.
- Il faut encore que tous les animaux soient soumis au même régime, que la consommation de chaque jour soit exactement pesée , et que la quantité de boisson soit aussi constatée.
- Ces conditions excluent les essais sur les animaux abandonnés dans les pâturages ; c’est pendant la stabulation complète qu il faut opérer.
- L’effet du sel sur les animaux qui pâturent demande, pour être étudié, des observations nombreuses et variées; mais, indépendamment des expériences quelle propose, la Société accueillera avec reconnaissance les observations pratiques de tous genres qui lui seraient adressées sur l’emploi du sel.
- Partant de ces considérations, la Société adopte le programme suivant :
- Art. 1er. Les expériences devront être comparatives : les animaux seront partagés en plusieurs lots, aussi égaux que possible, sous le rapport du poids et de l’âge; les animaux devront appartenir à la même race.
- Art. 2. Au moment de commencer les épreuves, chaque lot sera pesé avant le repas du matin ; il sera de nouveau pesé au moins tous les huit jours dans les mêmes conditions : le poids de chaque animal sera inscrit sur un registre.
- Art. 3. Un de ces lots, tiré au sort, ne recevra pas de sel, l’autre lot en recevra; les quantités de sel consommées seront, chaque jour, inscrites sur un registre. Dans le cas où plusieurs lots recevraient du sel, on tiendrait compte des quantités de sel consommées par chacun de ces lots.
- Art. 4. Les aliments seront pesés; les parties non consommées retirées du râtelier et de l’auge seront également pesées. La quantité d’eau prise par chaque lot sera constatée.
- Art. 5. La litière se composera de matières que les animaux ne pourront manger ( fougères, bruyères, fumiers pailleux pris sous des animaux de la même espèce que celle sur laquelle on expérimentera ).
- Art. 6. Il est à désirer que le régime reste le même pendant l’expérience quant à la nature et à la qualité des aliments.
- Art. 7. Les rations seront assez abondantes pour que, chaque jour, les animaux ne consomment pas entièrement la partie de leur nourriture comprenant les fourrages qu’ils recherchent le moins.
- Art. 8. Il faudra tenir compte de la nature des terrains sur lesquels auront été récoltés les fourrages employés. Des échantillons desséchés de ces fourrages seront envoyés à la Société nationale et centrale d’agriculture.
- Art. 9. Dans les essais suivis sur les animaux de travail, chevaux, mulets ou bœufs, chaque lot se composera de quatre bêtes au moins, et l’expérience durera au moins deux années.
- Art. 10. Les bêtes qui, pendant une année, auront reçu du sel n’en recevront pas l’année suivante, et, réciproquement, celles qui n’en auront pas consommé pendant une année en recevront l’année d’après.
- Quarante-septième année. Mai 1848.
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
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- Art. 11. Les animaux qui recevront du sel seront attelés à côté de ceux qui n’en recevront pas.
- Art. 12. Dans les expériences faites sur l’accroissement des jeunes animaux ou sur l’engraissement des animaux adultes, chaque lot comprendra au moins trois bêtes de l’espèce bovine, dix de l’espèce ovine et trois de l’espèce du porc.
- Art. 13. Les essais faits sur les jeunes animaux commenceront deux mois après le sevrage complet; ils dureront six mois pour l’espèce du porc, un an pour l’espèce du mouton, dix-huit mois pour l’espèce du bœuf.
- Art. 14. Les essais faits sur les animaux soumis à l’engraissement dureront au moins trois mois pour les porcs, trois mois pour les moutons, quatre mois pour les bœufs. Le minimum de l’âge sera de dix-huit mois pour les porcs, de trois ans pour les moutons, de cinq ans pour les bœufs.
- Art. 15. Un mois avant de commencer l’expérimentation, les concurrents avertiront la Société d’agriculture ; ils lui feront connaître la série d’épreuves qu’ils comptent faire et comment ils se proposent d’opérer.
- Art. 16. Ils confieront leurs registres et ouvriront leurs étables à toute personne déléguée par la Société.
- Art. 17. Chaque animal recevra un numéro d’ordre; ce numéro sera imprimé, avec un fer chaud, sur les cornes du bœuf et sur le sabot du cheval, au moyen d’un corps gras sur la toison du mouton. Les moutons seront, en outre, marqués par des entailles pratiquées sur le bord des oreilles, entailles qui, d’après leurs positions, correspondront à des nombres différents. (Voir la Nouvelle maison rustique, t. Ier, p. 254.) Les porcs seront marqués de la même manière.
- Art. 18. Un mois avant l’abatage des animaux, les concurrents préviendront de cet abatage la Société d’agriculture.
- Art. 19. Les concurrents constateront le poids vif des animaux, et le rendement de chacun d’eux, en viande, graisse, peau et issues.
- Deux prix, l’un de 3,000 fr. et l’autre de 2,000 fr., seront décernés, dans la séance publique de 1850, aux auteurs des expériences les plus complètes faites d’après les bases du programme ci-dessus.
- La Société accordera des médailles aux personnes qui auront contribué, par d’autres observations, à éclairer les questions relatives à l’emploi du sel dans l’économie des animaux.
- Le secrétaire perpétuel,
- Signé Payen
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- PROCÈS-VERBAUX.
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- Extrait des procès-verbaux des séances du conseil d’administration de la Société
- d’encouragement.
- Séance du 26 avril 1858.
- Correspondance. M. Chérot, peintre préparateur, rue de la Chopinette, 54, annonce qu’il a été chargé par M. Durand, l’un des architectes de la mairie de Paris, de faire l’application de ses procédés d’enduit plastique au bas-relief placé au-dessus de la porte de l’école communale, rüe de Pontoise.
- La Société ayant nommé une commission pour suivre l’application de ces procédés, M. Chérot demande que cette commission soit chargée du nouvel examen dont il s’agit.
- M. Rouget de Liste, passage des Petites-Écuries, 15, adresse un exemplaire d’un livre intitulé, Livre des beaux-arts qu’on peut apprendre sans maître, par madame Rouget de Liste. Ce livre faisant suite aux publications^qu’il a entreprises depuis dix ans pour l’instruction professionnelle des femmes, M. Rouget de Liste pense qu’il n’est pas tout à fait indigne de l’attention et de l’intérêt de la Société ; il le soumet donc avec confiance aux méditations de la commission qui s’occupe en ce moment de l’organisation du travail, parce qu’il croit que cette commission devra s’occuper d’abord de l’organisation de l’instruction morale, industrielle et même artistique, sans laquelle les sociétés, la famille et la propriété ne sauraient grandir et prospérer.
- La lettre de M. Rouget de Liste et les ouvrages qui l’accompagnent seront mis sous les yeux de la commission spéciale.
- Le conseil renvoie à la même commission une brochure intitulée, Des améliorations qu’il serait possible d’apporter dans le sort des ouvriers peintres en bâtiments, suivies des règlements d’administration et de répartition des bénéfices que produit le travail, par M. Leclaire, et mis en pratique en 1842, dans sa maison.
- Objets présentés. M. Poignant, tailleur de pierres, rue des Fossés-Saint-Jacques, 3, appelle l’attention de la Société sur un urinoir pour lequel il a pris un brevet d’invention.
- M. Collardeau, rue du Faubourg-Saint-Martin, 56, présente un goniographe rapporteur sans point de centre. Il expose ainsi l’origine et le principe de cet instrument.
- Invité par M. Gay-Lussac à exécuter des rapporteurs plus précis que ceux qui sont en usage, M. Collardeau a été conduit au principe suivant :
- Si la division d’une circonférence en 360 parties est partagée en deux échelles indiquant chacune de 0° à 180° et marchant dans le même sens, toute ligne droite 0, 0,10, 10, 20 donnant deux indications égales sur cette division partagera la circonférence en deux parties égales et sera, par conséquent, un diamètre passant par le centre à l’absence duquel il sera facile de remédier.
- Ce principe, qui est celui du goniographe, s’appliquerait à toute courbe centrée partagée en deux échelles identiques quelconques marchant dans le même sens et se joignant par leurs extrémités opposées.
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- Les ouvrages suivants sont déposés sur le bureau :
- M. Philippar, professeur de culture et membre de la Société nationale et centrale d’agriculture, fait hommage des publications suivantes :
- 1° Notice sur l’emploi du sel commun, sel marin (chlorure de sodium), en agriculture ; note sur les pommes de terre ; notice sur la maladie qui a affecté les pommes de terre; ,
- 2° Annales de la Société d’horticulture de France, mars 1848;
- 3° Journal des économistes, n° 78, — 15 avril 1848;
- 4° La Belgique industrielle des 13, 16, 20 et 23 avril 1848.
- Rapports des comités. Au nom du comité des arts mécaniques, M. Calla propose d’adjoindre à ce comité M. le Chatelier, ingénieur des mines, qui en faisait autrefois partie, et qui, ne résidant plus à Paris, avait été remplacé.
- Cette proposition est prise en considération, et, conformément à un arrêté du conseil , le comité des arts mécaniques est invité à présenter, dans la prochaine séance, les titres de ce candidat.
- Au nom d’une commission spéciale, M. Charles Dupin, secrétaire, donne lecture d’un exposé de la situation de l’industrie française préparé pour être soumis à l’assemblée nationale par la Société d’encouragement.
- Après cette lecture, M. le président propose de faire imprimer ce document, pour être distribué à tous les membres de la Société, et, après avoir reçu la sanction de la Société , être adressé aux membres de l’assemblée nationale.
- Un membre demande que cet exposé contienne la promesse que des recherches ultérieures donneront lieu de signaler des améliorations désirables.
- M. le secrétaire fait remarquer que cette pensée est formellement exprimée dans l’exposé ; on annonce une seconde partie dans laquelle on traitera, d’une manière expresse, des améliorations qu’on peut apporter au sort des ouvriers.
- M. le président ajoute que telle est l’intention de la commission, et, à ce sujet, il donne lecture de la circulaire qui est adressée à tous les membres de la Société, aux institutions, autorités, personnes qui peuvent fournir des documents pour la discussion des matières qui seront traitées dans la seconde partie de l’exposé.
- Cette circulaire est ainsi conçue :
- Paris, 12 avril 184s.
- Monsieur,
- « La Société d’encouragement pour l'industrie nationale vient réclamer de votre patriotisme un concours que vous ne lui refuserez pas.
- « Tous les ans, elle décerne, aux ouvriers de l’agriculture et de l’industrie, aux contre-maîtres, aux chefs d’atelier, des récompenses quelle essaye de proportionner aux services qu’ils ont rendus au pays ; elle vous prie de diriger ses choix, en lui désignant les citoyens qui vous paraissent les plus dignes de ses distinctions et en lui faisant parvenir les renseignements propres à éclairer sa décision.
- « Tous les ans, elle accorde, selon les intentions d’un de ses membres, M. Bapst, véritable bienfaiteur de l’humanité, une indemnité secourable aux inventeurs que l’âge
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- ou l’infirmité ont plongés dans la détresse. Prêtez-lui le secours de vos lumières, faites-lui connaître ces misères honorables que le pays ignore, que les replis de la population recèlent, et préparez par vos indications philanthropiques le noble emploi des ressources que la piété de M. Bapst a confiées aux soins de notre conseil.
- « La Société décidait, il y a quelques mois, qu’elle dirigerait tous ses efforts désormais vers le perfectionnement de l’agriculture , de l’hygiène publique et de l’éducation des producteurs. La vie à bon marché, la vie saine, le développement de l’intelligence, tels sont les problèmes qu’elle proposait à l’ardeur de tous. Les concours qu’elle a ouverts dans ce but, les prix qu’elle décernera aux travaux de ceux qui l’auront atteint, dépassent la somme de cent mille francs. La Société espère que vous voudrez bien l’aider à répandre la connaissance des programmes des prix qu’elle a proposés, et que vous contribuerez à diriger vers ces utiles recherches les efforts des citoyens capables de les effectuer avec succès, ainsi qu’à déterminer plus tard l’administration publique à mettre en pratique, dans l’intérêt de tous, les mesures dont leurs travaux auront proclamé l’opportunité.
- « C’est dans ce même intérêt patriotique que nous venons solliciter encore de votre zèle et de votre dévouement à l’industrie nationale une coopération sur laquelle nous avons compté. La Société sait que, dans un grand nombre de nos établissements agricoles ou industriels, des combinaisons prévoyantes et paternelles ont assuré à tous les agents de la production une part dans les avantages que le travail produit : elle vient vous demander de lui faire connaître les résultats obtenus par ces combinaisons, les faits constatés par une expérience déjà longue pour quelques localités ; elle se propose de livrer à la discussion publique tous les documents qui lui parviendront.
- « Dans un moment où les bases de l’association entre la main-d’œuvre, le talent et le capital sont l’objet des discussions les plus importantes, la Société d’encouragement pour l’industrie nationale a compris qu’il était de son devoir de recueillir des faits, des documents, pour les coordonner et les publier, après en avoir constaté la sincérité et l’exactitude, tout en laissant aux pouvoirs publics la difficile mission d’en tirer les conséquences et de donner à celles-ci la consécration de la loi.
- « Elle recevra donc avec reconnaissance toutes vos communications concernant les diverses formes et les divers effets de l’association dans les établissements agricoles et industriels ; elle vous témoigne d’avance toute sa gratitude pour l’empressement que vous auriez mis à les lui faire parvenir. »
- J’ai l’honneur d’être, etc. Signé DUMAS ,
- président de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale.
- Nota. La Société d’encouragement accueillera, en général, tous les renseignements relatifs aux fondations philanthropiques, aux combinaisons de secours mutuels, aux institutions de toute nature propres à répandre le bien-être, la moralité et l’instruction dans la classe des travailleurs. Ce sont les faits accomplis que la Société d’encouragement désire surtout mettre en lumière, pour parvenir à l’extension des bienfaits qu’ils ont déjà pu produire.
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- Un membre pense que c’est introduire des usages nouveaux que d’adresser à l’assemblée nationale un travail incomplet. Il a entendu citer dans l’exposé l’exemple des États-Unis d’Amérique ; il ne croit pas qu’on puisse comparer avec la France un pays dont les industries sont disséminées, dont beaucoup n’exigent pas de machines. Nos connaissances sur la situation des États de l’Union américaine ne sont pas assez étendues pour ne pas craindre qu’il soit peu politique, peut-être dangereux de préconiser les mesures adoptées dans ce pays et qui concordent avec une situation différente de la nôtre.
- Un autre membre du conseil observe qu’un fait très-grave s’est produit d’un bout de l’Europe à l’autre. Les classes ouvrières éprouvent des souffrances réelles ; derrière elles viennent se placer les esprits novateurs. Ce sont ces conditions défavorables auxquelles il faut apporter des changements, de manière que cette partie de la population ne croie pas être déshéritée des richesses sociales. C’est en recherchant les causes de cette situation, en les étudiant, qu’on pourra la rendre supportable. Les principales sont la cherté des aliments, les nombreuses familles, le mode de recrutement, etc.; il entre dans quelques développements sur les mesures à proposer pour atténuer ces causes.
- M. le président pense que ces idées, portant sur des points nouveaux, devraient être exposées dans le sein de la commission.
- Un membre du conseil saisit cette occasion pour rendre compte d’une excursion qu’il vient de faire dans les centres manufacturiers de la France. Tout en rendant hommage aux idées émises dans l’exposé de M. le secrétaire, il pense qu’il se prononce d’une manière un peu absolue sur la situation de la classe ouvrière. Il s’est trouvé au milieu de 4 à 5,000 ouvriers; ce qu’ils demandent, ce sont des changements prompts dans leur position. Parmi leurs griefs, il en est qui sont fondés; il est nécessaire d’y faire droit. Parmi les causes auxquelles on doit attribuer la décadence de notre commerce extérieur, ce membre cite la mauvaise foi de nos manufacturiers ; il ne faut pas craindre de signaler des faits blâmables. Il termine en signalant les perturbations profondes apportées parle système de M. Louis Blanc (l’égalité des salaires), perturbation dont ne parle pas l’exposé.
- Un de MM. les vice-présidents, pour faire ressortir ce qu’a de funeste cette égalité des salaires, rapporte qu’il a conféré à ce sujet avec M. Vellu, charpentier, qui avait préconisé ce système imposé aux maîtres charpentiers. Après dix-huit mois d’essais, pendant lesquels tous les engagements ont été religieusement accomplis, la corporation des charpentiers a perdu une somme de 600,000 francs. M. Vellu a démontré, par ce fait, la fausseté du système de l’égalité des salaires ; on en est revenu à celui qu’on n’aurait point dû abandonner, celui de la proportionnalité des salaires selon l’intelligence et le travail.
- Un membre du conseil appelle l’attention de la Société sur la question du marchandage, qui a été mal comprise, et qui, régularisée, donnera des résultats avantageux.
- Un membre de la Société exprime l’opinion que la discussion devrait d’abord porter sur la direction à donner à l’instruction.
- Après une discussion sur la position de la question, M. le secrétaire expose la marche qu’a suivie la commission dans l’élaboration de ce premier travail. Il ajoute que, dans la seconde partie, elle traitera expressément des améliorations qu’on peut apporter
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- au sort des ouvriers ; ruais ce qu’elle a senti la nécessité de défendre, avant tout , comme principe, c’est la liberté inviolable de l’industrie dans toutes les positions des hommes qui concourent à la production par leurs bras, leurs capitaux ou leur intelligence.
- M. le président résume la discussion. Le conseil décide que l’exposé de la situation de l’industrie française présenté par la commission spéciale sera imprimé et distribué à chacun des membres de la Société, avant d’être l’objet d’une discussion générale.
- Séance du 10 mai 1848.
- Correspondance. M. Bobière, à Nantes, adresse un échantillon d’engrais-sang, en faisant remarquer qu’un des grands inconvénients de l’engrais produit par le sang réside dans la faculté que possède ce corps de fermenter et de perdre par cela même une grande partie de l’azote auquel il doit ses propriétés fertilisantes ; il importe, d’ailleurs, qu’il soit fabriqué par des procédés plus hygiéniques que la simple évaporation défendue, à plusieurs reprises, par le conseil de salubrité de la ville de Paris.
- M. Bobière annonce avoir atteint ce but par l’emploi, à faible dose, du chlorure de manganèse, résidu de la préparation du chlore, produit rejeté par l’industrie et généralement incommode pour le voisinage des usines où il se fabrique.
- Publié par lui en 1847, ce moyen de coagulation, aussi simple qu’économique, a reçu depuis la sanction de l’expérience dans les abattoirs de Paris, où l’adjudicataire du sang l’emploie avec avantage dans l’intérêt de la salubrité et de l’agriculture.
- Le sang coagulé par le chlorure de manganèse et séché constitue un engrais qui retient mieux ses composés azotés que le sang simplement coagulé par la chaleur ; mais il possède aussi un avantage incontestable sur les marchés de la Bretagne et de la Normandie, en raison de la couleur noire qu’il acquiert par la dessiccation et que le commerce réclame dans ces localités.
- M. Bonafous, membre correspondant de la Société, fait hommage, sous le titre de Yo-san-f-rok (l’art d’élever les vers à soie au Japon), d’un ouvrage écrit au commencement du xixe siècle par Ouè'kaki-Morikouni, dans la province de Tatsima. M. Bonafous a fait traduire littéralement cet ouvrage du japonais lors de son voyage agronomique en Hollande, par M. le docteur Hoffmann, de Leyde, le seul orientaliste de l’Europe qui possède complètement ce difficile idiome. M. Bonafous a ensuite reproduit cet ouvrage avec des commentaires, des remarques ou des notes propres à expliquer, étendre ou rectifier le texte et mettre autant qu’il a été possible la science de l’Orient en harmonie avec les progrès que l’état plus avancé des peuples occidentaux a fait faire à l’industrie de la soie.
- M. Bonafous joint à cette publication cinquante planches gravées sur cuivre d’après les dessins qui accompagnaient l’ouvrage original, ainsi qu’un spécimen du texte japonais autographié par M. Hoffmann, et une carte de l’archipel du Japon qu’il a exécutée d’après celle que M. Siebold a dressée en 1840.
- M. Bonafous ajoute que les doctrines, les règles, les méthodes exposées dans le cours de cet ouvrage, dont la brièveté donne, en quelques moments de lecture, ce que la réflexion, l’étude et l’expérience de plusieurs siècles avaient lentement amassé,
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- ne seront pas toutes l’objet d’une application immédiate, universelle ; mais plusieurs d’entre elles appréciées à leur juste valeur se naturaliseront, sans doute, parmi nous, ou feront naître des expériences nouvelles et d’heureuses innovations. Mises en parallèle avec les nôtres, ces pratiques séculaires marqueront l’intervalle qui sépare l’Asie de l’Europe dans l’industrie sérigène, et le Yo-san-fi-rok, avec ses mythes, ses légendes jetés à travers d’utiles préceptes , éclairera les esprits curieux d’étudier l’origine r les phases et les progrès d’une industrie au succès de laquelle les efforts de la Société ont puissamment concouru.
- M. Bonafous exprime le désir qu’une commission soit chargée de rendre compte de cette publication , dans l’intérêt des producteurs de la soie.
- M. le président, en invitant le comité d’agriculture d’examiner l’ouvrage dont il s’agit et d’en rendre compte, fait ressortir les renseignements utiles que notre industrie sérigène et les autres industries peuvent retirer de l’étude des procédés en usage en Chine, au. Japon, etc., et combien il esta désirer que des traductions d’ouvrages continuent cà nous initier à la connaissance de procédés agricoles et industriels qui peuvent recevoir des applications ou donner lieu à des comparaisons toujours profitables.
- M. le président propose d’adresser à M. Bonafous les remercîments de la Société pour le don d’un ouvrage dont, mieux que personne, il pouvait apprécier l’opportunité.
- M. Isidore Joly, rue Vaucanson, 4, adresse une énumération d’objets que l’on peut perfectionner ou améliorer, tels que l’écoulement des urines et matières par des tuyaux qui communiqueraient dans les égouts, le chauffage général d’une maison par la vapeur, les horloges, le sciage des planches, etc.
- M. Béranger, constructeur d’appareils de pesage, à Lyon, en adressant la gravure et la description d’une balance-pendule pouvant s’établir sur toute dimension en rapport avec l’emploi auquel on la destine, dépose une ampliation du règlement adopté dans son établissement, et qui concerne l’admission des ouvriers et employés au partage dans les bénéfices, à la création d’une caisse de prévoyance et de secours.
- M. Perrot, ingénieur civil, à Yaugirard, dépose un imprimé intitulé, Nouvelles armes de guerre.
- Après de longues études sur les moyens d’utiliser à la guerre les découvertes qui, depuis un siècle, ont centuplé nos forces industrielles , M. Perrot a imaginé trois espèces d’armes qui sont destinées à remplir d’importantes lacunes dans nos moyens actuels d’attaque et de défense.
- La première est un fusil de position à air ou à gaz comprimés : il est muni d’un ou de plusieurs canons pouvant lancer à volonté dans une direction quelconque un grand nombre de balles.
- La seconde n’est que la première montée sur un char locomotif.
- La troisième espèce se compose d’armes de jet plus puissantes que les catapultes, les balistes, les onagres, les trébuchets des anciens. Gette supériorité est principalement due à la substitution de la vapeur, de l’air ou des gaz comprimés aux moyens d’action autrefois connus.
- M. Perrot annonce qu’on peut constater dans ses ateliers la force et une partie des résultats de ces inventions.
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- Les ouvrages suivants sont déposés sur le bureau .
- 1° Séances des travaux de VAcadémie de Reims, années 1847-1848;
- 2° Blanchiment, coloration et conservation des bois, procédé Renard-Perrin, — mémoire à consulter pour MM. Renard-Perrin et comp. contre M. Boucherie; ,
- 3° Spécimen d'un journal intitule, Tribune des reformes,
- 4° Les nos des 27, 30 avril, 4 et 7 mai des journaux intitulés, Belgique industrielle et Moniteur industriel.
- M. le président annonce que le conseil va procéder, par voie de scrutin , à la nomi nation de plusieurs candidats proposés pour devenir membres de la Société, dont les noms ont été inscrits sur un tableau pendant deux séances, conformément à un arrêté du conseil.
- M. le président fait le dépouillement des scrutins et en proclame le résultat. Yoici
- les noms des membres admis,
- MM. présentés par MM.
- 1° Marey-Monge, ancien élève de l’école polytechnique. . Cl. Anth. Costaz.
- 2° Flaud , ingénieur - mécanicien...........................Armengaud.
- 3° Lainé, négociant droguiste...............................A. Chevallier.
- 4° Schneider, chimiste-manufacturier. . .........Seguier et Payen.
- 5° Baronnet, propriétaire..................................Dumas et Payen.
- 6° de Valicourt, photographe...............................Combes et Seguier.
- 7° Ladoucette aîné , ancien sous-préfet à Saint-Etienne. . . Jomard.
- 8° Durand, commissaire adjoint à la Monnaie................Dumas et Péligot.
- 9° Durden, chimiste........................................Gardissal,
- 10° Renard-Perrin, architecte...............................Payen.
- 11° Fnssard, inspecteur divisionnaire des ponts et chaussées, i ,
- ,, . /. , „ . 1 . > Agasse.
- 12° Brame, ingénieur en chef des ponts et chaussées. . . )
- Rapports des comités. Au nom du comité des arts économiques, M. Gourlier lit un rapport sur leplautographe de M. Plaut, rue Serpente, n. 16.
- Cet instrument est destiné 1° à servir, dans le tracé des dessins linéaires et géométriques, de T ou règle à équerre ou fausse équerre pour mener des lignes perpendiculaires , obliques ou parallèles entre elles à des distances égales ou inégales, en même temps que de rapporteur et de moyen de division des cercles et des angles, ainsi que de réduction ou augmentation proportionnelle des lignes, et, en général, des corps à représenter ; 2° à établir ou relever des angles entre diverses lignes, les pentes des terrains, etc.
- M. Gourlier donne la description de cet instrument et de ses diverses applications.
- Le comité propose 1° d’adresser à M. Plaut les félicitations de la Société ; 2° de faire connaître le plautographe en insérant au Bulletin le rapport et la gravure de l'instrument ; 3° d’appeler l’attention du ministre des travaux publics sur cet instrument comme pouvant être utile aux architectes et aux ingénieurs.
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- M. Théod. Olivier demande que le rapport mentionne les appareils ayant pour objet une ou plusieurs opérations faites par celui de M. Plaut, notamment l’instrument de M. Guénée déjà décrit dans le Bulletin.
- Il sera fait droit à cete demande.
- Le conseil approuve le rapport et en adopte les conclusions.
- Au nom du comité des arts économiques, M. E. Silvestre lit un rapport sur les lorgnettes jumelles et les instruments d’optique de M. Ringard.
- Le comité propose de remercier l’auteur de sa communication et d’insérer le rapport au Bulletin.
- M. Seguier fait observer que la forme elliptique, donnée par M. Ringard aux verres de ses lunettes jumelles, n’a aucune importance, et présente l’inconvénient de ne pouvoir les centrer sans de grandes difficultés, tandis que les verres ronds se travaillent facilement.
- Après une discussion, le rapport est renvoyé au comité, et ses conclusions sont ajournées.
- Au nom du comité des arts mécaniques, M. Amédée Durand expose les titres de M. le Chatelier, proposé comme membre adjoint de ce comité, dont il était anciennement membre titulaire.
- M. le Chatelier est auteur et traducteur d’ouvrages importants sur les chemins de fer, et, dans la réunion du comité des arts mécaniques, il prenait une part active à la discussion des rapports et à l’examen des objets.
- Les travaux qui ont fait le sujet des études de M. le Chatelier, ses connaissances étendues font vivement désirer au comité une coopération nouvelle et dont il apprécie toute l’opportunité.
- M. le président annonce que, dans la prochaine séance, le conseil prononcera, par la voie du scrutin, sur la proposition du comité de arts mécaniques.
- Communications. M. Leclerc met sous les yeux des membres du conseil une coco-nière dont il décrit la composition, en vue de prendre part au concours que la Société a ouvert pour cette partie de la production de la soie ; il demande que la Société fasse faire l’essai de ce système de coconière pour en apprécier les résultats et les modifications que l’expérience pourrait indiquer.
- Le conseil remercie M. Leclerc de cette communication.
- M. Combes lit pour M. Benoît, ancien membre du comité des arts mécaniques, la note suivante sur l’invention des locomotives.
- Note sur les locomotives.
- L’histoire des inventions utiles est une chose si importante, qu’on ne devrait jamais négliger de constater les diverses tentatives faites dans le but de les réaliser, lors même que ces tentatives auraient été infructueuses, car elles constituent des faits plus ou moins composés pouvant servir de guide ou de repère à ceux qui s’occupent ultérieu-
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- rement des mômes recherches. On devrait joindre aux détails techniques celui de toutes les circonstances qui ont accompagné les divers essais, afin que la marche de l’esprit humain fût plus éclairée.
- C’est par suite de ces idées que je prie la Société de constater un fait qui se rattache à l’histoire des locomotives.
- Dans sa relation historique et descriptive de la machine à vapeur, M. Partington dit, p. 49 :
- « Mais quelques progrès avaient été de même faits, relativement à l’application du même moteur à des machines mobiles qui, lorsqu’elles sont construites dans ce but, sont nommées machines locomotives.
- « L’emploi d’un mécanisme intérieur, pour faire mouvoir des waggons sur une route plane, est d’une date bien ancienne ; mais la première application de la machine à vapeur à cet objet prit place, nous croyons, dans l’arsenal royal de Paris parmi les objets qu’on y plaça durant le dernier siècle.
- « Il paraît que jusqu’en 1802 on fit peu de progrès dans l’usage de cette espèce de véhicule à roues; mais, depuis cette dernière époque, M. Trevithick commença une série d’expériences sur l’application de la machine à haute pression à cet objet, et ses résultats, après quelques perfectionnements, ont été ensuite adoptés. »
- Je ne poursuivrai pas davantage la traduction du résumé de Partington pour faire remarquer qu’il a négligé de signaler le nom du Français à qui l’on doit la première application de la vapeur à la construction des locomotives.
- Le hasard m’ayant fait rencontrer un exemplaire de l’ouvrage de Partington qui avait appartenu à feu John Collier, lequel l’avait prêté, dans le temps, à Philippe Gen-gembre, tous deux ingénieurs-constructeurs de machines, dont le mérite a été apprécié par la Société, j’ai fait l’acquisition de ce livre; j’y ai trouvé une note marginale écrite au crayon par feu Gengembre et signée de lui ; cette note, qui se rapporte à la machine française à laquelle Partington fait allusion, est ainsi conçue :
- « Cette machine se voit encore au Conservatoire des arts et métiers; l’auteur est M, Cueugnot, mon premier maître de mathématiques; j’avais treize ans quand il m’a fait monter sur son chariot. »
- Je mets sous les yeux de la Société mon exemplaire de l’ouvrage de Partington annoté, afin que ceux de ses membres qui ont connu, comme moi, feu Gengembre puissent reconnaître et son écriture et sa signature, et donnent ainsi toute l’authenticité désirable au témoignage de cet ingénieur en faveur du professeur Cueugnot, qui est ainsi le premier inventeur des locomotives, non certes dans l’état où elles se trouvent aujourd’hui, mais telles que son génie les avait conçues.
- Je terminerai ma communication en priant la Société d’émettre le vœu que, dans le matériel des locomotives de tous les chemins de fer de France, il y ait toujours une locomotive du nom de Cueugnot, pour perpétuer le souvenir de son invention, aujourd’hui si utile à ces établissements.
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- PROCES-VERBAUX.
- M. Rouget de Lisle fait observer que, dans le résumé de ses recherches historiques sur les premières applications de la poudre à canon et de la vapeur comme puissance mécanique, il a mentionné de la manière suivante les droits de M. Cugnot. (Voy. Bulletin de la Société, année 1847, p. 637.)
- « On lit dans les registres des procès-verbaux de l’Institut (an VI, 1798) une note relative à une voiture dont le citoyen Cugnot est l’auteur.
- « Les citoyens Coulomb, Périer, Bonaparte et Prony étaient chargés défaire un rapport sur cette machine, qui présente en même temps, dit la note consignée dans le procès-verbal des séances de l’Académie, des vues sur le meilleur moyen d’appliquer la vapeur au transport des fardeaux. »
- Le conseil vote des remercîments à M. Benoît pour son intéressante communication qui sera annexée au procès-verbal.
- M. le président rappelle que, dans la séance du 26 avril dernier, la Société d’encouragement a décidé que l’exposé de la situation de l’industrie française, présenté par sa commission spéciale, serait imprimé et distribué à chacun des membres de la Société avant d’être l’objet d’une discussion générale ; cette distribution ayant eu lieu, il est utile, en prenant en considération la nomination d’une commission par l’assemblée nationale, que la discussion puisse avoir lieu dans le plus bref délai possible.
- M. le président propose, attendu l’urgence, de tenir le vendredi, 12 de ce mois, une séance extraordinaire.
- Cette proposition est adoptée.
- Erratum.
- Bulletin d’avril, p. 236. Par suite d’une transposition de titre, MM. Kerris et Féray ont été portés, dans la liste des membres du conseil, comme membres adjoints au comité des arts mécaniques, tandis qu’ils sont membres titulaires.
- tne
- IMPRIMERIE DE M
- Ve BOUCHARD-HUZARD, RUE DE L’ÉPERON, 7.
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- DE
- U MON
- DE L’INDUSTRIE FRANÇAISE
- CONSIDÉRÉE
- DANS L’INTÉRÊT DE TOUS LES TRAVAILLEURS,
- SOUMIS
- A L’ASSEMBLEE NATIONALE
- LA SOCIÉTÉ D’MCOIKAGEMEAT.
- PARIS,
- IMPRIMERIE DE MADAME VEUVE BOUCHARD-HUZARD, rue de l’Éperon, 7.
- 1848
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- La Société d’encouragement a décidé, par un vote unanime, dans sa séance du vendredi 12 mai, que Y Exposé de la situation de l’industrie française, présenté par sa commission spéciale, serait imprimé et distribué à tous les membres de l’Assemblée nationale, à la Commission exécutive et aux Ministres de la République.
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- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE, fondée en 1808,
- RECONNUE COMME ÉTABLISSEMENT d’üTILITÉ PUBLIQUE PAR ORDONNANCE DU 21 AVRIL 1824,
- RUE du BAC, N° 42, A PARIS.
- ____________________ iTliT 1 ~ uni II ------------ _
- EXPOSÉ
- 1,1 SITUATION IIE L'INDUSTRIE FRANÇAISE,
- à 7
- PRÉPARÉ
- POUR ÊTRE SOUMIS A L’ASSEMBLÉE NATIONALE;
- pai* une commission spéciale composée Comités.
- de MM. Valois et Michelin...................... ( Fonds. )
- Calla et E. Feray..................... ( Mécanique. )
- Payen et Ebelmen...................... ( Chimie. )
- Gourlier et Trébuchet................. ( Economie. )
- Huzard et Darblay..................... ( Agriculture. )
- Delambre, de Colmont, Desgranges, Busche, j
- Bottin , Gautier , Gaulthier de Rumilly , > j Commerce. ) Chapelle, Biétry. J
- M. DUMAS, président; M. CH. DUPIN, secrétaire général et rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS PRELIMINAIRES.
- Depuis deux mois sont soulevées les questions les plus importantes, sur les conditions de l’industrie , sur les intérêts, sur les droits respectifs des chefs d’ateliers et des ouvriers , sur l’avenir de tous les arts manufacturiers, considérés dans leurs rapports avec le sort des travailleurs.
- Ces arts ne sont que l’instrument du genre humain, pour subvenir à ses besoins, assurer son existence, et contribuer à son bien-être, à sa puissance, à son bonheur.
- Sous ce point de vue, le moindre côté des questions que nous venons de rappeler est, pour nous , le succès technique de l’industrie même ; le côté
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- principal, le plus précieux, le plus saint à nos yeux, est celui du bonheur de l’humanité.
- Comment pouvons-nous, en respectant la vérité des faits, les lois de la justice et les droits de la liberté, concilier le bien-être et la prospérité des travailleurs de tous les rangs ? Que pouvons - nous proposer de praticable et d’avantageux, surtout, avant tout, pour les ouvriers ? Voilà ce qui nous a profondément préoccupés.
- Une commission générale émanée de tous les comités, après avoir mûrement délibéré sur ces matières, a cru devoir soumettre à l’approbation de la Société tout entière un exposé d’ensemble fondé sur une longue expérience et sur l’amour éclairé des intérêts populaires.
- Nous sommes loin d’avoir, dès le premier pas , résolu toutes les questions aujourd’hui débattues ; il en est de fort importantes que la commission continue d’étudier, et sur lesquelles elle poursuit son enquête. Mais nous croyons avoir assez recueilli de faits et de lumières utiles pour que nos premiers résultats méritent d’être présentés aux représentants du pays qui, sous peu de jours, vont travailler à la constitution.
- Si la Société trouve dans notre exposé le tableau fidèle de ses sentiments et de ses idées , nous la prierons d’ordonner qu’il soit soumis au gouvernement , ainsi qu’à l’assemblée nationale , comme un tribut offert dans le désir d’aider à la grande mission que vont remplir les législateurs de la France.
- La Société répondra, par ce moyen, à l’éloquent appel du gouvernement provisoire, publié dans le Moniteur, huit jours après l’approbation donnée au projet d’exposé par votre commission.
- Nous prenons avec bonheur, pour épigraphe, les belles et rassurantes paroles adressées, du sein de l’hôtel de ville, à la Société des économistes français, par M. de Lamartine. Ce qu’il leur propose d’entreprendre , comme objet d’étude, la Société d’encouragement, depuis un demi-siècle, s’est efforcé de l’accomplir, en s’appuyant sur des principes sociaux acceptés, proclamés ici par l’homme d’État ami de l’humanité.
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- EXPOSÉ DE LA SITUATION DE L’INDUSTRIE FRANÇAISE.
- Discours de M. de Lamartine. — <r C’est à vous de précéder « le gouvernement pour l’éclairer dans le choix des moyens pra-« tiques, d’exciter le travail et d’élever les conditions des masses « sans diminuer Vaisance des industriels, des propriétaires, sans o attenter surtout à la liberté des capitaux, qui disparaissent « aussitôt qu’on menace leur indépendance.
- « Concilier la propriété, ce fondement de la famille, cette source « de la population, cette émulation de l’agriculture, avec la liberté « du travail, l’accroissement des salaires, voilà le problème : « tout autre est mal posé ; c’est une subversion au lieu d’une « amélioration. La République n’est pas née pour détruire, mais « pour améliorer. » ( Moniteur du 27 avril 1848. )
- Dès 1802, époque où florissaient la modération, la paix et le génie, des citoyens éclairés, qui chérissaient le bien-être du peuple, ont établi la Société d’encouragement pour l’industrie nationale. Us ont eu , comme objet constant de leurs efforts et de leurs récompenses, le progrès des arts utiles à l’homme. Us ont partout sollicité les améliorations dont la conséquence était, en définitive, favorable aux consommateurs, c’est-à-dire à l’universalité de la population. Us ont rémunéré les inventions et les perfectionnements qui rendent plus productive une même quantité de travail opéré par la main de l’homme, et qui permettent, par cela même, tantôt de mieux rétribuer ce travail; tantôt d’arrêter la diminution, toujours regrettable, du salaire des ouvriers.
- Leurs idées, répandues, popularisées dans toutes les classes de producteurs, ont porté des fruits salutaires. Grâce aux efforts combinés de l’intelligence et de la main-d’œuvre, la masse des produits à consommer par le peuple s’est augmentée beaucoup plus rapidement que la population. Loin que la nation se soit appauvrie en se multipliant, la part individuelle est devenue de plus en plus considérable, et le bien-être populaire, accru chaque année, est devenu la propre récompense des promoteurs de l’industrie nationale.
- La Société n’a pas borné ses témoignages d’intérêt et ses prix d’honneur aux chefs d’ateliers et de manufactures, directeurs naturels et nécessaires du travail industriel ; elle a voulu que ses rémunérations s’étendissent des maîtres d’ateliers aux contre-maîtres , et des contre-maîtres aux ouvriers.
- Ses travaux, ses jugements et ses conseils ont eu pour principe une harmonie , une concorde indispensables entre tous les intérêts des ouvriers, des contre-maîtres et des maîtres : intérêts indivisibles aux yeux de la Société d’encouragement.
- Tandis qu’elle procédait d’après ce principe conciliateur, un petit nombre de personnes aspiraient à séparer, à diviser les éléments que la Société protec-
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- trice de l’industrie nationale voulait rapprocher sans cesse, pour les maintenir en faisceau fécond et puissant. Ces personnes ont présenté la prospérité des uns comme obtenue aux dépens, au détriment de la prospérité des autres. Au lieu du concours bienveillant et fraternel des intelligences, des capitaux et des bras, elles ont imaginé l’antagonisme entre la richesse et ses bienfaits, entre les collaborateurs placés aux différents degrés d’une production obtenue par l’effort de tous.
- Pour exprimer avec énergie et brièveté leur pensée, elles ont défini, sans distinction, sans exception, l’état actuel du travail harmonisé des maîtres ou patrons, des contre-maîtres, des compagnons et des apprentis, dans toutes les industries, l’exploitation de l’homme par l’homme.
- Aucun prétexte, aucune circonstance, aucune époque ne sauraient excuser le fort et le riche employant sa double puissance pour opprimer, pour pressurer le faible et le pauvre. Mais une société qui n’offrirait partout que cet infâme spectacle, maudite à la fois des hommes et de Dieu, périrait sans jamais avoir prospéré. L’idée d’une immoralité pareille ne peut s’appliquer à la patrie des idées libérales et des sentiments généreux. S’il est un pays étranger où la frénésie de la concurrence ait fait outre-passer la tâche que l’amour de l’humanité doit ménager au travailleur, hâtons-nous de le déclarer à l’honneur de la France, notre patrie est restée loin d’un tel excès, que ne saurait justifier l’ambition de l’emporter sur l’univers , dans la lutte acharnée du trafic international.
- En réclamant ici justice pour le caractère français, il n’est dans notre pensée ni d’excuser ni de pallier aucun abus qui pourrait peser sur les classes ouvrières, objet constant de notre sollicitude ; au contraire.
- Nous appelons de tous nos vœux l’amélioration de leur sort, et nous bénirons tous les moijens légitimes qui conduiront vers ce but : y marchons-nous?
- Il y a des améliorations générales qu’une philanthropie éclairée peut produire ; il y a des améliorations spéciales qui rendront plus avantageux certains métiers, certaines professions, aux travailleurs qui les pratiquent ; enfin il est certains usages, il est certains modes d’association et de rémunération qu’on peut et qu’on doit rendre plus fréquents et plus favorables à l’ouvrier. Des recherches sur ces objets si pleins d’intérêt, déjà commencées par des membres de la Société, sont continuées par eux avec ardeur; elles serviront de base à nos travaux subséquents, pour ajouter au bonheur des classes laborieuses.
- En signalant à l’avance un bien qu’on peut produire, par des concessions prochaines, éclairées et volontaires, l’examen que nous poursuivons avec constance nous a déjà convaincus que les rapports entre les chefs et les travailleurs, au lieu d’empirer, s’améliorent à mesure que sont appréciées, avec une
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- plus sure intelligence , les conditions de prospérité mutuelle , telles que les réclame et les suggère une industrie progressive.
- Nous pourrions citer déjà les heuieux effoits tentes pai de grands manufacturiers (f; pour distribuer à leurs ouvriers des champs que ceux-ci cultivent dans les journées de chômage et dans les intermittences de leur travail régulier. Nous pourrions citer d’autres mesures de prévoyance et d’humanité, dirigées vers le même but, de venir en aide à l’ouvrier lorsque le travail diminue ou s’arrête. Enfin nous pourrions citer, en diverses localités, des dispositions adoptées pour améliorer l’alimentation, le logement, le vêtement et l’hygiène des travailleurs (2).
- Il faut, et c’est l’attribution la plus naturelle et la plus noble de notre société , il faut encourager ces innovations bienfaisantes ; il faut les exciter, les propager, les honorer par nos récompenses. Il faut proclamer le nom des bienfaiteurs et le présenter à l’émulation de tous les chefs d’industrie.
- Mais ces moyens d’améliorer le sort des travailleurs , nous pensons qu’on ne peut pas les commander d’autorité. Nous pensons qu’on ne peut pas transformer par voie d’outrage, endette exigible et méconnue, ou, comme on n’oserait pas nous le dire, en sacrifice expiatoire, des concessions que les chefs d’industrie, malgré les dispositions les plus bienveillantes, sont contraints de contester lorsqu’elles dépassent les facultés de leur fortune.
- En réservant, avec une ferme espérance, les améliorations que tous nos efforts concourront à produire, dans un prochain avenir, et celles que nous croyons dès aujourd’hui pouvoir indiquer, nous devons faire connaître avec impartialité l’état actuel de notre industrie.
- N’exagérons ni le mal ni le bien. À côté des bons chefs d’ateliers et de manufactures, il peut s’en rencontrer, il s’en rencontre parfois de mauvais ; s’il y a des hommes bienveillants et bienfaisants par nature, il y en a de malveillants et de malfaisants. Mais, grâce à la Providence, ces derniers sont les moins nombreux, et leurs établissements s’écroulent, tôt ou tard, par l’effet du vice même qui les déshonore.
- Pour qui connaît l’industrie, pour qui s’efforce à découvrir ses causes permanentes de succès , les établissements qui prospèrent sont ceux dont les chefs traitent les ouvriers avec justice. Les établissements qui prospèrent sont les seuls qui peuvent bien traiter, c’est-à-dire bien rémunérer les ouvriers; ce sont les établissements ou viennent s’offrir, et surtout ou se conservent, les meilleurs sujets et les plus habiles travailleurs , autre source de réussite. Au contraire, les établissements mal conçus et mal dirigés, semblables aux industries qui dégénèrent avant d’atteindre au dernier terme de la ruine, sont
- (1) A Fourchambault. (2) A Wesserling, à Monteieau.
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- obligés de réduire de plus en plus le salaire des travailleurs et de ne garder à la fin que les plus mauvais, dernière source de perdition.
- Il existe donc des liens d’inévitable solidarité entre les maîtres et les travailleurs, entre les bons maîtres et les bons ouvriers.
- En définitive, quand le chef marche à la fortune, ses travailleurs obtiennent le bien-être; et, quand il se ruine, sous quelque forme que soient régis ses ateliers, cette mine descend jusqu’à l’ouvrier, auquel il ne reste, pour dernière et triste ressource, qu’à chercher un autre atelier et même une autre industrie, si c’est l’industrie qui dépérit ou reste en arrière.
- La plupart des citoyens ignorent comment, aujourd’hui, se remplissent les innombrables positions que présentent les professions industrielles, à partir du rang de simple ouvrier ; c’est ce qu’il faut leur apprendre, afin qu’ils comprennent l’organisation bienfaisante et féconde qu’a produite en France la liberté , pour le bien-être de la population laborieuse.
- Sous l’ancienne monarchie, les diverses professions étaient divisées, étaient isolées par corporations distinctes, exclusives, intolérantes. Ne pouvait pas alors être qui voulait chef d’atelier, quel que fût l’avantage qu’il y eût à devenir maître, et quel que fût le désavantage qu’il y eût à rester ouvrier compagnon.
- Mais depuis notre première révolution, celle de 1789, tout ouvrier qui trouve trop faible sa part de compagnon peut s’établir maître à son tour; il n’a plus besoin d’être reçu chef d’industrie ; il ne peut plus être repoussé, qu’il ait fait ou non son chef-d’œuvre.
- Cette faculté si précieuse constitue maintenant la liberté de l’industrie.
- Cette faculté n’est pas une lettre morte !
- Aujourd’hui dix-huit cent mille citoyens, chefs de famille, exercent des industries patentées, attendu que chacun d’eux fait vivre au moins un compagnon.
- Un bien plus grand nombre d’ouvriers, chefs de ménage, travaillent chez eux, en chambre, dans l’atelier de famille, sans payer aucune patente, et favorisés, par conséquent, au lieu d’être opprimés, comme ils l’étaient avant 1789.
- Pour se former une idée juste de la situation des ouvriers adonnés à nos diverses professions et comprenant, l’agriculture exceptée, dix-sept millions d’hommes, de femmes et d’enfants, il faut, en premier lieu, compter tous ceux qui travaillent dans l’atelier de famille et qui composent beaucoup plus de la moitié des ouvriers. Dans l’autre partie, c’est pareillement beaucoup plus de la moitié qui ne compte pas au delà d’un compagnon par atelier.
- En un mot, de même que la France est le pays de la propriété divisée, celui de la petite propriété, la France est le pays de l’industrie divisée et des petits ateliers.
- Le premier, le plus précieux intérêt populaire est de savoir, avant tout, com-
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- ment, pour la grande masse des industries, se forment, tour à tour, ces petits ateliers, créations du simple ouvrier.
- Si 1 ouvrier n’a reçu de la nature qu une intelligence trop bornée, s il n est pas laborieux, actif et rangé, c’est en vain qu’il essaye de se faire chef d’atelier ; il ne peut pas réussir à se procurer ou du moins à conserver des pratiques : il finit par être obligé d’aller demander, comme subordonné dans l’atelier d’un autre, la subsistance qu’il ne peut plus se procurer en travaillant au sein de son propre ménage.
- Lorsqu’il obtient de la sorte chez autrui la vie que, par lui-même, il ne pouvait pas assurer à lui, à sa femme , à ses enfants, nous le demandons aux hommes sincères, lorsqu’il ne peut pas avec fruit, pour employer un mot qui nous répugne, lorsqu’il ne peut pas s’exploiter lui-même , dira-t-on, pour parler la langue de l’envie, qu’il se fait exploiter par autrui, et que la société doit aviser , afin d’empêcher ce qu’on appelle ici, par un triste abus des paroles., Y exploitation de F homme par l’homme? Nullement.
- Dans l’hypothèse où l’ouvrier est capable et rangé, dès qu’il a fini son apprentissage , il peut à son gré : ou rester chez son maître, y prospérer, y grandir, s’il y trouve plus d’avantage ; ou travailler à ses pièces, chez lui, pour lui.
- Tous les petits ateliers des villes et des campagnes sont ainsi formés par de simples ouvriers arrivés au terme de leur apprentissage, aussitôt qu’ils ont fait un peu d’économies et souvent même, s’ils sont bons sujets, avant d’avoir fait d’épargnes, secourus qu’ils sont par des pratiques bienveillantes.
- Le nombre des simples travailleurs qui se déterminent à tenter les chances de l’industrie indépendante et qui deviennent, par degrés, des chefs ayant des compagnons à leur solde, ce nombre est si considérable dans notre heureuse patrie, que plus de la moitié des directeurs d’ateliers et de manufactures ont commencé par être simples ouvriers. Autre fait extrêmement remarquable : les fortunes les plus colossales proviennent des industriels sortis du degré le plus inférieur, pour monter au plus élevé; c’est la libéralité, c’est l’honneur de l’industrie française, et nous en sommes fiers pour elle !
- A leur tour, les ouvriers, devenus maîtres de fabriques, forment d’autres ouvriers dont les meilleurs, dont les plus intelligents, exercés dans leurs ateliers, en sortent pour devenir aussi des maîtres, qui grandiront comme ont fait leurs devanciers.
- Tel est le mouvement ascensionnel, de tous les lieux, de tous les jours, mouvement fécond, généreux, qui vivifie sans cesse l’industrie nationale. C’est un immense et libre concours de toutes les intelligences qui se développent , de toutes les expériences qui s’accumulent, de tous les perfectionnements de la main-d’œuvre et des produits, en un mot de tout le progrès des
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- choses et des personnes, secondé plus ou moins par l’activité de chacun, par son esprit d’ordre, par son économie , par toutes les vertus qui, dans les métiers comme dans le monde, contribuent à la prospérité des hommes.
- Dans ce mouvement fortuné de la population industrielle, l’intérêt personnel, c’est-à-dire entre tous les conseillers le plus complaisamment et le mieux écouté, l’intérêt personnel appelle à chaque instant chaque chef d’atelier à choisir , à préférer pour contre-maîtres et pour ouvriers de chaque rang, les plus adroits, les plus expérimentés, les plus intelligents et les plus rangés, en un mot, et dans toute l’étendue du terme, les meilleurs sujets et les plus distingués. Son intérêt, celui de sa fortune bien entendue, bien calculée, est d’avancer chacun suivant son mérite et de le rétribuer suivant son travail ; n’eût-il pas l’amour de la vertu, c’est par égoïsme qu’il serait tenu d’être équitable , dans la division , la répartition et la récompense du travail.
- Yoilà ce qui peut expliquer l’avancement nécessaire de tous les sujets d’un vrai mérite, et de chacun suivant son mérite, dans cette grande et libre armée industrielle, où les généraux les plus renommés ont aussi commencé par être soldats.
- Nos armées républicaines où, dans leurs plus beaux jours de gloire , on a vu des derniers rangs sortir ainsi de tels chefs, oserait-on les définir F exploitation de l’homme par l’homme? Non! Le spectacle contraire, qu’elles ont offert à l’univers, c’est la justice de l’honneur, employée à tirer de la foule, à promouvoir, à graduer, parmi les masses et sur le champ de bataille , quiconque tend à s’élever par son courage et son intelligence.
- Il faut mettre en lumière d’autres résultats relatifs aux établissements d’industrie qui, pour prospérer, ont besoin de grands capitaux et qui réunissent, à l’ombre du même toit, un nombre d’ouvriers considérable.
- C’est depuis le commencement de ce siècle, et surtout depuis la paix générale, que ces vastes établissements se sont développés, en France, avec une merveilleuse rapidité. Les industries pratiquées dans les grandes manufactures sont des créations la plupart nouvelles. Il a fallu que les fabricants qui les introduisaient sur notre sol demandassent aux adultes employés par les industries plus anciennes, ou bien à la jeunesse encore inoccupée, des essaims de travailleurs : ceux-ci n’ont préféré les professions d’un genre nouveau qu’en obtenant des salaires supérieurs à ceux des professions existantes.
- C’est donc en améliorant la condition des travailleurs, et non pas en l’empirant, que les grandes manufactures ont rassemblé, ont conservé leurs ouvriers. Loin qu’il en soit résulté, pour ceux-ci, des souffrances ou de la misère, leur bien-être s’est accru, par l’effet d’un libre appel au travail collectif.
- Dans ces conditions nouvelles et meilleures, données à la classe ouvrière par
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- les grands manufacturiers , nous le demandons, serait-il équitable , serait-il sensé de voir avec la mauvaise acception du mot, l’exploitation de Vhomme par l’homme ?___La Société d’encouragement n’hésite pas un instant à décla-
- rer le contraire, et, d’un bout à l’autre de la France, tous les bons ouvriers partagent la même conviction.
- L’agrandissement des manufactures, loin de porter atteinte à l’aisance des travailleurs, tend, au contraire, a 1 améliorer.
- Les frais généraux restant à fort peu près les mêmes lorsqu’une manufacture accroît sa production, et le travail pouvant être mieux divisé, mieux réparti suivant l’aptitude et l’habileté d’un plus grand nombre d’ouvriers, le travail alors produit davantage. Par là les plus puissantes fabriques, toutes choses égales d’ailleurs, sont en état de vendre à plus bas prix.
- Qu’en résulte-t-il? que les pays de plus grandes manufactures peuvent le mieux payer les ouvriers, et que les pays de moindres manufactures sont forcément obligés de les payer plus mal.
- Un pareil résultat frappe les observateurs attentifs, lorsqu’ils comparent les filatures à la mécanique de l’Alsace et de la Flandre française. Les premières sont presque doubles en grandeur moyenne et font, en moyenne aussi, travailler deux fois autant d’ouvriers que les secondes ; par cela seul elles peuvent payer plus cher un même nombre d’heures de travail, ou, moyennant le même prix, demander à l’ouvrier de moins longues journées.
- Le seul remède à cette inégalité, c’est d’encourager, de favoriser, dans la Flandre française et dans les départements les moins avancés, l’agrandissement des manufactures, afin qu’elles arrivent aux mêmes conditions de prospérité, pour la classe ouvrière , que celles où sont arrivées les fabriques de l’Alsace.
- Nous avons montré, depuis un demi-siècle , le progrès de nos manufactures les plus importantes. On les a d’abord établies dans des proportions modestes, avec des capitaux restreints, et surtout avec du crédit; leurs bénéfices ont permis de rembourser les avances qu’exigeait leur création, puis ont permis de les agrandir et de les multiplier. De proche en proche, le territoire des départements les plus heureusement situés s’est couvert de fabriques, où la population, attirée par l’avantage des salaires, a trouvé l’occupation et le bien-être.
- Si dès le commencement de ce siècle, lorsque le Premier Consul prodiguait les encouragements aux fabriques françaises, il avait, au contraire, déclaré la guerre aux capitaux productifs, éventré la poule aux œufs d’or, et retranché la part de profits qui permettait, aux manufacturiers, d’agrandir et de multiplier leurs établissements, alors les magnifiques industries qui font vivre aujour-d hui nos ouvriers par centaines de mille, ou n’auraient pas été fondées, ou seraient restées petites, stationnaires et misérables. Pendant ce temps, l’Angle-
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- terre, les États-Unis, la Suisse, l’Allemagne et tous les autres pays manufacturiers auraient pris sur nous une énorme avance ; ils nous auraient exclus des marchés de l’univers, et se seraient emparés de notre propre marché.
- Ainsi parle l’expérience. Ainsi répond-elle victorieusement à des projets injustifiables ayant pour but : d’un côté, d’attaquer, d’entamer les capitaux producteurs ; de l’autre, d’amoindrir, au nom de la force et de la peur, les bénéfices naturellement et loyalement obtenus, par les promoteurs, par les bienfaiteurs de l’industrie nationale. Ainsi répond-elle, au nom de l’humanité même, à des projets ayant pour résultat progressif d’appauvrir d’abord et d’anéantir, à la fin, des manufactures de la plus haute importance, naturalisées en France, et qui font subsister des populations entières, par des miracles d’activité, de bon ordre, de patience et de génie.
- En pleine paix, avec la concurrence formidable des nations circonvoisines et surtout de l’Angleterre, les bénéfices des fabricants étrangers restant les mêmes, si ceux des nôtres étaient tout à coup et forcément entamés, confisqués, nous le demandons, quelle concurrence efficace nos manufacturiers pourraient-ils soutenir encore ? Il faudrait abandonner 800 millions de produits annuels vendus au dehors par l’industrie nationale. Dès lors, huit cent mille ouvriers, qui nourrissent le double de femmes et d’enfants, seraient privés d’emploi, d’habits, de gîte et de pain; et c’est là qu’on arriverait en croyant avoir mis en pratique un moyen nouveau, merveilleux, d’être utile aux travailleurs ! Ce qu’on aurait mis en pratique, c’est l’appauvrissement égalitaire, et la philanthropie de la famine....
- Lorsqu’on pénètre le secret des affaires industrielles , qu’aperçoit-on trop souvent, sous le dehors des profits les plus attrayants? Des sources cachées de revers inévitables, dont les déductions réduisent aux résultats les plus modestes la valeur définitive des revenus manufacturiers. Souvent même, loin que les revenus surabondent, le fabricant se trouve en perte et n’en dit mot. L’ouvrier, cependant, continue d’être payé; il l’est sur le capital. Le manufacturier, qui sent la terre manquer sous ses pas, saisit en idée le moindre rameau qu’il croit pouvoir le sauver; il se cramponne à l’espérance ! il continue le jeu de sa décadence, et, dans l’expectative d’un retour à la fortune, ce qu’il trouve au terme de cette pente, c’est la ruine finale. Ainsi, tels établissements qu’on enviait, qu’on admirait, on les voit tout à coup tomber, même au milieu des temps paisibles, où la confiance est au comble, et fait si vite oublier la prudence.
- Que n’aurions-nous pas à dire des époques exceptionnelles et calamiteuses, non moins inévitables, dans les phases de l’industrie, que les orages et la foudre dans les plus beaux étés de nos climats !
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- On peut juger, d'après ces considérations, & quel point il est difficile de scruter, de peser avec rigueur, et pourtant avec équité, les bénéfices obtenus par les industries même les plus brillantes. Dans leur ensemble les profits ont été, pendant plusieurs années, assez grands pour permettre l’heureux progrès dont nous avons donné l’idée. Mais, ne craignons pas de le dire encore, par combien de vicissitudes, effets de guerres extérieures ou de révolutions, par combien de mécomptes, de pertes et de revers n’a-t-on pas acheté cette prospérité !
- Il faudrait que les fabricants eussent tous une intelligence supérieure , une prévoyance plus qu’humaine et, pour ainsi dire, le talent de la divination, pour n’être pas tour à tour victimes des crises intermittentes, ou politiques ou commerciales, qui viennent frapper le commerce, paralyser la fabrication, et, par une force majeure, accabler, ruiner les établissements les plus prospères. Ainsi des fabricants célèbres et des plus capables, les Richard Lenoir, les Ter-naux, les Poupard de Neuflize, après avoir admirablement agrandi, perfectionné leurs industries respectives, ont fini par perdre toute leur fortuné.
- On tomberait donc, ne craignons pas de le dire, on tomberait dans une. erreur grave et funeste, si l’on pensait qu’en définitive, aujourd’hui, les chefs de l’industrie française obtiennent des conditions de prospérité réellement excessives : des conditions qui justifieraient, ou du moins absoudraient, tout projet coercitif ayant pour but de leur faire perdre une part 'majeure de leurs bénéfices , afin de supprimer leurs moyens de fortune, comme on supprime un délit, un crime, par des mesures préventives, fussent-elles décorées du beau nom de socialisme.
- Des amis de l’humanité, dont nous concevons les illusions généreuses, dont nous respectons même les erreurs, trouvant trop faible la rémunération des ouvriers, telle que l’établit la libre concurrence, au sein d’un même pays, voudraient, en effet, substituer, au prix loyalement débattu entre le maître et l’ouvrier, des conditions nouvelles, établies de force et subies par le fabricant.
- Sans compter les motifs puissants que nous venons de faire valoir, la liberté dam l'industrie est, à nos yeux, un bien si grand, une condition si nécessaire de puissance et de progrès, que ses droits nous paraissent devoir dominer et modérer toutes les théories, toutes les conceptions, tous les projets imaginés, même dans le dessein le plus louable, celui de favoriser les travailleurs.
- L’industrie manufacturière, en cela semblable au commerce, n’est pas, comme l’agriculture, inévitablement enchaînée au sol : alarmez, maltraitez, décimez ses capitaux, et vous l’allez voir déserter une patrie qui la traiterait en marâtre. Retirez à l’industrie la liberté complète qu’elle a conquise en 1.791 par l’abolition des maîtrises, des corporations et des privilèges ; supprimez ses garanties, afin de faire triompher on ne sait quelle orthodoxie communiste;
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- déchirez son Édit de Nantes, et tous allez la voir au xixe siècle, ainsi qu’on l’a vue au xvif, quitter en pleurant, mais quitter le pays natal, pour transporter de nouveau ses métiers les plus précieux en Angleterre, en Suisse, en Prusse, en Hollande et jusqu’aux États-Unis. Ces émigrations ruineuses pour la patrie, déplorables pour son honneur, révéleraient aux peuples des deux mondes jusqu’où pourrait aller l’abus, l’excès d’un pouvoir ultra-réglementaire, exercé pour satisfaire en apparence, et seulement en apparence, à des sentiments généreux. Au lieu de propager dans l’univers l’admiration et l’amour des idées françaises, les fabricants expatriés en propageraient le mépris et l’exécration, comme ont fait les réfugiés de 1685, expulsés par le despotisme du grand règne de Louis XIV.
- Descendons un moment, des considérations les plus élevées et les plus générales, à l’un des cas spéciaux qui, depuis quelque temps, ont fixé l’attention publique. Nous allons si loin dans notre amour des libertés de l’industrie, que nous ne pouvons pas même approuver la suppression officielle des sous-entreprises connues sous le nom de marchandage. Ici l’ouvrier se plaint, non pas d’être exploité par son patron, mais par un ouvrier comme lui. Nous voudrions qu’on cherchât, avec zèle, avec sincérité, les moyens de remédier aux abus du marchandage ; nous voudrions que le patron intervint comme partie contractante, afin de protéger, avec bienveillance, avec sollicitude, jusqu’au dernier des travailleurs. Alors on n’éprouverait plus aucun besoin, aucun désir d’interdire, et surtout par acte public, des transactions intermédiaires, qui sont un premier degré précieux pour les artisans habiles, actifs, entreprenants : c’est le premier pas qui conduit le bon ouvrier aux positions supérieures de notre industrie.
- Malgré nos penchants éclairés et fortifiés par l’expérience, abandonnons pour un instant ce grand principe de liberté, qui devrait surtout être sacré dans un pays républicain ! Consultons, et de grand cœur, futilité matérielle, absolue de l’ouvrier ; demandons-nous s’il est possible de la servir par des conditions coercitives, exigeant du manufacturier, sous quelque forme que ce soit, un salaire supérieur à celui que produirait la libre et juste convention qu’il peut conclure avec ses travailleurs ?
- Aujourd’hui, quelle est la base inaperçue, mais certaine, du salaire obtenu par le simple manouvrier, dans les grandes manufactures ? C’est la valeur comparative de la force donnée par le cheval de manège, ou par le cheval de vapeur, ou par l’action du vent, ou par l’action de l’eau, pour égaler le travail de l’homme.
- Supposez que, tout à coup, ce travail des animaux, ou de la vapeur, ou de l’air, ou de l’eau, restant au même prix, le législateur, pour favoriser le travail
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- humain, le renchérisse par un acte d’autorité ; c’est ce qu’il peut faire en deux manières, soit par un prix constant de la journée rendue plus courte, soit par le prix supérieur d’une même longueur de journée.
- À l’instant même, au sein des manufactures, l’équilibre des forces productives se trouve rompu; le travail animal, ainsi que le travail mécanique, devient plus économique, et le travail humain plus dispendieux.
- Si le manufacturier, comme il arrive d’ordinaire, ne peut se défendre des concurrences soit au dedans, soit au dehors, que par des économies incessantes, il n’aura plus d’autre ressource que de restreindre le travail à prix forcé produit par l’homme, en le remplaçant par le travail à prix libre et moins onéreux produit par les animaux, ou par l’eau, ou par le vent, ou par la vapeur.
- Ainsi l’acte bienveillant de l’autorité suprême, imaginé dans le dessein d’améliorer le sort des ouvriers, aurait pour résultat infaillible de resserrer, de diminuer, de défavoriser le travail humain; il priverait de tout emploi des masses de travailleurs. C’est le résultat contraire auquel il importe de parvenir.
- Ira-t-on jusqu’à dire, en désespoir de cause, qu’il faut non-seulement rehausser, par acte coercitif, le salaire de la main-d’œuvre ; mais, de plus, interdire, au nom de la loi, tout perfectionnement, toute réduction de prix dans les forces mécaniques ?
- La Société d’encouragement deviendrait alors un établissement nuisible ; ses programmes, ses prix seraient un appel au malheur public, et ses récompenses les plus fécondes se trouveraient transformées en mauvaises actions.
- Si, par un intérêt mal entendu pour les travailleurs, un système aussi monstrueux pouvait être mis en pratique, on arrêterait tout progrès; on nous rendrait stationnaires, lorsque les nations rivales avanceraient à grands pas et nous ôteraient notre part sur tous les marchés de l’univers, non-seulement hors de France, mais même au sein de la France, dussions-nous l’entourer d’un triple mur de la Chine.
- Puisqu’une inévitable nécessité commande aux nations modernes d’avancer toujours dans l’amélioration de leurs arts et dans l’accroissement des forces empruntées à la nature, non pas pour appauvrir le genre humain, mais pour l’enrichir au moyen de produits plus abondants, il ne nous reste plus qu’à chercher les meilleurs moyens d’empêcher que ces biens généraux ne soient acquis à la société, aux dépens des existences individuelles.
- C’est à l’Etat de songer au devoir d’assurer l’existence aux individus privés d’emploi par des inventions nouvelles ; une administration tutélaire et vigilante ne doit jamais cesser d’avoir les yeux ouverts sur de pareils besoins. Elle y peut satisfaire au moyen des travaux publics; mais par une main-d’œuvre à la tâche, afin de ne pas ouvrir une école de fainéantise ! Ces travaux, il faut les varier, il faut les multiplier dans certains cas, sauf à les restreindre plus tard ,
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- lorsque l’industrie, par ses retours alternatifs, demandera de nouveaux travailleurs.
- En définitive, au lieu de proscrire les perfectionnements et les inventions du génie , au lieu de hausser, par caprice ou par tyrannie, le taux de certains salaires, au lieu de fomenter des luttes à la fois inefficaces et fatales, il est un moyen plus intelligent, plus équitable et plus puissant d’enrichir les travailleurs : c’est d’augmenter leur valeur personnelle, c’est de perfectionner et d’accroître leur force productive.
- Nous pouvons atteindre ce noble but, en développant leur intelligence par l’instruction et leur moralité par l’éducation, en leur apprenant la dextérité, cet art de faire vite et bien, qui sait économiser la force au lieu de la prodiguer. Nous pouvons enseigner aux élèves de l’industrie le perfectionnement des sens travailleurs, le toucher, l’ouïe et surtout la vue. Nous pouvons mettre à leur portée les éléments des sciences utiles, la géométrie, la mécanique, la physique et la chimie , qui s’appliquent à chaque instant à la conception, à la pratique, au progrès des arts et métiers.
- Qu’on voie les résultats obtenus déjà, malgré ce qu’ont d’incomplet encore et d’imparfait l’éducation et l’instruction des ouvriers.
- Dans le même atelier oh le simple manouvrier gagnera 2 francs au plus, l’ouvrier d’art, l’ouvrier d’intelligence obtiendra 3 fr., 4 fr., 6 fr., 8 fr., 10 fi\, 12 fr. ; il gagnera, dans la partie supérieure de certaines professions, 15 fr. et jusqu’à 20 fr. par jour.
- Les 2 francs du manouvrier, qui payent uniquement sa force physique, sa force brute, pour porter, tirer, traîner, tourner, comme le ferait un cheval, un piston, une roue, une aile de moulin, ces 2 francs restent un même salaire payant le même labeur de l’homme de peine, réduit à sa puissance animale; tandis que les 3, les d, les 6, les 12 et les 20 francs sont acquis à l’artisan dont nous avons étendu, aiguisé, fortifié les facultés intellectuelles, dont nous avons accru le savoir et fécondé l’expérience. Par conséquent, toute la richesse personnelle créée progressivement par ce surplus de salaire, et tout le bien-être qui s’ensuit, pour l’ouvrier perfectionné, n’ont rien ôté de ce que gagne l’ou-vrier-machine, l’ouvrier stationnaire, F ouvrier-borne, qui reste réduit à sa faculté musculaire.
- Ce n’est point dire assez : quand la grande majorité des ouvriers perfectibles s’élève ainsi par ses efforts, le petit nombre qui n’a pas su, qui n’a pas voulu ou qui n’a pas pu suivre un mouvement si fortuné, ce petit nombre profite encore des progrès que l’industrie doit à ses ouvriers d’élite. Les produits perfectionnés sans les renchérir, ou faits à meilleur marché sans les détériorer, pour le vêtement, pour le logement et pour l’alimentation, permettent au plus médiocre manouvrier d’ajouter à son bien-être, en se procurant avec
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- sa paye, restât-elle stationnaire, un plus grand nombre d’objets d’art, mieux appropriés à ses besoins. Nous le demandons, pourrait-il se plaindre du bienfait qu’il reçoit ainsi de tous les bons travailleurs, et qu’il ne rend à personne?
- En définitive, cette élévation graduelle d’un nombre toujours croissant d’ouvriers rendus plus habiles, plus producteurs et plus fortement rétribués, voilà le progrès que la Société d’encouragement a du , sans cesse , recommander, favoriser, récompenser.
- Ce progrès est celui que nous recommandons plus que jamais, lorsque nous nous adressons au législateur de la nouvelle république, en lui demandant des écoles primaires industrielles et des écoles secondaires pour offrir, aux enfants, aux adolescents et même aux ouvriers adultes, les perfectionnements nombreux que peuvent recevoir leurs mouvements mécaniques, et leurs sens, et l’application fructueuse de leur intelligence.
- La nation française est, entre toutes, la plus heureusement, la plus libéralement douée de cette intelligence vive et pénétrante, si remarquable dans nos armées, chez les sous-officiers et chez les simples soldats.
- Cette intelligence, cultivée sur une vaste échelle, nous ne craignons pas de le dire, elle peut produire, dans le court espace d’une génération, des résultats gigantesques, et placer l’industrie nationale hors de pair, en comparaison des industries du reste de l’univers.
- Plus on aura multiplié, si l’on veut suivre cette route, le nombre des habiles ouvriers, plus on aura ;développé les facultés de leur esprit et leurs sentiments moraux, plus on aura travaillé pour fortifier, entre les chefs de l’industrie et les ouvriers de tous les degrés, la bienveillance, la sympathie et la vraie fraternité. On aura, par ce moyen, consolidé de plus en plus la paix de l’état social, bien mérité de la France, et préparé des progrès immenses à la civilisation.
- Nous n’avons pas encore abordé la partie extrême des innovations. Dans leurs projets d’améliorations industrielles, quelques personnes ont imaginé, purement et simplement, la suppression des chefs de l’industrie particulière. Elles n’ont pas un moment supposé qu’il restât encore des lois à la France, et que la confiscation des biens, des industries, des existences était interdite, de par nos droits de citoyens ! Elles ont dédaigné bien plus que les lois de l’homme, elles ont méconnu jusqu’aux lois de la nature. Non-seulement elles ont imaginé la suppression de l’intérêt privé, de la possession individuelle et du succès personnel, dans le travail des ateliers ; elles conçoivent un cœur humain, qu’elles pétrissent au gré de leurs utopies, pour procurer un succès fantastique à leurs systèmes impossibles.
- En dehors de la marche naturelle et libre de l’industrie nationale, telle que
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- nous Tayons montrée dans ses progrès, on a conçu, pour mieux favoriser les travailleurs, des ateliers égalitaires, où le capital ne serait plus la propriété d’un chef, mais le bien indivis de tous. On va, nous assure-t-on, tenter de grands essais de ce genre, aux frais du trésor national.
- Nous serions heureux de ne pas croire à l’extrême difficulté d’établissements pareils; s’ils obtiennent un bon chef, électif si l’on veut, qui s’identifie avec son atelier, qui s’en occupe avec autant de zèle, d’activité, d’ardeur et d’efforts d’esprit que s’il avait à soigner sa propre fortune ; si tous les sous-chefs ont, dans leur sphère , les mêmes vertus que le chef, et des capacités correspondantes; si tous ménagent les matières, les outils, le local de la communauté, comme si c’était leur propre bien; si chaque ouvrier, n’ayant plus peur d’être expulsé ni réduit de paye , travaille pour tous les autres comme il travaillerait pour lui-même : en supposant qu’on réunisse à la fois toutes ces conditions de prospérité, l’établissement modèle réussira.
- Ces conditions indispensables, disons-le pour être vrais, jusqu’ici, dans aucun pays célèbre par son industrie, elles n’ont été communément, durablement réunies. C’est pourquoi, jusqu’à ce jour, les essais considérables tentés en Angleterre, en Allemagne , aux États-Unis, en France même ont fini par échouer misérablement. Ainsi parle l’expérience du passé, qui ne sait pas flatter les illusions du présent.
- Nous le répétons, nous ne prétendons point prédire irrévocablement un sort pareil aux établissements qu’on voudrait aujourd’hui fonder ; nous demandons même qu’on fasse un essai sur un atelier important conduit avec habileté, afin que la France apprenne, à ses dépens, s’il peut réussir.
- A l’égard de certains travaux, simples et faciles, qui n’ont pas besoin de grands capitaux ni d’un grand crédit, nous concevons que des ouvriers d’élite et d’une moralité rare, animés d’un même esprit et d’une sympathie constante, pourront travailler et bénéficier en commun. Mais il faut des frères mo/mnes, ou leurs égaux en vertu, pour présenter le spectacle d’une prospérité pareille. Nous serions trop heureux de voir naître et grandir beaucoup d’associations purement laïques, où, par un dévouement mutuel et par un oubli du moi, rare dans tous les temps, on arrivât à la prospérité commune.
- Après avoir expliqué les conditions nécessaires à la prospérité de l’industrie française, considérée dans son ensemble, nous croyons devoir présenter un examen particulier de l’industrie spéciale des cités les plus populeuses et les plus opulentes, telles que Lyon et Paris.
- Il faut considérer sous deux points de vue cette industrie : en premier lieu
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- dans sgs rapports avec 1g sort des ouvriers, en second lieu, dans ses rapports avec la fortune des consommateurs.
- Les ouvriers des grandes cités, et surtout ceux de la capitale, sont obligés de suffire à des dépenses plus étendues et plus variées, non-seulement de première nécessité, mais de nécessité conventionnelle puisée dans les habitudes ; c’est pour eux un besoin d’obtenir de plus forts salaires que dans le reste du pays II est juste aussi de le dire, ils sont de beaucoup supérieurs à l’immense majorité des ouvriers, de même profession, dans les petites villes et dans les campagnes ; les produits qui sortent de leurs mains sont plus soignés, plus finis, plus parfaits, et sont pourtant exécutés avec plus de rapidité.
- Les cités du premier ordre ne pourraient pas continuer les industries qui les font vivre, si l’on voulait réaliser la pensée de réduire au même taux les salaires affectés à chaque profession, d’un bout à l’autre de la France : telle serait, cependant, la conséquence logique de l’égalité des salaires entre les bons et les mauvais ouvriers d’un seul atelier, ou d’une seule ville , ou d’un seul département, ou d’une république entière !
- La subversion de toute équité, qui pousserait jusque-là ses conséquences radicales, aurait pour résultat direct, immédiat de ruiner les ouvriers de Paris et de Lyon, en les rétribuant au-dessous de leur talent comparatif et de leurs travaux effectifs ; le tout en l’honneur d’une égalité théorique et chimérique.
- Nous croyons superflu d’ajouter que de semblables projets ne pouvaient pas soutenir un examen sérieux, et ne l’ont pas soutenu.
- Il faut actuellement tourner nos regards vers les ouvrages mêmes de l’industrie, et les classes de consommateurs qu’elles ont pour but de satisfaire.
- Arrêtons notre pensée sur quelques-unes des professions les plus remarquables de Paris et de Lyon ; c’est le travail des soieries et du cachemire, la fonte et la ciselure des bronzes , l’orfèvrerie , la bijouterie, l’horlogerie civile et nautique , l’art de confectionner les meubles et les tentures, l’infinie variété des objets de mode, l’ornementation des tissus, la peinture sur porcelaine, la taille élégante des cristaux, toutes les délicatesses que le bon goût et l’imagination peuvent inventer pour ajouter à l’agrément, à la beauté du produit des arts utiles, la fabrication des instruments scientifiques et des instruments propres aux beaux-arts, tous les arts intellectuels ou matériels qui se groupent autour de la typographie, les arts scéniques et les industries si multipliées qu’ils font vivre, etc., etc. Telle est, en abrégé , l’industrie parisienne et lyonnaise , à la fois artisanesque, artistique et savante.
- La plupart de ses produits sont appropriés à l’usage des capitalistes ou des propriétaires ayant assez de revenu pour rendre somptueuses et leur demeure et leur parure. Les ouvriers de Paris, comme ceux de Lyon , ont, par consé-
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- quent, un intérêt vital à ce que la société française conserve , disons plus, accroisse au moyen de l’industrie, les fortunes indépendantes assez fortes pour demander aux arts perfectionnés ces jouissances délicates qui sont l’ornement et le charme de la civilisation, chez un peuple enrichi, illustré par le travail et le génie de ses enfants.
- C’est donc surtout à Paris, à Lyon que l’ouvrier, s’il n’est pas aveuglé ni trompé sur son propre intérêt, ne doit voir, dans les capitaux importants accumulés par le travail des générations successives, qu’un dépôt productif dont les revenus lui sont versés, sous mille formes de commandes : revenus qu’il reçoit en échange des ouvrages que produit son industrie perfectionnée.
- Choisissons un exemple considérable pour l’industrie de Paris. Essayons, par des mesures puissantes, de diminuer beaucoup, en France, le nombre des voitures de maître ; essayons de diminuer le nombre des chevaux de luxe : aussitôt seront atteintes les nombreuses industries qui se rattachent à la confection des voitures et des harnais, par la mise en œuvre du métal et du cuir pour la sellerie, par l’emploi du bois, du fer, de l’acier et du cuivre pour la caisse, et le train, et les roues, par le travail de la tapisserie pour l’intérieur et les sièges extérieurs. Toutes ces industries vont souffrir en même temps, et l’ouvrier de Paris pâtira d’autant.
- Supposons que, par des mesures indirectes ou directes, on éloigne de Paris les possesseurs de grandes fortunes ; supposons qu’on imagine de rendre plus onéreuse la somptuosité des appartements ; supposons qu’on retire aux propriétaires ainsi qu’aux locataires , par des surcharges excessives, une partie considérable de leurs revenus.
- A l’instant même on frappe d’un coup sensible toutes les industries qui dépendent du bâtiment ; on ralentit, on arrête les constructions des édifices nouveaux ; il faut que l’architecte proportionne et distribue des appartements plus mesquins, pour des revenus réduits ; il faut partout supprimer les ornements. Adieu la peinture, et la sculpture, et la ciselure ; adieu les meubles pittoresques, imités de la renaissance ; adieu les riches tentures décorées parles beaux arts ; adieu même aux tentures unies, mais somptueuses! La moire, le damas, le satin , le velours feront place aux soieries légères ; la soie la plus simple fera place à la popeline, la popeline à l’indienne, et l’indienne à l’humble papier. Les tapis deviendront plus rares et plus grossiers. Les parquets, si confortables, feront place au carrelage. Les dorures, les bronzes, les stucs, les marbres, à leur tour, seront exclus des appartements. Il faudra renoncer à l’élégance de ces meubles si beaux et si bien décorés dans la capitale. Ainsi, de proche en proche, les produits de l’industrie caractéristique de Paris et de Lyon seront forcés de déchoir, et de ne plus aspirer à la perfec-
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- tion, à la splendeur. Il faudra se réduire à fabriquer du commun , à n’en fabriquer que pour une moindre valeur, ce qui fera souffrir d une meme souffrance, et les chefs d’industrie, et les contre-maîtres, et les simples ouvriers.
- Aujourd’hui Paris est devenu si considérable, au point de vue manufacturier, que la valeur des produits sortis de ses barrières et confectionnés, ou du moins embellis, par ses ouvriers, par ses artistes, cette valeur surpasse la somme de 150 millions de francs chaque année.
- Agissez de telle sorte que Paris ne soit plus le séjour des grandes fortunes, la scène splendide, animée, du luxe et de l’élégance, ou le goût, si développé, si délicat, si changeant, si fécond, offre sans cesse aux autres nations de nouveaux modèles à suivre et des chefs-d’œuvre à demander ; passez le niveau de l’inepte et du barbare sur tout ce qui parait d’éminent par la perfection : aussitôt vous verrez les autres peuples oublier Paris avec ses modèles déchus. Alors les millions que l’étranger nous payait, en tribut de son admiration passée, iront chercher, dans quelque autre capitale, les objets d’art et de mode que votre ville appauvrie, abrutie ne sera plus capable de leur procurer.
- Telle est, disons-le hautement, l’influence des grandes fortunes, ou maintenues ou supprimées , sur le salut du travail dans la ville de Paris et dans celle de Lyon.
- Même à l’époque rigoureuse de 1792 à 1795, la moins favorable de toutes aux splendeurs de l’opulence, on avait reconnu l’utilité, la nécessité, pour Paris, de conserver dans son éclat le grand Opéra français, qui réunit en un seul art un si grand nombre d’arts ; on l’avait pompeusement appelé le théâtre de la nation. Eh bien, Paris, avec ses magnifiques industries, inimitables pour le reste du monde, Paris lettré , savant, artistique, industriel, Paris, à bien plus juste titre et dans une acception plus vaste du mot, c’est le théâtre de la nation ! c’est le théâtre des nations ! Conservez-lui donc sa dotation naturelle , l’intégralité des fortunes qui sont sa vie et qui défrayent sa grandeur.
- Ne parlons pas du nombre infiniment petit des grandes existences issues d’un antique ordre de choses, depuis longtemps disparu. Considérons les propriétés acquises par les bienfaits du travail, celles qui méritent au plus haut degré les sympathies de la Société d’encouragement.
- Depuis que les peuples modernes, au sortir du moyen âge, ont pu jouir de leur labeur, accumuler des capitaux roturiers, non point par la conquête, ni par la faveur, ni par la spoliation, mais par des efforts incessants, opiniâtres et de plus en plus ingénieux, les gens de métier se sont enrichis pas à pas. Les uns ont acquis de la terre, les autres ont bâti des ateliers ou des magasins, ou des boutiques ; ils ont grandi, ils ont prospéré de génération en génération, répétons-le, par le fruit honnête et sacré de leur travail.
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- Cette source d’opulence des peuples industrieux, tels que sont les Français, les Hollandais, les Anglais et les Anglo-Américains, veut-on s’en former une idée juste ? qu’on la compare avec la source des trésors les plus fabuleux, avec les trésors que le Mexique et le Pérou, pendant trois siècles, ont versés chez des conquérants peu favorables au travail. Au bout de trois cents années ces ruisseaux d’or ont à peine laissé des traces sur le territoire espagnol ; ils l’ont sillonné comme un pactole dont les eaux emportent leur trésor pour le perdre dans la mer. Qu’en est-il résulté? Tandis que, chez les quatre nations éminemment laborieuses, le simple travail de leurs laines, de leurs soies, ou des cotons étrangers, l’exploitation de leur fer et de leur charbon minéral, la pêche de leurs rivages et la récolte de leur sol ont rendu riche le commun peuple, celui d’Espagne a fini par être couvert de haillons, digne vêtement de son oisiveté.
- A présent il faut savoir si nous chercherons à rétrograder, si nous chercherons à détourner l’heureux cours de l’opulence nationale, à dessécher les canaux par ou s’alimentent les plus riches industries, en faisant la guerre à la richesse elle-même, en atrophiant tous les arts, tels que ceux de Paris et de Lyon, qui satisfont à l’élégance, à la splendeur, au bon goût et dans la France et dans l’univers civilisé ? Voilà la question telle que nous la posons ; et nous ne craignons pas d’appeler sur elle l’attention la plus sérieuse des législateurs de la France.
- Si l’on adoptait, pour solution définitive, celle qui frapperait au cœur toutes les industries délicates et perfectionnées, ornement et symbole de l’aisance et des facultés industrielles d’un peuple opulent et policé , c’en serait fait de la prospérité, nous dirons presque de l’existence de Lyon et de Paris. Les batailles populaires, livrées et gagnées dans la capitale, l’auraient été pour accélérer la misère et consommer la ruine non-seulement de ses chefs d’ateliers ; mais de tous ses bons travailleurs ! Telle est la simple vérité , dite sans art et sans fard.
- Après avoir indiqué les conditions industrielles et sociales de notre pays, qui sont utiles à la prospérité, ce n’est point dire assez, qui sont nécessaires à la vie des ouvriers dans les grandes cités comparables à Lyon et surtout à Paris, nous jetterons un dernier regard sur le bien que l’Etat et la société peuvent faire aux travailleurs.
- Déjà nous avons signalé les services du premier ordre que les ouvriers peuvent et qu’ils devront recevoir d’un enseignement primaire et technique largement établi et bien gradué, depuis les salles d’asile et les écoles primaires jusqu’aux écoles d’arts et métiers, et jusqu’aux conservatoires de l’ordre le plus éminent, réservés pour les adolescents et pour les jeunes adultes.
- Au mois de février dernier, une des chambres discutait, avec un zèle in-
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- fini, la protection qu’il convient d accorder au travail, a 1 instruction, à la santé, au bien-être des enfants, des adolescents, des fdles et des femmes, dans nos ateliers et dans nos manufactures. Espérons qu aucune des \ues d amelioration présentées à cette époque ne sera perdue pour l’humanité.
- Pourquoi maintenant ne parle-t-on que des bienfaits à procurer aux travailleurs adultes et du sexe masculin? pourquoi toujours et partout l’adoration, l’adulation du plus fort? C’est du sexe le plus faible et le moins heureux que devrait, avant tout, s’occuper la générosité française ; il n’y aurait pas seulement là magnanimité, mais justice et surtout humanité. Est-ce que la fraternité, qui sert de texte à tant d’homélies sur les frères travailleurs, ne s’entend pas aussi des sœurs ouvrières, bien qu’elles soient nos hiles, ou nos femmes, ou nos mères?
- S’il est utile d’établir des écoles pour les hommes, il est beaucoup plus utile encore d’en établir pour les femmes. La loi de l’instruction primaire semble ne s’être occupée que des premiers ; tout est à faire en faveur des dernières. Yoilà l’oubli déplorable que nous demandons à l’assemblée nationale de réparer avec grandeur.
- Tout ce qu’on fera pour le sexe qui donne des mères à nos enfants sera fait pour nos enfants mêmes. Les femmes, une fois instruites, deviendront les plus tendres, les plus zélés et les meilleurs de tous les instituteurs, autour du foyer domestique.
- Il faut aviser aux professions où l’on peut faire aux femmes une part plus équitable ; il faut chercher des occupations qui puissent leur procurer un salaire moins tristement inférieur à celui des hommes.
- C’est parce que les industries où peut atteindre la femme ne sont pas assez nombreuses, assez fécondes, que le prix de son travail est avili.
- N’est-ce pas un triste spectacle de voir réclamer, au nom de l’humanité, 3 fr., I fr., 5 fr. par jour pour des ouvriers, actifs ou non, industrieux ou non, et n’avoir pas même un soupir à donner aux malheureuses ouvrières qui, dans Paris, pour une foule de travaux, en travaillant du matin au soir et plus longtemps encore, ne peuvent pas gagner i franc par jour ! La vertu même est soumise à des épreuves surhumaines lorsque l’excès du labeur de ces pauvres créatures ne suffit pas à leur donner le plus strict nécessaire !
- On n’a pas fait valoir, en faveur des moteurs mécaniques, le plus grand service qu’ils aient la faculté de rendre à l’humanité. Partout où des moteurs de ce genre fournissent la force première , les femmes peuvent trouver l’exercice de leur agilité, de leur adresse et de leur intelligence , car on n’a plus à leur demander une force musculaire que la nature ne leur a pas accordée.
- Voyez, en effet, les ateliers de filature et de tissage à la mécanique? C'est
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- là que les femmes obtiennent l’emploi le plus avantageux : emploi bien mieux rétribué que les occupations ingrates du filage à la quenouille ou de la couture à l’aiguille.
- Proposons des prix, demandons à l’Etat qu’il assure des récompenses nationales dignes d’un peuple humain et grand, pour les inventions qui restitueront au sexe féminin sa juste part des travaux manuels, aujourd’hui trop exclusivement absorbés par le sexe le plus fort.
- Quand nous aurons relevé la condition et le sort des filles et des femmes employées à nos métiers, par cela seul nous aurons beaucoup fait en faveur des ouvriers, dont elles sont ou doivent être les compagnes, les conseillères, et souvent les modératrices, pour le bon ordre et l’économie du ménage.
- A l’égard des travailleurs, applaudissons à toutes les mesures qui peuvent leur donner la vie à bon marché sans diminuer, s’il se peut, leurs salaires. Applaudissons à tous les arrangements amiables et favorables qu’ils feront avec les chefs de l’industrie. Ce n’est point assez : voulons-nous les servir, au lieu de les aduler et de les tromper comme si, nouveaux Bernadotte, nouveaux Joseph, nouveaux Murat, ils étaient cléj h passés rois, disons-leur avec sincérité qu’eux seuls possèdent, en réalité, les moyens d’améliorer leur propre sort, en s’améliorant eux-mêmes, en produisant mieux et davantage, en épargnant les produits de leur travail au lieu de les dissiper, en recevant la sagesse et l’instruction à bas prix plutôt que le tabac, le vin et l’eau-de-vie, en augmentant tout à coup d’un cinquième leurs bénéfices par la reprise des lundis, dont le chômage est si funeste à leur famille , en allongeant leur journée au lieu de la raccourcir lorsque s’accroîtra le nombre de leurs enfants, ou lorsqu’il faudra nourrir un père, une mère épuisés par la vieillesse. Recommandons-leur plus que jamais de se créer, avec leurs épargnes, un capital pendant les bonnes saisons, pendant les bonnes années, pour les aider à vivre dans leur vieillesse ; recommandons-leur de s’associer entre eux, lors des jours prospères , pour s’entraider lors des jours de chômage ou de maladie.
- L’Etat doit encourager, il peut seconder avec libéralité ces économies et ces associations ; il peut leur venir en aide aux frais du trésor public. Il faut trouver les moyens de le faire sans entamer, sans ruiner les fortunes acquises ; car celles-ci sont les sources alimentaires du travail que chaque jour doit commander, pour procurer aux ouvriers de toutes professions ce pain quotidien que, chaque jour aussi, le fidèle demande à Dieu dans sa prière.
- En agissant avec cette haute et sage intelligence, le législateur montrera ses sympathies vraiment et dignement populaires ; il stimulera le travail, au lieu de le ralentir et de le supprimer : ainsi la société, devenue plus heureuse, bien
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- loin de s’appauvrir, s’enrichira dans tous les degrés dont se composent la puissance et la splendeur de la patrie.
- Parmi les secours que le gouvernement doit procurer aux ouvriers, il est indispensable de placer, dans un rang très-éminent, l’emploi qu’il peut leur offrir par l’exécution des grands travaux dont il est l’ordonnateur.
- À l’égard de ces travaux mêmes, il est une juste mesure que la sagesse des hommes d’Etat ne doit pas outre-passer ; cette mesure est donnée par les ressources du trésor national.
- La plus funeste des combinaisons serait, à coup sûr, d’endetter sans bornes le présent, afin d’exécuter des travaux plus ou moins utiles, mais dont les résultats ne compenseraient jamais la perte du crédit public.
- Depuis dix ans, ces vérités ont été méconnues. On a travaillé sans suite et sans plan pour commencer partout des voies de communication qu’on ne terminait pas et qui restaient, par cela même, improductives. Les embarras du trésor, si grands aujourd’hui, sont en partie dus à l’excès d’une dette flottante qu’ont accrue, sans modération, des travaux éparpillés, multipliés, par l’incohérence et 1’imprévoyance.
- En évitant de tels excès, qu’on entreprenne et qu’on finisse avec courage tout ce qu’on pourra faire de grands travaux publics, sans exclure pour cela les travaux d’association, auxquels il ne faut pas non plus renoncer. Alors on donnera l’emploi le plus salutaire aux ouvriers disponibles que ne pourraient pas occuper l’agriculture et l’industrie des arts et métiers.
- On a conçu de magnifiques projets pour donner à de vastes parties de notre territoire une fécondité nouvelle , par un système ingénieux d’irrigation. Il y a là deux bienfaits au lieu d’un : de grands travaux de création sont offerts aux ouvriers qui remuent la terre, ainsi qu’aux ouvriers d’art; et l’on assure à notre territoire le moyen de suffire, longtemps encore, aux accroissements de notre population.
- Tous les progrès de l’agriculture, tous les moyens que les particuliers pourront mettre en œuvre afin de varier, afin d’augmenter les produits du sol, concourront au même but ; ils sont, à nos veux, infiniment préférables à l’appel incessant et sans limites, qui serait fait des produits du sol étranger, pour procurer à la nourriture du peuple un complément que les bras de nos laboureurs peuvent nous donner avec avantage.
- Un grand Etat tel que la France, s’il veut rester maître de ses destinées, ne doit dépendre ni de ses voisins, ni de la mer pour suffire à l’alimentation des citoyens, afin qu’un blocus systématique ne puisse jamais l’affamer.
- Cette considération, de premier ordre à nos yeux, justifie la protection modérée, mais nécessaire, dont jouit Eagriculture nationale ; protection qui n’a pro-
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- duit jusqu’à ce jour que des résultats bienfaisants. Comme elle cesse tout à coup lorsque les prix s’élèvent au-dessus du taux moyen des récoltes médiocres, elle ne porte aucun détriment aux classes industrielles; tandis qu’elle vient au secours des populations agricoles lorsque l’abondance des récoltes tend à faire tomber le prix des grains au-dessous d’un juste prix, rémunérateur des travaux de l’ouvrier laboureur.
- Les professions les plus éclairées, au sein de nos villes, ont conçu d’elles-mêmes qu’il est des industries manufacturières et des professions urbaines essentielles à conserver, lesquelles ont besoin d’être défendues, en certains cas, en certains temps, au moyen d’une protection raisonnable; elles ont conçu qu’en supprimant cette protection, c’est l’ouvrier qu’on frapperait en premier lieu dans ses moyens d’existence. Le manufacturier, avant d’abandonner la concurrence avec l’étranger, après avoir réduit à zéro ses bénéfices, abaisserait les salaires jusqu’aux derniers termes du possible. S’il trouvait un obstacle artificiel ou législatif à cet abaissement, il abandonnerait l’industrie même qu’il ne pourrait plus continuer qu’avec perte ; alors on verrait des masses de travailleurs qui, bien loin de conserver un salaire en hausse ou seulement stationnaire, manqueraient à la fois et de travail et de pain.
- Aussi les ouvriers mêmes, et les écrits périodiques adoptés pour leur servir d’organe, se sont-ils prononcés avec énergie contre la pensée de laisser une absolue concurrence avilir sans terme les salaires, par l’action formidable de certaines industries étrangères devenues prépondérantes, soit à raison de leurs capitaux supérieurs, soit à raison des avantages intrinsèques dus à leurs mines, à leurs chemins, à leurs fleuves, à leurs canaux, à leurs côtes, en un mot à leur situation topographique, commerciale, politique et conquérante. Ici l’instinct populaire s’est trouvé d’accord avec les lumières puisées dans une étude approfondie des moyens de travail propres aux grandes nations rivales en industrie.
- La Société d’encouragement, lorsqu’elle se range du côté de l’expérience et de la prudence, ne veut le faire qu’en réclamant, dans tous les cas, des protections modérées, suffisantes pour garantir le producteur français contre les invasions les plus soudaines et les plus désordonnées de la production étrangère ; cette protection, dans aucun temps, nous ne la voudrons assez forte ni pour étouffer l’émulation , ni pour supprimer ou ralentir le besoin du perfectionnement, qui doit sans cesse animer une industrie progressive.
- Nous n’ignorons pas que les lois économiques d’un peuple ont des relations nécessaires avec ses lois politiques et sa constitution. Nous ne concevons pour l’industrie nationale aucune condition d’existence incompatible avec une république, aucune incompatible avec la démocratie la plus large et la plus libérale.
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- Qu’il soit permis à des esprits essentiellement pratiques, à des hommes qui ne marchent qu’éclairés par le flambeau de l’expérience, d’en appeler à l’expérience elle-même pour indiquer le grand exemple qui fait l’objet de leurs vœux et sourit à leur espérance.
- Le modèle à nos yeux, quant aux conditions que réclame la vie économique des États libres , c’est l’organisation sociale intérieure des États du nord de la grande union américaine.
- Quoi de plus fraternel que ce peuple si prospère, si paisible, si riche et si puissant de la Pensylvanie, ou respirent les principes de Guillaume Penn, que nous ne craignons pas d’appeler le Vincent de Paul du protestantisme ? Quoi de plus brillant et de plus prospère que l’État où s’élève New-York, l’industrieuse et la savante, cette capitale peuplée de quatre cent mille habitants , qui font fleurir tous les arts par le bienfait des franchises, des garanties industrielles et civiques dont nous-mêmes offrons l’exemple, et que nous voulons conserver dans Paris et dans la France tout entière? Enfin, quoi de plus laborieux, de plus ingénieux, de plus manufacturier que les États où naquit Fulton, qui par la vapeur a dompté la mer; où naquit Franklin, qui par une aiguille a dompté la foudre, Franklin, qui commença par être apprenti typographe, avant d’être l’organisateur de sa ville, le législateur de l’indépendance, et l’ambassadeur illustre de l’union américaine, auprès du peuple français ?
- Eh bien ! nous ne demandons, pour la famille, pour les propriétés, pour les professions, pour les ouvriers et pour les chefs d’industrie, d’autres rapports sociaux, d’autres conditions d’existence, de sécurité, de prospérité que celles qui suffisent à l’égalité, à la liberté, à la fraternité de ce grand et glorieux peuple, dans la plus florissante partie des États-Unis (1).
- (i) Nous avons le plaisir de nous trouver d’accord avec les sentiments et les espérances du gouvernement provisoire, exprimés dans sa réponse à l’ambassadeur des États-Unis, faite parM. de Lamartine.
- « Ce qui n’était, il y a cinquaute-cinq ans, que l’idée des hommes supérieurs de la nation a passé dans les idées et dans les mœurs du peuple tout entier sans exception. La république qu’il veut aujourd’hui, c’est celle que vous avez fondée vous-même; c’est une république progressive, mais conservatrice des droits, de la propriété, des industries, du commerce, de la probité, de la liberté, du sentiment moral et religieux des citoyens. C’est une république dont le premier cri a été un cri de générosité, de fraternité, qui a brisé dans sa propre main l’arme des vengeances et des réactions politiques, qui a proclamé la paix, et qui, au lieu d’inscrire sur sa bannière des mots funestes d’expropriation et de proscription, y a inscrit l’abolition de la peine de mort et la fraternité des peuples.
- « Ces principes adoptés, nous l’espérons, par l’assemblée nationale, affermis par une force publique invincible, dont chaque citoyen s’est fait, comme vous l’avez vu, le soldat volontaire, concentrés dans une forte unité représentative du gouvernement, feront de la république française la glorieuse sœur de la république américaine, et l’on pourra dire du peuple français et du peuple américain ce que l’on disait jadis d’un homme cher à nos deux pays, la république des deux mondes. »
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- Nous préférons cette expérience, accomplie et vivante, à des projets, à des systèmes qui sont à la fois la terreur des bons ouvriers et des bons fabricants , qui seraient la ruine immédiate ou progressive des familles, et dont les programmes aventureux, dictés, admettons-le , par les intentions les meilleures, n’en portent pas moins l’effroi dans le cœur des simples et dans l’esprit des sages.
- Pleins de confiance dans les lumières, l’équité, le patriotisme des représentants du peuple français , nous avons la conviction que l’assemblée nationale conjurera les dangers que nous avons signalés. Nous avons la ferme espérance qu’elle accueillera toutes les améliorations qui lui sembleront praticables, et que nous avons démontrées. Elle ramènera la confiance et, par conséquent, le crédit, qui, seul, peut rendre à l’industrie dans la détresse une prospérité digne des lumières, du courage et de l’activité du peuple français.
- Cette détresse commerciale, qui grandit comme le spectre d’un mauvais songe , qui supprime le travail privé , parce que la commande a peur, qui ruine le trésor pour payer des travailleurs imparfaitement occupés, en retirant aux contribuables un revenu qui leur servait à payer de vrais travailleurs ; ce cercle vicieux de l’impôt extraordinaire pour alimenter l’oisiveté extraordinaire, en supprimant les occupations accoutumées, voilà la plaie à laquelle il faut porter un remède héroïque, en rétablissant l’équilibre de nos finances, la sécurité des commanditeurs du travail et l’activité chez l’ensemble des ouvriers : c’est le service capital qu’aujourd’hui la patrie réclame du gouvernement et de l’assemblée nationale.
- DERNIÈRE ORSERVATION
- Dans la seconde partie de ce travail, nous traiterons expressément des améliorations qu’on peut apporter au sort des ouvriers, en faisant voir comment ils doivent participer, suivant certaines proportions , aux bénéfices généraux des ateliers et des manufactures. Nous nous empressons de dire ici que toute innovation de ce genre, opérée d’un commun accord, entre les chefs et les ouvriers, est à nos yeux un heureux progrès. Ce que nous avons senti la nécessité de défendre, avant tout, comme principe fondamental et sacré, c’est la liberté inviolable de l’industrie, dans toutes les positions des hommes qui concourent à la production, par leurs bras, leurs capitaux ou leur intelligence. Détruisez cette liberté, ou seulement entravez-la, ou seulement inquiétez-la, alarmez-la, et vous verrez, hélas, ce que nous voyons depuis [deux mois, la misère descendre à pas rapides dans toutes les familles d’ouvriers. On les rend victimes, par là, des meilleures intentions conçues par ceux qui voudraient les rendre plus heureux , en essayant des voies impraticables.
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- QUARANTE-SEPTIÈME ANNEE. (N° DXXVIII.) JUIN 1848.
- bulletin
- DE LA
- SOCIETE D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES. ------ INSTRUMENTS DE MUSIQUE.
- Rapport fait par M. Kerris, au nom du comité des arts mécaniques, sur un instrument de musique dit panorgue-piano, présentant une association de l’orgue expressif avec le piano, inventé par M. Julien Jaulin, rue du Faubourg-Saint-Martin , 59 .
- Messieurs, dans un précédent rapport, nous ayons eu l’honneur de vous entretenir de la famille des instruments à anches libres et à clavier, nommés physharmonica, aérophone, orgue expressif, harmonium, mélodium, etc. (1). Nous avons exposé les caractères qui leur sont communs , et qui les distinguent des orgues à tuyaux. Nous venons aujourd’hui vous signaler une association de l’orgue expressif avec le piano, que l’inventeur,. M. Julien Jaulin, désigne sous le nom de panorgue-piano.
- Déjà, à diverses époques, les facteurs avaient pensé à réunir, dans le même instrument, le piano et l’orgue expressif, afin de mettre à la disposition du même exécutant la variété des effets qu’on peut obtenir par la combinaison des sons de ces deux instruments.
- Les physharmonicas venus d’Allemagne, comme nous l’avons dit, étaient de petits instruments à anches, n’ayant que deux octaves et demie à trois octaves dans la partie aiguë du clavier ; ils se plaçaient sur la droite de l’exécutant, à côté du piano, et servaient alors seulement à jouer des solo accompagnés
- fl ' Voyez Bulletin de mai 1847, p. 225.
- Quarante-septième année. Juin 1848.
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- par le piano de la main gauche. Pour la commodité de l’exécutant, M. Dietz eut l’idée d’adapter, en forme de tiroir, sous les pianos carrés, un instrument analogue qu’il nomma aérophone , lequel pouvait, en partie , sortir à coulisse de son emplacement, en présentant son petit clavier en saillie et en contrebas de celui du piano ; le soufflet caché sous le piano était mû par une pédale située entre celles de cet instrument, dispositions qui ne permettaient toujours que d’exécuter de la main droite un solo accompagné sur le piano de la main gauche, sans établir de dépendance entre les deux claviers, pour faire sonner ensemble les deux instruments par une seule touche.
- M. Petzold, voulant remédier à ces inconvénients, plaça le jeu d’anches dans l’épaisseur du fond même du piano, augmenta le nombre des notes vers la basse, afin de pouvoir attaquer les anches des deux mains et les fit fonctionner par le clavier même du piano. Des registres permettaient d’établir la dépendance ou l’indépendance des deux instruments, pour les faire sonner ensemble ou séparément.
- À peu près à la même époque , MM. Cavaillé-Coll appliquèrent également plusieurs octaves d’anches libres dans le dessus du piano , lesquelles avaient une belle qualité de son qui fut remarquée par le public à l’exposition de 1834.
- Quelque temps après , MM. Chameroy et Gibault construisirent, en collaboration, des pianos droits avec des jeux d’anches libres , situés dans l’épaisseur du plateau du clavier, dont les touches faisaient, à volonté, parler les deux instruments isolés ou à la fois, par moitié de l’étendue ou en totalité.
- À peu d’intervalle, M. Pape obtint les mêmes résultats dons les pianos droits , par d’autres combinaisons de registres.
- Un peu plus tard, MM. Fourneaux et Montai exécutèrent aussi un piano droit organisé, dans lequel l’instrument à anches, au lieu de se trouver dans le plateau du clavier, était placé à l’intérieur du piano , avec des dispositions toutes particulières, pour l’accoupler au clavier, ou l’en séparer en totalité ou par moitié.
- Enfin MM. Bruni, Leroux et d’autres facteurs s’occupèrent également de l’application des anches libres aux pianos droits.
- La plupart des solutions de ce problème laissaient subsister deux inconvénients graves : l’un, d’alourdir le clavier du piano et de lui donner une mauvaise attaque , par la pression des ressorts destinés à fermer les soupapes des anches; l’autre , de ne pouvoir que difficilement tenir les deux instruments d’accord , le piano étant toujours porté à baisser, et les anches accordées préalablement restant à peu près fixes.
- M. Jaulin a procédé autrement que ses devanciers. II a eu l’idée de faire
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- u ii petit orgue expressif, qui, par la suppression du couvercle et de la fausse table , se trouvant mis à découvert, peut être adapté sous le plateau du clavier d’un piano , de manière qu’une communication devienne facile à établir entre les deux instruments par des pilotes fixés sous les touches du piano.
- Chacun de ces pilotes traverse le plateau du clavier supérieur et vient se placer perpendiculairement au-dessus de l’extrémité d'une bascule, dont l’autre bout est destiné à soulever, par le cran d’une tige verticale et sans le concours du clavier de l’orgue, la soupape de l’anche correspondante. Deux registres disposés sur le devant de l’orgue ont pour objet, suivant qu’on les tire ou qu’on les pousse, d’élever ou d’abaisser chacun la moitié de la barre qui porte les bascules, de sorte que celles-ci soient atteintes ou non par le pilote. De cette manière, en appuyant sur les touches du piano, on peut taire parler les deux instruments ensemble ou séparément, par moitié ou en totalité du clavier, sans que le clavier de l’orgue y participe. On pourra également jouer un solo d’orgue accompagné par le piano , et réciproquement, sans que le clavier du piano soit très-sensiblement durci, dans le jeu simultané, par l’action du ressort de la soupape.
- Après avoir ainsi remédié en partie au premier des inconvénients que nous avons signalés ci-dessus, M. Jaulin s’est attaché aussi à faire disparaître le second.
- Généralement on accorde les orgues à anches libres, en diminuant avec une lime ou un grattoir l’épaisseur des lames , au talon, pour faire baisser l’intonation, et au bout de la lame, pour la faire monter. Ce moyen, quoique d’une exécution difficile, suffit dans la pratique, lorsqu’on n’a pas besoin de changer le diapason de l’orgue; mais, si l’on voulait en faire usage pour hausser ou baisser alternativement cet instrument, et l’accorder avec d’autres, ou arriverait promptement à détériorer les lames.
- Plusieurs facteurs, tels que MM. Grenié, Muller, Petzold et autres, ont cherché à accorder les anches libres par le raccourcissement ou l’allongement de la lame , à l’imitation de ce qui se pratique dans les jeux à anches battantes des orgues à tuyaux, par la fonction des rasettes. Mais ici la difficulté était plus grande , parce que la languette n’a pas un point d’appui dans toute sa longueur pour recevoir, comme l’anche battante, la pression de la rasette.
- M. Jaulin, après avoir essayé plusieurs systèmes, s’est arrêté à celui qu’il vous a présenté , et qui nous paraît bien atteindre le but. Il consiste en une verge d’acier située parallèlement à la languette, tournant sur elle-même sans avancer ni reculer, dans deux supports fixés aux extrémités du porte-lame. Entre ces supports et à une certaine distance de Tun d’eux , la verge est filetée et commande fine pièce percée et -taraudée, "amincie par sa partie
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- supérieure, qui presse la languette plus ou moins loin de son encastrement, suivantqu’on tourne la verge à droite ou à gauche, pour hausser ou baisser l’intonation dans certaines limites. On imprime ce mouvement rotatoire à la verge, au moyen d’une petite clef qui s’ajuste à un carré terminant la verge sur le devant de l’instrument au-dessous du clavier.
- Cet appareil n'a été exécuté jusqu’ici que sur un instrument à un seul jeu, c’est-à-dire n’ayant qu’une lame par note, et nous paraît, en raison de la disposition de la verge d’acier et de l’espace qu’elle occupe au-dessous de la lame, présenter des difficultés pour son application à des instruments de deux, de trois ou d’un plus grand nombre de jeux, application qui serait cependant très-précieuse à cause de la facilité qu’elle donnerait d’accorder promptement et avec précision les octaves et les unissons.
- D’autre part, si l’on considère le prix de revient de l’instrument, il est à regretter qu’il soit notablement augmenté par l’addition de l’appareil ingénieux que nous venons de décrire , et, à moins que l’auteur ne réalise son espoir d’améliorer beaucoup les conditions économiques de la confection de ses appareils, on pourrait craindre , avec lui, que l’application en fût restreinte à des instruments d’amateur, sans s’étendre aux produits de la fabrication courante livrée journellement au commerce,
- Si nous considérons séparément l’orgue, au point de vue de l’effet qu’il produit, nous dirons qu’il a une qualité de son agréable et bien timbrée , surtout dans le médium v mais que la basse nous a paru un peu tardive à parler, et les dessus un peu faibles de son par rapport au médium et à la basse. On pourrait désirer aussi que cet instrument renfermât plusieurs jeux., afin de rendre les beaux effets d’octave que nous a révélés le mèlophone.
- lin ce qui concerne l’association de l’orgue au piano, pour qu’elle fût complète , il faudrait, ce nous semble , que le clavier de l’orgue eût la même étendue que le clavier du piano ; et, d’autre part, pour admettre avec l’auteur que le son de l’orgue est propre à prolonger celui du piano, il faudrait que les deux instruments eussent la même qualité de son. Or les timbres sont tout à fait différents, celui de l’orgue ayant beaucoup d’analogie avec le timbre du hautbois qui en a peu avec celui du piano.
- Considérons donc le panorgue-piano comme composant deux instruments distincts , dont l’un peut servir à accompagner l’autre, et non comme un instrument produisant un effet unique , ainsi que paraît le comprendre* l’auteur.
- Quoi qu’il en soit, l’ensemble des innovations de M. Jaulin mérite de fixer l’attention de la Société, et nous avens l’honneur de vous proposer, au nom du comité des arts mécaniques, cle remercier l’auteur de sa communication ,
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- et d’insérer le présent rapport au Bulletin, avec les dessins et légendes du panorgue-piano, ainsi que ceux des outils spéciaux qui servent a la confection des diverses pièces du mécanisme.
- Signé Kerris, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 29 mars 1848.
- Description du panorgue-piano de M. Jaulin.
- Le 31 décembre 1846, M. Jaulin demanda un brevet d’invention pour un panorgue-piano dont la soufflerie était logée dans le tabouret de l’exécutant, et dont le vent se transmettait dans l’intérieur de l’instrument par une des colonnes sur lesquelles il est établi.
- Ayant reconnu quelques inconvénients à ce système d’isolement de la souf-llerie, M. Jaulin prit, le 6 août 1847, un certificat d’addition à son brevet pour diverses modifications introduites dans le panorgue, et qui ont principalement pour objet, 1° une nouvelle disposition de la soufflerie; 2° une combinaison mieux entendue de l’accouplement facultatif du panorgue avec le clavier du piano; 3° un perfectionnement du système d’accord et du registre d’expression.
- C’est cet instrument ainsi modifié qui est représenté avec tous ses détails dans la planche 1061.
- La fig. 1 est une section verticale du panorgue accouplé au piano. La soufflerie , au lieu d’être logée dans l’intérieur du tabouret, est disposée, ainsi que le mécanisme du panorgue , dans une caisse A, qu’on peut réunir à volonté au piano ou rendre indépendante. Cette caisse repose sur des patins à vis u, pour pouvoir régler le panorgue suivant la hauteur du piano. On voit un de ces patins en coupe, fig. 2, détaché de l’instrument.
- B, piano. CD, soufflets munis de soupapes e f. E, réservoir d’air. G, chambre à vent.
- Le registre de pression se compose d’un bouton h, d’une tige i, d’un mouvement à levier j, du rouleau k et de la tringle l, qui établit l’assemblage du bouton h avec la soupape m du réservoir E. Ce registre remplit les fonctions suivantes : lorsque le bouton h est poussé et qu’il occupe la position indiquée sur la figure , la soupape m est fermée. Si l’on appuie le pied sur la pédale F, dont la branloire n munie d’un galet p doit être en contact avec le soufflet aspirateur C, l’air passant par la soupape e sera refoulé, par la soupape f, dans le soufflet D, pour se rendre directement dans la chambre à vent G, sans pénétrer dans le réservoir E. Par cette disposition du registre, il y aura donc expression facultative; si, au contraire , on retire le bouton h, la
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- soupape m s’ouvre, et l’air des soufflets C et D s’introduit dans le réservoir E pour être renvoyé d’une manière continue dans la chambre G. Ainsi, dans le premier cas , l’air des soufflets C D donnera l’expression, tandis que, dans le second, le vent sera continu. Cette combinaison constitue le registre d’expression.
- Le système d’accord se modifie pour chaque lame de la manière indiquée dans la fig. 3, qui représente une anche à vis de rappel. La tige r à carré se prolonge sur une partie de la lame s, étendue suffisante pour régler la variation du ton. Cette tige est supportée en deux points par un pont t, vissé contre le porte-lame, et recevant le régulateur u, dont on règle à volonté et au point voulu le contact avec la lame s ; une vis de pression le maintient au point déterminé.
- Le système d’accouplement facultatif du panorgue avec le piano comprend la combinaison suivante : un registre composé d’un bouton x, d’une tringle y et d’un plan incliné z se pousse ou se retire selon qu’il doit y avoir indépendance ou dépendance du panorgue avec le piano. Pour obtenir la communication des deux claviers, on tire le registre dont le plan incliné soulève, par un galet, une garniture de bascule formant peigne a, qui détermine l’accouplement des deux claviers ; si, au contraire, on pousse le bouton x, le plan incliné z se dégage de la garniture de bascule, et les claviers sont rendus indépendants.
- L’organe fondamental du panorgue est un système d’anches libres à vis de rappel et à pression constante. A l’aide d’un outil spécial, M. Jaulîn obtient, d’une manière rigoureuse, la largeur, la longueur et l’épaisseur des lames des différents diapasons. Cet outil est composé d’un cadran ou indicateur qui permet de déterminer les différentes épaisseurs des lames, pour qu’en faisant agir le vent sur elles on puisse les régler de telle sorte que la note la plus élevée ne parle pas plus vite que la note basse, et réciproquement; par ce moyen, on produit des diapasons de toutes les grandeurs, et par conséquent de toutes les forces de son. Il suffit, en effet, de réduire la lame de la note aiguë au point qu’elle parle à la même pression qu’une note basse dont la laine serait suffisamment forte.
- L’outil représenté en élévation, fig. 4, et en section horizontale, fig. 5, est destiné au rabotage ou dressage des lames pour anches libres. C’est une poupée stationnaire de banc à tirer. La cage a est traversée latéralement par des coulisseaux b b à double effet, et portant d’autres coulisseaux c e. Le mouvement est imprimé à ces coulisseaux en faisant tourner des vis à oreilles d d. Les grands coulisseaux servent à guider la lame métallique de grande largeur, et les coulisseaux c c les lames étroites ; l’emploi de ces
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- coulisseaux est alternatif et distinct ; il en est de même des couteaux e f. Le couteau e, destiné à raboter les petites surfaces, est parallèle au plan des coulisseaux, tandis que le grand couteau f, qui sert à dresser les larges bandes, est incliné; ce couteau est représenté, vu de face et de profil, fig. 6.
- Le guide vertical g, qui dirige l’un ou l’autre de ces couteaux sur les bandes ou lames à dresser, descend avec toute la précision désirable par la manœuvre de la vis à poignée h munie d’une aiguille parcourant les divisions d’un cadran i, vu séparément, fig. 7.
- L’outil qu’on voit en section longitudinale, fig. 8, a pour objet de déterminer rigoureusement la longueur des lames. Il se compose d’une coulisse à deux branches j, le long de laquelle se règle un coulisseau l; un pont k est fixé sur la coulisse ; on fait glisser dessous la lame m qu’il s’agit de couper de longueur, et dont l’extrémité vient butter contre le coulisseau régulateur L
- Le procédé employé pour la construction des porte-lames comprend la composition d’une matrice A et des découpoirs, presses ou balanciers pour guider le poinçon à découper et à frapper. La matrice À, représentée en élévation et en plan, fig. 9 et 10, porte une rigole n de la profondeur, de la largeur et de la forme extérieure du porte-lame à produire. Cette rigole est percée d’une mortaise o.
- On place , dans la matrice À, une lame de cuivre brut de la largeur et de l’épaisseur de la rigole n, sur laquelle vient frapper, à l’aide de la pression du balancier, dessiné en coupe verticale , fig. 11, un poinçon B, qu’on voit séparément, en section verticale et transversale , fig. 12 et 13. Ce poinçon porte un épaulement de la longueur et de la largeur de la mortaise o, ainsi que de l’épaisseur de la lame de cuivre renfermée dans la matrice. La fig. 14 montre un repère p semblable à la rigole n, avec la fente intérieure ou évidement q correspondant à la mortaise o de la matrice. Ce repère sert de guide au placement du poinçon pour préserver les arêtes vives de la matrice.
- Le balancier dont nous venons de parler se distingue des outils analogues, 1° par les coulisseaux inférieurs r servant à régler longitudinalement la matrice A; 2° par l’emploi des vis s, fig. 14, destinées à maintenir et régler transversalement la matrice ; 3° par l’emploi des coulisseaux supérieurs t servant de guide à la platine C qui reçoit le poinçon B. Ces coulisseaux sont reçus par les divers montants qu’on voit dans les fig. 15, 16 et 17.
- La construction des anches que M. Jaulin nomme système à vis de rappel se distingue par la combinaison indiquée en section longitudinale, fig. 18. Deux montants b' surmontent le porte-lame a'; une tige c', qu’on fait tourner par son carré à l’aide d’une clef, est munie d’un cône d', pour varier son point de contact sur l’anche et changer le ton de cette dernière.
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- ARTS MECANIQUES.
- L’instrument (fessai dit pèse-vent, qu’on voit en coupe , fig. 19, est indispensable pour fixer, suivant les tons, les diverses épaisseurs des lames des anches, a, pédale communiquant par la bielle b' avec une équerre c' qui se relie à un plateau mobile d'. e, chambre dans laquelle se répand l’air aspiré par la soupape f\ dans la manœuvre alternative du plateau d'entraîné parla pédale, gréservoir d’air percé de trous sur lesquels se promène, à l’aide de la tringle h', un tiroir %. j', anche à ton fixe servant de régulateur, et que l’on change pour chaque ton différent. k\ anche à régler. À l’aide de cet instrument, on règle exactement l’anche k' à la même pression que l’anche j'. L’échelle divisée munie d’une aiguille m, permet d’arriver à toute la précision désirable. Le réservoir d’air g' a pour objet de continuer le vent sans agir sur la pédale; cet air s’échappe par le tiroir ï qu’on fait fonctionner à l’aide de la tringle h'. ( D. j
- MACHINES A VAPEUR.
- Description d'une machine à vapeur de la force de 30 chevaux, construite en
- Angleterre par M. Sims, introduite en France par M. Félix A roux , et établie dans sa manufacture à Elbeuf.
- A l’occasion d’une discussion qui s’est élevée, dans la séance du conseil du i février dernier, sur la consommation du combustible dans les machines à vapeur, M. Alcan avait promis de communiquer divers documents à ce sujet. En effet, dans la séance du 1% du même mois , il présenta les dessins de la machine dont nous allons donner la description , accompagnés d’un procès-verbal d’expériences faites sur cette machine par M. Saint-Léger, ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- La machine importée par M. Aroux est représentée en coupe verticale et latérale fig. 1, pl. 106^, et en élévation, vue de face, fig. 2. Elle se compose de deux cylindres superposés d’inégal diamètre : l’un À, entouré d’une enveloppe ou chambre de vapeur B qui a pour but de maintenir la température de la vapeur sous le grand piston ; l’autre C, dont la capacité est quatre fois moindre que celle du cylindre inférieur. La tige D porte deux pistons, l’un E fonctionnant dans le grand cylindre, l’autre F occupant le petit cylindre.
- G, tuyau d’aspiration. H, condenseur. I, pompe à air. J , pompe alimentaire. K, pompe à eau froide.
- a, soupape par laquelle la vapeur passe de la chaudière dans le cylindre supérieur au-dessus du piston F.
- b , tuyau par lequel la vapeur est transmise du haut du cylindre L en traversant la soupape c, au bas de la partie inférieure du cylindre A,
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- MACHINES A VAPEUR.
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- d, tuyau qui établit la communication de 1 espace entre les deux pistons avec le tuyau d’aspiration G et le condenseur H.
- e, aspirateur et soupape.
- Fonctions de la machine.—1er temps. La vapeur arrive de la chaudière directement sur le piston F en traversant la soupape a; en même temps le grand cylindre est en communication avec le condenseur H.
- temps. Le petit piston étant parvenu au bas de sa course, la communication avec la chaudière est supprimée, ainsi que celle du grand cylindre avec le condenseur, et la vapeur du petit cylindre va se détendre sous le grand piston en faisant remonter les pistons.
- L’intervalle compris entre les pistons est constamment en communication avec le condenseur, de manière que, si les pistons laissaient passer de la vapeur, elle ne puisse produire qu’une augmentation de consommation de combustible sans, pour cela, nuire à la marche de la machine.
- Avantages du système mécanique. Il ne faut plus qu’un seul parallélogramme, et le nombre de coups de pistons de la pompe à air est égal à celui des pistons de la machine. La condensation est ainsi plus parfaite.
- Inconvénients. Parmi les inconvénients de ce système, signalés par M. Alcan , il faut d’abord comprendre l’irrégularité de vitesse qui résulte inévita * blement de l’action variable de la vapeur à la descente et à la montée des pistons; on y obvie à l’aide d’un volant plus considérable, ce qui est toujours un inconvénient.
- En second lieu, on éprouve beaucoup de difficulté à construire des cylindres parfaitement concentriques. Si le petit piston laisse échapper de la vapeur, elle passe directement au condenseur sans produire aucun effet utile, tandis que dans les machines à deux cylindres elle agit par sa détente.
- Cette machine est alimentée par deux chaudières fonctionnant alternativement ; la première, dite de Cornouailles, fournie par le constructeur anglais, a 1^,75 de diamètre, 9m,75 de longueur, est à foyer intérieur dans un tube de 1 mètre de diamètre.
- La fig. 1, pl. 1063, représente cette chaudière en section longitudinale sur la ligne À B, fig. 2.
- Fig. t. Section horizontale de la même, sur la ligne C D, fig. 1.
- Fig. 3. Élévation, vue de face, de la chaudière.
- Fig. 4. Section verticale et transversale sur la ligne EF, fig. 1.
- Fig. 5. Autre section transversale sur la ligne GH.
- AA, maçonnerie sur laquelle est établie la chaudière.
- B, cylindre intérieur formant foyer.
- C, grille.
- Quarante-septième année. Juin 1848.
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- ARTS MÉCANIQUES.
- D, cendrier.
- E, porte du foyer.
- F, porte du cendrier.
- G, chaudière enveloppant le foyer.
- H, tuyau de prise de vapeur.
- La seconde chaudière, construite postérieurement et en raison de l'exiguïté de remplacement, est à bouilleurs.
- La première, en ne comptant que la moitié de la surface du tube intérieur, a une surface de chauffe de 52 mètres carrés.
- La seconde , en prenant la moitié de la chaudière et la totalité des bouilleurs, a une surface de 38 mètres carrés.
- La machine ayant été vendue pour 30 chevaux, la première chaudière donnerait lm, 73 de surface de chauffe par force de cheval, et la seconde lm,26.
- Or, depuis que ces chaudières sont en activité, tous les essais comparatifs faits sur la consommation du combustible ont donné un résultat constant. Les consommations , toutes choses égales d’ailleurs , ont toujours été dans le rapport de 8 à 11, c’est-à-dire que la chaudière à bouilleurs consomme près de la moitié en sus.
- Depuis que la chaudière à tube et à foyer intérieur est en activité , elle a subi de fréquentes réparations par suite d’un accident dû à la négligence du chauffeur. Il a laissé le niveau de l’eau s’abaisser au-dessous du tube qui a rougi, et son remplacement a été fait avec beaucoup de difficulté, ce qui tient probablement à l’inexpérience des chaudronniers, qui doivent compter sur une plus grande dilatation du tube intérieur que celle du corps de la chaudière.
- Dans cette chaudière, la prise de vapeur est mal placée, étant au-dessus du coup de feu où se produit l’agitation tumultueuse de l’eau ; il en résulte inévitablement un entraînement d’eau avec la vapeur. Cet inconvénient a été peu sensible dans ce cas-ci, en raison du grand diamètre et de l’inclinaison des tuyaux de vapeur ; ces tuyaux , en fonte, ont 20 centimètres de diamètre.
- Procès-verbal d’une épreuve faite, à l’aide du frein dynamométrique, sur une machine à vapeur à cylindres combinés, construite en Angleterre par M. Sims, et introduite en France par M. Félix Àroux, manufacturier à
- L’an 1815 , le 14 décembre, sur la demande de M. Aroux, je, soussigné , ingénieur en chef au corps royal des mines, en résidence à Rouen, ai procédé ainsi qu’il suit à l’épreuve de ladite machine à vapeur, dans le but de recon-
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- machines a vapeur.
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- naître quelle quantité de charbon de terre elle consommait par heure et par force de cheval.
- Le frein a été monté, pendant la soirée du 13 décembre, sur un arbre de couche auquel le mouvement de l’arbre du volant était transmis par deux roues droites, dont lune, celle de l’arbre du volant, avait 161 dents, celle de 1 arbre portant le frein avait 69 dents.
- Le bras de levier du frein, mesuré horizontalement entre l’axe de l’arbre de couche et celui de la corde portant le poids destiné à agir sur le frein, était de 3 mètres.
- Le frein étant maintenu dans un état d’oscillation convenable sans qu’il pût s’échauffer ni donner aucune secousse, on continua à le manœuvrer et à chauffer le fourneau pendant quelque temps, sans que je prisse aucune note, afin d’attendre que toutes choses fussent arrivées à leur état normal.
- Un compteur avait été placé sur l’arbre de couche portant le frein, pour en indiquer le nombre de tours, et l’on avait préparé les moyens de peser exactement le charbon employé.
- À une heure quarante-trois minutes, le foyer étant en pleine activité, mais se trouvant juste au point ou il devenait nécessaire d’ajouter du charbon pour maintenir la pression de la vapeur, on commença à employer le charbon pesé.
- Au même moment on ramena à zéro les aiguilles du compteur, et on mit en mouvement une montre à secondes dont les aiguilles étaient jusqu’alors arrêtées à zéro.
- On examina avec attention la marche de ladite machine, à partir d’une heure quarante-trois minutes du soir, notant de quinze en quinze minutes la hauteur de l’eau et le degré de pression de la vapeur dans la chaudière, ainsi que le nombre de tours faits depuis le commencement de l’expérience par l’arbre portant le frein. À quatre heures vingt-six minutes, toutes les circonstances relatives à l’état du foyer, à la hauteur de l’eau dans la chaudière et à la pression de la vapeur se retrouvant les mêmes qu’au commencement de l’expérience, on a terminé l’opération dont la régularité avait été entièrement satisfaisante.
- 1° La pression moyenne, dans la chaudière, avait été de deux atmosphères O centièmes.
- T La vitesse moyenne de l’arbre portant le frein avait été de 45 tours 1 dixièmes par minute.
- 3° La consommation en charbon de terre de bonne qualité avait été, pour la totalité de l’expérience, de 103\50 ; ce qui revient, par heure, à 35 kilog. 89 centièmes.
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- ARTS MÉCANIQUES.
- MACHINES A VAPEUR.
- 4° Le poids accroché à l’extrémité du bras de levier du frein était de 100 kilog.
- En introduisant ces données dans la formule du frein dynamométrique, on trouve que la force développée par la machine était de 18c\93 ; en rapprochant ce résultat de la quantité de charbon brûlé , on trouve que la consommation par heure et par force de cheval a été de lk,89.
- Ce résultat est déjà très-remarquable en ce que je n’ai encore vu, dans le département de la Seine-Inférieure, aucune machine à vapeur dont la consommation soit aussi peu considérable.
- Mais la force de 18cl“,93 , absorbée par le frein , n’a pas représenté, dans cette expérience , la totalité de celle développée par la machine.
- En effet, l’usine de M. Aroux exigeant, chaque jour, une quantité d’eau énorme pour les besoins de la fabrication , on a dû adapter à la machine , au lieu d’une pompe à eau ordinaire pour fournir à la condensation et à l’alimentation de la chaudière, une pompe ayant 40 centimètres de diamètre et 68 centimètres de course, qui fournit, par minute, environ lUt,297 d’eau tirée d’une profondeur de 13 mètres, et dont, par suite, la mise en mouvement exige une force d’au moins 3C\74. Si l’on admet, avec tous les constructeurs , que 12 litres d’eau froide par force de cheval suffisent pour l’alimentation et la condensation dans une bonne machine , on conclura que la pompe à eau , réduite aux dimensions nécessaires , n’aurait absorbé qu’une force de 0C\78, et que dès lors la pompe: adaptée à la machine de M. Aroux exigeait une force de 2ch,96 qu’il faut ajouter à celle de 18c\93 absorbée par le frein, pour avoir le travail réellement développé par la machine pendant l’expérience. Ce travail total se trouve ainsi être égal à celui de 21oll,89, chaque cheval représentant une force capable d’élever 75 kilogr. à 1 mètre de hauteur en une seconde.
- Si l’on compare cette force avec la quantité de. charbon brûlé par heure , on voit que la consommation n’a été, en définitive , que de 1 kilogr. 63 centièmes par force de cheval et par heure.
- L’ingénieur en chef, soussigné, certifie qu’il n’avait pas encore essayé, dans le département de la Seine-Inférieure, de machine consommant moins de 2\50 par force de cheval et par heure ; que, par conséquent, la machine dite à cylindres combinés, montée chez M. Félix Aroux, à Elbeuf, ne consomme pas plus des deux tiers de la quantité de charbon brûlé par la meilleure machine dont il ait vérifié la consommation dans le département de la Seine-Inférieure.
- Fait à Rouen, le 23 janvier 1846.
- Signé de Saint-Léger.
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- ARTS ÉCONOMIQUES. — horloges.
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- Rapport fait par M. Edmond Becquerel, au nom du comité des arts économiques , sur les horloges électriques de M. Paul Garnier, horloger, rue Tait-bout, 8 et 14.
- Depuis quelques années , les applications de l’électricité aux arts se multiplient à mesure que l’on étudie avec plus de soin le mode d’action de ce mystérieux agent ; mais celles qui sont relatives à la mécanique reposent principalement sur l’aimantation d’une barre de fer doux sous l’influence d’un courant électrique circulant dans un fil conducteur enroulé autour de cette barre. L’aimantation momentanée et répétée d’un électro-aimant produit, en effet, une série d’attractions sur une armature en fer doux , et peut donner lieu à un mouvement de va-et-vient qu’il est très-facile de transformer en un mouvement circulaire au moyen de plusieurs combinaisons mécaniques. Tel est le principe que l’on a invoqué pour la construction de la plupart des télégraphes et des horloges électriques imaginés jusqu’ici ; mais, si tous les instruments de ce genre sont fondés sur l’aimantation répétée d’une tige en fer doux, il s’en faut de beaucoup que tous ces appareils soient semblables , et c’est dans l’agencement des diverses parties de chaque machine et dans la manière dont s’opère la transmission de force que l’on peut reconnaître le talent du constructeur.
- M. Paul Garnier a résolu la question suivante à l’aide des instruments soumis à l’examen du comité des arts économiques : l’heure étant donnée par une pendule ou une horloge type , établir un certain nombre d’horloges secondaires ou d’appareils chronométriques qui marchent d’accord avec la pendule type, quelles que soient les variations de température qui pourraient survenir.
- L’appareil type est une pendule ou une horloge ordinaire , dont le but est d’interrompre un circuit électrique un certain nombre de fois par minute. Cette pendule porte sur l’axe de sa roue d’échappement une étoile en acier composée de plus ou moins de rayons suivant le nombre d’interruptions que l’on veut obtenir. À peu de distance se trouve un pignon sur Taxe duquel sont fixées de petites ailettes mues par un rouage auxiliaire ; plus elles sont nombreuses, plus le rouage peut marcher de temps sans être remonté ; si l’on emploie une pendule ordinaire pour pendule type , le rouage de la sonnerie peut servir à cet usage. Le pivot du pignon traverse la platine de derrière de la pendule et porte à frottement sur son prolongement un petit moulinet ayant un nombre de branches correspondant à celui des ailettes ; or, comme les ailettes viennent rencontrer les dents de l’étoile , le mouvement de l’axe de la roue d’échappement permet le mouvement rotatif du petit moulinet. Un levier à
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- ARTS ÉCONOMIQUES.
- ressort qui appuie sur le moulinet est écarté de sa position chaque fois qu’une branche de ce moulinet passe perpendiculairement devant le levier ; cet écart alternatif du levier produit une interruption de communication entre une petite sphérule d’or pur et une surface d’acier trempé et poli. Le courant électrique étant établi par suite du contact de ces deux métaux, toute interruption dans leur communication donne lieu à la rupture du circuit électrique. Ainsi, en définitive, la fonction de la pendule ou de l’horloge type est d’interrompre, le courant électrique h des intervalles réguliers.
- Chaque appareil chronométrique ou pendule électrique porte à sa base un électro-aimant dans le fil duquel circule le courant électrique. Une armature en fer doux est attirée chaque fois que le courant passe, et reprend sa position primitive quand le circuit est ouvert. Afin d’éviter l’adhérence entre l’électro-aimant et l’armature, on place, comme d’habitude, entre eux deux, une feuille de papier très-mince. Le fer doux communique à un bras de levier qui porte un ressort et un butoir s’engageant dans une roue à rochet ; chaque mouvement d’attraction de l’aimant détermine un mouvement dans le levier qui fait avancer la roue à rochet d’un cran, le butoir empêchant le passage de deux crans.
- Il est impossible d’entrer ici dans de plus grands détails touchant cet appareil , car l’on ne pourrait pas suivre sa description complète sans le secours d’une figure ; je dirai seulement que M. Garnier a pensé que la partie la plus essentielle de la régulation de l’horloge, ou le pendule, ne devait pas être troublé dans sa marche par le courant électrique ; c’est pourquoi, au lieu d’agir directement sur le pendule, comme plusieurs physiciens font proposé, il s’est servi d’un rouage auxiliaire pour modifier la marche du courant, et, de plus, il n’a produit qu’une interruption du circuit toutes les cinq ou six secondes, de façon à atténuer l’influence de la cause perturbatrice due à l’organe qui établit les contacts sur la marche de l’horloge. Ainsi, ce qui est essentiellement nouveau dans les appareils de M. Garnier 3 c’est la disposition de la roue à rochet dans l’appareil chronométrique , qui ne peut avancer que d’une seule dent à chaque aimantation , et le mode d’interruption du circuit électrique dans l’horloge type. On pourrait peut-être craindre que l’adhérence entre l’or et l’acier vienne entraver la marche de la pendule type ; mais il paraît, d’après la manière dont les appareils ont marché depuis plusieurs mois, que ces deux métaux , au contact, n’ont subi aucune altération et n’ont donné lieu à aucune perturbation dans l’indication de l’heure.
- Après avoir parlé des appareils chronométriques, il est nécessaire d’entrer dans quelques détails au sujet de la production de la force électrique capable de faire marcher ceux-ci sans interruption pendant des mois et même des
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- HORLOGES.
- 313
- années. La faible force électrique nécessaire pour l’aimantation des petits électro-aimants employés a permis à M. Paul Garnier de se servir de couples formés de lames de zinc et de cuivre entourées de sable légèrement humecté par une dissolution de sel ammoniac. On peut voir, d’après la note annexée à ce rapport, qu’un des appareils a marché pendant deux mois et demi à l’aide d’un couple disposé dans un tonneau plein de sable et a consommé seulement -4gr,6 de zinc et 6(l) * * * S',6 de chlorhydrate d’ammoniaque par jour, une dépense de 2 centimes et demi par jour ou 75 centimes par mois ( en prenant pour prix du zinc 70 cent, le kilog. et pour celui du sel ammoniacal 3 fr. le kilog. ) (1). M. Garnier a construit, depuis cette époque, des couples pouvant fonctionner plus longtemps , et dans lesquels se trouvent plusieurs lames de zinc et de cuivre, de sorte que l’on peut, en enlevant successivement chaque lame, renouveler le couple sans interrompre le courant. M. Garnier a trouvé que les couples dont il vient d’être question sont ceux qui réussissent le mieux dans ce genre d’application , vu le peu d’affaiblissement du courant pendant un temps assez long ; afin d’éviter toute interruption dans la marche des instruments, on pourrait s’arranger pour changer les couples tous les trois mois ou tous les six mois. Quant aux dimensions et au nombre de couples nécessaires pour faire marcher un système d’horloges, on ne peut les déterminer d’après les lois de la conductibilité électrique que lorsque l’on connaît le nombre des appareils chronométriques, c’est-à-dire la résistance du
- (l) Cette pile, placée dans un tonneau, a fonctionné du 17 septembre au 1er décembre 1847 ; elle était composée de deux feuilles de cuivre jaune liées entre elles par une attache soudée à l’étain, et de deux feuilles de zinc interposées entre les feuilles de cuivre également réunies par une attache. Les intervalles des feuilles métalliques étaient remplis par du sable fin humecté avec une dissolution d’hydrochlorale d’ammoniaque. Le cuivre avait 1 millimètre et demi d’épaisseur, pesait 16 kil. 50décag., et présentait une surface de 15377 millimètres carrés. Le zinc avait un demi-millimètre d’épaisseur, pesait 4 kil. 35 décag. et avait pour surface 13130 millimètres carrés. Une des horloges s’étant arrêtée par suite de l’affaiblissement du courant, la pile fut démontée.
- La surface des feuilles de cuivre était légèrement oxydée jusqu’aux deux tiers de leur largeur, a partir d’en lias ; le tiers supérieur l’était d’une manière un peu plus prononcée. Néanmoins, vérification faite du poids de ce métal, il se trouva être le même qu’avant d’entrer en fonction.
- La feuille de zinc, placée entre celles de cuivre, était rongée dans la partie supérieure jusqu’au tiers environ de sa largeur et un peu plus vers les extrémités. Cette décomposition avait produit une espèce de dentelure à jour dans une grande partie, notamment aux environs de la communication avec le fil conducteur, où il existait plusieurs solutions de continuité auxquelles doit être attribué l’affaiblissement de l’action magnétique des électro-aimants. La feuille du centre était attaquée d’une manière plus uniforme et percée à jour sur plusieurs points. Vérification faite du poids du zinc, sa diminution était
- de 350 grammes pour un travail constant de soixante-seize jours, soit 4 grammes G par jour.
- Environ 500 grammes d’hydrochlorate d’ammoniaque dissous dans de l’eau ont été employés dans le même espace de temps pour humecter, tous les huit jours, le sable qui remplit l’intervalle des feuilles de métal.
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- ARTS ÉCONOMIQUES.
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- circuit parcouru par l’électricité, et la force nécessaire pour faire fonctionner chaque électro-aimant.
- On ne peut donc pas considérer comme un inconvénient la production de l’électricité d’une manière continue pour faire marcher les horloges électriques. On peut objecter à ce système de chronométrie d’être soumis aux irrégularités d’une seule pendule , de la pendule type, et que, si vingt ou trente horloges marchent sous l’action d’une seule pendule, elles s’arrêtent lorsque la pendule type cesse de fonctionner. Mais il n’y a pas de raison pour que la pendule type s’arrête, et, si par hasard cela avait lieu, comme les communications du circuit électrique s’enlèvent avec la plus grande facilité, on pourrait remédier à cet accident en remplaçant aussitôt la pendule type par une autre que l’on aurait soin de tenir en réserve.
- Nous avons vu marcher les horloges de M. Garnier, et la simplicité de ce système ne nous permet pas de douter de son emploi dans les établissements publics où il est nécessaire d’avoir un grand nombre d’horloges marquant au même instant la même heure. Nous ajouterons que déjà ce système est en usage à l’administration provisoire du chemin de fer de Lyon. Quant au prix d’établissement de ces appareils chronométriques, il est de beaucoup inférieur a celui des horloges qui marchent par suite de la transmission de mouvement à l’aide de simples combinaisons mécaniques.
- Le comité des arts économiques a vu avec intérêt que M. Paul Garnier a résolu la question de chronométrie électrique avec autant de simplicité que d élégance et de bon marché, en mettant à profit toutes les ressources que son habileté , comme horloger, lui a suggérées , et les principes scientifiques connus sur le dégagement de l’électricité et la formation des électro-aimants. En conséquence, et pour manifester votre approbation à cette application , le comité vous propose d’ordonner l’insertion du présent rapport au Bulletin, ainsi que la description et la gravure de l’appareil.
- Signé Edmond Becquerel , rapporteur.
- Approuvé en séance, le 29 mars 1848.
- Description de l’horloge électrique de M. Garnier.
- Fig. 1, pl. 1064. A , platine des piliers de la pendule type sur laquelle est tracé , en plan , un rouage qui diffère peu de celui d’une pendule ordinaire.
- B, barillet du mouvement; B', barillet du rouage auxiliaire.
- C, roue de temps; C\ roue dite grande moyenne.
- D, roue de centre portant sa minuterie; D', roue intermédiaire.
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- HORLOGES.
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- E, roue de champ; E\ roue intermédiaire.
- F, roue d’échappement garnie de ses chevilles.
- G, leviers de l’échappement.
- Sur l’axe du pignon de la roue d’échappement F est fixée une étoile en acier trempé f, dont l’usage sera explique plus bas.
- H, pignon portant trois petites ailettes h, h, h qui rencontrent les dents de l’étoile f. Le pivot opposé du pignon H traverse la platine À', fig. 2, et reçoit à frottement sur son prolongement le petit moulinet à trois dents a.
- B”, fig- 2, levier en équerre attaché à une broche dont le centre de mouvement est en r. Le bras b porte en élévation , sur son plan, un appendice formé d’une portion de cuivre et d’une portion en acier fondu trempé dur. C" est un fil de cuivre rouge roulé en hélice pour former ressort ; un bout de ce fil pénètre dans le centre du bras B”; l’autre bout communique avec le fil conducteur formant le courant électrique, et fait, par conséquent, partie du circuit.
- D", autre fil de cuivre rouge courbé en ressort et traversant pm collet dans lequel il est retenu par une vis de pression. Le bout supérieur de ce fil est garni d’une petite lentille en or pur et aboutit à la partie en acier de l’appendice b, avec lequel il est en contact. C’est par là que le circuit électrique est ouvert ou fermé. L’autre bout du fil D" communique avec le fil conducteur et fait partie, comme le précédent, du circuit électrique.
- Voici comment fonctionnent les diverses parties que nous venons de décrire.
- L’étoile f, étant fixée sur l’axe de la roue d’échappement F, suit son mouvement. Chacune des ailettes h, entraînée par le rouage accessoire , rencontre une dent de l’étoile qui ralentit sa marche, mais avec laquelle elle chemine jusqu’au moyeu, où les deux rayons, devenus trop courts, se séparent; l’ailette fait alors un tiers de tour. La dent suivante rencontre une dent de l’étoile, en suit le mouvement, et la quitte de nouveau, pour recommencer indéfiniment. Les fonctions de l’étoile consistent, comme l’on voit, à modérer et régulariser la rotation du rouage auxiliaire.
- Le moulinet a, fig. 2 , suit le mouvement de rotation des ailettes ; chaque fois que l’une d’elles échappe de l’étoile, une dent du moulinet écarte le bras vertical du levier B", l’autre bras s’éloigne alors du bout supérieur du fil D'' sur lequel il reposait. Il résulte de ce mouvement que le circuit électrique est ouvert et cesse d’affecter les électro-aimants qui mettent les appareils chronométriques en fonction ; mais bientôt le moulinet a repris sa position primitive, ainsi que le bras b. Le contact entre le fil D" et le bras b étant alors rétabli, le circuit est formé, et les électro-aimants font marcher les appareils horaires. La période de rotation est ordinairement de six secondes; mais elle peut être
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- ARTS ÉCONOMIQUES. — HORLOGES.
- réduite ou augmentée en changeant le nombre des dents de l’étoile, et l’on pourrait ainsi faire marquer la seconde à un nombre illimité d’appareils qui seraient disposés pour cet effet.
- Pour éviter la confusion que produirait l’électricité par son expansion dans les parties étrangères aux organes du contact, il existe pour chacun d’eux des garnitures isolantes qui font suivre au fluide le parcours direct indiqué par les flèches.
- Description de l’appareil chronométrique.
- A, fig. 3, platine sur laquelle sont établies les pièces de l’appareil. B, roue à rochet montée sur son pignon b, lequel engrène dans la roue dentée C, fixée sur un arbre dont le prolongement sert à porter la communication des aiguilles. D, pont faisant office de cage dans lequel roulent les pivots supérieurs des deux roues. E, sautoir dont le bec pénètre dans les dents du rochet pour l’empècher de rétrograder, e , ressort qui maintient le sautoir dans sa position. F, levier qui met tout en jeu. Il est représenté séparément, vu de face et de profil, fig. 5 et 6; son centre de mouvement est sur une broche vissée sur la platine A.
- G, petit ressort fixé sur le haut du levier dont le bec angulaire entre aussi dans les dents du rochet B. H, butoir faisant corps avec le levier F. f, petit bras de ce levier auquel est attachée la chape dans laquelle entre à taraud la tige I, fig. A, dont le prolongement porte la platine en fer doux M.
- J, ressort dont le bout appuie sur le petit bras f pour ramener le levier F à son point et dont la vis à tête excentrique d règle la pression.
- K, fig. A, barette montée à carré sur le prolongement de l’axe de la roue C pour entraîner les aiguilles de l’horloge au moyen d’une broche qui entre dans la rainure pratiquée à son extrémité. L, électro-aimant qui détermine le mouvement de l’appareil. M, platine en fer doux fixée au bout de la petite tige I. N, point d’attache de cette tige avec le levier F.
- Fig. 7. Appareil électromagnétique vu en coupe verticale.
- Fig. 8. Le même vu en plan.
- O, caisse remplie de sable humecté par de f hydrochlorate d’ammoniaque et dans laquelle plongent les lames verticales de zinc a et de cuivre b.
- Fonctions de l’appareil. La fig. 3 représente l’appareil prêt à fonctionner. L’horloge type faisant passer actuellement le courant électrique dans l’aimant temporaire L, la platine en fer doux M est attirée, et avec elle le levier F auquel elle est liée par la tringle I ; celui-ci est affecté d’un mouvement de gauche à droite équivalant à f intervalle de deux dents du rochet B. Le bec du ressort G qui est engagé dans l’une des dents de ce rochet entraîne la
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
- 317
- dent, et le sautoir E se place devant la dent suivante pour empêcher le recul qui aurait lieu quand le levier F viendra remettre le ressort G en prise. Dès que le circuit est ouvert, la platine en fer doux quitte l’aimant, et le levier F sollicité par le ressort J vient reprendre sa première position, ainsi que le petit ressort G, qui cède, en passant par-dessus la dent du rochet qu’il doit entraîner à Faction suivante. Le butoir H, fixé sur le levier F, empêche le passage de deux dents à la fois, en pénétrant dans une dent du rochet B chaque fois que le levier F est mis en jeu.
- Cet appareil, comme on le voit, fonctionne par l’action directe de l’électricité sur le levier F, lequel met en mouvement le rochet B, dont le pignon fait marcher la roue C, qui, à son tour, communique le mouvement aux aiguilles.
- PL 1065, fig. 1. Assemblage de l’horloge type et des horloges chronométriques correspondant entre elles au moyen de fils électriques.
- Fig. 2. Tonneau contenant l’appareil électrique, vu en coupe verticale.
- Fig. 3. Le même vu en dessus.
- A, horloge type. B B, horloges chronométriques correspondant avec la précédente par les fils C C. DD, autres fils établissant la communication entre les horloges B et les pendules E E. F F, fils aboutissant à l’appareil. a b, points d’attache de ces fils avec les lames de zinc et de cuivre.
- G, tonneau renfermant l’appareil électrique. H, sable humecté d’hydrochlorate d’ammoniaque dans lequel plongent les lames de cuivre c et les lames de zinc d. ( D. )
- NOTICES INDUSTRIELLES
- extraites de diverses publications périodiques françaises et étrangères.
- ARTS MÉCANIQUES.
- Sur la construction d’horloges et de télégraphes magnétiques; par M. Glaesener.
- 1° Horloge électrique sans pile. — Pour développer un courant magnéto-électrique d’une intensité suffisante pour faire marcher une horloge électrique ou un télégraphe par le mouvement d’une horloge réglée sur celui du soleil moyen, l’auteur avait à remplir deux conditions : 1° rapprocher ou éloigner promptement le fer de contact des pôles de l’aimant ; 2° le faire régulièrement au bout de chaque seconde ou au bout de chaque cinq secondes.
- Pour rapprocher subitement et éloigner ensuite le fer de contact du pôle de l’aimant, l’auteur fixe l’aimant, les pôles étant entourés de deux électrobobines de 1,300 mètres de fil de cuivre de 1 millimètre de diamètre, sur une planche devant l’horloge et un
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
- peu au-dessus, de manière que le fer de contact retenu par sa charnière à l’attraction de l’aimant soit dans une position verticale. Devant la roue d’échappement, il dispose un axe horizontal portant un levier droit incliné à l’horizon et retenu par un guide, dont un bout passe sous les dents de la roue tandis qu’a l’autre est fixé un marteau. Chaque dent de la roue soulevait le levier, qui, retombant ensuite subitement, frappait vivement la tige fixée sur le prolongement du fer de contact, détachait celui-ci de fun des pôles de l’aimant ; un aimant électrique se produisait un instant après, le fer de contact retombait par son poids et était attiré jusqu’au contact de l’aimant ; un nouvel aimant se produisait et ainsi de suite.
- En procédant de cette manière, l’auteur est parvenu à construire une horloge électrique donnant les heures, les minutes et les secondes d’une manière très-régulière, et une autre horloge qui ne donnait que les secondes. De pareilles horloges une fois réglées pourraient marcher pendant des années entières sans qu’on ait à y porter le moindre changement si l’horloge principale est bien réglée.
- 2° Nouveau transmetteur dans les télégraphes avec les lettres alphabétiques.—L’auteur se sert de l’aimant employé dans son horloge pour développer le courant électrique ; il soulève et laisse retomber le fer de contact à l’aide d’un excentrique à deux dents mis en mouvement par une manivelle. Une roue à douze dents est fixée sur l’axe de l’excentrique et engrène, avec une autre de quatre-vingt-quatre dents placée à côté, sur un axe isolé sur lequel se trouve aussi un cadran avec les vingt-quatre lettres de l’alphabet, qui passent lorsque la manivelle tourne successivement devant une aiguille fixe. Lorsqu’une lettre a passé, la manivelle peut tourner de 60 degrés environ avant qu’une autre lettre passe ; c’est là ce qui donne plus de sécurité à la marche de l’aiguille : le mouvement est, d’ailleurs, si facile, si doux et la lecture des lettres si commode, que, sous ce triple rapport, le transmetteur proposé paraît préférable au manipulateur employé jusqu’ici.
- 3° Transmetteur simultané de mêmes dépêches dans deux ou même plusieurs directions différentes. On fixe sur le fer doux de contact deux électrobobines semblables à celles de l’aimant, et par le mouvement de l’appareil on produit un courant dans les bobines du fer de contact et un autre dans celles de l’aimant; chacun de ces courants fait marcher un télégraphe. On pourra aussi, par le même moyen, communiquer d’une station centrale à d’autres stations du chemin de fer ; on pourra juxtaposer trois appareils semblables et développer six courants électriques dans le même instant à l’aide du même appareil.
- 4° Suppression du ressort à boudin dans les horloges électriques et dans les télégraphes. — Si l’on met de deux côtés de la plaque motrice de fer deux électro-aimants semblables et que l’on conduise le courant électrique alternativement dans l’un et dans l’autre des électro-aimants, on pourra supprimer le ressort à boudin ; mais, pour cela, il faut employer un troisième fil, ce qui deviendrait un peu coûteux lorsqu’il s’agit des télégraphes; on gagne, par cette suppression, non-seulement sous le rapport de la sécurité de la marche de l’aiguille, mais encore en ce que le courant n’a plus à vaincre la résistance du ressort. {Acad, des sciences, 20 mars 1848.)
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- notices industrielles. 319
- Bessorts à leviers applicables à toute espèce de voitures; par MM. Hacquet et Gibert.
- Ces ressorts sont composés d’une simple lame d’acier d’une certaine largeur et de peu de longueur qui, par son milieu, repose dans une chape et reçoit, à ses extrémités, deux leviers en fer forgé. Ce sont ces leviers, que l’on prolonge d’une quantité convenable , qui supportent toute la charge de la caisse de la voiture ; rapprochés l’un de l’autre comme s’ils ne devaient en former qu’un seul, ils sont susceptibles de se mouvoir ou d’osciller sur leurs axes, qui les relient avec la chape. Ils s’appuient nécessairement sur les deux bouts de la lame , que l’on arrondit au besoin ou que l’on munit de petits rouleaux, afin de faciliter le glissement sans produire d’usure sensible sur la surface de contact des leviers. Ceux-ci peuvent aussi être disposés avec des rouleaux ou petits cylindres aciérés qui doivent tourner librement sur eux-mêmes ou sur leurs axes.
- Comme la charge de la caisse repose à l’extrémité de chaque levier, c’est par cette extrémité qu’ils doivent jouer le plus; c’est ce qui a lieu, en effet, lorsque l’appareil est en activité. Les leviers font fléchir la lame d’une quantité qui est nécessairement moindre dans un rapport proportionné à celui qui existe entre la moitié de la longueur de la lame et la longueur des leviers.
- Les deux leviers étant en fer corroyé et composant la partie la plus importante du système, on comprend qu’ils deviennent ainsi d’une construction très-économique, puisque ce qui est en acier se réduit à une simple lame d’acier très-courte qui fatigue d’autant moins qu’elle est beaucoup plus petite que les leviers et que son jeu en est, par suite, considérablement restreint. On peut même diminuer la longueur de ce ressort de près d’un tiers et produire le même effet, parce que, tout en permettant autant de mobilité aux leviers, il a lui-même moins besoin de jouer. ( Publication industrielle de M. Àrmengaud, t. VI, 3e, ke et 5e livraisons.)
- ARTS CHIMIQUES.
- Extrait d’un ouvrage intitulé, Recherches historiques sur la construction des fosses d’aisances et l’emploi des matières fécales; par M. Ernest Vincent ( suite ) (1).
- Chapitre VII, — Des procédés clc désinfection.
- Les matières, ou moment de leur extraction après un séjour plus ou moins prolongé dans les fosses, donnent lieu à un dégagement de gaz délétères nuisibles à la santé des hommes et à la salubrité des habitations.
- Depuis 1762, on a cherché à remédier à ces inconvénients en proposant l’emploi de procédés qui les feraient disparaître, et éviteraient ainsi de nombreux accidents occasionnés par ces extractions, en opérant la vidange de jour au lieu de la faire la nuit,
- (j) Voyez Bulletin de la Société, mai 1848, p. 274.
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
- comme cela se pratique encore aujourd’hui. Malheureusement les procédés indiqués jusqu’alors ont dû être abandonnés à cause des difficultés de leur application. Toutefois les conseils municipaux des villes de Lyon et de Tours ont arrêté récemment que la désinfection se ferait avant la vidange, que l’extraction des matières ne pourrait avoir lieu que de jour, et qu’il faudrait une autorisation spéciale pour l’opérer la nuit. Espérons que Paris ne voudra pas rester en arrière de ces villes, et que dans peu de temps toutes ces causes d’insalubrité disparaîtront de la capitale.
- La désinfection ne peut s’opérer qu’autant que les matières sont semi-liquides. A cet effet, on commence par extraire, au moyen de la pompe, les parties liquides: ensuite on introduit les poudres ou réactifs désinfectants.
- C’est ici le lieu de rappeler que MM. Payen et Sahnon fondèrent en 1832, à Grenelle, un établissement pour la fabrication d’un charbon désinfeeteur, et qu’ils reçurent de l’Académie des sciences le prix Montyon , pour son application à la vidange des fosses d’aisances. Ce procédé ne put être mis en exploitation à Paris, à cause des entraves apportées par divers intéressés. Cependant nous pouvons affirmer qu’il commence, depuis quelques années, à être mis en exploitation dans quelques départements de la France.
- Suivant M. Chevallier, 100 litres de matières fécales les moins liquides absorbent, pour être solidifiés, 150 litres de poussier de charbon de tourbe; 100 litres de matières fécales plus liquides absorbent 170 litres du même poussier; la même quantité de matière la moins liquide absorbera 125 litres de la poudre Salmon ; enfin 100 litres de matières fécales plus liquides absorbent 140 de cette même poudre.
- M. le docteur Herpin de Metz a reconnu qu’en employant un mélange de poussier de charbon et de plâtre, et en le projetant sur les matières, on obtenait non-seulement une désinfection très-économique, mais encore un engrais très-puissant; il affirme que la désinfection et la solidification des matières produites par un individu pendant un an coûteraient au plus 1 franc.
- Le tableau suivant indique les divers procédés qui ont été proposés; à cet effet, nous avons dû les diviser en deux catégories ayant pour objet d’indiquer l°les agents désinfectants solides, 2° les agents désinfectants liquides.
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- NOTICES INDUSTRIELLES,
- m
- TABLEAU des substances proposées et employées pour opérer la désinfection des matières fécales et des urines dans les fosses d’aisances.
- Agents désinfectants à i’état solide.
- stiîsi âscks. Al TEi: us. observations. SUBSTANCES. AUTEURS. OBSERVATIONS, i
- 5 5:
- 1762 Chaux vivo. Dambournev. 1839 Cliarbon. Guenon de la Pour la filtration des
- IjÀYO ? S i K R Chanterie. urines et la désinfection des mati»':-
- 1782 Chaux et lessives alcalines. res.
- i 785 Chaux. Maf.corelle . 1840 Charbon organique on inor- Broquet
- Charbon pulvérisé. Giraud. gamque. et Marie.
- 1805
- J1815 Cendres do houille , do bois Chaumett". 1840 (diaux en poudre. IIUGUIX.
- et de mâchefer. Plâtre, plâtras. Ocre rouge.
- Vit ux mortiers.
- Huîtr. s pilées ou calcinées. Terre. 1840 Cendres de tourbe. d’Arckt.
- .Sable. Sciure de bois. Duplat. 1842 ( baux en poudre. Mue.
- 1818 Sablo. Plâtre neuf. Matières chai'bonneuses et
- noir annualisé.
- 1820 Cliarbon. Dufour.
- 1823 Charbon de bois. Benoit . 1843 Tan ou chêne en poudre. Sulfate de zinc. SlRET.
- 1825 Cliaux • Paye* ar Chevaluf.r . 1843 Poussier de charbon arrosé Legras. |
- 1827 Chaux vive . Lecanu et d'eaux acidulées ayant
- LeN'ORMAND. servi au décapage des métaux.
- 1829 Cliaux en poudre. INoir animal. FlUGERIO. 1843 Chlorure de chaux en pou- Jourdain .
- 1830 Charbon animal et végétal, décolorant et désiniVc- Serrât. dre.
- Charbon de bois en poudre.
- tant. Lignite en poudre. Sulfate acide de potasse.
- 1832 Charbon. Carbonisation des terres. Noir animabisé. Saumon. Guicout it 1843 Charbons de bois, d’os, de braise. Charbons provenant de la Deschenbaux.
- 1833 Chaux vive . Peuvent être cm- calcination des matières
- Tourbe non calcinée mélée Saxsox. ployé? simples ou combinés. Ta dé- terreuses.
- avec du sous - chlorure, carbonate de chaux ou à Carbonisation des matières
- sinfection s’obtient végétales.
- la craie. Poussier de charbon de bois. par saupoudration, infiltration, macé-
- Poussier de diverses écorces ration et décanta,-
- d'arbres ou de mottes. Te salpêtre , le plâtre , sa- lion. 1844 Cendres noires. PlTAY.
- ide, marnes, tanin. Cliaux en poudre. Alun.
- 1833 Cendres de bouille. Payen , Des-
- PRETS ET
- Gaultier 1844 Cendres de bouille. PagnoaN-A üa-
- de Clacbp.y. TR1N.
- 1837 Cliarbon ou *.ehUtc de 3Io Cu. Derosng.
- nat. 1846 Sulfate de chaux calciné. Jacquot . r
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- NOTICES INDUSTRIELLES
- Agents désinfectants à l’état liquide.
- 85 SUBSTANCES. AUTEURS. OBSERVATIONS. z; < SUBSTANCES. AUTEURS. OBSERVATIONS.
- 1762 Acétite de plomb. Dissolution du fer par les Deboissieü. 1824 Protosulfate de fer impur. Brêant. J Pour les urines
- acides minéraux. 1825 Chlorure de chaux. Acide pyroligneux. Huile pyrogénée obtenue dans la distillation du Payen et Chevallier.
- 1778 Lait de chaux. Laborie, Ci-
- DET ET
- Parmentier. bois. Les résidus de la fabrication
- 1782 Acide crayeux. du chlore (hydrochlorate
- Janin de la Seuls ou mélangés. de protoxyde de manga-
- Sucs de citron , de limon Gombeblanche nèse).
- et d’orange. Le protosulfate de fer im-
- Vinaigre. Eau - de - vie de lavande pur en petits cristaux.
- camphrée.
- Üxaiate acidulé de potasse. Eau d’ambre, de fleurs d’o- 1825 Sous-chlorure de chaux. Payen, Che-
- 1825 Chlorure de chaux. VAILIER ET Bricheteau . CoCQUEAU.
- ranger et de bergamote. Lait de chaux.
- 1782 Chaux délayée dans une Anonyme. Alcool.
- lessive de cendres ou une solution de potasse. 1826 Alun. d’Àrcet. Pour les urines. j
- 1783 Lait de chaux vive. Cadet
- Acides muriatique et sulfu- de Vaux. 1827 Alun. Conseil de
- rique. Chlorure de chaux. salubrité de
- INantes.
- 1785 Lait de chaut , lessive de cendres , lie de vin. Marcorelle. 1827 Chlorure de chaux. Masuyer.
- 1786 Neige. Duvancelles. 1829 Chlore. Frigerio.
- 1805 Acide muriatique oxygéné. Guyton-Mor- 1830 Chlorures désinfectants. Laurent et
- VEAU ET Filière.
- Dupuytren.
- 1831 Acide acétique. Frigerio.
- 1815 Suie. Chàumrttr. Camphre.
- 1819 Acide pyroligneux. Salomon- Ire composition. 1833 Suie. Guibout
- Cendres. Madge* Sel marin. et Sanson.
- boude de 'JL'énériffe. Sels de plomb.
- Sulfate de soude. Sous-acétate.
- Muriate de soude. Deutoxyde.
- Potasse rouge. m. 2e composition. 1834 Eau bouillante. .Employée en Aile-
- Carbonate de soude.
- Cristaux de soude.
- Muriate de soude. Alun. Crème de tartre. 1837 Sulfates de chaux, de fer, d’alumine. Charbon de bois. SlRET. lre composition.
- Alcali végétal. id. 3e composition. Huile empyreumatîque. Goudrons.
- Acétate de soude. Chaux vive.
- Carbonate de soude. Cristaux de soude. Cristaux de tartre. Sulfate de fer. 2e composition.
- Alun. Acide sulfurique.
- Nitre. Charbon. I
- Muriate de soude. Goudron.
- Sucre candi. Huile de pétrole.
- Clous de girofle. Alcool. Huile empyreumatique.
- Vinaigre radical. Acide pyroligneux. 1839 Sels et oxydes métalliques. Krafft et Suquet.
- 1819 Goerg.
- 1840 Sulfate de fer. Broquet et
- 1824 Chlorure de soude. Labarraçüe. Chlorure de chaux. Sulfate de plomb. Marie» I
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
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- 1841
- 1842
- 1842
- 1842
- 1843
- 1S43
- 1843
- 1843
- 1844 1844
- 1844
- 1844
- 1844
- SUBSTANCES.
- Chlore.
- Chlorure de chaux.
- Huile.
- Vapeur.
- Acétate, pyrolignite de fer
- Acide hydrochlorique ga-ZCllX •
- Sulfate de fer.
- Alun, sulfate d alumine.
- Sulfate d’alumine impur.
- Goudron empyreumatique.
- Eaux acidulées provenant de la distillation des ve-gélaux.
- Acide sulfurique.
- Plantes aromatiques.
- Aliin.
- Cuivre métallique.
- SuU-.te de 1er.
- Teinture aqueuse de suie.
- Suie de houille.
- Pyrolignites métalliques.
- Sulfate de fer.
- Huiles d'asphalte , de tourbe , de charbon de terre , de seb iste.
- Sulfate de /inc.
- Suie liquide.
- Sulfate et protosulfate de fer.
- Nitrate et acétate de plomb
- Sulfate de fer.
- Chlore ouchlorure de chau? Chaux.
- ) Tous les sels
- Cha
- Mugnésio. J s0|uble, Baryte. 1 Plantes aromatiques. Chlorure de. poîassiun .hloiure de sodium.
- Sulfate de fer.
- Argile ferrugineuse. Sulfate de chaux. Goudron de houille.
- Acide chlorhydrique.
- ^...ux grasses de couperose. Eaux de décapage des métaux.
- Per oxyde sulfate de fer. Manganèse. , chlorure et sulfate.
- lessive de cendres, luile oléique.
- Taux vive .
- Résidus des fabriques de inc traités par les acides Schistes ou terres naturelles
- Hûussàrd , Declacy, m
- Boue:mont , Gra>tï£R«
- Hely.
- Latour-Ae-
- LET.
- Gagnage et Régnault,
- Mathon.
- Descheneaux
- Bondit.
- Gagnage et Régnault .
- Raphanel et Leduyen.
- Roques .
- Pagnon'-
- VüATIUN .
- (.HERBIER ET Baronnet.
- OBSERVATIONS.
- Emploi en suspension .
- Projection dans la fosse au moyen d’un tuvau.
- En fumigation.
- Excepté celui de fer
- Seuls ou méîang
- À l’état pâteux. Pour les urines.
- Seuls ou mélanS'
- 1845
- 1845
- 184.
- 1846
- 1846
- 1846
- 1846
- 1846
- 1846
- SUBSTANCES.
- Chlore.
- Huile.
- Sulfates de fer, de 7.inc, d’alun.
- Chlorure de chaux.
- Rue.
- T.i n.
- Sulfate de fer
- Minerai de couperose verte Sulfate d’alumine. Graisses.
- Hui e de poisson.
- Savon métallique.
- Sels de manganèse.
- Sulfate de 1er.
- Sesquioxyde de fer. Chlorhydrate de manganèse
- rhiux de décapage emploi des débrii noux traités pa sulfurique ou nu
- • l'acide riatique.
- Sulfates de fer, de zinc, de cuivre.
- Acide acétique ou pyroligneux.
- Créosote.
- Kau créosotée.
- Iode.
- Substances vermifuges.
- Acide sulfureux. Sulfate de zinc sec. Charbon.
- S(ds de fer.
- Hy posulfue. Manganèse.
- Oléales métalliques.
- Acide hydrochlorique. Peroxyde de manganèse: \ aprurs aromatiques. Essence de térébenthine.
- Eaux grasses.
- Huiles graisseuses.
- Sulfate de fer.
- Protoihlomre de fer. Perctilorure de fer. Chlorure de zinc. Pyrolignite de zinc.
- Acide nitrique.
- Acide muriatique.
- Oxyde noir de manganèse.
- ifre.
- N lire.
- Acide sulfurique.
- \itrate de potasse.
- Chaux vive.
- Acide muriatique.
- Sel de cuisine.
- E. Vincent.
- Robinet .
- Halmacf.and
- OBSERVATIONS.
- En suspension.
- 1 litre d’huile couvre 1 mètre carré sur 1 millimètre d’é~ paisseur.
- Pour les urines.
- Ire composition.
- 2e composition. 3e composition.
- 4e composition.
- tre composition.
- 2e composition.
- Seuls ou mélangés. 3e composition.
- 4e composition.
- Quarante-septième année. Juin 1848.
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- NGÏJCÏS JüNDIJSïR JJ'ULES.
- m
- Chapitre VIII. — Divers modes de ventilation.
- On sait que la ventilation consiste à établir un courant d’air artificiel capable d’aspirer ou d’entraîner l’air vicié ou les émanations pernicieuses, d’un endroit quelconque, et de le remplacer par de l’air pur, sans cesse renouvelé.
- Cette ventilation s’opère par deux moyens : 1° par des ventilateurs mécaniques; 2° par des foyers et dgs tuyaux ou conduits d’air qui établissent la communication entre des lieux où règne une température différente. Nous allons faire connaître successivement les moyens employés dans ce but.
- 1° Ventilateurs mécaniques. En 1790, M. Thillaye (1) trouva dans les pompes un autre avantage. Quand elles ont servi à enlever toute la vanne, il les employait comme ventilateurs. A cet effet, il enlève le tuyau qui plongeait dans la vanne et le remplace par un tuyau plus court. Alors il extrait de la fosse l’air vicié, qui est constamment remplacé par de l’air frais, refoulé dans la fosse par l’un des deux corps de pompe, auquel est adapté un tuyau qui conduit cet air jusque sous la bouche de l’ouvrier.
- Le quarante-deuxième volume, page 221 des Annales des arts et manufactures de 1811, mentionne l’emploi d’un soufflet de construction ordinaire muni d’un tuyau de cuir pour absorber les gaz méphitiques.
- Le Bulletin des sciences technologiques de Férussac, année 1828, page 363, parle d’un appareil de ventilation imaginé par M. Weitenhiller, mais il n’en fait pas connaître la construction.
- M. Pottier propose, eu 183,3 ( voy. Bulletin de la Société d’encouragement, année 1833, page 69), l’emploi d’un soufflet ventilateur et désinfecteur construit en bois et de forme carrée; l’intérieur est occupé par un piston garni de soupapes. Le fond inférieur de ce coffre est percé d’une ouverture circulaire pour l’entrée de l’air atmosphérique ; cette ouverture, lors du refoulement de l’air, est fermée par une forte soupape. En bas, sur le devant du coffre, est un tuyau de cuivre garni d’une soupape qui affleure intérieurement la paroi de la pompe. A ce tuyau on adapte par emboîtement dix, quinze, vingt, vingt-cinq mètres et plus de tubes ou tuyaux aspirateurs suivant la profondeur à laquelle régnent les gaz infects.
- Sur le haut du coffre de la pompe est un tuyau d’évent ou dégorgeur par lequel se dégagent tous les gaz aspirés par la pompe ; ce tuyau est courbé ou renversé en avant pour que les gaz, en s’élevant , ne fatiguent point l’ouvrier qui fait jouer la pompe.
- L’appareil pour lequel M. Leçœur a pris un brevet en 1836 et qui est décrit page 244, tome 40 de la Collection des brevets, est un ventilateur à ailettes renfermées dans un tambour cyljndrique muni de deux ouvertures auxquelles s’adaptent deux tuyaux, l’un aspirant et l’autre refoulant au dehors les gaz aspirés par la mise en jeu de ces ailettes, à l’aide d’uq volant muni d’une manivelle.
- MM. Broquet et Marie ont obtenu, en 1840, un brevet d’invention pour un appareil dit mou\in ventilateur, destiné à opérer la dispersion des gaz lors de la vidange (voy Description des brevets, tome 38, page 286).
- (i) Annale^ de chimie, t. YI, p. 105.
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- En 1844, M. Seiler proposa l’emploi d’un ventilateur à tubes aspirant et foulant simultanément toute espèce d’odeur. Cet appareil fonctionne par un mouvement mécanique à poids que l’on remonte toutes les vingt-quatre heures, et qu’on peut arrêter à volonté et modérer au moyen d’un volant à ailes mobiles placé au-dessus de l’appareil, dans le genre des tournebroches.
- 2° Ventilation par les foyers et les tuyaux ou conduits. Les foyers ou fourneaux ont été employés non-seulement pour brûler les gaz qui se dégagent lors de l’ouverture des fosses pour en opérer la vidange, mais encore au moment de leur introduction dans les tonnes. Les procédés employés et proposés depuis 1776 jusqu’à présent ont presque tous quelque analogie entre eux.
- Dans une brochure, publiée en 1777, M. Gennete a indiqué, comme moyen de ventilation, de fermer la base du tuyau de chute communiquant à la fosse par un vantail mobile qui donne passage aux matières et force les gaz qui se dégagent à s’échapper par un tube partant de la fosse et s’élevant jusqu’au toit.
- L’auteur a proposé aussi de placer une lampe dans le tuyau de ventilation, afin d’en activer le courant et de brûler les gaz méphitiques.
- L’appareil exploité par la compagnie dite du ventilateur, en 1779, consistait à placer sur l’ouverture de la fosse un grande calotte de tôle sous laquelle peuvent travailler deux ou trois ouvriers. La partie supérieure de cette calotte se terminait en une ouverture semblable à celle d’un large tuyau de poêle ; on y adaptait des tuyaux de pareil diamètre, s’élevant jusqu’à 1 ou 2 mètres au-dessus de la maison. Dans un des côtés de la calotte on allumait un grand feu disposé de manière à ne pas incommoder les ouvriers et à établir un courant d’air capable d’entraîner toute la mauvaise odeur au-dessus de la maison. Pendant que le feu brûlait, les ouvriers se plaçaient sous la calotte et y emplissaient les tonneaux, qu’on enlevait lorsqu’ils étaient bien fermés.
- Quelques années après, M. Dugoure proposa de se servir, pour le même objet, d’un appareil composé d’un cabinet mobile divisé en deux compartiments, se montant et se démontant avec des vis et des écrous. Le premier compartiment était destiné aux ouvriers pour opérer l’extraction des matières; le second renfermait deux ventilateurs ou soufflets. Le mouvement alternatif et continuel des soupapes introduisait dans le premier compartiment assez d’air pur pour renouveler celui de la fosse d’aisances, en rabattre les gaz et les forcer de sortir par un tuyau élevé à une certaine hauteur pour opérer leur dispersion dans l’atmosphère.
- En 1783, Cadet de Vaux modifia ces systèmes en les remplaçant par un appareil auquel il donna le nom de pneumatique ou fourneau ventilateur. Cet appareil se composait d’un vaste fourneau à réverbère, surmonté de son dôme placé en dehors de la chape et du cabinet, aspirant par son cendrier au moyen d’un corps de tuyau en cuivre, emboîté dans une gorge par des anneaux et une chaîne qui la soutient, et plongeant dans la fosse jusqu’à une très-petite distance de la superficie de la matière
- L’appareil proposé vers la même époque par M. Caumartin consiste en un corps de tuyau de cuivre, à l’extrémité supérieure duquel on place un fourneau à réverbère al-
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- lumé. La circulation de l’air s’établit par l’extrémité inférieure du corps des tuyaux, qui est disposé de manière à pénétrer à 20 ou 30 mètres de profondeur.
- M. Giraud proposa, en 1785, de se servir d’un réchaud s’emboîtant sur l’extrémité supérieure du tuyau ventilateur pour activer le courant d’air et détruire les gaz [voy. fig. 1, pl. 1069) (1).
- a h, fond sur lequel on met le charbon enflammé; e, carafe de tôle remplie de vinaigre mis en ébullition par le feu du réchaud; d, pipe ou entonnoir garni de son tuyau pour remplir la carafe au besoin ; e, partie inférieure du réchaud s’emboîtant sur le tuyau ventilateur; f, cheminée.
- En 1803, Parmentier, en conseillant dans son Code pharmaceutique à l’usage des hôpitaux, de placer les latrines le plus avantageusement possible pour que leur odeur n’incommode point les malades, ajoute qu’on doit faire en sorte de ménager entre elles et les salles un vestibule intermédiaire avec des fenêtres transversales et correspondantes pour renouveler l’air et intercepter les communications de l’odeur.
- En 1819, M. de Hemptinne indiqua, dans les Annales générales des sciences physiques de Bruxelles, t. 2, p. 238, un mode de ventilation qui consistait à faire communiquer un tuyau, partant de la fosse, avec le foyer d’un poêle ou d’un fourneau disposé de façon que le combustible ne pût recevoir d’autre air, pour entretenir sa combustion . que celui qui traversait la fosse.
- Quand le fourneau est allumé, il ne sort plus de gaz fétides des latrines ; l’air environnant entre, au contraire, par les tuyaux de descente des sièges, traverse la fosse et va se rendre dans le foyer du fourneau en entraînant les gaz délétères dégagés des matières fécales.
- Le mode de ventilation proposé par M. d’Ârcet, et publié par le conseil de salubrité en 1822, sous le titre d'Assainissement des fosses d’aisances, se compose d’une cheminée d’appel en tôle, disposée à l’une des extrémités de la maison , et élevée de 2 mètres au-dessus du toit. Cette cheminée aboutit à la fosse avec laquelle elle communique librement. En l’échauffant, soit par une lampe placée dans l’intérieur, soit par un poêle, soit en la faisant passer derrière la cheminée de la principale cuisine de la maison, l’air que renferme la cheminée se raréfie, et il s’établit un courant ascensionnel qui entraîne tous les miasmes délétères. L’air destiné à opérer la ventilation pénètre par l’ouverture du siège et par chaque tuyau de chute dans la fosse ; il la parcourt dans toute sa longueur, passe de là dans la cheminée d’appel et va se perdre au-dessus du toit. Cet air doit être pris au dehors du cabinet d’aisances au moyen d’un vasistas placé autant que possible au nord, sur une cour, une rue, etc. Une soupape placée sur la cheminée d’appel sert à régler la vitesse du courant d’air.
- A l’hôpital Saint-Louis, on a assaini la fosse d’aisances principale de rétablissement, qui exhalait une odeur insupportable, en la faisant communiquer avec la cheminée de la cuisine par un simple tuyau en terre cuite.
- Le système de ventilation de M. Am ntl de Bordeaux, breveté en 1834, et décrit
- (I) La planche qui accompagne celle partie du mémoire paraîtra avec le prochain numéro du Bulletin.
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- p. 316 du t. 33 de la Collection des brevets expirés, se compose de deux ventilateurs appliqués à une fosse d’une forme pyramidale, dont 1 un est vertical et l’autre perpendiculaire : ils sont chacun couronnés par une mitre tournante portant une girouette. La bouche de l’une fait face au vent, afin de renouveler l’air dans la fosse; la bouche de l’autre est tournée à l’opposé du vent.
- En 1835, M. Cheronnet proposa l’emploi d’un ventilateur s’établissant par une ou deux ventouses pratiquées dans la clef do la voûte de la fosse. Deux cornets renversés, placés en contre-bas du sommet, introduisent l’air extérieur et augmentent ainsi l’activité du ventilateur. Cet appareil est décrit p. 63 du t. 56 de la Collection des brevets.
- En 1842 , M. Latour-Arlet proposa comme moyen de ventilation d’employer un tube partant de la naissance de la voûte de la fosse et s’élevant au-dessus de la maison, avec girouette, pour activer le courant d’air et obtenir la dispersion des gaz.
- Un cône est placé au-dessous du tuyau de chute, à l’effet d’empêcher les gaz de remonter par ce tuyau et de les forcer de s’échapper par le tuyau ventilateur.
- En 1843 , MM. Anjuere et Moyne prirent un brevet pour un appareil dit aspirateur, composé d’une grande roue en forme d’escargot, avec des lames métalliques mises en mouvement par un courant d’air. Cet appareil est décrit et figuré p. 316 du t, 59 de la Collection des brevets.
- Chapitre IX. Du mode cle vidange et des procédés d’extraction.
- On sait que les fosses d’aisances présentent de grandes difficultés au moment de leur vidange, qui s’effectue à des époques plus ou moins rapprochées, suivant la capacité de la fosse et le nombre d’individus qui la fréquentent.
- Il y a trois sortes de fosses : les petites, qui ont de 8 à 10 mètres cubes ; les moyennes, de 15,20 à 25 mètres; et celles des établissements publics, qui contiennent jusqu’à 100 mètres cubes.
- Les fosses, lors de leur vidange, sont visitées par un maître maçon ou un inspecteur, qui ordonne presque toujours des réparations avant la fermeture du trou d’extraction. Par suite d’un accident survenu en 1824, lors d’une vidange, rue Saint-Denis, où un malheureux jeune homme fut, au bout de huit jours, retiré de la fosse dans un état de putréfaction avancée, et d’après une lettre adressée par M. le docteur Ollivier (d’Angers) à M. le préfet de police, ce magistrat, ordonna qu’à l’avenir, aussitôt après la vidange, une échelle resterait dans la fosse afin de s’assurer, avant de la fermer, si quelques personnes n’y étaient pas tombées.
- On vide chaque nuit, à Paris, cinquante à soixante fosses, contenant de 8 à 10 mètres cubes chacune, ce qui donne environ 217,100 mètres cubes, par an, de matières solides et liquides.
- Il y a à Paris environ quatre à cinq mille fosses mobiles et cinquante mille fosses fixes.
- Les matières solides et liquides présentent ordinairement, lors de leur extraction, trois densités différentes, 1° liquides, 2° semi-liquides, 3° solides.
- Nous allons faire connaître les divers moyens proposés pour opérer cette extraction.
- Autrefois les vidangeurs commençaient leur ouvrage en faisant couler la vanne dans
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- le ruisseau ; ils enlevaient ensuite les matières solides dans des tonneaux, qu’ils nommaient lanternes, parce qu’ils étaient, en quelque façon, à claire-voie et laissaient filtrer tout le liquide. Depuis, des règlements sévères ont défendu de faire couler ainsi les vannes.
- 1° Pompes. — En 1788 (1), M. Gilbert proposa, pour cette opération, une pompe composée de deux soufflets, dont l’un, foulant, et l’autre, aspirant, sont mis en jeu par un balancier ; les tuyaux cylindriques qui s’y adaptent prennent les formes et les directions qu’on veut leur donner.
- On trouve dans un rapport fait en 1790 (2), au nom d’une commission dont M. Thou-ret était le rapporteur, la description d’une pompe proposée par M. Viot, de Fontenay, à l’effet d’opérer la vidange des fosses en enlevant toutes les matières liquides et même une partie des matières grossières, sans que les vapeurs méphitiques puissent communiquer avec l’air extérieur. Un second tuyau placé sur le tonneau qui reçoit les matières ramène l’air expulsé par leur introduction dans la fosse.
- Le 12 mars 1790, M. Nante fit une motion à son district des Récollets, pour obtenir la vidange à 6 livres la toise, prix inférieur à celui des compagnies privilégiées, en employant la pompe pour l’extraction des liquides et en enlevant les solides avec des hottes couvertes et mécaniques. L’assemblée générale du district des Récollets donna son approbation à ce mémoire et autorisa M. Nante à le présenter aux cinquante-neuf autres districts. Les districts ne se prononcèrent pas, et M. Nante, qui exploitait son procédé, fut saisi, par les compagnies du ventilateur et des pompes antiméphitiques, comme contrefacteur et condamné comme tel.
- En 1791, M. Thillaye fit breveter une pompe à soufflet, composée de trois plateaux en bois de forme circulaire, ayant à leurs centres des soupapes qui s’ouvraient de bas en haut et se refermaient par leur propre poids. Sur le contour de ces plateaux sont cloués deux manchons de cuir garnis extérieurement de cerceaux de fer pour les soutenir et les forcer de former des plis. Cet appareil est décrit et figuré page 102 du t. n de la Collection des brevets.
- M. Nante fit breveter, en 1817, un appareil composé d’un corps de pompe en cuivre fixé verticalement sur un banc en bois de façon à le rendre transportable au moyen de deux anses en fer ou poignées fixées de chaque côté de ce banc ; un tube d’aspiration en cuivre, partant du fond du corps de pompe, pénètre, par des tuyaux de rallonge, dans la fosse à épuiser. On a soin de garnir le tube plongeant d’un panier à claire-voie, afin d’empêcher les matières solides et les corps étrangers d’obstruer ce tuyau. Un autre tuyau, adapté sur le côté du corps de pompe, reçoit, par la mise en jeu du piston, le liquide ou les matières délayées dans une capacité hémisphérique, d’où, par l’ouverture d’un robinet, elles se rendent dans le tuyau d’ascension, qui les amène à la tonne destinée à les contenir. ( Voy. page 23 , t. xiv de la Collection des brevets.)
- Plus tard, en 1821, le même M. Nante simplifia ce système en lui en substituant un
- (l) BU), physico-économique, 1 788, t. I, p. 432. (2; Annales de chimie, 1790, t. VI, p, 8G.
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- autre dont le mouvement se compose simplement d’un arbre à tourillon portant une branche en forme de T, terminée par une fourchette qui reçoit la tige du piston de cette pompe. Cet appareil est décrit et figuré page 150 du t. xxi de la Collection des brevets.
- En 1822, M. Porché fit breveter une pompe portative destinée à cette opération; la seule modification qu’on y remarque est l’adjonction d’une calotte en cuivre que l’on peut à volonté rendre verticale ou horizontale et qui devient la colonne de refoulement conduisant les matières dans un tonneau hermétiquement fermé. ( Voy. t. xxxv, p. 280 de la Collection des brevets.)
- En 1832, 31. Droizy fit l’application à la vidange d’une pompe n’offrant rien de particulier sur celles précédemment employées. (Voy. t. xxxii, p. 308 de la Collection des brevets.)
- Le 19 octobre 1844, M. Legras proposa, pour extraire les urines séparées des solides, de faire presser un piston dans le réservoir qui les reçoit, à l’effet de forcer par cette pression le liquide à s’échapper par un tube fixé à la base du récipient et à le transmettre au tonneau vidangeur sans qu’il soit besoin de recourir à une pompe.
- 3131, Duchamp, Gonut et Gcignière firent breveter, le 18 septembre 1844, une pompe mobile sur chariot ou plateau, mise en mouvement par des manivelles et des engrenages. A l’extrémité du tuyau plongeant dans la fosse, est adapté un moulinet à ailes recevant son action d’une roue dentée fixée sur la bielle du piston, afin de délayer les matières dures qui pourraient entrer dans le corps de pompe et en intercepter les fonctions.
- Un flotteur ou un compteur à carillon, placé sur le tonneau, avertit lorsqu’il est plein.
- M. Lemay fit breveter, le 4 avril 1845, une pompe à refouloir pour la vidange, qui consiste en un cylindre muni à sa base d’une soupape. Un tube placé horizontalement transmet les matières au tube d’ascension, de sorte que, en aspirant, la soupape s’ouvre, les matières entrent dans le cylindre, et, en refoulant, la soupape se referme, et les matières pressées s’échappent par le tube horizontal et se rendent dans le tube d’ascension.
- Le 14 du même mois, il proposa d’appliquer à cette opération la pompe à chapelet.
- Le 6 octobre 1845, 31. Riclier fit breveter un système de pompe à poche foulante et aspirante, opérant le vide dans des tonneaux et faisant ensuite passer les gaz dans un bain désinfectant surmonté d’un réchaud.
- Les moyens proposés par 31M. Thibaut et Sergent, et brevetés en octobre 1845, consistent dans l’emploi d’une pompe ordinaire aspirant les matières et les transmettant à un tonneau sur lequel est disposé un robinet à double effet donnant passage aux gaz qui se dégagent de la tonne dans une caisse à plusieurs étages. Cette caisse contient de la chaux; elle est surmontée d’une lanterne pour brûler les gaz qui tenteraient de s’échapper.
- Ils proposent, pour obtenir le même effet, de substituer au robinet un tube partant de la tonne et communiquant avec la lanterne.
- En 1846, M. Baronnet prit un brevet pour la vidange au moyen d’une pompe mise en mouvement par une machine à vapeur.
- Les procédés de M. Ch. Domange, brevetés le 18 juillet 1846, résident dans l’emploi
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- d’une pompe mise en mouvement par un volant au lieu des leviers ordinairement employés. Un conduit branché sur le tube de vidange correspond avec un fourneau qui brûle les gaz dégagés des matières, au moment de leur extraction.
- 2° Délayeurs. —M. Thillaye proposa, en 1789, d’introduire, par un trou pratiqué au plancher de la fosse, une espèce de rame qui, au moyen d’un genou , est mobile vers son milieu , de façon qu’on peut la faire aller dans tous les sens et opérer par ce mouvement le délayage des matières solides et les mêler avec les autres (1).
- Le 15 mai 1845, M. Blot-Voisin prit un brevet pour un instrument nommé perfora-leur , ayant pour objet de détacher les matières dures du fond de la fosse et d’en opère?' l’extraction par le moyen d’un seau à soupape.
- Le 19 février 1846, M. Chablin proposa, pour délayer les matières solides et en faciliter l’extraction par la pompe, un appareil dit délayeur, composé d’ailettes mises en mouvement par une manivelle. Un entonnoir reçoit le liquide désinfectant et le conduit par un tuyau au milieu de la masse.
- Le 27 février, même année, MM. Coignet et Sergent firent breveter un appareil dit chariot délayeur, applicable au curage des fosses d’aisances. Il consiste en une machine armée de palettes pouvant se replier sur elles-mêmes, mises en mouvement par une chaîne à la Yaucanson qui reçoit son action d’une manivelle placée au-dessus du trou d’extraction.
- 3° Hottes et tinettes. — M. N ante proposa, en 1817, de substituer des hottes à couvercle avec brassières aux tinettes anciennement employées , pour porter de la fosse à la tonne les matières solides. ( Voy. p. 23 du t. XIV de la Collection des brevets.)
- En 1832, M. Droizy fit breveter une nouvelle disposition de tinettes garnies d’un tuyau d’évent muni d’un fanal qui lui servait d’appel et recevant, au moyen d’un conduit, les matières extraites de la fosse par l’action d’une pompe. [Voy. p. 308, t. XXXII de la Collection des brevets.)
- En 1834, les vidangeurs réclamèrent contre l’art. 15 de l’ordonnance de police du 15 juin même année, qui prescrivait que les vaisseaux servant à l’enlèvement des matières provenant de la vidange des fosses fussent remplis, lutés et nettoyés ensuite avec soin à l’extérieur avant d’être portés aux voitures, à l’exception, toutefois, des eaux vannes qui pourront être extraites à l’aide d’une pompe. Ils demandèrent la prorogation de l’usage des hottes comme infiniment supérieur à celui des tinettes dont le système est généralement réprouvé.
- 4° Drague et autres appareils d’extraction. — Le 25 avril 1843, M. Frédéric imagina un appareil ayant pour objet la vidange des fosses d’aisances. Cet appareil fut employé par la compagnie Louis Chevrier et exploité, dans ces derniers temps, par la compagnie dite Baronnet, de laquelle il reçut diverses modifications.
- C’est une espèce de drague composée d’une chaîne sans fin à laquelle sont attachés des pots ou godets comme dans les norias. La disposition de cette machine est telle qu’on peut la raccourcir ou la rallonger à volonté, suivant la profondeur de la fosse sur laquelle on doit opérer.
- fl) Annales de chimie, t. VI, année 1790, p. 104.
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- par mouvement imprime à une manivelle la chaîne est mise en jeu, les godets se remplissent et les matières se déversent dans un tuyau muni d’un robinet qui les transmet dans un tonneau ; ce tonneau porte une soupape à flotteur indiquant l’instant où il est près d’être rempli. Pour éviter l’épanchement de la matière sur le sol, l’appareil est recouvert d’une chemise en tôle. Un désinfecteur, composé de crin saupoudré de chlorure de chaux, de sulfate de fer et autres substances désinfectantes, communique avec le conduit des matières, afin de neutraliser les gaz méphitiques qui se dégagent des matières lors de leur extraction.
- Le 16 octobre 1844, M. Cherrier fit breveter une modification de l’appareil précédent consistant à adapter à l’appareil un désinfecteur qui contient du sulfate de fer, du chlore, ou du chlorure de chaux.
- Plus tard, en 1845, il substitua des crémaillères aux roues d’engrenage employées pour la mise en jeu des godets et joignit à cet appareil un fourneau pour brûler les gaz.
- M. Pitay proposa, en 1844 , l’emploi d’une vis d’Archimède ayant pour objet de ramasser les matières solides et liquides et à les verser dans une trémie couverte qui communique par un conduit en cuir ou en toile avec les tonneaux destinés au transport des matières ; chaque tonneau est percé d’un trou comme les tonneaux des fosses mobiles et a, de plus, un autre trou d’environ 4 centimètres, auquel on adapte un tuyau en plomb ou toute autre matière, qui aboutit dans la fosse même, de manière à ce que l’air du tonneau se rende dans la fosse, afin de ne point répandre dans l’atmosphère une odeur fétide que ne manquerait pas de produire cet air chassé avec force par l’introduction des matières dans le tonneau. ( Voy. p. 194, t. LXI de la Collection des brevets.)
- 5° Emploi du vide. — M. Latour-Arlet est celui qu’on peut regarder comme le premier qui ait indiqué l’emploi du vide pour l’extraction des matières; son brevet, en date du 31 décembre 1842 , est publié p. 297 du t. LYII de la Collection des brevets. Il s’exprime ainsi : des tonneaux doivent être construits en fer battu, tôle ou bois ; ils devront être confectionnés, avec un soin particulier, de douves très-épaisses, ainsi que les fonds, et conditionnés de manière que toute communication soit irrévocablement interceptée entre l’air intérieur et extérieur.
- Ils devront être percés de trois ouvertures libres ou à peu près, et d’une quatrième pouvant être tour à tour hermétiquement fermée ou donner communication entre l’intérieur des tonneaux et une éprouvette pareille à celle des machines pneumatiques ordinaires.
- Ces tonneaux ainsi disposés et toutes les ouvertures étant fermées exactement, à l’exception de la première qui sert à les mettre en communication avec une machine pneumatique, de force proportionnée à l’effet désiré, on fait le vide (le vide d’air contenu dans le tonneau); on referme toutes les issues, et le tonneau, conduit auprès d’une fosse d’aisances, contenant de la matière fécale, dans laquelle plongera un tuyau en communication avec l’ouverture garnie d’un robinet, se remplira très-promptement, une fois le robinet ouvert, de la matière fécale que sa capacité pourra recevoir ; le robi-Quarante-septième année. Juin 1848. A4
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- net sera fermé de nouveau, et l’opération pourra se continuer avec le môme tuyau pour d’autres tonneaux jusqu’à ce que la fosse soit totalement vide.
- Plus tard, le 10 octobre 1844, M. Ch. Domange prit un brevet pour l’emploi du vide à l’extraction des matières : il consiste à mettre la fosse qu’il s’agit de vider en communication avec des récipients hermétiquement fermés et dont l’air a été préalablement extrait au moyen de puissantes pompes pneumatiques fonctionnant dans les ateliers de rétablissement.
- L’appareil ou récipient se compose d’un cylindre ou tonne en fer ayant à peu près la forme d’une chaudière à vapeur. Cette tonne, de 2,000 litres de capacité, est portée sur un train ordinaire de voiture à l’aide de ressorts propres à amortir les secousses ; elle présente supérieurement trois ouvertures. La première est fermée par une petite cloche en verre, dans laquelle parait un flotteur en liège aussitôt que la tonne est remplie. La seconde , que l’on tient habituellement close au moyen d’un robinet et d’un bouchon s’adaptant à vis, sert à mettre le cylindre en rapport avec un manomètre, afin d’apprécier l’état du vide intérieur. La troisième reçoit un tube qui fait communiquer l’appareil avec une pompe à air : celle-ci est destinée à enlever l’air contenu dans les tuyaux qui établissent la communication entre la fosse et le cylindre, ainsi que les gaz méphitiques dégagés dans ce dernier pendant le cours de l’opération. A la partie inférieure de la tonne est adapté un tuyau coudé servant à la fois à l’emplir et à la vider. Ce tuyau peut être fermé par une bonde munie d’une tige et montée sur une pièce de raccord qui s’abouche avec le tuyau portatif qui doit servir d’intermédiaire entre celui de la fosse, et se termine, à son extrémité libre, par une sorte de passoire en fonte de fer, à larges lumières qui préviennent l’arrivée, dans le tuyau d’aspiration, des corps capables de l’obstruer.
- Les gaz qui se dégagent de la matière, au fur et à mesure qu’elle afflue dans le récipient , sont extraits par une pompe et traversent un petit fourneau allumé où se brident les miasmes organiques, et où l’acide sulfurique libre ou combiné se change en acide sulfureux.
- En 1842, M. Latour-Arlet proposa l’emploi de la vapeur pressant sur les matières, en les forçant, au moyen d’un tuyau, à se rendre dans un tonneau approprié.
- Le 27 décembre 1844 , M. Chevrier fit breveter un système complet de vidange consistant dans l’emploi d’une pompe opérant le vide dans une capacité sphérique qui aspire les matières de la fosse et les transmet ensuite , par l’intermédiaire d’un conduit muni d’un robinet qu’on ouvre, dans un tonneau qui doit les recevoir. L’auteur fait passer les gaz qui se dégagent au moment de l’extraction dans un désinfecteur surmonté d’une cheminée d’appel; ce désinfecteur, qui a la forme d’une caisse carrée, est composé de plaques de zinc percées de trous, placées horizontalement, sur lesquelles on met du crin saupoudré de chaux ou de chlorure de chaux. Un manomètre adapté au récipient fait connaître lorsque le vide est opéré.
- Le 4 février 1845, M. Capdeville proposa l’emploi du vide ou de la vapeur dans une tonne pour opérer la vidange.
- Le 19 septembre suivant, MM. Chevrier et Baronnet prirent un brevet pour un moyen
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- de vider les fosses par absorption chimique. Ce moyen consiste dans l’emploi d’un vaste tonneau en tôle ayant la forme des bouilleurs à vapeur, dans lequel on opère le vide par l’emploi de l’acide carbonique ou de la soude caustique. Les matières, avant d’arriver à la tonne, traversent un récipient rempli de substances désinfectantes, et muni d’une cheminée d’appel pour entraîner les gaz.
- Le 22 novembre, même année, MM. Tluébaud et Sergent, de Lyon, prirent un brevet pour l’application à la vidange des fosses du vide opéré dans un cylindre muni d’un robinet par l’introduction de la vapeur d eau condensée.
- Lorsque le vide est ainsi produit, on approche la tonne de la fosse, on met le tuyau d’extraction en communication avec les matières, on ouvre le robinet, et la tonne se remplit.
- Le 18 avril 1846, M. Paulet proposa l’application d’un principe scientifique hydropneumatique, basé sur les expériences de Toricelli, dit vidange barométrique. Il consiste à opérer le vide dans un tonneau par le même moyen employé pour le produire dans la chambre du baromètre.
- Le 2 juin suivant, M. Savoye fit breveter un système de vidange consistant dans l’emploi d’un tonneau contenant du gaz ammoniac. Arrivé près de la fosse, il met un tube en communication; il introduit alors de l’eau dans le récipient, le vide s’opère et le tonneau s’emplit par aspiration.
- Il propose aussi, pour le même objet, l’emploi du gaz hydrogène carboné avec un mélange d’air ; il opère ainsi en détonant.
- Le tonneau est mobile sur galets; il s’enlève de dessus le chariot pour être transporté où on voudra et se remonter de même.
- M. Rival fit breveter, le 8 octobre 1846, une locomotive à vapeur formant le vide dans des récipients munis de robinets. Lorsqu’il s’agit d’opérer la vidange, on ajuste sur le robinet un conduit communiquant avec la fosse, et, en ouvrant le robinet, l’aspiration a lieu.
- Le moyen de M. Vuldy, breveté le 15 décembre 1846, consiste dans l’emploi d’une pompe mise en mouvement par une chaudière à vapeur et produisant le vide dans des récipients.
- Le 31 décembre 1846, MM. Bic et Blanc firent breveter une pompe placée sur ie tonneau de vidange, opérant le vide au moyen de leviers mis en mouvement par les roues de la voiture lors du départ de l’atelier.
- 6° Vidange par des galeries souterraines ouvrant sous les trottoirs ou communiquant avec les égouts des rues. — Cette disposition spéciale a été introduite par M. Sainte-Preuve dans un projet général d’assainissement de Paris et d’exploitation des engrais provenant du nettoyage de cette ville. Supposant que le fermage de ces engrais soit adjugé à une seule compagnie, ou qu’il y ait plusieurs fermiers ayant chacun leur circonscription distincte, l’auteur cherche le moyen le plus avantageux et le moins incommode pour les habitants d’extraire les matières fécales des habitations. 1° Il suppose un travail de nuit ; 2° il veut pénétrer jusqu’aux fosses sans réveiller ni les locataires ni même les concierges des maisons, sans exposer le quartier à l’odeur repoussante des
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- gaz méphitiques. A cet effet, il pratique sous le trottoir placé devant chaque habitation une cavité muraillée solidement pour résister à la poussée des terres et il recouvre cette cavité par une dalle en fonte. Si les sièges d’aisances sont établis près de la façade de la maison, il en conduit le tuyau dans cette cavité et l’adapte à une tonne comme celle des fosses mobiles. Si les sièges sont trop éloignés de la façade, il prolonge la cavité par une galerie souterraine à l’extrémité de laquelle se place de même la fosse mobile alimentée par ces sièges. Dans la plupart des habitations ces galeries passeront sous la porte d’entrée, sous les cours ; il suffira que leur largeur surpasse de 2 ou 3 décimètres le diamètre des tonnes mobiles, afin de laisser passer les ouvriers dans les galeries, entre les tonnes et le mur, et de pouvoir rouler obliquement ces tonnes sur l’un de leurs bords.
- Ces cavités sous trottoirs et ces galeries n’ayant avec les habitations d’autre communication que les tuyaux de descente , les habitants n’auraient rien à craindre de l’infidélité des ouvriers ; et, du reste, les dalles de fonte fermant les entrées seraient munies de serrures.
- Le soulèvement des tonnes et leur placement sur la voiture de transport se feraient soit verticalement, par un petit treuil à potence installé sur la voiture, soit au moyen d’un plan incliné en charpente qui plongerait dans la cavité ménagée sous le trottoir et qui s’appuierait, par en haut, sur la voiture. Ce plan incliné pourrait être une prolongation de l’arrière du haquet même sur lequel se fait souvent dans Paris le transport des fosses mobiles.
- Comme variante de cette disposition, l’auteur propose de faire passer les tonnes mobiles et les ouvriers par une galerie qui aboutirait de chaque maison dans l’égout de la rue, par lequel égout auraient lieu l’entrée et la sortie. Il y aurait donc alors suppression des entrées par les trottoirs, à moins qu’on ne voulût affecter ces cavités, sous les trottoirs, au dépôt momentané des immondices jetées hors des maisons clans des caisses légères en tôle logées dans ces cavités.
- Alors on substituerait, aux plaques de fonte obturatrices, des portes en tôle aussi légères que possible, et les caisses chargées d’immondices seraient soulevées verticalement au moyen des machines portées sur les voitures de transport.
- On éviterait ainsi de salir les rues par ces dépôts d’immondices venues des maisons et de boues fournies par le balayage, dépôts dont les roues de voitures étalent de nouveau une grande partie sur la voie publique. (Voy. fig. 2, pl. 1069.)
- 7° Voitures. — Le 17 mai 1842, M. Huguin proposa, pour le transport des urines séparées des matières solides , de se servir d’une voiture carrée dans laquelle est établi un réservoir en fer galvanisé correspondant à 2 mètres cubes ou 2,000 litres. Au milieu et au-dessus de ce réservoir est un trou d’homme fermé hermétiquement par un couvercle garni d’une vis de pression et d’un cadenas. A la partie inférieure est adapté un tuyau par lequel on peut vider complètement en ouvrant une soupape à l’aide de la tige articulée dont elle est surmontée et qui s’élève jusqu’au-dessus du réservoir ; l’orifice extérieur de ce tuyau est fermé par un tampon en cuivre garni d’un cadenas. Un second tuyau fixé au couvercle du réservoir sert à établir une communication entre
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- celui-ci et une pompe aspirante et foulante pour l’extraction des urines de la fosse.
- Cette pompe est transportée par la même voiture , derrière laquelle on a ménagé un espace destiné à la recevoir avec ses agrès.
- Une tubulure est aussi ménagée sur le devant de la voiture, pour donner de l’air au besoin, lorsqu’on remplit ou qu’on vide le réservoir. Cette tubulure est exactement fermée par un bouchon à vis et à oreille semblable à celui employé dans les pompes à incendie.
- M. Legras lit breveter, le 19 octobre 1844-, un haquet muni d’une grue à manivelle pour l’enlevage des tonneaux de la fosse.
- La voiture dite aérostatique, pour laquelle M. Richer a pris un brevet le 14- juillet 184-6, consiste en une caisse carrée divisée horizontalement en deux compartiments: elle porte à la partie inférieure une embouchure sur laquelle on visse le tuyau d’introduction des matières. Un trou est percé dans la cloison qui sépare la voiture, de sorte que, par l’introduction des matières dans la voiture, l’air se trouve forcé de s’échapper par ce trou et vient se loger dans le deuxième compartiment, qu’il appelle impériale flexible. En ouvrant un robinet on laisse échapper, à volonté, l’air de ce réservoir.
- On conçoit que, lorsque la voiture est pleine de matières et que le robinet est fermé . l’air se trouve comprimé dans le deuxième compartiment, et qu’il suffit d’ouvrir ce robinet pour que la matière s’en échappe avec violence.
- M. Ch. Domange apporta, le 18 juillet 1846, une modification dans le mode de fermeture de la tonne qui reçoit les matières, en y adaptant deux tubes concentriques, celui intérieur recevant les matières du conduit d’extraction et le tube extérieur laissant échapper l’air contenu dans la tonne.
- Vient ensuite M. Huguin, dont le brevet date du 28 août 1846, pour une locomotive à tubes faisant agir directement les pompes pour l’extraction, en opérant par aspiration. Un verre placé sur le derrière du récipient permet d’examiner s’il est plein. M. Huguin propose d’y adapter aussi un flotteur à soupape conique à timbre.
- Un fourneau reçoit par un conduit et brûle les gaz qui se dégagent des matières pendant cette opération. ( La fin au numéro prochain. )
- Note sur la photographie sur verre; par M. Niepce de Saint-Victor.
- Vous avons publié , dans le Bulletin du mois de décembre de l’année dernière , un mémoire de M. Niepce de Saint-Victor sur les propriétés particulières de l’iode, du phosphore, du soufre , de l’acide azotique, etc. Dans ce mémoire, l’auteur parle des essais qu’il avait entrepris pour obtenir de la photographie sur verre. Ces essais ont été continués.
- M. Niepce a présenté à l’Académie des sciences des épreuves de paysages obtenues en 80 à 90 secondes à l’ombre, en employant de l’albumine, qu’il préfère à l’amidon.
- Voici la manière de procéder. On prend deux ou trois blancs d’œufs ( selon le nombre de plaques à préparer ) dans lesquels on verse de 12 à 15 gouttes d’eau saturée d’iodure de potassium ; on bat ensuite les blancs en neige jusqu’à ce qu’ils aient assez de consistance pour tenir sur le bord d’une assiette creuse. On nettoie parfaitement la
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- partie de l’assiette restée libre, afin d’y laisser couler l’albumine liquide qui s’échappe de la mousse en plaçant l’assiette sur un plan incliné. Après une heure ou deux. Je liquide est versé dans un flacon de verre pour s’en servir au besoin.
- On peut conserver l’albumine pendant quarante-huit heures au moins en la tenant au frais.
- Pour étendre l’albumine également sur la plaque de verre, on la verse dans une capsule de porcelaine plate et carrée, de manière que le fond en soit recouvert d’une couche de 2 à 3 millimètres ; on place la feuille verticalement contre une des parois de la bassine, on l’incline ensuite en la soutenant avec un crochet, de façon à lui faire prendre tout doucement la position horizontale ; on la relève ensuite, avec précaution, au moyen du crochet, et on la place sur un plan parfaitement horizontal.
- Lorsque l’albumine aura été appliquée comme on vient de le dire, on la fera sécher à une température qui ne doit pas dépasser 15 à 20 degrés; sans cette précaution, la couche se fendillerait et ne donnerait plus que de mauvais résultats. C’est pour cela que dans le cas où la température dépasserait 20 degrés il conviendrait de ne préparer les plaques que le soir et de les placer sur un marbre recouvert d’un linge mouillé : elles sèchent alors lentement la nuit, et le lendemain matin on les place dans un lieu frais jusqu’à ce qu’on veut s’en servir; sans cette précaution, la couche, quoique sèche . se fendillerait aussitôt qu’elle serait exposée à une température un peu élevée ; mais, pour obvier à cet inconvénient, on passe les plaques, dès qu’elles sont sèches. dans l’acéto-nitrate d’argent, et on les conserve à l’abri de la lumière.
- L’image vient tout aussi bien lorsque la couche est sèche que lorsqu’elle est mouillée, seulement l’opération est un peu plus longue dans ce dernier cas; mais cet inconvénient est bien compensé par la facilité qu’on a de transporter les plaques pour opérer au loin.
- La feuille de verre étant enduite d’une couche d’albumine qui contient de l’iodure de potassium, on la passe dans la composition d’acéto-azotate d’argent en employant les mêmes moyens indiqués pour l’application de l’albumine, et on la lave avec de l’eau distillée, puis on l’expose dans la chambre obscure. On se sert d’acide gallique pour faire paraître l’image, et de bromure de potassium pour la fixer.
- Quant à la supériorité du cliché sur verre à celui du papier, elle est incontestable sous tous les rapports.
- Pour les épreuves positives, il est reconnu que le papier est plus avantageux que le verre : mais pour obtenir une grande pureté de traits et de plus beaux tons, il faut fortement l’encoller avec de l’amidon.
- L’auteur pense que ce nouvel art peut avoir des avantages réels pour l’histoire naturelle, et qu’une foule de sujets, tels que des insectes, des quadrupèdes et des oiseaux empaillés, seront faciles à reproduire.
- La botanique pourra également acquérir ainsi des figures de fleurs et de plantes d’une fidélité parfaite qu’un cliché sur verre permettra de reproduire à l’infini et qu’on pourra ensuite colorier.
- :M. Xiepce a !'espoir de trouver bientôt une substance accélératrice qui permettra
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- ffopérer sur papier aussi promptement que sur le plaqué d’argent. ( Académie des sciences, 12 juin 1848. )
- AGRICULTURE.
- Sur la culture des prairies élevées ; par M. Deleau.
- L’auteur suppose 1 hectare de pré élevé qui ne reçoit que les eaux pluviales et parfois celles qui découlent des terres arables ou des chemins vicinaux. Au mois de décembre, lorsque la terre est imbibée d’eau, à l’aide de la charrue, il enlève perpendiculairement à la pente de ce pré des bandes de gazon de 18 à 22 centimètres de largeur et de 4 à 6 d’épaisseur ; il forme ainsi des rigoles comme dans la pratique des irrigations permanentes; il les multiplie toujours dans le même sens et à des distances plus ou moins grandes, selon la qualité du pré, c’est-à-dire selon qu’il a plus ou moins besoin d’engrais. Ces bandes de terre sont découpées à la bêche : l’auteur en recueille ainsi de quinze à vingt tombereaux qui sont déposés par tas à des distances à peu près égales ; ces tas doivent être plus forts dans les endroits les moins productifs.
- Ce premier travail, qui est peu coûteux , donne déjà une terre excellente contenan! beaucoup de racines qui la disposent à s’imbiber, à s’échauffer et à se diviser ; il ne lui manque que la présence des matières animales. Jusqu’à présent l’auteur a pu se procurer des chevaux à un prix modique ; tués et découpés sur place, ils sont recouverts. avant d’être enfouis, de 8 à 15 kilogr. de sulfate de fer ou de quelques sacs de plâtre cuit. En quelques semaines la fermentation s’établit sans exhaler trop d’odeur.
- Ces deux opérations étant terminées, l’amas de terre et l’enfouissage, on n’a, pendant l’hiver, qu’à surveiller les tranchées parallèles qui sillonnent le pré ; on y favorise, autant que possible, le dépôt des terres charriées par les eaux que l’on recueille pendant les pluies et la fonte des neiges.
- Dans le courant du mois de mars, après quelques jours de beau temps, on fait passer le râteau dans les rigoles, on y sème des graines de graminées fourragères qu’on a eu soin de récolter à la dernière fenaison. Le semis étant terminé, les gazons amoncelés eu automne sont remués le mieux possible, puis étendus sur toute la surface du pré. Il ne reste plus alors, pour terminer l’opération , que le hersage et le roulage. Ce dernier travail s’opère à l’aide d’un rouleau en grès traîné par trois chevaux; il passe et repasse sur les rigoles, et, si l’hiver a été très-humide, il les met au niveau du pré, condition avantageuse pour l’époque de la fauchaison.
- Voici les conséquences que l’auteur déduit du procédé de culture des prairies élevées qu’il vient d’indiquer :
- 1° On recueille pour ainsi dire sans frais la quantité de terre nécessaire à la composition de l’engrais.
- 2° Les tranchées faites à la charrue arrêtent le trop brusque écoulement des eaux : elles favorisent le dépôt des substances fertilisantes qu’elles charrient.
- 3° Par ses semis, l’auteur renouvelle sur ses prés des graminées ou des légumineuses qui avaient disparu. Ces plantes nouvelles s’égrènent à la fenaison et se propagent des rigoles sur toute l’étendue de la pfàirie.
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- BIBLIOGRAPHIE INDUSTRIÈLLE.
- 4° Les matières animales enfouies dans la terre développent de l’ammoniaque qui décompose les sulfates de chaux et de fer pour former un nouveau sel, le sulfate d’ammoniaque. Ce dernier possède, comme on le sait, une grande puissance de fertilisation.
- 5° L’action du rouleau renchausse l’herbe, écrase les mottes de terre, détruit les taupinières et donne à la faux la facilité de raser le terrain; de là soulagement dans la fatigue du faucheur et augmentation du produit, puisque l’herbe est coupée le plus près possible de terre.
- 6° Enfin, la dépense étant peu considérable, on peut renouveler l’opération tous les deux ou trois ans. {Acad, des sciences, 27 mars 1848.)
- BIBLIOGRAPHIE INDUSTRIELLE ÉTRANGÈRE.
- Livres anglais.
- Chemical récréations, by Griffin. — Récréations chimiques. In-8, London, Tigg et comp.
- A practical treatise on warming buildings by hot water, by Hood. — Traité pratique du chauffage des édifices par la circulation de l’eau chaude. 1 vol. in-8. Londres, Whitacker.
- A treatise on mechanics, by Heather. — Traité de mécanique. 1 vol. in-8, Londres, Weale.
- Mechanics applied to the arts, by Moseley. — Mécanique appliquée aux arts. 3e édition, in-8. Londres, Parker.
- On the arts of registration of designs, by Carpmeal. — Sur les actes relatifs à l’enregistrement des dessins. 1 vol. in-8. Londres, Makintosch.
- A treatise on the principles relating to the spécification of a patent of invention, by Spencer. — Traité des principes relatifs à la spécification d’une patente. 1 vol. in-8. Londres , Stevens et Norton.
- General table for facilitating the calculation of earth Works, by Basforth. — Table pour faciliter le calcul des ouvrages de terrassement. 1 vol. in-8. Londres, Bell.
- The art of sketching from nature in perspective, by G. Earl. — L’art de dessiner la perspective d’après nature. 1 vol. in-8. Londres, Medes.
- The engineers and contractors poket book for 1847 and 1848. —Manuel de l’ingénieur et de l’entrepreneur. 1 vol. in-12. Londres, Weale.
- Observations on lime, calcareous cements, mortars, etc., by major general Pasley. — Observations sur la chaux, les ciments calcaires, les mortiers, etc. 1 vol. in-8. Londres , Weale.
- Weales quarterly papers on engineering. Part. 1, vol. VI. — Mémoires trimestriels sur les travaux des ingénieurs. In-4. Londres, Weale.
- The indicator and dynamometer with their practical applications, by Main and
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- bibliographie industrielle.
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- Brown. ____ L’indicateur et le dynamomètre avec leurs applications pratiques. 1 voh
- in-8. Londres, Hebert.
- Tlie principles and practice of hydraulic engineeiing, by Dwyet. Principes et applications pratiques des constructions hydrauliques. 1 vol. m-8. Londies, Orr et compagnie.
- Railwav locomotion and steam navigation, by J. Carr. — Locomotion sur les chemins de fer et navigation par la vapeur. 1 vol. in-8. Londres, J. Williams.
- Observations on the steam navy of Great Britain and the horse power of marine en-gine, by Gastafson. — Observations sur la marine à vapeur de la Grande-Bretagne et sur la puissance effective des machines à vapeur employées à bord des bâtiments. 1 vol. in-8. Londres, Hebert.
- An essay on the air pump and atmospheric railway, by Turnbull. — Essai sur les pompes à air et sur les chemins de fer atmosphériques, 4 vol. in-4. Londres, Williams.
- Outlines of chemistry for use of students, by Gregory. —Eléments de chimie à l’usage des étudiants. 1 vol. in-12, avec pi. Londres, Longman, Brown et Green.
- A guide to the proper régulations of buildings in towns, by Hosking. —Guide pour la construction la plus convenable des bâtiments civils. 1 vol. in-8. Londres, Longman.
- The rail and the electric telegraph. — Le chemin de fer et le télégraphe électrique 1 vol. in-8. Londres, Longman.
- An account of the cultivation and manufacture of tea in Chine, by S. Bell. — Traité de la culture et de la préparation du thé en Chine. 1 vol. in-8.
- A manual of agricultural chemistry, by Fresenius. — Manuel de chimie agricole. 1 vol. in-8. Londres, Longman.
- The whole art of making british wines, by James Bobison. — Traité pratique de la préparation des vins anglais. 1 vol. in-8. Londres, Longman.
- The principles of geometry and mensuration , by Thomas Tate. — Principes de la géométrie et de la topographie. 1 vol. in-8. Londres, Longman.
- Railway engineering, by Th. Baker.—De la construction des chemins de fer. 1 vol. in-8. Londres, Longman.
- Ouvrages périodiques.
- The mining journal, railway and commercial gazette. — Journal des mines et gazette des chemins de fer et du commerce. —Journal hebdomadaire, Londres, English.
- The repertory of patent inventions, — Répertoire des inventions brevetées. N° 49 à 60, année 1847. Journal mensuel, in-8, avec planches. Londres, Macintosh.
- The London journal and repertory of arts, by W. Newton.—Journal de Londres et répertoire des sciences, des arts et des manufactures. Janvier à décembre 1847 , in-8, avec planches. Londres, Newton.
- The mechanic’s magazine. — Magasin du mécanicien. Janvier à décembre 1847, in-8, avec gravures en bois. Londres, Bounsall.
- Quarante-septième année. Juin 1848.
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- BIBLIOGRAPHIE INDUSTRIELLE.
- The civil engineer and architectes journal. — Journal des ingénieurs civils et des architectes. Janvier à décembre 1847, in-4, avec planches. Londres, Groombridge.
