Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale
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- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR
- L’INDUSTRIE NATIONALE,
- REDIGE
- PAR LES SECRÉTAIRES DE LA SOCIÉTÉ,
- MM. COMBES ET PELIGOT ,
- MEMBRES DE L’ACADÉMIE DES SCIENCES.
- CINQUANTE-TROISIÈME ANNÉE.
- DEUXIÈME SÉRIE. — TOME i».
- La Société a été reconnue comme établissement d’utilité publique par ordonnance royale
- du Si avril 1994.
- Jtoris
- MADAME VEUVE BOUCHARD-HUZARD,
- IMPRIMEUR DE LA SOCIÉTÉ,
- RUE DE l’ÉPERON-SAINT-ANDRÉ-DES-ARTS , 5.
- 1854
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- S3« ANNÉE. DEUXIÈME SÉRIE. N» I. — JANVIER 1854.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE*
- SÉANCE GÉNÉRALE DU 17 MAI 1854 (1).
- PROCÈS-VERBAL.
- Cette solennité avait attiré un concours nombreux d’industriels et de savants dans les salons de la Société.
- La séance a été ouverte à huit heures du soir, sous la présidence de M. le sénateur Dumas.
- La Société entend la lecture des rapports suivants :
- 1° Compte rendu des travaux du conseil d’administration, par M. le baron Charles Dupin, secrétaire général ;
- 2° Compte rendu des résultats généraux des concours, par M. le baron Ch. Dupin, secrétaire général ;
- 5° Rapport de M. Boulard, membre de la commission des fonds, sur le compte des recettes et dépenses de l’exercice 1852 ;
- 4° Rapport, au nom des censeurs, sur la comptabilité de cet exercice..
- La Société, sur la proposition des censeurs, décide, par acclamation, qu’il est voté des remerciments à M. Agasse, trésorier de la Société, pour les soins heureux et assidus quil donne à la gestion de ses fonds depuis vingt-sept ans, et qu’il sera fait mention spéciale, au procès-verbal de la séance, de l’expression de sa reconnaissance.
- On procède à la distribution des médailles dans l’ordre suivant :
- (!) Le présent cahier de janvier^ n° 1. avait été réservé pour renfermer les matériaux de la séance générale.
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- IV
- MÉDAILLES DECERNEES
- 1° MÉDAILLES DÉCERNÉES AUX CONTRE-MAITRES ET OUVRIERS DES ÉTABLISSEMENTS AGRICOLES ET MANUFACTURIERS.
- Les récompenses que la Société d’encouragement a instituées en faveur des ouvriers et contre-maîtres de nos établissements agricoles et manufacturiers excitent une vive émulation. Les titres des candidats sont nombreux et dignes de remarque.
- Ce ne sont pas seulement des titres qui constatent la moralité, l’intelligence, les services rendus des ouvriers ou des contre-maîtres recommandés à l’attention de la Société, mais plusieurs de ces candidats ont imaginé ou propagé des innovations dont l’agriculture et l’industrie ont, par leur adoption, sanctionné les avantages.
- Les aspirants à ces médailles se recommandent, en général, par un séjour prolongé dans les établissements auxquels ils appartiennent, par un zèle qui ne s’est pas démenti pendant de longues années, et, pour quelques-uns d’entre eux, par un esprit de recherches dont les résultats ont reçu une première récompense dans l’approbation des sociétés industrielles ou agricoles et des chambres de commerce.
- La Société d’encouragement peut compter sur les chefs de nos grandes manufactures et sur les Sociétés des départements pour seconder ses efforts; leurs soins réunis ne laisseront pas sans récompense les ouvriers et contre - maîtres qu’anime l’esprit d’ordre et de progrès dans les professions qu’ils exercent.
- Sur cinquante candidats nouveaux dont les titres ont été l’objet d’un examen attentif, le conseil d’administration est heureux de le proclamer, le nombre de ceux qui remplissent les conditions exigées par son arrêté est bien supérieur au nombre de médailles qui doivent être décernées dans cette séance; un examen approfondi a donc été nécessaire pour faire le choix des vingt-cinq candidats récompensés aujourd’hui.
- De ces récompenses, dix-sept ont été accordées à des contre-maîtres employés dans des établissements des départements, huit à des contre-maîtres des industries qui s’exercent à Paris. On constate avec plaisir que les concurrents des départements sont de plus en plus nombreux, et que l’émulation excitée par les récompenses de la Société s’étend peu à peu dans les usines.
- La Société applaudira au succès des contre-maîtres de l’agriculture qu’elle a appelés à partager des récompenses qui, naguère, n’étaient décernées qu’aux ouvriers et contre-maîtres des établissements industriels.
- L’agriculture et l’industrie sont sœurs; elles prospèrent ou elles souffrent en même temps. L’une fait la force et la sécurité du pays, l’autre son luxe et son aisance; vous entendez plus que jamais qu’elles demeurent réunies. Plus que jamais aussi, vous ne voulez pas que vos honneurs s’arrêtent sur leurs chefs. Quand vous adressez vos récompenses à leurs sous-officiers, vous excitez autour d’eux, vous l’avez bien compris, une émulation qui se traduit immédiatement par ces ovations, ces fêtes dont vos élus sontl’objet de la part de leurs camarades, qui se manifestera plus tard par les efforts que ceux-ci feront à leur tour pour se rendre dignes de votre attention.
- Votre conseil a arrêté la liste des ouvriers et contre-maîtres honorés de sa médaille dans l’ordre suivant ;
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- AUX CONTRE- MAITRES.
- V
- 1° Agriculture.
- M. Forest ( Claude ) est chef d’atelier agricole, depuis dix-neuf ans, du domaine des Myards, appartenant à M. le comte Louis d’Aubigny, et situé sur les communes de Brandon, la Chapelle-du-Mont-de-France et Montagny-sur-Grosnes (Saône-et-Loire ).
- L’académie de Mâcon a témoigné sa satisfaction à M. Forest en lui décernant une médaille d’argent.
- M. le Cloirec (Jacques) est chargé, depuis seize ans, de la fabrication des instruments aratoires de la ferme expérimentale de Kervignac ( Morbihan ).
- Cet homme utile a déjà été mentionné trois fois honorablement dans le congrès breton et médaillé deux fois pour la fabrication de ses instruments.
- M. Déron ( Pierre-Antoine ) est contre-maître dans l’établissement agricole de M. L. d’Herlincourt, propriétaire - cultivateur, à Eterpigny ( Pas-de-Calais ), depuis quarante-quatre ans. M. Héron se recommande par son énergie, par ses succès dans l’élève et l’emploi des animaux, par son intelligence dans les assolements.
- M. Aubinel (François) est contre-maître-gérant pour la direction des travaux agricoles des domaines de M. Tapié-Mengan, membre du conseil général du département de l’Aude.
- M. Aubinel a consacré vingt-deux ans à des améliorations agricoles; il a appris le dessin, le cubage, l’arpentage, etc., et il a appliqué ces connaissances à augmenter la valeur et les produits des terres qui lui sont confiées.
- 2° Instruments de 'précision.
- M. Flamand. MM. Deleuil, ingénieurs-opticiens, ont confié, depuis neuf ans, à ce contre-maître une fabrication qui exige des soins particuliers, celle des piles de Bunsen.
- M. Delaloy ( Louis-Théodore ) travaille , depuis dix-huit ans , dans les ateliers de M. Charrière , fabricant d’instruments de chirurgie de la faculté de médecine.
- M. Delaloy a été désigné par le conseil municipal de la ville de Paris pour faire partie des délégués à l’exposition universelle de Londres.
- 3° Métallurgie, forges, fonderies, construction des machines.
- M. Cognet ( Louis ), après avoir fourni honorablement sa carrière militaire , est entré, il y a trente-deux ans, dans les ateliers d’affinage d’or et d’argent de MM. Malle-val et comp., à Lyon.
- Les titres de M. Cognet ont été distingués par la chambre de commerce de Lyon et lui ont paru mériter sa recommandation particulière.
- M. Cnny ( Eugène-Louis ) dirige, depuis quinze ans, les ateliers de tours et d’ajustages dans les établissements de M. Yoruz aîné, à Nantes ( Loire-Inférieure).
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- MÉDAILLES DECERNEES
- M. Cuny a conduit avec une rare intelligence la construction des machines à vapeur, les travaux hydrauliques que M. Voruz a faits pour les mines ainsi que ses entreprises pour les chemins de fer.
- M. Potdevin (Jacques) est entré, en 1845, dans les ateliers de forges de MM. Petin et Gaudet, à Rive-de-Gier et de Saint-Chamond ( Loire ).
- Il a exécuté les pièces de forge les plus difficiles, telles que des cadres d’hélice pour les navires de 400 chevaux, des gros axes coudés du poids de 6,000 kilog. pour les machines à la mer de 450 chevaux, des axes de bateaux à vapeur de 8,000 kilog.
- M. Potdevin est auteur d’un système de griffe des plus ingénieux pour prendre des rondelles dans les fours à réchauffer.
- M. Albert (Pierre-Nicolas) est employé, en qualité d’ouvrier ajusteur-mécanicien , dans les ateliers de MM. Renaud et Lotz, à Nantes.
- Il a apporté des modifications importantes dans la construction des machines à battre les céréales par la vapeur; il réalisé une notable économie dans la consommation du combustible et de l’eau, sans nuire à la puissance motrice des machines.
- M. Langonet (Joseph) a rempli successivement, pendant près de quarante années, à l’école d’arts et métiers de Châlons-sur-Marne, les fonctions d’ouvrier à l’atelier de serrurerie , de sous-chef à l’atelier d’ajustage, de sous-chef au même atelier.
- M. Langonet s’est constamment appliqué à l’instruction pratique des élèves, recherchant et leur enseignant les moyens les plus simples et les plus exacts d’organiser leur travail pour le bien exécuter.
- M. Nicklès (Laurent), contre-maitre à la manufacture des tabacs de Strasbourg, est attaché, depuis plus de dix ans, à cet établissement.
- Il a contribué à l’introduction, dans cette manufacture, d’appareils nouveaux dont la mise en marche présentait de sérieuses difficultés.
- M. Granthomme ( Jean-Baptiste ) est contre-maître, depuis onze ans, dans les ateliers de construction de M. Carillion, ingénieur-mécanicien, à Paris.
- 4° Filature, teinture, tissage, impression des tissus.
- M. Verlais (Henri) est attaché, depuis quatorze ans, à l’établissement de fabrication de tissus et de filature de M. Pin-Bayard, à Roubaix, en qualité de dessinateur et de monteur.
- C’est à M. Yerlais que l’on doit l’amélioration résultant de l’emploi de baguettes, au lieu de cerceaux, pour le mouvement des cartons Jacquard. Autrefois il fallait, quand il s’agissait de grands dessins, que l’ouvrier eût un espace immense, tandis qu’avec des baguettes le mouvement se fait sur une simple étendue de 50 centimètres.
- M. Lavau (Louis), entré, en 1832, dans la filature de soies grèges et manufacture de tissus à bluter de tous genres de MM. A. Couderc et Soucaret fils, à Montauban (Tarn-et-Garonne); il ne l’a pas quitté depuis;
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- AUX CONTRE-MAITRES.
- VII
- L’établissement a obtenu les premières récompenses aux expositions natioiiales et à f exposition universelle.
- MM. Couderc et Soucaret attribuent ces succès autant à l’œuvre du contre-maître qu’à la leur.
- M. Rey ( Pierre-Marie ), ouvrier tisseur, à Lyon, est, depuis dix-neuf ans, chez M. Colonel, chef d’atelier dans cette ville, où les étoffes les plus difficiles ainsi que les nouveautés les plus compliquées se fabriquent.
- La chambre de commerce de Lyon a accordé à M. Rey une prime d’encouragement pour la recherche d’un procédé servant à alléger la marche du métier de tissage.
- M. Fréling (Michel), attaché, depuis onze ans, dans les ateliers de teinture de M, Klein, excelle dans les diverses branches de la teinture.
- 5° Verreries.
- M. Minet (François) employé dans la manufacture des glaces de Montluçon.
- M. Hilson ( Joseph ), contre-maître, depuis dix-sept ans, dans l’établissement des verreries de Decize (Nièvre), a, par les changements qu’il a introduits dans le travail des ouvriers et dans la disposition des fours, obtenu de notables améliorations dans les produits.
- 6° Fabrication du papier, typographie.
- M. Lemoine (Pierre) est contre-maître de la papeterie de Glaslan (Finistère), appartenant à MM. Àndrieux, Vallée père et fils, à Morlaix.
- M. Lemoine compte dix-sept ans de services dans cette manufacture ; c’est un contre-maître intelligent, dévoué, habile et prévoyant.
- M. Grandin ( Olivier ) est, depuis dix-sept ans, dans la fabrique de papiers de M. Journet, à Brousse, canton de Saissac (Aude); il y a toujours montré beaucoup d’intelligence et de zèle à remplir ses devoirs.
- M. Ponteau (Georges) s’est placé, depuis quatorze ans, au premier rang des ouvriers fondeurs pour la typographie dans l’établissement de M. Gauthier fils, à Paris.
- M. Ponteau est devenu un graveur distingué, et il remplace un habile mécanicien-ajusteur.
- M. Grumel ( Jean-Sébastien-Adolphe ) est, depuis 1829, attaché à l’imprimerie de MM. Plon, imprimeurs de S. M. l’Empereur, à Paris.
- Il a fait faire de notables progrès au tirage à la presse mécanique, soit pour le texte, soit pour la vignette.
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- VIII
- MÉDAILLES
- M. Viez (Jacques-Antoine) est, depuis 1832, directeur des travaux de composition dans la même imprimerie.
- 7° Constructions y charpente, menuiserie.
- M. François ( Jean ), ouvrier d’Etat, depuis vingt ans, conducteur de travaux de construction à l’arsenal de Lyon.
- M. François sait dessiner, connaît bien la charpente, la menuiserie, et peut, au besoin, faire des projets.
- « Les effets d’une médaille delà Société d’encouragement, écrit M. de Montluisant, « capitaine d’artillerie et membre de la Société, qui le recommande à votre conseil, « peuvent être puissants au milieu des ateliers de nos immenses arsenaux. »
- M. le ministre de la guerre a donné son assentiment à cette demande de médaille.
- 2° RÉCOMPENSES AUX ÉLÈVES DES ÉCOLES INDUSTRIELLES.
- La Société d’encouragement a pris un arrêté portant ce qui suit :
- « Lorsqu’une école industrielle aura sollicité l’examen de la Société sur les travaux de ses élèves et que, d’après cet examen, ces travaux auront été reconnus mériter des marques de satisfaction, il pourra être accordé, à ceux des élèves qui seront jugés les plus dignes par leurs travaux et leur conduite, des livres, dessins, modèles ou instruments, lesquels porteront, chacun, la mention du don fait par la Société, ainsi que les noms de l’école et de l’élève, accompagnés d’un diplôme ou certificat qui contiendra la même mention.
- « Le nombre des élèves ainsi récompensés sera de quinze au plus, chaque année, pour les diverses écoles, et la valeur totale des dons pour ces quinze élèves de cinq cents francs. »
- Trois écoles ont appelé l’attention de la Société sur les travaux de leurs élèves :
- 1° L’école impériale spéciale de dessin, de mathématiques, d’architecture et de sculpture d’ornement pour l’application des beaux-arts à l’industrie;
- 2° L’école municipale Turgot ;
- 3° L’école municipale de dessin dirigée par T. Lequien.
- Sur le rapport motivé de la commission des beaux-arts appliqués à l’industrie, le conseil d’administration a fait application, à chacune de ces trois écoles, de l’arrêté précité pour la somme de 100 fr. chaque, applicables à trois de leurs élèves, au choix des directeurs et professeurs de ces établissements.
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- DE BRONZE ET D’ARGENT.
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- 3° MÉDAILLES DÉCERNÉES POUR DES INVENTIONS OU DES PERFECTIONNEMENTS INDUSTRIELS.
- Médailles de bronze.
- 1° AM. Pascal, ingénieur civil, pour ses divers genres de rapporteurs en corne.
- 2“ A M. Hornus, géomètre du cadastre, à Altkirch, pour son ruban compteur appliqué au calcul des surfaces et des volumes des corps.
- 3° AM. Baranowski, ingénieur civil, pour ses appareils connus sous le nom de taxe-machines..
- 4° AM. Raguenet-Roland, fabricant à Lyon, pour ses peignes de tisserand, en acier trempé.
- 5° A M. Fenouil, ouvrier mouleur, pour son procédé de moulage des roues d’engrenages sans modèles.
- 6° A madame veuve Mauvielle et M. Rockenbach, fabricants de bluteries, pour leur perfectionnement dans le mode de réunion des lés de gaze de rechange des bluteries.
- 7° A M. Lacombe, émailleur, pour son imitation des fleurs en émail travaillées à la lampe.
- 8° A M. Lussereau, mécanicien, pour son système de sièges et cabinets d’aisances, à l’usage des maisons d’aliénés.
- 9° A M. Mayy arquebusier, pour son système de fusils se chargeant par la culasse, et son système de cartouche métallique.
- 10° A M. Poirel, ouvrier meulier, pour son outil qui fait éviter la poussière qui se dégage pendant la taille des meules.
- Médailles d'argent.
- 1° A M. Picault, coutelier, pour sa fabrication de rasoirs à dos rapportés, exécutée à l’aide de procédés mécaniques.
- 2° A M. Dugay, mécanicien, pour son outil destiné à ficher les échalas.
- 3° A M. Weber, relieur, pour son système de reliure mobile.
- 4° A M. Borne, pour ses travaux relatifs à la reproduction et à la multiplication des sangsues.
- 5° A M. Moussard, carrossier, pour des perfectionnements dans la construction des voitures de luxe.
- 6° A M. Leroy, fabricant de papiers peints, pour la fabrication des papiers peints à l’aide de rouleaux gravés en relief.
- 7° AM. Mirand, fabricant d’appareils électriques, pour ses sonnettes et signaux électro-télégraphiques.
- 8° A M. Lequien, sculpteur, pour la fondation d’une école de dessin et de sculpture. Tome Ier. — 53e année. 2e série. — Janvier 1854. b
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- MÉDAILLES DE PLATINE ET D’oïl.
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- Médailles de platine.
- 1° A MM. Aubert et Gérard, pour leur fabrication de fils ronds en caoutchouc.
- 2° AM. Fritz-Sollier> pour des perfectionnements apportés dans la fabrication du caoutchouc.
- 3° A M. Fontaine, pour son métier à façonner les corsets.
- 4° A M. Perreaux , ingénieur en instruments de précision , pour son appareil dynamométrique propre à essayer la résistance des tissus.
- 5° A M. Vulliamy, horloger, pour son échappement d’horlogerie.
- Médailles d’or.
- 1° A M Wolfel, facteur de pianos, pour ses perfectionnements dans la construction des pianos.
- 2° A M. Cavaillé Coll, facteur d’orgues, pour les perfectionnements qu’il a apportés dans les orgues d’église.
- 3° A M. Fabri, ingénieur des mines, pour son appareil propre à l’aérage des mines.
- 4° A M. Ernest Gouin, ingénieur-constructeur, pour ses machines locomotives, ses machines de filature et ses grandes constructions en tôle.
- 5° A M. Dubrunfaut, chimiste, pour ses travaux de chimie appliquée aux arts, et notamment pour son procédé d’extraction de l’alcool des betteraves, etc.
- Décisions relatives à la rédaction du Bulletin.
- Le Bulletin mensuel de la Société ne suffisait plus à transmettre avec la rapidité nécessaire les informations dont les membres de la Société ont besoin. Votre conseil a décidé que le Bulletin paraîtrait désormais deux fois par mois.
- Rien n’est changé à la situation d’un excellent serviteur de la Société, M. Daclin, qui, depuis cinquante ans, surveille, avec un zèle soutenu, les travaux de la rédaction de son Bulletin.
- Rien n’est changé non plus à la composition et aux fonctions de la commission du Bulletin.
- Toutefois il fallait pourvoir à l’accroissement du travail résultant de publications plus fréquentes; il était indispensable de donner au Bulletin plus de variété dans sa composition; une mesure était donc nécessaire.
- M. le président fait connaitre à la Société que, par décision du conseil, la responsabilité de la rédaction du Bulletin de ses travaux sera désormais confiée à MM. Combes et Peligol, secrétaires de la Société, qui ont bien voulu accepter cette mission importante.
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- DÉCISIONS.
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- Leurs soins'et la position élevée qu’ils occupent dans la science garantissent à cette rédaction une sûreté dans le choix des matériaux de plus en plus nécessaire à mesure que le cercle des travaux de l’industrie s’étend et que ses rapports et ses liens avec le domaine de la science pure se multiplient.
- Chaque Bulletin portera, à l’avenir, la signature de celui de MM. les secrétaires qui en aura pris la responsabilité.
- Décisions relatives aux jetons de présence et aux vacances.
- M. le président soumet ensuite à la décision de la Société deux propositions de son conseil.
- La première est relative au rétablissement des jetons de présence.
- La Société décide qu’il sera distribué, à MM. les membres du conseil, des jetons de présence
- 1° Aux séances ordinaires du conseil;
- 2° Aux réunions mensuelles des comités.
- Les réunions extraordinaires soit du conseil, soit des comités ne donneront droit, en aucun cas, au jeton de présence.
- La seconde proposition du conseil est relative à la nécessité de suspendre les séances de quinzaine à l’époque des vacances.
- La Société décide que, du 15 août au 15 octobre de chaque année, les séances ordinaires du conseil seront suspendues.
- Toutefois on pourra, dans cet intervalle, réunir, s’il y a lieu, le conseil en séance extraordinaire, et continuer les travaux et les réunions des comités»
- Machines présentées.
- M. le président ne doute pas de l’intérêt avec lequel les membres de la Société ont vu fonctionner deux machines nouvelles.
- La première, qui lui a été offerte pour sa collection par M. le chevalier Bonnelli, de Turin, est le mécanisme électrique destiné à remplacer les cartons compliqués du métier Jacquard.
- La seconde est un moteur électrique inventé par M. Marié Davy, professeur à la faculté des sciences de Montpellier.
- M. le président remet à M. le chevalier Bonnelli et à M. Marié Davy deux jetons comme souvenir de leur présence à cette assemblée générale; il leur adresse les re-mercîments de la Société.
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- XII
- DISCOURS DE M. DUMAS.
- M. Dumas a clos la séance par l’allocution suivante, écoutée avec un religieux intérêt :
- Messieurs,
- Chaque année, à l’occasion de nos réunions générales, vous me permettez d’appeler familièrement votre attention sur le mouvement de la science industrielle. Je veux aujourd’hui vous entretenir du rôle de l’électricité dans les arts.
- La Providence a semé sur nos pas une multitude de particularités, de faits vulgaires que le commun des hommes remarque à peine, que le génie sait féconder et d’où il tire ses plus sublimes inspirations.
- Ces premiers linéaments de toute grande découverte, il n’est donné à personne de s’en passer; mais, pour les mettre en œuvre, le travail d’un puissant esprit n’est pas moins nécessaire; et si, pour dévoiler les lois qui régissent l’univers, il suffit d’une pomme qui tombe, il faut pourtant qu’un Newton soit témoin de la chute.
- L’histoire de l’électricité est pleine de ces enseignements.
- Un bâton de cire, vivement frotté, attire les poussières; une fourrure sur laquelle on passe la main se hérisse, pétillé et tire des étincelles; une pierre d’aimant se dirige vers le nord; deux pièces de monnaie, de métaux divers, excitent les nerfs de la langue par leur contact; un morceau de zinc armé d’un fil de laiton, qu’on plonge dans une dissolution de plomb, y fait naître cet arbre de Saturne, objet de simple curiosité pour les anciens chimistes.
- Voilà les premières lueurs dont le génie de l’homme s’est emparé.
- Ce mouvement qui agitait les poussières, il en a fait une force motrice qui menace de détrôner la vapeur.
