Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale
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- S. E. I. N.
- Bibliothèque
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR
- L’INDUSTRIE NATIONALE.
- Publié avec Vapprobation du Ministre de l'Intérieur.
- CINQUIÈME ANNÉE.
- PARIS,
- IMPRIMERIE DE MADAME HUZARD (hée VALLAT LA CHAPELLE),
- RUE DE L’ÉPERON-SAINT-ANDRlf-DES-ARTS, Tï° 7.
- l8o6.
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- CINQUIÈME ANNÉE. ( N° XXV. ) JUILLET 1806.
- BULLETIN
- DELA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES.
- Description dun compteury ou machine propre h déterminer la quantité de charbon ou de minerai que Von peut retirer dun puits dans un temps donné ; par M. Antis (1).
- Les compteurs sont connus et employés depuis long-temps pour les travaux des mines, et servent à indiquer le nombre des tonnes de minerai qu’on élève au moyen de treuils ou d’autres machines. M. Antis paraît ignorer que l’invention de ces instrumens n’est pas nouvelle ; ceux qu’on emploie avec succès dans les mines du Hartz réunissent la simplicité du mécanisme à l’économie de la construction. Le compteur que M. Antis a présenté à la Société pour l’encouragement des arts à Londres, et qui lui a valu une récompense, ne remplit peut-être pas toutes les conditions exigées pour ces sortes de machines; mais il est applicable à des puits de diverses profondeurs, et peut servir pour un assez long espace de temps.
- On sait que les mines de houille sont très abondantes en Angleterre, et occupent un grand nombre d’ouvriers. C’est principalement à l’exploitation de ces mines que l’auteur applique sa machine, tant pour dispenser du soin de compter le nombre de tonnes de charbon que l’on élève et d’éviter des erreurs , que pour mettre les directeurs des mines à l’abri de la fraude.
- (1) Extrait du Repertorjr ofArls and Manufactures, N° XXXV. Avril i8o5.
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- Le compteur de M. Antis a les propriétés suivantes :
- ^«iÜpeut servit* à^œusles puits, qtïëlie qüe'Stfit leur profondeur, quand meme elle excéderait ioo yards (i).
- 2°. On l’adapte aisément'à un treuil à manivelles, à une machine mue par des chevaux, etc. ^ ;
- 3°. La machine pouvant être disposée pour une quantité de charbon à extraire dans un temps donné, elle évite la peine décompter les tonnes de combustible pendant une semaine, ou tout autre espace de temps; mais il faut avoir soin de marquer le nombre de fois que des personnes montent ou descendent dans le puits.
- Il est nécessaire que la corde soit fixée par le milieu sur le tambour du treuil, de manière que les deux bouts atteignent le fond du puits; car, sans cette précaution, elle pourrait glisser, se déplacer, et les indications de la machine seraient fausses.
- Le rouleau a, pl. 2 \ ; y entouré d’une vis sans fin, peut être adapté à un treuil à manivelles, dont on fait usage en Angleterre pour les puits très1 profonds. Là vis sans fin n’ayant pas une grande résistance à wàqra, ibsuffit de la contraire en cuivre et de la monter sûr un tambour d’une dimension quelconque. En donnant à ce rouleau n pouces de diamètre, il est nécessaire qu’il décrive quarante révolutions pour une de la roue^, armée d’une détentë’ c , soit que lè puits ait 20 ou 70 yards de profondeur.^5 .-:*>!> -• >• ; ; -,r ' vr
- bVo^ci les conditions exigées pour régler la machine d’après la profondeur du puits: ? • i.fi ; - c
- m Si le puits a plus ou moins de 20 yards de profondeur, il faudra disposer kl machine de manière que le rouleau ait à faire 5 à 6 révolutions avant que le cliquet puisse agir sur la roue à rochet d. ->• ••-' f
- i Si, au contraire, le puits a plus de 4° yards, par exemple 70 de profondeur, le cliquet c, lorsque la caisse commence à s’élever, doit se trouver un peu au delà de la position où elle peut agir : alors la roue b fera près de deux révolutions pour l’extraction d’une seule tonne, et la détente n’agira de même qu’une fois, pourvu que la roue b n’achève pas deux révolutions entières^ • • - ' •
- La machine représentée sur la planche est applicable à un treuil ordinaire à manivelles. L’une des aiguilles du cadran indique le nombre de caisses élevées depuis 1 jusqu’à 5o; l’autre marque de 5o en 5o
- (T) Le yard, ou Faune anglaise , équivaut à 2 91 centimètres. ' ’* •; 1 '*' • f Av-/- ' n ,v’
- pieds 9 pouces g lignes de France , ou
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- jusqu’à i,ooo .(i). *iOu aura soin ide = noter le nombre de fois que des personnes montent et descendent dans le puits, comme nous l’avons dit plus haut. Si une caisse monte à mesure que l’autre descend, il faut doubler les nombres. Le compteur, tel qu’il est disposé, ne peut marquer que mille caisses, mais il serait facile de lui en faire indiquer deux mille.
- L’auteur applique son mécanisme, au moyen de quelques modifications, aux machines à chevaux; mais leur rouleau ayant 10 yards dé circonférence, il pense que le mouvement serait ralenti en employant
- une vis sans fin; il lui substitue un pignon à quatre dents, monté sur le bout du rouleau qui traverse la boîte dans laquelle est renfermé le mécanisme. **’ » 1 ' irv ' '*• • '
- Les machines à chevaux étant employées pour des mines profondes, M. Antis a donné une plus grande dimension au compteur destiné à cet usage. La première roue, armée d’un pignon à quatre dents, est
- entaillée de soixante - quatre dents ; seize révolutions de la machine équivalent à une seule de cette roue. Si le tambour de cette machine a 10 yards de circonférence, il exigera un câble de ' 160 yards de longueur. La roue, dont nous venons de parler, pouvant faire près de deux révolutions y et le cliquet n’agissant qu’à chaque révolution complète, le mécanisme peut être adapté, soit à un puits dé 3oo yards ( 843 pieds environ) dé profondeur,' soit à un puits de 10 ou 20 yards.
- Les trois roues sont disposées dans le compteur de manière à pouvoir tourner librement, et à ne pas se gêner dans leur mouvement. Le cadrai est divisé en cinquante parties pour la roue qui fait avancer la petite aiguille, et en mille pour là roue g ; à mesure que ces roues tournent, les aiguilles marquent exactement les nombres. Les machines* servant aux treuils à manivelles sont construites sur les mêmes principes, mais on peut les simplifier. La boîte contenant le mécanisme est fermée par une porte garnie de sa serrure. ^ a., ; r v > ; r s.i. ro m
- ^ Lorsqu’il s’agit de faire opérer la machine , on dégage le ressort, et 011 tourne la roue qui fait mouvoir les aiguilles, jusqu a ce qu’elles se trouvent sur la même ligne.1* ' '*• h ^ ’ ‘ ’ - } j ; ; h \
- Toutes les parties du mécanisme doivent être renfermées dans une boîte, de manière que la vis sans fin et le ressort ne puissent être dégagés de la roue, ni les aiguilles dérangées. Cette boîte, qui est de bois ou de tôle, et
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- (1) Il vaudrait-mieux que la grande aiguille marquât le nombre de caisses depuis i jusqu’à 100, et que la petite indiquât les centaines.
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- exactement fermée, se fixe sur l’arbre ou rouleau de la machine. Les compteurs propres aux treuils à manivelles s’adaptent au support dans lequel tourne l’axe du rouleau.
- - , . Explication des fig. i, 2 et 5 de la planche 21.
- Fig. 1. a. Tambour ou rouleau garni de sa vis sans fin, et servant à un treuil à manivelles.
- b. Roue de quarante dents, armée d’une détente c. La vis sans fin lui imprime le mouvement.
- d. Roue à rochet entaillée de cinquante dents; lorsque la roue b est mise en mouvement dans le sens convenable, le cliquet glisse sur les dents delà roue à rochet. Dans le sens contraire, il engrène une de ses dents pour chaque tour de la roue b. La roue à rochet est aussitôt arretée par le ressort e, fixé sur le côté de la boîte.
- fi Pignon à quatre dents, monté sur l’axe de la roue d. Il fait mouvoir la grande roue g, fig. 2, disposée de l’autre côté de la boîte, et entaillée de quatre-vingts dents.
- h. Petite roue de cinquante dents, montée sur la roueg; cette roue engrène avec une autre roue i, ayant le même nombre de dents, qui sont indiquées par des lignes ponctuées derrière le cadran.! ;
- La petite aiguille est fixée sur la douille de cette roue i, qui donne passage au prolongement de l’axe de la roue d, sur lequel s’ajuste la grande aiguille. La petite aiguille décrit une division pour cinquante de celles marquées sur le cercle extérieur du cadran. •?,: <r -,
- Après avoir élevé ou descendu cinquante caisses, la petite aiguille aura parcouru la première division extérieure marquée 5o, et cette aiguille avance à mesure que le nombre décaissés extraites augmente, j k. Planche placée derrière les roues b, d, fig. 1 ;, elle sépare ces roues de celles représentées fig. 2 ; on aperçoit derrière cette planche quelques dents de la roue b. s , u .iVj -,- ;
- //. Manivelles de la machine montées sur Taxe du rouleau du treuil. s
- La fig. 5 représente la détente c sur une plus grande échelle. Le ressort m, pressant la broche de fer n, fait retourner le cliquet sur les dents de la roue d, lorsqu’elle a été forcée de rétrograder; et une pièce de fer, placée au dessous de la détente, glisse dans une mortaise o9 pratiquée dans la roue b, pour empêcher que le cliquet ne soit poussé trop en arrière.
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- ARTS CHIMIQUES.
- Nouveau procédé pour fabriquer en grand sulfate de fer ( couperose verte du commerce ) , par M. J.-B. Vitalis , professeur de chimie appliquée aux arts , secrétaire perpétuel de ï Académie de Rouen, etc.
- Le sulfate de fer, formé par la combinaison de l’acide sulfurique ( huile de vitriol du commerce) avec le fer, est un des sels métalliques dont l’usage est le plus fréquent dans les arts, et principalement dans l’art de la teinture.
- Jusqu’à ce jour, on ne l’a obtenu e/i grand que par l’un des deux procédés suivans :
- i°. Dans les pays qui abondent en sulfure de fer, on forme en plein air des lits de pyrites martiales d’une certaine épaisseur, sur deux plans inclinés, dont la ligne de jonction offre un canal qui conduit dans un réservoir en plomb les eaux dont on arrose les pyrites, ou qui tombent du ciel, après quelles se sont chargées du sel métallique dont il est ici question.
- La formation de ce sel est très facile à concevoir.
- L’oxygène atmosphérique, en se combinant lentement au soufre contenu dans le sulfure de fer, produit de l’acide sulfurique; une partie de l’eau des arrosemens ou des pluies, mêlée à l’acide qui s’empare avec avidité de ce fluide, se décompose en ses principes par la double attraction du fer pour l’oxygène et de l’acide pour le métal oxydé.
- Le sulfate de fer formé dans cette opération est tenu en dissolution dans la partie du fluide aqueux non décomposé ; et il ne s’agit, pour obtenir ce sel en cristaux, que de saturer convenablement et d’évaporer ensuite les eaux qui se déposent peu à peu dans le réservoir destiné à les recueillir.
- 2°. On se contente ailleurs, comme aux environs de Beauvais, département de l’Oise, de lessiver les terres imprégnées de sulfate de fer provenant de la décomposition spontanée des pyrites, et de leur sulfatisation naturelle.
- Les fabriques françaises qui faisaient usage de l’un ou de l’autre de ces deux procédés étaient bien éloignées de pouvoir fournir toute la quantité de couperose nécessaire à nos besoins ; et avant la guerre ac-
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- tuelle (i) les Anglais étaient en possession de cette branche importante de commerce. ! ;f '
- Aujourd’hui que nos relations commerciales avec l’Angleterre n’existent plus, et qu’elles semblent interrompues peut-être pour long-temps , il devient indispensable de chercher à fabriquer nous-ihêriïes un produit dont - la disette commence déjà à se faire sentir. . .. .> i • ,/ r;
- C’est donc rendre un service aux arts que de faire connaître un moyen aussi simple qu’économique de combiner directement l?acide sulfurique au fer. ..
- La question se réduisait à trouver les meilleures proportions d’acide, d’eau et de fer à employer dans la fabrication de la couperose. <•> '
- On savait qu’une partie d’acide sulfurique, étendue de deux ou trois fois son poids d’eau, peut dissoudre un peu plus d’une demi-partie de fer ; mais ces données ne sont pas suffisamment exactes, et c’est à les déterminer avec précision que j’ai cru devoir surtout m’appliquer, , \ t i. ;
- Dans ce dessein, j’ai commencé parfaire dissoudre ikil‘ ,714de fer dans 5lU-,059 d’acide sulfurique, concentré au soixante-sixième degré de l’aréomètre de Baumé, et étendu de 8tü- 8r 1 d’eau. i : 1.. ; . .vr. u
- Le fer a été complètement dissous sans le secours du feu, et la dissolution évaporée a fourni d’assez beaux cristaux de sulfate de fer, mais d’un vert pâle, et qui rougissaient fortement la teinture de tournesol. ; ,
- Il était évident que . l’acide n’était pas suffisamment saturé ; c’est pourquoi je procédai à une seconde expérience, dans laquelle,; en conservant les mêmes proportions d’acide et d’eau que dans l’essai précédent, j’employai ikU ,958 de fer. Le sulfate de ce métal, obtenu par cette seconde opération , était d’un vert foncé, ou plutôt vert-bouteille, et sa dissolution rougissait faiblement la teinture de tournesol. . . ii': 'i:
- Dans une troisième expérience, en faisant évaporer la dissolution * j’y ajoutai okl1, ,122 de nouveau fer, dont, malgré l’action du calorique continuée pendant trois à quatre heures, il ne se dissolvait qu’une quantité presque insensible. Il ne se dégageait plus de bulles de gaz hydrogène, et la teinture de tournesol était à peine altérée. ,
- Tandis que je cherchais à m’assurer si l’acide était saturé autant qu’il
- (1) J’écris ceci en fructidor an XII.
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- pouvait l’être, le hasard ayant placé sous ma main du carbonate d’ammonia* que, j’en jetai quelques fragmens dans les diverses dissolutions dont j’ai parlé, et je remarquai qu’il se formait tantôt un précipité blanc, dont la surface verdissait presque instantanément par le contact de l’air, tantôt un précipité vert, qui prenait à sa surface une couleur orangée , effets qui dépendent manifestement des divers états d’oxidation où le fer se trouve, et qui annoncent que le sulfate de fer est susceptible, sous ce rapport, d’un grand nombre de variétés (i). D’ailleurs, le gaz acide carbonique était dégagé plus ou moins énergiquement, suivant que la dissolution était plus nu moins saturée de fer. Cependant ce moyen d’essai ne peut être regardé que comme secondaire, l’épreuve par la teinture de tournesol étant préférable à tous égards.
- Je ne dois pas omettre que, dans une de mes expériences, ayant poussé l’évaporation un peu trop loin, je trouvai au fond de la chaudière une masse d’un gris verdâtre , très dure, résistant fortement au pilon, d’un tissu cristallin, mais si serré, qu’il semblait que la masse avait éprouvé une espèce de fusion. J’en traitai une partie à l’eau bouillaUte, qui en opéra facilement la dissolution. J’obtins ensuite, par l’évaporation, de beaux cristaux de sulfate de fer bien saturé. J’avoue que ce ne fut pas sans étonnement que je vis cette masse saline au milieu d’une dissolution qui n’était pas encore très rapprochée.
- Il résulte des expériences précédentes que 1,958 kilogrammes de fer suffisent pour saturer, autant qu’il est possible, 8.009 d’acide sulfurique étendu de trois fois son poids d’eau; et qu’ainsi dans le procédé que je propose, pour 4^,951 kilogrammes ( 100 livres de fer ), il faut employer 76,563 kilogrammes ( i56 livres ) d’acide sulfurique, augmenté de trois fois son poids d’eau. ‘
- L’acide sulfurique dont je me suis servi est, comme je l’ai déjà dit, celui qui est concentré au soixante-sixième degré de l’aréomètre de Baurrié ; mais il y a beaucoup d’économie à se servir du même acide non concentré, c’est à dire marquant de 45 à 48 degrés au même aréomètre, surtout si l’on fabrique soi-même l’acide, ou si l’on est voisin d’une fabrique d’huile de vitriol ; alors il suffit de l’étendre de deux fois son poids d’eau.
- Il ne sera peut-être pas inutile d’observer, en faveur des ouvriers, quen faisant le mélange il faut, pour éviter tout inconvénient, avoir
- (i) Depuis que j’ai rédigé cet écrit, il a paru, dans les Annales de Chimie, tome LVI , un mémoire de M. Thénard, où l’on trouve de beaux développemens sur cet article.
- Cinquième année. Juillet 1806. 2
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- soin de verser l’acide sur l’eau, et non pas l’eau sur l’acide. Il est nécessaire aussi de bien agiter la masse liquide, afin de faciliter la combinaison de l’acide avec l’eau.
- Ce mélange, qui doit être fait dans des cuviers de bois doublés en plomb et placés sous un hangar, étant préparé, on y jette à l’instant la quantité convenable de tournures de fer ou de ferraille la plus propre et la moins rouillée qu’il sera possible de trouver.
- Une chaleur considérable est aussitôt produite; une portion de l’eau se décompose. L’oxigène, l’un des principes de ce fluide, se porte sur le fer, et l’hydrogène, autre principe du même fluide, se fond dans le calorique, et se dégage sous la forme d’un gaz très fétide et très dangereux à respirer.
- Le dégagement du gaz hydrogène est accompagné d’une effervescence si vive, que la liqueur s’élèverait au dessus des bords du vaisseau qui sert à l’opération, si l’on n’avait la précaution de ne le remplir qu’aux, trois quarts environ de sa capacité.
- Au bout de quelques heures, le mouvement tumultueux et intérieur de la masse s’apaise, la chaleur diminue, et une partie du sulfate de fer, tenue en dissolution dans la portion d’eau non décomposée, ne tardera pas à se déposer en petits cristaux irréguliers et empâtés dans un dépôt noirâtre qui se précipite avec eux.
- Pour obvier à ces inconvéniens, on saisit l’instant où il ne se dégage plus que quelques bulles de gaz hydrogène qui viennent crever à la surface du liquide. On retire alors la liqueur au moyen d’un robinet placé au bas des cuviers ou tonneaux : cette liqueur marque de iS à 5o degrés à l’aréomètre de Ztow/ué pour les sels. On la verse, avec le fer qui pourrait rester à dissoudre, dans des chaudières de plomb posées sur un fourneau évaporatoire, et on chauffe jusqu’à ce qu’elle marque de 4° à 5o degrés à l’aréomètre. On la fait passer alors, à l’aide d’un robinet placé à deux centimètres du fond de la chaudière, dans des futailles doublées en plomb, où le sel ne tarde pas à se cristalliser.
- Pour obtenir des cristaux réguliers et d’un gros volume, et plus encore pour éviter la peine de les détacher des parois des vaisseaux, on suspend dans les cristallisoires des baguettes de fer, sur lesquelles les parties salines viennent se déposer.
- Il vaut encore mieux faire cristalliser la couperose dans des pyramides quadrangulaires tronquées de bois blanc dont les faces sont liées par des brides de fer qu’on enlève pour mettre les cristaux à découvert, A deux ou trois centimètres au dessus du fond de ces vaisseaux, on établit
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- un double fond à claire-voie, qui permet au dépôt de se former au dessous, ce qui sert de support à la masse de cristaux. On y adapte aussi un robinet pour l’écoulement des eaux-mères.
- Il reste au fond des chaudières un dépôt plu& ou moins abondant, qu’on retire avec une pelle de fer. On le lave pour en extraire tout le sel qu’il pourrait contenir; et, après avoir laissé déposer quelque temps, on décante la liqueur claire, ét on la réunit aux eaux-mères que l’on évapore de nouveau.
- Les eaux-mères étant bien séparées des cristaux, on laisse égoutter ceux-ci pendant vingt-quatre heures ,* après quoi on les enferme dans des barriques pour les livrer au commerce ou aux ateliers.*
- En suivant exactement le procédé que je viens de décrire, on sera sûr d’obtenir un sulfate de fer d’un vert foncé, et qui contiendra une si petite quantité d’acide libre, que les teinturiers n’auront rien à en redouter, ni pour la solidité des matières à teindre, ni pour les nuances des couleurs même les plus délicates.
- Les couperoses du commerce ne possèdent pas toujours ces deux avantages. La plupart de celles que j’ai examinées, celle de Beauvais entre autres, contiennent une forte portion d’acide libre, qui en rend l’usage pernicieux en teinture, surtout si les étoffes n’ont pas été soigneusement lavées en sortant du bain.
- C’est peut-être dans l’intention de remédier à ce défaut que quelques fabricans sont dans l’usage d’asperger leur couperose avec une légère dissolution de sel marin que l’acide libre décompose, pour former un sulfate de soude dont l’œil découvre aisément les cristaux à la surface de certaines couperoses.
- Il me reste à faire voir que le nouveau procédé que j’annonce est aussi économique, que son exécution est simple et facile.
- Quarante-huit kilogrammes neuf cent cinquante et un millièmes de fer, traités avec 76,363 kilogrammes d’acide sulfurique, donnent constamment 208,o4o kilogrammes de belle couperose, qu’on ne peut estimer moins de.................................................... 127 fr.
- La dépense en fer est de. ............ .. 7 fr. 5o c.
- La dépense en acide sulfurique est de. . . 78
- Le total des dépenses est donc de. . . . . 85 fr. 5o c, ci. 85 fr.. 5o c.
- Beste................. 4i fr. 5o c.
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- Le montant des dépenses, comparé an prix du produit de l’opération,, donne en bénéfice une différence de 4i fr. 5o c. (i).
- Supposons, ce qui est bien au dessous de la réalité, que de cette dernière somme il faille prélever un quart pour les frais de chauffage et de main-d’œuvre, il restera encore un très honnête bénéfice, surtout si l’on considère la quantité de couperose que l’on peut fabriquer en un jour. •
- Déjà il existe à Rouen plusieurs ateliers de sulfate de fer formés d’après la méthode que je viens d’exposer. Il est à désirer que l’usage de ce procédé se répande promptement dans toutes les parties de l’Empire français, et nous affranchisse du trihut que nous payons à l’étranger pour cet article de commerce.
- Description dune lampe chimique à double meche concentrique; par M. Accum (2).
- Les personnes auxquelles la chimie est familière savent qu’un des principaux obstacles qui s’opposent aux progrès du jeune chimiste est le défaut d’appareils nécessaires; il est embarrassé de choisir parmi le grand nombre d’instrumens offerts à ses regards, pendant le cours de la leçon, ceux qui sont les plus propres à confirmer, par des expériences répétées chez lui, les vérités les plus importantes de la science.
- Il en sera toujours ainsi, tant que les chimistes produiront dans leurs expériences une multitude d’appareils aussi compliqués que dispendieux ; qu’ils attacheront une importance particulière à ce luxe frivole qui distingue la plupart des cours publics ; et tant que l’on voudra persuader à l’élève qu’il ne peut étudier la chimie que dans un laboratoire abondamment pourvu de fourneaux de fusion, d’alambics, de cornues, de bains de sable, etc. Il est vrai cependant qu’on ne peut faire d’observations exactes sur certains phénomènes chimiques
- (1) Le prix du sulfate de fer est beaucoup diminué depuis la rédaction de ce mémoire. Il n’y aurait plus d’avantage aujourd’hui à fabriquer au taux que l’auteur détermine, car les 208,040 kilogrammes de couperose ne coûtent actuellement ( à raison de 28 francs le quintal ) qu’environ 85 francs ; d’où il résulte que , dans ce procédé, les dépenses réelles couvrent les produits, et que les frais de manipulation tournent en perte avec l’intérêt de l’argent, la location de l’atelier, etc.
- ' (2) Journal de Nicholson, vol. VIII, Août i8o4-
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- sans le secours d’instrumens propres à suppléer à l’imperfection de nos sens; mais il faut convenir aussi que la plupart des brillans appareils , qu’on présente journellement dans les laboratoires au jeune chimiste comme très importans pour les recherches, sont plutôt faits pour détourner son attention que pour l’éclairer sur les vérités fondamentales de la science.
- Les procédés employés aujourd’hui pour l’étude des sciences naturelles diffèrent si essentiellement de ceux qu’on suivait anciennement; les appareils propres aux expériences physiques ou chimiques ont été tellement perfectionnés, qu’il suffit d’un très petit nombre de ces instrumens pour que chaque amateur de chimie puisse exécuter facilement dans son cabinet les procédés les plus compliqués.
- M. Accum, connu depuis long-temps comme un habile chimiste, a publié, dans le N° XXIV du Journal de JSicholson, la description d’un fourneau portatif très perfectionné; et dans le N° XXIII du même journal, il recommande un appareil économique très utile pour sécher les produits qui résultent de l’analyse chimique, appareil qui peut également servir aux expériences sur la congélation artificielle, etc. Ces instrumens ayant obtenu l’approbation des personnes qui en font usage, M. Accum vient de leur offrir un nouveau fourneau -lampe, au moyen duquel on peut faire en petit, avec promptitude, facilité et économie, toutes les expériences chimiques.
- Cette nouvelle lampe se compose d’une tige de fer verticale qui se partage en deux parties pour en rendre le transport plus facile, et qu’on visse sur un pied chargé d’une masse de plomb. Trois douilles de métal glissent le long de cette tige, et sont armées de branches de fer, terminées par des cercles de divers diamètres, dont le plus grand a quatre pouces et demi, et sur lesquels on place des alambics de verre, des cornues, des capsules, des bouteilles de gaz, etc., pour opérer les distillations, les dissolutions, évaporations, fusions salines, concentrations, etc. Si l’on ne veut pas opérer à feu nu,' on peut employer un bain de sable, qu’on pose sur l’un de ces cercles, qui peuvent être maintenus à une hauteur convenable, à l’aide de vis de pression serrant sur la tige de fer. Cette tige étant ronde permet de retourner les vases disposés sur les cercles, au dessous desquels se trouve une lampe à courant d’air, dont le réservoir est garni d’une soupape,- pour empêcher que l’huile ne se répande, lorsqu’on le place dans la lampe. Une douille adaptée à cette lampe la fait glisser le long de la tige de fer, et elle est arrêtée par une vis de pression. Il est, par conséquent,
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- facile d’approcher ou d’éloigner la lampe du vase placé au dessus; ce qui offre l’avantage d’augmenter graduellement la chaleur ou de la diminuer à volonté, sans déranger l’appareil. Cette lampe peut ainsi produire, depuis la chaleur très modérée nécessaire pour la rectification des éthers, jusqu’à celle très intense qu’on emploie pour la distillation du mercure.
- En ajoutant à la nouvelle lampe un second cylindre portant une mèche d’un pouce et demi de diamètre, on peut produire une température très élevée. I/auteur doit ce perfectionnement à l’idée qu’a eue M. Webster, qu’une flamme double augmente de trois fois la chaleur d’une lampe d’Argand delà plus grande dimension.
- La distance entre les deux cylindres pu porte-mèches est d’un demi-pouce; la circonférence de la grande mèche est de quatre pouces et demi, et celle de la petite de deux pouces. Les deux porte-mèches sont réunis par une vis très fine. '
- Le principal avantage qui résulte de l’emploi de cette lampe, c’est qu’on peut porter la température qu’elle doit produire à tel degré qu’on désire, et obtenir ainsi une chaleur plus ou moins forte. L’opérateur apprend à connaître par là une infinité de circonstances minutieuses, dignes d’être remarquées, et qui échappent à celui qui fait usage d’un fourneau ordinaire.
- Il résulte de ce que nous venons de dire que la nouvelle lampe, construite d’après les principes indiqués par M. Accurn, peut être employée avec succès à beaucoup d’opérations chimiques, entre autres aux suivantes.
- i°. Lorsqu’il s’agit de produire du gaz oxigène, au moyen d’une cornue de verre, en mêlant quatre parties d’oxide noir de manganèse réduit en poudre fine à trois parties d’acide sulfurique concentré, ou en chauffant simplement dans une cornue du muriate sur-oxigéné de potasse.
- 2°. Pour dégager du nitrogène ou de l’azote de substances animales, en versant deux parties d’acide nitrique du commerce, étendu d’une égale quantité d’eau, sur une partie de viande musculeuse (du bœuf ou du veau coupé en petits morceaux ), et en chauffant le mélange jusqu’à ébullition , dans une cornue de verre.
- 5°. Pour obtenir de l’hydrogène pur, de l’hydrogène phosphoré et sulfuré par le procédé ordinaire, ou bien pour produire de l’hydrogène carboné, en faisant chauffer fortement dans une cornue trois parties (en poids) d’acide sulfurique concentré, une d’éther sulfurique et deux d’alcool; du gaz nitreux, par les procédés usités de l’oxide gazeux de
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- nitrogène, en décomposant du nitrate d’ammoniaque et en le chauffant dans une cornue; du gaz acide sulfureux, en soumettant une partie de sucre brut à l’action de quatre parties d’acide sulfurique concentré T et que l’on fait chauffer dans une cornue. On produit du gaz acide muriatique , du gaz muriatique oxigéné et du gaz acide carbonique, en suivant quelques unes des méthodes connues ; du gaz ammoniacal, en chauffant dans une cornue deux parties de chaux pulvérisée et une de muriate d’ammoniaque.
- 4°. La nouvelle lampe sert aussi à la distillation des acides nitrique, muriatique, muriatique oxigéné, acétique, oxalique, arsenical, prussique, subérique, muqueux et camphorique, suivant les méthodes recommandées dans les systèmes de chimie.
- 5°. A la production des sulfures métalliques, terreux et alcalins, tels que le sulfure de potasse, de soude, de baryte, de strontiane, d’ammoniaque, de fer, de cuivre, d’étain, de mercure, etc.
- 6°. A l’analyse des mines d’or, d’argent, de cuivre, de plomb, de zinc, d’étain, etc., ainsi qu’aux expériences sur les sels minéreaux et naturels, les terres, les pierres, suivant les procédés en usage, et à une multitude d’autres opérations qu’il serait trop long de détailler (i).
- ARTS ÉCONOMIQUES.
- Sur les fours à briques et à tuiles employés en Hollande.
- Les fours à briques établis en Hollande et dans le nord - ouest de l’Allemagne sont de forme très différente, ce qui prouve que leur construction n’influe pas essentiellement sur la qualité des briques. On se sert, dans ce pays, tantôt de fours de campagne proprement dits, ouverts par
- (i) L’idée ingénieuse d’appliquer la lampe d' Argand aux opérations chimiques est due à M. Guyton de Morveau. Dès 1783, il indiqua, dans les Mémoires de l’Académie de Dijon, la construction d’un appareil faisant partie d’un nécessaire chimique, pour tenir lieu de fourneau de laboratoire. Il a donné dans les Annales de Chimie, de décembre 1797» le dessin et la description d’un laboratoire économique à feu de lampe, pouvant servir à toutes les opérations, même à l’analyse des gemmes, et qui a été assez généralement adopte pour qu’il s’en trouve de tout fabriqués chez M. Dumotiez, ingénieur en instrumens de phy-sique , aemeurant rue du Jardinet.
- On voit dans le même volume des Annales de Chimie, page 312, que M. Guyton avait anssi fait construire une lampe à trois mèches circulaires concentriques, et les motifs qui lui ont fait abandonner l’usage de cette lampe. ( Note du rédacteur. )
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- le haut et entièrement isolés, tantôt le four est surmonté d’un toit qui, en le garantissant de la pluie et du vent, laisse à. découvert ses murs latéraux; tantôt enfin et c’est la méthode la plus généralement suivie, le four est établi dans un bâtiment fermé de tous côtés, où l’on ménage un espace de 6 à 12 pieds de large pour loger le combustible et les briques séchées à l’air. Cette dernière construction mérite à tous égards la préférence, soit parce qu’elle sert à concentrer davantage la chaleur, soit parce qu’elle n’expose pas au danger d’un incendie, comme les fours couverts d’un toit.
- On ne connaît point en Hollande les fours à briques voûtés; les fours à tuiles sont placés dans les bâtimens ou bien entourés d’une maçonnerie voûtée. La fîg. 5, plancheii, représente le plan , et la fîg. 4 la coupe d’un four à briques construit à la manière hollandaise : ces fours sont tantôt isolés , tantôt à couvert dans des bâtimens. Les Hollandais ont coutume de faire incliner sensiblement les murs des fours à briques de dehors en dedans ; quelquefois d’un pouce par pied. Cette méthode, qui mérite d’être recommandée, a l’avantage d’empêcher les murs de se crevasser pendant la cuisson, et contribue à leur conservation. Dans plusieurs provinces de la Hollande, on suit un autre procédé non moins avantageux, et qu’on applique aux fours de campagne; il consiste à ne donner à ces fours que trois murs, comme on le voit fîg. 5 et 6, et à élever le quatrième mur l avec des briques séchées à l’air, après avoir chargé le four. Ce mur, qui est à une distance convenable du mur pour permettre de placer dans le four la quantité de briques qu’il s’agit de cuire , est soutenu par des pièces de bois ( voyez fîg. 6 ) qui l’empêchent de rouler pendant l’opération.
- Il est très aisé de charger ces fours, fermée seulement de trois côtés: souvent on n’enlève le quatrième mur qu’à la moitié de la hauteur du four; on le soutient par une espèce de rempart de terre, et l’on achève sa construction avec des briques séchées à l’air.
- Les fours à tuiles hollandais, surtout ceux de Groningue, Ynéritent d’être remarqués. La Jig. 7 représente la coupe, et la fîg. 8 le plan d’un de ces fours, en partie couvert de sa voûte, qui est percée de carneaux.
- Pour empêcher que les tuiles ne se déjettent, lors même qu’elles seraient complètement séchées à l’air, on les expose à une chaleur toujours croissante jusqu’au moment où elles sont placées dans le four même ; opération qui ne se fait dans les principales tuileries de la Hollande qu’après que les briques ont resté quelque temps dessous et autour du four, afin de les sécher
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- plus promptement. Les murs du four sont liés par de fortes solives, qui reposent sur des briques en saillie ( voyez x x x x, Jig. y et 8 ). Cette précàution est nécessaire po.ur empêcher qu’ils ne se crevassent. On pose les tuiles sur ces solives et même sur la voûte du four, entre les petites cheminées J y y, etc,, où elles acquièrent un degré de chaleur très élevé. ,
- La tourbe est le seul combustible que l’on emploie dans les briqueteries delà Hollande et du nord-ouest de l’Allemagne ; on ne la brûle pas sur une grille, mais immédiatement sur l’âtre, qui est formé d’une couche battue d’argile, ou bien coupé par des rigoles transversales de 4 à 6 pouces de profondeur, entre lesquelles on place les briques.
- Les principes que l’on suit en Hollande pour la cuisson des briques diffèrent de ceux en usage chez nous ; l’expérience nous a démontré qu’on doit les préférer. On s’applique, dans ce pays, à soumettre les briques, surtout si l’on veut les avoir belles , à un feu modéré, mais continué pendant assez long-temps pour leur donner le degré de cuisson convenable. Pour cet effet, on ferme les ouvertures du four, non seulement avec des briques, mais on les bouche même avec de l’argile. On se contente rarement de fermer les fours avec des portes de fer, ou de pratiquer une petite ouverture dans le mur de brique
- où se trouve le regard. De cette manière, la tourbe renfermée dans
- le four est privée du courant d’air, à l’exception de celui qui peut pénétrer par les crevasses qui se forment quelquefois dans le mur : ainsi elle ne peut pas brûler avec flamme; et toute autre tourbe que celle de Frise, qui est légère et très inflammable, s’éteindrait dans ces circonstances.
- Cette tourbe de Frise, que l’on transporte dans toutes les provinces de’la Hollande pour l’usage des tuileries, a la propriété, bien précieuse sans doute, de ne laisser que très peu de cendre après sa combustion ;
- ce qui permet de éharger le four de nouvelle tourbe ( on le fait de six
- en six heures), sans qu’il soit nécessaire d’en retirer préalablement les cendres. Cette dernière opération ne peut se faire pendant que le four est chargé, sans refroidir les briques. Lorsque les fours sont pourvus de grilles, cette précaution est inutile. On peut employer toute autre bonne espèce de tourbe pour chauffer le four, quelle que soit la durée de l’opération, qui est ordinairement de seize à dix-sept jours pour les fours moyens contenant 6o à ioo mille petites briques, et de quatre à six semaines pour les grands fours qu’on peut charger de 5 à 6oo mille de ees mêmes briques.
- Cinquième année. Juillet 1806. 3
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- Quant aux dimensions des fours, on leur donne, en Hollande, 3o à 4o pieds de large, et l’on pratique, de chaque côté ‘ des regards. Ces fours sont, par conséquent, beaucoup plus grands que ceux usités en France, à en juger par le nombre de briques qu’ils peuvent contenir. Les fours de Hollande, formant un parallélogramme et ayant neuf à dix regards de chaque côté, contiennent souvent de 7 à 900 mille briques; mais ces briques sont très petites, car il en faut 24 ou même 60 pour un pied cube du Rhin. !
- Sur les lampes de MM. Girard frères.
- Lorsque nous avons fait mention, dans le dernier N°* du Bulletin, des lampes deM. Joly, et du perfectionnement que cet artiste y a ajouté, d’après l’idée de M. de Lasteyrie, nous ignorions, ainsi que M. de Lasteyrie lui-même, que, depuis un an, MM. Girard avaient appliqué ce moyen à leurs lampes hydrostatiques. Ces artistes ont présenté au Conseil des lampes à bec très étroit, qui sont d’une forme agréable, couvertes d’un beau vernis, et peu chères. Leur lumière équivaut à celle de deux fortes bougies, et se conserve pendant quinze heures. Elles ne consomment qu’un tiers d’once d’huile par heure, et remplissent ainsi parfaitement le but d’économie que les auteurs se sont proposé. Le prix de ces lampes est de 21 francs, y compris le garde-vue; files réunissent un autre avantage pour lequel MM. Girard ont pris un brevet d’invention, c’est que la mèche, au lieu d’être circulaire, comme dans toutes les lampes à courant d’air, est pleine, et se place d’une manière plus commode que les mèches ordinaires. - ,
- MM. Girard ont fait hommage à la Société d’une lampe hydrostatique ayant les dimensions ordinaires, et dont le cylindre de la mèche n’est pas réduit; elle est couverte d’un très beau vernis, et. coûte 4° francs. Il nous çst échappé, dans le dernier N°. du Bulletin, relativement au prix de ces lampes, une expression qui pourrait recevoir une interprétation fâcheuse à ces artistes, et que nous croyons devoir rectifier. Nous avons dit « que ces » lampes sont d’un prix tellement élevé , que peu de personnes peuvent y » atteindre; » ce qui pourrait faire croire que le mécanisme de ces lampes est très dispendieux; mais nous venons de voir que MM. Girard donnent, pour 2i francs, unelampeconstruite surles mêmes principes hydrostatiques, pourvue de son garde-vue, etc. Cette expression ne peut donc s’appliquer
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- qu’aux lampes qui, par la variété de leurs formes et la richesse des ornemens, doivent être regardées comme un objet de luxe très recherché, et dont le prix est nécessairement plus élevé. ..
- Une preuve évidente de la prospérité de l’établissement de MM. Girard , c’est le grand débit de leurs lampes; ils en ont déjà vendu plus de six cents de celles à bec étroit. Leur fabrique occupe plus de soixante ouvriers • les vernis qu’ils emploient peuvent rivaliser avec tout ce que nous avons de plus parfait en ce genre; ils ont porté cet art à un très haut degré de perfection. i
- La mèche pleine, employée pour les lampes à bec étroit, n’empêche pas que leur lumière ne soit très pure et très fixe; elles ne répandent ni fumée ni odeur, quoiqu’elles soient à simple courant d’air. MM. Girard construisent aussi des lampes à bec étroit, dont la mèche est circulaire; leur prix est le meme que celui des lampes à mèche pleine.
- Quant à la facilité du service de ces lampes, la Société a reconnu que leur mécanisme et leur entretien n’offrent pas plus de difficulté que ceux des lampes connues jusqu’à ce jour, ce qui a déjà été constaté par le rapport fait à la Société par M. Molard (voyez Bulletin, N° II, 3e année, p. 35 ), et par celui fait à l’Institut par MM. Guylon de Morveau et Charles.
- Le dépôt des lampes de MM. Girard est maintenant rue de la Loi, n°78.
- MorÈjy d’obtenir des copies fidhles des inscriptions gravées sur marbre ou sur pierre.
- Ce moyen, qui consiste à employer les procédés ordinaires de la typographie, a été mis plusieurs fois en usage par les savans français de l’expédition d'Égypte, notamment pour obtenir des fac simile de l'inscription de Rosette.
- La pierre sur laquelle l’inscription est gravée doit être d’abord soigneusement nettoyée avec de la soude ou de la potasse dissoute dans de l’eau chaude; on verse cette dissolution sur la pierre, et on la brosse, puis on l’essuie, et l’on y fait appliquer, par un imprimeur muni de ses deux balles, l’encre d’imprimerie, comme s’il s’agissait d’imprimer une forme typographique ordinaire.
- L encre étant partout également appliquée, on recouvre la pierre d’une feuille de papier humide, comme il est d’usage pour les procédés de
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- l’imprimerie. Si une seule feuille n’est pas suffisante, on en prendra plusieurs. On frappe sur le papier, soit avec la main, soit avec un tampon non noirci, ou bien l’on y passe la brosse ou le rouleau, instrumens connus et souvent employés par les imprimeurs. Comme il n’y a aujourd’hui guère de ville, quelque petite qu’elle soit, qui n’ait son imprimeur, il est aisé de faire ainsi dèsJac simile de toutes les inscriptions anciennes. Ces fac simile ont l’avantage d’être faits très promptement, et de présenter une copie fidèle de l’inscription gravée.
- Si l’inscription est gravée en creux, ses parties saillantes, c’est à dire l’espace compris entre les lettres, seront noircies, et l’encre s’appliquera sur le papier de manière que l’inscription y paraisse en blanc ; on emploie la méthode contraire pour les caractères en relief, qui seront représentés en noir, et les intervalles resteront blancs.
- On conçoit que l’inscription imprimée ainsi doit paraître à rebours; mais il est aisé de la lire dans son véritable sens en tenant le papier au jour.
- Il faut avoir soin de faire plusieurs copies de suite, en appliquant chaque fois de nouvelle encre sur la pierre. La troisième ou quatrième épreuve est ordinairement plus belle que la première; lorsqu’on en a plusieurs, elles servent à rectifier et à lire la première dans les endroits où l’encre n’a point marqué.
- Il résulte de ce procédé l’avantage de pouvoir offrir des épreuves très fidèles d’une inscription aux savans qui se livrent à l’étude des antiquités, sans être obligé de déplacer la pierre sur laquelle elle est gravée.
- Une inscription ne présente très souvent de l’intérêt que parce qu’on la trouve sur le lieu même où elle fut placée; tout ce qui l’environne lui sert de commentaire, au lieu qu’étant déplacée, et servant à orner un musée, on la regarde avec indifférence Ces inscriptions devraient, par conséquent, toujours rester en place, ou du moins ne pas être enlevées de la ville ou du pays auquel elles se rapportent. Il faudrait rendre l’administration locale responsable de leur conservation, et l’obliger à en faire tirer un nombre suffisant de copies par Je procédé indiqué, afin que, dans les dépôts publics des monumens et d’inscriptions, les savans qui s’occupent de paléographie pussent on prendre connaissance. 1
- Dans la plupart des villes de France, on ne prend pas assez desoins pour conserver les inscriptions. Spon, Colonia, Menestrier, etc. , ont publié, il y a cent et deux cents ans, beaucoup d’inscriptions qui alors
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- étaient connues, et qui existaient à Lyon; aujourd’hui, la plupart de ces inscriptions sont perdues, d’autres ont été découvertes depuis : on en trouve la description dans le Voyage de Millin. Mais si l’administration de Lyon n’a pas soin de les recueillir et de les enchâsser dans les murs de son musée, de sa bibliothèque, ou de quelque autre lieu convenable, elles seront bientôt perdues et dispersées; on s’en servira pour bâtir, et ces monumens curieux de notre histoire ancienne, destinés à passer à la postérité, seront à jamais perdus.
- C’est à Autun surtout qu’on laisse dépérir les monumens les plus curieux. Les habitans de cette ville détruisent tout; il n’existe plus aucun vestige de leur amphithéâtre, et l’on ne fait rien pour conserver les deux portes an ciennes de cette ville.
- Un autre objet sur lequel il est utile de fixer l’attention des administrations locales, ce sont les mosaïques. On en découvre très souvent dans diverses contrées de la France; on en a trouvé à Sens,-à Lyon, à Vienne en Dauphiné, à Sainte-Colombe (en face de Vienne), à Orange, à Riez^en Provence, etc. Mais la plupart de ces monumens intéressans ont été détruits, soit parce qu’on les a laissés dans le lieu meme où on les a découverts, sans empêcher les enfans et les curieux d’en emporter des fragmens, soit parce qu’on n’a pas connu les moyens de les enlever et de les placer dans un lieu convenable.
- A Orange, il y a quelques mosaïques dans les caves de plusieurs maisons ; les futailles sont placées dessus, et chaque année ces monumens sont de plus en plus dégradés. A Aix, on a trouvé plusieurs mosaïques très curieuses; l’une représentait le combat dé Darès et d’Éntelle ( V^irg., Énéide,Y), et l’autre offrait une scène de comédie entourée dé masqués scéniques. M. de Saint-Vincent en a fait dessiner et graver quelques unes ; il en a saSvé quelques fragmens, qu’on a enchâssés dans le pavé des salles delà maison commune; tout le reste a été impitoyablement brisé par les ouvriers. A Nîmes, un fabricant d’indienne, ayant trouvé une mosaïque dans son terrain, a eu le bon esprit de la laisser en place et de construire son magasin dans cet endroit, de sorte que là mosaïque lui sert de pavé.
- Il n’y aurait rien de plus facile que de faire enlever les mosaïques et de les transporter dans nos musées et palais, où elles serviraient d’orne-nient au pavé des plus belles salles; c’est précisément ce que font les Italiens , dont les palais, les musées et les églises offrent beaucoup de mosaïques découvertes dans les fouilles de la ville de Trajan, etc. x
- Pour les enlever, il faut les scier par compartimens de deux ou trois pieds
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- carrés, que l’on enchâsse dans des cadres bien cerclés. On scie en bas , transversalement, le ciment sur lequel sont appliqués les cubes de la mosaïque. Lé cadre étant plus élevé que la mosaïque, on peut la recouvrir d’uue couche de plâtre, pour prévenir tout accident, et pour que ses cubes ne puissent pas se disjoindre. On numérote les cadres, et lorsqu’on les a transportés dans le local où la mosaïque doit êlre rétablie, on les replace dans l’ordre qu’ils occupaient dans l’origine , et qui est indiqué par les numéros. On aura soin, en préparant la place, d’y étendre une couche de ciment, dans laquelle on incruste les carrés de la mosaïque; on enlève facilement le plâtre qui couvre la partie supérieure, en le ramollissant; on nettoie et on polit la mosaïque, et l’on a, à peu de frais, un très beau pavé. M. Schneider, directeur de l’École de dessin à Vienne en Dauphiné, a conservé de cette manière plusieurs fragmens de mosaïque, de trois à cinq pieds carrés, qu’on voit dans le musée de cette ville. Il serait à désirer que l’on suivît partout la méthode employée par M. Schneider ( i ).
- AGRICULTURE.
- Sur la culture du châtaignier en Portugal (2).
- Cet arbre est cultivé avec beaucoup de soin en Portugal, surtout aux environs de Portalègre, Morvao , Castello do Vide et Alegrete. On en rencontre des forêts et des bois cultivés, où le châtaignier est semé et planté, mais il n’est greffé que dans les bois. Les arbres non greffés sont très rapprochés, et atteignent une hauteur considérable; ceux que l’on
- . (1) La plupart des inscriptions anciennes sont tellement détériorées, qu’il serait difficile d’employer le procédé que l’auteur indique pour en obtenir des copies. Ce procédé ne peut avoir d’exécution parfaite qu’mutant que les caractères sont creusés dans une pierre bien unie à sa surface, ou quand leurs sommets se trouvent sur le même plan, comme dans les inscriptions en relief. ’ .
- Le meilleur moyen d’obtenir des copies fidèles d’une inscription quelconque serait d’en prendre l’empreinte avec de l’argile et de couler du plâtre dans ce moule. Si l’ornement ou l’inscription a de la dépouille , on en tire un plâtre, en élevant une caisse sur le devant lorsqu’il est vertical ou très incliné, et en faisant une caisse autour s’il est placé horizontalement. Tel est le procédé qui a été suivi pour obtenir les creux et les reliefs des monumens égyptiens.
- (2) Extrait des Observations sur le Portugal, par MM. Link et Hoffmansegg. . 1 ..j- .
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- soumet à l’opération de la greffe sont plus espacés, pour que leur feuillage’ puisse s’étendre et pour qu’ils donnent plus de fruits.
- Avant de semer les châtaignes, il faut extirper les ronces, les épines et en général toutes les plantes parasites. On emploie, pour cet effet, à Portalègre, un instrument à deux tranclians nommé faianca, avec lequel on coupe les racines. Cette opération se fait en automne et en hiver. Au printemps, on prépare le sol en y semant du millet, et après la récolte on sème à la fois du froment et des châtaignes.
- Si l’on veut employer le bois du châtaignier et ne point greffer l’arbre, on ne fait que deux récoltes de froment : s’il s’agit de le greffer pour qu’il porte des fruits de meilleure qualité, on le plante de manière à laisser des intervalles convenables pour que son feuillage puisse s’étendre.
- On plante aussi le châtaignier dans les terrains qui ne permettent pas d’autre culture; pour cet effet, on emploie les jeunes boutures provenant des forêts.
- Le châtaiguier est planté au printemps et en automne. Lorsque l’arbre sauvage, c’est à dire celui qui n’est pas destiné à être greffé, a atteint l’âge de six ans, on le dépouille de ses branches superflues, et deux ou trois ans plus tard on commence à élaguer et à tailler les jeunes arbres : on désigne cette opération sous le nom de desbaste; on obtient par là de jeunes branches qui servent d’échalas à la vigne, de cercles de tonneaux, etc. On répète cette opération au bout de deux ou trois ans, et l’on obtient des branches plus fortes. Lorsque l’arbre a atteint l’âge de dix-sept ans, il est propre à servir comme bois de charpente. Les châtaigniers destinés à être greffés sont élagués à temps, leurs jeunes rejetons sont employés aux plantations, et on les greffe dans la dixième année, ordinairement entre l’écorce. Les arbres greffés donnent une plus grande quantité et de meilleurs fruits qui se distinguent par le peu d’adhérence de la pellicule intérieure.
- Les châtaignes récoltées sont séchées à un feu modéré; on en sépare l’écorce extérieure en marchant dessus. On les expédie dans toutes les provinces du royaume et jusqu’à Lisbonne.
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- Nouveau procédé pour arroser Jes plantes; par M. Tatham (1).
- Ce procédé consiste à placer près de la plante qu’on veut arroser un tonneau rempli d’eau, dans lequel plonge une mèche de coton légèrement tordue, et communiquant avec d’autres mèches qui entourent le pied des plantes. Il est nécessaire de recouvrir ces mèches, soit avec de la terre, soit avec du fumier. Il est aisé de concevoir que les mèches, pompant continuellement l’eau, forment autant de petits canaux, et contribuent ainsi à entretenir l’humidité autour de la plante. On peut augmenter ou diminuer la grosseur des mèches selon que les circonstances l’exigent.
- L’auteur fait remarquer deux avantages qui résultent de ce procédé : le premier, que les plantes peuvent être exposées à toute l’ardeur du soleil, sans jamais souffrir de la sécheresse qui retarde toujours leurs, progrès ; l’autre, que cette manière d’arroser étant très lente, l’eau qui y est employée est exposée pendant long-temps à l’action de l’air, et devient par à plus propre à favoriser la végétation des plantes.
- (i) Magasin der neuen Erfindungen, N° XXXV.
- ir
- IMPRIMERIE DE MADAME HUZARD (née VALLAT LA CHAPELLE),
- Rue de l’Éperon-Saiat-André, u* 7.
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- CINQUIÈME ANNÉE. ( N° XXVI. ) AOUT 1806.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- La Société, désirant présenter à S. M. l’Empereur et Roi le recueil de ses travaux, adressa à S. Exc. le Ministre de l’Intérieur la lettre suivante, pour le prier de lui faire accorder l’honneur d’étre admise à l’audience de Sa Majesté :
- « Monseigneur ,
- » La quatrième année de la fondation de la Société pour l’encouragement de l’Industrie nationale vient de s’écouler. En se rendant compte à elle-même de ce qu’elle avait à faire, et de ce qu’elle a exécuté dans cet intervalle, il lui est doux de se livrer à cette pensée que ses travaux n’ont pas été entièrement perdus pour les arts.
- » Un quatrième volume ajouté à la collection de son Bulletin, d’utiles procédés publiés, des améliorations notables apportées dans plusieurs parties d’économie rurale et domestique, de nouveaux moyens mécaniques offerts aux manufactures, la création de nouvelles branches d’industrie et de commerce, l’existence rendue à quelques unes, l’essor donné à beaucoup d’autres, de grands travaux entrepris pour fixer les connaissances, ou pour déraciner des préjugés funestes aux progrès des arts, de nombreuses récompenses décernées, une foiile d’artistes encouragés., vingt-six prix proposés, formant ensemble une somme de 42>°oo francs; tels sont, Monseigneur, les résultats qu’offre aujourd’hui la Société dont nous sommes les organes : telle est sa situation présente.
- Cinquième année. Août 1806. £
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- » Si notre zèle ne nous aveugle pas, le tableau que nous venons de mettre sous les yeux de Votre Exe. n’est pas indigne de fixer l’attention du Gouvernement. II nous semble qu’il ne verrait pas sans intérêt ce que des citoyens, animés par le pur amour du bien , ont fait en silence pour seconder ses vues d’utilité. Et avec quelle nouvelle ardeur ne marcherions-nous pas dans la carrière que nous sommes prêts à poursuivre , si nos efforts pouvaient mériter son suffrage et son approbation ? Nous avons long-temps ambitionné cet honneur. Votre Exc. jugera jusqu’à quel point nous avons droit d’y prétendre. Pour nous, cédant au plus légitime empressement, nous avons cru que le moment était venu d’offrir à S. M. l’Empereur et Roi l’hommage de notre dévouement et celui de nos Iravaux. Mais ce tribut respectueux ne pouvant être transmis au pied du trône que par l’intermédiaîre de Votre Exc., nous venons, Monseigneur, réclamer votre appui dans cette occasion importante, et vous prier de disposer Sa Majesté à nous accorder l’honneur que nous sollicitons. Une députation a été formée dans notre sein pour présenter à Sa Majesté la collection de ce Bulletin, que nous nous honorons de publier sous vos auspices, et qui est le résultat de nos discussions et de nos recherches. Permettez-nous, Monseigneur, de confier à vos bontés le succès de cette démarche. Témoin de nos opérations , et capable de les apprécier toutes, vous avez bien voulu nous donner plus d’une fois des témoignages de votre satisfaction. En appelant aujourd’hui sur la Société d’Encouragement la bienveillance de Sa Majesté, vous ne ferez que confirmer votre propre suffrage, et l’espèce d’adoption dont vous l’avez honorée. C’est dans cette persuasion que nous prenons la liberté de vous adresser la délibération ci-jointe.
- » Agréez, Monseigneur, l’hommage de notre respect.
- » Signé L.-B. Guyton, vice-président ;
- )) Cl.-Anth. Costaz , secrétaire—adjoint »
- Voici la réponse que S. Exc. le Ministre de l’Intérieur a adressée à M. Chaptal, président delà Société, en date du 23 juillet 1806 :
- « Monsieur le Sénateur,
- » Je m’empresse de vous prévenir que S. M. l’Empereur admettra à son audience, dimanche prochain, MM. les membres composant la* députation de la Société que vous présidez. M. le Chambellan de service,
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- C 27 )
- auquel j’ai fait connaître l’intention de Sa Majesté à cet égard, vous indiquera l’heure et le lieu de la réception.
- « Recevez, Monsieur le Sénateur, l’assurance de mes sentimens distingués. * Signé Champagny. »
- En conséquence de cet avis ,et delà lettre de M. le chambellan de service , ainsi conçue : '
- « Le chambellan de service près S. M. l’Empereur a l’honneur de prévenir monsieur le Sénateur Chaptal que la députation de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, dont il est président, sera admise à l’audience de Sa Majesté, dimanche prochain, .27 juillet, heure de midi. »
- Une députation, formée des membres du bureau et de ceux du Conseil d’administration, et composée de MM. Guyton, vice-président, Degérando, secrétaire, Costaz ., secrétaire-adjoint, Journu-Auber, sénateur, Soufflot, administrateur des messageries impériales, Van Hultem et Chassiron , tribuns, Gillet-Laumont, membre du Conseil des Mines, et de M. le général Degrave, s’est transportée, le dimanche 27 juillet 1806, au Palais impérial de Saint-Cloud, où elle a eu l’honneur d’être admise à l’audience dé S. M. l’Empereur, et de lui être présentée par S. Exc. le Ministre de l’Intérieur.
- M. Guyton, faisant les fonctions de président, en présentant à Sa Majesté la collection des quatre aimées du Bulletin, lui a adressé le discours suivant :
- « SIRE ,
- » La Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale nous a chargés de présentera Votre Majesté la collection des Bulletins de la correspondance ^qu’elle entretient depuis quatre ans avec ses nombreux coopérateurs dans toutes les parties de l’Empire.
- » Dès les premiers jours de sa réunion, vous avez daigné, Sire, jeter un regard de bonté sur cette Société ; les accroissemens qu’elle a reçus depuis, elle se glorifie de les devoir à cette faveur et à l’heureuse influence du puissant génie de Votre Majesté, qui, dans le même temps qu’elle commande à la victoire, et dicte des traités pour donner la paix au monde, embrasse dans sa sollicitude paternelle tout ce qui peut ouvrir de nouvelles sources de prospérité dans ses vastes Etats. »
- Sa Majesté a paru accueillir cet hommage avec bienveillance, et a témoi-; gne, par différentes questions adressées à plusieurs membres delà députation, 1 interet qu’elle daigne prendre aux travaux de la Société. . . '
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- ARTS MÉCANIQUES. ’
- Sur un nouveau métier a bas exécuté par M. Favreau-Bouillon.
- M. Favreau-Bouillon a présenté au Conseil un nouveau métier à bas de son invention, qui se meut au moyen d’un balancier. Cet artiste, désirant faire connaître au public les avantages de^son métier, a invité la Société à nommer des commissaires pour l’examiner, et à insérer dans son Bulletin le rapport qui en a été fait, le 14 avril 1806, par MM. Périer et Desmarest, à la Classe des Sciences physiques et mathématiques de l’Institut.
- La Société, ayant déjà autorisé l’insertion dans son Bulletin d’un rapport fait à l’Institut sur le métier à bas de M. Dautry 3 a cru devoir également accéder à la demande de M. Favr eau-Bouillon, en publiant le rapport de MM. Périer et Desmarest, sans entendre cependant donner en aucune manière la préférence à l’un de ces deux métiers, avant que son Comité dès Arts mécaniques lui ait fait le rapport dont il est chargé. ^
- M. Favr eau-Bouillon, fabricant de bas à Paris, ayant présenté à la Classe des Sciences physiques et mathématiques de l’Institut un nouveau métier, elle a chargé MM. Périer et Desmarest de lui en rendre compte, et de lui faire connaître les principes qui ont dirigé l’auteur dans les changerons et les réformes qu’il y a exécutés, enfin les avantages que la main-d’œuvre pourrait s’en promettre.
- Tous les mouvemens du nouveau métier s’opèrent par l’action de deux leviers très faciles à mouvoir, et qui se balancent à la main. Le premier exécute le eueillement, et le second toutes les combinaisons des fils cueillis ou pliés qui s’assemblent en mailles pour le prolongement du tricot.
- Pour soumettre ces dernières opérations à l’action d’un levier et à ses balancemens de haut en bas et de bas en haut, l’auteur a du rendre mobile la barre à aiguilles qui , dans l’ancien métier et dans tous les autres où l’on a fait diverses réformes depuis une quarantaine d’années , a conservé une position fixe. Il est résulté de ce changement,: qui n’a eu lieu, que dans le métier anglais à côtes, et qui est très remarquable dans* un métier à mailles unies, beaucoup d’antres aussi dignes d’attention , et qui prouvent de la part de M. Favr eau la plus grande? intelligence* ••••', ?.•; •;.> xr< ni., iq>
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- Avant de suivre lés opérations du nouveau métier, et d’exposer les moyens que l’auteur a cru devoir employer pour les exécuter aussi facilement, il convient de faire précéder quelques réflexions sur 1^ mobilité de la barre à aiguilles. Ceux qui ont quelque connaissance du. métier à bas savent que c’est sur cette barre que se déposent successivement les matériaux qui entrent dans la composition des mailles; car c’est là que s’établissent les premiers plis produits du^çueillissage; c’est là que s’ajoutent ensuite les seconds plis formés par les platines aplomb; c’est là aussi que la totalité de ces plis, se mouvant en avant, s’engage, dans les becs des aiguilles; enfin c’est là que l’ancienne rangée de plis, mise en retraite , s’avançant sur la partie antérieure des aiguilles et franchissant l’ouverture deleurs becs fermés par la presse, passant par dessus les nouveaux, engagés
- dans la tête des, aiguilles, vient s’abattre, et .former,ainsi les mailles qui sont des plis dans d’autres plis. '
- On comprendra donc aisément, par l’exposition desopérations quis’exé-i cutent tant sur la barre que sur la rangée des aiguilles, qu’en les rendant mobiles, une grande partie de ces opérations doit s’exécuter par leurs déplacemens combinés avec ceux des pièces et des équipages qui étaient mobiles dans les métiers ordinaires, ce qui doit changer, Gomme on voit^ totalement la constitution du métier à bas; l’auteur a résolu le problème avec un grand succès. Il s’est d’ailleurs proposé pour but de mettre le
- travail de toutes sortes de-tricots à la portée d’ouvriers qui seraient privés de quelques uns de leurs membres, comme d’un bras ou même de deux jambes. C’est cç qu’il sera facile de démontrer en suivant le nouveau système des manoeuvres que M. Favre au exécute au moyen des deux, leviers sus-mentionnés, , , .. , .............
- L’indication succincte des différentes pièces dont est composé le nouveau métier,, et qui sont soumises à l’action des deux leviers, offre d’abord deux grands supports en fer qui soutiennent tous les assemblages contenus dans le fût, et qui correspondent aux équipages de l’ancien métier. Ce sont premièrement les deux barres entre lesquelles se meut le chevalet dont la tête est garnie d’une poulie ou roulette qui, dans sa marche, agissant contre le talon des platines à ondes, opère le cueillissage par leur chute, surtout à l’aide des ressorts attachés à chacune des platines. On y voit aussi la grande roue à chevalet, qni sert à le faire mouvoir de droite à gauche et de gauche à droite, et qui,, portant à son axç: une lanterne,. dans les fuseaux de laquelle s’engagent, les dents d’une Ijarre mue par le premier levier, exécute très facilement le cueilLissage. Enfin, eu avant de cet équipage, se présente la.
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- bobine chargée de fil qui fournit la matière au cueillement. Cette bobine reçoit son mouvement de rotation, d’abord par la main de l’ouvrier qui distribue le fil sur la rangée des aiguilles, soit de droite à gauche, soit de gauche à droite „ ensuite par le moyen de deux cordes engagées dans une gorge1 qui règne autour de la circonférence de la grande roue à chevalet; et quoique cette grande roue éprouve un balancement alternatif, cependant la bobine tourne toujours dans le même sens, et le fil ne se déroule que de gauche à droite, parce que son axe est garni de deux poulies à échappement qui n’admettent que ce seul mouvement. ; '' '
- .. rî V ; ; . .
- . En passant à rémunération des pièces qui sont soumises à l’action du second levier, on trouve d’abord le mouvement qui rapproche les platines à chevalet des platines à plomb, ce qui sert à compléter les plis du cueillissage qui n’ont été formés que de deux en deux aiguilles. Vient ensuite la barre aux aiguilles, quia pour appuis deux montans attachés à un arbre mobile. Les aiguilles d’ailleurs sont fixées dans leurs plombs comme à l’ancien métier, à la différence près que, par le balancement de leur arbre de suspension, elles se meuvent d’avant èn arrière et d’arrière en avant. Cette rangée d’aiguilles rencontre dans son premier mouvement un petit peigne qui fait entrer les nouveaux plis dans les becs des aiguilles. A côté est la barre de la presse fixée à ses deux extrémités, et qui ferme les becs des aiguilles lorsqu’ils se présentent dessous cette barre , ce qui permet en même temps aux anciens plis de passer par dessus les becs. Enfin, la barre fendue ou d’abattage se présente à l’extrémité de cet assemblage de pièces, et faisant entrer les nouveaux plis dans les anciens, forme ainsi les mailles par la réunion de ces deux sortes de plis. ; , i i : i.
- Reprenons maintenant toutes ces pièces, tous ces équipages, dans l’ordre que nous les avons indiqués, et voyous-les opérer au moyen des deux leviers. î;' : ‘ *
- Nous avons dit que la première opération du métier consistait dans le cueillissage, c’est à dire daris la distribution du fil sur la rangée des aiguilles, et la formation des premiers plis. Elle commence par la main de l’ouvrier, comme nous l’avons dit, puis les premiers plrs se forment par deux moyens, le premier consiste en une bascule que les pieds font jouer, et qui, communiquant le mouvement de rotation à la grande roue du chevalet, fait courir ce chevalet de droite à gauche et de gauche à droite; et comme sa Æête est armée d’une poulie mobile, elle écarte les platinés qui ; n’ayant pas d’ondes, sont soutenues par un talon ,
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- et en procure la chute sur le fil cueilli, d’où résultent les premiers plis
- formés de deux en deux aiguilles. * :
- Cette dernière opération s’exécute aussi avec avantage par le premier levier qui, par un balancement très facile, poussant là Barre dentée entre les fuseaux de la lanterne de la grande roue à chevalet, là rend propre à opérer les mouvemens dont nous avons parlé, ceux? de la course lJu chevalet et la chute des platines. Nous avons décrit d’ailleurs les nouveaux moyens que M. Favreau employait pour fournir le fil au cueillement par le mouvement de la bobine , qui déroule ce fil continuellement dans le même sens.
- Après que le cueillement est fait, on^ passe au second levier fixé à un arbre moteur des différons équipages. C’est par ses abaissemens successifs que s’opère leur jeu. Ainsi, par le premier degré d’abaissemen t du levier, le cadrement auquel sont attachées les platines de plomb s’abaisse également, et, par leur action entre les aiguilles, les plis, formés seulement de deux en deux dans le cueillissage, se complètent, ce qui leur donne une grandeur uniforme et régulière.
- En continuant d’abaisser le levier, la barre aux aiguilles _se meut en arrière , et les aiguilles prennent dans leurs becs là totalité des plis qu’ont formés successivement les deux jeux des platines. Puis', après l’échappement d’une bascule et au moyen d’un contre poids, le châssis et le cadre-: ment se relèvent^ o t
- Par le troisième degré d’abaissement du levier , la barre1 aux aiguillés continue à se porter en arrière ,' dans ce déplacement, les becs des aiguilles sont fermés par la presse qu’ils rencontrent à ce point, à la suite d’un nouveau déplacement toujours opéré par l’abaissement du levier ; l’ancien ouvrage passe par-dessus les becs fermés pour lors, et se rapproche de la nouvelle rahgée de plis; et au moyen d’un cinquième abaissement et de l’action d’un grand peigne, Tabattage s’opère, ,c’est-à*dire que les anciens plis passent par-dessus les nouveaux ; et que les mailles së complètent par l’abattage. ' -p 1
- Lorsque les mailles sont finies par l’abatage,‘ 'le - lëriery en appuyant' toujours, fait tomber un petit peigne qui retient dans les aiguilles l’ouvrage en arrière, pendant que cette barre revient en avant par un contrepoids.
- Ce travail du tricot étant terminé par les moyens dont nous avons suivi la succession et les progrès, il faut rétablir tous les équipages du métier dans une position convenable, pour recommencer une nouvelle rangée de mailles. C’est ce que l’auteur est parvenu à faire, en relevant
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- Je levier qui a opéré tant de mouvemens par des abaissemens successifs. C’est ainsi que la barre aux aiguilles est ramenée en avant, que les platines sont rétablies dans leurs gîtes,, de manière qu’une nouvelle rangée de plis peut se former et se modifier avec les anciens dont nous avons annoncé le dépôt. ; ‘ ^
- On a pu se convaincre par les détails précédens, que les plus petits déplacemens de la barre aux aiguilles servent à exécuter plusieurs opér£iÿ tions du métier. Ainsi l’on ne peut douter que ce nouveau système de construction ne contribue à l’accélération du travail, et surtout lorsqu’un seul levier, par des balancemens fort courts, fait parcourir aux plis les diverses positions qu’ils doivent occuper sur les aiguilles pour compléter les mailles. C’est aussi d’après ces considérations qu’on doit apprécier les chan-gemens que M. Favreau a faits au métier à bas. v ; 1
- Quoique,ee métier soit chargé de pièces dans les parties où s’exécute le jeu des leviers , cependant, comme ces pièces sont construites très solidement, il paraît que leur entretien n’occasionera pas une dépense considérable. ‘ • ? •
- Mais ce qui paraît aux rapporteurs le plus digne d’attention, c’est la facilité du travail de ce métier, réduit au simple balancement de deux leviers, mécanisme ; très intéressant, et qui permet d’y appliquer, non seulement des jeunes gens et des hommes faibles, mais surtout des ouvriers privés de quelques uns de leurs membres, comme d’un bras et même des deux jambes. ; : i? ^ -, *.
- Lorsqu’on examine les opérations pénibles de l’ancien métier, qu’on considère le peu de soin qu’on a* de le maintenir en bon état, même dans les ateliers protégés par le Gouvernement, on ne peut trop relever les avantages des deux derniers métiers à bas qui ont passé sous les yeux de l’Institut, et qu’il a approuvés d’après un examen raisonné. En conséquence, MM. Périer et Desmarest pensent que la Classe, en distinguant le métier de M. Favreau-Bouillon, comme il le mérite, doit en faire connaître les belles et simples manoeuvres au Ministre de l’Intérieur, comme très propres, par la facilité de leurs mouvemenSj à occuper les jeunes enfans qui sont rassemblés dans certains hospices, et surtout à.remplacer l’ancien métier. ' • - wm.
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- ARTS CHIMIQUES.
- Procédé pour séparer l’alumine de l'alun; par M. Frédéric
- Accum (i).
- L’auteur annonce qu’on ne peut pas produire de l’alumine pure en décomposant l’alun du commerce par une dissolution de carbonate de potasse, et en lavant et calcinant ensuite le précipité obtenu. L’alun du commerce est une combinaison triple d’alumine, de potasse et d’acide sulfurique qui s’y trouve en excès. Si l’on sature cet excès d’acide avec un alcali ou même avec de l’alumine pure , il se forme un nouveau sel ( du sulfate d’alumine ) peu soluble, et différent surtout de l’alun du commerce parla proportion de ses principes constituans. C’est ce qui arrive lorsqu’on verse peu à peu une dissolution de carbonate alcalin dans une dissolution d’alun ; à mesure que l’excès d’acide se sature, il se forme un précipité qui est composé en grande partie du sulfate d’alumine insoluble dont on a parlé. Si l’on ajoute plus d’alcali, l’alumine qui se précipite enveloppe le sel insoluble, et le défend contre l’action de l’alcali. Les lavages n’enlèvent alors que le sulfate de potasse formé; et le résidu, au lieu d’être de l’alumine pure, contient une portion plus ou moins grande de sulfate d’alumine insoluble.
- Pour prouver ce qui vient d’être établi, on fait chauffer une quantité quelconque d’alumine obtenue avec de la poussière de charbon; on introduit le mélange dans une cornue communiquant avec un appareil pneumatique, et l’on ajoute de l’acide muriatique ou sulfurique. Il se forme de l’hydrogène sulfuré en abondance , surtout si la chaleur est appliquée au mélange. En employant le procédé suivant, on obtient de l’alumine parfaitement pure.
- On fait dissoudre une quantité quelconque d’alun du commerce dans quatre parties d’eau distillée bouillante, et on ajoute à cette dissolution de l’ammoniaque, jusqu’à ce qu’il ne se forme plus de précipité; on chauffe le mélange pendant quelques minutes, presque au degré de l’eau bouillante; on le jette sur un filtre, et on le lave jusqu’à ce que l’eau sorte insipide. Le précipité étant encore à l’état pâteux, on 1 introduit dans un ballon de verre, et on y ajoute peu à peu de
- (i) Journal de Nicholson. Ne XXXII. Août 1804. Cinquième année. Août 1806.
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- l’acide muriatique jusqu’à parfaite dissolution. On fait évaporer celte dissolution jusqu’à ce qu’une goutte, jetée sur une glace, y laisse déposer, par le refroidissement, de petits cristaux ; on laisse alors refroidir toute la liqueur qui, en reprenant la température de l’atmosphère, dépose des cristaux d’alun, que l’on en sépare par décantation. On évapore de nouveau la liqueur, et on répète la même opération , jusqu’à ce qu’il ne s’y forme plus de cristallisation par le refroidissement. Alors il ne restera que de l’alumine pure dans la dissolution , la potasse et l’acide sulfurique étant séparés aux dépens d’une petite partie d’alumine contenue dans les cristaux. La liqueur étendue d’eau , et décomposée par l’ammoniaque qu’on a soin d’ajouter en excès, dépose un précipité qui, lavé et séché, donne de l’alumine parfaitement pure.
- Cette alumine ne produit point d’hydrogène sulfuré en la chauffant avec la poussière de charbon ; elle ne répand aucune odeur, est insipide, onctueuse au toucher et d’un blanc de neige.
- Sur la lentille dAndré Rospino (i).
- Cette machine, aussi remarquable par ses grandes dimensions que par les effets étonnans qu’elle produit, est composée de deux verres, ayant chacun trois pieds de diamètre et trois lignes d’épaisseur : ces verres, de forme convexe, se montent dans un cadre de bois hermétiquement fermé , et laissent entre eux un vide dont le diamètre est d’un pied au centre , et qu’on remplit d’esprit de vin ; ils sont surmontés d’un petit ballon de verre dont le col communique avec la capacité intérieure, afin que l’alcool quelle renferme puisse s’étendre lorsqu’il est dilaté par les rayons du soleil.
- Cet appareil, monté sur un support de 9 pieds de haut, peut se mouvoir dans toutes les directions. On emploie pour cet effet un mouvement d’horlogerie muni d’un poids de quinze livres, qui fait tourner l’appareil à mesure que le soleil avance, et sert à maintenir au même point son foyer circulaire, ayant six lignes de diamètre, et distant de cinq pieds du verre. Par ce moyen, 011 peut faire des expériences, sans interruption, depuis le lever jusqu’au coucher du soleil. Les métaux les moins fusibles, tels que le platine, le fer, l’or, qui résistent assez long-temps
- (1) Journal fur Fabrick und Manufactur. Janvier 1806.
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- au feu le plus vif, placés au foyer de cette lentille, ont été complètement fondus en quelques secondes. On a brûlé le diamant, et le rubis a perdu sa couleur, lorsqu’il est entré en fusion. Des briques cuites et d’autres pierres furent vitrifiées en tout ou en partie, en une ou deux secondes, suivant leurs dimensions.
- Nous observerons que le moyen employé par Rospino pour la réunion de ses verres n’est pas nouveau. Dès 1770, MM. Brisson, Macquer, Cadet et Lavoisier firent construire une lentille composée de deux verres bombés, qui, réunis parleurs bords, formaient un vide de 4 pieds de diamètre, et de 6 pouces 5 lignes d’épaisseur au centre. Ces verres étant épais de 8 lignes chacun, donnaient à l’appareil une épaisseur de 7 pouces g lignes. Les verres employés à Paris étaient plus grands que ceux de Rospino , puisqu’ils avaient 4 pieds de diamètre intérieur. Mais, eu comparant l’épaisseur au centre des deux appareils, on trouve une grande différence entre la forme des verres. Il paraît que les premiers étaient plus plats.
- Le vide compris entre les deux verres fabriqués à Paris contenait cent quarante pintes d’alcool , auquel on substitua par la suite de l’huile de térébenthine. Ils étaient montés sur un pied et tournaient dans toutes les directions. Ce qui distingue avantageusement l’appareil de Rospino, c’est que cet artiste emploie pour cet effet un mouvement d'horlogerie.
- Mais un de ses principaux avantages, c’est son foyer qui, malgré la grande dimension des verres, n’a qu’un demi-pouce de diamètre et n’en est éloigné que de 5 pieds. On peut juger, par une pareille convergence des rayons solaires, de l’effet que doit produire cette lentille, Le foyer de la lentille de Paris, dont les effets furent les plus sensibles, était à 10 pieds 10 pouces une ligne du verre,* cette distance variait, suivant qu’on couvrait d’une toile cirée une partie de sa circonférence; ce qui prouve que les rayons du soleil, rassemblés derrière le verre, ne se réunissant pas sur un seul point, ne pouvaient y produire tout leur effet. Cet inconvénient doit être attribué à la forme peu convenable des verres qui ont été notablement perfectionnés par Rospino.
- La lentille construite à Paris produisit néanmoins de très grands effets. Des monnaies de cuivre furent fondues en une demi-minute, et en employant un verre auxiliaire de 8 pouces et demi d’épaisseur sur 1 pied cq pouces 8 lignes de diamètre, le fer entra aussitôt en fusion, et se con_ vertit en une scorie noire et vitrifiée.
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- Le changement des saisons nV que peu d’influence sur les effets de cette lentille , qui dépendent essentiellement de la pureté de l’atmosphère. C’est par cette raison que la lentille employée à Paris produisit des effets plus grands eh hiver que pendant les fortes chaleurs de l’été. ; !
- ARTS ÉCONOMIQUES.
- Observations de M. d’Arcet, sur une note insérée dans le JY° XXIV du Bulletin, quatrième année, au sujet des objets présentés à la Société par M. de Paroy.
- M. Degrave a présenté au Conseil, dans une de ses dernières séances, plusieurs objets d’art qui lui avaient été confiés par M. de Paroy. Il me semble que l’article du Bulletin qui constate cette communication n’en donne pas une idée exacte. Les détails suivans rétabliront les faits, et feront rendre à M. de Paroy le tribut de reconnaissance que lui doivent les arts auxquels il a consacré avec tant de zèle et tant de talens sa fortune et sa vie entière.
- U est dit, page 3oo du Bulletin, N° XXIV, que M. de Paroy a fait servir la transparence de Vécaille amincie à remplacer avec plus de solidité le plus beau vernis, et l’on y attribue aux Anglais l’in vention d’un procédé analogue. Il est très possible que les Anglais possèdent un art que nous connaissons depuis long-temps; mais ce n’est pas de cet art qu’il s’agit: on doit plus à M. de Paroy. ,
- En effet, il imprime , par un moyen particulier , une gravure quelconque sur de l’écaille blonde; il soude ensuite à cette écaille, et du côté du dessin, une autre plaque d’écaille colorée, argentée ou dorée; de façon que les deux plaques n’en forment plus qu’une seule , et que le dessin, avec la feuille d’or ou d’argent qui lui sert de fond, se trouve renfermé au centre de cette écaille d’une manière aussi solide qu’exacte.
- On conçoit qu’on peut faire, par ce moyen, des tabatières, des boites, des boutons d’habits de toutes formes, des manches de couteaux, et surtout des médaillons qui peuvent servir à l’ornement des meubles , et que l’on ne peut pas mieux comparer qu’à ces morceaux de succin qui sont devenus le tombeau des insectes qui autrefois en furent enveloppés. -O * >
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- Les moyens employés par M. de Paroy sont d’une application presque générale; les ornemens de tout genre qu’il peut exécuter s’incrustent dans le bois, et se polissent en même temps que lui.
- Les échantillons de gravures sur acier, qui ont été présentés au Conseil, offrent encore les mêmes avantages à la bijouterie et à la tabletterie. Ces procédés sont neufs, et donnent pour résultat une gravure en creux qui se dessine sur un fond poli. Les ombres sont exprimées par une couleur particulière que M. de Paroy donne à son acier. Il peut, par ce moyen, graver sur des lames de sabre des sujets de batailles, des attributs de guerre ; sur des canons de fusil, des emblèmes de chasse; sur des boutons, des objets d’agrément, etc.
- M. de Paroy a exécuté, il y a vingt ans, par ce dernier procédé, quelques pièces qui ont été présentées alors à l’Académie des Sciences; depuis il a fait fabriquer pour le roi d’Espagne un meuble qu’il a orné de médaillons et de sujets incrustés.
- Je n’entre dans ces détails que parce qu’il est important pour M. de Paroy, et même pour l’histoire de l’industrie française , que l’auteur prenne acte de son invention. Tous les faits qui peuvent en constater l’utilité se trouveront consignés dans un traité général sur l’art de la gravure que va publier M. de Paroy, et dans lequel il développera les procédés qui lui sont particuliers. Possédant si bien la théorie et la pratique des arts, il puisera dans chacun d’eux des perfectionnemens nombreux, et son ouvrage sera sans doute digne de faire époque dans leur histoire.
- Sur la fabrication des chapeaux et des fleurs de paille (i).
- Nous avons fait connaître dans le N° I du Bulletin, première année , un procédé employé à Paris pour former et presser les chapeaux de paille ; mais nous n’indiquâmes pas, dans cet article, les diverses préparations que subit la paille avant d’être mise en œuvre. Nous allons réparer cette omission en donnant la description d’un procédé usité en Angleterre pour la fabrication des chapeaux et des fleurs de paille.
- Cette branche d’industrie, qui est exercée à Londres par des femmes, ordinairement plus adroites que les hommes pour un travail qui exige beaucoup de soin , d’attention et de patience, forme un objet d’exportation
- (i) Magazin der neuen Erfindungen. N° 34,
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- assez considérable, quoique l’art de fabriquer les fleurs de paille soit encore dans son enfance.
- Il est aisé de concevoir combien il est difficile de préparer la paille i de la tresser, de la tordre, de la rouler, de la diviser, etc., sans la briser ou la ployer. Il serait même douteux qu’on pût parvenir à diviser la paille au degré de finesse convenable pour la fabrication des fleurs, sans employer le procédé que nous allons indiquer.
- La paille ayant communément des nuances plus ou moins foncées , ou commence parla blanchir pour la rendre d’une couleur uniforme : pour cet effet, on l’étend dans un endroit soigneusement fermé, au milieu duquel on allume du soufre ; après avoir été exposée pendant vingt-quatre heures à la vapeur du soufre, elle sera suffisamment blanchie.
- On choisit les brins les mieux conservés et les plus longs, et on les humecte, en les plaçant par couches entre deux grosses toiles mouillées. Trois heures suffisent pour les humecter convenablement.
- Après cette première opération, on divise les brins avec un canif à pointe recourbée ; on y fait une incision, et en partant du point où elle est pratiquée, il est facile de partager le brin dans toute sa longueur ; ensuite On nettoie la partie intérieure de ces brins.
- Les brins, ainsi divisés, sont de nouveau humectés, mais pas autant que la première fois, ce qui les aplatit entièrement : on les laisse dans cet état l’espace de trois heures.
- Lorsqu’il s’agit de fabriquer des fleurs, on divise les brins en filets très fins; mais, pour faire des chapeaux ou des bonnets, on prend des brins plus gros et plus forts.
- On est parvenu, après beaucoup d’essais, à partager les brins de paille en autant de filets qu’on le désire. Cette opération se fait à l’aide d’aiguilles rangées sur une même ligne à hauteur et distance égales, et dont les têtes sont engagées dans de la résine, On en forme cinq peignes montés sur du bois ou sur du fer, dont le n° i contient onze aiguilles, et le n° 5 trente. Ces aiguilles sont de la plus petite espèce , et analogues à celles employées pour broder la mousseline. En passant un brin de paille plate dans toute sa longueur sur ces peignes, il sera divisé en autant de filets plus un qu’il y a d’aiguilles, c’est à dire qu’en employant, par exemple, le peigne n° 5, on obtiendra trente et un filets ayant chacun la grosseur d’un cheveu. Ces filets de paille seront légèrement humectés.
- Pour fabriquer certaines fleurs, telles que des roses, il faut rouler les brins de paille. Pour cet effet, on les étend sur une pièce de bois
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- cannelée, sut laquelle on passe un cylindre ou rouleau également cannelé.
- Il est essentiel d’avoir les doigts constamment humides en fabriquant ces fleurs; sans cette précaution, la paille perdrait bientôt sa souplesse et sa flexibilité. Si l’on veut rehausser le coloris naturel de la paille par d’autres couleurs plus vives, on se sert de batiste peinte, de satin ou de velours.
- Quoiqu’il ne soit pas nécessaire d’employer, pour la fabrication des chapeaux, des filets aussi fins que pour celle des fleurs, cependant le prix de ces chapeaux , qui sont de la plus grande beauté, est comparativement tout aussi élevé.
- Quant à la manière de teindre et de tresser la paille, de réunir les tresses et d’en former des chapeaux, la fabrique de Londres suit les procédés connus et en usage pour ces diverses opérations.
- On commence à fabriquer à Londres des chapeaux mêlés de paille et de soie , qui, au beu d’être tressés comme les précédens, sont tissés. Cet objet de luxe était très recherché pour les colonies , où l’on expédia soixante à soixante-dix douzaines de chapeaux , du prix: de 4 guinées et demie chacun.
- ECONOMIE RURALE.
- Extrait dune notice sur la ruche écossaise de M. de la: Bourdonnaye ; par M. Ducouëdic.
- L’art d’enlever le miel et la cire des ruches, sans détruire préalablement les abeilles, n’est connu en France que depuis une époque assez recente, où des naturalistes distingués ont perfectionné la construction des ruches.
- Pour dépouiller les abeilles de leurs richesses, les uns les noient, d’autres les étouffent à la vapeur du soufre. Dans quelques contrées, on se contente de les chasser de leurs ruches, en faisant un trou dans leurs sommets , et en introduisant de la fumée par l’ouverture ordinaire de la ruche.. On couvre cette ruche d’une seconde pièce;-les abeilles se rendent dans cette nouvelle habitation pour fuir la fumée, et le propriétaire dispose de la ruche évacuée,
- Ailleurs on renverse la ruche pleine, et on la couvre d’une ruche
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- vide; on frappe ensuite légèrement sur la pleine, et Ton fait monter ainsi les abeilles de la ruche pleine dans la vide, qu’on place aussitôt sur le tablier.
- Ces deux dernières méthodes sont moins défectueuses que les précédentes; on perd cependant le couvain, qui demeure et périt dans les ruches évacuées par les abeilles.
- On conserve, à la vérité, la plus grande partie des mouches, mais on en perd encore beaucoup, et souvent elles dépérissent dans leur nouvelle habitation , ou bien elles en désertent par dégoût, pour se retirer dans les bois ou dans de vieilles murailles, et elles deviennent ordinairement vagabondes, pillardes, et très incommodes pour les autres ruches.
- Des personnes ayant beaucoup d’abeilles ont jugé que ces deux dernières méthodes étaient vicieuses, attendu le dommage qui en résultait presque toujours pour les ruches, lorsque les mouches ainsi expulsées se livraient au brigandage.
- Enfin , il y en a d’autres qui enlèvent la moitié de la cire et du miel, en laissant subsister la partie antérieure de la ruche où se tiennent toujours les abeilles et où elles ont leur couvain. Après cette opération ils retournent le côté vide au midi et le côté demeuré plein au nord, afin que les abeilles rebâtissent sur le devant et y rétablissent par la suite leur couvain.
- Cette méthode , quoique très ancienne et la moins préjudiciable de toutes celles pratiquées jusqu’à ce jour, a quelques inconvéniens. La ruche vieillit, le bois ou la paille dont elle est construite pourrit ; on ne peut la nettoyer suffisamment, encore moins la réparer; la vermine s’y introduit, et l’on perd enfin ses abeilles par la vétusté de leur logement.
- .. M. Ducouëdic, président du canton de Maure, arrondissement de Redon, département d’Ille-et-Vilaine, adressa, il y a7 quelque temps, à la Société une notice sur la ruche écossaise de M. de la Bourdonnaye, dans laquelle il recommande les avantages de cette ruche, et dont nous allons extraire ce qui y est relatif.
- , M. de la Bourdonnaye, qui s’était livré à une étude particulière de l’éducation des abeilles,' peu satisfait des procédés indiqués dans les divers ouvrages qui traitent de cette branche de l’économie rurale, chercha d’autres lumières dans de nouvelles sources. Il trouva dans la Collection académique, tome IVe de la partie étrangère, page 3g, la description d’une ruche très utile pour empêcher les jetons d’essaimer lorsque la saison est trop avancée et dont on fait usage en Ecosse. Il
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- saisit l’idée heureuse de faire usage d’une ruche de ce genre, non seulement pour empêcher les jetons d’essaimer, mais encore pour dépouiller les abeilles de leurs productions, sans les noyer ou les étouffer par la vapeur du soufre, et en s’écartant de toutes les autres méthodes pratiquées. Il donna à cette ruche le nom de ruche écossaise, et la fit exécuter en paille. Elle est composée de deux pièces ayant onze pouces de haut sur un pied de diamètre, qu’on place l’une sur l’autre. Etant réunies, elles forment une ruche de vingt-deux pouces de haut, que l’on couvre avec une planche chargée d’une pierre. A chacune des parties il y a un fond en paille qui lui est adhérent, et sur le bord duquel est pratiqué un trou de quinze à dix-huit lignes en carré. On peut considérer les deux parties comme deux petits cuviers posés l’un sur l’autre , et qui communiquent par une ouverture. La seconde partie sert de hausse à la première. Le côté qui est sans fond porte sur le tablier.
- Les dimensions qu’on donne à cette ruche peuvent être plus ou moins considérables, sans qu’il en résulte le moindre inconvénient. M. Ducouë-dic assure que les ruches de paille sont préférables aux ruches d’osier, de bourdaine et de toute autre espèce de bois, parce qu’elles garantissent mieux, en été, les mouches de la trop grande chaleur, et qu’en hiver elles les mettent mieux à l’abri du froid. %
- Le moyen employé par M. de la Bourdonnaye pour faire usage de cette ruche fut de placer au dessus une ruche ordinaire qui n’était pas tout à fait pleine. Elle fut lutée exactement pour empêcher les abeilles d’y entrer par l’ouverture ordinaire , et de les forcer de prendre leur route par le bas de Ja pièce ajoutée à leur logement. Elles continuèrent de travailler comme si l’entrée de leur ruche avait été la même, et après avoir fini de remplir la ruche supérieure de cire et de miel, les abeilles descendirent s’établir dans la ruche inférieure.
- Ces deux pièces étant remplies, on enlève celle de dessus pour profiter de la cire et du miel qu’elle renferme, et lorsqu’elle est vide, on la place sous la pièce qui est restée sur le tablier ; pailla le couvain ainsi que les abeilles sont conservés. Cette opération sera répétée toutes les fois que, la pièce supérieure étant remplie, les abeilles auront commencé à travailler dans celle de dessous. Au reste, on peut recevoir les essaims dans une des pièces, et quand leur travail est avancé, étendre leur logement par une seconde pièce qui sert de hausse à la première. Les ruches de cette forme satisfont à tout, puisqu’en fournissant beaucoup de cire et de miel les abeilles sont conservées aussi bien que leur couvain.
- Le moment le plus propre pour passer une ruche écossaise souà un
- Cinquième année. Août. 1806. 6
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- panier ordinaire, c’est la nuit du jour où les abeilles ont essaimé. La ruche, alors, est pleine de cire et de miel, et sans couvain. Les abeilles descendent de leur première ruche dans la seconde, qu’elles trouvent vide ; et elles recommencent à travailler pour remplir ce second panier et y faire du couvain.
- Cette ruche écossaise, restée dans l’oubli depuis la mort de M. de la Bourdonnaje , vient d’être rétablie par M. Ducouëdic ; il n’y a fait aucun changement, et elle existe telle que nous venons de la décrire dans son domaine du Cormier, canton de Maure, département d’Ille-et-Vilaine.
- M. Ducouëdic prétend qu’un paysan, ne possédant que douze ruches écossaises, recueillera, chaque année, au moins douze paniers pleins de cire et de miel, et il conservera long-temps ses douze ruches-mères, qui lui assureront, chaque été, la même récolte. S’il veut opérer d’après l’instruction portée dans le tableau suivant du produit présumé que l’on peut obtenir des abeilles, il n’est pas douteux qu’il ne retire de son rucher beaucoup d’avantage.
- Le miel que l’on retire des paniers écossais, ajoute l’auteur, est plus blanc, plus net, de meilleure qualité que celui des vieilles ruches ordinaires dont on a noyé ou étouffé les abeilles ; il est absolument sans ordure, et la cire qui en provient est plus blanche , plus luisante, plus facile à travailler que celle de nos ruches ordinaires.
- Jamais les abeilles ne peuvent périr par la disette dans les ruches écossaises; il y a toujours un panier rempli de provisions , et on peut les empêcher d’essaimer lorsque la saison est trop avancée pour que les jetons puissent s’approvisionner.
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- Tableau du produit présumé d'une ruche ordinaire, que Von convertirait en
- ruche écossaise, en lui laissant du printemps.
- Essaim de la ruche ordinaire.
- I.
- Le tcr mai, on recevra l’essaim de la ruche ci-contre d..ns un panier ordinaire , on le posera sur son tablier, et on le laissera opérer jusqu’au ier juin , c’est à dire l’espace d’un mois seulement.
- 11. .
- Le 1er juin , c’est à dire un mois après que cet essaim aura été recueilli , on passera sous cette ruche ordinaire un panier écossais.
- Le premier panier est déjà plein de cire, de miel et de couvain , et il aurait essaimé dans le courant de juin , si on ne lui avait pas donné un second panier.
- III.
- Le Ier juillet, on enlevera le panier n° i , dans lequel on avait ramassé l’essaim ; . il sera plein de cire et de riiiel , et les abeilles
- la jaculte d essaimer au commencement
- Ruche ordinaire convertie en ruche écossaise.
- Une ruche d’abeilles un peu forte doit essaimer du 20 avril au io mai. On suppose ici que la ruche ordinaire que l’on veut convertir en ruche écossaise, essaime le Ier mai.
- I.
- Le soir du premier jour où c^tte ruche aura essaimé, au coucher du soleil, et lorsque toutes les mouches seront rentrées , on passera sous le pan:er de cette ruche ordinaire un panier écossais. Le fond de ce panier, qui a la forme d’un boisseau renversé, est percé à deux ou trois pouces du bord, et du côté exposé au midi, d’un trou de quinze à dix-huit lignes en carré.
- On lutera ces deux paniers avec de la bouse de vache ou de la terre glaise , dans le contour de leur jonction , de manière que les abeilles qui sont dans le panier supérieur soient obligées de passer par le trou du fond pour descendre dans le second panier, d’où elles s’échappent par l’ouverture pratiquée pour cet effet.
- Si le panier supérieur est plein de cire et de miel , toutes les abeilles l’abandonneront, ou bien elles se hâteront de le remplir pour descendre dans le panier inférieur, où elles travailleront avec l’ardeur d’un nouvel essaim.
- IL
- Le 1er juin, ou enlevera la ruche ordinaire pleine de cire et de miel, et on passera sous le panier écossais, resté sur le tablier, un autre panier écossais.
- Le panier n° i sera déjà plein de cire, de miel et de couvain. Mais les abeilles , aussitôt que le couvain sera éclos et en état de travailler, descendront pour bâtir des alvéoles et ramasser du miel dans le panier vide.
- III.
- Le ier juillet, même opération : on enlevera le panier n° i , dans lequel on ne trouvera que de la cire et du miel , le couvain
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- ( M
- seront descendues avec leur couvain dans le panier n0 2.
- IV.
- Le 1er août , on enlèvera Je panier du 1" juin , et on passera sous celui resté sur le tablier un nouveau paniér. '
- Le panier n° 2, que l’on enlèvera, sera plein de cire et de miel, et les abeilles seront toutes descendues dans le panier n° 3, qui renfermera également leur couvain.
- Pendant le restant de l’été, l’automne et l’hiver suivans, les deux paniers nos 3 et 4 resteront l’un sur l’autre ; il n’en sortira pas d’essaim celte année, mais les abeilles travailleront sans relâche,le surplus de la belle saison, à ramasser des provisions suffisantes pour l’hiver.
- V.
- Si, par évènement, sur la fin d’un beau mois d’août, on s’aperçoit que les abeilles d’une ruche veulent essaimer, on doit leur passer encore un nouveau panier écossais, et on peut enlever le n° 3.
- Dans un été serein, sans chaleurs excessives , cela peut arriver, surtout dans les pays où l’on cultive le sarrasin ou blé noir, qui se trouve en fleur pendant le courant du mois d’août et partie de celui de septembre.
- Par celte méthode , le propriétaire aura retiré de cet essaim au moins deux paniers, peut-être trois , pleins de cire et de miel, sans perte de ses abeilles, ni de leur couvain, et il lui restera deux paniers posés l’un sur l’autre, qui forment ce qu’on appelle la ruche écossaise.
- Ces deux paniers superposés contiendront, le premier, beaucoup de cire et de miel, avec du couvain ; l’autre , un peu moins de miel , mais toute la cire nécessaire , ainsi que toutes les abeiiîes qui 11e manqueront pas de provisions pendant l’hiver suivant. “
- Au printemps* elles essaimeront de bonne heure, si le propriétaire veut en avoir un essaim ; et, s’il ne veut pas qu’elles essaiment, il suivra les procédés indiqués dans le tableau suivant.
- )
- étant dans le panier n° 2, déjà plein lui-mêniG, et on passera sous celui-ci, resté sur le tablier, un nouveau panier écossais, dans lequel les abeilles descendront aussitôt que le couvain sera prêt. .
- IV. "
- Le xer août, même opération : on enlevera le panier n° 2 , et on passera sous le panier resté sur le tablier un nouveau panier écossais, dans lequel les abeilles descendront encore pour travailler de nouveau pendant que la saison le permettra.
- V.
- On ne doit pas craindre que les abeilles essaiment dans le courant du mois d’août ; cependant , si la saison était favorable et que les abeilles cherchassent à essaimer, ou leur passerait un nouveau panier après avoir enlevé le panier n° 3. Cela peut être nécessaire, et arriver surtout dans le pays où l’on cultive le sarrasin.
- Les deux derniers paniers, soient les nos3 et 4 , soient les nos 4 et 5, demeureront posés l’un sur l’autre le restant de l’été , l’automne et l’hiver.
- Si ce sont les nos 3 et 4» leurs provisions seront abondantes, et ces abeilles essaimei’ont de bonne heure au printemps , si le propriétaire veut avoir un premier essaim. Mais s’il arrive que ce soient les nos 4 et 5 qui demeurent sur le tablier dans le rucher, le propriétaire aura soin de les visiter en hiver, et de voir si les provisions ne manquent pas ; s’il s’aperçoit qu’il y a disette, il jettera sur le tablier, dans l’intérieur du second panier, un quarteron ou une demi-livre du plus gros sucre, ce qui sera suffisant pour faire arriver ses abeilles au printemps.
- > Le total de la récolte d’une ruche ordinaire, en opérant de celte manière, peut être de cinq et même de six à sept paniers pleins de cire et de miel
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- sans la moindre ordure, dans les années favorables, et il restera au propriétaire deux ruches écossaises, qui lui fourniront le même montant de récolte, chacune, l’année suivante, en continuant de suivre cette méthode, et ainsi d’année en année.
- Tableau du produit présumé d’une ruche écossaise, dont le propriétaire ne
- 'veut pas avoir d’essaim.
- On suppose un propriétaire ayant son rucher garni d’un nombre suffisant de ruches écossaises , et ne voulant jouir que de leur produit annuel, sans augmenter leur nombre pour l’avenir.
- i°. Dès le ier avril , le propriétaire enlevera le panier supérieur de sa ruche écossaise, et il passera un nouveau panier sous celui resté sur le tablier ; les mouches y seront bientôt descendues pour remplir ce nouveau panier comme l’ancien.
- 2°. Le icr mai, même opération : le propriétaire enlevera le panier supérieur et en passera un nouveau sous celui resté sur le tablier. Les mouches descendront comme précédemment, et travailleront à remplir de cire et de miel leur nouvelle demeure.
- 3\ Le ier juin, même opération : on enlevera le panier supérieur et l’on en placera un nouveau sous celui resté sur le tablier. Les mouches descendront et continueront de travailler pour remplir le nouveau panier.
- 4°. Le ier août, même opération : le panier supérieur sera enlevé, et on en posera un nouveau sous celui resté sur le tablier. Les abeilles continueront d’opérer comme par le passé.
- 5°. Le Ier août, même opération : le propriétaire enlevera le panier supérieur et en placera un nouveau sous celui resté sur le tablier, et ce nouveau panier sera rempli de cire et de miel dans le courant du mois.
- 6°. Si la saison est favorable, surtout dans les pays où l’on cultive le sarrasin, ou dans les contrées du midi, dont le climat est tempéré, on peut enlever le panier supérieur le ier septembre, et passer sous celui qui reste sur le tablier un nouveau panier écossais.
- Ces deux derniers paniers demeureront, le restant de l’automne et de l’hiver, posés l’un sur l'autre jusqu’au ier avril suivant, époque à laquelle on suivra la même méthode d’occuper les abeilles et d’enlever le produit de leur travail.
- M. Tjucouèdic assure que la récolte annuelle sera, au moins, de cinq paniers pleins, et, dans certains pays, elle sera de six paniers par chaque ruche écossaise. Alors un propriétaire n’aurait plus l’embarras
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- de veiller, d’attendre et de courir après les essaims; il ne craindrait plus d’en perdre : ses abeilles seront toujours jeunes et vigoureuses.
- L’apteur prétend que pour un essaim très fort des mois d’avril, mai et juin, il ne faut pas plus de dix-huit ou vingt jours pour remplir entièrement le panier de cire et de miel, et qu’il ne faut qu’un mois tout au plus aux essaims ordinaires.
- Or, les essaims des ruches écossaises sont le plus souvent très forts, surtout le premier que l’on reçoit ; d’où l’on peut conclure que chaque mois, à dater du ier avril, on pourra enlever le panier supérieur d’une ruche écossaise, lorsqu’on ne veut pas en attendre l’essaim, et passer de suite un nouveau panier sous celui qui reste sur le tablier; que cette opération peut être conduite pendant le printemps et l’été, depuis le ier avril jusqu’au ier août, et même jusqu’au 1e1’ septembre, et rendra ainsi, chaque mois et par chaque ruche écossaise, un panier plein de cire et de miel de la plus grande pureté, et sans perte d’abeilles. .
- M. de la Bourdonnaye, et les amateurs qu’il s’associa, ne s’occupèrent que de la conservation des abeilles pendant les premières années. On retirait, chaque année, un panier entièrement plein de cire et de miel, avec quelques essaims, et les abeilles continuèrent d’exister. Mais M. Ducouë-dic pense qu’aujourd’hui, d’après l’activité bien constatée de cet insecte laborieux , on pourra recueillir, chaque année, lorsque le printemps et l’été n’auront été ni trop pluvieux ni trop orageux, cinq ou même six paniers pleins de cire et de miel de chaque ruche écossaise, sans que les abeilles soient fatiguées ou ennuyées de la longueur de leur travail. Il est même présumable qu’on les garantirait de beaucoup de maladies qu’elles contractent dans les vieux paniers ordinaires.
- Nouvelles claies perfectionnées pour le parcage des moutons;
- par M. Plowmann(i). ,
- Les claies qu’on emploie ordinairement pour faire parquer les moutons sont d’un transport difficile et exigent un travail assez long pour être établies. C’est dans la vue d’améliorer cette partie de l’éducation des bêtes à laine que l’auteur a présenté à la Société pour l’encouragement des arts v à Londres des claies perfectionnées, qui réunissent la solidité de la construction à la facilité du transport. Cette Société, pour témoigner sa satisfaction à M. Plowmann, lui a décerné une médaille d’or. . r
- (i) Extrait du Repertory of Arts. N° XXXV.,
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- Outre les avantages que nous venons d’indiquer, ces claies peuvent être employées avec succès dans les temps de gelée où les anciennes claies deviennent inutiles, parce qu’on ne peut pas les fixer solidement dans le sol durci par le froid ; elles offrent aussi une économie de travail considérable , quoique leur construction soit plus dispendieuse que celle des claies ordinaires , pour un nombre égal de moutons. Mais ces dépenses sont suffisamment compensées par leur longue durée; l’auteur s’en est servi pendant trois années consécutives, sans avoir besoin d’y faire la moindre réparation. Avant de suivre cette nouvelle méthode, M. Tlowmann perdait communément trente à quarante nuits de parcage dans les années où la sécheresse avait durci le sol, ce qui opposait de grands obstacles à l’établissement des claies, qu’on a alors beaucoup de peine à enfoncer dans la terre. L’auteur assure que l’emploi de ses nouvelles claies contribue à la conservation et même à la multiplication des moutons , et que les petits propriétaires, dont les troupeaux sont peu nombreux à cause de la rareté des fourrages secs, pourront les augmenter considérablement dès qu’ils n’auront plus besoin de payer les gages d’un berger, puisqu’un enfant, auquel ils donneront un modique salaire, suffira pour garder deux à trois cents moutons, et transporter seul les claies nécessaires à leur parcage. Il arrive souvent que celles - ci sont renversées par des coups de vent, ce qui permet aux moutons de se disséminer dans les champs et de causer du dégât : les nouvelles claies n’ont pas cet inconvénient. »
- Dans les pays où l’on fait parquer les porcs, afin qu’ils débarrassent le sol des mauvaises herbes, etc., on éprouve souvent de grands obstacles pour les mettre en sûreté ; car on ne pourrait pas employer pour cet usage des claies ordinaires, qu’ils auraient bientôt renversées ou arrachées. L’auteur s’est convaincu, par différens essais, que ses claies perfectionnées sont assez solides pour être adaptées à cet usage.
- Un seul homme suffit pour faire avancer en cinq minutes un parc de trois cents moutons, travail qui exige plusieurs heures par l’ancienne méthode.
- Les claies nouvelles, formant un carré de vingt et un pieds sur toutes les faces et de trois pieds onze pouces de haut, sont composées de cinq barres ou traverses, dont les deux principales ont chacune trois pouces d’équarrissage; les deux traverses intermédiaires les plus rapprochées du sol ont quatre pouces de profondeur sur neuf lignes d’épaisseur, et la troisième trois pouces de profondeur sur neuf lignes d’épaisseur. Sept montans de chêne, ayant deux à trois pouces d’équarrissage, servent à assembler ces
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- traverses. Quatre roulettes de fonte, montées sur des essieux de bois de trois pieds de long sur trois pouces d’équarrissage, réunis par des pièces coudées avec les montans de chaque extrémité de la claie, servent à la faire avancer très facilement. Les essieux sont pourvus de deux axes pour chaque roue, l’un destiné à la faire tourner à la manière ordinaire, et l’autre à la faire mouvoir à angle droit avec la barre inférieure.
- Si l’on veut faire parquer les moutons sur les hauteurs, il faut commencer à établir les claies sur le sommet, afin de pouvoir les faire descendre plus facilement : un cheval sert à les remonter. Cependant l’auteur n’a pas eu occasion d’employer ce moyen, parce que les sillons des champs de sa contrée sont tracés dans une direction opposée. Il faut avoir soin d’établir les claies suivant le sens des sillons; on évite par là l’inconvénient de les croiser, et ils servent même à maintenir la direction du parc.
- L’auteur ne se rappelle pas que les moutons aient passé par dessous les. claies; il faudrait qu’un pays cultivé fut bien inégal pour le permettre. Il a joint à la description de sa nouvelle méthode de parcage plusieurs certificats de personnes dignes de foi qui emploient ses claies perfectionnées, et d’où il résulte qu’elles atteignent parfaitement le but que l’auteur s’est proposé. %
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- IMPRIMERIE DE Madame HUZARD ( née VALLAT LA CHAPELLE ),
- : BUE DE L*EPERON , 8° ..
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- CINQUIÈME ANNÉE. ( N° XXVII. ) SEPTEMBRE 1806.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- Extrait des séances et de la correspondance du Conseil pendant le troisième trimestre 1806.
- Sur les moulins à vent. Il existe en France un grand nombre de moulins à vent; mais leur construction est tellement vicieuse, surtout clans nos départemens méridionaux, qu’il est de la plus grande importance d’y apporter d’utiles réformes. Déjà la Société avait fait exécuter par M. Mo-lard, de Compiègne, un modèle de moulin à vent hollandais qu’elle a envoyé à Besançon , où il a été établi en grand; et les soins qu’elle a donnés à cet objet ont été couronnés par le succès. On connaît tous les avantages que les Hollandais retirent des moulins à vent, très multipliés chez eux, et construits sur des principes très simples. Il serait à désirer qu’on les adoptât généralement en France, surtout ayant de bons modèles en ce genre. Depuis quelques armées, on à ima.giné de substituer des ailes horizontales aux ailes verticales; mais, soit qu’elles n’atteignent pas le but qu’on s’est proposé,-soit qu’elles nécessitent des changemens considérables dans le mécanisme du moulin, ces ailes horizontales ne sont point encore d’un usage général en France, où l’on préfère toujours les ailes verticales. Une des plus , utiles améliorations à faire aux moulins à vent serait de trouver un moyen de dégarnir les voiles des ailes sans être obligé d’arrêter leur mouvemen,îr ' Cinquième année. Septembre 1806. 7
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- ' ( 5o ) ; -
- Le moyen imaginé par M. Bycvanter, pour enrouler les voiles pendant que les ailes tournent, et que nous avons décrit Bulletin N° XXIII, p. 269, paraît trop compliqué et exige des dépenses considérables. L’idée de M. Récicourt d’employer pour cet effet l’excès même du vent avait déjà été exécutée par MM. Girard, inventeurs des lampes hydrostatiques. Ils ont imaginé un moulin à vent pour le dessèchement des marais , dont les voiles s’enroulent et se déroulent suivant la largeur de l’aile par l’excès du vent, qui sert ainsi de force motrice et modératrice. Les dessins et la description de ce moulin, remis au Conseil par MM. Girard} ont été renvoyés à l’examen du Comité des arts mécaniques.