- Livres allemands.
- Handbuch fur hopfen pflanzer, von Crath. — Manuel du cultivateur de houblon. In-8. Stuttgard, Cotta.
- Vollstaendige muhlenbaukunst, von Schlegel. — Traité de la construction des moulins. 1 vol. in-8, avec planches. Stuttgard, Heinsius.
- Grossbritanniens Gesetzgehung über gewerhe, hanclel und innere communications mittel, von Kleinschrod. — Législation anglaise relative à l’industrie, au commerce et aux voies de communication intérieure. 1 vol. in-8. Stuttgard, Cotta.
- Beitraege zur oesterreichischen handels und zollstatistick, von S. Becher. — Mémoire sur la statistique commerciale et douanière de T Autriche. 1 vol. in-8. Stuttgard, Cotta.
- Die maasse und gewichte der deutschen Zollvereins staaten, von Aldefeld. •— Poids et mesures des Etats de l’union douanière allemande. I vol. in-8. Stuttgard, Cotta.
- Die gaehrungs chemie, von Balling. — Traité des opérations chimiques, dans leur rapport avec la fermentation. 1 vol. in-8. Prague, Calve.
- Die technische mechanick, von Kuhlmann. — Mécanique industrielle. 2 vol. m-8. Dresde, Arnold.
- Gefaerbtes glass and glass mosaïk, von Ballantine. — Des verres colorés et de la mosaïque fabriquée avec du verre. 1 vol. in-8.
- Verhandlungen des nieder oesterreichischen gewerb vereins. — Mémoires de la Société pour l’encouragement de l’industrie de la basse Autriche , séant à Vienne. T. XII et XIII, 2 vol. in-8, avec planches. Vienne, Gerold.
- Ouvrages périodiques.
- Polytechniscb.es journal, von Dingler. — Journal polytechnique. 24 cahiers par an, in-8, avec planches. Stuttgard, Cotta.
- Polytechnische mittheilungen, von Voltz und Karmarsh. — Renseignements technologiques. In-8, avec figures. Tubingue, Fues.
- Polytechnisches centralblatt, von Hulse und Stoeckard. — Journal spécial polytechnique. In-4, 2 livraisons par mois, avec planches. Leipzig, Wigand.
- Verhandlungen des vereins zur befoerderung des gewerb fleisses in Preussen. —Mémoires de la Société pour l’encouragement de l’industrie en Prusse. 6 cahiers par an , in-4, avec planches. Berlin.
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- Extrait des procès - v er b a ux des séances du conseil d administration de la Société
- d’encouragement.
- Séance du 24 mai 1848.
- Correspondance. M. le vice-amiral, ministre de la marine et des colonies, accuse réception de l’Exposé de la situation de l’industrie française considérée dans ses rapports avec le sort des travailleurs, présenté à l’Assemblée nationale par la Société d’encouragement.
- M. Durai Dunumoir, h Forges près Montereau ( Seine-et-Marne), transmet une nonce sur le drainage ou dessèchement des terres.
- \\ Lenfant, rue de Londres, 32, adresse un exemplaire de la pétition qu’il vient de présentera l’Assemblée nationale, et qui a pour objet l’ajournement du décret du gouvernement provisoire qui supprime l’impôt sur le sel.
- M. le secrétaire dorme communication de la circulaire suivante de M. Rogier, ministre de l’intérieur de la Belgique, à MM. les gouverneurs des provinces belges.
- Bruxelles, 2 avril 1848.
- Monsieur le gouverneur,
- Les grands centres de population produisent des quantités considérables d’engrais qui, recueillis et distribués au profit de l’agriculture, augmenteraient notablement b production du sol. Aujourd’hui ces matières sont, pour la plupart, perdues, et elles deviennent même fréquemment une cause d’insalubrité par les exhalaisons méphitiques qu’elles répandent. Je n’ignore pas, monsieur le gouverneur, que dans la plupart des villes, la construction tant des édifices privés et publics que des égouts est faite de telle sorte qu’il serait souvent impossible, sans de grandes dépenses, de remédier complètement à l’état actuel des choses, et de faciliter l’écoulement et la concentration des matières dont il s’agit, en en permettant l’appropriation totale aux usages agricoles. Je ne doute pas, cependant, qu’il n’y ait, dans beaucoup de grands centres de population, des modifications faciles à introduire à cet égard, et qu’au moyen de quelques travaux-peu coûteux on ne parvint, dans plusieurs cas, à assainir certains quartiers de nos villes, tout en fournissant à l’agriculture des ressources précieuses qui, aujourd’hui, sont perdues pour elle.
- Je suis persuadé aussi que de grands établissements publics où une population nombreuse se trouve concentrée, comme les prisons, les casernes, etc. , pourraient, sous ce rapport, recevoir des améliorations notables, et que souvent on n’aurait pas de peine à rencontrer des entrepreneurs qui se chargeraient de les réaliser, uniquement dans l’espoir de s’approprier les engrais que l’exécution des travaux leur permettrait de recueillir.
- Je crois, monsieur le gouverneur, que cet objet mériterait d’être étudié d’une manière spéciale dans chacun de nos grands centres de population et pour tous les établissements publics qui s’y trouvent disséminés. Je vous prie, en conséquence, de prendre les mesures nécessaires pour que cette étude soit faite sans retard, et que, par l’intermédiaire soit des autorités existantes, soit d’agents ou de comités spéciaux à instituer dans chaque
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- localité, on arrive à connaître, dans un bref délai, 1° les localités (villes, quartiers de ville, ou commune ) qu’au moyen de quelques travaux on pourrait assainir en donnant aux matières infectantes un écoulement qui permît de les utiliser comme engrais ; 2° les établissements publics où des travaux du même genre assureraient l’appropriation de ces matières aux usages agricoles; 3° les plans, devis, etc., de ces travaux, ainsi que les conditions les plus économiques de leur exécution.
- Veuillez, monsieur le gouverneur, ne rien négliger pour qu’il soit donné suite à la présente communication, et m’informer, en tout cas, des résultats qui auront été obtenus.
- Le ministre de l'intérieur,
- Signé Ch. Rogier.
- M. Chevallier, membre du conseil, a cru devoir communiquer cette circulaire comme un témoignage de l’importance qu’on doit attacher à tout ce qui tient à l’assainisse -ment et à la conversion en engrais de matières qui, dans les grands centres de population, sont une cause d’insalubrité.
- M. Chevallier propose et le conseil décide qu’il sera adressé à M. Rogier deux exemplaires du rapport sur le concours ouvert pour la désinfection des matières fécales et des recherches sur tout ce qui a été écrit sur les fosses, sur la désinfection et l’utilisation des matières fécales, depuis 1348 jusqu’en 1846.
- M. Michiels adresse un mémoire imprimé intitulé, Du gaz-feu et des moyens de fournir le calorique à la consommation générale à l’aide d’une grande canalisation.
- Objets présentés. M. Poudras, mécanicien, rue de la Verrerie, 32, expose que dans les arts mécaniques on a peu de moyens de mesurer d’une manière exacte les épaisseurs des feuilles métalliques. Les horlogers n’ont aucun outil commode pour mesurer l’épaisseur des ressorts ( l’outil nommé micromètre est insuffisant dans ce cas ), et par-conséquent de les comparer entre eux sous ce rapport. Chargé par M. Henry Robert d’exécuter, d’après ses dessins, un appareil très-simple donnant les épaisseurs des lames à moins d’un quarantième de millimètre près et peu dispendieux, M. Fondras Je présente à la Société en la priant de le faire examiner.
- M. l’abbé C 1er g eau, rue Honoré-Chevalier, 4, soumet un système transpositeur appliqué à l’orgue, système pour lequel il a pris un brevet d’invention.
- M. Bosquillon, rue des Banquiers, 3, près le boulevard de l’Hôpital, appelle l’attention de la Société sur un nouveau système du métier Jacquart auquel il a donné le nom de mécanique Jacquart parisienne. Ce système est composé 1° d’une nouvelle machine dite piquage accéléré; 2° d’une mécanique dite mécanique Jacquart parisienne à une seule griffe ; 3° d’une autre mécanique Jacquart parisienne à double griffe.
- M. Rosi, me Saint-Martin, 239, présente des échantillons de soie teints en noir solide au moyen de procédés qui lui appartiennent, ainsi que des échantillons de coton teints en noir bon teint.
- Les ouvrages suivants sont déposés sur le bureau :
- 1° Bulletin des séances de la Société centrale d’agriculture, rédigé par M. Payen. secrétaire perpétuel, 2e série, t. III, n° 9, 1848;
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- 2° Annales de F agriculture française, avril et mai 1848:
- 3° Journal des économistes, 7 e année, nos 7 et 8 ;
- 4° Programme d’un concours ouvert par l’Académie royale de Turin sur les maladies qui régnent dans les rizières ;
- 5° Le Moniteur industriel des 11, 14, 18 et 21 mai;
- 6° La Belgique industrielle, numéros des 11, 14, 18 et 21 mai.
- Rapports des comités. Au nom du comité des arts économiques, M. Silvestre fils donne une nouvelle lecture de son rapport sur les lorgnettes jumelles elliptiques de M. Ringard.
- Ce système diffère de celui en usage, 1° en ce que les verres et les deux corps de l’instrument sont elliptiques au lieu d’être cylindriques ; 2° en ce que les porte-verres se placent à chacune des extrémités clans des encastrements où ils entrent à frottement doux et où ils sont fixés au moyen de boutons à ressort.
- Après avoir donné des détails sur le mode de fabrication, sur le centrage des verres, etc., le comité propose de remercier M. Ringard de sa communication et d’ordonner l’insertion du rapport dans le Bidletin, accompagné d’une figure de la nouvelle lorgnette.
- Après une discussion, le conseil approuve le rapport et en adopte les conclusions.
- Au nom du comité des arts mécaniques, M. Saulnier lit un rapport sur un système de suspension des cloches présenté par M. Pelithomme, fondeur à Laval ( Mayenne j.
- L’auteur s’est livré à diverses expériences sur les meilleures formes et dimensions a donner aux hunes. La suspension du battant dans l’intérieur de la cloche a lieu au moyen cl’une chape et d’un boulon.
- Après avoir rappelé les moyens proposés par M. Tissot, et qui ont été l’objet d'un rapport inséré au Bulletin de la Société de 1828, p. 253, ainsi qu’une communication de M. Olivier sur un mécanisme servant de support aux tourillons de la grosse cloche de la cathédrale de Metz, M. le rapporteur propose, au nom du comité, de remercier fauteur de sa communication et d’insérer le rapport au Bulletin, accompagné d’un dessin du nouveau mode de suspension. ( Approuvé. )
- Au nom du comité des arts économiques, M. Gourlier a la parole pour une proposition relative à l’adjonction d’un membre à ce comité.
- Le comité présente de nouveau M. le docteur Bayard, dont la nomination avait été ajournée à raison de la part qu’il a prise à l’un des concours ouverts par la Société.
- Le comité demande à exposer, dans une prochaine séance, les titres de M. Bayard.
- Cette proposition est prise en considération.
- Il est procédé au scrutin pour la nomination de M. le Chatelier comme membre adjoint du comité des arts mécaniques. Le nombre des votants est de 21; M. le Chatelier. ayant obtenu 18 suffrages, est proclamé membre adjoint du comité des arts mécaniques.
- M. Jomcird, l’un des censeurs, exprime le vœu que le relevé des objets présentés soit déposé sur le bureau, afin que M. le président puisse les rappeler aux comités chargés de les examiner.
- Sur l’invitation de M. le président, M. Péligot donne lecture de la pétition adressé*-
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- PROCÈS-VERBAUX.
- par M. Frédéric Lenfant à l’Assemblée nationale, pour demander l’ajournement du décret du gouvernement provisoire qui ordonne la suppression de la taxe du sel.
- M. le président, après avoir appelé l’attention du conseil sur les réflexions judicieuses de l’auteur, propose de le remercier et de renvoyer sa pétition à la commission du Bulletin.
- Le conseil entend plusieurs membres sur la question de l’impôt du sel, sur son maintien, sa réduction ou sa suppression; il charge les comités d’agriculture et des arts chimiques d’examiner avec soin les diverses questions qui se rattachent à cette matière.
- M. Jomard signale, comme document utile à consulter, la discussion pleine d’intérêt qui eut lieu, en 18-V7. à la chambre des pairs; il saisit cette occasion pour rappeler la commandite pour les travaux de l’agriculture dont M. Fugère a conçu l’idée, et qui se recommande à l’attention de la commission spéciale.
- M. Benoit, ancien membre du comité des arts mécaniques, a remarqué, dans Y Exposé de la situation de l'industrie française , par M. le secrétaire de la Société , la phrase suivante : « Enfin quoi de plus laborieux, de plus manufacturier que les Etats-Unis où naquit Fulton qui, par la vapeur, a dompté la mer, etc. »
- Le conseil ayant fait publier, dans le Bulletin , des recherches historiques qui prouvent que notamment en France, dès 1776, des expériences faites avec des bateaux mus par la vapeur ont donné la solution du problème, solution attribuée à Fulton , M. Benoît demande que le passage cité de l’exposé soit rectilié.
- M. le président ne doute pas que M. le secrétaire ne s'empresse de faire droit à cette demande.
- Séance du 7 juin 1848.
- Correspondance. M. Laignel, rue de la Harpe, 13, en invoquant les témoignages ut-satisfaction et les médailles que la Société lui a accordés pour ses systèmes d’amélioration et de sécurité dans les chemins de fer, demande que la Société veuille bien mettre à sa disposition une de ses salles pour appeler le public à entendre l’exposé des dispositions de ses divers systèmes et des avantages qu’ils présentent.
- Cette demande, appuyée par M. Seguier, est accueillie.
- MM. les ministres des affaires étrangères et des finances accusent réception, avec re-merciment, des exemplaires de l'Exposé de la situation de Vindustrie française présenté à l’Assemblée nationale par la Société d’encouragement.
- M. Frémy, fabricant de papiers et toiles à polir, rue Beautreiliis, 23, pour répondre à l’appel de la Société, adresse des observations relatives aux moyens pratiques d’améliorer la condition des ouvriers.
- M. le président fait remarquer que la commission a pris connaissance de ces observations qu’elle regarde comme dignes d’intérêt.
- Le conseil vote des remerclments à M. Frémy.
- Objets présentés. MM. Rhinlaender et Sclilachter, me des Vinaigriers, 17. présentent un piano vertical établi sur un nouveau système.
- Les ouvrages suivants sont déposés sur le bureau :
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- iiJ Le Technologiste, par MM. Malpeyre et Vasserot, cahiers de mai et de juin 1848 ;
- 2° Bulletin du musée de rindustrie, publié par M. Jobctrd, directeur du musée de Bruxelles, année 1847. 3e et 4e livraisons et année 1848, Ve livraison ;
- 3° Exposition de Vindustrie belge, par M. Jobard, lre et 2e livraisons;
- 4° Moniteur industriel des 25, 28 mai, 1er et 4 juin 1848;
- 5° Organisation des travailleurs, par M. Bresson, ingénieur civil à Rouen;
- 6° Amélioration du sort des travailleurs ayant pour base la liberté du travail, par M. Pocket, entrepreneur de travaux publics;
- 7° Études sur Vorganisation de Vindustrie et du travail, par M. J. J. Maritz. a Orbev près Kaysersberg ( Haut-Rhin );
- 8° Journal des économistes, 7e année, n° 9 ;
- 9° Bulletin de la Société de iinstruction élémentaire, mars 1848 ;
- 10° Annales de la Société centrale d’horticulture de France, avril 1848;
- fi 1 Expériences faites en 1846 avec le sel marin sur le blé, par MM. du Br end. Fauchel et Girardin ( rapport lu à la Société d/agriculture de la Seine-Inférieure dans sa séance du 10 novembre 1847 );
- 12° La Belgique industrielle des 25 et 28 mai, 1er et 4 juin 1848.
- M. Chevallier fait remarquer que dans ce journal se trouve un article de M. Serbat, sur les compositions ayant pour base le peroxyde de manganèse, qui servent à la peinture et à la confection d’un mastic en remplacement de celui au minium pour lu-ter les pièces des appareils à vapeur. Les compositions de M. Serbat possèdent les mêmes propriétés que celles de M. Leçlaire, à base de zinc, et sont destinées, comme elles, à remplacer la céruse qui a tant de dangers pour la santé; M. Chevallier demande que les produits de M. Serbat soient l’objet de l’examen du comité des arts chimiques.
- Le conseil accueille cette demande.
- Communications. M. le président annonce la mort du dernier fils du célèbre Watt. Ce digne continuateur des travaux de son illustre père avait maintenu la réputation de l'établissement de construction des machines à vapeur fondé par MM. Watt et Boulton. On doit à M. Watt un ouvrage dans lequel il a exposé les travaux de son père, et produit les titres qui lui donnent des droits incontestables à la découverte de la décomposition de l’eau. Avec le dernier fils de Watt s’éteint un nom cher aux sciences et à l’industrie. M. le président propose de témoigner à sa famille tous les regrets de la Société d’encouragement.
- Cette proposition est adoptée.
- M. Th. Olivier, membre du conseil, donne communication des travaux auxquels il s’est livré pour le tracé et la construction des engrenages du système de White.
- M. le président remercie M. Olivier de cette communication, et l’invite à rédiger, sur ce sujet, une note pour être insérée au Bulletin.
- M. Jomard appelle l’attention de la Société sur les questions qui se rattachent à l’emploi du sel; il regarde comme urgent de faire connaître le résultat des recherches faites à cet égard pour être porté à l’Assemblée nationale.
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- PROCÈS-VERBAUX.
- M. Combes s’élève contre l’impôt du sel, et, à l’appui de son opinion, il cite les habitants des Cévennes qui en font un grand usage pour leurs aliments et ceux de leurs bestiaux.
- M. le président se propose de mettre sous les yeux de la commission les documents qu’il a recueillis, depuis un grand nombre d’années, sur l’emploi du sel, soit en France soit en Angleterre. Il fait remarquer que, en France et les autres pays de l’Europe , les plaintes excitées par l’impôt du sel ne sont point générales. En examinant les causes de cette divergence d’opinions, il en a trouvé le motif dans la différence des conditions locales où sont placées les populations. Là où le sol repose sur un fonds granitique , le sel est une nécessité et l’abolition de l’impôt qui pèse sur cette matière est vivement demandée. Là où le sol repose sur un fonds calcaire, la décomposition des parties salines qu’il renferme pénètre dans les eaux, dans les plantes, et les besoins du sel se font moins sentir.
- Après s’être expliqué sur l’analyse des eaux qui traversent les terres calcaires et non calcaires, M. le président fait ressortir l’élément nouveau qu’il est nécessaire d’introduire dans la discussion sur l’impôt du sel.
- M. Michelin, pour corroborer l’opinion émise par M. Dumas, cite la Suisse, dont Je sol est presque généralement granitique. Les eaux provenant de la fonte des neiges ne contiennent pas de sel. Dans ce pays, le sel est exempt de tout impôt.
- Après une discussion à laquelle ont pris part MM. Jomard, Combes et Dcirblay, sur l’emploi du sel pour l’usage des animaux, M. Chevallier rappelle que la plupart des découvertes de sources salées sont dues aux animaux, qui recherchent ces eaux pour s’abreuver dans les localités où les eaux généralement en contiennent peu en dissolution.
- M. le président annonce que la commission se réunira dans le plus bref délai, pour délibérer sur l’importante question dont l’examen lui est confié.
- IMPRIMERIE DE Mtfie Ve BOUC.HARD-HUZARD, RUE DE L’ÉPERON, 7.
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- QUARANTE-SEPTIÈME ANNEE, (N° DXXIX. ) JUILLET 1848
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES. — forges.
- Description d’un marteau-pilon, pour le cinglage des loupes de fer, fonct ionnant par l’action directe de la vapeur; par M. Cavé.
- Parmi les machines-outils récemment introduites dans nos forges, celles qui présentent les résultats les plus satisfaisants sous le rapport de l’économie et de la puissance qu’elles développent sont incontestablement les appareils qui servent à cingler les loupes de fer en remplacement des martinets. On a imaginé, dans ce but, deux espèces de machines, dont les unes opèrent par compression et les autres par percussion, et fonctionnent par l’action directe de la vapeur. Nous avons décrit, dans le Bulletin de la Société, année 1843, deux cingleurs ou presseurs, l’un de M. Ryder, p. 24, et l’autre de M. Burden, p. 197. On trouve aussi, dans le Bulletin de 1847, p. 537, la description d’une machine construite par M. Cavé, et destinée à comprimer fortement les loupes de fer entre deux mâchoires. Celles établies aux forges d’Anzin, par M. Guillemïn, et par M. Flâchât, aux usines de Yier-zon, d’Abainville et ailleurs, sont du même genre.
- On avait reproché à ces machines de ne pas produire des résultats aussi satisfaisants que les marteaux, et de laisser du laitier dans le fer ; mais cette objection n’est pas fondée, et les machines à compression continuent d’être employées.
- Celles connues sous le nom de marteaux-pilons, bien qu’elles opèrent par chocs et exigent des massifs considérables pour résister aux ébranlements,
- Quarante-septième année. Juillet 1848. 46
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- ARTS MÉCANIQUES.
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- sont également en usage. Il parait que la première idée de coite machine est due à l’anglais William Deverell, qui prit, en 1806 , une patente pour l’application directe de la vapeur à un marteau ou pilon attaché à la tige d’un piston engagé dans un cylindre , de sorte que, lorsque le piston est soulevé par l’action de la vapeur, il entraîne le marteau dans son ascension, pour retomber avec lui dès que la vapeur s’échappe.
- M. Cavé prit, en 1836 , un brevet de cinq ans pour l’application d’un cylindre à vapeur à simple effet à un marteau , emporte-pièce ou tout autre appareil analogue ; ce brevet est publié t. 45, p. 310 de la Collection des brevets.
- Plus tard, en 1841, il fut délivré à MM. Schneider frères, du Creuzot, pour un marteau vertical ou marteau-pilon à vapeur, un brevet dont on trouve une description succincte p. 393 du t. 64 de la même Collection.
- Vers la même époque, MM. Nasmyth et Gaskell, à Patric-oft, près Manchester, en Angleterre, construisirent un marteau vertical qui renferme plusieurs dispositions ingénieuses, entre autres celles de pouvoir marcher seul et de régler sa chute et sa puissance à volonté. Cette machine , pour laquelle il a été pris, en 1843 , un brevet d’importation de dix ans , est décrite et figurée t. IY du recueil intitulé, Publication industrielle, par M. Ârmengaud aîné.
- Le marteau-pilon a été appliqué avec succès, en Angleterre, à l’enfoncement des pilots pour la construction d’un batardeau, ainsi qu’il résulte d’une note de M. Morin que nous avons publiée p. 554 de la 44e année du Bulletin (1845).
- Enfin un brevet de quinze ans a été délivré le 15 mai 1846 à M. Potel, à Amiens , pour un marteau à vapeur, et deux autres l’ont été en 1847, pour le meme objet, à MM. Jourjon et Clair, à Saint-Étienne, et Huau, à Brest.
- Le marteau-pilon de M. Cavé, représenté en élévation, en coupe verticale et en coupe horizontale fig. 1, % et 3, pl. 1066, est aujourd’hui employé dans un grand nombre d’ateliers; il se compose d’une forte pièce en fonte A, à la partie inférieure de laquelle est rapportée , à queue-d’aronde, la panne B qui peut se placer et se retirer à volonté, et qu’on assujettit avec des coins.
- Ce marteau monte et descend entre des coulisses bien dressées sur les côtés de deux bâtis en fonte C C qui forment en même temps la cage de la machine et supportent le cylindre à vapeur. Deux règles D D, adaptées sur les bords, tiennent le marteau constamment appliqué dans les coulisses ; ces règles sont fixées chacune par une rangée de boulons à écrous.
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- Ha/Zt'/ui </t‘ 4/ Jf/tvi'/r , . I ' f) .1 .1 / .1, /'/’.14/1.
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- FORGES.
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- Les deux bâtis sont réunis , à leur sommet, par une corniche en fonte E qui se relie aux montants par des coins en fer. Au centre de cette corniche est établi le cylindre à vapeur F dont la hauteur correspond à la plus grande course qu’on veut donner au marteau. Ce cylindre est fermé par un couvercle G qu’on enlève lorsqu’il est nécessaire d’ouvrir le cylindre pour visiter ou retirer le piston à vapeur H. À la base est une boite à étoupe qui donne passage à la tige du piston ; cette tige est attachée au marteau par une clavette a, mais, pour que les chocs ne tendent pas à couper celle-ci, on a laissé du jeu dans la mortaise qui la reçoit, puis, au lieu de faire toucher le bout de la tige avec la fonte, on a garni de rondelles en chanvre le fond du trou dans lequel elle est logée.
- L’admission de la vapeur se fait dans la partie inférieure du cylindre par la lumière b qui est en communication avec la boite de distribution ï lorsque son tiroir occupe la position la plus élevée ; la sortie a lieu par l’orifice c qui communique avec le tuyau d’échappement d.
- La boîte de distribution reçoit la vapeur arrivant du générateur par la tubulure d’introduction e; cette boîte porte une autre tubulure f dans laquelle fonctionne un petit piston K qui se relie par une double articulation au tiroir J au moyen de la courte bielle g. On conçoit que par cette disposition la pression de la vapeur qui tend à appliquer la face du tiroir sur le siège dressé du cylindre se ferait sentir également sur la face du piston , si les deux surfaces étaient égales ; mais comme celle du tiroir est un peu plus grande, celui-ci reste appuyé contre le siège , et entraîne dans sa marche rectiligne la tige g qui, alors, change légèrement la position du petit piston ; toutefois le frottement du tiroir est peu considérable, la pression qui agit sur lui étant diminuée de toute celle qui a lieu sur le piston. Suspendu à la tige verticale h , ce tiroir est mis en mouvement par le balancier L qui oscille sur son centre i, et s’articule , à l’autre extrémité, avec la tringle verticale M. Celle-ci s’attache par sa partie inférieure au levier N terminé par une manette que l’ouvrier manœuvre à la main.
- L’enclume O peut être changée, au besoin, suivant les pièces à forger, parce quelle n’est qu’ajustée sur le grand tas en fonte ou chabotte P, qui sert en même temps d’assise aux deux côtés du bâti. Cette assise de fonte est posée sur un lit en charpente Q composé de plusieurs rangées de pièces de bois alternativement placées en long et en travers, et avec lesquelles le tas est solidaire au moyen de forts boulons qui les traversent.
- Les trous pratiqués sur la face du bâti, fig. 1, sont destinés à recevoir des
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- ARTS MÉCANIQUES.
- tiges de fer qui peuvent aider l’ouvrier à soutenir ses outils pendant son travail.
- M. Cavé emploie un système de soupapes de sûreté qu’on voit dessinées sur une plus grande échelle fig. 4. Ces soupapes k l, adaptées au côté latéral du cylindre à vapeur et vers sa partie supérieure, sont disposées l’une au-dessus de l’autre ; leur base est de forme conique et elles se soulèvent de bas en haut ; la première, k, est chargée d’un ressort à boudin m pour la tenir fermée jusqu’à une certaine pression atmosphérique. L’espace libre entre les deux soupapes est un canal qui communique avec l’intérieur du cylindre.
- MM. Petin et Gaudet, maîtres de forges à Rive-de-Gier, ont disposé l’enclume de leurs marteaux-pilons sur une plate-forme tournante, pour pouvoir, dans la même chaude, étirer et élargir le fer, ce qui est surtout fort important pour les grosses pièces. ( D. )
- CLOCHES.
- Rapport fait par M. Saulnier, au nom du comité des arts mécaniques, sur un système de suspension des cloches, par M. Petithomme.
- Messieurs, M. Petithomme fondeur à Laval ( Mayenne ), a appelé l’attention de la Société d’encouragement sur un système de suspension des cloches pqpr lequel il a pris un brevet d’invention.
- M. Petithomme, pour faire ressortir les avantages de son système, a donné la description de divers modes de montage parvenus à sa connaissance, et en a signalé les inconvénients.
- Son mode de suspension se distingue particulièrement par la forme des tourillons sur lesquels oscille la cloche. Ils sont composés chacun de deux cylindres accolés ; l’un, inférieur, est d’un petit diamètre, et porte sur un coussinet en bronze emboîté dans un palier en fonte qui est lui-même entaillé dans la charpente du beffroi ; le tourillon supérieur, qui est le plus gros, vient porter sur le coussinet lorsque la cloche , dans son mouvement oscillatoire, décrit plus que le demi-cercle ; le petit tourillon quitte alors le coussinet, et son extrémité prolongée parcourt une rainure circulaire qui le dirige et s’oppose à tout dérangement. Il résulte de cette disposition que la cloche peut, sans inconvénient, décrire beaucoup plus que le demi-cercle.
- M. Petithomme a étudié particulièrement les meilleures formes et dimen-
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- CLOCHES.
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- sions à donner aux hunes ( pièces de bois auxquelles les cloches sont fixées et qui portent les tourillons ); il a adopté un système qui consiste à placer le centre de gravité des petites comme des grandes cloches à une même distance de l’axe de suspension, système qui facilite la manœuvre des sonneurs lorsqu’il s’agit de faire correspondre entre eux les battements successifs de plusieurs cloches.
- La suspension du battant, dans l’intérieur de la cloche, a été aussi, pour M. Petithomme, l’objet d’essais qui l’ont amené à supprimer la courroie , et «à la remplacer par une chape à boulon, facile à renouveler. Cet habile fondeur a exposé, dans son mémoire descriptif, des considérations qui témoignent d’un esprit d’observation digne d’intérêt.
- Pour apprécier le mérite des inventions mises en pratique par M. Petithomme , le comité des arts mécaniques a dû prendre connaissance des ouvrages qui ont donné, sur l’art du fondeur de cloches et sur leur suspension , des renseignements dont il était utile de s’entourer. Depuis la publication de Y Encyclopédie mèthodkpue des arts et métiers, peu d’ouvrages ont eu pour objet les travaux du fondeur de cloches et leur mode de suspension.
- Le Bulletin de la Société d’encouragement de l’année 1828, p. 253, renferme un rapport de M. Emmanuel Molard, au nom du comité des arts mécaniques , sur un moyen de supprimer le frottement des axes, dans les grandes machines, proposé par M. Tissot, horloger ; c’est un moyen très-ingénieux de remplacer les galets où il n’y a plus que le frottement de roulement ou de seconde espèce; il en a fait l’application dans un modèle de cloche.
- A cette occasion, notre collègue M. Olivier a communiqué une note sur un mécanisme servant de support aux tourillons de la grosse cloche de la cathédrale de Metz, dite la mutte. L’auteur inconnu de ce mécanisme a employé le mouvement même de la cloche pour transmettre forcément aux cylindres-supports des tourillons un mouvement de rotation autour de leurs axes, et tel que le frottement fut toujours de roulement et non de glissement. M. Olivier a joint à sa note, qui est insérée au Bulletin de 1828, p. 255, la démonstration théorique de ce mécanisme. On voit que le problème, dont la solution a occupé M. Petithomme, avait été résolu par M. Tissot, et par un auteur fort ancien, dont le nom est resté inconnu.
- Néanmoins le comité aime à rendre justice aux efforts heureux de M. Petithomme, et il pense qu’il serait utile de faire connaître son mode de suspension , qui peut recevoir d’autres applications. En conséquence, le comité propose de remercier M. Petithomme de sa communication, et de publier dans
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- ARTS CHIMIQUES.
- le Bulletin, pour faire suite aux communications de MM. Tissot et Olivier, le
- mode de suspension de M. Petithomme.
- Signé J. F. Saulnier, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 2F mai 1848.
- Explication des figures de la planche 1067.
- Fig. 1. Élévation, vue de face, du palier et du coussinet sur lequel se meut le tourillon de la cloche du système de M. Petithomme.
- Fig. 2. Section horizontale du même.
- Fig. 3. Tourillon sur lequel oscille la cloche, vu en élévation latérale.
- Fig. 4. Le même vu par le bout.
- a, palier en fonte encastré dans le chapeau du beffroi, b, coussinet en bronze logé dans le palier. c} tourillon composé de deux cylindres accolés, l’un supérieur d qui s’appuie alternativement sur les échancrures e e du coussinet par l'effet du mouvement d’oscillation de la cloche ; l’autre, plus petit f, qui porte sur l’échancrure g du coussinet et la quitte pour parcourir les rainures h h du palier qui servent de direction, lorsque la cloche décrit plus que le demi-cercle. Le palier et le coussinet sont recouverts pour les mettre à l’abri des corps étrangers qui pourraient s’y introduire.
- ARTS CHIMIQUES. — métallurgie.
- Rapport fait par M. Ebelmen, au nom dît comité des arts chimiques, sur un nouveau procédé de traitement métallurgique des minerais de cuivre, par MM. Rivot et Phillips.
- Le point de départ des recherches dont nous avons à rendre compte se trouve dans des expériences faites, en Angleterre, par M. Napier, sur l'influence de l’électricité voltaïque dans la réduction des minerais de «suivre, expériences mentionnées dans le Bulletin de la Société, année 1845, p. 362. M. Napier grillait complètement les minerais de cuivre sulfuré qu’il employait ; il les amenait ensuite à l’état de fusion complète dans un four à réverbère à sole graphiteuse, et faisait traverser la masse en fusion par un courant voltaïque très-puissant conduit par la sole en graphite et par une pla -que de fonte maintenue à la surface du bain. Le cuivre se séparait, à l’état métallique , de la masse fondue.
- MM. Rivot et Phillips ont cherché d’abord quelle pourrait être l’influence
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- MÉTALLURGIE.
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- d’un courant voltaïque sur du sulfure de cuivre en fusion dans un creuset brasqué. Nous ne rapporterons pas ici les détails de leurs expériences; nous nous contenterons d’en indiquer les résultats. Un courant voltaïque fourni par 30 éléments d’une pile de Bunsen exerce une action décomposante incontestable sur du sulfure de cuivre fondu et en sépare du cuivre à l’état métallique. L’action de l’électricité par voie sèche, comme agent de décomposition à de hautes températures, paraît donc clairement établie par ces expériences. MM. Rivot et Phillips ont examiné ensuite le procédé de M. Napier, et ils n’ont pas tardé h reconnaître que la fonte et le charbon de la sole en graphite , dont M. Napier se servait dans ses expériences , pouvaient seuls , sans l’intervention de l’électricité, produire tous les effets de décomposition qu’il a constatés. C’est en partant de cette observation que les auteurs du nouveau procédé ont été. conduits aux résultats que nous avons à exposer.
- Le traitement des minerais cle cuivre sulfuré ou pyriteux à gangue quart-zeuse consiste, clans les procédés actuels, en une série de grillages et de fontes successifs. Tantôt les fontes ont lieu dans le fourneau à manche, comme dans le procédé de Chessy, tantôt au four à réverbère; c’est le procédé du pays de Galles. Quand les minerais ne renferment pas au delà de 8 à 10 pour 100 de cuivre et beaucoup de pyrites de fer et de quartz, ce qui est le cas le plus ordinaire, il est essentiel que les grillages n’enlèvent pas tout d’abord la totalité du soufre, afin que le cuivre puisse se concentrer dans les mettes, tandis que le fer passe dans les scories à l’état de silicate de protoxyde. Si le grillage était trop avancé, les scories entraîneraient du cuivre en proportion très-notable, et l’on obtiendrait, en outre, des cuivres ferreux. ïl faut donc, dans les procédés ordinaires, faire une série d’opérations successives de grillages et de fontes qui augmentent beaucoup les frais de combustible et de main-d’œuvre. Ce serait donc un grand progrès réalisé dans la métallurgie du cuivre , si l’on pouvait , par un seul grillage et une seule fonte, obtenir du minerai de cuivre assez pur pour être immédiatement employé.
- Tel a été le but du procédé de MM. Rivot et Phillips. Ils font subir, aux minerais qu’ils traitent ( cuivres sulfurés et pyriteux ), un grillage assez complet pour les désulfurer complètement, et transformer le fer et le cuivre en oxydes. Ils ajoutent au produit du grillage des fondants calculés d’après l’analyse du minerai, de façon à ce que les scories supposées exemptes de cuivre aient à peu près la composition d’un bisilicafe de protoxyde de fer et de chaux renfermant environ 12 à 15 pour 100 de cette dernière base, plus une quantité de charbon ou de houille maigre en petits fragments , telle que l’oxygène de l’oxyde de cuivre contenu dans le minerai puisse transformer ce charbon moitié en acide carbonique, moitié en oxyde de carbone. Le mélange est charge
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- ARTS CHIMIQUES.
- sur la sole d’un four à réverbère de fusion porté déjà à une haute température ( le four dont se servaient MM. Rivot et Phillips recevait une charge de 150 à 170 kilog. ). Les matières fondaient complètement au bout d’un certain temps ; l’action du charbon sur l’oxyde de cuivre séparait déjà de la masse scorifiée une assez grande quantité de cuivre , et l’amenait à ne plus renfermer que 2 à 3 pour 100 de ce métal.
- C’est à ce moment que MM. Rivot et Phillips plongent un certain nombre de barres de fer dans la masse fondue ; ces barres, disposées horizontalement et enveloppées par la scorie, réduisent lentement le reste du cuivre, de façon à ce que la scorie ne retient plus que 5 à 6 millièmes de métal après trois ou quatre heures d’action des barres de fer. À ce moment, et après avoir brassé convenablement la màfière, on fait la coulée.
- Il est bon de maintenir constamment la surface du bain de scorie recouverte d’un peu de houille menue afin d’empêcher la suroxydation du protoxyde de fer ; les auteurs du procédé ont reconnu que la consommation en fer métallique en était notablement diminuée.
- On voit que le procédé de MM. Rivot et Phillips consiste à réduire la majeure partie du cuivre par du charbon mélangé intimement et à compléter cette réduction par du fer métallique.
- Les réactions qui servent de base au nouveau procédé sont connues , à la vérité, depuis longtemps ; mais la manière dont elles ont été utilisées, de façon à produire les deux effets complémentaires de réduction par deux agents différents, constitue un procédé tout à fait nouveau. Ainsi la réduction par le charbon seul et en excès donnerait un cuivre très-ferreux si l’on amenait la scorie à ne renfermer que quelques millièmes de cuivre ; d’un autre côté , la réduction par le fer seul serait plus coûteuse en raison de la grande consommation de ce métal. Il faut ajouter que le fer ou la fonte en petits morceaux ne peuvent pas être employés avec avantage comme le fer en barres, parce qu’ils se mêlent au métal obtenu et donnent du cuivre trop ferreux.
- La consommation en fer métallique, quand on emploie des barres, est, moyennement, les 11 pour 100 du poids du cuivre obtenu, quand les minerais rendent 15 à ^0 pour 100 ; cette consommation, rapportée aux 100 kilog. de cuivre, augmente à mesure que les minerais s'appauvrissent.
- Pour compléter les indications qui précèdent, nous pouvons y joindre quelques détails sur une opération faite sous nos yeux dans un fourneau à réverbère établi à Grenelle par MM. Rivot et Phillips.
- Le minerai employé venait de Dillenburg : c’est un cuivre pyriteux à gangue quartzeuse; il perd, par un grillage à une haute température, 18 à 19 pour 100 de son poids. Le minerai grillé renferme
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- MÉTALLURGIE.
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- Peroxyde de fer. .••••• 44
- Deutoxyde de cuivre. ..... 28 cuivre métall. 22,4
- Silice. 28
- 100
- La charge se compose de 133 k.
- Minerai grillé. •
- Chaux. 16
- Sable quartzeux . . 25
- 274 k.
- On y ajoute
- Scories d’une opération précédente. . . 40 k.
- Charbon maigre en fragments. ... 9
- Les matières ont été chargées sur la sole du four trois heures après la mise en feu; une heure et demie après la charge, on a commencé à brasser la masse à demi fondue, et on brasse de demi-heure en demi-heure pendant deux ou trois minutes. Cinq heures après la charge, la matière étant bien liquide, on a placé six barres de fer pesant 42 kil. 10 au milieu de la masse scorifiée. Chacune des barres occupe toute la largeur de la sole ; on jette de temps en temps quelques pelletées de charbon sur la matière en fusion, et l’on continue le brassage. Après quatre heures on retire les barres, et l’on fait la coulée. Le poids des barres a diminué de 2 kil. 30 ; on a obtenu du cuivre déjà malléable à texture crochue et qui ne contient que quelques millièmes de fer et de soufre. Une seconde fusion doit suffire pour rendre ce métal propre aux usages des arts.
- La scorie est noire, elle a été analysée, et la teneur a été trouvée de 6 millièmes et demi de cuivre.
- Les détails que nous venons de donner prouvent que la méthode de MM. Rivot et Phillips permet de traiter les minerais de cuivre de façon à en obtenir, par un seul grillage et une seule fusion, du cuivre à peu près pur et des scories assez pauvres pour être rejetées. Il a été essayé assez en grand pour qu’on puisse en conclure, avec certitude , que son application serait avantageuse dans une grande usine. On ne saurait préciser, dès à présent, quel serait l’avantage économique résultant de son emploi ; mais la simplification des opérations ne permet guère de douter que l’économie de combustible et de main-d’œuvre, rapportée aux 100 kilog. de cuivre, ne soit très-notable.
- L’application du procédé de MM. Rivot et Phillips aux minerais de cuivre qui renferment de l’arsenic et de l’antimoine ne donne pas du cuivre pur, mais des alliages de ce métal avec de l’arsenic et de l’antimoine, dont la pu-
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- rification est difficile. Votre comité se borne donc à recommander l’emploi du procédé dans le traitement des minerais oxydés ou sulfurés qui sont heureusement les plus importants.
- Votre comité a pensé que les résultats obtenus par MM. Rivot et Phillips, au prix de dépenses déjà considérables, méritaient d’être reconnus et recommandés instamment aux métallurgistes. Des vues théoriques exactes et l’analyse chimique ont constamment guidé ces deux jeunes ingénieurs dans l’invention de leur procédé qu’ils ont mis en pratique eux-mêmes, en maniant le ringard et conduisant leur feu avec l’habileté d’anciens ouvriers. Votre comité vous propose d’accorder votre approbation à leurs travaux et d’insérer dans le Bulletin le présent rapport ainsi que le mémoire des auteurs.
- Signé Ebelmen, rapporteur.
- Approuvé en séance, le juin 1848.
- Description- du procédé de traitement métallurgique des minerais de cuivre ; par MM. Rivot et Phillips, aspirants ingénieurs des mines.
- Dans un voyage exécuté en Angleterre en 1845, l’un de nous eut connaissance de tentatives faites dans une usine anglaise pour extraire le cuivre métallique, par une action voltaïque, de minerais sulfurés préalablement grillés. Les renseignements qu’il put obtenir étaient conformes à ceux publiés, dans le Bulletin de la Société d’encouragement, sur les expériences de M. Na-pier. On grillait complètement les minerais sulfurés ; on les fondait ensuite dans un fourneau à réverbère à sole de graphite, et on ramenait le cuivre à l’état métallique en faisant passer à travers le silicate métallique en fusion un courant voltaïque très-puissant conduit par la sole en graphite et par une plaque de fonte maintenue à la surface du bain.
- Partant de ces données, nous avons essayé d’abord de réduire, par un courant électrique, non pas le silicate de cuivre, mais le sulfure de cuivre pur. Après quelques tâtonnements, nous sommes parvenus à faire passer, pendant plus de deux heures, un courant constant à travers un creuset contenant du sulfure de cuivre fondu au rouge.
- Dans un creuset de Hesse ordinaire, nous disposions deux petits fragments de coke compacte maintenus à une petite distance par du lut bien comprimé, et dans lesquels plongeaient deux fils de platine communiquant avec les deux pôles de la pile employée. Les fils de platine étaient préservés de faction du soufre par les fragments de coke et par le lut. Nous avons reconnu, par des expériences directes, que le coke est bon conducteur au rouge et que le lut ne l’est que très-peu à cette température.
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- Des tubes engagés dans deux échancrures du creuset avaient pour but d’empêcher le contact des charbons avec les fils de platine, ce qui était essentiel pour deux raisons :
- 1° D’abord les charbons incandescents auraient établi la communication entre les deux pôles de la pile extérieurement au creuset, et, par suite , une bonne partie, sinon la totalité du courant, aurait été déviée et n’aurait pas traversé la matière en fusion ;
- 2° Ensuite les cendres alcalines du charbon de bois auraient attaqué rapidement les fils de platine, ce qui eût interrompu le courant.
- Des fils de cuivre fermant le circuit communiquaient avec un galvanomètre dont l’aiguille indiquait, par sa déviation, l’énergie du courant.
- Nous avons employé des piles à courant constant, à éléments cuivre et zinc, et dissolutions de sulfate de cuivre et de sel marin, de six à vingt-quatre couples, et quelquefois seulement une pile de Bunsen à trente éléments.
- Nous avons toujours fait simultanément deux expériences comparatives, en plaçant dans le fourneau deux creusets entièrement pareils, l’un traversé, l’autre non traversé par le courant.
- Nous avons reconnu, par plusieurs expériences , que le sulfure de cuivre non décomposé par le coke ne l’est que très-peu par une pile à courant constant de vingt-quatre couples, produisant une déviation de l’aiguille du galvanomètre de 35 à 40 degrés.
- En employant une pile de Bunsen de trente éléments produisant, au galvanomètre, une déviation de l’aiguille de 45 à 50 degrés, nous avons pu ramener une quantité fort notable de cuivre à l’état métallique, après avoir fait passer le courant pendant plus de deux heures à travers le sulfure de cuivre fondu ; mais la majeure partie du sulfure de cuivre était restée non décomposée.
- Ces expériences nous ont convaincus que l’action de la pile est faible sur le sulfure de cuivre, et que la grande énergie du courant voltaïque nécessaire pour la décomposition ainsi que la difficulté de disposer convenablement les appareils empêcheraient ce procédé de traitement direct des minerais sulfurés par la pile d’être employé dans l’industrie pour le traitement du cuivre sulfuré et, à fortiori, du cuivre pyriteux, qui est le minerai le plus ordinaire de cuivre.
- Des expériences analogues aux précédentes, dans lesquelles nous avons remplacé les deux pôles en coke par des tiges de fer, nous ont indiqué que l’action de la pile rend plus rapide, mais non pas complète, la réduction du sulfure de cuivre par le fer. Il se formait toujours une matte riche en cuivre.
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- L’action de la pile, aidée de celle du fer, n’a séparé du cuivre pyriteux qu’une très-faible proportion de cuivre.
- Dans des essais analogues faits sur la galène, ce minerai s’est comporté comme le cuivre sulfuré. Nous avons, de plus, constaté une perte considérable toujours plus grande dans le creuset traversé par le courant voltaïque , et due à la volatilisation.
- Ces expériences nous ont démontré que l’action de la pile , même aidée de celle du fer, ne peut servir de base à un procédé de traitement direct des minerais sulfurés de cuivre ou de plomb.
- Nous avons alors répété les expériences de M. Napier et cherché à réduire le silicate fondu de cuivre et de fer par un courant conduit par deux pôles, l’un en fer, l’autre en graphite, en contact immédiat avec la matière fondue. Mais nous n’avons pas tardé à nous convaincre que des trois agents employés dans le creuset pour la réduction de l’oxyde de cuivre, le graphite, le fer, le courant, les deux premiers, principalement le fer, étaient bien suffisants : de nombreuses expériences nous ont prouvé que, par l’action du fer seul, un silicate de cuivre contenant, outre l’oxyde de cuivre, d’autres bases, telles que la soude, la chaux, l’oxyde de fer, abandonne, en moins d’une heure de feu, la totalité de son cuivre réuni en culot à l’état de pureté complète.
- C’est ainsi que nous avons été conduits à chercher dans l’action du fer le principe de la réduction de l’oxyde de cuivre.
- Nous avons d’abord fait plusieurs expériences dans des creusets, afin de déterminer les circonstances les plus favorables à l’action du fer. Voici les principaux résultats que nous avons obtenus :
- Dans notre creuset étaient disposées deux ou plusieurs tiges en fer, plongeant presque jusqu’au fond et maintenues à la partie supérieure par une couche de lut. La matière employée était soit du cuivre pyriteux grillé, soit un mélange d’oxyde de fer, d’oxyde de cuivre et de sable ; nous ajoutions, comme fondant, de la soude ou du verre terreux, ou même seulement du carbonate de chaux.
- En employant la soude comme fondant, la réduction de l’oxyde de cuivre était complète dans un temps très-court, un quart d’heure de fusion ; le cuivre obtenu était chimiquement pur. Avec le calcaire ou le verre terreux, la réduction complète exigeait une heure de fusion. Le cuivre obtenu était très-ferreux (il contenait jusqu’à 15 pour 100 de fer ) quand les tiges de fer plongeaient jusqu’au culot de cuivre, et, au contraire, toujours très-pur quand ces tiges n’arrivaient qu’à une petite distance au-dessus du culot. Le temps nécessaire pour la réduction complète de l’oxyde de cuivre était d’autant plus court que le nombre des tiges de fer était plus grand.
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- Satisfaits de ces résultats, nous avons fait construire un fourneau à réverbère capable de contenir environ 250 kilogrammes de silicates métalliques fondus, et ne présentant pas d’autre disposition spéciale que six cannelures ou creux verticaux (1) disposés à la paroi opposée à la porte de travail et de part et d’autre du trou de coulée. Leur but était de maintenir, presque de champ, dans le bain fondu, et au-dessus de la masse de cuivre rassemblée, six barres de 1er de 6 à 8 centimètres, longues de 70 centimètres. Ces barres agissaient ainsi sur une grande hauteur du bain, n’étaient pas en contact avec le cuivre, se plaçaient et s’enlevaient facilement au moyen de grandes pinces, et nous pouvions brasser la matière fondue entre les barres, de manière à la rendre homogène et renouveler les parties en contact avec le fer.
- Nous avons traité, dans ce fourneau, plus de 3,000 kilog. de minerais py-riteux du Cornouailles, d’Allemagne , d’Espagne , tous préalablement grillés avec soin. Ce grillage complet est assez facile quand le minerai est broyé en sable fin ; il se lait avec les précautions ordinaires et doit être terminé par un bon coup de feu.
- Dans les premières expériences, nous avons commencé par fondre le minerai grillé avec de la chaux et des scories pauvres, et, quand la fusion était complète, nous chargions les six barres, que nous laissions agir pendant environ quatre heures. Après ce temps, nous les enlevions et nous faisions la coulée. En opérant ainsi, nous avons toujours eu une consommation de fer bien plus grande que celle répondant théoriquement à la réduction de l’oxyde de cuivre. Les scories retenaient de 2 à 3 pour 100 de cuivre.
- Nous avons essayé de refondre ces scories seules, et de faire agir sur elles les barres de fer pendant quatre heures ; nous avons obtenu de nouvelles scories aussi riches en cuivre que les premières, et cependant les barres de fer avaient perdu plusieurs kilog. de leur poids.
- Cette oxydation des barres ne pouvait pas être attribuée à l’air non brûlé du fourneau, puisque les barres étaient constamment et entièrement plongées dans la matière en fusion, mais bien évidemment au peroxyde de fer contenu dans le silicate métallique et qui devait être ramené par le fer à l’état de protoxyde avant que l’oxyde de cuivre pût être réduit complètement par le fer.
- Nous avons cherché, d’après cette explication, à réduire la consommation de fer et appauvrir davantage les scories en ajoutant a l’action du fer celle du charbon.
- (ij Ces cannelures avaient 5 centimètres de profondeur et de longueur ; elles commençaient à environ 6 centimètres au-dessus du point ie plus bas de la sole et se terminaient à quelques centimètres au-dessus du niveau du bain.
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- Le charbon pouvait être employé de deux manières : 1° mélangé avec le minerai grillé ; 2° ou bien ajouté, après la fusion complète, à la matière composée de silicates fondus.
- En opérant de cette dernière manière, nous avons pu facilement nous convaincre que le charbon n’agit que lentement et faiblement sur les silicates fondus, parce qu’il vient nager à la surface du bain et ne peut pas être maintenu dans l’intérieur. Cependant son action n’est pas nulle ; car, lorsque nous jetions sur le bain une certaine quantité de houille maigre menue, nous observions toujours une augmentation assez rapide de la fluidité, explicable seulement par la réduction, à l’état de protoxyde de fer, d’une quantité notable de peroxyde. La consommation de fer étant encore fort grande, nous avons cherché à faire agir le charbon en le mélangeant avec le minerai grillé avant de charger dans le fourneau.
- Après quelques essais , nous avons adopté , comme proportion la plus convenable de charbon de bois en poussier ou de houille maigre menue, celle nécessaire pour produire moitié acide carbonique, moitié oxyde de carbone en se combinant avec l’oxygène de l’oxyde de cuivre et celui combiné au protoxyde de fer dans le minerai grillé. Cette proportion nous a donné, sans employer l’action du fer, des scories contenant, en moyenne, 2 et demi pour 100 de cuivre. Nous avons constaté, par plusieurs expériences,
- 1° Que cette proportion de charbon n’est pas rigoureuse et qu’elle peut être notablement augmentée ou diminuée sans que la scorie produite soit sensiblement plus pauvre ou plus riche, sans que la qualité du cuivre soit altérée ;
- 2° Qu’en augmentant beaucoup la proportion de charbon mélangé, et en élevant la température du fourneau jusqu’au blanc vif, nous pouvions amener la scorie finale ( toujours sans faire agir le fer ) à ne contenir que 0,007 de cuivre, mais alors le cuivre renfermait de 8 à 10 pour 100 de fer : en opérant à une température plus basse, à celle strictement nécessaire pour la fusion , nous avons obtenu une scorie finale assez riche en cuivre et du cuivre contenant encore 5 à 6 pour 100 de fer;
- 3° Que l’action du fer en barres sur un silicate métallique fondu, contenant 2 à 3 pour 100 de cuivre , est énergique et rapide, et que trois heures suffisent pour amener la scorie à une teneur de 0,004 à 0,006, le cuivre obtenu étant exempt de fer.
- Voici le mode d’opérations auquel nous avons été définitivement conduits :
- Dans le fourneau bien chaud nous chargeons le mélange du minerai grillé ( 150 à 170 kilog. pour notre four ) avec de la chaux ou du sable et des scories d’une opération précédente, en quantité convenable pour déterminer la fusion de la matière, et du charbon de bois ou de la houille maigre menue
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- dans la proportion indiquée précédemment. En ne comptant comme bases, dans la charge, que le protoxyde de fer et la chaux, nous ayons cherché à produire un bisilicate contenant 12 à 15 pour 100 de chaux.
- L’expérience nous a indiqué qu’un bisilicate de protoxyde de fer, seule base, fond très-vite et acquiert une grande fluidité, mais donne assez facilement du cuivre ferreux.
- Après la charge, nous jetons sur la surface de la matière une ou deux pelletées de houille menue, destinée à préserver la matière de l’oxydation par les flammes du fourneau. Nous remuons de temps en temps la matière, afin de lui permettre de s’échauffer plus uniformément et de fondre plus vite. Nous sommes toujours parvenus à fondre bien complètement en quatre heures de temps. Dès que la matière commence à s’agglomérer, les parties qui s’attachent aux ringards contiennent une certaine quantité de grenailles de cuivre; quand la fusion est complète, les outils plongés dans le bain indiquent la réunion du cuivre au point le plus bas de la sole près du trou de coulée.
- Nous avons toujours pris des essais de la scorie surnageant le cuivre à ce moment de l’opération, après avoir brassé avec soin pour rendre la scorie homogène. Ces essais contenaient de 2 à 3 pour 100 de cuivre. Quand tout est bien fondu , nous plaçons six barres pesant ensemble de 36 à 45 kilog., en engageant les extrémités dans les cannelures opposées à la porte de travail et en ayant soin de les plonger entièrement dans le bain.
- Nous jetons, de nouveau, un peu de houille menue à la surface de la scorie, afin d’empêcher la peroxydation du protoxyde de fer de la scorie par les flammes, puis, de demi-heure en demi-heure, nous brassons avec des râbles à deux dents, très-commodes pour nettoyer, dans la scorie, la surface des barres. Nous employons aussi, comme moyen énergique de brassage, une perche en bois qui, plongée dans la scorie, donne un dégagement considérable de gaz et produit un fort bouillonnement.
- L’aspect de la scorie ne peut guère indiquer l’avancement de la réduction, une fois que la scorie très-riche en protoxyde de fer ne contient plus que 1 à 2 pour 100 de cuivre.
- Toutefois nous avons constaté que les essais pris avec un ringard froid plongé un instant dans le bain présentaient toujours au contact du fer une teinte métallique rougeâtre très-prononcée quand la scorie était un peu riches cette teinte était, au contraire, insensible quand la scorie ne renfermait plus que 4 à 5 millièmes de cuivre.
- Nous avons toujours trouvé que trois à quatre heures d’action des barres suffisent pour appauvrir la scorie jusqu’à la teneur de 0,004 à 0,006. Après cet intervalle de temps, nous retirons les barres et nous faisons la coulée.
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- La durée d’une opération entière est ainsi de huit heures, et dans une usine on pourrait aisément faire trois opérations par jour.
- La perte en poids des barres a varié, dans nos expériences, de 1 à 6 kilog. pour des quantités de cuivre de 12 à 42 kilog. obtenues de minerais diversement riches. Cette perte est, du reste, à peu près indépendante de la richesse des minerais, et la consommation de fer est proportionnellement beaucoup moindre pour des minerais riches que pour des minerais pauvres. Pour des minerais pyriteux d’Espagne contenant 21 pour 100 de cuivre, nous avons consommé 11 de fer pour 100 de cuivre obtenu.
- Les minerais anglais que nous avons fondus contenaient 7 pour 100 de cuivre, 4 à 6 pour 100 d’arsenic, un peu d’antimoine et quelques millièmes d’étain ; nous en avons retiré du cuivre noir impur et contenant 3 à 5 pour 100 d’arsenic, 2 à 3 pour 100 d’étain, et seulement quelques millièmes de soufre et de fer. Ce résultat ne nous a pas surpris; l’arsenic ne peut être chassé à peu près complètement que par un assez grand nombre d’opérations successives et alternantes de grillage et de réduction. Aussi ne proposons-nous pas notre procédé pour des minerais contenant beaucoup d’arsenic ou d’antimoine, par exemple pour les cuivres gris.
- Avec des minerais pyriteux non arsenicaux, nous avons toujours obtenu du cuivre noir très-pur contenant seulement de 3 à 5 millièmes de soufre et de fer : plusieurs de nos lingots présentaient, à la cassure, une structure soyeuse très-prononcée.
- Nous avons employé une fois , comme fondant, des scories de réchauffage de la forge de Grenelle, contenant de nombreuses paillettes de fer métallique; notre cuivre s’est trouvé contenir 3 pour 100 de fer, ce que nous avons attribué à ce que les écailles de fer entraînées tout d’abord par le cuivre, et se réunissant au bas de la sole, n’ont pu se dissoudre en totalité dans la scorie. Ce fait nous a empêchés de faire quelques essais pour substituer aux barres de fer de la tournure de fer ou de fonte , dont une partie se serait évidemment mélangée au cuivre.
- Le grillage a une certaine influence sur la qualité du cuivre et sur la consommation du fer. Avec des minerais bien grillés nous n’avons jamais eu de matte au-dessus du cuivre. Avec des minerais imparfaitement grillés nous avons obtenu du cuivre noir et une matte riche. Le cuivre n’était pas du tout ferreux et contenait moins de 0,008 de soufre. La consommation du fer a été un peu plus grande qu’avec les mêmes minerais bien grillés, et la scorie finale a été un peu plus riche.
- La température que nous avons adoptée comme la plus convenable est celle qui est strictement nécessaire pour la fusion du cuivre et de la scorie. Une
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- température plus élevée rend plus énergique et plus rapide l’action du fer sur le silicate de cuivre , mais aussi le charbon réduit plus facilement une partie de l’oxyde de fer combiné avec la silice.
- En opérant de la même manière sur le même minerai à une température ménagée et au rouge blanc vif maintenu des le commencement de 1 opération, nous avons obtenu, dans le premier cas, du cuivre assez pur; dans le second, du cuivre contenant 3 pour 100 de fer.
- La consommation du charbon de notre fourneau pour maintenir la température nécessaire ne peut donner aucune indication sur la quantité de houille que brûlerait un grand fourneau à réverbère en roulement continu ; on peut, du reste, facilement l’apprécier avec une approximation suffisante, par la consommation connue des grands fourneaux à cuivre du pays de Galles.
- Les minerais auxquels notre procédé s’applique avec le plus d’avantages sont les minerais oxydés ou pyriteux à gangue de pyrite ou d’oxyde de fer; ils donnent, par notre méthode, du cuivre de bonne qualité et fondent très-facilement. Ces minerais, traités dans des fours à manche, donnent du cuivre noir très-ferreux. Notre méthode s’applique aussi très-facilement à tous les minerais de cuivre qui ne contiennent pas trop d’arsenic ou d’antimoine.
- Le procédé que nous venons de décrire nous paraît présenter plusieurs avantages assez marqués sur les méthodes employées ordinairement.
- Il est rapide et économique, puisqu’en une seule fusion nous obtenons une scorie assez pauvre pour être rejetée et tout le cuivre assez pur pour être livré au commerce après une fusion ou, au plus, un court affinage.
- Il n’exige aucune manipulation difficile, et les ouvriers peuvent se mettre promptement au fait de la conduite des opérations,
- Le grillage complet n’est pas une opération nouvelle en métallurgie ; il est facile quand le minerai est broyé en sable assez fin ; il exige de l’habitude et de l’attention de la part des ouvriers, et doit être terminé par un coup de feu, afin de décomposer les sulfates formés à une plus basse température (1). Nous avons indiqué précédemment que l’inconvénient principal d’un grillage incomplet est, dans la fusion, une consommation plus grande de fer, et un moindre appauvrissement de la scorie dans un temps donné.
- Un bon fourneau de grillage devrait contenir environ 1,500 kilog. de minerai broyé; l’opération durerait probablement de quinze à dix-huit heures.
- Pour la fusion, les fourneaux devraient être analogues aux grands réver-
- (1) Le broyage qui doit précéder le grillage, et le grillage lui-même au fourneau à réverbère, seraient facilités par un grillage préalable en tas, qui sera peu dispendieux dans un certain nombre de localités.
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- bères des usines à cuivre du pays de Galles , et contenir, pour une charge , 1,200 kilog. de minerai. Il faudrait, dans une usine, trois fours de fusion pour quatre fours de grillage, en supposant qu’on puisse faire trois opérations par jour dans chaque four de fusion.
- L'affinage du cuivre donné par la première fusion pourrait être fait dans un réverbère contenant 4,000 kilog. ; une opération n’exigerait pas plus de douze heures.
- Pour donner une idée du matériel principal nécessaire à la production d’une certaine quantité de cuivre, nous supposerons qu’on ait à traiter un minerai de cuivre pyriteux, à gangue de quartz et de pyrite de fer, contenant ou plutôt rendant 15 pour 100 de cuivre. Pour produire, par an, 100 tonnes métriques de cuivre, il faudrait
- Deux paires de meules pour le broyage,
- Douze fours de grillage,
- Huit fours de fusion,
- Un fourneau d’affinage du cuivre.
- Il serait, en outre, fort avantageux d'annexer à l’usine à cuivre une usine à fer, qui produirait, à bas prix, le fer nécessaire pour les outils, les barres, etc., et utiliserait les vieilles barres trop usées pour servir encore dans les fours de fusion.
- Nous avons aussi appliqué l’action du fer sur les silicates métalliques en fusion au traitement du sulfate de plomb, mais avec moins de succès que poulies minerais de cuivre. Ces essais ont été faits sur une grande échelle dans un four à réverbère capable de contenir 1,200 kilog. de matières.
- Au sulfate de plomb séché nous ajoutons du sable, un peu de calcaire, des scories d’une opération précédente et environ 3 pour 100 de charbon de bois. Une proportion plus grande de charbon nous a toujours donné un peu de sulfure de plomb avec le plomb métallique.
- Nous chargeons la matière dans le fourneau et nous chauffons de manière à fondre entièrement dans l’espace de cinq heures. Nous jetons ensuite, dans la matière bien fluide et en trois ou quatre fois, de la tournure de fonte, qui remplace très-avantageusement les barres de fer. La quantité de tournure de fonte nécessaire est environ un huitième du poids du sulfate de plomb sec.
- Nous avons soin de brasser assez souvent le bain , et, après quatre à cinq heures d’action de la fonte, nous faisons la coulée.
- Nous avons obtenu, de cette manière, 45 à 48 de plomb pour 100 de sulfate de plomb.
- La perte en métal était donc considérable.
- Elle était due, en grande partie, à la volatilisation du plomb dont les fu~
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- niées étaient évidentes au haut de la cheminée, principalement pendant les brassages et pendant qu’on chargeait la grille.
- Nous n’indiquons, du reste, cette application que parce quelle a constaté que le fer et la fonte agissent très-rapidement sur le silicate plombeux et que cette action peut être employée dans certaines circonstances.
- Note sur les frais spéciaux du traitement des minerais de cuivre proposé par MM. Rivot et Phillips.
- Pour compléter la description du procédé de traitement métallurgique que nous proposons, nous donnons l’évaluation des frais probables du traitement des minerais de cuivre. Nous nous appuyons, pour cette estimation, sur la durée des opérations dans les fourneaux à réverbère dans lesquels nous avons traité les minerais de cuivre et le sulfate de plomb, sur la consommation de houille dans les grands fourneaux de fusion des usines à cuivre du pays de Galles, sur les consommations que nous ont indiquées nos propres expériences.
- Pour comparer notre procédé à celui adopté dans la plupart des usines anglaises, nous avons adopté les nombres cités dans le voyage métallurgique, en Angleterre, de MM. Dufrenoy, Èlie de Beaumont, Coste et Perdonnet.
- Nous rapporterons tous les frais à 1,000 kilog. de minerais pyriteux, à gangue de quartz et pyrite de fer. Pour l’affinage seulement, les frais doivent être rapportés à 1,000 kilog. de cuivre.
- Procédé de MM. Rivot et Phillips. — lre opération. — Rroyage du minerai.
- Pour 1,000 kilog., 1 fr. 50.
- T opération. — Grillage du minerai dans des fours particuliers contenant 1,800 kil.— Durée du grillage, dix-huit heures.— Nous ferons remarquer que pour le grillage on pourrait très-bien employer, comme dans certaines usines anglaises, les flammes perdues des fours de fusion. Dans l’hypothèse de fours particuliers,
- Main-d’œuvre, 1 journée et demie à 2 fr. . 3 fr.
- Houille, 300 kilog. à 1 fr. les 100 kilog. . 3
- Total. . . 6 fr.
- 3' opération.—Fusion du minerai grillé.—Fourneaux contenant 1,500 kil. de minerai ( poids pris pour le minerai cru ). — Durée de l’opération , huit heures.—Consommation de houille par heure, en moyenne, 120 kilog. — Le fer est supposé à 25 fr. les 100 kilog.
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- Main-d’œuvre, 0 journ. 87 à 2 fr. . . 1 fr. 74
- Houille, 640 kilog. à 1 fr. . . . . 6 40
- Fondant, fer, etc..................... 9
- Frais spéciaux................17 fr. 14
- Cette opération donne tout le cuivre contenu dans le minerai à l’état de cuivre noir, ne renfermant que très-peu de fer et de soufre.
- Les frais spéciaux du traitement de 1,000 kilog. de minerais de cuivre de teneur moyenne de 6 à 30 pour 100 sont, dans notre procédé,
- Broyage...................1 fr. 50
- Grillage................. 6
- Fusion...................17 14
- Total. . . 24 fr. 64
- 4e opération. — Affinage du cuivre noir donné par la fusion. — Dans un fourneau contenant 4,000 kilog. de cuivre. — Durée de l’opération , douze heures.—Consommation moyenne de houille par heure, 50 kilog.
- Pour 1,000 kilog. de cuivre. —Frais spéciaux.
- Main-d’œuvre, une demi-journée à 3 fr. 1 fr. 56
- Houille, 150 kilog. à 1 fr........... 1 50
- Total............... 3 fr.
- Pour un minerai rendant 8 à 10 pour 100 de cuivre, l’affinage grèverait les frais spéciaux du traitement de 1,000 kil. de minerai de 30 cent, environ.
- En ajoutant à ces frais 3 fr. pour réparations des outils, frais divers, etc., nous arrivons, pour les frais spéciaux du traitement de 1,000 kilog. de minerai, affinage compris, à la somme de 27 fr. 94.
- Soit, en nombres ronds, 28 fr.
- Pour un rendement de 8 pour 100, les frais spéciaux rapportés à 1,000 kil. de cuivre affiné seraient de 350 fr. ; pour un rendement de 25 pour 100, 112 francs.
- Méthode galloise. — Les frais spéciaux du traitement de 1,000 kilog. de minerai ( contenant ou rendant 8 pour 100 de cuivre ) sont :
- Houille, 1,600 kilog. à 1 fr. • . . 16 fr.
- Main-d’œuvre, frais divers........... 26
- Total..................42 fr.
- Différence en faveur de notre méthode, 14 fr.
- Pour 1,000 kilog. de cuivre et pour les minerais traités ordinairement dans le pays de Galles, la différence des frais spéciaux du traitement est de 175 fr.
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- ARTS ÉCONOMIQUES. — instruments de précision. 36“
- Rapport fait par M. Gourlier, au nom du comité des arts économiques3 sur un
- instrument de dessin et de tracé désigné sous le nom de plautographe ; par
- M. Plaut, quai Conti, 7.
- Le conseil a renvoyé à l’examen du comité des arts économiques un instrument de dessin, de division et de tracé présenté par M. Plaut et appelé, de son nom, plautographe.
- Cet instrument, représenté en élévation, vu de face et en section longitudinale, fig. 5 et 6, pl. 1067, est destiné
- 1° A servir, dans le tracé des dessins linéaires et géométriques, de T ou règle à équerre ou fausse équerre pour mener des lignes perpendiculaires , obliques ou parallèles entre elles, à des distances égales ou inégales, en même temps que de rapporteur et de moyen de division des cercles et des angles, ainsi que de réduction ou augmentation proportionnelle des lignes, et, en général, des dimensions des corps à représenter ;
- A établir ou relever des angles entre diverses lignes, des pentes de terrains, etc.
- A cet effet, cet instrument est composé
- 1° D’un T, proprement dit, formé lui-mème d’une règle A divisée en centimètres et millimètres sur le bord destiné à s’apposer contre la planche à dessiner, et d’une branche perpendiculaire B évidée, sur le dessus, d’une rainure ou coulisse dans laquelle sont ajustés des ressorts en acier pour assurer la fixité de l’instrument ;
- T D’un montant ou règle C glissant dans cette coulisse, et dont le dessus est également divisé en centimètres et millimètres ;
- 3° A l’extrémité de cette dernière règle, d’une plaque en cuivre D qui y est fixée par deux vis a a, l’une à demeure , l’autre mobile pour former vis de pression, et placée au centre de trois cercles tracés sur le cuivre et divisés ainsi qu’il suit :
- Le premier, en 180 degrés, dont 90 à droite et 90 à gauche d’une ligne menée par le milieu du montant et de la plaque de cuivre ;
- Le deuxième,.en parties du cercle depuis 3 jusqu’à 30, dont, pour éviter la confusionles parties impaires sont indiquées à droite et celles paires à gauche ;
- Et le troisième, en parties qui servent, ainsi que nous le dirons ci-après, à réduire ou augmenter les dimensions à représenter, et dont également une portion est indiquée à droite et une portion à gauche ;
- i° Enfin d’une règle E fixée sur le bord extérieur de la plaque de cuivre , perpendiculairement à la ligne milieu dont il vient d’être parlé, par deux vis
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- ARTS ÉCONOMIQUES.
- de pression mobiles b b, de façon à régulariser, au besoin, l’exactitude de cette perpendicularité ; le bord de cette règle, abattu en biseau, est aussi divisé en centimètres et millimètres.
- Maintenant, si l’on veut tracer sur le dessin un plus ou moins grand nombre de lignes parallèles entre elles à telles distances qu’il sera nécessaire, le bord intérieur du T étant appuyé contre celui de la planche, il ne faudra que faire glisser successivement le montant dans la coulisse en faisant arrêter telles ou telles divisions de ce montant qu’il conviendra contre le bord même du T.
- Pour mener une ou plusieurs lignes perpendiculaires aux précédentes, il ne s’agira que d’appliquer le T contre l’un des côtés de la planche en retour de celui où il était précédemment appliqué, et de procéder comme il vient d’être dit.
- Yeut-on mener une ou plusieurs lignes obliques faisant avec celles horizontales ou verticales quelque angle que ce soit, on fera tourner la plaque de cuivre sur son axe, soit à droite, soit à gauche, suivant le besoin, de façon à ce que l’aiguille qui y est ajustée marque ou le nombre de degrés ou la division de cercle correspondante à l’obliquité voulue, laquelle sera nécessairement donnée dès lors par l’inclinaison de la règle par rapport au montant, le bord du T étant également appliqué à celui de la planche.
- S’il s’agit de diviser un cercle ( ce qui souvent ne peut se faire que par des calculs ou des tâtonnements assez longs ), ce cercle étant tracé et l’aiguille étant également placée ou sur le nombre de degrés ou sur la fraction correspondant à la division voulue, et le bord du T étant successivement appliqué contre les divers bords de la planche, des lignes menées suivant l’inclinaison de la règle en passant par le centre du cercle donneront les différents points de la division.
- Enfin, pour réduire dans une proportion donnée telle ligne qu’on voudra, ayant tracé au moyen d’une verticale et d’une horizontale un angle droit, et ayant placé la ligne voulue de façon à ce qu’elle forme, par rapport aux deux précédentes, l’hypoténuse d’un triangle isocèle, l’aiguille étant placée sur celui des chiffres de la partie gauche du troisième cercle correspondant à la réduction qu’on veut opérer ( le chiffre 2 s’il s’agit de réduire à 1/2 , 3 pour le tiers, etc. ), la règle mobile aura une inclinaison telle que, la faisant passer par le sommet de l’angle droit, la ligne menée suivant cette règle partagera l’angle et la ligne donnée dans la proportion voulue. S’il s’agit, au contraire, d’augmenter la ligne donnée, après l’avoir prolongée au delà d’un des côtés du triangle, plaçant l’aiguille sur celui des chiffres de la partie droite du même cercle qui indiquera la proportion voulue ( 1/2 pour moitié en sus,
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- INSTRUMENTS DE PRECISION.
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- 2 pour le double, etc. ), et menant par le sommet du triangle , mais à scm extérieur, une ligne suivant l’inclinaison de la règle mobile, cette ligne coupera le prolongement de celle donnée de façon à indiquer la nouvelle longueur cherchée.
- Quant aux opérations à faire sur le terrain, s’il s’agit d’abord de relever un angle, la règle mobile d’une part et le montant de l’autre étant établis entre eux suivant la direction des deux côtés de l’angle, l’aiguille fera connaître quelle en est l’ouverture; et réciproquement, l’ouverture d’un angle étani donnée et représentée par l’instrument, il sera facile de mener des lignes suivant les deux directions voulues.
- Enfin, s’il s’agit d’une pente à relever, la règle mobile étant établie suivant cette pente, un fil à plomb attaché à l’extrémité opposée du montant servira à placer ce montant dans une position exactement verticale et à déterminer, dès lors, le degré d’inclinaison de cette pente ; et, réciproquement aussi, il sera facile d’établir ainsi telle pente qu’on voudra.
- On ne peut hésiter à reconnaître ce qu’il y a d’utile dans la pensée de faire servir un seul et même instrument à tant d’opérations diverses, et ce qu’il y a d’ingénieux dans les moyens par lesquels M. Plaut y est parvenu.
- Ce mérite est d’autant plus grand que cet instrument est peu volumineux , peu compliqué et d’un prix peu élevé ( environ 30 fr. ).
- Un assez long usage pourrait seul, sans doute, faire connaître si les résultats en sont toujours aussi sûrs, aussi prompts, aussi faciles qu’on doit le désirer; mais telle est, du reste, la pensée qu’en ont conçue et le rédacteur de ce rapport d’après les essais auxquels il s’est livré, et, d’après le compte qu’il lui en a rendu, votre comité des arts économiques.
- Le comité a, en conséquence, l’honneur de vous proposer d’adresser a M. Plaut vos félicitations, et de faire connaître le plautographe en insérant au Bulletin le présent rapport avec la gravure de l’instrument.
- Il y aurait peut-être lieu aussi d’appeler sur cet instrument l’attention de M. le ministre des travaux publics, comme pouvant être utile aux architectes ainsi qu’aux ingénieurs (1).
- Signé Gourlier , rapporteur.
- Approuvé en séance} le 21 mai 1818.
- (l) Plusieurs instruments analogues et destinés aux mêmes usages ont été imaginés à diverses époques. Nous citerons, entre autres, celui de feu M. Guenet, décrit et figuré dans le Bulletin de la S -eiété, année 1844, p. g.
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- ARTS ÉCONOMIQUES. — OPTIQUE.
- Rapport fait par M. Silvestre fils, au nom du comité des arts économiques, sur les lorgnettes-jumelles elliptiques de M. Ringard, rue St.-Martin, 199.
- Messieurs, M. Ringard, opticien à Paris, vient de soumettre à votre examen un nouveau système de lorgnettes-jumelles que le comité des arts économiques, chargé par vous de faire un rapport sur cet objet, a jugé favorablement.
- Ce nouveau système diffère de ceux qui l’ont précédé 1° en ce que les verres et les deux corps de l’instrument sont elliptiques au lieu d’être circulaires ; T en ce que les porte-verres , au lieu de se visser aux extrémités des deux corps, se placent dans des encastrements ou ils entrent à frottement doux et où ils sont fixés au moyen de boutons à ressorts.
- Le mécanisme qui sert à allonger et à raccourcir la lorgnette est, d’ailleurs., le même que dans les jumelles ordinaires.
- M. Ringard emploie le tour ovale et des mandrins appropriés pour centrer convenablement ses verres ainsi que les pièces qui composent ses montures. Les verres, d’abord ronds, sont assujettis, au moyen d’un mastic mou, sur le tour circulaire, où ils sont aisément centrés ; puis, lorsque le mastic est suffisamment durci, ils sont taillés sur le tour ovale, en conservant naturellement leur centrage.
- Les tubes métalliques, qui ont été étirés et recuits sur des mandrins cylindriques à bases elliptiques, sont assujettis sur le tour ovale, où, selon la forme qu’on veut leur donner, ils sont façonnés avec le secours d’autres mandrins particuliers parfaitement centrés.
- Il est évident que le verre, lorsqu’il a été taillé, ne saurait s’appuyer exactement sur l’ouverture elliptique de l’intérieur du porte-verre, si la courbe d’appui était plane ; aussi M. Ringard se sert-il encore du tour ovale et d’un calibre représentant la courbure du verre pour gauchir convenablement remplacement qui est destiné à recevoir les bords du verre elliptique.
- Ces procédés de fabrication, qu’emploie M. Ringard et qui ont une précision pour ainsi dire mathématique, font voir tout le soin que cet habile artiste apporte à la confection de ses lunettes, et permettent de placer son nouvel instrument en parallèle avec ce qu’a produit de mieux, jusqu’ici, la fabrication des lorgnettes sous le rapport du centrage des verres.
- Il suit de ce qui précède i° que l’instrument en question, qui est légèrement aplati, est moins sujet à tourner dans la main et est, par conséquent, d’un usage plus commode que ceux qu’on emploie ordinairement ; T que sa forme l’emporte sur l’ancienne en élégance et en légèreté ; 3° que, dans ce genre de jumelles, le centrage des verres peut être obtenu aisément et avec autant de précision que dans les lorgnettes circulaires ; 4° enfin que la non-
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- notices industrielles.
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- velle manière de fixer les oculaires et les objectifs est plus avantageuse que l’ancienne, puisqu’elle rend très-facile le nettoyage de ces pièces, tandis que les vis dont on fait communément usage, et dont les pas sont toujours très-fins, rendent malaisés l’enlèvement et la remise en place des porte-verres. Il arrive même souvent qu’on détériore les vis en leur imprimant de force une fausse direction dans les écrous.
- Il est bon d’ajouter ici, messieurs, qu’on doit encore à M. Ringard, qui s’occupe depuis longtemps d’améliorations en matière d’optique, plusieurs perfectionnements heureux qui déjà ont été adoptés par le commerce.
- M. Ringard peut livrer ses nouvelles lorgnettes elliptiques au même prix que les jumelles ordinaires d’un égal diamètre, c’est-à-dire d’un diamètre égal au grand axe de ses objectifs; il en excepte , pourtant, celles qui sont montées en ivoire , parce qu’elles exigent certains procédés de fabrication un peu plus dispendieux, et encore n’établit-il qu’une très-légère différence de prix entre les instruments recouverts en ivoire et les autres de même calibre dont les corps sont simplement en métal verni (I).
- Le comité des arts économiques, qui pense, messieurs, que ce serait rendre justice à M. Ringard que de lui accorder un témoignage de votre satisfaction, vous propose de lui adresser des remercîments pour sa communication et d’ordonner l’insertion, dans le Ruüetin, du présent rapport accompagné d’une figure de la nouvelle lorgnette qui a été soumise à votre examen (2).
- Signé Silvestre, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 29 mars 1848.
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- NOTICES INDUSTRIELLES
- extraites de diverses publications périodiques françaises et étrangères.
- ARTS MÉCANIQUES.
- Paliers graisseurs à réservoir inférieur; par M. Decoster.
- M. Decoster a présenté à la Société d’encouragement, dans sa séance générale du 21 juillet 1847, un appareil pour le graissage des arbres de couche, qui permet de
- fi) Cette différence est de 10 francs.
- (2) Nous donnerons , dans un prochain numéro du Bulletin, la description et la figure de la lorgnette-jumelle de M. Ringard.
- Quarante-septième année. Juillet 1848.
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
- graisser seul et sans le secours de la main de l’homme. Le réservoir d’huile est placé immédiatement au-dessous du tourillon; l’huile y est constamment amenée en abondante quantité sur la surface du tourillon par une petite chaîne sans fin dont les maillons sont saisis par un petit renflement formant une embase étroite à cannelures. Cette chaîne plonge constamment dans le bassin ou le réservoir formé dans le corps même du support et au-dessous du tourillon. Il est aisé de comprendre que, dès que l’arbre est en mouvement, la chaîne marchant avec lui amène, par ses maillons, une faible quantité d’huile qu’elle abandonne en grande partie à la circonférence qu’elle embrasse et qui se répand sur toute la surface du tourillon et du coussinet : le surplus retombe dans le réservoir inférieur, pendant qu’une nouvelle quantité est reprise par les maillons qui se succèdent. Il en résulte un afflux continuel d’huile qui abreuve les surfaces frottantes et les maintient dans un parfait état de graissage. (Publ. industrielle de M. Armengaud, 6e vol., 5e livraison. )
- ARTS CHIMIQUES.
- Mémoire sur la fabrication de Vacide sulfurique et de sa concentration jusquà 66 degrés Baumé, sans chambres de plomb ni cucurbite de platine, par le nouvel appareil de M. Schneider, chimiste, ancien chef des travaux chimiques aux établissements de Sainte-Marie-d’Ognies, près de Charleroy (Belgique ) (1).
- La fabrication de l'acide sulfurique a subi, depuis son origine, des modifications plus ou moins heureuses. Depuis Basile Valentin, auquel on fait honneur delà découverte de ce produit si utile, elle a fixé l’attention des chimistes les plus distingués, et entre autres, de nos jours, elle a été l’objet des travaux de MM. Gay-Lussac, Thénard, Clément Desormes, Dumas, Payen, Bussy, Chevalier, Péligot, etc., etc. Cependant on éprouvait encore le besoin d’un appareil propre à remplacer le système des chambres de plomb dans la fabrication de l’acide sulfurique : nous croyons que cet important problème a enfin trouvé une solution à la fois pratique et scientifique.
- Lefèvre et Lémery, au xvne siècle, avaient cru favoriser la combustion en ajoutant au soufre du nitrate de potasse, et, à l’époque où l’on se livra à la fabrication de l’acide sulfurique d’après leurs procédés, on opérait dans des ballons-de verre à vases clos.
- En 1746, Roebuck imagina les chambres de plomb, et ce fut à Birmingham que l’on employa la première chambre à système intermittent. Après Roebuck, un fabricant d’indiennes de Rouen présenta un autre système ; il différait du précédent en ce que la chambre n’était pas close et qu’une cheminée dont elle était surmontée maintenait un courant d’air continuel. Ce procédé, fort ingénieux, mal accueilli dans l’origine, dut son succès à Chaptal.
- Elus tard, MM. Payen et Cartier imaginèrent un procédé de ce genre qui leur avait
- (1) Voyez uu rapport de M. Payen sur le procédé de M. Schneider, Puîhtm de février 184S. p. 76.
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- très-bien réussi. Leur appareil se compose d un four à combustion communiquant avec une première chambre, qui envoie ses gaz dans une seconde, laquelle débouche dans une troisième, celle-ci dans une quatrième, puis dans une cinquième, mise en communication avec une cheminée pour produire le tirage. Si l’on compare ce dernier appareil avec celui où la combustion est intermittente, il est aisé de reconnaître qu’il offre beaucoup plus d’avantages. La quantité d acide obtenue est de près d’un tiers plus considérable dans ces chambres, pour un temps donné et à capacité égale, que dans les chambres à système intermittent, attendu que ces savants distingués reconnurent bientôt que le mélange et la combinaison des gaz se font plus rapidement par le courant d’air continuel et par les surfaces plus grandes que présente au gaz la division de l’appareil. Ce système est encore employé aujourd’hui, mais bien des perfectionnements, fondés sur les surfaces, y ont été apportés, et il nous serait impossible de les énumérer tous ici.
- Les lois nouvelles auxquelles nous avons soumis les combinaisons successives de notre système et de notre appareil, dont un modèle a figuré à l’exposition des produits de l’industrie belge de 1847, nous ont conduit à reconnaître des modes de condensation plus rapides dans un plus petit espace qui, sans exiger le cubage exorbitant des chambres de plomb, présente néanmoins une plus grande surface aux gaz à condenser. Pour remplacer les vases de platine, dont le prix est si élevé , nous avons imaginé un appareil destiné à concentrer l’acide sulfurique à 66 degrés Baumé par un système à la fois plus avantageux, plus économique et pouvant opérer avec bien plus de rapidité.
- Les divers appareils chimiques que nous avons précédemment montés en Allemagne, en France et en Belgique sont des garanties suffisantes pour le succès de l’appareil que nous allons faire connaître.
- Énumérons brièvement les avantages qu’offre le nouvel appareil comparativement aux chambres de plomb, qui nous paraissent devoir bientôt être abandonnées.
- 1° Frais de premier établissement. — En prenant pour base de nos calculs un appareil du système actuel destiné à fabriquer l’acide sulfurique dans des chambres de plomb consommant 800 kilog. de soufre par vingt-quatre heures, ce qui donne un produit de 2,360 kilog. d’acide à 66 degrés Baumé (en supposant le rendement de 295 p. 100 de soufre), nous trouvons que la dépense, y compris une cucurbite de platine. s’élève de 110 à 120,000 francs, tandis qu’avec le nouvel appareil, brûlant la même quantité de soufre dans le même espace de temps, elle ne dépassera pas le chiffre de 40 à 45,000 fr., en tenant même compte des frais des appareils concentrant l’acide jusqu’à 66 degrés Baumé.
- 2° Réparation des chambres de plomb. — Il arrive parfois qu’une des chambres se trouve endommagée et nécessite des réparations. On est alors obligé de faire chômer les chambres, de les aérer pendant plusieurs jours avant que les ouvriers puissent y pénétrer pour les réparer. En dépit de toutes les précautions, ils sont toujours incommodés par les émanations sulfureuses qui se dégagent, et souvent même exposés à de graves accidents, par exemple à l’asphyxie, comme cela a eu lieu à Dieuze en 1835. Quelque minime que soit la réparation à effectuer, elle entraîne forcément un chômage de dix,
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- de vingt ou trente jours, et même davantage, si les réparations sont de quelque importance. Ces pertes de temps et de produits disparaissent avec le nouvel appareil, qui évite tout chômage, quelles que soient les réparations qu’il peut exiger.
- 3° Mise en train des chambres de plomb. — Le fabricant éprouve des obstacles qui lui occasionnent une grande perte de temps et de produits pour la mise en train des chambres de plomb ; car, avant que les chambres se trouvent dans les conditions de température voulues, que le tirage soit régulièrement établi, il se passe parfois quinze jours, et quelquefois plus, avant que la marche de la fabrication soit bien réglée. Il est, en effet, impossible que la combinaison des gaz ainsi que la combustion du soufre ( qui est un des points essentiels de la fabrication de l’acide sulfurique ) se fassent convenablement tant que l’appareil ne fonctionne pas de manière que la combustion et la combinaison des gaz puisse s’opérer dans les conditions de température et de tirage voulues, conditions difficiles à remplir avec un cubage aussi exorbitant, contenant un si grand volume d’air froid, qu’il faut, avant tout, en chasser. Le nouvel appareil peut être placé , au bout de vingt-quatre heures, dans les conditions les plus favorables de tirage et de température, de manière que, par une combustion rapide du soufre et par la combinaison des gaz, la formation de l’acide sulfurique ait lieu instantanément.
- 4° Le nouvel appareil, comparé au système actuel des chambres de plomb, et dont on peut augmenter ou diminuer la capacité sans être obligé d’arrêter la marche de la fabrication, lui est bien supérieur au point de vue de la prompte construction, de l’économie des matières et de l’emploi de l’acide nitrique (car avec cet appareil l’on n’a jamais employé plus de 4 pour 100 d’acide azotique pour 100 de soufre), des dépenses de main-d’œuvre, de l’usure de l’appareil, de la prompte condensation de l’acide et du prix de revient, qui est de 30 pour 100 meilleur marché pour le moins. Les frais de construction, peu élevés dans tous les cas, varient d’après les dimensions qu’on donne à l’appareil, depuis une consommation de 25 kilog. de soufre par jour jusqu’à 1,500 kilog. Ce sont là, certes, d’immenses avantages qu’il suffit de signaler aux fabricants et aux grands consommateurs d’acide sulfurique, principalement aux exploitants de verreries, aux fabricants de bougies, etc., etc.
- 5° Outre que le rendement en acide sulfurique est plus considérable (l’on obtient 306 kilog en acide sulfurique pour 100 kilog. de soufre), il y a absence totale d’acide azoteux dans l’acide que l’on tire de l’appareil.
- 6° La condensation est plus rapide par l’action des surfaces solides et des corps poreux sur les gaz contenus dans l’intérieur de chaque vase (ces vases sont des colonnes de grès).
- Un appareil du système des chambres de plomb, destiné à brûler 800 kilog. de soufre dans les vingt-quatre heures, exige un cubage de 1,500 mètres, qui n’offre qu’une surface de 324 mètres. Quoique le nouvel appareil, pour la même quantité de soufre, n’ait qu’un cubage de 500 mètres, il présente aux gaz, dont chaque particule s’entoure d’oxygène, une plus grande surface (9,500 mètres). Dans ce procédé, la surface offerte à l'oxygène et aux gaz est plusieurs milliers de fois plus considérable que dans l’ancienne méthode. Cette circonstance leur imprime, à travers des surfaces solides et angu-
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- laires et des corps poreux, un frottement dans leur circulation à l’entour et à travers, et leur fait subir, dans les nombreuses sinuosités qu’ils ont à parcourir, une certaine compression qui les force a une condensation plus rapide que dans les chambres de plomb, où la division et le mélange des gaz ne se trouvent pas suffisamment établis. C’est encore, en effet, à ces condensations par les surfaces solides et poreuses qu’il faut attribuer le dégagement de chaleur qui produit cette température régulière dans l’intérieur de l’appareil, lorsque, toutefois, il y a accompagnement d’une quantité suffisante d’oxygène.
- Mais, dans le système des chambres de plomb, où la température est si inégale par la masse et le grand volume d’air, il est impossible de maintenir la température au degré voulu pour faciliter la décomposition de l’air, car l’expérience journalière prouve que, lorsque les chambres sont divisées, la première et la deuxième partie fonctionnent bien, tandis que la troisième, la quatrième et la cinquième partie sont malades ( ce que l’on appelle maladie des chambres ) , et qu’il ne se fait aucune combinaison des gaz ou qu’elle est presque nulle ; c’est ce que l’on reconnaît en observant le dégagement des gaz qui s’opère par la cheminée à la suite des chambres. Si les gaz sont blancs à leur sortie au lieu d’être jaune orangé, c’est une preuve que l’appareil fonctionne mal, et qu’il y a perte d’acide sulfurique; ce dérangement provient, il est vrai, le plus souvent, de la négligence de l’ouvrier chargé de la conduite de l’appareil, mais, dans tous les cas, et quelles que soient les précautions que l’on prendra, ce dérangement ne peut être entièrement évité. En supposant que cet accident ne se renouvelle que deux fois par mois, pour quelque cause que ce soit, et que cette maladie ne dure que vingt-quatre heures, c’est le moins (quelquefois elle dure huit jours), la perte résultant pour le fabricant est de 50 pour 100 en acide sulfurique, quel que soit le rendement moyen qu’on obtienne. Admettons que ce rendement soit de 295 kilog. d’acide pour 100 de soufre, la perte, dans les vingt-quatre heures, sera de 147 kilog. et demi, perte qui, répétée seulement deux fois par mois, s’élèvera à 295 kilog., soit, par an, 3,540 kil., lesquels, au prix de 15 fr. les 100 kilog., donnent la somme de 531 fr. Nous ne croyons pas avoir exagéré et qu’aucun fabricant ne viendra nous démentir; il reconnaîtra peut-être même que nous sommes resté au-dessous de la vérité. Cette perte étant évitée avec le nouvel appareil, les frais de construction de cet appareil se trouveront payés au bout de dix ans.
- Le système des chambres de plomb avait été adopté jadis, quand la plupart des chimistes ne croyaient pas à la formation immédiate de l’acide sulfurique, car ils admettaient que l’intervention des cristaux était nécessaire pour sa formation. Mais, dans un mémoire lu à l’Académie des sciences, M. Péligot a démontré que la formation de ces cristaux n’est qu’accidentelle ; ce qui, en effet, est constaté par l’expérience journalière. Lorsque les chambres deviennent malades, la combinaison des gaz n’a lieu qu’imparfaitement, l’acide azotique ne cède que très-difficilement son oxygène, l’odeur de l’acide devient très-forte, l’acide azotique reste combiné à l’acide sulfurique contenu dans les chambres, et une grande quantité de gaz sulfureux est entraîné par le courant d’air; quand les chambres se trouvent dans ces conditions défa-
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- vorables , on voit quelquefois apparaître des cristaux , qui sont formés d’acide sulfurique , d’acide azoteux unis à une certaine quantité d’eau. En admettant en principe que la formation de l’acide sulfurique n’a pas lieu instantanément, et qu’un certain laps de temps est nécessaire pour que la combinaison des gaz produise l’acide sulfurique , on comprendra l’usage de ces énormes chambres de plomb qui, dans ce système, ne pourraient être trop vastes pour produire de grandes quantités d’acide. En effet, avec le système des chambres intermittentes, pour être en état de brûler 200 kilog. de soufre en vingt-quatre heures, l’on avait un cubage de 3,300 mètres, et comme les fabricants les plus habiles retiraient alors rarement 200 kilog. d’acide , et que généralement 150 pour 100 kilog. de soufre employé était tout ce qu’ils obtenaient, on n’a pas tardé à reconnaître que le système était défectueux, tant en théorie qu’en pratique.
- Dans toute chambre de plomb on obtient de l’acide sulfurique, mais il existe des proportions et des dispositions plus ou moins avantageuses, et telle chambre condensera dans un temps donné tous les gaz, tandis que telle autre en laissera perdre une quantité plus ou moins notable. La plupart des fabricants, ne possédant qu’une seule chambre , peuvent difficilement se rendre compte des avantages ou des inconvénients qui résultent des proportions qu’ils ont adoptées. Il est évident qu’avec le système des chambres intermittentes la formation de l’acide sulfurique ne pouvait avoir lieu instantanément , puisqu’on lançait dans la chambre un chariot de fer, plein d’un mélange allumé de soufre et de nitrate de potasse ( ce dernier était employé dans la proportion de 15 à 20 pour 100 de soufre) ; aussitôt que le chariot chargé de soufre enflammé était introduit dans la chambre, on fermait hermétiquement cette dernière, et la combustion se faisait lentement; aucun courant d’air pour l’activer n’étant établi et les gaz restant stationnaires, la combinaison s’en faisait très-lentement par leur propre pesanteur spécifique, attendu que les conditions indispensables à la formation instantanée de l’acide sulfurique manquaient entièrement. Car, si Ton songe que, dans un appareil ayant 3,300 mètres cubes, il fallait douze heures pour opérer la combustion de 100 kil. de soufre, produisant 150 à 200 kil. d’acide sulfurique, il fallait, disons-nous, bien croire à cette théorie erronée, que l’acide ne se formait pas instantanément. Ce fut donc une innovation heureuse que le système des chambres à courant d’air continu, progrès dû à la persévérance de savants distingués, MM. Chaptal, Payen et Cartier. Si l’on eût persisté dans cette application erronée , aujourd’hui que la fabrication de l’acide sulfurique a pris un si grand essor dans l’industrie, comme un des agents les plus utiles, il aurait fallu, pour brûler 1,500 kilog. de soufre par jour , comme cela a lieu dans plusieurs fabriques de soude, un appareil de 5,000 mètres cubes, tandis qu’avec le système à courant d’air continu, pour la même quantité de soufre (système de MM. Payen et Cartier), les appareils n’ont guère plus que de 1,500 à 2,000 mètres cubes, et l’on produit une quantité d’acide plus considérable. Avec notre système actuel, et pour cette même quantité de soufre, il ne faudra tout au plus qu’un cubage de 500 à 600 mètres, mais nous aurons plusieurs milliers de fois plus de surfaces, ainsi que nous l’avons déjà démontré. Supposons que les chambres viennent à se déranger par un motif quelconque, on y remédiera en in-
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- troduisant de l’eau froide aussi pure que possible dans la grande chambre , par une cuvette munie d’un tube en S qui dégage de 1 eau en chute par le sommet de la chambre. En même temps on placera au fond des chambres, des tuyaux en serpentin qui lancent la vapeur dans toutes les directions, afin d’exciter un grand mouvement dans l’acide ; l’eau froide introduite par le sommet de la chambre produit un sifflement très-marqué, la température s’élève sensiblement, l’acide azoteux.qui s’était combiné avec l’acide sulfurique, par suite du dérangement de l’appareil, se dégage , et l’acide azoteux, sous l’influence de l’eau, devient à son tour de l’acide azotique. Au bout de douze heures, les chambres pourront être rétablies dans de bonnes conditions, en activant le tirage de l’appareil. Ces moyens si simples sont infaillibles et nous ont toujours réussi, mais la plupart des fabricants les ignorent. Nous voyons donc que, dans ce cas encore, le mouvement des gaz, le mélange de l’acide et une certaine température jouent un rôle important pour la combinaison des gaz dans la formation de l’acide sulfurique.
- En partant de ces principes et de ses précédentes recherches sur l’acide hypo-azoti-que et sur l’acide azoteux, M. Pèligot a été conduit à proposer une nouvelle théorie de la formation de l’acide sulfurique qui satisfait à toutes les données de la science. Pere-grine Philips a , le premier, produit de l’acide sulfurique plus en grand sans emploi d’acide azotique ni de nitrates; il fit passer le gaz acide sulfureux, avec excès d’air atmosphérique, à l’aide d’une pompe pneumatique, à travers un tuyau de fonte, chauffé au rouge > rempli d’éponge de platine, entourée d’un fil de platine très-mince. L’acide sulfureux formé et combiné avec du gaz azote, il les fit passer à travers une grande colonne de plomb, remplie de quartz et surmontée, dans l’intérieur, d’un double fond percé de trous, afin de diviser l’eau que l’on introduisait par le haut pour humecter continuellement le quartz. Cette opération réussit très-bien, et, sans nul doute, l’auteur serait arrivé à des résultats avantageux, s’il avait appliqué son procédé à un appareil autre que celui des chambres de plomb T dont le cubage aurait été réduit au point de concentrer régulièrement la température dans l’appareil ; mais, avec le système des chambres , ce procédé n’est pas applicable, et l’on ne peut espérer d’en obtenir des résultats satisfaisants. M. Chandelon, professeur de chimie à l’université de Liège, a mis depuis longtemps ce procédé en pratique dans ses cours de chimie, et il a reconnu que, avec des appareils aussi parfaits que les nôtres, le succès ne pouvait être douteux.
- Doebereiner ayant fait voir que la platine en éponge enflamme un mélange d’hydrogène et d’oxygène, MM. Dulong, Thénard et Dumas démontrèrent que cette propriété n’était pas inhérente au platine seulement, mais qu’un grand nombre de substances, simples ou composées, la possèdent aussi , quoiqu’à des degrés de chaleur différents. Tout ce que l’on a appris depuis sur ces importants phénomènes prouve que beaucoup de corps sont aptes à condenser les gaz avec d’autant plus d’énergie que les corps condenseurs n’ont pas subi l’influence d’une haute température; car un corps qui, dans un état donné, peut condenser un gaz perd toujours cette propriété par l’effet d’une température élevée. Ainsi, par exemple , le platine laminé ne possède qu’une action insensible, tandis que l’éponge de platine , provenant de la calcination
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- du chlorure platinico-ammoniac, en a une assez grande, et que le noir de platine (platine obtenu par la réduction du sel platinico-sodique au moyen de l’alcool) possède, au plus haut degré, cette propriété d’absorber le gaz oxygène; mais, comme le prix de ce corps est très-élevé, il ne peut être employé avec avantage dans une fabrication courante. D’après Liebig, le platine absorbe en oxygène plus de huit cents fois le volume de ses pores; ce gaz s’y trouve alors nécessairement dans un état de condensation trcs-rapproché de celui de l’eau liquide. D’après ce savant chimiste, le charbon, toutes les matières poreuses, certaines pierres (lave vitreuse pumicée), certaines roches, etc., mis en contact avec des gaz, particulièrement avec ceux qui sont les plus solubles dans l’eau, les absorbent en les condensant : cette propriété est en raison de la porosité des corps; le charbon et la pierre ponce absorbent même soixante-quinze à quatre-vingt-cinq fois leur volume de gaz sulfureux ou de gaz hydrochlorique. Ces gaz, confinés dans les pores de ces corps, occupent un espace de plusieurs centaines de fois moindre que celui qu’ils remplissaient d’abord. Ces corps, à une température au-dessous de -t- 300°, jouissent donc également de la propriété de se combiner avec l’oxygène et l’hydrogène, sans cependant s’enflammer. Tout dépend de l’état dans lequel on les emploie ; plus elles sont divisées, plus les molécules gazeuses sont attirées par le corps solide, et adhérent à sa surface en vertu de l’action des masses , c’est-à-dire de la pesanteur. On ne saurait, il est vrai, mesurer la condensation qui a lieu à la surface de 1 centimètre carré; mais imaginons, par exemple, une surface solide de quelques centaines de mètres carrés ; et concevons-la resserrée dans l’espace de 1 centimètre cube, tout gaz dans lequel ce solide sera introduit diminuera de volume, le gaz sera absorbé. Chaque particule de ces corps s’entoure donc d’une espèce d’atmosphère d’oxygène condensé; si les vapeurs proviennent de la combustion du soufre, il s’en empare et se transforme en acide sulfureux ; ce dernier, en contact avec l’eau, et par le développement de température et la propriété poreuse contenue dans l’intérieur de l’appareil, opère la décomposition de l’air et se transforme en acide sulfurique. Toutes ces actions, dans ces divers corps, ne sont point des propriétés chimiques, elles sont, au contraire, physiques et mécaniques; si à cette première action s’ajoute une action chimique même faible, les gaz coercibles ne peuvent plus conserver leur état.
- Il est donc certain aujourd’hui, et c’est un fait acquis à la science et à l’industrie, que l’acide sulfurique peut se fabriquer de toute pièce, sans emploi d’acide nitrique, ni de nitrates.
- C’est ici le lieu de rappeler une observation que nous communiqua M. Clément Desormes dans une lettre qu’il nous adressa en mars 1835.
- « Je vous dirai de plus, en confidence, que les k pour 100 d’acide nitrique pour « 100 de soufre sont encore bien surabondants pour produire 300 kilog. d’acide sul-« furique, parce que ce n’est pas l’acide nitrique qui concourt directement à la formate tion de l’acide sulfurique, mais il ne sert que de conducteur pour élever la tempéra-« ture et pour faciliter la décomposition de l’air, pour l’unir au gaz sulfureux ; il fait tt les fonctions de courtier de l’oxygène, pour mieux expliquer ma pensée, et je suis a certain même qu’il ne s’écoulera pas dix années sans que l’on ait trouvé le moyen de
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- « fabriquer l’acide sulfurique de toute pièce , sans chambre de plomb et sans emploi « d’acide nitrique ni de nitrates ; soutenez donc votre courage, sondez bien toutes les « parties de la fabrication, entrez dans tous les détails, car ce sont les petits ruisseaux « qui engendrent le Danube, et la fin courronnera 1 œuvre. »
- Ces observations si justes de ce savant distingué ont été confirmées par l’expérience. En effet, nous avons vu des fabricants qui ont voulu obvier aux effets du dérangement des chambres par l’emploi d’une plus forte dose d’acide nitrique ; mais ce fut inutilement , les chambres devinrent pesantes comme autrefois. Nous ne comprîmes point alors la cause de ce triste résultat, quoique nous vissions que l’addition d’acide nitrique faisait brûler le soufre avec plus de vivacité ; maintenant nous la comprenons.
- L’illustre Lavoisier disait qu’il est difficile de concevoir les phénomènes de la chaleur, sans admettre qu’ils sont l’effet d’une substance réelle et matérielle, d’un fluide enfin très-soluble, qui s’insinue au travers des molécules des corps et qui les écarte.
- Les belles expériences de MM. Faraday, Bussy et Thilorier, qui nous ont fait connaître par quels moyens on parvient à produire l’abaissement de température ou la pression suffisante pour opérer la solidification ou la liquéfaction des gaz, ne sont donc, en définitive, qu’une application du principe que nous avons énoncé, et nous pensons qu’en l’appliquant sagement, et dans les vues qui ont dirigé dans leurs travaux ces chimistes, on parviendra à faire des découvertes plus remarquables encore que celles que nous venons de rappeler.
- Cette action des surfaces solides, et surtout des corps poreux sur les gaz, a donné la clef d’une foule de phénomènes inexplicables jusqu’alors. La transformation de l’alcool en vinaigre s’effectue , aujourd’hui, par l’application d’un procédé fort expéditif fondé sur les principes qui viennent d’être développés.
- De nombreuses expériences ont justifié ce que nous avançons, entre autres celle qui a été faite le 16 octobre, en présence de MM. le professeurChandelon , Houtart-Cossée, directeur des établissements de glaces et de produits chimiques à Sainte-Marie-d’Oignies, membres du jury de l’exposition de l’industrie belge, Brunet, un des préparateurs de M. Payen, Krafft, élève de M. Gay-Lussac, et plusieurs autres amis de la science , qui ont eu la satisfaction de constater les résultats que nous allons communiquer.
- Dans une première expérience et malgré une grande perte de soufre produite par le défaut de capacité du four à combustion, 100 grammes de soufre ont donné 164 grammes d’acide semblable à celui des chambres, à 52° B.
- Dans l’expérience du 16 octobre, bien que le four à combustion ne tirât pas encore très-bien, 100 grammes de soufre ont donné 282 grammes du même acide; on n’a employé ni acide nitrique ni nitrates. L’acide sulfurique a donc pu être obtenu dans notre appareil par la simple combustion du soufre.
- Plusieurs essais que nous avons entrepris en l’absence de ces messieurs nous ont donné, le 21 octobre dernier, 100 grammes de soufre, 297 grammes d’acide à 51°; le 22 octobre, 200 grammes de soufre ont donné 590 gr. à 50 1/2°; le 23 octobre, 300 gr. de soufre nous ont donné 907 gr. d’acide à 51 3/4°.
- Quarante-septième année. Juillet 1848.
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- Dans l’expérience du 20 novembre, en présence de MM. Guillery, professeur de chimie à l’université de Bruxelles, Nollet, professeur de chimie et de physique à l’école militaire de la même ville, membres du jury de l’exposition de l’industrie belge, Russe, docteur en médecine, 100 gr. de soufre ont produit 317 gr. à 50° B. = 210 à 66°; l’opération n’a duré que deux heures et demie.
- Nous croyons n’avoir rien négligé pour arriver à un résultat qui aura une immense portée dans la fabrication de l’acide sulfurique . Les recherches auxquelles nous nous sommes livré avaient principalement pour but la construction d’un appareil propre à remplacer le système des chambres de plomb et les cucurbites de platine. Nos recherches et nos travaux ont été couronnés d’un plein succès, puisqu’ils nous ont conduit à d’autres découvertes importantes. Le jugement favorable porté sur notre découverte par plusieurs savants nationaux et étrangers, ainsi que les félicitations qu’a daigné nous adresser Sa Majesté le roi des Belges, sont une garantie suffisante de la réussite réservée à notre appareil.
- Frais de premier établissement de l’appareil pour les grandeurs ci-dessous désignées (construction de l’atelier non comprise).
- Un appareil brûlant par vingt-quatre heures 100 k. de soufre produit 300 k. d’acide suif, à 66° et coûte 7,500 f. au lieu de 17,000 f.
- 200 — — — 600 — — 15,200 — 32,000—
- 300 — — — 900 — — 23,375 — 46,000—
- 400 — — — 1,200 — — 29,000 — 58,000—
- 500 — — — 1,500 — — 35,000 — 71,000—
- 600 — — — 1,800 — — 41,000 — 82,000—
- 700 — — — 2,100 — — 43,000 — 92,000—
- D’après les procédés employés aujourd’hui, il faut encore y ajouter le prix d’un vase de platine, qui varie de 20,000 à 35,000 fr. ; cette dépense est supprimée dans le nouveau système.
- Description de l’appareil pour la fabrication de l’acide sulfurique; par M. Schneider.
- PL 1068, fig. 1. Élévation, vue de face, de l’appareil.
- Fig. 2. L’appareil, vu en dessus; la direction des flèches indique la circulation des gaz.
- Fig. 3. Section verticale de la partie de la colonne de plomb dans laquelle sont placées les capsules contenant la pierre ponce.
- Fig. 4. Le même vu en-dessus.
- Fig. 5. Section verticale d’un tronçon des colonnes de grès renfermant les capsules à pierre ponce.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans toutes les figures.
- A, four à soufre. B, maçonnerie ou enveloppe pour concentrer la chaleur. C, foyer pour échauffer le four lorsqu’on commence l’opération. D D, portes pour introduire al-
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- ternativement le soufre, pour favoriser la combustion. E, colonne en fer qui envoie le gaz dans l’appareil. F, colonne en plomb. G G G, colonnes en grès composant l’appareil. H H, fîg. 3, k et 5, capsules dans lesquelles sont placés les corps poreux (pierre ponce).
- 11, plateau en grès qui renvoie 1 acide d une colonne a 1 autre, les colonnes n ayant pas de fond. J, tuyau de communication qui renvoie les gaz dans la deuxième rangée des colonnes, laquelle est plus élevée que la première de 60 centim. à partir du plancher.
- K, réservoir à air par lequel, au moyen d’une injection de vapeur ou par un soufflet à double effet, l’on fait circuler avec force l’air atmosphérique à travers des corps poreux
- L. robinet en plomb qui envoie l’acide fabriqué dans les réservoirs communs M fer-
- més par des couvercles en bois garnis intérieurement de plomb. N, robinet pour laisser écouler l’acide dans les appareils de concentration. 0 0, tuyaux établissant la communication des colonnes de grès entre elles. P, réservoir plein d’eau alimenté par une petite pompe qui renvoie l’eau dans un tuyau commun Q de 3 à h centimètres de diamètre placé au-dessus des colonnes et muni de petits tuyaux a a qui communiquent dans les fermetures hydrauliques pour introduire l’eau à volonté dans les colonnes en réglant son écoulement par les robinets b b. ce, fîg. 3 et 4, sont des tubes en grès ayant trois ouvertures en dessus, pour faire déborder le trop-plein de l’acide dans l’intérieur des colonnes; ces tubes ont 10 centimètres de diamètre. ( D. j
- Extrait d’un ouvrage intitulé 3 Recherches historiques sur la construction des fosses d’aisances et l’emploi des matières fécales; par M. Ernest Vincent ; fin ) (1).
- Chapitre X. Des appareils de secours.
- Lors de la vidange des fosses, il est arrivé que des malheureux sont tombés asphyxiés par les gaz dégagés des matières délétères. Plusieurs auteurs ont proposé divers appareils destinés soit à porter secours, soit à atténuer ces accidents. Celui proposé en 1811, par M. Cadet, a pour but d’extraire facilement le gaz des fosses méphitisées, de l’analyser et d’indiquer les procédés qu’il convient d’employer pour l’absorber ou le chasser d’une fosse dont il rend l’accès dangereux (2).
- Dans une lanterne en bois A, fîg. 3, pl. 1069, est engagée une bouteille B, qui, renversée, plonge, par le goulot, dans un verre C. Cette bouteille est retenue par un collier en métal à charnière D ; un anneau E, mastiqué à son fond, permet à la corde F de la soulever au moyen de la bélière G. Pour que la bouteille ne vacille pas quand elle est soulevée, deux anneaux sont soudés à son collier et glissent le long des deux tringles HH. La lanterne est portée par une main de fer ou de cuivre L, à laquelle on attache une corde I, et des deux côtés de cette main sont fixées deux petites bobèches, sur lesquelles
- i) Voyez Bulletin de la Société , juin 1848, p. 335. (2) Bulletin de pharmacie, année 18)1, p. 54.
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- on place des bougies allumées M M dont l’extinction annonce que la lanterne est plongée dans le gaz méphitique.
- Après avoir retiré de la lanterne la bouteille et le verre, on les remplit d’eau; on renverse ensuite la bouteille, on l’engage dans le collier, on passe la bélière dans l’anneau, et l’on allume les bougies. Dans cet état, on descend la lanterne dans la fosse jusqu’à ce que les bougies s’éteignent ; alors, à l’aide de la corde, on remonte la bouteille dont le goulot sort du verre; elle se vide , le gaz remplace le liquide. Quand on a la certitude qu’elle est vidée, on lâche doucement la corde, et le goulot redescend dans le verre qui, toujours plein d’eau, s’oppose à la sortie du gaz ; on remonte l’appareil et l’on dégage la bouteille de son collier pour transvaser le gaz dans un eudiomètre ou autre appareil d’analyse.
- Le respirateur antiméphitique proposé, en 1786, par Pilatre du Rosier (1) se compose d’un masque ou étui concave ayant la forme du nez et s’appliquant exactement sur cet organe. A la base de ce masque est un conduit coudé recevant un tuyau vertical en taffetas gommé ou en gomme élastique qui amène l’air pur pour la respiration. On inspire par la bouche et on expire également par la bouche qu’on a soin de tenir fermée après l’inspiration.
- L’appareil proposé, la même année, par M. de VAulnaye est une modification du précédent. Au lieu de s’appliquer sur le nez, il couvre entièrement le visage et est maintenu en place au moyen de petites courroies. En inspirant, le vide se forme dans la partie horizontale du tuyau ; la pression de l’air contenu dans le tuyau vertical force une soupape à s’ouvrir et donne passage à l’air atmosphérique. Lorsqu’on expire, au contraire, l’air sortant des poumons ferme la soupape et fait ouvrir une seconde soupape pour donner passage au fluide méphitique qui se répand dans l’atmosphère de la fosse.
- Dans l’appareil proposé, en 1808, par M. Brizé-Fradin, un homme porte sur son dos un réservoir en cuir capable de contenir une quantité d’air suffisante pour fournir, au besoin, de la respiration pendant une demi-heure. Un tuyau part du fond de ce réservoir et aboutit à la bouche de celui qui descend pour porter du secours, en y amenant de l’air frais. De ce premier tuyau il en part un autre qui, après s’être enflé comme une vessie, arrive à une lanterne et y amène l'air qui a été respiré , mais qui contient encore assez d’oxygène pour alimenter la bougie. Des clapets disposés intérieurement rendent le jeu du mécanisme très-facile.
- En 1817, M. Gosse fils imagina un masque fait de toutes pièces avec des éponges de rebut. Deux longs rubans en fil, cousus solidement en dehors et sur les côtés de l’éponge, après s’être croisés derrière la tête, étaient ramenés en avant et liés au devant de la bouche. Une expérience fut faite avec cet appareil lors de la vidange d’une fosse. Un ouvrier muni de l’éponge imbibée d’une solution d’acétate de plomb , dans la proportion de 48 grammes de ce sel pour 2 kilogrammes d’eau de rivière, donna des résultats satisfaisants. L’hydrogène sulfuré et les gaz ammoniacaux sont promptement décompo-
- (!) Journal de physique, t. XXXIII, p. iis.
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- sés par ce liquide. L’air respirable qui leur était combiné traverse seul l’éponge , et la vapeur acide qui s’en élève s’oppose en même temps à leur action sur la vue. (Bulletin de la Société d’encouragement, année 1817, p. 88.)
- Le masque de M. Roberts, breveté en 1825, consiste en un capuchon ou coiffe confectionné en cuir ou toute autre matière imperméable, qui, étant passé sur la tête et serré autour du cou, puisse empêcher l’introduction de l’air vicié de l’atmosphère dont l’opérateur est entouré. Une trompe ou tuyau élastique adapté sur le devant du capuchon sert à conduire l’air dans F intérieur de la coiffe pour alimenter la respiration par la bouche et par les narines; à cet effet, il existe un récipient à l’extrémité du tube contenant une éponge saturée ou humectée. L’air vicié ou corrompu qui s’y trouve est décomposé ou purifié en passant par l’éponge. ( Voy. t. XXI, p. 46 de la Collection des brevets.)
- L’appareil de M. Ch. Deane consiste en un casque en cuivre enveloppant la tête et le col de la personne qui doit pénétrer dans le lieu infect, et auquel est attaché un tuyau qui communique avec un soufflet pour renouveler l’air, et un autre tuyau par lequel s’échappe l’air expiré. ( Yoy. Lond. journ. of arts, année 1825, p. 341.)
- L’appareil proposé, en 1837, par M. le colonel Paulin, décrit et figuré dans le Bulletin de la Société d’encouragement, année 1835, p. 128, se compose d’une casaque en cuir de vache souple et léger surmontée d’un capuchon avec masque de verre qui recouvre la tête du vidangeur. Les coutures de cette casaque sont faites de manière à ne point laisser échapper l’air. Un sifflet passe à travers le masque et sert à celui qui emploie l’appareil à donner des signaux. Ce sifflet, formé d’un tuyau de cuivre tournant à baïonnette , est construit de manière à permettre l’accès à l’air extérieur sous la casaque, au moment où la personne le revêt, pour ne pas gêner sa respiration. Cette casaque se ferme au corps par une ceinture et aux manches par des bracelets. Aussitôt que la pompe qui envoie l’air sous l’appareil est mise en jeu, on tourne le tuyau et on intercepte ainsi toute communication au dehors.
- Une lanterne peut être adaptée à cet appareil ; elle reçoit également, par une pompe, F air nécessaire à son alimentation.
- Chapitre XI. De l’emploi des urines.
- 1° Appareils pour recueillir les urines. — M. Decœur peut être regardé comme le premier qui ait eu l’idée, en 1805 (1), de construire un appareil pour recueillir les urines.
- 11 se compose, extérieurement, d’une boîte cylindrique en bois, montée sur trois pieds et fermée de toutes parts, excepté aux deux endroits par où l’on épanche les urines.
- L’intérieur de cette boîte forme trois parties séparées par deux planchers en bois couverts chacun d’une feuille de plomb.
- fi) Yoy. t. YI, p. 127 de la Collection des brevets.
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- La partie supérieure est un réservoir d’eau dont la hauteur est environ la dixième partie de celle de l’appareil. Au centre du fond de ce réservoir est un trou conique ; ce trou est fermé par un bouchon en cuivre percé, à son centre, d’un trou dans lequel s’ajuste, à frottement, une tige en cuivre, dont la partie inférieure, celle qui entre dans le trou du bouchon, est conique ; cette tige est taraudée vers sa partie supérieure et reçue dans une bride arquée qui s’élève à la hauteur du réservoir ; cette bride, qui sert d’écrou à la tige, est fixée sur le fond du réservoir par deux vis. La tige est surmontée d’une tête au-dessus du réservoir, à l’aide de laquelle on visse ou l’on dévisse la tige qui bouche, plus ou moins, le trou réserve au centre du bouchon.
- Au-dessus du bouchon est une éponge qui baigne dans l’eau du réservoir et qui est maintenue au-dessus du trou, en forme de calotte, au moyen de deux fils de laiton, de manière que l’eau ne peut entrer que goutte à goutte par le trou du bouchon.
- La partie du milieu, qui est environ six fois aussi grande que le réservoir, reçoit les urines par deux ouvertures ; elle renferme un vase en fer-blanc qui reçoit les gouttes d’eau à leur sortie du trou cylindrique pratiqué au centre du bouchon du réservoir.
- Le vase est disposé de manière qu’étant rempli d’une certaine quantité d’eau il est obligé de faire bascule, et de verser dans un entonnoir l’eau qu’il contient ; après quoi il est ramené dans la première position par un poids placé sur le derrière du vase.
- L’entonnoir dans lequel tombe en abondance l’eau que le vase ne reçoit que goutte à goutte est terminé en forme de pomme d’arrosoir qui distribue l’eau par jets ; la machine est ainsi lavée intérieurement.
- La troisième et dernière partie est un réservoir destiné à recevoir les urines et l’eau qui a servi à laver.
- Ces deux liquides y sont introduits par un trou pratiqué au plancher qui sépare cette dernière partie de la précédente. Dans ce trou est ajusté un tube en plomb recourbé en forme de siphon, qui reste toujours plein d’eau et verse le trop-plein dans ce dernier réservoir, ce qui interrompt toute espèce de communication entre le réservoir d’urine et l’extérieur.
- Un robinet ou un bouchon en cuivre placé dans le bas de ce réservoir, permet de le vider quand on veut.
- En 1820, M. Dufour proposa l’établissement d’un urinoir public demi-sphérique garni de plomb, renfermant dans sa base un baquet fermé dans lequel les urines étaient conduites par un entonnoir.
- Plus tard, en 1822, il modifia cet urinoir en lui en substituant un autre qui consistait en un baquet ou récipient garni d’un entonnoir à soupape dans lequel filtrent les urines. Cette soupape s’ouvre d’elle-même à la première goutte d’eau qui traverse l’entonnoir ; elle se referme aussi d’elle-même à la dernière goutte.
- Les récipients sont surmontés d’une cage nu enveloppés dans une guérite selon le local, et dans la forme angulaire ou elliptique qui lui convient ; à cette cage ou guérite, assez spacieuse pour qu’un homme puisse y être commodément placé, est adaptée une
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- bassine qui reçoit les urines et les laisse écouler, par une trémie, dans un conduit inférieur, qui les verse dans l’entonnoir du baquet. (Voy. t. XII, p. 212, et t. XIII, p. 312 de la Collection des brevets.)
- Les moyens de 31. Rougevin brevetés en 1832 consistent à introduire dans le cours des descentes d’eau quelconques, à environ 80 centimètres au-dessus du sol, un ajustement en plomb, fonte, grès ou terre cuite, dans la hauteur duquel une ouverture ronde ou ovale, garnie, au pourtour, d’un bourrelet saillant destiné à garantir la vue et l’odorat, servirait d’urinoir. {Voy. t. XXXI, p. 277 delà Collection des brevets.)
- En 1833, 31. Greiling proposa un urinoir portatif s’appliquant sur la cuisse, à l’usage des personnes atteintes de rétentions d’urine. (T. XXXVIII, p. 152 de la Collection des brevets.)
- Le 20 avril 1837, M. Lenoir prit un brevet pour une grille d’urinoir sous laquelle est placée une cuvette communiquant, par un tuyau, avec les égouts ordinaires, qui recevraient les urines et les déverseraient dans la Seine.
- Dans une brochure publiée en 1837, M. Converchel proposa la construction d’urinoirs publics qui consistaient en une colonne entourée, dans une partie de sa hauteur, de séparations formant stalles : dans la base serait placé le récipient ou urinoir, dans le fût la poudre désinfectante, et, au sommet, un réverbère servant à la fois de luminaire et d’indicateur; la circonférence enfin recevrait, très-utilement, les affiches. On devait, de préférence, les ériger au droit des bornes-fontaines ; l’une des divisions serait réservée à l’écoulement de l’eau, dont une partie pourrait même être détournée pour laver les récipients et opérer la dilution des urines, si on ne préférait les convertir en engrais.
- Le mode de construction des urinoirs belges, proposé en 1838, consiste à établir des niches circulaires, d’un rayon de 30 centimètres et de 2m,50 de hauteur, sous la clef de la calotte sphérique; ces niches contiendraient un baquet ou cuvette en pierre ou, mieux, en terre cuite vernissée, percé d’un orifice ayant son écoulement dans l’égout souterrain par un tuyau en matière peu oxydable.
- Suivant M. Chevallier, les urinoirs devraient consister en une cuvette fixée dans le mur; cette cuvette, destinée à recevoir les urines et à les diriger dans les égouts et de là à la rivière, serait terminée par un tube qui conduirait ces urines; mais ce tube devrait être en forme de siphon, afin qu’il ne pût se vider entièrement et servir à un aérage de l’égout par la cuvette, ce qui donnerait lieu alors à des émanations méphitiques (1).
- Le 19 janvier 1843, 31. Parlange prit un brevet pour un urinoir public composé d’une cuvette en fonte conduisant les urines, au moyen d’un tube de verre, dans une jarre en terre cuite vernissée, d’où on les retire à l’aide d’une pompe.
- Dans les cours des édifices publics et particuliers, dit 31. Bayard, on fait usage de tinettes ou de tonneaux destinés à recueillir les urines. Ces réservoirs ont l’inconvénient de fournir sur leurs parois intérieures une surface trop étendue au contact de
- (l) Des urinoirs semblables établis sur les quais, sur les ponts feraient disparaître ces traces d’urine que l’on remarque en été, surtout sur les trottoirs bituminés.
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- l’urine et de l’air; des dépôts s’y attachent, et, comme on ne prend aucun soin de propreté. ces urinoirs exhalent une odeur fétide.
- Sans changer la forme et le mode de construction des tinettes habituellement employées, M. Bayard propose d’y apporter les additions suivantes :
- Fig. 5, pl. 1069, A B C D, parois de la tinette. Au niveau de l’ouverture moyenne règne un bord intérieur H H, sur lequel s’appuie une cuvette F, en zinc ou, mieux, en fonte, percée d’une ouverture au centre ; cette cuvette est mobile ou fixe à volonté. Dans le fond de la tinette est placée une bassine G, contenant du goudron à nu; des anses K permettent d’enlever ce vase lorsqu’on veut vider la tinette. Cette opération se fait en retirant la cuvette et le vase à goudron. Avec une brosse et de l’eau on entretient facilement la propreté de la tinette et de sa cuvette.
- La fig. k représente le même appareil d’une plus grande capacité. A sa partie inférieure est fixé un robinet, dont l’extrémité K forme pas de vis sur lequel on peut placer un corps de pompe mobile.
- Dans les fig. 6 et 7, l’auteur donne l’idée d’un urinoir de forme nouvelle qui lui paraît présenter plusieurs avantages.
- A B C D est une tinette ou un tonneau surmonté d’une cuvette en fonte fixée à un rebord destiné à prévenir le rejaillissement de l’urine en arrière et sur les côtés. La coupe, fig. 6, fait voir que cette partie de l’appareil entre, par ses rebords H H, dans la tinette A B et s’appuie sur ses parois par des rebords saillants; c’est donc une sorte de couvercle mobile à volonté. Un urinoir de cette forme peut être placé dans les angles de mur ou entre deux planches servant de cloison.
- Dans les casernes, les prisons, les fabriques, près des théâtres et des monuments publics, une cuvette C, fig. 8, placée selon sa longueur ou circulairement, serait divisée dans son axe par une cloison A B et perpendiculairement par d’autres cloisons E F pour isoler les individus. Cette cuvette communiquerait, par une ou plusieurs ouvertures C H, avec un réservoir K, en bois ou en pierre, placé au-dessous; ce réservoir aurait un trou d’homme L, par lequel on descendrait un ou plusieurs baquets G G remplis de goudron. Le long de l’une des parois de ce réservoir serait fixé un tuyau plongeant jusqu’au fond et destiné à vider le liquide au moyen d’une pompe 0.
- L’auteur a reconnu que l’emploi du goudron de houille préservait la fermentation de l’urine pendant quinze jours.
- 2° De remploi des urines dans V'agriculture et dans les arts. — Pline, Palladio et Polumelle disent que l’urine de l’homme est excellente pour les arbres quand on l’a laissée vieillir pendant six mois.
- D’après Massac (1), l’urine des hommes et des animaux a une grande activité ; employée pure et sans mélange, elle serait préjudiciable aux plantes, mais, bien combinée avec d’autres matières, elle concourt à leur accroissement.
- L’urine a cet avantage sur les autres engrais chauds qu’elle fermente facilement, et que par cette fermentation elle se décompose et change, pour ainsi dire, de nature.
- i ) 7 67 ; Mémoires de la Société de Berne.
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- On trouve, dans la Bibliothèque physico-économique de 1781, une lettre d’un agriculteur relative à une série de questions sur l’urine à employer comme engrais.
- M. Ré, dans son Essai sur les engrais, traduit par M. Dupont, en 1813, dit, en parlant de l’emploi des urines, qu’il serait utile aux jardiniers d’avoir des réservoirs d’urine humaine, de toutes la meilleure sans contredit. En mêlant à ce liquide des cendres, du charbon, des fragments de sciure de bois, et, si l’on veut encore, de la chaux, ils pourraient l’em,ployer utilement pour les plantes potagères, pour les arbres, et particulièrement pour les vignes (1).
- En 1819, M. Donat prit un brevet pour la conversion des urines en urate.
- Comme moyens absorbants, il employait la chaux, le plâtre, la craie, la marne, les cendres naturelles ou minérales, et en général toutes les substances à bases calcaires calcinées, à l’effet d’obtenir une plus grande absorption de liquide.
- Voici le mode de fabrication usité à cet effet.
- Il faut faire construire au moins six bassins de forme concave, pouvant contenir 12 hectolitres, dont 6 d’urine et 6 de matière absorbante fraîchement calcinée.
- On dispose la pièce d’urine de manière à ce qu’elle se vide d’elle-même, par la bonde, dans la bassine.
- Pendant cette opération, un ouvrier est occupé à verser le plâtre, et l’autre à le mêler dans le bassin, au moyen d’un râteau.
- Quand le mélange est fait, on passe à un autre bassin, et ainsi de suite, jusqu’au sixième; alors on vide le premier, pour y recommencer une nouvelle opération. Le mélange achève de se sécher à l’air.
- À la fin de la journée, la quantité d’urate qui aura été faite depuis le matin sera écrasée au moyen d’un cylindre de fonte que l’on roulera dessus ; après quoi, on la passera à la double claie et on la remettra de suite pour éviter l’humidité.
- M. Donat fait connaître que, dans le cas où on ne trouverait pas les substances désignées plus haut comme matières absorbantes, on pourrait toujours tirer un parti extrêmement avantageux des urines en les mêlant avec de la terre brûlée (celle de bruyère est préférable à toute autre) ou avec des cendres naturelles ou de la chaux en efflorescence (2).
- Fig. 9, pl. 1069, coupe verticale prise au droit du travail pour la confection des urates calcaires.
- Fig. 10, plan ou vue en dessus.
- a, bassins pour la préparation de l'urate calcaire; b, séchoirs; c, emplacement pour battre l’urate et le réduire en poudre ; d, claies pour passer l’urate ; e, brouette pour le transporter ; f, magasin pour recevoir l’urate confectionné.
- (1) M. A. Chevallier, dans un jardin qu’il avait à Paris, a fait usage des urines putréfiées employées en arrosement,après avoir été allongées de 8 parties d’eau pour 1 partie d’urine; il a obtenu d’excel-ents résultats de ce mode de faire.
- (2) Description des brevets expirés, t. XXIX, p. 137.
- Quarante-septième année. Juillet 1848. 51
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- La disposition représentée par les lettres a, b, c, d, e, fig. 9, se répète autant de fois qu’il est nécessaire, l’une à côté de l’autre, comme le montre la fig. 10, dans laquelle cette disposition ne se présente que deux fois seulement, mais qui indique comment on pourrait la répéter.
- Deux mécaniques destinées à broyer et tamiser les substances sont employées pour la confection des urates et issues de vidanges.
- La première machine est représentée en élévation latérale, fig. 11.
- Fig. 12. Plan ou vue en dessus.
- Fig. 13. Élévation du côté droit de la fig. 11.
- Fig. IV. Elévation du côté opposé à la fig. 13.
- a, trémie; c, crémaillère; d, bâti; e, blutoir; f, manivelle; g, petite roue dentée montée sur l’axe de la manivelle ; h, roue dentée qui engrène avec celb g; i, pièces fixées au bâti et servant de support aux axes des roues dentées g, h ; k, fig. 11, cheville ouvrière ; m, toile métallique composant la surface du blutoir : il y a deux tamis, l'un plus fin que l’autre.
- Fig. 15. Élévation latérale de la deuxième machine.
- Fig. 16. Plan.
- a, vindas ou cabestan ; b, gros rouleau broyeur renfermé dans un châssis c ; d, corde tenant, d’un bout, au châssis c ; e, autre corde tenant aussi, d’un bout, au châssis c, et fixée, de l’autre bout, à une potence f; elle passe sur des rouleaux g et dans la gorge d’une poulie h; i, poids suspendu à la corde e, pour ramener, par l’effet de sa pesanteur, le rouleau broyeur b, lorsqu’on ne fait pas tourner le cabestan a, qui fait marcher ce rouleau en sens inverse du poids i; k, grande auge rectangulaire dans laquelle se promène, en allant et venant, le rouleau broyeur b; i, puits dans lequel descend le poids i.
- En 18V5, M. Baronnet proposa d’employer des os carbonisés ou des écailles d’huîtres pilées, et d’en opérer le mélange avec trois fois leur poids d’urine, en j ajoutant de l’acide sulfurique.
- L’urine a été l’objet des recherches d’une foule de chimistes, tels que MM. Brandt, Kunckel, Rouelle, Scheele, Cruisckshank, Bergmann, Wollaston, Fowcroy, Vau-quelin, Proust, Berzélius, Thénard, Dumas , etc., etc.
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- 1,000 parties d’urine ordinaire sont composées, d’après M. Berzélms, de
- Eau. ......................
- Urée............................................
- Sulfate de potasse. •..................
- Sulfate de soude..................................
- Phosphate de soude. . • • • • •
- Sel marin.......................................
- Phosphate d’ammoniaque..........................
- Chlorhydrate d’ammoniaque.......................
- Acide lactique libre............................
- Lactate d’ammoniaque............................
- Matière animale soluble dans l’alcool, et qui accompagne ordinairement les lactates................
- Matière animale insoluble dans l’alcool.........
- Urée qu’on ne peut séparer de la matière précédente.
- Phosphate de chaux et phosphate de magnésie. .
- Acide urique. . .........................
- Mucus de la vessie................................. 0 32
- Silice. ........................................... 0 03
- 1,000 00
- Proust, dans ses expériences, n’a pas obtenu plus de 4 gros et demi ( 17 grammes } d’extrait sec par demi-kilogramme d’urine ou ^ de son poids.
- Les urines sont employées, après leur avoir fait subir un certain degré de putréfaction , dans la teinture, le dégraissage des laines, la savonnerie, le blanchiment du lin , du chanvre, du coton , etc., et à en extraire des sels ammoniacaux.
- Nous donnons ici la description des procédés usités en Allemagne dans la fabrication du sel ammoniac ou muriate d’ammoniaque, description faite par M. Marcel de Serres en 1814, et insérée dans le tome LUI des Annales des arts et manufactures.
- Dans les établissements de l’Allemagne, on n’obtient guère d’ammoniaque par la distillation de la laine, des cornes ou d’autres substances animales, mais seulement par la distillation de l’urine putréfiée, parce que cette matière en donne une plus grande quantité. On fait passer facilement l’urine à la fermentation putride par une simple addition de chaux vive, et dès que l’alcali volatil commence à se dégager, ce que l’on reconnaît à l’odeur piquante qu’il exhale , on la distille pour en retirer le carbonate d’ammoniaque liquide.
- Quant à la distillation de l’urine, on la pratique dans des chaudières en 1er recouvertes par un toit ou par un couvercle en plomb de forme pyramidale. Ce toit est nécessaire pour que les vapeurs de l’urine qu’on distille ne se perdent point dans l’atmosphère. Mais, comme ces vapeurs échaufferaient bientôt le plomb à un très-haut degré, on revêt le couvercle d’une toile ou de linges grossiers sur lesquels on fait écouler l’eau
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- destinée à abaisser constamment la température du couvercle, ce qui facilite la précipitation des vapeurs ammoniacales.
- Lorsque ces vapeurs se sont rassemblées en grande quantité, elles se précipitent peu à peu en gouttelettes, lesquelles, coulant le long du chapiteau, se réunissent dans un canal continu qui tourne autour de ce couvercle. De ce canal le liquide s’écoule dans un vase réfrigérant où on le rassemble. Ce liquide contient une petite quantité d’huile animale, mais une très-grande quantité de carbonate d’ammoniaque liquide qu’on voit ensuite décomposé par l’action du muriate contenu dans les eaux mères, afin de former le muriate d’ammoniaque, but de toutes les opérations. Enfin on a soin de mettre une échelle ou un tube gradué communiquant avec l’intérieur du vase réfrigérant et qui indique la hauteur du niveau du liquide dans le vase* de cette manière on connaît facilement la quantité d’ammoniaque produite .
- Avant de verser, soit l’eau mère dont on veut séparer les sels, soit l’urine, dans les chaudières où on doit les faire évaporer, on les met dans des chaudières préparatoires qu’on chauffe seulement par la fumée du foyer qui sert aux autres.
- On évapore dans ces chaudières et à la fois dix mesures ou eimers d’urine, c’est-à-dire 0m,943 cubes, et il faut environ huit heures de temps et 20 quintaux de houille pour terminer l’opération.
- On doit agiter fortement l’urine lorsqu’on en opère la distillation et que l’on en retire l'ammoniaque. Si on négligeait cette précaution, il serait à craindre qu’il ne s’élevât une écume trop considérable de l’urine qu’on distille; alors les vapeurs qui se condenseraient par le refroidissement, au lieu de passer dans les canaux intérieurs destinés à les recueillir, se mêleraient avec l’écume et retomberaient dans la chaudière.
- On recueille donc dans cette opération, et par la distillation des urines, du carbonate d’ammoniaque et de l’ammoniaque liquide qui peut se transformer, par la sublimation, en muriate d’ammoniaque.
- Fig. 17. Profil du fourneau et de la chaudière à distiller l’urine.
- a, tuyaux qui versent l’eau froide sur le couvercle en plomb de la chaudière; 6, couvercle en plomb en forme de toit ; d, foyer où l’on met le combustible ; e, cendriers et lieux d’aspiration pour l’air ; f, auge qui reçoit l’eau destinée à refroidir le chapiteau ; i, canal qui conduit l’ammoniaque dans le tonneau destiné à la recueillir ; Z, conduit qui verse l’eau rassemblée dans la gouttière k dans le baquet m, lequel reçoit l’eau versée sur le couvercle en plomb b par les tuyaux a ; s, échelle ou tube gradué qui indique la hauteur du niveau de l’ammoniaque dans le tonneau.
- Fig. 18. Coupe au fourneau et de la chaudière à distiller les urines.
- Fig. 19. Elévation latérale.
- c, tuyau qui verse l’eau froide dans l’auge placée au-dessus du couvercle de la chaudière : elle en sort par les tuyaux a de la fig. 17 pour se répandre sur les toiles dont le chapiteau est recouvert ; g, gouttière inclinée tournant autour des parois intérieures du chapiteau b, et dans laquelle se rassemblent les vapeurs condensées sur le chapiteau ; h, gouttière horizontale inférieure où se rendent les vapeurs condensées qui coulent de la gouttière g ; i, canal conduisant l’ammoniaque dans le tonneau destiné
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- à la recueillir ; /;, gouttière où se rassemble l’eau qui a été répandue sur le chapiteau; o, axe muni de petits bâtons p : on le fait tourner au moyen de la manivelle q destinée à agiter l’urine qu’on distille dans la chaudière r. T, cric pour soulever le chapiteau de plomb par l’intermédiaire des leviers ww, comme l’indiquent les lignes ponctuées.
- Fig. 20. Fourneau pour la sublimation du sel ammoniac.
- a, ouverture des foyers qui échauffent les cucurbites; 6, foyer; c, cucurbites en granit; d, cendrier.
- Fig. 21. Détails de construction d’une cucurbite.
- a, armature composée de pièces de fer assemblées avec des vis b; c, pattes par lesquelles s’appuie la cucurbite, lorsqu’elle est placée dans l’ouverture destinée à la recevoir; d, crochets pour enlever le chapiteau de la cucurbite; e, ouverture d’où s’échappent les vapeurs ; f, chapiteau qui recouvre la cucurbite g.
- M. A. Chevallier a extrait et présenté à l’Académie de médecine 24 grammes d’ammoniaque de 1 litre d’urine en la traitant par la chaux et en recueillant le. gaz qui se dégage pendant l’opération.
- Nous donnons ci-après la description de la méthode employée, depuis 1836, par M. Figuera dans l’établissement en activité, depuis cette époque, à Montfaucon, où l’on labrique 2,500 kilogrammes de sulfate d’ammoniaque par jour, employant, pour obtenir cette quantité, un peu plus du dixième du liquide apporté à la voirie chaque nuit.
- Cette description est extraite du t. LVIII de la Collection des brevets, p. 183.
- On fabrique les sels ammoniacaux de deux manières :
- 1° Avec des urines fraîches et non putréfiées;
- 2° Avec des urines putréfiées.
- Première méthode. Elle consiste à traiter, à l’aide de la chaleur, les urines fraîches et non putréfiées par l’acide sulfurique ou par l’acide muriatique. Ces acides réagissent sur l’urée et donnent naissance à de l’acide carbonique, qui se dégage, et à du sulfate, ou à du muriate d’ammoniaque. On fait cristalliser les sels et on leur donne la forme sous laquelle on a l’habitude de les trouver dans le commerce.
- On peut aussi évaporer à sec les urines fraîches et les traiter par l’acide sulfurique ou par l’acide muriatique ; on peut encore, pour obtenir du sulfate, traiter les urines fraîches ou liquides, ou desséchées, par des dissolutions de couperose ou de sulfate d’alumine, ou par des lessives alumineuses.
- Deuxième méthode. Traitement des urines putréfiées. On commence par faire putréfier les urines ; pour hâter cette putréfaction, qui exige au moins vingt jours, par une température de 23°, pour être complète, on y ajoute une des substances suivantes : de la levûre de bière, de la gélatine, un carbonate alcalin, du dépôt blanc des urines putréfiées, des urines putréfiées.
- A l’aide des quatre premières matières on peut rendre la putréfaction complète en quatre ou cinq jours au plus; avec les deux dernières, elle est terminée en trente heures. Lorsqu’on trouve des urines toutes putréfiées, ces opérations deviennent inutiles.
- Les urines étant putréfiées soit naturellement, soit par un des moyens indiqués, on en distille une fraction, qui varie suivant la richesse en carbonate d’ammoniaque ; les
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- liqueurs distillées sont recueillies, et on transforme le carbonate d’ammoniaque qu’elles renferment
- 1° En sulfate d’ammoniaque, en les traitant soit par le plâtre, par la couperose, ou par tout autre sulfate dont la base est précipitée par le carbonate , soit par l’acide sulfurique ;
- 3° En muriate d’ammoniaque, en les traitant soit par l’acide muriatique, soit par un sel de chaux, le chlorure, etc., soit enfin en traitant le sulfate d’ammoniaque par le sel marin ;
- 3° En alcali volatil, en traitant les liqueurs par de la chaux vive et distillant de nouveau une certaine quantité de liquide. On peut obtenir directement l’alcali volatil en traitant les urines putréfiées de la même manière par la chaux.
- Enfin les urines tiennent beaucoup de sels ammoniacaux non volatils à la température de 100°; on y ajoute de la chaux vive, après avoir séparé la majeure partie des sels volatils ; on agite et on distille de nouveau, pendant quelque temps, pour avoir l’alcali volatil qui se dégage. On transforme cet alcali en sel par un des moyens énoncés plus haut.
- Appareil pour chauffer les liquides, les évaporer ou les distiller. Il consiste en une cuve en bois fermée ou non fermée, suivant qu’on se propose d’évaporer ou de distiller ; dans cette cuve est un cylindre vertical en métal renfermant le foyer ; les tuyaux qui servent à conduire la fumée circulent dans l’intérieur de la cuve : quelquefois on peut leur donner une forme hélicoïde. La cuve ; suivant les matières que l’on travaille, peut être doublée en plomb ou en tout autre métal.
- Fig. 23. Élévation de l’appareil. Fig, 22, plan.
- c, c, cuve en bois ; f, foyer en cuivre ; t, t, conduits de fumée; h, garniture en brique ; py porte du foyer ; g, grille ; a, prise d’air ; o, tuyau pour remplir la cuve; s} tuyau pour laisser échapper les vapeurs; m, agitateur pour donner une température uniforme.
- Les procédés employés, en 1840, par MM. Kraft et Suquet dans leur usine de Char-lebourg consistaient à verser les urines décantées et désinfectées dans un bassin en maçonnerie ; l’addition et le mélange d’un excès de chaux hydratée mettaient en liberté T ammoniaque.
- Les liquides, après cette épuration, sont dirigés dans des appareils où une active ventilation à froid enlève l’ammoniaque, l’entraîne dans des solutions métalliques, afin de précipiter les oxydes propres à une nouvelle désinfection, et de procurer des sels ammoniacaux utiles à l’industrie et à l’agriculture.
- M. Bayard a proposé, pour évaporer les urines, de se servir d’une table creuse en tôle, chauffée par un jet de vapeur qui maintient ses parois à une température de plus de 100°. Le plan supérieur de cette table aurait de rebords de 10 à 15 centimètres, et le liquide, affluant sous forme de pluie, formerait une couche de 5 centimètres au plus d’épaisseur, de manière à obtenir une évaporation continue très-économique.
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- Chapitre XII. De Vemploi des matières fécales dans les arts et de leur conversion en
- engrais.
- En 1786, M. Géraud proposa de faire dessécher les matières stercorales et de s’en servir comme combustible ; le même moyen se trouve indiqué dans un discours prononcé , la même année , sur les servitudes publiques. On a cherché à les employer au blanchiment des étoffes, et M. Paisant-Lamotte a pris un brevet pour cette application. Plus tard, en 1841, M. Coulier en opéra le blanchiment au moyen de réactifs et les lit servir, mélangées dans des proportions convenables avec d’autres substances, à l’alimentation des porcs. Enfin M. Loyer chercha à en retirer des produits utiles à l’industrie ; le brevet qu’il a pris, le 4 septembre 1840, et qui est publié page 343, t. XLIX de la Collection des brevets, avait pour objet d’obtenir
- 1° Du charbon azoté (animal), qui, par sa puissance décolorante, peut être comparé au noir du commerce retiré des os ;
- 2° Des sels ammoniacaux en tout semblables à ceux qu’on retire des autres substances animales ;
- 3° Une quantité considérable de gaz hydrogène bicarboné, qui, préparé et lavé convenablement, peut remplacer, pour l’éclairage , le gaz retiré de la houille et des autres matières hydrogénées qui servent à le préparer.
- Pour retirer ces produits de la matière fécale humaine, il faut préalablement la débarrasser de son humidité en l’exposant à une chaleur douce ou en la soumettant à une coopération spontanée, puis la placer dans un vase métallique parfaitement clos ; en opérer la décomposition à l’aide d’une chaleur qu’il faut maintenir au rouge-cerise pendant toute la durée de l’opération , qui est terminée lorsqu’il ne se dégage plus aucun produit volatil du vase ; à ce moment, on doit retirer le vase du feu, le laisser refroidir, sans que l’air puisse y pénétrer, l’ouvrir pour en retirer un noir animal qui n’a plus besoin que d’être pulvérisé et lavé pour être livré à l’industrie.
- Le carbonate d’ammoniaque qui s’est condensé dans l’eau des cuves est très-facilement isolé des autres produits en le transformant en sulfate d’ammoniaque, qu’on peut ensuite obtenir cristallisé en faisant évaporer l’eau dans laquelle il est tenu en dissolution.
- Le gaz hydrogène carburé est isolé, en le faisant arriver dans le gazomètre de l’appareil, après l’avoir purifié par les moyens usités et connus.
- Indépendamment de ces trois produits, on peut obtenir, avec les mêmes matières, du prussiate de potasse ferrugineux et du bleu de Prusse.
- On prépare ces deux produits à l’aide des procédés qui servent à la préparation du prussiate de potasse ferrugineux (jaune) ; ces procédés consistent à calciner, avec la potasse du commerce, de la matière fécale convenablement desséchée, à dissoudre dans l’eau la masse calcinée et refroidie, puis à mêler la dissolution avec du protosulfate de fer du commerce jusqu’à ce qu’il commence à se former du bleu de Prusse, à décanter la liqueur et à la faire évaporer pour en séparer successivement, par la cristallisation, le sulfate de potasse et le double cyanure, que l’on purifie en le faisant cristalliser de nouveau.
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- Pour obtenir du bleu de Prusse, l’auteur emploie le procédé suivant :
- Après avoir fait un mélange de parties égales de potasse du commerce et de matières fécales humaines privées d’humidité, on calcine le mélange jusqu’à ce qu’il devienne pâteux, ce qui n’a lieu qu’à la température rouge ; lorsqu’il est refroidi, on le projette , par parties, dans douze ou quinze fois son poids d’eau, on l’y délaye et on le laisse en contact avec elle pendant environ une demi-heure en le remuant de temps en temps ; après quoi, on fdtre la liqueur sur une toile, on l’agite ensuite, et l’on y verse en même temps de l’eau dans laquelle on a fait dissoudre 2 parties d’alun et 1 partie de sulfate de fer du commerce; on cesse d’ajouter de cette dissolution quand la liqueur en contient en excès. Le précipité qui se forme est lavé par décantation avec une grande quantité d’eau limpide, qu’on renouvelle toutes les douze heures.
- Lorsque, après de nombreux lavages, le bleu de Prusse est devenu aussi bleu que possible, on le ramasse sur une toile, on le laisse égoutter et sécher.
- Fig. 24. Coupe verticale du fourneau et de l’appareil.
- a, cheminée ; b, cylindres destinés à recevoir la matière à décomposer; c, tubes munis d’un robinet, destinés à faire arriver les produits volatils dans l’eau de la cuve ai dans le gazomètre; d, cuve de condensation; e, gazomètre.
- Des matières fécales employées comme engrais.
- Depuis plusieurs siècles, les matières fécales sont employées, dans divers pays, comme engrais, soit à l’état liquide, soit à l’état solide.
- Dans quelques parties de la France, on les mélange avec de la terre de bruyère ; dans d’autres, on les répand sans mélange sur les terres ensemencées. Lapoudrette ordinaire se mêle quelquefois avec de la tourbe. Dans les environs de Milan et de Modène, on emploie très-utilement les matières fécales liquides et solides en les combinant avec de la terre, de la chaux et des plâtras.
- En Allemagne et en Hollande, les matières fécales tant solides que liquides sont souvent utilement employées comme engrais.
- En Chine, on attache le plus haut prix aux excréments humains comme engrais; des lois défendent de les jeter ; chaque maison renferme des réservoirs pour les recueillir et les conserver jusqu’au moment de les employer.
- M. Middleton , dans les Transactions de la Société des arts de Londres (1799), déplore la perte des matières fécales en Angleterre; il estime que la communauté se prive par là, chaque année, de 5 millions sterling d’engrais de première qualité.
- M. Martin, ingénieur anglais, se proposait de réunir toutes les matières excrémentielles de la ville de Londres dans d’immenses réservoirs construits sur les bords de h Tamise, où elles seraient immédiatement désinfectées , et de créer pour son pays, sous le nom de charbon ou noir animalisé, une mine abondante d’engrais de première qualité, dont la disette se fait sentir depuis longtemps.
- Depuis quelques années, on commence à rechercher, en France, ces matière» comme engrais.
- A Lille, les propriétaires de maisons , loin d’avoir aucune dépense à faire pour la vi-
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- dange (J0 lgurs fosses, en retirent un revenu tel, que, d&ns quelques endroits > les domestiques n’ont pas d’autres gages que ce produit qu on leur abandonne.
- A Tours, Lyon, Marseille, Brest, Bourges, Troyeset dans plusieurs départements delà France, de grandes fabriques d’engrais sont en activité et versent dans le commerce de très-beaux produits.
- Plusieurs auteurs, parmi lesquels nous signalerons Dambourney, Lavoisier-, Bridet, Giraud Vibert-Duboul, Ré, Chaumette, Giraudy de Boujon, Loque, Chaptal, Thénard, Dumas, Payen, Boussingault, Chevallier, Salmon, Capdeville, Armand Jauffret, Gau-lofret, Derosne, Schattenmann, Jourdan, Lefèvre, Descheneaux, Girardin, etc., ont pris des brevets pour la conversion en engrais des matières fécales mélangées, dans diverses proportions, avec d’autres agents, tels que le charbon, la tourbe, les cendres de bois et de houille, les débris végétaux et animaux, les plâtres, marnes, salpêtres, chaux, sables, terres de bruyère, les fientes de divers animaux, les résidus des raffineries, le sulfate de fer, etc.
- Pour faire apprécier futilité des matières fécales en agriculture, nous donnons ici un tableau dressé par MM. Payen et Boussingault sur la quantité comparative de divers engrais employés à la fertilisation du sol en rapport avec 500 kilogrammes de fumier de basse-cour.
- NATURE DES ENGRAIS. Nombre de kilog. correspondant à 500 kil. de fumier j de basse-cour. NATURE DES ENGRAIS. Nombre dekilog. correspondant à 500 kil. de fumier de basse-cour.
- 1 Chiffons et laine il 23
- 2 Poisson salé, desséché et endom- 24 Racines de trèfle enterrées 124
- 1 1 t;n 25
- 3 magp Plumes 13 26 Fucus saccharinus (plante marine). 148
- 4 Sang desséché, insoluble 13 27 Suie de charbon de terre 148
- 5 Raclures dp. corne 13 50 28 r;harbnn pnjmâl .. 161
- 6 Poils de vache 14 50 29 fsilje de linis brûlé. . . .
- 7 Chair musculaire L5 30 IVIftro dp 175
- 8 Sang sec et soluble 16 31 Urine et fiente de brebis mêlées.. 180
- 9 Colombine 24 32 Refus des raffineries de sucre... 183 50
- 10 Os bouillis 28 50 33 Fucus digitatus (plante marine).. 221 50
- 11 Poisson endommagé, non pressé. 29 50 34 Urine et fiente de cheval mêlées. 270
- 12 Os exposés à l’action de l’air.... 32 35 Sciure de bois de chêne 370
- 13 Os humides 37 50 36 Pulpes de pnmmes de. ferre • • - 3§n
- 14 Tourteaux de graine de lin 38 37 TTrine de vache 454
- 15 Tourteaux de graine de moutarde. 40 50 38 Urine et fiente de vache mêlées.. 482
- 16 Sang non desséché 44 39 planfes marines brûlées (varech) 5?1
- 17 Bonne poudrette 51 50 40 Fiente de vache 6?8
- 18 Semence de pois de lupin 57 41 Ecailles d’huîtres 625
- 19 Sang liquide 70 42 Paille et halle d’avoine 730
- 20 Urine de cheval 76 50 43 Paille et. halle de froment- 830
- 21 Urine et fiente de chèvre mêlées.. 92 50 44 Paille et balle d’orge 870
- 22 Paille de pois 111 50 45 Paille et halle de seifide 1176
- Quarante-septième année. Juillet 1848. 52
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- Les moyens de convertir les vidanges des fosses d’aisances en une poudre inodore propre à servir d’engrais, proposés par M. Bridet en 1796, et qui sont encore en usage aujourd’hui, consistent à séparer les liquides d’avec les solides, en les faisant évaporer en plein air dans plusieurs bassins placés à la suite les uns des autres.
- Les matières les plus légères s’élèvent à la surface, et, à mesure que l’humidité s’évapore, elles deviennent plus solides. Après quelque temps de repos dans le premier bassin, elles forment une croûte de 70 centim. à 1 mèt. d’épaisseur. Les matières pesantes se déposent au fond du bassin, et les liquides qui n’ont pas été en contact avec l’atmosphère occupent le milieu entre les matières pesantes et la croûte supérieure.
- Ce départ étant ainsi obtenu dans le premier bassin, l’auteur fit construire un canal fermé par une vanne, pour permettre à volonté aux liquides de s’épancher dans un premier bassin d’épuration, où une séparation des liquides et des solides s’effectua dans un second bassin d’épuration. Les liquides, ainsi clarifiés, furent ensuite épanchés dans un troisième et dernier bassin pour être évaporés.
- Le moyen le plus expéditif d’opérer la dessiccation définitive était d’exposer au soleil les parties solides ainsi séparées des liquides, par couches d’une épaisseur moyenne, et de les remuer fréquemment soit à la pelle, soit avec une herse tirée par des chevaux. On remplaça ce moyen en faisant succéder la fermentation à la dessiccation, et on obtenait ainsi une matière absolument inodore.
- Pour la réduire en poudre, on la soumet à l’action d’un moulin dont la meule verticale est en bois, et qu’on fait tourner par un cheval dans une auge circulaire dont le fond est pavé en grès. Cette meule est armée, à sa circonférence, de lames d’acier tranchantes, saillantes de 8 à 12 cent, et espacées de 10 cent. Par ce moyen, les matières sont hachées, remuées et broyées. (Voyez Description des brevets, t. I, page 371.)
- Nous donnons ici la description du four proposé, en 1815, par M. Chaumette, sous le titre de Fourneau vaporivore dessiccateur, destiné à la fabrication de la poudrette.
- Fig. 25, coupe verticale. Fig. 26, plan ou vue en dessus.
- À, foyer ordinaire avec sa grille ; E, porte du foyer ; on ne doit l’ouvrir que le moins souvent possible, afin d’éviter l’introduction de l’air, qui arrive par le conduit C, ayant la forme d’un four de poêle et recevant, dans des vases D, les matières destinées à la dessiccation .
- Ce four est construit de manière à ce que sa plaque inférieure E reçoive immédiatement l’action du feu, lequel, passant ensuite par des ouvertures pratiquées à cette plaque, va frapper la plaque supérieure F ; la fumée et les émanations s’échappent par la cheminée G. Par ce moyen, la poudrette se forme sans incommoder personne. (Description des brevets d’invention, t. VIII, page 231.)
- En 1843, M. Houssard fit breveter l’appareil représenté fig. 27, 28 et 29, et qui est employé aujourd’hui avec succès à Tours dans la fabrique située au domaine de la Verge.
- Cet appareil se compose d’un cylindre A divisé en deux parties, qui s’ouvrent à charnières. La partie supérieure est munie de quatre portes dites de recherches aa, fig. 28. Dans ce cylindre est renfermée une hélice, ou vis d’Archimède, destinée à triturer les
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- matières pour les convertir en poudrette. Un chariot-caisse E, armé de galets en cuivre, reçoit la poudrette confectionnée, par un conduit. Fig. 29. A, partie supérieure du cylindre découvert ; B, partie inférieure ; C, fig. 28, partie du demi-cylindre enlevée au moyen de moufles ou de poulies ; d d, châssis en fer supportant les tourillons du cylindre A.
- Une poutre F sert de support à un grenier, qui contient les matières absorbantes et les transmet, par un conduit, dans le cylindre A.
- G, pièce de bois de chêne carrée, posée verticalement et terminée par un pivot H, qui tourne dans une crapaudine en fonte incrustée dans le dé en pierre J.
- B, tonneau plein de matières fécales tombant dans le cylindre A, pour être converties en poudrette. Ce tonneau est monté sur le cylindre A au moyen de la moufle n, soutenu par des courroies et fixé au milieu pour le faire basculer et reposer dans la trémie C.
- K, potence en fer; l, poulies; M, tambour; b b, supports du tambour; m m, écrous.
- Deux ressorts sont posés et fixés sur l’arbre , et l’extrémité est appuyée sur le bout de l’hélice, qu’il tient constamment à effleurement de la paroi du fond du cylindre : mais, si un corps étranger ne pouvant être brisé par les mélangeurs vient à être poussé et pressé à un des bouts de l’hélice, alors le ressort fléchit, et le bout de l’hélice ouvre un passage au corps dur et revient à sa place quand ce corps est expulsé. Ces ressorts sont calculés de manière à obtenir , au besoin et en cas d’accident, un écartement de 10 à 12 centimètres; on en place un à chaque bout de l’hélice.
- Un grattoir c, fig. 29, en forme de soc de charrue, placé et boulonné sur le bout de l’arbre moteur, gratte continuellement contre la paroi du fond, empêche les matières de s’y entasser et les force de reprendre leur marche vers le bout opposé.
- Cette machine, qui peut fonctionner à bras d’homme ou par un moteur, a été remplacée par l’appareil dit broyeur, employé dans la fabrication mécanique des briques. pour la division des terres.
- Le commerce de la poudrette a pris, de nos jours, une extension prodigieuse et qui ne peut que s’accroître; on en aura une idée en apprenant que, en 1803, les bassins de Montfaucon, où l’on reçoit le produit des vidanges de la capitale, étaient affermés pour une somme de 61,000 francs, tandis que dans le cours du dernier bail, qui a duré dix à douze ans, ce prix s’est élevé à 176,000 francs. Au renouvellement de ce bail, qui a eu lieu en 1843 et dont la durée est de neuf années, le loyer a été porté à 505,000 francs. Il est vrai que les entrepreneurs qui avaient soumissionné à ce prix, dans la persuasion d’une prompte translation de la voirie à Bondy, ont obtenu, par suite du retard qu’elle éprouve, une diminution de 10,000 francs par an, dont ils jouiront jusqu’à ce que le transport soit effectué. Il faut, dès lors, que la vente de la poudrette préparée dans ces bassins et leurs dépendances couvre, avec le prix du loyer, les frais d’exploitation, et que l’entrepreneur y trouve encore un certain bénéfice. Il est vrai qu’une partie du traitement des eaux vannes peut produire, en ammoniaque et sels ammoniacaux, environ de 40 à 50,000 francs par an ; mais on est loin d’utiliser la totalité de ces eaux. La quantité de matières extraites des fosses est, en moyenne, de 3,000 hectolitres par jour; les trois cinquièmes ou à peu près sont liquides, et sur celte
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- masse il y a environ 1,500hectolitres versés, de nuit, dans la Seine, au moyen de la conduite établie, depuis 1812 , de Montfaucon au pont d’Austerlitz.
- Les effets de la poudrette sont appréciés partout où elle- est en usage. On sait que l’insuffisance de sa quantité et la fraude qui l’altère pour augmenter son volume sont les seuls obstacles à une plus grande extension de son emploi. Espérons que le gouvernement prendra des mesures énergiques afin de faire cesser de pareils abus.
- La poudrette de Paris pèse 650 à 670 grammes le litre; elle est composée, d’a-
- près M. Jacquemard, de
- Eau........................52,5
- Sels ammoniacaux............3,9
- Matières organiques azotées. . . 18,1
- Matières minérales fixes. . . . 25,5
- 100,0
- D’après M .A. Chevallier, on ramasse les matières fécales dans Paris, le jour, dans les rues désertes, dans celles où il n’y a pas de maisons et le long des quais.
- Deux voitures font ce service; elles recueillent chacune 750 kilog. pesant de ces matières, ce qui fait 1,500 kilogr. par jour. En supposant qu’on ramasse pendant trois cents jours de l’année , on aura 450,000 kilogr. d’une matière sèche, privée d’eau , et qui, mêlée avec une autre substance, fera un très-bon engrais.
- On sait que les excréments solides et liquides d’un homme peuvent être évalués, par jour, à 750 grammes; savoir, 625 grammes d’urine et 125 grammes de matière fécale, contenant 3 pour 100 d’azote, c’est-à-dire 8 kil. 205, quantité suffisante, suivant M. Bous-singault, pour produire 400 kilogr. de froment, de seigle ou d’avoine.
- On aurait, d’après ce calcul, pour 1,000,000 d’habitants, par année,
- En matières solides. . 45,625,000,)
- En liquides. . . . 228,125,000, î 273,750,000 kllog’
- Étendant ce calcul à toute là France, sa population de 35,000,000 d’habitants produirait :
- bi ’
- 581,225,000 kilog. ,
- En matières solides. . 1,596,850,000,
- En liquides .... 7,984,375,000,
- quantités suffisantes pour fumer environ 17,500,000 hectares de terrain.
- Il y a en France 52,000,000 hectares, dont 900,000 sont occupés par la culture, et cette proportion s’élève au double, si l’on ajoute aux terres actuellement cultivées les jachères et les plantations diverses, telles que vergers, pépinières, oseraies, au-naies, etc. ; mais, si l’on se borne aux cultures proprement dites, il y a seulement 1 hectare sur 3 qui soit cultivé.
- La masse des céréales prélevée, chaque année, sur la production pour l’ensemencement des terres est plus considérable qu’on se l’imagine ; elle est de 14 à 15,000,000 d’hectolitres dans les années abondantes, une valeur de 162,000,000 de francs, et, dans les autres, de plus de 250,000,000, qui retourne à la terre. Aucune question d’agronomie ne saurait atteindre l’importance de celles qui se rapportent à Ja quantité et à la valeur de la production annuelle de la terre.
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- Par ce qui précède, on voit qu’en utilisant tous les excréments humains l’agriculture pourrait se passer, sinon en totalité, du moins en grande partie, du fumier des bestiaux, et nous n’aurions pas besoin de fréter des navires pour aller chercher au loin un engrais désigné sous le nom de guano, tandis que nous avons aujourd’hui sous la main tous les éléments suffisants pour produire un engrais à bon marché, si nécessaire à la fertilisation des diverses cultures.
- Chapitre XIII. Vidangeurs.
- Un arrêt du parlement de Paris du 21 juin 1526 confirme une sentence du bureau de la ville qui avait condamné au fouet un compagnon des basses œuvres pour avoir jeté des matières fécales dans la rivière.
- Un autre arrêt du 15 juin 1538 fait défense de curer les retraits dans le temps de l’été, et aux propriétaires ou principaux locataires de les souffrir dans cette saison, à moins d’y être forcés ; leur enjoint, dans ce cas, d’avoir recours au commissaire du quartier, qui s’y transportera avec un maître des œuvres, pour juger de la nécessité d’y travailler, et que, s’il est jugé nécessaire, ces lieux seront curés, depuis minuit jusqu’à trois heures après minuit seulement, sous peine d’une amende de 10 marcs d’argent.
- Dispositions renouvelées par l’édit de François Ier du 1er novembre 1539 et l’arrêt du parlement du 30 avril 1663, art. 17.
- Un arrêt du parlement du 25 mai 1671 fait défenses aux compagnons d’aller dans les rues crier pour avoir des travaux de leur profession ; il leur est enjoint de se retirer et travailler chez les maîtres s’ils veulent être reçus à la maîtrise.
- Une ordonnance de police du 1er mars 1680 défend aux entrepreneurs du nettoiement et aux vidangeurs de jeter les immondices sur le chemin qui conduit de la porte Saint-Marcel à l’hôpital de la Salpêtrière.
- Les entrepreneurs du quartier de la place Maubert et des faubourgs en dépendant déchargeaient sur les localités avoisinantes.
- Dispositions renouvelées par une ordonnance de Henri IV de septembre 1698.
- Un arrêt du conseil, en date du 11 septembre 1696, approuve les statuts des maîtres vidangeurs de Paris, dont nous donnons ici le sommaire :
- Les offices de jurés auditeurs et examinateurs des comptes réunis à la communauté.
- Les élections des jurés se feront à la manière ordinaire.
- Augmentation des droits pour la réception à la maîtrise.
- Un apprenti ou compagnon payera 100 livres ;
- Un fils de maître, la moitié.
- Chaque maître payera 10 sols par fosse qu’il ouvrira.
- Les maîtres déclareront sur le registre de la communauté tous les ouvrages qu’ils auront entrepris.
- 5 sols de droit de visite aux jurés qui visiteront les ateliers pour faire exécuter les règlements de police.
- Défense aux maçons, manœuvres et autres d’entreprendre sur le métier de vidangeur.
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- Une ordonnance de police du 31 mai 1726 règle la discipline du métier de vidangeur, ordonnance modifiée par le décret du 13 nivôse an XI et par l’ordonnance du o.juin 1834, qui règle le mode de vidange, le nombre d’hommes employés, les outils nécessaires, fixe le moment et la cessation du travail ainsi que le mode de transport.
- Des lettres patentes du 19 février 1755 accordent au sieur Pargade le droit exclusif, pendant vingt ans, de faire travailler à la vidange des fosses , puits et puisards, avec-une machine connue sous le nom de ventilateur. Ce privilège a été prorogé pour quinze années à ses successeurs, par lettres patentes du 11 juin 1771.
- Des lettres patentes du 19 avril 1779 chargent les pharmaciens de perfectionner les effets du ventilateur et accordent au sieur Lartois la permission de faire travailler à la vidange des fosses d’aisances, etc., tant dans la ville de Paris que dans les autres villes du royaume.
- Eniin, le 3 novembre 1787, des lettres patentes accordent à une compagnie le privilège exclusif des pompes antiméphitiques, dans l’étendue du royaume, en concurrence avec celle du ventilateur, pour faire la vidange des fosses.
- Un jugement rendu, en 1838, par le tribunal de Rouen, décide que nul ne peut avoir le monopole de la vidange, et que tout individu peut exercer cet état en se conformant aux règlements relatifs à cette profession.
- En 1792 , le chevalier D*** proposa l’établissement de vidangeurs armés de claquettes, pour opérer la vidange des fosses mobiles de la ville de Rouen.
- Des hommes d’un haut mérite, Halle, Dupuytren, Lavoisier, Pâtissier, Giraud , Macquart, Ramazini, Parmentier, Cadet, Laborie, d’Arcet, etc., se sont occupés des moyens de rendre cette profession moins pénible et moins dangereuse.
- Il résulte d’un travail de MM. Bricheteau, Chevallier et Furnari, 1° qu’en général la profession de vidangeur, quoique sale et dégoûtante, est moins insalubre qu’une multitude d’autres qu’on pourrait facilement citer, qu'on y vit et travaille aussi bien que dans beaucoup d’autres ; 2° qu’il est bien probable qu’elle guérit ou préserve de certaines maladies de la peau ; 3° enfin que les vidangeurs sont moins exposés que la plupart des autres ouvriers à contracter des épidémies. Cette observation avait déjà été faite par Parent-Duchatelet et quelques autres , au sujet des ouvriers qui travaillent à la poudrette de Montfaucon.
- M. Nantes est le premier qui, en 1818, ait cherché à moraliser les ouvriers vidangeurs, en leur accordant annuellement un encouragement.
- Plus tard, en 1830, MM. Laurent et Filière proposèrent à M. Mangin, alors préfet de police, de charger des agents porteurs de livrets et de médailles délivrés par la préfecture de conduire les opérations de la vidange et inspirer ainsi une sécurité complète aux propriétaires des maisons où elle aurait lieu.
- Chapitre XIY. — Voiries,
- L’article 128 de la coutume de Paris fait défense de mettre dans la ville les vidanges des fosses ou privés, et les règlements portent que ces vidanges seront transportées pendant la nuit dans les fossés destinés à cet usage, hors la ville.
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- Eli 1485 , le 12 mars, le roi choisit pour sa voirie la partie de la ville dont il était le seul seigneur hors des murs de Pans, près la porte du Temple, pour remplacer celle de la porte Saint-Martin qui était encombrée à une si grande hauteur que l’on pouvait voir dans les jardins et l’hôtel que le roi avait (palais des Tournelles).
- Les laboureurs enlevaient des voiries les matières aussitôt leur sortie des fosses d’aisances et les répandaient sur leurs champs; il en résultait, dit-on, une infection et un mauvais goût contractés par les légumes et graines. Le 16 juin 1642, une sentence de police leur fait défense de les utiliser avant un séjour de trois ans dans les fosses de la voirie, à peine de 80 livres parisis d’amende : disposition renouvelée par une ordonnance du 13 décembre 1697.
- Un arrêt du parlement du 30 avril 1663 oblige les seigneurs riverains à fournir, dans l’étendue de leurs justices, des voiries commodes, et même à acheter les terrains nécessaires s’ils ne les avaient pas.
- Avant 1674, les seigneurs hauts justiciers dans Paris étaient obligés de fournir des voiries suffisantes pour contenir les immondices et les vidanges de l’étendue de leurs justices. S’ils n’avaient pas d’emplacement assez commode pour ce service, on les contraignait d’en acheter ; les propriétaires étaient forcés de les abandonner par échange ou à prix d’argent sur le pied de l’estimation des experts convenus à l’amiable ou nommés d’office par le magistrat de police. Toutes les fois qu’il y a eu des oppositions de part et d’autre, l’autorité est venue soutenir les droits et les besoins du public.
- Par divers arrêts du parlement rendus à ce sujet, on trouve qu’il existait deux voiries , une près des religieux de Saint-Lazare (rue Saint-Denis), l’autre sur une fabrique appartenant et attenant à l’église Saint-Sulpice.
- En mars 1674, parut un édit qui, réunissant au châtelet les justices seigneuriales dans Paris, a changé l’ancien usage. Les hauts justiciers ne sont plus tenus de fournir des voiries, le roi, comme seul seigneur, pourvoit à cette nécessité publique aux dépens de ses revenus. On distingua alors deux sortes de voiries : la première pour les boues. gravois et immondices, la deuxième pour les vidanges, les abatis de boucherie, les bêtes mortes.
- Défense expresse de porter dans l’une les matières destinées à l’autre. Avant cet édit, les bourgeois des quartiers dont la voirie servait de décharge payaient une imposition pour l’entretien des routes et chemins allant et appartenant à la voirie.
- Le 5 mars 1786, parut un arrêté du conseil qui forçait les cultivateurs à payer un droit de 3 sols par chaque voiture de matières enlevées à la voirie.
- Les besoins étaient si pressants que le conseil jugea à propos d’abandonner ce droit à des personnes qui avanceraient les fonds nécessaires. Le roi agréa la soumission des sieurs Bize et Roquelin, auxquels il permit de disposer à leur profit, pendant dix-huit ans, à partir du 1er janvier 1727 , des matières qui étaient dans les voiries de Montfau-con, du faubourg Saint-Marcel et du faubourg Saint-Germain, et de celles qui y seraient mises.
- Une sentence rendue le 4 octobre de la même année contre les habitants des villages
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- de Vanves, Issy et Vaugirard les condamne à 15 livres d’amende pour avoir tiré des matières fécales des fosses publiques, en contravention aux règlements.
- Dehorne, Thouret, Fourcroy, Hallé, Giraud, Bernières, Girard se sont occupés, depuis plusieurs années, du déplacement de la voirie de Montfaucon et des moyens d’en changer l’emplacement. Plusieurs moyens ont été proposés, ou de perdre ces matières dans des carrières, ou de les envoyer à la Seine, au-dessous du pont de Grenelle.
- Les conclusions du rapport fait par M. Girard, en 1833, sont ainsi conçues :
- 10 La voirie actuelle ne peut être conservée parce qu’elle est trop voisine de Paris, et que les eaux du canal de l’Ourcq, depuis la Villette jusqu’à l’arsenal, pourraient en être corrompues.
- 2° Il est nécessaire d’établir une nouvelle voirie sur les bords de la Seine.
- 3U Cette voirie doit être placée entre Épinay et Argenteuil.
- 4° Enfin il doit être établi au-dessous de Paris et sur la rive gauche de la rivière, au bas de la plaine de Grenelle, une cale d’embarquement où les tinettes seront embarquées dans dès bateaux pontés qui les transporteront à la nouvelle voirie.
- En 1837, M. Couverchel proposa d’utiliser les carrières abandonnées qui minent les plaines de Vitry, de Creil et de Vaugirard, pour la perte de ces matières (1).
- En 1840, M. Michel proposa l’emploi de bateaux disposés de manière à recevoir ces vidanges et à les conduire, au moyen d’un remorqueur, vers un dépôt où elles seraient converties immédiatement en engrais.
- Ces projets ne furent pas approuvés, et on décida que les matières seraient déversées dans un dépôt construit à la petite Villette, où, au moyen de tuyaux placés à la surface du sol, et par un piston mis en mouvement par une machine à vapeur, elles seraient chassées jusqu’à Bondy.
- Chapitre XV. — Des sièges d'aisances.
- Cent et quelques brevets ont été pris pour divers appareils connus sous les noms de chaises percées, fauteuils, garde-robes, latrines, lieux à l’anglaise, sièges inodores, tables de nuit, etc. Tous ces moyens diffèrent les uns des autres par les mécanismes employés pour les faire fonctionner, soit en levant un tampon, soit en faisant ouvrir la soupape ou le robinet au moyen de la pression exercée par la personne sur le siège. Nous n’avons pas cru devoir donner la description de ces divers moyens, invitant les personnes qui auraient intérêt à en prendre connaissance à consulter la collection des mémoires déposée dans la bibliothèque de la Société.
- Conclusions.
- Nous pensons qu’il convient
- 1° De supprimer les fosses fixes, à cause des nombreux inconvénients inhérents à leur
- (1) Il paraît que des moyens semblables avaient déjà été employés, car on a trouvé, dans des carrières près de la barrière des Fourneaux, de la poudrette sèche provenant de la dessiccation des matières fécales ; nous ne pensons pas que ce moyen puisse être employé, on pourrait salir des nappes d’eau comme cela est arrivé pour le,grand puisard de Bieêtre.
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- construction , par l’emploi des matériaux qui les composent; par le danger d’accumuler une quantité de matières continuellement en fermentation, donnant naissance au dégagement de miasmes délétères nuisibles à la santé des habitants ; par les dangers d’asphyxie lors de l’extraction des matières; enfin parce qu’elles servent de réceptacle à certains crimes et délits très-communs, dont on cherche fréquemment à faire disparaître les traces ;
- 2° Les remplacer par des fosses mobiles exemptes de tous les inconvénients que nous venons de signaler ;
- 3° Forcer les propriétaires, par l’emploi d’appareils peu coûteux , à séparer et désinfecter les matières au fur , et à mesure de leur production ;
- k° Déclarer que le propriétaire pourra disposer des matières comme il l’entendra, en se conformant aux règlements de salubrité (1) ;
- 5° Prélever un impôt modique par fosse, chaque année, pour frais de surveillance ;
- 6° Autoriser et encourager les fabriques d’engrais aux abords des grandes villes, en leur prescrivant.des mesures de salubrité.
- Espérons que le conseil de salubrité, dont l’active sollicitude pour le bien public s’est manifestée par des mesures propres à lui concilier la reconnaissance des habitants de la capitale, accordera son puissant appui aux vœux que nous venons d’exprimer.
- Préparation du chlore; par M. Pattinson.
- Le procédé consiste à faire passer un courant de vapeur d’eau sur échauffée dans la cornue ou le vase qui contient, comme à l’ordinaire, l’acide chlorhydrique et le peroxyde de manganèse; l’emploi de la vapeur a pour but d’agiter les matières et de renouveler les surfaces en contact vers la fin de l’opération.
- L’appareil n’est autre chose qu’un vase cylindrique en grès, recouvert par des plaques qui peuvent s’enlever et dont on lute les joints pendant l’opération. Par une ouverture on introduit le peroxyde de manganèse, on referme par un tube; on verse l’acide chlorhydrique ; on chauffe extérieurement par la vapeur à 82° centig., pendant dix-huit heures; c’est à ce moment que, pour activer l’opération et obtenir le plus de chlore possible, on introduit dans l’intérieur de l’appareil, de la vapeur à 113° centig., au moyen d’un tube recourbé à angle droit plongeant dans le mélange de manière à agiter; la vapeur s’introduit pendant six heures et par interval!e d’heure en heure pendant une demi-heure. (Rep. of patent inv., septembre 1847.)
- (1) Déjà divers tribunaux ont donné gain de cause aux personnes qui prétendent que les matières fé- cales appartiennent aux propriétaires et non aux communes. Ces questions ont été décidées à Lyon, Bordeaux, Lille, etc.
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- Quarante-septième année. Juillet 1848.
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- PROCÈS-VERBAUX.
- Extrait des procès-verbaux des séances du conseil d’administration de la Société
- d’encouragement.
- Séance du 21 juin 1848.
- Correspondance. M. Serbat, fabricant de produits chimiques à Saint-Saulve ( Nord), adresse à la Société quelques produits de sa fabrique : 1° un mastic métallique propre h remplacer celui fait avec le minium et le blanc de céruse, pour les joints d’assemblage des appareils de vaporisation ; 2° des poudres métalliques destinées principalement à remplacer le minium pour préserver le fer de l’oxydation ; 3° une matière onctueuse propre à lubrifier les mécanismes.
- M. Aubrée, médecin à Béziers ( Hérault ), annonce qu’il est parvenu à obtenir une nouvelle graine de vers à soie qui, sans aucun procédé pour sa conservation, passe les mois de l’année les plus chauds sans éclore. On sait, ajoute M. Aubrée, qu’avec la graine ordinaire on est obligé de commencer l’éducation des vers à soie dès le mois d’avril ; plus tard, il est impossible de conserver la graine qui éclôt dans le cours de ce mois ou au commencement de mai, malgré les précautions prises pour sa conservation. M. Aubrée, pour faire ressortir les avantages de sa nouvelle graine, assure qu’avec elle on peut obtenir deux récoltes de cocons chaque année, en employant, à la seconde éducation, la deuxième feuille du mûrier qui, auparavant, était perdue ou donnée en nourriture aux bestiaux. M. Aubrée, qui possède cette graine depuis cinq ans, a fait deux récoltes de cocons obtenues en vingt-cinq jours, tandis qu’avec la graine ordinaire et à la première éducation il faut trente-cinq jours : de là une économie de feuilles pendant dix jours.
- M. Salomon, rue des Postes, 45, adresse, comme complément des documents précédemment envoyés, deux échantillons de papier végétal de sûreté.
- La Société d’encouragement avait présenté à l’approbation de l’université un ouvrage intitulé, Abaque ou compteur universel, par M. Lalanne, ingénieur des ponts et chaussées. M. le ministre de l’instruction publique transmet une ampliation d’un arrêté du conseil de l’université en date du 14 avril 1848, par lequel cet ouvrage est autorisé dans les écoles primaires de différents degrés.
- Le conseil décide qu’il sera fait mention de cette lettre au procès-verbal.
- M. Farcot, ingénieur-mécanicien, rue Fontaine-Saint-Georges, 24, adresse l’état des machines à vapeur qu’il a établies, et offre son concours pour répéter les expériences tendant à faire apprécier si son système de machines remplit les conditions imposées par le programme de prix pour la construction d’une machine à vapeur destinée à imprimer un mouvement continu.
- M. Leconte, ingénieur des mines, rue du Faubourg-Poissonnière, 5, avait entretenu M. Michelin, membre du conseil, de son projet d’exploration des Indes orientales, et avait offert de se mettre à la disposition de la Société d’encouragement pour lui procurer les renseignements qui pourraient lui présenter quelque intérêt. La partie des Indes orientales que M. Leconte veut explorer est l’Indostan, en remontant au nord jusqu’aux
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- nouvelles régions dont le gouvernement anglais vient de piendie possession. Le pajs, si riche par ses productions organiques de toute espèce, qui a été le premier berceau de la civilisation du monde, présente également beaucoup d’intérêt sous le rapport des différentes industries qui y existent depuis des siècles, et sur lesquelles on n’a obtenu que des renseignements incomplets. Si la Société voulait lui confier l’étude de quelques questions importantes, qu’elle voudra bien lui indiquer, il s’empressera d’y satisfaire.
- A cette occasion, M. le président croit devoir insister sur la nécessité d’obtenir des échantillons assez volumineux pour pouvoir se livrer à des essais d’une utilité réelle, en faisant observer que les savants anglais sont dans l’usage de recueillir des échantillons considérables qui forment la richesse des collections de ce pays, tandis que les explorateurs français ne rapportent que des échantillons trop petits pour les essais et pour former des collections.
- M. Jomard ajoute qu’il serait utile d’inviter nos capitaines de long cours à suivre l’exemple des commandants de la marine marchande des États-Unis d’Amérique, qui, par une obligation volontaire, recueillent des échantillons qui sont déposés dans un musée central à Washington.
- M. Cl. Anth. Costaz est d’avis que les instructions qui furent remises par la Société à M. Barrachin, lors de son voyage projeté en Perse, pourront être utilement consultées pour la rédaction de celles dont M. Leconte veut bien se charger.
- M. Charon, entrepreneur de menuiserie, à Angers ( Maine-et-Loire ), appelle l’attention de la Société sur un moteur qui fonctionne au moyen d’ailes mobiles horizontales; ce moteur est applicable à la navigation, aux moulins, aux usines, aux mines, aux carrières, etc.
- Objets présentés. M. Clovet, fabricant d’appareils de chauffage, rue des Magasins , 9, annonce avoir établi, au n° 131 de la rue du Faubourg-du-Temple, un système de four circulaire à suspension fixe ou rotative pour la cuisson du pain, de la pâtisserie, etc. Il ajoute que le pétrin de M, Boland fonctionne dans cet établissement.
- M. Chaussenot jeune, rue des Batailles, 7, prie la Société de nommer des commissaires pour examiner un nouveau calorifère de son invention qu’il vient de faire monter rue d’Angoulême-du-Temple, 42.
- M. Bourget, rue du Figuier-Saint-Paul, 1, soumet à la Société l’exposé d’un nouveau système ayant pour but d’enseigner spontanément l’arithmétique aux enfants.
- M. le président invite M. Jomard à prendre connaissance de cet ouvrage.
- Les ouvrages suivants sont déposés sur le bureau :
- 1° Quelques mots sur le crédit agricole et la réforme du régime hypothécaire, par M. Herpin, membre du conseil d’administration de la Société d’encouragement;
- 2° Organisation sociale de tous les travailleurs de Vagriculture, de l’industrie et du commerce, des arts et des sciences, adressée à l’Assemblée nationale par M. Camus;
- 3° Prophéties arrivées, autres qui arriveront, puis la désorganisation du travail, par M. Lainé, négociant droguiste;
- 4° Annales de la Société d’horticulture de France, mai 1848 ;
- 5° Journal des économistes, n° 82 ( 13 juin 1848 ) ;
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- 6°' Rapport du jury et documents de Vexposition de Vindustrie belge en 1817;
- 7° Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse, n° 103;
- 8° Moniteur industriel et Belgique industrielle des 11, 15 et 18 juin 1848.
- Rapports des comités. Au nom du comité dus arts mécaniques, M. le Chatelier lit un rapport sur une machine à vapeur de la force de 30 chevaux construite par MM. le Gavrian et Farinaux, à Lille.
- Le comité propose de remercier ces habiles constructeurs' de leur communication, et de les engager à poursuivre , jusqu’à ses dernières limites, l’étude des moyens propres à réaliser l’économie de la vapeur et du combustible. Cette communication a, du reste, sa place marquée dans le concours établi pour le perfectionnement des machines à vapeur; mais, en attendant le jugement définitif du concours, le comité propose d’ordonner l’insertion, dans le Bulletin, du rapport accompagné de la description et des dessins des appareils. ( Approuvé. )
- Au nom du comité des arts chimiques, M. Ebelmen fait un rapport sur un nouveau procédé de traitement métallurgique des minerais de cuivre, par MM. Rivot et Phillips,
- Le comité propose d’accorder une complète approbation aux travaux de ces deux jeunes ingénieurs et d’insérer le rapport au Bulletin avec leur mémoire. (Approuvé. ) ( Voy. plus haut , p. 352. )
- Communications. M. Michelin expose les motifs qui engagent la commission des fonds à demander au conseil l’autorisation de proposer un adjoint à cette commission.
- Il propose, pour remplir ces fonctions, M. Vauvilliers, conseiller d’Etat, membre de la Société depuis plus de vingt ans.
- Cette proposition est prise en considération.
- M. A. Seguier, l’un des vice-présidents, rappelle que l’on doit à M. Niepce de Saint-Victor la découverte des propriétés particulières de l’iode, du phosphore, du soufre, de l’acide azotique, etc., et que ses importants travaux ont fait faire un grand pas à la photographie sur papier. A ces titres, il a été jugé digne des récompenses de la Société.
- M. Niepce de Saint-Victorprésente aujourd’hui des reproductions de gravures et de monuments d’après nature. M. Seguier entre dans les développements nécessaires pour faire apprécier la nouveauté et l’importance des nouvelles applications faites par l’auteur, qui est parvenu à produire le portrait d’après nature. M. Niepce de Saint-Victor, d’après le conseil de M. Seguier, s’est réservé cette partie de sa découverte, en compensation des nombreux sacrifices qu’il a dû faire pour parvenir aux résultats obtenus par lui.
- M. Martens rend compte de l’expérience à laquelle a été soumise la coconière de M. Leclaire. Après avoir donné la description de cet appareil, M. Martens fait connaître le résultat de cette expérience qui donne l’espoir qu’avec quelques modifications le but que l’auteur s’est proposé pourra être atteint,
- M. le président, en adressant à M. Martens les remercîments du conseil, l’invite à rédiger une note qui sera renvoyée à la commission du Bulletm.
- M. Laignel décrit des dispositions à ajouter aux horloges pour leur faire indiquer les jours, quantièmes, etc,, dispositions qui, suivant l’auteur, sont simples et peu coûteuses.
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- M. le président, en rappelant que, dans la séance du 23 juin 1847, la Société, sur la proposition d'une commission spéciale, avait décidé que les noms des soixante-cinq fondateurs et premiers administrateurs delà Société seraient gravés sur une table de marbre, annonce que cette decision a reçu son execution-.
- La table sur laquelle sont inscrits ces noms est en marbre blanc veiné de bleu provenant des carrières du département de l’Isère; elle est placée au fond de la grande salle d’assemblée; elle a 2 mètres de longueur, 1 mètre de hauteur et 15 cent, d’épaisseur.
- Séance du 5 juillet 1848.
- Correspondance. Le maire de la ville de Soissons, en accusant réception de la circulaire de la commission chargée d’examiner les diverses questions qui touchent aux intérêts des maîtres et des ouvriers, fait connaître1 que, en attendant qu’il ait pu réunir les indications nécessaires pour les propositions concernant les ouvriers, contre-maîtres ou chefs d’atelier, il appelle la sollicitude de la Société sur la position malheureuse de la veuve du chimiste Courtois, à qui la science , la médecine et l’industrie sont redevables de la découverte d’un produit précieux, l'iode.
- M. le ministre de l’agriculture et du commerce adresse, pour être déposés à la bibliothèque de la Société, deux exemplaires du 66e volume de la Description des brevets expirés.
- MM. Laurens et Thomas, ingénieurs civils, transmettent une notice sur les irrigations, accompagnée de deux feuilles de dessin.
- Objets présentés. M. Proal, ingénieur civil, rue de la Réforme, 1, appelle l’attention de la Société sur un tire-ligne à ponctuation.
- M. Serrin fils, à Neuilly-en-Thelle (Oise), présente un petit appareil pour prendre des souris et dont le mécanisme est disposé de telle sorte que , l’animal une fois pris, il tend le mécanisme pour opérer une seconde capture.
- Les ouvrages suivants sont déposés sur le bureau :
- 1° Organisation du travail, —De la démocratie industrielle, par M. Laboulaye, ancien élève de l’école polytechnique : 1 vol. in-12 ;
- 2° Annales de la Société ci agriculture, arts et commerce du département de la Charente, nos 4, 5 et 6 (2e semestre de 1847 ) ;
- 3° Journal des économistes, juillet 1848 ;
- 4° Annales de l’agriculture française, juin 1848 ;
- 5° La Belgique industrielle des 22 , 25 , 29 juin et 2 juillet 1848;
- 6° 'Moniteur industriel des mêmes jours.
- Rapports des comités. Au nom de la commission des fonds , M. Michelin présente l’exposé des titres de M. Vauvilliers, conseiller d’Etat, proposé comme membre adjoint de la commission des fonds.
- Il sera procédé , dans la prochaine séance , à l’élection , par voie de scrutin , de ce candidat.
- Au nom du comité des arts économiques, il est donné lecture, pour M. Dizé, d’un rapport sur la fabrication des plaques métalliques à lettres en relief pour les inscriptions
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- des noms des mes, des numéros des maisons, etc., présentées par M. Bouillant.
- M. le rapporteur décrit le procédé employé par cet industriel et signale les avantages obtenus de ces plaques, lesquelles ont été adoptées par plusieurs administrations.
- M. Bouillant a ajouté à son industrie des barrières en fonte à colonnes pivotantes.
- Le comité estime que ces divers objets méritent l’approbation de la Société, et il propose d’adresser des remercîments à l’auteur et d’insérer le rapport au Bulletin. ( Approuvé.)
- Au nom du comité des arts chimiques. M. Bussy fait un rapport sur un ouvrage de M. Batilliat, pharmacien à Mâcon, intitulé, Traité sur les vins de la France.
- Cet ouvrage renferme l’exposé de nos connaissances sur la fabrication , la nature et les maladies des vins, l’art de les gouverner, de les améliorer, d’en extraire l’alcool et d’en faire du vinaigre ; l’auteur a trouvé l’occasion d’y insérer un grand nombre de faits nouveaux, fruits d’une longue expérience éclairée par une saine théorie.
- Par les motifs exprimés dans le rapport, et persuadé qu’il peut être utile d’appeler l’attention des praticiens sur les faits signalés dans l’ouvrage de M. Batilliat, le comité propose d’adresser des remercîments à l’auteur, de placer son ouvrage dans la bibliothèque de la Société et d’insérer le rapport dans le Bulletin. (Approuvé,)
- M. le président fait observer que M. le rapporteur a paru émettre quelque doute sur l’emploi de l’eau chaude pour détruire la pyrale, tandis que des applications multipliées ont prouvé l’efficacité de ce moyen.
- M. de Cohnont ajoute que , il y a environ trois ans, le receveur général du département du Rhône lui avait rapporté que, propriétaire de vignobles dévastés par la pyrale, il avait résolu d’arracher ses vignes et de les remplacer par une plantation de bois, lorsqu’il fit l’application du lavage des ceps avec de l’eau chaude. Ce moyen a parfaitement réussi et a donné d’importants résultats.
- Au nom du comité des arts chimiques, M. Bussy fait un rapport sur une notice de M. Boichoz père, relative à l’art d’améliorer les vins.
- Les moyens proposés par l’auteur pour améliorer les vins dans les années défavorables sont au nombre de deux; le premier consiste à ajouter à la vendange, dans la cuve et pendant la fermentation, la quantité d’alcool que l’on croit nécessaire pour compléter celle que devrait contenir le vin d’une bonne année.
- Le second moyen a pour objet d’ajouter au moût et avant la fermentation une quantité de sucre suffisante pour produire l’alcool qu’on désire introduire dans le vin.
- Pour faciliter cette opération , M. Boichoz a joint à sa notice des tables indiquant la quantité d’alcool que produisent les différents moûts suivant leur densité, c’est-à-dire suivant la quantité de sucre qu’ils renferment. On peut ainsi, connaissant la densité du moût, y ajouter la dose de sucre qui lui manque pour produire la quantité d’alcool désirée.
- Les procédés de M. Boichoz sont déjà connus de ceux qui ont étudié l’art de faire le vin ; ils sont même pratiqués par beaucoup de propriétaires.
- Le comité pense que l’art d’améliorer les vins ne consiste pas uniquement à y introduire directement ou indirectement une certaine quantité d’alcool; car, s’il en était
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- ainsi, les vins les plus chargés d’alcool seraient les meilleurs, ce qui n’est pas exact. La saveur, le bouquet et les autres qualités du vin dépendent d’une multitude de circonstances qui concourent au résultat définitif.
- L’expérience a démontré que beaucoup de propriétaires, surtout ceux qui possèdent des crus de première qualité, se sont mal trouvés de l’addition du sucre dans le moût : on conçoit, en effet, qu’il ne suffit pas d’ajouter du sucre à du raisin vert ou altéré par un commencement de décomposition pour en faire du raisin parfaitement mûr et de bonne qualité ; il faut qu’avec le sucre se trouve aussi la quantité de ferment nécessaire pour le transformer en alcool; il faut la diminution des acides et toutes les propriétés encore peu connues qu’acquiert le raisin par le fait d’une maturité complète opérée en temps opportun.
- On peut affirmer, sans crainte d’être démenti par la science ou par la pratique , qce l’art d’améliorer les vins est un des problèmes les plus difficiles de la chimie appliquée.
- C’est pour cette raison que le comité croit utile d’accueillir tous les travaux qui tendent à ce but important; en conséquence, il propose d’adresser des remercîments à M. Boichoz et de conserver son mémoire dans les archives de la Société.
- Cette proposition est adoptée.
- Au nom du comité des arts économiques, M. Gourlier rend un compte verbal d’une communication de M. Isidore Joly.
- L’auteur indique comme applications utiles le chauffage des maisons par la vapeur et des procédés qu’il ne décrit pas, mais qui sont mis en pratique dans plusieurs industries; il n’a adressé ni dessin ni description.
- Le comité propose de ne pas donner suite à cette communication.
- Le conseil partage cette opinion.
- Communications. M. Laignel met sous les yeux du conseil deux fils de fer représentant l’un des demi-parties de cercles en courbes au rayon de 100 mètres, système actuel employé dans la construction des chemins de fer, et l’autre de 23 mètres pour son système à petit rayon.
- M. Laignel fait observer que le premier est trois fois plus grand que le dernier, ce qui donne un tiers de moins en parcours, et que, par conséquent, la traction est à l’avantage de son système ; il ajoute que, toutes choses égales d’ailleurs, il suffit d’une puissance de 15 kilog. pour parcourir le petit rayon de 23 mètres, tandis qu’il faut une puissance de 30 kilog. pour parcourir un rayon de 100 mètres.
- Ces expériences ont été faites en 1832 , d’une part par M. Mellet, sur le chemin de fer de la Loire, et de l’autre par M. Perdonnet, sur le chemin de fer de Paris à Versailles ( rive gauche ).
- M. Laignel rappelle qu’il a déjà entretenu la Société de son système de parachocs, de leur construction et des avantages qui doivent résulter de leur emploi.
- M. Laignel, n’ayant pu procéder à des expériences avec de grands convois marchant sur des plans inclinés, a cherché à y suppléer par une chute verticale : en conséquence , il a pris un de ses modèles garni de ficelles et l’a laissé tomber d’une hauteur de. 11 mèt.; il annonce que la vitesse acquise dans la chute était de là lieues à l’heure.
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- Six ficelles sur dix du calibre de celles de fouet ont été cassées; elles pesaient ensemble 8 grammes.
- La troisième observation de M. Laignel a pour but de signaler le danger du passage sur les viaducs construits en courbes lorsque le rail extérieur est du côté du grand rayon , parce que, dit M. Laignel, les piliers ne sont pas solidaires entre eux et les culées , que les voitures, par leur masse, éprouvent des difficultés de courir dans les courbes et par la tendance qu’a le convoi d’écarter les rails du côté du grand rayon.
- Tout en reconnaissant la nécessité des courbes pour se relier à la voie en ligne droite , M. Laignel croit qu’il faut employer des courbes à petit rayon, qui non-seulement diminuent la traction, exigent moins de développement .et, par conséquent, moins de dépense, mais encore donnent une plus grande sécurité,
- M. le président remercie M. Laignel de sa communication , qui fera l’objet de l’examen du comité des arts mécaniques.
- M. Ormières présente le résultat de ses travaux relatifs au traitement de l’orseille.
- Les procédés qu’il a imaginés lui permettent d’utiliser les résultats de cette fabrication .
- M. le président invite l’auteur à remettre à la Société les documents nécessaires pour constater le succès de son opération.
- Séance du 19 juillet 1848,
- Correspondance. M. Dufaud, directeur de l’institution des Jeunes-Aveugles, appelle l’intérêt de la Société en faveur de deux employés de l’établissement qu’il dirige, et dont les travaux lui paraissent dignes d’attention. L’un, M. Beaucage, aveugle et contremaître de l’atelier de menuiserie, est un ancien ouvrier qui, devenu aveugle vers l’âge de vingt ans, a voulu continuer son état et l’enseigner à quelques-uns des élèves de ! Institution. Il a construit lui-même, dans ce but, des appareils ingénieux au moyen desquels l’apprenti aveugle peut effectuer sans risque et avec une parfaite exactitude toutes les opérations de la menuiserie. Ce résultat pleinement obtenu, il n’a pu y parvenir qu’au prix d’opiniâtres efforts et de sacrifices qu’il appartient à la Société de reconnaître et d’encourager.
- Le second, M. Laos d'Aguen, surveillant, s’est attaché à réaliser un vœu que M. Dufaud avait émis il y a environ dix ans et consigné dans son essai sur les aveugles-nés , l’eiativement à 1’enseignement de la géographie. M. Dufaud disait qu’il ne serait pas impossible de graver des planches sur lesquelles on tirerait ensuite des cartes qui serviraient à la fois pour les yeux des voyants et pour les doigts des aveugles. M. Laas d'Aguen, après «une suite d’essais poursuivis avec une louable persévérance , est arrivé à réaliser ce projet et sans autre secours que lui-même.
- Les travaux de MM. Beaucage et Laas d’Aguen sont recommandés à l’attention du comité des arts mécaniques et de M. J omar d.
- M. Autier, médecin à Amiens, transmet des échantillons de chacune des inventions dont il se déclare auteur. Ces échantillons consistent en une compresse factice, un
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- biberon, de la ebarpie vierge, des compresses de lin, des étoffes de laine et de soie teintes au moyen de diverses fleurs, du bleu liquide, de la ebarpie de papier gommé.
- M. le secrétaire entre dans quelques détails sur plusieurs de ces communications, notamment sur celles concernant la teinture.
- Objets présentés. M. Bonne fils, horloger, rue des Marais-Saint-Jean, 33, présente le modèle le dessin et la description d’une roue de bateau à vapeur à palettes mobiles.
- M Victor Villain, de Reims ( Marne ), fait hommage d’un mémoire intitulé Du gluten, des moyens de reconnaître, à l’aide de son extraction et de sa coloration, les farines sophistiquées, thèse soutenue à l’école de pharmacie de Paris, le 15 juillet 1842.
- M. Chevallier signale dans ce travail ce qui le distingue et les faits qu’il serait utile de faire connaître par la voie du Bulletin. Le mémoire est renvoyé à la commission du Bulletin.
- Les ouvrages suivants sont déposés sur le bureau :
- 1° Mémoires de la Société des sciences, de l’agriculture et des arts de Lille (1846);
- 2° Annales de la Société d’horticulture, juin 1848;
- 3° Journal des économistes, juillet 1848;
- 4° Quelques mots sur Vorganisation du travail, par M. Baudet-Dulary, médecin ;
- 5° Le Technologiste, juillet 1848;
- 6° Moniteur industriel des 6, 9, 13 et 16 juillet;
- 7° Belgique industrielle des mêmes dates ;
- 8° Projet d’association des travailleurs, par M. Allié, fabricant de chapeaux.
- Rapports des comités. Au nom du comité des arts économiques, M. Priestley lit un rapport sur un niveau-plan de M. Chasles.
- Le comité propose de remercier l’auteur de sa communication et d’insérer le rapport au Bulletin.
- M. Artur annonce avoir vu, chez M. Lenoir, des niveaux établis sur le même principe. La difficulté qu’on a éprouvée pour les fermer hermétiquement a sans doute fait renoncer à leur emploi. Il demande que le rapport fasse mention des essais antérieurs tentés dans cette direction.
- Il sera fait droit à cette demande.
- Les conclusions du rapport sont adoptées.
- Au nom du comité des arts chimiques, M. Bussy lit un rapport sur divers mémoires imprimés qui ont été adressés à la Société par M. de Vergnette-Lamotte, ingénieur des mines, et qui ont pour objet l’étude systématique et approfondie de toutes les conditions qui président tant à la végétation de la vigne , au développement et à la maturation du raisin, qu’à la fabrication et à la conservation du vin.
- M. le rapporteur, après avoir exposé les principaux faits consignés dans ces mémoires, fait ressortir l’importance et l’utilité des travaux de l’auteur, exécutés consciencieusement et qui acquièrent un nouvel intérêt par la gravité des circonstances.
- Le comité pense qu’au milieu de la crise sociale que nous traversons, la Société jugera qu’il y a quelque opportunité à appeler l’attention du public sur la pratique de l’agriculture et à lui montrer les ressources que peut offrir à l’activité de nos popula-
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- tions l’industrie viticole dans laquelle elles trouveront à la fois un aliment à leur intelligence et une occupation pour leurs bras et dont les produits présentent l’avantage d’être immédiatement applicables à nos besoins.
- Sous tous ces rapports, le comité croit devoir signaler M. de Vergnette comme digne des encouragements que décerne la Société. En attendant, il propose de faire insérer le rapport au Bulletin et d’adresser des remercîments à l’auteur. Il propose, en outre, de prendre les mesures nécessaires pour l’impression de l’un des mémoires encore inédit, et l’acquisition de dix exemplaires au moins de ceux qui ont déjà été publiés.
- Après une discussion sur plusieurs expériences relatées par l’auteur, sur la nécessité de multiplier les observations météorologiques, sur les moyens d’améliorer les vins et le commerce auquel donnent lieu les produits vinicoles de la France, le conseil charge les comités des arts chimiques et du commerce de délibérer sur ce sujet et de faire à la Société telles propositions qu’ils jugeront utiles.
- Le conseil approuve ensuite le rapport et en adopte les conclusions.
- Au nom du comité des arts chimiques, M. Bussy lit un rapport sur un procédé de désoxygénation de l’indigo, présenté par M. Barret, teinturier à Tours.
- D’après les attestations délivrées à l’auteur par plusieurs manufacturiers sur l’efficacité de son procédé, le comité propose d’adresser à M. Barret des remercîments pour sa communication et d’insérer le rapport au Bulletin. ( Approuvé. )
- Communications. M. Seguier, l’un des vice-présidents, expose que M. Niepce de Saint-Victor, dans les communications qu’il a faites à la Société des propriétés particulières de l’iode, du phosphore et du soufre, avait annoncé des essais entrepris pour obtenir de la photographie sur verre.
- M. Seguier rappelle que, dans une des précédentes séances, il avait mis sous les yeux de la Société des épreuves obtenues par l’auteur en 80 à 90 secondes, à l’ombre, en employant de l’albumine. Tout faisait espérer que le portrait d’après nature pouvait être obtenu. M. Niepce, au moment de quitter Paris, l’a chargé de déposer sur le bureau, afin de prendre date, des portraits d’après nature dont les épreuves négatives sur albumine ont été obtenues, à l’ombre, en 40 secondes.
- M. Seguier exprime le vœu que M. Niepce de Saint-Victor puisse poursuivre des essais que la Société doit s’applaudir d’avoir encouragés.
- Il est procédé, par la voie du scrutin, à la nomination de M. Vauvilliers comme membre-adjoint de la commission des fonds.
- Ce candidat ayant réuni l’unanimité des suffrages, est proclamé par M. le président membre-adjoint de la commission des fonds.
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- LISTE, PAR ORDRE MÉTHODIQUE DES MATIÈRES,
- DES BREVETS D’INVENTION ET DE PERFECTIONNEMENT
- délivrés en Angleterre pendant l’année 184=7.
- Nota. La duree des brevets est de quatorze ans. Les brevets d’importation sont indiqués par un astérisque.
- AÉROSTATION.
- 1. M. Newton (£.), à Londres; perfectionnements dans la locomotion aérienne. ( i5 fé-
- \ X-
- vrier. )
- AGRAFES.
- 2. M. Mac-Evoy, à Birmingham ; fabrication des agrafes et portes pour vêtements.
- (27 mai.)
- ALLAITEMENT.
- 3. M. Th iers ( L. T. ) , de Paris ; biberon pour l’allaitement des enfants. ( 7 janvier. )
- ANCRES.
- 4. M. Langley-Beale, à Whitestaple (Rentj; nouvelle construction des ancres de vaisseaux.
- ' i3 juillet. — Pub. Lond. journ. of arts, mai 1848, p. 240.)
- architecture.
- 5. M. Robertson (/.), à Tweedmouth (Ber-wick); système d’architecture. (9 novembre.)
- ARMES A FEU.
- 6. M. Mollett (J.), à Londres; perfectionnements dans les armes à feu et dans les cartouches. ( i5 avril. — Pub. Mech. Mag., octobre
- 1847, P- 42°0 *
- 7. M. Taylor {S.)* à Londres; nouvelles armes à feu et cartouches. (10 décembre.) *
- BALANCES.
- 8. M. Pooley ( H. ), à Liverpool; nouvelles balances. ( 16 juin. — Pub. Mech. Mag. , décembre 1847, P- 812.)
- BANDAGES. !
- g. M. Russel-Dartnell. à Ghatham ( Kent ); !
- bandages herniaires. (24 février. —Pub. Rep. of patent inv., octobre 1847, p. 23g.) . bateaux a vapeur.
- 10. M. Gardner-Stow, à Londres ; perfectionnements dans la construction des bateaux à vapeur et appareil pour faire marcher les vaisseaux. (4 mai.)
- BIERE.
- 11. M. Taux ( C. ), à Londres ; moyen de conserver la bière, l’ale et le porter. (8 février. —Pub. Lond. journ. of arts, septembre 1847, p. 121.)
- BLANC DE PLOMB.
- 12. M. Runholcl-Lothmann (C.), à Londres ; nouvelle méthode de fabrication du blanc de plomb. ( 7 janvier. — Pub. Lond. journ. of arts, septembre 1847, p. 92.)
- 13. M. Marie-Four menti n, à Londres; fabrication du blanc de plomb. (22 mai. — Pub. Lond. journ. of arts, mai 1848, p. 269.)
- BLANCHIMENT.
- 14. M. Brooman (A.),k Londres ; procédé et appareils propres à blanchir le linge et les étoiles. (27 mai. — Pub. Mech. Mag., décembre 1847, P* 5640 *
- 15. M. Sandeman (H. ), à Tuilock-Bleach-field (Perth); procédé pour blanchir et apprêter certaines étoffes et les matières dont ces étoffes sont composées. ( 3i juillet. — Pub. Mech. Mag., février 1848, p. 162.)
- BOIS.
- 16. M. Thomson ( G.), à Nottingham ; ma-
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- chines pour scier le bois et autres matières. (27 avril. — Pub. Rep. of patent inv., janvier
- 1848, p. 4.)
- 17. M. Spencer ( R. ), à Londres; machines pour raboter et planer le bois. ( 6 mai. )
- 18. M. Fontainemoreau, à Londres ; machines à couper le bois et à unir les parquets. (25 mai.) *
- 19. M. Larrard ( C. ), à Leicester; machine à couper le bois pour la fabrication des bobines et pour d’autres usages. ( 8 juin.— Pub. Mech. Mag., décembre 1847, p. 606. )
- 20. M. Cox{H.), à Londres; moyen de préparer et de conserver le bois, les briques, tuiles et autres matières. ( 10 juin. — Pub. Mech. Mag., décembre 1847, P- 6°°-)
- 21. M. Renard ( F. A. ), de Paris ; procédé de conservation et de coloration des bois.
- ( 19 août. — Pub. Lond. journ. of arts, avril 1848, p. 180.)
- BOÎTES.
- 22. M. Young ( T'.), à Londres; boîtes à cartes de visite et moyen d’attacher des papiers, des actes et des tissus. ( 29 juin. — Pub. Lond. journ. of arts, mars 1848, p. 113.)
- 28. M. Hackett ( J. ), à Leicester; nouvelles boîtes à pilules. ( 8 décembre. ) bonneterie.
- 24* M. Bailey ( B. ), à Leicester; perfectionnement dans la fabrication du tricot. (6 août.)
- 2.5. M. Lang ton. {Th.), à Bullweli ; fabrication de la bonneterie. ( 2 novembre. — Pub. Rep. of patent inv., j!uin 1848, p. 325.)
- BOULONS.
- 26. M. Johnson ( J. ), à Bradley ( Stafford ); fabrication des boulons, rivets, écrous, broches et tiges de fer. ( 12 juin. )
- BOUTONS.
- 27. M. Boy le ( A. ), à Birmingham; fabrication des boutons. ( 4 août. — Pub. Rep. of patent inv., mars 1848, p. 161. )
- BRIQUES.
- 28. M. Stafford-Percy{ TV. ), à Manchester; machine pour fabriquer les briques et pour les cuire. ( 29 avril. — Pub. Rep. of patent inv,, janvier 1848, p. 19. )
- CABESTANS.
- 29. M. Lane-Higgins, à Londres; construction des vindas et des cabestans. ( i5 juin. — Pub. Rep. of patent inv., février 1848, p. 79.)
- CAFÉ.
- 30. M. Waller ( H. ), à Londres ; appareils pour préparer et filtrer des infusions de café et autres articles. ( 16 février. — Pub. Lond. journ. of arts, octobre 1847 » P- J8o. )
- 31. M. Snowden (R.), à Londres; traitement et préparation du café de manière à le rendre plus salubre. (24 février.— Pub. Lond. journ. of arts, novembre 1847- P- 263. )
- 32. M. Richardson-Banks , à Londres ; nouvelle méthode de nettoyer et de sécher les grains de café. ( 21 octobre. — Pub. Lond. journ. of arts, juin 1848, p. 327.)
- 33. M. Carey ( C. ), à Londres; moyen d’obtenir une infusion ou un extrait de café. ( 26 octobre.— Pub. Lond. journ. of arts, juin
- 1848, p. 357.)
- 34- M. Dakin ( W. ), à Londres, appareil pour griller le café. (8 décembre. —Pub. Mech. Mag., mai 1848, p. 458 et 47°•) *
- CALANDRE.
- 35. M. Roberts (/?.), à Manchester; machines propres à calandrer le linge. ( 5 mars.— Pub. Rep. of patent inv., novembre 1847» p. 276.)
- CALCUL.
- 36. M. Lewthwaite ( «/. ) à Halifax ( York-shire ) ; nouvelle machine à calculer. ( 23 juillet.— Pub. Mech. Mag., février 1848, p. 194*)
- 37. M. Baranowski ( J. ), de Paris; machine dite prompt calculateur. (19 juillet. )
- 38. M. Jayet ( J. ), de Paris; machine à calculer. ( 28 novembre. )
- CAOUTCHOUC.
- 3g. M. Moulton ( S. ), à Londres ; traitement du caoutchouc combiné avec d’autres matières pour obtenir des produits élastiques et imperméables. ( 8 février. — Pub. Lonci. journ. of arts, septembre 1847, P- 123. ) *
- 4o. M. Forster ( Th. ) , à Sireatham ( Sur-rey); machines pour couper et diviser le caoutchouc afin d’en fabriquer des tissus imperméa-
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- blés, et procédé pour dissoudre le caoutchouc et autres gommes. ( 2 septembre. — Pub. Rep. of patent inv., avril 1848, p. 20g.)
- 41. Le mêmej combinaison de la gutta-percha avec d’autres matériaux, son emploi pour rendre les tissus imperméables, et moyen de mouler cette matière. ( 21 octobie. j
- 42. M. Proclor-TVêslhead, a Manchester; perfectionnement dans la fabrication ou le tiai-tement du caoutchouc. ( 4 novembre. Pub. Lond, journ. of arts, juin 1848, p. 347-)
- CAPSULES.
- 43. M. Murdoch (/. ), à Londres; nouvelles capsules pour recevoir diverses substances et les conserver à l’abri du contact de l’air. (2 novembre. ) *
- 44- MM. Betts ( TV. ) et Jacob ( TV. ) , à Londres ; fabrication des capsules , et application des ornements à certaines surfaces. (3o novembre. )
- CARDES.
- 45. M. Hardacre ( S. ) , à Manchester; machines ou appareils pour carder le coton et autres matières filamenteuses, et pour aiguiser les dents de cardes. ( 20 mars. — Pub. Lond. journ. of arts, novembre 1847, p. 242.) *
- 46. MM. Plais et Palmer, à Oldham ( Lan-cashire ) ; machine ou appareil pour faire des cardes et préparer et filer le coton et autres matières filamenteuses. ( 24 juillet. )
- CARTON.
- 47- M. Hutchinson ( TV. ), à Barnsbury ( Middlesex ) ; traitement du carton pour le rendre plus compacte, impénétrable à l’humidité, au froid , et à être préservé des insectes et autres agents de destruction. ( 25 novembre.— Pub. Lond. journ. of arts, mai 1848, p. 282.)
- CHAÎNES.
- 48. M. Bayliss ( TV. ), à Bilston ( Stafford); machine pour forger et tourner des maillons en fer pour des chaînes plates. (24 février.—Pub. Rep. of patent inv., octobre 1847, p. 201.)
- CHANDELIERS.
- 4g. M. Keeling ( S. ), à Hanley ( Stafford ) ; nouveaux chandeliers. ( 1 g juin.—Pub. Lond. journ. of arts, novembre 1847, p. 266. )
- CHANDELLES.
- 50. M. Childs (S1. ), à Londres; fabrication des chandelles , et manière de préparer et de combiner certaines substances animales , végétales et minérales propres à cet usage. (i5 avril. — Pub. Lond. journ. of arts, novembre 1847, p. 280. )
- 51. M. Fennell-Allman, à Londres; procédé de fabrication des chandelles. (4 mai. —Pub. Lond. journ. of arts, décembre 1847, p. 36o. )
- 52. M. Maudslay ( J. ), à Londres; nouvelle fabrication des chandelles. (14 octobre.—Pub. Mech. Mag., mars 1848, p. 386 )
- 53. M. TVire ( TV. ), à Londres; fabrication perfectionnée des chandelles et autres objets analogues. ( i5 décembre. ) *
- CHANVRE ET LIN.
- 54. M. Morgan («/.), à Greenwich; métier propre à préparer et filer le chanvre et le lin. (27 avril. —Pub. Rep. of patent inv., avril 1848, p. 216.)
- 55. M. Carter, à Drogheda ( Irlande ) ; machine pour teiller, sérancer et peigner le chanvre et le lin. (ier février. — Pub. Rep. of patent inv., septembre 1847, p. t3g.)
- CHAPELLERIE.
- 56. M. Stamp (R.), à Chelsea (Middlesex); nouvelle étoffe pour couvrir les chapeaux et les casquettes. ( 22 décembre. )
- CHARNIÈRES.
- 57. M. Chinnock ( C. ) , à Londres ; moyen de régler le mouvement et de diminuer le frottement dans les charnières et autres parties de l’ameublement, des machines et des voitures.
- ( 22 mai. )
- CHAUDIÈRES.
- 58. MM. Fossick ( G. ) , Hackivorth {T.) et Elliot ( Th.), à Stockton-on-Tees (Durham ) ; construction des chaudières des locomotives et autres. ( 3 mars.— Pub civil engineers’journ., octobre 1847, P- 3ig. )
- 5g. M. Newton ( A. V. ), cà Londres; manomètres pour chaudières à vapeur. (i5 avril.— Pub. Lond. journ. of arts; janvier 1848, p. 43o.)*
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- CHAUFFAGE.
- 60. M. Platt, à Oldham (Lancaster); moyen de consumer la fumée et d’économiser le combustible. ( i î janvier. — Pub. Lond. journ. of arts, mai 1848, p. 287.)
- 61. M. Kyan ( E. ), à Bayswater ( Middle-sex); moyen de brûler la fumée et d’économiser le combustible dans les machines à vapeur, les brasseries et les manufactures en général. (28 juillet. —Pub. Rep. of patent inv., mars i848, p. i38. )*
- 62. M. Brokedon {TV.), à Londres ; système de chauffage des appartements. ( 9 septembre. —Pub. Rep. of patent inv., avril 1848, p. 286.)
- 63. M. Coad {R. ), à Kennington ( Surrey ); système de consommation du combustible et application de la chaleur qu’on en obtient. (25 novembre. — Pub. Rep. of patent inv. , juillet 1848, p. 38.)
- 64” M. Michaut (G. A.) , à Londres ; production et application de la chaleur et fabrication du coke. ( i5 décembre. — Pub. Lond. journ. of arts, juillet 1848, p. 4* 7-)
- CHAUSSURES.
- 65. M. Fisher ( D. ), à Londres ; nouvelle confection de bottes et de souliers. (14 octobre. — Pub. civil engineers’ journ. , juillet 1848, p. 216.)
- 66. M. de Barros , de Lisbonne ; machine propre à faire les formes de souliers et les embauchoirs de bottes, les bois de fusils et autres objets analogues. (3o septembre.) *
- 67. M. Gray ( T. ), à Londres ; fabrication des bottes et des souliers. ( i4 mai. — Pub. Lond. journ. of arts, décembre 1847, P- 358.)
- CHEMINÉES.
- 68. M. Hunton-Townsend-Bishop , à Londres ; perfectionnements dans la construction les mitres de cheminées. (2 mars.1)
- 69. M. Osman-Giddy, à Brompton. (Middle-sex ) ; appareil pour nettoyer ou ramoner les cheminées. (20 avril.’)
- 70. M. TVelman-TVright, à Chalford (Glou-cester ) ; machine ou appareil pour ramoner et nettoyer les cheminées. (4 mai. — Pub. Lond. journ, of arts, janvier 1848, p. 423-)
- 71. M. Taylor (G.), à Londres; machine ou appareil pour nettoyer et ramoner les cheminées et conduits quelconques. (ï3 novembre.)
- CHEMINS DE FER.
- 72. M. Hedge ( E. ), à Londres ; construction des rails pour chemins de fer et manière de les consolider. (12 février.—Pub. Lond. journ. of arts, septembre 1847, p. io3.)
- 73. M. Heard-TVild, à Londres; construction de certaines parties des chemins de fer. ( 24 février. — Pub. Rep. of patent inv., octobre x847» P- *93.)
- 74- M. JVaterhouse ( T. ) , à Edgeley ( Che-shire) ; locomoteurs, tender et waggons employés sur les chemins de fer. (10 mars —Pub. Lond. journ. of arts, juillet 1847, p- 42O0
- 75. M. Fox ( C. ) , à Londres ; construction des chemins de fer et des voitures roulant sur ces chemins. (23 mars.) *
- 76. M. May (G.), à Ipswich (Suffolk); coussinets pour chemins de fer et moyen de les fixer. ( 27 mars. —Pub. Rep. of patent inv., novembre 1847, p. 260.)