- Ces étincelles que donnent les cheveux et les fourrures, ce sont les éclairs orageux ; ce pétillement qui les accompagne, c’est le tonnerre.
- En modifiant la façon de les obtenir, il en a fait un foyer de lumière que le soleil seul surpasse en intensité.
- Cette pierre d’aimant, qui se dirige d’elle-même, a créé la navigation lointaine; elle a découvert l’Amérique et l’Australie. Après avoir fourni le moyen de sillonner toutes les mers du globe, elle va servir à lier entre eux tous les continents, au moyen de la télégraphie électrique dont elle est à la fois l’origine et l’agent.
- Ces arbres de Saturne et de Diane, objet stérile de l’admiration de nos ancêtres, ont enfin porté leurs fruits, et c’est sur le principe même de leur formation que reposent la galvanoplastie, la dorure et l’argenture du bronze et de tous les métaux.
- Enfin, des contractions excitées dans les membres de la grenouille par le contact de deux métaux hétérogènes, est née la pile de Volta, c’est-à-dire le plus admirable des instruments scientifiques, l’âme de presque toutes les découvertes modernes.
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- DISCOURS DE M. DUMAS.
- XIII
- Dans l’ordre moral, c’est l’humble qui est élevé, c’est le superbe qui est abaissé ; il en est de même dans le domaine de la science. Des faits modestes, des idées simples, pénétrés par une vive intelligence ou mûris par une réflexion puissante, ouvrent à l’esprit humain les routes les plus magnifiques. De savants calculs, des théories brillantes, pures conceptions de l’esprit, qui annoncent des merveilles, aboutissent au néant. Les plus riches tissus de soie sont le produit d’un ver.
- Napoléon Ier ne s’y était pas trompé. Le puissant génie qui devinait la filature mécanique du lin et lé sucre indigène, dès les premières manifestations de la force électrique, en avait sondé les mystérieuses destinées. A peineVolta avait-il découvert la pile qui porte son nom, avant qu’aucune application en eût indiqué l’avenir, il écrivait à l’Institut, le 25 prairial an X :
- « Je désire donner en encouragement une somme de 60,000 fr. à celui qui, par « ses expériences et ses découvertes, fera faire à l’électricité et au galvanisme un pas « comparable à celui qu’ont fait faire à ces sciences Franklin et Yolta. Mon but est de « fixer l’attention des physiciens sur cette partie de la physique qui est, à mon sens, « le chemin des grandes découvertes. »
- Egaler ou surpasser Franklin et Yolta 1 Combien de gens le jugeaient alors impossible ! Croyez-le, Messieurs, lorsque l’admirable lettre que je viens de rappeler fut connue, elle trouva plus d’incrédules pour la critiquer que d’esprits disposés à en deviner le sens profond. En quelques pays, on affecta même d’y voir bien moins l’expression d’une conviction scientifique sincère qu’une spéculation sur l’opinion, une manœuvre politique.
- Eh bien ! trente années ne s’étaient pas encore écoulées, et déjà OErsted découvrait l’action du fluide de la pile sur le fluide de l’aimant; Ampère, l’action du fluide de la pile sur lui-même ; Arago, l’action des corps tournants sur l’aiguille aimantée; Faraday, les phénomènes d’induction ; quatre découvertes qui, prises isolément, peuvent être comparées, chacune, aux découvertes de Franklin, qui, réunies et mutuellement fécondées, constituent un grand événement social, n’hésitons pas à le dire.
- A l’état sauvage, l’homme n’avait que sa propre force à son service; il y ajouta bientôt celle de quelques animaux, ses compagnons fidèles. Plus tard, le vent, les chutes d’eau vinrent à son aide. La vapeur, domptée à son tour, a, de nos jours, enfanté des miracles.
- Mais qui oserait prévoir ceux qu’il faut attendre de l’électricité, de cette onde magique et irrésistible, l’âme du monde qui se transporte instantanément d’un point à un autre, qui, au gré de l’opérateur, se transforme en force mécanique docile, en chaleur, en lumière, en puissance chimique, agent universel aussi souple qu’il est mystérieux.
- A son tour, Napoléon III ne s’y est pas trompé. Le premier usage qu’il ait fait de son pouvoir le prouve. Le 23 février 1852, il institue un prix de 50,000 fr. à décerner, en
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- XIV
- DISCOURS DE M. DUMAS.
- 1857, en faveur de l’auteur de la découverte qui rendra la pile de Yolta applicable avec économie, soit comme source de chaleur, soit comme source de lumière, soit comme force chimique, soit comme agent mécanique, soit comme agent thérapeutique.
- Que de gens ont dit encore, malgré les leçons du passé, que ce prix ne serait jamais remporté,' qu’il ne pouvait pas l’être ! Eh bien ! voyons quel démenti deux années à peine ont déjà donné à leurs téméraires assertions.
- Comme source de chaleur, la pile entre les mains deM. Despretz, professeur de physique à la Sorbonne, est devenue un irrésistible foyer. On croyait naguère qu’il existait des matières infusibles ou fixes; au foyer de la pile tout fond, tout se volatilise. Les métaux, les terres les plus réfractaires coulent en liquide ou s’évanouissent en vapeur. Si quelque obstacle empêche encore l’application industrielle de cette forge ardente au travail du platine, par exemple, c’est moins peut-être la dépense qu’elle exige que la difficulté d’en régler les trop puissants effets et de prévenir la volatilisation de ce platine qu’on veut seulement mettre en fusion.
- Comme source de lumière, n’a-t-on rien fait de la pile? Un mot va nous l’apprendre. Dans les cours puhlics, l’expérience, populaire maintenant, de l’éclairage électrique exigeait, il y a trente ans, une dépense de 50 à 60 francs pour un essai de quelques minutes.
- Aujourd’hui, grâce à la persévérance intelligente d’un constructeur habile, M. l)e-leuil, les travaux des docks Napoléon ont pu continuer la nuit comme le jour. 800 ouvriers ont été éclairés à l’aide d’une dépense moyenne de 20 francs par nuit, c’est-à-dire de 5 centimes par ouvrier.
- Si le problème de l’éclairage économique au moyen de l’électricité n’est pas encore résolu, est-il permis de nier, d’après cela, que la solution n’en soit possible?
- N’est-ce rien que d’avoir, pour un prix déjà si bas, une lumière d’une intensité sans égale, qui n’exige pas d’air pour son entretien, qui peut être excitée dans les vases les mieux clos, qui, conséquemment fonctionnerait également bien dans les profondeurs d’une mine, au fond même des mers, et qui n’en brille que mieux et plus longtemps lorsqu’elle est plongée dans les gaz les moins respirables ?
- Comment prévoir les applications d’un agent aussi extraordinaire, lorsque ceux qui peuvent en tirer parti ignorent encore son existence ?
- Comme agent chimique, la pile, à qui nous devions déjà la galvanoplastie, la dorure et l’argenture électrique, la pile, par les mains de M. Deville, maître de conférences à l’éçole normale, a tiré de l’argile même un métal nouveau, ïaluminium, que ses belles qualités recommandent à l’attention de l’industrie.
- Entre les mains de M. Despretz elle a fait plus encore, elle a converti le charbon en diamant; non, sans doute, en diamants faits pour prendre place dans les parures que le joaillier façonne, mais du moins en diamants que la science reconnaît pour tels. On savait, il est vrai, depuis longtemps, par les forces seules de h chimie, transformer le
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- DISCOURS DE M. DUMAS.
- XV
- diamant en charbon; mais il était réservé aux forces électriques, et à elles seules, dô transformer à son tour le charbon en diamant.
- Si de ces découvertes nous passons à des applications déjà acceptées par la pratique, comment n’être pas frappé d’admiration en voyant avec quelle précision merveilleuse l’électricité façonne, par simples dépôts galvanoplastiques, les belles planches que M. Hulot emploie pour l’impression des timbres-postes ?
- Comment méconnaître l’immense avenir de l’industrie fondée par les travaux de MM. Elkington et de Ruolz, et si habilement mise en œuvre par M. Christofle, dont les ateliers, animés par la pile seule, rivalisent d’importance néanmoins avec les plus belles usines, et dont les travaux surpassent en régularité les produits des plus anciennes industries ?
- Et pourtant, lorsqu’on a vu les ateliers de M. Elkington marcher à leur tour, au moyen d’une électricité que la pile n’engendre pas, qui est empruntée à des aimants lixes au moyen de masses en fer doux mises en mouvement par une machine à vapeur, il semble qu’on ait constaté un progrès de plus.
- Là, on brûle du charbon sous une chaudière, et il produit de la vapeur. Celle-ci met en mouvement une machine qui fait tourner le fer destiné à emprunter le magnétisme aux aimants. Ce magnétisme se convertit en électricité, qui à son tour va fonctionner dans des cuves immenses comme puissance chimique, pour obliger l’or ou l’argen t à se déposer sur les bronzes qu’il s’agit de décorer. Chaleur, force mécanique, magnétisme, électricité, action chimique, telle est la série de transformations qu’éprouve la force excitée, avant d’atteindre son but. M. Elkington opère donc ses décompositions chimiques manufacturières au moyen de l’électricité qu’un aimant engendre, et il consomme seulement, pour faire cet emprunt, le plus commun des agents industriels, la houille.
- Est-il nécessaire ici, aujourd’hui surtout, de vous prouver que la pile a fait de sérieux progrès à titre d’agent mécanique?
- Ignorez-vous qu’un de nos mécaniciens les plus habiles, M. Froment, fait marcher depuis longtemps ses ateliers au moyen d’un moteur électrique ; qu’il trouve dans son emploi une régularité, une simplicité, une économie même qui lui assurent une supériorité incontestable sur tous les autres agents?
- Avez vous oublié les résultats remarquables obtenus par M. Nicklès pour la construction des freins électriques qu’il applique aux chemins de fer ?
- N’avez-vous pas vu, comme exemple de machine industrieuse, le métier que M. le chevalier Bonnelli vient d’exposer sous vos yeux, où le lisage et la mise en carte nécessaires dans les métiers à la Jacquard sont supprimés, et où le travail promet de s’effectuer avec une dépense d’électricité bien minime et une diminution sérieuse dans les fatigues de l’ouvrier?
- Enfin, n’avez-vous pas été frappés de la simplicité et de l’énergie du moteur électrique dont le modèle vient de fonctionner sous vos yeux, qui, avec un prix d’ac-
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- XVI
- DISCOURS DE M. DUMAS.
- quisition de 1,000 francs et une dépense journalière de 2 francs au plus, réalise déjà la force d’un cheval-vapeur, et dont le 'jeune inventeur, M. Marié Davy, professeur à la faculté des sciences de Montpellier, est loin de regarder pourtant la construction comme arrivée à son dernier terme ?
- L’électricité, qui transporte la pensée avec une rapidité telle qu’en moins d’une seconde elle aurait fait quatre fois le tour de la terre, transportera donc bientôt de la lumière, de la force chimique, de la force mécanique, peut-être même de la chaleur pour quelques usages spéciaux.
- Ce transport, chose merveilleuse, se fait sans grande perte pour de courtes distances. Faut-il agir, la force est toujours prête. Faut-il se reposer, elle ne dépense rien. Faut-il se mouvoir, rien ne lui fait obstacle; elle descend les vallées, gravit les montagnes, traverse les cours d’eau, passe au milieu des cités, et se trouve, au terme du parcours, avec toute son énergie, comme un liquide qui reprend son niveau.
- En 1850, nous demandions ici : Est-il donc impossible de créer de petits moteurs capables de prendre place dans les chaumières? N’y a-t-il aucun moyen, ce moteur étant placé au centre du village ou du hameau, de s’en servir pour distribuer la force dans chaque chaumière, à la portée de chaque famille?
- Un pareil moteur, disions-nous encore, permettrait au père de famille de travailler près de son foyer, au milieu de ses enfants; à la jeune fille, d’accomplir sa tâche sous les yeux de sa mère. Il donnerait aux habitants des campagnes la faculté d’accroître leur bien-être par un travail manufacturier, sans entrer en contact avec la corruption et le désordre, en restant au milieu des conditions de salubrité et de moralité que la vie de famille réalise seule.
- Nous avions raison. Vous voyez aujourd’hui que, si les progrès de l’industrie avaient forcé les ouvriers à se grouper autour des chutes d’eau ou des machines à vapeur, des progrès nouveaux, rendant facile la distribution de la force à distance, reconstitueront, un jour, l’indépendance du foyer domestique et l’unité de la famille laborieuse.
- L’impulsion énergique de Sa Majesté a porté ses fruits; ses vœux ont été entendus. Votre conseil entoure de toutes ses sympathies et de toutes ses sollicitudes les inventeurs que cette haute initiative a déjà suscités; vos applaudissements récompensent leurs efforts.
- Nous obéissons ainsi tout à la fois à nos convictions scientifiques et aux sentiments de reconnaissance qui nous sont inspirés par l’accueil fait à votre bureau dans l’audience particulière que Sa Majesté a bien voulu lui accorder et où il a reçu l’assurance que la Société, dans sa maturité, retrouverait en Napoléon III un protecteur aussi sympathique que celui qu’elle avait, à sa naissance, en Napoléon I, son fondateur.
- L’assemblée tout entière, par des applaudissements répétés, s’associe aux sentiments de son président.
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- LISTE
- DES"MEMBRES TITULAIRES, DES ADJOINTS ET DES MEMBRES HONORAIRES COMPOSANT LE CONSEIL D’ADMINISTRATION DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT.
- Année 1854,
- MEMBRES TITULAIRES.
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- Président.
- 1829 Dumas ( C. ), sénateur, membre de 1823
- F Académie .des sciences, rue de Vau-girard ,58.
- Vice-présidents.
- 1833 Le baron A. Seguier (0. ), avocat à 1842
- la cour d’appel, membre de l'Académie des sciences, rue Garancière, 11.
- 1828 Darblay (0. ^ ), membre de la Société 1843
- impériale et centrale d’agriculture, rue de Lille, 74. 1848
- Secrétaire.
- 1845 Le baron Charles Dupin (G. 0. ^ ), 1849
- sénateur, membre de l’Académie des sciences, rue du Bac, 24.
- Secrétaires adjoints. 1850
- 1839 Combes (0. ^ de l’Académie des 1850
- sciences, inspecteur général des mines, rue du Regard, 3.
- 1836 Peligot ( E. ) ( ^ ), membre de l’Aca- 1854
- démie des sciences, professeur au Conservatoire impérial des arts et métiers, quai Conti, 11.
- 1854
- Trésorier.
- 1825 Agasse ( ^ ), notaire honoraire, rue du
- Bac, 86.
- Censeurs. 1831
- 1816 Jomard (0. %), membre de l’Institut
- de France, conservateur-administrateur de la bibliothèque impériale, rue Neuve-des-Petits-Champs, 14. 1831
- 1854 Poncelet (G. 0. général du génie,
- membre de l’Académie des sciences, rue de Vaugirard, 58. 1840
- COMMISSION DES FONDS.
- MM.
- Michelin ( Hardouin ) ( ),. doyen des
- conseillers référendaires à la cour des comptes, rue Saint-Guillaume, 16, faubourg Saint-Germain.
- B. de Mony-Colchen , conseiller référendaire à la cour des comptes, rue Chauchat, 18.
- de Valois ( ^ ), régent de la banque de France, rue Joubert, 31.
- Vauvilliers ( O. ^ ), ancien conseiller d’Etat, rue de la Ferme, 34 bis.
- E. de Ladoucette (-3^), député au corps législatif, ancien sous-préfet, rue St.~ Lazare, 58.
- Boulard ( ), notaire honoraire, rue
- des Petits-Augustins, 21.
- Le marquis de Pastoret ( Amédée ) ( O. ), sénateur, membre de l’Institut , place de la Concorde, 6.
- Mimèrel ( C. ^ ), de Roubaix, sénateur, rue Neuve-des-Mathurins, 39.
- Hurteaux, docteur en médecine, rue du Bac, 86.
- COMITÉ DES ARTS MÉCANIQUES.
- Amédée-Durand ( ^ ), ingénieur-mécanicien, membre de la Société impériale et centrale d’agriculture, rue de l’Abbaye-Saint-Germain, 10.
- Saulnier (Jacques-François) (-3^), ancien membre du conseil général des manufactures, rue d’Enghien, 46.
- Calla (-3^ ), ingénieur-mécanicien, an-
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- MEMBRES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION.
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- 1847
- 1840
- 1847
- 1829
- 1850
- 1850
- 1824
- 1827
- 1830
- 1831
- 1840
- MM.
- cien membre du conseil général des manufactures, rue Lafayette, 11.
- Baude (O. ), ingénieur en chef au
- corps impérial des ponts et chaussées, rue Royale-Saint-Honoré, 13.
- Le Chatelier [ $£), ingénieur en chef au corps impérial des mines, rue de Vaugirard, 84.
- Alcan, ingénieur civil, professeur au Conservatoire impérial des arts et métiers, rue d’Aumale, 23.
- Benoît (^), ingénieur civil, ancien professeur à l’école d’application d’état-major, rue Saint-Guillaume-Saint-Germain, 15.
- Duméry, ingénieur civil, rue des Petites-Ecuries, 45.
- Laboulaye (Ch.), ancien élève de l’école polytechnique, rue Madame, 30.
- COMITÉ DES ARTS CHIMIQUES.
- Gaultier de Claubry (O. ^ ), professeur à l’école de pharmacie , membre de l’Académie impériale de médecine, rue des Fossés-Saint-Yictor, 45.
- Payen (O. ), membre de l’Académie
- des sciences, professeur au Conservatoire impérial des arts et métiers et à l’école centrale des arts et manufactures, rue Saint-Martin, 292.
- Bussy (*), membre de l’Académie des sciences, de l’Académie impériale de médecine, directeur de l’école de pharmacie, rue de l’Arbalète, 13.
- Chevallier (•$£), membre de l’Académie impériale de médecine, professeur à l’école de pharmacie, quai Saint-Michel, 29.
- Frémy (^ ), professeur de chimie à l’école polytechnique et au muséum d’histoire naturelle, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 16.
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- 1844
- 1844
- 1847
- 1847
- 1824
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- 1828
- 1832
- 1840
- 1840
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- 1847
- 1847
- 1810
- MM.
- Balard [%), membre de l’Académie des sciences, professeur de chimie au collège de France, rue de l’Ouest, 73.
- Cahours ( ), essayeur à la Monnaie,
- quai Conti, 11.
- Leblanc ( Félix ), ingénieur civil des mines, répétiteur à l’école polytechnique, rue de la Yieille-Estrapade, 9.
- Levol , essayeur à la Monnaie, quai Conti, 11.
- COMITÉ DES ARTS ÉCONOMIQUES.
- Pouillet (O. ^ ), membre de l’Académie des sciences, rue du Faubourg-Poissonnière, 75.
- Gourlier ( ), inspecteur général,
- membre du conseil des bâtiments civils, rue Bonaparte, 43.
- Péclet (O. ancien inspecteur gé-
- néral de l’université, professeur à l’école centrale des arts et manufactures, rue de l’Ouest, 38.
- Herpin, docteur en médecine, rue Ta-ranne, 7.
- Becquerel ( Ed. ) ( ^ ), professeur de physique appliquée aux arts au Conservatoire impérial des arts et métiers, rue Cuvier, 57.
- Trébuchet chef de bureau à la
- préfecture de police, rue de l’Est, 1.
- Le baron E. de Silvestre, ancien élève de l’école polytechnique, rue de Ver-neuil, 33.
- Barre (O. ^), graveur général des monnaies, quai Conti, 11.
- Priestley (Ch.), professeur-répétiteur à l’école centrale des arts et manufactures, rue Pavée, 3, au Marais.
- COMITÉ d’agriculture.
- Vilmorin aîné ( ), membre corres-
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- MEMBRES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION.
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- MM.
- 1828
- 1828
- 1844
- 1846
- 1849
- 1850
- 1850
- 1851
- pondant de l’Académie des sciences et de la Société impériale et centrale d’agriculture, rue du Bac, 39.
- Huzard ( ^ ), membre de la Société impériale et centrale d’agriculture, de l’Académie de médecine et du conseil de salubrité, rue de l’Eperon, 5.
- Darblay (O. ^), membre de la Société impériale et centrale d’agriculture, rue de Lille, 74.
- Moll ( ^ ), membre de la Société impériale et centrale d’agriculture, professeur au Conservatoire impérial des arts et métiers, rue d’Enfer, 57.
- Brongniart (Adolphe) (O. %), membre de l’Académie des sciences, professeur au muséum d’histoire naturelle, rue Cuvier, 35.
- Vilmorin (Louis), membre de la Société impériale et centrale d’agriculture, quai de la Mégisserie, 28.
- d’Havrincourt (O. ^ ), ancien officier d’artillerie, propriétaire - cultivateur, rue de Varenne, 43.
- Crespel-Dellisse (Tiburce) ( ), pro-
- priétaire - cultivateur, fabricant de sucre de betterave, place Saint-Georges, 28.
- Ad. Dailly, membre de la Société im-
- MM.
- périale et centrale d’agriculture, rue Pigalle, 6.
- COMITÉ DE COMMERCE.
- 1843
- 1844
- 1846
- 1846
- 1846
- 1852
- 1854
- 1854
- Gautier (O. ^ ), sénateur, sous-gouverneur de la banque de France, rue de la Vrillière, 3.
- Gaulthier de Bumilly (>$£), ancien conseiller d’État, rue Taitbout, 47.
- Biétry (O. ^ ), manufacturier, rue de Bichelieu, 102.
- Chapelle (*), ingénieur-mécanicien, rue du Chemin-Vert, 3.
- Delessert ( Benjamin ), banquier, rue Montmartre, 176.
- Julien ( ), chef de la division du
- commerce intérieur au ministère de l’agriculture, du commerce et des travaux publics, rue de Varenne, 78 bis.
- Godard (^0, administrateur de la compagnie des cristalleries de Baccarat, rue du Faubourg-Montmartre, 6.
- Lainel (O. ^ ), ancien membre du conseil général des manufactures, ancien inspecteur et officier d’administration principal, en retraite , rue Basse-du-Rempart, 10.
- MEMBRES ADJOINTS.
- COMITÉ des arts mécaniques. 1851
- 1850 Pihet ( Eugène ), ancien constructeur-
- mécanicien, rue Saint-Gervais, 3. 1851
- 1851 Callon ( ), ingénieur au corps im-
- périal des mines, rue de l’Ocléon, 20. 1851
- COMITÉ DES ARTS CHIMIQUES. 1851
- 1846 Thénard (Paul) (Jjfc), chimiste, place Saint-Sulpice, 6.
- Barral, ancien élève de l’école polytechnique , professeur de chimie, rue Notre-Dame-des-Champs, 82.
- Barreswil, professeur de chimie à l’école Turgot, rue de la Ferme, 7.
- Jacquelain, chimiste, ingénieur, rue Soufflot, 10.
- Salvétat, membre .de la Société philomathique, chimiste de la manufacture impériale de porcelaines de Sèvres ( Seine-et-Oise ).
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- MEMBRES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION.
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- MM
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- MM.
- COMITÉ DES ARTS ÉCONOMIQUES.
- COMITÉ D’AGRICULTURE.
- 1852 Clerget ( ), chef à l’administration
- des douanes, rue de Condé, 5.
- 1853 Silbermann , conservateur des collec-
- tions du Conservatoire impérial des arts et métiers, rue Saint-Martin, 292.
- 1852
- Jourdier , propriétaire - cultivateur , membre de Sociétés d’agriculture, rue Saint-Louis, 5, à Versailles (Seine-et-Oise ).
- MEMBRES HONORAIRES.
- 1804
- PRÉSIDENT HONORAIRE.
- Le baron Thénard ( G . O. membre de l’Académie des sciences, membre du conseil de l’université, place Saint-Sulpice, 6.
- 1805
- SECRÉTAIRES HONORAIRES.
- ral des manufactures, à Essonne ( Seine-et-Oise ).
- COMITÉ DES ARTS CHIMIQUES.
- Boullay (O. ^ ), membre de l’Académie impériale de médecine, rue de Provence, 21.