- Utilité des os pour les arts et Véconomie domestique. On sait que les os servent à une infinité d’usages dans les arts, et principalement dans l’art du tourneur. Calcinés, ils nous offrent une belle couleur noire, connue sous le nom de noir d’ivoire ou noir d’os , et un excellent engrais pour les terres; pulvérisés, ils donnent une nourriture abondante et servent de base aux produits des fabriques de sel ammoniac, Le Conseil a été informé qu’il existe au Gros-Caillou un établissement où l’on recueille les os de boeufs pour les employer à divers usages. Les directeurs de cet établissement, persuadés qu’on pourrait profiter des os de la tête, qu’ils ont coutume de brûler, ont l’intention de faire construire une machine pour les broyer ; mais ils désireraient s’assurer auparavant si la gélatine de ces os a les mêmes propriétés que ççjle des qs des autres animaux. ' - . .. .
- M. Thénard a fait un travail très étendu pour établir la différence qui existe entre le bouillon d’os et celui de viande , et dont les résultats sont connus : il a découvert dans le bouillon de viande une substance très distincte , à laquelle il a cru devoir donner un nom particulier, ce qui ferait présumer quelque différence dans les effets des deux espèces d’alimens. Mais les os offrent encore un autre avantage très précieux : la gélatine qu’on en retire peut être employée à la fabrication d’une colle-forte, au moins égale à celle du commerce (r) ; cette branche d’industrie ne saurait être trop encouragée.-;^ ;s : • . s ; rv.l-'Z < ' . # -
- La plus grande difficulté consiste néanmoins à broyer les os écono-
- (1) Il existe depuis plusieurs années, à Paris, une fabrique de colle-forte dans laquelle on emploie exclusivement les pieds de bœuf, dont on retire la substance gélatineuse par la cuisson. On obtient par ce procédé une assez grande quantité de suif qui peut servir à la fabrication du savon et à celle des chandelles. t . . -- - ’ ; r-~
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- miquement. M. de Lasteyne a annoncé qu on a construit une machine très simple pour broyer les os. Elle est composée d’un arbre horizontal mobile dans un support vertical et garni d’un fer en râpe, au dessus duquel se trouve une trémie. Un homme, en appuyant sur l’extrémité de cet arbre et lui faisant faire un mouvement de bascule, peut pulvériser ainsi une assez grande quantité d’os.
- Amélioration de nos fers et de nos aciers. Si, depuis plusieurs années , nous avons fait des progrès satisfaisans dans plusieurs branches d’industrie, si nos filatures de coton par mécanique ont été éminemment utiles, en ce qu’elles ont servi à former un nouvel art entre l’horlogerie et la serrurerie, celui du constructeur de machines à filer de toute espèce, entre autres celles à filer le coton (i), la laine, le lin et le chanvre, machines dans lesquelles on a multiplié les engrenages coniques dont l’utilité est constatée ; si notre supériorité dans l’horlogerie ne peut plus être contestée, et que nous égalions les fabriques étrangères sous beaucoup d'autres rapports , nous sommes encore loin de les atteindre sous celui de la fabrication du fer et de l’acier.
- Ce n’est pas que nous manquions de bons fers; la plupart de nos forges
- fournissent des fers, au moins égaux, sinon préférables aux fers communs
- de Suède, ' • , -
- *
- Nous avons dans les Pyrénées, dans les Vosges, dans le ci-devant Dauphiné, dans les départemens du Haut-Rhin et du Mont-Blanc, des fers de bonne qualité. Les Genevois tirent la plupart de ceux qu’ils emploient de Montbéliard, soit qu’ils viennent des environs de cette ville, pu qu’elle en soit seulement l’entrepôt, sous le nom de fer et d’acier de Montbéliard.
- Les exceîlens fers que nous pouvons tirer de l’île d’Elbe ne le cèdent en rien au meilleur fer de nos mines. Il n’existe pas de forge dans cette île, qui manque du combustible nécessaire; mais celle de Fallonica, située dans la principauté de Piombino, emploie tout le minerai qu’on exporte de l’île d’Elbe.
- Par nos relations avec l’Espagne, il nous est facile de nous procurer la qualité de fer qui produit l’acier très nerveux des bonnes lames de Tolède.
- (i) Le système des machines à filer le coton a été très perfectionné en France depuis trois ans. M. Davillier a assuré que les toiles de coton qui se fabriquent aujourd’hui sont aussi belles que celles des Anglais : il a monté dans sa manufacture 35o métiers, dont i5o sont destinés pour les tissus très fins ; ceux sur-tout pour lesquels on emploie des peignes du n° 80, et du coton du n° 60, sont d’une grande beauté.
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- La proximité du duché de Berg nous permet d’employer le fer dont on fabrique les faux et d’autres instrumens estimés de ce pays. . ’ t
- Enfin nos mines des départemens limitrophes du Rhin fournissent du fer d’une qualité supérieure. . » -.7 , . ' ?
- Les Anglais savent maintenir la supériorité de leurs fers et de leurs aciers par les factoreries qu’ils ont établies en Suède, où elles afferment les mines et les forges, pour avoir le choix des meilleurs fers, et renvoyer le rebut au commerce. >
- L’amélioration des fers , et sur-tout la fabrication des instrumens aratoires et des outils, pour laquelle nous étions tributaires de l’étranger (1), avaient déjà excité la sollicitude de la Commission d’agriculture et des arts, fondée en 1793. Pour donner à cette branche d’industrie toute l’activité nécessaire et en assurer promptement le succès, la Commission proposa d’établir à Paris un atelier où l’on fabriquerait des faux et des outils, et où l’on pourrait faire des expériences sur les fers et les aciers des fabriques de France, afin d’épargner aux entrepreneurs des tâtonnemens longs et dispendieux, et He pouvoir conseiller et même encourager, avec l’espérance du succès , l’établissement de plusieurs ateliers pareils dans les communes où se trouveraient abondamment les matières premières. Cet atelier devait servir en même temps à former des élèves; et la Commission s’occupa d’y réunir les divers moyens propres à perfectionner et accélérer le travail, non seulement des faux , mais encore de tous les outils et des différons articles de quincaillerie (2). : . , ; /
- Nous sommes parvenus à porter à un très haut degré de perfection la fabrication des limes, pour laquelle nous dépendions autrefois de l’étranger.',- » ' ¥ , . ... ,v,. y,-;-.':: ; 'i
- Déjà la Convention nationale avait établi à Annecy, département du Mont-Blanc, une fabrique de limes, doiit les produits très estimés approchaient même des limes anglaises : on assura des avantages considérables aux ouvriers anglais qui viendraient s’y fixer. Cette fabrique fut placée dans le voisinage des mines de fer du Mont-Blanc, qui a toutes les qualités nécessaires pour être converti en acier propre à la fabrication des limes :
- (1) La France tire de l’étranger 100,000 faux par année, et des outils de tout genre en
- proportion. • , , 2 . ‘ .
- (2) IlTexiste à SloîLerg un établissement de ce genre, qui a offert des résultats satisfai-
- ' . On a aussi fait plusieurs tentatives à cet égard dans nos départemens voisins des
- Alpes,
- JC
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- on y avait fabriqué cent trente douzaines de limes t toutes dec bonne qualité , et on devait joindre à cette fabrication celle.des outils plus nér cessaires aux arts et aux métiers. . ; • .
- Un artiste connu, M. Raoul} fabrique l’acier de ses, limes;iavçç£toute espèce de fer qu’il purifie lorsque ce fer n’est pas de bonne qualité; et il est constant que cet acier vaut mieux que l’acier anglais, puisque les limes qui en sont faites sont plus dures, mordent mieux, s’empâtent moins et cependant sont moins cassantes que les limes,anglaises; et que^ de plus, elles ne faussent pas à la trempe, cp qui est un avantage pré-* deux. . . ' ... .
- C’est dans la vue d’amçliore.r cette partie importante, de notre industrie que M. Dupont (de Nemours') a exprimé le voeu que le Gouvernement, l’Institut national et la Société d’encouragement réunissent leurs efforts pour encourager la meilleure fabrication de nos fers , et de nos aciers. Adoucir les uns et durcir les autres, tel est le problème qui s’offre à l’émulation de nos fabricans, et il en appelle à tous les chimistes français que ce problème n’est pas insoluble. Il a pensé quon obtiendrait ce résultat en proposant un prix d’une valeur proportionnée à Timportarice du sujet.
- Voici quelles seraient les bases du programme :x . -
- iV Exposer 1’état actuel de Ja science,sur ce point important;
- 2°. Faire connaître les parties dans lesquelles il faut obtenir des progrès;.. < . yp:;,;., . e f . .i
- 3°. Distinguer,ces progrès à faire en théoriqup$ eÆ pratiques. ,
- M. Dupont (de Nemours) a pensé que, par de^ procédés chimiques ou par une plus longue . fusion, ou parviendrait à purifier entièrement le fer; et il n’est pas douteux., selon lui, que les .fourneaux ne puissent être perfectionnés de manière à rendre cette fusion plus; parfaite, et la prolonger avec une moindre consommation de combustible. Ainsi,? les améliorations à apporter à nos fonderies lui ont paru embrasser, d’une part, les moyens chimiques, et de l’autre la construction des fourneaux. , .
- Il y a des mines de fer d’ailleurs assez doux , qui contiennent naturellement une portion suffisante de carbone pour avoir mérité Je nom de mines d'acier.
- > ' i ' t ï * ç ; Z- } - > '
- Il est un assez grand nombre d’outils pour lesquels il suffit d’avoir aciéré, par la cémentation, la superficie du fer, afin qu’ils conservent leur bas prix dans le commerce. ; .
- Mais les Bonnes limes, tes outils des menuisiers. et des tourneurs en
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- matières fines, les burins, les lames des rabots et des varlopes, celles surtout que l’on commence à employer pour le varlopage du fer et du cuivre, si importans dans les grandes machines ; les ressorts de toute espèce, les batteries des armes à feu, les lames des armes blanches, les instrumens de chirurgie, dont le parfait tranchant épargne tant de douleurs aux malades et aux blessés; les rasoirs, les tarauds, les filières à faire les vis; celles à tréfiler les métaux et l’acier lui-même, tontes les parties de l’horlogerie, et notàmment les pignons qui, lorsqu’ils ne sont pas de bon acier, faussent à la trempe , et qu’on a beaucoup de peine à redresser ; enfin , toutes les parties presque infinies de la construction des autres machines exigent de l’acier de la meilleure qualité. Il peut exister une multitude d’aciers que nous ne connaissons point encore; peut-être leur qualité dépend-elle de la compression qu’ils pourraient recevoir du laminoir et de la filière, dont l’effet est bien plus régulier que celui du marteau.
- Nos tôles ne sont point laminées , nos tréfileries ne font encore que des tâtonnemens que la science n’a point éclairés. Il faut perfectionner toutes ces manipulations, et les appliquer tant à nos fers nationaux qu’aux fers étrangers.
- L’acier est si précieux, qu’il peut supporter des frais de fabrication assez considérables, et ces frais seront diminués lorsqu’on pourra fabriquer en grand.', - v::ï k c::: •. ' - *- ^ • »
- La Société d’encouragement ne peut se flatter, a ajouté M. Dupont ( de Nemours}, que d’ouvrir la voie à cette grande entreprise ; elle doit invoquer la coopération si nécessaire des savans de l’Institut, mais surtout les hautes pensées et les puissans secours du Gouvernement. t J 1 4
- Le Conseil a partagé la sollicitude de M. Dupont ( de Nemours} pour l’amélioration de notre industrie. .
- M, Guptonf tout en reconnaissant l’importance et l’utilité du prix dont M. Dupont provoque la fondation, a observé que la rédaction du programme exigerait un travail préliminaire qui entraînerait beaucoup de temps et de dépense; que les plus habiles chimistes ne sont pas d’accord sur la théorie dé' l’acier, et que la Société ne pourrait qu’indiquer le but et non les-moyens. Il a pensé qu’il serait nécessaire de se procurer des renseignemens sur les miqes qui peuvent donner le meilleur fer. V .
- Le Gouvernement a déjà dirigé ses soins vers cette utile amélioration, en établissant à Geyslautern , près des mines de fer de NassaurSiegen , une école pratique des mines, où l’on va monter une forge qui sera dirigée par
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- des hommes habiles en, métallurgie : c’est de leurs observations qu’on doit {attendre les,progrès de l’art.
- Un des meilleurs moyens d’obtenir du bon fer et de prévenir la fraude serait, selon M. Guy ton, d’obliger les maîtres des* forges à marquer de leur nom les barres de fer qu’ils livrent au commerce. Cet usage qui subsiste aux Etats-Unis d’Amérique , où toutes les manufactures, même celles de potasse, distinguent leurs produits par une marque particulière, pourrait cependant rencontrer des obstacles en France. Les étrangers, a ajouté M. Costaz, n’achètent plusieurs marchandises françaises que dans l’opinion qu’elles viennent d’un autre pays, et, dans ce cas, la marque serait préjudiciable à nos fabricans. D’ailleurs cette question concerne les réglemens relatifs aux manufactures.
- Le Conseil a renvoyé la proposition de M. Dupont {de Nemours) à l’examen d’une commission composée de MM. Guyton, Gillet-Laumont, Dupont ( de Nemours ), de Paroy et Collet-Descostils.
- Sur les écluses. Dans un moment où les communications intérieures de l’Empire sont facilitées par plusieurs canaux déjà terminés , et le seront encore plus par ceux qu’on a le projet de creuser, la construction des écluses doit nécessairement fixer l’attention du Gouvernement. Un ingénieur des ponts et chaussées, M. Bruyères, y a trouvé le moyen de construire. ces écluses aveei beaucoup de solidité j. au lieu de les recouvrir de bandes de fer, il emploie de grandsj .châssis de fer sur lesquels il établit la charpente : ce moyen est à la fois plus gimple et moins dispendieux. Il ne s’agirait que de trouver de bon fer pour ces châssis ; et M. de Récicourt a pensé que la Société, en dirigeant ses vues sur la purification du fer, pourrait faire fabriquer, par des procédés qu’elle indiquerait , tout le fer nécessaire à la construction d,es (écluses du grand canal du Nord. Cette opération exigerait une avance de 4o5ooQ francs que la Société recouvrerait avec bénéfice en vendant le fer ainsi préparé et purifié. ; •
- Il serait sans doute facile, a observé M. Baillet, de trouver en France, pour l’objet dont parle M. Récicourt, une quantité suffisante de fer qui ne casse ni à chaud ni à froid..
- Comme la construction des écluses n’est pas immédiatement du ressort de la Société, et qu’en portant son attention sur les moyens de purifier le fer elle doit avoir en vue généralement toutes les branches d’art et d’industrie intéressées à cette amélioration, le Conseil a cru devoir ne point adopter la proposition de M. Récicourt.
- Méthode de repeupler promptement les vides dans les bois-taûlis, les
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- haies et les fossés. Quoique cette méthode, communiquée à la Société par M. Ducouëdic, et qui n’est autre que la marcotte, ne soit pas nouvelle, il est utile d’en rappeler la pratique. Yoici cette méthode, dont M. Ducouè-die assure avoir obtenu des résultats avantageux. ‘
- « On prend une branche de renaissance ou jëune plant de. quatre à cinq ans, soit de chêne, châtaignier, charmille, pommier, etc.; on l’entaille avec l’emporte-pièce ou une serpette rez terre, en remontant jusqu’à sept ou huit pouces dans le rejet ou le plant sur lequel on
- opère. ' Sr, H ' • - r-
- » Pour empêcher la partie ainsi taillée de se rejoindre à la partie restée attachée à la souche ou au tronc qui tient à la racinè, on place un morceau de bois ou une petite pierre dans l’entaille ; on couvre de terre cette branche à un ou deux pouces au dessus de sa plaie, et on la laisse dans cet état passer l’hiver, le printemps et l’été. ^ » ; . f. : , *
- » Pendant ce temps il naît des racines une chevelure autour de l’entaille faite à la branche : on peut l’enlever un an après, dès l’automne suivant, et la détacher de son 'trotte pour là replacer ailleurs, ^ -
- » C’est alors un arbre ayant racines que l’on peut replanter dans les vides qu’il s’agit de repeupler, et cependant le tronc d’où cette branche est enlevée reste àfsa place et’Continue à fournir du bois. » - ' : •' » n
- !i M. Hiézdrd, tout en approuvant l’emploi de ce moyen dans les terrains fenclos, croit qu’il est impraticable clans les forêts où les boutures sont exposées ùêtre arrachées par les bestiaux. > s ^ p u :;i
- Prix à proposer pour un moyen propre à imprimer sut toile, avec une couleur à Vhuile inaltérable, à la maniéré des impressions en taille-douce. Dans toutes les manufactures de toiles peintes, et notamment à JôuyV' pù ^èmpldje ' dés*’ planches de,; cuivre gravées en creux pour l’impréssiori clés" étoffes destinées aux ameublemens, et sur lesquelles sont représentées dès figures, arabesques, etc. Ces planches ont cependant une taille plus forte que celles des gravures en taille-douce. La couleur se fixe avec un mordant où il entre de l’acétite de plomb et de la garance; ' 1 '"•;1'-' ‘ 4 . •• ' ' • ' ‘
- En Angleterre, on imprime sur satin des sujets très délicats, et Sür toile des cartes géographiques/des plans de villes, etc.; mais ces impressions sont gr’olsières, et1 ne se font pas avec une substance huileuse inaltérable*,' anâb>gué(là l'encre des1 imprimeurs en taille-douceÿ' comme lé désirerait M. de Paroy. Tel est le snjefJ du prix qu’il a engagé la Société à proposer, et pour lequel il mettra à sa disposition une somme de 15200 francs; .*-• isvrA; ^ ih
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- Il est presque impossible, selon M. Davillier, d’obtenir sur toile la m me délicatesse que sur papier, quand même la planche serait très bien gravée et le tissu très fin. Si l’on parvenait, par quelque moyen inconnu encore, à produire ce fini sur les toiles, l’effet de la gravure serait bientôt détruit en passant l’étoffe à la lessive, parce qu’alors les mailles du coton, en s’ouvrant, laisseraient apercevoir une multitude de petits points blancs désagréables à l’œil.
- Les tentatives faites par M. de Paroy, avec l’encre ordinaire des imprimeurs en taille-douce, n’ont pas réussi; quoiqu’il ait obtenu sur toile une empreinte aussi nette que sur papier, il n’a jamais pu parvenir à lixer la couleur.
- Il serait à désirer, pour l’utilité des arts et du commerce, .qu’on pût trouver une huile ou ,un gluten qui, en se décomposant, ne laissât que la couleur avec son mordant. L’impression se ferait avec des planches de cuivre gravées en taille douce , de même que sur le papier. De cette manière on pourrait porter sur toile les sujets les plus délicats de la gravure. -
- Le Conseil a accepté l’offre de M. de Paroy, et a chargé son Comité des arts chimiques de rédiger le programme du prix à proposer.
- Moyen de poly typer les planches de cuivre gravées en taille-douce. M. Poterat a présenté au Conseil plusieurs planches métalliques polyty-pées par des moyens dont il s’est réservé le secret ; ces planches sont d’une grande netteté. Le procédé de M. Poterat deviendra, sans doute, très utile aux arts, parce qu’il donne la facilité de multiplier à l’infini une planche de cuivre gravée en taille-douce, dont le tirage, an lieu de ne produire que deux à trois mille bonnes épreuves, pourra être prolongé indéfiniment; car il se fait au moyen de clichés, et la gravure originale se conserve comme type.
- Ce moyen ne résout cependant pas la question proposée par la Société, puisqu’on est toujours obligé d’imprimer en taille-douce; mais il contribue à l’avancement de l’art, en ce qu’il rend, pour ainsi dire, les planches de cuivre éternelles.
- On a déjà souvent proposé le clichage pour multiplier les planches en taille-douce; mais il est douteux que cette méthode ait jusqu’à présent donné des résultats aussi satisfaisans que ceux qu’a obtenus M. Poterat.
- M. Poterat a communiqué au Conseil quelques idées sur la gravure én relief: elles se sont trouvées coïncider avec celles qui avaient déjà été développées à ce sujet par MM. Mérimée et d’Arcet. Le Conseil a nommé
- Cinquième année. Septembre 1806. 8
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- une Commission composée de MM. Mérimée, d'Jrcet et Baltard, pour suivre ce nouveau genre de travail, et a invité M. Poterat à conférer avec elle, afin de s’éclairer mutuellement de leurs lumières*
- Machines à broyer le plâtre. Depuis long-temps les amis de l’humanité réclament contre la méthode peu convenable, pratiquée en France, de battre le plâtre; ils voient avec peine combien la poussière de ce plâtre, que les ouvriers doivent nécessairement respirer, est nuisible à leur santé, et combien aussi ce travail est fatigant. M. Degérando, qui partage cette généreuse sollicitude, a engagé la Société à propager chez nous l’usage d’une machine qui pût suppléer au travail des batteurs de plâtre, et remédier aux incon-véniens qui en résultent.
- En Egypte, on emploie un moyen très efficace pour pulvériser le plâtre: on l’étend sur une aire conique, c’est à dire inclinée du centre à la circonférence. Un arbre vertical s’élève au centre de cette aire et tourne à pivot : on y adapte une traverse horizontale qui sert d’axe à une roue de pierre cylindrique; à l’extrémité de cette traverse, on attelle un bœuf qui, en faisant tourner la roue, opère le broiement du plâtre. ,
- Les Egyptiens emploient pour ces roues les tronçons de colonnes de granit épars sur leur sol : ils sont quelquefois dans l’usage de les canneler. ' . . .
- • Ne serait-il pas possible d’introduire en France des machines pareilles, ou d’autres plus parfaites encore, de pratiquer le broiement du plâtre en grand, et de le livrer tout broyé au commerce? Cette méthode est usitée en Espagne, où l’on se sert depuis long-temps de moulins presque semblables à ceux d’Égypte. M. Lasteyrle, qui les a vus opérer, en communiquera le dessin et la description à la Société.
- Le plâtre broyé ne peut se conserver long-temps ; il s’évente et perd de sa qualité : c’est pour cette raison qu’il faut l’employer de suite. Ainsi, il n’y aurait pas d’avantage à broyer une grande quantité de plâtre à la fois; il serait plus convenable de le pulvériser au fur et à mesure des besoins. D’ailleurs, a observé M. Laroche, le plâtre qu’on vend tout broyé est souvent mêlé de poussière pour en augmenter la masse, elles broyeurs de plâtre ne font aucune distinction entre celui qui est plus ou moins cuit, ce qui empêche d’en faire un choix convenable pour les ouvrages à exécuter : il est même souvent nécessaire de battre le plâtre à plusieurs reprises. Pour s’assurer si le moulin que la Société veut faire construire atteint le but qu’elle se propose, il serait utile de confier cette machine à un entrepreneur de bâtimens qui
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- saurait en apprécier les avantages. Si, au bout d’un certain temps , il n’en avait obtenu aucun succès, on pourrait conclure que ce moulin ne peut être adopté en France.
- Le Conseil, considérant combien il importe, pour la santé des ouvriers et l’économie du travail, d’abandonner l’ancienne méthode de battre le plâtre, et d’introduire une machine qui puisse remédier aux inconvé-niens qui en résultent, a chargé une Commission composée de MM. Collet-Descotils, Gengembre et Gratien Le père, de faire exécuter un modèle de la meilleure machine à broyer le plâtre, et a mis pour cet effet une somme de 4oo francs à sa disposition.
- Objets présentés au Conseil.
- i°. Un chandelier économique de l’invention de MM. Girard frères, dont le principal avantage consiste en ce que la chandelle, enveloppée d’un tube de fer-blane, brûle sans répandre de suif et sans qu’on ait besoin de la moucher, s’élevant par un ressort à mesure qu’elle se consume. Les chandelles sont dépourvues de mèches et s’enfilent sur une broche de fer, à l’extrémité supérieure de laquelle s’adapte la mèche. Ce chandelier a été renvoyé à l’examen du Comité des arts mécaniques.
- 2P. M. Daujon a ajouté divers perfectionnemens à son lit mécanique pour les blessés, et l’a rendu propre à placer le malade dans un bain , au moyen d’un dossier mobile assez ingénieusement conçu. Cette addition a paru avantageuse aux membres du Conseil.
- 3°. Deux tableaux de fleurs artificielles exécutées en cire par M. Verhest, sculpteur, présentés au Conseil par M. le général De grave. Cet artiste a demandé que la Société le fît connaître aux manufacturiers de porcelaine, qui pourraient l’employer avantageusement, à raison de son talent pour modeler.
- 4°. Un échantillon d’étoffe façonnée, liserée et brochée, fabriquée par M. Piivey, sur le métier qu’il a construit à l’aide des secours que la Société lui a accordés, et qui est établi au Conservatoire des arts. M. Piiveya demandé à être admis au concours ouvert par la Sociélé, pour un métier propre à la fabrication des étoffes façonnées et brochées. Celte demande a été accueillie.
- 5°. Un nouveau métier à bas de l’invention de M. Bellemère, dont les mouvemens sont très simplifiés , et qui coûte moitié moins que les métiers ordinaires. Le Conseil a renvoyé ce métier à l’examen du Comité des arts mécaniques.
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- 6°. Une nouvelle presse pour opérer l’extraction de la cire, inventée par M. Lasseray} cultivateur d’abeilles au Jardin des Plantes. Il prétend avoir; obtenu une plus forte pression en doublant la vis, et en faisant mouvoir la machine avec une manivelle brisée, afin d’augmenter à volonté la force du levier. Cette machine sera soumise à l’examen des Comités des arts mécaniques et d’agriculture réunis. - > ' ' : '
- - 7°. Une carte d’échantillons destinée pour l’exposition publique, et composée principalement de pignons d’horlogerie de différens numéros, de la fabrique de fils de fer et d’acier de M. Mignard-Billinge, à Belleville, près Paris. • . . v ra ~...= m; : ; i-
- 8°. M. Baillety ingénieur en chef des mines, a fait hommage à la Société de trois dessins représentant les détails de différens arts exercés dans le Piémont : savoir, l’art de fabriquer les faux, l’art de tailler les dents des scies, et l’art de faire les guimbardes. Ces dessins sont accompagnés de notices; nous les publierons successivement dans le Bulletin. M. Baillet a également offert à la Société un exemplaire d’un mémoire sur l’art de fabriquer les aiguilles.
- 9°. Une notice sur l’agriculture des Celtes et des Gaulois, par M. de Cambry. • . : '. . • '.
- io°. Devis général du canal-de /’Oitrcq, par M. Girard, ingénieur eu chef des ponts et chaussées, chargé des travaux de ce canal; i vol. in~4° avec un plan. ' ! ^ ! • À
- . 110. Un métier à tricot dont tous les monvemens s’exécutent au moyen de, deux leviers très simples, inventé par M. Favreau-Bouillon ; nous en avons parlé N°XXVI du Bulletin, pag. 28. Ce métier a été renvoyé au Comité des arts mécaniques , pour être examiné comparativement avec les métiers de MM. Dautry et. Bellemère. . t ' , ^
- Correspondance.
- M.j ..Lambert, préfet du département d’Indre-et-Loire, a annoncé que M. le général Menou, commandant-général des départemens au-delà des Alpes, lui a envoyé, et mis à sa disposition , pour l'utilité du. département qu’il administre, un troupeau de vingt - cinq brebis et trois béliers mérinos, tiré d’un superbe établissement de ce genre qui existe en Piémont. Tous ces animaux ont soutenu très heureusement ;le long voyage qu’ils ont fait, et sont arrivés à Tours en fort bon état-M. le préfet a confié ce troupeau à un propriétaire versé dans l’économie rurale, et l’un des membres du conseil de préfec-
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- turè de son departement, M. Aubry, qui possède, près de Tours, un domaine assez considérable, situé dans un lieu très propre à l’éducation des bêtes à laine. M. Lambert a fait avec le dépositaire; une espèce de bail de six ans, dans lequel, indépendamment des précautions jugées nécessaires pour assurer la conservation du troupeau et prévenir sa dégénération, il est stipulé que le département aurait, chaque année, la moitié des toisons et du croît ; mais il à été convenu en même temps que, sur le croît, il serait réservé annuellement un nombre suffisant d’individus choisis, des deux sexes, tant pour remplir les vides du troupeau que pour le porter successivement au nombre de cinquante brebis et six béliers, dont le partage sera fait par moitié entre le département et le dépositaire, le premier avril i8i3. M. le préfet a trouvé dans cet arrangement le double avantage de conserver au département, à l’expiration des six années, une propriété intéressante, dont on pourra disposer alors delà manière qui paraîtra la plus utile, et d’avoir, tous les ans, à distribuer quelques individus qui, placés avec choix sur les indications de la Société d’agriculture du département d’Indre-et-Loire, serviront à améliorer insensiblement la race commune.
- M. Oberkampf, propriétaire de la manufacture de Jouy, avait engagé la Société d’encouragement à proposer un prix de i 200 francs , dont il ferait les fonds, pour la découverte d’une composition ou couleur foncée propre à marquer aux chefs les toiles mixtes de lin et coton, qui puisse résister, sans éprouver d’altération, à toutes les opérations ! du blanchiment, soif par l’ancienne ou la nouvelle méthode, ainsi qu’à toutes celles pour convertir ces étoffes en toiles peintes de la classe des plus compliquées, et que cette couleur ne s’étendît pas au delà de ses limites d’impression ,,et me tachât pas. Je corps des toiles. Cette question a été proposée dans le programme des prix de la Société pour l’an i8o5 ; personne n’y ayant répondu, elle a été renouvelée dans celui pour l’année 1806. Plusieurs compositions de couleur ont depuis été adressées à la Société, qui les a fait parvenir à M. Oberkampf pour en faire l’essai.
- M. Oberkampf a informé le Conseil qu'aucune ne remplissait les conditions du programme, et qu’elles sont, pour ainsi dire, inférieures à celle dont il fait usage depuis plus de trente ans, et qui est composée d huile de lin cuite et de noir d’ivoire bien broyés ensemble, sans aucune autre addition : il a adressé à la Société deux échantillons de toile, fil et coton, dont 1 un a été soumis au blanchiment par les lessives alcalines
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- et à l’action de l’acide muriatique oxigéné, et le second est écru. Oh voit sur le premier ^échantillon que les couleurs des différentes personnes ( chacune est marquée du nom de fauteur ) qui Ont concouru sont inférieures à celle de M. Oberkampf, tant pour la fixité que pour l’intensité. Cette couleur présente, sur le second échantillon, l’avantage de ne point eitravaser, ni de tacher les parties voisines parle contact.
- Ainsi, M. Oberkampf, jugeant qu’aucun des concurrens n’a rempli les conditions du programme, a prié la Société de vouloir bien retirer cette question, et de la remplacer par une autre à son choix, pour laquelle il a fourni le prix de 1200 francs.
- Le Conseil a accepté avec empressement l’offre de M. Oberkampf, et a chargé son Comité des arts chimiques de proposer un autre sujet de prix pour remplir les intentions de l’auteur. "
- M. le général Degrave a écrit au Conseil qu’à son arrivée à Montpellier il a reçu la visite de M. Ducros, maire de la ville de Ganges, qui lui a demandé des renseignemens sur les perfectionnemens des métiers à bas. L’accroissement que prennent, chaque jour, les fabriques de bas de Ganges fait naître le désir de les voir en possession de métiers simplifiés et dont les mouvemens soient plus faciles. M. Degrave a prié ses collègues de lui communiquer le résultat de l’examen des divers métiers à bas qui ont été présentés au Conseil, afin qu’il puisse engager quelques fabricans de Nîmes et de Ganges à se procurer ceux qui auront obtenu la préférence, tant pour la solidité, la facilité du travail, que pour la beauté du tricot et la modicité du prix. +
- M. Barthélemy, orfèvre à Montpellier, qui a déjà construit des instrumens de divers genres y très exacts, a promis de remettre à M. Degrave, pour être offert à la Société, un de ses hydromètres ou aréomètres en usage dans le Languedoc, et dont M. Chaptal a entretenu Jê Conseil. ni '; :. ' '
- M. Degrave termine sa lettre par la promesse de communiquer à la Société des notices sur les manufactures de draps de Lodève et de Carcassonne.
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- /, ARTS MÉCANIQUES. ;’v \' ’ï;
- Description d une machine propre a tailler les dents des lames de scies ; communiquée a la Société dEncouragement par M. Baillet, ingénieur en chef des Mines.
- Cette machine a été exécutée en Tan XIII, dans la petite forge de Castellamqnt, département de. la Doire, par le maître-forgeron MOSSUCO. 'Z,;’;'/.',.., -
- Elle sert à tailler les dents des scies des scieurs de long et des moulins à scier le bois; elle est remarquable par sa grande simplicité, autant que par la précision avec laquelle elle agit. ’
- Elle consiste en un emporte-pièce, de forme convenable , fixé sur la face extérieure d’une tige carrée qui glisse dans une coulisse verticale. Le support sur lequel on pose la lame delà scie qu’on veut tailler offre une entaille ou échancrure de même forme que l’emporte-pièce, et dans laquelle celui-ci peut entrer quand on frappe sur la tige pour former une dent de la scie. Un ressort en Y, placé sous cette tige, sert à la relever à chaque coup; enfin une cheville fixée sur le support, à une distance donnée de l’échancrure dont nous avons parlé, sert successivement de point d’appui aux dents déjà taillées, et oblige à mettre entre toutes les dents des intervalles parfaitement égaux.
- D eux hommes sont nécessaires pour le service de cette machine, le maître-forgeron qui guide la lame de la scie , et le compagnon qui frappe sur l’emporte-pièce, avec une masse du poids de trois kilogrammes e,t demi ( dix livres de Piémont environ). , -,
- Le maître, pendant le coup de marteau, n’a d’autre soin que de tenir la lame près de la tige de l’einporte-pièce, l’une des dents déjà taillées étant accrochée sur la cheville. Après le coup,il pousse la lame et accroche la dent suivante, et ainsi successivement. Ge travail s’exécute avec beaucoup de célérité. ; . ..
- Il est douteux qu’il y ait rien à gagner en compliquant la machine pour rendre le mouvement de la scie dépendant de celui du marteau, ou en substituant aux coups du marteau la pression d’une vis de balancier.
- La petite forge de CasteJlamont, où cette machine est en usage, est située à douze minutes à. l’ouest de Gastellamont, sur le canal; elle appartient à la commune , et est tenue à ferme par le forgeron Massuco,
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- qui a su y placer dans un petit espace quatre feux, quatre martinets et une meule mus par la même roue, la machine à tailler les scies et tous les autres ustensiles nécessaires à son travail.
- Les figures de la planche 22 font voir l’ensemble de cette machine, en profil et èn élévation. _ t
- Fig. 1 , élévation ; fig. 2, profil ; fig. 3, plan de la machine en repos ; Jig. 4, plan de la machine en action.
- a c, Tige carrée en fer, glissant verticalement dans des coulisses aussi en fer. •••** - * . h.
- h, Emporte-pièce en acier, fixé à tenon datis la tige a c; sa partie saillante a la forme exacte du vide des dents d’une scie. -
- d Ressort en Y sous la tige a c. ' \ :<: -.0: : ; ? ^
- e, Cheville fixée sur le support, à une distancé donnée de l’emporte-
- pièce. ..../u;J V./i. ! V ,A.;. •. • ’ : __:
- “ fgt Coulisse dans laquelle glisse la tige, p r' : >' • ; ;
- ~ h iy Enclume sur laquelle se place le support - h?. î
- ; k, Echancrure dans le support, de même forme que l’emporte-pièce b. /, Vide de la coulisse dans laquelle glisse la tige. - ; -- i
- m n, Support d’acier. ; : , ; : ; , Y :: : >•.
- o, Stoc en bois. > ^ ^ . ; - : n ; ;
- Scie placée sous l’emporte-pièce. - - . /*•; < .. . .
- Terfectionnemens ajoutés par Æf. Bellemère au métier à bas ; ordinaire.
- Cet artiste, en présentant son nouveau métier à la Société, a désiré qu’elle nommât des Commissaires pour juger du mérite de son ouvrage, et qu’elle permît l’insertion, dans son Bulletin , du rapport fait sur cet objeCà la Classe des sciences physiques et mathématiques de l’Institut. Le Conseil a autorisé cette publication, mais il ne pourra prononcer sur les avantages du métier à bas de M. Bellemère qu’après avoir entendu le rapport du Comité des arts mécaniques, sur les dilférens métiers à bas qui ont été présentés à la Société. - ' ‘ »
- Yoici le texte du rapport fait à l’Institut, le 11 août 1806, par M. Des-marest, sur le métier de M. Bellemère. •’ * ->*> : ^ ^ , - ^ 1. .
- « Nous avons été chargés par la Classe des sciences physiques et mathématiques, M. Rochon et moi, de lui rendre compte d’un nouveau métier à bas qui lui a été présenté par M. Bellemère, directeur, du travail des jeunes orphelins de la Pitié, et qu’il a destiné depuis quelque,temps à la fabrication du tricot à côtes par ces orphelins.
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- » Nous parlerons d’abord des bascules comme des pièces importantes qui forment la jonction des systèmes de platines que l’auteur fait agir dans ce métier, et que l’on nomme télégraphe dans le métier anglais; elles suppléent très avantageusement à ce télégraphe, et servent au: cueillage de la moitié des plis, qui s’exécute très facilement par ces bascules.
- » M. Bellemère ayant adopté la mobilité de la barre à aiguilles du métier anglais, et qu’il a fixée à un cadrement, a trouvé toute la force nécessaire pour pousser l’équipage entier en arrière, non seulement par un levier en forme d’équerre, mais encore par une marche qui se présente en avant. C’est alors que se fait l’abattage des anciens plis; ensuite tout l’équipage revient en avant, par un ressort qui agit lorsqu’on n’appuie plus le pied sur la marche.
- » Nous allons passer maintenant à ce qui concerne les deux systèmes de platines. Nous ferons remarquer d’abord que celles qui remplacent les platines à ondes sont soutenues par une barre, au moyen d’un talon qui a peu de saillie, après quoi vient une autre barre sur laquelle s’accrochent des ressorts qui, adhérant aux platines par l’extrémité opposée, leur communiquent une certaine force lors de leur chute. Nous ajouterons que, sur ces mêmes platines, se trouve un second talon qui sert à déterminer la longueur des plis, par l’étendue de là descente des platines.
- » D’ailleurs, à l’extrémité de ces platines est une échancrure en avant, et qui sert aux premiers plis du cueillement dont nous avons parlé. Enfin ces platines sont maintenues dans une situation parallèle par un peigne en fer ou eu cuivre. Ce peigne conserve non seulement les platines dans leur forme, mais contribue encore à la régularité de leur jeu.
- » Les secondes platines, que nous nommerons platines à plomb, sont appliquées à une broche à demi ronde, par une entaille formant le croissant, et peuvent s’en détacher à volonté, au moyen d’une clef qui sert à tourner cette broche, ce qui est un grand avantage ; ces mêmes platines se trouvent, comme les platines à ondes, maintenues parallèlement dans le même peigne dont nous avons fait mention.
- » Voici comment s’exécute le travail. L’ouvrier jette le fil comme à l’ordinaire stir la rangée des aiguilles qui se trouve nafurellemnet en avant; puis, appuyant sur une marche ; il fait Courir le chevalet, dont la tête, rencontrant le talon de chacune des platines à ondes, en opère la chute, ce qui forme les premiers plis distribués seulement sur les aiguilles, de deux en deux.>> ,
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- !» Ensuite l’ouvrier, avec- le meme pied gauche, appuyant sur une seconde marche à laquelle correspondent deux tringles; dè fer tenant a;ix, extrémités: de deux leviers, fixés au, fût et au; milieu desquels sont deux autres tringles qui correspondent à la barre à chevalet, il parvient à faire descendre le cadrement du métier qui renferme lés plalinesj à plomb. '
- » Il résulte de ce mouvement et de la descente des platines à plomb qu’elles ont agi sur la moitié du fil qui n’était pas pliée : l’ouvrier égalise: dune ainsi tous les plis, en rapprochant les becs des deux systèmes de platines; ce qu’il exécute très promptemenpeu continuant d’abaisser la marche, quoique nous y ayons distingué deux temps.
- » Maintenant nous allons nous occuper de toutes les opérations qui contribuent à la distinction des rangées de mailles , lesquelles forment les cotes, et dont les différentes pièces sont connues sous la dénomination de mécanique. Nous y voyons d’abord une barre à aiguilles dont le nombre est la moitié, le tiers ou le quart des aiguilles du métier, suivant le nombre des rangées de mailles qui constituent les côtes; cette barre est portée par, un cadre attaché au fût du métier , et que rouvrier peut mouvoir d’avant en arrière et de haut en bas. Il est visible que ces aiguilles opèrent, OD sens contraire de celles du métier : elles saisissent les plis qu’elles rencontrent pour les faire tomber d’avant en arrière, pendant que les, premières aiguilles les font tomber d’arrière eu avant, comme dans le tra-^-vail ordinaire,
- » Entre les deux jeux , d’aiguilles est une presse qui ferme les becs des. premières aiguilles, lorsqu’on pousse en arrière la barre par une marche»; Puis, en appuyant avec le genou sur un levier en- équerre, on fait descendre les aiguilles de la mécanique entre les plis anciens et nouveaux ; ensuite, appuyant sur la presse avec les pouces, l’ouvrier ferme les becs des aiguilles de la mécanique, et c’est alors que la barre d’abattage opère les effets qui lui sont propres, avec les modifications que doivent .produire les aiguilles de la mécanique ; car les autres plis particuliers aux principales aiguilles du métier sont abattus. ,
- » D’après les détails de toutes les pièces de la mécanique: dont-nous avons exposé les formes, les dispositions et le jeu, il est aisé de/voir qu’elles opèrent en sens contraire des pièces correspondantes du , métier; Aussi M. Sarrazin, habile constructeur: du métier à bas de Lyon,. efe qui, le premier , trouva lè moyen de fabriquer le tricot à côtes, et en fit hommage à l’Académie royale des Sciences, opérait tous ces, effets nouveaux par un système de métier qu’il plaçait en avant dut,,métier
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- ordinaire ; l’un de nous ( M. Desmarest ) ayant été chargé de rendre compte à cette Compagnie de ces moyens et de leurs, avantages, il fut décidé qu’elle ferait construire le nouveau métier de M. Sarrazin de manière à ce qu’il put être adapté au métier à bas: ordinaire qui se trouvait dans son cabinet. Ce sont ces additions que nous croyons devoir proposer à l’Institut de conserver dans sa collection de machines, puisqu’elles constatent les premiers pas que le génie d’invention a fait dans ce genre de fabrication. :ii
- » C’est pour offrir à la Classe la suite des améliorations que ces premières vues ont reçues de nos jours, que nous nous sommes occupés des -derniers degrés de perfection dont nous fait .part--.M: fïellemère, en simplifiant le métier anglais à côtes.
- » Nous finirons par remarquer que M. B elle mère né présente à la Classe ce nouveau métier qu’après l’avoir mis pendant deux ans entre les mains des jeunes orphelins, et s’être assuré qu’il est d’un travail beaucoup plus facile que l’ancien. Outre cela, M. Bellemère, en rendant les raouvemens du métier anglais beaucoup plus légers, en a formé un assemblage moins coûteux de moitié. D’après toutes ces considérations, nous pensons que cette nouvelle machine, propre à la fabrication du tricot à côtes, mérite l’approbation de la Classe, et d’être introduite dans tous les ateliers de bonneterie protégés par le Gouvernement. »
- ARTS ÉCONOMIQUES.
- Nouveau procédé de suif âge des cuirs.
- On appelle hongroyage l’opération de passer les cuirs en blanc, pour les mettre ensuite au suif, afin de leur donner la souplesse nécessaire. Cet art, susceptible encore d’améliorations, est pratiqué chez nous dans toute sa simplicité, et tel qu’il nous est parvenu des montagnes de la Hongrie.
- Les cuirs, étant graissés, doivent être exposés à une chaleur propre à favoriser la pénétration du suif. Les hongroyeurs emploient, pour cet effet, des étuves qu’ils chauffent avec un brasier de charbon de bois: aucune considération n’a pu les engager, jusqu’à présent, à se départir de cette pratique aussj dispendieuse que nuisible à la santé des ouvriers^,
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- lesquels, étant obligés* d’en trér dans l’étuve pour,'suifer' les cuirs, respirent5 la vapeur délétère du charbon, d’où il résulte des accidens graves, et souvent même des asphyxies.1 Lès ouvriers, he pouvant pas résister long-temps à l’effet de cette vapeur, sont obligés de sortir fréquemment de l’étuve, ou d’y travailler les fenêtres^ouvertes, ce qùi> dimiùùe le degré de chaleur qu’exige l’opération. ; 'vyn'ùzt-
- M. le conseiller d’État, préfet de poliée;f; frappé des i inconvéniens qu’entraînait cette méthode dangereuse, s’est occupé depuis long-^ temps des moyens d’y remédier, et a2;provoqtî4 âircé 'sujet M'ès se-cours des gens de l’art. ühr> procédé nouVeàuf à été" Soumis1 uà! dés expériences réitérées, et à'bflerfconstamment les rééditais lés:plus satis-faisans. v "
- En l’an XIII, MM\ Guyton - Morveaii et Dey eux , membres de l'Institut, et Cadet, pharmacien de S. M. l’Empereur et Roi-/ furent invités à faire l’examen du procédé employé pour obtenir le degré de chaleur nécessaire pour le suifage dès cuirs. S’étant transportés, le 9 prairial an XIII, au domicile de M. Gàbot f hongroyeur, rué du Faubourg-Saint-Martin, au coin de la rue des. Marais, ils y trouvèrent M. Masson, commissaire de police, et plusieurs hongroyeurs qui s’y étaient réunis pour, coopérer aux expériences qui allaient être faites." '• : " ' '
- D’abord M. Gabot fit voir à MM. les commissaires l’étuve. C’est une pièce de forme carrée , de 12 pieds ( 4 mètres) d’étendue en largeur, sur environ 8 pieds ( 2 mètres et demi ) dé hauteur. Au milieu et sur le sol est placée une grille de fer d’environ 3 pieds ( gj5 millimètres ) de large et élevée de 5 pouces ( i55 millimètres ) ; c’est sur cette grille qu’011 dépose le charbon qui sert à chauffer l’étuve. Aux deux côtés sont deux grandes tables, et dans une des encoignures une chaudière de fer placée dans un fourneau qu’on chauffe par dehors; cette chaudière est destinée à recevoir le suif dont les cuirs doivent être imprégnés. A un pied du plafond et tout autour de l’étuve, on a scellé plusieurs rangées de perches.
- La pièce dont on vient de parler est éclairée par trois fenêtres, dont deux très petites et à coulisses , et une plus grande. Un demi-sac de charbon a suffi pour lechauffer. Les ouvriers n’y sont entrés qu’un quart d’heure après, c’est à dire lorsqu’ils ont jugé que la vapeur nuisible produite par la combustion du charbon était dissipée ; alors ils s’empressèrent de placer sur les perches les cuirs qu’ils destinaient à être graissés. Gette opération faite f ils mirent sur la grill®
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- une nouvelle quantité de charbon, et se retirèrent en fermant la porte sur eux. Au bout de dix minutes ils rentrèrent, et leur premier soin fut d’ouvrir les deux petites fenêtres à coulisses. Un thermomètre qui avait été placé à une encoignure, vers le milieu de la hauteur de la pièce, marquait alors 35 degrés; rapproché du plafond, il a monté à 47 degrés. Les cuirs, en séjournant dans cette température, se gonflèrent peu à peu , et devinrent souples : lorsqu'on reconnut qu’ils l’étaient suffisamment, on les plaça sur la table voisine de la chaudière, et l’on procéda de suite à l’opération du suifage.
- Cette opération consiste à étendre sur les deux surfaces de chaque cuir une certaine quantité de suif fondu ; un léger frottement suffit pour forcer ce corps gras à pénétrer dans le tissu du cuir. Les cuire sont ensuite portés sur la table opposée, et placés les uns sur les autres. Le suifage achevé, on alimente le feu pour la troisième fois, et les ouvriers se retirent, après avoir fermé les fenêtres et la porte. La chaleur de l’étuve qui, pendant le suifage, diminue singulièrement, devint alors beaucoup plus forte ; ou en jugea par un thermomètre laissé dans l’étuve, et placé de manière qu’on pût l’observer du dehors. Ou vit très distinctement que la liqueur de cet instrument marquait 67 degrés.
- Les ouvriers qui travaillèrent à l’opération du suifage étaient nus jusqu’à la ceinture ; toute la surface de leur corps était couverte d’une sueur abondante qui s’échappait par gouttes. Malgré l’état pénible où MM. les commissaires présumaient qu’ils devaient être, ils ne sortirent de l’étuve que lorsque tous les cuirs furent suifés. L’opération dura au moins une demi-heure. ' -
- Un ouvrier, cependant, fut obligé de quitter l’ouvrage, à cause d’un malaise dont il se sentit frappé tout à coup : on crut qu’en sortant de l’étuve il allait se vêtir de ses habits, mais on ne fut pas peu surpris lorsqu’on le vit, ayant le corps tout couvert de sueur, aller s’exposer sur une terrasse voisine, pour y respirer l’air, qui, ce jour-là, était très frais. Sa faiblesse augmentant, il se coucha sur le plancher de la terrasse, et y resta, toujours le corps nu, pendant près d’une demi-heure; ensuite il reprit son travail comme auparavant.
- Les hongroyeurs qui assistaient aux expériences informèrent MM. les commissaires que l’accident arrivé à l’ouvrier dont on vient do parler avait lieu souvent dans un travail suivi et fait en grand, mais que cet accident n’avait rien d’inquiétant, que même on n’y faisait point attention.
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- L’opération étant'terminée, puisqu’il ne s’agissait plus que de laisser les cuirs dans l’étuve, pour donner au suif le temps de pénétrer, MM. les commissaires allaient se retirer, lorsqu’une des personnes présentes .proposa de leur faire voir comment on préparait les cuirs pour faire ce qu’on appelle sortir le grain, avant de les mettre gonfler à l’étuve. Cette proposition ayant été acceptée, on conduisit MM. les commissaires sur la terrasse voisine de l’étuve ; sur le sol de cet endroit on étendit du cuir qu’on ploya en deux. Dans le milieu du pli et entre les deux surfaces on plaça un petit cylindre de fer de la longueur de 2 pieds ( 65o millimètres ) environ ; alors un ouvrier fit aller et venir ce cylindre, en appuyant fortement dessus avec ses deux pieds qu’il faisait mouvoir alternativement d’avant en arrière et d’arrière en avant. L’effort qu’il faut faire dans cette opération est si considérable, qu’un homme très vigoureux la supporterait difficilement, s’il ne trouvait pas un point d’appui pour ses deux mains sur une perche placée transversalement devant lui et à la hauteur de son corps qui alors est courbé. Le but de cette manœuvre est d’assouplir le cuir et de pulvériser en quelque sorte les petits cristaux dklun dont la surface est couverte. Un procédé semblable, disent MM. les commissaires, ast assurément défectueux sous tous les rapports , et il ne serait pas .difficile de lui en substituer un moins pénible, plus prompt, plus exact et en même temps plus sûr.
- - En quittant l’atelier de M. Gabot, MM. les commissaires emportèrent plusieurs bouteilles remplies de l’air de l’étuve, recueilli pendant qu’elle -était échauffée à 47 degrés.
- Avant l’opération du suifage, et à l’époque où le thermomètre marquait 47 degrés, on avait placé dans l’étuve des capsules remplies d’eau de chaux, et dans une pièce voisine d’autres capsules semblables pour servir de point de comparaison. L’eau des capsules de l’étuve fut promptement décomposée, tandis que le même effet fut plus lent hors de l’étuve; on en jugea facilement par l’épaisseur de la couche de carbonate de chaux, qui, dans les capsules de l’étuve, fut plus forte dans le même espace de temps que dans les capsules placées hors de cette pièce.
- Indépendamment de l’acide carbonique, qui, d’après l’effet de l’eau de chaux dont on vient de parler, était en très grande quantité dans l’étuve, l’air de cette pièce était encore imprégné d’une vapeur blanchâtre ayant lodeur de suif brûlé, et cet air était si raréfié et si délétère, que deux jeunes gens forts et vigoureux , qui aidaient MM. les
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- commissaires dans leurs expériences et qui entrèrent à diverses reprises dans l’étuve , ne purent'y rester que trois ou quatre minutes , tant la gêne qu’i!s: éprouvaient dans la respiration était considérable. Ges jeunes gens ont dit depuis qu’ils avaient été incommodés le reste de la
- journée.
- Il est inutile de donner ici le détail dès expériences auxquelles l’air recueilli dans l’étuve a été soumis. II suffis de dire qu’on l’a trouvé plus imprégné d’acide carbonique et d’azote que l’air commun , et qu’il contenait, en outre, du gaz hydrogène carboné, et surtout' un gaz particulier dont, faute de temps, MM. lès commissaires n’ont: pas constaté la nature d’une manière très exacte, mais qui avait conservé l’odeur qu’on connaît à cette vapeur qui se dégage lorsqu’on brûle du suif.
- D’après l’avis de MM. les commissaires, le procédé que les hongroyeurs emploient pour chauffer l’étuve où ils suifent leurs cuirs est essentiellement vicieux, et il est inconcevable qu’il ne soit pas encore venu dans l’idée de le rectifier.
- Eu effet, quel est le but que se propose le hongroyeur en opérant comme il le fait ? c’est de mettre le cuir dans un état favorable, pour qu’il puisse être pénétré par le suif dont il veut l’imprégner. Sans doute' il’serait impossible d’atteindre ce but sans le secours d’une forte chaleur ; mais le moyen des hongroyeurs pour élever la température et l’entretenir' n’est pas celui auquel ils devraient donner la préférence. Tout le monde sait que rien n’est si dangereux que de rester dans un endroit où l’on brûle du charbon ; on connaît l’altération que l’air éprouve pendant la combustion de cette matière ; on a aussi la certitude qüe l’air est d’autant plus altéré que la pièce où le charbon brûle est petite; on a la preuve que, dans ce cas, l’air se trouve vicié, non seulement par l’acide carbonique qui s’est formé , par l’azote dont les proportions se trouvent1 augmentées, et par le gaz hydrogène carboné ; mais si, à toutes ces causes d’insalubrité , on ajoute celle qui provient de fodeur du suif fondu, qui toujours se fait sentir dans l’étuve du hongroyeur, on sera encore plus facilement convaincu que le séjour dans un semblable lieu peut souvent devenir très préjudiciable à la santé, et qu’il est d’une nécessité absolue de s’occuper de la recherche du moyen de chauffeV' l’étuve dtt hongroyeur tout autrement qu’on ne l’a fait jusqu’à présent.
- Si , au lieu d’allumer du charbon dans le milieu de l’étuve , ajoutent* MM; les commissaires j on essayait de chauffer la pièce avec des'
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- tuyaux de chaleur bien dirigés, on parviendrait à élever la température dans cet endroit autant qu’on le voudrait, pour que les cuirs, suffisamment gonflés, pussent se prêter facilement au suifage. En adoptant ce moyen, les ouvriers n’auraient plus à redouter l’effet qu’exercent sur eux l’acide carbonique, l’azote, le gaz hydrogène carboné ; ils travailleraient plus facilement , plus long-temps, et ne courraient pas les risques d’être asphyxiés, comme cela arrive très souvent.
- Les hongroyeurs objecteront sans doute que l’habitude de faire leur a appris à braver les dangers, et que si, parfois, leurs ouvriers sont incommodés, c’est qu’ils ne prennent pas assez de précautions ; que, d’ailleurs, le moyen qu’on leur propose ne produirait pas l’effet qu'ils attendent, et qu’enfin leur procédé est plus simple. Toutes ces objections qui ont été faites à MM. les commissaires , pendant qu’ils assistaient aux expériences, peuvent être facilement réfutées, et il n’est pas douteux que, si les hongroyeurs voulaient se dépouiller de leurs préjugés, ils ne sentissent bientôt la nécessité d’abandonner leur routine et de changer leur procédé. Il y a plus , c’est qu’en consultant leur intérêt pécuniaire ils trouveraient encore de l’avantage à adopter .les tuyaux de chaleur pour chauffer leur étuve.
- En effet, ils conviennent tous qu’on est obligé d’employer une grande quantité de charbon, et qu’il leur en coûte beaucoup d’argent pour s’en procurer; mais s’ils étaient persuadés que les tuyaux de chaleur peuvent être alimentés à moindres frais, et qu’au charbon on peut substituer toute autre espèce de combustiblej si, à cet avantage économique, ils voulaient joindre encore celui de ne plus avoir à redouter les dangers auxquels sont exposés les ouvriers , alors aucun motif raisonnable ne pourrait plus être allégué pour les dispenser d’adopter la réforme que l’on propose.
- Faut - il maintenant espérer que, par des raisonnemens, on parviendra à convaincre les hongroyeurs ? non, sans doute. MM les commissaires en ont eu la preuve lors des conversations qu’ils eurent avec eux. Quelques uns voudraient bien faire de nouveaux essais, mais comme ces essais exigeraient des* dépenses, ce seul motif suffit pour les arrêter.
- Quel parti reste-t-il donc à prendre pour les amener insensiblement à une réforme qui paraît si nécessaire? Le seul moyen, suivant MM. les commissaires, serait d’établir une étuve aux frais du Gouvernement, et d’epgager deux ou trois hongroyeurs à venir y exé-
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- cuter leurs opérations. En leur faisant entendre qu’en cas de non-succès il ne leur en coûterait rien , ils se prêteraient aux expériences, et comme il est plus vraisemblable que les résultats seraient ceux que le raisonnement indique , on verrait bientôt tous les hongroyeurs quitter leur routine , et préférer, pour chauffer leur étuve , les tuyaux de chaleur au charbon.
- Depuis l’époque de ce rapport, l’on a reconnu que le poêle économique de M. Curaudau était non seulement très propre à chauffer les étuves des hongroyeurs et à les garantir des effets nuisibles de la vapeur du charbon , mais aussi que son emploi procurait une économie considérable de combustible (i).
- M. Flichy, hongroyeur, rue du Faubourg-Saint-Martin , fit établir ce poêle dans son étuve. Une année d’expérience a prouvé que ce procédé était aussi favorable à l’art que lucratif aux fabricans. Les cuirs sont chauffés plus également, plus promptement, s’imbibent mieux de suif et sont de meilleure qualité. Ce succès , en confirmant la théorie, aurait suffi pour constater la supériorité de la méthode qui avait été proposée et la préférence qu’elle mérite; mais M. Curaudau, de concert avec M. Flichy, ayant fait quelques changemens à l’étuve et au poêle économique, M. le conseiller d’état, préfet de police, a désiré de nouvelles expériences pour apprécier le perfectionnement qu’on lui annonçait. Ces expériences ont eu lieu , le 4 juillet dernier, chez M. Flichy, en présence de MM. Guyton, Deyeux, Cadet et Curaudau, et de plusieurs maîtres-hongroyeurs, qui avaient été engagés à y assister.
- Yoici les résultats de ces expériences:
- Quarante livres ( dix-neuf kilogrammes cinq cent quatre-vingts gr. ) de bois de hêtre, scié et fendu, ont été pesées pour l’usage du poêle.
- On a placé des thermomètres dans l’étuve.
- Le feu a été allumé à onze heures trois quarts. Une capsule remplie d’eau de chaux a été posée dans l’étuve; une autre de même capacité a été placée dans l’atelier, hors de l’étuve.
- A une heure dix minutes, on a chargé l’étuve de trente bandes de cuir, le thermomètre de Réaumur marquant quarante-trois degrés ; la porte resta ouverte pendant tout le temps de la charge, et la température baissa à trente-trois degrés.
- A une heure , le thermomètre était remonté et indiquait quarante-neuf degrés ; à deux, il était à soixante.
- (0 Nous donnerons la description de ce poêle dans un des prochains numéros du Bulletin.
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- Après avoir entretenu quelques momens cette température, on est entré dans l’étuve pour jeter bas les cuirs et procéder au suifage. Cette opération a duré une demi-heure, et vers la fin le thermomètre ne marquait plus que cinquante et un degrés. -
- Les ouvriers sont restés enfermés dans l’étuve pendant tout le travail, et ils en sont sortis couverts de sueur, mais sans avoir éprouvé la plus légère indisposition , la moindre gêne.
- MM. les commissaires sont entrés eux-mêmes avec eux, et quoique peu accoutumés à cette forte chaleur, ils l’ont trouvée très supportable et nullement incommode. ;
- L’eau de chaux, exposée dans l’étuve, n’a pas été plus fortement troublée que celle conservée à l’extériçur, et si le précipité qu’elle formait a paru plus sensible, il faut l’attribuer moins à la quaniité d’acide carbonique absorbé qu’à l’évaporation plus grande que l’eau avait subie dans l’étuve. ;
- Lorsque le suifage fut entièrement terminé , il restait encore un peu de bois non employé, mais on peut négliger cette économie.
- On a retiré du poêle un boisseau ( treize litres ) de charbon non consumé.
- Il résulte de cet essai que l’opération a duré deux heures trois quarts, à dater de l’instant où le feu a été allumé ; que l’on n’a employé que quarante livres de bois, qui ont donné depuis trente-trois jusqu a soixante degrés de chaleur, et que l’on a retiré quelques livres de bois, plus un-boisseau de charbon. Maintenant évaluons les frais.
- En portant à deux mille livres le poids d’une voie de bois (i), ce poids , divisé par quarante, donne cinquante portions égales à celle employée dans la venue ( c’est ainsi qu’on appelle l’opération du suifage d’environ trente bandes de cuir dans l’étuve ).
- Une voie ou double stère de bois de hêtre coûte 4° francs, qui, divisés par cinquante, mettent le prix du combustible, pour chaque venue, à. . ............................................ . . 80 cent.
- Mais on retire un boisseau ( un décalitre trois litres) de
- charbon ,f qui vaut au moins. ......... 3o
- Ainsi la dépense effective est de. ... 5o cent.
- (i) On peut évaluer à 1,600 livres le poids d’une voie ou double stère de bois de hêtre, tel que celui employé dans les expériences. Ce poids varie suivant l’espèce de bois etl’bumidite
- dont il est pénétre. ' 1 " ‘ ' ' "^ '
- . ' ' .. . .. /.v. .., .)
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- D’après ce calcul, on voit que cinquante venues, qui consommeraient une
- voie de bois, ne coûteraient que 25 francs.
- Chaque venue exigeait par l’ancien procédé :
- En été, un hectolitre trente-trois litres de charbon, qui coûtent 5 francs 33 centimes.
- Ainsi, pour cinquante venues on en emploierait, pendant l’été , trente-trois voies un tiers , qui valent 8 francs le sac; ci. . . 266 fr. 66 cent.
- Ou, pendant l’hiver, quarante et une voies deux tiers, qui coûtent.................... ... ...................... 333 33
- En prenant le terme moyen, on voit que la dépense actuelle est environ le douzième de celle d’autrefois.
- Un hongroyeur, raisonnablement occupé, fait à peu près deux cent cinquante venues par an; sa dépense sera donc de 200 francs, réduits à 125 fr. par le prix du charbon retiré.
- Il aurait dépensé, par l’ancienne méthode, cent quatre-vingt-six voies et demie de charbon, en balançant l’hiver par l’été. Ce charbon aurait coûté 1,492 francs : le bénéfice sera donc de 1,367 francs.
- Or, un poêle à trois colonnes sur un cylindre horizontal, tel que celui que M. Curaudau a fait construire pour M. Flichy, coûte 25o francs. Cette avance est couverte plus de cinq fois par l’économie de la première année.
- Mais, sans considérer ces avantages pécuniaires, et en supposant qu'ils soient nuis, un intérêt plus puissant, la conservation de la santé des ouvriers , devrait seul engager tons les hongroyeurs à adopter cette méthode expéditive et qui s’accorde avec la salubrité.
- Non seulement il ne se forme pas dans l’étuve une quantité notable d’acide carbonique , niais encore le poêle pompe la vapeur humide dés cuirs ; car la fumée qui sortait du tuyau du poêle avait une odeur de bùêe très remarquable.
- Autrefois les ouvriers, en s’exposant à être asphyxiés, ne pouvaient jeter bas les cuirs qu’à plusieurs reprises ; ils peuvent le faire maintenant en une seule fois.
- Autrefois ils brûlaient quelques cuirs ernles approchant trop du foyer, ou ne les chauffaient pas assez, en les plaçant dans le fond de l’étuve; maintenant la chaleur est égale et suffisante par-tout.
- Autrefois, pour travailler, les ouvriers étaient obligés de laisser la porte ouverte ; ils peuvent la fermer aujourd’hui, ce qui rend le travail plus exact.
- Enfin la qualité du cuir en paraît meilleure.
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- Ces résultats satisfaisans ont été reconnus par les hongroyeurs les plus exercés, appelés chez M. Flichy pour assister aux expériences. MM. les commissaires les ayant invités à présenter des objections, s’ils en avaient à faire, ils ont dit avec franchise qu’ils n’en connaissaient aucune qu’on pût raisonnablement proposer. _
- MM. les commissaires terminent leur rapport en proposant à M. le conseiller d’État, préfet de police , * —
- i°. D’interdire expressément à tous les hongroyeurs la méthode qu’ils ont suivie jusqu’à ce jour, et qui consiste à chauffer les étuves avec un brasier de charbon ;
- 20. De donner aux expériences dont il vient d’être fait mention assez de publicité , pour que tous les fabricans connaissent les avantages du poêle de M. Curaudau. ‘
- Le 7 août dernier, en conséquence d’une lettre deM. le conseiller d’État, préfet de police , il a été procédé, en présence de M. Masson, commissaire de police, à de nouvelles expériences dans l’atelier de M. Flichy. Ces expériences avaient pour but de constater la durée de la mise au suif de trois venues de cuir hongroyé, composées chacune de trente bandes, dans l’étuve chauffée par le poêle économique de M. Curaudau. M. Goebaut, hongroyeur, qui paraît avoir désiré cette expérience , devait fournir deux venues sur les trois.
- A neuf heures trente et une minutes, le poêle étant allumé, M. Masson est entré dans l’étuve et y a placé un thermomètre de Réaumur, lequel, dé seize degrés, hauteur de la température commune , est monté presque subitement à vingt-trois degrés.
- A la même heure, M, Goebaut n’étant point encore arrivé, M. Flichy a fait garnir l’étuve, c’est à dire étendre ses trente bandes de cuir. Cette opération a été terminée à neuf heures quarante minutes ; le thermomètre étant monté à trente-trois degrés , l’étuve a été fermée.
- A dix heures vingt-cinq minutes, M. Masson, étant rentré dans l’étuve, a observé la hauteur du mercure à cinquante degrés; c’est à cette époque qu’a commencé la mise-bas des bandes de cuir.
- M. Goebaut n’est arrivé qu’à dix heures vingt-sept minutes. . -
- A dix heures et demie précises, la mise-bas était terminée; hauteur du mercure, cinquante-cinq degrés.
- A dix heures trente-quatre minutes a commencé le suifage, le thermo-r piètre marquant cinquante-six degrés. , . ( - • , ^ r v
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- Cette opération a été terminée à onze heures vingt minutes; hauteur du mercure , cinquante et un degrés.
- Ainsi l’opération , faite en totalité par les ouvriers de M. Flichy, a commencé à neuf heures trente et une minutes, et a été entièrement terminée à onze heures vingt minutes , et par conséquent a duré une heure quarante-neuf minutes.
- M. Goebaut ayant déclaré être dans l’intention de faire trois venues , de chacune trente bandes de cuir, il a commencé à garnir, à onze heures quarante-quatre minutes, le thermomètre marquant cinquante-huit de-grés.
- L’étuve a été garnie à onze heures cinquante et une minutes, même hauteur du mercure.
- A midi trente et une minutes, M. Goebaut a fait commencer à mettre bas ; les trente et une bandes formant la première venue ont été mises bas à midi trente-cinq minutes ; thermomètre à soixante degrés.
- A midi trente sept minutes a commencé le suifage; il a été terminé à une heure douze minutes ; mercure à cinquante-cinq degrés.
- Ainsi l’opération, commencée à onze heures quarante-quatre minutes et finie à une heure douze minutes , a duré une heure vingt-huit minutes ; mais M. Goebaut y a employé deux personnes de plus.
- M. Goebaut a commencé à faire garnir de sa seconde venue à une heure trois quarts, la hauteur du thermomètre étant à cinquante-neuf degrés, et a fini à une heure cinquante minutes.
- A deux heures vingt-deux minutes, M. Goebaut a commencé à faire mettre bas, et a fini à deux heures vingt-six minutes, le thermomètre à soixante-quatre degrés.
- Le suifage a commencé à deux heures et demie et a fini à trois heures sept minutes; hauteur du mercure , cinquante-sept degrés.
- Ainsi l’opération , commencée à une heure trois quarts et finie à trois heures sept minutes, a duré une heure vingt-deux minutes.
- A trois heures trente-six minutes, M. Goebaut a commencé à garnir de sa troisième venue. Cette opération a duré jusqu’à trois heures trente-neuf minutes; hauteur du thermomètre, cinquante-six degrés.
- A quatre heures seize minutes, M. Goebaut a fait mettre bas; l’opération a duré jusqu’à quatre heures un quart, le thermomètre indiquant soixante-quatre degrés et demi.
- A quatre heures seize minutes a commencé le suifage; il a été terminé à quatre heures quarante-huit minutes.
- En conséquence, l’opération, commencée à trois heures trente-six
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- minutes et terminée à quatre heures quarante huit minutes, a duré une heure douze minutes.
- Et la durée totale du suifage des quatre venues a duré depuis neuf heures trente et une minutes jusqu’à quatre heures quarante-huit minutes, c’est à dire sept heures dix-sept minutes. : / :
- ÉCONOMIE RURALE. v
- Observations de M. Lombard, membre des Sociétés d’agriculture de Paris et de Versailles, sur la ruche écossaise de M. de la Bourdonnaye, recommandée par M. Ducouëdic (i).
- Je me sers d’une ruche dont j’ai donné la description dans un ouvrage intitulé : Manuel nécessaire au villageois pour soigner les abeilles, etc. Je n’en suis pas l’inventeur, et j’ai indiqué la source où je l’ai trouvée. Si j’avais connu la ruche écossaise , je l’aurais indiquée, en l’améliorant et en nommant M. de la Bourdonnaye comme l’ayant introduite en France.
- A la page 19 de la première édition de mon Manuel, imprimé en l’an X (1802), je m’exprime ainsi :
- « Dans les départemens de Seine-et-Oise, du Loiret, d’Indre-et-Loire, etc., on se sert d’une ruche en deux parties, que l’on a désignée sous le nom de ruche à chapiteau. La Convention , sur un rapport fait au nom du Comité d’agriculture (par Coupé, de l’Oise), avait engagé toute la France à adopter cette ruche , qui n’est pas nouvelle ; nos vieilles maisons rustiques la désignent sous le nom de ruche de campine et d’Allemagne, parce qu’en effet elle est en usage dans les campines liégeoises, brabançonnes, etc.
- » Après avoir examiné, comparé et pratiqué différentes ruches, je me suis convaincu que la ruche indiquée par la Convention est celle qui mérite la préférence ; mais avec la perfection que je lui ai donnée intérieurement^ d’après les essais éprouvés pendant plusieurs années; et comme c’est celle qui m a paru le mieux convenir aux habiîans des campagnes et devoir être la plus universellement adoptée , j’ai cru devoir la désigner sous le nom de ruche villageoise 3 etc. » *
- (t)Yoyez Bulletin, N° XXXVI, p. 3g.
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- Pour établir la comparaison de ces deux ruches, examinons-les chacune séparément.
- La ruche écossaise, ainsi qu’on le voit page 4^ du Bulletin N° XXVr, est en deux parties de chacune onze pouces de haut. À chacune des parties il y a un fond de paille qui lui est adhérent, et sur le bord duquel il y a un trou de quinze à dix-huit lignes en carré. On peut considérer les deux parties comme deux petits cuviers posés l’un sur l’autre , et communiquant par une ouverture. La seconde partie sert de hausse à la première. Ces deux parties, étant réunies , forment une ruche de vingt-deux pouces de haut, qui est couverte par une planche sur laquelle on place une pierre.
- La ruche villageoise est aussi en deux parties. Le corps de la ruche a environ un pied d’élévation, avec un couvercle de quatre à cinq pouces de profondeur. Les deux parties forment ensemble une ruche de dix-sept pouces d’élévation. Au haut du corps de la ruche est un plancher fait d’abord en paille, mais que j’ai remplacé par une planche légère, percée dans son centre d’une ouverture d’un pouce de diamètre, et sur les bords de quatre à cinq fentes de quatre à cinq pouces de longueur sur quatre à cinq lignes de largeur. Au dessous du plancher se trouve un petit bâton plat, faisant des deux côtés une saillie de quinze à dix-huit lignes, et servant à soulever la ruche, à deux mains. La base du couvercle est également traversée par une petite baguette saillante , qui correspond et s’attache au bâton de la ruche. Le haut du couvercle est bombé et surmonté d’une espèce de manche destiné à recevoir et soutenir un surtout de paille nécessaire pour mettre les ruches et les abeilles à l’abri des injures du temps et de l’ardeur du soleil.
- Incoméniens de la 'ruche écossaise. Cette ruche , dans son ensemble, est trop grande ; elle découragerait les abeilles ; et le plus souvent, ceux qui eii font usage'sont sans doute obligés de ne se servir que de la moitié de la ruche , ce qui la réduit et la rapproche, pour la grandeur, de nos ruches ordinaires.
- La ruche est défectueuse par rapport à ses fonds faits avec des rouleaux de paille. Dans mon Manuel, j’avais indiqué un plancher pour la ruche villageoise, bien différent des fonds de la ruche écossaise. Ce plancher était composé de rouleaux de paille; mais y ayant reconnu beaucoup d’inconvéniens, j’y ai renoncé pour y substituer une planche légère. J’ai annoncé ces changemens dans la troisième édition de mon Manuel.
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- Ces inconvéniens sont i° la difficulté de faire ces fonds et le temps considérable qu’y emploient les ouvriers ; les inégalités qui s’y trouvent, et qui sont inévitables, déchaussent les abeilles , c’est à dire détachent les lentilles de pollen qu’elles apportent à leurs pattes; 3° ces inégalités donnent un travail considérable aux abeilles , en ce que, pour rendre ces fonds un peu unis, elles sont obligées de les enduire de beaucoup de propolis; 4° les sinuosités inévitables entre les rouleaux de paille que l’on ne peut bien joindre procurent des retraites à la fausse teigne, vermine qui est le plus dangereux ennemi des abeilles ; 5° les fonds étant adhérens aux ruches, et n’ayant qu’un seul trou de quinze à dix-huit lignes sur un des bords, la ruche présente une espèce de cul-de-sac , d’ou il doit être difficile de déloger les abeilles, lorsque le temps de leur retirer la ruche est venu : à cette époque, on doit enfumer la ruche par dessous; les abeilles, pour fuir la fumée, montent contre les fonds, et comme, dans ces fonds, il n’y a qu’une seule issue par laquelle la fumée puisse s’échapper, les abeilles l’évitent sans doute autant qu’elles le peuvent, parce que la fumée y est plus épaisse qu’ailleurs ; 6° la ruche abandonnée par les abeilles est difficile à vider et à nettoyer à cause de l’adhérence des fonds ; 70 le fond est défectueux parce qu’il est plat.
- Lorsque, dans les temps humides, et surtout à l’époque du dégel, les ruches sont pleines des vapeurs qui s’exhalent du grand peuple qu’elles contiennent, ces vapeurs montent au haut des ruches; si cette partie est plate, comme dans la ruche écossaise, l’eau égoutte sur les abeilles et sur le couvain, cause la dyssenterie, des moisissures, une mauvaise odeur, attire les mites, les cloportes. Ces accidens font périr les ruches, ou au moins les dépeuplent, et forcent enfin les abeilles qui restent à un travail extraordinaire au printemps, pourchasser la vermine, ronger les parties gâtées et les réparer. ; .
- {La suite au numéro prochain.}
- IMPRIMERIE DE Madame HUZARD (née VALLAT LA CHAPELLE),
- RUE DE l/ÉPEROH , H° J.
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- CINQUIÈME ANNÉE. ( N° XXVIII. ) OCTOBRE 1806.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIETE D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- Assemblée générale du octobre 1806.
- C’est au moment où l’industrie française paraît prendre un nouvel et brillant essor, et multiplier les ressources de ce vaste Empire, à l’époque fixée par le .Gouvernement pour la réunion des produits de nos manufactures, et pour les récompenses à accorder à ceux des fabri-cans qui, par leurs travaux, ont mérité son approbation ; c’est à cette époque que la Société a cru devoir convoquer la séance générale dont nous allons rendre compte, et qui ordinairement a lieu dans le courant du mois de juillet. Jamais elle n’avait pu se réunir sous de plus heureux auspices; et l’empressement que les fabricans de Paris et des Départe-mens ont mis à se rendre à cette Assemblée prouve tout l’intérêt qu’excitent les travaux de la Société.
- M. Chaptal, trésorier du Sénat, a présidé la séance. Il aluxles observations très intéressantes sur les fabriques et les manufactures qui serviront d’introduction à un traité de chimie appliquée aux arts, qu’il va publier incessamment. L’Assemblée a entendu cette lecture avec la plus vive satisfaction.
- M. Degérando, secrétaire, a rendu le compte suivant des travaux du Conseil, pendant le dernier trimestre de l’an XIII, les trois mois de l’an XIV, et les six premiers mois de l’an 1806.
- Compte rendu des travaux du Conseil d administration de la Société d Encouragement, depuis le il\ thermidor an XIII ; par M. Degérando, secrétaire.
- Messieurs, cinq années se sont écoulées depuis le jour où, rassemblés pour la première fois par une de ces impulsions unanimes et spontanées
- Cinquième année. Octobre 1806. 11
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- que famour du bien peut seul inspirer, nous jetâmes les fondemens de celte institution. Encouragés par les intentions mêmes qui nous animaient, heureux de l’harmonie qui régnait entre nous, nous crûmes, en fixant le but élevé que nous nous proposions, pouvoir fonder quelques espérances sur les efforts de notre zèle. Nous nous imposâmes le devoir (le nous rendre compte, chaque année, des résultats qu’il aurait produits, afin que, conduits de la sorte à nous juger nous-mêmes avec sévérité, nous fussions sans cesse garantis de ce funeste relâchement qui, trop souvent, éteint dans la décrépitude prématurée les établisse-mens les plus utiles. C’est à l’universalité des membres de la Société, sous les yeux desquels est placé l’historique de nos travaux , qu’il appartient de décider à quel point leur attente se trouve remplie. Du moins pouvons-nous annoncer ici que les opérations de l’année qui termine notre premier lustre n’ont pas été moins actives que celles des années précédentes. Le Conseil d’administration a continué de se réunir régulièrement pour examiner les objets qui lui étaient soumis ou pour discuter les améliorations utiles; le Bulletin, adressé avec exactitude à tous les membres, les a associés à ses délibérations et leur a transmis les lumières qu’il a pu recueillir ; votre musée s’est sensiblement enrichi. ^ Un grand nombre de membres distingués par leurs lumières, leurs fonctions, leur fortune , en se réunissant aux premiers fondateurs , sont venus nous apporter, avec leur précieux secours , un témoignage honorable de l’estime publique; nous nous sommes glorifiés de voir au milieu d’eux un prince étranger, non moins illustre par le rang qu’il occupe dans les sciences que par ses éminentes dignités, dont le nom, cher aux amis du bien, rappelle tant d’institutions utiles à l’humanité, et une protection généreuse constamment accordée aux lumières et aux arts. Le fonds de réserve de la Société s’est accru d’un tiers, et s’élève à une somme dont le revenu seul suffirait pour couvrir ses dépenses ordinaires. A son exemple, une association semblable s’est formée dans la ville la plus industrieuse de la France. Animée du même esprit, inspirée par une noble et fraternelle émulation, la Société des Amis du Commerce et des Arts de Lyon applique de plus près et en détail les lumières de la science aux procédés des fabriques : elle nous promet une fructueuse correspondance. La Société d’encouragement de Gênes, qui, pendant plus d’un siècle, se dévoua à une semblable destination, se relève aujourd’hui à notre invitation ; elle va devenir pour nous un précieux allié au milieu de ses nouveaux compatriotes, et déjà le président qu’elle s’honorait de voir à sa tête siège au milieu de noua
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- et nous garantit cette alliance. Nous n’avons point cessé de jouir de l’appui que le Gouvernement a daigné nous accorder, et nous avons eu le bonheur d’en recevoir , de nouveaux gages. Le chef auguste de l’Empire, en nous admettant à lui offrir, au nom de la Société, l'hommage du recueil de ses Mémoires, a bien voulu applaudir à nos efforts et nous assurer de sa glorieuse protection. S. Ex. le ministre de l’Intérieur nous a accordé une confiance qui mérite toute notre gratitude; elle a été telle, que jamais nous n’avons sollicité en vain son intérêt pour un artiste estimable , que jamais notre témoignage n’a été inutile auprès de lui. La ville de Lyon , en rappelant dans son sein un artiste que vous aviez couronné, M. Jacquart, en faisant l’acquisition des découvertes que vous aviez signalées, a mis cet homme, aussi modeste que distingué,- à la tête de ses élablissemens, et déjà l’a vu s’élever à de nouveaux succès. Le concours que vous avez ouvert pour l’amélioration des laines a développé l’émulation des cultivateurs ; le nombre des prix s’est encore accru. M. Poitevin-Maissemy, préfet du département .du Mont-Blanc, a bien voulu mettre à la disposition de la Société un bélier mérinos, qui formera la valeur d’un prix pour un objet quelconque d’agriculture. M. Oberkampf lui a offert aussi la somme qu’il avait destinée à la découverte d’une empreinte propre à marquer au chef les toiles peintes : découverte qui n’a pu être obtenue d’une manière'satisfaisante (i). Heureuse l’institution qui, sans ostentation et sans appareil, peut ainsi chaque jour répandre l’instruction , exciter l’émulation, provoquer les découvertes, les faire valoir, obtenir à la fois le suffrage des gens de bien et des hommes éclairés, faire passer dans les ateliers les lumières fécondes des sciences, satisfaire les vœux d’un noble patriotisme et ceux d’un juste enthousiasme pour le bien de l’humanité; car les intérêts des mœurs se rattachent eux-mêmes aux intérêts de l’industrie, et, soit que l’on considère celui qui consomme ou celui qui produit, les secours offerts au travail sont les premiers de tous les services.
- Nous avons seulement à regretter que les manufacturiers, en général, négligent trop de recourir à ce centre de consultation qui leur est offert, et où ils trouveraient toujours le concours le plus empressé à leur donner des renseignemens utiles , à résoudre leurs doutes, à leur indiquer l’imperfection des méthodes qu’ils emploient, à leur en faire
- (i) Bulletin. N° XXVII, cinquième année , page 61.
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- connaître de meilleures. Nous devons supposer que cette espèce d’indifférence à user d’une ressource qui leur serait tout ensemble et si facile et si fructueuse tient surtout à ce que la Sociétéplus zélée à faire le bien qu’avide de le publier, n’a pu leur transmettre assez directement l’assurance de sa bonne volonté à cet égard ; mais une circonstance favorable se présente pour leur en donner connaissance. Toutes nos manufactures, appelées à un concours public, se réunissent aujourd’hui pour offrir un tableau dans lequel leurs produits comparés forment comme le musée industriel de la France entière. Là, s’éclairant les unes par les autres, livrées à une heureuse émulation, elles paraissent au tribunal de l’opinion, elles se rapprochent du grand foyer des connaissances, elles ramènent aussi l’esprit public à l’un des plus grands intérêts de la prospérité nationale : riche spectacle, rare théâtre d’instruction, puissant encouragement pour des milliers d’hommes utiles, juste triomphe décerné à ces arts modestes et laborieux , que créa, que dirige, que perfectionne un génie bienfaisant pour l’humanité ! Vous avez remis à l’époque de cette solennité celle de votre assemblée générale, afin que les artistes qu’elle appellerait puissent se trouver ici comme au sein de leur propre famille, qu’ils puissent être témoins de nos efforts pour les seconder. C’est pour eux que cette institution existe, et tous ses fruits leur sont offerts; mais déjà la plupart de ceux qu’a distingués le suffrage du Gouvernement et du public vous appartiennent ; et, en les revoyant au milieu de nous, nous avons à les féliciter aujourd’hui de nouveaux succès. Ce n est pas un des moindres honneurs de cet établissement, disons mieux , c’est pour lui une véritable gloire de posséder ces hommes estimables dans notre sein, de voir cette enceinte enrichie de leurs productions et comme décorée de leurs couronnes triomphales. Où pourraient -elles être plus dignement déposées quç dans le monument élevé à F industrie
- Puissent donc aussi .toutes les classes de manufacturiers savoir qu’ils trouveront toujours en nous des amis zélés, prêts à apprécier et à faire valoir leurs découvertes, à accueillir toutes leurs idées, à répondre à toutes leurs questions avec la bienveillance la plus constante , avec l’impartialité la plus;-entière.
- C’est une justice, toutefois, que nous pouvons nous rendre à nous-mêmes, que, pendant le cours de cette année, aucune idée utile ne nous a été communiquée qu’elle n’ait donné lieu à un travail approfondi. En parcourant la suite des arts, depuis ceux qui fournissent à l’industrie
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- ses premiers matériaux, ceux qui les préparent, les élaborent, jusqu’à ceux qui finissent ses productions, ou qui lui prêtent ses instrumens , nous n’en trouvons aucun dont nous n’ayons eu occasion de nous occuper. ' '
- C’est une considération sur laquelle on ne saurait trop insister que celle de l’importance de la propagation des lumières dans un Empire dont le génie de la victoire a si fort reculé les limites, et qui renferme en quelque sorte plusieurs nations dans son'sein. Combien de découvertes déjà anciennes n’ont cependant point encore pénétré dans plusieurs portions de la France? La mouture économique elle-même, la culture des prairies artificielles, sont encore ignorées dans un tiers ou un quart de la France. Combien d’autres découvertes sont renfermées dans l’enceinte même de la capitale? Et cependant, plus cet Empire est vaste, plus les applications de ces découvertes seraient étendues. Peut-être, sous ce rapport r manque-1—il quelque chose encore à l’organisation de la Société; peut-être aurait-elle besoin d’avoir, dans chaque département, un point de correspondance mieux déterminé, et de donner à ses relations un degré d’activité qui la rendît plus véritablement nationale. ? » r u . : ’
- Ainsi, d’abord nous devons à l’un de nos correspondans les plus zélés et les plus éclairés, M. Girod-Chantrans, membre du Corps législatif, un mémoire précieux sur l’état de l’agriculture et de l’industrie dans le département du Doubs (i); à M. Boisseau, juge de paix du canton de Gonesse, auquel la Société avait décerné, l’année précédente, une mention honorable pour ses efforts relativement à l’amélioration des laines, les détails des nouveaux succès qu’il a obtenus (a); à MM. Ducouë-die et Lombard, des observations sur l’éducation des abeilles, la construction des ruches et leurs produits comparés (3). M. Dejoguey, sous-préfet de la Réole, un des administrateurs les plus constamment occupés des améliorations utiles , nous a adressé un procès-verbal d’expériences tendant à constater la propriété du gaz désinfectant de détruire l’insecte qui dévore les blés. M. Vanden Driesche, membre du collège électoral de la Loire-Inférieure, nous a fait part des heureux effets qu’il a obtenus de la fleur de sureau pour détruire les charançons, et chasser les fourmis et les teignes (4). - -
- (1) Bulletin, N° XVII, quatrième année, p. 123.
- (2) Bulletin^ N® XVIII, p. i55.
- (3) BulletinXXYI et XXVII. .
- (4) Bulletin, N# XVIII, p. i3o.
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- M. Durand, - instituteur à GIos ( Calvados ), a déposé dans notre cabinet le modèle d’une charrue double qui a été vue avec intérêt. Une demande formée par la Société d’Agriculture de Bourg, sur la meilleure machine abattre le blé, a fourni à M. Gillet-Laumont l’occasion de faire sentir les obstacles qui, jusqu’à ce jour, ont arrêté l’emploi ou le perfectionnement de cette méthode. Des objections élevées par un cultivateur contre la possibilité d’acclimater les moutons de race espagnole dans le ci-devant Berri ont donné lieu à un rapport de M. Lasteyrie, qui doit achever de dissiper à cet égard toutes les préventions des cultivateurs^). = ‘ J r;
- Lorsqu’on considère que la préparation du fer et de l’acier est comme l’auxiliaire universel et indispensable de tous les arts, on sent qu’il n’est peut-être pas de perfectionnement p*’us fécond par ses résultats, puisqu’il conduit à tant d’autres. Pénétrée de cette vérité, que nous devons à M. Dupont ( dé Nemours ) d’avoir mise dans un jour particulier, la Société a chargé une Commission .spéciale de préparer, sur cet important objet, un travail théorique qui deviendra le cadre des expériences à faire , et le texte des instructions à répandre. M. Gillet-Laumont nous a fait connaître les dispositions qui sont faites dans les mêmes vues par le Gouvernement, pour rétablissement d’une école pratique des mines à Geislau-tern, près des mines de fer de Nassau-Siegen. M. Girod-Chantrans a développé, dans un mémoire sur l’accroissement des forges et des usines dans l’ancienne province de Franche-Comté ', tout ce que le passé y laisse espérer de l’avenir. L’exposition actuelle montrera qu’il existe en ce moment à cet égard, parmi nos propriétaires d’usines, une émulation qu’on ne saurait trop encourager (2).
- lYous devons encore à M. Gillet-Laumont, entre plusieurs communications utiles, une méthode de scellement du fer dans la pierre, qui donne lieu en ce moment à des expériences comparatives (3), et des observations suggérées par deux notices instructives que nous avons reçues, l’une de M. Ducouëdic, Sur l’art de créer et d’exploiter les tourbières pour l’augmentation des engrais et du combustible (4) ; l’autre , de M. Thomas, sur l’emploi de la houille dans le chauffage économique (5). , ;
- (1) Bulletin, N? XVIII, p. i3i. -
- (2) Bulletin, N° XXYII, p. 5i. ;
- (3) Bulletin, N°XXI, p. 231.
- (4) Bulletin, N° XYI, p. 96. ‘ , <•
- (5) Bulletin, N°XIY, p. 5a, .
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- La Société n’a point discontinué de s’occuper de la recherche des méthodes les plus économiques pour le chauffage : elle a appris, avec un vif intérêt, que déjà presque tous les teinturiers de Rouen ont adopté les fourneaux perfectionnés ; elle espère que bientôt les autres villes de fabrique imiteront cet exemple.
- Il régnait, parmi les teinturiers et les fabricans, de grandes incertitudes sur les propriétés respectives des aluns ; il subsistait aussi des préjugés contre les aluns artificiels : ces questions se trouvent résolues par un travail aussi complet que méthodique de MM. Thénard, et Roard. Le résultat de leurs expériences a été mis sous les yeux du Conseil ; il a donné une théorie aussi savante que certaine, et qui manquait à cette branche des arts ; il a rendu en même temps un service essentiel à notre industrie qu’il tend à affranchir, en l’éclairant d’un tribut qu’elle payait à l’étranger.
- Un mémoire de notre confrère, M. Descroisilles, de Rouen, nous a également fourni d’utiles données sur la purification des aluns (i).
- M. d’Arcetf membre du Comité des arts chimiques, nous a communiqué un travail très précieux qu’il a fait sur le clichage avec des moules en plâtre, en soufre et en cire à cacheter, dans lequel il a comparé les avantages de chaque procédé, et sur la composition du meilleur alliage destiné à en recevoir les empreintes. M. d’Arcet a mis en oeuvre et complété les expériences d’un père si justement regretté, et dont il suit les honorables traces (2).
- Une médaille, frappée sous le règne de Henri IV et présentée par M. Coquebert-Montbret, a suggéré à M. Guyton-Morveau de judicieuses explications sur la manière dont elle a dû être exécutée (3).
- » M. Pictet a communiqué à la Société des détails sur les moyens d’enlever la couleur d’une planche gravée en taille-douce, pour la transporter immédiatement sur une surface plane ou courbe (4) , et nous a fait connaître les travaux et les succès deM. Necker-Saussure, de Genève, dans l’art de purifier le platine (5).
- M. Robert nous a donné des renseignemens sur un établissement intéressant qu’il a formé à l’ile des Cygnes pour la cuisson des abattis.
- (1) Bulletin, N» XXIII, p. 275.
- (2) Bulletin, N° XX, p. 210.
- (3) Bulletin, N° XXIV, p. 295.
- (4) Bulletin , N° XXI, p. 223.
- (5) Bulletin, N° XXIV, p. 298.
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- Un travail important pour les arts mécaniques^ occupe le Conseil d’administration, c’est l’examen de divers métiers à bas. Trois métiers de ce genre ont été présentés à la Société, celui de M. Dautry, celui de M. B elle mère, et celui de M. Favreau-Bouillon. M. Rècicourt a annoncé que, de concert avec M. Dautry, il est parvenu à les simplifier encore.
- M. Douglas a présenté une nouvelle machine à lainer, qu’un seul homme peut mouvoir. Son système de mécaniques continue à se répandre dans nos manufactures de draps, et sou établissement a pris des accroisse-mens considérables. ~
- M. Montgolfier nous a donné de nouveaux développemens sur son bélier hydraulique (i), et nous a fait connaître un calorimètre de son invention (2). '
- M. Bordier, de Versoix, successeur de M. Argand, a fait hommage à la Société d’une presse à copier les lettres, d’après le principe de YFciït, mais beaucoup plus économique, et perfectionnée à quelques égards. Il a présenté aussi le projet d’un nouvel aréomètre , qui a mérité le suffrage du / Comité des arts économiques.
- M. Lejouhan, membre de la Sociéié, a adressé le projet d’une machine propre à rouler et cylindrer les étoffes.
- MM. Sisto, de Cadix et Daujon, de Paris, des mémoires sur un lit mécanique pour le transport et le pansement des blessés (»3). M. Daujon y a joint un modèle sur lequel il a été fait un rapport avantageux, et qui a obtenu l’approbation de la Société, '
- La Société a reçu de M. Pons des modèles de pendules à échappement libre, pour servir aux observations astronomiques : elles ont offert une exécution soignée, une disposition de bon goût, claire et bien ordonnée ; ! ' >
- De M. Bouvier, des règles à branches parallèles, qui reçoivent à volonté un écartement déterminé, et qui sont exécutées par les élèves de son intéressant établissement ; •
- De M. Boujfey, des détails instructifs sur les métiers mécaniques de M* Quéval, de Fécamp, pour fabriquer la toile à voiles , mus par un manège, et une très belle pièce de toile exécutée par ce procédé, qui paraît d’une haute importance , et qu’il est désirable de voir répandre (4 > ;
- (1) Bulletin, N0 XIV, p. 170.
- (2) Bulletin, XIV, p. 43* -,
- (3) Bulletin, N° XIX, p. i5^. ‘'
- (4) Bulletin, N° XXI, p. 224. • Y: ... ; v
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- De M. Rochette, opticien, quai de l’Horloge, n° 4g, une machine dite polygraphique, à l’imitation de celles connues en Angleterre, pour tracer à la fois, avec deux plumes, deux exemplaires de lettres d’écriture ou de dessin, machine qui à paru ingénieuse; simple et bien
- exécutée ;
- De M. Girod-Chantrans, des pignons de MM. Cala me et Maillard, fa-bricans à Hérimoncourt ( Doubs ) , et des échantillons de la filature de coton de M. Peugeot, du même lieu, qui ont été vus avec intérêt (r) ,*
- De M. iSaint-Paul, des tissus métalliques qui ont paru mériter l’attention publique (2).
- La Société a cru devoir encourager par une médaille les efforts qu’a faits M. Boiteux pour introduire en France une nouvelle branche de fabrication , la bonneterie laineuse, que ce manufacturier a imitée des Anglais avec un succès digne d’éloges (3).
- MM. Lasteyrie et Gillet-Laumont s’occupent du perfectionnement des reliûres économiques, nouvelle branche d’industrie sur laquelle la Société a, la première, appelé l’attention. On se rappelle que ses invitations ont déterminé , à cet égard, les essais faits par MM. Boehm et Rœderer, de Strasbourg, et M. Bruyzet, de Lyon. On espère parvenir à un procédé encore plus satisfaisant. -
- M. Caunes, ingénieur, a fait connaître un mécanisme destiné à empêcher les cheminées de fumer; les essais qui en ont été faits laissent espérer jusqu’à ce moment un résultat favorable (4)*
- MM. Girard frères, qui ont porté déjà si loin l’exécution des lampes à courant d’air par un principe hydrostatique, et qui chaque jour s’attachent à les perfectionner, ont imaginé un chandelier économique qui mérite à tous égards cette dénomination.
- On ne saurait donner trop d’éloges aux efforts qui ont ainsi pour objet de réduire les dépenses des consommateurs les moins aisés , et de trouver les moyens de. satisfaire leurs besoins à moins de frais. Quel que soit le genre de fabrication sur lequel un tel perfectionnement se dirige, il a toujours les conséquences les plus étendues. Les artistes ne doivent jamais perdre de vue qu’un de leurs buts doit être de rendre la consommation plus facile, moins onéreuse, et les produits de leur fabrication plus accessibles à toutes les classes.
- (1) Bulletin, N° XYIT, p. io5. .........
- (2) Bulletin, N° XYI, p. 95.
- (3) Bulletin} N° XIX, p. 198.
- (4) Bulletin, N XXIV, p. 297.
- Cinquième année. Octobre 1806. 12
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- M. Mérimée a communiqué un rapport sur des velours imitant la peinture, de M. Grégoire, procédé ingénieux qui reproduit dans les plus riches tissus les dessins de tout genre et les plus belles nuances , niais dont ceux-là peuvent seuls présager toutes les conséquences , qui en connaissent les méthodes (i).
- La gravure est de même un procédé qui exige le concours de la mécanique avec les arts du dessin ; sous ce rapport elle mérite de fixer l’attention de la Société, et elle en a fait, cette année, l’objet d’un travail particulier. M. Mérimée nous a communiqué un mémoire sur la gravure en relief, et a annoncé la découverte d’un nouveau procédé qui fournira à tout graveur le moyen de pouvoir, même sans apprentissage, graver des planches très correctes, et en aussi peu de temps qu’à l’eau-forte. M. cCJr-cet nous a appris qu’il possède une méthode analogue. Le Conseil a prescrit des expériences suivies pour les apprécier l’une et l’autre. M. Poterat nous a montré des gravures agréables , exécutées par un procédé de gravure en relief, pour lequel il doit prendre un brevet d’invention.
- Le Conseil a aussi cherché à faire revivre le procédé de la gravure en bois, et il espère que la récompense accordée à M. Duplat, pour les premiers efforts qu’il a faits, l’engagera à les continuer, et lui donnera des imitateurs.
- Des tabatières d écaille, présentées par M. de Paroj, et enrichies de dessins d’un très grand fini, qu’il y a imprimés par un moyen particulier ont justement mérité l’attention de votre Conseil.
- Les Anglais ont porté à un assez haut degr é de perfection l’art de mouler le carton , de manière à en obtenir, comme du plâtre, des ornemens et des dessins en relief; quoique les échantillons fournis en ce genre par M. Gardeur ne soient encore qu’une première tentative, la Société lui a accordé un encouragement pour acheter des machines qui l’aideront à perfectionner ses essais.
- Dans le nombre des mémoires reçus du dehors, nous rappellerons celui de M. Fitalis, secrétaire de l’Académie de Rouen, sur la fabrication en grand du sulfate de fer (2); celui de M. Poide-bard, ingénieur-mécanicien à Saint-Pétersbourg, sur le perfectionnement de toutes les machines à vapeur de rotation des apciens et des nouveaux systèmes ; celui de M. Ducarne de Dùmgy , sur
- (1) Bulletin, N° XVJII, p. i45.
- (2) Bulletin , N° XXY, p. 7.
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- un moyen de projection des cordes de sauvetage pour les navires en danger d’échouenient : le Conseil a saisi cette occasion pour rappeler les services trop oubliés que M. Ducarne de Blangy a rendus à l’agriculture. *
- M. Lasteyrie, en diverses occasions , a fait connaître au Conseil plusieurs machines ou productions étrangères , qu’il avait été à portée d’observer pendant le cours de ses voyages ; le secrétaire a fourni aussi quelques renseignernens sur les divers genres d’industrie de l’État de Gènes, et sur l’état des manufactures dans le département de la Seine-Inférieure.
- La Société avait souvent exprimé le vœu de voir exécuter un ouvrage dans lequel serait tracée l’histoire de l’industrie française , qui tiendrait note des découvertes, en fixerait lepoque et consacrerait le nom de leurs auteurs. M. Degrave, l’un des membres adjoints du Conseil, auquel nous devons plusieurs communications précieuses, a bien voulu se charger de ce travail, et personne n’était mieux en état de l’exécuter. Le plan de son ouvrage a été approuvé par le Conseil, et sera un service important rendu aux arts ; car i! est une sorte d’érudition qui, plus qu’on ne croit, est nécessaire aux étudês industrielles. Nous voyons tous les jours des hommes épuiser les combinaisons de leur esprit à découvrir ce qui était connu depuis long-temps ; s’ils eussent appliqué les mêmes efforts aux données existantes , ils eussent produit quelque chose d’utile; en approfondissant les travaux des premiers inventeurs, ils eussent rendu leurs combinaisons elles-mêmes beaucoup plus fécondes. C’est surtout en examinant la marche suivie par ceux qui ont réussi, qu’on trouve la route qui conduit à de nouveaux progrès ; et en transmettant à la postérité les noms de ceux qui ont enrichi les arts par des inventions utiles , on excite par une noble émulation l’activité de ceux qui peuvent imiter leur exemple.
- La famille de M. Conté a bien voulu nous promettre de nous associer en quelque sorte à son héritage , en nous communiquant plusieurs de ses découvertes qu’il, n’avait pas eu le temps de produire. Lorsqu’il y a six mois nous déplorions si justement sa perte, nous serions-nous attendus qu’à notre première réunion générale nous aurions encore à regretter deux des hommes les plus utiles à cet établissement? L’agriculture française doit consacrer à jamais le nom de M. Cels dans ses annales ; il a tout ensemble enrichi nos pépinières par la multiplication des plantes utiles, par l’introduction de plantes nouvelles; répandu
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- par ses écrits ' l'instruction dans la classe des cultivateurs; avancé la partie théorique de ce grand art ; préparé des travaux importans pour a législation; et nous lui devons d’autant'plus de reconnaissance pour ses nombreux services, qu’il était moins empressé à les faire valoir. Ami courageux de la vérité, ennemi inflexible du charlatanisme, son caractère offrait un honorable accord delà franchise, de la droiture, de l’énergie, du désintéressement, et de cette probité austère qui ne connaît aucune composition sur tout ce qui appartient au devoir. Sa rigidité intimidait presque ceux qui le voyaient pour la première fois; la bonté réelle qui se cachait en lui sous ces formes stoïques attachait tous ceux qui avaient été admis à son commerce. Ses connaissances embrassaient presque toutes les parties des arts ; sa vie simple, laborieuse et retirée, était dévouée sans relâche aux occupations utiles. Éprouvé par de longs malheurs, sa constance n’en fut jamais découragée. L’estime des gens de bien était sa seule ambition ; mais cette ambition fut remplie. Il y avait en lui tant de force et de vie, que, bien que déjà avancé en âge, il nous paraissait ne pouvoir vieillir, lorsqu’il nous a été presque subitement ravi, laissant de précieuses traditions à recueillir, d’honorables exemples à suivre, une réputation sans tache , une famille inconsolable, et des amis qui seront toujours fidèles à son souvenir.
- - La Société que nous formons ayant toujours évité d’adopter les formes académiques, nous sommes bien éloignés, en offrant un tribut à la mémoire de nos collègues, d’affecter ici aucune prétention littéraire; mais l’hommage que nous leur rendons n’en est ni moins sacré, ni moins sincère. Unis par un doux accord d’intentions , par un commun amour pour le bien, nous donnons cours ici à l’expression simple de nos sentimens ; nous louons le zèle et les travaux utiles : est-il de plus justes éloges? , - ;
- A ces litres réunis, la mémoire de M. Grossart de Firly nous laisse aussi une dette à acquitter. Sa destinée l’attacha à la carrière de la magistrature, ses goûts le rappelaient sans cesse à la carrière des sciences. D’abord conseiller au Châtelet, il fut ensuite pourvu d’un office de président à la chambre des comptes de Dijon, et devint membre de l’Académie de cette ville, qui a fourni tant d’hommes distingués, et s’est placée au premier rang des corps savans et littéraires de la Fiance. S’élevant au dessus de ces préventions injustes, trop communes parmi nous, qui, nous portant à dédaigner les travaux des nations étrangères, nous privent des secours que nous trouverions
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- dans leur commerce, M. Grossart de Firly regarda l’étude de leurs langues, la lecture de leurs écrits , et de fréquens voyages, comme le moyen de perfectionner et de compléter les connaissances qu’il avait acquises ; il parcourut l’Allemagne , l’Italie , l’Égypte , l’Angleterre et la Suède, cherchant à connaître les hommes instruits, formant des relations avec eux, observant les productions naturelles et les procédés des arts. La réputation des Bergmann et des Scheele fut le motif qui l’appela en Suède; il fut admis dans le laboratoire du premier de ces deux chimistes, et travailla avec lui. Il conserva un commerce suivi avec les savans qu’il avait pratiqués. Aussi modeste à faire valoir, ses connaissances qu’empressé à les étendre, il n’a laissé qu’un petit nombre de mémoires; mais il prenait le plus vif intérêt aux découvertes utiles et aux travaux qui peuvent perfectionner l’industrie. Dès qu’il connut l’existence de la Société d’Encouragement, il désira en faire partie , et fut ensuite appelé au Conseil d’Administration ; un esprit sage , un caractère estimable y Tendaient sa présence aussi utile que douce pour chacun de nous.
- MM. Ccn-ê, Cels et Grossart de Firly laissent donc trois places à remplir dans le Conseil. Jamais il n’avait eu autant de vides à réparer : en vous les indiquant, nous devons vous exprimer un vœu qui est celui de tous les hommes éclairés; il est à désirer de voir multiplier aujourd’hui le nombre des sujets qui étudient les sciences, sous le rapport de leur application aux arts industriels; ils deviennent malheureusement trop rares, surtout à l’égard des arts mécaniques : les Faucanson, les Conté demandent des successeurs. Puissent ceux d’entre nous, qui survivront les derniers, se voir entourés de cette génération nouvelle! Heureux si nos efforts ont pu contribuer à la multiplier, à la reproduire!
- Approuvé en séance générale, le ier octobre 1806.
- Signé Di'.gérajydo, rapporteur.
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- Rapport sur les recettes et les dépenses de la Société, depuis le 2 août i8o5 jusqu'au mois de juillet 1806/ par M. Soufïïot.
- Votre Commission des fonds a l’honneur de mettre sous vos yeux le compte des recettes et des dépenses de la Société, depuis le 1.4 thermidor an XIII, répondant au 2 août 18o5, époque où vous avez entendu le dernier ^compte, jusque et compris le mois de juillet 1806, ce qui donne l’espace d’une année.
- Ce compte vous offre un résultat des plus satisfaisans ; il démontre, jusqua l’évidence, que le sort de la Société est définitivement assuré, et que, chaque année, elle acquiert de nouveaux moyens d’atteindre le but utile de son institution.
- Ce que nous allons vous lire n’est que le résumé succinct du compte, très détaillé, rendu à votre Commission des fonds, et soumis à l’approbation de vos Censeurs, par votre Trésorier, dont le zèle et l’activité sont sans bornes , et semblent s’accroître en raison de l’augmentation du travail dont il a bien voulu se charger.
- Recette.
- La recette est divisée en cinq chapitres :
- Le premier vous offre ce qui restait en caisse au i4 thermidor an XIII ( 2 août i8o5 ), et qui s’élevait à la somme de 49> 109 fr* 99 c.
- Le deuxième a pour objet le produit des intérêts résultant du placement de diverses sommes, montant à 1,599 68
- Le troisième vous donne le montant des recou-vremens faits sur les souscriptions arriérées des années XI, XII, XIII, les cent premiers jours de l’an XIV et année courante 1806, et qui est de. . ..........29,548 22
- Le quatrième a rapport à une somme de 3,000 fr.
- reçue du trésor impérial, pour servir à l’acquittement du prix du collage du papier, proposé dans votre
- assemblée du 29 janvier dernier, ci....... 5,000
- Enfin , le cinquième chapitre est relatif au produit de la vente du Bulletin, qui s’est élevée à la somme de 798 76
- Ce qui donne une recette totale, pendant les douze mois qui se sont écoulés depuis le dernier compte rendu, de la somme de. ............. . 84,o56 fr. 65 c.
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- Dépense.
- Nous passons à la dépense, qui se compose de sept chapitres différens : Le premier comprend ce qui a rapport à l’acquittement des frais d’ad-
- ministration, montant à..............................« 5,8nfr.21c.
- Le deuxième est composé de toutes les dépenses du Bulletin, qui s’élèvent à. ........................ g,252 3o
- Les troisième, quatrième, cinquième et sixième chapitres ont pour objet les dépenses faites par vos
- différens Comités , savoir :
- Celui des arts mécaniques. . . 8gg fr. 22 c.
- Celui des arts chimiques. . . 809
- Celui d’agriculture.......... 3,25o 72
- Celui des arts économiques . . 724
- En ce compris la dépense des
- médailles par vous décernées . . . 5,662 fr. g4 c. 5,662 94
- Enfin le septième chapitre vous présente la dépense faite pour l’achat, àdiverses époques,de 66, ooof.
- d’obligations qui ont coûté la somme de. ..... 58,642 4^
- Ce qui élève la dépense totale à.................... 79,868 90
- Et en caisse, tant en argent qu’en quittances pour le service courant.................. 4,687 76
- Somme égale à la recette.................. 84,o56f'r. 65
- Vous observerez, Messieurs, que les frais d’administration étant au dessous du produit des intérêts, il en résulte que le fonds des souscriptions reste tout entier à l’objet de l’institution.
- Il résulte, Messieurs, de cet exposé, que vous avez disponible aujourd’hui, dans votre caisse, tant en obligations à prochaines échéances qu’en argent, une somme de 70,687 fr. 75 c., état prospère et qui vous présente près de 24,000 fr. d’amélioration sur votre position au 2 août de l’année dernière (i8o5), qui alors vous parut déjà, et avec raison, très florissante.
- Vous avez, il est vrai, Messieurs, à prélever sur cette somme celle de 5,ooo fr. qui ne sont entrés dans votre caisse que momentanément, et pour acquitter le prix du collage de papier, et celle de 4o,8oo francs, montant de la valeur des prix, que vous distribuerez conformément à vos programmes.
- Mais la situation de vos finances n’en sera pas moins très avantageuse , parce que vous avez des rentrées assurées par le recouvrement journalier des souscriptions arriérées, et d’une grande partie de celles de l’année
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- iSo6, qui expire aujourd’hui, puisque vous avez déterminé que votre comptabilité continuerait à être établie d’octobre en octobre de chaque année. .