- 77. M. Griesbach , à Londres; construction des chemins de fer et des voitures roulant sur ces chemins. (29 mars. — Pub. Rep. of patent inv., novembre 1847, p- 257.)
- 78. M. Tucher-Stratton , à Bristol ; perfectionnements dans l’établissement des chemins de fer, des roues et autres parties des véhicules circulant sur ces chemins et sur les routes ordinaires. (6 avril. — Pub. Lond. journ. of arts, décembre 1847, p. 344-)
- 79. M. Broad ( R. ) , à Tipton ( Stafford ) ; construction des plateaux tournants pour chemins de fer. (28 avril.)
- 80. M. Brooman {R. A. ) , à Londres ; plateaux tournants pour chemins de fer. (29 avril. —Pub. Mech. Mag., novembre 1847, p. 468.)*
- 81. MM. Fox (C.) et Coope-Hadden, à Londres; construction des coussinets pour chemins de fer. (6 mai.)
- 82. MM. Bridges-Adams, à Oldford (Midd-lesex) et Richardson {R.), à Hadleigh (Suffolk); construction des chemins de fer et des locomoteurs et waggons employés sur ces chemins , et
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- moyens de garantir le transport des marchandises. (22 mai.)
- 83. M. Thorneycroft (B. ), à Wolverhamp-ton ; construction des rails pour chemins de fer. ( 27 mai. — Pub. Rep. of patent inv., décembre 1847, P- 345-)
- 84. M. Allan (.A.), à Crewe fChester); nouveaux plateaux tournants pour les chemins de fer. (27 mai.)
- 85. M. Berger (2?.), à Londres; construction des waggons pour chennns de fei. ( 3 juin. —* Pub. Lond. journ. of arts, janvier 1848,
- p. 4°3 )
- 86. M. Taylor, à Holbeck près Leeds ; machines et véhicules employés sur les chemins de fer. (3 juin.—Pub. Lond. journ. of arts, février 1848, p. 6 )
- 87. M. Symons ( A. ), à Londres ; voitures roulant sur les chemins de fer, moyen de calculer leur vitesse et de prévenir les accidents. (i5 juin.)
- 88. M. Chaplin ( F. ), à Bishops-Stortford (Hertfordshire); nouvelles roues pour waggons de chemins de fer. ( 29 juin. — Pub. Lond. journ. of arts, février 1846, p. 16.)
- 89. M. Burch ( W’. ), à Londres; perfectionnements dans la construction des chemins de fer, des waggons roulant sur ces chemins et des signaux d’alarme. (20 juillet.)
- 90. M. Debergue ( C.), à Londres ; appareil de traction et d’arrêt pour chemins de fer et nouveaux ressorts pour locomoteurs et waggons. (26 juillet.)
- 91. M. B aines (JE.), à Norwich; perfectionnements dans certaines parties des chemins de fer et dans les machines propres à leur établissement. (29 juillet.)
- 92. M. Yule (J.) y à Glasgow; coussinets pour chemins de fer et manière de les fixer. (3 août.)
- 93. M. Webster (J.), h Sneinton { Nottin-gham ) ; parachoc atmosphérique applicable aux voitures et autres véhicules roulant sur les chemins de fer. ( 19 août. — Pub. Rep. of patent inv., mars 1848, p. i49-)
- 94. M. Eaton ( E. W. ), à New-Windsor
- ( Berks) ; appareil pour prévenir les accidents sur les chemins de fer. (19 août.)
- 95. M. Chabot (C.), a Londres; construction, des voitures roulant sur les chemins de fer, parachocs et autres appareils. (2 septembre.)
- 96. M. Madigan ( R. ), à Haverstock-Hill ( Middlesex); plateaux tournants pour chemins de fer. ( 2 septembre. — Pub. Mech. Mag., mars 1848, p. 290 et 3 r4-)
- 97. M. Neoille ( J. ), à Wallworth ( Surrey ); moyens de transport des voyageurs et des mar-chandises sur chemins de fer. (21 octobre.)
- 98. M. Shaw (R.), à West-Bromwich ( Staf-fordshire ) ; fabrication des rails et coussinets en fer forgé des chemins de fer. (21 octobre. — Pub. Rep. of patent inv., juin 1848, p. 328.)
- 99. M. Tatlersall, à Newmarket ; moyen de faire correspondre une partie d’un train de chemin de fer avec l’autre. ( 21 octobre. — Pub. Lond. journ. of arts, juillet 1848, p. 44^0
- xoo. M. Baird ( R.) , à Dundee ( Ecosse) ; moyen de communication entre les conducteurs et les mécaniciens chargés de la direction des convois sur les chemins de fer. (22 décembre.)
- 101. M. Wrighton (R.), à Londres; appareil applicable aux voitures et locomotives roulant sur chemins de fer. (22 décembre.)
- CIGARES.
- 102. M. Adorno ( N. ), de Mexico ; fabrication des cigares et autres objets analogues. (24 février.)
- 103. M. Parker ( JE. P. ), à Londres ; procédé de fabrication des cigares. (ier avril.)
- 104. Le meme; nouveau moyen de préparation des cigares. (29 juillet.)
- CLOUS.
- 1 o5. M. Meckenheim ( N. ), à Birmingham ; machine à fabriquer les clous , rivets, boulons, pointes, etc. (10 mars.)
- COLLE.
- 106. M. Mac-Dougall ( A. ) , à Longsight ( Lancaster ) ; fabrication de la colle et traitement des produits obtenus de cette matière. 04 janvier. — Pub. Lond. journ. of arts, septembre 1847, P* 9°')
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- 107. M. Stevens (A.), à. Londres; préparations de certaines substances propres à faire la colle. ( 29 mai. — Pub. Lond. journ. of arts, mars 1848, p. 120.)
- COMBUSTIBLE.
- 108. MM, Bondy - Azular, à Rotherhithe ( Surrey ) et Solomons (A.), à Londres; perfectionnements dans la fabrication du charbon et autres combustibles. ( 10 juin. —Pub. Lond. journ. of arts, janvier 1848, p. 43i.)
- COMPTEURS.
- 109. M. Fletcher {H.), à Over-Darwen (Lan-cashire) ; appareil pour déterminer les distances parcourues par les locomoteurs et les waggons sur chemins de fer. ( 10 mars. — Pub. Lond. journ. of arts, novembre 1847, p. 287.)
- CONSTRUCTIONS CIVILES.
- 110. M. Gibbons {PF.), à Corbyn’s-Hall, près Dudley ( Worcester ) ; moyen de consolider les poutres et autres parties des charpentes de bâtiments. (9 septembre. — Pub. Lond. journ. of arts, avril 1848, p. 172.)
- 111. M. Newton (A. F.), à Londres; perfectionnements applicables à la construction des planchers et autres parties des édifices et de certains objets d’ameublement. (7 octobre.) *
- 112. M. Kir rage, à Londres; combinaison de certaines matières pour les constructions. (22 octobre. — Pub. Lond. journ. ofarts, janvier 18485 p» 482.)
- >. i 3. M. Fielder ( H. ), à Londres ; nouvelle construction des charpentes en fer. ( 9 novembre. — Pub. Mech. Ma g. , mai 1848 , P- 477-)
- CONSTRUCTIONS HYDRAULIQUES.
- ï 14- M. Bruce (W-), à Flimstow près Pem-broke ; construction des jetées , des piles de ponts et autres travaux hydrauliques. (25 mars.)
- 115. M. Harvey-Sadler ( J. ) , à Holbeck , près Leeds; constructions des ponts, aqueducs et autres travaux de ce genre. ( 7 juillet. — Pub. Lond. journ. of arts, février 1848, p. 22.)
- 1 16. M. Starr ( F. ), à Warwick ; conduite pour l’écoulement de l’eau. (29 juillet.)
- CONSTRUCTIONS NAVALES.
- 117, M, Mitchell ( A. ), à Ballymacarrell
- ( Irlande ) ; nouveau dock pour construire ou radouber les navires. (3 juillet.)
- CORDES.
- 118. M. Card (N.), à Manchester; machine pour fabriquer des cordes, des lanières, des lacets en coton , lin, chanvre et autres fils. (16 février.)
- 119. M. Simister ( J.) , à Birmingham ; fabrication des cordages et courroies. ( 5 août.— Pub. Rep. of patent inv., mars 1848, p. 174 )
- 120. M. PTinther {H.), à Bayswater (Midd-lesex ) ; fabrication des cordes , cordages , lignes, etc. (i5 décembre.) *
- CORNUES.
- 121. M. Brothers ( O. ), à Blackburn ( Lancaster); nouvelles cornues et machines propre* à les fabriquer. (19 août.)
- CORSETS.
- 122. M. Thomas {PF.), à Londres; confection des corsets. (26 octobre. —Pub. Rep. of patent inv., juin 1848, p. 336.)
- 123. M. Dura four ( J. M. ), de Lyon en France; système de laçage des corsets sans employer d’œillets. (4 novembre.)
- COULEURS.
- 124. M. Murdoch {J.), à Londres; méthode de préparer et d’employer certaines couleurs pour la peinture. (10 mars. — Pub. civil engi-neers’ journ., novembre 18475 p- 354-) *
- 126. M. Aimé-Boura , à Londres; nouvelle matière colorante. ( 19 août. — Pub. Lond. journ. of arts, avril 1848, p. 170.)
- 126. M. Newton {PF, E.), à Londres; mode de préparation de certaines matières pouvant être employées comme couleurs. ( 16 novembre. — Pub. civil engineers’ journ. , juillet 1848, p. 2l5.)*
- 127. M. Clinton-Robertson {J,), à Londres; préparation des couleurs servant à l’impression des étoffes de soie ou de laine. (10 décembre.— Pub. Mech. Mag., juin 1848, p. 588.) *
- COUTELLERIE.
- 128. M. Burrows ( S. ), à Sheffield ( York ) ; fabrication des couteaux. (7 janvier.)
- CROISÉES.
- 129. M. Seward ( G. J.), à Londres; moyen
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- de suspendre les croisées à coulisse, les jalousies et les stores, (u novembre.)*
- CUIRS.
- i3o. M. Ellen (S.), à Longes; perfectionnements dans le procède de tannage des cuiis et des peaux. (8 juin.)
- CUISINES.
- ,3i. M. Britlen (J.), à Birmingham ; appareil pour cuire et préparer des aliments et des boissons. (8 décembre.)
- CUIVRE.
- 132. M. Napier ( J. ), à Londres ; procédé pour fondre les minerais de cuivre et autres.
- (2 mars.___Pub. Lond. journ. of arts, octobre
- j847,p. Ï97-)
- 133. M- Meldon de Susses, à Millwall ; perfectionnements dans la fonte du cuivre et autres minerais. (28 mars. — Pub. Rep. of patent inv., janvier 1848, p. 46.)
- 134. M. Davy ( H.), à Ottery, Sainte-Marie ( Devon ) ; procédé pour séparer le cuivre de ses minerais. (2 septembre. — Pub. Rep. of patent inv., avril 1848, p. 204.)*
- 135. M. Birkmeyer (TV.), à Southdown ( Cornouailles ); perfectionnement dans la fonte du cuivre et d’autres métaux. ( 16 novembre. —Pub. Rep. of patent inv., juin 1848, p. 353.)
- DENTELLES.
- 1 36. M. Fischer (J.), à Nottingham; perfectionnements dans la fabrication des dentelles et autres tissus réticulaires. (29 mars.)
- DÉSINFECTION.
- 187. M. E Herman ( C. F. ), à Brompton ( Middlesex) ; procédés ou méthodes pour desinfecter les matières fécales et retarder la putréfaction des matières animales et végétales. ( 7 octobre. — Pub. Mecli. Mag., février 1848, p. 45.)
- DESSECHEMENT.
- 138. M. Martin ( J. ), à Londres; moyen de dessécher et d’assainir les villes et des campagnes. (10 mai.—Pub. Rep. of patent inv., janvier 1848, p. 11.)
- DISTILLATION.
- 139. M. Clinton-Robertson , à Londres ; perfectionnements dans la distillation et le bras-
- sage, et application à d’autres industries des matières employées à cet usage. (20 février.) *
- 14°. MM. Blyth ( J.) et Mac- Culloch (J. ), à Londres ; appareils de distillation et de rectification. ( 9 septembre. —• Pub. Rep. Lond. journ. ofarts, avril 1848, p. i*j3.)
- 141. MM. Maltby ( TV.) et TVebb ( Th.), à Londres ; préparation des esprits retirés des grains et des matières saccharines. ( 15 décemb.)
- EAUX GAZEUSES.
- 142. M. Collier-Bakewell, à Rampstead ( Middlesex ) ; machines et appareils pour préparer l’eau gazeuse, dits soda water, et autres liquides gazeux. (11 novembre. — Pub. Lond. journ. ofarts, juin 1848, p. 335.)
- ÉCLAIRAGE.
- 143. M. Braithwaite (J.), à Londres; perfectionnements dans le chauffage , l’éclairage et la ventilation. (28 janvier. —Pub. Mech. Mag. , septembre 1847, P* 218.)
- 144- M* Ferguson-TVilson, à Londres ; production de la lumière artificielle et préparation des matières servant à cet usage. ( 23 mars. — Pub.Lond. journ. ofarts, octobre 1847,p. 204.)
- i45. M. Baggs (J.), à Pentonville ; production d’une lumière artificielle. ( 7 mai. — Pub. Lond. journ. ofarts, décembre 1847, P- 35o.)
- 46. M. Clark (R.), à Londres ; production de la lumière artificielle dans les lampes et chandeliers. ( 3 juin.—Pub. Lond. journ. of arts, mars 1848, p, 98.)
- 47- M. Hunt ( J.), à Birmingham ; procédé pour opérer la combustion du gaz, de l’huile, de la résine et autres substances donnant de la lumière. (3 juillet.—Pub. Lond. journ. ofarts, février 1848, p. i5.)
- 48. M. S faite (TV. C.), à Londres ; perfectionnements dans l’éclairage et appareils destinés à cet usage. (3 juillet.—Pub. Mech. Mag., janvier 1848, p. 5o. — Civil engineers’ journ., février 1848, p. 49-)
- 49- M. Pierpoint ( M. ), à Worcester; nouvelle distribution de la lumière artificielle. (7 octobre.)
- i5o. M. Blachjord-Mansjield, à Cambridge; fabrication et épuration des esprits et des huiles,
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- Quarante-septième année. Juillet 1848.
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- applicables à l’éclairage et à différents arts utiles, et construction des lampes pour brûler ces matières. ( 11 novembre. — Pub. Rep. of patent inv., juillet 1848, p. 1.)
- ÉCRITURE.
- 151. Mme cl’H ervilly-Hahnemann et M. Petit-pierre ( H. ), de Paris ; instruments propres à écrire. (27 avril. —Pub. Lond. journ. of arts, janvier 1848, p. 4X7-)
- ENCRIER.
- 3 52. M. Barnabas-Daft, à Birmingham; perfectionnements dans la construction des écri-toires et dans les attaches des courroies élastiques. (ier février. — Pub. Rep. of. patent inv., septembre 1847, p. x40-)
- ENGRAIS.
- i53. M. Henry-Holland., à Manchester; application des engrais aux terres. (16 février. — Pub. Lond. journ. of arts, septembre 1847,
- p. ia5.)
- i54- M. Brown ( E. ), à Londres; composts formés des résidus de substances végétales et animales, de matières fécales et de certains acides et alcalis, propres à être employés comme engrais. ( 20 février. — Pub. Lond. journ. of aits, septembre 1847, p. 11.) *
- 155. M. Barnard-Ayres , à Londres; préparation des matières stercorales et putrescibles pour les convertir en engrais. (20 avril.)
- 156. MM. Bickes (H.), de Mayence, et Henry Meyer, de Londres ; nouveau procédé de préparation des engrais, des graines et des plantes, de manière à favoriser leur végétation. ( 10 juin. — Pub. Rep. of patent inv., février
- 1848, p. 95.)
- 157. M. Barker (E. ), à B'udleigli-Salterton ( Devon ); préparation d’un nouvel engrais. (26 octobre.)
- 158. M. Chandler (Th.), à Stockton (Wilts); machines pour employer et répandre les engrais liquides. (ier décembre.)
- ENGRENAGE.
- 159. M. Johnson-Coale-Alterbury, à. heeds ;
- nouveau système d’engrenage. ( 10 mars. — Pub. Lond. journ. of arts, décembre 1847» p. 322.)*
- ÉPINGtES.
- 160. Mme Jennings, à Aston ( Warwick ) ; fabrication des épingles , des agrafes et autres moyens d’attacher les vêtements. (3i décembre.
- — Pub. Lond. journ. of arts, mars 1848, p. 77.)
- ÉTOFFES.
- 161. M. Britus-Coxlon, à Lenton ( Notting-ham ) ; procédé pour gaufrer les étoffes et y appliquer divers dessins et ornements. ( 19 mars.)
- 162. M. Thcodorc-Philippi, à Belfield-Hall ( Lancaster ) ; machines ou appareils pour sécher, apprêter et tendre les étoffes. (i5 juin. — Pub. Lond. journ. ofarts, mars 1848, p. 77.)
- ÉVAPORATION.
- 163. M. Jay (C.), à Londres; appareils pour évaporer et concentrer des solutions saccharines et salines. (3o septembre.)
- FARDEAUX.
- 164. M. Brown ( T. ), à Londres ; machine pour élever et descendis les.fardeaux. (20 avril. —- Pub. Rep. of patent inv. , décembre 1847 p. 33i.)*
- FER.
- 165. M. Moir-Crane, aux forges de Yuis-cedwyn près Swansea ; perfectionnements dans la fabrication du fer. ( 8 avril. — Pub. Lond. journ. of arts, novembre 1847, p. 277.)
- 166. M. Blewitt ( J. ), à Newport ( Mon-mouth ); fabrication du fer malléable. (27 mai.
- — Pub. Rep. of patent inv. , décembre 1847? p. 3540
- 167. M. Eickers {TE.), à Sheffield; fabrication du fer. ( 19 juin. — Pub. Lond. journ. of arts, janvier 1848, p. 427-)
- 168. M. TEühercd (G.), de New-York (États-Unis d’Amérique ) ; procédé pour travailler le fer et autres métaux. (29 juillet. — Pub. Lond. journ. of arts, juin 1848, p. 317.)
- 169. M. Newton {A. V. ), à Londres; machine pour cingler les loupes de fer. ( 14 octobre.—Pub. civ. engineers’ journ., juin 1848, p. 170.)
- 170. M. Rocke ( TE. ), à Dudley ( Worces-tershire ) ; mode de traitement du fer forgé.
- ( 18 novembre. —Pub. Lond. journ. of arts,, juillet 1848, p. 447-)
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- FERMETURES.
- 171. M. Loach (J.), à Birmingham; attaches pour fermetures de croisées, de persiennes, de portes, etc. (8 février. — Pub. Lond. journ. of arts, septembre 1847, P- io4*)
- FIL.
- 172. M. Todd ( TV. ), à Holcombe-Brook près Bury ( Lancaster) ; procédé pour parer et apprêter les fils pour chaînes de tissus, et appareil employé pour cet usage. ( 24 feviiei. Pub. Lond. journ. of arts, juillet 1848, p. 897.)
- 173. M. Low ( J. ), à Londres ; fabrication du fil et machines au moyen desquelles il est préparé. (28 janvier. — Pub. Mech. Mag., décembre 1847, P- 539.)
- FILATURE.
- 174. M. Frey Pools, à Bolton-le-Moors ( Lancaster ) ; appareils pour filer le coton et autres matières filamenteuses. (i4 janvier.)’*'
- 175. M. Preston(F.), à Ardwick près Manchester; machines ou appareils employés dans la préparation du coton et autres matières filamenteuses. (2.3 janvier.)
- 176. M. Eaton ( TV. ), à Camherwell ( Sur-rey ) ; machines à filer et doubler le coton et autres matières filamenteuses. ( 9 février. — Pub. Lond. journ. of arts, novembre 1847, p. 257.)
- 177. M. Leaikam {S.), à Leeds ; filature du coton et autres matières filamenteuses. ( 15 février. — Pub. Rep. of patent inv., septembre 1847, p. 153.)
- 178. MM. Ecoles { TV.) et Brierly ( H. ) , à Walton-le-Dale ( Lancaster) ; nouveau métier à filer. (2 mars.)
- 179. M. TVodd (/.), à Leeds; machines propres à filer les matières filamenteuses. (2 mars. —Pub. Lond. journ. of arts, décembre 1848,
- p. 317.)
- j 80. MM. Elce{J.), à Manchester, et B le as-dale ( R.), à Roclidale (Lancaster); métier pour préparer et filer le coton , la laine et autres matières filamenteuses. ( 4 mai. — Pub. Rep. of patent inv., décembre 1847, P- 34°.)
- 181. M. Donrsthorpe (J. E.)r à Leeds (York); système de filature et de tissage de la laine et
- du lin et traitement de la laine avant la filature. (12 juin.)
- 182. M. Roberts (/?.), à Manchester; métiers pour préparer et filer le cotou et autres matières filamenteuses. (i5 juin.)
- 183. M. Houghton (J.), à Oldham (Lancaster ) ; machines ou appareils employés pour la préparation et la filature du coton , de la laine et autres matières filamenteuses. ( 15 juin.)
- 184. M. Hill{J.), à Staley-Bridge (Chester); métiers pour préparer, filer et doubler le coton , la laine et autres matières filamenteuses. (19 juin.)
- 185. M. Fontainemoreau ( A.) , à Londres ; métier à préparer et filer le coton et autres matières filamenteuses. (17 juillet.)
- 186. M. Newton (H.), à Bakewell ( Derby); perfectionnements dans la filature et le doublage du colon et autres matières filamenteuses. ( 23 septembre. — Pub. Lond. journ. of arts , juin 1848, p. 354 )
- 187. M. Dodge {H. ), à Attîeborough, dans l’Etat de Massachusetts ( Amérique du Nord); métiers à filer et enrouler le fil. ( 7 octobre. — Pub. Rep. of patent inv., mai 1848, p. 267.)
- 188. M. Curtis ( N. ) , à Manchester; machines pour filer et préparer le coton et autres matières filamenteuses. (14 octobre.)
- 189. M. TVaud{E.), à Bradford (Yorkshire); construction des métiers pour préparer et filer l’alpaca, la laine, le lin et autres matières filamenteuses. (9 novembre.)
- 190. M. Eaton {TV.), à Camberwell (Surrey); machines pour filer le coton et autres matière# filamenteuses. (ier décembre )
- FILETS.
- 191. M. Newton {TV.), à Londres; machine propre à faire les filets et autres tissus réticulaires. (3o septembre.) *
- FILTRES.
- 192. Mme TValson{C.), à Ghorley (Lancaster); construction d’appareils de filtration. (27 avril. — Pub. Rep. of patent inv. , décembre 1847, p. 333.) *
- 193. MM. Brooks-S rnith et Ford-S larges, à
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- Birmingham; nouveaux appareils de filtration. (21 octobre.)
- FONTE DE FER.
- 194. M. Darling (TV.), à Glasgow; moulage et fabrication de certains objets en fonte de fer. (10 juin.—Pub. Mech. Mag., décembre 1847, p. 6o5.)
- FORAGE.
- j g5. M. Gostwyck-Gard,. à Calstock (Cornouailles ) ; appareil pour forer et sonder les terrains, (ai octobre.— Pub. Mech. Mag., mai
- 1848, p. 434-)
- FOURNEAUX.
- 196. M. Bramwell (T.), à Newcastle-upon-Tyne ; fourneaux et appareils pour rendre l’air atmosphérique applicable à la production des cyanures et autres composés. (3o janvier.)
- 197. M. Grundy ( G. ), à Manchester; construction des fourneaux et des carneaux et tuiles qui y sont employées. (8 février. — Pub. Lond. journ. of arts , septembre «847, p. 116.)
- 198. M. TV élis-TVay te , à Leeds; appareil alimentant de combustible les fourneaux et empêchant la fumée. (18 mars.)
- 199. M. Hazeldine ( 7'. ), à Londres ; nouvelle construction des fourneaux- ( 18 mai. — Pub. Rep. of patent inv., janvier 1848, p. 34.)
- 200. M. Baker (F.), de Boston ( Etats-Unis d’Amérique); fourneaux pour chaudières à vapeur. (22 décembre.)
- FOURS.
- 201. M. Ransome (F.), à Ipswich; construction des fours à coke et autres. ( 24 février, — Pub. Lond. journ. of arts, octobre 1847,
- p. 212.)
- 202. M. Newton (A. V.), à Londres ; four pour cuire la porcelaine ou autres poteries. ( 29 juillet. — Pub. Lond. journ. ofarts, avril 1848, p. 168.)
- 203. M. Bourne (J.), à Derby-Pottery (Derby ) ; construction des fours pour cuire la porcelaine et les poteries. (4 août. — Pub. Rep. of patent inv., mars 1848, p. 177.)
- GARDE-ROBES.
- 204 M. Jennings (G.), à Londres; nouvelles garde-robes et moyen de souder les tuyaux.
- (3 juin.—Pub. Rep. of patent inv., avril 1848, p. 247.)
- GAZ D’ÉCLAIRAGE.
- 205. M. TValker ( R.), à Roclidale ( Lancaster ) ; appareil pour la préparation du gaz d’éclairage, applicable à d’autres produits de la distillation. ( 26 janvier. —- Pub. Lond. journ. ofarts, décembre 1847, p. ^1-)
- 206. M. Leslie ( J. ), à Londres; perfectionnements dans la combustion du gaz d’éclairage. (22 mars. — Pub. Rep. of patent inv., novembre 1847, p- 2^7*)
- 207. M. Stephen-TVhile , à Londres ; moyen de produire du gaz et appareil employé à cet usage. (i5 avril.)
- 208. M. Holworthy-Paimer, à Londres; procédé pour produire du gaz d’éclairage d’une plus grande pureté et pouvoir éclairant que celui en usage , et appareil servant à cette préparation. (17 avril.—Pub. Lond. journ. ofarts, juin 1848, p. 337.)
- 209. M. Laming (R.), de Clichy-la-Garenne près Paris; fabrication et épuration du gaz de la houille et traitement des résidus de cette fabrication. (14 novembre.)
- GÉLATINE.
- 210. M. Philhrick - Swinborne , à Piml ico (Middlesex); préparation des substances gélatineuses et appareils employés à cet usage. (24 novembre.)
- GOMME.
- 21 1. M. Hancock (G.), à Londres; préparation de la gutta-percha et de son application à des usages industriels , soit seule, soit mêlée avec d’autres matières. ( 10 février. — Pub. Rep. of patent inv., octobre 1847, p. 193.)
- 212. Le même; préparation de la gomme nommée gutta-percha et son application à divers usages manufacturiers. (24 septembre.)
- 213. Le même et Reuben-Philips, à Islington ( Middlesex ) ; traitement et fabrication de la gutta-percha ou toute autre variété de caoutchouc. (3o décembre.)
- GRAINS.
- 214. M. Duboulay (T..), à Sandgate (Kent); disposition des greniers d’abondance, et moyen
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- d’y conserver le grain, les graines et autres provisions susceptibles d’altération. (8 février.)
- 215. M. Gedge (/.), à Londres; machine ou appareil propre à arroser ou humecter les grains. (8 février.—Pub. Lond. journ. of arts, octobre 1847, P* r920 *
- GRAISSE.
- 216. M. Demie ( T. ), à Bermondsey ( Sur-rey ); graisse ou composition poui les tubes atmosphériques , et pour lubiifiei les aibies et autres parties tournantes des machines.
- ( 2h avril._Pub. Lond. journ. of arts, mai
- 1848, p. 278.)
- GRAVURE.
- 217. M. Slokes ($.), h Londres; machine pour tracer ou graver sur des corps solides , ou former des bas-reliefs. (10 juillet.)
- GRUES.
- 218. M. Dawson-Norton, à Londres ; construction des grues, et autres appareils pour élever et descendre des fardeaux. (ier février. — Pub. Lond. journ. of arts, octobre 1847, p. 201.)
- HAMEÇONS.
- 219. M. Moses-Poole, à Londres; nouveaux hameçons pour la pêche. ( 7 janvier. — Pub. Rep. of patent inv., août 1847, p. ioi.)*
- HORLOGERIE.
- 220. M. Parker (P.), à Londres; mécanisme de sonnerie des horloges. (28 janvier. — Pub. Lond. journ. of arts, février 1848, p. 12 )*
- 221. M. Bain ( A. ) , à Londres ; nouvelles horloges et chronomètres. (19 février.)
- 222. M. TVeare ( R.), à Birkenhead ( Ches-ter ) ; construction des horloges et des garde-1 temps. (3 juillet. — Pub. Lond journ. ofarts, mars 1848, p. 129.)
- 223. M. Moenk (G. ), à Londres; nouvelles horloges et chronomètres. ( ier décembre.— Pub. Rep. of patent inv., mars 1848, p. 15g.)
- 224. M. Sweetman{J.), à Londres; horloges astronomiques et autres, chronomètres et montres. (8 décembre.)
- HUILE.
- 225. M. Hazard Petit, à Chelsea; fabrication
- des huiles et appareils pour les désinfecter et épurer. (i6mars.)
- 226. M. Browne- JPilks , à Chesterfield-Park ( Essex ); moyen d’extraire de l’huile de certaines noix qui n’en ontpas produit jusqu’alors, et son application à l’éclairage et à d’autres usages. (3 juillet. — Pub. Lond. journ. of arts, février 1848, p. 38.)
- 227. M. Philips ( G.), à Islington ( Middie-sex ) ; mode d’épuration de certaines huiles ou esprits. (16 novembre.)
- IMPRESSION DES TISSUS ET DU PAPIER.
- 228. M. Morton (A.), à Kilmarnoch; perfectionnements dans l’impression des chaînes des tissus. (29 mars.)
- 229. MM. Morgan ( D. ) et Borlase-Jenkins, à Morriston ( Glamorgan) ; fabrication des rouleaux de cuivre et autres métaux pour l’impression des étoffes de soie et autres. ( 9 septembre.
- — Pub. Lond. journ. ofarts,-mai 1848, p. 267.)
- 230. M. Bapaume ( P. A. ), de Paris ; procédé de gravure et de préparation des planches propres à l’impression des tissus , du papier et d’autres matières. (7 octobre.)
- 231. M. Forlescue-Taylor, à Londres; construction des machines pour imprimer les papiers peints et autres substances. (7 octobre.)
- INDIGO.
- 232. M. KurtziC. A.), à Manchester; mode de préparation de l’indigo pour la teinture et l’impression des étoffes de laine , de coton et autres. ( 9 septembre.)
- INFUSIONS.
- 233. M. Skene ( B. ), à Bedford ; moyen de faire des infusions et des décoctions. (3i mars.
- — Pub. Lond. journ. of arts, novembre 1847, p. 249.)
- INSTRUMENTS ARATOIRES.
- 234. M. Read ( J. ), à Londres ; nouveaux instruments pour cultiver la terre. (19 janvier.)
- 235. M. Smith (H.), à Stamford ; machines à couper et diviser les substances végétales , et semoir pour les grains et pour répandre l’engrais sur les terres. ( 23 mars. — Pub. Lond. journ. of arts, janvier 1848, p. 38g.)
- 236. MM. Bryant ( A. ) et Totthill ( R. ) ? à
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- Heavitfee ( Devon ) ; instruments et appareils pour opérer le dessèchement des terres, (i 8 mai, —Pub. Mech. Mag., novembre 1847, P- 492 )
- 237. M. Huddart (G. A.), à Bryntkir, comté de Carnavon ; nouvel instrument aratoire. ( 3 juillet. — Pub. Lond. journ. of arts, mars
- 1848, p. 94.)
- a38. M. Hensman ( TF. ), à Woburn ( Bedford ) ; nouvelles machines à battre le blé. (17 juillet.—Pub. Mech. Mag., janvier 1848, p. 110.)
- 239. M. Paul ( J. ), à Thorp-Abbotsliall ! Norfolk ); appareil pour creuser des rigoles pour dessécher les terres et ramener le sous-sol à la surface. (29 juillet.)
- 240. M. Hawkins-Nicholls , à Bourne ( Lincoln ) ; système de semoir, et moyen de transmettre le mouvement aux instruments aratoires. ( 3o septembre. — Pub. Lond. journ. of arts, juillet 1848, p. 44^0
- 241. M. Thang-Harradine, à Hollywell (Hun-tingdon ); instrument aratoire pour préparer la terre de diverses manières. (14 octobre.)
- 242. M. Scott-Lillie, à Fulham (Middlesex); iüachine applicable an défoncement et à la culture des terres, ( i4 octobre. — Pub. Rep. of patent inv., juin 1848, p. 32r.)
- 243. M. Barrai ( P. C. ), à Paris ; machines pour défoncer et cultiver les terres. ( 25 novembre.)
- INSTRUMENTS Î>E PRECISION.
- 244* M. TFalson (R.), à Pentonville (Middlesex ) ; instrument perfectionné pour prendre des angles en mer. (24 juin.)
- LAINES.
- 245. MM. Mercer, à OakenshaW, et Greenwood, à Church (Lancaster); emploi de certaines matières applicables au lavage des laines et des tissus de laine. (12 juin.)
- 246. M. JPhitelêy («7.), à Morton (York) ; procédé de nettoyage et de séchage de la laine, de la vigogne, du coton et autres substances filamenteuses. (19 juillet.)
- 247. MM. Cunlrffe-Lister et Holden à
- Bradford ; cardage, préparation et peignage de là laine et autre* matières filamenteuses. (7 oc-
- tobre. — Pub. Rep. of patent inv., mai 1848, p. 273.)
- LAIT.
- 248. M. Shipp-Grimwade, à la ferme de Sheepcote ( Middlesex ) ; moyen de conservation du lait. (14 mai.)
- 249* M. Bekaert (F. B.), de Bruxelles; méthode pour augmenter la quantité de crème obtenue du lait et pour conserver le lait. (29 mai. — Pub. Lond. journ. of arts , janvier 1848, p. 421.)
- 250. M. de Lignac (M,), à Londres; moyens de conservation du lait. ( 7 octobre. — Pub. Lond. journ. of arts, mai 1848, p. 246.)
- LAMINOIRS.
- 251. M. Brown (J.), à Ringswinford (Stafford ) ; laminoirs applicables au laminage du fer, et machine propre à raboter le fer. (3 juillet. )
- LAMPES.
- 252. M. Miller (G. A.), à Londres; lampes perfectionnées. (3 juillet.)
- LETTRES.
- 253. M. Hawkins (J. J.), à Hoxton; moyen de réunir et d’attacher des lettres, cahiers de musique , journaux et autres documents. (10 mars.—Pub. Lond. journ. of arts, octobre 1847, P- *88.)
- 254. MM. Bursill ( H. ) et Radford ( J. ), à Londres ; nouvelles enveloppes et couvertures de lettres. (6 novembre.)
- LIÈGE.
- 255. M. TFebsler-Rammel, à Londres ; préparation et application du liège pour garniture, doublage et autres usages. (28 janvier.)
- 256. MM. Clnes et Strand, d’Ostende ( Belgique ) ; fabrication de divers objets en liège. (3 juillet.)
- LINGE.
- 15*). M. Sloman (H.), à Londres; instrument à repasser le linge. (21 octobre. —Pub. Lond. journ. of arts, juin 1848, p. 33i.)
- LIGUEURS.
- 258. M. Crosse ( A. ), à Broomfield ( Som-merset ); traitement des liqueurs fermentescibles ou autres, de manière à extraire ou pré-
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- cipiter les matières hétérogènes. ( 2 mars. — Pub. Lond. journ. of arts, octobre 1847, p. iqS.)
- LITS.
- 259. MM. Peyton (R.), -Arlow (/•) et Home (T.), à Birmingham; nouvelle constiuc-tion des lits et des couchettes. (18 mai.)
- LOCOMOTIVES.
- 260. M. Stirling-Newall, à Gateshead; perfectionnements dans la construction des locomotives. (16 février.)
- 261. M. Johnson { TV. B, ) , à Manchester; construction des locomotives propres à être employées sur les chemins de fer et autres. (12 juin. — Pub. Rep. of patent inv., février 1848, p. go.)
- 262. M. Rnssel-Crampton, à Londres; nouvelle construction des locomotives, (ig juin.— Pub. civil engineers’ journ., février 1848, p. 48.)
- 263. M. Newton {A. T.), à Londres; perfectionnements applicables aux locomotives et aux voitures circulant sur les chemins de fer. (i3 juillet. — Pub. Lond. journ. of arts, mai 1848, p. 280.) *
- 264. M. Slaughter ( E. ), aux forges d’A-vondside , Bristol ; construction perfectionnée des locomotives. ( 19 juillet. — Pub. Rep. of patent inv.. p. 142.)
- 265. M. Speld-Lioingston , à Londres ; construction des locomotives employées sur les chemins de fer. (23 août.)
- 266. M. Pearson (J.), à Londres; nouvelle construction des locomotives et des voitures. ( 7 octobre. — Pub. Rep. of patent inv., mai j 848, p. 269.)
- 267. M. Heaton (G.), à Birmingham; nouvelles machines locomotives. ( 9 novembre. — Pub. Rep. of patent inv., juillet 1848, p. 34.)
- MACHINES A VAPEUR.
- 268. M. Pierret [J.), h Londres; construction des machines à vapeur. (7 janvier.)
- 269. M. Parkhurst, de Leeds ; machines à vapeur à rotation directe. (i4 janvier. —Pub. RLep. of patent inv., septembre 1847, p. i43.)
- 270. M. Onions , de Calais en France ; ma-
- chines à vapeur à rotation directe. (21 janvier.)
- 271. M. Bref mon ( TV. ) , à Londres ; machines à vapeur à rotation directe. (21 janvier.)
- 272. M. Rémond {A. F.), h Birmingham ; perfectionnements dans la construction des machines à vapeur. ( 9 mars.) *
- 273. M. Sproule ( M. ), à Liverpool ; nouvelles machines à vapeur. (10 mars.)
- 274. M. Hejcock ( H. ), à Manchester; machines à rotation directe mues par la vapeur ou tout autre fluide. (23 mars.)
- 275. M. Napier ( D. ), à Glenhellish-Stra-chen , Argylshire ; machines et bateaux à vapeur. (8 avril. — Pub. Rep. of patent inv., décembre 1847, P’ 326.)
- 276. M. Ait ken (J. ), à Londres ; construction des machines à vapeur ou machines atmosphériques et distillation de l’eau. ( 22 mai. — Pub. Lond. journ. of arts, janvier 1848,
- p- 411 •)
- 277. M. TVoodbridge {Th..), à Londres; machines à vapeur perfectionnées. (3 juin.)
- 278. MM. Soutter ( J.) et Hammond ( F.), à Limebouse ; nouvelles machines à vapeur et propulseurs. ( 22 juin. — Pub. Mech. Mag., janvier 1848, p. 2.)
- 279. M. TVheeler ( E. ), à Basingstoke ( Hampshire ) ; soupapes pour machines à vapeur et autres. (3 juillet.) *
- 280. M. Jones (Th. ), à Londres; machines à vapeur et appareils pour faire naviguer les vaisseaux. (29 juillet. — Pub. Rep. of patent inv., mars 1848, p. i5o.)
- 281. M. Bacon ( TV.), à Bury ( Lancaster ) ; perfectionnements dans les machines à vapeur, (ta août. — Pub. civil engineers’ journ., avril i848, p. 111.)
- 282. M. Sims (/.), à Redruth (Cornouailles); nouvelle construction des machines à vapeur. (9 septembre. — Pub. Mecb. Mag., mars 1848, p. 266.)
- 283. M. Pedder (/.), à Londres; construction des machines à vapeur. ( 6 novembre.)
- 284* M. Siemens {TV.), à Manchester; machines agissant par la vapeur ou autres fluides élastiques. (22 décembre.)
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- MACHINES HYDRAULIQUES.
- 285. MM. Leadbetter (J.) et Pierce (TV.), à Over-Darwen ( Lancaster ); machines ou appareils pour élever l’eau et autres fluides. (6 septembre.)
- 286. M. Girard (L. D.), de Paris ; nouvelle construction des machines hydrauliques. ( 20 juillet. — Pub. Rep. of patent inv., mars 1848, p. i43.)
- 287. M. TValker (J.), à Londres; machines hydrauliques et pneumatiques , et application de la vapeur à ces machines. (22 avril. — Pub. civ. engineers’journ., décembre 1847, p. 38g.)
- MACHINES-OUTILS.
- 288. M. Vickers ( E. ) , à Sheffield ( York ); machines pour tailler les limes. ( ig janvier.— Pub. Lond. journ. of arts, novembre 1847, p. 268.) *
- 28g. M. TVinsloiv ( G. ), à Boston ( États-Unis d’Amérique ) ; machine à fabriquer des limes et des râpes. (3 juillet.) *
- MACHINES DIVERSES.
- 2go. M. Newmann-Foudrinier, à Cheddle-ton (Stafford); appareil pour élever et descendre des fardeaux dans les mines et autres endroits. (ier février.)
- 2g 1. M. Sievier ( J. TV.), à Londres ; machines à estamper, couper, emboutir ou imprimer. (17 juillet.)
- 2g2. MM. Sykes (J.) et Ogden, à Hudders-field ( York ) ; machine pour nettoyer la laine, le coton et autres matières filamenteuses. (17 juillet.)
- 2g3. M. Deakin (Z1.), à Rings-Norton (Wor-cester); perfectionnements dans la construction et la disposition des machines servant à couper, à presser et à imprimer. (21 janvier.)
- 2g4- M. Nye ( J. ), à Londres; machines pour enfoncer les pieux et élever de la terre et des fluides. (7 octobre.)
- MATIÈRES FILAMENTEUSES.
- 2g5. M. Fielden ( J.), à Todmorden ( Lancaster) ; moyen de préparer et de presser le coton , la soie , la laine, le lin et autres matières filamenteuses, de manière à en former des bidons , des boîtes et autres objets analogues.
- (8 mai. — Pub. Mech. Mag., novembre 1847,
- p. 5i6.)
- 2g6. M. Lawson ( J. ), à Paisley; machine pour séparer les bouchons et autres impuretés de la laine, du coton et autres matières filamenteuses. (4 novembre.) *
- MATIÈRES GRASSES.
- 297. M. Font ai ne moreau, à Londres; perfectionnements dans les procédés et appareils pour traiter les matières grasses et les produits qu’on en obtient. (28 janvier.)'*
- MÉDICAMENTS.
- 298. M. Newton (£’.), à Londres ; instrument pour fabriquer des capsules renfermant des médicaments ou autres préparations liquides ou solides. (22 mai.—Pub. Lond. journ. ofarts, avril 1848, p. 186.)*
- MESURES.
- 29g. M. Chesterman ( /. ), à Sheffield; mesures en rubans et boîtes pour les renfermer. (i3 novembre.)
- MÉTAUX.
- 300. M. Fox ( C. ), à Birmingham ; moyen de souder et de réunir certaines pièces métalliques, de les comprimer et de leur donner diverses formes. (24 février.)
- 301. M. Roberts (R. ), à Manchester; machine pour percer les métaux. (5 mars.)
- 302. MM. Morris-Lyons et Milhvard [TV.], à Birmingham ; nouvel alliage métallique et moyen de déposer certains métaux sur d’autres métaux. (23 mars.—Pub. Rep. of patent inv., février 1848, p. 113.)
- 303. M. TVilson (R.), à Bradley (Yorkshire); machines pour cingler, forger, estamper et couper les métaux et autres matières. (26 juin.)
- 3o4- M. Poole (M.), à Londres; perfectionnements dans la fabrication de la fonte de fer, du fer et de l’acier. (20 juillet.— Pub. Rep. of patent inv., février 1848, p. 102.)
- 305. M. Perlbach (J.), à Londres; méthode pour souder et braser certains métaux ou alliages. (23 juillet.—Pub. Lond. journ. ofarts, février 1848, p. 4°-)
- 306. M. Clinton-Robertson, à Londres ; moyen de séparer les métaux de leurs minerais.
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- (9 septembre» — Pub. Lond. journ. of arts , avril i848, p. 201.) *
- 307. M. Delasalzede, de Paris; procédé de bronzage de l’acier, du fer, du zinc, du plomb et de l’étain. ( 3o septembre. — Pub. Rep. of patent inv., mai 1848, p- 293.)
- 308. M. Loiv (Ch.), à Dalston (Middlesex); traitement du zinc, du cuivre et auties métaux. (4 novembre.—Pub. Lond. jouin. of aits, juillet 1848, p. 4'9-)
- 3og. M. Tcssié-Dumotay, de Paris; moyen d’incruster les métaux et de les recouvrir avec d’autres substances. (4 novembre. —Pub. Lond. journ. of arts, juin 1848, p. 159.)
- 310. M. Parkes (A.), à Birmingham ; traitement des métaux, et moyen de recouvrir le fer et l’acier d’autres métaux. (18 novembre.)
- MINERAIS.
- 3i i.M. Brunton(TP.), àPoole(Cornouailles); appareil pour préparer les minerais. ( 16 novembre. — Pub. Lond. journ. of arts, juillet
- 1848, p. 427.)
- MINES.
- 312. M. Wilcock ( /. ), à Barnsby ( York ) ; système de ventilation des mines. ( 12 juin. — Pub. Lond. journ. of arts, janvier 1848, p. 4°6.)
- 313. M. Puis (A.), de Paris; appareils pour monter et descendre des fardeaux dans les mines. (22 décembre.) *
- MOTEURS.
- 314. M. Lesnard ( F. ), à Londres; moyen d’obtenir la puissance motrice. (16 janvier.)
- 315. M. Mac-Jntosh, à Londres ; machines de rotation et moyens de faire marcher des voitures sur des plans inclinés et de faire naviguer les vaisseaux. (19 janvier.—Pub. Rep. of patent inv., septembre 1847, p. 148.)
- 316. Le meme; machines mues par la vapeur ou tout autre moyen , applicables à la propulsion des voitures et des navires. ( 22 juin. —Pub. Rep. of patent inv., mai 1848, p. 298.)
- 317. M. Frcmzoni ( H. ), à Londres ; moyen de produire et d’appliquer la puissance motrice. (ier février.)
- 318. M. Geary (S. ), à Londres; moyen de Qliarante^septïème année. Juillet \ \
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- produire et d’appliquer la force motrice. ( 8 février.)
- 3ig- Newton (W'r.), à Londres; machines fonctionnant par des gaz ou la vapeur, soit séparément, soit combinés. (10 mars.) *
- 320. M. Scotthorn (R.), à Sommerstown ; machines pour obtenir et appliquer la force motrice. (17 mars.)
- 321. M. Bullock-Tibbits , à Southampton ; moyen d’obtenir et d’appliquer la force motrice. (23 mars. — Pub. Mech. Mag., octobre 1847, p. 372.)
- 322. M. Hornblower (H.), à Londres; moyen d’obtenir la puissance motrice. (28 juin.)
- 323. M. P an Rathen (B.), à Londres; machine à rotation directe, mue par la vapeur ou toute autre force élastique. ( 1 g juillet.)
- 324. Le meme ; moyen de produire et d’appliquer la force motrice. (2 novembre.)
- 325. M. Hastie (J.), à Greenock (Ecosse ); application de la force de la vapeur pour faire fonctionner des moulins ou des machines par un mouvement de rotation continu. ( 29 juillet. —Pub. Lond. journ. of arts, mars 1848,p. 106.)
- 326. M. Morison (/.), à Paisley; moyen d’appliquer la force pour faire marcher des voitures et communiquer le mouvement aux machines. (29 juillet.)
- 327. M. Sykes-TVard ( TV. ), à Leeds ; système de transmission de force motrice applicable aux signaux sur les chemins de fer par l’action électrique. (2 septembre.— Pub. Rep. of patent inv., avril 1848, p. 228.)
- 328. M. Connor-Oleary, à Tralée, comté de Ken y en Irlande ; moyen de produire de la force pour lancer des armes à jet. ( 9 septembre.)
- 329. M. Fell (R. ) , à Londres ; moyen de produire et d’appliquer la puissance motrice. (7 octobre.— Pub. civil engineers’journ., juillet 1848, p. 216.)
- 330. M. Kinsmann (J.), à Londres; construction des machines à rotation directe fonctionnant par la vapeur, l’air ou autres fluides élastiques. (11 novembre.—Pub. Mech. Mag., mai 1848, p. 482.)
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- 331. M. TVestbrooke-Squires, de Paris; moyen de produire le vide, applicable aux machines pneumatiques, hydrauliques et hydrostatiques, et à toute espèce de machine dont on peut obtenir une force mécanique. (18 décembre.)
- MOULAGE.
- 332. M. Brown - Jordan , à Londres; appareil pour faire fonctionner des moules pour les objets en fonte. (8 février. — Pub. Rep. oi patent inv,, octobre 1847, p. 235.)
- 333. M. Kenrick{S.), à Handsworth ( Stafford); moules pour couler les métaux. (20 avril.)
- MOULINS.
- 334. M. Stirling-Newall, à Gateshead (Durham ) ; perfectionnements dans les moulins pour moudre le grain , broyer les couleurs* et autres substances. ( i4 octobre. — Pub. Lond. ourn. of arts, mai 1848, p. 280.)
- MUSIQUE.
- 335. M. Corelli-Hill, de INew-York ( États-Unis d’Amérique ) ; moyen de produire des sons musicaux. (28 juin.)
- musique ( instruments de).
- 336. M. Spear ( J. ), à Londres; perfectionnements dans la construction des pianos et dans l’échelle diatonique employée pour ces instruments, et appareil pour faciliter l’action des doigts sur les touches des pianos. (29 avril.)
- 337. M. Rose (J. A/.), à Londres; constructions des flûtes, des clarinettes et autres instruments à vent. (6 septembre.— Pub. Lond. journ. of arts, juillet 1848, p. 43o.)*
- 338. M. Bain (A.), à Harnptonwick ( Midd-lesex ); perfectionnements dans les instruments de musique et dans les moyens de jouer de ces instruments. ( 7 octobre.—Pub. Rep. of patent inv., mai 1840, p. 287.)
- NATATION.
- 33g. M. Light ( E.), à Bennondsey; nouvel appareil pour faire flotter et soutenir dans l’eau des hommes et des bateaux. (19 juillet.—Pub. Rep. of patent inv., mars 1848, p. 180.)
- NAVIGATION.
- 34o. M. Campbell-Goldsmid, de Paris; application du gouvernail aux navires. ( 14 janvier.)*
- 3 j (. M. Bowens - Steoens , de Hoboken
- ( États - Unis d’Amérique ) ; applications de moyens et appareils pour faire naviguer les vaisseaux et accélérer leur marche. (12 juin. — Pub. Rep. of patent inv. , janvier 1848 , p. 26.)
- 342. M. Barber ( T. H. ) , sl Lond res ; machines ou appareils pour faire marcher les vaisseaux. ( 7 octobre.—Pub. Rep. of patent inv., mai 1848, p. 267.) *
- 343. M. Brown ( S. ), à Londres ; mode de gouverner et de faire marcher les vaisseaux, et boussole perfectionnée. ( 7 octobre.)
- 344- AI. Ayre ( TE.), à Kingston-upon-Hull; moyens de faire naviguer les bâtiments. (i4 octobre.— Pub. Lond. journ. of arts, mai 1848.} p. 25g.)
- 345. AI. Coullon ( J. T. ), d’Auxerre, en France; moyens de faire marcher les vaisseaux. (2 novembre.)
- NAVIRES.
- 346. MM. Beadon ( G. ) , à Taunton ( Som-merset) et Smith (A.), à Londres; appareil pour remorquer les vaisseaux, applicable au mouvement d’autres corps. (1 ! janvier.--Pub. Lond. journ. of arts, octobre 1847, p. 15^.)
- OBJETS DIVERS.
- 347. M. Hyla-Jennens, à Birmingham ; mode de préparation des articles en carton, et moyen d’y adapter des ornements, (24 avril.)
- 348. M. Sieaier ( R. TV. ), à Londres ; substance propre à purifier ou décolorer certains corps, laquelle peut aussi être employée comme engrais ou comme couleur. ( 12 juillet. — Pub. Lond. journ. of arts, juillet 1848, p. 434-)
- 34g. Aï. Barke - Ferryman, à Cheltenhain ( Gloucester) ; manches et poignées applicables aux vases contenant des liquides ou autres matières susceptibles de se répandre. (6septembre.)
- 350. M. Salmen(S.), à Hounsditcli (Middle-sex); matière pouvant remplacer le cuir, le papier, le carton, la toile cirée et autres objets analogues. (11 novembre. —Pub. Lond. journ. of arts, juillet 1848, p. 442.)*
- OPTIQUE.
- 351. M. Fletcher ( T. ), à Birmingham ; fabrication des réflecteurs métalliques pour di-
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- 'v.; 'Je;.' ;> ; ’tN ,»"vi.;,y
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- vers usages. ( 3 août. — Pub. Lond. jouvn. of arts, mars 1848, p. 115.)
- ORNEMENTS.
- 35a. M. Sadler-Kennedy, à Burslem ( Stafford ) ; moyen d’appliquer des ornements en poterie , porcelaine ou verre sur des métaux , du bois et autres matières. ( 8 février. )
- 353. M. Wallon ( F. ), à Wolverhampton ( Stafford ); procédé pour ornei et îecouvrii des objets faits en fer forgé ou autres métaux analogues. ( 2/j février. — Pub. bond. joum. of arts, octobre 18475 P* i83.)
- PAPIER.
- 354. M. Britten ( J. ), à Liverpool ( Lancaster); machines et appareils pour imprimer et apprêter le papier pour divers usages. ( 12 janvier.)
- 355. M. Miübourne ( S.) , à Saint-Mary’s-Cray ( Kent ); nouveau mode de fabrication du papier. (3i mars.)
- 356. M. TVoadJall (H.), à Foots-Cray (Kent); machines à faire le papier. (3i mars.)
- 35y. M. Broadbent ( TV.), à Manchester; nouveau mode de fabrication du papier. ( 5 août. — Pub. Rep. of patent inv., février
- 1848, p. 119.)
- 358. M. Dickinson [J. ), à Londres; perfectionnements dans la fabrication du papier. (23 septembre.)
- PAPIERS PUBLICS.
- 35q. M. Birchall ( T. ), à Ribbleton ( Lancaster); moyen de plier les papiers publics et autres. ( 5 août. —Pub. Rep. of patent inv., avril 1848, p. 193.)
- PARAPLUIES.
- 360. M. Meyer ( M. ), à Londres ; nouvelle confection des parapluies et des ombrelles. ( 2 novembre. — Pub. Lond. journ. of arts, juin 1848, p. 333.)
- PASSEMENTERIE.
- 361. M. Fonlairiemoreau ( A. ) , à Londres ; procédés pour fabriquer les tresses, cordes , franges et autres objets analogues. ( 18 novembre.) *
- PEIGNAGE.
- 302. M. Marsden ( Th. ) , à Salford ( Lancaster ) ; machines pour peigner et préparer le lin, la laine et autres matières filamenteuses. (6 septembre.)
- PEINTURE.
- 363. M. Bell ( G. ), à Dublin ; préparation du goudron de houille, applicable à la peinture, pour remplacer les couleurs à l’huile. (23 septembre.)
- PISTONS.
- 364- M. Richards ( J.), de New-York ; nouveaux pistons. (12 juin. — Pub. Lond. journ. of arts, janvier 1848, p. 4ï6.)
- PLOMB.
- 365. M. Harry-Johnson, à Londres; moyen de purifier le plomb argentifère, en économisant la matière. (23 septembre. — Pub. Lond. journ. ofarts, avril 1848, p. 196.)
- PNEUMATIQUE.
- 366. M. Poole, à Londres; appareils et ressorts pneumatiques. ( 22 mai, — Pub. Rep. of patent inv., janvier 1848, p. 36.) *
- POMPES.
- 367. M. Eaton ( TV. ), à Camberwell ( Sur-rey ) ; appareil pour élever l’eau et autres liquides. (19 août.)
- PONTS.
- 368. M. Moulton (S.), à Londres; nouvelle construction des ponts. (8 avril. — Pub. Rep. of patent inv., décembre 1847, P* 325.)
- PORCELAINE.
- 369. M. Ridgway (/.), à Coldon-Place (Stafford ) ; fabrication de boîtes à pâte et autres vases en porcelaine et poterie. ( 21 octobre. — Pub. Lond. journ. of arts, juillet 1848, p. 3240
- POTERIES.
- 370. M. TValker (Th.), à Hanley (Stafford); procédé pour orner et décorer des objets de poterie et de porcelaine. (20 novembre.)
- 371. M. Pralt ( E. ), aux usines de Fenton ( Stafford ) ; fabrication des articles composés de poterie ou de porcelaine. (3i décembre.)
- PRESSES.
- 372. M. Fox ( C. ), à Londres; nouvelle construction des presses. (i5 mars.)
- 873. M. jKempton (H.), à Pen ton ville; nouvelles presses à copier. (23 mars.— Pub. Rep. of patent inv., novembre 1847, p- 271.)
- 374. M. Robson (J.), à Douvres (Kent); appareil pour briser et moudre les graines oléagineuses , et en exprimer l’huile , lequel appareil est applicable au moulage de matières plas-
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- tiques. (i5 avril. —Pub. Lond. journ. ofarts, novembre 1847, p. 279.)
- PRODUITS CHIMIQUES.
- 375. M. Tilghman (R. A.), à Londres; préparation de certains acides, alcalis et sels alcalins. ( ier février. — Pub. Rep. of patent inv., septembre 1847, P- 160.)
- 376. Le même; préparation de certains sels alcalins. ( ier février. — Pub. Rep. of patent inv., septembre 1847, p. i55.)
- 677. M. Meldon de Sussex, à Millwall ( Middlesex) ; fabrication des chlorures et des acides hydrochlorique et nitrique. ( 19 février. — Pub. Rep. of patent inv., novembre 1847, p. 288.)
- 3y8. M. Tennant-Dunlop, à Glasgow; mode de préparation des alcalis et des chlorures. (16 mars.—Pub. Lond. journ. of arts, octobre 1847, p. 200.)
- 379. M. Prelier (P. G.), de Paris; fabrication de l’acide sulfurique sec et de l’acide sulfurique fumant de Nordhausen. (29 juin.—Pub. Lond. journ. ofarts, février 1848, p. 27.) *
- 380. M. TVall (A. ), à Londres ; appareil pour séparer les oxydes de leurs composés. (»4 octobre. — Pub. Lond. journ. of arts, juin 184.8, p. 33o.) *
- 381. M. Longmaid (TV.), à Londres; fabrication des alcalis et des chlorures. (2 novembre. -—Pub. Rep. of patent inv., juin i8/|8, p. 36o.)
- PROPULSION.
- 382. M. Seyng ( J. G. ), à New-Lenton { Nottingham ) ; nouveau mode de propulsion par eau et sur terre. (6 mai.)
- 383. M. Rayner (H. S.), à Ripley (Derby); système de propulsion par eau et sur terre. (23 juillet.)
- RASOIRS.
- 384- M. Hcnson ( TV. S.), à Londres; nouvelle fabrication des rasoirs. (17 juillet.—Pub. Lond, journ. of arts, février 1848, p. 14.)
- RESSORTS.
- 385. M. TVoods ( J. ), à Londres; conslruc tion des ressorts pour supporter des corps lourds et pour résister à une pression soudaine ou continue. ( 20 avril. — Pub. Lond. journ. of arts,
- janvier 1848, p. 4^4-)
- ROUES.
- 386. M. Grajton (H.), à Londres; construction des roues de waggons pour chemins de fer. ( 16 janvier. — Pub. Rep. of patent inv., août 1847, p. 86.)
- 387. M. Simpson-Lloyd, à Wednesbury ( Staffordshire ); perfectionnements dans la fabrication des bandes et frettes de roues. (i5 mars.)
- 388. M. 'l'aylor (J.), à Tipton ( Stafford ); construction des voues pour voitures roulant sur chemins de fer et autres. (4 mai.)
- 38g. M. Newton ( TV.), à Londres; nouvelle fabrication des roues de voitures. (28 juin. — Pub. Lond. journ. of arts, mars 1848, p. 83.)*
- 3go. M. Evans (JE.), à Wigan ; construction des roues des waggons roulant sur chemins de fer et d’autres voitures. ( 28 octobre. — Pub. Lond. journ. of arts, juillet 1848, p. 4 >5.)
- 391 .M. Dunn (Th.), aux forges de Winde-sor-Bridge près Manchester; fabrication des roues et des essieux pour chemins de fer; moyen de placer les waggons sur les rails et de les faire passer d’une voie sur une autre. (2 novembre. — Pub. civil engineers’ journ. , juin
- 1848, p. 169.)
- ROUTES.
- 392. M. Newton (A. V. ), à Londres ; construction des routes et voies de communication et des voitures roulant sur ces routes. (27 avril.)
- SACS.
- 3g3. M. Gilbert (H.), a Londres ; appareil pour tenir ouverts les sacs et faciliter leur remplissage de blé ou d’autres denrées. (27 mai.— Pub. Lond. journ. of arts, février 1848, p. 26.)
- SAUVETAGE.
- 3g4- MM. Dyne et Morys-Haggar, à Stoke-Newington ; appareil de sauvetage des naufragés. (22 mai.)
- SAVON.
- 3g5, M. Faucon ( S. ), de Rouen ; nouveau mode de fabrication du savon. ( 14 janvier. — Pub. Lond. journ. ofarts, août 1847, p. 36.)
- 3g6. M. Atkinson (J.), à Liverpool; procédé de fabrication du savon. (27 avril.— Pub. Lond. journ. of arts, mars 1848, p. g3.)
- SCIES.
- 397. M. Tall(J.), à Brixton (Surrey); ap-
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- pareil pour affûter les scies. (19 juillet. Pub. Lond. journ. of arts, mars 1 848, p.91.
- SELLERIE.
- 398. M. Boulnois (TV.), à Londres; nouveaux harnais pour chevaux de trait.— (Pub. Rep. of patent inv., juin 1848, p. 349-)
- semoir.
- 39g. M. Newinglon (5.), à Frant ( Sussex ) ; méthode de semer et d’enterrer le grain.
- ( 7 décembre.)
- SERRURES.
- 4oo. MM. Chubb, de Londres, et Ebenezer-Hunter à Wolverhampton (Stafford); construction des serrures , verrous et autres fermetures. {1 i janvier.)
- 4o 1. M. M inors-Collet, à Londres; appareil adapté aux serrures et garantissant des fausses clefs. (i5 avril.) *
- 4o?.. M. Hancock ( TV.), à Pentonville { Middlesex ) ; construction des serrures , verrous et autres fermetures. (16 septembre.)
- SIGNAUX.
- 403. M. Dull(A.), à Londres; nouveaux signaux pour les chemins de fer et les bateaux à vapeur. (8 février.—Pub. Lond. journ. of arts, septembre 1847, P* 101 •)
- 404. M. Stevens ( J. ), à Londres ; appareil pour transmettre des signaux ou communiquer d’une place à une autre, dont une partie est applicable aux lampes et brûleurs. (10 mars.— Pub. Mech. Mag , octobre 1847, p. 324.)
- 405. M. Obadiah-Newell-Iiutter, à Brigli-ton; méthode et appareil pour transmettre des communications. (22 juin.)
- 406. MM. Mapple ( H. ), Brown et Lodge-Mapple, à Childs-Hill, Hendon ; moyens de transmettre des correspondances par l’électricité et appareil propre à cet usage. (23 juin.— Pub. Rep. of patent inv., février 1848, p. 65.)
- 407. M. TVells (G.), à Wolworth ( Surrey ); signaux pour faire communiquer les conducteurs avec les mécaniciens dirigeant la marche des locomotives sur les chemins de fer. ( 4 novembre.— Pub. Lond. journ. of arts, juin 1848, p. 332.)
- 408. M. Smith-Torrop, à Edimbourg; appareil à transmettre des signaux. (8 décembre.
- — Pub. Lond. journ, of. arts, juillet 1848, p. 432.)
- SOIE.
- 409. M. Lelièvre ( H.), à Londres; teinture et apprêt des soies et de la peluche. ( 24 mai.
- — Pub. Lond. journ. of arts, janvier 1848, p. 429.)
- SONDAGE.
- 4io- M- Taylor (</.), à Londres; appareil de sondage et de forage des terrains. (28 janvier.
- — Pub. Lond. journ. of arts, août 1847, p. 32.) *
- SUBSTANCES ALIMENTAIRES.
- 4i 1. MM. Davison (R.) 'et Symington (TT.). à Londres ; application de la chaleur à la préparation, à la dessiccation et à la conservation du pain , des viandes, des légumes et autres aliments. (6 novembre.)
- SUBSTANCES VEGETALES.
- 412. M. Pidding (TV.), à Londres ; procédés pour préparer certains extraits de végétaux et pour conserver leur arôme. (2,4 février.)
- 413. M. Horsley (J.), à Ryde, île de Wight; procédé de conservation des substances animales et végétales. (4 mai. — Pub. Rep. of patent inv., décembre 1847, p. 353.)
- 414- M. Dawson-Pruday , à Londres; appareil pour diviser et concasser les matières végétales et autres. (26 août.—Pub. Lond. journ. of arts, avril 1848, p. 167.)
- SUCRE.
- 415. M. Johnstone (J.), à Londres, nouveau mode de fabrication du sucre. (27 mai.— Pub. Rep. of patent inv., décembre 1847, p. 356.)
- 416. M. Steiner ( F.), à Hyndburn-Cottage , près Acrington ( Lancastre) ; procédé de fabrication du sucre. ( 9 septembre.)
- 417. MM. Playfair et Hill, à Londres; nouveau mode de raffinage du sucre. (21 octobre.
- — Pub. Rep. of patent inv., mai 1848, p. 291.)
- 4 18. M. Krebs-Claypole, à Liverpool ; procédés et appareils pour fabriquer le sucre. ( g novembre. —Pub. Lond. journ. of arts , juin 1848, p. 320.)*
- 419. M. Scoffcrn ( J. ), à Londres ; perfectionnement dans la fabrication et le raffinage du sucre. ( 8 décembre.)
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- TABAC.
- 420. MM. Cral {A.) et Bear ( H. ), à Londres; nouvelle préparation du tabac. (28 juillet. — Pub. Rep. of patent inv., mars 1848, p. 14 7.)
- ,|2I. M. Lloyd ( F.), à Snow-Hill ; nouveau procédé de préparation du tabac. (14 octobre. — Pub. Mech. Mag., mars 1848, p. 410-)
- TABLES.
- 422. M. Norman ( TV. ) , à Londres ; construction des tables à manger et moyen de les développer. (10 mai.)
- TAPIS.
- 423. M. Sitncox ( P. ), à Ridderminster (W'orcester); fabrication des tapis et autres objets analogues. (16 novembre.)
- teinture.
- 424. M. Kurtz (G. A.), à Manchester; matière tinctoriale propre à être employée dans la teinture et l’impression de la laine, du coton, de la soie et autres matières. (26 janvier. — Pub. Lond. journ. of arts, août 1847, p. 87.)
- 42b. M. Oxland {R.), à Plymouth ; nouveaux procédés de teinture. ( 2 septembre. — Pub. Lond. journ. of arts, avril 1848 , p. 192.)
- TÉLÉGRAPHES.
- 426. M. Douglas-Pitt-Gamble , à Londres ; construction des télégraphes électriques. (11 janvier.)
- 427. M. Jowett (TV.), à Burton-upon-Trent, comté de Stafford ; perfectionnements dans les communications télégraphiques. (a3 janvier.— Pub. Mech. Mag., janvier 1848, p. 74.)
- 428. MM. Brett {A.) et Little (G,), à Londres; télégraphes électriques, et appareils employés pour cet usage, dont une partie est applicable aux chronomètres. (11 février. — Pub. Mech. Mag., août 1847, p. 106.)
- 429. M. Hatcher ( H. ), à Londres; télégraphes , horloges et chronomètres électriques. (23 mars. — Pub. Mech. Mag., octobre 1847, p. 35n.)
- 430. M. Dujardin (A. /.), à Lille, en France; télégraphes électromagnétiques. ( 7 octobre. — Pub. Lond. journ. of arts, juillet 1848, p. 402.)
- 431. M. Peirie ( G. ), à Londres; nouvelle disposition de télégraphe électrique. ( 26 octobre.)
- 432. M. Reid {TV.), à Londres; moyens d’établir des communications par l’électricité et appareils employés pour cet usage. (2 3 novembre. — Pub. Mech. Mag. , mai 184.8, p. 516.)
- TISSAGE.
- 433. MM. Clarke {U.) et Barber, à Londres; fabrication des tissus foulés et réticulaires. (8 février.— Pub. Mech. Mag., octobre 1847,
- p. 396.)
- 434. M. TValker (J.), à Glasgow; nouveaux procédés de tissage. (2 novembre.)
- tisser ( métiers à ).
- 435. M. Clegg ( J. ), à Oldham, comté de Lancastre ; nouveaux métiers à tisser. ( 7 janvier. )
- 436. M. TVilkinson ( E. ), à Oldham ( Lancaster); perfectionnements dans la construction des métiers à tisser. ( 9 février. )
- 437. M. Vogel ( K. ) , à Londres ; nouvelle disposition de l’équipage du métier à tisser, (10 mars.)
- 438. M. Clans s en ( P. }, à Londres ; nouveaux métiers à tisser et préparation des matériaux employés dans le tissage. (i5 avril.) *
- 439. M. Tattersall-Cunliffé, à Manchester; crochets et équipages des métiers à tisser mécaniques. 04 mai. — Pub. Lond. journ. of arts, avril 1848, p. i640
- 44° • M. Hill {J. ), à Hulme, près Manchester; métiers à fabriquer certains genres d’étoffes. ( 3 juin.)
- 441. M. Carr (J.), à Blackburn (Lancaster); nouveaux métiers à tisser. ( 3 juillet.)
- 442. M. Moore ( Th. ), à Burnley ( Lanca-shire) ; perfectionnements dans la construction des métiers à tisser. ( 3o septembre.)
- 443. M. Holgate ( G. ) , à Spring-Hill, près Burnley (Lancaster); nouveaux métiers à tisser. (25 novembre.)
- 444* M* T ravis (E.), h Oldham ( Lanca-shire); construction des métiers à tisser. (25 novembre.)
- TISSUS.
- 445. M. Oudinet-Lutel, à Londres; moyen de produire certains tissus élastiques. (28 janvier.) *
- 448. M. Pedding ( TV. ), à Londres ; moyen de préserver certains tissus colorés, dessins et
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- ornements quelconques. ( 2 février. Pub. Lond. journ. ofarts, septembre 1847» P1 l27*)
- 447. M. Jones ( K. ), à Londres; perfectionnements dans le procédé d’apprêtage et de gai-nissage des tissus. (10 mars.)
- 448. M. Coates ( J)•> à Seedly ( Lancaster ); machines pour nettoyer la surface des tissus et les débarrasser des bouchons et auües filaments avant de les imprimer. (27 aviil.)
- 449. M. Fisher { J. ), aux forges de Radford ( Nottingliam ) ; machine pour plier les étoffes de petite largeur. (20 avril.)
- 450. M. Nickels ( J. ), à Londres; nouvelle fabrication des tissus et moyen de rendre élastiques certaines étoffes. (3 juin. —Pub. Rep. of patent inv., janvier 1848, p. 14-)
- 451. M. Mur dock (J. ), à Londres; procédé de tissage des étoffes brochées et façonnées sans envers. (19 juin.)
- 452. M. Townsend (//.), à Leicester ; fabrication des tissus réticulaires et du tricot.
- ( 7 octobre.)
- 453. M. Mowbray ( TV. ), à Leicester; machines pour faire des tissus réticulaires. (1e1' décembre.)
- TISSUS ÉLASTIQUES.
- 454. M. Daft {B.), à Manchester; fabrication des tissus élastiques. ( 20 juillet. — Pub. Lond. journ. of arts, février 1848, p. 37.)
- 455. M. Tyrrel (J.), à Londres; fabrication des tissus rendus élastiques au moyen du caoutchouc volcanisé et de la gutta-percha. ( 7 octobre.) *
- 456. M. Hancock ( Th.), à Stok-Newington ( Middlesex ) ; tissus rendus élastiques par la gutta-percha ouïe caoutchouc. (2 novembre.— Pub. Mech. Mag., mai 1848, p. 452.)
- TISSUS MÉTALLIQUES.
- 457. M. Johnson (/?.), à Manchester; fabrication des tissus métalliques. (3o septembre.)
- tonneaux.
- 458. M. Robertson (/.), à Liverpool; perfectionnements dans la fabrication des tonneaux , et machines à débiter les bois propres à cet usage. (19 juin.)
- TUILES.
- 459. M. Martin ( Th. ), à Deptford ( Kent); fabrication des tuiles et des tuyaux employés
- pour le dessèchement des terres. ( 18 novembre. —Pub. Rep. of patent inv., juillet 1848, p. 35.)
- TUYAUX.
- 460. M. Fontainemoreau ( A. ), à Londres ; procédés pour fabriquer, réunir et garantir de l’oxydation les tuyaux métalliques. (18 novembre.—Pub. civil engineers’journ., juillet 1848, p. 2:6.) *
- TYPOGRAPHIE.
- 461. M. Newton {TV.), à Londres; machines pour imprimer les caractères typographiques. ( 4 mai.) *
- 462. M. Chidley {J.), à Londres ; construction des presses typographiques. (19 juillet. — Pub. Rep. of patent inv., août 1848, p. 197.,
- 463. M. Beniowski (B.), à Londres; construction de nouvelles presses typographiques. (14 octobre.)
- VAISSEAUX.
- 464. M. Haoerkam-Greenbow, àNorthshields; construction des vaisseaux et moyen de les faire marcher. (4 mai. —Pub. Rep. of patent inv., décembre 1847, p. 321.)
- 465. M. Henwood ( TV. ), à Portsea ( Sou-thampton ) ; moyen de gouverner et de faire marcher les vaisseaux. ( 4 mai. — Pub. Rep. of patent inv., janvier 1848, p. 7.)
- 466. M. Ray (J.), à Londres; nouvelle disposition de l’intérieur des vaisseaux , magasins et autres lieux de dépôt, afin de faciliter le chargement et le déchargement des marchandises. (3 juillet. —Pub. Lond. journ. of arts, février 1848, p. 24.)
- 467. M. Vint ( H.), à Colchester; moyen de faire naviguer les vaisseaux et autres embarcations. (6 septembre )
- VANNERIE.
- 468. M. Reynolds (0.), à Dedham (Essex;; procédé de fabrication des perches à houblon , des corbeilles et autres objets de vannerie. (19 août.)
- VAPEUR.
- 469. M. Thorpe-Stevenson, à Londres; moyen de régler la formation de la vapeur dans les chaudières. (8 avril.—Pub. Rep. of patent inv.. décembre 1847, P* 336.)
- 470. M. Sydney-Smith, à Nottingliam ; appareil pour déterminer la pression de la vapeur
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- dans les chaudières, et régler le tirage dans les fourneaux. (22 mai.'-—Pub. Lond. journ. of arts, janvier 1848, p. 4°8-)
- 471. M. Shiele (G.), à Manchester; machine ou appareil perfectionné pour condenser la vapeur , applicable à d’autres usages. (27 mai. —Pub. Lond. journ. ofarts, mars 1848, p. 86.
- VENTILATION.
- 472. M. Tuck {J. H. ), de Paris; appareils propres à ventiler les appartements , les voitures, cheminées, et toute autre capacité dans laquelle l’air doit être renouvelé. ( 16 mars. — Pub. Lond. journ. ofarts, avril 1848, p. 197-)
- VERRE.
- 473. M. Timmins- Chance , à Handworth (Stafford); nouveau mode de fabrication du verre. ( i5 juin. —Pub. Rep. of patent inv., février 1848, p. 87.) *
- 474- M. Touge (E.), à Lincoln; procédé de décoration du verre. ( 3 juillet. — Pub. Lond. journ. of arts, février 1848, p. 38.)
- 475. M. Bessemer (//.), à Londres; fabrication du verre en table. (17 juillet.)
- 476. M. Ilarteley {.T. ), à Sunderland ; perfectionnements dans la fabrication du verre.
- ( 7 octobre. — Pub. Lond. journ. of. arts, mai 1848, p. 266.)
- VETEMENTS.
- 477. M. Nicol (J.) y à Londres ; confection des vêtements, des poches, bourses et autres objets. (22 mai.)
- 478. M. Pitt ( J. ), à Londres ; sous-pieds pour pantalons. (9 septembre. —Pub. Lond. journ. ofarts, mai 1848, p. 245.)
- 479. M. Battre (7"%.), à Londres; moyen d’assujettir les vêtements d’une manière convenable, sans produire les inconvénients résultant du laçage trop serré des corsets ou du bouclage des ceintures. (9 septembre.—Pub. Lond. journ. of arts, avril 1848, p. 184)
- vis.
- 480. M. Newton ( A. V.), à Londres; nouvelle fabrication des vis. (12 juillet.) *
- VOITURES.
- 481. MM. Loiu (J.) et Simpson (./.), à Man-
- chester; perfectionnements applicables aux voitures employées sur les chemins de fer et autres routes. ( 24 février. — Pub. Lond. journ. ofarts, janvier 1848, p. 4*9-)
- 482. M. Stevjarl-Duncan, à Londres; nouvelle construction des voitures publiques. (2 mars. —Pub. Lond. journ. ofarts, octobre
- 1847, p. 181.)
- 483. MM. Debergue ( C.) et Coope-Hadden, à Londres; construction des voitures, des panneaux et ressorts de voitures. ( 8 avril.)
- 484. M. Roivley ( G. TV. ), à Londres ; nouvelle construction des voitures. (20 avril.)
- 485. M. Poole {N.), à Londres; système d’attache et de séparation des voitures roulant sur chemins de fer. ( 6 mai.) *
- 486. MM. Home, Beadon et Smith, à Londres; nouvelles voitures. ( 3 juin.)
- 487. M. Lane (J.), à Liverpool ; voitures et véhicules employés sur les chemins de fer.
- (i5 juin. —Pub. Rep. of patent inv., mars
- 1848, p. i63.)
- 488. M. Far ries {A.), à Preston (Lancaster); moyen de faire marcher les voitures sur les routes ordinaires. (19 août.)
- 489. M. Horne ( Th. ), à Birmingham ; perfectionnements applicables aux glaces des voitures. ( i4 octobre.)
- 4go. M. Dyer ( R. ), à Boston ( Lincoln ) ; perfectionnements applicables aux voitures à deux et à quatre roues. ( 9 novembre.)
- ZINC.
- 491. M. Powers-Shears , à Londres ; traitement des minerais de zinc afin de produire des lingots de zinc , perfectionnements applicables à la production d’autres minerais et métaux. (19 janvier. —Pub. Rep. of patent inv., août 1847, P* 88-)
- 492, M. Lemire de Normandy, à Londres ; perfectionnements dans la fabrication du zinc. (24 février. —Pub. Rep. of patent inv., novembre 1847, p- 264.)
- 498. M. Rochaz (F. ), de Paris; traitement des minerais de zinc et fabrication de l’oxyde de zinc. (22 décembre.)
- IMPRIMERIE DE MADAME VEUVE BOUCHARD—HUZARD , RUE DE l’ÉPERON, 7,
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- QUARANTE-SEPTIÈME ANNEE. (N° DXXX. ) AOUT 1848.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES. — machines a vapeur.
- Rapport fait par M. le Chatelier, au nom du comité des arts mécaniques, sur-une machine è vapeur de la force de 30 chevaux construite par MM. le Gavrian et Farinaux, à Lille.
- Cette machine a été soumise au concours ouvert par la Société d’encouragement pour les prix à distribuer en 1818 ; montée dans des conditions très-favorables, elle a donné, pour la consommation de combustible, des résultats inférieurs à la limite du programme qui fixait à 1 kilog. et demi au maximum la consommation par force de cheval et par heure.
- Chargé, par le comité des arts mécaniques, de me transporter à Lille pour faire l’examen de cette machine, j’y ai rencontré MM. Boudousquié et Comte, ingénieurs des mines, qui ont bien voulu se joindre à moi pour constater le résultat des expériences et les consigner dans un procès-verbal.
- Je reproduis ici ce procès-verbal, qui fera connaître les dispositions principales de la machine, ses dimensions et les résultats de l’expérience.
- m
- Procès-verbal d’essai d’une machine à vapeur de la force de 30 chevaux construite par MM. le Gavrian et Farinaux , à Lille.
- La machine à vapeur que nous avons soumise à une expérience pour constater la consommation de combustible à laquelle donne lieu chaque force de cheval disponible sur l’arbre du volant a été établie à Lille , dans le faubourg de Paris, pour servir de moteur à un atelier de construction formé par Quarante-septième année. Août 1848. 57
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- ARTS MÉCANIQUES.
- MM. le Gavrian et F annaux, et qui ne comprend, jusqu’à ce moment, qu’une fonderie.
- La machine a été construite sur un système qui est propre à ces constructeurs, et dont ils ont eu déjà l’occasion de faire plusieurs applications.
- Le point de départ de ce système est la machine de Woolf; il consiste dans l’emploi de deux cylindres séparés l’un de l’autre, et dont les pistons agissent directement sur les deux extrémités de l’arbre moteur.
- Les deux cylindres ont la même course, mais la section de l’un est quatre fois plus grande que celle de l’autre.
- Le petit cylindre seul est entouré d’une enveloppe dans laquelle circule la vapeur arrivant de la chaudière avant de pénétrer dans la boîte des tiroirs.
- La vapeur passe ensuite, pendant la période de l’échappement, du petit cylindre dans le grand cylindre ; elle s’échappe ensuite dans le condenseur.
- La distribution de la vapeur dans le petit cylindre s’effectue au moyen d’un double tiroir mené par une seule tige ; un tiroir formé d’un plateau de fonte percé vers les extrémités de deux lumières étroites glisse sur la table du cylindre ; il porte extérieurement et en son milieu une nervure horizontale percée d’un trou à travers lequel glisse librement la tige menée par l’excentrique ; cette tige porte deux arrêts qui viennent frapper alternativement la nervure du tiroir et l’entraînent jusqu’au moment où le sens du mouvement de la tige vient à changer, l’excentrique ayant accompli sa révolution.
- La tige du tiroir, au delà de ces deux arrêts, est filetée d’un côté à gauche, de l’autre côté à droite ; sur chacune de ces vis est enfilé un tiroir simple formé d’une plaque étroite ; la réunion de ces deux plaques , par l’intermédiaire de la vis à filets inverses, forme un tiroir de détente dont les deux éléments peuvent être écartés ou rapprochés, et couvrir plus tôt ou plus tard les lumières percées dans le tiroir principal et faire varier la détente.
- La détente est variable à volonté, mais à la main seulement et non par le mouvement du régulateur.
- La distribution de la vapeur dans le grand cylindre se fait au moyen d’un tiroir simple qui n’a d’autre avance que celle qui est nécessaire pour faciliter l’introduction et l’émission de la vapeur.
- Le condenseur se compose d’une caisse de petite dimension, dans laquelle la vapeur se rend directement après sa sortie des cylindres, et d’une pompe à air à simple effet.
- L’eau condensée dans l’enveloppe est purgée de temps en temps et versée dans une bâche où s’alimente la chaudière.
- Le volant se compose d’une roue en fonte, dentée en bois, transmettant le mouvement au pignon qui commande l’atelier.
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- machines a vapeur.
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- La vitesse de la machine est réglée au moyen d’un régulateur à air; la vitesse normale a été fixée à trente-cinq tours par minute.
- La chaudière se compose de huit houilleurs placés longitudinalement et d’un corps de chaudière placé transversalement dans une espèce de four à réverbère, sans cloisons, ni carneaux pour la circulation de la fumée.
- Les bouilleurs sont distribués en deux rangées, ceux du bas venant communiquer avec la partie inférieure de la chaudière par des tubulures, ceux du haut se raccordant directement avec elle par pénétration. L’emplacement réservé au chauffeur est recouvert d une voûte ; le local occupé par la machine et la chaudière est exactement fermé, et la température s’y maintient à ^5° au moins.
- La chaudière fonctionne à la pression de 4 à 5 atmosphères.
- Les dimensions des divers éléments de la machine et de la chaudière sont les suivantes :
- Courses des deux cylindres.................... . 0m,92
- Diamètre du petit cylindre...........................0 ,34
- D° du grand d°..................................0 ,68
- Diamètre intérieur de l’enveloppe....................0 ,46
- D° extérieur d°.................................0 ,52
- Capacité de l’enveloppe..............................46 litres.
- Course de l’excentrique du petit cylindre............0m,174
- D° du grand d°...................0 ,195
- Capacité de la bâche du condenseur...................125 litres.
- Course de la pompe à air.............................0m,32
- Diamètre d°..........................................0 ,40
- Course de la pompe alimentaire.......................O ,24
- Diamètre d°..........................................0 ,08
- Longueur des bouilleurs inférieurs...................4 ,20
- D° supérieurs....................3 ,25
- Diamètre commun des bouilleurs.......................0 ,40
- Longueur de la chaudière.............................3
- Diamètre d°..........................................1 ,28
- Hauteur de la cheminée...............................25
- Section de la cheminée...............................0 m. c. 70
- Surface de chauffe...................................44 ,40
- Volume occupé par l’eau dans la chaudière..............56 hect. 70 lit.
- D° d° par la vapeur d°...........................2 mèt. cubes.
- Surface de la grille....................................0 m. carré 90
- Vide au condenseur indiqué par le manomètre. ... 0 70
- L’expérience destinée à mesurer la consommation a été faite sous l’action permanente et non interrompue du frein de Prony. Le frein, très-bien établi
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- 438
- AUTS MÉCANIQUES.
- et manœuvré par un ouvrier exercé, n’a été soumis qu’à des oscillations peu sensibles pendant toute la durée de l’essai.
- Le rayon effectif du frein correspondant à l’axe de la chaîne est exactement égal à 2 mètres.
- Le diamètre de la poulie en fonte sur laquelle agissaient les mâchoires du frein est égal à 64 centimètres.
- Le poids de la chaîne , du plateau et de la charge , dont la somme représentait le poids d’épreuve, était égal à 303 kilog. 400, auxquels il faut ajouter
- 5 kilog. nécessaires pour équilibrer exactement les deux bras de levier du frein, ainsi qu’une expérience directe l’a fait reconnaître.
- Le poids d’épreuve est donc égal, en totalité, à 308 kilog. 400.
- L’expérience a duré neuf heures vingt minutes, pendant lesquelles le compteur, appliqué à la machine , a donné un nombre total de 21,000 tours du volant, soit, par minute, 37-5 ; cette vitesse est restée sensiblement uniforme pendant toute la durée de l’expérience.
- Le travail effectué moyennement pendant toute la durée de l’expérience et disponible sur l’arbre volant est donc égal à 32 chevaux 3.
- L’eau d’alimentation était prise dans une bâche dont la capacité était égale à 1 hectolitre, et que l’on remplissait et vidait successivement de manière à mesurer la dépense ; sa température était d’environ 20°. Habituellement l’eau passe dans un réchauffeur qui porte la température à 45° environ.
- L’eau condensée dans l’enveloppe a été recueillie et son poids constaté.
- Pour déterminer la consommation du combustible, on a nettoyé le feu , chargé la grille , et lorsque le feu a été bien allumé , à six heures quarante-huit minutes du matin, l’opération a commencé. Le chauffeur n’ayant plus, en ce moment, aucune provision de combustible disponible , on lui a livré successivement, et par fractions de 100 kilog., 400 kilog. de houille. À quatre heures huit minutes du soir, la grille ayant été nettoyée, le feu chargé avec le reste du combustible et se trouvant sensiblement dans les mêmes conditions de charge et d’allumage que le matin, l’opération a été interrompue après neuf heures vingt minutes de marche régulière et continue.
- La houille consommée était d’origine anglaise, de bonne qualité et en gros morceaux.
- La quantité de scories extraites de la grille s’est élevée à 26 kilog., soit
- 6 et demi pour 100.
- La consommation de combustible s’est donc élevée en totalité, par heure, à 42 kil. 75, soit, par force de cheval et par heure, à 1 kil. 323. La dépense d’eau s’est élevée, en totalité, à 3,395 litres, soit, par kilogramme de houille, 8 lit. 58. L’eau de condensation recueillie s’est élevée, en totalité, à 240 lit.,
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- MACHINES A VAPEUR.
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- soit 7,6 pour 100 de la dépense totale due pour une partie à l'entraînement de l’eau, pour l’autre à la condensation dans les tuyaux et dans l’enveloppe. Lille , le 9 mai 1848.
- Les ingénieurs des mines,
- Comte , Boudousquié , le Chatelier,
- MM. le Gavrian et Farinaux font connaître à la Société que, depuis le 6 mai 1846, date du brevet qui leur a été délivré pour les machines à deux cylindres isolés, ils en ont établi 22 de la force de 14 à 40 chevaux, et, en dernier lieu, une de 100 chevaux qui fonctionne sur le Maréchal de Villars, bateau à vapeur faisant le trajet du Havre à Dunkerque.
- Les points principaux sur lesquels MM. le Gavrian et Farinaux ont appelé l’attention de la Société d’encouragement sont la distribution, la modification apportée au système de Woolf par la séparation des deux cylindres, et la disposition des chaudières.
- Je passerai en revue ces divers perfectionnements en signalant rapidement leurs avantages.
- 1° Distribution. La distribution de MM. le Gavrian et Farinaux présente , en comparant la date des brevets pris par eux et par divers constructeurs au commencement de l’année 1842, la première application d’une tige formée de deux parties filetées en sens inverse, et servant, lorsqu’on lui imprime un mouvement de rotation, à écarter ou rapprocher les deux éléments du tiroir spécial de détente. L’idée de cette distribution est ingénieuse, mais elle a l’inconvénient de ne pas couper, très-brusquement l’introduction de la vapeur, surtout pour les grandes détentes ; en outre, la détente est limitée à peu près aux quatre cinquièmes de la course du piston, c’est-à-dire que la période d’admission ne peut pas être inférieure à un cinquième de la course ; pour atteindre ce résultat, il est nécessaire de donner à l’excentrique de distribution une avance angulaire de 45°.
- 2° Modification du système de Woolf. MM. le Gavrian et Farinaux, après avoir construit un grand nombre de machines de Woolf à deux cylindres juxtaposés, ont cherché à en simplifier la disposition , en diminuant la complication de la fonte, du montage, et la masse de matière employée. Le système de Woolf exige l’emploi d’un balancier ; leur système exige, au contraire, que la transmission soit directe.
- L’axe moteur placé au-dessus de la machine est supporté par deux entablements encastrés, par leurs extrémités, dans les murs et supportés par quatre colonnes. Les tiges des pistons de chaque cylindre sont appliquées sur des ma-
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- 440 ARTS MÉCANIQUES. '
- nivelles calées aux extrémités de Taxe. Le volant est placé au centre et porte une denture qui communique le mouvement à l’atelier.
- La communication du petit cylindre au grand cylindre s’établit de la partie supérieure de l’un à la partie supérieure de l’autre, de telle sorte que les manivelles sont opposées, et que leur poids et celui des bielles, tiges et pistons se font équilibre. Il conviendrait, pour utiliser le plus complètement possible la vapeur, de donner aux deux manivelles une position symétrique ; mais, dans le but de faciliter le passage au point mort, MM. le Gavrian et F annaux ont décalé de 15° la manivelle correspondant au grand cylindre. Le calcul fait reconnaître que la déperdition de travail moteur qui résulte de cette pratique est très-peu considérable, tandis que l’avantage pour la régularité du mouvement en est incontestable ; on pourrait, du reste , en annuler presque entièrement les effets nuisibles en donnant à l’échappement du petit cylindre et à l’admission dans le grand une avance équivalente à celle de la manivelle du grand cylindre.
- Cet ensemble de dispositions a permis de donner au volant un poids et un diamètre peu considérables, tout en obtenant un mouvement très-régulier; son diamètre est égal à Ü2m,60 et son poids à 1,400 kilogrammes. Une machine ordinaire à un seul cylindre ou à deux cylindres accouplés exigerait, pour le même diamètre du volant, un poids de 7 à 8,000 kilog., ou, pour le même poids de 1,400 kilog., un diamètre de 6 mètres. La réduction du poids économise la matière pour la construction du volant lui-même et de ses supports ; la réduction de diamètre diminue l’espace nécessaire pour l’emplacement de la machine et permet d’utiliser le volant comme roue motrice, ce qui n’est pas possible ou tout au moins facile dans les conditions ordinaires.
- Dans les machines doubles formées de l’accouplement de deux machines distinctes, comme celles qu’ils proposent de construire pour la marine, MM. le Gavrian et F annaux placent les manivelles dans une position exactement symétrique. Dans le bateau le Maréchal de Yillars, les deux tiges des pistons agissent sur la même manivelle, et, par suite , les deux axes des cylindres sont à angle droit, ce qui équivaut à décaler de 90° la manivelle correspondant au grand cylindre , et à donner au piston de celui-ci une avance égale à la moitié de la course. Dans ce cas, le grand cylindre devient en quelque sorte une machine à faire le vide. Bien que cette disposition, commandée par les circonstances , soit désavantageuse , il est incontestable, cependant, que l’effet produit par un poids donné de vapeur doit être plus considérable que si la vapeur du petit cylindre s’échappait immédiatement dans le condenseur.
- J’ai appliqué l’indicateur de pression sur les deux cylindres de la machine
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- machines a vapeur.
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- établie à Lille , et j’ai pu observer toutes les circonstances de la distribution de la vapeur ; malheureusement je n’avais qu’un appareil, et je n’ai pas pu opérer simultanément sur les deux cylindres. Les îig. 1 et 2 , pi. 1072 , sont les diagrammes obtenus dans les conditions de l’expérience.
- Il résulte de l’examen des diagrammes que la machine est très-bien réglée pour l’admission et 1 échappement dans 1 un et 1 autre cylindre ; qu une avance convenable est ménagée aux instants principaux de la distribution pour faciliter l’introduction et la sortie de la vapeur ; il conviendrait seulement, ainsi que je l’ai déjà fait remarquer, de donner une large avance à l’échappement du petit cylindre pour compenser, en partie, le temps perdu qui résulte de l’avance du grand piston.
- L’examen des diagrammes fait voir également que la détente n’est pas nette ; la pression de la vapeur commence à diminuer avant que l’admission soit fermée ; je n’ai pas pu me rendre exactement compte des motifs de cette anomalie, qui s’est fait également sentir en remplaçant le double tiroir de détente par un tiroir simple détendant par avance et recouvrement, et en interrompant le jeu du régulateur, fig. 3 ; je n’ai pu obtenir une pression sensiblement constante dans le cylindre qu’en réduisant la vitesse à vingt tours par minute environ par une surcharge du frein, fig. â.
- Les robinets étant entièrement ouverts , l’étirage de la vapeur doit être attribué au grand développement des tuyaux de prise de vapeur, et probablement aussi à quelque obstacle accidentel existant dans leur parcours. J’ai signalé ce fait pour faire remarquer qu’en corrigeant ce défaut, dont un examen plus attentif ferait trouver la trace, on améliorerait sensiblement les conditions de marche et de consommation de la machine.
- L’examen des diagrammes révèle un fait très-important qu’il était, du reste, facile de prévoir, c’est la condensation de la vapeur à son entrée dans le grand cylindre ; la pression de la vapeur, lorsque l’équilibre est établi, est de beaucoup inférieure à ce qu’elle devrait être à raison du nouveau volume qu’elle occupe ; elle est environ moitié de ce qu’elle devrait être en appliquant la loi de Mariotte et en tenant compte de tous les espaces libres ; à la fin de la course du grand piston, au contraire, la pression réelle est sensiblement égale à celle que donne la loi du rapport inverse des volumes. Il y a donc condensation au moment de l’admission et vaporisation pendant la détente produite par l’augmentation successive du volume différentiel engendré par le mouvement inverse des deux pistons ; cette condensation est due à l’absence d’enveloppe.
- Le calcul indique que le travail moteur perdu par suite de cette condensation est d’environ 10 pour 100 de l’effet utile constaté. 11 y aurait incontesta-
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- blement avantage à entourer d’une enveloppe le grand cylindre ; mais ce n’est pas de la vapeur à la pression de la chaudière qu’il faudrait y introduire ; il suffirait d’y faire circuler de l’eau à 100° chauffée par les flammes perdues du foyer, c’est-à-dire de faire de l’enveloppe un calorifère à eau chaude.
- Les diverses parties de la machine ne sont pas généralement assez protégées contre le refroidissement.
- Je ne doute pas qu’en usant de toutes les précautions signalées plus haut, en réduisant les espaces libres qui sont un peu trop considérables, en réglant la distribution de manière à comprimer la vapeur dans les espaces libres vers la fin de la course du petit piston , comme l’a indiqué M. Combes dans son traité d’exploitation des mines, en purgeant, autant que possible , d’eau entraînée la vapeur prise dans la chaudière , en modifiant la détente de manière à la rendre plus nette et plus prolongée, on ne puisse réduire encore la consommation constatée et la rapprocher de 1 kilog. Je signale ces diverses améliorations de détail, bien convaincu qu’il suffira de les indiquer à MM. leGamian et Farinaux pour que leur pratique intelligente en fasse d’utiles applications.
- Cette disposition de machines est très-commode dans tous les cas où il faut commander des transmissions de mouvement et obtenir un mouvement de rotation continu ; elle peut être appliquée à la navigation , à l’exploitation des mines, etc. ; indépendamment des avantages qu’elle présente sur le système de Woolf, elle permet, en cas de réparation et au moyen de raccords faciles à établir, de faire fonctionner séparément les deux cylindres.
- 3° Disposition de la chaudière. La disposition de la chaudière de MM. le Guvrian et Farinaux mérite également de fixer l’attention ; elle permet de multiplier le développement et la surface de chauffe des bouilleurs, sans nécessiter un développement trop considérable de la partie cylindrique de la chaudière. Le grand développement de la surface de chauffe, par rapport à la puissance de la machine » entre pour une large part dans l’économie du combustible, mais ce rapport ne sort pas des limites pratiques, puisqu’il représente environ 1 mètre carré et un tiers par force de cheval ; ce rapport est la limite inférieure qu’il conviendrait d’exiger des constructeurs dans la commande des machines, et qui cependant est rarement atteinte ; c’est la proportion adoptée par MM. le Gavrian et Farinaux, et, au point de vue économique et industriel, elle constitue un des mérites de leurs appareils.
- Le combustible employé pendant l’expérience qui a servi à déterminer la consommation était de la houille anglaise en morceaux, de bonne qùalité, semblable à celle que l’on brûle dans les bateaux à vapeur de la Manche. En déduisant approximativement 5 pour 100 pour l’eau entraînée dans l’enve-
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- loppe et qui s’est ajoutée à l’eau de condensation, il reste, pour la production de vapeur obtenue de 1 kilogramme de houille, 8 kil. 06. La production de vapeur par mètre carré de surface de chauffe et par heure a été de 7 kil. 83, ce qui correspond à une vaporisation tres-lente.
- La quantité de vapeur dépensée par force de cheval et par heure s’est élevée à 10 kil. 66, et le travail disponible, sur l’arbre, obtenu de 1 kilog. de vapeur, a été de 25,328 kilog.
- En rapprochant ces derniers résultats de ceux qui précèdent, on reconnaît que, si la production de vapeur ne laisse rien à désirer, la vapeur ne produit pas encore tout l’effet qu on peut en attendre; sous ce rapport, la machine de MM. le Gavrian et Farinaux ne répond pas complètement aux conditions du programme de la Société d’encouragement, qui limite à 30,000 kilogram. élevés à 1 mètre l’effet utile qui doit être obtenu de 1 kilog. de vapeur. On doit attendre , de ces habiles constructeurs et de leur persévérance , de nouvelles améliorations qui ne laisseront rien à désirer sous ce rapport.
- Conchision. La communication de MM. le Gavrian et Farinaux mérite, sous tous les rapports, l’attention de la Société d’encouragement ; leurs travaux sont de nature à faire faire de nouveaux progrès à la construction des machines à vapeur, ainsi que le démontrent les résultats auxquels ils sont parvenus. L’emploi de deux cylindres séparés, pour remplacer les deux cylindres juxtaposés de Woolf, est une simplification dans la construction des machines à deux cylindres, et ne peut manquer de recevoir d’utiles applications.
- Le comité des arts mécaniques propose à la Société de remercier MM. le Gavrian et Farinaux de leur communication, et de les engager à poursuivre jusqu’à ses dernières limites l’étude des moyens propres à réaliser l’économie de la vapeur et du combustible.
- Cette communication a, du reste, ainsi que nous l’avons indiqué en débutent, sa place marquée dans le concours établi pour le perfectionnement de la machine à vapeur. C’est en attendant le jugement définitif que le comité des arts mécaniques soumet au conseil ce rapport, dont il demande l’insertion au Bulletin avec la description des appareils.
- Signé le Chatelier , rapporteur.
- Approuvé en séance, le 21 juin 1848.
- Quarante-septième armée. Août 1848.
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- Description d'une machine à vapeur à deux cylindres séparés, à mouvement direct sans balancier, avec détente et condensation; par MM. le Gavrian et Farinaux.
- Avant de donner la description de cette machine et des bouilleurs et chaudières qui s’y rattachent, nous croyons devoir consigner ici quelques détails sur le système de détente imaginé par MM. le Gavrian et Farinaux, et pour lequel ils ont été brevetés en 1841. Déjà nous en avons parlé dans une notice sur les détentes de vapeur publiée p. 165 du Bulletin de 1845, mais sans l’accompagner des figures nécessaires pour en faire comprendre suffisamment le jeu et le mécanisme.
- 1° Détente variable. — Le système de MM. le Gavrian et Farinaux consiste 1° dans la disposition d’une seule boîte de distribution et de détente, et d’une tige unique pour la manœuvre du tiroir et des glissières ; T dans la construction d’un premier tiroir percé de deux ouvertures, et muni d’un taquet, et de deux glissières droites ajustées sur la face verticale du grand tiroir; 3° dans la combinaison d’une tige filetée à droite et à gauche, laquelle, en tournant dans un sens ou dans l’autre, augmente ou diminue la course des glissières, et varie le degré d’expansion; 4° dans l’application du régulateur faisant tourner la tige à droite ou à gauche, pour rapprocher ou écarter les glissières, et par conséquent pour changer la détente pendant la marche de la machine.
- La fig. 1 de la pl. 1070 est une élévation de la machine prise du côté opposé au volant.
- Fig. %. Projection de la machine vue à vol d’oiseau.
- Les autres figures de la même planche représentent les détails de la détente, dessinés sur une plus grande échelle.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans ces diverses figures.
- Dans le cylindre à vapeur À, fermé par un couvercle, se meut le piston qui reçoit le mouvement du balancier I par l’intermédiaire de la tige G et du parallélogramme z z; ce mouvement est transformé en mouvement rotatif au moyen de la bielle J et de la manivelle K fixée sur l’arbre de couche.
- Mécanisme de distribution de la vapeur. — Cette distribution a lieu par l’effet du mouvement de va-et-vient continu imprimé soit par une manivelle, soit par un excentrique placé sur l’arbre de couche de la machine.
- Le tiroir, percé d’ouvertures pour l’introduction de la vapeur, est recouvert de pièces mobiles qui interceptent le passage à des moments variables de la course du piston, suivant que la tige du tiroir prend un mouvement de rotation de droite ou de gauche.
- Fonctions de la machine. — L’arbre de couche entraîne, dans sa rotation ,
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- le volant ; il fait également tourner le régulateur à force centrifuge T, et l’arbre R qui transmet le mouvement aux tiroirs.
- A l’extrémité de cet arbre est monté un disque ou plateau d qui porte un bouton e formant excentrique, pour donner un mouvement de va-et-vient continu au châssis f, et par suite à la tige des tiroirs i. La flèche, fig. 3, indique le sens dans lequel tourne le plateau d.
- D est un conduit percé dans le haut de la boîte à vapeur C, E un autre conduit pratiqué dans le bas de cette boîte, et F le canal pour la sortie de la vapeur.
- La fig. 3 est une section verticale et la fig. 4 une section horizontale du cylindre.
- Les fig. 5, 6 , 7 et 8 représentent des coupes de la boîte à vapeur dessinée sur une plus grande échelle. Dans la fig. 3, le piston commence à monter. On voit que la vapeur arrive par la petite ouverture o du tiroir et passe par le conduit E au-dessous du piston H.
- Dans la fig. 5, la position est la même que dans la fig. 3. La fig. 6 montre la position des tiroirs quand le piston est arrivé au milieu de sa course ascendante; l’ouverture d’introduction de la vapeur est alors couverte par le petit tiroir r, et le piston continue de monter par la force expansive de la vapeur.
- On voit, dans la fig. 7, la position des tiroirs quand le piston commence à descendre ; la vapeur arrive alors dans le haut du cylindre.
- Enfin la fig. 8 montre la position des tiroirs lorsque le piston est arrivé au milieu de sa course ascendante ; à ce moment la vapeur est interceptée, et elle agit dans le cylindre par expansion.
- Les fig. 9 à 13 représentent des détails des tiroirs.
- La fig. 9 est la vue de face du grand tiroir n, du côté qui glisse sur la partie dressée de la boîte à vapeur.
- Dans la fig. 10 , la tige i est vue séparément ; elle est en acier ; une partie de ses filets est taillée à droite et l’autre à gauche.
- La fig. 11 montre les petits tiroirs en coupe, et, dans la fig. 13, ils s’appliquent contre le grand tiroir.
- La tige étant retenue dans la traverse h, fig. 1, par un écrou et un contre-écrou , on peut la faire tourner à droite ou à gauche sans changer sa longueur. En la faisant tourner à droite, les deux écrous s s’éloignent des embases t de la tige et avec eux les petits tiroirs r qui ferment alors les petites ouvertures o du grand tiroir.
- Si l’on fait tourner la tige à gauche, l’effet contraire a lieu ; les petits tiroirs se rapprochent de leurs embases , et la vapeur arrive pendant plus de temps dans le cylindre.
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- Ce mouvement peut s’opérer par le régulateur de la machine. A cet effet, on a adapté à la tige i une petite languette passant librement dans une rainure pratiquée dans le moyeu de la petite roue k, de manière que la tige puisse effectuer son mouvement de va-et-vient vertical, et que la petite roue k l’entraîne si elle tourne à droite et à gauche.
- La roue u, qui engrène avec cette petite roue, reçoit du régulateur, par l’intermédiaire de l’arbre S et de l’arbre U, un mouvement de droite ou de gauche, suivant que la machine tend à changer de vitesse par la diminution ou l’augmentation de charge.
- Voici comment cet effet se produit :
- Si la vitesse de la machine augmente, les boules du régulateur s’écartent et prennent la position représentée fig. 1 ; elles font alors descendre la tête du régulateur qui porte les deux roues d’angle v v'; celle de dessus engrène avec la roue d’angle verticale x montée sur l’arbre U ; le mouvement de rotation que reçoit cet arbre se transmet à la tige du tiroir.
- Lorsque la vitesse de la machine se ralentit, les houles du régulateur se rapprochent, la roue supérieure v' n’est plus en prise, et l’arbre U cesse de tourner.
- Mais si la vitesse diminue encore, les boules, en se rapprochant davantage, font monter la tête du régulateur ; dès lors la roue inférieure v mène la roue x, et l’arbre U tourne en sens contraire ; enfin tout mouvement de rotation de cet arbre cesse dès que ni l’une ni l’autre des roues d’angle v v' n’engrène plus avec la roue x.
- Légende détaillée des pièces. — À, cylindre à vapeur porté par quatre colonnes B B. C, boîte à vapeur dans laquelle sont pratiqués les conduits pour l’admission de la vapeur au-dessus et au-dessous du piston et le conduit pour la sortie. D , conduit de communication de la boite à vapeur au-dessus du piston. E, conduit de la vapeur au-dessous du piston. F, orifice du conduit de sortie de la vapeur. G , tige du piston H. I, balancier. J , bielle. K, manivelle. L, arbre de couche. M, plaque boulonnée solidement dans la maçonnerie formant le coussinet sur lequel tourne l’arbre de couche. N, volant. O, sommier en fonte appuyé sur deux murs et surmonté d’une colonne en fonte P portant le balancier. Q, grande colonne cannelée supportant le sommier. R, arbre transmettant le mouvement aux tiroirs de distribution de la vapeur. S, petit arbre vertical placé sur le couvercle de la boîte à vapeur. T, régulateur à boules. U, arbre tournant à droite ou à gauche et communiquant le mouvement à la tige du tiroir. V V, supports de cet arbre. X, robinet d’introduction de la vapeur. Y, tuyau pour la sortie de la vapeur. Z, pompe alimentaire.
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- a, plaque de fonte formant le fond du cylindre À. b, fig. 3 , conduit par lequel la vapeur arrive sous le piston, c c\ deux roues d’angle dont l’une est montée sur l’arbre de couche et l’autre sur l’arbre R. d, plateau fixé sur le bout opposé du même arbre et portant un bouton e qui forme excentrique pour donner le mouvement ascendant et descendant à la tige du tiroir. f, châssis percé d’une rainure dans laquelle glisse le bouton e : il est adapté à la tige du tiroir qu’il fait monter et descendre alternativement par l’effet de l’impulsion qu’il reçoit de l’excentrique, g g, tringles réunissant les traverses hit à la tige i des tiroirs, laquelle est filetée en sens opposé sur une partie de sa longueur, j, support disposé au-dessus du couvercle de la boite à vapeur : il porte une petite roue k dont le moyeu est percé d’une rainure dans laquelle entre une languette fixée à la tige du tiroir; cette languette réunit la roue k à la tige i, qui tourne avec elle à droite ou à gauche en lui permettant, toutefois, de monter et de descendre librement. I, tuyau d’arrivée de la vapeur dans la boîte de distribution, m, chapelle de la boite à vapeur, n, tiroir ou glissière pour livrer passage à la vapeur, tantôt en dessous , tantôt au dessus du piston, o, petites ouvertures percées dans le tiroir n par lesquelles passe la vapeur pour se rendre dans le cylindre, p, mentonnet faisant corps avec le grand tiroir au moyen des embases de la tige i et entraînant le tiroir pour mettre les ouvertures en rapport avec le haut ou le bas du cylindre, r, petits tiroirs au moyen desquels les ouvertures o du grand tiroir sont interceptées h des moments convenables, s s, écrous filetés, l’un à droite et l’autre à gauche : on les voit, fig. 10 et 12, placés à cheval sur les petits tiroirs de manière à les entraîner, tt, embases ménagées sur la tige i : elles séparent le taraudage à droite du taraudage à gauche ; la distance entre elles est telle, cpie la tige , dans sa course ascendante ou descendante , n’entraîne le grand tiroir qu’aux moments où les embases viennent toucher au mentonnet p. u, roue engrenant avec la roue k fixée sur la tige des tiroirs, v v', roues d’angle fixées sur une douille au haut de la tige du régulateur, x, roue d’angle montée sur l’arbre U et commandée alternativement par l’une des roues précédentes. y y', roues d’angle dont l’une est adaptée à l’arbre U et l’autre à la tige t. zz, parallélogrammes pour guider le mouvement de la tige du piston.
- 2° Machine à deux cylindres. — On sait que, dans les machines à balancier et à moyenne pression dites de Woolf, les deux cylindres sont accolés et réunis dans la même enveloppe (1). MM. le Gavrian et F annaux ont placé le petit cylindre d’un côté et le grand de l’autre, et fait communiquer le mouvement de leurs pistons directement au même arbre de couche sans
- (i) Ces machines sont décrites dans la 38 année du Bulletin de la Société, p. 108.
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- balancier ni parallélogramme, en attachant leurs tiges à des bielles directrices qui s’assemblent avec les boutons des manivelles montées aux extrémités de cet arbre. Ces manivelles sont placées de telle sorte que, lorsque l’une se trouve vers le haut de sa course , l’autre est en bas, et réciproquement.
- La fig. lre, pl. 1071, représente une élévation vue de face de la machine à deux cylindres séparés, pour marcher à moyenne pression, avec détente et condensation.
- La fig. 2 est une section verticale faite par l’axe moteur de la machine, montrant la disposition du petit et du grand cylindre, de leurs tiroirs de distribution et des pompes alimentaires.
- La fig. 3 est un plan général vu au-dessus de la machine.
- L’appareil moteur se compose de deux cylindres parallèles et séparés, dont le plus petit A reçoit directement la vapeur venant de la chaudière , et l’autre plus grand B qui reçoit celle du premier afin d’utiliser toute la force expansive de la vapeur.
- Le petit cylindre est renfermé dans une enveloppe en fonte C ; il est mis en communication avec le grand cylindre par un tuyau a; on entoure également le cylindre B d’une chemise qui est à volonté fondue ou non fondue avec lui.
- La vapeur arrive d’abord dans la boîte de distribution a du petit cylindre pour passer tantôt au-dessus, tantôt au-dessous du piston D, suivant que le tiroir b' ouvre l’orifice supérieur ou inférieur; elle se rend ensuite, après avoir produit son effet, dans la seconde boîte de distribution c qui est adaptée au grand cylindre. La capacité de celui-ci étant quatre fois plus grande que celle du petit cylindre, il en résulte que la vapeur y occupe un volume quatre fois plus grand ; par conséquent, elle agit sur le piston E par expansion en se détendant dans le même rapport. Les tiroirs de distribution b et b' de ces deux cylindres sont, avec les excentriques qui les font mouvoir, placés de telle sorte, que, lorsque le premier ouvre son orifice supérieur pour que la vapeur agisse sur le piston D, le second ouvre, au contraire, son orifice inférieur pour que la vapeur venant du petit cylindre agisse sous le grand piston E, et réciproquement.
- Les tiges des pistons sont guidées dans leur mouvement vertical et rectiligne comme dans les machines à directrices, et elles se relient par articulation avec les bielles en fer forgé F F' qui se prolongent à la partie supérieure pour s’attacher directement aux boutons d d'des manivelles G G' montées sur le même arbre moteur H H'. Cet arbre reçoit ainsi l’action des deux pistons D E sans l’intermédiaire de balanciers ou de parallélogrammes.
- Les cylindres à vapeur sont assis sur les plaques de fondation L qui por-
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- tent en même temps les colonnes MM auxquelles sont reliées les corniches en fonte N destinées à recevoir les paliers ou supports de l’arbre moteur. Sur cet arbre sont montés des excentriques O et O', l’un pour faire marcher directement la pompe à air P placée sur son condensateur qui reçoit la vapeur du grand cylindre, l’autre la pompe alimentaire Q qui conduit une partie de l’eau de condensation à la chaudière.
- Le tuyau d’échappement e, qui vient du grand cylindre et communique avec le condenseur, traverse un réchauffoir R composé d’une série de petits tubes afin d’échauffer 1 eau d alimentation qui traverse ce réchauffoir avant d’être aspirée par la pompe alimentaire. S est une grande roue dentée servant de volant et qu’on fait engrener avec d’autres roues pour transmettre le mouvement. T T’, tringles auxquelles sont attachés les tiroirs de distribution. U U', excentriques montés sur l’arbre H et faisant agir ces tringles.
- 3° Chaudières. — MM. le Gavrian et F annaux ont en grande partie remédié au défaut de l’entraînement d’une certaine quantité d’eau avec la vapeur en séchant la vapeur à un degré convenable sans la suréchauffer au point de brûler les étoupes du stuffing-box ; ils ont aussi profité de la chaleur perdue pour chauffer l’eau d’alimentation.
- Le système de générateur imaginé par eux diffère de celui généralement en usage dans les fabriques et les manufactures. Il se compose de deux ou trois rangées de gros tuyaux ou bouilleurs placés au-dessous du cylindre qui forme le corps de la chaudière proprement dite ; cette disposition a l’avantage d’exposer directement une très-grande surface à l’action rayonnante du foyer, et par suite de vaporiser une grande masse d’eau avec une quantité donnée de combustible.
- Les bouilleurs et la chaudière se nettoient facilement ; on peut les monter et les démonter en peu de temps et les réparer au besoin.
- La fig. 5 , pl. 1072 , est une élévation longitudinale des bouilleurs, de la chaudière et du fourneau.
- Fig. 6. Élévation, vue de face, et coupe prise par le milieu de la grille.
- On dispose immédiatement, au-dessus de la grille À du foyer B , deux séries de gros tubes ou bouilleurs horizontaux C , dont le nombre varie nécessairement suivant la quantité de vapeur qu’on veut produire ou la puissance de la machine à alimenter : ils sont ici au nombre de huit. La flamme et les gaz brûlés qui se dégagent du combustible jeté sur la grille entourent la surface entière de ces bouilleurs, en parcourant toute leur longueur. A cet effet, la grille est très-large, mais elle n’a toujours qu’une étendue proportionnée au développement des surfaces à chauffer.
- Les bouilleurs sont mis en communication avec la chaudière D formant k
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- corps principal du générateur, et qui reçoit tout autour et sur la plus grande partie de sa longueur, la flamme, la fumée et les gaz qui, continuant leur trajet, vont de là s’échapper dans la cheminée.
- Les bouilleurs sont complètement remplis d’eau ; la chaudière l’est jusqu’à la moitié seulement, et, afin d’augmenter sa capacité pour la vapeur, elle est surmontée d’un ou de deux réservoirs cylindriques E qui permettent d’envoyer à la machine de la vapeur sèche non chargée d’eau.
- Des voûtes en maçonnerie F, supportées de distance en distance par des petits sommiers en fonte qui s’appuient sur quelques points des bouilleurs supérieurs, enveloppent ceux-ci comme dans un fourneau à réverbère ; ils sont, aussi bien que les houilleurs inférieurs, entourés de flamme et d’air chaud, de sorte qu’ils produisent une grande quantité de vapeur qui n’éprouve pas d’obstacle à se rendre dans la chaudière.
- Cinq carneaux communiquent du fond du fourneau au carneau au-dessus, et quatre petits carneaux communiquent du carneau de derrière de la chaudière au carneau du bouilleur.
- c c sont trois passages pour la sortie de l’air dans la cheminée, passant par la gargouille du registre d.
- e, tuyau recevant l’eau de la pompe alimentaire.
- f, tuyau de communication des bouilleurs à la chaudière.
- g, soupape double portant la prise de vapeur b qui communique dans le réservoir ou cloche E. Le tuyau de vapeur i descend à 0m,10 du fond de la cloche ; un autre tuyau a, du fond de la cloche au fond de la chaudière , reçoit l’eau projetée par le tuyau de vapeur.
- /«, bouilleur servant à chauffer l’eau d’alimentation.
- La cloche E porte à sa partie supérieure un robinet h et un tuyau de vapeur l pour la machine.
- Pour des appareils de grande puissance , comme celle de 100 chevaux et au-dessus, le corps de la chaudière est divisé en deux parties , de manière à composer deux appareils distincts et indépendants; une cloison de fonte à nervure, placée au milieu, forme ainsi deux chambres séparées qui sont clouées ou boulonnées contre cette cloison. La moitié des bouilleurs communique alors avec la première chambre, et l’autre avec la seconde. Le fourneau et la grille sont aussi partagés en deux par une cloison en maçonnerie. D.
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- Rapport fait par M. Russy, au nom du comité des arts chimiques, sur un ouvrage intitulé, Traité sur les vins de la France, par P. Batilliat, pharmacien à Mâcon, ancien pharmacien-major aux armées, etc.
- La culture de la vigne et la fabrication des vins sont une des principales sources de la richesse agricole et commerciale de la France. L’auteur du livre dont nous rendons compte n’évalue pas à moins de 2 millions d’hectares la surface du sol français planté en vignes produisant une quantité de vin qui représente plus de 1 milliard de francs.
- De semblables chiffres expliquent suffisamment l’intérêt qui s’attache au sujet que nous traitons et à toutes les tentatives qui ont eu pour but la culture de la vigne ou l’amélioration du produit qu’on en retire. Lorsqu’on opère sur une aussi grande échelle, il n’y a plus de petits perfectionnements, il n’y a pas de petites économies, tout a droit à un examen attentif et consciencieux.
- L’ouvrage de M. Batilliat renferme l’exposé de nos connaissances actuelles sur la fabrication , la nature et les maladies des vins, l’art de les gouverner, de les améliorer, d’en extraire l’alcool et d’en faire du vinaigre. Ce livre n’est point, comme il arrive souvent, un simple résumé de ce qui a été fait jusqu’au jour de son apparition ; l’auteur a trouvé l’occasion d’y insérer un grand nombre de faits nouveaux, fruit d’une longue expérience éclairée par une saine théorie.
- Dans la première partie, qui seït en quelque sorte d’introduction à l’ouvrage , M. Batilliat expose très-succinctement l’historique de la culture de la vigne ; il nous la montre originaire de l’Asie, cultivée d’abord en Grèce , en Sicile, en Italie, en Espagne, à Marseille, s’étendant ensuite au nord jusqu’aux rives de la Moselle et du Rhin. Strabon rapporte que de son temps la culture de la vigne ne s’étendait pas au delà du pied des Cévennes ; en 69 de notre ère, elle n’avait pas encore dépassé les limites des territoires d’Autun et du Berry ; mais, peu d’années après, elle se propagea rapidement dans toute la Gaule, ou elle s’étendit au nord beaucoup plus loin que nous la voyons aujourd’hui.
- Cette eulture séculaire a donné naissance à un grand nombre de variétés de raisin. En 1828, le professeur Bosc en avait réuni, dans les pépinières du Luxembourg, plus de quinze cents espèces ou variétés. Ce sont ces diverses variétés qui, combinées avec les climats, la nature du sol, le mode de fabrication, fournissent les diverses sortes de vins connus.
- Quarante-septième année. Août 1848.
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- Après avoir dit un mot des conditions naturelles qui peuvent modifier la qualité du raisin et, par suite , celle du vin , fauteur fait connaître les divers fléaux qui peuvent frapper la vigne.
- Au premier rang vient se placer la pyrale qui fait depuis si longtemps le désespoir des vignerons ; les dégâts causés par la chenille de la pyrale, connue dans quelques localités sous le nom de ver de la vigne, ont occasionné aux seuls départements du Rhône et de Saône-et-Loire une perte de plus de 34 millions de francs dans l’espace de dix années, au dire de M. Batilliat.
- La pyrale a cependant fixé l’attention des cultivateurs et celle des entomologistes depuis plus d’un demi-siècle, sans parler des observations de Bosc qui datent de 1786. Elle fut, vers la meme époque, l’objet d’une étude plus approfondie, quoique bien incomplète encore, de la part du curé de Saint-Yerand, près Mâcon , Boberjot, plus connu dans l’histoire politique de notre pays comme plénipotentiaire de la république française au congrès de Ras-tadt (1).
- Il était réservé à un naturaliste de notre époque, prématurément enlevé h la science , à M. Audouin, de nous faire connaître plus exactement la pyrale de la vigne, et d’étudier ce sujet avec tous les développements qu’il comporte. Cependant les curieuses observations de M. Audouin, elles préceptes qu’il en a déduits pour la destruction de l’insecte nuisible, sont loin d’avoir fourni les moyens pratiques désirables pour arriver au but que se proposent les cultivateurs.
- Parmi les moyens qui ont été conseillés jusqu’à ce jour pour la destruction de la pyrale, celui qui semble le mieux réussir, d’après M. Batilliat, serait celui de M. Baclet, propriétaire à Romanèche ; ce procédé consiste à soumettre , pendant l’hiver, les ceps chargés des œufs de la pyrale à une injection d’eau bouillante dont l’influence ne se fait pas sentir au delà de la portion inerte de l’écorce, mais qui cependant y pénètre assez profondément pour faire périr les chenilles qui s’y trouvent logées et enveloppées du cocon qui les protège contre le froid.
- A côté de la pyrale, et parmi les autres fléaux de la vigne, viennent se placer le cochylis appelé aussi teigne de la vigne, teigne de la grappe, et connu , en Rourgogne, sous le nom de ver rouge; l’altise , qui attaque principalement les vignes rapprochées des Pyrénées; et enfin le fise, que M. Batilliat consi-
- (î) Roberjot mourut avec ses deux collègues Bonnier et Jean de Bry, lâchement assassiné par les soldats de l’Autriche, au mépris de tous les droits reconnus par les nations civilisées.
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- VINS.
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- (1ère comme le plus terrible des fléaux qui pèsent sur la production et sur le commerce du vin.
- Nous nous abstiendrons de discuter cette dernière opinion, qui a perdu une grande partie de son à-propos depuis les changements politiques et administratifs qui ont été la conséquence de la révolution de février.
- L’examen des vins faits, l’étude des diverses substances qu’ils renferment, celle des altérations nuisibles ou favorables qu’ils éprouvent avec le temps, les moyens de les prévenir ou de les accélérer, de rajeunir les vins ou de les vieillir à volonté, constituent la deuxième partie de l’ouvrage, qui n’est pas la moins intéressante.
- Les observations de l’auteur sur les matières colorantes des vins le conduisent à admettre, dans les vins rouges, deux matières colorantes distinctes qu’il désigne l’une sous le nom de rosite, l’autre sous celui de pourprite.
- La première, la rosite, se rencontre en plus grande quantité dans la lie des vins nouveaux ; la pourprite, au contraire , constitue plus particulièrement la lie des vins vieux.
- La rosite est d’une couleur rosée, soluble dans l’eau et dans l’alcool, insoluble dans l’éther, donnant par la calcination un charbon difficile à incinérer, et enfin une petite quantité de cendres alcalines ; elle est soluble , sans décomposition, dans l’acide sulfurique à 66°; sa solution aqueuse n’est précipitée ni par le blanc d’œuf ni par la gélatine. On l’obtient en jetant sur une toile la lie de vin résultant d’un premier soutirage ; on délaye la matière restée sur la toile avec de l’alcool à 85 centièmes , on filtre , on évapore ; le résidu est traité par l’eau, qui précipite la pourprite; la dissolution aqueuse est ensuite rapprochée, on y ajoute une faible dissolution de gélatine qui en précipite quelques corps étrangers, puis on évapore en consistance convenable.
- La pourprite, qui constitue, comme nous l’avons dit, la presque totalité de la lie des vins vieux , est d’un rouge foncé noirâtre , d’une saveur acerbe astringente, insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool à 80°, qui en dissout jusqu’à 6 gr. 5 par litre ; elle est moins soluble dans l’alcool plus rectifié et tout à fait insoluble dans l’éther.
- L’acide sulfurique à 66° la dissout, l’addition de l’eau à cette dissolution détermine la précipitation de la pourprite ; enfin elle se combine à la gélatine et forme, avec elle, un composé insoluble dans l’eau et dans l’alcool.
- La pourprite incinérée laisse un résidu renfermant de la chaux , du fer et de la potasse.
- Tels sont les caractères que M. Batilliat assigne aux deux matières colorantes dont il admet l’existence. Sans élever aucun doute sur l’exactitude des
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- faits, on pourrait se demander, cependant, si les deux matières colorantes dont il est question présentent bien tous les caractères qui constituent un principe immédiat ou une espèce chimique comme on les définit aujourd’hui. Le doute est d’autant plus légitime à cet égard, que ni l’une ni l’autre de ces matières n’est indiquée comme volatile ou susceptible de cristalliser, qu’elles laissent l’une et l’autre un résidu notable par la calcination qui, pour la pourprite, renferme de la chaux, du fer et de la potasse. Il est donc possible que ces substances, la pourprite surtout, soient des matières complexes résultant de la combinaison de divers éléments avec une seule ou avec plusieurs matières colorantes. Dans tous les cas, c’est une question à éclaircir. Les matières colorantes organiques connues jusqu’ici ne renferment ni chaux , ni potasse , ni fer ; il s’agirait de savoir si ces éléments sont essentiels à la pourprite ou s’ils sont accidentels , et, dans ce cas, si leur soustraction ne modifierait pas les propriétés de la substance principale. Nul ne peut mieux que M. Batilliat donner à la science cette dernière satisfaction qu’exige la direction actuelle des recherches chimiques.
- Après la part que nous venons de faire aux justes exigences de la science , nous devons ajouter que ces considérations, toutes théoriques, ont peu d’importance au point de vue essentiellement pratique auquel s’est placé M. Batilliat.
- Les lacunes que nous venons de signaler ne l’empêchent pas de suivre l’influence que ces matières colorantes exercent sur la qualité et la conservation des vins, de montrer comment leur décomposition, quand elle survient, détermine dans le vin certaines maladies contre lesquelles il propose différents moyens prophylactiques ou même curatifs, et un ensemble de procédés qu’on pourrait appeler l’hygiène et la thérapeutique des vins. Il montre comment, à l’aide de certaines pratiques, on peut accélérer ou ralentir la marche des phénomènes naturels qui constituent ou qui accompagnent la vinification, comment, par l’addition ou la soustraction de certains principes , l’on peut améliorer les vins ou restituer leurs qualités primitives à ceux qui les ont perdues.
- Quelques personnes, nous ne l’ignorons pas, voient d’un œil inquiet et prévenu cette intervention de l’art dans les procédés de la nature , ils la redoutent surtout lorsqu’il s’agit de la préparation de boissons ou de substances alimentaires. Nous ne faisons nulle difficulté de reconnaître que tous les essais en ce genre n’ont pas été également heureux, et qu’ils ont souvent été une occasion de fraude très-condamnable ; mais, si l’on a abusé quelquefois des facilités que donne la chimie pour opérer des mélanges et des substitutions que réprouve la probité ou qui blessent le goût et les habitudes des con-
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- sommateurs, ce n’est pas cependant une raison suffisante pour se priver des lumières de cette science et des ressources incontestables qu’elle peut fournir; le tout est de les appliquer avec discernement.
- Le vin n’est, en définitive, qu’un produit chimique ; il ne peut être interdit à la science qui l’a créé de le perfectionner. Si quelque chose doit surprendre dans l’histoire de la fabrication du vin, c’est de voir que, malgré les progrès incontestables de la science moderne et la connaissance que nous croyons avoir de la théorie de la vinification, les procédés n’aient pas été sensiblement modifiés depuis les premiers âges du monde, et qu’ils soient encore tels aujourd’hui qu’ils se pratiquaient alors. Les vins de Suresne et de Brie ne sont certainement pas meilleurs qu’il y a mille ans.
- On serait même autorisé à penser que les vins de notre pays ont dégénéré, si l’on s’en rapporte à certains documents du xme siècle qui ont été produits dans ces derniers temps et qui ont été invoqués sous un autre rapport par M. le docteur Fuster, pour prouver que le climat de la France s’était notablement modifié depuis cette époque. Le document dont nous parlons est intitulé La bataille des vins, fabliau de Henry d’Andely. On nous pardonnera d’en citer un passage que nous empruntons à M. Martins.
- Le gentil roi Philippe est supposé faire paraître devant lui les diverses espèces de vins; c’est son chapelain, très-expert en cette matière, qui procède à l’examen et au classement.
- « D’abord se présentèrent Beauvais, Étampes et Châlons ; mais à peine les « eut-il vus, que les excommuniant aussitôt, il les chassa honteusement de la « salle et leur défendit d’entrer jamais où se trouveraient d’honnêtes gens. « Ce début sévère fit une telle impression sur ceux du Mans et de Tours, « qu’ils tournèrent d’effroi (il est vrai qu’on était en été) et se sauvèrent sans « attendre leur jugement ; il en fut de même de ceux d’Àrgence , de Rennes « et de Chambeli.
- « La salle un peu débarrassée de cette canaille v il n’y resta que ce qui était « bon , car le prêtre ne voulait pas même souffrir le médiocre. Clermont et « Beauvoisin parurent donc, et ils furent reçus d’une manière distinguée. « Enhardi par cet accueil, Àrgenteuil avança d’un air de confiance et se « donna, sans rougir, pour valoir mieux que tous ses rivaux ; mais Pierrefitte « rabattant, avec les termes qui lui convenaient, l’orgueil d’une prétention « pareille, prétendit à son tour mériter la préférence et appela en témoignage « Marly, Montmorency et Deuil, ses voisins, etc. »
- Comme on le voit par ce passage, les vins de Pierrefitte, ceux de Marly, de Montmorency et de Deuil, ses voisins (1), passaient, à l’époque dont il s’agit,
- (1) Communes des environs de Paris.
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- pour des vins de choix , si l’on s’en rapporte au jugement du chapelain de Philippe-Auguste. Il n’est pas douteux, cependant, que ce jugement ne fût cassé s’il était procédé à une nouvelle expertise avec les vins que nous produisons aujourd’hui.
- Mais faudrait-il en conclure que les vins d’autrefois valaient réellement mieux que ceux d’aujourd’hui ? Faut-il en conclure , avec le docteur Fuster, que la température de notre climat est devenue moins favorable à la maturation du raisin, ou que l’espèce n’est plus aussi bonne, ou enfin que la fabrication du vin se fait avec moins d’intelligence ou moins de soin ? Nous ne pouvons nous prononcer sur aucune de ces questions. Nous regardons comme plus probable que la préférence donnée aux vins que nous venons de citer tient en grande partie à ce qu’à l’époque dont il est question les communications et les moyens de transport étant difficiles, la comparaison ne pouvait s’établir qu’entre des vins appartenant à un rayon assez resserré et dont les moins mauvais pouvaient comparativement passer pour bons ; peut-être la plus grande quantité de vin que l’on récolte aujourd’hui sur un sol donné est-elle une cause d’infériorité pour le vin.
- Quoi qu’il en soit de l’explication que nous donnons, il est constant que les vins des environs de Paris sont aujourd’hui d’une très-mauvaise qualité; ce fait, qu’on ne saurait révoquer en doute, accuse sinon l’impuissance de la chimie , tout au moins l’indifférence des chimistes de notre époque. Le sujet vaut cependant bien la peine qu’on s’en occupe ; car, indépendamment des questions importantes qu’il offre à résoudre, il se lie aux plus grands intérêts de notre pays et au bien-être des populations peu aisées.
- Après avoir parlé du vin dans son état normal, M. Batilliat passe aux maladies qui peuvent l’affecter.
- Parmi ces maladies il cite en premier lieu la fleur constituée par ces efflorescences blanchâtres que l’on voit se produire quelquefois à la surface du vin, sorte de moisissures qui proviennent toujours d’un défaut de soin et de la présence de l’air dans les vases où l’on renferme le vin., et qu’il est, par conséquent, toujours facile de prévenir.
- Une maladie bien plus grave est le pou, qui constitue ce qu’on appelle le vin tourné, et qu’il ne faut pas confondre avec le vin qui passe à l’aigre , altération qui n’a rien de commun avec la précédente : dans le vin aigri, l’alcool diminue en raison de l’acide acétique produit ; dans le vin tourné, au contraire, la quantité d’alcool reste la même , mais la couleur devient terne, le vin se trouble , sa saveur est plate , désagréable , avec un arrière-goût d’eau croupie ; plus tard il devient bourbeux, laisse dégager des gaz, prend l’odeur et tous les autres caractères des matières organiques en décomposition.
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- Cette maladie serait due, suivant M. Batilliat, à la décomposition de lapour-prite ; il en donne pour preuve que l’addition de la gélatine aux vins tournés n’en précipite plus de pourprite. La plupart des autres maladies des vins rouges sont aussi liées aux alterations de cette matière colorante.
- L’acide tartrique lui-même parait, dans quelques circonstances, susceptible de se décomposer et de donner naissance à de l’acide malique. Le vin altéré peut, dans ce cas , être rétabli ou singulièrement amélioré par l’addition de l’acide tartrique ; dans ce cas, le vin conserve une couleur rosée et laisse précipiter de la crenie de tartre.
- La saveur amère que contracte le vin, après une certaine période de conservation, peut aussi être corrigée par l’acide tartrique ; mais une circonstance qui rend l’addition de l’acide tartrique très-précieuse, c’est la propriété qu’il donne au vin de Bourgogne de pouvoir supporter, sans se détériorer, les voyages sur mer et l’influence d’une température élevée. On sait que les vins de cette localité voyagent difficilement, surtout dans les pays chauds ; ce qui limite singulièrement leur consommation, malgré la faveur méritée dont ils jouissent, et donne une grande supériorité aux vins de Bordeaux qu’on transporte facilement sans inconvénient sous toutes les latitudes.
- Le moyen employé consiste dans l’addition de 100 grammes d’acide tartrique par hectolitre. Du vin de Mâcon ainsi préparé a pu passer plusieurs fois la ligne, faire un voyage de cinq mois et revenir au Havre sans s’être altéré , ainsi qu’il résulte de certificats authentiques.
- La troisième partie de l’ouvrage dont nous rendons compte est consacrée aux produits que l’on peut retirer du vin , tels que l’alcool, le vinaigre , etc. Nous y remarquons des conseils sur l’emploi que l’on peut faire de divers résidus qui jusqu’ici n’ont pas été utilisés ou ne l’ont été qu’incomplétement.
- Pour ne citer que ce qui se rapporte aux vinasses ( résidus liquides de la distillation du vin dans la fabrication de l’alcool j, on est dans l’habitude de les laisser perdre et de les répandre sur le sol, ou très-souvent, par leur accumulation et la décomposition putride qui s’y établit, elles deviennent une cause puissante d’insalubrité pour les populations environnantes. M. Batilliat indique des dispositions pour évaporer ces liquides à la température de l’air; il fait connaître la quantité et la nature des produits que l’on peut retirer de leur évaporation et de la calcination des résidus.
- Chaque hectolitre de vinasse renferme, selon lui, % kil. 460 de matières solides formés de 1 kil. 460 de matières organiques et de 1 kilogramme de matières salines qui représentent 2 à 300 gram. de potasse et 150 à 200 gram. d’acide tartrique ou l’équivalent en crème de tartre.
- Ainsi, dans une distillerie oii l’on brûle 15,000fhectolitres de vin, on peut
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- extraire 2,700 à 3,375 k. de carbonate de potasse, soit 3,000 k. à 1 f. 50 qui représentent 4,500 fr., plus 3,375 à 4,050 de tartrate de chaux, soit 4,000 k. à 1 fr. 20 représentant 4,800 fr. Le revenu de cette distillerie se trouverait ainsi augmentée de 9,300 fr.
- Or le département de l’Hérault distille annuellement 2 millions d’hectolitres de vin qui produisent 200,000 hectolitres d’alcool et 1,800,000 hectol. de vinasses; il pourrait, d’après M. Batilliat, produire à lui seul, en potasse,
- pour............................... 607,500 fr.
- et, en acide tartrique, pour. . . 881,000
- Total. . . . 1,488,500 fr.
- Et, comme ce département fournit environ un cinquième des vinasses produites dans toute la France, il s’ensuit que l’on perd annuellement 7,442,500 f., tandis que, d'une autre part, la France paye environ 3,935,000 fr., chaque année, pour la potasse importée des pays étrangers.
- Ne pourrait-on pas encore utiliser les vinasses en les faisant entrer dans la préparation d’engrais factices? Ne pourrait-on pas convertir les sels de potasse qu’elles renferment en nitrate, en leur appliquant le procédé des nitrières artificielles ?
- Ces questions, que l’auteur se pose plutôt qu’il ne les résout, méritent toute l’attention des agriculteurs et des industriels. C’est un principe généralement admis qu’en industrie, comme dans l’économie générale de la nature, rien ne doit être perdu; tout produit a son utilité, sa valeur, son application. Mais, quand on descend aux détails de l’exécution, l’on voit trop souvent que ces prétendues économies entraînent à des frais de main-d’œuvre, à des pertes de temps qui ne sont pas toujours couverts par les produits obtenus; c’est là toute la question, et, pour ce qui concerne le travail des vinasses en particulier, les données pratiques ne nous ont pas encore suffisamment édifié pour admettre d’une manière incontestable les résultats séduisants que nous présente M. Batilliat. Néanmoins il est toujours bon, il est toujours utile de signaler à l’attention des industriels les sources nouvelles auxquelles, à un jour et dans des circonstances donnés, ils peuvent puiser. Les frais d’extraction, la main-d’œuvre diminuent constamment par les perfectionnements mêmes de la science, sans que personne puisse assigner d’avance aucune limite à ce perfectionnement, et ne sont pas un obstacle absolu aux bénéfices qu’on peut entrevoir.
- Cette nécessité de la sanction de l’expérience nous fait regretter vivement de n’avoir pu vérifier par nous-mêmes les faits curieux indiqués dans tout le cours de l’ouvrage ; mais,,à défaut de notre sanction personnelle, nous donnons , en terminant, celle d’une autorité que l’on jugera certainement très-
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- compétente sur cette matière, celle du conseil général de Saône-et-Loire, qui, dans la session de 1837, sous la présidence de M. de Lamartine, a émis le vote suivant : « Le conseil, considérant que la découverte faite par « M. Batilliat, pharmacien à Mâcon, ayant pour effet de procurer spontané-« ment aux vins une amelioration qu ils devaient attendre du cours de plu-« sieurs années, et de les mettre en état de supporter, sans aucune altérait tion, leur passage aux latitudes les plus élevées , est du plus grand intérêt « pour les contrées viticoles , ainsi que pour le commerce général des vins,
- « la recommande particulièrement à l’attention du gouvernement. »
- Par les motifs exprimés dans le cours de ce rapport et persuadé qu’il peut être utile d’appeler l’attention des praticiens sur les faits signalés dans l’ouvrage de M. Batilliat, nous avons l’honneur de proposer à la Société d’adresser des remercîments à l’auteur, de placer son ouvrage dans la bibliothèque et d’insérer le présent rapport dans le Bulletin.
- Signé Bussy, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 5 juillet 1818.
- TEINTURE.
- Rapport fait par M. Bussy, au nom du comité des arts chimiques , sur un procédé de désoxygénation de l’indigo, par M. Barret, teinturier à Tours.
- Messieurs, il existe deux procédés différents pour l’emploi de l’indigo, comme matière colorante en teinture; le premier consiste à dissoudre l’indigo dans l’acide sulfurique ou dans une liqueur neutre, mais sans le dénaturer et en lui conservant toujours sa couleur bleue. Ce sont ces dissolutions qu’on emploie surtout pour la soie et les teintures en petits teints en général.
- Le deuxième procédé, qui est particulièrement employé pour la laine et le coton, consiste à réduire l’indigo, à le ramener à l’état d’indigo blanc qu’on dissout dans un alcali. Cette liqueur incolore, exposée à l’air, régénère l’indigo bleu par suite de l’absorption de l’oxygène.
- La désoxydation de l’indigo s’opère tantôt par le contact des matières organiques en fermentation, comme cela a lieu dans ce qu’on appelle les cuves au pastel, et les cuves d’inde dans lesquelles on emploie le pastel, le son, la garance simultanément avec la potasse. Quelquefois aussi l’on emploie les sels désoxydants ; c’est ainsi que l’on prépare, avec le protosulfate de fer et la chaux, les cuves dites à froid, qui servent presque exclusivement à la teinture du coton. C’est un procédé analogue à ce dernier qui a été imaginé par M. Barret.
- Quarante-septième année. Août 1848.
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- Ce procédé a été expérimenté en notre présence, mais en petit; il a parfaitement réussi ; il offre, sur les cuves au sulfate de fer, l’avantage de pouvoir être appliqué à la laine, ce qu’on ne peut obtenir avec la cuve à la chaux, qui durcit la laine, la rend cassante; il offre, sur les cuves d’inde et, à plus forte raison, sur les cuves au pastel, l’avantage d’une marche régulière, facile, de n’ètre point sujet à ces intermittences, à ces maladies qui affectent ces dernières. La cuve de M. Barret peut servir à teindre au bout d’une demi-heure de préparation; elle peut être épuisée d’indigo facilement sans perte de matière colorante. L’inventeur du procédé en a fait la concession à plusieurs maisons de teinture à Amhoise, à Tours et dans d’autres localités ; il nous a communiqué différents certificats des industriels qui ont employé ce procédé et qui tous paraissent satisfaits des résultats qu’ils en ont obtenus ; tels sont en particulier MM. Pathault Leclaire, teinturiers à Àmboise, Boureau et Renard aîné , teinturiers dans la même ville, MM. Chauvin et Galbrun , teinturiers à Mettray (Indre-et-Loire). Nous regrettons que la réserve gardée par l’auteur, qui désire conserver son procédé secret, ne nous permette pas d’entrer dans de plus grands détails à ce sujet. Nous nous bornerons à dire que ce procède, exécuté en petit sous nos yeux, a réussi, et qu’il parait également offrir des avantages dans l’application en fabrique, d’après les attestations que nous venons de produire. Nous proposons, en conséquence, à la Société d’adresser des remerciments à l’auteur pour sa communication et d’insérer le présent rapport dans le Bulletin.
- Signé Bussy , rapporteur.
- Approuvé en séance, le 19 juillet 1848.
- ARTS ÉCONOMIQUES. — chapeaux.
- Rapport fait par M. Silvestre fils, au nom des comités des arts mécaniques et des arts économiques, sur un nouveau mécanisme pow chapeaux pliants, inventé par M. Rouget de Lisle.
- Messieurs, l’invention des chapeaux pliant sur eux-mêmes, c’est-à-dire dont la forme s’abaisse ou s’élève à volonté , appartient à l’Angleterre, et date du commencement de 1824 ; pourtant, la France, qui s’adonne depuis une quinzaine d’années à ce genre d’industrie, a fini par s’en emparer presque exclusivement, et on peut dire que, seule, elle l’a porté au degré de perfection où il se trouve aujourd’hui.
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- CHAPEAUX.
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- M. Gibus aîné est le premier qui ait fabriqué des chapeaux véritablement mécaniques, et qui ait su donner quelque importance a cette nouvelle branche de commerce. Depuis 1834, epoque à laquelle M. Gibus prit un brevet de cinq ans pour son chapeau pliant dit a bague, un grand nombre de systèmes, ont été publiés tour à tour, et souvent en même temps, par divers industriels am se sont pourvus presque tous de brevets d’invention ou de perfectionnement. Si nous mentionnons ces nombreuses tentatives faites pour arriver à un résultat minime en apparence, si nous ajoutons même que les tribunaux ri ont été que trop souvent appelés a décider dans des querelles de priorité a invention survenues entre divers fabricants , c’est pour établir tout de suite (rue rindustrie en question jouit depuis longtemps de la faveur du public et mielie mérite, par conséquent, de fixer l’attention de la Société d’encouragement ; elle le mérite d’autant plus que la fabrication des chapeaux mécaniques prend chaque jour plus de développement, et que l’exportation en est plus considérable encore que la consommation intérieure.
- Parmi les mécanismes qui ont été proposés et mis en usage par la chapellerie , il y en a un certain nombre dont les combinaisons ingénieuses font honneur à l’esprit inventif de leurs auteurs ; nous citerons particulièrement celui que vient de soumettre à votre examen M. Rouget de Liste, qui, vous vous le rappelez, messieurs, a fait, il n’y a pas longtemps, hommage à la Société d’une histoire complète de la chapellerie mécanique avec description et atlas de tous les systèmes employés depuis 1824 jusqu’à ce jour.
- M. Rouget de Liste a emprunté, il est vrai, à ses devanciers quelques-uns des principaux organes des montants à ressorts pour lesquels il a pris un brevet d’invention ; mais, par une disposition heureuse de ces mêmes organes, il a su donner à son mécanisme un véritable caractère d’originalité. D’ailleurs, ce mécanisme présente plusieurs particularités entièrement neuves qui viennent appuyer et légitimer les droits de M. Rouget de Liste comme inventeur. Telles sont, par exemple, la mobilité de l’axe autour duquel tournent les deux branches de chaque montant, la fixation de l’extrémité du ressort à boudin sur l’axe même de rotation, et la forme coudée des platines ; il faut ajouter encore cette combinaison ingénieuse des diverses pièces du mécanisme au moyen de laquelle la poussée du ressort agit, non plus comme dans les autres systèmes h galets, suivant la direction des rayons vecteurs de l’excentrique , mais bien angulairement avec ces mêmes rayons ; d’oii il résulte que , quand on ouvre les branches, le mouvement du galet sur l’excentrique , dont la courbure a été convenablement calculée , est plus facile , plus assuré , et la détente aussi est plus prompte et plus énergique.
- M. Rouget de Liste s’est associé un mécanicien ingénieux , M. Lempereur,
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- qu’il a chargé de tout ce qui concerne la fabrication et le débit des carcasses pliantes dont il est l’inveirteur. C’est M. Lempereur qui, pendant longtemps , a fabriqué les mécanismes de M. Gibus. Il est parvenu à réduire tellement le prix des carcasses à ressorts de M. Rouget de Liste, que les chapeaux tout faits peuvent être, livrés à raison de 6 fr. seulement la pièce, et de 6 fr. 50 avec l’enveloppe de carton.
- Nous devons, messieurs , signaler, en passant, à l’attention bienveillante de la Société M. Lempereur, qui n’est pas seulement un mécanicien intelligent et habile , un travailleur infatigable, mais qui est aussi un patron juste et éclairé dont le premier soin a toujours été de veiller avec sollicitude aux intérêts et au bien-être de ses ouvriers.
- Vos deux comités réunis , qui ont examiné attentivement les chapeaux confectionnés sur les nouveaux mécanismes de M. Rouget de Liste, ont constaté que ces chapeaux sont d’un usage commode et d’une manœuvre facile ; qu’ils joignent à l’avantage d’être d’un prix très-modéré celui de se trouver dans les meilleures conditions de solidité et de légèreté ; enfin qu’ils donnent déjà lieu à une assez importante consommation.
- En résumé , et d’après les considérations qui précèdent, vos deux comités réunis pensent, messieurs, que M. Rouget de Liste a rendu un très-utile service à la chapellerie mécanique , et ils vous proposent, en conséquence , de répondre à sa communication par une lettre de remerciment et d’approbation , et d’autoriser l’insertion , dans le Rulletin, du présent rapport avec la figure du nouveau mécanisme.
- Signé Silvestre fils, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 2 août 1848.
- Description du nouveau mécanisme pour chapeaux pliants, inventé par
- M. Rouget de Lisle.
- Fig. 1, pi. 1073. Vue en perspective du mécanisme appelé plus communément carcasse mécanique, ou tout simplement mécanique.
- Fig. t. Vue de profil d’une double branche appelée montant, lorsque le chapeau est ouvert ou droit.
- Fig. 3. Vue par devant du même montant.
- Fig. 4. Vue de côté du montant, lorsque le chapeau est plié.
- La fig. 1 fait parfaitement comprendre la construction et le montage des pièces qui composent la carcasse mécanique.
- On voit que cette carcasse se compose de deux cercles a b, faits avec des ressorts de pendule et découpés suivant la largeur voulue : l’un de ces cercles
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- figure le fond du chapeau ; l’autre l’entrée , qui est toujours ovale et légèrement cintrée , comme l’indique la courbure c d.
- Les deux cercles sont reliés l’un à l’autre au moyen de quatre montants en acier fg hi, également distants et composés chacun de deux parties distinctes, appelées branches, articulées au milieu autour d’un point d’appui ou axe commun et mobile e.
- En outre, les quatre montants sont articulés avec les deux cercles, comme cela existe dans tous les mécanismes analogues , par l’intermédiaire de huit charnières ordinaires ( quatre en haut, quatre en bas ) dont chaque ailette est fixée à 1 aide de deux rivets. Mais ce qui distingue ces montants de ceux connus jusqu’à ce jour, c’est la mobilité de l’axe de rotation, autour duquel tournent les deux branches , et auquel est relié le ressort à boudin k, qui les fait ouvrir précipitamment ou les maintient fermées à volonté.
- I, branche supérieure , en fil d’acier rond, dont la partie inférieure, appelée la tête, est forgée, aplatie au marteau, et reçoit deux joues ou ailettes m, qui y sont fixées avec deux rivets.
- Le milieu de ces joues ou ailettes porte une rainure, découpée à jour, dans laquelle glisse librement, mais sans jeu, l’axe de rotation e.
- o, galet, également en acier, traversé par un axe dont les extrémités sont rivées à demeure en dehors des joues m, trouées d’avance et fixées bien parallèlement.
- k, ressort à boudin que l’on enfile sur la branche ronde l, avant que l’extrémité supérieure, appelée la patte, soit forgée et aplatie au marteau.
- n, bride (ou étrier) en cuivre, enfilée de même sur la branche l, avant que l'extrémité supérieure soit forgée. Chaque extrémité inférieure de cette bride, découpée et trouée en forme d’anneau , est traversée par une goupille en acier, qui forme tout à la fois l’axe de rotation des deux branches qui constituent chaque montant, et le point d’attache ou d’action de la force élastique k.
- L’axe e, au lieu d’être fixe et invariable, comme dans tous les mécanismes déjà connus, se meut dans les deux coulisses de la pièce m, et fait simultanément un mouvement de rotation et un mouvement de translation, en même temps qu’il fait agir le ressort élastique k.
- r, branche inférieure, aussi en acier, terminée par un excentrique a rayons vecteurs croissants, sur lequel roule, presse et agit le galet o, qui fait aussi l’office d’un point d’appui.
- La branche excentrique r est un véritable levier du deuxième genre où la
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- résistance, qui est le ressort à boudin, est comprise entre le galet et la puissance qui tend à plier ou à faire fermer le chapeau.
- Pour former Y arrêt, c’est-à-dire pour donner aux doubles branches, fig. 1, la roideur ou force suffisante pour résister à la traction de l’étoffe qui couvre le mécanisme, l’excentrique porte, à sa partie supérieure, un peu au-dessus et en dehors du trou qui reçoit l’axe de rotation e, une petite cavité ou échancrure , dans laquelle s’engage exactement une petite portion de la circonférence du galet o.
- Jeu du mécanisme. Pour fermer le chapeau, on en presse et comprime le fond avec la main jusqu’à ce que la fermeture soit complète ou au moins jusqu’à ce que le galet ait atteint la partie légèrement échancrée ou inclinée de l’excentrique, située en regard ou un peu en dehors de l’axe de rotation. Dans cette position, l’axe de rotation e et l’action de la force élastique se sont transposés sensiblement au-dessus du galet et en dehors de l’axe de celui-ci, de manière que les branches sont maintenues solidement fermées. On dit alors que le chapeau est plié ou fermé.
- Pour ouvrir le chapeau , il suffit de le mettre sur la tête, de le secouer un peu , ou de pousser le fond avec la main jusqu’à ce que le galet ait quitté l’échancrure ou le plan incliné ; alors les deux branches se redressent subitement et le chapeau est ouvert.
- NIVEAU.
- Rapport fait par M. Priestley, au nom du comité des arts économiques, sur un niveau circulaire à bulle d’air présenté par M. Charles, fabricant d’instruments d’optique et de mathématiques, rue des Êcouffes, 26 , au Marais.
- M. Charles a soumis à l’examen de la Société d’encouragement un niveau à bulle d’air consistant en un vase métallique dressé à sa partie inférieure et terme à sa partie supérieure par un verre sphérique solidement fixé. Une couche très-mince de mastic de M. Maissiat rend toute fuite de liquide impossible.
- M. Charles n’est point l’inventeur de cet instrument qui est mentionné dans le Manuel d’arpentage de Lacroix, édition de 1826, p. 155 (1) ; mais on avait dû renoncer à l’employer par la difficulté d’empêcher le liquide de
- (ij Voici comment s’exprime l’auteur. En substituant au tube un vase à fond plat et circulaire , recouvert d’une calotte sphérique au sommet de laquelle est marqué l’espace circulaire que doit occuper la bulle d’air quand le fond est horizontal, on a construit un niveau qui se nlaee commodément sur la planchette pour la rendre horizontale.
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- s’échapper. Dans la construction du niveau qui vous est présenté, on évite cet inconvénient.
- Cette forme particulière donnée à un instrument qui rend de si grands services à l’industrie peut être avantageusement substituée dans quelques instruments de physique pour le dressage des surfaces.
- Ce niveau indique immédiatement la direction de la plus grande pente de la surface sur laquelle il repose, et sa sensibilité dépend du rayon de courbure du verre. Son prix est de beaucoup inférieur à celui du niveau à bulle d’air ordinaire, et sa construction le rend peu susceptible de se déranger.
- Le comité des arts économiques a l'honneur de vous proposer, messieurs , de remercier M. Charles de sa communication, et d’insérer le présent rapport dans le Bulletin, accompagné de la figure de l’instrument.
- Signé Priestley, rapporteur.
- Approuvé en séance , le 19 juillet 1848.
- Description du niveau à huile d’air de M. Charles.
- Fig. 5, pi. 1073. Section longitudinale et verticale du niveau, a, boite en bois munie d’un couvercle dans laquelle l’instrument est renfermé, b, vase en cuivre contenant l’alcool coloré qu’on introduit par un orifice bouché par une vis c. d, couvercle en verre dont la face interne est concave : les bords de ce couvercle sont lutés sur le vase avec un mastic, afin d’empêcher le liquide de s’échapper, e, bulle d’air qui indique Je niveau quand elle occupe le centre de l’instrument.
- OPTIQUE.
- Description de la lorgnette-jumelle elliptique de M. Ringard, rue Saint-
- Martin , 199.
- En publiant, dans le Bulletin de juillet, p. 370, un rapport de M. Süvestre fils, sur les lorgnettes-jumelles elliptiques de M. Ringard . nous avons promis de donner la description et la figure de cet instrument. Nous remplissons aujourd’hui cet engagement.
- La lorgnette est représentée en élévation, fig. 6, pl. 1073. L’un des corps est vu en section verticale.
- Fig. 7. La lorgnette vue en dessus du côté des oculaires.
- Fig. 8. Fragment de l’instrument dessiné sur une plus grande échelle pour montrer la disposition au moyen de laquelle on peut retirer l’objectif.
- a, corps de la lorgnette en ivoire ou toute autre matière. 6, coulant ellipti-
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- que rentrant dans les corps de la lorgnette qui est de même forme, c, branche qui réunit les coulants, d , objectif achromatique dont les verres, collés par leurs bords, sont solidement enchâssés dans le barillet e. f f, oculaires. g g, bonnettes vissées sur les coulants, h , molette pour faire monter ou descendre les coulants : elle est fixée sur une douille i renfermant une vis en spirale. j, fig. 8, petit bouton attaché à une paillette à ressort k dont le cran rentre dans une cavité du barillet : en appuyant sur ce bouton on dégage l’objectif et on le retire du corps de la lunette, disposition préférable aux vis à filets étroits actuellement en usage. ( D. )
- NOTICES INDUSTRIELLES
- extraites de diverses 'publications périodiques françaises et étrangères.
- ARTS ÉCONOMIQUES
- Notice historique et chronologique sur remploi de la pomme de terre et de sa fécule dans la panification; par A. Chevallier fils (1).
- Je ressemble , à quelque différence près , à nos moines mendiants d’autrefois; ils allaient de village en village, j’y vais aussi; eux pour diminuer la provision en pain des gens , et moi pour la leur doubler, car maintenant, au lieu de deux cinquièmes, je fais entrer moitié de pommes de terre dans l’alimentation. ( Ant.~ Alex. Cadet de Faux. Feuille ducultivaleur, décembre 1793.)
- En 1761, dit Parmentier, M. Falguet présenta à l’Académie un pain composé d’un tiers de froment, un tiers de seigle, un tiers de pommes de terre. Ce pain était agréable au goût et peu différent, pour la couleur et la saveur, du pain de froment mêlé de seigle (2).
- La même année, M. Réville, curé de Saint-Aubin-de-Scellon, publia, par les affiches de Normandie, une méthode d’employer la pomme de terre mêlée au froment pour faire du pain. Voici l’exposé de cette méthode :
- On lave les pommes de terre, on les met dans une marmite où elles trempent éga-
- (1) Cette notice a été communiquée à la Société d’encouragement dans sa séance du 19 janvier 1848.
- (2) Parmi les documents qui traitent de la préparation du pain de pommes de terre, on doit citer un mandement de l’évêque de Grenoble.
- Nous n’avons pu nous procurer la date de ce document qui se trouve dans une brochure in-4 appartenant à la Société, mais qui a été prêtée à un de ses membres qui ne l’a pas remise à la bibliothèque.
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
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- lement; on les fait bouillir vingt ou vingt-deux minutes; on les retire, on les écrase sur une table concave avec un rouleau de bois pour éviter tous grumeaux; on y ajoute une partie égale de farine en ayant soin de ne pas mettre d eau dans ce mélange. Le levain préparé d’avance doit etre délayé dans la farine avec le moins d eau possible ; on laisse lever la pâte moins qu’à l’ordinaire. On forme les masses et on fait cuire.
- En 1761 encore, le frère Corne fit du pain avec deux tiers de pulpe de pommes de terre et un tiers de farine soit de froment, soit d orge ou de seigle. Il recommande seulement de ne point fermer le four où l’on cuit pour que la croûte soit moins brune et plaise davantage à l’œil. Le pain obtenu avec la pulpe et du levain seul a bien levé et était de très-bonne qualité.
- Parmentier, dans son Examen chimique des pommes de terre, publié en 1761, donne la méthode qu’une dame bienfaisante employait pour faire du pain. La voici : on prend des pommes de terre, on les fait cuire, on les écrase avec soin, on les manie pour leur donner de la consistance, on en met la moitié avec le levain et le froment ; le lendemain on fait chauffer à sec l’autre moitié, on mêle avec les levains de la veille, on pétrit , on forme des pains d’un tiers de farine et deux tiers de pommes de terre. Le four doit être moins chaud que d’ordinaire, et on doit laisser le pain de pommes de terre plus longtemps dans le four.
- M. Parmentier a répété les expériences du pain de pommes de terre dans la proportion d’un huitième de pulpe contre sept huitièmes de farine de froment ; il a fait aussi du pain de pulpe mêlé uniquement à du levain et a obtenu le même résultat.
- Examen chimique des pommes de terre, par Parmentier.. 1761.
- Tableau des mélanges.
- Pain de pommes de terre, un quart contre trois quarts de froment, bis et délicat.
- Idem, un tiers contre deux tiers de froment, bon goût.
- Idem, une demie contre une demie de froment, peu levé.
- Idem, deux tiers contre un tiers de froment, très-bis, croûte brune et dure.
- Le pain de farine de pommes de terre et du levain seulement, mangeable, mais mat et très-gris.
- Emploi de la farine de pommes de terre et d’une décoction de son, croûte dorée, bonne saveur.
- Emploi de la farine de pommes de terre et d’eau mucilagineuse avec du miel, bon pain.
- Pommes de terre râpées avec leur eau, pain gris, mais mieux levé.
- Pulpe de pommes de terre, plus levé, meilleur goût.
- Pommes de terre privées de leur suc par la presse, séchées et pulvérisées, pain moins bis, plus fade.
- Amidon de pommes de terre blanc, pain d’assez bon goût.
- 125 gram. pulpe, 125 gram. amidon de pommes de terre, 125 gram. levain de Quarante-septième année. Août 1848. 61
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- froment, pain blanc, bien levé, agréable; four chaud. Ce pain, un peu fade, peut être corrigé par l’addition du sel.
- En février 1762, M. Moreau Kerlidu, de l’Orient (Bretagne), dit que par les pommes de terre on peut remédier au manque de blé.
- En août 1762, un fermier anglais dit qu’il a employé ainsi les pommes de terre : il les fait bouillir, puis les fait rôtir au four, ce qui lui donne une espèce de pain et une pâte très-bonne pour faire des puddings; ce moyen lui était connu depuis 1756.
- On fait cuire les pommes de terre beaucoup plus que si on devait les mettre en plat, puis on les écrase et on les mêle avec de la farine de gruau ; le pain qu’on en obtient est un peu lourd ; mais l’emploi du levain donnerait un pain beaucoup meilleur et très-économique.
- En décembre 1769, M. Mustel présenta à la Société d’agriculture de Rouen un pain de pommes de terre qu’on trouva très-bon.
- En 1770 (1), M. Chapeau fit remarquer
- 1° Que le mélange de la farine de pommes de terre par moitié avec de la farine de froment donne déjà un bon pain parfaitement sain ;
- 2° Qu’un tiers de farine de froment mêlé avec deux tiers de farine de pommes de terre donne un très-bon pain ;
- 3° Qu’un demi-kilog. de farine mêlé à 3 kil. 500gram. de pâte de pommes de terre a donné un pain très-mangeable ;
- 4° Il dit qu’un boulanger d’Orléans a promis de faire du pain avec du potiron, de la courge, pain qui serait au moins aussi bon que celui fait par M. Chapeau.
- A Zwickau, dans la haute Saxe, on fait 1° un pain composé d?un quart de seigle, un quart de blé, un quart d’orge et une demie d’avoine moulus ensemble. Ce pain est de qualité inférieure.
- 2° Si on moud à part chaque espèce de grains, et que l’orge et l’avoine soient moulues deux fois, on obtient un pain bien meilleur.
- 3° On mêle quelquefois à ce pain des pommes de terre.
- Dans un mémoire lu à la Société économique, en mai 1771, on dit que le seul avantage que l’on retirait de laver les pommes de terre à plusieurs eaux était d’avoir une farine qui donnait du pain plus blanc.
- En 1839 (2), MM. Chevallier et Robine rappellent que vers 1774 plusieurs essais furent faits à Leipsick : on coupa des pommes de terre par tranches, on les fit sécher au four après en avoir retiré le pain. Ces pommes de terre ainsi coupées se conservèrent parfaitement et pendant longtemps dans un lieu sec. Ces tranches, réduites en farine et mêlées à un tiers de farine de froment ou de seigle, fournirent un pain léger, savoureux et abondant. 20 kilog. 50 de pommes de terre, après avoir été séchés au four, ont été réduits à 5 kilog. 50 et donnèrent 1 kilog. et demi de farine.
- En 1789 (3), un fermier annonça qu’il avait employé 16 kilogrammes de pommes
- (1) Gazette du commerce.
- (2) Journal des connaissances nécessaires, par M. A. Chevallier; 1839.
- (3) Feuille du cultivateur, 1793.
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- de terre qui lui donnèrent 12 kilog. et demi de pâte avec 25 kilog. de méteil, dans la proportion de 16 kilog. et demi de froment pour 13 kilog. et demi de seigle ; ce qui produisit 42 kilog. et demi de pain et une économie d environ 5 kilog. de farine. Ce fermier reconnut que la perte de la pomme de terre était de 80 grammes par demi-kilogramme de pâte.
- En février 1791, une dame proposa le moyen suivant :
- On prend 2 kilog. de maïs, 2 kilog. et demi de pommes de terre cuites à l’eau; on écrase celles-ci encore toutes chaudes, et on les mêle avec la farine de maïs sans y ajouter de l’eau. On délaye un morceau de levain avec de l’eau chaude en quantité suffisante pour éclaircir la pâte. On verse cette eau sur la pâte, on la pétrit, on la laisse lever et on la met au four comme pour le pain ordinaire.
- Cette dame fait observer qu’on peut mettre 3 kilog. de pommes de terre contre 2 kil. de maïs.
- En 1793, un fermier du comté de Stafford dit avoir employé des pommes de terre à la place de pain en les mouillant légèrement avec du lait; il les a employées aussi à faire du pudding, et en a fait quelquefois des pâtés, etc., d’où il conclut que les pommes de terre peuvent être employées comme le pain.
- En novembre de la même année, M. Cadet de Vaux fit connaître qu’on était parvenu à faire du pain avec de la farine de pommes de terre seulement ; mais la pâte de ce pain très-blanc, nourrissant, et qui se conserve frais, a l’inconvénient, au four, de perdre son apprêt. Il dit aussi que les farines bises demandent une moins grande quan tité de farine de pommes de terre que les farines blanches ; il conseille, à ce sujet, de les faire cuire à la vapeur.
- Le même économiste, en décembre de la même année, annonça qu’il venait d’employer moitié de pommes de terre et moitié de froment.
- Il employa 3 kilog. de farine pour levain de première, 9 kilog. pour levain de tout point, et en mêla 5 kilog. avec la pomme de terre cuite, pelée et écrasée pour la pâte ; le kilogramme de farine restant fut employé pour manier et sécher la pâte.
- Dans le même mois de décembre, M. Aviat fît connaître qu’il y avait trois mois qu’il mangeait du pain mélangé de farine et de pommes de terre par moitié ; il dit que le pain de sarrasin par moitié est meilleur que le pain de blé fait avec du blé échauffé.
- 20 kilog. de froment mêlés à 20 kilog. de pommes de terre donnèrent environ 50 kilog. de bon pain à Jean Guillaume, dans ses observations faites en messidor 1794. L’auteur recommande surtout de laisser lever la pâte fortement, et remettre au four à deux fois.
- En 1795, M. Costel fit connaître le procédé suivant :
- Pour 25 kilog., on fait, le soir, un levain avec du levain de chef et la moitié de la farine et des pommes de terre, dans la proportion de 7 de farine avec 10 de pommes de terre, sans y employer d’eau. M. Costel dit que la farine absorbe l’eau des pommes de terre; le lendemain matin, on y ajoute le reste des pommes de terre et de la farine. Lorsque la pâte est bien tournée et divisée, on l’enfourne comme à l’ordinaire.
- Ce procédé ne peut être employé que pour la farine de froment ou d’orge.
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- On a proposé, à ce sujet, une machine de M. Mustel (1767). Cette machine consiste en deux cylindres de bois d’environ 32 centimètres de diamètre et 65 de longueur, posés horizontalement et parallèlement. On adapte une manivelle à l’extrémité et au centre d’un des deux cylindres. Le frottement qui résulte de sa rotation met en mouvement l’autre cylindre dans l’autre sens.
- Une espèce de trémie est placée au-dessus, on y met les pommes de terre, qui s’écrasent en passant entre les deux cylindres, et on obtient une purée très-fine et bonne à employer à faire le pain.
- En 1795, M. Ant.-Alexis Cadet de Vaux fit connaître la recette suivante pour fabriquer du pain de pommes de terre :
- On prend 12 kilog. de farine et 8 kilog. de pommes de terre; on délaye un levain de chef dans une quantité d’eau suffisante, on y introduit 2 kilog. de farine pris sur les 12 kilog.; on emploie l’eau froide en été, et tiède en hiver. Ceci fait, on délaye de nouveau ce levain et cette farine dans une quantité d’eau suffisante ; on y introduit 9 kil. de farine ; on emploie les deux tiers de la farine en levain, parce qu’il faut que le levain soit abondant et jeune en même temps. Cela fait, on pétrit ce levain avec h kilog. de farine restante et la pomme de terre écrasée d’après la méthode indiquée ci-dessus ; on ajoute alors deux cuillerées de sel dissous dans un peu d’eau, on pétrit en soulevant la pâte. La pâte doit être généralement ferme à cause de la grande quantité d’eau contes-nue dans la pomme de terre. On tourne le pain qu’on met sur une couche ; on enfourne à une température plus élevée que pour le pain ordinaire. On fait cuire les pommes de terre à la vapeur d’eau, on les pèle, on les écrase avec un rouleau ou à l’aide d’un moulin.
- 12 kilog. de farine en donnent 15 de pain, et 6 kilog. de pommes de terre 4 kilog. et demi.
- Toute autre farine que le bon froment, telle que celle de l’orge, du seigle, du sarrasin , de l’avoine, des pois, des fèves, gagne beaucoup à être mélangée avec la pomme de terre.
- Ce sont surtout les farines avariées que la pomme de terre améliore.
- Ce pain est économique, sain et bon, et se conserve frais assez longtemps.
- En 1795, Parmentier indiqua le procédé suivant pour faire du pain de pommes de terre :
- 12. kilog. et demi de farine de froment, de seigle ou d’orge ont été mis, le soir, avec le levain de la dernière fournée, délayé dans assez d’eau pour pouvoir en faire une pâte ferme qui est laissée pendant la nuit entière dans le pétrin. Le lendemain on mêle à cette pâte 12 kilog. et demi de pommes de terre préalablement cuites; on a soin de les mêler, chaudes, avec le levain; on met 60 grammes de sel et de l’eau pour le faire fondre. Ce mélange se fait au moyen d’un rouleau. Lorsque le travail est achevé, on fait, avec la pâte, des pains qui ne doivent pas peser plus de 2' kilog. On les met sur couche, on les enfourne, mais on doit avoir soin de moins chauffer le four et de les laisser plus longtemps.
- Le procédé consiste donc à n’employer la farine que mêlée au levain avant de la mêler
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- en parties égales avec les pommes de terre, à les mêler au moyen d’un rouleau sans avoir besoin de les peler, à diviser la pâte, à chauffer modérément le four et à n’enfourner la pâte que lorsqu’elle est bien divisée.
- On emploie la pomme de terre avec le froment, dit M. Coste (1), de manière à avoir une espèce de pain sans grumeaux. Le levain est préparé la veille, et on opère comme d’habitude. Il dit aussi qu’on peut la mêler avec le sarrasin, l’orge, le seigle et le blé de Turquie, le tout en parties égales, plus un peu de levure et du sel fondu dans l’eau. Il fait remarquer enfin que le pain de pommes de terre perdait, en cuisant, un huitième de plus que le pain ordinaire.
- En 1801, on employa des pommes de terre gelées : M. Berîhaud est le premier qui les fit réduire en farine et les introduisit pour un tiers dans un pain qui avait un très-lion goût (2).
- On employait (3) : froment, 22 kilog. et demi ; pommes de terre cuites et pelées ou non, 15 kil. ; sel, 64 gram. Le levain devait être délayé dans une quantité d’eau suffi santé. On y mettait 2 kilog. et demi de farine lorsque le levain était à l’apprêt; on le mouillait et on y joignait 19 kilog. de farine, en ayant soin de tenir la pâte ferme ; le kilogramme restant servait à sécher et malaxer la pâte qui, arrivée à un point de fermeté convenable, était additionnée de 15 kilog. de pommes de terre bien écrasées. On ajoutait le sel, puis on formait les pains de 2 kilog. chaque ; on enfournait et on les laissait plus longtemps que d’ordinaire dans le four.
- Le pain ainsi obtenu était assez bon et blanc.
- M. de Loys dit qu’il est bon de râper la pomme de terre à sec pour obtenir plus de farine.
- Les proportions sont d’un quart, un tiers , une demie , préparées la veille et mêlées avec la farine du levain.
- On fait aussi sécher et moudre les pommes de terre pour les mêler au pain.
- M. de Lasteyrie dit (4) que pour avoir une bonne farine de pommes de terre il faut avoir soin de leur enlever la matière qu’elles contiennent, matière qui est souvent très-âcre et qui pourrait quelquefois donner un mauvais goût au pain.
- M. Thierey (5), après avoir pelé la pomme de terre, la fait cuire par tranches dans l’eau et l’emploie dans la proportion de trois cinquièmes contre deux cinquièmes de blé. Ce mélange levé, il le fait cuire au four; la mie est blanche, la croûte dorée, le pain est assez bon et pourrait, étant durci, remplacer le biscuit de mer.
- On trouve dans le Traité pratique sur plusieurs objets de l’économie rurale et domestique, publié en 1817 (Paris, chez Demonville, rue Christine. 2), qu’un propriétaire fit cuire des fournées de pain dans lesquelles la pomme de terre, cuite a
- (ï) Leçons élémentaires, 10% an III de la république.
- (2) Bulletin de la Société d’encouragement, lra année, p. 196.
- (J) Comité d’agriculture de Lausanne, 1812.
- (4) Bulletin de la Société d’encouragement, 12e année (1813), p. 42.
- (5) Opuscules historiques et physiques; extrait de M. Sage, 1816,
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- l’eau, pelée, écrasée sous des rouleaux, fut employée pour moitié avec les farines de blé et d’orge. Ce mélange avait donné un bon pain.
- M. Versepuy dit qu’il employa la farine de pommes de terre à faire du pain dans proportion d’un quart à un cinquième avec la farine de blé (1).
- D’après cet auteur, M. d’Arcet était alors parvenu à donner aux pommes de terre la propriété de fermenter par l’addition de la gélatine animale qui devait remplacer le gluten.
- Dans le onzième volume du même journal, publié en 1830, on conseille, pour avoir une bonne farine de pommes de terre, de les laisser macérer entières lorsqu’elles ont été exposées sous la presse, et de les laver à plusieurs eaux, en ayant soin de changer l’eau trois ou quatre fois par jour.
- M. Mollerat, de la Côte-d’Or, dit qu’on peut faire entrer dans le pain dix centièmes de farine de pommes de terre (2).
- M. Lefèvre, de Strasbourg, prétendait faire du pain avec la pomme de terre seule réduite en farine (3).
- Une note de M. Chevallier constate que l’on emploie souvent la farine de pommes de terre avec la farine de froment pour faire le pain vendu par les boulangers (4).
- Un des concurrents pour le prix proposé par la Société d’encouragement pour la découverte d’un procédé propre à procurer à la fécule la propriété de donner un pain qui lève comme celui de farine de froment indiqua l’emploi de la pomme de terre réduite en pulpe pour donner un pain plus économique (5).
- On décrit, dans le Journal des connaissances usuelles, t. 24, 1836, un pain fait d’un tiers de farine de pommes de terre, ou d’avoine, de maïs, d’orge, et d’un tiers de farine de froment de bonne qualité. On recommande que la pâte de pommes de terre, quand il y a des pulpes en grande quantité, soit tenue plus ferme, et que, lorsqu’on l’enfourne, le four soit moins chaud que pour les autres pâtes.
- M. James dit que, pour que le rendement soit plus grand, il a soin, sur 14 kilog. de farine, de prendre 5 kilog. de la fleur, de les délayer dans 19 litres d’eau, d’y ajouter ensuite 52 à 57 litres d’eau pure tenue en ébullition pendant un quart d’heure plus ou moins, en remuant continuellement jusqu’à parfaite combinaison. Le liquide a alors la consistance d’un empois clair; on le passe dans un tamis, et, lorsqu’il a 22° 78 centig., on le mêle à la farine dans le pétrin à la place de l’eau ordinaire. Le pétrissage se fait à la main, mais on est obligé d’y ajouter un peu plus de sel, c’est-à-dire 384 grammes pour la quantité ci-dessus indiquée. Selon l’auteur, le pain est meilleur et donne un rendement plus grand, ce qui n’est pas étonnant, car il reste dans ce pain une plus grande quantité d’eau (6).
- (1) Journal des connaissances usuelles, t. 10.
- (2) Même Journal, t. 13, 1831.
- (3) Même Journal, t. 14.
- (4) Même Journal, l. 25, 1832.
- (5) Bulletin de la Société d’encouragement, 34° année (1835), p. 577.
- (6) Même Bulletin, 38e année (1839), p. 60.
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- Procédé de MM. Chevallier et Robine (1).
- Prenez : Fécule de pommes de terre bien préparée. . 6 kilog.
- Eau...........................................b
- Levain........................................h
- Farine de froment.............................4
- En somme, ce pain, bien préparé, bien pétri, est formé de 50 pour 100 de fécule. On peut y faire entrer 60, 70 et 80 pour 100 de fécule contre 40, 30 et 20 de farine. en variant les proportions de fécule ou de levain (2).
- MM. Chevallier et Robine disent aussi que les nombreux essais qui ont été tentés pour la fabrication du pain de pommes de terre se réduisent à trois moyens, qui son! les suivants : 1° peler des pommes de terre, les couper par rouelles, les laisser macérer dans l’eau, les faire sécher et les réduire en farine pour les faire entrer dans le pain : 2° faire cuire les pommes de terre à la vapeur, les diviser, les faire sécher et réduire en poudre pour être mêlées à la farine de froment ou de seigle ; 3° se servir des pommes de terre gelées pour en extraire, d’après les mêmes procédés un peu modifiés, une sorte de farine propre à faire du pain avec d’autre farine.
- MM. Chevallier et Robine ont (3) fait aussi connaître le prix de la fécule, de 1816 à 1835 (4).
- (1) Journal des connaissances usuelles, 1839.
- (2) Yoici ce que M. Desmortiers, alors procureur du roi, et M. Lamy, secrétaire des commandements de Mme Adélaïde, écrivaient sur le pain préparé par mon père :
- Monsieur, j’ai reçu les trois échantillons de pain que vous avez bien voulu m’adresser. Le premier, qui contient 50 pour 100 de fécule, est, selon moi, un pain meilleur que celui de boulanger. Le deuxième est également très-bon, ainsi que le troisième ; mais celui-ci se trouve avoir un goût de pommes de terre qui ne plairait peut-être pas à tout le inonde.
- Vous rendriez, je crois, un grand service à la société, si vous faisiez connaître au public le mode de manipulation.
- Permettez-moi d’ajouter à toutes mes autres demandes celle de vous prier de me dire où je pourrais faire faire une chaudière pour cuire les pommes de terre à la vapeur. Ayant déjà soixante têtes de bétail et devant en avoir cent soixante pour compléter ma ferme, il me faut un grand vase qui puisse contenir une très-grande quantité de pommes de terre et les cuire promptement. La fig. 3 de la pi. irf? de votre ouvrage me paraît fort simple.
- Desmortiers.
- Du parquet du tribunal de irc instance de la Seine.
- Paris, le î9 janvier 1839.
- Yoici la lettre de M. Lamy '
- Monsieur, je vous remercie de l’obligeante attention que vous avez eue de m’envoyer plusieurs pains faits en grande partie avec de la fécule ; le succès que vous avez obtenu est bien grand , puisque vous avez trouvé le moyen de nourrir la classe pauvre, en temps de disette , avec une substance alimentaire qui remplace la farine en grande partie et qui donne une nourriture saine et agréable ; recevez-en mes félicitations avec l’expression de mon ancien dévouement.
- Lamy.
- Paris, le 9 février 1839.
- (3) Mémoire sur la panification du froment et de la pomme de terre ; par MM. A. Chevallier et Robine.
- (4) D’après M. A. Chevallier, les approvisionnements en fécule pourraient sauver le pays des di-
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
- Prix de la fécule dans les années
- D’octobre 1816 à avril 1817,
- De mai à septembre 1817,
- De septembre 1817 à janvier 1818, De janvier 1818 à janvier 1819,
- de 22 à 52 fr. les 50 kiiog.
- de 24 à 45 de 23 à 25
- de 15, 17 et 20
- De 1819 à 1821, De 1821 à 1827, De 1827 à 1832, De 1832 à 1835,
- de 13 à 15 de 10 à 13
- de 12, 13 et 16 de 9 à 10
- 1839, le prix actuel de la fécule est de 15 fr. à 15 fr. 25.
- Celui des 318 livres de farine de première qualité est de 67 fr. 33.
- On trouve, sans nom d’auteur, la formule suivante dans le 17e volume du Journal des connaissances usuelles, p. 138.
- On prend 50 kilog. de pommes de terre bien lavées, on les râpe et on a soin de laver la pulpe jusqu’à ce que l’eau soit claire ; on laisse déposer la fécule, on décante, on la jette sur un linge tendu ; on en fait de même pour la pulpe du tubercule. D’un autre côté, on fait bouillir 2 litres d’orge germée dans 3 litres d’eau, on passe la décoction dont les deux tiers sont jetés sur la pulpe et la fécule ; on mélange le tout dans le pétrin avec plus de force que pour le pain ordinaire ; le troisième tiers d’orge reçoit, en dilution, 1 kilog. 5 hect. de levain frais n’ayant point d’odeur acide. Ce levain est alors mêlé avec la pulpe et la fécule ; dans cette pâte trop liquide, on ajoute un quart ou un tiers des 25 kilog. de farine de froment.
- La pâte étant battue, on laisse fermenter, puis on 'ajoute le reste des 25 kilog. et 3 liectog. 25 grammes de sel marin , ou, ce qui vaut mieux, de bicarbonate de soude ; on bat fortement la pâte qu’on laisse fermenter trois ou quatre heures selon la chaleur du fournil. La cuisson s’opère en trois ou trois heures et demie au plus; cette quantité, déduction faite de l’eau de végétation de pommes de terre, donne environ 70 kilog. de pain qui se conserve bien, ne sèche pas et a un goût agréable dans lequel on ne reconnaît pas la trace du parenchyme du tubercule.
- M. Bourdon d’Ayguisy, en 1840 (1), fit faire un levain avec 20 kilog. de pommes de terre pelées, coupées, puis passées à la passette de fer-blanc; après avoir tiré la partie aqueuse qu’elle contenait, on l’a remplacée par une deuxième quantité d’eau saturée avec 3 kilog. de petit son ou de recoupette. On a passé ce mélange comme on fait des purées; on a réuni les pommes de terre qui avaient la chaleur qu’endure la main (35 à 40° ) à une quantité de 17 kilog. de farine de seigle provenant des 50 kilog. annoncés dans la dépense, et, afin que la fermentation fût plus vive, on a ajouté 62 grammes de sel. Sept heures après, on a confectionné la pâte, et on l’a mêlée au fur et à mesure
- settes. Cetle opinion est basée sur ce qu’il est très-facile de conserver des amas de fécule qui n’est point attaquée par les insectes, par l’humidité, etc., et qu’il n’en est pas de même pour les farines.
- (1) Journal des connaissances usuelles, t. 28, 1840.
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- avec le levain, pour employer les 33 kilog. restants de farine de seigle et les 25 kilog. de farine de pommes de terre, le tout mêlé d une quantité d eau suffisante. Cette pâte est tenue un peu plus molle. On a obtenu quarante-deux pains de 1 kilog. 250 gram. et dix de 8 kilog. Les premiers ont demandé une heure et les autres une heure et demie de cuisson.
- M. Bourdon d’Àyguisy dit, autre part, qu’il introduit dans le pain jusqu’aux trois quarts de son poids les pommes de terre cuites ou crues (1).
- M. Porcheron a essayé de faire du pain mélangé avec de la pomme de terre. On a pris 6 kilog. de farine de blé, 1 kilog. 250 grammes de farine de pommes de terre ; chaque pain a été préparé séparément ; le levain de 2 kilog. a été mélangé avec la farine de blé d’abord, et ensuite on a réuni les deux pâtes (2).
- M. Porcheron a conseillé de ne pas mettre directement le levain avec la farine de pommes de terre, parce que ce contact direct fait tomber la pâte. On a obtenu dix pains pesant ensemble 14 kilog. 50.
- En 1844, MM. Voinchet et Porcheron ont fait des expériences sur le pain de pommes de terre. Nous allons faire connaître une partie du rapport de M. Delarue, de Dijon, qui en apprécie les résultats (3).
- « Les membres composant votre commission se sont réunis, le 29 janvier dernier, à deux heures après midi, chez M. Voinchet, rue des Forges; aussitôt cet habile boulanger, qui, nous ne craignons pas de le dire, a su faire de sa profession un art véritable , a préparé devant nous une pâte avec
- Farine bise....................... 2,500 grammes.
- Farine de pommes de terre. . . 250
- Hydrochlorate de soude. ... 15
- Eau. . ..........................2,035
- Total. . . . 4,800 grammes.
- « Le pétrissage, commencé à deux heures vingt minutes, a été terminé à deux heures quarante-deux minutes ; il a donc duré vingt-deux minutes. La pâte, pesant 4,800 gram., nous a présenté toutes les conditions d’un travail aussi parfait que possible ; elle a été mise à lever dans des paniers de forme ronde en contenant chacun 1 kilog. Votre rapporteur croit devoir vous faire observer ici que la pâte eût levé plus promptement et offert une masse plus homogène, si la fermentation eût été opérée en masse au lieu de l’être par division.
- « L’enfournement a eu lieu à quatre heures trente-huit minutes; le travail de la fermentation avait donc duré une heure cinquante-quatre minutes.
- « La cuisson a été déclarée achevée à cinq heures quarante-cinq minutes. Cette opération capitale, qui demande un soin particulier, a duré une heure neuf minutes ; le pain
- (1) Bulletin de la Société d’encouragement, 40e année (1841), p. 184.
- (2) Même Bulletin, 43° année (1844), p. 263,
- (3) Rapport de M. Delarue sur la fabrication du pain, de M. Voinchet, boulanger à Dijon; avril 1844. ( Extrait.)
- Quarante-septième année. Août 1848.
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
- cuit nous a paru bien confectionné, renflé, léger; il pesait. . 3,890 gram.
- « Perte au four............................................. 910
- ~4,800
- « Les pains provenant de cette opération ont été cachetés et scellés par vos commissaires, puis déposés dans le lieu ordinaire de vos séances ; et, cinquante-six jours après la fabrication, dont huit à la cave, le pain déposé sur votre bureau a été ouvert en votre présence : vous l’avez trouvé encore tendre, d’une saveur agréable, et n’ayant aucune trace de moisissures. Le pain qui vous a servi de terme de comparaison n’était pas fabriqué de farine bise seule ; il vous a paru moins blanc, plus sec, d’une saveur que plusieurs d’entre vous ont jugée moins agréable, et que d’autres ont jugée à peu près semblable. En somme, la conservation vous a paru moins complète que celle du pain Voinchet.
- « Jusqu’alors l’avantage du pain Voinchet est peu marqué, si ce n’est sous le rapport de la conservation ; mais, messieurs, il n’en sera plus de même lorsque vous saurez que 100 grammes de pain Voinchet et 100 grammes de pain bis ayant été mis à tremper dans une égale quantité d’eau bouillante, pendant le même temps, le pain Voinchet s’est promptement renflé, a donné tous les caractères d’une bonne soupe, tandis que le pain bis s’est converti en bouillie, et a laissé nager à la surface du liquide une partie des pellicules de son.
- « Nous allons maintenant considérer cette fabrication intéressante sous le point de vue économique ; nous prendrons pour base la fabrication du pain bis ordinaire.
- « 5 kilogram. de farine bise absorbant 3 kilogram, d’eau et donnant 8 kilogram. de pâte coûtent..............................................1 fr. 50
- « Et produisent 7 kilog. de pain à 24 centimes. . 1 68
- « Bénéfice, sans y comprendre les frais de fabrication. 18
- « Soit par kilogramme..................... 2 27“.
- « L’opération qui a été faite sous les yeux de votre commission a donné les résultats suivants :
- «Dépense.—2,500 gram. de farine bise h 30 cent, le kilog. . . fr. 75
- 250 gram. de farine de pommes de terre à 30 c. le kil, 8
- Total.......................... 83
- « Produit. — 3,890 grammes de pain à 24 cent, le kilog. ... 93
- Bénéfice................................. 10
- Soit, par kilogramme............................... 2 54 “.
- « Bénéfice économique sensible et amélioration de produit marqué.
- « Nous allons, messieurs, vous présenter des combinaisons de farines différentes qui ont produit du pain d’aussi bonne qualité, et dont vous avez pu juger par ceux qui ont été déposés sur votre bureau.
- « Première combinaison.
- 2,250 grammes, farine bise , à 30 cent, le kilog. ... 67
- 250 gram., farine de pommes de terre, à 30 cent. ... 8
- “ 75
- Ont donné 4,490 de pâte et 3,650 gram. de pain à 24 cent. . 87
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- m
- Bénéfice........................... 12
- Par kilogramme. . .................................3 28m.
- « Seconde combinaison. 1,500 farine bise, à 30 cent, le kilog. . 250 farine de pommes de terre, à 30 cent. 45 8
- 1,450 gram. eau absorbée, donnent.. 53
- 3,200 de pâte produisent 2,700 gram. de pain à 24 cent. . 64
- Bénéfice 11
- Soit par kilogramme 4 07“.
- « Troisième combinaison. 4,500 gram., farine bise, à 30 c. lekil. 300 gram. de farine de pommes de terre à 30 cent.. 1 35 15
- 4,500 gram., eau absorbée, donnent 1 50
- 9,500 gram. de pâte et 8,000 gram. de pain à 24 cent, le kilog. . 1 92
- Bénéfice 42
- Ou par kilogramme 5 25“.
- « En jetant un coup d’œil sur le résultat des opérations dont nous venons de rendre compte, il est facile de voir qu’en adoptant les proportions du dernier mélange il en résultera 1° une économie considérable dans la fabrication du pain bis, puisqu’elle est presque doublée ; 2° une amélioration sensible dans les produits.
- « Si maintenant nous descendons dans les détails de la fabrication, nous verrons que les résultats obtenus sont dus à la manipulation de la pâte, car chacun de vos commissaires a pu se convaincre qu’il est impossible de déployer plus de sagacité et d’intelligence, dans une opération de ce genre, que ne l’a fait M. Voinchet; 3° à la préparation toute particulière de la farine de pommes de terre de M. Porcheron. »
- A Bordeaux, on vient de faire des expériences pour la panification du maïs et des pommes de terre; ces deux substances, panifiées isolément, ont donné des résultats assez satisfaisants, mais le mélange complétait la réussite et la rendait parfaite. La proportion a été de 2 de maïs et 1 de pomme de terre ; la fermentation a été de quatre heures et demie. Le pain qui en provenait était convenablement levé, d’une saveur agréable et se maintenait frais plusieurs jours ; en un mot, il réunissait toutes les conditions et les
- qualités qui constituent le bon pain.
- Les proportions les plus convenables sont :
- Farine de froment.................................100
- Levain de bonne qualité............................60
- Maïs...............................................40
- Pommes de terre....................................20
- Ces dernières doivent être cuites à la vapeur d’eau, écrasées et réduites en pâte avant d’être mélangées.
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
- Farine de pommes de terre. ( Nouveau procédé.) (1)
- On commence à laver la pomme de terre au moyen d’un laveur mécanique ; de ce laveur elle est amenée dans un coupeur ou coupe-racine, qui la débite en tranches minces de 2 millimètres d’épaisseur environ. Ces dernières tombent dans un grand bac renfermant de l’eau saturée de chaux, afin de leur conserver toute leur blancheur en enlevant la partie jaunâtre qui recouvre leur surface dès qu’elles sont débitées. Après que ces tranches ont été suffisamment trempées dans cette eau saturée, on retire celle-ci et on la remplace immédiatement par de l’eau fraîche pour les laver de nouveau. Lorsqu’on a ainsi répété ce lavage plusieurs fois, on soumet ces tranches à un appareil de compression pour en exprimer la plus grande quantité d’eau avant de l’exposer à une dessiccation complète. Cette dernière opération, qui se fait dans une étuve chauffée par un calorifère, enlève à la pomme de terre toute l’eau qu’elle pourrait encore contenir, et produit ainsi de petites galettes très-sèches et très-minces, que l’on peut aisément moudre ensuite pour en obtenir de la belle farine.
- Pain de maïs (2).
- Plusieurs tentatives ont été faites pour procurer aux classes pauvres un pain économique ; pour cela, on a employé divers moyens et principalement celui d’un mélange de farine de maïs et de froment. Ce pain, en effet, serait préférable et de meilleure qualité que le pain bis; mais certaines précautions sont indispensables pour ne point compromettre la santé publique, ainsi que cela a eu lieu, il y a peu de temps, à Rouen, où plusieurs cas d’angine ont été constatés par les médecins de cette ville, qui ont assuré que cette maladie si répandue dans le peuple n’avait pas d’autre cause que la rancidité de la farine de maïs employée dans la panification.
- Il est constant, en effet, que la farine de maïs contient un grand nombre de parties oléagineuses qui tournent facilement au rance, que ce goût rance se communique au pain, lequel, en passant par le gosier, produit un picotement désagréable, et dont l’usage prolongé a pour résultat nécessaire de produire une irritation violente qui souvent dégénère en angine ; c’est là ce qui est arrivé à Rouen, et ce que nous venons de signaler d’après Y Impartial de Rouen.
- Ces faits n’auront point lieu si on emploie , comme on le fait généralement dans le Midi, où ce pain est d’un usage constant et journalier, de la farine de maïs fraîchement moulue, c’est-à-dire qu’elle ne soit pas moulue depuis plus d’une semaine , et alors on obtiendra un pain de bonne qualité, agréable au goût et nourrissant.
- (1) Union médicale, 1847.
- (2) Cet article semble sortir de notre cadre; mais, comme nous savons qu’il a été présenté à la Société d’encouragement du pain de maïs, nous avons cru pouvoir le joindre à nos notes sur le pain de pommes de terre.
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- Sur la carbonisation du bois par la vapeur d’eau suréchauffée ; par M. Yiollette.
- Dans la première partie de son mémoire, l’auteur, après avoir indiqué les diverses variétés de charbon, rend compte des recherches qu’il a faites pour déterminer les phénomènes successifs de la carbonisation en vase clos, et les effets de l’exposition du bois à divers degrés de température. Il a reconnu qu’à la température de 200 degrés le bois ne se carbonise pas; qu’à 250 degrés on n’obtient qu’un charbon incuit, autrement dit des brûlots; qu’à 300 degrés on forme le charbon roux, et qu’à 350 degrés et au delà l’opération donne invariablement du charbon noir. Le temps nécessaire à la carbonisation varie de trois heures a une demi-heure, et les produits ont passé progressivement et à volonté du charbon roux jusqu’au charbon noir. L’auteur examine le rendement en charbon qui est d’autant moindre que le carbonisation est plus avancée.
- MM. Thomas et Laurent ayant eu l’heureuse idée d’employer la vapeur suréchauffée à la revivification du noir animal, M. Violette a pensé qu’il était possible, par assimilation et analogie, d’étendre ce procédé à la carbonisation du bois. Il a trouvé dans ses premiers essais non-seulement une petite supériorité pour la force de la poudre préparée avec ce bois, mais un rendement beaucoup plus considérable en charbon. En conséquence, il a fait construire un appareil en grand propre à une fabrication courante. Dans cet appareil, la vapeur est fournie par un générateur ordinaire; elle passe dans un serpentin contourné en hélice. Le tube a 20 mètres de longueur; la vapeur suréchauffée par le feu du foyer en sort à une température déterminée, 300 degrés par exemple pour obtenir du charbon roux : elle enveloppe un cylindre horizontal qui renferme le bois, elle pénètre dans ce cylindre, échauffe le bois et en opère la carbonisation ; puis elle sort du cylindre chargée des produits de la distillation. Cet appareil fonctionne régulièrement depuis une année dans la poudrière d’Esquerdes, et alimente exclusivemen t et avec avantage la fabrication des poudres de chasse.
- L’auteur a retiré généralement en charbon de 33 à 37 pour 100 du bois, moyennement 35 pour 100, et 2 pour 100 de brûlots ; mais aucune partie de charbon noir. Le rendement a été parfois de plus de 39 pour 100 de charbon roux.
- Par les anciens procédés, on obtient moyennement 18 pour 100 de charbon roux et ik pour 100 de charbon noir. On voit par là que la proportion du charbon qu’on cherche à produire est deux fois plus grande par le nouveau procédé que par l’ancien. Il est aussi facile de produire du charbon noir en élevant la température de la vapeur au delà de 300 degrés. Le maintien de la vapeur dans des limites thermométriques déterminées, condition indispensable au succès de l’opération, s’obtient facilement par la manœuvre du robinet d’admission de la vapeur. Le prix de revient est également en faveur du nouveau procédé.
- Après avoir fait connaître combien la vapeur d’eau chauffée pourrait offrir d’utiles ressources à foutes les industries qui emploient la chaleur dans des limites.thermométriques comprises entre 100 et 500 degrés, entre autres pour la cuisson du pain, celle des aliments, l’extraction de l’acide pyroligneux, etc., l’auteur établit que la dessicca-
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
- tion du bois s’obtient par ce procédé avec la plus grande facilité. ( Acad, des sciences, 19 juin 1848. ) (1)
- ARTS CHIMIQUES.
- Procédé de préparation du chloroforme; par MM. Hurault et Laroque.
- Le chloroforme, dont l’emploi devient, chaque jour, plus fréquent dans la pratique chirurgicale, paraît aussi promettre à l’industrie diverses applications utiles. En effet, des corps tels que le caoutchouc, la gomme laque , la résine copal, qui résistent à presque tous les agents de dissolution , sont solubles en proportion notable dans le chloroforme. Il y aurait, par conséquent, intérêt à trouver, pour la préparation de ce produit, un procédé expéditif et peu coûteux. Yoici celui qui est indiqué par les auteurs.
- On prend 35 litres d’eau qu’on place dans le bain-marie d’un alambic; on porte cette eau à la température de 36 à 40 degrés ; puis on y délaye d’abord 5 litres de chaux vive préalablement délitée et 10 kilog. de chlorure de chaux du commerce. On y verse ensuite un litre et demi d’alcool à 85 degrés; puis, lorsque le mélange est opéré, on lute et on porte le plus promptement possible à l’ébullition l’eau de la cucurbite ; au bout de quelques minutes, le chapiteau s’échauffe, et, lorsque la chaleur a atteint l’extrémité du col, on ralentit le feu ; bientôt la distillation marche rapidement et se continue d’elle-même jusqu’à la fin de l’opération ; on sépare alors le chloroforme par les moyens ordinaires. Les liqueurs qui surnagent le chloroforme sont conservées pour une opération subséquente qu’on pratique immédiatement. Pour cela, on introduit de nouveau dans la cucurbite, sans rien enlever de ce qui s’y trouve, 10 litres d’eau, et, lorsque la température du liquide est revenue à 36 ou 40 degrés, on y ajoute 3 à 4 kilog. de chaux et 10 kilog. de chlorure. On délaye le tout avec soin, puis on verse la liqueur chloroformique de l’opération précédente additionnée d’un litre seulement d’alcool ; on agite et l’on termine l’opération de la manière indiquée ci-dessus.
- Le prix de revient du chloroforme ne s’élève pas au delà de 14 fr. le kilog. (Acad, des sciences, 17 janvier 1848.)
- ÉCONOMIE RURALE.
- Note sur h acclimatation du lama et autres animaux congénères, communiquée à la Société d’encouragement par M. Matthieu Bonafous, de Turin.
- S’il est vrai de dire, comme l’a exprimé M. Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire, au sein de l’Académie des sciences (2), que la naturalisation du lama, de l’alpaca, de la vigogne. dans quelques parties bien choisies de l’Europe et notamment dans les Alpes et
- (1) MM. Thomas et Laurent ont employé', en grand et avec succès, la vapeur suréchauffée à la carbonisation du bois.
- (2) Voyez les comptes rendus de l’Académie des sciences du 18 octobre 1847.
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- notices industrielles.
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- les Pyrénées, serait une œuvre digne d’un gouvernement, aussi bien par les difficultés à surmonter dans une telle entreprise que par sa haute importance, la Société d’encouragement anprendra, je l’espère, avec quelque intérêt, que dans une excursion agronomique, toute récente, que j ai faite aux Pays-Bas, j ai pu croire que le vœu de M. Geoffroy-Saint-Hilaire, déjà annoncé par Buffon au siècle dernier, se trouvait en voie assurée de réalisation. Le roi de Hollande, persuadé des avantages agricoles et industriels que la domestication de ces animaux offrirait aux populations européennes, a établi aux portes de la Haye, dans un parc situé sur la route de Scheveningen, un troupeau d’essai, composé, à l’époque où je le visitai, de trente-quatre individus, dont une douzaine de lamas mâles et femelles, une vingtaine d’alpacas des deux sexes et deux vigognes femelles. Les premiers types de ce troupeau provinrent des Andes par l’Angleterre, d’où ils furent importés, il y a quatre ans. Depuis lors, non-seulement les lamas ont multiplié sous le climat de la Hollande, aussi naturellement que dans les Cordillères, sans éprouver aucune maladie, mais les alpacas femelles et les vigognes , ces dernières n’ayant point de mâles, se sont unis avec les lamas ou avec les alpacas indifféremment, et ont donné, les uns comme les autres, des rejetons qui ont tous prospéré, hormis ceux des vigognes qu’une mort accidentelle a soustraits des troupeaux. — La portée de tous ces animaux, d’après l’observation du régisseur des domaines royaux, serait très-ap-proximativement de onze mois, ce que personne n’avait encore constaté. Ils ne reçoivent d’autre nourriture que l’herbe de la prairie où ils paissent en toute liberté. En hiver, on leur jette du foin sec et parfois un peu d’avoine ou du menu grain quelconque. Ils s’abreuvent d’eau pure que l’on a la précaution de blanchir de temps à autre avec un peu de son, en hiver seulement. La rivalité des mâles entre eux, à l’égard des femelles, est souvent assez furieuse pour qu’on soit obligé de renfermer une partie du troupeau. Ces quadrupèdes, au pelage noir, fauve, blanc ou mélangé, témoignent habituellement leur satisfaction par le claquement réitéré de leurs mâchoires, et leur mauvaise humeur par un crachement continuel les uns contre les autres ou contre les personnes qui les contrarient. Ils vivent en plein air, jour et nuit, en toute saison et par tous les temps, ne s’abritant guère que lorsque le temps est couvert de neige sous une toiture mise à leur disposition.
- De ces trois sortes d’animaux, les alpacas paraissent fournir le meilleur lainage.
- Si donc le lama, l’alpaca, la vigogne vivent, se propagent et prospèrent sans obstacle sous le ciel brumeux et dans les plaines de la Hollande, n’est-on pas en droit d’affirmer que l’acclimatation de ces animaux, sur les Alpes ou les Pyrénées, présente des chances indubitables de succès (1)?
- (i) Yovez une note sur l’acclimatation du lama , de la vigogne et de l’alpaca, par M. Castelnau, Bulletin de janvier 1848, p. 29.
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- PROCÈS-VERBAUX.
- Extrait des procès-verbaux des séances du conseil d’administration de la Société
- d’encouragement.
- Séance du 2 août 1848.
- Correspondance. Il est donné lecture de la lettre suivante adressée au président de la Société d’encouragement, par M. Breton, fabricant de papier à Pont-de-Claix, près Grenoble, contenant des observations relatives à l'Exposé de la situation de l’industrie française considérée dans l’intérêt de tous les travailleurs.
- Pont-de-Claix, près Grenoble, le 25 juillet 1848.
- Monsieur le président,
- Au commencement du cahier de juin du Bulletin est un exposé de la situation de l’industrie française préparé par une commission pour être soumis à l’Assemblée nationale. Cet exposé contient beaucoup de vues parfaitement justes et très-importantes, mais il contient aussi ( page 8 ) une indication évidemment inexacte. Le nombre d’ouvriers adonnés aux diverses professions autres que l’agriculture est évalué à 17 millions, hommes, femmes ou enfants. Ce serait donc à dire environ la moitié de la population totale de la France !...
- Je n’ai pas et je ne sais où prendre une statistique exacte de la population ouvrière de la France ; peut-être n’existe-t-elle pas. Il serait alors bien important que le gouvernement fît faire ce travail ; et ce serait bien facile, au moyen des contrôles de la garde nationale dans chaque commune. La garde nationale ne comprend que les hommes, et même pas absolument tous; mais le reste de la population est proportionnel.
- On s’exagère énormément le nombre des ouvriers d’industrie. Les calculs de ce genre, faits ordinairement à Paris, subissent, à l’insu de leurs auteurs, l’influence de Paris. Voici un aperçu sommaire pour le département de l’Isère. Ce département peut être pris, je crois, comme une moyenne de la France sous le rapport industriel ; il est agricole, sans doute, mais il a aussi les industries des gants, des toiles, des fers, des draps, du papier, des filatures, des tissages, etc. Voici mon évaluation ( je prends mes chiffres dans l’Annuaire du commerce et de l’industrie, almanach des 500,000 adresses) :
- Le département de l’Isère renferme, en tout, 573,645 habitants.
- Les villes et bourgs du département où il y a un peu d’industrie sont :
- Ci-contre 51,867
- Grenoble. . 24,888 Bourgoin. . 3,762
- La Mure.. 2,785 Crémieux. . 2,000
- Vizille. . 2,750 Pont-de-Beauvoisin. . 2,139
- Voiron. . 6,924 Bourg-d’Oisans. 3,052
- Saint-Marcellin. . 2,775 Allevard. . 2,690
- Rives. 2,114 Vienne. 14,079
- Tullins. . 3,807 Beaurepaire. 2,138
- Vinay. . 3,490 La Côte-Saint-André. 4,568
- La Tour-du-Pin. . 2,334 St. - J ean-de-Bournay. 3,392
- 51,867 Total. 89,687
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- PROCÈS-VERBAUX.
- 483
- Soit, dans les villes et bourgs, moins d un sixième de la totalité. Plus des cinq sixièmes habitent les campagnes et sont à peu près exclusivement agriculteurs.
- Dans le sixième qui habite les villes et bourgs, un quart environ seulement se compose d’ouvriers d’industrie. Les trois autres quarts sont des patrons d industrie, des négociants ou petits marchands, des médecins, des magistrats, des militaires, des hommes d’affaires, des étudiants, des rentiers, etc., et encore beaucoup d’agriculteurs dans les bourgs, qui compensent largement les ouvriers industriels des campagnes.
- Ainsi la population ouvrière proprement dite, hommes, femmes et enfants, ne forme que le quart environ du sixième, soit un vingt-quatrième de la totalité. Ce doit être à peu près la proportion générale pour toute la France. Quelques départements sont plus industriels que celui de l’Isère, mais beaucoup le sont moins.
- Si maintenant on ajoute que, sur la population ouvrière de la France formant environ un vingt-quatrième de la totalité, la moitié, au moins, vit, ordinairement, passablement de son travail, on reconnaîtra qu’en temps ordinaire un quarante-huitième seulement de la population souffre, se plaint, et demande des réformes et une organisation factice. Et c’est ce quarante-huitième ( environ 2 pour 100 ) qu’on appelle les masses ! c’est pour cette minime fraction qu’on sacrifierait les magnifiques résultats obtenus jusqu’à présent de l’organisation sociale actuelle, malgré ses imperfections !... Qu’on y regarde donc à deux fois avant de se lancer dans le bouleversement, et surtout qu’on commence par compter ; qu’on sache combien il y a en France d’ouvriers industriels. Un élément aussi important des calculs sociaux ne devrait pas manquer plus longtemps.
- La Société d’encouragement est convenablement placée pour demander au gouvernement de faire faire le compte des ouvriers industriels ; pour moi je crois qu’on trouvera à peu près les proportions suivantes :
- Agriculteurs............................82 j
- Professions diverses non industrielles. . 14 î 100
- Ouvriers industriels.................... 4 )
- Cet aperçu fût-il erroné, la proportion des ouvriers industriels fût-elle double, triple même, il en résulterait toujours la certitude qu’en France l’agriculture occupe la grande masse de la population, et que c’est vers l’agriculture surtout qu’il faut tourner les principaux efforts d’amélioration. Le nombre des ouvriers agriculteurs étant beaucoup plus grand que celui des ouvriers des autres industries, la moindre amélioration du sort des plus nombreux, le moindre mouvement d’attraction établi par là vers l’agricul-culture fera plus pour le bien-être de tous que les plus grandes mesures prises dans un autre sens. Les travailleurs attirés ou retenus par l'agriculture cesseront de la déserter, comme ils font depuis longtemps, pour se jeter dans les autres industries où ils surabondent. Bientôt viendra un moment où ces industries n’auront plus trop de bras ; alors la grande question de Y organisation du travail sera bien facile à résoudre, ou mieux elle sera toute résolue ; résolue au fond bien plus complètement que par tous les moyens directs d’améliorer le sort des ouvriers industriels ( les seuls dont on s’occupe). Qu’on emploie en même temps ces moyens, c’est bien, mais qu’on ne s’en tienne pas Quarante-septième année. Août 18-48. 63
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- là, ou l’on n’aura rien fait; le nombre des ouvriers industriels s’accroîtra de nouveau au-dessus des besoins, et ce serait à recommencer.
- La prospérité de l’agriculture augmentera la production non-seulement des objets qui servent à la nourriture de l’homme, mais aussi des matériaux de presque toutes les autres industries, chanvre, lin, coton, laine, soie, peaux, bois, charbon, matières colorantes, etc., etc. ; tout enfin, excepté les métaux et les autres minéraux, qui même ne peuvent pas s’exploiter sans le secours de l’agriculture. L’agriculture étant plus productive , les travailleurs agriculteurs, qui sont de beaucoup les plus nombreux, non-seulement auront une meilleure nourriture, mais encore ils pourront payer et consommer plus de produits industriels, vêtements, meubles, voitures, habitations confortables, etc. Ainsi les autres industries recevront de l’agriculture plus de matériaux et plus de demandes d’objets ouvrés ; d’où redoublement d’activité industrielle, augmentation de toutes les consommations et du bien-être de tous.
- D’autre part, l’agriculture appelant ou retenant plus de travailleurs et donnant lieu à plus de commandes d’objets ouvrés, dont elle fournira les matériaux, les bras pourront manquer dans les industries manufacturières; alors se trouvera résolue, au fond, la question de l’emploi des machines dans l’industrie. Actuellement l’emploi d’une machine nouvelle, bon en théorie, est souvent un mal en pratique immédiate , parce qu’elle prive de travail un certain nombre d’ouvriers. Quand les matériaux et les commandes surabonderont, la création de toute nouvelle machine sera un bien en pratique immédiate aussi bien qu’en théorie.
- La Société d’encouragement a compris que le moment était venu de placer enfin l’agriculture au premier rang des industries qui méritent sa sollicitude ; elle a mis au concours, cette année, une longue série de prix agricoles ; elle persévérera sans doute dans cette voie ; mais il manque à l’agriculture un puissant moyen de production et de progrès , c’est le capital mobile, un capital suffisant, ou le crédit. On ne comprend pas que le sol, le plus sûr, le plus fixe de tous les gages, ne jouisse que d’un crédit onéreux et très-limité. Heureusement on s’occupe de la banque hypothécaire, institution demandée et attendue avec ardeur par tous ceux qui comprennent la situation et l’importance de notre agriculture, par tous ceux qui sentent que là est la solution pacifique de presque toutes les questions sociales. Mais, pour apprécier toute l’importance de l’agriculture, il faut être éclairé sur le nombre de Français qu’elle occupe.
- Je finis donc, monsieur le président, comme j’ai commencé , en vous priant d’user de toute l’influence de la Société d’encouragement pour obtenir que le gouvernement fasse compter, au moins approximativement, le nombre des ouvriers industriels, hommes, femmes et enfants, et le nombre des agriculteurs , aussi hommes. femmes et enfants.
- Recevez, monsieur le président, mes salutations respectueuses.
- Signé Paul Breton.
- M. Costaz, après quelques observations sur les difficultés de l’établissement des banques locales, fait ressortir les progrès de l’agriculture, qui sont tels aujourd’hui, qu’ils suffisent à l’alimentation de la population de la France.
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- M. Thêod. Olivier est loin de nier les progrès de notre agriculture; mais ils ne sont pas comparables à ceux faits dans d’autres pays. En parlant des caisses hypothécaires, il fait voir qu’il ne s’agit pas seulement d’imiter celles qui prospèrent à l’étranger, mais de modifier leur organisation, pour mieux les approprier a nos lois et a nos usages.
- M. le président pense qu’il serait utile d’attendre le rapport de la commission qui sera chargée de rendre compte de la communication de M. Breton, pour ouvrir une discussion.
- M. de Colmont exprime le désir que cette discussion continue sur les questions importantes traitées dans la lettre : les caisses hypothécaires et la méthode adoptée dans l’exposé, pour établir le nombre des ouvriers de l’industrie et ceux de l’agriculture.
- Sur l’observation de M. le président, que les faits consignés dans la lettre de M. Breton méritent d’être étudiés, M. de Colmont ne donne pas suite à sa demande.
- M. le président de la chambre de commerce du département du Yar, en réponse à une circulaire de M. le président, recommande à la bienveillance de la Société d’encouragement M. Pierre Fouques et M. Regnier, lieutenant de vaisseau en retraite.
- M. Fouques est inventeur d’un système de double gouvernail de rechange applicable tant aux bâtiments de guerre qu’aux navires de commerce.
- M. Regnier est auteur 1° d’un meilleur capon à échappement, 2° d’une poulie de capon à échappement, 3° d’un mât de hune à clef brisée, 4° d’un stopeur à linguet et à fourche, 5° d’un stopeur à double linguet et à queue pour chaîne de mouillage, 6° d’un organeau pour ancre de bossoir, 7° d’une mèche en fer pour gouvernail.
- M. Allard , à Metz, en sollicitant l’examen d’un four à cuire le pain chauffé par la houille, dépose le dessin et la description de ce four, ainsi que le procès-verbal des expériences faites à Metz. Il résulte d’un certificat délivré à M. Allard qu’en quarante-cinq minutes une fournée de 125 kilogr., composée de pains du poids de î kilogr. et demi chacun, et qu’en une heure une fournée de 100 kilogrammes, composée de pains du poids de 3 kilog. chacun, ont été parfaitement cuites; le pain étant sans odeur et la croûte aussi belle que si la cuite avait été faite avec du bois ; que pour la première fournée il a été employé 30 kilog. de houille et pour la seconde 23 kil. 650 gr. ; enfin que le système de four est très-simple et bien combiné.
- M. Autier, médecin à Amiens, adresse, pour faire suite à sa précédente communication, trois échantillons de teinture rouge sur soie et de deux autres sur coton : ils doivent leur couleur à la fleur écarlate de la monarde.
- Objets présentés. M. Glaizot, rue des Saussaies, 10, soumet à l’approbation de la Société un instrument qu’il croit propre à rendre d’utiles services dans l’opération du nivellement.
- M. Alfred de Montebello, ancien député , rue Laffitte, 17, présente un système de locomotive destinée spécialement au transport des marchandises sur les routes ordinaires; il joint à sa demande un mémoire descriptif et les dessins de son système.
- M. Péant, rue Baillet, 5, appelle l’attention de la Société sur un système de placage en verre contre les effets pernicieux du salpêtre et de l’humidité.
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- M. Péligot annonce qu’il vient de faire l’application de ce système au Conservatoire des arts et métiers, ainsi que de la peinture au blanc de zinc de M. Leclaire.
- Les ouvrages suivants sont déposés sur le bureau :
- 1° Société académique de Saint-Quentin, — Annales agricoles, scientifiques, industrielles du département de l’Aisne, 2e série, t. 5, 1847;
- 2° Société centrale des ingénieurs civils fondée le 4 mars 1848, n° 1,—Compte rendu des mois de mars, avril et mai 1848 ;
- 3° Annales des ponts et chaussées, janvier et février 1848 ;
- 4° Le Technologiste, publié sous la direction de MM. Malpeyre et Ch. Vasserot, avril 1848;
- 5° Moniteur industriel des 20, 23, 27 et 30 juillet;
- 6° De l’intervention de l’Etat dans les industries insalubres, par M. Ad. Bobière, à Nantes ;
- 7° Projet de loi sur l’instruction primaire, soumis à la Société pour l’instruction élémentaire par l’un des présidents honoraires de la Société, sur la demande du conseil d’administration ( séance du 8 mars 1848 ) ;
- 8° Bulletin des séances de la Société nationale et centrale d’agriculture, par M. Payen, secrétaire perpétuel, 2e série, t. 4 ;
- 9° Mémoires d’agriculture, d’économie rurale et domestique publiés par la Société centrale d’agriculture, année 1847, 2e partie;
- 10° Annales de la Société d’horticulture, juillet 1848;
- 11° Bulletin de la Société pour l’instruction élémentaire, juillet 1848;
- 12° Annales de Vagriculture française, juillet 1848 ;
- 13° Belgique industrielle des 20, 23, 27 et 30 juillet;
- 14° Moyens de préparer l’organisation du travail par le développement des institutions de crédit, par M. Chautrat;
- 15° Introduction de l’art dans les étoffes par les procédés de M. Despréaux, ingénieur civil.
- Bapports des comités. M. Jomard rend compte d’une méthode pour enseigner spontanément l’arithmétique aux enfants, par M. Jules Bourget.
- L’auteur, voulant faciliter l’étude de l’arithmétique et croyant la simplifier, propose de faire usage d’un certain nombre d’anneaux en métal ou autres matières, de tringles-colonnes , de baguettes et de cartons de divers genres, au moyen desquels on apprendrait à faire les opérations. Les anneaux sont au nombre de mille à deux mille ; il faut cinquante cartons divisés en cinq séries. M. Bourget appelle ces anneaux des corps arithmoides; il les emploie concurremment avec les nombres écrits.
- M. Jomard pense que l’auteur a raison de recommander l’emploi des signes matériels ; mais cette idée est loin d’être nouvelle, et c’est à tort qu’il cherche à diminuer le travail de l’intelligence de l’élève. En substituant au travail de la pensée un calcul manuel d’objets matériels, c’est nuire à la faculté d’abstraction, faculté qu’il faut, au contraire, faire naître et développer.
- M. Jomard propose de remercier l’auteur de sa communication. ( Approuvé. )
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- Au nom des comités réunis des arts mécaniques et des arts économiques, M. Sil-vestre lit un rapport sur un nouveau mécanisme de chapeaux pliants inventé par M. Rouget de Liste.
- Les comités pensent que 1 auteur a rendu un très-utile service à la chapellerie mécanique , et ils proposent de le remercier de sa communication et d’insérer le rapport dans le Bulletin avec la figure du nouveau mécanisme. ( Approuvé. ) ( Voy. plus haut, p. 460. )
- Communications. M. Ormières entretient le conseil de ses nouveaux travaux pour le traitement de l’orseille.
- M. le président, en le remerciant de sa communication, l’invite à rédiger une note qui sera transmise au comité des arts chimiques.
- M. le président appelle l’attention du comité d’agriculture sur le rapport qu’il a été chargé de faire au sujet du mode d’assèchement, des terres appelé drainage.
- M. Huzard annonce que le comité a délibéré sur les différents modes d’assèchement des terres ; qu’il est convaincu des avantages que présente cette opération au moyen des tuyaux en terre cuite; mais que, avant de faire son rapport, le comité a désiré s’entourer de tous les documents ; des meilleures machines à confectionner les tuyaux d’une manière simple et économique ; des applications qui ont été faites de ce système, soit en Angleterre, soit en France, et des résultats obtenus.
- Le comité d’agriculture soumettra prochainement au conseil les moyens qu’il juge les plus convenables pour propager cette méthode.
- M. Huzard fait part au conseil d’un projet de banques agricoles présenté au ministre de l’agriculture et du commerce par la Société nationale et centrale d’agriculture. Il expose en peu de mots les bases de ce projet, qui consiste à créer des cédules hypothécaires portant intérêt, et dont la garantie serait le sol lui-même et non les propriétés bâties. Les banques prêteraient jusqu’à concurrence de la moitié de la valeur des terres. Ce système mettrait fin aux prêts hypothécaires et aux frais qu’ils entraînent.
- M. de Çolmont expose l’état de la législation et entre dans des considérations sur les avantages qui résulteraient d’utiles modifications à y introduire, sans se dissimuler les difficultés que présente la solution de cette question.
- Après une discussion, le conseil arrête qu’une commission spéciale formée de la commission des fonds et des comités d’agriculture et du commerce sera chargée d’étudier les questions de banques agricoles.
- Sur la demande de M. le président, il sera demandé à la Société centrale d’agriculture communication de son projet de banques agricoles. La commission est autorisée à appeler dans son sein les personnes ét^ngères à la Société, et que leurs études et leurs fonctions rendent aptes à traiter ces importantes questions.
- Séance du 16 août 1848.
- Correspondance. M. Bourbon-Leblanc, rue du Dragon, 3, rappelle qu’en 1841 la Société a fait insérer dans son Bulletin un rapport favorable sur la fonte française traitée par lui, de manière à ce qu’elle pût produire des instruments tranchants et conton-
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- dants. Les commissaires de la Société avaient pensé queM. Bourbon-Leblanc aurait rendu un service important à l’industrie, si les résultats obtenus en leur présence, au creuset, se reproduisaient en grand.