- 1802
- 1816
- Cl. Anth. Costaz [$£), ancien chef de la division des arts et manufactures au ministère de l’intérieur, rue Jou-bert, 23.
- Jomard ( O. ), membre de l’Institut de France, conservateur-administrateur de la bibliothèque impériale.
- 1818
- 1818
- COMMISSION DES FONDS.
- 1832
- Le duc de Montmorency (Raoul) (O. $£), rue Saint-Dominique - Saint-Germain, 119.
- 1823
- 1827
- COMITÉ DES ARTS MÉCANIQUES.
- 1845 Kerris ( ^ ), ingénieur de la marine, à
- Toulon ( Var ).
- 1846 Féray (Ernest) (O. %), manufactu-
- rier, ancien membre du conseil géné-
- 1842
- COMITÉ DES ARTS ÉCONOMIQUES.
- Le baron Cagniard de Latour (*), membre de l’Académie des sciences, rue du Rocher, 50.
- comité De commerce.
- Bérard (O. ^ ), ancien conseiller d’É-tat, rue des Écuries-d’Artois, 13.
- Delessert ( François ) ( O. ^ ), membre de l’Académie des sciences, rue Montmartre, 176.
- Le baron Busche (*), ancien préfet, membre de la Société impériale et centrale d’agriculture, rue des Saints-Pères, 5.
- DE CoLMONT ( O. ancien inspecteur général des finances, rue Saint-Dominique, 182, au Gros-Caillou.
- PARIS. — IMPRIMERIE DE Mme Ve BOUCHARD-IIÜZARD , RUE DE L’ÉPERON, 5.
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- PIÈCES JUSTIFICATIVES.
- COMPTE RENDU DES TRAVAUX.
- Exposé des travaux du conseil d’administration de la Société, an 1852.
- Dans sa séance générale du mois d’août 1852, la Société récompensait, par deux médailles de bronze, huit médailles d’argent et une médaille de platine, des perfectionnements apportés aux instruments de précision, aux machines à vapeur, aux moteurs hydrauliques, aux mécanismes de moulin, aux armes à feu et à quelques autres appareils; par une médaille de bronze, deux médailles d’argent, deux médailles de platine et trois médailles d’or, les industries qui dépendent des arts chimiques, telles que la préparation de la benzine, un instrument propre à doser la richesse des alcalis, l’application des couleurs à base de zinc à F aquarelle, à la gouache, à la peinture à l’huile, les toiles à peindre rendues inaltérables, l’impression des cartes murales, la fabrication de la cé-ruse et les travaux d’art céramique.
- Les arts économiques et l’agriculture recevaient sept médailles de bronze, quatre médailles d’argent, deux médailles de platine et une médaille d’or pour des améliorations dans les divers modes d’éclairage, par l’huile, par le gaz ; dans l’art de la boulangerie, sous les rapports du pétrissage des farines, de la construction des fours, des essais des essences de bois propres à leur chauffage ; dans la réparation de l’étamage des glaces, dans le moulage du plâtre et dans la mouture du maïs.
- Le conseil d’administration, organe de là Société d’encouragement, après un examen approfondi des divers comités qui le composent, a jugé dignes de ses médailles des innovations dont l’énoncé seul révèle l’importance et l’opportunité : la construction des grandes machines, la ventilation des mines, les sonneries électro-télégraphiques, l’horlogerie, les instruments de précision, de musique, la fabrication des peignes de tisserand, le tissage, le dynamomètre appliqué à essayer la solidité des tissus, les distilleries de betteraves, le travail du caoutchouc, l’impression mécanique des papiers peints, la construction des voitures, la fabrication des rasoirs, les moyens de sûreté des armes à feu portatives, les appareils de salubrité, de sécurité dans le fichage des échalas, de préservation de l’action des poussières siliceuses.
- Ce ne sont pas les seules récompenses que votre conseil d’administration a le bonheur de décerner :
- Vingt-cinq contre-maîtres recevront des médailles : parmi les candidats, c’est avec une véritable satisfaction que la Société entendra proclamer les noms de contre-maîtres attachés aux établissements agricoles ; la Société se félicite d’avoir appelé ces hommes utiles à concourir à ces distinctions si honorables et aujourd’hui si recherchées.
- Là ne s’est point arrêtée la sollicitude de la Société : elle a voulu que, lorsqu’une école industrielle aura sollicité son examen sur les travaux de ses élèves et que, d’après Tome Ier. — 53e année. 2e série. — Janvier 1854. 1
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- fcoMPîE Rendu Les travaux.
- cet examen, ces travaux auront été reconnus mériter des marques de satisfaction, il soit accordé, à ceux des élèves qui seront jugés les plus dignes par leurs travaux et leur conduite, des livres, dessins, modèles ou instruments, lesquels porteront, chacun, la mention du don fait par la Société, ainsi que les noms de l’école et de l’élève, accompagnés d’un diplôme ou certificat qui contiendra la même mention.
- Comme les médailles de contre-maîtres, ces récompenses seront distribuées chaque année. C’est pour la première fois que le conseil fait l’application de cette décision de la Société.
- Nous nous proposions de mettre sous vos yeux l’exposé des travaux du conseil depuis la dernière séance générale; mais les rapports qui vont vous être présentés, les récompenses qui seront décernées nous engagent à en référer au Bulletin, où ces documents sont insérés.
- Après les pertes si regrettables de M. le comte de Lambel, de M. le duc cleMirepoix, de M. le baron de Silvestre, de M. Ebelmen, nous avons encore à déplorer avec vous des pertes non moins douloureuses; nous avons perdu quatre membres du conseil dont le concours si zélé et si bienveillant nous était assuré depuis bien des années ; M. Th. Olivier, M. Bouriat, M. le vicomte Héricart de Thury et M. Mallet.
- 1° M. Théodore Olivier, ancien élève de l’école polytechnique.
- M. Dumas, au nom de la Société d’encouragement, lui a adressé l’expression de sa reconnaissance, de son affection et de ses regrets : elle le comptait au nombre des membres les plus dévoués de son conseil.
- « M. Olivier était un peu absolu dans ses goûts comme dans sa vie, a dit M. Dumas, « la géométrie descriptive l’absorbait tout entier; gardien de l’héritage de Monge, il « se fût reproché d’en délaisser un seul moment la culture pieuse.
- « Cependant, s’il fallait écrire l’histoire de la Société d’encouragement, s’opposer à « la destruction du sucre indigène, restituer à Philippe de Girard ses droits, sa plume « savait trouver des accents de reconnaissance ou une verve de conviction qui ont « laissé ici de longs souvenirs. »
- M. E. Peligot, président du conseil de perfectionnement du Conservatoire impérial des arts et métiers, ajoutait :
- « La mort de M. Théodore Olivier laisse un grand vide au Conservatoire des arts et « métiers, à l’école centrale, à la Société d’encouragement; savant distingué, pro-« fesseur éminent, homme de bien, pratiquant jusqu’à l’exagération le désintéresse-« ment et le dévouement personnel, cachant sous une apparence de rudesse et de « fermeté une bienveillance beaucoup plus grande et plus réelle, sa mémoire restera « toujours chère à ses amis, c’est-à-dire à tous ceux qui l’ont connu. »
- 2° M. Bouriat fut l’un des premiers administrateurs de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale ; il faisait partie du comité des arts économiques et prenait à ses travaux la part la plus assidue.
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- CONCOURS.
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- La douceur du caractère de M. Bouriat, son aménité, Sa bienveillance le faisaient estimer et chérir de tous ses collègues.
- 3° Dès 1816, M. le vicomte Héricart de Thury s’associait aux travaux de votre conseil d’administration ; l’intérêt de la Société lui fut constamment cher; comme membre de son conseil d’administration, ses rapports sont de véritables instructions qui seront toujours consultées avec fruit. Il a propagé l’art du sondage, fait apprécier la richesse et la variété de nos carrières de marbre ; possédant des connaissances aussi variées qu’étendues, sa bienveillance naturelle lui faisait accueillir avec sympathie tous ceux qui avaient conçu une idée utile, il les aidait puissamment de ses conseils et de sa juste influence.
- 4° M. Charles Mallet, que le comité des arts mécaniques possédait dans son sein depuis 1823, apportait dans ses délibérations un esprit observateur. Malgré son âge avancé, il assistait à toutes ses réunions ; les rapports qu’il soumettait aux délibérations de ses collègues étaient le fruit de longues études, de consciencieuses recherches.
- M. Ch. Mallet apportait dans toutes ses relations une exquise urbanité qui ne le quittait jamais.
- Des notices viendront retracer plus tard la part active que chacun d’eux, animé du même zèle, mû par une noble émulation, prenait aux progrès de nos arts agricoles et manufacturiers ; elles diront les preuves de dévouement qu’ils n’ont cessé de donner en toute occasion à l’institution do la Société.
- CONCOURS.
- COMPTE RENDU DU RÉSULTAT DÉS CONCOURS OUVERTS PAR LA SOCIÉTÉ ;
- PAR M. LE BARON CHARLES DUPIN.
- Dans sa séance générale de mars 1852, la Société d’encouragement a affecté une somme de 19,000 fr. à la solution de cinq questions qui concernent :
- 1° La rédaction d’une instruction générale contenant l’indication des diverses sortes de matériaux naturellement ou artificiellement incombustibles, de leur nature, de leurs dimensions habituelles, de leur application la plus convenable ;
- 2° Pour tous les nouveaux procédés, nouvelles espèces de matériaux ou nouveaux modes de construction susceptibles de produire l’incombustibilité;
- 3° Pour un procédé propre à faire reconnaître les matériaux et bétons qui résistent à l’action de l’eau de la mer;
- 4° Pour la découverte de chaux hydrauliques ou de pouzzolanes artificielles possé-
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- CONCOURS.
- dant les mêmes qualités pour les constructions sous-marines, égales aux chaux hydrauliques ou pouzzolanes naturelles ;
- Et 5° Pour l’emploi de chaux hydrauliques ou pouzzolanes, matériaux artificiels, dont l’efficacité aura été constatée par une expérience de huit années.
- Le terme de la fermeture des concours pour les deux premières questions est arrivé; les commissaires de la Société sont appelés à prendre connaissance des mémoires et pièces qui révéleront les efforts des concurrents pour la solution de questions dont l’opportunité est si généralement appréciée.
- A l’égard des questions qui ont pour objet l’étude de procédés d’une si haute importance pour les constructions sous-marines, le conseil n’attendra pas la clôture de ces divers concours pour signaler les travaux qni mériteront une mention spéciale.
- La Société d’encouragement ne pouvait rester indifférente aux dangers qui menacent l’avenir d’une de nos plus belles industries, l’industrie vinicole; elle a proposé, à court délai, des prix pour une valeur de 10,000 fr., destinés à récompenser les praticiens et les savants qui, par des observations bien faites, par des expériences authentiques, par des recherches convenablement dirigées, auront jeté quelques lumières tant sur l’origine et la marche de la maladie de la vigne que sur les effets obtenus par l’emploi des moyens préventifs ou curatifs appliqués à les combattre.
- La Société d’encouragement s’est ainsi associée à la sollicitude du gouvernement, qui, par les soins des autorités, des sociétés d’agriculture, etc., s’efforce de soustraire l’industrie vinicole à cette situation si désastreuse.
- En Italie, en Allemagne, etc., l’appel de la Société a été entendu ; des agriculteurs et des savants étrangers ont adressé des observations, des mémoires, qui, joints à ceux des concurrents français, propageront, nous devons l’espérer, de saines et utiles notions.
- Cent quatorze concurrents ont adressé à la Société le résultat de leurs investigations.
- Dans sa séance du 11 janvier dernier, le conseil d’administration a mis au concours la solution des questions suivantes :
- 1° Trouver une composition qui permette, sans altérer la valeur actuelle des faïences et sans augmenter leur prix , de remplacer l’acide borique ou le borax dans les gla-cures des poteries.
- Le prix est fixé à la somme de 3,000 fr.
- 2° Une somme de 1,500 fr. sera décernée, à titre de récompense, à l’auteur de la découverte, en France ou dans ses possessions , de gisements exploitables d’acide borique.
- 3° Une médaille de 500 fr. sera décernée à l’industriel qui pourra réussir à introduire, en France, pour les y traiter, des matières autres que le tinkal ou l’acide brut de Toscane , contenant de l’acide borique en quantité suffisante pour une exploitation régulière.
- Les mémoires et pièces justificatives devront être remis le 31 décembre 1855.
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- RECETTES ET DEPENSES.
- L’introduction de l’acide borique et des borates dans les glaçures des faïences fines doit compter au nombre des améliorations les plus importantes dont ait été l’objet la fabrication des poteries.
- Les arts céramiques offrent actuellement à l’acide borique de Toscane son débouché le plus considérable, et toute crise commerciale qui menacerait l’importation de ce produit en France entraverait également nos manufactures de faïences.
- Il appartient à la Société d’encouragement pour l’industrie nationale , sous l’inspiration de laquelle nos terres de pipe et nos faïences se sont réellement transformées , de faire acte de prévoyance; il est de son devoir d’encourager généreusement de nouveaux perfectionnements, heureuse s’il lui était permis, cette fois encore, d’être utile au pays.
- C’est pour calmer les inquiétudes légitimes exprimées par plusieurs manufacturiers que ces prix ont été proposés, et c’est pour augmenter les ressources dont la Société dispose, que le conseil d’administration a accepté la somme de 1,500 fr., que les directeurs des fabriques de Creil et de Montereau ont généreusement offerte à la Société d’encouragement.
- Le conseil d’administration aurait, dans cette séance, présenté les résultats des travaux de ses comités pour apprécier les solutions données aux nombreuses questions mises au concours , et dont la clôture a été prononcée ; mais, si pour quelques-unes d’entre elles leur opinion est arrêtée, pour le plus grand nombre il reste des renseignements à demander ou des expériences à faire.
- Ce n’est donc qu’à la séance générale de la fin de cette année que l’ensemble de ces appréciations pourra être mis sous les yeux de la Société.
- RECETTES ET DÉPENSES.
- rapport sur les recettes et les dépenses de la Société d’encouragement pour Vindustrie nationale pendant l’exercice de 1852; par m. boulard.
- Les comptes remis par M. Agasse, trésorier, sont comme ceux des années 1849, 1850 et 1851, divisés en trois parties.
- La première comprend les fonds généraux.
- Les relevés dont M. le trésorier les a fait suivre font connaître ce qui s’applique aux exercices précédents, à celui de 1852 ainsi qu’aux capitaux.
- Les fonds d’accroissement et de réserve forment la seconde partie.
- Les fondations confiées aux soins de la Société sont l’objet de la troisième partie.
- L’état des valeurs appartenant à la Société termine les comptes.
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- RECETTES ET DEPENSES.
- Recette. 1852. B|icjg6t annuel.
- 1Q Souscription du ministère 4,000 fr. »
- 2° Souscriptions particulières antérieures à 1852. . 1,332 »
- 3° Souscriptions de 1852. . . , 20,160 »
- Vente du Bulletin. ......... 436 79
- 5° Arrérages d’inscriptions et remboursement de fractions 29,020 47
- 6° Retrait de la caisse des dépôts volontaires.. . . 10,000 »
- 7° Intérêts payés par cette caisse. ...... 39^ 40
- 8° Droits de surcharge et de mitoyennetés. . . . 215 56
- 9° Balance du compte de 1851,. ...... 838 82
- Total 66,399 04
- Dépense.
- Les dépenses sont établies sous une seule série d’articles avee deux divisions, l’une pour les dépenses fixes et l’autre pour les dépenses variables.
- Prévisions
- Dépenses fixes. du budgel.
- 1° Bïdletin. 21,917 fr. 25 21,325fr. »
- 2° Programmes de prix 426 65 500 »
- 3° Impressions diverses 1,935 85 600 »
- 4° Séances générales 299 70 300 »
- 5° Abonnements 428 45 400 »
- 6° Lettres et affranchissements. ... . . 668 20 600 »
- 7° Loyer 3,790 97 3,400 »
- 8° Agence 4,019 68 4,000 »
- 9° Employés 3,800 » 3,800 »
- 10° Pension de Mme Guillard-Senainville. 1,200 » 1,200 »
- 11° Éclairage et chauffage 1,553 50 1,500 »
- 12° Bibliothèque 249 75 250 »
- 13° Dépenses diverses 2,699 80 1,500 »
- 14° Assurance contre l’incendie 101 55 200 »
- Totaux 43,091 35 39,575 »
- Les prévisions du budget ont été dépassées d’une somme de 3,516 fr. 35 c.
- La somme affectée au Bulletin a été de 592 fr. 25 c. au-dessus des évaluations ; en examinant les divers paragraphes qui composent les dépenses du Bulletin, les motifs de cet excédant de dépense seront exposés.
- Les impressions diverses ont dépassé de 1,335 fr. 85 c. Je chiffre du budget ; dans cette somme est comprise celle de 966 fr. 40 c. pour la dépense nécessitée par la pu-
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- RECETTES ET DÉPENSES.
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- blicatipn de Y Annuaire. Lors de la formation du budget, il n’était pas question de cette publication, ainsi que le fait remarquer M. le trésorier; c’est donc une dépense imprévue; reste une somme de 369 fr. 25 c. en plus, pour l’impression de bandes d’adresses et de circulaires.
- Les frais occasionnés par la tenue des séances générales ne sont pas sortis des limites du crédit.
- Les abonnements aux ouvrages français et étrangers n’ont dépassé le crédit que de 28 fr. 45 c.
- L’article relatif aux frais de port de lettres et affranchissements pffre une augmentation de 68 fr. 2Q c.
- Le chiffre affecté à cette dépense subit nécessairement des variations en raison de l’étendue et de la multiplicité de la correspondance.
- L’évaluation portée au budgpt pour le loyer n’était que de 3,400 fr.; la dépense s’est élevée à 3,790 fr. 97 c., motivée par l’indemnité due pour réparations locatives de l’appartement que la Société occupait rue du Bac et par l’abonnement aux eaux de la ville pour le nouveau local.
- L’agence donne un surplus de 19 fr. 68 c. qui a été appliqué à la partie variable du traitement de l’agent.
- Les articles relatifs aux employés et aux pensions sont restés dans les limites du budget.
- Une légère diminution se fait remarquer dans l’article de la bibliothèque.
- Le budget portait à la somme de 1,500 fr. l’article des dépenses diverses; la dépense a été de 2,699 fr. 80 c.; c’est donc une somme de 1,199 fr. 80 c. au-dessus des prévisions; mais, indépendamment de ce qui restait dû sur f851, il y a eu toutes les dépenses relatives au déménagement, tant en lui-même qu’à cause d’objets qui ont été renouvelés.
- L’article de l’éclairage et du chauffage ne dépasse que de 53 fr. 50 c. l’évaluation du budget; c’est une dépense dont la moyenne ne peut être fixée qu’après plusieurs années.
- Le budget avait compris l’article assurance contre l’incendie pour 200 fr.; la dépense a été de 101 fr. 55 c.
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- RECETTES ET DEPENSES.
- Dépenses du Bulletin. Dépenses. Budget.
- 1° Rédaction principale 3,500 fr. » 3,500 fr. »
- 2° Articles particuliers 450 » 600 »
- 3° Papier 4° Impression du texte 3,692 4,882 50 65 8,000 »
- 5° Dessins. 1,445 » 1,300 »
- 6° Gravures 2,770 » 1,500 »
- 7° Gravure de lettres sur les planches 420 80 400 »
- 8° Impression des planches 2,044 » 3,000 »
- 9° Achats de cuivres . 438 » 400 »
- 10° Affranchissement 1,946 80 2,000 »
- 11° Mises en volumes 36 50 150 »
- 12° Remises à des libraires 216 » 300 »
- 13° Loyer et magasin 75 » 75 »
- Totaux 21,917 25 21,225 »
- Le budget précédent portait la dépense du Bulletin à 24,175 fr.; M. Vauvilliers, dans son rapport sur les recettes et. dépenses des années 1849 et 1850, a rappelé les mesures qui avaient été prises pour réduire le chiffre de la partie du budget relative au Bulletin à la somme de 21,225 fr. La dépense n’a excédé les prévisions du budget que d’une somme de 692 fr. 25 c., qui se répartit sur l’impression du texte, les frais de dessins et de gravures, de la gravure des lettres, achats de cuivres. Les autres articles , tels qu’extraits et traductions, l’impression des planches, affranchissement du Bulletin, mises en volumes et remises aux libraires, ont donné lieu à une diminution de dépense.
- Les évaluations du budget et les dépenses pour cette partie importante des publications de la Société tendent à un équilibre désirable, et qui sera surtout atteint par les nouvelles mesures que le conseil d’administration a prises, et qui doivent amener une régularité plus grande dans la distribution du Bulletin, tout en satisfaisant aux droits acquis à la bienveillance et à la justice de la Société, mesures qui sont la suite nécessaire de l’établissement du siège de la Société dans son nouveau local.
- Dépenses variables. Dépenses. Évaluations du budget.
- 1° Récompenses et encouragements 5,756 fr. 38 10,000 fr.
- 2° Expériences 641 20
- 3° Dépenses imprévues mémoire.
- 4° Réimpression du Bulletin mémoire.
- 5° Écoles 210 »
- 6° Monument élevé à Conté.. . 914 65
- 7° Nouveau local 20,677 13
- Total 28,199 36
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- RECETTES ET DEPENSES.
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- Les récompenses et encouragements n’ont pas atteint l’évaluation du budget.
- Les travaux des comités, pour apprécier jusqu’à quel point les questions mises au concours ont été résolues, demandent un temps qui ne peut être dépassé.
- Il est à observer, d’ailleurs, que de cette somme on doit retrancher celle de 631 fr. 75 c. affectée à des impressions accordées comme encouragements.
- En 1849, la Société a distribué en récompenses. . . . 8,238 fr. 65
- En 1850................................................. 128 »
- En 1851.............................................. 15,458 46
- En 1852............................................. 5,756 38
- Ensemble, pour les quatre années. ....... 29,581 49
- Le budget évalue les dépenses affectées aux expériences à 500 fr.
- Les dépenses pour cet article dépassent de 141 fr. 20 c.
- Cet excédant de dépense est justifié par l’examen, dans le département du Nord, des cultures de betteraves, et du traitement de la betterave desséchée, pour lesquels la Société a ouvert des concours.
- Conté fut, en 1801, l’un des premiers fondateurs de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale; tant qu’il vécut, il l’assista de son concours efficace.
- La ville natale de Conté, Séez, lui a élevé un monument; la Société a consacré une somme de 500 fr. à ce monument.
- En 1852, la ville de Séez a inauguré la statue de Conté; la Société d’encouragement avait délégué, pour assister à cette cérémonie, MM. Théodore Olivier et Gourlier, membres du conseil d’administration. La dépense du voyage des membres délégués a été de 414 fr. 65 c.
- Nouveau local.
- Les dépenses pendant l’exercice 1.852 se sont élevées à............................................
- Elles comprennent :
- 1° Traité avec M. Suldre, de l’Aude............
- 2° Droit de mitoyenneté avec M. Brière de Va-
- ligny......................................
- 3° Solde du prix du calorifère.................
- 4° Travaux supplémentaires.....................
- 5° Honoraires de M. Moll, architecte...........
- 6° Frais de garde..............................
- 7° Dépenses dites d'installation...............
- 8° Dépenses diverses...........................
- Total.....................
- 1,592 fr. »
- 43 72
- 222 67
- 5,900 36
- 3,572 10
- 210 55
- 8,931 77
- 204 96
- 20,678 13
- 20,678 13
- %
- Tome Ier. — 53e année. 2e série. — Janvier 1854.
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- RECETTES ET IMPENSES.
- 40
- Dans un résumé, 4L le trésorier a rappelé les dépenses des années 1$50, 1851 et 1852 applicables au nouveau local.
- Elles ont été, en 1850, de. . 91,074 fr. 97
- en 1851, de. . 48,618 90
- en 1852, de................................. 20,678 13
- Total.................. 160,372
- En résumé, les comptes des recettes et des dépenses de l’année 1852 et années antérieures se balancent par un excédant de dépense de 4,891 fr. 67 c.