- Il ne vous aura-sans doute pas échappé, Messieurs, l’amélioration sensible survenue dans la vente du Bulletin, qui, dans le compte de l’année dernière, n’était portée qu’à la modique somme de 255 fr. 72 c., et qui, cette année, s’es.t élevée à celle de 798 fr. 76 cent.
- Avec de tels moyens, Messieurs, vous êtes en état de faire tout le bien dont les circonstances vous offriront l’occasion, et qui est le but de votre association. Vos ressources s’accroissent en raison de l’extension que vous donnez aux encouragemens que vous proposez; et il est à croire que, lorsque le génie du prince qui nous gouverne aura dissipé les nouveaux nuages qui obscurcissent notre horizon politique, et qu’il nous aura donné cette paix si nécessaire et si désirée, qui fait l’objet de toutes ses pensées , alors la Société prendra encore un plus haut degré d’accroissement, et ne comptera ses membres que par le nombre des hommes , tant ré'gnicoles qu’étrangers, qui, flattés de contribuer pour une modique somme annuelle au perfectionnement des arts et des découvertes utiles, tiendront à honneur d’appartenir à une association qui, depuis cinq années, a obtenu des succès toujours croissans ; juste récompense du zèle et des efforts constans de ceux à qui elle confie, chaque année, le soin et les détails de son administration.
- Approuvé en séance générale, le 1Cr octobre 1806.
- Signé Soufflot, rapporteur.
- Après la lecture de ce rapport, M. Gallois, l’un des censeurs, a rendu compte de la vérification qu’il a faite, conjointement avec M. de Cambry, des opérations de la Commission des fonds; il a payé aux membres qui la composent, ainsi qu’à M. le trésorier, le tribut d’éloges dû à leur zèle et à leur exactitude.
- M. Gillet-Laumont a entretenu la Société de différens procédés de reliure économique, qu’il a essayés, soit par lui-même, soit conjointement avec M. de Lastejrie, et au moyen desquels il s’est proposé de perfectionner les inventions de MM. Boehm et Bœderer, de Strasbourg, et Didier, de Paris , en employant de vieilles étoffes de soie, de lin et de coton, dont il recouvre les livres, et qu’il enduit d’un vernis inodore et inaltérable par l’humidité. Nous ferons connaître dans le prochain Bulletin le mémoire intéressant que M. Gillet-Laumont a lu à ce sujet. Plusieurs volumes, reliés suivant son procédé, ont passé sous les yeux de l’assemblée , qui lui en a témoigné sa satisfactiQn,
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- Objets présentés dans cette séance. ^ ^ ,
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- ,•. La Société avait .désiré que les fabriçans qui se trouvent maintenant à Paris lui envoyassent des échantillons de leurs produits, ou qu’ils exposassent, dans.J’nné de ses salles, les. objets les plus dignes de fixer l’attention ; plusieurs ont répondu à cet appel, et se sont empressés d’adresser les produits de leur fabrication.. Nous, avons distingué parmi les objets les plus intéressans : .;
- . I®. Plusieurs vases en terre rouge, de la manufacture de M. Utzschnei-der, de.Sarreguémines. Ce fabricant, que la Société a déjà distingué, a porté l’art de la poterie à lin très haut degré île perfection ; il est parvenu à donner à la terre rouge qu’il emploiera dureté et l’apparence du porphyre, et. de la faire résister au feu le plus vif. s î , , ^
- : 20., Un échantillon dé papier, inventé et fabriqué parM. Laurent-Bour-r-not, imprimeur à Langres, qu’il nornrqegrand impérial dont les dimensions l’emportent de beaucoup sur-celles des plus grands papiers, fabriqués jusqu’à présent. Ce piapier, qui est propre à l’impressipn et au dessin, paraît avoir été coulé comme une glace. La feuille que l’auteur a présentée à la Société a environ neuf pieds de fiant sur cinq de large.. s
- -»n3°,. Des cuirs et papiers recouverts d’un vernis élastique, de l’invention de M. Didier, demeurant à Paris, rue du Faubourg-Saint Denis,, n° ig. C’est à lui qu’on doit cette découverte et les perfectionnemens qui y ont été ajoutés. *
- 4°. Des papiers vélins, des papiers et cartons d’ortie et d’autres végétaux , des échantillons de verreries et de briques non fusibles, provenant des fabriques établies par M. Rousseau à l’ancienne abbaye de rClairvailX. s , ; _
- 5°. Un.tableau de vignettes, d’ornemens et de fleurons gravés en bois, et imprimés avec beaucoup de-soin par M. Gillé, fondeur de caractères et imprimeur, rue Saint-Jean-de-Beauvais, n° 28, à Paris.
- 6°. Des bordures et' ornemens estampés sur cuivre et dorés, exécutés par M. Françàis Daguet, rue des Marais du Temple , n° 17. Ces ornemens sont - estampés en cuivré, au moyen de machines qui peuvent en faire à la fois un pied de. long sur six à sept de large ; iils sont frappés avec beaucoup ^le netteté, imitent la broderie et se vendent à plus bas prix que les ornemens ciselés. Leur principal objet est l’ametifilpment. t . «
- 70. Un échantillon de taffetas gommé, uni, luisant, et propre a divers usages, fabriqué par M. Collet, rue SaintiM[artin,'n0 8. . ;, , ( *
- Cinquième année. Octobre 1806. p i3
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- (( 98 D
- 8°. Un vase de terre rouge de Morfoutaine, orné de figures en relief et exécuté par les frèresx'Ptfanesi'd - ^ - v. . y, o
- 9°. Deux fourneaux potagers , de l'invention de M. Ravelet, rue Contrescarpe , n° 12, Fün en' terre , Vautré en ‘ tôle. L’auteur"a *pri’e ta Société 'de vouloir bien nommer dés Commissaires pour‘les examiner. • ’ 1 .
- lio°. Une soupape à b‘àsculër inventée pàr'M. Ùescrbfàtttes 'de ïtoueti et destinée à fermer les cheminées. ' ^ u!
- Deux i'nstrumeiis ‘ du rttêtïïe auteur'PttâV ^ippefë arètimétHtyoû
- 11
- ou régulateur des aréomètres, indiquant les centièmes ''de pesanteur et de légèreté hÿdro-majeurës. L’usage et fa ^ description de ' “instrument, qui se vend chez M. Chevallier, opticien, quai de FHorloge du Palais , n° i, se trouvent dans les Annales de > chimie, cahier de juin 1806. A - - \
- L’autre est un alcalimètre pouvant aussi servir de bertholiimètre, et qui s’appelle, à ce double titre, le nécessaire dès blanchisseurs bertholléeos : rüuteur se propose-de l’appliquer à un troisième usage, -celui'd'indiquer ‘lë& Idegi'ës d’ériérgie dë l’acide acétique et pyro-acétique. M. Descroisilles a pfbm%‘dé'communiquer incessamment à la. Société la description de cet instrument. ;i :*u. "un yj jo:• . u ;n .•/'!
- 12°. Un instrument pèur:la mësUré des solidea,iûnvonté‘par M.'‘Bouvier., ét pouvant séfvïrâ quinze usages diffërens, ce qui ku % -falît duiiOêr par Va u-{è\w le n&m de potyrrièfrëi - • » ; A
- '• 1 Cét instrument de poche ,kpii esttrès ingénieusement conçu ,J peut remplacer : i° la fausse équerre; 2<> l’équerre parfaite; 5’ l'équerre • dite à''dhapëàu ; = 4° Ie biveau‘angulaire; : 5° ‘ le niveau eôarrçé'-oü-'à- angles ndrOits ;• 6° le niveàU pour fa! Vérification dkvant-corpsi bu di’àiuière-corps ; -y0 le; cormpàs de -prbp0rti0‘U ;':8o- le - compas de - réduction ;.n$° te cotnpas d’épaisseur; io° le compas propre à mesurer les diamètres ïtttérlên'rS;
- ’ i i° le compas pour les diamètres extérieurs.' Cet iiiStrOMènt'donfie- aussi 1 la mesure'de l’ancien pied, la division de la nouvelle mesure, la règle, et enfin le Iroussequin. - - -ü..' {,ni -
- ÏJ Le polyrnèfre-bouvier est 'exécuté en cuivre et très> portatif ; H sera d’un jfj*rârid secours pour les Ouvriers, ‘architectes, pour ceux^qui étudient les «ma-rfithéVéatiques , énfin pè(iîir tOutësdëS përSOnties/cIlf rgées de prendre dés <cH-^^éhkions^quelconques. Get instrument,^Susceptible ^encore de plusieurs H,pérfëctibniiehïë<is', etpouvanî^iippléer avec avantage à un étui de mathématiques, se vend au prix^de14^8 à°2o francs , 'chez l’auteur, rue du Bâc, ' pacage SaVdïMVLtrlëi*'1*a r uiu t.ëcnmcp .;JoV; i u\t uoil . . .. u < . . -
- i3°. Des éckantiilofis< dé 1tiêt,r&1 noire;- dejV*la’ >mâhufactut e- 'dé'lMM..;:MV
- „ \ . •
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- ( f>0 ) '
- tenhoff et M'ourot, an Val-sous-Mcudon, pouvant ' servi* de'pierre de touche et remplacer celles uaturettçsdifdqiles trouver, çquteusçs et défectueuses pour la. plupart. Ces pierres de touche artificielles sont cuises à 51 degrés du pyromètre de’ TVédgwobtî."^' \ w U *
- i4°. Un échantillon de terre jaune, cfes mêmes fa Encans', qui a l’avantage de ne pas avoir besoin d’être beurrée , ; de ne donner aucun mauvais goût au liquide et de l’empêcher de transsuder. Cette terre , qui réest. pas recouverte, d’un émqil, estj k lél$tf de grés , étant cuitej à 5i degrés du pyromètre de TVedgcvood. MM. Mourol et Mittenhojÿi ont' prié la Société de notproer des Com.^qissftiresj pour ç^uniuer çetto terre
- jaune.
- i5°. Plusieurs dessins relatif à des appareils de physique , de chimie et et d’éclairage, inventés par MM. Bordier et compagnie, de Versoix , département du Léman , successeurs de M. Argand, savoir :
- Dessin d’un niveau, d’eau portatif.
- Dessin, d’un alambic, vu de côté et monté sur ses quatre roues,. Cet appareil, vraiment curieux, se transporte partout où se trouve la matière à distiller ; il est employé, en ce moment, à la distillation des cerises , dans la fabrique de MM. Bordier, établie à Evian. .
- ‘ Le même alarpbic., vu de face avec son réfrigérant, et par derrière avec son foyer. " —
- Le dessin d’un réverbère à réflecteurs paraboliques pour l’éclairage des villes. Les hospices de Lyon sont éclairés par cés appareils, depuis l’an i8o4; l’hospice de Besançon va être éclairé de même , ainsi que la ville de Nyon en Suisse ; une mèche, dans chaque lanterne porte de chaque côté, à une distance double, une lumière plus intense. 1 1
- Esquisse de la lampe d’éclairage.J'" ’ “ ‘ Y
- ta
- , La Société a chargé ses Comités respectifs de prendre connaissance des objets soumis à son examen , et d’en faire un rapport. , ..
- L’Assemblée générale ayant pour but le renouvellement du Conseil d’ad-, ministration, de la manière prescrite par le réglement , il a été procédé d’abord à la nomination des membres dp Bureau. Ils ont été réélus à Lunai-U riimité^et maintenus dans leurs fonctions. 1 rua c c i - f
- L’assemblée s’est occupée ensuite du renouvellement, par tiers, des six Comités. *" i
- . - Y, :;r,K :.v U ' .»• d - - ’ -v. l5.
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- C i°° )
- Les scrutais ont donné successivement les résultats suivans ; *, , m
- Commission des fonds. , MM. Petit, Sers, Boitlàrd. . , * ! "
- Comité des arts mécaniques. MM. Perler , Perjîon, Ternaux, Girard. ^ , Comité des arts chimiques. Les membres sortans ont été réélus.
- c Comité des arts, économiques. L’assemblée a maintenu dans leurs fbnc- ' tions les membres sortans de ce Comité. j . . . m e :
- f Comité d'agriculture. ' MM. ; Ghassiron , Hczard , Silvestre , G a y- !
- LüSSAC. • ï'-V • •, • - .! .:T ;• : . .i) .o
- • -"Comité de commercei MM. Cambiaso , Vital Roux;' ; ’•*!
- ARTS MÉCANIQUES. ’j
- Notice sur l’art de fabriquer les guimbardes, communiquée a la Société dencouragement par M. BaUlet, ingénieur en r chef des mines. ^ , .......... ve
- La commune de Riva, dont l’ancien territoire s’étendait sur les deux rives de la Sésia, possède plusieurs usines où Ton travaille le fer et où l’on fabrique des outils. • t , .
- Les plus remarquables de ces manufactures sont, sans contredit, celles situées sur la rive gauelie du torrent, royaume d’Italie , et dans lesquelles on fabrique des guimbardes. . , , / «
- La fabrication de ces petits instrumens, que les Italiens nomment bola, occupe à Riva une trentaine d’ouvriers ^ répartis dans dix à douze ateliers différens. '• ; \
- ' Les diverses opérations nécessaires pour faire une guimbarde soiit exécutées successivement par plusieurs hommes ou enfans , qui font toujours chacun la même ; elles sont fort simples et peu nombreuses. ' . . / ..
- 4 Un ouvrier fait chauffer l’extrémilé d’une verge de fer crénelée, de huit à: dix millimètres de grosseur,/?g. ire, P!.23 ; quand elle est chauffée conve-^ nablement, il l’appointe sur dix centimètres de longuenf* environ , et.il la. coupe aussitôt à quatre ou cinq centimètres an delà de la naissance de la pointe. ‘ *
- Il remet au feu le gros bout de la tige qu’il vient de couper, il
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- iïui'h'ü/i ,ù" ür ,JWrs/<' i/'/,'/uvunit/,we/if,J *SXHU.
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- l’apointè! ensuite de la même manière que son au tren extrémité. Cette tige a alors dette- décimètres de ilongueur ; où>iâ coupe par de milieu, et- onreplié ses dette, moitiés l'Uhe près de d’autre ,Heomm©:on le-Voit fîg, 2. Chacune de ces moitiés estdclestiriiée; à fa ire Fle^corps 'd’une' guim-î barde.3
- f-su'is: nui
- Jrroe
- : îî/; : fl Là’) i.t'jl'î
- i;;.
- u?n
- On met au feu le gros b )Ut d’une des deux- m6itiësy;/%- 3,: de la tigé nt nous venons de parler ; on l’apointè , et on lui donne ainsi la forme
- dont nous venons (le p represè iltée j4g. 1
- u;(ao
- ,.-.ï
- On chauffe de nouveau , et on 'bouché11 sur ùhééfiçlümè cèhvënaBîè leT corps de la guimbarde y ftgï 5.^ i! 1 - MJ J Î J xIU J1 ^ °U!
- ! Enfin, on la finit, ' on rapproché les déhir brancHesVBti lés rend paralr lèles et d’égale longueur, et on fait l’entaille qui doit receVôïé la languette d’acier ou lame de la guimbarde ,/îg. 6.^ _____
- On emploie, pour faire cette languette , de l’acier de Bergame, en verge crénelée, de six à sept millimètres de gftissenr,7.
- Un ouvrier fait chauffer l’extrémité de la verge d’acier, il l’apointè, l’aplatit, et lui donne la forme , jig. 8.;o 3 ? o m vvy r
- Il chauffé de nouveau cette languette, replie son extrémité y 'et là coûpe 'à angles‘droits,- Jig. -9. * yToL A >
- On la chauffe ensuite au rouge cerise, on la trempe dans l’eau, et on la sépare diè reste de la verge en la frappant d’un cô.np’der>martealej5^cA toi f -On place alors la languette dans l’entaille pratiquée! sué'de mi Heu la ginmbkrde y set on RyVàssujeîtit a froid, en. serrant et >reioùlàtR les»deite bords de l’entaille,fig. ii et 12. /ncv^:
- : Ces xlifrerses opérations se font très promptemenLuOn fabrique chaque joiir, dans lesldt^ou douze ateliers de Utiva, vingt paquets de gùinibà>rdesV - qui coiitienn'entrieliacun dix douzaines de cesllnsiprutngns^ e’éstfàUlife Uu* total deux'jcënts'dôuzaines. : ^ r ^ z-l:ny: d ah h; Va r? :;- : ' . »
- Le produit annuel, de ces manufactures ne .s’élève guère néanmoins qu’à 3^6cxqobu. 4^000 paquets \i) , parce qh^flès iCfiôinent environ1 quàtre mois dp Hanpéey à cause .des gelées et de la moisson. b • '4 p '* r-s Chaque Ipaariet se ! ven d sué lès lieux 56 et 7 francs,! ! selo n la, q u alite * t la grahdeur destgafijTnhardesp Ge commôrcejrapporéerainsi à la-commune dé Riva unesoh&nweliferat^,000 francb,i8Uf‘ulaquèlle t5 àot^obo francs sont eu bénéficei6uierï/main-dr!oeuvreiK;c;!•) A cb'iBa.saïujp c lù/ml <20 ;unfn<;> Les guimbardes de Riva sont envoyées ,^poqr lkimajeoreipartiéy<à CfénéS et à Livourne, d’où elles soritiexportées par mèr dans divers paysA M A ' - ' y :i j---.. ,—s—.——r,hh r^-4——ru*-\\ 7
- c c(i}‘Qpiarant3^n»UfeiJ#>uzain)Ç9 qi$ jùû derai-million deiguirabardes euyiï'biiR ' ! Baiguxit
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- 'j-jSïak otans! de .dire» qu;on; imprimait lànnarqueèidu fabricant suc les guim-bftfdéfici Iaés ï»arqqesnprja&crpalea(d‘e9fab#iQÿii&«®«t lé&feuwajIJes-nlB ?; t^'r, iIîo/'. A ^^iunlàiglb 46 un sfideU;J!iurm grap|>ede un
- pQis&§n);f5°!.unr A^tiiïfKiqlo-ti > f^ijioni aoo ab oiiuorfi:.) .<? .?.Vv
- Les guimbardes qui portent ces marques sont les meilleures : elléSH&é vendent q francs le; paquet., ï?fj, - i, • J a • 1 " ..
- ^7°v Une clqebèq,.8° pnevpetite cloche ; 90 unq^ontagne. ....
- Les guimbardes qui portent l’une de ces trois marques sont de qualité médiocre r oql^Sjyen^Qlrpucs lç. paquet*0 io - V;V. ;q. _ j,.
- io°. Une fleur; n° unTet un U; 120 une éto^e. ’ < j nj r1
- gqinpbjqd|$ qqjjj^ortqn^jp^s dernières, marques ne se Rendent que 5';frài1c:siorl»;i,ÿ1i:i,;j. Jkî!> . „V;... !... / ;j ,,,.,
- ; , ‘ : i •
- .7 Q-tJ0&6.i<;‘K: i\ x\x -b fyh.kn
- nioqr.'l li tnob.a b sg-wr :si ob ùîû" ; isTiUc.b ûfi\ r>hv: .» n J
- Rapport fait au nom d’une Commis iomspe ci ale^ -part ;qLaBté^»ie^Gilto-Ija«0mîbût ^Mérimèeq mr lm nouvelles làmpes
- de M. Joly. •• bl.
- r.! ;?:'i *">. , ncü'i au»t:> eq!:?3'ii il f ‘1 : • ; r -.:*•» '1 -'Ido fl uO
- Mo ^J^^«^i«^ïeriii*©Mfl''jrftiiwlant compte des expériences qu’il la faites leslU0uvblle»'lajt)ppsi de ]\L /o^ylvQiis a demandé q.ôe. ces expépences fussènt j répétées'j let^CMa® nous avez chargés,M. Gillet-Laumçnt et moi , dé les revoir. ., , i - .: 1 ; ;'»-Il • 1' .
- s Elles sont très exactes , ainsi que vous vous en étiez persuadés davariée ; et cé qui nous reste à ajouter aux 'détails donnés par M. de Lasteyrie y c’est que l’effét.dês lampesder.M./o/p est d’autànt plus étonnant qu’ibsemble obtenu en s’écartant de la route prescrite par la théorie, et paraît en quelque sorte violer lesdois de l’hydrostatique. / «• :?ah ne bmn ;J
- - A l’époque de la- brillantèidécouverte iJArgand, on savait depuis longtemps que, pour obtenir >une lumière constante , il fallait, quel que lut l’appareil, maintenir le niveau de t’huilé àld hauteur du foyers Les lampes à double courant id’air furent crnistcuifoes 9&?apnés ce principe';, et lei^é4 servoir d’huile fut ^placedatéfalement aardessuà de la mèche. Il ©mrésulMi comme vous savez , qu’une partie de la circonférence qui de vraitiêtEe éclaté rée est dapjs sb’qmbrefpWilb .projecti&n.éser voimi b aol (ining a?nl Il est des, eireonstancefe (m cet inconvénient se fait sentir ; Arnaud idç*? vait être-un des premiers -à s’en apercevoir- et ùyremédier-i aussi imagina-t-il des4»mp@si*0iile ïéservmr était placé au -deseoUB dc ia«lèclje,
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- ( ic&j) ;
- et où cependaitt/à-U’ai'ded’awe liqitèùr plus pesattte ^tilkuileise: maintenait: an même niveate îBeaucoup de la*flpds/ot>t'éld e&iéotjtéss) ért iAhgteÈerret dWprès-'èè prliréïpev >d ; ^ r nh
- /ic>>-yi fn 'ir.i
- yro'fq oicaio
- ruoto
- Depuis- ce temps /{MM. Cafcel^ ’GîvuflcJçt lEd&Icmntz »©n6imaginé ldi-ver», moyens de porter au iftiveaip de la*mèche i’feidiljef :du;ëré^érxdin3pbcé; jàu dessous îdes suGcèSuqtïe tltëcrps dampes =©iît>*» obtenus t attestent a la; boritéede leurs’ procédés. ï: r- rrcv :« up : q rrifîl-.*/di' ,;iou esl auoq pr\oV.M
- Ainsi, tous ceVtè^tii 0iit'cheï>Jûliédaîs^ktfebtPt|e'ceiprôbl4nidisonbpariiü du principe donné par la théorie, et ont regardé le maintien du niveau comme une condition essentielle/’ ï ^ Oi eY .-jM'vim sv> Vmcv\^r>
- Cependant;,on ..avait,observé dans les lampes construites d’après la
- méthode peu savante des anciens , dans lesquelles les lois de l’hvdrosta-tique sont négligées, la mèche une fois enflammée continuait à brûler et à aspirer Fhuile au dessous du niveau où se borne ordinairement l’action des tubes capillaires. M. Joly, frappé de cette observation , • se persuada que, dans une lampe à double courant d’air, un réservoir d’une certaine capacité placé au niveau du foyer pourrait alimenter la mèche pendant plusieurs heures, sans qu’il y eût diminution sensible de lumière.
- Ses conjectures se sont vérifiées. Il a construit, d’après cette idée, un grand nombre de lampes pareilles à celles que vous avez sous les yeux , et vos commissaires ont éprouvé qu’elles éclairent constamment bien tout le temps de la plus longue soirée.
- Sans doute , le niveau de l’huile ne peut pas être indéfiniment baissé au dessous du foyer de la mèche , sans qu’il en résulte une diminution de lumière; il est un terme que nous n’avons pas cherché à déterminer, parce qu’il est en partie dépendant de la qualité de l’huile et de la mèche, il est un terme, dis-je, où la lumière s’affaiblit au point qu’il est nécessaire de remettre de nouvelle huile; mais c’est alors que l’avantage de la construction des lampes de M. Joly se fait sentir. On peut remplir le réservoir sans démonter la lampe, même sans la déplacer, et sans pour cela courir le risque de tacher les meubles ; car le réservoir est enveloppé d’une coque ovoïde au fond de laquelle tombe l’huile qui déborde le foyer.
- Cette lampe , par la simplicité de sa construction , par la facilité avec laquelle on renouvelle l’huile à volonté, peut devenir la lampe usuelle des ateliers de travail, et c’est à vos yeux un grand mérite dans une invention .quand elle tourne au profit de la classe industrieuse. _
- Elle n’en est pas, pouricela/ moi ns susceptible des.ornemaBsde Ittx.e, qiinsi que toutes les-tahipes'de< ce ‘genre; déplus , sa formel permet de la sus*
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- ( *o4 ) )
- pèfïchie 'aui milieu dTùne; salle.3 d’où ello éclaitre"suffisamment à une disn tance^de toit à dix piéds. Lorsqu’elle est garnie d’june gaze ou d’un ré-s flecteur, l’ombre projetée par,le réservoir disparaît; la liimière réfléchie eq} cet endroit éclaire suffisammen t les objets qui peuvent y être placés. Y y ï Telles sont,' Messieurs*! tes considérations qui ont déterminé vos Com-niissaires à vous demander d’accorder un témoignage d’approbation à M, Joly, pour les nouvelles lampes qu’il vous*.a présentées, et d’autoriser l'insertionadu, présent rapport dans le Bulletin de Ta Sbçiéi&Y YuoJ ia-riiA yiwrf.ii nbüi èbiü^si 5i:;> îo fPrjo =î rl ’jrc bm.*ob sqionnq Y-Approuvé en séance, le 16 septembre 1806.Yjrpp - > noiYbroo or-n ' l p
- ; ~ an ,u Signé Mérimée, rtipporieûr: !,
- -rJeîï'iij vfi 1 0f) hua c‘>i tolîofj pas! enpp < <u.< ,.<» ;Pm. uoq oboY. ''-'ï
- Y •l'b 'YP & * ' f-nr; îluoj oPLPiifiYuo <YYi »üd ^Ypuj al , <;Y-Y YY; -hios snq.jj zoiï'j.:, I Ju-j:;iDj!juiibio enaod es AO'nimvjn ub ënoaéoh uk Yiuiii v;r. r»
- ; Y;;. ' !j os -< noiïiîv'îo^do. slipo sb.cqp.Y» <Y<>Y ,M .?_*j 1; Yi.yx* fc:Y
- euY; .$?> suiYb •liovr.'Yi'i m* pnYb ‘à-, '-c.U J; oqnnd si.ü
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- ‘>oiiiviFRmfeRI&x:DB(.M.^ ‘ HÜZAUD («éep VALbATi bA5 CUAPEIsbJEi),
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- CINQUIÈME ANNÉE. ( N° XXIX. ) NOVEMBRE 1806.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- Liste des membres et adjoints composant le Bureau et les divers Comités du Conseil dadministration de la Société dEncouragement.
- BUREAU.
- Président.
- MM. Chaptal, trésorier du Sénat, rue Saint-Dominique, n° 70.
- Vice-présidens.
- Guyton de Morveau, membre de l’Institut, rue de Lille, n° 63.
- Dupont (de Nemours ), membre de l’Institut, rue Martel, n° 11.
- Secrétaire.
- Degérando , membre de l’Institut, secrétaire général du Ministère de l’Intérieur, rue de Grenelle , faubourg Saint-Germain.
- Vice-Secrétaires.
- Costaz , chef du bureau des arts et manufactures au Ministère de l’intérieur. Montmorency ( Mathieu de), rue Saint-Dominique , n° 33.
- Trésorier.
- Laroche, ancien notaire, rueNeuve-des-Petits-Champs, n° 19.
- Censeurs.
- Cambry, rue Caumartin , n° 35.
- Gallois , tribun , rue d’Anjou-Saint-Honoré, n° t6.
- Cinquième année. Novembre 1806. 14
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- ( io6 )
- - N
- COMMISSION DES FONDS.
- MM. Boulard, notaire . rue des Petits-Augustins, n° 21.
- Brillat-Savarin , membre de la Cour de cassation , rue des Filles-Saint-Thomas , n° 23. -
- Davillier , banquier, boulevart Montmartre, n° i5.
- Grivel , rue Coq-Héron , n° 3.
- Petit, membre du Conseil général du département de la Seine , rue Baillet, n° 4-Rouillé de l’Etang, président du Conseil général du département de la Seine, place 'de la Concorde, n° 6.
- Sers , membre du Sénat conservateur, rue des Saints-Pères, n° i4-Soufflot aîné, administrateur des Messageries impériales, rue Saint-Pierre-Montmartre , n° 14. x
- Adjoint.
- Gau, conseiller d’Etat, directeur de la comptabilité au Ministère de la guerre, rue de Yarennes, hôtel Tessey.
- COMITÉ DES ARTS MÉCANIQUES.
- MM. Baillet, ingénieur en chef des Mines, rue de l’Université, n° 61.
- Bardel , commissaire impérial pour la vérification des marchandises , rue Yivienne , n° 17.
- Bréguet, quai de l’Horloge j n° 79.
- Girard , ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, rue du Faubourg-Poissonnière , n° 32.
- Molard , administrateur du Conservatoire des arts et métiers, rue Saint-Martin. Perrier, membre de l’Institut, rue de Belle-Chasse , n° i3.
- Pernon ( Camille ), tribun , rue Basse-du-Rempart, n° 28.
- Pronv, membre de l’Institut, rue de Grenelle-Saint-Germain , n° 121.
- Ternaux aîné, manufacturier, place des Yictoires , n° 3.
- Adjoints. .
- Decrétot, manufacturier, place des Yictoires, n° 12.
- Delanz, commissaire des guerres au service de S. M. Catholique, rue des Yieux-Augustins, passage du Yigan. r
- Gengembre, inspecteur général des Monnaies.,
- Récicourt, colonel du Génie, rue Saint-Dominique, n° 58.
- Sokolnicki, général de brigade , rue du Bac , n° 128.
- COMITÉ DES ARTS CHIMIQUES.
- MM. Berthollet, sénateur, rue d’Enfer, n° 37.
- Collet-Descostils, ingénieur des Mines ,
- Guyton de Morveau, rue de Lille, n° 63.
- rue de Lille, n° 87.
- \
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- ( io7 )
- MM. Mérimée , peintre , rue des Postes, n° 45.
- Perier ( Scipion), banquier, place Vendôme , n° 3.
- Thésard , professeur de chimie au College de France.
- Vaüquelin , membre de l’Institut, rue de Seine , division du Jardin des Plantes. Adjoints.
- Anfrye , inspecteur des essais à la Monnaie.
- Boüllay, pharmacien , rue des Fossés-Montmartre, n° 17.
- Cadet ( C.-L. ), pharmacien de S. M. l’Empereur, rue Saint-Honoré, n° 108. D’Arcet, vérificateur des essais à la Monnaie.
- Roard, directeur des teintures des Manufactures impériales, aux Gobelins.
- \
- COMITÉ DES ARTS ÉCONOMIQUES.
- MM. Boüriat, pharmacien, rue du Bac, n° 56.
- Cadet de Vaux , rue de la Liberté, n° 33.
- De Candolle , boulevart Montmartre, n° 10.
- Delessert (Benjamin), banquier, rue Coq-Héron, n° 3.
- Montgolfier, démonstrateur au Conservatoire des arts et métiers, rue Meslav. Parmentier, membre de l’Institut, rue Saint-Maur, n° 12.
- Pastoret, administrateur des Hospices civils, place de la Concorde , n° 6.
- Pictet, rue Basse—du—Rempart, n° 32.
- Adjoints.
- Cambry, rue Caumartin , n® 35.
- Degrave (le général), rue de Sèvres , enclos des Incurables.
- Delunel , rue du Faubourg-Montmartre , n° i4-Donnant, rue Saint-Marc, n° 24.
- Sureau , pharmacien , rue Favart, n° 8.
- Vanhultem , tribun, rue du Pont-de-Lodi, n° 4.
- COMITÉ D’AGRICULTURE.
- MM. Chassiron, tribun, rue du Cherche-Midi, n° 14.
- François ( de Nf.ufchateau), président du Sénat, rue d’Enfer-, n° 34-Gay-Lussac , membre du Bureau consultatif des arts au Ministère de l’intérieur. Huzard, membre de l’Institut, rue de l’Eperon, n° 7.
- Lasteyrie ( de ), rue de la Chaise , n° 20.
- Richard d’Aubigny, administrateur des Hospices civils, rue des Jeûneurs, n° 11. Silvestre , membre de l’Institut, chef du bureau d’agriculture au Ministère de l’intérieur.
- Tessier, membre de l’Institut, rue de l’Oratoire, n°4»
- ^ vart, professeur à l’Ecole vétérinaire d’Alfort.
- Adjoints.
- Gillet-Laumont, membre du Conseil des mines ,rue de l’Université, n° 68-Moreau de Saint-Méry, conseiller d’Etat, rue Jacob, n° i4-Sjvédiaur, médecin, rue Jacob, n° 11.
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- ( io8 )
- COMITÉ DE COMMERCE.
- MM. Arnould aîné, tribun.
- Arnould jeune, chef du Bureau de commerce, au Ministère de l’intérieur,
- Cambiaso , sénateur.
- Coquebert-Monxbret, rue Saint-Dominique, n° 71.
- Dupont ( de Nemours ), rue Martel, n° 11.
- Journu-Auber, sénateur, rue de l’Univei'sité , n° 96.
- Magnien , administrateur des Douanes impériales, rue de Clichy, n° 26.
- Begnault ( de Saint-Jean-d’Angély ), conseiller d’Etat, rue du Mont-Blanc , n° 53.
- Yital-Roux, rue Helvétius, n° 16.
- f Adjoints.
- Audibert, rue Basse-du-Rempart, n° 48.
- Pérée, rue de l’Université, n° 19.
- COMMISSION DU BULLETIN.
- Cette Commission est chargée de diriger le travail du Bulletin; elle est composée des six réviseurs suivans :
- MM. Molard, pour les arts mécaniques.
- Guyton de Morve au, pour les arts chimiques.
- . Bouriat , pour les arts économiques.
- Lasteyrie, pour l’agricultuxe.
- Magnien , pour le commerce,
- Petit, pour les fonds.
- Rédacteur du Bulletin de la Société.
- Daclin ,rrue Basse-du-Rempart, n° 38.
- Agent de la Société.
- Guillard’Senainville, rue du Bac, n° 4a.
- ARTS ÉCONOMIQUES.
- Expériences faites par ordre du Gouvernement sur divers appareils de chauffage présentés par MM. Thilorier, Désar-ïiod? Curaudeau, Olliyier et Debi*et.
- L’économie du combustible , dont nous sentons de plus en plus le besoin, et qui a une si grande influence sur la prospérité publique, fait depuis long-temps l’objet de la sollicitude du Gouvernement et de la Société d’encouragement. Procurer à la classe industrieuse des moyens
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- de chauffage plus économiques et plus avantageux, tel est le problème qui s’offrait à l’émulation des artistes, et qu’ils ont cherché à résoudre par l’invention de divers appareils, dont le but était de donner plus de chaleur en consommant mains de combustible. La Société a indiqué ceux de ces appareils qui ont paru mériter son approbation , soit par leur construction ingénieuse, soit par l’économie qu’ils offraient; mais elle n’avait point encore déterminé , par des expériences exactes, lequel de ces appareils méritait la préférence et devait être le plus généralement adopté. Le Gouvernement vient de lever tous les doutes à cet égard. Son Excellence le Ministre de l’intérieur a chargé le bureau consultatif des arts de faire une suite d’expériences propres à déterminer les moyens de chauffage les plus avantageux sous le rapport de l’économie du combustible : nous allons en faire connaître les résultats.
- Pour entretenir la température d’un appartement, pendant un espace de temps donné, à un degré quelconque au dessus de celle dans laquelle se trouvent habituellement ses murs, il faut introduire successivement dans ce même appartement, pendant tout ledit temps, une quantité de calorique suffisante pour subvenir aux dépenses qu’il fait de ce fluide:
- i°. A raison de l’étendue de la surface de ses parois intérieures;
- 2°. A raison de l’épaisseur et de la nature de ces mêmes parois;
- Il faut encore faire entrer en compte la somme du calorique nécessaire pour donner la température requise, non seulement à toute la masse d’air atmosphérique que contient ce même appartement, mais encore à tout celui qui, pendant l’opération, entre du dehors dans l’appartement, et en sort ensuite à une température plus élevée , soit par les portes, par les fenêtres ou autres ouvertures qui permettent l’introduction, tant continue qu’accidentelle, du dehors en dedans et de dedans en dehors, de ce même fluide, avec des températures différentes.
- Deux moyens se présentent naturellement d’entretenir dans un appartement une température donnée au dessus de celle de l’air extérieur. Le premier s’effectue par la consommation d’une quantité de combustible suffisante pour fournir la quantité de calorique qu’exigent toutes les espèces de déperditions. Le second , bien moins dispendieux , consiste à conserver le plus long-temps possible , la température de l’air contenu dans la pièce, soit parThabillement de ses parois intérieures, soit en les privant le plus possible de toutes issues ou communications avec l’air extérieur,
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-
- J
- ( no )
- Ainsi l’économie du combustible nécessaire au chauffage d’un appartement consiste principalement dans la construction d’une cheminée qui réunisse les conditions suivantes : , ~
- i°. Que la consommation du combustible y soit entière, de manière qu’il rende libre la plus grande quantité de calorique qu’il .peut développer par sa combustion, et que la plus grande quantité possible de ce fluide ne puisse entrer en combinaison avec une partie du combustible pour former de la fumée ou tout autre fluide élastique ;
- , a°. Que cette entière consommation du combustible y soit opérée avec la
- seule quantité d’air qu’exige sa parfaite combustion ;
- 5°. Qu’on puisse avoir la faculté de retirer de ce même air employé à la combustion tout le calorique excédant celui qui lui est nécessaire pour effectuer sa facile évacuation.
- Mais quelque parfaite que fût une cheminée, on serait encore très éloigné du maximum d’économie du combustible, si l’on ne pare pas le plus possible aux divers genres de déperditions du calorique que cette même cheminée a introduit dans la pièce ; mais n’ayant pu faire les expériences relativement à cette consommation de calorique , et les membres du bureau consultatif n’ayant eu a reconnaître que le degré de température constante au dessus de celle extérieure , que pourrait donner, dans un même appartement, pendant un même temps, la combustion d’une même quantité de combustible consommé dans des cheminées de diverses formes, toutes autres circonstances égales d’ailleurs, ils ont placé trois thermomètres dans la salle du bureau consultatif, savoir : un au haut de la pièce vis à vis la cheminée, et les deux autres sur le même plan,'mais seulement à hauteur d’appui, dans les encoignures du mur; un quatrième thermomètre a été exposé à l’air libre. Les premières expériences ont eu lieu depuis le 26 germinal jusqu’au 5 prairial an XIII. Chaque expérience a été répétée. On a fait allumer le feu dans sept cheminées de formes différentes, depuis midi jusqu’à quatre lie ures : outre le procédé ordinaire , les moyens particuliers de chauffage qu on a employés sont ceux de MM. Désamocl et Curaudeau. -Il résulte des opérations des membres du bureau consultatif que 100 kilogrammes de bois brûlé à la cheminée ordinaire peuvent être remplacés, à raison de la meilleure construction des cheminées, par les quantités ci-après , savoir :
- Foyer ordinaire de M. Désarnod. . , 59 kilogrammes.
- Foyer dit tour creuse, du même. , . 3o l-
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- ( III.)
- Foyer simplifié, idem................. . 391 kilogrammes.
- Cheminée de M. Curaudeau. . . . » 33
- îi a été ensuite opéré sur deux poêles de formes différentes, l’un de M- Curaudeau, l’autre de M. Désarnod, appelé par l’auteur poêle de Lyon perfectionné ; ce dernier a été allumé avec du charbon de terre. Il résulte de ces expériences, dont chacune a été double comme les précédentes, que 100 kilogrammes de bois ou de charbon de terre, brûlés à la cheminée ordinaire, peuvent être remplacés par les quantités suivantes :
- Poêle de M. Curaudeau. 20 | kilogram. de bois.
- Poêle de M. Désarnod. . . i5 ~ kilogram. de charbon de terre.
- Ces expériences prouvent évidemment que les cheminées de MM. Désarnod et Curaudeau procurent une grande économie de combustible, comparées aux cheminées ordinaires, et l’on doit des éloges au zèle et aux succès de ces deux artistes. Ils ont choisi l’un et l’autre les moyens qui peuvent donner des résultats satisfaisans, soit en procurant par leurs appareils une combustion plus ou moins complète , soit en conservant dans l’appartement le calorique qui se dégage du combustible; mais l’emploi de ces cheminées ne pouvant être, considéré sous ie rapport seul de l’économie du combustible, il faut aussi l’envisager sous celui des dépenses de construction, d’entretien , de salubrité et d’agrément.
- i°. Le choix des matières ou matériaux qui doivent servir à rétablisse» ment des cheminées exige des travaux et des préparations différens. Il est constant que l’emploi de la pierre, de la chaux, du plâtre et de la brique , est d’une dépense moindre que les travaux que nécessite la mine de fer amenée à l’état de fonte, de même que celle-ci en exige beaucoup moins que le fer conduit à l’état de tôle. Il en est de même des frais d’entretien, qui, comme on sait, sont presque nuls^ dans les cheminées ordinaires. Us sont un peu plus considérables dans celles de M, Désarnod composées en fonte, et plus encore dans celles de M. Curaudeau, dont la tôle , présentant, relativement à sa masse , une plus grande surface et étant plus oxidable par sa nature, sera plus promptement oxidée. On ne peut déterminer le rapport de ces dépenses entre elles; l’expérience seule pourra le faire connaître.
- 20. Il a fallu aussi considérer les trois espèces de cheminées, sous le .rapport de la salubrité, de l’agrément et de la conservation du calorique.
- On connaît les avantages et les inconvéniens des cheminées ordi-
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- C 1 la )
- naires ; elles conservent la plus grande quantité et le plus long-temps le calorique, mais une grande partie en est perdue et entraînée par le courant d’air qui s’y établit, et s’échappe avec divers fluides élastiques par leurs conduits. Ces cheminées laissent entièrement jouir de la vue du feu et du calorique rayonnant. Dans celles de MM. Çuraudeau et Désarnod on jouit également de la vue du feu et de tout ce que cette disposition offre d’agréable. La quantité du calorique radiant s’étendra également loin dans l’appartement, en employant l’une ou l’autre de ces cheminées à foyer égal, et l’intensité de ce calorique sera en raison inverse du carré des distances. Comme ces cheminées sont construites d’un métal bon conducteur du calorique, elles ont, en outre, l’avantage de laisser passer par ses pores une grande quantité de ce fluide sans laisser échapper la fumée. On y allume le feu avec facilité et promptitude; on y accélère, on y ralentit ou l’on y fait aller la combustion à volonté. Quoique les poêles de fer donnent souvent de l’odeur lorsqu’ils sont fortement échauffés, on ne s’est point aperçu que les cheminées de ces deux artistes eussent cet inconvénient, et leur pose dans l’appartement n’offre rien de désagréable. Elles sont, ainsi que toutes les cheminées, sujettes à être nettoyées, mais on n’a pas déterminé, dans ces expériences, celle qui peut l’être le moins souvent et le plus facilement, La cheminée de M. Çuraudeau donne du calorique au moment même où l’on y met le feu; dans celle de M. Désarnod, il se manifeste un peu moins promptement, mais il s’en conserve une plus grande quantité, tant par la nature que par la masse du métal qui la compose, et il s’y fait sentir plus long-temps après la cessation du feu que dans la première.
- Dans les expériences faites, tant sur la cheminée ordinaire que sur celles de MM. Çuraudeau et Désarnod, on doit considérer que, dans la première, la maçonnerie a absorbé une grande quantité de calorique , qui ne s’est restitué dans l’appartement que long-temps après la fin de l’expérience.
- Le bureau considtatif des arts, sur l’invitation de S. Exc. le Ministre de l’intérieur, a fait de nouvelles expériences sur divers appareils de chauffage : ces expériences ont été terminées le 8 mai 1806 ; elles ont donné les résultats suivans.
- Les différens appareils, cheminées et poêles qui ont été soumis à l’expérience ont été places successivement dans la chambre des séances ordinaires du bureau consultatif. On y a fait du feu, dans les premières expériences, presque toujours pendant quatre heures, et dans les der-
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- n i ères seulement pendant les deux premières heures de l’expérience. Dans toutes on a pris sur deux thermomètres , placés dans la chambre, la température, une heure, deux heures, trois heures et quatre heures après l’instant où le feu avait été allumé. De la température moyenne déduite de ces observations, et qu’on a considérée comme celle à laquelle l’appareil employé à la combustion avait élevé la chambre pendant la durée de l’expérience , oîi a ôté :
- i°. La température moyenne de la chambre, à l’instant où elle avait été commencée, ce qui a donné l’élévation de température due à la combustion ;
- 2°. La température moyenne de la rue, pendant toute la durée de l’expérience ; le cinquième de la différence obtenue par cette dernière soustraction a été regardé comme représentant la quantité de calorique qui s’était perdue à travers leS murs, les croisées, et en ouvrant et fermant la porte; en sorte qu’en l’ajoutant à la première différence on a regardé la somrùe comme l’éiévatioirde température qu’aurait produite l’appareil sans cette déperdition de chaleur. Cette somme , divisée par le nombre de kilogrammes de bois brûlé, adonné l’élévation due à chaque kilogramme, et par conséquent la mesure de l’avantage que présentait l’appareil relativement à l’économie du combustible.
- Ces opérations, exécutées sur les degrés de température observés dans chaque expérience, ont donné les résultats compris dans les neuf premières colonnes du tableau ci-joint. Comme il y a eu des expériences qui ont duré moins de quatre heures, on a indiqué, dans la dixième colonne, la durée de chaque expérience, et dans la onzième, on a réduit le résultat obtenu dans la neuvième, à raison de cette durée, d’après ce principe, qu’il faut moins de calorique pour soutenir pendant un moindre temps la même température, dans une chambre d’où il s’échappe continuellement. On ne peut pas se dissimuler qu’en faisant la réduction proportionnellement au temps, on n’obtient qu’un aperçu qui devien-, drait probablement très peu exact, si la différence des temps était considérable. Heureusement qu’elle n’a jamais passé trente minutes, si ce n’est dans une expérience relative à un poêle proposé par M. Debret, deTroyes, et construit de manière à donner moins de chaleur qu’un poêle ordinaire.
- Il n’a donné, dans deux expériences, pour l’élévation moyenne de température par chaque kilogramme de bois, dans une chambre où il ne se perdait point de calorique , que
- 0,476 ;
- Cinquième année. Novembre 1806. i5
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- ( "4 '
- tandis que le fourneau domestique de M. Désarnod, essayé le 5 prairial an XIII, qui n’est qu’un poêle ordinaire , exécuté à la vérité avec un soin particulier, a donné - '
- " . o,g33,
- c’est à dire près du double.
- Le même M. Debret avait fait construire une cheminée dans celle du bureau consultatif; elle n’a point été soumise à l’expérience; mais, d’après le modèle qui a été déposé au Bureau, il paraît que cette cheminée peut procurer une petite économie de combustible , cependant beaucoup moindre que les autres cheminées proposées par MM. Curau-deau , Désarnod et Ollivier ; elle l’emporte encore sur une cheminée ordinaire , en ce qu’elle ne doit jamais fumer ; mais cet avantage appartient également aux autres.
- En rejetant le poêle de M. Debret, dont il ne paraît pas qu’on puisse tirer aucun parti, on a les résultats suivans, pour mesurer les avantages respectifs des divers appareils soumis aux expériences. Ces résultats, rangés dans le tableau ci-joint, par ordre de dates, le sont ici dans l’ordre que détermine la plus grande économie du combustible.
- Expériences sur les poêles.
- Poêle fumivore de M. Thilorier. . « . . . . . . 1,195
- Fourneau domestique de M. Désarnod. . . . . . 0,935
- Poêle de M. Curaudeau. . .. . . . . . . . . 0,849
- Expériences sur les cheminées..
- Foyer dit à tours creuses, de M, Désarnod. . ... . 0,627
- Foyen simplifié, grand supbaissé , du même. . ... o,568
- Calorifère salubre, de M. Ollivier. . - . ..... o,53o
- . Cheminée de M. Curaudeau. . . . . . . . . 0,525
- 'Foyer simplifié, deuxième grandeur, de M. Désarnod. . 0,455
- Calorifère perfectionné, de M. Ollivier. . , . . . o,3g3
- Cheminée ordinaire du bureau consultatif. . . . . 0,15a
- On voit par ces résultats que, lorsqu’on veut chauffer un appartement avec un poêle, c’est celui de M. Thilorier qui doit être préféré. Il a l’avantage de brûler complètement la fumée, ce qui donne plus de chaleur et prévient l’engorgement des tuyaux par la suie; mais il ne peut manquer de partager les inconvéniens qui tiennent à la nature même du chauffage avec des poêles. Les foyers de cette sorte ne chan-
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- ( it5 )
- gent que lentement l’air de l’appartement, qui se vicie peu à peu par les exhalaisons de la respiration et de la transpiration ; on ne peut ni s’y chauffer, ni s’y sécher comme devant une cheminée, où le feu est à
- découvert.
- Parmi les cheminées, celle de M. Désarnod, dite à tours creuses, a donné le résultat le plus avantageux (i). La seule inspection des diverses parties dont se composent les cheminées de cet artiste suffit pour faire prévoir ce résultat. L’air extérieur est amené dans un réservoir placé au dessous du foyer, et se répand de là dans l’appartement, après s’y être chargé d’une portion du calorique, qui aurait été peu à peu perdue sans cela. De cette manière, l’air de la chambre est sans cesse renouvelé, sans qu’elle soit refroidie par l’air du dehors, et en l’échauffant ; ainsi, on réunit à l’avantage d’une plus grande économie du combustible celui de respirer un. air plus pur et plus salutaire. Ce moyen de renouveler sans cesse l’air de la chambre sans en diminuer la température avait été mis en usage par Francklin, dans son fourneau de Pensylvanie ; mais il paraît que c’est M. Désarnod qui, le premier, en a rendu l’usage commun. Il y a plus de vingt ans qu’il a inventé ses cheminées dje fer fondu, elles sont aujourd’hui très répandues. Ce succès, soutenu pendant un assez long temps, prouve qu’elles ne sont sujettes à aucun inconvénient particulier; et il semble que cette considération suffirait pour les faire préférer, à avantages égaux, à des appareils -nouvellement proposés, et dont le succès ne serait point confirmé par une longue expérience; mais ce n’est pas ce motif dont le bureau consultatif a eu besoin pour se prononcer en faveur de ces cheminées, puisque la théorie et les expériences qui viennent d’être faites prouvent que ce sont les plus économiques, et qu’elles réunissent d’ailleurs tous les autres avantages qu’on peut désirer, étant faciles à poser, à déplacer, à transporter, d’une très longue durée, parce qu’elles sont de fer fondu; on y peut brûler toute espèce de combustible et les placer, soit dans des cheminées ordinaires , soit dans telle partie qu’on veut des chambres où il n’y en a point. On ne s’est point aperçu, pendant les expériences, que ces cheminées, quoique de fer et neuves , répandissent la mauvaise odeur ordinaire aux poêles de fonte; le renouvellement continuel de l’air des chambres où elles sont placées prévient ce désagrément.
- La cheminée de M. Curaudeau présente une ‘ partie des avantages
- (x) Cette cheminée coûte 200 francs.
- 15.
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- de celles de M. Dêsarnod (1), mais elle n’en a aucun qui ne se trouve dans ces dernières; elle leur est d’ailleurs un peu inférieure, sous le rapport de l’économie du combustible; elle est d’un grand volume, ce qui la rendrait très embarrassante dans la plupart des appartemens où elle serait placée, et la nécessité où l’auteur s’est trouvé, pour lui donner ce volume, de la construire en tôle, matière que le feu détruit assez promptement, ne lui laisserait peut-être pas une durée ni, une solidité égales à celles des foyers en fer fondu de M. Dêsarnod ; enfin, elle doit une partie de ses effets à la division du bois qu’on y a brûlé en petits morceaux de moins d’un kilogramme : division difficile à opérer dans l’u&age ordinaire d’un foyer, et qui exige un soin continuel de la part de celui qui entretient le feu.
- Quant au calorifère salubre et au calorifère perfectionné de M. Ollivierr on voit, par les résultats des nombreuses expériences auxquelles ils ont. été soumis, que îe dernier, loin d’ëtre préférable au premier, comme sa dénomination semblerait l’indiquer, lui est très inférieur sous le rapport de l’économie, ainsi qu’à toutes les autres cheminées proposées; il n’est supérieur qu’à la cheminée ordinaire du bureau consultatif. Le calorifère salubre a donné plus de chaleur que la cheminée de M. Curaudeau ët le foyer de M. Dêsarnod, dit de deuxième grandeur ; mais les membres du bureau ont pensé qu’il n’a dû cet avantage qu’à ce qu’on n’y a jamais fait de feu que- pendant les deux premières heures de l’expérience, qui n’en a £>as moins continué pendant quatre heures; tandis que, dans toutes les expériences relatives à la cheminée de M. Curait-* deau, et dans la plupart de celles qui ont été faites sur les cheminées de M. Dêsarnody l’on a continué le feu pendant toute la durée des expériences. Cette seconde manière est nécessairement très défavorable aux résultats obtenus; car on a établi, pour mesure des avantages respectifs des cheminées, l’élévation de température produite par un kilogramme de bois, en prenant des températures moyennes entre celles observées d’heure en heure : ce qui fait que l’on compte quatre fois la quantité de calorique dégagée pendant la première heure, trois fois celle de la seconde, deux fois celle de la troisième , et une fois seulement celle qui est dégagée pendant la dernière heure, ce qui ne peut manquer de donner un résultat plus grand lorsqu’on consomme, pendant les deux premières heures, toute la quantité de bois soumise à l’expérience.
- (i^ Le prix de cette cheminée est de 2Ôo francs, sans décorations extérieures.
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- Cette observation est confirmée, par les expériences faites de deux manières, sur le foyer simplifié grand surbaissé (1) et sur celui à tours creuses deM. Désarnod. On a eu constamment un résultat beaucoup plus grand dans les expériences faites avec ces foyers, les 29 mars et ier avril 1806, où le feu n’a duré que deux heures, que dans celles des y, 10 et 12 floréal an XIII , où on l’a continué tout le temps qu’a duré l’expérience.
- Les résultats obtenus avec le calorifère salubre de M. Ollivier auraient donc été beaucoup moindres encore, si l’on y avait continué le feu pendant toute la durée des expériences, ce qu’on n’a jamais fait à l’égard de cet appareil : il n’offre point d’ailleurs, par la manière dont il est construit, les avantages de commodité des autres cheminées; ce n’est-qu’une espèce de fourneau analogue à ceux dont on se sert pour fondre les métaux et cuire les divers genres de poteries, connus sous le nom de fourneaux à vent, auquel on a donné beaucoup de surface par le moyen de deux colonnes de faïence. On ne peut, à cause de la petitesse de l’ouverture antérieure, s’y chauffer ni s’y sécher comme devant les autres cheminées, et cette petite ouverture attire un courant d’air froid trop rapide pour 11e pas incommoder ceux qui voudraient profiter de la chaleur qui en sort. Autant vaudrait, à cet égard, se servir d’un poêle qui, pour peu qu’il fût construit avec intelligence, répandrait dans la chambre beaucoup plus de calorique.
- D’après toutes ces considérations, le bureau consultatif ne pense pas qu’on puisse balancer à préférer les foyers de M. Désarnod pour tous les bureaux du Ministère de l’intérieur, où les avantages des cheminées pour la santé et la commodité des employés les feront préférer aux poêles. C’est au génie et aux travaux de cet artiste que la France doit*, depuis vingt ans, les seuls foyers vraiment économiques , dont l’usage se soit répandu dans la société. Ï1 est bien remarquable que tout ce qu’on a fait depuis, même récemment, n’approche point de ce qu’il a imaginé, à une époque où les connaissances physiques, sur lesquelles repose ce genre d’industrie, étaient bien moins perfectionnées et surtout bien moins répandues qu’aujourd’huL Cet artiste continue à travailler au perfectionnement de ses foyers, même aux dépens de sa fortune, qu’il a, en quelque sorte, sacrifiée au bien public.
- Le foyer dit à tours creuses a paru , d’après les expériences, le plus économique ; mais les principes de sa construction ne diffèrent pas essentiel-
- (i) Le prix de cette cheminée est de 44® fr*
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- lement de ceux d’après lesquels ont été construits les autres foyers du même auteur. Le bureau consultatif a pensé que cet avantage provient surtout des circonstances particulières aux expériences faites sur ce foyer; les autres pourront donc aussi être employés suivant les localités. Si l’on pouvait entièrement compter sur le résultat moyen 0,627 qu’il a donné, il en résulterait qu’en y brûlant 24 kilogrammes un quart de bois, on obtiendrait la même chaleur qu’en employant 100 kilogrammes dans une cheminée ordinaire , ce qui diminuerait au moins de trois quarts la dépense du combustible; mais, en prenant un résultat moyen entre ceux qu’ont donnés les trois foyers du même artiste, soumis à l’expérience, savoir o,4.85, o,568 , 0,627, on trouve o,56o ; ce qui donne 27 kilogrammes un septième pour la quantité de bois nécessaire pour échauffer autant que 100 kilogrammes brûlés dans une cheminée ordinaire : économie encore très considérable, puisque la dépense serait toujours diminuée de plus de deux tiers.
- A l’égard des appartemens où l’on voudrait se servir de poêles, celui de M. Thilorier paraît être le plus avantageux. D’après le résultat moyen 1,195 , des expériences faites avec ce poêle, il ne faudrait que i3 kilogrammes de bois pour donner la même chaleur que 100 kilogrammes brûlés dansune cheminée ordinaire. Il faudrait 16 kilogrammes trois dixièmes avec le fourneau domestique de M. Désarnod , qui, comme on l’a déjà observé, n’est cependant qu’un poêle ordinaire de fer fondu , parfaitement exécuté. *
- Le poêle de M. Thilorier n’était pas placé dans Fendrait où l’ont été tous les autres appareils mis en expérience, c’est à dire dans ou devant la cheminée du bureau; il était à l’autre extrémité de la pièce, dans l’embrasure d’une fenêtre. M. Thilorier a prétendu que cette position lui était défavorable, mais le bureau consultatif a pensé que cette circonstance n’avait pas influé sensiblement sur le résultat.
- Le bureau consultatif a regretté que l’on n’ait point fait d’expériences comparatives sur les poêles ordinaires de fonte et de faïence , et en particulier sur les poêles où Fair de la chambre vient s’échauffer dans un réservoir destiné à cet usage, et se répand ensuite dans la chambre par des émis-soires qu’on ouvre ou ferme à volonté.
- Ces poêles, dont on fait usage à l’École polytechnique et chez un grand nombre de particuliers, paraissent devoir l’emporter sur tous les autres et même sur celui de M. Thilorier, à moins qu’il n’y ajoutât un semblable réservoir. Au reste, dans Le. cas, où F an. ferait usage d’un pareil réservoir, il serait à propos, pour la salubrité de l’appartement et le renouvellement
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- TABLEAU
- Des Expériences faites par le Bureau consultatif des arts du Ministère de FIntérieur, sur divers appareils de chauffage
- — n
- DÉSIGNATION 1. 2. m O. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10. 11.
- NUMÉROS Excès de la dernière tempéra- •
- DBS Température moyenne de la chambre à Tins- Température Température Excès de la même Cinquième partie Somme des nom- Nombre de Quotient d’après Réduction des
- APPAREILS DE CHAUFFAGE, ET DATES moyenne de la moyenne de la ture sur celie température sur de l’excès note' bres portés dans kilogrammes de lequel on juge Duree des. quotiens à raison
- rue pendant la chambre pendant de la chambre, la moyenne de la dans' la colon- les colonnes 4 des avantages
- AVEC LES NOMS DES EXPÉRIENCES. mence' les expé- durée des expé- la durée des ex- au commence- rue. ne 4. et 6. bois brûlé. des appareils. expenences. de cette durée.
- DE LEURS AUTEURS. ri ences. riences. périences. tuent des expé-
- riences.
- CHEMINÉES. degrés. degrés. degrés. degrés v d egr.es. kilogr. heur. minât.
- Cheminée ordinaire du Bureau consultatif. x. 26 Germinal an XIII. . 2. 28 idem 11,5o 11,75 10,81 8,14 i3,4i 13,o6 G9* 1,31 2,60 4>92 0,52 0,98 2,43 2,29 i5,oo i5,oo 0,1*62 o,i53 3 4 45 » 0, 152 o,i53
- Foyer simplifié de deuxième grandeur, de 3. 3 Floréal 1 G29 9,25 14,10 2,81 4,85 °>97 3,78 8,00 0,472 4 » 0,472
- M. Desarnod • . . . 1 4- 5 idem. ’ * 11,36 10,61 13,73 2,37 3,i 2 0,02 2,99 6,00 0,498 4 » 0,498
- Foyer à tours creuses, deuxième grandeur, du meme. 5. y idem . . . 6. 10 idem 11,90 11,75 10,77 9,36 i4,o5 14,18 2,l5 2,43 3,28 4,82 0,71 0,98 2,86 3,41 8,00 8,00 0,395 0,426 4 4 » » 0,395 0,426
- 7. 29 Mars 1806 9>75 7,00 13,71 3,96 6,71 u,34 5,3o 5,oo î ,060 4 » 1,060
- Foyer simplifié grand surbaissé, de M. De- [ 8. 12 Floréal an XIII, ", . 12,5o 11,54 16,41 3,91 4,87 0,95 4,86 10,75 0,452 4 » 0,452
- sarnod 1 9. xer Avril 1806 9,32 6,06 12,04 2,72 5,98 G91 4,63 5,oo 0,782 3 3o 0,684
- ' Cheminée de M. Curaudau xo. 17 Floréal an XIII. . . 12,7 0 16,00 16,46 3,76 0,46 0,09 3,85 11,00 o,35o 4 » o,35o
- 11. 19 idem 11,20 9>99 i5,52. 4,32 5,53 1,106 5,426 7>75 0,700 • 4 D 0,700
- ( 12. 16 Frimaire an XIV.. . io,qx 7>95 15,74 4,83 7,79 i,56 6,39 11,00 o,58i 3 3o o,5o8
- Calorifère salubre de M. 0 limer. . . . .> | i3. 19 idem 9,82 4>29 12,83 3,oi 8,54 1,71 4,72 10,00 0,472 3 45 0,443
- i4. 21 idem 9,°o 3,*9 i3,32 4,32 10, i3 2,o3 6,35 10,00 o,635 3 45 0,596
- 1 i5. 23 idem 9,°5 2,85 3,94 11,86 2,8 1 9>GI 1,80 4,6i 10,00 0,461 4 )> 0,461
- 16. 26 idem 2,75 7>75 5,00 3,8i 2,34 7,34 10,00 0,734 3 3o 0,642
- 17. xo Nivôse an XIV.. . . 10,62 8,80 12,88 2,26 3,58 3,23 4,08 0,81 3,07 10.00 0,307 „ 3 3o 0,269 0,507 o,336
- Calorifère perfectionné , du meme 18. 2 Janvier 1806. . . . . 8,80 0,62 4,9l ' 9,82 7 >47 3%o3 g49 0,61 5,07 3,84 10,00 IO,f 0 0,507 o,384 4 3
- ,19. 7 idem . . 12*85 3o
- 20. 11 idem 8,92 5,20 12?~29 3,37 7>°9 1,41 4,78 10,00 o>478 3 5o o,458
- POÊLES.
- Poêle de M. Debret 21. 29 Avril 1806.. . . . . 10,00 10,43 i i,3o i,3o 0,87 0,17 *>47 2,00 0,735 2 45 o,5o5
- 22. 8 Mai 12,25 14,24 *4>i9 G94 0,75 o,i5 1 >79 4,00 ©447 4 » o,447
- Poêle de M. Curaudau 23. 28 Floréal an XIII. . . 12,00 1 G77 1.5,27 3,27 3,5o 0,70 3 >97 5,5q 0,722 4 » 0,722
- 24. 24 idem 10,45 11,61 i5,53; 5,08 3,92 0,78 5,86 6,00 °>977 4 » °>977
- Fourneau domestique de M. Desarnad. . 25. 5 Prairial. 12,37 i4,oo 16,92 4,55 2,92 o,58 5,i3 5,5o 0,933 4 )) 0,933
- 26. 5 Février 1806 10,2.5 9,86 2>95 13,02 9>57 . 2,77 2,70 4,44 3,i6 o,63 3,4° 4,02 5,oo 2,o5 0,680 1,961 3 45 55T 0,637 1,920
- Poêle fumivore de M. Thilorier. . . . .< 2n. 6 Mars 1806.. .... 6,87 6,62 1,32 3
- ! 28. 8 idem 7,5° 5,6o 11 >94 6,34 1,26 5,70 5,00 i,i4° 3 35 1,021
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- dans l’alcool ; j’y joins des livres reliés avec le papier - maroquin de MM. Boehrn et Rœderer, et revêtus d’un vernis gras qui a répandu un peu d’odeur pendant deux mois environ, mais qui aujourd’hui l’a perdue entièrement; enfin plusieurs livres reliés en étoffes ou en papiers peints avec des couleurs à l’huile délayées au vernis gras, qui ont entièrement perdu leur odeur par l’application d’un vernis de résine-laque à l’alcool (i).
- L’emploi de ces vernis est facile et peu coûteux ; on les applique lorsque les livres sont reliés. Il faut quelques précautions pour celui à la résine-laque, qui ne réussit pas bien sur le papier-maroquin , et qui devient souvent terne au froid ; mais il prend du lustre au dessus d’un réchaud, ou en l’exposant pendant quelques instans dans une étuve ; il a l’avantage de sécher en quelques minutes, de ne point se ramollir au feu, d’être sans odeur, de recevoir toutes celles agréables que l’on veut lui donner, par l’addition de la vanille, du benjoin, de l’ambre, du musc, etc. (2). A legard du vernis gras, l’emploi en est on ne peut pas plus facile; il suffit d’en prendre avec une éponge une très petite quantité et de l’étendre en frottant sur le livre; j’estime que l’on consomme environ de ces vernis pour deux centimes par volume in-8°.
- La méthode de vernir les livres ne remédiant pas -entièrement à l’inconvénient ordinaire du papier (celui d’avoir peu de corps, de s’user et de se casser facilement), j’ai invité M. Didier (3), quia, le premier, fait connaître à Paris les cuirs vernis, à appliquer de sa composition sur du papier fort ; il a fait quelques essais, et il est parvenu à préparer des papiers de diverses couleurs , imitant les peaux de veaux , qui ont infiniment plus de corps, de solidité et de souplesse que ceux de MM. Boehrn et Rœderer, et peuvent, jusqu’à un certain point , être pliés, froissés, sans se casser.
- Je présente à la Société quelques reliures qui viennent d’être exécutées avec ces papiers ; ils ont été reconnus faciles à employer, se collant
- (1) On peut aussi les recouvrir avec des couleurs broyées à l’huile de lin et déhyées à l’huile grasse. Il faudra un peu plus de temps pour leur dessiccation ; mais j’ai l’expérience que cette couleur* très élastique , est plus solide.
- (2) La dissolution de la laque au bain de sable laisse déposer de la résine en refroidissant ; elle réussit mieux à froid , mais cela est long, et il faut changer l’alcool lorsqu’il est saturé de cette manière on dissout toute la laque, surtout si l’on y a joint un peu dépotasse sèche ou en déliquescence, le vernis ne précipite plus et a plus de brillant.
- (3) Il demeure , rue du Faubourg-Saint-Denis, n ig.
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- bien, et susceptibles d’étre dorés en y apportant quelques soins; plusieurs de ces livres sont couverts du papier de.M. Didier, dans l’état où il me l’a remis, et conservent encore un peu d’odeur d’huile grasse qui, sans doute, entre dans sa composition ; j’ai recouvert les autres d’un vernis à la résine-laque, qui a eidevé toute leur odeur.
- Je prie la Société d’observer qu’un des avantages de ces vernis et des couleurs que j’ai quelquefois employées (dont je parlerai bientôt) est de pouvoir rétablir très aisément des reliures usées par le frottement, tandis qu’on ne peut réparer facilement des reliures en peaux. On peut, d’ailleurs, ru moyen des vernis que nous avons indiqués, renforcer et garantir de l’humi-dité^es reliûres anciennes en peaux et en maroquin, qui seront toujours les plus belles, mais les plus chères.
- M. de Lastejrie, notre collègue, trouvant, avec raison, qu’il ne suffisait pas d’avoir, au moyen d’un vernis, donné plus de solidité aux reliûres, et introduit un papier enduit d’une composition élastique, a eu l’idée, pour économiser et donner en même temps une grande solidité aux couvertures de livres, de les composer de vieux coupons d’étoffes. Nous avons fait ensemble cîes essais, avec des draps, des casimirs, des toiles, du taffetas, du satin, etc., etc. Je les ai enduits de diverses couleurs détrempées tantôt à la colle, tantôt à l’huile, d’autres fois au vernis. Je les ai toutes recouvertes de vernis gras ou à l’alcool, dont je modérais à volonté l’éclat, en les dépolissant avec une éponge imbibée d’huile et saupoudrée de ponce broyée très fin.
- Les draps, les casimirs sont trop épais, ils boivent trop de couleur et prennent très difficilement une surface unie; les toiles de fil, de coton , les basins, les étoffes piquées , quoiqu’ils s’imbibent aussi beaucoup, font très bien; mais nous avons parfaitement réussi avec les vieux satins, les vieux taffetas; ainsi les vieilles étoffes, lorsqu’elles ne pourront plus servir, même les plus gâtées, passeront dans nos bibliothèques et deviendront encore utiles au moment où elles cessaient d’avoir une valeur.
- Pour faciliter l’exécution de ces nouvelles reliûres, j’ai essayé d’en peindre avec les couleurs de madame Cosseron, nommées luculoniques, lesquelles Ont peu d’odeur, sèchent aisément et sont faciles à avoir; j’ai enlevé le collant qu’elles conservent assez long-temps, et toute leur odeur, en les recouvrant d’un vernis à la résine-laque.
- La Société remarquera que, dans toutes les reliûres que nous lui avons présentées, celles en papier-maroquin, de Strasbourg, du prix de i franc 20 centimes l’in-8°, sont les plus belles, surtout lorsqu’elles sont enduites Cinquième année. Novembre 1806. - ' 16
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- d’on vernis gras (i). Ensuite viennent les reliures en papier de M. Didier % qui ont beaucoup plus de solidité que le papier-maroquin, et qui revien-»-dront à 6 centimes de moins environ (s). Enfin, viennent les plus solides,, celles formées avec de vieilles étoffes, dont l’idée est due à M. de Lasteyrie, et auxquelles j’ai appliqué des couleurs et des vernis, pour masquer leur origine et les rendre inattaquables à l’humidité. Nous ne pouvons encore fixer le prix de ces reliures ; mais elles seront aussi au dessous de celles en papiers de Strasbourg.
- Tels sont, Messieurs, les essais que nous avons faits jusqu’ici; s’ils peuvent vous paraître de quelque intérêt, nous continuerons nos recherches, et nous profiterons des lumières que vous voudrez bien nous, donner pour parvenir à procurer aux relieurs, aux ouvriers les plus ordinaires, une matière à bon compte, facile à employer, et qui, sans avoir la beauté des reliures en peau, puisse en avoir, s’il est possible, la solidité.
- ÉCONOMIE RURALE.
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- Suite des observations de M. Lombard > sur la ruche écossaise' de M. de la Bourdonnaye (3).
- Pour rendre les ruches saines, il faut que le haut ait une forme conique , afin que les vapeurs puissent insensiblement suivre la pente que la forme conique donne intérieurement , et descendent dans la circonférence le long des parois, sur la table qui porte la ruche; alors le propriétaire soigneux essuie les tables; et, s’il ne le fait pas, ces
- (1) La plupart de ces reliûres sont faites par M. Meslant, demeurant à Paris , rue de Gre-nelle-Saint-Germain, n° to2, lequel a présente, à l’exposition des produits de l’industrie , des livres très bien reliés en papier-maroquin, et qui les vernit aujourd’hui avec beaucoup de succès.
- (2) La différence du prix est très faible , parce qu’elle porte uniquement sur le prix du papier. Celui maroquin coûte 3a centimes la feuille ( 6 sous 6 deniers), et couvre un in-8°, qui revient à 17 centimes au moins, et un in-12 à i5 centimes au plus. Le papier-ZWfer est plus grand ; il coûte 4° centimes ( 8 sous ) la feuille, et fait deux in-8° à 11 centimes chacqn^ et deux in-12 à 9 centimes : il n’y a donc de différence en moins, sur celui du maroquin , qu’environ 6 centimes pour l’in-8°, et autant pour l’in-12,
- (3: Voyez Bulletin, n° XXVII, p. 8e»,,
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- ^aux se dissipent, parce quelles tombent sur la partie de la ruche là plus exposée à l’air.
- 8°. La forme plate du haut ne permet pas de l’abriter facilement, de manière que cette ruche est trop nue, et conséquemment trop exposée aux injures de l’air pendant l’hiver, et aux trop grandes chaleurs pendant l’été. La chaleur intérieure des ruches , pendant la belle saison , est communément de 26 à 27 degrés; cette chaleur est nécessaire pour la prospérité du couvain. Les rayons du soleil frappant immédiatement les ruches , la chaleur intérieure augmente ; et, si elle s’élève à 32 degrés, les abeilles, ne pouvant supporter cette température, sortent des ruches , se tiennent immobiles sous les tables et sur les parties extérieures des ruches, qui sont à l’ombre. Il y a des propriétaires qui voient cela avec plaisir. Voyez , disent-ils, comme mes ruches sont pleines* Ils ne pensent pas que cette chaleur, que les abeilles cherchent à éviter, les tient dans l’oisiveté pendant la saison de leur travail, et leur cause un préjudice notable.
- Une chose admirable , c’est de voir les abeilles accourir à leurs ruches lorsqu’elles aperçoivent un temps orageux; elles se précipitent toutes à la fois pour se mettre à l’abri. Comme elles ne peuvent entrer toutes ensemble r si la pluie survient, il en périt un grand nombre à l’entrée des ruches nues comme la ruche écossaise. M. Lombard assure qu’avec la ruche qu il emploie , il évite tous les inconvéniens dont on vient de parler.
- Il ne faut pas croire que les abeilles donnent, tous les ans, d’abondantes récoltes. Sur vingt essaims d’une année , à peine y en aura-t-il le quart qui remplira complètement une ruche d’un pied d’élévation, c’est à dire l’équivalent de la moitié de la ruche écossaise ; mais il y en aura au moins la moitié qui amassera assez de provisions pour permettre d’enlever dix couvercles, de manière que le propriétaire est au moins sûr d’avoir une récolte par couvercle , donnant douze à quinze livres de cire et de miel : voilà cent vingt à cent cinquante livres de matières, dès la première année, sans nuire au corps de la ruche. Avec la ruche écossaise on n’aura rien, parce qu’une ruche de vingt-deux pouces de haut est trop grande pour qu’on puisse espérer de la voir remplie tellement la première année pour qu’on puisse en enlever la moitié.
- La seconde année, on peut essayer de s’approprier les ruches complètement pleines, en plaçant une ruche vide sous la ruche pleine, ce que M. Lombard appelle transvaser , afin que, si la ruche inférieure
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- s’emplit, on puisse enlever la ruche supérieure; mais si, dans cette seconde année, la saison a amené à un bon point la ponte des reines, ou si elle est froide, les abeilles ouvrières, entièrement occupées à soigner et à nourrir le couvain , ou contrariées par la saison , ne travailleront point dans les ruches inférieures; le propriétaire des ruches écossaises n’aura rien encore, tandis que le propriétaire des ruches villageoises aura une récolte dans les couvercles qu’auront remplis les essaims de cette seconde année.
- Le couvercle, enfin , par sa forme conique, tient les ruches saines, tandis que la forme plate du haut de la ruche écossaise doit lui porter préjudice.
- Le manche du couvercle de la ruche villageoise est nécessaire pour le placer et le déplacer. 11 est pointu, afin de recevoir un surtout de paille, pour tenir sainement la ruche et la table qui la porte. Par ce moyen , les ruches sont absolument à l’abri des mauvais temps et du trop grand soleil; ce surtout, d’ailleurs, conserve les abeilles qui, à l’approche des oragesy se précipitent sur la table pour rentrer dans la ruche. Avec le surtout, on peut espérer de conserver le corps des ruches, et les faire servir et resservir pendant vingt à trente ans.
- Le plancher est la partie essentielle de la ruche villageoise; c’est ce qui la rend absolument différente de la ruche écossaise. Voici ce que M. Lombard dit à cet égard, page 56 de la troisième édition de son Manuel.
- « Ce plancher est avantageux, en ce qu’il donne des points de suspension pour les gâteaux inférieurs qui contiennent le couvain, suspension qui ne peut être altérée par l’enlèvement des couvercles.
- » Au moyen de ce plancher, les gâteaux des couvercles ne peuvent faire partie de ceux de dessous le plancher, de manière qu’on enlève les couvercles sans effort, sans rien déranger ni rompre, sans faire périr une seule abeille , quoiqu’il y en ail quelquefois un grand nombre entre les rayons qu’elles quittent d’elles-mèmes pour aller joindre leur reine*. Cet enlèvement est si facile, qu’avec de la douceur et du silence on peut le faire, à visage découvert et les mains nues, sans être piqué, la colère des abeilles n’ayant plus lieu , dès i’instant qu’elles sont séparées de leur reine et du couvain, cpii sont, pour ainsi dire, étrangers à ces couvercles ; et, comme en enlevant on n’a rien brisé , si on ne trouve pas les couvercles suffisamment garnis , ou si on n’a eu l’intention que de prendre un ou plusieurs rayons, on choisit et on replace les couvercles, sur les ruches, pour les enlever plus tard, ou reprendre encore des rayons, à volonté* ' '
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- » La disposition des fentes dans le plancher n’est pas une chose indifférente ; il faut qu’elles soient sur les bords circulaires , près des parois de la ruche, par plusieurs raisons : la première , c’est que le couvain étant toujours placé au centre, la reine est naturellement détournée d’aller chercher ces passages éloignés , pour placer clu couvain dans les-couvercles ; la seconde, c’est que , si on pratiquait des fentes au centre, elles se trouveraient au dessus du couvain , qui ne peut être trop à l’abri, et qui, cependant, serait éventé, lorsqu’on mettrait un couvercle vide à la place d’un couvercle plein ; la troisième, c’est afin que les abeilles passent, sans obstacle, du dessous du plancher dans le couvercle, et qu’elles ne soient point obligées de percer la foule de celles qui se trouvent toujours près du couvain.
- » Lors des grands dégels, les parois intérieures des couvercles et des ruches étant imprégnées des vapeurs qui s’exhalent du grand peuple qui les habite, l’eau en découle depuis le haut et dans toute là circonférence ; le centre seulement se conserve sec, par le groupe des abeilles qui, avec le plancher, couvrent entièrement le couvain. Il faut donc que le haut de la ruche ait la forme conique, et que les fentes du plancher soient pratiquées près de ces parois, afin que les eaux du couvercle descendent sans obstacle; autrement, en séjournant sur le plancher, elles y causeraient de la moisissure; ou bien, l’eau, s’échappant à travers les fentes qui seraient pratiquées près du centre, inonderait le couvain et les abeilles qui se trouveraient le long de ces parois.
- » Ces fentes sont encore avantageuses, en ce qu’elles donnent la facilité de chasser les abeilles de la ruche, au moyen de la fumée, pour s’approprier toute la dépouille, lorsque le temps en est venu, etc. »
- La ruche villageoise est adoptée dans beaucoup de départemens, à eu juger par les modèles qui ont été demandés à l’auteur, et par les lettres de différens propriétaires qui lui en témoignent leur satisfaction.
- Quant à la ruche écossaise, M. Lombard observe que ce sont sans doute les inconvéniens qu’il a détaillés qui sont cause que cette ruche est tombée dans l’oubli.
- M. Ducouèdic, dans une notice sur l’histoire naturelle des abeilles, s’exprime ainsi, en parlant de la reine abeille.
- « Cette souveraine a une cour nombreuse. Les bourdons, quoique ses enfans, deviennent ses amans , les pères du couvain ; mais passé le temps des amours, lorsque les bourdons cessent d'être nécessaires, la reine, sans égard pour leur titre de fils, d’époux et de pères, les sacrifie comme bouches inutiles, et ils périssent tous avant la fin de septembre. Le
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- dernier couvain, qui n’éclôra qu’au retour du printemps, fournira d’autres bourdons pour les jouissances et les plaisirs de la reinedans la belle saison d’aimer. »
- La reine ne se mêle pas de la destruction dès bourdons, ce sont les abeilles ouvrières qui les détruisent. M. Ducouëdic paraît ignorer qu’un seul accouplement rend une reine féconde pour deux ans et peut-être pour sa vie : il ne sait pas, sans doute, que l’on enfermerait une reine vierge avec un essaim de bourdons qu’il n’en résulterait rien, parce que l’accouplement n’a jamais lieu dans l’intérieur des ruches, mais dans les airs, et qu’il en est ainsi de toute la famille des mouches.
- M. Ducouëdic distingue, dans les ruches, deux espèces d’abeilles, les pourvoyeuses et les ouvrières du palais.
- L’histoire naturelle des abeilles n’a déjà été que trop surchargée ; des écrivains distingués , tels que Swammerdam, de Maraldy, de Rèaumur, et autres, n’ont-ils pas cru qu’il y avait trois genres d’abeilles dans une ruche, savoir, une reine qu’ils regardaient comme l’unique femelle, des bourdons ou mâles, et des neutres, nommées abeilles ouvrières; tandis que la vérité est que, dans chaque ruche, il n’y a que deux genres, mâles et femelles , n’étant plus douteux que les abeilles ouvrières ne soient du sexe féminin, et que la nature n’a permis le développement de leur ovaire que dans le cas où ces abeilles recevraient, dans leur première enfance, une nourriture particulière; cela est si vrai, que les abeilles ouvrières, perdant leur reine, s’en procurent une autre avec du jeune couvain de leur sorte, quand il y en a dans la ruche; qu’il y a des abeilles ouvrières qui pondent, mais dont la ponte est tellement imparfaite, quelles ne produisent que des œufs d’où doivent sortir des bourdons seulement. Parmi les ouvrières, celles qui sont pourvoyeuses dès le matin sont sédentaires dans le milieu du jour, et travaillent dans l’intérieur de la ruche.
- M. Ducouëdic dit que, lorsque les ouvrières deviennent caduques, ce qui arrive au bout de quatre ans, ou tout au plus au bout de leur premier lustre , elles tombent dans la classe des bouches inutiles et sont exterminées , rigidité qui s’étend jusque sur la reine. Alors une jeune reine s’empare du gouvernement, et la vieille reine est sacrifiée aux intérêts de l’empire et traînée hors du palais. C’est ainsi, continue M. Ducouëdic, qu’une peuplade d’abeilles se rajeunit et se conserve perpé-* tuellement.
- Voici les observations de M. Lombard à ce sujet ;
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- i„, Les abeilles ne vivent pas quatre ans ni un lustre, mais un an ou deux. M. deRéaumur a fait des expériencesrqui le prouvent.
- 2°. Jamais les abeilles ouvrières ne détruisent les vieilles abeilles de leur ruche., ni leur reine vieille ou jeune.
- 5°. Les reines ne vieillissent pas dans les ruches où elles sont nées. Le premier essaim qui sort, chaque année, d’une ruche est conduit par la reine mère, qui laisse son successeur au berceau, ny ayant jamais deux reines libres en meme temps dans une ruche. Cette reine mère entraîne avec elle les vieilles et les jeunes abeilles qui se trouvent sur son passage, de manière qu’une ruche vieille, quant aux édifices qui s’y trouvent, se rajeunit quant à la reine et aux abeilles ouvrières.
- Mais M. Ducouëdic pourra objecter que l’on voit quelquefois deux et trois reines dans un essaim: cela ne se voit que par accident, le régime intérieur des ruches voulant que, pendant que la reine de la ruche est libre, les jeunes reines soient enfermées dans leur alvéole; s’il s’en échappe, c’est pendant l’espèce de désordre que cause le départ d’un essaim ; mais cela n’est pas long, car aussitôt ces reines se battent entre elles jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’une.
- Lorsqu’une ruche est au pillage, il faut, dit M. Ducouëdic, en fermer l’entrée, et seringuer, avec de l’eau bouillante, les abeilles qui s’amassent à la porte et cherchent à y entrer. Il faut bien se garder d’un pareil remède, qui détruirait inutilement beaucoup d’abeilles. Lorsqu’une ruche est au pillage, c’est que la reine est morte, ou inhabile à peupler la ruche, et qu’il n’y a plus de couvain : alors il faut emporter la ruche , ou bien y introduire une autre reine.
- M. Ducouëdic prétend qu’un paysan, ayant seulement douze ruches écossaises, aura, chaque année, douze ruches pleines de cire et de miel à vendre, avec douze essaims au moins ; il conservera perpétuellement ses douze ruches mères, qui lui assureront, chaque année, et la même récolte et la même richesse : s’il veut l’augmenter, il conservera les douze premiers essaims de ses ruches, et, s’il les conserve, dès la seconde année il aura vingt-quatre ruches écossaises, et, ainsi de suite, sou capital et les revenus de ses produits continueront à doubler d’une année à l’autre.
- Les ruches de l’Attique, qui, jusqu’ici, ont été regardées comme les plus productives, ne sont rien en comparaison des ruches écossaises. LEspagne, qui consomme une prodigieuse quantité de cire, et qui est en partie, cause du renchérissement de la cire en France, n’aurait qu’à venir
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- s’approvisionner en Bretagne. Là, les paysans, qui commencent avec douze ruches, en ont plus de six mille au bout de dix ans, et, malgré cela, tous les ans ils doublent progressivement leur récolte. Mais il faut rabattre les onze douzièmes au moins de ces richesses. Les abeilles et leur produit peuvent se comparer aux fruits de la terre; comme eux, les abeilles et leur produit tiennent aux saisons et aux localités. Si les saisons sont froides ou sèches, les abeilles amassent peu; si les hivers sont doux, il y a peu d’essaims au printemps suivant; quant aux localités, un pays qui ne pourra nourrir que cent ruches d’abeilles n’en comportera pas cent vingt, etc.
- M. Ducouëdic dit que, pour nourrir les abeilles des ruches qui n’ont pu ramasser des provisions, ii suffit de leur donner un demi-quarteron, ou tout au plus un quarteron de gros sucre ou de mélasse.
- Il y a des ruches indigentes qui consomment trois ou quatre livres de nourriture pendant les hivers doux; et s’ils sont longs, comme en i8o5 , il faut encore leur donner de la nourriture au printemps.
- M. Lombard ajoute qu’il a déjà fait beaucoup d’essais , qu’il en fera encore, qu’il essaiera la ruche écossaise; mais, comme il connaît l’inconvénient des fonds faits avec des rouleaux de paille, ii y substituera un fond fait avec une planche légère, qui pourra se placer et être enlevée facilement. L’auteur cherchera le moyen de la mettre à l’abri des injures du temps et des trop grandes chaleurs; il eomparera l’usage plus ou moins facile des deux ruches et leur produit, et, si la ruche écossaise l’emporte, il le dira de bonne foi.
- Imprimerie de Mmc HUZARD (née^. Variai ia Chamelle), rue de l’Éperon, n° 7.
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- CINQUIÈME ANNÉE. ( N° XXX. ) DÉCEMBRE 1806.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’, ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- Extrait des séances et de la correspondance du Conseily pendant le quatrième trimestre 1806.
- Sur les réverbères à réflecteurs paraboliques, de M. Bordier. Les réverbères qu’on emploie pour l’éclairage des villes ont l’inconvénient de ne renvoyer dans la rue qu’une très faible partie des rayons divergens, ce qui oblige de les placer à de petites distances l’un de l’autre. Quoique leur service soit, en général, assez facile, les réflecteurs de ces réverbères, noircis par la fumée de la lampe, ont besoin d’être fréquemment nettoyés, ce qui les ternit. M. Bordier, de Versoix, désirant apporter des améliorations dans cette branche de l’économie publique, a exécuté des réverbères d’un nouveau genre, sur le principe de ceux de feu M. Ami-Argandj dans lesquels la lumière est fournie par une lampe à double courant d’air , et réfléchie , en rayons parallèles entre eux, par des miroirs paraboliques dont l’axe est à peu près horizontal. Ces miroirs sont de cuivre et recouverts de plusieurs couches d’argent; comme la fumée ne les noircit point, ils conservent tout leur éclat, et peuvent durer huit à dix ans. M. Bordier a rendu compte des nombreuses expériences qui ont été faites, sur ces appareils d’éclairage, dans plusieurs quartiers de Paris, et des résultats satisfaisans qu’il a obtenus. La lumière de ces nouveaux réverbères est portée à une distance double de celle des anciens :
- Cinquième année, ^décembre 1806.
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- cette lumière est plus vive, plus nette , plus également distribuée; lorsque l’atmosphère n’est point chargée de vapeurs, on peut lire, à cette lumière, un caractère d’impression ordinaire, à la distance de soixante à soixante-dix pas. Il y a une économie d’un quart sur la consommation de l’huile. Les réverbères à quatre réflecteurs, destinés à l’éclairage d’un carrefour, portent une mèche plus forte que les réverbères à double miroir, et consomment un peu plus d’huile. Des expériences ont été faites à l’hospice des Incurables, à l’Hôteî-Dieu et à l’hôpital Saint-Louis; de vastes salles, ont été très bien éclairées avec un petit nombre de ces appareils. La ville de Lyon avait déjà su apprécier tous les avantages qui résultent de l’emploi des réverbères à miroirs paraboliques, en les adoptant pour l’éclairage des hospices.
- Su?' l’Ecole cVagriculture établie à dlfort. Son Exc. le Ministre de l’intérieur vient d’établir, à l’Ecole impériale vétérinaire d’Alfort , une chaire d’économie rurale théorique et pratique. M. Yvart, l’un des agronomes les plus éclairés de la France, et cultivateur d’un domaine voisin de i’École, est chargé de cet enseignement : il donne des leçons théoriques dans l’Ecole, et celles de pratique dans son exploitation rurale même. La Société d’encouragement, appréciant ce bienfait du gouvernement, a senti que cet établissement si désiré pouvait enfin répandre la véritable instruction agricole dans les départemens où cette instruction est la moins connue, et fournir aux proprié-: taires des régisseurs capables de diriger leurs domaines d’une manière digne de servir d’exemple. La Société a voulu contribuer à hâter les bons effets de cette institution; elle a décidé, sur la proposition de M. Degêrando, qu’elle se chargerait de faire les fonds nécessaires pour l’entretien, pendant une année, de six élèves à l’Ecole. Le prix de la pension est très modique : il est de 345 francs 60 centimes par an, au 27 francs 80 centimes par mois, pour chaque élève. Ils sont défrayés de tout à l’École, et n’ont à pourvoir qu’à leur habillement, qui doit, toujours être de la plus grande simplicité. En conséquence de cette décision, le Conseil a invité les agronomes les plus distingués des départemens de la Charente-Inférieure^ du Pas-de-Calais , de Seine-et^Marne , du Morbihan, du Cher et de la Somme, à choisir des hommes assez jeunes pour pouvoir profiter de cet enseignement, qui soient fils de fermiers ou de propriétaires f iis doivent avoir satisfait aux lois sur la conscription, savoir bien lire et bien écrire, et avoir déjà une teinture de la culture des terres; enfin, être destinés à se consacrer entièrement, par la suite, à. cette profession. Les élèves envoyés pour le concours.
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- d’économie rurale pourront aussi profiter en même temps de l’instruction vétérinaire qui se donne gratuitement à l’École d’Alfort; ils obtiendront des récompenses, suivant le degré d’intelligence et de zèle qu’ils auront montré dans leurs travaux, et un brevet d’agriculteur , d’après les examens qui seront faits à la fin du cours, sur leur capacité et sur leur instruction.
- Le Conseil a déjà reçu, de plusieurs déportemens, l’avis que ses intentions ont été remplies.
- Sur un nouveau papier destiné à la couverture des livres. M. Bruyset, de Lyon, qui a été mentionné honorablement au dernier concours pour la reliure économique , a adressé à la Société un échantillon de papier feutré, propre à la couverture des livres, et qu’il nomme car-thalute. Ce papier , qui est destiné à remplacer les reliures en veau et en basane, a la propriété, suivant l’auteur, d’être peu sujet aux impressions de l’humidité , de résister aux attaques des insectes , d’être très solide, et de ne point se retirer à l’approche du feu. M. Bruyset a joint à son mémoire un rapport fait à la Société des amis du commerce et des arts de Lyon , sur diverses expériences auxquelles ce papier a été soumis, comparativement à la basane, et dont le résultat est très favorable.
- Sur les presses à extraire la cire. Nous avons parlé, Bulletin, XXVir, page 60, de la machine à extraire la cire* présentée à la Société par H. Lasseray. Le Comité d’agriculture , chargé de l’examiner, a trouvé que les presses recommandées par M. Duhamel sont plus simples et ont une telle force, qu’il ne doit pas rester de cire dans le marc ; elles sont en usage chez tous les ciriers, M. Lombard emploie, pour l’extraction de la cire, une espèce de boîte ou caisse percée de trous, dans laquelle on introduit le marc, et qu’on recouvre d’une plaque de fer. La presse agit sur cette plaque, et toute la cire est exprimée sans difficulté, surtout si on a l’attention de ne presser que lentement et sans saccade. La chaleur se conserve longrtemps dans ces boîtes, lorsqu’elles sont bien échauffées, ainsi que la plaque qui doit couvrir la boîte. Ces caisses s’ouvrent sur le devant et sur le côté, et, pouvant se diviser en deux parties égales, le marc chaud ou froid s’en retire avec facilité.
- Sur le fer et l’acier. A l’occasion d’une discussion stir les moyens d améliorer le fer et l’acier, M. Gillet - Laumont a rapporté qu’on a fait au Conseil des mines de nombreuses expériences sur les fers et ac.hrs envoyés, cette année, à- l’exposition des produits de l’industrie. La
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- plupart des échantillons ont été adressés par les préfets, et leur aiw thenticité a été certifiée par les Chambres consultatives. On a remarqué surtout treize échantillons de fer, d’une qualité supérieure. Il résulte de ces expériences que la France possède, en général, d’excellens fers, et. on pourra les obtenir tels , toutes les fois que les maîtres de forges voudront y apporter les soins nécessaires. Mais on ignorait, jusqu’à présent, que la fabrication de l’acier fût portée chez nous à un haut degré de perfection. Trois départemens se sont distingués sous ce rapport , le département dé^FAude a envoyé des aciers comparables aux aciers anglais. Une circonstance qui contribue beaucoup, suivant M. Descroisilles, à donner au fer une bonne qualité, c’est le choix convenable du charbon qu’on emploie pour sa fusion. Il regarde le charbon de bois de sapin comme le plus favorable à cette opération; c’est celui que les Suédois emploient dansjeurs usines, et auquel il faut attribuer la bonne qualité de leurs fers.
- Objets présentés au Conseil,
- in. M. Coquebert-Montbret a présenté une carte d’échantillons de vis à bois gravée, et composée de quatre-vingt-un numéros de diverses grosseurs, tant à tètes rondes qu’à têtes plates. Un tableau imprimé, qui accompagne cette carte d’échantillons, indique les dimensions de chaque assortiment et le prix courant de la fabrique. Cette méthode, employée en Angleterre pour beaucoup d’autres objets de quincaillerie, facilite les relations entre le consommateur et le fabricant, et mérite d’être adoptée en France.
- 2°. M. Lasteyrie a présenté une lampe construite par M. Joly, dont le porte-mèche n’a que 6 millimètres de diamètre. M. Lasteyrie se sert de cette lampe avec beaucoup de succès. Elle consomme peu d’huile, éclairé comme deux bougies, et dure huit heures sans perdre d’intensité. Son prix est de francs (1). A ce sujet, M. Guyton a observé que les lampes à courant d’air n’auront atteint à la perfection que lorsque la cheminée de verre sera proportionnée au diamètre du porte-mèche.
- 3°. M. Cadet, pharmacien de S. M. l’Empereur, a présenté une chaîne de montre en platine, dont les anneaux sont soudés avec de l’argent pur. Elle a été exécutée par M. Demoustier-Morel.
- 4°. M. Chevrier, fabricant de bas, rue Boucherat, n° 16, au Marais, a
- (i) M. Joly demeure rué des Fossés-Saint-Gerraain-l’Auxerrois, n° 43.
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- adressé six paires de bas de soie et coton, qu’il nomme demi-maille fixe , à l’instar des bas de meme genre fabriqués en Angleterre. Il a annoncé qu’il s’occupe, depuis dix ans, de ce perfectionnement, et a prié la Société de nommer des commissaires pour en faire l’examen. Cet objet a été renvoyé au Comité des arts mécaniques.
- 5°, M. Decroos, fabricant de savon, rue Culture-Sainte-Catherine, n° 21, a fait hommage à la Société de plusieurs échantillons de savon, à l’usage de la toilette, imitant celui connu sous le nom de savon de Windsor. Le Comité des arts chimiques a été chargé d’examiner ce savon. (Voyez plus bas le rapport de M. Cadet. ) '
- 6°. M. Degrave, membre du Conseil, a présenté un aréomètre construit par M. Barthélemy, orfèvre à Montpellier, sur le principe de ceux connus sous le nom d’aréomètres de Bories ou de Languedoc. Cet instrument se distingue par sa parfaite exécution ; il a été renvoyé à l’examen du Comité des arts économiques. ,
- 7°. M. Curaudèau a offert au Conseil une très belle cristallisation de sulfate d’alumine, de sa fabrique.
- 8°. M. Bouriat, membre du Conseil, a fait hommage d’un potager économique de son invention. (JVoyez cLaprès la description de cet appareil.)
- 9°. M. Bordier, de Versoix, a présenté une lampe de son invention, qu’il nomme lampe asti'ale. Elle est surmontée d’un réflecteur parabolique de fer-blanc, et répand une lumière blanche et égaie. Le Comité des arts économiques a été chargé d’en prendre connaissance,
- io°. M. Lepelletier, de Caen, a présenté deux ruches d’une construction nouvelle, qu’il ndmme ruches à clavecin, à cause des différens morceaux de bois qui la traversent, et sur,lesquels les abeilles forment leurs rayons. Le mérite de ces ruches consiste ^ suivant l’auteur , dans la facilité qu’elles présentent pour enlever le miel à volonté et de conserver les essaims. Le Conseil a invité l’auteur, s’il a déjà fait usage de ses ruches assez long-temps pour être sûr du succès, à faire constater les résultats qu’il a obtenus par des certificats authentiques des autorités locales et des agriculteurs qui ont adopté sa méthode.
- ii°. M. Chassiron, membre du Conseil, a adressé un exemplaire du rapport qu’il a fait à la Société d’agriculture du département de la Seine , conjointement avec MM. Tessier et Gillet-Làumont, sur les travaux entrepris par M. Brêmontiery inspecteur général des ponts et chaussées, pour fixer les dunes de sable du golfe de Gascogne, entre l’Adour et la Gironde, sur près de 234,000 mètres ou 60 lieues de développement, 1,139 myriares y5 lieues carrés de superficie. Aucune nation européenne, dit le rap-*
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- porteur, n’a employé de tels moyens ni obtenu d’aussi grands résultats, en contenant et fixant ces masses étonnantes de sables mobiles, qui semblent sortir du sein des mers pour envahir le continent. Les travaux de ce genre, entrepris en Suède, en Danemarc.k, en Hollande et dans les Pays-Bas, sont tellement inférieurs à ceux entrepris et exécutés par les Français, que ceux-ci ont été proposés pour modèles et comme exemples à suivre par les administrations.
- L’importance des faits contenus dans ce rapport a déterminé le Conseil à en faire insérer un extrait dans le Bulletin.
- 12°. M. Chevallier 3 opticien, a fait hommage de cinquante exemplaires d’un mémoire lu et mentionné honorablement à la Société académique des Sciences de Paris, sur la construction d’un nouvel aréomètre combiné par M. Bordier, de Yersoix. -
- i3°. M. Cadet, pharmacien de S. M. l’Empereur, a remis une note sur la fabrication d’une espèce de clous connus en Angleterre sous le nom de cut~nails. Cette note a été renvoyée au Comité des arts mécaniques. .
- i.4°. M. Descroisilles a remis une notice sur les alcalis du commerce et sur un nouvel instrument de son invention, qu’il nomme alcalimetre.
- |5°. M. Douette-Richardot3 cultivateur à Lan grès., a offert un ouvrage intitulé : De la Pratique de l’agriculture.
- 16°, M. Lezurier, membre de la Société, a remis un ouvrage portant pour titre : De la Cessation de paiement et des faillites et banque routes»
- iy°. M. Weiss embruch 3 membre de îa Société, a fait un hommage d’un exemplaire de Y Esprit des Journaux, dont il est l’éditeur, ainsi que d’une collection d’OEuvres de musique, dont il est éditeur et propriétaire.
- Correspondance.
- M. Turc, directeur ctes douanes , a transmis une note sur la terre de pipe d’Andennes, que les Hollandais emploient dam leur fabrique de Gouda , près Rotterdam, où il existe aussi une manufacture do faïence. Il a offert d’envoyer à la Société sept ou huit livres de la plus belle terre, en distinguant celle propre à la fabrication de pipes, de celle que l’on emploie pour la faïence r avec une dissertation sur leurs propriétés respectives.
- La Société libre des arts, séant au Mans,, a adressé les procès-verbaux fie ses séances publiques des 27 thermidor an XI et 27 mars 1806 , et le
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- programme des prix qu’elle se propose de distribuer en l’année 1807..Parmi ces prix, il en est un que nous ferons connaître; il est relatif à la carbonisation de la tourbe.
- « La Société des ftrts du département de la Sarthe , désirant faire jouir ses compatriotes de ce remplacement précieux du bois (la tourbe) , devenu indispensable pour le chauffage et l’exploitation des usines, propose un prix, qui consistera en une médaille d’or de la valeur de 5oo francs , pour celui qui présentera le meilleur charbon de tourbe, et qui en aura le plus extrait de la même quantité de matière, à qualité égale.
- » Les conditions auxquelles les concurrens sont invités à se conformer sont: i° d’indiquer les tourbières qu’ils jugeront les plus riches, d’après leurs analyses, afin que la Société puisse leur faciliter les moyens d’y établir leurs fourneaux; 20 d’adresser à ladite Société un mémoire détaillé de leurs procédés, des échantillons du charbon qui en sera résulté, ainsi que des observations sur la nature de la tourbe et sur les différens rapports sous lesquels on pourrait l’utiliser, ainsi que ses cendres; 3° enfin, de faire constater, par les autorités administratives locales, l’exactitude des faits contenus dans leurs mémoires.
- » Le concours restera ouvert jusqu’au i5 avril 1807. »
- M. Ducouëdic a adressé à la Société une brochure ayant pour titre : Résultat d’essais faits } pendant le printemps et l’été de 1806, sur la ruche écossaise de M\ de la Bourdonnaye , et invention d’une nouvelle ruche pyramidale. L’auteur annonce qu’il publiera, par souscription, des observations sur les abeilles et sur sa découverte.
- M. Lair, secrétaire de la Société d’agriculture de Caen, a adressé plusieurs exemplaires du rapport général sur les travaux de cette Société , lu à la séance du 20 floréal an XIII, et du rapport qu’il a fait à la même Société sur la seconde exposition publique des productions des arts du département du Calvados, et dont plusieurs sont imprimés sur papier-paille de la fabrique de M. Desétables s de Vire. Ce dernier rapport étant d’un intérêt général, nous allons en extraire les principaux faits.
- La seconde exposition publique des produits de l’industrie du département du Calvados, provoquée par la Société d’agriculture et de commerce de Caen, qui a fait les,fonds nécessaires, tant pour les frais de l’exposition que pour les encouragemens qu’elle a distribués aux artistes, a eu lieu au mois d’avril dernier; on y a remarqué un grand nombre d’objets clignes, à tous égards, d’orner les portiques de l’exposition de Paris, mais qui n’ont pu être ênvoyés, parce que les fabricans , surtout ceux de den~
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- telles, ont éprouvé de la répugnance à exposer aux intempéries de l’air des ouvrages d’un grand prix : on n’a donc pu se former qu’une idée très imparfaite de l’industrie et de l’exposition particulière du département du Calvados, par le petit nombre d’échantillons du département qu’on a vus à Paris.
- La Société d’agriculture et de commerce de Caen a distribué des médailles d’argent, de bronze et des mentions honorables. Les médailles d’argent ont été décernées :
- i°. A M. de Livry, qui possède un troupeau de six cents mérinos à Blain-ville, près Caen, et qui a envoyé des échantillons de laine superfine, d’une grande beauté;
- 20. A M. Tirel, directeur de la manufacture de draps de Vire, qui a adressé des échantillons de draps communs, très bien fabriqués;
- 3°. A M. Richard y associé de feu Lenoir-Dufrène, qui a formé, à Aulnoy, un établissement de filature hydraulique, à grand système : il a envoyé des échantillons de coton filé , très fin , et des basins comparables aux produits des fabriques anglaises : ce fabricant occupe plus de quatre mille ouvriers dans les diverses fabriques qu’il a établies dans l’Empire ;
- 4°. A MM. Parin frères, de Bayeux , pour des échantillons de siamoises , de basins et de mousselines qu’ils ont envoyés à l’exposition : ces fabricant ont quarante £t un métiers priorités et emploient plus de cent ouvriers ;
- 5°. A M. Tardif y de Bayeux, qui a le plus contribué à perfectionner la fabrication des dentelles, branche d’industrie la plus importante du département du Calvados, et qui occupe une multitude d’ouvriers : on ne peut, en général, trop vanter la richesse des ornemens, la délicatesse du travail et la régularité de l’exécution des objets de ce genre envoyés à l’exposition de Caen ;
- 6°. A M. Louis Houel, qui a adressé un grand nombre d’ouvrages en dentelles , parmi lesquels on a distingué un châle d’une aune et demie carrée, formé d’une seule pièce et sans raboutissage : Fauteur a aussi exposé le métier de son invention qui a servi à exécuter ce châle;
- <7°. A M. Bellamy, pour les beaux ouvrages de bonneterie de coton sortis de ses métiers, et qui ne le cèdent en rien aux produits des.fabriques anglaises ;
- 8°, A M. Chamberlain, de Honfleur, pour les produits chimiques de sa fabrique qu’il a présentés : il fabrique de l’acide sulfurique et du sulfate de fer, d’une qualité excellente, ai.nsi que dp l’alun; il
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- obtient tontes ces substances par des procédés économiques qui lui sont particuliers;
- q°. A M. Rullié, horloger à Caen , pour une balance d’essai de son invention, et pour une pendule très ingénieuse qu’il a exécutée.
- La Société d’agriculture et de commerce de Caen a ensuite décerné quatorze médailles de bronze à divers artistes.
- ARTS CHIMIQUES.
- Rapport fait au nom du Comité des arts chimiques , par M. Cadet Gassicourt, sur la manufacture de savons établie a Paris j rue Culture-Sainte-Catherine , n° 21, par M. J.-G. Decroos.
- Depuis l’époque où la femme d’un patron de barque, habitant de Savone, près Gênes, s’avisa de faire chauffer de l’huile dans un vase qui contenait une lessive de soude, et trouva , par hasard , 1 q savon, cette utile combinaison devint un objet précieux pour les arts et très important pour le commerce; mais on s’est peu occupé en France d’en perfectionner la fabrication. Le pays qui lui donna naissance et celui qui fournit la plus belle soude furent long-temps ceux où l’on prépara les meilleurs savons. Bientôt les provinces qui produisent les olives s’emparèrent de ce genre de négoce , et les savons de Marseille ou de Toulon rivalisèrent avec ceux de Venise, d’Alicante et de Carlhagène.
- La chimie, qui éclaire la plupart des manufactures, ne tarda pas à porter le flambeau de l’analyse sur la combinaison des matières grasses avec les alcalis, et apprit qu’on pouvait faire des savons, non seulement avec la soude et l’huile d’olive, mais avec les différens alcalis, toutes les huiles, toutes les graisses et quelques résines. On n’avait que des savons solides ; on eut des savons mous ou liquides avec la potasse, et ces nouvelles combinaisons furent très utiles aux foulons, aux couverluriers, bonnetiers et autres fabricans de lainage. La Flandre, la Hollande, Paris, Amiens, Abbeville virent s’élever des manufactures de savons verts ou noirs.
- Depuis long-temps, le commerce ne livrait que des savons propres aux arts et au blanchissage; mais l’odeur particulière et peu agréable des meilleurs savons de Marseille fit désirer la composition de quelques savons de Cinquième année. Décembre 1806. 18
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- luxe. Les parfumeurs convertirent en savonnettes suaves et odorantes les briques ordinaires des savonneries; Venise fit un savon de toilette, qui, par sa douceur et son arôme , acquit bientôt de la célébrité; enfin, on fit, à Windsor, en Angleterre, des savons particuliers, dont nos voisins faisaient un secret, et qui surpassaient, en propriétés utiles et agréables, tous ceux du continent.
- Les progrès rapides des sciences naturelles devaient immanquablement perfectionner, en France, un art aussi important que celui du savonnier; mais, à l’époque où là théorie plus éclairée allait faire les plus heureuses applications , la révolution, créant une disette générale, détruisit un grand nombre de fabriques, et l’on ne vit dans le commerce que des savons grossiers , mal faits et d’une cherté exorbitante. On sentit la nécessité de s’occuper de cet objet économique, et plu-* sieurs savans se livrèrent à des recherches laborieuses. M. Chaptal fit connaître un fort bon procédé pour préparer, en tout temps, partout et à peu de frais, des liqueurs savonneuses propres à blanchir; mais cette ressource, utile en temps de disette, ne pouvait suppléer aux manufactures, et le Comité de Salut public, qui gouvernait en l’an II, chargea MM. d’Arcet, Lelièvre et Pelletier de rédiger une instruction sur la fabrication des savons, sur leurs différentes espèces et sur les meilleurs moyens cle les préparer. Ces savans s’acquittèrent avec zèle de leur mission, et leur travail est un des plus complets sur cette matière; mais il laisse encore beaucoup à désirer, et les meilleurs savons fabriqués avec les procédés qu’ils indiquent sont loin cle valoir ceux que préparaient nos voisins. Il était donc important de leur ravir le secret de leur fabrication, et c’est ce qu’a fait M. Decroos. Etabli, il y a dix-neuf ans , à Calais , il y avait élevé une manufacture de savons , qui , dans le temps de la terreur, où les échanges en nalure étaient seuls possibles, a rendu à cette ville les plus grands services, et en a éloigné la famine. Cet estimable fabricant n’a cessé d’épier les procédés anglais, et, par de longs essais, des dépenses considérables, il est parvenu à fabriquer des savons pareils à ceux de Windsor et à ceux d’Amérique. Certain de rivaliser Londres avec avantage, il pouvait, sous cachet anglais, livrer ses savons au commerce, et, laissant aux étrangers L'honneur de la perfection, faire, avec leur nom, la plus belle spéculation ; mais M. Decroos est Français, et la gloire de notre commerce l’a plus flatté qu’un lucre facile. 11 a trouvé, dans la cupidité des dé-taillans , quelques obstacles. Quoique certains de la supériorité des savons nouveaux, les marchands répugnaient à les vendre comme produits de
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- fabrique française ; cependant, 1 accueil honorable que M. Decroos a reçu du jury des arts, l’empressement que le public a mis à se procurer des savons présentés à l’exposition de l’industrie nationale, ont levé les scrupules mercantiles; et maintenant, dans Paris, on ne veut plus d’autre savon de luxe que celui de M. Decroos.