- M. Bourbon-Leblanc annonce que l’expérience faite sur 500 kilog. d’une même coulée, au haut fourneau de MM. Colas, à Montier-sur-Saux, a répondu à son attente. Il cite ses travaux sur un cuivre spécial inaltérable à l’air libre et qui représente, d’après la base donnée, les nuances de l’or jaune , de l’or vert et de l’or rouge du commerce, tant intérieurement qu’extérieurement, sans vernis ou couleurs superposées.
- M. Bourbon-Leblanc expose les titres qu’il croit avoir aux récompenses de la Société, non en raison du mérite de ses travaux, mais en considération de la persévérance qu’il a mise à poursuivre la carrière que la Société lui a ouverte.
- M. Burleigh, à Londres, ayant pris connaissance de la communication faite par M. Louis Vilmorin, relative à des cheminées de lampes en verre bleu, fait observer qu’il ignore si M. Vilmorin fait partir sa découverte d’une idée originale, ou si, ayant lu la spécification qui accompagne le brevet pris par lui en 1846 pour cet objet, il en a fait usage (1).
- M. Burleigh demande que la Société veuille bien faire droit à sa réclamation de priorité.
- M. Saniewski, réfugié polonais, aux Batignolles, désirant prendre part au concours ouvert par la Société pour la conservation des fruits, signale , afin de prendre date, la farine comme propre à atteindre le but que la Société s’est proposé.
- M. Guinier, rue de Grenelle-Saint-IIonoré, 35, appelle l’attention de la Société sur les moyens qu’il croit les plus propres à faire renaître le crédit.
- M. J. Girardin, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen, en réponse à la circulaire de M. le président, au nom de la Société d’encouragement, transmet le rapport qu’une commission spéciale a présenté à l’Académie pour répondre aux diverses questions contenues dans cette circulaire.
- L’Académie de Rouen a sanctionné les trois propositions de ce rapport, et elle les soumet aux délibérations de la Société d’encouragement.
- M. Péligot, secrétaire, donne lecture 1° des extraits de ce rapport, duquel il résulte que l’Académie de Rouen appelle l’attention de la Société d’encouragement sur les Sociétés de secours mutuels entre les ouvriers; 2° sur les travaux de M. Philippe, en galvanoplastie, comme dignes des récompenses de la Société; 3° sur M. Larchevêque, employé depuis cinquante-deux ans dans l’établissement de M. Fauquet, à Bolbec, et qui est digne de prendre part à la distribution des médailles destinées aux contre-maîtres.
- L’Académie recevra avec intérêt les commurqg^tions que la Société d’encouragement voudra bien lui adresser, et elle s’empressera d’y répondre ; elle exprime le désir d’obtenir, par voie d’échange, les diverses publications de la Société.
- Sur la proposition de M. le président, le conseil vote des remercîments à l’Académie
- (l) Cette spécification est publiée dans le London journal of arts, avril 1847 , p. 195. Un brevet d’importation, pour le même objet, a été pris en France par M. Burleigh, le 7 novembre 1846.
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- de Rouen pour le rapport d’un haut intérêt qu elle a transmis en réponse aux demandes de la Société ; ce rapport est renvoyé à la commission spéciale.
- M. Lebrun directeur de l’école d’arts et métiers de Châlons-sur-Marne, adresse le tableau des notes et du résultat des examens du 1er septembre de l’année scolaire 1847 à 1848, concernant les élèves nommés sur la présentation de la Société d’encouragement.
- M. Ch. Albert, à Schiltigheim, près Strasbourg, en rappelant les titres qu’il a acquis à la bienveillance de la Société, la prie de vouloir bien appuyer une demande qu’il adresse au ministre de l’instruction publique pour l’admission gratuite de son fds au lycée de Strasbourg.
- Objets présentés. M. Bussy, membre du conseil, présente, de la part de iM. Jules Alliot, pharmacien à Orléans, un flacon contenant de la présure liquide incorruptible.
- M. Stahl, employé au laboratoire de moulage du jardin des plantes sous la direction de M. le professeur Blainville, soumet au jugement de la Société une découverte faite par lui et à laquelle ses applications nombreuses à l’art du mouleur donnent, suivant lui, une grande importance, en permettant de reproduire avec la plus minutieuse exactitude les moindres détails des préparations anatomiques. Ce but, qui jusqu’à présent n’avait point été atteint, l’est par l’application du chlorure de zinc sur les pièces. Ce procédé est destiné aussi à rendre de grands services pour le moulage des objets d’art.
- M. Vasseur, rue de Grenelle-Saint-Germain, 85, appelle l’attention de la Société sur des perfectionnements apportés par lui aux règles ou étalons linéaires et superficiels ; il présente une règle ou un étalon invariable en pierre connue sous le nom de pierre d’aiguilles, et qui se trouve dans l’arrondissement de Mirecourt ( Vosges ). Son grain est très-serré. Elle a la pesanteur spécifique du marbre le plus dense. Indépendamment des diverses applications de son étalon, M. Vasseur le fait servir à rectifier les règles que l’on emploie dans le dressage des meules de moulins.
- M. Montenot, à Coutevroust, canton de Crécy (Seine-et-Marne), présente une sellette perfectionnée pour l’attelage des chevaux limoniers ; cette sellette diffère de celles en usage en ce que la partie qui supporte la dossière est pourvue de cinq rouleaux mobiles en fonte sur lesquels roule la dossière.
- M. Chevallier, membre du conseil, dépose, de la part de M. E. Vincent, un paquet cacheté renfermant la description de procédés de préparation d’une nouvelle matière plastique.
- Le dépôt est accepté.
- Les ouvrages suivants sont déposés sur le bureau :
- 1° Annales de l’agriculture française, août 1848 ;
- 2° Journal des économistes, n° 85, août 1848 ;
- 3° La Belgique industrielle des 3, 6, 10 et 13 août 1848 ;
- 4° Le Moniteur industriel des mêmes jours;
- 5° Lettre adressée aux présidents des associations agricoles et aux membres correspondants de la Société centrale d’agriculture pour obtenir des renseignements sur le produit des récoltes par hectare.
- M. Combes & remarqué, dans la deuxième livraison de 1848 du Musée de l’industrie
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- publié par M. Jobard, une note sur les effets nuisibles, pour la végétation, des émanations des fabriques de produits chimiques, par MM. Braconnot et Simonin. M. Combes donne lecture de plusieurs passages de cette note, qui se recommande par des faits qu’il serait utile de consigner dans le Bulletin.
- M. le président fait observer qu’en Angleterre on a proposé plusieurs moyens de se débarrasser des vapeurs délétères provenant des fabriques d’acides ; qu’on a élevé les cheminées de ces usines, mais que ces moyens ayant été reconnus souvent inefficaces, on a condensé les vapeurs dans des tuyaux par de l’eau tombant en pluie.
- Après une discussion à laquelle ont pris part plusieurs membres du conseil, M. Combes signale un mode d’absorption des vapeurs nuisibles par une pluie artificielle qui, se précipitant dans le sens de la direction de la fumée, sert en même temps à activer le tirage.
- M. Combes est invité à rédiger, sur cet objet, une note qui sera insérée au Bulletin.
- Rapports des comités. Au nom du comité des arts chimiques, M. Bussy lit un rapport sur une demande de secours adressée à la Société par M. le maire de Soissons, en faveur de madame veuve Courtois.
- Ce rapport est renvoyé à la commission des fonds.
- Au nom du même comité, M..Chevallier lit un rapport sur une matière propre à graisser les machines et sur un mastic destiné à remplacer le mastic au minium employé pour luter les joints d’assemblage des machines à vapeur, présenté par M. Serbat.
- Le comité propose de remercier l’auteur de sa communication et d’insérer le rapport dans le Bulletin. ( Approuvé. )
- Au nom du comité des arts chimiques, M. Péligot lit, pour M. Ebelmen, un rapport sur le procédé de M. Fournier, relatif à la marbrure du verre et des pâtes céramiques.
- Le comité propose de remercier l’auteur de sa communication et d’insérer le rapport dans le Bulletin. ( Approuvé. )
- Communications. M. Baude donne lecture d’une note sur le système des ponts cintrés en planches superposées.
- Après avoir entendu M. Gourlier sur l’ouvrage de M. le colonel Emy, qui avait appliqué le même système à la construction de la charpente de la couverture du manège de Libourne, et qui est décrit p. 150 de la 30e année du Bulletin, le conseil, par l’organe de M. le président, remercie M. Baude de sa communication, qui est renvoyée à la commission du Bulletin.
- IMPRIMERIE DE M“* Ve BOUCHARD-HUZARD, RUE DE L’ÉPERON, 5.
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- LISTE, PAR ORDRE MÉTHODIQUE DES MATIÈRES,
- DES BREVETS D’INVENTION ET DE PERFECTIONNEMENT
- délivrés en France pendant l’année 1847,
- acide sulfurique.
- 1. M. Schneider, de Bruxelles; appareil propre à fabriquer et concentrer l’acide sulfurique et à produire des composés nouveaux, (i i juin. — i5 ans.)
- 2. MM. Prélier et comp., à Paris; mode de fabrication de l’acide sulfurique fumant, dit de Saxe. ( 3 août. — i5 ans. )
- 3. M. Fouché-Lepelletier, à Javelle (Seine) ; perfectionnements dans la fabrication de l’acide sulfurique et moyen de remplacer le plomb, dans la confection des appareils , par le grès , le verre, etc. ( 8 novembre. — 15 ans. )
- AÉROSTAT.
- 4- M. Daulremepuis, à Pont-à-Bucv (Aisne) ; machine propre à diriger les aérostats. (16 sep» tembre, — i5 ans. )
- AGRAFES.
- 5. M. d'Huicque, à Paris ; anneau-agrafe pour rideaux, tentures et autres usages (26 mai. — 15 ans. )
- 6. M. Hachin , à Paris ; attache dite l’inoi-sible, propre à divers usages. (9 juin. — i5 ans. )
- 7. M. D arche , à Paris; mode d’attache de boutons et autres bijoux. (28 juillet.—15 ans.)
- 8. M. TVeyn, à Paris ; patte-agrafe servant à la fermeture des étuis à chapeau et des cartons en général. ( 6 août. — 15 ans. )
- 9. Mademoiselle Constant, à Paris ; disposition d’agrafes et portes pour robes et corsets. ( 23 septembre. — 15 ans. )
- AIGUILLES.
- 10. M. Bedmgton , de Birmingham , en An-
- ALLAITEMENT.
- 11. M. Libault, à Paris ; nouveau genre de biberon. ( 12 juillet. — i5 ans.)
- 12. M. Perroncel, à Paris ; genre de biberon dit biberon-sein. (21 juillet. —> i5 ans. )
- ALLIAGES MÉTALLIQUES.
- 13. M. Stirling, à Paris; perfectionnements dans certains alliages et composés métalliques, et méthode de les souder. (8 janvier. — i3 ans. )
- i4- MM. Lyons et Millward, de Birmingham , en Angleterre ; perfectionnements dans les alliages des métaux et dans leur superposition. ( 3o septembre. — i4 ans. )
- 15. M. Richer , à l’Aigle (Orne); diverses combinaisons et divers alliages métalliques remplaçant l’or, l’argent et autres métaux. (16 septembre. — i5 ans. )
- 16. M. Sonnais , à Paris; composition d’un nétal blanc dit argent anglais. ( 11 octobre. —
- 15 ans. )
- ALLUMETTES.
- 17. M. Normand, à Paris; machine propre à fendre les allumettes. ( 4 janvier. — i5 ans.)
- 18. M. Lanacastels, à Paris ; machine à fabriquer des allumettes rondes. ( 29 janvier. —
- 16 ans. )
- 19. M. Teissèdre , à Belleville (Seine) ; machine propre à la fabrication des allumettes chimiques. ( 20 février. — i5 ans. )
- 20. M. Duvinage , à Paris ; procédés de fabrication d’allumettes cylindriques , plates et rondes sur les rives. ( 29 avril. — i5 ans. )
- 21. M. Dion et demoiselle S autan, à Paris; allumettes métalliques. ( 17 mai.— i5 ans.)
- 22. M. Sckloss , à Paris ; genre d’allumettes
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- gleterre ; machine propre à faire la pointe aux aiguilles. (25 septembre. — i5 ans. )
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- dit pyro-pipe ou pyro-cigare. (27 juillet. — i5 ans. )
- ALUN.
- 23. M. Peigné , à Paris ; fabrication de l’alun par l’action directe de l’ammoniaque ou des sels ammoniacaux sur les sulfates de fer et d’alumine. (21 août.— i5 ans.)
- AMMONIAQUE.
- 24. M. Hills , de Deptford ( Angleterre ) ; perfectionnement dans la préparation de l’ammoniaque et de ses composés volatils. ( 3 avril.
- — 13 ans. )
- ANCRES.
- 25. M. Maccarthy, de Londres; perfectionnements dans la construction des ancres. ( 6 mai. — 13 ans. )
- ANIMAUX NUISIBLES (DESTRUCTION DES).
- 26 M. Roth , à Strasbourg (Bas-Rliin); fabrication d’une pâte pbospborée destinée à la destruction des animaux nuisibles, ( 29 novembre. — i5 ans. )
- APPRET.
- 27. M. Roche, à Lyon; application du blanc de baleine à l’apprêt des tissus et feutres. ( 2 3 novembre. — 1 5 ans. )
- ARDOISES.
- 28. M. Bazin, à Paris ; machine propre à tailler les ardoises. (6 mai. —- i5 ans. )
- ARGENTURE.
- 29. M. Projet, à Paris ; procédés d’argenture. ( 18 mars. — 10 ans. )
- 30. M. Prudhomme . à Paris; procédés d’argenture par application chimique. (26 mars.
- — i5 ans. )
- 31. M. Hugues, à Paris; application de l’argenture aux sacoches. ( 21 avril. — i5 ans.)
- 32. M. Bouteiller , à Paris; procédés d’argenture sur métaux pour le fer, et pour la brosse d’acier, fer, etc. ( 1 4 octobre. —- 15 ans.)
- ARMES A FEU.
- 33. AL Loron , à Versailles ; système de fusil à percussion dit fus il Loron. (4 janvier. — i5 ans. )
- 34. M. Bessières, à Paris; fusil à cliien-amorçoir et à platine simplifiée. ( 9 mars. — î 5 ans. )
- 35. MM. Geoelot et Lemaire , à Paris ; capsules ou amorces pour armes à feu. (27 mars. — 1 5 ans. )
- 36. M. Ador , à Paris ; application , à toute espèce d’armes à feu , de guerre ou de chasse , et bouches à feu , de pistons ou de projectiles rainés et de filets projectiles de toute dimension. ( i3 mars.— i5 ans. )
- 37. MAL Marconnet et Michalon , à Saint-Etienne ( Loire); perfectionnements à l’invention brevetée de Michalon pour les fusils à percussion intérieure. ( 23 avril. — i5ans. )
- 38. M. Mattey , à Paris ; perfectionnements aux armes à feu à batterie , ayant pour but de prévenir les accidents. ( 24 avril. — i5 ans. )
- 3q. M. Gastinne-Renette. à Paris; système de pistolets à capsules. ( 8 mai. — i5 ans. )
- 40. M. Régnier , à Paris; perfectionnements apportés aux armes à feu. ( 3i mai. — i5 ans.)
- 41. M. Roux , à Bordeaux ; système de sûreté appliqué à la chambre et à la cheminée du fusil de chasse. ( 12 juin. — i5 ans. )
- 42. M. Lemaire , à Paris; nouveau système de fusil. ( 7 juillet. — i5 ans. )
- 43. MAL Manceaux et Vieillard, à Paris; bouchon à obturateur destiné aux armes rayées à tige concentrique. ( i5 juillet. — i5 ans. )
- 44. AL Vauchelet, à Amiens ( Somme); système destiné à servir de monte-ressort, tournevis, clef pour démonter la cheminée des armes à feu. { 28 juillet. — i5 ans. )
- 45. AI. de Bourcier, à Bathlemont, commune de Samt-Medard ( Aleurthe) ; lusils à double percussion , avec cartouches à cheminée intérieure. (28 octobre. — i5 ans.)
- 46. AI. Chciudun , à Paris ; dispositions applicables aux armes a teu et aux cartouches. ( 9 décembre. — 15 ans. )
- 47. AI. Jaeger, de Vienne en Autriche; perfectionnement aux armes à feu. ( 18 décembre. — 15 ans. )
- ASSAINISSEMENT.
- 48. AI. Boulogne , à Valenciennes ( Nord ) ; assainissement des localités humides et salpê-trées. (2 mars. — 5 ans. )
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- BAINS.
- 49- M. Saintuyat , à Paris ; appaieil poi tarif pour bains de vapeur. ( 5 octobre. — 15 ans. )
- balais.
- 50. M. Preste , à Paris ; nouveau genre de
- balai. ( 3 avril. — ans. ) balances.
- 51. M .Béranger, à Lyon ; bascule en l’air ou romaine décimale et centésimale, ( 2 sep— tembre. — i5 ans. )
- 5a. M. Valette, à Paris; appareil de pesage. ( 16 octobre. 15 ans. )
- 53. M. Lenoir, à Paris; instrument de pesage, dit ciiomètre, propre à faire connaître le poids d’un hectolitre de grain par la pesée d’un échantillon donné. ( 7 décembre. — i5 ans. )
- 54. M. Pooley , de Londres ; perfectionnements aux machines-bascules, ponts à bascule, grues, etc., appliqués au pesage. (21 décembre.
- — i4 ans. )
- baleine.
- 55. M. Dionis, à Paris ; machine à fendre la baleine. ( 29 janvier. — i5 ans. )
- 56. M. Morize, à Paris ; procédé de montage par compression de la baleine, pour parapluies , ombrelles, corsets , etc. ( 19 mars. — i5 ans. )
- 57. M. Bicheron , à Paris ; préparation de la baleine refoulée, moulée avec des reliefs. ( 21 décembre. — i5 ans. )
- bandages.
- 58. M. Regnier , à Besançon ; bandage contentif, préservatif et hypogastrique. (9 avril.
- — 1 5 ans. )
- 5g. M. Rouault, à Paris ; système de bandages doubles et simples. ( 24 mai. — i5 ans. )
- 60. M. Phelps , de Boston , en Amérique; bandages perfectionnés pour les cas de chute de matrice , ainsi que ceux de faiblesse abdominale. ( i5 juin. — i5 ans. )
- 61. M. Girod , à Ecueille (Indre) ; bandage herniaire universel. ( 10 juin. — i5 ans.)
- 62. M. Dizi, de Londres; nouveau bandage herniaire. ( J3 août. — i5 ans. )
- 63. M. Prunier, à Paris; application, aux bandages de toute espèce, de pelotes mobiles ou immobiles dites à soupape. ( 18 novembre.
- — i5 ans. )
- 64. M. Béchard , à Paris ; genre de ceinture pour dames, dite hypogastrique. (7 décembre.
- — i5 ans. )
- BAT.
- 65. M. Mourre , à Luc ( Var) ; bât et barde ronde , pour charger à bât les bardes rondes. ( 26 janvier. «— i5 ans. )
- BATEAUX.
- 66. M. Hoare et TVood, à Paris ; système de bateau pouvant servir à tous les usages des bateaux à vapeur et à voiles. ( 12 mars. — i5 ans. )
- 67. M. Gold, de Cornwall , en Amérique ; perfectionnements dans la manière de fabriquer et de fixer les roues des bateaux à vapeur, afin d’augmenter la puissance et d’accélérer la marche du bateau. (2 juin. — i5 ans. )
- 68. M. Clément Desormes, à Lyon ; bateau à grappin, à vapeur. ( i5 août. — i5 ans. )
- 69. Le meme ; bateau remorqueur. ( 11 septembre. — 10 ans. )
- 70. M. Handcock, de Londres ; système de construction des roues des bateaux à vapeur. ( 2 novembre. — i 5 ans. )
- BÉLIER.
- 71. M. P essieux , à Avignon ; perfectionnement à l’invention du sieur Clément , brevetée le 28 décembre 1844» pour un bélier tranchant et perforant, ( 4 mai. — i5 ans. )
- BETES A LAINE.
- 72. M. P roux, à Levet (Cher); paravent destiné au pacage des bêtes à laine. ( 4 septembre. — i5 ans. )
- BETTERAVES.
- 73. MM. Pruaost, Coudroy et comp. , à Dorignies (Nord); machine destinée à l’extraction du jus de la betterave. ( i3 novembre.
- — 10 ans. )
- BIÈRE.
- 74- M. Després, à Paris ; procédés de fabrication de la bière. (26 février. — i5 ans. )
- 75. M. Fessière , à Strasbourg ; appareil ré-
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- Ingérant pour la fabrication de la bière. ( 12 mai. — i5 ans. )
- 76. M. Ipsen, à Paris ; application des pommes de terre à la fabrication de la bière. (2 juin.
- — i5 ans. )
- 77. M. Doucet, à Metz (Moselle) ; système de brasserie à la vapeur. ( i4 juin. — 10 ans. )
- 78. M. Botta, à la Rochelle (Charente-Inférieure ) ; perfectionnements apportés dans les moyens et procédés de fabrication de la bière. ( 29 novembre. — i5 ans. )
- BIJOUTERIE.
- 79. M. Lelong-Burnct, à Paris ; machine propre à tailler les facettes des pierres fines ou fausses, roses ou brillants. (i3 avril.— i5 ans.)
- 80. M. Tiaffay, à Paris ; système de moulage et d’impression des perles en métal. (21 juin. — i5 ans. )
- 81. M. Bouchon, à Paris; procédé propre à changer la couleur des pierres fines. ( 18 août.
- — i5 ans. )
- 82. MM. Essique et Delamarre , à Paris ; machine propre à arrondir et facetter les perles métalliques. ( 19 août. — i5 ans. )
- 83. M. Chevreteau, à Paris ; système mécanique qui permet de grandir et rapetisser à volonté les bracelets et autres bijoux. ( 11 septembre.
- — i5 ans. )
- 84- M. Gaudard , à Paris ; machine propre à arrondir et facetter les perles. (20 septembre.
- — j 5 ans. )
- 85. MM. Lonzième et Birlet, à Paris; système d’enchâssement des baguettes ou tubes en émail, pierre ou verre , sur or , argent, etc. , pour bijoux. (7 octobre. — i5 ans. )
- 86. M. Dafrique, à Paris ; genre de camée dit camée animé. ( 1 1 octobre. — i5 ans. )
- 87. M. Lemire , à Paris ; composition de pierres précieuses artificielles, telles que la malachite , l’agate avec toutes ses variantes. ( 18 octobre. — i5 ans. )
- 88. M. Hugoulin, à Paris ; disposition de bijou dit tube-oreille. ( 29 octobre. — i5 ans. )
- 89. M. Grippon, à Paris ; système complet de fabrication des perles d’acier dites grenats,
- cuivre ou autres métaux , par procédés mécaniques. (6 novembre. — i5 ans. )
- 90. M. Desquibes, à Paris ; application d’une préparation chimique à la coloration des métaux, tels qu’or, argent, etc., à l’usage de la bijouterie et de la joaillerie. ( 7 décembre. — i5 ans. )
- BILLARDS.
- 91. MM. Rabatel et Barrat, â Lyon ; application du caoutchouc indilatable, dit volcanisé, aux bandes de billard. (3 février. — i5 ans. )
- 92. M. S0lier , à Lyon ; nouveau genre de billard. ( 20 février. — i5 ans. )
- 93. M. Daud, à Paris ; bandes métalliques élastiques de billard. ( 19 avril. — i5 ans. )
- 94. Le meme ; bandes métalliques élastiques de billard, construites en fils de fer en spirale. ( 7 septembre. — 15 ans. )
- 96. M. Beauvais, à Nanterre (Seine); système de billard dit billes Beauvais. (22 avril.
- — i5 ans. )
- 96. M. Martinet, à Paris ; système de fabrication mécanique de queues de billard et autres objets relatifs à cette fabrication. (9 juin.
- — i5 ans. )
- 97. M. Larenoncule, à Paris; billard trimo-gyre à blouses tournantes. (3i août. — x5 ans.)
- bitume.
- 98. M. Nutf, à Paris ; asphalte artificiel inaltérable dit asphalte Nutf. ( 7 juillet. — i5 ans. )
- 99. M. Martin, à Besançon ; appareil à distillation continue des schistes bitumineux et matières bitumineuses et essentielles à l’état solide. (18 octobre.—15 ans.)
- 100. M. Chalon, à Batignolles ( Seine ); emploi de l’asphalte en roche dans son état naturel à tous les travaux pour lesquels on emploie les mastics bitumineux. ( 2 novembre. — 15 ans.)
- BLANCHIMENT.
- 101. Mademoiselle Mercier, à Paris; perfectionnements dans les appareils et procédés relatifs aux lessivage, lavage et séchage du linge, ainsi qu’à d’autres usages. ( 24 février. —
- 15 ans,)
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- 102. M. Clere, à Bordeaux; machine dite blanchisseur mécanique, propre au blanchissage du linge, etc. (3 juin.—i5 ans.)
- 103. M. Montai, à Clermont (Puy-de-Dôme); appareil destiné à une blanchisserie conseiva-trice. (g juillet. — i5 ans.)
- 104. MM. Bouillon et Moyne, à Paris; procédés et appareils propres aux lessivage et blanchissage du linge. (12 juillet. i5 ans.)
- 105. MM- Dutemple de Beaujeu et Suret, à Paris ; application mécanique du frottement des liquides au lavage du linge et des tissus en fil de toute espèce. ( 1 i août. — 15 ans.)
- 106. M- Moreau, à Paris ; apprêt propre au blanchissage du linge et des étoffes blanches, et en général de tout ce que l’on nomme, dans le commerce, le blanc, (i 1 octobre. — 5 ans.)
- 107. M. Gaudry, à Rouen; appareil de blanchiment. (17 décembre.—10 ans.)
- 108. M. Tremeau-Monlesson, à Paris ; système de machine à laver le linge. ( 18 décembre.—15 ans.)
- BLEU.
- 109. M. Durand, à Lyon; bleu d’outremer en liqueur pour l’azurage du papier, des toiles de coton et du linge. ( 5 octobre. —15 ans.)
- ito. MM. Vernier Roux et Balois, à Dole ( Jura ) ; système de composition de bleu pour l’azurage du linge. (i5 décembre.— i5 ans.)
- 111. M. Saint-Quentin, à Paris; moyens et procédés de fabrication d’un genre de bleu dit bleu de Saint- Quentin. (31 décembre.—-1 5 ans.)
- BOIS.
- 112. MM. Brochard e t Ti7ait eau , à Paris; procédés propres à la conservation des bois et autres substances végétales. (19 janvier, — i5 ans.)
- 113. M. Garand, à Paris ; machine propre à débiter le bois et autres substances en feuilles minces et continues sur de grandes largeurs.
- ( 15 février. — 1 5 ans.)
- 114. M. Soulier, à Paris; machine propre à travailler le bois. (26 février.— i5 ans.)
- 115. M. Fournier Caillot, à Paris; coloration et conservation des bois. ( 2 mars. —
- 15 ans.)
- 116. M. Lafolie, à Paris; perfectionnement? aux piocedés propres à la conservation et à la coloration des bois. (10 mars.—15 ans.)
- 117. M. I achouzm , a Orléans ( Loiret ) ; fourneau destiné à la carbonisation des bois de toute espèce à vase clos, pour la fabrication des produits chimiques. (27 avril.—10 ans.)
- 118. M. TVetlerslaedl , à Paris; méthode et procédés propres à préserver les bois de l’altération et les métaux de l’oxydation. (20 mai. — i3 ans.)
- 1 19. M. Giberton, à Paris; procédés propres à la conservation des bois. ( 11 septembre. — i5 ans.)
- 120. M. Truy, à Paris; machine dite récepteur à double puissance, propre à faire pénétrer les bois par des liquides colorés ou autres.
- ( 9 novembre. —15 ans.)
- 12 1. M. Gouillard aîné, à Paris ; machine à faire le placage continu en coupant le bois en grume sur sa circonférence au moyen d’un couteau pour certains bois et d’une scie pour quelques autres. (29 novembre. — 15 ans.)
- 122. MM. Audiffrcn et Salin, à Marseille; machine à fendre le bois, dite le fendeur. (2 décembre.—15 ans.)
- 123. Madame Millochau , à Paris ; appareil propre à la carbonisation du bois. ( 16 décembre.— 15 ans.)
- 124. M. Cox, de Londres; moyen pour préparer et conserver les bois, tuiles, briques et autres substances. (17 décembre. — 14 ans.)
- BOISSONS.
- I2Ô. M. Labatut, à Paris ; appareil dit ky-draulicum, propre à comprimer les boissons. (5 avril.—1 5 ans.)
- 126. Mademoiselle Chaumont, h Paris; confection d’une nouvelle boisson dite boisson égyptienne. (6 avril. —15 ans.)
- 127. M. Meclclenburg, à Marseille; appareil propre au débit des boissons rafraîchissantes et gazeuses. (7 juin. — 10 ans.)
- 128. M, Crosse, de Londres; perfectionnement dans la manière de traiter les liquides susceptibles de fermentation et autres pour en
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- extraire ou précipiter les matières impures, (io juin. —14 ans.)
- 129. M. Billard, à Paris; perfectionnements à l’invention de MM. Dehouve et TVarrant, brevetée le 3 octobre 1846, pour un appareil destiné à mélanger l’eau avec l’absinthe, ledit perfectionnement consistant en un changement radical au système breveté et désigné sous le nom <5l hydrabsinthogène. (6 août.—16 ans.)
- j3o. M. Hochgesangt, à Paris; liqueur dite liqueur tunisienne. (17 août.— 1 5 ans.)
- 131. M. Mollier, à Fontainebleau (Seine-et-Marne ) ; boisson gazeuse dite orangine mousseuse des Arabes. (18 août. —i5 ans.)
- 182. M. Lecocq, à Paris; composition d’une boisson gazeuse. (7 octobre. — ï5 ans.)
- BOÎTES.
- 133. M. Mi/leriot , à Paris; disposition de fermeture de boîtes à lait et perfectionnements apportés dans la construction de ces boîtes. (25 février.—15 ans.)
- 134. M. Martin de Lignac, à Paris; disposition de boîtes à conserve dites boites à cercle. (19 mai.—15 ans.)
- 135. M. Huard, à Paris; fermeture de boîtes à lait et de tous les vases en général. (1 x août. —15 ans.)
- bonneterie.
- 136. M. Chainbaud, à Pai’is ; perfectionnements aux métiers à bas oi’dinaires. (29 janvier. —15 ans )
- x37. M. Bajot, de Turin; métier à bas perfectionné. (3o mars.—15 ans.)
- x38. M. Delarothière, à Paris; application de la mécanique du métier à chaîne au métier à cueille ment pour obtenir des articles de bonneterie à carreaux et autres. ( i3 octobre. — 15 ans.)
- 139. MM. Couturat et Frérot , à Troyes ( Aube); mécanisme dit brodeur mécanique, adapté aux métiers à faire des bas dits métiers français. (2 décembre. — j5 ans.)
- BOUCHAGE.
- 140. M. Fau,, à Bordeaux; système de bouchage à caDSule renforcée, applicable aux bou-
- teilles, aux bocaux et aux vases en général. (18 mai.— i 5 ans.)
- 14T - M. Cor ni Hier., à Nantes ( Loire-Inférieure); procédé propre à boucher dans le vide, après aspiration , les boîtes et flacons employés à la conservation des substances alimentaires. (16 juin. — i5 ans.)
- 142. M. Desaint, à Epernay (Marne); agrafe propre à la fermeture des bouteilles. ( 27 juillet.—15 ans.)
- 143. M. Geoffroy, à Belley (Ain); machine dite presse portative, propre à boucher les bouteilles. (6 août.—15 ans.)
- 144* M. Lebailly, à Paris ; appareil propre à fermer à clef les bouteilles, terrines, bocaux, etc. (18 août.— 15 ans.)
- 145. MM. Sorel et de Saint-Pol , à Paris ; perfectionnements dans les procédés de bouchage des vases. (6 novembre. —15 ans.)
- BOUCHONS.
- 146. MM. Barbier et Dubuisson, à Châlons-sur-Marne ; machine à amollir les bouchons à sec. (3o mars.—15 ans.)
- x47- M. Coré, à Pai’is; appai’eil dit bouchon-tube , propre à la prépai’ation et à la distribution des liquides. (3 mai. —15 ans.)
- i48. M. Massiquot, à Paris; système de machines appliquées à la fabrication des bouchons. (27 octobre. — x5 ans.)
- BOUCLES.
- x49- M. Dufaure, à Paris; boucle à levier. (21 janvier.—i5 ans.)
- 150. MM. Leroy, Thibault et comp., à Paris; crochet-boucle fermé pour la ceinture des daines. (19 avril. —15 ans.)
- 151. M. Thiriet, à Raucourt ( Ardennes ) ; coulant de boucle en métal. (28 juin. —15 ans.)
- 152. M. Mignot, à Pai’is; boucles de jarre-tières, de bretelles et ceintures , dites boucles Font anges. (ier juillet. —15 ans.)
- 153. M. Frantz, à Paris; boucle dite boucle excentrique Frantz. (4 septembre. —15 ans.)
- i54- M. Boucher, à Paris; boucle sans ardillons. (29 septembre.—15 ans.)
- 155. M. Desmoulins, à Pai’is; genre de bon-
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- cle à douille formant charnière. ( 12 octobre. —i5 ans.)
- i56. Madame veuve Deslandes, à Paris; boucles de gants et de bretelles. ( 17 décembre. —15 ans.)
- BOUGIE.
- lô'j. ?d. Fournier, à Marseille; système de moulage des bougies stéariques. ( i3 avril. — 10 ans.)
- 158. M. Bonnesœur, à Paris ; procédés propres à la fabrication de la bougie et des cierges, (j mai. —>5 ans.)
- i5g. M. Châtelain, à Neuilly (Seine); procédés d’ornementation des cierges, bougies, etc. et spécialement des bougies stéariques. ( 1 3 août. — 15 ans.)
- 160. M. Binet, à Paris ; perfectionnements apportés à la fabrication des bougies et des chandelles. (24 août. - i5 ans.)
- BOULONS.
- 161. M. Chabrol, à Limoges (Haute-Vienne); boulon à T destiné à remplacer les boulons employés pour monter les bois de lit. (6 janvier.— 5 ans.)
- BOURSES.
- 162. M. Poallain, à Paris ; double cadre à fermoir destiné à remplacer les bourses à recevoir la monnaie. >'27 mars. —15 ans.)
- BOUTEILLES.
- 163. MM. Canneaux , Pedley et T ho ni, à Paris; genre de bouteilles dites segmentâtes, pour les vins de Champagne et autres liquides gazeux. (8 mars. —15 ans.)
- 164. M. Dias, à Bordeaux ( Gironde ) ; système d’enveloppe pour bouteilles et flacons de toutes dimensions. (i5 juillet. — 10 ans.)
- 165. M. Dupais, à Paris; garnitures de bouteilles. (19 août.—15 ans.)
- 166. M. Thomas, à Combes (Somme); genre de bouteille ménagère économique. (5 octobre.—u5 ans.)
- BOUTONS.
- 167. M. Joulin, à Paris; genre de boutons et de boutonnières métalliques et outils servant à les poser. (27 janvier.—15 ans.)
- 168. M. Mottet, à Paris; machine propre à
- fabriquer les boutons de porcelaine ou autres matières analogues réduites en poudre et susceptibles de cuisson. (24 mai.—15 ans.)
- 169. M. Frion, à Melun ( Seine et-Marne ) ; bouton dit à spirale, pouvant se poser et se retirer sans endommager l’étoffe. ( 20 août.— i5 ans )
- 170. MM. Barth et Lamontagne , à Paris; perfectionnements apportés à un genre de boutons de bretelles. (8 décembre.—15 ans.;
- bretelles.
- 171. M. Huet, à Rouen ; tissu plissé en gomme élastique servant à l’usage des bretelles, jarretières on tout autre emploi. ( 22 mars. — i5 ans.)
- 172. M. Boneau, à Rouen; système de chasse pour tisser les bretelles. (21 décembre. — i5 ans.)
- BRIQUES.
- 173. M. Leprince , à Paris : machine propre à fabriquer des briques , tuiles , carreaux , etc. (20 janvier. —15 ans.)
- 174. M. Legros, à Paris; perfectionnements dans les machines propres à mouler, par la pression, les briques, tuiles, carreaux et autres objets de terre cuite, de toutes formes et de toutes dimensions. (3 mars. — 15 ans.)
- 1 75. M. Testa, au Havre (Seine-Inférieure); procédé de cuisson de la brique à feu continu et par superposition. (i5 mars, — i5 ans.)
- 176. Le meme et Triqact; perfectionnements dans les machines à mouler les briques et autres objets en terre cuite de toutes formes et de toutes dimensions. (17 juin.-. i5 ans.)
- 1-7. M. d’Artois, à Paris; perfectionnements à une machine propre à fabriquer les briques et les tuiles. (10 avril. —15 ans.)
- 178. M. 1 ’hihaud, à Paris ; procédé de fabrication des briques historiées et à dessins polychromes, pour les pavés et revêtements. (1 0 juin. — 1 5 ans.)
- 1 79. M. Roudier, à Vaugirard (Seine); machine propre à rebattre les briques, carreaux , etc. (18 août. — ï5 ans.)
- 180. M. Castinel, à Marseille; machine à découper les briques. (22 octobre.—15 ans.)
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- ï8x. MM. Mottereau et Lefevre, à la Villette ( Seine ) ; machine propre à rebattre les briques, carreaux, etc. ( 18 août. —15 ans.)
- 182. M. Lambour, de Bruxelles; machine propre à faire les briques. (28 octobre. — i5ans.)
- 183. M. Berteau , à Versailles ( Seine-et-Oise); fabrication de briques de construction de murs à palisser sans attache et sans treillage. (24 décembre. - i5 ans.)
- BRIQUET.
- 184. M. François, à Paris; divers systèmes de briquets-bougeoirs. (17 mars.—15 ans.)
- 185. M. TVaidéek, à Strasbourg; briquet d’optique. (11 mai.—15 ans.)
- 186. M. Fusse, à Paris; briquet tournant à rotation directe. (3o décembre. —15 ans.)
- BRODERIE.
- 187. M. Dusauloy, à Paris; application aux pantalons façonnés de rayures ou écossais brodés au crochet, etc. (20 avril. —15 ans.)
- 188. Madame Maire, à Paris; genre de broderie dit application broderie Angleterre, consistant dans l’application de la mousseline, de la batiste ou de toute autre étoffe sur tulle ou autres tissus. (22 avril.—15 ans.)
- 189. M. Gaillard, à Paris; application de broderies perfectionnées à divers objets d’habillements d’hommes et d’enfants. (14 août.— i5 ans.)
- 190. M. Torcapel-Touroude, à Caen ( Calvados) ; genre de broderie sur tulle-coton. (6 septembre.—15 ans.)
- 191. M. Monvigmer, à Paris: crochet à broder. (10 septembre.—15 ans.)
- 192. M. Picaud dit Guéraud, à Paris; système de machine propre à coudre et à broder sur toute espèce de tissu suivant les contours et les dessins désirables, ladite machine également propre à la broderie des gants. ( i3 novembre. —15 ans.)
- 193. M. Labouriau , à Paris; genre de broderie d’application. (27 novembre. —i5 ans.)
- 194. M. Barbe, à Nancy; machine à broder dite métier brodeur. (6 décembre. <— 10 ans.)
- 195. MM. Bouthors et Devins, à Amiens
- (Somme); broderie perfectionnée dite lambre-quine, fabriquée à la mécanique sur tissu, et procédé qui sert à l’exécuter au fur et à mesure de la fabrication du tissu formant le fond. (10 décembre. —15 ans.)
- BRONZAGE.
- 196. MM. Remont et Baraquin , à Paris ; procédés de bronzage. ( 10 novembre. — i5 ans.)
- BROSSES.
- 197. MM. Racine et Gueroult, à Paris; système de fabrication de brosses et balais. (6 avril.
- -— i5 ans.)
- 198. M. Babon, à Paris ; brosse dite brosse angulaire. ( 27 mai. — 15 ans. )
- 199 M. Cheville, à Paris; perfectionnements apportés à la brosserie en général. (7 juin. — 15 ans. )
- 200. M. Faucher, à Paris ; écouvillons montés sur brosses. ( 16 juin. — i5 ans. )
- 201. M. Desmaziers, à Paris; perfectionnements apportés à divers articles de brosserie, (11 août. — i5 ans. )
- 202. M. Jonque , à Paris ; genre de brosse dite brosse-soubrette. (2 novembre. — i5 ans.)
- 203. M. TVahn , à Paris ; disposition de brosse hygiénique à monture mobile. ( 17 décembre. — 15 ans. )
- BROUETTES.
- 204. M. Clef, barrière de Fontainebleau , à Paris ; brouette à bascule. ( 12 février. — i5 ans. )
- broyer ( machine à ).
- 205. M. Sebire , de Caen (Calvados); confection de cylindres-broyeurs propres à l’écrasement du tourteau de colza. ( 14 juillet. — 5 ans.)
- 206. M. Pontet, à Vouges (Doubs); machine à broyer le plâtre , la chaux et le ciment. (24 juillet. — 10 ans- )
- 207. M. Sohier, à Marseille ; mécanique destinée à la trituration des bois de réglisse et autres. ( 23 août. — i5 ans. )
- 208. M. Drapier, à Rouen; machine dite pilonneuse universelle. (11 septembre. — i5 ans. )
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- CALCUL.
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- 209. M. Bleuze, à Paris ; machine à broyer, applicable à diverses substances et opérant soit par pression, soit par déchirement. (18 septembre.— i5 ans.) ,
- CABESTAN.
- 210. M. Bonnin jeune, à Bordeaux ; guin-
- deau à pompe, à surface à engrenage. ( 6 octobre. — i5 ans. ) :
- cadres.
- 211. M. Bourretff }exme , à Paris ; application du verre et de la glace dorés et peints au feu ensemble ou séparément, aux encadrements et à tout genre de plaques de portes.
- ( 10 juin. — i5 ans. )
- café.
- 2 12. M. Vermorel, à Paris ; procédés propres à faire du café avec des marrons d’Inde, composi tion dite café français. ( 6 janvier. — i5 ans. )
- 213. Mademoiselle Bougue, à Lyon ; composition de café indigène dit café algérien. ( 29 septembre.— 15 ans. )
- CAFETIÈRES. '
- 214- M. TVieseke, à Paris; cafetière avec ses accessoires , dite cafetière de Blanche , avec laquelle on peut faire simultanément du thé et du café. ( 1 7 février. — i5 ans. )
- 215. M. Labully-Burty, à Lyon; appareil propre à faire le café, dit appareil Burty. ( i3 mars. — i5 ans. )
- 216. M. Waller, de Londres; appareil propre à faire et à filtrer le café et autres infusions. (10 avril. — 14 ans. )
- 217. M. Giraud, à Paris ; appareil, dit condensateur, propre à la préparation du thé et du café. ( 10 août. — i5 ans. )
- 218. M. Fiorini, à Paris ; genre de cafetière. (3o septembre. — 15 ans.;
- 219. M. Huau , à Paris ; cafetière propre à toute sorte d’infusions. (3 novembre.—15 ans.)
- 220. M. Galy-Cazalat, à Paris ; café-théière à vapeur. (27 novembre. — i5 ans.)
- calandre.
- 221. M. Barbier, à Lyon ; disposition de cylindres pour étoffes. (18 mai. — i5 ans.)
- Quarante-septième année. Août 1848.
- 222. M. Merpaut-Duzelidest, à Paris ; machine dite bureau universel du calculateur. (9 février. — i5 ans.)
- 223. M. Blain, à Paris ; quadrature graphique du cercle appliquée au calcul des plans. (10 mai. — i5 ans.)
- 224. M. Barnett, de Birmingham, en Angleterre ; perfectionnements dans les appareils propres à effectuer ou à faciliter certains calculs oh règles de l’arithmétique. ( 24 mai. — i3 ans. )
- 225. M. Brajoux, à Lyon; arithmographe mécanique. (17 juin. — r5 ans.)
- 226. M. Doury, à Juniville (Ardennes) ; système de machines à calculer principalement les intérêts. (17 septembre. — i5 ans.)
- 227. M. Dutel, à Lyon ; compteur universel ou arithmomètre. (24 septembre. — i5 ans.)
- 228. M. Billard, à Paris; perfectionnement de la machine à calculer inventée par Charles Perrault, en 1700. (27 novembre. — i5 ans.;
- 22g. M. Schwickardi, à Paris ; étui, dit étui mathématique d’Aubert, propre à trouver toutes les opérations de calcul en chiffres faites sur les deux cartes qu’il contient. (21 décembre. — i5 ans.)
- CALENDRIER.
- 230. M. Marchand, à Paris ; genre de calendrier-écran. (3o septembre. — i5 ans.)
- CALORIFÈRES.
- 231. MM. Champonnois frères, à Chaumont ( Haute-Marne ) ; appareil calorifère applicable aux poêles et aux cheminées. ( 20 janvier. — i5 ans. )
- 232. M. Bouder aîné, à Lyon ; genre de calorifère. (20 février.— i5 ans.)
- 233. M. Pichard, à Paris ; perfectionnements aux calorifères permettant d’obtenir un chauffage économique avec la cuisson des aliments, et d’appliquer la chaleur à divers usages domestiques. (20 février. — i5 ans.)
- 234. M. Glorian, à Paris; système de chauffage dit calorifère portatif. ( 3 mars. -— i5 ans.)
- 235. MM. Legros, Penichaud et Faure , à
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- Givors (Rhône) ; système de calorifère. (3 mars.
- — i5 ans.)
- 236. M. Theoenet, à Lyon (Rhône); calorifère dit calorifère pyrotechnique. ( 3 mars. — i5 ans. )
- 23y. M. Barker, à Paris; genre de calorifère. (6 mars. — i5 ans.)
- 238. M. Mathian, à Lyon; calorifère à eau chaude applicable au chauffage des fours et des appartements. (8 mars.— i5 ans.)
- 239. M. Despinoy, à Paris ; calorifère à gaz.
- (16 mars. — i5 ans.)
- 240. M. Descroizilles , à Paris ; système de calorifère à ogives. (28 avril. — i5 ans.)
- 241. M. Forest, à Toulouse ; calorifère propre à chauffer les appartements. ( 4 mai. — i5 ans.)
- 242. M. Reoersez-Becquet, à Arras (Pas-de-Calais); système de calorifère. ( 7 mai.
- 15 ans. )
- 2,43. M. Hermann , à Wattwiller ( Haut-Rhin) ; appareil destiné à remplacer les tubes d’expansion , ainsi que le remplissage ou l’alimentation journalière des tubes aux calorifères à eau chaude. (12 mai. — i5 ans.)
- 244- M. Fournel, à Lyon ; système de calorifère dit thermostat. (3o juillet. — i5 ans.)
- 245. M. Perrèoe, à Paris; système de calorifère à air et à eau , dit calorifère Perrèae. (11 octobre. — 15 ans.)
- 246. MM. Delahaef et Marcillet, à Paris; genre de calorifère dit calorifère gazo-culinaire.
- (24 novembre. — 15 ans.)
- 247- M. Nardin, à Paris ; système de calorifère. (28 décembre. — i5 ans.)
- CANNE.
- 2,48. M. TFaldeck, à Strasbourg ; canne-nécessaire de voyage. (11 mai. — i5 ans.)
- CAxNON.
- 249- M. Krupper, à Paris ; fabrication des bouches à feu en acier fondu massif ou composé. (16 décembre. — i5 ans.)
- CAOUTCHOUC.
- 2Ô0. M. F lé, à Paris ; application du caoutchouc à la fabrication des bas et des cuissières.
- (j 7 février. — i5 ans.)
- i
- 25i. m. R enaud, à Lyon ; liqueur dite caout-chouctine Renaud. (i3 avril. — i5 ans.)
- 2Ô2. M. Montgolfier, à Marseille; application du gutta - percha , réduit en poudre , dissous ou saponifié, à différents emplois dans les arts industriels , et principalement pour le collage et l’imperméabilité des papiers et feutres. (28 avril. — i5 ans.)
- 253. MM. Rallier et Guihal, à Paris ; application , à divers objets , du caoutchouc volca-nisé. (16 mai. — i5 ans.)
- 254. M. Hancock , de Londres ; perfectionnement de la fabrication du gutta-percha et des machines employées à cet effet. (16 août. — 14 ans.)
- 255. Le meme ; perfectionnements dans la fabrication du caoutchouc. (16 août. — 14 ans.)
- 256. Le même et Brokedon, de Londres ; perfectionnements dans la fabrication des articles dans lesquels on emploie le caoutchouc ou le gutta-percha. (24 mai.— i3ans.)
- 257. M. Moultori , de New-York (États-Unis); perfectionnement dans le traitement du caoutchouc avec d’autres matières, pour produire un composé élastique et imperméable. (17 août. — 14 ans.)
- 258. M. Arcra, à Paris ; procédé de fabrication des toiles caoutchoutées propres aux bâches, tuyaux, couvertures, voiles, doublures, etc. (25 août. — 15 ans.)
- 259. M. Perroncel, à Paris ; certains perfectionnements dans l’emploi du caoutchouc. ( 27 août. —15 ans.)
- 260. Madame Gagneux , à Pai'is ; disposition d’étoffe élastique au moyen du caoutchouc. (i5 décembre. — t5 ans.)
- CAPSULES MÉDICINALES.
- 261. M. Jozeau, à Paris ; application du caséum à la fabrication des capsules médicinales et autres. ( 15 novembre. — 15 ans.)
- 262. M. F ~ezu , à Lyon ; enveloppe sucrée renfermant des huiles volatiles de copahu et de cubèbe. (8 décembre. — i5 ans.)
- CARBONISATION.
- 263. M. Pelletier, à Paris ; carbonisation et distillation des résidus provenant des végétaux
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- dont on retire la matière colorante. ( i3 septembre.'— i5 ans.)
- CARDAGE.
- 264. MM. Delaunay frères, à Roubaix (Nord); emploi de la carde. ( 16 janvier.— t5 ans.)
- 265. M. Parkhurst, de Londres; perfectionnements aux machines à carder le coton , la laine et autres matières filamenteuses. (3 février. — i3 ans.)
- 266. M. J^iette-Carlie, de Gand ; confection et emploi des métiers pour cardes à lin et étoupes. (5 juillet. — i5 ans.)
- 267. M. Bishop , de Newtown (Etats-Unis) ; perfectionnements dans les machines à carder toutes les matières fibreuses et filamenteuses. (9 août. — i3 ans.)
- CARRELAGE.
- 268. MM. de Fourmigny et Guillemot, à Paris ; système de carrelage à dessins par incrustation. (25 septembre. — i5 ans.)
- CARTES A JOÜER.
- 269. MM. Mielle et M allez, à Paris; moyen de colorier les cartes à jouer pour l’application de la chromolithographie. (29 juin. — i5 ans.)
- 270. M. Roche, à Paris ; procédés de fabrication de cartes à jouer et de cartons dits opaques. (3i juillet.— i5 ans.)
- CASQUETTES.
- 27 1. MM. TaïUand et Grirnaud , à Paris ; nouveau système de fabrication de casquettes. (6 avril. — i5 ans.)
- 272. M. Grégoire, à Paris; genre de casquettes dites casquettes-ombrelles. ( 7 avril. — i5 ans.)
- CERCUEILS.
- 273. M. Thomson, de Londres ; genre de cercueil dit cercueil embaumeur. ( 26 août. — i5 ans.)
- CÉRUSE.
- 274. M. Ruolz, à Paris ; diverses préparations ayant pour objet de remplacer la céruse dans ses usages industriels. (6 avril. — i5 ans.)
- 275. M. Laming , à Clichy-la-Garenne (Seine) ; procédé pour la confection du blanc de céruse. (1 1 novembre. — i5 ans.)
- CHAÎNES.
- 276. M. Guion, à Paris; système déchaînés
- métalliques dites élastiques. (4 octobre._ i5
- ans. )
- CHAÎNES DE SURETE.
- 277. M. Drot, à Paris ; crochet de sûreté dit crochet Drot. (5 juin. — i5 ans.)
- CHALES.
- 278. M.Morlot, à Essonne ; mécanique, avec substitution du papier continu ou carton, remplaçant la jacquart pour la fabrication des châles de l’Inde, leur imitation et toute espèce d’étoffe façonnée. (18 janvier. — i5 ans.)
- 279. M. Ravier, à Paris ; croisé de châles , dit croisé français , qui rend le broché indestructible. (10 avril. —15 ans.)
- 280. M. Commandeur, à Lyon ; suppression d’une mécanique , de la moitié des cartons et des cordes d’arcades dans les métiers de châles au quart. (4 octobre. — i5 ans.)
- CHANDELIERS.
- 281. M. Franchot, à Paris; bougeoir-pendule. (26 janvier. —15 ans.)
- 282. MM. Desormeaux et Cerf, à Saran (Loiret) ; chandelier à cylindre. ( 14 août. — i5 ans.)
- 283. M. Susse , à Paris; chandelier-timbre servant à la division du temps pour les parties de bouillotte. (22 novembre. — i5ans.)
- CHANDELLES.
- 284. MM. Cottereau et Bonnemaison, à Paris; genre de mèches de chandelles et de bougies se mouchant spontanément. ( 3o janvier. — 15 ans. )
- 285. M. Robin , à Colmar (Haut-Rhin); appareil et procédés de fabrication de chandelles et bougies dites mèches creuses. ( 24 février. — 15 ans.)
- 286. M. Faure, à Paris; genre de chandelles se mouchant seules. (10 avril. — i5 ans.)
- 287. M. Maurandy, à Paris; procédés de fabrication des chandelles. (29 avril. — i5ans.)
- 288. M. Deveaux , à Troyes (Aube) ; culots de moules à chandelles et bougies. (24 mai. — i5 ans.)
- 289. M. Bienaimé, à Paris ; système de ma-
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- chine propre à couler diverses substances dans des moules, pour obtenir des chandelles, des bougies, etc. (ier juin. — i5 ans.)
- 290. M. Masse, à Neuilly (Seine); emploi des huiles essentielles et de tous les corps résineux et gommo-résineux, ainsi que du résidu de toutes les substances, à la fabrication des bougies et des chandelles , soit que ces corps et ces substances soient purs ou alliés aux acides et aux graisses solides et liquides , quelle que soit leur nature. (28 juin. — i5 ans.)
- 291. M. Bernard, à la Nouvelle - Orléans (Etats-Unis) ; système de fabrication des chandelles moulées et à la baguette. (9 septembre. — i5 ans.)
- 292. M. Altmann , de Londres; perfectionnements dans l’art de fabriquer des bougies et des chandelles. (20 novembre. — i4 ans.)
- 293. M. Fouray, à Rouen ; machine à faire des mèches de chandelles. ( 20 novembre. — i5 ans.)
- CHANVRE ET LIN.
- 294. M. Eastwood , à Gentil-Lieu (Calvados ) ; machine propre à peigner le lin , le chanvre et autres matières textiles. (i3 janvier. i5 ans.)
- 2o5. MM. TPard et Suttill, à Lille (Nord) ; peigne à peigner le lin. (28 janvier. — 15 ans.)
- 296. MM. Boucherie et Evrard, à Cambray (Nord) ; machine à broyer le chanvre. (2 février. — 10 ans.)
- 297. Les mêmes ; machine propre à teiller le chanvre et les autres plantes textiles. (27 février. — 10 ans.)
- 298. MM. Yvose et Cauvin, à Paris ; application de la torsion renversée aux fils de lin et de chanvre. (26 mars. — i5 ans.)
- 299. M. Charlier, de Bruxelles ; perfectionnements aux machines propres à teiller le lin. (12 mai. — i5 ans.)
- 300. M. Houillon, à Arras (Pas-de-Calais) ; machine, dite peigne mécanique, destinée à peigner le chanvre et le lin , et toutes autres matières filamenteuses. (19 juillet. — i5ans.)
- 301. M. Taylor, à Lille (Nord) ; machines à
- peigner le chanvre et le lin. ( 26 août. — r5 ans. )
- 302. M. Leatham , de Hull, en Angleterre ; perfectionnements ajoutés aux machines propres à boudiner, filer et tordre le lin et autres matières filamenteuses. (2 août. — 14 ans.)
- 303. M. Morgan, de Londres; perfectionnements apportés aux métiers à préparer et à filer le lin , le chanvre et autres matières filamenteuses. (28 octobre. — i4 ans.)
- Chapeaux.
- 3o4- M. Batheron, à Lyon ; coussins à double tissage pour garniture imperméable intérieure des chapeaux. (27 janvier. — i5 ans.)
- 305. M. Papion, à Rennes (Ille-et-Vilaine) ; procédés de fabrication des chapeaux-feutres vernis. (3 mars. -— 10 ans.)
- 306. MM. Tauquier et Ollivier, à Paris ; appareil à vapeur permettant de donner promptement aux bords des chapeaux toutes les formes ou tournures désirables. ( ier mars. —
- , i5 ans).
- 307. M. Dida , à Paris ; perfectionnements apportés aux ressorts des chapeaux mécaniques dits Gibus. (12 mai.— i5 ans.)
- 308. MM. Langenhagen frères, à Saar-Union (Bas-Rhin) ; nouvelle application d’un procédé connu pour chapeaux de paille tressée, sans couture, en fil quelconque. (3 mai. — i5 ans.)
- 309. M. Skinner, de Londres ; mode de ventilation applicable aux chapeaux et casquettes. (19 mai. — i5 ans.)
- 310. M. Jamais, à Belfort (Haut-Rhin); instrument de chapellerie dit céphaléforme. (2Ô mai. — i5 ans.)
- 311. M. Martin Gubian , à Lyon; appareil destiné à la préparation et au perfectionnement des peluches pour chapeaux. (28 mai. — i5 ans.)
- 312. M. Martin, à Lyon ; confection de can-netille et papier roulé sur tresses quelconques, pour chapeaux de dame. (29 juin. — i5 ans.)
- 313. M. Pacot, à Paris ; genre de tour propre à lustrer les chapeaux d’homme. (20 juin. — 5 ans.)
- 314- Mademoiselle Martin , à Paris ; genre
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- de fabrication de chapeaux d’homme. ( 13 août. — i5 ans.)
- 315. M. Besseix, à Lyon ; perfectionnement apporté à la confection des coiffes pour chapeaux de prêtre. (.0 septembre. — i5 ans.)
- 316. MM. Jourde et Sallebaut, à Aix (Bou-
- ches-du-Rhône) ; machine à l’usage des chapeliers, ditecoupeuse de peaux de lapin. (23 septembre. ans0
- 3,^; MM. Lai’ille et Poumaroux , à Paris; système de chapeaux mécaniques ou ployants , dont les branches qui forment chaque montant s’articulent l’une à l’autre au moyen de deux segments de cercle dentés. ( 16 octobre. — i 5 ans.)
- 318. M. Brard, à Paris ; système d’articulation de branches de chapeaux mécaniques s’ouvrant promptement. (3 novembre. — i5 ans.)
- 319. M. Chenard, à Paris ; divers systèmes mécaniques propres à la fabrication des formes de chapeaux. (8 décembre.— i5 ans.)
- 320. M. Noyez , à Paris; chapeaux mécaniques. (i3 décembre. — xo ans.)
- CHAR.
- 321. M. Reaux-Boulay , à Paris; système dë char dit char satellite. (27 mai. — i5 ans.)
- CHARBON DE TERRE.
- 322. M. Durand, à la Petite-Villette (Seine); système de transport appliqué aux charbons de terre par la voie des chemins de fer. ( 23 septembre. — i5 ans.)
- CHARIOT.
- 323. M. Delaroche, de Bruxelles; chariot remorqueur avec rails crénelés. (25 octobre. —-15 ans. )
- CHARNIÈRES’.
- 324. M. Gheret, à Paris; machine propre à la fabrication des charnières, (27, août.—
- 15 ans.)
- 325. M. Martin, à Paris ; genre de broches à ressort pour toute espèce de charnières. ( 18 septembre. — i5 ans.)
- CHARRUE.
- 326. M. Dabry, à Mâcon (Saône-et-Loire) ; mécanisme composé de deux cabestans assis
- 03 )
- dans des fosses et faisant mouvoir une charrue à deux versants. (19 janvier. — i5 ans.)
- 327. M. Roche, à Aix (Bouches-du-Rhône) ; charrue à double Versoir applicable à la culture de la garance. (26 janvier. — i5 ans.)
- 328. M. Chataing, à Belleville (Seine) ; genre de charrue dite charrue rotative polybêche. ( 19 février. — 15 ans.)
- 329. M. Petot, à Epinal (Vosges) ; charrue à bascule avec régulateur postérieur. ( 3 avril. — 15 ans.)
- 330. M. Bazin , au Ménil - Saint - Firmin (Oise); charrue à défoncement. (i3 avril. — i5 ans.)
- 331. M. Bourgogne, à Saint-Eugène (Aisne), charrue-lierse. (10 mai. — 1 5 ans.)
- 332. M. Lechelle, à Périgueux (Dordogne; ; nouveau système de charrue. ( 22 mai.— i5 ans.)
- 333. M. Pardoux,àRandans (Puy-de-Dôme); nouveau système de charrue. ( 31 juillet. — 15 ans.)
- 334. M. Olimpe, à Aix (Bouches-dü-Rhône); charrue propre au labourage et à l’effondrage. (11 août. — i5 ans.)
- 335. MM. Durand et Diouloufet, à Aix (Bouches-du-Rhône) ; charrue à double défoncement. (4 octobre. — i5 ans.)
- 336. M. Rouquet , à Toulouse (Haute-Garonne) ; charrue dont la pointe est formée par une tringle carrée. (22 novembre. •— i5 ans.)
- CHAUDIÈRES.
- 337. M. Léon, de Londres; chaudières à vapeur comprimée dites chaudières léontines. (23 janvier. — i5ans).
- 338. M. Lhoir, de Bruxelles ; système de chaudières applicables aux machines locomotives. (26 janvier. — i5ans.)
- 339. M. Franchot, à Paris ; disposition de chaudières à vapeur dites chaudières-cheminées. (ier février. — i5 ans.)
- 340. M. Roth , à Creutzwald ( Moselle ) ; chaudière économique offrant l’économie d’un tiers sur le combustible. (8 février. — i5 ans.)
- 341. MM. Jarry et Carié, à ]Nantes; système de chaudières à vapeur, à tubes bouilleurs, ver-
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- ticaux et multiples, et surface de chauffe maxi-ma, dites inexplosibles. (23 février. — i5 ans.)
- 342. MM. Burle, Beoron et Chipron , à Paris ; procédés propres à empêcher l’incrustation dans l’intérieur des chaudières à vapeur et à détruire celle qui existe. ( 25 février. — i5 ans.)
- 343. M. Steiner, à Paris ; procédés de fabrication de viroles pour chaudières tubulaires et autres usages. (25 février. — i5 ans.)
- 34^. M. Prooins, à Valenciennes (Nord); soupape d’alarme enveloppée , applicable aux chaudières à déféquer et autres appareils à vapeur. (i3 mars. — 5 ans.)
- 345. M. Pimont, à Rouen ; appareil udori-fuge , hydrorépulseur et hydrovaporisateur , applicable aux chaudières des machines à moyenne, à haute et à basse pressions , et aux chaudières calorifères. (3 mai. — i5 ans.)
- 346. MM. Baudon , Porchez et Desurmont, à Lille (Nord); système de gargouilles fumi-vores et foyer d’alimentation appliqués aux chaudières à vapeur. (21 juin. — i5 ans.)
- 347» MM. le Gavrian et Farinaux; disposition de chaudières à vapeur. (22 juin. — 15 ans.)
- 348. M. Lethuillier, à Rouen; système de sifflet avertisseur s’adaptant sur toutes les chaudières à vapeur pour chemins de fer et bateaux. (5 juillet. — i5 ans.)
- 349. M. Dugdale, à Paris; appareil à vapeur inexplosible destiné à remplacer la chaudière des machines à vapeur fixes et locomotives. (7 juillet. — i5 ans.)
- 350. M. Coupler, à Paris; grille-serpentine servant à alimenter les chaudières à vapeur et autres. (23 juillet. — i5 ans.)
- 351. M. Gandillot, à Paris; application des tubes de fer plombés aux chaudières à vapeur. (3i juillet. — i5 ans.)
- 352. M. Dupin, à Paris ; système de chaudières inexplosibles. (19 août. — i5 ans.)
- 353. M. Labarre, à Marseille; appareil de sûreté, dit flotteur d’alarme à rotule, pour les chaudières des bateaux à vapeur. (2 septembre. — i5 ans.)
- 354. M. Bonis, à Marseille; système de
- chaudières à vapeur ayant pour résultat l’économie du charbon, etc. (23 septembre. — l5 ans.)
- 355. M. Sydney-Smith, de Londres; appareil propre à déterminer la pression de la vapeur dans les chaudières et à régler le registre des foyers à vapeur. (12 novembre. — 14 ans.)
- 356. M. Legal, à Nantes; moyen mécanique ayant pour objet de river les tubes des chaudières à vapeur sur leurs plateaux tubulaires. (22 novembre. — i5 ans.)
- 357. M. Marchessaux, à Deville ( Seinq-Inférieure); chauffage des chaudières ordinaires à vapeur par l’emploi des fours à coke. (8 décembre. — i5 ans.)
- 358. M. Richard, à Toulon ; matière colorante empêchant l’incrustation des sels dans les chaudières à vapeur. ( i3 décembre. — i5 ans.)
- 359. M. Lemaitre, à la Chapelle-Saint-Denis (Seine); procédé de fabrication de bagues, viroles ou rondelles en métal pour chaudières à vapeur. (i3 décembre. — i5 ans.)
- CHAUFFAGE.
- 360. M. Aulnelte (J. M.), à Paris; procédés de chauffage des machines à vapeur, des chaudières, des cornues à gaz, etc. (11 janvier. — 15 ans.)
- 361. M. Siloestre, à Marseille; mode de chauffage par l’emploi de l’air chaud. (i3 février. — i5 ans.)
- 302. M. Labric, à Paris; procédé de fabrication de sphéroïdes pyrogènes propres à allumer instantanément tous les foyers. (26 février. — i5 ans.)
- 363. M. Renard, à loches (Marne); mode de production de la chaleur applicable à tous usages par l’emploi direct du gaz provenant de tout combustible , ayant été préalablement recueilli dans des appareils spéciaux. ( 12 mars. — i5 ans,)
- 364- M. Jung, à Strasbourg; appareils de chauffage à double courant d’air applicables à des séchoirs et chaudières servant à diverses industries. (12 avril. — i5 ans.)
- 365. M. Ferr, à Grenelle (Seine) ; nouvel
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- appareil de chauffage. ( 25 juin. — ans. )
- 366. M. Jonnart, à Paris ; système de foyer applicable à toute espèce de fours, fourneaux et appareils de chauffage. (5 août. —• i5 ans.)
- 367. M. Hugueny, à Strasbouig ; emploi du gaz d’éclairage comme agent de chaleui applicable à l’industrie et à l’économie domestique, et comme agent simultané de chaleui et de lumière, et appareils réalisant cette double application. (19 août. i5 ans.)
- 368. MM. Thauvin et d'Hamelincourt, à Paris ; système de chauffage par le moyen de Peau chaude. (2 septembre. — i5 ans.)
- 369. M. Delavoche, à Paris; foyer mobile portatif. (29 septembre. — i5 ans.)
- 370. M. FourcauU, aux Thèmes (Seine); appareils caléfacteurs. ( 3o décembre. — i5 ans.)
- 371. M. Barraud, à Marseille; chauffe-lit dit chauffe-lit-moine, (g décembre. — i5 ans.)
- CHAUFFERETTES.
- 372. MM. Mousseron et Amillac, à Paris ; genre de chauffe-pieds. (22 octobre. — i5 ans.)
- 373. M. Desbois, à Paris; galerie-chauffe-pieds. (24 novembre. — i5 ans.)
- 374. M. Figuier, à Paris ; genre de chauffe-pieds. (22 décembre. — i5 ans.)
- CHAUSSURES.
- 375. M. Muzard, à Paris; genre de chaussure dit xylo-hydrofuge (2 janvier. — i5 ans.)
- 376. M. Mo dot, à Paris; chaussure en caoutchouc garnie d’un gare-crotte. (21 janvier. — i5 ans.)
- 377. M. Labelle aîné, à Saint-Pierre-du-Vauvray (Eure); fabrication des chaussons de lacet à la Jacquavt. (3 février. — i5 ans.)
- 378. M, Métier, à Paris ; chaussons en tissu non doublés. (5 février. — 10 ans.)
- 379. M. Dacie, de Londres; paracrotte perfectionné. (6 février. — i3 ans.)
- 380. M. Coutelen, à Carpentras (Vaucluse); machine propre à faire des formes de soulier. (i8 février. — i5 ans.)
- 38 f. M. Bertrand, à la Guillottière (Rhône); genre de brodequins. (18 février — j5 ans.) 382. MM. Coulure et Anquetin, à Paris;
- moyen de fixer les semelles sur les chaussons de tresse et de tissu. (27 février. — i5ans.)
- 383. MM. Chevalier et Bourlier, à Paris ; perfectionnements apportés à une machine à cambrer les tiges de bottes. (3 mars. — i5 ans.)
- 384. M. Autel, à Perpignan (Pyrénées-Orientales); appareil destiné à garantir des boues, dit talonnière ou paracrotte. (5 mars. — i5 ans.)
- 385. M. Richards, à Paris; perfectionnements aux socques et aux galoches. (9 avril. — io ans.)
- 386. M. Filleau, à Paris; genre de chaussures. (14 avril. — i5 ans.)
- 38;. M. F or est, à Reims; machine à découper les brides pour sabots. (23 avril. — 15 ans ) 388. M. Mazoyer, à Lyon; système de laçage des bottines sans œillets. ( 8 mai. — i5 ans.)
- 38g. M. Gaillard, à la Fère (Aisne); genre de chaussures en laine dites chaussures en tissu drapé. (3i mai. — i5 ans.)
- 3go. M. Jamain, à Niort (Deux-Sèvres); genre de chaussures à semelles de bois. (2 juin.
- — iSans.)
- 3g 1. M. Callès, à Lyon; poulie-lacet pour bottines. (3 juin, — i5 ans.)
- 3g2. M. Trotry-Latouche, à Paris; genre de chaussons en laine foulée et imprimée. ( 17 juin.
- — i5 ans.)
- 3g3. M. Gros, à Marseille; souliers sans couture. (28 juin. — i5 ans.)
- 3g4- M. Baumgarten, à Paris; genre de semelles ou cordons pouvant s’adapter aux chaussures d’étoffes ou de cuir. (24 juin. — 10 ans.)
- 395. M. Dup uis, à Lyon ; application de semelles aux souliers en peau de Provence. (ier juillet.— i5ans.)
- 3g6. M. Legros , a Orléans ; procédé qui rend les chaussures indécousables. ( 15 juillet.
- — 1 o ans.)
- 897. M. Noirot, à Paris ; disposition de bottines sans couture sur le pied. ( 3o juillet. — i5 ans.)
- 3g8. M. Auric, à Marseille ; chaussure à double couture. (4 août. — 5 ans.)
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- 399- Le même; confection économique des chaussures. (18 août. — 5 ans.)
- 4oo. Mademoiselle Babianska, à Paris; .talon élastique qu’on peut adapter aux chaussures, et destiné principalement à préserver les vêtements de la crotte. (2 août. — i5 ans.)
- 4ot. M. Chatillon, à Paris; chaussures hygiéniques sans caoutchouc (io août. — i5 ans.)
- 402. M. Descosse, à Beaucaire (Gard); genre de fabrication de chaussures. ( a3 août. — i5 ans.)
- 403. M. Perroncel, à Paris; perfectionnements apportés à la fabrication des chaussures. (26 août. — i5 ans.)
- 404. M. Staplaux, à Paris; perfectionnements dans la fabrication des chaussures de terre et autres. (3o août. — i5 ans.)
- 405. M. Brocard, à Arbois (Jura); système de fabrication de chaussures sans couture. (11 septembre. — i5ans.)
- 406. M. Faucher, à Paris; métier propre à faire des chaussons. (25 septembre, — i5 ans.)
- 407. M. Bourson, à Paris; perfectionnements à la chaussure corioclave. (3o septembre.— i5 ans.)
- 408. M. IFuîlliot-l’Heureux, h T?avis, chaussures dites prodolfges. (23 octobre. .— i5 ans.)
- 40g. M. Fischer, à Paris ; perfectionnements dans la chaussure. (23 novembre. — 14 ans.)
- 4io. M. Julliard, à Avignon (Vaucluse); procédé dit V accélération. ( 11 novembre. — i5 ans. )
- 41 t • M. Jacquemin, à Paris; genre de chaussons de tresse et tissu de caoutchouc sans coulisse. (20 novembre. — i5 ans.)
- 412. M. Collard-Faller an d, à Epernay (Marne ) , chaussons castor. ( ?5 novembre. -— i5 ans.)
- 413. M. Podela, à Brienne - le - Château (Aube); brides à crochet-pompe. (6 décembre. — i5 ans.)
- 4i4* M* Pierre, à Paris; bottes et bottines économiques. (i5 décembre. — i5 ans.)
- 415. M. Schmitt, à Strasbourg; chaussures économiques, (1.8 décembre. — i5ans.)
- 416. MM. Deboul et Luce, à Paris; chaus.-
- 06 )
- sures en osier. (21 décembre. iü> ans. )
- 417. M. Darriulat, à Paris; chaussures ordinaires imperméables. ( 29 décembre. —
- 15 ans. )
- CHAUX.
- 418. M. J^illeneuve-Flayose , à Marseille; procédé,de perfectionnement dans la fabrication des chaux, mortiers et ciments. (10 mars.— i5 ans. )
- 419. M. TViart, à Paris; procédé de fabri-tion de lu chaux. (ier avril. — i5 ans.)
- CHEMINS DE FER.
- 4ao. M. Bouchon, à Paris; système de chemins de fer à air comprimé. (i3 janvier. — i5 ans.)
- 4^1. M. Kohler, de Carlsrulie (grand-duché de Bade); système de locomotion sur chemin de fer. (19 janvier. — i5 ans.)
- 422. M. de Siloeira, à Paris; dispositions mécaniques propres à éviter les accidents sur les chemins de fer. (28 janvier. — i5 ans.)
- 423. M. Hendle, à Paris; moyen propre à faciliter l’arrêt d’un convoi sur chemin de fer, en cas d’accident prévu instantanément par l’inspection de la marche du convoi. (29 janvier. — i5 ans.)
- 424. M. Coivper, rie Londres; perfectionnements apportés à la fabrication des coussinets pour chemins de fer. (3o janvier. — i3 ans.)
- 425. M. Fpuberlon, de Londres; perfectionnements dans la manière de relier les rails et les traverses dans la construction des chemins de fer. (3 février. — i5 ans.)
- 4?.6. M. Prenais, à Paris; appareils propres à éviter les déraillements , et application du fluide électrogalvanique pour séparer instantanément le convoi du moteur et pour déterminer une pression subite du frein sur ledit convoi. (6 février. — i5ans.)
- 427. M. Boucher, à Paris ; système de barrières à mouvement vertical et à signaux s’appliquant particulièrement aux chemins de fer. (2 février. — i5 ans.)
- 428. M. Jourdan, à Paris; appareil propre à éviter les accidents sur les chemins de fer. (6 février. — i5 ans.)
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- 429. M. Humann, de Gand (Belgique); système de clôture pour les chemins de fer. (g février. — i5 ans.)
- 430. M. Bizet, à Paris; appareil mécanique propre à empêcher le déraillement sur les chemins de fer. (2.5 février. i5 ans.)
- 431. M. Godet, à Paris ; appareil pour prévenir le déraillement sur les chemins de fer. (ier mars. — i5 ans.)
- 432. M. Lecomte, à Paris; dispositions mécaniques propres à éviter les déraillements des waggons sur les chemins de fer, et à prévenir les accidents en indiquant le passage de chaque convoi. (9 mars. — i5ans.)
- 433. M. Schenkenberg, à Paris; système de frein sur chemins de fer. (26 mars. — i5 ans.)
- 434. M. Dahmen, de Cologne; appareils destinés à prévenir les accidents sur les chemins de fer. (20 mars. — i5 ans.)
- 435. M. Moreau, au Blanc (Indre); système de rails intermédiaires et de roues horizontales applicables aux trains des locomotives, tenders et waggons, et ayant pour but d’éviter les déraillements. (18 mars. — i5ans.)
- 436. M. Thorold, de Norwich (Angleterre); perfectionnements apportés à la construction des plateaux tournants employés sur les chemins de fer. (17 mars. — i5ans.)
- 437. M. Meeus, à Arlon (Belgique); système de chemins de fer atmosphériques au moyen de l’air comprimé. (27 mars. — i5 ans.)
- 438. MM. Roussel et B oit en , à Versailles; chemin de fer mobile pour les routes ordinaires et les voies ferrées. (27 mars. — i5 ans.)
- 43g. M. Debergue, de Londres; système de heurtoirs destinés à amortir le choc des convois des chemins de fer à leur arrivée aux stations. (3o mars. — i5 ans.)
- 44°- M- Andraud, à Paris; système de chemin de fer dit chemin de fer éolique. ( 6 avril. — i5 ans.)
- 441. M. Kettenhoaen, à Paris ; genre de frein pour prévenir les accidents sur les chemins de fer. (i3 avril. — i5 ans.)
- 442. MM. Barbier et Daubrée, à Paris ; per-
- Quar ante-septième année. Août 18
- 07 )
- fectionnements apportés aux plateaux tournants des chemins de fer. (20 avril. —15 ans.)
- 443. M. Bodmer, de Londres ; perfectionnements apportés à la voie fixe et aux voitures des chemins de fer. (29 avril. — i5 ans.)
- 444. M. Girault, à Onzain (Loir-et-Cher), système de chemins de fer où les accidents seront moins à craindre. (11 mai. — i5 ans.)
- 445. M. Fletcher, de Londres; appareil propre à indiquer sur les chemins de fer la distance parcourue par les locomotives et les voitures. (12 mai. — 14 ans.)
- 446- M* Lannes de Montebello, à Paris; système de locomotives et de chemins de fer permettant de franchir les plans inclinés. (12 mai.
- — i5 ans.)
- 447- MM. Read et Shermann, de New-York (Etats-Unis); perfectionnements dans la construction des pompes pneumatiques destinées à faire mouvoir les chars, les locomotives et autres voitures applicables aux chemins de fer. ( 1 2 mai.
- — 4 ans.)
- 448. M. Cumenge, à Castres (Tarn); système de chemin de fer dit chemin de fer aqueduc. (19 mai. — 5 ans.)
- 449* MM. Sanson et Bourbon, à Paris; système de chemins de fer à locomotion inhérente et permanente, à mouvement perpétuel, indé-raillable et inversable. (24 mai. — ]5 ans.)
- 450. Madame Guérin , à Paris ; système de freins applicables aux tenders , waggons , diligences et autres voitures des chemins de fer , ainsi qu’aux voitures des routes ordinaires et à tout mécanisme ayant besoin d’un arrêt instantané. (24 mai. — i5 ans.)
- 451. MM. Bourru et Roche , à Paris ; système de freins , dits dynamofreins , propres à arrêter les voitures sur les chemins de fer et sur les routes ordinaires. (8 juin. — i5 ans.)
- 452. MM. Dorso et Gougeard, à Paris ; système de frein de chemin de fer. (6 juillet. — i5 ans.)
- 453. M. Porecki, à Paris; système de chemin de fer dit articulé et locomoteur. (17 juillet.
- — i5 ans.)
- 454- M. Boyer, à Tours (Indre-et-Loire); 1-8. 66
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- grand frein de sûreté applicable aux chemins de fer. (21 juillet. — i5ans.)
- 455. M. TVild, de Londres ; perfectionnements dans la construction de certaines parties des chemins de fer. (2 août. — 14 ans.)
- 456 M. Blaquière, à Paris ; système de chemin de fer mobile. (21 août. — i5 ans.)
- 457. M. Pouillel, à Paris; système complet de perfectionnement dans la construction des chemins de fer. (24 août. — i5 ans.)
- 458. M. Vannucini, à Paris ; soupape longi-tudinale pour chemin de fer atmosphérique. (ier septembre. — 15 ans.)
- 45g. M. Frogier , à Nemours ( Seine-et-Marne) ; moyen préservatif contre les accidents occasionnés par des chocs sur les chemins de fer. (3 septembre. — 10 ans.)
- 460. M. Sellers, de Cincinnati (Etats-Unis) ; perfectionnements apportés à la construction et à la disposition de certaines parties des chemins de fer , locomotives et waggons. ( 4 septembre. — 15 ans.)
- 461. M. Éoerat, à Paris ; système de chemin de fer dit chemin de fer combiné. (18 septembre. — iô ans.)
- 462. M. Bouché, à Paris ; système de chemin de fer indéraiilable, pour franchir les pentes et les courbes. (28 septembre. — s 5 ans.)
- 463. M. Coq uc lin , à Boulogne - sur-Mer ; moyen d’amortir le choc, dans le cas de rencontre de deux locomotives , et d’empêcher le déraillement sur les chemins de fer. ( 3o septembre. — 15 ans.)
- 4G4• MM. Lemonnier et Guérin, à Caen (Calvados) ; cordon-soupape destiné à fermer le tube d’un chemin de fer atmosphérique.
- ( 23 octobre. — 1 5 ans.)
- 465. M. Dur et, à Paris ; système de rails pour chemins de fer. (28 octobre. — i5 ans.)
- 466. M. Roussy, à Lyon ; système de freins propres à arrêter les waggons sur les chemins de fer. (2 novembre. — 15 ans.)
- 467. M. Brooman, à Londres ; perfectionnements dans les plateaux tournants des chemins de fer. (16 novembre. — i4 ans.)
- 468. M. Fontaine, à Paris ; appareils à le-
- viérs circulaires aux extrémités , propres à arrêter les convois des chemins de fer. ( 16 novembre. —15 ans.)
- 46g. M. Rutter, de Brighton, en Angleterre; système de communication sur les trains ou convois des chemins de fer. (16 novembre. — i4 ans.)
- 470. M. Buddicom, à Rouen; perfectionnements dans la construction des plateaux tournants applicables aux chemins de fer. ( 22 novembre. — i 5 ans.)
- 471. M. Bonhoure, à Paris; système de tombereau à caisse mobile propre au service des chemins de fer. (3 décembre.— i5 ans.)
- 472. M. Haddan , de Londres ; perfectionnements dans la construction de certaines parties des chemins de fer. (7 décembre. —14 ans.)
- 473. M. de Labaume, à Paris ; appareil propre à enrayer les voitures et véhicules tant sur les chemins de fer que sur les routes ordinaires. (1 ï décembre. — i5 ans.)
- 474- MM. Mouchet , Pignol et P lasse , à Saint-Etienne (Loire) ; améliorations aux plans inclinés des chemins de fer et aux moyens de traction actuellement employés. ( 13 décembre. — 15 ans.)
- 475, M. Busse , de Leipsick ( Allemagne ) ; traversines des chemins de fer, dites traversines Busse, dont le revêtement s’applique aux bois de construction en général. ( 1 5 décembre. •— i5 ans.)
- 478. M. Ihier, à Paris ; système de chemin de fer. (i5 décembre. — 1 5 ans.)
- CHEMINÉES.
- 477- M. Luce , à Versailles (Seine-et-Oise) ; cheminée tout en glace. (i4 janvier. — i5 ans.)
- 478. M. Richard , à Paris ; perfectionnements dans la construction des cheminées. ( 17 avril. — i5 ans.)
- 479. M. Lamiral, à Troyes (Aube) ; genre de mitres de cheminées. (22 mai. — i5 ans.)
- 480. M. Génot, à Paris; système de châssis à rideaux applicable aux cheminées. ( 14 juillet. — i5 ans.)
- 481. M. Lecardonnel, à Bordeaux ; mouvement à bascule s’adaptant aux devantures des
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- cheminées en remplacement des chaînes, poulies et poids, (i7 juillet. — i5 ans.)
- 482. M. Chaumont, à Batignolles (Seine); appareil , dit aspirateur fumwore, destiné a empêcher les cheminées de fumer et à en augmenter le tirage. (26 août. i5 ans.)
- 483. M. Vuigner, à Paris; châssis de cheminée dont le rideau peut se démonter à volonté. (11 octobre. i5 ans.)
- 484. M. George, à Bordeaux (Gironde); moyen d’empêcher les cheminées de fumer. (18 octobre. — i5 ans.)
- 485. M. Silacci, à Paris ; perfectionnements apportés aux rideaux et foyers des cheminées ordinaires, poêles et calorifères. (9 novembre.
- — i5 ans.)
- 486. M. Descroizilles, à Paris; système de cheminée dit cheminée-marquise. ( 9 novembre.
- — 1 5 ans.)
- 487. M. Michel jeune , à Nantes; procédé propre à empêcher les cheminées de fumer, dit mitre à soufflet. (10 décembre — i5 ans.)
- 488. M. Jacqucmin , à Paris ; application de l’émaillage du fer à la fabrication des garnitures intérieures de cheminées de toute espèce , au moyen de plaques en fer émaillé. (3i décembre. — i5 ans.)
- CHEMISES.
- 489. M. Hadamar, à Paris; nouveau genre de chemises. (20 janvier. — i5ans.)
- 490. M. G o uni n-P ineau, à Tours; façon de chemise, (s 5 février. — i5 ans.)
- 4gi. Madame Hejne, à Lyon ; chemise ouverte par côté dite melachiza. (12 mars.— i5 ans.)
- 492. M. Hayem , à Paris ; cols de chemises à cordons élastiques et à doubles agrafes. (3o mars. — i5 ans.)
- 4g3. M. Labitte-Olivicr, à Paris ; genre de chemisettes dites chemisettes à corsage. (21 mai.
- — i5 ans.)
- 4g4- M. Goudon , à Paris; système de faux col de chemise dit faux col ivoirin. ( 2 juin. — i5 ans.)
- 495. M. Hulot, à Paris ; application nouvelle et spéciale de moyens connus pour le tissage des
- étoffes de chanvre , de lin, de coton, et de soie au tissu Hulot, pour la confection des chemises. (24juin. — i5 ans.)
- CHEVAUX.
- 4g6. MM. Parent et Loisel, à Lille (Nord) ; produits industriels , dits méteillons, destinés à la nouniture des chevaux et bestiaux. (10 mars. — i5 ans.)
- chirurgie (instruments de).
- 497- M. André, à Paris ; genre de scarificateur. (i6 janvier.— i5 ans )
- 498. M. Vigeric, à Paris ; appareil propre à remplacer les sangsues. (5 mars. — i5 ans.)
- 499. M. Brisbart-Gobert, à Paris; appareil, dit utéro-curateur, destiné à tenir ouvertes les parties sexuelles de la femme , pour les bains et toutes lotions locales. (12 avril. — i5 ans.)
- 500. MM. Maurel et Roussillon, à Yoiron ( Isère ) ; machine dite sangsue mécanique. (i 5 avril. - 15 ans.)
- 501. M. Kunsmann, de Mayence ; appareil à succion propre à remplacer les sangsues. (26 mars. — i5 ans.)
- 502. Le même ; instrument de chirurgie destiné principalement à remplacer l’action première de la sangsue. (11 juin. — i5 ans.)
- 503. M. Descol, à Dijon ; instrument propre à la cautérisation des dents, dit le phlogothéra-peudonte. (2 septembre. — 5 ans.)
- 5o4- M. Claro, à Paris; instrument de chirurgie pour obvier aux incontinences d’urine, dit urophore. (7 septembre.— i5ans.)
- 505. M. Alexandre, à Paris ; sangsue mécanique propre à remplacer la sangsue animale. (12 octobre. — i5 ans.)
- 506. Le même et Perroncel, à Paris; appareils pneumatiques dits sangsues artificielles. (7 juillet. — i5 ans.)
- 5on. M. Perroncel, à Paris ; genre de sangsue artificielle. (2 décembre. — i5 ans.) chocolat.
- 5o8. M. Pelletier, à Paris; système de machines servant à malaxer, peser et mouler le chocolat, applicables à toute espèce de substances, telles que savon , briques et briquettes. (26 janvier. <— i5 ans.)
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- 5og. M. Brefford, à Paris ; fabrication d’un chocolat dit chocolat ioduré. (26 mai.—10 ans.)
- 5 lo. MM. Brasseur et fils aîné, à Rouen; chocolat-thé. (3o novembre. — i5 ans.)
- CIDRE.
- 5ji. M. Dénouai, à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) ; construction de citernes souterraines propres à la conservation du cidre, ( 14 octobre. — i5 ans.)
- CIGARES.
- 512. M. Spreafico, à Paris; enveloppes ai’o-matiques pour cigares, (ig janvier. — i5 ans.)
- 513. Le meme-, genre de tube à cigarette. (28 décembi’e. — 1 5 ans.)
- 514. M. Monnier, à Paris ; genre de porte-cigare. (21 juillet. — 5 ans.)
- 515. M. Schiertz, à Paris; nouveau genre de porte-cigare. (6 août. — i5 ans.)
- 516. M. Erkmann, à Strasbourg (Bas-Rhin); porte-cigare dit porte-cigare alsacien. ( 6< septembre.— i5 ans.)
- 517. M. Parker, de Londres; manière perfectionnée de fabriquer les cigares. (7 septembre. —- i5 ans.)
- 518. M. Adorno, de Londres ; perfectionnements dans la fabrication des cigares et autres objets analogues. (i3 septembre. — j4 ans.)
- 5i 9. MM. Leforl frères, à Paris ; porte-cigare et porte-cure-dent. (25 octobre. — i5ans.)
- 520. M. Dumery, à Paris; machine propre à fabriquer les embouchures de cigarettes et disposition des embouchures elles - mêmes. (18 novembre. — 15 ans.)
- CIMENT.
- 521. MM. Bourt et Bonne, à Belleville (Seine) ; composition d’un ciment dit anti-hydraulique. (20 septembre. — i5 ans.)
- CIRAGE.
- 522. M. Raca, à Toulouse (Haute-Garonne); composition d’un cirage luisant. ( j3 février.— i5 ans.)
- 523. MM. Fournel aîné , Bury et comp. , à Lyon ; procédé de fabrication d’un cirage onctueux et sans acide. (27 décembre. — i5 ans.)
- CIRE A CACHETER.
- 524. M. Madeline, à Paris ; genre de cire â cacheter. (ier septembre.— i5 ans.)
- CITERNE.
- 525. M. Lefèvre, à Thoiry (Seine-et-Oise) ; système de construction de citernes et réservoirs. (i3 novembre. — i5 ans.)
- CLEF A ÉCROU.
- 526. M. Gobert, à Boissy-Saint-Léger (Seine-et-Oise) ; système de construction de clefs à serrer et desserrer les écrous. ( 5 février. — 15 ans.)
- 527. M. Loiseau, à Paris; genre de clef d’écrou, de boulin, etc., dite clef française. (6 décembre. — i5 ans.)
- 528. MM. Mallier et Sculfort, à Maubeuge (Nord) ; clef à écrou dite universelle. ( 15 décembre. — i5 ans.)
- CLOCHES.
- 52g. M. Petithomme, à Laval (Mayenne) ; montage de cloches d’après un système de tourillons, de coussinets, de paliers, de hunes, de volants et de suspension de battant sans courroies. (7 mai. — 15 ans.)
- 530. M. Gallois, à Paris ; perfectionnements apportés dans la fonderie des cloches et permettant d’obtenir une économie considérable dans la main-d’œuvre et le combustible, (ig mai. — i5 ans.)
- CLOUS,
- 531. M. Buisson, à Saint-Etienne (Loire) ; mécanisme propre à la fabrication des clous connus dans le commerce sous le nom de clous-potirons, clous de caissiers, de bourreliers, etc. (11 juin. — i5 ans.)
- 532. M. Mathiau jeune, à Paris; système de fabrication de clous dorés et fleurons. (16 juin. --15 ans.)
- COIFFURES.
- 533. M. Traverse , à Marseille ; fabrication de coiffures militaires. (7 juillet. — 15 ans.)
- 534. M. Duchene aîné , à Paris ; genre de carcasse mécanique applicable aux shakos et casquettes militaires. (i4 octobre. — i5 ans.)
- 535. M. Raybaud, à Paris ; moyen de fixer
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- les cheveux sur la tête , dit fixateur parisien, (27 décembre. — i5 ans.)
- COLLE.
- 536. M. Ménotti, à Paris; moyens propres à conserver les colles à base de gélatine à 1 état gélatineux, et à les rendre en même temps hy-drofuges dans quelques-unes de leurs applications. (21 mai.— i5 ans.)
- 537. M. Bel lier aîné, à Paris; procédé de fabrication de colle forte liquide et incorruptible. (6 novembre. — i5 ans.)
- COLZA.
- 538. M. Baaie-Magnac, à Albi (Tarn) ; procédé propre à la culture du colza. (2 septembre.
- — i5 ans.)
- COMBUSTIBLE.
- 53g. M. Grasset , à Paris ; fabrication de divers charbons artificiels dits charbon végéto-minéral. (4 février. — i5 ans.)
- 540. M. P opelin-Ducarre, à Paris; perfectionnements apportés à la fabrication du charbon artificiel. (6 février. — i5 ans.)
- 541. M. Millochau, à Paris; genre de charbon dit charbon dur inodore, ( 11 mai. — j5 ans. )
- 542. M. 'Phomson , de Londres ; réduction, en une espèce de coke, de tous les combustibles manufacturés. (3o juin.— i5 ans.)
- 543. MM. Robin et Feuchère, à Paris; machine et procédés propres à la solidification du poussier de houille. (i4 juillet. — i5 ans.)
- 544' MM. Sorel et Lescroel-Deprez, à Paris; procédés pour agglomérer les combustibles menus ou en poussière, de manière à en former des briquettes ou des morceaux plus ou moins gros. (26 août. — 15 ans.)
- 545. M. Barthélemy, à Saint-Ouen (Seine) ; procédés et appareils propres à la fabrication du coke, en disposant, à cet effet, les fourneaux alimentés par le charbon de terre. ( 23 octobre.
- — i5 ans,)
- 546. M. Bellan, à Paris ; hexagone chimique , inflammable , propre à allumer le feu. (t5 décembre. — i5 ans.)
- 547* M. Million, à Paris; genre de combustible. (23 décembre. — i5 ans.)
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- 548. Madame Mazard, à Tartaras ( Loire ) ; appareil propre à l’agglomération du menu charbon de terre et à la fabrication des briquettes. (3i décembre. — i5 ans.)
- COMPTEURS.
- 549. MM. Schivilgué père et fils . à Strasbourg (Bas-Rhin); instrument dit marqueur portatif. (28 avril. — i5 ans.)
- 550. MM. Smith-Lebrun et comp., à Paris; appareils propres à mesurer et régler la distribution du gaz d’éclairage. (9 juin. — i5 ans).
- 551. M. Arson , à Paris; deux genres de compteurs à eau. (26 août. — i5 ans.)
- 552. M. Hanot-Feuilloy, à Amiens (Somme); compteur à eau. (9 septembre. — i5 ans.)
- 553. M. F'oissard, à Paris ; compteur secret à l’usage des voitures omnibus. (18 octobre.— i5 ans. )
- CONFISERIE.
- 554. M. Roussel, à Metz (Moselle); fabrication de fruits confits à la vapeur. (26 lévrier. —
- 15 ans.)
- 555. M. Saintouin, à Orléans (Loiret) ; machine à faire les dragées. (26 mars. — 10 ans.)
- CONSERVATION.
- 556. M. de Gemini, à Paris ; procédés de conservation des matières organiques. (17 juin.
- — i5 ans.)
- 557. M. Conche , à Lyon ; conservation de la courge, soit en farine, soit en fragments. (11 novembre. — i5 ans.)
- CONSTRUCTIONS CIVILES.
- 558. M. Batelier, à Paris ; genre de bardeau métallique propre à la construction. (i5 janvier.
- — i5 ans.)
- 55g. M. Peyrot, à Limoges (Haute-Vienne); appareil employé à l’opération du rodage et du dressage des matériaux de construction. (3 février. — i5 ans.)
- 560. M. Caslillon, à Troyes (Aube); système de couverture d’édifices en tuile. (12 février.— i5 ans.)
- 561. M. Jallade, à Paris ; système de couverture métallique à boudins couvre-joints , recouverts à coulisse par le métal à cannelures renversées. (28 février.— i5 ans.)
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- CORNE.
- ( 512 )
- 062. MM. Ramond et Jngé, à Paris ; massif destiné à préserver les édifices de l’ébranlement causé par les voitures, etc. (20 avril. — i5 ans.)
- 563. M. Gaulherot, à Vaugirard (Seine); système de poutre en fer propre à établir des ponts pour les chemins de fer et propre à plusieurs autres usages analogues. (14 mai. — i5 ans.)
- 564. M. Turner, à Dublin (Irlande); système de construction des toitures. (12 juin. — i 3 ans. )
- 565. M. Hubaine, à Beauvais (Oise) ; système complet de couvertures en tuiles dites tuiles-écailles. (9 août. — i5 ans.)
- 566. M. Beard, à Batignolles (Seine) ; toiture à ventilation empêchant les cheminées de fumer. (i3 septembre. — i5 ans.)
- 567. M. Lefevre, à Paris; machine à modeler le zinc pour couvertures. ( 6 octobre. —
- 15 ans. )
- 568. M. Kirrage, de Londres; composition perfectionnée de matériaux et application de certains matériaux pour bâtir. ( 8 décembre.
- — 14 ans.)
- CONSTRUCTIONS HYDRAULIQUES.
- 669. M. Bruce, de Londres ; perfectionnements dans la construction des piles, des brise-lames et autres ouvrages sous-marins en pierre.
- (Ier juillet. — i4ans.)
- CORBILLARD.
- 5^0. M. Guiard, à Paris ; système de corbillard. (18 mars. — i5 ans.)
- CORDES.
- 571. M. Vitrou, à Bernay (Eure); fabrication des cordes et cordons ronds. ( 22 janvier.
- — i5 ans.)
- 572. M. Kauffmanri, à Rouen ; métier à fabriquer la corde continue. (22 mai. —• i5 ans )
- 573. M. Hanin, à Rouen , application des rubans de chanvre au filage à la main du fil de caret pour toute espèce et toute qualité de cordages. (5 juillet. — i5 ans.)
- 574. M. Merlié-Lefèvre, à Ingouville (Seine-Inférieure) ; perfectionnement dans les machines à câbler les cordages. (3o juillet. — 15 ans.)
- 575. M. Simon, à Paris ; machine à râper et limer la corne et autres objets durs. (25 février. — i5 ans.)
- 576. M. Tardj , à Paris ; procédés mécaniques propres à réduire la corne en poudre. (26 mars. — i5 ans.)
- 577. M. Caillj fils, à la Chapelle (Seine); machine destinée à râper les cornes brutes et fondues, et autres substances telles que l’ivoire, les bois de teinture, etc. (io juin. — i5 ans.)
- CORSETS.
- 578. M. Oudinot, à Paris ; application de tissus à coulisses aux corsets. (18 janvier. — 15 ans.)
- 57g. M. Levasseur, à Paris; genre de buse mécanique pour corset. (15 avril. — i5 ans )
- 580. Mademoiselle Quilleret. à Paris ; buse mécanique à spirale. (20 avril. — 5 ans.)
- 581. M. Macé, à Paris; disposition de cor-sets-ventouses avec une baleine dite américaine.. (3o novembre. — i5ans.)
- 682. Le meme, à Paris ; disposition de corsets-ventouses avec une baleine dite américaine. (3o novembre. — i5ans.)
- COSMÉTIQUES.
- 583. M. 'Tardieu, à Paris; genre de cosmétique. (i5 janvier. — i5 ans.)
- 584- M. Daud, à Paris; graisse pour la conservation des cheveux et manière de s’en servir. ( 1er février. — 1 5 ans )
- 585. M. Lombard, à Lyon ; pommade dite Xunique, pour empêcher la chute des cheveux. (27 février. — i5 ans.)
- 586. M. Talbot, à Paris ; composition d’une pommade de toilette. (i5 fnai.— i5 ans.)
- 587. M. Olivetti, à Paris; composition de poudre ou crème dentifrice pouvant servir aussi à polir l’or et l’argent. (2 août. — i5 ans.)
- 588. M. Prévost, à Paris ; composition d’une pommade destinée à lustrer et à friser les cheveux. (7 décembre. — i5 ans.)
- COULEURS.
- 58g. MM. Leclaire et Barruel, à Paris ; procédés de fabrication et de composition de cou-
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- leurs propres à la peinture. ( 16 février. — i5 ans.)
- 590. M. Decok , à Marquette-lès-Lille (Nord); procédés applicables à la fabrication d’un bleu d’azur en poudre au moyen du kaolin. (22 février. — i5 ans.)
- Sqt. M. Panay, à Puteaux (Seine) ; fabrication de couleurs dites vapeur, applicables à l’impression des mousselines—'laines et autres étoffés de laine, et des mousselines-laines chaîne coton. (23 août. — 15 ans.)
- Sg?.. Madame veuve Guedelot, à la pointe d’Ivry (Seine) ; composition d’une couleur-vernis foncée, propre surtout à la conservation des objets. (27 novembre. — i5 ans,)
- 593. M. Leclaire, à Paris ; procédés de fabrication de blanc de zinc. (3 novembre. — 15 ans.)
- 594. M- Chapsal, à Paris; appareil à circulation d’eau, principalement applicable à l’extraction et à la concentration des matières colorantes et autres substances à tous degrés, même à l’état solide. (2 septembre. — )5 ans.)
- 5q5. M. de Montagnan , à Paris ; couleurs indélébiles. (ier décembre. — i5 ans.)
- COURROIES.
- 5g6. MM. Magnin et Gentil, à Lyon (Rhône) ; genre de cordes et courroies propres au trait et aux tournants de toute espèce de machines. (20 mars. — 1 5 ans.)
- 5qj. M. Solder, à Lyon ; courroie dite courroie Solder. (16 juin. — i5 ans.)
- 598. M. Lande aîné, à Paris ; sangles indé-tendables. (28 juin. — 1 5 ans.)
- COUTELLERIE.
- 599. M. l'rollé, à Paris; ciseaux dits ciseaux tournants, (8 février. — 15 ans.)
- 600. MM. Ferrera et Ferreri, à Cenon-la-Bastide, près Bordeaux (Gironde) ; genre de ciseaux à l’usage des tailleurs d’habits. (19 mars. — i5 ans.)
- 601. M. Sommelet, à Paris; procédés de fabrication de ciseaux. (11 mai. — 15 ans.)
- 602. M. Nadal, à Thiers (Puy-de-Dôme); procédés d’application d’écaille factice, gélatine, de toutes couleurs à la coutellerie. (2 juillet. — i5 ans.)
- 3 )
- 6o3. M. Charrière , à Paris ; modèle de ciseaux à lame courante (26 octobre. — i5 ans.)
- 6o4- M. Pillon, à Troyes (Aube); canif facilitant la taille des plumes. (22 novembre. — i5 ans.)
- COUTURE.
- 605. M. Thomas, de Londres ; machine perfectionnée pour coudre différentes étoffes. (3o janvier. — i3ans.)
- 606. M. Sénéchal, à Bellevtlle (Seine); machine à coudre. (20 février. — 1 5 ans.)
- COUVERTS.
- 607. M. Krupp, de Londres ; perfectionnements dans la fabrication des cuillers, fourchettes, etc., et dans les machines et appareils servant à ladite fabrication. (10 mars. — i3 ans.)
- 608. M. Hildehrand, à Senones (Vosges) ; emploi de la meule dans la fabrication des couverts en fer battu. (10 décembre. — 15 ans.)
- CRAIE.
- 60g. M. Messan, à Belleville (S ci ne) ; fabrication et emploi de la pâte-craie et des outils nécessaires à cette fabrication. ( 6 novembre. — i5 ans.)
- CRAVA’I ES.
- 610. M. Eayem, à Paris; col-cravate dit multicol. (22 novembre. — i5ans.)
- CRAYONS.
- 611. M. Girard, à Marseille; crayons dits stéarino-lumineux, servant à l’usage des tailleurs, chapeliers, etc. (26 janvier. — 10 ans.)
- 612. M. Moules, à Paris; genre de crayon dit crayon-plume aérostatique, (9 février. -—
- 1 5 ans.)
- 613. M. Micouin, à Paris; taille-crayon. (16 avril. — i5 ans.)
- 614- M. Thierry des Estivaux, à Paris; instrument dit taille-crayon. (16 avril. —15 ans.)
- 615. MM. Gaupillat, Jllig , Guindorj" et Masse, à Paris ; dispositions applicables soit aux portecrayons , suit aux porte - plume. (17 mars,— i5 ans.)
- 616. M. Riollot aîné , à Paris ; portecrayon , système rétractile. (20 décembre. — i5 ans.)
- CREUSET.
- 617. M. Loup, à Rive-de-Gier ( Loire ) ; sys-
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- tème de creusets destinés à la fusion du verre. (7 avril. — i5 ans.)
- CRIC.
- 618. M. Jouve, à Paris; cric à levier propre à lever des fardeaux. (2 août. — 15 ans.)
- 619. M. Samuely au Havre (Seine-Inférieure) ; cric mécanique. (28 octobre. —15 ans.)
- 620. M. Hosch, à Paris ; cric dit cric Her-cule. (27 novembre. — i5 ans.)
- CRIN.
- 621. M. Averseng, à Alger ; procédé propre à fabriquer du crin dit crin d’Afrique. (7 juillet. — i5 ans.)
- 622. M. Benier, à Alger; fabrication de crins artificiels par l’emploi de la feuille du palmier nain. (27 novembre.— i5ans.)
- CROISÉES.
- 628. M. Ormières, à Bordeaux (Gironde) ; système de ferrements applicable aux croisées, contrevents et pièces de charpente. (27 janvier. — i5 ans.)
- 62.4. MM. Jean Jean et Mazauyé, à Montpellier (Hérault); croisées et portes à balcon dites système à percussion. (19 avril. — i5 ans.)
- 625. M. Bremontier, à Rouen (Seine-Inférieure) ; système de croisées offrant l’avantage d’empêcher l’air et principalement l’eau de s’introduire dans l’intérieur des appartements. (18 mai. — i5 ans.)
- CUIR.
- 626. M. Wileyko, à Lyon (Rhône); machine à corroyer le cuir. (26 mars. — i5 ans.)
- 627. M. Feliz dit Laroche y à Sierk (Moselle) ; presse servant à comprimer les cuirs tannés. (27 novembre. — i5 ans.)
- CUIRS A RASOIRS.
- 628. M. Labaume , à Paris ; bois préparé remplaçant le cuir et propre à faire couper les rasoirs, canifs, etc. (16 mars. — i5 ans.)
- 629. M. Warée, à Paris ; genre de cuir à rasoir. (2 juin. —j 5 ans.)
- CUISINE.
- 630. M. Petit, au Havre (Seine-Inférieure); perfectionnements dans la construction des cuisines de marine, et ayant pour but de les ren-
- dre applicables à la cuisson du pain. (i4 jan-vier. — i5 ans.)
- 631. MM. Tillier et Robin, à Troyes (Aube); appareil dit cuisine gazofacteur calorifère. (8 février. — 15 ans.)
- 632. M. Clairet, à Mantes (Seine-et-Oise) ; système de transmission d’un mouvement rotatif aux viandes qui cuisent dans des fours clos et autres. (5 août. — i5 ans.)
- 633. MM. Lequeux et Andreoletti, à Alençon ( Orne ) ; appareil culinaire dit chaudière ovoide. (24 août. — i5 ans.)
- CUIVRE.
- 634. M. Napier, de Shalewell, près Londres ; perfectionnement dans le traitement et la fonte des minerais de cuivre. ( 25 janvier. — i5 ans.)
- 635. M. Delcroix, à Châlons (Marne); procédés de fonte du cuivre. (27 juillet. —15 ans.)
- DÉCORS.
- 636. MM. Mielle et Mallez , à Paris ; application de la chromolithographie aux lettres , décors et attributs pour enseignes de maisons, tapisseries, plafonds et dessus de meubles exécutés sur feuilles de zinc, plaques de bois, toiles, papiers, satins, velours, etc., en un mot sur toute matière susceptible de recevoir l’impression. (i3 juillet. — i5 ans.)
- DÉCORTICATION.
- 637. M. Ramel, à Paris; application des machines propres à décortiquer en général, à la décortication particulière du sésame. ( 14 octobre. — i5 ans.)
- 638. M. Dolley, à Bordeaux (Gironde) ; machine dite décorti-rtarare à cylindre, propre à décortiquer, monder et vanner les cafés ou les grains. (25 novembre. — i5 ans.)
- découpure.
- 639. M. Robert, à Paris ; application nouvelle de moyens et d’outils connus, tels que matrices déjà employées à découper les papiers pour enveloppes de bonbons, abat-jour de lampes, etc., parchemins, papiers, métaux laminés, etc., à la fabrication de nouveaux produits industriels pour imiter et remplacer des tissus
- i et des vêtements tels que manchettes , cha-
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- peaux, etc., sous le nom de guipures ou cachemire (T Orient. (21 juillet. — i5 ans.)
- dégraissage.
- 640. M. Allaire, de Londres; appareil propre au nettoiement, à la vapeur, des vêtements confectionnés. (28 septembre. i3 ans.)
- dentelles.
- 641. M. Cro/ts, à Nottingham (Angleterre); perfectionnements dans les métiers propres à fabriquer la dentelle et autres tissus. (ier mars.
- — i3 ans.)
- 642. M. Moiselet, à Paris ; système de machine propre à faire de la guipure, de l’agrément et de la guipure dite anglaise. (3 avril.
- — i5 ans.)
- 643. Madame Girardin, de Bruxelles (Belgique) ; procédé propre à faire des fleurs, dentelles de soie, en point à l’aiguille dit point de Bruxelles, soit pour application, soit pour guipure. (27 septembre. — 14 ans.)
- 644- M. Lccoq-Préville, à Paris ; genre de dentelles , guipures, etc., en peaux de toute espèce, applicables à différents usages, (^novembre. — i5 ans.)
- DENTS.
- 645. M. Lebihand.it Petit, à Paris; application du gutla-percha à la pose des dents artificielles dites dents à coussins. (3o décembre. — i5ans.)
- .DÉSINFECTION.
- 646. M. Foucaud, à Paris ; liquide désinfectant et ses diverses applications. (i4 janvier.—
- 15 ans.)
- 647. M. Cassés, à Paris; procédé facilitant l’absorption des gaz méphitiques et autres. (6 février. — 15 ans.)
- 648. M. Plainville, à Paris ; système de désinfection. ( 15 juillet. — i5ans.)
- 649. MM. Merlin et Boyer, à la Villette (Seine) ; procédé de désinfection des matières fécales. (4 août. — i5 ans.)
- 650. M. Paulet, à Paris; procédé de désinfection. (12 décembre. — i5 ans.)
- DESSIN.
- 651- M. Viollet, à Paris; système de principes et de moyens d’exécution propres à faci-
- Qnarante-septième année. Août 1848.
- liter l’etude et la pratique du dessin , système réalisé par un appareil qui comprend, entre au-ti es moyens de detail, des oculaires, des pointes de compas, des fils pour carreaux et des index d’une nouvelle disposition, appareil dit vérifi cateur du dessin. (8 mars. — i5 ans.)
- 652. M. Senn, à Paris ; appareil dit réducteur lumineux, propre à réduire les peintures et les dessins. (17 mars.— i5 ans.)
- 653. M. Bureau, à Lyon (Rhône); diagrapbe simplifié. (17 mai. — i5ans.)
- 654. M. Colson, à Paris ; genre d’estampes en caoutchouc propres à la peinture au pastel et au dessin en général. (27 juin. — i5ans.)
- 655. M. Plaut, à Paris ; instrument propre à faciliter l’exécution des dessins linéaires et des plans en général, dit plautogi aphe. (2 août. — i5 ans.)
- DISTILLATION.
- 656. M. Lahore, à Paris ; appareils propres à opérer les première et deuxième distillations de toute espèce de matières sèches et liquides telles que schistes , houilles , résines , goudrons , etc. (16 mars. — i5 ans.)
- 657. M. Hontaride, à Bayonne (Basses-Pyrénées) ; alambic applicable à la distillation des essences de térébenthine et des eaux-de-vie. (22 mars. — i5 ans.)
- 658. M. Thierry, à Paris ; appareil distilla— toire à x'ectification multiple et continue, permettant l’extraction de l’alcool des grains et des fécules, à l’aide d’une disposition spéciale qui offre une économie considérable. (i5 avril. — i5 ans.)
- 65g. MM. Cheval frères, à Estreux (Nord), extraction de l’esprit de la betterave par la distillation. (4 juin.— i5ans.)
- 660. MM. le Gavrian et Farinaux, à Lille i^Nord) ; perfectionnements dans les appareils propres à la concentration des liquides, à la cuisson des sucres et à la condensation des vapeurs alcooliques ou aqueuses. ( 22 juin. — i5 ans,)
- 661. MM. Monmory et S mets, à Paris ; appareil de distillation continue à marche horizontale. (25 juin. — i5 ans,)
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- 662. M. Mareste, à Cognac (Charente) ; ap-pareildistillatoire, dit appareil Mareste. (20 août. —15 ans.)
- 663. M. Bouc, à Paris; système de distillation applicable à la fabrication des eaux-de-vie de Cognac et pouvant recevoir d’autres emplois. (21 août. — i5 ans.)
- DIVISEUR.
- 664. MM. Pélissier et Coullon, à Paris; diviseur universel patronymique, propre à diviser les roues d’engrenage et tous les autres objets divisibles en ligne courbe. (7 janvier.— 15 ans.)
- DORURE.
- 665. M. Fessié-Dumotey, à Paris ; procédés électrochimiques de dorure, argenture et platinage. (22 septembre. — i5ans.)
- 666. M. Marie, à Paris; 1° application à la dorure des peaux de la lithographie, de la typographie ou de tout autre mode d’impression; 20 vernissage de la dorure des peaux. (19 octobre.— i5 ans.)
- 667. M. Doat, à Albi (Tarn) ; système de dorure électrochimique. ( 17 décembre. — i5 ans.)
- DRAGAGE.
- 668. M. 'Faylor, à Marseille ; système de transport des matières provenant du dragage. (19 janvier.— i5 ans.)
- DRAPS.
- 669. MM. Chemery et Letellier, à Sedan (Ardennes) ; changements et perfectionnements apportés dans la manière de décatir et de presser les draps, satins, casimirs, etc. (21 janvier. —10 ans.)
- 670. M. Fulcrand, à Montpellier (Hérault); genre de peignes propres au tissage des draps. (i3 août. — i5 ans.)
- 671. MM. Beauduin , Martin et Lecomte-Pierrot, à Sedan (Ardennes); machine à décatir les draps et les étoffes. (15 septembre.—15 ans.)
- 672. M. Pannier , à Elbeuf ( Seine - Inférieure) ; procédés pour le dégraissage des draps. (23 décembre. — i5 ans.)
- EAU DE MER.
- 673. M. Rocher, à Nantes (Loire-Inférieure); condensateur sous-marin inéchauffable. (26 juillet. — i5 ans.)
- EAUX GAZEUSES.
- 674* M. Despines, à Marseille ; vase siphoïde destiné à servir les boissons gazeuses, telles que eau de Seltz, limonade gazeuse , etc. (i5 avril.
- — 15 ans.)
- 675. M* Briet, à Paris ; perfectionnements apportésà l’appareil dit gazogène Briet, (igaoût.
- — i5 ans.)
- 676. M. Dehaul, à Paris ; perfectionnements dans la fabrication des eaux gazeuses, dans les vases propres à les contenir, et dans les moyens mécaniques pour boucher les bouteilles et les vases. (20 septembre. — i5 ans.)
- 677. M. Duchesne, à Paris ; système d’appareil propre i° à introduire les liquides gazeux dans les bouteilles et à les boucher en même temps ; 20 à déverser ces mêmes liquides sans être obligé de pencher les bouteilles. (6 octobre.
- — i5 ans.)
- ÉCHELLE.
- 678. M. Amette, à Neuilly (Seine); échelle mobile dite échelle Amette. (10 octobre.— i5 ans. )
- ÉCLAIRAGE.
- 679. M. Collier, à Paris; éclairage au gaz portatif des lignes de chemins de fer, stations, villages , et des établissements particuliers, (r 1 janvier. — i5 ans.)
- 680. M. Chiris, à Troyes (Aube) ; augmentation et réflexion de la lumière. (23 janvier.— i5 ans.)
- 681. M. Dartois, à Paris; nouveau mode d’éclairage. (i5 février. — i5ans.)
- 682. M. Lacarrière, à Paris ; bec à gaz brûlant à toute pression sans fumée. (8 mai. — i5 ans.)
- 683. M. Lutzenberger, à Paris; application nouvelle et perfectionnements apportés dans ia fabrication des appareils d’éclairage et des produits de lampisterie. (24 juillet. — i5ans.)
- 684- M. Mabille, à Paris ; système d’éclairage en fleurs et en fruits pour bals. ( 1er octobre.
- — i5ans.)
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- ( 51
- 685. M. Normani, à Paris ; système d éclairage dit phare d’intérieur, applicable à toutes les lampes pour obtenir des maxima de lumière. (3 novembre. — i5 ans.)
- ÉCRITOIRES.
- 686. MM. Becker et Otto, à Paris; encrier dit encrier moderne. (21 avril. i5 ans.)
- 687. M. Rongier, à Paris ; genre d’écritoire dit écritoire Rongier. (i3 octobre. — i5ans.)
- 688. M. Delarue, à Paris; nouveau genre d’encrier. (29 novembre. — i5 ans.)
- ÉDUCATION.
- 689. M. Picard, à Paris; cahiers classiques. (18 janvier. — i5ans.)
- 690. M. Pradel fils, à Carcassonne (Aude) ; alphabet mécanique. (3o juillet. — 5 ans.)
- EMBALLAGE.
- 691. M. Faure, à Paris; nouveau genre de malle. (25 janvier. — i5 ans.)
- 692. M. Cotel, à Paris ; système d’emballage des statues, statuettes, tableaux et autres objets d’art fragiles. (4 mai. — i5 ans.)
- 6g3. M. Legris, à Paris ; nouveau système d’emballage. (27 mai. — i5 ans.)
- 6g4- M. Allié aîné, à Paris ; système d’emballage des chapeaux d’homme. ( 12 juin. — i5 ans.)
- 6g5. M. Janvier, à Paris ; système d’emballage des chapeaux d’homme. ( Ier juillet.— i5 ans.)
- 696. M. Stcvenel, à Châlons (Marne); machine propre à la confection des caisses à emballer les vins de Champagne et autres. ( 2 juillet. — i5 ans.)
- 697. M. Marcotte, à Paris ; appareil propre à emballer les chapeaux d’homme, (ig octobre.
- 15 ans.)
- 698. M. Gaudard, à Paris ; disposition de malles de voyages dites malles jumelles portefeuilles. (24 décembre. — i5 ans.)
- ENCADREMENT.
- 699. M. Bénard, à Paris ; disposition de passe-partout propre aux encadrements. (23 décembre. — i5 ans.)
- ENCLUME.
- 700. MM. Aubry et Châteauneuf, à Rive,
- 7 )
- commune de Yalbenoîte (Loire) ; procédés de fabrication des enclumes sans soudure et d’une seule pièce. (19 avril. — i5 ans.)
- ENCRE.
- 701. M. Cottereau, à Paris ; encre indélébile applicable à l’impression et à l’écriture. (15 janvier. — 10 ans.)
- 702. M. Lapeyre, à Aurillac (Cantal); encre extemporanée ou à la minute. (27 février. — 10 ans.)
- 703. MM. Assi etBazire, à Stains (Seine) ; appareil et procédé propres à fabriquer et obtenir instantanément l’encre double pour les écritures ordinaires et l’encre communicative pour la copie des lettres. (3 avril. — 10 ans.)
- 704. M. Choisie-Lccoq , à Gentilly ( Seine ) ; composition d’un extrait d’encre. (6 mai. — i5 ans.)
- 705. M. Bazire, à l’Aigle (Orne) ; procédé propre à fabriquer, de manière à ce qu’elles soient véritablement inaltérables, l’encre double pour les écritures ordinaires et l’encre communicative pour la correspondance. (21 juillet. — i5 ans.)
- 706. M. Faucher, à Chablis (Yonne) ; bouteille d’encre inépuisable. ( 13 décembre. — i5 ans.)
- ENDUIT.
- 707. M. Fugère, à Paris ; enduit et procédé hydrofuges contre l’humidité. ( 4 juin. — i5 ans.)
- 708. MM. Thomas et Ducroquel, à Paris; mode de préparation de divers enduits. (5 juin. — i5 ans.)
- 709. MM. Cuenod et Chavannes, à Paris ; composition, dite néolilhe, servant, comme enduit, couleur, mastic ou ciment hydrofuges et conservateurs, à divers usages et applications. (16 décembre. — i5 ans.)
- ENGRAIS.
- 7 1 o. M. Mosnier , à Bruxelles ( Belgique ) ; composition d’un engrais, (g février.— i5 ans.)
- 7 11. M. Esmein, à Mantes (Seine-et-Oise) ; composition d’un genre d’engrais dit guano français. (20 février. — i5 ans.)
- 712. M. Flechelle, à Marseille (Bouclies-du-
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- ( 31-8 )
- Rhône); engrais liquide. (i5 mai. — i5ans.)
- 713. M. Gary, à Paris; procédés de fabrication d’engrais chlorurés. (22 mai. — i5ans.)
- 714. M. Maillet-Robert, à Reims (Marne); procédé propre à débarrasser les villes des matières à engrais. (22 juin.— i5 ans.)
- 715. M. Fere/, au Petit-Montrouge (Seine); procédés propres à concentrer les sels ammoniacaux dans les fumiers. (i3 juillet. — i5 ans.)
- 716. M. Sainte-Preuve, à Paris ; procédés de fabrication des engrais. (i3 juillet. — i5 ans.)
- 717. M. Giot, à Paris ; composition d’un engrais. (20 juillet. — i5 ans.)
- 718. M. Coelland, à Rennes (Ille-et-Vilaine); préparation d’un engrais propre à l’agriculture dit sang chaulé. (16 août. —5 ans,)
- 719. M. Tillf, à Morlaix (Finistère) ; procédé de cuisson des sables calcaires, à l’effet de les convertir en chaux propre à l’engrais des terres. (21 septembre. — i5 ans.)
- 720. M. Lacarrière, à Paris; composition d’un genre d’engrais. (8 octobre. — i5 ans.)
- 721. MM. Sabelle et Boudon , à Valence (Drôme) ; nouveau genre d’engrais. (8 octobre. —15 ans.)
- 722. M. Richer, à Nantes (Loire-Inférieure); préparation de calcaires destinés à l’agriculture, tels que chaux, craies, marnes, gypses. (12 octobre.— i5 ans.)
- 723. M. Lafitte, à Bordeaux; engrais et système de fourneau propre à sa fabrication. (21 octobre. — i5 ans )
- 724* M. Barrière fils aîné, à Bordeaux ( Gironde) ; procédé de fabrication d’engrais azotés. (26 octobre.— 1 5 ans.)
- 725. M. Lanchère, à Bourges (Cher); genre d’engrais végéto-azoté dit noir de Bourges. (11 décembre. — i5 ans.)
- 726. M. Bonnet , à Paris ; fabrication de poudres noires destinées aux engrais. ( i3 décembre. — 15 ans.)
- ENGRENAGE.
- 727. M. Caron , à Paris ; perfectionnements dans la confection de toute sorte d’engrenages, de roues de friction , de roulettes, de galets ,
- coussinets, tampons ou douilles,élastiques, etc. (22 avril. — i5 ans.)
- 728. M. Mar lier, à Paris, engrenage com -posé propre à soulever les corps lourds. (27 juillet. — i5 ans.)
- 729. M. Drapier, à Rouen (Seine-Inférieure;; organe destiné à. agir comme embrayage sur toute espèce d’engrenages en général. (2 septembre.— iSans.)
- 730. MM. Grisez et Gras, à Thann ( Bas-Rhin) ; système d’engrenage en bois et en fonte. (23 décembre. — i5 ans.)
- ÉPINGLES.
- 731. MM. Neuss frères, à Vaise (Rhône); chalumeau à flamme de- gaz applicable à la fabrication des épingles à têtes d’émail et à d’autres usages. (9 mars. — i5 ans.)
- ESCALIERS.
- 732. M. Lebelle, à Paris; application du zinc et du plomb fondu à l’ornement des rampes d’escaliers. (28 juillet. — i5 ans.)
- ESPAGNOLETTES.
- 733. M. Goudard, à Toulouse; espagnolette à manivelle. (6 août. — i5 ans.)
- 734. M. Maillard, à Damville (Eure) ; crémone dite crémone Maillard. (7 septembre. — i5 ans.)
- 735. M. Jacquot, à Paris; espagnolette excentrique ou à genouillère. ( 19 novembre. — i5 ans.)
- ESSENCES.
- 736. M. Pidding, de Londres ; procédés pour la fabrication d’extraits de matières végétales et pour la conservation de leur arôme. (26,août — 14 ans.)
- ESSIEUX.
- 737. M. Bessemer, de Londres; perfectionnements apportés dans les essieux ou axes des roues des voitures et locomotives des chemins de fer. (i3 mars. — i4 ans.)
- 738. M. Rastouin , à Blois (Loir-et-Cher) ; nouveau système d’essieu de voiture. ( 6 avril. — i5 ans.)
- 739. M. Dugdahy à Paris; modifications faites aux essieux des voitures ayant pour but
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- d’en vendre la marche plus douce et plus sûre. (2 juillet. — i5 ans.)
- 74°- M. Neuman, à Paris; perfectionnements apportés aux essieux de voitures. (3o juillet.
- 15 ans.)
- 741. M. Grand, à Paris ; procédés de fabrication des essieux en fer corroyé, pour voitures, waggons, tenders de chemins de fer, etc. (12 novembre. — 15 ans;)
- 742 . MM. Poitrail et Barbiéri, à Condé-sur-Noireau (Calvados); système de cylindres à rouleaux continus , pour éviter le frottement des essieux des voitures, des waggons, etc. (ri décembre. — iSans.)
- ESTAMPAGE.
- 743. M. Leray, à Paris ; mise en paillette sur gravures, estampes, lithographies, etc., par le procédé de l’estampage. (2$ avril.— i5 ans.)
- 744- M. Manassédit Mayer, à Paris; procédé sans' fin pour l’estampage, avec dorure et argenture, des papiers, cartons* cuirs et étoffes. (ier juin. — i5 ans.)
- 745. M. Moricault, à Paris; système d’estampage, dit estampage droit sans dépouille, applicable à la fabrication des divers produits de la bijouterie , de l’orfèvrerie , de la lampiste-rie, etc. ( 13 juillet. — i5 ans.)
- 746. M. Huguenin, à Paris; procédés d’estampage de pattes de bretelles, brides de sabots, ceintures, etc. (27 août. — i5 ans.)
- ÉTAL.
- 747. M. P'oury,h Batignolles (Seine); genre de fabrication d’étaux de bouchers , charcutiers,-etc-. (4 octobre. — i5 ans.)
- ÉTAMAGE.
- 748. M. Michuy, à Paris ; nouveau genre d’étamage. (291 janvier.— i5 ans.)
- 749; MM; Laugier frères, à Grasse (Var); étamage en étain des estagnons en cuivre pour transporter les fleurs d’orangers, etc. (29 février. — i5 ans.)
- 760. M. Dida, à Paris; nouveau procédé d’étamage. (3 juillet. — i5 ans.)
- ÉTAU.
- 75i. M. Pot, à Paris; étau parallèle propre au travail des métaux. (29 mars. — i5a«s.)
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- 752. Le meme; système d’étau parallèle. (5 juillet. — i5 ans.)
- 753. M. Loiseau, à Paris; système d’étau parallèle. (14 mai. — i5 ans.)
- 764. MM. Dondoy-Maillard, Lucq et conip., à Maubeuge (Nord); application de l’étau à pied d’ajusteur. (3o octobre. — i5ans.)
- étoffes.
- 755. M. Busson, à Paris ; perfectionnements ajoutés à une machine propre à défiler les étoffes. ( 9 mars. — i5 ans.)
- 756. M. Brunei, à Tulle (Corrèze); machine à défiler les vieilles étoffes de laine. (16 mai s. — 15 ans.)
- 757. M. Delay, à Lyon (Rhône); machine à défiler et réduire en leur matière première toute espèce d’étoffes de laine. ( 7 octobre. — i5 ans; )
- 708. MM. Perrin frères, à Nancy (Meurthe); perfectionnements dans les machines à défiler ou détisser les tissus et chiffons de toute espèce, tels que tricots, stoffs, napolitaines, mérinos, étoffes de gilets , molletons , drap , casimirs , serges, couvertures, etc. (22 octobre.—15 ans.)
- 759. M. Buff, à Montmartre (Seine) ; machine propre à plier les étoffes. ( 18 octobre. — i5 ans.)
- ÉTOUPES.
- 760. M. Croissant, à Marseille (Bbuches-du-Rhône); machine, dite défileuse, propre à fabriquer des étoupes pour navire , avec toutes plantes ou écorces d’arbres filamenteuses. (10 mai. — 15 ans.)
- ÉVENTAIL.
- 761. M. Turreau , à Paris ; ventilateur sylphide, pouvant remplacer l’éventail et s’adaptant à plusieurs objets tels qu’ombrelles , cravaches, etc. (16 avril. — i5 ans.)
- 762. M. Manassé dit Mayer ; application de la gravure , avec dorure ou argenture simultanée, aux branches d’éventails. (2 août.— 15 ans. )
- FAÏENCE.
- 763. M. d’Huard de Nothomb, à Longwy (Moselle); machine permettant d’employer h gaz des hauts fourneaux pour la cuisson de la faïence. (?.5 septembre. —15 ans.)
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- fécule.
- 764. MM. Durand et Grandremy, à Bati-gnolles (Seine); machine propre à la fabrication des pâtes à potages. (19 mai. — i5 ans.)
- 765. M. Parmentier, à Lunéville (Meurthe) ; procédé de fabrication de fécule dit fabrication de fécule par dépôt immédiat sur un plan incliné. (25 octobre. — i5 ans.)
- FER.
- 766. MM. Bouhon et Mouzon, à Paris ; décapage et galvanisation du fer. (20 janvier. — j 5 ans.)
- 767. M. Masson, à Saint -Dizier (Haute-Marne) ; appareil servant à la fabrication des fers creux pour laminage et étirage. (5 mai. — i5 ans.)
- 768. M. Sanderson, de Sheffield (Angleterre); perfectionnements apportés à la combinaison de l’acier fondu avec le fer, combinaison qui donne des barres propres à la fabrication des bandages de roues et à d’autres usages. (10 juillet. —
- 11 ans).
- 769. M. Mertian, à Montataire (.Oise); procédé propre à obtenir un fer dur et tenace destiné particulièrement aux cercles à rebords des locomotives et des waggons. (17 juillet. — i5 ans.)
- 770. M. Dugdale , à Paris; procédé propre à convertir le fer forgé en acier, quel que soit le degré de dureté voulu , depuis sa surface jusqu’à «S millimètres de profondeur et plus, s’il le faut, dans un ou plusieurs endroits du même morceau et sur une ou plusieurs de ses surfaces. (26 juillet. — i5 ans.)
- 771. M. Hereau, à Paris; moyen propre à employer l’anthracite dans le traitement des métaux en général et du fer en particulier. (21 août. — i5 ans.)
- 772. M. Witherel, de New-York (États-Unis) ; perfectionnements apportés à la fabrication et au travail du fer destiné à divers usages. (2 octobre. — 14 ans.)
- 778. M. Contant, à Paris ; appareil de cémentation du fer. (25 novembre. — i5 ans.)
- 774. M. Vicbers, de Londres; perfectionnements dans la fabrication du fer. (23 décembre.
- •— 14 ans.)
- 775. M. Bertrand Geoffroy, à Paris; perfectionnements dans la fabrication du fer, et particulièrement de celui employé au forgeage des pièces de mécanique de forte dimension. (3i décembre. — i5 ans.)
- FERMETURE.
- 776. MM. Gand et Poujol, à Montpellier (Hérault) ; système de fermeture des croisées et portes à balcon pour garantir de l’air et de l’eau. (i5 avril. — i5 ans.)
- 777. M. Baudon-Porchez , à Lille (Nord); mode de fermeture et barrières ( verrou vertical). (17 avril. — i5 ans.)
- 778. M. Contenot, à Paris ; système de devanture et de fermeture de boutiques en fer. (i5 niai. — 15 ans.)
- 779. M. Coupelon , à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) ; système de fermeture de boutiques et magasins. (17 novembre.— i5 ans.)
- 780. Le même ; système de fermeture de magasins. (18 décembre. — i5ans.)
- 781. M. André, à Paris; divers systèmes de fermeture de portes, fenêtres, devantures, etc. (19 novembre. — i5ans.)
- FERMOIR.
- 782. M. Bourdier, à Paris ; genre de fermoir de guêtre dit prompt fermoir. ( 16 mars. — to ans.)
- 783. M. Girardot, de Y’ienne (Autriche); système de fermoir à charnière régulatrice. (i3 septembre. — i5 ans.)
- FEUTRE.
- 784. M. Coupin, à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; fabrication de feutre. (17 décembre.— i5 ans.)
- FICELLE.
- 785. M. Barbas, à Paris; machine propre à fabriquer la ficelle dite ficelle-fouet. (22 février. — i5 ans.)
- 786. M. Merlié-Lefèvre, à Paris ; perfectionnements dans la machine à tordre, câbler et lisser les ficelles. (8 octobre. — i5 ans.)
- FIL.
- 787. M. Trépas, à Lille (Nord); mécanique servant à lustrer le fil de lin ou d’Ecosse. 04 mai. — i5 ans.)
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- 788. M. Plaquet-D elecour, à Lille (Nord) ; mécanique à lustrer le fil de lin et d’Ecosse, imitation de soie. (ier septembre. — 5 ans.)
- fil de fer.
- 789. M. Nauroy, à Pagny - sur - Moselle (Meurtlie) ; machine dite tendeur, nécessaire à l’emploi du fil de fer dans 1 echalassement des vignes , treillages de clotuies , palissage d’espaliers. (28 octobre. ï5 ans*)
- filasse.
- -90. M. Tardy, à Paris ; moyen de convertir les nerfs de bœuf en filasse. ( 3 avril. — i5 ans.)
- FILATURE.
- 791. M. Bretonnière, à Batignolles (Seine) ; système de machine à filer le coton. (15 janvier. —- 15 ans.)
- 792. M. Harding-Cocker, à Lille (Nord); perfectionnements ajoutés aux peignes employés dans la filature et aux cardes à carder les étoupes et autres filaments. (19 janvier. — i5 ans.)
- 793. M. Muller, à Thann ( Haut-Rhin ) ; moyen de renvidage appliqué aux machines dites bancs à broches, pour filature de tout genre. (21 janvier. — i5 ans.)
- 794. M. Seed, de Londres ; perfectionnement aux machines ou métiers employés pour préparer, boudiner et filer en gros le coton et d’autres matières filamenteuses. (3o janvier. — i3 ans.)
- 795. M. Maniquet, à Pans ; machine propre à doubler, tordre et retordre les matières textiles. (2 février. — i5 ans.)
- 796. Le même ; appareil de développement servant à tordre et à retordre les matières textiles dans les métiers à filer. ( 16 septembre.—
- 15 ans.)
- 797. M. Grenier, à Vienne (Isère); système de construction de bancs à broches pour servir à la filature en gros de la laine cardée. (8 février.
- -— 15 ans.)
- 798. MM. Berghenheusse et comp., à Mouzon (Ardennes) ; machine à bobiner. (2.5 février. -—
- 15 ans.)
- 799. M. Dupont, à Lille (Nord) ; genre de broches fixes à ailettes pour métiers continus à retordre. (27 février. — i5 ans.)
- 800. MM. Mesnage, Duperray et Chapsal, à Valentigny (Doubs); système de cylindres propres aux métiers à filer. ( 6 mars. — i5 ans.)
- 801. M. Peugot, à Valentigny (Doubs); crapaudine à capsule pour métiers à filer le coton et la laine. (16 mars. — i5 ans.)
- 802. M. Sircoulon, à Audincourt (Doubs); mécanique supprimant les cordes de broches dans les métiers à filer. (12 mars. — i5 ans.';
- 803. M. Leyherr, à Mayenne (Mayenne); système de communication de mouvement aux tambours des métiers à filer. ( i3 mars. — i5 ans.)
- 8o-j. M. Lainé-Laroche, à Angers (Maiue-et*Loire) ; application du peigne circulaire à la filature des lins et des chanvres. (6 mai. — iÔans.)
- 805. M. Eemann, de Gand ( Belgique) ; machine de renvidage applicable aux bancs à broches et autres mécaniques à filer le coton, le lin, la laine, la soie et autres matières filamenteuses. (19 mai. — 10 ans.)
- 806. M. Hofer, à Kaysersberg (Haut-Rhin) ; système de laminage des matières filamenteuses. (27 mai. — i5 ans.)
- 807. M. Risler , à Cernay ( Haut-Rhin ) ; machine dite parfait épurateur, ayant pour objet d’ouvrir, de démêler, d’épurer, de redresser et préparer les cotons et autres matières filamenteuses avant de les soumettre aux machines à étirer, doubler et tordre qui suivent les cardes, en conservant ou évitant, à volonté, ces dernières. (3i mai. — i5 ans.)
- 808. M. Simonin, à Bellencombre (Seine-Inférieure); guide-renvidoir de mull-jenny perfectionné. (1 5 juin. — i5ans.)
- 809. M. Laiu, de Londres; perfectionnements dans les filés des matières filamenteuses et dans les machines au moyen desquelles elles sont fabriquées. (7 août, — i3 ans.)
- 810. M. Cauliez, à Turcoing (Nord); fabrication du poil de chèvre blanc ou teint avec de la laine peignée teinte et celle de l’alpaga roux, noir ou blanc. ( ! 4 août. — 15 ans.)
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- 8m. M. Hauvi lie, à Rouen; doublage de mull-jennys. (24 août. —15 ans.)
- 812. M. Templeton, de Glasgow (Ecosse); système d’étirage à surface de carde continue, applicable aux opérations de carder, laminer, mettre en boudin, et filer le lin, le chanvre, la laine, la soie, le coton et toute autre matière filamenteuse. (21 août. — 8 ans.)
- 813. M. Preston, de Manchester (Angleterre); perfectionnements apportés aux machines ou appareils propres à préparer le coton et autres matières filamenteuses destinées à être filées. (27 août. —-.14 ans.)
- 814* M* Eaton, de Londres ; perfectionnements aux machines propres à tordre le coton et autres matières filamenteuses. (28 août. — 4 ans.)
- 815. M. Vdleminot-Neu v il le, à Neuflize (Ardennes) ; guide-baguette poux filature. ^7 septembre. — i5 ans.)
- 816. M. Mut elleà Paris; divers perfectionnements dans les métiers à filer. (22 septembre. — 15 ans.)
- 817. M. Cherot, à Nantes (Loire-Inférieure)-perfectionnements à l’invention de M. Déco s ter pour un système de filature du lin et duchanvre.
- ( 29 septembre. — i5 ans.)
- 818. MM. T'atham et Cheetham, à Rochdale (Angleterre); perfectionnements apportés aux machines ou appareils à employer pour préparer et filer le coton et autres matières filamenteuses. (2 octobre. — i4 ans.)
- 819. M. Pinel, à Rouen ; machine à calibrer et canneler diamétralement les cylindres. (4 octobre. — i 5 ans.)
- 820. MM. Haussmç,nn,Jordano, Hirn et comp., au Logelbach (Haut-Rhin); système de cylindres ou rouleaux avec revêtement de gutta-percha pour toute espèce de filature. ( 12 novembre. i5 ans.)
- 821. M. Debergue, à Rouen ; système d’étirage des matières filamenteuses. (26 novembre. —r-15 ans.)
- 822. M. Haxaire, à Mulhouse (Haut-Rhin) ; machine servant à fabriquer des tambours eu
- tôle pour les métiers à filer dits muU-jennjxî. (1 1 décembre. — i5 ans.)
- 82.3. M. Dubus, à Louviers (Eure) ; application de diverses substances sur les cylindres en usage dans les filatures et autres industries. (27 décembre. — i5 ans.)
- 824. M. Roberts, de Manchester (Angleterre); perfectionnements dans les machines propres à préparer et à filer le coton et autres matières filamenteuses. (3o décembre. — i4 ans.)
- FILETS.
- b20. M. Mac-Mullen , de Baltimore (États-Unis d’Amérique); métier à faire le filet. (18 octobre. — i3 ans.)
- FILIÈRE.
- 826. M. Jacquemart aîné , à Paris ; filière à engrenage. (i4 juin. — i5 ans.)
- FILTRATION.
- 827. MM. Derosne et Cail, à Paris; système d’appareil de filtration et de concentration continues et à vase clos pour le traitement des dissolutions sucrées et autres. (5 avril. — i5 ans.)
- 828. M. Duplany, à Paris; seau-filtre dit seau-filtre Duplany. (2,5 mai. — i5 ans.)
- 829. M. Headley-Parish, de Londres; appareil propre à recueillir et à filtrer l’eau des égouts, delà pluie, etc., et à la distribuer soit à des édifices isolés , soit à des édifices réunis. (26 mai. — i3 ans.)
- 830. M. Lanet, à Paris ; appareil propre à filtrer, à l’usage des ménages et de l’industrie. (8 septembre. — i5 ans.)
- 831. Mademoiselle JValson , de Charley (Angleterre) ; perfectionnements dans les appareils à filtrer. (4 novembre.—14 ans.)
- FLAMBEAUX.
- 832. M. Durand et madame Gorraz et Oderu , à Lyon ; flambeau métallique dit flambeau Follax. (21 janvier, -r- i5 ans.)
- 833. M. Binet, à Paris; système de flambeaux permettant d’avoir la flamme d’une ou de plusieurs bougies toujours à la même hauteur. (24 août. — i5 ans.)
- FLEURS ARTIFICIELLES.
- 834. M. Goujon, à Paris ; procédé propre à imiter le brillant des fleurs naturelles sur les
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- pétales des fleurs artificielles, (io mai. — 10 ans.)
- 835. Madame Bourdet, à Paris; genre de fleurs artificielles en verroterie de Venise dites fleurs Isaure. (24 a°ût. — 1^ ans>)
- 836. M. Morrut-Charavey, à Lyon ; fabrication de gazes en dorures pour fleurs artificielles.
- (22 septembre. — 15 ans.)
- fontaine.
- 837. M. Fontana, à Paris ; système de fontaine. (3o mars. i5 ans.)
- fonte de fer.
- 838. M. Gilles, à Avignon (Vaucluse) ; procédé propre à extraire de la fonte de fer en fusion les métaux d’une dureté plus grande que celle du fer. (23 janvier. — i5 ans.)
- 839. MM. Gauguin et Bis son, à Paris ; laitonnage et bronzage de la fonte de fer et de l’acier. (29 janvier. —- i5 ans.)
- 840. MM. Thomas et Laurens, à Paris ; procédés de moulage des pièces de fonte en coquille. (19 juin. — i5 ans.)
- 841. M. Baron, à Saint-Étienne (Loire); améliorations apportées dans la fabrication de la fonte malléable. (4 novembre. — i5 ans.)
- 842. M. Poray-Gockalkowski, à Paris; appareil propre à appliquer les gaz de la bouille produits par les hauts fourneaux à la conversion du minerai de fer en fonte. (22 décembre. — i5 ans.)
- FORAGE.
- 843. M. Reynard-Lespinasse, à Avignon (Vaucluse) ; machine dite aiguille rotative et à percussion , destinée au forage des trous de mines. (3o avril. — i5 ans.)
- FORET.
- 844* M. Lefèvre, à Paris ; genre de foret dit foret-brancard. (5 octobre. —- r5ans.)
- 845. M. Dugland aîné, à Paris ; porte-foret rotatif. (13 octobre. — 15 ans.)
- FORGES.
- 846. MM. Mathebs et Lebervorst, à Thann (Haut-Rhin); forge économique. (24 février.— 10 ans.)
- 847* M. Moussard, à la Cliapelle-Saint-Denis (Seine); système de pompe de forge à jet con-Quarante-septième année. Septembre
- tinu par un réservoir d’air chaud, sans contrepartie mobile. (10 mai. — i5 ans.)
- 848. M. Décos ter, à Paris ; genre de machine à forger verticale. (3o septembre. —. i5 ans.)
- 849. M. Schmerber, à Mulhouse (Haut-Rhin); application des ressorts en caoutchouc aux marteaux de forge. (3o décembre. — i5ans.)
- FOUETS.
- 850. M. Dany, à Paris ; certains perfectionnements apportés aux fouets , cannes , cravaches, etc., à l’effet de leur donner plus de solidité et de souplesse. (21 août.— i5ans.)
- 85 s. M. Marmin, à Paris ; procédé de fabrication des fouets et cravaches en nerf de bœuf. (25 novembre. — i5 ans.)
- 852. M. Collette, à Paris; monture de fouets en lacet. (25 décembre. -— i5 ans.)
- FOUR.
- 853. MM. Desbrulais et Olivier frères, à Pont-Rousseau, commune de Rezé (Loire-Inférieure); appareil aérohydrique destiné à réaliser l’union des fours à coke avec les fours à cuire les kaolins, les argiles, les terres et les calcaires en faisant du coke. (9 janvier. — i5 ans.)
- 854. M. Violet, à Bollène (Vaucluse) ; four à cuire le pain, dit four superposé. (22 janvier. —15 ans.)
- 855. MM. Maucuer et Aulanier, à Bourg-Saint-Andéol (Ardèche); four modèle propre à cuire le pain et la pâtisserie. (3 mars.—15 ans.)
- 856. M. Car ville, à Alais (Gard); four à fond mobile continu et à chaleur concentrée destiné au séchage, au grillage et à la cuisson des terres, plâtres , etc. , et à la fabrication du coke. (17 mars.. — i5 ans.)
- 857. M. Tijou-Geslin, à Paris ; nouveau genre de four. (20 avril.—15 ans.)
- 858. M. Bapterosse, à Paris ; fours chauffés à la houille servant à cuire des objets de porcelaine et principalement des boutons. (10 mai. — i5 ans.)
- 859. M. Dathis, à Roubaix (Nord) ; four à cuire le pain par feu continu. (20 mai. — i5 ans.)
- 860. M. Serre, à Paris ; système de construction de fours et fourneaux propres à l’édification ! 1848. 68
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- des fours de boulangerie , des calorifères , des chaudières à vapeur, et à d’autres applications. (26 niai. —9 ans.)
- 861. M. Durand, à la Sauvetat-du-Drot (Lot-et-Garonne) ; four propre à cuire les prunes et autres fruits. (12 juin.—15 ans.)
- 862. M. Fradet, à Gentilly, près Paris ; four applicable à la carbonisation des os et à la revivification du noir animal, et emploi des produits qui en proviennent. (26 juin. — i5 ans.)
- 863. M, Troccaz, à Dijon (Côte-d’Or) ; four à cuire le pain au charbon de terre. (26 juin. — 3 5 ans.)
- 864. M. Jolibois, à Deyvillers (Vosges); système de four à feu continu. (3o juin. — i5 ans.)
- 865. M. Jomeau, à Paris; perfectionnements apportés aux fours de boulangers et pâtissiers. (10 juillet. —• i5 ans.)
- 866. M. Heurlaut, à Belleville (Seine); four à plâtre à cuire par la houille. (3i juillet, — ï5 ans.)
- 867. MM. Sibille et Charolais, à Paris; système de four dit concentrateur, servant à la fabrication du gaz et du coke. (3i juillet. — j 5 ans.)
- 868. M. Brunfaut, de Bruxelles ; système de four pour cuire le plâtre. ( 4 août. — i5 ans.)
- 869. M. Prax, à Paris ; four-étuve-calorifère économique et portatif propre à cuire le pain et toute espèce d’aliments, à dessécher différentes substances et à chauffer les appartements (5 novembre. — i5ans.)
- 870. M. Cacan, à Douai (Nord); four à cuire le pain. (12 novembre — i5 ans.)
- 871. M. Arson, à Paris; genre de four de verrerie. (3 décembre. — 15 ans.)
- 872. M. Lezé , à Paris ; système de four mixte propre à la distillation du charbon pour en obtenir du gaz d’éclairage et du coke gradué. (4 décembre. — i5 ans.)
- 878. MM, Lionnel et de Daoe , à Paris; système de four propre à révivifier le noir animal. (i8 décembre. — i5 ans.)
- 874* M. Becquet, à Paris ; four mobile rotatif et à suspension chauffé à la houille, propre à I
- cuire le pain , la pâtisserie et les viandes, et applicable à la marine. ( 3o décembre. — 10 ans.)
- FOURNEAUX.
- 875. M. Schnitzler et Grollcmund, à Colmar (Haut-Rhin) ; fourneau mécanique destiné à la torréfaction des amidons et fécules, et de toutes les autres substances végétales et animales. (12 janvier. — i5 ans.)
- 876. MM, Coffineau et Richard, à Paris; perfectionnements apportés à la construction des fourneaux de chaudières à vapeur, de calorifères et autres. {•2.5 mars. — i5 ans.)
- 877. M. Kite, de Londres ; fourneaux perfectionnés pour chaudières à vapeur, ( 12 mai,— 1 3 ans.)
- 878. M. Descroizillcs , à Paris ; genre de fourneau dit fourneau à table mosaïque. {14 mai. — 15 ans.)
- 879. M. Sebille, à Nantes; fourneau dit économofumivore, applicable à toute espèce de machines industrielles. (17 mai. — 15 ans.)
- 880. M. Yaies, de Londres ; perfectionnement dans la construction des hauts fourneaux, (23 juin. — i3 ans.)
- 88 î. M. Jourdan Gozzarino, à Lyon ; système de fourneau économique dit Dujourdan„ ( 1e1' juillet. — i5 ans.)
- 882. M. Jandraud, à Paris ; système de fourneau propre à l’usage des tailleurs, des chapeliers et de la cuisine. (27 août. — i5 ans.)
- 883. M. Bonnolte-Rollin, à Dijon (Côte-d’Or); fourneau de cuisine à flamme renversée. (ier octobre. — 1 o ans.)
- 884- M, Morel fils , à Paris ; fourneaux en tôle dits concentrateurs. (î8 octobre.— u> ans.)
- 885. MM. Blain et Olivier , à Aix (Bouches-du-Rhône). (14 décembre. - 1 5 ans.)
- fourrage.
- 886. M. Lemuel de Lafriche, à Paris ; substance dite fourragine, propre à l’alimentation et à l’engraissement des herbivores. (13 janvier. —15 ans.)
- FROTTAGE.
- 887. M. Kees, à Paris ; machine propre à
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- frotter les parquets ou carreaux des appartements. (i8 février. — i5 ans.)
- FROTTEMENT.
- 888. M. Charpin, à Paris; mécanisme applicable à toutes les machines, et propre à empêcher le frottement et l’usure. ( 3o septembre.
- 15 ans.)
- fumée.
- 88g. M. Tuck, à Paris; appareil préservatif de la fumée s’adaptant sur tous les tuyaux de cheminée et également applicable à la ventilation des appartements, des voitures publiques ou particulières, des vaisseaux, des mines et autres lieux où il convient de renouveler l’air. (8 janvier. — i5 ans.)
- FUSEAU.
- 890. MM. Lemaire frères, à Saint-Barthé-lemy-de-Yals (Drôme) ; fuseau de fabrique à soie , à tige en acier fondu et cadre rapporté. (i4 janvier. — i5 ans.)
- FUSÉES.
- 891. M. Davey, de Gamborne (Angleterre); perfectionnements dans la fabrication des fusées de mineurs dites fusées de sûreté. (28 août. — i5 ans.)
- 892. M. Lemoine, à Paris ; système de fabrication continue de fusées à l’usage des mines, dites fusées françaises, (6 novembre.— i5ans.)
- FUSIL.
- 8g3. M. Manceau, à Paris; procédés de fabrication des tampons de fusil. (12 février. -i5 ans.)
- GALVANISATION.
- 894. M. Ruolz, à Paris ; moyens propres à produire le dépôt galvanique de divers alliages de cuivre et de zinc, dits cuivre jaune ou laiton, sur tous les métaux et alliages métalliques des corps non métalliques couverts des préparations nécessaires. (i5 novembre. — i5 ans.)
- 895. MM. Lemoll et Archereau, à Paris; élément carbone propre à former un des éléments de la pile voltaïque. (â3 novembre. — i5 ans.)
- 896. M. Saint-Pol, à Paris; procédé de galvanisation de la fonte en général, et spécialement de la galvanisation des projectiles et pour
- le calibrage des projectiles hors de service (ier décembre. — i5 ans,)
- galvanoplastie.
- 897. M. Milhvard, de Londres; divers moyens d’obtenir des figures en relief et en creux sur des surfaces métalliques au moyen de la pile voltaïque. (i3 mai. — i3 ans.)
- 898. M. Corvin-FFiershitzki, à Paris; procédé pour copier, par la voie galvanoplastique et avec quelque métal que ce soit, des sujets de sculpture et de dessin exécutés avec ou sur toute espèce de matières, et pour les multiplier à volonté dans un but artistique ou industriel, et produit d’un dépôt de cuivre mince et flexible et à l’épreuve du feu applicable à ces procédés et à d’autres emplois utiles. ( 11 décembre. — i5 ans.)
- 899. M. Sautayra, à Paris ; emploi de la galvanoplastie à la fabrication de divers objets. (24 décembre. — r5ans.)
- GANTS.
- 900. M. Maillot, à Paris ; fermoir de gants. ( 1e1'février. — i5 ans.)
- 901. M. Cassien, à Marseille (Bouches-du-Rhône); genre de fermeture de gants. (ier avril. — 10 ans.)
- 902. M. Guichard, à Paris; mécanique propre à coudre les gants. (23 juillet. — i5 ans.)
- go3. M. Fillion, à Paris ; gant indéchirable. (7 septembre. — i5 ans,)
- 904. M. Betou , à Paris ; coupe de gants. (11 septembre, — i5 ans.)
- go5. M. Gourdon de Genouillac , à Paris ; application de l’or et de l’argent sur les gants. ( 1 1 octobre. — 15 ans.)
- GARANCE.
- 906. M. Fauve , à Paris ; traitement de la garance. (8 juin. —- i5 ans.)
- GARDE-RORES.
- 907. M. Deckmyn, à Dunkerque (Nord) ; chaise percée mécanique inodore. (i4 avril. — i5 ans.)
- 908. M. Moutonnet, à Carcassonne (Aude) ; siège inodore. (3 juillet. — i5 ans.)
- 909. M. Duflou, à Dunkerque (Nord) ; appareil inodore. (12 juillet. — i5 ans.)
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- 910. M. Davoir, à Paris; genre de siège d’aisances inodore. (i4août. — i5ans.)
- 91 1. M. Mars, à Lyon; siège inodore. (2 septembre, — 5 ans.)
- 912. M. Patureau , à Saint-Simphorien-de-Tours (Indre-et-Loire); garde-robe hydraulique à siphon et inodore. (21 septembre. — i5 ans.)
- qi3. M. Miroy, à Paris ; système de chaise percée inodore. (2 novembre. — i5ans.)
- GAUFRAGE.
- 914. MM. Caulo et Larenoncule, à Paris ; procédé de gaufrage en relief et en creux de papiers et métaux. (26 février. — i5 ans.)
- 915. M. Saillard, à Paris; procédé de gaufrage du carton. (7 mai. — i5ans.)
- GAZ.
- 916. M. Parisot, à Paris; robinet propre à empêcher les émanations et les explosions du gaz, à abréger le service des agents des compagnies et empêcher toute tentative frauduleuse ou malveillante. (23 janvier. —15 ans.)
- 917. M. Sicouly, à Bordeaux ; gazofacteur dit gazofacteur Sicouly. (:27 janvier. — i5 ans.)
- 918. M. Mar lot, à Paris ; système de lavage et d’épuration de gaz. (4 février. — i5 ans.)
- 919. Le même; régulateur de pression du gaz. (4 février. — 15 ans.)
- 920. M. Pauivels , à Paris ; application de l’air chaud, à l’aide de la chaleur perdue, aux appareils distillatoires des usines à gaz. (5 février. — t5 ans.)
- 921. Le même ; extracteur appliqué à la production du gaz propre à l’éclairage. (2 novembre. — i5 ans.)
- 922. M. Michiels, à Paris; appareil propre À gazéifier les combustibles carbonifères. (23 février. — i5 ans.)
- 923. MM. Rousée et Bey , à Montrouge (Seine) ; robinet régulateur pour le gaz. (20 février. — i5 ans.)
- 924. - M. Bardot, à Lyon; robinet, hydraulique pour le gaz, (25 février. — i5 ans.)
- 925. M. Chaix, à Lyon; amélioration dans la fabrication du gaz. (23 mars. — i5 ans.)
- 926. MM. Rousée et Denuelle, à Paris; régulateur perpétuel du gaz. (3 avril. —15 ans.)
- 927. M. Lowe, de Londres ; perfectionnement dans la fabrication et la combustion du gaz. (17 avril. — i3 ans.)
- 928. M. Koesler, de Manheim (grand-duché de Bade) ; appareil à gaz. (22 avril. — i5 ans.)
- 929. M. Armingaud, à Paris; genre de régulateur à gaz. (26 avril. — i5 ans.)
- 930. M. Jeanneney, à Thann (Haut-Rhin) ; procédé servant à extraire des eaux chargées de suint et de savon , ou de l’un des deux , les matières propres à faire du gaz d’éclairage. (22 mai. — i5 ans.)
- gSi. MM. Poulet et Tivan , à Grenoble (Isère) ; système de désinfection du gaz de houille. (7 juin. — i5 ans.)
- 932. MM. Vellcy et Trépoz, à Lyon ; système d’épuration du gaz. (18 juin. — i5 ans.)
- 933. M. Eyraud, à Saint-Pancrace (Isère) ; système de fabrication du gaz à domicile avec ou sans calorifère. (21 juin. — i5 ans.)
- 934. M. Lacarrière, à Paris ; appareil à gaz réfrigérant , condensateur et purificateur. ( 32 juin. — i5 ans.)
- 935. M. Ollier, à Grenoble (Isère); gaz provenant de la tourbe. (25 juin. — i5 ans.)
- 936. M. Bonnard, à Grenoble (Isère) ; système de fabrication de gaz à domicile, avec ou sans calorifère. (28 juin. — i5 ans.)
- 937. MM. S oui U ère et Doret, à Lyon ; fabrication de gaz avec le goudron. (9 août. — i5 ans.)
- 988. M. Nicolle, à Paris ; mécanisme de robinet à gaz. (10 août. — i5 ans.)
- 939. MM. Plassin et Rebours, à Paris ; régulateur à gaz. ( 16 août. — i5 ans.)
- 940. M. Marchessaux , à Deville ( Seine-Inférieure) ; fourneau à gaz chauffé par des fours à coke. (i3 octobre. — i5ans.)
- g41. Le même et Labenski, à Deville (Seine-Inférieure) ; production spontanée du gaz de goudron dans une cornue à compartiments. (8 décembre. — i5 ans.)
- 942. MM. Néron et Jules Daure, à Toulon (Var) ; barboteur épurateur du gaz d’éclairage. (3 décembre. — i5 ans.)
- 943. MM. Rénaux et Sigaud, à Montpellier
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- (Hérault) ; fourneau à distiller le gaz hydrogène carboné, dit fourneau polythèque ou à courant d’air chaud. (8 décembre. -— i5 ans.)
- 944. M. Mallet, à la Villette (Seine); procédé d’épuration du gaz d’éclairage. (i5 décembre.
- — i5 ans.)
- gélatine.
- 945. M. Lehuby, à Paris ; nouveau genre de
- gélatine. (20 janvier. 1 5 ans.)
- glace (comestible).
- 946. M. Tardieu, à Paris ; appareil propre à faire de la glace. (2 avril. — i5 ans.)
- GLACES.
- g^rj. M. Guay, à Paris; machine propre à dresser les glaces, scier le marbre, la pierre, etc. (3 novembre. — i5ans.)
- 948. M. Finken, à Paris ; mixture dite ar-gyride, propre à préserver le tain des glaces contre l’humidité. (11 décembre. -— 15 ans.)
- GLUCOSE.
- 949. MM. Laurent frères, à Arras (Pas-de-Calais) ; fabrication d’une glucose. (29 octobre
- — i5 ans.)
- GOUDRON.
- 960. MM. Chameroy et Mallet, à Paris ; procédé de fabrication du brai et du noir de fumée au moyen de la combustion incomplète du goudron. (17 février. — 15 ans.)
- 95i. MM. Bayot, Boissaye et Tindet, à Gu-jan (Gironde); procédé propre à rendre inflammables et fusibles au soleil toutes sortes de goudrons et de brais. (2 avril.— 10 ans.)
- 9$2. M. Dubosc ; à Marseille ; brai minéral perfectionné. (10 septembre.— i5 ans.)
- GRAINS.
- 953. M. Dixon, de Bruxelles ; appareil destiné à humecter les grains ( 19 janvier. — i5 ans.)
- 954* M. Salmon, à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; moyens d’amélioration des céréales. (i3 février. — i5 ans.)
- 955. M. Joucla, à Toulouse (Haute-Garonne); système d’appareil pour le lavage, le séchage et l’essuyage des blés et autres céréales. (5 mars.
- — i5 ans.)
- 956. M. Guillaume, à Toulon (Var); procédé
- au moyen duquel on lave, assainit et désinfecte les blés échauffés et avariés , les blés seulement avariés, ainsi que les cafés, et autres graines qui seraient également échauffées ou avariées. (22 juillet. —15 ans.)
- 967. M. Gazagnère, à Marseille ( Bouches-du-Rhône) ; procédé d’assainissement des graines oléagineuses, cafés, etc,., échauffés ou avariés. (17 septembre.—15 ans.)
- 908. Le même et Trône; procédé ayant pour effet la désinfection et l’assainissement des blés avariés. (9 août. — i5 ans.)
- 959. M. Chebardy, à Aigre ( Charente ) ; tarare propre à nettoyer les grains. ( 27 septembre.—15 ans.)
- 960. M. Wiebeking , à Paris ; construction d’un magasin à planches inclinées destiné à garantir les graines de toute espèce contre l’influence de l’atmosphère, à les emmagasiner, les sécher et les purifier. (27 septembre. —15 ans.)
- graissage.
- 961. M. Talbot, à Paris; application des huiles de suif à l’usage des cuirs employés dans la confection des chaussures, des harnais , des voitures, des équipements militaires, etc., etc. ((2 janvier.—15 ans.)
- 962. MM. Peugeot et comp. , à Valentigny (Doubs); moyen de graissage des broches de filature. (16 janvier.—15 ans.)
- 963. M. Décos ter, à Paris; graisseur mécanique continu à réservoir inférieur applicable à toute espèce de paliers, supports, coussinets, etc. (23 mars.—15 ans.)
- 964. M. Meresse, à Paris; boîte-support propre au graissage des fusées ou tourillons. (i3 décembre.—15 ans.)
- GRAISSE.
- 965. M. Descamps, à Alger; procédé de perfectionnement de graisse à l’usage des voitures. (6 février.—15 ans.)
- q66. MM. Buran et Perronnet, à Paris; procédés de composition d’une graisse destinée au graissage des voitures, mécaniques, wag-gons, etc. , dite savon-graisse. ( 3 mars. — i5 ans.)
- 9G7. MM. Bonnard et Bobin , à Paris ; pro-
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- cédés propres à obtenir un corps gras de l’huile de goudron. (28 décembre. —15 ans.)
- GRATTOIR.
- 968. M. Fayet, à Paris ; grattoir dit grat-loir-polissoir à biseau et a porte-sandaraque. (5 janvier.—15 ans.)
- GRAVURE.
- 96g. M. Desjardins, à Paris; procédés propres à faire, au moyen de la gravure, des dessins de tapisserie venant à l’impression en couleur. (26 juin.—15 ans.)
- 970. M. Beuvicre, à Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord); procédés de gravure à jour et d’impression photographique. (21 septembre.—i5ans.)
- GRILLAGE.
- 971. M. Espenschutz, à Paris; nouveau système de grillage. (12 mars. —15 ans.)
- GRUES.
- 972. M. Legrand, à Paris; grue fixe et mobile à pression hydraulique , pouvant fonctionner à l’aide d’un moteur quelconque et propre au levage des locomotives et lourds fardeaux. (28 mai.— i5 ans.)
- 973. M. Crepet, à Châlons-sur-Saône (Saône-et-Loire); grue pivotante à vapeur. (22 juin.— i5 ans.)
- 974. M. Toni-Fontenay, «à Joué ( Indre-et-Loire); système de montage des matériaux dans les travaux d’art. (6 novembre.—15 ans.)
- GUETRE.
- 975. M. Latour-Dumoulin, à Paris; nouveau genre de guêtre. (3i mai. —15 ans.)
- 976. M. Michelet, à Paris; nouvelle disposition de guêtre. (6 novembre.— i5 ans.)
- HACHOIR.
- 977. M. Seraine, à Ham (Somme); disposition de machines dites kolotomes excentriques, propres à hacher la viande et les légumes. (23 avril. —15 ans.)
- 978 M. Jacquet-Robillard, à Arras (Pas-de-Calais); hachoir-blutoir. (4 octobre.—Sans.)
- HORLOGERIE.
- 979. M. Baranowshi, à Paris ; montre à calcul opérant les quatre règles de l’arithmétique. (i4 janvier.—15 ans.)
- 980. M. Marcheve-Potel, à Nantes ( Loire-
- Inférieure ) ; application d’une nouvelle pièce d’horlogerie dite pièce d’aplomb. (21 janvier. —15 ans.)
- 981. M. Raynaud, à Paris ; genre de boîtes de montres. (24 février.—15 ans.)
- 982. M. Croutte , à Saint-Nicolas-d’Alier-rnont ( Seine - Inférieure ) ; quantième perpétuel. (12 mars. —15 ans.)
- 983. M. Brocol, à Paris; perfectionnements concernant l’horlogerie. (23 mars. —15 ans.)
- 984. M. Demortreux , à Paris ; genre de réveille-matin, dit réveil lumineux. ( 1.4 avril. — i5 ans.)
- 985. M. Demorct-Durosoy, à Ampuis (Rhône); appareil dit omni-réveil. (22 avril.—15 ans.)
- 986. M. Peyrot , à Saint-Etienne ( Loire ) ; mécanisme d’horlogerie dit montre Peyrot. ( 11 mai. — 15 ans.)
- 987. MM. Leroy et Wolf,, à Paris; système d’horloge électromagnétique. ( 17 mai. — i5 ans.)
- 988. M. Beauvais , à Paris ; socles de pendules , de vases, de candélabres ou autres , en métal, de toutes formes et de toutes dimensions. (24 juin.—15 ans.)
- 989. M. Nolet, de Gand; montre-contrôleur. (8 juillet. —15 ans.)
- 990. M. Redier, à Paris; nouveau réveille-matin. (6 juillet.—15 ans.)
- 991. MM. Levèque et Gauthier, à Paris; mécanisme faisant marcher une horloge destinée à indiquer le temps écoulé entre le passage de deux convois sur les chemins cle fer. (19 juillet.—15 ans.)
- 992. M. Bally, à Paris; système de taillage d’ancre à point fixé pour échappement d’horlogerie et de pendule de cheminée. ( 2 août.— 15 ans.)
- 993. M. Garnier, à Paris; système d’horloge ou appareil chronométrique mis en fonction par un courant électrique quelconque. (16 août. —15 ans.)
- 994. M. Boussard, à Toulouse ( Haute-Garonne ) ; remonteur perpétuel et infaillible, et arrêteur à ressort, à bride mobile, pour pendule. (19 août.—15 ans.)
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- gg5. M. Godard, à Paris ; système de pendule à calendrier perpétuel. ( 28 août. i5 ans.)
- 996. M. Robert Favre , de Genève ; montre sans barillet. (3i août. — iô ans.)
- 997. M. Laidet, à Nantes (Loire-Inférieure); détente à ressort pour échappement de montie et pendule. (16 octobre. i5 ans.)
- 998. M. Dupre, à Sablé ( Saillie ) ; changement de mécanisme dans 1 inteiieui des montres. (27 octobre. — 10 ans.)
- 999. MM. Sandoz frères , à Besançon (Doubs); montre métrique. ( 27 octobre. — î5 ans.)
- 1000. M. Cantin, à Paris; genre de socle de pendule dit socle à gorge. ( 22 novembre. — i5 ans.)
- 1001. M. Moenh, de Londres; perfectionnements dans les horloges et mesures du temps.
- ( 15 décembre. — i[\ ans.)
- HOUBLON.
- 1002. M. Lorentz, à Nancy ( Meurthe); préparation de houblon dit houblon concentré. (27 avril. —15 ans.)
- 1003. Le même; compression de houblon dit houblon comprimé. (24 novembre.— 15 ans.)
- HOUILLE.
- 1004. M. Brière, à la Chapelle-Saint-Denis (Seine) ; appareil servant en même temps à la distillation de la houille, du goudron qui s’en dégage, et à la production de la vapeur. (7 août. — 15 ans.)
- HUILE.
- 1 oo5. M. Engard, à Paris ; procédé de désinfection des huiles minérales, de bitume, de schiste et de charbon de terre. (4 janvier.
- — 15 ans.)
- 1006. M. Courtier, à Sotteville-lès-Rouen (Seine-Inférieure) ; applications diverses de l’oléine de palme pure extraite sans aucun acide. (3 février. — 1 5 ans.)
- 1007. M. Évrard, à Valenciennes (Nord); composition et usage de substances neutres propres à l’éclairage, aü graissage des machines et à la conservation des surfaces métalliques. (18 février. — i5 ans.)
- 1008. M. Bonnard, à Paris; procédés de désinfection et de purification des huiles de schiste. (7 mai. — i5 ans.)
- 1009. M. Wilks, de Londres ; extraction de l’huile d’une certaine noix qui n’a pas été exploitée jusqu’ici. (21 juillet. — 14 ans.)
- 1010. M. Ledoux, à Paris ; application, à la fabrication de l’huile, d’une matière non encore employée à cet usage. (4 août. — i5 ans.)
- ion. M. Grasset, à Paris ; procédé de désinfection et d’épuration des huiles de schiste, etc. (21 août. — i5 ans.)
- 1012. M. Mes lier, à Montrouge ( Seine ) ; traitement des huiles de pétrole, de bitume, d’asphalte, de résine, de goudron et de schiste pour l’éclairage et le graissage. (6 octobre. —-i5 ans.)
- 1013. M. Robson, de Douvres (Angleterre) ; instrument perfectionné propre à exprimer l’huile des végétaux et d’autres substances et à fabriquer des tourteaux. (6 octobre. — 15 ans.)
- 1014. M. Manière, à Paris ; composition d’huile propre à donner le mordant aux instruments tranchants. (13 décembre. — 15 ans.)
- HUMIDITÉ.
- 1015. M. Lafourcadc, à Angers (Maine-et-Loire ) ; système propre à empêcher l’air et l’eau pluviale de pénétrer dans les appartements par les portes et les fenêtres. (4 octobre. —-i5 ans.)
- HYDRAULIQUE.
- s o !6. M. Bugniot fils, à Lyon; borne-fontaine à clapets renversés, avec suppression de boîtes à graisse, de contre-poids et de ressorts. (26 mars. — 15 ans.)
- 1017. M. Letestu, à Paris ; système général d’hydraulique, d’assainissement et de secours contre les incendies pour les ports. (18 juin. —
- 15 ans.)
- 1018. M. Osmont, à Paris ; jet d’eau portatif. (16 novembre.— i5 ans.)
- IMPERMÉABILITÉ.
- 1019. M. Guillet, à Charonne (Seine); application du papier et des tissus imperméables aux écriteaux , aux écussons et aux affiches en général. (18 septembre. ~~ i5 ans.)
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- 1020. MM. Formel et Laporte, à Bellevilie ( Seine ); composition d’un genre d’enduit noir pour rendre les toiles imperméables. (12 octobre.—15 ans.)
- IMPRESSION SUR ÉTOFFES, PAPIERS, ETC.
- J021. MM. Mercer et Greenwood, à Paris; perfectionnements dans la teinture et l’impression avec le rouge d’Andrinople et d’autres couleurs. (14 janvier.—i3 ans.)
- 1022. M. Dutemple de Beaujeu, à Paris; mode d’impression à une ou plusieurs couleurs. (i5 janvier.—15 ans.)
- 1023. M. Lajfute , à Paris; système d’impression sur articles de bonneterie. (16 janvier. — )5 ans.)
- 1024. M. Guignes, à Paris; procédé d’impression sur papier dit papier marbré mosaïque. (19 janvier.—15 ans.)
- 1025. M. Fismara, à Paris; rouleaux propres au gaufrage et à l’impression des papiers peints et des étoffes, etc. (29 janvier.— 15 ans.)
- 1026. M. Feldtrappe, à Paris; machine propre à graver, canneler et rayer les cylindres d’impression. (4 février. —15 ans.)
- 1027. M. Maurin, à Paris; appareil mécanique dit compositeur coloriste, propre à assembler et disposer les couleurs et les rayures. (27 février.-—15 ans.)
- 1028. M. Bauerheller, à Paris; procédé de gaufrage et d’impression appliqué à la confection d’objets divers de toutes formes et reproduisant principalement les objets de la nature. (9 avril. - i5 ans.)
- 1029. Benguerel, à Cernay (Haut-Rhin); arbre avec cylindre servant à imprimer les étoffes et papiers. (19 avril. — 15 ans.)
- 1 o3o. M. Boulay, à Paris; procédés et machines propres à tous les genres d’impression en couleur. (19 avril.'—15 ans.)
- 1031. M. Leroy, à Lyon (Rhône); imprimés frappés métalliques sur étoffes. ( 26 avril. — 10 ans.)
- 1032. MM. Carré et Delamotte, à Paris; application des couleurs minérales sur laine et destruction de ces mêmes couleurs en blanc par impression en relief ( enlevages blancs )
- à l’aide de moyens chimiques. ( 27 avril. — i5 ans.)
- 1033. M. Broquette, à Guillon ( Seine-et-Oise); moyens de préparation des couleurs destinées à remplacer les extraits de matières colorantes employées jusqu’ici à l’impression des tissus de laine pure, laine et soie et soie pure. (17 juillet.—15 ans.)
- 1034. M. Coates, à Paris; perfectionnements aux machines ou appareils propres à nettoyer la surface des tissus et à la dépouiller des matières filamenteuses ou autres qui y adhèrent, avant de soumettre lesdits tissus à l’impression. (3o juillet.—14 ans.)
- 1035. M. Gaiffe, à Montmartre (Seine); machine propre à graver mécaniquement les cylindres pour l’impression des tissus et des papiers peints. (18 août. —10 ans.)
- 1036. M. Conilleau, à Paris; système de rouleaux propres aux industries des toiles peintes, des papiers peints et des gaufrages. (8 octobre.—15 ans.)
- 1087. MM. Fiacre et Fincre-Piedanna, à Roubaix ( Nord ) ; procédé d’impression de toutes matières. ( 17 novembre. —15 ans.)
- INCENDIE.
- 1038. MM. Guillois et comp., à Paris ; genre de seau à incendie. ( 8 avril.— : 5 ans.)
- INDIGO.
- 1039. MM. Passot dit Gobet et Monnet, à Bercy ( Seine); composition d’un bleu végétal dit indigo français. (i5 janvier.—15 ans.)
- 1040. M. B arrêt, à Tours ( Indre-et-Loire ); procédé pour désoxygéner l’indigo. ( 29 octobre.—15 ans.)
- insectes ( destruction des ).
- 1041. M. Corbie, à Bellevilie ( Seine); piège à insectes. (19 juillet. —15 ans.)
- 1042. M. Frelin, à Brest (Finistère); composition d’une eau pour la destruction des punaises. (24 septembre. — i5ans.)
- 1043. M. Dubois, à Paris; procédé propre à la destruction des vers dans les laines et fourrures et des punaises dans les appartements. (27 décembre. —15 ans.)
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- INSTRUMENTS ARATOIRES.
- 1044. M. Mathieu de Fossey, à Paris; machine à faucher. ( 9 février. —i5 ans.)
- 1045. M. Giraud , à Paris; machine propre à battre les grains, les graines de trèfle, luzerne, etc. (2 février.—15 ans.)
- 1046. M. Ch abandon, à Paris; semoir à charrue. (3 mars. — i5 ans.)
- 1047. M. Croquet, à Paris; machine à faucher dite train-faucille. (27 mars.—15 ans.)
- 1048. M. Biètre, à Paris ; genre de batteur à fléau. ( 31 mars. —15 ans.)
- 1049. M. Marchai, à Commercy ( Meuse ); instrument de défrichement dit extirpateur hé-licoide. (3i mai. —15 ans.)
- 1050. M. Barrai, à Paris; machine propre à défricher, défoncer et labourer la terre, à l’aide de pioches mues par la vapeur. ( 12 juin. — i5 ans.)
- 1051. M. Pons de Paul, à Paris; machine dite batteuse à grains , à percussion variable et alternative. (i5 juin.—15 ans.)
- 1052. M. Lebert, à Bailleau-sous-Gallardon ( Eure-et-Loir) ; contre-batteur applicable aux machines à battre les grains. ( 21 juin. — i5 ans.)
- 1053. M. Giraud, à Antraigues (Ardèche ); machine aratoire à vapeur. (3 juillet.—15 ans.)
- 1054. M. Dm’oir, à Clermont (Oise); machine propre à battre les grains et les petites graines. (i3 juillet.—5 ans.)
- 1055. M, Rosset, à Alger; machine propre à faucher les foins et les blés. (23 juillet. — i5 ans.)
- 1056. M. Proux, à Levet ( Cher); batteuse à bascule portative destinée à l’égrenage des grains de toute espèce. ( 7 août.—15 ans.)
- 1057. Le même; rouleau à came pour refouler la terre et dépiquer, avec semoir. ( 4 septembre.—15 ans.)
- 1058. M. Holland, de Manchester, en Angleterre ; perfectionnements dans les procédés des engrais et des irrigations. (4 septembre. — i4 ans.)
- io5g. M. Hermitte; instrument aratoire dit aro~herse. (25 octobre.—15 ans.)
- 1060. M. Pruvost, à Wazemmes (Nord); semoir mécanique applicable à toute espèce de grains. (25 octobre.— t5 ans.)
- 1061. M. Chanbard, à Moissac ( Tarn-et-Garonne); machine à battre le blé, à le vanner et l’épurer. (20 novembre.—15 ans.)
- 1062. M. Charuel, à Bar-le-Duc ( Meuse ); instrument d’agriculture dit brindilleur. ( 16 décembre.—15 ans.)
- 1063. M. Guibert, à Saint - Jean - d’Alcas ( Aveyron ) ; araire dit aratropode. ( 20 décembre. —10 ans.)
- 1064. M. Pronier-Labouré, à Noyelle-lès-Vermelle (Pas-de-Calais); machine propre à égrener les céréales au moyen de batteurs articulés. (3i décembre. —15 ans.)
- INSTRUMENTS DE MATHÉMATIQUES.
- 1065. M. Blot, à Paris; instrument propre à apprécier les distances pour le tir dit stadia. (21 janvier. —15 ans.)
- 1066. M. Rivet, à Paris; instrument dit sillo-mètre, destiné à remplacer la ligne de loch, et servant à mesurer la vitesse du sillage d’un bâtiment et d’un courant liquide ou gazeux. (27 février.—15 ans.)
- 1067. M. Tachet, à Paris; genre d’instrument dit T rectifiable, servant à mener des ligues sur une planche à dessin. (17 février.— i5 ans.)
- 1068. MM. PéHssier et Coullon, à Paris; diviseur linéaire patronymique. (18 mars. — i5 ans.)
- 1069. MM. Journet et Godart, à Paris; niveau à équerre mobile dit niveau Journet, applicable aux instruments de géométrie et de construction, et particulièrement au morphographe. (29 juin.—15 ans.)
- 1070. M. Roret, à Langres ( Haute-Marne ); instrument de géométrie dit canne-niveau de pentes, (3o novembre.— 10 ans.)
- 1071. M. Desbordes, à Paris; tire-lignes gradués dits tire-lignes universels. ( 28 décembre. —15 ans.)
- INSTRUMENTS D’OPTIQUE.
- 1072. MM. Hunzicker frères, à Paris; application, aux lunettes, lorgnettes et autres instru-
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- Quarante-septième année. Septembre 1848.
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- ments d’optique, d’une œillère adhérente aux bonnettes d’oculaire. (3 avril.—15 ans.)
- 10^3. M. Artur, à Paris; divers moyens d’exécuter les parties achromatiques pour former l’objectif d’une lunette achromatique. (16 mai. —15 ans.)
- INSTRUMENTS DE PHYSIQUE.
- 1074. MM. Glignon et Lezé , à Paris; système de tirage artificiel applicable aux cornues de distillation , aux foyers à vapeur , à l’assainissement des puisards et à l’absorption des gaz délétères. (i3 avril. — i5ans.)
- 1075. M. Bréguel, à Paris; machine électromagnétique. (i3 septembre. —15 ans.)
- 1076. M. Croissant, à Laval ( Mayenne ); machine électrique. (18 octobre. — 5 ans.)
- INSTRUMENTS DE PRECISION.
- 1077. M. Bourel fils, à Mazamet ( Tarn ); mètre vérificateur. (19 février. —15 ans.)
- 1078. M. Schmeltz, au Havre ( Seine-Inférieure ) ; dynamomètre marin. ( 10 mai. — i5 ans.)
- 1079. M. Charles, à Paris; genre de niveau dit niveau, plan. (21 septembre. —15 ans.)
- 1080. M. Brunant, à Paris ; instrument de précision dit trace-lettres Brunant, propre i° à tracer des lettres et des caractères de tout genre et de toute dimension; 20 à faire des dessins linéaires au tracé géométrique, etc. (i3 décembre.— i5 ans.)
- JALOUSIES.
- 1081. M. Mercier, à Lyon ; mécanisme applicable au jeu des jalousies, des tentes , etc.
- ( 4 novembre. — 15 ans.)
- JEUX.
- 1082. M. Perchette, à Paris; divers modèles pour jeux d’échecs, trictracs et damiers. (ier septembre.— 15 ans.)
- 1083. M. Labaude, à Paris; jeu scientifique de domino-carte. (2 novembre.—i5 ans )
- 1084. M. Covillot, à Fontainebleau ( Seine-et-Marne ) ; marque à cadran à tirage, à repos et à sonnerie, applicable au jeu de billard. (29 décembre.—15 ans.)
- JOUET.
- jo85. M. Theroude, à Paris; mouton artificiel. (20 mai.— xfians.)
- 1086. Le même; équilibriste mécanique. (ier décembre. — 10 ans.)
- LACET.
- 1087. M. Motiron, à Saint-Chamond (Loire); système de métier à lacet. ( 1e1' juillet. — i5 ans.)
- LAINE.
- 1088. M. Evrard, à Valenciennes ( Nord ); produits propres à utiliser les procédés de dégraissage des laines. (6 janvier. —15 ans.)
- 1089. MM. Seillère et Scheidecker, à Paris; dispositions de machines à préparer la laine et autres matières filamenteuses qui doivent être chargées mécaniquement sur les peigneuses. (13 février.— 15 ans.)
- 1090. M. Tardy, à Dijon (Côte-d’Or); produit dit laine végétale. (3o avril.—15 ans.)
- 109t. MM. Delaunay frères, à Roubaix ( Nord ); perfectionnements dans la filature des laines peignées par le graissage. ( Ier juin. — 15 ans.)
- 1092. M. Basson, à Paris; produit laineux dit renaissance de longue laine. ( 9 juillet. — i5 ans.)
- 1093. M. Saunier, à Paris ; procédé propre à griller le fil de laine pour le convertir en cordonnet et en laine lisse. (21 août. —15 ans.)
- 1094. MM. Chaplain et Cellier, à Troves ( Aube ) ; machine à tirer le trait de laine peignée. (17 août. —15 ans.)
- 1095. M. Lister, de Londres; perfectionnements ajoutés aux machines propres à carder et à peigner la laine. (17 août. —13 ans.)
- 1096. MM. Sykes et Ogden, de Londres; perfectionnements apportés aux machines servant à nettoyer la laine , le coton et autres matières filamenteuses. (17 août. —14 ans.)
- 1097. M. Durnerin, à Paris; emploi, dans sa plus grande utilisation, de l’oléine du suif dans le travail des étoffes de laine , et des laines en général, et application d’une partie des procédés aux autres huiles et corps gras ayant servi
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- soit au graissage des laines , soit au foulage des draps. (27 septembre. — i5ans.)
- 1098. M. Guinot, à Reims (Marne); machine à étirer la laine au peignage. ( 28 octobre.
- i5 ans.)
- 1099. M. Rentgens, à Sedan (Ardennes); système de collage des laines. (10 novembie.— 15 ans.)
- lait.
- x 100. M. Tissier, à Paris; fermeture hermétique des boîtes à lait. (27 avril.—i5 ans.)
- 1101. Mademoiselle Dubromeil, à Charonne (Seine); composition propre à préserver et à réparer le lait. (25 octobre.—15 ans.)
- 1 102. M. Martin de Lignac, à Montgelade ( Creuse ); système d’évaporation et de concentration appliqué à la conservation du lait pour la marine. (6 décembre. —ans.)
- LAMINAGE.
- i x o3. MM. 'Thomas et Laurens, à Pai’is; perfectionnements aux laminoirs servant à étirer les métaux durs , tels que le fer et l’acier, et à l’usage de ces machines. ( i3 avril. — x5 ans.)
- 1104. M. Bridoux , à la Chapelle , près Sedan ( Ardennes ); laminoir à double effet ayant pour but de faii'e des queues de poêles. (26 avril.
- —15 ans.)
- LAMPES.
- i xo5. MM. Frank , Paul et Luscombe, de Londres; nouvelle lampe à gaz. (16 janvier.— i5 ans.)
- 1106. MM. Desoignes et Cheoreteau, à Pai’is; système de lampe ou appareil à fondre ou à souder les métaux par la combinaison des liquides. (2 mais.—x5ans.)
- 1107. M. Huard, à Paris ; nouveau système de lampe. ( 8 avril. —15 ans.)
- 1108. M. Bauerkeller, à Pai’is; abat-jour ti’ansparent pour lampes. (28 avril.— x5 ans.)
- 1109. M- Klein, à Paris; système de lampes dites lampes Klein. (23 avril. — i5ans.)
- 1110. M. Miller, de Londres; perfectionnements dans les lampes télégi’aphiques et dans les lampes propres à éclairer l’intérieur des voitures et autres. (23 avril, —14 ans.)
- 1111. M. Tallois , à Pai’is ; lampe propre à souder les métaux. (6 mai.—15 ans.)
- 1112. M. Rodier, à Paris; système de lampe dite lampe-modérateur. (i5 mai.—x5 ans.)
- 1113. M. Sarraut, à Paris ; lampe astrale à bec brisé. (26 mai.—15 ans.)
- xi i4- M. Giroud, à Paris; genre d’abat-jour dit abat-jour-dentelle, (i4juin. —10 ans.)
- iu5. M. Ménage et madame Lebrun, à Paris ; perfectionnements apportés aux becs des lampes à gaz. (i5 juin.—15 ans.)
- 1116. M. Taillandier, à Moulins ( Allier ) ; lampe à modérateur instantané. ( 8 juin. — x5 ans.)
- 1117. M. Chabrié, à Paris; système de lampe à ascension d’huile. (18 juin. — i5 ans.)
- 11 18. Le meme; système de lampe dite lampe Chabrié. (24 septembre.— x5 ans.)
- 1119. Le meme et Neuburger; lampe à compartiment mobile dite lampe hélio- flamme. ( 16 décembre.—x5 ans.)
- 1120. M. Hadrot, à Paris; lampe mécanique à jet continu dite lampe Hadrot. ( 26 juin. — i5 ans.)
- 1121. M. Guillemont, à Paris; système de suspension à brisure pour lampes. ( ier juillet. —15 ans.)
- 1X22. M. Pilleux , à Paris ; nouveau genre de lampe. (4 août.—x5 ans.)
- iï23. M. Larraut, à Brest (Finistère); nouveau genre de becs de lampes à gaz. (12 octobre.—15 ans.)
- 1 12,4* M. Grandsir, à Paris; lampe à niveau constant et modérateur conique. (6 octobre.— i5 ans.)
- 1125. M. Jourdan Gozzarino, à Lyon; lampe circulaire propre à brûler les huiles de houille et autres. (21 octobre. —15 ans.)
- xi26. M. Japy, à Berne, commune de Se-loncourt (Doubs); lampe mécanique dite lampe-turbine. (3o octobre. — x5 ans.)
- LANTERNES.
- 1x27. M. Chaussenot aîné, à Paris; obturateur à mouvement circulaire horizontal, destiné à empêcher les courants d’air dans les lan-
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- ternes servant à l’éclairage par le gaz. ( 5 janvier.—i5 ans.)
- 1128. M. Camus, à Paris ; système de lanterne applicable aux corps fixes ainsi qu’aux coi’ps en mouvement, et destinée principalement à signaler, pendant la nuit, la marche des convois de chemins de fer, des locomotives, voitures, bateaux, etc. (3 avril.—15 ans.)
- 1129. M. Audibert, à Paris; genre de lanterne pour voitures de toute espèce. ( 1 x septembre.—15 ans.)
- LETTRES.
- 1130. MIVI. Colin -Royer, Mansion et comp., à Rouen; genre de modelage en lettres mobiles pour plaques et inscriptions fondues en relief. (i5 avril. —15 ans.)
- 1131. MM. Farré et Paul, à Paris; procédé d’application de lettres sur vei’re. ( 24 avril.— i5 ans.)
- LEVIER.
- 1132. M. Levacher d’Urclé, à Paris; nouveau système de levier. (ier février. —j5 ans.)
- xi33. M. Ezquiaga, à Paris; système de levier compensateur. (3 juin. —15 ans.)
- 1134- M. Galinier, à Caunes (Aude); levier dit levier français. (20 septembre.— i5 ans.)
- LEVURE.
- 1i35. M. Jonnart, à Paris; procédés de conservation des ferments en général et de la levure de bière en particulier. (5 mars.—15 ans.)
- LIEGE.
- il 36. MM. Massiquot e t Thirault, à Paris; machine à débiter le liège et autres substances. (5 octobre. —15 ans.)
- 1137. M. Boilesve, à Paris; emploi du liège et moyen de le travailler. (8 novemb.—15 ans.)
- Lieu IDES.
- 11 38. M. Masters, de Londres ; perfectionnements dans les appareils et moyens destinés à rafraîchir les liquides et à les filtrer, en les préservant de la congélation. (26 mai. — 1 3 ans.)
- ii3q. M. Paing-, à Rayonne (Basses-Pyrénées); application de moyens reconnus propres à l’évaporation de tous les liquides. (26 novembre.—15 ans.)
- 11 qo. M. Desguis, à Paris; système d’éva-:
- poration des liquides. (22 décembre.—15 ans.)
- LIT.
- 1141 - M- Noellat, à Dijon; canapé-lit dit canapé à la française. (4 mars.—i5 ans.)
- 1142. M. Linard, à Paris; genre de canapé-lit et de lit double. (i5 mars.—15 ans.)
- 1143. M. Guyot, à Paris; genre de lit en fer. (24 mars. —15 ans.)
- 11 44- M. Morin, à Paris; genre de sommier mécanique et élastique. (3 avril.—15 ans.)
- n45. M. Baudry, aux Thernes (Seine); genres de lits doubles et divans à lit. ( 10 mai. —15 ans.)
- 1146. M. Cochin, à Paris; lit-caisse. (2 juillet.— 1 5 ans.)
- 1147 * M. Peckels, à Charleville (Ardennes ; dispositions applicables aux coulisses de lit pour faciliter leur déplacement. (20 décembre. —15 ans.)
- LITHOGRAPHIE.
- 1148. MM. Huder et Koehler, à Strasbourg (Bas-Rhin); procédé dit polyzincographie. (6 février.—15 ans.)
- 1 149* M. Labarrusias , à Paris; presse mécanique lithographique. (9 février.—15 ans.)
- 1 i5o. M. Fedix, à Paris; presse mécanique lithographique. (26 juin. —15 ans.)
- 1 i5i. M. Grimault, à Neuilly (Seine); presse lithographique mécanique à râteau. (12 juillet.—iSans.)
- 1152. M. Raulin, à Paris; presse lithographique à levier et à manivelle. ( 3i juillet. — i5 ans.)
- 1153. M. Thez , à Paris ; machine propre à imprimer la lithographie. ( 4 septembre. —
- 15 ans.)
- ii54- M. Ledoux, de Genève, cliezM. Toscan, à Lyon; presse lithographique à double effet et en taille-douce. (26 octobre. —15 ans.)
- 1155. M. Quinet, à Paris; presse lithographique à simple et à double effet imprimant une et deux pierres de différentes couleurs, ainsi que le recto et le verso dans le même mouvement. (25 novembre. —15 ans.)
- 1156. MM. Richard et Thierry, à Paris ; système de presse lithographique continue à
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- râteau cylindrique. ( 23 décembre. — i5 ans. )
- LIVRES.
- 115^. MM. Gat-Ladeveze et Daujat, à Meaux ( Seine-et-Marne ); machine dite bibliothère ou garde-livre, propre à la conservation des livres dans les écoles. ( 9 novembre. i5 ans.)
- LOCOMOTIVES.
- 1)58. M. Guyot, à Argenteuil ( Seine); perfectionnements aux locomotives. ( 11 janvier. — 15 ans.)
- 1159. M. Merle, à Paris; système de locomotion destiné au transport des voyageurs et des marchandises. (28 janvier.—15 ans.^
- 1160. M. Mac-Kay, d’Edimbourg (Ecosse); moyens et procédés propres à prévenir et dissoudre l’incrustation dans les générateurs des machines locomotives et de toutes autres machines à vapeur. ( 3o janvier.—15 ans.)
- 1161. M. Leahy, de Londres; perfectionnements apportés aux locomotives destinées à rouler sur les routes ordinaires. ( 6 mars. — i3 ans.)
- 1162. Madame veuve Vieillard, à Paris; procédés chimico-pbysico-mécaniques propres i° à faire obtenir une économie de combustible depuis 10 jusqu’à plus de 5o pour 100 dans la génération de la vapeur sur les locomotives des chemins de fer; 2° à empêcher ou détruire l’incrustation dans les locomotives. ( 19 mars. —
- 15 ans.)
- 1163. M. Clara, k Paris; système de locomotive et de machine à vapeur propre aux chemins de fer. (23 mars.—15 ans.)
- t 164. M. Milne, de Londres; moyen perfectionné de faciliter les fonctions des pistons des locomotives. (29 avril.—i5 ans.)
- 1165. M. TVaterhouse, de Stockport (Angleterre); perfectionnements mécaniques applicables aux locomotives, aux tenders, ainsi qu’aux voitures de chemins de fer de différentes espèces. ( 4 juin.—14 ans.)
- 1166. M. Kœchlin, à Mulhouse (Haut-Rhin); perfectionnements dans l’emploi de la puissance des machines locomotives. ( 7 juin. — i5 ans.)
- 1167. Calhas , à Paris ; système de machine locomotive. (23 juin.—15 ans.)
- 1168. M. Gaillard, à Fouencamps (Somme); application de vannes circulaires, avec roues, aux locomotives et waggons, dans le but de prévenir les déraillements sur les voies de fer. (6 juillet. —15 ans.)
- 116g. M. Jaccoud, à Mulhouse (Haut-Rhin); système de supports à boîtes mécaniques appliqués aux waggons et locomotives et à toutes sortes de transmissions. (10 juillet. —15 ans.)
- 1170. M. Hanrez , à Paris; appareil destiné à apporter une économie dans la consommation d’eau et de combustible des machines locomotives en chauffant l’eau d’alimentation par la vapeur de décharge. (18 août.—15 ans.)
- 1071. MM. Cordier et Legrand, à Saint-Etienne-lès-Calais ( Pas-de-Calais); train de voiture locomotive propre à éviter tout déraillement ou enfoncement sur les chemins de fer.
- ( 1 3 septembre.— 15 ans.)
- 1172. M. Benoit, à Laval ( Mayenne ); système de locomotive aérostatique appliquée aux mines, aux carrières, soit pour élever l’eau, soit pour transporter des hommes, des animaux, des marchandises, soit pour correspondre. (26 octobre. —15 ans.)
- LORGNETTES.
- 1178. M. Lebrun, à Paris; nouvelle lorgnette-jumelle. (26 janvier.— i5 ans.)
- 1174. M. Ringard, à Paris; lorgnette-jumelle ovale. (ier septembre.— 15 ans.)
- LORGNON.
- 1 176. M. Bognard aîné, à Paris; disposition de lorgnon dit lorgnon-mode, renfermant, à volonté, un verre objectif, un peigne à moustaches et une glace. (i3 juillet. — 1 o ans.)
- LUNETTES.
- 1176. M. Odin , à Paris; genre de lunettes pince-nez. (25 mars. —15 ans.)
- 1177. M. de la Houssaye, à Paris ; système de face à main dit face à main de la Houssaye. (8 mai.— 1 5 ans.)
- MACHINES.
- 1178. M. Goulet-Collet, à Paris; coussinets
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- et crapaudines sans frottements, ni graissage, ni usure. (16 octobre.—15 ans.)
- 1179. M. Huau, à Paris; mouvement de va-et-vient propre à toutes les machines. ( 19 octobre.— 15 ans.)
- 1180. M. Seyrig, de Londres; mode de transformer tout mouvement rectiligne en mouvement rotatif et récipi’oquement; et accessoirement, perfectionnement apporté aux cylindres des machines à vapeur. ( 3o novembre. —
- 14 ans.)
- MACHINES A VAPEUR-
- 1181. MM. Holtne et Mazeline, à Paris; système perfectionné de machines à vapeur principalement applicables à la navigation et destinées à mettre en mouvement des propulseurs à hélice. (10 février.—15 ans.)
- 1182. M. Letestu, à Paris; modifications dans la machine à vapeur appliquée aux épuisements et emploi de la pompe à air auxdits épuisements. ( 17 février. — 15 ans.)
- 1183. MM. Courbon et Mathis, à Saint-Etienne ( Loire); système à vapeur dit machine à courbine, avec bras ou clapets et pompe alimentaire. (18 février.— i5 ans.)
- 1184* MM. Jarry et Carié, à Nantes (Loire-Inférieure ); machine à vapeur à rotation immédiate et à détente maxima. ( 23 février. —
- 15 ans.)
- 1185. M. Boyer, à Lille (Nord); divers systèmes d’engrenages et leviers applicables aux régulateurs des machines à vapeur. (26 février. —15 ans.)
- 1 186. MM. Brunier, Bavard, Delaire et Hamelin , à Paris ; perfectionnements apportés à une machine à vapeur rotative à réactions successives produites de deux en deux dans un sens inverse avec différence d’intensité, par une succession d’écoulement de vapeur dérivant d’un écoulement primitif. (10 mars.—15 ans.)
- 1187. M. Renault, à Angers (Maine-et-Loire); perfectionnements apportés dans la construction des machines à vapeur en général. (17 mars. —15 ans.)
- 1188. M. Pierret, à Paris; système de ma-
- chine à vapeur à rotation directe. ( 3o mars*— i5 ans.)
- 1189. M. Froissart, à Paris; système de condensation applicable aux machines à vapeur. (2 avril.— x5 ans.)
- 1190. M. Leahy, de Londres; perfectionnements apportés à la construction des machines à vapeur. (27 mai. —13 ans.)
- 1191. M. Hodgson-Gratrix , de Londres; perfectionnements dans la construction des machines à vapeur destinées au service de la marine et à la navigation sur les fleuves, les rivières et les canaux, le même principe pouvant s’adapter aisément aux locomotives des chemins de fer et en général à toutes les machines à vapeur. (9 juin.—15 ans.)
- 1192. M. Mondot de la Gorce, à Auxerre ( Yonne ) ; appareil à vapeur à rotation continue, à clapet et à axe creux. (18 juin. — i5ans.)
- 1193. M. Galloway, de Londres; perfectionnements dans les machines à vapeur à rotation et dans les machines locomotives applicables aux chemins de fer. (26 juin.—13 ans.)
- 1194. MM. Hagen et Baehrens, à Cologne ( Prusse rhénane ) ; système de machine à vapeur rotative. ( 3o juin. —15 ans.)
- 11 g5. M. Faulcon, à Paris ; machine à vapeur à rotation. ( 3 juillet. —15 ans.)
- 1196. M. Onion , à Saint-Pierre-lès-Calais (Pas-de-Calais); machine à vapeur à rotation, à jet continu, à haute ou à basse pression. (10 juillet.—15 ans.)
- 1197. M. F'iossat, à Valence (Drôme); machine à vapeur à piston propulseur pour les bateaux. (i5 juillet.—15 ans.)
- 1198. M. Rollet, à Lille ( Nord ) ; machine à vapeur à chaudière fumivore et à détente variable. ( 4 août.—15 ans.)
- 1199. Knowelden, de Londres; perfectionnements dans les machines à vapeur. ( 7 août.—14 ans.)
- 1200. M. Paltrinieri, à Paris; perfectionnements dans les machines à vapeur et autres moteurs. (10 septembre. —15 ans.)
- 1201. M. Baudat, à Paris; machine à va-
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- peur sans balancier ni manivelle, à detente variable. (23 septembre. — i5ans.)
- 1202. M. Martin , à Paris ; système de machine à vapeur. (28 septembre. —15 ans.)
- 1203. M. Buckmaster, de Naples; amélioia-tions et innovations aux machines a vapeui pour la navigation. ( 3o septembre. i5 ans.)
- 1204. MM. Port et Belloni, à Lyon; perfectionnements à une machine a vapeui îotative dite machine doloise. (ier octobre. —15 ans.)
- 1 2o5. M. Coiffier, à Paris ; système de machine à vapeur. (4 octobre. -i5 ans.)
- 1206. M. Rémond, de Birmingham (Angleterre); perfectionnements dans diverses parties des machines à vapeur. ( 8 octobre. —15 ans.)
- 1207. M. Magna, à Marseille ( Bouches-du-Rhône); moteur dit machine à vapeur rotative. (29 octobre. —15 ans.)
- 1208. M. Elwell, à Paris; machine à vapeur simplifiée à l’usage des stations des chemins de fer. (27 décembre.—15 ans.)
- 120g. M. Pimor, à Rouen (Seine-Inférieure); système complet des machines à vapeur. (29 décembre.—i5 ans.)
- 1210. M. Ludwig, à Munster (Haut-Rhin); machine à vapeur nouvelle. (3i décembre. — i5 ans.)
- MACHINES HYDRAULIQUES.
- 12m . M. Monier, à Marseille (Bouches-du-Rhône ) ; machines hydrauliques fonctionnant par le poids de l’eau après la première impulsion au moyen de pompes ou de tous autres appareils propres à faire monter l’eau et que cette machine fait mouvoir elle-même. (7 janvier.—15 ans.)
- 1212. M. Tardy, à Dijon (Côte-d’Or); machine à pression hydraulique. ( 27 janvier. — i5 ans.)
- 1213. MM. Laurent et Decker, à Paris; disposition de turbines hydrauliques. (28 janvier. — i5ans.)
- I2i4' Les mêmes; système de vanne tournante applicable aux turbines recevant l’eau verticalement. (27 octobre.—15 ans.)
- 1215. M. Darrieux, à Mérignac (Gironde);
- nouvelle machine hydraulique, ( 11 février.___
- i5 ans.)
- 1216. M. Trevière, à Toulon (Yar); machine hydraulique applicable à toute sorte d’usines. ( 9 mars.—-i5 ans.)
- 1217. M. de Stappers, à Beauregard, près Th ion ville ( Moselle ) ; machine hydraulique àiteYéconomique, servant à élever l’eau, destinée principalement au dessèchement des marais. (i5 mars.—15 ans.)
- 1218. M. Canson, à Vidallon-lès-Annonay (Ardèche); roue dite turbine rurale, (ig février. — 15 ans.)
- 1219 AI. Lesourd, à Paris ; système de machine hydraulique à rotation. ( 27 mars. — 1 5 ans.)
- 1220. M. Cadet-Colsenet, à Saint-Martin-d’Ablois ( Marne ) ; système d’application de turbine. (3i mars. — i5 ans.)
- 1221. AI. Fauchery , à Brousse (Puy-de-Dôme); nouveau genre de turbine. (5 mai. — i5 ans.)
- 1222. AI. Fabre, à Marseille; mécanique dite Y hydraulique-jongleur. (12 mai.—15 ans.)
- 122.3. AI. Huet, à Paris ; appareil propre à élever les liquides. (17 mai. — i5 ans.)
- 1224. AI. Jacomy , à Paris; système de machine hydraulique, (9 juin. —- i5 ans.)
- 1225. M. Lamarque, à Paris; disposition de coursiers et vannages principalement applicables aux turbines hydrauliques. (21 juin. — i5 ans.)
- 1226. AI. Lemenl, à Saint-Alaur (Seine); disposition de roues hydrauliques horizontales. (24 juin. — 15 ans.)
- 1227. AL Brunier, à Paris; machine hydraulique et hydromotrice à chute d’eau artificielle. (ser juillet. — i5 ans.)
- 1228. MAI. Mezièreet Collette, à Paris; nouvelle machine hydraulique. (3 juillet.—15 ans.)
- 122g. AI. Girard, à Paris ; système hydraulique dit moteur-pompe, la garniture de l’organe mobile s’appliquant indistinctement aux machines soufflantes et aux pompes en général.
- ( 17 juillet. — i5 ans.)
- 1280. M. Duclos, à Bellac (Haute-Yienne) ;
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- roue hydraulique à aubes articulées. (21 juillet.
- =— / 5 ans.)
- i23i. M. Blanc, à Seyssins, près Grenoble (Isère); machine dite turbine à soulèvement, pour transmettre le mouvement de l’eau. (26 juillet. — i5 ans.)
- 123a. M. Touzan, à Batignolles (Seine); machine hydraulique à plusieurs corps de pompe manœuvrée sans engrenage par un arbre oscillant. (7 août. — i5 ans.)
- 12,33. M, B.obert, à Chappes (Aube); système de direction mobile appliqué aux turbines hydrauliques. (1 y août. — 15 ans.)
- 1234. MM. Frank et Fingado , au Havre (Seine-Inférieure); machine d’épuisement parle moyen du tourbillonnement de l’eau dite machine à tourbillon à la Frank, (19 août. -— i5 ans.)
- 1235. M. Legendre , à Batignolles (Seine); turbine à répulsion prenant l’eau en dessous de l’axe. (3 septembre. — i5 ans.)
- 1236. M. Hubert, à Paris ; appareil hydraulique. (8 septembre. — i5 ans.)
- 1237. M. Masson, à Metz (Moselle); machine destinée à élever les eaux, au moyen de la compression de l’air. (25 octobre. — i5 ans.)
- 1238. M. Roux-S arrus, à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; appareil pyropneumatique ayant pour effet d’élever l’eau. ( 2.5 octobre. — i5 ans.)
- 123g. M. Arnaud, à Paris; système de machine hydraulique. ( 27 novembre. — i5 ans. )
- MACHINES-OUTILS.
- 1240. M. Decoster, à Paris ; perfectionnements dans les machines à percer les métaux et autres matières. (25 juin. — 15 ans.)
- 1241- M. Boudène, à Montpellier (Hérault); machine propre à la fabrication des outils de menuiserie. (18 juin. —15 ans.)
- MAGNANERIES.
- 1242. M. Demoret-Durozoy , à Paris; perfectionnements dans les magnaneries. (18 juin. — i5 ans.)
- manège.
- 1243. M. Louvrier, à Lods (Doubs); manège mobile direct. (2 mars. — i5 ans.)
- 1244* M. Letestu, à Paris ; manège à transmission directe. (2 décembre. — i5 ans.)
- 1245. M. Aupied, à Marseille ; volant à trois branches remplaçant les manèges. (27 décembre. — i5 ans.
- MANOMETRE.
- 1246. MM. Pic et Berthet, à Douai (Nord); manomètre à air libre, raccourci, à cuvette, multiple, avec robinets solidaires. (21 janvier. — 15 ans.)
- 1247. M. Guerre, à Paris ; manomètre à air libre. (5 avril. — 15 ans.)
- 1248. Le meme ; manomètre à air comprimé perfectionné. (16 septembre. — i5 ans.)
- 1249. M- Desbordes, à Paris; perfectionnements dans la construction des manomètres. (11 mai. — ï5 ans.)
- 1250. M. Fauchery, à Paris; système de manomètre des vitesses et des espaces parcourus sur chemin de fer. (22 mai. — i5 ans.)
- J25i. M. Dangles , à Paris; manomètre à air comprimé. (2 octobre. i5 ans.)
- MARBRE.
- I2Ô2. M. Evroi, à Charmes (Vosges) ; perfectionnements de l’imitation des marbres. (17 août. — i5 ans.)
- MARQUE.
- 1253. M. Malepart, à Cogniac (Charente); marque à feu. (8 février. —• i5 ans.)
- 1254* Le meme et Mareste; machine à marquer les futailles. (i4 niai. — 10 ans.)
- MARQUETERIE.
- 1255. M. Projilet , à Paris; application de la corne à la marqueterie. (17 juin. — i5 ans.)
- MARTEAU.
- 1256. MM. Jour/on et Clair, à Saint-Étienne (Loire) ; système de marteau-pilon applicable à toute espèce de forge. (7 avril. — i5 ans.)
- 1257. M. Huau, à Brest; marteau-pilon propre à la manipulation des métaux, (22 septembre. — i5 ans.)
- MASTIC.
- 1268. M. Delgrange, à Saint-Saulve (Nord);
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- ( 5
- mastic applicable aux joints des machines à vapeur. (19 juin. — i5 ans.)
- 125g. M. Vincent, à Paris; composition d’un genre de mastic dit mastic métalloïde. (3 décembre. — i5 ans.)
- médicaments.
- 1260. M. Charrière, à Paris; appareil à inhalation d’éther, dispose de maniéré a etre inexplosible. (3o janvier. i5 ans.)
- 1261. M. Simoni, à Paris; appareil propre à l’inhalation de l’éther dit fume-liqueurs ou pipe-éther. (13 février. — i5 ans.)
- 1262. M. Brisbarl-Gobert, à Paris ; appareils dits atmocléides, destinés aux inspirations d’air composé, et disposés pour pouvoir en régler la quantité et la saturation. ( 1 r mais. — i5 ans.)
- 1263. M. Merle, à Paris ; appareil dit aspi-rateur, propre à administrer les vapeurs de gaz aux malades. (i3 mais. — i5 ans.)
- 1264. M. Gay, de Turin ; appareil destiné aux inhalations d’éther sulfurique. (19 juillet.
- — i5 ans.)
- menuiserie.
- 1205. M. Pernot, à. Gondrecourt (Meuse); machine propre à la confection de tous les objets qui se traitent en menuiserie. (3i mars.
- — 15 ans.)
- MÉTAUX.
- 1266. M. Bouhon, de Bruxelles (Belgique); composition d’un nouveau métal. (21 janvier.
- — i5 ans.)
- 1267. MM. Sonnois et Jacquot, à Paris ; appareil destiné à amener les métaux de l’état de minerai à l’état métallique, soit simple, soit allié. (24 février. — i5 ans.)
- 1268. M. Fox, de Birmingham, en Angleterre ; perfectionnements apportés aux machines propres à mouler, percer et couper les métaux. (29 mars. — i3 ans.)
- 1269. MM. TV ail e t Black, de Londres; perfectionnements dans la fabrication de l’acier, du cuivre, du zinc, du plomb, de l’étain et de leurs composés, en y introduisant un courant électrique. (3o mars. — i5 ans.)
- 1270. M. Possoz, à Paris; procédé concernant la composition et l’application de certaines
- Quarante-septième année. Septembre 1<
- S9 )
- espèces de carbures de fer, fonte et aciers. (7 avril. — i5 ans.)
- 1271. M. Leroy, à Besançon (Doubs); méthode de métallisation des surfaces non conductrices. (9 avril. — i5 ans.)
- 1272. M. Haley, à la Villette (Seine); per--fectionnements dans les machines propres à fabriquer les rivets, boulons, chevilles, etc. (i4 avril. — i5 ans.)
- 1273. M. Tessié-Dumotay, à Paris ; procédé propre à la métallisation des fils, des tissus et des substances organiques. (17 juin. — i5 ans.)
- 1274. M. Black, de Londres ; perfectionnements dans la préparation des métaux en les extrayant des minerais. (17 juillet. — i5 ans.)
- 1275. M. Maunoury, à Paris; procédés mécaniques pour la fabrication d’objets en métal tournés, percés, fondus, tels que becs à gaz, vis de toute espèce , pointes et godets de parapluies et nouveaux produits obtenus par ces procédés. (ier septembre. — i5 ans.)
- 1276. M. Clause, à Paris; procédés empêchant la rouille et le vert-de-gris sur les métaux. (27 septembre. — i5 ans.)
- MEUBLES.
- 1277. MM. Têtard, Dumarest et Daubel, à Paris ; genre de meuble dit aulonoïx. (28 janvier. — 15 ans.)
- 1278. M. Krieger, à Paris ; bureau-table à grand développement. (19 mars. — i5 ans.)
- 1279. M. Dupes, à Paris; genre de bâtons pour rideaux de croisée dits bâtons à conducteurs. (3i mars. — i5 ans.)
- 1280. M. Bouloy, à Châtillon-sur-Loing (Loiret) ; eau servant à nettoyer les meubles vernis. (ier avril. — 10 ans.)
- 1281. M. Vuacheux, à Paris; disposition de meubles pouvant servir alternativement de siège et de lit. (3o avril. — i5 ans.)
- 1282. M. Moysen, à Mézières (Ardennes); bibliothèque roulante et tournante. (7 mai. — i5 ans.)
- 1283. M. Luet, à Paris; dispositions de sièges susceptibles de se renverser plus on moins en arrière. (11 mai. — i5 ans.)
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- 1284. M. Commin, à Paris ; table-bureau à dessus mobile. (7 août. — i5 ans.)
- 1285. M. Camus-Fournier, à Metz (Moselle); méthode de préparation des soies de porc, de manière à pouvoir les mélanger au crin pour garnir les meubles et les matelas. ( ï4 octobre. — i5 ans.)
- 1286. M. Dubois, à Belleville (Seine); châssis à double effet applicable aux chaises. (ier décembre. — i5ans.)
- MEULES.
- 1287. M. Dieudonné, à Chaudenay (Meur-the) ; marteau-lame destiné au rhabillage des meules de moulin. (5 mars. — i5 ans.)
- 1288. MM. Lorin et Leclère, à Yinay (Marne); machine propre à rhabiller les meules de moulin. (17 avril. — i5ans.)
- 1289. M. Brondes, à Lyon ; meules à moudre le grain dites annulaires silexométalliques, avec ventilation et leur archure mécanique, (ig novembre. — i5 ans.)
- MINES.
- 1290. M. Pasquet-de-S aint-Projet, à Paris; procédés et machines propres à l’exploitation des mines et des carrières. (17 juillet. — i5 ans.)
- 1291. M. Jacquet, à Arras (Pas-de-Calais) ; appareil destiné à arrêter le cufat des houillères lors de la rupture des câbles. (4 août.—10 ans.)
- 1292. M. Vanderhect, de Bruxelles; appareil dit parachute des mines. ( 4 août. — i5 ans.)
- 1293. M. Dartois, de Liège (Belgique); appareil destiné à arrêter tout poids montant et descendant dans les puits houillers lors de la rupture des câbles suspenseurs et à parer au choc de la portion de câble tombant avec lui. (2 octobre. — i5 ans.)
- MINERAIS.
- 1294. M. Babonneau , à Paris; procédés d’extraction et de raffinage des ruinerais bitumineux. (i3 janvier. —15 ans.)
- 1295. M. Brunton fils, de Pool (Angleterre); appareil pour le lavage du minerai. (8 avril.—
- 11 ans. )
- 1296. M. de Marigny, à Alger ; procédé
- applicable au traitement métallurgique des minerais de cuivre gris et pyriteux. (16 octobre. —15 ans.)
- 1297. M. Rochaz, à Paris ; procédés de traitement des minerais de zinc avec ou sans mélange de minerai de plomb. (17 novembre. — i5 ans.)
- MIROIRS.
- 1298. Mademoiselle Ireland,h Paris ; système de glace dit multiplicateur, applicable à la toilette. (i3 novembre. — i5 ans.)
- 1299. M. Thomet, à Paris; miroir-nécessaire. (29 novembre. — i5ans.)
- MONNAIES.
- 1300. M. Debladis, à Paris; procédés de préparation de flans ou rondelles pour la fabrication des monnaies, médailles, etc. (26 novembre. — i5 ans.)
- MONTURES.
- 1301. M. Montillier, à Paris; procédés mécaniques propres à la fabrication des montures de lunettes et d’éventails en écaille, en os, en ivoire, en métal et autres matières. (27 juillet.
- — i5 ans.)
- 1302. M. d’Orléans, à Paris; divers systèmes de montures à brisures, de garde-vue, carcasses et abat-jour de lampes et becs d’éclairage à suspension. (3o août. — i5 ans.)
- MORS DE BRIDE.
- 1303. M. Morin, à Paris ; perfectionnements dans la confection des mors de brides et dans le harnachement des chevaux de voitures et de luxe. (i5 janvier. — i5 ans.)
- i3o4> M. Cassaignes, à Paris; mors pour cheval et pour bœuf. (i3 novembre.— i5 ans.)
- mosaïque.
- 1305. MM. Germillon et Guenin-Billon , à Lyon; mise en carte des dessins pour la confection des carrelages dans le genre mosaïque. (16 juin. — i5 ans.)
- 1306. MM- Gire et Ferrière, à Paris; système de dallage dit métallo-mosaiique. (16 juin.
- — i5 ans.)
- MOTEURS.
- 1307. M. Drouin de Bouvelle, à Paris; rao-
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- leur naval dit turbine atmosphérique. (9 janvier. — 15 ans.)
- 1308. M. Legentil, à Paris ; machine à produire de la force. (21 janvier. >5 ans.)
- 1309. M. Chanhomme , à Paris ; machine propre à utiliser, comme foice motiice, la gravité des corps. (27 janvier. i5 ans.)
- x3io. M. Masson, à Roanne (Loire); moteur rotatif à levier constant mu par 1 eau ou la vapeur. (5 février. — i5ans.)
- 1311. M. Mallet, à Paris ; système de transmission de force par le système des leviers. (27 février. —15 ans.)
- 1312. M. Lemoine, à Rouen (Seine-Inférieure) ; machine à air dilaté, à simple et à double effet. (26 mars. — i5 ans.)
- 1313. M. Jacomy, à Paris; mode d’application de la vapeur comme force motrice. (22 avril.
- -— i5 ans.)
- 1314- MM. Meurisse et Vanechop, à Paris; moteur à mouvement continu dont le principe et la puissance dérivent du poids propre du levier. (4 mai. — i5 ans.)
- 1315. M. Rollet, à Rouen; levier moteur à force constante. (i5 mai. — i5 ans.)
- 1316. MM. Maingot et Monier, à Saint-Cyr-en-Yal (Loiret) ; moteur hydraulique horizontal à volets mobiles. (19 mai. — i5 ans.)
- ï31 -y. M. Besnier, à Paris; machine mue par l’impulsion donnée au levier, comprimant l’eau ou l’air, et, par cette compression, multipliant indéfiniment la force dépensée par le levier. (21 mai. — i5ans.)
- 1318. M. Gillet, à Sedan (Ardennes) ; augmentation de force motrice dans toute espèce de machines. (25 mai. — i5 ans.)
- 1319. MM. Prudent, Brunet, Cousinery et Berard, à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; mécanique ayant pour objet principal de remplacer la vapeur. (10 juin. — i5 ans.)
- 1320. M. Eaton, de Londres; perfectionnement aux moyens de créer une force motrice. (18 juin. — i3 ans. )
- 1321. M. Bourbon, à Montmartre (Seine); système de moteur destiné à remplacer la va-
- peur dans toutes les branches de l’industrie en général. (21 juin. — i5 ans.)
- 1322. M. Landois, a Saint-Gilles-sur-Aic (Vendée) ; machine dite hydromotrice, propre à remplacer toutes les machines employées comme force motrice. (12 juillet. — i5 ans.)
- 1323. Le même; machine dite machine atmosphérique mexplosible, faisant le vide instantanément et utilisant la pression atmosphérique pour être employée soit à une locomotion quelconque, soit à toute espèce d’industrie exigeant un pouvoir moteur. (22 octobre. — i5 ans.)
- j 324 • MM. Karsl et Kirtschmars, à Bati-gnolles (Seine) ; machine motrice. (26 juillet.
- — i5 ans.)
- 1325. MM. Thibault et Bigeard , à Paris ; machine dite hexagone moteur. ( 2 août. — i5 ans.)
- 1 326. M. Arnier, à Marseille (Bouches-du-Rhône); appareil propre à produire le vide et à supprimer la vapeur. (17 août. — i5 ans.)
- 1327. M. Antola, à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; mouvement alternatif applicable aux pompes et autres mécanismes. ( 18 août. — i5 ans.)
- 1 328. MM. Bouthors et Dereins, à Amiens (Somme); moteur applicable aux cabestans, grues, voitures et tous systèmes de rotation sur voies ferrées et ordinaires. (18 août.— i5 ans.)
- 1329. M. Painparé et demoiselle de Neuville, à Batignolles (Seine); moteur dit système Painparé. (20 août. — i5 ans.)
- 1330. M. Thèvenin, à Paris ; système de moteur par la pesanteur dit moteur à rotation sans fin. (3o août. — i5 ans.)
- 1331. M. Pouyer-Quertier fils, à Paris ; système de boîte de jonction servant à l’embrayage ou au débrayage de deux ou plusieurs moteurs qui agissent de concert sur la même transmission. (ier septembre. — i5 ans.)
- 1332. M. Courvoisier, à Paris; combinaison mécanique dite levier moteur. (6 septembre.
- — i5 ans.)
- 1333. M. Labourey, à Marseille (Bouches-du-Rhône); machine dite pondéro - mécane , propre à faire fonctionner les moulins, usi-
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- nés, etc., qui ont besoin de force motrice. (i5 septembre. — i5 ans.)
- i334- Schneider et madame veuve Gar-son , à Paris ; nouveau genre de moteur. (20 septembre. — i5 ans.)
- 1335. M. Froelich, à Paris; appareil propre à utiliser la pression de l’air atmosphérique comme puissance mécanique. (25 septembre. — i5 ans.)