- Les dépenses ont été de.................................... 71,290 fr. 71
- Les recettes de............................................ 66,399 04
- Excédant de dépense........................................ 4,891 67
- qui sera imputé au compte de 1853.
- Ainsi que M. Agasse l’avait fait pour les années dernières, il donne les relevés qui font connaître ce qui s’applique aux années antérieures et à l’exercice de 1852.
- Recette. Dépense.
- 1° Relevé applicable aux capitaux 10,838 fr. 82 20,677 fr. 13
- 2° Temps antérieurs à l’exercice 1852 3,332 » 916 65
- 3° Exercice de 1852 52,228 22 49,696 93
- Total égal à la recette générale Total égal à la dépense générale 66,399 04 71,290 71
- La recette applicable à l’exercice 1852 est de. . La dépense est de 52,228 22 49,696 93
- Il y a donc un excédant de recette de. . . . 2,531 29
- Fonds d’accroissement et de réserve.
- Le fonds d’accroissement est formé avec le quart du legs de W19 la comtesse Jollivet; c’est jusqu’au 3p janvier 1882 que ce fonds continuera de se cumuler.
- Le fonds de réserve se composait du placement du dixième des arrérages des inscriptions achetées avec les fonds généraux et de la totalité des arrérages des inscriptions déjà achetées avec ledit dixième. Une délibération du 26 février 1845, qui établissait le fonds de réserve, en fixait le terme à dix années.
- Ce prélèvement du dixième dps arrérages des inscriptions acquises avec les fonds généraux a cessé par suite de la fixation du dernier budget ; d’où il résulte que le fonds de réserve ne comprend que les arrérages des inscriptipiîs déjà acquises.
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- REÇjËTTJïS ET DÉPENSAS,
- 4° Fonds d’accroissement.
- u
- 1° Une année, échue le 22 septembre, du quart de l’inscription provenant de Mme la comtesse Jollivet. 3,009 fr. 80
- 2° Le semestre, échu le 22 mars, de l’inscription de
- 8,710 fr 4,355 »
- 3° Remboursement 17 77
- 4° Six mois d’arrérages de ces 0 fr. 80 c » 40
- 5° Un semestre, échu le 22 septembre, d’une inscription de 8,101 fr. à laquelle était réduite celle de 9,002 fr., formée de la réunion de celle de
- 8,710 fr. et d’upp dp 292 fr. acquise avec le semestre de mars, 4,050 50
- Total de la recette 11,433 4 7
- M. le trésorier fait observer qu’au semestre de mars les inscriptions achetées montaient à. . 9,002 fr. »
- Que la conversion en quatre et demi réduisait d’un dixième, soit 900 20
- Restait 8,101 80
- Le tréspr n’admettant pas de fractions, les
- 0 fr. 80 c. ont été remboursés, et l’inscription a été réduite à 8,101 fr. ÿépepse. 1° Excédant de dépense suivant le compte de 1851. 66 42
- 2° Prix d’achat de l’inscription de 292 fr. 5 p. 100. 5,843 50
- 3° Prix d’achat, le 27 septembre , d’upe autre ip-scription de 235 fr. 4 1/2 pour 100. . . . 5,448 15
- Total de la dépense 11,368 07 11,368 07
- Excédant de recette 65 40
- Cet excédant sera porté ap compte de 1853.
- En ajoutant à l’inscription de 8,101 fr., qui existait après la conversion, celle de
- 292 fr. achetée au semestre de septembre, la rente est de 8,336 fr.
- 2° Fonds de réservç rçduif à l’emplgi fies g,rrér%ç$ Vm^pription acquise avant la
- fin de 1851.
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- RECETTES ET DEPENSES.
- Recette.
- Excédant du compte de 1851 Semestre, au 2 mars, de l’inscription de 1,120 fr. 44fr.25
- 5 pour 100 Semestre, au 22 septembre, de l’inscription de 1,082 fr., à laquelle a été réduite, par la conversion, une inscription de 1,203 fr., formée de la réunion de celle ci-dessus de 1,120 fr., et 560 »
- d’une de 83 fr. achetée le 27 septembre. . . Remboursement de 0 fr. 70 c. formant une frac- 541 »
- tion de la conversion de 15 fr. 56 c 15 56
- Semestre de ces 0 fr. 70 c Lors de la conversion, il existait une inscription de Réduction d’un dixième par la conversion. . . Excédant en 4 1/2 pour 100 1,203 fr. » 120 30 1,082 70 » 35
- Total de la recette Dépense. Achat, au 27 septembre, de 83 fr. de rente 5 pour 1,161 16
- 100 1,664 10
- Excédant de dépense 502 94
- TROISIÈME PARTIE.
- Fondations confiées aux soins de la Société.
- Elles consistent, savoir :
- 1° Le prix fondé par M. le marquis d’Argenteuil, pour être décerné à l’auteur de la découverte la plus utile.
- 2° La distribution annuelle qui se fait au profit des auteurs peu fortunés, en exécution d’une disposition de M. Bapst.
- L’allocation faite par le même pour faciliter les découvertes.
- 3° Et le versement annuel de la somme de 1,000 francs, pendant cinq années , dû à la généreuse initiative de M. Christofle, et qu’il destine principalement à faciliter la prise de brevets d’invention et de perfectionnement.
- 1° Fondation de M.. le marquis d’Argenteuil.
- Recette.
- 1° Ce compte présentait, à la fin de 1851, la somme de............... 430 fr. 95
- 2° Semestre, au 22 mars, de l’inscription de 1,830 fr., 5 pour 100. 915 »
- A reporter. . . . 1,345 95
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- RECETTES ET DÉPENSES.
- 13
- Report............... 1,345 fr. 95
- Nota. Par la conversion du 5 en 4 1/2 pour 100, l’inscription a été réduite à 1,647 francs.
- 3° Semestre, au 22 septembre, de 1,647 francs. ...................... 823 50
- 4° Intérêts de la caisse des dépôts volontaires................
- Dépense.
- Elle consiste en deux placements à la caisse des dépôts volontaires, formant ensemble.................
- Il en résulte que l’excédant de dépense est de. .
- Situation au 31 décembre 1852.
- Au 31 décembre 1851, les placements des dépôts volontaires étaient de. .
- Les placements en 1852 ont été de.
- Par conséquent, il reste en dépôt. . En retranchant l’excédant de dépense.
- C’est une somme de..................
- la caisse
- La troisième période de six ans, pour la distribution du prix, sera close le 30 août 1857.
- 2° Fondation de M. Bapst.
- Recette.
- 1° Balance du compte de 1851......................
- 2° Un semestre de la rente de 1,739 fr. 14 c. à
- prendre dans l’inscription de 2,400 fr...............
- Par la conversion, l’inscription a été réduite à 2,160 fr. Dès lors la partie applicable aux auteurs peu fortunés n’est que de 1,562 fr. 20 c.
- 3° Semestre, au 22 septembre, de cette rente de 1,562 fr. 20 c.......................................
- Total de la recette.
- Dépense.
- 1° Solde des allocations de 1851, qui n’avaient pas été payées lors de la reddition du compte..
- 2° Distribution faite, en 1852, à treize industriels peu fortunés..........................................
- Total...............................
- 81 »
- . 2,250 45
- 2,300 fr. »
- 49 55
- 3,400 »
- 2,300 »
- 5,700 »
- 49 55
- 5,650 45
- 108 fr. 75
- 869 57
- 782 60
- 1,760 92
- 100 »
- 1,600 »
- 1,700 »
- î de 60 fr. 92 c.,
- l’année 1853.
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- RÈCÈTtES Eï DÉPÈNSES.
- U
- Fondation pour faciliter les découvertes.
- Recette Dépense en achat d’inscriptions 1,073 fr. 58 840 90
- Ce tjui forme un e-xcédant de recette de. . . qui sera employé dans le compte de 1853. 232 68
- 3° Donation de M. Christofle.
- M. Christofle a versé Sur cette somme il a été distribué Savoir : 1" Pour payer une premièré annuité de brevet. . 2° Pour payer une deuxième annuité de brevet. . 3° Comme récompense. ........ 500 fr. » 300 » 100 » 1*000 fr. » 900 »
- Il reste donc une somme de qui trouvera son emploi en 1853. 900 » 100 »
- VALEURS APPARTENANT A LA SOCIÉTÉ AU 31 DÉCEMBRE 1852.
- CHAPITRE Ier.
- Fonds généraux.
- 1° 39,736 francs de rente en iiiscription, 4 1/2 pour 100.
- Savoir : 1° Provenant de la succession de Mtoe la comtesse Jollivet 11,405 fr. »
- 2° Dépendant du fonds d’accroissement. . . . 8,336 »
- 3° Dépendant du fonds de réserve 1,082 »
- 4° Provenant d’acquisitions. . . ' .... 18,877 »
- 5° Legs de M. de Praslin 36 »
- Total 39,736 »
- Dont doivent être retranchées, quant à présent, les portions dont l’emploi n’est pas libre et qui consistent 1° Dans le quart de l’inscription léguée par Mme la comtesse Jollivet, destiné à entrer dans le fonds d’accroissement 2° Dans le montant de l’inscription appartenant déjà à ce fonds d’accroissement 3° Dans l’inscription faisant partie de la réserve. . Total 2,851 fr. 25 8,336 » 1,082 » 12,269 25 12,269 25
- Ce qui réduit la portion dont les arrérages sont libres à. 27,466 75
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- RECETTES ET DÉPENSES. lt>
- 2° Là nue propriété d’une inSêHptiori réduite à 270 frahcs, 4 1/2 pdüt’ 100, dont l’usufruit appartient à la légataire de Mmé Jollivet ;
- 3° 2,392 fr. 50 c. en valeur de dessins en réserve;
- 4° 2,050 en valëür de gMvütfés en réserve ;
- 5° 235 30 en valeur de médaillés;
- 6° 10,000 placés à la caisse des dépôts volontaires
- CHAPITRE IL
- Fondations faites par M. le marquis d’Ârgenteuil et par M. Bapst, et donation de M. Christofle.
- 1° Fondation de M. le marquis d’Argenteuil.
- 1° Une inscription de 1,647 fr. 4 1/2 pour 100 ;
- 2° Une somme de 5,700 fr. placée à la caisse des dépôts volontaires ;
- 3° Une encaisse de 49 fr. 55 c.
- 2° Fondation de M. Bapst.
- 1° Une inscription de 2,060 fr. 4 1/2 pour 100 ;
- 2° Une encaisse de 60 fr. 92 c. pour les auteurs peti fortunés ;
- 3° Une encaisse de 232 fr. 68 c. applicable aux découvertes ;
- 4° Une inscription de 426 fr., en 4 1/2 pour 100, applicable au même compte.
- 3° Donation de M. Christofle.
- Une somme de 100 fr. en caisse.
- Passif.
- Pour complément de valeur de médailles accordées à MM. Bonnet et Meyer.
- Compte des anciens jetons.
- La position est restée la même qu’en 1851.
- Vingt-cinq ans se sont écoulés depuis que M. Agasse a bien voulu accepter les fonctions de trésorier de la Société; son dévouement, sa sollicitude pour les droits et les intérêts de la Société ont toujours été les mêines ; elle ne saurait trop montrée de gratitude pour un administrateur dont le zèle et les connaissances lui ont été d’une si haute utilité dans la gestion de ses finances.
- Là commission des fonds est ici l’organe de la Société tout entière en offrant à M. Agasse ses vifs remereîments pour la sollicitude avec laquelle il exerce dés fonctions qui exigent tout à la fois capacité et déVouetneüt.
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- RECETTES ET DEPENSES.
- rapport fait, au nom des censeurs, sur le compte des recettes et dépenses de Vexercice de 1852, par m. jomard.
- Le compte est divisé en trois parties, comme les années précédentes, savoir : les recettes et dépenses des fonds généraux comparées au budget ; les recettes et dépenses du fonds d’accroissement et de réserve ; et les recettes et dépenses des donations Bapst, d’Argenteuil et Christofle. La première partie présente une recette de 66,599 fr. 04 c. et une dépense de 43,091 fr. 35 c., en quatorze articles; celle-ci avait été évaluée, au budget, à 39,575 fr. : il y a donc eu 3,516 fr. 35 c. d’excédant de dépenses. Voici comment se justifie cet excédant, qui porte principalement sur le Bulletin et les impressions diverses. U Annuaire n’avait été l’objet d’aucune prévision dans le budget ; le Bulletin a exigé une somme de 692 fr. 35 c., en sus de l’évaluation ; les dépenses diverses se sont accrues de 1,200 fr. environ, par suite de la translation de la Société de la rue du Bac à son nouveau local ; enfin le loyer a donné lieu, par la même raison, à une dépense excédante d’environ 391 fr. ; en joignant à ces sommes celle qu’ont coûté Y Annuaire et d’autres impressions diverses, on arrive au chiffre excédant de 3,406 fr. 35 c. Dans tous les autres articles, on est resté dans les limites de la prévision.
- Ce qui précède se rapporte aux dépenses fixes. Les dépenses variables se sont élevées à la somme totale de 28,199 fr. 36 c., dont la plus grande partie se rapporte au nouveau local; le reste, aux expériences des comités et au monument élevé, à Séez, en l’honneur de Conté. Quant aux récompenses et encouragements, le chiffre n’a guère atteint que la moitié de la prévision. La dépense du nouveau local, en 1852, jointe à celles des années 1850 et 1851, se monte au total de 160,372 fr. La première comprend les frais d’installation, les honoraires de l’architecte, les travaux supplémentaires et diverses dépenses accessoires. La Société ne regrettera pas le sacrifice que lui aura coûté son établissement dans un local qui est approprié à ses besoins, en considérant l’avantage de la fixité, sans parler des droits qu’elle acquiert à la reconnaissance des Sociétés savantes, en les autorisant quelquefois à tenir, dans ce même local, leurs assemblées solennelles; mesure libérale, bien digne de la Société d’encouragement, la plus puissante et presque l’aînée de toutes les associations de bien public.
- Le résultat final, applicable à l’exercice de 1852, comparé aux précédents exercices, offre un excédant de recette de 2,531 fr. 29 c.; ainsi la dépense extraordinaire qu’a faite la Société ne l’a grevée d’aucune charge qu’elle n’ait pu supporter avec facilité.
- Le fonds d’accroissement, composé du quart du revenu du legs de M,nu la comtesse Jol-livet, se balance, en recette et en dépense, avec un excédant de recette de 65 fr. 40 c., qui sera reporté à l’exercice 1853. L’inscription de rente affectée à ce fonds monte, aujourd’hui, à 8,336 fr., en 4 1/2 pour 100.
- Le fonds de réserve était formé du dixième du revenu des inscriptions acquises avec les fonds généraux; l’année 1851 , c’est-à-dire la dixième année, était le terme fixé pour ce prélèvement; le fonds ne comprend plus que les arrérages des inscriptions
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- MÉDAILLES DENCOURAGEMENT.
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- antérieures. Pour l’exercice 1852, il présente un excédant de dépense de 502 fr. 94 c., qui sera reporté au compte de l’année suivante.
- Fondations Bapst, d’Argenleuil et Christofle. —La première, qui se compose de deux parties, a laissé libre une somme totale de 293 fr. 60 c., qui doit figurer au compte de 1853; la seconde, au contraire, présente un excédant de dépense de 49 fr. 55 c. ; la troisième , qui consiste en une somme annuelle de 1,000 fr. destinés à prendre des brevets d’invention en faveur d’inventeurs peu aisés, a laissé libre une somme de 100 fr.
- Le compte de M. le trésorier, parfaitement régulier comme toujours, et d’une clarté parfaite, est complété par un état des valeurs appartenant à la Société. C’est ainsi que M. Àgasse acquiert, chaque année, de nouveaux titres à sa reconnaissance par le soin qu’il apporte à la gestion financière ; nous croyons faire acte de justice en rendant un nouvel hommage à son dévouement infatigable et en demandant que le conseil lui vote de nouveaux remereîments.
- DISTRIBUTION DES MÉDAILLES ET RÉCOMPENSES.
- 1° Distribution de médailles aux contre-maîtres d’établissements agricoles et manufacturiers.
- Voir au procès-verbal, page iv.
- 2° Récompenses aux élèves des écoles industrielles.
- Voir au procès-verbal, page viii.
- 3° Médailles décernées pour des inventions ou des perfectionnements industriels.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- Pour les rapporteurs en corne de M. Pascal.
- M. Pascal, ingénieur civil, a construit divers genres de rapporteurs en corne et s’en sert avec une grande dextérité. Parmi ces instruments, on remarque un rapporteur rectangulaire auquel il a ajouté deux échelles de parties égales pour le rendre propre à servir seul au tracé à échelle des plans levés à l’équerre d’arpenteur et à la chaîne, des profils des ouvrages d’art, et à résoudre beaucoup de problèmes géométriques pour la solution desquels le concours d’une règle et d’une équerre de bureau est nécessaire (1).
- Pour le ruban compteur'de M. Hornus.
- M. Hornus, géomètre du cadastre, à Altkirch, a eu l’idée de diviser le revers du ruban d'un décamètre ordinaire de poche, et de le graduer de telle sorte que la gradua-
- (1) Voyez Bulletin de la Société, année 1853, p. 745.
- Tome Ier. —- 53e année. %e série. — Janvier 1854.
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- MÉDAILLES D’ENCOURAGEMENT.
- tion écrite en nombres ronds fût le décuple du logarithme de la distance des divisions à l’origine du décamètre exprimée en mètres. L’échelle ainsi obtenue est une traduction graphique d’une table analogue aux échelles des jauges logarithmiques de Camus et de Gattey.
- Le ruban compteur de M. Hornus, appliqué au calcul des surfaces et du volume des corps, fournit ainsi des nombres dont la somme représente le logarithme du produit des dimensions mesurées en mètres; de sorte que, en la cherchant dans une table de logarithmes ordinaires, on y lit en regard le produit de ces dimensions, c’est-cà-dire la valeur de la surface ou du volume cherchés.
- M. Hornus a introduit dans le commerce un instrument qui peut rendre des services pour les toisés de bâtiment, pour le cubage des bois et autres opérations de ce genre pratiquées dans l’industrie (1).
- Pour la taxe-machine de M. Baranowski.
- M. Baranowski a imaginé, sous le nom de taxe-machines, des appareils composés d’un barême imprimé sur papier et d’une plaque métallique percée de petites ouvertures que l’on ouvre ou ferme, à volonté, à l’aide de tiroirs. En appliquant cette plaque sur une colonne du barême, ou encore en faisant glisser celui-ci sous la plaque, les ouvertures libres découvrent des nombres de la colonne, lesquels, ajoutés ensemble, donnent le résultat du calcul à faire, et en vue duquel les ouvertures avaient été ménagées.
- Les appareils de M. Baranowski peuvent être très-utiles aux industriels qui sont dans l’habitude de se servir de barêmes pilutôt que de faire eux-mêmes, soit à la plume, soit à l’aide d’une machine à calculer, les opérations numériques que leur genre d’affaires nécessite (2).
- Pour des peignes de tisserand de M. Raguenet-Roland.
- M. Raguenet-Roland, de Lyon, est le constructeur par excellence des peignes qui servent à maintenir les fils écartés pendant le tissage; il les exécute avec une grande perfection, en acier trempé et d’une grande finesse, pour le tissage des velours (3).
- Pour un nouveau procédé de moulage des roues d'engrenage de M. Ferrouil.
- M. Ferrouil, habile et intelligent ouvrier mouleur ordinairement employé chez les maitres de forge, a souvent rencontré des difficultés très-grandes à remplacer promptement une roue brisée par quelque accident et dont le modèle n’existait pas dans l’établissement où l’accident était survenu.
- Il a imaginé, pour résoudre cette difficulté, une disposition très-simple et très-satisfaisante et qui a paru distincte de celles déjà employées dans le même but (4).
- (1) Voyez Bulletin de la Société, année 1852, p. 747.
- (2) Voyez Bulletin de la Société, année 1852, p. 812.
- (3) Voyez Bulletin de la Société, année 1863, p. 420.
- (4j Voyez Bulletin de la Société, année 1863, p. G93.
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- MÉDAILLES D ENCOURAGEMENT.
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- Pour les bluteries de madame veuve Mauvielle et de M. Üockenbach.
- Mme Ve Mauvielle et M. Rockenbach, fabricants de bluteries, à Meaux et à Paris, ont apporté un perfectionnement clans le mode de réunion transversale des lés de gaze de rechange des bluteries inventé par M. Mauvielle.
- Ce perfectionnement garantit la parfaite séparation des diverses grosseurs de farine que les lés de gaze des bluteries doivent laisser passer (1).
- Pour les émaux de M. Laeombe.
- M. Laeombe a repris l’idée de faire, en verre travaillé à la lampe d’émailleur, quelques objets de curiosité; l’imitation des fleurs a surtout fixé son attention. Les spécimens qu’il a soumis au jugement de la Société témoignent d’une grande habileté.
- Le conseil d’administration pense que M. Laeombe, en ajoutant à l’emploi des émaux pour la confection des objets de fantaisie, s’est montré digne de vos encouragements (2).
- Pour les sièges et cabinets d’aisances de M. Lussereau.
- B*ï. Lussereau, piqueur des travaux et mécanicien de la maison d’aliénés de Charen-ton, consacre, depuis plusieurs années, des soins assidus et intelligents au service de cette maison ; il s’est particulièrement occupé de l’amélioration des cabinets d’aisances, vainement tentée jusqu’à ce jour, et il en a établi plusieurs, qui sont actuellement en usage, à l’avantage et à la convenance des malades et de ceux qui les soignent et les surveillent (3).
- Pour les fusils se chargeant par la culasse et les cartouches de M. May.
- M. May a soumis à la Société une arme se chargeant par la culasse exécutée avec des modifications de son invention. Sa cartouche métallique, construite de manière que l’inflammation de la charge ait lieu par le centre, est d’une excellente disposition (4).
- Pour un outil de M. Poirel pour éviter la poussière qui se dégage pendant la taille
- des meules.e
- La poussière produite par la taille des meules à moulin exerce une influence si fatale sur la santé et même sur la vie des ouvriers, que c’est obéir à un sentiment d’humanité que de ne pas en préciser l’étendue.
- M. Poirel a conçu l’idée de fixer à l’outil même qui produit celte poussière un moyen de s’en emparer dès qu’elle se dégage, et de la charger d’une humidité suffisante pour qu’elle ne puisse se répandre dans l’air.
- Le petit appendice en forme de réservoir imaginé par M. Poirel est éminemment simple, facilement praticable et d’une efficacité complète (5).
- (1) Voyez Bulletin de la Société, année 1853, p. 545.
- (2) Voyez Bulletin de la Société, année 1853, p. 188.
- (3) Voyez Bulletin de la Société, année 1853, p. lf)G.
- (4) Voyez Bulletin de la Société, année 1853, p. n:.
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- MÉDAILLES D’ENCOURAGEMENT.
- MÉDAILLES DARGENT.
- Pour la fabrication perfectionnée des rasoirs de M. Picault.
- Depuis longtemps M. Picault, fabricant de coutellerie, s’occupe, avec persévérance, d’améliorer ses produits, et à diverses reprises la Société a récompensé ses louables efforts.
- Récemment, cet habile industriel a présenté des rasoirs à dos rapporté, exécutés à l’aide de procédés ingénieux qui lui appartiennent. Ces rasoirs, d’un fini et d’une qualité remarquables, sont fabriqués avec une économie notable de matière, de combustible et de main-d’œuvre, et peuvent être livrés au commerce à des prix extrêmement réduits.
- Le résultat obtenu et les sacrifices faits pour monter cette fabrication nouvelle ont attiré l’attention du conseil d’administration delà Société d’encouragement (1).
- Pour le fiche-échalas de M. Duguay.
- M. Duguay, mécanicien, à Argenteuil, a inventé un outil destiné à ficher les échalas, qui est très-bien combiné pour remplir sa destination.