- Vos commissaires, Messieurs, se sont transportés à Bagnolet, pour y voir les ateliers de cette savonnerie : ils n’entreront point dans les détails de la manipulation , elle demanderait un long traité ; car la description de l’art du savonnier, dans la collection des arts et métiers, ne donne qu’une idée très imparfaite des procédés qu’il faut employer pour faire de bons savons. M. Decroos se sert, pour les différentes variétés qu’il confectionne, tantôt d’huile de palme , tantôt de graisse fine , tantôt de résines , de baumes, d’huiles végétales ; il parfume ses savons avec la rose, l’iris, le girofle, le benjoin, le baume du Pérou. Les savonneries ordinaires exhalent une odeur fétide et nauséabonde ; la sienne répand les parfums les plus suaves. L’examen chimique des différens échantillons qu’il a présentés à la Société a prouvé à vos commissaires que les variétés les plus communes, fabriquées par M. Decroos, non seulement jouissaient de. tous les avantages des meilleurs savons du commerce, mais qu’elles avaient encore des propriétés distinctes. Le savon dit Cé Amérique e,st plus solide, plus homogène, moins caustique que le plus beau savon blanc; il blanchit mieux eu moins grande quantité ; iLne laisse au linge qu’une odeur agréable. M. Decroos ne s’est pas borné à la composition des savons de toilette et de ménage ; il fabrique aussi, pour les arts, des savons verts-de la première qualité; en un mot, sa manufacture, dans l’état où elle est, pourra confectionner un million pesant de savon par an, si, comme on doit l’espérer , les consommateurs sentent qu’il est de leur intérêt de favoriser un établissement aussi économique pour eux qu’honorable pour la France. Un coup d’œil jeté sur les prix des savons étrangers, comparés à ceux de M. Decroos, a prouvé à vos commissaires que l’économie , en faveur des savons français, va presque aux deux tiers ; mais non content de ce succès, M. Decroos a voulu faire encore pencher du côte de Paris la balance du commerce intérieur de la France, et il fournit à 16 sous la livre du savon aussi beau que celui que nous payons 26 sous.
- Réunir l’économie au perfectionnement est le but que doit se proposer rindustrie éclairée par la science, et c’est celui que M. Decroos vient d’alteindre dans le genre de fabrication qu’il exerce. Comme citoven et
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- comme négociant, il a mérité l’estime et la reconnaissance publiques. Si le jury des arts a cru faire assez en l’admettant seul, parmi les fabricans de savons, à l’honneur de l’exposition nationale, vos commissaires, Messieurs, désirent que la Société ne se borne pas à une simple approbation , et que, prenant en considération le service très important que rend au commerce la fabrique de M. Decroos, elle récompense son désintéressement civique, en donnant, par le Bulletin de votre correspondance, la plus grande publicité à ses succès.
- Les conclusions de ce rapport ont été adoptées.
- Description d’un instrument nommé alealimètre, servant à déterminer approximativement la valeur vénale des alcalis\ inventé par M. Descroisilles aîné, de Rouen.
- Il y a long-temps qu’on désire, pour essayer la potasse, la soude, le natron , et les autres alcalis du commerce, un procédé prompt, facile, à la portée de tous les acheteurs, et certain dans ses résultats. L’aréomètre ou pèse-liqueur, si commode dans le commerce des eaux de vie, et même dans celui des acides sulfurique, nitrique et muriatique, est insuffisant à cet égard. On a successivement proposé divers acides, et quelques unes de leurs combinaisons avec des bases précipitables. L’acide sulfurique et non combiné paraît à l’auteur mériter la préférence; on le trouve partout à bon marché, et dans un état de concentration toujours le même, c’est-à-dire à 84 centièmes de pesanteur hydro-majeure (i).
- Le procédé que M. Descroisilles a trouvé le plus expéditif pour juger comparativement la valeur vénale des divers échantillons d’alcalis consiste à éprouver combien de centièmes de leur poids ils exigent en acide sullu-rique pour leur saturation. Pour cet effet, il faut d’abord se procurer l’instrument que l’auteur appelle alealimètre, et dont voici la description (2) : c’est un tube de vingt à vingt-six centimètres (huit à neuf pouces) de long sur quatorze à seizé millimètres (sept à huit lignes) de diamètre. Il est fermé par un bout, l’autre se termine par une espèce de petit entonnoir à bec , adhérent au tube par un col de cinq millimètres ( deux lignes et demie) d’ouverture. Sur l’épaule qui soutient ce col est un trou pour la
- (1) L’auteur nomme pesanteur ou légèreté hydro-majeure l’excès de pesanteur et l’exccs de légèreté des liquides comparés à l’eau pure.
- (2) On le trouve chez M. Chevallier, ingénieur - opticien, quai de l’Horloge, à
- Paris, ,
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- sortie et la rentrée de Pair* Cet instrument est monté sur un support dans lequel il est mastiqué solidement, au moyen d’un scellement qui a été réservé à ce dessein, à l’extrémité inférieure du tube* Pour faciliter le transport de cet instrument, il est garni d’une espèce d’étui sans fond, en fer-blanc, ayant un couvercle.
- L’alcalimètre doit pouvoir contenir aisément trente-huit grammes on soixante-seize demi-grammes de la liqueur qui va être décrite. Je dis soixante-seize demi-grammes, parce que chaque division ou degré qu’ôn trace ensuite sur l’instrument représente un demi-gramme de cette liqueur, qu’il impoVîe de bien doser ainsi qu’il suit :
- Ayez de l’acide sulfurique concentré, ou huile de vitriol du commerce, à soixante-six degrés de l’aréomètre de Baumè, qui doivent répondre a quatre-vingt-quatre centièmes de pesanteur hydro-majeure. Mettez ensuite en équilibre, dans une bonne balance, un vase de faïence, de porcelaine ou d’étain, et versez-y exactement un poids quelconque de l’acide ci-dessus, soit un hectogramme; ajontez-y, et avec précaution* à cause du calorique qui se dégage, neuf hectogrammes d’eau pure; puis remuez bien avec une cuillère pour opérer le mélange; mettez-le dans une bouteille, que vous boucherez, pour qu’il ne survienne aucune altération, soit par la poussière, soit par l’évaporation.
- C’est par des poids donnés de cette liqueur qu’on gradue, Palcaii-mètre. Toici la manière de fixer cette graduation : mettez l’instrument en parfait équilibre dans une balance, et introduisez - y deux grammes ou quatre demi-grammes de la liqueur d’épreuve ; placez le tube dans la position verticale, et marquez le niveau par un petit trait, avec la pointe d’un diamant ; versez de nouveau, et en une seule fois, trente-six grammes ou soixante-douze demi-grammes de la liqueur, et marquez encore ce niveau, par. un trait, ensuite videz l’instrument, et tirez d’un trait à l’autre quatre lignes verticales parallèles, et formant trois espaces d’environ deux millimétrés (une ligne) entre chacune; marquez aux deux extrémités deux petites lignes transversales, faisant angle droit avec les quatre autres, puis marquez o à la partie supérieure, et 72 à lanpartie inférieure; versez ensuite de la liqueur dans le tube, jusqu’au point marqué 73: puis mettez de nouveau l’instrument én équilibre , etl introduisez-v , l’un après l’autre, soixante-onze demi-grammes de la liqueur d’épreuve, ayant soin de. marquer chaque fois un point dans l'échelle.; <jlu. milieu. Cette opération étant terqiinée , tracez régulièrement , de quatre en quatre points , des lignes à travers les trois échelles ; puis1 tracez; de
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- même, sur tous les autres points, des lignes à travers l’échelle du milieu seulement; gravez après cela, d’un côté et vis-à-vis de chaque division de quatre , les chiffres 4> 8, 12, 16, 20, 24, 28, 32, 36, 40, 44? 4^? 52, 56, 60, 64, 68 et 72.
- Outre l’alcalimètre et la liqueur d’épreuve, on se procurera les objets suivans :
- i°. Du sirop de violette ; 20 une petite balance : celles qui pèsent les pièces d’or suffisent ; 3° un décagramme, ou un poids de deux gros et quarante-quatre grains deux tiers; 4° un demi-décilitre , ou bien la petite mesure de l’ancien système, répondant au seizième de la pinte de Paris ; celles qui n’ont pas de couvercle sont préférables : ce petit vase est destiné à donner deux mesures quelconques d’eau ; 5° des verres ordinaires de table ; il faut préférer ceux dont le rebord est renversé : si l’on n’a que des verres ordinaires , il faudra , avant que d’en décanter une portion de liqueur, enduire légèrement d’huile, dégraissé ou de suif une partie de leur orifice , ce qui empêchera l’écoulement irrégulier le long des parois extérieures ; 6° de petits brins de bois ou des allumettes , dont on aura enlevé les extrémités soufrées ; 70 une bouteille ou carafe d’eau et une assiette; 8° enfin, pour la soude, pour la potasse dure d’Amérique et le natron , un mortier de métal ainsi que son pilon, et ayant environ six pouces dans son plus grand diamètre.
- Le tout étant disposé, on peut aisément procéder aux essais des alcalis quelconques ; nous allons prendre pour exemple ceux de la potasse.
- Pesez exactement un décagramme, ou 3 gros 44 grains j de potasse; mettez-la dans un verre, et versez-y environ les f d’un demi-décilitre d’eau; facilitez la dissolution de la potasse, en agitant avec un petit brin de bois , à trois ou quatre reprises, dans l’espace d’une heure au moins et pendant une demi-minute chaque fois. Lorsque vous croirez la dissolution effectuée, versez-la dans la petite mesure d’étain, que vous achèverez de remplir avec de l’eau ; remettez - la ensuite dans le verre, en ajoutant encore une pleine mesure d’eau pure; remuez aussi ce mélange, trois ou quatre fois dans l’espace d’une demi-heure, pour faciliter la précipitation d’un dépôt léger, qui s’achève ensuite par résidence. Ce dépôt étant bien complet, inclinez le verre avec précaution, pour emplir de liqueur claire la petite mesure, puis videz celle-ci dans un autre grand verre ; après cela, placez autour du rebord d’une assiette des gouttes ou portions de gouttes de sirop de violette;
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- versez aussi, dans l’alcalimètre, de la liqueur d’épreuve, jusqu’à la ligne marquée o ; saisissez-le ensuite de la main gauche , en l’melinant sur le verre qui contient la moitié tirée à clair de la dissolution alcaline ; la liqueur acide y tombera par gouttes précipitées, ou en très petits filets, que vous modérerez à volonté , en retardant la rentrée de l’air par le trou latéral ou évent, sur lequel vous placerez convenablement le bout du doigt. En même temps, avec un petit bâton ou allumette, aidez ie mélange , et facilitez le développement de l’acide carbonique qui se manifeste par l’effervescence. Lorsque vous aurez vidé l'alcali-mètre jusqu’à environ la ligne marquée 4° ? essayez si la saturation approche , en retirant votre petit bâton du mélange , et le posant sur une des gouttes de sirop de violette , qui doit devenir verte si la potasse n’est pas de qualité très inférieure. Si déjà, au contraire, la couleur violette n’était plus altérée, ou, ce qui serait pire, si elle était virée en rouge , ce serait, dans le premier cas, un indice de saturation, et, dans le second, une preuve de supersaturation. Mais il n’en arrive pas ainsi pour les bonnes potasses; à cette ligne, la liqueur essayée ne peut altérer ie sirop de violette qu’en vert, ou faire revenir au violet et même au vert les gouttes virées en rouge lors d’un essai précédent; il faut doue ordinairement ajouter de nouveau de l’acide, qui occasione une nouvelle effervescence; il faut aussi ne faire cette addition qu’avec prudence, et toucher , chaque fois, une goutte de violettes pour s’arrêter; lorsqu’enfin la dernière prend une teinte rouge , alors , après avoir relevé perpendiculairement l’alcalimètre, pour voir à quelle ligne s’arrête la liqueur d’épreuve, vous compterez un échelon de moins, pour compenser l’excès de saturation. Le terme moyen des potasses est 55 ; c’est-à-dire quelles exigent, pour leur saturation, les 55 centièmes de leur poids en acicle sulfurique.
- Une telle graduation est naturelle et invariable ; eüe n’a rien de précaire; en effet, examinons l’opération que nous venons de décrire.
- Nous avons, d’une part, mis en dissolution un décagramme, c’est-à-dire dix grammes ou cent décigrammes de potasse ; cependant, comme nous n avons pris définitivement que la moitié de cette dissolution , elle se trouve réduite à cent demi-dixiémes de gramme ; d’autFe part, nous avons mis dans l’alcalimètre trente-huit grammes , c’est-à-dire soixante-seize demi-grammes , d’une liqueur composée d’une partie ciî poids d’acide sulfurique et de neuf parties semblables d’eau ; les soixante-seize demi-dixièmes de gramme de la liqueur d’épreuve contenaient donc soixante-seize demi-dixièmes, de gramme d’acide effectif, et s’il
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- a fallu 55 demi-grammes de cette liqueur pour saturer la potasse éprouvée, nous sommes évidemment fondés à dire que cet alcali a absorbé une quantité d’acide sulfurique égale aux cinquante-cinq centièmes de son poids.
- Cependant chaque essai se fait sans calcul, il suffit d’une seule pesée , et l’instrument achève presque seul le reste.
- Il n’y a qu’une légère modification à apporter à ce procédé, pour l’appliquer à l’essai des soudes ; au lieu d’un décagramme, c’est-à-dire dix grammes, il faut en mettre environ 10 et ou, si l’on veut, trois gros, dans un moyen mortier de métal, et les broyer fortement pendant cinq minutes , de manière à avoir une poudre fine, dont on pèse ensuite exactement un décagramme, ou, ce qui est très approximatif, 2 gros 44 grains deux tiers, qu’on met après cela dans l’eau, comme il est dit ci-dessus pour la potasse.
- Les cendres de Sicile ou la roquette, les vèdasses, cassoudes et autres substances alcalines semblables, s’essaient comme les soudes.
- Le natron, les cendres gravelées, les cendres de tabac, etc., exigent aussi qu’on les broie avant de peser les demi-grammes de l’essai.
- Les diverses substances alcalines' offrent ordinairement les centièmes alcalimétriques consignés au tableau suivant ; il est le résultat de plusieurs milliers d’essais que l’auteur a eu occasion de faire depuis vingt ans.
- Potasse d’Amérique, première sorte.. . , . . ... . 60 à fi3ceatiènie* Potasse caustique en masses rougeâtres, d’Amérique,'
- première sorte.. ......................................60 63
- Potasse d’Amérique, deuxième sorte.............. . . . 5o 55
- Potasse caustique en masses grisâtres, d’Amérique ,
- deuxième sorte......................................5o 55
- Potasse blanche de Russie. ..... . . . ... . 52 58
- Potasse blanche de Dantzick. . . . ... . . . 4$ 5a
- Potasse bleue de Dantzick. . .......................45 52
- Soude d’Alicante (1)................ 20 33
- Natron. . ..................... .................... 20 35
- Soude et natron de qualités inférieures. 10 i5
- Il se rencontre de grandes variations dans quelques parties de Ces
- (1) Sel de soude de M. Carny, n° 1. . . . 70
- Idem, n° 2. . • . 46
- Idem, n° 3. . . 36
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- articles : dans \es perlasses eipotasses, par exemple, par le mélange frauduleux de divers sels étrangers, dont la partie alcaline, neutralisée par les acides sulfurique et muriatique, est nulle pour les savonniers, les teinturiers et les blanchisseurs; dans les soudes, par l’addition des herbes, autres que les scilsola et les salicornia, lors de l’incinération, ou, encore, dans les soudes , par la combustion des plantes avant leur maturité. Certaines potasses contiennent aussi du soufre et du charbon en dissolution ; les tonneaux, les balles de ces alcalis ne sont point toujours de même qualité dans leurs différens pbints, dans leurs divers morceaux. On a vu les deux extrémités d’un baril et son centre, vers la bonde, offrir de bonne potasse; les autres parties étaient de qualité très inférieure, ou ne présentaient même que de la terre.
- D’un autre côté, l’auteur, dans ses essais, a rencontré quelquefois des degrés extraordinaires en force, tels que des perlasses, à 66 centièmes; des potasses cïAmérique, première sorte, à 72; et de ces mêmes potasses marquées deuxième sorte, à 66 centièmes; des morceaux de soude à [±o ; et enfin des morceaux de natron à 60 centièmes. Ces derniers avaient vraisemblablement été privés de tonte eau de cristallisation.
- L’alcalimètre de M. Descroisilles peut facilement remplir la destination du berthollirnètre dont il a donné la description, tome Ier. du Journal des arts et manufactures, en l’an III. L’auteur a fait construire des tubes à la fois alcalimétriques et berthollimétriques. La même échelle sert aux deux fins , avec cette différence que, comme alcalimétrique, c’est à droite et de haut en bas, et que, comme berthoilimétrique, c’est à gauche et de bas en haut. Le berthollirnètre, par ce moyen, est beaucoup plus simple qu’il ne l’était lors de la première description. Cependant, le nouveau berthollirnètre n’a pas la même précision que le premier, Quoi qu’il en soit, ce double instrument peut devenir très utile aux blanchisseurs ber-iholliens.
- —m m «»
- ÉCONOMIE DOMESTIQUE.
- Description d’un fourneau-potager inventé par M. Bouriat, membre du Conseil d’administration de la Société dEncouragement, lue dans la séance du 10 décembre 1806.
- Il n’appartient qu’à ceux qui, comme.vous, Messieurs, s’occupent, avec autant de succès que de désintéressement, de la prospérité des arts et de l'économie publique, de récompenser, par une seule marque d’approba-Cinquièine année. Décembre 1806. ig
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- tion, les individus qui tournent leurs efforts vers ce double but. Pour moi, je regarderais comme une véritable récompense l’accueil favorable que feiait le Conseil d’Administration au fourneau-potager que j’ai l’honneur de soumettre à son examen.
- La mention honorable qu'a bien voulu faire de ce fourneau le Jury chargé de prononcer sur les produits de l’industrie nationale , à la dernière exposition, m’enhardit à vous en présenter la description, et les avantages qu’il peut offrir.
- Je le fis construire, il' y a quelques années, chez moi, en/ briques et à demeure : ceux de mes amis qui en suivirent les effets furent témoins de la petite quantité de combustible qu’il faut employer pour entretenir, pendant six heures, un pot-au-feu à une ébullition toujours égale ; ils se déterminèrent alors à en faire établir de semblables che^ eux. L’expérience nous a constamment prouvé, depuis cette époque, 1 utilité très grande de ce fourneau, puisque, avec une livre et demie de charbon , on peut cuire un pot-au-feu de cinq livres de viande , plus parfaitement qu’avec six fois la valeur en bois, dans un atre ordinaire.
- C’est surtout en été que l’économie devient plus sensible , parce que, dans cette spison, le potage est presque le seul mets pour lequel on soit obligé d’allumer du feu et de l’entretenir la matinée entière $ c’est aussi, à cette époque, qu’on le mange moins bon, tout en dépensant da-^ vantage de bois, parce qu’alors les personnes chargées de soigner la marmite dans uh 4tre ne sont pas, comme en hiver, attirées près d’elle par le besoin de se chauffer ; elles mettent beaucoup de bois, afin d’y revenir moins souvent ; cette quantité fait que la marmite bout d’abord trop fortement ; puis , à mesure que le bois brûle éloigné d’elle , l’ébullition cesse, et le potage se ressent de la négligence qu’on y a apportée..
- Mon foürneau-potager ne demande pas autant de soins , à beaucoup près; il suffit de l’alimenter une ou deux fois dans la matinée, avec quelques morceaux de charbon , après en avoir rempli le foyer une pre-* mière fois. Une porte adaptée au cendrier entretient une ébullition toujours égale, à l’aide de deux trous dont elle est percée , et qu’on peut boucher ou déboucher à volonté. Lorsqu’on a besoin d’un volume d’air plus considérable, on enlève la porte, Ces moyens suffisent pour diriger la combustion comme on le désire.
- Ces avantages, obtenus et constatés par l’expérience de plusieurs an-nee« m’ont fait naître le désir de voir adopter mon potager par la plupart
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- des ménages de France (i). Je ne me dissimulais point les principales difficultés qui pouvaient s’opposer à l’accomplissement de ce désir. La première était d’éviter aux personnes riches les embarras de construction, qui souvent les empêchent seuls de se servir d’objets utdes ; il fallait ensuite mettre ce fourneau à la portée de tous, même des moins fortunés, par la modicité de son prix. Je crois avoir aplani l’un et l’autre obstacle, en faisant construire un fourneau portatif en terre cuite, qui peut être multiplié à volonté dans beaucoup de fabriques de poteries, et dont le prix, suivant sa grandeur, n’excédera pas 6 à 8 fr. , y compris la marmite et son couvercle. S’il ne se présentait pas d’autres difficultés pour son adoption générale, combien il serait agréable de calculer d’avance l’économie considérable qui en résulterait! Les bureaux de bienfaisance eux-mêmes en ressentiraient les bons effets; car la plupart sont obligés de donner à l’indigent qui se présente, avec deux livres de viande, une falourde de i5 à 20 sous (2), et cette quantité de bois est exclusivement employée à la cuisson de chaque pot-au-feu , pendant les cinq ou six mois de l’année où la température de l’atmosphère n’est pas au dessous de 10 degrés : ils trouveraient, au contraire, en faisant employer mon fourneau, une économie des quatre cinquièmes du Combustible, soit qu’ils donnassent aux indigens du bois ou du charbon. 11 est vrai que, pour y brûler du bois, le foyer et le cendrier ne doivent faire qu’un, ce qui arrive en supprimant la grille, et encore est-il plus
- (1) Dans une brochure que fit paraître M. Cadet-de-Vaux, il y a six mois environ , il présenta en détail les avantages de ce fourneau. Cette publication me valut de la part d’un M. Ravelet, marchand de cheminées et de fourneaux, une sortie aussi injuste que peu mesurée. Il prétendait que j’avais copié le fourneau-potager qu’il venait de faire paraître, et s’en plaignait amèrement dans un libelle qu’il répandit avec profusion. Il est vrai que je suis au moins la dixième personne que M. Ravelet a accusée de s’être emparée de ses idées. Certes, je ne puis concevoir encore aujourd’hui quel pouvait être son dessein en m’accusant d’une manière aussi absurde : était-ce pour annoncer avec plus de succès son fourneau au public , ou bien était-ce un besoin pour lui d’insulter ceux qui ne sont pas nuis dans les recherches d’objets utiles par l’amour-propre et l’appât du gain? Ce qu’il y a de positif, c’est qu’il ne pouvait alléguer raisonnablement la similitude de son fourneau et du mien, car ils sont absolument dissemblables. Le jury, chargé de l’examen des produits de l’industrie à la dernière exposition publique, et la Société d’encouragement, qui les ont vus l’un et l’autre, les ont jugés ainsi; et toutes les personnes auxquelles ils,seront présentes ensemble prononcent de la même manière. C’est donc à tort que M. Ravelet m’a in-culpé, puisque, dans tous les temps, la seule inspection de ces deux fourneaux sera la preuve materielle de l’injustice de ses procédés à mon égard.
- (2; On entend par falourde sept à huit morceaux de bois de la grosseur du bras et d’environ trois pieds de long.
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- convenable qu’ils soient l’un et l’autre d’un diamètre plus étendu et d’une élévation plus grande que celle marquée sur la planche ^4 , lorsqu’on veut seulement y brûler du bois. Il peut aussi, suivant le besoin, servir de poele et de fourneau-potager, en adaptant à sa partie supérieure un couvercle en terre, qui s’enlève pour y placer la marmite. Dans ce cas, il faut donner au foyer, ainsi qu’à la base, une extension plus considérable. L’indigent pourrait, par ce moyen, se chauffer suffisamment en faisant son pot-au-feu ; il boucherait la cheminée pour n’y laisser passer qu’un tuyau [de tôle qui s’adapterait au fourneau.
- Il n’est peut-être pas inutile d’informer le Conseil des entraves que j’ai éprouvées pour faire fabriquer ce fourneau, tout simple qu’il paraisse être et qu’il soit en effet. Je m’adressai d’abord à un manufacturier très recherché pour ces sortes d’ouvrages : il vint chez moi , prit sa rnesuresur le fourneau que je possédais , écouta mes observations , et me rapporta , au bout de deux ou trois mois, un fourneau qui ne put me servir, tant les proportions avaient été mal suivies; il avait même négligé de calculer le retrait que prend la terre par la cuisson. Une deuxième tentative, faite par le même individu , ne me donna pas un résultat plus favorable.
- Je fus donc très embarrassé pour découvrir un artiste qui pût exécuter mon projet. Je fis part de ma sollicitude à M. Cadet-de-Faux, qui promit aussitôt de me seconder dans mes recherches. En effet, ce philanlrope estimable , qui ne connaît ni peines ni obstacles , lorsqu’il croit concourir à l’établissement d’une chose utile, employa tous ses soins à découvrir le fabricant qui m’était nécessaire : il y réussit, et c’est à lui que j’ai dû la visite d’un manufacturier qui vint prendre les pians de mon fourneau avec exactitude; je n’ai eu que'quelques “Séances à passer dans l’atelier de cet artiste pour faire exécuter mes intentions.
- Je ne suis entré dans ces détails que pour prouver au Conseil combien l’art du fournaüste est négligé. Ceux qui s’occupent de chimie et de pharmacie savent combien on a de peine à se procurer, même à Paris , à plus forte raison dans les départemens éloignés , des fourneaux en terre cuite , faits dans de justes proportions, d’une pâte bien composée et d’une cuisson pat laite. Cette difficulté devient plus grande encore , lorsqu’on veut faire exécuter aux fabricans des objets qui diffèrent , parieur forme , de ceux qu’ils ont coutume de construire (i). Il est à présumer que, si cette partie de l’art du potier de terre était entre les mains de manufacturiers intelligent connaissant le dessin, on pourrait
- (1) M. Siauve, qui a imaginé des poêles et uu fourneau-potager fort intéressons, a éprouvé ces mêmes difficultés.
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- employer leurs talens à établir en terre cuite , au lieu de pierres ou de briques , de petits fours , des fourneaux et d’autres objets , dont l’avantage serait bien reconnu auparavant : les personnes qui habitent la campagne ou les petites villes y auraient souvent recours, n’étant pas à portée d’avoir facilement des ouvriers capables d’exécuter en maçonnerie diverses inventions utiles.
- En vain objecterait-on que la terre cuite est de très peu de durée; beaucoup de personnes ont été à portée de voir, comme moi, des fourneaux de chimie, d’un usage presque journalier, durer douze ou quinze ans, lors-* qu’ils sortaient d’une bonne .fabrique, et qu’on les garnissait à l’extérieur de deux cercles de fer maintenus par des tirans de même métal. Je reviens à mon objet : il ne me suffisait pas d’avoir établi un fourneau portatif, il me fallait aussi une marmite qui put s’y adapter; elle devait être de terre vernissée, pour respecter le préjugé de nos bonnes ménagères, si c’en est un , laissant aux personnes qui n’y tiennent point la faculté de faire usage d’une marmite de cuivre é.tamé , non sujette à être brisée et d’une durée infiniment plus longue. J’ai donné à la marmite la forme qui m’a paru la plus convenable, et l’ai fait surmonter d’un couvercle très élevé, précaution nécessaire, comme on le verra ci-après.
- Cet appareil, composé de trois pièces, comme je l’ai dit, fourneau , marmite et couvercle, coûtait, il y a six mois, 9 francs,* on peut l’avoir présentement pour 6 ou 8 francs, suivant la grandeur. Cette diminution a lieu depuis que M. Schoberg, qui n’était chargé de faire que les marmites , fabrique l’appareil entier (ij. Le public y gagnera sous un double rapport, parce que cet artiste y met tous ses soins, et que les marmites s’appliquent plus exactement sur les cercles intérieurs du fourneau, ce qui empêche la perte du calorique,
- (1) M. Schoberg, poèlier et potier de terre , fabrique pour son compte mon fourneau-potager, la marmite et son couvercle , qu’il vend , suivant la grandeur, depuis 6 jusqu’à 8 fr. Sa demeure est rue du Faubourg-Saint-Denis , n° 125. 11 se charge de la construction de toute espèce de vases et fourneaux : il donne tous ses soins à leur fabrication.
- M. Schuldres, chaudronnier, rue des Francs-Bourgeois , n° n, près la place Saint-Michel, fabrique tous les accessoires en cuivre ou fer-blanc.
- Enfin , M. Harel, placé au centre de Paris, rue Saint-Honoré, en face celle de l’Arbre-Sec , tient un dépôt de mes fourneaux, et de tous les accessoires qui y ont été appliqués. La remise qu’il prend pour couvrir ses frais de transport et autres est très modique.
- M. Heuzet, rue du Bac, passage Sainte-Marie, n1 58, continue la construction de ce fourneau en briques et à demeure, de même que celle de mon fourneau à distillation, publié, il y a trois ans environ , dans le Journal d’Economie rurale , et dans le douzième volume dus Cours complet d’agriculture , page 565..
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- On peut ajouter à cet appareil beaucoup d’accessoires qui tendent à en multiplier les avantages. M. Cacîet-de-Faux et moi avons adapté à l’ouverture du foyer une cafetière de fer-blanc qui se ferme exactement. Cette même cafetière a été faite en terre vernissée par un manufacturier de Tours, nommé Lamortillière, dont le zèle égale le talent ; il a aussi imité parfaitement le fourneau et la marmite. Ce nouveau vase est destiné à préparer le café, aux dépens du charbon qui sert à faire le pot-au-feu; et comme le moment du déjeûner n’arrive qu’une ou deux heures après qu’on a mis le feu sous la marmite, il se trouve préparé à temps avec très peu de soin et sans dépense de combustible.
- Un diaphragme, qu’on peut construire en terre ou en fer étamé, nous a paru aussi d’une grande utilité; il sert à faire cuire à la vapeur différentes espèces de légumes , même ceux qui doivent faire partie du potage, et qu’on ne veut cependant pas laisser bouillir avec, dans la crainte qu’ils ne nuisent à la saveur du bouillon. Ce diaphragme a trois pouces et demi de hauteur environ, et entre d’un pouce et demi à deux pouces dans la marmite; il est retenu à ce point par trois pattes saillantes qu’il porte , et qui posent de trois à quatre lignes sur le bord de la marmite. Le diaphragme est percé de beaucoup de trous à sa partie supérieure, jusqu’à un pouce avant la naissance de ses supports, parce que sa capacité inférieure est destinée à contenir l’humidité que fournissent les légumes et celle qui résulte de la condensation de la vapeur, l’une et l’autre ne devant pas tomber dans la marmite. L’élévation du couvercle dont j’ai parlé trouve ici son application; il sert à couvrir le diaphragme et les légumes qu’on y met, et à contenir la vapeur qui s’échappe de la marmite ; il a aussi une autre destination, c’est de servir à chauffer l’eau pour laver la vaisselle ; il suffit de renverser sa partie supérieure, qui est la plus étroite, sur l’oririce de la marmite, pour avoir un vase dans lequel on peut mettre trois ou quatre pintes d’eau, qui s’échauffe pendant que le pot-au-feu achève de cuire. Lorsque la marmite est enlevée, on pose le couvercl^ sur le fourneau , qui donne encore assez de chaleur pour entretenir cette'eau à une température suffisante jusqu’à la fin du dîner.
- M. le général Sokolnicki a préféré l’usage d’une marmite de cuivre à celui d’une marmite de terre; il y a fait adapter un chapiteau d’alambic, avec lequel il distille diverses substances (en prenant toutefois les précautions convenables ) dans le même vase où il fait cuire son potage.
- M. Cadet-de-Faux a aussi imaginé d’appliquer à ce fourneau son gril-braisier, plus une espèce de chapiteau d’alambic dont le seau sert à chauf-
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- fer de l’eau à l’aide des vapeurs qui s’élèvent de la marmite; le même conseille aux personnes qui voudraient faire établir un semblable fourneau à demeure de le diviser en trois parties qui se rapporteraient exactement entre elles et qu’on entourerait d’une maçonnerie. M. Pictet, de Genèvet a fait au seau de fer-blanc imaginé par M. Cadet-de-Vaux quelques modifications dont je n’ai pas eu une connaissance directe (i).
- Enfin , j’ai ajouté une seconde grille qu’on pose sur le deuxième cerclé intérieur du fourneau; par ce moyen, le foyer se trouve beaucoup plus élevé et transforme en fourneau à bassine le fourneau-potager; il convient, dans cet état, aux personnes qui veulent cuire à moins de frais les raisinés et confitures à leur usage.
- D’après tous ces détails, que je crains d’avoir trop àlongés, il est facile de voir qu’il dépend de chaque personne qui se servira de mou fourneau d’augmenter, modifier ou retrancher les accessoires qu’on y a appliqués.
- Quant à moi, j’avais pour unique but d’offrir à toutes les classes, meme à la plus indigente, un fourneau-potager qui présentât un avantage réel et fût d’un prix très modéré; si le Conseil juge que j’ai réussi, mes désirs seront comblés. ,
- Explication des figures de la planche o.[±,
- Fig. i. Élévation du fourneau, de la marmite et de son couvercle: «, fourneau ; b, marmite; c, couvercle de la marmite, d, porte du foyer; e, ressaut en terre cuite sur lequel repose la cafetière;/', porte du cendrier; g, bouche destinée à laisser échapper les vapeurs ou la fumée du combustible qu’on y emploie : on peut aussi y adapter un tuyau de tôle.
- Fig. 2, Coupe du fourneau, de la marmite et de son couvercle, sur laquelle sont indiquées les dimensions de la marmite et du couvercle ; a, fourneau; b, partie supérieure de la marmite; c, partie inférieure du couvercle couvrant la marmite; e, saillie supportant la cafetière;/’, porte du cendrier percée de deux trous , formant registres ; g, bouche en terre cuite, à laquelle s’adapte un tuyau de tôle; h, foyer; i, grille du foyer; /£, seconde grille portée sur le deuxième cercle, et qui sert à faire un nouveau foyer plus éloigné du cendrier; /, cendrier; m, troisième grille qui peut servir à placer plus commodément le gril-braisier de M. Cadet-
- (i) M. Qescroisilles, de Rouen , m’a appris, il y a deux mois environ , que des manufacturiers de cette ville avaient employé, il y a long-temps, pour les teintures, des fourneaux de très grande dimension , dont la structure intérieure avait beaucoup d’analogie avec celle du mien ; je m’empresse de l’annoncer, et me félicite de m’être rencontré avee des artistes aussi instruits que ceux de Rouen, pour la forme intérieure à donner à mou fourneau,
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- de-Vaux\ n, partie inférieure de la marmite entrant dans le fourneau ; 00, rebord de la même posant sur la partie supérieure du fourneau; pp, oreilles de la marmite; qq, oreilles du couvercle ; r, fond du couvercle lorsqu’il est renversé, soit sur la marmite, soit sur le fourneau ; £, cafetière-porte.
- Fig. 3. Coupe du fourneau.
- Fig. 4- Moitié du plan de la bouche de la marmite.
- Fig. 5. Moitié du plan de la bouche du couvercle.
- Fig. 6. Moitié du plan de la bouche du fourneau et des cercles intérieurs destinés à recevoir les différentes grilles : chacun de ces cercles doit avoir une échancrure d’un pouce et demi, pour laisser passer la chaleur ; celle du plus grand cercle doit être placée à la partie antérieure du fourneau , c’est à~ dire à celle opposée à la bouche par laquelle sort la fumée ; celle du deuxième cercle doit être pratiquée immédiatement au dessus du foyer, dans la partie opposée à la porte.
- Fig. j. Plan du cendrier.
- Fig. 8. Plan du foyer et de la première grille.
- Fig. 9. Vue du diaphragme de fer-blanc, percé de trous, et qu’on peut aussi faire en terre cuite vernissée; supports du diaphragme reposant sur le bord de la marmite,
- Dimensions du fourneau.
- Le fourneau, tel qu’il est décrit ci-dessus, doit avoir douze pouces et demi de hauteur, dix pouces six lignes d’ouverture, quatorze lignes d’épaisseur, huit pouces de diamètre premier cercle intérieur, cinq pouces neuf lignes au deuxième cercle, cinq pouces au fond du foyer, et cinq pouces neuf lignes à la partie supérieure de celui-ci; le cendrier a quatre pouces et demi ; la porte du foyer a deux pouces et demi de hauteur sur trois de largeur; la porte du cendrier, dix-huit lignes de hauteur sur trois pouces de large. Les anses du fourneau n’ont point été désignées sur la planche; elles sont placées de chaque côté : il faut aussi avoir égard au retrait que prend la terre pour pouvoir conserver au fourneau, à la sortie du four, les dimensions indiquées ci-dessus.
- Imprimerie de Mmc HUZARD (née Vallat la Chapelle), rue de l'Éperon, n° 7.
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- CINQUIÈME ANNÉE. ( N° XXXI. ) JANVIER 1807.
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES.
- Notice sur quelques procédés mécaniques employés dans la fabrication des faux en Piémont, (y).
- i°. On fabrique des Lux dans la plupart des forges du Piémont, mais les manufactures les plus importantes de ces outils précieux à l’agriculture sont celles situées dans les communes de Netro et de Mongrande, arrondissement de Bielle, département de la Sésia.
- 2°. La fabrique des frères Seramoglia ( de Netro ) est remarquable par fes procédés mécaniques que 'ces habiles artistes ont introduits dans leurs ateliers, et par les instrumens particuliers et les machines nouvelles qu’ils emploient.
- 3°. On y distingue surtout trois martinets de forme et de construction différentes, que l’eau fait mouvoir, et qui remplacent, avec beaucoup d’avantage, les marteaux à main qu’on emploie pour le même service dans d’autres fabriques.
- 4°. L’un de ces martinets, représenté PL 257fg. sert à relever la côte de la faux , ou, pour mieux dire, à l’étirer, comme dans une étampe ou une filière, et à lui donner la forme exacte qu’elle doit avoir.
- Cette opération , qui ne dure qu’une minute et demie, se fait ainsi :
- (1) Extrait d’un mémoire sur l’art de fabriquer les faux, parM. Baillet, ingénieur en chef des mines.
- Cinquième année. Janvier 1807.
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- , ( >54-) , ‘
- Lorsque la côte de la faux a été ébauchée sur renclume plane , fig- 2 , et à 1 aide d’un martinet à tranche courbe, l’ouvrier, saisissant la faux par la crosse avec une tenaille, la renverse sur l’enclume, fig• 3, la pousse en avant, et fait reposer l’extrémité de la côte la plus voisine de la crosse, dans l’entaille ou l’échancrure de l’enclume : il fait alors jouer le martinet ; il tire à lui la faux peu à peu à chaque coup, et il la reporte chaque fois en avant pour la tirer de nouveau. Vingt-cinq ou trente coups suffisent pour façonner ainsi la côte, aviver ses arêtes, et régler son épaisseur.
- On peut remarquer, dans le plan et l’élévation de l’enclume, fig. 3, que l’entaille ou l’échancrure s est un peu plus large sur le devant et un peu plus profonde sur le derrière. Les rapports de largeur et de profon-fondeur de l’entaille sont tels que la côte perd en épaisseur ce qu’elle gagne en largeur, et que la longueur de la faux n’en éprouve aucun changement.
- C’est pour avoir mal proportionné les dimensions de cette entaille, que plusieurs fabricans de Netro, qui ont voulu faire usage d’une enclume semblable, ont été obligés de l’abandonner. >
- Le martinet ,fig. 3, pèse quinze à vingt kilogrammes j il s’enchâsse sur celui fig. 1 ; et ces deux marteaux, réunis à l’aide de coins, pèsent ensemble quarante-cinq à cinquante kilogrammes.
- 5°. Deux autres martinets à panne circulaire, reprësentés'/zg. 4 et 5, sont employés au r'ebattage , à froid, des faux immédiatement avant la trempe; ils servent à étendre la lame, à l’aplanir et à effacer toutes les traces des coups des dilférens martinets dont on a fait usage dans les opéra-* lions précédentes. Leur panne ou face battante est polie avec soin ; cellè du marteau ,Jig. 4, a vingt-sept millimètres de diamètre ; celle du marteau, fig. 5, a cinquante-quatre millimètres. Le poids de chacun d’eux est de dix. à quinze kilogrammes. On les enchâsse comme le précédent sur le martinet, fig. r, et on Içsjserre avçc des coins. ;
- On concevra aisément que, dans un atelier plus spacieux, il vaudrait mieux que chacun de ces martinets différens fut monté sur un manche ou un arbre particulier.' • L .
- 63. Enfin ^ .i’invemion .à laquelle les frères Seramoglia paraissent mettre le plus s de. prix, est celle du petit martinet à panne bombée, fig. 7 et 8. Ççtte ra^çhine, qui occupe un espace d’un mètr£ carré dans un- coin de — la-—forge y--frappe- six à sept cents coups par minute,-et sert à rebattre des ‘ faux lorsqu’elles ont subi la trempe et le recuit. Cette opération , l’une des plus délicates et des plus difficiles qu’exige
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- la fabrication des faux, s’exécute ordinairement sous les coups d’un marteau à main, et on ne la confie qu’aux ouvriers les plus habiles : elle a pour objet non seulement de dégauchir la lame , mais aussi de la creuser un peu, afin de la bander> pour ainsi dire, et de la rendre plus forte et *inoins susceptible de plier et de rompre. Yoici comment cette opération se fait, à l’aide de la machine dont nous venons de parler.
- L’ouvrier commence par tenir la faux renversée sur la petite enclume polie, Jig. 7 ; il met aussitôt le martinet en jeu ; il fait avancer la faux d’un mouvement uniforme, de manière que toutes les empreintes ou les petites cavités, produites par les coups qu’elle reçoit, se trouvent près les unes des autres, à quelques millimètres de distance, sur une seule ligne parallèle à la côte. Cette ligue tracée, il ramène la faux vers lui, en exposant de nouveaux points aux coups du martinet, et il obtient une nouvelle ligne d’empreintes près de la première. Il continue à faire ainsi aller et venir la faux sur l’enclume jusqu’à ce que toute la surface soit couverte de dix à douze lignes d’empreintes entre la côte et le tranchant: alors il retourne la faux, présente la face opposée au martinet, et procède de la meme manière que pour la première face. Lorsqu’il est parvenu à couvrir cette deuxième face d’une multitude d’empreintes ou cavités disposées par lignes entre le tranchant et la côte, il retourne la faux une seconde fois et recommence la même opération sur la première face, en ayant soin de faire frapper le martinet sur les intervalles des premières empreintes.
- Ce travail n’est pas, comme on pourrait le croire, entièrement mécanique; il demande de l’intelligence, de l’habitude, et surtout une attention soutenue. L’ouvrier a l’oeil constamment fixé sur la faux ; sa main droite est appuyée sur la barre ou le levier de la pale qui verse l’eau sur la roue, et son pied repose sur la pédale du modérateur; il est, pour ainsi dire, tout en action; il règle à son gré les coups du martinet; il fait varier leur force, et augmente ou diminue leur vitesse; il éloigne ou rapproche les points sur lesquels le marteau doit frapper; en un mot, il étend plus ou moins les différentes parties de la faux, et parvient à lu idon-11er la forme qu’il désire.
- Cette opération , qui ne dure que quelques instans, étant achevée , il ne reste plus qu’à redresser la côte et à unir toutes les bosses et cavités de la surface de la lame, ce qui s’exécute à l’aide de marteaux ordinaires propres à cet usage.
- 7°. Les procédés que nous venons d’indiquer abrègent beaucoup la main-ci œuvre et procurent une grande économie dans la dépense de la fabrica-
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- tion. On compte , en général', que, clans les manufactures de Mon-grande et dans les autres fabriques de Netro et du reste du Piémont, trois ouvriers ne peuvent faire en un jour que deux douzaines de faux ; ils en
- font trois douzaines dans les ateliers des frères Seramoglia.
- a *
- Explication des figures de la Flanche 2 5.] . L
- Fig'. 1. Martinet ordinaire du poids de vingt-cinq kilogrammes; il sert à souder les bidons et à ébaucher.la lame de la faux. a, Vue de face du martinet. '
- b3 Vue de côté du martinet monté sur son manche. L’enclume qui sert pour ce martinet est la même que pour ceux fig. 3,4,5. ( Voyez
- J‘F 5* ) ,
- e, Panne ou face battante du martinçt, large de vingt-sept millimètres, longue de treize à quatorze centimètres.
- Fig. 2. Martinet à panne ou tranche-courbe pesant trente kilogrammes. Il sert à élargir la lame de la faux et à relever la côte.
- O
- ar Vue de face du martinet.
- h, Vue de côté du martinet monté sur son manche.
- cf Panne ou tranche courbe du martinet, large de dix à douze milii-mè res et longue de treize à quatorze centimètres. d/Enclume de cent trente-cinq millimètres carrés.
- Fig. 3. Martinet qui sert à étirer la côte de la faux, comme dans une étampe. Il pèse quinze à vingt kilogrammes et s’emboîte sur le marteau de la fig. 1, de manière que la face verticale p de l’angle ou du rebord de la panne vienne s’appliquer sur la face antérieure q de l’enclume.
- a, Vue de côté de ce martinet emboîté sur celui de la fig. 1. c, df e, Élévation , profil et plan de l’enclume; l’entaille s, destinée à recevoir la côte de la faux, est un peu courbe , et elle est aussi plus haute et plus étroite à l’entrée t qu’à la sortie u.
- Fig. 4. Martinet à panne circulaire. Il sert à rebattre et à redresser la lame de la faux ; il s’emboîte sur le martinet, fig. 1 : on le serre avec un coin. *
- a, Vue de face de ce martinet.' 1
- b, Vue de côté.
- c, Panne circulaire du martinet.
- Fig. 5. a, Vue de côté d’un martinet semblable au précédent, et dont la panne a un diamètre double.
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- b. Panne circulaire de ce martinet.
- Fig. 6. Cisaille à main pour rogner le tranchant des faux.
- Plan de la cisaille fixée sur un établi.
- b, Vue de côté de cette cisaille.
- Fig.'h. Élévation d’un petit martinet à panne bombée. Ce martinet pèse douze kilogrammes ; il sert à rebattre la faux après la trempe.
- a b c, Petit martinet en fer tournant sur son axe b.
- -Tète du martinet dont l’extrémité bombée et polie n’a que douze ou treize millimètres de diamètre.
- c, Queue du martinet garnie d’un taquet en bois sur lequel glissent les cames'en fer du rouet d e f.
- d, Cames placées de champ ou perpendiculairement au plan du rouet : ce rouet se fixe, quand on le veut, à l’aide d’une boite carrée, sur le prolongement de l’axe d’une lanterne qu’une roue dentée fait tourner rapidement ; cette roue dentée est montée sur l’arbre d’une roue hydraulique.
- y, Collier qui embrasse l’axe du rouet.
- g, Extrémité d’un ressort en bois, long d’un mètre environ, qui. sert à hâter, à chaque coup, la chute du martinet.
- h, Enclume circulaire polie, de quatre-vingt-un millimètres de diamètre.
- f, Stoc en bois sur lequel sont fixés l’enclùme h et tout l’assemblage en fer k l ni.
- I my Collier dans lequel repose le support i n o du martinet : ce support est fixé invariablement avec un coin chassé en k, quand le martinet est en mouvement ; mais il peut tourner sur lui-même dans un collier l m, quand on desserre le coin, ce qui a lieu lorsqu’on veut écarter le martinet, soit pour le faire battre sur un autre point de l’enclume, soit pour rendre le poli à l’enclume ou à la face battante du martinet, soit pour démonter ou réparer la machine.
- i n oy Support du martinet.
- Uy Boîte fixée au support. Elle sert à recevoir les axes des leviers p et q du modérateur p qr s ts pour diminuer à volonté la force de coups du martinet.
- t s, Levier coudé dont on soulève l’extrémité avec le pied, et qui, à l’aide de la tringle à charnière s p , du levier q (i), et des dents ou menton-nets n (2), relève le levier p et la tête du martinet ; d’où il résulte que la
- (1) Le levier q tient aussi à charnière au levier r.
- (2) Plusieurs parties de ce mécanisme ne sont que ponctuées dans la Jig. q.
- t
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- queue c s’écarte des cames du rouet et se soustrait en partie à leur action.
- w, Contre-poids fixé à l’extrémité du coude du levier u n q*~
- La tringle r q est composée de deux pièces jointes par une sorte de crémaillère, et elle peut ainsi s’alonger ou se raccourcir à volonté.
- Fig. 8. Vue, par derrière, du support du martinet.
- 1 772 , Colliers dans lesquels repose le support. n, Boîte renfermant les axes des leviersp et q du modérateur. v x, Cadre dans lequel se place l’axe du martinet. Les pièces horizontales du cadre sont à charnière à une extrémité, afin qu’on puisse le démonter et enlever le martinet quand il faut le réparer.
- zy Fourchette sur laquelle s’appuie la pièce inférieure du cadre v x. y, Autre pièce inclinée qui sert à consolider l’assemblage du cadre. Elle est fixe à son extrémité inférieure et serrée avec un coin à son extrémité supérieure.
- Fig. 9. Lames d’acier prêtes à être soudées sur l’extrémité d’un barreau de fer.
- Fig. 10. Les mêmes lames soudées par un bout et écartées pour être chauffées de nouveau.
- Fig. n. Maquette séparée du barreau de fer et destinée à faire une faux.
- Fig. 12, i3, i4, i5, 16,1 y, 18 et 19. Formes que prend successivement la lame de la faux jusqu’à ce qu’elle soit achevée.
- Rapport fait par M. Bardel, au nom du Comité des arts - mécaniques y sur la filature du coton.
- Vous avez renvoyé au Comité des arts mécaniques plusieurs questions sur la filature du coton, adressées par M. Millot, entrepreneur de filature à Mortagne, département de l’Orne.
- Je suis chargé de vous en faire un rapport.
- Première question. Quel est le moyen d’empêcher le coton filé d’avoir autant de duvet qu’on lui reproche, et dont lesfabricans de tissus et de bas prétendent que le coton filé anglais est exempt ? Faut-il plonger la laine avant de filer, ou le fil avant de le bouloter ; faut-il brûler ce duvet au cylindre chaud, ou existe-t-il un procédé de perfectionnement par le laminoir ?
- Le coton filé anglais n’est point exempt du duvet dont on se plaint, mais
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- il s’y trouve moins abondant que dans les rotons de filature française. Ce n’est point un défaut majeur pour les tissus que l’on soumet au grillage, tels que les basins , les calicots, les percales, les mousselines, les velours de coton, etc. Quelques manufacturiers et marchands trouvent même que ces tissus en sont moins secs et qu’ils ont plus de douceur sous la main.
- Quoi qu’il en soit, les avis sont partagés à cet égard, et il semblerait que le mieux serait d’éviter ce duvet.
- On l’éviterait dans la fabrication des bas , si, au lieu d’employer le coton filé aux mull-jennys, on adoptait, comme le font les Anglais, celui des filatures continues.
- Celui-ci est naturellement plus uni, parce qu’il reçoit plus de tord , que ce tord lui est donné plus régulièrement, et qu’en le recevant du mouvement imprimé à la broche il éprouve un frottement, sur deux points de l’ailette, qui fait nécessairement rentrer le duvet sur le fil, avec lequel il s’identifie, en même temps qu'il se tord et qu’il s’envide sur la bobine,
- Il serait donc à désirer que cette qualité de coton de filature continue fût préférée, pour les bas, à l’autre espèce : on y gagnerait, non seulement pour la belle apparence de l’ouvrage, mais encore pour la solidité.
- Il y a un procédé fort simple pour éviter les inconvéniens dont se plaignent les ouvriers dans l’emploi de ce coton, mais il tient à l’art de la bonneterie , et ce serait s’éloigner de la question que de s’en occuper ici.
- Les meilleurs moyens connus pour éviter ce duvet, ceux que pratiquent d’ailleurs les Anglais, consistent principalement dans le choix d’un beau lainage à longue soie , et dans les rapports de vitesse des deux tambours de cardes.
- Celui qui reçoit le coton des cylindres distributeurs, pour le reporter sur le tambour à ruban, doit faire de seize, dix-huit à vingt révolutions, au plus, tandis que ce dernier n’en fait qu’une.
- Plusieurs cardes sont montées de manière que le grand tambour, ayant trois pieds de diamètre, fait vingt-cinq révolutions, pendant que le petit, d’un pied, n’en fait qu’une : c’est un défaut reconnu, surtout pour les lainages à courte soie. La nappe du cardage en paraît plus belle, mais c’est principalement dans l’emploi de celles-là qu’on a remarqué plus de duvet dans les fils qui en proviennent.
- La raison eu est que, le coton étant plus brisé par la vitesse disproportionnée du grand tambour au petit, le fil doit être nécessairement moins adhérent, et par conséquent plus chargé de filainens non réunis.
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- Il faut aussi que l’écartement des cylindres cannelés des métiers à filer soit fixé suivant la longueur du lainage; sans cela, l’inconvénient qu’on aurait évité à la carderie se reproduirait à la filature.
- Je dois ajouter que M. Pêrier, de Chaillot, s’entretenant dernièrement avec moi sur l’inconvénient du duvet, me fit part d’un moyen qui lui avait réussi pour l’éviter.
- Ce collègue estimable a sans doute des idées trop libérales en matière de fabrique, pour désapprouver que cette communication ( qu’il ne m’a pas faite d’ailleurs sous le sceau du secret) trouve ici sa place.
- Ce moyen consiste à placer, tous les soirs, jusqu’au lendemain matin , les corbeilles qui contiennent les levées de coton filé de la journée, dans une espèce d’étuve bien fermée, où l’on fait arriver, par un tube, de la vapeur obtenue par l’eau en ébullition. Après cette opération, les cotons sont donnés au dévidage, comme à l’ordinaire.
- M. Pêrier assure que, par ce procédé, on obtient des fils unis, plus beaux que ceux qui n’ont pas subi la même opération.
- Il n’est pas à notre connaissance que rien de pareil soit pratiqué en Angleterre pour le même objet; cependant, en cherchant à se rendre compte de l’effet de ce procédé, on conçoit qu’il doit résulter un gonflement dans les bobines, par l’expansion de la vapeur qui comprime le coton sur lui-même, et que dès lors, à l’aide d’une température élevée, les filamens qui forment le duvet peuvent se trouver réunis et couchés sur le fil, de manière à lui donner une plus belle apparence.
- Du reste, il ne faui ni plonger la laine ou le fil, ni brûler le duvet par un cylindre chaud, ni employer de laminoir, comme cela est mis en question par M. Millot.
- On savonnait autrefois le coton en laine pour lui donner plus de souplesse, notamment pour l’usage des petits métiers à filer, connus sous le nom de jeannettes ; cette méthode vicieuse est encore pratiquée pour ce genre de métiers, mais elle est totalement abandonnée pour la filature en continue et pour les mull-jennys.
- Deuxième question. Quel est le procède le plus simple, le plus expéditif et le plus sûr, pour changer, sur les métiers mull-jennys ou continus, le numéro de leur fil, afin d’arriver, sans tâtonnement ni multiplicité de numéros, au numéro demandé, et sans être obligé de changer tout le travail des cardes et fils en gros ?
- Pour changer à volonté les numéros du fil sur le métier, la théorie peut
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- bien indiquer des moyens, mais on sait le faire mieux encore par la pratique.
- Cependant on peut admettre, en règle générale, que la finesse du fil augmente ou diminue en raison inverse du nombre de dents dont est composé le pignon de rechange (i).
- Ainsi, par exemple, si avec un pignon de vingt-quatre dents on file du U° 24, avec la même mèche et un pignon de dix-huit, on filera du n° 5o; de même qu’un pignon de vingt ayant donné du if 40 avec une mèche plus fine que dans le premier exemple, Un pignon de vingt-cinq dents, sur la même mèche, donnera du n° 3o.
- Mais on se tromperait si l’on suivait ce principe à la rigueur pour régler les numéros. Il ne peut offrir que des données approximatives, d’abord par la différence de construction des machines, et ensuite par le dérangement qu’elles éprouvent, tant de la variation de la température que de la détérioration plus du moins sensible qu’occasione le frottement dans les pièces dont elles sont composées.
- Le moyen le plus sûr pour obtenir Constamment des machines à filer le numéro qu’on désire consiste à observer, avec la plus scrupuleuse attention , l’effet et, pour ainsi dire, les caprices de chaque machine.
- C’est l’affaire du contre-maître de la filature en fin (2) ; s’il est soigneux et intelligent, il connaîtra les métiers confiés à sa surveillance, comme il doit connaître la capacité de tous les ouvriers qu’il dirige; il saura que tel métier tire plus fin, tel autre plus gros; il les suivra dans les variations qu’ils éprouvent; et pour filer plus gros ou plus fin, il saura proportionner le nombre des dents des pignons de rechange ü la propriété reconnue de chaque métier.
- Pour atteindre ce but, et obtenir de la filature des résultats certains, il doit toujours avoir sur lui un livret, au moyen duquel il tient un compte ouvert à chacun de ses,métiers, suivant l’ordre de leur numéro ;
- Les dates jour par jour,
- Les noms des fileurs,
- Le numéro de la mèche ou filature en gros,
- (1) On sait que les machines à filer sont construites de manière qu’il n’y a qu’un seul pignon à changer pour obtenir un numéro différent.
- (2' Dans les filatures bien organisées, il y a des contre-maîtres pour tontes les opérations de la filature , savoir : pour le battage et l’épluebage; pour la carderie $ qui comprend le cardage, le doublage , l’étirage et la filature en gros ; pour la filature en fin ; pour le dévidage ; et, enfin, pour l’entretien et les réparations des machines.
- Cinquième année. Janvier 1807.
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- La qualité du lainage ,
- Le numéro du pignon de rechange ,
- Le numéro du coton en fin que donne le métier;
- Et les observations doivent occuper des colonnes dans ce compte , qui forme un tableau du mouvement de chaque métier.
- De cette manière, le contre-maître, attentif à la tenue de ce livret, peut avoir, à chaque instant, sous les yeux, une idée juste de son travail, et arriver sans tâtonnement au résultat qu’il veut obtenir.
- Il est aussi très essentiel que la grosseur régulière des mèches soit surveillée.
- On doit peser tqus les jours celles que rend chaque métier en gros, même lorsqu’on n’en change pas les pignons, pour s’assurer des variations de grosseur que peuvent produire les changemens de température, la différence de qualité du coton dans des balles de même origine, et, enfin, pour reconnaître les négligences qui peuvent avoir lieu dans les opérations du cardage, du doublage et de l’étirage.
- / -
- Troisième question. L’air atmosphérique n influe-t-il pas sur le plus ou le moins de facilité à filer en perfection et en numéros fins, et le climat hu-midede V Angleterre n est-il pas un avantage que nous ne pourrions obtenir que par des moyens factices, par des caves ou des procédés qui produiraient des vapeurs humides? Le fil de la Belgique a-t-il un avantage constant sur le coton filé des localités plus méridionales et plus sèches ?
- L’air atmosphérique influe nécessairement sur la qualité du coton filé ; il entre aussi dans les soins du contre maître de s’assurer des variations qu’il éprouve, par des observations thermomélriques et hygrométriques, afin d’en tirer des connaissances raisonnées pour son travail.
- Lorsque la température est humide, le fil est plus inégal ; il paraît coupé ' à chaque révolution des cylindres couverts en peau, parce que la couture qui fixe et réunit les deux extrémités de la peau se gonfle et qu’elle s’imprime de trois pouces en trois pouces sur le fil.
- Pour remédier à cet inconvénient et apporter de l’économie dans l’entretien de ces cylindres, j’en ai imaginé d’un nouveau genre, qui sont faits err rondelles de chapeaux réunies sans couture. J’en ai déposé des modèles au Conservatoire-des arts, et j’en remets un au dépôt des machines de la Sociétés
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- Cette méthode a parfaitement réussi pour les n°s de 20 à 5o. Dans les numéros plus fins, il faudrait ne pas déroger à l’usage de ceux recouverts en peau , mais seulement pour la rangée de ces cylindres du devant du métier , qui marche avec le plus de vitesse , parce que la contexture du feutre est de nature à retenir le coton et à s’en envelopper , surtout dans un mouvement de rotation trop accéléré; mais en employant ce nouveau genre de cylindres, pour les deux rangées de derrière, ce seraient toujours les deux tiers de gagnés sur les inconvéniens qui résultent de ceux recouverts en peau actuellement en usage.
- Le seul moyen pratiqué jusqu’à présent dans les filatures, pour diminuer les influences de l’air humide, a été de tenir les ateliers chauffés; il faut même, pour les numéros fins au dessus de 80, une température élevée à 14 ou 15 degrés du thermomètre de Rèaumur : c’est ainsi qu’en usent les Anglais.
- Quant à la sécheresse, elle n’est point nuisible, et c’est toujours par un temps sec et serein qu’on casse le moins de fils et qu’on file le plus beau coton.
- Ainsi, le fil de la Belgique et celui d’Angleterre ne peuvent avoir d’avantage, pour la qualité, sur celui des localités plus méridionales, relativement à la température*
- Quatrième question. Quel est le calcul mathématique de la romaine à peser le coton pour le numéroter? et quel est le procédé simple et commode pour graduer une romaine à numéros, méthodiquement et sans erreur ?
- En général, ce n’est point d’après une formulé mathématique abrégée qu’on opère la graduation de la romaine à numéroter les cotons. La méthode usitée consiste à poser la machine de manière que l’aiguille ou l’indicateur qui parcourt le quart de cercle soit perpendiculaire et parallèle à la ligne de zéro, qui est tracée à l’extrémité inférieure de l’échelle. C’est toujours de cette position de l’ajguille sur zéro qu’il faut partir pour équilibrer la romaine lorsqu’on veut en faire usage.
- On place d’abord le poids d’une livre sur le bras de levier de l’aiguille 5 le point qu’elle indique sur son repos désigne le n» 1, parce qu’il faut ün écheveau de coton de ce numéro pour une livre; on tire un trait sur ce point de l’échelle, il indique le n° 1 ; on en fait autant pour les autres nu-méros, qu’on inscrit à mesure sur le quart de cercle de la romaine.
- Ainsi, comme on l’a dit, le poids d’une livre, placé sur le bras du levier de l’aiguille, marquant le n° 1, le poids de 8 onces indiquera le n° 2; le
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- poids de 5 onces 2 gros 48 grains marquera le n° 3 ; le poids de 4 onces désignera le n° 4, ainsi de suite.
- Pour trouver le poids du numéro qu’on veut tracer sur la romaine, on réduit la livre en onces, gros et grains, et on divise par le numéro dont on cherche le poids; le produit delà division indique le poids demandé.
- Cinquième question. Existe-t-il, dans le dépôt de la Société d’encouragement , un programme sur la filature du coton, pareil à celui relatif à la laine ?
- Il n’existe aucun programme sur la filature du coton dans le dépôt de la Société d’encouragement.
- Sixième question. Die serait-il pas avantageux au commerce et aux ftleurs que le Gouvernement réglât, par une ordonnance, les dimensions de Vécheveau du coton Jilé, en aunage et en numérotage, afin que la bonne foi fût récompenséepmr une vente rapide et la mauvaise par une réprobation dans les marchés P
- Il serait très avantageux au commerce que les dimensions des écheveaux et leur numérotage fussent réglés d’une manière uniforme. Il y a long-temps qu’on en sent la nécessité, surtout pour les cotons qui se vendent par numéro; car ceux filés à la main et aux petites jeannettes, qui occupent des femmes et des enfans dans les villages, n’en paraissent pas susceptibles ; ce serait gêner leur industrie. „
- Un des motifs qui a pu faire ajourner cette utile mesure est que , jusqu’ici, il importait que certains préjugés du commerce fussent détruits, et que nos cotons filés fussent écheveautés et numérotés comme ceux des filatures étrangères; mais nos produits en ce genre peuvent maintenant soute» nir la concurrence sans les secours de l’illusion.
- Un nouveau numérotage, sagement combiné ^ tel qu’en dérivant du système métrique il ne s’éloignât pas trop des données actuellement en usage, serait fort à désirer pour faire *cesser les incertitudes du commerce.
- Notre collègue M. Molard s’occupe de cette utile réforme. Il doit pré-~ senter^à la Société une romaine d’un nouveau genre, d’après laquelle le système, métrique sera proposé pour le dévidage et le numérotage du fit de coton.
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- ARTS CHIMIQUES.
- Nouveau procédé de peinture a l’huile, réunissant plus de solidité à plus d économie ; par M. Yanlierman (i).
- La Société pour l’encouragement des arts, à Londres, vient de récompenser, par une médaille d’argent et un prix de 20 guindés, l’auteur de ce nouveau procédé; il est si différent de ceux connus et pratiqués en Fiance que, sans lersuffrage de cette Société respectable, nous n’y ajouterions aucune foi. -
- Dans cette méthode, Fauteur emploie l’huile de poisson au lieu des huiles végétales siccatives; à la vérité , il y ajoute une très petite quantité d’huile de lin, de la litharge et du sulfate de zinc ( couperose blanche); il mêle dans toutes ses teintes une forte portion de poussière de grand chemin bien tamisée, et il avertit que celle qu’on ramasse sur des routes fréquentées par beaucoup de chevaux et de voitures est la meilleure, et préférable au sable employé ordinairement.
- Dans les couleurs claires, l’auteur mêle une grande quantité de craie au lieu de céruse dont nous faisons usage : ainsi, l’économie est considérable dans le prix des couleurs, puisqu’il n’y en a pas à meilleur marché que la craie et la poussière. Il trouve encore beaucoup d’économie sur l’huile de poisson, qui, en Angleterre, est à plus bas prix que l’huile de lin : de sorte qu’il donne, pour 3o cent. (6 sous) la livre, des couleurs qui coûtent 1 fr. 80 cent, ( 1 liv. 16 sous).
- A ces avantages économiques se joint celui de la solidité. L’auteur a produit l’attestation d’un architecte du duc de Richemond, portant que les couleurs préparées par cette méthode ne se sont ni gercées ni écaillées au soleil.
- Il paraît que cet accident est fréquent en Angleterre, car l’on repeint souvent les objets extérieurs. Faut-il l’attribuer au climat, à la mauvaise qualité des huiles que les Anglais emploient, ou à cette portion de sable qu’ils mettent dans leurs couleurs pour les faire foisonner?
- En France, les peintures à l’huile se soutiennent au soleil pendant plu-broyées.
- sieurs années, lorsqu’on s’est servi de bonne huile de lin et de couleurs bien
- L’emploi de la poussière et de l’huile de poisson n’est pas la seule chose qui étonnera nos lecteurs; le mélange de l’eau de chaux et d’autres substances aqueuses leur paraîtra plus extraordinaire encore.
- (1) Journal de Nicholson, N° 67. Juillet 1806.
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- En supposant que le procédé de M. Vanherman réussît complètement, ce ne serait pas maintenant que l’huile de poisson est très chère qu’on pourrait en profiter: nous croyons cependant devoir le publier, afin que l’expérience en ait constaté les avantages lorsque les circonstances permettront de l’employer.
- Instruction pour purifier une tonne ( deux cent cinquante-deux gallons ) d’huile de haleine, avec le prix de chaque article.
- Une tonne (deux cent cinquante-deux gallons (i))
- d’huile de poisson..................................
- Trente-deux gallons de vinaigre , à 2 schellings
- le gallon...........................................
- Douze livres (2) de litharge, à 5 deniers la livre. Douze livres de sulfate c^e zinc ( couperose Planche ), à 6 deniers..................................
- Douze gallons d’huile de lin , à 4 schel. 6 den.
- le gallon.......* ...............................
- Deux gallons d’essence de térébenthine, à 8 sch.
- Total. ......
- Huile de poisson. . . .................. 25a
- Huile de lin............................... 12
- Essence de térébenthine. ..................... 2
- Vinaigre . ................................. 5a
- Total............298
- Le prix ordinaire de l’huile de lin est de 4 schellings 6 deniers le gallon, ce qui donne pour deux cent quatre-vingt-dix-huit gallons. .............
- La dépense pour la même quantité d’huile de poisson n’est que de...................................
- Il reste, par conséquent, un bénéfice net de. . . .
- liv. ster. sch. fr. cent.
- 36 » 936 »
- 5 4* 83 »
- » 5, 6 25
- » 6. 7 5o
- 2 14. 69 5o
- » 16. 20 »
- 43 5. 1, ,I22f. 25e.
- gallons.
- liv. «ter. sch fr. cent.
- 67 I. 1,743 25
- 43 5. 1,122 20
- 23 16. 621 J)
- Préparation de l’huile de poisson.
- Dans un tonneau de quarante gallons de capacité, on verse trente-deux gallons de bon vinaigre; on y mêle douze livres de litharge et autant de
- (1) Le gallon équivaut à environ quatre pintes, mesure de Paris, ou trois litres quatre cinquièmes.
- (2) La livre, avoir du pois, répond à quatre cent cinquante-trois grammes.
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- ( i67 )
- sulfate cle zinc ( couperose blanche ) pulvérisé. Le tonneau étant bondonné, on le secoue fortement deux fois chaque jour pendant une semaine. Le mélange, versé dans une tonne (deux cent cinquante-deux gallons ) d’huile de baleine, est convenablement agité; on le laisse reposer jusqu’au lendemain. On obtient alors, par décantation, environ les sept huitièmes de la masse; on y ajoute douze gallons d’huilè de lin et deux d’essence de térébenthine, et on agite fortement. Après que le mélange a reposé pendant trois ou quatre jours, il est propre au broiement du blanc de plomb et de toutes les couleurs fines. Les couleurs, ainsi préparées, ont plus d’éclat que celles broyées à l’huile de lin.
- Si l’on ne veut employer cette huile qu’à la préparation des couleurs communes, on ajoute l’huile de lin et l’essence de térébenthine aussitôt que le vinaigre, en agitant le mélange : dans cet état, on peut en faire usage immédiatement, sans qu’il soit nécessaire de laisser reposer.
- Le résidu de la décantation , ou le fond du tonneau, mêlé avec moitié de sa quantité d’eau de chaux, est employé avantageusement pour la préparation des peintures ordinaires, servant aux ouvrages extérieurs. L’auteur nomme ce mélange huile incorporée.
- Les couleurs broyées avec cette huile , et destinées pour la peinture de l’intérieur des bâtimens, sont délayées avec de l’huile de lin et de l’essence de térébenthine.
- Préparation des couleurs.
- i°. Ve olive.
- liv. «ter. »cli.
- Eau de chaux, six gallons. . ............................... » »
- Poussière de grand chemin tamisée, cent douze livres. ... » i
- Blanc de craie , cent douze livres.......................... » n
- Noir de fumée ou de lampe , trente livres............. » 2
- Bleu de Prusse en pâte, vingt livres..................... » 10
- Résidu de l’huile de poisson , trois gallons. ......... » ' 6
- Ocre jaune pulvérisée, vingt-quatre livres............ . » 2
- A.
- 3 »
- 4 6 » » »
- Total. ..... 1 4 t
- ou 5i fr-
- Ces divers ingrédiens, mêlés ensemble, pèsent trois cent soixante-huit livres et ne coûtent que 2 sous la livre, tandis que les marchands de couleurs vendent cette peinture 12 sous la livre. Lorsqu’on veut l’employer, on ajoute, sur huit livres, un quart (environ un litre) à’huile incorporée et autant d’huile de lin.
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- c .68 )
- Procédé de préparation.
- Dans une grande cuve, versez six gallons d’eau de chaux, et jetez-y cent douze livres de blanc de craie ; remuez la liqueur avec une spatule de bois et la laissez reposer pendant une heure; agitez de nouveau, et ajoutez cent douze livres de poussière de grand chemin, la quantité indiquée d’ocre jaune et le noir de fumée ou de lampe; versez le mélange sur une grande table à rebords peu élevés et remuez-le avec une truelle; ajoutez-y le bleu de Prusse en pâte, préalablement broyé à Vhuile incorporée ( toute autre espèce d’huile ne conviendrait pas), et délayez le tout dans cette même huile , en observant la proportion d'un quartsxxv huit livres, et autant pour l’huile de lin.
- 20. Vert brillant.
- liv. ster. sch. d*
- Cent douze livres d’ocre jaune pulvérisée, à 2 d. la livre (i). » 18 8
- Cent soixante-huit livres de poussière de grand chemin. » i 8 Cent douze livres de bleu de Prusse en pâte, à 6 d. la livre. 2 16 »
- Dix livres de noir de fumée ou de lampe , à 5 d............... . » 2 6
- Six gallons d’eau de chaux. ..................................... » » 6
- Quatre gallons d’huile de poisson préparée.................... » 12 »
- Sept gallons et demi d’huile incorporée. .......... » - 15 »
- Sept gallons et demi d’huile de lin, à 4 sch. 6 d. le gallon. 2 89
- Poids, 592 livres. Total........................ 7 i5 1
- x ou 200 "
- Cette belle couleur verte ne coûte que 6 sous la livre ; on la vend ordinairement 36 sous.
- Le bleu de Prusse en pâte est broyé à Yhuile incorporée avant d’étre mêlé à la masse.
- Pour conserver la couleur, il faut avoir soin , après s’en être servi, de verser un peu d’eau dans le vase qui la contient, afin qu’il 11e se forme pas de pellicule.
- Procédé pour purifier T huile de lin.
- A chaque gallon d’huile de lin , on ajoute deux onces de litharge; on agite la liqueur tous les jours, pendant deux semaines, et on la laisse re-
- (1) Il est probable que l’auteur emploie deux sortes d’ocre jaune , à en juger par la différence des prix qu’il établit. Celui-ci coûte 2 deniers la livre, tandis que l’ocre de la couleur^ précédente n’est évaluée qu’à un denier. Il en est de même pour le noir de fumée ou de lampe, dont le prix est d’un denier la livre pour la première peinture et de 3 deniers pour la seconde. ( N. d. R. )
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- poser un jour ou deux. On décante dans des vases plats de tôle, en forme de lèchefrites, après avoir ajouté une demi-pinte d’essence de térébenthine par gallon; on expose le tout au soleil, et on obtient, au bout de trois jours, de l’huile aussi pure que l’huile de noix (i).
- Préparation, dune couleur blanche inaltérable.
- A un gallon d’essence de térébenthine, mêlez deux livres d’encens; faites bouillir doucement, au dessus d’un feu clair, jusqu’à entière dissolution, passez au filtre, et conservez cette composition dans des bouteilles. Ensuite, prenez un gallon d’huile de lin purifiée par le procédé ci-dessus décrit, ajoutez-y un quart ( environ une pinte ) du mélange précédent, remuez convenablement et mettez cette liqueur en bouteille. Broyez bien fin, à l’essence de térébenthine,une portion quelconque de blanc de plomb, sur laquelle vous verserez le dernier mélange, en quantité suffisante pour délayer la couleur, qu’on aura soin d’étendre d’essence de térébenthine lorsqu’elle est trop épaisse. Cette peinture, d’un blanc mat, est employée avec succès pour l’intérieur des bâtimens; elle sèche en quatre heures et perd entièrement son odeur.
- ECONOMIE RURALE.
- Sur la fixation et la plantation des dunes du golfe de
- Gascogne (2).
- Les travaux entrepris par M. Brémontier, inspecteur général des ponts et chaussées, pour fixer et contenir ces masses étonnantes de sables mobiles, qui menaçaient d’envahir l’étendue de pays comprise entre la Gironde et l’Adour, sont tellement, supérieurs à tout ce qui a été fait en ce genre en Suède, en Danemarck, en Hollande et dans les Pays-Bas, qu’ils ont été proposés pour modèles et comme exemple à suivre par les administrations. Leur importance et leur utilité nous imposent l’obligation d’en consigner les résultats dans le Bulletin.
- Les dunes sont des montagnes ou monticules de sables rejetés par la mer, et livrés à l’action des vents qui les agitent, les tourmentent, les poussent et les repoussent sans cesse.
- On en voit sur toutes les côtes sablonneuses de l’Océan.
- (1) Ce procédé est connu et pratiqué, en France, par tous lesfabricansde vernis (N. d. R.).
- (2) Extrait du rapport lu à la Société d’agriculture du département de la Seine, les 5 et 19 février 1806, par MM. Gillet-Laumont, Tessier, commissaires, et Chassiron, rapporteur.
- Cinquième année. Janvier 1807. 22
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- Ces sables, de nature différente, sont tantôt calcaires, comme sur les côtes de la ci-devant Normandie, tantôt mélangés , comme en Bretagne et dans la Saintonge. Ceux dont il s’agit sont généralement quartzeux entre l’embouchure de l’Àdour et de la Gironde; ils forment les dunes qui régnent sans interruption sur 233,880 mètres ( 60 lieues ) de côtes, qui couvrent i,i39 myriares ( 70 lieues ) de superficie; leur hauteur réduite est tantôt de 4 mètres ( 12 pieds), tantôt de 17 à 5o mètres ( 5o à i5o pieds) et souvent davantage. Poussées par faction des vents qui y excitent de véritables tempêtes, elles menacent d’envahir les champs, les métairies, les édifices, les étangs , les forêts et des villages entiers. Rien ne peut résister à cette nier de sable , qui avance chaque année, terme moyen , de 24 mètres ( 72 pieds) sur tout le développement des côtes du bassin d’Arcachon. Déjà les bois de pin de Saint-Julien , de Lit, de Lacanau, de la Teste , du Vieux-Son lac, de Mimizan , ont existé sur les côtes ; et comme les dunes marchent toujours vers l’est, il est indubitable que, dans la succession des siècles , le riche territoire de Bordeaux disparaîtrait et serait successivement envahi.
- Ces masses de sables obstruent souvent les canaux naturels des rivières et des ruisseaux , et refoulent leurs eaux dans les terres ainsi exposées au double fléau des sables et des eaux.
- Tel est l’ennemi que M. Brêmontier s’était proposé de combattre et d’enchaîner. *
- Mais comment le vaincre ? Par des travaux d’art, des digues , des jetées ? ils ne trouveraient ni assiette ni fondemens dans des sables , tellement mobiles que, souvent, les animaux , pour ne pas y périr, n’ont d’autre ressource que de se jeter sur le côté et de s’étendre pour présenter une plus large surface (1). ; •
- La végétation des arbres et des plantes1 offrirait un second moyen de fixer, de consolider les sables, en les dérobant à l’action des vents ; mais comment fixer la végétation elle-même ? comment attacher des racines dans des sables sans cesse agités? comment favoriser cette végétation dans des débris de quartz, qui n’offrent en apparence aucune terre propre à la végétation? car, selon l’opinion générale, ces sables
- / (1) Ces précipices n’existent que dans les lieux inondés , puis abandonnés par les eaux ; le
- sable, apporté par les vents, y forme quelquefois de petites voûtelettes superposées, qui offrent au voyageur un sol uni et trompeur : mais bientôt elles s’affaissent sous ses pas et le précipitent dans un amas d’eau et de sable mobile, dans lequel il s’enfonce d’autant plus qu’il fait d’efforts pour trouver à l’intérieur un point d’appui ; il ne lui reste que la ressource d’iniitcr i’instinçt -de cette contrée , en se jetant sur le côté,
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- f Î71 2 )
- étaient totalement infertiles et de nature différente cfè ceux de Hollande ét des Pays-Bas.
- Deux observations fixèrent les doutes de M. Bfémontier et l’engagèrent à tenter quelques expériences. - -
- Quelque mobiles que soient les sables du bassin d’Arcachon , M. Brémon-tier observa qu’en y introduisant la main à quelques pouces de profondeur, on rencontrait toujours une humidité très sensible sous ces sables brûlans à la superficie.
- En parcourant les dunes -, il remarqua que cette humidité, ces eaux Souterraines, augmentaient de densité en raison de l’élévation , de manière que le sommet de ces monticules était plus lié, plus compacte que les sables de leur base.
- Ce qui conduisit l’auteur à ces expériences fut l’observation d’un fait très extraordinaire, et sur lequel l’avait consulté le célèbre Daubenton.
- Pourquoi les dunes, ces monticules formés, élevés peu à peu par les couches de sables jetés par les flots et amoncelés par les vents , pourquoi, dis-je, une fois formées, ne sont-elles pas détruites parles mêmes causes, par les vents et les tempêtes? pourquoi sont-elles toujours progressives, marchent-elles , ou , plutôt, roulent-elles sur elles-mêmes sans être dispersées par les vents ;i)?
- Plusieurs causes, aussi simples que naturelles, doivent concourir à entretenir une fraîcheur continuelle dans ces sables si arides à leur surface.
- Personne n’ignore que l’air est le plus souvent surchargé de molécules d’eau pendant les nuits et quelquefois pendant les jours les plus beaux.
- On voit souvent, dans le midi de la France, au printemps et en automne, par des vents de sud-est assez chauds et un ciel sans nuages, les pavés, les graviers aussi mouillés que s’il était tombé une légère pluie (2).
- Ces faits prouvent que, partout où il y a humidité disséminée dans l’air,
- (1) Les vents de mer, venant de l'ouest, enlèvent la partie supérieure des dunes, et la jettent , à l’est, à leur pied du côté des terres ; le sommet de la dune , alors découvert, si le vent continue, se dessèche et est pareillement enlevé ; alors les sables, déposés sur le penchant de ces masses, du côté de la mer, poussés par les vents, les tempêtes , vers le sommet, ne peuvent se fixer sur un sol mobile ; ils sont à leur tour précipités. Cet effet alternatif et constant produit une nouvelle liçne de dunes derrière la première, et les fait inévitablement avancer chaque année ; mais il n’aurait pas lieu sans la ténacité, la force d’adhésion de ces sables, qui, sans cette adhésion , seraient dispersés pàr les veüts, et formeraient , comme dans les landes , des plaines de sables.
- (2) Ce n’est point comme corps durs et lisses que l’humidité s’attache à leur surface, c’est comme corps peu poreux. Le calorique , contenu dans l’air environnant, entre dans ces masses lorsqu’elles sont à une température plus basse que celle de l’atmosphère ; alors l’eau
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- elle se fixe sur les surfaces dures et polies, et conséquemment peu poreuses ;
- Que ces molécules surabondantes se déposent sur tous les corps durs et lisses, et conséquemment peu poreux, tels que les marbres, les pierres dures, les glaces; qu’elles s’y rassemblent, s’y accumulent, de manière à couler et à tomber en gouttes sur la terre.
- Or, ces deux causes se réunissent dans les dunes du bassin d’Arcachon.
- Leurs sables, presque tous quartzejjx , sont d’une finesse extrême ; sans cesse roulés par les flots ou par les vents, ce ne sont plus que de petites sphères polies, qui ne se touchent que par un point; elles laissent des vides entre elles, où l’air et l’humidité pénètrent avec facilité; la chaleur ne se communique que par le point de contact qu’elles ont entre elles; l'humidité les enveloppe sur tous les autres; elle est encore fixée par les parties salines qu’y déposent l’air et l’eau, toujours saturés de sel, sur les bords de la mer. D’ailleurs, les sables quartzeux de la superficie, tantôt opaques, et tantôt diaphanes, réfléchissent ou réfractent la chaleur et la lumière.
- Il y a près des dunes un réservoir immense d’eau et de sel marin que les tempêtes, excitées par les vents de nord-ouest et de sud-ouest, soufflent avec violence; les vagues se brisent avec fureur sur la côte ou sur les bancs ; elles s’élèvent souvent de plusieurs mètres de hauteur, retombent sur la plage, se divisent en particules très fines, chargées de sel, enlevées, disséminées par les vents : or, tel est le phénomène que nous offrent les tempêtes de l’Océan, et personne n’ignore qu’après ces grandes tourmentes, le voyageur, qui se promène sur les côtes, trouve sur ses lèvres , sur ses vête-mens , souvent à d’assez grandes distances, la présence de l’humidité et du sel marin , si les vents soufflent de la mer.
- C’est à toutes ces causes réunies que l’auteur attribue l’humidité qui règne toujours sous les premières couches des sables du bassin d’Arcachon.
- qui est dissoute dansfair à l’aide de la chaleur, ne pouvant plus y rester suspendue , se dépose à la surface de ces corps.
- x Qn eu a un exemple fréquent dans un lieu fermé lorsqu’on y apporte un vase rempli d’une liqueur fraîche. Il en est de même à l’extérieur si un air chaud, qui tient beaucoup d’eau en dissolution , est porté vers un lieu élevé , surtout lorsqu’il est couvert de grands végétaux, qui y produisent une fraîcheur très sensible; alors l’air, perdant son calorique , dépose l’eau surabondante sur les corps qu’il touche , et c’est probablement la cause de la plus grande fraîcheur du sommet des dunes; de même les rochers, les murailles, lors d’un dégel, ruissellent d’humidité. En général , tous les corps qui , lors d’un abaissement de température , perdent facilement leur calorique , deviennent , lorsqu’elle augmente , des centres d’attraction du calorique et de l’humidite beaucoup plus puissans qu’on ne le croit ordinairement.
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- C’est par là qu’il explique l’adhérence des sables des dunes, qui les force de se mouvoir sans être dispersés.
- C’est à ces mêmes causes que M. Brémontier attribue la plus grande humidité du sommet des dunes, plus exposé que leur base à l’action des vents saturés d’eau et de sel , qui retombent en brouillards épais et pénètrent la masse en raison des surfaces, surtout pendantla fraîcheur des nuits, qui condense l’eau tenue en dissolution dans l’air atmosphérique.
- Enfin, c’est par là que l’auteur démontre encore la possibilité de la végétation prodigieuse des sables et des dunes près de la mer ( quand toutefois il est possible de les fixer ), tandis que, dans les landes de Bordeaux, ces mêmes sables offrent une végétation si lente et si pénible.
- Ainsi, deux grands agens de la végétation, la chaleur et l’humidité, auxquels il faut adjoindre la présence du muriate de soude ou sel marin, existent dans les sables des dunes du bassin d’Àrcachon. Il n’était donc pas douteux que la végétation d’arbustes et d’arbrisseaux, et enfin de grands arbres, de chênes, de mélèzes, de sapins, fixerait les sables et consoliderait les dunes elles-mêmes; il ne s’agissait plus que de favoriser cette même végétation et delà rendre possible en fixant quelque temps les sables et en les dérobant à l’action des vents, jusqu’à ce que les racines des diverses plantes fussent poussées et que leurs tiges couvrissent le sol. La chose n’était pas sans difficulté, elle était même impossible, si l’on eût commencé par les dunes, puisqu’elles marchent sans cesse. M. Brémontier doit ce succès à la découverte de quelques faits qui prouvent encore son talent d’observation.
- Les dunes ne se forment qu’à quelque distance de la mer; le plus souvent, du pied des premières dunes jusqu’à la ligne de la laisse îles plus hautes marées, il se trouve un espace de deux cents mètres (cent toises) et au delà, dont la surface est plane, presque de niveau, sur laquelle les sables de la mer glissent, sans s’arrêter, jusqu’aux premières dunes.
- C’est cette partie que l’auteur tenta de fixer par des semis. Sans ces premiers abris, tout le travail dans l’intérieur était bientôt détruit. Du succès de celte première plantation résulte celle de l’entreprise.
- I! faut semer toute cette partie plane en graine de pin, en genêt ordinaire et épineux ; mais comment préserver ces premiers semis? L’auteur tenta plusieurs moyens : il chercha, par des cordons de fascines parallèles, à contenir les sables et empêcher qu’ils ne fassent trop promptement enlevés et balayés par les vents.
- Il essaya encore un large fossé le long de la ligne des hautes marées , afin de recevoir les sables roulés par la mer et de les arrêter?
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- Enfin, il tenta de recouvrir les semis entiers débranchés d’arbres verts, retenues par des crochets enfoncés dans le sable; il eut soin que le gros bout de la branche lût toujours dirigé vers le rivage, pour opposer plus ue résistance au vent, et afin que les sables pussent glisser dans la direction même des feuilles sans les arracher de la tige.
- Le dernier moyen est le seul qui ait répondu aux espérances de l’auteur et qui ait eu un plein succès. Les graines germent, poussent avec une prodigieuse rapidité, forment bientôt un fourré impénétrable d’un mètre ( trois pieds) de hauteur; dès lors le travail est assuré. Cette première ligne de circonvallation couvre une seconde parallèle et défend le terrain intérieur, elle arrête les sables qu’apporte la mer, et qui, en s’élevant, forment une nouvelle dune ou cordon, que surmontent toujours les plans de genêts, et surtout de pins.
- Il est facile alors de continuer les plants et semis dans l’intérieur et sur les dunes ; les vents seuls qui y portent les graines des forêts voisines couvriraient le terrain de plantes, d’arbres de sapin ; mais ce serait l’ouvrage des siècles, il faut que ce soit celui de quelques années : pour y parvenir, dès que les premiers plants ont cinq à six ans, on sème une seconde zone parallèle à la première, de 60 à ioo mètres ( 5o à 60 toises) de largeur, sans laisser d’intervalle ; et en poussant ainsi ces plantations parallèlement, on arrive jusqu’au sommet îles chines.
- Les semis, dans les vallons qui les séparent, ne demandent que de légères précautions; quant aux dunes elles-mêmes, il faut recourir à d’autres moyens.
- Si l’on peut se procurer assez de branchages de pins, de genêts, d’arbrisseaux, d’arbres verts, pour établir des couvertures, ce moyen supplée à tous les autres; si la nature s’y refuse, on établit des clayonnages, des cordons de fascines, que l’on dispose comme les cases d’un damier: On sème dans ces cases , et telle est la force de la végétation, qu’avant que les fascines soient détruites et les sables amoncelés, les nouveaux plants sont enracinés et assez élevés pour protéger le terrain, et ne plus rien redouter de l’action des vents, des sables et des tempêtes; ainsi, l’on arrive jusqu’au sommet des dunes.
- Telle est la méthode employée par M. Brêmontier pour rendre possible la végétation dans les sables du bassin d’Arcachon et pour parvenir, par cette végétation même , à la fixation des dunes.
- ( La suite au numéro prochain, )
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- Notice sur une culture de gros navets de Berlin et de rutabaga; par M. Girod-Chantrans.
- Les expériences dont nous allons rendre compte ont e'te' faites à un myria-mètre à l’est rie Besançon, sur le territoire de Novillars. L’auteur a choisi dans les jachères un champ d’environ f d’hectare, de qualité médiocre et de nature argileuse plutôt que légère.
- On y a d’abord répandu huit voitures ordinaires d’engrais, vers le commencement de juin 1806, et peu de jours après il a été laboure' une seule fois , puis ensemencé en deux parties égales, l’une avec une livre de graine de gros navets de Berlin, et l’autre avec une pareille quantité de graine de ruabaga, que- Fauteur avait recueillie à Novillars. La herse a ensuite passé à différentes reprises sur les mottes, afin de suppléer, autant que possible, le second labour qu’il eût été à propos de donner à la terre.
- Cette opération était terminée le 11 juin. M. Girod-Chantrans a observé que, depuis cette époque , le temps a presque toujours été favorable à la végétation en général, et particulièrement à celle des navets. Aussi ont-ils parfaitement levé, surtout dans la partieda plus basse du champ, où ils étaient du double plus épais que vers le haut. Il y a eu néanmoins, dès le principe, une différence bien sensible entre les parties ensemencées de gros navets de Berlin et celles où était la graine de rutabaga, qui ne se trouvait pas à beaucoup près aussi fournie, quoique également bien placée.
- On sarcla au bout de six semaines, et la récolte s’est faite le 18 octobre, de manière que les navets ont resté un peu plus de quatre mois dans la terre ; mais l’on aurait pu les retirer huit à dix jours plus tôt, sans aucune différence sensible de produit.
- Les navets de toute espèce, dont la culture en grand n’est point pratiquée dans le pays , étant néanmoins fort recherchés des gens de la campagne, le champ de l’auteur a été pillé plusieurs fois. Il a cependant fourni la charge de huit voitures, dont on peut compter les trois quarts provenant de la graine de navets de Berlin.
- Quant à la graine de rutabaga, qui n’a donné qu’un très médiocre produit, il faut la considérer comme ayant dégénéré sur les !ie*ax où elle était le fruit d’une troisième culture. Dès la seconde année, M. Girod-Chantrans s’est aperçu d’une dégénération sensible, ce qui prouve la nécessité de renouveler la graine tous les ans.
- 'Peut-être qu’une culture suivie donnerait le même résultat pour les gros
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- navets de Berlin ; mais il est certain, d’après l’essai de l’auteur, que leur premier produit eût été de dix à onze voitures s’il se fût étendu sur la totalité du champ; or, celui-ci n’étant que d’une très médiocre qualité, d’une nature argileuse, et n’ayant reçu qu’un seul labour, ne se trouvait, sous aucun rapport, dans les circonstances les plus favorables à la production des navets; d’où l’on sera fondé à croire que celte première racine pourrait être cultivée avec avantage dans la plus grande partie du département du Doubs, et qu’il suffirait de faire des échanges de graine entre des cantons un peu éloignés pour éviter l’abâtardissement de l’espèce. L’auteur observe que les gros navets de Berlin qu’il a récoltés se cuisent très facilement et sont d’une saveur très agréable; en sorte qu’ils offriraient une ressource aussi précieuse pour la nourrtiure des habitans des campagnes que pour celle du bétail (i). • v
- Le champ dans lequel M. Girod^Chantrans a fait son essai a été ensemencé en froment, sans aucune addition de fumier, immédiatement après le tirage des navets, qui, loin d’avoir appauvri la terre , l’avaient encore laissée, selon le jugement des laboureurs , en bien meilleur état quêtons les champs d’alentour qui venaient de recevoir six voitures d’engrais par demi-hectare.
- Mais, en supposant même qu’il ne soit qu’au pair par la qualité, ce que l’on saura plus exactement à la prochaine moisson, il s’ensuivrait toujours que l’on aurait obtenu, tous frais déduits, neuf à dix voitures de navets pour trois d’engrais, que l’auteur a employées de plus que par la méthode ordinaire, et ce serait un des plus grands bénéfices que l’on puisse se promettre dans les spéculations agricoles. .
- Diverses tentatives sur la culture des navets ont appris à l’auteur i° que les semis du printemps étaient sujets à monter en graine; 20 que ceux qui suivent les moissons ne laissent pas le temps aux racines de prendre tout leur accroissement, à moins qu’elles n’aient lieu dans des terres d’une fertilité remarquable; 5° que les premiers jours de juin sont l’époque intermédiaire la plus favorable dans nps climats et dans la plupart de nos champs à blé.
- (1) On sait qu’une petite portion de cette même nourriture augmente sensiblement le lait des vaches. (Voyez Essais de culture du rutabaga, par M. Girod-Chantrans, Bulletin de la Société <T encouragement, N° X, p. ^44» troisième année. )
- IMPRIMERIE DE M- HUZARD (née VALLAT LA CHAPELLE),
- JUJE DE l’ÉPERON-SAINT-AHDRÉ-DES-ÀRÇS , »" J.
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- CINQUIÈME ANNÉE. ( N° XXXII. ) FÉVRIER -1807.
- LLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES.
- Notice sur les serrures en bois.
- L’usage des serrures en bois remonte à la plus haute antiquité. Denon , dans son Voyagé en Égypte, rapporte qu’il en a trouvé une sculptée parmi les bas-reliefs quidécorent le grand temple de Karnak ; on en a aussi découvert dans les fouillés de Pompéia. Cette même serrure s’est conservée depuis quatre mille ans en Égyptè, où elle sert à fermer les portes des villes, des maisons, etc. Les Turcs, les Arabes et les Grecs de l’Archipel l’emploient aussi; en Asie, on l’adapte aux portes des caravanserais et d’autres grands édifices : elle est simple de conception , facile d’exécution , et aussi sure que toutes les autres serrures.
- La serrure égyptienne est composée d’üne pièce de bois à, fig. i, Pî. 26, dans laquelle s’engage un jfpêne horizontal b, ayant une entaille carrée pour recevoir la clef. Cette clef c, qui peut se combiner de mille manières différentes, est formée d’une pièce de bois carrée, àN l’extrémité de laquelle sont plantées cinq à six chevilles de bois Ou de fer d> correspondant à un pareil nombre de trous e, pratiqués dans la partie supérieure du pêne horizontal b. Lorsqu’on veut ouvrir la serrure, on introduit la clef dans l’entaille dii pêne, et en la levant, ses chevilles rencontrent les troüs et repoussent d’autres chevilles logées dans la gâche, et qui tombent, par leur propre poids, dans ces mêmes trous,
- Cinquième année. Février 1807. 23
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- ( tjS )
- punir arrêter le pêne ; elles sont garnies de têtes , afin de les maintenir au» point convenable. ' -
- La fig. i représente la serrure fermée, vue intérieurement, la clef dans l’acte de repousser les pointes qui, en tombant, arrêtent le pêne.
- La serrure usitée en Égypte a beaucoup d’analogie avec celle présentée à la Société par M. Sivart, administrateur des monnaies, et qui est employée dans le département de la Manche et dans quelques autres cantons de l’ancienne province de Normandie.
- Cette serrure, remarquable par la sûreté, la solidité et la facilité de sa construction, y sert à fermer les barrières des champs, de préférence aux serrures de fer , que les pluies et les intempéries des saisons détériorent en peu de temps , surtout dans le voisinage de la mer.
- L’inspection de cette serrure, représentée PL 2 Q, Jîg. 2, 3, 4? 5-et 6 , suffira pour convaincre de la multitude de combinaisons dont sa garniture est susceptible, soit en augmentant ou en diminuant les dimensions des pièces principales, soit en variant le nombre et la position respective des clavettes ou petits pênes verticaux qui arrêtent le grand pêne horizontal.
- La serrure est formée d’une pièce de bois dur a, de six pouces de haut sur quatre de large et un d’épaisseur : on y pratique quatre ou cinq coulisses ou mortaises longitudinales, ayant trois pouces et demi de long, six, lignes de large et neuf lignes de profondeur, en observant de ne laisser à la serrure que deux lignes de bord au côté opposé à celui où l’on doit présenter la clef.
- Des clavettes ou tenons û, b b occupent ces coulisses et se meuvent indépendamment l’une de l’autre ; elles glissent de manière à pouvoir monter et descendre dans ces mortaises , ayant un espace de six lignes pour leur jeu. Ces clavettes étant disposées dans les mortaises , afin d’en toucher l’extrémité inférieure, on pratique, à dix lignes du bord supérieur des coulisses, une entaille transversale c, de neuf lignes de haut, quatre lignes de profondeur et de la largeur de la serrure, excepté les deux lignes de bord dont on a parié, et que l’oit conserve..
- Cette entaille faite, on pousse les clavettes jusqu’au bout de leurs coulisses, et à trois pouces de leur bord supérieur on pratique une seconde entaille transversale , d’un pouce de haut sur quatre lignes de profondeur et de toute la largeur de la serrure, sans lui laisser de bord , parce qu’il faut que le pêne puisse sortir à l’autre extrémité de* Lentailie.. -
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- La clef dest une pièce de bois de six pouces de long, qui a la largeur de la serrure et la hauteur et l’épaisseur de la première des deux entailles transversales. Cette clef, qu’on enfonce jusqu’au bout de l’entaille, est percée de plusieurs mortaises e, e, e, correspondant aux parties restées pleines dans la serrure entre les coulisses, et d’un demi-pouce de haut, pour qu’elles égalent ce que les clavettes ont de moins que leurs coulisses, jusqu’au haut desquelles les dents g, g, g, de la clef, formées par les entailles, doivent les pousser.
- Le pêne^/’est une pièce de bois de huit pouces de long ; il occupe la seconde entaille transversale d, et doit sortir d’un pouce et demi en dehors de la serrure pour la fermer. Placé ainsi, et débordant, on y fait plusieurs entailles i, i, i, destinées à recevoir le bout inférieur des clavettes ; ces entailles ont un demi-pouce de haut, c’est à dire qu’elles sont égales à l’espace laissé aux tenons dans leurs coulisses.
- Pour fixer le pêne de manière à ce que s^s entailles t, i correspondent précisément aux clavettes quand on veut fermer la serrure, on donne plus d’épaisseur à la partie du pêne qui déborde la serrure, afin que, s’arrêtant au point convenable, il puisse favoriser la chute des clavettes.
- Fig. 2. Serrure fermée, c’est à dire dont le grand pêne horizontal est arrêté par les clavettes abaissées.
- Fig. 5. Les mêmes clavettes, soulevées par la clef, pour laisser la faculté de dégager le pêne horizontal.
- Fig. 4* Plaque en bois sur laquelle est appliquée la serrure.
- Fig. 5. Le grand pêne horizontal, vu isolément.
- Fig. 6. La clef en bois, vue séparément.
- Cette serrure, dont on pourrait se servir comme objet d’agrément pour la clôture des parcs et des chaumières qui décorent nos jardins ( dits jardins anglais ) , est encore aujourd’hui employée par les nègres des Antilles pour fermer leurs cases : on en fait aussi usage dans quelques bâtimens de manufactures, comme les greniers , les poulaillers , les colombiers , etc., parce que la garde en est confiée à des esclaves. Les colons donnent la préférence aux serrures de fer (i).
- 11 n’est pas facile de savoir si l’usage des serrures de bois a passé d’Afrique en Amérique, ou plutôt d’Amérique en Afrique. Il est certain que dans
- (i) \ oyez la note sur les serrures de bois dont se servent les nègres aux Antilles , par M. Moreau de Saint^Méry, insérée dans les Mémoires de la Société royale d’agriculture > année 1789, trimestre d’hiver.
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- quelques parties de l’Afrique, où les nègres sont réputés industrieux, on? trouve des serrures en bois. '
- Ne serait-il pas permis de croire que cette invention , qui s’est conservée dans le fond de nos départemens, a pu y être apportée par les Sarrasins, auxquels nous devons l’espèce de plante céréale qui a retenu leur nom (1) , et qui sert à la nourriture des habitans des campagnes, dans un grand^ nombre de départemens de la France ?
- Rapport fait par M. Gillet-Laumontau nom du Comité des arts mécaniques y sur un louche t h accrocheur y présenté par M. Millot, pour ïextraction de la tourbe sous Veau.
- M. Millot, mécanicien à Neuville-au-Pont, département de la Marne, a présenté à la Société deux machines : l’une, en modèle, pour extraire la tourbe à plusieurs mètres sous l’eau, l’autre, de grandeur réelle , pour l’enlever à une petite profondeur.
- La première machine, qui n’a point été exécutée en grand, sera décrite dans le rapport général qui doit être présenté incessamment à la Société sur les machines à tourber sous l’eau, à l’égard desquelles elle a proposé un prix : nous allons l’entretenir aujourd’hui de la seconde, qui ne peut concourir pour le prix , n’étant pas susceptible de servir à une grande profondeur, ainsi que le désire la Société.
- Cette machine n’est qu’une bêche ou louchet y destiné à couper fa tourbe ou la terre sous l’eau, et à l’enlever d’une médiocre profondeur ; mais cet instrument a paru à vos commissaires conçu avec intelligence. ,
- i°. L’auteur a disposé le tranchant de manière qu’il forme, dans le milieu, un angle rentrant de 127 degrés (a, fig. 7, Pl. 26), ce qui lui donne beaucoup plus davantage pour couper que n’en a celui en ligne droite , en usage pour- les bêches et louchets ordinaires. -k
- 20. Il a adapté à ce louchet un accrocheur mobile à deux dents b , facile à manœuvrer, qui doit être utile poiir retirer la tourbe de dessous l’eau. »,
- Dans ce cas, le liquide allégeant la masse à enlever' et diminuant son adhérence, rend celte masse fort sujette à glisser sur le fer mouillé : pour y remédier, il faut, avec les louchets ordinaires, perdre de la force
- (if Polyçonum satimm, Lis», (le sarrasin).
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- et du temps pour incliner l’instrument assez en arrière, afin que la motte ne retombe pas dans l’eau ; l’accrocheur mobile, imaginé par M. Millot, agissant dans le moment même où l’on vient de détacher la motte, la retient, l’empêche de glisser, et doit rendre le service de ce louchet prompt et facile, en ne l’inclinant pas plus que si l’on travaillait à sec (i).
- L’auteur annonce que des bêches pareilles, faites en petit nombre, pourraient revenir à io francs chacune, rendues à Paris, et à bien meilleur marché, si l’on en commandait un certain nombre. ^
- Il serait utile d’y ajouter un aileron c, faisant, avec le fer de la bêche, un angle de près de 80 degrés, comme dans les îotichets en usage dans la vallée de la Somme , ce qui y apporterait une légère augmentation.
- Vos commissaires vous exposent que M. Millot est père de famille, et peu fortuné, ci-devant berger, aujourd’hui teinturier et mécanicien. Il a quitté son habitation ordinaire, éloignée d’environ vingt-cinq my-riamètres, pour apporter à Paris diverses machines, dont plusieurs sont ingénieuses.
- Yotre Comité, en reconnaissant que c’est à l’expérience à assigner le juste degré d’utilité de cette machine, vous propose acquérir le louchet à accrocheur imaginé par M. Millot, et de lui accorder, pour le prix de cet instrument, et à titre d’encouragement, une somme de i5o francs.
- Approuvé en séance, le 2 4 décembre 1806.
- Signé Gillet-Laumont , rapporteur.
- (1) D’après l’Instruction sur les tourbières, rédigée par M. Ribaucourt, revue et publiée par le Conseil des Mines , alors Agence des Mines , dans le n° VI du Journal des Mines, . en l’an III ( 1795 ), on voit, page 56, que des six temps nécessaires pour manoeuvrer les lou-chets ordinaires , le dernier est employé à l’incliner en arrière , pour empêcher la motte de tourbe de glisser lorsqu’on travaille sous l’eau. L’accrocheur mobile b proposé étant, jusqu’à ce moment, tenu ouvert par l’effet d’un ressort e, l’ouvrier, sans détacher sa main gauche du manche , presse alors sur la queue d} laquelle s’abaisse et fait fermer l’accrocheur ; en jetant la motte , l’ouvrier cesse de presser, l’accrocheur d s’ouvre , et la tourbe se détache à la manière ordinaire.
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- ARTS CHIMIQUES.
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- Questions relatives aux arts, proposées par M. G.-L. Cadet, pharmacien de S. M. Y Empereur.
- L’auteur, en adressant ces questions à la Société d’encouragement, a témoigné le désir qu’elles fussent offertes à l’émulation des savans et des artistes qui s’occupent plus particulièrement des objets qui y sont traités. La Société invite, en conséquence, ceux qui auraient trouvé la solution de quelques uns des problèmes suivans à lui adresser le résultat de leurs recherches.
- Première question. Parmi les produits du lait, il en est deux qui réclament l’attention des savans, sous le rapport de la manipulation , savoir : le beurre et le fromage. Il est des crèmes qui abandonnent très difficilement leurs parties butireuses, et qu’il faut quelquefois battre plusieurs heures de suite pour en obtenir du beurre. La buti-ration n’est pas expliquée, et l’on attend des physiciens ou des chimistes la théorie de ce phénomène, ainsi qu’un moyen de le produire a volonté et plus rapidement. On ne possède point encore un traité complet de l’art du fromager. La matière caséeuse est à peu près la même partout où l’on élève des vaches et des chèvres; cependant, les fromages sont variés à l’infini. A quels procédés tiennent toutes ces variétés? Le commerce est intéressé au moins à connaître la manière de préparer les fromages étrangers, tels que ceux d’Angleterre, de Suisse, de Hollande, etc.
- Deuxième question. L’art du chapelier est parmi nous un des moins avancés. Deux ou trois espèces de poils seulement peuvent se feutrer d’une manière solide, et les bons chapeaux sont en France d’une cherté exorbitante. Le procédé chimique qu’on appelle secrétage n’a pas été bien décrit, ou, pour mieux dire, on ne sait comment le nitrate de mercure agit sur les poils; ce sel, dangereux pour la santé des ouvriers et très coûteux, ne peut-il être remplacé par un réactif commun et moins nuisible (i) ?
- Troisième question. Les métaux acquièrent ou perdent, en s’alliant dans différentes proportions, des propriétés qui les rendent plus ou
- (i) Il est une variété de maladie connue sous le nom de plique, que M. Alibert, dans $on ouvrage sur les maladies de la peau, appelle plique en masse. Toute la tête du malade se feutre, et ses cheveux ne forment bientôt plus qu’une calotte inextricable. Ce feutrage
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- moins propres aux arts qui les emploient. La pesanteur, la couleur, la fusibilité, la ténacité, roxidabilité, fa sonorité, la malléabilité varient à l’infini dans les différens alliages métalliques ; on en connaît beaucoup , mais il s’en faut que l’on ait une connaissance exacte des principales combinaisons. Il serait très important de faire une série d’expériences qui servissent à dresser un tableau complet des propriétés des alliages, en considérant les métaux deux à deux, trois à trois, dans des proportions croissantes, depuis i et ioo jusqu’à ioo et 100. Il est impossible qu’un pareil travail ne fournisse pas des découvertes très précieuses aux arts (i).
- Quatrième question. Le mémoire de M. Noël, de Rouen, sur les moyens d’acclimater quelques poissons de mer dans les rivières et les étangs, a fait une vive sensation parmi les savans. L’autorité de Franklin, qui a peuplé de harengs une petite rivière, donne beaucoup de poids à cette méthode , et il est étonnant que personne n’ait tenté des essais sur ce procédé. Sans doute le mémoire de M. Noël n’a pas eu assez de publicité.
- Cinquième question. Les luthiers et les musiciens demandent souvent si les chimistes peuvent augmenter ou diminuer la sonorité des bois.
- Il est certain que, cette propriété dépendant de la densité et de l’élasticité de la fibre végétale, on peut faire varier l’une et l’autre , soit en imprégnant les bois de matières salines ou résineuses, soit en les privant d’une partie de leur extractif. Il y a sur cet objet des recherches très curieuses à faire, surtout sur les bois blancs, tels que le sapin , le tilleul, le bouleau, etc.
- Sixième question. On a demandé plusieurs fois, par vue d’économie, si l’on pouvait substituer des matières végétales à la laine,-au crin ou à la plume, qui servent au coucher des habitons des campagnes. On a
- est produit par une humeur trichomachique, dont Faction peut être expliquée par la chimie. On trouve dans l’ouvrage de M. Alibert une analyse des cheveux par: M. J^auquelin. Celte analyse peut guider ceux qui se livreraient à des recherches sur la théorie du sécrêtage. Il paraît que les poils des animaux ne sont point homogènes , qu’ils sont , ainsi que les cheveux, composés de deux couches différentes, et que ces deux membranes ne sont pas également attaquables par les réactifs. Leur proportion et leur force différentes dans les di vers poils rendent les uns propres au feutrage , et les autres rebelles à cette préparation. Ceci n’est qu’une hypothèse ; mais les essais déjà faits la rendent assez vraisemblable.