- 1336. MM. Aubert et Sauze, à Lyon ; mécanique-moteur dite agitateur Aubert-Sauze. (18 octobre. — i5 ans.)
- 1337. M. Lauberenu , à Paris; genre de moteur à air dilaté. (3o octobre. — i5 ans.)
- 1338. M. Lurin, à Arles (Bouches-du-Rhône); roue motrice se mouvant par elle-anême. (6 novembre. — i5ans.)
- 133g. M. de Crema, à Paris ; nouveau genre de moteur. (16 novembre. — i5ans.)
- i34o. M. Charon, à Angers (Maine-et-Loire); moteur applicable à diverses industries et principalement à la navigation. (7 décembre.— i5 ans.)
- i34>. M. Durup de Baleine d’Ambreville, à Paris ; genre de moteur universel par l’air comprimé. (10 décembre. — i5 ans.)
- 1342. M. Pont, à Lyon (Rhône); moteur hydraulique sans fin. ( 1 o décembre. — 15 ans.)
- 1343. M. Boillau , à Nantes (Loire-Inférieure) ; flotteur dynamique ayant pour objet de transmettre la force et la vitesse utiles verticalement et horizontalement. (11 décembre. — i5 ans.)
- 1344* M* Lautier, à Marseille; mécanique fonctionnant par la force des leviers. (20 décembre. — i5ans.)
- MOULAGE.
- 1345. M. Laurent, à Paris; système mécanique pour moulage d’ornements en relief sur blanc préparé pour la dorure. (18 mars. — i5 ans.)
- 1346. MM. Zwahlen et Fallotten, à Paris; procédés de confection des formes , moules et ornements. (16 avril, — i5 ans.)
- 1347. M- Ravinel-Mesoniat, à Lyon (Rhône); perfectionnement du mécanisme propre à opé-
- rer la compression du sable de moulage. (27 avril. — i5 ans.)
- MOULINS.
- 1348. M. Geuffray, à Rouen ; nouveau système de moulin. (12 janvier. — i5ans.)
- 1349. M. G ueuv in-Bouchon, à Paris; perfectionnement à un moulin à bras portatif à meules de pierre. (20 janvier. — i5 ans.)
- 1350. M. Daoenne, à Paris ; genre de moulin à plâtre. (22 mars. — i5 ans.)
- 1351. M. Rarbaud, à Solliés-Pont (Yar); système de moulin à farine applicable aux autres engins de ce genre. (6 avril. — i5 ans.)
- 1352. M. Michelet, à Montpellier (Hérault); ailes de moulin à vent mises de profil. (6 mai.
- — 10 ans.)
- 1353. M. Bogardus i de New-York (Etats-Unis d’Amérique) ; moulin universel à mouvement excentrique. (29 mai. — i3 ans.)
- 1354- M. Elie, à Rouen ; moulin à broyer et moudre toute espèce de matières. (5 juin.
- — i5 ans.)
- 1355. MM. Schweitzer et Magne, à Paris; moulin moteur à vent, à ailes horizontales. (18 juin. — 15 ans.)
- i 356. M. Beraud-Senac, au Yillard, commune de Seneujols (Haute-Loire) ; moulin à farine portatif à manivelle. (19 juin. — i5 ans.)
- 1357. M. Gautier, à Toulon (Yar); genre de moulin à farine. (2 août. — i5 ans.)
- 1358. M. Tiquet, à Bagnols (Aude); régulateur panémore ou roue à vent pour les moulins. (25 août. — i5 ans.)
- 135g. M. Brunier, à Paris ; moulin à deux meules mobiles circulairement, soit en sens inverse, soit dans le même sens. (28 octobre. — i5 ans.)
- 1360. M. Lapar, à Bordeaux (Gironde), moulin à blé. (22 novembre. — i5 ans.)
- 1361. M. Cloet, à laBassée (Nord); système de moulin à vent. (24 novembre. — i5 ans.)
- i3Ô2. MM. Tourette et Borie , au Puy (Haute-Loire) ; moulin à farine portatif à manivelle. (4 décembre. — i5 ans. )
- i363. M. Alleau , à Saint-Jean-d’Angély (Charente-Inférieure); moulin propre à moudre
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- toute espèce de grains. ( 29 décembre. — i5 ans. )
- MOUTARDE.
- 1364* M. Vivie, à Saint-Barthélemy (Lot-et-Garonne) ; moutarde dite moutarde violette du Midi. (6 août. — 10 ans. ) mouture.
- 1365. M. Pinel, à Lyon (Rhône) ; perfectionnements dans la construction des appareils propres à moudre les grains , les graines et autres matières. (8 janvier. — i3 ans.)
- 1366. MM- Rolland et Laugier, à Marseille ; mécanisme propre à la mouture des grains. (8 mai. — i5 ans.)
- 1367. M. Vilcoq, à Melun (Seine-et-Marne); tarare système tasseur. (5 juillet. — i5 ans.)
- musique (enseignement de la;.
- 1368. M. Magnier, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme); appareil nommé digital, propre à faciliter le travail des doigts sur tous les instruments de musique. ( i4 juin. — i o ans.)
- i36g. M. Dwerger, à Paris; procédés de typographie musicale. (7 juillet.— iôans.)
- 1370. M. Bernaud, à Paris; appareil destiné à débrider les doigts, les rendre indépendants les uns des autres, leur donner par là l’exécution de tous les instruments, et particulièrement celle du piano. (7 juillet. — i5 ans.)
- 1371. M. Bravard, à Grandrif (Puy-de-Dôme ) ; système de tournefeuille , dit tourne-feuille Bravard, applicable à toute espèce de pupitres et de pianos. ( 16 septembre. — i5 ans.)
- 1372. M. Roeckel, à Paris ; genre de clavier de poche. (16 novembre. — i5 ans. )
- 1373. M. Zeiger, à Lyon (Rhône); instrument dit le parfait préparateur ou gymnase du pianiste. (20 décembre. — i5 ans.)
- musique (instruments de).
- 1374. M. Aznavour, à Paris; système d’instruments à corde à chevalet mobile compensateur. (18 janvier. — i5 ans. )
- 1375. M. Morin de Guérivière , à Paris ; instrument de musique dit violoclave. (25 janvier. — i5 ans. )
- ( 543 )
- 1376. M. Buffet-Crampon, à Paris; perfectionnements dans la construction des flageolets. (3i mars. — i5 ans.)
- 1377. M. Courtois, à Paris; genre de piston propre aux instruments de musique. (14 mai. — 15 ans. )
- 1378. M. Gautrot aîné, à Paris ; perfectionnements apportés aux instruments de musique en cuivre, tels que cors, cornets, néocors, trompettes, etc. (ier juillet. — i5 ans. )
- 1379. Le meme ; perfectionnements apportés àl’ophicléide. (21 août.—iôans.)
- 1380. M. Boehm, à Paris; perfectionnement dans la fabrication des flûtes. (27 juillet. — i5 ans.)
- 1381. M. Letoulat, de Londres ; instrument de musique portatif à soufflet et à clavier. (2 août. — i5 ans.)
- 1382. M. Pratien, de Londres; perfectionnements dans la construction des flûtes. (7 septembre. — i5 ans.)
- 1383. M. Belorgey, à Paris; genre de piston à cylindre, à moteur vertical pour les instruments de musique en cuivre. (i4 octobre. — i5 ans.)
- 1384- M. Bellon, à Paris ; système d’âme et de barre pour instruments à cordes. (10 novembre. — i5 ans.)
- 1385. M. Triebert , à Paris; système de clarinette dite multiphonique, avec bec à table mobile etnouveau presse-anche. (24 décembre.
- — i5 ans.)
- NATATION.
- 1386. M. Skipar, de Saint-Pétersbourg; gants-nageoires. (8 septembre. — 10 ans.)
- NAVIGATION.
- 1887. MM. Mazeline frères, à Grasville (Seine-Inférieure) ; mécanisme propre à élever au-dessus du niveau de l’eau les hélices des navires à vapeur et à les faire servir au besoin comme gouvernails. (11 janvier. —15 ans.)
- i388. M. Jjjullienne, à B.ouen ; système de traction appliqué à la navigation des fleuves et rivières. (22 janvier. — i5 ans.)
- 138g. M. Labourey, à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; machine propre à la navigation
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- ïharitime et fluviale. ( io février. — i5 ans. )
- 1390. M. Pentzold, à Paris; système de machine propre à la navigation, à double effet et à un nouveau point d’appui, dite pentzoldine. (20 février. — i5 ans.)
- 1391. M. Claussen, de Londres; perfectionnements apportés aux moyens d’impulsion des vaisseaux. (16 mars. — i5 ans.)
- 1392. M. Walker, de Birmingham, en Angleterre ; perfectionnements dans la fabrication des lochs de navire et des appareils de sondage. (19 mars. — i5 ans.)
- 1393. M. Tardy, à Paris; moyen économique propre à remorquer les bateaux sur les rivières et canaux. (22 mars. — i5 ans.)
- 1394. M. Jeannin , au Pont-Saint-Esprit ( Vaucluse ) ; machine propre à diriger les embarcations, et particulièrement les bateaux à vapeur dans les rivières et les fleuves. (26 avril.
- — i5 ans.)
- 1395. M. Huau, à Brest (Finistère); manière d’appliquer les hélices pour faire marcher et évoluer les navires. (12 mai. — 15 ans.)
- 1396. M. Tissot, à Vaise (Rhône) ; moyens propres à accélérer la marche des bateaux ou navires quelconques. (20 mai. — 5 ans.)
- 1397. Madame Godde, à Paris; système général de propulsion des navires, comprenant i° l’application latérale de l’hélice aux bâtiments de ligne ; 20 trois nouveaux moyens d’ascension des propulseurs sous-marins ; 3° des perfectionnements des roues sous - marines. (3 juin. — i5 ans.)
- 1398. M. Bourdon , au Creuzot (Saône-et-Loire); application d’une chaîne de drague à la remorque des bateaux sur les rivières. (10 juillet.
- — ï5 ans.)
- 1399. M. Jolly, à Joinville (Haute-Marne) ; système tendant à faire marcher les bateaux et bâtiments de marine au moyen de la vapeur, simplement avec des générateurs et sans le secours d’aucune machine, ni de roues, ni d’hélices. (2 août. — i5 ans.)
- 1400. M. Gelée, à Marguerite-sur-Fauvelle ( Seine -Inférieure ) ; nageoire appliquée à la navigation. (5 août. —i5 ans.)
- 1401. M. Coullon, à Paris; godille mécanique applicable aux navires et bateaux. (17 août. — i5 ans.)
- 1402. M. Ménier, à Paris ; flotteur-allège propre à aider les navires et barques à passer dans les endroits peu profonds et difficiles. (i4 août. — i5 ans.)
- 1403. M. Power , à Paris ; appareil dit registre quadrangulaire, propre à indiquer tous les mouvements des navires en mer. (21 septembre. — i5 ans.)
- 1404. M. Dembinski, à Paris; mode de propulsion pour la navigation. ( 22 octobre. — i5 ans.)
- 1405. M. Bossière , à Paris; appareil dit système Bossière à moteur aquatique, applicable aux navires et bâtiments pour leur donner l’impulsion. (24 novembre. — i5ans.)
- 1406. M. Siemens, de Hoboken (États-Unis d’Amérique); perfectionnements dans l’application des moyens et appareils aux navires et bâtiments de mer pour augmenter ou améliorer leur vitesse. (8 décembre. — i4 ans.)
- NAVIRES.
- 1407. M. Strutton, de Brighton (Angleterre); système propre à lester les navires et nettoyer les fonds de cale. (23 janvier. — i5 ans.)
- 1408. MM. f^iau et Deutsch , au Havre ( Seine-Inférieure ) ; appareil de carénage dit gril flottant. (5 février.—i5ans.)
- 1409. M. Claussen, de Londres; perfectionnement dans la construction des vaisseaux, chaloupes, etc. (20 février. — i3 ans.)
- 1410. AI. Cheval, à Roubaix (Nord); perfectionnements apportés à la construction des navires ou vaisseaux et moyens employés pour les faire voguer. (5 mars.— i5 ans.)
- 141 î- M- Clavières, à Paris; perfectionnements dans la construction des bateaux toueurs et dans les dispositions mécaniques des appareils pour le remorquage à vapeur. (8 mars. — i5 ans.)
- 1412. M. Maurry, à la Ciotat (Bouches-du-Rhône); système d’aubes copélatiques à adapter aux roues des navires à vapeur. (12 avril. — i5 ans.)
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- 1413. M. Barazer, à Bordeaux ; mature à bascule à établir sur des navires de tout tonnage et à fond plat dont la construction permettrait de remonter les fleuves et les canaux, possédant cependant toute sécurité pour parcourir les mers, etc. (27 avril. — *5 ans.)
- i4<4. M. Pistel, à Falaise (Calvados); sys-tèin6 applicable aux cbaloupes et aux navnes pour les rendre insubmersibles. (6 avril. — i5 ans.)
- NOIR ANIMAL.
- 1415. M- Fouschard, à Neuilly (Seine); procédés de révivification du noir animal et de carbonisation des matières organiques. (10 juillet. — i5 ans.)
- OBJETS DIVERS.
- 1416. Madame Canet, à Brest (Finistère); confection des corbeilles, écrans et autres objets d’ornement. (25 janvier. — i5 ans.)
- 1417 • M. Sorel, à Paris ; système de fabrication de poupées d’enfant, têtes de modiste, etc. (6 mars. — i5 ans.)
- i4i8. Mademoiselle Sinclair, de Londres; genre de garnitures pouvant servir à l’ornementation des robes de dames et à être employées pour la confection des cols, manchettes, bonnets, chapeaux et autres objets de toilette des dames. (i4 avril. — i5 ans.)
- 1419- M. Lesserré, à Paris; instrument dit hochet oulochyte, propre à favoriser la dentition, la nourriture et la mastication des enfants. (3 avril. — i5 ans.)
- 1420. M. Boisseau, à Metz (Moselle); mode de fabriquer lesblagues-vessies, premier blanc, présentant plus de souplesse, de blancheur, et garantissant contre toute mauvaise odeur sans augmenter le prix d’achat, et offrant une durée plus longue. (26 juillet. — i5 ans.)
- 1421. M. Chaplain, à Paris ; système de crachoir dit propret. ( i5 décembre. — i5 ans. )
- 1422. M. Dumery, à Paris ; pieds-supports articulés destinés à la confection des modes ou coiffures. (i5 décembre. — i5 ans.)
- 1423. M. Rosselet, à Paris; système de réunion ou montage de pièces permettant de les fermer ou d’en ouvrir plusieurs à la fois par un seul
- mouvement, système qui peut s’appliquer à des objets de fantaisie, de cartonnage, d’ébé-nisterie , de bronze, etc. (27 décembre.— i5 ans.)
- i424- M. Legros, à Dijon (Côte-d’Or); taille dite taille-affiche, numérotée pour marquer la quantité de pain et de viande pris au mois. (21 décembre.—15 ans.)
- OEDFS.
- x425. MM. Augié et Fournier Saint-Amand, à Paris ; procédé de conservation des jaunes d’œufs et leurs diverses applications. (16 janvier. — i5 ans.)
- ORGUES.
- 1426. M. Orelle,h Mirecourt (Vosges) ; soupape isopneume pour orgues. (20 janvier. — i5 ans.)
- 1427. M. Trémaux, à Paris; perfectionnements apportés à l’orgue expressif et aux autres instruments à anches libres. (10 mars. — i5 ans.)
- 1428. M. Leferme, à Paris; nouveau système d’orgues. (18 mars. — i5 ans.)
- 1429. M. Roz , à Paris ; système de piano-orgue. (2 octobre. — i5 ans.)
- ORNEMENTS.
- 1430. M. Lahoche, à Paris ; application sur cristaux de pierreries, métaux, camées, armoiries, médaillons, portraits, etc. (11 février. — 10 ans.)
- ORTHOPÉDIE.
- 1431. M. Falêrius, à Paris ; appareil contre les maladies du fémur. (11 mai. — i5 ans.)
- 1432. M. Biondetti, de Bruxelles ; appareil orthopédique servant à redresser toutes les difformités du corps. (20 juillet. — i5 ans.)
- 1433. M. Lafosse, à Besançon (Doubs) ; appareil à double inclinaison, extension continue, pour le redressement des déviations de la taille.
- (6 novembre. — i5 ans.)
- 1434. M. Rogers, de Londres; aide-nourrice ou instrument calysthénique. (23 décembre. — i4 ans.)
- OUATE.
- x435. M. Dufour, à Saint-Quentin (Aisne) ; procédé propre à ouater toute espèce d’étoffes
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- ou tissus unis ou variés, en coton, en laine, fil de lin ou de chanvre, soie, ou toute autre substance susceptible d’être tissée. ( io février. — i5 ans.)
- 1436. M. Duport, à Lyon (Rhône) ; machine à teindre, glacer et sécher les ouates en pièces. (27 février. — i5 ans.)
- 1437. MM. Poinsignon et Ancel, à Saint-Nicolas-du-Port (Meurthe) ; procédé de fabrication de ouate dite ouate-laine. (20 décembre. — i5 ans.)
- OUTILS.
- 1438. M. Simon, à Paris; outil dit molette, propre à repousser les cuirs, cartons et tissus en relief. (3i mars. — i5 ans.)
- 1439. iM. Nicolas, à Molsheim (Bas-Rhin); outils et rabots à l’usage des tonneliers. (16 juillet. — i5 ans.)
- 1440. MM. Peugeot, Japj et comp. , à la Chapotte (Doubs) ; procédé de fabrication de rabots, moulures diverses et autres outils de menuiserie. (26 juillet. — i5 ans.)
- 1441 * M .Reclus, à Bergerac ( Dordogne ) ; outil propre à faire des trous de bondes , des fûts et futailles, comme à être employé à d’autres usages. (i3 septembre. — i5 ans.)
- 1442. M. Gargan, à la Villette (Seine) ; outil d’ajustage destiné à faire des trous, des fraisures et ouvertures dans les métaux , bois , corne, verre, etc. (16 novembre.—15 ans.)
- 1443. MM. Goldenberg et comp. , à Mons-wiler (Bas-Rhin) ; mode de monter les vilebrequins sur leurs manches. ( 17 décembre. — i5 ans.)
- 1444- M. Jcard, à Grasse (Var) ; fabrication des outils en fer trempé destinés à la confection des chaussures. (18 décembre. — i5 ans )
- PAIN.
- i445. MM. Gillio et Biestra, à Lyon ; pains de luxe dits grissini et kifr. ( 17 juillet. — i5 ans.)
- PAINS A CACHETER.
- i446- M. Maurin, à Paris; genre de pains à cacheter indécaclietables. (24 juin.—15 ans.)
- PALMIER.
- 144? • MM. Descamp et Doussan , à Alger ;
- extraction de substances du palmier nain propres à la fabrication de divers objets industriels. (2 août. — i5 ans.)
- PANIFICATION.
- i446. MM. Souchon et Yelli, à Paris; nouveau mode de panification. (7 juin. — i5 ans.)
- 1449* M- Suarès, à Paris ; mode de panification. (7 juin. — i5 ans.)
- i45o. M. Gujonde Saulieu, à Paris; système de panification. (27 août. — i5 ans.)
- i45i . M. Rivière, à Lyon ; procédé de panification. (9 novembre. — i5 ans.)
- PAPIER.
- 1452. M. Grisard, à Paris ; machine à couper et iogner le papier et le carton. (22 février. — 15 ans.)
- 1453. M. Sement, à Paris; application du silex aux papiers et toiles à polir le fer, etc. (17 février. — i5 ans.)
- 1454. M. Delamare, à Paris ; disposition de machine à couper le papier, le carton, le cuir et toute autre substance, dite machine à pre$~ sion naturelle et perpendiculaire. ( Ier mars. — i5 ans.)
- 1455. M. Martin, à Bercy (Seine) ; machine à couper le papier et le carton. ( ier mars. — i5 ans.)
- 1456. M. Brisset, à Paris ; coupoir à papier. (29 mars. — i5 ans.)
- 1457. M. JVoelter, à Heidenheim (royaume de Wurtemberg) ; procédé propre à réduire le bois en pâte et à le rendre ainsi propre à la fabrication du papier. (2 mars. — i5 ans.)
- 1458. M. Gros, à Batignolles (Seine); emploi des moyens propres à la fabrication de la pâte à papier avec du genêt. (20 mars. — i5 ans.)
- i45g. M. Ancey, à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; mécanisme propre à la fabrication du papier sans fin à deux couleurs. ( 4 mai. —-5 ans.)
- 1460. MM. Audeberl de la P insonie, à Cou-laures (Dordogne) ; procédé de satinage de papier dit satinage continu. (12 mai. — i5 ans.)
- 1461. M. Peupille, à Toulon (Yar); fabrication des cartons et des papiers de pliage de
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- toute qualité au moyen de substances végétales. (29 juin. — i5 ans.)
- j /j.62. M. Heldt, à Strasbourg (Bas-Rhin) ; fabrication de carton et papier d emballage dit lupulin coriace. (5 juillet. i5 ans.)
- ,463. M. Leroy, à Paris ; application d’une étoffe ou tissu quelconque au papiei destine à être découpé en papier-dentelle. (6 juillet.
- 15 ans.)
- 1464. M. Hatlerer, à Brée (Maine-et-Loire); appareil propre à condenser la vapeur, applicable principalement aux cylindres séclieurs des machines à papier. (24 juillet. — i5 ans.)
- ,465. M. Vierina, à Yaugirard (Seine); perfectionnements dans les cisailles et machines à couper le papier, le carton, etc. (26 août. — i5 ans.)
- 1^66. M. Barthélemy, à Paris; procédé propre à la fabrication d’un nouveau genre de papier. (8 septembre. — i5 ans.)
- 1467. M. TVocher, à Sierk (Moselle); préparation d’un nouveau papier à dessiner. (9 septembre. — 10 ans.)
- 1468. M. Godard, à Paris; tissage du papier. (9 octobre. — i5 ans.)
- 1469. M. Bécourt, à Arcier (Doubs) ; appareil à vase clos et à haute température, pour la lessive des chiffons destinés à la fabrication du papier. (4 novembre. — i5 ans.)
- 1470. MM. Massiquot et Thirault, à Paris; machine à couteau fixe et à plateau à mouvement onduleux destinée à couper le papier et le carton. (16 novembre. — i5 ans.)
- 147 1 - MM. Scharschmidl, Steiner et Rosen-lehner , à Paris ; construction d’une machine dite prise-nœuds, à cylindres perpendiculaires, servant à perfectionner la confection du papier hollandais et fabrication dudit papier. ( 2 décembre. — 5 ans.)
- 1472. M. Meynier, à Marseille (Bouches-du-Rhône); préparation et application, à l’hygiène et à la physique, d’un papier et d’un tissu idio-électriques. (3o décembre. —15 ans.)
- PAPIER PEINT.
- 1473. M. Chevalier, à Paris; papier peint
- et étoffe nouvellepar le même procédé. (21 juillet. — 1 o ans.)
- 1474- M. Duval, à Paris ; moyen de diviser les métaux et leur application sur le papier, divers tissus , le bois , etc. ( 2 novembre. — i5 ans.)
- PARAPLUIES.
- 1475. M. Thiers, à Lyon ; perfectionnement aux plaques en métal embouties pour parapluie. (20 février. — i5 ans.)
- 1476. M. Veuillet, à Paris ; système de coulant de parapluie. (23 février. — i5 ans.)
- 1477. M. Persidat, à Argenteuil (Seine); substitution du fer au cuivre dans les tenons de parapluie, porte-plume et autres emboutis , et moyen d’opérer cette substitution. (26 avril.
- — i5 ans.)
- 1478. M. Barrai, à Paris; système de parapluie de poche dit parapluie Barrai. ( 18 mai.
- — 10 ans.)
- 1479. M. Charageat, à Paris ; perfectionnements apportés aux parapluies et ombrelles s’ouvrant seuls , et pour lesquels on peut se servir de manches en bois plein. ( 24 août. — i5 ans.)
- 1480. MM. Philibert et Arlus, à Paris; perfectionnements dans la construction des parapluies et ombrelles. (23 septembre. —15 ans.)
- 1481. M. Mer et, à Paris ; perfectionnement à un genre de parapluie ditjoliette. (12 novembre.
- — i5 ans.)
- PARQUET.
- 1482. M. dossier, à Nantes (Loire-Inférieure) ; procédé propre à bouveter le bois pour parquets de toute espèce et à l’usage des charpentiers. (16 janvier.— i5 ans.)
- 1483. M. Maldant, à la Chapelle-Saint-Denis (Seine) ; système de parquet économique. (28 août. — i5 ans.)
- PASSEMENTERIE.
- 1484. M. Martineau , à Paris ; point de Milan à la mécanique propre à recouvrir les articles de passementerie. (6 mai — i5 ans.)
- 1485. M. Claude, à Paris ; application, aux devants de cheminée, de la passementerie pro-
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- Quarante-septième année. Septembre 1848.
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- duisant l’effet de la broderie qu’elle remplace* (3i juillet. — i5 ans.)
- 1486. M. Defert, à Paris ; tissu mixte torsadé pour épaulettes, glands et franges en général. (ier octobre. — i5 ans.)
- 1487. M. Delavier, à Paris ; mécanisme propre à la chaînette dè passementerie. (21 décembre. — i5 ans.)
- pavés.
- 1488. M. Joanne Ronsseray, au Plessis-Chenets (Seine-et-Oise) ; procédé d’extraction de pavés et de roches. (25 novembre. —15 ans.)
- 1489. M. Baronnet, à Paris ; genre de pavés en grès cuits. (8 décembre. — i5 ans.)
- PEAUX.
- 1490. M. Duport, à Paris; procédés de fabrication de peaux jumelles , avec grains factices, applicables à la sellerie et aux capotes de voitures, etc. (12 avril. — i5 ans.)
- i49t- M. Jonquet-Huger , à Châteaudun (Eure-et-Loir) ; machine destinée à travailler toute espèce de peaux, avant et après le tannage. (20 avril. — i5 ans.)
- PÊCHE.
- 1492. M. de Tascher, à la Roche, près Mus-sidan (Dordogne); instrument de pêche dit Vépervier aux rayons. (19 octobre. — i5 ans.)
- PEIGNES POUR MATIERES FILAMENTEUSES.
- 1493. M. Schlumberger (Nicolas) , à Gueb-willer (Haut-Rhin) ; procédés de fabrication des peignes servant à la préparation des matières filamenteuses. (24 février. — i5ans.)
- 1494- M* Badier, à Paris ; peigne à broche perfectionné pour laine et cachemire. (ier avril. — 15 ans.)
- 1495. MM. Henriot frères, à Reims; perfectionnement d’üne machine peigneuse. ( 3o décembre. — t5 ans.)
- PEIGNES POUR COIFFURE.
- 1496. M. Blaisot, à Paris ; nouveau genre de peigne. (9janvier. — i5 ans.)
- 1497 - Le meme, Petit et Rompant ; système de fabrication de peignes à chignon, à papillotes, à retaper et autres. (5 juin. — i5 ans.)
- i4q8. MM. Baillante t May et, à Paris; genre
- de peigne dit autocathaire. (20 mars.—15 ans.)
- 1499. M, Potin, à Paris ; genre de peigne portant une garniture destinée à soutenir et maintenir les cheveux de manière à supprimer les épingles ordinairement employées à cet usage. (20 juin. — i5 ans.)
- 1500. M. Chrétin-Brison, à Lamourra (Jura); système d’assemblage des pièces de peignes imitant l’ivoire. (3 septembre. — i5 ans.)
- i5oi . M. David, à Paris ; système de peigne à chignon. (22 novembre. — 15 ans )
- PEINTURE.
- 1502. MM. Buran et Perronnel , à Paris ; procédé de composition et de fabrication d’une peinture conservatrice des bois, fers et plâtre, dite peinture créosotée. (3 mars. — i5 ans.)
- 1503. M. Besançon, à Paris; composition d’un liquide remplaçant l’huile de lin dans la peinture de bâtiment. (24 avril. — i 5 ans.)
- i5o4* M. Pelletier, à Paris; substance siccative pour la peinture. (9 novembre. — i5 ans.)
- 1505. MM. Sorel e t de Saint-Pol, à Paris; application des oxydes de zinc dans la peinture et perfectionnement des peintures ordinaires. (6 décembre. — i5 ans.)
- PERRUQUES.
- 1506. M. Petit, à Odessa (Russie); instrument propre à prendre la mesure de la tète pour perruques, coiffures, etc. (19 mars.— i5ans.)
- PÉTRISSEUR.
- 1607. M. Boland , à Paris ; pétrisseur mécanique propre à la boulangerie, ( i5 janvier. — i5 ans.)
- 1508. M. Maillard, à Lyon ; machine à pétrir la pâte pour faire le pain. (20 mai. — i5 ans.)
- 1509. M. Raboisson, à Branne (Gironde); perfectionnement à la machine dite lambertine, destinée à pétrir le pain. ( 16 décembre. —= i5 ans.)
- 1510. M. Ferrand, à Paris ; pétrisseur mécanique. (5 juillet. — i5 ans.)
- PHARMACIE.
- 1511. M. Cour tin , à Maubeuge (Nord); nouveau système de sparadrapier. ( ier juillet,
- —15 ans.)
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- 1512. M. Fiel, à Tours (Indre-et-Loire); machine, ditepilulier, à rotation. (23 août. — i5ans.)
- i5ï3. Le même j instrument dit pasliHeur-Fiel. ( 16 mars. — i5 ans.)
- 1514. MM. Frère et Rogé, à Paris; mode de pastillage mécanique. ( 27 octobre.
- i5 ans. )
- PIANOS.
- 1515. M. Rohdcn , à Paris; fourche dite compensatrice , pour mécanisme de piano. (16 janvier. — i5 ans.)
- j 516. Le même ; mécanisme à répétition applicable à toute espèce de pianos. ( 12 octobre.
- — i5 ans.)
- ï517- M. TFoolley, de Nottingham (Angleterre; ; perfectionnement dans la construction des pianos-forte. (23 janvier. — 13 ans.)
- 1018. M. Meissonnier, à Orange (Yaucluse); appareil applicable à tous les pianos, au moyen duquel on peut obtenir des sons soutenus , c’est-à-dire conservant leur intensité première aussi longtemps que l’on presse les touches. (5 février. — i5 ans.)
- î5iq. M. Zeiger, à Lyon; mécanisme dit polysonor , applicable aux pianos. ( 6 mars. — 15 ans.)
- 1520. M. Papelard, à Montmartre (Seine); genre de piano sans corde dit claviola. ( 11 août.
- — s 5 ans.)
- 1521. M. Bardics, à Paris; serrure de transposition applicable aux pianos transpositeurs. ( 11 août. — i5 ans.)
- 1522. Le même ; système de piano à son prolongé. (12 octobre. — i5 ans.)
- 1523. M. Guggemos, à Nîmes (Gard) ; deux genres de pilotes servant à régler la hauteur de l’échappement des pianos droits. ( 19 août.
- — i5 ans.)
- 1524. M. Debain, à Paris ; système de piano-forte de concert. (24 septembre. — i5 ans.)
- 1Û25. MM. Nunns et Fisher, de New-York (Etats-Unis d’Amérique); perfectionnements apportés aux pianos. (7 septembre. - i5 ans.)
- 1526. M. Sulot, à Paris ; perfectionnements
- apportés aux pianos. (26 octobre. — i5ans. )
- 1527. M. Hérold, à Paris; système répétiteur a brisure , applicable à tous genres de pianos et de pianinos. (4 novembre. — i5 ans.)
- PIERRES.
- 1528. M. Marandet, à Chapuis (Jura); machine à casser les pierres pour l’empierrement des routes. (21 avril. — i5ans.)
- 1529. M. Rousseau, à Auxerre (Yonne) ; machine destinée à casser les pierres sur les routes, dite casse-pierre Rousseau. (29 juin.— 10 ans.)
- 1530. MM. Thoumelet et Olivier, à Marans (Charente-Inférieure) ; machine destinée à tailler les pierres de toutes formes et de toutes dimensions. (11 septembre. — i5 ans.)
- 1531. M. Nicholson, de Londres ; perfectionnements apportés aux outils employés pour percer le roc, la pierre et autres substances. (i5 octobre. — i5 ans.)
- 1532. M. Bas, à Paris ; système de machine propre à découper les pierres , et principalement les moellons. (20 novembre.—15 ans.)
- PIERRES ARTIFICIELLES.
- 1533. MM. Sollier et Serre, à Paris ; composition d’une pierre artificielle dite granit factice. (27 septembre. — iô ans.)
- PIEUX.
- i534- M. Brouquet, à Paris ; machine à battre les pieux. (20 juillet. — i5 ans.)
- 1535. M. Datnseaux , à Paris ; sonnette à mouvement continu pour enfoncer les pilotis. (25 janvier. — 5 ans.)
- PINCE.
- 1536. M. Audot, à Paris ; genre de pince propre à servir les os à table. (8 novembre. — 10 ans.)
- PIPES.
- 1 537. M. Erkmann, à Strasbourg (Bas-Rhin), application d’émail sur les pipes en terre blanche. (26 janvier. — i5 ans.)
- i538. Le même ; fabrication d’une pipe dite pipe alsacienne. (2.3 juin. — i5 ans.)
- i53g. M. Bouchez , à Pommera (Pas-de-Calais) ; étuis de pipe dits bouchezins. (12 mai. — i5 ans.)
- i54o. MM. Droy et Poisson, à Reims (Marne);
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- tuyaux de pipes, porte - cigare et cigarette. (16 juin. — io ans.)
- 1541 - M. Cayeux, à Mouy (Oise); divers appareils et procédés pour culotter, par le tabac et la vapeur, les pipes de terre dites pipes modernes ou pipes Cayeux. (12 juillet. — i5ans.)
- 1542. MM. Dumeril, Leurs et comp. , à Saint-Omer (Pas-de-Calais) ; pipes à tuyaux déprimés. (ier septembre. — i5ans.)
- j 543. M. Courtois , à Versailles (Seine-et-Oise) ; pipe en terre à réservoir intérieur. (3 novembre. — 15 ans.)
- PLACAGE.
- 154 4 - M. Garand, à Paris ; système de doublage et d’encollage des feuilles de bois menues ou de placage, et leurs nouvelles applications. (i5 février. — i5 ans.)
- PLAQUÉ.
- 1545. M. Quinquandon, à Paris ; procédés d’application d’un doublé d’argent et d’or sur maillechort. (9 août. — i5 ans.)
- 1546. M. Gaudin, à Montmartre (Seine); système d’application de tous les métaux sur un métal quelconque , par la voie humide, au moyen de l’immersion ou d’un courant galvanique. (4 octobre. — i5 ans.)
- PLATRE.
- i547- MM. Minich et Breuillé, à Paris; appareil propre à cuire le plâtre. ( 7 octobre. — i5 ans.)
- PLIAGE
- 1648. M. Ruff, à Montmartre (Seine) ; machine propre à plier les étoffes. (18 octobre. — i5 ans.)
- PLOMB.
- 1549- M. Figueroa, à Marseille (Bouches-du-Rhône); procédé pour l’épuration des plombs contenant des corps étrangers. (11 janvier. — 15 ans.)
- 1550. M. Girard, à Paris ; procédé de plombage du fer et du cuivre. ( 14 janvier. — i5 ans. )
- 1551. M. Hui lin de Boischevalier, à Paris ; procédé de plombage de la tôle. (7 juin. — i5 ans.)
- plongeur (appareil de).
- 1552. M. Poupinelle, à Paris ; appareil plongeur permettant de travailler dans l’eau à de grandes profondeurs. (22 mars. — i5 ans.)
- 1553. MM. Magny et Dautez, à Paris ; appareil plongeur permettant de demeurer sous l’eau pendant six à sept heures. (26 juillet. — 15 ans.)
- 1554. M. Dautez fils, à Paris ; appareil plongeur avec un genre de pompe foulante propre à l’insufflation de l’air dans ledit appareil. (23 novembre. — 15 ans.)
- 1555. M. Wolshi, à Nantes (Loire-Inférieure) ; appareil plongeur dit cuirassier aquatique de TVolski, (27 novembre. — i5 ans.)
- *556. M. Bigard, à Lyon ; appareil propre à faciliter l’exécution de toutes sortes de travaux dans l’eau. (28 décembre. —i5 ans.)
- PLUMEAU.
- 1557. M. Lhuillier,Ji Paris ; genre de plumeau. (io novembre. — i5 ans.)
- PLUMES A ÉCRIRE.
- 1558. Madame veuve Hahnéman ét M. Pe-titpierre ; plume à écrire métallique. (i5 février. — i5 ans.)
- 1559. M. Yot, à Paris; genre de porte-plume. ( 13 février. — 15 ans.)
- ifiôo. M. Bonnenfant, à Paris; porte-plume dit porte-plume-aérostat. (10 mars. — i5 ans.)
- i56i. M. 'Duvochel, à Paris ; genre de porte-plume. (i5 octobre. — i5ans.)
- 1662. MM. Carpentier et Persidat, à Paris ; plumes métalliques imitant les plumes naturelles à écrire, dans leurs ensemble et forme extérieure. (27 octobre. — i'5 ans.)
- i563. M. Bardin , à Paris; préparation des plumes naturelles à écrire dites plumes philopa-pyriennes. (9 novembre. — i5 ans.)
- 1564 - M- Bricaille, à Belleville (Seine); genre de porte-plume. (9 novembre.—10 ans.)
- POELES.
- i565. M. Jung, à Strasbourg (Bas-Rhin) ; genre de poêle de faïence , avec appareil en fonte isolé et régulateur. ( 27 janvier. — i5 ans.)
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- ï566. M. Lattier-Nizier, à Lyon; statue-poêle. (i i mars. — i5 ans.)
- 1-567. M. Rejbaud, à Châlons-sur-Saône (Saône-et-Loire); poêle économique dit poele ou fourneau Rejbaud. ( ï 4- juillet. i5 ans.)
- i568. M. Michaut, à Luxeuil (Haute-Saône); perfectionnements apportés au poêle de cuisine en fonte de fer. (2 août. i5 ans.)
- lôGg. M. Salmon, à Soissons ( Aisne); poêle gazogène, f septembre. i5ans.)
- 1570. M. Rénaux, à Rouen; système de poêle économique à trois fours. (15 septembre. — 15 ans.)
- j 5^i. M. Godhille, à Sains (Nord); poêle à compartiments dit poêle de Sains. ( 1er décembre. — i5 ans.)
- POISSONS.
- 15-72. M. Berger, à Troyes (Aube) ; système de carpière dite trojenne, et nourriture dite eu-prinodine, pour nourrir, élever et engraisser les caipes dans ces carpières. (17 décembre.— j5 ans.)
- POMMES DE TERRE.
- i573. M. Dramard, à Paris; système de pulvérisation des pommes de terre pour les convertir soit en ferment propre à la boulangerie et à la pâtisserie, soit en pâte propre aux purées, potages, etc. (14 août. — i5 ans.)
- 1674. M. Descroizilles, à Paris; mode de division et de lavage des pommes de terre. (27 août. —15 ans.)
- POMPES.
- 1575. M. Marie , à Paris ; système commun d’ascension d’eau cliaude et d’eau froide pour bains, blanchisseries, etc. (ier février. —
- 15 ans )
- 1676. M. Delpj , à Toulouse (Haute-Garonne) ; pompe dite Delpj. ( 22 février. — i5 ans.)
- 1577. M. Tandrjes, à Paris ; pompe à souf-flet propre à aspirer et à refouler les fluides et les liquides. (26 février.— i5 ans.)
- \5rjS. M. Angelbj, à Bordeaux (Gironde) ; pompe hydraulique. (9 mars.— i5 ans.)
- 1 ^79* M* Sauvage, à Paris ; nouveau système de pompe. (8 avril. — 15 ans.)
- 1580. M. Hartaux , à Angers (Maine-et-Loire); pompe foulante sans aspiration. (9 avril.
- — i5 ans.)
- 1581. M. Labourej, a MArsedle ( Bouches-du-Rhone); pompe dite aérifuge, à deux clapets. (g avril. — i5 ans.)
- 1582. M. Kronauer, de Winterthur (Suisse); disposition de pompe à incendie à cylindre horizontal à double effet. (9 avril. — i5 ans.)
- 1583. M. Patureau, à Saint-Simphorien ( Indre et-Loire ); mécanisme à adapter aux pompes pour faciliter l’ascension de l’eau. (22 avril. — i5 ans.)
- 1584- M. Bremond, à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; système de pompe. ( 2g avril. — i5 ans.)
- 1585. M. Bérard, à Marseille ; nouveau système de pompe. (7 mai. — i5 ans.)
- 1586. M. Dejej, à Lyon ; pompe perfectionnée, dite pompe Ijonnaise, pour arrosage et incendie. (14 mai. — i5 ans.)
- i58r]. M. Tir marche , à Paris ; pompe jumelle propre aux douches, lavements, irrigations et arrosements. (ï5 mai. — i5 ans.)
- i588. M. Auger, à Louviers (Eure) ; pompe à piston régulateur. (i5 juin. — i5 ans.)
- i58g. M. JVerner, à Strasbourg ; système de pompes foulantes et aspirantes. ( i5 juin.—
- 15 ans.)
- 1590. M. Pi galle, à Paris ; système de pompe hydraulique dite pompe atmosphérique- (26 juin.
- — i5 ans.)
- i5gi. M. Truffant, à Paris; système de pompe dite pompe mercurielle , sans piston , à soupape, applicable à divers usages. (26 juin.
- — i5 ans.)
- i5‘g2. M .Morel, à Saint-Quentin ( Aisne ) ; pompe à rotation. (28 juin. — i5 ans.)
- i5g3. MM. Bard, Goubaud et comp. , à Paris ; système de pompe hydraulique. (7 juillets— i5 ans.)
- i5g4. M. Sapelier, à Bergues (Nord) ; pompe dite pompe Sapelier. (26 août. — 15 ans.)
- i5g5. MM. Rousselot, Desaillj et Amiot, à Paris; pompe dite neptunienne. (11 septembre.
- — i5 ans.)
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- 1596. M. Dubuc, à Paris; système de pompe dite tube hydro-source, propre à monter l’eau à toute hauteur. (23 septembre. — i5 ans.)
- 1597. MM- Subra et Bouhier de VÉcluse, à Paris ; pompe aérhydrique. ( 3o septembre. — i5 ans.)
- 1598. M. Bourlier, à Besançon (Doubs); pompe à chaîne sans fin donnant 3oo lit. d’eau à la minute. (9 octobre. — i5 ans.)
- 1599. M. Âlmus dit Casimir, à Nîmes (Gard); pompe aspirante, qu’on peut rendre refoulante, dite pompe Almus. (11 octobre. — i5 ans.)
- 1600. M. Bigard, à Paris; pompe à condensateur. (27 novembre. — i5 ans.)
- 1 601. M. Megnan , à Batignolles ( Seine ) ; nouveau système de pompe. ( ier décembre.— i5 ans.)
- 1602. MM. Guy on frères , à Dole (Jura); système de réunion de plusieurs pompes en un seul jet, appliqué aux pompes à incendie. (16 décembre. — i5 ans.)
- 1603. Les memes ; système de balancier supplémentaire applicable à toute espèce de pompes à incendie. (10 avril. —15 ans.)
- 1604. M. Pinel, à Paris; système de pompe hydraulique. (i5 novembre. — i5 ans.)
- 1605. M. Trotot, à Nancy (Meurthe) ; système de pompe élévatoire dite pompe êlévatoire à récipient d’air. (27 décembre. — i5 ans.)
- PONT.
- 1606. M. Rider, à Paris; système de pont en fer. (3o mars. — i5 ans.)
- 1607. M. Sarda, à Baho (Pyrénées-Orientales) ; pont portatif et à charnière. (10 juillet.
- — i5 ans.)
- PORCELAINE.
- 1608. M. Burguiri, à Mehun-sur-Yèvre (Cher) ; pâte à porcelaine sans matière de Limoges. (25 janvier. — i5 ans.)
- 1609. M. Vieillard, à Bordeaux; cuisson, dans le même four et simultanément par le même feu, de la porcelaine dure et des porcelaines tendres, porcelaines opaques, grès, terre de pipe et faïence de toute nature. ( 26 mars.
- — i5 ans.)
- 1610. M. Parant, à Limoges (Haute-Vienne);
- procédé propre à obtenir la régularisation et l’alimentation du travail des meules dans la fabrication de la pâte à porcelaine. ( 29 mars. — i5 ans.)
- 1611. M. B lu, à Paris; procédé propre à appliquer des papiers à jour sur la porcelaine et la poterie en général. (14 mai. — 10 ans.)
- 1612. M. Bontoux, à Paris ; caisses en métal imitant la porcelaine. ( 1 3 octobre. — 15 ans.)
- PORTEFEUILLE.
- 1613. M. Nicolle, à Paris; application de tablettes en verre aux portefeuilles. (5 mai.— i5 ans.)
- PORTE-MONNAIE.
- i6i4- M'. Schlose, à Paris; système de fabrication de porte-monnaie et de porte-cigare , avec fermoir à bascule, lesquels système et fermoir peuvent aussi recevoir d’autres applications. (i5 avril. — i5 ans.)
- 1615. MM. Roux et Fortin, à Paris; genre de porte-monnaie. (27 septembre.-— i5 ans.)
- PORTES.
- 1616. M. Bacaresse, à Paris; moyen d’éviter le bruit des portes en fer. ( 4 février. — i5 ans.)
- 1617. M. Février, à Dijon (Côte-d’Or); porte et croisée d’un nouveau modèle. ( 12 avril. — 10 ans.)
- poteries.
- 1618. M. Lecoq, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme ) ; découverte et application d’une terre dite kaolin rose , propre à la fabrication des poteries artistiques, ornementales, etc. (23 mars. — i5 ans.)
- 1619. M. Ilutan, à Beauvais (Oise); composition de terre propre à la poterie pour vases à produits chimiques et autres en général. (24 décembre. — i5 ans.)
- POULIES.
- 1620. M. Seguier, à Paris; poulies de marine économiques. (i5 décembre. — i5 ans.)
- PRESSES.
- 1621. M. Pons, à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; presse à levier. (i3 février. — 15 ans).
- 1622. MM. Appert et Willer, à Paris ; presse à copier. (17 avril.— i5 ans.)
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- 1023. M. Woolfrey, à Monthou-sur-Bièvre (Loir-et-Cher) ; presse circulaire cylindrique à double pression. (28 août. — i5 ans.)
- 1624. 31. Leconte, à Paris; perfectionnements à la presse propre à extraire le jus de la pulpe de betterave et aux autres presses en général. (27 septembre. — i5 ans.)
- 1625. M. Thonnelier, à Paris; presse monétaire. (3o avril. — i5 ans.)
- 1626. 31. Jacquet, à Arras (Pas-de-Calais) ; système de presse hydraulique , son mouvement de pompe d’injection et son désembrayage. (3o septembre. — 10 ans.)
- PRESSOIR.
- 1627. M. Girard, à Draguignan (Var) ; pressoir à vin en fer, à bras mobile. (i3 janvier. — i5 ans.)
- 1628. M. Dietz, à Barr (Bas-Rhin) ; genre de pressoir. (22 juin. — i5 ans.)
- 162g. M. Châtelain, à Hoitdemont (Meur-the); système de pressoir dit pressoir à moufles. (ier juillet. — 15 ans.)
- 1630. MM. Wolf et Hoffmann, à Nancy (Meurthe); système de pressoir dit pressoir économique portatif . (10 août. —i5 ans.)
- 1631. M. Amette, à Rouen (Seine-Inférieure); système de pressoir à cidre. ( 4 octobre. — i5 ans.)
- PRODUITS CHIMIQUES.
- 1632. M. Meldon de Sussex , de Londres; procédés de traitement des chlorures de soude et de potasse pour en extraire les alcalis et recueillir les acides qui y sont combinés par suite de ce traitement. (8 janvier. — i3 ans.)
- 1633. Le même } procédé de traitement et de réduction des sulfures, chlorures, sulfates, oxydes et carbonates de cuivre, d’argent et des autres métaux, (g novembre. — 14 ans.)
- i634- M. Laming , à Clichy - la - Garenne (Seine); procédé pour l’application du muriate de manganèse à la production de quelques composés chimiques, (g août. — i5 ans.)
- 1635. Le même; emploi du sulfate de chaux dans la fabrication de l’acide sulfurique , et procédés pour la fabrication des carbonates de
- soude, de potasse et d’ammoniaque. (20 août.
- — i5 ans.)
- i636. Le même ; procédés pour obtenir de l’acide hydrochlorique et certains sulfates avec les muriates des mêmes bases. (20 août.
- — i5 ans.)
- i63y Le même; procédés de fabrication du chlore et de ses combinaisons, (ii novembre. —^ i5 ans.)
- 2638. Le même et Durden, à Clichy (Seine); combinaisons chimiques propres à divers usages industriels, et notamment au graissage des roues et engrenages en général, afin d’éviter le frottement. (18 décembre. — t5 ans.)
- i63g. MM. de Raissac et Tardieu, à Jussy (Aisne); fabrication de l’alumine et de ses sels artificiels, au moyen des pyrites alumineuses ou cendres de Picardie, (ig janvier. — i5 ans.)
- 1640. M. Bertkolon, à Marseille; perfectionnements introduits dans la fabrication des trois acides que produisent les suifs. (22 avril. —15 ans.)
- î 64 * - M. Jullion, de Londres ; perfectionnements dans la fabrication de certains acides. (6 mai. — 13 ans.)
- 1642. M. Delesse, à Lyon (Rhône); fabrication du prussiate de potasse extrait de matières végétales. (i5 mai. — i5 ans.)
- 1643. MM. Alain et Bartenbach, à Paris; procédés de fabrication de la soude artificielle. (1 1 juin. — i5 ans.)
- 1644. M. Roth, à Strasbourg; fabrication d’une pâte phosphorée destinée à la destruction des animaux nuisibles, appareil servant à cette fabrication et manière de fermer hermétiquement sans bouchon les pots destinés à l'enfer--mer cette préparation. (16 juin. — i5 ans.)
- 1645. M. Tilgmann , de New-York ( Etats-Unis d’Amérique) ; perfectionnements dans la fabrication de certains sels alcalins. (11 août. — i5 ans.)
- 1646. Le même; perfectionnements dans la fabrication de certains acides, de l’alcali et des sels alcalins. (11 août. —14 ans.)
- 1647. Gaumont, à Paris; application à
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- PROJECTILES.
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- diverses industries des sels à excès d’acide. (20 août. — i5 ans.)
- 1648. M. Pizzi, à Paris; fabrication, avec des substances végétales, d’un nouveau sel propre à divers usages dans l’industrie. (18 septembre, — i5 ans.)
- 1649- M. Fourmentin, à Brimeux (Pas-de-Calais); fabrication du carbonate de plomb avec application à la fabrication de la soude artificielle. (3o septembre. — i5 ans.)
- 1650. M. Douhet, à Paris ; procédé propre à transformer les sulfates en carbonates et à la fabrication en grand de l’hydrosulfate de baryte au moyen du sulfure de barium. (3o septembre.
- — i5 ans.)
- 1651. M. Ferdat du Tremblay , à Lyon (Rhône) ; perfectionnements apportés à la machine étherhydrique, consistant dans un appareil à faire le vide au condensateur. (4 novemb.
- — i5 ans.)
- 1652. M. Balard, à Paris; procédés propres à l’extraction des sels de potasse de l’eau de mer. (6 novembre. — i5 ans.)
- 1653. M. Fouché-Lepelletier, à Javelle (Seine); perfectionnements dans la fabrication de l’acide sulfurique , et moyen de remplacer le plomb dans la construction des appareils par le grès, le verre, etc. (8 novembre. — i5 ans.)
- i654- M. Lejeune, à Paris ; moyen de préparation de l’oxyde de zinc. (10 novembre.
- — i5 ans.)
- 1655. M. Rochaz, à Paris; procédé et appareil propres à la fabrication de l’oxyde de zinc. (10 novembre. — i5 ans.)
- 1656. M. Dufour, de Livourne ; per fectionnements dans la composition et la fabrication des fondants boraciques. ( 18 novembre. — i5 ans.)
- 1657. M. Stocklet, de Bruxelles; mode de préparer et d’employer en peinture des matières propres à cet usage, (ignovembre. — i5ans.)
- 1658. M. L'urk, à Paris; procédés de fabrication en grand de l’acétone ou esprit pyro-acétique, et son application à divers usages industriels dans lesquels on emploie l’esprit-de-vin. (25 novembre. — i5 ans.)
- i65g. M. Chanhomme, à Paris; projectile à canal intérieur. (22 février. — i5 ans.)
- PROPULSION.
- 1660. MM. Cuninghcun et Carter, de Londres; perfectionnements dans les moyens de propulsion sur les chemins de fer atmosphériques. (23 avril. — i3 ans.)
- 1661. M. Simpson, de Londres; perfectionnements apportés aux moyens de propulsion des vaisseaux. (29 avril. — i3 ans.)
- 1662. M. Patry, à Paris; propulseur dit parachute nautique. (5 juin. — i5 ans.)
- 1663. MM. Lebrun et d’Alfonce , à Paris ; système propulseur à détente, applicable à toute locomotion sur terre et sur mer, ( icr juillet.
- — i5 ans.)
- 1664. M. Macintosch, de Londres; perfectionnements dans la construction des machines rotatives applicables à la mise en mouvement des voitures sur les plans inclinés des chemins de fer et sur les autres routes, et application de tubes ou surfaces flexibles destinés à faire marcher les vaisseaux ou autres embarcations à l’aide de la vapeur ou autres fluides. (27 juillet.
- — 4 ans.)
- 1665. M. Bergeron, à Paris ; moyen d’agir sur l’air atmosphérique comme point d’appui, à l’aide d’ailes en hélice, à l’effet de faire marcher les waggons et autres véhicules sur les chemins de fer, routes ordinaires et canaux. (20 décembre — i5ans.)
- PUBLICITE.
- 1666. MM. Canuet de Lonjon et Caillaud jeune, à Paris; appareil de publicité de jour et de nuit (29 janvier. — i5 ans.)
- 1667. M. Carlotti, à Belleville (Seine); abat-jour-annonce. (29 mars. — i5 ans.)
- 1668. Le même • almanach-annonce de commerce. (26 avril. — i5 ans.)
- 1669. M. Marchand, à Paris; éventail-jour-nal. (3 avril. — i5 ans.)
- 1670. Madame Mauger, à Paris ; automate facteur, pour distribuer les cartes , prospectus, etc. (19 avril. — i5 ans )
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- 1671. M. Perrin, à Paris; programme-éventail-annonce. (17 mai.— ifians.)
- 1672. MM. Goesin et Charles, à Paris; genre d’écriteau de mise en location des appartements, maisons, etc. (20 mai. — i5 ans.)
- 1673. M. Lemoll, à Paris ; mode d’affichage. (20 août. — i5 ans.)
- 1674. M. Blaquière, à Paris; cartes de publicité dites cartes parisiennes. (27 septembre.
- — i5 ans.)
- 1675. M. Gaillard, à Paris; genre d’affiche dit affiche pyrotechnique lumineuse. (2 décembre.
- — 1 5 ans.)
- PUPITRE.
- 1676. M. Foubart, à Paris ; pupitre-psyché pour lecture. (5 juillet. — i5 ans.)
- QUINCAILLERIE.
- 1677. F'aget , à Bordeaux; système de boutons à vis en bois et en cristal, droits et à bascule , poignées de portes d’appartements et de meubles. (18 août. — i5 ans.)
- 1678. M. Dupont, à Paris; moyens d’application de garnitures en métal quelconque aux boutons de portes, de meubles, etc. (11 novembre. — i5 ans.)
- 167g. M. Lejeune, à Paris ; perfectionnements dans la fabrication des charnières, fiches de portes, etc. (2g mars. — i5 ans.)
- RAFR AICHISSOIR.
- 1680. M. Carnaud, à Paris; appareil dit sornmelière , applicable au rafraîchissement des liquides et des solides. (15 juin.— i5 ans.;
- RAMONAGE.
- 1681. M. Thomas, à Luçon (Vendée); appareil dit ramoneur mécanique. ( 3 août. — i5 ans.)
- REGISTRE.
- 1682. M. Dubray, à Paris; genre de registre sans couture. (ier décembre. — i5 ans.)
- RÉGLAGE DU PAPIER.
- 1683. M. Delorme, à Vesoul (Haute-Saône); machine à régler toute espèce de papier dite crayotype. (8 avril. — i5 ans.)
- 1684. M. Hugonier, à Lyon ; mécanique à régler les papiers. (23 avril. — i5 ans.)
- 1685. MM. Pii garni - LaoaleUe et Ventre-d’Auriol, à Paris ; machine à doubles cylindres superposés et gravés en creux, appliquée à la régime du papier de musique, des registres de commerce, etc., et à la gravure en général, sur bois, acier, cuivre ou fonte. (21 septembre. — i5 ans.)
- RÉGULATEUR.
- 1686. M. Pecqueur, à Paris ; régulateur de la vitesse des moteurs, et application, comme régulateur, du pendule à isochronisme naturel. (16 août. —- i5 ans.)
- 1687. M. Demeuse , à Épinay - sur-Orge (Seine-et-Oise) ; régulateur mécanique applicable aux meules verticales. (28 septembre. — i5 ans.)
- 1688. M. Boigeol-Japy, à Giromagny (Haut-Rhin); régulateur applicable à tous les métiers à tisser. (20 octobre. — i5 ans.)
- 168g. M. Delage, à Angoulème (Charente) ; régulateur de tréfilerie. (27 octobre. — i5 ans.)
- RELIURE.
- i6go. M. Menet, à Paris; genre de registre et de reliure. (8 avril. -— i5 ans.)
- i6gi. M. Steinmetz, à Paris; genre de presse à levier destinée principalement à endosser la reliure. (28 juin. — i5 ans.)
- i6g2. M. Hawkins, de Londres; serre-papiers pouvant servir de reliure et être placé en portefeuille. (17 septembre. — 14 ans.)
- i6g3. M. Henry, à Paris ; i° application à la reliure de la couverture«imprimée sur tissu, papier ou cuir, du cartonnage en même temps que l’estampage , et de l’estampage après le cartonnage avant l’intercalation du texte ; 20 application à la reliure de la dorure en feuilles de cuivre et de l’impression en plusieurs couleurs sur toutes sortes de tissus vernis ou gommés par les procédés de la lithographie, typographie, planches en bois ou tout autre genre d’impression. ( 26 octobre. — i5 ans.)
- REMORQUAGE.
- i6g4- M. Zambaux, à Paris; système de
- remorquage atmosphérique applicable aux ca-
- Quarante-septième année. Septembre 1848. 7%
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- naux, aux terrassements et aux mines, ^juillet. — i5 ans.)
- REPASSAGE.
- i6g5. M. Secretan, à Marseille (Bouclies-du-Rhône ) ; carreau à repasser. ( 5 février.
- — i5 ans.)
- RÉSINE.
- 1696. M. Collinet, à Paris ; procédé propre à la purification de la résine. ( 23 janvier.
- — i5 ans.)
- 1697. M. Steverlinck- Desmons , à Lille (Nord) ; procédé de désinfection de la résine. (23 avril. — i5ans.)
- respiration (appai’eil de).
- 1698. M. Poumarède, à Paris ; appareil et moyen permettant de vivre et d’agir dans des milieux impropres à la vie, et particulièrement sous l’eau. (7 juillet. — i5 ans.)
- 1699. MM. Guerrier de Crochart et Delnef \ à Paris ; appareil ventilateur sous - marin. (28 ofctobre. — i5 ans.)
- RESSORTS.
- 1700. M. Baillie, de Tienne (Autriche); système de ressorts pour waggons de chemins de fer. (5 février. — i5 ans.)
- 1701. M. Debergue, de Londres; moyens d’application de ressorts en caoutchouc volca-nisé aux waggons et voitures de tout genre , et notamment à ceux des chemins de fer. ( 12 avril.
- — i5 ans.)
- 1702. M. Ausiaume, à Rouen (Seine-Inférieure) ; ressort sphéroïde destiné à toute espèce de siège. (12 mai. — 15 ans.)
- 1703. MM. Hacquet et Gibert , à Paris; disposition de ressorts dits ressorts à leviers, applicables à toutes sortes de voitures et de machines. (22 mai. — i5ans.)
- 1704. M. Bâtes, à Sotteville-lès-Rouen (Seine-Inférieure); système de ressorts. (5 juin.
- — 1 5 ans.)
- 1705. M. Leloupf à Paris ; procédés de fabrication des ressorts de waggons et de locomotives propres aux chemins de fer. (20 août.
- — t 5 ans.)
- 1706. M. Jolly, à Joinville (Haute-Marne); fabrication de ressorts de voitures, waggons et
- tous autres véhicules par l’emploi du fer laminé. (i3 octobre. — i5 ans.)
- RÉVERBÈRES.
- 1707. M. Pocket, à Lyon (Rhône); système de réverbère destiné à l’éclairage public des villes. (7 mai. — 10 ans.)
- RIVIÈRES.
- 1708. M. Cornay, à Paris; machine propre à canaliser les rivières, dite litheréteur à charrue marine. (5 mars. — i5 ans.)
- RIZ.
- 1709. M. Bechade, à Bordeaux (Gironde) ; machine propre au blanchiment du riz. (igavril.
- — 15 ans.)
- ROBINET.
- 1710. M. Dorléans, à Paris; disposition de cannelle ou robinet de sûreté. (2 avril.—iôans.)
- 17 11. M. Vnderhay, de Londres ; système de robinets servant à divers usages. (17 avril.
- — 12 ans.)
- 1712. MM. Martin, Delarivière et Labiche, à Louviers (Eure) ; capsules-robinets. (26 avril.
- — i5 ans.)
- 1713. M. Lamotte, à Paris; genre de robinets. (4 mai. — i5ans.)
- 1714. M. Liarcl, à Paris; nouveau genre de robinets, (7 juillet. — i5 ans.)
- 1716. M. Maux, à Paris; procédés de fabrication des robinets à eau, à vapeur, à gaz. etc. (27 septembre. — i5 ans.)
- 1716. M. Potel, à Paris; genre de robinet pour l’eau , le gaz, etc. ( 3 novembre. — i5 ans.)
- 1717. M. Robillard, à la Villette ( Seine ) ; système de robinet à soupape tournante. (8 novembre. —- i5 ans.)
- 1718. M. Thier, à Paris; genre de robinet. (29 novembre. — i5 ans.)
- 1719. M. Briet, à Paris; perfectionnements apportés aux robinets. (8 décembre. — i5 ans.)
- RODES.
- 1720. M. Heath , de Manchester (Angleterre ) ; perfectionnements apportés aux roues employées sur chemins de fer et autres routes, lesquels perfectionnements sont aussi applica-
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- blés aux engrenages et à d’autres emplois analogues. (6 février. — i5 ans.)
- 1721. M. Delaloge, à Paris; roue de voiture dite disque ou rail sans fin. (8 février. — i5 ans.)
- 1722. MM. Fayet et Hedlinne ^ a Paris , appareil de force mécanique applicable aux loues de roulage et autres objets, (u feviiei. —* i5ans.)
- 1723. M. Eddy, de Boston ( Etats-Unis-d’A-mérique); perfectionnements dans la fabrication des roues en fonte applicables aux voitures des chemins de fer et autres. (24 février. — i5 ans.)
- 1724. M. Chaplain, à Troyes (Aube) ; machine à cintrer et à forer les cercles des roues.
- ( 27 mars. — i5 ans.)
- 1725. M. Blondin , à Moulins (Allier); système de roues dites Blondin-roues. ( 12 avril. — i5 ans.)
- 1726. MM. Mellet et Sarras, à Lodève (Hérault); appareil à suspension propre à soulager et même à remplacer tout à fait les pivots des roues à axe vertical. (21 mai. — i5 ans.)
- 1727. M. Chaplin, de Londres; perfectionnements dans la fabrication des roues des voitures et des machines de chemins de fer, afin d’empêcher les roues de glisser ou de tourner sans résultat, d’éviter le bruit, l’usure, et de diminuer les chances de déraillement. (ier juillet.— i5 ans.)
- 1728. M. Stehelin, à Paris; système de roues pour voitures et machines allant sur chemins de fer. (4 août. — i5 ans.)
- 1729. Madame Kraft, à Alger; roue en fer forgé et coulé dite roue Isabelle. (10 août. — i5 ans.)
- 1730. M. Festugières , à Bordeaux; roues de waggons pour les chemins de fer. (9 septembre. — i5 ans.)
- 1731. M. Bonnefis, à Paris ; système de roues de voiture dites roues à double rayon. (23 septembre. — i5 ans.)
- 1732. M. Emond, à Montmartre (Seine); système de bandage de roues au moyen d’une
- application de gutta-percha. ( 2 novembre. — i5 ans.)
- 1733. M. Lelarge, à Paris; application des cônes pour centrer et tourner sur fusées les roues des locomotives et des waggons et autres voitures allant sur les chemins de fer. (17 décembre. — i5 ans.)
- ROUET.
- 1784. MM. Lyon et comp., à Paris; divers systèmes de débrayage destinés aux rouets à mêler le trait et la soie, et applicables aux machines de certaines industries, comme passementerie, filature, etc. (8 mars. — i5 ans.)
- ROULEAU.
- 1735. M. Algrain, d’Ath (Belgique); genre de rouloir. (25 mai. — 7 ans.)
- 1736. MM. B.egnault et Bouillant, à Paris ; système de rouleau compresseur. (24 décembre.
- — i5 ans.)
- RUBANS.
- 1737. MM. Terra et Griotier, à Saint-Etienne (Loire) ; battant mécanique propre à la fabrication des rubans de soie et autres. (6 mai. — i5 ans.)
- 1738. M. Coudray, à Saint-Etienne (Loire); procédés d’argenture des dents de peigne des grands métiers de barre pour la fabrication des rubans et velours. (28 mai. — 10 ans.)
- 1739. M. Tial, à Valbenoîte, près Saint-Etienne (Loire); mécanique s’adaptant aux métiers Jacquart pour la fabrication des rubans. (16 juillet. — 5 ans.)
- 1740. M. Lavigne, à Paris; machine propre à imprimer et apprêter les rubans. (3 septembre. — i5 ans.)
- 1741. M. Moine, à Saint-Chamond (Loire); machine propre à l’emmétrage des rubans, des lacets et autres articles d’une largeur de 1 millimètre jusqu’à 3o centimètres. ( 8 octobre.
- — i5 ans.)
- SABOTS.
- 1742. M. Tachet, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme); machine propre à fabriquer les sabots. (5 juin. — i5 ans.)
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- SACS.
- 1743. M. Miieau , à Paris; sac à plâtre imperméable. (26 janvier. —15 ans.)
- 174-4* M- Fleulard, à Paris; sac propre à contenir toutes matières solides en poudre et même liquides. (i4 mai. —- i5 ans.)
- 1745. M. Berlin, à Paris; fermeture perfectionnée des sacs de nuit. ( 1e1' juin, — i5 ans.)
- 1746. M. Galibert, à Paris; sacs sans couture. (25 octobre. — i5 ans.)
- SALADIER,
- 1 747. M. Jordery, à Paris ; saladier économique ou moulin à salade servant à remuer la salade. (2 février. — i5ans.)
- SALPETRE.
- 174B. M. Gary, à Paris; procédés propres à la fabrication du salpêtre. ( i3 octobre. —
- — i5ans.)
- SALUBRITE.
- 1749. M. Féroi, à Paris; appareil de séchage des bâtiments. (5 mars. — i5 ans.)
- 1750. M. Abate, de INaples; appareil dit valvule hydrostatique, propre à empêcher l’évaporation des égouts de toute espèce. (22 avril.
- — i5 ans. )
- 1751. M. Haubrechts, de Bruxelles; appareil destiné à condenser les vapeurs délétères des fabriques de produits chimiques. (28 juin.
- — i5 ans.)
- SAUVETAGE.
- 1752. M. Hunzicker, à Paris; appareil de sauvetage propre à la construction et la restauration des bâtiments et à divers usages. (20 janvier. — i5 ans.;
- 1753. M. Déloigné, à Paris ; système de projectiles de sauvetage. (28 janvier. — i5 ans.)
- 1754. M. de Pleuc, à Cette (Hérault); machine dite mât ou grue de sauvetage, destinée à sauver les marins naufrageant sur les côtes et jetées. ( 19 mai. — 15 ans.)
- 1755. M. Graham, à Paris; appareil de sauvetage. (28 août. — i5 ans.)
- 1756. M. Smith, à Paris; appareil de sauvetage. (6 novembre. — i5 ans.)
- 1757. M. Sénécal, de Bruxelles; appareil
- dit guide sauveur, destiné au sauvetage des personnes en cas d’incendie. ( 10 décembre.
- — i5 ans. )
- SAVON.
- 1758. M. Menuel, à Paris; perfectionnements dans la fabrication du savon. (i5 avril.
- — i5 ans. )
- 1759. MM. P autre et Morand, à Lyon (Rhône); savon émaillé propre au dégraissage des draps, tissus - laines et soieries. ( 24 avril.
- — i5 ans.)
- 1760. M. Gastinel, à Paris ; application, à la fabrication du savon, de matières non encore employées. (10 mai. — i5 ans.)
- 1761. M. Roth, à Strasbourg (Bas-Rhin); fabrication, au moyen de l’acide oléique du commerce, de trois qualités distinctes de savon destiné à l’industrie. (9 juillet. — i5 ans.)
- 1762. MM. Coulier et Fi Hart, à la Petite-Villette (Seine); genre de fabrication du savon. (24 août. — i5 ans. )
- 1763. M. Rozier, à Paris; procédés de saponification et de décoloration de l’acide oléique. (3o août. — i5 ans.)
- 1764. M. Michelon, à Paris; procédés de fabrication du savon. ( icr octobre. —- i5 ans.)
- SCIES.
- 1765. M. Reynard-Lespinasse, à Avignon (Vaucluse); scie circulaire destinée à l’extraction de la pierre tendre. (3i mars. — i5 ans.)
- 1766. M. Chapuis, à Strasbourg (Bas-Rhin); scie circulaire. (7 juillet. — i5 ans.)
- 1767. M. Rouane, à Toulouse (Haute-Garonne ) ; scie à placage. ( 20 septembre. — i5 ans.)
- 1768. M. Thomson , de Londres ; perfectionnements dans la construction des machines à scier le bois et autres matières. (ier décembre.
- — i4 ans.)
- 1769. M. Jarle , à Paris; genre de scie à spirale rotative. (i3 décembre. — i5ans.)
- SCULPTURE.
- 1770. M. Glcnisson, à Paris; application, à la sculpture en plastique , etc., d’une poudre d’écorce de chêne dite tan-fou, (i3 mars. — i5 ans.)
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- SÉCHAGE.
- ï 7 7 i. M. T alpin , à Rouen (Seine-Inférieure); extraction mécanique de vapeur condensée applicable aux machines à sécher les tissus au moyen de la vapeur, ainsi qu’au chauffage par la vapeur. (6 février. — i5 ans.)
- 1772. M. Amelot, à Paris ; application nouvelle des moyens de séchage déjà brevetés. (19 juillet. — j5ans.)
- 1778. M. Bourgeois, à Canteleu (Seine-Inférieure); machine à sécher toute espèce de tissus. (28 octobre. — i5 ans.)
- 1774. M. Petit, à Paris; séchoir mécanique propre au séchage de toute espèce de substances, et principalement des bois de teinture apprêtés. (29 octobre. — i5 ans.)
- 1775. M. Jouanne, à Paris ; rouleau séclieur dit prompt sécheur. (26 novembre. — i5 ans.)
- SEL.
- 1776. MM. Conrad , Régnault, de Prébois, d’Adhémar et M ares chai • fabrication combinée, simultanée et perfectionnée du sel genune raffiné et de divers produits chimiques, (aoaoût. — 15 ans.)
- SELLERIE. j
- 1777. M. Contour, à Paris; incrustation de fdets dans les visières et autres objets en cuir et ; de sellerie. (23 janvier. — i5 ans.)
- 1778. M. Hermet, à Paris; genre de collier de cheval. (26 mars. — i5 ans.)
- 1 770. M. Montenot, à Coutevroust (Seine-et-Marne) ; système de sellette pour l’attelage des chevaux limoniers. (19 août. — i5 ans.)
- 1780, MM. Paurabourg frères, à la Gué-roulde (Eure); fabrication d’un article de quincaillerie-sellerie dit étrier. ( 22 septembre. — i5 ans.)
- 1781. M. Boutet, à Manthelan (Indre-et-Loire); système d’attelles en fer pour les colliers des chevaux. (29 décembre. — i5 ans.)
- 1 782. M. Barlow, de Londres ; perfectionnements dans la fabrication des selles de chevaux. (22 décembre. — 10 ans.)
- 1783. M. Levard, à Paris; procédés de fabrication d’ornements de sellerie, (3i décembre. — 15 ans.)
- SEMENCE.
- 1784. MM. Biches et Henry, de Londres; préparation des semences et des plantes à mettre en terre, ou s’y trouvant déjà, sans l’emploi des engrais. (10 novembre.—14 ans.)
- SERINGUE.
- 178s. M. Lemière , à Paris; système de clysopompe dit clysanore. ( 7 janvier. •— i5 ans. )
- 1786. M. Letestu, à Paris; pompe secrète d’un nouveau genre. (19 mars. -— i5 ans.)
- 1787. MM. Caroille et Reclus, à Paris; perfectionnements aux clysopompes, et application aux pompes des jardins et autres injecteurs. (ier avril. — i5 ans.)
- 1788. M. Lebrun, à Paris; application du thermomètre à toute espèce de seringues. (5 niai. — i5 ans.)
- 1789. M. Giret, à Paris; genre de clysoir dit conduit-manche. (12 juin.— i5 ans.)
- 1790. M. Bonnet, à Paris; seringue à pression fonctionnant seule, dite températeur. (18 juin.
- — i5 ans.)
- 1791. Madame veuve Petit, à Paris; genre de tubes imperméables aux corps gras et destinés aux clysopompes et clysoseringues. (17 juillet. — 15 ans.)
- 1792. M. Daudoille, à Paris; perfectionnements aux clysopompes. (10 septembre. — i5 ans.)
- 1798. M. Thier, à Paris; divers perfectionnements et accessoires ajoutés au clyso-injec-teur à levier. (24 septembre. —15 ans.)
- 1794* M. Thomas, à Paris; genre de clyso-pompe dit clysopompe aérotherme. (6 octobre.
- -— i5 ans.)
- 1795. M. Darfeuille, à Bordeaux ; système de clysopompe sans intermittence. (i3 octobre.
- — 5 ans.)
- 1^96. M. Charbonnier, à Paris; genre de clvsterine. (2.4 décembre. — i5 ans.)
- SERRES.
- 1797. M. Herhaumont, à Charonne (Seine;; système de construction de serres chaudes en fer. (7 septembre. —> i5 ans.) .
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- SERRURES.
- 1798. M. Fayet-Baron, à Fismes (Marne); combinaisons de serrures dites système Fayet. (22 janvier. — i5 ans.)
- 1799. M. Brêmond, à Marseille (Bouches-du-Rhône); serrure cylindrique. (i5 février. — i5 ans.)
- 1800. MM. Laurent frères, à Plancher-les-Mines (Haute-Saône); modifications apportées à tous les genres de serrures, ayant principalement pour but d’assurer la solidité et la bonne marche de la serrure au moyen des assemblages solidaires des points d’appui, et d’en faciliter la mise en fabrication. (26 février.— i5 ans.)
- 1801. M. Jacquemart, à Paris; serrure à encliquetage, demi-tour à foliol. (16 mars. — x5 ans.)
- 1802. MM. Willy et comp., à Paris; perfectionnements dans la fabrication des serrures en général. (3o avril. — i5 ans.)
- 1803. M. Paublan, à Paris ; supports intérieurs isolant les tablettes dans les coffres-forts. (21 mai. — i5 ans.)
- 1804. MM. Maneby, Lacroze et comp., à Clermont (Puy-de-Dôme) ; système de pêne applicable à la serrure Maneby. ( Ier juin. — i5 ans.)
- 1805. M. Darcy, à Paris; certaines améliorations dans les serrures. (22 juin. — iôans.)
- 1806. M. Rebour, à Batignolles (Seine); bec-de-cane d’une construction particulière , serrure et cadenas incrochetables. (12 août. — i5 ans.)
- 1807. M. Martin, à Lyon (Rhône) ; serrure à soupape faisant fonctionner une sonnerie et donnant de la lumière en même temps. (1 o septembre. — i5 ans.)
- 1808. M. Grandhomme, à Paris; système de combinaisons applicables à la petite serrurerie.
- ( 6 septembre.—i5 ans.)
- 1809. M. Léovingut, à Paris; appareil de sûreté applicable à toute espèce de serrures. (23 novembre. — 10 ans.)
- 1810. MM. Jacquemart et fds aîné, à Char-leville (Ardennes); disposition applicable à divers articles de quincaillerie désignés dans le com-
- merce sous le nom de 'verrous. (6 décembre. — i5 ans.)
- 1811. M. Lefèvre, à Paris ; système de serrures applicables principalement à la fermeture des meubles. (18 décembre. — i5ans.)
- SIEGE.
- 1812. M. Viey, à Paris; siège maritime propre aux vaisseaux. (2 juillet. — i5 ans.)
- SIGNAUX.
- 1813. M. Ardisson, à Paris ; système de signaux de sûreté à établir sur les lignes des chemins de fer, dit vigigraphe Ardisson. ( 15 janvier. — 10 ans.)
- 1814- M* Letestu, à Paris ; appareil avertisseur sur les chemins de fer. ( 12 mars. — i5 ans.)
- 1815. M. Bruyères, à Paris ; transparent de jour et de nuit, signal auxiliaire à l’usage des chemins de fer. (i5 mars. — i3 ans.)
- 1816. M. Doult, de Londres ; certains perfectionnements aux signaux des chemins de fer, des bateaux à vapeur, etc. ( ier septembre. —
- 14 ans.)
- 1817. M. Stevens, de Londres ; perfectionnements dans les signaux sur les chemins de fer et sur les bâtiments de mer, etc. (17 septembre. —- i4 ans.)
- 1818. M. Hoare , de Londres; télégraphe et signal d’alarme des chemins de fer. (23 septembre. —15 ans.)
- 1819. M. Blazy- Jallifer, à Paris; lanterne à signaux pour chemins de fer. (19 octobre.—>
- 15 ans.)
- 1820. MM. Henry et Delachapelle, à Montrouge (Seine) ; système de signaux par l’air comprimé, susceptible d’un grand nombre d’applications et propre à être employé sur les chemins de fer. (29 novembre. — i5 ans.)
- 1821. M. Lcveque, à Paris ; système de signaux donnés par le passage des trains sur les chemins de fer. (16 décembre. — i5 ans.)
- SIPHON.
- 1822. M. Fouju, à Paris; siphon pneumatique. (i5 mars. — i5 ans.)
- SIROP.
- 1823. M. Tardy, à Paris; moyen propre à
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- réduire les pommes de terre en sirop. (26 mars.
- — i5 ans.)
- 1824. M. Noël, à Montmartre (Seine): genre de sirop. (i3 avril. — i5 ans.)
- SOIE.
- 1825. M. Maniquct, à Paris ; machine propre à dévider la soie et autres matières filamenteuses. (23 janvier. — i5 ans.)
- 1826. M. Bessy, à Montaud , près Saint-Étienne (Loire) ; procédés de montage et mou-Image de Ici soie a toms comptes et a titie connu. ()8 mars. — i5 ans.)
- 1827. M- P elle grin, à Lyon (Rhône); machine dite polisso-séritisseur, pour les étoffes de soie. (17 avril. — 10 ans.)
- 1828. M- Tardy père, à Valence (Drôme) ; agates françaises , filières destinées à la filature de la soie. (20 mai. — 10 ans.)
- 1829. M. Monlegu, à Lyon (Rhône) ; cadre chevilleur pour la soie. (24 mai. — 10 ans.)
- 1830. M. Clerc, à Lyon (Rhône) ; croiseur propre à la filature des soies. (18 juin. — i5 ans.)
- 1831. M. Chalopin, à Paris ; tavelle économique propre au dévidage de la soie. (23 juin.
- — 15 ans.)
- 1832. M. Boffard, à Lyon (Rhône); système de filage des soies. (6 juillet. — i5 ans.)
- 1833. M. Mathey, à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; mécanisme propre à travailler les restes des cocons de vers à soie. (i3 août. — i5 ans.)
- 1834. M. Sautori, à Lyon (Rhône); procédés propres à empêcher le vol des soies disposées pour la teinture. (12 novembre. — i5 ans.)
- 1835. M. Chapot, au Vigan (Gard); système d’améliorations apportées dans les filatures de soie, renfermant un nouveau régulateur ou va-et-vient applicable à toutes les transmissions de forces mécaniques. (6 décembre. — i5 ans.)
- 1836. MM. Buissard et Bouzoud, au Touret (Isère); filage de la soie sans gommage, quelles que soient la température et la saison au moment du filage. (24 décembre. — i5 ans.)
- 1837. M. Achard, à Saint-Hilaire-du-Rozier (Isère); machine à filer la soie mécaniquement
- sans le secours de fileuse. (29 décembre. — i5 ans.)
- SONDAGE.
- 1838. M. Leclère, à Paris; différentes modifications faites au système de sondage hydraulique, objet de la patente prise en Angleterre par M. Beard. (4 mars. —15 ans.)
- 1839. M. Ferry, à Paris; système de sonde à levier pour le forage des puits artésiens et la recherche du gisement des mines. (10 août. — i5 ans.)
- 1840. M. Gard, de Londres; perfectionnements apportés aux machines à sonder. (ier septembre. — i5 ans.)
- SONNETTES.
- 1841. M. Jacquot, à Paris ; indicateur multiple à timbre pour les hôtels. ( ier juin. —• i5 ans.)
- 1842. M. Parker, de Londres; perfectionnements dans la pose des sonnettes. (12 mars. —14 ans.)
- SOUDURE.
- 1843. M. Thomas , à Paris; procédés galvaniques destinés à réunir par une soudure deux corps de nature quelconque. (7 juin. — iô ans.)
- SOUFFLETS.
- i844* M. Pierret, à Paris; soufflet mécanique destiné aux usages domestiques. (27 août. — 15 ans.)
- 1845. MM. Derosne et Cail, à Paris: système de soufflerie à vapeur aspirante ou foulante , à action directe. (8 décembre. — i5 ans.)
- SOUPAPES.
- 1846. M. Paltrinieri, à Paris ; soupapes à tiroirs et autres , de toutes formes, à pression balancée. (6 avril. — iôans.)
- SOUS-PIEDS.
- 1847. M. Prével, à Paris; genre de sous-pieds. (3i mars. — i5 ans.)
- STORES.
- 1848. M. Devranges, à Paris; mode de fabrication de rideaux et stores. ( 7 avril. — i5 ans.)
- 1849. M. Darbour, à Paris; genre de sto-
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- res dits stores Darbour. ( i5 septembre. — i5 ans.)
- SUBSTANCES ALIMENTAIRES.
- 1850. M. Barthélemy, à Paris; capsules élastiques destinées à plusieurs usages , et notamment à préserver les substances alimentaires du contact de Pair. ( 19 février. — i5 ans.)
- 1851. MM. Martin et comp., à Grenelle (Seine) ; fabrication d’un produit alimentaire dit gluten de santé. (24 avril. — i5 ans.)
- 1852. M.. Lemolt , à Paris ; composition d’une substance alimentaire dite choca. (2 juillet. — 15 ans.)
- 1853. M. Baudon , à Paris ; composition d’un aliment avec le lait glutineux des huîtres. (29 novembre. — i5 ans.)
- 1854. M. B lot, à Strasbourg; moyen de conserver les pâtés de foie d’oie. (20 mai. — i5 ans.)
- 1855. M. Bowley , de New-York (États-Unis d’Amérique); appareil propre à la conservation des légumes et des fruits. (22 juillet. — i5 ans.)
- 1856. M. Genisson , à Paris; procédé de conservation des fruits et légumes dans leurs état et condition naturels. ( 19 août. — i5 ans. )
- 1857. M. Dupas, à Paris; dispositions de boîtes propres à conserver les substances alimentaires. (2 décembre. — i5ans.)
- SUCRE.
- 1858. M. 'Trekowski, à Paris ; procédés de défécation au moyen du saccharate de chaux, propre à la fabrication des sucres tant indigènes que coloniaux. ( 19 mars. — i5 ans.)
- 1859. M. Borrie, de Londres; perfectionnements dans la construction des machines et appareils propres à la fabrication du sucre. (22 mars. — 11 ans.)
- 1860. M. Chouquet, à Paris; genre de pinces à sucre en ivoire. (3i mars. — i5ans.)
- 1861. M. Coustan dit Bourdel, à Bordeaux; perfectionnements apportés aux formes en usage dans les raffineries de sucre. (16 mars. <— i5 ans.)
- 1862. M. Richardson, deDalston (Angleterre); améliorations apportées dans la fabrication et le raffinage du sucre de canne, de betterave ou de toute autre matière sucrée. (3o mars. — i5 ans.)
- 1863. MM. Capdeville, Marguerite et Bar-resivill, à Paris ; procédés de purification du sucre. (2 avril. — i5 ans.)
- 1864. MM. Derosne et Cail, à Paris; perfectionnements dans la fabrication des formes à sucre pour raffineries et sucreries. (17 mai.
- — i5 ans.)
- 1860. Les memes ; système d’appareil pneumatique horizontal propre aux chaudières à vapeur et à cuire le sucre dans le vide. (8 décembre. — i5 ans.)
- 1866. M. Lieberman, à Meudon ( Seine) ; perfectionnements apportés à la fabrication des sucres en général, et application de la patate (convolvulus batatas) à la fabrication du sucre. (28 mai. —i5ans.)
- 1867. MM. Zach, Bayvet et comp., à Paris ; appareils et procédés propres à cuire le sucre dans le vide d’une manière continue, et à évaporer les liquides saccharins et autres. (29 juin. — i5 ans.)
- 1868. M. Nasrnyth, à Paris; perfectionnements dans la fabrication et le raffinage des sucres. (ier juillet. — i5 ans.)
- 1869. M. Rohart, à Paris ; appareil dit dis-solveur, propre à opérer la dissolution des matières solubles dans l’eau et spécialement du sucre. (3o août. — i5 ans.)
- 1870. MM. Bobierrc et Bureau, à Nantes (Loire-Inférieure) ; procédés propres à la clarification des sucres. (6 août. — io ans.)
- 1871. M. Philippe, à Paris; procédés de fabrication du sucre. (22 octobre. — i5 ans.)
- 1872. M. Sénat , à Bordeaux (Gironde) ; moyen de raffinage du sucre. (i5 novembre.
- — \ 5 ans.)
- 1870. MM. Debièvre et comp., à Lille (Nord) ; machine propre à conserver le sucre brut pour les raffineries. ( 3o novembre. — j 5 ans.)
- 1874. MM. Lahaie etBon, à Paris; genre de
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- moulin à sucre de canne. ( 2 décembre.
- 15 ans.)
- 1875. M. Vallais-Coget, à Mons-en-Puelle (Nord) ; râpe à écraser le sucre. (2 décembre.
- — 15 ans.)
- SUIF.
- 1876. M. Maufrangeas, à Batignolles (Seine); procédés de purification des suifs. (12 octobie.
- — 15 ans.)
- SUSPENSOIR.
- iti’]']. M. Conte de Levignac , à Paris ; sus-pensoir périodique des lemmes. ( 23 avril, i 5 ans.)
- TABAC.
- 1878. M. Thomas, à Paris; genre de blague à tabac. (i4 avril.— i5ans.)
- TAMBOUR.
- 187g. MM. Michaud et Colas, à Paris; genre de caisse de tambour. (3o septembre.— ;5ans.)
- TANNAGE.
- 1880. M. Loisel, à Paris ; procédé de tannage des cuirs. (20 mars.—i5 ans.)
- 1881. M. Martin, à Aubagne ( Bouches-du-Rhône ); procédé à appliquer au tannage des peaux. (i5 juin. —10 ans.)
- 1882. M. Sace , à Strasbourg ( Bas-Rhin ) ; procédé de tannage. (20 août. — i5 ans.)
- 1883. M. Petitgars, à Paris; procédé de tannage des cuirs. (8 octobre.—15 ans.)
- 1884. M. Louvel, à Soissons ( Aisne ) ; méthode de tannage. (19 novembre. —15 ans.)
- TAPIS.
- 1885. M. Grimonpré-Laurié, à Roubaix ( Nord ) ; système de métier propre à tisser le tapis velouté haute laine. (4 janvier. —15 ans.)
- TAPISSERIE.
- 1886. Madame veuve Loechner, à Mulhouse ( Haut-Rhin ) ; système de couverture pour canapés et chaises. (7 mai.— i5ans.)
- TARIERE.
- 1887. M. Paul, à Paris; tarière à vis avec conducteur. ( g septembre.—15 ans.)
- TEINTURE.
- 1888. M. Gardissal, à Paris; appareil ayant pour but d’extraire , par infusion , les matières
- Quarante-septième année. Septembr
- colorantes et sapides, dit digesteur hydraulique. (28 janvier.— i5 ans.)
- 188g. MM. Delamorinière , Gouin et Michelet, à Paris; procédés propres à extraire les matières colorantes de l’orseille. (27 mai. — i5 ans.)
- i8go. MM. Six frères et Descat-Crouzet, à Flers-lès-Lille ( Nord ) ; système de teinture applicable à toute espèce de matières préparées en chaînes ourdies pour le tissage. (ier juin.— i5 ans.)
- 18g 1. M. Mollet, à A miens (Somme); procédé propre à la fixation, à l’aide de réactifs chimiques, sur toutes les matières, par l’impression ou parla teinture, d’un nouveau principe colorant extrait de toutes les fleurs. (25 juin. —15 ans.)
- 1892. Aï. Prince, de Londres; fabrication de matières propres à la teinture, et procédé d’application de ces matières à l’impression des étoffes et à la teinture de la laine, du coton, de la soie, etc. (24 juillet. —15 ans.)
- i8g3. AI. Duhomme aîné, à Mayenne (Mayenne ) ; perfectionnements dans les procédés de teinture et de lavage. (6 septembre. — 15 ans.)
- 18g4- M. Thillaje, à Paris; application de procédés à la fabrication des orseilles du commerce et à celle du cudbeard (matières tinctoriales ). (26 octobre.—15 ans.)
- i8g5. MAI. Thierry-Mieg et Schwartz , à Mulhouse ( Haut-Rhin ) ; procédé perfectionné pour fabriquer la substance dite garanceux.
- ( g décembre. — 15 ans.)
- TÉLÉGRAPHES.
- 1896. AI. Morlot, à Paris; système de communication télégraphique et de transmission des dépêches. (i5 février.—15 ans.)
- 1897. MAI. Brett et Little, de Londres; perfectionnements dans les appareils dans lesquels se forme le fluide électrique pour mettre en mouvement les télégraphes électriques, (g avril. —14 ans.)
- 1898. Les memes; perfectionnements apportés aux télégraphes électriques. (27 août. —
- 15 ans.)
- ; 1848.
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- 1899* M. Koepp, de Londres; télégraphe de voiture. (8 juillet. —15 ans.)
- 1900. MM. Mapple et Brown, de Londres; appareil propre 10 à mettre en mouvement un indicateur destiné à faire les communications dans les télégraphes électriques, en remplacement des aiguilles astatiques et autres dont on se sert maintenant ; 20 à remplacer les différents appareils à échappement employés à faire mouvoir les bras indicateurs sur les cadrans, au moyen de l’électricité magnétique. (21 juillet.—14 ans.)
- 1901. M. Bain, de Londres; système de télégraphie et appareils télégraphiques électriques. (26 juillet. —i3 ans.)
- 1902. M. Jowett, de Londres; perfectionnements dans les moyens de communications télégraphiques. (28 juillet.—14 ans.)
- 1903. M. Dujardin , à Lille (Nord); télégraphe électrique. (11 décembre.—14 ans.)
- TENTES.
- 1904. M. Lemolt, à Paris; plafond horizontal mobile dit abriteur mobile, sous ciel ouvert, servant à abriter, en cas de mauvais temps, tout passager ou stationnaire, et destiné principalement à relier entre eux deux abords ou passages opposés. (25 mars.— i5 ans.)
- TENTURE.
- 1905. M. d’Huicque , à Paris ; système de rappel des rideaux et tentures , montres et devantures, persiennes, croisées et glaces. (5 juin. —15 ans.)
- TERRASSEMENT.
- 1906. M. Bidault-Des alleux, à Montières-lès-Amiens ( Somme ) ; extracteur destiné à la fouille des terres, tourbes, sables et travaux de terrassement. (6 janvier. —15 ans.)
- 1907. MM. Pful et Zurbach, à Batignolles ( Seine); genres de waggons propres aux travaux de terrassement. (22 février. —15 ans.)
- 1908. MM. S immer et Faunie-Duplessis , à Anp'oulême ( Charente ) ; machine à terrassement. ( 5 mars. —15 ans.)
- 1909. M. Laroche, à Angoulême ( Charente); waggons à terrassements. (19 avril. —15 ans.)
- théières.
- 1910. M. Sturges, de Birmingham ( Angleterre ); perfectionnements dans la fonte des théières et autres vases avec des goulots montés en métal. (25 mars. —13 ans.)
- tire-bouchon.
- 191 1. M. Deshay es, à Romainville ( Seine); tire-bouchon économique. ( 19 janvier. — i5 ans.)
- 1912. MM. Martin et Convenant, à Paris; genre de tire-bouchon. (29 juin.—13 ans.)
- TISSAGE.
- 1913. MM. Dachès et Duverger, à Paris; application du broché des châles à un objet de toilette dit écharpe-mantelet. ( 2 février. — —15 ans. )
- 1914. M. Coupé, à Paris; application de la jacquart à la fabrication de la batiste et du linon. (11 février.—15 ans.)
- 1915. M. Larible, à Tourville-sur-Arques (Seine-Inférieure ) ; machine à parer les fils de chanvre, lin et coton pour les chaînes de toute espèce de tissage, ce qui permet de faire le double d’ouvrage avec moitié chaleur et force motrice. (27 février.—15 ans.)
- 1916. M. Brin, à Plombières ("Vosges); genre de festons brochés. (23 mars.—15 ans.)
- 1917. M. Blouzard, à Lyon; compensateur pour la fabrication des étoffes de soie. (8 avril. —15 ans.)
- 1918. MM. Boas frères , à Paris ; tissage simultané des principaux motifs de châles avec des couleurs différenles. ( 8 septembre. — i5 ans.)
- 1919. M. Milhaud, à Nîmes ( Gard); divers changements apportés à la chaîne à écheveaux plats. (26 octobre—i5ans.)
- 1920. MM. Nallet et Roussel, à Amiens ( Somme ) ; système de battant brocheur marchant mécaniquement, applicable à la fabrication de toute espèce de tissus. ( 29 octobre. — i5 ans.)
- 1921. M. Duval, à Nantes (Loire-Inférieure); encollage et démarchement dans le tissu. (3o octobre.—15 ans.)
- 1922. M. Marin, à Lyon ( Rhône ); système
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- de remise propre à la fabrication de toute espèce d’étoffes. (17 décembre.—i5 ans.)
- TISSER ( MÉTIERS A )•
- ic)23. M. Laurent, à Paris ; régulateur pouvant s’adapter à tous les métiers à tisser. (5 janvier.—15 ans.)
- 1924. MM. Guise et comp., à Lyon; mécanique d’armure appliquée aux métiers à tisser. (21 janvier. —= i5 ans.)
- 1 q25. M. Gaillard, à Lyon; machine destinée à la fabrication des peluches et velours, spécialement pour tisser deux pièces à la fois sur le même métier. (4 février. —15 ans.)
- î 926. MM. Loisel et Mazard, à Lyon ; perfectionnements à la fabrication des cordes de laçage et des cordes d’arcades pour les métiers à la Jacquart, lesdits perfectionnements consistant en des moyens propres à la confection de toute espèce de cordes câblées. ( 8 février. — —15 ans.)
- 1927. M. Marchai, de Bruxelles; système de métier à tisser. (29 mars. —10 ans.)
- 1928. M. Duboc , à Barentin ( Seine-Inférieure ) ; bielle et douille de rota-frotteur. (20 avril.— 10 ans.)
- 1929. M. Limousin, à Saint-Etienne (Loire); mécanisme de rétrogradation régulière à avertisseurs, applicable aux navettes de tous les métiers tisseurs. (29 avril.’— /5 ans.)
- 1930. M. Vayson, à Paris; perfectionnements aux métiers à tisser mécaniques. (7 mai. — i5 ans.)
- 1931. M. Lecour-Adins, à Lille (Nord); battant à tisser plusieurs pièces. ( 8 mai.— 10 ans.)
- 1932. M. Stoesser, à Rouen; perfectionnement du métier à tisser. (19 mai. —15 ans.)
- 1933. M. Ribery, à Lyon ; métier compteur propre à confectionner les mailles à coulisses détachées. ( 5 juin.— i5 ans.)
- 1934. MM. Fillau et comp. , à Paris ; perfectionnements aux métiers circulaires à platines. ( 8 juin. —15 ans.)
- 1935. M. Magnin, à Lyon ; fabrication de cordes de laçage et de cordes d’arcades, de li-
- sage et de collet, en coton, pour les métiers à la Jacquart. (15 juin.— i5 ans.)
- 1936. MM. Fraisse et Choudier, à Saint-Etienne ( Loire ); mécanisme propre à communiquer le mouvement ascensionnel du battant-brocheur dans les métiers Jacquart. ( 19 juin. — 15 ans.)
- 1937. M. Voisin, à Lyon; compensateur applicable à tous les métiers de tissage. ( 23 juin. —15 ans. )
- 1938. MM. Debu et Pasquier, à Rouen; repousse-taquet pour métier à tisser. (24 juin.— i5 ans.)
- 1939. M. Praxel, de Bruxelles; machine propre à remplacer la machine Jacquart pour les étoffés façonnées. (13 juillet. — i5ans.)
- 1940. M. Lefevre et madame veuve Ory, à Paris; mécanisme dit gardes, propre à arrêter à volonté et instantanément le métier à tisser. (23 juillet.— i5ans.)
- 1941. MM. Chalmin et Toullemin, à Paris ; perfectionnements apportés aux métiers à tisser mécaniques et à bras, consistant en un appareil calorifère pour sécher immédiatement les tissus fabriqués à trame mouillée et pour en former l’apprêt par les substances employées à l’encollage des fils. (27 juillet. —15 ans.)
- 1942. M. Morin, à Rouen; substitution d’un cylindre gravé au carton Jacquart. ( 28 juillet. —15 ans.)
- 1943. M. Léo de la Peyrouse, de Bruxelles; temple continu applicable aux métiers à tisser. ( 3 août.—15 ans.)
- 1944* M- Blondel, à Deville-lès-Rouen (Seine-Inférieure); genre de lames pour métier à tisser en général, faites soit en fil de laiton, soit en fil de fer. (14 août. —15 ans.)
- 1945. M. Damour, à Lyon; mécanique double Jacquart. (3i août. - 15 ans.)
- 1946. M. Blanquet, à Paris; battant-lanceur applicable à toute espèce de tissu façonné ou uni. (4 septembre.—15 ans.)
- 1947. M. Michel, à Izieux, canton de Saint-Charnond ( Loire ); perfectionnements aux métiers à lacet consistant dans l’adoption d’un fuseau métallique. (i5 septembre.— i5ans.j
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- ig48. M. Parker, de Darlington (Angleterre); perfectionnement dans la construction des métiers à tisser le fil ou autres matières fibreuses, métiers mus à la main , par la vapeur, par l’eau ou par toute autre force motrice, (i 5 septembre.—7 ans.)
- 1949. M. Reid, de Londres; certains perfectionnements dans les métiers à tisser. ( 28 septembre.— 10 ans.)
- 1950. M. Chabany, à Beaubrun ( Loire ); mécanisme dit manivelle articulée, destiné à remplacer la manivelle simple actuellement employée dans les métiers Jacquart pour la fabrication des rubans et autres tissus. (2 novembre.— jo ans.)
- iqSi. MM. Pierrard-Parpaite et Livernois, à Reims ( Marne ) ; renvideur-guide-baguette applicable aux métiers à filer la laine peignée, cardée , et le coton , pouvant faire des canettes ou petites bobines de trame destinées au tissage des pièces, sans avoir besoin d’être dévidées. (10 août. —15 ans.)
- ig52. M. Hanchard, à Rouen ; temple mécanique de métiers à tisser. ( 29 novembre. — i5 ans.)
- 1953. M. David, à Paris; genre de machine propre à épeutir. ( 6 décembre. —15 ans.)
- 1954. M. Bulteau, à Roubaix ( Nord ); bat-tant-brocbeur. (r3 décembre.— i5 ans.)
- 1955. M. Jaillet jeune, à Lyon; améliorations à la mécanique et aux métiers à la Jacquart. (18 décembre.—i5ans.)
- 1956. M. Judkins, de Londres; perfectionnements aux harnais de tisserand et aux machines propres à les fabriquer. ( 27 décembre. — 4 ans.)
- TISSUS.
- 1957. M. Johnson, de Londres; étoffe ou tissu pour couvrir les chapeaux et casquettes. ( 9 janvier. — 13 ans.)
- 1958. M. (jidnquarlet-Dupont, à Troyes ( Aube ); système de tissus , maille fixe, à raies en long. (29 janvier.—10 ans.)
- 1959. M. Blondel, à Saint-Quentin (Aisne); fabrication d’un tissu piqué à dessins brochés, tire double combinée. (20 mars.—15 ans.)
- ig6o. M. Brin, à Homblières ( Aisne ); tissus brochés à effilés. ( 7 avril.—15 ans.)
- 1961. M. Coxon, de Lenton ( Angleterre ) ; procédés à l’effet de produire des dessins et des devises en relief sur certaines espèces de tissus. (12 avril.—14 ans.)
- 1962. M. Despréaux, à Paris; application nouvelle des moyens connus et perfectionnés à l’obtention d’étoffes et tissus de toute espèce imitant le brochage par le métier Jacquart et la tapisserie à l’aiguille , et produits nouveaux obtenus à l’aide de cette application qui peut être également faite aux papiers peints, (4 mai.
- — 15 ans.)
- 1963. M. Lcunenschloss, à Paris ; fabrication de tissus élastiques à jour dits tissus sylphides. (22 mai.— i5 ans.)
- 1964. M. Healey, de Bolton, près Manchester ( Angleterre ) ; étoffe tissée et perfectionnements aux mécaniques employées pour la produire. (28 mai.—13 ans )
- 1965. M. Dufflot, à Paris; système de fabrication des visières et autres articles. ( 29 mai.
- — i5 ans.)
- 1966. M. Davin, à Paris; procédé de fabrication de la gaze brochée avec le dessin croisé satin ou sergé, par le moyen de lames de métier à la Jacquart. ( 5 juin.— i5 ans.)
- 1967. M. Prévôt, à Joncourt ( Aisne ); articles de tissu-coton en plumetis. (17 juin.— 15 ans.)
- 1968. MM. de Chastellux père et fils, à Ha-guenau (Bas-Rhin) : i° application des produits de bourre de soie à la confection des étoffes à gargousses pour bouches à feu ; 20 application de soie et déchets à la confection des toiles pour tentes et sacs de campement ; 3° application de ces matières à la confection des cordons , cordes, câbles et câblots. (22 juin. —15 ans.)
- 1969. M. Bas, à Paris; fabrication d’un tissu et application d’un procédé d’impression de tapisserie sur ce tissu, le tout formant la tapisserie du point des Gobelins. (10 août.— i5ans.)
- 1970. M. Finbcrl, à Paris; genre de tissu dit tissu-éponge. (19 août. — i5 ans.)
- 1971. M. Berrod, à Paris; tissu formant une
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- gaine-tube remplaçant la bordure en galon dans la chaussure. ( 3 septembre.— i5 ans.)
- 1972. M. Reid, à Paris; procédés propres à la fabrication des étoffes élastiques en rond.
- (23 septembre.— i5 ans.)
- 1973. M. Lapostol, à Paris; tissus dits de laine végétale. (26 octobre.— i5ans.)
- 1974. M. Oudinot, à Paris ; tissus doubles à coulisses destines notamment a la fabrication des corsets. (ier décembre.— i5 ans.)
- 1975. M. Boucly-Marchand, à Saint-Quentin ( Aisne ); tissus à plis consolidés. (10 décembre.
- —. 15 ans.)
- 1976. M. Magniant, à Paris; genre de tissus imperméables applicables à divers usages.
- (1 1 décembre.— i5 ans.)
- TOILE.
- 1977. M. Bouton, à Batignolles (Seine); toile vernie caoutchouc. (2 février. — i5 ans.)
- 1978. mm. m, •schel et Flouest, à Lille ( Nord ); machine à élargir les toiles. ( 10 juillet.— 15 ans.)
- 197g. MM. Yvose et Cauoin, à Paris; application de cordes dans le tissage des toiles à sacs et autres. (24 décembre.—15 ans.)
- TÔLE.
- 1980. M. Boulard, à Audincourt ( Doubs ) ; procédés de décapage et de plombage des tôles.
- (27 février. —15 ans.)
- TOMBES.
- 1981. M. Halphen, à Paris; système de fabrication de monuments funéraires et inscriptions. (1 1 novembre.—15 ans.)
- TONNEAUX.
- 1982. M, Lagain jeune, à Bordeaux; système de plâtrage des barriques, ( Ier décembre. — i5 ans.)
- 1983. M. Ravinet, à Paris; procédé propre à empêcher la dessiccation des bois formant les cuves, tonneaux, réservoirs, etc., pour prévenir ainsi la fuite des liquides ou des gaz qui y sont contenus. (2 juillet. — i5 ans.)
- 1984* MM. Guignon et Auroux , à Paris; cuvier mobile à triple effet pour buanderie.
- (i4 octobre.— i5 ans.)
- TOUR.
- 1985. MM. Derosne et Cail, à Paris; perfectionnements apportes au tour à pointes mobiles. (ier mars.— i5 ans.)
- 1986. M. Decoster, à Paris; perfectionnements apportés dans les gros tours, et principalement dans les tours destinés à tourner les roues des locomotives et des waggons. (17 juin. — 15 ans.)
- 1987. M. Papeil, à Paris ; système de tours sans support propre à aléser et tourner des surfaces cylindriques et coniques. ( 1 1 septembre. —15 ans.)
- 1988. MM. Brelt et Hoegtlin , à Guebwiller ( Haut-Rhin ) ; tour mécanique à système continu. (29 octobre.— 3 .5 ans.)
- 198g. M. Cal la , à Paris ; tour à collet fixe. (ier décembre. —15 ans.)
- TREILLAGE.
- 1990. M. Parod, à Paris; machine portative propre à construire les treillages de clôture des chemins de fer et autres sur le lieu même où ils doivent être posés. ( 3i mai. —15 ans.)
- TREFLE.
- 1991. MM. Mothès frères, à Bordeaux; appareil à égrener le trèfle. (26 janvier. — 15 ans.)
- TREMPE.
- 1992. M. Bardeau-Hollier, à Fleury (Yonne); trempe grasse applicable aux instruments tranchants de tout genre ainsi qu’aux ressorts de toute nature. (9 mars. —5 ans.)
- TRICOT.
- igg3. MM. Poulain et Mauviel, à Rouen ( Seine-Inférieure ) ; tricoteur sans fin à chute mobile. (9 février.— i5 ans.)
- 1994. M. Decaux,,k Paris; système de tricot dit système Decaux, (10 mars. —15 ans.)
- TUILES.
- igg5. M. Jolibois , à Deyvillers ( Vosges ) ; genre de tuile dite tuile vosgienne. (5 mars. — i5 ans.)
- 1996. M. Bouquet , à Mézières (Somme); procédés de fabrication de tuiles - pannes. (i3 mars.—15 ans.)
- 1997, M„ Simon, à Deluz (Doubs); machine à fabriquer la tuile, (12 avril,—15 ans.)
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- igg8. M. Mar-Martin, à Bourbonne (Haute-Marne); tuiles à recouvrement. ( ier mai. — i5 ans.)
- *999 M Gilardoni, à Altkirch (Haut-Rhin); genre de tuile plate en terre cuite. ( 7 mai. — i5 ans.)
- 2000. Le même-, tuile creuse perfectionnée. (2g juin. —15 ans.)
- 2001. M. Grand]ean , à Goin (Moselle); système de tuiles demi-plates présentant l’avantage d’empêcher l’eau et la neige de remonter sous la tuile et de conduire les eaux au moyen de rainures vers le point où l’on veut les faire écouler. (10 mai.—i5ans.)
- 2002. M. Millot, à Troyes (Aube); genre de fabrication de tuiles, (ig mai. — i5 ans.)
- 2003. M. Milard, à Ménil-St.-Père (Aube) ; deux genres de fabrication de tuiles. (21 mai. — 15 ans.)
- 2004. M. Grand]ean, à Bourdonnay (Meur-the); forme de tuile dite tuile creuse avec nervures. (17 août. —i5 ans.)
- 2005. M. Ferry, à Saint-Dié ( Yosges ) ; tuile dite tuile mécanique de Saint-Dié. (28 septembre. --r5 ans.)
- 2006. M. Fournel, à Mirecourt ( Yosges ) ; tuile économique à rebords. ( 6 octobre. — j 5 ans.)
- 2007. M. Buisson- Lalande, à Bordeaux ( Gironde ) ; système de fabrication de tuiles plates avec deux rebords, pour couvertures. (27 novembre.— i5 ans.)
- TULLE.
- 2008. M. Rosey fils, à Calais (Pas-de-Calais); simplification et perfectionnement du système Jacquart propre à être appliqué aux métiers à faire le tulle dits circulaires, à rotation et à main. (16 mars.—r5 ans.)
- 200g. M. Black, à Lille (Nord); tulle dit tulle-mousseline à rayures. (12 avril.— i5 ans.)
- 2010. Le meme ; système de peigne pour le fonctionnement des chariots de Leavers dans les machines à tulle. (12 avril. —15 ans.)
- 2011. Le meme; tulle-mousseline. (3 juin.— i5 ans.)
- 2012. MM. Idril et Marion, à Lyon (Rhône);
- procédé de fabrication du tulle-bobin façon dentelle sur un métier circulaire. (3 juin.—15 ans.)
- 2013. M. Monard, à Paris; tulle-mousseline imprimé. (3 juin.— i5ans.)
- 2014* MM. Herbelot et Genet-Dufay, à Paris; système de fonds et de broderie applicable à tous les tulles-bobins dits à chaîne simple. (5 novembre. —15 ans.)
- TUYAUX.
- 2015. M. Durarid-Forgues, à Paris; perfectionnements dans la fabrication des tuyaux et fils de plomb, etc. ( 16 mars.—15 ans.)
- 2016. M. lioose, du comté de Stafford (Angleterre); perfectionnements dans la fabrication des tuyaux de fer soudés. (4 mai.—13 ans.)
- 201 7. M. Lafarge,k Paris; système de tuyaux et cuvettes pour-l’écoulement des eaux ménagères et pluviales. (10 mai. —15 ans.)
- 2018. M. David, à Grenelle (Seine ); genre de tuyaux dits en fer corroyé, propres à la confection des chaudières pour bateaux , locomotives , etc. , et perfectionnements apportés aux outils propres à cette fabrication. ( 24 mai. — — i5 ans.)
- 201 g. M. Brocard, à Paris; machine propre à fabriquer les tuyaux en feuilles de métal. (26 mai.— 15 ans.)
- 2020. M. Faivre, à Paris; perfectionnements apportés aux tubes et tuyaux. ( 3i mai. — i5 ans.)
- 2021. MM. Chaîneroy et Emorine, à Lyon: fabrication de tubes de conduite dits tubes lyonnais. (23 juin.—15 ans.)
- 2022. Le meme; mode d’assemblage de tubes et de tuyaux. (25 octobre.—15 ans.)
- 202.3. M. Delattre, à Abbeville (Somme); appareil propre à faire des gouttières et des tuyaux. (6 juillet. — i5ans.)
- 2024. M. Granier jeune, à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; système de raccord des tuyaux en métal. ( 4 septembre. — j 5 ans.)
- 2025. M. Jucqueau aîné, à Paris; procédés propres à la fabrication des tuyaux en tuile. (22 septembre. — 1 5 ans.)
- 2026. M. Regout, de Maestricht (Belgique); système de tuyaux en verre pour la conduite du
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- gaz, de l’eau et de toute autre matière liquide. (ier octobre. —5 ans.)
- 2027. M. Lecat, à Paris; machine et raccords propres à la fabrication des tuyaux. (29 novembre.-—15 ans.)
- 2028. M. Groult, à Paris; procédés de fabrication de tubes à cordes à plusieurs filets héli-coïdes. ( 9 décembre.— 15 ans.)
- 2029. M. Baudouin, à Paris ; perfectionnements aux tuyaux de conduite des eaux , des gaz, etc. (10 décembre.— i5ans.)
- TYPOGRAPHIE.
- 2030. MM. Harang et Demolliens, à Paris; nouveaux caractères d’imprimerie. ( 9 février. —15 ans.)
- 2031. MM. Varenna et Piatti, à Paris; presse typographique à mouvement circulaire. (27 février. —15 ans.)
- 2o3a. M. Terzuolo, à Paris ; procédé ayant pour objet d’abréger la composition typographique. (20 mai.—15 ans.)
- 2o33. M. Beniowski, de Londres; perfectionnements aux appareils et procédés employés dans l’impression typographique. ( 5 juin. — i3 ans.)
- 2o34- M. Jacob , de Londres ; perfectionnements dans la fabrication des surfaces imprimées, modelées, ornées, colorées, relevées en bosse ou moulées. (10 juin.— i3 ans.)
- 2035. M. Paturiaux, à Paris; procédés galvano-stéréotypiques ayant pour objet et pour but la reproduction des vignettes, fleurons, gravures, cadres, couvertures, etc. (16 juin.— 9 ans.)
- 2036. M. Newton, de Londres; perfectionnements aux presses typographiques. ( 22 juillet.— i5ans.)
- 2037. M. P et in, à Paris; système de presse-séchoir applicable à la fabrication des clichés. (11 septembre. —15 ans.)
- 2038. MM. Rholfs et Schmidt, à Paris; machine à imprimer en caractères typographiques. (10 octobre.—15 ans.)
- 2039. M. Boileau, de Londres; perfectionnements dans la confection des caractères calligraphiques. (23 octobre.—15 ans.)
- 2040. M. Gardissal, à Paris ; machine dite le fondeur de caractères ou types d’imprimerie, à jet rapide et continu. (8 novembre.—15 ans.)
- 2041 • M. Joly, à Paris; système complet de machine propre à l’impression typographique. (i5 novembre.—15 ans.)
- 2042. M. Naudot, à Paris; fabrication de caractères typographiques en fer, acier, cuivre , etc. , par compression. ( 29 décembre. — i5 ans.)
- VAPEUR.
- 2043. M. Chaffin, à Marseille ( Bouches-du-Rhône ) ; agent végétal régénérateur et augmentatif de la force et de la vitesse de la vapeur. (6 mai. — 10 ans.)
- 2044. M. Craddock, de Birmingham ( Angleterre ) ; perfectionnements dans la condensation de la vapeur et dans les parties d’épuisement de l’air des machines à vapeur. ( 17 juillet.— 13 ans.)
- 2045. M. Galy-Cazalat, à Paris ; générateur économique inexplosible des forces distinctes ou combinées de la vapeur et des gaz développés parla combustion. (19 juillet.— i5 ans.)
- 2046. M. Salucci, à Paris ; générateur à vapeur dilatée avec soufflerie et roue de distribution du combustible. ( 9 mars.—x 5 ans.)
- 2047- MM. Morel et Hirn, à Colmar (Haut-Rhin ) ; système pour opérer la condensation de la vapeur par injection et l’alimentation en se servant toujours de la même eau. (2 octobre. —i5 ans.)
- VASE.
- 2048. M. Desvarannes , à la Ville-au-Maire ( Indre-et-Loire ) ; application d’un vase de sûreté à la vente en détail du lait, du vin , etc.
- ( 4 janvier.— i5 ans.)
- 2049. Madame veuve Maubert et fils aîné, à Grasse ( Var ) ; estagnon en fer-blanc ayant le dessus et le dessous repoussés sur le tour en forme de boudins. ( 9 février. — i5 ans.)
- 2050. M. Girard, à Paris ; moyen de faire servir le fer et le cuivre à la confection des vases devant contenir des produits chimiques. (20 février. —15 ans.)
- 2051. M. Pidancier dit Coco, à Taxenne
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- ( Jura); système de vase portatif pour incendies. (6 juillet.—15 ans.)
- 2o52. M. Grassai, à Boulogne ( Seine); système de fabrication et de bouchage des vases dits vases aérofuges. (25 octobre. —15 ans.)
- 2û53. M. Pellegrin, à Grasse ( Var ); goulot à vis en étain ou tout autre métal, sans soudure , pour remplacer les goulots actuels des estagnons. ( 9 novembre.—15 ans.)
- VEILLEUSE.
- 2054. M. Didier, à Paris; nouveau genre de veilleuse. (12 février. —15 ans.)
- VELOURS.
- 2055. MM. Desbriat père et fils , à Lyon ; métier propre à fabriquer plusieurs pièces de velours sans envers et nuancé. ( 6 janvier. — 15 ans.)
- 2056. M. Paul, à Lyon ( Rhône ) ; perfectionnements apportés au rabot dessinateur pour le velours. (27 février.—15 ans.)
- 205^. M. Buffard aîné, à Amiens (Somme); machine dite coupoir Buffard, propre à couper toute espèce de velours dont la trame est destinée à fournir le poil de l’étoffe sur son corps de tissu, étant tissée sans être coupée , et en un seul trait. (29 juin. — i5 ans.)
- 2o58. M. Saint-Paul, à Oullins (Rhône); métier mécanique propre à faire le velours. (7 juillet,— i5 ans.)
- VENTILATION.
- 205g. M. Rosaj, à Envronville (Seine-Inférieure ) ; moyen de donner issue, en dehors de l’appartement, à la buée qui s’attache aux vitres. (4 janvier.—15 ans.)
- 2060. M. Gaillard, à Paris; ventilateur à bougies. (5 mars.— i5ans.)
- 2061. M. Kite, de Londres; système de soufflage et de ventilation par déviation de l’air atmosphérique. (22 mai.—13 ans.)
- 2062. M. Berthollet de Frarière , à Pa ris ; genre de ventilateur dit zéphyr éolien. (i4 juin. — 15 ans.)
- 2063. M. Bazin , au Ménil-Saint-Firmin ( Oise ) ; ventilateur fonctionnant sur place et applicable aux waggons ou autres véhicules.
- ( 3 juillet.—15 ans.)
- 2064. MM. Christian et Gosset, à Paris; appareils et moyens propres à remplacer, par l’action de l’air chaud ou froid, les rainasseurs, élévateurs, râteaux, ventilateurs, etc., dans les usines en général. ( 8 juillet. —15 ans.)
- VERNIS.
- 2065. M. Wéissmann, à Paris; genre de vernis applicable aux bois et aux meubles. (12 janvier.—15 ans.)
- 2066. M. Caseau, à Paris; genre de vernis en poudre à l’usage des cuirs. ( 4 février. —-i5 ans.)
- 2067. MM. Guillois-Teissère, TVatlebled , JFigouroux et de Laaalette, à Paris; procédés de revernissage à neuf de la chaussure en cuir verni ; lesdits procédés pouvant être étendus à d’autres usages. (10 mars.—15 ans.)
- 2068. M. Laude, à Paris; application de vernis au four sur tringles de vitrage. ( 15 avril.
- —15 ans.)
- 2069. M. Deltenre-TValker, de Bruxelles; appareil pour la fabi’ication des vernis et la distillation des matières organiques en général. (24 avril. — i5 ans.)
- 2070. M. Thiou , à Paris; vernissure du bois doré. (27 septembre. — i5 ans.)
- VERRE.
- 2071. M. Paillard, à Paris ; machine propre à dresser, doucir et polir le verre pour glaces et autres usages. (2 février. — i5 ans.)
- 2072. M. Merle, à Paris; perfectionnements dans la fabrication du verre et du cristal de toute espèce et des glaces. (12 mars, — i5 ans.)
- 2073. M. Morlot, à Pantin (Seine); disposition de four et construction de creuset dans les verreries, produisant un soufflage et une fonte continus. (6 avril. — iSans.)
- 2074. M. Besnard, à Paris ; procédés d’attache du verre sur plafonds. ( 11 mai. — i5 ans.)
- 2075. M. Lepage, à Batignolles (Seine); disposition de verres propres à l’éclairage, pouvant être dilatés uniformément par le calorique et rendus ainsi incassables. ( 16 août. — i5 ans.)
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- VERS A SOIE.
- 2076. M. Repos, à Paris; préparation de certaines feuilles pour la nourriture des vers a soie. (11 septembre. — i5 ans.)
- VÊTEMENTS.
- 2077. M. Duteil, à Paris ; mécanique propre à prendre la mesure des habillements sans tâtonnements et sans rectification. (9 mars. i5 ans.)
- 2078. M. Poidvin, au Mans (Sarthe) ; appareil dit somomètre Poidvin , propre à prendre exactement les mesures des habits. (22 mars.— i 5 ans.)
- 2079. M. Grenier, à Montpellier (Hérault); capuchons faits en maroquin ou en cuir maro-quiné ou verni pour les cabans, les manteaux et l’emploi isolé. (2 avril. — i5 ans.)
- 2080. M. Gouy- Martin, à Paris; gousset élastique permettant de supprimer les bretelles et pattes des pantalons et gilets. (28 avril. — 15 ans.)
- 2081. M. TVillaey-Faveret, à Strasbourg; coupe de caleçon. (8 mai. — i5 ans.)
- 2082. M. Trulin, à Paris; passe-poil d’étoffe sur étoffe applicable aux pantalons, (î 7 mai. — 10 ans.)
- 2083. M. Barthel, à Paris ; bandes, bandelettes , ceintures ou demi-ceintures élastiques applicables aux guêtres , aux chaussures , aux pantalons , gilets et autres vêtements, et propres à remplacer les boutons, lacets, liens, etc. (3 ! mai. — 15 ans.)
- 2084. M. Mahler, à Paris ; garniture inaltérable, à cambrure rapportée, pour pantalons. (7 septembre. — i5 ans.)
- 2085. M. Ricard-Girosl, à Romilly-sur-Seine ( Aube ) ; coupe perfectionnée de camisoles ou blouses en tricot, à pièces d’épaulières et à taille froncée. (24 décembre. — 1 o ans )
- VIDANGE.
- 2086. M. Lebars, à Paris ; nouveau système de vidange. (6 mars. — 1 5 ans.)
- 2087. M. Vcndryès, à Paris; appareil de vidange par le vide. (3i mars. — i5 ans.)
- 2088. M. Andraud, à Paris; genre de récipient sans capacité applicable aux vidanges. (19 juillet. — i5 ans.)
- 2089. MM. Gagnière et Ferry, à Paris ; système de vidange inodore dit aérostatique.
- ( 3o novembre. — 1 5 ans.)
- VIGNE.
- 2090. M. Collignon , à Ancy -sur-Moselle (Moselle) ; instrument dit roidisseur, destiné à l’échalassement de la vigne au moyen de fil de fer ; ledit instrument devant servir à la tension
- de ce fil de fer et remédier à sa dilatation. (ier mars. — i5 ans.)
- VIN.
- 2091. MM. fFallel et Meurge, à Paris; système d’aménagement des vins dit système TVallet. (6 janvier. — i5 ans.)
- 2092. M. Pillard, à Gevingey (Jura) ; appareil de distillation à la vapeur des vins et marcs de raisin, à la fois ou séparément. (7 janvier. — i5 ans.)
- 2093. M. Bacou , à Epernay (Marne) ; préparation d’une liqueur tannique pour le collage des vins de Champagne. ( 26 février. — 10 ans.)
- 20gj. M. Peyraud, à Paris; application de plusieurs fruits coloniaux et notamment de i’ananas à la fabrication du vin. (27 mars. — i5 ans.)
- 2og5. M. Silbermann, à Paris ; instruments propres à apprécier les qualités des vins, eaux-de-vie, alcools, etc. (12 juin. — i5 ans.)
- 2096. M. Bernard, à Mussy-sur - Seine (Aube) ; mèches destinées à la consommation du vin. (29 septembre. — i5 ans.)
- 2097. M. Courtillet, à Cellettes (Loir-et-Cher); cylindre à fouler la vendange. (4 novembre. — 10 ans.)
- vis.
- 2098. M. Newton, de Londres ; perfectionnements apportés aux machines propres à fabriquer les vis. (12 mars. — i3 ans.)
- 2099. M. Rives, à Toulouse (Haute-Garonne) ; filière à trois coussinets propre à confectionner toute espèce de vis en fer. (21 mai. — i5 ans.)
- 2100. M. Sloan, de New-York (Etats-Unis d’Amérique); perfectionnements dans la fabrication des vis de métal dites vis à bois et dans la machine qui doit les exécuter. (28 août. — i3 ans.)
- voitures.
- 2101. MM. Delebecque et Servais, à Lille (Nord) ; appareil destiné à détacher les voitures en cas de déraillement sur les chemins de fer.
- ( 14 janvier. — 1 5 ans.)
- 2102. M. de Saint-Amans, à Paris; cordons applicables aux voitures. (8 février.— i5 ans.)
- 2103. M. Gardissal, à Paris ; système mécanique ayant pour but de remorquer les voitures. (i3 février. — i5 ans.)
- 2104. M. Merle, à Paris ; perfectionnements dans les moyens d’empêcher les roues de se détacher des essieux. (i5 février. — i5 ans.)
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- Quarante-septième année. Septembre 1848.
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- 21 o5. M. Voisin, à Lyon ; voitures à leviers circulaires. (i5 février. — i5 ans.)
- 2106. M. Bessemer, de Londres ; perfectionnements apportés aux voitures ou waggons des chemins de fer. (i3 mars. — i3ans.)
- 2107. M. Henson, de Londres ; perfectionnements apportés aux voitures des chemins de fer, ainsi qu’aux essieux ou axes des voitures, (ig mars. — i3 ans.)
- 2108. M. Vallod, à Paris; système d’attelage des voitures entre elles , ayant pour but d’éviter les accidents occasionnés par le choc ou le déraillement, ou par toute autre cause. (6 avril. — i5 ans.)
- 210g. M. Robiquet, à Paris; galerie mobile et inversable pour l’impériale des voitures. (i5 avril. — i5ans.)
- 2110. M. Kolb, à Strasbourg ; moyen d’entretenir la stabilité d’un marchepied dit à parallélogramme , à l’usage des équipages, et d’entretenir le jeu libre du mécanisme en le préservant des ordures. (2g mai. — io ans.)
- 21 1 1. M. Pidding, de Londres ; perfectionnements dans les moyens de traction, de roulage et de suspension des voitures. (3i mai. — i3 ans.)
- 2112. M. Dussaq, à Bordeaux; système de voitures dites à charge motrice. ( 7 juin. — i5 ans.)
- 2113. M. Barraux, à Besançon (Doubs); fabrication de pièces de voitures dites embrasures. (10 juin. — i5 ans.)
- 2114. M. d’Helle, à la Chapelle-Saint-Denis (Seine) ; waggons à bascule chargeant et déchargeant en tous sens. (23 juin. — i5 ans.)
- 2115. Madame veuve Dielrich et fils, à Strasbourg ; lunette mobile applicable au tournage des bandes de waggons. (23 juin. — i5 ans.)
- 2116. M. Bouhon , à Paris; appareil dit cale à fléau pour empêcher le recul des voilures. (7 juillet. — i5 ans.)
- 2117. M. Lods, à Besançon (Doubs); procédés de confection des trains de voitures. (11 août. — 15 ans.)
- 2118. MM. Hacquel, de Blindai et Champa-gny, à Paris ; perfectionnements apportés dans la construction des voitures des chemins de fer, afin d’éviter les déraillements et les mouvements de lacet, et de parcourir les courbes de petit rayon. (12 août. •— i5 ans.)
- 21 ig. M. Leutheusser, à Metz (Moselle); système de suspension des tilburys, rendant le limonier indépendant de la caisse, au moyen d’un ressort, et parant à tous les inconvénients
- du système actuel, offrant l’avantage de ne point fatiguer le cheval et de rendre la voiture plus douce. (10 août. — i5 ans.)
- 2120. MM. Cutting et Butterfield, de Boston ( États-Unis d’Amérique ) ; perfectionnements ajoutés aux appareils propres à attacher et à détacher les voitures employées sur les chemins de fer. (4 septembre, — i3 ans.)
- 2121. MM. Loive et Simpson, de Manchester (Angleterre); perfectionnements applicables aux voitures devant servir sur les chemins de fer ; une partie desdits perfectionnements pouvant aussi être employés sur les routes ordinaires. (18 septembre. — i4 ans.)
- 2122. M. TVebster, de Londres ; perfectionnements dans la construction des tampons atmosphériques pour voitures et autres équipages employés sur les chemins de fer. (18 septembre.
- — 4 ans.)
- 2123. M. Féraull, à Darnetal ''Seine-Inférieure) ; voitures dites férauldères. ( 28 septembre. —- i5 ans.)
- 2124. M. Pairnparey, à Paris; système de voitures propres à transporter les pierres taillées, marbres, etc. (25 octobre. — i5 ans.)
- ii25. MM. Bureau et Adam, à Paris; système de voitures mécaniques recevant le mouvement de la force de l’homme. (2.5 novembre.
- — 15 ans.)
- 2126. M. S or lin, à Banteux (Nord); procédés de suspension des voitures légères. ( 17 décembre.— 10 ans.)
- 2127. MM. S arrêt et Mauguin, à Lyon ( Rhône) ; voiture portant elle-même son chemin de fer. (18 décembre. — i5 ans.)
- 2128. M. Debergue, de Londres; système de suspension des véhicules en général et principalement des véhicules des chemins de fer. (20 décembre. — i5 ans.)
- 212g. M. Taylor, de Londres; perfectionnements dans la construction des locomotives et voitures marchant sur les chemins de fer et pouvant aussi s’appliquer aux voitures mai" chant sur les routes ordinaires. (3o décembre.
- — 14 ans.)
- ZINC-
- 2130. M. Krafft, à Paris; procédés d’extraction du zinc. (18 janvier. — i5 ans.)
- 2131. M. Mascot, à Paris ; procédé propre à appliquer au zinc en feuilles la dorure, l’argenture, la gravure, la ciselure, le guilloché avant et après la dorure. (i4 mai. — i5 ans.)
- 2132. M. Lemire dit Normandy, à Vaugi-rard (Seine) ; certains perfectionnements dans la fabrication du zinc. ( : 1 août. — i5 ans.)
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- QUARANTE-SEPTIEME ANNEE. (N° DXXXI. ) SEPTEMBRE 1848.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES. — machines a vapeur.
- Rapport supplémentaire fait par M. le Chatelier, au nom du comité des arts mécaniques, sur la machine à vapeur de MM. le Gavrian et Farinaux, constructeurs , à Lille (1).
- Dans la première expérience faite à Lille, le 9 mai 1848, sur la machine de MM. le Gavrian et Farinaux, le calcul dés résultats donnait pour le travail disponible sur l’arbre, par kilog. d’eau dépensée et par heure, 25,328 kilog. élevés à 1 mètre ; les constructeurs de la machine pensant que les dispositions adoptées pour mesurer la quantité d’eau condensée dans l’enveloppe avaient pu faire ressortir une consommation d’eau plus grande que celle qui était, en réalité, nécessaire, pensant, en outre, qu’en mettant à profit quelques indications données par le rapport du comité ils pourraient atteindre la limite de 30,000 kilog. m. fixée par le programme du concours pour l’effet utile de la vapeur, ont demandé qu’une nouvelle expérience fût faite sur leur machine.
- Je me suis rendu, à cet effet, à Lille le 8 de ce mois; j’ai procédé à un nouvel essai plus complet encore que le précédent ; j’ai profité , pour constater rigoureusement les données et les résultats de l’expérience , du concours qu’a bien voulu me prêter M. Barrois, manufacturier à Lille, très-versé dans la connaissance théorique et dans la pratique des machines à vapeur.
- La machine avait été rétablie dans ses conditions habituelles pour le dégagement de l’eau condensée dans l’enveloppe et pour son retour à la chaudière.
- (1) Aboyez un premier rapport sur cette machine, Bulletin d’août, p. 435.
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- ARTS MÉCANIQUES.
- Le tiroir de détente variable avait été remplacé par un tiroir simple, avec détente par avance et recouvrement ; les espaces libres dans le grand et dans le petit cylindre avaient été réduits de 0m,03 ; l’angle des manivelles des deux cylindres avait été réduit de 45° à 22° et demi.
- Les cylindres avaient été recouverts d’enveloppes en bois pour empêcher le refroidissement par rayonnement ; on avait fait passer l’eau d’alimentation déjà échauffée par la vapeur qui se rend au condenseur, dans un bouilleur transversal au foyer, placé à côté et en arrière du corps de la chaudière , sur lequel la flamme achève d’exercer son action calorifique avant de se rendre dans la cheminée. Ce bouilleur ou réchauffeur présente une surface de 3m-c\77.
- MM. le Gavrian et Farinaux avaient fait, en outre , à leur chaudière une modification essentielle , à laquelle on doit attribuer la plupart des améliorations obtenues : elle consiste dans l’application d’un appareil à dessécher la vapeur. Le principe de cette disposition est emprunté à M. Farinaux, qui l’a introduit dans les différents systèmes de chaudières qu’il a construites ou projetées. Cet appareil se compose d’un cylindre de 0m,22 de diamètre sur 0m,80 de hauteur, dans lequel la vapeur arrive, vers le haut, par un tuyau qui se recourbe verticalement pour descendre jusqu’à la partie inférieure ; la vapeur est reprise par la partie supérieure du cylindre et conduite directement à la machine. Les gouttelettes d’eau entraînées, projetées de haut en bas en vertu de la vitesse acquise , se séparent mécaniquement de la vapeur et rentrent dans la chaudière par un tuyau de retour d’eau appliqué sur le fond inférieur du cylindre.
- Cette disposition additionnelle et le réchauffeur sont figurés sur la planche 1072 annexée au rapport du 21 juin , bien qu’ils n’aient été appliqués que postérieurement à l’expérience du 9 mai.
- L’influence de la nouvelle prise de vapeur s’est fait sentir immédiatement ; la vapeur lâchée dans l’atmosphère avait pris un tout autre aspect ; elle paraissait beaucoup plus sèche qu’avant l’application de cette disposition.
- Telles sont les conditions dans lesquelles la nouvelle expérience a été faite.
- Quelques essais préalables ayant indiqué que la puissance de la machine s’était accrue par suite des modifications signalées plus haut, on a augmenté la charge du frein et on l’a portée à 339 kil. 500 (1).
- L’expérience a commencé à sept heures trente minutes du matin, et a
- (i) La longueur du bras de levier du frein, mesuré à terre après son démontage, a été trouvée égale à 2m,025 ; une erreur de 0m,025 avait donc été faite dans la première expérience sur cette mesure; elle affecte les résultats de cette expérience d’environ un centième.
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- MACHINES A VAPEUR.
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- continué sans interruption jusqua cinq heures trente-cinq minutes du soir ; la durée totale a été de dix heures cinq minutes. La vitesse de la machine est restée sensiblement la même pendant toute la durée de l’expérience ; la moyenne du nombre de tours résultant des indications du compteur s’est élevée à 41 par minute, pour un nombre total de 24,798.
- L’eau introduite dans la chaudière a été mesurée avec le plus grand soin; elle était puisée dans une bâche successivement vidée et remplie , dont la capacité était exactement de 102 lit. La dépense totale pour trente et une bâches s’est élevée à 3,162 litres, le niveau de l’eau dans la chaudière , observé sur un tube indicateur en verre, étant le même au commencement et à la fin de l’expérience.
- Pour mesurer la consommation du combustible, on a fait marcher pendant quelque temps la machine, et on a laissé le feu tomber au point oii il devenait nécessaire de le recharger; c’est alors que l’expérience a commencé; on a attendu, pour la terminer, qu’il fût retombé sensiblement au même point, en ayant soin d’avancer plutôt que de retarder cet instant, de telle sorte que le chiffre obtenu ne fût certainement pas inférieur à la réalité.
- La quantité totale de houille anglaise en morceaux, livrée au chauffeur, s’est élevée à 500 kilogrammes.
- Le calcul des données de l’expérience fournit les résultats suivants :
- Vitesse de l’arbre du volant, par minute.............41 tours,
- Vitesse des pistons, par seconde..................... lm,257,
- Nombre de chevaux disponibles sur l’arbre............39m,33,
- Houille consommée par force de cheval et par heure. . . 1 kil. 261,
- Eau consommée d° d° d°............ 7 kil. 976,
- Eau évaporée par 1 kilog. de houille................. 6 kil. 324,
- Travail utile produit par kilog. d’eau dépensée et par heure. 33,851 kilom.
- Il résulte de ce tableau que lès conditions dans lesquelles se trouve cette machine se sont améliorées. La consommation du combustible laisse toujours quelque incertitude lorsque la dépense totale est aussi faible, et il est impossible de faire une comparaison exacte, d’autant plus que, d’après mon appréciation personnelle, le résultat de la première expérience est plutôt trop faible que trop fort, tandis que celui de la deuxième expérience est certainement trop fort s’il n’est pas rigoureusement exact ; j’estime donc que cette consommation a subi une diminution d’environ 15 pour 100.
- La dépense d’eau, par force de cheval, a été réduite de 25 pour 100.
- Le travail obtenu de 1 kilogramme d’eau s’est accru dans une proportion
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- ARTS MÉCANIQUES.
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- très-considérable de 33,6 pour 100 ; cette augmentation est due à deux causes : l’eau entraînée par la vapeur, étant arrêtée à sa sortie de la chaudière, a cessé de figurer dans le calcul comme vapeur dépensée, en même temps qu’elle a cessé de nuire à l’effet utile de la vapeur dans les cylindres ; la diminution des espaces nuisibles et l’application des enveloppes ont contribué, en outre , à l’économie.
- Dans cette nouvelle expérience , j’ai pu appliquer un indicateur de Watt sur chaque cylindre ; à diverses reprises, deux diagrammes ont été relevés simultanément, mais l’un des appareils ayant été brisé, je n’ai pu obtenir que six séries bien nettes. Ces données suffisent néanmoins pour établir le rapport du travail développé par la vapeur sur les pistons au travail disponible sur l’arbre ; elles sont réunies dans le tableau suivant.
- HEURES
- de
- l’observation.
- du matin.
- 7 h. 38
- 8 »
- 8 35
- 9 25
- 10 »
- 10 30
- MOYENNES.
- TRAVAIL DEVELOPPE PENDANT UN TOUR ENTIER DU VOLANT
- NOMBRE de tours SUR LES PISTONS.
- pour l mètre. Petit cylindre. Grand cylindre. TOTAL. SUR l’arbre DIFFÉRENCE
- k.m. k.m. k.m. k.m. k.m.
- 38 1(2 3513 52 1256 03 4769 55 4318 79 450 76
- 39 3714 01 1396 34 5110 35 » 791 56
- 40 3516 86 1396 34 4913 20 » 594 41
- 41 3481 77 1376 29 4858 06 » 539 27
- 40 3429 99 1429 74 4859 73 » 540 94
- 41 3502 83 1463 15 4965 98 » 647 19
- 39 9/10 3526 49 1386 32 4912 81 4318 79 594 02
- Le travail utile de la vapeur absorbée par les frottements du mécanisme s’élève donc à 12,1 pour 100 du travail développé sur les pistons, et à 13,8
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-
- ÏUtfMt/i rfr ft» .h/rtr/r O A'//rû///vr, J DA.\.X/, /'/ Ô77.
- f! ,1074
- S'ïo-.i . PETIT CVI.I.XiM'vK .
- Kiev.‘2 PETIT (TEEN'DUE..
- Ka-PKIUI'ACKS sut Ï.A MACIIiM'. À VAI'KUt l)K AUD I J-XAVItlAA KT i-'ARI,\AlK\, A IJ
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-
-
- MACHINES A VAPEUR.
- 577
- pour 100 du travail disponible sur 1 arbre constaté par le frein. Ce résulta t est au-dessous de l’estimation que l’on fait habituellement du travail perdu ; il doit être attribué à la bonne disposition de la machine et au soin apporté au montage.
- L’inspection des diagrammes, pl. 1074 (lj, fait connaître toutes les circonstances de la nouvelle distribution obtenue par la modification du tiroir et du calage des manivelles; dans le petit cylindre, la vapeur s’échappe avant la fm de la course, et l’avance à l’échappement se combine avec l’angle des manivelles, de telle sorte que le grand piston est en pleine charge dès le commencement de sa course, ce qui n’avait pas lieu dans la première expérience. L’échappement est fermé dans le petit cylindre , assez longtemps avant la fin de la course rétrograde du piston ; la réduction des espaces libres permet d’utiliser d’une manière efficace la compression pour les remplir. On juge enfin, d’après l’inspection du diagramme relevé sur le grand cylindre , que, s’il y a encore condensation au moment de l’introduction de la vapeur, elle est beaucoup plus restreinte que pendant la première expérience.
- Il est, en outre, évident que la séparation de l’eau et de la vapeur rend le mouvement de celle-ci plus libre dans les tuyaux de conduite, car on ne remarque plus sur les diagrammes, pendant l’introduction, la même diminution de pression que dans la première expérience.
- Ces nouveaux résultats n’ont fait que confirmer le comité des arts mécaniques dans l’opinion favorable qu’il avait émise dans son premier rapport sur la machine de MM. le Gavrian et Farinam. J’ai l’honneur de vous proposer, en son nom, d’insérer ce rapport supplémentaire dans le Bulletin de la Société.
- Signé le Ch atelier , rapporteur.
- Approuvé en séance, le 30 août 1848.
- Description d’une machine à vapeur à cylindres horizontaux applicable à la navigation, par MM. Cochot frères, mécaniciens, rue Moreau, 12 et 14, faubourg Saint-Antoine.
- La Société d’encouragement, dans sa séance générale du 6 juillet 1836 , décerna à M. Cochot sa grande médaille d’or pour l’ensemble de ses travaux , parmi lesquels se distinguait une machine à vapeur dont il était parvenu à réduire le poids jusqu’à une limite extrême et qu’il avait établie sur
- (1) L’échelle des pressions, dans l’indicateur qui était placé sur le grand cylindre , est six fois plus grande que l’échelle de l'instrument placé sur le petit cylindre.
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- ARTS MÉCANIQUES.
- un bateau à vapeur en forme de pirogue, naviguant sur la haute Seine entre Paris et Montereau. Le problème que l’auteur était parvenu à résoudre consistait à allier une marche rapide avec un faible tirant d’eau.
- Le rapport qui a motivé cette distinction a été publié dans la 35e année du Bulletin, p. 290, et la description du bateau et de la machine à vapeur de 30 chevaux qui le faisait mouvoir dans la 37e année, p. 3, accompagnée des figures nécessaires.
- Trois ans après, le jury de l’exposition de 1839 récompensa également les travaux de M. Cochot par une médaille d’or, motivée sur les nombreux bateaux à vapeur en fer au tirant d’eau de 10 centimètres qui circulaient alors avec un grand succès sur la haute Seine, et étaient remarquables par leur bonne construction et la répartition ingénieuse du poids du mécanisme sur le fond du navire.
- Dans un rapport présenté à la Société d’encouragement, le 19 octobre 1812, sur divers établissements consacrés à la construction des machines à vapeur, M. Calla signala celui de M. Cochot, en regrettant que le défaut de renseignements ne lui permettait pas de donner des détails sur les travaux de cet habile mécanicien.
- Nous remplissons aujourd’hui cette lacune en publiant la description d’une machine à vapeur à cylindres horizontaux de la force de 80 chevaux, en activité depuis un an sur un remorqueur de la haute Seine.
- M. Cochot fait observer que le principal mérite des machines de ce système est leur extrême légèreté jointe à une grande solidité. Le poids total, y compris tous les accessoires, la chaudière, l’eau qu’elle contient, la cheminée, etc., est de 26,000 kilog., ce qui équivaut à 325 kilog. par force de cheval.
- Quoique doubles, ces machines sont montées sur une seule base , ce qui permet de les établir sur les mêmes carlingues et d’éviter l’arbre de couche intermédiaire, indispensable à tous les appareils séparés.
- La machine, posée au milieu du bateau, est munie de deux arbres de couche appuyés d’un côté sur le bâti et de l’autre sur la traverse des tambours des roues et tournant dans des collets indépendants l’un de l’autre ; d’où il résulte que le dénivellement, à moins qu’il ne soit trop considérable, ne gêne point le jeu des différentes pièces et n’absorbe aucune force inutile.
- La course des pistons est de 50 centimètres ; ceux-ci communiquent avec un balancier d’un grand rayon et dispensent de l’emploi du parallélogramme. Le peu d’inclinaison donnée par l’axe du balancier à la tige du piston se rectifie avec des guides très-légers.
- Ce système permet d’avoir un grand condenseur dans la base même de la machine , de profiter du refroidissement extérieur, par conséquent de
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- condenser avec peu d’eau, de n avoir qu une seule pompe à air, et d’éviter des frottements et des déperditions de forces.
- Enfin, fonctionnant horizontalement et parallèlement à la longueur du navire et dans le sens de sa marche, la machine ne le fatigue nullement.
- En cas de rupture d’une pièce , elle peut marcher avec un seul cylindre et elle occupe peu de place dans le bateau.
- Légende explicative.
- La fig. 1, pE 1075, est une section longitudinale de la machine, parallèlement à l’axe des cylindres. Les lignes ponctuées indiquent les positions que prennent les manivelles par 1 effet du mouvement qui leur est imprimé.
- Fig. 2. Section transversale.
- Fig. 3. Les bielles et les manivelles vues en plan.
- Fig. 4, pi. 1076. Élévation longitudinale de la machine.
- Fig. 5. La même vue par le bout.
- Fig. 6. Élévation, vue de face , de l’extrémité de la bielle avec le verrou à manette pour produire le déclenchement du bouton de la manivelle.
- Fig. 7. La bielle vue dans tout son développement avec les pièces qui l’accompagnent.
- Fig. 8. Section verticale de la boîte à clapet.
- Fig. 9. La même vue en élévation.
- Fig. 10. La même vue en dessus.
- Les fig. 6, 7, 8, 9 et 10 sont dessinées sur une plus grande échelle.
- Les mêmes lettres désignent les mêmes objets dans toutes les figures.
- Les cylindres à vapeur À A sont reliés entre eux par une traverse pour former le bâti B ; ils renferment chacun un piston métallique C, dont les tiges D, après avoir traversé les boîtes à étoupe E, sont réunies chacune à une traverse F; les bouts de ces traverses portent des coussinets qui se meuvent dans des glissières G fixées aux couvercles H H des cylindres à vapeur. Chaque traverse F est articulée, au moyen d’une petite bielle I, avec de longs leviers ou manivelles J J composés de deux joues ou flasques en fer plat fixées sur un axe K disposé à la base du bâti et tournant dans des coussinets. Chaque couple de flasques J J est articulé à sa partie supérieure avec une bielle L L, qui à son extrémité opposée est reliée à une manivelle M. Les deux mannetons de ces manivelles sont unis par un fort étrier N, afin de rendre leur mouvement solidaire. Les manivelles M sont montées sur les arbres 0 0, qui reçoivent, en dehors du bateau, les roues à aubes. Sur ces arbres sont ajustés, de chaque côté du bâti, deux excentriques P, lesquels, par l’intermédiaire de colliers et de tringles, conduisent, entre deux montants, une traverse Q. Les
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- extrémités de cette traverse portent deux pistons R R fonctionnant dans les pompes alimentaires S S, pour aspirer l’eau amenée dans les réservoirs T T par le piston U de la pompe du condenseur V. Les clapets a a retiennent cette eau dans les réservoirs T T, d’où elle est envoyée, au moyen des pompes alimentaires S S, dans la chaudière par le tuyau Z.
- Les bâches À' A' des condenseurs communiquent avec la sortie de vapeur des cylindres à l’aide des tuyaux R' R', et l’eau est amenée dans ces bâches par un tuyau C' fixé d’un bout à la partie immergée du bateau et de l’autre à une boîte à clapet D'. Indépendamment de la tubulure destinée à recevoir le premier tuyau, la boîte en a deux autres pour conduire cette eau dans les bâches par les tuyaux E' E'. Le clapet b sert à permettre ou à interrompre l’accès de l’eau pour la condensation.
- Les mouvements sont transmis aux tiroirs de distribution c par les excentriques F' montés l’un à côté de l’autre sur l’un des arbres O ; chaque excentrique est enveloppé par un collier relié à une bielle G', dont le bout opposé porte une encoche destinée à recevoir le manneton d’une petite manivelle H' faisant corps avec un levier F, lequel est manœuvré à la main. Le bout des bielles G' du côté et au-dessus de l’encoche est garni d’une espèce de verrou à manette J', qui, étant retourné, fait déclencher le bouton de l’encoche et permet de changer la direction du mouvement de la machine.
- Le levier F est monté à l’extrémité d’un arbre K', qui est muni d’un autre levier L', mais disposé dans un sens opposé au levier I'. Le bout de ce levier est engagé dans une mortaise ménagée sur la tringle M' attachée à l’extrémité du tiroir de distribution c.
- La vapeur générée dans la chaudière est amenée au tuyau N', d’où elle se rend dans les boîtes à vapeur contenant les tiroirs de distribution. (D.)
- MACHINES-OUTILS.
- Description d’une machine propre à façonner la tôle de fer, par M. Lemaître , constructeur d’appareils à vapeur, à la Chapelle-Saint-Denis.
- M. Gavé a employé, pendant longtemps, dans ses ateliers, deux appareils à cintrer les feuilles de tôle ou de cuivre destinées à la construction des chaudières ou des bouilleurs ; il les faisait fonctionner à bras d’hommes ; l’un était simplement composé d’un rouleau vertical qu’on forçait de tourner à l’aide de leviers autour d’un autre rouleau plus fort et fixe, en appuyant sur la tôle à cintrer. Nous en avons donné la description dans le Bulletin de la Société, 35e année, p. 198. L’autre machine est formée de deux rouleaux ou cylindres très-longs, entre lesquels on faisait passer la tôle qui recevait la pression d’un
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- troisième cylindre dont le diamètre était plus petit et que l’on abattait à l’aide de deux grands leviers.
- La machine à cintrer la tôle, employée dans les ateliers de M. Pihet et décrite dans le 3e volume de la Publication industrielle de M. Armengaud, consiste en trois cylindres de fonte, disposés horizontalement, dont deux inférieurs exactement parallèles, et le troisième supérieur; c’est entre ces cylindres , qui ont 2 mètres et demi de longueur, qu’on fait passer les feuilles de tôle ou de cuivre , qui sont ainsi cintrées avec toute l’exactitude désirable.
- M. Lemaître, dont les travaux relatifs à la grosse chaudronnerie ont été récompensés par une médaille d’or que la Société d’encouragement lui a décernée dans sa séance générale du 20 janvier 1847, a inventé une machine destinée non-seulement à cintrer les feuilles de tôle , mais plus particulièrement à façonner celles qui entrent dans la composition de sa grande grue, décrite p. 266 du Bulletin de la Société, 45e année ( 1846 ).
- Cette machine, représentée pl. 1077, agit par pression exercée sur la feuille de tôle placée sur des mandrins dont elle prend les diverses formes.
- La fig. 1 est une élévation, vue de face, de cette machine.
- Fig. 2. Élévation vue du côté opposé.
- Fig. 3. Section verticale sur la ligne À B, fig. 1.
- Fig. 4. Élévation latérale.
- Fig. 5 et 6. Mandrins de diverses formes posés sur le banc.
- Fig. 7 et 8. Cuvettes dans lesquelles on fait entrer les feuilles de tôle pour les courber.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans toutes les figures.
- À, banc en fonte de fer sur lequel on pose les mandrins de diverses formes. B, madrier transversal boulonné sur les poutres C. D, presse verticale terminée par une embase E, mobile sur un boulon a „ et appuyant sur les feuilles de tôle placées sur les mandrins F.
- G, crémaillère dans laquelle engrène un pignon H, monté sur un arbre portant une roue dentée I. K, autre roue dentée mue par un pignon L fixé sur l’arbre M, muni d’un volant N que l’ouvrier fait tourner à la main pour faire descendre la presse D. L’arbre qui porte ce volant est plus long qu’il n’est représenté dans les fig. 1 et 2, afin de ne point gêner le travail.
- O, feuilles de tôle prenant les diverses formes des mandrins, en frappant dessus à coups de marteau, après qu’elles ont été chauffées.
- P, cuvette dans laquelle on fait entrer, par compression, la feuille de tôle pour la courber.
- Q R, autres cuvettes sur le bord desquelles s’appuie la feuille pour prendre la forme que lui donnent les pièces ST. ( D. )
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- Rapport fait par M. À. Chevallier, au nom du comité des arts chimiques, sur une matière propre à graisser les machines, et sur un mastic destiné à remplacer le mastic au minium emploijé pour luter les joints d’assemblage des machines à vapeur, présentés par M. Serbat.
- Messieurs, dans la séance du 2 juin 1848, vous avez renvoyé à l’examen du comité des arts chimiques les notes présentées par M. Serbat, manufacturier à Saint-Saulve ( Nord ), notes par lesquelles il vous fait connaître les moyens qu’il met en pratique pour obtenir divers produits manufacturiers qu’il livre à l’industrie, et notamment 1° un savon ou graisse obtenue avec les produits volatils provenant de la distillation de la résine ; 2° un mastic destiné à luter les joints d’assemblage des machines à vapeur, des pompes, et à remplacer le mastic préparé au minium qui est employé dans les mêmes circonstances et qui souvent donne lieu, chez ceux qui en font usage, à des indispositions, à des coliques saturnines. Nous venons vous rendre compte de l’examen que nous avons fait de ces produits et des méthodes suivies pour leur préparation.
- On sait que, dès 1828, M, Dives eut l’idée d’utiliser les huiles pyrogénées en général, et principalement celles qui proviennent de la distillation des résines, et qu’il fit connaître qu’en mêlant ces huiles aux divers sels, sous-sels et oxydes métalliques susceptibles d’agir sur ces huiles on pouvait leur donner de la consistance, les rendre plus ou moins siccatives lorsqu’on exposant le mélange ainsi préparé en couches minces au contact de l’air.
- M. Dives j dans un brevet pris le 17 septembre 1828 (1), déclarait que ces
- (1) Voici la spécification de ce brevet publié t. 38, p. 431 du Recueil des brevets expirés.
- « A 1 kilogram. d’huile pvrogénée obtenue de la distillation, à feu nu, du brai sec j’ajoute 96 gram, « de sous-acétate de plomb, avec surexcès de base que je prépare ainsi qu’il suit :
- « Je fais dissoudre à chaud 1 kilog. et demi d’acétate de plomb cristallisé ( sel de Saturne du com-“ merce ) dans 4 kilog. et demi d’eau distillée. Dès que le liquide est entré en ébullition , j’y projette, « par petites portions, 1 kilogramme d’oxyde de plomb demi-vitreux bien pulvérisé; j’agite continuelle-« ruent le liquide avec une spatule de bois, ayant soin de ne projeter de nouvelles quantités d’oxvde « que lorsque la liqueur est en pleine ébullition. Je poursuis l’évaporation jusqu’à ce que l’aréomètre, « pour les sels, marque, bouillant, 30°. Je fais refroidir, et, pour peser les doses voulues, j’ai soin de « bien mêler au liquide ainsi concentré le carbonate et l’oxyde de plomb qui n’unt pu entrer dans le « sous-acétate.
- « Revenant à la composition de mon enduit, et quand j’ai ajouté à 1 kilogramme d’huile pyro-« génée de résine 96 grammes de sous-acétate avec surexcès de base, je brasse fortement le mélange, .( même à plusieurs reprises; j’interromps cette pratique dès que je vois que la combinaison commence « à acquérir de la consistance. Au bout de vingt-quatre heures, l’enduit peut être employé ou mis en * baril.
- « Je confectionne un enduit pour des usages plus grossiers encore, en substituant du goudron à « l’huile pyrogénée de résine. »
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- propriétés , communes à plusieurs sels , sous-sels et oxydes métalliques , appartiennent principalement à ceux dont le plomb fait la base , qu’aussi c’était de ces derniers qu’il se servait de préférence pour la fabrication de son enduit.
- Plus tard, MM. Payen et Buran s’occupèrent de la préparation d’un savon | connu sous le nom de graisse noire ) avec les huiles pyrogénées et la chaux, et ils prirent, le 30 janvier 1838, un brevet de dix ans. On voit, par l’examen du texte de ce brevet publié t. 68, p. 301 du Recueil, que MM. Payen et Buran eurent l’idée, l’huile essentielle obtenue de la résine par le moyen ordinaire ne leur donnant pas un produit convenable, mais un produit impropre à la préparation de la graisse, d’ajouter, dans l’appareil distillatoire , de la chaux dans la proportion de 5 à 10 pour 100, et de traiter ensuite l’huile obtenue par des substances alcalines , la chaux , la potasse, la soude ou la magnésie , et notamment par la chaux dans la proportion de % à 5 pour 100 du poids de l’huile , mêlant la chaux à froid, en ayant soin de remuer le mélange et de n’ajouter l’alcali que peu à peu.
- M. Serbat, dès 1834, s’occupa de recherches sur l’huile de résine. Ces recherches furent faites en commun avec MM. Fremy et Boutin; elles avaient pour but la désinfection de l’huile de résine, son application à la peinture et à la fabrication des savons ; mais ces chimistes n’ayant pas obtenu les résultats qu’ils désiraient, ce travail fut abandonné.
- M. Serbat fit de nouveaux essais, et en 1839 il appliqua quelques procédés qu’il avait découverts dans la fabrique de gaz de Belleville. Plus tard, en 1840, M. Serbat s’occupa de nouveau des huiles de résine, mais en se proposant un autre but; il créa alors, à Saint-Saulve, près Valenciennes, un établissement pour la préparation de divers produits, et il forma, à Bruxelles, une société pour l’exploitation de ses procédés. De la matière onctueuse pour le graissage des machines fut admise, sur la demande de M. Charvet, à l’une des expositions des produits des arts et manufactures à Bruxelles, et on décerna à l’exposant une médaille.
- La graisse fabriquée à cette époque était de l’huile de résine rendue consistante par des corps gras et par des savons.
- De nouvelles recherches conduisirent M. Serbat à adopter un nouveau node de fabrication d’une graisse propre à lubrifier les machines, et il obtint, en 1846, un brevet pour l’exploitation de ce procédé. Ce mode de fabrication nous a paru rationnel et surtout manufacturier; nous allons indiquer ici quel est le mode suivi par M. Serbat.
- On soumet à la distillation, dans des fours convenablement construits, de la résine connue sous le nom de brai sec ; on sépare les premières portions
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- des produits qui passent à la distillation. Ces premières portions consistent en une huile qui est mise de côté pour être employée en peinture ; en effet, elle jouit de la propriété de dissoudre les savons métalliques.
- 600 kilog. donnent, en moyenne,
- 4° Huile essentielle pour la peinture. . . 26 kilog.
- 2° Huile pour la fabrication de la graisse. . 438 kilog. (1).
- L’huile étant obtenue de la distillation, on la purifie de la manière suivante :
- Toute l’huile pour la graisse provenant de la distillation est versée dans une chaudière de cuivre ; elle est chauffée et portée à l’ébullition qui est soutenue pendant deux heures. Cette ébullition s’opère, l’huile étant additionnée soit avec des fragments de zinc, soit de chaux hydratée, dans les proportions suivantes :
- Huile. .... 97
- Zinc............................ 1
- ou chaux hydratée. . 1
- L’addition de ces agents a pour but de séparer 1° des acides qui peuvent exister dans la résine ou qui peuvent se former pendant l’opération ; 2° de priver l’huile de l’eau qui a passé à la distillation et qui se volatilise pendant l’ébullition.
- L’huile qui a bouilli est coulée encore chaude et laissée en repos dans des réservoirs en cuivre pendant un temps plus ou moins long; mais on peut, six heures après, l’employer à la préparation soit des pâtes de chaux, soit de la graisse. En effet, l’huile obtenue est fractionnée en deux parties; Y une qui sert à faire la pâte de chaux, l’autre que l’on convertit en graisse à l’aide de la pâte de chaux. .
- Le dépôt de l’huile se fait dans un réservoir muni de deux robinets : l’un, supérieur, sert à tirer l’huile déposée; l’autre, inférieur, à séparer les fèces. Ces fèces ne sont pas perdues, l’huile qu’elles contiennent est séparée par l’eau et par la chaleur.
- Préparation de la pâte de chaux.
- On prend : chaux hydratée......................36 kilog.
- Huile..............................52 kilog.
- (1) Toutes les résines ne fournissent pas les mêmes quantités d'huile ; de plus, parmi les résines qui sont livrées au commerce, il en est qui sont falsifiées par de la terre, du sable qu’on a incorporés à ces résines.
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- On fait chauffer l’huile, et, lorsqu’elle est modérément chaude, on y ajoute une portion de la chaux hydratée ; on y incorpore cette chaux en agitant au moyen d’une spatule de fer percée à la partie supérieure. Lorsque la portion de chaux est incorporée, on en ajoute de nouvelle jusqu’à ce que le mélange soit complet.
- On ne chauffe que modérément l’huile, parce que, si l’on chauffait trop el si l’on ajoutait beaucoup de chaux, il y aurait boursouflement.
- La chaudière dans laquelle se fait cette opération est chauffée par le fond seulement ; elle est en fonte.
- L’opération dure douze heures environ; on reconnaît quelle est terminée lorsque le mélangé est devenu liquide, d’une couleur chocolat ; vu dans l’obscurité, ce mélange est phosphorescent (1).
- Cette pâte de chaux, refroidie, peut servir à taire de la graisse ; elle conserve cette propriété indéfiniment.
- Fabrication de la graisse,
- La pâte de chaux étant préparée, on la tient chaude, puis on agit de la manière suivante : on prend 10 kilog. d’huile que l’on verse dans un poêlon muni d’un bec, et on y verse , en agitant vivement, 1 kilog. de pâte de chaux liquide; on verse de suite le mélange bien agité, soit dans des boîtes, soit dans des tonneaux; il se solidifie avec une rapidité vraiment extraordinaire et avant d’être refroidi.
- On ne peut pas croire que ce soit la chaux ajoutée qui solidifie l’huile py-rogénée , puisque la pâte de chaux est liquide ; il se forme sans doute une combinaison particulière. La graisse ainsi solidifiée, lorsqu’elle est chauffée de nouveau, se fond, mais ne se solidifie plus.
- Les avantages que présente la graisse ainsi confectionnée sont les suivants : elle est promptement préparée , sa fabrication est uniforme , elle n’encrasse pas les machines, elle n’est pas visqueuse, elle n’augmente pas les frottements. La graisse ainsi préparée se vend 50 fr. les 100 kilog.
- La matière onctueuse fabriquée par M. Serbat a été, ainsi que nous avons pu nous en convaincre par les livres et la correspondance de ce fabricant, appréciée par les manufacturiers ; les demandes qu’on en a faites ont graduellement augmenté, et la fabrication, qui était de 10,000 kilog. en 1840, s’est élevée, en 1847, à 152,930 kilog. La graisse préparée est aussi employée
- (l) On voit que ie nom de pâle de chaux qu’on a donné à ce produit qui est liquide pourrait être remplacé par une autre désignation.
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- en Belgique ; aussi ce fabricant a-t-il établi en Belgique ( à Quiévrain ) une deuxième fabrique (1).
- Nous avons dit que M. Serbat s’était aussi livré à la préparation d’un mastic destiné à remplacer, dans les arts, le mastic au minium dont l’emploi présente des dangers pour les ouvriers qui en font usage. Nous allons faire connaître le mode suivi pour l’obtention de ce produit, qui, selon nous, mérite, sous le rapport de l’hygiène publique , de fixer l’attention de la Société d’encouragement.
- Préparation du mastic.
- On prend : sulfate de plomb calciné et broyé. . . . . 72 kilog.
- Poudre de peroxyde de manganèse du commerce. 24 Huile de lin. . . . . . . . . 13
- On introduit toutes ces matières dans un tambour en fer battu. Ce tambour est suspendu sur son axe , et il est mis en mouvement à l’aide d’une courroie qui reçoit son impulsion d’une machine à vapeur. On place dans le tambour, et avec les matières indiquées ci-dessus , des boulets elliptiques en fonte du poids de 2 kilog. et demi ; on ferme le tambour au moyen d’un tampon fixé par des vis , et on fait tourner ce tambour pendant une heure et demie. Après ce laps de temps, on ouvre le tambour et on ajoute aux substances qui y sont contenues 17 kilog. de manganèse. On fait tourner ensuite pendant trois quarts d’heure ; on ouvre de nouveau le tambour, et on y introduit une nouvelle portion d’oxyde de manganèse, 17 kilogrammes, et on fait tourner pendant une heure et demie. Au bout de ce temps, on ouvre le tambour et on soumet ce mélange, qui est seulement aggloméré, aux efforts incessants de pilons mus par la vapeur et qui sont semblables à ceux des bocards. On continue de piler jusqu’à ce que la matière ait acquis
- (1) Le produit graisseux de M. Serbat a été aussi apprécié en Belgique. Ce fait résulte de la lettre suivante écrite par M. Guillery à M. Serbat.
- Laken, 14 mai 1848.
- « Monsieur,
- i Je crois que vous allez recevoir incessamment le brevet que vous avez demandé, et que toutes les difficultés sont levées à cet égard. J’ai eu occasion d’examiner bien attentivement votre procédé, et même de faire l’analyse de vos produits. M. Slas, professeur de chimie à l’école militaire, a fait la même chose ; il m’écrit qu’il regarde votre procédé comme bien supérieur à tous ceux qu’on a employés dans le même but, et comme le seul bon, comme le seul qui puisse donner un résultat avantageux, dans l’emploi de la chaux et de l’huile de résine.
- « L’opinion de ce savant, parfaitement conforme à ja mienne, m’a fait le plus grand plaisir.
- « Agréez, etc. »
- Signé Guillery.
- On voit que l’opinion des savants belges est d’accord avec celle émise par le rapporteur.
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- de la mollesse; on a soin, pendant toute l’opération, de renouveler les surfaces et de ramener la matière sous les pilons. L’opération du bocardage dure deux heures.
- Cette opération étant terminée, on place la pâte dans de vastes cuviers où elle doit reposer pendant quinze jours ; on tasse fortement cette pâte et on laisse réagir. On couvre les cuviers avec une couverture de laine huilée.
- Après quinze jours, la pâte est reportée dans le tambour, et on y ajoute de nouveau ( pour les proportions indiquées plus haut ) 14 kilog. d’oxyde de manganèse. On fait tourner le tambour pendant une heure ; oh bocarde aussi pendant une heure , et on replace la pâte dans les cuviers ; elle y reste quinze jours et plus, ce qui vaut mieux, si les besoins n’exigent pas qu’on en fasse usage le quinzième jour.
- Avant de l’introduire dans les boites pour la livrer au commerce , on retire la pâte des cuviers, on la pile sous les bocards pour la ramollir, puis on la passe entre deux cylindres en fonte tournée dont l’axe est en fer. Les cylindres sont rapprochés à un dixième de millimètre. Cette opération est destinée à faire disparaître des grumeaux qui auraient pu échapper à l’action des pilons.
- La pâte laminée est ramenée sous les pilons, et de consistante qu’elle était elle devient molle ; elle est alors placée dans des boîtes de 5, 10, 20, 30, 50 et 100 kilog. Cette pâte se conserve molle indéfiniment, et pour l’employer on n’a besoin que de la malaxer entre les mains, il n’est pas nécessaire d’y ajouter de l’huile. Dans cet état, ce mastic peut être employé aux mêmes usages que le mastic fait au minium et au blanc de céruse. Ce mastic , qui se moule parfaitement, ne coule pas par la chaleur ; il se durcit au contraire , et acquiert une très-grande solidité ; de sorte que les jointures recouvertes de ce mastic sont mieux lutées que celles recouvertes de mastic au minium. De plus, cet enduit se conserve plus longtemps sans altération (1).
- (t) Voici ce que dit M. Jndry, ingénieur des ateliers de construction des usines et mines de houille du Grand-Hornu, sur ce mastic : « Le mastic métallique de M. Serhat, dont je fais usage depuis plusieurs mois pour les joints d’assemblage de machines à vapeur, de pompes, etc., m’a donné d’excellents résultats ; je l’ai fait employer avec un égal succès pour des joints à l’eau chaude et à l’eau froide, à la vapeur à haute et à basse pression et à l’air : il a parfaitement rempli le but que l’on atteignait auparavant avec le mastic de minium et de blanc de céruse délayés dans l’huile de lin. De plus, le mastic de M. Sériât jouit de la précieuse propriété de se durcir immédiatement au contact d’une haute tem pérature, dureté que l’on obtient en passant sur le joint un fer rouge. Cet avantage incontestable permet, lorsqu’une fuite se déclare dans un joint, de l’étancher de suite en l’emplissant de mastic, que l’on fait durcir au moyen d’un fer chaud; il s’emploie facilement, devient très-malléable en le pétrissant entre les doigts, et colle bien sur les métaux, que l’on enduit d’huile de lin avant de l’appliquer. Je l’ai employé pur, avec rondelles de carton et de plomb, avec bourrelet de chanvre, et je n’ai eu, dans tous ces cas, qu’à me louer des résultats obtenus.
- Grand-Hornu, le 13 mai 1846.
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- Signé A. Andry.
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- Ce mastic se vend de 60 à 70 fr. les 100 kilog. Comme on le voit, c’est un produit manufacturier.
- Le besoin de substituer au mastic préparé avec le minium, qui donne lieu à des coliques de plomb, une autre préparation avait été si bien senti, qu’à l’usine d’Angleur ( Belgique ) on a eu l’idée d’utiliser la poussière de zinc qui se trouve en grande quantité dans cette fabrique.
- Là ce mastic se prépare à l’eau et en suivant la même méthode de malaxation que celle qu’on emploie pour préparer le mastic au minium avec l’huile de lin.
- Le mastic au zinc présente cependant un inconvénient, c’est qu’il faut s’en servir de suite, car il se durcit avec rapidité, ce que ne fait pas le mastic Serbat, qui peut être conservé très-longtemps avant d’être employé.
- Modification dans le sulfate de plomb employé.
- On peut remplacer le sulfate de plomb du commerce par un mélange dont la nature n’est pas bien connue et qui se prépare en prenant
- 1° LO kilogrammes de sulfate de plomb du commerce ;
- T 5 kilogrammes de rognures de zinc.
- Faisant calciner sur la sole d’un fourneau à réverbère chauffé jusqu’au rouge-cerise, continuant la chaleur en remuant de temps en temps, jusqu’à ce que le zinc ne brûle plus , ce qui indique que le métal est ou oxydé ou amené en une combinaison qui est à étudier et qui participerait de la réaction du sulfate de plomb sur le zinc métallique.
- Il est bien entendu qu on n’a pas besoin de ce produit pour la fabrication des mastics ; il est plus spécialement employé à obtenir une couleur grise que les peintres apprécient et qui sera plus tard le sujet de nouvelles investigations.
- Le mastic préparé par M. Serbat est un produit commercial très-estimé; il est employé dans un très-grand nombre d’usines du département du Nord; à Paris, on en fait usage dans les établissements de MM. Delessert, Périer frères , Sommier, Gouin et comp., à l’établissement de la monnaie , à la manufacture des tabacs, au chemin de fer du Nord.
- L’emploi du mastic Serbat est en voie de progression : en effet, d’après les livres de cet industriel, la vente a été, en 1845, de 8,498 kilog.; en 1846, de 18,481 kilog.; en 1847, de 83,980 kilog.
- Ce mastic peut aussi servir à faire disparaître les imperfections dans les fontes de fer (1).
- (1) Le dépôt de ce mastic est établi chez M. Teinturier, rue des Vieux-Àugustins, 27.
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- MARBRURE.
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- Par suite de tout ce qui précédé, le comité est d’avis que les communications faites , par M. Serbat, a la Société présentent un vif intérêt, et il vous propose de remercier Fauteur et d’ordonner l’impression du présent rapport dans le Bulletin de la Société.
- Signé À. Chevallier , rapporteur.
- Approuvé en seance, le 16 août 184.8.
- MARBRURE.
- Rapport fait par M. Ebelmen, au nom du comité des arts chimiques s sur un procédé relatif à la marbrure du verre et des pâtes céramiques; par M. Fournier, rue Scipion, 1.
- Les procédés de marbrure qu’on emploie pour le papier et pour les matières absorbantes n’avaient pu, jusqu’à présent, s’appliquer au verre et aux pâtes céramiques émaillées, comme la porcelaine et la faïence. M. Fournier est parvenu à réaliser ce progrès en recouvrant ces surfaces vitreuses d’une préparation peu coûteuse qui permet aux couleurs de s’y fixer d’une manière assez solide pour pouvoir ensuite passer à la cuisson.
- Tous les procédés particuliers à l’aide desquels on varie la forme et la couleur du marbré sur les papiers peints s’appliquent également au marbré sur porcelaine et sur faïence émaillée. Une fois que les substances sont recouvertes par la préparation qui constitue l’invention de M. Fournier, elles se marbrent exactement de la même manière que le papier et les autres substances absorbantes ; mais il est bien entendu que les couleurs ne se fixant définitivement qu’à l’aide de la fusion doivent être du genre de celles qui servent à peindre le verre ou les poteries, et que l’on désigne sous le nom de couleurs de mousse ou de couleurs de grand (eu.
- Les essais de M. Fournier, sur du verre, sur de la porcelaine de Sèvres et sur de la faïence émaillée ordinaire , ont donné des résultats satisfaisants. M. Fournier est parvenu également à marbrer la faïence recouverte de son émail avant la cuisson de celui-ci, de façon à ce que le même feu serve pour la fusion de l’émail et celle de la couleur.
- Les procédés de M. Fournier sont expéditifs et économiques , et il y a lieu de penser qu’ils pourront être très-utilement employés pour obtenir des marbrés sur des carreaux et des pièces de faïence, sur des vitres, etc. Votre comité vous propose de remercier l’auteur de sa communication, et d’insérer le présent rapport dans le Bulletin.
- Signé Ebelmen, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 16 août 184:8.
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- ARTS ÉCONOMIQUES. — écriteaux.
- Rapport fait par M. Dizé , au nom du comité des arts économiques, sur un système d’écriteaux ou tableaux indicateurs, et sur des barrières de clôture, fabriqués par MM. Bouilliant et comp., fondeurs , rue Ménilmontant, 50.
- MM. Bouilliant et comp. ont appelé l’attention de la Société sur la spécialité de leur fabrication de plaques à lettres en relief , en tout métal fusible, pour les inscriptions des noms des rues, des numéros des maisons, des routes et des enseignes.
- Depuis longtemps l’industrie s’est exercée à substituer aux lettres peintes des lettres en relief de différentes matières. La Société se rappelle avoir eu sous les yeux les lettres en bois découpé de M. Guérin (1), celles en terre cuite de M. Gillard (2), les caractères creux en métal de M. Perlot (3). Les métaux, soit fondus, soit repoussés, les pâtes céramiques, sont employés avec succès pour cet usage. Les concours ouverts par les administrations départementales ont donné lieu à des innovations plus ou moins dignes d’intérêt ; ce n’était pas le seul but que s’étaient proposé MM. Bouilliant et comp. Par une heureuse application des procédés usités dans la stéréotypie ils ont établi une fabrication spéciale, plus économique et plus durable, d’écriteaux en plaques coulées ( fonds et lettres d’un seul jet ), en fonte de fer, zinc, cuivre , ou tout autre métal fusible , en lettres en relief très-correctes, très-lisibles , et qui se posent et se déposent facilement et à peu de frais, de même que l’on peut les établir dans toutes les proportions et les orner de manière à les mettre en rapport avec l’objet auquel on les destine.
- Le procédé mis en pratique par MM. Bouilliant et comp. est d’une grande simplicité , pour fabriquer ce genre d’inscriptions ou d’écriteaux avec autant de facilité que de promptitude et de netteté.
- Il consiste dans le modèle des plaques d’inscriptions à lettres en relief, qui se compose de deux parties :
- 1° D’un fond à coulisse et rainure ;
- 2° De lettres montées et rivées sur tasseaux.
- Ce fond est établi à coulisses fixes ou mobiles ; ces coulisses sont rainées ; une entrée pour les tasseaux est réservée à l’extrémité droite. Le fond ainsi établi se compose d’autant de lignes que l’on désire ; les longueurs et les largeurs du modèle monté sont subordonnées à la quantité des lettres composant l’inscription, et la grandeur de ces lettres forme, par conséquent, les li-
- (1) Voy. Bulletin de la Société, 37e année, p. 227.
- (2) Même Bulletin, 35e année, p. 37.
- (3) Même Bulletin, 40e année, p. 454.
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- ÉCRITEAUX,
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- mites. L’épaisseur seule de la pièce pourrait être un peu plus forte en raison de la grandeur du modèle, afin que la matière pût, au coulage, se répandre avec plus de facilité, et remplir d’une manière plus nette le moindre délié des lettres, les moulures et les contours de la plaque. On peut faire des inscriptions de plaques jusqu’à A , 5 et 6 mètres de longueur sur une grande largeur, avec une épaisseur de quelques millimètres.
- Les lettres en cuivre sont ajustées et rivées sur tasseaux qui sont à rainures; elles s’adaptent parfaitement dans les coulisses du fond de manière à recevoir chaque lettre que l’on veut lui donner pour former les mots dont doit se composer la phrase; ainsi de même pour toutes les formes et grandeurs de caractères. Le modèle étant monté est soumis au moulage comme toutes les autres pièces ; seulement ce travail exige des soins et quelque pratique ; une fois moulées, ces pièces se coulent avec tous les métaux fusibles.
- Des avantages résultent de ce mode de fabrication :
- 10 On les obtient à un prix très-bas ;
- T Elles sont d’une très-grande solidité et d’une longue durée.
- Ce système a fixé l’attention de plusieurs villes qui en ont adopté l’usage ; il a été aussi apprécié par les ingénieurs des ponts et chaussées comme très-économique et d’une utilité réelle pour établir des tableaux indicateurs, des bornes kilométriques, des poteaux indicateurs des chemins vicinaux, des grandes communications qui en signalent la direction, la longueur et les limites départementales aux voyageurs.
- On voit, dans l’établissement de MM. Bouilliant et comp. , tous les divers modèles en fonte dont suit l’énumération :
- Poteaux indicateurs pour les forêts,
- Plaques pour indiquer les maisons de gardes,
- Poteaux indicateurs des chemins vicinaux ,
- Bornes kilométriques destinées à indiquer les distances parcourues ,
- Modèles-plaques pour indiquer les chemins de fer,
- Échelles pour rivières et ports de mer,
- Modèle d’un voyant des cantonniers dont les tiges sont en fonte d’une hauteur de % mètres, et gradué de manière à pouvoir doubler le mètre ,
- Bornes en fonte pour amarrer les bateaux.
- MM. Bouilliant et comp. ont ajouté à leur industrie des barrières en fonte à colonnes pivotantes pour intercepter les passages, d’une construction bien entendue.
- Ces diverses barrières composent, avec le système d’écriteaux ou tableaux indicateurs, l’ensemble des procédés mis en pratique par MM. Bouilliant et comp. dans leur fonderie. Le comité des arts économiques les a examinés avec
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
- soin , et au point de vue de leur spécialité , de< leur solidité, de leur durée et de leur prix modéré; il est d’avis qu’ils méritent l’approbation de la Société.
- D’après ces considérations, nous avons l’honneur de vous proposer d’adresser des remercîments à MM. Bouilliant et comp., et d’insérer le présent rapport dans le Bulletin de la Société.
- Signé Dizé, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 5 juillet 1848.
- •M4SI
- NOTICES INDUSTRIELLES
- extraites de diverses publications périodiques françaises et étrangères.
- ARTS MÉCANIQUES.
- Note sur le système de ponts à arcs en planches de sapin superposées ; par M. Baude, ingénieur en chef des ponts et chaussées (1).
- Dans ces derniers temps, on a fréquemment employé sur les chemins de fer, pour franchir les fleuves ou les vallées, un système de ponts-viaducs dont les arches sont formées d’un certain nombre dé planches de sapin de 7 à 8 centimètres d’épaisseur, posées à plat. Ces fermes ont généralement remplacé celles des ponts en bois de chêne composées de trois ou quatre cours de pièces superposées, et d’un équarrissage de 25 à 30 centimètres chacune.
- Les planches de sapin s’assemblent les unes sur les autres à joints recouverts sur le cintre provisoire disposé pour les recevoir; elles sont séparées entre elles par une feuille de papier goudronné posée dans le double but de réunir les planches entre elles et de chasser l’humidité de ces joints multipliés.
- On assure d’ailleurs la liaison d’une planche à l’autre, à mesure que la pose s’avance, au moyen de chevilles en bois noyées. En outre, Iorsqüe l’arc est fini, on complète l’assemblage en l’entourant d’un certain nombre de brides en fer.
- Ces arcs sont plus économiques que ceux en bois de chêne équarri ; il faut, pour ceux-ci, des pièces de fortes dimensions qui se plient mal, et qui périssent par les joints, où la pourriture fait de rapides progrès au bout d’un petit nombre d’années. La ferme en planches de sapin se plie sans difficulté à la courbure du cintre sans trancher le fil du bois et sans avoir recours au pliage dispendieux par la vapeur. L’homogénéité de l’arc, alors qu’il est bien assujetti par de solides tympans, permet d’atteindre les plus grandes ouvertures des ponts en fonte.
- On remarque des exemples de ces ponts sur les chemins de fer de Rouen et du Havre
- (î) Celle note a élé lue dans la séance de la Société du 16 août 1848,
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- où ils ont été adoptés par M. l’ingénieur anglais J. Loke. A Bezons, au Manoir, à Ois-sel, à Rouen, en amont du pont de pierre, quatre de ces grands ponts-viaducs franchissent la Seine. A Saint-Germain, l’embranchement atmosphérique qui aboutit à la place du château a également emprunté l’arc en sapin plié pour traverser les deux bras de la Seine séparés par 1 île de la Corbière.
- Ce système, dont les arcs reposent d’ailleurs sur des culées et des piles en maçonnerie , a été établi sur la ligne du chemin de fer de Rouen, comme venant d’Angleterre, et nous voyons, en effet, que, dans une réunion récente de la Société des ingénieurs civils à Londres, une notice l’a attribué à MM. John et Benjamin Green, de Newcastle sur Tyne (1).
- Ce système d'arches en sapin laminé, y est-il dit, fut imaginé par M. Green en 1827, lorsqu’il s’occupait d’un projet de pont pour traverser la rivière Tyne à Scotswood, mais où la profondeur et la rapidité des eaux déterminèrent, à celte époque, la construction d’un pont suspendu.
- Plus tard, quand la compagnie du chemin de fer de Newcastle à Carlisle offrit un prix au meilleur modèle de pont pour franchir la Tyne au-dessus de Scotswood, M. Green présenta un modèle dans le système de planches pliées à plat, et cette disposition d’arc, de 120 pieds de corde, obtint la préférence.
- En 1833, après avoir étudié de nouveau ce système de construction dans tous ses détails, M. Green commença les ponts-viaducs d’Ouseburn et de Willington sur le chemin de fer de Newcastle à Carlisle.
- Le succès de ces ponts les a fait substituer, même en Angleterre , à beaucoup de viaducs qu’on projetait en fonte; on en trouve l’application dans l’un des beaux ouvrages du chemin de fer de Manchester à Sheffield, pour franchir la vallée de Dantin. Nous citons particulièrement cette vaste construction que nous avons visitée lorsqu’elle s’élevait par les soins de M. l’ingénieur Alfred Jee.
- Aujourd’hui donc que les ponts à arcs en planches de sapin superposées sont partout substitués avec avantage aux cintres en bois de chêne équarri, il convient de rendre au véritable inventeur le mérite de l’invention. Nous ne contestons pas à M. Green le mérite de l’application et du perfectionnement, mais le système en lui-même appartient à un autre.
- M. le colonel Emy, bien antérieurement à 1827, avait établi déjà plusieurs cintres de sapin plié pour des fermes de manège, ainsi que le constate son ouvrage sur un système d’arcs pour les grandes charpentes (2) ; toutefois l’idée première ne lui appartient pas, ou, du moins, elle avait été émise avant lui.
- En effet, ce mode de construction est dû à un ingénieur des ponts et chaussées, M. Saint-Far, qui se trouvait employé à Mayence en 1811. Il avait été invité, par ordre de l’empereur Napoléon, à faire l’étude d’un projet de pont fixe à établir sur le
- (1) The arched timber viaducts, on the Newcastle and Northshields railwav, erected bv rnessrs John and Benjamin Green.
- (2) Vov. Bulletin delà Société d’encouragement, 30e année (IS31), p. 150 et 157.
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- Rhin. M. Saint-Far présenta alors au conseil des ponts et chaussées un projet de pont en charpente dont les arcs étaient formés de planches de sapin superposées, et le modèle qu’il fit construire à cette époque est encore au musée de Mayence.
- On a donné le nom de fermes à la Philibert Delorme aux cintres en bois de champ, à deux ou trois cours, avec joints recouverts, employés dans un grand nombre d’édifices. Si on voulait désigner, par une abréviation, le système d’arcs en planches de sapin posées à plat, il semblerait naturel de l’appeler système à la Saint-Far.
- Notice historique sur M. R. Fulton; par M. André Michaux, membre de la Société nationale et centrale d’agriculture (1).
- C’est toujours avec un vif intérêt que les amis des sciences et des arts aiment à connaître et à s’enquérir même des moindres circonstances qui se rattachent aux grandes découvertes, surtout à celles qui exercent une remarquable influence sur la prospérité des peuples en général.
- L’emploi de la vapeur de l’eau comprimée, appliquée d’abord dans les usines, ensuite à la navigation sur les fleuves et les rivières, puis sur l’Océan, enfin sur les chemins de fer, peut être considéré comme l’un des événements les plus remarquables du xixe siècle.
- Voici l’un des faits qui se rapportent à cette application entreprise la première fois avec le plus entier succès pour la navigation sur les fleuves, par M. Rob. Fulton, et qui, assez probablement, n’a pas été inséré dans sa notice biographique.
- Antérieurement à l’année 1806, j’avais déjà fait deux voyages dans les États-Unis de l’Amérique du Nord. De retour en France de mon second voyage, j’en publiai la relation, sous le titre de Voyage à l’ouest des monts Alleghanys, etc. En 1806, j’en entrepris un troisième sous les auspices de M. le duc de Gaè'te, alors ministre des finances, comme ayant l’administration des eaux et forêts dans son département.
- Dans ce dernier voyage, j’avais mission de visiter toutes les forêts qui couvraient alors cette partie de l’Amérique du Nord. Après avoir, dans ce but, traversé, dans toutes les directions, les États du midi, du centre et de l’ouest, je me rendis, dans le même dessein, dans ceux de l’est, Connecticut, Massachusetts, New-Hampshire, district de Maine, et Vermont. Dans cette dernière excursion, j'étais accompagné d’un officier français de mes amis, M. Parmentier, natif de l’Orient, qui avait servi dans l’armée du général Moreau, auquel il était très-attaché.
- Arrivé à Burlington, situé sur le haut du lac Champlain, je me décidai à ne pas pousser plus loin mes recherches et à retourner à New-York. Nous partîmes, en conséquence , en pirogue pour Saratoga, où nous arrivâmes trois jours après notre départ de Burlington. De cette ville nous nous rendîmes par terre à Albany, situé sur le bord de la rivière du Nord, et éloigné d’environ 160 milles (240 kilomètres ou 55 lieues ) de New-York.
- (1) Celte notice a été communiquée à ia Société d’encouragement, par M. de Lasteyrie, dans la séance du 2 février 1848.
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- Les relations commerciales et autres de tous genres sont très-fréquentes et très-muh tipliées entre ces deux villes. A cette époque, des bateaux à voiles pontés en arrivaient et en repartaient journellement avec vingt-cinq à trente passagers. Le trajet se faisait ordinairement en trente-six ou quarante-huit heures, suivant que le vent et la marée étaient plus ou moins favorables.
- Nous étions depuis trois jours à Àlbany, lorsqu’on apprit l’arrivée, de New-York, d’un bateau mû par la vapeur. Ce bateau, qui était ponté, avait environ 25 mètres de long ; il était commandé par l’inventeur, M. R. Fulton. Beaucoup d’habitants de la ville et des étrangers qui s’y trouvaient alors vinrent le visiter; chacun faisait ses remarques sur les avantages qui devaient etre la conséquence de ce nouveau genre de navigation , mais aussi sur les graves accidents qui pourraient résulter de l’explosion de la chaudière à vapeur.
- Le bateau était rangé le long du quai ; un écriteau annonçait son retour à New-York pour le surlendemain 20 août, qu’on prendrait des passagers au même prix que dans les bateaux à voiles, 3 dollars ( 15 fr. 75 ).
- La crainte de l’explosion de la chaudière fut telle, que personne, si ce n’est mon compagnon de voyage et moi, n’osa prendre son passage pour New-York.
- Nous quittâmes Àlbany le 20 août, vers midi, en présence d’un grand concours de monde.
- M. le chancelier Livingston, que nous jugeâmes l’un des promoteurs de cette nouvelle manière de naviguer sur les fleuves, était le seul étranger avec nous ; il quitta le bateau dans l’après-midi pour se rendre à sa maison de campagne située sur la rive gauche de la rivière.
- De tous les points de la rivière d’où l’on pouvait apercevoir le bateau annoncé par la fumée de la cheminée, on voyait les habitants accourir; ils agitaient leurs mouchoirs et poussaient des hourras pour Fulton, dont il avait probablement signalé le passage en montant la rivière.
- Nous arrivâmes le lendemain entre 1 et 2 heures à New-York. Nous nous séparâmes de M. Fulton après lui avoir payé le prix de notre passage.
- Le jour de notre départ d’Albany, et quelques instants après que M. le chancelier Livingston nous eut quittés, M. Fulton nous exprima sa surprise de ce que, malgré le nombre de personnes qui devaient se rendre à New-York, deux Français seuls n’avaient pas craint de s’embarquer avec lui. La conversation s’étant engagée, je lui appris que M. Chaptal, alors ministre de l’intérieur, m’avait chargé de faire des recherches sur les forêts de cette partie du nord de l’Amérique, et surtout d’étudier les arbres qui les composent, sous le rapport de leur emploi dans les arts industriels. Je lui dis que je me proposais, à mon retour en Europe, de publier un ouvrage à ce sujet avec des figures; il approuva mon projet en ajoutant que cette publication aurait, en Amérique, du succès par son degré d’utilité, qu’elle me ferait honneur et me serait très-profitable, ce qui s’est confirmé.
- Mon compagnon et moi nous ne pûmes trop féliciter M. Fulton sur la complète
- Quarante-septième année. Septembre 1848. 77
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
- réussite, non de son invention, mais de l’application de la force comprimée de la vapeur pour agir aussi puissamment contre le vent et la marée. Avec une grande complaisance , il nous expliqua le mécanisme de la machine et comment l’impulsion était donnée ; il s’étendit principalement sur les avantages incalculables de ce moyen pour remonter les grands fleuves à l’intérieur, et notamment le Mississipi, navigable sur une étendue de plus de 3,200 kilom. ( 800 lieues ), et dont le courant est d’une force et d’une rapidité extrêmes.
- Sur l’observation que je lui fis de la difficulté qu’il y aurait de se procurer du charbon de terre pour chauffer la chaudière à vapeur, il nous dit qu’il le remplacerait parle bois ; que les rives du fleuve étaient presque sans interruption couvertes d’épaisses forêts ; qu’à la vérité ce mode de chauffage entraînerait l’inconvénient de multiplier les moments d’arrêt et quelques retards nécessaires pour abattre les arbres, les débiter en morceaux de longueur convenable , puis ensuite les transporter à bord du bateau, etc. Que cela , lui dis-je, ne vous inquiète en aucune manière. L’an dernier, et sur plusieurs points, j’ai traversé la partie occidentale de la Virginie et de la Pensylva-nie située entre les monts Alleghanys et l’Ohio. Les nombreux et profonds ravins creusés par les eaux qui vont se jeter dans cette rivière ont mis à découvert des couches de houille qui ne sont qu’à la profondeur de 50 centimètres à 1 mètre ( 2 à 3 pieds ). Ce combustible est si facile à se procurer, que, quoique tout le pays soit couvert de forêts primitives et, par conséquent, que le bois ne coûte que la peine d’abattre les arbres, les habitants ( il est vrai, alors peu nombreux ) trouvaient plus facile et moins pénible d’aller, avec une brouette et une pioche, se procurer de la houille ; enfin que l’abondance de ce combustible et l’extrême facilité de l’obtenir étaient telles, qu’il pourrait être rendu à la Nouvelle-Orléans , quoique la distance puisse être évaluée à 800 lieues (3,200 kilom.), au prix de 10 fr. le quintal. Ce dont vous venez de me donner connaissance, me dit M. Fulton, est une des choses les plus agréables que je puisse apprendre; nul doute, ajouta-t-il, des avantages incalculables pour l’intérieur des Etats-Unis de l’application de la navigation à la vapeur ; vous êtes, messieurs, les premières personnes qui aient osé m’accompagner et qui soient témoins de tout le succès obtenu.
- Il paraît qu’alors M. R. Fulton ne soupçonnait pas que la navigation à la vapeur pût un jour être employée sur mer et à traverser l’Océan en beaucoup moins de temps qu’avec des vaisseaux à voiles; il ne nous en parla pas. J’informai M. Fulton que je me proposais de retourner en France à la fin de cette même année 1807. A cette occasion, il nous dit qu’il en était de retour depuis peu; que, dans l’intime conviction où il était de tout le parti qu’on pouvait retirer de cette application de la vapeur à la navigation, il s’était présenté aux ministres de la marine et de la guerre, pour qu’on lui accordât les moyens de faire des essais, et enfin à l’Académie des sciences de l’Institut ; que partout il avait été bien accueilli, mais que la première chose qu’on lui répondit était le manque d’argent; que d’ailleurs la force expansive de la vapeur comprimée était une chose connue depuis longtemps, et que, quant à l’application qu’il se proposait d’en faire à la navigation, le succès en était fort douteux, parce que très-probablement
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- cette force, si puissante qu’elle fût, ne parviendrait pas à vaincre, à certaines époques de l’année, la violence des courants des fleuves et des rivières. Cette opinion fut aussi celle qu’exprima, à l’Académie des sciences, le ministre de la marine Decrès dans un rapport fait à ce sujet. Repousse partout, M. Fulton se décida a repasser en Amérique.
- Pendant mes sollicitations auprès des ministres de la marine et de la guerre, j’allais, nous dit-il, voir M. Carnot. « Si j’avais encore l’honneur d’être ministre de la guerre,
- « je n’hésiterais pas, me disait-il, un instant à vous donner les moyens de faire cet es-« sai, dont l’entière réussite est indubitable, car j’en comprends tous les moyens « d’action et j’en entrevois les immenses résultats pour l’avenir. » Puisque vous allez bientôt retourner en France, ajouta M. R. Fulton, en m’adressant la parole, veuillez bien aller voir M. Carnot de ma part, et lui dire que je n’oublierai jamais le bon accueil qu’il m’a fait; entretenez-le du succès complet de mes efforts et de ma persévérance dont vous êtes les premiers témoins; dites-lui que j’aurai toujours le plus profond regret que la France n’ait pas profité de mes offres pour la grande entreprise que méditait alors son gouvernement.
- Si on se reporte à cette époque, on trouvera qu’alors l’empereur avait résolu de faire une descente en Angleterre, qu’à cet effet il avait réuni une nombreuse armée à Boulogne, et que, pour opérer le débarquement, il avait fait construire un grand nombre de bâtiments de transport et d’embarcations de toutes grandeurs. Si donc M. Carnot eût été encore à la guerre, que vingt bateaux à vapeur eussent été construits en quelques mois sous la direction de M. Fulton, ne peut-on pas augurer du succès de l’entreprise? Alors la France, incontestablement, serait devenue la première nation du globe. Sa puissance aurait été durable, car elle aurait eu pour base les produits de son agriculture, et non l’industrie manufacturière dont la prospérité est toujours éventuelle (1).
- ARTS CHIMIQUES.
- Fabrication de certains acides, alcalis et sels alcalins; par M. Tilghman.
- L’invention de M. Tilghman consiste à produire certains acides, alcalis et sels alcalins, en exposant des sels, contenant ces acides et ces alcalis, à une haute température, à l’action d’un courant de vapeur d’eau qui entraîne l’acide et laisse la base libre ou l’oblige à se combiner avec une troisième substance mise en présence dans ce but.
- L’auteur décompose les muriates et les sulfates de potasse et de soude, pour obtenir respectivement les acides et les alcalis de ces sels en les exposant, à une haute tempé-
- (1) Il existe au musée du Louvre un buste de Robert Fulton, exécuté à l’époque où il était en France, par l’habile sculpteur M. Houdon. Je crois que la ressemblance est exacte. Ce buste, de grandeur naturelle, a été donné par M. de Falcourt, qui a résidé longtemps aux États-Unis d’Amérique, et qui est auteur d’un bon ouvrage sur l’agriculture, accompagné d’un grand nombre de figures, d’instruments aratoires.
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- PROCÈS-VERBAUX.
- rature, à l’action simultanée de la vapeur, en présence de l’alumine ou de toute autre substance susceptible d’entrer en combinaison.
- Pour obtenir du sulfate de soude , il soumet un mélange de sulfate de chaux et de chlorure de sodium à une température rouge et sous l’influence d’un courant de vapeur d’eau.
- Pour fabriquer des chromâtes de potasse ou de soude, on mélange du minerai de chrome avec des sulfates, des muriates de ces alcalis respectifs , on chauffe le tout au rouge sous l’influence d’un courant de vapeur et d’une atmosphère oxydante.
- Enfin, lorsque l’on veut obtenir des aluminates de potasse ou de soude, on chauffe au rouge un mélange d’alumine avec du sulfate ou du muriate de potasse ou de soude , et sous l’influence d’un courant de vapeur cl’eau. [Rep. of patent inv., septembre 1847.)
- Procédé pour obtenir en blanc des dessins quelconques sur papier.
- On prend acide nitrique pur à 40 degrés, 2 parties ; eau distillée, 1 partie. On met le mélange dans une capsule de porcelaine sur un fourneau ; on y projette 5 ou 600 gr. d’argent, et l’on chauffe pour déterminer la réaction. Si alors, après avoir mis en réserve sur une feuille de papier le dessin que l’on veut obtenir en blanc, on l’expose d’abord aux vapeurs du mélange, puis à l’action de la lumière solaire, la partie non réservée du papier se colorera d’une teinte uniforme plus ou moins foncée , et, quand on aura enlevé l’écran, le dessin apparaîtra avec une netteté parfaite. Avec les quantités de liquide ci-dessus employées, on peut obtenir sept à huit cents feuilles d’assez grandes dimensions.
- La théorie de ce procédé est évidente. Le nitrate d’argent, entraîné par la vapeur, se fixe sur la partie non recouverte du papier et se colore ensuite sous l’action de la lumière. La dépense est presque nulle parce que la plus grande partie de l’argent reste sous forme de nitrate que l’on réduira par les méthodes connues.
- -------«ratftWsw.------
- Extrait des procès-verbaux des séances du conseil d’administration de la Société
- d’encouragement.
- Séance du 30 août 1848.
- Correspondance. M. Gannal, rue de Seine, 6, informé que la Société d’encouragement avait proposé un prix de 2,000 fr. pour la conservation de la viande dans nos climats pendant une année, sans recourir au fumage ou à la salaison, annonce avoir présenté depuis longtemps à l’Académie des sciences un procédé certain de conservation des substances animales. De nombreuses expériences ont constaté l’efficacité de ce procédé; l’auteur cite, entre autres, douze chiens de grande taille, nourris,
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- PROGES-VERBAUX.
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- pendant tout l’été de 1838, à l’établissement de la boulangerie des frères Mouchot, à Montrouge, avec de la chair de cheval conservée par son procédé.
- M. Gannal rappelle que les expériences ont été faites sous les yeux de M. Dumas, membre d’une commission de l’Académie des sciences ; qu’il a présenté à cette Académie des viandes qui avaient deux et trois années de conservation, et qui étaient encore fraîches. Les expériences les plus importantes sur ce procédé ont été faites à Nantes par M. Cornilier aîné, sous la direction du docteur Guépin, et par M. Guttières, médecin à la Havane.
- M. Gannal déclare, en terminant, qu’il lui serait impossible de se soumettre aux conditions du concours ouvert par la Société, attendu que les dépenses à faire pour prouver l’efficacité de son procédé dépasseraient de beaucoup la valeur du prix offert.
- M. Gannal adresse quelques exemplaires du résumé de ses travaux sur la boulangerie, contenant la description de ses procédés de panification.
- Cette brochure est renvoyée à la commission du Bulletin.
- M. Autier, médecin à Amiens, transmet les résultats d’expériences faites sur une grande échelle de ses procédés de teinture avec la matière colorante des pétales des fleurs, procédés sur lesquels il a déjà appelé l’attention de la Société.
- Madame veuve Guillot, à Corbeil, sollicite la continuation, pour la troisième et dernière année d’études, de la subvention que la Société d’encouragement a bien voulu accorder à son fils Gustave Guillot, élève à l’école centrale des arts et manufactures.
- M. Huvé, membre de l’Institut, président de la Société centrale des architectes, expose que, dès son origine, cette Société a contracté de grandes obligations envers la Société d’encouragement, qui lui a prêté généreusement son local pour ses séances d’organisation .
- Cette Société s’est procuré un local pour ses séances ordinaires ; elle tenait ses séances générales soit à l’hôtel de ville, soit à l’école des beaux-arts; mais, dans les circonstances actuelles, cela devient impossible ; et la Société ayant prochainement à se réunir, M. Huvé demande que la Société d’encouragement veuille bien autoriser la réunion dans son local, une ou deux fois par semaine.
- M. Raffard, rue de Rocroy, 9 , expose qu’en Angleterre tous les bateaux, sans exception de formes, sont garnis, dans leur pourtour, d’une chaîne de secours; les piles des ponts et les parois perpendiculaires des quais, partout où l’eau est profonde, doivent aussi porter des chaînes de secours.
- M. Raffard exprime le vœu que ces moyens de sauvetage soient appliqués en France.
- M. Pouillet, membre du conseil, et M. Philipon, architecte, signalent à l’attention de la Société divers appareils de M. Chapelain, charpentier à Argentan, tels qu’un pressoir, un appareil pour tracer d’une manière pratique les pièces qui composent l’escalier tournant.
- M. Martin, à Lyon, adresse le dessin et la description d’une serrure à soupape faisant fonctionner une sonnerie et donnant en même temps de la lumière.
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- M. Mavrogordato, à Constantinople, demande à soumettre à la Société une machine qu’il vient d’imaginer et qui a pour but d’élever, à l’aide de la force d’un seul homme, des objets volumineux et pesants.
- Un anonyme a déposé, le 19 août 1848, au secrétariat de la Société, un paquet cacheté contenant un projet de presse typographique, afin de prendre part au concours du prix proposé par le journal la Presse, dans son numéro du 8 du même mois, et dont le jugement doit être déféré à la Société d’encouragement.
- M. le président ordonne le dépôt de ce paquet cacheté, qui sera tenu à la disposition de son auteur. La Société attendra, pour prendre une décision, qu’une communication lui apprenne la suite que le journal la Presse entend donner à sa proposition de prix.
- M. le ministre de l’agriculture et du commerce adresse un exemplaire de l’ouvrage de M. Michel Chevalier, intitulé, Histoire et description des voies de communication aux Etats-Unis, et des travaux d’art qui en dépendent.
- M. Carville, à Chantilly-lès-Alais ( Gard), présente le plan et la description d’un four à fond mobile et à chaleur concentrée destiné au séchage , au grillage et à la cuisson des terres réfractaires, du plâtre et de tous les produits susceptibles d’être plus ou moins calcinés.
- Objets présentés. M. Foucault, aveugle aux Quinze-Yingts, rue de Charonne, 38, rappelle qu’en 1845 la Société lui a accordé une médaille de platine pour plusieurs mécaniques de son invention destinées à faire écrire ses confrères d’infortune. Depuis cette époque, son procédé a été adopté dans presque tous les établissements d’aveugles qui existent en Europe.
- Il expose que ses premiers essais avaient principalement pour but de faire écrire ceux d’entre eux qui ne l’avaient jamais su, et il a pensé qu’il manquait encore un instrument qui pût convenir indistinctement à tous les aveugles et avec lequel on écrivît immédiatement, sans avoir besoin d’étude. C’est ce problème qu’il espère avoir résolu par la nouvelle machine qu’il présente à la Société sous le nom de clavier imprimeur.
- M. Grave, rue Bergère, 15, fait observer qu’une des grandes difficultés dans les opérations du sondage des terrains, quand on doit atteindre à des profondeurs considérables , en travaillant par percussion, pour traverser des roches, est de laisser tomber librement l’outil percuteur sans qu’il entraîne à sa suite les tiges ou la corde qui le font mouvoir et qui gênent sa chute.
- Pour remédier à cette difficulté, M. Grave a imaginé un instrument qu'il nomme coulisse à déclic, et dont il présente un modèle accompagné d’un mémoire.
- M. Guénal, rue Rumfort, 4, présente un appareil astronomique pour l’étude élémentaire de cette science ;
- M. Banselin, rue Ménilmontant, 78, un système de serrures et cadenas incrochetables ;
- M. Perrot, à Yaugirard, le plan d’un système de pompe et le spécimen d’un piston extenseur ;
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- M. Beranger, balancier-mécanicien, à Lyon, divers instruments de pesage imaginés ou perfectionnés par lui, et le modèle d une machine hydraulique proposée en mai 1843 pour l’assainissement du port de Marseille.
- M. Beranger recommande à la Société son contre-maître, M. Claude Berlet, qui depuis douze ans qu’il est attaché à son établissement, n’a cessé de donner des preuves d’intelligence, et qui, par son travail, s’est, procuré une position honorable.
- M. Jaimette, rue de Boulogne, 8, soumet à l’examen de la Société un système de remplacement du bois par le fer dans les constructions.
- Les ouvrages suivants sont déposés sur le bureau :
- 1° Propulseurs hélicoïdes, observations et analyse comparative pour M. Guebhard contre MM. Schneider et comp., par M. Faure, ingénieur civil;
- 2° Supplément au mémoire à consulter pour MM. Renard, Perrin et comp., contre M. Boucherie;
- 3° Journal des économistes, 15 août 1848;
- 4° Bulletin de la Société pour l’instruction élémentaire, juin et juillet 1848;
- 5° Belgique industrielle des 17, 20, 24 et 27 août.
- Rapports des comités. Au nom du jury d’examen pour l’admission des élèves aux écoles nationales d’arts et métiers, M. Saulnier lit un rapport sur les résultats du concours ouvert pour la nomination à.deux places d’élèves devenues vacantes dans ces écoles.
- M. le rapporteur, après avoir rendu compte de la manière satisfaisante dont MM. Fontaine et Loup ont fait leurs études dans l’école d’Angers, fait connaître l’opinion qu’a conçue le jury des travaux des élèves de l’école de Châlons admis sur la présentation de la Société.
- M. Saulnier entre ensuite dans les développements nécessaires pour faire apprécier le mérite des candidats qui se sont présentés pour occuper les places devenues vacantes. Il termine en proposant, au nom du jury, 1° de présenter à la nomination du ministre de l’agriculture et du commerce MM. Chenot et Polak, pour les places à pension gratuite dont MM. Fontaine et Loup étaient titulaires à l’école d’arts et métiers d’Angers : 2° de déclarer admissibles MM. Croquefer ( Philippe ) et Geoffroy, en leur réservant dans l’ordre de ce classement leurs droits d’admission aux places à la nomination de la Société qui pourraient devenir vacantes avant le 1er octobre prochain ; 3° de déclarer aptes à suivre les cours des écoles d’arts et métiers MM. Martin, Tanqueret et Grappin, dans le cas où, avec l’approbation du ministre de l’agriculture et du commerce, ils seraient admis dans ces écoles aux frais de leurs parents. ( Approuvé. )
- Au nom du comité des arts mécaniques, M. Baude lit un rapport sur un chemin de fer d’essai qui avait été établi à Saint-Ouen pour expérimenter là soupape longitudinale de M. llédiard, dans le système de propulsion atmosphérique.
- Le comité propose d’adresser des remercîments à M. Hédiard pour les intéressantes expériences auxquelles il l’a fait assister, et de décider que le rapport sera inséré au Bulletin. ( Approuvé. )
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- Au nom du même comité, il est donné lecture, pour M. le Chatelier, d’un rapport sur une notice relative aux irrigations, communiquée par MM. Laurens et Thomas, et accompagnée de deux feuilles de dessin.
- Le comité, convaincu que l’usage des moteurs mécaniques peut rendre des services signalés à l’agriculture pour les irrigations, et pensant qu’un des moyens les plus sûrs de propager l’arrosage artificiel des terres consiste dans la publication de faits particuliers dont l’exemple puisse être utilisé sur beaucoup de points du territoire, propose de publier dans le Bulletin le travail de MM. Thomas et Laurens, et de les remercier de la communication qu’ils en ont faite à la Société. ( Approuvé. )
- M. le président saisit cette occasion pour inviter M. Amédée Durand à donner suite à la publication, dans le Bulletin, de son système de moteur à vent pour l’élévation des eaux qui, dans la question si importante des irrigations, doit rendre de nombreux services.
- Il est donné lecture, au nom du comité des arts mécaniques, d’un rapport de M. le Chatelier sur les grilles mobiles fumivores de M. Tailfer ( système Jukes ).
- Le comité propose de remercier l’auteur de sa communication, et d’insérer le rapport au Bulletin, avec la description et les dessins de la grille fumivore. (Approuvé.)
- Il est donné lecture d’un rapport supplémentaire de M. le Chatelier, au nom du comité des arts mécaniques, sur les machines à vapeur de MM. le Gavrian et Farinaux, de Lille.
- Le comité propose d’insérer le rapport dans le Bulletin. ( Approuvé.)
- Communications. M. Seguier expose que M. Garnbey, dont la perte a laissé de vifs regrets, était non-seulement recommandable pour la parfaite exécution de ses instruments, mais aussi pour son esprit d’invention.
- Ce qui donne à ses instruments un avantage incontestable sur ceux destinés au même usage, c’est, indépendamment de l’heureuse disposition d’une multitude de pièces, la précision de leurs mouvements et l’exactitude rigoureuse de la division du limbe.
- M. Seguier, après avoir passé en revue les appareils à diviser, notamment celui de Bamsden, annonce qu’en analysant les difficultés qui surgissent, dans la division du cercle, de l’emploi des appareils les mieux conçus, M. Garnbey s’était tracé une route nouvelle par l’invention d’un procédé pour diviser les circonférences sans être obligé de les centrer sur la plate-forme, méthode ingénieuse qui, en abrégeant beaucoup le temps, assure une parfaite exécution.
- Cet éminent artiste ne décrivait pas ses procédés ; tous les amis de notre industrie doivent faire des vœux pour leur divulgation. Lors du décès de M. Garnbey, l’appareil à diviser était démonté. M. Seguier, qui avait reçu de l’auteur communication de sa machine, s’empressa, d’après l’invitation de madame veuve Garnbey, de réunir les pièces, et d’en déposer la description sous cachet à l’Académie des sciences, dans sa séance du 28 août dernier.
- Madame veuve Garnbey, propriétaire de cet appareil, est en instance auprès du gou
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- reniement pour son acquisition, ainsi que pour celle du matériel composant le bel et important établissement de son mari.
- M. Seguier exprime le désir que la Société d encouragement appelle toute la sollicitude du ministre de l’agriculture et du commerce sur le haut intérêt qu’elle attache à la connaissance de la machine à diviser de M. Gambey. Il demande, en conséquence, que le bureau soit autorisé à émettre le vœu de voir donner une prochaine publicité à une œuvre destinée à conserver à la France le rang élevé qu’elle occupe dans la construction des instruments de précision, rang auquel, plus que tout autre, M. Gambey, que le conseil d’administration était heureux de compter parmi ses membres, l’a placée par son génie et ses talents.
- Le conseil accorde l’autorisation demandée.
- Séance du 13 septembre 1848.
- Correspondance. M. Mac-Adam, secrétaire de la Société royale pour l’extension et le perfectionnement de la culture du lin en Irlande, ayant lu, dans un journal, la nomenclature des prix proposés par la Société d’encouragement, demande qu’elle veuille bien lui transmettre les programmes de ces prix , en lui faisant connaître si les règlements de la Société permettent aux étrangers de prendre part à ses concours.
- M. Rémond Tréboul, à la Briche-Saint-Denis (Seine), annonce qu’une longue expérience dans la manipulation de la pomme de terre et des divers produits qui s’y rattachent lui ont suggéré des réflexions qu’il soumet à la Société, afin d’avoir son avis sur les théories qu’il développe dans deux brochures intitulées, l’une, Notice sur le sucre de fécule ( glucose ), l’autre, Sur l’amélioration des vins.
- M. Rémond Tréboul joint à l’envoi de ces imprimés un échantillon de sirop de fécule.
- M. Leistenschneider, à Poncey-sur-Seine ( Côte-d’Or), inventeur de la machine à fabriquer le papier sans fin, appelle la bienveillance de la Société sur sa malheureuse position.
- Les titres de M. Leistenschneider seront examinés par le comité des arts mécaniques, qui jugera s’ils doivent être renvoyés à la commission pour la répartition du legs Rapst.
- La Société d’agriculture, des sciences, arts et belles-lettres du département de l’Aube, pour répondre au vœu exprimé par la circulaire de la Société d’encouragement, en date du 12 avril dernier, adresse un rapport de M. Gréau aîné, ancien élève de l’école polytechnique et manufacturier, sur des personnes que la Société du département de l’Aube regarde comme dignes de recevoir les récompenses de la Société.
- A ce document est jointe une notice du même M. Gréau, sur les meilleurs moyens de combiner les travaux de l’agriculture avec ceux de l’industrie manufacturière.
- Ces documents seront mis sous les yeux de la commission spéciale.
- Objets présentés. M. Richer aîné, rue du Plâtre-Saint-Jacques, en témoignant à la Société sa gratitude pour l’avoir compris, en 1847, au nombre des personnes qui ont Quarante-septième armée. Septembre 1848. 78
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- pris part au legs Bapst, soumet à son examen un instrument destiné à la vérification des niveaux à bulle d’air.
- M. Péligot, secrétaire, fait observer que la lettre de M. Richer porte une apostille de M. Babinet, membre de l’Institut, pour recommander cet artiste à tous ceux qui ont mission de récompenser des travaux consciencieux et pratiques.
- M. Laher, passage Guéménée, 8, présente le modèle d’un appareil de propulsion pour remplacer les roues à palettes des bâtiments à vapeur;
- M. Jourdant, rue Croix-des-Petits-Champs, un appareil destiné à être appliqué aux voitures de transport, principalement dans le but de diminuer les chances d’accidents pour le cheval placé entre les brancards. Cet appareil, lorsque la voiture est en repos, remplit les mêmes fonctions que la chambrière commune placée en avant de l’essieu; il peut aussi soutenir le véhicule pendant la marche, sa tige étant munie inférieurement d’une roue jouant sur pivot vertical comme les roulettes de lit. Si le cheval, venant à trébucher, tend à faire basculer la voiture en avant, cette chambrière, dont l’extrémité inférieure était à quelque distance du sol, vient s’appuyer dessus; dès lors les brancards cessent de descendre, et, au lieu de peser sur le cheval à demi abattu, ils le soutiennent par l’intermédiaire de la sous-ventrière et facilitent ses efforts pour se relever. Dans les descentes, l’appareil rend au cheval porteur un service de même genre ; en effet, le pignon qui serre le frein au moyen duquel on enraye s’engrène dans une crémaillère dont est munie la tige verticale de la chambrière, et allonge cette tige de manière à faire porter la roue sur le sol. Ce mouvement a le double avantage de modérer la pression qui pousse le cheval d’arrière en avant et de résister à celle qui agit sur lui de haut en bas. La tige de la chambrière porte un genou à sa partie supérieure, de manière à pouvoir, au besoin , être soutenue horizontalement comme une chambrière ordinaire.
- M. Boizot, rue Cassette, 12 , dépose un paquet cacheté qu’il déclare renfermer des feuilles de mica couvertes d’écriture au simple trait, et dont il énonce les propriétés et les avantages.
- Le dépôt est accepté.
- Il est fait hommage, à la Société, des ouvrages suivants :
- 1° Bulletin des séances de la Société centrale d’agriculture, — compte rendu mensuel, rédigé par M. Payen, secrétaire perpétuel, 2e série, t. 4, n° 2, 1848 ;
- 2° Annales de la Société centrale d’horticulture de France, août 1848 ;
- 3° Société d’agriculture et de commerce de Caen, — séance du 17 mars 1848 ;
- 4° Annales de l’agriculture française, septembre 1848 ;
- 5° Annales des ponts et chaussées, mars et avril 1848;
- 6° Journal des économistes, septembre 1848 ;
- 7° Revue scientifique et industrielle, sous la direction de M. Quesneville, nos d’avril, mai et juin 1848 ;
- 8° Distribution des prix de l’école spéciale de dessin, de mathématiques, d’architecture et de sculpture d’ornement, appliqués aux arts industriels, 27 août 1848 ;
- 9° Moniteur industriel des 31 août, 3, 7 et 10 septembre 1848;
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- 10° Belgique industrielle des 31 août, 3, 7 et 10 septembre 1848.
- Bapports des comités- Au nom du comité des arts economiques, M. Gouvlier lit un rapport sur l’emploi du chlorure de zinc pour le moulage des pièces anatomiques et des objets d’art, proposé par M. Stahl, mouleur du muséum d’histoire naturelle.
- Le comité propose 1° de remercier l’auteur de sa communication ; 2° de le féliciter de ses beaux travaux et de l’engager à poursuivre des efforts aussi recommandables pour le perfectionnement de son art ; 3° d’insérer le rapport dans le Bulletin. ( Approuvé. )
- Au nom du même comité, on lit, pour M. Dizé, un rapport sur des procédés de M. Chérot pour la conservation des viandes.
- L’auteur a donné communication de ses moyens de conserver la viande de bœuf ; ils diffèrent de ceux qui sont connus, et se distinguent par leur simplicité et leur économie. Le comité a pensé qu’il serait utile de faire des expériences pour s’assurer de l’efficacité des moyens employés par M. Chérot comme antiseptiques et de l’effet hygiénique des viandes ainsi conservées.
- Le comité ajoute que les moyens de M. Chérot ne sont pas coûteux; que cependant sa position ne lui permet pas de faire les préparations à ses frais. Prenant en considération les utiles travaux dont M. Chérot a déjà entretenu la Société, le comité demande l’autorisation de faire procéder, aux frais de la Société, à la préparation d’une certaine quantité de viandes qui serait recommandée à M. le ministre de la marine afin de faire constater, à bord des bâtiments de l’État, l’efficacité des moyens conservateurs.
- Le conseil accorde l’autorisation demandée.
- M. Péligot, l’un des secrétaires, a la parole pour faire connaître avec quelques développements les documents adressés par la Société du département de l’Aube.
- Cette Société signale aux récompenses de la Société, 1° M. Delarothière, auteur d’un métier à fabriquer le tricot dit anglais, d’une mécanique au moyen de laquelle il peut faire aux pieds des bas des rétrécissements dits diminution sans couture.
- La fabrication des tricots doit à M. Delarothière de nombreux et utiles perfectionnements qui, sans profiter à leur auteur, ont enrichi cette industrie de procédés nouveaux.
- 2° M. Thierry, fondateur d’une usine pour la production de l’engrais animal. Il est parvenu à détruire, dans la vidange des fosses d’aisances, ces exhalaisons méphitiques si dangereuses pour la salubrité publique et pour la santé des ouvriers. Le rapport constate la supériorité de ses engrais sur tous les agents de fertilisation qui avaient été employés jusqu’alors.
- 3° M. Velut, mécanicien à Troyes, qui a imaginé un moyen de scier le bois de placage. Par ses appareils, il obtient des planches d’acajou de 27 millimètres d’épaisseur, vingt-huit feuilles de placage au lieu de vingt au plus produites par le procédé ordinaire. D’une planche de noyer de même épaisseur, il retire dix-sept à vingt-deux feuilles au lieu de douze à quatorze. L’appareil produit beaucoup moins de déchet et s’applique aux plus grandes largeurs.
- M. le rapporteur de la Société de Troyes annonce que dans la Statistique industrielle du département de VAube on trouvera les documents recueillis à ce sujet.
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- Le conseil vote des remercîments à la Société d’agriculture, sciences et arts du département de l’Aube , et, attendu que l’ouvrage de statistique n’est point parvenu, décide qu’il sera réclamé.
- M. Péligot lit une notice sur les meilleurs moyens de combiner les travaux de l’agriculture avec ceux de l’industrie manufacturière, par M. Gréau aîné.
- M. Jomard fait observer que les intéressants documents dont M. Péligot vient de donner connaissance se divisent en deux parties: la première serait l’objet de l’examen de la commission spéciale; la seconde, par les détails qu’elle renferme, pourrait trouver place dans le Bulletin.
- Après une discussion, la notice est renvoyée à la commission du Bulletin.
- Séance du 27 septembre 1848.
- Correspondance. M. Ouvré Perrière aîné, rue de la Banque, 17, adresse l’exposé des travaux auxquels il s’est livré pour la recherche, en France, et l’exploitation de carrières de granits, porphyres, etc., et leurs diverses applications.
- MM. Bobierre et Bureau, à Nantes ( Loire-Inférieure ), transmettent la description du procédé suivant propre à améliorer la fabrication du sucre par l’emploi du sang pour clarifier le sirop.
- « Le sang de bœuf, disent les auteurs, est celui que les raffineurs emploient de préférence pour la clarification du sirop ; il marque généralement 7 à 8 degrés aréométri-ques ; dans ce cas, on le mélange avec de l’eau jusqu’à ce qu’il ne marque plus que 4 degrés. Comme il est fort difficile d’être approvisionné de sang frais et de le conserver en cet état, on l’emploie toujours dans un état de putréfaction plus ou moins avancé. Cette putréfaction est souvent tellement développée , que l’odeur dégagée pendant la clarification est réellement infecte et provoque de violentes nausées ; mais ce n’est pas tout, cette odeur s’imprègne dans les sucres et dans les sirops, et se reproduit finalement dans la mélasse, qui se trouve dépréciée en raison du goût de sang parfaitement connu des acheteurs. La quantité de mélasse produite est d’autant plus considérable que la putréfaction du sang est plus avancée.