- Cet outil peut servir à ficher, avec la même facilité, des échalas longs et courts, l’ouvrier qui le manœuvre, n’agissant que par une vive secousse qu’il lui donne , en soulevant son propre corps sur un de ses pieds, appuyé sur la pédale de l’outil.
- La préservation de la santé de l’ouvrier est assurée, et les femmes, qui sont inaptes au fichage des échalas par la méthode ordinaire, peuvent s’y livrer à l’aide de l’outil dont il s’agit, comme certaines l’ont fait, cette année, à Argenteuil. Le conseil a pensé que les services rendus par le fiche-échalas de M. Duguay sont assez importants pour mériter une récompense à son inventeur.
- Pour la reliure mobile de M. Weber.
- M. Weber a imaginé une sorte de reliure mobile, applicable aux collections d’estampes, de plans , de cartes géographiques, en un mot à toutes les œuvres artistiques ou littéraires qu’on est dans l’usage de conserver en portefeuille.
- Une opération très-simple permet de mettre aisément en reliure telle quantité de feuilles qu’on voudra, depuis une seule jusqu’à une limite marquée par la grosseur du volume. —De grands établissements publics, tels que la bibliothèque impériale, le muséum d’histoire naturelle, la bibliothèque de la faculté de médecine, et d’autres encore, se sont empressés d’adopter l’usage des nouvelles reliures mobiles pour la conservation de leurs collections artistiques (2).
- Pour les travaux de M. Borne relatifs à la reproduction et à la multiplication
- des sangsues.
- On sait que la Société d’encouragement pour l’industrie nationale s’est occupée ,
- (1) Voyez Bulletin de la Société, année 1853, p. 499.
- (2j Voyez Bulletin de la Société, année 1 853, p. :.
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- MÉDAILLES DENCOURAGEMENT.
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- dès 1839, de la difficulté qu’il y avait, en France, de se procurer des sangsues, et du prix élevé de ces annélides, prix qui ne permettait pas aux classes ouvrières d’avoir recours à leur emploi dans un grand nombre de cas où leur efficacité est reconnue; aussi proposa-t elle, à cette époque, des prix et des médailles pour ceux qui indiqueraient les moyens de reproduire et d’élever les sangsues. On sait encore que la Société , en 1842, 1845 et 1849, a récompensé douze concurrents qui avaient traité le sujet mis au concours. Aujourd’hui nous venons, en peu de mots, vous rendre compte d’un travail qui nous a été présenté par M. Borne, épicier, à Saint-Arnoult, département de Seine-et-Oise.
- Cet industriel a fait connaître à la Société 1° quel est le terrain qui doit être employé pour la préparation des marais à sangsues ;
- 2° Quels sont les travaux, peu coûteux, qui doivent être exécutés pour leur appropriation ;
- 3° Quelle influence exercent sur les sangsues certaines eaux, et quelles sont les eaux que l’on doit choisir de préférence;
- 4° Quel est le régime que doivent suivre les sangsues, et les moyens de les nourrir sans qu’il y ait inconvénient pour l’hygiène publique ;
- 5° Quel est le mode de nourriture qu’il met en usage ;
- 6° Quelles sont les modifications que l’on doit apporter dans les bassins dans lesquels on fait éclore les cocons des sangsues et dans lesquels on les nourrit ;
- 7° Quelles sont les précautions à mettre en pratique pour soustraire les sangsues aux animaux qui en déterminent la destruction ;
- 8° Quels sont les soins à apporter dans l’élève de ces annélides, depuis le moment où ils sortent du cocon jusqu’à ce qu’ils soient arrivés à l'état de sangsues pouvant être employées dans l’usage médical (1).
- Pour les voitures de luxe de M. Moussard.
- M. Moussard, carrossier à Paris, a soumis à l’examen de la Société d’encouragement plusieurs voitures d’une exécution très-soignée, et présentant plusieurs détails nouveaux et ingénieux (2).
- Pour la fabrication des papiers peints de M. Leroy.
- M. Leroy, fabricant de papiers peints, à Paris, a résolu, le premier, d’une manière satisfaisante , le problème difficile de la fabrication des papiers peints à l’aide de rouleaux gravés en relief, ce qui lui a permis d’obtenir une rapidité et une économie remarquables dans la production. Son procédé s’applique parfaitement à la fabrication de plusieurs articles importants, et donne, dans ce cas, des produits supérieurs à ceux obtenus à l’aide de la planche plate. Un juste succès commercial est venu récompenser les efforts de ce laborieux inventeur (3).
- (J) Voyez Bulletin de la Soeie'té, année 1854, p. 266. (2} Voyez Bulletin de la Société, année 1853, p. 3. él) Voyez Bulletin de la Société, année 1853, p. 406.
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- MÉDAILLES D’ENCOURAGEMENT.
- Pour les sonnettes et signaux électriques de M. J. Mirand.
- Nonobstant les importants progrès que fait, chaque jour, la télégraphie électrique, cet admirable moyen de communication n’a pas encore été généralement appliqué aux usages privés. Il fallait, pour le rendre propre à ces usages, choisir, grouper, ou même créer des systèmes simples, faciles et peu dispendieux. Tel a été l’objet des efforts de M. J. Mirand. Ses sonnettes et signaux électriques atteignent bien le but qu’il s’est proposé.
- Leur emploi peut être très-utile dans les maisons particulières, les grands domaines, les administrations, les manufactures, les chantiers de construction, sur les navires, les convois en marche des chemins de fer, pour les camps militaires, etc. (1).
- Pour la fondation de l’école municipale de dessin et de sculpture de M. Lequien.
- M. Lequien a institué, à ses frais, depuis dix-sept ans, une école de dessin et de sculpture pour les adultes, qui a reçu, depuis, le titre d’école municipale. M. Lequien y enseigne le dessin, tant d’après des modèles gravés ou lithographiés que d’après la bosse et le modèle vivant, ainsi que la sculpture. Dès la première année, le nombre des élèves a été de quatre-vingt-dix, et il a toujours été en augmentant. Il est actuellement de plus de deux cent soixante, appartenant à toutes les professions industrielles. Les élèves fréquentent, généralement, l’école à peu près pendant deux ans, et la plupart y assistent régulièrement de sept à dix heures du soir (2).
- MÉDAILLES DE PLATINE.
- Pour l'industrie du caoutchouc de MM. Aubert et Gérard.
- MM. Aubert et Gérard , fabricants à Grenelle, ont soumis à la Société des spécimens de fils ronds de caoutchouc. Ces fils sont fabriqués par un procédé analogue à celui qu’emploient les vermicelliers. Le caoutchouc brut, même le plus impur, est réduit en une pâte homogène.
- Cette pâte, fdée par une pression énergique et desséchée au simple contour de l’axe, forme des fils d’une netteté et d’une solidité remarquables; leur grosseur ordinaire es de 1 millimètre. Mais MM. Aubert et Gérard, par les procédés les plus ingénieux, les réduisent à un dixième de millimètre ; ils les feraient plus fins encore, si l’industrie devait les utiliser.
- La petite fabrique de Grenelle, improvisée dans un hangar il y a tout au plus trois ans, est aujourd’hui un de nos établissements importants; elle occupe quatre-vingts personnes et emploie journellement 150 à 200 kilog. de caoutchouc brut (3).
- (1) Voyez Bulletin de la Société, année 1854, p. 165.
- (2) Voyez Bulletin de la Sociélé, année 1853, p. 201.
- (3) Voyez Bulletin de la Société, année 1853, p. 57.
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- MEDAILLES D’ENCOURAGEMENT.
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- Pour les perfectionnements apportés dans la fabrication du caoutchouc par
- M. Fritz-Sollier.
- Les procédés de fabrication du caoutchouc, mis en pratique par M. Fritz-Sollier, embrassent des opérations très-diverses, dont les plus importantes sont
- La préparation des étoffes rendues imperméables à l’aide du caoutchouc;
- La fabrication des feuilles continues de caoutchouc pur, volcanisées au bain de soufre ;
- Celle des feuilles continues de caoutchouc sulfuré par incorporation et volcanisées en vase clos ;
- La production du caoutchouc en feuilles à la fois sulfurées, colorées, puis volcanisées;
- Enfin la composition d’un vernis de caoutchouc.
- L’exposé technologique de toutes ces fabrications ayant été communiqué à la Société , il suffira de vous rappeler les importants services que M. Fritz-Sollier a rendus à l’industrie du caoutchouc.
- La première idée de M. Sollier, idée fondamentale, fut d’imaginer une toile de fond souple et glacée à la faveur d’un enduit de mélasse et de gélatine, afin d’avoir des nappes continues de caoutchouc parfaitement lisses sur les deux faces.
- Ce premier résultat étant obtenu pour le caoutchouc en feuilles, il fallait le réaliser aussi pour les étoffes revêtues de caoutchouc ; il fallait les enduire, sur toute leur étendue, de manière à produire une couche superficielle brillante, homogène, sans viscosité ni soufflures.
- Ce but fut atteint en déposant sur l’étoffe et successivement non pas deux à trois couches de la pâte à caoutchouc, mais quinze, vingt et trente couches d’une grande minceur, toutefois, en attendant la dessiccation parfaite de chacune d’elles.
- L’emploi du soufre lavé, afin d’obvier à l’action corrosive de l’acide sulfurique, dont la fleur de soufre du commerce est toujours imprégnée ; le choix des sulfures métalliques destinés à colorer le caoutchouc, et présentant cette particularité de n’éprouver aucune altération en présence du soufre à la température de 130°, sont des idées fort simples et dont la conception fait honneur à M. Sollier, parce qu’elle s’accorde avec les préceptes de la science.
- M. Sollier, sans être chimiste, a su tirer un excellent parti du bain de soufre, en Futilisant comme agent de sulfuration, et comme source de chaleur, plus économique qu’une étuve chauffée de 115 à 135°.
- L’art de tendre verticalement des feuilles de caoutchouc d’une grande longueur, en fixant l’étoffe haut et bas à des tringles en fer contournées en spirale, a permis à M. Sollier d’obtenir avec le soufre non-seulement une pénétration régulière de ce corps, mais encore d’avoir des feuilles sans plis, sans soufflures et d’un ton uniforme, résultat tout à fait inconnu avant ces perfectionnements.
- On doit encore à M. Sollier la volcanisation du caoutchouc en vases clos, c’est-à-dire dans des cylindres en tôle ou dans des sacs de papier, procédés entièrement applicables aux étoffes revêtues de caoutchouc.
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- MÉDAILLES D’ENCOURAGEMENT.
- Ces perfectionnements et ces inventions sont d’une grande portée pour la préparation de produits dont la fabrication soignée n’a pas encore été surpassée à l’étranger.
- On peut citer encore, comme travaux antérieurs de M. Sollier, la désulfuration plus ou moins profonde du caoutchouc volcanisé, sans préjudice pour sa résistance à la -chaleur et au froid; on rappellera surtout la fabrication des fils ronds découpés dans des nappes artificielles de caoutchouc épuré, ou mieux encore dans de longues feuilles de caoutchouc naturel, mis en bloc et débité à la scie (1).
- Pour les tissus à formes de M. Fontaine.
- M. Fontaine a soumis à la Société d’encouragement un produit qui peut être considéré comme un chef-d’œuvre de tissage et qui n’a pu être exécuté que par la combinaison ingénieuse de toutes les ressources qu’offre le métier à la Jacquard. Ce produit est le corset, qui, fabriqué tout d’une pièce et par séries de numéros de dimensions toujours constantes, est devenu un article d’exportation importante.
- L’approbation de l’Académie de médecine a précédé la nôtre; cette compagnie a déclaré que M. Fontaine avait su résoudre le problème d’hygiène par l’adoption des types les plus convenables non moins habilement que le problème de tissage (2).
- Pour un dynamomètre propre à essayer la résistance des tissus de M. Perreaux.
- M. Perreaux a soumis à la Société un instrument fort intéressant tant au point de vue de sa construction qu’à celui de l’utilité de son emploi. La construction en est parfaite, comme on devait l’attendre de l’habileté connue de l’auteur, et l’instrument a toutes les qualités requises par la pratique. Quant à son utilité, il suffira de dire qu’il permet de mesurer avec facilité la résistance à la rupture d’une bande de tissu. Les administrations publiques s’empressent d’adopter cet utile appareil, que la Société a été heureuse de pouvoir leur recommander; de plus, des recherches curieuses sur la résistance des tissus, en raison de la nature des fils et des systèmes d’entrelacement, résulteront sûrement de la facilité de comparaison de mesure que fournit l’instrument de M. Perreaux, qui deviendra ainsi une cause de progrès pour notre belle industrie de tissage (3).
- Pour les échappements d’horlogerie de M. Vulliamy.
- M. Vulliamy, de Londres, a rendu un véritable service à l’horlogerie, en la dotant d’un échappement dont toutes les dents présentent une résistance uniforme, et qui jouissent, par suite de la mobilité des touches, de la propriété d’être presque inusables.
- L’œuvre de M. Vulliamy, quoique sous une apparence modeste, décèle un talent mûr et consommé qui, par un long et persévérant labeur, a fini par reconnaître que c’est moins parle nombre et le brillant des combinaisons qu’on laisse des traces dura-
- (1) Voyez Bulletin de la Société, année 1853,p. 421, 422. (2j Voyez Bulletin de la Société, année 1853, p. 109 el 417. (3J Voyez Bulletin de la Société, année 1853, p. 227,f228.
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- MÉDAILLES D ’ E N CO UH AG EME N ï.
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- blés que par le choix du sujet, la solidité du raisonnement, l’importance et Futilité du résultat (1).
- MÉDAILLES D’OR,
- Pour la facture des pianos de M. Wolfel.
- Dans la construction des pianos M. Wolfel s’attache, avec le plus grand soin, k tout ce qui peut assurer la puissance et la qualité des sons et leur stabilité. Ainsi il construit ses tables d’harmonie de manière à augmenter la sonorité, le volume et la pureté des sons.
- Les sommiers sont établis dans des conditions nouvelles, qui augmentent la solidité et la durée de l’instrument. A cet effet, le mécanisme du clavier a reçu, dans les mains de M. Wolfel, des améliorations et un soin remarquable dans l'exécution. Enfin il n’est aucune partie de l’instrument dont M. Wolfel a fait sa spécialité qui n’ait été pour lui l’objet d’une étude approfondie, et, lorsqu’on examine attentivement ses travaux, on reconnaît, dans chacun des détails qui les composent, l’œuvre d’un homme instruit et consciencieux, qui ne croit jamais avoir assez fait lorsqu’il aperçoit encore quelques pas à faire dans la voie du progrès.
- La fabrication de 31. Wolfel n’est pas très-considérable, mais ses instruments atteignent, dans leur exécution, un degré de perfection qu’il est rare de rencontrer ailleurs; toutes leurs parties révèlent l’esprit intelligent, rationnel et éclairé de cet habile facteur. On voit qu’il a pensé à tout et qu’il n’a rien négligé. Nous avons entendu ses pianos, nous avons recueilli le témoignage des personnes qui en possèdent depuis longtemps, et nous croyons qu’ils méritent pleinement les éloges que les savants et les artistes s’accordent à en faire (2).
- Pour les perfectionnements apportés dans les orgues d’église par M. Cavaillé Coll.
- Dans sa séance générale de 1835, la Société décernait à M. Aristide Cavaillé une médaille de bronze pour un très-ingénieux appareil qu’il avait combiné, et qui était destiné à l’exécution plus rapide et plus précise de quelques éléments de la construction des orgues d’église.
- Notre honorable collègue M. Mallet, en rendant compte de cet appareil, et faisant ressortir l’intelligence et l’esprit aussi appliqué qu’inventif de son auteur, exprimait alors l’espérance de voir ce jeune artiste mériter de nouvelles et plus importantes récompenses. 31. Aristide Cavaillé a justifié la prédiction de notre collègue; les orgues de Nolre-Dame-de-Lorette, de la basilique de Saint-Denis, du chœur de Saint-Roch, de la 31adeleine, de Saint-Vincent-de-Paul sont des œuvres dont vous avez pu souvent apprécier les excellents effets. D’importants travaux qu’il a exécutés pour les départements et l’étranger ont développé encore une réputation déjà bien légitimement acquise.
- (0 Voyez Bulletin de la Société, année 1853, p. 52.
- (2) Yoyez Bulletin de la Société, année 1854, p. 229.
- Tome Ier. — 53e année. 2e série. — Janvier 1851. 4
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- MÉDAILLES D’ENCOURAGEMENT.
- Votre comité des arts mécaniques et votre commission des beaux-arts se sont réunis pour l’examen d’un des instruments les plus récents et en même temps les plus remarquables de M. À. Gavaillé, le grand orgue de Saint-Vincent-de-Paul. Ils ont procédé à l’analyse des nombreux éléments dont cet instrument se compose, des perfectionnements que le facteur a apportés tant dans les organes mécaniques que dans la partie acoustique, des innovations importantes qu’il y a introduites; et ils ont aussi, grâce au bon concours de M. Cavallo , organiste de Saint-Vincent-de-Paul, pu apprécier la richesse et la qualité des effets obtenus.
- Nous avons trouvé là, Messieurs, le résumé des efforts éclairés que M. Cavaille ne cesse de faire depuis vingt ans, pour atteindre, dans chacune des parties de son art, le plus haut degré de perfection possible. Nous avons pu, ainsi, mieux apprécier le talent d’un artiste qui possède à la fois et le sentiment du goût, et l’esprit de recherche et d’invention, et des connaissances étendues dans les sciences exactes.
- Pour un appareil destiné à l’aérage des mines de M. Fabry.
- M. Fabry, ingénieur, est auteur d’un appareil qu’il désigne sous le nom de roue pneumatique.
- Cet appareil, destiné à la ventilation des mines, diffère essentiellement des autres machines d’aérage et obtient sur celles-ci, dans la pratique, une préférence marquée, qui paraît bien justifiée.
- On en compte déjà une quarantaine qui fonctionnent dans les principales mines du nord de la France et de la Belgique, et en ce moment M. Fabry en a quinze dans divers ateliers.
- Ainsi l’idée heureuse deM. Fabry n’est point restée stérile ; elle a déjà rendu d’utiles services à l’industrie des mines, et elle paraît appelée à en rendre de plus importants encore, à mesure que se propagera l’emploi de la roue pneumatique (1).
- Pour les travaux de construction de machines de M. Ernest Gouin.
- Les ateliers de construction de machines des Batignolles ont été fondés en 1846, parM. Ernest Gouin, ancien élève de l’école polytechnique. Ayant passé plusieurs années dans quelques-uns des principaux établissements d’Angleterre, puis à la direction des ateliers du chemin de fer de Saint-Germain, il possédait les connaissances théoriques et pratiques nécessaires au chef de l’importante usine qu’il s’agissait de créer.
- Aussi cette usine n’a-t-elle pas tardé à prendre rang parmi nos premiers ateliers de construction.
- Le& travaux qui y sont exécutés habituellement peuvent être divisés en trois catégories: les machines locomotives; les machines de filatures ; les grandes constructions en tôle.
- Depuis trois ans, une nouvelle application du fer malléable est venue donner aux
- (1) Voyez Bulletin de la Société, année 1853, p. 397, 400.
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- MÉDAILLES d’eNCOUBAÆEMENT.
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- ateliers de M. Ernest Gouin un élément de travail aussi très-important. Nous voulons parler de l’emploi de la tôle et du fer laminé dans les grandes constructions de ponts, gares, ateliers, etc.
- Encouragés par l’expérience grandiose qui venait d’être faite en Angleterre à l’occasion des ponts-tubes de Britannia et Conway, les ingénieurs et les directeurs du chemin de fer de Saint-Germain entrèrent résolument dans cette voie, et chargèrent M. Ernest Gouin de l’exécution du pont biais, placé sur la ligne de leur chemin de fer, à sa rencontre avec la route de Paris à Asnières.
- Les excellents résultats obtenus engagèrent la compagnie de Saint-Germain à exécuter, suivant le même système, son pont sur la Seine à Asnières, pour remplacer celui qui fut détruit en février 1848, lors des dévastations qui eurent lieu sur plusieurs lignes de chemin de fer.
- M. Gouin avait trop bien rempli la tâche qu’il avait acceptée pour l’exécution du pont biais de Clichy, pour n’être pas chargé de cette nouvelle entreprise.
- Nous avons examiné de près cet important travail pendant son exécution; les dispositions qui ont été prises à cet effet, l’installation des nouveaux ateliers et de l’outillage spécial qui se sont trouvés nécessaires, sont tout à fait dignes d’éloges et peuvent être citées comme un modèle à suivre. Depuis que nous avons rendu compte de ces travaux, le pont de la Seine est terminé, et le public peut apprécier aujourd’hui le mérite de cette construction si remarquable à tous égards.
- Nous devons féliciter M. Ernest Gouin d’avoir abordé, d’une manière aussi large et aussi rationnelle, l’industrie des constructions en fer malléable, industrie si pleine d’avenir et si intéressante pour les grands trayaux publics (1).
- Pour la fabrication de Valcool de betterave par M. Dubrunfaut.
- Les perfectionnements apportés, dans ces derniers temps, à la fabrication du sucre indigène, l’accroissement incessant de La culture de la betterave et la multiplication des usines à sucre devaient conduire et ont conduit, en effet, à un excédant considérable de la production sur la consommation.
- Cet excédant, qui aurait été, pour la campagne de 1853 1854, de 15 à 20 millions de kilogrammes, menaçait d’une crise prochaine et inévitable cette belle branche de notre industrie nationale.
- D’une autre part, les influences atmosphériques qui sévissent, d’une façon si désastreuse et depuis plusieurs années, sur une partie de nos vignobles ont élevé à un taux excessif le prix des alcools, et créé une charge considérable pour la consommation et pour les industries qui utilisent les produits alcooliques.
- Ainsi il y avait, d’une part, exubérance, encombrement et, par suite, avilissement des prix; de l’autre, pénurie, cherté excessive et souffrance des deux côtés.
- Un homme s’est trouvé qui, familier depuis longtemps avec tous les problèmes de la chimie agricole, a cherché à résoudre la question difficile de rétablir l’équilibre entre ces deux productions, de compenser, pour ainsi dire, le défaut de l’une par l’excès de l’au-
- (1) Voyez Bulletin de la Société, année 1853, p. 481.
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- tre, en convertissant, au profit de l’alcool, l’excédant de la production saccharine.
- Ce problème, simple en apparence lorsqu’on le considère au point de vue purement chimique de la transformation du sucre en alcool, se complique de difficultés industrielles considérables, si l’on songe qu’ici ce n’est pas le sucre fabriqué qu’il s’agit de convertir en alcool, mais le sucre exempt de tous frais de fabrication, le sucre pris dans la betterave tel qu’il existe dans la racine rendue à la fabrique. Il fallait aussi, pour réussir industriellement, utiliser à cette nouvelle fabrication les ouvriers, les ustensiles et tous les appareils déjà existants dans les sucreries, de manière à faire de la distillation une simple annexe, un accessoire de la fabrication du sucre, une sorte de déversoir à l’aide duquel on pût répandre dans la consommation, sous forme d’alcool, la portion de betteraves qui ne pourrait être utilement convertie en sucre.
- Ce problème difficile, M. Bubrunfaut l’a résolu ; il l’a résolu complètement d’une manière à la fois si heureuse et si économique, que l’on peut aujourd’hui, en suivant ses procédés et à l’aide d’un supplément de dépense qui n’excède pas le dixième du matériel existant, transformer une fabrique de sucre en distillerie, ou, plus exactement, on peut, à volonté, dans une même fabrique, avec les mêmes frais généraux, avec le même outillage, traiter la betterave pour la transformer en sucre ou pour la convertir en alcool. On obtient, à volonté, soit l’un, soit l’autre de ces deux produits, soit tous les deux simultanément, de manière à ployer, pour ainsi dire, la fabrication aux nécessités de la consommation, et à la faire profiter des plus légères différences de prix que peuvent présenter ces deux denrées. On ne sera pas surpris, d’après ce que nous venons de dire, qu’un grand nombre de fabriques aient adopté la transformation dont nous parlons, et qu’un nombre plus considérable encore se propose de l’adopter pour la prochaine campagne. On ne peut pas évaluer à moins de 12 à 15 millions de kilogrammes la quantité de sucre qui a été détournée de la consommation, au profit de l’alcool, pendant l’année qui vient de s’écouler.