- (i)Les derniers travaux de Chenevix et des chimistes français sur la platine ont prouvé que certains métaux s’alliaient par la voie hunridé autremerit que par la voie sèche.. Cette anomalie doit être prise en,considération dans un travail aussi important. ! -
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- essayé, sans beaucoup de succès, la ouate, le duvet de roseau , et autres substances analogues. Les médecins se joignent maintenant aux économes pour demander que l’on s’occupe de cet objet, parce qu’il est reconnu que beaucoup de, maladies sont occasionnes par les laines, bourres ou plumes de mauvaise qualité dont se servent les cultivateurs , sans leur avoir fait subir des préparations suffisantes pour assurer leur salubrité. Il est constant, d’ailleurs, que les matières animales retiennent et transmettent les miasmes putrides beaucoup plus facilement que les substances végétales. Cette considération est très importante dans les hôpitaux et les prisons.
- Septième question. L’art du chandelier est susceptible d’un grand perfectionnement. On peut donner au suif une plus grande dureté en l’oxigénant, soit par une petite quantité d’acide nitrique bien disséminé dans sa masse, soit par le gaz acide muriatique oxigéné. Les Chinois font des chandelles qui ne coulent point, parce qu’ils les enveloppent d’une couche de cire, qui fond moins vite et retient le suif autour de la mèche. On pourrait aussi dépouiller le suif de son odeur nauséabonde (i).
- Huitième question. Parmi les plantes oléagineuses qui fournissent le plus de graines , il en est deux dont la culture n’a jamais été essayée en grand, et qui promettent cependant des bénéfices considérables; ce sont le carthame et le tournesol. Tous deux offrent une couleur assez belle à la teinture, et leur semence donne beaucoup d’huile douce. Leur tige et leurs feuilles peuvent être employées comme fourrage, et leur culture est facile.
- Neuvième question. Le mjrica cerifera de la Pensylvanie, si bien acclimaté en France , ne se trouve que dans les jardins dits anglais. Cependant les derniers mémoires publiés par MM. Tessier et Cadet prouvent que le cirier, qui vient facilement et ne demande aucun soin, peut rapporter, tous les ans, une grande quantité de cire propre à plusieurs arts et aux usages domestiques.
- Dixième question. Les amidonniers emploient une fermentation pro-
- (i) Il existe en Angleterre des fabriques de chandelles faites avec Yadipocire. Cette matière blanche, compacte, inodore, et fort analogue au blanc de baleine, est infiniment préférable au suif : on peut la préparer en faisant macérer dans l’eau des débris d’animaux qui ne servent ni à la nourriture de l’homme ni aux arts. Comment se fait-il que Y adipocire, dont la connaissance est due à un Français (M. Fourcroy), n’ait trouvé en France aucun fabricant curieux de l’essayer ?
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- longée des céréales ( une véritable putréfaction ), pour obtenir la fécule amvlacée. Ce procédé rend les amidonneries funestes aux ouvriers et à leur voisinage par l’odeur infecte et morbifique qu’elles exhalent. N’existe-t-il pas un moyen d’extraire l’amidon autre que la fermentation et la macération ?
- Sur les propriétés de Y acier trempé (i).
- Un correspondant de M. ISicholson y qui est copropriétaire d’une fabrique de tôle d’acier , lui a communiqué des faits relatifs aux variations qu’éprouve l’acier dans les diverses opérations de la trempe, de la forge et du brunissage; ces faits nous paraissent assez intéressans pour devoir être consignés dans le Bulletin.
- Une lame d’acier de 3o pouces (2) de long sur 12 pouces de large et 0,04 d’épaisseur, ayant été trempée dans un mélange d’huile et de suif, fut recuite comme les ressorts, et se trouva assez élastique pour se redresser après avoir été courbée : on la dressa ensuite à coups de marteau; elle perdit une partie de son élasticité; lorsqu’on la passa sur la meule, elle en fut entièrement privée jusqu’à reprendre son état primitif avant d’avoir été trempée. Cette lame, chauffée au bleu, recouvra toute son élasticité ; mais, ayant été polie avec de l’émeri sur un cuir à polir, elle en fut de nouveau privée , à un moindre degré cependant que la première fois. Les mêmes effets se produisirent en frottant l’acier avec de l’émeri ou du papier de sable, et même en le brunissant; mais il redevint parfaitement élastique lorsqu’on le bleuit; cette opération est la dernière dans les fabriques de lames d’acier élastiques.
- ARTS ÉCONOMIQUES.
- Rapport fait par M. de Grave, au nom dune Commission spéciale, composée de MM. Montgolfier, d’Arcet, Molard et Bouriat, sur Varéomètre de Bories , construit par M. Barthélemy, de Montpellier.
- La Commission chargée de vous rendre compte de l’aréomètre exécuté par M. Barthélemy a reconnu que cet instrument est construit, ainsi
- (1) Journal de Nicholson , n° 5>j. Juillet 1807.
- (2) Le pied anglais est égal à 11 pouces, mesure de Paris, ou 33 centimètres ; le pouce à 11 lignes un quart ou 25 millimètres.
- Cinquième année. Février 1807.
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- que l’annonce l’auteur, d’après les principes développés dans un mémoire de feu M. Bories r docteur en médecine de l’Université de Montpellier, mémoire basé en partie sur les expériences et les calculs de M. Pouget, alors lieutenant de roi à Cette, homme aussi recommandable par ses connaissances que par son caractère.
- Ce mémoire remporta, au jugement de la Société des sciences, le prix proposé par les États de Languedoc sur cette question : Quel est le meilleur moyen de déterminer les degrés de spirituositè des eaux de vie et de Vesprit de vin ?
- Lorsque M. Montgoljier crut devoir vous proposer, dans l’une des séances du mois de mars de cette année , de faire construire un aréomètre sur le principe de ceux employés en Angleterre. M. Chaptal observa que, depuis long-temps , on se servait, à Montpellier, de l’instrument le plus parfait qu’il connût en ce genre , qui avait été décrit et exécuté par M. Bories (i).
- C’est cet aréomètre que j’ai l’honneur d’offrir à la Société, au nom de M. Barthélemy.
- L’auteur, dans son mémoire, examine, avec une critique exacte, les moyens employés jusqu’alors, tels que l’épreuve par l’air, par la distillation, par l’action de la poudre , par le sel de tartre et par la pesanteur spécifique : pour la déterminer, on s’est servi d’abord de la goutte d’huile, de la balance ordinaire , puis de la balance hydrostatique, enfin de l’aréomètre.
- L’épreuve par la goutte d’huile était très usitée en Espagne : la balance hydrostatique , exacte dans ses résultats , n était cependant pas entièrement satisfaisante : son usage demande du temps et des mains exercées.
- M. Bories décrit les divers aréomètres qu’il a employés : il commence par celui de Farenheit, qu’il regarde comme l’inventeur de cet instrument. « A l’extrémité supérieure de la tige , dit-il, est adapté un bassin dans lequel on place plusieurs poids, jusqu’à ce que l’aréomètre , plongé dans la liqueur, s’arrête^ au trait qui partage cette même partie de la tige ; ensuite, d’après le poids connu,de l’instrument (comprenant celui fixé à la partie inférieure de sa tige pour maintenir la position verticale) comparé à cenx que contient le bassin, il est facile de déterminer le plus ou moins de concentration des liqueurs qu’on éprouve et de leur assigner des titres comparatifs. » Cependant ce moyen , malgré
- (i) BujUeiin, N° XXI, p. 227, quatrième année., -: n?
- »
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- sa précision, n’était ni assez simple ni asvsez prompt pour l’usage du commerce.
- Les hydromètres , que M. Bories nomme hydromètres de comparaison•, comme celui de Baurné , lui paraissent très supérieurs, surtout quand ils portent, ainsi que ceux de M. Montigny, leur échelle clans l’intérieur de la tige; mais, construits en verre, ils sont très fragiles : d’ailleurs, il pourrait arriver que trois pièces d’eau de vie,,de même titre , placées à des températures différentes, nécessitassent , pour leur vérification , trois mstrumens au lieu d’un ; ce qui serait embarrassant dans les usages journaliers.
- Bories donne ensuite la description d’un aréomètre anglais, qui, étant convenablement rectifié, paraîtrait .utile ; mais cet instrument est peu connu, même de ceux qui en ont fait les plus grands éloges.
- L’auteur, dit-il, a fait un mystère de la méthode qu’il a suivie dans sa construction, ou plutôt il en indique une tout opposée, genre de finesse qu’on a quelquefois reproché aux descriptions que les Anglais paraissent avoir la générosité de donner de leurs inventions. Il faudrait, pour celle-ci, mesurer sur un hydromètre les deux termes extrêmes de l’eau et de l’alcool. On suppose qu’un mélange, à volume égal, des deux liqueurs doit être indiqué par un point également distant des deux extrêmes, et que les autres divisions suivent le même principe. Ce serait cependant une erreur très grave;, car, comme l’observe M. Bories, dans une division de 4oo parties, dont o pour i’eau et pour l’alcool, le mélange à parties égales, au lieu d’indiquer 200 degrés, n’en donnera que 120 ; ce qui s’explique, comme on le sait, par la pénétration des deux liqueurs dont la densité augmente au moment quelles s’unissent.
- La différence que présente cette pénétration , en raison des proportions des mélanges, est la première difficulté à vaincre; la seconde, non moins importante, c’est celle de trouver des termes fixes pour déterminer une gra-duation exacte. On peut, il est vrai, reconnaître pour l’un de ces deux termes l’eau distillée; mais comment s’assurer d’obtenir l’alcool dans son plus éminent degré de légèreté?
- En convenant qu’on 11e peut encore atteindre à une précision parfaite, et que la capacité de la boule éprouve aussi quelques légères variations, à raison de la température de la liqueur où elle est plongée, nous n’en devons pas moins rechercher et faire connaître celui de ces instrumens qui réunit le plus d’exactitude à une application facile et à la portée de ceux qui, par état, en font un usage habituel.
- M. Bories, après avoir indiqué les moyens qu’il emploie pour se procurer
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- Faleool le plus pur, détermine les mélanges avec l’eau distillée; il compose d’abord , par leur volume proportionnel dans ces mélanges , neuf sortes d’eaux de vie formant neuf titres différens; il s’assure ensuite de l’exactitude de son opération par la balance hydrostatique et par l’aréomètre de Farenheit; il donne des tables indicatives des rapports de la pesanteur spécifique avec ceux de la pénétration , et il a surtout égard aux effets plus ou moins grands qu’elle produit dans chaque mélange, pour former la division de l’échelle : mais, comme il considère qu’en proportion du degré de la température le degré de concentration des eaux de vie augmente ou diminue, et qu’elles éprouvent aussi une variation en raison de leur degré de spirituosité , il distingue les diverses concentrations résultant des variations de la température de celles produites par diverses forces de spirituosité.
- Quant aux thermomètres employés à ces épreuves, l’auteur pense qu’on doit préférer ceux à esprit de vin aux thermomètres à mercure, non seulement pour que la couleur soit plus sensible, ce qui est à considérer, puisque les épreuves se font le plus souvent dans des caves, mais aussi parce (jue les dilatations et condensations des eaux de vie lui paraissent répondre à celles du thermomètre à esprit de vin plus exactement qu’au thermomètre à mercure.
- C’est par des expériences réitérées que M:. Boriès parvint à déterminer les degrés des neuf mélanges qu’il avait composés: il se servit, pour cet effet., d’un hydromètre assez grand pour être très sensible: il divisa, en cent parties égales, la dis'ance que présentait cet instrument entre le point de l’eau distillée et celui de l’alcool le plus spiritueux , l’un et l’autre liquide étant à la tempérai lire de io degrés du thermomètre de Réaumur; il dressa une table, dont la première colonne indique les degrés depuis o jusqu’à 20, et les suivantes, dè degré en degré, toutes les variations qu’éprouvèrent l’alcool^et les neuf mélanges, pendant six mois que durèrent ses expériences, qui furent répétées différentes fois chaque jour; .
- Telles sont les bases qui ont servi à la construction de l’aréomètre-que M. Barthélemy a l’honneur dè vous présenter, et dont la description, accompagnée de gravures et de plusieurs tables résultant des expériences delNl. Boties.se trouve jointe à son mémoire : il le termine en observant qu’il*-ne suffit pas d’avoir construit un instrument qui peut satisfaire le physicien,, mais qu’il faut aussi appliquer les mêmes moyens à un instrument, propre pour l’usage journalier du commerce ; c’est dans cette vue que celui d«> M. Barthélemy a été exécuté..
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- Description de Varéomètre offert h la Société par
- 31. Barthélémy.
- \j3ifig. i, Pl. 27, représente la boîte dans laquelle sont placés l’aréomètre, le thermomètre et le nombre de poids que l’on désire, indiquant divers titres susceptibles d’être modifiés, suivant les usages des pays où l’instrument est employé. Ces poids se vissent à l’extrémité inférieure de la tige de l’aréomètre; ils sont en argent, ainsi que l’instrument. La boîte à 24 centimètres (8 pouces 10 lignes) de long sur 7 centimètres ( 2 pouces
- 7 lignes) de large et millimètres (1 pouce 8 lignes) d’épaisseur.
- Fig. 2. Aréomètre en argent, de 233 millimètres (8 pouces 7 lignes) de long. Sa tige supérieure, longue de n5 millimètres (4 pouces 3 lignes) sur 5 millimètres (2 lignes) de diamètre, est divisée en 40 degrés. La tige inférieure , qui est taraudée pour recevoir les poids , a 68 millimètres (2 pouces 6 lignes) de long sur 3 millimètres environ de diamètre : ces deux tiges servent d’axe à une sphère de 43 millimètres ( 1 pouce 7 lignes ) de diamètre. ( Cette figure, ainsi que la suivante, est réduite d’un tiers sur la planche. ) -
- Fig. 3. Thermomètre à esprit de vin , long de 23i millimètres (8 pouces 6 lignes) sur 27 millimètres ( 1 pouce) de large. Son échelle, qui n’est pas divisée comme celle des thermomètres ordinaires, mais suivant les expériences faites sur la distillation des eaux de vie, pour correspondre aux degrés de l’aréomètre, a environ 10 centimètres (3 pouces
- 8 lignes ) de longueur ; elle porte, à gauche, une division de 4° degrés
- pour les eaux de vie, et, à droite, une division approximative de 45 degrés pour les alcools. . ^
- * Fig. 4- Tubes jumeaux de fer-blanc soudés sur une base d’étain; ils ont 228 millimètres (8 pouces 5 lignes) de long sur 47 millimètres (1 pouce
- 9 lignes) de diamètre, et communiquent intérieurement et dans toute leur longueur par une ouverture d’un centimètre de large. On verse l’eau de vie dans ces tubes, jusqu’à les remplir presque entièrement. Dans l’un, on place l’aréomètre, dans l’autre le thermomètre, de façon qu’il n’y ait qu’un quart environ de l’instrument qui plonge dans la liqueur; on a préalablement vissé à la tige inférieure de l’aréomètre le poids qui indique le titre de l’eau de vie que l’on éprouve. Si l’eau de vie est exactement au titre pour lequel ou la qualifie, l’aréomètre descendra au même degré où sera monté le thermomètre : si l’aréomètre descend un ou plusieurs degrés de plus, c’est une preuve que la liqueur est plus forte de ce nombre de degrés que le titre
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- qu’on lui attribue; si, au contraire, l’aréomètre reste au dessus du degré indiqué par le thermomètre, la liqueur sera faible dans la même proportion. On qualifie une liqueur d.eJorte pu de faible, suivant le titre dont elle approche le plus.
- Plusieurs des membres de la Commission, chargés par la Société d’exa--miner cet instrument, ont répété les expériences nécessaires pour en constater la précision.
- On a élevé, à plusieurs reprises, la température de la liqueur, dont le titre avait été déterminé, tant par l’aréomètre de Cartier que par celui soumis à l’expérience ; une différence de 8 degrés au thermomètre a produit, avec la plus extrême précision, la même variation de degrés dans l’aréomètre, de manière que les degrés se trouvant calculés pour se correspondre par leurs dénominations, et l’effet des deux instrumens étant en sens inverse, l’aréomètre est descendu spontanément de 8 degrés, le thermomètre est monté dans peu d’instans au même nombre de degrés ; ce qui prouve une justesse clans le titre , tel que le poids adapté à la tige inférieure de l’aréomètre l’indiquait, quoique la température eut éprouvé une variation sensible. La même expérience, répétée avec l’un des aréomètres de Cartier, long de n5 centimètres , et portant, à sa tige supérieure de 8 millimètres de diamètre, une échelle de i38 millimètres, divisée en 46 degrés, chaque degré partagé en cinq sous-divisions , donna une variation qui ne formait que la sixième partie de celle produite* par l’aréo-4-mètre de Bories; mais ce qui fait le mérite de ce dernier instrument, ce n’est pas tant sa sensibilité que la certitude qu’il donne au moment même, par la correspondance exacte avec son thermomètre, que, quelle que soit la variation de la température, la liqueur conserve toujours son même titre (1).
- Comparant ensuite le poids que contient la boîte avec les degrés de l’aréomètre de Cartier, nous les avons trouvés correspondans, de manière que le poids indiquant, preuve de Hollande, donne à l’aréomètre de Cartier, 19° fort ; les |, 220 fort ; le f, 290 fort ; le |, 33° fort, le y, 35° fort, éprouvé à io° du thermomètre de Réaumur ; ce qui ferait, pour l’aréomètre de Cartier, suivant les températures basses ou
- (1) M. Bories observe que. si deux pièces d’eau de vie ( preuve de Hollande ) donnaient le même degré à l’hydromètre , mais un degré de différence au thermomètre , le rapport des prix serait d’un quart de moins d’une pièce relativement à l’autre. " '
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- ofevôes, une variation en plus ou en moins (le 2 à 3 degrés, qnant au titre» qu’on rie peut alors apprécier que d’une manière très vague (i). :
- v Les poids de l’aréomètre de M. Barthélemy portant, dia plupart, des dénominations qui ne sont d’usage qu’en Languedoc y\ nous ne pouvons nous empêcher d’observer combien , d’après le système si utile de l’uniformité des poids et mesures, iLserait à désirer qu’il-y'eût. des dénominations bien appliquées et généralement adoptées pour le commerce des( eaux de vie (2). j:.- b o:’v
- i(Nous terminerons ce rapport par l’avis de Votre <cotrçmisgkMié Elle ^ considéré que l’extrême précision de l’aréomètre soumis à son examen , la justesse avec laquelle il indique à l’œil, sans tâtonnement et sans calcul, les titres des eaux de vie les plus en usage , quelles que soient les variations de température, la manutention commode de l’instrument, son exécution soignée et bien entendue, enfin la modicifé dq ^on prix (5), le^endent digne de l’approbation de la Société, et qu’on peut le regarder comme le; meilleur instrument applicable a\i commerce qu’on ait employé; jju,squ’à( présent. En conséquence, vos commissaires vous proposent d’autoriser l’insertion du présent rapport dans le Bulletin, çt de témoigner à M. Barthélemy toute votre satisfaction pour l’horùmage qu’il a; fait à la Société de son aréomètre. ' ’ * - - • y .... ...
- (1) M. Bouriat, dans le cours dès expérience?, a observé què, lors des mélange? d’eau et d’alcool, il se fait un dégagement de calorique* au moment de la pénétration des deux liqueurs, qui induirait en erreur si l’on n’ajttendait pas le rétablissement de l’équilibre. .
- (2) Les poids de l’aréomètre que M. Barthélemy a offert æ la Société ont été réglés avec précision sur les poids, déposés comme étalon? du temps des* Etats de Languedorc , et conservés au chef-lieu du département de1 l’Hérault pour jseçvir aux vérifications. Lorsque M. Bories présenta ses calculs pour déterminer les titres exacts des eaux de vie , il prit une moyenne proportionnelle parmi plus de trois mille pièces provenant de diverses parties du Languedoc : il ne se détermina pas sur une seule année, qui eût pu, suivant la saison, donner une base trop ou trop peu favorable , puisque les eaux de vie sont plus ou moins spiritucuses, suivant lès tèsnps de sécheresse ou de pluie ; il choisit, les années 17*70, *7^4 et 1772, dont le terme moyen était le plus rapproché des anndes\?rdinaires. Il détermina ensuite les rapports de ce terme moyen à l’esprit de vin et à l’eau distillée, et il régla ainsi
- les différens titres. , - * i < >
- h, - .; , * *; s .. : ; : •. • ; ; > nLnooK?
- (3) M. Barthélemy, orfèvre, demeure à Montpellier. Le prix de sou aréomètre:, y cora-
- pris le thermomètre et les quatorze poids en arpent , qui sont renfermés dans la boîte , ainsi qu’on le voit sur la planche , est de 90 fr. î/aréomèlre seul avec la boîte, le thermomètre et un poids seulement, coûte 3o fr. Chaque poids se paie 6 fr. Les thermomètres, pris séparément, se vendent 6 fr, chacun. •“ u .,wv-o>.v.s
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- Les conclusions de ce rapport ont été adoptées dans la séance du 24 décembre 1806.
- Nous joignons ici un tableau comparatif des degrés de force des eaux de vie et des alcools, suivant la dénomination marquée sur les poids de l’aréomètre construit par M. Barthélemy ; ce tableau indique la correspondance entre les dénominations en usage à Paris , et celles dont on se sert en Languedoc.
- L’eau de vie dite preuve de Hollande, étant celle qui fournit le plus à la consommation, a , pour ainsi dire, servi de boussole pour le titre et le prix des autres ; ainsi, le est une eau de vie dont trois parties mêlées à deux d’eau pure donnent cinq parties de preuve de Hollande, et ainsi des autres titres.
- Dix parties d’esprit devin bien rectifié et une d’eau présentent la combinaison du f, et, comme nous venons de l’observer, trois parties de f et deux d’eau donnent le titre de la preuve de Hollande ; cette preuve est plus faible que celle dite de 22 degrés, de 16 degrés de l’aréomètre de Languedoc , exécuté par M. Barthélemy, et ainsi de suite :
- 22 degrés plus faible que le 1 de
- | id. . . . . . que la preuve d’huile de
- preuve d’huile . . . id. . . . . . id. . . • ! de . . . . 4
- 4 5 • * • r • . . id. . . . . . id. . • î de
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- 3 6 * * * * • . . id. . . , . . . id. . , . | de* . ... .... 11
- 3 7 * * * * * .. id. . . . , . . id. . • t de
- Procédé pour dépouiller les plumes de leur huile animale ; par madarne Jane Richardson ( 1 ).
- Ce procédé, pour lequel la Société d’encouragement de Londres vient d’accorder à l’auteur une récompense de 20 guinées, consiste â préparer un mélange d’eau et de chaux vive dans la proportion d’une
- (1 ) Journal de Nickolson, n° 5y. Juillet 1806.
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- livre de chaux pour chaque gallon d’eau. Lorsque la chaux non dissoute est. précipitée, on decante 1r liqueur*
- Les plumes étant jetées dans un vase, on y verse dessus une quantité d’eau de chaux suffisante pour les recouvrir de trois pouces environ, et on les remue afin de faciliter leur immersion.
- Lorsque les plumes sont complètement imbibées , elles tombent au fond du vase, où on les laisse pendant trois ou quatre jours; alors on les porte sur un tamis, afin d’en séparer l’eau de chaux ; on les lave ensuite à l’eau claire, et on les fait sécher à l’air sur des filets à mailles serrées, en observant de les retourner de temps en temps. Dès que les plumes sont sèches, elles passent au travers des mailles du filet; on les recueille et on les emploie après les avoir battues.
- Toute l’opération, qui est très simple , ne dure que trois semaines.
- Chandelles et bougies a mèches creuses et cylindriques.
- M. Hermbstaeclt} professeur de chimie à Berlin, fit, il y a quelques années, des essais sur diverses espèces de bougies et de chandelles de suif et de blanc de baleine, ainsi que sur des chandelles fabriquées avec ces trois substances mêlées ensemble ; il publia le résultat de ses recherches, et annonça que la fabrication des mèches était susceptible de divers perfectiounemens ; qu’en employant, par exemple, des mèches plates ou des mèches creuses et cylindriques , on obtiendrait une lumière plus brillante et plus pure que celle produite par les mèches ordinaires, parce qu’on aurait l’avantage de faire circuler l’air dans l’intérieur de la chandelle.
- On conçoit à combien d’applications utiles cette idée aurait pu donner lieu , et cependant on n’avait point tenté de la mettre à profit. Les Anglais, ayant senti les avantages de cette découverte, s’en sont emparés. Un M. Desormeaux, de Barking, en Essex, vient d’obtenir un brevet d’invention pour la fabrication de bougies et de chandelles de suif et de blanc de baleine , à mèches creuses et cylindriques. Voici le procédé qu’il emploie. ,
- Au lieu de mèches ordinaires, dont les fils sont disposés longitudinalement et légèrement tordus, et qu’on nomme mèches pleines, l’auteur se 4ert de mèches cylindriques et creuses, ayant un.diamètre plus considérable, mais n’exigeant que la même quantité de coton ; il les fabrique au métier ou de toute autre manière. On les enduit de résine, de cire ou de suif mêlé, soit avec de la cire, soit avec de la
- Cinquième année. Février 1807. 26
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- résine, et on les enfile sur des broches de fer qu’on plonge dans le moule et qu’on retire lorsque la chandelle est achevée et durcie. Ces mèches, dont le diamètre varie suivant la grosseur des chandelles, sont tantôt recouvertes à l’intérieur d’une couche plus ou moins épaisse de cire ou de suif, tantôt remplies de ces mèmès substances après que la broche de fer a été retirée. Lorsque le diamètre des mèches est considérable, on les ouvre à leur extrémité inférieure, afin qu’il s’établisse un courant d’air intérieur; dans le cas contraire, on les bouche par le bas. M. Desormeaux fabrique aussi des chandelles qu’il enveloppe d’une couche de cire.
- Ces chandelles se distinguent, tant par leclat que par la pureté de leur lumière : elles ne coulent pas, et le courant d’air intérieur empêche le dégagement de la fumée pendant la combustion; mais un de leurs principaux avantages, c’est qu’on peut les allumer aussi promptement qu’une lampe à esprit de vin , et qu’en les soufflant ou en les éteignant avec négligence , elles ne répandent presque aucune odeur et ne conservent pas de champignon, ce qui préserve du danger de l’incendie : aussi peut-on les employer dans les caves, les magasins et à bord des vaisseaux.
- ÉCONOMIE RURALE.
- Suite de l’extrait du rapport sur la plantation des dunes du
- golfe de Gascogne (i).
- ^ •
- Nous avons vu précédemment que les dunes du bassin d’Arcachon régnent, sans interruption, sur 255,280 mètres (60 lieues) de côtes; qti’elles couvrent aujourd’hui 1,139 myriares ( j5 lieues ) de superficie ; qu’elles avancent, chaque année, dans les terres de 20 à 25 mètres (60 à 75 pieds) sur tout ce développement.
- Une entreprise aussi vaste n’a pu être confiée qu’au Gouvernement, qui, en effet, a fait les premiers essais. Le succès a été tel que, d’après une simple règle de proportion , la dépense totale de l’entreprise , d’abord présumée de 8 millions , ne serait que 4 millions en capitaux et intérêts. Le temps indispensable (dont une partie est déjà heureusement
- (1) Voyez Bulletin , N° XXXI, p.
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- écoulée ) sera de trente-cinq à quarante ans ; il serait possible de le réduire à moitié en doublant les capitaux (i).
- Mais ce qui paraîtra inconcevable, et qui ne peut s’expliquer que par la prodigieuse végétation des dunes, c’est que les seuls revenus en plantations donneront, au bout de soixante à soixante-dix années, un revenu annuel de plus de 4 millions, c’est à dire, plus que le capital dépensé. On ne peut expliquer ces importans résultats que par la prodigieuse force de la végétation dans les dunes.
- Voici les résultats généraux de la plantation des dunes : pins de six ans, 4 à 5 mètres ( 12 à i5 pieds) de hauteur; pins de huit ans, hauteur 6 à 8 mètres ( 18 à 24 pieds); pins de quinze à seize ans, 10 à 12 mètres ( 3o à 36 pieds) de haut sur 17 centimètres (6 pouces) de circonférence ; genêts épineux et ordinaires de cinq ans, hauteur 2 mètres ( 6 pieds); de huit ans , 3 mètres ( 9 pieds ) et au delà ; les chênes, les aunes, les saules , les sapins, les lièges, etc., croissent en proportion.
- Les pins et autres arbres résineux , qui, dans les landes, n’offrent de produit qu’à vingt ou vingt-cinq années , ont fourni des résines à quatorze ans, et ils avaient alors de 5o à 80 centimètres (18 pouces à 2 pieds 5 pouces ) de circonférence.
- Les arbres , arbustes ou plantes qui croissent avec rapidité dans les dunes une fois fixées,et qui se propagent d’eux-mêmes, sont
- Les pins, les lièges, les chênes. On croit que le cyprès (cupressus semper-virens ) , la pesse (pinus abies ), le mélèze ( pinus lariæ ), réussiraient également. 7
- Les arbustes sont le genêt épineux , le tamaris, les arbousiers, les alater- . nés , les philaria, le gazon ( daphne mezereum ) , l’épine blanche et noire , les chèvrefeuilles, etc.
- Les plantes sont les bruyères, les plantains, les millepertuis, les pâquerettes, etc. ; mais deux plantes ou arbustes surtout croissent avec rapidité et résistent à-tous les mouvemens des sables : l’un est l’élyme ( elymus arena-ria) , l’autre est le roseau des sables ( arundo arenaria , Linn. ). Ils s’élèvent toujours au dessus des sables, et ne cèdent la place que lorsqu’ils sont totalement déracinés.
- (1) On a tout lieu de présumer aujourd’hui que l’entreprise entière ( interets et capitaux ) n excedera pas 3 millions. Le travail devient de plus en plus facile. Les premiers semis faits pour essais en 1788, 1789 , 1791 et 179a donnent déjà des produits qu’on n’attendait qu’à vingt-cinq ans.
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- Presque toutes les plantes vivaces prospèrent avec la meme rapidité , et à mesure que les sables s’élèvent, leurs tiges les surmontent et les racines s’enfoncent. Il est des vignes dont la première tige se trouve à io ou 12 mètres ( 3o ou 36 pieds) de profondeur. Si les gelées du printemps emportent les premières pousses, on déchausse, on entaille plus bas, et les nouveaux nœuds donnent d’abondantes récoltes (1).
- Les sables du bassin d’Arcachon sont plus ou moins mélangés de mica, de parties calcaires, de débris de coquilles, de parties attira-bles à l’aimant, mais tout cela dans une si faible proportion qu’on peut les regarder comme entièrement quartzeux : c’est dans ces sables arides qu’a lieu cette végétation prodigieuse qu’on chercherait inutilement ailleurs.
- Toutes les côtes sablonneuses delà France, des Pays-Bas, de la Hollande, du Danemarck , de l’Europe entière, offrent l’exemple de plantations faites dans les sables au bord de la mer; on y cultive même la vigne, le blé, et surtout d’excellens légumes. Mais tous cès sables sont des dépôts formés depuis de longues années, et n’éprouvent de déplacement qu’à la surface et par l’action des vents; ils ne forment pas des montagnes voyageuses, qui s’élèvent, s’abaissent, se forment, disparaissent, marchent en entier depuis des siècles. Tels sont les sables dont il s’agit ici ; telles sont les dunes qu’il fallait fixer, et on chercherait vainement ailleurs les exemples d’un pareil travail. ^
- Quelle est la cause qui concourt à la formation des dunes du golfe de Gascogne? Où sont les matériaux de ces immenses dépôts de sable, qui couvrent 37 myriamètres ( 'jS lieues carrées), et dont le cube total peut être évalué à 199433 985,875 mètres cubes (2)? Sont-ce les rivières de la Gironde et de l’Adour qui portent à la mer les sables qui forment les dunes ?
- L’auteur cherche à démontrer que ces fleuves n’ont jamais pu fournir ces immenses dépôts, dont la masse ne pourrait être contenue dans toutes les cavités, dans tous les vallons de la Gironde, de l’Adour et de leurs affluens ; que ces vallons sont composés de terrains calcaires,
- (1) La vigne prospère dans les dunes fixées, mais elle ne peut être utile à leur fixation; on
- la cultive avec avantage entre Molier et l'embouchure de l’Adour. »
- (2) La surface des dunes est de ^5 lieues carrées, dont la surface en toises est de
- ^ 3oo,000,000 ou de .11,396,227,650 mètres carrés sur 54 pieds ( 18 mètres environ ) de hau-
- teur réduite , ce qui donne un produit de I99j433>983,875‘mètres cubes. Ce calcul a été fait d’après des nivellemens sur lesquels on peut compter.
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- argileux, de terre végétale, et de nature très différente des sables des
- dunes. ' • v '
- Il parcourt ensuite les côtes d’Espagne, depuis le cap Ortégal jusqu’à Fontarabie et Bayonne; celles de France, depuis Ouessant jusqua Royan et Oléron. 1 ,
- Il y trouve toutes les matières dont les dunes sont formées; partout les traces des ravages de la mer, des graviers, des lits de pierre et de terre plus ou moins saillans, plus ou moins excavés, suivant l’adhérence des parties et leur résistance, des grottes profondes dans des montagnes coupées à pic et tombant en ruines, des blocs de pierre, des rochers énormes nouvellement éboulés et entassés ; enfin, la destruction journalière de ces côtes, prouvée par celle des ouvrages d’art les plus solides, qui éprouvent en peu de temps des dégradations assez sensibles pour n’y plus reconnaître l’ouvrage de l’art et la main de l’homme. . i ; !
- Ces amas de rochers, de terre sont sans cesse battus /soulevés , froissés , entraînés par le mouvement constant des eaux de la mer dans le golfe de Gascogne. ‘ - ; ; u~ : — : :
- Les quartz, les cailloux, les graviers, en se détruisant eux-mêmesV minent également les rochers les plus durs. Tous ces débris se broient, s’atténuent sur la plage, jusqu’à ce que, pulvérisés et devenus sables , ils deviennent le jouet des vagues, et ensuite des venté, qui les disposent à jouer un nouveau rôle dans la nature , en formant des dunes.
- Les sélénites, les terres calcaires, argileuses, plus ou moins décomposées et délayées, se combinant avec les eaux de la mer, sont portées par elles à l’abri des vents, dans dés baies plus tranquilles, où elles se déposent. * '
- C’est aux mêmes causes que l’auteur attribue la formation des landes ; tout prouve que ces plaines de sable sont un terrain récemment formé e abandonné par la mer, un terrain très nouveau enfin, si on le compare avec la rive droite de la Garonne dans l’ancien Périgord et l’Agénois. j . ,
- Les corps marins, en très grand nombre dans ces dernières contrées, sont pour la plupart étrangers à nos mers ; l’espèce de plusieurs ne se retrouve plus : les uns sont minéralisés, les autres, presque toujours plus durs que la pierre , sont quelquefois silifiés. .
- : Ceuxj?; au contraire, que l’on rencontre dans le terrain des'landes ont à peine changé de nature ; ils sont environnés d’une gangue tendre
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- et. friable ; ils sont le .pins souvent tels que les eaux les ont déposés: tous leurs analogues se retrouvent dans les mers qui environnent ces côtes.
- Cette ingénieuse théorie explique assez bien la cause de ces immenses dépôts qui vont former les dunes sur les côtes de Gascogne et sur celles des ci-devant provinces de Poitou et d’Aunis ; ces dépôts argileux, ces laisses de la mer qui ont formé ces marais immenses, dont partie sont déjà l’objet de grands défrichemens, partie sont encore abandonnés aux eaux , et attendent y ppur être fertilisés , les secours de l’industrie humaine.
- M. Brémontier propose de tirer des plantations des dunes un moyen assuré de préserver les côtes dangereuses du golfe de Gascogne des naufrages qui y sont malheureusement trop fréquens. Les causes de ces naufrages sont la grande mobilité des dunes , leur blancheur uniforme qui se confond avec l’horizon , et enfin la multitude d’écueils, de bancs de sable que présente la côte entre la Gironde et l’Acîour. Le navigateur, une fois poussé par la tempête dans le golfe de Gascogne, croyant reconnaître les balises naturelles qu’il a laissées à son départ, manque les passes, et va se perdre sur les mêmes bancs de sable derrière lesquels il eût pu trouver un abri et un refuge.
- Pour assurer cette côte et en faire reconnaître les différentes passes, l’auteur propose de laisser de demi-myriamètre en demi-myriamètre ( de lieue en lieue) d’autres espaces vides de 5o mètres ( i5o pieds) seulement, qui ne seraient aperçus que près des côtes.
- Le nombre dç ces grandes balises serait de neuf; elles seraient dirigées sur des points et des passes indiqués, dont chaque balise porterait le nom.
- Les massifs seraient en pins élevés ; les allées ne seraient cultivées qu’en arbustes ou plantes vivaces propres aux bestiaux : rien ne serait voué à la stérilité,
- Ceux qui savent combien la seule forêt de Royan est utile aux navigateurs, combien ils veillent à sa conservation , pourront apprécier les idées de l’auteur.
- Ces grandes divisions en allées et en massifs préserveraient des incendies si communs, si dangereux, dans les forêts de pins et d’arbres résineux.
- Les dunes , dont la surface est d’environ 335,422 journaux ou arpens de Paris , renferment des étangs, de vastes marais inondés , dont on peut évaluer la superficie à 127,000 arpens, sur lesquels 80,000 peuvent, selon l’auteur, être facilement rendus a là culture.
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- Ce sont les vents et les sables qui ont formé ces vastes amas d’eau; ce sont les vents et les fables qui doivent les dessécher. • -.>.•> :
- Cette étendue de terrain inondé comprend les vastes marais.et étangs d’Hourtin,de Sainte-Hélène, de Lacanau,du Porge, qui ne peuvent décharger leurs eaux que par le bassin d’Arcachon ; les étangs de Casan, de Biscarosse, de Parentis et d’Aurélian, qui ne peuvent se rendre à la mer que par le canal de Mimizan.
- Ces grandes masses d’eau sont liées par des chénaux peu profonds, toujours situés au pied des dunes et comblés par elles : leurs sables tendent sans cesse à élever le fond de ces vastes bassins qui se répandent alors dans les terres ; il est donc extrêmement nécessaire de les conduire directement à la mer. Mais par quels moyens ? Comment creuser des canaux dans des sables mouvans ? L’auteur propose délaisser entre les massifs plantés d’arbres ou d’arbustes des espaces vides qui, bientôt, se transformeront en canaux , parce que les sables exposés à la fureur des vents , resserrés dans des gorges factices, seront enlevés, disséminés sur les dunes voisines^, dans les vallons et les étangs, jusqu’à ce que l’ancien soi reste à nu .- alors, les sables jetés par la mer, trouvant des pentes établies, suivront la même direction que les premiers. . ;
- Il suffira d’aider l’action des vents en grattant et remuant, par le moyen d’une herse légère, la partie supérieure des dunes, pour en faire sécher plus promptement les sables, qui, comme nous l’avons dit, ont la propriété de conserver long-temps leur humidité.^ > f 5
- Quelques soins seront nécessaires pour suivre l’action des sables remués par les vents , régler grossièrement leurs talus, les ensemencer et les couvrir comme les dunes elles-mêmes.
- Aussitôt que le fond du vallon, ou la superficie de ces nouveaux canaux , sera de niveau avec les eaux des marais, des étangs, ces eaux rompront elles-mêmes la faible digue que leur opposent des sables mobiles ; un simple filet d’eau sera bientôt transformé en un torrent, dont les eaux se rendront à la iner, avec une vitesse combinée en raison de leurs masses et de leur pente. >
- Alors de vastes terrains seront rendus à la culture, de vastes terrains plantés ou cultivés échapperont aux ravages des eaux (i).
- (i) L expérience a prouvé eu faveur de cette théorie. De simples cordons de fascines, d’un métré et demi ( 4 pieds et demi ) de hauteur, ont, dans l’espace de deux mois au plus, creusé plusieurs vallons de 20 mètres (60 pieds) de largeur sur 6 à 8 mètres ( 18 à 24 pieds) de profondeur, et sur 100 mètres ( 3oo pieds ) de longueur.
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- L’auteur propose d’ouvrir quatre canaux de ce genre. Le premier serait dirigé des bords de la mer sur l’étang d’Hourtin ; le deuxième , sur l’étang de Lacanau; le troisième, sur celui de Casan ; le quatrième, sur celui de Pa-rentis ou de Biscarosse.
- Depuis deux siècles, les ravages des sables de la mer et des eaux intérieures se sont considérablement propagés.
- L’île de Cordouan, qui tenait à la terre ferme, est déjà loin du rivage. Le fort Cantin, construit en i'/54, a plus de 200 mètres ( 100 toises) de la mer, est aujourd’hui enseveli sous les eaux.
- Mimizan 11’est plus qu’une commune abandonnée, et les habitans sont obligés sans cesse de reculer leurs établissemens ; près de la Teste, les arbres élevés, sont recouverts de 20 à 5o mètres ( 60 à go pièds ) de hauteur ; et comme l’ensablement a été progressif, les arbres, les édifices ne changent pas de position. Les branches , les feuilles même restent dans leur état naturel, et se conservent jusqu’au moment toutefois où elles sont exposées au contact de l’air ; alors tout tombe en poussière.
- Les travaux des dunes comprennent, en ce moment, sept ateliers; le premier, au Yerdon ; le second, à Hourtens ; le troisième et quatrième, à la Teste; le cinquième, à Mimizan; le sixième, à Saint-Julien-de-Lit ; le septième, à l’embouchure de l’Adour. Ce dernier a plusieurs myria-mètres de longueur sur environ 974 mètres 52 centimètres ( 5oo toises) de largeur réduite. Les surfaces réunies des parties ensemencées sont, en 1806, de 3,4i8 mètres 87 centimètres ( 18 à 20,000 arpens de 900 toises carrées).
- Les vues de M. Brêmontier pour assurer les côtes dangereuses du bassin d’Arcachon , pour dessécher les vastes marais enfermés aujourd’hui par les dunes, pour faire reconnaître les passes où les bâtimens trouveraient un port assuré, là où ils ne rencontrent aujourd’hui que des naufrages, ces vues sont d’une grande utilité et ne peuvent être contestées à l’auteur, qui a rendu et rend encore des services importans à son pays. Ses talens, son zèle infatigable pour le bien public, offrent la plus forte garantie pour le succès de ces grandes entreprises. . ;
- IMPRIMERIE DE MADAME HUZARD (née Vallat la Chapelle),
- rue de l’Éperon, n° ni
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- CINQUIÈME ANNÉE ( XXXIII.) mars 1807.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- Séance générale du 11 mars 1807.
- La Société a tenu, le mercredi 11 mars 1807, dans son local ordinaire, à l’hôtel de Boulogne, rue du Bac, sa séance annuelle , consacrée à la distribution des prix qu’elle avait proposés. Cette séance, présidée par M. Chaptal, a offert une réunion nombreuse de fonctionnaires publics, de savans et d’artistes distingués; divers produits de l’industrie française, exposés dans les salles de la Société, ont contribué à la rendre très intéressante.
- M. Degèrando, secrétaire, a lu le rapport suivant sur les prix proposés et remis au concours dans la dernière asseriiblée générale du 29 janvier 1806.
- Rapport sur les concours ouverts par la Société pour
- Vannée 1807.
- Les Sociétés formées par le libre concours des amis du bien exercent l’influence la plus heureuse par le seul effet des exemples quelles donnent, des instructions quelles répandent, de l’émulation quelles excitent, quelque faibles que soient d’ailleurs les moyens dont elles disposent. Les intentions généreuses dont elles sont animées se communiquent au loin, et réalisent successivement les vœux quelles avaient formés. Quoi qu’aient pu dire des écrivains qui ont voulu bannir de l’économie publique un de ses élémens les plus essentiels, la connaissance de la nature morale de l’hoinme, quoi qu ils aient pu dire , l’argent n’est pas le plus efficace des encouragemens : un paiement
- Cinquième année. Mars 1807. - - 26
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- ne suffit pas pour former une récompense ; tous les grands travaux aspirent à un plus noble salaire. J’en appelle à ceux qui, dans cette enceinteviennent recevoir la palme que vous leur avez décernée; j’en appelle au témoignage de leurs rivaux ; et c’est là ce qui donne une plus haute utilité aux concours que cette Société a étendus chaque année. Us joignent le suffrage d’une estime raisonnée aux prix qui sont offerts ; ils font parvenir dans tous les ateliers les marques de l’intérêt et de la juste sollicitude que leurs efforts inspirent à la portion éclairée du public; ils attestent à ces hommes utiles et modestes que l’on sent tout le mérite des services que leurs travaux rendent à la société; ils honorent, en un mot , les arts, et les honorer est déjà les récompenser. Une partie de ces avantages se réalise encore , alors même que le prix n’est pas pour le moment obtenu. Déjà c’est une instruction très importante pour l’industrie que de déterminer, d’une manière précise, ce qui lui manque encore, le but auquel elle doit tendre; car on sait que le plus grand obstacle au perfectionnement de l’industrie provient de ce quelle néglige elle-même de chercher à se perfectionner. Les esprits s’éveillent, étendent leurs regards au delà de cette étroite enceinte formée par les aveugles habitudes de la routine , et ce mouvement, s’il est bien réglé, produira toujours quelque chose d’utile. Les tentatives qui n’atteignent pas entièrement au but y tendent cependant, en approchent, obtiennent du moins quelque résultat, quoique ce résultat ne soit pas complet. Voilà pourquoi la Société a cru devoir varier et multiplier ses concours. Elle a senti qu’un petit nombre de prix seulement seraient remportés chaque année, elle s’est rappelé qu’une Société étrangère du même genre, quoique très magnihque dans ses récompenses, propose quelquefois le même prix pendant vingt années de suite; mais elle s’est persuadée que cette variété de problèmes s’accommoderait à la diversité des génies , et que, si elle ne pouvait toujours procurer une grande découverte à une branche déterminée des arts , elle obtiendrait du moins, en faveur de plusieurs, des travaux de quelque fruit. Ainsi, l’on pourrait dire que le succès obtenu par le concours ne doit pas se mesurer seulement par les prix remportés, mais encore par le nombre des concurrens qui se sont montrés dignes d’y aspirer. Si la Société, cette année, n’a pas été très heureuse sous le premier rapport, elle l’a été davantage sous le second que les années précédentes ; elle a vu se présenter à ses concours vingt-cinq fabricans ou agriculteurs, et elle a reconnu dans leur nombre des hommes qui jouissent déjà de la réputation la mieux méritée. Quoiqu’un seul prix ait pu être décerné , dès ce
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- moment, il en est qui ont été tellement près detre remportés, qu’on peut regarder le triomphe comme retardé seulement pour très peu de temps, et que les succès déjà obtenus sont des résultats importans et très honorables pour leurs auteurs.
- Prix pour un métier propre à fabriquer toutes sortes d’étoffes brochées et façonnées.
- Plusieurs concurrens se sont présentés pour, ce prix après l’expiration du délai fixé par le programme ; il en est dans le nombre qui, n’ayant pas été informés à temps du concours ouvert à ce sujet, n’ont pu terminer leurs machines ; quelques unes d’entre elles exigeaient des essais prolongés pour qu’on pût apprécier leur mérite avec certitude. Le Conseil d’administration a du moins la satisfaction de vous annoncer que de grandes espérances sont conçues d’après les seuls modèles qu’il a déjà recueillis, et qu’une des villes manufacturières les plus importantes de l’Empire vous sera probablement redevable d'une découverte long-temps désirée.
- Prix pour la fabrication des peignes de tisserand.
- Les mêmes causes ont empêché que ce prix ne fût décerné cette année, et ont déterminé leCouseil à le continuer; on en espère aussi des résultats satisfaisans.
- Personne, il est vrai, n’a concouru pour le prix relatif à la fabrication du fer-blanc \ mais, du moins, la Société a appris avec un vif intérêt qu’un grand établissement allait être formé pour cette entreprise, dans un local propice , que les travaux seraient dirigés par M. Argand, auteur des procédés , et dont le nom seul est déjà d’un augure favorable.
- Il y a encore trois prix concernant les arts mécaniques , qui feront l’objet de rapports particuliers.
- M. Bardel vous rendra compte de celui relatif à la fabrication du fil de fer et d’acier propre à faire les aiguilles à coudre et les cardes à coton et à laine.
- M. Gillet-Laumont lira deux rapports ; l’un sur le prix pour une machine à tirer la tourbe sous l’eau , l’autre sur le prix relatif à la fabri• cation en fonte de fer de divers ouvrages pour lesquels on emploie ordinairement le cuivre et le fer forgé.
- Aucun concurrent ne s’est présenté pour le prix qui a pour objet la fabrication de Vacier fondu; mais M. Argand, que nous avons déjà cité, nous donne encore, à cet égard, des espérances fondées.
- Il faut le dire, au reste, l’amélioration de nos fers n’est pas un ou-vrage qui puisse être exécuté en un jour. Il manque encore, à cette partie de l’art, et à ceux qui s’y livrent, une théorie mieux éclairée
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- par l’expérience. Le Gouvernement vient d’en préparer la formation , en établissant à Geislautern une école pratique des mines, dont les élèves, instruits dans tous les détails de ces opérations, iront ensuite porter dans nos usines les lumières qu’ils auront acquises : alors des instructions pourront être publiées, alors des prix pourront être proposés avec plus de confiance, alors plus d’empressement répondra à votre appel.
- Aucun mémoire n’est parvenu sur le prix pour la fabrication du cinabre.
- M. Mérimée rendra compte des prix relatifs à la fabrication du blanc de plomb, à la purification des fers cassant à froid et à chaud, et à la détermination des produits de la distillation du bois.
- Personne n’ayant cherché à résoudre le problème du moyen propre à juger la qualité du verre à vitre, M. Guyton s’est occupé de cette question , et en a trouvé la solution ; il doit lire un mémoire à ce sujet. Grâce au zèle de notre savant collègue, la Société fera plus qu’elle n’avait promis ; elle avait promis un prix à la découverte, elle donnera la découverte elle-même.
- La Société n’a reçu aucun mémoire sur le prix pour la fabrication des vases de métal revêtus d'un émail économique.
- M. de Lasteyrie lira le rapport sur la reliûre économique, prix que le Conseil a jugé à propos de retirer, attendu que les expériences faites sur ce sujet par les Commissaires de la Société ont donné des résultats satisfaisans. .
- M. Tanhultem donnera connaissance de divers essais de gravure en relief qui ont été envoyés au concours. \
- M. Tessier fera lecture du rapport sur tous les prix relatifs à l’agriculture.
- Félicitons-nous de voir les agriculteurs donner ici, chaque année, l’exemple des efforts et des succès, et recueillir les premières couronnes. C’est la marche naturelle des choses, et en France plus qu’ailleurs, la culture des champs sera toujours la première des manufactures.
- Fondé sur les mêmes principes, le Conseil d’administration vous propose d’être encore généreux cette année. Il a pensé que chaque prix, obtenu sous l’aspect d’une dépense, serait un vrai gain pour la Société ; et si nous étions assez -heureux pour que ces prix fussent tous remportés , en mesure de les acquitter tous, le jour où nous serions ainsi ruinés serait pour nous le jour de la plus haute fortune. Mais nous n’avons pas
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- l’espoir de cette opulence. Le Conseil va mettre sous vos yeux les propositions qu’il croit devoir faire à cet égard:
- Rapport sur le prix pour un métier propre a fabriquer toutes sortes d’étoffes brochées et façonnées ÿ par M. Baidel.
- M. Rivey, qui a déposé au Conservatoire des arts un métier propre à fabriquer plusieurs sortes d’étoffes, a demandé qu’il fût examiné et admis au concours pour le prix proposé.
- Mais, attendu qu’une des conditions du programme exige des certificats ,* constatant que les métiers présentés sont employés de préférence aux anciens, dans deux ou trois manufactures de France, et que M. Rivey n’a pas rempli cette condition , le Comité des arts mécaniques pense que la Société doit proroger ce prix jusqu’au mois de janvier 1808.
- M. Antoine Bleyel, fabricant, associé de M- Girard, rue Saint-Dominique, n°23, et M. B elle ville , fabricant detoffes façonnées, rue Saint-Maur, n° io4, à Paris, se sont aussi présentés comme concurrens pour le même objet -, mais comme ils n’ont eu connaissance, du programme que récemment, ils ont demandé un délai : ainsi, la prorogation du prix à l’année prochaine remplira leurs vues.
- M. Jacquart, que vous avez déjà couronné en l’an XI, pour l’invention d’un métier propre à fabriquer les filets pour la pêche, est arrivé à Paris avec le métier qu’il présente an concours. Ce métier, déjà jugé à la simple inspection par plusieurs fabricans de Paris, l’est encore d’une manière plus décisive et vraiment honorable par des fabricans de Lyon, qui en font usage, et qui rendent à M. Jacquart la justice due à ses talens, par des certificats très flatteurs.
- N Indépendamment de ces titres, M. Jacquart offre encore à la considération de la Société les récompenses qu’il a obtenues de S. M. l’Empereur. Une pension de 3,000 francs et une prime de 5o francs pendant six ans , pour chacun des métiers de son invention qu’il fournira aux fabriques, . sont les faveurs qu’il a su mériter par son intelligence et son application à se rendre utile.
- Ces motifs Seraient sans doute suffisans pour qu’après l’examen que vous auriez pu demander de ce métier il fût mis en délibération si le prix doit être accordé; mais M. Jacquart ne presse point votre décision. Confiant dans votre bienveillance pour‘ceux qui sont animés, comme lui, du zèle de bien faire , il accepte et il désire la concurrence que lui pré-
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- sentent d’autres artistes : ainsi, le délai d’un an pour la décision du concours fixera d’autant mieux l’opinion que le métier de M. Jacquart aura été plus long-tems soumis à l’expérience dans les fabriques qui lont déjà adopté.
- Ces témoignages honorables ont été confirmés par MM. Pemon , fabricant d’étoffes de soie à Lyon, et Bellanger, fabricant à Paris. Le premier, en parlant avec éloge de la simplicité de construction et de la facilité d’exécution du métier de M. Jacquart, a informé la Société qu’on l’employait, avec le plus grand succès, à Lyon, dans plusieurs fabriques. M. Bellanger a fait sentir tous les avantages qui résulteraient pour les fabriques de Paris de l’adoption de ce métier, et a proposé à la Société , si elle se détermine à proroger le prix , d’accorder à M Jacquart une somme de 3oo francs à titre d’avance, pour lui faire obtenir un brevet d’invention.
- Cette proposition a été adoptée, et l’Assemblée a décidé que le remboursement de cette somme sera prélevé sur la valeur du prix, dans le cas où il serait décerné à M. Jacquart; sinon qu’il en restera débiteur, et que le modèle du métier, qu’il doit déposer au Conservatoire des arts servira de garantie à la Société.
- Rapport sur le prix pour la fabrication du fil de fer et d’acier propre à faire les aiguilles a coudre et les cardes à coton et à laine y par M. Bardel.
- La Société a reçu un mémoire et deux caisses d’échantillons de MM. Mou-chel, de Laigle , département de l’Orne.
- ‘ Elle a reçu aussi une carte d’échantillons de M. Mignard-Billinge, de Bel-leville, près Paris.
- Les échantillons de ces deux concurrens ont toute la perfection que l’on peut désirer. Ceux du premier sont plus nombreux , mieux assortis, et le mémoire qui les accompagne contient des détails précieux sur ce genre de fabrication; les opérations y sont présentées avec clarté et précision.
- Quant à M. Mignard-Billinge, plusieurs membres du Comité des arts mécaniques ont visité son établissement; ils se sont convaincus que cet artiste possède parfaitement l’art de tirer les métaux à la filière, qu’il fabrique lui-même les filières, non seulement pour les fils unis , mais encore pour les fils à pignons à l’usage des horlogers.
- Mais, attendu que ni l’un ni l’autre de ces concurrens n’a rempli la condition du programme qui concerne les fils d’acier propres à la fabrication
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- <îes aiguilles, le Conseil d’administration a arrêté qu’il serait décerné, à titre d’encouragement, line médaille d’argent à MM. Mouchel, qui en ont obtenu une de première classe à la dernière exposition ; que la même faveur serait accordée à M. Mignard- B illinge, et que le prix pour la fabrication des fils de fer et d’acier serait remi'* à l’année 1808.
- Rapport sur le prix pour la fabrication des peignes de tisserand y par M. Bardel.
- M. Rosivag, de Schelestadt, département du Bas-Rhin, qui a obtenu, à la dernière exposition , une médaille d’argent de première classe , pour la fabrication des toiles métalliques, a envoyé, depuis peu, un peigne à dents d’acier, qu’il a fabriqué dans le dessein de concourir. Ce peigne joint à la-finesse des dents une très grande régularité , et cet essai prouve qu’on peut atteindre, dans la construction des peignes de tisserand, à toute la perfection désirée; mais, comme M. Roswag n’a présenté qu’un peigne à dents d’acier, que le programme comprend aussi ceux à dents de cuivre, et qu i! est, jusqu’à présent, le seul concurrent qui soit entré dans la lice, le Conseil a prorogé à l’année prochaine le prix pour la fabrication des peigues de tisserand.
- La Société a adopté les conclusions du rapport, et a renvoyé au mois de janvier 1808 la distribution des trois prix ci-dessus mentionnés.
- Elle a ensuite décerné deux médailles d’argent, l’une à MM. Mouchelr fabricans de fil de fer et d’acier, à Laigle, département de l’Orne ; et l’autre à M. Mignard-Billinge, fabricant de fil de fer, à Belleville, près Paris.
- Rapport sur le prix pour la fabrication en fonte de fer des ouvrages de petite dimension ; par M. Gillet - Laumont.
- La Société d’eucouragement, examinant, en l’an XIII, les progrès de l’art sur les ouvrages en fer fondu , remarqua que la fabrication en France des pièces de petite dimension n’avait pas acquis la perfection que l’on sait y donner aux grands ouvrages de ce genre.
- La Société s’empressa alors d’attirer l’attention des artistes sur cette espèce de fabrication ; elle proposa un prix de quinze cents francs pour les petits ouvrages de serrurerie ou de quincaillerie fabriqués en fonte de fer, pour lesquels on emploie ordinairement le fer forgé ou le cuivre forgé ou fondu.
- La grande utilité et l’immense consommation d’une multitude d’objets
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- (le ce genre, depuis le clou, la boucle, jusqu’à la clef et aux fermetures de toute espèce, fixèrent particulièrement l’attention de la Société ; mais elle borna ses demandes à un petit nombre de pièces, en exigeant qu’elles fussent exécutées en fabrique , moulées avec soin et à un prix modéré.
- Elle a demandé qu’on lui préseytât
- i°. Des supports de cylindres de machines à filer le coton , susceptibles d’être limés et forés ;
- 2°. Des roues d’engrenage de quelques centimètres de diamètre;
- 3°. Des fiches, des charnières de croisées et de portes, susceptibles d’être limées et forées ;
- 4°. Des clous de différentes formes, et de cinq à vingt millimètres de longueur.
- Un seul concurrent s’est présenté, sous la devise : Societatem instruxit igni potens.
- Il a envoyé plusieurs pièces de fonte de fer, avec une lettre explicative à laquelle était joint un certificat authentique, constatant que des pièces et des roues de même forme et du même nombre de dents que celles présentées avaient été moulées et coulées en présence du maire du lieu où est située la fabrique.
- Cet envoi contenait les objets que nous avons l’honneur de présenter à la Société, savoir :
- N° i. Deux roues à double engrenage, chacune de trois cent trente millimètres de diamètre , et cent trente-deux dents sur chaque engrenage, au prix de 2,3 francs les cinquante kilogrammes. ,
- N° 2. Deux roues à engrenage d’angle, de cent quarante millimètres de diamètre, et soixante dents chacune , au prix de 4° francs les cinquante kilogrammes.
- Enfin , les n°» 3 et 4, deux supports de cylindres de machines à filer le coton , et quatre autres moyennes pièces en fonte, au prix de 6o francs les cinquante kilogrammes.
- Observations. Votre Comité des arts mécaniques observera d’abord que le concurrent a exécuté des roues et des supports de cylindres, ainsi que le demandait la Société ; mais il n’a pas présenté les fiches f les charnières ni les petits clous en fonte exigés par le programme.
- Il observera ensuite que la fonte envoyée est très grise, assez douce et susceptible d’être limée et forée, mais qu’elle est un peu cassante, et surtout qu’elle n’a point la netteté dans le moulage qu’elle pourrait
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- C 309 )
- avoir, et que l’on donne même en France à plusieurs objets de fonte de
- seconde fusion (i).
- A l’égard des prix , les roues à double engrenage , à a5 francs les cinquante kilogrammes (cent deux livres anciennes), sont à bon marché ; mais celles à engrenage d’angle, du prix de francs, présentent une grande différence en plus» sans que l’on puisse en déterminer la raison ; enfin les pièces moyennes, ne* 3 et 4» à 6o francs, paraissent chères. Si l’auteur eût exécuté des petits clous en suivant la même progression dans les prix, ils auraient été, au moins, aussi chers que ceux de fer forgé oû filé, et, par là même, il aurait manqué le but delà Société, qui est de procurer aux consommateurs des objets de petites dimensions a meilleur marché que ceux qui existent aujourd’hui dans le commerce.
- Propositions. L’auteur mérite des éloges pour avoir fait en manufacture des objets assez délicats et employés avec beaucoup de succès dans les filatures de eoton ; mais n’ayant point, d’une part, exécuté tous les objets exigés par le programme , de l’autre n’ayant pas présenté des pièces moulées avec la netteté où l’on est parvenu pour des objets de même genre, votre Conseil d’administration est d’avis que le prix ne peut être accordé cette année , et qu’il doit être prorogé jusqu’au ier janvier 1809, en recommandant aux çoncurrens de s’attacher à obtenir une fonte moulée avec netteté, et approchant le plus possible de la douceur et de la ténacité du fer.
- Il pense que la Société ferait peut-être bien, vu l’embarras démouler un clou aussi petit que celui de cinq millimètres de longueur, et malgré sa grande utilité, de ne pas le présenter comme une condition de rigueur,
- (1) Relativement aux étrangers , nous ne citerons que la fonderie de Gleiwitz , en
- Silésie , où le minerai et la fonte sont traités à l’aide de la houille carbonisée (coke), et
- dont il est sorti des médailles, des empreintes de pierres gravées , fondues avec beaucoup de
- perfection.
- A l’égard de la France , il existe au Conservatoire des arts et métiers plusieurs x objets de ce genre , très bien exécutés. Nous faisons passer sous les yeux de la Société des fragmens d’un petit bas-relief en fonte de fer, dans le genre égyptien , moulé avec beaucoup de netteté par M. Delaunay, qui a dirigé toutes les fontes des ponts en fer construits à Paris. Nous offrons en hommage à la Société, au nom de cet habile fondeur, un bas-relief d’une assez grande étendue, représentant une bacchante, moulé avec netteté , et remarquable par le peu d’épaisseur de la fonte.
- J’ai l’honneur de présenter à la Société deux médailles en fer, que j’ai fait fondre avec soin eh i8b4* J1 * * * * * 7ai cuivré,la petite et doré la grande , sur les parties les plus saillantes , afin d’imiter le bronze et le cuivre jaune.
- Cinquième année. Mars 1807. 27
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- mais comme une condition de préférence, et d’exiger que, dans le nombre des clous plus grands, l’on trouve celui à ardoise ou à latte , ainsi que celui à palisser, qui sont d’une grande consommation et exigent peu de flexibilité.
- Il est d’avis que le concurrent doit être cité honorablement, et invité à se livrer à de nouveaux travaux, à l’égard desquels ce qu’il a déjà présenté donne lieu d’espérer qu’il obtiendra des succès plus complets. _____________
- /
- L’assemblée a adopté les conclusions du rapport de M. Gillet-Laumont, et a décerné une mention honorable au fabricant qui y est cité ; elle a décidé aussi que M. Delaunay serait remercié et mentionné honorablement au procès-verbal, pour le don qu’il a fait à la Société.
- Rapport sur le prix proposé, pour une machine propre à tirer la tourbe sous Veau;par Af. Gillet-Laumont.
- Il y a deux ans que la Société d’encouragement, frappée de l'augmentation progressive dans le prix du bois, porta une attention particulière sur les combustibles qui pourraient le remplacer. Elle fixa d’abord ses regards sur la tourbe, répandue avec une grande abondance sur la surface de l’Empire , et dont il existe d’immenses dépôts, d’excelfente qualité, peu éloignés de la capitale i tels qu’au nord-est, ceux des bords de la rivière d'Ourcq, qui se jette dans la Marne, et qui fournit déjà la tourbe quel on consomme à Paris, après avoir été carbonisée à Conflans ; an nord*ôuest, les dépôts du grand marais de Chaumont, où l’on avait commencé un canal qui devait se jeter dans l’Oise ; au midi} ceux de la vallée formée par la rivière d’Ëssone, qui se jette dans la Seine à Corbeit, et où l’on va ouvrir un canal qui doit remonter jusque dans la forêt d’Orléans.
- Dans tous ces marais, les bancs de tourbe ont souvent cinq et quelque* fois six et huit mètres d’épaisseur.
- La Société, en examinant les procédés employé» pour l’exploitation de la tourbe par la méthode ordinaire, connue sous'le nom de méthode diépuisement , remarqua que le principal obstacle qui s’opposait à une grande extraction était l’abondance des eaux , qui oblige souvent d’abandonner la tourbe du fond des excavations, quoique ce soit toujours la plus compacte et la meilleure.
- La Société, désirant faire cesser cet inconvénient préjudiciable à la classe indigente, publia, en l’an XIII, un programme dans lequel, après avoir
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- cité une machine connue, propre à extraire la tourbe sans épuisement, elle proposa un prix de deux mille francs, devant être distribué aujourd’hui» à celui qui aurait indiqué les moyens les plus économiques de tirer la tourbe sous l’eau , soit en ajoutant aux moyens connus quelque perfectionnement qui en rendît l’emploi moins dispendieux, soit en proposant une machine nouvelle qui leurjût préférable. Elle annonça en même temps que ]e prix ne serait accordé que sur un certificat authentique constatant que les moyens proposés avaient été employés avec succès pendant une campagne entière.
- Quatre concurrens se sont présentés. Deux ont envoyé trois machines, et deux autres des dessins de machines accompagnés de mémoires descriptifs.
- Votre Conseil d’administration, avant de vous présenter son avis sur chacun de ces objets, croit devoir, pour fixer l’état de la question à l’époque où elle a été traitée par les concurrens , donner une courte description de la machine citée dans le programme.
- Cette machine est une espèce d’emporte-pièce carré, employé , il y a environ douze ans, dans le département de la Somme, et figuré sur une grande échelle , dans un excellent ouvrage sur la houille et la tourbe, fait par M. de Perthuis père, imprimé en lyBS , sous le nom de Laillevault, et depuis publié et figuré dans K Encyclopédie méthodique. *
- Cet emporte-pièce consistait en une longue tige ou flèche portant une caisse carrée en fer , tranchante par sa partie inférieure et destinée à couper la tourbe sous l’eau.
- Pour faire jouer cette machine, on établissait, sur un plancher posé sur le sol même de la tourbière, une charpente élevée, qui recevait la flèche et la caisse, et les maintenait dans une position légèrement inclinée à la surface de l’eau.
- La flèche était garnie d’une denture en forme de crémaillère , laquelle engrenait avec une roue dentée mise en mouvement par une manivelle ; il suffisait de faire tourner cette roue pour élever la caisse et de la désengre-ner subitement pour la faire tomber : alors la caisse glissait le long du châssis , et entrait par son poids dans la tourbe.
- Pour la retenir, l’auteur avait placé, à la partie inférieure de la caisse, des clapets en fer, sous forme de parallélogrammes , montés sur des tourillons placés dans la direction d’un des grands côtés du parallélogramme; ces clapets, pressés par la tourbe, s’ouvraient quand la caisse tombait, et se fermaient par le poids même de la tourbe quand on l’élevait.
- Qn faisait avancer successivement le plancher et la machine, à l’aide de
- ,?7-
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- ( (i) 2'2 )
- cabestans, à mesure que la caisse avait enlevé une largeur de tourbe égale à la sienne.
- Cet emporte-pièce fort alongé était capable d’enlever environ la moitié d’un mètre cube à chaque fois, faisant environ deux cent cinquante mottes de tourbe ordinaire. ,
- M. Didier, ingénieur-géographe, qui avait fait connaître cette machine à M. de Perthuis père, lui avait annoncé qu’elle faisait plus de travail dans le même temps que les hommes qui la servaient n’auraient pti faire sans elle.
- On reconnaît dans cette machine deux avantages réels :
- i°. Celui de conserver au terrain , par la direction inclinée de la caisse , un talus qui lui donnait de la solidité ;
- 2°. Celui de n’avoir pas besoin d’épuisement pour tous les lieux où l’on pouvait l’établir à côté delà tourbe à enlever ; mais on ne pouvait la placer sur les terrains tremblans ni sur ceux couverts d’eau; de plus, la quantité de fer travaillé qui entrait dans sa construction la rendait très coûteuse, fort pesante, et exigeait de grandes forces pour la pouvoir manœuvrer.
- Ce sont ces défauts capitaux qui ont frappé la Société , et qui lui ont fait espérer que l’on pourrait trouver une machine moins dispendieuse, transportable dans tous les lieux où il y aurait de la tourbe à enlever, et capable d’un service plus facile (i).
- Nous allons passer à la description des machines nouvelles présentées.
- Machine n° i. L’auteur de cette machine, portant la devise: ignem ex aquây a envoyé un mémoire très court et un instrument à main propre à couper circulairement la tourbe sous l’eau et à l’enlever successivement.
- Cette espèce d'emporte-pièce est composée d’un cylindre creux en fer, un peu évasé à sa partie supérieure, tranchant à sa partie inférieure, et fixé solidement à un manche passant par l’axe du cylindre.
- Près de la partie inférieure sont disposés intérieurement six couteaux en acier, de forme triangulaire; chacun d’eux est mobile sur deux tourillons placés perpendiculairement à l’axe du cylindre, dans la direction du côté inférieur et tranchant du triangle ; l’un des tourillons’est porté par la cir-
- (i) Il existe, en outre, un grand louchet propre à extraire la tourbe de dessous l’eau , en usage, depuis douze à quinze ans , dans le département de la Somme , lequel n’avait pas été cité dans le programme publié en l’an XIII, mais dont il sera fait mention cette année : nous
- en donnerons la description, accompagnée d’une gravure, dans un des prochains numéros du Bulletin.
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- conférence de l’emporte-pièce, l’autre vers le centre, par le prolongement du manche.
- Pour se servir de cet instrument,, on l’enfonce verticalement dans la tourbe, puis on lui imprime un mouvement circulaire de gauche à droite. Par l’effet du premier mouvement, les lames triangulaires des couteaux, maintenues dans la situation verticale par la pression même de la tourbe, la coupent suivant cette direction ; par l’effet du mouvement circulaire, elles se couchent, prennent la position horizontale, et détachent la tourbe du fond : alors on retire l’instrument avec sa charge, on le retourne, et la tourbe tombe divisée en six morceaux.
- Observations. i°. Cet instrument, qui ne peut agir qu’à une médiocre profondeur , a l’avantage d’être portatif et peu coûteux ; le jeu des couteaux est bien combiné, quoiqu’il soit une imitation des clapets employés dans la machine citée dans le programme.
- 2°. Cette machine n’est pas exécutée dans des proportions convenables ; il en résulte que les six morceaux, enlevés à chaque coup, égalent au plus une motte ordinaire de tourbe ; mais il serait facile de .diminuer le nombre des couteaux, et de donner à la machine des dimensions propres à extraire la valeur de plusieurs tourbes à la fois.
- 3°. Cet emporte-pièce paraît présenter des difficultés pour le placer successivement à coté des vides circulaires qu’il laisse, et devoir occasioner une perte de tourbe importante par les parties intermédiaires comprises entre ces vides qui restent sous l’eau.
- Votre Conseil pense que cet instrument ne pouvant atteindre qu’à une médiocre profondeur, et n’ayant point encore reçu la sanction de l’expérience exigée par le programme, ne peut entrer en concours ; mais il croit que l’auteur pourra le perfectionner et le rendre utile au moins pour de petites profondeurs.
- Machine n° 2. L’auteur a envoyé un mémoire accompagné de deux dessins relatifs à une machine destinée au dévasement, au creusement des fossés pleins d’eau et à l’extraction de la tourbe.
- Cette machine, que l’on place sur le bord des fossés, consiste en un plancher sur lequel s’élève une charpente portant une longue flèche mobile verticalement, et armée, à sa partie inférieure, d’une forte bêche d’un mètre de largeur et d’un peu plus de longueur.
- La flèche étant élevée, on la laisse tomber verticalement; la bêche entre dans la vase ou dans la tourbe, en raison de son poids réuni à celui de la flèche, et de la hauteur où on l’a élevée.
- Pour détacher et rapporter la tourbe hors de l’eau, on a rendu la bêûhe
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- mobile d’arrière en avant, par le moyen de çordes passant sur des rouleaux , de manière à la faire passer à volonté de la position verticale à celle horizontale, la flèche conservant toujours la sienne. L’auteur annonce que, par cette manœuvre, on peut ramasser la vase et la tourbe sous l’eau de la même manière qu’un homme pourrait le faire avec un Ion-chet ordinaire.
- À laide d’une corde fixée sur un treuil et passant sur une poulie , on retire la bêche chargée au dessus du niveau du plancher de la machine, et on la vide dans un chéneau que l’on fait glisser dessous ; alors on redresse la bêche , on la fixe, et on la laisse tomber comme la première fois. _
- L’auteur se sert de quatre manivelles pour le service de sa machine ; il la pose sur quatre roulettes pour la faire avancer successivement.
- Enfin, il annonce que cette large et longue bêche , qui aurait environ un tiers de mètre de hauteur moyenne de tranchant, pourrait retirer de dessous l’eau une masse de tourbe capable de donner cent morceaux ayant les dimensions ordinaires ; qu’un seul homme pourrait manœuvrer cette machine au moins dix fois par heure , et, qu’en dix heures de travail, chaque jour, il extrairait la quantité de dix milliers de tourbe, qui coûtent, dans le pays qu’il habite , 60 francs à extraire par la méthode ordinaire.
- À la suite des pièces est la copie d’un certificat signé de quinze personnes, qui attestent que le modèle de cette machine a été essayé, le 2a janvier 1806, avec le plus grand succès.
- Observations. Cette machine, capable d’atteindre à plusieurs mètres de profondeur au dessous de l’eau, se rapproche de celle citée dans le programme de la Société ; mais elle doit être moins coûteuse, en ce qu’il n’y a pas de crémaillère en métal, et que ce sont des rouleaux et des cordes qui font tout le service. ,
- Le moyen employé pour faire mouvoir la bêche d’un quart de cercle en avant est ingénieux ; l’auteur paraît y avoir eu principalement en vue l’extraction des vases et des tourbes limoneuses ; mais, pour les tourbes compactes ( qui est l’état où on les rencontre le plus ordinairement ), la force suffisante à imprimer pour détacher un secteur de plus d’un mètre de rayon‘et d’un mètre de largeur paraît trop considérable pour être donnée par un seul homme.
- On pourrait craindre aussi que cette machine pesante ne fît enfoncer les roulettes dans le soi coupé à-plomb et souvent peu résistant des tourbières.
- Enfin , il paraît que la machine n’a été jusqu’ici exécutée qu’eri
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- modèle, et Ton ne trouve pas de certificat qui prouve qu’elle ait été employée avec succès pendant une campagne, ainsi que l’exige le programme.
- D’après ces observations, votre Conseil pense qu’il doit être fait mention de cette machine, comme pouvant être utile pour l’enlèvement des vases et même pour l’extraction des tourbes limoneuses, mais qu’elle ne peut entrer en concours pour les tourbes compactes, jusqu’à ce que son utilité ait été constatée par l’expérience.
- Machine n° 3. Le mémoire portant pour devise î labor arts levatur inge-nius discerna opus, est accompagné de trois dessins, et contient la description d’une machine à emporte-pièce carré, que Fauteur annonce avoir fait exécuter en Westphalie, en 177S, et qu’il présente pour remplir le but proposé par la Société.
- Cette machine, disposée pour agir sur les bords des fossés et au milieu des eaux, consiste en un plancher soutenu sur l’eau au moyen de quatre caisses vides* Sur ce plancher s’élève une chèvre, à la corde de laquelle est suspendue une tige en fer (t) passant par le milieu d’une grande caisse carrée , sans fond, évasée à sa partie supérieure, et dont celle inférieure est destinée à couper la tourbe sous l’eau, ainsi que Fune des croix en fer qui servent à maintenir la tige au centre de la caisse.
- Pour faire usage de cette espèce d’emporte-pièce, on fixe le radeau dans le lieu d’extraction | à Faide de la chèvre , on élève la caisse, puis on la laisse tomber verticalement! elle entre dans la tourbe ordinairement de toute sa hauteur et la coupe en quatre parties.
- Pour détacher la masse du fond de la tourbière, on fait tourner d’un peu plus diin quart de cercle la tige passant par le centre de la caisse, laquelle est disposée pour cet effet ; ce mouvement fait tourner à la fois horizontalement deux barres placées en croix à l’extrémité de îa tige au dessous de la caisse ; ces barres, placées sur l’angle, ayant, en descendant, d’abord coupé la «nasse de tourbe verticalement, lorsqu’elle correspondait aux croix fixes de la caisse, la détachent horizontalement du fond et la soutiennent en même temps t alors on relève ta caisse à l’aide de la chèvre, on îa vide et on recommence.
- L’auteur, qui se propose de prendre un brevet d’in vention, annonce que k caisse d’un métré carré à sa partie supérieure, de trois quarts de mètre à celle inférieure, et six décimètres de hauteur, peut,avec six hommes, en-
- (1) La tîge est disposée comme eelie de* sondes, et peut m démonter facilement pour en détacher la «mise, l’emporter et la vider.
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- lever dix h douze masses de tourbe par heure, de manière qu’un homme extrait environ huit mètres cubes de tourbe par jour.
- Observations, L’idè© de placer la machine sur un plancher flottant sur l’eau est heureuse | elle en étend l’usage aux terrains couverts d’eau, et à ceux tremblans si difficiles à aborder $ le moyen de détacher la tourbe au dessous de la caisse, à l’aide d'une croix de fer tournante, est ingénieux, -
- Le Conseil d’administration regrette que fauteur, qui paraît avoir de l’expérience dans cette partie, n’ait pu faire exécuter de nouveau cette machine j mais n’ayant pas rempli les conditions du programme, rela~ tivernent à son service exigé pendant une campagne entière, n’en ayant point envoyé de modèle qui puisse en faire, mieux que les dessins, apprécier futilité, votre Conseil ne peut que vous proposer de faire une mention très honorable du travail de fauteur, qui sans doute vous mettra bientôt en état de pouvoir couronner ses succès,
- Machine n° 4* M. Millot, habitant à Neuville-au-Pont, département de la Marne, a présenté deux machines, l’une de grandeur réelle pour retirer la tourbe d’une petite profondeur sous feau, l’autre, en modèle, pour l’extraire d’une grande profondeur.
- La première machine consiste en une bêche ou louchet à accrocheur, destiné à enlever la tourbe de quelques décimètres de profondeur sous feau.
- La Société , à laquelle fauteur a présenté cette machine dans une de ses séances ordinaires, a remarqué, avec satisfaction, i° l’angle rentrant qu’il a conservé à la partie inférieure du louchet, lequel lui donne plus de facilité pour couper; 20 \m accrocheur-mobile qui y est adapté, et qui est destiné à retenir le morceau de tourbe détaché et rendu glissant par feau sur le fer mouillé de la bêche.
- Votre Conseil ne s’étendra pas davantage sur la description de cet instrument fort ingénieusement conçu par M. Millot, qui est un ancien berger devenu mécanicien (i); il observe seulement qu’il serait utile d’y adapter Xaileron du louchet à tourber, afin de donnera l’ouvrier qui travaille toujours sur un angle le moyen de détacher le lopin de tourbe d’un seul coup , tandis qu’avec une bêche ordinaire il en faudrait donner deux.
- Relativement au prix qui fait l’objet de ce rapport, cet instrument -(i) Ce louahet a été acheté par la Société ; il est décrit dans le Bulletin, n° XXXII, p. 180.
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- n’a pas paru au Conseil pouvoir entrer en concours, parce qu’il ne peut atteindre qu’à une très petite profondeur sous l’eau.
- Machine n° 5. Cette machine est imaginée et exécutée en modèle d’un douzième de la réalité, par le même M. Millot. C’est une espèce d’emporte-pièce fort long, qui a des rapports avec la machine à tourber sous l’eau, citée dans le programme, dont ce mécanicien ne paraît pas cependant avoir eu connaissance. Elle consiste en un grand châssis de charpente , portant à sa partie inférieure une boîte profonde en fer, longue et étroite, lequel, étant élevé et abandonné ensuite à lui-même, tombe verticalement et entre par son poids dans la tourbe.
- L’auteur n’a point adapté de clapets ni de mécanisme particulier pour retenir la tourbe dans les compartimens de la boîte en remontant la machine ; mais il a disposé un châssis portant des tiges en bois, qui entrent dans ces compartimens pour en faire sortir la tourbe.
- Le service de la machine se fait entièrement à l’aide de cordes, de cylindres et de manivelles.
- Votre Conseil a reconnu plusieurs inconvéniens à cette espèce d’emporte-pièce. _
- i°. La machine n’a pas les dimensions convenables pour donner des morceaux de tourbe qui aient les proportions usitées.
- 2°. Elle a l’inconvénient de tomber verticalement, et par là d’ôter au terrain le talus et la solidité que lui conserve la machine tombant obliquement , citée dans le programme.
- 3°. Elle ne peut, comme cette dernière et celle n° 2, agir que sur le bord des excavations, où sa pesanteur même serait déjà un obstacle.
- 4°. Son service, à l’aide de cordes et de treuils multipliés , exigerait au moins quatre ouvriers.
- 5°. Enfin, elle n’a point reçu la sanction de l’expérience.
- Votre Conseil pense que cette machine, dans l’état où elle est présentée, ne peut mériter l’attention de la Société.
- Conclusion. Il résulte des rapports ci-dessus, sur les cinq machines qui ont été envoyées au concours,
- i°. Que le n° 1, portant la devise ignem ex aquâ, cette espèce d’emporte-pièce circulaire, et le n° 4? le louchet à accrocheur de M. Millot, qui ne peuvent atteindre qu’à une médiocre profondeur, ne doivent point être admis au concours ;
- 20. Que des trois autres machines présentées, et capables d’atteindre à la profondeur ordinaire des tourbières, deux sont restreintes pour leur
- Cinquième année. Mars 1807. 28
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- service à agir sur les bords des fossés, et. une seule est susceptible d’être portée partout où il se trouve de la tourbe à enlever.
- Parmi les deux premières machines, celle n° 5, à emporte-pièce long et' étroit, exécutée en modèle par M. Millot, offre des dispositions qui doivent en rendre le service long et difficile ; celle n" 2, composée d’une forte bêche, qui, par sou poids , entre verticalement dans la tourbe, et y éprouve un ploiement au dessus du fer, qui la rend propre à enlever des vases , des tourbes limoneuses, ne parait pas aussi convenablement disposée pour détacher des tourbes compactes ; enfin, la machine n° 3 , portant la devise : Labor arte levatur ingenius discernit opus, composée d’un emporte-pièce carré , tombant aussi verticalement, paraît capable de fixer votre attention, en ce qu’elle est propre, non seulement à être facilement établie sur le sol des tourbières, mais aussi à être placée, à l’aide du plancher garni de caisses vides , dans les excavations déjà remplies d’eau, ou même transportée au milieu des étangs où il y aurait encore des tourbes à enlever. Aucune de ces trois machines n’ayant encore été exécutée en grand en France , ni employée avec succès pendant une campagne entière, ainsi que Fexige le programme, ne peut entrer en concours.
- Votre Conseil ne se dissimule pas les difficultés que présente le programme de la Société pour l’extraction des tourbes. Le mode d’exploitation suivi jusqu’ici a laissé souvent sous l’eau plus du double de ce qu’on en a enlevé ; il serait utile, aujourd’hui, de trouver une machine non seulement capable d’éviter cette perte journalière, mais aussi, s’il est possible, d’aller chercher ces dépôts pre'cieux depuis si long-temps délaissés. Il s’agit de construire une machine d’un service facile , transportable sur tous les lieux où il y a de la tourbe à extraire ; il importe qu’elle soit solide , peu coûteuse, afin qu’elle puisse devenir d’un usage général, et ne pas faire renchérir le prix d’un combustible qui ne peut supporter que de très légers frais de main-d’œuvre.
- On a, en outre , deux machines simples et susceptibles d’aller à une assez grande profondeur, soit sur les bords , soit au milieu des excavations, à l’aide de bateaux : l’une est le grand louchet, qui sera incessamment présenté à la Société ; l’autre la drague, qui ramène, à la vérité, des lopins de tourbe convexes d’un côté et concaves de l’autre, sujets à s’émietter, plus difficiles à ranger que les mottes ordinaires, mais cette machine est peu coûteuse, et quoique son seryice soit long et borné, elle est déjà dans la main du pauvre.
- D’après ces considérations, votre Conseil vous propose de remettre le prix pour la meilleure machine à tourber sous l’eau au mois de jan-
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- vier 1809, et d’engager les concurrens et les artistes à s’occuper de cet
- objet important.
- Les conclusions de ce rapport ont été adoptées, et l’Assemblée a décidé que le prix pour une machine à tirer la tourbe sous Veau sera prorogé jusqu’au mois de janvier 1809, et que l’auteur du mémoire n° 3 sera mentionné honorablement.
- M. Prony a informé la Société que, lors de son dernier voyage à Venise , il a vu employer avec succès, pour le curage des canaux de cette ville, une machine très simple dont il a rendu compte à l’Institut ; cette machine est composée d’une bêche sur laquelle s’applique upe caisse en forme de cuiller, tournant autour d’un axe horizontal, et servant à retenir la vase lorsqu’on la retire du fond : la manœuvre en est facile et se fait à l’aide d’un grand levier. La vase d<es canaux de Venise étant, à ce qu’assure M. Prony, aussi compacte que la tourbe, la machine dont il est ici question pourrait être appliquée à l’extraction des tourbes sous l’eau.
- Une note sur l’emploi de cette machine sera jointe au programme du prix sur les machines à tourber sous l’eau.
- Rapport sur le prix pour la fabrication du blanc de plomb ;
- par M. Mérimée'.
- Deux concurrens seulement se sont présentés pour disputer ce prix.
- L’un el l’autre sont déjà avantageusement connus. Le premier a envoyé , l’année dernière, un mémoire qui parut très intéressant, et fut cité comme ayant donné les seules lumières importantes qui aient été' transmises sur cette matière. Cette année, il a écrit au Conseil d’administration que de nouvelles expériences lui ont fait découvrir le moyen de produire, à volonté, du blanc en écailles aussi parfait que le plus beau du commerce; il annonce un nouveau mémoire, et comme il n’avait pas connaissance des derniers programmes que vous avez publiés , il demande d’être informé de l’époque à laquelle il doit envoyer ce second mémoire.
- L’autre concurrent est un fabricant dont vous avez déjà couronné les efforts et la persévérance par plusieurs mentions honorables.
- lia envoyé un grand nombre d’échantillons; mais trois de ces échantillons seulement sont revêtus du caractère d’authenticité exigé par votre programme , c’est à dire légalement constatés comme étant un produit ordhr naire dé la manufacture. " s
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- Vous n’avez donc à juger que ces trois échantillons , que des Commissaires , nommés par le préfet, ont certifié être pris sans choix parmi une grande quantité de produits semblables destinés au commerce.
- Ils ont été essayés comparativement avec le blanc de Crems; ils lui sont inférieurs de beaucoup.
- D’autres échantillons ont été , comme je viens de le dire, joints aux trois premiers. Un, entre autres, était dans la boîte envoyée par les Commissaires; mais ils déclarent, dans leur procès-verbal, qu’ils ne l’ont point choisi eux-mêmes; que le fabricant leur ayant demandé la permission d’ajouter aux échantillons choisis par eux le résultat d’un nouvel essai, ils ont cru devoir accéder à sa demande, sans rien préjuger.
- Cet échantillon, marqué n° 4* est aussi beau que le blanc de Crems; il était encore tourné en spirale, tel qu’on le retire des pots : le Comité ne ioute nullement qu’il ne-provienne de la fabrique du concurrent.
- Dans une boîte particulière, formant un envoi distinct de celui des Coin- . missaires, le Comité a trouvé une collection de six échantillons de blanc brut en écailles ou en spirale, de diverses qualités, depuis le plus brillant jusqu’au plus terne.
- L’échantillon n° 2 était composé d’écailles de la plus grande blancheur : nous en avons choisi une pour l’essayer en la broyant à l’huile; il en est résulté le blanc le plus parfait qu’on puisse désirer.
- * Ces disparates, dans un produit de la même fabrique, sont regar-
- dées, par l’auteur, comme résultant de la différence qui se trouve dans les plombs dont 011 fait usage. Le Comité 11e partage pas cette opinion ; il observe que le plomb se fondant en grandes masses dans la fabrique, on devrait obtenir une grande quantité de beau blanc ou n’en pas avoir du tout.
- Vous saviez bien, Messieurs , et vous l’avez inséré dans votre programme, que la fabrication du blanc de plomb avec les couches de fumier procure accidentellement des écailles de la plus grande blancheur ; c’est ce qui vous a fait penser qu’avec quelques précautions de plus on parviendrait à faire du blanc aussi parfait que celui de Crems. Vous avez exhorté les fabricans à diriger leurs efforts vers la perfection du blanc en écailles, parce qu’il n’exige aucun travail ultérieur pour être mis dans le commerce, et parce que la céruse sera d’autant plus belle que le blanc dont elle est composée sera plus parfait.
- On ne peut donc donner le prix à ce concurrent, sur quelques échantillons, de la plus grande beauté à la vérité , mais qui ne sont pas un pro-
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- duit ordinaire de sa manufacture; puisque c’est une condition essentielle, exigée par le programme , de ne juger que sur les produits communs ou sur des expériences qui démontrent la possibilité de les obtenir à volonté: cependant, vous lui devez des éloges pour sa persévérance et la confiance qu’il vous a montrée, en vous offrant tous les renseignemens que vous voudrez lui demander ; vous pourrez en profiter, et, dans ces communications réciproques , il en retirera l’avantage de perfectionner, le premier, son système de fabrication.
- Votre Comité des arts chimiques a pensé qu’il était important de maintenir le prix que vous avez proposé pour le perfectionnement de la fabrication du blanc de plomb, et de le proroger jusqu’au mois de janvier 1809. Les travaux particuliers qui se font sur cet objet , dans divers endroits de la France, amèneront à la fin la solution de ce problème ; mais un moyen qu’il ne faut pas négliger, c’est de charger une Commission de faire là dessus un travail méthodique. Vous avez, Messieurs, la preuve de l’efficacité de ce moyen dans le travail de MM. Roard et Thénard sur l’alun. Que l’on fasse sur le blanc,de plomb un travail semblable, et la Société en retirera le même avantage.
- Approuvé en séance générale, le 11 mars 1807.
- Signé Mérimée, rapporteur.
- Rapport sur le prix pour la détermination de Y emploi utile des produits de la distillation du bois; par M. Mérimée.
- Deux mémoires seulement ont été envoyés sur ce programme.
- Le premier ne résout aucunement la queslion, et l’auteur ne semble pas l’avoir comprise ; il 11e paraît pas même avoir connaissance de l’emploi qu’on a déjà fait de quelques produits de la distillation dans le tannage des cuirs et dans la teinture ; il n’a eu en vue que le mode de la distillation, et il propose un nouvel appareil, consistant en une enveloppe et des tubes en toile, arrosés par un courant d’eau, pour les préserver de l’action du feu.
- Le second mémoire n’embrasse pas non plus la totalité de la question ; il ne traite que d’une seule application d’un des produits de la distillation du bois; c’est le gaz hydrogène, dont il propose d’employer la détonation comme force motrice pour le service de machines à feu destinées à faire mouvoir des voitures de transport qui auraient tous les avantages de nos voitures ordinaires.
- L’idée d’appliquer la détonation comme force motrice est une idée sans
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- doute très brillante; mais l’expérience seule peut assigner à cette découverte la considération qu’elle mérite. Tout ce mémoire étant particulièrement du ressort de votre Comité des arts mécaniques, c’eût été à lui à vous faire un rapport; cependant, quand ce rapport serait aussi favorable qu’on peut le supposer, il n’y aurait pas encore lieu, à accorder le prix à l’auteur, puisqu’il n’a considéré qu’une partie des produits dont le programme exige qu’on détermine l’utilité. Comme cette question est très importante , votre Comité vous propose de la remettre de nouveau au concours pour l’année 1808.
- Approuvé en séance générale, le 11 mars 1807.
- Signé Merimée, rapporteur.
- Rapport sur le prix pour la purification des fers cassant a froid et à chaud, et pour la fabrication de Vacier fondu ; par M. Mérimée.
- Un seul mémoire vous a été envoyé sur ce sujet ; il est trop peu intéressant pour qu’on vous eh rende compte.
- Il n’est parvenu aucun mémoire sur la fabrication de l’acier fondu. Vous avez senti toute l’importance de ces deux sujets de prix, en portant le premier à huit mille francs et le second à quatre mille francs. L’arriéiioration sensible dés produits de nos forges, et les perfectionnemens qu’on a apportés dans la fabrication de l’acier, nous laissent pressentir des tentatives heureuses pour la solution des problèmes que vous avez proposés. Votre Comité pense qu’il convient de remettre ces deux prix au concours pour l’année 1809.
- Approuvé en séance générale>le 11 mars 1807.
- Signé Mérimée, rapporteur.
- Rapport sur le prix pour la découverte dun moyen propre à juger la qualité du verre à vitre ; par JM. Mérimée.
- Il est étonnant que le programme sur la découverte d’un moyen déjuger la qualité du verre à vitre n’ait stimulé personne à faire quelques recherches pour résoudre cette importante question. Grâces au zèle de M. Guy-ton , votre but est atteint, et vous conserverez les fonds que vous aviez consacrés à cette découverte. Vous allez entendre comment il est parvenu à connaître , en peu de temps, la qualité des échantillons envoyés à la dernière exposition des produits de notre industrie, Ua publication de son
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- procédé va mettre les fabricans dans 1 alternative de faire d’excellent verre ou de voir abandonner leurs magasins.
- Approuvé en séance générale, le 11 mars 1807,
- , Signé Mérimée, rapporteur.
- M. Guyton, ayant résolu le problème proposé par la Société pour un moyen de juger d'une manière simple et facile de la qualité du verre à vitre, a lu un mémoire sur ce sujet, dans lequel il développe les moyens qu’il a employés et le résultat de ses expériences. .
- L’Assemblée a félicité M. Guyton de son 2èle et du succès qui a couronné ses recherches, et a décidé que son mémoire serait inséré dans le Bulletin de la Société, et que le prix sur la question* qu’il a traitée serait retiré. /
- K apport sur le prix proposé pour la fabrication du cinabre;
- par M. Mérimée.
- Personne ne s’est présenté au concours pour la fabrication du cinabre ; cependant quelques travaux ont été entrepris sur cet objet par un fabricant de couleurs, qui a communiqué ses expériences et ses résultats à l’un des membres de votre Comité. Les premiers essais donnent lieu d’espérer que le problème sera bientôt complètement résolu. Le Comité vous propose, en conséquence, de proroger ce prix jusqu’à l’année prochaine.
- Approuvé en séance générale, le 11 mars 1807.
- Signé Mérimée, rapporteur.
- Rapport sur le prix relatif au perfectionnement de la gravure en relief / par 3£. Yanhultem.
- La Société d’encouragement avait vu âgée regret, au commencement de l’année dernière, que les différens essais de gravure en relief envoyés au concours étaient loin d’atteindre la perfection à laquelle quelques artistes étrangers ont porté cet art dans ces derniers temps ; elle avait distingué cependant les travaux d’un artiste de Paris, M. Duplat, connu par un grand nombre de productions de ce genre, et elle avait cru devoir récompenser ses efforts par une médaille et un prix d’encouragement.
- Si, cette année, la Société n’a pas encore la satisfaction de pouvoir accorder le prix aux essais qui lui-ont été présentés, elle a du moins celle d’avoir provoqué de nouvelles tentatives pour les progrès de l’art, cft l’espoir que, par de nouveaux efforts , on parviendra au but désiré.
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- Deux artistes ont adressé à la Société le résultat de leurs recherches à cet égard. Le premier, M. Poterat, n’est point graveur; il a médité sur Fart, et a conçu quelques essais qu’il croit utiles à son avancement. Il avait eu l’intention de faire exécuter, d’après ses idées, des gravures en relief; mais il n’a pas trouvé li’artistes qui , en s’éloignant de la routine ordinaire, aient voulu se conformer à sa manière d’opérer. Il développe ses moyens dans un mémoire; mais ses observations, qui, à la discussion et surtout dans l’exécution, pourraient souffrir plus d’un genre de difficultés, ne sont pas constatées par l’expérience : d’ailleurs, son mémoire n’est accompagné d’aucune gravure en relief, et, par conséquent, il ne 'satisfait pas aux conditions prescrites par le programme.
- L’autre concurrent est M. Besnard, graveur en relief, rue de la Juiverie, n° 6, à Paris. Il a envoyé un mémoire, dans lequel il expose sa manière de graver, et un grand nombre de planches gravées en relief sur cuivre jaune et sur bois, accompagnées d'épreuves. Votre Comité des arts économiques a remarqué, dans quelques unes de ces gravures, des améliorations sensibles, surtout dans deux vignettes : la première, représentant un aigle tenant d’une serre la foudre, et de l’autre une branche de palmier; la seconde, le symbole des arts réunis. On y dis-, tingue une coupe nette, une grande précision de tailles, et pins d’effet qu’on n’en trouve ordinairement dans ces sortes de planches gravées en France: cependant, il faut le dire, ces gravures , malgré leur mérite, sont encore bien éloignées pour l’effet, pour la beauté d’exécution , et meme pour le goût du dessin, de quelques unes de celles exécutées par des artistes étrangers , surtout par Anderson et Bewick; mais les travaux de M. Besnard donnent des espérances fondées qu’en faisant de nouveaux efforts cet artiste pourra atteindre de plus près le but, surtout en gravant d’après de meilleurs dessins et en mettant plus d’effet dans ses gravures. En conséquence, votre Comité vous propose de lui accorder une médaille d’argent à titre d’encouragement, et une somme jusqu’à la concurrence de quatre cents francs, à condition qu’il gravera une vignette à l’usage de la Société. ,
- Il pense aussi qu’il convient de proroger le prix pour l’amélioration de la gravure en relief jusqu’au mois de janvier 1808.
- Les conclusions de ce rapport ont été adoptées , et la Société a décerné à M» Besnard, graveur en relief, demeurant à Paris, rue de la Juiverie ,
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- n° 6, une médaille d’argent à titre d’encouragement ,.et une somme jusqu’à la concurrence de quatre cents francs, à condition qu’il gravera une
- vignette à l’usage de la Société,
- Rapport sur le prix relatif a la reliure économique ; par
- M. de Lasteyrie. '
- La Société d’encouragement a reçu, cette année, deux mémoires sur le concours qu’elle avait ouvert pour la reîiûre économique. L’un de ces mémoires a été envoyé par M. Vidal, lieutenant réformé du J2e régiment de cavalerie, et l’autre par M. Bruyset, imprimeur - libraire à Lyon.
- M. Vidal a joint à son mémoire deux très petits échantillons du papier qu’il a préparé pour servir de remplacement aux peaux , dans la reliure des livres , et il a indiqué en même temps le procédé qu’il a suivi dans sa préparation ; ce procédé est à peu près le même que celui qui a été employé par notre collègue M. Gillet-Laumont. Le papier envoyé par M. Vidal remplit, sous quelques rapports, les conditions du programme , il est économique et peut résister aux attaques de l'humidité; mais il est très cassant, ainsi qu’il est facile de s’en apercevoir en examinant les échantillons; et il doit être rejeté comme incapable de pouvoir supporter la ployure , et parce qu’il n’a pas assez d’élasticité pour se prêter au mouvement qui doit avoir, lieu entre la couverture et le dos des livres reliés.
- M. Bruyset, qui s’était présenté au concours de l’année dernière, et qui a reçu de la Société line mention honorable , a envoyé , cette année , une substance qu’il nomme carthalute ; c’est un papier souple, d’une épaisseur moyenne, d’un tissu fort et tenace, et susceptible de recevoir la dorure , les couleurs, et un assez beau poli, qualités qui le rendent agréable à l’œil, sans cependant le mettre à l’abri de l’eau ou même de l’humidité.
- En effet, si on le mouille il se dilate, et il peut être alors facilement endommagé par le frottement : lorsqu’on l’isole de tout corps, il retient pendant quelque temps l’eau versée sur sa surface ; mais lorsqu’il est mis en contact, cette eau se communique promptement aux objets sur lesquels il se trouve appliqué (i\
- Ce papier a été fabriqué à la manufacture de M. François Johannot ? d’Annonay, et cét artiste ingénieux aurait résolu le problème proposé pa ^
- (i) Les Allemands fabriquent des papiers d’une nature analogue à celle du papier
- arthalute , mais il$ ont les mêmes imperfections que celui-ci.
- Cinquième année. Mars 1807. 29
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- la Société , s’il eût'frouvé le moyen de rendre son papier imperméable à fèau. Vos Commissaires regrettent qu’il n’ait pas atteint ce degré de per- ' fectïou , d’autant plus qu’il parait que cela eût été facile; il suffirait d’imprégner ce papier d’une matière grasse ou résineuse, afin de le rendre^ inattaquable par l’humidité.
- M. B/uyset pense que les étofles et les tissus doivent être exclus des reliures, par la raison qu’ils s’effileraient, ne prendraient pas un poli et s’useraient promptement. Les reliures que l’un de vos Commissaires, M. Gillet Laumont, a exposées sous vos yeux, prouvent que ce moyen ne doit pas être rejeté, et je vais vous présenter des essais que je viens de tenter, et qui me font croire qu’il mérite la préférence sur tous les autres. Il ne s’agit, pour arriver à ce degré de perfection , que de donner à un tissu solide une préparation convenable.
- Nous ferons observer à la Société que deux fabricans de Paris ont fait aussi quelques essais qui tendent au même but, et qui offrent un produit propre à remplacer les peaux, dans la reliure des livres, d’une manière très avantageuse et très économique. MM. Lié g rois e t Didier, dont les cuirs vernissés sont bien appréciés parle public, viennent de préparer des papiers qui pourront alimenter ce nouveau genre d’industrie, si toutefois le prix auquel ils les établissent dans le commerce permet de trouver une économie réelle dans leur emploi. J’ai imité ces papiers, et en faisant connaître lës procédés que j’ai employés on verra qu’une feuille de papier propre à relier i vol. in-8° ne coûtera pas plus de dix centimes.
- Si la Société a à regretter de ne pouvoir décerner le prix aux concurrens, elle doit se féliciter d’avoir fixé l’attention du public sur un objet utile, et d’avoir obtenu immédiatement des résultats à peu près aussi parfaits qu’on puisse les désirer.
- D’après l’exposé qui vient de vous être fait, vos Commissaires pensent
- i°. Que M. Bruyset mérite une mention honorable en reconnaissance du zèle, de l’intelligence et de la persévérance qu’il a mis à la recherche d’une découverte intéressante pour les sciences et les arts, et comme un témoignage des succès auxquels il a été conduit par ses travaux ;
- 2°. Que les differens résultats obtenus par les essais qu’a provoqués le concours étant satisfaisans, la Société doit retirer le prix qu’elle avait offert pour cet objet. »
- Approuvé en séance générale, le n mars 1807.
- Signé Lasteyrie , rapporteur.
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- Rapport sur les prix relatifs aux améliorations agricoles proposés par la Société ; par M. Tessier.
- La Société d’encouragement a proposé différens prix pour favoriser l’améliorât ion de l’agriculture. Le terme pour quatre de ces prix est expiré, et ils doivent être distribués dans cette séance; savoir : un pour rétablissement en grand d'un routoir, suivant les procédés de M„ Bralle; le second, pour la culture d'une plante oléagineuse ; le troisième, pour la culture comparée des plantes oléagineuses ; et le quatrième, pour la culture des prairies artificielles.
- Il n’est parvenu aucun renseignement, ni mémoire pour rétablissement en grand d'un routoir y suivant les procédés de M* Bralle, ni pour la culture comparée des plantes oléagineuses : la Société en a reçu cinq pour la culture des prairies artificielles, et un pour celle d'une plante oléagineuse.
- Pour encourager l’introduction et la multiplication des prairies artificielles dans les pays où elles n’étaient pas connues , et dans ceux où on ne les cultivait qu’en petit, la Société arrêta quelle décernerait deux prix, de la valeur chacun de trois cents francs, aux deux agriculteurs qui, dans le courant de l’an XIII et de l’an XIV, auraient récolté une plus grande proportion de luzerne, de sainfoin on de trèfle, sur un terrain au moins de deux hectares.
- Cinq personnes ont concouru pour ce prix ; ce sont MM. Bonneau, propriétaire à la Brosse, commune de Saint-Lactencir», département de l’Indre ; Gaujac, résidant une partie de l’année à Aubetin , département de Seine-et-Marne; J.-J. Calais, cultivateur à Montreuil, canton de Toste, arron-disment de Diep pe, départemen t de la Seine-Inférieure; Willewersch, médecin à Trêves, département de la Sarre; Louis DelaselleJ d’Echviliy, propriétaire dans le département des Deux-Sèvres.
- M. Bonneau, dont le mémoire a pour épigraphe : bene pascere, l’a divisé en trois parties : il établit les vices généraux des assolemens du pays où il a fait ses essais ; l’insuffisance des prairies, eu égard à ce qu’il pourrait y en avoir et à ce qu’il en faudrait, et les causes, surtout les causes morales, qui se sont opposées à leur multiplication. Un préjugé populaire, que les hommes raisonnables doivent s’attachera détruire, est celui-ci : « Si on cultive » tant de prairies artificielles, dit-on, on récoltera moins de bip en France; » delà s’ensuivront des disettes et tous les inconvéniens quj en résultent. ?> M. Bonneau combat ce préjugé, en prouvant que l introçlqçtiop des prairies ' 29.
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- artificielles augmente la production en blé. Il est bien certain , en effet, qu’un moyen de nourrir plus de bétail et d’avoir, par conséquent., plus d’engrais met en état d’obtenir des récoltes plus abondantes : en sorte qu’avec moins de terres-ensemencées en blé on en a plus que dans la culture où les prairies artificielles sont peu de chose. C’est par des expériences, et par des expériences faites partout, comme M. Bonneau en a fait voir dans sa propriété, qu’on parviendra à persuader cette vérité depuis long-temps reconnue par les agronomes.
- Cent dix-sept hectares de terre ont été employés par M. Bonneau à produire des fourrages artificiels de diverse nature, et dix des racines et des légumes ; il est difficile d’opérer plus en grand. Nous avons vu des échantillons de plusieurs de ces végétaux, capables de donner une bonne idée de la manière dont ils sont cultivés , et du succès qu’ils ont dans le pays.
- Le maire de la commune de Saint-Lactencin, la Société d’agriculture, et •M. le préfet du département de l’Indre, ont, par des certificats, attesté les faits énoncés dans le mémoire de M. Bonneau; le dernier lui témoigne même de la reconnaissance des services que son zèle et ses améliorations rendent au pays, par les exemples qu’il offre.
- Le Comité d’agriculture a pensé que M. Bonneau méritait l’un des
- Prix*
- M. Gaujac a bien justifié par ses travaux l’épigraphe de son mémoire :
- Labor omnia vivait improbus...
- Virg. Georg.
- N'ayant pu déterminer son fermier, malgré les avances qu’il voulait lui faire , à changer ses cultures qui étaient mauvaises , il résolut de faire valoir lui-même. Il commença par former des prairies artificielles, puis il augmenta le nombre de ses bestiaux. Aujourd’hui, avec trente hectares de ces prairies et vingt de prés naturels, il entretient un troupeau de six cents bêtes à laine, trente-cinq vaches, huit chevaux et douze porcs ; ces animaux lui procurent deux mille voitures de fumier.
- Son mémoire est étendu : l’auteur y rend compte de ses expériences , après quelques avis généraux sur les avantages qu’auraient les propriétaires d’exploiter eux - mêmes leurs terres, ou au moins de surveiller leurs
- L’une d’elles est assez remarquable; déjà elle avait été conseillée. M. Gaujac a eu la patience de ramasser séparément les diverses graines des plantes qui croissent naturellement dans les terres habituellement cultivées, et sur le bord des chemins, dans les bois, dans les prés : il les a semées à part pour
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- les multiplier et en faire des fourrages. Ce travail, n’eût-il eu qu’un faible
- succès, mérite d’être distingué.
- La lecture d’un livre où l’on proposait d’employer, pour la transplantation, la culture de la luzerne, porta M. Gaujac à en semer sur couche et à repiquer les plants : le produit en fut grand ; une seconde fois il en plaça treize mille plants sur vingt-cinq ares; et il eut une récolte très abondante.
- Depuis neuf ans, ce propriétaire cultive un nombre considérable de plantes, désignées dans son mémoire, pour les employer comme fourrage ; il donne sur chacune d’elles les détails relatifs à la manière de les multiplier et d’en faire un usage utile.
- La ferme qu’exploite M. Gaujac est dans la commune de Dugny, arrondissement de Coulommiers , département de Seine-et-Marne.
- Comme le mémoire de M. Gaujac ne précise pas les produits de ses cultures, ni les quantités de terre qu’il y a consacrées ; que d’ailleurs il n’est accompagné d’aucun certificat, ainsi que le programme l'exigeait, le Comité ne propose pas de lui donner un prix. Mais ses cultures étant connues d’un de vos Commissaires qui les a vues, et de plusieurs autres qui en ont entendu parler avantageusement, personne n’ayant essayé tout à la fois autant de plantes pour savoir le parti qu’on en pourrait tirer comme fourrage , nous avons pensé que la Société devait lui accorder une médaille d’encouragement-
- M. Jean-Jacques Calais a semé en sainfoin , en l’an XIII, huit hectares de terre qui sont en plein rapport, et en l’an XIY trois autres hectares. Le certificat du maire de la commune, légalisé par le sous-préfet de Dieppe, atteste que le fait est exact, et que, dans le pays , cette culture n’était point en usage. M. Jean-Jacques Calais se borne à la simple exposition du fait, sans donner le moindre détail sur les produits et leur emploi ; il rie nous a paru avoir droit qu’à une mention honorable.