- « L’action du sang putréfié est non-seulement funeste à la qualité des mélasses obtenues, mais encore au sucre en pain lui-même.
- « Beaucoup de raffineurs, en effet, blanchissent leurs sucres à la clairce. Or cette clairce étant versée en nature dans les formes doit être complètement inodore, et on avait tellement compris la nécessité de cette condition, que les raffineurs, il n’y a pas longtemps encore, clarifiaient cette clairce spéciale au blanc d’œuf. Le haut prix des œufs les oblige aujourd’hui à avoir recours au sang. Qu’en résulte-t-il? C’est que ne pouvant jamais avoir de sang frais, ils ont une clairce nauséabonde communiquant aux pains une odeur telle que les acheteurs ont pris l’habitude de les flairer avant d’en faire l’acquisition.
- « C’est dans le but de remédier à ces graves inconvénients et d’améliorer l’emploi du sang, dont l’industrie française seule absorbe plus de trois mille barriques par an , que MM. Bobierre et Bureau ont imaginé le procédé suivant :
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- « Dans le travail ordinaire de la clarification, on jette le sang dans la chaudière à clarifier aussitôt après la dissolution du sucre sous l’influence de la chaleur, mais avant cependant que l'ébullition se soit manifestée dans le mélange.
- « Le noir animal fin est introduit en même temps.
- « Le procédé des auteurs diffère essentiellement de cette méthode. Le mélange cla-rificateur qu’ils emploient est obtenu parjla combinaison opérée à l’avance entre le sang pur et le noir animal fin. Non-seulement en opérant par ce moyen on n’atténue pas les propriétés utiles des deux corps employés, mais on les augmente sensiblement, puisque les auteurs ont reconnu, d’après les résultats d’un travail prolongé et accompli sur une vaste échelle, qu’il y avait une certaine diminution dans l’emploi du sang et du noir animal. La clairce obtenue est d’ailleurs parfaitement décolorée et inodore.
- « En résumé, voici les avantages du nouveau procédé qui a été utilisé depuis un an par deux raffineries importantes de Nantes :
- « 1° Imputrescibilité de la matière albumineuse sous l’influence de son mélange préalable avec le noir fin employé dans la fabrication même;
- « 2° Influence directe exercée par cette méthode sur la décoloration des clairces et le rendement et la qualité des mélasses ;
- « 3° Notable amélioration hygiénique introduite dans le maniement et l’emploi du sang destiné aux raffineries ;
- « 4° Enfin économie résultant de la conservation des parties albumineuses du sang sous l’influence des agents atmosphériques, qui les décomposent si promptement dans les circonstances ordinaires. »
- M. Chérot, peintre préparateur, rue de la Chopinette, 14, demande que la Société veuille bien faire examiner un nouveau procédé de bronzage dit bronzage plastique.
- L’auteur fait observer que, par son procédé, les objets sont garantis des injures de l’air et de l’eau ; il permet l’imitation de toute espèce de bronze soit antique, soit florentin , etc., et peut s’appliquer sur toutes les substances, telles que métaux, plâtre , bois, etc.
- M. Schreiner, mécanicien, à Haguenau ( Bas-Rhin ), soumet à l’examen de la Société le dessin et la description d’une machine à vapeur rotative opérant sa rotation autour du générateur lui-même et pouvant être appliquée à communiquer directement son mouvement à un manège ou servir de roue motrice à un véhicule en s’appuyant sur le sol.
- M. Roulland, lieutenant d’infanterie, rue de Chaillot, 14, appelle l’attention de la Société sur les plan et description d’un mode de direction des locomotives et waggons sur les chemins de fer, imaginé par feu M. Charles Testa, son parent.
- M. Testa avait pensé que son système dispenserait de l’obligation où l’on se trouve dans le mode actuel de se tenir sur des droites ou de n’employer que des courbes d’un grand rayon.
- M. Hély, ingénieur civil à Londres, annonce avoir inventé un cylindre flexible flottant, pour la conservation de la vie dans les naufrages et les autres dangers de la mer, pour le passage des fleuves et rivières dans les circonstances où les moyens
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- ordinaires sont inefficaces pour soulever les corps submergés ou jetés à la côte, etc.
- Sur la demande de l’auteur, M. Rouget de Lisle donne à la Société la démonstration du modèle qui est sous ses yeux.
- M. Rouget de Lisle fait observer que l’appareil de M, Hély consiste dans un cylindre ou étui fait d’une matière solide, flexible, imperméable à l’eau, également à l’épreuve de la chaleur et du froid, qui peut renfermer toute espèce de corps, de manière que le volume total soit d’une pesanteur spécifique moindre que celle de l’eau. Des étuis semblables et fermés sont réunis en nombre nécessaire et disposés pour former un radeau ou appareil de sauvetage que l’on munit de mâts, de voiles, etc., suivant l’usage que l’on en veut faire.
- M. Rouget de Lisle ajoute que M. Hély désire que les commissaires de la Société veuillent bien procéder à des expériences pour constater les avantages de cet appareil,
- M. Durand, tailleur de pierres à Montdardier ( Gard ), ayant pris connaissance du programme de prix pour la recherche et l’exploitation , en France, de carrières de pierres lithographiques, demande à prendre part au concours, et annonce l’envoi de deux pierres comme échantillons.
- M. Pëligot, secrétaire, donne lecture de la lettre suivante de M. Rouget de Lisle, ingénieur-manufacturier, passage des Petites-Écuries, 15, sur la construction et la disposition des maisons propres aux ouvriers, et sur ce qui se pratique en Angleterre dans les maisons des pauvres et dans les maisons de refuge.
- A M. le président de la Société d’encouragement pour Vindustrie nationale.
- Paris, le 27 septembre 1848,
- Monsieur le président, on sait que l’Assemblée nationale a décrété l’affranchissement, pendant un certain temps, de l’impôt direct pour les maisons ou habitations, à construire, destinées aux ouvriers ; mais le public ignore, sans doute, qu’il existe à Londres, depuis environ trois ans, une Société possédant un capital considérable, dont le but unique est d’améliorer les logements des ouvriers, des pauvres nécessiteux, et de construire, au besoin, des maisons spéciales.
- J’ajouterai aussi, pour rendre hommage à la vérité, que l’idée de cette entreprise est française et due entièrement à M. Chevallier, membre du conseil, qui, en 1840, dans le Journal des connaissances nécessaires, a publié tous les documents de l’art et de l’hygiène propres à éclairer la pratique. Je rappelle ce fait par raison et par conviction, parce que, dans le voyage que je viens de faire à Londres, j’ai visité la maison modèle des ouvriers, construite, depuis 1846, dans Georges-Street, Oxford-Street, dans laquelle j’ai retrouvé la réalisation matérielle des idées heureuses qu’avait émises M. Chevallier, depuis plus de huit années.
- On songera, je l’espère, à les adopter, à les appliquer en France, puisqu’elles ont reçu, en Angleterre, la sanction rigoureuse et infaillible de la pratique et de l’expé rience.
- Je propose donc à la Société de propager ces idées utiles dans le public par la voie du Rulletin, et d’y insérer même les plans et dessins de la maison modèle de Georges-
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- Street, que j’ai l’honneur de lui remettre, ainsi que le détail des objets qui la garnissent.
- Le moment est opportun et pressant pour indiquer les heureux moyens à mettre en usage pour assurer à l’ouvrier un logement sain , commode et à bon marché.
- Je demande que la Société se charge, en outre, de donner des renseignements positifs soit par la voie de son Bulletin, soit par un bulletin spécial, sur la manière économique, pratiquée à Londres, et sur celle plus économique encore, pratiquée à Dublin par M. Sayer, Français, de fabriquer des soupes nourrissantes et digestives, de vêtir, de loger et de réchauffer, pendant Fhiver, les pauvres et les marins sans asile. À cet effet, je remets au conseil plusieurs ouvrages spéciaux que j’ai recueillis en Angleterre, ainsi que ies documents que je dois à la bienveillance de M. Sayer, docteur-médecin, auprès duquel j’avais été accrédité par M. Chevallier. Peut-être la Société jugera-t-elle convenable de remercier publiquement M. Sayer, qui m’a chargé de lui offrir son intervention et ses services pour fournir les renseignements qui peuvent intéresser la bienfaisance publique ; et je ne crains pas d’affirmer que M. Sayer serait un homme utile à la Société , parce qu’il est instruit et surtout fort obligeant.
- Je crois donc que la Société ferait une chose bonne et utile de faire traduire et imprimer les ouvrages que j’ai l’honneur de lui adresser ; je crois que cette généreuse publication ouvrirait aux hommes aisés et bienfaisants l’instruction et le bonheur, en leur fournissant des renseignements utiles pour créer immédiatement et sans tâtonnement, au profit des ouvriers de toutes les classes, la table et le foyer à bon marché.
- Je crois, du moins, qu’il appartient à la Société d’instruire le public, de lui apporter des renseignements utiles sur les objets qui peuvent améliorer les conditions des classes laborieuses et nécessiteuses, de citer, comme des exemples à imiter, les fastueux monuments élevés, en Angleterre, par la bienfaisance des particuliers.
- Je crois qu’il se rencontrera une foule de personnes, dénuées de préventions, qui se dévoueront à propager, à appliquer, en France, ces utiles établissements qui donnent les deux meilleures choses, du pain et un abri, ce dont les masses ont besoin.
- La Société d’encouragement, qui offre à chaque innovation utile amitié, appui et bonheur, ne saurait trop tôt ni trop décidément aborder un moyen de publicité et d’enseignement qui donnerait, je le répète , l’instruction et le bonheur au plus grand nombre.
- Quant à moi, qui connais, par expérience, que l’instruction est utile au bonheur des classes laborieuses, je mets à la disposition du conseil mes travaux et ma plume ; et je m’estimerais heureux que mon faible apport fût agréé et utile à quelque chose.
- Permettez, du moins, monsieur le président, de vous prier de les faire accepter parla Société, et de lui offrir l’assurance de mon bien sincère dévouement.
- Signe' A. Rouget de Lisle.
- M. Chevallier fait ressortir l’opportunité de cette question, digne de fixer l’attention de la Société.
- M. le président pense qu’il serait utile de donner de la publicité aux matériaux recueillis en Angleterre par M. Rouget de Lisle, en relatant ce qui se pratique en France et en tenant compte des usages des deux pays. Ces documents formeraient une publi-
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- cation intéressante qui, en même temps qu’elle trouverait place dans le Bulletin, pourrait donner lieu à un tirage à part dont la distribution aurait un but vraiment utile.
- M. le président invite la commission du Bulletin à faire de ce sujet l’objet de ses dé-libératons.
- Sur la proposition de M. Chevallier, le conseil vote des remercîments àM. le docteur Sayer, qui s’est empressé de fournir à M. Rouget de Lisle tous les documents dont il avait besoin, et de l’introduire dans les établissements, dans lesquels il est fait une judicieuse application de moyens hygiéniques.
- M. le président adresse à M. Rouget de Lisle les remercîments du conseil pour son intéressante communication.
- Objfts présentés. M. Fleschelle, rue Neuve-Saint-Martin, 105, présente le dessin et la description d’un pétrisseur mécanique qu’il désigne ainsi : pétrin de forme circulaire tcurnant horizontalement sur un axe mobile, et conduisant la pâte au travers des machir.es accessoires destinées à la diviser, à la battre, l’amalgamer, pour en faire un tout homogène.
- M. dolly, à Passy, appelle l’attention de la Société sur un appareil de chauffage qu’il qualifie d’hygiénique, parce qu’il réunit l’avantage d’être salubre, économique, et qu’il peut servir au chauffage de toutes les parties d’une maison.
- Il es, fait hommage, à la Société, des ouvrages suivants :
- 1° Notice historique sur le service des travaux des bâtiments civils à Paris et dans les départements, depuis la création de ce service en Van IV (1795), par M. Gourlier, membre du conseil.
- M. le président adresse à M. Gourlier les remercîments du conseil pour le don de cet ouvrage.
- 2° Papport fait par M. Pommier, à la Société nationale et centrale d’agriculture, sur les mojens d’étendre et de développer la production agricole, et sur un projet d’organisation d’une banque de crédit foncier ;
- 3° Bidletin de la Société pour l’instruction élémentaire, 3e série, août 1848 ;
- 4° Le technologiste, septembre 1848;
- 5° Moniteur industriel des 14, 17, 21, 24 septembre 1848;
- 6° Belgique industrielle, numéros des mêmes jours ;
- 7° Journal des économistes, septembre 1848;
- 8° Journal des pauvres, par M. Louis Deplanque, premier numéro ;
- 9° Le la mémoire des yeux appliquée à Venseignement du dessin, par M. Jobard, directeur du musée de l’industrie belge, à Bruxelles.
- Le but de cette publication est de revendiquer en faveur de M. Jobard la priorité d’une méthode dont il a donné connaissance dans la Revue des revues, tome IV, p. 87, Bruxelles, 1831.
- A l’occasion de cette brochure, M. le président, sans vouloir diminuer les droits de priorité revendiqués par M. Jobard, et seulement pour faire ressortir l’utilité de ce mode denseignement, fait observer queM. de Boisbaudran, professeur à l’école de dessin , à Paris, a obtenu de l’emploi de cette méthode les plus heureux résultats.
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- M. Gourlier ajoute que cette méthode est en usage dans les maisons d’éducation de la Légion d’honneur.
- M. le Drésident annonce que la Société a perdu deux de ses membres, M. Mariotte, habile constructeur-mécanicien, et M. le colonel Amoros, dont les travaux sur la gymnastique sont bien connus de la Société. L’un et l’autre avaient pris une part honorable aux récompenses de la Société.
- Le conseil d’administration est privé, par le décès de M. Molinier de Montplanqua, d’un membre de la commission des fonds dont le dévouement aux intérêts de la Société avait été justement apprécié, et que recommandait une longue carrière toute consacrée au bien public.
- M. Jomard ajoute que, en 1815, des amis de l’instruction se réunirent pour faire adopter la méthode d’enseignement mutuel. Carnot, ministre de l’intérieur, appréciant tous les avantages de cette méthode, donna son complet assentiment à ce projet, et il invita le préfet du département de la Seine à le seconder de tout son pouvoir. M. de Lasteyrie faisait partie de la commission. Malgré l’appui de l’autorité centrale, cette mission serait restée sans résultat, si l’on n’avait pas rencontré dans M. Molinier de Montplanqua, maire, à cette époque, du douzième arrondissement, un magistrat qui n’hésita point à seconder ces vues, en procurant les premiers élèves qui ont formé le noyau de l’école Sa in t-Jean - de-Benu vais, modèle de toutes les autres écoles mutuelles.
- M. Molinier de Montplanqua s’est associé, ainsi que la Société d’encouragement, à la propagation de la méthode d’enseignement mutuel, pendant les temps difficiles où son administration a laissé, dans le douzième arrondissement, de si honorables souvenirs de patriotisme, de fermeté et de dévouement.
- Le conseil décide, sur la proposition de M. le président, que l’expression des vifs regrets de la Société sera consignée au procès-verbal.
- Rapports des comités. Au nom du comité des arts économiques, M. Silvestre lit un rapport sur un outil nécessaire d’armes présenté par M. Vauchelet.
- Le comité propose de remercier l’auteur de sa communication et d’ordonner l’insertion du rapport dans le Bulletin de la Société.
- Le conseil approuve le rapport et en adopte les conclusions, et, sur la proposition de M. Théod. Olivier, décide que l’outil sera décrit avec gravure dans le Bulletin.
- Au nom du même comité, il est donné lecture, par M. Dizé, d’un rapport sur plusieurs ouvrages de M. Rouget de Lisle.
- Après un rapide exposé des travaux de M. Rouget de Lisle, en ce qui concerne la tapisserie, le comité fait connaître que, dans les deux derniers ouvrages , il a trouvé le même intérêt, celui d’offrir aux jeunes personnes la pratique du dessin, de la broderie en couleurs nuancées de la tapisserie à l’aiguille et de toutes les connaissances qui en dépendent.
- Dans un autre ouvrage dû à la collaboration de madame Rouget de Lisle, on trouve une description exacte des travaux à l’aiguille. Ces ouvrages, qui portent les titres d’Album des dames et d’Encyclopédie des dames, sont terminés par un grand nombre de dessins.
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- Le comité propose d’agréer l’hommage qui est fait à la Société par M. et Mme Rouget de Liste de ces ouvrages, et d’en ordonner le dépôt à la bibliothèque. (Approuvé.)
- M. le président donne lecture, pour M. Huzard, d’un rapport fait, au nom du comité d’agriculture, sur le drainage, ou assainissement des terres par le moyen de rigoles souterraines.
- Après un exposé des différentes méthodes de drainage et de son application suivant la nature des terrains et les résultats qu’on a droit d’attendre de la substitution des tuyaux en terre cuite au mode usité, M. le rapporteur énonce que le comité d’agriculture , en reconnaissant que l’introduction du drainage au moyen de tuyaux est arrêtée en France par l’inexpérience et surtout par la dépense qu’entraîne cette opération, a cherché les moyens de lever ces difficultés.
- En résumant les discussions qui ont eu lieu au sein du conseil à ce sujet, le comité pense que la première chose à faire serait de mettre l’agriculture à même de se procurer des tuyaux de drainage à bas prix ; pour atteindre ce but, il faudrait que l’État ou la Société d’encouragement elle-même se procurassent une ou plusieurs machines à fabriquer les tuyaux, parce que, une fois ces machines achetées ou construites, il serait facile de trouver des fabricants de poterie qui les feraient fonctionner si on les leur prêtait gratuitement; qu’alors on pourrait calculer et indiquer un prix de revient des tuyaux, faire dessiner les machines et en répandre les plans et figures par la voie du Bulletin, enfin préconiser l’emploi du drainage en indiquant le moyen le plus économique de le faire.
- En conséquence, le comité d’agriculture propose
- 1° De demander au ministre de l’agriculture et du commerce de faire acheter, en Angleterre, une ou plusieurs machines à fabriquer les tuyaux, de drainage, et de confier ces machines à la Société d’encouragement ;
- 2° Dans le cas où le ministre n’accéderait pas à cette demande, d’acheter une machine avec les fonds de la Société ;
- 3° De la confier successivement à plusieurs fabricants de poterie, en leur demandant un certain nombre de tuyaux, afin de pouvoir en établir le prix de revient ;
- k° De faire dessiner la machine que la Société a vue fonctionner en sa présence, et d’en publier la description dans le Bulletin;
- 5° De livrer ensuite gratuitement la machine au fabricant de poterie qui s’engagera à fournir des tuyaux à un prix fixé à l’amiable avec la Société ;
- 6° Si le comité des arts mécaniques le juge utile, d’ouvrir un concours pour la meilleure machine à fabriquer les tuyaux de drainage ;
- 7° Enfin de renvoyer le rapport à la commission des fonds et au comité des arts mécaniques , pour que chacun d’eux s’occupe des points qui les concernent.
- Après une discussion sur l’importance, en Angleterre, de l’opération du drainage au moyen de tuyaux en terre cuite, opération à laquelle le gouvernement anglais a contribué pour une somme de 125 millions ; sur la nécessité de prendre des mesures pour la propager en France ; sur les machines à fabriquer les tuyaux, etc.. le conseil adopte la première proposition, avec cette modification que la machine ou les
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- machines seraient confiées au Conservatoire des arts et métiers et aux écoles d’agriculture.
- Les propositions nos 2, 3, 4 et 7 sont adoptées; celle n° 5 est rejetée et la 6e ajournée.
- Le conseil ajoute à ces conclusions
- 8° La publication de la traduction des documents officiels et autres recueillis en Angleterre ;
- 9° La distribution de médailles, en y consacrant une somme de 1,000 fr. Le conseil déterminera les conditions à remplir pour obtenir ces médailles.
- M. le président, dans le but de populariser l’opération du drainage au moyen de tuyaux en terre cuite, pense qu’il serait utile de réunir, dans une publication émanée du Bulletin, les documents de manière à en répandre la connaissance par tous les moyens dont la Société peut disposer.
- Le conseil partage cette opinion. M. le président invite la commission du Bulletin à prendre les mesures qu’elle jugera convenables pour régulariser cette publication.
- Communications. M. Bouget de Lisle met sous les yeux de la Société un balai employé à Londres pour le nettoyage de la voie publique, et dont les crins sont remplacés par des brins provenant d’une espèce de jonc dit rotin des Indes, qui offre une flexibilité convenable et une durée supérieure au bouleau employé en France.
- M. Bouget de Lisle présente également un gril à rôtir les viandes, formé d’un fer plat contourné et sans solution de continuité.
- Le conseil renvoie à la commission des fonds la proposition de M. Chevallier, de faire l'acquisition de plusieurs de ces balais, pour les expérimenter sur le pavé de Paris.
- M. Sainte-Preuve signale une omission qui aurait été faite dans le rapport lu par M. Bande sur les expériences de locomotion pneumatique faites à Saint-Ouen par la compagnie Hédiard; il demande qu’une note jointe au rapport rappelle qu’il avait indiqué dans le Biületin de la Société tous les détails consignés dans le rapport et que, selon lui, M. Hédiard n’a exécutés que postérieurement à la publication dont il s’agit.
- M. Sainte-Preuve réclame aussi contre l’omission du nom de M. Chameroy.
- Il dépose ensuite un paquet cacheté, renfermant la description d’un appareil hydro-pneumatique destiné à l’exploitation des mines ; enfin il décrit la forme et l’emploi d’un nouveau siphon imaginé par lui, et qui s’amorce par quelques secousses ; ce siphon lui paraît pouvoir s’appliquer au transvasement des vins, des eaux-de-vie, des esprits, des huiles et des acides.
- Le même membre donne lecture de l’extrait d’un mémoire sur la question suivante ; Prendre et déposer les voyageurs et les marchandises sur les chemins de fer sans s'arrêter aux stations. Il explique le jeu des organes mécaniques à l’aide desquels il pense avoir résolu le problème, qui ne paraît insoluble, pratiquement, qu’au premier aspect. Tous les détails d’exécution sont consignés dans le mémoire dont il demande l’insertion dans le Bulletin. M. le président invite le comité des arts mécaniques à examiner la réclamation de M. Sainte-Preuve relative au chemin de fer atmosphérique de M. Hédiard, et renvoie à la commission du Bulletin les mémoires sur la construction d’un nouveau siphon et sur le moyen propre de prendre et déposer les voyageurs sur les chemins de fer sans s’arrêter aux stations.
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- M. le président annonce avoir visité, près de Champigny, un établissement d’incubation artificielle fondé par M. Williams, Américain, et dont les dispositions bien entendues donnent des résultats dignes d’intérêt.
- M. Williams, dirigé par une observation attentive des opérations de la nature, a cherché à les approprier à l’incubation artificielle. Ainsi, dans l’incubation naturelle, les œufs sont chauffés en dessus ; la couveuse se place de manière que le germe soit en contact avec la chaleur, pour que son développement puisse s’opérer sans obstacle.
- Il a observé aussi que les poules couveuses ne restent pas constamment sur les œufs et qu’elles les abandonnent à différents intervalles ; ils se trouvent alors en contact avec l’air ambiant, de sorte que l’air intérieur des œufs se condense, et que l’air extérieur y apporte de l’oxygène nécessaire pour entretenir la vitalité.
- D’après ces observations, M. Williams remplace le ventre de la couveuse par un boyau ou grand sac en tissu imperméable, rempli d’eau chaude ; il soustrait les œufs à son contact deux ou trois fois par jour, et remplit ainsi les deux principales conditions de l’incubation naturelle.
- Four débarrasser les jeunes poulets des vermines qui s’y attachent, M. Williams isole les couvées entre elles.
- Enfin, pour engraisser les poulets, il les place dans l’obscuritéy et au moyen d’un tube en caoutchouc volcanisé, muni d’un robinet, il leur donne la pâtée toujours en même quantité et trois fois par jour.
- Cette industrie étant digne de fixer l’attention de la Société, M. le président pense qu’il serait utile qu’une commission prît connaissance des moyens imaginés et mis en pratique par M. Williams, et de publier par la voie du Bulletin la description des appareils pour l’éclosion des œufs et l’élève des poulets, accompagnée de figures, s’il est nécessaire. Cette publication engagerait certainement d’imiter des méthodes dont l’application serait économique et lucrative, et augmenterait la masse des aliments tirés du règne animal.
- M. Jomard ajoute que, depuis un temps immémorial, les Egyptiens font éclore les poulets sans l’aide de poules. Ils emploient, pour cela, des fours d’une construction particulière, désignés sous le nom de marnais; dans ces fours, les œufs sont chauffés en dessus, d’après la même observation que celle qui a guidé les travaux de M. Williams. En Egypte, l’incubation artificielle s’exerce sur une très-grande échelle, et tient une place importante dans l’industrie de ce pays. Les poulets sont apportés au marché vingt jours après leur naissance : les directeurs de fours ne procèdent pas à leur engraissement, qui, d’ailleurs, est fort négligé ; ils bornent leurs soins à maintenir les fours à la température de l’incubation, sans autre indication que l’expérience acquise par la pratique , et, vers la fin de l’incubation, à maintenir une température convenable dans des chambres où les poulets se rendent au sortir de la coque et trouvent, pour se nourrir, du grain sans aucune préparation.
- IMPRIMERIE DE Mme Ve BOUCHARD-HUZARD, RUE DE LÉPEROiN , 5.
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- QUARANTE-SEPTIÈME ANNEE» (N« DXXXII. ) OCTOBRE 1848.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES. — chemins de fer.
- Rapport fait par M. Bande, au nom du comité des arts mécaniques3 sur un chemin de fer d’essai établi à Saint-Ouen 3 pour expérimenter la soupape longitudinale de M. Hédiard, dans le système de propulsion atmosphérique.
- Une compagnie représentée par M. Bernède a établi, à Saint-Ouen, dès l’année 1846, un chemin de fer atmosphérique de 1,700 mètres d’étendue , et construit de manière à mettre en expérience un nouveau système de fermeture longitudinale à ressorts d’acier de l’invention de M. Hédiard. Ce chemin de fer a fonctionné pendant toute Tannée 1847, et dès cette époque le directeur, M. Bernède3 s’était mis à la disposition de la Société pour qu’elle voulût bien examiner avec détail une invention qui, suivant lui, pouvait avoir une grande utilité pour l’avenir des chemins de fer en France. Aujourd’hui le chemin de fer n’existe plus ; mais les expériences faites par deux d’entre nous ont été recueillies, et il a paru utile à votre comité de vous en présenter l’analyse, malgré l’intérêt décroissant des questions de traction par le système atmosphérique.
- Une notice imprimée au commencement de 1846 avait pour objet la description du chemin de fer d’essai de Saint-Ouen ; mais, comme les principes essentiels en ont été profondément modifiés dès l’origine des expériences, nous dirons brièvement comment étaient disposés les appareils.
- Description. — On a choisi les terrains situés entre la gare de Saint-Ouen et le parc Ducayla, pour y établir le chemin de fer atmosphérique, formé d’une suite d’alignements droits et courbes de 1,697 mètres de longueur : c’est un Quarante-septième armée. Octobre 1848. 80
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- polygone fermé sur lequel le tube occupe 595 mètres. Les waggons, lancés à la sortie du tube, gagnaient une pente de 0m,006 à 0m,007 qui les ramenait vers la soupape d’entrée : on pouvait donc, avec l’aide du moteur qui était une machine fixe, faire un nombre indéfini de tours.
- Les tuyaux coulés en fonte de deuxième fusion ont 0m,40 de diamètre intérieur. On a donné à la rainure longitudinale supérieure qui livre passage à la tige une largeur de 0ra,03 entre leurs parois dressées avec une machine à planer.
- La soupape est composée de deux lames d’acier vissées sur les parois supérieures des tubes ; elles sont recouvertes par deux bandes de cuir affectant la même forme et qui constituent véritablement la fermeture du tube.
- Ces bandes de cuir sont recourbées à leur extrémité inférieure , et appliquées contre les parties saillantes du tube par des baguettes en fer; celles-ci sont maintenues par des crochets semblables à ceux qu’on remarque à la soupape du plan incliné de Saint-Germain.
- Ce n’est pas tout : le cuir est maintenu extérieurement par de petites bandelettes d’acier, indépendantes, de 7 à 8 centimètres de largeur ; ces bandelettes d’acier sont pincées, par leur bout inférieur, entre le cuir et les baguettes.
- La tige qui réunit le piston au waggon directeur est formée cle deux lames de tôle percées de trous et réunies en biseau à leurs extrémités ; cette tige ouvre les lames métalliques sans frotter contre les cuirs, dont les lèvres bâillent légèrement au passage de la tige.
- Le vide était opéré au moyen d’une machine à vapeur à cylindre oscillant. Sur l’arbre de couche est montée une manivelle dont la bielle met en mouvement la tige du piston de la pompe pneumatique.
- La pompe est à double effet : sur les demi-cercles des couvercles on a disposé des trous recouverts extérieurement d’un cuir percé lui-même et dont les parties pleines correspondent aux trous de la fonte ; cela forme les soupapes d’émission de l’air. Les deux autres demi-cercles portent leurs cuirs à l’intérieur du cylindre et permettent ainsi l’aspiration de l’air dans le tuyau en communication avec le tube de propulsion.
- Trois waggons, y compris le waggon directeur, composaient le matériel roulant; ils étaient articulés d’après le système de M. Arnoux, de manière à parcourir sans difficulté des courbes de raccordement dont les rayons étaient de 40 mètres.
- Observations. — Nous ne voulons point discuter la valeur du système atmosphérique de M. Hédiard par rapport au mode de traction par locomotives. Il ne s’agit ici que d’une partie du système, et, quelle que soit l’importance
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- d’une bonne soupape longitudinale, ce n’est qu’un détail dans l’ensemble.
- La soupape Samuda est formée , comme on sait, d’une bande horizontale de cuir qui s’appuie sur la tablette du tube qu on a eu soin de planer ; elle se soulève, en tournant autour d’une baguette ou charnière en fer appuyée contre l’un des rebords du tube , au moyen de galets fixés à l’arrière du piston. On a ainsi une rentrée immédiate de l’air qui agit sur le piston, avec toute la puissance de la pression atmosphérique , sans frottement ni étran * glement, puisque l’ouverture ainsi faite à l’introduction de l’air est supérieure à la section du tube.
- On se souvient aussi que la soupape Halette, formée de deux boyaux gonflés d’air entre lesquels glissait la tige, n’admettait pas des rentrées directes comme dans le système Samuda. Pour compenser les diminutions de pression dues au frottement de l’air contre les parois du tube , qui sont d’autant plus considérables que la longueur et la vitesse sont plus grandes, M. Halette se proposait d’établir des soupapes de rentrée d’air tous les 500 mètres.
- En ce qui concerne les rentrées d’air qui doivent mettre le piston sous l’influence de la pression atmosphérique, la soupape de M. Hédiard a le même inconvénient que celle de Halette. Peut-on le rendre insignifiant au moyen d’une ouverture dans la tige de réunion du piston au waggon directeur? Au. point de vue pratique , cet amoindrissement de la pression est-il sans importance, par cette considération qu’en s’éloignant de l’embouchure par où pénètre l’air on se rapproche de la sortie du tube vers laquelle l’action des pompes pneumatiques est plus puissante, puisqu’elles ont de moindres rentrées à épuiser? C’est ce que nous apprécierons plus loin. L’expérience de Saint-Ouen, malgré l’étendue de ses proportions, n’a pu résoudre ce problème.
- Après avoir précisé en quoi la soupape de M. Hédiard diffère de celle de ses devanciers, nous dirons un mot des transformations successives qu’elle a subies pour arriver au point où elle est aujourd’hui.
- M. Hédiard avait d’abord borné son système aux deux lames d’acier qui en forment pour ainsi dire la carcasse. Ces lames, d’une largeur de 0m,12 sur une épaisseur de 1 millim. au plus, recourbées en arc de cercle de 20 centimètres de rayon, étaient en contact dans leur partie supérieure par une faible surface. Ces ressorts étaient noyés dans un bain de graisse qui devait empêcher l’air de pénétrer dans le tube de propulsion.
- A part même quelques défauts de détail, l’expérience prouva que le principe était défectueux. Il y avait des rentrées d’air considérables par les joints des lames que la graisse ne recouvrait pas ; ou bien, les introductions de graisse, lorsque la tige couvrait les lames métalliques, étaient tellement abon-
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- dantes, que le piston en chassait devant lui des masses qui jaillissaient en pluie vers la soupape de sortie du tube.
- Nous devons même ajouter que cette soupape incomplète de M. Hédiard présentait de grandes analogies avec celle de Pinkus, dont les expériences, à Kensington , près de Londres, précédèrent celles de MM. Samuda et Clegg, à Wormwood-Scrubbs. Pinkus, dans un mémoire qui a paru en novembre 1836, proposait de substituer aux machines locomotives à vapeur une sorte de locomotive mue par la pression de l’air, en faisant du tube continu une sorte de réservoir pour l’expansion de l’air qui avait agi sur les pistons. Dans tous les cas, la soupape de Pinkus était formée de deux lames élastiques arc-boutées au - dessus de la rainure du tube ; elle pouvait différer quant à la longueur et à l’élasticité des ressorts de la soupape de M. Hédiard , mais les éléments de sa composition étaient les mêmes.
- Dans les expériences publiques faites en 1846 , M. Hédiard avait déjà modifié sa soupape, en renonçant à compter sur le contact des surfaces métalliques pour assurer l’herméticité. À cet effet, il avait couronné ses ressorts d’une double lanière en feutre qui dépassait de 2 centimètres le sommet de l’angle. Ces bandelettes de feutre, fixées par les vis qui réunissaient les ressorts aux tubes, étaient appliquées sur la carcasse métallique par des ressorts pris sur les mêmes vis.
- Au moyen d’une pareille soupape, on pouvait atteindre, vers l’extrémité du tube, des vitesses de 14 à 15 lieues à l’heure, en faisant partir le waggon directeur à des hauteurs manométriques de 30 à 32 centimètres ; mais ce résultat , qui pouvait satisfaire les curieux attirés à Saint-Ouen, n’avait rien de bien concluant en faveur de la soupape. En effet, en isolant le tube propulseur à la jonction avec le tube d’aspiration de la pompe à air, le manomètre baissait de 20 centimètres par minute , en moyenne , pour des pressions depuis 40 à 9 centimètres.
- M. Hédiard se remit à l’œuvre et produisit la soupape longitudinale dont nous avons donné la description et qui est représentée sur la planche 1078.
- Expériences du 7 novembre 1847. — C’est sur le tube ainsi fermé que nous avons reconnu, le 7 novembre 1847, quelles étaient les rentrées d’air.
- La longueur entre la soupape d’entrée et la soupape de sortie du tube propulseur était de 548m,80. Ces soupapes fermaient les extrémités du tube, mais l’herméticité de la soupape d’entrée était assurée par un obturateur ou tampon en bois garni de graisse ; ce tampon en était distant de 5 mètres. Un registre isolait d’ailleurs le tube d’aspiration de la pompe à air, de telle sorte que le tube d’aspiration, sur une longueur de 57 mètres, augmentait la ca-
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- pacité du vide que les rentrées d air par la soupape longitudinale tendaient à combler.
- Le vide montait et était maintenu à 64 centimètres du manomètre. Pour descendre de 60 cent. 3 à 10 cent., on a mis 31' 45", ce qui fait un abaissement, par minute, de 1 cent. 66.
- Nous avons fait ensuite quelques tours en waggon, dans le polygone fermé du chemin de fer d’essai, et nous ayons répété l’expérience pour nous assurer si la jonction des lèvres de la soupape n’avait pas été dérangée par cet exercice. Faisant le vide de nouveau, on a mis 29' 30" pour descendre de 60 cent. 2 à 10 cent., ce qui fait un abaissement sensiblement égal au précédent, soit, par minute, 1 cent. 70.
- La section des tubes d’aspiration et de propulsion est de 0m q-,1256;
- Le volume étant de ( 542.80 -f- 5 -f 57 ) x 0,1256. = 77m c-,21,
- HO 9
- La rentrée d’air pendant 29' 30" a été de x 77.21 ou 50m,998,
- Ce qui donne , par seconde et par mètre courant de rentrée d’air par la
- soupape longitudinale, Ï7'7Ô" x 547.8Ô = 0 ’052-
- C’est plus de moitié moins que les rentrées d’air, au repos , de la soupape de Dalkey, que nous savons avoir été de 0.11 de litre par seconde et par mètre courant de longueur.
- Au tube de 15 pouces du chemin de fer du South-Devon, l’abaissement du mercure dans le manomètre est, en moyenne , de 2 pouces ( 0,05 ) par minute ; il en résulte une rentrée d’air par seconde et par mètre courant de
- soupape de — —^— = 0 -,127.
- Dans l’espèce , il faut d’ailleurs bien distinguer les rentrées d’air au repos par la soupape longitudinale de celles qui ont lieu lorsque la machine est en marche, alors que les rentrées ont lieu aussi par la pompe à air.
- Ainsi, dans l’expérience du 7 novembre , nous avons maintenu le vide à 64 centimètres du manomètre, et le volant de la machine faisait 21 révolutions par minute. Il est évident qu’alors le travail de la machine ne faisait qu’épuiser les rentrées d’air ; le diamètre de la pompe à air étant de 2 mètres et la course du piston ayant 0m,75, celles-ci se trouvaient de 22 _ 12 72
- a wer 12
- . X 0.75 X X rjr = 7 76 60
- 0,260
- Or la rentrée d’air par la soupape longitudinale est
- 0,000052 x 547.80 =............................................0,029
- 0,231
- Différence. .
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- 620
- ARTS MÉCANIQUES.
- Les rentrées d’air indépendantes de la soupape sont donc de 231 litres par seconde, tandis que celle de la soupape n’est que de 29 litres. Cette comparaison n’a d’autre objet que de prévenir les erreurs qui ont été quelquefois commises dans les calculs de la traction atmosphérique, en prenant les rentrées d’air au repos au lieu des rentrées d’air en marche. Ces dernières sont ici très-exagérées sans doute, eu égard à l’imperfection des appareils accessoires; mais notre remarque n’en subsiste pas moins.
- Les frottements du piston contre le tube seront les mêmes dans tous les systèmes atmosphériques ; mais ici le frottement de la tige contre les ressorts remplace celui des galets qui soulèvent la soupape longitudinale de Samuda. Ce frottement pourra varier suivant la plus ou moins grande élasticité des ressorts qui supportent les cuirs ; et l’intention de M. Hédiard est de réduire beaucoup la roideur de ceux qu’il emploie aujourd’hui, en portant d’ailleurs à 0m,06 la largeur de la rainure qui n’est aujourd’hui que de 0m,03.
- Ces modifications annoncées rendaient inutile la répétition d’une expérience qui a été faite par l’un de nous le 3 novembre 1846, pour déterminer le frottement de la tige. Cette expérience n’aurait pas été modifiée par l’addition du cuir de recouvrement des ressorts qui ne touche pas sensiblement la tige, d’autant mieux que nous ne tenons pas compte de l’excès de pression atmosphérique qui résulte du vide opéré dans le tube propulseur.
- Voici cette expérience :
- Le waggon directeur a été placé sur une partie de niveau en dehors des tubes ; on en avait détaché les galets qui tournent sur les rails pour le diriger lui-même ; il recevait une impulsion par l’intermédiaire d’une corde passant sur trois poulies de renvoi et portant, suspendu à son autre extrémité, un plateau chargé de poids qui descendait le long d’un poteau. Le waggon pouvait parcourir une distance horizontale de 9 mètres, c’était naturellement la hauteur du poteau.
- Après plusieurs tâtonnements, on a trouvé que le plateau chargé d’un poids de 17 kilogrammes imprimait au waggon une vitesse lente , mais uniforme ; il parcourait environ 0m,40 à la seconde.
- On a placé le waggon dans une situation pareille sur une partie de niveau ou la tige était engagée entre les lames métalliques du tube, surmontées de leur feutre. La disposition des poulies, le poids des cordes étaient exactement les mêmes que dans l’expérience précédente. Après avoir donné une légère impulsion au waggon, la vitesse uniforme s’est maintenue en chargeant le plateau d’un poids de 42 kilogrammes.
- Nous en avons conclu que le frottement sur la tige est, moyennement, de 25 kilogrammes.
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- CHEMINS DE FER.
- m
- La tige est composée d’une partie rectangulaire et centrale de 0,78 de largeur sur 0,02 d’épaisseur. Les parties triangulaires et en biseau qui ouvrent la soupape métallique agissent sur 0,17 de longueur de chaque côté , ce qui fait lm,12 de longueur de surface frottante.
- Si on néglige la petite réduction qui doit se trouver sur la partie en biseau, le frottement par mètre courant de longueur de tige, dans le tube, sera
- ou 22 kilogrammes.
- 1.12
- Il est vrai qu’au moyen des cuirs de recouvrement des lames on peut ne pas meme amener celles-ci au contact, comme nous l’avons vu dans le modèle qu’on nous a présenté ; mais, si d’un autre côté on tient compte de la pression atmosphérique, il est difficile de supposer que l’effort sera réduit au-dessous de 20 kilogrammes par mètre courant de longueur de tige. Ce frottement additionnel doit nécessairement poser une limite à l’accroissement de la longueur de la tige pour augmenter les rentrées d’air directes.
- On voit, d’après les expériences que nous venons de citer, que la soupape longitudinale de M. Hédiard paraît bien tenir le vide. Pendant qu’elle a été en place, sous l’influence des variations de l’atmosphère, elle n’a pas éprouvé d’altération sensible. On pourrait craindre peut-être qu’au bout d’un certain temps les petits ressorts qui maintiennent les cuirs ne perdissent, par l’oxydation, l’élasticité qui leur est nécessaire. Sans avoir recours ici aux préparations nouvelles qui éloigneront probablement cette cause de destruction , on peut dire que cette circonstance augmenterait sans doute les frais d’entretien de la soupape, mais qu’elle ne serait pas de nature à l’empêcher brusquemenl de fonctionner.
- Le frottement de la tige contre les ressorts métalliques n’a jamais produit d’échauffement appréciable. À la vérité , la distance parcourue dans le tube n’est pas bien longue ; cependant il y a lieu de penser que, sur des longueurs beaucoup plus grandes, la tige qui réunit le piston au waggon directeur ne s’échauffera pas davantage, parce que cette tige est constamment lubrifiée par un écoulement d’huile lent et continu, et que d’ailleurs la tige est successivement en contact avec des surfaces nouvelles et refroidies.
- L’ouverture ménagée entre les deux tôles qui forment la tige a pour objet de réduire, par des rentrées d’air directes, la différence de pression qui existe entre l’entrée du tube propulseur et le piston qui en est éloigné d’une cer taine longueur. Cette différence, qui est prise aux dépens de la force dont on dispose, sera en raison du diamètre du tube , de sa longueur et de la vitesse du piston. Sans entrer dans des calculs qui dépasseraient les limites ou nous voulons renfermer cette discussion, nous remarquerons qu’à 3,000mm de dis-
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- ARTS MÉCANIQUES.
- tance de l’entrée du tube, par exemple, si l’air qui vient chasser le piston ne pénétrait que par son embouchure, la marche du piston étant de 10 mèt. par seconde , la pression atmosphérique sera réduite à 0,87 environ. Si donc on avait un vide d’une demi-atmosphère, la pression contre le piston qui aurait été, avec la soupape Samuda, de 627 kilog. pour un tube de 0,40 de diamètre ne serait plus ici que 557 kilog. ; il y aurait une perte de pression de 70 kilog.
- D’un autre côté, si on suppose un dixième de litre d’air de rentrée par seconde et par mètre courant de soupape , à la distance oii nous supposons le piston, et à une demi-pression atmosphérique dans le tube, l’épuisement à opérer est réduit de 0,60 mètre cube par seconde. Il y aura tendance, toutes choses égales d’ailleurs, à un abaissement du vide qui concourra à restituer au piston la pression que lui font perdre les résistances de l’air.
- Suivant la vitesse que l’on voudra imprimer aux trains , et d’après la longueur du tube sur lequel opérera l’épuisement de la machine, on compensera les pertes de pression que nous venons d’indiquer par l’agrandissement de la surface d’introduction de l’air par la tige, agrandissement qui sera probablement obtenu, comme nous l’avons dit, à raison de 20 kilog. de résistance par mètre de longueur de tige.
- Le prix de revient du mètre courant de la soupape du chemin de fer de Saint-Ouen peut être établi de la manière suivante, d’après M. Hédiard :
- Fourniture des deux lames d’acier pesant ensemble 1 k. 50, à 1 fr. 85 le kil.. 2f. 77
- Fourniture de 2 mètres de bandelettes en fer, de 0,025 sur 0,005, pesant
- ensemble 2 kilog., à 50 francs les 100 kilog. . . ..... 1 »
- Pose desdits ressorts et bandelettes, y compris percement des trous et fourniture de vis à tête fraisée..........................................3 »
- Fourniture de 2 mètres de tringles en fer, de 0,02 de diamètre, pesant ensemble 6 kil. 226 , à 46 fr. les 100 kilog..........................2 86
- Fourniture de ressorts supérieurs pesant ensemble 0 kil. 65, à 3 fr. le kil. . 1 95
- Ajustage des ressorts sur les tringles d’attache.....................2 75
- Quatorze boulons à crochets, à 30 centimes la pièce..................4 20
- Fourniture de 2 mètres de bandes de cuir, de 0m,065 d’épaisseur et de 0m,16
- de largeur, à 5 fr. le mètre..............................................10 »
- Pose des cuirs et tringles....................................................» 50
- 29 03
- Frais généraux, bénéfice de l’entrepreneur, 25 pour 100. , ... 7 25
- 36 28
- À valoir pour transport, frais divers, un vingtième. . . . . . . 3 62
- Total. ............................. 39 90
- Soit. ...... 40 »
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- CHEMINS DE PER.
- m
- Sur le chemin de fer atmosphérique de St.-Germain, la soupape, qui comprend deux cuirs, la tringle, les boulons , crochets d’attache , les plaques en fer d’enveloppe, la pose, a coûté 18 fr. 55 cent, par mètre courant de longueur. Il y a, de plus , le rabotage des tablettes qui n’est pas à faire dans le système de M. Hédiard, de telle sorte que le prix de l’une est à peu près double de celui de 1 autre.
- Cette dépense n’a cependant pas une très - grande influence sur le prix de l’établissement d’un chemin de fer atmosphérique , si l’on considère que le gros tube de Saint-Germain, à la vérité du poids de 490 kilog. par mètre courant, est revenu à 152 fr. 25 le mètre. Dans des circonstances ordinaires, avec des diamètres de tubes de 0m,45 à 0m,50, on ne s’écarterait pas beaucoup du chiffre que nous venons de donner, si l’on considère que la compagnie de Saint-Germain a payé 29 fr. les 100 kilog. des tubes rabotés sur leurs tablettes et tournés sur leurs emboîtements.
- La dépense de la soupape est donc très-secondaire comparée à celle qu’occasionnent l’établissement des machines et celui des tubes.
- La diminution des rentrées d’air, que M. Hédiard a eue surtout en vue, est sans doute un perfectionnement notable ; cependant il ne faut pas se faire une idée exagérée de l’économie qui peut en résulter dans l’exploitation, si les améliorations du système se bornaient à ce seul point.
- Supposons, par exemple, qu’on ait un tube de 0m,55 de diamètre et de 5,000 mèt. de longueur où l’on est censé marcher avec une vitesse de 15 mèt. à la seconde, l’air étant raréfié à une demi-atmosphère.
- La préparation du vide n’est pas l’un des éléments constitutifs de la force de la machine, c’est le travail en marche qui doit régler la force à donner à celle-ci. Or l’air à épuiser provient de trois sources, savoir : les rentrées fixes entre le cuir du piston et le tube, les rentrées par la soupape de sortie, celles du tuyau d’aspiration, des soupapes de la pompe air ; en second lieu, les rentrées par la soupape longitudinale qui sont proportionnelles à la longueur à parcourir, et enfin l’air refoulé par le piston.
- Admettons, d’après l’expérience, que les rentrées fixes soient représentées par 400 litres à la seconde, les rentrées par la soupape de 0,06 litre , coefficient que nous appliquerons à la demi-longueur du tube ; le volume d’air à épuiser par seconde sera
- 0mc ,40 x 2 + 2500 x 0,00006 x 2 + 0,2375 x 15, ou
- 0m,80 + 0,30 + 3m,56 = 4m,66.
- Mais, si la rentrée d’air par la soupape est de 0m, 127, ramené toujours à la pression atmosphérique, comme nous l’avons observé sur le chemin de fer de
- Quarante-septième année. Octobre 1848. 81
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- ARTS MÉCANIQUES.
- mi
- South-Devon, l’air à épuiser sera 0m,80 + 0,635 + 3,56 = 4,995, soit 5m, c’est-à-dire que l’épuisement ne sera pas augmenté de 7 pour 100 pour une rentrée d’air de plus du double par la soupape longitudinale.
- Le travail de la pompe à air sera, dans le premier cas,
- YP -f- log. nep. y 011 2,33 x 10340 x 0,693 = 16695lm,
- dans le second, 2,50 x 10340 x 0,693 = 17914km,
- c’est-à-dire que l’on aurait à établir des machines de la force effective de
- et de
- 16695
- 75
- 17914
- 75
- = 222 chevaux dans un cas, = 238 chevaux dans l’autre.
- Cette différence n’apporte pas une modification bien sensible aux dépenses de premier établissement.
- Nos calculs seraient trop hypothétiques pour apprécier l’économie de combustible dont profiterait l’exploitation : le temps de marche des machines pourrait être réduit d’un très-petit nombre de minutes par voyage, mais il n’en résulterait aucune de ces modifications capitales qui transforment un système de traction. Il est donc évident pour nous que la solution du problème de la traction atmosphérique ne réside pas uniquement dans l’herméticité plus ou moins grande que l’on peut donner aux tubes. Déjà, à cet égard, M. Samuda était parvenu à un degré satisfaisant de perfectionnement ; toutefois M. Hédiard paraît l’avoir dépassé de beaucoup.
- Le système de traction atmosphérique, après avoir éveillé l’attention de l’Europe pendant les premiers mois de l’exploitation du chemin de fer de Kingtown à Dalkey, semble avoir perdu tout à fait la faveur publique qui l’avait accueilli à son origine. Après avoir défrayé la curiosité des habitants de Londres entre Forest-Hill et Croydon, les tubes sont enlevés, empilés en vingt-quatre heures dans les chantiers de New-Cross, sous prétexte d’insuffisance de transport aux courses d’Epsom. Cet échec ne décourage pas la compagnie de South-Devon ; mais celle-ci, toutefois, après les premiers essais d’Exeter à Newton, sur les 8 lieues de longueur où l’exploitation se continue toujours, décide que les tubes ne seront pas posés au delà de Totness ; que, à partir de ce point, l’exploitation sera continuée par locomotives.
- Enfin, sur les instances de la compagnie de Saint-Germain, qui devait poser les tubes atmosphériques de Nanterre à Saint - Germain, le gouvernement consent à ce que les essais se bornent au plan incliné qui aboutit à la place du château.
- Le système atmosphérique comme moyen de transport à de grandes dis-
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-
- CHEMINS DE FER.
- 625
- tances, avec les complications que comporte un mouvement considérable de voyageurs et de marchandises, est en effet jugé, du moins avec les appareils dont on dispose aujourd’hui. Il n’est pas économique, il n’assure pas, aussi complètement qu’on pourrait le désirer, la régularité des arrivages.
- Si, au contraire , l’atmosphère n’est mise en action que comme moyen de franchir des rampes que des locomotives graviraient péniblement, si on parvient à mieux régler l’intermittence du feu des foyers des machines, à en utiliser la flamme perdue, peut-être cet instrument mécanique nouveau présentera-t-il des avantages sur les procédés ordinaires de traction. Le gouvernement , en échange de certaines concessions, a prescrit à la compagnie de Saint-Germain l’exploitation continue de la rampe par le système atmosphérique, et il a bien fait, attendu que c’est uniquement par une longue exploitation pratique que les perfectionnements peuvent être introduits dans des appareils de ce genre. Mais, indépendamment de cette obligation, la compagnie, ayant dépensé son capital, trouve de l’avantage à employer ses machines stationnaires au lieu de machines locomotives à roues accouplées.
- Il est évident que, dans ces limites, la soupape de M. Hédiard permettra de faire un service convenable , et, si les expériences de Saint-Ouen ne démontrent pas ses avantages économiques, elles en prouvent au moins la possibilité.
- Quoi qu’il en soit, les expériences de la compagnie de Saint-Ouen, accomplies avec tant de persévérance et de dévouement, ne seront pas perdues pour la science et pour l’industrie ; elles ont dissipé les illusions qu’on pouvait se faire sur un premier appareil dont la simplicité devait séduire ; elles ont conduit M. Hédiard à des améliorations qui transforment l’ancienne et imparfaite soupape métallique en une autre qui tient parfaitement le vide.
- Nous vous proposons, en conséquence, d’adresser des remercîments à M. Hédiard et à ses coassociés pour les intéressantes expériences auxquelles ils nous ont fait assister, et de décider que le présent rapport sera inséré au Bulletin de la Société d’encouragement, suivi des tableaux et détails des expériences.
- Signé Baude , rapporteur.
- Approuvé en séance, le 30 août 1848.
- Explication des figures de la pl. 1078.
- Fig. 1. Plan général du chemin de fer atmosphérique d’essai de St.-Ouen.
- Fig. 2. Profil en longueur.
- Fig. 3. Plan d’une partie du tube atmosphérique et de la soupape longitudinale.
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- m
- ARTS MÉCANIQUES.
- Fig. A. Coupe transversale de la soupape.
- Fig. 5. La pompe pneumatique vue en élévation.
- Fig. 6. Section verticale de la même.
- Les mêmes lettres désignent les mêmes objets dans toutes les figures.
- À, polygone fermé des rails.
- B, tube propulseur.
- C, machine à vapeur.
- D, soupape longitudinale, a a, lames d’acier formant ressort et fixées sur le tube propulseur par des vis taraudées : elles sont recouvertes d’un cuir h s’élevant plus haut que ces lames. Pour maintenir cet ajustement et joindre exactement les deux bandes de cuir, elles sont recouvertes, sur toute leur longueur, de lames d’acier étroites c, qui suffisent pour faire adhérer constamment les deux côtés. Cette combinaison, qui est assujettie par des tringles d et des boulons à crochet e serrés par des écrous, dispense de l’emploi de graisse ou de liquide, et entretient le vide dans le tube pneumatique.
- E, pompe pneumatique composée de l’assemblage de fortes feuilles de tôle garnies, à leurs extrémités, de larges cornières en fonte qui lui servent de brides.
- F, couvercles ou fonds percés d’ouvertures assez rapprochées se divisant par moitié en deux séries, l’aspiration et le refoulement. Des cuirs f f’ percés de trous de même diamètre, mais placés de manière à correspondre au plein des couvercles en fonte, sont fixés à leur circonférence extérieure comme à leur diamètre ; ils forment soupape , soit pour faire sortir l’air contenu dans le corps de la pompe, soit pour y faire pénétrer l’air du tube de propulsion. Quand le piston s’élève, l’air contenu dans la pompe s’échappe par les ouvertures des cuirs f, en même temps que l’air contenu dans le tube de propulsion se précipite dans le cylindre E par le conduit H et le cuir f; lorsque, au contraire, il redescend, le refoulement de l’air à l’extérieur s’effectue par le cuir f\ et l’aspiration par le cuir f.
- G, bâche à deux branches recouvrant chacune une moitié des deux couvercles et s’y boulonnant à demeure ainsi qu’à l’extrémité du gros tube de propulsion H.
- I, piston dont la tige s’assemble avec une manivelle formant l’extrémité de l’arbre moteur de la machine à vapeur. ( D. )
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- CHEMINS DE FER
- CHEMIN DE FER ATMOSPHÉRIQUE D’ESSAI DE SAINT-OUEN.
- EXPÉRIENCES DU 7 NOVEMBRE 1847.—Observations au manomètre, de 15' en 15'.
- Abaissement après trois tours du' waggon, de 15” en 15”.
- Avant un voyage.
- 64 arrêt
- 51,1
- 31,15
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-
- 6^8 arts mécaniques.
- EXPÉRIENCES A TITRE DE RENSEIGNEMENT SUR L’ANCIENNE SOUPAPE.
- Expériences sur la tenue du vide dans le tube du chemin de fer atmosphérique de Saint-Ouen, — 16 octobre 1846.
- Les soupapes d’entrée et de sortie étaient fermées, et, comme la soupape d’entrée laissait pénétrer les fuites d’air, on avait établi un tampon en bois à l’origine du tube.
- Lorsque l’épuisement de l’air a été indiqué à 50 centimètres environ au manomètre, le tampon s’est dérangé ; il a été nécessaire de l’enlever, et, pour remédier, autant que possible, aux fuites, on a engagé, en avant de la soupape, le piston du waggon directeur retenu par des cordes.
- La machine à vapeur a commencé à fonctionner.
- Après 15" le manomètre marquait 26 cent.
- 30. ..... 33 45. ..... 40
- 1' »......................43
- 1 15......................46
- 1 30......................49
- 1 45................... 52
- 2 »......................52
- 2 15......................52
- 2 30..................... 52
- À chaque coup de piston, il y avait des oscillations très-marquées dans la colonne de mercure, et les chiffres précédents indiquent des moyennes.
- À un signal donné, la machine a cessé de fonctionner, et l’on a constaté rabaissement du vide de 5" en 5". Voici les indications successives du manomètre à partir de 47 centimètres.
- 47 cent. . . . 27 ... . 10 4
- 45 .... . 25 f . . . 9
- 43 j 23 *. . . . 7 i
- 41 .... . 21 i. . . . 6 4
- 39 20 ... . 5
- 37 18 ... . 4
- 35 16 . . . 3
- 33 . . . 15 ... . 2 4
- 31 13 f . . . 1 y
- 29 11 {... . 1
- Il en résulte qu’en 1' 50" la pression atmosphérique est rétablie dans le tube. On a répété l’expérience précédente, qui a donné les résultats suivants ;
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- CHEMINS DE FER.
- 629
- 15” après le premier coup de piston le manomètre était.
- de la machine, ie vide indiqué par 17 cent.
- ....................................29
- 45”.....................................37
- r .........................................40
- 1' 15”. •............................... 43
- 1' 30”.....................................45
- 1' 45”.....................................47
- 2'
- 2' 45”
- 3'
- 47
- 47
- 47
- Abaissement du vide de 5'; en 5".
- 46 cent. . . . 20 4
- 41 .... 18 4
- 38 j ... . 16 4-
- 36 f ... . 14 4-
- 34 4 • 12 4.
- 31 4 . . . 10 4
- 29 .... 8 {
- 27 .... 7
- 24 f ... . 5 4
- 22 4 ... . 4 4
- On a mis 2' 30" pour atteindre la pression atmosphérique à partir de 46 centimètres.
- Dans une troisième expérience, on a relevé les hauteurs du manomètre de 5" en 5", à partir de 39 centimètres, ainsi qu’il suit :
- 39 17
- 37 15
- 35 12 4
- 33 .... . 10 4
- 31 8 4
- 28 f. ... . 7
- 26 5 |
- 24 4
- 21 4 2 1
- 19 .... . 1
- On a mis 1' 45" pour descendre de 39 cent, à la pression atmosphérique. Dans un quatrième épuisement du tube , on a compté les battements de la machine.
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- 630
- ARTS MÉCANIQUES.
- 15" après l’ouverture du régulateur, le vide marqué au manomètre était
- 22cent-
- 30" 28 échappements 28
- 45" . . . 36 42
- r ........... 39 54
- r 15" 42 66
- r 3o" 44 77
- r 45" 45 .... . 88
- 2' ...... 46 .... . 100
- 2' 45" 46 .... . . 111
- La machine a marché pendant 3' 33” sans faire monter davantage le mer-
- cure du manomètre, qui s’est maintenu à la moyenne de 46 cent. La machine
- ayant été arrêtée, il a mis 28” pour revenir à point, il a indiqué, de 5” en 5”, 29 cent, et demi à partir de ce
- 29 ... . 0 ï
- 27 .... . 5 4
- 23 1 3 |
- 21 i. ... . 2 4
- 19 y ... . 1 4
- 17 b . - • . 1
- 15 12 i 10 4 8 |
- D’où il résulte qu’un espace de temps de 1' 43” s’est écoulé pour ramener à la pression atmosphérique le tube dont le vide avait été porté à 46 cent.
- Expériences de vitesse.
- L’espace parcouru est divisé par des poteaux de 100 mètres en 100 mètres; le point zéro se trouve à l’entrée du tube atmosphérique.
- Le train se composait du waggon directeur et d’un waggon-diligence. On a ouvert la soupape d’entrée lorsque le manomètre marquait 39 cent.
- éros des poteau;;. Temps du passage. Numéros des poteaux. Temps du passage
- 0. . . . 0". . . . 9. . . . 85"
- 1. . . . 17". . . . 10. . . . 97
- 2. . . . 26 ... . 11. . . . 109
- 3. . . . 34 ... . 12. . . . 122
- 4. . . . 41 . . . . 13. . . . 135
- 5. 48 ... . 14. . . . 150
- 6. . . . 56 ... . 15. . . . 166
- 7. . . . 64
- 8. . . . 74
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-
- CHEMINS DE FER.
- 631
- La vitesse maximum acquise au bout de 300 mètres était de 14m,30 à la seconde, ou de IL lieues à l’heure.
- st reparti, et le trajet a été de deux tours. On est parti à 42 cent, d’indication au manom
- Poteaux. 0 Temps. 0" Poteaux. 1. Temps. 217"
- 1 . . . . 19 2. .... 231
- 2 . ... 30 3. .... 240
- 3 . ... 39 4. .... 247
- 4 . ... 47 5. .... 255
- 5 . ... 56 6. .... 261
- 6 . ... 64 7. .... 269
- 7 . ... 74 8. ... 276
- 8 . ... 85 9. .... 296
- 9 . ... 97 10. .... 307
- 10 . . . 111 11. .... 318
- 11 . . . .125 12. .... 331
- 12 . . . .139 13. .... 343
- 13 . . . .153 14. .... 357
- 14 . . . .169 15. 371
- 15 . . . .184 16. .... 392
- 16 . . . .200
- Au commencement du second tour, le manomètre indiquait 34 centimètres. En dehors du tube on a fait usage des freins pour modérer la vitesse. Au second tour, la vitesse a atteint le même degré que dans l’expérience précédente.
- Dans ces expériences, l’air atmosphérique rentrait pour venir presser le piston, et par l’extrémité du tube, et par la tige creuse du piston.
- Dans une troisième expérience, on a voulu marcher au moyen des rentrées d’air effectuées seulement par la tige. A cet effet, on fermait la soupape d’entrée, aussitôt qu’elle avait été dépassée par le train; on a trouvé :
- Poteaux. Heure du passage. Manom. extérieur. Poteaux. Heure.
- 0 » . . . 23". . 8. . . . . 115"
- 1. . . . . 38 . . . . . 12 cent. 9. . . . . 133
- 2. . . . . 52 . . ... 14 10. . . . . 153
- 3. . . . . 65 . . ... 14 ’ 11. . . . . 173
- 4. . . . . 76 . . ... 15 12. . . . . 191
- 5. . ... 76 . . ... 16 13. . . . . 210
- 6. . . . . 87 . . 14. . . . . 228
- 7. . . . . 99 . . 15. . . . . 247
- 16. . . . . 270
- On a répété la troisième expérience en fermant la soupape d’entrée ; au départ, le manomètre marquai! 28 centimètres.
- Quarante-septième année. Octobre 1848.
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-
-
- ARTS MECANIQUES.
- mî
- Poteaux. 0. . Heure du passage. ... 0 Manom. arrière du piston. Poteaux. Heure du passage
- 1. . . . , 23". . . . . 11 cent. 9. . . . 128"
- 2. , . . . 37 . . . . . 15 10. . . . 148
- 3. . . . . 50 . . . . . 16 11. . . , 168
- 4. . . . . 61 . , . . . 18 12. . . . 187
- 3. . . . . 71 . . , . , 18 13. . . . 206
- 6. . ... 82 14. . . . 224
- 7. . ... 94 15. . . . 237
- 8. . . . .110 16. . . . 263
- Pendant la marche, le manomètre du waggon directeur, en ayant du piston, s’est maintenu de 28 à 30 centimètres ; au moment de la sortie , le manomètre de l’origine marquait 21 centimètres.
- Enfin, dans une cinquième expérience, on abouché, avec de l’étoupe, la communication avec l’air extérieur pratiquée à travers la tige ; de telle sorte que le piston était pressé par l’air qui pénètre par l’origine du tube.
- Le manomètre de l’origine du tube marquait, au départ, 29 centimètres.
- Poteaux. Heure du passage. Manomètre de l’avant. Manomètre de l’arrière,
- 0. . . . . , , 0
- 1. . , . . . . 20". . . .... 22. . . . . . . 1 cent.
- 2. . . . . . , 30 . , . .... 23. . . . »
- 3. , . . . . . 38 , . . .... 19. . . . »
- 4. . . . . . . 46 . . . .... 22 . . . . . . »
- 5. . , .... 52 . . .... 22. . . . .. 2 cent
- 6. . . . ... 60
- 7. . . . ... 67
- 8. . . , ... 75
- 9. . . . ... 86
- 10. . , . ... 97
- 11. . . . . . . 109
- 12. . . . ... 121
- 13. . . , . . . 135
- 14. . , . ... 150
- 15. . . . ... 167
- 16. . , .... 187
- La vitesse maximum, dans le tube, a été de 12m,50 par seconde, ou 11 lieues et demie à l’heure a
- M. Bernède^ directeur de la compagnie, dans le but d’isoler les rentrées d’air du tube propulseur de celles qui pouvaient se faire par le tube d’épuisement ou du cylindre pneumatique , a fait construire un registre ou soupape pour intercepter la communication entre les deux tubes : c’est une espèce de vanne que l’on baissait aussitôt que la machine était arrêtée,
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- CHEMINS DE FER,
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- Mais cette vanne, qui n’était pas appuyée, a été sans effet sensible, ainsi que le prouvent les expériences qui nous restent a rapporter sur la tombée du vide dans le tube propulseur.
- On a fait descendre le manomètre à 0,45 ; il s’y est maintenu pendant une minute tant que la machine a battu un coup de piston par seconde. On a fermé la vanne, et le manomètre a indiqué les chiffres suivants de 5" en 5" ;
- 39 cent. . . 18 . . . 3{
- 36 . 16 i . . . 3
- 3k. ... . . 15. . , . . 2
- 32 . 13. . . . • 1 i
- 31 1 ... . . 11*. . . 1 |
- 28 . 10
- 26 . 9 i
- 2k. ... . 7
- 22 . 6 *
- 20*. . . . * *
- On a recommencé l’épuisement : après 30 coups de piston
- marquait 30 centimètres; après 90 coups, il atteignait 45 centi
- n’a pu dépasser. L’abaissement a été
- 40 cent. . . . . . 19 . . . . . k
- 37 . . 17 . . ... 3
- 35. .... . . 15 { . . , . 2
- 33 . . lk
- 31. ... . . . 12
- 29. .... . . 10 ^
- 27 . . 9
- 25
- 23 . . 6
- 21. ... . . . 5
- Dans une 3e expérience, après 30 coups de piston en 30”, le vide était
- k5. . ... k5.
- 59. . ... 60.
- Le vide est tombé, de 5" en 5", de la manière suivante :
- 36 ... . 16 {. . . . k •
- 33 {. . . . lk f. . . . 3 *
- 31 ... . 13 ... . 2 i
- 29 ... . 11 2
- 26 i. . . . 9{. . . . 1 1 * *
- 22 i. . . . 8
- 20 |. . . . 7
- 18 , . . 5 *
- 36
- kQ
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-
- m
- ARTS MÉCANIQUES.
- B expérience, après 16 coups de piston en 15” , le vide était de 20
- 29. . . . . 30. . . . 30
- 45. . . . . 45. . . . 36
- 59. . . . . 60. . . . 40
- 73. . • . . 75. . . . 43
- successivement réduit, de 5” en 5 , a
- 34 . .... 13 I
- 32 . 12
- 30 . . . . . 10
- 27 f.. .... 8
- 25 {. . . . . 7
- 23 |. . ... 6
- 21 i .... 4 \
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- 17 i. 21
- 15 £. .... 11
- IRRIGATIONS.
- Rapport fait par M. le Chatelier, au nom du comité des arts mécaniques, sur un mémoire de MM. Thomas et Laurens relatif aux irrigations.
- MM. Thomas et Laurens, ingénieurs civils, ont communiqué à la Société d’encouragement une notice, accompagnée de deux feuilles de dessins, sur les irrigations. Ce travail a été renvoyé au comité des arts mécaniques, qui en a pris connaissance avec beaucoup d’intérêt.
- MM. Thomas et Laurens décrivent les procédés qu’ils ont employés avec un plein succès pour élever, par un moyen mécanique, les eaux de la rivière de Yesle , et pour les employer à l’irrigation d’un terrain de 110 hectares de superficie , situé à Ciry-Salsogne, près de Soissons. Ils examinent ensuite la question des irrigations à un point de vue général, surtout en ce qui concerne l’emploi des moteurs ; ils établissent que, dans beaucoup de cas, un examen judicieux ferait donner la préférence à l’application des machines sur les dérivations naturelles, et ils font remarquer que, dans beaucoup de cas, celles-ci sont impraticables ou accompagnées de difficultés nombreuses.
- Le comité des arts mécaniques , convaincu qu’en effet l’usage des moteurs mécaniques peut rendre des services signalés à l’agriculture pour les irrigations, pensant qu’un des moyens les plus sûrs de propager l’arrosage artificiel des terres consiste dans la publication des faits particuliers dont l’exemple puisse être utilisé sur beaucoup de points du territoire , a l’honneur de pro-
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- IRRIGATIONS.
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- poser au conseil de publier in extenso, dans le Bulletin, le travail de MM. Thomas et Laurens, et de les remercier de la communication qu’ils en ont faite à la Société d’encouragement.
- Signé le Chatelier , rapporteur.
- Approuvé en séance, le 30 août 1848.
- Mémoire sur les irrigations; par MM. Laurens et Thomas ( Léonce ), ingénieurs civils, rue Saint-Dominique-Saint-Germain, 18.
- Nous avons l’honneur de présenter à la Société d’encouragement la description d’une irrigation que nous avons faite aux environs de Soissons, à Ciry-Salsogne, parce qu’elle nous semble réalisée dans des conditions destinées à se produire fréquemment, si les bienfaits de l’arrosage doivent s’étendre à une grande partie du territoire.
- Nous y joindrons un aperçu sur les divers moyens de se procurer les eaux nécessaires à l’arrosage et quelques résultats d’expériences sur les quantités d’eau utiles à employer.
- Au moment où nous avons entrepris l’étude de l’irrigation de Ciry-Salsogne , en 1840, nous ne connaissions d’irrigations un peu étendues que celles du midi de la France et des Vosges : les eaux sont amenées par des dérivations, souvent d’un long développement, en contre-haut des terrains à arroser ; elles sont jetées dans les canaux répartiteurs , de là dans les rigoles, qui les versent sur le sol.
- Le terrain qu’à Ciry-Salsogne nous devions convertir en prairie, à l’aide de l’irrigation , est une plaine dont la surface, à l’œil, paraît tout à fait de niveau. Les eaux de la Vesle, petite rivière qui se jette dans l’Aisne à quelques kilomètres de là, sont en contre-bas de ces terrains , de sorte que, pour les amener à la hauteur voulue pour arroser convenablement, il fallait les élever par des travaux d’art à plusieurs mètres au-dessus de leur niveau habituel. Un canal de dérivation, débouchant dans la rivière à une distance suffisante en amont, était le premier moyen à étudier, à cause de la fréquence et de l’ancienneté de son application ; mais ce canal, en considération de la faible pente de la Vesle, aurait dû se prolonger fort au loin ; il eût exigé l’acquisition de beaucoup de terrain et celle d’usines situées en amont de la propriété, toutes conditions qui auraient rendu l’opération très-coûteuse et, en réalité, impraticable. Élever les eaux sur place par des machines semblait donc le moyen préférable à tous égards.
- Mais, pour qu’il en fût ainsi, il était indispensable de n’avoir pas à monter l’eau à une trop grande hauteur ; il nous restait donc à déterminer les pentes.
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- ARTS MÉCANIQUES.
- les plus faibles qu’il fût possible de donner aux surfaces soumises à l’irrigation et aux canaux distributeurs.
- On trouve, d’habitude, des pentes très-fortes dans les irrigations naturelles opérées généralement dans les pays montagneux ou tout au moins accidentés ; ces fortes pentes, devenues une loi pour beaucoup de praticiens, feraient renoncer à l’irrigation quand les terrains n’offrent pas d’eux-mêmes une grande déclivité. Quelques observations nous ont montré que des pentes assez faibles pouvaient suffire , et elles nous ont conduits à nous guider, pour le nivellement de nos terrains, sur les données ordinaires de l’hydraulique. Le projet fut donc dressé et exécuté en s’appuyant sur cette base, avec des pentes que l’on trouvait beaucoup trop réduites : l’expérience a prouvé qu’elles étaient suffisantes pour un bon arrosage. Il est essentiel de se rendre un compte exact du relief du sol, afin d’en utiliser toutes les pentes naturelles et de se régler sur celles-ci pour établir le plan des rigoles avec le minimum de terrassements. On ne saurait poser de règle générale à ce sujet ; nous dirons seulement qu’en multipliant les rigoles et les planches à arroser, en limitant le parcours des eaux pendant leur action arrosante, l’on obtient des résultats aussi satisfaisants qu’avec les pentes les plus fortes.
- La superficie à arroser, d’après le projet formé dans l’origine par M. de Pompry, propriétaire de ces terrains, était de 110 hectares ; les travaux d’art exécutés permettent de comprendre une bien plus grande étendue dans l’irrigation.
- La hauteur à laquelle les eaux devaient être élevées au-dessus du niveau habituel de la Yesle, en amont de la propriété , fut fixée à 4 mètres. Ayant reconnu l’impossibilité d’amener les eaux à ce niveau par un canal, il fallait songer à établir une machine motrice et une machine élévatoire ; le prix de ces travaux était une assez faible fraction de la plus-value assurée aux terrains par l’irrigation ; celle-ci devenait donc une opération praticable. Nous aurons lieu de montrer que l’irrigation des grandes surfaces ne doit pas exclusivement être obtenue à l’aide de dérivations naturelles, et que très-souvent les moyens mécaniques sont préférables à celles-ci, sous tous les points de vue.
- Un canal de 800 mètres de longueur, comprenant, dans ce développement, le canal d’amenée et le canal de fuite des machines hydrauliques, et un barrage sur la rivière , nous donnèrent, en coupant un coude très-sinueux de la V'esle, une chute de 2m,30 en moyenne , et une force totale de 40 chevaux à l’étiage.
- Les terres de Ciry-Salsogne sont sablonneuses et très-perméables ; il était probable que, dans les premiers moments, tant qu’elles ne seraient pas bien gazonnées, elles absorberaient de grandes quantités d’eau; cette circonstance,
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- cependant, ne nous fit pas exagérer la puissance des machines, parce que la conversion de 110 hectares en praires naturelles devait avoir lieu en plusieurs années et par lots successifs. Des considérations que nous exposerons plus loin nous déterminèrent à construire les machines pour fournir 300 lit. d’eau par seconde, soit environ 1,000 mètres cubes d’eau par heure. Élever un aussi grand volume d’eau à la hauteur de 4 mètres n’était pas sans difficulté. Les machines usitées pour ce travail ne nous présentaient pas les conditions de bon marché et de simplicité si essentielles en pareille circonstance. Une roue à tympan aurait eu au moins 9 mètres de diamètre : le système de roue élévatoire de Saint-Ouen eût exigé une aussi grande dimension. Le prix de semblables machines est très-élevé. Des pompes n’auraient pas été plus économiques, et, sous le rapport de la surveillance et de l’entretien, elles eussent été inférieures à ces machines. La noria, qui fonctionne bien avec de faibles volumes d’eau, laissait craindre qu’avec une forte charge elle ne fût sujette à un entretien assez difficile à effectuer dans la campagne. Son prix d’établissement, d’ailleurs, n’eût pas été inférieur à celui de la machine que nous avons construite et dont nous allons donner la description.
- Les fîg. 1 et 2 de la pl. 1079 représentent cette machine en coupe verticale et transversale ; c’est une roue en bois et en fonte À, dont les augets B puisent l’eau par la circonférence extérieure et la déversent, en s’approchant de la limite de leur course ascensionnelle, par des ouvertures a a ménagées à la fonçure de la roue.
- Des huches en bois C C pénètrent de chaque côté de la brasure de la roue, sous les augets eux-mêmes, afin de recevoir l’eau qu’ils versent pendant la dernière partie de leur course ; deux étages de huches sont établis à 0m,50 de distance l’un de l’autre, parce que la moitié environ du terrain demandait que les eaux fussent élevées à 3m,50 seulement. Cette disposition est favorable à l’effet utile de la machine.
- La roue élévatoire a 5m,90 de diamètre et ln',25 de largeur ; elle se compose de deux couronnes en fonte D D, portant, à l’aide de nervures, les madriers formant les augets et la fonçure de la roue ; huit traverses en fonte relient les deux couronnes entre elles et servent à les fixer sur les bras; le tourteau en fonte E calé sur l’arbre en bois F reçoit la brasure composée de deux fermes de huit bras chacune et d’une couronne en bois G : un certain nombre de boulons d’écartement rendent tout le système d’augets parfaitement solide. Les madriers des augets sont réunis à plats-joints, et un tingage exécuté avec soin les rend suffisamment étanches. Les deux couronnes en fonte, qui ont 0m,615 de largeur, pèsent ensemble 2,365 kilog. ; vu leurs grandes dimensions, l’emploi
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- ARTS MECANIQUES.
- de la fonte a coûté sensiblement moins que celui du bois. Depuis trois ans que cette machine fait son service, elle n’a éprouvé aucun dérangement ; son entretien est très-minime ; il s’est borné au graissage des tourillons, peu dispendieux en lui-même. Deux ou trois tours par minute suffisent pour donner le volume d’eau voulu ; à trois tours il est de 350 litres par seconde. L’eau d’amont afflue dans un bassin en maçonnerie H, où plonge la roue élévatoire ; une vanne I, placée à l’entrée de ce bassin, permet de régler la quantité d’eau admise.
- Le moteur représenté, vu en élévation et en plan, fig. 3 et A, et dessiné sur une plus petite échelle, est une roue de côté J, à coursier en maçonnerie, emboîtant les aubes exactement : cette roue est tout en bois, les bras seulement sont fixés à un tourteau en fonte ; elle donne une force de 22 chevaux, dont les deux tiers à peine sont utilisés maintenant.
- Un engrenage ralentisseur K imprime le mouvement à la roue élévatoire À.
- La roue motrice et la roue élévatoire sont installées à peu près au centre de la propriété à irriguer. Du bâtiment qui contient ces machines, partent deux digues formées avec les déblais de la dérivation : elles portent la cuvette du canal distributeur des eaux, et se dirigent l’une vers l’amont, l’autre vers l’aval ; elles suivent, dans leur parcours curviligne , la partie culminante des superficies qu’elles doivent arroser. Chacune d’elles livre les eaux sur ses deux rives ; toutes deux ne sont pas, à leur point de séparation, au même niveau , les deux parties de la plaine qu’elles arrosent n’exigeant pas la même hauteur; la digue d’aval est de 0ra,50 en contre-bas de celle d’amont.
- La surface occupée horizontalement par ces digues ne saurait être considérée comme du terrain perdu, car leurs talus, très-favorables à la végétation, offrent une large compensation.
- De distance en distance des huches en bois prennent les eaux à la cuvette pour les donner aux répartiteurs et aux rigoles, qui les versent sur les terrains à arroser.
- Les dispositions ont été prises pour irriguer 1 hectare par heure ; l’expérience a prouvé que ce résultat était facile à obtenir sur des prairies bien gazonnées et en bon état; mais, comme nous l’avions prévu, il faut, dans l’origine, alors que les prés donnent leur première verdure , mettre deux et même trois heures à irriguer 1 hectare ; au fur et à mesure que l’enherbe-ment s’accroît, le temps diminue, l’eau n’est plus absorbée en aussi grand excès par les parties dénudées du sol.
- Des produits. — L’opération que M. de Pompry, propriétaire de Ciry-Sal-sogne , avait en vue était la conversion de terres sablonneuses, très-légères,
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- produisant de maigres récoltes de seigle et d’avoine, en prairies naturelles d’un revenu beaucoup plus considérable. Les 110 hectares compris dans le projet primitif ne lui appartenaient pas entièrement quand ce travail fut arrêté ; il fallait du temps pour acquérir les champs voisins, sans cependant élever leur prix au delà de leur valeur. Les mouvements de terre pour le nivellement des surfaces, quoique réduits au minimum, exigent une assez grande quantité de main-d’œuvre : ces travaux se faisaient à l’époque où la culture laisse les bras inactifs ; ils étaient alors une précieuse ressource pour les habitants du voisinage.
- Ces deux circonstances suffiraient, au besoin, pour expliquer le long temps écoulé depuis la première étude de ce projet, et comment il se fait que présentement nous n’ayons encore que 70 hectares d’irrigués; dans un an environ, l’irrigation des 110 hectares sera facilement complétée. Nous donnerons un aperçu de ce que produit déjà la partie irriguée, et de ce que rendra certainement, en présence des faits accomplis, l’irrigation complète.
- Les parties les plus anciennement ensemencées sont encore bien jeunes, elles donneront davantage dans un an ou deux ; les terres sont si légères, qu’il faut plusieurs années pour que les eaux y produisent tout leur effet.
- Le foin obtenu sur ces sables est d’excellente qualité : la première coupe donne maintenant mille bottes de 5 kilog., la seconde coupe cinq cents bottes; quinze cents bottes par hectare sont donc le rendement minimum réalisé dès aujourd’hui.
- Le prix de cent bottes est de 25 fr., et ce chiffre ne saurait être abaissé , quelle que fût la quantité de fourrage récoltée , à cause des facilités d’expédition ; l’Aisne, rendue navigable depuis peu d’années, coule à l’extrémité de la propriété, qui, d’un autre côté, s’appuie sur la route de Paris à Reims.
- Le revenu brut, par hectare, est donc de 375 fr. : pour en déduire le bénéfice net, nous devons établir le prix de revient de l’hectare irrigué et les frais annuels d’exploitation.
- Les terrains mis en prairies, quand ils étaient en culture, étaient d’un faible produit ; en portant leur prix moyen à 1,200 fr. l’hectare, nous allons au delà de la réalité. En répartissant, comme de raison, sur les 110 hectares les dépenses totales pour travaux d’art, terrassements et ensemencements, nous trouvons que chaque hectare ensemencé et irrigué a coûté 890 francs, qui, ajoutés au prix de la terre, donnent 2,090 fr., soit 2,100 fr. pour la va-eur de l’hectare en prairie.
- La dépense se partage ainsi qu’il suit entre les différentes sortes de travaux :
- Quarante-septième année. Octobre 1848.
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- Travaux d’art et machines..........................683 fr.
- Terrassements, rigoles et nivellements.............255
- Ensemencement............................. • 92
- Total....................... 1,000
- Ce prix de 2,100 fr. l’hectare pour des prairies naturelles irriguées est très-peu élevé.
- Nous ferons remarquer que souvent les travaux coûteront moins qu’à Ciry-Salsogne , où la nature ébouleuse du sol a obligé à construire des perrées en pierres dans une partie du canal de dérivation, à planter des palplanches en aval des roues, et à faire des enrochements assez considérables. La force de l’usine établie permet de doubler cette irrigation, et, dès qu’elle serait ainsi étendue, une diminution notable du prix des travaux par hectare serait réalisée. Rien ne s’oppose non plus à ce que cet excès de force soit appliqué à une usine industrielle qui viendrait se placer à côté de la première ; le prix de revient de l’irrigation en serait également fort allégé ; néanmoins nous continuerons nos calculs en partant du chiffre précédemment posé de 2,100 fr. l’hectare.
- Établissons maintenant la dépense annuelle d’exploitation.
- Un seul homme à l’année suffit pour cette irrigation; il prend de temps en temps quelques manœuvres pour le curage et l’entretien des fossés et des rigoles.
- Les machines fonctionnent rarement ; elles éprouvent si peu de fatigue que l’on peut évaluer leur durée au moins au triple de celle des machines de manufactures ; tous les soins sont pris pour les conserver en bon état.
- Détail du prix d’exploitation par hectare.
- Main-d’œuvre pour irrigation.....................8 fr. 20
- Graissage, entretien des machines et du cours d’eau. . 3 70
- Fauchage et emmagasinage des foins..............50 »
- Impositions.....................................h- »
- Total. .... 65 90
- Le revenu brut étant de 375 fr., il nous reste 309 fr. 10 cent, pour le revenu net de l’hectare ; ce revenu s’accroîtra infailliblement avec le temps. Il montre suffisamment combien l’opération de Ciry-Salsogne était, au point de vue économique, bien entendue; elle fournit un exemple utile, dont l’agriculture sera redevable à la persévérance et à la perspicacité de M. de Pompry.
- Des quantités d’eau nécessaires. — A l’époque où nous avons arrêté l’irri-
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- IRRIGATIONS.
- 641
- gation de Ciry-Salsogne, il n’existait, à notre connaissance, que des données incertaines sur les quantités d’eau nécessaires à l’arrosage des différentes cultures ; il était même douteux que des données fussent applicables à un terrain aussi perméable que celui qu’il s’agissait de convertir en prairies. Il était très-important de connaître le volume d’eau utile, puisque des machines devaient le fournir. Nous devions donc entreprendre quelques expériences sur les irrigations existantes dans des conditions à peu près analogues.
- Un arrosage sur un terrain moins perméable cependant que celui de Sal-sogne, cultivé en betteraves et en pommes de terre, exigea 2,500 mèt. cubes d’eau par hectare.
- L’arrosage de 1 hectare de luzerne clair-semée, mal venue absorba 1,800 mètres cubes; l’arrosage d’une luzerne très-fournie et bien venue exigea 1,300 mètres.
- Le nombre d’arrosages à faire par année varie suivant les cultures et les climats ; dans le midi de la France, il suffit aux prairies d’un arrosage tous les quinze jours pendant cinq mois à cinq mois et demi, d’avril en septembre. Les autres cultures ne demandent pas des arrosages aussi fréquents.
- La machine de Salsogne fut établie dans la prévision d’un arrosage tous les quinze jours au plus, en attribuant 2,500 mètres cubes d’eau par hectare, afin de tenir compte de la grande perméabilité des terrains. La conversion des 110 hectares en prairies devant être exécutée par lots successifs, nous étions sûrs d’avoir ainsi toute l’eau nécessaire aux premiers arrosages. Pour les prés nouvellement ensemencés, il n’a pas fallu moins de 3,000 mèt. à 3,500 mèt. cubes d’eau par hectare. Cette quantité diminue graduellement au fur et à mesure que l’enherbement prend plus de force et d’accroissement; au bout de deux ou trois ans, 800 mètres cubes suffisent.
- Nous voyons déjà qu’à Salsogne dix à onze arrosages , pendant la saison , assureront, même pour les années de sécheresse, de magnifiques récoltes en fourrage.
- Ainsi, dans le Soissonnais, pour des terres légères et des pentes assez faibles, le volume d’eau nécessaire à l’irrigation, par année et par hectare, est au plus de 8,800 mètres cubes; ce chiffre serait à peu près le même pour des cultures autres que les prairies naturelles, parce qu’elles n’exigent que quatre arrosages, cinq au plus par saison : la diminution du nombre d’arrosages compense l’excès d’eau exigé par chacun d’eux.
- Nous pensons qu’en fixant à 9,000 mètres cubes le volume d’eau qui réalisera une bonne et productive irrigation pour toutes les cultures, en exceptant toutefois les jardins maraîchers qui en absorbent beaucoup plus, on est au-dessus de la vérité ; ce chiffre ne s’applique pas aux pays chauds.
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- m
- ARTS MECANIQUES,
- En supposant l’irrigation opérée d’une manière continue T ee volume de 9,000 mètres cubes, pendant la saison, qui est de cent cinquante jours, nous donne une dépense de sept dixièmes de litre par seconde et par hectare.
- Des moyens de se procurer l’eau pour les irrigations,
- Les moyens de se procurer l’eau pour les irrigations sont les suivants :
- 1° Les dérivations de rivières ou de ruisseaux ;
- Les moteurs hydrauliques faisant marcher des machines élévatoires ;
- 3° Les deux moyens précédents combinés entre eux ;
- 4° Les machines à vapeur.
- 1° Les dérivations. Dans les pays de montagnes, les cours d’eau sont nombreux ; ils ont, en général, de fortes pentes, et à l’aide de dérivations peu étendues il est facile de les amener sur le sommet des coteaux que l’on veut arroser. Chaque irrigation de cette nature embrasse une étendue de terrain assez limitée ; elle exige peu de capitaux : aussi on en rencontre de fréquents exemples qui font la richesse des cultivateurs de ces contrées. Les Vosges nous présentent les modèles de ce système d’irrigations ; ni l’eau ni les pentes ne sont ménagées, et l’on y pèche plus souvent par excès d’eau que par défaut.
- Les pays de plaines ne sont pas, sous ce rapport, aussi favorisés ; on y voit de vastes terrains dont la valeur quadruplerait si on leur distribuait une partie de l’eau des rivières qui les traversent; mais la faible pente des cours d’eau ne permet d’ordinaire de réaliser ce bienfait qu’au moyen de longues dérivations, prenant l’eau au loin, et passant nécessairement sur une multitude de petites propriétés, de chemins de culture ou de chemins vicinaux. Les travaux d’art sont nombreux, toujours dispendieux, et l’absence d’une législation spéciale laissant à vaincre une difficulté sérieuse à la rencontre de chaque propriété, il en résulte que ces opérations si fructueuses sont rares et délaissées. On semble croire , trop généralement, que l’irrigation des grandes surfaces ne peut être obtenue économiquement qu’au moyen des dérivations naturelles. Le prix d’établissement, cependant, en est fort élevé ; leur entretien est loin d’offrir annuellement un chiffre insignifiant ; si dans chaque circonstance on faisait la comparaison de l’irrigation par dérivation et de celle par machine, on préférerait souvent ce dernier moyen. Les chiffres que nous avons donnés et que nous établirons plus loin confirment cette opinion.
- L’irrigation par moteurs hydrauliques. L’exemple de Ciry-Salsogne prouve qu’une semblable opération est excellente sur une grande propriété, même en lui faisant supporter les dépenses des travaux d’art, y compris celles de la
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- création du moteur. Cet exemple pourrait être fréquemment imité, et souvent en utilisant des chutes d’eau appliquées à des usines d’un mince produit. L’extension des moulins de commerce rend inachevés ou du moins très-peu productifs une foule de moulins à façon dont les moteurs pourraient, avec des avantages certains, être appliqués à l’irrigation. Celle-ci, d’ailleurs, ne supprimerait pas nécessairement l’industrie de l’usine , si elle méritait d’être conservée : l’irrigation n’est pas continue, elle a lieu seulement pendant cinq mois, six mois au plus, et souvent la construction d’une meilleure roue donnerait le supplément de force dont on aurait besoin.
- La force motrice d’un ancien moulin à un tournant permettrait d’élever à 4 ou 5 mètres au-dessus du bief d’amont la quantité d’eau nécessaire à l’arrosage de 40 hectares ; dans la plupart des cas, il ne serait pas utile d’élever autant les eaux pour dominer les terres avoisinantes. Nous évaluons approximativement la dépense de ces travaux, comprenant les terrassements, les nivellements et la roue élévatoire, à 20 ou 22,000 fr. ; on peut estimer à 200 fr. par hectare l’augmentation de revenu que produit l’arrosage ; il y a peu d’entreprises industrielles qui offrent un pareil intérêt de l’argent qu’on leur confie. Le principal obstacle à l’extension des irrigations gît dans le morcellement de la propriété.
- 3° Dérivations et moteurs hydrauliques combinés entre eux. Cette combinaison existe à Ciry-Salsogne ; nous ne l’avons pas mentionnée parce que l’irrigation par une prise d’eau directe sur le bief d’amont s’applique à une trop petite fraction de la propriété ; mais, dans les opérations s’étendant à de vastes territoires, elle doit occuper une place importante.
- Le tracé d’un canal conçu à ce point de vue serait souvent très-différent du tracé qui porterait le niveau des eaux à la hauteur nécessaire pour que leur écoulement eût lieu naturellement sur toutes les surfaces à arroser ; il peut réaliser, sur le second tracé, de nombreux avantages, surtout si le canal est destiné en même temps au transport des engrais et des produits agricoles ; il peut traverser des terres plus faciles à mettre immédiatement en rapport, et dont la plus-value couvrirait promptement les dépenses faites pour les travaux.
- 4° Machines à vapeur. Les irrigations exécutées à l’aide de la puissance de la vapeur sont très-rares en France et peu étendues ; cependant il est nombre de localités où. le prix de la houille les rendrait applicables, de préférence même aux autres moyens.
- Un exemple nous permettra de poser des chiffres : supposons qu’il y ait à élever les eaux à 5 mètres, que la houille coûte 24 francs la tonne, et que la superficie à arroser soit de 100 hectares ; une machine à vapeur de la force
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- ARTS MÉCANIQUES. — IRRIGATIONS.
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- de 7 chevaux, mise en place, avec tous ses accessoires, coûterait 20,000 fr. Les travaux d’irrigation proprement dits, s’élevant à 250 francs par hectare , nous donnent une somme de 25,000 francs. Les frais annuels s’établiraient ainsi :
- Houille brûlée pendant la saison . 1,800 fr.
- Chauffeur, graissage et entretien . 1,500
- Main-d’œuvre pour l’irrigation. .... 820
- Intérêt à 5 pour 100 des dépenses. . . . 2,650
- Total. . 6,770
- On évalue à 200 fr. au moins, par hectare, l’accroissement de revenu produit par l’irrigation; dans l’exemple précédent, il serait de 13,230 fr., en déduisant de la plus-value du revenu les frais annuels et l’intérêt de l’argent dépensé.
- Nous avons étudié, il y a quelque temps, un projet d’irrigation au moyen de machines à vapeur, pour une éteqdue de 1,200 hectares situés à une petite distance du Rhône, aux environs de Montélimart ; les eaux devaient être élevées à 8 mètres; nous avions compté sur 11,000 mètres cubes par hectare pour chaque saison, à cause de la chaleur du climat.
- La machine à vapeur de la force de 130 chevaux, avec ses accessoires, bâtiment et fondations, y compris les travaux d’une courte tranchée pour amener les eaux du Rhône près de la machine établie elle-même au centre des terres à arroser, aurait coûté 160,000 fr. Le prix de la houille est, dans cette localité, de 16 fr. la tonne ; ainsi nous aurions eu annuellement les frais suivants :
- Houille consommée, chauffeur, entretien et graissage. . 17,000 fr.
- Intérêt à 5 pour 100 des 160,000 fr. 8,000
- Total. .... 25,000
- Nous négligeons de porter en compte la main-d’œuvre pour l’arrosage, l’intérêt des travaux, toutes dépenses qui seraient les mêmes, quel que fût le mode d’élévation des eaux. Ce chiffre de 25,000 fr. nous donne celui de 20 fr. 83 par hectare ; ce chiffre peu élevé permettrait de réaliser d’assez grands bénéfices dans ce pays où l’irrigation produit de si riches résultats.
- Il y existe un canal d’irrigation appartenant à une compagnie qui en vend les eaux aux cultivateurs, à raison de 120 fr. par an et par hectare, pour un arrosage tous les quinze jours ; les abonnés sont chargés du curage du canal.
- Ce n’est pas dans toutes les circonstances qu’un canal de dérivation d’une certaine étendue coûte moins de 20 fr. par an et par hectare irrigué. Quand
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- arts chimiques.
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- on tient compte de l’intérêt des capitaux engagés pour travaux ou acquisitions de terrain, et des divers frais d’entretien, on peut, dans nombre de cas, dépasser ce chiffre ; c’est ce qui serait arrivé dans la localité pour laquelle nous avions fait ce projet d’irrigation à l’aide d’une machine à vapeur.
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- ARTS CHIMIQUES. — VINS.
- Rapport fait, au nom, du comité des arts chimiques, sur différents mémoires sur
- les vins, par il/, de Vergnette-Lamotte, viticulteur dans le département de la
- Côte-d’Or. — M. Bussy, rapporteur.
- La série des mémoires dont nous avons à rendre compte à la Société constitue une étude systématique et approfondie de toutes les conditions qui président tant à la végétation de la vigne, au développement et à la maturation du raisin qu’à la fabrication et à la conservation du vin.
- Ce travail fait par un homme pratique qui est à la fois cultivateur et savant, qui joint à l’esprit des observations l’habitude des manipulations qui les complètent et la sagacité qui sait en tirer parti, ce travail nous a paru intéressant non-seulement au point de vue de la question spéciale qui s’y rattache , mais aussi comme pouvant servir de modèle à l’étude de beaucoup d’autres questions du même ordre. La méthode de l’auteur serait applicable à presque toutes les questions d’agriculture ; il appartient à cette nouvelle école qui suit la voie si heureusement ouverte par les chimistes modernes, et qui ne craint pas d’appliquer à la solution des problèmes d’agriculture et d’économie rurale les rigoureux procédés et tous les moyens d’investigation que nous fournissent les sciences physiques et les sciences naturelles.
- Les mémoires adressés à la Société par M. de Ver guette sont au nombre de sept.
- Nous allons donner, successivement et d’une manière succincte, le résumé de chacun d’eux.
- Le premier mémoire a pour titre, Des terrains livrés à la culture de la vigne dans la Côte-d’Or; il contient l’étude géologique du terrain dont il s’agit avec des coupes indiquant toutes les modifications du sous-sol dans les localités les plus connues ou les plus importantes. L’auteur indique, d’après ses expériences, la composition chimique des roches de la Côte-d’Or, celle des couches végétales ; il en tire les conséquences relatives à l’amendement rationnel de ces terrains appliqués à la culture de la vigne ; il compare ces différents sols a ceux d’autres contrées vinicoles, particulièrement à ceux du Bordelais ; il en
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- fait ressortir les différences et les analogies ; il indique la hauteur absolue des différents crus, leur élévation relative au-dessus de la plaine environnante, leur exposition, l’ouverture et la direction des vallées ; il apprécie l’influence de la température, celle des vents, de la pluie, etc.
- Ce premier mémoire est terminé par un classement des vins de 1838 à 1844 établi d’après l’état atmosphérique de chaque année, en comprenant dans les états atmosphériques la quantité d’eau tombée aux principales périodes de la végétation, le nombre de jours pluvieux , les températures moyennes correspondant aux différents mois de l’année, les maxima et les minima de température dans les mêmes périodes, les époques des vendanges et les conditions dans lesquelles elles se sont faites. Yoici, d’après l’auteur lui-même, les résultats dans lesquels se résume son travail.
- « En résumé, les grands crus de la Côte-d’Or sont exposés au sud-est, sur « la pente de collines hautes de 180 mètres au-dessus de la plaine ; ces col-« lines sont elles-mêmes abritées par un second étage élevé de 520 mètres au-« dessus du niveau de la mer.
- « Enfin la plaine est à 220 mètres de hauteur absolue au-dessus de ce même « niveau.
- « Les vignobles de la Côte-d’Or sont situés, comme ceux du Rhin et du « Bordelais, sur la ligne qui fixe les limites de la culture du maïs, et par « conséquent dans des positions isothermes.
- « Les quantités d’eau tombées par an sont de 0m,745 ; le nombre de jours « de pluie correspondant est de 108. Les pluies des mois de juin et de sep-« tembre sont essentiellement funestes à la vigne : dans le premier cas, en « déterminant la coulure de la fleur ; dans le second, en faisant pourrir le « raisin ( 1840 ), ou aidant à de nouvelles combinaisons chimiques qui ren-« ferment les mêmes éléments groupés dans un autre ordre que sous les in-« fluences contraires. On se trouvera dans des circonstances favorables quand « on aura moins de huit jours de pluie dans le mois de juin ( 1840, 1842 ), « et moins de trois dans la quinzaine qui précède la vendange j 1838 ),
- « Les boisements comme la dénudation des sommets des premières collines « paraissent sans influence sur les qualités des vins produits par les crus « qu’ils dominent.
- « Les vignes de la Côte-d’Or sont plantées sur un sous-sol granitique, d'ar-« kose, de marnes irisées (vallée de la d’Heune, Decize, etc.), sur les marnes « du lias (arrière-côte), sur divers étages de la formation oolithique inférieure « ( les grands crus de la côte ), sur les alluvions tertiaires de la plaine ( vins « gamays et petits noiriens ), enfin sur des alluvions locales qui se reprodui-
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- « sent surtout en face des vallées qui sillonnent la côte ( Pommard, Volnay, « Nuits, etc.).
- « Les crus d’ordre, dans la Côte-d’Or, sont tous renfermés dans une « zone comprise entre deux plans horizontaux élevés, l’un de 15 mètres, l’au-« tre de 78 mètres au-dessus de la plaine.
- « La contre-pente des assises du premier étage est favorable à la culture « de la vigne, en ce qu’elle éloigne des racines de la plante les eaux pluviales « qui s’infiltrent dans le sous-sol.
- « La composition chimique des sous-sols et des terres qui sont livrés à la « culture de la vigne permet de les grouper en six classes.
- « Les sels de potasse étant très-utiles à la végétation de la vigne , c’est à la « présence en plus grande quantité de cet alcali dans les argiles des crus de « la 2e classe , des 4e et 5e classes que l’on doit attribuer la vigueur de la vé-« gétation et le corps des vins qu’elles produisent.
- « Les crus oolithiques de la lre classe auront plus de finesse. Les crus ma-« gnésiens de la 2e classe présenteront un haut cachet particulier de délica-« tesse. C’est à l’oxyde de fer et à la potasse que les crus de la 4e classe de-« vront leurs caractères. Enfin les terrains des 5e et 6e classes devront être « rendus , les uns à la culture du gamay, les autres à la culture de quelques « cépages nouveaux plus productifs que le pineau, aussi robustes que lui, et « donnant des vins plus solides que les petits noiriens de la plaine.
- « D’après la composition chimique des terrains et vu la petite quantité de « potasse que contiennent les formations calcaires, il sera d’une grande im-« portance d’employer les cendres et les terres reposées pour les amender; « les engrais azotés, exclusivement employés, donnent aux vignes une nour-« riture étrangère à leur alimentation et funeste à la santé des vins.
- « Enfin nous tirons encore de ce qui précède une autre conclusion. Si, « sans quitter la Côte-d’Or, dès que la vigne change de sous-sol, on obtient « un type de vin différent ; si, dès que l’on s’écarte à peine , en montant ou « en descendant, de la zone des grands crus, on trouve des crus secondaires, « que l’on pénètre plus avant dans la montagne ou qu’on descende dans la « plaine, on récolte des produits communs. Nous pouvons affirmer qu’en « aucun lieu du globe ne se retrouveront dans un ensemble complet toutes « les conditions nécessaires au développement de vins pareils à nos premiers « produits. Nous devons donc nos crus d’ordre à un concours si complexe « de circonstances toutes locales, qu’ils resteront seuls de leur type ; les nou-« velles plantations de la Prusse, de l’Àllemagne , des bords de la mer Noire « ne donneront, quoi qu’on fasse , jamais des produits qui leur soient com-« parables ; et les vins de Volnay, par exemple, seront encore longtemps,
- Quarante-septième année. Octobre 1848. 84
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- « comme ils étaient au xive siècle sous nos ducs, les premiers vins du monde.»
- La lecture du mémoire que nous venons d’analyser nous suggère , en ce qui concerne la composition des terrains, une réflexion que nous devons soumettre à l’auteur. En parlant des terrains du Médoc, il dit : « Les plaines du « Médoc sont recouvertes par un dépôt probablement contemporain du der-« nier cataclysme dont l’histoire nous a conservé le souvenir. Ce dépôt est « composé en grande partie de quartz roulés ; le sous-sol est quelquefois ar-« gileux, mais le plus souvent il est de sable pur ou de sable agglutiné par « l’oxyde de fer, et appelé alios. Cette dernière disposition du sous-sol paraît « la plus favorable aux grands crus. Dans le Bordelais, où nous trouvons peu « d’argile et de terré à principes alcalins , cest aux vents maritimes, qui ra~ « mènent à terre les sels de soude et de potasse, que le sol doit surtout de ré-« parer les pertes d’alcalis qu’il fait dans la végétation de la vigne. »
- S’il est vrai que dans certaines parties du Bordelais le terrain ne renferme pas de potasse ; s’il est vrai, d’une autre part ( ce qui paraît constant d’après les expériences de l’auteur ), qu’une vigne de 1 hectare de superficie contenant 2L,000 ceps et fournissant 18 hectolitres de vin enlève au sol 57 kil. 067 de potasse , peut-on admettre, avec vraisemblance , que cette potasse puisse être fournie par l’action du vent de mer à l’aide des particules salines qu’il entraîne ?
- Sans doute l’influence des vents de mer peut se faire sentir à une assez grande distance de la côte, mais la proportion de potasse contenue dans l’eau de mer est elle-même si peu considérable, qu’il est bien douteux qu’une quantité appréciable puisse être fournie à la végétation par ce moyen.
- Il y aurait donc lieu d’examiner, à ce point de vue, la composition relative des vins de Bourgogne et de Bordeaux qui sont d’ailleurs si différents sous tous leurs autres rapports, et de rechercher si une portion de la crème de tartre ne serait pas remplacée, dans les vins de Bordeaux, par quelques produits analogues, peut-être par des sels de soude, en admettant comme certaine l’influence du voisinage de la mer.
- Dans tous les cas, il serait extrêmement à désirer, pour l’œnologie générale, que des recherches semblables à celles dont nous venons de rendre compte fussent entreprises sur le vignoble de Bordeaux.
- Le deuxième mémoire, intitulé Notice sur la récolte des vins dans les grands crus de la Côte-d’Or, renferme des données sur les principes constituants du raisin avant et au moment de sa maturité , sur l’influence des saisons sur le raisin à l’époque de la vendange, sur celle des gelées d’automne suivant la nature des terrains et la qualité du raisin, sur l’urgence d’un ban de vendange, etc. Ce mémoire est conçu dans le même esprit que le précédent; les
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- préceptes donnés par l’auteur sont appuyés sur des expériences ou sont le résultat d’une série d’observations faites avec soin ; il se résume ainsi :
- « D’après l’influence de l’époque de la vendange sur les qualités des vins « fins, il est important que la mission d’en fixer le moment soit déférée à un « comité de propriétaires et de négociants, chargé de discuter toutes les don-« néjes qui auront présidé à la venue du fruit.
- « Dans le raisin qui n’aura point atteint sa maturité, le bitartrate acide de « potasse dominera, et le vin produit, quoique vert, présentera un bouquet « prononcé, et devra des principes de durée et de bonne fin à la haute pro-« portion des sels acides qu’il contiendra ( vins de Bourgogne en 1829, 1837 « et 1838, et certains vins du Rhin ).
- « Dans le raisin dont on aura dépassé la maturité , il y aura , si l’automne « est chaud et sec, une haute proportion de matières sucrées ; ces vins se « rapprocheront des vins du Midi, et devront à l’alcool leurs principes de « conservation.
- « Mais, si l’automne est pluvieux, le suc du raisin contiendra un principe « de fermentation putride qui compromettra l’avenir du vin qui en sera le pro-« duit. Les pluies qui accompagnent la vendange sont, avec la grêle, les deux « fléaux qui ont le plus compromis certaines de nos récoltes ( exemple, les « vins de 1840 ).
- « Si la fleur a passé rapidement, la détermination du moment de la ven-« dange est très-difficile, parce que les raisins dépasseront promptement le « point de maturité convenable pour un bon vin.
- « Si la floraison a duré plus de temps , on trouvera, à l’époque de la ven-« dange, assez de variété dans la maturité du fruit pour qu’il y ait plus de « chances d’opportunité dans le moment choisi pour la récolte.
- « Suivant la manière dont se seront présentés les mois de juillet et d’août, « au point de vue de la chaleur et des quantités d’eau tombées, la maturation « n’aura point marché dans les terrains de calcaire siliceux et dans les allu-« vions sablonneuses comme dans les calcaires marneux et dans les alluvions « argileuses.
- « La comparaison des données météorologiques qui auront présidé à la « croissance du fruit pendant une période de trente ans au moins, étant « d’une grande importance pour la fixation du moment de la vendange, il « serait utile que l’on pût obtenir du Bureau des longitudes les tableaux de « ses observations faites pendant tous les mois de l’année, depuis et y com-« pris 1815 au moins (mieux vaudrait encore depuis 1800 ), et représentant « 1° la température maxima et minima de chaque jour; 2° les degrés de l’hy-« dromètre à neuf heures et à midi ; 3° les vents à midi ; 4° enfin les quanti-
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- « tés d’eau tombées chaque jour, et le nombre de jours de pluie de chaque « mois. »
- Dans le troisième mémoire, l’auteur expose les procédés de vinification ; il examine d’abord la construction des cuves , des pressoirs, celle des halles, et trouve qu’en général ces dernières devraient être construites, en Bourgogne, avec plus de soin et de manière à pouvoir y maintenir, à l’époque de la vendange, une température égale et un peu élevée qu’il regarde, avec raison, comme une condition favorable à une complète et prompte fermentation ; il indique les diverses périodes de cette dernière opération, se prononce contre les fermetures hydrauliques proposées pour les cuves et contre le système qui consiste à maintenir le chapeau constamment immergé dans la cuve au-dessous du liquide en fermentation ; mais il conseille d’enlever, avant le soutirage, la partie supérieure du chapeau qui a subi l’action de l’air, cette action, suivant l’auteur, ne se propageant pas au delà de quelques centimètres de la surface.
- Moins les vins sont riches en sucre , moins ils devront séjourner dans la cuve; soixante-douze à quatre-vingts heures au plus seront nécessaires pour la fermentation. Cette question du sucre que renferment les vins et de la possibilité d’en ajouter ultérieurement une certaine quantité au moût de raisin est examinée dans un mémoire spécial. L’auteur se prononce pour la négative ; il cite l’exemple d’un grand nombre de propriétaires qui sont dans l’habitude de chaptaliser leurs vins suivant l’expression employée , et dont les produits, malgré l’addition du sucre, paraissent jouir de moins de faveur dans le commerce que ceux des propriétaires qui n’ont pas recours à cette méthode. Il est difficile, cependant, d’admettre qu’une semblable pratique fût suivie par un certain nombre de propriétaires si elle devait avoir pour résultat de déprécier leur produit, car ce serait travailler précisément contre leurs propres intérêts. Il est plus naturel de penser que, si l’addition du sucre est nuisible pour les vins de première qualité et dans les bonnes années, elle peut, néanmoins, améliorer les crus inférieurs ou atténuer l’influence d’une mauvaise saison sans toutefois leur donner toute la perfection qu’ils auraient pu recevoir de la nature.
- Suivant M. de Vergnette, l’addition du sucre au moût de raisin, dont l’effet semble se réduire à augmenter la proportion d’alcool, peut cependant entraîner des conséquences très-graves pour la santé et la qualité du vin ; elle serait une des causes qui ont compromis la haute réputation dont les vins de Bourgogne ont joui jusqu’à l’époque ou l’on s’est permis cette addition. Suivant lui, la chimie ne peut, dans cette question, avoir d’autre puissance que de signaler les causes qui contribuent au mal, dans le but de diriger dans
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- une voie plus rationnelle nos méthodes de culture et de vinification ; la science ne devrait pas aller au delà, jamais elle ne fabriquera de toutes pièces ce que le soleil et le terrain auront refusé à nos produits ; en un mot, suivant lui, jamais Suresne et Argenteuil ne seront les rivaux heureux de Yolnay et de Chambertin. Aous pensons, comme Fauteur, que tel doit être, en effet, le but principal de la science; mais n’y aurait-il pas aussi quelque témérité à lui dire : Tu n’iras pas plus loin, et à lui tracer ainsi d’avance les limites dans lesquelles elle devra nécessairement se renfermer ?
- S’il est permis à un propriétaire de Yolnay ou de Chambertin, comblé de toutes les faveurs de la nature, de croire que l’art restera toujours impuissant à imiter ses produits, sera-t-il défendu aux vignerons de Suresne et d'Argen-teuil d’espérer que leurs vins pourront être améliorés par une étude attentive des qualités qui leur manquent et par une application judicieuse des ressources de la science ?
- Un examen impartial de cette question, qui parait, au premier abord, si paradoxale, conduirait peut-être à démontrer qu’elle se réduit, en réalité, à une affaire d’argent et de travail. En mettant de côté l’influence de la chimie, pour ne parler que de celle de la culture, combien de fruits originaires de contrées plus favorisées du soleil ont acquis, sous notre climat, par des soins appropriés, des qualités égales, si ce n’est supérieures, à celles qu’ils présentent dans leur pays natal. La pêche de Montreuil, le raisin lui-même cultivé à Fontainebleau offrent un exemple de ce que l’art peut faire pour des plantes transportées dans des conditions bien différentes de celles qui les ont vues naître ; à plus forte raison pourrait-on espérer de compenser, par des soins bien entendus, les nuances aussi légères que celles qui existent entre les climats de Paris et de la Bourgogne.
- L’action que le froid exerce sur les vins a été peu étudiée jusqu’à présent ; nous ne possédons , sur ce sujet, que des données vagues fondées bien plus sur des aperçus théoriques que sur des expériences précises. Ainsi l’on admet généralement que, lorsque du vin exposé au froid éprouve une congélation partielle , c’est l’eau seule qui se congèle , et que le vin s’enrichit en alcool en proportion de l’eau qu’il perd par la congélation.
- Ce n’est cependant pas tout à fait ainsi que les choses se passent : il résulte des expériences de M. de Yer guette, qui font l’objet de son cinquième mémoire, que, lorsque du vin ( de Bourgogne ) est exposé à Faction d’une température décroissante, il se trouble même avant d’être descendu à zéro ; il laisse déposer alors une lie composée de crème de tartre, de matières colorantes et de matières azotées. Le dépôt va croissant avec l’abaissement de température. A 6° seulement l’on voit se produire une congélation partielle ; le
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- vin qui reste non congelé est comparativement plus riche en alcool, mais il est loin de renfermer tout celui que contenait le vin primitivement ; une portion notable reste combinée à l’eau congelée avec laquelle il paraît former une combinaison déterminée qui a pour caractère de se congeler complètement à 6°. Ne peut-on pas conclure de ce fait comme de tant d’autres, dit M. de Vergnette s « que l’alcool qu’on obtient par la distillation n’est qu’un « produit de cette opération et n’est nullement, à son état de mélange avec « l’eau, une des parties constituantes du vin? »
- Si cette opinion était émise par un homme moins profondément versé dans toutes les sciences qui ont trait à l’œnologie, on pourrait lui opposer les expériences de M. Gay-Lussac, qui a distillé le vin dans le vide à une basse température et qui en a retiré de l’alcool. On pourrait citer encore l’expérience du même chimiste, qui, après avoir décoloré le vin par la litharge, en a isolé l’alcool au moyen d’un sel déliquescent, le carbonate de potasse, et sans avoir recours à la distillation ; mais ces expériences du savant chimiste ne sont point ignorées de M. de Vergnette, et, si elles ne lui paraissent pas suffisantes pour résoudre la question, c’est qu’il a, sans doute, des faits à leur opposer. La grande confiance que la lecture des travaux de M. de Vergnette nous a inspirée nous fait regretter vivement qu’il n’ait pas fait connaître tous les faits sur lesquels il s’appuie ; quant à celui qu’il produit, nous avouons qu’il ne nous paraît pas suffisant pour renverser l’opinion établie par M. Gay-Lnssac. De ce que le vin exposé à un abaissement de température de 6 degrés laisse cristalliser une matière qui, soumise à la distillation, donne de l’eau et de l’alcool dans des proportions constantes , peut-on conclure que cette matière est un composé qui ne renferme pas l’alcool tout formé, ou que l’alcool ne soit pas à l’état de simple dissolution dans le vin? Nous ne le pensons pas; nous ne voyons pas ce qui s’opposerait à ce que l’alcool et l’eau pussent former des combinaisons définies cristallisables à certaines températures. Ainsi l’eau forme, avec l’acide sulfurique, diverses combinaisons qui peuvent cristalliser, à des températures déterminées ; les dissolutions salines exposées à un abaissement de température donnent des cristaux qui sont une combinaison du sel avec des proportions variables d’eau suivant la température. On a toujours considéré les liquides qui ont donné lieu à ces cristallisations comme des dissolutions d’acide sulfurique ou de sels dans l’eau. Si donc l’opinion des chimistes devait être modifiée sur la question qui nous occupe, l’observation citée plus haut ne serait pas suffisante.
- Nous donnons, d’après l’auteur, le tableau de la richesse alcoolique des vins avant et après la congélation , et le déchet qui résulte de cette opération.
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- VINS.
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- RICHESSE ALCOOLIQUE DES VINS
- ORIGINE DES VINS. avant leur exposition au froid. après leur exposition au froid. DÉCHET résultant de la congélation.
- Premiers crus.. 1837 11 50 12 12 12 p. 100.
- Idem. . 18kl 12 27 12 61 7
- Idem. .... 1842 12 70 13 10 7
- Premiers crus blancs. . 1841 12 60 13 17 7 50
- Idem. .... 1842 13 20 14 65 20
- Grand ordinaire. . 1844 10 50 10 97 8
- Premiers crus..... 1846 13 60 » » »
- L’auteur examine ensuite la question économique et l’intérêt qu’il peut y avoir à opérer sur telle ou telle espèce de vin.
- « On peut soumettre à l’action du froid toute espèce de vins. La concen-« tration par la gelée réussit aux vins vieux comme aux vins nouveaux , aux « vins blancs comme aux vins rouges. Mais, comme on doit considérer aussi « la question à son point de vue économique, on renoncera à ce procédé pour « les vins gamays, le vin de l’homme qui travaille ayant besoin de tous ses « sels, et devant, en outre, lui être livré au plus bas prix possible.
- « Les vins des premiers crus, dans les années favorables à la végétation de « la vigne, présenteront toutes les qualités que l’on puisse désirer ; il sera « donc encore inutile, pour ces vins, d’avoir recours à notre procédé.
- « Mais la concentration des vins par le froid sera applicable spécialement « aux produits médiocres des premiers crus, dans certaines années peu favo-« risées, et surtout à ces vins fins et légers, mais faibles de complexion, dont « aujourd’hui les propriétaires ont un écoulement difficile, dans certaines « localités oü les produits sont tombés en discrédit.
- « La richesse alcoolique des plus grands vins de la Bourgogne étant limi-« tée entre 12,50 et 13,50 pour 100 pour les vins rouges, et entre 13 et 15 « pour 100 pour les vins blancs, il sera suffisant, pour les vins riches à 12 « pour 100 d’alcool que l’on soumettra à l’action de la gelée , de les réduire « du 7e au 10e pour 100 de leur premier volume.
- « Enfin on obtiendra généralement ce résultat en laissant les vins exposés l’action du froid pendant un laps de temps qui sera de six à huit fois-
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- « vingt-quatre heures j janvier 1838 et 12 et 13 février 1845 ), si le thermo-« mètre est à 9 degrés centig. au-dessous de zéro, et de moitié seulement de « ce temps, si le thermomètre se maintient la nuit à 15 degrés centig. au-« dessous de zéro ( 19, 20 et 21 février 1845 ). »
- L’importante opération du collage des vins destinée à assurer leur conservation, qui leur donne cette transparence et cette limpidité si recherchées aujourd’hui du consommateur, ne pouvait échapper à l’examen de M. de Ver-guette. Cette pratique si précieuse pour certains vins peut, quand on en abuse, affaiblir la saveur du vin , qui devient mat, suivant l’expression de l’auteur ; la santé du vin se trouve alors affaiblie et sa conservation compromise : c’est ce qui arrive fréquemment aux vins de Bourgogne peu riches en tanin, tandis que les vins de Bordeaux , si riches en matières tannantes , peuvent supporter des collages réitérés. C’est qu’en effet le collage consiste dans la combinaison du principe gélatineux qu’on ajoute au vin avec le tanin qui y existe en proportion variable ; l’on voit, dès lors, combien est grande l’erreur des personnes qui, n’ayant pas réussi à éclaircir un vin par un premier collage , en pratiquent un deuxième et souvent un troisième. Il est bien évident que, si le premier collage a manqué son effet par l’insuffisance du tanin, un second et, à plus forte raison, un troisième collage non-seulement ne produiront aucun résultat utile, mais pourront aggraver le mal en introduisant dans le vin un corps étranger, un principe de décomposition.
- Toutefois le collage ne se borne pas à la simple production d’un composé insoluble dans le vin. Ce composé , à l’instant ou il se forme , entraîne avec lui, par une action mécanique et comme pourrait le faire un réseau dont les mailles se contracteraient sur elles-mêmes, les matières en suspension dans le vin et qui troublent sa transparence. C’est là l’effet utile, l’effet qu’on cherche à produire dans le vin.
- Frappé de la nécessité de satisfaire aux exigences du consommateur qui recherche, avant tout, un vin parfaitement clair et limpide, reconnaissant, d’ailleurs, que les vins rouges de Bourgogne renferment rarement la quantité suffisante de tanin pour supporter, sans nuire à la qualité , F opération du collage aussi souvent qu’il pourrait être nécessaire , M. de Ver guette propose d’opérer le collage, en ajoutant au vin, d’une part la quantité de tanin, de l’autre la quantité de gélatine nécessaires pour obtenir le précipité et, par suite, la clarification désirés.
- Comme on le voit, M. de Vergnette, entraîné par l’autorité de l’expérience, ne tarde pas à franchir la limite qu’il s’était posée lui-même par rapport à l’addition du sucre , et il reconnaît, quand il s’agit du tanin, que l’art peut utilement venir au secours de la nature pour donner au vin ce que celle-ci lui a refusé.
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- Au reste , l’addition du tanin dans les vins est pratiquée depuis longtemps sur les vins blancs d’après les indications de M. François3 pharmacien. Cette addition, faite à des vins qui, en général, ne contiennent que des traces de tanin, a pour résultat de prévenir ou même de guérir la maladie connue sous le nom de graisse, à laquelle ils sont sujets. Cette maladie, qui les rend lourds et filants, provient d’une substance azotée qu’ils renferment naturellement et dont le tanin détermine la précipitation comme celle de la gélatine.
- Quant à la source à laquelle on doit puiser le tanin nécessaire au collage du vin, l’auteur en indique trois : il propose 1° d’employer le tanin pur extrait de la noix de galle par les procédés connus ; T le tanin du cachou qu’on pourrait extraire en traitant ce produit par l’alcool, évaporant la dissolution alcoolique et reprenant le résidu par l’eau; 3° enfin, et c’est le procédé qu’il préfère, il conseille d’employer le tanin que renferme le pépin de raisin lui-même. Il s’exprime de la manière suivante :
- « Nous avons dans le pépin de raisin des quantités de tanin très-considé-« râbles et qu’il est facile d’utiliser pour le collage des vins. On distingue dans « l’organisation du pépin une tunique membraneuse qui recouvre la boîte os-« seuse où est renfermée l’amande, cette boîte osseuse, enfin l’amande qu’elle « contient et la peaufine qui enveloppe cette amande. J’ai trouvé, par des ex-« périences dont je donnerai ailleurs l’exposé, que les tuniques du pépin mises « en digestion dans l’eau bouillante donnaient une dissolution éminemment « chargée de tanin. A la température de 15° centig., l’eau ne dissout qu’une « faible quantité de ce tanin ; il est insoluble dans le suc du raisin qui n’a « point fermenté. Il était important de savoir si le tanin appartenait seule-« ment à la tunique du pépin ; je me suis assuré qu’il en était ainsi, en dé-« nudant une certaine quantité de pépins au moyen de l’acide sulfurique « convenablement étendu d’eau ; ces pépins, lavés ensuite et mis en diges-« tion avec l’eau distillée , à la température de l’ébullition, ont donné une « liqueur qui précipitait à peine par la gélatine. De ces essais j’ai conclu ces « deux faits importants : 1° que le tanin du raisin réside spécialement dans « la tunique du pépin ; qu’à la température de 15 degrés l’eau et le vin « ne dissolvent qu’une très-faible quantité de ce tanin.
- « L’infusion de pépins dans l’eau distillée bouillante donne une liqueur « jaune brun qui présente tous les caractères de l’infusion de noix de galle « et se comporte de la même manière sous l’action des réactifs ; son emploi « dans le collage des vins ne leur communique aucune saveur étrangère.
- « Pour préparer, au moyen de pépins, une dissolution de tanin, il suf-« lira de verser de l’eau bouillante sur les pépins ; vingt-quatre heures après, « on manipulera fortement avec la main les pépins au milieu de l’eau, afin
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- « de broyer, autant que faire se pourra, les tuniques qui les enveloppent. « Ce résultat obtenu , on versera le tout dans un chaudron de cuivre , et on « chauffera à 100° au bain-marie pendant une heure ou deux. À la suite de « cette ébullition prolongée, la plus grande partie du tanin est en dissolu-« tion dans l’eau ; il suffit de passer cette infusion à travers un linge et de la « mélanger avec un égal volume d’alcool. Mise en bouteilles, cette liqueur se « conservera indéfiniment, seulement on aura le soin de coucher les bou-« teilles dans la cave ; il faudra aussi agiter la bouteille avant d’employer la « dissolution de tanin, car il pourrait en rester une petite quantité dans le « dépôt que l’alcool a déterminé dans l’infusion de pépins.
- « On peut employer immédiatement cette dissolution de tanin ; dans ce « cas, il est souvent inutile de couper avec l’alcool l’infusion de pépins. Pour « le collage des vins, on commencera, comme nous l’avons dit plus haut, « par verser la dissolution de tanin dans le tonneau , et, quand le mélange « sera complet, on ajoutera la colle comme à l’ordinaire. »
- Le dernier mémoire de M. de Ver guette, mémoire inédit, renferme une étude physiologique de la vigne et plus spécialement du pineau cultivé dans la Côte-d’Or ; ce mémoire, comme les précédents, est destiné à remplacer, par les données analytiques précises de la chimie, les méthodes basées sur les données incertaines qui président encore aujourd’hui à la vinification et à la conduite des vins.
- Ce mémoire , très-développé , est rempli de faits curieux que nous regrettons de ne pouvoir faire connaître en détail à la Société ; cependant, comme il n’est point imprimé, on nous excusera d’en donner ici le résumé un peu plus étendu que nous n’avons fait pour les premiers.
- Il résulte de ce travail que « les raisins contiennent des sels à base de po-« tasse et de chaux et des substances organiques assez variées. Parmi ces sub-« stances , celles qui ont la plus grande part dans la vinification et la santé « des vins sont le ferment, le sucre, le mucilage , le tanin et les matières « colorantes.
- « La feuille et le bois de la vigne sont riches en sels de potasse ; le maxi-« mum des sels que donne l’incinération de la feuille correspond au moment « où la vigne est en pleine floraison. L’écorce contient une grande propor-« tion de carbonate de chaux ; dans la moelle et le pépin dominent les phos-« phates calcaires ; la souche et les fortes racines donnent à l’incinération un « moindre résidu que les feuilles, le jeune bois et le chevelu.
- « Aux premiers mouvements de la végétation, la sève de la vigne contient « de l’eau, de l’acétate de potasse, des sels ammoniacaux. Plus tard, les sels « de potasse, les phosphates calcaires, le tanin s’y développent en fortes
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- « proportions. À l’automne, le mucilage, l’amidon, les substances résineuses « paraissent y dominer.
- « J’ai distingué quatre époques critiques dans la végétation de la vigne : « 1° le développement de la bourre et de la tige ; l’humus du sol est néces-« saire à ce premier acte de la végétation de la vigne ; l’épanouissement « de la fleur et la nouure du fruit ; cette période de la floraison est précédée « de l’apparition de nouvelles fibres chevelues au collet de la racine. Le bi-« tartrate de potasse se trouve alors à son degré de maximum dans la feuille. « Dans la troisième époque critique, la baie acquiert sa grosseur et perd à la « fois sa dureté et son opacité pour devenir élastique et transparente ; c’est à « la fin de cette période que le raisin contient le maximum de bitartrate de « potasse. C’est dans la quatrième période que commence la maturation du « fruit ; l’aoùtement du bois et la sortie de bourgillons qui naissent aux ais-« selles des feuilles accompagnent ou précèdent cette dernière période que « caractérise encore l’apparition, à la racine, de nouvelles excroissances. Les « gelées du printemps, les pluies froides qui surviennent au moment de la « floraison, l’extrême sécheresse de l’été, les pluies et les froids de l’automne « sont les accidents , par intempérie, funestes à la vigne, qui correspondent « à chacune de ces époques critiques.
- « J’ai, par des procédés mécaniques assez simples et sensiblement exacts, « pu faire trois parts des sucs qui sont contenus dans la graine du raisin. En « analysant séparément ces sucs, j’ai trouvé que ceux des sucs de la baie qui « séjournent au milieu des ligaments nourriciers du pépin sont surtout riches « en mucilage et en fibre ligneuse ; les sucs qui avoisinent l’enveloppe mem-« braneuse du grain sont les plus sucrés, les sucres intermédiaires sont les « plus acides et les plus chargés de ferment.
- « Les fluides aériformes que l’on rencontre dans la sève et les sucs de la « baie paraissent s’y trouver plutôt à l’état de combinaison chimique qu’à « l’état de simple dissolution.
- « Le pépin est enveloppé d’une tunique fibreuse éminemment riche en « tanin. La quantité de tanin que contiendra le raisin pourra, toutes choses « égales d’ailleurs, être considérée comme proportionnelle au rapport qui « existera entre le volume des pépins renfermés dans les grains du cépage et « le volume de la baie de ce cépage. Dans quelques variétés, cette tunique « prend plus de développements que dans d’autres.
- « En dénudant le pépin au moyen de l’acide sulfurique étendu d’eau, la « boite osseuse qui reste ne donne que des traces de tanin. Le tanin est « donc particulier à la tunique du pépin.
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- « L’enveloppe osseuse du pépin renferme une amande oléagineuse recou-« verte d’une membrane très-amère.
- « Les matières colorantes résident dans la pellicule de la baie sous l’épi-« derme qui la revêt ; la coloration du raisin se produit sous l’action de la « lumière solaire quand cette lumière peut être absorbée par la baie devenue « transparente à cet endroit ; les raisins des vignes très-garnies recevront peu « de rayons lumineux et seront, par conséquent, moins riches en matières co-« lorantes ; il en sera de même pour les raisins à grains très-serrés et pour « les raisins qui auront mûri sous le ciel toujours obscurci par des nuages « d’un automne pluvieux.
- « La grappe contient des mucilages, de l’albumine , des tartrates, du ta-« nin, etc., enfin toutes les substances que l’on trouve dans la baie; mais au-« cune de ces matières n’y domine d’une manière prononcée, et elle n’aban-« donne qu’une très-faible partie de ses principes constituants aux liquides « dans lesquels elle baigne pendant le cuvage. Son action dans la cuve parait « purement mécanique.
- «' La pellicule du grain contient une huile volatile très-odorante. Un effeuil-« lage complet du cep ( cet effeuillage pratiqué en automne ) rend plus acide « et moins dense le moût du raisin qui nourrit.
- « Ayant calculé qu’en moyenne les trois brins de sarment que nous lais-« sons au cep du pineau se chargent de quatre-vingt-huit feuilles mesurant, « sur leurs deux faces, 140 décimètres carrés de superficie , j’ai trouvé que « par cette surface la plante enlève à l’atmosphère environ 90 grammes de « carbone ; le raisin qui correspond à cette absorption ne représentant, en « moyenne , que 19 grammes de carbone , j’en ai conclu qu’on peut, avec « succès, supprimer une partie plus considérable de l’extrémité des jeunes « tiges, en laissant à la plante assez de feuilles pour la nutrition du fruit et « du bois qui reste. Au moyen de cette méthode, que j’ai appelée taille d'été, « et qui se pratique après que le raisin a passé fleur, j’affranchis le sol d’une « forte dépense de substances inorganiques, substances absorbées en pure « perte par le sarment qu’enlève la taille de l’année suivante ; en outre, les tiges « herbacées que l’on supprime sont enfoncées dans le sol et servent d’engrais; « enfin celte suppression de jeunes tiges a pour résultat immédiat de faire « produire, aux vignes jeunes et garnies, des raisins vernis dans de meil-« leures conditions que précédemment, puisque avec l’emploi de ces procé-« dés les fruits sont mieux exposés aux heureuses influences de l’air, de la « lumière et de la chaleur.
- « La culture adoptée en Bourgogne plaçant en moyenne 25,700 ceps dans « 1 hectare de vignes, si nous prenons 20 hectolitres pour la production
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- « moyenne de l’hectare planté en pineau, comme la taille enlève, chaque an-« née, à la souche, en moyenne, 131 grammes de sarment, que d’ailleurs la « feuille et les pétioles de chaque cep pèsent 192 grammes, qu’enfin les 1,80 « raisins de cette même souche ( correspondant à la production de 20 hectol.) « ont un poids de 123 grammes, nous voyons qu’une récolte enlève, par hec-« tare, 11,463 kilog. de substances contenant, en eau et en substances vo-
- « latiles. .••••••• 8,860
- « en carbone. ..... 2,247
- « en sels solubles......................... 69 40
- « en sels insolubles...................... 286 60
- 11,463
- « Les pluies d’automne diminuent la densité du moût, gonflent la baie « augmentent dans le suc la proportion de matières aqueuses et y amènent, en « outre, une nouvelle quantité de sels acides, ce qui, en dernier résultat, « recule la maturation du raisin et rougit la pellicule du fruit.
- « La pourriture détruit la matière colorante et le sucre, et augmente la « proportion de mucilage ; le moût du raisin pourri est plus dense que le « moût du raisin sain.
- « Le moût du raisin saisi par le froid, avant son entière maturité, contient « une notable proportion d’acide acétique.
- « Le raisin grêlé dont la baie a été éventrée à l’automne éprouve une « désorganisation toute particulière; son parenchyme devient opaque, il a le « goût d’évent. La vitalité du grain doit être détruite par la grêle autrement « qu’elle l’est par le foulage, puisque le vin que donne le raisin grêlé est « toujours entaché d’un goût de méfranchise, même lorsqu’il est immédiate-« ment récolté et foulé.
- « Enfin, ayant essayé l’action de certaines dissolutions sur la végétation de « la vigne, j’ai trouvé que les dissolutions salines sont très-rapidement assi-« milées par la circulation de cette plante. La dissolution chlorhydrate de « soude et de sulfate de fer paraît agir d’une manière favorable sur la co-« loration du feuillage et la vigueur de la végétation. »
- Comme on le voit, ce dernier mémoire , qui est plus particulièrement du domaine de la physiologie chimique, vient compléter et en quelque sorte confirmer l’ensemble des données que l’auteur s’était proposé de recueillir, et dont nous avons à vous rendre compte. Nous nous sommes peut-être un peu étendu dans l’exposé que nous venons de faire de ces travaux ; mais notre excuse, si nous en avions besoin , se trouverait dans l’importance même du sujet et dans notre désir de faire partager à la Société la haute opinion que
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- ARTS ÉCONOMIQUES.
- nous avons du mérite de ces travaux utiles, difficiles et consciencieusement exécutés.
- Nous ajouterons qu’ils acquièrent un nouvel intérêt par la gravité même des circonstances dans lesquelles nous nous trouvons aujourd’hui.
- Au milieu de la crise sociale que nous traversons, au moment ou le sol industriel tremble sous nos pas, la Société pensera sans doute qu’il y a quelque opportunité à appeler l’attention du public sur la pratique de l’agriculture, à lui montrer les ressources que peut offrir à l’activité de nos populations cette première de toutes les industries dans laquelle elles trouveront à la fois un aliment à leur intelligence et une occupation pour leurs bras, et dont les produits présentent sur tous les autres cet avantage inappréciable d’être immédiatement applicables à nos besoins les plus impérieux.
- Sous tous ces rapports, nous croyons devoir signaler M. de Ver guette comme digne des encouragements que décerne la Société.
- En attendant sa décision , nous avons l’honneur de lui proposer d’insérer le présent rapport dans son Bulletin, et d’adresser des remercîments à l’auteur. Nous lui proposons, en outre, de prendre les mesures nécessaires pour l’impression du mémoire qui est encore inédit, et pour l’acquisition, pour sa bibliothèque, de dix exemplaires au moins de ceux qui ont déjà paru.
- Signé Bussy, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 19 juillet 1848.
- ARTS ÉCONOMIQUES. — armes a feu.
- Rapport fait par M. Silvestre, au nom du comité des arts économiques, sur l’outil nécessaire d’armes de M. Yauchelet, rue de Charenton, 95.
- Messieurs, M. Vauchelet a soumis à votre examen un outil destiné à démonter et à remonter les batteries des armes à feu, et dont les différentes parties sont tellement disposées, qu’on peut s’en servir sans qu’il soit besoin de les isoler. Cet instrument remplacerait donc avantageusement les nécessaires d’armes qu’on rencontre aujourd’hui dans le commerce, et dont les diverses pièces qui sont indépendantes les unes des autres peuvent aisément se perdre.
- L’outil de M. Vauchelet porte avec lui un marteau, une fiole pour l’huile , une clef pour les cheminées, deux tournevis, un chasse-noix, un bourre-noix, et enfin, comme pièce principale, une pince qui sert à enlever et à repla cer les ressorts.
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- Ce sont trois pivots de 1 centimètre de longueur qui, adaptés convenablement aux branches de l’outil et perpendiculairement au plan de ces mêmes branches, sont destinés à saisir le ressort et à rapprocher ses deux bras l’un de l’autre. Un des pivots , celui du milieu, est fixe sur l’axe de rotation des branches ; les deux autres sont mobiles, et peuvent, en glissant dans des rainures , se rapprocher du premier, de telle sorte que l’instrument sert à démonter indistinctement les ressorts, si variables en grandeur, de toutes les armes à feu portatives. Pour que le ressort soit maintenu solidement entre les pivots, pour qu’il ne puisse s’échapper et causer des accidents, comme il n’arrive que trop souvent quand on se sert des méthodes ordinaires, M. Vau-ehelet emploie deux moyens différents selon qu’il destine l’outil aux armes de luxe ou qu’il l’applique aux armes de guerre. Dans le premier cas , il donne au pivot fixe un plus fort diamètre qu’aux deux autres, puis il y pratique une fente parallèle à l’axe, de manière que dans l’espèce de fourchette qu’il obtient il peut loger le petit bras du ressort et l’assujettir fortement au moyen d’une vis de pression. Il ne suffit plus alors, pour détacher le ressort de la platine , que de le serrer entre le pivot fixe et les deux pivots mobiles, et de dégager son extrémité de la chaînette ou du talon de la noix ; on le replace avec la même facilité. Il est bien entendu que la partie de la fourchette placée entre les deux bras du ressort est suffisamment amincie pour que ces deux bras puissent se rapprocher l’un de l’autre autant qu’il est nécessaire.
- Dans le cas ou il s’agit des armes de guerre dont toutes les pièces ont des dimensions uniformes et fixées par ordonnance , M. Vauchelet introduit dans l’instrument dont il vient d’être parlé plusieurs simplifications qui en diminuent beaucoup le prix et qui le rendent d’un usage plus commode et plus expéditif. En premier lieu, il supprime la cheminée, l’autorité militaire ayant reconnu qu’il était nuisible de laisser cette pièce entre les mains du soldat ; en second lieu, les ressorts ayant tous à très-peu près les mêmes dimensions, il supprime ou diminue presque entièrement le jeu des pivots mobiles. De plus, et ce qui est une modification importante , les deux bras du ressort offrant à leur point de jonction un certain écartement qui n’existe pas dans les fusils de chasse, M. Vauchelet place en cet endroit le pivot à fourchette , de sorte que la vis de pression, devenue inutile, est supprimée, en même temps que toute chance d’échappement disparaît.
- M. Vauchelet annonce qu’il livre son instrument aux chasseurs à raison de 4 fr., et que, avec les modifications qui le rendent spécialement applicable aux armes de guerre, il pourrait réduire ce prix à 2 fr. 60 avec la clef à cheminée et à 2 fr. 35 sans cette clef.
- En résumé, le comité des arts économiques regarde l’outil de M. Vauchelet
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- ARÏS ÉCONOMIQUES.
- ARMES A FEU.
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- comme propre à remplacer très-avantageusement les nécessaires d’armes dont on fait communément usage , et pense que , en raison de son utilité, de sa légèreté et de la modicité de son prix, il mérite, surtout, de fixer l’attention de l’administration de la guerre. En conséquence, votre comité vous propose, messieurs, d’écrire à M. Vauchelet une lettre de remercîment pour sa communication , et d’ordonner l’insertion du présent rapport dans le Bulletin 3 avec le dessin de l’instrument.
- Signé Silvestre fils, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 27 septembre 1848.
- Explication des figures de la planche 1080.
- Fig. 1. Vue de face du nécessaire d’armes pour les fusils de guerre.
- Fig. 2. Le même vu de profil.
- Fig. 3. Nécessaire d’armes pour les fusils de chasse, vu de face.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans ces figures, qui sont dessinées de grandeur naturelle.
- AA, les deux branches de l’instrument, mobiles sur le pivot a fixé sur l’axe de rotation des branches.
- B B, poignées dans lesquelles sont engagés les tournevis C, serrés par une vis à oreilles b.
- D, levier mobile sur l’axe c et portant des crans qui s’engagent sur la broche c, quand on rapproche les branches pour pincer le grand ressort de la batterie.
- E, écrou au moyen duquel on arrête à diverses hauteurs, dans la coulisse e3 le pivot inférieur fs qui s’engage dans le talon du grand ressort F. La courte branche de ce ressort s’appuie contre le pivot a, et le bec contre le pivot g, glissant dans la coulisse h.
- G, marteau faisant corps avec le pivot g.
- H, boîte en cuivre contenant de l’huile pour graisser les différentes parties de la batterie.
- I, fig. 3 , entaille pratiquée dans le manche de l’instrument, et servant à démonter les cheminées des fusils à percussion.
- K, trou creusé dans l’un des manches A pour y engager la noix : en frappant sur le côté opposé du manche, on détache la noix.
- Le pivot du milieu a de l’outil, fig. 3, est entaillé pour y loger le petit bras du ressort, qui y est assujetti au moyen d’une vis de pression i. (D.)
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- PROCÈS-VERBAUX.
- Extrait des procès-verbaux des séances du conseil d’administration de la Société
- d’encouragement.
- * Séance du 11 octobre 1848.
- Correspondance. M. Gillet-Devresse, fabricant de draps, à Sedan, soumet à l’examen de la Société une machine qu’il appelle basculaire, destinée à élever ou transporter des fardeaux.
- M. Miret-Fournaise, à Craonne, près Laon ( Aisne), transmet l’exposé du résultat de ses essais pour améliorer les produits de la vigne.
- Mme de Vioménil, à Yilleneuve-Saint-Georges ( Seine ), adresse un mémoire sur l’exploitation, dans une ferme modèle, d’une laiterie spéciale. L’auteur entre dans des considérations sur les soins hygiéniques, la nourriture, les traitements médicaux appliqués à la race bovine.
- Les membres du comité d’administration de l’institut populaire, rue de Babylone, 41, destiné à offrir gratuitement l’instruction aux ouvriers et aux classes peu aisées de la société, adressent le programme de cet établissement.
- Objets présentés. M. Fines, rue du Faubourg-du-Roule, 48 bis, appelle l’attention de la Société sur un nouveau système de balancier, pour l’horlogerie, à force constante et à rotation continue.
- M. Devinck, fabricant de chocolat, rue Saint-Honoré, 285, demande que la Société veuille bien nommer des commissaires pour examiner une machine à presser, peser et dresser le chocolat, qui fonctionne dans son établissement. Il ajoute que, pour l’invention et la confection de cette machine, il a eu recours à ses ouvriers, et qu’il n’aurait probablement pu y parvenir sans l’idée très-ingénieuse de l’un d’eux, M. Daupley, que M. Devinck recommande à la bienveillance de la Société. C’est un ouvrier intelligent, ingénieux, dévoué à son patron, et bon citoyen.
- M. Laborde, rue du Faubourg-du-Temple, 50, présente le plan et la description d’un piano dont l’accord doit rester constant.
- M. Wagner, horloger-mécanicien, rue Montmartre, 118, expose qu’il a construit, pour le dépôt de la marine et d’après les indications de M. Chazallon, ingénieur-hydrographe, quelques instruments nommés maréographes, lesquels ont pour but d’indiquer les variations des marées sur les divers points de nos côtes. Il demande que la Société fasse examiner ces instruments déjà installés à Toulon, à Brest et à Cherbourg.
- Les ouvrages suivants sont déposés sur le bureau :
- 1° Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen, — Programmes des prix proposés pour les années 1849, 1850 et 1851 ;
- 2° Académie de Reims, — Programmes des concours ouverts pour Vannée 1849 ;
- 3° Annales de Vagriculture française, octobre 1848 ;
- 4° Journal des économistes, octobre 1848;
- 5° Moniteur industriel des 28 septembre, 1er, 5 et 8 octobre 1848 ;
- 6° Belgique industrielle des mêmes jours ;
- Quarante-septième année. Octobre 18A8. 86
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- PROCÈS-VERBAUX.
- 7° Traité des machines à vapeur, par MM. Bataille et Jullien, 46e et 47e livraisons;
- 8° Enquête industrielle faite dans les départements de l’est de la France ;
- 9° Notice historique et chronologique sur l'emploi de la pomme de terrent de sa fécule dans la panification, par M. Chevallier fils;
- 10° Pétition adressée à l’Assemblée nationale par M. Chevallier, membre du conseil, sur les falsifications.
- M. le président adresse à M. Chevallier les remercîments du conseil pour le don de cette brochure.
- Rapports des comités. Au nom du comité des arts mécaniques, M. Kerris lit un rapport sur quelques innovations introduites par M. Domeny dans la fabrication des pianos.
- Le comité propose 1° de remercier l’auteur de sa communication; 2° d’insérer le rapport dans le Bulletin, avec le dessin des agrafes servant d’appui aux cordes de pianos, imaginées par M. Domeny. ( Approuvé.)
- Au nom du même comité, il est donné lecture, pour M. le Chatelier, d’un rapport sur un nouveau système de chaînes d’attelage des waggons des chemins de fer, par M. Guion.
- Le comité propose de remercier l’auteur de sa communication et d’insérer le rapport dans le Bulletin. ( Approuvé. )
- Au nom du comité des arts mécaniques, M. Amédée Durand lit, pour M. le Chatelier, un rapport sur le résultat du concours pour le perfectionnement de la construction des machines locomotives.
- Le comité, après avoir reconnu qu’aucun des concurrents n’avait satisfait aux conditions du programme, et que, par suite, il n’y avait pas lieu de décerner le prix, a proposé de maintenir le même sujet au concours en modifiant quelques dispositions du programme.
- Dans le cours du rapport, le comité des arts mécaniques a signalé les importants travaux de M. J. J. Meyer, de Mulhouse.
- Il propose de lui décerner, pour l’ensemble de ses travaux de construction de machines, une médaille d’or de la valeur de 4,000 fr., et de faire insérer dans le Bulletin, avec les dessins à l’appui, une description complète des locomotives construites par M. Meyer d’après le système américain.
- M. Sainte-Preuve, s’appuyant sur l’opinion que des perfectionnements aux locomotives ont été proposés par des hommes qui n’ont pu les soumettre à des essais ou les faire adopter, exprime le désir que le programme fasse une part à ces perfectionnements dont les membres du comité des arts mécaniques peuvent prévoir l’efficacité. Il ne doute pas que cet appel ne soit entendu et ne produise, pour le sujet du concours, des idées et des combinaisons d’un haut intérêt.
- M. de Colmont pense qu’il serait utile de donner l’historique des perfectionnements qu’ont successivement reçus les locomotives.
- Après une discussion, le conseil approuve le rapport et en adopte les conclusions,
- Communications. M. Jomard expose que, dans l’une des dernières séances, l’atten-
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- tion de la Société a été appelée sur l’opportunité de construire, pour les ouvriers, des maisons qui réunissent les conditions d’hygiène et de salubrité. L’Assemblée nationale a, par le dégrèvement de l’impôt, donné une impulsion à la construction de maisons appropriées aux ouvriers.
- M. Chevallier, membre du conseil, a publié plusieurs documents intéressants sur ce sujet.
- M. Rouget de Lisle a mis sous les yeux de la Société les plans des maisons de refuge en Angleterre.
- La Société a chargé la commission du Bulletin de recueillir les documents qui lui paraîtraient de nature à prendre place dans le recueil des travaux de la Société.
- M. Jomard pense que la Société ne verra pas sans intérêt les plans des villages nouveaux qui s’élèvent en Egypte , et qui ont été établis par M. d’Arnaud, ingénieur en chef, directeur de la reconstruction des villages. Il présente le plan de l’ancien village de Kafre-Zéiat et le projet des nouvelles constructions à établir; il est à remarquer que les conditions hygiéniques des fellahs ou paysans seront ainsi considérablement améliorées.
- M. Jomard communiquera des renseignements ultérieurs sur ce sujet, si le conseil juge qu’il puisse être utile de les publier par la voie du Bulletin.
- M. le président accepte avec empressement l’offre de M. Jomard.
- M. Gourlier, membre du conseil, donne lecture d’une note sur le mode de transport et de préparation des matériaux de construction, et sur les améliorations à introduire dans l’intérêt de la facilité de la circulation et de la sûreté de la voie publique de la capitale.
- M. Gourlier annonce avoir conçu depuis longtemps des vues qui tendraient à modifier considérablement le mode actuel de transport et de préparation des matériaux de construction. Il expose les mesures qu’il serait utile de prendre pour atteindre un but si désirable, et il termine en énonçant que ces questions et toutes celles qui s’y rattachent 11e sauraient être étudiées avec fruit que par les soins et avec le concours des administrations vigilantes et éclairées de la capitale, et particulièrement par M. le préfet du département et M. le préfet de police; mais il appartient aux comités de la Société d’encouragement de préjuger quels avantages et quelle facilité pourraient procurer les considérations consignées dans la note qu’il vient de lire.
- Les comités des arts mécaniques et des arts économiques sont chargés de prendre connaissance des observations de M. Gourlier.
- M. le président met sous les yeux de la Société un échantillon d’un roseau connu sous le nom d’ischnomene paludosa, dont la moelle, découpée circulairement, forme des feuilles appelées papier de riz, et qui possèdent des qualités qui les rendent propres à être employées dans les arts et l’économie domestique.
- M. le président présente un chapeau provenant de la Chine, fait avec cette substance et dont la légèreté est remarquable.
- M. Chevallier ajoute qu’il s’est assuré, par des expériences, de la possibilité d’impri-
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- PROCÈS-VERBAUX.
- mer sur cette matière, en typographie, en lithographie, et de peindre des papillons, des fleurs, etc.
- M. le président invite M. Chevallier à rédiger une note sur Yischnomene paludosa et sur ses diverses applications.
- Il appelle l’attention de la Société sur un procédé imaginé par M. Melsens, pour donner, en peu de temps, au bois de chêne un aspect de vétusté qu’il n’acquiert qu’a-près plusieurs siècles. Ce procédé consiste à mouiller le bois et à le soumettre aux émanations de l’ammoniaque liquide. L’ammoniaque pénètre dans la direction des fibres de manière que, si sur une planche de chêne on dessine des lettres ou autres sujets avec une substance inattaquable à l’ammoniaque en la sciant perpendiculairement aux fibres, on trouve que l’ammoniaque n’a point attaqué les parties réservées.
- Au moyen de ce procédé, on peut donner au sapin la couleur du vieux chêne en l’imprégnant d’une dissolution de tanin et le soumettant aux émanations ammoniacales.
- L’action de l’ammoniaque sur le tanin explique la détérioration des cuirs, qui, par son contact, deviennent cassants ; c’est donc à les garantir qu’il faut s’attacher pour conserver leurs qualités.
- M. Costaz appelle l’attention de la Société sur le procédé à l’aide duquel M. Flandin est parvenu à débarrasser économiquement la pulpe et la fécule amylacée des marrons d’Inde de l’amertume qui caractérise ce fruit. Le procédé consiste à mélanger 1 ou 2 kilogrammes de carbonate de soude avec 100 kilogrammes de pulpe; on lave et on tamise ensuite.
- M. le président fait observer que le moyen de faire perdre au marron d’Inde son amertume, ainsi que les divers emplois de ce fruit, ont été l’objet de travaux qui datent de plus d’un siècle.
- M. Chevallier ajoute quelques détails à ce que vient d’exposer M. le président. 11 est invité à faire part, dans une prochaine séance, de l’ensemble des recherches auxquelles a donné lieu le fruit du marronnier pour l’approprier à l’économie domestique.
- me
- IMPRIMERIE DE M
- Ve BOUCHABD-HUZARD, RÜE DE L’ÉPERON, 5.
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- QUARANTE-SEPTIÈME ANNEE. (N°DXXXIII.) NOVEMBRE 1848.
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES. — fourneaux.
- Rapport fait par M. Le Chatelier, au nom du comité des arts mécaniques, sur les grilles mobiles fumivores de M. Tailfer (système Juckes).
- Les appareils soumis à l’examen de la Société d’encouragement ont été inventés par M. Juckes, mécanicien anglais; ils sont employés depuis plusieurs années en Angleterre, et ont été importés en 1845 en France par M. Tailfer, qui a perfectionné leur construction.
- Le rapporteur du comité s’est transporté dans les ateliers de fabrication de M. Tailfer, aux Batignolles, rue Saint-Étienne, 9, pour y examiner en détail la construction des grilles fumivores; il a visité l’appareil qui fonctionne dans cet établissement, et deux autres appareils en ce moment en activité à Paris ; il a reconnu leur efficacité pour la suppression complète de la fumée , et a constaté qu’ils sont dans des conditions tout à fait pratiques qui en rendent l’application possible dans tous les ateliers où l’on brûle de la houille , et sur les bateaux à vapeur.
- Dans la maçonnerie du fourneau , au-dessous de la partie antérieure de la chaudière , dans l’emplacement occupé habituellement par la grille et le cendrier, se trouve ménagée une cavité de forme prismatique , dans laquelle se loge l’appareil de combustion fumivore de M. Tailfer : il est porté par quatre roues mobiles sur un petit chemin de fer ; il peut être retiré, à volonté, de l’emplacement qu’il occupe, ce qui rend très-faciles soit les réparations à faire à la chaudière, soit celles que l’appareil lui-même peut exiger
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- ARTS MÉCANIQUES.
- après un service plus ou moins prolongé. Il se compose d’un bâti formé de deux flasques en fonte ; il porte, à chaque extrémité, deux tambours prismatiques, et intermédiairement, haut et bas, deux séries de rouleaux et dt galets de friction. La grille est formée d’éléments en fonte de 0m,30 de long sur 0m,02 de large, qui se succèdent dans une série longitudinale et se juxtaposent en séries consécutives dont les joints se croisent ; elle présente un plan à jour sur lequel repose le combustible, et à travers lequel passe l’air destiné à alimenter la combustion; chaque série d’éléments forme une chaîne articulée qui s’enroule sur les deux tambours, et la grille tout entière peut être assimilée , par une comparaison forcée peut-être , mais propre à faire comprendre le jeu de l’appareil, à une étoffe tendue sur deux rouleaux, dont l’un lui imprime un mouvement de courroie qu’elle transmet à l’autre. L’articulation est produite au moyen de tringles en fer passant au nombre de deux à travers chaque élément et le reliant avec l’extrémité de chacun des deux éléments voisins de la série adjacente.
- La grille fait saillie en dehors de la bouche du foyer et porte sur l’une des flasques de son bâti un appareil moteur qui transmet le mouvement au premier tambour, et imprime à la grille elle-même son mouvement de translation.
- Au-dessus de la grille et contre la paroi antérieure du fourneau se trouve placée une trémie qui reçoit le combustible ; une vanne en tôle, dont la hauteur est fixée par le chauffeur, règle son introduction. L’extrémité opposée de la grille s’engage sous l’autel, lequel est formé par un tube dans lequel circule l’eau de la chaudière, ou mieux l’eau de la bâche d’alimentation. Ce tube est assez rapproché de la grille pour arrêter au passage le coke produit par l’agglutination de la houille, tout en laissant passer le mâchefer.
- La grille est mise en mouvement par le moteur au moyen d’une courroie, en même temps qu’une manivelle permet, à un instant quelconque , de lui faire faire un parcours exceptionnel ou de la faire rétrograder ; un embrayage simple permet enfin d’arrêter sa marche sans toucher à la machine. L’effort nécessaire pour faire fonctionner la grille est très-faible et, pour ainsi dire, inappréciable lorsqu’on le compare à la puissance de la machine qui le produit.
- La houille doit être à l’état menu ou doit être réduite en petits fragments ; elle peut être sèche ou mouillée ; elle est entraînée, par le mouvement de la grille, en couche mince dont l’épaisseur est réglée par l’ouverture de la vanne ; elle s’allume dès qu’elle a dépassé la vanne de distribution, et la fumée qu’elle dégage est brûlée par l’excès d’air qui entre à l’extrémité de la grille ; elle brûle en s’agglutinant plus ou moins fortement, suivant sa nature, et, lorsqu’elle arrive à l’autel, elle y est arrêtée par le tube bouilleur et s’accu-
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- FOURNEAUX.
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- mule en masse très-poreuse à travers laquelle l’air passe avec une grande facilité ; elle achève de s’y consumer. Le mâchefer produit reste maintenu sur la grille par une faible adhérence et se détache spontanément lorsque les barreaux en fonte , en s’enroulant sur le tambour, viennent à jouer les uns par rapport aux autres, et à se disjoindre momentanément par leurs extrémités ; il est recueilli, avec quelques escarbilles de houille qui passent à travers la grille, dans un cendrier en tôle porté sur des roues et mobile sur des rails ; les escarbilles encore propres à la combustion sont séparées facilement par le chauffeur et rechargées en mélange avec la houille , de telle sorte qu’aucune partie du combustible n’est perdue. L’application de ces grilles fait disparaître complètement la fumée ; celle-ci n’est sensible que pendant dix minutes environ après l’allumage.
- L’épaisseur de la couche de houille sur la grille varie, suivant l’ouverture de la vanne, de 0n’,06 à 0œ,10 ; la vitesse de translation est habituellement de 2 à 3 centimètres par minute.
- Pour chaque appareil et pour chaque effet à produire, le chauffeur a trois éléments à sa disposition : la hauteur de la vanne ou l’épaisseur du combustible , la vitesse de la grille et l’ouverture du registre de la cheminée ; en outre, il peut faire marcher momentanément la grille à la main pour parer h quelques irrégularités naturelles, par exemple lorsqu’il faut remettre le feu en pleine activité après les arrêts nécessités par la durée des repas. Au moyen de ces éléments, il est facile de régler promptement, par tâtonnement, les meilleures conditions de la combustion, qui dépendent de la forme des chaudières et des conduits de la fumée , de la quantité de vapeur à fournir et de la nature de la houille. La vaporisation peut varier dans des limites assez étendues.
- L’emploi des grilles de M. Tailfer présente plusieurs avantages marqués. Indépendamment de la propriété qu’elles ont, d’une manière incontestable , d’être entièrement fumivores, il permet de brûler exclusivement de la houille menue de qualité médiocre , que l’on trouve toujours à des prix inférieurs à îelui de la houille en morceaux ; il permet d’obtenir une production de vapeur ffès-régulière; il est favorable à la conservation des chaudières et des fourneaux ; il simplifie le travail du chauffeur et le rend beaucoup moins pénible. Ce dernier avantage sera, sans doute, très-marqué sur les bateaux à vapeur, où l’administration de la marine en fait faire actuellement l’application. Ces avantages sont assez saillants et assez importants pour compenser la dépense de premier établissement des appareils de cette nature, et pour en rendre l’emploi très-général.
- Au premier abord, il semble que la combustion complète de la fumée doit produire nécessairement une économie très-notable de combustible ; mais les
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- ARTS MECANIQUES.
- expériences faites par M. Combes, et dont les résultats sont consignés dans son rapport à la commission centrale des machines à vapeur ( 3 juillet 1846 , Annales des mines, t. XI, 4e série ), démontrent que, pour brûler complètement la fumée, il est nécessaire d’introduire dans le foyer une quantité d’air à peu près double de celle qui est nécessaire pour transformer tout le combustible en acide carbonique, ce qui occasionne un refroidissement susceptible de compenser l’effet d’une plus grande chaleur produite. Le mode particulier de combustion effectué sur la grille de M. Tailfer, la forme et la disposition de la voûte placée en avant du foyer, sont des éléments qui peuvent faciliter la destruction de la fumée par l’introduction d’une quantité d’air moins considérable que dans les appareils fumivores ordinaires. Mais, à cet égard, il nous serait impossible de nous prononcer sans avoir fait auparavant, des expériences très-complètes et fort délicates auxquelles nous n’avons pu nous livrer; il faudrait, sur une chaudière donnée, essayer, préalablement , les dispositions de grille propres à réduire au minimum la quantité de houille brûlée , et appliquer ensuite l’appareil de M. Tailfer, en comparant les consommations obtenues dans l’un et l’autre cas pour un même travail effectué. Nous nous contenterons donc de citer les principaux renseignements qui ont été mis sous nos yeux par M. Tailfer : 1° un rapport administratif sur des expériences faites à l’arsenal de Cherbourg, qui constate une économie de combustible de 18 pour 100; 2° un certificat de MM. Mellier et comp., propriétaires d’une papeterie au Val-Vernier ( Seine-Inférieure ), qui accuse une économie de 20 pour 100 ; 3° une lettre de M. de Mondésir, du Havre , qui annonce qu’un appareil fonctionnant depuis six mois dans l’établissement des eaux de Graville a produit une économie de 10 pour 100 sur la quantité de combustible consommée, et sur la dépense en argent, par la substitution de la houille menue au charbon en morceaux , une économie beaucoup plus considérable ; 4° diverses attestations également favorables.
- Quoi qu’il en soit, l’appareil de M. Tailfer résout complètement et d’une manière tout à fait pratique l’importante question des foyers fumivores; il présente de nombreux avantages qui ont été signalés dans le cours de ce rapport ; il se recommande donc d’une manière particulière à l’attention de la Société d’encouragement, à celle de l’administration publique et des industriels.
- Votre comité des arts mécaniques a l’honneur de proposer au conseil de remercier M. Tailfer de son intéressante communication, et de faire insérer le présent rapport au Bulletin, avec la description de la grille fumi-vore et les dessins à l’appui.
- Signé Le Ch atelier , rapporteur.
- Approuvé en séance, le 30 août 1848.
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- FOURNEAUX.
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- Description de la grille mobile fumivore de M. Tailfer, rue Notre-Dame-
- de-Grâce, 4.
- Nous avons donné, dans le Bulletin de 1 année 1842, p. 422, une description succincte de la grille mobile de M. Juches, traduite de la spécification delà patente qui lui fut délivrée en Angleterre le 4 septembre 1841. Nous complétons aujourd’hui cette description en faisant connaître les perfectionnements que M. Tailfer a ajoutés à cette grille.
- PL 1081, fig. 1. Section longitudinale du fourneau dans lequel est placée la grille mobile.
- Fig. 2. Section transversale.
- Fig. 3. Le fourneau et la grille mobile vus de face.
- Fig. 4. La grille mobile vue séparément.
- Fig. 5. Poulie motrice et système d’embrayage vus en coupe.
- Fig. 6. Le même vu en plan.
- Fig. 7. Le même vu de côté.
- Fig. 8. Le barreau du milieu de la grille détaché.
- Fig. 9. Le barreau de côté.
- Les mêmes lettres désignent les mêmes objets dans toutes les figures.
- La grille se compose d’un grand nombre de barreaux très-courts a a, dont on voit la forme et les dimensions fig. 8 et 9; chacun de ces barreaux est fondu avec deux oreilles percées à leur centre pour recevoir les goujons qui doivent les réunir, de manière à former des chaînons d’une chaîne sans fin à laquelle on imprime un mouvement de translation extrêmement lent, de lm,50 à 2 met. par heure. Cette chaîne passe sur deux tambours À À', dont la distance détermine la longueur de la grille. Ces tambours sont formés de deux disques en fonte à jour sur la circonférence desquels sont ménagées des échancrures qui reçoivent successivement les goujons des barreaux.
- Le tambour A', placé en dehors du fourneau, a la forme d’un prisme dont la largeur des facettes correspond à l’écartement des goujons, c’est-à-dire à la longueur des chaînons mesurés du centre d’une oreille à l’autre. Ce tambour est monté sur un axe en fer B qui reçoit d’un bout une roue dentée C au moyen de laquelle on lui imprime un mouvement de rotation. A cet effet, cette roue est menée par une vis sans fin b, dont l’axe porte un pignon c commandé par un autre plus petit d monté sur l’arbre moteur e. Cet arbre porte la poulie motrice D qu’on peut faire tourner par une courroie passant sur un arbre de couche quelconque de l’atelier ; on peut, au besoin, la foire mouvoir à la main à l’aide d’une manivelle ; on débraye alors la poulie en faisant agir la fourchette d’embrayage f au moyen du levier m.
- Le charbon en poussier, ou préalablement réduit en petits morceaux, est
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- ARTS MÉCANIQUES.
- jeté dans une trémie en tôle E située au-dessus du tambour antérieur À'; il pénètre sur la grille par un orifice très-étroit ménagé à la base de la trémie, et occupant toute la largeur de la grille. On règle d’ailleurs la hauteur de cet orifice par un registre vertical F soutenu par de petites chaînettes g dans les maillons desquelles entrent les dents de roues à rochet h. De cette manière, le charbon ne peut tomber sur la grille qu’en suivant une lame mince et la marche rectiligne de celle-ci ; il s’avance avec la grille dans l’intérieur du fourneau pour brûler au fur et à mesure ; arrivé à l’autre extrémité vers le tambour A, il est entièrement consumé. L’air arrivant constamment au charbon à travers les barreaux , on obtient une combustion parfaite. On comprend que la fumée qui se dégage au commencement de la grille se trouve successivement brûlée, parce qu’elle rencontre de la flamme de plus en plus intense ; il en résulte que, si la vitesse et les dimensions de la grille sont bien proportionnées à la capacité du fourneau, la fumée sera complètement consumée.
- La grille est soutenue, dans sa longueur, par de petits galets i sur lesquels elle chemine ; ces galets sont rapportés sur de petits goujons fixés aux deux joues latérales en fonte G qui forment le bâti de l’appareil et sont reliées entre elles par des entretoises en fer forgé.
- Tout le système est porté par quatre roulettes en fonte H, au moyen desquelles on peut le retirer ; ces roulettes, cheminant sur des rails k, permettent de manœuvrer l’appareil pour l’amener en dehors du fourneau.
- L’autel en briques des fourneaux ordinaires est remplacé, dans celui-ci, par un tube bouilleur transversal K K, rempli d’eau et communiquant avec la bâche d’alimentation. On évite, dans l’appareil, l’ouverture des portes du foyer, soit pour l’alimentation du combustible , soit pour le tisage , soit enfin pour le nettoyage des barreaux, ce qui est un grand avantage, parce que les courants d’air extérieurs refroidissent toujours les parois des chaudières ; on fait agir le registre F au moyen du levier l.
- La flamme qui se dégage du foyer mobile chauffe le dessous des bouilleurs 11, passe un peu sur le côté pour parcourir toute la longueur des bouilleurs et revenir ensuite sur le second côté latéral qu’elle longe de même avant de se rendre dans la cheminée.
- Une espèce de chariot J, porté par quatre roulettes , est destiné à recevoir les cendres et les escarbilles qui passent à travers les barreaux de la grille et que l’on retire au besoin.
- M. Tailfer* en établissant ses grilles fumivores, assure pouvoir remplacer les cheminées de 30 mètres de hauteur employées dans les fourneaux ordinaires , afin d’éloigner le plus possible la fumée des habitations voisines, par des cheminées de 10 à 15 mètres de hauteur seulement ; il en résulte grande économie dans la dépense de construction, ( D. )
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- CHAÎNES.
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- Rapport fait par M. Le Chatelier, au nom du comité des arts mécaniques, sur
- Un nouveau système de chaînes d attelage des waggons des chemins de fer
- présenté par M. Guion, boulevard de l Hôpital, 20.
- M. Guion, inspecteur de l’exploitation sur les chemins de fer d’Orléans et du Centre, a imaginé un nouveau système de chaînes d’attelage des waggons qu’il a soumis à l’appréciation de la Société.
- M. Guion, frappé de la difficulté que l’on trouve à obtenir de bonnes chaînes d’attelage pour les waggons de marchandises, de la facilité avec laquelle se brisent les chaînes habituellement employées, de l’importance des frais de réparations qui en résultent et des accidents qui peuvent être la conséquence de ces ruptures , a cherché à construire des chaînes dont les maillons fussent doués d’une certaine élasticité.
- Ce sont ces chaînes que vous avez sous les yeux ; chaque maillon est formé d’une bande de fer enroulée trois fois sur elle-même , autour d’un mandrin qui lui donne la forme voulue ; les deux bouts de la bande de fer sont fixés par une feuille de tôle agrafée ou rivée. Une machine d’une construction à la fois simple et ingénieuse permet de fabriquer la chaîne d’une manière régulière et économique.
- Le fer reçoit sous le laminoir, au moment de sa fabrication, la forme appropriée à la confection des maillons, de telle sorte qu’il n’y a aucun déchet sur la matière ; par suite , les chaînes peuvent être livrées à un prix notablement inférieur à celui des chaînes ordinaires.
- Les chaînes de M. Guion sont douées d’une certaine élasticité essentiellement favorable à la conservation des waggons et de la marchandise qu’ils contiennent ; elles résistent, sans se déformer, à des chocs violents qui brisent les chaînes ordinaires de la meilleure qualité. Des essais commencés sur deux waggons , au chemin de fer d’Orléans , ont paru assez satisfaisants pour que l’administration de ce chemin autorisât l’application de ce système à vingt autres waggons.
- La seule objection faite aux chaînes de M. Guion est la difficulté de réparer les maillons intermédiaires; cette difficulté n’est pas insurmontable , et sans doute les efforts de M. Guion et de son habile collaborateur M. Kaulek parviendront à la surmonter.
- Le comité des arts mécaniques a vu avec intérêt les chaînes que M. Guion a présentées à la Société; il propose au conseil d’adresser, à M. Guion3 des remerciments pour cette communication, et de décider l’insertion du présent rapport au Bulletin.
- Signé Le Chatelier , rapporteur.
- Approuvé en séance , le 11 octobre 1848.
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- ARTS MÉCANIQUES. — CHEMINS DE FER.
- Rapport fait par M. Le Chatelier, au nom du comité des arts mécaniques, sur
- une réclamation de M. Sainte-Preuve, relative au système de propulsion atmosphérique de M. Hédiard.
- Dans la séance du 27 septembre dernier, M. Sainte-Preuve a cru devoir signaler une omission dans le rapport fait au nom du comité des arts mécaniques sur les expériences de locomotion pneumatique faites à Saint-Ouen par la compagnie Hédiard; ce rapport a été inséré dans le Bulletin d’octobre dernier. M. Sainte-Preuve a pensé qu’il serait juste qu’une note ajoutée au rapport rappelât qu’il avait indiqué, dans le Bulletin même de la Société, tous les détails qu’approuve le rapport, et que, selon lui, M. Hédiard n’a exécutés que postérieurement à la publication qu’il en avait faite. M. Sainte-Preuve a réclamé aussi contre l’omission du nom de M. Chameroy.
- La demande de M. Sainte-Preuve a été renvoyée au comité des arts mécaniques.
- En rendant compte des expériences de locomotion atmosphérique faites sur une grande échelle et à grands frais à Saint-Ouen, le comité ne s’est pas préoccupé d’une manière spéciale de cette question de priorité ; il a pensé qu’il devait se borner à relater les résultats de ces expériences, sans entrer dans la discussion des titres que divers auteurs auraient à faire valoir pour la priorité de conception ou d’exécution.
- Les résultats obtenus pouvant intéresser l’industrie , le comité, dans cette circonstance, ne s’est pas cru appelé à examiner les questions toujours si graves de priorité.
- Pour répondre à la demande de M. Sainte-Preuve et remplir la mission dont le conseil l’a chargé, le comité s’est fait représenter les Bulletins dans lesquels sont consignées les communications de M. Sainte-Preuve.
- Dans la séance du 2 juillet 1845 (44e année du Bulletin, p. 324), M. Sainte-Preuve a entretenu la Société d’un nouveau mode d’ouverture et de fermeture de la fente du tube pneumatique des chemins de fer atmosphériques ; il a proposé un tube à parois suffisamment élastiques ou un tube dont la fente est comprise entre des lèvres élastiques garnies d’un cuir gras. La tige de fer qui unit le piston au convoi sépare, en passant, ces lèvres, lesquelles se rapprochent après le passage de la tige.
- Dans la séance du 24 décembre de la même année (44e année du Bulletin, p. 608), M. Sainte-Preuve a mis sous les yeux du conseil le dessin de l’une des dispositions à l’aide desquelles il ouvre la fente du tube pneumatique des chemins de fer atmosphériques. A cette occasion, il a rappelé qu’il avait proposé de fermer ce tube par la seule élasticité des lèvres de la fente et des pa-
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- ARTS ÉCONOMIQUES.
- MOULAGE.
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- rois du tube ; il a fait remarquer que deux galets dont Taxe est porté par le convoi soulèvent, en roulant, les parois du tube à droite et à gauche de la fente qui est alors entr’ouverte.
- Dans la séance du 7 janvier 1846 (45e année du Bulletin, p. 43), M. Sainte-Preuve a soumis quelques observations nouvelles sur la solution qu’il avait donnée du problème du chemin de fer atmosphérique. Dans celle du 23 décembre, même année, M. Sainte-Preuve a annoncé que le système de chemin de fer atmosphérique peut fonctionner sans machines stationnaires ni machines pneumatiques à piston.
- Le comité des arts mécaniques est d’avis d’insérer dans le Bulletin un résumé des communications de M. Sainte-Preuve, en faisant remarquer que, dans cette circonstance , il n’a pas voulu entrer dans la discussion des différents systèmes sous le point de vue de la priorité.
- Signé Le Ch atelier, rapporteur. Approuvé en séance, le 8 novembre 1848.
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- ARTS ÉCONOMIQUES. — moulage.
- Rapport fait par M. Gourlier, au nom du comité des arts économiques, sur l’emploi du chlorure de zinc pour le moulage des pièces anatomiques et des objets d’art , proposé par M. Stahl, mouleur du muséum d’histoire naturelle, rue de Paradis, au Marais, 14.
- Le moulage en plâtre soit des pièces anatomiques, soit des objets d’art présente souvent des difficultés et des inconvénients, connus sous le nom de farinage, consistant en ce que des parties du plâtre employé au moulage adhèrent à la surface des pièces à mouler ou des moules à bon creux, et nuisent à la fidélité et à la finesse des empreintes.
- Ces inconvénients ont lieu principalement dans les différents cas ci-après : Soit lorsqu’on veut obtenir l’empreinte de parties anatomiques molles encore fraîches, cas auquel on les recouvre d’une couche d’huile ;
- Soit lorsque ces pièces ont été préalablement immergées, pour leur conservation, dans l’alcool ;
- Soit lorsqu’il s’agit de mouler une pièce établie en cire ;
- Soit enfin lorsqu’on se sert de moules à bon creux, surtout lorsqu’ils sont un peu anciens et sont restés sans usage pendant un peu de temps.
- Habitué à apporter les plus grands soins dans les moulages dont il est chargé pour le muséum d’histoire naturelle, M. Stahl a recherché la cause de Quarante-septième année. Novembre 1848. 88
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- ARTS ÉCONOMIQUES.
- ce farinage et les moyens d’y remédier. Il a été amené à remarquer que cet inconvénient n’avait jamais lieu dans le moulage de pièces molles conservées dans une solution de chlorure de zinc au lieu d’alcool; il a pensé, dès lors, que ce liquide, en affermissant davantage les différentes surfaces avec lesquelles il est en contact, s’opposait à l’adhérence du plâtre soit aux pièces à mouler, soit aux moules mêmes ; enfin, après des essais multipliés, il a déterminé le mode de procéder et le degré, le dosage de la solution qu’il convient d’employer dans les différents cas.
- S’il s’agit de pièces anatomiques molles et de peu de volume , ou fraîches ou conservées pendant plus ou moins de temps dans l’alcool, il les immerge pendant quelques heures dans une solution de chlorure de zinc à 20 ou 25 degrés environ, et le moulage peut avoir lieu sans aucune autre préparation.
- Si, au contraire , ces pièces sont d’un volume trop considérable pour pouvoir être immergées, il suffit d’imbiber suffisamment de la même solution, ou la totalité de chaque pièce à la fois, ou successivement ses différentes parties.
- Ce dernier procédé est également applicable à des figures en cire plus ou moins considérables.
- S’agit-il enfin de se servir de moules à bon creux , après les avoir savonnés quelques heures avant le moulage, on les imbibe également d’une solution de chlorure de zinc, qui doit, dans ce cas, être portée jusqu’à 50 degrés, puis après d’une couche d’huile, ainsi qu’on le fait ordinairement.
- On voit, par un extrait du Compte rendu des séances de l’Académie des sciences du 8 mars 18-47, que cet objet avait été accueilli par l’Académie et renvoyé par elle à l’examen d’une commission composée de MM. Brongniart, Flourens et Serres, et l’on ne peut que regretter que les procédés de M. Stahl n’aient pas encore été appréciés par des savants aussi compétents.
- Tout récemment (le 2 de ce mois), l’Académie des beaux-arts, sur un rapport de sa section de sculpture, a donné son approbation aux procédés de M. Stahl.
- Les épreuves qu’il a soumises à la Société et qui sont sous les yeux du conseil font voir l’extrême finesse de détails que ces procédés permettent de reproduire.
- Le comité des arts économiques, auquel l’examen de ces épreuves a été renvoyé, a, en outre, pris connaissance d’autres résultats plus remarquables encore ; telle est particulièrement une collection de diverses pièces anatomiques , et d’animaux tout entiers, en partie de très-grandes dimensions, moulés sur nature après la mort et l’enlèvement de la peau, collection déposée dans le musée de l’école de médecine.
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- MOULAGE.
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- Tel est également, dans un autre genre, le moulage, fait par M. Stahl, d’une belle figure d’étude établie en cire, il y a longues années, par feu M. Giraud, statuaire distingué, actuellement en possession de M. Vatinelle, graveur en médailles et ancien pensionnaire de l’Académie de France à Rome ( avenue Sainte-Marie, dans le quartier Beaujon ), qui, d’après le refus de plusieurs mouleurs, désespérait de pouvoir reproduire cette étude soit en plâtre, soit en bronze; ce à quoi il est parvenu , grâce au moulage que M. Stahl en a fait de la manière la plus fidèle.
- Enfin M. Stahl a opéré en différentes fois, en présence des membres du comité, soit sur des pièces molles, fraîches ou conservées dans l’alcool, soit sur des moules plus ou moins anciens, et ce comparativement avec l’emploi ordinaire du savon et de l’huile ; et, dans ces différents cas, tandis que ces derniers procédés donnaient toujours plus ou moins lieu au farinage et ne permettaient, dès lors, que la reproduction plus ou moins incomplète, quelquefois presque entièrement nulle, des détails anatomiques ou des finesses de l’objet à mouler, l’emploi de la solution de chlorure de zinc a toujours eu lieu sans aucun farinage et avec la reproduction la plus fidèle et la plus complète des détails les plus minutieux, tels que les écailles des plus petits poissons, les légères stries qui y existent, etc.
- D’après tout ce qui précède, votre comité a acquis la conviction que M. Stahl a rendu un véritable service non-seulement aux études anatomiques, mais aussi à l’art de mouler en général, et il a, en conséquence, l’honneur de vous proposer
- 1° De remercier M. Stahl de sa communication;
- T De le féliciter hautement de ses travaux et de l’engager à poursuivre des efforts aussi recommandables pour le perfectionnement de son art ;
- 3° Enfin de faire connaître ses travaux et votre approbation par l’insertion du présent rapport dans le Bulletin (1).
- Signé Gourlier , rapporteur.
- Approuvé en séance3 le 13 septembre 1848.
- (1) Nous croyons qu’il est prudent de faire remarquer ici que l’emploi de la solution de chlorure ne serait aucunement applicable au moulage sur la nature vivante, en raison de l’effet nuisible qu’il aurait nécessairement.
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- ARTS ECONOMIQUES. — TAPISSERIE.
- Extrait d’un rapport fait par M. Dizé, au nom du comité des arts économiques,
- sur plusieurs ouvrages de M. et Mme Rouget de Liste relatifs au travail de la
- tapisserie à l’aiguille.
- Avant d’exprimer son opinion sur les publications dont il est chargé de rendre compte, le comité des arts économiques croit devoir rappeler les travaux de M. Rouget de Lïsle, dont les derniers ouvrages ne sont que les corollaires.
- « Fabriquer sans peine et sans tâtonnements les fils de laine teints néces-« saires à la reproduction des dessins coloriés, soit pour la tapisserie des Go-« belins, soit pour la fabrication de toute espèce de tapis.
- « Accréditer et répandre en France la composition des dessins à l’imitation « de ceux de Berlin, et principalement le travail de la tapisserie sur canevas « qui a le grand mérite d’occuper des milliers de jeunes personnes.
- « Tel a été, dit M. Rouget de Liste, le but de mes efforts depuis plus de « dix années. »
- C’est pour remplir la mission qu’il s’était donnée, que M. Rouget de Liste a soumis successivement à la Société un métier de haute et basse lisse propre à la fabrication des tapisseries , ses travaux relatifs à l’art de la tapisserie sur canevas; c’est dans ce but qu’il a pris une part honorable au concours ouvert pour l’application de plaques métalliques propres à remplacer les pierres lithographiques.
- Ces communications ont été l’objet de rapports favorables, au nom de vos différents comités, de MM. Calla, Vallot et Amédée Durand.
- M. Théod. Olivier, organe de votre comité des arts mécaniques, vous a entretenus des procédés de M. Rouget de Liste, pour dessins de fabrique et tapisserie à l’aiguille.
- Ces travaux ont mérité à leur auteur les encouragements et les récompenses de la Société.
- Nous n’avons voulu parler ici que des communications qui ont rapport au travail de la tapisserie, et nous ajouterons qu’on doit à M. Rouget de Liste plusieurs publications dignes d’intérêt, telles que la chromographie ou l’art de composer un dessin à l’aide de lignes et de figures géométriques.
- Dans les deux derniers ouvrages dont M. Rouget de Liste a fait hommage à la Société, et sur lesquels il a désiré qu’il fût fait un rapport, votre comité des arts économiques a trouvé le même intérêt, celui d’offrir, principalement aux jeunes personnes, la pratique du dessin de la broderie en couleurs nuancées, de la tapisserie à l’aiguille et de toutes les connaissances qui en dépendent.
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- AGRICULTURE.
- ASSAINISSEMENT DES TERRES.
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- L’autre ouvrage, dû à la collaboration de Mme Rouget de Lisle, contient une description bien faite de travaux cl aiguille, a laquelle a été annexée la description de divers procédés d’économie domestique.
- Ces ouvrages, qui portent les titres d’Album des dames, Encyclopédie des dames, sont ornés d’un grand nombre de dessins.
- Le comité des arts économiques a l’honneur de vous proposer d’agréer l’hommage de M. et Mme Rouget de Lisle, de leur adresser les remercîments de la Société, et d’ordonner le dépôt de leurs ouvrages à la bibliothèque.
- Signé Dizé, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 27 septembre 1848.
- AGRICULTURE. ------- ASSAINISSEMENT DES TERRES.
- Rapport fait par M. Huzard, au nom du comité d’agriculture, sur l’opémtion du drainage ou assainissement des terres.
- Messieurs, dans vos séances des 29 mars et 12 avril derniers, la Société a entendu, avec un grand intérêt, des communications sur le dessèchement et l’assainissement des terres au moyen de tuyaux en terre cuite : c’est ainsi que M. Thackeray vous a développé ce système de dessèchement souterrain exécuté sur une grande échelle en Ecosse et en Angleterre, et a fait fonctionner sous vos yeux la machine de M. Ainslie pour fabriquer les tuyaux propres à cette opération; que M. Dumanoir a donné quelques détails sur l’application de cette méthode de dessèchement sur une de ses propriétés dans le département de Seine-et-Marne.
- De son côté , M. Lupin vous a entretenus des résultats qu’il avait obtenus en suivant la même méthode dans le département du Cher, et vous devez à M. de Gourcy divers renseignements sur le drainage, qu’il a recueillis pendant son voyage agronomique dans la Grande-Rretagne.
- M. le président, en déposant sur le bureau des documents imprimés sur le système de drainage tel qu’il se pratique en Angleterre et en Écosse, a présenté des considérations sur les effets heureux que doit produire cette opération, tant sous le rapport agricole que sous le rapport industriel.
- Par suite de ces communications , le comité d’agriculture , chargé, par le conseil, de s’occuper du drainage ou assainissement des terres par le moyen de rigoles souterraines, a l’honneur de vous soumettre le rapport suivant :
- Il est des terres dont le sous-sol perméable aux eaux laisse en toute saison le sol arable apte cà recevoir les diverses préparations que les cultures réel a-
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- AGRICULTURE.
- ment ; les temps de sécheresse et ceux de glace et de neige sont les seuls pendant lesquels le cultivateur ne peut pas faire ces préparations, encore y a-t-il des exceptions pour les terres extrêmement friables sur lesquelles, même pendant les temps des plus grandes chaleurs, on peut exécuter toutes les opérations de culture. Les cultivateurs praticiens savent quel immense avantage résulte d’une pareille position. Les grands travaux peuvent toujours être pratiqués dans les moments convenables, et les sécheresses continues sont pour ces terrains légers presque les seules causes des succès médiocres.
- Au contraire , dans les terres dont le sous-sol est imperméable aux eaux , parce qu’il est composé soit d’une argile plus ou moins pure, soit d’une couche de graviers unis par une argile ferrugineuse, et formant des tables dures, compactes, des espèces de poudingues que l’eau ne peut désagréger, là dans les temps de pluies continues le sol cultivable est délayé par l’eau, et il devient impossible souvent de lui donner à temps les préparations convenables. De plus, s’il est en pente, il est entraîné dans les parties inférieures, et de temps en temps le cultivateur est dans la nécessité de terrasser, c’est-à-dire de rapporter la terre des bas-fonds dans les points saillants. Là, donc, le cultivateur est à la merci de la pluie ; il ne peut labourer, herser, mener les engrais que lorsque le temps le lui permet, et il arrive que les terres préparées à l’ensemencement ne peuvent recevoir les semailles dans les moments convenables. Il en résulte que le cultivateur est obligé , à son grand détriment, de changer sa culture, de modifier son assolement, malgré des frais déjà faits et qui sont parfois en pure perte, ou bien de se résigner à des récoltes très-inférieures. Dans les terres dont le sol arable est argileux, il arrive, de plus, qu’en été ces terres deviennent rapidement très-compactes, très-dures, rebelles à toutes les opérations, et brûlantes même pour les plantes qu’elles portent, et qui en souffrent autant que dans les sols les plus légers et les plus secs.
- Un pareil état de choses a dû exciter la sollicitude des cultivateurs praticiens : différents moyens ont été mis en usage pour y remédier. Ainsi on a laissé en mauvaises prairies presque improductives, ou en pâtis, des terres qui, si on avait pu les assainir en donnant un écoulement suffisant aux eaux des pluies, auraient fait de bonnes terres arables. Dans d’autres endroits on a tenté de multiplier les fossés et les rigoles de dessèchement; mais la surface considérable de terrain que ce moyen rend improductive , et la difficulté qui en résulte pour les cultures, y ont fait renoncer. On y a substitué la culture en petites planches très-bombées ou en sillons très-élevés : ces procédés, en usage dans beaucoup de localités, laissent entre les planches ou entre les sillons, là ou l’eau s’écoule, une trop grande partie du sol sans récolte, et il
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- y a évidemment une grande perte de terrain; souvent ils rendent encore l’enlèvement des fruits de la terre et l’apport des fumiers très-pénibles pour les attelages.
- Dans d’autres localités, on a divisé le sol en très-grandes planches qu’on a coupées, dans le sens de la pente du terrain, par des cassis de 7 à 8 mètres de largeur sur AO à 50 centimètres de profondeur, et en talus réguliers et doucement inclinés, ce qui permet de faire marcher la charrue jusqu’au fond des cassis, et de cultiver toute la surface du sol. Mais encore , dans ce système , un des meilleurs pour toutes les terres plates et argileuses qui retiennent le plus l’eau, la terre délayée est entraînée au fond des cassis; des atterrissements et des flaques d’eau s’y forment, et des terrassements y deviennent de temps en temps nécessaires. Enfin, là ou le sol arable a peu de profondeur et repose sur des couches qu’on ne peut rendre fertiles, ces larges cassis ou rigoles deviennent presque impossibles en enlevant trop d’espace à la culture.
- On a conseillé aussi le système des boitouts : il consiste, là où on trouve à une certaine profondeur une couche perméable , à percer toutes les couches imperméables et à conduire les eaux superflues dans les trous qu’on a pratiqués ; on emplit ces trous de pierres et on recouvre celles-ci de la terre la plus friable, la moins argileuse qu’on peut trouver, afin que les eaux la traversent facilement. L’emplacement de ces boitouts, sauf les parties les plus creuses, peut être cultivé, et on perd ainsi peu de terrain : mais, pour que ce système soit praticable, il faut que la couche perméable soit à peu de profondeur ; il faut que la terre qu’on rejette dans les trous ne soit pas argileuse; il faut, enfin, multiplier considérablement les boitouts, les curer de temps en temps. Les frais deviennent importants; aussi le procédé, appliqué principalement clans les cultures en grand, ne l’a été que dans les bas-fonds, là où on ne pouvait faire de fossés d’écoulement : ils sont construits alors comme des puisards absorbants.
- Les Anglais les premiers, je crois, ont employé un autre procédé qui paraît réussir dans quelques sols où la terre argileuse, une fois comprimée fortement, revient difficilement sur elle-même; c’est la charrue-taupe, mole-plough. Cette charrue se compose d’un soc conique maintenu par une forte tige en fer plat, tranchante intérieurement comme un coutre, et précédée ordinairement d’un fort coutre. Ce cône, enfoncé au-dessous de la couche arable et traîné par la charrue, laisse une cavité qui donne écoulement aux eaux surabondantes en aboutissant dans un fossé. Suffisamment multipliées, ces rigoles assainissent le sol, on le conçoit; mais on conçoit aussi qu’elles doivent se boucher rapidement et être fréquemment renouvelées. De plus, la traction
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- de la charrue-taupe exige une force considérable, et, dans certains terrains , cette traction, pour être opérée à la profondeur nécessaire, exige le concours d’un cabestan : les frais sont donc considérables, fréquents, et rendent l’emploi de la charrue-taupe extrêmement restreint.
- Un dernier moyen a été tenté et a remplacé les autres, en Angleterre, sur de vastes étendues : c’est la construction de rigoles souterraines ou le drainage, ainsi que les Anglais appellent ce procédé. Il consiste à pratiquer dans le champ, au-dessous de la couche arable, suivant la pente du terrain, des caniveaux ou petites rigoles qu’on recouvre ensuite de la terre végétale ; la charrue peut alors, comme dans le procédé de la charrue-taupe, passer dans le champ dans tous les sens, et les travaux de culture n’éprouvent aucune difficulté. Pour que la terre ne bouche pas ces caniveaux, il faut les faire en matériaux solides : là où les pierres à bâtir abondent, les pierres plates surtout, on fait ces caniveaux en pierres sèches ; l’eau surabondante passe entre les pierres ; la terre n’y pénètre point, ou en si petite quantité, que les caniveaux restent pendant vingt ans sans se boucher.
- Ce procédé a rendu tellement productives des terres qui l’étaient peu, qu’on n’a pas balancé à l’essayer là même où les pierres étaient chères et même manquaient, en leur substituant la brique et la tuile. Bientôt on s’est servi de tuyaux de terre, et comme les avantages du drainage devenaient de plus en plus patents à mesure que leur application devenait plus rationnelle, plus perfectionnée, la demande des tuyaux qui y servaient s’est augmentée. Alors des machines ont pu les donner à très-bas prix, et la pratique du drainage par tuyaux en terre s’est étendue rapidement. Ces tuyaux se placent bout à bout : on recouvre le point de jonction d’une pierre plate, d’un tuileau, et on enterre le tout ; l’eau surabondante pénètre facilement par les joints et coule dans les tuyaux. Dans les champs très-étendus, des tuyaux d’un plus fort diamètre reçoivent l’embranchement de tuyaux plus petits. On conçoit que des tuyaux poreux ou criblés de petits trous sont les meilleurs, aussi fait-on entrer de la poudre grossière de charbon dans la pâte ; celle-ci, en se consumant à la cuisson, laisse des pores où l’eau passe : on place les rangées de tuyaux latéralement à la distance d’environ 10 mètres, plus ou moins, suivant la nature des terrains, suivant la profondeur où on les met.
- Les agriculteurs praticiens ne peuvent douter des avantages importants que l’emploi de cette méthode aurait dans beaucoup de nos localités où les terrains sont trop humides en automne et au printemps ; ainsi il serait peut-être d’un immense avantage en Sologne, dans les parties incultivables , à cause des eaux stagnantes à la superficie du sol. Ce qui arrête son introduction chez
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- nous, c’est l’inexpérience d’abord, et surtout le prix que l’opération coûterait à ceux qui commenceraient.
- Comment lever ces difficultés ?
- Le comité d’agriculture s’est occupé de ce point. En résumant les discussions qui ont eu lieu au sein du conseil à ce sujet, il a pensé que la première chose à faire serait de mettre l’agriculture à portée de se procurer des tuyaux de drainage à bas prix ; il a pensé que, pour cela, il fallait que l’État, ou la Société elle-même, se procurât une ou plusieurs machines à fabriquer les tuyaux, parce que, une fois la machine achetée ou construite, il serait facile de trouver des fabricants de poteries qui voudraient bien la faire fonctionner si on la leur prêtait gratuitement ; qu’alors on pourrait calculer et indiquer le prix de revient des tuyaux, faire dessiner la machine, et en répandre les plans et figures par le Bulletin, enfin préconiser l’emploi du drainage en indiquant le moyen le plus économique de le faire.
- Signé Huzard , rapporteur.
- En conséquence de la délibération qui a suivi ce rapport, le conseil a pris, dans la séance du Tl septembre 1848, les décisions suivantes :
- 1° Demander au ministre de l’agriculture et du commerce de faire acheter en Angleterre une ou plusieurs machines à fabriquer les tuyaux de drainage et confier la machine ou les machines au Conservatoire des arts et métiers et aux écoles d’agriculture ;
- %° Acheter une machine dont le prix sera imputé sur les fonds appartenant à la Société ;
- 3° Confier cette machine successivement à plusieurs fabricants de poteries, en leur demandant un certain nombre de tuyaux dans le but de connaître le prix de revient de ces tuyaux ;
- 4° Faire dessiner la machine de M. Ainslie, et en publier la gravure et la description dans le Bulletin;
- 5° Traduire et publier les documents officiels et autres recueillis en Angleterre ;
- 6° Distribuer des médailles de différents ordres en y consacrant une somme de 1,000 francs ;
- 7° Dans le but de populariser l’opération du drainage, au moyen des tuyaux en terre cuite, tirer à part les documents insérés au Bulletin pour être portés à la connaissance du public par toutes les voies dont la Société peut disposer.
- Quarante-septième armée. Novembre 1848.
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- extraites de diverses publications périodiques françaises et étrangères.
- Résumé des travaux entrepris sur les fruits du marronnier d’Inde ( œsculus hippocas-
- tanum de Linné ) ; par M. À. Chevallier, membre du conseil d’administration de la
- Société d’encouragement (1).
- Il n’est pas de productions qui ne puissent être utiles à l’homme; toutes ont des propriétés qui les lui rendent plus ou moins précieuses.
- J, B. Lefèvre.
- Rapport sur la quantité d’alcali fixe que l’on peut retirer des marrons d’Inde.
- Dans la séance de la Société d’encouragement du mercredi 11 de ce mois, M. Dumas, président de la Société, ayant émis l’opinion qu’il serait utile de rédiger, pour le Bulletin de la Société, une note sur les travaux entrepris sur le fruit de Y œsculus hip-pocastanum, nous avons profité de quelques instants de liberté pour nous occuper de la rédaction de cette note, qui a pour but principal d’indiquer ce qui a été fait relativement à l’emploi des marrons d’Inde dans l’industrie. Nous étions d’autant plus disposé à nous occuper de la rédaction de cette note, que déjà , en 1836, nous avions publié, dans le Journal de chimie médicale, quelques détails sur les emplois du fruit du marronnier d’Inde.
- On sait que c’est en 1615 que le marronnier d’Inde fut apporté de Constantinople à Paris par Bachelier, et que le premier de ces arbres introduit en France fut planté dans une des cours de l’bôtel Soubise (2).
- Le fruit de cet arbre, qui jusqu’à présent, en France, n’a pas d’usages généraux, est, dit-on, employé à Constantinople ; réduit en poudre, il est donné aux chevaux, mêlé à du son , pour empêcher ces animaux d’avoir la pousse ou pour les guérir de cette maladie (3).
- Diverses personnes se sont occupées de l’utilisation des fruits de Vœsculus hippocas-tanum. Nous allons succinctement faire connaître ce que nous avons recueilli sur ce sujet qui n’est pas sans importance.
- Le premier travail fait sur le fruit du marronnier d’Inde est dû à M. Bon, premier président de la cour des comptes, aides et finances de la ville de Montpellier, qui était, en outre, président de la Société royale de cette même ville. Ce travail, qui date de 1720, a été inséré clans les Mémoires de l’Académie royale des sciencespour cette année. M. Bon, après avoir conçu l’idée de rendre utiles les marrons d’Inde, donne les details
- (î ) Cette note a été lue dans la séance du conseil du 25 octobre 1848.
- (2) Le second marronnier d’Inde cultivé à Paris fut planté au jardin du Roi en 1G5G ; il mourut en 1767, après avoir vécu cent onze ans. Le marronnier d’Inde avait été introduit en Autriche en 1550, et en Angleterre en 1G33.
- (3) Parmentier dit qu’on a remarqué que les bêtes fauves, le cerf, le chevreuil, la biche, allaient manger les marrons d’Inde qui tombaient des arbres qui les fournissent.
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- notices industrielles.
- suivants sur ce sujet : « Je pris un baril ou tonneau proportionné à la quantité de lessive que je voulais faire, ouvert par un de ses fonds et fermé de l’autre, qui était néanmoins percé de quelques trous, que je bouchai avec quelques petites pierres rondes, comme si j’eusse voulu mettre dans ce vaisseau de la terre pour y planter un arbuste. Je fis sur ce fond une couche de petits sarments, et par-dessus une autre de paille ; je pris ensuite une partie de chaux vive et trois parties de cendres ordinaires que je mêlai avec la chaux après l’avoir éteinte, en y versant un peu d’eau pour qu’elle se réduisît plus aisément en poudre. J’emplis ce vaisseau de ce mélange jusqu’à un tiers de sa hauteur, pressant de temps en temps le tout avec une grosse pierre ; puis je versai sur ce mélange une quantité d’eau proportionnée au temps quelle mettait à s’imbiber. Je reçus dans un autre vase l’eau qui s’écoulait par les trous du fond de ce vaisseau. Cette liqueur, qui parut d’abord d’une couleur brune foncée et d’un goût très-piquant sur la langue, perdit beaucoup de sa couleur, et cessa de piquer si vivement, à mesure que l’on continua de verser de l’eau sur ce mélange, ce qui me lit juger que tous les sels dont elle était chargée étant dissous, il fallait cesser, et que j’avais une lessive d’une force suffisante.
- « Je jetai ensuite, dans un vieux vase de terre que j’avais rempli à moitié de cette lessive, une quantité de marrons d’Inde pelés et coupés en quatre quartiers, proportionnée à celle de la lessive, de manière qu’ils y trempassent entièrement, et ne les retirai qu’après quarante-huit heures, et lorsque j’eus vu qu’ils étaient teints, pendant cet espace, d’une couleur jaunâtre qui marquait que la lessive les avait pénétrés ; après quoi je les lavai une fois de vingt-quatre en vingt-quatre heures dans une eau pure que je renouvelai à chaque lotion, et qui, après une continuation de dix jours, me les rendit d’une couleur blanche et d’un goût insipide et sans amertume.
- « Je jugeai alors qu’ils pourraient fort bien servir d’aliment à différentes sortes de volailles qu’on voudrait engraisser, comme seraient des dindonneaux, dindons, poulets, chapons et canards, et crus que, pour y réussir, il fallait encore leur donner une autre préparation qui leur en facilitât la digestion.
- « Je fis bouillir pendant trois ou quatre heures ces marrons d’Inde adoucis, les fis piler ensuite pour les réduire en une espèce de pâte, et j’eus le plaisir de voir que les animaux auxquels je la fis présenter la mangeaient avidement, et que la graisse des poulets surtout qui s’en étaient engraissés à vue d’œil était ferme et blanche, et leur chair fort tendre et d’un goût merveilleux.
- « Cette expérience, réitérée avec le même succès, m’a convaincu que, dans un pays où le gland est rare et où les légumes ne réussissent pas toujours également, on pourrait leur substituer l’usage de ces marrons adoucis de cette manière, d’autant plus que ce fruit ne manque presque jamais, et que les autres animaux que l’on a coutume d’engraisser le peuvent être aisément avec cette nourriture, qui, après cette préparation, leur est agréable.
- « Mais, comme, pour mettre à cet usage les marrons d’Inde adoucis, il est important d’en pouvoir conserver pour les trois saisons où ils manquent, il n’y a qu’à les faire sécher comme l’on fait pour les châtaignes, c’est-à-dire sur des claies au soleil ; on les
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
- gardera longtemps de cette manière sans qu’ils se moisissent, et, lorsqu’on voudra s’en servir, il n’y aura qu’à les faire bouillir et les piler comme j’ai marqué l’avoir fait la première fois : ce sera le moyen d’en faire telle provision que l’on souhaitera, pour engraisser, à peu de frais, non-seulement toute sorte de volaille, mais encore des cochons, des bœufs et des vaches (1). »
- À la même époque, l’abbé d’Anchin, en Flandre (2), membre honoraire de l’Académie des sciences, fit connaître que l’on avait trouvé, à Anchin, le moyen d’extraire du marron d’Inde une huile bonne à brûler; il dit qu’on réduit les marrons en pâte, qu’on expose celle-ci sur le feu, sans doute avec de l’eau, et que l’huile vient surnager; on sépare alors cette huile pour l’utiliser. Après avoir fait sécher les marrons d’Inde un an au grenier, et fait passer sous la meule à chanvre et à tamiser, on en tire de la farine qu’on fait bouillir comme l’autre farine ; on en fait de la colle ou chas dont les tisserands se servent : par ce moyen ils peuvent se passer de graisse, ce fruit portant sa graisse et sa colle tout à la fois, étant tout aussi doux que leur ancienne manière de coller. La farine en est très-belle, d’un blanc sur soufre; on les faisait peler aux enfants de l’hôpital de Genève, où l’on a trouvé ce secret. Le pain qu’on en fait est très-amer. Le bois de cet arbre peut servir à confectionner des objets à l’aide du tour; sec, il bride comme d’autre bois (3).
- Quoiqu’on eût fait connaître ces emplois du fruit du marronnier d’Inde, on proposa, dans le Journal de M. de la Blancherie pour 1786, page 176, la question suivante : Quel est le parti le plus avantageux à tirer du marron d’Inde? Est-il bon particulièrement pour la nourriture des bestiaux? Ces questions, jusqu’ici, n’avaient pas été résolues d’une manière officielle, car les fruits du marron d’Inde sont encore aujourd’hui une production qui n’est pas généralement utilisée.
- La Bibliothèque physico-économique de 1783, p. 412, fait mention d’un moyen d’ô-ter radicalement au fruit du marronnier d’Inde , par la transplantation et la greffe, son amertume naturelle, et de faire porter à cet arbre, sans le dénaturer, des marrons d’aussi bon goût que ceux de Lyon.
- On a fait connaître, dans le journal la Décade philosophique, t. VIII, p. 454, un procédé destiné à enlever à la farine du marron d’Inde son amertume et son âcreté ; ce procédé consiste à peler les marrons, à les faire sécher, à les broyer, à les réduire en farine, à mettre cette farine tamisée dans de l’eau, à l’agiter avec une spatule, à la laisser reposer une heure environ, à décanter l’eau et à recommencer ce lavage huit à neuf
- (1) M. Bon signale, dans son travail, un procédé de M. Tablet, inséré dans les Mémoires de Trévoux, mars 1709, procédé qui consiste à opérer la dessiccation des marrons d’Inde dans un four, à les réduire ensuite en poudre qui était administrée comme fébrifuge.
- (2) Cette abbaye, de l’ordre de Saint-Benoît, située dans ie Hainaut français, jouissait d’un revenu annuel de 400,000 livres.
- (3) Des essais que nous avons faits nous ont démontré que 100 grammes de marrons fournissaient 7/50 d’huile grasse; cette huile est sans amertume. Des échantillons de cette huile ont été présentés à la Société le 8 novembre 1848. Lors de cette présentation, M. Dumas fit remarquer que le fruit du marron d’Inde se rapproche du maïs et qu’il peut servir pour Vengraissement de la volaille.
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- fois, à verser la farine ainsi lavée dans une toile serrée, à la mettre sous presse, à retirer après la pression, à faire sécher; la farine ainsi traitée est, dit-on, dépouillée de son âcreté et de son amertume.
- M. Ellis, dans son Iraité sur la culture de quelques arbres ( 1832 ), dit que l’on peut enlever l’amertume aux marrons d’Inde, en les mettant dans un tonneau mal relié ou percé de trous, les laissant tremper pendant trois ou quatre jours, le tonneau étant placé dans une eau courante qui renouvelle celle qui est en contact avec les marrons.
- M. Marcandier (1) a fait connaître que les marrons d’Inde peuvent fournir une eau savonneuse propre à blanchir le linge (2). Pour obtenir cette eau, on pèle les marrons, on les râpe, on met la poudre ou la pâte obtenue dans de l’eau de rivière ou de pluie ; il faut environ deux marrons râpés par pinte d’eau; l’on fait chauffer légèrement, on agite de temps en temps, et l’on décante ou, mieux, l’on passe à travers un linge avec expression; cette eau a la blancheur de l’eau de savon, et elle produit de là mousse lorsqu’on l’agite; c’est dans cette eau tiédie qu’on peut savonner, et, si l’on ne peut pas se passer absolument de savon pour enlever les plus grandes taches, il en faudra beaucoup moins qu’à l’ordinaire. Nous avons traité des marrons râpés par l’eau, et nous avons obtenu une véritable émulsion coagulable par l’acide acétique.
- M. Marcandier dit avoir fait dégraisser et fouler une paire de bas drapés, avec l’eau du marron d’Inde obtenue comme il a été dit plus haut.
- Le même observateur a aussi reconnu que l’eau savonneuse obtenue des marrons d’Inde pouvait être employée avec avantage pour rouir le chanvre, et que le chanvre ainsi traité fournit une filasse plus souple et susceptible de mieux prendre le blanc ; il dit, en outre, que le résidu solide duquel on a retiré l’eau destinée au savonnage est, lorsqu’il est bien lavé, sans amertume, et que, mêlé avec un peu de- son, il fournit une excellente nourriture pour les poules et pour les autres oiseaux de basse-cour: il l’a également employé comme combustible.
- M. diÂrgicourt, dans le département de la Somme , a fait emploi du marron d’Inde pour le blanchissage du linge ; il dit en avoir tiré un bon parti, mais il a trouvé la manipulation dure et fatigante. M. Deleuze dit que le principe savonneux du marron est convenable au blanchissage du linge, au rouissage du chanvre, et qu’il pourrait être employé dans les manufactures.
- On trouve dans le Dictionnaire de Vindustrie, publié en l’an IX, t. vi, p. 506, les indications suivantes dans l’article intitulé, Moyen de nourrir la volaille à peu de frais :
- Ceux qui pourront se procurer des marrons d’Inde s’en serviront utilement en les préparant précisément comme les olives de Provence. Cette préparation, qu’on appelle à la picholine, consiste à faire, aux deux extrémités du marron, une entaille ou incision d’environ 3 lignes, pour faciliter la pénétration des eaux préparatoires; on aura soirs
- fi) Journal économique, décembre 1757, p. 41. Encyclopédie des arts et métiers, t. 1Y, p. 0u7. (2) Ce fait s’explique, puisqu’on sait que M. Figuier d’abord, puis M. Frémy, ont trouvé dans le fruit du marron d’Inde, le premier de la saponine, le deuxième de l’acide æsculique.
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- que le marron ne perde pas son enveloppe. Pour le dépouiller du sel amer et styp tique qu’il contient et qui le rend impropre à la nourriture des animaux, on se servira d’une eau de chaux vive et d’une eau de sel. La première se compose en faisant éteindre et fermenter dans 4 pintes d’eau commune 1 livre de cette chaux, et la deuxième en mettant 1 livre de sel commun dans 6 pintes d’eau commune. Pour améliorer cette dernière mixtion, il serait à propos d’y ajouter un tiers de salpêtre brut. Cette préparation doit passer sur le feu pour faire entièrement dissoudre le sel et le salpêtre. On peut, toutefois, se passer absolument de ce dernier. L’eau de chaux vive ainsi préparée doit former, en peu de temps, une espèce de lait : c’est alors qu’on y jettera les marrons taillés comme on l’a dit ; on les y laissera une quinzaine de jours, en les remuant pendant une demi-heure, une fois en vingt-quatre heures. Après ce temps, on les lavera avec de l’eau simple le plus exactement qu’il sera possible, de manière qu’il ne reste pas de chaux, même dans l’entaille. On les laissera ainsi pendant quinze autres jours dans de l’eau ordinaire, après quoi on les fera passer dans de l’eau de sel à froid, où ils doivent rester le même espace de temps ; on les lavera ensuite avec de l’eau simple. Les opérations seront répétées deux fois; il sera alors aisé de s’apercevoir, en les goûtant, si les marrons sont doux et propres à la nourriture des volailles. S’ils contenaient encore quelque principe d’amertume, il faudrait réitérer les opérations précédentes, ce qui n’arrive presque jamais quand elles sont bien faites.
- La quantité des eaux préparées sera proportionnée à celle des marrons, lorsqu’ils pourront y tremper aisément. Les marrons d’Inde, ainsi préparés et séchés, se conserveront pendant longtemps : on les fait bouillir dans l’eau jusqu’à ce qu’ils soient cuits, puis on les donne aux volailles, qui les aiment et acquièrent par là beaucoup de fermeté dans leur chair, ce qui dispense de leur donner du grain.
- On ramasse dans la Sologne, avec une grande attention, les marrons d’Inde pour servir de nourriture au gros bétail ; on les met tremper, l’hiver, dans l’eau pour les ramollir ; les vaches, surtout, paraissent les rechercher avec avidité, et leur lait n’en est pas moins de la meilleure qualité.
- Un procédé analogue a été décrit dans le Journal économique d’octobre 1751, p. 35. Ce procédé ne porte pas de nom d’auteur; il est décrit dans une lettre sans signature. On trouve, dans le même Journal du mois de septembre 1752, p. 46, l’indication de l’emploi du marron d’Inde comme veilleuse et comme pâte à nettoyer les mains.
- M. de Franchevüle (1) dit qu’il est certain qu’on peut retirer du marron d’ïnde la partie farineuse et nutritive qu’il renferme en appliquant sur ce fruit le procédé dont se servent les Américains pour retirer du manioc une nourriture salubre appelée cassure : on en sépare donc, à la faveur de la râpe et des lotions, une véritable fécule ou amidon, qui, incorporé avec des pulpes, telles que celle de la pomme de terre, ou avec d’autres farineux, peut fournir un pain salutaire et nourrissant sans avoir aucune amertume.
- M. Marcandier a aussi proposé le fruit du marron d’Inde pour donner aux couleurs
- fl) Dictionnaire d'agriculture de l’abbé Rozier, r. A7J, p. 442 , 1785.
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- qu’on imprime sur toile la fixité désirable ; il dit que ce fruit jouit de propriétés semblables à celles qui ont été constatées dans le cadou ou cadouçaie. qui paraît, d’après la description donnée, être la fève de Bengale, fruit que les Indiens emploient à cet usage; mais M. Marcandier n’indique pas les moyens à mettre en pratique.
- En août 179i, le Lycée des arts fit connaître à la convention nationale que, outre le moyen de suppléer à l’emploi des farines pour la fabrication des colles de pâte, le Lycée avait trouvé, dans le marron d’Inde, des matériaux pouvant servir à faire le carton le plus beau et le plus fin ; cette société savante adressait, avec sa lettre, un échantillon du carton préparé avec ce fruit.
- Dans un autre mémoire, le Lycée démontrait qu’en brûlant les marrons d’Inde on pouvait obtenir de la potasse ; on trouve, dans les résultats annoncés, que 12 onces et demie ( 398 grammes ) de sel avaient fourni 9 onces ( 275 grammes) d’alcali fixe ( potasse ) de première qualité.
- Le Bidletin de la Société d’encouragement, année 1803, p. 68, renferme la description d’un moyen de retirer, par la combustion dans un four, la potasse du fruit du marron d’Inde.
- Dans une publication faite en Silésie, il a été établi qu’on pouvait obtenir du fruit du marronnier de Y huile, de la farine pour faire de la colle, une poudre sternutatoire, une couleur noire et un remède pour les chevaux; nous n’avons pu nous procurer la brochure qui contient l’énumération de ces faits, brochure très- utile à consulter (1).
- Parmentier dit que quelques personnes qui croyaient qu’il serait impossible d’enlever au marron d’Inde son amertume firent sécher le fruit, le réduisirent en poudre et convertirent cette farine en une colle très-vantée par les tabletiers et les relieurs : cette colle, quoi qu’on en ait dit, ne se ramollit point à l’air ; elle peut remplacer avec avantage la colle préparée avec la farine de froment (2).
- Le même auteur, dans un article sur le marron d’Inde, imprimé dans le nouveau Dictionnaire d'histoire naturelle appliquée aux arts, 1803, t. XIII, p. 128, établit 1° que cet arbre, qui a l’avantage de ne fleurir qu’après les gelées, fournit une récolte constamment sûre et abondante ; 2° que l’on est arrivé, par le broyage et la macération, dans des lessives alcalines, des lavages à l’eau, la cuisson, à former, avec la substance de ces fruits, une pâte susceptible d’être donnée comme nourriture aux oiseaux de basse-cour, de manière à suppléer les grains employés pour l’entretien de la volaille; mais que, si cette nourriture n’est pas malsaine, il faut bien que ces fruits aient présenté trop peu de ressources dans leur emploi, puisque ce mode de faire est demeuré
- (1) Bibliothèque physico-économique, 1806, p. 159.
- (2) Parmentier, en publiant un compte rendu sur les usages du marronnier, avait un but, c’élail (ie faire connaître ce qui avait été fait sur le fruit ; mais il émettait la pensée que le fruit serait peu utile. Voici, à cet égard, un [tassage de ce qu’il écrivait en 1803 : Que de tentatives essayées pour Vappliquer aux arts et à Véconomie! Chacun s'est flatté d’être parvenu à son but. Donnons ici le précis de ces tentatives, afin qu'à l’avenir on ne reproduise plus, comme une nouveauté, ce qui a été dit et proposé infructueusement depuis à peu près un demi-siècle.
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- sans effet, et qu’à peine si le souvenir s’en est conservé dans les annales de récono-mie domestique.
- M. Parmentier fait cependant connaître que M. Puymaurin a nourri ses moutons avec ce fruit pendant un mois, sans que les mères brebis cessassent de donner du lait de bonne qualité (1).
- On sait que MM. Ternaux et de Lasteyrie ont aussi employé avec succès les marrons d’Inde à la nourriture des chèvres du Thibet et des moutons.
- M. Boos, envoyé, en 1784, à l’île de France par Joseph II, pour y faire une collection de végétaux, a assuré à M. de Cossigny que son père avait, au moyen du marron d’Inde, garanti ses bestiaux d’une épizootie qui régnait dans la principauté de Bade et qui faisait de très-grands ravages.
- Parmentier a aussi indiqué l’emploi du marron d’Inde dans la panification ; il dit qu’il a séparé la fécule de ce fruit par le lavage, qu’il a panifié cette fécule avec des pommes de terre, et qu’il a obtenu un pain blanc bien levé et de bonne odeur : ce pain, goûté par diverses personnes, a été trouvé bon, un peu fade ; quelques grains de sel ajoutés à la pâte faisaient disparaître cet inconvénient.
- La fabrication de ce pain, à une époque critique en raison de la disette des subsistances, fut regardée avec intérêt. Le prince Ferdinand de Prusse adressa à Parmentier, peu de temps après la publication de son procédé, la recette d’un gâteau de marron d’Inde préparé à Berlin sous ses yeux, et qu’on avait trouvé fort délicat ; ce gâteau avait été confectionné avec de la fécule de marron d’Inde, des œufs, du beurre, de l’écorce de citron et de la levûre de bière pour ferment. (.Nouveau Dictionnaire d’histoire naturelle appliquée à l’industrie. )
- Baume, qui s’était occupé du marron d’Inde et qui avait obtenu de 50 kilog. de marrons 8 kilog. 397 grammes de fécule (2), a indiqué, pour priver le marron de son amertume, 1° un traitement par l’alcool, la pulpe étant réduite en pâte ; 2° un traitement de la pâte par l’eau à trois reprises différentes ; 3° la réduction en poudre des marrons d’Inde desséchés, poudre qu’on lave à plusieurs reprises et qu’on fait sécher. Baume dit que, par ces trois procédés, on obtient une matière dépouillée d’amertume.
- Baumé dit avoir préparé du pain avec un tiers de fécule de marron et deux tiers soit de farine de froment, soit de levain. Parmentier, à ce sujet, fait observer que l’emploi de ces procédés serait peu utile, que la mise en pratique serait trop coûteuse et presque sans avantage.
- Dans un mémoire de Baumé, intitulé Mémoire sur les marrons d’Inde, 1797, ce savant pharmacien expose les moyens de tirer de ce fruit de la farine propre à faire du pain salubre et une poudre à poudrer; dans ce mémoire, il traite du choix de la récolte et de la conservation du marron d’Inde, de la séparation de l’écorce, de la pré-
- (1) Il est dit, dans la feuille du Cultivateur ( voir l’introduction, 2e édition publiée en l’an III de la république, p. 322 ), que les chèvres, les vaches et les troupeaux mangent le fruit du marronnier d’Inde, et que c’est une excellente nourriture.
- (2) J’ai obtenu de ce fruit, dans une première opération, 15 pour 100 de fécule bien blanche, et, dans une deuxième, 17 pour 100.
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- sence d’une matière sucrée dans ce fruit. Il dit que de la farine séparée des marrons d’Inde, même par l’eau, peut servir à faire du pain; il donne un procédé pour faire de la poudre à poudrer, et indique le parti qu’on peut tirer des enveloppes du marron d’Inde.
- La fécule du marron d’Inde a été mise en usage comme succédanée de la pâte d’amandes. On trouve, dans le Dictionnaire de VIndustrie ou Collection raisonnée des procédés utiles dans les sciences et dans les arts, t. Y, p. 71, l’indication suivante :
- On peut substituer eux pâtes de propreté une préparation qui, dit-on, donne à la peau un lustre admirable ; elle s’obtient avec de la poudre de marron d’Inde ; on pèle ces fruits, on les fait sécher, on les réduit en poudre dans un mortier, et, pour obtenir cette poudre fine, on passe à travers un tamis. Lorsqu’on veut s’en servir, on l’emploie comme les pâtes d’amandes ordinaires avec de l’eau froide.
- On conçoit qu’on peut aromatiser cette poudre pour la rendre plus agréable.
- On trouve aussi, dans la Bibliothèque physico-economique de 1813 , p. 318, l’indication du procédé suivant pour la conservation et pour la préparation du gland destiné à servir de nourriture aux hommes et aux animaux (1).
- Aussitôt et à mesure que le gland est ramassé, on doit le faire porter dans un endroit sec, sans donner trop d’épaisseur au tas, Xaérant, au contraire,, le plus possible et le remuant assez fréquemment à la pelle, autrement il serait à craindre que le tas ne s’échauffât ; il serait encore important de le laisser se ressuyer au soleil avant de l’entasser sur -l’aire ou sur le plancher du grenier, et, en tout temps, on ne saurait le tenir trop sec.
- Lorsque toute la provision est rentrée, on fait une lessive légère de cendres de bois neuf, que l’on met sur le feu dans une large chaudière ou chaudron; on remplit de glands des paniers fplats, et on les immerge 4ans cette lessive bouillante pendant douze à quinze minutes ; on les retire alors de la lessive, on les laisse égoutter, et on les sèche de nouveau avec le même soin. La première dessiccation a lieu pour extraire l’humidité intérieure du gland, en sécher la coque et en essuyer le relan qu’il contracte en tombant et en séjournant dans l’herbe au pied des chênes; la seconde est pour opérer sa dessiccation dernière, après lui avoir ôté Yacerbité et l’âpreté qui lui sont naturelles par le moyen de son ébullition dans la lessive. Cependant on pourrait , à la rigueur, procéder de suite à son immersion dans la lessive bouillante au moment de sa récolte, et ne lui donner qu’une seule dessiccation, qui, au besoin,, pourrait s’opérer dans un four encore chaud; mais la première manière vaut mieux. Dans cet état, les glands sont .parfaitement de garde et .ne germent plus ; ils ne se moisiront point non plus, si on a le soin de les placer dans un lieu sec et de les visiter de temps en temps, et par cette préparation ils seront pour l’homme une nourriture saine et agréable.
- M. Juge de Saint-Martin, dans une note lue à la Société linnéenne de Paris (2), dit •que depuis plusieurs années il a -entrepris de rendre doux le fruit du marronnier
- (i; Ce procédé avait été indiqué dans le même journal en 1784, p. 82. (2j Bibliothèque physico-économique, 1822, p. 331.
- Quarante-septième année. Novembre 1848.