- Grâce à l’emploi de cet énorme excédant, les prix ont pu être maintenus, de grands sinistres ont été évités, et le fabricant a pu, en outre, faire de larges bénéfices sur la fabrication de l’alcool, dont la production, de ce chef, ne va pas à moins de 10 à 12 millions de francs.
- Si l’on joint à cette production les alcools qui proviennent de la distillation des mélasses de betterave, industrie qui ne remonte qu’à quelques années et qui a été créée par le même chimiste, on arrive au chiffre considérable de 35,000 pipes d’alcool produites par la seule betterave, représentant une valeur d’environ 35 millions de francs pour une seule année.
- Aujourd’hui que l’impulsion est donnée, que les difficultés d’exécution sont levées, on peut espérer que l’on aura, dans cette production facultative du sucre ou de l’alcool, le moyen de prévenir ces excès de production, toujours si préjudiciables à l’industrie.
- Honneur donc aux savants qui consacrent leurs recherches à affranchir le travail industriel de ces perturbations dangereuses qui le menacent sans cesse ; honneur à ceux qui ouvrent des voies nouvelles à son activité par la création de produits utiles à la société.
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- PROCÈS-VERBAL
- DE LA SÉANCE GENERALE DU 31 MAI 1854t.
- Les membres composant la Société d’encouragement pour l’industrie nationale se sont réunis en assemblée générale, à l’effet de procéder aux opérations prescrites par les paragraphes 4 et 5 de l’article 2 du titre ix du règlement, le renouvellement du bureau en entier et des comités par tiers.
- M. Dumas, sénateur, membre de l’Académie des sciences, occupe le fauteuil.
- Les votes étant recueillis et dépouillés, M. le président proclame le résultat du scrutin.
- Bureau. M. Dumas, président ; MM. le baron A. Seguier et Darblay, vice-présidents ; M. le baron Ch. Dupin, secrétaire; MM. Combes et Peligot, secrétaires adjoints; M. Agasse, trésorier, ont été réélus.
- M. Jomard a été réélu censeur; M. le général du génie Poncelet, membre de l’Académie des sciences, a été nommé censeur en remplacement de M. Théodore Olivier.
- Commission des fonds. Le conseil a vu, avec un vif regret, que M. le duc de Montmorency, qui lui a donné tant de preuves de son dévouement, ne pouvait plus prendre part à ses travaux.
- Le titre de membre honoraire du conseil, conféré à M. le duc de Montmorency, permet d’espérer qu’il se rendra dans son sein pendant les trop courts intervalles de sa présence à Paris.
- M. Michelin a été réélu.
- M. Mimerel, de Roubaix, sénateur, remplace M. le duc de Montmorency.
- M. Hurteaux, docteur en médecine, succède à M. le duc de Mirepoix, décédé.
- Comité des arts mécaniques. Ce comité a perdu un de ses plus anciens membres , M. Ch. Mallet, inspecteur général honoraire des ponts et chaussées.
- M. Feray (Ernest), par son éloignement de Paris, ne peut pas, autant qu’il le voudrait, prendre part aux travaux de ses collègues; le titre de membre honoraire continuera de l’attacher au conseil d’administration.
- M. Baude, ingénieur en chef au corps impérial des ponts et chaussées, membre sortant, a été réélu.
- MM. Duméry et Ch. Laboulaye, membres adjoints de ce comité, remplacent, le premier, M. Ernest Feray; le second, M. Ch. Mallet.
- Comité des arts chimiques. MM. Bussy, de l’Académie des sciences; A. Chevallier, de l’Académie de médecine; Cahours, essayeur à la Monnaie, ont été réélus.
- Comité des arts économiques. MM. Becquerel (Edmond), professeur de physique
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- SÉANCE GÉNÉRALE DU 31 MAI 1854.
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- au Conservatoire impérial des arts et métiers; Herpin , docteur en médecine ; Péclet, professeur à l’école centrale des arts et manufactures, ont été réélus.
- Comité d’agriculture. MM. Darblay, Huzard, Vilmorin père ont été réélus.
- Comité de commerce.
- La santé si affaiblie de M. le baron Busche excite toute la sollicitude du conseil, qui a désiré que le titre de membre honoraire en soit pour lui un témoignage.
- L’éloignement de Paris de M. de Colmont a causé de vifs regrets; le titre de membre honoraire laisse espérer au conseil que M. de Colmont pourra quelquefois lui apporter le tribut de ses lumières.
- La Société a réélu M. Gautier, sénateur, sous-gouverneür de la banque de France, membre sortant.
- M. Godard, administrateur des cristalleries de Baccarat; M. Lainel, ancien membre du conseil général des manufactures, ancien inspecteur et officier d’administration principal en retraite, remplacent, le premier, M. le baron Busche; le second, M. de Colmont.
- M. Dumas, président, remercie l’assemblée de la nouvelle marque de confiance dont elle vient d’honorer son conseil d’administration.
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- MEMBRES ADMIS DEPUIS LE 1er JANVIER 1854.
- S. E. M. Troplong, président du sénat.
- S. E. M. Billault , président du corps législatif.
- M. Mimerel, de Roubaix, sénateur.
- M. le comte de Morny, membre du corps législatif.
- M. Lemaire, membre du corps législatif, et de l’Institut (Académie des beaux-arts).
- MM.
- Armet-Delisle, fabricant de couleurs minérales, à Nogent-sur-Marne.
- Arpin ( Auguste ), propriétaire, à Villers-Cot-terêts ( Aisne).
- Âubergier, pharmacien, à Clermont-Ferrand ( Puy-de-Dôme ).
- Bailleul, président de la Société des protes, directeur de l’imprimerie de M. Mallet-Bachelier, à Paris.
- Basset, fabricant de substances alimentaires, à la Rochelle (Charente-Inférieure).
- Bande ( Elphège), ingénieur au corps impérial des ponts et chaussées, à Paris.
- Bazin, directeur de l’institut agricole du Ménil-Saint-Firmin (Oise).
- Baudouin, fabricant de cuirs vernis, à Paris.
- Bellot, ingénieur civil, à Paris.
- Biondetti de Thomis, bandagiste-herniaire, à Paris.
- Blavier (A. ), ingénieur des mines, ingénieur du matériel et de la traction au chemin de l’Ouest.
- Block, employé au ministère de l’agriculture, du commerce et des travaux publics.
- Bordier-Dubignon, propriétaire, à Paris.
- Bourgeois, membre de la Société impériale et centrale d’agriculture.
- Caumont {de), correspondant de l’Institut, membre du conseil général de l’agriculture.
- Chatin, professeur à l’école de pharmacie de Paris.
- Charbonnier, ingénieur civil, à Paris.
- Charte, architecte de la préfecture de la Seine, inspecteur divisionnaire de la grande voirie, à Paris.
- Courtois (Ferdinand de), propriétaire, à Arles ( Bouches-du-Rhône )<
- Cuvillier aîné, fabricant de conserves alimentaires, à Paris.
- Bopfeld, marchand de métaux, à Paris.
- Drouin (J. ), droguiste, fabricant de produits chimiques, à Paris.
- Dru ( A. ), élève de l’école centrale des arts et manufactures.
- Dubrunfaut, chimiste-manufacturier, à Bercy ( Seine ).
- Dumas ( Ernest), directeur de la fabrication de la Monnaie de Rouen (Seine-Inférieure).
- Durand ( Quentin ) et fils, fabricants d’instruments d’agriculture, à Paris.
- Dussauce, artiste peintre, à Passy ( Seine).
- Egrot ( Alfred ), fabricant d’appareils de distillation, à Paris.
- Engler, chimiste, à Paris.
- Fèvre, fabricant de produits chimiques, à Paris.
- Gand ( Édouard), dessinateur pour l’industrie, à Amiens ( Somme ).
- Garnier (Ch. ), négociant-droguiste, à Paris.
- Goupillât, fabricant d’amorces fulminantes, à Paris.
- Gayot (J. B. ), ingénieur civil, à Cusset ( Allier).
- Girard, chimiste, directeur des travaux chimiques du laboratoire de M. Pelouze, à Paris.
- Gobley, pharmacien, à Paris, agrégé de l’école de pharmacie.
- Hébert ( Frédéric), fabricant de châles cachemire, à Paris.
- Heuzé (Gustave), professeur d’agriculture à l’école impériale agronomique de Grignon.
- Hock (A.), inventeur d’un procédé mécanique pour la dorure de la soie, à Neuilly (Seine).
- Kestner (Charles), fabricant de produits chimiques, à Thann (Haut-Rhin).
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- MEMBRES ADllIS DBPW8
- MM.
- Kuhlmann ( Frédéric ), correspondant de l’Institut, président de la chambre de commerce de Lille ( Nord ).
- Labélonye, pharmacien, à Paris.
- Larmes, fabricant de coutellerie, à Paris.
- Legray, peintre et photographe, à Paris.
- Mallet-Bachelier, imprimeur-libraire, à Paris.
- Mandron, négociant en draperies, à Paris.
- Marshall (Frédéric), de Londres.
- Ménier, fabricant de produits chimiques, à Paris.
- Miroy frères, fondeurs artistiques, à Paris.
- Montagne, membre de l’Académie des sciences.
- Mosselmann, propriétaire et chef de manufactures, à Paris.
- Nell de Bréautê, correspondant de l’Académie des sciences, à la Chapelle (Seine-Inférieure).
- Pastoureau, ingénieur de la marine, au port de Brest (Finistère ).
- Plon frères, imprimeurs de S.M. Napoléon III et de la banque de France.
- LE Ier JANVIER 1854.
- Preschern (Henri), homme de lettres, à Paris.
- Baguenel-Roland, fabricant de dents de peignes en acier fondu pour le tissage des soies, à Lyon ( Rhône ).
- Raynal, chef de service de clinique à l’école impériale vétérinaire d’Alfort.
- Reynoso ( Alvaro ), délégué du gouvernement espagnol pour l’étude des sciences.
- Reveil, agrégé de l’école de pharmacie.
- Rousselot, ingénieur pour les appareils électriques, à Londres.
- Solon, sculpteur et photographe, fabricant de sculptures en ciment romain et en carton-pierre, à Paris.
- Soudan ( A. ), fabricant de café-chicorée, à Paris.
- Verson (Marius), fabricant-bijoutier, à Marseille ( Bouches-du-Rhône ). )
- Viale, distillateur, à Orléans (Loiret).
- Weber, chimiste-coloriste, à Mulhouse.
- Wolf cl, facteur de pianos, à Paris.
- Wurtz, professeur de chimie à la faculté de médecine.
- PARIS. —IMPRIMERIE DE Mme Ve BOUCHARD-HUZARD, RUE DE L’ÉPERON, 5.
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- §3e ANNÉE. DEUXIÈME SÉRIE. N<> 2. — JANVIER 1834.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- RESTAURATION DES ÉMAUX.
- «apport fait par m. salvétat , au nom de la commission des beaux-arts appliqués à Vindustrie, sur les travaux de m. pierrat, restaurateur d'objets d’art,
- rue Dauphine, M.
- Messieurs, vouerune sorte de culte aux intelligences supérieures, attacher un grand prix aux œuvres que nous ont léguées nos devanciers dans l’art et dans l’industrie, dans les sciences, c’est satisfaire à l’un des sentiments les plus nobles qu’on retrouve chez tous les peuples. Quelle que fut leur origine, quelle que fût leur religion, les hommes ont aimé naturellement à conserver ce que leurs ancêtres, ce que leurs maîtres avaient produit de remarquable. C’est dans celte idée pieuse qu’il faut aller chercher la source première de toutes les collections qui, répondant en même temps aux besoins de l’étude, revêtent un caractère d’utilité générale. Votre commission des beaux-arts appliqués à 1 industrie, se plaçant surtout à ce dernier point de vue, pense que votre Société rentrerait pleinement dans les voies qui l’ont guidée jusqu’à ce jour en envisageant les secours que les collections peuvent offrir comme moyen de progrès, comme ressources pour ceux qui cherchent à s’instruire, en acceptant, dès lors, avec faveur tout ce qui se rattache à la restauration des objets d art que tant de causes tendent à faire disparaître. Au nombre des produits, si digDes d’intérêt, établis au moyen âge comme à l’époque de la renaissance, d en est qu’une très-grande altérabilité, qu’une fragilité plus grande encore ont rendus si rares aujourd’hui, qu’on ne les rencontre plus qu’à des prix fabuleux. Nous citerons particulièrement les émaux de Limoges, les faïences d Italie et celles justement célèbres qui datent du règne de François 7er. L’art Tome Ier. — 53e année. T série. — Janvier 1831, 6
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- RESTAURATION DES ÉMAUX.
- industriel et l'histoire de ses développements réclament avec instance la conservation de ceux de ces objets qui, jusqu’à présent, ont résisté sans avaries aux injures du temps, et qui consacrent la renommée que se sont acquise les délia Robbia, les Jean et Léonard Limousin, les Courtois, les Penicault, les B. Palissy.
- M. Pierrat, successeur de M. Corplet, qui déjà, vers 1829, s’occupait avec succès de restauration d’objets d’art, a fait de l’élude des émaux et des terres cuites toute la préoccupation de sa vie; aussi a-t-il acquis, comme réparateur de ces produits, une juste réputation. Dans la séance du 19 mai 1852, il a soumis à votre approbation quelques pièces réparées par lui ; vous en avez renvoyé l’examen à votre commission des beaux-arts. Elle vient aujourd’hui vous rendre compte de la mission dont vous l’avez honorée; elle l’eût fait plus tôt, si la nature du travail qu’elle avait à suivre n’avait exigé beaucoup de soins, beaucoup de temps.
- Les émaux sont formés, comme on sait, d’un excipient métallique, or, argent ou cuivre, recouvert de tous côtés, en dessous comme en dessus, d’un fondant plombeux ; sur ce fondant, en réservant le contre-émail, on applique des cristaux suffisamment fusibles, opaques ou transparents, incolores ou colorés , à une ou plusieurs couches. Lorsque l’émail est transparent, on peut interposer entre le fondant et le cristal une feuille mince d’or ou d’argent, guillochée, qu’on nomme paillon, et qui produit, sous certaines réflexions des rayons lumineux, les effets les plus riches.
- La nature alcaline des émaux, l’altération lente et je dirai presque inévitable que subissent, sous l’influence de l’air humide chargé d’acide carbonique, leur surface et quelquefois toute leur épaisseur s’opposent à ce que la réparation ait lieu, dans tous les cas, autrement qu’à froid.
- Si l’on soumet au feu les émaux de fabrication ancienne, le cristal imbibé de carbonate de soude perd au feu, par une nouvelle fusion, l’acide carbonique qu’il a soutiré de l’atmosphère, et se trouve criblé d’une infinité de bulles qui retirent à la surface chauffée tout son éclat, aux matières vitreuses qui recouvrent les paillons toute leur limpidité. Il est rare aussi que, dans les cuissons pratiquées à de longs intervalles de temps, il ne se déclare pas, dans la dernière, des fentes qui altèrent l’émail et compromettent sa réussite, quelquefois même son existence.
- M. Pierrat, parfaitement éclairé sur ce point, évite toute élévation de température supérieure à 30°; il enlève sur l’émail à réparer toutes les parties qui menacent de se détacher; il use avec soin ce qui n’a plus avec le métal une adhérence suffisante, et remplace le tout par un mastic de sa composition, qui, convenablement sec et poncé, assez résistant pour ne pouvoir être rayé, reçoit
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- RESTAURATION OKS KM AUX.
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- la peinture nouvelle. L’application de ce mastic offre des difficultés qu’une longue expérience a permis de surmonter. Alors commence le travail de l’ar-tiste ; il s’agit de raccorder avec des couleurs minérales ou végétales les tons obtenus primitivement à l’aide de couleurs vitrifiables. M. Pierrat nous a soumis des émaux réparés et les fac-similé constatant, par les signatures les plus honorables, l’importance des parties détériorées. L’examen de ces pièces a répondu victorieusement à toutes les objections.
- La réparation des terres cuites offre des difficultés d’un autre ordre ; elle porte généralement, comme on peut le prévoir, ou sur des fentes à reboucher, ou sur des fragments à réunir, ou sur des parties à remplacer. Dans ce dernier cas, elle comporte,
- 1° Une étude spéciale de la pâte delà pièce à restaurer, de sa couleur, de sa dureté, de sa retraite au feu;
- 2° Un examen attentif du vernis qui recouvre cette pièce, de sa fusibilité, de ses colorations, de la manière dont il se comporte avec la pâte, c’est-à-dire des tressaillures plus ou moins nombreuses qu’il peut présenter.
- Pour reproduire le biscuit, il faut le maintenir dans sa forme, ce qui oblige souvent à faire une pièce entière, qui gauchit moins qu’un fragment isolé; il faut tailler ensuite et la pièce et le morceau qui s’ajustent exactement.
- Pour passer en vernis, il est indispensable d’étudier la coloration pour la reproduire avec des matières souvent beaucoup plus pures que celles employées pour faire l’original, par conséquent avec des mélanges qu’il convient de déterminer expérimentalement.
- L’assemblage des deux parties à réunir est fait au moyen d’une matière collante,et toute solution de continuité disparaît sous un peu de vernis.
- M. Pierrat a réparé, pour mieux dire complété, pour le musée céramique de Sèvres , un beau plat de Palissy représentant le Supplice de Régulas , dont il ne restait plus que le fond; nous le mettons sous vos yeux, afin que vous puissiez voir avec quelle habileté la restauration a été faite. Il est impossible, à première vue, de voir oit l’original commence.
- Votre commission est convaincue que M. Pierrat possède des compositions de terres et de vernis colorés fort analogues aux recettes de Palissy; elle pense qu’il y aurait encore, malgré ce qui s’est fait dans ces dernières années, quelque intérêt à produire de nouvelles faïences décoratives. Elle croit M. Pierrat mieux placé que personne pour tenter cette fabrication; habile artisan, il pourrait, en signant ses œuvres, continuer en faveur de son pays une célébrité bien anciennement acquise.
- Persuadée qu’elle est d’accord avec vous, votre commission a l’honneur fie vous proposer
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- PEINTURE A LA CIRE
- 1° D’approuver le présent rapport et de l’insérer dans le Bulletin de la Société ;
- 2° De remercier M. Pierrat de sa communication.
- Signé Salvétat, rapporteur.
- Approuvé en séance, le \\ janvier 1854.
- PEINTURE A LA CIRE.
- PROCÉDÉ DE PEINTURE ENCAUSTIQUE A LA CIRE; par M. DüSSAUCE, peintre décorateur (1).
- Les peinturesmuralesde l’église Saint-Vincent-de-Paul comportent plus de 1,200 mètres de surface. C’est, sans contredit, la plus grande page qui existe et le plus bel exemple de la régénération du beau procédé de peinture à la cire des anciens. La frise supérieure, exécutée depuis près de douze années, ne laisse rien à désirer pour la conservation de la peinture, tant sous le rapport de la matière plastique que sous le rapport de la couleur. Les autres parties, la coupole et la frise inférieure offrent un bel échantillon de tous les avantages de la peinture à la cire : absence de mirage, puissance de ton et solidité éprouvée.
- . La frise supérieure offrait, par sa construction, plusieurs genres de matériaux : ainsi la partie du fond, au-dessus de la grande arcade du sanctuaire, était entièrement bâtie en pierre tendre, et les trois autres parties, aussi bien les deux parties latérales que celle du côté de l’orgue, se composaient de chaînes en pierre dure à l’aplomb de chaque colonne; d’arcs appuyés sur ces chaînes dont les claveaux étaient en pierre tendre; enfin de poteries enduites formant remplissage dans les vides laissés par les arcs. Il y avait donc trois natures différentes de surface, la première en pierre de Saint-Non, la seconde en pierre de Vergelé, la troisième en plâtre; on doit même ajouter qu’il y en avait une quatrième, celle formée par les joints, en mortier de chaux et sable, entre chaque assise. Cette circonstance toute particulière exigeait un grand soin pour la cautérisation, qui devait varier selon que les matériaux étaient plus ou moins faciles à calciner. La démarcation des différents fonds fut donc bien établie et leur observation rigoureusement recommandée à mes ouvriers. On visita ensuite les joints, à l’effet de faire tomber le mortier là où il était susceptible de se détacher facilement; on dressa la surface, en la frottant avec du grès, et en faisant tomber les aspérités; enfin, on épousseta le tout avec soin, pour enlever complètement la poussière.
- Après cette préparation du mur, on étendit, avec une brosse à peindre, une solution de sublimé corrosif très-étendue d’eau (1); on chauffa ensuite la muraille dans les
- (î) Voyez le rapport de M. Gourlier sur les peintures murales de M. Dussauce, Bulletin de décem-fre 1853, p. 737.
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- angles, lorsqu’il s’agissait de petites parties, avec un réchaud à main, et pour les grandes, généralement au moyen d’un réchaud porté sur un chevalet à crémaillère. Celui-ci est disposé de manière à ce qu’une seule personne puisse, à volonté, le faire monter ou descendre, aller à droite ou à gauche. Il faut avoir la précaution de tenir le réchaud éloigné d’au moins 0m,30 du mur : cette distance suffit pour éviter l’effet d’une trop grande élévation de température, qui calcinerait la pierre ou le plâtre.
- S’étant assuré que le mur ne contient plus d’humidité et l’ayant chauffé assez fortement pour ne pouvoir en endurer le contact avec la main, on l’imbibe avec le gluten d’enduit (2). L’ouvrier prend, dans un vase en fer, une certaine quantité cle ce gluten qui a une consistance onctueuse, et, avec une forte brosse à peindre, un peu usée, il nourrit continuellement de gluten les parties chaudes, tandis que le réchaud est employé à chauffer les parties adjacentes du mur. Tant que la surface conserve de la chaleur, on la sature d’enduit. Lorsqu’il y en a suffisamment, ce qui s’aperçoit à l’apparence ni trop mate ni trop brillante des surfaces, et pendant que le mur conserve encore un peu de chaleur, on applique, sur ces mêmes parties ainsi imbibées, une première couche de couleur (3).
- Après avoir posé cette couche sans y ajouter aucun liquide, la chaleur étant suffisante pour lui donner la fluidité nécessaire, on la laisse sécher pendant six ou huit jours; puis on bouche les joints dégradés, ainsi que les plus grandes cavités, avec un premier mastic (4). Quant aux petites cavités, on les remplit avec un deuxième mastic, puis on laisse sécher jusqu’à ce que le premier mastic ait acquis une grande dureté. Ces opérations terminées, on prend de la couleur à laquelle on ajoute de la céruse en poudre impalpable, pour la rendre plus ferme et susceptible de s’étendre avec une truelle en métal assez longue, et on l’applique, dans cet état, sur la première couche déjà donnée, afin de dresser complètement la surface et de l’obtenir aussi plane que possible. Si, pour arriver à ce dernier résultat, il est nécessaire d’employer, en quelques endroits, une certaine épaisseur de mastic , il faut l’étendre à plusieurs reprises et par minces couches, sans quoi il se produirait inévitablement des fendillements et des gerçures. Si, toutefois , il apparaissait, après quelques jours, de légères gerçures, on peut, avec la même couleur et un couteau à reboucher, remédier au mal.
- Ayant fait sécher de nouveau, ce qui demande une quinzaine de jours, on broie du blanc avec du gluten à couleur pour les tableaux (5), en délayant assez le blanc pour pouvoir l’employer au pinceau. Ce même gluten sert pour éclaircir la couleur, s’il en est besoin ; puis on donne une couche générale étendue aussi également que possible; on laisse encore sécher sept ou huit jours, puis on étend une seconde couche par parties, que l’on tamponne successivement, la couche étant encore fraîche. Cette opération, qui est la dernière, a pour objet de donner un grain que plusieurs artistes préfèrent comme étant plus propre à une rapide exécution (6). Plus les fonds restent de temps à sécher, mieux ils valent.