- M. fVillewersch, sur un terrain très élevé et humide, regardé comme stérile, et situé près de la ville de Trêves, où le transport du fumier eût été difficile et coûteux, fit porter des cendres ( de chandelier) , environ vingt-neuf kilolitres pour sept hectares, et y sema, au printemps de l’an i8o5 , soit avec de l’avoine, soit avec du seigle, de la graine de trèfle qui, suivant ce que dirent les gens du pays, ne devait pas réussir. Cependant, l’année suivante, il eut, d’une première coupé, trente voitures, et d’une seconde seize; celle-ci aurait été plus considérable sans la sécheresse. Une voiture du pays contient sept cent cinquante kilogrammes de foin, ce qui fait environ mille bottes par hectare. M. Willewersch appuie ce qu’il annonce dans
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- son mémoire du témoignage du maire de la ville de Trêves ; mais celui-ci n’indique que six hectares dans son certificat , tandis que M. Willewersch en indique sept. La culture du trèfle, sans doute, n’a pas encore été en usage sur les hauteurs qui environnent Trêves, puisque le maire de cette ville le certifie, et il y a du mérite à l’y avoir essayée; mais elle n’est pas inconnue dans le pays. Cette réflexion a engagé le Comité d’agriculture à .ne proposer qu’une mention honorable de l’expérience de M. TVille*-wersch.
- L’auteur d’un mémoire accompagné d’un certificat authentique du maire et de l’adjoint de la commune de Bouillé-Lorets , sous-préfecture de Bressuire, département des Deux-Sèvres, est M. Delaselle , d’Echvilly , propriétaire, dont l’habitation est près de Doué, département de Maine-et-Loire.
- Il commence par exposer la nature du sol, qui est argileux dans quelques endroits. Il essaya d’abord de préparer des terres à la charrue, pour les ensemencer en luzerne. Cet ensemencement n’eut aucun succès. Il se détermina à en faire labourer au pic et à la tranche quinze hectares , culture plus coûteuse sans doute, mais dont il espérait des produits avantageux s’il réussissait. Il s’était pénétré de l’idée que, quand on parvenait à faire produire à un champ de la luzerne, à quelque prix qu’elle revînt, il y avait toujours du profit. IL fit répandre sur le terrain de la terre de jardin, espèce d’engrais employé dans le département des Deux-Sèvres et dans ceux qui l’avoisinent. Chaque hectare, pour le labour, l’engrais et la graine , lui a coûté a5g francs. Les ensemencemens de M. Delaselle n’ayant été faits qu’en germinal an XIII, et son mémoire ayant été remis avant le premier frimaire dernier, il a dû d’autant mieux compter sur le produit de cette année, qu’il avait mêlé à la graine de luzerne une plante annuelle, comme il est d’usage : il ne pourra bien en juger que sur celui de 1807 et même sur celui de 1808, parce que ce n’est guère qu’au bout de trois ans que cette plante est en plein rapport. Le Comité a cru devoir se borner à louer le zèle de M, Delaselle, et à le mentionner honorablement ; il pense que la Société doit l’engager à rendre un compte exact des suites de ses essais, qui. sont intéressans. Quoiqu’on général il ne soit pas avantageux de cultiver à bras les plantes des prairies artificielles, il y a cependant des positions particulières où l’on peut le faire avec quelque profit, ce qui suffit pour ne point proscrire cette culture.
- Le seul concurrent pour le prix sur la culture d’une plante oléagineuse est M. Hervieu, propriétaire à Reugriy, arrondissement de Clamecy, département de la Nièvre. Il observe que dans le pays on consomme habi-
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- tuellement, chaque année, une grande quantité d’huile pour assaisonner les alimens , pour la lumière et 1 apprêt des laines, et que les habitans qui n’en récoltent pas assez sont obligés d’en tirer de la ci-devant Flandre et de
- Normandie.
- M. Ilervieu a ensemencé plusieurs années de suite quelques hectares de terre en navette et colzat en plein champ, tandis que dans le pays on n’en cultive communément que de petites quantités, et dans les jardins. Ce n’est donc point une culture nouvelle : il n’a fait que l’étendre. Il demande que la Société lui fasse parvenir un modèle ou le plan d’un moulin à huile hollandais , parce que ceux dont on se sert dans son département et dans ceux des environs sont défectueux.
- Ce qu’a fait M. Hervieu n’est pas sans mérite, mais il n’a pas rempli le but du programme : il suffit de lui indiquer le Cours complet d’Agriculture, de l’abbéüozier, où il trouvera la description et le plan d’i4n moulin à huile hollandais , qu’il doit être invité à faire exécuter.
- Le Conseil d’administration a jugé convenable , non pas de retirer le prix pour V établissement en grand d’un routoir, suivant les procédés de M. Bralley mais de le suspendre, parce qu’on en annonce un qui fait espérer plus d’avantages. M. Bralle lui-même, ainsi qu’il a été dit dans l’une des séances ordinaires du Conseil, connaît un moyen plus sûr et plus économique. Il a été arrêté que des expériences sur ces nouveaux moyens indiqués seraient faites, avant de retirer le prix pour l’établissement d’un routoir, conformément au premier procédé de M. Bralle, ou.de proposer encore ce prix si le procédé est regardé comme le meilleur.
- Le Comité d’agriculture a été d’avis que les prix pour la culture d’une plante oléagineuse et pour la culture ^comparée des plantes oléagineuses fussent prorogés, et que celui pour les prairies artificielles fût continué: les premiers, parce qu’outre leur utilité il n’a été encore envoyé aucun mémoire qui prouve que ce genre d'amélioration ait été pris en considération; le dernier, parce qu’il est de la plus grande importance, pour la prospérité de l’agriculture française et, par conséquent, de l’État, de multiplier les moyens de nourrir les bestiaux.
- Là Société d'encouragement, eu ne séparant pas l’agriculture des autres branches d’industrie qu’elle cherche à perfectionner, fait connaître le cas qu’elle en fait, et donne à penser, à ceux qui n’en seraient pas convaincus, que, si ragriculture ne peut rien sans les autres arts, ceux-ci ne peuvent rien sans elle.
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- La Société, après avoir adopté les conclusions de ce rapport, a décerné à M. Bonneau, propriétaire, demeurant à Châteauroux, département de l’Indre, l’un des prix pour la culture des prairies artificielles; à M. Gaujac, propriétaire, demeurant à Aubetin, département de Seine-et-Marne, une médaille d’argent pour le même objet ; et a arrêté que les noms de MM. Delaselle, J.-J. Calais et TVillewersch, qui ont concouru pour le même prix , seront mentionnés honorablement.
- A la suite de ce rapport, on a fait lecture des nouveaux sujets de prix qui doivent être ajoutés à ceux déjà proposés ; ces prix sont :
- i°. Pour les machines à feu depetite dimension , 6,000francs.
- 20. Pour la filature par mécanique des déchets de soie , i,5oo Jr.
- 3°. Pour la construction d'une machine à peigner la laine, i,5oo fr.
- 4°. Pour la construction d'une machine à filer la laine peignée, i,5oo fr.
- 5°. Pour la découverte d'un bleu d’application, 1,200 fr. ( les fonds de ce prix sont faits parM. Oberkampf ).
- 6°. Pour un moyen d'imprimer sur étoffe, d’une façon solide, toute espèce de gravure en taille-douce, 1,200 fr. (M .de Paroy se charge de payer ce prix ).
- La séance a été terminée par la nomination de deux censeurs pour la vérification des comptes du trésorier.
- MM. Garan-Coulon et Colchen, sénateurs, ont réuni la majorité des suffrages.
- Objets exposés dans cette séance.
- 1°. Un modèle très bien exécuté, du métier de M. Jacquart, pour la fabrication des étoffes brochées et façonnées. Ce métier, que M. Jacquart présente au concours, a fixé l’attention des membres de la Société, tant pour la manière ingénieuse dont il est conçu, que pour la facilité de sa manœuvre et sa simplicité. (Voyez le rapport de M. Bardel, p. 2o5. )
- 2°. Divers ouvrages en tôle vernie, tels que cafetières à double fond, boîtes à thé, bouilloires, boîtes à liqueur, etc., de la fabrique de M. Bordier, à Versoix, département du Léman.
- 3°. Un niveau d’eau portatif, de la même fabrique, avec trépied à colonne, qui se distingue par sa parfaite exécution. Les tubes sont de cuivre plaqué en argent, et les assemblages ainsi que les vis sont dorés en or moulu. Cet instrument, qui coûte 36o francs, se démonte facilement, et
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- se place dans une petite boîte de tôle vernie, ce qui en rend l’usage très commode. M. B ordier fabriqué^ aussi des niveaux d’eau à des prix modiques (i).
- 4°. Un appareil ou vase pour conserver les huiles , également construit par M. Borclier. Nous le ferons connaître plus particulièrement dans un prochain n° du Bulletin.
- 5°. Le modèle d’un nouveau four économique, que M, Thilorier propose pour l’usage des boulangers, et qui, suivant l’auteur, consomme moins de combustible que les fours ordinaires.
- 6°. Un poêle - fourneau économique, exécute par M. Harel, rue Saint-Honoré, près celle de l’Arbre-Sec, applicable à divers usages domestiques. . .
- 7°. Un échantillon de tulle, fabriqué par M. Bonnard, de Lyon, à l’imitation du tissu réticulaire anglais nommé spider's web (toile d’araignée). Cet objet peut avoir une consommation assez étendue, et devenir une branche d’industrie très intéressante.
- 8°. Un fourgon ou chariot couvert, pour le transport des soldats blessés , inventé par M. Daujon , mécanicien , rue des Vieux-Augustins, n° 4« L’auteur a appliqué à ce chariot les châssis sanglés dont nous avons parlé Bulletin n° XVIII, et sur lesquels on pose d’abord les soldats blessés lorsqu’on les relève de dessus le champ de bataille; ces châssis, au nombre de trois, s’engagent dans des coulisses disposées dans l’intérieur du fourgon, qui est suspendu de manière à ne faire éprouver au blessé que de très légères secousses.
- 9°. Une lampe dite astrale, construite par M. B ordier > avait été suspendue au milieu du grand escalier de l’hôtel de Boulogne , à plus de quarante pieds d’élévation. Elle répandait une lueur pâle semblable à celle de la lune, et éclairait très bien toutes les partiesjle l’escalier.
- M. Bordier avait fait établir, au centre de la cour, un de ses réverbères à miroirs paraboliques, dont la lumière est très belle, et qui ont eu beaucoup de succès à Paris. ( Vpyez Bulletin n°. XXX. )
- (i) On trouve ces instrumens à Paris, chez M. Chevallier, ingénieur-opticien, quai de PHorïoge-du-Palais, n° i.
- Cinquième année. Mars 1807.
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- PROGRAMMES
- Des prix proposés par la Société d encouragement pour TIndustrie nationale j dans sa séance générale du 11 mars 1807, pour être décernés en 1808 et 1809.
- PRIX PROPOSÉS POUR L’ANNÉE 1808.
- ARTS MÉCANIQUES.
- I
- Prix pour la construction de machines propres à peigner la laine par
- mécanique.
- II.
- Prix pour la filature par la mécanique_, à toute grosseur de fil, de la laine peignée pour chaîne et pour trame.
- Les soins que la Société d’encouragement a pris pour le développement de l’industrie nécessaire à la fabrication des draperies et autres étoffes de laine ont déjà produit d’impor-tans résultats.
- L’emploi des machines à filer la laine cardée, à lainer et à tondre les draps , qu’elle a provoqué avec tant de zèle, donne de si grands avantages aux manufactures de Louviers, Elbeuf, Sedan, Verviers, Néau , Aix-la-Chapelle, Amiens et Carcassonne, que l’on peut être assuré que bientôt elles ne redouteront pas plus de rivales pour le bas prix auquel elles établiront leurs marchandises qu’elles n’en connaissent pour la perfection qu’ëlles donnent à leurs qualités.
- Cependant, deux moyens mécaniques , utiles à leur prospérité , sont négligés , et leur importance doit exciter la sollicitude de la Société d’encouragement ; ce sont les machines à peigner la laine , et celles à filer la laine peignée.
- Leur emploi serait d’un plus grand intérêt pour toutes nos manufactures en général, et particulièrement pou r 'celles des departemens de la Marne, de l’Oise, du Pas-de-Calais, de la Somme, du Nord et de la Lozèré, surtout depuis que le goût des femmes se porte sur les châles de Cachemire , ces beaux tissus de l’Orient, dont l’imitation est si recherchée , que désormais ils paraissent devoir faire une partie essentielle de leur vêtement.
- C’est d’après ces considérations que la Société d’encouragement propose deux prix de la valeur de quinze cents francs chacun , l’un pour les meilleures machines à peigner la laine , l’autre pour celles propres à filer la laine peignée.
- On a cru devoir établir deux prix séparés pour ces deux objets, qui dépendent cependant ’un de l’autre , attendu que tel artiste qui croira pouvoir s’occuper d’une bonne machine à peigner pourrait n’avoir aucune idée sur la confection d’une machine à filer, et réciproquement. Il est démontré d’ailleurs que l’une peut être utile en attendant l’autre.
- Ces deux prix seront décernés dans la séance generale de janvier i 808. Les mémoires , dessins ou modèles devront être envoyés avant le i*r décembre 1807.
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- Les conditions pour l’obtention de ces prix sont que les machines offriront un avantage, soit pour la perfection des produits , soit en économie, de vingt à trente pour cent au moins sur le travail fait à la main.
- III.
- Prix pour le cardage et la filature par mécanique des déchets de soie provenant des cocons de graine, des cocons de bassine > des costes, des frisons et des bourres, pour la fabrication de la soie dite galette de Suisse.
- Ces déchets devront être filés selon les grosseurs de fil en usage dans les fabriques de broderie, de tissage et de passementerie. Les prix des différentes qualités de galette qui en proviennent devront être de vingt-cinq pour cent au dessous de ceux de la filature à la main.
- L’objet de ce prix, qui est comme tous ceux dans lesquels nos manufactures n’ont pas encore atteint le dernier degré de perfection et d’économie, a fixé l’attention de la Société d'encouragement. v
- Le prix, qui est de la valeur de quinze cents francs, sera décerné dans la séance générale dejanvier 1808. Les machines devront être envoyées avant le Ier décembre 1807.
- Afin d’offrir aux concurrens des moyens de succès plus faciles, on a cru devoir joindre au programme les différens procédés qu’on emploie pour la fabrication de la soie dite galette de Suisse. On y fait connaître les détails de la main-d’œuvre et les préparations qu’exigent les déchets de soie pour être cardés et filés à la main : connaissance essentielle et nécessaire pour parvenir à l’emploi de ces mêmes déchets par mécanique.
- Cette description, adressée en 1786 a feu Vandermonde, par Paulet, auteur de Y Art du fabricant d’étoffes de soie, s’est trouvée dans les Archives du Conservatoire des arts et métiers, et a "été communiquée à la Société par M. Molctrd.
- Sur la fabrication de la galette de Suisse.
- La véritable galette de Suisse est une espèce de soie filée qu’on obtient des cocons de graine, des cocons de bassine , des costes et des frisons.
- Ou nomme cocons de graine ceux dont les vers à soie sont sortis en papillons , pour fournir la graine ouïes œufs qui servent à en propager l’espèce.
- Ces cocons se trouvent percés à l’endroit par où le ver est sorti, ce qui les rend impropres pour donner de la soie de première qualité ; mais on a trouvé le moyen d’en tirer un filage très avantageux.
- Les cocons de bassine sont ceux dont le brin qui les compose ne peut pas se développer dans la bassine, lorsque la tireuse fait sa battue. On les met à part, souvent même on les aisse tenir aux frisons.
- On appelle frisons les brins de soie que la fileuse prend dans sa main, Iorsqu’avec un petübalai elle a formé sa battue, et qu’elle cherche à purger les cocons , afin qu’il n’entre dans la soie aucun de leurs brins qui ne soit dépouillé de tout ce qui pourrait lui donner
- quelque défectuosité.
- Les costes ne sont autre chose que ces mêmes frisons, excepté qu’au lieu d’être pris et nveloppes par la main de la fileuse et repliés sans ordre, elle tire tous les brins de la
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- battue , en les réunissant et en formant une ou plusieurs longueurs : de sorte qu’il y a des costes de quatre à cinq pieds de long , de la grosseur d’une forte ficelle. Ce sont ces memes costes qu’on appelle capitons, et dont on se sert communément pour faire la broderie de point.
- Quand on veut disposer les coeons, soit ceux de graine , soit ceux de bassine , pour en obtenir la soie dite galette de Suisse , on commence par les faire bouillir à grande eau, dans un chaudron, pendant quatre heures consécutives. On les remue presque sans cesse avec un bâton fourchu, afin qu’ils ne brûlent point, et que la gomme dont ils sont enduits s’étende plus facilement; en les remuant, on a soin de-les retourner souvent : cette opération tend à les amollir, à détacher les brins qui les forment, et à les disposer à être cardes avec plus de facilité. ,
- On retire les cocons après avoir laissé refroidir l’eau dans laquelle ils ont bouilli , et on les jette ensuite dans l’eau froide ; on les lave à plusieurs reprises , jusqu’à ce que l’eau reste claire.
- Lorsqu’on se trouve à portée d’une rivière ou d’une fontaine , on met les cocons dans un panier à anses, d’une grandeur convenable ; l’eau courante les rend infiniment plus propres que le lavage dans quelque vaisseau que ce soit. \
- Après que les cocons sont bien lavés, on les fait égoutter; on les presse avec les mains, afin d’en extraire toute l’eau qu’ils contiennent, et on les étend sur des cordes ou sur de grandes claies, pour les faire sécher, sans les exposer cependant à l’action du soleil ; cette opération se pratique ordinairement dans des greniers; on laisse un espace suffisant entre les cocons, afin cju’ils sèchent plus promptement.
- Si on ne les carde point à mesure qu’ils sont secs , on les met dans des sacs ou bien dans des paniers bien couverts , afin de les garantir de la poussière.
- Lorsqu’il s’agit de carder les cocons, on en prend environ deux ou trois livres à la fois , on les place sur un bloc de deux pieds de diamètre ; on les y bat aveede gros billots , jusqu’à ce qu’on les ait rendus doux, au point de pouvoir facilement les écharpir avec les doigts , pour ensuite les porter sur les cardes.
- Les billots avec lesquels on bat les cocons sont de gros et forts bâtons d’euviron deux pieds de long, et d’un pouce et demi de diamètre par le bout qu’on tient dans les mains , et de plus de deux pouces par l’autre bout.
- On les bat aussi avec de grosses verges.
- On les carde jusqu’à ce qu’ou s’aperçoive que laIbarbe qui est produite par le cardage est dépouillée de tous les bouchons ou petites costes, qui ont pu se former parla réunion trop intime des brins que la carde n’a pu séparer.
- Dans cet état le cardeur tire la première barbe, et en fait un trachel, qui la dispose à être filée. ( On nomme trachel, dans cette filature, ce qu’on désigne par loquette dans celle du coton, excepté que le trachel se plie en long et en rond de huit à dix pouces , en forme de saucisson , sans être serré.) Cette première barbe produit la première qualité de la galette.
- Le cardeur, continuant de carder ce qui lui reste, tire une seconde barbe qui devient sensiblement inférieure à la première , et de laquelle il résulte une galette de seconde qualité ; enfin il passe à une troisième , qui est encore bien inférieure à la seconde , et de là à une quatrième, qu’on appelle rouleau. Ces deux dernières produisent une soie à laquelle on donne le nom de grosse Gênes, et à la dernière celui de Païenne. Souvent on
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- file celle-ci d’une telle grosseur qu’en la réunissant à deux bouts montés ensemble on en fait l’ame des cordons de fenêtres. ( >
- Quant aux costes et aux frisons, on suit la même méthode , surtout lorsqu’on les destine à la fabrication de la galette; car autrement on ne peut en faire que de la belle filoselle , pareille à celle fabriquée en Languedoc, en Vivarais, en Provence, etc., et connue sous le nom de fleuret.
- On file généralement la galette au rouet. La beauté de son brin dépend du soin de la fileuse ; mais il faut qu’elle mouille la matière en filant, c’est à dire qu’elle ait l’attention de mouiller ses doigts en tirant les brins de la quenouille sur laquelle elle a placé son trachel, et de manière que le fil qu’elle en forme soit enduit, sur tonte sa longueur, de l’eau qu’elle destine à cet objet. Cette eau doit être un peu glutineuse ; on se sert communément d’une eau de riz affaiblie, ou d’une eau de graine de-lin. La première est préférable. Il faut que la fileuse mouille légèrement, et de manière que toute la longueur du fil puisse s’imprégner de cette eau.
- Les autres espèces de soie, tirées des matières ci-dessus énoncées, doivent toujours être filées à sec.
- On a prétendu qu’en faisant tremper les cocons dans l’eau, ainsique les frisons, jusqu’à ce que celte eau soit entièrement corrompue, on obtiendrait unë galette supérieure à celle fabriquée par le moyen indiqué ci-dessus : on a vu des preuves du contraire ; sans compter les inconvéniens qui résultent d’être sans cesse exposé à respirer un air vicié.
- ARTS CHIMIQUES.
- IV.
- Prix pour la découverte d'un bleu d’application.
- L’indigo, tel qu’il est préparé pour l’impression des toiles peintes, est, à la rigueur, Une couleur application, puisqu’il s’applique avec le pinceau, et se fixe sur la toile sans le secours d’aucun mordant. Cependant, on ne peut l’employer à la planche, ainsi que la rouille de fer, parce que l’état de dissolution qui lui est nécessaire, pour être fixé, est détruit, au moindre contact avec l’air atmosphérique. i !
- On emploie, à la vérité, l’indigo avec des planches; mais cela exige une préparation idté-rieure qui altère les autres couleurs; c’est pourquoi on ne s’en sert que pour les camaïeux : ce n’est donc pas une couleur d’application. /j
- On sait que la dissolution de l’indigo dans les alcalis ne s’opère qu’autant qu’on a enlevé l’oxigène qui le rend insoluble. Or. si la soustraction de l’oxigène était portée plus loin, ou maintenue par quelque combinaison particulière , de telle sorte que, pour reprendre l’oxigène soustrait, il fallût un certain temps d’exposition à l’air, dès lors cette couleur pourrait être appliquée avec des planches, sans avoiKBefeoin d’aucune préparation ultérieure ; ce serait une couleur d'application. A ..
- L’analogie porte à croire que cela est possible ; c’est ce qui détermine la Société d’encouragement à proposer un prix de la valeur de. 'douze cents francs à celui qui trouvera un procédé pour préparer l’indigo, ou toute autre couleur bleue aussi belle, de manière à pouvoir être employé par application, avec les planches en usage, dans la fabrication des toiles peintes. : , ,, , fo;i, ,
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- Ce prix sera distribué dans la séance générale de janvier 1808. Les mémoires devront être envoyés avant le Ier décembre 1807. '
- Nota. Les fonds de ce prix ont été faits par M. Oberkampf directeur de la manufacture de toiles peintes de Jouy. Les douze cents francs qu’il avait proposés, il y a deux ans, pour la découverte d’un procédé pour marquer aux chefs les toiles de lin et coton écrus, n’ayant pas été gagnés, il les a remis à la Société, pour les appliquera tel autre prix qu’elle juge-* rait convenable,
- V.
- Prix pour la découverte d’un moyen d’imprimer sur étoffe, d’une façon solide, toute espèce de gravure en taille-douce.
- On emploie souvent dans la fabrication des toiles peintes de- planches de cuivre gravées en taille-douce. Le mordant appliqué, dans cette circonstance, est le même que celui dont on se sert avec les planches en relief. Il est épaissi par un mucilage qui le rend sus-ceptible d’une certaine adhérence ; mais au lieu d’employer, pour nettoyer la surface de la planche de cuivre, les moyens des imprimeurs en taille-douce, on ne peut que faire usage d’un racloir d’acier; d’où il résulte l’impossibilité d’obtenir des impressions aussi délicates que celles de nos belles estampes.
- On a essayé depuis-long-temps, et avec succès, d’imprimer sur étoffe des estampes en taille-douce, à la manière ordinaire; depuis quelques années on en a fait l’application à des objets d’ameublement, et l’on a vu en ce genre des choses très agréables ; mais malheureusement les meilleurs vernis, comme les huiles les mieux préparées, ne fixent pas assez la couleur , pour qu’elle puisse résister de l’action répétée des blanchissages ordinaires. .1.
- Peut-être n’est-il pas impossible d’obtenir par ce moyen une impression solide ; mais ce qui est plus certain , c’est que les mordans de la teinture peuvent être chimiquement combinés avec les, huiles, et que , dans cet état , ils sont susceptibles de se charger de la matière colorante. On peut donc espérer que l’on réussira à imprimer un mordant huileux , avec la planche la plus délicatement gravée en taille-douce.
- Dans cet espoir, la Société d’encouragement propose un prix de la valeur de douze cents francs à celui qui indiquera un procédé à l’aide duquel on puisse imprimer sur étoffe, d’une façon solide , toute espèce de planche gravée en taille-douce.
- Ce prix sera décerné dans la séance générale de janvier 1808. Les mémoires relatifs à ce procédé doivent être envoyés avant le Ier décembre 1807.
- Nota. Les fonds de ce prix sont faits par M. de Paroy, membre du Conseil d’administration de la .Société.
- ••• : • ; PRIX PROPOSÉS POUR L’ANNÉE 1809.
- • - , - • ARTS MÉCANIQUES.
- ' :• I 1 - VI. ‘ .
- - . ‘J.:d I-. . •
- \ ^ Prix pour une petite machine à feu.
- Le besoin des petites machines à feu est généralement senti. Leur usage est très limité , et si on eu emploie plusieurs dont la force ne surpasse pas celle de quelques chevaux ,
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- c’est qu’elles sont établies sur des mines de houille, où l’on regarde comme nulle la dépense du combustible. Mais il ne suffit pas d’avoir une machine utile dans un lieu favorable et déterminé , il faut qu’on puisse la placer où on le désire , il faut qu’elle offre de la force à peu de frais partout où elle est nécessaire : par conséquent , elle doit consommer peu de combustible , et sa dépense de construction et d’entretien doit être modérée. v
- La plupart des grandes villes renferment une foule d’établissemens où la force est une chose de premier besoin , c’est donc pour elles qu’il faut considérer l’utilité des petites machines à feu ; et comme là souvent le combustible est cher, on peut croire qu’une petite machine à feu, utile dans une grande ville, le serait dans toutes les circonstances, même pour l’agriculture.
- Ce qui a pu empêcher jusqu’à présent de- s’occuper de la construction d’une petite machine à feu , c’est qu’il est de la nature même des machines à feu ordinaires d’être plus profitables dans de grandes dimensions ; c’est à dire qu’une même quantité de combustible produit plus de force dans une grande que dans une petite machine.
- Ce sont ces difficultés qu’il s’agit de vaincre par des constructions particulières ou par l’emploi d’un combustible quelconque , dont l’effet aurait pour résultat la plus stricte économie ; elles ontj paru dignes d’être soumises aux réflexions et à la sagacité de nos artistes.
- Pour faire comprendre les conditions du programme, on a cru devoir exprimer en argent le moindre prix d’une quantité donnée de force qui serait employée à élever, à une certaine hauteur, une masse donnée. On prend ici pour unité de force 100,000 kilogrammes élevés à un mètre ( c’est à peu près la force que peut donner un homme dans une journée de douze heures de travail). Ainsi, les plus fortes machines à feu demandées, qui pourront être admises au concours, devront produire une force équivalente à dix de ces unités pendant douze heures.
- La Société d’encouragement, considérant l’utilité qui peut résulter de l’emploi des petites machines à feu, propose un prix de la valeur de six mille francs pour une petite machine à feu, dont la force équivaudra à celle capable d’élever à la hauteur d’un mètre un million de kilogrammes dans l’espace de douze heures, et dont la dépense totale, y compris les intérêts du capital et les frais d’entretien , n’excédera pas , à Paris , la somme de 7 francs 5o centimes pendant ce même temps.
- Ce prix sera décerné, dans la séance générale de janvier 1809, à celui qui présentera une machine en état de fonctionner, qui , à la meilleure construction , réunira les conditions ci-dessus énoncées.
- Les machines devront être présentées au concours avant le ier novembre 1808. '
- Afin de faciliter les recherches de ceux qui voudront concourir pour cet objet, la Société a cru devoir joindre ici une note de différens ouvrages à consulter, qui ont traité des pompes et des machines mues par le feu.
- Ouvrages à consulter sur les pompes et les machines mues par le
- feu.
- Leupold, Theatrum machinarum.
- Bélidor, Architecture hydraulique.
- Prony, Architecture hydraulique. , ! ' *
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- ( 2/fo )
- Harris, Lexicon teehnicum. London, 1707, 2 vol. in-fol.
- Papin , Nouvelle manière d'élever l’eau par la force du feu. Casse!, 1707 > in-fol. , fi g.
- Blakey, Observations sur les pompes à feu. Amsterdam , 1774, iu-4°.
- Description d’une Machine à feu pour les salines de Castiglione, par Cambray. Parme, 1766, in-4°. .
- Nouveaux Mémoires de la Société bat ave pour les connaissances utiles, établie à Rotterdam ; Ier volume, qui traite des Machines à vapeur.
- Poda, Description des Machines établies pour l'exploitation des mines à Schemnit». T 771 , in-8°, fig.
- Annales des Arts et des Manufactures, par Oreilly.
- Repertory of arts and manufactures, les nos 3 , 4» *4 > *7 » 18, 22, 23 , 25, 3g, 55, 57 , 62, 65 , 83,84 , 88, 95 de la première série et presque tous les numéros de la seconde série.
- Nicholson’s, Journal. "
- Bibliothèque britannique.
- Phiiosophical Magazine, par Tillocb.
- Ttransactions philosophiques.
- Le Recueil des Machines, publié par la Société d’encouragement de Londres.
- PRIX REMIS AU CONCOURS POUR L’ANNÉE 1808.
- ARTS MÉCANIQUES.
- VII.
- Prix pour un métier propre à fabriquer toutes sortes d'étoffes brochées et
- façonnées.
- Ce prix , qui est de la valeur de 3,000 francs, sera distribué dans la séance générale de janvier 1808. Les modèles et machines doivent être adressés avant le Ier décembre 1807.
- VIII.
- Prix pour la fabrication du fil de fer et d'acier propre à faire les aiguilles à coudre et les cardes à coton et à laine.
- 6e prix, qui est de la valeur de 3,000 francs, sera décerné dans la séance générale de janvier 1808. Les mémoires et échantillons seront envoyés avant le Ier décembre 1807.
- IX.
- Prix pour la fabrication des peignes de tisserand.
- Ce prix, de la valeur de 600 francs, sera accordé dans la séance générale de janvier 1808. Le concours restera ouvert jusqu’au Ier décembre 1807.
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- ( »4i )
- X.
- ARTS CHIMIQUES.
- Prix pour la fabrication du cinabre.
- JLe prix est de 1,200 francs; il sera^décerné dans la séance générale du mois de janvier 1808. Les mémoires et échantillons seront adressés avant le Ier décembre 1807.
- XI.
- Prix pour la détermination des produits de la distillation du bois.
- Ce prix est de 1,000 francs; il sera adjugé dans la séance générale de janvier 1808. Les concurrens enverront leurs mémoires avant le Ier décembre 1807.
- / XII.
- Prix pour le collage du papier.
- Le prix est de 3,000 francs ; il sera distribué dans la séance générale du mois de janvier 1808 : les fonds en ont été faits par S. Exc. le Ministre de l'Intérieur. Le concours restera ouvert jusqu’au Ier décembre 1807.
- ARTS ÉCONOMIQUES. .
- XIII.
- Prix pour la meilleure construction des jours à chaux, à tuiles et
- à briques.
- Le prix, consistant en une somme de 2,400 francs et deux accessits, le premier de 5oo fr., le second, de 3oo fr., sera décerné dans la séance générale de janvier 1808. Les mémoires et échantillons seront envoyés avant le 1er décembre 1807.
- XIV.
- Prix pour Vencouragement de la gravure en relief.
- Le prix est de 2,000 francs ; il sera décerné dans la séance générale du mois de janvier 1808. Les mémoires , ainsi que les planches gravées , seront adressés avant le Ier décembre 1807.
- XV.
- Prix pour la fabrication des vases de métal revêtus d'un émail
- économique.
- Ce prix, de 1,000 francs, sera distribué dans la séance générale de janvier 1808. Les mémoires et les vases exigés par Ici programine doivent êtrje.envoyés avant le 1“ décembre 1807. ; _r ' I - • ' '
- Cinquième année. Mars 1807. 3i
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- ( 242 )
- AGRICULTURE.
- XVI.
- Prix pour la culture du navet de Suède.
- Un prix de 600 francs sera décerné, pour cet objet, dans la séance générale de janvier 1808. Les mémoires seront adressés avant le 1er décembre 1807.
- XVII.
- Prix pour la culture en grand de la carotte.,
- Le prix est de 600 francs; il sera distribué dans la séance générale du mois de janvier 1808. Les côncurrens devront adresser leurs mémoires avant le 1e1' décembre 1807.
- XVIII.
- Prix pour la culture en grand de la fève.
- Ce prix , consistant en une somme de 600 francs , sera décerné dans la séance générale de janvier 1808. Les mémoires seront envoyés avant le Ier décembre 1807.
- XIX.
- Prix pour la culture des prairies artificielles.
- Deux prix de 3oo francs chacun seront distribués dans la séance générale de janvier 1808. Le concours restera ouvert jusqu’au ier décembre 1807.
- PRIX REMIS AU CONCOURS POUR L’ANNÉE 1809.
- ARTS MÉCANIQUES.
- . XX.
- Prix pour une machine à tirer la tourbe sous Peau.
- Le prix est de 2>oqo francs ; il sera décerné dans la séance générale de janvier 1809. Les mémoires, dessins ou modèles , doivent être adressés avant le Ier novembre 1808.
- La Société a cru devoir joindre au-programme de ce prix la-description-de deux machines r la première , nommée 'gmnd louchet, estemployée , depuis douze à quinze ans, dans le département de la Somme ; l’autre sert au curage des ports et canaux de Venise. La description-de cette dernière machine a été communiquée "par M. Prony.
- XXI.
- Prix pour la fabrication en fonte de fer de divers ouvrages pour lesquels on emploie ordinairement le cuivre et le fer forgé.
- Ce prix est de i,5oo francs ; il sera distribué dans la séance générale de janvier 1809. Les mémoires et échantillons seront envoyés avant le Ier novembre 1808.
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- La Société a jugé convenable de ne point exiger comme condition de rigueur, mais seulement comme condition de préférence, le clou de 5 millimètres de longueur, cité dans le programme ; elle désire que , dans le nombre des clous que les concurrens lui adresseront , on trouve le clou à latte ou à ardoise, ainsi que celui à palisser, qui sont d’une grande consommation et exigent peu de flexibilité.
- XXII.
- Prix pour la fabrication du fer-blanc, dune qualité aussi parfaite que celui des meilleures fabriques étrangères répandu dans le commerce.
- Le prix, consistant en une somme de 3,ooo francs, sera adjugé dans la première séance générale de 1809. Les mémoires et échantillons devront parvenir à la Société avant le Ier novembre 1808.
- ARTS CHIMIQUES.
- XXIIl.
- Prix pour la fabrication de l’acier fondu.
- Ce prix a été porté à la somme de 4>ooo francs ; il sera distribué dans la séance générale de janvier 1809. Le concours restera ouvert jusqu’au ier novembre 1808.
- XXIV.
- Prix pour la purification des fers cassant à froid et à chaud.
- La Société a ajouté a,000 francs à ce prix , qui était d’abord de 6,000 francs ; il sera décerné dans la séance générale de janvier 1809. Les mémoires devront être adressés avant le i*r novembre 1808.
- XXV*
- Prix pour lafabrication du blanc de plomb.
- Le prix, qui est de 3,000 francs, sera distribué dans la séance générale de janvier i8o9- Les mémoires et échantillons devront parvenir à, la Société avant le Ier novembre 1808.
- AGRICULTURE.
- XXVI.
- Prix pour la culture d'une plante oléagineuse*
- Ce prix est de 4oo francs ; il sera distribué en janvier 180g. Les mémoires devront être envoyés avant le Ier novembre 1808.
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- XXVII.
- Prix pour la culture comparée des plantes oléagineuses»
- Le prix , consistant en une somme de 600 francs, sera décerné dans la séance générale de janvier 1809. Le concours restera ouvert jusqu’au mois de janvier 1808 (1).
- CONDITIONS GÉNÉRALES A REMPLIR PAR LES CONCURRENS.
- Les modèles, mémoires, descriptions, renseignemens , échantillons et pièces , destinés à constater les droits des concurrens , seront adressés, francs de port, au secrétariat de la Société $ encouragement pour V industrie nationale, rue du Bac, n° 42, hôtel de Boulogne. Ils doivent être remis, avant le jer décembre 1807, pour les prix à décerner au mois de janvier 1808, et, avant le xer novembre 1808, pour ceux à distribuer en 1809. Ces termes sont de rigueur.
- Celui qui aura obtenu un prix conservera la faculté de prendre un brevet d’invention , si l’objet en est susceptible.
- Les étrangers sont admis à concourir ; mais dans le cas où l’un d’eux aurait obtenu un prix , la Société conservera la propriété du procédé , à moins qu’il ne le mette â exécution en France , en prenant un brevet d’invention.
- Les membres du Conseil d’administration de la Société et les deux censeurs sont exclus des concours ; les autres membres de la Société sont admis à concourir.
- Les concurrens ne mettront point leur nom à leurs mémoires ; ils y mettront seulement une devise , et ils joindront aux modèles , mémoires ou échantillons , un billet cacheté renfermant la même devise , leur nom et l’indication de leur domicile.
- La médaille ou la somme sera remise à celui qui aura obtenu le prix, ou à son fondé de pouvoirs.
- Approuvé en séance générale, le 11 mars 1807.
- Signé CHAPTAL, président y GUYTON-MORYEAU , DUPONT ( de Nemours), vice-présidensy
- J.-M. DEGÉRANDO , secrétaire y Cl.-ANÎHELME COSTAZ, MATHIEU DE MONTMORENCY,
- secrétaires-adjoints.
- (1) La Société a retiré du concours le prix pour la reliure économique, et celui pour un moyen de juger de la qualité du verre à vitre ; elle a aussi retiré provisoirement le prix pour Y établissement en grand d’un routoir, suivant les procédés de M. Bralle , parce qu’on en annonce un qui fait espérer plus d’avantages , et que M. Bralle lui-même connaît un moyen plus sûr et plus économique.
- IMPRIMERIE DE Madame HUZARD (née VALLAT LA CHAPELLE),
- rue de l’Éperon, n° 7.
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- TABLEAU DES PRIX PROPOSES
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- PAR LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT POUR L’INDUSTRIE NATIONALE,
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- Pour être décernés dans les années 1808 et 4 809.
- ARTS MÉCANIQUES.
- ARTS CHIMIQUES.
- ARTS ÉCONOMIQUES.
- AGRICULTURE.
- ARTS MÉCANIQUES.
- ARTS CHIMIQUES.
- AGRICULTURE.
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- NUMÉROS
- I.
- II.
- III.
- VII.
- VIII.
- IX.
- IV.
- V.
- X.
- XI.
- XII.
- XIII.
- XIV. XV.
- XVI.
- XVII. XVIII.
- XIX.
- VI.
- XX.
- XXI.
- XXII.
- XXIII.
- XXIV.
- XXV.
- XXVI. XXVII.
- DÉSIGNATION DES SUJETS DE PRIX. VALEUR DES PRIX. ÉPO ( de l’envoi des Mémoires , Descriptions , Dessins, Machines , Modèles ou Echantillons. ^ UE S de la Distribution des Prix.
- PRIX PROPOSÉS POUR L’ANNÉE \ 808-
- Pour la construction de machines propres à peigner la laine par mécanique. ....... . . i,5oo fr. ier Déc. 1807. Janvier 1808.
- Pour là filature par mécanique, à toute grosseur de fil, de la laine peignée pour chaîne et pour
- trame o O LO id. id.
- Pour le cardage et la filature par mécanique des déchets de soie provenant des cocons de graine,
- des cocons de bassine, des costes , des frisons et des bourres, pour la fabrication de la soie
- dite galette de Suisse O O LO id. id.
- Pour un métier propre à fabriquer toute sorte d’étoffes brochées et façonnées 3,000 id. id.
- . Pour la fabrication du fil de fer et d’acier propre à faire les aiguilles à coudre et les cardes à
- coton et à laine 3,000 id. id.
- Pour la fabrication des peignes de tisserand 6oo id. id.
- Pour la découverte d’un bleu d’application 1,200 id. id.
- Pour la découverte d’un moyen d’imprimer sur étoffe, d’une façon solide, toute espèce de
- gravure en taille-douce 1,200 id. id.
- Pour la fabrication du cinabre 1,200 id. id.
- Pour la détermination des produits de la distillation du bois . 1,000 id. id.
- Pour le collage du papier. 3,000 id. id.
- Pour la meilleure construction des fours à chaux, à tuiles et à briques 2,400 id. id.
- 5oo id. id.
- 2e Accessit 3oo
- id. id.
- Pour l’encouragement de la gravure en taille de relief. 2,000 id. id.
- Pour la fabrication des vases de métal revêtus d’un émail économique . 1,000 id. id.
- Pour la culture du navet de Suède 6oo id. id.
- Pour la culture en grand de la carotte. 6oo id. id.
- Pour la culture en grand de la fève 6oo id. id.
- Pour la culture des prairies artificielles, deux Prix, de 3oo francs chacun 6oo id. id.
- PRIX PROPOSÉS POUR L’ANNÉE 1809»
- Pour une petite machine à feu 6,000 ier Nov. 1808. Janvier 1809.
- Pour une machine à tirer la tourbe sous l’eau • 2,000 id. id.
- Pour la fabrication en fonte de fer de divers ouvrages pour lesquels on emploie ordinairement
- le cuivre et le fer forgé - i,5oo id. id.
- Pour la fabrication du fer-blanc, d’une qualité aussi parfaite que celui des meilleures fabriques
- étrangères répandu dans le commerce 3,000 id. id.
- Pour la fabrication de l’acier fondu 4,000 id. id.
- Pour la purification des fers cassant à froid et à chaud 8,000 id. id.
- Pour la fabrication du blanc de plomb 3,000 id. id.
- Pour la culture d’une plante oléagineuse 4oo id. id.
- Pour la culture comparée des plantes oléagineuses 6oo id. id.
- TOTAL. 55,8oo
- OBSERVATIONS.
- A DEDUIRE:
- i°. La valeur du prix. n° IV, pour la découverte d'un bleu dîapplication, dont les fonds ont été faits par M. Oberkampf................................................................. i,aoofr.
- 2°. Le montant du prix n° V, pour la découverte d’un moyen d’imprimer sur étoffe, d’une façon solidey toute espèce de gravure en taille-douce, que M. de Paroy se charge de payer. 1,200
- 3°. La valeur du prix n° XII, pour le collage du papier, dont S. Exc. le Ministre de l’Intérieur a fait les fonds.....................................................*................. 3,000
- 5,4oo fr.
- Reste...... 5o,4oo fr.
- La valeur des prix proposés pour l’année 1808,déduction faite des prix nos IV, V et XII, s’élève à.... La quotité des Prix proposés pour l’année 1809 est de..........................................
- Total ^gal. .. ,,
- 21,900 fr.
- 28,5oo
- 5o,4oo fr.
- Les fonds de ce prix ont été faits par M. Oberkampf.
- Les fonds de ce prix ont été faits par M. de Paroy.
- Les fonds de ce prix ont été faits par S. Exc. le Ministre de l’Intérieur.
- Ce prix était, dans l’origine, de 3,000 fr. : par arrêté du 22 janvier 1807, la Société l’a augmenté de 1,000 fr.
- La Société avait d’abord accordé 6,000 fr. pour ce prix ; elle a décidé, dans sa séance du 21 janvier 1807, qu’il serait porté à la somme de 8,000 fr.
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- CINQUIÈME ANNÉE. ( N* XXXIV.) AVRIL 1807.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- INDUSTRIE NATIONALE.
- L’exposition de 1806 nous a prouvé que peu de branches d’industrie sont étrangères à la France, et que quelques unes des plus importantes ont été beaucoup perfectionnées. Cette exposition a été remarquable, soit par le nombre , soit par la qualité des objets présentés, soit par le concours des fabricans de toutes les parties de l’empire ; elle l’a été par la satisfaction qu’a témoignée le public, dont l’affluence a été considérable pendant toute sa durée.
- Si, dans les circonstances présentes, où la guerre met des entraves à notre commerce, nous avons obtenu des résultats aussi satisfaisans, que ne devons-nous pas espérer pour la prospérité de notre industrie, lorsque la paix ramènera dans nos ateliers cette activité qui leur est si nécessaire , et donnera un nouvel essor au génie de nos savans et de nos artistes ?
- On a dû être étonné , sans doute , que , dans un journal consacré spécialement à l’industrie nationale, il n’ait pas été question plus tôt de la dernière exposition publique des produits de nos manufactures. Les matériaux du Bulletin se sont tellement accumulés depuis quelques mois, que nous nous sommes vus forcés de retarder cette publication, malgré le désir que nous avions de l’offrir plus tôt à nos lecteurs. —
- Notre intention n’est pas de reproduire ici les Notices qui ont été publiées par ordre de S. Ex. le Ministre de l’Intérieur, et que la plupart des journaux ont réimprimées, soit par extrait, soit en totalité. Cet ouvrage,
- Cinquième année. Avril 1807. 5 2
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- qui est suffisamment connu et apprécié du public, renferme des détails précieux, et peut être considéré comme une statistique industrielle des différens départemens de la France. Dans une excellente introduction, M. Costaz, chef du Bureau des arts et manufactures au Ministère de l'Intérieur, indique les diverses branches d’industrie que nous avons perfectionnées, et celles pour lesquelles nous sommes encore tributaires de l’étranger, savoir : la fabrication des limes, celle de l’acier, des faux et des faucilles. . . '
- Nous allons offrir à nos lecteurs un aperçu de notre industrie, qui sera aussi étendu que les bornes de ce journal le permettent, Nous avons profité , pour ce travail, de l’ouvrage que nous venons de citer, et de quelques renseignemens qui nous ont été fournis par le Ministère de l’Intérieur, Nous signalerons les récompenses qui le Jury chargé de l’examen des objets présentés à l’exposition a accordées aux fabricans qui se sont fait remar* quer par la perfection de leurs produits. Plusieurs d’entre eux, qui avaient obtenu des distinctions aux expositions précédentes, ont reparu à celle de 1806. Le Jury n’a pas cru devoir leur donner, pour les mômes objets, de nouvelles médailles.
- ARTS MÉCANIQUES,
- Machines pour les étoffes dé laine. L’emploi des mécaniques propres à! filer la laine, à lainer et à tondre les draps, nouvellement introduites en France, a sensiblement amélioré la qualité de nos draperies» Cette précieuse acquisition est due à M. Douglas, babile mécanicien, dont nous avons parlé plusieurs fois dans le Bulletin (i), Il à déjà fourni aux manufactures de draps de seize départemens plus de trois cent quarante machines de différentes espèces. Indépendamment de ses ateliers, situés aux moulins à vapeur de l’île des Cygnes, à Paris, il a établi une filature de laine par mécanique , rue Saint-Victor , n° 5*]*
- Le Jury a récompensé les travaux de M. Douglas, par une médaille cjW. Il a décerné îles médailles d’argent de deuxième classe à M» Lehlanc-Pa-toissien, pour une machine à tondre les draps, qui est employée avec succès à Reims, Elbeuf, etc.; et à M, François Ma&eline, de Loüviers, pour une mécanique propre à lainer les draps, par un mouvement Continu de rotation.
- (0 Voyez Bulletins, nd XX, deuxieme aimée, p. *53$ n° YI, troisième année, p. taq , et n°XX, quatrième année, p, soi»
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- Mécaniques à filer le coton. Ces machines utiles, importées en France il y a vingt ans, sont maintenant répandues sur tous les points de l’empire, et ont donné naissance à un grand nombre d’établissemens, qui versent dans Je commerce des produits très parfaits.
- Parmi les constructeurs de machines les plus habiles, nqus citerons MM. Charles Albert, rue du Faubourg-Saint-Denis, n° 69, et Calla, rue du Faubourg-Poissonnière, aux Menus-Plaisirs. Le premier a construit une série complète de mécaniques à filer le coton, qui se distinguent par une exécution soignée et par quelques améliorations faites par l’auteur; l’autre, une carde perfectionnée, une mécanique à filature continue de quatre-vingts broches, à filer fin pour chaîne, et une machine dite mull-jenny, de cent douze broches : la confection de ces diverses mécaniques prouve en faveur des talens de M. Calla.
- Le Jury a accordé à chacun de ces artistes une médaille d’or. M. Louis Pouchet, de Rouen, connu par différentes inventions utiles, et qui obtint une pareille médaille à l’exposition de l’an X, a exécuté un filoir continu à'double rang de broches de chaque côté, étagées et distribuées de manière à occuper la moitié moins de place que dans les continues ordinaires.
- MM. Delafontaine fils aîné, directeur de la filature deLescure, près Rouen, et Andrieux, mécanicien , place Royale, n° 24, se sont fait connaître avantageusement par la construction de machines à filer le coton. "
- Une machine, inventée par M. Çaillon, rue Saint-Martin, n° 82 , offre le moyen d’exécuter, avec plus de promptitude et de régularité, les cylindres cannelés qu’on emploie dans les machines à filer le coton ; ces objets se fabriquent en manufacture, à des prix modérés, dans les ateliers de M. Ma-quenhem, à Escarbotin (Somme). Nous devons à M. Bardel père un perfectionnement très important pour la filature du coton. Les cylindres couverts en peau ont l’inconvénient que la couture qui fixe et réunit les deux extrémités de la peau se gonfle et s’imprime de trois pouces en trois pouces sur le fil ; afin d’apporter plus d’économie dans l’entretien de ces cylindres, M. Bardel en a imaginé d’un nouveau genre, faits en rondelles de feutre réunies sans couture.
- Il existe à Havré, près Mons, un établissement, dans lequel on fait deux mille broches par semaine , par des moyens simples et ingénieux, qui abrèr gent et perfectionnent la main-d’œuvre. Ces broches, servant aux machines
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- à filer la laine et le coton , sont bien fabriquées et à un prix modéré. Le Jury a jugé dignes de la médaille d’argent de première classe MM. Clark et 4n-dré, directeurs de cet établissement.
- L’amélioration de nos fils de fer et d’acier a permis de donner plus de soins à la fabrication des cardes à coton et à laine, si imparfaite en France il y a quelques années. Les cardes de M. Pelluard, de Liancourt, jouissent d’une réputation méritée ; celles de MM. Hache et Bourgeois , de Louviers , V'.dsch, d’Orléans, et Scrive, de Lille, sont remarquables par le bon choix du cuir, par la qualité des fils de fer et d’acier, par la régularité dans la distribution des crochets, et par l’intelligence avec laquelle la hauteur du coude est proportionnée à l’épaisseur du cuir.
- Le Jury a décerné, à chacun de ces fabricans, une médaille d’argent de deuxième classe.
- On fabrique aussi de bonnes cardes à Paris, Rouen , Malines et Toulouse (1).
- Métiers à tisser. L’invention de la navette volante et d’autres perfection-nemens ajoutés aux métiers à tisser ont déjà procuré de grands avantages à nos fabriques de tissus. On a trouvé le moyen de faire fonctionner ces métiers, soit par un manège, soit par tout, autre moteur , de manière à obtenir un tissu plus régulier , et de l’économie dans la main-d’œuvre. Ils sont employés avec succès, pour la fabrication des toiles, à Rouen, dans les départemens du Calvados, d’Eure-et-Loir et du Bas-Rhin.
- M. Biard, de Rouen, a établi dans ses ateliers trente métiers, qui opèrent le tissage complètement et dans des largeurs indéfinies, par le simple mouvement de rotation. Le Jury a accordé à ce fabricant une médaille d’argent de première classe.
- Les métiers pour la fabrication des étoffes de soie ont éprouvé quelques modifications avantageuses , que nous devons à MM. Jacquart et Riveyii). M. Pipon, de Lyon, a exécuté un métier pour les étoffes de soie façonnées qui, suivant l’auteur, épargne beaucoup de peine à l’ouvrier et accélère le travail.
- (1) On trouve chez MM. Boucher, quai Pelletier, n° 22, à Paris, toutes sortes pièces , soit en fer, soit en cuivre , qui entrent dans la composition des machines filer le coton.
- (2) iVoyez Bulletins, n°s XIV, p. 3i, quatrième année, et XXXIII, cinquième année, p. 2o5.
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- M. Laurent Weber., de Mùlhausen ( Haut-Rhin ), a présenté, à la dernière exposition, un nouveau métier de tisserand, qui réunit la simplicité de la construction à l’immobilité nécessaire pour son jeu , et procure une économie de moitié, tant sur la main-d’œuvre que sur le bois avec lequel on
- l’établit.
- La fabrication des peignes ou ros pour les métiers à tisser a besoin d’ètre perfectionnée en France ; c’est dans cette vue que la Société d’encouragement a proposé un prix pour cet objet. Ces peignes se fabriquent, soit à Paris, soit à Rouen. MM. Lemaire père et fils, rue Saint-Denis, n° 5i5, construisent des peignes d’acier, de cuivre, de canne, d’un travail très soigné. M. Fouquier dlnglebert, de Rouen, présenta à l’exposition de l’an X, des ros d’acier très bien fabriqués.
- Métiers à bas. Plusieurs fabricans de bas, jugeant que le métier ordinaire dit métier français était trop fatigant pour les ouvriers, y ont apporté divers changemens pour lesquels le Gouvernement leur a accordé des récompenses. Cependant , ces nouveaux métiers ne sont pas encore généralement adoptés; il faut attendre que l’usage en ait constaté le mérite.
- Métiers à fabriquer les filets pour la pêche. C’est la Société d’encouragement qui a provoqué cette utile découverte , en proposant un prix pour un métier à faire les filets à pêcher, qui fut décerné, en l’an XI, à M. Jacquart, de Lyon. L’exemple de cet artiste a été suivi par M. Buron, mécanicien à Bourgtheroulde (Eure ), qui a imaginé une machine simple, n’exigeant, de la part de l’ouvrier, qu’un petit nombre de mouvemens faciles à exécuter, qui donne le véritable nœud du filet, et peut procurer une grande économie de main-d’œuvre. Le Jury a décerné à M. Buron une médaille d’or.
- Machines hydrauliques. Nous connaissons en France plusieurs nouvelles machines propres à élever l’eau , qui, dans leur application à nos besoins domestiques, procureraient assez d’avantages. 11 paraît cependant qu’il y a plus d’économie à employer les machines à vapeur , dans les lieux où l’eau courante ne peut pas servir de force motrice, et où le combustible est abondant. Parmi les machines hydrauliques d’invention récente, nous citerons le bélier de M. Montgolfier, qui est employé avec succès dans divers établissemens.
- MM. Bossu et Solages, de Paris , qui obtinrent en l’an IX une médaille d’or, pour leur écluse à sas mobile, ont présenté, en 1806, une nouvelle manière d’employer une chute d’eau comme moteur, et le modèle
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- d’un moulin à eau sans roue, mis en mouvement par cette nouvelle méthode, .
- Machines et instrument divers. M. Trèchard, rue des Fossés-Montmartre, n<> 11, a présenté, à la dernière exposition, son appareil pour les incendies, exécuté en grand et destiné au service de l’Opéra. Cette machine a obtenu les suffrages de l’Institut, de la Société d’encouragement et de S. Ex. le Ministre de l’Intérieur ( voyez Bulletin , ri°. II, troisième année ) ;
- M. Daujon, rue des Vieux-Augustins, n° 4> ses châssis sanglés pour le transport des blessés • cette invention est aussi simple qu’utile ;
- M. Couturier y rue d’Anjou au Marais, un instrument commode et utile nommé compte-pas; c’est une espèce de montre, qui, portée à la ceinture, indique la marche depuis un jusqu’à cent mille pas de deux enjambées.
- M. Salneuve, mécanicien , rue Pérou, n° 16, qui obtint, à l’exposition de l’an IX, une médaille d’argent pour diverses machines, a présenté une presse, composée d’une forte vis et de quatre jumelles, qui est employée à l’imprimerie impériale, pour satiner les papiers ; elle est exécutée avec beaucoup de soin. M. Salneuve avait aussi exposé une bonne machine à diviser et à fendre les roues.
- M. Rosa, élève de Faucanson, rue des Lions-Saint-Paul, n° 11, a présenté , cette année , une machine propre à faire les chaînes en fil de fer sans soudure, dites chaînes à la Faucanson y c’est la seconde que possède la France ; il n’y en avait eu qu’une, jusqu’à présent, qui était due au génie de Faucanson f et que M. Rosa avait construite : on la trouve au Conservatoire des arts et métiers.
- M. Dodé, rue de la Calandre, n* 33, a. présenté une mécanique très ingénieuse pour fendre et arrondir les pignons, dans les grandes machines et les horloges ;
- M. Leschner, mécanicien, rue Sainte-Apolline, n° y, une scie circulaire pour receper les pieux sous l’eau, dont le principe est ingénieux et l’effet prompt et sûr. ,
- M. Ferzj, rue Saint-Denis, n°. 16, a appliqué, par un moyen très simple, la machine à vapeur à l’extraction du minerai ; cette machine réunit des avantages que S, Ex. le Ministre de l’Intérieur a déjà distingués.
- M. Jugerf vieille rue du Temple, n° 77, a imaginé une mécanique très utile pour la fabrication des ouvrages de passementerie, par le moyen de. laquelle on couvre un corps cylindrique ferme ou flexible, avec trente-deux
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- fils de couleurs différentes, dont tes combinaisons et les permutations peu-vent varier indéfiniment les systèmes de couleurs.
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- Horlogerie» Cèt art est porté en France au plus haut degré de perfection , et aucune nation de l’Europe ne peut rivaliser avec nous à cet égard. Paris livre au commerce les plus beaux ouvrages d’horlogerie, et possède les artistes les plus habiles en ce genre.
- Horloges et pendules. M. Janvier , au pavillon des Quaire-Nations, obtint une médaille d’or à l’exposition de l’an X, pour une horloge à sphère mouvante. Il a présenté, en 1806, une pendule qui donne l’équation du temps par des causes analogues à celles qui la produisent dans le ciel, et satis employer l’ellipse ; il a exécuté aussi une pendule géographique. Tous ces ouvrages donnent l’idée la plus favorable des talens de M. Janvier, et prouvent que cet habile horloger connaît également bien les mouvemens célestes et les moyens mécaniques propres k les représenter.
- Le Jury a décerné une médaille d’argent de première classe à MM. Le* paute, rue Baint-Thorrms-du^Louvre, n° 4* ? pour plusieurs ouvrages d’horlogerie, d’une exécution soignée, parmi lesquels on remarque une grande horloge publique à équation, sonnant les heures et les quarts, et n’ayant besoin d’étre remontée que tous les dix jours. Le nom de M. Le* paute est depuis long-temps célèbre dans l’histoire de l’horlogerie.
- , La même récompense a été accordée à M. Pons, artiste très intelligent, qui a présenté plusieurs horloges dont ie pendule composé lait des vibrations de demi-secondes avec des arcs constans, au moyen d’un mécanisme ajouté a l’échappement libre* La régularité de leur marche a été constatée par des observations astronomiques* -
- M. Brêgüet tient le premier rang parmi les horlogers distingués que possède la France | il obtint une médaille d’or à Imposition de Tan X, pour divers përfectionüëmens qu’il avait ajoutés aux pendules et horloges. Il a imaginé tin mécanisme kppelê^pardohute, qui met le balancier à l’abri des acddeüs des plus fortes chutes \ un échappement nommé naturel, qui a 1 avantage de n’avoir pas besoin d’huile, et dans le mécanisme duquel il n’entre pas de ressorti un autre échappement, qu'il appelle èémppemmt double, dont les propriétés sont de ne pas exiger d’huile, de n’avoir pas de frottement, et de réparer à chaque vibration la perte faite par le pendule. Kous observerons que M. Ërèguet est le premier qui, en France > ait trait# la belle horlogerie en manufacture.
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- MM. Robin frères, rue Saint-Honoré, n° 520, qui ont hérité des talens et des lumières de leur père, ont exécuté plusieurs pièces de mécanique et d’horlogerie très curieuses, entre autres une pendule qui donne les levers et les couchers du soleil et de la lune , ainsi que les heures correspondantes des différens lieux; une montre à treize cadrans, qui indique l’heure quil est au même instant dans quelques' villes d’Europe. Le Jury leur a accordé une médaille d’argent de deuxième classe.
- M. Bourdier, rue Mazarine, n° 28, dont nous avons fait connaître les travaux, Bulletin, n° IX, troisième année, a exécuté des pendules à concert, des outils d’horlogerie et des machines à noter les cylindres des pendules à concert, qui donnent une idée avantageuse des talens de cet habile horloger.
- Il existe à Morey, département du Jura, une fabrique d’horlogerie qui occupe quatre cents ouvriers, et qui est dirigée par M. Caseau aîné. Cet artiste a envoyé à l’exposition de 1806 une horloge à heures, demi-minutes, répétition et réveil.
- Montres marines. M. Berthoud obtint une médaille d’or à l’exposition de l’an X, et le grand prix pour la construction des chronomètres. Cet artiste jouit de la plus haute réputation dans toute l’Europe. Ses garde-temps sont renommés et rendent les plus importans services à la navigation.
- M. Brêguet, que nous avons cité plus haut, a construit plusieurs garde-temps qui, au moyen d’un mécanisme appelé tourbillon, conservent la même justesse, quelle que soit la position inclinée ou verticale de la montre. Il en établit aussi sans le mécanisme à tourbillon, dont le balancier porte sa compensation ; ils sont à échappement libre et à spirale isochrone. Ces instru-mens sont exécutés avec soin, et leur prix est modiqtie.
- Montres. La fabrication des montres est une des principales branches de l’industrie de Genève. Il s’y fabrique annuellement cinquante mille montres, dont six mille à répétition : on les recherche pour la modicité de leur prix. Celles qu’on envoie à Paris sont retouchées par les horlogers de cettei ville, avant d’être livrées au commerce. Genève se distingue aussi par la fabrication des boîtes de montres et d’autres objets de bijouterie. Sa réunion à . la France a du accroître la prospérité de ses fabriques, dont les produits trouvent maintenant des débouchés plus faciles.
- L’horlogerie de Besançon est renommée ; elle procure des moyens d’existence à une foule d’artistes et d’ouvriers, et cette ville y trouve des
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- relations commerciales pour près de 3 millions par an : on y fabrique, chaque année, trente mille montres, soit d’or, soit d’argent, dont les prix varient depuis 24 francs jusqu’à 1,000 francs et au dessus.
- AT. François Robert, de Besançon, qui obtint une médaille d’argent à l’exposition de l’an X, soutient la réputation qu’il a acquise aux expositions précédentes.
- ATM. Racine et Brêguel contribuent aussi, par leurs talens, à entretenir l’activité de la fabrique de Besançon.
- Les montres fabriquées à Paris sont cependant supérieures à celles des autres parties de l’empire, tant pour leur régularité que pour la perfection du travail; les talens distingués des horlogers de la capitale leur assurent la préférence; il est vrai que ces montres sont plus chères que celles de Genève et de Besançon.
- Parmi les horlogers qui se livrent à la fabrication des montres, le Jury a distingué MAI. Brêguet et Oudin. Ce dernier a présenté deux montres; la première se remonte par l’effet seul de l’agitation de celui qui la porte ; l’autre représente le mois synodique et les phases de la lune : ces montres sont exécutées avec beaucoup de perfection. . ^
- Le jury a décerné une médaille d’argent de deuxième classe à AI. Isabel, horloger à Rouen , pour une montre simple à remontoir, agissant huit fois par minute, le ressort sans fusée, et pour une^montre à secondes, dont l’échappement est à force constante , et le ressort sans fusée.
- Arts servant à l’horlogerie. MM. Saluis et Calame, d’Hérimoncourt, fabriquent des pignons et des roues d’horlogerie au moyen de machines ; ils travaillent, en ce moment, à la confection d’une nouvelle machine, à laide de laquelle ils tailleront et arrondiront, par une seule et même opération, la denture des roues déjà adaptées à leurs pignons.
- AI. Japj a établi, depuis quelques années , à Beaucourt, département du Haut-Rhin, une fabrique dans laquelle on fabrique des mouvemens de montres par mécanique; le débit en est considérable. Cet artiste fut déjà mentionné honorablement en l’an X pour cet objet, qu’il perfectionne chaque jour (1).
- MM. Seydel, propriétaires et directeurs de la fabrique de. Berne, cour? mune de Seloncourt, département du Doubs, exécutent des ébauches
- (1) Voyez les détails sur cette fabrique, Bulletin, n° III, première annee, p. 4$*
- {Cinquième année. Avril 1807, 33
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- démontrés, qui, par leur prix extrêmement modique , contribuent à soutenir la concurrence avec d’autres établissemens.
- La ville de Trévoux, département de l’Ain, possède une manufacture, la seule de son genre que l’on connaisse dans tout l’empire. On y fait des rouleaux ou verges de balanciers de montres, au moyen de machines particulières et très précises, dont M. Desblands, horloger-mécanicien, est l’inventeur; ces rouleaux sont employés par les horlogers les plus célèbres de la capitale. Les formes sont exactes, l’acier est bien choisi, les palettes sont trempées et les pivots recuits au degré convenable. Les moyens ingénieux employés par M. Desblands lui ont permis de modérer les prix en améliorant les qualités. Le Jury a considéré l’établissement de. cet artiste comme un service rendu à l’horlogerie, et en a fait une mention honorable spéciale. ,
- Il a aussi distingué M. Migncfrd-Billinge, à Belleville, près Paris, qui prépare, pour l’horlogerie, de l’acier à pignon bien choisi et travaillé dans les formes les plus convenables (i) ;
- Et MM. Abram, père et fils, de Montécheroux, département du Doubs, qui fabriquent, à des prix modérés, des assortimens complets d’outils pour l’horlogerie, qu’on emploie dans les ateliers les plus renommés de Paris, et qui réunissent la beauté à la solidité et à la précision ^2). .
- ' (La suite au numéro prochain.}
- ARTS MÉCANIQUES.
- Extrait d’un mémoire de MM. Mouchel, de Laigle, département de l’Orne, sur la fabrication du jîl de fer et d’acier (dé).
- La fabrique des auteurs, située à Laigle, département de l’Orne, est une des plus considérables de France; elle fournit, par an, pour
- (1) La Société d’encouragement a décerné une médaille d’argent à ce fabricant, pour le» fils de fer et d’acier qu’il lui a présentés.
- (2) Voyez les prix de ces outils, Bulletin de la Société d’encouragement, n® XX, deuxième
- année, p. 146.
- (3) La Société d’encouragement, voulant donner une marque de satisfaction à MM. Mour-chelf pour la bonne qualité des fils de fer et d’acier qu’ils ont envoyés au concours, leur a
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- e& cardes seulement, ïoo milliers ( ancien poids ) de fil de fer, dont une partie se consomme dans les départemens, et l’autre est exportée en Portugal, en Espagne, en Italie , et même aux Échelles du Levant. Le voisinage de Paris, de Rouen et des ports de mer lui assure un débit constant de ses produits.
- L’attention du fabricant doit se porter d’abord sur 1e- choix des matières premières. Aussi, MM. Mouchel se sont-ils attachés à se procurer les meilleurs fers; il en est peu d’espèces provenant des diverses forges qu’ils n’aient soumis à leurs recherches. Ils ont adopté ceux des départemens de l’Orne et de la Haute-Saône, comme offrant le plus d’avantages.
- Avec les premiers, ils sont parvenus à faire les meilleurs fils pour les stores, les vis, les clous et les épingles, tant à cause de leur dureté que de leur beau poli, qui les rapprochent des fils d’acier, voilà en quoi ils sont supérieurs aux fers de la Haute-Saône ; mais, sous le rapport de la ductilité, ces derniers ont atteint jùsqu’à ce jour l’extrême finesse, et ils paraissent encore plus exempts des matières hétérogènes : cependant les autres pourraient s’en rapprocher beaucoup , si l’on apportait quelques modifications dans l’extraction et le choix des mines.
- MM. Mouchel ont réuni dans leurs ateliers les fers des deux départemens; ceux de la Haute-Saône leur ont donné des résultats satis-f'aisans, quoiqu’ils aient aussi présenté des difficultés. Ils ont été contraints de s’approvisionner à plusieurs forges, qui leur ont fourni des fers de qualités différentes; cette variété, peu importante dans beaucoup d’autres emplois, devenait extrêmement préjudiciable à l’unité et au perfectionnement des procédés délicats de la fabrication du fil de fer. Çet obstacle, et la persuasion qu’ils avaient d’obtenir ces fers encore plus purs, les ont déterminés à s’affranchir de la dépendance des maîtres de forge.
- Ils se sont procuré une forge située dans le département de la Haute-Saône, près des meilleurs fourneaux, et l’ont confiée à la surveillance d’un maître de forge très instruit (i).
- décerné une-médaille d’argent dans sa séance générale dun mars 1807. Le mémoire qu’ilsont adresse renfermant des détail», précieux sur la fabrication du fil de fer, la Société a jugé qu’il aérait utile, de le. publier par extrait dans son Bulletin.
- (1) Il fait aussi valoir, dan% le pays , des tréfileries poor le compte particulier de WM. Moufjtel, •
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- Les fontes forgées, affinées et martinées, n’ayant presque plus de déchet à éprouver, se transportent, à peu de frais, jusqu’à Laigle, par les rivières et les canaux.
- Quand le fer est rendu à la lirerie, en vergette crénelée d’environ un centimètre de diamètre, il est mis de suite en fabrication. Quoiqu’il soit déjà beaucoup étiré par le martelage, on le passe, avant tout, quatre fois à la filière ; alors ses molécules , disposées en long , présentent les fibres à leur plus grande extension. Pour lui donner la faculté de s’alonger de nouveau, on fait disparaître ces espèces de nerfs, à l’aide du calorique qui les écarte et les divise ; et ensuite on peut encore réduire le fil de trois numéros; on fait disparaître, par une seconde-exposition au feu,, les fibres que cette opération a rétablies; on la réitère jusqu’à cinq fois; le fil parcourt, par conséquent, quinze numéros, après lesquels une seule exposition au feu suffit pour lui en faire passer six autres, et alors il est réduit à la grosseur d’une aiguille à tricoter. Quant au fil d’acier, beaucoup plus dur, on lui donne quarante-quatre numéros, et on le recuit de deux en deux.
- Jusque-là on tire le fil avec la tenaille ou fa bobine. Cette dernière , inventée par l’aïeul de MM. Mouchel, est un cylindre adapté aux axes des arbres , et qu’on emploie pour éviter la morsure des tenailles. •
- Le recuit ou l’exposition au feu qu’il faut donner au fil est proportionné à son diamètre, en raison duquel le calorique pénètre plus ou moins promptement jusqu’au centre : d’ailleurs , lorsqu’il est dilate convenablement, chaque grosseur présente une couleur particulière, que l’ouvrier a soin d’observer.
- Si le degré de chaleur n’était pas assez élevé , le changement d’état mécanique des molécules ne s’achèverait pas; elles conserveraient , pour ainsi dire, la disposition qu’elles ont après avoir passé une première fois à la filière; elles atteindraient plus tôt leur extrême alongement ; on en détruirait donc l’agrégation pour faire arriver le fil à sa finesse ordinaire; il casserait à chaque instant, et il ne serait plus possible ensuite de lui rendre sa ductilité à l’aide du calorique , parce que l’affinité ne pourrait plus maîtriser ses parties trop écartées.
- .Si la chaleur à donner est trop forte, la cause contraire produirait le même accident ; les molécules trop désunies ne pourraient plus résister à la tension quon fait éprouver au fil pour l’étirer ; il s’ensuivrait qu’il s’alongerait, non seulement au trou de la filière , mais aussi dans toute sa longueur; il se romprait et ne conserverait pas de corps. v V ..
- Les auteurs emploient, pour recuire, un fourneau vaste et élevé ; des
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- barreaux de fonte y soutiennent !e fil ati milieu des flammes. Il en contient sept milliers divisés par portions égales de chacun des numéros ; on les y range de manière que les plus gros reçoivent la chaleur la plus forte; il résulte de là que le' tout est recuit également et en même temps. L’opération dure trois heures , par un feu bien entretenu, et l’on doit juger quelle ne peut se faire plus en grand. MM. Mouchel ont cependant reconnu plusieurs imperfections à ce fourneau , parce qu’il laisse le fil exposé au contact de l’air atmosphérique , dont l’oxigène se fixe dessins avec une avidité extrême ; il en résulte un déchet considérable d’oxide, et une opération dispendieuse pour l’enlever, qui consiste à battre les paquets sous un marteau de bois mu par l’eau. Malgré cette précaution, il reste souvent une partie de l’oxide adhérant à la surface du métal; il raie les filières , se fixe sur le fil, lui donne une couleur terne, et le fait casser dès
- qu’il a atteint une certaine finesse. .^ < V- ;
- : Les auteurs ont cherché pendant long-temps à remédier à ces in-/ convéniens, et ils y sont enfin parvenus, en imaginant un nouveau fourneau ( voyez a, Planche 28, fig- ). Il est rond , et a un mètre six décimètres environ de diamètre sur un mètre huit décimètres de hauteur, non compris sa voûte parabolique, surmontée d’une cheminée. L’intérieur est divisé, par des grilles, en trois parties; la première est le cendrier b; la seconde le foyer cc, et la troisième l’espace où l’on glisse un rouleau de fil, .pesant cent cinquante kilogrammes, qui est renfermé dans l’espace compris entre deux cylindres de fonte, de mnière que les flammes circulent autour du premier ff, et dans l’intérieur du second e; ce qui met le fil à l’abri du contact de l’air atmosphérique. Le diamètre du plus grand cylindre est d’environ un mètre quatre décimètres ; celui du second d’un mètre ; ainsi, l’espace compris entre les deux est de deux décimètres sur une hauteur de> cinq décimètres. I1‘faut plusieurs paires de cylindres, parce que, pendant que l’une est dans le four, on en prépare une autre à recevoir un nouveau rouleau de fil." On les remplace d’heure en heure, à l’aide d’un long levier en fer uu, avec lequel un seul homme les pousse et les tire facilement. On a grand soin de ne pas ouvrir de suite la paire de cylindres qu’on sort du four ; car le fil qu’elle renferme, étant encore rouge, s’oxiderait tout autant que s’il eût été chauffé au .railieu:des flammes4 sans nulle précaution. L’ouverture ménagée pour le passage est latérale, et a une porte en fonte o, à coulisse, qui tourne autour du four; le foyer en a une à peu près semblable; celle du cendrier est verticale, afin qu’on puisse l’élever pour activer le feu à volonté. .
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- Explication des figures de la Planche 28.
- Fig. 1 ,a9a,a, a, Coupe du fourneau avec sa cheminée ; ù» cendrier; cy Cj foyer ; d, porte du foyer placée à l’oppo'site de celle du cendrier ; e, intérieur du petit cylindre ; J, J, parois extérieures du grand cylindre ; g, g, espace compris entre les deux cylindres où le fil de fer est renfermé; h, ouverture qui facilite le passage de l’air et de la flamme; i, it i, iy rebords de la plate-forme, qui sont lûtes pour empêcher l’admission de l’air entre les deux cylindres ; k, ouverture inférieure pour le passage ^e la flamme dans le cylindre, plus grande que l’orifice supérieur; l, crochet servant à tirer les cylindres du fourneau, et qui fait corps avec la plate-forme; mm, section de l’ouverture pratiquée pour le passage des cylindres; n, n, n, ny coulisses circulaires pour la porte de ladite ouverture ; o, section de la porte ; p,p, grille soutenant la plate-forme ; qq% sup-face en fonte sur laquelle glisse le cylindre ; r, cylindre retiré du fourneau; st chaîne destinée à tirer le cylindre ; t, cabestan ; a, u, levier'Servant à faire entrer le cylindre ; v, u, dents pour servir de point d’appui.
- Fig. 2, Yue, en dessous, du cylindre,
- Ces détails suffisent pour faire connaître les avantages de ce fourneau. Son entretien est, à la vérité, plus coûteux que celui du premier, mais il en dédommage suffisamment par le grand déchet et l’opération de l’épaillage qu’il évite, et enfin par la qualité du fer qu’il conserve,
- MM. Mouchel emploient ce fourneau pour tous les fils destinés aux cardes, et ils ne font usage du grand que pour les fils d’acier ou de fer du département de l’Orne, moins susceptibles de s’altérer : d’ailleurs, comme plus durs, ils.sont moins attaqués par l’oxigène. Afin de diminuer le déchet que le grand fourneau pourrait occasioner, les auteurs ont imaginé un nouveau procédé , qui consiste à tremper les paquets dans un bassin d’argile délayée, lorsqu’on les met au four; on les y laissé sécher avant d’allumer fe feu, sans quoi cette terre s’écaillerait avant que le fer soit refroidi.
- J1 est inutile d’entrer dans de plus grands détails relativement à Popé-ration dfi recuit.
- , ; ( La suite au numém pmachain. ^
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- ARTS CHIMIQUES.
- Mémoire sur les moyens de juger la qualité du verre^ principalement du verre en table > et de distinguer celui qui sera sujet a s'altérery par M. Guyton-Morveau (i).
- Lorsque je proposai, il y a près de deux ans, à la Société d’appeler l’attention des physiciens jet des artistes sur la prompte altération des verres à vitre, que l’on nomme gras ou taïês, si communs dans les croisées à grands carreaux des plus beaux hôtels, et qui les rend désagréables à la vue, en même temps qu’elle leur ôte la transparence, je n’ignorais pas que la chimie offre, à ceux qui en connaissent les principes , divers moyens de s’assurer si une composition vitreuse est, par la nature et les proportions de ses ingrédiens , en état de résister à la puissance de certains agens ; mais j’espérais qu’à l’invitation de la Société on s’attacherait à recueillir tous les faits qui peuvent répandre quelques lumières sur ce sujet ; qu’après avoir parcouru et comparé les divers procédés qui pouvaient donner la solution de la question, on ' arriverait à en indiquer dont l’exécution serait peu coûteuse et à la portée de tous ceux qui auraient intérêt d’en faire l’application.
- La publicité qyie la Société aurait donnée à ce travail, en lui décernant le prix, me semblait devoir contribuer efficacement à faire cesser un vice trop fréquent dans les produits de cette branche d’industrie, en faisant connaître aux particuliers la possibilité de juger si le verre qu’on leur livre ne perdra pas, au bout de quelques mois, sa transparence ; en avertissant les architectes de ne laisser, employer, dans les édifices dont ils dirigent la construction , que celui qui aura subi l’épreuve ; en mettant le vitrier qui l’emploie dans la nécessité d’en garantir la durée, à peine d’être convaincu de négligence dans une partie essentielle de son art, ou même soupçonné de favoriser sciemment le débit de mauvaise marchandise. Un dernier résultat de cette publicité, et le plus avantageux, sans doute, eût été d’intéresser les fabri-cans à donner au verre en table toute la solidité dont il est susceptible quand il est composé de bonnes matières et suffisamment affiné, s’ils ne veulent courir ie risque de voir déserter les magasins par lesquels ils les versent dans le commerce.
- (i) Lu dans la séance générale de la Société d’encouragement, le xi mars 1807.
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- Le terme du concours ouvert sur cette question a déjà été prorogé, et la Société n’a reçu aucun mémoire (i); ce qui doit paraître d’autant plus étonnant que la solution n’exigeait que quelques expériences dirigées d’après les principes d’une science aujourd’hui très répandue. Si ceux qui étaient appelés à ce concours ont pu être arrêtés par la considération que, quand il y a peu de difhcultés à vaincre, il y a peu de gloire à recueillir, on peut du moins leur reprocher de n’avoir pas assez senti le mérite d’être utile.
- J’examinai successivement les divers genres d’épreuve auxquels on peut avoir recours pour en déterminer les procédés, le degré de confiance qu’ils méritent et les motifs de préférence.
- X. La pesanteur spécifique est un des caractères qui font juger le plus sûrement de la nature des corps ; elle peut servir à comparer les produits d’une composition que l’on sait d’avance être à peu près la même, ou du moins formée des mêmes substances, dans des proportions un peu .variables. C’est dans ce sens que M. Loysel recommande avec raison cette épreuve: « Quand on a (dit-il) dans une manufacture » deux résultats bien connus pour servir de terme de comparaison , la » simple détermination des pesanteurs spécifiques suffit pour faire aper-? » cévoir s’il est survenu quelque changement dans la fabrication et en » rechercher la cause (2). » Mais il reconnaît en même temps que la pesanteur augmente rapidement s’il entre de la chaux dans la composition , ce qui est le cas le plus ordinaire. On sait qu’il y a des verres blancs dont la pesanteur spécifique n’est que de 2,38, et qui résistent aux acides les plus puissans, tandis que des verres noirs, qui passent 2,75, se laissent attaquer. La présence des oxides métalliques influe encore plus sensiblement §ur leur densité, et ne donne pas un indice plus sûr de leur solidité. Ce moyen d’épreuve serait donc ici très insuffisant ; il suppose d’ailleurs des instrumens délicats et l’habitude de les manier.
- b
- II, L’inspection de la cassure n’offrira encore à l’œil le plus exercé que des conjectures hasardées. Suivant M. Ducluzeau, la cassure du verre de bonne qualité est toujours ondée et ses angles sont plus ou moins aigus. Il assure avoir confirmé, par d’autres épreuves, le juge-r Oient qu’il avait;portf? d'après ce caractère, de diverses espèces de verre
- (r) hc concours a été fermé le 3o novembre 1806. (2) Essai sùf’té'hibïreriey art. 1 Zoj.
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- à bouteilles 'i). Il n’est pas impossible, sans doute, que, dans les extrêmes de bonne et de mauvaise composition vitreuse, il s’en trouve dont la comparaison fasse apercevoir des différences sensibles ; .mais, . pour en faire une application générale, il faudrait que la cassure, s’opérant par des joints naturels * présentât des fragmens d’une forme constante et déterminée : c’est ce que l’on n’a point encore obtenu du verre, quoiqu’il soit bien certainement dans la condition de tous les corps homogènes qui, en passant de l’état fluide à l’état solide, engendrent des masses par l’agrégation de molécules similaires. L’examen le plus attentif m’a convaincu qu’il y avait souvent des différences plus marquées dans la cassure d’un même verre que dans celle des verres de qualité très inégale. 2. <: • i.i. - , •. : . . , .
- III.: Le degré de dureté varie non seulement dans les verres différens, mais encore dans ceux de même espècei Les ouvriers accoutumés à manier le diamant distinguent très bien le verre doux à la coupe et celui qui est aigre. Il paraîtrait donc que l’on pourrait tirer de cette observation un indice suffisant de sa bonne ou mauvaise qualité, d’autant plus que , théoriquement parlant, elle doit être à très peu près le résultat constant d’une même composition et d’ün égal affinage. Mais il est extrêmement difficile d’obtenir, même par Comparaison, une estimation un peu précise de la dureté; c’èst ce dont‘cbhvïenhenf les minéralogistes qui 'âe sont le plus appliqués â saisir ce caractère : de deux corps dont l’un est rayé par l’autre, celui qui se laissé !éfitâmèr est placé dans un ordre inférieur; leur échëlle n’a pas d’autre base. Or, indépendamment de ce qu’elle suppose des substances pures > une méthode d’essai uniforme, et un examen scrupuleux de l’irnpression, on sent qu’il ne peut y avoir aucune: progression dans les différences, et qu’il doit rester, bien des intervalles à remplir dans ces séries, avant qu’un;içorps quelconque puisse y être placé invariablement, ,îî«. •• • f J ' i
- - Les verres les plus parfaits sont rayés par un grand nombre de substances, telles que le corindon, la tourmaline, Yémeraude, le cristal de roche, le silex, Yaximte, Xejeldspath , la lime, lapointe fine d’acier, le verre dévitrifié , etc., etc. Il faut donc d’abord .les écarter, puisqu’ils réduiraient l’observateur k, porter un jugement très incertain sur le plus ou le moins de profondeur des traces. . . :î,.. - . - ., ,
- 1 • ......... ... -f -"if- rt'K.'i «m "Vt
- L’asbeste roide, la mésotype et la grammatite m’ont paru les seules pierres capables d’opérer, avec une inégalité sensible, sur différens verres;
- (i) Journal de physique, tome üiufiia. i;;o# 1
- Cinquième armée. Avril 1807. 34
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- la dernière surtout, lorsqu’on appuie un des angles obtus de ses cristaux (l’angle aigu se rompt à une trop faible pression ). Dans les essais que j’eu ai faits sur des verres à vitre et sur des verres en table dont la qualité m’était connue d’avance, j’ai remarqué que ceux qui étaient altérables étaient entamés plus facilement et sillonnés plus profondément. Je dois avertir cependant que cette épreuve s’est trouvée en défaut sur divers échantillons de bonnes glaces ; et ce qui doit encore rendre plus circonspect sur les conséquences à en tirer, c’est que des fragments d’un même verre se raient réciproquement, lorsqu’on applique l’angle vif de l’un sur 1^ surface de l’autre ( la même chose a lieu, quoique moins sensiblement, avec deux aiguilles de cristal de roche). A la vérité, les traces sont toujours plus marquées sur les verres qu’on appelle gras; de sorte que si l’on avait un morceau de bon verre en table, on pourrait s’en servir avec quelque avantage pour toucher l’échantillon à juger, en comparant en même temps les traces qu’il aurait faites sur lui-même. Ce serait là tout le parti à tirer de ce pro cédé d’épreuve.
- IV. On sait que les verres qu’on appelle gras sont mauvais isolateurs, et même peu susceptibles de s’électriser par frottement. Il pouvait donc être de quelque intérêt d’examiner si cette propriété ne fournirait pas un moyen suffisant d’épreuve des verres à vitre, d’autant plus que leur altérabilité tient vraisemblablement aux mêmes causes, c’est à dire à un excès de fondans salins, ou à un affinage imparfait qui y laisse ce qu’on nomme sain ou sel de verre.
- Les résultats des expériences que j’ai faites sur plus de trente verres de diverses qualités ou de différentes fabriques ont presque toujours confirmé ces vues, lorsque j’ai pris les précautions nécessaires pour écarter les circonstances qui pouvaient avoir quelque influence. J’ai reconnu que les verres à vitre les plus communs s’électrisaient facilement, en les frottant sur un morceau de drap; que le verre dit à boudiné, ainsi frotté, agissait fortement sur l’électromètre de Saussure ; que les oxides métalliques dans la composition des verres, tels que le flint-glass, les verres bleus, les verres verts, le verre noir et même l’émail dur des faïenciers, ne faisaient point obstacle à cette propriété ; que la glace et les bons verres de table acquéraient de même une électricité sensible, tandis que les verres blancs, qui p’avaiênt pu résister aux autres épreuves, se refusaient constamment à imprimer le moindre mouvement à la petite aiguille électrique.
- Le physicien qui saura écarter les circonstances qui contrarient
- i . .
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- souvent ie jeu de cet instrument pourrait donc s’en tenir à cette épreuve.
- Y. Le mauvais verre s’altère très facilement au jeu. Mis sur les charbons , il devient terne et plus ou moins farineux à sa surface. Le même effet est plus prompt et plus sensible au feu du chalumeau et à la lampe d’émail-leur. Mais, dans tous ces essais, il faut savoir se défier non seulement de l’action trop rapide ou trop inégale de la chaleur, mais encore de sa durée et de son intensité. Une chaleur long-temps continuée rend opaque le verre le plus parfait, par dévitrification ; et même en opérant avec précaution sur un fragment de verre gras, à la lampe d’émailleur, on parvient à achever son affinage et à le rendre net et susceptible de se souder avec un verre de meilleure qualité.
- VI. Les expériences que j’ai faites sur les sels neutres m’ont convaincu
- que ce moyen d’épreuve, qui eût été le plus commode, était absolument inefficace. Les dissolutions de muriates alcalins et terreux n’agissent, même par l’ébullition à siccité, que sur des verres de qualité si inférieure, qu’on peut se dispenser d’en faire état. Je dirai néanmoins que je n’ai pas vu sans étonnement que, parmi les verres à vitre les plus communs, qui en général sont inaltérables, il s’en est rencontré un qui a subi à la surface un changement sensible, par la seule ébullition d’une dissolution d’alun mêlé de muriate de soude. ...
- VII. Il est peu de verres qui, réduits en poudre impalpable, ne
- donnent prise à une faible action des acides concentrés; mais, avant cette division mécanique, tous les verres bien composés résistent à Xûcide sulfurique, le plus puissant de tous, même aidé de la chaleur: il attaque, au contraire, très facilement, même à froid, les verres de mauvaise qualité. J’ai vu des bouteilles de verre noir, dans lesquelles on avait mis de l’acide sulfurique concentré, percées, au bout de quelques jours, de plusieurs trous, qui, évasés à l’intérieur, présentaient des mamelons blancs, soyeux, formés de l’acide uni aux terres solubles du verre. Mais tous les verres susceptibles d’altération à l’air ne sont pas d’une composition aussi défectueuse; il faut, pour les juger, les tenir en digestion dans l’acide, et pousser la chaleur jusqu’à l’élever en vapeurs. Alors il ne laisse intacts que les verres bien composés et bien affinés, quelles qu’en soient d’ailleurs la nature, la limpidité et la couleur, depuis le flint-glass, le verre cristallin, le verre de glace, le verre en table, le verre de gobelèterie, et le verre à vitre, jusqu’au verre noir. •• . ............. . ____ ....
- U remplit donc toutes îes conditions exigées pour un moyen d’é-
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- preuve. J’ai prévu néànmoins que cet instrument chimique serait souvent négligé, par la crainte des accidens auxquels pourraient être exposés ceux qui ne seraient pas habitués à le manier avec précaution ; c’est ce qui m’a engagé à lui substituer im agent tout aussi puissant, que l’on peut se procurer encore plus facilement et employer sans aucun danger.
- VIII. Cet agent est le sulfate de fer ( couperose verte du commerce ). '
- Après avoir placé dans un petit creuset de Hesse ( ou tout autre cuit en grès, comme il s’en trouve chez tous les marchands de poterie ) des lames du verre que l’on veut éprouver, soit seul, soit par comparaison , on remplit à peu près le creuset de ce sulfate grossièrement pulvérisé, et on le met sur des charbons ardens, ou même sur un feu ordinaire de cheminée, qui a l’avantage de mettre à l’abri des vapeurs ; on entretient le feu jusqu’à ce que le sel métallique se colore en rouge, et il ne s’agit alors que de plonger les lames dans l’eau, après le refroidissement , pour juger si elles ont été ou non altérées, et le degré de leur altération»
- On voit que ce procédé n’est point dispendieux, qu’il n’exige aucun appareil , qu’il est à la portée de tout le monde. Les résultats que j’en ai obtenus, et que je mets sous les yeux de la Société, conjointement avec ceux que m’ont donnés les différens moyens dont j’ai fait mention , me paraissent ne devoir laisser aucun doute sur ses avantages.
- Description du procédé employé en Angleterre pour Vaffinage du plomb ;par M. John Sadler (i).
- Dans un mémoire sur l’affinage du plomb , lu à l’Institut en l’an VIII, et inséré au Journal des Mines, n° 641 M. Duhamel a donné un aperçu du procédé suivi en Angleterre pour la coupellation du plomb ; mais l’auteur n’ayant pas parlé des diverses opérations qui s’y pratiquent, M. Sadler a cru qu’il serait utile de donner une description complète de ce procédé.
- O11 sait que le procédé métallurgique, nommé coupellation, a pour but, non seulement de séparer l’argent du plomb, mais aussi des autres métaux auxquels il est ordinairement allié, et de produire la litharge.
- (O Jourflal düïNicholson, n° Go. Scptembre 1806.
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- L’argent qu’on obtient de cette manière suffit pour payer les frais dé
- manipulation.
- Le plomb que l’on retire des fourneaux employés en Angleterre n’est jamais parfaitement pur; il retient toujours une portion plus ou moins considérable d’argent, et soit du zinc , de l’antimoine, du cuivre ou de l’arsenic, métaux qui le rendent peu propre aux usages ordinaires. • ' : ;
- Le procédé de la coupellation est fondé, d’une part, sur la facilité avec laquelle le plomb s’oxide lorsqu’il est exposé au feu et au contact de l’air atmosphérique; de l’autre, sur certaines propriétés des oxides de plomb fondus. Ce métal entre promptement en fusion, et dans cet état il s’oxide et s’unit avec la plupart des métaux, à l’exception de l’or, de l’argent et du platine.
- Le plomb qu’on veut coupeller est exposé, dans un fourneau à réverbère, à l’action combinée de la chaleur et de l’air, sur une coupelle formée d’un mélange de cendres d’os et de végétaux (i).
- Ce fourneau consiste en un massif de maçonnerie , dont les parois sont maintenues par des bandes de fer arrêtées au moyen de clefs; il ne diffère du fourneau à réverbère communément employé que par une ouverture pratiquée dans la sole , et qui reçoit la coupelle , soutenue sous la voûte par deux barres de fer. . .
- Explication des figures de la Planche 29. r -? } * ’
- Fig. 1. Vue perspective du fourneau. entouré de son armature de fer. - •: i •'
- a f Porte du foyer ; ù, ouverture par où l’on charge la coupelle; c, voûte ou large manteau de cheminée, communiquant avec la cheminée principale : elle détermine l’aspiration du plomb vaporisé (2); dy aire du fourneau, servant .à introduire et à retirer la coupelle ; ee, barres de fer destinées à supporter la coupelle .lorsqu’elle est fixée en place; /, chaudière de fonte scellée dans un petit fourneau ..établi à l’extérieur; g, grande cheminée; p3 cendrier; q, barre de
- - —---------^r---------:------------------M----;---y--:1- ,
- . , (1) En Franc#, on n’emploie guère, que de» cendres végétales que l’ofr a bien calcinées pour brûler toutes les parties charbonneuses, et que L’on a lessivées ensuite avec soin. Il . n’y a que la surface de la coupelle, que l’on saupoudre de cendres d’os. . . -'O ,
- (2) Quelquefois le manteau de la cheminée aboutit à une chambre où se condense une partie de l’oxide de plomb volatilisé ; on entretient de l’eau en vapeur dans cette espèce 3e caisse , qui communique ensuite avec la cheminée* 1 ’ 5 d. :iJ
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- fer sur laquelle on fait glisser la cuiller remplie de plomb quand on charge la coupelle.
- Fig. 2. Coupe verticale du fourneau.
- i, Coupelle soutenue par deux barres de fer sous la voûte du fourneau ; le cercle qui l’entoure est maintenu par les brides rr; k, trompe des soufflets ,* st grille du foyer.
- Fig. 3. Plan de l’intérieur du fourneau.
- 4 Section des soufflets; h h, canaux communiquant de l’intérieur du fourneau avec la cheminée principale.
- Les memes lettres indiquent les mêmes objets dans ces diverses figures.
- Fig. 4* Châssis de fer ovale, dans lequel on tasse les cendres pour former le test.
- Fig. 5 et 6. Plan et coupe de la coupelle.
- m, Enfoncement destiné à recevoir le plomb ; n, poitrine ou rebord antérieur du test; o o, petites rigoles pour l’écoulement de la litharge ^ t, ouverture semi-circulaire , pour permettre le passage de la litharge qui tombe sur l’aire de la fonderie (i).
- Du test et de la coupelle.
- Le succès de l’opération de l’affinage du plomb dépend essentiellement de la bonne qualité du test : voici la manière de le former.
- Six parties de cendres d’os bien calcinées sont mêlées avec une partie de bonnes cendres de fougère î on les passe à travers un tamis dont les fils sont espacés d’une ligne et demie, et on les humecte comme le sable des fondeurs. Ensuite on place le châssis de fer sur la, sole du fourneau , où il est fixé par des brides ; on y répand les cendres, à deux pouces environ d’épaisseur, et on les tassé entre les lames transversales du châssis avec un pilon semblable à celui des mouleurs, en manœuvrant en ligne spirale de la circonférence au centre. On répète cette opération, et le châssis étant rempli, on y forme, avec une spatule tranchante et carrée , de cinq pouces de large , un évasement destiné à contenir le-plomh argentifère. Les bords de la coupelle sont taillés avec un long ciseau, et on y pratique, vers le petit
- (i) Des fourneaux analogues sont établis en France en plusieurs lieux , et portent effectivement le nom de fourneaux anglais; mais il en existe aussi qui permettent de raffiner des masses beaucoup plus considérables. On fait quelquefois des raffinages de 45 milliers ( ancien poids ), dans une des mines les plus importantes de l'empire. , ^
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- diamètre de l’ellipse, l’ouverture t pour le passage de la litharge. Enfin on retourne le test, et on le debarrasse de toutes les cendres qui ont pu adhérer, soit au fond,soit à la surface inférieure ou sur les barres transversales du châssip. En plaçant la coupelle sur la sole du fourneau , on la saupoudre de cendres (1),
- De la manière détablir la coupelle et de la charger,
- Lè châssis, dont le cercle doit être Luté avec de l’argile ou des cendres humides, est placé sur les barres de fer servant de supports, et maintenu par des brides sur la sole du fourneau, de manière que la poitrine, ou le rebord antérieur de la coupelle, soit tourné vers l’ouverture b.
- Alors on allume le feu, et on l’active jusqu’à ce que le test soit chauffé au rouge. On juge qu’il est suffisamment sec, lorsqu’il ne s’échappe plus de vapeurs de sa surface inférieure.
- A l’aide d’une casserole ou cuiller de fer, on remplit presque entièrement l’excavation m de plomb argentifère, fondu préalablement dans la chaudière de fer. Cette opération terminée , on ferme l’ouverture b, et on augmente la chaleur jusqu’à ce que la litharge surnage le bain ; ensuite on l’ouvre, et, avec un couteau crochu , l’ouvrier forme la rigole o pour favoriser l’écoulement de cet oxide, qui, étant chassé vers la partie antérieure de la coupelle par le vent des soufflets qu’on dirige sur la surface du bain, tombe sur l’aire de la fonderie. On ajoute peu à peu une quantité de plomb égale à celle qui s’est réduite en litharge, et lorsque la rigole est tellement approfondie qu’il ne reste plus'qu’un pouce de ce métal dans la coupelle (2), on fait cesser le vent des soufflets, on bouche la rigole avec des cendres humides, et l’on en pratique une autre près de la première. On charge de nouveau la coupelle, cependant moins qu’auparavant, et on continue l’opération jusqu’à ce que cette seconde
- (1) M. Duhamel propose des coupelles formées de sable et d’un peu d’argile, pour leur donner la consistance nécessaire, et qu’on saupoudre de cendres de bois ; il assure qu’elles ont l’avantage de durer plus long-temps, d’absorber moins d’oxide de plomb, et d’être plus économiques que les coupelles ordinaires.
- (2) Cette pratique paraît préférable à celle qui est usitée en France, de placer sur les bords de la coupelle les saumons de plomb, ce que l’on appelle filer; mais elle a, comme ce dernier procédé, l’inconvénient de ne pas permettre la purification du plomb marchand , lorsque le plomb d’œuvre contient quelque métal oxidable, comme l’antimoine ; car il n’y a que les dernières litharges qui soient bien pures.
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- rigole soit assez creusée pour ne laisser dans le bain qu’environ cinquante à soixante-dix livres de plomb argentifère ; cette masse est versée dans une lingotière, et conservée jusqu’à ce qu’on en ait recueilli suffisamment pour la convertir en un lingot d’argent pur par le. procédé du raffinage. V
- La quantité d’alliage qui doit rester dans la coupelle dépend, en général, de la portion d’argent qu’il est supposé contenir. On laisse dans cet alliage assez de plomb pour le rendre fusible.
- Le test étant retiré du fourneau et brisé se trouve uniformément pénétré de litharge, mais à une profondeur peu considérable. La partie non imprégnée de cet oxide est pulvérisée, et mêlée ensuite avec de nouvelles cendres pour former une autre coupelle.
- Le raffinage de l’argent ne diffère pftint de l’opération* précédente : cependant il faut y apporter plus de soins , et ne pas permettre que la li-thargé entraîne aucune particule métallique, cer qui occasionerait du déchet. A mesure que l’opération avance, et que la proportion de l’argent augmente, la litharge prend une couleur plus foncée, et alors il est nécessaire d’activer le feu, (i). On est averti du moment où ce métal se trouve presque pur par le phénomène nommé éclair. ;
- L’intérieur du fourneau , qùi jusqu’alors avait été obstrué par les vapeurs du plomb, s’éclaircit peu à peu. Dès que la surface du bain est parfaitement nette et brillante, l’ouvrier arrête l’action des soufflets, éteint le feu et laisse refroidir le fourneau. On voit alors, par le refroidissement, des globules monter à la surface du bain , d’où l’argent jaillit avec force et retombe ensuite dans la coupelle. , ;
- Les dernières litharges entraînent une portion considérable d’argent, que l’on obtient par réduction et en le raffinant (2). ^ ^ »
- La litharge qui tombe sur l’aire de la raffinerie est enlevée à mesure; elle coule d’abord à l’état pâteux presque liquide, mais en refroidissant elle se coagule en écailles brillantes ; c’est sous cette forme qu’on la- voit dans le commerce : si l’on veut la mettre de suite
- (1) La couleur de la litharge dépend, à cè qu’il paraît, du degré de chaleur et de la lenteur du refroidissement. Aussi, dans les grands raffinages, les premières litharges qui coulent peu de temps après Yabstrich, en donnent de belle et de marchande, mais il faut séparer l’enveloppe des grosses stalactites qui se forment au dessous de la voie de la litharge. L’intérieur de ces stalactites est rouge , tandis que l’extérieur est jaune.
- , (2) Les dernières litharges ne contiennent pas sensiblement plus d’argent, mais elles entraînent avec elles beaucoup de plomb d’œuvre très riche. . ’r ' ‘
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- en vente, il faut en séparer les fragmens , en la passant au tamis.
- Si, au contraire, on veut revivifier les litharges pour en retirer le plomb, on les porte au fourneau à réverbère, en les mêlant avec du charbon menu, et on les expose à une chaleur suffisante pour les fondre. Dès que le plomb est réduit à l’état métallique , il s’écoule dans une lingo-îièrej où il se solidifie en saumons pour être livré au commerce. Pendant la réduction , il faut avoir soin de couvrir de charbon menu la litharge en bain.
- Dans quelques raffineries on se sert de préférence d’un fourneau à manche , parce qu’on prétend qu’il donne plus de bénéfice que le fourneau à réverbère ; mais le plomb ainsi réduit n’est jamais aussi pur que celui qu’on obtient en employant ce dernier fourneau. D’ailleurs les oxides métalliques , qui exigent, pour être amenés à l’état de réduction , un degré de chaleur plus élevé que le plomb , se réduisent ordinairement, avec ce métal, dans les fourneaux à manche.
- Les oxides de zinc, d’antimoine (i) et d’arsenic, et même uqe portion considérable d’oxide de plomb, se volatilisent pendant le raffinage ; les vapeurs qui s’en dégagent obscurcissent beaucoup l’intérieur du fourneau.
- Le vent des soufflets chasse ces vapeurs vers l’ouverture b, et elles se répandraient dans l’affinerie , au préjudice de la santé des ouvriers, si l’on n’y avait pas remédié par la construction d’une voûte surmontée d’un canal qui porte les vapeurs dans la grande cheminée.
- AGRICULTURE.
- Extrait cTun mémoire de M. Bonneau, propriétaire à la
- Brosse ; arrondissement de Châteauroux , département de
- V Indre ; sur la culture des prairies artificielles (2).
- L’agriculture française réclamait depuis long-temps l’introduction de la culture en grand des prairies artificielles, comme très importante pour
- (1) Les'oxides de zinc et d’antimoine ne sont point volatilisés, mais ils restent avec les premières litharges; aussi celles-ci donnent presque toujours de mauvais plomb. On a tiré parti de cette propriété à l’Ecole impériale des mines, où le minerai est un peu antimonial, pour purifier le plomb marchand. Le moyen consiste à séparer les premières litharges, que l’on réduit pour faire du plomb de chasse; les litharges qui coulent ensuite produisent d’excellent plomb pour le commerce.
- (2) Ce mémoire a remporté l’un des prix proposés par la Société d’encouragement pour la culture en grand des prairies artificielles.
- Cinquième année, Avril 1807. 35
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- la nourriture des bestiaux, et cependant personne n’avait encore tenté de la pratiquer; elle était meme ignorée dans la plupart des exploitations rurales de l’empire. Cette insuffisance engagea la Société d’encouragement à proposer deux prix pour cet objet, afin d’exciter l’émulation des cultivateurs. Aujourd’hui elle a à s’applaudir de leur succès, et son attente a même été surpassée par les efforts qu’a faits M. Bonneau ; elle s’est empressée de lui accorder l’un des prix, pour avoir entrepris ses cultures sur une étendue de terrain très considérable, et dans un canton où la nature du sol et les préjugés des habitans s’opposaient également à l’introduction des prairies artificielles. En lisant ce mémoire, on se convaincra des nombreux obstacles que l’auteur a eus à surmonter pour parvenir à son but.
- M. Bonneau a divisé son mémoire en trois parties : dans la première, il établit les vices généraux des assolemens du canton qu’il habite, où la culture des prairies artificielles était très négligée.
- Dans l’arrondissement de Châteauroux, le nombre d’arpens de terres labourables était, en l’an XII, de 289,715 ; celui des communaux et terres incultes, de ii5,6oo; celui des prairies artificielles, de 125 arpens seulement.
- Les prairies artificielles étaient à la totalité du territoire du département comme 1 est à 2,429 ; ce département renferme 864,000 arpens de terres labourables, et 224,000 arpens de communaux ou de terres incultes.
- On conçoit qu’un tel état de choses doit produire une extrême misère parmi les cultivateurs, une dégradation effrayante des races de bestiaux, enfin , l’appauvrissement du sol.
- La culture des prairies artificielles est ignorée ou méprisée dans le département de l’Indre : quelques propriétaires, et les fermiers surtout, la proscrivent et regardent les jachères, et même les années de repos, comme indispensables ; ils suivent constamment Je système d’assolement en blé, jachères et années de repos, et ne s’écartent que forcément de cette routine.
- Malgré la grande quantité de blé qu’on cultive dans ce département, les bénéfices de cette culture sont médiocres , parce que le pays, privé de rivières navigables, n’a que très peu de débouchés pour ses grains. On a beaucoup plus d’avantages à espérer de l’éducation des bestiaux.
- La terre ne donne pas la moitié de ce qu’elle pourrait produire, le nombre des bras étant le même. J <
- Si la culture avait atteint le degré de perfection dont elle est sus-
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- ceptible, et quand meme la population serait triplée, chacun des individus pourrait encore avoir une nourriture plus agréable et plus abondante ; on exporterait deux fois plus de grains , et trois fois plus de bestiaux que maintenant.
- Pour produire des améliorations dans l’agriculture du département de l’Indre, il faudrait une bonne théorie d’assolement, fondée sur des faits évidens et sur des expériences répétées ; il faut stimuler l’intérêt des fermiers et des cultivateurs, et surtout l’émulation des propriétaires. Tous ces obstacles peuvent être surmontés, puisqu’ils n’existent que dans des habitudes à modifier, et non dans un climat rigoureux à vaincre.
- s
- Dans la seconde partie de son mémoire, l’auteur fait connaître la nature de son domaine et la qualité du terrain qui le constitue.
- M. Bonneau dirige lui-même sa principale exploitation ; il a soumis 190 hectares à son assolement, et a laissé aux anciens cultivateurs et aux fermiers environ i5o hectares, qu’ils exploitent suivant leur système ordinaire.
- Le terrain est, en général, de nature calcaire ; la majeure partie est parsemée d’une grande quantité de pierres qui, dans quelques endroits, sont tellement multipliées, que, depuis le mois de juin où le peu d’herbe qui y croît est brûlé par le soleil jusqu’au mois de mai où cette herbe commence à repousser, elles couvrent toute la surface du sol.
- On emploie, dans le pays, diverses dénominations pour indiquer la qualité du terrain ; telles sont celles de petites grouailles , qui désigne, à ce qu’il paraît, un sol calcaire, aride et mêlé de beaucoup de petites pierres ; grosses grouailles , une terre calcaire plus forte , parsemée de pierres d’un volume plus considérable; enfin, bornais, ou terre de Beauce, un terrain argilo-sablonneux, susceptible d’être aplani et condensé par la pluie et par le soleil.
- Le domaine de l’auteur est situé dans un pays entrecoupé de collines, de vallées et de petits ravins , où l’eau ne séjourne que pendant quelques jours, même par les plus fortes pluies.
- Le sommet des collines est médiocrement fertile, et conserve quelque humidité ; on voit souvent, à la fin de l’hiver la terre, y retenir l’eau en nappes éparses. Le penchant est généralement dégradé par les pluies qui entraînent l’humus d’une terre peu compacte ; ces pentes sont encore moins fertiles : les vallées le seraient davantage, mais les pluies, qui, par les alluvions , devraient entretenir leur fécondité, y forment des ravins tortueux qui, dans certains endroits, ont plusieurs pieds de
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- profondeur. Ainsi, le sol du plateau des collines a besoin d’être divisé, celui de leur penchant d’être retenu , et celui des vallons d’être fixé.
- Le sol est généralement sans profondeur ; à quatre ou six pouces de sa superficie on rencontre un lit de larges pierres qui recouvrent une couche d’argile , et à douze ou dix-huit pouces on trouve un tuf infertile. Les baliveaux et les modernes, laissés dans les taillis, languissent et se couronnent prématurément. Tous les arbres qui croissent entre Paris et Tours y réussissent. Les fruits et les légumes ont un bon goût et les grains sont d’excellente qualité; les pâturages sont couverts d’une herbe peu abondante ; la plus grande partie des prés naturels est au dessous du médiocre , tant pour le produit que pour la qualité.
- L’arrondissement de Châteauroux fournissait jadis les plus belles laines de France ; la nature du terrain était très propre à l’éducation des bêtes à laine : si celles d’Espagne n’y ont pas atteint le degré de prospérité auquel elles pouvaient prétendre, c’est que les pâturages sont trop maigres, et les moyens de nourrir dans les bergeries insuffisans.
- Les troupeaux ont jusqu’à ce jour donné le revenu net; à l’exception de quelques fonds privilégiés, la culture du blé n’a pas été lucrative dans la plupart des exploitations.
- Les anciens propriétaires du domaine de M. Bonneau l’avaient fait valoir eux - mêmes ; ils l’ont ensuite cédé à des fermiers, qui l’avaient épuisé, enfin à des métayers, qui complétèrent sa ruine. Lorsque l’auteur en prit possession, on ne voyait dans^ les champs, même dans ceux semés en blé, que des épines et des chardons. Il fallait trouver un moyen de débarrasser le sol des mauvaises herbes qui dévoraient sa substance et nuisaient à la reproduction des céréales qu’on cherchait en vain à faire pi ospérer.