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- d’Inde pour le manger cru ou-cuit,.mais qu’il n’a pu obtenir de résultats satisfaisants. Il y a, dit-il, dans l’Andalousie, des espèces de glands doux qu’on vend sur les marchés, et qui se mangent comme des noisettes. Volney, dans sa Description de la Syrie, t. I, p. 462, dit qu’on recueille, chez les Kourdes, un gland doux long de 5 à 8 centimètres, dont on fait une espèce de pain.
- M. Vergnaud Romagnesi, dans un mémoire inséré dans les Annales de la Société royale des sciences,bdlesrletlrês et arts d’Orléans (1), a fait connaître qu’on pouvait obtenir du marron d’Inde une fécule abondante et sans saveur, qui peut être employée avec succès dans le parement pour les tissus de chanvre et de lin ; enfin dans la fabrication de l’amidon, du sirop de fécule, du papier autographe. Le procédé de M. Fer-gnaud Romagmsi consiste à réduire les marrons d’Inde en poudre fine s’ils sont secs, en pâte s’ils sont humides ; la poudre ou la pâte est délayée dans un tamis de soie suspendu dans de l’eau aiguisée d’acide sulfurique; on fait subir ensuite à la fécule, qui se sépare promptement, quelques lotions à l’eau pure, puis on la fait sécher à l’ombre. Quant à l’acidité, il est indispensable que l’eau des deux premiers lavages soit assez aiguisée pour que son goût se fasse sentir au palais en la dégustant. La préparation qui réussit le mieux pour les marrons les moins huileux est 1 partie d’acide sulfurique sur 400 parties d’eau, et, pour les marrons les plus onctueux, 1 partie d’acide sur 300 parties d’eau. On peut mettre, sans inconvénient, 1 partie d’acide sur 200 parties d’eau; cette dose , au surplus, ne peut être nuisible au produit, seulement il est plus coûteux. On emploie aussi, avec succès, la potasse caustique ; il en résulte un produit en fécule plus blanc, plus léger, mais infiniment moins abondant que par l’acide sulfurique. L’ammoniaque donne les mêmes résultats, et cependant un peu moins de produit. L’amidon obtenu du marron d’Inde est employé aux divers usages de la vie, en potage, en gâteaux , en pain mêlé avec de la farine de froment dans la même proportion qu’on mêlerait l’amidon de la solanée parmentière. Converti en sirop par l’acide sulfurique et en alcool, l’amidon du marron d’Inde donne un produit égal à celui de l’amidon de la solanée parmentière.
- M . Vergnaud Romagnesi a encore tenté de tirer parti des eaux provenant du lavage de la fécule ; celles du premier, du second, du troisième et du quatrième lavage lui ont donné, en les évaporant, un extrait abondant d’une saveur alcaline, et brûlant facilement, en répandant une flamme semblable à celle qu’on obtient des résines.
- Une expérience importante a également appris à M. Vergnaud Romagnesi que la matière résineuse, de couleur jaune verdâtre, qui recouvre les pousses du marronnier se dissout facilement dansl’aleool chaud, comme la gomme laque, et qu’elle peut entrer avec avantage dans la composition de vernis qui sont peu susceptibles de se fendre ou de se gercer.
- On trouve dans un journal allemand, Kunst wnd Gewerb Rlatt, août 1824, n° 32, le passage suivant qui rappelle les expériences faites par Marcandier.
- Le marron peut fort bien remplacer le savon dans le blanchissage du linge ; à cet
- (1) Bibliothèque physico-économiquc, mc,p. a4S.
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- effet, lors de la maturité du fruit, on détache, à laide d’un couteau, l’enveloppe des marrons, et on pile le fruit dans un mortier ( la râpe vaudrait mieux ) ; on applique la pulpe ou farine sur les taches qui sont sur le linge, puis on lave comme si l’on avait employé du savon.
- On lit encore dans un autre journal, Jahrbuch der erfindungen, 1826, 5e année, p. 521, le passage suivant extrait d’un travail dû à M. Hoffmann, et qui a pour titre, De l’emploi du marron d’Inde comme aliment pour le bétail. D’après les expériences faites par M .Hoffmann* 5 kilogrammes de marrons d’Inde, par jour, suffisent pour nourrir une vache; pour l’engraisser, il en faut de 12 kil. 50 à 15 kilog. On donne ces fruits écrasés, le matin, à midi et le soir.
- Le bétail, qu’il faut y habituer peu à peu, devient plus gras et se porte mieux que s’il recevait autant de blé ou le double de pommes de terre.
- Les marrons ne se gâtent pas et ne sont entamés ni par les souris ni par les vers ; un arbre en donne de 15 à 20 boisseaux.
- En 1836, M. Pottier, pharmacien à la Ferrière-sur-Risle (Eure), par une lettre adressée à la rédaction du Journal de chimie médicale , faisait connaître quelques essais qu’il avait faits sur les fruits du marron d’Inde ; il établissait, dans cette lettre, 1° que, lorsqu’on traite les marrons d’Inde privés de leur double tégument, puis pulvérisés, par une solution de sous-carbonate de potasse, laissant réagir pendant quelques heures, on obtenait un liquide épais qui, additionné d’acide sulfurique, laissait précipiter des flocons blancs très-abondants, flocons qui jouissent de toutes les propriétés des gommes-résines ; 2° que ce principe paraît être la matière amère ; 3° que la fécule lavée, privée de son amertume peut entrer dans la fabrication du pain ; que cette fécule peut aussi servir pour préparer de la colle qui peut être utilisée par les tisserands et les tapissiers. ( Journal de chimie médicale, t. II, 2e série, p. 43. )
- M. Boutigny, d’Évreux, nous a dit avoir mangé des biscuits préparés par M. Pottier avec de la fécule de marron d’Inde ; ces biscuits n’avaient pas d’amertume et étaient très-agréables au goût.
- En 1837, M. Mottet adressa à l’Académie des sciences un procédé pour retirer du marron d’Inde une fécule amylacée propre à l’alimentation. ( Voir les Comptes rendus hebdomadaires, 27 mars 1837. ) Ce mémoire, qui se trouve dans les archives de l’Académie des sciences, a pour titre, Procédé pour extraire des graines de marronnier d’Inde une fécule amylacée propre à Valimentation, par M. A. C. Mottet, chirurgien-aide-major au 6e régiment de dragons. Nous ne connaissons pas le procédé qui a été proposé par M. Mottet.
- Quelques auteurs ont indiqué l’emploi du marron d’Inde dans la fabrication de la bougie, et il fut annoncé et mis en vente des bougies dites de marron d’Inde. M. Parmentier a fait justice de cette fausse annonce; les bougies vendues sous ce nom étaient des bougies préparées avec du suif de mouton fondu et purifié, auquel on mêlait la substance amère et astringente du marron d’Inde.
- On a aussi parlé de la possibilité d’extraire, du péricarpe du marron d’Inde, du tanin, pour l’employer dans la teinture en noir. Parmentier dit que ce tanin est
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- uni à beaucoup de matières extractives, et que, si on mêle la décoction du marron d’Inde avec la solution de sulfate de fer, on n’obtient qu’un noir sale.
- Parmentier a dit que la décoction du péricarpe ne précipitait pas la solution de gélatine ; nous avons, au contraire, obtenu un précipité avec une solution de colle forte et une macérée de péricarpes de marrons d’Inde.
- M. de Gouffier, en 1788, fit connaître l’usage qu’on pouvait faire du bois de marronnier; il dit que, ayant été forcé de faire abattre de ces arbres qui formaient deux allées dans l’une de ses terres de Picardie, il fit faire, avec le bois, des feuillets ou voliges qui servirent pour une couverture qui devait recevoir des ardoises ; le couvreur chargé de cette construction reconnut que les clous tenaient mieux dans ces voliges que dans celles des blancs de Hollande ou de tremble dont on se sert ordinairement en Picardie. Dix-huit ans plus tard, ce bâtiment, qui avait été construit, ayant dû être abattu, les voliges qui avaient été employées furent recueillies et examinées ; on reconnut qu’elles étaient en très-bon état,' aucune n’avait été piquée des vers.
- M. de Gouffier dit que ce bois est filandreux, qu’il est difficile à rompre, qu’on pourrait en faire de très-bons chevrons; il dit, en outre, que le bois de marronnier peut servir dans l’ébénisterie et dans la gravure sur bois (1). Fourcroy avait vu, dit-on, une caisse en bois de marronnier qui était restée plusieurs années en terre sans avoir subi d’altération ; ce bois avait seulement acquis une belle teinte rouge.
- M. de Villiers, premier commis des finances, qui habitait Versailles, avait, au rez-de-chaussée , une salle à manger dont la boiserie était en bois de marronnier d’Inde ; quoique les panneaux fussent très-larges, aucun d’eux ne s’était déjeté.
- Les feuilles du marronnier ont été employées, en Saxe, par Mm6 la comtesse de Bü-nau, comme fourrage pour les bêtes à cornes; ces feuilles étaient additionnées de sel. M“e la comtesse de Bünau faisait aussi manger h ses bœufs des fruits du marronnier d’Inde, seulement elle faisait rationner ces animaux : une trop grande quantité de ces aliments étant donnée, il eût pu en résulter de la constipation.
- Nous avons déjà dit que les cendres de marron pourraient fournir de l'alcali ; c’est le sieur Grenet qui demanda au Lycée que des expériences fussent faites pour déterminer la quantité d’alcali que fournissaient les cendres de ce fruit. Les expériences furent faites par le sieur Dartigues; elles furent satisfaisantes. De ces expériences il résulte qu’un boisseau, mesure de Paris, rempli racle de marrons d’Inde, pèse, un mois après la récolte, 11 kilog. et demi, que ces 11 kilog. et demi contiennent de neuf cents à mille marrons, et que les cendres de 3 boisseaux représentant 34 kilog. 500 gram. de marrons fournissent 500 grammes de bonne potasse.
- D’autres expériences faites sur le même sujet sont consignées dans la Feuille du cultivateur, alors rédigée par MM. Dubois, Lefèvre et Parmentier, 1794, t. IV, p. 345. Dans cette Feuille, il est encore dit que 15 kilog. de l’enveloppe épineuse du marron d’Inde ont fourni 139 grammes de cendres qui contenaient 53 grammes de potasse. On conçoit, d’après tout ce qui a été dit, qu’on pourrait tirer parti de la potasse contenue
- (i) M. Decaüne nous a fait connaître que ce bois est employé dans la fabrication des éventails.
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- et dans le fruit et dans l’enveloppe épineuse du marron d’Inde ; mais il faudrait aussi tirer parti de la chaleur dégagée pendant la combustion.
- En 1839, M. Couverchel, dans un volume intitulé Traité des fruits, a donné un résumé 1° des essais faits sur les marrons d’Inde, par Témaux, Baume, Parmentier; 2° des travaux de Vauquelin, de d’Arcet, sur Yœsculus : il dit que M. d’Arcet, qui s’était occupé de l’extraction de la potasse par l’incinération, avait vu que cette exploitation aurait pu être utile aux besoins du commerce.
- En 1846, M. Couverchel ( Journal d’agriculture pratique et de jardinage ), à propos des mauvaises récoltes des années 1845 et 1846 , adressa au rédacteur du journal une lettre dans laquelle il rappelle les travaux de Baume et Parmentier. Il fait ensuite connaître les essais qu'il a tentés sur les indications de ce dernier. Nous ne pouvons mieux faire que de rapporter ici les dires de l’auteur.
- « Invité par le dernier de ces philanthropes [Parmentier), qui, vers la fin de sa carrière, voulut bien diriger nos études scientifiques, à suivre quelques-unes de ses expériences, nous avons râpé soigneusement ( au lieu de nous servir du moulin et du mortier, ainsi qu’il l’avait fait, comme Baume avant lui ) des marrons d’Inde dont nous avions préalablement enlevé l’épicarpe ou tan; la pulpe qui en est résultée était d’un blanc jaunâtre; la fécule y paraissait abondante. Lavée à plusieurs reprises, elle a fourni 25 pour 100 de son poids d’une fécule d’une blancheur éclatante, insipide, plus ténue que celle de pomme de terre, moins que celle de châtaigne ou marron comestible ; elle représentait un douzième du poids des marrons couverts de leur brou ou peton; le parenchyme,. épuisé et séché, était un peu moindre que la quantité de fécule obtenue. Il est vrai de dire qu’en en. détachant l’épicarpe une1 partie avait été enlevée. »
- On peut r ce nous semble, conclure de cette analyse mécanique que le marron d’Inde contient une proportion assez notable de fécule pour être mis à profit dans l’alimentation de l’homme; que c’est à tort que l’on a regardé l’isolement de cette substance et du principe amer comme impraticable ou comme nécessitant plusieurs opérations préliminaires, telles que la macération dans l’eau acidulée par l’acide sulfurique ou alcali-née par la potasse. La fécule de marron d’Inde, ainsi que toutes les fécules pures, est insipide et inodore, comme en témoigne l’échantillon que je vous soumets.
- Les seules difficultés que présente l’extraction de la fécule de marron d’Inde consistent dans l’enlèvement du péricarpe et le râpage de la partie interne ou parenchyme féculent ; mais dles ne sont pas insurmontables : des enfants, des femmes âgées peuvent facilement enlever la seconde enveloppe; la première, ou brou, se détache, suivant le degFé de maturité au moment où le fruit tombe de l’arbre, ou par le piétinage. Quant au râpage,, il peut s’effectuer en présentant le marron, écorcé ou peluré, à l’action d’une meule de bois couverte ou armée d'une feuille de fer-blanc percée, et dont les aspérités ou déchirures sont , comme dans les râpes, en dehors. Au moyen d’une meule à repasser, dans laquelle nous avons substitué à la roue de grès une roue en bois ainsi armée, nous avons effectué le râpage de 5 kilog. de marrons d’Inde écorcés en quatre à cinq heures. Il est facile de comprendre combien l’opération serait accélérée si, au lieu d’une roue de 0m,Q7 à 0ra,08 de superficie ou largeur, on avait un cylindre
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- de 2 à 3 mètres, mù soit à force de bras, soit par un emprunt fait à une machine à vapeur qui aurait d’autres destinations.
- Cette opération, effectuée par des enfants ou par des femmes dans dés hospices ou maisons de réclusion, offrirait l’avantage d’utiliser des bras inactifs, de faire cesser une oisiveté toujours dangereuse, et d’ajouter dans des temps de calamité, par un produit inaltérable, une ressource assez importante aux approvisionnements alimentaires.
- Nous ne nous dissimulons pas que la saison est trop avancée pour utiliser, cette année, le produit des beaux arbres fructifères qui ombragent quelques-unes de nos promenades; mais deux années calamiteuses ayant anéanti toute réserve, il importera, l’année prochaine, lors même que la récolte des céréales serait abondante, de réparer ces pertes en utilisant toutes les ressources.
- M. Flandm, dans la séance du 9 octobre 1848, a présenté à l’Académie des sciences un procédé pour débarrasser économiquement la pulpe et la fécule des marrons d’Inde de l’amertume qui ne permet pas d’utiliser ces fruits. Ce procédé consiste à mêler 1 ou 2 kilog. de carbonate de soude avec 100 kilog. de pulpe, à laver, puis à tamiser ensuite. M. Payen, à qui ce procédé a été communiqué, dit que ce produit peut alors entrer dans les préparations alimentaires. Le travail de M. Flandin a de l’importance et de l’utilité; en effet, depuis sa publication , on se demande comment on avait laissé dans l’oubli un fruit qui peut présenter tant d’intérêt?
- On sait que, comme médicament, l’écorce du marron d’Inde a été le sujet d’opinions diverses. Tablet, Bon, Zanichelli, Peper, Sabarot, Eussony Buchoh, Jungham, Coste et Wiïlemety Desbois de Rochefort, Cullen, Huffeland, Turra, Ranque, Julia de Fon-tenelle, Lacroix de la Ferté-Bermrd, etc., lui assignaient des propriétés fébrifuges; mais l’opinion émise par ces savants fut le sujet d’assertions contraires dues à un très-grand nombre de praticiens parmi lesquels on compte Mmrhing, Gasc, Bourges, Bmr-dier, Gaillard, Zulati. Il résulte de l’exposé de ces opinions dissemblables que l’on ne sait encore aujourd’hui si l’écorce de ïœsculus hippocastanum est ou n’est pas fébrifuge.
- Nous pensons que, pour décider la question, il faudrait faire de nouvelles expériences, et que ces expériences fussent faites par une commission composée d’hommes qui ne se fussent pas prononcés jusqu’ici; de plus,, il faudrait peut-être rechercher (laissant de côté l’emploi de l’écorce) si la matière amère qui se trouve dans le fruit, et qui peut facilement être isolée, ne jouirait pas de cette propriété fébrifuge attribuée à l’écorce ?
- Par suite de tout ce qui vient d’être dit, on voit que le fruit du marronnier n’est point à dédaigner, et qu’on peut en tirer de très-grands avantages pour
- 1° L’employer à la nourriture des bestiaux et à l’engraissement des volailles, soit avec ou privé de son enveloppe, débarrassé ou mon de la matière amère à l’état de pâte ou de poudre ;
- 2° Fournir une fécule amylacée pouvant entrer dans l’alimentation ;
- 3° Fournir une fécule qui peut être convertie en glucose, en alcool, etc. ;
- 4° Fournir une pâte destinée au nettoyage des mains ;
- 5° Fournir des colles employées par les relieurs, les tisserands et les tapissiers;
- 4>° Donner un produit propre à la iabrication du carton et du papier autographe ;
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- 7° Fournir une huile à brûler et des résines pouvant entrer dans la fabrication des vernis ;
- 8° Fournir une eau savonneuse propre au blanchissage du linge et à être employée au rouissage du chanvre ;
- 9° Servir comme chauffage en fournissant des cendres qui peuvent servir à la fabrication de la potasse ;
- 10° Combattre quelques maladies des animaux domestiques ;
- 11° Enfin obtenir un bois destiné à faire des voliges, à la gravure sur bois et au tour.
- Description d’un appareil servant à carboniser le bois par la vapeur d’eau suréchauffée ;
- par M. Violette.
- On sait que la nature du produit de la carbonisation du bois en vase clos varie avec la température ; ainsi l’emploi d’une chaleur très-forte donne un charbon noir, dépouillé en grande partie de toutes les parties volatiles hydrogénées, tandis qu’une chaleur plus modérée donne un charbon roux plus voisin du bois et encore chargé de principes volatils. C’est cette dernière qualité qui convient surtout à la fabrication des poudres de chasse supérieures et dont il importait de rechercher les véritables conditions de production. L’auteur a déterminé d’une manière positive les limites entre lesquelles on obtient le charbon roux qui n’est plus bois et pas encore charbon complet. Voici la description de l’appareil dont il s’est servi dans ses expériences faites sur de la bourdaine.
- Dans un large tube en verre a, fig. 1, pl. 1082, on maintient en fusion un alliage métallique fusible à 160 degrés, composé de 1 partie de bismuth, k parties de plomb et 3.5 parties d’étain. Ce tube est suspendu à l’extrémité supérieure du verre b d’une lampe de Carcel qui permet de régler très-facilement la température du bain métallique. Dans ce bain plonge un thermomètre à mercure c gradué jusqu’à 350- degrés centésimaux. Dans le bain métallique plongent trois tubes d d, fermés à l’extrémité inférieure seulement, et c’est dans ces tubes qu’on introduit les petits bâtons de bois i soumis à la carbonisation et qu’on retire à volonté à l’aide d’un petit fil de platine e, auquel ils sont fixés. Par cette disposition , le bois se trouve plongé et maintenu, sans le contact sensible de l’air, à la température indiquée par le thermomètre. En réglant convenablement l’élévation de la mèche de la lampe au commencement de l’expérience, il est facile d’entretenir, pendant plusieurs heures consécutives, une température fixe.
- Le bois exposé successivement dans l’appareil précédent, pendant une heure, à une chaleur de 200 et 250 degrés, ne se convertit pas en charbon; pendant deux heures et à la même température, il prend la couleur de charbon roux, sa surface est convertie en bon charbon, mais l’intérieur est encore du bois. Exposé pendant trois heures à la même chaleur, il donne un charbon roux dur, cassant, brûlant avec flamme, mais dont la combustion ne se propage pas ; mais, lorsqu’il est soumis, pendant une heure, à une chaleur de 300 degrés, on obtient un très-bon charbon roux , encore assez dur, mais
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- facilement pülvéràsable ; si on prolonge l’expérience pendant deux heures, on obtient un charbon plus parfait que le précédent, brûlant avec flamme ; enfin, à la température de 350 degrés, on obtient, au bout d’une demi-heure, un charbon noir, tendre, friable, se broyant facilement.
- Les premiers essais de carbonisation du bois par la vapeur ont été faits dans un petit appareil, fig. 8 et 9, pouvant contenir 1 kilogramme de bois. Indépendamment de la qualité supérieure de la poudre fabriquée avec le charbon résultant de ces essais, l’auteur a reconnu que, par l’emploi de la vapeur, le rendement en charbon s’est élevé jusqu’à 42 pour 100 du poids du bois.
- L’appareil en grand servant à la carbonisation du bois propre à entrer dans la fabrication de la poudre de chasse, tel qu’il est établi dans la poudrière d’Esquerdes, est représenté sur ses différentes faces, fig-. 1 ( bis ), 2, 3 et 4, pi. 1082. Il se compose de deux cylindres en tôle concentriques H et K, dont l’un, intérieur K, reçoit la charge de bois, et l’autre, extérieur H, sert d’enveloppe au premier ; au-dessous se trouve un serpentin en fer C, contourné en spirale, dont l’une des extrémités communique avec une chaudière à vapeur D, et l’autre avec le fond du cylindre-enveloppe H. Un foyer A, alimenté par du bois ou du coke, chauffe le serpentin au degré convenable. Un disque obturateur I, en fer forgé, ferme le cylindre II, et deux portes en fonte F F ferment l’appareil en empêchant tout refroidissement extérieur. Un tube en cuivre L, implanté dans le fond du cylindre K, laisse échapper la vapeur et avec elle les produits de la distillation . La cheminée G donne issue à la fumée du foyer A. Un grand massif en maçonnerie N enveloppe tout l’appareil.
- Le bois à carboniser est mis dans une enveloppe M, fig. 4, qu’on introduit dans te cylindre intérieur K, et qui permet de charger ou de décharger avec facilité. Cette enveloppe est un cylindre soit en toile métallique, soit, mieux, en tôle forte percée de petits trous espacés entre eux de 2 à 3 centimètres; cette disposition arrête toute expansion de la flamme à l’extérieur, si le charbon, à sa sortie, venait à s’enflammer. La charge se compose de 15 à 20 kilog. de bois de bourdaine.
- Fondions de l’appareil. — Dès le matin, l’ouvrier allume 1e foyer du générateur ou chaudière à vapeur, chauffé avec de la houille, et fait monter le manomètre à 1 atmosphère ; la vapeur étant prête, il allume le feu du foyer qui chauffe 1e serpentin, et au bout d’un quart d’heure il ouvre tes deux portes de l’appareil, introduit l’enveloppe M, chargée de bois, applique le disque obturateur I, préalablement enduit d’une légère -couche d’argile sur son bord circulaire, serre-fortement la vis m et ferme tes deux portes. Après dix minutes, temps nécessaire pour dessécher un peu l’argile et lui donner de la consistance, il ouvre 1e robinet d’entrée de la vapeur : celle-ci s’élance dans l’appareil en traversant 1e tuyau d, circule dans le serpentin C, s’y échauffe et pénètre dans le grand cylindre-enveloppe H ; là elle chemine entre tes deux cylindres, entre dans •le cylindre intérieur Jk par sa partie antérieure ouverte, immerge le bois, 1e pénètre peu à peu, s’insinue dans ses pores, y dépose la chaleur dont elle est chargée, élève ainsi la température au point de déterminer la carbonisation, et s’échappe par le tube L -en-entraînant avec elle tous les produits gazéifiés de. la distillation.
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- L’ouvrier maintient le feu du foyer de manière à le rendre constant et à lui conserver l’intensité que lui a assignée l’expérience; il regarde et surveille le feu par une petite croisée vitrée a, et voit la flamme s’épanouir sur le serpentin. Après quelque temps, un thermomètre métallique (1) accuse la fusion de l’étain, et la vapeur d’eau indique , par son odeur et sa couleur, qu elle est accompagnée des premiers produits de la distillation, et que la carbonisation commence. La fumée ou la vapeur s’épaissit et prend successivement des aspects variés qui sont des signes certains de l’état de carbonisation. Après une durée de deux heures environ depuis le moment où la distillation s’est manifestée, la fumée indique par sa nature que l’opération est terminée. L’ouvrier procède alors au détournement ; à cet effet, deux autres ouvriers saisissent l’étouffoir, grand cylindre en tôle de 0-m,55 de diamètre et lm,20 de hauteur, et se tiennent prêts à recevoir le charbon. L'ouvrier chef arrête la vapeur, ouvre les portes de fonte F, tourne ia vis de pression m, engage dans des étuis de bois, qu’il tient dans chaque main, les poignées de la barre transversale J qui maintient le disque, la dégage et la plonge dans une cuve voisine pleine d’eau ; il saisit, avec les mêmes étuis ou manchons, les brides ou poignées du disque obturateur, lui imprime un léger mouvement circulaire qui le dégage en détachant l’argile, l’enlève et le plonge dans la même cuve d’eau. Pendant ce temps, les ouvriers chargés de l’étouffoir le présentent aussitôt horizontalement devant la bouche du cylindre intérieur K, et le maintiennent ainsi de manière à fermer l’orifice. L’ouvrier chef introduit dons le tube L, postérieur, une longue tige ou baguette de fer, et pousse l’enveloppe, qui cède, glisse et va tomber dans l’étouffoir; les ouvriers relèvent vivement celui-ci, le posent à terre, placent promptement le couvercle et garnissent d’eau l’espèce de fermeture hydraulique dont l’étouffoir est muni. L’opération est alors terminée.
- L’auteur observe qu’aucune trace de goudron ne reste dans l’intérieur de l’appareil; tout est chassé au dehors par la vapeur. Le charbon obtenu est d’une très-belle qualité variable avec la température, c’est-à-dire roux ou noir, suivant que la chaleur a été plus ou moins intense ou a été prolongée plus ou moins longtemps. Le premier convient essentiellement aux poudres de chasse supérieures, et l’autre est réservé pour les poudres de guerre et de mine.
- Modifications de l’appareil. — L’appareil dont nous venons de donner la description fonctionne depuis plus d’un an, et a déjà produit 2,500 kilogram. de charbon de bonne qualité; il est encore en très-bon état; mais l’expérience a indiqué à Fauteur des modifications utiles à y introduire.
- L’appareil proprement dit sera double, c’est-à-dire composé de deux systèmes de doubles cylindres A et B. Au milieu se trouverait un serpentin D, et au-dessus serait
- (1) Le thermomètre se compose de deux petits tubes creux en cuivre a, fig. 5, fermés à un bout et disposés de manière à pénétrer par leur extrémité fermée dans l’intérieur du cylindre K; chacun d’eux contient un très-petit cylindre de métal b , étain, plomb ou alliage; une petite aiguille libre en fer c, surmontée d’un poids léger d, repose sur le métal ; à peine celui-ci est-il fondu, que l’aiguille s’enfonce, et indique, par son abaissement, la température correspondant à la fusion du métal.
- Quarante-septième armée. Novembre 1848. 91
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- placé un cylindre simple C destiné à recevoir le bois à carboniser. L’ensemble serait logé sous une voûte faisant partie d’un grand massif de maçonnerie ; les fîg. 6 et 7 en montrent les dispositions. À et B sont deux cylindres semblables entre eux. Le serpentin en fer ou en cuivre D occupe toute la longueur de l’appareil ; il serait logé dans un cylindre en tôle dont la double ouverture pratiquée dans la partie postérieure donnerait issue à la flamme, tantôt sur A, tantôt sur B. Le foyer F serait moins grand et moins profond. Le cylindre en tôle C servirait d’étuve pour le bois à carboniser; il ne serait chauffé que par la fumée du foyer et ne recevrait pas de vapeur. Voici la marche de l’appareil : la fumée du foyer s’engage dans le cylindre qui enveloppe le serpentin, se dévie à l’extrémité, soit à droite, soit à gauche, vers l’un des deux cylindres À *et B qui est en cours de carbonisation, et se dégage supérieurement après avoir enveloppé et échauffé le cylindre C. Quant à la vapeur, à l’aide d’une bifurcation ménagée à l’extrémité postérieure du serpentin, elle est dirigée à volonté dans A et B.
- Les trois cylindres A, B et C sont toujours garnis chacun de leur charge de bois de bourdaine. En supposant que A soit en cours de carbonisation, le bois C se dessèche par la chaleur du foyer, et celui contenu dans B se dessèche énergiquement par la chaleur acquise de l’appareil. A peine la carbonisation de A est-elle terminée, on dirige la vapeur dans B, et la carbonisation commence ; puis on met la charge C dans A pour la cuite suivante, et on garnit de nouveau € d’une autre charge. En supposant que chaque cuite dure deux heures, le bois en cours de carbonisation aura subi une dessiccation complète pendant quatre heures, dont deux dans C et deux dans A ou B.
- L’auteur considère comme une condition nécessaire à la qualité et à la quantité de charbon à obtenir celle d’un travail continu et non intermittent. Aussi sera-t-il utile de fairejnarcher l’appareil pendant un temps assez long pour faire un approvisionnement d’un mois environ de charbon, lequel serait emmagasiné, au fur et à mesure de la fabrication, dans un récipient en maçonnerie, fîg. 7. A, capacité demi-cylindrique contenant le charbon et faisant partie d’un massif en maçonnerie B. Ce cylindre est fermé à ses deux extrémités par un mur en maçonnerie dans lequel est pratiquée, à chaque bout, une petite porte en fer D, par laquelle on extrait le charbon. C est l’orifice par lequel on introduit le charbon. M est un petit massif en maçonnerie élevé au-dessus du sol et destiné à assainir la capacité A.
- Explication des figures de la planche 1082.
- Fig. 1. Petit appareil pour déterminer la température de carbonisation du bois en vase clos.
- Fig. 1 (bis). Élévation, vue de face, du grand appareil de carbonisation du bois par la vapeur d’eau.
- Fig. 2. Section longitudinale et verticale du même.
- Fig.f 3. Section transversale sur la ligne a a" a’,f a"".
- Fig. 4. Enveloppe en tôle percée de trous, dans laquelle on place le bois à carboniser, vue en longueur et par ses deux bouts.
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- Fig. 5. Portion de l’appareil montrant le thermomètre introduit dans le cylindre intérieur.
- Les mêmes lettres désignent les mêmes objets dans toutes les figures.
- A, foyer. A', cendrier.
- B, voûte en maçonnerie surmontant le foyer.
- a, petite fenêtre vitrée, au-dessus de la voûte B, permettant d’inspecter le développement de la flamme et le serpentin.
- b, petit autel en maçonnerie servant à forcer la flamme de s’élever vers la partie supérieure du serpentin.
- C, serpentin en fer forgé de 20 millimètres de diamètre intérieur et de 5 millimètres d’épaisseur formant une longueur développée de 20 mètres environ. Il se raccorde, à l’une de ses extrémités et près du robinet c, avec un tube en cuivre dd qui communique avec la chaudière à vapeur D ; à son autre extrémité e, le serpentin est fixé au fond du cylindre H. Il est maintenu dans son logement cylindrique en maçonnerie au moyen de quatre petites barres de fer plat f, fîg. 3, scellées dans la maçonnerie.
- E, cylindre creux en tôle légère fermé à ses deux bouts et maintenu dans l’axe du serpentin à l’aide de petites pattes en fer g. Il a pour but de s’opposer au passage direct de la flamme dans l’axe du serpentin et à forcer celle-ci de s’épanouir de manière à lécher les spires du serpentin.
- F F, deux portes épaisses en fonte pour empêcher tout refroidissement extérieur.
- G, cheminée donnant issue à la fumée du foyer À.
- H, cylindre en tôle de 1 centimètre d’épaisseur : il repose sur la maçonnerie hhet est maintenu par les deux cloisons en tôle i i; celles-ci s’engagent dans un petit retrait (ou fente) ménagé dans la maçonnerie, et sont destinées à fermer les canaux de circulation pour l’air chaud du foyer A. Le cylindre H est fermé à sa partie postérieure dans laquelle débouche le serpentin, et muni antérieurement d’un large collet circulaire en fonte l, sur lequel s’applique le disque obturateur I.
- J, barre horizontale en fer forgé : ses extrémités s’engagent dans le collet l; elle sert d’écrou et de point d’appui à la vis en fer m, qui presse et fixe le disque I.
- K, cylindre en tôle de 5 millimètres d’épaisseur fermé à sa partie postérieure et ouvert à son extrémité antérieure : il est supporté par huit pattes en fer n, et muni à sa partie postérieure de quatre tiges de fer o o servant à fixer l’enfoncement du cylindre K dans le cylindre H, et portant une sorte de disque circulaire p.
- L, tube en cuivre muni de robinets, fixé à la partie postérieure du cylindre K, et donnant issue à la vapeur d’eau qui entraîne avec elle tous les produits de la distillation du bois.
- M, fîg. 4, enveloppe en tôle percée contenant le bois à carboniser et qu’on introduit dans le cylindre K.
- N, massif en maçonnerie qui entoure l’appareil.
- La flamme du foyer À se dirige d’avant en arrière sur le serpentin, le chauffe, passe derrière le cylindre H, s’engage d’arrière en avant dans les deux vides ou carneaux qq, de chaque côté du cylindre H, passe entre le disque I et la porte F, s’insinue d’avant en
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- arrière dans le vide ou carneau supérieur r, et se perd dans la cheminée G. Cette disposition a pour objet d’envelopper le cylindre H d’air chaud, de manière à empêcher tout refroidissement nuisible à l’action de la vapeur.
- La vapeur d’eau qui se dégage de la chaudière D circule dans le serpentin C, pénètre par la partie postérieure dans le cylindre H, se brise et s’épanouit sous le disque ou bouclier p, glisse entre les deux cylindres H et K, en les échauffant vivement, pénètre dans le cylindre K par sa partie antérieure, immerge le bois contenu dans celui-ci, le traverse en l’échauffant assez pour déterminer la distillation, et s’échappe par le tube L en entraînant tous les produits de la carbonisation.
- Fig. 6. Coupe d’un appareil modifié composé de doubles cylindres.
- Fig. 7. Coupe d’un appareil pour contenir le charbon fabriqué.
- Fig. 8. Elévation longitudinale d’un petit appareil de carbonisation par la vapeur d’eau.
- Fig. 9. Le même vu en plan.
- a, cylindre en cuivre, percé de trous, contenant le bois à carboniser.
- b, ouverture du cylindre a, fermée par un disque à écrou quand le bois est introduit.
- c, cylindre en cuivre enveloppant le cylindre a : c’est dans l’intervalle compris entre les deux cylindres que circule la vapeur avant son entrée dans le cylindre a.
- d, cylindre en cuivre enveloppant l’appareil précédent pour empêcher le refroidissement par le contact de l’air extérieur.
- e e, couvercles mobiles du cylindre d.
- f, tube d’entrée de la vapeur.
- g, petit serpentin en cuivre chauffé par le foyer du fourneau l et dans lequel circule et s’échauffe la vapeur.
- h, petit réservoir contenant un thermomètre.
- i, tube d’entrée de la vapeur dans le cylindre a.
- j, tube de sortie de la vapeur qui a traversé le bois.
- k, tables servant de support.
- l, fourneau à réverbère.
- Description de divers perfectionnements introduits dans la fabrication du sucre de
- canne ; par M. Claypole.
- L’auteur, qui a pris en Angleterre, le 9 novembre 1847, une patente pour des perfectionnements au procédé de fabrication du sucre de canne, fait précéder sa spécification de quelques considérations sur l’état de cette fabrication dans les colonies britanniques. La plupart des colons emploient encore les méthodes en usage il y a cinquante ans ; aussi les produits qu’ils livrent au commerce sont-ils d’une qualité inférieure. On a cherché à remédier à cet état de choses par l’introduction des appareils employés dans les fabriques de sucre de betterave ; mais ces appareils sont encore peu répandus h cause de leur prix élevé, de la nécessité de les faire monter et diriger par un ingénieur venant d’Europe, et de la grande consommation du combustible qu’ils exigent.
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- M. Claypole a cherché s’il ne serait pas possible, sans modifier le système de fabrication actuel, et en évitant de trop fortes dépenses, d’y apporter quelques perfectionnements. Il fait observer que les colonies sont généralement privées de bois, et que le prix du charbon nécessaire pour alimenter les machines à vapeur est le plus grand obstacle à leur introduction ; que le sucre est généralement de mauvaise qualité, ce qui provient d’un mode vicieux de clarification du jus; que le tirage des fourneaux est faible dans les climats chauds, ce qui ralentit l’opération de la, cuite ; enfin que la cristallisation se fait difficilement dans les grands récipients en bois où elle se pratique; il. pense qu’il serait facile de tirer parti des appareils en usage , tout en diminuant la dépense. L’auteur croit avoir résolu ce problème par les divers perfectionnements dont nous allons nous occuper. Le premier est relatif à un nouveau mode de cuite du sirop, qui exigera une moindre consommation de combustible.
- La fi g. 10, pl. 1082, est le plan, et la fig. il une élévation vue de face d’un fourneau à sucre de forme et dimensions ordinaires, muni de quatre bassines en fonte a a, et surmonté de générateurs verticaux h 6, placés entre la plus grande bassine et la cheminée i. c, fourneau dans lequel on brûle la bagasse. a', chaudière de cuite établie directement au-dessus du feu; elle est munie d’un tuyau et d’un obturateur, d, canal par lequel passe la flamme au-dessous des bassines, e, récipient de vapeur pour les deux générateurs, f, tuyau conduisant à la machine à vapeur, g, soupape de sûreté. h, canal dirigeant la flamme et les gaz chauffés du conduit d dans la cheminée i, quand on ne veut pas produire de la vapeur, k k. registres pour changer la direction des gaz chauffés. I, petit fourneau pour chauffer les générateurs b b au commencement de l’opération, pendant que la canne est écrasée.
- Chaque générateur se compose d’un cylindre vertical en fer ayant 4m,250 de haut sur lm,064 de diamètre. Ces cylindres renferment chacun trente-deux tuyaux de fer m de 0m,075 de diamètre, semblables à ceux des locomotives; iis sont boulonnés au fond du générateur et également espacés entre eux; on les voit dessinés sur une plus grande échelle, en coupe verticale et horizontale, fig. 12 et 13. De chaque côté du générateur est une cavité n n pour recevoir le dépôt de l’eau vaporisée.
- La flamme et les gaz chauffés, produits par la combustion de la bagasse dans le fourneau c, passent au-dessous de la chaudière a', et successivement sous les bassines a a; elle monte ensuite à travers les tuyaux m du générateur pour se rendre dans les cheminées o ob Chaque générateur est rempli d’eau jusqu’à 0in,456 de son sommes,; la vapeur est générée par le calorique que retiennent les gaz chauffés après avoir produit leur effet contre les bassines. Ainsi le même feu sert à évaporer le sirop et à produire de la vapeur appliquée à la machine qui fait fonctionner le moulin à écraser la canne. La surface de chauffe des tuyaux m est quatre fois plus grande que celle qui serait nécessaire, si les générateurs étaient alimentés directement par un feu de houille.
- Le second perfectionnement imaginé par fauteur a pour objet d’augmenter le tirage du fourneau : on obtient cet effet en surmontant les générateurs de deux cheminées en tôle o o', de 4m,560 de hauteur. La base de ces cheminées est de forme conique et recouvre la partie supérieure des tuyaux m; ce cône se termine en un cylindre de
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- 0m,225 de diamètre et de lm,064 de hauteur ; on y injecte, au moyen d’un tuyau p, une petite quantité de vapeur portée à une haute pression. Cette vapeur, en montant dans la cheminée, entraîne l’air atmosphérique et produit un vide partiel dans le fourneau. La partie supérieure de la cheminée est un peu évasée pour favoriser la sortie de la fumée. L’auteur assure que cette disposition augmente le tirage du fourneau au point que tous les gaz contenus dans la bagasse sont brûlés, et que la cuite du jus est accélérée.
- Le troisième perfectionnement de M. Claypole a rapport à la clarification du jus de canne par la vapeur, au lieu de l’effectuer à feu nu. La fig. 14 est le plan et la fig. 15 une section transversale du clarificateur. q, double fond de la bassine à clarifier dans lequel on introduit la vapeur à faible tension provenant de la machine, r, tube de fer qui reçoit la vapeur portée à une haute pression, s, robinet pour soutirer le jus clarifié. t, tuyau pour introduire la vapeur à haute pression dans le tube r. u, tuyau pour évacuer l’eau produite par la condensation de la vapeur dans le tube r.
- Les bassines à double fond, chauffées par la vapeur, sont déjà employées dans les fabriques de sucre, pour clarifier le jus de canne ; mais la chaleur de cette vapeur ne suffit pas pour porter promptement le jus à l’ébullition. Pour obvier à cet inconvénient, l’auteur introduit, dans le clarificateur, de la vapeur à haute pression. De cette manière, le jus acquiert la chaleur voulue pour obtenir une bonne clarification.
- Le quatrième perfectionnement a pour objet la chaudière de cuite qu’on voit en section verticale fig. 16, en plan fig. 17, et en élévation fig. 18. Elle est en fonte et d’une forme semblable à celles généralement employées, mais son fond est muni d’un canal ou tuyau d’évacuation v passant à travers la maçonnerie du fourneau, et qui est fermé par un obturateur æ muni d’un levier y et d’un contre-poids s qui tient l’obturateur appliqué contre le tuyau. Quand le sucre a été concentré au point convenable, on soulève le levier y, l’obturateur s’ouvre, et le sirop coule par le canal v dans les réfrigérants ou cristallisoirs en fer.
- La cinquième partie de l’invention de M. Claypole concerne la cristallisation du sucre. Pour cet effet, on emploie des cristallisoirs en tôle galvanisée, dont la forme est représentée en plan et profil, fig. 19 et 20 ; ils contiennent ordinairement 25 kilog. de sucre. La cristallisation s’y opère en six heures. (Repertory of patent inv., août 1848. )
- Mémoire sur les moyens de reconnaître et d’apprécier les propriétés panifiables de la farine de froment à l’aide de l’aleuromètre, instrument inventé par M. Boland, ancien boulanger à Paris.
- La boulangerie en général, et particulièrement celle de Paris, tributaire de la meunerie, est exposée à recevoir de cette dernière des produits imparfaits, falsifiés, altérés , surtout depuis que la mouture américaine dite anglaise a remplacé l’ancienne mouture, dont les boulangers avaient au moins la facilité d’apprécier à peu près les produits en farine , au simple toucher.
- La partie gruauleuse du blé que la meule à la française n’avait pu atteindre roulait sous leurs doigts exercés et était pour eux l’indice certain que le blé n’avait passé sous
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- la meule que le nombre de fois nécessaire et dans des conditions qui n’eussent pas produit un trop grand dégagement de chaleur. Aujourd’hui, par la mouture anglaise, le blé est divisé également et presque réduit en poudre impalpable, de manière à rendre la farine apte à une panification plus facile, il est vrai, mais plus propre aussi à mettre en défaut, sur sa qualité apparente, l’expérience du praticien le plus exercé.
- Pour apprécier et constater la qualité panifiable de la farine de froment, il est non-seulement indispensable de bien connaître sa nature et les propriétés des corps qui la composent, mais encore la manière dont l’eau se comporte avec eux pour former la pâte.
- L’amidon et le gluten constituent presque à eux seuls la totalité de la farine, et participent simultanément aux phénomènes et à l’accomplissement de la panification.
- Si les propriétés de ces deux corps sont aujourd’hui à peu près bien connues, il en est cependant de certaines qui, n’ayant pas encore été assez examinées, n’en jouend pas moins un rôle très-important dans la panification par leur mélange ou combinaison avec l’eau.
- L’amidon, d’abord, est insoluble dans l’eau, quelle que soit la température de cette dernière; seulement, à plus de 70 degrés centigr., l’amidon se dilate et change de forme, qui, de régulière qu’elle était, devient très-irrégulière et affecte celle d’une espèce de végétation. C’est ainsi qu’apparaissent l’empois et particulièrement la mie de pain vus au microscope. Ainsi l’empois n’est pas une dissolution, mais bien une dilatation de l’amidon dans l’eau saturée des matières solubles qu’il contient, de même que la mie de pain, laquelle pourrait être regardée comme de l’empois concentré et contracté ; car le maximum de dilatation de l’amidon n’a lieu que dans quinze fois son poids d’eau et même plus, puisque l’amidon peut augmenter jusqu’à trente fois son volume. Mais, dans la panification, l’amidon, qui, par sa nature, n’absorbe pas l’eau, en étant simplement entouré, et ne se conservant ainsi humide que parce que le gluten qui l’enveloppe complètement et dont il forme les cellules dans lesquelles il est enfermé lui cède l’excès d’eau dont il est lui-même saturé, sa dilatation ne peut que médiocrement se développer; aussi l’amidon ne joue-t-il qu’un rôle passif dans l’accomplissement de la panification.
- Le gluten, au contraire, a une grande affinité pour l’eau; il en absorbe, sans se dissoudre, à la température ordinaire, une proportion que nous fixerons plus loin. C’est à l’aide de cette combinaison qu’il acquiert le caractère particulier d’élasticité qui le rend entièrement propre à la panification. Mais encore faut-il que le gluten, pour prendre , sous l’influence de l’eau, ces propriétés élastiques , se trouve dans la farine dans des conditions d’agrégation complète que diverses circonstances peuvent altérer sensiblement, telles qu’une mouture trop accélérée ou quand les meules sont très-rappro-chées ; dans ces circonstances, le gluten s’échauffe,, abandonne l’eau de végétation que prépare sa cohésion, se divise en se désagrégeant, et perd en partie son élasticité; ou bien, dans la panification, lorsque la fermentation a passé sa limite alcoolique, une partie du gluten se dissout dans l’acide acétique qui en est résulté, et l’autre partie qui a échappé à la décomposition n’offre plus assez de résistance au dégagement de l’acide
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- carbonique; le développement de la pâte ne s’effectue pas alors convenablement.
- Il est donc important, pour le succès de la panification , qu’aucune cause ne modifie l’élasticité du gluten.
- Lorsqu’il est abandonné, libre et hydraté en une couche mince, au contact de l’air, il perd son eau de combinaison et de végétation, se colore en gris jaune et prend l’aspect de la colle de poisson ; dans cet état il est, comme auparavant, insoluble dans l’eau, et, après un long séjour dans ce liquide, il s’amollit, mais ne peut reprendre qu’imparfaitement son élasticité première; par conséquent, il devient, dans cet état, moins propre à la panification et peut-être à la nutrition, car il a été reconnu que, dans toutes les substances immédiates, le gluten hydraté était le plus nutritif; mais la chaleur propre à la cuisson du pain fait subir au gluten une modification d’après laquelle il abandonne une partie de son eau de combinaison.
- Cependant le gluten, auquel on a ajouté environ 30 pour 100 d’amidon pour le sécher spontanément à l’étuve sans qu’il éprouve de fermentation, conserve sa propriété élastique quand il est réduit en gruau; celui qui provient des amidonneries par le lavage mécanique jouit de cette faculté et peut être employé avec avantage, soit dans la panification en le mêlant à la farine après l’avoir converti lui-même en farine, soit dans la préparation des pâtes élémentaires ; mais, pour constater ses propriétés élastiques qui peuvent encore varier selon l’état dans lequel il a été préparé, il devient indispensable de le soumettre aux épreuves dont nous nous occuperons plus loin.
- Ainsi, des deux corps principaux qui composent la farine, le gluten seul possède la propriété de se combiner avec l’eau dans des proportions qui varient suivant sa nature, et c’est de cette combinaison que résulte son élasticité, sans laquelle la panification est impraticable.
- Le gluten, divisé ou désagrégé, se combine peu avec l’eau, ne se dilate pas et se conduit à peu près comme l’amidon simplement enveloppé d’eau ; dans cet état, il ne peut plus servir que d’élément à la fermentation, et nuire, par conséquent, à la panification, puisqu’il augmente les produits de la fermentation en détruisant la résistance élastique sans laquelle la pâte ne se développe pas suffisamment.
- L’absorption de l’eau dans la farine est la transformation la plus importante aux intérêts du boulanger, puisqu’elle concourt simultanément à la fabrication du pain et à la quantité que la farine en peut produire. Cependant il ne faut pas confondre l’eau que la farine retient mécaniquement et celle qu’elle absorbe à l’état de combinaison. La première ne modifie en rien les propriétés des corps qui constituent la farine, elle les abandonne promptement, par évaporation, tandis que l’eau de combinaison acquiert et donne des propriétés nouvelles aux corps auxquels elle s’assimile.
- Le gluten élastique se combine non-seulement avec l’eau, mais il en retient encore mécaniquement, qu’il cède à l’amidon pour favoriser la dilatation de ce dernier, laquelle se borne cependant à des limites très-restreintes, puisque son maximum de dilatation ne s’opère que dans un grand excès d’eau.
- Plusieurs expériences m’ont démontré que dans 25 grammes de farine composée de
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- Amidon, sucre, albumine, etc. .
- Gluten sec......................
- Eau de végétation.
- 19 gr. 09 cent.
- 2 64
- 3 27
- 25 grammes,
- Et 12 gr. 50 d’eau pour former la pâte, les 19 gr. 09 d’amidon, sucre, etc., n’absorbaient que 7 gr. 74 d’eau, tandis que 2 gr. 64 seulement de gluten sec en absorbaient 4 gr. 76, dont 4 gr. 01 à l’état de combinaison et 0 gr. 75 à l’état libre. C’est cette dernière que le gluten cède à l’amidon au fur et à mesure que celui-ci en perd par évaporation.
- Les farines qui ont subi un commencement de fermentation, celles dont on a retiré une partie de leur eau de végétation par dessiccation, comme cela se pratique pour les expéditions maritimes, et celles qui proviennent d’une mouture pendant laquelle la température s’est trop élevée, quoique sèches et avides d’eau, en retiennent beaucoup moins que celles qui ont conservé leur eau de végétation, parce que le gluten en a été désagrégé et qu’il a perdu une partie de son élasticité.
- Il résulte donc de la combinaison de l’eau avec le gluten que la farine acquiert toutes les propriétés panifiables qui lui sont nécessaires, surtout la résistance élastique à l’aide de laquelle la pâte se développe sous l’influence des produits de la fermentation, mais de la fermentation arrêtée assez à temps pour que la décomposition du gluten n’ait pas lieu; c’est arrivée à ce terme que les savants ont donné à cette réaction le nom de fermentation panaire, nom bien vague, qui n’explique aucune théorie, mais que la science formulera peut-être un jour d’une manière plus absolue.
- Ainsi, pour apprécier les propriétés panifiables de la farine de froment, il faut non-seulement constater la quantité de gluten que celle-ci contient, afin de juger la nature du blé d’où elle provient, mais encore comparer l’élasticité de ce gluten, pour s’assurer s’il n’a pas été altéré par la mouture , la dessiccation, la fermentation, ou par toute autre cause.
- C’est pour arriver à ce dernier et important résultat que je propose l’instrument que j’ai déjà soumis à l’examen de la Société d’encouragement en 1842, et auquel j’ai fait subir les modifications qui me furent indiquées, dans le temps, par le comité des arts chimiques.
- Description de Vinstrument désigné sous le nom rf’aleuromètre.
- Cet instrument, représenté en section verticale, fig. 1, pl. 1083, se compose de quatre pièces distinctes. La première, le fourneau A, est une espèce d’enveloppe légèrement conique et ouverte à sa partie supérieure pour recevoir l’étuve ; sa partie inférieure est terminée par un fond sur lequel on place une cuvette à alcool. La seconde pièce, l’étuve B, est un cylindre terminé par un fond sphérique dans lequel on met de l’huile de pied de bœuf de préférence, ou toute autre huile, jusqu’à la partie élargie qui sert à l’appuyer sur le fourneau. Sa partie supérieure est terminée par un couvercle C qui s’enlève à volonté, et au centre duquel est fixé un fourreau D fermé seulement à sa Quarante-septième année. Novembre 18AS. 92
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- base, lequel plonge dans l’huile en fermant l’étuve. Ce fourreau sert à recevoir alternativement le thermomètre et l’aleuromètre.
- La troisième pièce est un thermomètre ordinaire, fig. 2, marquant au moins 200 degrés gravés sur verre de 50 en 50 degrés.
- Enfin la quatrième pièce est l’aleuromètre proprement dit : il se compose d’un petit cylindre E, fermé à vis, à sa partie inférieure, par une petite cuvette F, et, à sa partie supérieure, par un bouchon à vis G. Au centre de ce bouchon passe une tige graduée H divisée en 25 degrés, plus, en bas, un espace net qui représente l’épaisseur du bouchon. Cette tige est terminée par une petite plaque circulaire et légèrement bombée I. Au-dessous de cette plaque jusqu’à la partie supérieure de la cuvette qui termine l’instrument se trouve un espace vide dont la hauteur représente 25 degrés de la tige.
- Cette dernière partie de l’instrument, l’aleuromètre, suffit pour les besoins du boulanger, attendu que son four, dans lequel il peut le déposer verticalement, remplace l’étuve et le fourneau, qui n’ont été ajoutés que pour les besoins de la science. Cependant , la température des fours des boulangers n’étant ni égale ni régulière dans toutes leurs parties, il pourrait en résulter de légères modifications, très-peu appréciables du reste.
- Manière de procéder. On prépare une pâte composée de 30 grammes de farine et 15 grammes d’eau. On se sert, à cet effet, afin de ne pas perdre un atome de farine, d’un bol de verre ou de porcelaine, et d’un tube de verre plein, appelé, dans les laboratoires, tube à agiter.
- On malaxe cette pâte dans le creux de la main en la pressant légèrement avec les doigts et en la retournant sans cesse dans une cuvette remplie d’eau. On termine la malaxation sous un filet d’eau, pour s’assurer, lorsque celle-ci s’échappe limpide, que le gluten est débarrassé de tout l’amidon qui l’accompagnait ; alors on le serre fortement dans la main pour en exprimer une partie de l’eau qu’il retient encore mécaniquement. Dans cet état on le pèse, puis on en extrait 7 grammes, dont on réunit toutes les parties déchirées ou qui tendent à se désunir, afin d’en former une petite boule que l’on roule dans de l’amidon sec et pulvérisé, ou, mieux encore, dans de la fécule de pomme de terre pour lui ôter toute adhérence. On dépose cette boule de gluten ainsi préparée dans la cuvette F de l’aleuromètre, graissée légèrement à l’avance dans toutes ses parties intérieures. La tige H n’a pas besoin d’être graissée.
- Pendant la malaxation du gluten on chauffe l’étuve à l’aide de l’alcool enflammé, et lorsque le thermomètre, fig. 2, placé dans le fourreau qui plonge dans l’huile annonce la température de 150 degrés, on remplace celui-ci immédiatement par l’aleuromètre, dans la cuvette duquel on vient de déposer le gluten. On laisse encore brûler la lampe à alcool pendant dix minutes, puis on la retire et on l’éteint ; dix autres minutes après on retire le gluten de l’aleuromètre, après avoir constaté toutefois le nombre de degrés que la tige, en s’élevant, met à découvert.
- Le gluten, sous l’influence de l’eau qu’il contient et qui se réduit en vapeur, laquelle remplace ici l’acide carbonique de la fermentation comme effet mécanique, se dilate, se soulève et se solidifie en se moulant sous la forme intérieure de l’aleuromètre. Dans son
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- développement il parcourt d’abord l’espace vide de 25 degrés qui le séparait de la tige, en acquérant assez de force pour soulever celle-ci jusqu’à quelquefois son maximum de dilatation, laquelle est exprimée par les degrés mis à découvert au-dessus du bouchon à vis G.
- Il peut arriver que le gluten, dans son développement, n’atteigne pas la tige, c’est-à-dire qu’il n’ait pas 25 degrés de dilatation; alors la farine d’où proviendrait un pareil gluten devra être considérée comme impropre à la panification.
- L’intérieur du cylindre de gluten retiré de l’aleuromètre représente exactement le squelette du pain.
- MM. Dumas, Payen et Chevreuï ont démontré, dans leurs cours à l’école de médecine et au Conservatoire des arts et métiers, le parti théorique et pratique qu’on pourrait tirer de cet instrument.
- Essais de diverses farines par l’aleuromètre.
- FARINES. GLUTEN HYDRATÉ. DILATATION de gram. de gluten.
- Farine d’Etampes 33 pour 100. 29 degrés.
- Idem 33 35
- Id. de Chartres 33 36
- Id. de Brie 35 32
- Id. de 1842 38 29
- Id. de blé de Berg. 30 39
- Idem 32 50
- Gluten d’amidonnier séché et réduit en gros gruaux, 38 degrés.
- Gluten d’amidonnier séché et réduit en fins gruaux, 50 degrés.
- Ainsi on voit que le gluten des amidonniers, extrait par un lavage, séché et bien divisé, peut conserver indéfiniment toutes ses propriétés élastiques, par conséquent panifiables.
- Dans le tableau qui précède, la quantité de gluten hydraté représente exactement la nature et la quantité des blés, et la dilatation exprime fidèlement les altérations plus ou moins profondes que leur mouture ou d’autres circonstances leur ont fait subir.
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- Extrait d'un rapport fait à l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen sur les questions adressées à cette Académie par la Société d’encouragement (1).
- La Société d’encouragement, préoccupée des avantages de certaines associations introduites dans les ateliers au profit des travailleurs, a désiré avoir des renseignements sur les bénéfices et les espérances de celles qui pourraient être plus particulièrement connues de l’Académie de Rouen.
- Il résulte des recherches faites par cette Académie que ce genre d’association n’est pas pratiqué dans les grands ateliers industriels du département de la Seine-Inférieure; mais il y existe un genre d’association qui peut rendre les plus grands services à la classe ouvrière, ce sont les Sociétés de secours mutuels entre les ouvriers, qui ont pour but de se secourir mutuellement dans la maladie et de fonder une caisse de retraite pour la vieillesse ou l’incapacité accidentelle. Ceux qui composent ces Sociétés sont des hommes de bonne conduite, bons pères de famille, bons ouvriers, qui ne veulent pas devoir à l’aumône ou à la charité des secours que trop souvent la paresse et le vice trouvent au détriment de la pauvreté honnête ; ils se sont associés et imposés afin de ne devoir qu’à eux-mêmes une réserve que tant d’autres imprévoyants ou vicieux sont obligés d’aller mendier.
- Ces associations, qu’il serait si utile de multiplier, sont cependant dans un état de détresse par suite de leur organisation trop faiblement fondée et de l’abandon où on les a laissées; elles n’ont jamais reçu aucun secours, aucun legs, aucun encouragement; il est à craindre que, si le gouvernement ne les soutient pas, elles finissent par s’éteindre entièrement. La preuve en est dans un document joint au rapport, présentant l’état comparatif des Sociétés de prévoyance en 1843 et 1848, et le chiffre du déficit existant dans toutes les caisses. Il résulte de cet état que, de douze Sociétés de secours mutuels fondées depuis 1808, une seule pourra se soutenir; les autres, excepté celles dont la fondation est récente, sont prêtes à se dissoudre.
- La redevance, qui est presque toujours de 5 centimes par jour, est insuffisante pour couvrir les frais de maladie et surtout les secours à la vieillesse.
- Généralement les vingt premières années se passent sans charges ruineuses ; c’est pour les associations de prévoyance leur période d’accroissement ; mais, après ce temps, les charges de la vieillesse arrivent, et il n’est plus possible d’y faire face.
- Cet état de choses a engagé l’Académie à demander qu’une prime soit accordée par l’État à chaque caisse en raison des dépenses faites et convenablement justifiées, et, de plus, qu’une organisation officielle et légale soit donnée aux Sociétés de secours mutuels , comme à toutes celles qui sont reconnues d’utilité publique.
- L’Académie sollicite le concours de la Société d’encouragement dans la solution demandée au gouvernement en faveur des associations de prévoyance de la France, et pour celles de Rouen, à titre d’encouragement et comme marque de sympathie pour la classe ouvrière, une part de sa munificence en faveur de la plus ancienne de toutes
- (î) Voyez !a circulaire publiée p. 290 du Bulletin de mai 1 848.
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- et qui porte le titre de Société de bienfaisance et d’humanité. Ses fondateurs ont donné l’exemple à toutes les autres qui ont été fondées depuis 1808. Il est à regretter que celui qui a autorisé cette première association n’ait pas étudié son organisation et ne lui ait pas donné les conseils dont toutes ont été privées jusqu’à présent.
- Les fondateurs de cette Société, qui sont presque tous des vieillards aujourd’hui, espèrent toujours que des temps meilleurs viendront pour eux. C’est en faisant une petite économie, c’est en espérant voir diminuer leurs charges, qu’ils supportent courageusement leur misère, qu’ils continuent, malgré leur petit nombre, à soutenir trois vieillards invalides, à soulager une douzaine de malades par an , enfin à dépenser annuellement 1,200 fr., fruit d’économies bien difficiles à réaliser aujourd’hui. Ce dévouement est vraiment admirable, et prouve qu’il y a, dans la classe ouvrière, de bons sentiments qu’il faut chercher à utiliser.
- De deux cents fondateurs qu’il y avait dans l’origine, en 1808, il n’en reste plus que trente-cinq, et la moitié de ceux-là arrivera bientôt à l’âge où ils deviendront une charge pour les derniers sociétaires. Alors la Société de bienfaisance et d’humanité périra après avoir perdu, en quarante ans, une somme considérable et subi la déception qui attend toutes les Sociétés de prévoyance tant qu’elles ne seront pas dotées, surveillées et organisées par l’Etat. Cette institution utile, morale est peut-être la seule qui soit propre à soulager la classe des travailleurs dans leur carrière active et dans leur retraite.
- Pour répondre à la seconde partie de la circulaire de la Société d’encouragement, l’Académie recommande à sa sollicitude M,. Philippe, âgé de soixante-dix ans, et qui a été, pendant la plus grande partie de sa vie, ouvrier teinturier. En cherchant la solidité d’une certaine teinture de bleu, il est arrivé à des résultats qui ont fait sensation dans la fabrique de Rouen, car on connaît et on estime toujours le bleu appelé bleu Philippe. En vendant son procédé à divers teinturiers, il a réalisé quelques bénéfices qui l’aident à vivre très-honorablement entouré d’une nombreuse famille. S’imposant des privations afin de faire quelques études ou quelques essais qui tendent à des perfectionnements ou à vaincre certaines difficultés pratiques, l’honnête et laborieux ouvrier a dirigé ses recherches vers la galvanoplastie et la force électromagnétique ; ils ont été pour lui l’objet de longues et minutieuses recherches, d’expériences nombreuses, et il est arrivé à des résultats fort remarquables. Il est parvenu à reproduire des planches gravées sur cuivre d’une très-grande dimension , entre autres la belle planche des musiciens ambulants; elle a pu servir à l’impression; les épreuves obtenues ne peuvent se distinguer des épreuves sorties de la planche mère.
- L’expérience a démontré à M. Philippe qu’il ne suffisait pas de placer une planche dans une solution de sulfate de cuivre et de l’exposer à un courant électrique : il a reconnu qu’il fallait, pour arriver sûrement au but, que le courant électrique eût lieu dans des conditions particulières ; que la solution cuivreuse fût préparée d’une certaine manière et dans différents temps de l’opération. Les enseignements de la pratique lui ont fait connaître comment il fallait arriver à ces différents temps de l’opéra*
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- tion pour avoir des couches métalliques de diverse adhérence et faire soit une planche cassante, soit une planche élastique.
- L’application de la galvanoplastie aux rouleaux gravés et usés des indienneries est une idée qui pourrait être d’une utilité spéciale à 1 industrie rouennaise. Il suffit d’une légère couche de cuivre pour faire d’un rouleau fatigué un rouleau neuf susceptible de recevoir une nouvelle gravure.
- Pour avoir obtenu ces résultats, la Société d’émulation de Rouen a décerné à M. Philippe, en 1846, une médaille d’argent.
- En conséquence, l’Académie recommande M. Philippe à la Société d’encouragement, pour lui accorder une récompense justement méritée.
- Pour satisfaire au troisième désir exprimé par la Société, l’Académie a cherché , parmi les employés des établissements industriels du pays, quelque ancien et fidèle travailleur dont la conduite fût digne d’être mise en lumière, honorée et montrée comme exemple. Il existe dans la filature de M. Jacques Fauquet, à Bolbec, un vieillard nommé Pierre Larchevêque, qui y est employé depuis cinquante-deux ans; c’est un excellent ouvrier, marié et père de plusieurs enfants. L’Académie, en le recommandant à la Société d’encouragement, pense que la récompense qui lui serait décernée produirait un très-bon effet moral pour la population des fabriques du pays.
- Extrait des procès-verbaux des séances du conseil d’administration de la Société
- d’encouragement.
- Séance du 25 octobre 1848.
- Correspondance. M. le ministre de l’agriculture et du commerce informe la Société qu’il vient d’accorder au jeune Croquefert ( Charles-Antoine ) la bourse entière laissée vacante par le départ de M. Jozan, nommé élève, en 1846, à l’école d’arts et métiers d’Angers sur la présentation de la Société. Précédemment les sieurs Chenot et Polack avaient été admis à la même école également sur la présentation de la Société.
- M. Pinel-Grandchamp, directeur de l’école des arts industriels et du commerce, rue de Charonne, 95, expose que les vœux formés par l’agriculture, l’industrie et le commerce , en ce qui touche l’éducation des jeunes gens que la situation de leur famille, leur capacité ou leur goût préparent à parcourir ces trois utiles carrières, viennent de recevoir une première satisfaction par la publication des programmes de l’enseignement spécial organisé en faveur de cette partie de la jeunesse française. M. Pinel-Grandchamp, qui a étudié ces programmes, pense que leur combinaison ne laisse rien à désirer, soit sous le rapport de l’ensemble des connaissances, soit pour l’heureux enchaînement des leçons.
- Si l’exécution, dans les écoles de l’État, répond à la pensée qui les a conçus, ces programmes assurent l’avenir de la société, en préparant, des hommes façonnés à tirer parti de toutes les ressources de la nature.
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- Placé au milieu d’une population intéressée à profiter de ces ressources, M. Pinel-Grandchamp s’est mis en mesure de pratiquer le programme d’études récemment promulgué; il était tout préparé à le faire, ayant sous la main le matériel nécessaire et pouvant compter sur des collaborateurs exercés et dignes de toute la confiance du pays. Mais la situation pénible de l’industrie prive tant de pères de famille de leurs ressources , que M. Pinel-Grandchcimp sollicite, en leur nom, de la Société d’encouragement le don de quelques bourses d’externes au profit des enfants des industriels français.
- M. Femeau-Petitbeau, pharmacien, chez M. Desbrières, rue Lepelletier, 9, appelle l’attention de la Société sur une encre ineffaçable par les réactifs chimiques.
- M. le président fait observer que la section de chimie de l’Académie des sciences a pris la résolution de ne point s’occuper des encres indélébiles.
- M. Michelin rappelle que, l’année dernière, le comité des arts chimiques fut invité à constater quelles sont les qualités et la durée des encres du commerce.
- Après avoir entendu M. Costaz sur la composition de l’encre de M. Bosc d’Antic , la demande d’examen de M. Femeau-Petitbeau est renvoyée au comité des arts chimiques.
- M. Boidet-Feuillet, à l’Huys, près Corbigny ( Nièvre ), annonce que le plateau qui domine le bourg de Courson ( Yonne ), lieu dit les Moidins-à-vent, renferme une carrière de pierres lithographiques.
- M. Le Gavrian, ancien négociant, à Orléans, alarmé des accidents fréquents qui ont lieu sur les chemins de fer par la rencontre inattendue de deux convois, propose, comme moyen d’éviter ces accidents, de pourvoir les conducteurs des convois d’un certain nombre de fusées se terminant en feux de Bengale diversement colorés; comme ces sortes de fusées s’élèvent à plus de 80 mètres, elles seraient plus certainement aperçues que tous les autres signaux qui peuvent échapper à la vue soit par un vent contraire, soit par un brouillard.
- M. Burle, vice-consul du saint-siège , à Toulon (Yar), émet l’opinion qu’il n’y a pas d’autre moyen d’empêcher les déraillements sur les chemins de fer que d’augmenter le rebord des roues et, par suite, la hauteur des rails, ou bien de brider les écarts des roues au moyen de contre-rails adaptés à la voie de manière à ne causer aucun embarras pour le service.
- Objets présentés. M. Bouget de Lisle présente, de la part de M. Beginald-Hely, ingénieur à Londres, le dessin et la description de bouteilles ou vases pour contenir des liquides, et de divers moyens ou appareils pour les remplir, les boucher, etc. ;
- M. Boger, à Paris, un flotteur pour encrier, à goutte d’encre constante et pour veilleuse ;
- M. Bobin, rue Saint-Victor, 163, une encaustique destinée à remplacer le vernis sur le bois. Cette encaustique se distingue par un brillant vif, par son absence d’odeur, par la propriété de n’être pas agglutinative, par sa facilité d’application, enfin par la modicité de son prix.
- M. Bosset, rue Yivienne, 42 , met sous les yeux de la Société une charrue pour la culture des terres en Algérie.
- M. Herbé, rue Lepelletier, 27, mandataire et intéressé dans la fabrication d’un
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- nouveau semoir mécanique pour lequel MM. Bourget et Girard, propriétaires à Marseille, ont pris un brevet d’invention, soumet à l’examen de la Société le système de cette nouvelle machine qui procure, suivant lui, une notable économie de grain sur le semis à la volée.
- M. Merklein, rue de la Boucherie-Saint-Jacques, 6 , présente une boussole pour les opérations de géodésie ;
- M. Valette, mécanicien, passage Joufîroy, 12, un système de pesage complet auquel il donne le nom de polygramme. Ce système embrasse tout le pesage depuis les plus faibles quantités jusqu’aux plus considérables, et se compose de plusieurs appareils qui reposent tous sur le même principe, sauf la balance romaine.
- M. Dugland aîné, rue du Faubourg-Saint-Denis, 27, appelle l’attention de la Société sur les perfectionnements qu’il a apportés au mécanisme des porte-forets rotatifs.
- Les ouvrages suivants sont déposés sur le bureau :
- 1° Notice sur la pente du Nil supérieur et sur divers sujets de géographie et d’ethnographie, par M. J omar d; précédée d’une lettre de Carl-Ritter sur le plan de sa géographie comparative ;
- 2° Sur le pain mixte de hlé et de mais, par M. Girard;
- 3° Société d’agriculture et de commerce de Caen, — concours de labourage, médailles d’honneur pour la bonne culture, prix pour les domestiques et les servantes de fermes dans le canton d’Evrecy ;
- 4° Bulletin des séances de la Société centrale d’agriculture, — compte rendu mensuel, rédigé par M. Payen, secrétaire perpétuel, 2e série, t. IY, n° 3, 184*8;
- 5° Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse, n° 104 ;
- 6° Annales de la Société centrale d’horticulture de France, septembre 1848;
- 7° Journal des économistes, n° 90, octobre 1848;
- 8° Moniteur industriel et Belgique industrielle des 12. 15, 19 et 22 octobre 1848.
- Rapports des comités. Au nom des comités des arts chimiques et des arts économiques, M. Payen lit un rapport sur un nouveau calorifère de M. Chaussenot jeune.
- Les comités proposent de donner un témoignage de satisfaction à l’auteur en ordonnant l’insertion du rapport dans le Bulletin, accompagné du dessin et de la description de l’appareil et de l’indication du prix et de la consommation de combustible relatifs aux différents modèles. ( Approuvé. )
- Au nom du comité des arts économiques, M. Silvestre lit un rapport sur un nouvel appareil uranographique présenté par M. Guénal.
- Le comité propose d’approuver cet appareil, de remercier l’auteur de sa communication , d’insérer le rapport au Bulletin et d’en adresser une copie au ministre de l’instruction publique.
- M. Jomard confirme la bonne opinion que le comité a conçue de l’appareil de M. Guénal, qui est d’une grande simplicité, et ne comprend que le système des trois corps, le soleil, la terre et la lune. M. Jomard a vu fonctionner cet appareil auquel il reconnaît l’avantage de donner une idée claire des phénomènes les plus intéressants.
- M. Busche pense que les machines uranographiques ne peuvent servir utilement à
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- l’étude de l’astronomie, et que leur emploi doit être rejeté; il ajoute que ces machines n’ont donné, jusqu’ici, aux élèves qu’une idée fausse des phénomènes célestes.
- M. le rapporteur partage l’opinion de M. Busche quant à l’insuffisance des planétaires pour ceux qui veulent faire de l’astronomie une étude spéciale ; mais celui de M. Guénal est destiné uniquement aux personnes à qui la connaissance de quelques-uns des principaux phénomènes célestes est nécessaire, et, sous ce rapport, il remplit parfaitement son objet.
- Après une discussion, le conseil approuve le rapport et en adopte les conclusions.
- Communications. M. Chevallier met sous les yeux du conseil des impressions de dessins typographiques et lithographiques, ainsi que des dessins coloriés faits sur la moelle de Yischnomene paludosa, dont on a fait des feuilles appelées papier de riz de Chine ; il pense qu’il serait utile de varier les applications de cette matière.
- M. Chevallier donne ensuite lecture d’une notice sur le marron d’Inde et ses usages.
- ( Voy. plus haut, p. 684. )
- M. le président appelle l’attention de la Société sur le principe amer du marron d’Inde; il fait observer que dans le Midi, lorsqu’on soumet les olives au lessivage, on fait disparaître 6 à 7 pour 100 de matière huileuse. Si l’on appliquait ce mode au marron d’Inde, on perdrait également de l’huile grasse, et en le débarrassant de la matière amère on lui enlèverait une quantité considérable de principe nutritif.
- M. Chevallier a fait quelques essais qui lui ont démontré que l’eau suffit pour enlever le principe amer et conserver au marron la matière huileuse.
- M. de Lasteyrie a consigné, il y a quarante-cinq ans, dans la Décade philosophique, quelques expériences sur le traitement du marron d’Inde. Les marrons, épluchés, séchés et pilés, étaient mis avec de l’eau dans des tonneaux; lavés à plusieurs eaux, ils laissaient déposer une fécule ou farine sans saveur et manducable. Les marrons d’Inde servent, d’ailleurs, à la nourriture des bestiaux.
- M. Silvestre annonce qu’il est parvenu à enlever l’amertume aux marrons d’Inde en soumettant la pulpe à des lavages successifs et peu nombreux, procédé qui, du reste, a déjà été employé, et qui est simple, expéditif et ne nécessite aucuns frais. On peut, dans une seule journée, purifier une grande quantité de pulpe. M. Silvestre a ainsi obtenu une farine blanche, riche en fécule et sans aucune saveur.
- M. le président fait observer que la notice lue par M. Chevallier et les observations faites par les personnes qui se sont occupées de cette question prouvent combien il importe de continuer les recherches qui ont déjà été commencées sur ce sujet.
- M. Sainte-Preuve appelle l’attention de la Société sur les programmes officiels de renseignement spécial dans les lycées de l’université, publiés conformément à l’arrêté du 7 octobre 1848.
- La rédaction de ces programmes, dit M. Sainte-Preuve, à laquelle M. le président de la Société a pris une si grande part, offre un ensemble remarquable. C’est un service rendu aux familles, et leur application dans l’enseignement préparera les enfants qui se destinent à l’agriculture, à l’industrie ou au commerce. Leur insertion dans le Bulletin ne ferait que seconder les vues de la Société d’encouragement pour les études professionnelles.
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- Séance du 8 novembre 4848.
- Correspondance. M. Victor Autier, docteur en médecine, à Amiens, adresse de nouveaux échantillons de teintures florales parmi lesquelles celles dites pallas ou pannes sont trop grossières pour être comparées au velours d’’Utrecht ; il fait remarquer que la trame et la chaîne, qui sont en fds de lin et de coton, sont exactement de la même nuance que les poils de chameau, en même temps qu’ils ont été teints dans le même bain et en quelques secondes. Pour teindre de semblables étoffes par l’ancien procédé, il faudrait au moins huit à dix opérations.
- M. Decrombecque, fabricant de sucre, à Lens (Pas-de-Calais), adresse un mémoire intitulé Engraissement des bestiaux et fumiers. Il signale, comme ayant droit aux récompenses destinées, par la Société, aux contre-maîtres, le sieur Joseph Choquet, qu’il regarde comme ayant fait faire des progrès à l’agriculture.
- M. Foubert, rue Saint-Honoré, 20, remet, sous pli cacheté, les produits d’un procédé nouveau, basé sur la possibilité d’obtenir, au moyen d’un carton-métal de sa composition, des ornements en relief par le gaufrage, à l’imitation des moulages en carton-pierre et autres pâtes.
- La matière queM. Foubert nomme carton-métal, étant très-malléabte et subordonnée à la souplesse du papier et, plus encore, au poli du métal qu’il emploie, lui donne la faculté de recevoir la dorure et l’argenture à froid.
- M. Foubert demande que la Société accepte fe dépôt d’un paquet cacheté, des échantillons et de la description des procédés.
- Le dépôt est accepté.
- M. Chérot, peintre préparateur, rue de la Chopinette, 14, après;avoir entendu la lecture de la notice de M. Chevallier sur le marron d’Inde et sur les moyens qui ont été proposés et mis en pratique pour lui enlever le principe amer, adresse la description d’un procédé ayant le même objet, dont fait usage M. Dupont, cultivateur, en Normandie.
- M. le président donne communication de la lettre suivante de M, Nicolo Milonas, ancien consul en Orient, rue Montfaucon, 38, sur'la trempe des lames de Damas :
- « En cherchant à découvrir les procédés au moyen desquels les Kourdes confectionnent le tranchant de leurs lames de sabre, j’ai remarqué
- « 1° Que les usines où ces lames sont fabriquées sont situées sur le versant des montagnes, au bord de cascades dont l’eau, se précipitant de rocher en rocher, arrive très-limpide dans les bassins établis au-dessous et destinés à la trempe des lames. Ces bassins sont eux-mêmes placés dans des lieux élevés où l’air est très-pur ; ces conditions de la pureté de l’air et de l’eau sont nécessaires pour la réussite de l’opération.
- « 2° On choisit, pour cet effet, le fer le plus pur. Soumis à un feu très-ardent, on commence la première trempe lorsque le fer est chauffé à blanc ; on découvre alors le fer avant la fusion, en plaçant d’un côté et d’autre le charbon ; on recouvre le fer incandescent, aussi promptement que possible, de matières grasses, huileuses, d’une pâte d’os et de cire en gâteau ; le tout pourrit dans l’eau au fond de laquelle on prend cette pâte. .Selon les habitants, cette opération rend la lame flexible. La seconde trempe
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- se fait par le même procédé, avec cette différence que la lame incandescente, après avoir fait jaillir des faisceaux d’étincelles et avoir été découverte, est recouverte d’une pâte composée de poudre d’ossements, de matières huileuses telles que le suif de mouton bien épuré. La troisième trempe se fait en disposant le fer de manière à pouvoir être saisi par un homme à cheval, qui court à bride abattue afin que la lame qu’il tient élevée reçoive l’impression de 1 air.
- « 3° Les combustibles employés sont l’anthracite ou la tourbe. Toutefois il est à remarquer que, pour obtenir des résultats favorables, il faudrait se servir de combustibles entièrement dégagés de soufre et combiner, autant que possible, le chauffage de matières animales, minérales et végétales. »
- M. Seguier, après un exposé succinct des nombreux travaux entrepris pour la fabrication de l’acier damassé , fait ressortir l’importance qui s’attache à la trempe des instruments en acier; il rappelle qu’un Belge, nommé Girard , avait pratiqué un procédé de trempe dans l’eau chargée de diverses matières. M. Seguier a eu l’occasion de voir, dans les ateliers de M. Rouffet, les essais de ce mode de trempe et d’en constater les bons résultats. Au prix d’une somme minime, l’auteur faisait connaître les moyens qu’il employait; les établissements qui ont acquis son procédé en ont témoigné leur satisfaction.
- M. Gaidtier de Claubry annonce que la substance qui assurait l’efficacité du procédé de M. Girard n’était autre que le cyanure de potassium.
- Objets présentés. M. Decoster, ingénieur-mécanicien, rue Stanislas, 9, demande que la Société veuille bien nommer des commissaires pour examiner une machine à faire les bois de fusil et de pistolet, inventée par M. Barros, Portugais, et qui fonctionne dans ses ateliers.
- M. Gay, contre-maître des ateliers de chaudronnerie de Mme veuve Decoudun, rue Pierre-Levée, 6, appelle l’attention de la Société sur les améliorations qu’il a apportées à un appareil de buanderie mécanique fonctionnant au lavoir de l’Union, à la Chapelle-Saint-Denis.
- Les ouvrages suivants sont déposés sur le bureau :
- 1° Compte rendu de la chambre de commerce de Lyon pour l’exercice 1847-1848, présenté, dans la séance du 23 septembre 1848, par M. Brasset aîné, président ;
- 2° Annales de la Société d’horticulture, octobre 1848 ;
- 3° Pétition adressée, le 18 octobre 1848, à VAssemblée nationale, par M. Perrot, ingénieur civil, à Vaugirard ;
- 4° Annales de Vagriculture française, novembre 1848 ;
- 5° Journal des économistes, 7e année, n° 19 ;
- 6° Belgique industrielle, et Moniteur industriel des 26 et 29 octobre, 2 et 5 novembre 1848.
- M. Sainte-Preuve, en déposant sur le bureau deux numéros de la Réforme agricole, scientifique et industrielle, rédigée par M. Boubée, fait remarquer qu’ils contiennent un article dans lequel l’importance, l’utilité et l’opportunité du nouveau programme des études universitaires sont bien appréciées.
- Rapports des comités. Au nom du comité des arts mécaniques, M. Le Chatelier lit un
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- rapport sur des observations présentées par M. Sainte-Preuve à l’occasion du rapport sur le système de propulsion atmosphérique de M. Hédiard.
- Le conseil approuve le rapport et en adopte les conclusions. ( Voy. plus haut, p. 673.
- Communications. Dans une des dernières séances, M. le président avait invité M. Chevallier à poursuivre ses recherches sur les moyens de retirer le principe amer du marron d’Inde et de se livrer à quelques essais sur l’extraction de l’huile de ce fruit. M. Chevallier annonce que ses essais l’ont amené à extraire du marron d’Inde de l’huile qu’il regarde comme égale à celle contenue dans le maïs; il ajoute que, dans une lettre adressée au ministre de la guerre, on signale une matière extraite du marron d’Inde comme jouissant des propriétés du sulfate de quinine.
- M. Silvestre a répété les expériences qui constatent l’existence du sucre dans le fruit du marronnier d’Inde.
- M. Colmont regarde cet arbre comme d’agrément plutôt que d’utilité ; son bois est peu estimé, et il faudrait plutôt s’attacher à propager le châtaignier dont les produits en fruit et en bois sont une richesse pour le pays. La châtaigne est la base de l’alimentation de populations nombreuses ; son bois, comme charpente, est justement apprécié.
- M. Gourlier pense que c’est par erreur qu’on a cru reconnaître dans la charpente d’anciens édifices le bois de châtaignier; des observations plus attentives ont constaté qu’elles étaient en chêne blanc.
- M. le président fait observer qu’il ne s’agit point d’examiner quelles sont les essences d’arbres qu’il est le plus utile de propager, mais de rechercher des emplois du bois et des fruits de ceux que nous possédons. Toute recherche dans ce but est digne de fixer l’attention de la Société d’encouragement.
- M. Telle, rue Notre-Dame-de-Nazareth, 6 bis, lit un mémoire sur l’enseignement de la typographie et des écritures européennes.
- Dans ce mémoire , M. Telle indique les modifications et corrections qu’il propose dans les écritures et les caractères typographiques en usage, et il termine par la comparaison de l’écriture française avec l’écriture anglaise et des rapports de ces deux écritures entre elles.
- M. le président remercie M. Telle de cette communication.
- M. Boland, ancien boulanger et membre de la Société, donne lecture de deux mémoires, l’un sur les propriétés alimentaires du pain de première et de deuxième qualité comparé avec le pain réglementaire des manutentions militaires; l’autre sur l’application de la fermentation panaire, pratiquée en Angleterre, à la panification française, sans le concours de la pomme de terre.
- M. le président témoigne à M. Boland l’intérêt avec lequel la lecture de ces mémoires a été entendue, et il invite les comités des arts chimiques et économiques à les examiner et à en rendre compte.
- IMPRIMERIE DE MADAME VEUVE BOUCHARD-HUZARD, RUE DE L EPERON, 5.
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- QUARANTE-SEPTIÈME ANNEE. (N° DXXXIV. ) DECEMBRE 1848.
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES. — pianos.
- Rapport fait par M. Kerris, au nom du comité des arts mécaniques, sur quelques innovations introduites dans la fabrication des pianos , par M. Domeny, rue du Faubourg-Saint-Denis, 107.
- Messieurs, votre Bulletin de 1835 mentionne avantageusement le nom de M. Domeny pour des perfectionnements introduits par lui dans les harpes. Ce facteur appelle aujourd’hui l’attention de la Société sur trois objets relatifs à la fabrication des pianos.
- Le premier consiste dans un moyen de contre-balancer la tension des cordes , le second se rattache à une mécanique pour piano droit, et le troisième se rapporte à une modification faite aux agrafes qui servent d’appui aux cordes.
- Après avoir entendu un rapport très-développé sur chacun des objets ci-dessus , le comité, considérant que les deux premiers ne présentent pas des caractères de nouveauté assez prononcés pour être mentionnés ici, a réduit notre tache à vous rendre compte seulement du troisième, savoir des nouvelles agrafes.
- La partie vibrante des cordes d’un piano est déterminée par deux points d’appui, l’un est le chevalet portant sur la table d’harmonie, et l’autre le sillet portant sur un des sommiers. Ordinairement le sillet est formé d’une bande de bois dur, tel que du cormier, du poirier, etc., dans lequel les pointes sont enfoncées deux par deux, trois par trois, suivant le nombre des
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- ARTS MÉCANIQUES.
- cordes employées pour chaque note. La corde vient appuyer sur le sillet dans l’angle que forme avec lui chaque pointe. Ce procédé, généralement employé, a quelques inconvénients. Lorsque le bois ne se trouve pas de très-bonne qualité, il se fend; les pointes se renversant, le piano ne tient pas l’accord et perd de sa qualité.
- M. Ërard eût, il y a longtemps, l’idée de remplacer ce sillet et ces pointes par de petites plaques en cuivre, de forme rectangulaire, dites agrafes, percées d’un ou de plusieurs trous pour passer les cordes, et terminées, à la partie inférieure, par une tige taraudée , pour les visser et les fixer dans le sommier. Chaque corde passe dans un trou pour aller rejoindre la cheville. Par ce procédé, les sillets ne peuvent plus se fendre ; les cordes ont plus de fixité, et se trouvent en contact avec le métal, par la génératrice opposée à celle qui reçoit le choc du marteau, ce qui augmente la sûreté du coup. Derrière la série des agrafes d’un même sommier, M. Ërard place une espèce de sillet ou point d’appui, garni en drap, pour obliger la corde à s’élever en sortant du trou , et à appuyer avec force contre la partie supérieure du trou. Ce procédé a été usité par plusieurs facteurs.
- M, Domeny a ajouté quelques modifications heureuses à ces agrafes ; il a eu l’idée de pratiquer, sur le devant de l’agrafe, une saillie supérieure qui abaisse la corde un peu avant son entrée dans le trou, et sur le derrière de cette même agrafe une saillie inférieure qui relève la corde contre le haut du trou, et remplace la fonction'du sillet garni de drap dont il a été parlé ci-dessus. Cette agrafe présente , sur celles ordinairement usitées, l’avantage de préserver les cordes des frisements qui résultent quelquefois des trous mai fraisés ; elle contribue aussi à rendre moins fréquentes les ruptures des cordes. Le même genre d’agrafe renversée peut être applicable aux pianos droits.
- Par suite de l’exposé qui précède, nous avons l’honneur de vous proposer, au nom du comité des arts mécaniques,
- 1° De remercier M. Domeny de sa communication;
- T D’insérer au Bulletin le présent rapport avec le dessin des agrafes nouvelles de ce facteur.
- Signé Kerris, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 11 octobre 1848.
- Explication des figures de la planche 1084.
- Fig. 1. Partie du sommier et de la table d’harmonie sur lesquels sont tendues les cordes.
- Fig. ü. Vue en élévation latérale et en plan de l’agrafe servant à soutenir les cordes des pianos droits.
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- Fig. 3. Élévation vue de face et plan d’une agrafe pour les pianos carrés et à queue ; les deux dernières figures sont dessinées de grandeur naturelle.
- a, sommier, a', table d’harmonie, b, pointes d’accroche des cordes, ce, chevilles pour monter et descendre les cordes, d, chevalet, ee, agrafes munies d’une queue taraudée pour les fixer dans le sommier, f, agrafe d’une forme particulière pour les pianos carrés, g, saillie supérieure de l’agrafe e. h, saillie inférieure, i, trou dans lequel passe la corde. Chaque agrafe est percée de trois trous pour recevoir autant de cordes.
- INSTRUMENTS DE MUSIQUE.
- Rapport fait par M. Kerris, au nom du comité des arts mécaniques, sur les violons, altos et violoncelles de M. Lapaix, luthier, à Lille.
- Messieurs, nous avons à vous entretenir d’une classe d’instruments qui, depuis longtemps, ont exercé la sagacité et l’émulation des luthiers de tous les pays, et dont l’appréciation a toujours paru difficile et délicate aux artistes.
- Le violon, dont l’origine date environ du xive siècle , paraît être le perfectionnement de la viole et d’un autre instrument nommé rebec, monté seulement de trois cordes, ré, la, mi, au lieu des quatre cordes, sol, ré, la, mi, que possède le violon. Dans le xvf siècle, un célèbre luthier tyrolien, Duiffsprugear, vint s’établir en France , et s’y fit une réputation par la construction des violes. Un peu plus tard, des luthiers français se signalèrent par leur supériorité dans la fabrication des violons, supériorité qui leur fut bientôt enlevée par les luthiers italiens, et surtout par ceux de Crémone. Au premier rang, parmi eux, se placèrent tout d’abord les frères associés Nicolas et André Amati. Les fils d’André, Antoine et Jérôme soutinrent la réputation de leur père, adoptèrent ses formes, et en perfectionnèrent les détails. Leurs instruments avaient un son doux et moelleux, dont la qualité , à ce point de vue , n’a pu être surpassée , mais peu volumineux, en raison de la petitesse de leur patron. Cependant Jérôme fit un second patron plus grand qui approcha quelquefois de la perfection, et son fils Nicolas, qui vivait dans la deuxième moitié du xvne siècle, suivit les mêmes principes; seulement il éleva les éclisses et modifia un peu les voûtes, changements auxquels on attribua des avantages et aussi des inconvénients. Mais la réussite des Amati, notamment d'André, fut surtout complète dans la construction des altos et des violoncelles.
- Jacques Steiner, luthier tyrolien, élève d’Antoine Amati, fit, vers le milieu
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- du xviie siècle, des instruments d’un patron un peu plus petit que celui de son maître, fort recherchés pour la qualité de son extraordinaire de la chanterelle, et cités pour la forme et la hardiesse de leurs ouïes.
- Vint ensuite, au commencement du xvme siècle, Antoine Stradivarius, de Crémone, élève de Nicolas Amati, qui surpassa de beaucoup son maître. Ses instruments, violons , altos et basses, les plus parfaits qu’on ait jamais exécutés, servent encore aujourd’hui de modèles aux luthiers les plus habiles et sont joués presque exclusivement en public par les artistes les plus éminents; ils doivent cette haute réputation à la réunion des qualités du son, de la forme, du vernis et de leur belle exécution.
- On doit citer aussi parmi les grands maîtres, mais au-dessous de Stradivarius , Pierre-André Guarnerius, élève de Jérôme Amati, Joseph Guarnerius, élève de Stradivarius, et enfin, comme plus moderne, Maggini, dont les instruments sont joués aussi de préférence par les grands artistes.
- Il est généralement admis que les instruments à archet, si parfaits qu’ils soient à l’état neuf, gagnent considérablement en qualité par le jeu et par le temps. De là vient le prix toujours croissant des instruments italiens , à mesure qu’ils deviennent plus rares. On doit donc savoir gré à la lutherie moderne des efforts qu’elle a faits, surtout en France, pour rivaliser avec ces anciens instruments ; car ce sont aujourd’hui les luthiers français dont les produits excellent sous le double rapport de l’exécution du travail et de la qualité du son.
- Il convient de distinguer ceux des luthiers qui se sont plus particulièrement adonnés à l’imitation des anciens maîtres, et ceux qui s’en sont écartés par des innovations.
- Parmi les premiers, nous citerons, à Paris, MM. Lupot et Gaud son successeur, Thibout, Chanot jeune , Bernardel et Vuillaume, qui tous ont obtenu de grands succès , tant pour la qualité de leurs instruments que pour la manière dont ils sont exécutés, et qui ont figuré avec le plus grand honneur dans les expositions des produits de l’industrie nationale. M. Vuillaume, surtout, s’est distingué par une ressemblance tellement caractérisée avec les instruments anciens, que les connaisseurs les plus experts pouvaient s’y tromper.
- Au nombre des luthiers ou amateurs qui ont cherché des voies nouvelles, nous compterons Chanot aîné, Félix Savart, M. Rambaux, de Paris, M. Baud, de Versailles, et M. Lapaix, de Lille.
- Chanot aîné, officier du génie maritime, obtint, en 1817, de l’Institut, puis, en 1819, à l’exposition des produits de l’industrie, une appréciation très-favorable sur les nouveaux violons, modifiés suivant ses idées, dans plusieurs
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- INSTRUMENTS DE MUSIQUE.
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- de leurs parties. Cet officier semble avoir accepté ou reproduit une hypothèse du physicien Maupertuis, d’après laquelle la forme des instruments devrait dépendre d’un rapport de longueur entre les fibres ligneuses de la table vibrante et les cordes, en sorte que ces fibres entreraient en mouvement quand elles seraient à l’unisson du son tiré des cordes, ou quand elles en seraient un des harmoniques. Ainsi, dans l’opinion de Chanot, Yâme du violon serait destinée à intercepter, à ses points de contact, la continuité des cordes ligneuses, pour en faire des fibres courtes , propres à favoriser les sons aigus , tandis que l’autre partie de l’instrument serait en rapport avec les sons graves. Cette hypothèse , bien que démentie par les expériences de Chladni, et plus tard par celles de Savart, détermina Chanot à changer l’àme de place. S’il y a eu erreur dans le motif de ce changement, il parait y avoir eu plus de mérite dans quelques autres modifications relatives à la forme générale des instruments et à quelques-uns de leurs détails. Ces modifications consistent dans l’adoption d’une forme qui se rapproche de celle des guitares , dans la suppression des échancrures de la table et des éclisses, dans le remplacement de ces échancrures par une courbe adoucie semblable à celle des guitares, dans une disposition des ouïes autre que celle des violons et basses ordinaires , et enfin dans la suppression du cordier, les extrémités des cordes se trouvant fixées sur la table même à 8 ou 10 centimètres derrière le chevalet.
- Malgré l’accueil honorable fait aux innovations de Chanot et le placement d’un assez grand nombre d’instruments sortis de sa fabrique, les préventions et l’influence des anciennes habitudes en arrêtèrent bientôt la propagation, sans qu’il paraisse être intervenu une appréciation bien concluante des divers principes qui avaient présidé à leur construction. Mais il reste au moins à Chanot le mérite d’avoir ouvert la carrière où il a été suivi par d’autres expérimentateurs, et notamment par Félix Savart, bien connu par ses travaux sur l’acoustique, et dont les études ont jeté un grand jour sur la théorie des instruments à archet.
- Savart, reprenant et développant les expériences de Chladni sur la vibration et la sonorité des plaques en cuivre , en verre , en bois , etc., démontra l’influence de la symétrie de ces plaques , de leur homogénéité, de leur uniformité d’épaisseur sur la régularité des figures affectées par les grains de sable répandus à leur surface, c’est-à-dire sur la répartition des nœuds et des ventres de vibration. Il fit voir que cette régularité est un indice de la production des sons les plus beaux et les plus agréables , et il en déduisit les conditions les plus avantageuses, selon lui, pour la construction des instruments à archet.
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- Les expériences de Savart mettent bien en évidence la véritable fonction du chevalet et de lame d’un violon. Ces corps sont destinés à transmettre aux tables les mouvements de la corde, sans que la période de ces mouvements soit changée : les éclisses et les tasseaux remplissent des fonctions analogues. Ainsi, dans la construction des instruments à cordes, on emploie principalement deux corps, l’un des vibrations duquel on peut se rendre parfaitement maître, c’est-à-dire dont on peut tirer tous les sons possibles, et l’autre destiné à remédier à leur faiblesse par des vibrations dont la période est égale à celle des oscillations des corps primitivement mis en jeu.
- En suivant l’analogie, on doit reconnaître, avec Savart, que, indépendamment du chevalet, de l’âme, des tasseaux et des éclisses, la barre d’harmonie, le cordier et le manche même vibrent par communication, en raison de leur constitution et de leur nature.
- Mettant à profit les résultats de ses recherches, Savart entreprit d’assigner la coupe et la forme extérieure d’un violon qui, dans la limite des dimensions usitées, réunirait, au plus haut degré , les qualités les plus précieuses , savoir la pureté des sons, leur égalité et l’ampleur de leur volume. D’après la théorie, ces avantages doivent s’obtenir, non pas avec les tables ordinaires des violons, basses , etc., à courbure ondulée , mais avec des tables planes et non rabotées, dans lesquelles les fibres sont restées intactes, et mieux disposées pour la production des vibrations régulières. Toutefois, au lieu d’une épaisseur uniforme, Savart a donné aux tables de ses instruments un amincissement, à partir de l’axe ou l’ébranlement est exécuté par le contact du chevalet, et afin de leur conserver, autour de cet axe, une symétrie d’élasticité parfaite, il a fait sa table de deux pièces tirées d’un même morceau , non pas en le sciant, mais en le fendant et le dédoublant dans le sens de ses fibres longitudinales.
- Ainsi constitué, le violon de Savart avait la longueur d’un violon ordinaire, et la forme d’un trapèze dont le plus petit des côtés parallèles était situé près du manche. Il n’avait pas d’échancrures latérales pour livrer passage à l’archet, parce que, d’après la théorie, ces échancrures auraient rompu la régularité des vibrations. Le chevalet avait été exhaussé en conséquence. Mais, en résumé, l’instrument avait une forme incommode à jouer et difficile à admettre dans la pratique. Aussi, malgré les épreuves les plus satisfaisantes auxquelles il fut soumis en 1819, devant l’Académie des sciences, entre les mains de Lefebvre, chef d’orchestre du théâtre Feydeau, qui en tirait des effets aussi beaux que d’un excellent violon de Guarnerius, les exécutants ne voulurent pas se familiariser avec ce nouveau modèle, et les belles recherches
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- qui eu avaient inspiré la construction ne portèrent pas les fruits qu’on en pouvait attendre.
- M. Rambaux, de Paris, a présenté, à l’exposition de 1844, un violon dit à fil droit, construit d’après le principe suivant. La table et le fond sont, chacun, en deux pièces collées ensemble dans le sens de l’axe longitudinal ; ces pièces sont d’abord préparées planes et adossées l’une à l’autre suivant un joint plan et rectiligne formant le sommet de la voûte qu’on veut obtenir dans le sens transversal. Cela fait , on enlève du bois vers les deux extrémités du joint et sur chacune de ses faces, de manière que le rapprochement de celles-ci puisse s’effectuer en même temps qu’une flexion dans le sens de la longueur. Cet artifice de construction, qui exige une adresse et des précautions toutes particulières de la part du luthier, procure la voûte longitudinale de la table, sans couper les fils du bois, et réalise ainsi une des conditions physiques auxquelles les expérimentateurs, et notamment Félix Smart, ont attaché beaucoup d’importance. L’expérience a confirmé le mérite de cette innovation, bien perfectionnée, depuis son origine , par M. Rambaux. Ce luthier la présente d’ailleurs comme étant plutôt une imitation intelligente des procédés des anciens maîtres italiens, dont les instruments, suivant ses observations, sont d’autant meilleurs qu’on y trouve moins d’interruption dans le prolongement des fils du bois à la surface de la table et du fond.
- M. Baud, amateur, de Versailles, considérant que, depuis l’époque brillante des luthiers italiens, le diapason s'est beaucoup élevé, et qu’il en est résulté un grand accroissement dans la pression totale des cordes sur la table, accroissement que les expérimentateurs évaluent de 47 livres au temps de Mersenne, à 80 livres, suivant les expériences de Charles, dans ces derniers temps, a eu l’idée de laisser au bois de la table toute l’épaisseur qu’on lui ôte ordinairement pour la remplacer par la barre d’harmonie, et de donner des proportions nouvelles à son patron. La section de musique de l’Institut reconnut que ces modifications procuraient une plus grande vibration, mais objecta que la beauté du timbre ne répondait pas à ce nouvel avantage. Il est fâcheux que M. BaudJ qui n’était pas luthier de profession, n ait pas choisi le bois le plus convenable pour la construction de son violon, ce qui a laissé, dans le temps, du doute sur la valeur réelle de son innovation.
- Au surplus, il résulte, des investigations nouvelles auxquelles nous nous sommes livrés, que l’idée de M. Baud ne serait pas tout à fait inconnue dans la pratique des anciens luthiers italiens, et qu'elle aurait été abandonnée comme inférieure .au système de la barre d'harmonie ordinaire faite avec une pièce de rapport ; celle-ci, au moment du collage, ne s’applique contre le dessous de la table qu’au moyen d’une inflexion qui en redresse les deux
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- extrémités jusqu’au contact de ladite table. Ainsi collée, la barre constitue une sorte de ressort servant d’armature, et soutenant la table contre la charge du chevalet plus efficacement, d’après l’avis des luthiers, que s’il n’y avait pas eu de flexion au moment du collage, ou que la barre eût été ménagée en relief au-dessous de la pièce employée à former la table.
- M. Lapaix, de Lille, considérant la diversité des résultats obtenus dans la qualité des violons fabriqués par la même main et dans les mêmes conditions, sans éfiides préalables qui fassent connaître la propriété des bois employés, s’est appliqué à rechercher les caractères acoustiques que devraient présenter les morceaux de bois destinés à former des tables. Voici comment il procède dans ses expériences, et les indications qu’il a adoptées pour lui servir de guide :
- Quand les deux pièces de bois qui doivent former le fond et la table sont débitées rectangulairement, en longueur, largeur et épaisseur, M. Lapaix les saisit au milieu avec une vis de pression, et les fait vibrer, à l’aide d’un archet, comme dans certaines expériences de physique. Il acquiert, dit-il, la certitude de l’uniformité dans les ondes sonores, si la droite et la gauche produisent , sous l’action de l’archet, un son ou ton déterminé qui doit être exactement le même.
- Lorsque , ensuite, les deux planches sont découpées suivant le contour du violon, et que l’une des faces est dégrossie de manière à présenter la convexité de l’extérieur des tables, M. Lapaix les soumet à une nouvelle épreuve plus détaillée que la première, en les maintenant toujours pressées à leur centre , et la propriété de leur qualité vibratoire lui paraît définitivement acquise, si chacune d’elles produit identiquement
- 1° Le ton de la, à 1 pouce et demi ou Ai millimètres environ du coin d’en bas æ, fig. A ;
- 2° Le ton de ré, à la même distance du coin d’en haut b;
- 3a L’octave de ce ré, au talon c, près du manche;
- A0 Le ton de la, une quarte au-dessous du ré, en bas du bouton d;
- 5° Le ton de mi, dans l’ouïe ou échancrure, au point e, à un demi-pouce ou 13 millimètres et demi environ de la saillie inférieure ;
- 6° Enfin, au centre de l’échancrure f, le ton de mi, une quinte au-dessus du la du diapason.
- S’il arrive, dans le cours des expériences, que les sons indiqués ne sortent pas, M. Lapaix essaye de les obtenir en retouchant les Épaisseurs dans les parties correspondantes aux places frottées par l’archet pour la production du son.
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- Enfin, si le morceau de bois demeure rebelle à ces retouches et ne produit pas les sons voulus, il est mis au rebut.
- Sans révoquer en doute l’exactitude des sons obtenus par M. Lapaix dans les expériences successives auxquelles il soumet ses tables, nous devons dire , cependant, qu’en essayant de vérifier les indications dont il s’agit nous n’avons pas toujours fait sortir précisément les notes indiquées, bien que la même note se produisît symétriquement de chaque côté des tables préparées par M. Lapaix et considérées par lui comme étant dans de bonnes conditions.
- Au reste, M. Lapaix paraît attacher plus d’importance à la symétrie des notes produites qu’au nom des notes citées plus haut, assurant, néanmoins, que plus il y a d’identité dans les résultats des expériences faites sur des tables différentes, plus il y a de similitude dans les qualités des instruments achevés.
- Les éclisses de M. Lapaix diffèrent des éclisses ordinaires; celles-ci sont formées de six planchettes d’érable d’environ une demi-ligne d’épaisseur et 14 lignes de hauteur, dont le fil suit le pourtour de l’instrument, et redoublées chacune à l’intérieur par deux contre-éclisses en bois de sapin de 1 ligne d’épaisseur et 3 lignes de largeur, afin d’augmenter l’épaisseur des bords sur lesquels se colle la table. Les joints de ces éléments sont consolidés par quatre coins aux angles des ouïes , et par deux tasseaux à l’emplacement du bouton et du manche. Les ressauts intérieurs occasionnés par ces pièces de rapport ont été regardés par M. Lapaix comme nuisibles à la propagation des ondes sonores; il les remplace, ainsi que les contre-éclisses , en doublant intérieurement les éclisses par du bois de sapin placé debout, d’une épaisseur plus considérable dans l’emplacement des coins et tasseaux, de manière à produire une courbe continue qui fasse disparaître les angles et les ressauts. En outre, ce doublage est légèrement évidé en forme de gorge, à l’intérieur, dans toute son étendue. Par ce procédé, M. Lapaix pense augmenter le volume de son de l’instrument, et faire circuler plus librement les ondes sonores.
- Il convient de mentionner ici que certains luthiers ont employé des doublages d’éclisse en bois debout, pour restituer de la force au son d’anciens instruments, qui s’était affaibli par le temps et l’usage.
- M. Lapaix a aussi porté son attention sur les voûtes, dont il diminue la convexité, afin de leur donner plus de souplesse, dit-il, et d’obtenir plus de moelleux et de promptitude dans l’émission du son; mais M. Lapaix conservé à ses tables toute l’épaisseur nécessaire à la solidité et à l’amélioration du violon , évitant ainsi un inconvénient bien connu dans la pratique des luthiers,
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- auquel on s’exposerait en amincissant outre mesure certaines parties de la table, de manière à donner une qualité de son précoce à l’instrument, aux dépens de la résistance et de la durée dont il serait alors susceptible.
- Enfin lu même luthier a fait une étude particulière sur la forme et la nature de l’âme, qui joue un rôle si important dans le violon; mais il parait s’être tenu à l’adoption des âmes généralement employées par les grands maîtres. . .y
- Les recherches expérimentales de M. Lapaix ne s’appliquent pas seulement à la construction des violons, mais aussi à celle des instruments de la même famille, comme les altos, les violoncelles, etc.
- Il nous reste maintenant à parler du son et des qualités des instruments de M. Lapaix, en nous appuyant sur le jugement favorable d’artistes distingués en violon, alto et basse, qui ont bien voulu nous aider de leur concours et de leur talent dans cette appréciation.
- Le violon que ce luthier a présenté à la Société, essayé comparativement avec d’anciens violons des maîtres italiens, a paru plus puissant et plus fort * de son ; mais les artistes le trouvent, comme ils disent, gros et manquant un peu de finesse et de distinction, qualités que M. Lapaix pense pouvoir obtenir par le changement de la place et des proportions de l’âme. Quoi qu’il en soit, la chanterelle et la seconde sont égales et d’un beau timbre : la troisième a paru un peu faible ; mais la quatrième se fait remarquer surtout par un son grave , large et rond, et ne se refuse jamais à l’attaque de l’archet, si vigoureuse qu’elle soit. Peut-être l’égalité serait-elle parfaite, si ce violon était monté en cordes mieux choisies et appropriées à l’instrument. Toutefois il est à regretter que M. Lapaix, dans ses expériences pratiques, n’ait pas résolu le problème qui consisterait à empêcher de râler le second si bémol de la quatrième , que l’on trouve défectueux dans tous les violons, même dans ceux des meilleurs maîtres. *
- L’alto de M. Lapaix a été comparé à un alto de Stradivarius fait avec une basse de viole recoupée ; le son en a paru supérieur pour la force, mais un peu aigre, manquant de moelleux et de douceur, qualités qui se trouvent rarement dans les instruments neufs, et qu’ils acquièrent par le temps et par le service. Les trois premières cordes, surtout la troisième, sol, ont paru très-bonnes ; mais la quatrième moins heureuse. Le fa dièse, qui râle souvent dans les altos, avait ici le même défaut. La forme allongée et moins large près du manche est commode aux artistes, parce qu’elle facilite le démanché.
- Enfin le violoncelle, comparé à d’autres instruments des bons luthiers, a paru avoir plus de puissance, mais le son un peu gros et moins distingué.
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- Cet instrument, ayant beaucoup de mordant, donne lieu d’espérer qu’il s’améliorera par l’usage et le temps. ,
- M. Lapai® nous permettra, en terminant ce travail, de faire remarquer qu’on pourrait peut-être désirer, dans ses instruments, un peu plus de fini dans l’exécution, au point de vue de la coupe du bois, et un meilleur choix dans la couleur du vernis, le jaune, qui est usité principalement dans les instruments communs, ôte cette physionomie d’instrument d’auteur, que caractérise le rouge-brun ou le rouge-acajou des maîtres italiens, et qui plaît davantage aux amateurs. Nous ne doutons pas qu’un artiste aussi distingué et aussi persévérant que M. Lapaix ne s’empresse de faire disparaître ces petites négligences auxquelles les amateurs attachent peut-être beaucoup d’import an ce. ; - " 1 s ,
- En somme , les instruments de M. Lapaix sont dignes de fixer l’attention de la Société d’une manière toute particulière, et nous croyons devoir mentionner ici les éloges les plus flatteurs qu’ils ont déjà obtenus, et qui sont constatés par les certificats d’un grand nombre d’artistes éminents, français et étrangers, parmi lesquels nous citerons les noms de MM. de Bériot, Vieux-temps, Alard, Th. Hauman) L. Massard, etc.
- Par suite de T exposé qui précède, nous avons l’honneur de vous proposer, au nom du comité des arts mécaniques, V ’
- 1° De remercier M. Lapaix de ses intéressantes communications, en félicitant ce luthier des résultats auxquels il est parvenu ;
- 2° D’insérer le présent rapport au Bulletin , avec les dessins nécessaires à son intelligence ; ; V -
- 3° D’en faire tirer à part 500 exemplaires pour les remettre à M. Lapaix.
- Signé Kkrris , rapporteur.
- Approuvé en séance, le 22 novembre 1848. ' ‘ :
- Explication des figures de la planche 108i.
- fig. A. Moitié du violon de M. Lapaix r montrant la forme de cet instrument, et l’épaisseur des bois employés dans sa construction.
- Fig. 5. Section verticale du violon, indiquant les courbes du fond g et de la table h. 1
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- MACHINES-OUTILS.
- Description d’une machine à raboter et dresser les écrous, par M. Cavé, ingénieur-mécanicien y rue du Faubourg-Saint-Denis, 214.
- Les écrous employés dans l’industrie sont généralement carrés ou de forme hexagonale. Au travail de la lime pour les dresser, on a substitué, depuis quelque temps, des machines qui leur donnent une forme rigoureusement exacte. On en distingue de deux espèces : la première est celle dans laquelle l’outil est une fraise circulaire en acier trempé, entaillée, sur une face et sur son contour extérieur, de dents triangulaires, comme une roue à rochet à fine denture. Cette fraise est fixée à l’extrémité d’un arbre horizontal auquel on donne un mouvement de rotation plus ou moins rapide. L’écrou à raboter est enfilé sur une broche verticale fixée au milieu d’un chariot qui s’avance très-lentement à mesure que la fraise tourne sur elle-même; quand une face est dressée, on tourne le disque portant l’écrou, au moyen d’une alidade qui correspond à une division préalablement faite au-dessous.
- Dans cette machine, on ne taille qu’une seule face de l’écrou à la fois, et comme on est toujours limité par la dimension de la fraise, qui n’a que 10 à 12 centimètres de diamètre , il en résulte qu’on ne peut placer que deux et souvent même qu’un seul écrou sur la machine.
- Dans le second système de machine à dresser les écrous, l’opération s’effectue par des outils en forme de burins. Cette machine, due à M. Mariotte , présente, sur celle dont nous venons de parler, l’avantage d’occuper peu de place et d’être moins dispendieuse; de plus, comme elle est disposée pour travailler avec deux outils à la fois, elle permet de dresser deux faces opposées de l’écrou en même temps, et la course que l’on peut donner aux outils est toujours assez grande pour pouvoir placer, au besoin, deux ou trois écrous l’un au-dessus de l’autre.
- M. Decoster emploie une machine à dresser deux surfaces opposées des écrous à l’aide de deux fraises plates parallèles qui avancent graduellement, et toujours d’une faible quantité à la fois, par une vis de rappel qu’on manœuvre à la main. ,
- Dans les machines que nous venons de mentionner, les écrous à raboter sont fixes, et les fraises ou burins sont animés soit d’un mouvement de rotation continu, soit d’un mouvement vertical d’ascension et de descente. Dans la machine de M. Cavé, au contraire, les écrous sont montés sur la circonférence d’un mandrin tournant, et les burins qui travaillent la matière sont fixes. Ce mandrin peut recevoir un grand nombre d’écrous à la fois, et l’opé-
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- MACHINES-OUTILS* 731
- ration se fait avec autant de promptitude que de régularité. La construction de cette machine est d’ailleurs peu compliquée, et la description suivante suffira pour en faire comprendre les fonctions.
- La fig. 1, pl. 1085, représente la machine à raboter vue en élévation et sur sa longueur,
- Fig. 1. La même vue en plan.
- Fig. 3. Élévation latérale du côté opposé à l’outil.
- Fig. A. Élévation latérale du côté de l’outil.
- Fig. 5. Section verticale d’une partie du mandrin dans lequel sont montés les écrous.
- Fig. 6. Sectiondiorizontale du même.
- Fig. 7 et 8. Pièces détachées servant à ajuster les écrous.
- Fig. 9 et 10. Burins et crochets, pour raboter et dresser les écrous.
- Les fig. 5 à 10 sont dessinées sur une plus grande échelle.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans toutes les figures.
- k A, bâtis de la machine.
- B B, poupées recevant l’arbre du tour.
- C C, vis de pression adaptées sur les poupées.
- D, vis latérale pour serrer l’arbre du tour. ^
- E, mandrin portant dans l’intérieur de sa circonférence les écrous a a, enfilés sur une broche filetée par l’un de ses bouts pour recevoir un écrou plus petit a\ au moyen duquel on serre les écrous les uns contre les autres.
- F, vis de rappel dont l’une des extrémités s’appuie sur le moyeu G du mandrin, et dont l’autre porte un carré pour recevoir la clef avec laquelle on les fait tourner. Ces vis sont munies d’embases b b s’appuyant contre la circonférence intérieure du mandrin.
- H, pièces coniques montées sur un écrou I, glissant dans les coulisses J des rayons du mandrin. Ces pièces, qui reçoivent les extrémités des broches sur lesquelles les écrous a a sont enfilés, sont destinées à maintenir leur écartement et à assurer leur fixité ; à cet effet, l’écrou I est muni, par derrière , d’une vis qu’on serre fortement au moyen du petit écrou c; de cette manière, rien ne peut bouger, ce qui est nécessaire pour que le burin enlève facilement la matière et ne broute pas. Lorsque le travail est terminé et qu’on veut enlever les écrous pour les remplacer par une nouvelle série , on desserre l’écrou c, puis on amène les pièces H en tournant les vis de rappel, enfin on desserre les petits écrous a .
- L, banc muni de règles d d sur lesquelles chemine le chariot porte-outil M.
- N, burin pour raboter les écrous,
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- TSâ ARTS MÉCANIQUES, — MACHINES-OUTILS.
- f e e, vis pour faire avancer le chariot latéralement afin que le burin puisse mordre plus ou moins sur la matière. \> ^ n > ja
- O, grande vis de rappel passant dans un écrou fixé au-dessous du chariot ; elle est destinée à le faire cheminer sur le banc L. L’une des extrémités de cette vis porte une manivelle P, et l’autre une roue d’angle Q menée par une seconde roue d’angle R fixée sur l’arbre S. Sur cet arbre est monté un plateau T dont la circonférence porte des échancrures qui échappent par l’effet d’une touche f adaptée au mandrin. . • .. . . ? ? ;
- La transmission du mouvement a lieu de la manière suivante ; . i La poulie à courroie U, qui communique avec un moteur quelconque, fait corps avec un manchon Y, dans lequel passe l’arbre X du tour. À ce manchon est adaptée une roue dentée Y, qui commande une autre roue Z montée sur l’arbre A'. Cet arbre porte un pignon B\ engrenant avec une grande roue dentée C', laquelle entraîne l’arbre X et, par suite, le mandrin E. ...,,, . f
- La marche du burin est réglée par le plateau T, qui, recevant son impulsion de la touche f, à chaque révolution du mandrin, fait avancer le burin d’une quantité donnée. ,, , ^; r
- Lorsqu’on veut obtenir une grande vitesse , on rend la poulie U solidaire avec l’arbre moteur X. A cet effet, on emploie un système de débrayage composé d’un axe horizontal D', muni, à chaque extrémité, d’une tringle E' attachée au montant F' portant les coussinets de l’arbre A'; cet arbre est mobile à sa base sur un axe g. Quand on manoeuvre le système en faisant tourner l’axe D' au moyen de la poignée G', le montant F’ bascule, les dents de la roue Z se dégagent de celles de la roue Y, et celles du pignon B' des dents de la roue C'. Cette opération étant terminée, il s’agit de rendre la poulie Y solidaire avec l’arbre du tour X. À cet effet, on fait agir la fourchette d’embrayage H' par la poignée T. Cette fourchette, qui embrasse la roue Y, la pousse à droite et avec elle le manchon Y et la poulie U; le moyeu de cette dernière est entaillé d’une rainure dans laquelle entre une languette de l’arbre X ; c’est ainsi que ce dernier reçoit directement son mouvement du moteur principal. :
- JY verrou pour arrêter la fourchette d’embrayage H'. ( D. )
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- ARTS CHIMIQUES. — incendie.
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- Rapport fait par M. Chevallier, au nom du comité des arts chimiques, sur un
- mémoire de M. Gaudin, intitulé, Moyen à mettre en pratique pour arrêter
- les grands incendies, et sur une note de M. Milonas sur le même sujet.
- On a beaucoup disserté sur les propriétés du feu, sur les moyens de le développer, et très-peu sur ceux de l’éteindre. Il est constant que la terre délayée, la houe, le fumier y concourent beaucoup mieux que l’eau; la terre lui résiste par sa propre inertie, elle conserve l’eau, empêche sa prompte évaporation. Souvent l’eau projetée sur le feu, en trop petite quantité, l’anime et se vaporise; il faut l’employer en fortes masses et avec une certaine continuité pour : ; : 1 éteindre de grands foyers. ;
- Tu. Ribocd. Vues et projet de résolution sur les moyens de rendre les incendies plus rares et moins funestes ; brochure in-8, an VIII.
- Messieurs, vous avez renvoyé au comité des arts chimiques 1° une note de M. Gaudin sur un moyen à mettre en pratique pour arrêter les grands incendies, moyen qui consiste à mêler à l’eau un sel déliquescent, le muriate de chaux du commerce, sel qui, d’après M. Gaudin, est tellement efficace, que l’emploi d’une seule pompe alimentée par la solution de ce sel aurait, dans un cas d’incendie, l’action de dix pompes alimentées par l’eau ; %° une note de M. Milonas, ancien consul, qui établit qu’en jetant au milieu des flammes, au moyen de tubes à air comprimé , différentes substances, au nombre desquelles il place le soufre , on pourrait déterminer l’extinction des feux.
- Les membres du comité à qui ces travaux ont été soumis ont pris connaissance des pièces déposées par MM. Gaudin et Milonas; ils viennent vous rendre compte de leurs observations.
- La note adressée par M. Gaudin à la Société établit comment ce savant a été conduit à reconnaître les propriétés du muriate de chaux contre l’incendie , les démarches qu’il a faites ensuite pour que l’emploi de ce sel fût essayé, les refus qu’il eut à essuyer.
- M. Gaudin dit aussi 1° qu’il a fait à Chàlons-sur-Saône un essai de son procédé, essai qui fut des plus favorables par les résultats obtenus ;
- T Qu’un rapport de M. Combes fut fait à M. le ministre des travaux publics, et que ce rapport est terminé par la conclusion suivante : Il serait très-utile de faire un essai en grand sur le procédé de M. Gaudin, au point de vue des théâtres et des usines;
- 3° Qu’il n’a pu obtenir du chef des sapeurs-pompiers de faire un essai sur les théâtres, ce dernier alléguant que le procédé de M. Gaudin ne pouvait être mis en pratique, parce qu’il faut, chaque jour, faire jouer les robinets; ce qui
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- consommerait en pure perte Vapprovisionnement de l’eau chargée de muriate de chaux. .. ,', : b'-'.b . - /A» "
- M. Gaudin établit ensuite quels sont, selon lui , les avantages du sel qu’il signale sur d’autres sels, îalun, le sulfate de fer, qui déjà ont été proposés; il dit que c’est à tort qu’on a considéré les bois et les cordes enduits de muriate de chaux comme étant susceptibles d’attirer l’humidité de l’air, d’attaquer les métaux, etc. y . :
- M* Gaudin ayant demandé que des expériences fussent faites, la commission prise dans le sein du comité des arts chimiques, considérant que l’incendie est un fléau déplorable qui, chaque année, détruit non-seulement des valeurs considérables, mais encore donne lieu à des malheurs irréparables T demanda à la Société de mettre à la disposition de M. Gaudin la somme qu’il avait jugée nécessaire pour procéder à une expérience.
- Cette expérience a eu lieu, le 6 novembre 1818, dans un local appartenant à M. Perrot, ingénieur civil et membre de la Société. À cette expérience assistaient plusieurs membres de la Société, des délégués de divers ministères et de la préfecture de police. , a, - n : , ; î î i
- Avant de rendre compte du résultat de T expérience » nous devons dire que divers moyens, que diverses substances ont été proposés, soit pour prévenir les incendies, soit pour les combattre avec plus d’efficacité. Nous allons, aussi brièvement que possible , indiquer ici quels sont les modes proposés jusqu’ici, divisant ces modes en deux classes ; les moyens préservatifs, les moyens d’extinction. , ' "K '.' ' ' ••
- Moyens préservatifs. — Les moyens préservatifs indiqués jusqu’ici sont peu nombreux; voici quels sont ces moyens : ïr ,
- En 1775, le 20 juin, M. Hartley fit, à Buklesbury (Angleterre), une expérience à l’aide d’un procédé de son invention, et qui avait pour but d’empêcher l’incendie ; ce procédé consistait à garnir la partie intérieure des murs de plaques de tôle aussi minces que des feuilles de papier. Ces plaques de tôle étaient enduites d’un vernis qui jouissait de la propriété d’arrêter la flamme ; les épreuves faites à l’aide d’un feu très-violent démontrèrent les avantages de cette méthode, mais M. Hartley ne fit pas connaître son secret, et ce procédé ne put être mis à exécution. ( Dictionnaire de l’industrie ou "Collection des procédés utiles, 1776, p. 378. ) , - ^ vA; b -
- On trouve, dans le Dictionnaire de l’industrie publié en 1786, la description d’un moyen de rendre les bois incombustibles ; ce moyen consiste à faire bouillir ces bois dans de l’eau chargée de sels, tels que le sel marin, le vi-
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- INCENDIE.
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- triol, l’alun, mêlés ensemble. Ces sels, dit l’auteur de l’article, communiquent au bois la vertu de résister à l’action des flammes (1).
- M. /. H. Hassenfratz, dans son ouvrage de Y Art du charpentier, publié en l’an XI, traite des moyens employés pour rendre les bois incombustibles. Le plus efficace, dit-il, pour empêcher l’incendie, consiste à empêcher le bois de se trouver en contact avec l’oxygène.
- Ces moyens sont 1° l’imbibition du bois à l’aide d’une solution saline ; T le recouvrement des bois de matières incombustibles.
- Pour la première de ces opérations, il propose le sulfate d’alumine, celui de soude, et les muriates de ces deux dernières bases.
- Pour la deuxième, il indique l’emploi, sous la forme d’enduit, de deux sortes de mortiers : l’un composé d’une partie de chaux vive, de deux parties de sable et de trois parties de foin haché, dont il attribue l’invention à milord Mahon; l’autre est composé d’argile délayée dans de l’eau dans laquelle on a mêlé de la colle.
- On trouve, dans un mémoire publié, en 1821, par M. de Hemptine (2), que Brugnatelli a fait un grand nombre d’expériences pour rendre le papier incombustible : il a reconnu que l’oxyde de potassium et de silicium, le mu-riate de potasse, le sulfate d’alumine, de soude et de potasse, employés seuls, garantissaient le papier des atteintes du feu; que le papier se charbonnait par le contact du feu sans tomber en poussière comme le papier ordinaire, ce qui le fit comparer à du papier pétrifié;
- Que M. Hermhstaedt ayant observé que le papier trempé dans la liqueur siliceuse attirait l’humidité de l’air, il suffisait de le tremper dans une dissolution de sulfate de fer pour le rendre incombustible;
- Qu’un M. Delisle avait trouvé une préparation pour rendre le papier à gar-gousse incombustible, dont il faisait mystère ;
- Que les sulfates de fer, de potasse , de soude, et les muriates de ces deux dernières bases, de même que l’alun, qui ont été proposés pour rendre les substances végétales incombustibles, n’empêchent pas la formation de la flamme, mais garantissent plus ou moins le charbon de la combustion par la
- (1) L’action préservatrice du sulfate d’alumine et de potasse fut constatée dans une mine d’alun; là, les douves d’un tonneau qui avait servi à mettre de ce sel ayant été jetées au feu, on vit. qu’elles ne brûlèrent pas, et que, malgré la violence du feu, on ne put, pendant leur destruction, observer la moindre flamme.
- La découverte de rendre les bois incombustibles n’est pas aussi nouvelle qu’elle pourrait le paraître. Rabelais, dans le 2e livre de son Pantagruel, chap. 50, parle d’une tour de bois, laquelle Sylla ne peut oncques faire brûler pour ce que Archelaüs, gouverneur de la ville ( Pyrée, dans PAttique J pour le roi Mithridate, l’avait toute enduite d’alun.
- (2) Annales de l’industrie nationale et étrangère, p. 61.
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- couche de sel ou d’alcali qu’ils laissent sur ce dernier ; cependant le papier et la toile qui ont été préparés avec ces substances salines ou avec d’autres sels, à l’exception des nitrates et des chlorates, s’enflamment moins vite que dans leur état ordinaire ;
- Que M. Gay-Lussac a reconnu que du linge trempé dans du phosphate d’ammoniaque et séché devient incombustible; le sel se fond au feu, l’ammoniaque se dégage, il reste autour de chaque fil une sorte de vernis d’acide phosphorique qui le garantit très-bien.
- Enfin M. de Hemptine signale les avantages qui peuvent résulter de l’emploi du sulfate d’ammoniaque, du borate d’ammoniaque , du muriate d’ammoniaque , et du muriate de chaux qu’il désigne sous le nom d’ antiflamme 3 à cause de son affinité pour l’eau, du carbonate de potasse neutre, du sulfate de zinc qui, mélangé , pourrait peut-être servir avantageusement à la confection des cartouches.
- Le phosphate d’ammoniaque ne peut empêcher le bois de donner de la flamme. M. de Hemptine propose, pour remédier à cet inconvénient, de char-bonner le bois de quelques millimètres, et de le bien imbiber ensuite de solution de phosphate ou de borate d’ammoniaque.
- Il propose également de recouvrir le bois d’une enveloppe de toile préparée avec les sels décrits plus haut.
- En 18^5, M. Fuchs, membre de l’Académie des sciences de Munich, fit connaître qu’il avait trouvé un enduit qui rend incombustibles le bois, les toiles , etc., et qui n’est autre chose qu’une combinaison saturée de silice et d’alcali, qu’on obtient en faisant dissoudre jusqu’à saturation, dans une lessive d’alcali caustique, de la terre siliceuse convenablement préparée (1) ; en arrosant avec ce mélange les matières qu’on veut garantir du feu et de l’humidité , elles se couvrent d’un enduit vitreux qui les conserve parfaitement. Les épreuves faites sur un modèle de salle de spectacle garnie de ses agrès, décorations, coulisses, etc., ont eu tout le succès désirable; aussi le gouvernement bavarois a-t-il chargé l’auteur de ce procédé de l’appliquer à la salle de spectacle de Munich : en conséquence , tous les bois de cette salle furent préparés par le procédé indiqué. La dépense est, selon M. Fuchs, peu considérable, eu égard à l’importance et à l’utilité du procédé , car 100 pieds carrés de surface de bois ne coûtèrent, pour la préparation, que 2 fr. 50 (2).
- (1) La préparation du verre soluble se fait par la voie sèche en fondant dans un creuset de terre un mélange de 45 parties de quartz pulvérisé et de 30 parties de potasse purifiée1 2 et de 5 parties de charbon en poudre.
- (2) Le procédé de M. Fuchs a dû être employé pour préparer les bois de construction du théâtre de Munich j mais on a reculé devant la dépense, et ce projet n’a pas été mis à exécution. M. Gaultier
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- On sait qu’en 1836 M. Durios prit un brevet pour des procédés propres à Tendre incombustibles les bois, toiles, papiers et autres substances végétales (1).
- Des expériences de ce procédé furent faites devant une commission nommée à cet effet ; mais différentes causes indépendantes de la bonté du procédé s’opposèrent à son adoption.
- Depuis, d’autres essais ont été faits à Paris, et M. le colonel Paulin fut appelé à examiner les procédés présentés par M. Lisbonne, aujourd’hui capitaine dans la garde républicaine ; mais M. Paulin crut remarquer que des toiles qui lui avaient été présentées, et qui brûlèrent sans s’enflammer lorsqu’on fit l’essai, brûlèrent plus tard avec flamme lorsqu’elles eurent été abandonnées pendant quelque temps au contact de l’air.
- Quoi qu’il en soit, nous pensons que les faits signalés jusqu’ici présentent assez d’importance, et qu’il eût été intéressant de s’occuper de la question de savoir s’il est possible de rendre incombustibles les matériaux de construction et quels seraient les moyens à mettre en pratique. .
- Moyens relatifs à l’extinction. — On trouve , dans l’histoire de l’Académie des sciences pour 1722, que M. Geoffr(yy fit de nombreuses recherches à l’occasion d’un prétendu secret pour éteindre le feu dans les incendies; ce secret consistait à avoir un baril plein d’eau, recevant dans son intérieur une boîte de fer-blanc remplie de poudre à canon. Lorsqu’on voulait éteindre l’incendie , on roulait le baril près du foyer, on mettait le feu à la boîte de poudre par une fusée ; aussitôt la boîte et le baril, en éclatant, éteignaient l’incendie par le vide causé par la raréfaction de l’air et par la projection de l’eau en petits jets sur toutes les parties embrasées.
- Une expérience à l’aide de ce moyen fut*faite, le jeudi 10 décembre 1722, par M. de Réaumur, en présence du cardinal Fleury, alors premier ministre, dans l’avant-cour de l’hôtel des Invalides. Là on avait construit une espèce de baraque en bois sur un plan carré ; quelques-unes des planches qui la composaient avaient été enduites de poix : l’intérieur de cette baraque contenait quelques morceaux de cordages goudronnés et roulés, et qui étaient placés
- de Claubry rappelle que le procédé de Fuchs, pour obtenir par voie sèche le verre soluble, a été indiqué depuis longtemps dans les ouvrages allemands. (Voy. Archives des inventions et découvertes, t. XX, p. 293. )
- (lj On lit, dans le Journal de Paris du 25 octobre 1781, qu’un habitant de Vienne en Autriche avait trouvé le secret de préparer les toiles des décorations de spcclaclés, de manière à ce qu’elles ne fussent point sujettes à occasionner des incendies; on trouve encore, dans divers ouvrages, la description d’expériences faites à l’aide de bois qui résistaient à l’action du feu, mais on ne trouve aucune indication sur les moyens à meltre en usage.
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- auprès des ouvertures qui avaient été pratiquées pour faciliter l’incendie.
- On conduisit deux tonneaux ou boîtes à poudre dans l’intérieur de la baraque; le feu fut mis ensuite. Au bout de deux minutes, l’explosion se fit entendre, et sur-le-champ toute flamme parut éteinte, excepté celle d’une corde goudronnée qui se trouvait placée près d’une des ouvertures.
- La même expérience fut répétée dans une cave ou on avait amoncelé des tonneaux et cordages goudronnés; elle fut couronnée de succès.
- Cependant ce moyen n’est pas suffisant, car le feu ne tarda pas à se rallumer, une fois la raréfaction de l’air terminée ; il fut reconnu qu’il était nécessaire de se servir de pompes pour se rendre complètement maître de l’incendie (1).
- D’après M. Geoffroy (2), les sels peuvent être employés pour arrêter les progrès des incendies ; il a eu recours à un mélange de 2 parties de sel alcali avec 1 de salpêtre, 1 de sel marin et demi-partie de soufre. En jetant ce mélange sur du bois enflammé, il se fait, par le moyen du salpêtre et du soufre, une espèce de fulmination qui, mettant en fusion le sel marin et le sel alcali, les fait pénétrer dans le bois allumé; le bois noircit alors et s’éteint.
- Le Journal des savants pour 1725, p. 478, fait connaître que des épreuves publiques ont été faites, par un sieur Moitrel, avec une liqueur propre à éteindre les incendies ; mais il ne fait pas connaître la composition de la liqueur mise en usage.
- On lit, dans les mémoires de l’Académie de Stockholm, année 1740, que, des divers moyens proposés pour éteindre le feu dans les incendies, un de ceux qui ont paru les plus faciles et les plus sûrs est celui indiqué par M. Jean Fagot, qui consiste à lancer, avec les pompes ordinaires, de l’eau imprégnée de sels fixes, comme l’alun, le vitriol., le sel de lessive, les craies ou la chaux.
- L’auteur de l’article dit : Cette méthode a été employée avec le plus heureux succès dans le siège de Stettin.
- En 1757 (3), M. Nystrom, pharmacien à Norkoeping (Suède), présenta un mémoire dans lequel il établit que l’eau qui tient en dissolution diverses substances salines, le sulfate de fer, la potasse, l’alun, l’argile, la chaux, fournit une liqueur propre à éteindre les incendies.
- Le liquide préparé par M. Nystrom se composait dans la proportion de
- (1) On trouve, dans le même volume, l’annonce de la composition d’un liquide dit salamandre artificielle, composé de deux seaux d’eau infecte, de 7 kilog. 500 gr. d’alun , de 7 kilog. 500 gr. de vitriol sans désignation, de 7 kilog. 500 gr. de minium, enfin de carbonate de chaux, de cendres de bois et de sel de nitre, pilant le tout dans un mortier, faisant fondre dans l’eau chaude, versant dans une cuve ou dans un tonneau et ajoutant de l’eau.
- (2) Mémoires de l’Académie royale des sciences, année 1722.
- (3) Dictionnaire de l’industrie, t. III, p. 453.
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- 100 livres d’eau, de 6 kilog. de très-forte lessive de cendres , ou de 4 kilog. de potasse, ou bien encore de 5 kilog. de sel marin, de 0 kilog. de couperose séchée et en poudre fine, ou 7 kilog. 500 gram. de saumure de harengs, ou 10 kilog. d’argile bien séchée.
- En 1759 , M. Soubeyran de Monte forges proposa l’emploi d’un liquide pour l’extinction des incendies ; mais nous n’avons trouvé aucun renseignement sur la composition de ce liquide qu’il désignait sous le nom de liqueur pour les incendies; on dit seulement qu’il fallait peu de ce liquide, et qu’on l’employait au moyen d’un linge ou d’un balai de crin. [Dictionnaire de l’industrie, 1776.)
- On a fait connaître, en 1771, l’emploi de boules de verre ou d’argile du volume d’un boulet de canon, remplies d’alun avec un peu de poudre dans le centre ; ces boules s’enflamment par le moyen d’une mèche fortement adaptée à la lumière au moyen de la poix-résine. Ces boules, jetées dans le foyer de l’incendie, éclatent, alors elles l’éteignent complètement ; à défaut d’alun, le sable mouillé produirait le même effet.
- Baumé, modifiant l’idée de faire usage de ces boules, indiqua l’emploi de vases de fer-blanc d’un volume convenable pour être lancés à la main.
- Ces vases devaient être divisés en deux parties, l’une centrale et munie d’une mèche ; elle était employée à contenir une charge de poudre destinée à déterminer la rupture de la partie extérieure qui devait renfermer de l’eau tenant en dissolution du sel marin.
- On conçoit que, lors de l’explosion de la poudre, le liquide salé était lancé sur les matières en combustion.
- Baumé dit que les bois touchés par l’eau salée ne peuvent plus se rallumer, parce qu’ils sont pénétrés par le sel marin.
- En 1781, M. Didelot fit avec succès , chez M. de la Blancherie} plusieurs expériences contre l’incendie, se servant d’un liquide de sa composition.
- La composition de la liqueur employée par M. Didelot ne fut pas communiquée au public ; mais l’une des personnes présentes crut reconnaître que cette liqueur avait une forte odeur d’ail ; c’est le seul renseignement que l’on ait sur ce liquide.
- On trouve décrit, dans la Bibliothèque physico-économique pour 1786, un moyen d’éteindre le feu dans une cheminée par la projection, sur le brasier ardent, du soufre pulvérisé.
- Ce procédé fut indiqué de nouveau, en 1816, par notre collègue feu d’Ar-cet, et il fut publié dans le Bulletin de la Société, t. XV, p. 147.
- Cointraux, auteur de plusieurs ouvrages sur les constructions rurales, a, dans une brochure publiée en 1791, indiqué un moyen qu’il avait employé,
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- en 1788, avec succès, et qui consistait à jeter de la terre sur les parties embrasées (1).
- En 1803, la Bibliothèque physico-économique fit mention d’un procédé indiqué par M. Palmer, d’une poudre pour éteindre les incendies, poudre composée de parties égales de soufre et d’ocre mêlées avec six fois leur poids de vitriol. On répand cette poudre sur les matériaux enflammés, dans la proportion de 64 grammes pour une surface de 32 centimètres carrés. Si l’on ne peut approcher du feu, on fait des cartouches qu’on lance avec des arbalètes sur les endroits les plus embrasés (2).
- Les Annales de chimie du 30 germinal an XI contiennent une lettre adressée par M. Vcm Marum à M. Berthollet, sur un précis des expériences qui démontrent qu’on peut éteindre des incendies violents par des quantités d’eau très-peu considérables moyennant des pompes portatives.
- Cette lettre relate le procédé employé à cet effet par M. Van Aken, qui lui a été communiqué par M. Klaproth ; il consistait dans une solution de 20 kilog. de sulfate de fer, 15 kilog. de sulfate d’alumine mêlés de 10 kilog. d’oxyde de fer rouge ( colcotar ) et 100 kilog. d’argile.
- M. Van Marum commença alors à faire des expériences comparatives en allumant deux masses de combustible égales sous tous les rapports, et en éteignant l’une par la liqueur de Van Aken et l’autre par l’eau commune. Il fut surpris de voir, à plusieurs reprises, que, en employant les deux liquides de la même manière, le feu fut toujours éteint plus promptement par l’eau que par la liqueur anti-intendiaire ; mais il observa en même temps qu’une quantité d’eau très-peu considérable , quand elle était bien dirigée, éteignait un feu violent. Ses premières expériences, à cet égard, l’ont conduit à en faire d’autres plus en grand ; nous rappellerons seulement ces dernières.
- Il prit deux tonneaux qui avaient été remplis de goudron et dont les parois intérieures étaient encore bien chargées de cette substance inflammable ; il en fit ôter les deux fonds, et, pour mettre l’intérieur plus fortement en flamme, il leur fit donner une forme conique, mettant la plus grande ouverture , qui avait 50 centimètres de diamètre, en haut, et l’autre, de 40 centimètres, sur
- (1) On pourrait consulter avec fruit une brochure du même auteur publiée en 1802 sous le titre de Mémoire qui a remporté le prix à l’Académie d’Amiens, le 25 août 1787, pour garantir les bourgs et villages d’incendie. Ce mémoire contient principalement l’art de construire des toits et planchers incombustibles propres à tout cultivateur.
- (2) Pour garantir du feu la boiserie, on l’enduit de colle ordinaire de menuisier, et l’on y répand la poudre à trois ou quatre reprises, après que chaque couche est sèche; on se sert d’eau au lieu de colle, s’il s’agit de préserver du feu la toile, le papier, les cordes, etc. La livre de cette poudre revient à peu près de 2 fr. à 2 fr, 50.
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- un trépied , à quelques centimètres de terre , afin qu’un courant libre d’air, montant par le tonneau, animât, autant que possible, le feu. Il enduisit d’une .nouvelle couche de goudron l’intérieur de chaque tonneau, et ayant mis alors des copeaux de bois, il les fit allumer l’un après l’autre. Il commença d’éteindre ce feu lorsqu’il était le plus violent, au moyen d’une cuiller de fer contenant 64 grammes d’eau, et pourvue d’un manche assez long pour être éloignée du foyer; il versa l’eau de la cuiller soigneusement en petits filets sur l’intérieur du tonneau en mettant la cuiller sur le bord de ce vase , et la mouvant le long de ce bord, à mesure que la flamme cessait. De cette manière, la première cuillerée d’eau éteignait à peu près la moitié du feu, et ce qui. en restait fut éteint par la seconde cuillerée appliquée de la même manière.
- Des expériences d’une prétendue liqueur anti-incendiaire furent faites à Rouen en 1788 , mais elles échouèrent complètement. M. Descroizilles, qui assistait à cette expérience, publia quelques observations critiques contre les moyens indiqués par M. Van Marum; il établissait qu’il fallait peu d’eau pour éteindre la flamme des corps résineux gommeux répandus à la surface des corps ligneux : ceux-ci, dans le commencement, ne font que prêter un théâtre à l’action du feu ; mais, lorsque le bois lui-même vient à brûler, alors beaucoup d’eau devient indispensable.
- Ces observations donnèrent lieu, par M. Van Marum, à une réfutation insérée dans les Annales de chimie du 30 pluviôse an XIII.
- Le 25 germinal an XIII, MM. Chaptal et Monge firent un rapport sur un moyen proposé par M. R. Six, ingénieur en chef des gardes pompiers de la ville de Paris, tendant à remplacer l’eau ordinaire par de l’eau saturée de sel marin, pour le service des pompes destinées aux incendies ; il résulte de ce rapport que cette innovation offre, entre autres avantages, 1° de présenter un liquide qui ne gèle jamais à la température de nos climats ; 2° d’employer une liqueur plus propre que l’eau pure à éteindre le feu ; 3° de conserver plus longtemps les tonneaux qu’avec l’eau ordinaire , ceux-ci, par la gelée, éprouvant souvent des ruptures ; 4° de garantir l’eau de toute décomposition; 5° de préserver les tonneaux d’une destruction prompte qui est le résultat du séjour de l’eau douce.
- On trouve, dans la Bibliothèque physico-économique de 1809, l’indication de l’emploi de 2 à 4 kilog. de potasse en poudre jetés dans la bâche de la pompe remplie d’eau, projetée sur les boiseries enflammées, qui s’éteignent sur-le-champ.
- En 1817, M. le sous-secrétaire d’Etat au département de l’intérieur adressa à la Société d’encouragement la description d’un moyen proposé par le capi-
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- taine anglais Manby, pour arrêter les progrès des incendies, en dirigeant sur le feu une dissolution de potasse à l’aide d’une fontaine de compression.
- Nous rappellerons que ce moyen était déjà connu bien antérieurement avant la présentation faite par le capitaine Manby, puisqu’il avait été indiqué, en 1809, dans la Bibliothèque physico-économique.
- Plus tard, en 1818, M. John Moore fit connaître, par la voie du Philosophi-cal magazine ( cahier d’avril ), un moyen qui lui paraît plus simple que celui du capitaine Manby, et qui consiste à approvisionner chaque pompe de quelques sacs d’argile pulvérisée et tamisée, laquelle, mêlée avec l’eau et projetée sur les objets embrasés, les éteindrait sur-le-champ, parce qu’elle formerait autour d’eux un enduit combustible qui interdirait tout accès à l’air.
- Une substance qui lui paraît préférable à l’argile est la chaux éteinte , et tombée en efflorescence par son exposition à l’air; si, après l’avoir tamisée et mêlée à une certaine quantité d’eau, on la dirige sur des matières enflammées, elle les éteint spontanément sans qu’elles soient susceptibles de se rallumer.
- Les Annales de l’industrie nationale et étrangère pour 1825 font mention d’un incendie éteint par la vapeur d’eau projetée sur l’endroit embrasé au moyen d’un tuyau muni d’un robinet fixé à une chaudière à vapeur.
- M. de Fahnenberg, dans diverses communications adressées, en 1826; à la Société d’encouragement, sous le titre d’Aperçu des principales inventions et découvertes récemment faites en Allemagne, signale, entre autres, un procédé recommandé par le gouvernement de Wurtemberg, pour éteindre les incendies : il consiste à mêler, dans l’eau dont la pompe est alimentée, des cendres bien tamisées , principalement celles de hêtre et de charme, et à les projeter sur les matières enflammées (1).
- Tout récemment, M. Reid a proposé, comme moyen d’éteindre les incendies des navires, de répandre dans leur intérieur une grande quantité d’acide carbonique, en se servant d’un seau en gutta-fercha dans lequel on jetterait de la chaux et de l’acide sulfurique, et en faisant communiquer le mélange dans les soutes à l’aide de longs tuyaux de fer.
- Maintenant que nous avons indiqué les moyens signalés jusqu’ici, soit pour prévenir les incendies, soit pour les combattre, nous allons faire connaître les résultats de l’expérience entreprise par M. Gaudm, aux frais de la Société.
- L’expérience fut faite sur un tas de bois ayant 1 mèt. de largeur sur 3 mèt. de hauteur; cette espèce de bûcher était formé de bois de charpente dans l’in-
- (1) M. Gaultier de Claubry fut chargé, par le conseil de salubrité, de l’examen d’une proposition faite par M. Gamal.
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- térieur et de bois à brûler sur les faces ; à la partie inférieure on avait amoncelé des fagotins pour déterminer l’embrasement.
- Dès que le bûcher fut parfaitement embrasé, les pompiers de Yaugirard firent agir une petite pompe d’usine, et on vit que, lorsque l’on cessait de lancer de l’eau sur l’une des faces du bûcher, le feu se rallumait et brûlait avec intensité : en en employant une plus grande quantité, on parvint à l’éteindre en grande partie ; mais, ayant interrompu le jet de la pompe, le feu se ralluma et devint très-vif.
- On procéda alors de la même manière en se servant de la même pompe et employant alors de l’eau contenant du chlorure, de l’alun ; on observa que, lorsqu’on avait cessé de lancer l’eau contenant du chlorure, le feu ne se rallumait pas de la même manière que lorsqu’on avait fait usage d’eau ordinaire ; ce fait s’explique, le chlorure de calcium recouvrait le charbon et interceptait la communication avec lui.
- Lorsqu’on fit agir la pompe sur les quatre faces du bûcher, on remarqua, le liquide n’ayant point pénétré au centre, que le bois placé dans cette partie centrale brûlait tandis que les parties extérieures ne brûlaient plus, elles faisaient l’office d’une cheminée au milieu de laquelle s’opérait la combustion.
- Si nous eussions dirigé l’expérience, nous eussions voulu qu’elle fût faite d’une autre manière ; nous aurions demandé que deux bûchers parfaitement semblables eussent été établis, et que , allumés au même instant, on fit agir sur ces bûchers deux pompes de même force, en mesurant l’eau simple employée pour éteindre un bûcher, et l’eau chargée de chlorure de calcium employée pour éteindre l’autre. Si nous n’eussions pas obtenu des données exactes, nous aurions, du moins, jugé par comparaison.
- Dans l’expérience faite à Yaugirard, nous n’avons pu constater 1° quelle a été la quantité d’eau simple employée pour combattre l’incendie ; T quelle a été la quantité d’eau chargée de chlorure mise en usage pour déterminer l’extinction. Nous avions essayé d’établir quelles étaient ces quantités ; mais, le lieu de l’incendie ayant été envahi par la population de Yaugirard, il a été impossible de suivre l’expérience comme cela eût été nécessaire ; de plus, nous avons remarqué que l’eau chargée de chlorure de calcium était trop chargée de ce sel. En effet, cette eau, qui marque 39°, ne se répandait pas aussi bien sur le bois qu’elle aurait pu le faire si elle n’eût pas été aussi concentrée ; aussi formait-elle des espèces de stalactites sur quelques parties du bois, au lieu de retomber de la première sur la seconde bûche, et ainsi de suite.
- Quoi qu’il en soit, l’opinion de beaucoup de personnes présentes, et nous
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- partageons cette opinion, c’est que l’expérience faite par M. Gaudin parait présenter un résultat avantageux.
- Il serait à désirer que M. le ministre de la marine, qui a sous sa direction les ports, les arsenaux, qui pourraient être préservés d’incendies par l’emploi immédiat du chlorure de calcium proposé par M. Gaudin, chargeât M. Gaudin, qui s’est beaucoup occupé d’applications utiles , de faire de nouvelles expériences, afin de bien établir 1° la valeur de son procédé ; %° le prix auquel reviendrait l’eau chargée de chlorure de calcium ; 3° à quel degré ce chlorure doit être employé pour obtenir les meilleurs résultats ; 4° enfin si la solution de ce chlorure peut être employée avec les pompes ordinaires, si ces pompes ou leurs tuyaux ne subiraient pas d’altération par l’effet du contact de l’eau chargée de chlorure. La solution de ces questions nous semble être d’un haut intérêt. Nous dirons cependant, ici, que nous ne conseillerions pas d’employer, pour l’extinction du feu dans les maisons particulières, les eaux chargées de sels déliquescents ; ces sels s’imprégnant dans les murs rendraient les matériaux humides de telle sorte que ces maisons deviendraient inhabitables.
- Une question- qui, selon nous, n’a pas moins d’importance est celle qui se rapporte aux moyens de préservation ; elle mérite d’être étudiée, et son étude pourrait amener à de grands résultats, puisqu’on pourrait prescrire, pour certaines constructions qui par leur destination courent le danger d’être incendiées , l’emploi de matériaux rendus ininflammables par certaines préparations. La facilité avec laquelle on fait pénétrer, actuellement, dans les bois, ' des substances de nature diverse fait espérer qu’on pourra réaliser une idée qui déjà a été le sujet d’études qui n’ont pas été assez suivies ni faites sur une assez large échelle.
- Relativement à la demande qui a été adressée à la Société par M. Nieolo Milonas, on a vu que les idées qu’il avait soumises à la Société ont été mises en pratique. Ainsi on voit 1° qu’en 1722 Geoffroy, Bèaumur se sont occupés d’essais semblables à ceux indiqués par M. Milonas, en se servant de la poudre, de l’eau, de la potasse, du salpêtre, du sel marin, du soufre; 2° qu’en 1777 on proposa l’emploi de boules d’argile ou de verre emplies de poudre et d’alun ; qu’à la même époque Baume, modifiant cette idée , proposait de jeter, au milieu des incendies, des vases renfermant une solution de sel marin , vases qui, dans leur centre , devaient contenir une charge de poudre destinée à faire éclater le vase et à produire la dispersion du liquide sur les matériaux enflammés ; 3° qu’en 1788 on proposa l’emploi du soufre projeté sur les objets en combustion.
- Organe du comité des arts chimiques, j’ai l’honneur de vous proposer
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- 1° d’adresser des remercîments a MM. Gaudin et Milonas pour les communications qu’ils ont faites à la Société ; 2° de faire imprimer le présent rapport dans le Bulletin de la Société ; 3° d’en faire adresser une copie à M. le ministre de la marine.
- Signé A. Chevallier, rapporteur. Approuvé en séance, le 6 décembre 1848.
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- ARTS ÉCONOMIQUES. — astronomie.
- Rapport fait par M. E. Silvestre, au nom du comité des arts économiques, sur un nouvel appareil uranographique, présenté par M. Guénal, rue Neuve-des-Mathurins, 70.
- Messieurs, les difficultés que l’étude de l’astronomie présente aux jeunes gens qui ignorent les premiers éléments de la géométrie, ou qui ont, de cette science, des notions trop superficielles, ne sauraient être levées au moyen d’explications qui restent nécessairement obscures et de dessins démonstratifs qui sont toujours insuffisants.
- Aussi a-t-on imaginé, depuis longtemps, de construire des appareils ura-nographiques destinés à venir en aide aux commençants, en frappant leurs regards par une image sensible, par une représentation, pour ainsi dire, animée de notre système planétaire. Mais, il faut le dire, toutes ces louables tentatives ont été jusqu’ici sans résultats heureux. Les machines en question n’atteignent pas, à beaucoup près, le but que leurs inventeurs ont eu en vue. Les unes ne donnent, sur la marche des astres et sur les phénomènes physiques qui en résultent, que des idées incomplètes ou erronées ; et, quand il s’agit de rectifier les fausses indications de ces machines, les hypothèses nombreuses qui doivent servir de base aux démonstrations jettent de la confusion dans l’esprit de l’élève et de l’embarras dans sa mémoire ; les autres, en petit nombre, qui ont été construites par des artistes habiles et savants, auraient pu être, sous beaucoup de rapports, d’un usage avantageux et laisser aux élèves de très-utiles souvenirs ; mais leur complication et leur cherté excessive en ont fait des objets de luxe, malheureusement inapplicables à l’enseignement public.
- Restait donc, pour l’instruction des écoles, une méthode obscure et vicieuse qu’il était important de remplacer par une autre à la fois claire et, autant que possible, rigoureuse. Ce problème, qui n’était pas sans difficultés, M. Guénal s’est proposé de le résoudre. Persuadé qu’il était possible de mettre, à l’aide de moyens mécaniques peu coûteux, les éléments de l’astronomie à la portée
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- des intelligences même les plus ordinaires, il a fait de cette question le sujet de ses recherches, et c’est du résultat qu’il a obtenu que nous venons aujourd’hui, messieurs, vous rendre un compte succinct.
- M. Guénal a pensé qu’il arriverait à son but en construisant un appareil très-simple, dont l’ensemble ne comprendrait que le système des trois corps, mais dont les diverses parties seraient agencées de telle manière qu’il y aurait le plus d’analogie possible entre la marche des astres qui se mouvraient mécaniquement et celle de leurs correspondants dans l’espace. Un appareil de ce genre aurait, suivant l’auteur, le triple avantage d’être d’un prix modique , de donner à la jeunesse une idée claire des phénomènes célestes les plus intéressants, et de préparer, au moyen de ces connaissances premières , l’esprit des élèves à saisir facilement, plus tard, ce qui aurait rapport aux mouvements combinés des autres planètes, quelles que fussent d’ailleurs les méthodes de démonstrations employées.
- C’est donc en se maintenant dans ces conditions que M. Guénal a imaginé Je nouvel appareil sur lequel il vous est fait un rapport, et que votre comité a examiné avec beaucoup d’attention et d’intérêt. Voici comment cet appareil est disposé.
- Sur une table horizontale est tracée, en projection, l’écliptique avec ses divisions ordinaires. L’ellipse a un diamètre moyen de 2 mètres environ, et une lampe dont le globe lumineux représente le Soleil occupe un de ses foyers. La Terre , portée par un chariot mobile , peut circuler, à la hauteur du globe lumineux, dans l’orbite horizontal, en parcourant son orbite dont la projection est tracée sur la table. Elle tourne, en outre, autour de son axe qui a l’inclinaison convenable sur l’écliptique et qui reste constamment dirigé vers les pôles du monde.
- Le chariot se meut au moyen d’un ressort à régulateur destiné aussi à produire et à transmettre le mouvement aux différentes parties de l’appareil ; de plus, il est maintenu dans sa direction curviligne par une règle mobile qui le rattache au foyer de l’ellipse et dont un excentrique fait varier les dimensions.
- La Lune , soutenue par une tige qui lui sert d’axe , et qui dépend du mécanisme, accomplit, de son côté, autour de la Terre, les divers mouvements qui lui sont propres (1).
- La Terre met une heure à exécuter son mouvement de translation autour du Soleil ; ainsi, pendant cet espace de temps qui représente une année , le professeur peut donner une idée générale de l’ensemble des phénomènes qui
- (i) L’auteur a tenu compte (les inclinaisons de l’axe et du plan orbitaire de la Lune sur le plan de i’écliptique, ainsi que du mouvement rétrograde de la ligne des nœuds.
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- concernent les trois corps, ou, au besoin , s’appesantir sur chacun d’eux en particulier.
- L’appareil de M. Guénal est simple, heureusement conçu et exécuté avec soin ; et les rapports qui doivent exister entre les différents organes du mécanisme sont assez bien observés pour que les divers phénomènes résultant des actions réciproques que les trois corps exercent les uns sur les autres soient représentés d’une manière claire et avec une justesse qui laisse peu de chose à désirer. Ainsi l’élève à qui, pourtant, la connaissance préalable de quelques définitions de géométrie est encore indispensable , peut suivre et comprendre aisément la succession des jours et des nuits, la variété des saisons, les phases de la Lune, les équinoxes, les nœuds lunaires avec leur mouvement rétrograde, les éclipses et plusieurs autres phénomènes importants. Tous ces faits physiques se gravent sans peine dans sa mémoire, ainsi qu’une série de termes techniques utiles à connaître et dont l’explication lui est donnée pour ainsi dire matériellement.
- En résumé, l’opinion de votre comité, messieurs, est que le planétaire de M. Guénal serait d’un très-bon usage dans l’enseignement public en général ; que, en particulier, il servirait utilement à l’instruction des jeunes filles auxquelles l’étude de l’astronomie élémentaire présente toujours de si grandes difficultés; et, enfin, que son emploi dans les cours faits au profit de la classe ouvrière ne pourrait qu’ajouter d’utiles connaissances à celles qu’on y acquiert déjà. Conséquemment, votre comité, qui sait combien vous portez d’intérêt à tout ce qui se rattache à l’instruction et aux progrès de la jeunesse , a l’honneur de vous proposer d’accorder votre approbation à l’ingénieux appareil qui vous a été présenté, et d’écrire à son auteur une lettre de remercîment pour sa communication. Votre comité vous demande , en outre, que le présent rapport soit inséré dans votre Bulletin, et qu’une copie en soit adressée, par vos soins, à M. le ministre de l’instruction publique.
- Signé E. Silvestre, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 11 octobre 1848.
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- Rapport fait par M. Gourlier, au nom du comité des arts économiques, sur le
- système de placage en verre contre Vhumidité, de M. Péan, rue Baillet, 4.
- M. Péan a soumis à la Société ses procédés de placage en verre contre l’humidité et le salpêtre, pour lesquels il a pris un brevet d’invention en date du 12 août 1846, et un brevet d’addition et de perfectionnement en date du 18 octobre 1847.
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- D’après le renvoi que le conseil en a fait au comité des arts économiques , d’après l’examen attentif, auquel ce comité s’est livré, et de ces procédés et des applications assez nombreuses qui en ont été faites, il m’a chargé d’en rendre compte au conseil ainsi qu’il suit :
- Parmi les travaux importants suscités par la Société d’encouragement dans l’intérêt de la salubrité de nos habitations, il faut compter au premier rang ceux auxquels a donné lieu le concours ouvert, dès 1834, sur la proposition de M. Jomard, relativement aux moyens de prévenir ou de faire cesser les effets de l’humidité sur les constructions. J’ai eu l’honneur de rendre compte des résultats successifs de ce concours en 1841, en J 843 et en 4844; en définitif, vingt et un concurrents y ont pris part, et la Société s’est félicitée d’avoir à décerner à ce sujet :
- 1° Un prix de 2,000 fr. pour une Instruction théorique et pratique, par M. Léon Vaudoyer, l’un de nos architectes les plus distingués (1) ;
- 2° Un deuxième prix de 500 fr. à M. Durai, pour ses dalles hydrofuges en pierre factice, destinées à être appliquées en avant des murs humides ou salpêtrés de façon à former un isolement avec courant d’air, etc.;
- 3° Plusieurs médailles et autres encouragements, tant au même M. Durai qu a MM. Proeschel, Leliüois, Ouvière, Burel, Beulard, Cadillion et Valadon, pour divers procédés ou indications utiles.
- Parmi ces indications se trouvait celle de revêtements en verre, mais sans aucun des procédés d’application pratique sur lesquels portent les brevets pris par M. Péan et mis par lui en œuvre.
- Ces procédés ont principalement pour but de remédier aux effets de l’humidité à la surface des murs ou des cloisons, mais aussi de faire cesser la propagation de l’humidité à la base des murs et cloisons déjà construits, et même de prévenir cette communication dans ceux à construire.
- Nous nous occuperons principalement du premier cas comme beaucoup plus général et comme étant particulièrement celui mentionné dans la présentation à la Société.
- Le verre employé peut être de nature ordinaire et d’épaisseur moyenne , plus ou moins forte suivant les chocs plus ou moins violents auxquels le revêtement peut être exposé, et par morceaux plus ou moins grands, habituellement d’environ 40 centimètres en carré. Chacun de ces morceaux est préalablement recouvert, sur une de ses faces, de toile ou calicot fixé au moyen d’une colle dont la composition peut varier suivant que l’application doit être faite à l’intérieur ou à l’extérieur, et à une humidité plus ou moins intense.
- (1) Cette instruction a été publiée dans la 43e année du Bulletin ( 1844 ), p. lis.
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- Ces morceaux sont juxtaposés contre la partie humide, et, pour plus de précaution, à une certaine hauteur au-dessus, la partie recouverte de toile étant placée en dehors et celle non recouverte en dedans, à quelques millimètres de distance de la partie à recouvrir ; cet isolement est exactement rempli par un sablon très-fin, très-sec, et chaque morceau est retenu, tant par des bandes ou tenons de mastic que par des clous galvanisés à tête plate, et préférablement par des attaches en zinc qui n’offrent aucune solution de continuité à l’extérieur. Ce revêtement peut ainsi ne former aucune saillie sur le surplus de la surface du mur, et être recouvert soit d’un léger enduit, soit d’une tenture ou peinture quelconque , etc. Enfin des baguettes ou moulures en bois, ou tous autres moyens de décor, peuvent y être fixés à l’aide de pointes ou clous d’épingle que le recouvrement en toile et le garnissage en sablon permettent d’y enfoncer sans inconvénient.
- De semblables revêtements ont été établis dans un assez grand nombre de maisons particulières et dans quelques édifices publics mentionnés dans le prospectus publié par M. Péan, et plusieurs de ces applications ont été examinées avec soin par votre comité des arts économiques et par son rapporteur; elles ont paru généralement procurer des résultats très-satisfaisants, et nous citerons principalement les faits suivants.
- M. Durand, D. M., rue du Faubourg-Poissonnière, 54, après en avoir fait faire plusieurs parties, il y a quelque temps, dans un appartement au rez-de-chaussée, nous a déclaré en être pleinement satisfait, ce qui l’a engagé à en faire faire des parties beaucoup plus considérables que nous avons vues en cours d’exécution.
- M. Léon Vaudoyer, dont nous avons précédemment rappelé le nom, - a employé ces revêtements pour les soubassements des nouveaux laboratoires du Conservatoire des arts et métiers ; nous les avons examinés d’une manière toute particulière, tant avec M. Pouillet, membre du comité, qu’avec M. Péligot, qui pourra également en rendre compte au conseil, ainsi que M. Payen.
- L’application en a également été faite dans une salle de bain d’un de nos hospices, à la satisfaction de F architecte, M. Théod. Labrouste, et de l’administration ; et de semblables revêtements peuvent, en effet, parfaitement convenir, dans des cabinets de bains publics ou particuliers, ou dans des localités analogues, pour préserver les constructions des inconvénients de la buée, tout en permettant tel système du décoration qu’on peut désirer y établir.
- Nous citerons enfin, comme pouvant être facilement examinés, les revêtements de ce genre qui ont été faits dans presque toute la salle dite du Sanglier, au musée du Louvre , en remplacement des moyens préservateurs qui avaient été employés jusqu’ici sans succès.
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- Une expérience longtemps prolongée peut, sans doute, seule mettre à même de se prononcer , en toute connaissance de cause, sur les avantages ou les inconvénients de ce procédé; en en référant à ce résultat seul définitif, on ne peut d’abord mettre en doute l’inaltérabilité du verre, soit par l’humidité, soit même par des agents plus puissants; et, sous ce rapport, cette matière est, en principe , d’une application très-convenable.
- Sa fragilité est, il est vrai, un inconvénient ; mais il est diminué d’aborcl par la toile dont il est recouvert extérieurement, et par le remplissage du sable, qui, à cet effet, doit être fait avec soin et d’une manière complète. Nous avons reconnu que ces revêtements résistent à des chocs ordinaires; il n’en serait sans doute pas ainsi en cas de chocs violents , mais auxquels ne résisteraient pas non plus ou des enduits, ou des lambris en bois, etc.; enfin des fêlures, des brisures locales peuvent avoir lieu sans permettre l’introduction de l’humidité , et peuvent, d’ailleurs, être facilement réparées.
- Nous avons particulièrement dû faire à M. Péan l’objection suivante : par suite d’applications plus ou moins analogues, on a presque toujours reconnu que, lorsqu’elles empêchaient effectivement la propagation de l’humidité au droit des parties qu’elles recouvraient, elles déterminaient, en raison de la capillarité, l’absorption de l’humidité dans les parties plus élevées. Nous sommes portés à reconnaître que, jusqu’ici du moins, ce dernier effet ne se serait pas manifesté au-dessus des placages dont il s’agit ; mais cela tient-il uniquement à ce que ces placages auraient été établis à une assez grande hauteur au-dessus de la partie préalablement atteinte par l’humidité pour que l’effet ne puisse pas encore être apparent? ou doit-on admettre, comme l’expliquerait M, Péan, qu’il s’opérerait contre la surface intérieure du verre une sorte de condensation qui empêcherait l’effet que nous venons de rappeler, qui opérerait même un effet tout contraire, c’est-à-dire la précipitation de l’humidité à la partie inférieure du revêtement? Peut-être n’est-il pas impossible qu’il en soit, en effet, ainsi ; mais jusqu’ici aucune explication de principe ne nous semble pouvoir être donnée à l’appui d’un pareil résultat ; et, à mon avis, c’est particulièrement le cas d’en appeler à l’expérience, sauf à en rechercher ensuite la solution théorique. Enfin, dans cette hypothèse même, il y aurait peut-être à redouter, au bout d’un certain temps, l’accumulation des produits de la condensation; et, dans ce cas , il importerait que M. Péan avisât aux moyens d’obvier aux inconvénients qui pourraient en résulter.
- Du reste, le prix de ces sortes de revêtements, bien qu’un peu élevé (habituellement 7 fr. le mètre carré ), n’est pas supérieur à celui de la plupart des autres modes de revêtement indiqués et employés jusqu’ici.
- Nous avons dit que M. Péan présentait également son procédé comme sus-
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- ceptible soit d’intercepter la propagation de l’humidité à la base des constructions déjà existantes, soit de la prévenir dans les constructions à exécuter. Des applications de ce genre ne paraissant pas encore avoir eu lieu, du moins à Paris, nous nous bornerons à dire que M. Péan propose, à cet effet, soit d’introduire à la base des constructions existantes, soit d’établir à celle des constructions neuves, une suite horizontale de plaques de verre juxtaposées ou même à recouvrements, convenablement garnies en plâtre ou ciment , etc. Il en résulterait sans doute un isolement parfaitement impénétrable à l’humidité ; mais il nous semble fortement à croire que, même en employant du verre très-épais , il puisse n’être pas brisé par la charge, presque toujours inégale, des constructions, effet qu’on ne pourrait espérer d’éviter qu’avec des soins tout particuliers et des dispositions dont il faudrait voir des exemples pour en reconnaître la possibilité.
- En ce qui concerne le système de placage qui a été principalement présenté par M. Péan à l’examen de la Société, d’après les détails qui précèdent, le comité des arts économiques a été unanimement d’avis de proposer au conseil
- 1° De remercier M. Péan de sa communication, de le féliciter des succès déjà obtenus par lui jusqu’ici, et de l’engager à persévérer dans ses efforts pour améliorer encore , s’il y a lieu, ce moyen de préservation contre les effets si pernicieux de l’humidité ;
- 2° De faire connaître les travaux de M. Péan par l’insertion du présent rapport dans le Bulletin ;
- 3° Enfin de les porter également à la connaissance de M. le ministre des travaux publics, et présenter à M. le préfet de la Seine, comme pouvant être d’une application utile dans les édifices publics.
- Approuvé en séance, le 6 décembre 1848.
- Signé Gourlier , rapporteur.
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- Rapport fait par M. Payen, au nom des comités des arts économiques et des arts chimiques, sur un nouveau calorifère de M. Chaussenot jeune} rue d’Angou-lême-du-Temple, 42.
- Dans plusieurs occasions déjà, M. Chaussenot a reçu des récompenses de la Société d’encouragement pour ses ingénieux appareils de chauffage.
- On se rappelle les dispositions méthodiques et simples de son dernier calorifère à couronnes creuses superposées. Ce sont des dispositions analogues, Quarante-septième année. Décembre 1848. 98
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- mais simplifiées encore, que M. Chaussenot a réalisées dans la construction nouvelle qui vous est soumise.
- Dans ce nouveau calorifère, la flamme et les divers produits gazéiformes de la combustion , émanés d’un foyer central, s’élèvent autour de l’axe de l’appareil, s’épanouissent dans un espace cylindrique établi au sommet, puis descendent, en se divisant, dans onze tubes disposés en cercle, pour se rendre au-dessous du foyer dans un second coffre cylindrique, au milieu duquel se trouve l’embouchure de la cheminée par laquelle le tirage s’établit.
- Suivant le parcours que nous venons d’indiquer, mais dans un sens inverse , l’air pris du dehors s’élève et se renouvelle méthodiquement, s’échauffe graduellement contre les parois du coffre inférieur des onze tubes et du coffre supérieur, pour se rendre dans les chambres, salles, ateliers, séchoirs, etc., qu’il s’agit de chauffer et de ventiler simultanément.
- Vos comités des arts économiques et des arts chimiques ont vérifié expérimentalement les effets de ce calorifère ; ils ont reconnu la facilité de son service et du nettoyage de toutes ses parties, notamment des onze tubes, au moyen d’un nouvel ustensile de ramonage.
- Calculant les résultats du chauffage d’après la température de l’air, sa vitesse mesurée par l’anémomètre de M. Combes, et sa quantité par la section de passage, nous avons trouvé des nombres donnant presque autant de chaleur réalisée que celle qu’on utilise communément dans le chauffage de l’eau pour la production de la vapeur ( ou représentant k kilog. et demi d'eau vaporisée pour la combustion de 1 kilog. de houille j.
- Une disposition spéciale dans le nouveau calorifère permet d’introduire par un tube une injection d’air chaud au milieu du courant de flamme, h 10 centimètres environ au-dessus du foyer : on peut ainsi compléter la combustion des gaz ou particules inflammables que le défaut d’air laisserait perdre dans la fumée (1),
- En modifiant et simplifiant son calorifère, M. Chaussenot a pu en réduire le prix et construire de plus petits modèles, le rendre ainsi applicable, plus économiquement, dans un plus grand nombre de cas.
- Vos comités, considérant les avantages que présente ce nouveau calorifère, ont l’honneur de vous proposer de lui accorder votre approbation, et de donner un témoignage de votre satisfaction à son auteur, en ordonnant l’inser-
- (1) M. Poinsot, qui, dans plusieurs circonstances, nous a prêté son concours éclairé, a suivi pendant une journée entière les opérations du chauffage dont il s’agit, tandis que les membres de vos comités se relayaient dans le même local : ce sont les moyennes des nombres observés par M. Poinsot qui ont servi de base à nos calculs.
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- tion au Bulletin du rapport, accompagné du dessin et de la description de cet appareil, et de l’indication des prix et de la consommation du combustible relatifs aux différents modèles.
- Signé Payen, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 11 octobre 1848.
- Description du calorifère de M. Chaussenot.
- PI. 1086, Fig. 1. Coupe verticale passant par le centre du calorifère.
- Fig. 2. Section horizontale sur la ligne A B, fig. 1.
- Fig. 3. Élévation vue de face.
- Fig. A. Vue en dessus.
- Fig. 5. Balayeur des tuyaux du calorifère.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans toutes les figures.
- A, foyer dans lequel on peut brûler de la houille, du coke et tout autre combustible.
- B, tuyau conducteur qui reçoit la flamme au sortir du foyer.
- C C C, tuyaux au nombre de onze, placés circulairement autour du foyer. La flamme et la fumée, en sortant du tuyau B, se rendent dans la capacité supérieure D, pour se répandre et se diviser ensuite dans les tuyaux C C ; de là elles passent dans la capacité inférieure E. L’air froid qui pénètre de l’extérieur, passant contre les tuyaux C C, comme l’indiquent les flèches, se charge de leur chaleur et l’absorbe entièrement, de manière que l’air brûlé, en sortant du calorifère, ne conserve presque plus de chaleur.
- F, tuyau pour l’évacuation de la fumée qui débouche dans la cheminée.
- G, cendrier.
- H, porte du foyer.
- I, porte du cendrier.
- K, chemise intérieure en tôle ou tout autre métal : elle est élevée de 15 à 20 centimèt. au-dessus de la capacité inférieure E, afin de permettre qu’une partie de l’air froid qui pénètre par le bas du calorifère , comme l’indiquent les flèches, vienne se répandre autour de la cloche du foyer et la rafraîchir, de façon à empêcher cette cloche de rougir ; cet air ainsi échauffé monte entre la chemise K et le tuyau B, et s’échappe de l’appareil par l’issue ménagée entre l’appareil et son enveloppe extérieure,
- L, tuyau passant sous le sol pour l’admission de Fair froid.
- M, enveloppe extérieure du calorifère.
- N, trou ou bouchon pour visiter l’intérieur de la capacité D, et pour opérer
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- le nettoyage des tuyaux CC, à l’aide du balayeur, fig. 5. Cet appareil est composé d’un tube a, dans l’intérieur duquel on introduit un cordon ou une chaîne b, portant une boule en fonte c, formée de deux demi-sphères entre lesquelles on place un feutre, cuir, ou toute autre matière d, taillée en rond et du diamètre intérieur des tuyaux C, qu’il doit balayer; on réunit alors les deux demi-sphères, en serrant entre les deux parties le feutre d.
- Le tube balayeur est muni d’une sorte d’entonnoir e, pour faciliter le glissement de la corde et empêcher qu’elle ne s’use ou se coupe ; il porte aussi une petite douille f, pour recevoir une bougie destinée à éclairer le travail du balayage.
- On introduit ce tube balayeur par le bouchon N dans la capacité supérieure D, et on présente la boule alternativement au-dessus de chacun des tuyaux C, dans lequel on la laisse tomber jusque dans la capacité inférieure E ; le feutre racle et enlève la suie qui s’est attachée aux parois des tuyaux; cette suie tombe dans la capacité E, d’où on la retire par le bouchon O. (D.)
- Résultat des expériences faites, au mois de septembre 1848, sur le calorifère de M. Chaussenot ; par M. Poinsot.
- Le calorifère a été allumé, le 18 septembre, à neuf heures un quart; à dix heures un quart, la température de l’air, à la sortie du calorifère, était de 90°. Cette température a été observée de demi-heure en demi-heure, et elle a été successivement de 95°, 96°, 85°, 90°, 95°, 90°. À deux heures et demie, cette température était de 104°. À trois heures, nous avons fait des expériences anémométriques à l’orifice d’entrée de l’air et aussi à l’orifice de sortie. Ces expériences ont été faites par M. Neumann.
- lre expérience. À l’orifice de sortie. Cet orifice est un cylindre de 0m,50 de diamètre ; la température de l’air était 100° ; l’anémomètre était placé à 1 mètre au-dessous du tuyau.
- lre observation. En 60", l’anémomètre a fait 1,800 tours.
- T 60", 1,755.
- Avec 1,800 tours par minute et corrections faites, la vitesse par seconde est de 3m,10.
- T expérience. À l’orifice de sortie. L’anémomètre placé à l’entrée du tuyau, l’air était à 100.
- lre observation. En 60", l’anémomètre a fait 1,400 tours.
- T 60" 1,448.
- 1,400 tours par minute donneraient, toutes corrections faites , une vitesse de 2m,44 par seconde.
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- PRIX PROPOSÉS.
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- 3e expérience. Elle avait pour but de déterminer la vitesse de l’air à l’entrée dans le calorifère. L’air froid s’introduit dans le calorifère par huit ouvertures rectangulaires formant ensemble une surface de 1,728 centimètres carrés. On a pris la vitesse de l’air à cinq de ces ouvertures.
- ire observation. 60"; nombre de tours, 1,222.
- T » 1,222.
- 3e » 1,170.
- 4e » 1,200.
- 5e » 1.180.
- En prenant pour moyenne 1,200 tours par minute, nous arrivons à une vitesse de 2,12 par seconde.
- L’air entrant dans le calorifère était à 18°.
- Nous aurions ainsi, par heure, 1,318 mètres cubes d’air échauffé de 18° à 100°, soit une augmentation de température de 82°.
- Pour obtenir les résultats précédents, on a, dans huit heures, brûlé 40 kil. de houille maigre et de qualité inférieure.
- La température de la fumée , dans la cheminée , n’a pas été déterminée ; mais, en l’appréciant avec la main, elle ne dépassait pas 35 à 40° à son entrée dans la cheminée.
- PRIX proposés.
- Programme d’un prix pour le perfectionnement dans la construction des
- machines locomotives.
- La Société d’encouragement propose un prix de la valeur de vingt mille francs à l’auteur ou aux auteurs des perfectionnements les plus importants apportés à la construction des machines locomotives actuellement employées sur les chemins de fer, au matériel de transport, à la voie de fer ou au système de locomotion lui-même, au point de vue de la sécurité, de l’économie dans l’exploitation ou de la rapidité.
- Le prix pourra être partagé entre les concurrents dans le cas où aucun d’eux n’aurait présenté des perfectionnements hors ligne et propres à améliorer d’une manière remarquable les conditions de transport sur les chemins de fer.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, dans la séance générale du 2e semestre de l’année 1851.
- Les perfectionnements soumis au concours devront avoir été produits en France postérieurement au 1er janvier 1847.
- Les mémoires descriptifs présentés par les concurrents devront être accom-
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
- pagnés des plans détaillés des appareils soumis au concours, et, s’il s’agit de pièces de détail, des plans d’ensemble des appareils auxquels elles s’appliquent , et, en outre, de modèles construits avec précision à l’échelle d’un cinquième au moins, et avec les matériaux propres à l’application en grand.
- Ces pièces devront être adressées à la Société avant le 1er janvier 1851.
- NOTICES INDUSTRIELLES
- extraites de diverses publications périodiques françaises et étrangères.
- ARTS CHIMIQUES.
- Note sur la fabrication du papier-monnaie ; par M. Seguier.
- La sûreté des papiers-monnaie réside, en dehors de quelques mesures administratives, dans la difficulté de leur exécution; ces difficultés sont les unes artistiques, les autres mécaniques. Les premières consistent dans l’embarras qu’éprouve une main inexpérimentée et inhabile à reproduire les contours faits avec hardiesse, quelquefois avec génie. Aussi, tant que les imitations ont été purement manuelles , la contrefaçon a été presque toujours facile à constater; mais l’art du dessin fait, chaque jour, de grands progrès , et les ressources offertes à tous ceux qui veulent se perfectionner dans les arts graphiques tendent à rendre moins exceptionnelles les mains habiles et fermes dont les produits sont inimitables. Ce qui était regardé comme impossible a cessé de l’être depuis les progrès de la lithographie, de la photographie, de la gravure chimique et des divers moyens de reproduction.
- Les obstacles mécaniques, pour être, dans certains cas, plus difficiles à vaincre, ne sont pourtant pas non plus insurmontables. Il n’y a donc de sûreté, pour les billets de banque, que dans l’impossibilité absolue de leur reproduction. Dans cette voie bien des essais ont été tentés : les uns ont été encore artistiques et les autres purement mécaniques; souvent les deux procédés ont concouru au résultat. Ainsi exécuter un relief, l’altérer de quelques façons dues au hasard, le faire servir de type à une gravure, briser le type après la création de l’œuvre a été une des méthodes proposées. Mélanger au feu des métaux de nature différente, en faire une planche entière ou un poinçon, attaquer la surface avec des acides est un procédé simple pour créer quelque chose d’impossible à reproduire identiquement ; mais les contrefaçons de telles œuvres, dans le cas où la science en fournirait les moyens, seraient difficilement saisissables, ou, pour mieux dire, la possibilité de distinguer la copie d’avec l’œuvre première ne serait pas assez grande pour que les doutes d’une appréciation morale ne se trouvassent pas là où il ne faut que la certitude d’un jugement mathématique.
- Les contours artistiques déformés par des circonstances dues au hasard, et non sus-
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
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- ceptibles d’être une seconde fois reproduits par leur auteur lui-même, ne suffisent pas ; les tracés tout mécaniques, altérés de même au hasard, doivent, pour atteindre le but d’une facile et prompte vérification, placer, par l’exiguïté des figures qui les composeront , l’ensemble de leur déformation sous un point unique de l’œil. L’expérience démontre, en effet, que la perception visuelle est d’autant plus certaine qu’elle peut s’opérer sans déplacement de l’organe de la vision et sans transport du regard d’un point à un autre.
- Pour obtenir plus complètement cette facilité de vérification, M. Seguier pense que la reproduction , en très-grand nombre, de figures géométriques de dimensions microscopiques juxtaposées fournit, par leur rapprochement entre elles, la comparaison la plus prompte et la plus certaine. Suivant lui, on ferait un papier-monnaie impossible à contrefaire, si on confectionnait deux types d’acier portant, l’un un dessin microscopique régulier, composé de figures à angles égaux, symétriquement espacées, dont la perfection de chacune pourra être aussi absolue que leur compassement sera rigoureux ; l’autre type serait pourvu d’un dessin artistique, direct ou produit par un type que l’on pourrait altérer au hasard. Si à l’aide de ces deux types on en façonnait un troisième sur lequel on opérerait la réunion des deux dessins, et que pendant l’opération on vint, sans moyens de mensuration, au hasard, par un frottement accidentel, non calculé ni dans sa durée ni dans son intensité , faire éprouver au type artistique un retard dans l’application de sa surface sur le troisième déjà empreint du dessin du premier , il résulterait de ce retard une déformation du dessin artistique qui changerait son rapport de position avec le dessin régulier symétriquement espacé, qui formerait le canevas sur lequel il serait jeté. Le type produit par la superposition des deux autres se trouverait ainsi dans les conditions d’un canevas de tapisserie sur lequel on aurait placé, au hasard, une découpure ; il est hors de doute qu’à chaque superposition nouvelle ses contours changeraient de rapport avec les mailles du canevas. La comparaison deviendrait très-facile, car, pour distinguer l’imitation de la copie, il suffirait de rechercher si l’un des points quelconques du dessin artistique de l’une et de l’autre est précisément en même rapport de position avec la figure symétriquement répétée du canevas (1). [Académie des sciences, 27 novembre 1848.)
- AGRICULTURE.
- Nouveau procédé de culture de la vigne ; par M. Persoz.
- Ce nouveau procédé se distingue de tous les autres pratiqués jusqu’à ce jour, en ce que l’auteur accumule tous les pieds de vigne d’une certaine superficie de terrain dans une seule fosse, où par une première action chimique on provoque d’abord le développement du bois, et ensuite, par une seconde, le développement du raisin. M. Persoz a constaté, par des expériences directes, que dans les engrais propres à la culture de la vigne il est des matières qui servent, les unes exclusivement à l’accroissement du bois.
- (i j Cette idée est due à M. Emile Grimpé, qui a présenté depuis longtemps à M. Seguier des types gravés dans les conditions de sûreté absolue contre la contrefaçon.
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- les autres au développement du fruit, et que l’action de ces substances, au lieu d’être simultanée, doit être successive. Par l’application de ces principes, l’aujeur arrête, à volonté , l’accroissement du bois que dans les procédés habituels on ne maîtrise que par des moyens artificiels et empiriques.
- Quand il s’agit de favoriser le développement des sarments, la manière de les traiter est la suivante : on les recouvre, après qu’ils ont été couchés dans la fosse, de 6 à 7 centimètres d’une terre dans laquelle on a mélangé, pour chaque mètre carré de surface de la fosse, 3 kil. d’os pulvérisés, 1 kil. 500 de rognures de peaux, débris de tannerie, cornes, sabots, etc.; 500 grammes de plâtre.
- Lorsqu’au bout d’un an ou deux , suivant les cas, les bois sont suffisamment développés, on fournit aux racines des sels potassiques qui doivent déterminer la pousse du raisin. A cet effet, on répand au-dessus de la fosse, à une distance de 7 à 8 centimètres des souches enterrées, 2 kil. par mètre carré de surface d’un mélange formé de 3 kil. de silicate potassique et de 1 kil. de phosphate double potassique et calcique. On comble alors la fosse, et les racines ont pour longtemps la quantité de potasse qui leur est nécessaire. Pour prévenir l’épuisement de celle-ci, il est bon de déposer, chaque année, au pied des ceps une certaine quantité de marc de raisin; ce marc, fournissant 2,5 p. 100 de carbonate potassique, restitue annuellement à la fosse une bonne quantité de la potasse qu’il avait enlevée.
- Dans ce système de culture la vigne aura constamment une nourriture convenable ; mais il est bien entendu que, en garantissant, au vigneron qui en fera l’application, la quantité des produits, l’auteur ne prétend point lui en assurer la qualité, celle-ci dépendant toujours de la température. (Académie des sciences, 27 novembre 1848.)
- Extrait des procès-verbaux des séances du conseil d’administration de la Société
- d’encouragement.
- Séance du 22 novembre 1848.
- Correspondance. M. Sorel, ayant remarqué, dans un rapport supplémentaire sur la machine à vapeur de MM. le Gavrian et Farinaux, de Lille, publié dans le Bulletin de septembre dernier , que la plupart des améliorations obtenues par ces industriels sont attribuées à l’emploi d’un appareil pour dessécher la vapeur, fait observer que cette idée n’est pas nouvelle : M. Péclet l’indique dans la 2e édition de son Traité sur la chaleur, 1.1, p. 273; plusieurs procédés ont été imaginés dans le même but.
- M. Sorel annonce s’être occupé de cette importante question, et avoir inventé un appareil ayant le même objet que celui de MM. le Gavrian et Farinaux, et qui fonctionne, depuis plusieurs années, sur la machine de M. Cordier.
- Au lieu de séparer mécaniquement l’eau entraînée avec la vapeur, ou d’éviter la condensation de la vapeur dans les cylindres, comme l’a fait Watt et, après lui, M. Farcot, ou enfin de suréchauffer la vapeur au risque de brûler les huiles et les garnitures d’étoupes, M. Sorel dessèche la vapeur sans la suréchauffer et sans qu’elle dépose d’eau
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- dans les cylindres ; il y parvient en mélangeant avec la vapeur ordinaire une quantité convenable de vapeur suréchauffée. L’appareil destiné à cet usage se compose d’un vase ou cylindre en fonte nommé boîte de mélange, placé près de la boîte de distribution. C’est dans cette boîte que la vapeur se dessèche en se mélangeant avec la vapeur suréchauffée, qui y arrive en proportion convenable.
- C’est par la température du mélange de vapeur, relativement à sa pression, que l’on reconnaît que la vapeur ne contient plus d’eau en excès ; pour connaître cette température, on adapte un thermomanomètre sur la boîte de mélange.
- Pour suréchauffer la vapeur on la fait passer dans un tuyau contourné en serpentin que l’on place dans une fosse ou carneau pratiqué à la suite de la chaudière ; et, pour régler la proportion des deux vapeurs qui arrivent dans la boîte de mélange, on dispose un robinet sur chaque tuyau.
- L’appareil que M. Sorel a fait exécuter d’après ces principes est adapté sur une machine peu propre à cet objet; cependant, observe M. Sorel, il procure une économie de près de 19 p. 100 dans la consommation du combustible , et il n’est pas douteux que, sur les machines de bateaux et surtout sur les locomotives, on ne parvienne à réaliser une économie de plus de 30 p. 100.
- M. Sorel demande que la Société fasse examiner cet appareil et plusieurs autres de son invention, applicables aux machines à vapeur, tels que 1° un mécanisme pour faire fonctionner de lui-même le registre du fourneau ; 2° un régulateur de vitesse ; 3° un pique-feu ou dégage-grille. -
- M. Requier, lieutenant de vaisseau en retraite, à Toulon (Var), transmet la copie d’une lettre adressée par M. Lugol, capitaine de vaisseau, à M. Pellion, aide de camp du ministre de la marine, sur l’importance de l’invention de M. Requier d’un moyen de mouiller l’ancre pendant le temps qu’on la caponne.
- M. Requier a aussi imaginé un moyen de changer l’hélice des bâtiments à vapeur en cas d’avarie.
- M. Kerris fait observer que le conseil des travaux de la marine a émis une opinion peu favorable sur les appareils de M. Requier.
- M. Serrin fils, à Neuilly-en-Thelle (Oise), adresse deux outils, une scie à pierre tendre et un plani-pierre.
- La scie est composée de dents rapportées en tôle d’acier, ayant chacune environ 10 millimètres sur 15 ; elles sont fixées sur la lame dans des fentes faites à l’avance, de 3 en 3 centimètres.
- Le plani-pierre est un outil formé d’un morceau de bois de 25 centimètres de long sur 8 centimètres de large , traversé par cinq vis de rappel; à leur extrémité est fixée, par des rivets mobiles, une plaque de tôle percée de trous pour y introduire des dents en fils d’acier que l’on enfonce dans le bois ; la plaque de tôle est éloignée de 3 à k centimètres du morceau de bois, que l’on en approche au moyen des vis , à mesure que les dents s’usent ,
- Le ministre de l’agriculture et du commerce adresse, pour être déposés dans la bi-
- Quarante-septième armée. Décembre 1848. 99
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- bliothèque de la Société, deux exemplaires du LXYII® volume de la Description des brevets d’invention dont la durée est expirée.
- M. Rayet, rue de la Bienfaisance, 27, adresse un mémoire sur un nouveau procédé cle fabrication des aciers fondus, appropriés à la qualité et à la nature particulières des fers que produit la France.
- M. Rayet rappelle qu’il avait soumis à la Société une demande tendant à obtenir des moyens pécuniaires à l’effet d’élever un four pour la fabrication de l’acier d’après son système.
- M. le président fait observer que M. Rayet n’ayant point communiqué son procédé, le comité des arts chimiques n’a fait jusqu’ici aucune proposition.
- M. Potonié, négociant, rue Neuve-Saint-François, 5, adresse une brochure sur les débouchés de l’industrie parisienne..
- On a remarqué, dit-il, que parmi les prix proposés par la Société il ne s’en trouve pas un seul offert en encouragement au commerce. En France , l’industrie, fdle de l’agriculture , repousse trop ou néglige trop l’alliance du commerce. En donnant des encouragements réels au commerce , ce serait le plus sûr moyen d’augmenter l'activité de notre marine et notre prépondérance politique.
- M Potonié ajoute que, tout commerçant praticien qu’il est, il ne craint pas d’aborder les théories les plus hardies, pour chercher ce qu’il peut y avoir de vrai et d’applicable pour l’avenir ; il ne s’arrêtera qu’à l’analyse d’une seule question que la prochaine exposition va rendre opportune ; c’est celle des prix de vente , facultatifs, il est vrai, mais établis d’une manière uniforme pour faciliter la comparaison des produits offerts au consommateur.
- M. le président recommande les observations de M. Potonié à l’attention du comité de commerce, ainsi que les documents déposés par M. Hébert, sur plusieurs parties de l’économie politique.
- M. Sorelaprès avoir rappelé les travaux de MM. Thomas et Delisse sur le décapage des métaux, fait observer que la réussite du zincage et de l’étamage du fer et de la fonte dépend, en grande partie, du décapage, surtout pour la fonte. On conçoit, en effet, que, si l’acide met le carbone du métal à nu, il devient impossible de faire adhérer l’étamage. C’est pourquoi on n’a pas, jusqu’ici, étamé au bain la fonte de fer, malgré l’avantage qu’il y aurait de pouvoir étamer à bon marché les vases culinaires en fonte.
- M. Sorel emploie depuis longtemps, dans l’usine de la galvanisation du fer , des acides préparés au moyen des matières organiques , par exemple de l’acide sulfurique, étendu d’eau, ayant servi à l’épuration de l’huile à brûler. Cet acide contient une manière oléagineuse qui lui donne la propriété de détacher et dissoudre l’oxyde de fer sans attaquer le métal.
- Ayant rencontré des inconvénients dans l’emploi des substances organiques , M. So-rel a cherché si, dans le règne minéral, il n’y aurait pas quelque chose de mieux.
- Il a reconnu que certains sels, dissous dans les acides , remplacent les matières organiques avec un grand avantage. Les sels qui lui ont donné les meilleurs résultats sont ceux de cuivre, d’antimoine et d’étain. U emploie de préférence les deux premiers
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- avec l’acide chlorhydrique un peu étendu d’eau, et les sels d’étain avec l’eau acidulée par l’acide sulfurique. Voici plusieurs compositions dont il s’est servi avec succès.
- Première composition. Eau acidulée par l’acide sulfurique marquant 10 degrés au pèse-acide, à la température de 15°, 96 parties en poids,
- Protochlorure d’étain 4
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- Deuxième composition. La même que ci-dessus, plus 4 parties environ de sel de cuivre.
- Pour décaper le fer, on peut mettre un peu plus d’acide et moins de sel d’étain et de sel de cuivre.
- Pour la fonte , au contraire , les proportions sont en sens inverse.
- Les sels de cuivre produisent tous à peu près le même effet. ‘
- Les sels d’étain donnent aussi de bons résultats avec les autres acides que l’on emploie pour le décapage du fer, tels que l’acide chlorhydrique, mais à un moindre degré que l’acide sulfurique.
- Troisième composition. Acide chlorhydrique un peu étendu d’eau marquant, à peu près, 15° au pèse-acide 98 parties.
- Un sel de cuivre quelconque, soit de l’acétate, du sulfate, du chlorure ou du nitrate • 2
- 100
- Ces proportions sont susceptibles d’être modifiées. Oh peut augmenter la quantité de sel de cuivre, et y ajouter un autre sel tel que du sulfate de plomb, de zinc, de fer, ou d’autres sels peu solubles dans l’acide chlorhydrique ; l’hydrate de fer et le pyrolignite de la même base produisent aussi un bon effet.
- L’acide chlorhydrique, étendu d’eau, dans lequel on fait dissoudre un sel de cuivre , acquiert au plus haut degré la précieuse propriété de dissoudre l’oxyde de fer sans attaquer le métal. Cette composition a, en outre, l’avantage d’opérer le décapage en quelques minutes.
- On s’aperçoit que le métal est attaqué 1° par un dégagement de gaz qui survient ; 2° par le changement d’aspect que prend la liqueur acide, qui, d’une couleur olivâtre un peu opaque, devient limpide et bleuâtre ; 3° enfin par la précipitation du cuivre sur le fer : il faut alors ajouter à la liqueur un peu de sel de cuivre , ce qui la rétablit complètement.
- M. le président invite le comité des arts chimiques à se livrer à des expériences sur le décapage des métaux, opération importante pour l’industrie.
- Objets présentés. M. Poudras, rue de la Verrerie, 52, met sous les yeux de la Société deux instruments : le premier est un compas pour s’assurer du parallélisme des cylindres, des règles, etc., et qui peut recevoir diverses applications; le second sert à tracer des parallèles.
- M. Salomon, du Finistère, rue des Postes, 45, annonce avoir trouvé le moyen de
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- conserver les urines sur place et à toutes les températures, à l’état liquide et sans altération , et être parvenu à les coaguler de telle sorte que les eaux urinaires ne se perdent pas et peuvent ainsi être solidifiées sans évaporation ni déperdition.
- M. Salomon dépose un échantillon d’urine coagulée et un échantillon d’engrais.
- M. Tachet, fabricant d’instruments de précision, rue Saint-Honoré, 274, appelle l’attention de la Société sur une préparation des bois qu’il appelle oux-hygrométrique, et qu’il a appliquée aux planches à dessiner, panneaux, parquets, etc.
- M. Roret fait hommage d’un exemplaire du Manuel du facteur d'orgues, parM. Hamel, 3 vol. in-8, avec un atlas de 42 planches.
- . M. Seguier fait observer que l’auteur, juge au tribunal de Beauvais , a rétabli, avec le plus grand désintéressement, l’orgue de la cathédrale de cette ville.
- M. le président invite M. Seguier à examiner le manuel de M. Hamel et à en rendre compte.
- Les ouvrages suivants sont déposés sur le bureau :
- 1° Annales des ponts et chaussées, livraisons de mai et juin 1848;
- 2° Bulletin du musée de l'industrie belge, par M. Jobard, 3e livraison de 1848;
- 3° Bulletin de la Société d'instruction élémentaire, septembre 1848;
- 4° Annales forestières, février 1848;
- 5° Journal des économistes, octobre 1848 ;
- 6° Bulletin de l'industrie belge, et Moniteur industriel des 9, 12, 16 et 19 novembre 1848.
- Rapports des comités. L’ordre du jour appelle un rapport de M. Payen, au nom du comité des arts chimiques, sur les procédés de M. Renard-Perrin pour la conservation et la coloration des bois.
- Après une discussion , le conseil, attendu qu’il existe une contestation judiciaire entre M. Boucherie etM. Renard-Perrin, décide que la lecture du rapport est ajournée.
- Au nom du comité des arts mécaniques, M. Kerris lit un rapport sur les violons , altos et violoncelles de M. Lapaix, à Lille.
- Le comité propose de remercier l’auteur de sa communication en le félicitant des résultats qu’il a obtenus, d’insérer le rapport au Bulletin avec les dessins nécessaires à son intelligence et d’en faire remettre 500 exemplaires à M. Lapaix.
- M. Busche, tout en approuvant le rapport, pense qu’on peut arriver à de bons résultats par des moyens différents; il cite, comme preuve de ce qu’il avance, M. le secrétaire du Conservatoire de musique, qui, par un amincissement bien entendu des diverses parties des violons, parvient à donner, à des instruments du commerce et à bas prix, des qualités de son qui en font des instruments estimés des artistes.
- M. Montai fait observer que la méthode de M. Lapaix est connue des luthiers, mais qu’ils évitent de l’employer, parce qu’elle ne donne que momentanément, aux violons, des qualités qui s’affaiblissent rapidement.
- Le conseil approuve le rapport et en adopte les conclusions . ( Voy. plus haut, p. 721.)
- Communications. M. le capitaine Delvigne, en présentant des modèles de son système de porte-amarre destiné au sauvetage des naufragés, entre dans les détails sur la com-
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- position de cet appareil, sur la manière de s’en servir, sur les divers avantages qu’il présente pour le service de la marine et sur les expériences qui ont été faites au Havre (1).
- M. Delvigne présente également un nouveau projectile applicable aux fusils et aux bouches à feu , et qui en augmente la portée.
- M. le président adresse à M. Delvigne les remercîments du conseil pour ses intéressantes communications. ^
- Séance du 6 décembre 1848.
- Correspondance. M. Paulin Désormeaux, rue Jean-Bart, 4 bis, près le Luxembourg, expose que l’intention du gouvernement a toujours été de mettre la monnaie française en harmonie avec notre système décimal, mais que ce système présente des difficultés d’exécution; c’est pour aider à les surmonter qu’il soumet à la Société d’encouragement le résultat de ses recherches.
- M. Paulin Désormeaux, après une énumération des inconvénients que présente le système monétaire adopté, pose, comme règle générale, que les pièces or, argent, cuivre ou alliage d’argent devront être toutes, dans leur poids et leur diamètre, établies en nombres entiers de grammes et de millimètres. Les poids et les mesures seront inscrits sur chaque pièce avec le mot France, le millésime et la valeur monétaire.
- L’auteur joint à son mémoire un spécimen de pièce frappée sur étain et un dessin.
- M. Combes, sans rien préjuger sur le système monétaire proposé par M. Paulin Désormeaux, fait observer que notre système monétaire décimal offre, sous le rapport du poids et du diamètre des pièces , la faculté d’obtenir le kilogramme et ses divisions, ainsi que le mètre et ses subdivisions.
- M. Trésel aîné, à Saint-Quentin (Aisne), désirant contribuer à aplanir les difficultés dans le choix des moyens pour apporter dans la condition des travailleurs les améliorations que la situation réclame, présente un projet dirigé dans ce but.
- M. Leclercq, à Paris, demande que la Société nomme une commission pour rechercher les moyens faciles de reconnaître l’ivraie, et surtout de bien caractériser la matière délétère qu’elle renferme et les procédés pour en neutraliser les effets.
- M. Chaix, à Toulon (Yar), adresse une lettre qui lui a été écrite par M. David Beau-regard, dans laquelle il lui fait part de l’opinion émise par le comice agricole de Toulon sur ses procédés de panification de la farine de froment et de pommes de terre, et sur ses compositions de bois factice.
- Un agronome de Bretagne dépose un mémoire sur l’utilité de la culture de l’avoine comme plante alimentaire pouvant suppléer la pomme de terre pendant que ce tubercule sera sous l’influence de la maladie qui depuis quatre ans sévit contre lui.
- M. Péligot, sècrétaire, entre dans quelques développements pour faire apprécier ce travail.
- M. le président expose que, en Ecosse, l’usage de la farine d’avoine comme ali-
- (t) Voyez une note sur le porte-amarre de M. Delvigne, Bulletin de la Société, année 1847, p. 247.
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- ment est très-répandu ; mais il entraîne une grande consommation de sel qui, dans ce pays, est de 18 à 20 kilogrammes par tête, tandis qu’en Angleterre elle n’est que de moitié.
- M. Th. Olivier observe qu’en Suède et en Norwége la farine d’avoine entre pour une grande part dans l’alimentation des populations, et que, la veille de Noël, on en compose un mets dans lequel on introduit du sel et du sucre.
- M. Nansot, rue de l’Est, 23, sollicite l’appui de la Société auprès du gouvernement pour la solution d’une question importante, celle de rétablissement du crédit foncier, qui intéresse, à un haut degré, presque tous les genres d’industrie.
- M. Fusz demande à prendre part à la répartition du legs Bapst.
- Objets présentés. M. Gaillard fils, fabricant de toiles métalliques, rue du Faubourg-Saint-Denis, 208, appelle l’attention de la Société sur un appareil qu’il nomme conservateur aérifère, ayant pour objet la conservation de toute espèce de graines, fondé sur le mouvement de rotation et par la force centrifuge.
- M. Wagner neveu, horloger, rue Montmartre, 118, expose qu’une longue expérience lui a démontré que le dérangement qui survient le plus fréquemment dans la marche des horloges, ayant pour régulateur un lourd pendule , est la rupture ou le ploiement des dents ou chevilles de la roue d’échappement. Pour remédier à cet inconvénient, M. Wagner a eu l’idée d’introduire entre les becs d’échappement et la masse du pendule un point cédant ou élastique offrant dans cette brisure ou élasticité moins de résistance qu’il n’en faut pour plier ou rompre la cheville, et néanmoins suffisamment résistant pour ne pas céder à l’action de l’impulsion produite par la force motrice de la roue sur les becs d’échappement.
- M. Wagner présente un compensateur exact et d’une grande simplicité, ayant pour objet de corriger les variations provenant de la dilatation et de la condensation des pendules opérées par les changements de la température.
- Les ouvrages suivants sont déposés sur le bureau :
- 1° Le Technologis te, cahier de décembre 1848; /
- 2° Les numéros des 23, 26, 30 novembre et 3 décembre 1848 de la Belgique industrielle ;
- 3° Histoire et progrès de la Société royale agricole d’Angleterre, par M. Thackeray;
- 4° Des avantages qu offrirait la terre de la Beaupinière (ïndre-et-Cher) pour rétablissement Tune école d’agriculture, par M. Herpin;
- 5° Journal du second voyage agricole de M. de Gourcy, en Angleterre et en Ecosse, fait pendant l’été de 1847 ;
- 6° Revue scientifique et industrielle, par M. Quesneville ;
- 7° Annales de l’agriculture française, décembre 1848.
- Rapports des comités. Au nom du comité des arts mécaniques, M. Bande lit un rapport sur le rouleau compreseur de M. Bouillant, fondeur.
- Le comité propose d’adresser des remercîments à l’auteur pour sa communication et de faire insérer le rapport au Bulletin avec le dessin du rouleau. (Approuvé.)
- Au nom du comité des arts chimiques, M. Chevallier lit un rapport sur un mémoire
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- PROCÈS-V ERBAUX.
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- de M. Gaudin, intitulé, Moyen à mettre en pratique pour arrêter de grands incendies, et sur une note de M. Milonas, relative au même objet.
- Le comité propose d’adresser des remercîments à ces deux auteurs, d’insérer le rapport au Bulletin et d’en adresser une copie au ministre de la marine. ( Approuvé. ) ( Voyez plus haut, p. 733.)
- Au nom du comité des arts économiques, M. Gourlier lit un rapport sur le système de placage en verre contre 1 humidité, de M. Pean.
- Le comité propose 1° de remercier l’auteur de sa communication , de le féliciter des succès déjà obtenus par lui, et de l’engager à persévérer dans ses efforts pour améliorer, s’il y a lieu, ce moyen de préservation contre l’humidité ; 2° de faire connaître les travaux de M. Péan par l’insertion du rapport dans le Bulletin; 3° de les porter à la connaissance du ministre des travaux publics et deM. le préfet de la Seine comme pouvant être d’une application utile dans les édifices publics. (Approuvé.) (Voy. plus haut, p. 747. )
- Communications. M. Seguier, l’un des vice-présidents, entretient le conseil delà fabrication des papiers de sûreté. (Voy. plus haut, p. 756.)
- Le conseil entend MM. Dumas, de Colmont, Sainte-Preuve et Barre sur cette importante question, et décide que la discussion, s’il y a lieu, sera continuée à la prochaine séance.
- Séance du 20 décembre 1848.
- Correspondance. M. Autier, médecin à Amiens, adresse quelques fleurs ou chatons de l’aune, et signale la richesse de ces fleurs pour la teinture en noir sur toute matière et pour la composition d’une bonne encre. M. Autier fait observer que sa lettre a été écrite avec cette encre, et que l’échantillon de ruban de soie qu’il joint à son envoi est le produit de ces fleurs et du pyrolignite de fer.
- M. Chambellan, ex-chirurgien major, rue du Vieux-Colombier, 17, appelle l’attention de la Société, sous le rapport économique et industriel, sur un procédé de dessiccation et de conservation du sang des animaux, qui en prévient la décomposition et le conserve avec toutes ses propriétés naturelles à l’abri des atteintes de la putréfaction.
- M. Ch. Chevallier, ingénieur-opticien, Palais-National, 163, soumet, de la part de M. Laborde, professeur de physique, à Corbigny (Nièvre ), un moyen pour rendre plus efficace l’action du mercure sur les plaques iodurées.
- Le mémoire de M. Laborde traite de l’emploi du mercure et de l’éther sulfurique dans les opérations de la photographie. Ce mémoire présentant de l’intérêt et méritant d’être publié, le conseil ordonne son renvoi à la commission de photographie et à celle 'du Bulletin.
- M. Fournier, employé à l’octroi de Paris, rue Breda, 15, adresse un exemplaire au-lographié intitulé Application du système métrique à la tonnellerie.
- M. Tetreau, fermier de M. Hallez, à Renouilleux ( Seine-et-Oise ), adresse un mémoire sur les moyens qu’il croit les plus propres à améliorer les opérations agricoles et silvicoles. M. Tetreau demande que la Société veuille bien faire connaître son opinion sur les moyens d’amélioration qu’il propose.
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- . Objets présentés. M. Poignant, me des Fossés-Saint-Jacques, 3, présente un urinoir public dont les avantages, suivant lui, sont d’être renfermé derrière une porte qui s’ouvre devant la personne qui se présente et se referme lorsque cette personne se retire. Un mécanisme fait ouvrir le robinet d’un réservoir d’eau pour le lavage de la cuvette.
- M. Alexandre, passage de l’Entrepôt-du-Marais-Saint-Martin, 6, dépose un appareil destiné à remplacer la sangsue naturelle, et qu’il nomme sangsue mécanique. Ce système est double dans son action, comme l’est aussi celle de la sangsue, animal qui scarifie la chair et en aspire le sang ; seulement, dans cet appareil, ces deux actions s’opèrent successivement.
- M. Fauchery, mécanicien, à Ambert ( Puy-de-Dôme ), adresse la description et le dessin d’une nouvelle turbine de son invention et qui fonctionne depuis un an.
- M. Boulay, rue de la Sorbonne, 5, met sous les yeux de la Société quelques épreuves d’un procédé qui permet d’appliquer, avec un seul rouleau, autant de couleurs qu’on le désire. Ce procédé se divise en deux parties, simple et composée ; dans l’une et l’autre partie, les couleurs sont appliquées simultanément avec un seul rouleau sur la forme.
- M. Benoît ( Jacques-Toussaint ) de l’Hérault, rue du Pot-de-Fer-Saint-Sulpice, 18, présente le modèle d’un système de chemin de fer ayant pour but d’empêcher le déraillement, faciliter les montées, parcourir les courbes les plus étroites et pouvant servir à établir une télégraphie électrique. •
- M. Moreau, rue de Clichy, 46, dépose plusieurs ouvrages américains donnés à la Société d’encouragement, sur la demande de M. Vattemare, son beau-père.
- M. Vattemare exprime, au nom du bureau des patentes, le désir de posséder une collection des Bulletins de la Société.
- Les ouvrages suivants sont déposés sur le bureau :
- 1° Annales de la Société centrale d’horticulture de France, novembre 1848 ;
- 2° Journal des économistes, décembre 1848 ;
- 3° Le numéro 3* du journal la Réforme agricole ;
- 4° Statuts de la Société des ingénieurs civils;
- 5° Belgique industrielle.
- Rapports des comités. Au nom du comité des arts mécaniques, M. Le Chatelier lit un rapport sur une machine à vapeur de la force de 25 chevaux, établie à la Yillette par M. Farcot.
- Cette machine a été construite pour mettre en mouvement les pompes du dépotoir de la Ydlette, lesquelles serviront à refouler jusqu’à Bondy les eaux vannes séparées par décantation des vidanges de Paris; elle est disposée d’après le système de Woolf, à deux cylindres et à balancier.
- M. le rapporteur donne la description de cette machine et rend compte des expériences auxquelles se sont livrés les commissaires de là Société.
- Le comité des arts mécaniques propose de remercier M. Farcot de sa communica-
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- PROCÈS-VERBAUX.
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- tion et d’insérer dans le Bulletin le rapport avec la description détaillée de la machine et de la chaudière et les dessins nécessaires. ( Approuvé. )
- Au nom du même comité, M .Le Chatelier donne lecture de la nouvelle rédaction du programme de prix pour la construction des locomotives.
- Ce programme est approuvé. ( Voy. plus haut, p. 755. )
- M. Jomard lit le rapport suivant sur l’institut populaire gratuit établi rue de Ba-bylone, 69.
- « Le conseil d’administration m’a chargé de lui rendre compte d’un nouvel établissement d’instruction gratuit ouvert, dans le dixième arrondissement de Paris, depuis quelques mois. Je me suis empressé de me rendre à cette maison, rue de Babylone, 69. Le nombre des cours est de treize ; je n’ai pu assister à toutes ces leçons, mais j’ai pensé qu’il s’agissait moins de prendre connaissance de tous les cours que de prendre une idée générale de l’établissement et de son utilité, et de les faire apprécier par la Société.
- « Voici la liste des cours actuels : hygiène populaire, cours d’arboriculture, géographie physique, histoire naturelle appliquée aux usages de la vie et aux arts, chimie industrielle , géométrie appliquée aux arts et métiers, géométrie descriptive et algèbre, histoire nationale, dessin linéaire, et dessin de la figure et de l’ornement.
- « Il y a aussi des cours de musique, de grammaire et de droit français, ainsi que de calcul, lecture, écriture et orthographe. Ces cours se donnent tous les soirs de sept à neuf heures , et, par conséquent, ils peuvent profiter aux apprentis et aux adultes ; les modèles et livres pour le dessin, l’écriture et la lecture sont donnés gratis aux élèves.
- « Il y a aussi des cours le dimanche; ce sont ceux d’histoire naturelle, de géographie physique et d’arboriculture; pour ce dernier le professeur fait servir sept cent cinquante pieds d’arbres différents à sa démonstration.
- «Le cours d’hygiène populaire est fait par M. Boudet, docteur ès sciences, bien connu * de beaucoup de membres du conseil et qui met généreusement à la disposition des élèves les appareils nécessaires aux démonstrations; il en est de même de tous les autres cours. Le cours de chimie industrielle est professé par M. Leblanc, répétiteur à l’école polytechnique; celui de géométrie descriptive, par M. Santin, ingénieur, élève de l’école des mines’etc. (1).
- « Le nombre des élèves qui suivent le cours de dessin est déplus de quatre-vingts. Les salles sont constamment pleines ; on remarque le zèle qui anime tous les jeunes gens qui travaillent au dessin. La grande salle des cours peut recevoir jusqu’à deux cents et même deux cent quarante élèves, mais elle n’est pas encore remplie par les assistants.
- « On ne saurait trop louer la générosité des citoyens qui ont fondé cet établissement et qui pourvoient à toutes les dépenses de loyer , chauffage, éclairage et fournitures, qui ne laissent pas d’être assez considérables.
- « Cet établissement rappelle nécessairement les cours gratuits qu’ont ouverts, après
- (l) On se propose d’ouvrir encore un nouveau cours d’astronomie populaire et un autre pour la géographie de l’Algérie.
- Quarante-septième année. Décembre 1848. 100
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- PROCÈS-VERBAUX.
- 1830, les élèves de l’école polytechnique. Il serait bien à désirer que de pareils cours gratuits s’établissent dans tous les arrondissements. Celui du dixième est suivi avec zèle et prospère malgré l’éloignement du local, situé non loin du boulevard des Invalides : que serait-ce dans les quartiers populeux de la capitale ?
- « La phrase suivante du programme exprime parfaitement le but et la nature de Y institut populaire gratuit de la rue de Babylone : c’est par cette citation que je termine ce court rapport.
- « Libres de toute influence , réunis par la seule pensée d’être utiles et de payer la « dette de ceux qui ont appris, à ceux qui n’ont pas eu le bonheur d’apprendre, nous « venons ici déclarer notre but et nos intentions, et faire appel au concours de tous les « bons citoyens pour assurer le succès durable de notre institut : heureux si nous « parvenons à répandre parmi les ouvriers quelques connaissances profitables à leur « bien-être, et à susciter par notre exemple d’autres établissements analogues. »
- « Un comité de quatre membres, MM. Place, Boudet, Videau et Santin, est à la tête de l’établissement, en dirige la marche et recueille les souscriptions. Dans sa lettre à la Société, il désire qu’elle veuille bien lui donner une marque d’intérêt et de protection ; je crois pouvoir proposer au conseil, d’après ce qui précède, le renvoi de sa demande au comité des fonds. » ( Approuvé. )
- Communications. M. Sainte-Preuve lit une note sur les effets utiles des différents moteurs employés et à employer pour élever les eaux destinées aux irrigations.
- Ayant lu dans le mémoire de MM. Thomas et Laurens, inséré dans le Bulletin d’octobre 1848, l’indication que, parmi les moyens de se procurer de l’eau pour les irrigations, ils n’avaient pas mentionné le vent comme moteur, M. Sainte-Preuve rappelle que le Bulletin de novembre 1845 renferme un mémoire dont il avait donné lecture à la Société, et dans lequel il s’était proposé de prouver aux agriculteurs que, même loin des cours d’eau, ils pouvaient élever l’eau nécessaire aux irrigations, en ne dépensant que des sommes acceptables par l’économie agricole.
- Dans le mémoire dont M. Sainte-Preuve donne lecture, il expose les motifs qui lui font penser que la plupart des nombreux moulins qui servent en Europe à l’élévation des eaux pour l’agriculture fonctionnent sans l’emploi de réservoirs, et il termine par quelques observations sur les calculs de MM. Thomas et Laurens relativement aux machines à vapeur.
- M. Laurens, présent à la séance, présente quelques objections contre la théorie de M. Sainte-Preuve. Au moment défaire connaître les motifs qui ont engagé M. Thomas et lui à ne point se servir de moteurs à vent dans les circonstances où ils étaient placés, M. le président fait observer que la discussion pourrait avoir lieu lors du rapport qui sera présenté sur le mémoire de M. Sainte-Preuve. Ce mémoire est renvoyé à la commission du Bulletin et au comité des arts mécaniques.
- M. le président communique au conseil une lettre de M. de Haber, fabricant de sucre de betterave, à Carlsruhe, grand-duché de Bade, dans laquelle il donne des détails sur la méthode de dessiccation et d’extraction dans le vide des betteraves, d’après le procédé de M. Schutzenbach, pratiquée dans l’usine de Waghaeusel.
- *
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- M. de Haber fait connaître que les résultats obtenus l’année dernière sont très-satisfaisants; on a obtenu 7 1/2 pour 100 de sucre brut, dont 5,39 pour 100 de sucre raffiné. Il ajoute que la campagne actuelle commence à sa grande satisfaction ; que, jusqu’à aujourd’hui, il a une livraison de 65 millions de betteraves qui sera bientôt portée à 75 millions. La betterave est très-riche en jus, de 7, 8 et même 9 pour 100.
- Après une discussion sur les procédés de dessiccation, sur les causes de leur non-réussite en France, sur l’importance de provoquer l’établissement d’appareils de dessiccation simples et économiques, sur les motifs exposés par M.. de Colmont, qui militent en faveur de l’intervention du gouvernement, le conseil recommande l’étude de ces questions à l’attention du comité des arts chimiques.
- M. le président met sous les yeux des membres du conseil des échantillons de substances alimentaires conservées par les procédés de M. Niepce de Saint-Victor. Il fait ressortir l’intérêt qui s’attache à des recherches que la Société a provoquées par ses programmes. Sur sa proposition, le nom de M. Niepce de Saint- Victor sera inscrit sur le registre des concours. .
- LISTE
- des Membres de la Société admis pendant Vannée 1848.
- - MM.
- Arnoult, fabricant de sucre, à Braine-sur-Vesle (Aisne).
- Barros (de), ingénieur civil portugais, rue du Helder, hôtel du Helder.
- Brame , ingénieur des ponts et chaussées, rue Saint-Dominique-Saint-Germain, g3.
- Baron, ingénieur-opticien, rue des Trois-Pafil-lons, 10. v
- Cornillon, négociant, à Arles (Bouches-du-Rhône).
- Durden, chimiste, à Dublin (Irlande).
- Flaud, ingénieur-mécanicien , rue Jean-Goujon, 17.
- Frissard , inspecteur divisionnaire des ponts et chaussées, rue Montholon, 16.
- Laboulaye ( Charles), ancien élève de l’école polytechnique, rue Madame, 3o.
- Ladoucette, ancien sous-préfet de l’arrondissement de Saint-Etienne, rue Saint-Lazare, 7.
- Lainé, négociant, rue de Paradis, au Marais, 10.
- Luchaire (.Amédée), négociant, faubourg Saint-Martin, 154*
- Marey-Monge, ancien élève de l’école polytechnique, rue Las-Cases, /8.
- Orlando (Louis), ingénieur-mécanicien , à Païenne (Sicile).
- Paige, négociant, à Neuilly (Seine).
- Pesier (Edmond), membre de la Société d’agriculture, sciences et arts de Valenciennes, professeur de chimie industrielle de Valenciennes (Nord).
- Peyruc~Cousins, ingénieur-mécanicien, directeur des ateliers du Mourillon , à Toulon (Var).
- Renard-Perrin, architecte , directeur de la fabrique de bois colorés et conservés par injection , rue de Flandre, i3 , à la Villette.
- Rerolles, ingénieur, rue Saint-André-des-Arts, 21.
- Reynaud (Charles), négociant, à Cette (Hérault).
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- TABLE ALPHABÉTIQUE
- DES NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS DANS LA QUARANTE-SEPTIÈME ANNÉE DU BULLETIN.
- MM.
- ' A. -
- Ainslie , machine à faire les tuyaux de drainage, 233, 670.
- Alcan, sur la consommation des machines à vapeur, ii, 108, 307.
- Alexandre, sangsue-mécanique, 766.
- Allard, four à cuire le pain, 485.
- Amali, violons, 721.
- Anchin [d’), marronnier d’Inde, 686.
- Anjuerre et Moyne, ventilation des fosses d’aisances, 327.
- Appert, conservation des viandes, 215.
- Argicourt (d’), emploi du marron d’Inde, 687.
- Arnaud (d’), construction des villages égyptiens, 665.
- Arnoux, système de chemin de fer, 616.
- Aroux (F.), machine à vapeur, 3o6.
- Arnutt, ventilation des fosses d’aisances, 327.
- Aubrée, nouvelle graine de vers à soie, 4<>4-
- Audouin, vers à soie, 216; — destruction des insectes qui attaquent la vigne, 218, 4^2.
- Autier, teinture au moyen des fleurs, 411,6gg, 716.
- B.
- Bachelier, introducteur du marronnier d’Inde,
- 684.
- Bapst, distribution de son legs, r 11.
- Barbette et Rossin , oculaire astronomique po-lyalde, 83.
- Bareswill, procédé saccharimétrique , 17 1.
- Baronnet, désinfection des matières fécales (médaille d’or de la valeur de 3,000 fr.), 166, 3295 — engrais, 145 ; — emploi des urines, 388.
- Barret, désoxygénation de l’indigo, 412, 45g.
- Barrois, machines à vapeur, 573.
- Batilliat, traité sur les vins de France, 4o8, 451.
- Baud, violons, 725.