- Si l’on a à préparer de vieux murs contenant des sels et de l’humidité, on opérera de la manière suivante :
- Lorsque les murs seront chauffés et imbibés d’enduit, comme il est dit précédem-
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- PEINTURE A LA €IHF..
- ment, au lieu de donner une couche de couleur lorsque le mur est encore chaud, on appliquera une couche épaisse de 4 ou 5 millimètres de la composition suivante.
- Prenez 4 parties de gutta-percha,
- 2 id. de résine,
- 1/2 id. de cire,
- 1 id. de gomme laque en écaille,
- 4 id. de térébenthine ordinaire.
- Faites fondre ces substances dans un vase de métal. On applique la composition sur le mur encore chaud. Il est difficile d’étendre cette composition d’une manière bien égale; mais, lorsque le tout est refroidi, la surface se dresse très-facilement avec un grattoir. Sur cet enduit, on pourra donner des couches de couleur, comme il est dit ci-dessus.
- Notes.
- (1) Solution de sublimé corrosif. L’application de cette substance vénéneuse a pour objet de détruire toutes les végétations qui pourraient se trouver sur la pierre et les enduits. Pour le lavage dont il s’agit, on étend 2s,'am ,656 de perehlorure dans 8 à
- 10 lit! •es d’eau.
- (2) Ce gluten se compose, en poids, de
- Cire.........................................1 partie.
- Essence de térébenthine......................1
- Huile de lin............................... 1
- Térébenthine de 'Venise ou autre. ... 1
- Vernis à l’ambre très-étendu.................1
- Poix blanche.................................. 1/2
- Oxyde de plomb ( litharge ).................. 1/8
- Savon métallique.............................. 1/8
- Pour préparer le gluten, on met toutes ces substances, à l’exception du savon métallique, dans une grande chaudière. Lorsque tout est fondu, on chauffe pendant une demi-heure, en ayant soin de remuer le liquide avec une spatule et de le surveiller attentivement pour qu’il ne prenne pas feu. Le savon métallique est dissous dans trois fois son poids d’essence de térébenthine et d’huile de lin. On retire ensuite les chaudières des fourneaux, en les plaçant très-loin l’une de l’autre. Après avoir laissé refroidir un peu , on verse par petites portions le savon dissous dans l’autre chaudière, qui ne doit être remplie qu’à moitié, à cause de l’effervescence qui est trop grande. Quant au savon métallique, on l’obtient avec une dissolution saturée de protoxyde de fer, qu’on verse peu à peu clans une dissolution concentrée de savon ordinaire. En agitant cette substance avec une spatule, il se forme un précipité qui est le savon métallique; on le lave avec soin jusqu’à ce que, au moyen d’une légère évaporation, l’eau de lavage ne laisse plus qu’un léger résidu.
- (3) Cette couleur est composée de blanc de céruse avec un dixième de son poids de minium que l’on broie, mélangé avec un gluten à couleur, composé comme suit :
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- Cire...........................
- Essence de tcrébenlhine. . .
- Térébenthine de Venise..
- Ambre très-étendu..............
- Huile volatile de résine distillée. Résine élémi...................
- (V) I.e mastic se compose de
- Céruse calcinée...............
- Terre d’ambre.................
- Talc ou terre de Jésus. .
- 1 partie.
- 2 1 2
- 1
- 1/2
- 20 grammes.
- 15
- 20
- En tout 55 grammes que l’on mêle à 500 grammes d’huile de lin. On fait bouillir ces substances à un feu doux et égal, pendant deux heures , en remuant souvent, jusqu’à ce que l’huile ne noircisse plus; on écume, et lorsque l’écume devient rare et rousse, la cuisson est à son point ; on laisse reposer le tout et on tire à clair, Avec le liquide et pour constituer un mastic, on prendra du blanc de céruse, 3 parties, et 1 de blanc d’Espagne en poudre impalpable; on mélange ces deux substances avec le liquide. On en met plus ou moins, selon la force que l’on voudra donner au mastic.
- L’expérience m’a démontré que le mastic suivant était supérieur au précédent par sa dureté , lorsqu’il est sec.
- Vernis copal, céruse impalpable, blanc d’Espagne, dans les proportions ci-dessus indiquées, mélangés ensemble, en consistance de mastic. On aura soin de tenir ce mastic dans l’eau, lorsque l’on ne s’en servira pas. Quand des cavités sont trop profondes, on rebouchera toujours, à plusieurs fois, attendu que des couches trop épaisses sont toujours longues à sécher dans l’intérieur.
- (5) Le gluten qui a servi à broyer les couleurs pour les peintures historiques de M. Picot résume toutes les qualités réunies. Je l’ai composé comme suit :
- Cire...............................................................1 partie.
- Essence d’Amérique ou, au besoin, essence de térébenthine distillée. 3 1/2
- Vernis copal à l’essence........................................... 1/5
- Blanc de baleine ( sperma ceti )................................... 1/4
- Naphle ou demi-baume............................................... 1/4
- Le tout est fondu ensemble au bain-marie, dans un grand vase de terre vernissée.
- (6) MM. Picot et Flandrin ont demandé ce grain ; mais la irise supérieure a été peinte avec beaucoup de rapidité sur un fond très-uni.
- Observations. — Le procédé de M. de Mmilabert, employé jusqu’ici, eu ce qui a rapport aux glutens qui servent à broyer les couleurs, présentait des inconvénients graves, par l’emploi de l’essence d’aspic rectifiée et de la résine élémi; l'essence d’aspic, pour deux causes majeures, devrait être remplacée :
- 1° Elle est trop volatile, et son emploi présente des diiüeuUés pour la manipulation
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- PAPIERS PEINTS.
- (le la peinture à froid. De plus, elle a une action trop dissolvante, et l’ébauche terminée, on ne peut peindre sans délayer les dessous; on pourrait éviter ce désagrément en mettant une plus grande quantité de corps résineux; mais, au lieu d’avoir une peinture mate, elle ne l’eût été qu’imparfaitement.
- 2° On ne pourrait, du reste, en faire un emploi continu sans compromettre la santé des artistes qui s’en servent, attendu qu’étant très-volatile et d’une odeur pénétrante elle agit fortement sur le système nerveux.
- J’ai substitué à l’essence d’aspic l’essence douce de New-York (1) (essence d’Amérique), qui réunit toutes les qualités voulues.
- La résine élémi, combinée avec la cire, donne, selon moi, à la matière plastique de la peinture une mollesse qui, dans les tons foncés, détermine des efflorescences et des espèces de végétations, lesquelles détruisent tout l’effet d'une œuvre d’art; j’ai remplacé cette substance par le sperma ceti et le copal à l’essence.
- L’expérience m’a démontré toute la supériorité de mon mélange. Pendant les quatre années que M. Picot a mises à exécuter les travaux de Saint-Vincent-de-Paul, il n’a jamais, que je sache, été incommodé par le fait de son travail. Quant à la solidité et à la ténacité de sa peinture, ce célèbre artiste en a été étonné lui-même.
- PAPIERS PEINTS.
- NOTICE sur LE PAPIER PEINT SOUS LE RAPPORT ARTISTIQUE; par M. DUSSAUCE.
- Sans chercher l’origine du produit industriel et artistique connu sous le nom de papier peint ou papier de tenture, nous pouvons, selon toute apparence, dire qu’il fut inventé en Chine, pays dans lequel depuis des siècles on fait des décorations de papier qui sont peintes au moyen de découpages, mais non imprimées. Cette industrie fut importée en France à peu près vers la fin du règne de Louis XV, par deux Anglais nommés Arthur et Robert. Pour constater la marche et les progrès de ce produit, nous dirons que, sous Louis XVI, une manufacture devenue historique dans les troubles de la première révolution, la maison Réveillon, jouissait d’une grande prospérité dans la fabrication de décorations sur papier. Dans ces décorations, la partie la plus difficile et la plus soignée était peinte et faite par des découpages, comme les tentures chinoises ; le reste était, comme aujourd’hui, imprimé à la planche plate, gravée en relief sur bois de poirier ; ce dernier procédé est maintenant le seul employé, même dans les cas les plus difficiles. Les compositions, qui, du reste, étaient très-ordinaires, se ressentaient du goût de l’époque. La maison Réveillon employa longtemps un artiste nommé Sioti, qui périt sur l’échafaud révolutionnaire. M. Fontaine, le regrettable architecte qui vient de mourir, ne dédaigna pas de fournir à Réveillon, ainsi qu’à Simon et Cartulat,
- (1) Cette essence est connue depuis peu de temps dans le commerce.
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- des modèles de sa composition. MM. Jacmart, qui succédèrent à Réveillon, durent leur réputation à des bordures de fleurs, bien imparfaites alors, exécutées par un dessinateur nommé Costin. L'ornementation était mauvaise et se ressentait du type général de l’époque, et était l’œuvre d’un nommé Guérin ; telle était la première période de l’industrie du papier peint.
- Cette industrie entra dans une nouvelle phase sous le rapport artistique, par l’intervention de MM. Duffour et Ce qui venaient de s’établir. Jeunes et laborieux fabricants, artistes eux-mêmes, ils conçurent l’idée de produire de grands articles; les paysages de Psyché, Télémaque, les Indiens, etc., etc., furent des œuvres remarquables par leur composition. Us employèrent les artistes les plus éminents de l’époque, les LafiUe, les Blondel, les Pujol et autres. Dans ce nombre, un artiste de mérite, M. Mader, se livra exclusivement à cette spécialité ; il eut un succès mérité et contribua à la réputation de la maison Duffour par les grandes choses qu’il exécuta : c’est lui qui le premier donna naissance au genre nommé décor, distribué par panneaux s’adaptant a volonté, suivant les localités. M. Mader avait monté une fabrique; il eut les plus grands succès et marchait en première ligne avec la maison Zuber, de Mulhouse, renommée pour ses paysages et ses belles tentures ; avec la maison Leroy, successeur et gendre de M. Duffour; avec M. Doptain, homme de mérite, plus artiste que fabricant; et M. La-perre, qui lui aussi a rendu service à cette industrie : nous étions alors en 1830. Là se termine la seconde période du papier peint. Une mort prématurée venait d’enlever M. Mader à sa familie; cet artiste distingué avait ouvert une nouvelle voie à la fabrication du papier peint (1). En 1834, M. Délicourt, étant alors gérant de la maison Mader, venait de s’établir, et une lutte de progrès s’établit entre toutes ces maisons rivales. Mme veuve Mader, la première, pensa donner un nouvel essor et changer la manière de faire de cette époque, en attachant à sa maison un peintre de décoration monumentale. J’étais jeune, laborieux, et on avait eu l’indulgence de remarquer mes travaux; je traitai avec la maison Mader pour une partie de mon temps, voulant réserver l’autre à mes travaux particuliers. Les premiers modèles que je fis en papier peint eurent du succès. La maison Délicourt s’attacha C. Wagner, un de mes élèves, artiste d’un éminent mérite; puis j’en formai d’autres parmi lesquels est Dury, jeune homme d’un talent supérieur, qui contribue, dans la maison Délicourt, au progrès de cette spécialité. (Ce jeune artiste m’a puissamment secondé pour le grand travail que j’ai exécuté pour M. Délicourt, et qui a réuni tous les suffrages à l’exposition de Londres.)
- La lutte qui depuis vingt ans s’est établie entre toutes ces maisons rivales a contribué à placer la fabrication du papier peint, sous le rapport de l’art, à la tête de toutes les industries similaires, et à être pour celles-ci un noble stimulant.
- En me livrant à la fabrication du papier peint, j’ai apprécié le talent des artistes, mes devanciers, et, tout en rendant justice à leur mérite, j’ai cru convenable de chan-
- (0 Le successeur de la maison Mader, M. Jules Desfossés, donne les plus belles espérances par son- zèle qu’il apporte.
- Tome 1". — année. T série. —
- Janvier 1 S.’> i.
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- PAPIERS PEINTS.
- ger leur manière de faire qui n’était plus de notre époque. Sous l’Empire, en général, l’art de la décoration monumentale était mal compris, et, selon moi, d’une exécution fausse. C’était moins la faute des artistes que celle de l’époque ; aussi les erreurs des maîtres étaient un principe pour les élèves. Àvait-on une grisaille à peindre, soit en décoration, soit en papier peint, on commençait par mélanger du noir et du blanc, et on couchait à plat le dessin avec un ton local que l’on nomme vulgairement ton géométral, qui, mélangé avec plus ou moins de noir, formait les ombres, et avec plus ou moins de blanc formait les clairs. Cette marche était adoptée généralement pour tous les objets coloriés. Avait-on à faire des fleurs vertes, rouges ou bleues, on faisait comme ton géométral une demi-teinte la plus éclatante possible, et on cherchait à lutter d’éclat pour les ombres et pour les lumières ; on ne connaissait pas les tons rompus, ni tous ces tons fins produits par les modifications de la lumière, et les reflets de ces nombreux objets qui se colorent mutuellement d’une manière si délicate et si légère, que, loin de se nuire, ils concourent à cette harmonie générale que l’œil seul d’un artiste exercé peut remarquer dans la nature.
- Les fleurs, les fruits, les ornements, et généralement tous les genres, étaient peints et touchés de la même manière ; les fleurs colorées ressemblaient à des grisailles en plâtre enluminées, etc., etc. Un bouquet se composait-il de diverses couleurs, on faisait quatre ou cinq tons plus ou moins foncés de la couleur de chaque fleur, et on peignait ainsi. Il en résultait que tous ces tons n’étant pas rompus et n’étant pas modifiés par d’autres, comme on le remarque dans la nature, produisaient un effet des plus désagréables par la crudité des tons criards que l’on employait. J’ai réformé cette pratique. Avec moins de couleurs je fais plus d’effet; je fais avec cinquante couleurs ce qui autrefois en aurait nécessité cent. Mes tons sont rompus. Si j’exécute un groupe de fleurs, au lieu de faire les roses avec des tons roses seulement, les fleurs blanches avec des blancs, les jaunes avec des jaunes, etc., etc., je romps la monotonie générale et la crudité en faisant jouer les tons les uns sur les autres, je donne de la légèreté aux roses avec des gris, aux rouges avec des roses, des reflets avec des verts et des jaunes, et ainsi de suite ; il en résulte un ensemble général des plus harmonieux. Par l’ancien système, pour arriver au même résultat, il aurait fallu le double de tons, de planches, de gravures et de main-d’œuvre. Ce travail ne demande qu’une étude raisonnée pour l’application des planches par numéros d’ordre, afin que les tons qui doivent être imprimés les premiers marchent en premier, et ainsi de suite. Ce que j’ai dit pour les fleurs s’applique à tous les autres genres. Telles sont les réformes que j’ai pensé introduire dans l’art de la peinture appliquée aux papiers peints.
- Passons à la touche. Personne n’ignore la manière dont nous exécutons nos modèles pour la fabrication du papier peint ; c’est une espèce de mosaïque où toutes les couleurs sont juxtaposées les unes à côté des autres, de manière à constituer l’ensemble général du tableau, qui, si on le voulait, pourrait se découper, ton par ton, et former ce que l’on nomme vulgairement un jeu de patience. Ce sont ces tons relevés sur un papier verni ( par un hommeque l’on nomme metteur sur bois ) et décalqués sur des planches en bois et gravées qui forment les planches qui servent à imprimeries pa-
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- FOUR A FAIX.
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- picrs et à reproduire l’œuvre des artistes. La manière de toucher un modèle exigé uti grand savoir ; elle donne plus ou moins de facilité et de travail au metteur sür bois et au graveur et concourt puissamment à la perfection de l’œuvre.
- Les anciens modèles étaient peints et exécutés par un travail de hachure. Pour modeler les objets, ce moyen était mauvais ; pour plusieurs causes, il nuisait à la perfection de l’ouvrage. La gravure en était très-compliquée, et demandait beaucoup de réparation ; j’ai réformé cette manière de faire. J’ai procédé d’une façon simple et par larges touches, mises avec tout le sentiment possible, n’employant les hachures que quand elles sont nécessaires ; il en est résulté une grande perfection dans l’ouvrage, une économie de 200 pour 100 dans la main-d’œuvre en général. Quant à la composition des modèles, élevé dans l’art de la peinture décorative monumentale, nourri dans des études spéciales, j’ai cherché à conserver le bon goût en suivant le mouvement artistique de notre époque, et en m’inspirant des œuvres des maîtres et des modèles sublimes de l’antiquité.
- J’ai abordé les grandes compositions décoratives (il en est de 27 mètres de long sur 6 de haut) pour appartements, vestibules, salles à manger, salles de bal, de spectacle et autres. L’étranger et la province, où l’absence d’artistes capables se fait sentir, font une grande consommation de ces articles. Les palais, les appartements les plus somptueux sont décorés avec mes belles et riches tentures, et la France particulièrement a le monopole de ces articles à l’étranger.
- Nos moquettes, nos tapis, nos soieries, les étoffes en général, ont compris les progrès du papier peint, et en ont tiré parti. Nos plus beaux modèles sont consultés dans les fabriques de Lyon, de Mulhouse, de Beauvais, etc. Si j’osais môme en croire certains lithographes célèbres, l’art delà peinture sur papier peint aurait donné naissance à ces belles productions cliromolilhographiques que l’on exécute d’une manière si admirable.
- FOUR A PAIN.
- rapport fait par m. félix leblanc, au nom du comité des arts chimiques, sur ux four De boulangerie Ré m. carville, à Alais (Gard), et à Paris, rue Saint-Louis, 41, au Marais.
- Messieurs, vous avez renvoyé h l’examen du comité des arts chimiques une communication de M. Carville relative à un four de boulangerie de son invention.
- Depuis 1849, M. Carville s’est appliqué à la solution du problème de la cuisson économique du pain dans des fours à air chaud où le combustible et les produits de la combustion ne se trouvent jamais en contact direct avec la sole du four, soit avant, soit après l’enfournement des pains. Obtenir une cuisson régulière et uniforme dans un moufle qui reçoit les pains, en cm-
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- U
- FOUR A PAIN.
- ployant les combustibles les plus économiques et en atténuant davantage les pertes de chaleur, tel est le but que s’est proposé M. Camille, et auquel il s’est voué avec une persévérance digne d’éloge. Depuis sa première communication, M. Car ville a introduit de notables perfectionnements aux premières dispositions de ses fours. Nous venons vous entretenir aujourd’hui du four auquel l’inventeur s’est définitivement arrêté, et qui a été soumis à des expériences suivies pendant plus de deux mois.
- La question de la cuisson économique et salubre du pain présente un intérêt sur lequel nous n’avons pas besoin d’insister ; il était du devoir de votre comité de chercher à s’éclairer par des expériences décisives et suffisamment prolongées.
- Votre comité a pu recueillir, à cet égard, les renseignements les plus circonstanciés et les plus probants, par suite de l’établissement du four de M. Camille à la boulangerie centrale des hôpitaux, où ce four fonctionne sans interruption, depuis plus de deux mois, concurremment avec les fours ordinaires de l’établissement. Grâce au zèle éclairé de M. Salone 3 directeur de la boulangerie centrale, les expériences ont pu acquérir le degré de comparabilité désirable.
- Le système de four de M. Carville consiste en une sorte de moufle dont la sole horizontale et circulaire reçoit les pains à cuire. Cette sole est chauffée par la flamme et les produits de la combustion, qui viennent l’entourer de toutes parts, après être partis d’un foyer inférieur central distinct du moufle qui reçoit les pains.
- Le service de ce foyer se fait du côté du four opposé à la porte d’enfournement ; le massif extérieurdu four est cylindrique. La sole est circulaire et formée par des carreaux larges et épais en argile cuite ; elle est supportée par des colonnettes en terre réfractaire. L’épaisseur de l’àtre est double au-dessus du foyer. La flamme venant du foyer, où l’on brûle ordinairement de la houille, vient lécher la sole du moufle et passe ensuite verticalement clans un canal circulaire pour se rendre entre la première voûte qui ferme le moufle et une deuxième voûte supérieure.
- L’intervalle qui sépare les deux voûtes est divisé en plusieurs compartiments par des cloisons dirigées suivant les rayons de la circonférence et qui aboutissent à une ouverture circulaire centrale.
- Des registres à clefs tournantes permettent de fermer à volonté un ou plusieurs des passages de la fumée, suivant les besoins du chauffage, Celle disposition permet de régulariser la température'dans l’intérieur du moufle.
- De la deuxième voûte les fumées passent dans une troisième, en décrivant une ligne sinueuse ; à l’extrémité de ces parcours, les produits de la coin-
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- FOUR A PAIN.
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- bustion rencontrent un conduit vertical par lequel ils redescendent dans une cheminée traînante qui les dirige vers la cheminée générale de la boulangerie. Ce long parcours permet d’utiliser avantageusement la chaleur des produits de la combustion.
- Un thermomètre à mercure indique la température dans l’intérieur du moufle. Le prix d’établissement d’un four Camille, dont la sole a 3m,80 de diamètre, est de 3,000 francs.
- Sous le rapport de la cuisson opérée dans ce four, les expériences n’ont rien laissé à désirer. Ce témoignage est d’accord avec celui de M. Salone.
- Les expériences faites pendant soixante-trois jours permettent d’établir le prix comparé de la cuisson de 1,000 kilog. de pains dans le four Camille et dans les fours du système Ferrand employés à la boulangerie des hôpitaux. Le four Camille a, comme les autres fours, fonctionné sans interruption ; on enfourne, comme dans les autres, quatorze fois en vingt-quatre heures.
- On a bridé, dans les fours Camille, de la houille Charleroi et Marimonl dite tout venant, valant 3 fr. 10 c. les 100 kilog., tandis que les fours Ferrand consomment du bois de tremble et du bois de bouleau.
- En définitive, 1,000 kilog. de pain cuit au four Camille ont exigé une dépense de % fr. 50 c. en houille, tandis que la dépense en bois, dans les autres fours, a été de 6 fr. 97 c. pour 1,000 kilog., ou de 4 fr. 645 seulement, en déduisant la valeur de la braise fixée aux 0,33 de celle du bois.
- Le four de M. Lespinasse, employé à la manutention des vivres, exige, d’après M. Payen, 4 fr. 83 c. de bois ( valeur de la braise déduite ) pour 1,000 kilog. de pain cuit.
- En fixant à 50 pour 100, à Paris, l’économie qui résulte de l’emploi du nouveau four, on n’a pas h craindre d’exagération. Cette économie serait plus forte en considérant la possibilité constatée de faire au moins deux fournées de plus dans les vingt-quatre heures avec le système Camille, sans augmentation proportionnelle dans la quantité de houille consommée, en considérant, de plus, l’économie des frais de fente du bois, de main-d’œuvre pour le chauffage, etc.
- Le four de M. Camille vient d’être l’objet d’un rapport très-favorable fait à l’Académie des sciences par une commission spéciale, dans la séance du 5 décembre 1853.
- Depuis deux années, les fours de M. Camille fonctionnent à Nîmes et k Servas, près liais, sans réparation et avec un succès constaté par les rapports de MM. Dupont, Thibaud et Labbê, ingénieurs des mines et des ponts et chaussées.
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- Nous rappellerons que M. Carville a mérité, en 1811, un prix de mécanique de l’Académie des sciences, et une médaille d’or de la Société d’encouragement, qui a déjà accordé son approbation aux produits céramiques de l’usine de Chantilly, près Àlais ( Gard ).
- En conséquence, votre comité des arts chimiques a l’honneur de vous proposer de témoigner à M. Carville son approbation, et d’ordonner l’insertion du présent rapport dans le Bulletin, en y joignant le dessin du four et une légende explicative.
- Signé Félix Leblanc, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 11 janvier 1854.
- Description du four de boulangerie chauffé à la houille, par M. Carville.