- Les fourrages artificiels, qui purgent la terre des végétaux parasites, qui l’amendent en meme temps par la décomposition de leurs feuilles et par l’attraction de l’humidité, convenaient, sous tous les rapports, au terrain de l’auteur : cependant il trouva dans ses cultivateurs une répugnance très prononcée à se livrera ce genre de culture; plusieurs d’entre eux s’étaient successivement ruinés dans l’exploitation qu’il possède aujourd’hui, et néanmoins ils persistaient à dire que leur ancienne méthode était la seule bonne et convenable.
- Voici quelle était cette méthode vicieuse. Un domaine était composé d’environ 100 hectares de terres labourables , dont la nature a été indiquée plus haut; chaque année, on ensemençait 20 hectares en froment, 20 en orge
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- et autant en avoine ; ces trois récoltes se succédaient dan& le même terrain et sur un seul engrais, généralement très médiocre; les meilleurs fonds n’avaient point de repos; on laissait reposer pendant une année les terres inférieures en qualité.
- La récolte produisait, année commune, quatre fois l’ensemencement. On employait, pour cet effet, quatre laboureurs, non compris le chef d’exploitation , huit bœufs et quatre chevaux. Le plus souvent le produit de la récolte ne pouvait subvenir aux frais de labourage, d’ensemencement et de moisson.
- La perte en bestiaux de labour était considérable ; les races de porcs et de vaches dégénéraient ; les bêtes à laine périssaient, faute d’une nourriture suffisante ; enfin, ces animaux languissans auraient bientôt cessé de se reproduire. Le revenu net du propriétaire ne s’élevait pas à 800 francs, et les cultivateurs devenaient insolvables. *
- M. Bonneau, convaincu des vices de l’ancien mode d’exploitation, a cru devoir y apporter les modifications suivantes.
- Il a pensé qu’il convenait de récolter toujours la même quantité de grains qu’autrefois, afin de convaincre ceux qui prétendaient qu’il ne voulait plus semer de blé qu’il ne s’occupait que des moyens de nourrir ses bestiaux : cette circonstance rendait son plan d’assolement plus difficile. Ses terres productives étaient épuisées; l’engrais ne servait qu’à y multiplier les mauvaises herbes.
- Ses greniers étant encombrés de blé, l’auteur entreprit de mettre en culture réglée ses terres stériles, jusqu’à ce jour demeurées incultes. Il est vrai que le blé lui coûte le double de ce qu’il le vend, mais il est de très belle qualité et en assez grande abondance, et ensuite il est récompensé par la jouissance d’une prairie artificielle qui remplace la stérilité absolue. Il le sème d’après la méthode suivante : la terre est retournée, un an à l’avance, par un fort coup de charrue ; il fait répandre sur chaque hectare environ cent voitures de terre végétale, c’est à dire du terreau que les grandes pluies accumulent dans les réservoirs pratiqués à cet effet sur les ravins, et qui fournissent annuellement plus de deux cents voitures. On donne à ces terres, semées en froment, le double de la quantité ordinaire de fumier. L’année suivante, on sème de l’orge, et avec celle-ci du sainfoin et de la pimprenelle.
- L’épierrement de ces terrains étant très dispendieux, l’auteur compte y entretenir les prairies artificielles le plus long-temps qu’il sera possible, et il espère réussir; le sainfoin y dure au moins dix ans, la pimprenelle six. N
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- La culture des terres médiocres est moins dispendieuse, parce qu’elles n’exigent pas une aussi grande quantité d’engrais : il pourrait être avantageux , dans ces terrains, de faire succéder le topinambour au froment après deux ou trois ans de cette culture, établir des fourrages artificiels, tels que le sainfoin, le trèfle, la luzerne, le fromental, la pimprenelle, selon les modifications de la nature du terrain , avec ou sans blé de mars.
- Quant aux terres douces, substantielles, profondes, la luzerne y a détruit, dès la seconde année, les plantes parasites. M. Bonneau possède quelques hectares de ces terres fécondes, qui, semées depuis trente mois en luzerne, donneront, dans les trois coupes de cette année, seize milliers ou huit charretées par hectare, lesquels, tous frais déduits, forment un revenu de a5o francs, somme inouie dans le pays; le produit des meilleurs fonds de prés naturels y est inférieur.
- Les prairies artificielles, après avoir débarrassé le sol des plantes parasites, accru la rente en argent, et progressivement augmenté la fécondité de la terre, peuvent encore lui tenir lieu d’engrais, quand l’ordre alternatif des cultures rappelle celle du froment ou des légumes. On sait que les végétaux enfouis dans la terre en abondance, tendres et chargés d’humidité, peuvent remplacer le fumier. L’auteur emploiera ce moyen, dès que la disette des fourrages se fera moins sentir dans ses domaines. #
- Dans la troisième partie de son mémoire, M. Bonneau rend compte d’un assolement de 176 hectares 91 ares qu’il a pratiqué : il suit le précepte de la restriction des jachères par la culture des prairies artificielles; il distingue trois genres d’assolement, basés sur les diverses natures de terrains dont il a parlé.
- Voici l’état général de l’assolement des terres de l’exploitation de l’auteur.
- Luzerne, en seize pièces de terre
- Sainfoin, en treize id..........
- Fromental, en dix id............
- Trèfle, en cinq id. . . . . . . . Pimprenelle, en cinq id. . . . . Ray -grass, en deux id. . . . . Herbes mêlées, en six id. . . . Chicorée sauvage, en deux id. .
- 42 hect- 6 a“‘ 26 . 6
- 14 60
- 10 »
- 9 ^o 1 36
- 8 » t »
- 112Lect' 68*'e>
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- , Ci-contre» . « . 112hect' 68
- Bromus mollisj en deux pièces. • • • • • •. » • . . . i »
- Seigle pour vert, en deux id. . . . . . . . . i 60
- Sarrasin, en trois id. . . . .... . . . . » 80
- Vesce, en une pièce. . . .... . . . . . i 33
- Vulpin, mélilot de Sibérie, sainfoin à deux coupes, et autres graines pour essai. » 45
- Total en prairies artificielles. . . -117 86
- Betteraves champêtres, en neuf pièces................................2 »
- Pommes de terre, en cinq id............................. . 1 60
- Topinambours, en cinq id. ........ » 55
- Choux-vaches, en trois id. ........ . » 5o
- Navets variés, rutabaga fournissant racines l’hiver, et en mars un fourrage précoce, en dix pièces. ..... 1 5o
- Carottes, en quatre id. . . ........................ . » 5o
- Betteraves ordinaires.. ............................................. » 20
- Haricots et pois de différentes espèces, en quinze id. . 1 60
- Choux ordinaires, courges et autres légumes, 'en vingt id. 2 10
- Total en légumes. . . 10 55
- Froment, en six pièces...................................ig »
- Seigle. . . i...........................................» 5o
- Orge, en cinq pièces..................................................17 »
- Avoine, en quatre id. ................................................10 »
- Total en grains. . . f\6 5o
- Résumé.
- Terres cultivées en prairies ariificielles, y compris 27 hectares qui ont produit en même temps de l’orge
- et de l’avoine. . ..................................................117 86
- Terrains cultivés en légumes......................................... 10 55
- Froment............................................................. 19 »
- Seigle.......................................... .. » 5o
- Guérets pour froment. . .......................... 20 >1
- Vignes et vergers rétablis ou nouvellement plantés. . . 9 »
- Total des terres soumises à l’assolement. . . 176 91
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- Les 27 hectares d’orge et d’avoine ont reçu en même temps les graines des prairies artificielles, et font partie du total de ces prés , montant à 117 hectares 86 ares. Ainsi, il a été cuitg/é jusqu’à ce jour 176 hectares 91 ares ? dont aucun n’est resté en jachères (1).
- Lorsqu’un hectare de terre stérile est mis en culture, une pareille étendue de prairie ancienne est abandonnée au pacage du bétail. Au moyen de ce nouvel ordre d’assolement, d’après lequel les deux tiers du terrain se trouvent en fourrages artificiels, les bestiaux de l’auteur surpassent en nombre et en qualité ceux qui existaient anciennement.
- Il y avait autrefois , dans le domaine de M. Bonneau, deux cents bêtes à laine, donnant quatre cents livres de laine, et soixante à soixante-dix agneaux médiocres. En 1806, son troupeau excédait trois cents bêtes , il a produit onze cent trente livres de laine et cent quarante-sept agneaux, ayant chacun une valeur triple des anciens.
- Dix-huit vaches fournissent, à la consommation de plusieurs ménages, du beurre d’excellente qualité ; tandis que, suivant le système des jachères, on était obligé d’en faire venir de plus de dix lieues pour la consommation d’un seul ménage.
- La quantité d’engrais se trouve augmentée de deux cents voitures ; les récoltes de blé ont été dans une progression croissante d’année en année; les fromens de M .Bonneau étaient les meilleurs du canton; les menus blés, semés dans une terre précédemment bien amendée, ont été récoltés de bonne heure : il n’y en a qu’une faible partie de détruite par la grêle qui a ravagé,une partie du département de l’Indre, le 12 août 1806. A cette époque, plusieurs des cultivateurs avaient à peine commencé la récolte de leurs menus grains; les pailles même n’ont pu échapper à la destruction.
- ( La suite au numéro prochain ).
- (1) L’auteur observe que dans son pays on entend par jachères les années ou la terre reste inculte.
- IMPRIMERIE DE MADAME HUZARD (née Vallat la Chapelle),
- rue de l’Éperon, n° 7.
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- CINQUIÈME ANNÉE. (N'XXXV.) MAI 1807.
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- SOCIÉTÉ DE N COURAGE ME N T.
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- iiri 1 ~aQc ----
- : * CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- Extrait des séances et de la correspondance du Conseil? pendant les mois de janvier, février, mars, avril et mai 1807.
- Roues à larges jantes. Le décret qui fixe les dimensions des jantes des roues servant aux voitures de roulage, et la charge que doivent porter ces voitures, a déjà produit de très bons effets, et assurera, pour l’avenir, la conservation de nos routes; mais, pour rendre les transports par terre moins dispendieux, il faudrait apporter plus de soins et d’économie dans la construction des roues, qui, en général, sont peu solides et à un prix élevé. Un oüyrier-charron de Paris assure avoir atteint ce but; il a communiqué à M. Chassiron, membre du Conseil, le projet d’un nouveau système de roues à larges jantes, réunissant la solidité à l’économie. Il dit pouvoir livrer, au prix de 180 fr., une paire de roues de vingt-cinq centimètres de jantes, qui coûtent ordinairement 35o à 370 francs en bois seulement; elles dureront plus long-temps que celles qu’on emploie maintenant; le Conseil a chargé son Comité des arts mécaniques de lui rendre compte des avantages de ces nouvelles roues. nr:
- Voitures pour le transport des blessés, y M. Daujon . ; déjà avantageusement connu par, l’invention de ses châssis sanglés pour le soulagement des malades, vient d’imaginer une voiture destinée au transport des blessés. . -, .
- := '• 'n; Jl Avnv-V. A-*'.: iy v’.-i :>a -- -
- . Cette yoituqe est composée de deux roues, d’un brancard avec ridelles
- de; cfctçique^çô^^.entre lesquelles sont suspendus quatre châssis sanglés, an Cinquième année. Æfai 1807. 36 '
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- moyen de courroies qui s'enroulent sur des treuils : de sorte qu’on peut abaisser les châssis près de terre, y placer facilement les malades ou les blessés, comme sur un lit, et les élever ensuite les uns au dessus des autres, pour qu’ils n’éprouvent aucune gêne dans le transport.
- L’auteur a prévu, en grande partie, les inconvéniens que présente le transport des malades et des blessés; il a cherché à pourvoir à leurs besoins pendant le voyage, en plaçant, sur l’avant de la voiture, un fourneau économique, pour chauffer les bouillons, les tisanes, etc., et des armoires où l’on met le linge, les appareils de pansement, etc. *
- Le Comité des arts mécaniques a pensé que des voitures de cette espèce rendraient le transport des blessés plus facile et moins fatigant, mais que leur construction et leur entretien exigeraient beaucoup de dépense.
- Le Conseil a engagé M. Daujoti à présenter au Conseil de santé le modèle de la voiture‘dont il s’agit, et l’a loué de ses efforts pour se rendre utile.
- Proposition d’un ouvrage élémentaire sur les machines. M. Réci-court a engagé la Société à proposer un prix pour la composition d’un ouvrage élémentaire sur les machines , dans lequel , après avoir fait considérer l’objet des machines, soit de force, soit de position , on présentât tous les élémens nécessaires pour comparer les avantages respectifs de celles qui ont un même but, en joignant un tableau de leur dépense d’exécution, d’entretien et de main-d’œuvre, et celui de leur produit.
- Cadran solaire à minutes. M. Morel Lecerf, de Bar-sur-Aube, a présenté à la Société la description et le dessin d’un cadran solaire à minutes, portant un cadran horaire divisé en vingt-quatre parties égales, et un autre cadran, divisé en soixante parties, pour marquer les minutes. L’auteur annonce que cet instrument peut servir à régler les pendules à équation , et qu’on peut le garantir des injures de l’air sans le changer de place.
- Le Comité des arts mécaniques a examiné ce cadran ; mais il a trouvé que sa description n’offrait pas toute la clarté qu’on pouvait désirer pour porter un jugement définitif; en conséquence , le Conseil a invité l’auteur à donner de plus amples détails sur son invention. , i ,
- Moyen de remonter les bateaux, proposé par M. Murat. L’auteur a transmis à la Société un mémoire sur une machine propre à remonter les bateaux; il a annoncé l’avoir essayée au pont de la Tournelle^, et /voulant faire une
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- nouvelle application de sa machine, il a demandé à la Société un secours de 3,000 francs pour subvenir aux frais d’exécution. *
- La machine proposée par M. Murat est composée d’un bateau d’environ vingt-cinq pieds de long sur cinq de large, tirant un pied d’eau, à la suite duquel il attache celui qu’il veut remonter, supposé de quinze pieds de largeur, et tirant quatre pieds d’eau.
- Le premier bateau porte, à chacun de ses côtés, deux roues à aubes, fixées sur un arbre transversal i qui sert en même temps d’axe à un cylindre , dont le rayon est moitié de celui des roues à aubes, et qui fait tourner deux bobines, sur lesquelles s’enroule une corde fixée, par son autre extrémité, à une pile de pont ou à tout autre point fixe, vers lequel le bateau remorqueur doit s’avancer avec sa cargaison, en refoulant le courant.
- L’auteur assure qu’en donnant à chacune des aubes cinq pieds de longueur sur quatre de largeur , ou vingt pieds carrés de surface, sa machine pourra remonter les bateaux avec une vitesse à peu près égale à celle du courant; il ajoute qu’en donnant à chaque aube trente pieds de surface au lieu de vingt, et au rayon du cylindre les deux tiers de celui des roues à aubes, il obtiendra une vitesse double de celle du courant.
- Le Comité des arts mécaniques, qui a examiné la machine de M. Murat, a pensé qu’on ne pouvait accueillir sa demande, parce que, d’une part, plusieurs brevets d’invention ont été accordés pour des machines établies sur le meme principe que celle de M. Murat, et que, de l’autre, l’entreprise que cet artiste médite exige des fonds très considérables et le concours du Gouvernement pour tout ce qui a rapport à la navigation intérieure.
- Sur la fabrication des clous dits cut-nails. Ces clous, qu’on fabrique en Angleterre avec une facilité extrême, sont fréquemment employés dans la construction intérieure , soit des bâtimens de ville, soit des vaisseaux : voici la manière de les fabriquer.
- On fait rougir, à la forge, une bande de fer de la largeur prise sur la longueur qu’on veut donner au clou; quand elle est d’un beau rouge, on la porte sur le bord d’une espèce d’enclume, pour être coupée par des cisailles mues par l’eau. L’ouvrier exercé à ce genre de travail présente la bande de fer, d’une manière oblique, à la ligne horizontale que forment les couteaux des cisailles.Us coupent ainsi une portion de là bande en triangle aigu, et, comme ils ne prennent de cette bande qu’une portion égale a son épaisseur, ils forment, d’un seul coup de cisailles, un clou carré, assez semblable à un coin, et qui pénètre fort bien dans le bois ^ quoique l’un des côtés
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- soit plus large à sa pointe, La tête de ce clou se fait à froid , à la manière des clous d’épingle dits pointes de Paris. ' n .r;.* ^ *
- Polymètre-Bouvier. • Nous avons parlé, dans le n° XXVIII du Bulletin, de l’utilité et des diverses applications de cet instrument, aussi simple qu ingénieux : son auteur vient d’y ajouter plusieurs perfectionnemens très importans, et d’en étendre l’usage. Le polymètre peut remplacer le compas rapporteur , le compas des champs, le compas à verges , le compas horizontal pour le tracé des rayons de circonférence ; il peut servir de mesure de vérification d’avant et arrière-corps , de table de comparaison, de poinçon et de pointe à tracer, de règle parallèle ;enfin on peut 1’employer pour le tracé des angles égaux et pour la solution de divers problèmes sur les parallèles , et pour tracer les ellipses.
- Il est inutile d’entrer dans de plus grands détails sur les avantages de cet instrument; il nous suffira de dire que M. Bouvier compte l’appliquer à la figure du pantographe dit singe. ; H
- Le prix du polymètre, grandeur du pied, ou du double décimètre, avec son étui de poche, est de 3o francs en cuivre et acier, de 40 francs en acier, et de 25 francs seulement en bois, cuivre et acier. Il coûte , grandeur du mètre, pour les appareilleurs, toiseurs, etc., 60 francs en fer, et l\o francs en bois et fer, les extrémités garnies eu cuivré. '
- Oii fabrique aussi, dans l’établissement de M. Bouvier, situé rue du Bac, n° 58, enclos Sainte-Marie, des règles en cuivre et acier, à treize branches parallèles, qui reçoivent à volonté un écartement déterminé, et dont le prix est de 2 5 francs. ,
- Nitrate de mercure. Ce sel est employé dans différens arts, surtout dans l’art du-doreur et dans celui du chapelier, pour le sécrétage des chapeaux. Les mauvais effets qu’il produit sur la santé des ouvriers avaient déjà engagé plusieurs chimistes à le remplacer par un autre sel, tout aussi efficace, mais plus économique et moins nuisible. La Société, désirant coopérer à cette utile réforme, a chargé son Comité des arts chimiques, sur la proposition de M. Degèrando, de rédiger une instruction sur les inconvéniens du nitrate de mercure et sur les moyens d’y remédier : cette instruction doit comprendre tous les arts dans lesquels cette substance est
- employée. ....^ .
- Rouissage, du,t chanvre. On nomme rouissage la première opération que subit lejphàuyre.après avoir été récolté. ( -
- On se sert .ordinairement de deux moyens pour rouir le chanvre : le premier consiste à étendre la plante sur le pré ou sur le gazon, et à la retourner
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- plusieurs fois par semaine , jusqu’à ce que la filasse se sépare de la chéne-votte. Cette opération, étant soumise à l’action de l’air, de la lumière et de la rosée, et quelquefois de la pluie,est plus ou moins longue, suivant l’état de l’atmosphère et de la température du lieu où elle se fait : elle dure ordinairement trente ou quarante jours. r
- Si l’on emploie la seconde méthode, il faut plonger les bottes de chanvre dans un ruisseau ou une rivière, ou bien dans une eau stagnante; on les y laisse jusqu’à ce que le rouissage soit achevé ou paraisse l’ëtre ; car il n’est jamais complet, et toujours inégal, par l’une et l’autre de ces méthodes (i). : ;
- M. Bralle, convaincu des inconvéniens qui sont attachés à ce mode de rouissage, proposa, il y a trois ans, un procédé au moyen duquel on peut rouir non seulement beaucoup plus promptement, mais encore qui donne au chanvre une qualité qu’il ne peut avoir d’après les méthodes usitées (voyez Bulletin, n° II, troisième année). Les expériences qui ont été faites sur cette méthode, par ordre du Gouvernement, ont prouvé qu’il serait avantageux de la substituer à celle communément pratiquée. C’est dans cette vue que la Société proposa, en l’an XIII, un prix pour l’établissement en grand d’un routoir suivant les procédés de M. Bralle. Comme il ne s’était point présenté de concurrens pour disputer ce prix, le Conseil a examiné s’il convenait de le proroger. Sur la demande de M. Curaudeau, de retirer provisoirement ce prix, jusqu’à ce que son procédé de rouissage à la vapeur, et celui de M. Bralle, aient été essayés comparativement, le Conseil a décidé que ces expériences seraient laites, et que le prix serait ajourné jusqu’à ce que M. Bralle ait donné connaissance des améliorations qu’il a apportées dans son propre procédé.
- 'Voici le moyen que M. Curaudeau emploie pour rouir à la vapeur. Au lieu d’immerger le chanvre dans un bain savonneux et bouillant, il le fait seulement macérer à froid, pendant trois heures, dans un bain alcalin à deux degrés; de là, après l’avoir laissé égoutter, on l’introduit dans l’appareil à vapeur; et, lorsqu’il a acquis une chaleur égale à celle qu’on fait subir au linge sale, on en remet d’autre. Et, continuant ainsi une série
- (l) La fermentation putride qui opère le rouissage altère l’eau au point qu’il s’en élève des vapeurs méphitiques et délétères qui portent souvent l’épidémie dans les environs des rouis-sières; la manipulation des chanvres ainsi rouis devient très dangereuse à ceux qui s’y livrent.* . .
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- d’opérations, M. Curaudeau assure qu’on obtient une grande économie de combustible. )
- Pour favoriser l’ascension de la vapeur, les bottes de chanvre doivent être placées verticalement dans le cuvier : à mesure qu’on les retire de l’appareil, on les entasse, en observant de les tenir couvertes pendant douze heures, avant de les porter au séchoir. *
- M. Curaudeau ne fait pas entrer de savon dans la composition du bain destiné à l’immersion du chanvre, parce qu’il a remarqué que cette substance n’agissait ici que comme alcali, sans rien produire de plus. Au reste, on pourrait, en employant le savon noir, se servir de l’action de la vapeur pour opérer le rouissage.
- L’auteur assure que cette nouvelle manière conserve au chanvre une partie de la force et de l’élasticité qu’il perd par les opérations mal entendues du rouissage domestique.
- M. Molard a communiqué au Conseil une lettre de M. Bralle y qui contient différentes observations, tant sur le rouissage à la vapeur que sur sa propre méthode.
- M. Bralle annonce que, depuis quatre ans, il a abandonné le rouissage à la vapeur ; il observe
- i°. Que la dépense de combustible ayant été un obstacle à la propagation de sa méthode, M. Curaudeau éprouvera la même objection.
- 2°. Que toute filasse qui, dans son rouissage, subit une température de vingt-cinq à trente degrés, devient dure par la dessiccation, et inadmissible pour les fils fins, les dentelles, et les toiles batistes; tous les échantillons de filasse que M. Bralle a présentés au jury ont été rouis au vingt-cinquième degré (i). ,
- 3°. Que le chanvre roui à là vapeur ne peut être employé au service delà marine, et qu’il pourrit aisément. L’huile (résineuse essentielle) adhérente à la gomme en est enlevée; et cette filasse, ainsi privée de sa partie huileuse, boit une plus grande quantité de goudron, et devient en partie semblable au chanvre roui sur terre, que les lois de la marine proscrivent.
- 4°. Que le chanvre a besoin d’une immersion totale dans l’eau ordinaire ou préparée : il en résulte une fermentation douce, qui met le cortex en fusion, détache plus facilement le parenchyme qui retient la
- (i) M. Guys, d’Amiens , a obtenu, à la dernière exposition, une médaille d’argent de première classe , pour les échantillons de filasse de chanvre rouis d’après la .tnélihôde de M. Bralle, qu’il a présentés.
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- filasse à la paille, et le tout sans violence. Dans le rouissage à la vapeur, au contraire, il n’y a point de renflement, point de vraie fusion au cortex j il est rongé par la chaleur combinée avec l’humidité ; le parenchyme est amolli et lavé ; en un mot, les parties gommo-résineuses sont désorganisées.
- M. Bralle ajoute que ce n’est pas sans de bonnes raisons qu’il a abandonné le rouissage à l’aide du combustible , qui ne sera jamais pratiqué partout où il y a «es eaux abondantes ; il assure que le rouissage à froid qu’il prépare conviendra aux pays de plaines et aux pays secs, et qu’avec trente muids d’eau il pourra rouir la récolte d’un arpent.
- Réverbères à miroirs paraboliques. Depuis les premières expériences qui ont été faites à Paris sur les réverbères de M. Bordier, on s’est convaincu de plus en plus de leurs avantages et de leur économie. Le Gouvernement a ordonné que ces expériences seraient répétées en grand, le ier novembre de cette année, sur les places de la Concorde et du Carrousel, et dans une partie de la rue de la Loi. Voici l’arrêté qui a été pris à cet égard par M. le conseiller d’État, préfet de police.
- « Art. Ier. Il est permis au sieur Bordier de faire, à ses risques, de nouvelles expériences de ses réverbères. Ces expériences auront lieu le ier novembre prochain et jours suivans, sur les places de la Concorde et du Carrousel, et dans la rue de la Loi, depuis la rue Saint-Honoré jusqu’à la rue Neuve-Saint-Augustin. A cet effet, les réverbères du sieur Bordier seront substitués aux lanternes établies sur ces différens points, à la charge, par le sieur Bordier, i° de pourvoir au service de ces nouvelles lanternes , en se conformant, pour les heures d’allumage et d’extinction, au tableau d’illumination de Paris, dont il lui sera remis un exemplaire; 20 de ne cesser ni suspendre ces expériences que trois jours après en avoir prévenu, par écrit, le préfet de police.
- » II. L’entrepreneur des illuminations de Paris sera tenu de remettre au sieur Bordier la quantité d’huile qui aurait été employée pour le service des lanternes déplacées, et des mèches en proportion. Les allumeurs affectés à l’entretien de ces mêmes lanternes seront également mis à la disposition du sieur Bordier, pendant la durée de ces expériences. r»
- Un des appareils d’éclairage de M. Bordier , servi par un allumeur de la ville, a été, pendant dix-huit jours, au mois de janvier dernier, en expérience sur le quai des Orfèvres, et il a supporté toutes les intempéries de la saison, sans cesser un instant de donner la plus belle lumière. M. Bordier a assuré la constance et la beauté de l’éclairage, en
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- régularisant la position de la mèche, par ün moyen mécanique aussi simple que facile. ; -
- Le Conseil général des hospices civils, d’après un rapport très favorable , a chargé M. Bordier de l’éclairage de six salles, savoir : deux à 1 hospice des Incurables-Femmes et quatre à l’hôpital Saint-Louis. Ces salles étaient éclairées par vingt réverbères à deux becs, ou quarante becs, lesquels, au bas prix d’un centime et demi par bec, coûtaient, par heure, 60 centimes, et pour quatre mille heures par an, 2,4oo francs. L’entrepreneur de l’illumination des hospices a offert de servir les quatre becs des lampes de M. Bordier, du petit diamètre, à raison de 4 centimes, et les deux grandes, à 6 centimes par heure.
- Six réverbères à miroirs paraboliques remplaceront avec avantages les vingt lanternes ordinaires pour l’éclairage de ces six salles : leur entretien coûtera 28 centimes par heure, ce qui fait pour quatre mille
- heures par an. . . . . .............. . . . ,............i,i2ofr.
- Il y a donc une économie de 3a centimes par heure, ou, par an, de............................................... 1,280
- 2,400
- Ces six appareils coûteront aux hospices 1,000 francs, savoir : quatre à i5o francs chacun, et deux à 200 francs. Il y aurait, par conséquent, dès la première année , un bénéfice net de 280 francs.
- Le fanal que M. Bordier a présenté à la Société a été envoyé au Havre , pour être mis en expérience par les ingénieurs de la marine.
- M. le conseiller d’Etat, préfet de police, ayant soumis au Ministre de l’intérieur la réclamation de M. Bordier en indemnité, à titre d’encouragement, S. Exc. a pris la décision suivante :
- « "V u la lettre de M. le conseiller d’État, préfet de police, en date du 13 janvier dernier, par laquelle il. annonce qu’il a fixé au ier novembre prochain la dernière expérience des réverbères à miroirs paraboliques, de M. Bordier, de Yersoix, afin de lui laisser le temps d’y faire tes corrections qu’il jugera nécessaires j ^ i
- » Vu la pétition présentée par M. Bordier, le 22 suivant, par laquelle il sollicite une indemnité proportionnée à l’importance des nouvelles expériences, et aux frais qu’elles doivent entraîner;
- » Considérant que la nature même de l’invention de M. Bordier a dû lui occasioner des dépenses considérables ; qu’il a fait, à ses frais, en l’an X, l’essai de ses réverbères dans les villes de Genève, Lyon, Beau-
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- caire, Marseille et Naples, et, en l’an XII, dans les villes de Grenoble et de Lyon;' ' -w-' r '• •”•••• •
- ' » Qu’il résulte du rapport des commissaires nommés par l’Administra-
- tion que le succès des nombreuses expériences faites dans plusieurs villes principales de l’Empire à prouvé que les réverbères de M. Bordier présentent les plus grands avantages, tant sous le point de vue d’utilité publique que sous celui d’utilité particulière; } < ;; ! ,
- » Considérant, enfin, que les dernières expériences, qui auront lieu en novembre prochain, d’après l’arrêté de M. le Conseiller d’État, Préfet de police, exigent de nouvelles dépenses, et qu’il est juste qne le Gouvernement vienne au secours d’un citoyen qui consacre sa fortune et ses talens à l’intérêt public, le Ministre de l’intérieur, sur le rapport de son bureau des arts et manufactures, arrête : * ' r i -.s, ;
- ai Qu’il sera délivré à M. Bordier, sur les fonds faits pour l’encouragement des arts et manufactures en i8oy,; la somme de 6,000 francs,-à titre d’encouragement et d’indemnité, tant deà dépenses qu’il a faites pour l’essai de ses nouveaux réverbères, que dé celles que doivent entraîner les expériences qui auront lieu, au Ier novembre prochain, sur les places de la Concorde et du Carrousel, et dans la rue de la Loi. ! !
- *''î ‘ ' : X ! /' >> À Paris, le i3 février 1807.
- . j s M Le Ministre de l’intérieur, signé Champagwy. »
- Distillation du bois. Des deux concurrens qui se sont présentés, cette année, pour le prix relatif à la détermination des produits de la distillation du bois , aucun 11’a embrassé la totalité de la question. Il en est un cependant qui, quoique n’ayant pas rempli les conditions exigées par le programmé, & fait des tentatives très intéressantes pour employer, comme moteur, un seul des produits de la distillation du bois, le gaz hydrogène. * • .• '.un : : l< = ’ ' -* ' !
- Nous allons entretenir nos lecteurs de l’application qu’il a faite de ce gaz au mouvement des machines. ' , .
- Après avoir, très succinctement, donné le moyen dont il fait usage pour se procurer le gaz hydrogène par la distillation du bois, l’auteur passe immédiatement à son objet principal, qui est l’emploi de la déton-nation d’un mélange de ce gaz et d’air atmosphérique, comme force motrice. -’Hi • f;'' -* •’ -
- li a introduit le mélange détonnant de ces deux fluides élastiques dans une capacité cylindrique très courte, qui communique avec un Cinquième année. Mai 1807. \ ^ ; ; k < xjho i
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- autre cylindre, beaucoup plus long, dans lequel se meut le piston qui reçoit l’impulsion ascensionnelle de l’explosion. Le vide, qui s’opère par la combustion de l’hydrogène, permet à la pression atmosphérique de repousr ser intérieurement le piston, avec une force proportionnelle à la surface de ce même piston , qui communique le mouvement aux pièces de la machine qu’on y adapte.
- Le Comité des arts mécaniques a considéré cette idée comme très ingénieuse; mais il croit que l’auteur est loin d’avoir trouvé son application à la mécanique, du moins par le procédé qu’il indique.
- En effet, pour qu’une machine de cette espèce remplaçât les machines à vapeur, il faudrait que, comme ces dernières, elle pût elle-même entretenir son propre mouvement, et que, par conséquent, le mélange fût formé et introduit, son résidu évacué, et son inflammation produite par l’effet même du mécanisme de la machine.
- Quoique l’auteur n’emploie, pour produire ces effets, que l’action de moteurs étrangers , tels que des mains d’homme, néanmoins la moindre habitude des recherches de mécanisme ferait trouver les moyens d’obtenir, de la machine même, les deux premiers effets, c’est à dire l’introduction et l’évacuation des gaz; mais il n’en est point ainsi de l’inflammation : il faut qu’elle ait* régulièrement lieu à chaque impulsion de la machine. Si elle manque une fois, tout s’arrête : or,l les moyens que l’auteur donne, pour produire cette inflammation , sont bien loin d’être assez sûrs; il propose U électricité > le galvanisme , la poudre à canony le gaz phosphorique, et enfin la compression de Voxi gène. De tous ces moyens, le plus certain est l’électricité ; aussi est-ce celui qu’il a mis en usage ; mais combien de fois l’étincelle électrique ne manquera-t-elle pas son effet, dans.une capacité où il se forme sans cesse de l’eau.
- L’auteur prétend faire servir sa machine au mouvement des chariots et au labourage ; ici il montre qu’il n’est pas praticien ; d’ailleurs, avant de faire l’application d’une machine, il faut d’abord l’avoir trouvée.
- Le Comité a pensé que la Société devait des éloges à l’idée dei l’auteur, d’employer la détonation de l’hydrogène au mouvement des machines, par le moyen de son action sur un piston, mais que Futilité de cette idée dépendra de la manière dont quelque habile mécanicien en tirera parti, dans une machine bien conçue, et qui n’est point encore inventée. r
- Expériences sur la combustibilité des bois. Quoiqu’on ait fait de nombreuses expériences sur les bois, et sur les moyens les plus écqnoiniques
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- de les employer pour le chauffage et de les carboniser (i), sur la chaleur en général, sur la manière dont elle agit sur les corps qui doivent eu recevoir l’impression, on n’a fait encore aueune tentative pour défera miner les rapports dans lesquels se trouvent les effets produits par la combustion des différentes espèces et qualités de bois. C’est à i\l. Hartig, auteur allemand très estimé, que nous devons cet important travail , qu’il vient de publier. M. Baudrillart, employé à l’administration des forets, a fait hommage à la Société de plusieurs exemplaires de la traduction de l’ouvrage de M. Hartig ; l’auteur y a présenté les résultats d’un grand nombre d’expériences , longues et minutieuses, dans lesquelles il a comparé entre eux les bois de même âge , crus sur des terrains également propres à chaque essence, coupés dans la même saison , entièrement secs ou verts : cette attention , et les soins qu’il a apportés dans tous ses examens, inspirent quelque confiance en faveur, des résultats qu’il a obtenus (2). -
- L'importance de l’ouvrage de M. Hartig a engagé le Conseil à en faire insérer un extrait dans le Bulletin.
- Sur Vemploi de la tourbe en agriculture. M. Girod - Chantrans, à qui la Société est redevable d’une fouled’observations précieuses sur divers objets d’utilité publique, a transmis un mémoire très étendu, sous Je titre de Notice sur Vemploi de la tourbe en agriculture, d’après son analyse chimique , comparée à celle de la terre végétale.
- L’auteur, après avoir défini la tourbe , annonce qu’il y en a des variétés très nombreuses, dont on a négligé , jusqu’ici, de comparer l’analyse avec celle de la terre végétale, quoique ce soit le vrai moyen _de déterminer ( s’il en existe ) la limite qui sépare ces substances. 1 2
- Il avance que ce n’est que dans les lieux bas et humides que la tourbe se rencontre en dépôts plus ou moins épais, répandus inégalement, et que
- (1) M. MolUrat a établi à Saint-Hubert, département de Seine-et-Oise, un appareil au moyen duquel on obtient , d’une quantité donnée de bois , r° deux tiers en sus du charbon que fournit la méthode ordinaire ; 2° des acides propres a la teinture et au tannage des cuirs , entre autres le pyrate de fer qu’on peut substituer à la couperose ; 3° du vinaigre radical tiré de l’acide pyroligneux ; 4° du goudron pour le service de la marine.
- (2) Les expériences de Duhamel et de M. de Rumfort se rapprochent le plus de celles de cet auteur.
- . • 37.
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- cette situation constante semble nous avertir qu’elle n’a pu se former que par alluvion.
- Examinant ensuite les circonstances géne'rales qui ont pu accompagner sa formation, il conclut
- i°. Qu’elle doit se former partout où/ avec des plantes, on trouve assez d’eau et de calorique pour exciter la fermentation végétale, mais que la meilleure proportion des élémens propres à la produire en abondance, de même que le site le plus favorable pour son entière conservation , ne doivent pas se rencontrer fort souvent sur un sol aussi découvert que le nôtre l’est devenu;
- 20. Qu’aussi long-temps que nous ignorerons les justes proportions du mélange des matériaux qui concourent à ce phénomène, l’art ne pourra le faire naître qu’avec des tâtonnemens fondés sur des conjectures plus ou moins plausibles ;
- 3°. Que la décomposition végétale ayant lieu dans toutes sortes de sols, sans en excepter les plus arides, pourvu qu’il y croisse quelques plantes , la première couche de terre, qu’on appelle humus, devrait être une véritable tourbe plus ou moins parfaite, si bien que cette substance, que l’on a reléguée jusqu’à présent dans quelques localités très circonscrites, serait, au contraire, la plus généralement répandue, puisqu’elle recouvrirait toute la partie solide de notre globe.
- M. Girod-Chantrans ajoute que l’on pourrait se défier de ces conclusions données par la théorie, si elles n’étaient pas entièrement confirmées par l’analyse.
- Il rend compte des tourbières où il a pris les échantillons qui lui ont servi pour ses expériences : il cl écrit d’abord la tourbe qu’il a découverte près^ d’Amagney, à deux lieues nord-est de Besançon , sur une petite étendue, et à environ quatre décimètres d’épaisseur; il cite ensuite celle, de meilleure qualité, du village de More, près Besançon.
- Pour déterminer la nature de ces tourbes, il en a fait l’analyse compara tivement avec quelques mottes qu’il a enlevées d’un pâturage ordinaire, qu’il annonce être une terre végétale d'une qualité très médiocre, laquelle fut bien desséchée, puis dépouillée des herbes et des plus fortes racines qu’elle contenait.
- L’auteur a obtenu de cinq cent vingt grammes de chacune de ces substances les quantités suivantes , qui ont été réduites proportionnellement au nombre ioo, afin de les rendre plus faciles à comparer à d’autres expériences.
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- EAU et phlegme acide. PÉTROLE liquide ou en gaz, par approximation. RÉSIDU carbonisé. TOTAUX. O BS ER VA T ION S.
- Terre végétale prise dans un pâturage ordinaire...... 18,08 8,08 73,84; très friable. 100,00 Le résidu brûlait pendant quelques instans , jusqu’à ce qu’il eût perdu la couleur noire.
- Tourbe d’Amagney. . l5,38 21,54 63,08; nullement friable. 100,00 Le résidu brûlait plus long-temps sans flamme ni fumée , et n’a laissé que de la chaux, de l’argile, de la silice et un peu de fer.
- Tourbe de More.. . . ^6,92 34,8l 5i,73 io3,46 Le résidu brûlait de même que celui ci-des sus.
- L’auteur conclut de ces expériences que la terre Végétale ordinaire et la tourbe proprement dite ne sont quune seule et même substance : il observe que la première couche des champs ne diffère de la terre franche que parce qu’elle contient des résidus de fermentation végétale que l’autre n’a point; et, quelle que soit la manière d’agir du phlegme et du bitume renfermés dans l’humus, il lui paraît certain que ces substances concourent à la fécondité, et que, sous ce point de vue , la tourbe est encore plus intéressante que sous le rapport du combustible.
- Il conseille-, pour déterminer la quantité de tourbe à mélanger, d’analyser la terre végétale, la meilleure du canton que l’on habite, celle du lieu que l’on veut raviver, et celle de la tourbe que l’on aurait à sa disposition. Il annonce qu’il ne s’agirait plus que de trouver , par une simple règle d’alliage , la portion de tourbe qu’il faudrait ajouter au champ le moins productif pour l’amener à l’état de la meilleure terre du pays.
- L’auteur examine, avec détail, ce qui se passe pendant la combustion des terres par l’écobuage , qu’il est porté à regarder comme utile aux champs profondément argileux , et comme nuisible aux terres légères et rocailleuses. .
- Portant ses regards sur le département du Doubs qu’il habite , il trouve que la plupart des terres étant froides et humides/elles exigeraient
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- que l’on brûlât la tourbe pour les féconder ; il croit que quelques autres , plus élevées et d’iuie légère consistance , gagneraient davantage à la recevoir crue, et que les unes et les autres pourraient s’améliorer de cette manière pendant un très grand nombre d’années. .
- Considérant, ensuite, l’état des tourbières qui auraient été ainsi épuisé# au profit de l’agriculture, il trouve qu’elles deviendraient des bassins où les eaux , rassemblées , -donneraient lieu à la production d’une multitude de plantes aquatiques, dont la croissance, favorisée par les procédés ingénieux proposés par M. Dueouëdic, pour former des tourbières artificielles, augmenterait bientôt l’épaisseur, et finirait par remplir ces bassin de tourbê nouvelle.
- M. Girod-Chantrans termine son mémoire en annonçant que ses analyses ne sont que les premières ébauches d’un travail qu’il serait très à propos de faire sur les principales variétés de tourbes; du reste, Je résultat de ses observations lui paraît assez précis pour démontrer aux savans l’impossibilité de séparer la tourbe des terres végétales, dans un système minéralogique, et pour faire sentir aux agriculteurs combien la théorie éclairée par l’expérience peut leur être avantageuse dans l’exécution des projets d’amélioration qui sont l’objet de leurs recherches. ' ' _
- M. Gillet-Laumont, chargé par la Société d’examiner le mémoire de M. Girod - Chantrans , a pensé que les idées de l’auteur sur le gisement des tourbières, qu’il semble n’admettre que dans des lieux bas, et sur leur origine, qu’il attribue à des allumions, pourraient donner lieu à quelques observations. Il ne paraît pas convaincu de Yidentité de la terre végétale et de la tourbe, qu’il cherche à établir, malgré la différence de leur composition , au moins pour les proportions des parties constituantes.
- Le rapporteur a cité les analyses du célèbre Proust, sur la tourbe, consignées dans le Journal de Physique , cahier d’octobre 1806, et celles de M. Braconnot , sur le terreau , insérées dans les Annales de Chimie, qui présentent des différences marquées. Il désirerait que »M. Qirod-Chantrans joignît, aux analyses qu’il a données, des détails plus étendus et propres à déterminer la nature du phlegme acide qu’il a obtenu , et celle du pétrole en gaz et du résidu charbonneux ; et à compléter ainsi un travail qui présenterait des résultats utiles pour l’agriculture. .
- Alambic ambulant de M. Bordier. M. Rordïer possède , à Versoix,
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- un grand établissement, dans lequel il fabrique l’eau de vie de cerises connue sous le nom de kirsch-wasser. L’année 1804 produisit si peu de ces fruits, qu’il fut obligé, pour alimenter sa fabrique, d’aller en chercher à de grandes distances : ce fut à cette occasion qu’il imagina l’alambic dont nous allons parler, afin de pouvoir faire ses distillations dans les vallées où l’on récolte abondamment des cerises ; par ce moyen très simple , M. Bordier était sûr de donner annuellement à sa fabrication toute l’étendue convenable , et d’éviter les frais'de transport d’une matière première, d’un beaucoup plus grand poids que les produits qu’elle donne. Ce mode de distillation n’est cependant pas nouveau ; dans le midi de la France, et même en Suisse, on l’emploie, quoique plus en petit, pour la distillation des plantes odorantes ou pour celle des lies de vin.
- L’alambic dont M. Bordier a présenté [les dessins à la Société est composé des mêmes pièces qu’un alambic ordinaire ; mais, d’après l'objet auquel il est destiné, l’auteur y a fait quelques modifications avanta-tageuses, dont la plus essentielle est la nouvelle forme donnée au serpentin, dans lequel la vapeur se condense. Qnand il s’agit de distiller diverses matières pour obtenir de l’esprit de vin, des huiles essentielles, ou tout autre produit, il est nécessaire de nettoyer le serpentin au commencement de chaque nouvelle distillation ; mais on sait combien sa forme contournée se prête mal à cette opération. M. Bordier a imaginé de le faire droit, en lui conservant un développement tout aussi grand; il joint à la simplicité de la construction l’avantage de pouvoir être nettoyé facilement lorsque les coudes dont il est formé sont enlevés.
- On sait que, lorsque la vapeur se condense dans un serpentin, c’est toujours vers sa partie supérieure que cette condensation a lieu , et que l’eau environnante se trouve échauffée, sans se mêler sensiblement à celle qui est placée au dessous, tant à cause de sa plus grande légèreté spécifique que de son peu de conductibilité pour le calorique. Armand, dont le nom est attaché à de si belles découvertes , paraît avoir fait, depuis long-temps, d’heureuses applications de ces diverses propriétés; car, pour renouveler l’eau dans le réfrigérant, il avait imaginé de l’y''faire entrer par sa partie inférieure, afin qu’elle déplaçât toujours l’eau la plus chaude, et, par conséquent, la plus impropre à la condensation. Cette pratiqué est maintenant suivie , avec des modifications plus ou moins grandes, dans tous les établissemens dirigés par des hommes éclairés; mais M. Bordier, pour la rendre plus commode et plus utile, y a joint l’usage d’un siphon, qu’il
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- appelle siphon à soupape, et dont il a donné la description dans le 74e numéro clés Annales des Arts et Manufactures. Au moyen de ce siphon , qui a été imaginé par M. Edelcranz, et perfectionné par M. Bordier, on peut renouveler l’eau dans le réfrigérant, sans aucune main-d’œuvre, une fois qu’ils sont pleins d’eau l’un et l’autre, et pourvu qu’on se trouve placé sur une pente telle que la branche par laquelle doit s’écouler l’eau chaude puisse être plus longue que celle qui puise l’eau froide dans un réservoir adjacent.
- Il résulte du rapport de M. Gay-Lussac , sur l’alambic de M. Bordier, que tous les détails de construction de cet appareil sont ingénieux : si plusieurs des perfectionnemens qu’on y remarque étaient connus déjà, il en est d’autres qui appartiennent à M. Bordier et qui paraissent avantageux ; telle est, par exemple, la nouvelle forme de son serpentin.
- Quoique lé rapporteur n’ait pas pu se convaincre, par lui-méme, des effets de cet alambic, et s’assurer, tant de l’économie du combustible que des avantages particuliers que M. Bordier a trouvés en environnant d’eau son foyer , il a pensé, cependant, que la Société pourrait engager M. Bordier à lui présenter une description de son alambic, qu’on ferait imprimer dans le Bulletin , accompagnée d’une planche.
- Cette proposition a été adoptée. J ;
- Machines à broyer le plâtre. Nous avons parlé, dans le XXVIIe N° du Bulletin, dé la proposition faite à la Société, par M. Degérando, de faire construire , d’après lés meilleurs modèles, une machine à broyer le plâtre , qui assurât la bonne façon de cette substance, en offrant une économie de bras et de temps , et de la décision prise à cet égard par le Conseil.
- I^a Commission nommée pour cet effet a chargé M. Gratien Lepère de présenter son rapporta la Société : nous allons en extraire les détails qui nous ont paru les plus interessans.
- On sait que la montagne de Montmartre, qui domine Paris, fournit abondamment la pierre à plâtre, que l’on cuit, sur les carrières memes en exploitation, sous des hangars couverts en tuiles à claire-voie, à l’effet de'laisseé passer la fuméel Entre les murs, d’une largeur plus ou moins grande', on construit, en pierre à plâtre même, quatre, cinq ou six arceaux , soutenus par des pieds-droits. La masse totale, ayant deux mètres quarante centimètres de hauteur sur autant de profondeur, peut contenir dix-huit muids Ou trois toises cubes, quantité pour laquelle il faut deux voies ét demie de bois. On a soin de mettre les plus petits frâg-
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- mens de pierre à cuire dans lés parties supérieures, et les plus gros, qui ne doivent pas excéder en volume le moyen moellon, dans les parties inférieures. On sent aisément que ces dispositions sont motivées par une égalité d’action de feu à donner à toute la masse en cuisson ; car, ainsi que la pierre à chaux, de trop petits fragmens de pierre à plâtre sont sujets à être brûlés par un excès de calcination, tandis que des fragmens trop gros et de volume différent ne sont pas assez calcinés ou donnent du plâtre d’inégale bonté. 1
- Le combustible, qui est ordinairement du bois blanc (i), se place sous les arceaux; on allume, et après huit à dix heures de cuisson , on éteint ; les hommes employés à battre le plâtre retirent les pierres cuites au moyen d’une espèce de petite pioche en fer, pointue et armée d’un manche de bois dur; la tête de cet outil sert à concasser, écraser et pulvériser le plâtre, qui est mis aussitôt en sac. Si on ne l’emploie pas de suite, il faut l’enfermer dans un lieu très sec et abrité; car, exposé au soleil ou à l’humidité, il s’altère, et après huit jours il est réputé éventé. ' r. ~ :
- Le plâtre, ainsi pulvérisé sans être criblé, se vend 9 francs 45 centimes le muid (2), pris à Montmartre, et i5 francs vendu en sac à Paris ; cette différence provient des droits d’entrée et des frais de transport, qui s’élèvent à 5 francs 55 centimes. Le sac de sable non criblé se vend, en détail, 45 centimes; tamisé au sas, 70 centimes; tamisé au tamis de soie, en poudre fine, 1 franc 75 centimes. Les six muids ou la toise cube de pierre à plâtre prisa la carrière, se payaient, en 1806, 26 francs. ;
- Le plâtre est sujet, dans sa pulvérisation, à être mélangé avec du sable et de la poussière de vieux plâtras rebattus. C’est à l’administration à empêcher cette falsification:, si contraire à l’intérêt public.? ? -
- lia pulvérisation du plâtre, telle qu’elle se fait à Paris, quoique simple dans ses moyens, offre quelques inconvéniens qu’il serait à désirer de faire disparaître. L’homme appliqué debout à ce travail, armé de sa niasse, fatigue beaucoup à battre cette substance, dont les parties les plus ténues s’élèvent en vapeur pulvérulente , qui, sans nuire précisément à la respiration incommode particulièrement les yeux. On conçoit que cette poussière, en se portant, sur; l’intérieur des paupières, toujours , humides, est bientôt gàchée*;en véritable plâtre. -, ;>? 2 H.v -t ;>1 ii:q t y
- ------ ,L_lu___tlüit/.. :___ • ' . 'h. :________________:__
- Il se Vendait, lén 1806, 28 à 29 francs la voie. " \4
- *^2)''C'est une' mesure ‘cle irente-six sacs formant soixâniê-îdoùze boisseaux ou vingt-quatre jn^às'ètibes:3 fî vi v , ,^ : -’*•
- Cinquième année. Mai 1807.
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- Le batteur de plâtre à la masse pulvérise quatre, cinq ou six muids par journée d’un travail extrêmement pénible; son salaire est de 80 centimes par muid.
- Voici la description succincte de quelques machines employées dans différens lieux, et qui peuvent servir à la pulvérisation du plâtre.
- On trouve au Conservatoire des arts et métiers la machine à poudre, dont le moteur est un courant d’eau qui, en frappant les aubes d’une roue à grand diamètre, fait tourner deux moulins , garnis chacun de deux meules posées de champ et accolées près de l’arbre à pivot.
- Le cabinet de la Monnaie possède une machine du même genre, ayant une seule meule mue par un manège; l’arbre vertical porte un pignon engrenant une roue, dont l’axe horizontal, garni de cammes, en tournant sur lui-même, élève et laisse échapper alternativement, au moyen de quelques mentonnets, des pilons servant à fouler ou à pulvériser, selon l’usage du moulin.
- On emploie, dans la manufacture de M. Doulcet, à Laigle, département de l’Orne, un moulin qui peut servir à piler les matières à ciment, les laitiers de forge, le tan et les chiffons. Cette machine est une espèce de moulin à bocard, composé d’un arbre ou cylindre horizontal, de trois à quatre mètres de longueur et de trente centimètres environ de diamètre, armé de cammes, servant à élever et abaisser alternativement des pilons garnis de sabots de fer à l’extrémité inférieure, et a celle supérieure de mentonnets; aux extrémités du cylindre sont adaptées une ou deux man:-velles, suivant le nombre et le poids des pilons, qui n’excède pas communément cinq à six kilogrammes. On voit que cette macbtAe ne diffère des moulins à papier, à foulon et à poudre que par le moteur, qui, dans ceux-ci, est un courant d’eau, comme exigeant une grande force , et dans celle-là les bras de l’homme.
- Une machine à piler le tuileau, employée à Landrecies, pour les travaux du canal militaire de Sambre-et-Oise, ne diffère de celle que nous venons de décrire que par un volant adapté à l’une des extrémités du hérisson, et qui, en augmentant la vitesse, facilite son action; un seul homme en fait le service. Son produit est de six pieds cubes de ciment par jour, tandis qu’on n’obtient que deux pieds cubes, dans le même espace de temps, par le travail à la main. M. Rédcourt, qui a présenté au Conseil le plan, la description, les calculs du produit, et le devis estimatif de cette machine, a pensé qu’elle pourrait servir à diviser d’abord grossièrement la pierre à plâtre, qu’on pulvériserait ensuite au moyen du moulin à noix; on parviendrait, de cette manière, à établir.au
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- moins le rapport de deux à un dans le produit du plâtre ainsi moulu à celui battu a la main.
- M. de Lasteyrie, qui a voyagé en Espagne, a entretenu le Conseil de la machine usitée dans ce pays pour broyer le plâtre. On construit des aires de forme circulaire, élevées de soixante centimètres, avec auges à rebords creusées dans des pierres dures. On voit déjà que ces machines sont les memes que celles employées en France pour le cidre, et en Hollande pour le ciipent. Du centre; de cette aire de quatre mètres cinquante centimètres environ de diamètre, s’élève verticalement un arbre portant pivot à son extrémité inférieure, et dont celle supérieure est engagée dans une poutre transversale, reposant sur les dëux murs du manège. A cet arbre est attachée une flèche horizontale, de trois mètres environ de longueur, destinée à recevoir à son extrémité la puissance. Ce bras de levier porte une meule eu fonte, en granit, en pierre meulière ou autre, d’espèce dure et proportionnée à la nature des matières à pulvériser; cette.meule, d’un mètre ou un mètre cinquante centimètres de diamètre, et de quarante à cinquante centimètres d’épaisseur, mue par un cheval, ne doit pas excéder le poids de trois milliers; un excédant d’un tiers du poids nécessiterait l’emploi de deux chevaux. Dans cette espèce de levier du. second genre, on trouve la résistance, qui est la meule dans ce manège, tantôt juxta-posée au point d’appui, tantôt à mi-distance de ce. point à la puissance. Si la première méthode est plus avantageuse par le moins de résistance qu’on éprouve, la dernière est préférable comme ayant plus d’action par son propre poids. ; - v ; . . =. ' -
- On doit présumer que les Sarrasins, qui ont long-temps possédé l’Espagne, y ont apporté cet usage de l’Égypte, où il est pratiqué. ;
- Dans ce pays, on pulvérise le plâtre au moyen de ce moulin à manège, dont l’aire circulaire offre une surface convexe en forme de cône extrêmement aplati. La meule tournante, qui est un fragment cylindrique de quelque colonne de granit, souvent cannelée, prend bientôt la forme conique, par le frottement sur la surface inclinée du centre à la circonférence de l’aire (i). ,• : ’ \ “ / ' r ' /
- L’avantage de ce moulin consiste principalement dans la bonne façon et l’économie; en effet, le plâtre y est pulvérisé .à fin, et l’atelier n’est pas
- (0 E y aurait peut-être plus d’avantage à employer une meule cylindrique sur une surface conique, parce qae de cette’ maniéré on obtiendrait un frottement du premier .et du second genre , qui faciliterait la pulvérisation du plâtre.
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- rempli de cette vapeur pulvérulente que les batteurs de plâtre élèvent autour d’eux.
- Dans les départemens du Haut et du Ras-Rhin, du Mont-Tonnerre, du Rhône et de Saône-et-Loire, le plâtre est employé comme engrais. Ce dernier département possède une carrière spécialement consacrée à cet usage. On sème le plâtre cru (i) et pulvérisé sur les trèfles , les luzernes, etc. Ce qui a pu empêcher l’emploi du plâtre comme engrais dans les autres parties de la France, c’est la difficulté et l’embarras de le pulvériser. A Lyon et en Suisse, on se sert -d’une machine très simple, qui est devenue indispensable et d’un usage général , et épargne un temps et des frais considérables. Cette machine pulvérise le gypse avec une exactitude et une rapidité singulières; elle est composée d’une aire circulaire, de quatre mètres de diamètre, légèrement convexe, avec rebords de six à huit pouces de hauteur , au centre de laquelle s’élève un arbre vertical, portant pivot à son extrémité supérieure, et tournant, par son extrémité inférieure, dans une crapau-dine de fonte. A cet arbre est adaptée une tige horizontale, passant par Taxe d’une meule verticale de granit, en forme de cône tronqué, et du poids de quatre cent cinquante à cinq cents livres (2). Plusieurs de ces moulins sont établis à Lyon sur les bords de la Saône : ils sont mus par l’eau.
- M. Gratien Lepère, ingénieur des ponts et chaussées, a fait exécuter à Cherbourg une machine de ce genre, dont l’aire planiforme, avec auge à rebords évasés, ainsi que la meule, étaient en granit d’une espèce grisâtre et très dure. La meule, du poids de treize cent vingt kilo-logrammes (deux mille sept cents livres), concassait et pulvérisait parfaitement des verres, des têts de poterie, des schistes calcinés, des gazettes de grès, de porcelaine, des mines de fer limoneuses et des scories de forge (3).
- Ce moulin est mu par un cheval relevé d’heure en heure ; il demande
- (ï) Beaucoup de personnes pensent que le gypse répandu sur les terres a été cuit comme celui destiné à bâtir ; mais il n’en est point ainsi : le plâtre servant comme engrais n’est jamais soumis à l’action du feu.
- (2) On voit que cette machine est la même que celle employée en Espagne et en Égypte.
- (3) On vient de faire exécuter à Cherbourg une seconde machine de ce genre. La meule ,
- fqui pesait originairement deux mille sept cents livres, a été réduite, après dix-huit mois
- d’usage, à deux mille cinq cents livres» ,
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- deux et trois chevaux, quand le service exige le travail de iuiit. Deux hommes sont, en outre, constamment occupés à exciter le cheval, à apporter les matières brutes et cuites, à les remuer sur l’aire pour les disposer sous la meule, et à les tirer après leur pulvérisation.
- Le produit de la machine ainsi desservie , pendant dix heures de travail effectif par jour, est de deux pieds cubes à l’heure, ou de vingt pieds cubes par journée. Le prix de la façon, sans criblage, est de 3o cent, le pied cube (i).
- Avant la construction de ce moulin, les ouvriers employés à leur tâche, payésà i franc 25centimesle pied cube, n’en pulvérisaient, à la masse de fer, qu’un pied cube par jour; les plus habiles et les plus forts n’allaient pas à un pied cube et demi. -
- Le produit de cette machine, demandant l’emploi .journalier de deux hommes et de deux chevaux, étant de vingt pieds cubes, coûtant, à 3o centimes l’un, 6 francs par jour, est donc égal au travail de vingt hommes pendant le même temps, coûtant francs; ainsi le produit offre une économie de £ en temps et argent, et décuple en hommes.
- «Si l’on compare maintenant, dit le rapporteur, les résultats de cette machine avec ceux obtenus à Paris dans la pulvérisation du plâtre à bras d’hommes, on n’y trouve plus le même avantage : en effet, un batteur de plâtre peut pulvériser quatre, cinq et six muids par jour; mais, prenant pour terme moyen cinq muids ou cent vingt pieds cubes, pour lesquels il reçoit le salaire de 4 francs, on trouvera que la machine à meule tournante, mue par un cheval, ne donnant que vingt pieds cubes par jour, ne fournirait les cent vingt pieds cubes, produit d’une journée de batteur à 4 francs, que dans six jours, au prix de 36 francs : c’est à dire que son produit est six fois moins grand, et sa dépense neuf fois plus forte, dans le même espace de temps, et quoiqu’on doive être persuadé que la pulvérisation du plâtre, qui est infiniment plus facile que celle des matières à ciment, donnerait un produit beaucoup plus fort au moyen de la meule tournante, ces rapports de dépense et de produits sont évidemment trop différens entre eux, pour espérer qu’on puisse trouver de l’avantage à exclure un moyen plus expéditif et plus économique.
- (i) On observe que le ciment qui en provient est réputé demi-fin, et a besoin d’être - passé au tamis pour servir en qualité de ciment fin. Cette main-d’œuvre ne doit pas être de 5 centimes au pied cube. En Espagne , on crible également le plâtre qui a passé
- sous la meule. . - s
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- )> On doit ajouter que, dans le cas de la meule tournante, on aurait à concasser de nouveau, après la calcination, la pierre à plâtre en petits fragmens, pour pouvoir être soumise à la marche de la meule, ce qui offre un désavantage de plus que n’a pas la manœuvre à bras d’hommes. »
- La Commission a pensé qu’il n’y aurait pas d’avantage à adopter, à Paris, pour la pulvérisation du plâtre, la machine mue par des chevaux.
- La Société d’encouragement n’ayant point partagé cette opinion, parce que la Commission n’a pas fait des expériences comparatives entre le produit du plâtre battu à la main et celui qu’on obtient au moyen des machines ci-dessus décrites, et qui sont employées dans plusieurs dépar-temens de la France, elle a décidé que, vu l’importance et l’utilité des machines dans la pulvérisation du plâtre, chacun des membres présens à la séance serait invité à lui faire part des renseignemens qu’il pourrait recueillir à cet effet ; qu’il serait écrit à la Société des amis du commerce et des arts de Lyon, à celle d’agriculture de Strasbourg, et à celle d’émulation de Colmar, pour leur demander soit un modèle, soit un dessin correct de la machine à pulvériser le plâtre usitée dans cette partie de la France.
- M. Gratien Lepère avait dit, dans une séance précédente, que son opinion particulière était qu’il lui paraissait aussi simple que peu dispendieux d’adapter à la pulvérisation du plâtre Une machine généralement employée en France , la pierre cylindrique servant à l’aplanissement des allées des jardins; en effet, la pierre à plâtre, déjà concassée en petits fragmens pour sa cuisson , n’offrant pas plus de dureté que la craie d’espèce tendre, il serait avantageux d’employer à sa pulvérisation ce cylindre, dont on pourrait augmenter la pesanteur à volonté, et que l’on ferait agir par un mouvement de va - et - vient, à l’aide de deux hommes appliqués à une double armature en fer î il faudrait construire, pour cet usage, une aire planiforme ou légèrement concave, pavée eu grès d’une espèce dure. M. Gratien Lepère a pensé que, puisque l’on voyait dans quelques villages , et principalement dans les environs de Paris, soumettre au passage des chevaux , charrettes ou voitures , sur la chaussée pavée de leurs traverses, rues et routes les plus frayées, les pierres à plâtre, ainsi que les vieux plâtras, pour en opérer sans frais la pulvérisation, on obtiendrait^ avec plus de soin, un meilleur résultat, au moyen de cette pierre cylindrique de fer ou de fonte, dont le produit serait en raison composée de sa pesanteur et de sa surface. Cette machine
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- simple pourrait être aisément et généralement employée partout ou le besoin le commanderait. f f
- Sur le platane. La rareté des bois, surtout des bois fins, se fait tous les jours sentir davantage. Les observations de M. Poyféré de Cère , secrétaire de la Société d’agriculture du département des Landes , l’ont amené à faire l’essai du platane pour la me-s nuiserie. ‘ !
- Il a présenté à la Société un petit meuble de platane exécuté avec beaucoup de soin. Ce meuble était accompagné d’une notice, dans laquelle l’auteur considère le platane sous le rapport de l’usage qu’on peut faire de son bois, sans avoir égard à l’agrément qu’il procure comme arbre. Il n’est question ici que du platane d’Amérique et non du platane d’Orient, moins connu dans les environs de Paris (i). Va-rennes !'de Feuille dit que le bois de platane est doux, ferme, fin et serré, et qu’il pourrait servir aux ouvrages de menuiserie. M. Poyféré partage cette opinion, et il le croit propre à faire des meubles, ainsi que le prouve celui qu’il a présenté à la Société (2). Il offre, ajoute-t-il, si on le coupe en différens sens, des nuances et des veines qu’on recherche dans la marqueterie. Le fond est d’un blanc mat, mais on peut le relever d’une teinte légère ; la couleur et la cire y prennent bien : on a pu en juger par un échantillon que M. Poyféré a joint à son envoi. L’auteur a remarqué que cet arbre n’avait point d’aubier, et qu’il résistait à la gelée, avantage qu’il croit dépendre du dépouillement annuel et spontané de son écorce; brûlé, il procure une flamme vive, moins ardente que celle du chêne, mais semblable à celle de l’orme et du charme.
- M. Poyféré se borne à citer l’emploi qui a été fait à Malesherbes d’un platane tortillard pour des moyeux de roue. Ce fait a été consigné dans un journal d’agriculture, imprimé en 1791, où l’on trouve quelques vues sur la multiplication de cette variété du platane, plus intéressante que l’autre, et en général sur les arbres tortillards.
- 1 ) Ce dernier n’est pas maintenant aussi rare en France qu’il l’était autrefois ; on en a semé beaucoup dans les pépinières nationales qui avoisinent Paris : cet arbre est très connu en Belgique.
- (2) Il paraît que le parti qu’on peut tirer du platane, comme bois de marqueterie, était déjà connu il y a plusieurs années. M. Frochot, préfet du département de la Seine , possède un cabinet dont toutes les boiseries sont eu platane, le plus beau et le veiné. -
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- L’auteur ne dissimule pas que le platane d’Occident, dont il s’agit dans sa notice, est attaquable par les vers, quoique plus rarement (O. Celui sur lequel il s’en est aperçu n’avait que douze ans : il l’avait planté gros de trois centimètres, en 1791, dans un sol léger; mesuré en i8o3, il avait près d’un mètre de circonférence. M. Poyféré en possède qui ont eu une végétation encore plus forte. Cet arbre, par ses soins, se trouve déjà très multiplié dans les Landes, où il se propage de lui-même.
- L’auteur est persuadé que, depuis que sa propriété est entourée de beaucoup de platanes, les personnes qui l’habitent y sont moins sujettes aux fièvres intermitentes, qui, tous les ans, s’y manifestaient. 11 ne l’attribue pas à une vertu particulière du platane, mais à sa cime et à la largeur de ses feuilles.
- Sur la proposition de, M. Tessier, le Conseil a arrêté qu’il serait adressé des remercîmens à M. Poyféré, pour le meuble qu’il a présenté, et que la notice qui l’accompagne serait insérée au Bulletin de la Société. •
- Nous donnerons cette Notice dans un prochain numéro.
- Sur la culture du topinambour. M. Bagot, l’un des rédacteurs des Annales de Vagriculture française f a remis à la Société cinquante exemplaires d’un mémoire sur le produit du topinambour (helian-thus tuberosus, Linn.) comparé avec ceux de la luzerne et de plusieurs racines.
- Dans ce mémoire, l’auteur, après avoir fait sentir les avantages qui résultent de la multiplication de cette plante pour les troupeaux, assure qu’un demi-hectare de luzerne lui a donné quinze cents kilogrammes de fourrage sec, et qu’il a retiré d’une pareille étendue de terre de même qualité dix mille deux cents kilogrammes de topinambours. Le sol était léger, sablonneux, calcaire et mêlé d’un peu d’argile. Il observe ensuite qu’une brebis consommant ordinairement, en hiver, un kilogramme de fourrage sec, il lui en faudrait deux de topinambour. Quoiqu’il sache bien qu’il vaut mieux employer un régime mélangé, il regarde le topinambour comme pouvant fournir deux tiers de rations de plus que la luzerne. Dans le cas des récoltes qu’il annonce, le topinambour était à la luzerne comme dix est à trois.
- (1) Le platane se couvre quelquefois de loupes semblables à celles de l’orme. M. Guyton
- en a retiré une grande quantité de potasse , comme M. Vauquelin l’avait fait des loupes d’orme. 1 11 ' *!î *
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- Cette racine, (lit M. Bagot, ne craint ni les gelées, ni la sécheresse tin printemps, ni les chaleurs de l’été; elle s’accommode des mauvais terrains; un seul binage lui suffit. Elle réussit presque toujours; on ne connaît point d’insectes qui l’attaquent. La pomme de terre souffre beaucoup des gelées du printemps; elle exige deux binages, elle végète mal quand l’été est sec : souvent elle produit peu. ' 1
- Suivant sa comparaison avec d’autres racines , M. Bagot rappelle que les navets sont sujets à ne pas lever, à être dévorés par les pucerons, à rester petits quand la sécheresse survient, à geler en automne, et à pourrir quand ils sont récoltés.
- La betterave, ajoute-t-il, exige un bon fonds et abondance de fumier ; elle ne vient pas toujours bien.
- Il faut un sol profond pour la carotte, les choux, le rutabaga.
- De cette comparaison, M. Bagot conclut à l’encouragement de la culture du topinambour, capable de fournir de grands moyens de subsistance pour les troupeaux, cette racine pouvant être employée tout l’hiver et jusqu’au mois d’avril. Les chevaux, les vaches, les cochons, en mangent avec la même avidité que les bêtes à laine; sa fane même est un combustible qui peut être très utile dans certains pays.
- Les avantages qu’on peut retirer du topinambour sont connus, d’après les cultures en grand de l’auteur du mémoire, et d’après celles de M. Yvart, qui, le premier, y a employé beaucoup de terrain, et en a fait la principale nourriture de ses bestiaux, et notamment de ses troupeaux de bêtes à laine.
- M. Tessier, chargé par la Société de rendre compte du mémoire de M. Bagot, a pensé qu’elle devait savoir gré à l’auteur du zèle qu’il a mis. à faire des essais qui lui ont réussi, et à répandre, dans des mémoires bien rédigés, des connaissances sur un végétal d’autant plus précieux qu’on s’occupe beaucoup maintenant des ressources qui peuvent procurer de la nourriture au bétail, et particulièrement aux mérinos, afin de les multiplier davantage.
- Ruches. M. Petit a communiqué au Conseil le résumé des observations qu’il a faites sur ses ruches pendant le cours de 1806, et les résultats qu’il en a obtenus. Ces observations étant dignes de fisfer l’attention des personnes qui se livrent à l’éducation des abeilles, la Société a décidé qu’elles seraient insérées au Bulletin.
- Nous les publierons dans un de nos prochains numéros.
- Cinquième année. Mai 1807.
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- M. de Joannis, qui a séjourné long-temps à Madagascar, a présenté au Conseil le modèle d’une ruche horizontale, qu’il a imitée et perfectionnée d’après celle dont se servent les Madécasses et les Noirs qui habitent la côte d’Afrique, à l’est du cap de Bonuedîspérance.
- Celte ruche, de forme carrée, est plus longue que haute ; elle est faite en planches, dont celle inférieure est plus longue que les autres. Elle ne peut se placer qu’horizontalement, et se ferme aux deux bouts par des pièces de bois mobiles dans oeuvre, au moyen desquelles on peut augmenter ou diminuer à volonté la capacité intérieure de la ruche. L’auteur assure qu’elle est de construction facile, commode pour loger les essaims, tmns-vaserdes abeilles, les transporter, les dépouiller; enfin, ilia croit préférable à toutes les ruches connues.
- Le modèle de ruche que M. de Joannis a présenté à la Société était accompagné d’un mémoire sur les abeilles.
- Le Conseil l’a renvoyé à l’examen d’une Commission composée de MM. Tessier, Silvestre et Lombard.
- Nous ferons connaître, dans un Bulletin prochain,, le rapport que M. Lombard a fait sur cette ruche.
- Sur le blé de miracle. M. Girod-Chantrans a adressé au Conseil le résultat d’une expérience sur le blé de miracle ( triticum campositum )„ M. de Lasteyrie a observé que l’essai dont parle Fauteur a été fait sur des quantités trop petites, et dans un espace trop borné, pour pouvoir en tirer des observations utiles à la culture de cette espèce de blé. Il a proposé au Conseil d’inviter M. Girod-Chantrans à faire des expériences plus en grand, à rendre compte à la Société des résultats qu’il aura obtenus , et à lui envoyer des échantillons du blé en grains et en épis. Cet avis a été adopté.
- La culture du blé de miracle ne serait pas très avantageuse, parce qu’il dégénère au bout de deux ou trois récoltes, et qu’il ne donne un produit ni plus abondant, ni de meilleure qualité que le blé ordinaire; les grains sont en plus petit nombre, et la farine qu’on en retire est d’une qualité inférieure, M. Tessier a tenté cette culture, mais il l’a bientôt abandonnée, pare& qu’elle ne lui offrait aucun bénéfice.
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- État nominatif des Élèves du cours d’économie rurale à VÉcole impériale < 'vétérinaire d'Alforty admis aux frais de la Société dencouragement 3 pendant une année.
- NOMS
- ET PRÉNOMS
- AGE.
- LIEUX
- DE NAISSANCE.
- DEPARTEMENT
- O BS ER VA TI V1YS*
- Gardon (Louis-Auguste). Censier (Francois-Aug.).
- 26 ans.
- R umilly-Ba u ssa rt.
- Pas-de-Calais,
- 23 ans.
- Bovinconrt
- Somme. .
- Bouffel (Pierre).........
- St-Marc (Jean-Jacques).
- 22 ans. Outrebois........
- 26,ans. Marans...........
- Somme...............
- Charente-Inférieure
- Bordier (Denis Pierre).. Rappolt...................
- 22 ans.
- Menigoutte
- Gironde,
- Admis à l’Ecole le i5 dé-
- cembre 1806. Choisi par M. Dumont-Courset.
- Admis à l’Ecole le i5 janvier 1807. Choisi par M. le ; Préfet de la Somme. Proposé par M. Baillet.kà-misà l’Ecole le i5 janv.1807.
- Vétérinaire choisi par M. Peletreau. Admis à l’Ecole le Ier mars 1807.
- Choisi par M. le Préfet des
- Deux-Sèvres. Admis à l’Ecole le ier avril 1807.
- Proposé par M. Yuan. U a suivi jusqu’à ce jour, à ses frais, les leçons de ce professeur. Admis à l’Ecole le ier mai 1807.
- Correspondance*
- Dans une lettre adressée au Conseil, M. Bonneau annonce qu’avant deux ans il espère prouver, jusqu’à l'évidence, que la portion de ses terres où il a établi des prairies artificielles en a reçu une amélioration égale à è'0,000 francs de capital et à 6,000 francs de revenu net, c’est à dire que le fonds est augmenté dans la proportion des deux tiers de sa valeur primitive, et que le revenu est plus que doublé, tandis que ses autres terres, soumises à l'ancienne culture, sont au même point de médiocrité depuis vingt ans.
- M. Oberkampf, en approuvant l’objet auquel la Société a consacré les 1,200 francs qu’il a mis à sa disposition (le prix pour la découverte d’un bleu solide d’application), a parlé, dans sa lettre, d’une autre découverte très utile ; ce serait de trouver un jaune d’application de fer, plus foncé que celui maintenant en usage, et épaissi à la gomme : il faudrait qu’il eût un#, intensité et une vivacité supérieures à celui qu’on a déjà fabriqué j;IÎS<T,uîà ' présent , épaissi de celte manière. ’ ' “7" ~
- M. Guidi, poêlier-fumiste , rue du Faubourg-Sainl-Denis, n°. 364, a annoncé au Conseil qu’il a construit de nouvelles cheminées et des
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- cheminées-poêles réunissant l’avantage d’économiser le combustible et de donner beaucoup de chaleur, sans répandre de fumée ; il dit les avoir essayées en présence des plus habiles architectes et de plusieurs savans.
- D’après le désir qu’a témoigné M. Guidi, le Conseil a nommé une Commission pour examiner ses nouvelles cheminées.
- M. Degérando, secrétaire général, du Ministère de l’intérieur, a informé le Conseil que le Jury chargé de l’examen des objets présentés à la dernière exposition des produits de notre industrie a eu occasion de remarquer, pendant le cours de ses séances, le genre de perfectionnement qui, d’après le tableau des échantillons qui lui étaient offerts, lui a paru le plus à désirer pour les fabriques françaises, savoir :
- i°. Les plaqués façon anglaise (i);
- 2°. La fabrication d’une porcelaine économique, dont le prix soit plus à la portée des consommateurs ;
- 3°. L’emploi de la houille dans cette fabrication;
- 4°. La porcelaine fabriquée en poussière et foulée à la presse (2);
- 5°. Le perfectionnement des peignes de tisserand ;
- 6°. Le perfectionnement des fers d’Aremberg , de manière à les rendre propres à l’usage des fabriques d’aiguilles d’Aix-la-Chapelle ;
- 70. Donner aux papiers de fabrication française la qualité des papiers de Hollande destinés pour le dessin et le lavis.
- M. Degérando a annoncé que le conseil général du département des Landes a sollicité la fondation d’un prix pour celui qui parviendrait, en continuant les expériences déjà commencées, à donner aux goudrons de France une qualité égale à ceux du nord.
- M. Régnault ( de Saint- Jean-d’Angely), Conseiller d’État, a informé le Conseil que le sieur Barbe, demeurant à la Chapelle, près la barrière f aint-Denis, a inventé une machine qui a pour objet la coupe en volige des bois verts.
- Le Conseil a chargé le Comité des arts mécaniques de prendre des renseignemens à cet égard.
- M. Majorel, de Toulouse, a adressé au Conseil des vues très utiles pour la prospérité de l’agriculture et des arts.
- Il désirerait que la Société fît faire, au Conservatoire des arts, un
- (1) MM. Patoulet et compagnie ont obtenu, le i5 nivôse anV, un brevet d’invention pour le placage en argent sur le fer et sur l’acier.
- (2) M. Potter a pris un brevet d’invention pour ce genre de porcelaine.
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- choix de machines les plus appropriées aux besoins et à l’industrie agricole ou manufacturière, soit anciennes, soit nouvelles , mais ignorées ou peu connues, pour en répandre , dans les dépàrtemens , les modèles eir petit, ou des descriptions détaillées, par la voie des préfets, des Sociétés d’agriculture ou des chambres de commercé. Dans ce concours, on pourrait distinguer plusieurs des objets qui ont fait partie des expositions de l’industrie nationale, ou qui, ont reçu l’approbation de la Société , ceux surtout qui ont pour but l’économie du combustible, comme les poêles , fourneaux et cheminées de MM. Curaudau, Thilorier, Desarnod et Bouriat, et ceux relatifs à la direction, l’emploi et la force des moteurs dans les machines à feu , à air ou à eau, comme, entre autres, un modèle de moulin à vent proposé dans le Bulletin de la Société, n° XXVII; les machines à scierie portative, à irrigation ; 1a nouvelle charrue de M. Guillaume, couronnée par la Société d’agriculture de Paris ; la pierre factice pour tuyaux de conduite, de M. Fleuret, de Pont-à-Mousson (Rapport du Jury, page 181 ) ; les ciseaux à ressort pour tailler les vignes, envoyés par le préfet des Hautes-Alpes; autres ciseaux à tondre les bêtes à laine , par M. Poyféré de Cère ( mémoire couronné par la Société d’encouragement, le 29 janvier 1806); le siphon à soupape par M. Bordier, de Versoix, décrit dans le n° 74 des Annales des arts et manufactures, etc.
- Si, dans ce nombre d’objets, il peut s’en trouver plusieurs qu’un brevet d’invention doive affranchir de ce choix, un grand nombre d’autres, qui n’en sont pas moins dignes, n’ont point été dotés de ce privilège, et sont devenus par cela même la propriété du premier qui s’en empare ; il est du plus grand intérêt de les faire connaître et d’en faire sentir tous les avantages.
- Après le mérite des inventions utiles, le plus grand service à rendre serait d’en propager et d’en multiplier l’usage. M. Majorel pense que la Société d’encouragement est appelée, par son institution, à remplir ce but important.
- Objets présentés au ConseiL
- M. Petit a présenté un échantillon de charbon provenant d’un appareil établi dans la forêt d’Armainvilliers, et qui paraît offrir de grands avantages; celui de M. Molleral, dans la forêt de Rambouillet, coûtait 3o,ooo francs de construction, et était d’un transport difficile. L’appareil dont il s’agit ne coûte que 3 à 45°°° francs ; les fourneaux peuvent se déplacer; la dépense de démolition et de reconstruction
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- n'est que de 3oo francs. L'augmentation dans le produit est de plus du cinquième.
- M. Petit n'a présenté ces faits que comme un simple aperçu; il s’est engagé à prendre de plus amples renseignemens et à les communiquer à la Société.
- M. Molard a mis sous les yeux du Conseil un échantillon de peigne de tisserand, fabriqué par M. Roswag, de Schelestadt, département du Haut-Rhin.
- JVÏ. jBaj'del a présenté des cylindres cannelés pour les machines à filer le coton, qu’il a perfectionnés en Tes formant de rondelles en feutre réunies sans couture; ces cylindres peuvent remplacer avec avantage ceux recouverts d’une enveloppe de peau recousue : il a observé que cette méthode réussissait parfaitement pour les cotons, depuis le n° 20 jusqu’au n° 5a;
- M. Curaudauy un cylindre pour chauffer les baignoires, très ingénieusement conçu : l’auteur assure qu’il économise le combustible, qu’il chauffe l’eau très promptement et qu’il préserve de la vapeur du charbon.
- Le Conseil a renvoyé à une Commission spéciale l’examen de cet appareil, et a mis à sa disposition une somme de 100 francs pour subvenir aux frais que les expériences doivent entraîner.
- M. G ardeur j rue Beaurepaire, n° 3o, à Paris, a présenté le buste de S. M. l’Empereur, moulé en carton et exécuté avec beaucoup de soin ;
- M. Nebel Crépus, tanneur à Malmédy, des échantillons de cuir imperméable : ils ont été renvoyés au Comité des arts chimiques ;
- M. Damien, gaînier, rue Neuve-des-Petits-Champs, vis h vis le Trésor public, des cuirs à rasoirs élastiques, formant de très jolis nécessaires, qui réunissent, à la solidité, l’agrément de la propreté, le goût et la convenance des formes. La bonté de la préparation de ces cuirs lui a mérité les éloges des personnes qui en font usage, et la préférence des premiers couteliers de Paris, sur ceux connus jusqu’à ce jour. La composition qu’il emploie a la propriété de donner un fil doux au tranchant de la lame du rasoir, et de conserver au cuir la souplesse nécessaire pour que le rasoir 11’éprouve pas une dureté nuisible quand on veut repasser une lame dont, le tranchant est très fin; cette composition entretient les cuirs toujours moelleux et souples, sans que jamais ils ne sèchent : la vis qui sert à tendre le cuir avait déjà été employée avec succès pour le même usage, et son avantage reconnu
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- l’a fait adopter par AL Damien, Voici les prix des différens cuirs :
- Cuir avec manche ouvert en ébène, garni d’une brosse fine pour la barbe, d’une glace, d’un peigne, d’une paire de ciseaux, place pour deux rasoirs, ayant un étui en marroquin, orné d’un écusson d’argent, et renfermant à son extrémité une petite boîte à savon du même
- métal. . . . ......................................... 36 f. c.
- Même cuir, sans la boîte à savon................. . . 3o
- Autre, avec place pour les rasoirs dans l’étui. . . . . a5 Cuir avec tiroir dans l’étui, pour y placer les rasoirs et un
- peigne...................................................... 21
- Cuir simple, avec un étui en marroquin orné d’un écusson d’argent, le manche ouvrant avis pour mettre La composition. i5 Cuir sans écusson sur l’étui. ......... .12
- Idem, avec étui verni. ....................................7
- Les boîtes de composition pour enduire les cuirs se vendent ......................................................... 2 5o
- M. Bizos, ancien coutelier de Paris, demeurant passage Radziwill, près le palais du Tribunat , a présenté à la Société des rasoirs dont la monture est d’invention nouvelle, qui se distinguent tant par la perfection du travail que par la bonté de la trempe de leurs lames et le choix de l’acier. On a l’avantage de pouvoir changer les lames de ces rasoirs aussi souvent qu’on le désire, et de démonter la monture afin de les nettoyer, s’il est nécessaire. On peut avoir plusieurs lames de rechange pour le même rasoir, ce qui est très commode pour les voyageurs, les militaires, etc.
- M, Chevalier a fait hommage au Conseil d’un nouvel aréomètre décimal imaginé par M. Bordier et qu’il a perfectionné ; il y a joint plusieurs exemplaires d’une fibtice imprimée contenant la description et Fusage de cet instrument.
- M. Chaptal a offert de la part des frères Paillard, ïabricans de faïence à Choisy-sur-Seine, ci-devant à Chantilly, des articles en terre de pipe de leur manufacture. Ils ont été renvoyés à l’examen d’une Commission spéciale composée de MM. Bourïat, Guyton-Morveau et Gay-Lussac.
- M. de Grave a présenté quelques échantillons de laine provenant du troupeau de Mme Montlevot, à Chatou, près Saint-Germain;
- M. Sivard, administrateur des monnaies, le modèle d'une serrure
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- de bois, en usage dans le département de la Manche et dans quelques cantons de la ci-devant province de Normandie ( voyez Bulletin, n°XXXH);
- M. Millot, mécanicien, le modèle d’une machine à extraire la tourbe sous l’eau.
- M. Poyféré de Cère, secrétaire de la Société d’agriculture des Landes, a fait hommage à la Société d’un meuble en bois de platane, comme le résultat d’une végétation de treize ans, l’arbre qui l’a fourni ayant été planté en 1791 et exploité en i8od.
- Ouvrages offerts à la Société.
- Instruction sur la culture des bois, à V usage des forestiers ; ouvrage traduit de l’allemand de M. Hartig par J.-J. Baudrillart, employé à l’administration des forêts. Paris, i8o5, 1 vol. in 12.
- Programmes des prix proposés par la Société d’agriculture du département de la Seine, et Notice des médailles qui ont été décernées dans sa séance publique du 5 avril 1807.
- Procès-verbal de la séance publique de la Société d’Emulation de Rouen , le §juin 1806.
- Notice sur les travaux de la Société dagriculture du département de l’Ain, depuis le mois de novembre i8o5 jusqu’au mois de septembre
- 1806.
- Essai sur l’état de la domesticité en France et particulièrement dans le département de VAveyron , par Cabrieres fils. 1 vol. in-8°.
- Sur le Commerce de Carcassonne ancien et moderne, par M. Roland. Sur la Restauration et l’aménagement des forêts et des bois, par M. Chevalier.
- Mémoire sur les produits du topinambour, comparés avec ceux de la luzerne et du rutabaga, par M. Bagot, propriétaire-cultivateur à Cham-pagny-sur-Marne. Cinquante exemplaires.
- Chinïie appliquée aux arts, par M. Chaptal, trésorier du Sénat, membre de l’Institut. Paris, 1807,4 vol. in-8°, avec fig.
- Programmes des prix proposés par la Société des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux. 1
- Expériences physiques sur les rapports de combustibilité des bois entre eux, par M. Hartig. Traduit de l’allemand par/.-/. Baudrillart. Paris,
- 1807, 1 vol. in-12.
- Le recueil des ouvrages de M. Collin sur la grammaire et sur l’en-
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- seignement.
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- ployages agronomiques dans la sènatorerie de Dijon, par M. François {de Neufchâteau ), président du sénat, i vol. in-40 avec un plan. Trente exemplaires. ( Nous donnerons un extrait de cet intéressant ouvrage dans le numéro prochain. ) -
- Jlmanach du Commerce pour 1807, rédigé par M. de la Ijnna. 1 vol. in-8°.
- Le Maître déloquence française, par M. Collin, 1 vol. in-12.
- Dictionnaire de la Législation des droits de douane, par M. Magnien , administrateur des douanes. Paris, 1807, 1 vol. in-8°.
- Traité des végétaux qui composent Vagriculture de Vempire français , par Tollard aînè. Paris, chez l’auteur, rue de la Monnaie, n° 2. 1 vol. in-12.
- ARTS MÉCANIQUES.
- Suite de l’extrait du Mémoire de MM. Mouche!, sur la fabrication du fil de fer et d’acier (1).
- Les auteurs se servent de deux sortes de filières, de grandes et de petites ; les unes pour le fil de la tréfilerie proprement dit, dont il a été déjà question; les autres pour les fils qui peuvent être tirés à bras, que nous ferons connaître plus bas. L’acier employé pour ces filières ne varie jamais de qualité : on fait seulement affiner davantage celui destiné aux petites filières : du reste, la manière de le préparer est commune aux deux espèces.
- On dispose à la forge des pièces de fer en forme de boîte sans couvercle , et du poids qu’exige leur emploi ; l’ouvrier remplit chacune de ces boîtes de potin ou acier de fonte, appelé vulgairement acier sauvage; l’ayant recouverte d’un lut d’argile, il l’expose à un feu violent, jusqu’à ce que l’acier soit fondu. Son art consiste à saisir le moment où la fusion est achevée, pour retirer la boîte du feu; il enlève le lut et souffle sa matière avec un tube, afin d’en chasser toutes les parties hétérogènes, puis il l’amalgame au fer à petits coups de masse. Après le refroidissement, il la remet au feu, où la fusion s’opère de nouveau, cependant à un. moindre degré qu’auparavant ; ensuite il tra-
- (t) Voyez Bulletin, n° XXXIV, page a54-Cinquième année. Mai 1807.
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- vaille l’aciet* èe petits coups de marteau, pour le purifier et le souder avec le fer. Cette opération se répète sept à dix fois, suivant sa qualité, qui le rend plus ou moins difficile à traiter. Il se forme, pendant ce travail, une croûte sur ce même acier, ^que Ton détache à l’aide d’une: des expositions au feu, qui est la cinquième, parce que cette croûte est composée d’un acier oxide de qualité inférieure. Il arrive quelquefois qu’il se forme deux et même trois de ce s croûtes, d’environ deux millimètres d’épaisseur, lesquelles doivent également être enlevées. Après toutes les diverses fusions, on attire la filière sous un marteau mù par l’eau, et on lui donne les longueur, largeur et épaisseur conven ahles.
- Ainsi disposée, on chauffe la filière de nouveau, pour la percera l’aide de poinçons en forme de cône effilé ; on répète cette opération cinq à six fois, à chacune desquelles on se sert de poinçons plus fins pour arriver au degré qu’on veut obtenir. Il est important de ne jamais chauffer la filière que jusqu’au rouge cerise, parce qu’à un degré plus élevé, l’acier éprouve un changement. Cette filière étant achevée, présente une matière très dure, susceptible cependant d’obéir aux coups de poinçon et de marteau, ce qui permet de rajuster ses trous quand ils se sont agrandis par le passage du fil.
- Il est à remarquer que les filières, étant rebattues plusieurs fois, se durcissent au point que, pour s’en servir, on est obligé de les recuire, surtout lorsqu’on les passe d’un numéro à l’autre; souvent elles n’acquièrent leur qualité qu’après une ou plusieurs cuissons.
- Malgré toutes les précautions qu’on prend pour préparer les filières, leur -acier varie encore un pende dureté. Selon leur plus ou moins de résistance, MM. Mouchel les destine'nt à filer l’acier ou le fer; mais si l’ouvrier qui les essaie s’aperçoit que leurs trous se sont ouverts trop promptement, il les met de côté pour les livrer ensuite aux tireurs de fil de laiton du pays.
- Due filière bonne pour l’acier, à cause de sa grande dureté, est souvent mauvaise pour le fer; les longues pièces de ce dernier métal, qu’elle réduit, seraient plus fines à leur extrémité qu’à leur commencement; en voici la raison : le fil passant dans cette filière s’échaufferait insensiblement, au point que ses parties adhérentes se gonfleraient et finiraient par le presser plus fortement.
- Les filières qui peuvent être employées pour le laiton souvent nè conviendraient pas pour le fer, à cause de leur peu de dureté ; leuFs parties pourraient résister à l’un sans résister à l’autre; de sorte qu’il
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- en résulterait un effet contraire à celui que produit une filière trop dure.
- Les plus petites filières dont se servent les auteurs ont au moins une épaisseur de deux centimètres5 elles offrent la facilité de disposer leurs trous en cônes tronqués très alongés : s’ils étaient courts, ils saisiraient trop brusquement le fil et l’énerveraient. Cet inconvénient a lieu dans beaucoup de fabriques, où l’on laisse servir trop longtemps les filières, qui deviennent minces, à force d’être limées et battues (i).
- Nous avons laissé le fil de fer à la grosseur d’une aiguille à tricoter ; reprenons-le dans cet état. On le met par rouleaux, de cent vingt-cinq kilogrammes , dans une grande marmite, pour le réduire une dernière fois. On renverse cette marmite au milieu d’un fourneau rond, construit de manière à pouvoir soutenir tout autour des charbons ardens, dont il se consomme trente-cinq kilogrammes avant que l’opération soit achevée. Il faut avoir la précaution de bien luter le couvercle ; le moindre accès qu’il laisserait à l’air suffirait pour brûler les premières couches du fil, et on ne pourrait plus le réduire.
- Lorsqu’une marmite est remplacée par une autre, on la suspend sur les flammes du fourneau, après l’avoir remplie d’eau, contenant trois kilogrammes de tartre. Cette dissolution, sans attaquer le métal, enlève la graisse et le peu d’oxide qui adhère à sa surface.
- Ce travail est le dernier que le fil subit au feu ; il est, par conséquent, disposé à être réduit jusqu’à la finesse rju’il est susceptible d’atteindre. Il conserve assez l’effet du recuit pour n’en avoir plus besoin ; mais l’on conçoit que, si sa dureté naturelle variait, cette dernière exposition au feu devrait avoir lieu sur un numéro plus ou moins faible: ainsi, l’acier perdant bien plus promptement la faculté de s’alonger que le fer, on le recuit jusqu’à la grosseur d’uue aiguille à coudre. On remplit le vide que celui-ci laisse dans la marmite de poussière de charbon ; elle l’empêche de se désa-ciérer, et lui conserve sa chaleur plus long-temps, pour lui donner la ductilité convenable.
- Comme les auteurs emploient toujours le même fer ou le même acier,
- “(i) Une seule des grosses filières de MM. Mouchel peut, avant d’être usée, réduire quatorze cents kilogrammes, depuis la vergette jusqu’au n° 6, jjrosseur de l’aiguille à tricoter. Quatre cents kilogrammes, pris dans ce numéro, sont ensuite réduits, dans une seule petite filière , n° 24 des fils à cardes, et pour cela ils y sont repassés douze fois consécutives. À cette observation on doit juger qu’elles sont très parfaites.
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- ils ont pu réduire leurs opérations a une marche générale ; il ne leur a . fallu, pour atteindre ce but, que chercher une échelle de réduction, selon laquelle le fil ne soit pas plus forcé à la filière dans un numéro que dans l’autre. Yoici le moyen qu’ils ont imaginé pour déterminer cette échelle pour le fil de fer ; il a été nécessaire de le répe'ter pour le fil d’acier.
- Ayant pris une brasse des diverses grosseurs par lesquelles a passé un fil amené à sa plus grande finesse (i), on a noté le poids que chacune a pu supporter, avant de se rompre. Les ayant exprimées par des nombres, il a été facile, moyennant quelques changemens entre leurs différences, de les présenter sous la forme d’une progression (2), qui a servi à établir des calibres ou jauges qu’on a mis entre les mains des ouvriers; ce sont des guides certains, et dont ils ne peuvent s’écarter que par un excès de négligence. S’ils ne les avaient pas, ils feraient passer souvent des fils par des trous de filière trop ouverts : il ne supporterait plus l’effort proportionné à sa grosseur, il perdrait, par -conséquent, sa dureté; ils le feraient passer aussi par des trous trop fermés; alors ils l’énerveraient et le rendraient très cassant. Dans ce dernier cas , il arriverait même très souvent que l’acier de la filière, ne pouvant soutenir l’effort qu’il doit faire, céderait comme celui d’une filière trop douce, et le fil serait cassant à son premier bout, mou et trop gros à son extrémité.
- La majeure partie des fils fins de la fabrique de M. Mouchel sont tirés au banc, par des ouvriers répandus dans les campagnes. Ces fabricans ont un entrepôt dans trois des principaux villages, où ils livrent toutes les semaines le fil qu’ils ont tiré pour en reprendre de nouveau, et où leur ouvrage est vérifié avec la plus grande exactitude.
- Ne pouvant cependant les avoir tous dans un seul atelier, les auteurs désiraient depuis long-temps en réunir un certain nombre près d’eux, afin de leur faire confectionner promptement des assor-timens dont ils ont besoin chaque jour. Une des roues hydrauliques de leurs usines a été consacrée à l’exécution de ce projet. Us y ont établi une mécanique pour faire mouvoir horizontalement vingt-quatre bobines, qui n’exigent de l’ouvrier d’autre travail que celui de soigner le filv: le temps qu’il gagne lui donne même la facilité d’entretenir deux
- £r) Le numéro te plus fin a 100,000 mètres de longueur au kilogramme. ,
- (2) Cette espèce d’échelle a été rectifiée en partie, par la comparaison des poids des numéros sur d’égales longueurs.
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- bobines au Heu d’une; le prix de la main-d’œuvre se trouve ainsi diminué de près de moitié.
- C’est sur les bobines que le fil est réduit aux différens degrés de finesse qu’on désire ; c’est donc par cette dernière opération que se termine l’art de tirer les fils de fer et d’acier. Cependant, quoiqu’ils aient toutes les qualités requises, pris dans l’atelier du tireur, ils seraient incapables de faire des aiguilles et surtout des crochets de cardes. Il est encore une opération qu’ils doivent subir, et qui est regardée comme la plus difficile et la plus délicate; c’est celle du dressage, par laquelle on leur fait perdre le tour qu’ils ont pris sur les bobines. Ce travail consiste à passer le fil entre des clous implantés sur une pièce de bois, et qui agissent contre lui comme autant de petites forces, dont la dernière tend à lui donner l’impression de la ligne droite. Pour cet effet, le dresseur est obligé à tout moment d’ajuster les clous, en les inclinant ou les relevant à coups de marteau : chaque numéro exige qu’ils soient à des distances différentes et calculées. On conçoit facilement qu’un pareil travail demande, de la part de l’ouvrier, beaucoup d’intelligence et d’adresse ; mais on ne doit jamais les attendre de lui pour bien réussir. Pénétrés de cette vérité , MM. Mouchel les ont évités dans l’opération dont il s’agit, par l’invention d’un instrument approprié à cet usage (voyez Pl. 5o, fig. i). Six petites poupées d’acier très dur c, c, c, c y remplacent les clous de l’outil ordinaire , et sont fixées sur des tiges parallèles b, b, b} qu’on écarte ou qu’on rapproche à l’aide d’écrous. Une échelle m, portée par une vis , indique l’écart que doivent avoir les poupées, pour dresser chaque numéro. Toutes les difficultés se trouvent ainsi réduites à une mesure invariable ; et le dresseur, qui peut être maintenant un enfant, regagne un tiers du temps qu’il perdait à régler l’ancien instrument. U ne lui reste plus qu’a tirer son fil à l’aide d’une roue sur laquelle il le dévide ; lorsqu’il l’en a retiré, il le reploie sur lui-même, pour le mettre en bottes et le livrer aux consommateurs.
- A une petite distance de la sortie des poupées, on place à volonté un poids léger, qui s’abaisse sur le premier bout du fil, et le fait ployer le long d’un cadran dont les degrés indiquent sa souplesse; si on ne la juge pas suffisante , on l’augmente ou on la diminue, en rapprochant ou écartant les tiges, ce qui, sans nuire au dressage, fait effet sur le corps du métal, en l’écrouissant.
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- ( 3.4)
- Explication des figures de la Planche 3o.
- Fig. x. Machine pour dresser le fil de fer et d’acier, propre aux cardes et aux aiguilles , vue en plan.
- a, a , Pièce de cuivre sur laquelle la machine est établie ; b, b, b, h, tiges dont le mouvement est parallèle ; c, c, c, c, c, poupées mobiles avec leurs tiges; d, d, d, d, supports des poupées , avec un écrou pour les avancer ou les reculer lorsqu’elles s’usent ; e, e, supports mobiles autour d’un axe ; tiges qui font corps avec les supports;g, g, g, clous qui maintiennent ces tiges dans la même position , sans cependant les empêcher de suivre le mouvement des tiges parallèles, de manière à faire croiser les deux dernières poupées, suivant la grosseur du numéro ( ces poupées rompent les sinuosités du fil ) ; h, conducteur du fil dans les poupées/^, autre conducteur, qui peut servir à empêcher le fil de vaciller; k, k, curseurs qui servent à déterminer la position des tigesy, f ; l, /, vis avec son écrou ; m , échelle qui indique l’écart des poupées pour chaque numéro ; n, n, n, fil de fer.
- Fig. 2. Élévation latérale de la même machine.
- o, o, o, o, o, o, Rainures, à l’extrémité des poupées, pour donner pas-, sage au fil ; p,p,p, p, p,p, vis de pression sur les poupées ; q, q, q, q, q, q, écrous dont la vis passe dans une coulisse r de la plaque ; sy écrou fixe.
- Fig. 3. Instrument pour déterminer la souplesse du fil, vu de face. Il se place, au besoin, à la suite de la machine fig. 1. - '
- ay Vis qui abaisse et élève un petit poids c, suspendu au fil b; d, rainure dans laquelle glisse le poids; e, échelle ; fy curseur pour retenir le fil, suivant son numéro ; g, g, numéros du fil.
- Fig. 4* Élévation latérale de l’instrument. Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans ces deux figures.
- Toutes les figures de la planche 3o représentent les machines dans leur grandeur naturelle.
- L’acier brut, employé dans la fabrique de MM. Mouchel, provient d’une des meilleures forges de France (1) ; son prix est modique; mais s’ils veulent lui donner toutes les qualités des aciers étrangers, les auteurs demandent qu’on leur procure des aciers en barres , aussi bons et au même prix que ceux qui sont à la disposition des tréfîleries des Etats voisins.
- L’acier de France n’en est pas moins propre à beaucoup d’usages ; on
- (1) Lahutte , près Darnay, département des Vosges, appartenant à M. Irray.
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- ( 5.5 )
- l’achète aux auteurs pour faire des aiguilles à tricoter, façon anglaise, (kâ broches de filature de coton, des carrelets et autres objets. Ils peuvent aussi en offrir pour faire des aiguilles de toute grosseur, et meme pour les cardes; mais comme cet acier est beaucoup plus cher que le fil de fer, les fabricans de cardes en emploient fort peu.
- MM. Mouchel ont ajouté à la collection d’échantillons de fils de fer qu’ils ont présentée à la Société six espèces d’aciers, regardées comme les meilleures et les plus difficiles à travailler; ils les ont rendues presque aussi ductiles que le fer sans en altérer la qualité.
- Quoique les auteurs aient réuni le fil d’acier au fil de fer, dans l’exposé de leur manière de le traiter, ils les travaillent cependant chacun à des tréfileries différentes , placées sur le même cours d’eau , à la distance d’un hectomètre : elles ont chacune leurs ateliers montés en grand.
- L’une d’elles est un martinet pour réduire en verge crénelée l’acier et le fer de Normandie qu’on fait venir en barreaux.
- La séparation de ces deux usines procure aux auteurs l’avantage de faire marcher plus lentement les machines hydrauliques à tirer l’acier que celles à tirer le fer ; car le premier, comme très dur, offrant plus d’effort à la filière, doit en être arraché avec plus de ménagement, puisque la vk tesse doit être proportionnée à la résistance, et réciproquement ; si l’on s’écarte de ce principe, on obtient des résultats qui varient : ainsi, par exemple , les fers du département de l’Orne, plus compactes que ceux de la forge des auteurs , située dans le département delà Haute-Saône, tirés par les mêmes machines, augmentent de dureté et s’énervent quand on leur fait atteindre une trop grande finesse. Mak ces fers, très durs et suscep-4 tibles de prendre un fort beau poli, deviennent, comme nous l’avons déjà dit, préférables pour certains emplois, de sorte qu’ils offrent aux auteurs un débit aussi facile que leurs fers les plus doux.
- Nous pensons qu’il est utile de joindre à ce mémoire les prix des divers numéros de fils de fer et d’acier que MM. Mouchel versent dans le commerce.
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- ( 3,6 )
- Prix des fils de fer et d'acier de lafabrique de MM. Mouchel.
- GROS FIL
- NORMAND , FIL
- sans morsures de d’acier.
- tenaille.
- Par botte de 5 kilogr. Par kilogramme.
- N° 1 à 10 f. 55 c. N° 0 à 5 f. » c.
- — 2 et 3 à 10 10 — 1 à 3 60
- — 4 ® 9 3o — 2 à 4 35
- — 5 à 8 45 — 3 à 4 20
- — 6 à 8 20 — 4 à 3 95
- — 7 à 8 » —— 5 à 3 n5
- — 0 à 7 60 — 6 à 3 5o
- — 9 et 10 à 7 45 — 7 à 3 4°
- — 12 et i4 à 7 25 — 8 à 3 3o
- — 15 et 18 à 6 90 — 9 à 3 20
- Le reste à. . 6 70 — 10 à 3 10
- — 11 à 3 o5
- — 12 à 3 »
- — i3 à 2 95
- — i4 à 2 90
- — i5 à 2 85
- FIL
- POUR CARDES.
- Par botte d’un kilogr.
- — I
- Nos 5 et 6 à 2 f. 20 c. à 2 2 5
- à 2 4°
- — 9 à 2 35
- io à 24°
- 12 à 2
- — 4 à 2 55
- — 16 à 2 75
- — 18 à 3 10
- — 20 à 3 20
- — 22 à 3 60
- — 24 à 4 25
- — 26 à 6 i5
- FIL
- POUR CARCASSE.
- Par botte de 5 kilogr,
- N» 8 à — 9 à 10 à • 12 à
- I o f. 95 c.
- II i5
- -7- 14
- — 16
- — 18 20 22
- 24
- 26
- — 28 3o
- 11
- 11
- 12
- 13 i3
- 4
- 16
- *9
- 25
- 32
- 49
- 35
- 75
- 20
- »
- 84
- 67
- 3o
- 60
- 35
- 70
- 3o
- De mémoire de MM. Mouchel était accompagné d’un grand nombre de certificats d’artistes et manufacturiers, qui emploient avec succès les fils de fer et d’acier de la fabrique des auteurs, dont ils attestent la bonne qualité.
- IMPRIMERIE DE MADAME HUZARD (née VALLAT LA CHAPELLE),
- Rue de l’Eperon-Saint-André, b° 7.
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- CINQUIEME ANNÉE. (1V° XXXVI.) JUIN 1807.
- BULLETIN
- DELA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- INDUSTRIE NATIONALE (1).
- Instrumens de physique et de mathématiques. La fabrication de ces instrumens est portée en . France à un très haut degré de perfection. Paris renferme plusieurs artistes d’un grand mérite, qui en construisent de précieux par leur solidité et leur précision. On distingue parmi eux M. Lenoir, rue de la Place-Vendôme, qui obtint à l’exposition de l’an IX une médaille d’or pour la parfaite exécution de ses instrumens de physique et de mathématiques; et MM. Jecker frères , rue des Deux-Portes, ii° ro,qui ont les premiers établi en grand la fabrication de ces instrumens.
- Instrumens d'optique. C’est à la bonne qualité du flint-glass qu’ils emploient et aux progrès qu’ils ont fait faire à l’art de tailler et de polir les verres d’optique , que les Anglais doivent la supériorité qu’ils ont acquise dans la confection des instrumens propres aux observations astronomiques, principalement des télescopes de Herschell, des lunettes de Dollond, etc. Les instrumens d’optique qu’on construit en France soutiennent cependant avec avantage la concurrence de l’étranger, et se distinguent, en général, par une exécution soignée. Nos voisins nous fournissent le flint-glass; mais nous avons l’espoir d’être bientôt affranchis du tribut que nous leur payons pour cet objet; déjà nous sommes ;en possession de fabriquer du flint-glass d’assez bonne qualité.
- (ï) Voyez Bulletin , n° XXXIV, p. 254.
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- L’art de tailler et de polir les verres d’optique est cultivé avec distinction
- en France.
- Fers et acier. On avait prétendu que la France ne pouvait rivaliser avec l’étranger, relativement aux 1ers et aux aciers; c’est une erreur. Nous sommes très riches en bon fer et en bon acier, et nous possédons depuis long-temps l’art de les rendre très parfaits. Les expérieuces qui ont été faites sur les échantillons envoyés à la dernière exposition nous en ont donné la preuve. Nous avons lieu d’espérer que nous serons incessamment affranchis du tribut que nous payons aux étrangers pour les aciers dont nous avons besoin.
- Plusieurs départemens de l’empire ont envoyé des fers à l’exposition de 1806. Sur soixante-sept échantillons, on a trouvé,
- De qualité médiocre. .................................................16
- De bonne qualité......................1............................5
- De fort bonne qualité. . 16
- D’excellente qualité. '............................................. 17
- De qualité supérieure.......................................• i5
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- Le Jury n’a pas cru devoir accorder des médailles pour cet objet il s’est contenté de mentionner honorablement les treize maîtres de forge qui ont adressé des fers de qualité supérieure.
- Les aciers lui ont paru mériter des distinctions plus particulières, à raison de leur bonne fabrication.
- Il a décerné des médailles d’or à MM. Gouvy et Guentz, de Goffon-taine, département de la Sarre; et à M. Loup, à la forge Saint-Denis, département de l’Aude, pour des échantillons ayant un grain fin , gris et égal, se forgeant et se soudant bien, et semblables à de l’acier anglais.
- Le Jury a distingué, par des médailles d’argent de première classe, les aciers de MM. Vincent Plander, de la forge d’En-Haut, département de l’Isère; George et Cugnelot, d’Underviller, département du Bas-Rhin; et Claudè Grasset, à la forge de la Doué, près la Charité, département de la Nièvre; ces aciers sont très durs et de qualité excellente.
- Faux. La grande consommation qui se fait en France de ces instru-mens aratoires oblige d’en tirer, chaque année, un certain nombre de Styrie et d’autres parties de l’Allemagne. Cependant, nous sommes convaincus de la nécessité de faire cesser cette importation, très défavorable à
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- notre commerce.* Déjà plusieurs fabriques de faux se sont élevées en France ; nous distinguerons celle de MM. Irroj père et fils, à la forge de la Hutte, département des Vosges, qui livre au commerce des faux très légères, fort dures et qui se battent bien. Elles sont faites avec l’acier que MM. Irroy fabriquent eux-mêmes, et qui est de qualité supérieure. Le Jury leur a décerné une médaille d’or. -
- On s’occupe beaucoup de la fabrication des faux dans l’arrondissement de Bielle, département de la Sésia; les usines de Netro et de Mbngrande fournissent des faux d’excellente qualité, de forme convenable, et qui sont dures sans être cassantes. Le Jury a accordé des médailles d’argent de première classe à MM. Firieis, de Mongrande, et Girard, de Douciez, département du Jura ; les faux de ce dernier valent celles de Styrie : elles sont un peu plus dures à battre , ce qui fait durer leur taillant plus longtemps.