- Baude, système de ponts à arcs en planches de sapin superposées, 49° >
- Baumé, traitement du marron d’Inde , 6go; — incendie, 78g.
- Bayard, photographie sur papier, 198.
- Bayard, désinfection, 158, i5g (méd. d’argent), 166; — tinettes, 385,386; — évaporation des urines, 3g2.
- Becquerel, image colorée du spectre solaire, 274.
- Beliardy , introduction des lamas en Europe , 3o.
- Bélicard et Chesnaux, fosses d’aisances , 23, 142, 273 (méd. d’argent), 166.
- Benoit, niveau d’eau perfectionné, 11 ; —navigation à la vapeur, 108 ; —foulage des draps, 2c>4 ; — locomotives, 296.
- Béranger, balance-pendule , 2g4 ; — machine hydraulique, 601.
- Ber'es, photographie, 197.
- Bergère, système de ponts-levis à flèches, 53 , 54, 61,64.
- Bernardel, violons, 722.
- Bernède, chemin de fer atmosphérique, 615.
- Berthaud, pain de pommes de terre, 47 1 -
- Bessemer, résistance de l’atmosphère aux convois sur les chemins de fer, 45.
- Bic et Blanc, vidange, 333.
- Biot, polarisation appliquée à l’analyse des sucres, 173, 174*
- Bisson , photographie, 19g (méd. d’argent de 5oo fr.), 200 ; — bronzage électrochimique, 232.
- Bizé et Roquelin, voirie de Montfaucon, 401-
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- Blancherie [de la) sur le marronnier d’Inde,686.
- Blanchin, tissus élastiques, gi.
- Blanquart-Evrard, photographie sur papier (méd. d’ai’gent de 5oofr.), 169, 200.
- B lot- Voisin, vidange, 33o.
- Bobière, engrais-sang, 298.
- Bobierre et Dur eau, amélioration de la fabrication du sucre, 606.
- Boichoz, amélioration des vins, 4°8.
- Boisbaudran, méthode de dessin, 610.
- Boisse, appareils héliographiques, io5.,
- Boissieu (de), désinfection, i53.
- Boland, aleuromètre, 702 ; — propriétés alimentaires du pain, 704, 718. /
- Bon, préparation du marronnier d’Inde, 684,
- 685.
- Bonafous, ouvrage japonais sur les vers à soie, 293 ; — acclimatation du lama, 480.
- Bondit, désinfection, 164.
- Bonnevin, emploi du caoutchouc, 91.
- Boos, emploi du marron d’Inde, 690.
- Bosc, culture de la vigne, 4^ 1.
- Bosquillon, mécanique Jacquart, 342.
- Boudousquié, expériences sur la machine à vapeur de MM. le Gavrian et Farinaux, 438.
- Bouillant, rouleau compresseur, 223; — lettres en relief, 4«8, 5g8.
- Boulay, procédé typochromique, 765.
- Bourbon-Leblanc, traitement du cuivre, 488.
- Bourdon d’Ayguisy, pain de pommes de terre, 475.
- Bourg, fosses d’aisances, 23 ; — siège inodore ,
- .. 144. '
- Bourget {Jules), méthode de l’enseignement de l’arithmétique, 486.
- Boussingault, analyse des excréments, 137 ; — culture de l’aracacha, 209 ;— engrais, 3g5.
- Braconnot et Simonin, effets nuisibles des émanations des fabriques de produits chimiques, 49°.
- Brebisson, photographie, 169, 199 (méd. d’argent de 5oo fr.), 200.
- Breton, industrie du département de l’Isère, 482.
- Bridet, poudrette, 3g6.
- Brisset, presse lithographique, 191.
- Brizé-Fradin, appareil respiratoire, 382.
- Brokedon, caoutchouc, 91,92.
- Broquetet Marie, moulin ventilateur, 3?4
- Brugnalelli, papier incombustible, 735.
- Brun, fosses d’aisances, 22.
- Brunei, Bisson et Gauguin, laitonage et bronzage, 232, 260.
- Bruni, piano droit, 3oo.
- Buffon, sur l’acclimatation des lamas et de la vigogne, 3o, 48 r.
- Mma Bunau {dé), emploi des feuilles du marronnier d’Inde, 6g3.
- Bunsen, emploi de sa pile galvanique, 357.
- Burden, machine à cingler les loupes de fer,347.
- Burle, chemins de fer, 713.
- Buranet Payen, fosses d’aisances , 267. ,
- Buron, objectif de chambre obscure, 199.
- Buronet Barret, filets de pêche, 118. ,
- Busche, observations sur les machines urano-graphiques, 762.
- G..
- Cabirol, fabrication du gutta-percha, i3.
- Cadet, appareil pour secourir les asphyxiés,381.
- Cadet de Faux, fourneau ventilateur, 325; — pain de pommes de terre, 469, 47°-
- Calao, désinfection (méd. d’argent), 166.
- Gantier, machine à découper le cautchouc, 91.
- Capdeville, vidange, 332.
- Cappol, fosses d’aisances', 35. :
- Cas et Fulcrand, fosses d’aisances, 25.
- Castelnau , acclimatation du lama , de l’alpaca et de la vigogne, 28.
- Caumartin, ventilation des fosses d’aisances, 3a5.
- Cavalié-Coll, piano, 3oo.
- Cavé, grue à engrenages, 240; — marteau-pilon, 347;—machine à cintrer les tôles, 58o ; — machine à raboter et dresser les écrous, 730.
- Cazeneuve, fosses inodores, 142.
- Chablin, vidange, 33o. -
- CAnreo/aîné, violons, 722. ;
- Chameroy, tubes élastiques pour locomotion pneumatique, io3, 6î3. ^
- Chandelon, fabrication de l’acide sulfurique,
- 377.
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- ( 772 )'
- Chapeau, pain de pommes de terre, 4.68.
- Chaptal, services qu’il a rendus à la Société, 125.
- Charles, niveau-plan, 411? 4^4- '
- Chaufard, appareil de désinfection, 272.
- Chaumetle, appareil de fosses d’aisances, 9.5, 141 ; — fabrication de la poudrette, 396.
- Chaussenot jeune, calorifère, 7*4* 751.
- Cherronet, ventilation des fosses d’aisances,327.
- Chérot , travaux sur la peinture , io5, x i5 ; — récompense de 200 fr., legs Bapst, 1 16; — conservation des viandes, 223, 6o5 ;—bronzage plastique, 607.
- Cherrier, désinfection, 331 ; —vidange, i45, 332.
- Chesnaux, fosses d’aisances, 23.
- Chevallier , urinoirs, 335 ; — traitement de l’urine, 391 ; — quantité de matières fécales produites en France, 398 ; — pain de pommes de terre, 472, 473; — sur les fruits du .marronnier d’Inde , 682, 684 , 718; — papier de riz, 666;— impression sur la moelle de Yischnomene paludosa, 7 15.
- Chevallier fils, emploi de la pomme de tex’re et de sa fécule dans la panification , 466.
- Chevreul, tiavaux sur les corps gras, 84.
- Choiselat et Ratel, photographie, 197.
- Chladni, expériences acoustiques, 723.
- Clacy (de), appareil des fosses d’aisances, 20, i39-
- Claypole, pei’fectionnement dans la fabrication du sucre de canne, 700, 702.
- Clayton, machine à fabi’iquer les tuyaux, 234-
- Clément-Désormes, fabrication de l’acide sulfurique, 378.
- Clerc (Armand), école pour les orphelins, 222.
- Clerget, procédé sacchai’imétrique, 173 , 174» 175, 177, 178 et suivantes; prix de 2,000 fr., 169.
- Clerget (Auguste), panification de la pomme de terre, 106, 185.
- Cochot frères, machine à vapeur à cylindres horizontaux, 577.
- Coignet et Sergent, vidange, 33o.
- Cointraux, incendie, 789.
- Collardeau, goniographe, 289.
- Colpin, caoutchouc appliqué sur cuir, 91.
- Combes, pyroxyle appliqué à l’exploitation des mines, 278 ; — expéi’iences sur la machine à vapeur de MM. le Gavrian et Farinaux, 438; — absorption des vapeui’s nuisibles, 49°;
- Corne (frère), pain de pommes de terre, 467.
- Coste, pain de pommes de terre, 471*
- Costel, pain de pommes de terre, 46g.
- Cotel, système d’emballage, 81.
- Coulier, emploi des matières stercorales, 393.
- Coularet, désinfection, 161 , 162 (méd. d’argent), 166.
- Couverchel, appareil désinfectant, 267 ; — urinoirs publics, 385 ;— voirie deMontfaucon, 402; — emploi du marron d’Inde, 695.
- Cugnot, machine à vapeur, 297, 298.
- D.
- Daguerre, propriétés de l’iode, 196.
- Dallery, bateau à vapeur, 102.
- Dalmont, fosses d’aisances, 23, 268.
- Da Olmi, récompense de 3oo fr., legs Bapst, IO7, I 1 ! .
- Darcet, conservation des viandes, 2i5; —ventilation des fosses d’aisances, 326;—emploi de la pomme de terre , 472 ; — potasse reti-rée du marron d’Inde, Ü93;—incendie, 739.
- Dard, panification delà pomme de terre, to6, 186.
- Darnal, bateau à vapeur, 102, 109.
- Darligues, alcali retiré des cendi’es des marrons d’Inde, 694.
- Daubrée, tissus en fils de gomme élastique, 9 r.
- Deane, appareil pour pénétrer dans les lieux infectés, 383.
- Decœur, appareil pour recueillir les urines , 383.
- Decoster, paliei's graisseurs, 3n 1; — machine à raboter les écrous, nj3o.
- Degousée, forages artésiens exécutés à Yenise, 83.
- Dehargne, système de pont-levis et de machine-embai-cadère, 53, 23g.
- Dejernon, récompense de 5o fr., legs Bapst, 116.
- Delacretaz, bougie stéarique, 84.
- Delaulaye, appareil de respiration, 382.
- Deleau, cultui’e des prairies élevées, 33^.
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-
- ( 773 )
- Deleuze, marron d’Inde, 687.
- Delile, système de ponts-levis, 53, 60, 61,244, 2.5 O. "
- Delile, papier incombustible, 735.
- Dellisse, procédé de décapage des métaux , 52. Ddvigne, système de sauvetage, 762.
- Depaigrie, appareil de désinfection, 274*
- Derby (lord), introduction des alpacas en Angleterre, 29.
- Derché, pont-levis à contre-poids , 60.
- Derosne, fosses inodores, 14^ ; — appareil de désinfection, 267.
- Desblancs, bateau à vapeur, 110.
- Deschenaux, fosses d’aisances, 24;—poudre désinfectante, 154 (méd. de bronze), 166. Descroizilles, incendie, 741.
- Desplaces, foulage des draps, 2o/|.
- Dcaerell (William), inventeur du marteau-pilon, 348.
- Devinck, machine à peser et dresser le chocolat, 663.
- Didelot, incendie, 789.
- Dielz , instrument de musique dit aérophone , 3oo.
- Dinncourl, thermomètres, 5o.
- Dives , emploi de l’huile pyrogénée, 582.
- Dizé, conservation des viandes, 215. Doebereiner, éponge de platine, 377.
- Domeny, agrafes pour cordes de pianos, 664»;
- 7'9-
- Dommangc, fosses inodores, i58, 329, 332, 335.
- Donat, urate, 160, 387.
- Donné, photographie, 197.
- Droizy, pompe pour vidange, 329; — tinettes, 33o.
- Dubain, puissance mécanique produite par la combustion du gaz hydrogène, 48.
- Dnbreuil, Fauchet et Girardin, effet du sel marin sur les blés, 283
- Duchamp, Gonut et Gagnière , pompe pour vidange, 329.
- Duchène, chapeaux pliants, io3.
- Dufaud, enseignement des aveugles, 4'0. Dufour, latrines portatives, 26, 27; —urinoirs
- publics, 384*
- Dugoure, désinfection, 325.
- Duiffsprugaer, construction de violes, 721. Dulac et Gillet, prompt-cubateur métrique, 78. Dumanoir, assainissement des terres, 233, 678.
- Dumas, président de la Société, fabrication des bougies stéariques , 85 ; — son discours à la séance générale du 15 mars 1848, 128; — sur l’emploi du sel, 346; — moyen de détruire les vapeurs délétères provenant des fabriques d’acides, 490 ; — emploi de la moelle d’un roseau de Chine, 665 ; —• sur les fruits du marronnier d’Inde, 682, 686 ; — betteraves desséchées, 768.
- Dumas, fondeur , récompense de i5o fr., legs Bapsl, 107, 112. ~
- Dupasquier, vidange des fosses, 148.
- Dupin {Charles), exposé de la situation de l’industrie française, 290.
- Duplat, latrines inodores, 26.
- Duquet, rames rotatoires pour bateau à vapeur, 109.
- Durand, emploi des plaques de verre pour garantir les murs de l’humidité, 749.
- Durand, plaques de verre hydrofuges, 748. Durclé, engrais humain, 134-Durios, incombustibilité, qSq.
- Dtirnerin, procédé de fabrication des bougies stéariques , 88.
- E.
- Eck, fabrication des châles, 3, 5;—récompense de 260 fr. sur le legs Bapst, 107, no.
- Ellis, traitement du marronnier d’Inde, 687. Eloin, lampe de sûreté pour les mines, 168. Emy, ponts à bascule, 5g ; — cintres de sapin plié pour ferme de toiture, 593.
- Érard, agrafes de cordes de pianos, 720.
- F. fr
- Fagot, incendie, 738.
- Falquet, pain de pommes de terre, 466.
- Farcot, machines à vapeur, 4o4*
- Féry, système de chauffage, 99.
- Figuera, fabrication du sel ammoniac, 891. Figuier, analyse du marron d’Inde, 687.
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- ( T» )
- Fizeau, photographie, 169, 197 (méd. d’or de 1,000 fr.), 200.
- Flâchât, cingleur de loupes de fer, 347.
- Flandin, extraction de la fécule des marrons d’Inde, 666, 696.
- Fleury et Cappot, fosses d’aisances, 25.
- Foucault, machine destinée à faire écrire les aveugles, 600.
- Foudras , moyen de mesurer l’épaisseur des feuilles métalliques, 342.
- Fourcroy, travail sur les boues de Paris, i33.
- Fourneaux, piano droit, 3oo.
- Fournier, marbrure du verre et des pâtes céramiques, 49°5 689.
- Francheville {de), emploi du marron d’Inde, 688.
- Francœur, proposition relative aux orphelins des combattants de février, 167, 225.
- François, addition du tanin dans les vins blancs, 655.
- Frédéric, appareil de vidange, i45, 33o.
- Frémy, analyse du marron d’Inde, 687.
- Frémy et Boutin, désinfection de l’huile de résine, 588.
- Fusch, bois incombustible, 736.
- Fulcrand, fosses d’aisances, 25.
- Fulton, notice sur ses travaux, 102, 594.
- G.
- Gagin, dissolution du caoutchouc ,91.
- Galitzin {E.) {de), prix relatif aux pommes de terre, 219, 220 ;—au système de monnaies, 220.
- Gallet, désinfection, i43 (méd. d’or), 166.
- Galy - Cazalat, puissance dynamique qu’on peut obtenir de la déflagration des gaz, 47*
- Gambey, instruments à diviser, 602.
- Gannal, conservation des viandes, 216, 5g8.
- Garnier {Paul) , horloges électriques , 225, 3 r 1, 314; appareil chronométrique, 316.
- Garnier, ballons en caoutchouc, 91.
- Gaudin, moyen d’arrêter les incendies, 733.
- Gauguin, bronzage électrochimique, 232.
- Gaugain et Bisson, galvanoplastie, 223.
- Gay-Lussac, distillation du vin dans le vide, 652; — tissus incombustibles, 736.
- Gemini (de), conservation des bois, 279.
- Gennete, ventilation des fosses d’aisances, 325. Geoffroy, incendie, 737, 738.
- Geoffroy-Saint-Hilaire , acclimatation des lamas et alpacas, 3o, 481.
- Géraud, emploi des matières fécales, 393. Gibault, piano droit, 300.
- Gibert, ressorts, 319.
- Gibus, chapeaux mécaniques, io3, 461. Gilbert, pompe pour vidange de fosses, 328. Gillet, prompt-cubateur métrique, 78.
- Girard, sur la voirie de Montfaucon, 4®2. Girard, trempe des instruments en acier, 717. Girardin, engrais, 136; — sur les sociétés de secours mutuels du département de la Seine-Inférieure, 488.
- Giraud, fosses inodores, 133, 326.
- Girault, récompense de 100 fr., legs Bapst, 107, 112.
- G laesener , télégraphe magnétique, 317. Godard, fosses d’aisances, 161, 166, 272, Gonfreeille, ouvrage sur la teinture des laines,
- 49-
- Gosse, masque pour descendre dans les fosses d’aisances, 382.
- Goudot, culture de l’aracacha, 209.
- Gouffier {de), usage du bois du marronnier d’Inde, 694.
- Gourcy {de), assainissement des terres, 233 , 678.
- Gourlier, fosses d’aisances, 133.
- Gourlier, membre du conseil, proposition relative aux travailleurs, 226; —mode de transport et de préparation des matériaux de construction, 665.
- Granier, engrais gradués, i4<> (méd. d’argent), 166..
- Greau, industrie du département de l’Aube, 6o3.
- Green {John), ponts à arcs en planches, 593. Greiling, urinoir portatif, 385.
- Grenet, alcali des cendres des marrons d’Inde,
- 694.
- Guarnerius, violons, 722.
- Guenal, appareil uranographique, 714, 746-Guenet, instrument de dessin, 369.
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-
-
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- ( 7
- Guétion cle la Chanterie, fosses d’aisances, 269.
- Guérin-Méneoille, voyage d’exploration sur les côtes d’Afrique, io5.
- Guibout et Sanson, désinfection, 265.
- Guillaume , roi de Hollande, introduction des lamas et alpacas, 3o.
- Guillemin, cingleurde loupes de fer, 347.
- Guinier, appareil de fosses d’aisances, 21.
- Guion, chaînes d’attelage des waggons des chemins de fer, 664, 673.
- Guyton-Morveau , emploi de l’oxyde de zinc, 277.
- H.
- Haber (de), industrie sucrière, 769.
- Hacquet et Gibert, ressorts à leviers, 319.
- Haies, conservation des viandes, 216.
- Halelte, soupape pour tube atmosphérique,617.
- Halle, travail sur les boues de Paris, i33.
- Hancock , préparation du gutta-percha et de ses combinaisons, i3, 16, 17, 18; — caoutchouc, 91,92.
- Hartley, incendie, 734.
- Hassenfratz, bois incombustible, 735.
- Hédiard , système de propulsion atmosphérique, 601, 615, 618.
- Hély, fosses d’aisances , 23 , 166 (méd. de bronze). ,
- Hely (Reginald), bouteilles pour contenir des liquides, 713; — appareil de sauvetage, 608.
- Hemptinne (de), ventilation des fosses d’aisances, 326; — incombustibilité, 735.
- Hermbstaedt, papier incombustible, 735.
- Herpin, désinfection, 320.
- Hoffmann, emploi du marron d’Inde, 693.
- Houdon, buste deFuîton, 597.
- Houssard , appareil de fosses d’aisances , 20, 13g, 273 (méd. d’argent), 166; — fabrication de la poudrette, 3g6.
- Huau, marteau à vapeur , 348.
- Huguin, Dommange et camp., fosses inodores, £4* s 270; — voiture pour le transport des vidanges, 334-
- Hull (Jonathan), roues à courtes rames appliquées aux bateaux à vapeur, 109.
- Hurault èt Laroque, préparation du chloroforme, 460.
- Quarante-septième année. Décembre 1£
- rs )
- Hutin et Boutigny, conservation des bois, 280.
- Huzard, sur le drainage ou assainissement des terres, 612,677 ; — banques agricoles, 487.
- I.
- Jsot et Eck, châles, 6.
- J.
- Jacquemard, analyse de la poudrette, 3g8.
- James, pain de pommes de terre, 47^.
- Jarossay, pendules, 5i.
- Jaulin, panorgue-piano, 225, 299, 3or, 3o3.
- Jay, application du caoutchouc à la chapellerie, 91.
- Jean et Lamoureux, moyen d’empêcher la contrefaçon des livres, 190.
- Jobard, sur le vol des oiseaux , 5o ; — dessin, 610.
- Joly ( Isidore ), chauffage des édifices par la vapeur, 4°9-
- Jomard, sur l’incubation artificielle en Egypte, 6i4; — constructions égyptiennes, 664 ; — institut populaire gratuit, 767.
- Joséphine (impératrice), introduction des lamas, 3o.
- Jouffroy (de), bateaux à vapeur, 102, 108,110.
- Jourdain, appareil désinfectant ,271.
- Jourdant, appareil applicable aux voitures de transport, 604.
- Jourjon et Clair, marteau à vapeur, 348.
- Juckes, grille mobile fumivore, 667.
- Juge-Saint-Martin, emploi du marron d’Inde, 691.
- K.
- Kane, culture du lin en Irlande, 219.
- Kauleck, construction des chaînes d’attelage pour les waggons des chemins de fer, 673.
- Keller, fosses inodores, i43.
- Kind, forages, 281.
- Kraft et Suquet, désinfection, i38 (méd. de platine), 166; — fabrication du sel ammoniac, 392.
- ; . L.
- Laborde, photographie, 765.
- Jjabrouste, fosses inodores, i43.
- Lacroix, niveau à bulle d’air, 464*
- Laignel, chemin de fer, 4°9-
- 101
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-
- ( 776 )
- Ve Lambert, récompense de3oo fr, legsBapst, 107, 114*
- Lamblardie, pont à bascule à double volée, 59.
- Lamy, pain de pommes de terre, 4^3.
- Lapaix, perfectionnement des violons et violoncelles, 725, 727.
- Lapointe, cylindrejaugeur, 167.
- Lartois, vidange, 4°°-
- Lasserre-Camelot, fosses d’aisances, 25.
- Lasteyrie (de), panification de la pomme de terre, i85, 47Tî—traitement du marron d’Inde, 690, 715 -, — sur les travaux de Ful-ton, 1 02.
- Latour-Arlet, fosses d’aisances, 23, 141 (méd. d’argent), 166, 327, 33i, 332.
- Laurent, récompense de 100 fr., legs Bapst, IO7, I 12.
- Laurent, charrue fouilleuse, 234-
- Laurent et Filière, vidange, ^00.
- Lebrun (Désiré), lorgnette-jumelle, 9;— objectif de chambre obscure , 199 (méd. d’argent de 25o fr.), 200.
- Leclaire, couleurs à base de zinc, 104, 276.
- Leclerc, coconière, 296, 406.
- Lecœur, ventilateur pour fosses d’aisances, 324.
- Leconte, voyage d’exploration aux Indes orientales, 4°4*
- Le Gavrian et Farinaux, machine à vapeur,
- 406,435, 439,444? 573.
- Lefèvre, fabrication de l’acide sulfurique, 372.
- Lefevre, essais des violons de Savart, 724*
- Legras, désinfection, 167 (méd. d’argent), 166, 329, 335.
- Lemaître , machine à façonner la tôle de fer, 58o.
- Lemay, pompe pour vidange, 329.
- Lemercier, procédé d’impression lithographique, 46, ig4 (méd. d’or de 3,000 fr.), 195.
- Lemery, fabrication de l’acide sulfurique, 372.
- Lempereur, chapeaux pliants, 104,482.
- Lenfant, sur l’impôt du sel, 344*
- Lenoir, urinoir, 385.
- Lepoitevin, photographie, 16g, 198 (méd. d’argent de 5oo fr.), 200.
- Lescellier de Blécourt, renseignements sur le drainage, 227.
- Liebig, analyse des excréments, i36 analyse
- du platine, 378. ,
- Lisbonne, incombustibilité, 737.
- Livingston, bateaux à vapeur, 5g5.
- Lottin, autographie, 190.
- Louyet, produits de la résine, 277.
- Loyer, emploi des matières stercorales, 3g3. Loys (de), farine de pommes de terre, 471 -Lupin, assainissement des terres, 233, 678. Lupot, violons, 722.
- M.
- Mahon ( lord ), bois incombustible, 735. Makensie, assainissement des terres, 227. Makintosch, application du caoutchouc surpes tissus, go.
- Malen, fosses inodores, 142.
- Manby, incendie, 742.
- Marcandier, traitement du marron d’Inde, 687, 688.
- Marcel de Serres, fabrication du serammoniaé, 38g.
- Marchai, désinfection, 141.
- Mariotte, machine à dresser les écrous, 780. Marquet et Miconi, désinfection, 158.
- Martens, photographie, 169, 198 (méd. d’argent de 5oo fr.), 200.
- Martin (Emile), panification de la pomme de terre, 106, 187; — prix, 188.
- Massac, sur les urines, 386.
- Mathieu, appareil de fosses d’aisances, 19. Maze, fosses d’aisances, i3g, 271 (méd. de bronze), 166.
- Melelon, fosses d’aisances, 24.
- Melsens, moyen de donner un aspect de vétusté aux bois, 666.
- Meyer (de Mulhouse), locomotives, 664. Michaux, notice historique sur Fulton, 5g4. Michel, vidange, 402.
- Midlelon, sur les matières fécales, 3g4. Milonas, moyen d’arrêter les incendies, 733 ;
- — trempe des lames de Damas, 716.
- Milly (de), bougie stéarique, 8/j.
- Mirot et Dauphin, chapeaux pliants, 104. Mitscherlich, polarisateur, 173, 175.
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-
-
- Moitrel, incendie, 738.
- Mollerat, pain de pommes de terre, 472*
- Monial, piano droit, 3oo.
- Montgomery, introduction du gutta-percha en Angleterre, g5.
- Moore, incendie, 742*
- Moreau Kerlidu, emploi delà pomme de terre, 468.
- Morin, application du marteau-pilon, 348.
- Mottet, traitement du marron d’Inde, 693.
- Morlet, ponts-levis, 55.
- Muller, orgue, 3oi.
- Mustel, pain de pommes de terre, 468, 47°-
- N.
- Nante, vidange, 328, 33o.
- Napier, traitement du cuivre, 358.
- Narat, lithographie, 190.
- Nasmyth, marteau-pilon, 348.
- Niepce, moteur par l’air dilaté par le feu, 48,
- J9'
- Niepce de Saint - Victor, photographie, 196, 197 (méd. d’or de 2,000 fr.), 200, 335, 4o6, 4t2; — conservation des viandes, 769.
- Nicolle et Barbazant, presses lithographiques , 191.
- Nikel, moyen de réduire le caoutchouc en feuilles, 90.
- Nystrom, incendie, 742.
- O.
- Olivier ( Théod. ), mécanisme de la grosse cloche de la cathédrale de Metz, 35o; — tracé et construction des engrenages du système de TVhile, 345.
- Ormières, traitement de l’orseille, io5, 487.
- Oubriot, récompense de 100 fr., legs Bapst, 107, 112.
- P.
- Pagnon-Vuatrin, désinfection, 164(méd. d’argent), 166. ' .
- Paillasson, bougie stéarique, 84.
- Paisant-Lamotte, emploi des matières slerco-rales, 393.
- Palmer, incendie, 740.
- Panehost et Meleton, fosses d’aisances, 24»
- Pape, piano droit, 3oo.
- Papillon, typo-lïthographie, igo.
- ( 777 )
- Parent- Duchâtelet, rapport sur la voirie de Montfaucon, i3i.
- Pargadc, vidange, 4oo.
- Parkes, travail du caoutchouc, 92.
- Parlange, urinoir public, 385.
- Parmentier, ventilation des latrines , 326 ; — examen chimique des pommes de terre, 467 ; — pain de pommes de terre, 47°; — sur Ie marronnier d’Inde, 683, 68g.
- Partington, histoire de la machine à vapeur, 108,297.
- Pattinson, préparation du chlore, 4°3.
- Paulet, vidange barométrique , 333.
- Paulin, casque pour respirer dans les lieux infects, 383; — incombustibilité, 737. Paulin-Désormeaux, système monétaire, 763. Payen, procédé saccharimétrique, 177 ; —engrais, 154, 395.
- Payen et Buran, savon préparé avec de l’huile de résine, 588.
- Payen et Cartier, fabrication de l’acide sulfurique, 372, 376.
- Payen et Salmon, charbon désinfecteur, 320. Péan , système de placage en verre contre l’humidité des murs, 7475 761.
- Péligot, procédé saccharimétrique, 172; — fabrication de l’acide sulfurique, 377. Péregrine-Philips, acide sulfurique , 377. Périer, construction de bateaux à vapeur, 102. Perrot, encrage des pierres lithographiques, 46, 192; — prix de 1,5oo fr., 193 ; — armes de guerre, 294.
- Persoz, culture de la vigne, 757.
- Petin et Gaudet, marteau-pilon, 35o. Petithomme, suspension des cloches, 343, 35o. Pelzold, piano, 3oo.
- Philibert-Delorme, cintres en bois de champ,
- 594-
- Philippar, engrais, i4o, 167.
- Philippe, lithographie, 190.
- Philippe, galvanoplastie, 711.
- Pihet, machine à cintrer les tôles, 581.
- Pilaire de Rosier, respirateur antiméphitique , 282.
- Pimont, appareil dit caloridore ,223.
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-
-
- ( 778 )
- Pinel-Grandchamp, éducation professionnelle de l’agriculture et de l’industrie, 712. Pinkus, chemin de fer atmosphérique, 618. Pitay, vidange, 331. '
- Plagniol, objectif de chambre obscure, 199. Plaut, instrument pour le tracé des dessins, 295, 367.
- Poinsot, expériences sur le caloi’ifère Chausse-not, 754.
- Poitevin, gravure sur argent et sur cuivre argenté, 282.
- Pompry, application d’un nouveau système d’irrigation, 636, 638.
- Poncelet, ponts-levis, 55, 60.
- Pons, fabrication des tuyaux de conduite des eaux, 44*
- Porche, pompe portative, 329.
- Porcheron, panification de la pomme de terre , ro6, 188, 475.
- Possoz et Boissière , fabrication des cyanures par l’azote de l’air, 275.
- Potel, marteau à vapeur, 348.
- Potonié, industrie parisienne, 760.
- Pottier, soufflet ventilateur, 324*
- Poltier, emploi du marron d’Inde, 6g3.
- Proust, analyse des urines, 38g.
- Puymaurin, emploi du marron d’Inde, 690.
- Q-
- Quatrefages, conservation des bois, 280. Quinet, machine à repérer, 191.
- R.
- Rabelais, bois incombustible, 735.
- Rabier, désinfection (méd. d’argent), 166. Raclet, destruction de la pyrale de la vigne, 452.
- Rambaud, violons, 725.
- Ramelli, roues motrices de bateaux, no. Raphanel et Ledoyen, désinfection, 157. Rattier et Guibal, réduction du caoutchouc en fil, 91.
- Ré, emploi des urines, 387.
- Réaumur, incendie, 73g.
- Reid, incendie, 742.
- Remilly, rapport sur les travaux de M. Eck, 6. Renard-Perrin, coloration des bois, 5g5.
- Reville, emploi de la pomme de terre dans la panification, 466.
- Richer, pompe pour vidange, 32g, 335.
- Richer aîné, récompense de 3oofr.,legs Bapst, 107, n3.
- Ringard, fosses d’aisances, 24, i56 (méd. de bronze), 166.
- Ringard, lorgnettes-jumelles , 296, 343,370, 465.
- Rival, vidange, 333.
- Rivot et Philips, traitement métallurgique des minerais de cuivre, 352, 356, 365.
- Roberjot, sur la pyrale de la vigne, 4^2,
- Robert Loyd, chapeaux pliants, io3.
- Roberts, masque pour respirer dans les lieux infects, 383.
- Robine, pain de pommes de terre, 468, 473.
- Roebuck, fabrication de l’acide sulfurique, 372.
- Roehn, appareil de fosses d’aisances, 21.
- Rogier, lettre sur les engrais, 341.
- Rossin, oculaire astronomique polyalde, 83.
- Rouget de Lisle, emploi de la vapeur comme force motrice, 102; —chapeaux pliants, io3, 460 ; — logements pour les ouvriers à Londres, 608; —ouvrages sur la tapisserie à l’aiguille, 611, 676 ; — balai pour le nettoyage de la voie publique , 613 ; — grille à rôtir, ib.
- Rougevin, tuyaux de descente, 385.
- Rowbotham (J.), chapeaux pliants, io3.
- Ruolz {de), galvanoplastie, 260.
- Ryder, cingleur des loupes de fer, 347.
- S.
- Saint-Far, système d’arcs pour grandes charpentes, 5g3.
- Saint-Léger, expériences sur la machine à vapeur de M. Aroux, 310.
- Saint-Martin, tableau des distances des villes de France, 169.
- Sainte-Preuve, sur le remplacement des machines à vapeur par des moteurs à combustion, 46, 47 ; — notions sur la physique, la chimie et les machines, gg; — sur les opérations du drainage , 227 ; — vidange , 333; — locomotion pneumatique ; 613 ; —- appareil hydropneumatique destiné à l’exploita-
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- ( 779 )
- tion des mines , ib.; — chemin de fer, ib.; —perfectionnement de locomotives, 664; — réclamation au sujet du système de chemin de fer atmosphérique de M. Hédiard, 6^3; enseignement dans les lycées, 715 ;—irrigations, 768.
- Salmon, désinfection, i55, 274; —encre indélébile, 222.
- Salomon, nouvel abréviateur, 232, 263.
- Samuda et Clegg, chemin de fer atmosphérique, 618.
- Saniewski, récompense de 100 fr., legs Bapst,
- 107, ix3..
- Sanson, fosses inodores , i45.
- Savery, roues à rames pour bateaux à vapeur,
- 108.
- Savart, violons, 723.
- Savoye, vidange, 333.
- Sayer, renseignements sur l’industrie anglaise, 610.
- Schneider, marteau-pilon à vapeur, 348.
- Schneider, fabrication de l’acide sulfurique , 76,372.
- Schwickardy, récompense de 100 fr., legs Bapst, 107, 112.
- Seguier, sur les instruments à diviser de Gam-bey, 602 ; — trempe des instruments d’acier, 717 ; — fabrication du papier-monnaie, 756.
- Seiler, ventilateur pour fosses d’aisances, i56, 325.
- Selligue, travail fourni par la détonation des gaz mixtes, 46-
- Serbat, matière propre à graisser les machines, 582, 585; — mastic pour luter les joints d’assemblage, 4°4> 4911 586.
- Serrin, scie pour tailler les pierres, 75g.
- Semestre, désinfection, i38.
- Silveslre, marron d’Inde, 715.
- Simon, récompense de25o fr., legs Bapst, 107, 114.
- Sims, machine à vapeur, 3o6.
- Sirct, poudre désinfectante, 153, 272 (méd. d’argent), 161.
- Six, incendie, 740.
- Smart, calculs arithmétiques, 263..
- Smithf appareil de désinfection, 272.
- Soleil, saccliarimètre, 173,— prix de 2,000 fr., 169.
- Sorel, décapage de la fonte, 760; — moyen de dessécher la vapeur, 758.
- Soubeyran de Monleforges, incendie, 739. Sourel, lithographie, 190.
- Stahl, moulage de pièces anatomiques , 6o5,
- 674.
- Steiner, violons, 721.
- Stephenson, acclimatation de lamas en Ecosse, 29.
- Strabon, culture delà vigne, 451.
- Stradivarius, violons, 721.
- Stuart, machine à vapeur, 108.
- T.
- Tablel, marronnier d’Inde, 686.
- Tailfer, grilles mobiles fumivores, 602, 667. Telle, enseignement de la typographie et des écritures européennes, 718.
- T émaux, emploi du marron d’Inde, 690. Thackeray, assainissement des terres, 233,678. Thibault et Sergent, pompe pour vidange, 829, 333.
- Thibaut, violons, 722.
- Thiérey, pain de pommes de terre, 47 * • Thierry, engrais animal, 6o5.
- Thierry, photographie, 169, 199 (méd. d’argent de 25o fr.), 200.
- Thillaye, ventilation des fosses d’aisances , 324, 328, 33o.
- Thomas (E.), procédé de décapage des métaux, 5i.
- Thomas et Laurens, carbonisation du bois, 4^g y — système d’irrigation, 602, 634, 635. Tilghman, fabrication des acides et des alcalis,
- 597-
- Tissot, suspension des cloches, 343, 361. Toury, désinfection , 274*
- Tresca et Êboli, bougie stéarique, 84, 86. Tudot, lithographie, ig3.
- y.
- Tâcheron, tissus élastiques, g 1.
- Talcourt (de), buste de Fulton, 597.
- Talery et Lacroix, foulage des draps, 204-
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-
-
- ( 780 )
- Vallée {Léon), désinfection (méd. d’argent),
- i66.
- Vallin (H.), désinfection (méd. d’argent), 166. Van Marum, incendie, y4°-VanAken, incendie, ^4°*
- Vauchelet, outil-nécessaire d’armes, 611,660. Vaudoyer, moyen de préserver les murs de l’humidité, 748.
- Vellu, association des charpentiers, 292.
- Velut, sciage du bois de placage, 6o5. Vergnaud - Romagnesi j emploi du marron d’Inde, 6go, 692.
- Vergnetle-Lamotte, culture de la vigne, 411 j 645.
- Versepuy, pain de pommes de terre, 472. Vilaris, conservation des viandes, 215.
- Villain, mémoire sur le gluten, 411 -Villeroi, machine à encrer les pierres lithographiques, 192.
- Villiers (de), bois du marronnier d’Inde, 694. Vilmorin (L.), verres bleus pour lampes, 107. Vincent (Ernest), recherches histoxiques sur les
- fosses d’aisances, 19, 205, 319, 38i ; — nouvelle matière plastique, 489.
- Violeine, tableau des calculs d’intérêt, 263. Viollette, appareil pour carboniser le bois, 479, 695, 697.,
- Viot, vidange, 328.
- Voinchet, panification de la pomme de terre , 166, 4y5.
- Voyant, fosse mobile, 25.
- Vitillaume, violons, 72^. •
- Vuldy, vidange, 333.
- W.
- Wagner, chevilles élastiques de la roué d’échappement des horloges , 764.
- Waldeck , récompense de 100 fr., legs Bapst, 107, 112.
- Wzitenhuller , ventilation des fosses d’aisances, 324.
- Westhead , machine à couper le caoutchouc ,
- 91 •
- Williams, incubation artificielle, 614 •
- Woolf, sa machine à vapeur modifiée, 43q,
- 447-
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- TABLE
- ALPHABÉTIQUE ET ANALYTIQUE
- DES MATIÈRES
- CONTENUES DANS LA QUARANTE-SEPTIEME ANNEE DU BULLETIN.
- A.
- Abréviateur universel, par M. Salomon, 282, 263.
- Académie de Rouen, ses réponses aux diverses questions qui lui ont été adressées par la Société d’encouragement, y 10.
- Acide stéarique, production de T, par M. Dumas, 86 ; — lavage, moulage, pression , ib.\ — épuration, fonte, 87-.
- Acide sulfurique, de son emploi dans la fabrication des bougies stéariques, 86;—de sa fabrication , par M. Schneider, 76, 372 (pl. 1068 ) ; — nouvelle théorie de la formation de P, par M. Péligot, 377; — suppression de l’emploi de l’acide nitrique et des nitrates, 478; — ayant servi à la purification des huiles employées pour le décapage des métaux, par M- Sorel, 760.
- Acide tartrique, bonifie les vins, 4^7.
- Acides, leur action sur le sucre, ih5;—-de leur fabrication, parM. Tilghman, 579 ;— gras, de leur séparation, par M. Durnerin, 8g.
- Acier damassé, trempe de 1’, par M. Girard, 717'
- Agrafes pour cordes de pianos, par M. Domeny,
- 7*9- _ '
- Aiguilles, de leur fabrication à Lyon, 5i.
- Aimant, de sa disposition dans le télégraphe magnétique deM. Glaesener, 318.
- Albumine, de son emploi pour obtenir des épreuves photographiques sur verre, par M. Niepce de Saint-Victor, 335, 336.
- Alcali, de sa fabrication, par M. Tilghman ,
- 597 ; — retiré des cendres du marron d’Inde,
- 694.
- Alcool, quantité contenue dans les vins de la Côte-d’Or, 653.
- Aleuromètre, instrument pour reconnaître les qualités panifiables de la farine, 707 ( pl. io83).
- Algue marine employée pour désinfecter les matières stercorales, i55.
- Alpaga , possibilité d’acclimater cet animal en France, par M. Castelnau, 29.
- Alto, instrument de musique perfectionné, par M. Lapaix, 728.
- Ammoniaque, employée pour donner un aspect de vétusté au bois , 666.
- Anches , de leur application aux instruments de musique , 3oo ; — de leur fabrication , par M. Jaulin, 3o4 ; — appareil pour les essayer, 3 06.
- Animaux domestiques, emploi du sel dans leur nourriture, 285, 287.
- Arbres, moyen de les cuber, par MM. Dulac et Gillet, 79.
- Argile pulvérisée , mêlée à l’eau, éteint les incendies, 742.
- Arithmétique, enseignement del’,parM. Bourget, 486.
- Armes à feu, nouvelles, par M. Perrot, 294 ;— outil-nécessaire pour les, par M. Vauchelet, 660 (pl. 1080).
- Arrosages des prairies d’après le système de MM. Thomas et Laurens, 641.
- Assainissement des terres par l’opération du
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- drainage, 233 ; — mesures proposées, 612 , 679.
- Aveugles, opérations de menuiserie et de gravure pratiquées par les, /±\o.
- Avoine, de son emploi dans l’économie domestique, 763.
- B.
- Banques agricoles, sur les, 487.
- Bateaux à vapeur, invention des, 108; — MM. de Jouffroy, Savery , ib.; — Jonathan Huit, 109; — Duquet , ib. ; — Ramelli, 110; — Fulton, 5g4 ; — premier voyage entrepris sur les, par M. Michaux, 595.
- Batteries des armes à feu, moyen de les démonter et de les remonter, 661.
- Bestiaux, prix de i,5oo fr. pour l’engraissement des, 207.
- Betteraves , prix de 3,000 fr. pour le découpage et la dessiccation des, 210;— par M. de Haber, 769; — observations de M. Dumas, ib.
- Bibliographie industrielle , livres français, 35 ;
- — ouvrages périodiques, 43; — étrangère , livres anglais, 328 ; — ouvrages périodiques,
- - 339 ; — livres allemands, 34o ; — ouvrages périodiques, ib.
- Bioxyde d’azote, de son mélange avec le caoutchouc, 17.
- Blanc de zinc substitué à la céruse, par M. Le-claire, 104.
- Blé , machine propre à battre le, résultat du concours, 121 ; — effet du sel sur le, par MM. DubreuU, Fauche! et Girardin, 283.
- Blessés de février, indemnité accordée aux, 225.
- Bois, nouveau mode de cubage du, par MM. Du-lac et Gillet, 78 ; — moyen de le préserver de l’altération, par M. de Gemini, 279 ; — conservation du, par MM. Hulin et Bouti-gny, 280 ; — moyen de le préserver de la piqûre des tarets , par M. Quairefâges, 280 ;
- — carbonisation du, par la vapeur surécliauf-fée, par M. Fiollelte, 479 > 697 (pl. 1082) ;
- — procédés pour le rendre incombustible, 734» 735, 736; — coloration du, par M. Renard-Perrin, 5g5 ; — de chêne, moyen de lui
- donner un aspect de vétusté, par M. Mel-sens, 666.
- Boitouts , système d’assainissement des terres, 681.
- Bougies stéariques, sur la fabrication des, 84 , 85 ; — blanchiment et polissage, 88.
- Boules de verre remplies d’alun et de poudre pour éteindre les incendies, 739.
- Brevets d’invention accordés en Angleterre et en France pour la fabrication du caoutchouc, 9 r ; — délivrés en Prusse pendant l’année 1846, 33 ; — en Angleterre , en 1847, 4‘3 ;
- — en France pendant la même année, 491* Broché des étoffes, manière de le produire sur
- les métiers, 3.
- Bromure de chaux, de son emploi en photographie, par M. Bisson, 199 ( méd. d’argent de 5oo fr.), 200.
- Bronzage des métaux, 260 ; — plastique, par M. Chérot, 607.
- C.
- Cadran solaire, par M. Boisse, io5.
- Caisses d’emballage, par M. Cotel, 81.
- Calculs d’intérêts, par M. Salomon , 263. Calorifère de M. Chaussenot jeune, 751 (pl. 1086) ; — expériences deM. Poinsot, sur le,
- 754.
- Caoutchouc, de son mélange avec le soufre, i5;
- — moyen de l’améliorer, 17 ; —industrie du, 90; — son origine, ib.; — procédés de Ma-kintosch, de Rattier et Guibal, et de Nikel, ib.; — de Hancock, 91 ; — moyen de le réduire en fils, gS ; — préserve le bois et le cuir, 97.
- Caractères typographiques, modifications proposées par M. Telle, 718.
- Carbonisation du bois, par M. Fiolette, 479> 697 •
- Carrières de pierres lithographiques, découverte de, résultat du concours, 120.
- Cartons des métiers Jacquart, économie des, par le procédé de M. Eck, 5.
- Cendres de houille , de leur emploi pour désinfecter les fosses d’aisances, 164*
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- ( 783 )
- Cercles, moyen de les diviser par le plauto-graphe, 368.
- Chaînes d’attelage des waggons des chemins de fer, par M. Guion, 6^3.
- Châles, perfectionnements de la fabrication des, par M. Eck, 3 ; — économie qui en résulte, 5, 7 ; —description (pl. ro5o), 8.
- Chambres de plomb, leur emploi dans la fabrication de l’acide sulfurique , 37 3, 374 ; — leurs inconvénients, 376.
- Chanvres et lins, prix pour la culture des, 219.
- Chapeaux pliants ou mécaniques, par M. Rouget cle Liste, ro3, 4^1 (pl* 1073).
- Charbon, de sa préparation, par M. Fioletle, 698.
- Charrue-sous-sol pour l’assainissement des terres, par M. Laurent, 2.34-
- Charrue-taupe, de son emploi pour l’assainissement clés terres, 681.
- Chaudières à vapeur, moyen de prévenir les incrustations des, par M. Bevenol, 167; —-de la machine à vapeur de M. Sims, 307 (pl. io63);— épreuve qu’on lui a fait subir, 809 ;— de la machine de MM. le Gavrian et Farinaux, 44'2? 449 (pl 1072), 674.
- Chauffage, nouveau système de, par M. Féry ,
- 99
- Chaux, de son emploi dans la fabrication des bougies stéariques , 85 ; — mêlée à l’eau
- , éteint les incendies, 742.
- Chemins de fer, résistance de l’atmosphère aux convois des, par M. Bessemer, 45 ; — système des courbes à petit rayon de M. Lai-gnel, 4«9 ; -—atmosphérique de Saint-Ouen, 6i5, 626 ( pl. 1078) ; — expériences faites sur le , 627 et suivantes; — observations de M. Sainte-Preuve, 613.
- Chevaux, prix de i,5oo fr. pour le meilleur mémoire sur la production des, 208.
- Chlore, de sa préparation , par M. Paltinson, 4o3.
- Chloroforme, de sa préparation, par MM. Hu-rault et Laroque, 480.
- Chlorure de soufre , de son mélange avec le caoutchouc, 97.
- Chlorure de zinc, de son emploi pour le mou-
- lage des pièces anatomiques, par M. Stahl, 6o5, 675.
- Chocolat, machine à presser, peser et dresser le, par M . Devinck, 663.
- Chromolithographie perfectionnée, par M. Le-mercier, 194*
- Chronomètre électrique, parM. Garnier, 3ï6.
- Circulaire de la Société pour recueillir des renseignements sur l’industrie, 290; — du ministre de l’intérieur delà Belgique sur les engrais , 341 -
- Cloches, mode de suspension des, par M. Petit homme, 343, 35o (pl. 1067).
- Coconière, par M. Leclerc, 296, 406.
- Collage de vins, importance de cette opération, 654-
- Colle faite avec le marron d’Inde, 692.
- Concours ouverts par la Société pour l’année 1847 , rapport sur les, 118;—clos, 122.
- Conseil d’administration , liste de ses membres et adjoints, 235.
- Constructions, transport des matériaux de, par M. Gourlier, 665. -
- Cordes de pianos, moyen de les attacher, par M. Domeny, 719.
- Côte-d’Or, culture de la vigne dans le département de la, 645.
- Couleurs, moyen de les fixer sur les images photographiques , prix à proposer, 200 ; — à base de. zinc, par M. Leclaire, 276.
- Crayons lithographiques préparés, par M. Phi-lippes, 190.
- Cubage des bois, par MM. Dulac et Gillet, 79.
- Cuivre, traitement des minerais de , par MM. Rivât et Phillips , 352, 353, 358,35g ; — description du procédé , 862 , — alliage du, par M. Bourbon-Leblanc, 438.
- Cyanures, fabrication des, par MM. Possoz et Boissière, 275.
- Cylindre jaugeur, par M. Lapomte, J67.
- D.
- Débarquement des houilles au port de Brest, 2Ô2 (pl. 1059).
- Délayeurs pour les fosses d’aisances, 33o.
- Désinfection des matières fécales, rapport sur le concours pour la , 100, i3r, 135 ;—par
- m
- Quarante-septième année. Décembre 1848.
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- ( 784 )
- M. Houssard, i3g, médaille d’argent de 3oofr., i(56 ; —par M. Marchai, 141 > — par M. Latour- 4/iet, 141 > méd. d’argent, 166 ; — par M. Gallet, ifô, 144 m^d. d’or de i,ooofr., i66;-— par M. Siret, i53, médaille d’argent, 166 ; — procédé de MM. Marquet et Micnni, 158 ; — de
- M. Bayard, 160 , méd. d’argent, 166; —
- ï de M. Coutaret, 161 , méd. d’argent, 166; — de MM. Gagnage et Régnault, i63 ; — parM. Derosne, 267 ; — par M. Dahnont, 268 ; — par M. Guénon de la Chanterie, 26g, par M. Huguin, 270; — par M. Maze, 271;
- - —par M. Chaufard, 272 ; — par M. Hous-sard, 273 ; —par MM. Bélicard et Chesnaux, 278; —divers procédés de, 3ig,—substances employées pour la, 321.
- Dessins, moyen de les tracer avec le plautogra-phe, 368 ; — obtenus en blauc sur papier, 5g8.
- Discours de M. Dumas, prononcé dans la séance générale du i5 mars 1848, 128.
- Diviser, machine à, par M. Gambey, 602.
- Dragues pour la vidange des fosses d’aisances , 33o.
- Drainage, ou assainissement des terres, détails sur le, par MM. Lupin, Dumanoir et de Gourcyi 233, 4^7» 612, 682.
- Draps, prix de 2,000 fr. pour des machines propres au foulage des, 2o3.
- Drops anglais, leurs inconvénients pour l’embarquement des houilles, 241.
- E.
- Eaux pour l’irrigation des terres , moyen de les élever d’après le système de MM. Thomas et Laurens, 636, 641 ; — de se les procurer , 642; — de leur dérivation, iù.; — désinfectante pour les fosses d’aisances, par MM. Ra-phanel et Ledeyen, 157; — salée éteint les incendies, 741.
- Ecoles d’arts et métiers, élèves proposés pour les, 601; — industrielle et de commerce, par M. Pinel-Grandehamp, 712.
- Ecriteaux, par M. Bouillant, 5go.
- Ecriture pour les aveugles , par M. Foucault,
- 600 ; — enseignement de 1’, par M. Telle , 718.
- Ecrivain, nom d’un insecte nuisible à la vigne, 217.
- Ecrous , machine à raboter et dresser les, par M. Cavé, 730 (pl. io85).
- Elections bureau et des comités dans la au séance du 22 mars 1848, 170.
- Electricité, son application au laitonage et au bronzage des métaux, 260 ; — aux horloges , 31 1 ; — à la réduction des minerais de cuivre, 356, 357, 358.
- Elèves pour les écoles d’arts et métiers, rapport sur les, 601.
- Emballage, nouveau système d’, par M. Cotel,
- 8t.
- Embarcadère pour les houilles établi au port de Brest, 242, 245, 2.46; — sa manœuvre, 25o ;— sa description , 253 (pl. ioSy, io58 et io5g) ; — dépense des appareils, 255 ; — expériences faites sur cette machine, 256.
- Encrage des pierres lithographiques, par M. Perrot, 192.
- Engrais, prix de 3,000 fr., pour l’analyse des, 208 ; — différentes matières qui les produisent, 3g5;—quantités retirées des matières fécales et des urines, 3g8 ; — fabriqués par MM. Chérier et Baronnet, i45, méd. d’or de 3,ooo fr., !66; — par MM. Kraft et Suquet , 138, méd. de platine, 166; — parM. Salrnon, 155; -r méd. d’or de 3,000 fr. à M. Baronnet, 166 ; —gradués , par M. de Clacy, 14o ; — méd. d’argent à M. Granier, 166; — une médaille de 1,000 fr. à la Société du domaine de la Verge , ib. ; —des médailles d’argent à MM. Tellu, L'ali ri , Calao , Rabier et Granier, ib. ; — circulaire du ministre de l’intérieur de la Belgique sur les, 34i; —composés avec le sang, par M. Bobièrc, 2g3.
- Engrenages du système de TVhile, construits par M. Olivier, 345.
- Essence de térébenthine, de son emploi comme moteur, 16.
- Etoffes imperméabilisées par le gutta-percha , g3.
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- Exposé de la situation de l’industrie française, par M. Ch. Dupin, joint au Bulletin de juin. F.
- Fabriques de sucre de betterave existant en Prusse, 31.
- Faïence, marbrure de la, par M. Fournier, 58g..
- Farine de froment, moyen de reconnaître et d’apprécier les qualités panifiables de la, par M. Boland, 704, 709.
- — de pommes de terre obtenue par M. Cler-get, i85; — de son mélange avec celle de froment , 4% 5 47° 5 476; —nouveau procédé pour la fabriquer, 477 5 — de maïs ? 47^-
- Fécule, de son mélange avec la pomme de terre cuite, par M. Martin, 187 ; — de son emploi pour préparer du pain, 4^3 ; — son prix à diverses époques, ^nf\;— retirée du marron d’Inde, 6go, 692, 6g3, 6g5.
- Fer, de son emploi pour la réduction des minerais de cuivre, par MM. Rivot et Phillips, 355 ; — moyen de cingler les loupes de, par M. Cavé, 347 (pi- 1066).
- Feuilles métalliques, moyen de mesurer l’épaisseur des, par M. Fondras, 3t\2.
- Filets de pêche, machine à fabriquer les, résultat du concours, 118.
- Fils de caoutchouc, moyen de les préparer, g5.
- Filtres pour la séparation de l’oléine et de la stéarine , par M. Durnerin, 8g.
- Forages artésiens exécutés à Yenisepar M. Dé-gousée , 83 ; — entrepris par M. Kind pour la recherche de la houille,' 281.
- Fosses d’aisances, désinfection des, résultat du concours, i3i , 135 ; — recherches historiques sur la construction des, par M. E. Vincent, ig, 265, 3ig, 381; — moyen de les vider sans inconvénient, 133 ; — construction et vidange des, à Tours, 151 ; — appareil de M. Ringard, 156 , méd. de bronze, 166; — ventilation des , par M. Seiler, i56 ; — appareil de M. Legras, \5rj , méd. d’argent, 166; — de M. Godard, 161, méd. de bronze, 166 ; — système de M. Boitel, 162; —appareils séparateurs et désinlec-teurs, par MM. Guibout et Sanson, 2.65 (pl.
- 10G0); — par MM. Buianet Pajen, 267;— par M. Couverchel, ib.; — ventilation des, 324 ; — assainissement des, par M. Darcet, 326 ; — de leur vidange, 327.
- — inodores, système de MM. Bélicard et Chesnaux, 142, méd. d’argent de 5oofr., 166 ; — de M. Samson , 1 ^5 ; —de M. Frédéric, ib.
- — mobiles, appareils pour séparer les matières solides des liquides, 19 (pl. io53) ; — appareil de M. Mathieu, ib. ; —- de M. Houssard, 20 ; — de M. Roehn, 21 ; — de M. Brun, 22; — de M. Bourg, 23; — de MM. Bélicard et Chesnaux, 24;—de MM. Panchost et Mele-ton, ib.;—appareils séparateurs et désinfec-teurs, 25; — de M. Chaumette, ib.; — de M. Duplat, 26 ; — de M. Dufour, 27.
- Foulage des draps, prix de 2 000 fr. pour le, 203.
- Frein dynamométrique , de son application à la machine à vapeur de M. Si ms, 3o8.
- Fruits, prix de 5oo fr. pour la conservation des,
- 214*
- Fumée , supprimée dans les fourneaux munis de la grille de M. Tailfer, 66g.
- G.
- Galvanoplastie, essais de, par M. Philippe, 7 11.
- Garde-robes mobiles, par MM. Sir et et Chauvin,
- 2. H 2.
- * •
- Gaz, de son emploi comme moteur, par M. Sel-ligue, 16; puissance mécanique qu’on peut obtenir de sa déflagration, 17.
- Glace , fabrication de la , résultat du concours, 12 i.
- Glands, préparation des, 6gi.
- Gluten, ses propriétés, 705, 706.
- Goniographe, par M. Collardeau, 28g.
- Gomme élastique, de sa préparation, par M. Hancock, 13 ; — origine de cette industrie, go. 7
- Graisse pour lubrifier les mécanismes , par
- M. Serbaty 4°4> 58a, 585.
- Gravure des planches photographiques, par M. Lepoitcvin, 198, méd. d’argent'de 5oo f., 200;—par M. Fizeau, med. d’or de 1,000 f., ib.
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- ( 786 )
- Gravure sur argent et sur cuivre argenté , par M. Poitevin, 282.
- — reproduite par le procédé de M. Niepce de Saint-Victor, 406.
- Grilles mobiles fumivores, par M. Tailfer, 667, 67 1 ( pl. 1081 ).
- Grues, leurs inconvénients comme moyen d’embarquement, 239.
- Gutta-pereha, de sa préparation, par M. Hancock, i3; — appareil proposé pour cet usage (pl. io52), 14; — son mélange avec le soufre, 16; — ses diverses combinaisons, 17, 18; — machines pour le couper, ib. ; — de sa fabrication, par MM. Hancock et Brokedon, 92 ; — son origine, ib.; — de sa réduction en feuilles, 94; — différents objets qu’on fabrique avec le, g5.
- H.
- Haricots, prix pour la culture des, 213.
- Horloges perfectionnées par M. LcRgnel, 4o6;
- — par M. Wagner, 764.
- — électriques de M. Paul Garnier, 225, 31 r, 314 ( pl «o6 • , 1 o65 ) ; — sans pile, par M. Glaesener, 317.
- Hottes pour la vidange des fosses d’aisances, 33o.
- Houilles, de leur embarquement au port de Brest, 242, 245; — de leur débarquement, 252 ; — découvertes par les forages de M. Kind, 281 ; — réduites en menus morceaux pour la grille de M. Tailfer, 668.
- Huile extraite du marron d’Inde, 686, 718; — de résine , de son application à la peinture et à la fabrication du savon , par M. Serbat,
- 583, 584-
- Huiles pyrogénées, de leur emploi, par M. Di-ves, 582.
- Humidité des murs, moyen de la détruire, par M. Péan, 748.
- I
- Incendies , moyens d’arrêter les , par M. Gaudin, 733; — moyens préservatifs, 734 ^ — procédé de M. Hartley, ib.; — moyens relatifs à l’extinction, 787, 738.
- Incubation artificielle, parM. Williams, 614 j
- — méthode pratiquée en Egypte, ib.
- Indes orientales, voyage d’exploration aux, par M. Leconte , 4°4-
- Indigo , procédé de désoxygénation de 1’, par M. B arrêt, 412? 4^9-
- Industrie française, exposé de la situation de 1’, par M. Ch. Dupin, joint au Bulletin de juin; — discussion sur la situation de 1’, 292 ; — du département de l’Isère, 482 ; — parisienne, par M. Polonié, 760.
- Insecte capable de fournir de la soie, prix pour un, 216; — nuisible à la vigne, prix pour la destruction d’un, 217; — nuisible à l'olivier, 218.
- Institut populaire gratuit, rapport sur 1’, 767.
- Instruments d’astronomie de M. Gambey, sur les, 602.
- Iode, de son emploi en photographie, par M. Niepce de Saint-Victor, 196.
- Irrigations, mémoire sur les, par MM. Thomas et Laurens, 635; — par moteurs hydrauliques, 642 ; — dépense du système , 644; — observations de M. Sainte-Preuve, 768.
- Ischnomene paludosa, roseau dont la moelle fournit des feuilles, 665.
- Isère ( département de 1’ ), situation de son industrie, 482.
- J.
- Japon, art d’y élever les vers à soie, 293.
- Jus de betterave, défécation du , résultat du concours, 120.
- L.
- Lait, prix de 1,5oo fr. pour un moyen d’obtenir le maximum de, 206; — prix de 5oo fr. pour la conservation du, 214-
- Laitonage des métaux , par MM. Brunei, Bis-son et Gaugain, 261,
- Lama, possibilité de son acclimatation en France, parM. Castelnau, 28; — par M. Bo-nafous, 480; — introduit en Hollande, 481,.
- Lames de sabre de Damas , trempe des , par M. Milonas, 716.
- Lampes de sûreté pour les mines, par M. Eloin, î 68.
- Legs Bapst, distribution du, 107, in, ij6.
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- Légumes , prix de 5oo fr. pour la conservation des, 2i 5.
- Lettres en relief, par M. Bouillant, 5go.
- Lignes, moyen de les réduire au plautograplie,
- 368.
- Lin , prix pour la filature mécanique du , 20 !, 202.'
- Liqueur dite invariable, appliquée à la photographie, par M. Thierry, 199, méd. d’argent, 200.
- Lithographie, résultat du concours pour le perfectionnement de la, 45, 189 ; — essais de M. Sourd, s go ; — procédé à la manière noire, par M. Tudot, 198: —perfectionnements imaginés par M. Lemercier, ! q4 ; — coloriée, par le même, ib.;—prix de 3,000 fr. accordé à ce dernier, 595.
- Locomotives, note sur les, par M. Benoît, 296; - résultat du concours pour la construction des, 664 ; - méd. d’or de 4>00° h’, accordée à M. Meyer, ib.;—nouveau programme d’un prix pour la construction des, ^55.
- Lorgnette-jumelle perfectionnée par M. Lebrun , 9; — description, 10 ( pi. io5i ); --elliptique, par M. Ringard, 296, 343, 3>jo, 465 ( pi. 1073 ).
- M.
- Machines à vapeur, de leur- remplacement par, des moteurs à combustion , par M. Sainte-Preuve, 46,—consommation du combustible des, par M. Alcan, io3, 1.08;—par M. Si ms, 3o6 ( pl. 1062 ) ; — ses fonctions , 307 ; — expériences faites sur la, 3o8; — de M. Far-col, 4o4;— de MM. le Gavrian et Far in aux, 4^5; — ses dimensions, 4^7 ; — sa description , 444 ( pl- 107°, 1071 ); — essais de sa force , 441 i — rapport supplémentaire sur la, 573 (pl. 1074); — combustible consommé, 5^5; — expériences, 576; — à çy~ lind res horizontaux applicable à la navigation , par MM. Cachot frères, 577, 879 ( pl. 1075, 1076 ). ,
- Maïs précoces , prix pour la culture des ,210; — prix de 5oo fr. pour la production d’une nouvelle variété de, 212; — préparation du pain de, ^78.
- Maisons pour les ouvriers, 665.
- Maréographe, instrument pour indiquer les variations des matées, par M. Wagner, 663.
- Marronnier d’Inde, sur les fruits du, par M. Chevallier, 684 ; — qualité de son bois ,
- 694-
- Marrons d’Inde, moyen de leur enlever leur amertume, par M. Bon, 685;—peuvent servir au blanchissage du linge, 687; — préparation des , 688 ; — ses cendres fournissent de l’alcali, 694 ; — procédé de M. Silvestre, 7t5.
- Marteau-pilon pour le cinglag'e des loupes de fer, par M. Cavé, 347 ( pl. 1 066 ).
- Mastic métallique pour luter les joints d’assemblage des machines à vapeur, par M. Serbat, 4o4, 586, 587.
- Matières fécales, tentatives faites pour les séparer des liquides, 1 3a; — quantités qu’il s’en produit à Paris et en France, 137 ; — désinfection des , 267, 268, 270, 27 i ; — dé leur conversion en engrais, 393, 3q4, 898.
- Médaill es décernées aux concurrents pour le prix sur la désinfection des matières fécales , 101.
- Membres de la Société admis pendant l’année 1848, 769.
- Métaux, procédé de décapage des, par MM. 'Thomas et Delissc, 51 ; — par M. Sorel, 760, —laitonage et bronzage éleclrochimique des, par MM. Brunei, B iss on et Gauguin, 260.
- Métier à filer le lin, prix de 45°°° ^r- pour un, 202.
- Métier à tisser les châles, description des perfectionnements de M. Eck, 6.
- Minerais de cuivre, traitement métallurgique des, par MM. Rivot et Phillips, 352, 358;—• procédé, 362; — dépense, 365.
- Mines, exploitation des , par M. Combes , 278 ; — nouveau mode d’exploitation des , par M. Sainte-Preuve, 6 i 3.
- Monnaies, prix relatif au changement dans un système de, 220; — système de M. Pauhn-Désnrmeaux, 763.
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- Moteurs à détonation de gaz par M. Selligue, observations sur les, 16, 17.
- Moulage des pièces anatomiques, par M. Stahl, 6^5.
- Muriate de chaux mêlé à l’eau éteint les incendies, 733.
- Murs, moyen de les préserver de riuunidité, par M. Péan, 748.
- N.
- Navigation à la vapeur, par M. Fulton, sur la, 102; — par M. Benoît, 108.
- Niveau d’eau perfectionné par M. Benoît, 1 1 ( pl. io5i ); — ses avantages, 12.
- Niveau à bulle d’air de M. Charles, 4!I ? 4^4 ( pl. 1073 ).
- Noir animal, révivification du, résultat du concours , 120.
- Notices industrielles, 11, 83, 205, 317, 870, 466, 592, 684, 7 56.
- O.
- Objectifs pour chambre obscure, par M. Désiré Lebrun, 200; méd. d’argent de 2.5o fr., ib.
- Objets exposés dans la séance générale du i5 mars 1848, 117.
- Oculaire astronomique polvalde, par MM. Bar-botte et Rossin, 83.
- OEufs, prix de 5oo fr. pour la conservation des, 214*
- Oléine, sa séparation d’avec la stéarine , par M. Durnerin, 88 ( pl. io56 ).
- Olivier, prix pour la destruction d’un insecte qui attaque 1’, 218.
- Orgue expressif, par M. Jaulin, 3oi.
- Orphelins pauvres , institution fondée en laveur des, par M. Armand Clerc , 222 ; — de la révolution de février, proposition de les adopter, par M. Francœur, 167, 225.
- Orseille, produits obtenus de F, par M. Crinières, io5, 487.
- Outil-nécessaire pour armes à feu, par M. Fau-chelet, 660, 662 ( pl. 1080 ).
- Outils pour la fabrication des anelies libres, par M. Jaulin, 306.
- Ouvriers, proposition relative aux, par M. Gourlier, 226; — discussion à ce sujet,
- 228 ; — employés dans le département de l’Isère , 483 ; — logement des , 665 ; -— secours mutuels entre les, à Rouen, 7 10.
- Oxyde de zinc , son emploi en peinture dû à Guy ton-Moro eau, 277.
- P # '
- Pain, diverses méthodes de fabrication du, 183, 184 ; — propriétés alimentaires du, par M. Boland, 718; — fait avec la pomme de terre, par M. Foinchet, 186, 4765 47^5 — par M. Emile Martin, 187 ; — par Parmentier, Reville et autres, 466, 467 ; — par Cadet de Faux, 469, 47° > — Par M* Bourdon d’Ayguisy,474;—préparé avec le maïs, 478;
- — avec le marron d’Inde, par Parmentier et Baume, 690.
- Paliers graisseurs à réservoir inférieur , par M. Decoster, 37 1.
- Panification de la pomme de terre , prix pour la, résultat du concours, îo6, 182; — procédé de M. Emile Martin, 187 ; — prix de 2,000 fr. accordé à ce dernier, 188 ; — notice sur la, par M. Chevallier fils, 466.
- Panorgue-piano, par M. Julien Jaulin, 299;
- — description, 3o3 (pl. 1061).
- Papier, moyen de le rendre incombustible, par Brugnatelli et Hermbstaedt , ^35 ; — pour rendre la reproduction impossible , préparé par MM. Jean et Lamoureux, 190; — photographique, prix pour un , 200 ; — de riz , on nomme ainsi les feuilles de Vischno-mene paludosa, 665 , 7 1 5 ; — de sûreté , par M. Salomon, iq; — monnaie, de sa fabrication, par M. Seguier, 756
- Pâte de chaux, de sa composition, par M. Ser-bat, 584•
- Pâturages , prix de 1,000 fr. pour la meilleure méthode de consommation des, 2o5.
- Pendule électrique, par M. Paul Garnier, 312.
- Pendules avec vis sans fin, par M. Jarossay, 5i.
- Photographie , résultat du concours pour le perfectionnement de la , 195; — travaux de M. Nie pce de Saint - Victor, >96; — prix de 2,000 fr. accordé à ce dernier, 200 ;
- — médaille d’or de 7,000 fr. à M. Fizeau ,
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- ibid. ;— médaille d’argent à MM. Brebisson, Bisson, Thièry, ibid. ; — sur papier, 198; — médailles d’argent à MM. Martens et Blan-quard- Evrard, 200; — colorée, par M. Bec-querel, 274 ; — sur verre, par M. Niepce de Saint-Victor, 335 ; — nouveau procédé de, par M. Laborde, q65.
- Physliarmonica, instrument de musique à anches, 299.
- Piano réuni à un orgue expressif, par M. Jau-lin, 302 ; — fabrication des , perfectionnée par M. Domeny-j 719.
- Pièces anatomiques, moulage des, par M. Stahl, 675.
- Pierres lithographiques, carrières de, résultat du concours, 120 ;—rencrage des, par M. Vil-leroi, 191; par M. Perrot, 192; — prix de i ,5oo fr. à ce dernier, iq3.
- Pile de Yoita , application industrielle de son action, résultat du concours, 120; — appli quée à une horloge, par M. Garnier, 313.
- Placage en verre contre l’humidité des murs , par M. Péan, 748.
- Plantation de terrains en pente , résultat du concours, 122.
- Plantes féculentes, prix de 10,000 fr. pour la culture des, 209.
- Plaques à lettres en relief, par M. Bouillant , 59o.
- Plautographe , par M. Plant, 2p5,367 ( pî. 1067).
- Pommes de terre , panification des , résultat du concours, 182; — procédés de M. Clerget,
- 185 ; — machine pour l’égrenage des , par M. Dard, 186 ; — essais de M. Voinchet, ib.; procédé de M. Emile Martin, 187; — notice historique sur l’emploi des , par M. Chevallier fils, 19, 4^6; — leur examen chimique , par Parmentier, 4^7 ; — divers essais pour préparer du pain avec les, 468 ; — prix pour un tubercule propre à les remplacer,, 219.
- Pompes pour la vidange des fosses d’aisances , 328.
- Ponts à arcs en planches de sapin superposées, par M. Baude, 490, 592.
- Ponts-levis, mémoire sur les, par M. Dehargne, 53 ; — divers modes de, à flèche, 54 ; — système (Je M. Bergère , ibid.; — ses inconvénients, 55 ; — théorie des , par M. Poncelet , ibid,; - à bascule (pl. io54), 58 - -- système de M. Emy, 5g ; — à courbes et à contrepoids variable, par M. Delile, 60 ; — théorie des, 61 ; — établi sur le canal de la fonderie de la Villeneuve, au port de Brest, par M. Dehargne, 64, 67 ; — théorie, 68; — sa largeur, 70; — expériences , 72, 73; manœuvre, 74 ( pl. io55 ) ; — suite du mémoire de M. Dehargne sur les, 239.
- Porcelaine, marbrure de la, par M. Fournier,
- 58g.
- Port de Brest, machines-embarcadères établies au, 242, 245.
- Porte - amarre , appareil de sauvetage par M. Delvigne, 762.
- Potasse retirée du marron d’Inde, 68g ; — mêlée à l’eau, éteint les incendies, 741 *
- Poudredésinfectante, par M. Deschenaux, 154ï par M. Salmon, i55.
- Poudrette , fabrication de la , 3g6 , 397 , 398 (pl. 1069}.
- Poulets, moyen de les faire éclore artificiellement, par M. Williams, 6f4 ; — méthode pratiquée en Egypte, ibid.
- Prairies naturelles , de leur arrosement d’après le système de MM. Thomas et Laurens, 64 1 ; élevées, culture des, par M. Deleau, 33q.
- Presse lithographique, par M. Brisset, 19 r.
- Prix remis au concours pour l’année 1849, 122; — sur lesquels il sera ultérieurement prononcé, ï a3 ; — proposés dans la séance générale du j 5 mars 1848, 201 ; — proposés par la Société centrale d’agriculture pour l’emploi du sel dans l’amendement des terres, 284; — proposé pour la construction des machines locomotives, 765.
- Procès-verbaux des séances du conseil d’administration ( extrait des), séance du 8 janvier 1848, 44 ; — du «g janvier, 49; — du 2 février, 99; — du 16 février, to4; — du Ier mars , 167 ; — du 22 mars, 170 ; — du
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- 29 mars , 221 ; - - du 5 avril, 228, — du
- 12 avril, , 2.31 ; — - du 26 avril , 28g ; — du
- 10 mai , 293 ; — du 24 mai , 34/ ; — du
- 7 juin ^ 344 ; — du 21 juin , ! 0 du
- 5 juillet »4°7; - - du juillet , 4 10 ; — du
- 2 août, 482; — du 16 août , CO >0 7 du
- 3o août, Ol CD OO i du 1 3 septembre, 6o3 ; —
- du 27 septembre , 606 ; — du 1 1 octobre ,
- 663 ; — du 2Ô octobre, 712 ; — du 8 novembre ,716; — du 22 novembre , 768; — du 6 décembre, 768; du 20 décembre , 765.
- Programmes des prix proposés dans la séance générale du i5 mars 1848, 201.
- Proinpt-cubateur métrique de MM. Dulac et Gillet, 78.
- Propulsion atmosphérique, ses avantages, 624; — observations de M. Sainte-Preuve sur le système Hédiard, 674.
- Prussiate de potasse, de sa fabrication , par MM. Possoz et Boissière, 2y5.
- P y raie de la vigne, moyen de la détruire, 4°8, 452.
- Pyroxyle, de son emploi dans l’exploitation des mines, par M. Combes, 278.
- R. ,
- Raisin produit dans les vignobles de la Côte-d’Or, 649 ; — ses variétés, 667, 65c).
- Recherches historiques sur la construction des fosses d’aisances et l’emploi des matières fécales, par M. Ernest Vincent, 19, 205, 819, 38i.
- Reliures en gutta-percha, 96.
- Résine, distillation de la, par M. Louyet, 277 ; parM. Serbat, 584-
- Ressorts à leviers applicables aux voitures, par MM. H acquêt et Gibert, 319.
- Roue élévatoire des eaux de la rivière de Yesle pour l’irrigation des terrains, 637 (pl. 1079).
- Rouleau compresseur, par M. Bouillant, 223.
- Rouleaux encreurs des pierres lithographiques, par M. Perrot, 192.
- Piuban gradué pour mesurer les arbres par MM. Dulac et Gillet, 80.
- S.
- Saccharimétrie , concours relatif à la , 17 t ; —
- procédés de MM, Bareswill, Payenet Péligol, 172; — méthode de M. Clergct , 173 , iy4; prix de 2,000 fr.
- Saccbarimètre, ses avantages, 177 ; — prix de 2,000 fr, décerné à MM. Soleil et Clerget , ibid.; — description de celui de M. Soleil,
- 174-
- Sang de bœuf, de son emploi dans le raffinage du sucre, par MM. Bobierre et Bureau, 606.
- Sangsue mécanique, par M. Alexandre, 766.
- Sauvetage , appareil de , par M. Hely, 607 ; — système de M. Dehngne, 762.
- Savon de chaux , moyen de l’obtenir , par M. Dumas, 85.
- Sculptures , moyen de les transporter , par M. Cotel, 81.
- Séance générale du i5 mars 1848, 117, 171.
- Secours , appareils de , pour la vidange dos fosses, 381 (pl. 1069).
- Sél marin, de ses effets sur le blé,par MM. Du-breuil, Fauchai et Girardin , 283 ; — prix proposé par la Société centrale d’agriculture, 284; — de son emploi pour la nourriture des animaux domestiques, a85 ; — proposition de maintenir l’impôt sur le, par M. Len-fanl. 344; — observations deM. Dumas sur l’emploi du, 346 ; — mêlé avec l’eau, éteint les incendies, 741 -
- Sel ammoniac, de sa fabrication en Allemagne, 389, 890.
- Sièges d’aisances, différents moyens de les construire, 402;—inodores. parM. Maze, 139; — parM. Bourg, ï44-
- Siphon nouveau, par M. Sainte-Preuve, 6)3.
- Société d’encouragesnent, services qu’elle a rendus à l’industrie, i2Ô, 128 ; — de secours mutuels entre les ouvriers . à Rouen , 710 ,
- 7'1*
- Soie, prix de 3,000 fr. pour l’amélioration du tirage de la , 202 ; — insecte propre à fournir la, prix proposé, 216.
- Soufre, de son mélange avec le caoutchouc, par .M. Hancock, i5, 97 ; — de son emploi pour la fabrication de l’acide sulfurique , 379 ; — pulvérisé, éteint les incendies, 733, 709.
- Soupapes des chemins de fer atmosphériques,
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- par M. Hêdiard, 615, 618 (pl. 1078); — par M. Halleite , 617 ; — expériences faites sur
- ‘ celles du chemin de fer de Saint-Ouen, 619.
- Spectre solaire, image colorée du, par M. Becquerel, 274.
- Stéarine , de sa production , 85 ; — sa sépara-
- , tion d’avec l’oléine , par M. Durnerin , 88
- (pi. io56).
- Substances employées pour la désinfection des matières fécales, 821.
- Sucre , moyen d’essayer la qualité du , par M. Clerget , 174 ; — son pouvoir rotatoire , ij5; — impôt sur le, 179, 180 ; — moyen de l’obtenir raffiné du premier jet, 181; — d’améliorer la fabrication du , par MM. Bobierre et Dur eau, 606 ; — de son addition au vin, 408, 65o;— perfectionnements introduits dans la fabrication du, par M. Claypole, 702 (pl. 1082).
- Sucre de betterave fabriqué en Prusse, 3i ; — résultat du concours pour améliorer le, 169; — fabriqué par M. de liaber, 769.
- Suif, diverses modifications qu’il subit pour être converti en acide stéarique, 85.
- Sulfate, de son emploi pour désinfecter les matières fécales, i53.
- Sulfate d’ammoniaque, moyen de le retirer des urines, 3g 1.
- Sulfate de plomb , moyen de le remplacer, par M. Serbat, 588.
- Sulfate de zinc, de son application dans les machines motrices, 18.
- Sulfure d’antimoine, de son mélange avec le caoutchouc, 15, 16.
- T.
- Table de marbre portant les noms des fondateurs de la Société, 4°7*
- Tableau des substances employées pour la désinfection des matières fécales, 321.
- Tableaux, moyen de les transporter, par M. Cotel, 81.
- Tanin employé pour le collage des vins, 655.
- Tapisserie à l’aiguille, ouvrage sur la, par M. Bouget de Lisle, 678.
- Teinture au moyen de l’indigo, par M. Barret, 46o.
- Télégraphe électrique, par M. Paul Garnier, 3 ï 1 ; — par M. Glaesener, 318.
- Terrains arrosés d’après le système de MM. Thomas et Laurens , 636 ; — cultivés en vignes dans la Côte-d’Or, 645.
- Terres, différents modes d’assainissement des, 680, 681.
- Tinettes pour la vidange des fosses d’aisances, 33o.
- Tissage des étoffes, principales opérations du, 3.
- Tissus , moyens de les rendre incombustibles, 736, 737.
- Tôle de fer, machine à façonner la, par M. Lemaître, 58o (pl. 1077).
- Tourillons , de leur disposition pour la suspension des cloches , par M. Petilhomme, 351.
- Travail national, discussion relative au, 228;— commission nommée pour examiner la question , 23 1.
- Traverses des chemins de fer , moyen de les conserver, par MM. Hutin et Boutigny, 280.
- Tubes élastiques en métal pour locomotion pneumatique, par M. Chameroy, io3. *
- Tuyau du chemin de fer atmosphérique de Saint-Ouen, 620.
- Tuyaux pour la conduite des eaux, par M. Pons, 44 ; — en terre cuite pour l’assainissement des terres, observations de M. Sainte-Preuve sur la fabrication des, 227; — machine pour faire les, par M. Ainslie, 233.
- Typochromie, par M. Boulay, 765.
- U.
- Uranograpbe deM. Guénal, observations sur 1’, 714.
- Urate, de sa fabrication, par M. Donat, 387 (pl. 1069).
- Urines, désinfection des, résultat du concours,
- 131 ; — moyen de s’en débarrasser, 133 ; — quantités qu’il s’en produit annuellement à Paris et en France, 137 ; — moyen de prévenir la fermentation des, et de les recueillir, par M. Bayard, i5g; — appareils pour recueillir les, 383 ; — de leur emploi en agriculture, 386 ; — composition des, par Ber-
- 103
- Quarante-septième année. Décembre 1848.
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- zélius, 38g ; — moyeu d’en retirev le sel ammoniac, ib., 3g i.
- Urinoirs de MM. Dufour , Rougevin, Renoir, Couverchcl, Chevallier et autres, 385.
- Y.
- Vapeur, de son emploi comme force motrice, 102 ; —de son application au marteau-pilon de M. Cavé, 34g ; — sa distribution dans la machine de MM. le Gavrian et Farinaux . 43g , 448 ; — moyen de la dessécher, par M. Sorel, 758 ; — suréchauffée, de son emploi pour carboniser le bois , par M. Fiol-letle, 4^9» 6g8.
- Vapeurs nuisibles, produites par les émanations des fabriques de produits chimiques, moyen de les détruire, 4g°»
- Ventilation des fosses d’aisances, 324 ! ~' m<-'“ canique , ib.; — par les foyers et les tuyaux de conduite, 325; — par M. Sciler, i56.
- Vernis obtenu du gutla-percha et du caoutchouc, 18.
- Verre, marbrure du, par M. Fournier, 58g; — de son emploi pour préserver les murs de l’humidité, par M. Péan, 748.
- Verres de lampes colorés en bleu, par M. Fil-rnorin, 107.
- Vers à soie, ouvrage sur la manière d’élever les, au Japon, présenté par M. Bonafous, 2g3;— nouvelle graine de, par M. Aubrée, 4°4-
- Viande, prix pour la conservation de la , 2i5 ; — conservée par M. G annal, 5g8 ; — par M. Chérot, 6o5; —par M. Niepce de Saint-Fictor, 76g.
- Vidange des fosses d’aisances, ses inconvénients, i32; — divers systèmes proposés , 133 ; — opérée à Lyon par la Société générale des engrais, i46, 147 ; — arrêté du inaire de cette ville, 14g ; — à Tours, i5o;—arrêté du maire, 151, 152;— par galeries souterraines, 333; — appareil de secours pour la, 381.
- Vidangeurs, règlements relatifs aux, 4oo.
- Vide, de son emploi pour la vidange des fosses d’aisances, 331 ; — par M. Dommange, 332 ;
- — manière de le produire dans le tuyau du chemin de fer de Saint-Ouen, 621.
- Vigne, prix pour la destruction d’un insecte nuisible à la, 217; — de sa culture, par M. Batilliat, 451 ;— culture de la, dans la Côte-d’Or, par M. Fergnelte-Lamotle , 4< 1 , 645, 646 ; — comparée à celle du Bordelais , 648; — nouveau mode de culture de la, par M. Persoz, 7 57.
- Vignobles de la Côte-d’Or, sur les, par M. Fer-^netlc-Lamolte, 648.
- Vigogne, de son acclimatation en France , par M. Castelnau, 2g.
- Villages, de leur construction en Egypte, 665.
- Vins de France, traité sur les, par M. Batilliat, 4o8;— amélioration des, par M. Boichoz, ib. ;
- — leurs diverses qualités d’après un document ancien, 451, 453 ; — maladies qui les affectent, 456; — moyen de les bonifier, 457 ; —* mémoire sur les, par M. Ferguette-Lamotte , 645;— qualité de ceux de la Côte-d’Or, 647, 648;—manière de les préparer, 65o; —
- — action du froid sur les, 65i, 652; — collage des, 654.
- Violoncelles , perfectionnés par M. Lapaix , 728-
- Violons, origine de l’invention des, 721 ; — perfectionnés , par M. Chanot, 722; — par M. Savart, 723, 724; — par M. Rambaud ; ib.;—par M. Baud, 725 ; — par M. Lapaix, 726, 727.
- Voiries , règlements relatifs aux, 4°> ;— proposition de supprimer celle de Montfaucon,
- 131, ï32.
- Voilures de transport, moyen de diminuer leur chute, par M. Jourdant, 6o4 ; — pour la vidange des fosses d’aisances, 334-
- Volailles , nourries avec des marrons d’Inde , 687 ; — de leur production , par M. Williams ,614-
- Voyage industriel en Angleterre, par M. Rouget de Liste, 608.
- W.
- Waggons, de leur attelage, par M. Guion, 673.
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- Planches.
- PI. io5o, triple. Comparaison des anciens et des nouveaux procédés de fabrication des châles français à l’imitation de ceux de l’Inde, par M. Eck, en regard de la p. 8.
- PI. io5f, simple. Lorgnette-jumelle, par M. Lebrun. — Niveau d’eau perfectionné par M. Benoit, p. 10.
- PI. io52, double. Traitement et préparation de la gomme élastique nommée gutta-percha, par M. Hancock, p. i3..
- PI. io53, triple. Divers système de latrines, de fosses d’aisances et de garde-robes inodores ( suite ), p. 19.
- PI. io54, triple. Divers systèmes de ponts-levis à flèche, à bascule et à couibe, par M. Dehargne, p. 64•
- PI. io55, triple. Pont-levis sur le canal, de la fonderie de la Villeneuve, au port de Brest, par M. Dehargne, p. 76.
- PI. /o56, double. Procédé de séparation de l’oléine de la stéarine du suif, parM. Durne-rin, p. 88.
- PI. 1057, triple. Appareil pour l’embarquement des charbons de terre, construit au port de Brest, par M. Dehargne, p. 253.
- PI. io58, triple. Plan de l’appareil pour l’embarquement des charbons de terre au port de Brest, et waggon-entonnoir, p. 253.
- PI. io5g, triple. Appareil pour le débarquement des charbons de terre, construit au port de Brest, par M. Dehargne, p. 254-
- PI. 1060, triple. Divers systèmes de latrines, de fosses d’aisances et de garde-robes inodores ( suite ), p. 265.
- PI. 1061, triple. Instrument de musique nommé panorgue-piano, et outils destinés à la fabrication des anches libres, par M. Jaulin, p. 3o3.
- PI. 1062, double. Machine à vapeur à cylindres combinés, construite en Angleterre par M. Si/ns et introduite en France par M. Félix Aroux, p. 3o6.
- PI. io63, triple. Chaudière à foyer intérieur pour une machine à vapeur de 3o chevaux établie chez M. Félix Aroux, à Elbeuf, p. 307.
- PI. 1064, triple. Horloge électrique, par M. Paul Garnier, p. 314-
- PI. io65, simple. Suite des horloges électriques de M. Garnier, p. 317.
- PI. ïo66, double. Marteau-pilon pour le cinglage des loupes de fer, par M. CW, p. 348.
- PI. 1067, simple. Système de suspension des cloches, parM. Petilhomme. —Instrument de dessin dit plauiographe, par M. Plant, p. 352.
- PI. 1068, triple. Appareil pour la fabrication de l’acide sulfurique , par M. Schneider, p. 38o.
- PI. 1069, triple. Appareils de fosses d’aisances inodores , urinoirs , fabrication des urates , du sel ammoniac et de la poudrette, p. 386.
- PI. 1070, triple. Machine à vapeur à détente variable , par MM. le Gaarian et Farinaux ,
- à Lille, p. 444*
- PI. 1071, triple. Machine à vapeur de la force de 3o chevaux, à mouvement direct, à deux cylindres, sans balancier, avec détente et condensation, par MM. le Gavriati et Fa-rinaux, à Lille, p 44$*
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- PI. 1072, double. Chaudière et fourneau de la machine à vapeur de MM. le Gavrian et F arinaux, p. 449’
- PI. 1073, simple. Chapeaux mécaniques, par M. Rouget de Lisle. — Niveau à bulle d’air, par M. Charles. — Lorgnette-jumelle elliptique, par M. Ringard, p. 4^2.
- PI. 1074, simple. Expériences sur la machine à vapeur de MM. le Gavrian et Farinaux, à Lille, p. 577.
- PI. ion5, triple. Machine à vapeur à cylindres horizontaux, applicable à la navigation, par MM. Cochot frères, p. 679.
- PI. 1076, triple. Suite de la machine à vapeur à cylindres horizontaux , par MM. Cochot frères, p. 679.
- PI. 1077, triple. Machine à façonner la tôle de fer, par M. Lemaître, p. 58o.
- PI. 1078, triple. Chemin de fer atmosphérique d’essai de Sainl-Ouen, par M. Hédiard,
- p. 626.
- PI. 1079, triple. Roue élévatoire des eaux de la rivière de Vesle pour l’irrigation d’un terrain situé à Ciry-Salsogne ( Aisne ), par MM. Thomas et Laurens, p. 637.
- PI. 1080, simple. Instrument pour démonter et remonter les batteries des armes à feu, par M. Vauchelet, p. 662.
- PI. 1081, triple. Grilles mobiles fumivores de M. Tailfer ( système Juches ), p. 671.
- PI. 1082, triple. Appareil pour la carbonisation du bois par la vapeur suréchauffée, par M. Violette.—Perfectionnements dans la fabrication du sucre, par M. Claypole, p. 702.
- PI. io83, simple. Aleuromèlre, appareil pour apprécier les propriétés panifiables de la farine de froment, par M. Roland, p. 707.
- PL 1 084, simple. Agrafes pour cordes de piano, par M. Domeny. — Yiolons perfectionnés par M. Lapaix. p. 721.
- PI. io85, triple. Machine à raboter et dresser les écrous, par M. Cavé, p. 730.
- PI. 1086, simple. Nouveau calorifère, par M. Chaussenot jeune, p. 753.
- IMPRIMERIE DE MADAME VEUVE BOUCHARD-HUZARD, RUE DË L ÉPERON, 5.
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- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR LTNDÜSTRIE NATIONALE, fondée en 1803,
- RECONNUE COMME ÉTABLISSEMENT d’üTILITÉ PUBLIQUE PAR ORDONNANCE DU 21 AVRIL 1824.
- PROGRAMMES
- DES
- PRIX PROPOSES
- PAR
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE,
- POUR ETRE DÉCERNÉS DANS LES ANNEES 1849, 1850, 1852, 1853, 1855 ET 1860.
- Siège de la Société, rue du Bac, 42.
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- NOTE SUR L’ORGANISATION
- DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT POUR L’INDUSTRIE NATIONALE, SEANT A PARIS, RUE DU BAC, N° 4*2.
- Cette Société, fondée en 1802, a pour but l’amélioration de toutes les branches de l’industrie française; voici les principaux moyens dont elle fait usage :
- i° Distribution de prix et médailles pour des inventions et des perfectionnements dans les arts utiles ;
- 20 Expériences et essais pour apprécier les nouvelles méthodes ou pour résoudre des problèmes d’art ;
- 3° Publication d’un Bulletin mensuel distribué exclusivement aux Membres de la Société, et renfermant l’annonce raisonnée des découvertes utiles à l’industrie , faites en France ou à l’étranger.
- La Société distribue en outre, chaque année, des médailles aux contre-maîtres des ateliers qui se distinguent par leur bonne conduite et par leurs talents.
- Elle a huit places gratuites, à sa nomination, dans i’Ecoîe d’arts et métiers de Châlons; tous les Sociétaires ont le droit de présenter des candidats.
- Les Membres de la Société peuvent concourir pour les prix qu’elle propose, mais non les Membres du Conseil d’admin istra tion.
- Le Bulletin est adressé, franc de port, tous les mois, à MM. les Sociétaires, quel que soit le lieu de leur résidence'.
- Chaque numéro de ce Bulletin forme un cahier in-zj0 de 4 à 5 feuilles d’impression, et contient trois ou quatre planches gravées avec le plus grand soin.
- La Société d’encouragement tient ses assemblées générales deux fois par an.
- La première a lieu dans le courant du premier semestre : elle est consacrée
- i° A la reddition du compte général des travaux de la Société par le Secrétaire, et du compte général des recettes et des dépenses par la Commission des fonds et les Censeurs ;
- 20 Au renouvellement du Conseil d’administration;
- 3° A la distribution des médailles d’encouragement.
- La deuxième a lieu dans le courant du deuxième semestre ; elle est consacrée à la distribution des prix.
- Le Conseil d’administration s’assemble de deux mercredis l’un, de quinzaine en quinzaine, pour entendre les rapports sur les objets soumis au jugement de la Société.
- Les Sociétaires peuvent assister aux séances ; ils y ont voix consultative.
- Pour être reçu dans la Société d’encouragement, il faut être présenté par un de ses Membres, être admis par le Conseil, et s’engager à payer une contribution annuelle de 36 fr.
- Toute demande d’admission peut d’ailleurs, et pour plus de facilité, être adressée directement au Président de la Société.
- Lorsqu’une invention est approuvée par la Société, le rapport est inséré au Bulletin, avec gravure, si l’objet l’exige, sans que l’inventeur ait rien à débourser ni pour l’examen, ni pour l’insertion.
- Les programmes des prix se distribuent gratuitement au Secrétariat de la Société, me du Bac, n° 42.
- La correspondance a lieu sous le couvert de M. le Ministre du commerce et de l’agriculture.
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- AGRICULTURE.
- 1. Mémoire sur l’analyse complète des engrais usuels.
- Meilleure méthode de consommation des pâturages relativement à l’alimentation des bêtes à lait.
- 3. Indication d’un ensemble de moyens propres à fournir l’engraissement maximum relativement à une consommation donnée d’aliments, i. Moyens d’obtenir le maximum du lait d’une consommation donnée d’aliments.
- 5. Mémoire sur 1 ’ Histoire critique et raisonnée de la production chevaline dans une ou plusieurs régions de la France.
- (). Amélioration des produits de la culture des betteraves.
- 7. Appareil propre à opérer le découpage et la dessiccation de la betterave dans les
- fermes.
- 8. Culture des haricots*
- 9. Culture des maïs précoces.
- 10. Production d’une nouvelle variété de maïs réunissant la précocité des maïs dits qua-
- rantaine 3 avec un produit plus considérable se rapprochant de celui des gros maïs.
- 11. Culture, en France, de racines alimentaires farineuses non cultivées en Europe jusqu’à
- présent et pouvant, par la quantité et la nature de leurs produits, être substituées en partie à la pomme de terre.
- 12. Culture du chanvre et du lin.
- 13. Détermination de l’influence de la nature du sol et de son exposition sur le produit
- de diverses espèces de bois.
- 14. Détermination du produit, en volume et en poids, dans des circonstances aussi sem-
- blables que possible de sol et d’exposition et à âge égal, de diverses essences de bois formant des massifs non mélangés, soit en taillis d’au moins quinze ans, soit en gaulis, soit en futaie.
- 15. Détermination de Faction de l’influence de l’eau, par divers modes d’irrigation, soit
- au moyen des eaux pluviales, soit par des eaux de source, sur l’accroissement des arbres, sur la formation et la qualité des bois.
- IF). Détermination de l’influence du mode d’aménagement et d’éclaircie sur le produit d’un bois de même essence dans un même sol.
- 17. Introduction d’un nouvel insecte capable de fournir une soie propre aux usages de
- l’industrie.
- 18. Destruction d’un insecte, vulgairement appelé l’écrivain, qui cause de grands dom-
- mages dans les vignes.
- 19. Moyen de détruire les insectes qui attaquent l’olivier.
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- 1. Prix pour le meilleur mémoire sur l’analyse complète des engrais usuels.
- On sait, aujourd’hui , que les engrais doivent rendre au sol les substances que les récoltes lui enlèvent.
- Afin de connaître la valeur des engrais et de pouvoir apprécier leur influence spéciale, il faut donc déterminer les matières organiques et inorganiques qui les composent. Parmi les premières , il convient de constater les proportions des substances azotées, en outre leur inaltérabilité plus ou moins grande et leur volatilité cpie peut déterminer l’emploi de matières absorbantes ou d’agents chimiques propres à les fixer. Il est utile de tenir compte de la présence des principes capables de ralentir la décomposition, par exemple, de l’huile restée dans les tourteaux, du tanin dans les cuirs, du charbon dans les résidus des raffineries, noirs animalisés, etc.
- Pour les terrains habituellement trop secs , la propriété de retenir l’eau est utile et doit être constatée expérimentalement ; il serait , en outre , de la plus haute importance de connaître, dans chaque localité, les amendements ou engrais minéraux qui pourraient venir en aide soit aux fumiers, soit aux engrais manufacturés. Cependant la Société n’impose pas aux concurrents un pareil travail : il doit être achevé ailleurs.
- La Société sait, en effet , qu’une commission prise parmi les professeurs du Conservatoire des arts et mé-
- tiers (i) est chargée d’analyser tous les amendements appelés marnes , recueillis sur les différents points de la France par les soins de la Société nationale et centrale d’agriculture.
- Le concours ouvert par la Société d’encouragement se trouvait donc ainsi tout naturellement préparé; il devait avoir pour but, il aura sans doute pour résultat, de compléter en temps opportun les mesures dont le ministre de l’agriculture et du commerce entend assurer la réalisation dans l’intérêt des progrès de l’agriculture en France.
- Les mémoires qui parviendront à la Société seront comparés entre eux sous les différent rapports précités Le mémoire le plus complet méritera le prix ; des médailles de divers ordres pourront être décernées à ceux des concurrents qui auraient plus ou moins approché du but sans l’atteindre.
- Le prix, de la valeur de trois mille francs, sera décerné, s’il y a heu, dans la séance générale du deuxième se mestre de 185o.
- Le concours restera ouvert jusqu’au ier janvier de la même année.
- (1) Cette commission est composée de MM. Boussingault, Mail, Morin, Payen et Pêligot.
- 2. Prix pour la meilleure méthode de consommation des pâturages relativement
- à l’alimentation des bêtes à lait.
- Parmi les moyens de faire consommer l’herbe des prairies on peut citer
- i° Le pâturage en liberté.
- L’herbe alors ne se trouve pas régulièrement consommée : les animaux font un choix qui nuit à l’uniformité de la végétation ultérieure; les excréments inégalement répartis produisent, çà etlà; des touffes d’herbes élevées , moins appétissantes pour les animaux qui laissent sécher ces touffes sur pied, tandis qu’en d’autres endroits le défaut de fumure occasionne, au contraire, une végétation trop grêle. On peut diminuer ces inconvénients par l’emploi de clôtures fixes ou mobiles et la précaution d’étendre journellement les excréments solides ; mais on accroît, en même temps, la dépense de main-d'œuvre.
- lui reproche d’être dispendieuse de main-d’œuvre, de causer parfois des accidents. 11 s’agit donc de balancer ses avantages et ses inconvénients.
- 3° Enfin la consommation à l'étable.
- Dans ce cas, les frais de main-d’œuvre, de transport du fourrage jusqu’aux écuries et du fumier sur les champs constituent évidemment une dépense assez forte et variable suivant les circonstances locales.
- La Société d’encouragement désire qu’un parallèle soit établi entre ces différentes méthodes et toute autre qui pourrait être plus avantageuse ;
- Que la discussion soit basée sur des expériences authentiques.
- Les concurrents, soit qu’ils se bornent à comparer les méthodes usitées, soit qu’ils indiquent des perfectionnements à l’une ou à l’autre de ces méthodes, devront démontrer quelle est celle qui mérite la préférence, parce qu’elle donnerait le maximum de produit net,
- Le pâturage à l'attache dit au piquet.
- Cette méthode semble économique de fourrage on
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- ( 5
- c’est-à-dire que pour une superficie donnée de terrain, d’un demi-hectare au moins , elle nourrirait le plus grand nombre d’animaux sans diminuer le rendement en lait de chacun d’eux et sans que des frais plus considérables vinssent compenser l’accroissement de produit.
- On tiendra compte de l’influence de la méthode sur l’cnlretien du bon état du pâturage, sur le développe-
- )
- ment de la fertilité du sol, sur la régularité de la végétation et sur la qualité des herbages.
- Le prix , de la valeur de mille francs , sera décerné , s’il y a lieu, dans la séance générale du deuxième se-mestie de i85o.
- Le concours restera ouvert jusqu’au ter janvier de la
- même année.
- 3. Prix pour F indication d’un ensemble de moyens propres à fournir V engraissement maximum relativement à une consommation donnée d’aliments.
- On sait que les animaux préparés à l’aide de soins hygiéniques convenables et d’une ration suffisante pour leur entretien et leur développement peuvent, à un moment donné , recevoir des doses plus élevées de nourriture, et faire tourner cet excès de nourriture au profit de leur engraissement.
- Les conditions à remplir pour résoudre le problème consistent à développer d’abord l’aptitude à l’engraissement, puis à employer, dans les meilleures conditions, des mélanges de nourriture tels que les fonctions de la respiration , de l’entretien et du développement soit des muscles, soit des sécrétions adipeuses s’accomplissent avec économie.
- En général, l’engraissement rapide utilise mieux la nourriture en excès sur la ration d’entretien , et cette dernière , qui constitue une dépense journalière constante , étant moins prolongée, devient moins dispendieuse.
- Généralement aussi, on favorise l’engraissement en ajoutant et augmentant, par degrés, jusqu’à un certain terme, les aliments riches en matières grasses, tels que les tourteaux de graines oléagineuses , le maïs,
- I . Prix pour les moyens d’obtenir le maximum
- La plupart des considérations que nous venons de développer relativement à l’engraissement des animaux peuvent s’appliquer à la formation économique du lait; les concurrents devront donc se préoccuper des soins hygiéniques, et avec d’autant plus de raison que l’alimentation aqueuse qui convient à la production du lait, la température tiède de cette nourriture , notamment en hiver et pour les animaux tenus à l’étable, peuvent affaiblir l’organisme. Certains nourrisseurs, parmi les plus habiles, combattent ces influences à l’aide d’une dose de sel, variant de 3o à 60 grammes par jour, donnée à chaque vache.
- Les animaux, dans les circonstances précitées, de
- l’avoine, le son de froment. Il s’agit de déterminer la nature et les doses de ces mélanges qui peuvent réaliser l’engraissement le plus économique.
- La Société impose aux concurrents l’obligation de déterminer expérimentalement les conditions diverses qui rendront l’engraissement plus économique en faisant produire sous ce rapport le maximum d'effet à la nourriture employée.
- Les concurrents pourront baser leurs expériences et leur discussion sur des faits déjà connus, pourvu qu’ils précisent tellement les conditions des procédés à suivre, qu’il ne reste aucune incertitude sur l’application de la méthode. Les expériences devront porter sur quinze bêtes au moins de la race ovine ou sur quatre animaux de la race bovine ; les résultats seront constatés par la balance ; enfin la Société se réserve de répéter les essais dans le cas où ils laisseraient quelque incertitude.
- Le prix, de la valeur de quinze cents francs, sera décerné, s’il y a lieu, dans la séance générale du deuxième semestre de i85o.
- Le concours restera ouvert jusqu’au icr janvier de I.i même année.
- de lait d’une consommation donnée d’aliments.
- même que ceux cpie l’on nourrit et que l’on engraisse avec les résidus chauds des distilleries de grains, semblent plus impressionnables aux courants d’air et sujets à des affections des organes respiratoires.
- La Société verrait avec plaisir que toutes ces influences fussent étudiées par des observations directes.
- La nourriture qui provoque l’engraissement peut aussi déterminer une plus abondante production du lait ; l’un des effets exclut l’autre en général, et chacun sait que le lait tarit lorsqu’une vache , bonne laitière jusque-là , commence à engraisser d’une manière notable.
- Certains aliments , riches en principes gras , peuvent
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- communiquer au lait une partie de l’odeur des matières huileuses ; tels sont la plupart des tourteaux qu’on ne doit employer qu’avec ménagement ; le tourteau de sésame ne paraît pas avoir cet inconvénient.
- Les prairies naturelles de quelques localités semblent avoir le privilège de fournir à la fois une production abondante de lait et un lait riche en principes azotés et butyreux. Toutes ces observations pratiques peuvent guider les concurrents vers le choix d’une alimentation convenable au but proposé. D’ailleurs, leur étude approfondie expérimentalement pourrait mériter, à ceux qui n’auraient pas résolu le problème principal, les médailles d’or, de platine, d’argent ou de bronze que la Société se réserve de décerner à l’occasion des concours.
- En résumé, la question à résoudre consiste à déterminer expérimentalement l’ensemble des moyens qui,
- pour une consommation donnée d’aliments, donneraient lieu à la production maximum de lait ramenée à une richesse normale.
- Les concurrents devront donc tenir compte des proportions de substance sèche et, dans celle-ci, de la matière grasse contenue par litre ou toute autre unité de mesure du lait obtenu , et comprendre ces données dans l’énoncé des résultats.
- Les expériences devront porter sur six vaclies au moins, et leurs résultats présen ter une authenticité irrécusable.
- Le prix, de la valeur de quinze cents francs, sera décerné, s’il y a lieu, dans la séance générale du second semestre de i85o.
- Le concours restera ouvert jusqu’au Ier janvier de la même année.
- 5. Prix pour le meilleur mémoire sur /'Histoire critique et raisonnée de la production chevaline dans une ou plusieurs régions de la France.
- Pénétrée de l’importance de la production chevaline tant au point de vue agricole et industriel qu’au point de vue de la défense du territoire national , et vivement frappée de l’état où sc trouve cette production malgré les efforts du gouvernement, la Société d’encouragement, convaincue que la connaissance du remède ne peut venir que d’une connaissance approfondie du mal, tait un appel aux hommes spéciaux en les engageant à lui apporter le tribut de leurs lumières. Dans ce but elle décernera , dans sa séance générale du second semestre de i85o, deux prix, l’un de la valeur de mille francs* et l’autre de cinq cents francs, pour Y Histoire critique et raisonnée de la
- production chevaline dans une ou plusieurs régions de la France.
- Cet historique comprendra un laps de temps plus ou moins long et s’appliquera surtout aux essais d’amélioration par les divers systèmes; il sera suivi d’un exposé de l’état actuel des choses.
- Sans exclure les faits isolés, la Société croit cependant devoir recommander aux auteurs de s’attacher, avant tout, aux faits généraux , à ce qui se passe chez la masse des producteurs.
- Le concours sera fermé le 3i décembre i84q-
- 6. Prix pour Y amélioration des produits de la culture des betteraves.
- Une longue pratique et de nombreuses expériences ont appris que les betteraves blanches sont, en général, plus riches en sucre, contiennent moins de substances étrangères et résistent mieux après l’arrachage que les autres variétés.
- Ou sait que les sels solubles en excès dans les fumures augmentent les difficultés de l’extraction du sucre des betteraves cultivées sous cette influence , bien qu’ils puissent favoriser la végétation , comme cela se remarque relativement à d’autres plantes de la même famille. Enfin les rendements en racines par hectare varient entre des limites très-étendues même pour des terrains de bonne qualité, sans qu’on connaisse bien toutes les causes de ces variations.
- 11 serait d’un grand intérêt, pour la science et pour
- les applications qui nous occupent, de bien connaître les relations entre les substances salines des sols et fumiers, et le développement des betteraves, l’influence des composés salins sur la production totale et sur la proportion du sucre crisîalüsable ; de constater les relations qui peuvent exister, dans des conditions climatériques observées, entre la composition des engrais, du sol labourable, et la composition des récoltes pour une surface donnée.
- La Société d’encouragement, voulant décider les expérimentateurs à entrer dans une voie de recherches aussi importante , décernera, dans sa séance générale du deuxième semestre de i85o, un prix de la valeur de cinq mille francs à celui qui aura constaté les relations entre les conditions principales de la culture, notamment la
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- composition de la terre dans ses parties solubles, insolubles, organiques et inorganiques, les quantités et la composition élémentaire et minérale des engrais comparativement avec les quantités et la composition élémentaire ou minérale des betteraves recoltees, et qui, appli-
- quant ces données à la grande culture, aura obtenu de meilleures récoltes sous les rapports de l’abondance des produits et de leur richesse saccharine.
- Le concours sera fermé le ier janvier i85o.
- 7. Prix pour un appareil propre à opérer le découpage et la dessiccation de la betterave
- dans les fermes.
- Au nombre des importantes questions relatives a 1 industrie sucrière sur lesquelles la Société appelait, en 1838, l’attention publique, se trouvait un prix de la valeur de 4,ooo fr. à décerner à celui qui ferait connaître le meilleur procédé pour opérer la dessiccation de la betterave dans les fermes; ce prix n’a pas été remporté.
- L’intérêt que présente la solution de cette question décide la Société à rétablir ce prix sur ses programmes. La dessiccation de la betterave est le seul moyen connu, jusqu’à ce jour, de préserver la matière sucrée qu’elle contient d’une altération incessante et rapide ; mais la Société pense que cette opération , pour être avantageuse , doit être exécutée sur les lieux mêmes de la culture de cette plante. Transformer la betterave en une denrée susceptible d’être transportée au loin , pour être exploitée en temps opportun dans les localités favorisées par l’abondance du combustible et par la proximité des
- 8. Prix pour Ici ci
- De toutes les semences farineuses, après les blés , les haricots sont, sans nul doute, une des plus généralement utiles à causa de leur qualité essentiellement nutritive; aussi sont-ils devenus, partout où le climat favorise leur production, soit dans les champs, soit dans les jardins , l’objet de cultures fort importantes.
- Dans le but que se propose la Sociélé d’encouragement, l’extension de la culture des plantes légumineuses, du genre haricot {phascolus) , ne pouvait manquer de fixer son attention.
- Le haricot donne lieu à de grandes cultures; il se garde plusieurs années dans un heu sec sans perdre ses qualités , et il entre dans les grands établissements et dans la marine comme un des plus précieux approvisionnements. Ses usages économiques sont nombreux et n’ont pas besoin d’être rappelés.
- Les cultivateurs divisent les haricots en haricots à rames et haricots nains. Ses nombreuses variétés font espérer que sa culture pourra être étendue dans les parties de la France où jusqu’ici elle a été peu usitée , et
- centres de consommation , séparer la culture de la betterave de la fabrication du sucre, faire que celte culture devienne avantageuse dans toutes les localités en facilitant l’écoulement de ses produits, qu’ils soient destinés à la fabrication du sucre ou à la nourriture des bestiaux, tel est le but que la Société se propose d’atteindre.
- Eu conséquence, elle propose un prix de la valeur de trois mille francs à celai qui fera connaître le meilleur appareil propre à opérer le découpage et la dessiccation de la betterave dans les fermes , sans altération de sa matière sucrée.
- Le prix sera délivré, s’il y a lieu , dans la séance générale du deuxième semestre de i85o.
- Les pièces constatant les résultats obtenus , certifiés par les autorités locales , devront parvenir à la Sociélé avant le ier janvier de la même année.
- tare, des haricots.
- des essais de culture comparative de plusieurs de ces variétés sont de nature à amener des résultats profitables à l’augmentation de nos ressources alimentaires.
- Déterminée par ces considérations, !a Société d’encouragement propose les prix suivants, savoir
- i° Des médailles de la valeur de i oo fr. chacune à répartir entre les concurrents qui, dans un canton où la culture en grand du haricot n’est pas pratiquée , auront cultivé et récolté à maturité un demi-hectare au moins de 1’ une des variétés de haricots.
- Les concurrents devront faire connaître i° L’étendue du terrain employé à cette culture . sa nature et son exposition ;
- 2° L’époque de l’ensemencement et de la récolte •
- 3° La quantité du produit obtenu ;
- 4° Le nom et le lieu d’origine de la variété employée; 5° Le rendement ordinaire, en froment ou en seigle, des terres de même nature et de meme qualité que celle où aura été faite l’expérience.
- Ces renseignements devront être constatés par un cer-
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- \
- tificat de la Société d’agriculture ou du comice agricole le plus voisin ; ils seront accompagnés d’échantillons de la récolte.
- Ces médailles seront distribuées en 1849.
- 20 Quatre prix, de la valeur de cinq cents francs chacun, seront décernés, s’il y a lieu , dans la séance générale du deuxième semestre de i85o, pour la culture comparée , pendant deux années , dans un canton où la production en grand du haricot n’est pas habituelle , de plusieurs variétés de cette plante légumineuse, dont le nombre devra être de trois au moins. ( A mérite égal, le prix sera décerné au concurrent qui aura étendu cette comparaison au plus grand nombre des variétés.)
- L’étendue ensemencée devra être de 5 ares au moins pour chaque variété. Toutes seront placées dans des
- 8 )
- conditions semblables de terrain, d’exposition et de culture.
- Les concurrents devront rendre compte, dans un mémoire,
- 10 Des époques d’ensemencement et de maturité de chacune des variétés ;
- 20 Des différences diverses qu’ils auront observées dans la végétation, les caractères extérieurs et les qualités de chacune ;
- 3° La quantité obtenue de chaque espèce.
- L’expérience et les résultats devront être constatés par la Société d’agriculture ou le comice agricole le plus voisin.
- A l’envoi des pièces , qui devront parvenir avant le ier janvier i85o, seront joints des échantillons de la récolte de deux années, en grains et avec les gousses.
- 9. Prix pour la cultwre des maïs précoces.
- La culture du maïs, introduite dans le midi de l’Europe vers le milieu du xvie siècle, est devenue une source de prospérité pour les contrées où elle s’est établie. Peu de plantes , en effet, parmi celles que la Providence a spécialement appropriées aux besoins de l’homme, offrent, au même degré que celle-là, l’abondance réunie à l’utilité des produits. Aussi la pensée d’étendre, s’il était possible , à la France entière les bienfaits de sa culture a-t-elle vivement préoccupé plusieurs de nos meilleurs agronomes , parmi lesquels on doit, surtout, citer Parmentier : leurs conseils , cependant , non plus que les efforts tentés , de loin en loin, par les sociétés agricoles , n’ont eu que de faibles résultats; la production en grand du maïs s’est très-peu étendue depuis un demi-siècle au delà des limites qu’elle avait alors.
- Le peu de succès de ces tentatives doit être attribué, surtout, à ce qu’elles ont porté sur le grand maïs ordinaire, dont les variétés, trop tardives pour nos provinces du nord, n’y acquièrent que difficilement leur maturité. Il n’est pas douteux qu’en s’attachant, au lieu de celles-là, aux variétés précoces, dont l’aptitude à mûrir sous le climat de Paris a été constatée par de nombreux essais, une grande partie des régions moyenne et septentrionale de la France ne pût trouver dans cette excellente plante des avantages sinon égaux à ceux qu’elle offre dans les contrées plus méridionales , du moins très-importants encore.
- Plus que jamais , aujourd’hui, il importe de redoubler d’efforts pour atteindre ce but. L’altération des produits de la pomme de terre , depuis deux ans, fait sentir vivement la nécessité d’augmenter , dans le système agricole des départements du Centre et du Nord,
- le nombre des plantes susceptibles de venir en aide, et au besoin , en remplacement de celle-ci , surtout de ces espèces qui, applicables en tout à la nourriture et à l’engraissement du bétail, peuvent, dans les années difficiles , fournir , pour ainsi dire instantanément, un grand supplément de ressources pour la subsistance publique. Le maïs satisfait à cette double condition : éminemment propre à créer de la viande si on lui donne cette destination, son grain ne l’est pas moins à fournir immédiatement à l’homme une nourriture parfaitement bonne.
- Déterminée par ces considérations et désirant contribuer à la solution d’une question pratique d’un aussi grand intérêt pour le pays , la Société d’encouragement a décidé de proposer , pour la culture des mais précoces , les deux prix dont les programmes sont énoncés ci-après.
- Le premier de ces concours est la conséquence naturelle et l’application immédiate des considérations qui viennent d’être présentées ; le second se fonde particulièrement sur les motifs suivants.
- Les variétés précoces du maïs, cultivées en France, ne sont ni nombreuses ni d’un emploi à beaucoup près général; par cette raison, aussi, elles ne sont pas connues d’une manière bien précise. Il en existe , indépendamment de celles*là, un certain nombre d’autres dans les diverses contrées où la culture du maïs est ancienne et générale, mais les notions à leur sujet sont encore plus incomplètes Or, pour augmenter les chances de succès de cette céréale dans le Nord, pour que sa production y devienne aussi profitable que possible, il importe beaucoup de faire choix des meilleures variétés,
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- sous le double rapport du produit et de la précocité. Il faut donc d’abord les étudier pratiquement et comparativement, afin d’arriver à leur connaissance précise. C’est dans ce but que la Société a proposé le second sujet du concours.
- A décerner en 1849-
- Des médailles de la valeur de 100 fr. chacune seront réparties entre les concurrents qui, dans un canton où la culture en grand du inaïs n’est pas pratiquée, auront cultivé et récolté à maturité 1 hectare , au moins, de l’une des variétés précoces de ce grain , telle que celle dite maïs quarantain, ou toute autre analogue.
- Les concurrents devront faire connaître
- i° L’étendue du terrain employé à cette culture, sa nature et son exposition ;
- 20 La quantité du produit obtenu ;
- 3° L’époque de l’ensemencement et celle de la récolte ;
- 4° Le nom et le lieu d’origme de la variété employée ;
- 5° Le rendement ordinaire, en froment ou en seigle, des terres de même nature et de même qualité que celle où aura été faite l’expérience.
- Ces renseignements devront être constatés par un certificat de la Société d’agriculture ou du comice agricole le plus voisin ; ils seront accompagnés d’échantillons de la récolte, consistant en trois tiges entières portant leurs épis, et douze épis détachés.
- A décerner en i85o.
- Un prix, de la valeur de cinq cents francs, pour la cul-
- 10. Prix pour la production d’une nouvelle va quarantains, avec un produit plus considt
- Les maïs précoces dont le développement et la maturation ont lieu dans un court intervalle sont les seuls qu’on puisse espérer de cultiver avec succès dans le nord de la France ; mais ces maïs sont beaucoup moins productifs que les autres.
- Par un choix judicieux des porte-graine, par des fécondations croisées ou par un mode de culture conve-
- ture comparative, pendant deux années, dans un canton où la production en grand du maïs n’est pas habituelle, de plusieurs variétés précoces de ce grain, dont le nombre devra être de trois au moins. (A mérite égal, le prix sera décerné au concurrent qui aura étendu cette comparaison au plus grand nombre de variétés.)
- L’étendue ensemencée devra être de 5 ares au moins pour chaque variété. Toutes seront placées dans des conditions semblables de terrain, d’exposition et de culture.
- Les concurrents devront rendre compte, dans un mémoire ,
- i° Des époques d’ensemencement et de maturité de chacune des variétés ;
- 20 De leur produit respectif ;
- 3° Des différences qu’ils auront observées dans la végétation , les caractères extérieurs et les qualités de chacune.
- L’expérience et ses résultats devront être constatés par les autorités locales.
- Aux pièces à produire seront joints des échantillons de la récolte des deux années, consistant, pour chacune , en trois tiges portant leurs épis , et douze épis détachés de chaque variété.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, dans la séance générale du second semestre de i85o.
- Le concours restera ouvert jusqu’au ter janvier de la même année.
- iété de maïs réunissant la précocité des maïs dits °able se rapprochant de celui des gros maïs.
- nable, on peut espérer de créer une race de maïs précoce plus productive que celles que l’on possède jusqu’à ce jour.
- Un prix de la valeur de cinq cents francs sera décerné, s’il y a lieu, dans la séance générale du deuxième semestre de i852.
- Le concours sera fermé le 3i décembre i85i.
- 11. Prix pour la culture, en France, de racines alimentaires farineuses non cultivées en Europe jusqu’à présent, et pouvant, par la quantité et la nature de leurs produits, être substituées en
- partie à la pomme de terre.
- L’importance de varier la nature des plantes alimentaires qui font partie de la grande culture doit faire sentir 1 utilité de l’introduction d’espèces nouvelles qui puissent concourir, avec les céréales et la pomme de terre, à 1 alimentation de l’homme.
- Plusieurs plantes à racines tuberculeuses remplissent cette destination dans divers pays éloignés ; les unes étant soumises déjà à la culture peuvent être mieux appréciées, les autres recueillies à l’état sauvage s’amélioreraient peut-être beaucoup par la culture.
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- Parmi les premières , on doit citer spécialement l’ara-cacha (aracacha esculenta de de Candolle, apio des Espagnols de la Nouvelle-Grenade). Les renseignements sur la culture de cette plante, fournis par MM. Boussin-gault et Goudot, donnent lieu d’espérer qu’elle pourrait être cultivée avec succès dans diverses parties de la France ; l’abondance de son produit dans les parties tempérées de la Nouvelle-Grenade et sa richesse en fécule en feraient une acquisition précieuse pour l’agriculture.
- On pourrait encore citer plusieurs plantes tuberculeuses cultivées à la Chine , à Manille , etc., telles que les dolichos bulbosus et trilobus (pachyrhizus angulatus et trilobus de de Candolle) ; mais la nature de leurs produits est trop peu connue pour qu’on puisse affirmer qu’elles mériteraient d’être introduites.
- Plusieurs plantes sauvages de l’Amérique septentrionale produisent des tubercules qui servent à la nourriture des Indiens ; tels sont les psoralea esculenta et hy-pogœa (pommes ou navets de prairie des voyageurs canadiens), le leivisia rediaioa ( spellum des Indiens), le quamash phalangium (quamash de Pursh). Celles de ces racines qui sont essentiellement amylacées pourraient, par la culture, fournir un aliment important.
- En général, la Société croit devoir exiger que les plantes qui seraient présentées au concours pour le prix proposé soient riches en fécule , susceptibles , par cette
- 12. Prix pour la cultw
- La chimie a prouvé que certaines récoltes consistent en substances formées de carbone, d’hydrogène et d’oxygène, c’est-à-dire d’éléments empruntés à l’air ou à l’eau. Le sucre , les fécules , les fibres textiles sont dans ce cas ; il en est de même des huiles.
- Il serait du plus grand intérêt de s’assurer si en reportant sur le sol tous les produits fournis par la plante, la matière qui fait le but de l’exploitation exceptée, on lui assurerait une fécondité pour ainsi dire indéfinie.
- Ce qui paraît certain, c’est qu’on a pu, dans le Nord, cultiver la betterave pendant de longues années sur le même sol, sans diminution du rendement, et l’exploitation étant réduite au sucre lui-même, et tous les autres matériaux de la betterave étant rendus au sol par les fumiers.
- M. Kane a prouvé que dans la culture du lin il y avait un avantage considérable à restituer au sol les eaux du rouissage , les débris de chènevotte, et à exporter la fibre ligneuse pure.
- Les tourteaux de graines oléagineuses réunis au fumier produit par le fanage des plantes d’où elles proviennent devraient aussi restituer au sol la faculté d’en produire de nouvelles récoltes.
- raison, d’une conservation plus facile et d’applications industrielles lorsqu’elles ne serviraient pas directement à l’alimentation de l’homme ou des animaux, qu’elles puissent, en un mot, offrir des avantages analogues à ceux de la pomme de terre et de la patate.
- La culture de ces plantes nouvelles devrait avoir eu lieu sur une échelle assez grande pour qu’on fût assuré de son succès ; elle devrait avoir duré pendant deux ou trois ans sur une étendue qui, la dernière année, aurait été d’au moins io ares, portant mille pieds ou plus de la plante nouvelle et ayant produit au moins 2,000 kil. de racines fraîches.
- Les concurrents qui, sans obtenir des résultats aussi complets, auraient cultivé avec succès , mais sur une moindre échelle, des plantes à racines farineuses qui annonceraient pour l’avenir une culture avantageuse, ou qui auraient introduit et cultivé des racines alimentaires nouvelles , mais non farineuses, pourront obtenir des médailles dès que la Société se sera convaincue par elle-même de la réalité des faits qu’ils auront portés à sa connaissance.
- Le prix, de la valeur de dix mille francs, sera décerné, s’il y a lieu, dans la séance générale du second semestre de i853.
- Les certificats des autorités locales constatant les résultats obtenus seront adressés avant le Ier janvier delà même année.
- ? du chanvre et du lin.
- On pourrait étendre , sans crainte , ces principes à la culture du mûrier et conseiller aux cultivateurs du Midi de réduire les emprunts qu’ils font à leurs terres à la soie proprement dite et de rendre à leurs arbres, comme fumure, les chrysalides et les crottes du ver à soie.
- Jusqu’où s’étend et où s’arrête l’application de ces principes? Faut-il tenir compte de l’opinion qui attribue aux plantes la faculté d’excréter certains produits qui donnent au sol où elles ont végété de fâcheuses propriétés, pour la culture de nouvelles récoltes? Dans ce dernier cas, comment en neutraliser les effets?
- La Société voudrait que ces questions fussent examinées, discutées, résolues; elle décernera, en conséquence, un prix de la valeur de deux mille francs à l’auteur du meilleur mémoire fondé sur des expériences authentiques relativement à l’effet que produit, pour la culture du chanvre ou du lin, une fumure formée des eaux de rouissage, de chènevotte et de tous les débris de la plante.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, dans la séance générale du second semestre de i85o.
- Le concours restera ouvert jusqu’au 1e1 janvier de la même année.
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- 13. Prix pour déterminer Vinfluence de la nature du sol et de son exposition sur le produit de
- diverses espèces de bois.
- La Société d’encouragement désirerait que les concurrents déterminassent, par des coupes faites à des âges égaux, dans des bois aménagés de la même manière et avec le même soin, l’influence des sols essentiellement calcaires, argileux ou sableux sur le produit, en volume et en poids, et la qualité des bois de diverses espèces, aménagés soit en taillis de quinze à trente ans, soit en futaie.
- Les essences de bois qu’on désirerait surtout voir soumises à ces expériences comparatives seraient le chêne, le hêtre, le châtaignier et le bouleau, et, parmi les bois résineux, le pin silvestre, le sapin distique, l’épicéa et le mélèze.
- La nature du sol et du sous-sol devra être déterminée géologiquement, et celle de la couche perméable aux racines devra être analysée mécaniquement et chimiquement.
- Des échantillons du sol devront être adressés à la Société, ainsi que ceux des bois crus sur ces mêmes sols. — Il serait à désirer qu’ils présentassent, d’une manière très-prononcée, les caractères de natures différentes indiqués plus haut, c’est-à-dire que le calcaire, le sable ou l’argile y fussent très-prédominants.
- On devra indiquer l’abondance et la nature des sour-
- 14. Prix pour déterminer le produit, en volume t que possible de sol et d’exposition et à âge égal, < mélangés, soit en taillis d’au moins quinze ans,
- Les surfaces comparées devront être d’au moins 4 hectares, mais pourront être composées de plusieurs parcelles distinctes exactement arpentées.
- Les essences dont on désirerait surtout obtenir le produit comparé seraient, parmi les essences feuillues, le chêne, le hêtre, le charme, le châtaignier, le bouleau ; parmi les essences résineuses, le pin silvestre, le laricio, en en déterminant les variétés, le pin maritime, l’épicéa, le sapin distique et le mélèze.
- Il serait à désirer que cette comparaison pût être répétée sur plusieurs sols différents. — La nature du sol devra être déterminée avec précision, et le produit des bois constaté en stères et en fagots d’une dimension et d’un poids moyen déterminés.
- La Société désirerait aussi que, dans un même sol, sur des coteaux de même nature, on déterminât l’influence de l’exposition et de la pente de ces coteaux sur la rapi-
- ces qui arrosent les localités choisies pour ces expériences comparatives.
- Un même concurrent pourrait ne présenter cette comparaison que pour une seule espèce d’arbres ; mais, dans ce cas, il serait à désirer qu’il ait pu répéter la comparaison sur plusieurs points différents, de manière à établir des produits moyens dans chaque terrain. Ces comparaisons devront être basées sur l’exploitation d’au moins io hectares dans chaque sol; chaque essence devra être pure ou à peine mélangée, mais la surface ci-dessus indiquée pourra résulter de plusieurs parcelles distinctes arpentées avec précision.
- Le produit des coupes susmentionnées devra être constaté par un certificat des agents forestiers de l’arrondissement où elles sont situées, et les renseignements géologiques devront être confirmés par l’ingénieur des mines ou des ponts et chaussées du département.
- Le prix sera décerné , s’il y a lieu, dans la séance générale du second semestre de i853, et les pièces devront être adressées avant le ier janvier de la même année.
- Ce prix sera de la valeur de trois mille francs. Un second prix de deux mille francs ou des médailles d’or et d’argent de la même valeur pourront être accordés à ceux des concurrents qui auraient adressé des résultats intéressants, mais moins complets.
- ; en poids, dans des circonstances aussi semblables e diverses essences de bois formant des massifs non soit en gaulis, soit en futaie.
- dité de l’accroissement et, par conséquent, sur le produit en volume, à âge égal, pour diverses essences de bois ; on devra tenir compte de la présence de sources plus ou moins fréquentes et abondantes dans l’une ou l’autre de ces pentes.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, dans la séance générale du second semestre de j 853 ; il sera de la valeur de trois mille francs. Un second prix de deux mille francs ou des médailles d’or ou d’argent d’une valeur correspondante seront délivrés aux concurrents qui auront le plus approché du but.
- Les concurrents devront envoyer, à l’appui de leur mémoire, et avant le ier janvier i853, i° des échantillons du sol sur lequel croissaient les forêts qui ont servi à leurs expériences ; 2° des rondelles des arbres de diverses espèces crus sur ce sol prises dans des conditions de croissance aussi semblables que possible.
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- 15. Prix pour déterminer l’influence de l’eau, par divers modes d’irrigation, soit au moyen des eaux pluviales, soit par des eaux de source, sur l’accroissement des arbres, sur la formation et la qualité des bois.
- Cette question a déjà été étudiée pav un des habiles foi'estiers auxquels la Société a décerné une de ses médailles ; mais les résultats obtenus par lui, bien suffisants pour prouver toute l’importance de l’irrigation dans les forêts, ont encore besoin d’être constatés dans des conditions différentes et variées, et surtout dans des cas d’irrigations artificielles sur des terrains naturellement secs.
- La Société désirerait que les expériences destinées à apprécier cette influence fussent faites d’une manière comparative sur des portions de forêts aussi identiques que possible par l’exposition et la pente de la surface, par la nature du sol et par celle des essences qui les composent, par l’âge, l’aménagement et les soins donnés à ces parties de forêts.
- L’accroissement doit être déterminé, dans le cas d’irrigation artificielle et de non-irrigation, parle mesurage de la circonférence de tous les arbres à i mètre de hauteur pour les arbres de futaie, et par la coupe du bois pour les taillis.
- L’expérience devra durer au moins cinq ans, et être
- 16. Prix pour déterminer l’influence du mode i
- bois de même essena
- La Société désirerait que, sur un sol d’une nature et d’une exposition uniformes occupé par une forêt composée d’une essence unique ou peu mélangée, on déterminât i° l’influence d’éclaircies plus ou moins considérables soit sur des arbres résineux, soit sur les brins d’un taillis ou d’un gaulis, en comptant exactement le nombre de brins conservés et celui des brins supprimés par hectare ; 2° le produit, en volume ou en poids, des éclaircies, de manière à établir quelle est l’influence, sur l’accroissement des brins, en grosseur et en hauteur, de l’action de l’air et de la lumière.
- Cet accroissement devra être déterminé par le mesurage de la hauteur et de la circonférence des tiges sur i hectare de surface , depuis l’âge de quinze ans jusqu’à trente ans et au-dessus. Le nombre des pieds ou brins conservés dans ces expériences comparatives devra , pour un même âge, varier comme i à ?, et à 4- Les me-
- faite comparativement sur des étendues de i hectare au moins ; les taillis devront avoir dix ans au moins lorsque l’expérience commencera.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, dans la séance générale du second semestre de r 855. Les pièces devront être adressées avant le 1er janvier de la même année : elles comprendront un plan détaillé des localités qui ont servi aux expériences, avec l’indication des pentes et des travaux opérés pour l’irrigation ; des certificats constatant ces travaux et le produit, en volume et en poids, des taillis coupés dans les expériences comparatives. Enfin des rondelles du tronc de dix arbres de futaie coupés dans la partie irriguée, et de pareil nombre pris dans la partie non irriguée, et de vingt pris sur les brins de taillis dans l’une et l’autre circonstance, devront être adressées à la Société à l’appui du méinoii’e.
- Le prix sera de la valeur de trois mille francs. Un second prix de deux mille francs ou des médailles d’or et d’argent d’une valeur correspondante pourront être décernés à ceux des concurrents qui auront le plus approché du but.
- !’aménagement et d’éclaircie sur le produit d’un dans un même sol.
- surages devront être répétés de cinq ans en cinq ans, à compter de la première éclaircie.
- Il serait à désirer que des expériences fussent faites pour plusieurs espèces de bois et sur des terrains de qualité plus ou moins bonne.
- L’influence des éclaircies aura dû être constatée pendant dix ans au moins.
- Indépendamment des mesurages ci-dessus mention -nés, les concurrents devront envoyer des rondelles prises au hasard sur dix arbres placés dans chacune des conditions d’éclaircies indiquées ci-dessus.
- Le prix, d’une valeur de trois mille francs, sera décerné, s’il y a lieu, dans la séance générale du second semestre de 1860. Un second prix de deux mille francs ou des médailles d’or et d’argent d’une valeur correspondante pourront être accordés aux concurrents dont les travaux seront jugés assez importants.
- Le concours sera fermé le 3i décembre i85g.
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- 17. Prix pour l’introduction d’un nouvel insecte capable de fournir une soie propre aux usages
- de l’industrie.
- La France produit une grande quantité de soie, et néanmoins l’heureux développement des industries fondées sur l’emploi de cette substance exige une importation annuelle de soie étrangère qui ne s’élève pas à moins de 4<> millions de francs. Il y a donc là une large prime offerte au travail national.
- Pourtant les efforts tentés pour transporter la culture du mûrier et l’éducation du ver à soie dans les parties centrales de la France n’ont eu, jusqu’ici, qu’un résultat plus ou moins certain, et si l’on remarque que les mûriers cultivés dans le Midi ne prospèrent dans le même sol que pendant un demi-siècle , et que leur culture paraît aujourd’hui s’être étendue sur toutes les terres qui pouvaient y être appliquées, on peut craindre que les ressources de la France pour la production de la soie n’aient pas une base aussi assurée pour l’avenir qu’on aurait le droit de le souhaiter.
- En conséquence , la Société propose un prix de la valeur de trois mille francs qui sera décerné à celui qui trouvera le moyen de doter le nord de la France d’une production de soie analogue à celle dont jouit le midi ; elle espère qu’on en trouvera les éléments dans l’éducation de quelques insectes propres à la Louisiane.
- Le genre bombyx se compose de beaucoup d’espèces dont les chenilles construisent leurs cocons uniquement avec de la soie, sans associer à leur fil un corps étranger; leurs cocons sont donc des cocons de pure soie. Le bombyx mori, c’est-à-dire le ver à soie ordinaire, occupe le premier rang parmi les espèces ainsi caractérisées, tant par la pureté et la finesse de sa soie que par son abondante exploitation.
- Néanmoins le bombyx mysitta donne une soie exploitée depuis longtemps dans les Indes orientales.
- L’Amérique septentrionale possède plusieurs espèces dont la soie est employée soit après la filature, soit par un simple cardage des cocons.
- Audouin a prouvé que le bombyx cecropia de la Louisiane peut être élevé facilement en France, où il se nourrit des feuilles du prunier, et en particulier des feuilles du prunus commuais ou du prunus spinosa. Plusieurs éducations poursuivies avec succès , des cocons filés d’une manière satisfaisante , la solidité et la pureté de la soie obtenue, tout prouve que le nouveau ver à soie peut réussir en France , et qu’il peut fournir un nouvel aliment à notre industrie.
- La Société indique aux concurrents le travail d’Audouin, parce qu’il se rapporte à une espèce dont le cocon est très-volumineux , dont la soie est très-belle et très-solide, et dont l’aliment est emprunté à un arbre d’une culture facile dans nos départements les plus froids ; cependant elle ne fait pas de ce choix une condition exclusive, et elle accordera le prix qu’elle propose à la personne qui aura fait deux éducations consécutives d’un nouveau ver à soie , propre à être élevé dans le centre et le nord de la France , avec des feuilles d’une plante bien connue pour résister au climat de ces régions , et qui, dans l’éducation de la seconde année , aura obtenu au moins 2.5 kilogr. de soie filée.
- Le prix sera décerné , s’il y a lieu, dans la séance générale du second semestre de i85o.
- Le concours restera ouvert jusqu’au ier janvier de la même année.
- 18. Prix pour la destruction d’un insecte, vulgairement appelé f écrivain, qui cause de grands
- dommages dans les vignes.
- L’écrivain est un petit insecte de la grosseur de la coccinelle ; il apparaît au moment de la floraison de la vigne, et il cause de tels dégâts, que , lorsque la végétation n’est pas active, il ronge les bourgeons au fur et à mesure qu’ils se développent, et la vigne semble ne pas pousser du tout.
- Plus tard, quand la vigne a acquis toute sa croissance, il se nourrit de l’épiderme de la feuille et de la grappe du fruit; il enlève cet épiderme en traçant des lignes d’un demi-millimètre environ de large sur plusieurs centimètres de longueur, sans toucher au parenchyme, de sorte
- que la feuille sembleavoir été gravée avec un instrument; c’est ce qui a fait donner à l’insecte, par les vignerons, le nom d* écrivain.
- Il y a bien longtemps que l’écrivain a été remarqué ; mais, depuis quelques années , il s’est développé d’une manière effrayante , et il a causé les plus grands dommages dans toute la Bourgogne ; en deux ou trois ans une vigne est détruite , et l’on n’a, jusqu’à présent, d’autre parti à prendre que de l’arracher.
- Il paraît que cet insecte détériore non-seulement la feuille et le fruit, mais encore les racines; car l’on re-
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- marque que les feuilles sont attaquées longtemps avant que la vigne n’ait souffert d’une manière notable, et que dans une jeune vigne, où les racines ne sont pas très-développées, il n’y a pas d’écrivain. De plus, les vignes plantées dans des terrains forts ou humides sont exemptes de cet insecte. Il se tient de préférence dans les terrains secs et légers, c’est-à-dire dans ceux qui produisent les meilleurs vins.
- Aussi les propriétaires qui voient leurs récoltes diminuer notablement se sont-ils déterminés à planter beaucoup de vignes dans la plaine, afin de pouvoir continuer à satisfaire aux demandes qu’on est dans l’usage de leur faire et de ne pas perdre leur clientèle. En effet, une grande partie des terrains qui n’auraient pas été plantés en vignes le sont aujourd’hui , de sorte que la moyenne de la récolte en blé, maïs, pomme de terre , etc. , etc. , a diminué, tandis que la production du vin n’a pas augmenté , et que sa qualité a tellement baissé , qu’il se conserve moins bien, voyage plus difficilement et donne lieu à de justes plaintes de la part des consommateurs, qui n’achètent qu’en tremblant les vins de ces contrées, autrefois si renommés.
- La destruction des petits oiseaux est une des causes de la propagation de l’écrivain. Jadis les vignes étaient closes par des haies vives ; dans beaucoup d’endroits laissés incultes, on voyait des buissons épais dans lesquels les petits oiseaux faisaient leur nid : aujour-
- d’hui toutes ces haies sont détruites, et il n’y a plus de petits oiseaux pour faire la guerre à l’écrivain.
- Les propriétaires et les vignerons ne connaissent pas les mœurs de l’écrivain ; ils sont même divisés sur la question de savoir si la larve se retire en terre ou dans l’écorce : il n’est aucun vigneron qui ait pu émettre un avis à cet égard ; chacun avoue même qu’il n’a jamais vu ni l’œuf ni la larve de cet insecte
- La Société d’encouragement désire qu’on fasse connaître les mœurs de l’écrivain et les moyens de le détruire.
- Les services rendus par les travaux de M. Audouin , sur la pyrale , sont un exemple frappant de l’utilité de semblables recherches. En donnant l’histoire de la pyrale , M. Audouin a permis de trouver des moyens efficaces pour la combattre, si bien qu’elle a disparu aujourd’hui des pays qu’elle infestait. Celui qui donnerait l’historique de l’écrivain , même sans avoir obtenu un procédé assuré de destruction, rendrait certainement un service important, et la Société lui saurait gré de ses efforts.
- Le prix, de la valeur de deux mille francs, sera décerné , s’il y a lieu, dans la séance générale du second semestre de i85o.
- Le concours restera ouvert jusqu’au Ier janvier de la même année.
- 19. Prix pour un moyen de détruire les insectes qui attaquent ïolivier.
- Depuis quelques années, les insectes qui ravagent les récoltes de l’olivier, dans le midi de la France , ont fait de nouveaux progrès dans leur fâcheux développement. Les feuilles, les boutons, les noyaux des olives sont attaqués , et les récoltes , quelquefois complètement détruites, éprouvent toujours de notables diminutions.
- L’histoire des insectes qui attaquent l’olivier est encore le sujet de controverses ; de là quelque incertitude sur le choix des moyens propres à remédier à leurs ravages, ou à les prévenir pour les années suivantes.
- La Société d’encouragement, voulant contribuer à conserver à nos départements méridionaux une culture précieuse, propose un prix de la valeur de deux mille
- francs qu’elle accordera à l’auteur de la meilleure méthode pour la destruction des insectes qui attaquent l’olivier.
- Elle se réserve de récompenser les auteurs qui , sans avoir résolu le problème , auraient fait connaître d’une manière satisfaisante les habitudes des insectes qui attaquent les oliviers et auraient préparé de la sorte la découverte des moyens de les détruire.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, dans la séance générale du second semestre de i85o.
- Le concours restera ouvert jusqu’au ier janvier de la même année.
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- ARTS MECANIQUES.
- 1. Améliorations à apporter dans la filature mécanique du lin.
- %. Introduction des couloirs et des machines à réunir.
- 3. Nouveau métier à filer le lin.
- A. Amélioration dans le tirage de la soie des cocons.
- 5. Amélioration des machines et des moyens employés dans le foulage des
- draps.
- 6. Machine à fabriquer les filets de pêche.
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- 1. Prix pour des améliorations à apporter dans la filature mécanique du lin.
- L’augmentation sensible du nombre des filatures de lin en France , la parfaite exécution des métiers fournis par nos constructeurs attestent un progrès réel. Cependant il faut reconnaître que les machines employées laissent encore à désirer sous certains rapports : elles sont beaucoup plus chères que celles qui sont en usage pour les autres matières filamenteuses ; elles absorbent plus de puissance mécanique pour arriver au même résultat, et la finesse des fils qu’elles peuvent produire est très-limitée ; celle-ci dépasse rarement le n° métrique , et alors même le fil présente un caractère pelucheux, défavorable. Pour le coton , au contraire , il est facile d’obtenir des fils jusqu’au n° 160 et au-dessus, et l’aspect avantageux , c’est-à-dire la solidité, l’homogénéité et la netteté de la surface , va en augmentant dans le même rapport. On ne peut attribuer cette différence à la nature des matières premières, le travail à la main atteignant, pour le lin, des résultats supérieurs à ceux obtenus par les meilleures machines filant le coton aux nos les plus élevés. Ce sont donc certaines parties du travail mécanique qui doivent être modifiées.
- La Société d’encouragement a déjà donné une preuve de sa sollicitude pour cette industrie à qui on peut promettre tant d’avenir, en appelant l’attention sur la question du rouissage et en distribuant des encouragements pour le peignage mécanique. Aussi les nouvelles méthodes de rouissage et les nouvelles machines à peigner sont-elles en pleine expérimentation, et ne tarderont-elles sans doute pas à se faire généralement adopter.
- Il reste à améliorer aujourd’hui la manière de pratiquer les étirages et les doublages, opérations qui succèdent aux préparations que nous venons de mentionner,
- et surtout les métiers à filer en fin. En effet, dans les filatures de lin, au lieu de former les rubans d’une manière continue , au moyen des couloirs et des machines à réunir, comme cela a lieu avec tant de succès dans les filatures de coton qui leur doivent leurs plus notables progrès depuis vingt ans, on reçoit encore les rubans dans des pots pour les porter d’une machine à l’autre , ce qui occasionne une perte de temps, des chances d’erreurs, plus de déchets, et donne des produits moins parfaits. Rien de sérieux cependant ne paraît s’opposer à ce que cette partie du travail soit modifiée pour le lin , comme elle l’a été pour le coton.
- Mais les principaux reproches faits à la filature mécanique du lin s’adressent aux métiers à filer. L’espèce de broyage ou d’assouplissage qu’on fait subir aux fibres réclame une puissance mécanique considérable, malgré la présence de l’eau chaude, qui est elle-même une grave sujétion. L’inconvénient du duvet paraît également être une conséquence de l’action énergique que les cylindres des métiers exercent sur les fibres de la matière, pour les diviser à l’infini : or la tendance de celles-ci à se redresser perpendiculairement à l’axe est proportionnelle à leur nombre. Si l’on ne peut obtenir de grandes finesses, c’est encore au système de métier qu’il faut l’attribuer, le continu ou throstle anglais étant le seul dont on ait pu faire usage jusqu’ici. Tous les praticiens connaissent les obstacles que ce genre de machines présente à mesure qu’il faut augmenter le nombre de tours des broches pour donner une torsion convenable aux fils.
- Ces considérations déterminent la Société à proposer les deux prix suivants :
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- 2. Prix pour introduire les couloirs et les machines à réunir dans les filatures de lin.
- Une médaille d’or de la valeur de mille francs sera dé- i cernée au filateur de lin qui, le premier, aura supprimé les pots en usage pour les préparations, et les aura remplacés par les couloirs et les machines à réunir employés dans les filatures de coton , ou par tout autre moyen équivalent, de façon à ce que les préparations s’exécutent d’une manière continue, comme cela a lieu pour les filatures de coton.
- Cette modification devra être apportée à une filature se composant de deux assortiments au moins et avoir été appliquée sans interruption pendant trois mois.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu , dans la séance générale du second semestre de 1849.
- Les concurrents adresseront, avant le 1er janvier de la même année, les pièces constatant qu’ils ont rempli les conditions du concours.
- 3. Prix pour un nouveau métier à filer le lin.
- La Société d’encouragement propose un prix de la valeur de quatre mille francs pour celui qui aura appliqué un métier à la filature du lin pouvant produire des fils de parfaite qualité depuis le n° 10 jusqu’au n° 80 métrique au moins. Ce métier devra absorber moins de puissance mécanique que celui du système actuellement en usage. Le prix d’un assortiment nouveau ne devra pas dépasser celui qu’il doit remplacer, soit qu’on propose un métier d’un système complètement nouveau, soit que, par d’heureuses modifications dans les préparations ou dans le métier lui-même, on parvienne à se
- servir du mull-jenny, Le métier devra avoir fonctionné régulièrement pendant quatre mois au moins.
- Les concurrents devront adresser, avant le ier janvier i85o , avec les certificats constatant qu’ils ont rempli les conditions du programme, au moins huit échantillons différents de fils obtenus de dix en dix numéros, à partir du n° 10 jusqu’au n° 80.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, dans la séance générale du second semestre de i85o.
- La Société se réserve d’accorder des médailles de prix à ceux des concurrents qui auraient le plus approché du but.
- 4. Prix pour une amélioration dans le tirage de la soie des cocons.
- Les divers éléments qu’embrasse l’industrie sérici-cole , tels que la plantation et la culture du mûrier, l’éducation des vers à soie, les machines à tirer la soie des cocons, ont été , dans ces derniers temps, l’objet de nombreuses recherches. La Société d’encouragement a eu la satisfaction de publier et de récompenser les résultats les plus heureux qui en ont été la conséquence; elle vient de nouveau signaler à l’attention des industriels un progrès à réaliser : il consiste à diminuer la quantité du déchet fait lors du tirage de la soie, et qu’on désigne sous les noms de bourrette et de frison. Ces deux produits inférieurs réunis s’élèvent moyennement au tiers environ de la soie du cocon qu’on obtient en fil continu : ainsi, si l’enveloppe en matière soyeuse de la chrysalide pèse 100, par exemple, et que les cocons soient de bonne qualité, le filateur en dévidera généralement 70 en fil continu, qui constituent la soie grège, et 3o se composeront de résidus qui ne peuvent être dévidés : ceux-ci, comme on le sait , ne peuvent être utilisés que par une préparation spéciale, et leur valeur est bien moindre que celle de la soie grège ; ils ne con-
- viennent qu’aux produits communs connus sous le nom d’étoffes en bourre de soie ou fantaisie.
- Or il est incontestable que la soie grége et la bourre sont non-seulement de la même nature et de la même qualité, mais que l’insecte les file sans solution de continuité, et que , si l’on ne parvient pas à l’en débarrasser de même, on doit l’attribuer i° à l’irrégularité des points d’appui qu’offrent les branchages des bruyères ou les arêtes vives des autres espèces de coconières, qui forcent le ver d’entre-croiser dans toutes les directions les fils des premières couches de son enveloppe; 20 à la manière dont on pratique généralement le battage et la purge pour enlever ces premières couches qui ne se prêtent pas au dévidage. Les habiles magnaniers de certaines parties de la Lombardie sont parvenus à diminuer notablement le déchet en substituant des copeaux aux bruyères. Les insectes choisissent ceux dont la forme se prête le mieux à l’établissement des cocons ; ils y filent comme ils le feraient dans l’intérieur d’un petit flacon. Cette méthode de faire travailler le ver a donc, de plus, l’avantage d’offrir des coconièresà très-bas
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- prix, et mérite, sous un double point de vue, d’être expérimentée. Quoi qu’il en soit, si, par ce moyen ou par une meilleure préparation, ou par les deux modifications réunies, on parvenait à rendre le dévidage des cocons presque complet, notre industrie s’enrichirait, chaque année, de plus de 5o millions.
- La Société d’encouragement propose, en conséquence, deux prix de la valeur de trois mille francs chacun , l’un pour l’éducation des vers à soie, et l’autre pour le battage et la purge des cocons, pour celui ou pour ceux qui trouveront un moyen de tirer la soie des cocons sans faire un déchet, en bourrette et frison réunis , de plus de 10 pour 100 de la matière soyeuse. La qualité
- de la soie grége devra être au moins celle qu’on obtient par la méthode actuelle ; la quantité produite au minimum, io kilogrammes. Le procédé sera expérimenté sous les yeux des commissaires de la Société.
- La Société se réserve de décerner des médailles de prix à ceux des concurrents qui auraient le plus approché du but.
- Les prix seront distribués, s’il y a lieu, dans la séance générale du second semestre de l85o.
- Les concurrents déposeront au secrétariat de la Société , avant le ier janvier de la même année , un mémoire descriptif et des échantillons.
- 5. Prix pour ïamélioration des machines et des moyens employés dans le foulage des draps.
- L’opération du foulage est une des plus essentielles de la fabrication des draps; elle est cependant restée stationnaire pendant bien longtemps. Les machines dont on se servait encore partout, il y a peu de temps, étaient ces anciens pilons hollandais déjà connus au moyen âge. Ce n’est que depuis ces dernières années qu’on eut l’idée, en Angleterre, de substituer l’action d’une pression continue, d’une espèce de laminage, en faisant {'«asser l’étoffe entre les gorges de deux cylindres tournants, à celle du choc alternatif qu’exerçaient les marteaux des moulins à fouler dont nous venons de parler. Mais les foulons cylindriques anglais présentaient plusieurs défauts graves et n’auraient pu être propagés sans d’importantes modifications qui y ont été apportées par nos constructeurs, et notamment par M. Benoît, de Montpellier, et par MM. Valéry et Lacroix, de Rouen, qui eurent l’heureuse idée d’y combiner l’action de la percussion avec celle de la pression. M. Desplaces y réalisa tout récemment encore une amélioration en substituant aux contre-poids ordinaires fixés à l’extrémité de bras de levier, et dont l’action résultante ne peut changer que par les soins du foulonnier, des ressorts presseurs disposés de telle sorte que cette action varie spontanément suivant le besoin du travail, qui n’est plus exposé à l’imperfection par suite de la négligence de l’ouvrier.
- Nonobstant ces perfectionnements, la manière d’opérer laisse encore beaucoup à désirer : pour faire passer le drap entre les cylindres et sous le sabot, on est obligé de le replier plusieurs fois sur lui-même; les plis qui en résultent sont fixés par la pression et ne disparaissent que difficilement ; la durée de l’opération est généralement longue ; elle est d’ailleurs proportionnelle à la quantité de retraite que l’étoffe doit éprouver, et, par conséquent, à l’épaisseur et à la force qu’on veut atteindre. Cette durée est rarement au- dessous de cinq heures
- pour les étoffes légères; pour la draperie corsée et fine, elle atteint souvent trente-six ou quarante heures.
- Quoique l’étoffe soit baignée d’une dissolution liquide , dans le but de bâter l’opération et de préserver le drap du fâcheux effet que l’action mécanique directe pourrait produire, il n’en résulte pas moins une certaine détérioration de la matière : la bourre qu’on peut recueillir après le travail et le froissement extraordinaire du duvet, que les apprêts ultérieurs doivent rétablir, en sont la preuve. A cet inconvénient et à la lenteur de l’action signalée tout à l’heure, il faut ajouter une puissance mécanique assez considérable absorbée par le travail ; la nécessité de sortir plusieurs fois l’étoffe des machines pour la remanier, afin de faire disparaître les plis et pour examiner si l’action s’effectue régulièrement ; enfin les déchirures assez fréquentes auxquelles le drap est exposé. La disparition complète de ces inconvénients rendrait un service signalé à l’industrie. Peut-être le problème serait-il plus promptement résolu si l’on ne se préoccupait pas exclusivement des organes mécaniques, comme on a paru le faire jusqu’ici ; ceux-ci, il est vrai, paraissent susceptibles de modification , car c’est de leur forme que dépend la disposition à donner à l’étoffe peu -danl le travail, et celle-ci a elle-même une grande influence sur les résultats , comme on peut s’en assurer par la construction des machines à produire le drap-feutre. Mais l’action des liquides employés dans le foulage, dont on n’a pas tenu assez compte jusqu’à présent, n’est pas moins importante et paraît digne de la plus sérieuse attention. La chimie peut fournir des corps dont les dissolutions pourraient remplacer avec avantage celles qui sont en usage. Le tartre rouge, entre autres , paraît avoir été essayé dans certains cas avec succès. L’emploi de la vapeur appliquée à certaines périodes de l’opération pourrait aussi favoriser et activer le travail.
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- La Société serait heureuse si, par ces indications, elle pouvait faciliter les recherches et contribuer à faire mériter le prix de deux mille francs qu’elle propose pour la construction d’une machine à fouler, ou pour une nouvelle manière d’opérer pour toute espèce de draperies, dont le foulage ne devra rien laisser à désirer sous le rapport de la perfection. La durée du travail devra être diminuée de moitié au moins de celle nécessaire actuellement ; la puissance mécanique ne devra , dans aucun cas, dépasser celle qui est employée aujourd’hui avec les meilleures machines. Le foulage devra avoir lieu d’une manière continue, sans exposer l’étoffe à des déchirures ou tares quelconques , ni à des plis susceptibles de laisser des traces , ni enfin aux remaniements, qui occasionnent des pertes de temps, et un refroidisse-
- ment du drap et de la machine, nuisibles à l’opération. La dépense pour le foulage ne devra pas excéder celle qu’il occasionne aujourd’hui.
- La machine devra avoir foulé cinquante pièces entières de drap et sera expérimentée sous les yeux des commissaires de la Société.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, dans la séance générale du second semestre de i85o.
- La Société se réserve de décerner des médailles de prix à ceux des concurrents qui auraient le plus approché du but.
- Les concurrents déposeront au secrétariat de la Société, avant le ier janvier i85o, un mémoire descriptif de leur machine et des certificats des autorités locales constatant les résultats qu’elle aura produits.
- 6. Prix pour une machine propre à fabriquer les filets de pêche.
- La Société d’encouragement offre un prix de la valeur de trois mille francs à celui qui inventera un nouveau métier propre à la fabrication des filets de pêche. Les filets confectionnés à l’aide de cette machine devront remplir toutes les conditions de solidité , de force ou de finesse convenables aux différents modes de pêche, et procurer une économie notable sur les produits de la fabrication manuelle.
- Les filets devront aussi pouvoir admettre toutes les grandeurs de mailles usitées dans les différents filets.
- Le concours sera fermé le ier janvier 1849* Le prix sera délivré , s’il y a lieu , dans la séance générale du 2e semestre de la même année.
- N. B. Cette industrie sera applicable aux filets pour les treilles et aux filets pour le délitage des vers à soie.
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- ARTS CHIMIQUES.
- i. Perfectionnement de la construction des fourneaux.
- 3. Application industrielle de Faction de la pile de Volta pour opérer des décompositions chimiques par la voie sèche.
- 3. Analyse de la betterave à diverses époques de sa maturation. k. Perfectionnement des sucreries indigènes.
- 5. Perfectionnement de la fabrication du sucre blanc en pains.
- 6. Transport des anciennes gravures sur la pierre lithographique.
- 7. Transport, sur pierre, de dessins, gravures et épreuves de caractères typographiques.
- 8. Découverte et exploitation de nouvelles carrières de pierres lithographiques.
- 9. Fabrication de pierres artificielles et de plaques métalliques ou cartons propres à
- remplacer les pierres lithographiques.
- 1. Prix pour le perfectionnement de la construction des fourneaux.
- Les phénomènes de la combustion ont été l’objet d’études approfondies ; les lois que suit le calorique dans son développement et dans sa transmission , les effets qu’il produit et le pouvoir calorifique des divers combustibles ont été observés et déterminés par les plus habiles physiciens ; mais il manque quelques données pour pouvoir appliquer avec succès ces résultats scientifiques au calcul des dimensions convenables aux différents fourneaux dont on se sert dans les manufactures , et le praticien n’a pas encore de guide sûr pour résoudre le mieux possible les questions de ce genre qu’il a à examiner. On sait, en effet, que chaque constructeur de fourneaux fait usage de proportions différentes et marche ainsi, en tâtonnant, vers le but qui lui est indiqué. 11 résulte de cet état de choses qu’en général les fourneaux employés dans les manufactures sont bien éloignés du point de perfection où l’on pourra sans doute les amener : or cet état d’imperfection est une des causes principales de la cherté de nos produits et de la dépense énorme qu’entraîne l’achat des combustibles dans les usines à feu ; d’un autre côté , il est évident que , si les données qui doivent servir de base à la meilleure con-siruction des fourneaux étaient mieux connues et plus répandues, il serait plus rare de voir des fourneaux mal construits couvrir de fumée tout le voisinage des usines à feu. Cette question est donc aussi intéressante sous le rapport de la salubrité du voisinage des fabriques et de la tranquillité des fabricants, qu’elle est importante en la considérant sous les rapports économique et industriel.
- La Société d’encouragement, pénétrée du haut intérêt qu’offre une telle question , a pensé qu’ayant égard
- aux conditions à remplir par les différentes espèces de fourneaux on pouvait les ranger dans les divisions suivantes :
- i° Fourneaux à oxyder les métaux et construits de manière à famé affluer sur le combustible une masse d’air telle , que l’oxygène qu’elle contient soit suffisant pour bien brûler le combustible et pour oxyder promptement, complètement et avec facilité le métal que l’on veut convertir en oxyde : ces fourneaux peuvent être rendus facilement futnivores.
- 2° Fourneaux propres à réduire les oxydes, à fondre les substances métalliques ou à les recuire. Ces fourneaux doivent être établis sur des dimensions convenables , afin que l’air, traversant le combustible , soit assez décomposé pour ne pas oxyder facilement le métal qui doit être fondu ou simplement recuit sur la sole du fourneau.
- La distinction établie en classant les fourneaux indique le but vers lequel doit tendre le constructeur chargé de leur établissement, donne des idées plus justes des propriétés qu’ils doivent avoir, et contribuera sans doute à en faire perfectionner la construction.
- La Société d’encouragement a pense qu’il serait utile de faire examiner séparément tout ce qui a rapport aux fourneaux de chacune de ces divisions ; elle propose, en conséquence, deux prix de 3,ooo fr. chacun, savoir:
- i° Un prix de la valeur de trois mille francs à l’auteur du mémoire qui aura amené à un haut degré de perfection la construction des fourneaux propres à l’oxydation des métaux ;
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- 2° Un semblable prix de trois mille francs au concurrent qui aura enseigné les moyens de parfaitement établir les fourneaux destinés à la fonte des métaux ou à la réduction des oxydes métalliques.
- La Société , désirant hâter et faciliter le plus possible la solution de ces questions si importantes pour le progrès de notre industrie manufacturière , a pensé qu’un puissant moyen d’arriver à ce but serait d’obtenir des fabricants qui ne voudraient pas concourir pour ces prix le tableau exact des dimensions, de la dépense en combustible et des effets des différents fourneaux construits dans leurs ateliers ; elle a, en conséquence, décidé qu’il
- serait accordé , indépendamment des prix dont il est question , des médailles d’encouragement en or, en platine, en argent et en bronze aux fabricants qui auront envoyé des tableaux pareils au modèle ci-joint et qui y auront consigné les résultats les mieux constatés , les plus complets et les plus avantageux.
- Les mémoires et tableaux envoyés au concours devront parvenir au secrétariat de la Société avant le (" janvier 1849- ^es Pr‘x seront décernés, s’il y a lieu, dans la séance générale du deuxième semestre de la même année.
- ( Suit le modèle d’état. )
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- DATES DES ESSAIS.
- DÉPARTEMENT D
- MODÈLE D’ÉTAT
- COMMUNE D
- Essais faits avec les fourneaux destines à oxyder et à dêsoxyder, à fondre et à recuire les métaux.
- FOURNEAU.
- SON USAGE.
- 2
- SA FORME.
- 3
- DIMENSIONS
- de la sole.
- rn. c.
- ÉPAISSEUR
- de
- ses parois. 5
- m. c.
- DIMENSIONS
- de la grille.
- CHEMINÉE.
- SA PLUS
- grande
- ouverture.
- 7
- m. c.
- SA PLUS petite
- ouverture, delà sole.
- m, c.
- SA HAUTEUR
- à partir du dessus
- m. c.
- QUANTITÉ DE HOUILLE brûlée par heure
- 10
- kilog.
- PRODUIT
- ORDINAIRE
- du fourneau
- par heure, il
- QUANTITE
- d’oxygène restant dans l’air pris au bas
- de la cheminée 12
- TEMPERA-
- TURE
- de
- LA FUMÉE prise dans
- la cheminée.
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- OBSERVATIONS.
- Si l’on fait usage de bois ou de tourbe pour le chauffage de ces fourneaux , on l’indiquera en tête de la 10e colonne, en substituant les mots combustible employé à ceux de quantité de houille brûlée.
- On peut consulter, au sujet des fourneaux rangés dans cette division, les ouvrages publiés par Jars, par Hellot ; on trouve un très-grand nombre de détails à ce sujet dans les deux collections du Journal des mines, dans la Sidérotechnie de Hassenfratz, et dans le grand ouvrage de M. lléron de Vil-lefosse, sur la richesse minérale; on peut aussi consulter avec fruit l’ouvrage deKar-sten, le Traité de métallurgie pratique du fer, par Waller, etc.
- to
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- C 22 J
- 2. Prix pour Vapplication industrielle de l’action de la pile de Volta pour opérer des décompositions
- chimiques par la voie sèche.
- On sait depuis longtemps que la pile de Fo/ta opère des décompositions chimiques quand on interpose entre les deux pôles des dissolutions métalliques ou des corps humides. On sait aussi, par de nombreuses expériences de Davy et par celles de M. Faraday, que la pile peut opérer la décomposition des corps secs, pourvu que ceux-ci soient amenés à l’état de fusion par la chaleur.
- Mais, tandis que les décompositions par la voie humide ont servi de base à la galvanoplastie , à la dorure galvanique, etc., les procédés fondés sur les décompositions des corps par la voie sèche n’ont, jusqu’ici, reçu aucune application suivie. Cependant il paraît résulter, d’expériences faites en Angleterre par M. Napier, que l’électricité , utilisée sous cette forme , peut opérer des décompositions profitables ; qu’elle peut extraire directement le cuivre du sulfure de cuivre; qu’elle peut débarrasser les fontes de quelques éléments nuisibles , et qu’elle opère ces réactions avec économie, eu
- égard aux effets qu’elle produit par la voie humide.
- La Société désire encourager les essais tendant à assurer l’emploi de l’électricité dans ces circonstances ou dans des circonstances analogues ; elle veut assurer l’étude prompte d’une méthode utile, mais elle laisse aux concurrents toute liberté quant à l’application qui servirait à effectuer cette étude.
- La Société accordera donc un prix de la valeur de six mille francs à une application de ce genre faite sur une échelle industrielle et bien constatée , quel qu’en soit l’objet.
- Elle se réserve, si le prix ne lui paraissait pas complètement mérité , le droit de récompenser les efforts qui auraient été faits par des encouragements prélevés sur la valeur du prix pxoposé.
- Le concours restera ouvert jusqu’au Ier janvier 1849, et le prix sera distribué, s’il y a lieu, dans la séance générale du deuxième semestre de la même année.
- 3. Prix pour l’analyse de la betterave à diverses époques de sa maturation.
- La Société d’encouragement, considérant qu’il serait du plus haut intérêt pour l’industrie sucrière de lui fournir des bases qui lui manquent pour la discussion de ses procédés, désire provoquer une analyse de la betterave , mais une analyse modèle digne de servir de type pour les recherches agricoles de même nature.
- Elle demande, en conséquence, qu’il soit exécuté une analyse comparative de la betterave de mois en mois, à partir des premiers temps de la végétation jusqu’à la récolte, et à partir de la récolte jusqu’à l’altération-complète de la racine.
- La Société désire que cette analyse soit faite sur des betteraves de divers départements pouvant représenter les conditions météorologiques du nord , du centre et du midi de la France ; elle désire, en outre, que les betteraves provenant de divers sols ou du même sol dans les diverses circonstances de fumure soient comparées entre elles.
- Elle demande que les concurrents mettent bien en évidence la nature du produit ou des produits qui pré-
- cèdent le sucre et qui disparaissent à mesure que celui-ci se forme; elle signale aussi à leur étude les produits qui prennent naissance quand le sucre se détruit.
- La Société verrait avec plaisir les concurrents mettre à profit le résultat de leurs recherches pour expliquer et discuter les procédés employés dans les divers systèmes qu’011 a mis en usage pour l’extraction du sucre de betterave; mais elle n’entend pas se lier d’avance en exprimant ces conditions, convaincue qu’on peut lui adresser un travail qui la satisfasse et mérite le prix sans répondre entièrement à toutes les questions qu’elle vient de poser. Il 11’en est qu’une sur laquelle elle ne peut pas admettre la moindre omission , c’est l’analyse de la racine de la même localité aux diverses époques de sa végétation et de sa décomposition.
- Un prix de la valeur de trois mille francs est proposé pour le meilleur mémoire sur cette question.
- Ce prix sera décerné , s’il y a lieu , dans la séance générale du second semestre de 1849» ^e concours restera ouvert jusqu’au ier janvier de la même année.
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- 4. Prix pour le perfectionnement des sucreries indigènes.
- La Société d’encouragement, considérant qu’après les améliorations remarquables introduites dans l’extraction du sucre indigène plusieurs problèmes très-importants restent encore à résoudre , que leur solution intéresse l’avenir et la prospérité de nos sucreries métropolitaines, et qu’elle fournira de nouveaux éléments de succès à nos exploitations coloniales ;
- D’après ces motifs, et dans la vue de pouvoir constater les résultats expérimentalement et par les faits pratiques recueillis dans nos grandes fabriques , la Société d’encouragement met au concours diverses questions relatives à des perfectionnements dans la défécation des jus , la revivification des charbons décolorants , le développement de la richesse saccharine des betteraves ; enfin dans l’installation et l’exploitation manufacturière intelligente des ustensiles, appareils et procédés appliqués à l’extraction directe du sucre blanc.
- i° Prix pour le perfectionnement de la défécation du jus des betteraves.
- Cette première opération a pour but d’éliminer, autant que possible, les substances étrangères qui altéreraient ultérieurement le sucre ou s’opposeraient à son extraction : c’est généralement au moyeu de la chaux hydratée que la défécation s’opère en F rance et aux colonies.
- La chaux détermine la séparation de plusieurs matières organiques et inorganiques. Son excès , utile à la clarification , nuit cependant et par lui-même et en rendant libre la potasse engagée dans les sels végétaux , en développant d’ailleurs une odeur et une saveur désagréables dans les jus, sirops et sucres des betteraves, en occasionnant plusieurs altérations, et notamment la coloration des produits.
- L’emploi d’une grande quantité de noir remédie en partie à ces inconvénients ; on a cherché à les faire disparaître à l’aide de l’alun ou des produits de sa précipitation.
- Mais l’emploi de ces agents n’est pas exempt de reproches; l’opinion n’est pas même bien fixée sur leur utilité réelle. Des perfectionnements rationnels de la défécation peuvent être essayés dans les laboratoires, on les vérifiera sans peine dans les fabriques : il est donc permis d’espérer que des chimistes manipulateurs et des
- fabricants habiles pourront s’en occuper utilement. Sans limiter en rien la nature ou le nombre des agents, ni le mode d’opérer, la Société d’encouragement offre un prix de la valeur de cinq mille francs, qui sera décerné, s’il y a lieu, dans la séance générale du deuxième semestre de 1849, à celui qui aura trouvé le meilleur procédé de défécation sous les rapports des effets obtenus et de l’économie. Les jus, après cette opération, devront être limpides, incolores et assez purs pour qu'une évaporation rapide à l’air libre puisse donner des sirops et une cristallisation blanche après l’égouttage, sans qu’il y ait eu, par suite des réactifs employés, augmentation des sels solubles ni conversion d’une partie du sucre en glucose.
- Le concours sera fermé le 3i décembre 1848.
- 2° Prix pour la révivif cation du noir animal.
- La révivification du noir animal acquiert, chaque jour, plus d’importance pour nos sucreries. Cette opération, très-efficace relativement au charbon d’os en grains et pour certains procédés en usage dans quelques raffineries , laisse encore à désirer lorsqu’elle s’applique aux noirs des fabriques de sucre,
- En effet, les résidus plus chargés de substances organiques et inorganiques, incrustés de composés calcaires, lorsqu’on les traite par les divers procédés mis en pratique, ne reproduisent plus un charbon assez décolorant ni assez énergique sur l’excès de chaux resté dans le jus.
- Ce serait donc un immense service à rendre aux sucreries que de leur procurer les moyens de restituer au noir en grains ses propriétés premières sans accroître les frais de l’opération.
- Dans l’espoir que des recherches approfondies pourront amener la solution de ce problème, la Société d’encouragement offre un prix de la valeur de cinq mille francs, qu’elle décernera, s’il y a lieu, dans sa séance gé-ne’rale du deuxième semesti’e de 1849, à celui qui parviendra à rendre au noir des sucreries le pouvoir décolorant et les autres propriétés utiles qu’il avait à l’état de noir neuf, et à poids égal, sans que les frais de révivification dépassent 2 fr. les 100 kil., sans que le déchet s’élève au-dessus de 4 P* 100, et à la condition que dix révivifications successives auront pu donner des résultats aussi satisfaisants.
- Le concours sera fermé le 3i décembre 1848.
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- 5. Prix pour le perfectionnement de
- À diverses reprises , la Société a émis l’opinion que l’extraction du sucre des betteraves n’arriverait à son apogée qu’alors que le principal produit serait directement obtenu à l’état de sucre blanc en pains , livrable immédiatement à la consommation.
- Plusieurs procédés semblent pouvoir conduire à ce but, mais les proportions de sucre pur préparé sous cette forme n’ont pas encore été assez grandes pour décider une transformation aussi rationnellement utile de l’industrie sucrière. On se rappelle effectivement que l’un de nos manufacturiers les plus intelligents, après avoir livré durant plusieurs campagnes tout son sucre en pains, crut devoir préparer sous la forme de sucre brut la plus grande partie de ses produits.
- Des sucres plus blancs et plus purs ont été obtenus, en i844, dans quelques-unes de nos usines du Nord; mais les rendements sous cette forme ont atteint à peine 5 et demi pour 100 , et le plus grand nombre des fabriques livrent actuellement leur sucre à l’état brut.
- 11 y a donc encore des efforts à faire, des dépenses à supporter pour améliorer les procédés , les appareils et la direction des opérations.
- C’est à nos habiles manufacturiers qu’il appartient de compléter la solution du problème, et c’est dans la vue de les encourager que la Société d’encouragement pro-
- 6. Prix pour le transport des anciennes
- On a déjà tenté , à plusieurs époques , de transporter d’anciennes gravures sur la pierre. Senefelder avait fait, à cet égard, des essais qui paraissaient promettre de bons résultats; mais jusqu’ici on 11’a pu en obtenir de parfaitement bons.
- Quoique ce transport ne puisse être considéré comme un objet de première importance pour la lithographie, cependant il pourrait en résulter des avantages dans la facilité de reproduire des gravures anciennes dont les cuivres n’existeraient plus.
- La Société d’encouragement propose un prix de la valeur de mille francs pour la solution de cette question.
- Les concurrents devront faire connaître, conformément à un arrêté de la Société du 21 janvier i835 (1),
- vl) Cet arrêté est ainsi conçu :
- 1 fabrication du sucre blanc en pains.
- pose un prix de la valeur de cinq mille francs, qu’elle décernera, s’il y a heu, dans sa séance générale du deuxième semestre de 1849, à celui d’entre eux qui aura obtenu en moyenne, durant deux campagnes terminées au premier du mois de janvier, 6 et demi de sucre blanc, en pains livrés au commerce ou à l’entrepôt, pour 100 de betteraves employées.
- La quantité totale du sucre produit sous cette forme devra s’élever au moins à 3o,ooo kilogrammes chaque année; bien entendu que les proportions de sucre non dégagé des bas produits ou mélasses seraient en dehors du rendement précité.
- Les concurrents devront permettre la vérification des quantités et qualités de leurs produits, par les moyens d’ailleurs faciles que les registres des contributions indirectes et les cours des sucres mettraient naturellement à leur disposition. On comprend d’ailleurs qu’entre plusieurs concurrents qui auraient satisfait à toutes ces conditions, si cette circonstance se présentait, celui qui aurait fabriqué les plus fortes quantités et la qualité la plus belle aurait seul droit au prix.
- Une amélioration définitive d’une telle importance ne résultera que de la réunion, dans la fabrique, des procédés et des appareils perfectionnés.
- Le concours sera fermé le 3i décembre 1848.
- gravures sur la pierre lithographique.
- à un membre au moins de la commission de lithographie les procédés qu’ils emploient, et présenteront des épreuves de vieilles gravures transportées sur pierre.
- La Société croit devoir faire observer que le but à atteindre est le transport, sur pierre , des anciennes gravures, envisagé principalement sous le rapport graphique et non sous celui d’une perfection purement artistique.
- Le prix sera décerné, s’il y a heu, dans la séance générale du second semestre de 1849.
- Le concours sera fermé le 3 1 décembre 1848.
- 1° Les auteurs jugés digues d’une récompense, qui ne se seraient pas pourvus d’un brevet d’invention et qui désireraient garder le secret de leurs procédés, seront tenus d’en déposer, sous cachet, la description, dont l’exactitude devra être attestée par un membre des comités.
- 2J La durée du dépôt ne pourra excéder quinze ans, au bout desquels la description sera publiée.
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- 7. Prix pour des transports, sur pierre, de dessins, gravures et épreuves de caractères
- typographiques.
- La Société d’encouragement propose un prix de la valeur de trois mille francs, qu’elle décernera , dans sa séance générale du second semestre de 1849, au concurrent qui aura fait adopter définitivement les transports, sur pierre, de dessins, gravures et épreuves de caractères typographiques.
- Il sera nécessaire de prouver, par un succès incontesté dans deux ou trois ouvrages de librairie, offrant ensemble jjo feuilles d’impression, tirés à i ,000 ou r,5oo exemplaires, ou ensemble 4,5oo exemplaires, que les lettres
- et figures viennent assez bien pour être comparables, commercialement, avec les caractères semblables dans les mêmes éditions. Les concurrents seront tenus de justifier que les ouvrages qu’ils présenteront auront moins coûté que s’ils eussent été imprimés typographiquement, et avec des figures sur bois, cuivre ou acier dans le texte.
- La préférence sera donnée à celui qui pourrait employer l’encre typographique ordinaire dans l’épreuve de transport.
- Le concours sera fermé le ier janvier 1848.
- 8. Prix pour la découverte et Vexploitation de
- La Société d’encouragement, convaincue qu’il existe en France un assez grand nombre de localités où l’on pourrait exploiter avec avantage les pierres lithographiques, propose un prix de la valeur de quinze cents francs pour la découverte et l’exploitation , en France , d’une nouvelle carrière de pierres lithographiques.
- L’origine de ces pierres étant bien constatée, la Société demande i° que la description du gisement soit faite par un ingénieur des mines du département, qui certifiera que ces couches ne sont pas les mêmes que celles des carrières qui ont déjà mérité les récompenses de la Société ;
- 20 Que les pierres peuvent se déliter par couches ou bien se débiter à la scie ;
- 3° Que ces pierres de diverses dimensions usitées dans le commerce sont d’un gTain uniforme , d’une belle teinte, d’une dureté égale dans tous les points, qu’elles
- nouvelles carrières de pierres lithographiques.
- sont sans défauts et d’un prix moindre que celui des pierres françaises ;
- 4° Que ces pierres peuvent servir au dessin au crayon, au dessin à la plume , au transport, enfin à la gravure sur pierre ;
- 5° Que l’exploitation de la carrière est en activité depuis un an au moins.
- 6U Les concurrents devront, en outre, fournir la preuve que cinq lithographes ont employé chacun au moins vingt-cinq pierres, qu’elles ont été trouvées comparables aux meilleures pierres lithographiques , et que les dessins, écritures, gravures, transport fournis par ces pierres ont été mis dans le commerce et appréciés.
- Le concours sera fermé le ier janvier î 849-
- Le prix sera décerné , s’il y a lieu , dans la séance générale du second semestre de la même année.
- 9. Prix pour la fabrication de pierres artificielles ou pour celle de plaques métalliques ou cartons propres à remplacer les pierres lithographiques.
- La Société d’encouragement, considérant qu’il serait utile d’appeler l’attention sur les perfectionnements dont l’emploi des plaques métalliques et du carton est susceptible pour remplacer, dans plusieurs circonstances, les pierres lithographiques , propose un prix de la valeur de douze cents francs, qu’elle décernera à celui qui trouvera un procédé propre à donner aux pierres artificielles, aux plaques métalliques ou au carton les qualités qui caractérisent les bonnes pierres lithographiques.
- Pour établir la bonté des pierres factices , plaques métalliques ou cartons, les concurrents devront prouver que trois lithographes au moins auront fait usage chacun
- de douze pierres factices, plaques métalliques ou cartons; qu’ils ont offert les mêmes qualités que les bonnes pierres naturelles, et que les dessins au crayon , les dessins à la plume, les transports ont été versés dans le commerce et appréciés, etpeuvent fournir un tirage de 10,000 exempl.
- Les pierres artificielles, plaques métalliques ou cartons devront être d’un prix moins élevé que celui des pierres lithographiques françaises.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, dans la séance générale du second semestre de 1849.
- Le concours restera ouvert jusqu’au ier janvier de la même année.
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- ARTS ÉCONOMIQUES.
- 1. Conservation de la viande dans nos climats, pendant une année, sans recourir au fumage
- ou à la salaison.
- 2. Conservation du lait.
- 3. Conservation des œufs.
- 4. Conservation des fruits.
- 5. Conservation des légumes.
- 6. Établissement de grandes glacières dans les localités où il n’en existe pas.
- 7. Fabrication économique de la glace.
- 1. Prix pour la conservation de la viande dans nos climats , pendant une année , sans recourir au
- fumage ou à la salaison.
- L’insuffisance des procédés qu’on emploie pour con- j server la viande fait , depuis longtemps , désirer des moyens plus efficaces pour assurer à cette substance alimentaire par excellence une plus longue et plus complète conservation. La solution de cette importante question aurait pour résultat d’abaisser le prix de la viande , d’en augmenter la consommation, de la mettre à la portée de toutes les classes de la société.
- Les seuls procédés dont on fasse usage pour conserver les viandes sont la salaison , le fumage et la méthode à' Appert.
- La salaison et le fumage modifient profondément les conditions alimentaires des substances auxquelles ils s’appliquent.
- La méthode à1 Appert donne d’excellents résultats ; elle rend journellement à l’économie domestique, à l’industrie , à l’hygiène de très-grands services ; mais elle augmente clans une trop forte proportion le prix des substances qu’elle conserve, pour atteindre le but que la Société se propose.
- Une foule d’autres procédés ont été indiqués ou mis en œuvre pour assurer la conservation de la viande : on a proposé de la dessécher à des températures plus ou moins élevées, après l’avoir recouverte d’une couche de jus ou de gélatine, ou bien de gélatine et de tanin. Ces procédés, qui paraissent donner des résultats satisfaisants, ont probablement beaucoup de rapports avec ceux qu’employait F Mari s il y a un demi-siècle; un morceau de viande, préparé par cet inventeur, a été vu, pendant de longues années , dans le laboratoire de M. d’Arcct père, dans un excellent état de conservation.
- t Les détails du procédé Fillaris ont été perdus, et, quoique la Société d’encouragement ait maintenu pendant longtemps sur ses programmes un prix dans le but d’arriver à les mettre en lumière, ils n’ont point été retrouvés. Les essais et les résultats consignés , par MM. Dizé et d’Arc et, dans les Bulletins de la Société ( i ) aideront, sans doute , à retrouver les détails d’exécution de ce procédé.
- Indépendamment des méthodes de conservation qui reposent sur la dessiccation préalable de la viande et sur l’emploi de différentes substances qui, répandues à sa surface, l’abritent du contact de l’air, on a proposé de la préserver de toute altération à l’aide de substances réputées antiputrides, telles que le charbon, le tanin, la noix de galle, le houblon, le cachou, le quinquina, l’ail, le poivre, etc.
- L’efficacité de ces procédés n’est nullement démontrée. En l'j^o, Haies proposait de conserver les viandes fraîches en injectant dans les vaisseaux une dissolution de sel marin. M. Gannal a employé récemment de la même manière une dissolution de chlorure d’aluminium.
- Pénétrée de toute l’importance des questions relatives à la conservation de la viande, la Société propose un prix, delà valeur de deux mille francs, qu’elle décernera, s’il y a lieu, dans sa séance générale du second semestre de i85o, à celui qui conservera la viande, dans nos climats, pendant une année, sans altérer sa saveur, sans recourir, par conséquent, au fumage ou à la salaison.
- Le concours sera fermé le 3i décembre 1849.
- (1) Bulletin de la Socie'te', 4ie année (i8ia),p. 227 et iit.
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- â. Prix pour la conservation du lait.
- Malgré toutes les tentatives qu’on a faites pour assurer la conservation et le transport du lait, aucun bon procédé n’a été donné pour résoudre cette question que la multiplicité et la rapidité des voies de communication rendent, chaque jour, plus importante.
- La Société propose un prix de la valeur de cinq cents
- francs, à décerner, dans la séance générale du second semestre de i85o, à celui qui fera connaître un procédé propre à conserver le lait pendant un voyage de dix jours dans la saison d’été. Le lait, après cette épreuve, devra fournir un beurre de bonne qualité.
- Le concours sera fermé le 3i décembre 1849-
- 3. Prix pour la conservation des œufs.
- Plusieurs procédés sont déjà mis en pratique pour assurer la conservation des œufs; mais ces procédés laissent à désirer. L’emploi de l’eau de chaux donne de bons résultats; mais les œufs, ainsi conservés, ne peuvent supporter le transport sous peine de subir une prompte décomposition : ils doivent être employés peu de temps après qu’ils sont extraits du liquide conservateur. La coagulation d’une légère couche de l’albumine de l’œuf, au moyen de la vapeur d’eau, ne fournit point de résultats constants, à cause de l’impossibilité où l’on est de connaître le moment précis où l’opération doit être arrêtée. La cire, répandue à la manière d’un vernis
- sur la surface de l’œuf, paraît assurer sa conservation ; mais ce procédé est coûteux et d’un emploi peu commode. Le procédé chinois, qui consiste à imprégner les œufs d’une dissolution de sel marin, change entièrement la nature de cet aliment en y introduisant une forte proportion de sel.
- La Société décernera, s’il y a lieu, dans sa séance générale du second semestre de i85o , un prix de la valeur de cinq cents francs à celui qui fera connaître un procédé nouveau et peu coûteux pour assurer, pendant une année, la conservation des œufs.
- Le concours sera fermé le 3i décembre 1849.
- 4. Prix pour la conservation des fruits.
- Un grand nombre de procédés ont été indiqués dans le but de prolonger , jusqu’à l’hiver, la conservation des fruits; aucun n’a donné des résultats satisfaisants.
- La Société décernera , s’il y a lieu , dans sa séance générale du second semestre de i85o, un prix de la valeur de cinq cents francs à celui qui fera connaître un procédé
- nouveau et peu coûteux pour conserver , jusqu’après la saison d’hiver, des fruits qu’on ne conserve pas sans qu’ils perdent les qualités qu’ils possèdent dans leur état de fraîcheur et de maturité.
- Le concours sera fermé le 31 décembre 1849.
- 5. Prix pour la conservation des légumes.
- Indépendamment de la dessiccation, de la salaison et de l’emploi du vinaigre, le seul procédé efficace qn’on emploie pour conserver les légumes est le procédé d'Appert.
- La Société pense qu’il est possible d’assurer la conservation des légumes sans qu’il soit nécessaire d’avoir recours à l’emploi coûteux de vases hermétiquement fermés.
- Elle propose un prix de la valeur de cinq cents francs,
- qu’elle décernera , s’il y a lieu , dans sa séance générale du second semestre de )85o , à celui qui fera connaître un procédé nouveau et peu coûteux pour conserver, à l’état frais , les légumes , pendant une année, sans changer leur saveur.
- Le concours restera ouvert jusqu’au xer janvier de la même année.
- 6. Prix pour l’établissement de grandes glac
- La Société d’encouragement, dans le but de provoquer l’établissement de grandes glacières dans les localités où il n’en existe pas, décernera des récompenses honorifiques, consistant en médailles d’argent, aux per-soxrnes qui formeront de semblables glacières. Elles devront contenir au moins 200,000 kilogrammes de glace et être construites de manière à pouvoir en conserver la moitié d’une année à l’autre. Une condition rigoureuse pour avoir droit aux récompenses de la Société est que
- aères dans les localités où il n’en existe pas.
- ces glacières soient publiques, c’est-à-dire que chacun ait le droit de s’y présenter pour acheter de la glace.
- Chaque concurrent fera constater, par les autorités locales, la contenance de son appareil, et adressera le procès-verbal au secrétariat de la Société avant le 1er jan -vier 184g-
- Les médailles seront décernées, s’il y a lieu, dans la séance générale du second semestre de la même année.
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- 7. Prix pour la fabrication de la glace.
- La Société d’encouragement propose un prix de la valeur de douze cents francs pour la construction d’un appareil peu coûteux et d’un usage facile qui servira à laire de la glace , au moyen d’un mélange frigorifique ou par toute autre méthode.
- Si l’on emploie les mélanges frigorifiques, les produits qui constitueront le mélange devront être d’une nature telle , que les personnes les moins expérimentées pourront s’en servir sans danger.
- Dans tous les cas , l’appareil devra fournir au moins 5 kilogrammes de glace en 3o minutes, et le prix de revient du produit ne devra pas dépasser 3o centimes le kilogramme. L’eau à congeler, au moment d’être placée dans l’appareil, ne devra pas avoir une température inférieure à 12 degrés.
- Les concurrents pourront consulter les divers écrits qui traitent des moyens de se procurer artificiellement de la glace, entre autres ceux de Leslie, de TValker, de Malpeyre , de Clément Desor me s, de Boutigny, etc. La Société , dans le but de faciliter les recherches des concurrents, a arrêté que des extraits tirés des ouvrages dont il s’agit seront publiés par la voie du Bulletin.
- Chaque concurrent devra envoyer au secrétariat de la Société, avant le ier janvier 1849, l’appareil de son invention, en y joignant une instruction sur la manière de s’en servir.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, dans la séance générale du second semestre de la même année.
- PRIX FONDÉS PAR MME IA PRINCESSE DE GALITZIN.
- i. Prix relatif aux inconvénients de la pomme de terre considérée comme nourriture trop
- habituelle des peuples.
- Madame la princesse Eudoxie de Galitzin, née Ismaïlow, happée de l’influence qu’exerce le régime hygiénique et alimentaire sur la constitution, le tempérament, le caractère des individus, sur les moeurs et les institutions des peuples, a fondé un prix qui sera décerné au meilleur ouvrage relatif aux effets de l’alimentation par la pomme de terre.
- La tendance qui amène des contrées entières à répudier une nourriture que des siècles d’expérience ont démontrée excellente et pleinement appropriée aux conditions de climat, de température, de travail, etc., pour adopter des principes nutritifs nouveaux, mérite un sérieux examen.
- Quand cet effet nécessaire d’une civilisation plus avancée, de relations plus étendues de peuple à peuple, de découvertes lointaines aboutit à améliorer réellement le mode de nutrition des masses , à propager dans des proportions convenables l’usage des substances animales et des boissons alcooliques saines, on doit l’accepter comme un bienfait; mais en est-il de même si l’on substitue, en effet, des aliments moins nourrissants et peut-être moins salubres à ceux qu’un peuple possède?
- La pomme de terre a été acceptée avec difficulté en Europe ; aujourd’hui elle est devenue indispensable. 8on usage assez prolongé et assez général dans quel-
- ques contrées permet d’étudier , avec quelque sûreté, les effets que son emploi journalier et presque exclusif peut amener sur les populations. Un examen attentif de la manière de la conserver , de modifier ses propriétés nutritives , si elles sont insuffisantes pour l’homme, ne peut être qu’utile à tous les pays.
- Il est surtout nécessaire de s’assurer si cette plante remplace utilement le pain de seigle , d’examiner dans quelle proportion elle nourrit, de s’assurer si 1 eau-de-vie de pommes de terre est moins salubre que celle de vin ou celle de grains.
- Un prix de la valeur de mille francs sera décerné , s’il y a lieu, dans la séance générale du second semestre de 1849» à l’auteur du meilleur mémoire sur les deux questions suivantes :
- i° Quelles sont les propriétés nutritives des pommes de terre comparées à celles du pain de seigle , de la soupe de chou et d’autres légumes, enfin du laitage, nourriture habituelle des pays agricoles ;
- 2° Quels moyens doit-on employer , dans les pays où la pomme de terre est adoptée , pour corriger les inconvénients qui seraient reconnus de son usage trop exclusif comme matière alimentaire.
- Le concours sera fermé le 3i décembre 1848.
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- %. Prix relatif au changement dans un système de monnaies de Vunité monétaire,
- Diverses circonstances amènent les gouvernements à changer le système monétaire précédemment en usage , et tout le monde convient que l’on ne doit procéder à cette grave opération qu’avec la prudence convenable ; car il ne serait pas impossible que, dans des conditions données, un changement dans le système des monnaies devint une injustice réelle et compromît les intérêts des peuples.
- Ne serait-ce pas une grande erreur de supposer qu’on ne change rien en changeant Vunité monétaire ?
- Peut-on ordonner que les transactions commerciales, les ventes et les achats se fassent dans un système qui suppose l’existence actuelle d’une fraction suffisamment petite de l’unité , lorsque cette plus petite monnaie n’existe pas ? En France , la classe peu aisée , le pauvre ne soufïre-t-il pas de la pénurie si grande de centimes quand le tarif du pain, etc., etc., quand le chiffre des impositions, etc., sont évalués en centimes?
- Telles sont les deux principales questions sur lesquelles madame la princesse de Galitzin appelle l’attention des personnes qui en auront fait ou qui en feront l’objet d’études plus approfondies.
- Un prix de la valeur de mille francs sera décerné, s’il y a lieu, dans la séance générale du second semestre de 1849, à l’auteur* du mémoire qui aura le mieux résolu les questions suivantes :
- i° N’y a-t-il pas des inconvénients graves à adopter pour unité nouvelle un multiple de l’unité ancienne et à changer la valeur de la plus petite monnaie ?
- 20 Un des effets certains de ce système ne sera-t-il pas d’élever le prix de toutes les denrées, qui devront subir forcément une évaluation nouvelle et être exprimées eu fractions de la nouvelle unité? Cette évaluation ne pourra se faire qu’en partant de l’unité ancienne , que l’on ne peut oublier, puisqu’elle entre forcément dans l’expression reçue de valeur d’un objet quelconque; on verra naître, dès lors, des fractions que l’on ne négligera qu’en donnant précisément aux denrées une plus-value autre que celle amenée naturellement par l’augmentation du numéraire.
- 3° Lorsque l’unité de monnaie a une valeur intrinsèque assez considérable, qu’elle vaut, par exemple. 4 francs, suffi—til que la plus petite monnaie soit la centième partie de l’unité, ou 4 centimes?
- 4° Quand , dans les transactions journalières , les payements ne peuvent pas se faire exactement par l’absence d’une monnaie suffisamment petite ou pour d’autres raisons quelconques, y a-t-il compensation ? ou plutôt cet inconvénient retombe-t-il sur la portion la moins aisée de la population ?
- Le concours restera ouvert jusqu’au ier janvier i84()
- PRIX EXTRAORDINAIRES.
- 1. Prix fondé par M. tVArgenteuiL
- 2. Prix fondé par M. Bapst.
- 3. Médailles à décerner aux contre-maîtres et aux ouvriers des établissements industriels et
- des exploitations agricoles.
- I. Prix jondépar M. dTArgenteuil.
- Par son testament olographe en date du 2 avril i-836, feu M. d’Argenteuil a légué à la Société d’encouragement une somme de 4°>000 francs, laquelle somme ainsi que les intérêts qu’elle produira, à partir du jour du décès du testateur, seront placés en rentes sur l’État. M. d’Argenteuil déclare disposer de cette somme
- de 4°,ooo francs en faveur de cette Société , dont il est membre, à la condition qu’elle établira un prix, qui devra être donné tous les six ans, à celui qu’elle jugera avoir fait, pendant cet intervalle de temps, ladécou-oerte la plus utile au perfectionnement de l’industrie française , principalement pour les objets dans lesquels la
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- France n’aurait point encore atteint la supériorité sur l’industrie étrangère, soit quant à la qualité, soit quant au prix des objets fabriqués. Les revenus de la somme de 4o,ooo francs, montant de cette fondation, accumulés pendant six ans, formeront le montant du prix ainsi établi.
- La Société a été autorisée à accepter ledit legs, par ordonnance du 29 juin i838.
- La première période des six ans est expirée depuis le
- 2. Prix jondé
- D’après le testament de M. Bapst, la Société d’encouragement est chargée de distribuer, chaque année, une somme de 2,400 francs aux moins fortunés des auteurs français pour les inventions et découvertes à l’utilité générale des Français.
- mois d’août 1844. Un prix de douze mille francs a. été décerné en 1846 à M. Ficat pour ses travaux sur les chaux hydrauliques.
- La seconde période expirera en i85o. Le prix, formant une somme de douze mille francs, sera décerné, s’il y a lieu, à cette époque, à celui qui, au jugement de la Société, aura fait la découverte la plus utile au perfectionnement de l’industrie nationale, et dont le succès aura été constaté par l’expérience.
- par M. Bapst.
- En exécution de cette disposition, il sera distribué une somme de deux mille quatre cents francs dans la séance générale du premier semestre de 1849.
- 3. Médailles à décerner aux contre-maîtres et aux ouvriers des établissements industriels
- et des exploitations agricoles.
- La Société d’encouragement, dans le but d’exciter les contre-maîtres et les ouvriers à se distinguer dans leur profession, et à encourager ceux qui se font remarquer par leur bonne conduite et les services qu’ils rendent aux chefs qui les emploient, a pensé que le moyen le plus propre à amener ce résultat était d’accorder des récompenses à ceux qu’une longue expérience aurait fait reconnaître comme ayant servi avec zèle, activité et intelligence ; en conséquence, elle a pris l’arrêté suivant :
- i° Il sera décerné, chaque année, dans la séance générale du premier semestre, des médailles de bronze aux contre-maîtres et ouvriers des grands établissements industriels et des exploitations agricoles de France.
- 20 Chaque médaille, à laquelle seront joints des livres pour une valeur de cinquante francs, portera gravés le nom du contre-maître ou de l’ouvrier, et la désignation soit de l’atelier, soit de l’exploitation agricole à laquelle il est attaché.
- 3° Le nombre de ces médailles sera de vingt-cinq à chaque distribution. Si la Société ne jugeait pas que vingt-cinq concurrents fussent dignes de cette distinction, elle diminuerait le nombre de ses récompenses pour ne les accorder qu’à ceux qui les méritent.
- 4° Les contre-maîtres et ouvriers qui voudront obtenir ces médailles devront se munir de certificats dûment légalisés, attestant leur moralité et les services qu’ils ont rendus, depuis cinq ans au moins, à l’établissement auquel ils sont attachés. Ces certificats devront être appuvés tant par le chef de la maison, par le maire et les autorités locales, que par les ingénieurs civils ou militaires, de la marine en activité ou en retraite, et parles membres delà Société d’encouragement qui résident sur les lieux.
- Les certificats devront réunir la plus grande authenticité, et seront envoyés à la Société avant le 3i décembre de l’année qui précède la distribution des médailles.
- 5° Le contre-maître ou l’ouvrier ne pourra être ni le parent, ni l’allié , ni l’associé, par acte, des propriétaires de l’établissement; il devra savoir lire et écrire, et s’être distingué par son assiduité à ses travaux , son intelligence et les services qu’il aura rendus à l’atelier ou à l’exploitation agricole. A mérite égal, la préférence sera accordée à celui qui saura dessiner et qui aura fait faire des progrès à la profession qu’il exerce. Enfin les certificats, en attestant que ces conditions sont remplies, donneront sur le candidat tous les détails propres à faire apprécier ses qualités.
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- CONDITIONS GÉNÉRALES A REMPLIR PAR LES CONCURRENTS.
- i° Les modèles, mémoires, descriptions , renseignements , échantillons et pièces destinés à constater les droits des concurrents seront adressés francs de port au secrétaire de la Société d’encouragement pour Vindustrie nationale, rue du Bac, n° i\o.; ils devront être remis avant le iet janvier de l’année de la distribution des prix : ce terme est de rigueur.
- i° Les procédés ou machines seront examinés par des commissaires que la Société désignera.
- 3° Les membres du Conseil d’administration et les deux censeurs sont exclus des concours.
- 4° Les autres membres de la Société sont admis à concourir; les étrangers le sont également.
- 5° Les concurrents sont avertis que la communication qu’ils font à la Société de leurs procédés ne peut leur tenir lieu d’un brevet d’invention, et que, s’ils veulent prendre le brevet, il faut qu’ils le fassent avant de se présenter au concours.
- 6° Les brevets d’invention n étant délivrés que sur la description détaillée des procédés, et chacun, d’après la loi du 5 juillet i844> pouvant en prendre connaissance (i), la Société se réserve expressément la faculté de publier, en totalité ou en partie, les découvertesqui auront obtenu les prix et médailles; mais les concurrents ne pourront user de cette faculté, sous quelque prétexte que ce soit (2).
- 7° Les auteurs jugés dignes d une récompense, qui ne se seraient pas pourvus d’un brevet d’in-ven 11 on et qui désireraient garder le secret de leurs procédés, seront tenus d’en déposer sous cachet la description , dont 1 exactitude sera attestée par un membre du comité compétent. La durée du depot ne pourra excéder quinze ans , à 1 expiration desquels la description sera publiée.
- 8° La Société conservera les mémoires descriptifs et les dessins qui n’auront point été couronnés; mais elle permettra aux auteurs d en prendre copie, et elle leur rendra les modèles.
- 90 Les concurrents ne mettront pas leurs noms à leurs mémoires; ils y mettront seulement une devise , et ils joindront aux modèles , mémoires ou échantillons un billet cacheté, renfermant la même devise, leur nom et l’indication de leur domicile.
- io° Les concurrents qui auraient traité plusieurs des questions mises au concours sont invités à envoyer des mémoires séparés sur chacune d’elles.
- 11° Les médailles ou la somme seront remises à celui qui aura obtenu le prix, ou à son fondé de pouvoirs.
- DUMAS, B rés ident ; SEGUIER, DARBLAY, Vice-Présidents;
- CH. DUPIN, Secrétaire; PÉLIGOT, COMBES, Secrétaires-Adjoints.
- (1) Loi du 5juillet 1844• " Art. a3. Les descriptions, dessins, échantillons et modèles des brevets délivrés lesteront, jusqu’à l’expiration des brevets, déposés au ministère de l’agriculture et du commerce, où ils seront communiqués , sans frais, à tonte réquisition. Toute personne pourra obtenir, à ses frais , copie desdites descriptions et dessins, suivant les formes qui seront déterminées par l’art. 5o. »
- (2) On peut consulter, sur la nouvelle législation des brevets d’invention, la 43e année ( 1844) du Bulletin de la Société d’encouragement;le Manuel des brevetés, par M. Perpigna; le Guide pratique des inventeurs et des brevetés, par M. Truffant; le Guide de l’inventeur, par M. Homberg ; la Loi sur les brevets d’invention, avec un commentaire , par MM. Loiseau et Vergé; le Cours de législation industrielle au Conservatoire des arts et métiers; Y Histoire de l’administration, en France, de l’agriculture, des arts utiles, du commerce, des manufactures, des subsistances , des mines et des usines , par M. Cl. A. Costaz ; et quelques autres ouvrages relatifs au même sujet.
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- ( 32 )
- Le Bulletin de la Société d’encouragement , parvenu aujourd’hui à sa 47e année, forme une collection aussi riche que variée de tous les faits industriels qui se sont accomplis depuis le commencement du siècle : on peut le considérer comme une encyclopédie progressive des arts et métiers, utile et indispensable pour tous ceux qui s’occupent d’études industrielles; on y trouve, indépendamment des découvertes dues au génie inventif des Français, la plupart de celles faites à l’étranger, avec tous les développements nécessaires pour en faire apprécier l’importance.
- Les 46 volumes du Bulletin qui ont déjà paru sont composés chacun de 4°o à 600 pages d’impression, format in-4°, accompagnées de 25 à 3o planches.
- Les membres de la Société jouissent de l’avantage de recevoir le Bulletin à raison de 6 francs le volume, prix bien au-dessous de sa valeur réelle , de sorte que, moyennant une somme de 267 francs, ils peuvent se procurer la collection entière.
- Le prix de l’ouvrage est nécessairement plus élevé pour le public. Les 23 premiers volumes coûtent g francs chaque, les 5 suivants 12 fr., et les volumes de i83o à 1847 » qui sont plus forts et enrichis d’un plus grand nombre de planches, 20 fr.; au total, 627 fr. Chaque volume se vend séparément.
- On conçoit combien les recherches devenaient fatigantes et difficiles dans un pareil ouvrage , sans le secours d’une table générale ; aussi la Société n’a-t-elle reculé devant aucun sacrifice pour la faire composer avec tout le soin désirable. Cette table analytique et raisonnée des matières, et alphabétique des auteurs mentionnés dans le Bulletin, comprend les 36 premiers volumes et s’arrête à l’année 183^ ; elle forme un vol. in~4° de 36 feuilles : c’est un complément indispensable de l’ouvrage. Cette table se distribue gratuitement aux membres de la Société.
- Paris. — Imprimerie de Mme Ve BOUCHARD-HUZÀRD, rue de l’Éperon, 7.
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- Prix proposés pour Vannée 1848 et dont le terme du concours est expiré.
- ïS.
- 19.
- ARTS MÉCANIQUES.
- Perfectionnement de la construction des machines à Tapeur destinées à imprimer un mouvement
- continu..................................................................................
- Détermination expérimentale de la résistance des métaux soumis à diverses températures, et recherche de l’influence de la chaleur sur la cohésion de leurs molécules.......................
- Construction d’un appareil dynamométrique applicable à l’agriculture.......................
- Fabrication des briques, tuiles, carreaux et autres produits en terre cuite; cinq sujets de prix, savoir :
- i° Division des terres............................................................ 5oo
- 3“ Mélange et corroyage des terres......................................... i,5oo
- 3° Cuisson des briques et tuiles.................................................. 1,000
- 4° Vernissage..................................................................... 1,000
- 5° Extraction de la glaise........................................................ 600
- Fabrication des tuyaux de conduite des eaux en fonte, en fer laminé, en bois, en pierre et en pierre artificielle; cinq sujets de prix, savoir :
- i° Tuyaux de fonte................................................................ 2,000
- 20 Id. en fer laminé...............;.............................................. 4,000
- 3° Id. en bois.................................................................... 3,000
- 4° 1 d. en pierre................................................................. 2,000
- 5® Id. en pierre artificielle..................................................... 2,5oo
- ARTS CHIMIQUES.
- Emploi du brome et de l’iode dans les arts............. ;..................................
- Préparation économique d’un produit pouvant remplacer la substance désignée sous le nom d’essence
- d’Orient ou blanc d’ablette............................................................
- Extraction de l’indigo du polygonum tinctorium.........................................
- Perfectionnement de la fabrication du sucre de dextrine,...................................
- Nettoiement des écorces ou de toute autre substance propre à la fabrication du papier......
- Découverte d’un procédé pour utiliser les eaux des féculeries et des amidonneries..........
- Moyen de prévenir ou de faire cesser les effets de l’humidité sur les constructions; des médailles d’or, de platine et d’argent.
- ARTS ÉCONOMIQUES.
- Perfectionnement des appareils et procédés destinés au blanchissage du linge ; cinq sujets de prix, savoir :
- 1° Introduction, dans les buanderies, d’appareils perfectionnés de lessivage; des médailles.
- 20 Perfectionnement des appareils de lessivage par la vapeur...................... 1,000
- 3° Détermination des causes d’altération des tissus par la vapeur................. 2,000
- 4° Perfectionnement des roues et autres machines à laver le linge................. 1,000
- 5° Appareils, machines et procédés pour sécher, repasser, plisser, rnoirer et calandrer le linge; des médailles.
- Fabrication économique des bougies.........................................................
- Construction de glacières domestiques......................................................
- Multiplication des sangsues................................................................
- AGRICULTURE.
- Introduction et culture en grand de plantes étrangères à l’Europe....,.............. 2,000 *
- Culture en grand de plantes indigènes en Europe..................................... 1,000
- Emploi économique et durable de ces plantes ; des médailles.
- Culture des arbres résineux; six sujets de prix consistant chacun en deux médailles d’une valeur de 800 fr., savoir :
- Plantation du pin silvestre (pinus silvestris, L.).................................... 800 ^
- Id. du pin-laricio (pinus altissima, L.)........................................... 800
- Id. du mélèze ( larix europœa)..................................................... 800
- Id. du sapin de Normandie (abies taxifolia, L.)................................ 800
- Id. de l’épicéa {abies et pinus picea)............................................. 800
- Id. du cèdre ( larix cedrus ).................................................. 800
- 6,000 î ,000
- 4,5oo
- i3,5oo
- 35,ooo
- 2,000
- 1,000
- 3,ooo
- 3,ooo
- 1,200
- 2,5oo
- 12,700
- 4,ooo
- 4,ooo
- 2,000
- 2,5oo
- 12,5oo
- 3,ooo
- 4,8oo
- 7,800
- RÉCAPITULATION.
- 5 Arts mécaniques....................... 35,000
- 7 Arts chimiques........................... 12,700
- 4 Arts économiques........................ i2,5oo
- 3 Agriculture............................... 7,800
- *9
- Total.
- 68,000
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-
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- Concours actuellement clos et dont il sera rendu compte.
- ARTS MECANIQUES.
- /. Perfectionnement dans la construction des machines locomotives. (Voyez les programmes joints au Bulletin, anne'e i844.).....................................................................
- ARTS CHIMIQUES.
- 2. Substance propre à remplacer la colle de poisson dans la clarification de la bière façon de Paris.
- (Voy. les programmes joints à la 44e anne'e du Bulletin.)...................................
- •1. Decouverte et publication d’un procédé salubre et convenable pour remplacer le rouissage ordinaire
- du chanvre et du lin. (Voy. p. 4 des programmes joints à la 43e année du Bulletin.).........
- 4 . Découverte d’un procède' pour reconnaître le mélange de la fécule avec la farine de blé. (Voyez page 3i des programmes joints à la 436 année du Bulletin.)...................................
- 6. Fabrication de la gélatine et des colles fortes ; des médailles d’or, de platine, d’argent et de bronze. (i. Perfectionnements dans la carbonisation du bois; deux prix et une médaille d’or. ( Voyez p. i4
- des programmes joints à la 4ie année du Bulletin.)..........................................
- 7. Fabrication des bouteilles de verre destinées à contenir des vins mousseux. (Voy. page 4 des pro-
- grammes joints à la 36° année du Bulletin.).................................................
- S. Procédé pour rendre l’alcool impropre à entrer dans les boissons. ( Voyez p. 6 des programmes
- joints à la 42e année du Bulletin. )........................................................
- p. Perfectionnements dans la fabrication des faïences fines dures, des grès-cérames fins et ordinaires, et
- de la porcelaine tendre; quatre questions de prix, ensemble de..............................
- (Voy. p. a des programmes joints à la 42e année du Bulletin.)
- ARTS ÉCONOMIQUES.
- io. Meilleur procédé propre à la conservation des grains dans les fermes et les magasins.........
- i r . Meilleur mode de nettoyage des grains attaqués par les insectes et infectés de carie. (Voy. p. 4 des
- programmes joints à la 43e année du Bulletin.)..............................................
- i a . Fabrication dé vases propres à contenir et à conserver, pendant plusieurs années, des substances alimentaires. ( Voy. p. 42 des programmes joints à la 3Ge année du Bulletin.)..................
- AGRICULTURE.
- 13. Construction d’une machine propre à battre les céréales. (Voyez les programmes joints à la 44° an-
- née du Bulletin)............................................................................
- 14. Plantation des terrains en pente. (Voyez les programmes joiuts à la 44e année 1 icr prix. 2,000 i
- du Bulletin.).. ......................................................J 2e prix. r,ooo >
- I Médailles. 1,5oo J
- 15. Perfectionnement et extension des filatures de soie dans les départements où cette industrie existe
- depuis longtemps, la Touraine comprise; des médailles d’or, de platine et d’argent.
- 1 ü. Introduction et élève des vers à soie dans les departements où cette industrie n’existait pas avant iS3o; des médailles d’or, de platine et d’argent.
- 17. Introduction de filatures de soie dans les départements où cette industrie n’existait pas avant i83o :
- ierprix................ 2,000 |
- 2e prix................ 1,600 j
- 3° prix................ 1,000 j
- Total.................................
- RÉCAPITULATION.
- 9.4,000
- 2,000
- 6,000
- 2,400
- 5,000 3,ooo 2,000 13,ooo
- 4,ooo
- 1.500 3,ooo
- 3,ooo
- 4.500
- 4,5oo
- 77,9oo
- 1 Arts mécaniques.................................. 24,000
- 8 Arts chimiques.................................... 33,4oo
- 3 Arts économiques................................... 8,5oo
- 5 Agriculture........................................ 12,000
- Prix réservés.
- Id. proposés pour 1849-
- Id. id. pour i85o.
- Id. id. pour i852.
- Id. id. pour i853.
- Id. id. pour i855.
- Id. id. pour 1860.
- Id. fondés par madame de Galitzin............
- Prix extraordinaires. ..
- Total................. 77
- RÉCAPITULATION GÉNÉRALE.
- 6 Arts mécaniques............. 59,000
- i5 Arts chimiques.............. 46,100
- 7 Arts économiques............ 21,000
- 8 Agriculture................. 19,800
- l 2 Arts mécaniques.............. 4>000
- i 9 Arts chimiques.............. 36,700
- f 2 Arts économiques............ 1,200
- | i3 Agriculture................. 28,000
- \ 3 Arts mécaniques. . ..... 12,000
- ( 5 Arts économiques.. 4,000
- 1 Agriculture.......... »
- 3 Agriculture.......... »
- 1 Agriculture......... »
- 1 Agriculture......... »
- 2 ........................ »
- j 1 Legs Argenteuil..... »
- \ 1 Legs Bapst........... »
- I 1 Récompenses aux contre-maîtres. »
- 81 Total général. . . . . .
- 900
- 145,900
- 4i,9°o
- 44,ooo
- 5oo
- 20,000
- 5,ooo
- 5,ooo
- 2,000 12,000 2,400 1 ,25o
- 279,95°
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-
-
-
- TABLEAU
- des Prix proposés par la Société d’encouragement pour l’industrie nationale, pour être décernes dans les années 1849, 1850, 1852, 1853, 1855 et 1860.
- NUMÉROS
- des
- programmes.
- i . 2.
- 3.
- 4.
- 5.
- 6.
- 7-
- 8.
- 9.
- 12.
- 17-
- J9-
- 10.
- i3.
- 14.
- 15.
- 16.
- 6.
- 2.
- 3.
- 4.
- 5.
- DÉSIGNATION DES SUJETS DE PRIX.
- AGRICULTURE.
- Prix proposés pour Vannée i85o.
- Mémoire sur l’analyse complète des engrais usuels......
- Meilleure méthode de consommation des pâturages relativement
- à l’alimentation des bêtes à lait........................
- Indication de l’ensemble des moyens propres à fournir l’engraissement maximum relativement à une consommation donnée
- d’aliments...............................................
- Moyens d’obtenir le maximum de lait d’une consommation donnée
- d’aliments ..............................................
- Mémoire sur l’histoire critique et raisonnée de la production chevaline dans une ou plusieurs régions de la France, i'1' prix. 1,000 i
- 2e prix. 5oo ]
- Amélioration des produits de la culture des betteraves.....
- Appareil propre à opérer le découpage et la dessiccation de la
- betterave dans les fermes................................
- Culture des haricots ; des médailles de la valeur de 100 fr. chacune, et quatre prix de ôoo francs chaque..................
- Culture des maïs précoces ; deux sujets de prix, savoir : a Culture des variétés précoces de maïs, telles que celle dite mais quaranlain; des me'dail. de la valeur de i oo fr. chacune. b Culture comparée de plusieurs variétés précoces de maïs...
- Culture du chanvre et du lin...............................
- Introduction d’un nouvel insecte capable de fournir une soie propre aux usages de l’industrie..............................
- Destruction d’un insecte vulgairement appelé 1 ''écrivain, qui
- cause de grands dommages dans les vignes.................
- Moyen de détruire les insectes qui attaquent l’olivier.....
- Prix proposé pour l’année i852.
- Production d’une nouvelle variété de maïs réunissant la précocité des maïs dits quaranlains avec un produit plus considérable
- se rapprochant de celui des gios maïs....................
- Prix proposés pour l'année 1863.
- Culture, en France, de racines alimentaires farineuses non culti- I ve'es en Europe jusqu’à présent et pouvant, par la quantité et la nature de leurs produits , être substituées, en partie, à la
- pomme de terre...........................................
- Détermination de l’influence de la nature du sol et de son exposition sur le produit de diverses espèces de bois, icr prix. 3,ooo )
- 2e prix. 2,000 j
- Détermination du produit, en volume et en poids, dans des circonstances aussi semblables que possible de sol et d’exposition et à âge égal, de diverses essences de bois formant des massifs non mélangés, soit en taillis d’au moins i5 ans, soit en gaulis,
- soit en futaie............................. itrprix« 3,ooo i
- ae prix. a,ooof
- Prix proposés pour Vannée i855.
- Détermination de l’influence de l’eau, par divers modes d’irrigation , soit au moyen des eaux pluviales, soit par des eaux de source, sur l’accroissement des arbres, sur la formation et la
- qualité du bois............................ icr prix. 3,ooo i
- 2e prix. 2,000 l
- j Prix proposés pour Vannée 1860. i
- |Détermination de l’influence du mode d’aménagement et d’é-’ claircie sur le produit d’un bois de même essence dans un
- même sol................................... ier prix. 3,ooo \
- 2* prix. 2,000 i
- Total.......................
- ARTS MÉCANIQUES.
- Prix proposés pour Vannée 184g.
- Machine propre à fabriquer les blets de pêche..............
- Introduction des couloirs et des machines à réunir dans les filatures de lin..............................................
- Prix proposés pour Vannée i85o.
- Nouveau métier à filer le lin............................
- Amélioration dans le tirage de la soie des cocons j deux sujets
- de prix de 3,oco fr. chaque.............................
- Amélioration des machines et des moyens employés dans le foulage des draps............................................
- Total...................
- VALEUR ÉPOQUES
- des DE l’EMVOI des Mémoires, de la Observations.
- Machines , DISTRIBUTION
- PRIX. ,Modèles ou Echantillons. des Prix.
- 3,ooo 3i déc. 1849. 2e sem. i85o.
- 1,000 id. id.
- O O id. id.
- i,5oo id. id.
- O O xO
- 5,000 id. id.
- 3,000
- 2,000 id. id.
- 5oo id. id.
- 2,000 id. id.
- 3,ooo id. id.
- 2 s 000 id. id.
- 2^000 id. id.
- 5oo 3i déc. 1851. 2e sem. 1852.
- 10,000 3i déc. 1852. 2e sem. 1853.
- 5,000 id. id.
- é.ooo id. id.
- 5,ooo 3i déc. 1854. 2e sem. i855.
- 5,ooo 3i déc. 1859. 2e sem. 1860.
- 68,5oo
- 3,ooo 3i déc. i848. 2e sem. i84g.
- 1,000 id. id.
- 4,ooo 3i déc. 1849. 2e sem. i85o.
- C,ooo id. id.
- 2,000 id. id.
- i6,ooo^
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- NUMEROS
- des
- PROGRAMMES.
- DESIGNATION DES SUJETS DE PRIX.
- ARTS CHIMIQUES.
- Prix proposés pour l’année 184çj. Perfectionnement de là construction des fourneaux; deux sujets de prix, savoir :
- a Fourneaux propres à l’oxydation des métaux.. ....3,ooo
- b Fourneaux desline's à la fonte des métaux ou à la réduction des oxydes métalliques.....................3,ooo
- Application industrielle de l’action de la pile de Volta pour opérer des décompositions chimiques par la voie sèche........
- Analyse de la betterave à diverses époques de sa maturation.... Perfectionnements des sucreries indigènes; deux questions de prix ; savoir r
- a Perfectionnement delà défécation du jus de betterave 5,ooo
- b Révivification du noir animal....................5,ooo
- Perfectionnements dans la fabrication du sucre blanc en pains. .. Transport des anciennes gravures sur la pierre lithographique. Transport, sur pierre, de dessins, gravures et épreuves de caractères typographiques......................................
- Découverte et exploitation de nouvelles carrières de pierres lithographiques ...............................................
- Fabrication de pierres artificielles et de plaques métalliques ou cartons propres à remplacer les pierres lithographiques...
- Total..........................
- ARTS ÉCONOMIQUES.
- Prix proposés pour l’année 1849.
- Etablissement de grandes glacières dans les localités où il n’en existe pas; des médailles d’argent.
- Fabrication économique de la glace........................
- Prix proposés pour l’année i85o.
- Conservation de la viande dans nos climats pendant une année,
- sans recourir au fumage ou à la salaison................
- Conservation du lait......................................
- Conservation des œufs.....................................
- Conservation des fruits...................................
- Conservation des légumes..................................
- Total......................
- Prix fondés par madame de Galitzin. Inconvénients de la pomme de terre considérée comme nourriture trop habituelle des peuples............................
- Changement dans un système de monnaies de l’unité monétaire.
- Prix extraordinaire fondé par M. d’Argenteuil.
- Pour la découverte la plus utile au perfectionnement de l’industrie en France.........................................
- Fondation du legs Bapst.
- Récompenses aux artistes peu fortunés.....................
- Médailles a décerner aux contre-maîtres et ouvriers.
- 25 médailles de bronze et des livres pour une valeur de 5ofr.
- Total......................
- VALEUR
- des
- PRIX.
- ÉPOQUES
- DE E ENVOI des Mémoires, Machines , Modèles
- ou Echantillons.
- 6,ooo 3i déc. 1848. 2e sem. 1849.
- 6,ooo id. id.
- 3,ooo id. id.
- 10,000 ici. id.
- 5,ooo id. id.
- I 000 id. id.
- 3,ooo id. id.
- i ,5oo id. id.
- 1,200 id. id.
- 36,700
- » 3i déc. i848. 2e sem. i84n.
- 1,200 id. id.
- 2,000 3i déc. 1849. 2e sem. i85o.
- 5oo id. id.
- 5oo id. id.
- 5oo id. id.
- 5oo id. id.
- 5,200
- 1,000 3i déc. i848, 2e sem. i84g.
- 1,000 id. id.
- 12,000 » »
- 2,400 » )>
- I,25o » *
- 17,65o
- de la DISTRIBUTION des prix.
- Observations,
- RECAPITULATION.
- PRIX PROPOSES POUR L’ANNEE 1849.
- PRIX PROPOSES POUR L’ANNEE 1850.
- PRIX PROPOSÉS POUR L’ANNÉE 1852. PRIX PROPOSÉ POUR L’ANNÉE 1853. PRIX PROPOSÉ POUR L’ANNÉE 1855. PRIX PROPOSÉ POUR L’ANNÉE 1860. PRIX FONDÉS PAR Mme DE GALITZIN.
- PRIX EXTRAORDINAIRES..........
- 2. Arts mécaniques 4,ooo )
- g. Arts chimiques 0 0 L-- <£ ro > 4î,900
- 2. Arts économiques. . I ,200
- i3. Agriculture 28,000
- 3. Arts mécaniques 12,000 0 0 0
- 5. Arts économiques. 4,000 '
- 1. Agriculture 5oo
- 3- Agriculture . 20,000
- 1. Agriculture 5,ooo
- 1. Agriculture ♦ 5,ooo
- 2 2,000
- 1. Legs de M. d’Argenteuil. . 12,000 à
- 1. Fondation du legs Bapst. 2,400 i5,65o
- 1. Récompenses aux contremaîtres I ,250
- 45.
- Total.
- i34,o5o
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