- Nous avons plusieurs autres fabriques de faux, dans les départemens du Haut-Rhin, de la Moselle , des Vosges, du Doubs et des Hautes-Alpes.
- Limes. La fabrication des limes est très encouragée en France; nous avons obtenu, sous ce rapport, des résultats satisfaisant. Un artiste de Paris, M. Raoul, a prouvé que nous pouvions, sinon surpasser, du moins égaler les Allemands et les Anglais qui nous les fournissent. Ses limes sont aussi dures que les limes anglaises ; elles entament même mieux l’acier trempé, et sont moins cassantes.
- M. Ducrusel, d’Amboise, département d’Indre-et-Loire, fabrique de bonnes limes, qui lui valurent une médaille d’argent à l’exposition de l’an X.
- Cylindres à laminer. Les entrepreneurs de l’aciérie de Souppes, département de Seine-et-Marne, obtinrent une médaille d’or à l’exposition de l’an X, pour la perfection qu’ils avaient donnée aux cylindres de laminoir, qui se distinguent par leur dureté et par la précision de leur forme.
- Les aciers de Souppes, surtout ceux pour ressorts de voitures, sont d’excellente qualité. •
- Fers-blancs et tôles. Quoique nous ne soyons pas encore parvenus à donner à nos fers-blancs et à nos tôles la bonne qualité des fers-blancs anglais , nous sommes cependant fondés à croire que nous ne tarderons pas à faire cette conquête sur l’industrie étrangère, et que bientôt la France s’enrichira de plusieurs établissemens précieux sous ce rapports------
- Les tôles el les fers-blancs de Dilling, département de la Moselle, sont de fort bonue qualité et ^parfaitement laminés. Les entrepreneurs de cette
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- forge obtinrent une médaille d’or à l’exposition de l’an IX. Le Jury leur a décerné, en 1806, une médaille d’argent de première classe. Il a accordé la même distinction à M. Delloye, de Huy, département de l’Ourthe, pour des fers-blancs de bonne qualité. Nos richesses en ce genre ne consistent pas seulement dans les établissemens dont nous venons de parler • nous possédons encore des fabriques de fers-blancs dans les départemens des Vosges et du Haut-Rhin.
- Trèjîleries. Les meilleurs fils de fer de nos fabriques proviennent, soit du département du Doubs, soit de celui de l’Orne. Le premier, à raison de ses nombreuses forges et de la bonne qualité de ses fers , livre au commerce des produits très estimés. Les tréfileries du département de l’Orne, toutes réunies dans la ville de Laigle , sont depuis long-temps en possession de fournir d’excellens fils pour cardes et aiguilles.
- D’autres fabriques de fil de fer, répandues dans les départemens de la Haute-Marne, du Haut-Rhin, de la Haute-Saône et des Vosges, jouissent d’une réputation méritée.
- Le Jury a décerné une médaille d’argent de première classe à MM. Jean-' Baptiste Mo,uchel, père et fils, propriétaires de la tréfilerie de-Bois-Thorel~ près Laigle , pour des fils de fer et d’acier de différentes grosseurs, et applicables à divers usages : plusieurs espèces sont préparées et dressées pour fa fabrication des cardes à coton (1).
- Quincaillerie. Nos fabriques de quincaillerie n’ont point dégénéré elles versent dans le commerce des articles remarquables par leur bonne exécution et la modicité de leurs prix.
- M. Schey, rue du Faubourg-Saint-Denis, n° 3g, obtint, en l’an IX, une médaille d’argent pour avoir établi une manufacture de bijouterie et de quincaillerie en acier, d’une exécution soignée et.d’un beau poli; ces ouvrages sont très estimés..
- Serrurerie. La fabrique de serrurerie d’Escarbotin , departement de la Somme, qui occupe deux mille ouvriers, approvisionne presque seule la •ville de Paris ; elle soutient avec succès la concurrence étrangère : ses prix sont inférieurs à ceux des manufactures d’Allemagne, et ses ouvrages sont beaucoup plus parfaits.
- Le Jury a distingué, par une médaille d’argent de première classe, M. Joseph Olive j l’un des entrèpreneurs de cette fabrique.
- (1) La Société d’encouragement a accordé à MM. Mouchel une médaille d’argent pour le même objet.
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- Le département de la Loire possède deux fabriques de serrurerie très importantes; l’une à Saint-Étienne , l’autre à Saint-Bonnet-le-Château.. Cette dernière fournit des serrures communes, fines, mi-fines, à des prix très modiques.
- Coutellerie. La coutellerie fine de Paris est renommée clans le commerce ; celle de Langres, de Moulins et de Châtellerault se distingue par la bonne qualité des lames, son exécution soignée et la modicité de ses prix. -
- La ville de Thiers, département du Puy-de-Dôme, renferme cinq cent cinquante ateliers de coutellerie, qui occupent quinze à seize mille individus; celle de Saint-Étienne, département de la Loire, en possède aussi un grand nombre : leurs produits sont recommandables par l’extrême modicité des prix et leur bonne qualité.
- M. Bataille y coutelier à Bordeaux, qui avait obtenu à l’exposition de l’an IX , une médaille d’argent, a présenté , à celle de 1806, une collection cFinstrumens de chirurgie, et un instrument qu il a imaginé pour l’opération de la cataracte : ces objets réunissent, à la solidité, la forme convenable et une parfaite exécution. Le Jury a décerné à M. Bataille une médaille d’argent de première classe.
- Aiguilles. Les Anglais, nous fournissaient autrefois des aiguilles à coudre et à tricoter. Aujourd’hui elles se fabriquent en France, avec autant de perfection que chez l’étranger. Celles qui proviennent des fabriques- d’Aix-la-Chapelle et de Borcette, département de la Roër, soutiennent la comparaison avec les aiguilles que le commerce estime le plus : elles réunissent à une bonne forme le degré de trempe et le poli nécessaires. Les assortimens sont complets, .et peuvent satisfaire à tous les besoins..
- Le Jury a décerné une médaille d’or aux fabriques d’aiguilles à coudre et à broder d’Aix-la-Chapelle et de Borcette.
- Epingles. Depuis quelque temps on a imaginé des procédés pour faire les épingles avec plus de promptitude et de régularité.
- C’est à M. Laurent Jecker, d’Aix-la-Chapelle, que nous devons ces perfectionnemens. Il a formé, dans cette ville, un établissement où l’on fabrique ces objets en grand , et qui occupe cent vingt ouvriers. Les têtes des épingles, au lieu d’être embouties une à une, sont coulées dans des moules, au nombre de soixante à la fois; un enfant peut en faire cent quatre-vingts par minute. Les moyens employés pour étamer les épingles et les polir sont simples, ingénieux et économiques. Elles sont
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- dé très bonne qualité, et d’un prix inférieur à celui des épingles fabriquées par les procédés ordinaires. ; \
- Le Jury a décerné à M. Jecker une médaille d’argent de première classe.
- Il existe une fabrique d’épingles à Laigle, département de l’Orne, dirigée par MM. Metton frères. Ses produits sont estimés.
- Armes blanches. Les armes blanches de Klingenthal, département du Bas-Rhin, jouissent d’une haute réputation, tant pour la bonne qualité des lames que pour leur forme convenable. La fabrique de Klin-genthal, réunie à celle d’armes à feu de Mutzig, occupe cinq cents ouvriers, et fournit annuellement, cinquante mille baïonnettes et vingt mille sabres ; c’est la seule qui travaille en France pour le compte du gouvernement : on y a exécuté récemment des lames de Damas, qui prouvent que -cet établissement est capable de réussir dans tous les genres.
- Le Jury a accordé une médaille d’or à MM. Coulaux frères, entrepreneurs de cette fabrique.
- Armes à feu. Les armes à feu qu’on fabrique chez nous sont supérieures à tout ce que l’étranger peut produire de plus parfait sous ce rapport. Celles de la belle manufacture de Versailles sont renommées dans toute l’Europe, et se distinguent par une exécution extrêmement soignée et par leur bonne qualité. '
- ^ Le Jury accorda à M. Boutet, entrepreneur de cette manufacture, une médaille d’argent à l’exposition de l’an IX, et une d’or à celle de l’an X. -
- Les fusils de Liège et de Charleville sont estimés. Ceux de la première de ces manufactures sont répandus dans une grande partie de l’Europe, et rivalisent avec les armes à feu des fabriques étrangères La manufacturé de Charleville travaille uniquement pour le compte du gouvernement. ‘
- Celle de Saint-Etienne, département de la Loire, est remarquable par la modicité de ses prix et la bonne qualité de ses produits.
- Les armes à feu de Paris sont fabriquées avec beaucoup de soin et d’intelligence.
- Cuivre laminé et martelé. MM. Frèrejean, frères, ont établi à Vienne, département de l’Isère, une fonderie où le cuivre est travaillé avec habileté; iis ont envoyé,à la dernière exposition, un fond de chaudière préparé au martinet, qui a deux mètres de diamètre et vingt-cinq centimètres de bord. .. ' ..;i . :
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- Le Jury a décerné à MM. Frèrejean une médaille d’argent de première classe. Ces fabricans viennent de substituer dans leurs fours la houille au charbon de bois. ' .‘ T ri- ' . • v,.r;
- Les grandes chaudières qu’on emploie dans les fromageries cju Doubs , du Jura et même de-la Suisse, et qui contiennent jusqu’à 260 kilogrammes de matière, proviennent de la fabrique de M. Bobilier, à Gras, département du Doubs.
- La majeure partie des habitans de Villedieu, département de la Manche, ne subsiste que de la fabrication des ouvrages dg ppêlerig en puivre, qui sont recherchés pour leur bonté et leur solidité.
- Les cuivres battus et fondus de TSamur sont très estimés.
- Fil de laiton. La fabrique de fil de laiton, établie en l’an VIII, à Chandey, près Laigle., département de l’Orne, par MM. Boucher et compagnie, confectionne annuellement près de 800 quintaux métriques de fil de laiton, qui est de très bonne qualité.. Ces fabricans obtinrent, en l’an X, une médaille d’argent de première classe.
- Les fils de laiton et les ouvrages en cuivre fondu, qui proviennent de Stolberg, département de laRoër, sont estimés dans le commerce.
- Toiles métalliques. Les tissus métalliques de M. Perrin, quaide l’Égalité, n° 6, à Paris, qui obtint, en l’an IX, une médaille d’argent, soutiennent leur bonne réputation ; ceux de MM. Roswag, père et fils , de Schelestadt, département du Bas-Rhin, se distinguent par une égalité parfaite de tissu et par leur bon marché. Le Jury a décerné des médailles d’argent de première classe à ces fabricans.
- Orfèvrerie. L’orfèvrerie de Paris est la plus belle, la plus riche et la mieux exécutée de toute l’Europe. Aucune autre nation ne peut atteindre notre supériorité en ce genre, La capitale de l’empire offre la réunion des orfèvres les plus habiles, qui donnent à leurs ouvrages ces formes pures et élégantes, cette richesse d’ornement qui les distinguent si éminemment de l’orfèvrerie étrangère , et qui assurent leur réputation.
- M. Odiot, rue Saint-Honoré, n° a5o, à Paris, obtint, en l’anX, une médaille d’or, pour l’élégance, la variété des formes, le choix et la variété des ornemens de son orfèvrerie, dirigée et exécutée par le goût le plus pur et le plus délicat. Cet habile orfèvre s’est montré avec encore plus d’avantage à l’exposition de 1806; plusieurs de ses ouvrages sont non seulement de la plus grande magnificence, mais encore parfaits d’exécution et de goût.
- Le Jury a décerné une médaille d’or à M. Biennais, rue Saint-Honoré ?
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- ns 523, à Paris, pour plusieurs pièces d’orfèvrerie d’une exécution soignée, dont les formes et les ciselures sont pleines de goût, et pour un fort beau nécessaire, et une pièce d’ébénisterie ornée de bronzes dorés , très riches.
- Il a accordé des médailles d’argent de première classe à M. Boullier, place des Victoires, n° 4» pour des ouvrages d’une très belle orfèvrerie courante; et à M. Guyon, rue Saint-Denis, n° i5, pour de l’orfèvrerie couranie , qui se distingue par une bonne fabrication. M. Guyon a imaginé d’employer des cylindres gravés pour faire les ornemens de ses pièces.
- La beauté de l’orfèvrerie que M. Auguste exposa en l’an X lui mérita une médaille d’or. Il a présenté, en 1806, de grandes pièces exécutées par un procédé particulier : c’est l’emploi de la retreinte et de l’estampagè. Ce moyen nécessite, à la vérité, la dépense de matrices en creux, sur lesquelles on frappe le métal embouti et convenablement recuit; mais, toutes les fois qu’il s’agit d’objets qui se répètent, cette dépense est remboursée avec avantage sur l’économie du moulage, sur la ciselure et sur le poids de la matière. M. Auguste a exécuté de cette manière un buste, qui présente par sa forme le maximum de la difficulté.
- M . Auguste jouit depuis long-temps de la réputation la plus distinguée pour la confection de la belle orfèvrerie.
- Filigrane. Le Jury national décerna, en l’an IX, une médaille d’argent à M. Bouvier, pour ses filigranes fondus. Cet artiste, qui possède à un degré éminent le talent du fondeur, a présenté, à l’exposition çle 1806, des filigranes pour ornemens et pour formes de papier, qui sont très bien travaillés , ainsi qu’une planche pour imprimer la musique, qui est en cuivre fondu , d’une seule pièce, et en relief, comme clans l’imprimerie ordinaire. La musique imprimée par ce moyen est belle, et les lignes en sont droites et continues.
- Bronzes ciselés. La supériorité que les Français ont acquise dans les arts qui tiennent au goût leur assure la prééminence sous le rapport des ornemens et autres objets en bronze ciselé.
- M. Thomire, rue Boucherat, n° 16, est le premier de nos ciseleurs ; il a présenté, en 1806, une suite considérable d’ouvrages dirigés ou exécutés par lui, parmi lesquels on distingue une cheminée en malachite, qui est un des plus beaux ameublemens qui aient paru à la dernière exposition. D’autres cheminées, .quoique moins riches par la matière et
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- par les omemens, ne font pas moins d’honneur à l’artiste qui les a exécutées; M. Thomire y a employé des granits des départemens des Vosges et de la Haute - Saône, qui me le cèdent pas en beauté à ceux de l’Orient.
- Le Jury a décerné à M. Thomire une médaille d’or..
- Il a jugé dignes de médailles d’argent de deuxième classe MM, Mavrio, rue de la Loi, n° 211 , et Galle, me Vi vien ne, n° 60 , qui ont exposé des bronzes dorés d’un effet agréable, des lustres, des pendules enrichis de beaux ornemens.
- Tôles vernies. La manufacture de vernis sur métaux, située rue Martel, n° 10, a fait des progrès rapides depuis l’an IX, où elle obtint la distinction de premier ordre; ses produits rivalisent avec avantage ce que les fabriques anglaises peuvent nous offrir de plus parfait en ce genre.
- M. Montclaux la Villeneuve, successeur de MM. Deharme et Dubaux, soutient la réputation dont celte manufacture jouit depuis son établissement : il a présenté à l’exposition de 1806 des objets en métal verni, dorés au mat ; d’autres imitant les plus beaux marbres ; enfin , des ouvrages appelés laque français, qui sont exécutés d’après un nouveau procédé. On distingue parmi ces divers objets un grand vase égyptien, d’une exécution parfaite, des rampes d’escalier en cuivre étamé et doré, des panneaux eu carton, peints en marbre et vernis, etc.
- La manufacture de M. Demarne, rue du Faubourg-Saint-Denis, n°46, est recommandable, parce qu’elle s’attache particulièrement à perfectionner ses vernis et les appliquer sur une grande variété d’objets usuels, soit en tôle, soit en fer; ces vernis sont noirs , et peuvent, sans éclater, souffrir la percussion du marteau. -
- Le Jury a décerné à M. Demarne une médaille d’argent de deuxième classe.
- Il a accordé la même distinction à MM. Finch et compagnie, de Co~ blentz , qui ont présenté divers ouvrages en tôle vernie, exécutés dans leur manufacture ; leur vernis est solide , et ils l’appliquent avec intelligence et soin. •
- Ébénisterie. Les meubles qui se fabriquent à Paris réunissent à la solidité une exécution très soignée. Aussi les nations étrangères les recherchent-elles avec empressement. Les formes élégantes et variées qu’on sait leur donner, les belles^ espèces de bois qu’on emploie pour leur confection, la richesse et le goût des omemens dont;on les décore, tout
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- concourt a leur assurer une supériorité bien marquée sur les ouvrages cî’é-bénisterie qui se fabriquent dans d’autres pays.
- M. Jacob Desmalter, ébéniste , rue Mcslay, a Paris, obtint en l’an IX une médaille d’or, pour la parfaite exécution de ses meubles : il a présenté à l’exposition de 1806 divers objets qui méritent les plus grands éloges; les ornemens magnifiques et d’un goût exquis sont parfaitement assortis à la destination des meubles auxquels ils sont appliqués et à la décoration de l’appartement où ces meubles doivent être placés. A 11e considérer ces ouvrages que comme de l’ébénislerie simple, ils sont dignes d’approbation , sous le rapport de la précision et de l’exécution.
- M. Jacob est connu pour avoir un talent supérieur dans sa partie.
- Le Jury a décerné une médaille d’argent de deuxième classe à M. Burette, fabricant de meubles à Paris, rue Chapon, n° 22 , au Marais, pour avoir exécutéavec une précision remarquable , plusieurs pièces en orme noueux, qui prouvent que cet artiste a porté le talent de l’ébénisterie à un très haut degré de perfection.
- Tabletterie et ornemens. Cette branche d’industrie est très avancée chez nous; les objets de tabletterie qu’on exécute à Paris et dans plusieurs autres villes de l’empire sont remarquables par leurs bonnes formes et par la qualité des matières premières qui servent à leur fabrication. Les tabletiers de Paris sont très habiles dans la confection des ouvrages qui les concernent : parmi eux nous distinguerons M. Lemaire, me Saint-Honoré, n° 54, qui obtint une médaille d’argent de première classe, en l’an X, pour les nécessaires de voyage, construits avec beaucoup de talent et d’intelligence, et qui remplissent parfaitement leur objet.
- Ou fabrique à Saint-Claude, département du Jura, des ouvrages de tour en buis, en écaille, en corne, en os, etc., dont les prix sont modiques.
- Rouen fournit aussi au commerce des objets de tabletterie d’une bonne exécution.
- Le bourg de Méru , département de l’Oise, est le centre d’une fabrication considérable d’objets de Tabletterie, tels que tabatières, éventails, étuis, joujoux , etc., dont la majeure partie passe en Amérique et dans diverses contrées de l’Europe.
- .Le Jury distingua en l’an IX, par une médaille d’argent, les bordures et les cadres ornés en marqueterie de cuivre, d’acier, d’or, fa-
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- briqués suivant les procédés de M. Jouvet, dont M. Frichot est le successeur : ce dernier a présenté, en 1806, des ouvrages de bon goût et parfaitement exécutés; il prépare l’oxide rouge de fer propre à polir les métaux et même l’acier légèrement trempé.
- On peut placer au nombre des ornemens le jayet, taillé et travaillé dans toutes les formes qui sont adoptées pour bijoux, qu’on fabrique à Peyrat, département de l’Arriége , et à Sainte-Colombe, département de l’Aude, et les coraux de Marseille, qui jouissent d’une réputation méritée. Le Jury a mentionné honorablement ces objets.
- MM. Janin, de Paris, et Brunat, de Strasbourg, ont trouvé le moyen de rendre la dorure sur bois plus solide et en même temps plus économique.
- M. Rascalon, rue du Faubourg-Saint-Denis, n° i44» à Paris, emploie pour décorer les meubles des ornemens dorés peints sous verre, qui sont exécutés avec goût.
- M. Demillière fabrique des végétaux artificiels imitant parfaitement la nature.
- Le Jury a fait mention honorable de ces artistes.
- ( La suite au numéro prochain. )
- ARTS MÉCANIQUES,
- Descrip tion d une machine employée pour curer et approfondir les carnaux de la mile de Venise.
- Cette machine est formée d’une poutre verticale a , fig. 1, PI. Si, de cinq mètres environ de longueur, et armée, à sa partie inférieure , d’une ferrure plate h, ou. espèce de bêche , destinée à être enfoncée dans le terrain, à la profondeur de quinze ou dix-huit décimètres. Vers l’assemblage de la poutre et de la bêche est un axe horizontal en fer c, autour duquel tourne la caisse ou cuiller d, servant à ramasser les matières qu’on veut extraire du fond, Cette caisse est une portion de cylindre qui a pour axe l’axé de rotation c, dont ôn vient de parler, et qui est de dimensions telles que, lorsqu’elle est abaissée et juxta-posée contre la pelle, celle-ci la ferme exactement. La caisse se meut par le moyen d un levier de cinq à six mètres de longueur, auquel elle est assemblée très solidement,
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- Lorsqu’on veut curer, on enfonce verticalement la bêche dans le lit du fond du canal ( par les moyens dont on parlera ci-après) ; la cuiller est tenue ouverte à l’aide d’un crochet f, adapté à sa partie postérieure, auquel tient une corde g, tirée par une moufle h. Lorsque la pelle est suffisamment enfoncée, on lâche la moufle d’un côté r et de l’autre on tire l’extrémité du levier c avec une corde j, enroulée sur le cylindre d’un cabestan k. Ce mouvement tend à faire fermer la cuiller, ce qui 11e peut pas s’opérer sans qu’elle ne se remplisse des matières dans lesquelles la pelle est enfoncée; et, lorsqu’elle vient à être juxta-posée contre cette pelle, les matières ne peuvent plus en sortir: on enlève alors tout l’équipage au dessus de la surface de l’eau, on ouvre la pelle, et les matières tombent dans un bateau qui vient se placer au dessous.
- L’enfoncement et l’extraction de la pelle s’opèrent au moyen d’un grand levier /, extrêmement solide , dont chaque branche a six mètres et demi de longueur. A l’une des extrémités m de ce levier est attachée la poutre a, à laquelle tiennent la pelle et la cuiller ; l’autre extrémité n porte un taraud o, dans lequel tourne une forte vis p, dont le bout inférieur, non taraudé, est maintenu et tourne dans un collier r, de manière à .ne pas se mouvoir parallèlement à l’axe de ce collier. D’après cette disposition, en faisant tourner la vis à l’aide des leviers q, qui y sont adaptés , soit dans un sens, soit dans l’autre, on fait lever ou baisser les extrémités du levier, et par conséquent la pelle et la cuiller.
- Les pièces qui unissent les extrémités du grand levier au manche de la pelle et à la vis, et le collier du bout inférieur de cette vis,, tournent sur des tourillons horizontaux s., s, afin de former des articulations telles que rien, ne soit forcé pendant le mouvement du levier. .
- Ce levier et son équipage sont portés sur un ponton t, fixé pendant l’opération, au moyen de pieux u, u, qu’on enfonce dans le lit du canal, et qu’on retire à l’aide âe treuils
- La machine est manœuvrée par cinq hommes , qui peuvent travailler six heures de suite, et élèvent soixante pieds cubes de matières en cinq minutes à une hauteur de quatorze à quinze pieds.. Si l’on suppose le poids d’un pied cube de gravier et sablede cent vingt on cent vingt-cinq livres, c’est à dire d’environ cinquante livres de plus que le poids du pied cube d’eau, ce travail équivaut à peu près à un effort de trente livres, avec une vitesse, d’un pied par seconde pour*
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- chaque homme. La construction de cette machine est d’ailleurs fort simple ; elle égale du moins en solidité , et surpasse peut-être en facilité dans la manœuvre et en produit , les machines employées au curage dans les ports de France, et elle doit exiger moins dé réparations que celles qui servent communément dans nos travaux hydrauliques. On n’y trouvera pas cependant, comme dans la machine à draguer, décrite par Regemorte, la commodité de pouvoir être placée et manœuvrée dans un batardeau de trois à quatre mè-‘ très de largeur; mais cet inconvénient est compensé, dans les lieux où l’on peut disposer d’un grand emplacement, par plusieurs autres avân-; tages (1).
- Notice sur un grand louchet a tourber sous Veau/ par M.. Gillet-Laumont. ;
- Indépendamment de la grande machine à tourber sous l’eau, citée dans le programme de la Société sur les prix proposés en l’an XIII, comme employée dans le département de la Somme, je savais qu’il y existait un instrument à main destiné à extraire la tourbe sous d’eau, d’une assez grande profondeur; mais je n’avais pas, lors de la dernière assemblée générale, des données suffisantes pour pouvoir en entretenir la Société.
- Je me suis adressé à M. Fongueux, ingénieur des mines, en mission dans ce département ; il vient de m’envoyer un dessin et une notice sur la forme et sur l’usage de cet instrument, avec lequel un seul homme est capable d’extraire la tourbe sous l’eau , d’une profondeur d’environ cinq mètres (quinze pieds) : je m’empresse d’offrir l’un et L’autre à la Société. . ... .. r <>fî- *'< - ' : : '
- . Get instrument, que l’on nomme grand louchet,. a effectivement beaucoup de rapport avec celui ordinaire ou petit louchet, dont il ne diffère que par la grandeur des proportions et par un bâtis en fer destiné à cou—;
- (i) Tout porte à croire que cette machine est applicable à l’extraction des tourbes> limoneuses, et qu’elle pourrait même le devenir «à celle de la tourbe compacte. Cette considération a déterminé la Société d’encouragement à joindre la description de cette machine au programme du prix qu’elle a proposé pour une machine à tirer la tourbe sous l’eau , prix ui sera distribue au mois de janvier 1809.' ( Note du Rédacteur. )
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- perle parâlîélipipède de tourbe et à le maintenir sur l’instrument quand on le retire de dessous l’eau.
- , i°. Le fer de la bêche du grand louchet a, de même que celui du petit, dix centimètres ( trois pouces ueuf lignes) de largeur; sa longueur est d’environ 33 centimètres ( un pied).
- 2°. L’aileron a la même largeur que le fer du louchet ; mais, au lieu de former avec lui un angle obtus, il en forme un droit.
- 5°. Le fer du.louchet et une partie du manche sont entourés, sur une hauteur d’un mètre ( trois pieds), d’un châssis à jour, composé de frettes horizontales et de bandes verticales , qui circonscrivent un prisme droit à hase carrée ; les frettes , au nombre de trois, forment un carré, qui a pour côté la largeur du fer du louchet, ou dix centimètres. La première de ces frettes coupe la tourbe, et toutes servent, avec les bandes verticales, à soutenir le long parallélipipède que l’on détache.
- A l’aide de cette simple addition, on peut, en enfonçant l’instrument de toute sa hauteur dans la masse de tourbe, enlever trois ou même quatre de ces petits prismes , que l’on nomme vulgairement une tourbeet dont on ne peut détacher qu’un à la fois avec le petit louchet. Le manche ayant six mètres ( dix-huit pieds) de longueu r, non compris le fer, on peut extraire la tourbe à une profondeur d^environ cinq mètres ( quinze pieds ) au des*-spus de l’eau. <
- Explication des figures 2 à 5 de la Flanche 5 r,
- Fig. 2. Vue de fbee du grand louchet, suivant la ligne CD de la fig. 5; l’aileron A est vu de profil. ;
- Fig. 3. Elévation et coupe de Instrument suivant la ligne A B, du côté opposé à l’aileron ; on voit que les frettes carrées c, ç, c sont fixées au manche e, par des clous rivés qui traversent ce dernier; on y remarque aussi que le fer du louchet a forme un angle très ouvert avec le manche qui le porte : cette disposition paraît être utile pour faciliter l’entrée du solide de tourbe dans le prisme creux formé par les frettes et les bandes d, et surtout pour retenir la tourbe lorsqu’on abaisse l’instrument en arrière pour le retirer dft l’eau.
- Fig. 4- Elévation de l’instrument, du côté D de l’aileron; on y remarque la forme trapézoïdale de ce dernier, et la bande verticale en tôle d> placée de ce côté, qui y est rivée, tandis que celle placée le long 4 • i t e opposée, fig. 3, est plus longue et isolée.
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- Fig. 5. Plan de l’instrument tony a figuré la coupe du manche e, les portions de douilles qui l’entourent et les frettes carrées à jour qui forment la carcasse de l’instrument ; ces trois frettes, qui se correspondent verticalement, sont ici représentées par une seule, qui est entaillée dans le manche. > r< ^ > *' -?o h ; i; -.ij
- Cet instrument à main a été imaginé dans le département -de là Somme, il y a douze à quinze ans; mais il n’y est pas encore généralement répandu ; cependant, malgré l’adresse , particulière qu’il exige pour son emploi, il réunit plusieurs avantages marqués : son prix est peu élevé, il peut être mis en usage par un seul homme enfin y il peut, dans beaucoup de cas, donner lieu à économiser les frais d’épuisement. .'.J, h v ... , .... ,
- La Société trouvera peut-être qu’il sera utile de le faire connaître aux concurrens pour le prix relatif à la meilleure machine à tourber sous l’eau, dont elle a remis la distribution au mois de janvier 1809 (1). -
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- ARTS ÉCONOMIQUES.
- Rapport fait par M. de Grave, au nom du, Comité des arts économiques y sur un vase pour la conservation des huiles exécutépar M. Bordier, de Versoix. . 'i ii .c nu,
- Vous avez renvoyé à votre Comité des arts économiques l’examen d’une fontaine ou vase propre à conserver les huiles, présenté par M. Bordier, successeur de M. Argand , et propriétaire de la belle manufacture de Versoix. Cet artiste, bien digne de rintérêt de la Société, croit utile de faire connaître au public une invention de Argand >, em-
- ployée dans sa manufacture depuis dix-huit ans ^ et depuis peu avec un égal succès, dans les hospices de la ville de Besançon^ Peut-être a-t-il pensé combien il serait à désirer que les manufacturiers, dans bien des genres de produits qui exigent du consommateur une certaine attention pour l’usage journalier, observassent Te degré de succès , et , pour ainsi dire, le sort de leurs ouvrages, soit pour remédier' à dès défauts réels qui peuvent les déeréditer, soit dans la vue d’indiquer les soins
- (1) La description de çe grand louchet est jointe au programme du prix pour une machine à tomber sous feau. .
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- que ceux qui à’en servent ne doivent pas négliger. Les lampes , et surtout celles dites XArgand ou quinquets y en sont souvent tm exemple. Beaucoup de personnes , après en avoir, été quelque temps satisfaites , se plaignent qu’elles éclairent moins et attribuent la diminution de lâ lumière à un vice de construction , sans soupçonner que les vases ordinaires qui contiennent l’huile ne la donnent souvent que souillée de dépôt, et rendue impropre à la combustion par 1 oxigène dont elle s est chargée : effet que produit le contact de l’air qui s’introduit dans le vase, en proportion de la quantité d’huile qu’on en retire pour la consommation journalière. • * ! i ’ '
- "L’autre cause d’altération , -ainsi que l’observe M. Bruand, dans l’intéressant rapport qu’il a fait sur ce sujet à la Société d’agriculture de Besançon, provient de ce que les huiles sont exposées à être troublées chaque fois qu’on en a besoin. 1 - ‘
- « En effet, quelque parfaitement épurées et dépouillées qu’elles puissent être, lorsqu’on les met dans les vaisseaux où l’on veut les conserver, il reste toujours, comme dans le vin et la plupart des liquides , une portion de lie insensible qui, à la longue et maintenue dans un état de repos , finit par se précipiter. .
- Mais, pour que ce dépôt sè forme, il ne faut donner aucune agitation, aucune secousse à ces liquides, et c’est cequ’on ne peut éviter avec
- nos vaisseaux actuels. : ; k . v -
- » Ce sont, ou de grandes tonnes en fer-blanc dont on soutire l’huile par îe moyen d’un robinèt placé dans la partie inférieure, ou de petits bocaux portatifs qui la versent par un bec supérieur. Or, quelle que soit la durée du repos qu’o.n fui accorde dans ces sortes çle vases, l’on ne parvient jamais â l’en extraire parfaitement pure et sans occasioner le mélange de la lie avec la liqueur quelle supporte. Si le tirage se fait par la partie d’en haut, on n’obtiçndra'qtie la portion la plus pure, qui, étant la plus légère, occupe les couchés supérieures. »
- Dans les petits vaisseaux, l’agitation , lorsqu’on les incline, Ja trouble; et pour peu q.ue l’air se soit introduit dans le haut, la couche la plus élevée de l’huile aure été la plus susceptible d’être oxidée, r
- Le vase de My Bordierremédie à tous ces iuconvéniens * comme il est hermétiquement fermé , l’huile, sans contact avec l’air ni avec la lumière, ne peut s’oxigéner ; et la manière dont on l’extrait ne causant aucune agitation , les couches supérieures s’écoulant toujours les premières , on obtient, chaque fois qu’on s’en sert, la partie la plus épurée,
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- Il en résulte que les huiles communes deviennent, par ce moyen, très propres pour l’usage des lampes dites éédrgand ou quinquets. Enfin , l’eau qu’on est forcé d’employer dans l’usage de ces vases, exerçant une action dissolvante, dégage l’huile des parties qui nuisaient à sa combustion, et opère ainsi une sorte d’épuration.
- Nous devons ajouter ce que M. Brucrnd observe au commencement de son rapport, c’est l’utilité de cette invention pour la conservation des huiles, considérées comme comestibles ; non seulement pour les huiles d’olive, mais aussi pour celles de noix, dont on use dans plusieurs pays par économie, et qui, devenant rances au bout de peu de temps, sont alors aussi préjudiciables à la santé que désagréables au goût. ‘
- Nous nous permettrons d’observer ici qu’il vaudrait peut-être mieux se servir de la dénomination de vase conservateur que de celle de vase épuratoire, que M. Bruand emploie dans son rapport, afin de ne pas confondre cette invention avec celle des filtres épuratoires des huiles et autres liquides, pour lesquels il a été pris divers brevets d’invention ou d’importation.
- Description.
- Ce vase peut varier dans sa forme comme dans sa grandeur; on le supposera ici cylindrique ; iî doit être hermétiquement fermé par ses deux extrémités.
- Le fond supérieur ac (Pl. Zi, fîg. 6) est disposé de manière à former dans le haut un réservoir supérieur et ouvert ; il rentre dans la tonne, où il est un peu incliné. Sa profondeur pourrait être de dix-neuf à vingt et un centimètres (sept à huit pouces), pour un vaisseau qui aurait un mètre de hauteur.
- Ce fond supérieur est percé en deux endroits ; d’abord, sous la partie la plus élevée i, où l’on ajoute une douille saillante en dehors, qui ne s’élève qu’à fleur du bord de la tonne. Elle se prolonge dans rintérieur du vase, à peu près autant qu’en dehors, jusqu’au point jy pourvue l’huile* qu’on peut introduire successivement, se place, sans se mêler, sous les parties supérieures, prêtes pour l’usage.
- L’autre ouverture c est pratiquée à l’extrémité la plus inclinée de ce bassin supérieur; là est soudé, sans aucune saillie, un tube e, qui, traver-versant la tonne, se termine en un petit renfoncement dt du fond inférieur hd. La profondeur de cet évasement est d’environ trois centimètres (douze à quinze lignes ). ,-y..
- Cinquième année. Juin. 1807. £5
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- Le fond inférieur hd est légèrement incliné, pour s’assurer que l’eau mise en premier remontera par le tuyau e; ce tuyau peut avoir trois centimètres (un pouce) de diamètre.
- Le robinet g, étant monté à vis, peut s’enlever pour vider entièrement et nettoyer le vase. ;
- b est un entonnoir qu’on met à volonté dans la douille , pour introduire l’huile ; il peut se placer dans la partie supérieure c du tuyau e, lorsqu’on adapte un couvercle au vase.
- Lisage.
- On commence par verser de l’eau dans le bassin supérieur, mais seulement ce qu’il en faut pour remplir le tuyau *?, et l’enfoncement d, qui est à son extrémité.
- Ensuite, en se servant de l’entonnoir, on introduit l’huile dans l’intérieur du vase, par la douille if: cette huile surnage sur la petite quantité d’eau quelle rencontre dans le fond de la tonne, et qui alors, en remontant dans le tuyau e, s’élève presque autant que l’huile dans l’intérieur du vase; ce qui peut aider à juger quand il est entièrement rempli.
- Alors on ferme, avec un bouchon de liège, la douille à son extrémité supérieure dent on a retiré l’entonnoir, et Ton remplit le bassin d’eau.
- Cette eau descend par le tuyau e, arrive sous l’huile , la presse, et quand on ouvre le robinet g, il sort autant d’huile qu’on a mis d’eau dans le bassin ne.
- Si au point h du fond inférieur on établissait un nouveau robinet, on pourrait renouveler l’eau dans les temps de chaleur* ou dans les pays où elle est de nature à ne pas se conserver long-temps sans se corrompre.
- Considérant l’utilité de cette invention, tant pour les établissemens publics que pour les usages domestiques, votre Commission vous propose de remercier M. Bordier de la communication qu’il en a donnée à la Société, et d’autoriser l’insertion du présent rapport au Bulletin. Cette publicité pourra provoquer la fabrication de ces vases ou fontaines conservatrices, dans toutes sortes de dimensions, tant en grand, pour l’usage du commerce et des grands établissemens, que dans les formes et dimensions les plus portatives, pour l’usagè particulier. ; o
- Les conclusions de ce rapport ont été adoptées. ......
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- Rapport fait par M. Degrave , au nom du Comité des Arts économiques, surdes poêles-fourneaux de M. Harel (i).
- - * • ...._r.
- L’économie du combustible est un des objets qui, depuis plusieurs années , paraissent avoir fixé l’attention du gouvernement. Il a ordonné, dans la plupart des maisons occupées par l’administration, la reconstruction des foyers de cheminées, sur des principes qui, en diminuant la consommation du bois, préservent de la fumée, et répandent le calorique en plus grande masse, dans les lieux qu’on se propose d’échauffer ; mais, de toutes les expériences qui se sont faites, celles que .vous avez reconnues les plus applicables, sous le rapport de l’économie, à l’usage delà classe la plus nombreuse et la moins fortunée, sont aussi celles qui vous ont paru mériter davantage un examen attentif, une approbation bien motivée , et que vous avez jugées les plus dignes de vos encouragemens.
- De ce nombre est le poêle-fourneau que vous a présenté M. Harel, et sur lequel vous avez désiré un rapport de votre Comité des arts économiques.
- Une des très judicieuses observations de M. Chaptal, dans le discours préliminaire de l’ouvrage si important au progrès des arts qu’il vient de publier, peut s’appliquer à toutes les nouvelles inventions que les artistes offrent aux consommateurs, « Le chimiste, dit-il, » propose, le fabricant juge et décide. » Ici de même, c’est au consommateur à prévoir s’il trouvera son avantage dans un changement de moyens, de procédés et d’habitudes • mais si nous cherchons à éclairer son choix, nous ne pouvons nous dissimuler que c’est surtout à l’expérience qu’il appartient de le convaincre : et cette réflexion doit nous faire applaudir au zèle des personnes que leur situation ne condamne pas à une stricte économie, et qui, eu essayant les nouvelles inventions, dont l’économie est le but, en encouragent la fabrication et en constatent V utilité. -
- C’est ce qui a lieu avec succès pour le poêle-fourneau, dont nous allons vous présenter la description : plusieurs particuliers Font déjà employé, et en ont été très satisfaits ; nous ajouterons, comme un titre de plus à votre confiance, qu’il a été construit d’après le fourneau économique de M. Bouriat, dont l’utilité n’est plus problématique.
- (0 M. Harel demeure pue Saint-Honoré, en face «elle de F Arbre-Sec.
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- Description.
- Le poêle-fourneau est construit en terre cuite ; sa forme est cylindrique , sa capacité arbitraire ; il est cerclé d’une bande de fer placée à sa partie supérieure; il a une porte en tôle, [fixée comme à tous les poêles : on y substitue une fermeture en terre, qu’on enlève à volonté, èt qu’on remplace par la cafetière-porte, inventée par M. Cadet-de-Haux.
- Le tuyau s’adapte dans la partie supérieure opposée à la porte , ou sur l’un des côtés. Le haut du poêle est ouvert en entier ; on ferme cette ouverture d’un couvercle en terre, qui, étant fixé dans des rainures, prévient la sortie de la fumée. On substitue à ce couvercle une capsule en tôle, lorsqu’on veut faire chauffer des fers à repasser, ou établir un bain de sable- A la place de cette capsule, on pose une marmite ayant, vers le milieu de sa surface extérieure, un rebord saillant, qui ferme toute la circonférence de l’ouverture du poêle. Une marmite ordinaire pourra aussi être employée, au moyen d’un cercle en tôle d’une forme conique, que M. Havel se propose d’ajouter au bord de l’ouverture du poêle. Ou place sur la marmite, pour la fermer, un seau de fer-blanc qui contient une assez grande quantité d’eau, bien'échauffée par la vapeur ; et soit qu’on se serve de ce seau, soit qu’on couvre la marmite d’une autre marmite en terre, de même diamètre, mais moins profonde, on peut mettre, dans l’intérieur et au dessus du bouillon en ébullition une boîte en fer-blanc, soutenue par des pattes qui portent sur les bords de la marmite. Cette espèce de casserole contient les viandes ou légumes que l’on veut apprêter ; ils cuisent très bien par l’effet de la vapeur. Enfin , on peut adapter à ce poêle les mêmes appareils qu’au fourneau JBouriat, ou à la plupart de ceux inventés par M. de Paimjord. U s’allumera dans l’état que nous venons de décrire, et aura le même tirage que les poêles ordinaires mais voici ce qui l’assimile aux poêles suédois et aux autres bonnes constructions pyronomiques.
- Dans l’intérieur , à peu près à moitié de sa hauteur, le potier a pratiqué un support circulaire, sur lequel s’établit un couvercle de terre, portant à son centre un anneau de fer, pour qu’avec un crochet on puisse l’enlever et le renplacer à volonté. Le couvercle, fait en forme d’assiette plate et épaisse, a une échancrure dont le diamètre est à peu près le même que celui du tuyau du poêle. La flamme et le calorique frappent d’abord le dessous de ce couvercle, et trouvent une issue
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- par son échancrure; mais, à huit ou neuf décimètres, on place un second couvercle au dessus du premier., et construit de même, quoique d’un plus grand diamètre; la portion échancrée de celui-ci se place opposée à l’ouverture du tuyau et à celle du couvercle inférieur, ce qui établit la circulation du calorique dans l’intérieur du poêle. On conçoit que, si le poêle était plus élevé, il faudrait ajouter des couvercles en proportion de sa hauteur, pour prolonger la circulation du calorique et en conserver le plus possible.
- Il nous reste maintenant à vous faire connaître les prix suivant trois dimensions les plus appropriées aux usages ordinaires.
- Prix des poêles-fourneaux.
- Ce poêle, composé de sa capsule, de la porte en tôle, de ses marmites, dont une formant couvercle, ainsi que des accessoires intérieurs, coûte :
- Petite dimension. .........17 fr.
- Moyenne. . - ..... ; . . . 18
- Grande. .................. . . . . .20
- Accessoires qu'on a le choix d’ajouter.
- Deux casseroles en fer-blanc, dont une avec couvercle.
- Petite dimension pour les deux. ..... 7 fr.
- Moyenne——id....................... 7 5a cent.
- Grande------id. ......... 8
- Un seau bain-marie, en fer-blanc.
- Petite dimension........... 6
- Moyenne. ........................ .. 7
- Grande. . . . ., ........ 8
- La cafetière-porte, applicable aux trois dimensions et contenant deux
- pintes d’eau, se vend 5 francs.
- D’après l’examen que votre Comité a fait de l’invention utile dont je viens de vous soumettre le résultat, elle vous propose d’y donner plus de publicité par l’insertion du présent rapport au Bulletin de la Société, et en même temps de témoigner à M. Harel votre satisfaction, en l’engageant à redoubler de zèle et d’activité pour, par une exécution bien soignée, assurer le succès d’ouvrages qui nous ont paru construits sur une bonne et nouvelle application de moyens déjà connus, mais qui ne sont peut-être pas encore assez en usage.
- Approuvé en séance, le 22 avril 1807. Signé Degrave, rapporteur.
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- ÉCONOMIE RURALE.
- Voyages agronomiques dans la $énatorerie de Dijon, contenant ïexposition du moyen employé depuis un siècle pour corriger l’abus de la désunion des terres, par la manière de tracer les chemins d’exploitation ; avec un plan ; par M. François de Neufchâteau. Paris, chez Madame Huzard, rue de |?Éperon , n» 7. 1 vol. in~4°*
- Extrait.
- I^a subdivision et l’enchevêtrement des terres est un des principaux obstacles qui s’opposent, en France, aux progrès de l’agriculture; il ne peut être surmonté que par la multiplicité des échanges et par la distribution plus régulière du territoire. Ce funeste abus oblige les propriétaires de s’astreindre au système de culture de leurs voisins, et de suivre, par conséquent, une routine qui les force à conserver les jachères.
- C’est aux utiles recherches que M. François de Neufchâteau a faites sur l’agriculture, pendant son séjour à la Sénatorerie de Dijon, que nous devons l’intéressant ouvrage dont nous allons rendre compte. Cet ami zélé de l’agriculture, qui acquiert tous les jours deAiouveaux droits à la reconnaissance de ses concitoyens, a développé avec clarté et sagacité ses idées sur l’abus excessif de la désunion des terres ; les exemples qu’il cite ne tarderont, sans doute, pas à trouver des imitateurs.
- L’auteura divisé son ouvrage en plusieurs paragraphes. Dansle premier, il donne le résumé de ses recherches sur l’origine primitive de l’état de la désunion de nos propriétés rurales.
- Les Gaulois n’avaient point de terres en propre ; chaque année , les magistrats partageaient entre les familles, ou entre les peuplades, l’étendue du terrain où elles se trouvaient; l’année suivante, chacun s’établissait ailleurs. Presque toutes les nations, avant de se fixer, ont été ainsi vagabondes. Chez les Goths et les Bourguignons, les portions de champs étaient données par le hasard. On retrouve encore des traces de cet usage en France. En différenscantons du département delà Meurthe, on distribue, tous les ans, des masses de prairies par variation : leur jouissance alternative, entre tous ceux qui y ont droit, 11’est jamais qu’annuelle pour le même cultivateur* Ainsi, ces prés ne peuvent être ni arrosés, ni amendés,
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- ni améliorés en aucune manière; car personne ne veut risquer des avances dont les fruits seraient pour un autre.
- Cette communauté des terres, généralement répandue dans les Gaules, n;y cessa vraisemblablement qu’au siècle de Tacite. C’est aux Romains que nous devons la première fixation de nos propriétés. Dans la distribution des terres qu’ils firent aux vétérans, ils partagèrent un territoire en carré par des lignes droites : on laissait au milieu les pasquiers, les communs, les terres vagues destinées pour champoyer les bestiaux. Ce fut donc des Romains qu’on apprit à distinguer les bornes des propriétés ; mais leur jurisprudence, favorable à l’agriculture jusqu’à un certain point, ne subsista point après eux : dédaignant de cultiver la terre, ils l'abandonnèrent à des esclaves , et ce fut la perte de leurs champs.
- Nous n’avons aucune notion exacte de ce que devint l’agriculture dans le moyen-âge , c’est à diredepuis l’époque des lois de Charlemagne jusqu’au règne de Henri IV. Du dixième au douzième siècle, l’établissement des communes fut gigantesque, d’autant plus qu’il eut iieu malgré la résistance du clergé.
- L’auteur attribue la trop grande subdivision des terres au régime désastreux des fiefs, que la révolution a détruit chez nous; mais aujourd’hui même nos campagnes gardent encore des restes de désordre et des marques de servitude. En vain le code rural a-t-il appelé le bornage de toutes les propriétés et la variété des cultures alternatives; en vain a-t-il favorisé la clôture des héritages ; en vain nos agronomes les plus distingués nous encouragent-ils, dans leurs écrits lumineux, à secouer le joug de l’ancienne routine, à multiplier les fourrages, à semer les racines, à planter les bois, etc.; l’état des terres morcelées, leur enchevêtrement et leur dispersion , seront toujours un obstacle à l’exécution de leurs vues bienfaisantes. Dans les pays où les coutumes ont consacré, depuis long-temps, les habitudes pastorales et les goûts vagabonds des anciens peuples nomades , tous les champs sont à l’abandon dans certains mornens de l’année, et là, comme on peut croire, les clôtures sont en horreur; dans les pays même où les possessions sont réunies et closes , l’effet inévitable de la loi des successions,, et la confusion des titres de propriété qui sans cesse se perpétue, * augmentent et propagent de plus en plus la subdivision des terres, 'qui' est un des grands fléaux de notre agriculture.
- Dans le paragraphe second , l’auteur parle des moyens proposés ou tentés pour corriger l’abus de la désunion des terres : il cite les écrits de FÉcossais* Pattullo et ceux de l’illustre Duhamel sur cet objet.; il rappelle
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- les mesures prises chez les nations étrangères pour la clôture et la réunion des terres, et principalement les lois danoises intervenues depuis 1758, et les bills de clôture rendus en Angleterre, depuis le temps de Fitzher-bert. Dans ce pays, les échanges sont forcés, et il y a de très grands abus dans la manière dont se font les enclos des terres communes , par des actes particuliers. Pour remédier à cet inconvénient, il avait été question de faire une loi générale; mais on n’a pas donné suite à un si grand projet.
- Le troisième paragraphe traite des inconvéniens de la désunion des terres dans le ressort de la Sénatorerie de Dijon, inconvéniens qui, au reste, ne sont que trop sensibles dans d’autres parties de la France. Les terres y sont disséminées entre la majeure partie des habitans du pays; il est peu de ces habitans qui soient privés absolument d’une propriété foncière. Ces propriétés sont morcelées à un excès qui découpe en petits lambeaux le territoire des communes, et qui offre partout les incidens les plus bizarres. La répartition entre tous les propriétaires est, en effet, si vicieuse, qu’un territoire ( ou ce qu’on nomme finage dans le pays), s’il est de cinq cents hectares en tout, est formé ordinairement de cinq et six mille parcelles, qui appartiennent à cinquante ou soixante partit euliers. Par l’effet des morcellemens et des partages successifs, les champs ont reçu les figures les plus défavorables; leur longueur excède souvent cent fois leur largeur. Il y a des propriétés qui ne contiennent que deux ares; il en est de moindres encore.
- Voici les abus qui résultent de cette distribution mal entendue des terres :
- L’agriculteur intelligent est forcé, malgré lui, à se plier servilement aux usages de ses voisins, plus ou moins routiniers. Les opérations du fermier le plus vigilant sont subordonnées aux lenteurs du fermier paresseux. Tous sont obligés de semer également les mêmes grains dans des terrains divers, de les confier à la terre et d’en tirer les fruits dans le même moment; de condamner en même temps leurs champs à' la stérilité et à l’opprobre des jachères; enfin, d’adopter, au hasard, le genre de culture qui convient le moins à leurs terres, ou de laisser le sol inculte. • -
- Si un cultivateur veut convertir un champ en prairie artificielle, en vigne, en jardin, en verger; s’il veut cultiver des racines, s’il veut planter des arbres, etc. , ces heureuses métamorphoses ne peuvent avoir lieu, parce que son terrain, étant situé au milieu des terres mêlées et ouvertes, ne saurait être préservé des ravages des bestiaux. Les pro»
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- priétaires voisins sont forcés d’y passer pour cultiver leurs terres; le dégât qui serait le résultat de ces passages ne permettrait pas même l’espoir d’une
- récolte. • ;
- Par la manière dont les terres se trouvent confondues, un grand nombre de champs tiennent aboutir à un seul. Le possesseur de celui-ci est obligé d’attendre, pour y répandre les semences, que ‘ses voisins aient terminé leurs travaux agricoles, parce qu’obligés de passer an travers de son héritage, ils fouleraient les productions qui viendraient à peine d’y naître.
- La faculté de clore de pareils héritages ne saurait être un avantage ; leur situation souvent s’y oppose, et d’ailleurs leur figure a un trop grand circuit, ce qui rendrait trop onéreux les frais de leur clôture.
- La forme des champs morcelés et mêlés a un autre inconvénient. Dans le département de la Côte-d’Or, la nature du sol veut qu’on laboure la terre en planches ou haies, peu larges; cette largeur varie de trois à quatre mètres; la longueur est indéfinie. Ces planches sont bombées ou relevées dans le milieu, pour que les eaux s’écoulent ; les bords des deux longueurs de chaque planche sont dépourvus de bonne terre , souvent endommagés par les eaux, et d’un mince produit. Le laboureur évite cette perte en bombant moins la crête des planches mitoyennes , à l’exception, néanmoins, des bandes des extrémités, où il a très grand soin de re’ever beaucoup de terre. Chaque voisin en fait de même; chacun se défend de son mieux, crainte d’anticipation : par ce moyen, les confins sur la longueur des héritages sont annuellement privés de terre végétale, grattés jusqu’au tuf souterrain, noyés pendant l’hiver, et perdus pour ragriculture. Chaque voisin perd environ le quart de sa dernière hâte, fl résulte de ce calcul que celui qui a vingt champs ou vingt pièces de terre, chacune d’une hâte (trois ou quatre mètres de large), perd deux quarts de chaque sillon, on la moitié de tout son champ; tandis que le cultivateur qui a une même quantité de terre, en une seule pièce de vingt hâtes de large, ne perd'qu’un quart de la première, autant dans la dernière, c’est à dire une demi-hâte, ou le quarantième du tout. ' ;i jc *
- L’impossibilité d’adopter, dans les champs ouverts, un assolement raisonné n’a pas permis de suivre, dans les départemens du ressort de Dijon, la -méthode qui leur était comme indiquée par la nature. Dans beaucoup de parties, les terres sont propres au chanvre, et pourraient alterner continuellement entre le froment et le chanvre, plante qui nettoie la terre et la rend propre au blé. .\ >
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- L’auteur ne parle ici des ineonvéniens de la subdivision que pour les terres labourables. La compascuité des prés est plus funeste encore ; le cours des eaux n’est réglé presque nulle part; aucun fossé, aucun canal, aucun nivellement : nul concert entre les communes ni entre les particu^ 1 iei’Sr pour nettoyer lés prés ou assainir les terres; nulle police régulière pour les retenues d’eau et les déversoirs des moulins. Enfin, quant aux plantations dont ce pays a plus besoin qu’aucun autre, parce que ses forets ont été bien moins ménagées , et que la culture de la vigne consomme, chaque année, une grande quantité de bois pour échalas, futailles, etc., elles sont malheureusement impraticables, dans l’état de subdivision et de morcellement des terres.
- Dans le quatrième paragraphe, M. François de Neuchâfteau expose comment on a remédié à cet abus , dans l’arpentage du territoire de Rouvres, à un myriamètre de Dijon, sous le règne de Louis XIV. Le territoire de cette commune a plus de quatre mille arpens ou journaux , qui appartenaient à trois cents propriétaires, et étaient divisés en un nombre infini de pièces; ils ont été distribués sur un plan régulier, en quatre à cinq cents pièces, par un procès-verbal d’arpentage, commencé en 1704 et terminé en 1707.
- Ce territoire était grevé, suivant l’usage féodal, de plusieurs redevances qui écrasaient l’agriculture, dont là principale, appelée les matroçes, était une aumône en nature, d’autant plus accablante, qu’elle était solidaire entre les redevables. Cette espèce de dîme, qui ne dispensait pas de la dîme ordinaire, donnait lieu, tous les ans, à des vexations et à des procès sans nombre.
- Le i5 juin 1697, tous ^es propriétaires du finage de Rouvres s’assemblèrent et s’entendirent pour présenter une requête . au Conseil du Roi, afin de faire cesser les persécutions et les difficultés auxquelles ils étaient en proie, et qui avaient fait déserter le village de Rouvres : ils demandèrent qu’on convertît la redevance, partie en fonds de terres, qui seraient donnés en paiement de ces fiefs et aumônes, partie en une double dîme, pour le paiement du reste desdits fiefs et aumônes; que les prêtres et religieux auxquels ces mêmes droits étaient alors réputés dus seraient tenus de recevoir des fonds qui leur seraient donnés par les propriétaires, et pris sur tous leurs héritages, par estimation d’experts , pour composer un revenu proportionné au total des grains que percevaient lendits décimatéurs; que ces fonds seraient cantonnés en une seule pièce; que tous les autres héritages ne seraient plus sujets qu’à une double, dîme de treize gerbes l’une. _ :
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- Les propriétaires de Rouvres saisirent cette occasion de délibérer en commun sur d’autres points, qui concernaient la mise en meilleur ordre des terres de cette commune, soit pour l’écoulement des eaux qui en gâtaient une partie , soit pour forcer les négligens à exploiter les terres qui demeuraient souvent incultes, soit pour faire construire la grange destinée à recevoir la dîme. ; *
- Louis XIV supprima et abolit à perpétuité la redevance des ma-troces, par l’arrêt du Conseil du 4 octobre 1701. S. M. ordonna que, du consentement des propriétaires de Rouvres, les prieur, curé et abbesse qui avaient droit à ces matroees accepteraient la quantité de fonds, qui serait jugée nécessaire, pour leur servir d’équivalent aux grains qu’ils prenaient, tous les ans, sur les susdites redevances ; que ces fonds leur seraient donnés en propriété, dans les lieux jugés être à leur convenance, et en pièces qui seraient estimées, arpentées et bornées aux dépens des propriétaires, lesquels doivent être tenus, lors de la remise des fonds, de faire creuser les canaux et fossés nécessaires pour en faire couler les eaux , à la charge de les entretenir à l’avenir de la part des parties prenantes. Pour parvenir au rétablissement et au bon ordre du finage de Rouvres, l’arrêt ordonna que le vœu des propriétaires, pour la confection des canaux et levées, serait exécuté. En conséquence, Antoine Feugeray, arpenteur à Is-sur-Tilie , près Dijon, fut chargé de lever un plan très exact du territoire de Rouvres, dans l’état où il se trouvait. Ensuite, sur le vu de ce plan, l’intendant de la province ordonna que cet arpenteur procéderait au placement des terres.
- Cette opération commença le 19 décembre 1704. Toutes les contrées du finage furent distribuées en diverses parallèles ou régions particulières , de forme quadrilatérale, et divisées entre elles par des chemins que l’arpenteur appelle chemins finagers, pour la facilité de l’exploitation. Son procès-verbal et son plan existent encore aujourd’hui ; M. François de Neuf château l’a fait graver avec soin : nous avons cru devoir le joindre au présent extrait, pour donner une idée de l’ordre admirable qui règne dans la distribution régulière des terres de Rouvres. Ce plan est digne de servir de modèle à toutes les entreprises de ce genre.
- Dans le cinquième paragraphe, l’auteur entre dans quelques détails sur les résultats de cet arpentage, qui subsistent au bout d’un siècle, et présentent encore dans le meilleur état la communë de Rouvres, ses propriétés arrondies, ses cours d’eau redressés, et surtout la perfection
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- du système de ses chemins, admirablement combinés pour l’exploitation des terres.
- Il examine d’abord Vassiette du bourg de Rouvres, qui consiste en maisons, jardins, rues, cours d’eau, rivières, places, communes, et pasquiers, le tout de la contenance de cent quarante-sept journaux ; les rues sont assez larges et les maisons accompagnées de cours, vergers et chenevières. L’auteur regarde celte réunion des habitations , dans un même bourg ou viliage, comme infiniment préférable à leur dispersion au milieu des campagnes ; c’est ce qui distingue la réunion des terrains exécutée à Rouvres, des-clotures conformes aux usages anglais, où tout un territoire est partagé en grandes fermes, avec la maison du fermier au centre des terres, et à une grande distance de celles des, autres fermiers.
- Ou a vu que le grand objet de l’an et .du Conseil était de convertir la: redevance des matroces en fonds de terre, qui seraient prélevés sur le territoire avant de les distribuer à tous les ayant-droit. Cette aumône si. onéreuse, qui avait d’abord été de mille setiers, pour le territoire, fut réduite à deux cents.
- A cette occasion, l’auteur émet le vœu que les habitans des campagnes, en procédant à la réunion des terres, prélèvent, sur les fonds de tous les propriétaires, un terrain quelconque, qui serait consacré à l’entretien du curé : de cette manière, on lui assurerait un sort indépendant , et on le mettrait à portée de donner des instructions utiles à l’agriculture.
- . M. François de JSeufchâteau conseille d’employer un semblable prélèvement sur les fonds territoriaux, pour doter convenablement les-écoles primaires : on pourrait les asseoir sur les fonds des communes, sans grever les particuliers , et ce serait le moyen d’assurer des portions très, importantes du service public.
- Les cours.d’eau et levées, pour assainir le territoire de Rouvres, emportèrent quinze journaux.
- Aucun pays n’est mieux, disposé, par la nature, pour profiter des. eaux , que la Sénatorerie de Dijon. De cette partie de la France découlent, en nombre infini, des, sources, des ruisseaux, des rivières, dès-fleuves; mais ces trésors intarissables de végétation et de fécondité n’ont point été économisés. La capitale du pays, Dijon , a perdu la rivière qui passait sous ses murs, et cette ville n’a pas même de fontaines publiques. :
- A quelques myriamètres de la , sont dés, prairies fangeuses et des;
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- marais où l’eau croupit. On sait qu’il est aisé de remédier à ces maux. Tout le terrain trop sec pourrait être arrosé, tout le terrain bourbeux pourrait être assaini. L’opération faite à cet égard à Rouvres est très louable; mais les eaux, qui en sont l’objet, vont gâter d’autres territoires. Il aurait fallu travailler sur un plan général ; combiner les besoins des diverses communes, la hauteur des divers moulins, la situation des prairies. . î .
- Quant aux dessèchemens, il faudrait en étudier les principes et les effets dans le département du Nord, qui peut servir de modèle à tous les autres départemens de l’empire. Il faudrait imiter la manière dont l’industrie flamande a conquis sur les eaux ce théâtre favorisé de la plus riche agriculture; il faut la transporter dans toute situation qui demande les mêmes soins et promet le même succès : la Sénatorerie de Dijon en présente beaucoup. ,
- Les cheminsy tant chemins publics que ceux que l'arpenteur appelle Jînagers,. et qui furent marqués pour la commodité de l’exploi tation , le charroi des fumiers et renlèvement des récoltes ; ces chemins, auxquels il donna un peu plus de six mètres de largeur, prirent, sur la totalité des fonds du territoire, soixante-douze journaux, c’est à dire à peu près le einquanîe-huitième. Cette, proportion doit sembler très modique, non seulement en la calculant par l’avantage immense qui résulte du; percement et des commodités que ces chemins procurent dans les terrains à exploiter, mais en la comparant aux sacrifices bien plus grands que font pour cet objet les Anglais, par exemple, dans leurs bills de clôture. Ces chemins sont le chef-d’œuvre de l’opération qui fut exécutée à Rouvres. Tous les terrains compris dans chaque parallèle sont tellement distribués entre ces chemins finagers, que leur direction a fixé pour jamais à Rouvres Le libre abord des héritages, le sens de leurs, cultures,, bjuspente de leurs eaux et l’affranchissement de toute servitude. En jetant les yeux sur le plan que nions avons joint au présent extrait, on voit que tous les champs et tous les prés quelconques aboutissent, des deux côtés, sur un chemin public; qu’il est extrêmement facile à ceux qui ont des terres dans une seule parallèle de s’entendre entre eux pour la clore; qu’en ce cas la dépense de la clôture; est peu de- chose; que, d’ailleurs, ces; allées pourraient être plantées d’arbres fruitiers champêtres , etc. Cet( arrangement,, qui subsiste dans, le;territoire de Rouvres, en a fait à la longue comme une espèce de jardin. Chacun peut cultiver son champ comme il l’enteqd ;, nul ne peut
- gêner ses voisins.ni en.êteet gêué* ; ^ a>'ic; - ; ; ru.., ; ,
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- Les opérations qui ont été exécutées à l’instar de celles de Rouvres font la matière du sixième paragraphe.
- L’auteur rappelle d’abord ce qui s’est fait à Neuville et à Roville, par les soins de M.'de la Galaizière, intendant de la province de Lorraine, qui sollicita et obtint, en 1771, des lettres-patentes du roi, en vertu desquelles il fit procéder à la réunion des terres dans ces communes. Toutes les parties de son plan , toutes les clauses de la loi qui l’adopte et le confirme, ont été calculées avec beaucoup de prévoyance. .
- L’arpentage de Rouvres a trouvé des imitateurs dans les environs de Dijon, même sans l’intervention des lois ni du gouvernement.
- En 1774» M. Berbis de Longecour, seigneur des Tarts et de Mar-lien, à un myriamètre et demi de Dijon, rassembla les propriétaires de ces deux seigneuries, leur représenta le dommage qui résultait pour eux des bouleversemens perpétuels de culture , causés par le mélange et le morcellement des terres» il leur fit sentir la nécessité de donner à ces territoires confus une autre disposition ; il leur fit remarquer que le peu de terrains enclos, situés auprès des villages, produisaient au moins quatre fois plus que les champs ouverts ; que le produit des terres closes résultait de la faculté que chaque possesseur avait de les cultiver à son gré ; qu’en procurant à tous la même faculté, tous auraient le même avantage. Il fallait, pour y parvenir, réunir les pièces éparses qui formaient le domaine de chacun des particuliers, et les disposer de mar nière que toutes les propriétés aboutissent chacune à des chemins publics, afin que l’exploitant ne fût jamais obligé de passer sur les terres de ses voisins. On communiqua ces idées à l’arpenteur JSoirot, qui, par une suite d’échanges, parvint à réformer la distribution de ces deux territoires. Les chemins furent pris sur les fonds communs, les cours d’eau furent redressés et les deux territoires, surtout les prairies , en ont acquis plus de valeur. - - ; ' • >n
- M. de Clialenay-Lanty avait eu l’idée , en 1788, de faire exécuter un travail du même genre à Essarois, près Châtillon-sur-Seine. Il commença par faire lever un plan du territoire, dans l’état de confur sion où il était alors. Les inégalités de ce plan rendirent très palpables, aux yeux des habitans du lieu, et l’inconvénient des petits champs épars , et les grands avantages qui pourraient résulter de leur Réunion. Les échanges se firent. M. de Chatenay-Lanty possédait, à lui seul, quatre cent cinquante-cinq pièces, dont les échanges réciproques Réduisirent le nombre à cent quarante-six. Il e» fut de même des autres.
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- L’effet du changement a été remarquable, d’autant plus que le sol est montueux et inégal. On a fertilisé les biens qui n’offraient presque que des rochers; des murs ont été élevés , et forment de vastes enclos. Les prairies artificielles et les plantations , qui jadis n’étaient pas possibles, couvrent aujourd’hui des terrains dont le produit fut longtemps nul. Les usurpations sur les propriétés ont été ainsi prévenues les procès qu’occasionait l’incertitude des limites ont cessé, et les fermiers sont plus tranquilles (i). % - ' ^ ^
- L’auteur pense que, si l’arpentage de Rouvres était exécuté dans les communes qui composent les trois départemens du ressort de la Sénatorerie de Dijon, le revenu total des terres pourrait, au moins, en être doublé : il en serait de même ailleurs ; plus l’opération deviendrait générale et plus elle serait utile. Les chemins et les eaux de chaque territoire ont des points de contact et des rapports avec les chemins et les eaux des communes environnantes. Le bassin.entier de la Saône, travaillé dans ce sens, sur un plan proportionné à sa grande étendue, acquerrait promptement une valeur incalculable. î J :
- Dans le septième paragraphe , l’auteur examine les avantages qui résulteraient de la réunion au profit du cadastre, des parcellaires, et surtout des chemins, dans le genre de l’arpentage exécuté à Rouvres de 1701 à 1707. ’ '* 'ï ,'i
- Le cadastre n’est jusqu’à présent , en France, que ce qu’il fut chez les Romains : le registre de l’impôt et le terrier du fisc. L’Italie, qui a des cadastres‘plus réguliers et plus complets qu’aucun autre pays, n’a fait que copier les 'dénombre mens des Romains. ; !
- On avait bien tenté en France plusieurs mesures partielles, pour déterminer la surface et la valeur des terres; mais il n’y avait nul ensemble dans les divers moyens qu’on avait pris pour cet effet./ ’ . -
- L’ordonnance des eaux et forêts de 166g avait déjà pourvu à l’arpentage des forêts; c’était un premier pas de fait, et un modèle à suivre pour connaître là consistance et fixer les limites de toutes les possessions. Mais les privilèges des fiefs , la multitude des justices, la bigarfure des mesures étaient autant d’obstacles qui ne permettaient pas au gouvernemerît dy songer."': * y • . H*--1 p; ,
- ' Les belles cartes de Cassinï auraient pu devenir la basé d’un terrier
- . (1) La Sopiété d’agriculture du département de la Seine a récompensé les travaux de M. de Chatenay-Lanty par une médaille, qu’elle lui décerna dans sa séance publique du 26 brumaire an XIV (27 novembre i8o5). ' ;r
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- général; mais lorsque l’on conçut l’idée de leur donner ce genre d’utilité de plus, il n’ëtait plus temps : ceux qui avaient été chargés du travail de ces cartes né rédigèrent point le procès-verbal ou journal des grandes opérations que le gouvernement fit faire. V
- Par une déclaration de 1763, Louis XV promit à la France un cadastre; mais on calcula qu’il coûterait cent millions, et qu’il durerait cinquante ans; d’ailleurs la diversité des mesures des terres semblait former alors un obstacle invincible. .
- La Convention nationale ordonna, en 1795 , qu’il serait fait un cadastre général de toutes les terres et biens-fonds de la république. C’est au régénérateur de la France que nous devons l’exécution de ce vaste projet. Nous jouissons de ses promesses, et celle du cadastre se réalise dans plusieurs communes de l’empire, en vertu des arretés du gouvernement des 12 brumaire an XI et 27 vendémiaire an XII.
- L’auteur avait eu l’idée de joindre au plan de l’arpentage de Rouvres celui de la commune de Massingy-lès-Semur, levé par M. Berthaux-Durand, géomètre en chef du département de la Côte-d’Or, avec beaucoup de netteté et de précision , dans les principes du cadastre : ce plan aurait présenté l’opération du cadastre , et en même temps l’état de désunion et de morcellement des terres , dans presque toutes les communes du ressort de Dijon ; mais l’auteur renonça à ce projet, parce que les plans du cadastre ne sont pas faits sur une échelle suffisante pour rendre sensible à tous les yeux ce qu’il désirait faire comprendre.
- Voici les moyens que l’auteur propose pour rendre l’opération du cadastre doublement utile, en la faisant servir à corriger l’abus de la désunion des terres.
- Pour que les agriculteurs puissent chercher les moyens de remédier à cet abus, il faut qu’ils aient sous les yeux un plan du territoire, qui présente les héritages dans leur état de bigarrures, de hachures et de mélanges,
- M. de Chalenay fit lever à ses frais le plan du territoire d’Essarois : chaque particulier y trouvait les figures exactes des pièces qui lui apparr tenaient , et de celles qui étaient à sa convenance $ il en connaissait l’étendue superficielle, et il savait à quels propriétaires il devait s’adresser pour proposer des échanges, .comme réciproquement ceux-ci pouvaient voir à l’instant ce qui leur convenait pour former leurs arrangemens, Si l’on eût attendu que les habitans d’Essarois consentissent unanimement à subvenir en commun aux frais de la levée de ce plan, elle n’aurait jamais eu lieu. ’ .
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- ^ M. François de Neuf château propose, pour parvenir à une réforme générale, que les plans primitifs qui sont reconnus nécessaires soient faits par les ordres du gouvernement ; que les actes relatifs aux échanges soient affranchis de tous droits de timbre et d’enregistrement, et que le placement et la démarcation des pièces échangées se fassent aux frais de l’État. '
- Lors de la répartition de la contribution foncière, il faudrait que l’on fît abstraction de la valeur dont les fonds d’un particulier seraient augmentés par les échanges qu’il aurait faits, et par l’amélioration de culture qui en est la suite. Des encouragemens devraient être donnés aux commissaires qui feraient le plus grand nombre d’éehanges. On pourrait autoriser les maris à échanger dans les domaines de leurs femmes, les tuteurs dans ceux de leurs pupilles, après l’estimation des divers objets, ou après quelques autres formalités déterminées, dont lès frais seraient toujours considérés comme une avance et un encouragement à la charge de l’autorité.
- Ce qui a rapport aux chemins est incontestablement du ressort du gouvernement, et ce qui s’est fait à Rouvres à cet égard pourrait s’exécuter partout. On a reconnu qu’en retranchant une petite portion de chacun de ces champs longs et étroits qu’on voit dans un grand nombre de territoires, il serait très facile de pratiquer un chemin à chaque extrémité, qui se trouverait pris sur tous les propriétaires, en proportion de l’étendue de leur terrain.
- A l’égard des frais que les travaux relatifs à cette réforme occasione-raient, l’auteur pense qu’ils ne seraient pas excessifs ; car ceux du cadastre , tel qu’il s’exécute actuellement, ne seraient que doublés, pour parvenir à l’entière description des propriétés particulières. -
- Les bois, l’intérieur et le pourpris des villages, les grandes fermes, les routes, les chemins, les ruisseaux, les rivières, les pâtures, les bruyères, etc., se lèveraient de même qu’il se pratique maintenant, et sans que les frais fussent augmentés. '
- Si les plans qu’on lève pour le cadastre étaient construits sur une échelle double de celle dont on se sert, ils présenteraient une surface quadruple, sur laquelle on appliquerait ensuite aisément tous les détails des propriétés particulières ; ce qui ne peut se faire avec la même exactitude dans les plans levés sur une trop petite dimension,
- , Ainsi, la réforme que propose M. François de Neuf château serait très avantageuse, surtout à la classe d’habitans la plus nombreuse, à celle qui ne possède que de petites propriétés foncières, et qui habite Cinquième année. Juin 1807. 45 '
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- les campagnes* La confection du cadastre est une occasion très favorable, puisque les plans des territoires, dressés par le gouvernement, n’auraient besoin que d’être levés sur une échelle double, dans la vue deP servir aux distributions des terres, ou plutôt au simple tracé des chemins d’exploitation , dirigés dans le sens de ceux qui existent à Rouvres.
- Dans le huitième et dernier paragraphe, l’auteur jette un coup-d’œil sur les moyens et la nécessité d’étendre le bienfait de- l’arpentage de Rouvres à toutes les communes qui en sont susceptibles.
- Le principal obstacle qui détourne les cultivateurs d’arrondir leurs propriétés est le paiement des droits excessifs pour l’enregistrement des échanges nombreux qu’exige la nouvelle division du territoire. Il ne s’agit pas ici d’échanges à conclure de citoyen à citoyen, ni de ces conventions privées sur lesquelles doivent s’asseoir les taxes de l'enregistrement ; il est question d’un grand acte d’administration et de police générale, par lequel on remet dans la masse commune tous les fonds, tous les héritages d’un territoire ou de plusieurs, pour être procédé d’abord au prélèvement qu’on doit faire, sur la totalité des fonds , des chemins nécessaires pour que les héritages aboutissent dorénavant sur deux routes publiques ; pour faire orienter de nouveau tous les champs, pour diriger les eaux de manière qu’elles arrosent les terres arides, et qu’elles cessent, au contraire, d’être stagnantes et funestes dans les parties marécageuses ; pour introduire enfin, dans l’état des propriétés, une amélioration qui n’a jamais été prévue par la loi de l’enregistrement, et ne peut y être soumise.
- Cette, opération peut enrichir la France, si elle devient générale; mais, pour la rendre plus utile et la régulariser, l’auteur pense qu’il conviendrait de donner au Ministre de l’Intérieur le titre de Gi'and-Voyer, attribut, principal qui le caractérise. Il entre, à cet égard, dans quelques détails, et il termine son ouvrage par la proposition de quelques moyens propres à prévenir la disette du bois dont nous sommes menacés, en faisant des. plantations et des pépinières dans chaque commune. , - • ;
- L’ouvrage de M. François de Neuf château est accompagné d’un grand nombre de pièces relatives à l’objet qu’il a traité : on y trouve i° un extrait de X Essai sur iamélioration des pertes p , par \tPat-tullo ; 2° un extrait des Réflexions économiques et politiques, sur
- l’agriculture du Valage. ;, 3° ; les travaux , des ? Académies i de . Metz et de Besançon , relatifs à; la réunion des terres ; 4° U11 extrait du Recueil des mémoires concernant Véconomie vurcüoi> publiés \ p#r la\
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- Société de Berne ; 5° les lois , et .pratiques cl^ l’Écosse, relativement à la division des communes; 6° une notice sur la réunion des terres en Suède; 70 -.des.-- notices,^-gjénérales.^st^R l’agriculture en Danemarck, et principalement sur la nature.rdes? propriétés territoriales; par M. Bourgoing ; 8° ; les mesures prises par le roi de Prusse pour l’arrangement des terres; 90 des détails relatifs aux bills de clôture en; Angleterre ; io° uq m empire, po y r ameqer, sans secousse et graduellement ; la siippr^ssipn de ; ‘1^ vaine pâture et même des jachères par Delpierre,. tribun ; 11» une lettre circulaire du Ministre de l’Intérieur, M. François de Neufchâteau , . en date du 9 frimaire} aq VII , sur l’abus du renversement des terres labourées et ensemencées ; 120 . des, lettres circulaires du Ministre
- de î rintérieur sur les [plantations, , et, réponse d’un cultivateur à ces • lettres,;* i3° rquestion sur cet objet;^,,les .maisons des fermes doivent-elles être dispersées dans la;campagne ou réunies dans des villages ? i4°è arrêté de l’administration centrale;;du département ,des Vosges, pour parvenir à la fondation de trois nouveaux villages ; i5° du remplacement de là dîme dans la Grande-Bretagne ; 16° un extrait des1 . nouveaux essais d’agriculture en : Bourgogne ; 17° des lettres-
- patentes de Louisf XV > en date du 7 mai-J771, relative à la réunion des terres; 180 instructions pour le renouvellement, ;(Jes patas les, traduites de l’italien de Joseph-Antoine Alberiiy ig° instruction sur la levée des plans du territoire des communes de la'république, approuvée par ' le Ministre des finances, le 1 ô veutpse An >XI 5 éet carrés des plans; 20° un extrait de la correspondance de l’auteur, contenant sept lettres sur les objections contre le cadastre , sur les obstacles à îa réunion des terres, Sur l’abus de la vaine pâture; et un dernier exemple de la distribution nouvelle d’un territoire, à’JNonsard, département de la Meuse. A*.>• * a..a ' . v
- En rendant compte de Voyages agronomiques dans la Sénatorerie de Dijon, nous n’avons pu qu’applaudir, avec tous les amis du bien public, aux vues utiles que cet ouvrage renferme. L’auteur n’est pas resté sans récompense; son travail a déjà fructifié; le gouvernement, convaincu des avantages qui peuvent résulter de la distribution plus régulière des terrains des communes* vient d’accéder au vœu des habilans d’Ai*
- seray, près Dijon, en autorisant un nouveau partage de leurs-.-terres., sans autres frais que celui du droit fixe d’un franc pour l’acte jqui jsrera dressé en conséquence de ce nouvel arrangement;*~ * ---------
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- * Explication de la planche XXXII,
- Le territoire entier, ou' finage de Rouvres, distribué comme on le voit dans la planche encontre, a été relevé sur une copie authentique du plan original qui a été communiqué à M. François de Neuf château. ’ ;
- IL faut considérer surtout, dans le plan de cet arpentage, la régularité des chemins d’exploitation, disposés de manière à rendre tous les champs accessibles par les deux bouts, et tous les héritages se joignant sur des lignes droites.
- S’il y a quelques pièces de figure bizarre, et qui ne se raccordent pas à l’intention générale du tracé des chemins, il finit savoir que ces terrains appartenaient pour lors à des religieux, dépendans d’un chef étranger, qui ne voulurent pas faire céder leurs privilèges à l’intérêt public. Le reste de ce territoire existe, à peu de chose près, tel que l’arpenteur Feugeray l’avait tracé et divisé. Telle est l’utilité de cette distribution, qu’elle prévient, en quelque sorte, l’idée de morceler les terres. Des mutations , des partages ont eu lieu dans le laps d’un siècle ; mais les masses subsistent dans les chemins qui les encadrent ; l’esprit du plan s’est conservé, sans loi coercitive, par son avantage évident; et il s’est opéré plus de réunions d’articles contigus que de morcellemens nouveaux. n '
- Suite de Y extrait du mémoire de M. Bonneau sur la culture des prairies artificielles (1).
- La Société d’agriculture du départemert de l’Indre a donné à l’établissement rural de M. Bonneau le titre* de Ferme expérimentale ; elle y a attaché un secrétaire qui est chargé de la tenue des registres et de la correspondance. Les résultats qu’on aura obtenus seront publiés.
- Le tableau suivant est basé sur des observations faites en i8o5?et 1806; on en fera un pareil en 1807. On sent qu’une foule de circonstances peuvent les modifier ; mais on est toujours à portée de les constater sur les champs mêmes qui ont servi aux observations. Lés plantes ont été appréciées au moment où il a paru le plus avantageux de les employer.
- (1) Yoyez le n® XXXIV, p. 276.
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- . APERÇU
- a .
- Des moyens alimentaires fournis } chaque mois, par diverses plantes à deux troupeaux , l’un de cinq vaches, Vautre de cent bêtes a laine du pays > croisées avec des béliers mérinos.
- Ces moyens sont gradués sur le nombre de jours auquel fournit le produit d’uiv
- hectare.
- ESPECES
- DE PLANTES,
- Pâturée sur place par les
- troupeaux en mars , > « » 8 i o 15
- Luzerne. .. 8 jours, ci..........
- Donnée en yei't à l’étable » » » i5 20 18
- \ — en sec.......... 3o 20
- ( Pâturé.......:........ 2 4 4 8 8 8
- Sainfoin. .. \ Donné vert à l’étable... » » 5 10 16 10
- \ — sec...........
- ! Pâturé sur place en janvier, 3 jours, ci.......
- Donné vert à l’étable... » » 8 i5
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- (Sec...................... 6 i5
- Vesce sèche , à l’étable............. i5 6
- Betteraves champêtres.............
- Pommes de terre.... ................ 8 8 » » » 2 4 » )> » 8 8
- Topinambours.......................... 8 18
- Choux-vaches. ...................... 5 5 9 12 12 5 5 2 8110 5 4
- Rutabaga (navets de Suède).......... 4} 4 i5 25
- Chicorée sauvage ; ne réussit pas dans les mauvaises terres de l’auteur, et dans les bonnes la luzerne est préférable.
- Le bromus produit moins que le fromental semé dans la même saison : ces deux dernières plantes sont celles qui ont donné les produits les moins avantageux. La luzerne, donnant soixante-huit joui s , est le fourrage le plus abondant. La pimpreneïle et le fromental sont les plus précoces.
- TOTAL.
- 51
- 68 5o
- 52 4i
- 35
- *7 4i 3o 46 58
- 27 34 25 25
- 27
- 21 21
- 36
- 52, dont 36 en racines et 16 en feuilles. 38, dont 6 en fanes. 48 , dont 6 en fanes. 82
- 54, dont 4o en fanes.
- 169
- 128
- 118
- i3i
- 69
- M. Bonneau assure que , s’il avait une étendue de vingt-quatre hectares de terrain pour nourrir cent bêtes à laine et cinq vaches, et que
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-
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- dans ce nombre il y en eût huit de très maigres, dix de médiocres en deux classes et six de très bonnes , il cultiverait les huit très maigres dans les proportions suivantes : en sainfoin, quatre hectares; en fro-mental, deux; en pimprenelle, deux. Les dix hectares de terres médiocres seraient cultivés ainsi qu’il suit : en sainfoin, quatre i en fro-mental, deux; en trèfle, un; en pimprenelle, un; en luzerne, un; en topinambours, un. Les six hectarés de bonnes terres seraient cultivés, savoir : en luzerne, trois; en pommes de terre, un demi ; en betteraves champêtres, un; en choux-vaches, un; en navets, un demi.
- Au moyen de cette distribution, on peut, chaque jour de Tannée, avoir une nourriture fraîche à donner à l’étable, un pâturage dans toutes les saisons, et une abondance de fourrage sec dont l’excédant peut toujours être employé d’une manière avantageuse.
- Quand les prairies artificielles seront bien établies, ajoute l’auteur, on pourra donner une abondante nourriture aux bestiaux à l’étable ; alors ils seront dispensés du triste pâturage qu’ils cherchent dans' les bois et les bruyères. '
- L’expérience prouve que cette amélioration augmentera successivement la santé, la beauté, le produit des bestiaux que l’engrais sera plus abondant, la culture des grains plus favorable, et que les bruyères seront mises en culture productive.
- M. Bonneau a eu pour objet, plutôt de rendre à sa terre ses principes de fécondité, que d’en tirer un grand revenu : ce qu’il y avait de plus urgent était de bien nourrir ses bestiaux à l’étable ; ce but est atteint, les légumes en sont le complément. Rendre les pâturages plus abondans, afin que, le nombre des bestiaux restant le même , les espèces pussent être progressivement améliorées ; ce problème est résolu par la conver*? sion des jachères en pâturages, .........
- Il était nécessaire de rendre plus spongieuses et plus douces celles de ses terres qui étaient aplaties et condensées par la pluie, et ensuite durcies par le soleil; il l’était également de fixer dans ses terres arides Thumi^ dité das eaux pluviales et d’attirer celle des couches inférieures.
- Les pluies qui dégradaient la terre de ses collines sont maintenant absorbées par des prés artificiels, au point que des ravins où l’eau coulait pendant plusieurs mois la conservent à peine pendant quelques jours. Cette eau s’échappait chargée de parties terreuses ; aujourd’hui elle est absorbée dans la sein de la terre , et les molécules d’humus se Axent au follet des plantes à fourrages, qu’elles engraissent. ^ u .
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- I
- ( 355 )
- Il fallait surtout détruire l’opinion vulgaire dans le pays, que la culture des prairies artificielles diminuerait les récoltes de grains. Les récoltes de l’auteur acquièrent une supériorité tellement marquée, qu’il cueille plus, en semant un tiers de moins en étendue. Les revenus sont considérablement augmentés; on peut s’en convaincre par ses bestiaux, . ses blés et ses cent vingt-huit hectares de prairies artificielles, établis dans une terre où il n’y en avait pas un seul.
- M. Bonneau assure qtie, si la culture des prairies artificielles était généralement pratiquée dans son département, le revenu net des propriétés augmenterait, en six ans, au moins de 2 millions, etlavaleur-foncière de plus de 2 5 millions. •
- Il termine son mémoire en exprimant le vœu qu’on formât, au centre de la France, et dans le département qu’il habite, un apanage de plus de 5o,ooo hectares pour un prince, ami zélé de l’agriculture; que chaque domaine de cette terre fût, dans son genre, un modèle d’économie rurale , comme Rambouillet l’a été pour la prospérité des mérinos.
- Liste des Membres de la Société admis depuis le icr juillet 1807.
- MM.
- Albert ( Charles ) , constructeur et entrepreneur de filatures de coton , rue du Faubourg-Saint-Denis, n. 67. '
- Aüzelli ( Alexis) , propriétaire, fabricant de savon à Marseille.
- Bagotr propriétaire-cultivateur, rédacteur des Annales d’agriculture, rue du Faubourg-Montmartre, n. 67.
- JBarbançois , propriétaire, rue de Touraine, n. 5, au Marais.
- Baudrillart , employé à l’Administration des Forêts, rue des Deux-Boules, n. 2. ;
- Bauer, propriétaire d?one. filature de eoton , rue Mazarine, n. q. •
- Bavouz; législateur, rue Jacob , n. 18.
- Belluomini, envoyé extraordinaire de S. A. S. M. le prince de Lucmiesi et de Piombino , rue de Lille , n. 53.
- Biard, mécanicien et fabricant d’étoffes de coton, à Rouen.
- Bonnard, fabricant de tulle, à Lyon.
- Bonneau , membre de la Société d’agriculture de l’Indre, propriétaire à la Brosse, arrondissement de Châteauroüx.
- Cercle (le) littéraire de l’Académie de Marseille. ,
- Chappüis , législateur, rue. Saint-Honoré, n. 404. . /
- Chassepot de Chaplaine , sous-préfet, à San-Remo, département de Montenotte»
- Chomet , pharmacien , rue du Faubourg-Sâint-Honoré, n. 21.
- Collier (James ), constructeur de machines , rue des Enfans-Rouges, au Marais.
- Dannet, directeur-associé de la filature de coton de Brionne (Eure).
- Decroos , fabricant de savon , rue Culture-Ste-Catherine, n. 21.'
- Defermon , directeur général de la liquidation de la dette publique , place Yendôme,
- n. 7.
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- ( 356 )
- Delafontaine fils, directeur de la filature de coton de l’Escure, près Rouen.
- Desgenettes , professeur à l'École de médecine de Paris , chirurgien en chef de l’hôpital du Val-de-Grace , rue de Tournon , n. 8.
- Desmousseaux , négociant , rue Nolre<-Dame-des-Yictoires, n. 24.
- Didier, l’un des directeurs des concessionnaires pour le dessèchement des marais de Bourgoin , et directeur de l’École de Droit, à Grenoble.
- Doumerg (Auguste ), banquier, rue du Houssaye,
- n. 2.
- Dübazzo , sénateur , ex-doge de Gênes, rue Saint-Dominique , hôtel de Caramau.
- Favreau, mécanicien , rue du Faubourg-Saint-Martin, n. i3.
- Furtado, banquier, rue de Bondy, n. 52.
- Fustier , directeur de l’Agence de l’instruction publique , rue Saint-André-des-Arcs , n. 55.
- Gérard (Alexandre), inspecteur des contributions directes du département d’Eure-et-.Loir, à Chartres.
- Haudry de Janvry, propriétaire et administrateur de la manufacture de vernis sur métaux de la rue Martel , passage des Petits-Pères ,
- n. 5.
- Hennet, commissaire impérial pour la formation du cadastre, rue de Cléry.
- Lamandé, ingénieur en chef des ponts et chaussées , rue du Bat, n. 86.
- Lehoult, entrepreneur de filatures de coton et fabricant, à Versailles.
- Lesperut (Pierre ) , membre du Corps législatif , rue de Gourty, hôtel de Courty.
- Lezurier, trésorier de la i4e cohorte de la Lé-
- : gion-d’Hopneur, à Rouen.
- Maghella , législateur, à Gênes.
- Marc, docteur en médecine, chimiste et manufacturier à la Glacière , près Paris , demeurant rue de la Place-Vendôme, n. 16.
- Marchais , secrétaire de la Société des In-
- Honoré , n. 4°4? V1S ® vis ce^e Saint-Florentin.
- Marniola ( Vincent), auditeur du Conseil d’État, quai Voltaire, n. 21.
- Montcloux-Lavilleneuve , propriétaire et administrateur de la manufacture de vernis sur métaux de la rue Martel , rue Saint-Honoré , n. 387.
- Morlet, directeur du génie , président de la Société d’agriculture du Bas-Rhin, à Strasbourg.
- Morosi, inspecteur général des arts et manufac-turesdu royaume d’Italie.
- Moucher, fabricant de fil de fer et d’acier, à Laigle, département de l’Orne,
- Nebel-Crépus, tanneur, à Malmédy, département de l’Ourthe.
- Odent , fabricant de papier à Courtalin , département de Seine-et-Marne , par et près Gonlommiers.
- Olive , marchand et fabricant de quincaillerie , rue Jean-Pain-Mollet, n. 12.
- Pinel , fils aîné , entrepreneur de filature de coton , à Rouen.
- Pommereul , préfet du département du Nord, à Lille.
- Rivière de Lille, avocat, rue du Mont-Blanc , n. 18.
- Robert , entrepreneur de l’établissement connu sous le nom de cuisson des abattis, rue Saint-Antoine , n. >j6. ^
- Saint-Martin, munilionnaire général des vivres, l’ue du Cherche-Midi, n. 36.
- Société ( la ) d’agrieuh ire, arts et commerce de Metz ( Moselle ).
- Société ( la ) économique de Chiayari , départe?-ment des Apennins.
- Suchet , directeur des droits réunis , à Rouen,
- Tollard aîné, cultivateur-pépiniériste, place des Trois-Maries, n. 3 , près le Pont-Neuf. .
- Voyenne , fabricant de poêles , rue du Battoir, n. 16.
- Weissembruch, iraprimeur-librah*e, à Bruxelles
- yentions et Découvertes de Paris, rue Saint-
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- i^>ttnixiunuxu'i^**'‘**‘A<**^********l'*,>*‘**'">**“**""“*'*'“>‘**'***********'**>“**‘**l**1*‘"**.
- TABLE .
- ALPHABÉTIQUE ET ANALYTIQUE
- DES MATIÈRES
- CONTBflUES DANS DA CINQUIÈME ANNÉE Dü BULLETIN/ ' ' ^
- ' ' '. A. -;j
- Abeilles; de leur éducation, par M. de la Bour-donnaye, 3g; — par M. Lombard, 78, .122; — par M. Ducouëdic, 125.
- Acier fondu (rapport sur les prix pour la fabrication de F), 222;—(prog.), 243.
- — trempé (propriété de 1’), l85. .
- Aiguilles à coudre; de leur fabrication en France, 321.
- Alun ; de sa séparation de l’alumine, par M. Accurn, 32. > ,,t
- Alambic ambulant de Bordier, 290.
- Alcalimètre ou instrument propre à déterminer la valeur vénale des alcalis, par M. Descroisil-les, 140.
- Amidon ( recherches sur le perfectionnement de la fabrication de 1’), par M. Cadet, 184.
- Aréomètre de M. Bories, exécuté par M. B<arth,é-lemy,&2, i85.
- —-• de Bordier, 3o^.
- Armes blanches (fabrication des), 32? .
- Armes à feu (fabrication des), ib.
- B.
- Baignoires (cylindres pour chauffer les), par M. Curaudau, 3o6.
- Bas (métiers à), par M. Bellemère, 64; — par M. Favreau—Bouillon, 28. ..
- Bateaux (moyen de remonter les), parM. Murat, 278.
- Blanc de plomb (sur la fabrication du)., 21g.
- Blé de miracle; expériences de M. Griod-Chan*• irons sur le, 3o2.
- Bieu d’application ( prix pour un) ; (prog ), 287.
- Cinquième année. Juin 1807. 1
- Bois (distillation du) (emploi utile des produits
- de la); résultat du concours de 1806, 221 ;----
- (prog,), 24.J •
- —(distillation du), 285; parM. Mo lierai, 287.
- — (expériences sur la combustibilité des), par M. Hartig, 286.
- — taillis (moyen de repeupler les vides des),
- par M. Ducouëdic, 55. ^ * .1
- Bougies à mèches creuses, ^ '
- - ..,1.; ; , -
- Cadastre ; moyen de le pratiquer en France, 348.
- Cadran solaire à minutes, par M. Morel Lecerf, 278.
- Calorifères de M. Olivier, 116.
- Canaux (machine peur curer les), à Venise, 327 (P1- Si).
- Carotte (culture en grand de la); (prog.), 242.
- Cercles des roues; de leur perçage , 425,-Machine pour les enlever, 426.
- Chandelles ; de leur perfectionnement, question parM. Cadet, 184. — à mèches creuses, par M. Hermbstaedt, ig3.
- Chanvre (procédé de rouissage du), par MM. Bralle et Curaudau, 281.
- Chapeaux de paille (fabrication des), Zj.
- Charançons détruits par la fleur de sureau; par M. Vandendricsch, 87. su. : • .
- Chariot pour les militaires blessés; parM .Daujon, 233, -, j;
- Châtaignier; de sa culture en Portugal, 22.
- Chauffage domestique (explgienees sur le),: io8..
- ‘ <
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-
-
- Cheminées ( expériences sur les ) de Désarnod, Curaüdau, Üebréi 'et Philorier, 108.
- Cinabre (prix pour la fabrication du) ; résultat du concours, 223 ;—(prog.), 2^ 1.
- Cire (presse pour l’extraction de la), par M. jLas-seray, i3i.
- Claies pour le parcage des înoMôuÿ ) parM. .P&w-manny 46.
- Clous dits cut-nails (fabrication des), 27g.* Compte-pas, par M. Couturier, 260* : r i T Compteur pour déterminer la quantité de charbon extraite d’une mine,par M. Antis, 3 (pi. 21). Coton (question sur la" filature du), par M. Mit-lot, i58.
- — moyen de changer la finesse du fil de, sur les métiers, 16 r.
- — moyen de le numéroter, ib3.
- — filé (muytend’em pêcher le duvet du )j r5g, —{Ènfhrenlde de Pairatmosphérique sur le)1,: 163.
- — (cylindres cannelés pour la filature du), 3o6. Couleixrs pané marqneraax chefs- les toiles mixtes ;
- prix retiré, Æi . i !
- Coutellerie; exposition de i8o6y 32 t.
- Cuirs (sur lë suifage des)-, par M. Gabot, 67. Cuirs à rasoirs élastiques, par M. Damien, 3o6. Cuivre laminé présenté à-d’exposition de 180G, 322.
- Cylindres cannelés pour1 filature de eoton, par M. Bardel, 3o& : < i
- - ^ D.
- Dents de scie ; machine pour les tailler, par M. Baillet, 63 (pl. 22 ).
- Dépenses de la Société pendant l’année 1806, g5. Draps (machine à lainer les), par M. Douglas,
- % -
- Dunes (plantation des), par M. Brémontier, 133,
- 169, ig4-
- ' E.
- École des mines à Geislautern, 87.
- École d’agriculture à Alfort, i3o.
- Écluses sur châssis en fer, par M. Bruyères,
- 55.
- Éloges funèbres deM. Conté, 92; — de M. Gros-r sart-de- Virly, 93. ' • ;
- Epingles fabriquées par M. Jecker, 32 r. ' Étoffes brochées et façonnées (métier pour les); résultat du concours, 2o3. — 3oo francs à M. Jacquart, 206; — par M. Rivey, 5g. Exposition des produits de l’industrie en 1806, 245, 3:17..
- Exposition des produits de l’industrie du département du Calvados, i3S.
- F.
- Cf * H «
- Faux ;de-Ieur fabrication en Piémont, parM.2?m/-let, i53, 318 (pl. 25).
- Per («éeetiiié dfencOttrager la fabrication du), 5i ; —prix à proposer à ee sujet, 53; —expériences faites au eonseil des mines, i3i.
- —* (purification du) cassant à cbaud; — (prog.), 243.
- Fer-blanc de Dilling, 319; —(amélioration du), 2o5; —(prog.), 243. ' *'
- Fève; de sa culture en grand; (prog.), 242. Filets à pêcher (fabrication des), 249*
- Fil d’acier pour aiguilles; (prog.), 240; — (fabrication du), parM. Mouchel, 254 (pl- 29)> 3og [ > (pl. 3o). ; médaille d’argent à l’auteur, 207; —
- I médaillé d’argent à M. Mignard— Billirigé y \ '207.' ’* ' : \ : -
- — de fer et d’acier (fabrîcàfion du) , par M: Moi*= chel, 254 (pl. 28), 3og (pl. 3o).
- Filigrane (fabrication du), parM. Bouvier, 324* -Fleurs de "paille (fabricat ion des), 38.
- Fonte de fer (fabrication d’objets en); —(prog.),
- ; 242.
- Fourneau-potager de M. Boiiriat, i45 (pl. 24). -— pour recuire les fils de fer et d’acier, par i M. Mouchel, 257 (pl. 28).
- — de Thilorier, 108.
- Fours à briques employés en Hollande, 15 (pl. 21 ).
- ----à chaux, briques et tuiles; — (prog.),241-
- Foyers deM. Désarnod (expériences sur les), 110.
- G. ''
- Gaz hydrogène; moyen de l’obtenir, 14; — sa détonnation employée comme force motrice, 286. (
- — oxigène; moyen de l’obtenir, par M. Accum,
- 14.
- Gélatine retirée des os, 5o.
- Gravure en taille de relief, par M. Poterat, 5'] , 91.
- — en relief, par M. Besnard, 224.
- — imprimée sur écaille blonde, par M. Paroy, 36.
- _ sur acier, par M. Paroy, 37.
- — en taille-douce pour impression d’étoffes, 222,
- 224.
- Guimbardes; de leur fabrication en Piémont, par M. Baillet, 101 (pl. 23).
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-
- ( 359 )
- H.
- Horlogerie (rouleaux et pignons d’), fabriqués parMM. Desblancs et Mignard—B illinge, 254-Huiles (vase à conserver les), par M. Bordier, 331 (pi- 3i).
- Hydromètre pour les eaux de vie, par M. Barthélemy, 162.
- I.
- Impression en taille-douce sur les étoffes; prix fondé parM. Paroy, 5q, 238.
- Inscriptions gravées sur marbre ; moyen d’en tirer des copies, 19,22.
- J.
- Jayet; de sa fabrication en France, 327.
- ' ' " L. '
- Laine (machine pour fabriquer les étoffes de), présentée à l’exposition de 1806, 246.
- •— (cardes à), présentées à l’exposition de 1806,
- 248.
- — (machine à peigner la); — (prog.), 234*
- — (filaturepar mécanique de la);— (prog.), 234-Laiton (fil de), par MM. Boucher, 333.
- Lampe chimique de M. Accum, 12,
- — astrale de M. Bordier, 233.
- — hydrostatique de M. Girard, à petit bec,
- î8.
- — nouvelle de M. Joly, io3, x32.
- Lentille de verre fondant les métaux, par M. A. Rospïno, 34*
- Lettres; moyen d’en écrire deux à la fois, par M. Rochette, 90.
- Limes fabriquées à Annecy, 52,
- — de M. Raoul, 53, 3ig.
- Livres offerts à la Société, 60, i34, 3o8. Louchet pour tirer la tourbe sous l’eau, par M. Gillet-Laumont, 32g (pl. 3i).
- — à accrocheur, par M. Millot, 180.
- M.
- Machine pour tailler les dents des scies, par M. Baillet, 63 ( pl. 22 ). r—hydraulique de Montgolfier, 24g-Machines à broyer le plâtre; leurs avantages, 58,
- 292’ 294*
- — à curer les canaux de Venise, 327 (pl. 3i).
- — à tirer la tourbe sous l’eau, présentée au concours de 1806, 210.
- Machines k vapeur appliquées à l’extraction des minerais, par M. Verzy, 25o.
- — à vapeur de petites dimensions; prix proposé;
- -- (prog.), 238. ; « r
- — (ouvrage élémentaire sur les), 278.
- Matelas faits avec des matières végétales, question
- de M. Cadet, i83.
- Médailles accordées par la Société dans sa séance générale du 11 mars 1807,232.
- Métier à bas, par M. Favreau-Bouillon, 28; —
- — par M. Bellemère, 64; —par M. Dautry, 8g.
- — pour étoffes façonnées de M. Jacquart, 2o5, 232.
- — pour faire les filets à pêcher, 249. Mosaïques; moyen de les enlever, par M. Schneider, 21.
- Moulin à vent (observations sur les), 4g. Moutons espagnols acclimatés en France, 60. Moutons ( claies pour le parcage des ) , par M. Plowmann, 46.
- . N.
- Navels de Suède (culture des), par M. Girod-Chantrans, iq5.
- Nitrate de mercure; moyen de le remplacer dans la chapellerie, 280.
- Niveau portatif de M. Bordiér, 100.
- ' . O.
- Ornemens estampés en cuivre doré , par M. Daguet, 98.
- P.
- Papier(collage du), prix pour le—(prog.), 241. Passementerie; moyen de nuancer les couleurs, par M. Auger, 25o,
- Peignes de tisserand , présentés à l’exposition de 1806, 24g; — (prix pour la fabrication des), continué, 2o3; —(prog.), 240.
- Peinture à l’huile (nouveau procédé de), par M. Fanherman, i65.
- Plantes; moyen de les arroser, par M. Tatham,<
- 24.
- Plantes oléagineuses (résultat du concours pour la culture des), 227;— (prog.), 243. —oléagineuses (culture comparée des); —(prog. ),
- 244. .
- Plâtre ; avantage de lé broyer par machines, 58.
- — manière de le broyer en Égypte, 58; — de le cuire et de le préparer à Montmar-
- 46.
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-
- ( 56o )
- tre, 292; — (machines à broyer le) , 294» — broyage en Espagne , 295 ; — essai fait à Cherbourg pour le broyer par machines , 296 ;—produit de la machine employée pour cet usage par M. Gratien Lepère, 297 ; — renseignemens à recueillir sur le broyage du,
- 298* ;
- Plomb (raffinage du), par M. J. Sadler, 264.
- Plumes (purification des), par M. Richardson, r92.
- Poêles de MM. Curaudau, Désarnod et Thilo— rier (expériences comparatives faites sur les), nr.
- — fourneau de M. Harel, 335.
- Polymètre, par M. Bouvier, 99, 280.
- Prairies artificielles (culture des); — résultat du
- concours,. 227; — prix à M. Bonneau, 228; — -médaille à M. Gaujac, 229; — (prog.), 242 ; — (mémoire sur les) , par M. Bonneau, 269, 3o3, 352.
- Presses à extraire la cire, par M. Lasseray, 131.
- Programmes , des prix proposés en 1807, 234 à
- *44.
- R.
- Rasoirs (cuirs élastiques pour);, par M. Damien, 3o6; — à lames mobiles, par M. Bizos, 3oq.
- Recettes de la Société pendantl’année 1806, g5.
- Règles à branches parallèles par M. Bouvier, 8g, 280.
- Reliefs (moyen de copier les), 19,22.
- Reliures économiques, par MM. de Lasteyrie et Gillet-Laumont, 90; — en soie, 97;— mémoire de M. Gillet-Laumont sur les, 11 g;
- — résultat du concours , 225 ; prix retiré , 226.
- Réverbères à miroirs parabolîquesde M. Bordier-Marcet, 100, 129; — (expériences ordonnées sur les), 283.
- Romaine à peser le coton; moyen de la graduer, i63.
- Roues de charrettes à larges jantes, 277.
- Rouissage de chanvre et de lin ; résultat du concours, 231 ; — par M. Bralle, 280., 28t.
- Ruches pour conserver les abeilles, par M. la Bourdonnaye , 3g ; — observations de M. Lombard, 78 , 122 ; — observations de M. Ducouëdic, 125 ;— à clavecin, de M. Pel-
- letier, 133, — résultats obtenus par M. Petit, 3oi.
- Ruche horizontale de M. Joannis, 3o2 .
- . : • s.
- Savons de toilette de M. Decroos, i3n.
- Scie (machine pour tailler les dents des), par M. Baillet, 63 (pl. 22).
- — circulaire pour rcceper les pieux sous l’eau, par M. Leschner, 2.5o.
- Séance générale du ier décembre 1806, 81;—du 1 x mars 1807, 20r.
- Sécrétage des poils sans mercure; question par M. Cadet, 182. ,
- Serrurerie fabriquée à Escarbotin, 320.
- Serrures en bois employées en Égypte , 177 (ph 26).
- Société d’encouragement; liste de ses membres ,
- io3, 355.
- Société d’agriculture de Caen ; médailles décernées, i35.
- Soie (cardage et filature des déchets de);—(prog.),
- 235.
- — (métier à filer la), de MM. Jacquart, Rivey et autres, 248.
- Sulfate de fer; de sa fabrication en grand, par M. Vitalis, 7.
- Siphon à soupapes de M. Bordier, 292.
- T.
- Tableau des prix proposés par la Société d’encouragement pour.les années 1808 et 1809, 244-
- Tabletterie présentée à l’exposition de 1806,326.
- Taillis (remplacement des parties vides des), par M. Ducouëdie, 55.
- Terre de pipes d’Audenne; par M. Leturc, x34-
- Toiles (liqueur propre à marquer aux chefs les), par M Oberkampf, 6r .
- Toiles métalliques de M. Perrin, 323.
- Topinambour; de sa culture par M. Bagot, 3oo; — parM. Yvart, Soi.
- Tourbe, de son emploi pour la cuisson des briques, 17; — machine à la tirer sous l’eau; — résultat du concours, 210; — description des diverses machines présentées, 211 et suiv.f’— (prog.), 242.
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- '( 36* )
- Tourbe (louchet pour extraire la), sous l’eau, par M. Millot, 180, 216 (pl. 26).
- ___ grand louchet pour la tirer sous l’eau, par
- M. Gillet—Laumont, 33g (pl. 3i).
- Tourbières (exploitation des), par M. Ducouëdic,
- sa
- Tréfileries des départemens du Doubs et de l’Orne, 320.
- Tuileau (machine à broyer le), applicable au plâtre, par M. de Récicourt, 294.
- Tuiles (four à), employé en Hollande, 15 (pl. 21). Tulle toile d’araignée, par M. Bonnard, 233.
- V.
- Yase propre à conserver les huiles, par M. Bor~ dier, 331 (voy. Huile).
- Vases de terre rouge, de JFedgwood, 98.
- Vases de métal émaillés; (prog.), 241.
- Vernis sur fer, par M. Demarne , 325.
- Verre à vitres (moyen de reconnaître la qualité du), prix retiré, 222;— mémoire de M.. Guy ton-Morveau sur ce sujet, 25g.
- Voiture pour les blessés, par M. Daujon, 277 .
- Voyage économique de la sénatorerie de Dijon, par M. François de Neufchâteau, 338(pl.32).
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- . ( 36a ) PLANCHES.
- PI. 21 double. Four à briques et à tuiles employé en Hollande. — Compteur à l’usage des mines, par M. Antis, en regard de la page 4.
- PI. double. Machine à tailler les dents des laines de scie, par M. Massuco, p. 64.
- PI. n3 simple. Fabrication des guimbardes en Piémont, p. 101.
- PI. 24 triple. Fourneau-potager, par M. Bouriat, p. 154*
- PI. 25 double. Fabrication de faux en Piémont, p. i5i.
- PI. 2$ simple. Serrures égyptiennes. —- Louchet à accro chpur pour tirer la tourbe sous l’eau , p. 176.
- PI. 27 double. Aréomètre de Bories , exécuté par M. Barthélemy, p. 189.
- PI. 28 simple. Fourneau pour recuire le fil de fer, par M. Mouchel, p. 257.
- PI. 29 simple. Fourneau pour l’affinage du plomb , par M. Sadler, p. 264.
- PL 3o double. Instrument pour déterminer la souplesse du fil de fer. — Machine à dresser le fil de fer et d’acier propre aux cardes et aux aiguilles, p. 3i4*
- PL 3i double. Grand louchet pour l’extraction de la tourbe sous l’eau. —Machine employée pour le curage des ports et canaux de la ville de Venise. «— Vase propre à conserver l’huile à brûler, par M. Bordier, p. 33o.
- PL 32 quadruple. Plan de la distribution générale des terres de Rouvres, p. 352.
- IMPRIMERIE DE MADAME HUZARD (née VALLAT LA CHAPELLE),
- Rue de l’Eperon-Saiut-Andrè, n° 7,
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