- PI. 1, fig. 1. Section verticale du four prise sur la ligne À B, fig. 2.
- Fig. 2. Plan du four à la hauteur de la ligne C D, fig. 1.
- Fig. 3. Section horizontale au-dessus de la voûte, sur la ligne E F.
- Fig. 4. Plan de l’àtre du four pris à la hauteur de la ligne G H.
- Fig. 5. Section horizontale au-dessus du foyer.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans toutes les figures.
- A, maçonnerie du four entourée d’une armature en tôle forte. B, grille. C, cendrier. D, porte du four. E, moufle chauffé par la flamme et la fumée qui l’entourent. F, àtre ou sole du four sur lequel on place le pain ; il est formé de carreaux larges et épais en terre cuite reposant sur une couche de sable maintenue par des briques que supportent quatre fortes colonnettes HH en terre réfractaire, et cinquante autres colonnettes 11 plus petites. J, première voûte recouvrant Pâtre et fermant le moufle circulaire. K, canal circulaire formé par les briques creuses autour des parois verticales du moufle. K', autre canal dans lequel passe verticalement la flamme après avoir léché le fond du moufle pour se rendre entre la première voûte que ferme ce moufle, et la deuxième voûte L, au milieu de laquelle est réservée une ouverture circulaire M.
- L’intervalle entre les deux premières voûtes est divisé en huit compartiments par huit cloisons verticales N, fig. 3.
- O 0, huit registres ou clefs tournantes fermant à volonté un ou plusieurs des huit passages de la fumée et servant à régulariser le chauffage.
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- FILS DE PLOMB.
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- T De faire connaître leurs produits par l’insertion du présent rapport dans le Bulletin.
- Signé Gourlier, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 11 janvier 1854.
- FILS DE PLOMB.
- rapport fait par m. e. de silvestre, au nom du comité des arts économiques, sur un nouveau mode employé par m. poulet pour tréfiler le plomb, rue Pierre-Levée, 17, faubourg du Temple.
- Messieurs, il yous a été fait, en 1843, un rapport favorable sur un procédé nouveau dû à M. Poulet, pour étirer le plomb en fils plus ou moins déliés. Bien que déjà, avant cette époque, plusieurs industriels, et M. Poulet lui-même, eussent réduit le plomb à l’état de fils, ce n’était alors qu’en suivant les procédés ordinaires appliqués aux métaux ductiles. Aussi cette fabrication offrait de grandes difficultés ; elle exigeait beaucoup de temps et desoins, elles produits obtenus étaient, nécessairement, livrés aux consommateurs à des prix relativement trop élevés.
- L’art de tréfiler le plomb resta ainsi stationnaire, et l’usage des fils de ce métal demeura, par conséquent,très-restreint jusqu’au moment où M. Poulet, grâce à sa découverte, put livrer au commerce des fils de tous les diamètres, très-réguliers, sans gerçures, d’une longueur indéterminée, aussi tenaces que le plomb peut le comporter, et enfin à des prix modérés ; toutefois, quant à ces prix, M. Poulet, dans l’intérêt de l’industrie comme dans le sien propre, devrait peut-être les réduire encore, ainsi qu’il le pourrait faire aisément.
- M. Poulet, qui se présente aujourd’hui comme ayant perfectionné sa fabrication, emploie un moyen des plus simples pour tréfiler le plomb sans rien changer à sa nature (1). Le conseil a sous les yeux un tableau d’échantillons, avec l’indication des longueurs de fils fournies par 1 kilog. de métal. Bien que ce tableau, dressé par M. Poulet, contienne des fils d’une finesse
- (l) Dans le rapport fait en 1843, il est dit : « M. Poulet avoue que le métal, pour être façonné d’après sa méthode, ne doit pas être entièrement sans mélange ; qu’une des conditions pour pouvoir le faire passer k la filière est d’y incorporer une très-petite quantité de matière étrangère, qui le rend plus ductile sans rien lui enlever de sa flexibilité. » Pour que cette phrase ne puisse donner lieu à aucune fausse interprétation, nous dirons, aujourd’hui que le procédé nous est connu, qu’il ne s’agit nullement ici un mélange capable d’altérer la nature du métal, mais qu’il est simplement question d’un artifice propre à aider l’action mécanique qu’il faut exercer sur le plomb pour le réduire en fils.
- [Noie du rapporteur.)
- îomc Ier. — 53e année. 2° série. —- Janvier 1854. 7
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- FILS DK L’LOiUB.
- déjà remarquable, l’auteur pourra aller encore aisément plus loin le jour où des fds plus déliés trouveront leur emploi dans l’industrie.
- Depuis l’invention de M. Poulet, l’usage des fils de plomb a acquis une extension qui donne à cette découverte une Certaine importance. Ces fils sont maintenant recherchés par un assez grand nombre d’industries. M. Poulet en fournit à la France, à l’Angleterre, à l’Italie et même à la Russie. Il en fait pour les besoins du jardinage. Les fabricants de plaqué les emploient aujourd’hui presque exclusivement dans la confection des rebords; les fabricants de voitures s’en servent pour l’agencement de certaines parties de leurs modèles. M. Poulet en livre annuellement pour une somme importante à plusieurs villes manufacturières, comme Elbeuf, Reims, Rouen, Tours, Amiens, etc., pour l’établissement ou l’entretien des métiers à la Jacquard. Les fils de plomb sont aussi demandés par les fabricants de pianos. La science elle-même commence à en faire emploi comme conducteurs électriques, notamment dans la galvanoplastie ; la médecine aussi en fait usage. Il est donc à croire, d’après ce qui précède, que le tréfilage du plomb est appelé à prendre, par la suite, un développement toujours progressif.
- M. Poulet, qu’on peut considérer comme ayant résolu complètement le problème du tréfilage du plomb, a eu l’idée de fabriquer, avec les fils de ce métal, des toiles de tous les degrés de finesse* tissées au métier. Ces toiles, il est vrai, sont encore sans usage; mais votre comité pense que, quelque jour, la science et l’industrie sauront en trouver l’emploi.
- M. Poulet n’a pas hésité à confier le secret de sa fabrication à votre rapporteur, qui a l’honneur de déposer sur le bureau un pli cacheté contenant la description vérifiée du nouveau procédé. L’intention louable de fauteur est que son invention ne coure pas le risque d’être perdue un jour pour l’industrie, et il vous demande, à cet effet, de vouloir bien en faire le dépôt dans les archives de la Société.
- Comme conclusion, votre comité a l’honneur de vous proposer, Messieurs, de remercier M. Poulet de sa nouvelle et intéressante communication, et d’ordonner l’insertion du présent rapport dans le Bulletin»
- Signé E. de SilvesîIie , rapporteur»
- Approuvé en séance, le janvier 1854.
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- COUPE-RACINE.
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- COUPE-RACINE.
- rapport fait par m. benoît, au nom, du comité des arts mécaniques, sur un coupe-racine inventé et présenté par m. durant, de Bler court, département de la Meuse.
- Messieurs, M. Durant> de Blercourt ( Meuse ), a présenté à la Société et soumis à son appréciation un coupe-racine de son invention, dont vous avez chargé votre comité des arts mécaniques de faire l’examen. Je viens, en conséquence, vous entretenir de cet utile outil, et vous proposer les conclusions du comité à cet égard.
- Le coupe - racine dont il s’agit, et dont un modèle est déposé au Conservatoire des arts et métiers, est fort simple; il se compose d’une sorte de châssis en bois, dont le plan général est incliné d’environ 12 degrés sur l’horizon, fixé, par sa rive la plus basse, à un mur contre lequel on l’appuie, et soutenu à la rive la plus élevée par un pied en bois de 80 centimètres de hauteur, dont la ferrure est enfoncée dans le sol.
- ' Dans le vide rectangulaire de ce châssis peut aller et venir, comme un tiroir, sur des galets, une planchette d’environ 25 centimètres de large et de l mètre de longueur, également inclinée, munie, à son extrémité extérieure, d’une poignée double transversale, à l’aide de laquelle un manœuvre lui imprime, des deux mains, un mouvement de va-et-vient, dans la direction la plus convenable au bon emploi de sa force musculaire.
- A^ers le tiers de sa longueur, à partir de son autre extrémité, cette planchette est percée d’une ouverture parallélogrammique transversale, de 6 à 7 centimètres de largeur, un peu biaisée, et au-dessus de laquelle est fixée, à un écartement voulu , une lame d’acier à deux tranchants, destinée à couper , en tranches qui tombent à travers l’ouverture, les racines souihises à l’opération. Des sécateurs, ou petites lames d’acier tranchantes, dont les plans sont perpendiculaires à celui de la précédente et parallèles à la longueur de la planchette, sont fixés le long des rives de l’ouverture de celles-ci, afin de subdiviser les tranches détachées des racines, en bandes d’une largeur égale à l’écartement auquel ces sécateurs ont été fixés (1).
- La course de la planchette est limitée, du côté du mur, par le bois du châssis contre lequel elle butte, et, du côté du manœuvre, par une lanière de cuir attachée au haut du pied de l’outil, et dont on règle la longueur au moyen d une boucle fixée par-dessous la planchette, tout contre les poignées.
- (l) Pour les moutons,les tranches des racines doivent avoir de 5 h 6 millimètres d’épaisseur et leurs handes ;î, 5 centimètres de largeur ; pour les bœufs l’épaisseur doit cire de t centimèîre et la largeur de 5 centimètres.
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- COUPE-RACINE.
- Les racines sont maintenues au repos, sur la planchette et sa lame , pendant le mouvement de va-et-vient de celles-ci, par une boite sans fond qui les renferme, fixée verticalement sur les deux côtés du châssis, et, afin qu’elles ne puissent pas se dérober à l’action des lames en se bridant contre les parois de cette boîte, la section horizontale en est un peu plus grande à sa base qu a son entrée supérieure, où existe, d’ailleurs, une trémie sur laquelle on peut placer un petit approvisionnement de racines, qu’au besoin le manœuvre fait tomber dans la boîte.
- Les tranches déracinés, dont l’épaisseur varie avec la saillie que l’on donne à la lame sur la planchette et la largeur avec l’écartement des sécateurs, sont recueillies par une trémie inférieure qui les dirige dans le vase destiné à les transporter au lieu de consommation.
- Les bons résultats obtenus de cet outil, à l’aide duquel un homme peut facilement diviser, par minute, en tranches de 4 à 5 millimètres d’épaisseur, un double décalitre de pommes de terre , sont attestés par des certificats authentiques, émanés d’un grand nombre d’acheteurs qui s’applaudissent d’en avoir fait l’acquisition; la sécurité qu’il offre contre de fâcheux accidents est, d’ailleurs, évidente.
- Aussi le comité des arts mécaniques m’a chargé de vous proposer, Messieurs , 1° d’approuver le coupe - racine de M. Durant, qui, vu la modicité de son prix, sera employé avec avantage dans les exploitations agricoles n’ayant pas assez d’importance pour utiliser des machines à couper les racines, mues par des moteurs artificiels ou par la force des animaux; 2° de remercier M. Durant de sa communication; 3° enfin d’insérer le présent rapport dans le Bulletin avec le dessin de l’outil dont il s’agit.
- Par cette dernière, mesure, vous seconderez le plus efficacement possible les vues de M. Durant, qui, dans sa lettre à M. le président de la Société sur son coupe-racine, dit : « Je n’ai pas sollicité de brevet, afin de laisser « pleine latitude et entière liberté à tout ouvrier de le fabriquer; de plus,
- « pour que la propagation en soit plus rapide dans tous les coins agricoles de « la France, je suis prêt à renseigner quiconque voudra le construire. »
- Signé Benoît, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 2o janvier 1854.
- Explication des figures de la planche 2.
- Fig. 1. Section verticale du coupe-racine monté de toutes ses pièces. Fig. 2. Le même vu en plan.
- Fig. 3. Les couteaux détachés vus en plan.
- Fig. 4. Les mêmes vus en section verticale.
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- PRIX RELATIFS A l/ACIDE BORIQUE.
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- Fig. 5. Les sécateurs détachés vus de face et de profil.
- Les mêmes lettres désignent les mêmes objets dans toutes les figures.
- A, châssis s’appuyant contre un mur B. C, pied soutenant le châssis par devant, et enfoncé dans le sol. D, planchette inclinée mobile sur des galets a a. E, poignée fixée à celte planchette et au moyen de laquelle on la fait aller et venir. F, trémie contenant les racines à couper. G, boite qui reçoit les racines coupées. H, lanière de cuir qui limite la course de la planchette. I, ouverture transversale percée dans cette planchette, et au-dessus de laquelle est fixée une lame à deux tranchants 6, qui coupe les racines en tranches, c c, sécateurs qui subdivisent les tranches en bandes. ( D. )
- PRIX RELATIFS A L’ACIDE BORIQUE.
- programme de divers prix à décerner relatifs à l’emploi de l’acide borique et du borax dans les arts céramiques ; par m. salvétat.
- L’introduction de l’acide borique et des borates dans les glaçures des faïences fines doit compter au nombre des améliorations les plus importantes dont ait été l’objet la fabrication des poteries ; une fusion brillante, une grande dureté, un accord parfait avec le biscuit amené, par une température élevée, à l’état dense et sonore, telles sont les qualités précieuses que ces éléments nouveaux ont ajoutées , depuis le commencement de ce siècle, aux glaçures des faïences fines si supérieures aux anciennes terres de pipe.
- Les arts céramiques offrent actuellement à l’acide borique de Toscane son débouché le plus considérable, et toute crise commerciale qui menacerait l’importation de ce produit en France entraverait également nos manufactures de faïences.
- En évaluant à 1,500 tonnes la masse de borax consommée par le monde entier, 1,000 sont employées par l’Angleterre , dans le Staffordshire, l’Ecosse et le reste du Royaume-Uni. Le Staffordshire seul, avec ses fabriques de poteries, entre pour les deux tiers dans cette consommation, et telle manufacture de cette contrée en écoule, à elle seule, dans les glaçures des divers produits qu’elle fabrique, 10 à 12 tonnes, sans tenir compte d’environ 4 tonnes de tinkal qui provient directement des Indes. Le développement considérable de la fabrication céramique dans cette partie de l’Angleterre exige des quantités de borax toujours croissantes, et dans ces conditions Jes manufacturiers anglais se sont assuré la production de l’acide borique de la Toscane. Notre marché se serait même trouvé , depuis plusieurs années déjà , privé de
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- cette matière indispensable aujourd’hui, si le propriétaire des suffioni de Toscane , se souvenant de son origine française , n’en avait réservé pour le commerce de la France une centaine de milliers de kilogrammes. Cette réserve devient insuffisante en présence d’une production céramique prospère et de plus en plus développée. Aussi la crise imminente, maintenant, menace-t-elle de jeter, d’un moment à l’autre, la perturbation la plus fâcheuse dans nos manufactures de faïences (1).
- (l) Le tableau qui suit fait connaîlre en kilogrammes les quantités d’acide borique importées en France pendant les années 1846, 1850, 1851 et 1852 ; les chiffres contenus dans la colonne intitulée commerce spécial représentent les quantités mises en consommation : on voit que, depuis 1852 , toute réserve est épuisée.
- IMPORTATION.
- PAYS DE PROVENANCE. 1846. 1850. 1851. 1852. ;
- COMMERCE COMMERCE COMMERCE COMMERCE
- général. spécial. général. spécial. général. spécial. général. spécial.
- Angleterre 19,597 19,597 » » 9 )) 11,179 il,179
- Association allemande. 48 48 33 33 )> » )) ))
- États sardes 882 645 )) w » » »
- Toscane 89,393 89,393 113,598 145,940 111, 187 130,770 129,488 129,488
- Autres pays >j » )) » 3,827 3,827 » ))
- Totaux 109,920 109,683 113,631 145,973 115,014 134,597 (40,667 140,667
- La quantité de l’acide qui s’exporte à l’état de borax raffiné ne s’élève pas maintenant au-dessus de 4 tonnes, ainsi qu’il résulte du tableau suivant.
- EXPORTATION.
- PA\S DE DESTINATION.
- 1846 \ 1850. 1851. 4852.
- COMMERCE COMMERCE COMMERCE COMMERCE
- général. spécial. général. spécial. général. spécial. général. spécial.
- Algérie 537 291 » )) )) » 492 492
- Association allemande. )> 9 1,000 1,000 )) 9 » ))
- Belgique » )) 13,815 13,815 )) )) » »
- Espagne 808 53 3,283 317 701 348 1,677 1,156
- Etats sardes 1, 129 24 » )> » 9 » »
- Etats-Unis 9 9 » U )) » 254 254
- Mexique .... )) )) » » 453 361 282 ))
- Suisse 567 292 1,507 308 1,907 585 272 69
- Autres pavs 472 313 1,667 739 521 521 612 235
- Totaux 3,513 973 21,272 16,179 3,582 1,815 3,789 2, 206
- * Il faut ajouter pour cette année 846 kil. de borax dont 258 sous forme de borax mi-raffiné et 588 à l’état de borax.brut,
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- PliIX RELATIFS A L ACIDE BORIQUE.
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- Il appartient à la Société d’encouragement pour l’industrie nationale, s0lls l’inspiration de laquelle nos terres de pipe et nos faïences se sont tellement transformées, de faire acte de patriotisme et de prévoyance ; il est de sou devoir d’encourager généreusement de nouveaux perfectionnements; heureuse, s’il lui était permis, cette fois encore, d’être utile au pays !
- Les manufacturiers français ont à se préoccuper, dès aujourd’hui, des moyens de remplacer, sans nuire aux qualités des produits , l’acide borique et le borax dans les glaçures des faïences fines. Le problème n’est pas insoluble.
- L’acide phosphorique et les phosphates promettent d’arriver aux résultats cherchés, dans le cas où l’acide borique viendrait à manquer (1).
- Certains silicates à plusieurs bases, peu plombeux, peut-être à base d’oxyde de zinc, cuisant à des températures élevées, formeraient sans doute aussi des glaçures convenables, d’une dureté satisfaisante, d’un usage dépourvu de dangers.
- - On trouverait probablement encore une solution du problème proposé dans l’emploi des composés remarquables indiqués pour la première fois par M. Berthier {%), et formés par des mélanges de spath fluor, de quartz et d’argile, ou de spath fluor, de quartz et de kaolin, ou bien enfin de spath fluor et de sulfate soit de chaux, soit de baryte. Nous citerons encore quelques micas comme aussi les lépjdolithes roses et blancs analysés par M. Régnault (3).
- De semblables composés donneraient sans doute l’occasion de faire disparaître les craintes bien fondées que font naître en France l’importation de l’acide borique et le monopole étranger.
- Mais toute autre voie tendant à régler le prix du borax , toute découverte créant sur le sol français une exploitation régulière d’acide borique, comme elle existe en Toscane, satisferait aux exigences du moment dans des conditions plus avantageuses peut-être, d’une manière plus immédiate et plus large.
- On sait que M. Beudant père a constaté que les eaux des lacs de Hongrie contiennent des quantités notables d’acide borique que l’évaporation dépose sous forme de borax natif.
- On sait aussi que MM. Bouis et Filhol (L) ont signalé, tout récemmenl,
- (0 A. Brongniarl, Traité des arts céramiques, 2e édition, L II, p. 073, et Brevets d’invention, t. VI, p. no. Note de M. de la Boulaye-Marillac.
- (2) Traité des essais par lavoie sèche, 1.1, p. 480.
- (3) Annales des mines, 3* 2 3 4 * 6 série, t. XIV, p. 151.
- (4) M. Bouis a publié, vers le commencement de l’année dernière, une note constatant la présence de l’acide borique en combinaison avec la soude dans les eaux thermales alcalines sulfureuses d’Olette ( Fyrénées-Orientales). ( Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. XXXVI, p. 229. )
- Trois semaines plus tard, M. l'ilhol annonce avoir de même découvert l’acide borique dans les eaux
- sulfureuses de Bagnères-de-Luchon, Baréges, Cauterets, Bonnes et Labanère , dans les eaux de Vichy,
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- PRIX RELATIFS A l’aCIDE RORIQUE.
- dans les eaux des Pyrénées et du Midi, la présence de ce même acide ; il est possible que de nouvelles recherches en fassent découvrir des sources exploitables.
- La nature, tellement avare envers les contrées européennes qu’il a fallu la concentration, sur un seul point, de tous les secours fournis par une grande intelligence industrielle pour extraire la plus grande partie de l’acide borique employé par le monde entier; la nature, plus libérale envers la Perse et les Indes, qui présentent à l’exploitation du borax tout formé, semble s’être montrée prodigue à l’égard de certaines parties de l’Amérique du Sud dans lesquelles elle a formé de vastes amas de borate de chaux.
- On sait que ces dépôts, dans lesquels l’acide borique avait été signalé, pourraient, comme M. Lecanu (1) l’a récemment vérifié, servir en France à la préparation de l’acide qui, jusqu’à présent, provenait exclusivement ou du tinkal ou des suffioni.
- L’établissement d’une usine traitant d’une manière spéciale ces borates de chaux mériterait donc d’être encouragé comme créant à l’intérieur une source nouvelle d’acide borique.
- Nous devons observer, en effet, que, si les arts céramiques peuvent, dans certaines conditions nouvelles, se passer d’acide borique, quelques industries importantes pour le commerce de la France ne sauraient le remplacer. Citons Fart de la vitrification applicable à la peinture sur porcelaine, à la peinture sur émail, à la décoration du cristal ; rappelons les avantages que MM. Maës et Clémandot ont retirés, dans la fabrication des verres d’optique, de l’usage des borosilicates. '
- Mentionnons encore les avantages que l’art du verrier en général pourra retirer de l’emploi de l’acide borique, si sa valeur commerciale permettait de le substituer en partie à l’acide silicique.
- Votre conseil d’administration a pensé, Messieurs, qu’il y avait urgence à calmer les inquiétudes légitimes exprimées par plusieurs manufacturiers.
- dans les feldspaths des Pyrénées, dans des pegmatites provenant du département de l’Aveyron. dans plusieurs potasses du commerce, et dans du carbonate de potasse provenant du lessivage de la cendre ordinaire. ( Comptes rendus de l’Académie des sciences, t. XXXVI, p. 327. )
- (l) Le borate de chaux qui paraît exister en quantité considérable dans les terrains d’Iquique, dépendant de la république de PÉquàteur, contient, suivant M. Lecanu :
- Eau............................................ 34,60
- Matières terreuses............................. 10,70
- Chlorure de sodium.................................. 9,87
- Sulfate de soude.................................... 5,04
- Borate de soude. .............................. 13,44
- Borate de chaux..................................... 26,35
- ~ ioo,(kT
- ( Comptes rendus de l’Académie des sciences, t. XXXVI, p. 580. )
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- SÉANCES DU CONSEIL D ADMINISTRATION.
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- Dans ce but, il propose plusieurs prix, et, pour augmenter les ressources dont il dispose, il a, dans sa séance du 11 janvier dernier, accepté la somme de 1,500 francs que les directeurs des fabriques de Creil et de Montereau lui ont généreusement offerte.
- D’après les considérations qui précèdent, au nom de l’avenir de nos manufactures de faïences, au nom des développements prochains des arts qui touchent à la vitrification, la Société d’encouragement pour l’industrie nationale met au concours la solution des questions suivantes :
- 1° Trouver une composition qui permette, sans altérer la valeur actuelle des faïences et sans augmenter leur prix, de remplacer l’acide borique ou le borax dans les giaçures de ces poteries.
- Les mémoires et renseignements devront être remis le 31 décembre 1855.
- Le prix est fixé, en comprenant les 1,500 francs offerts par M. Lebeufà la somme de 3,000 francs.
- T Une somme de 1,500 francs sera décernée, à titre de récompense, à l’auteur de la découverte , en France ou dans ses possessions , de gisements exploitables d’acide borique.
- La remise des mémoires et pièces justificatives sera faite avant le 31 décembre 1855.
- 3° La Société décernera de même une médaille de 500 francs à l’industriel qui pourra réussir h introduire en France , pour les y traiter, des matières autres que le tinkal ou l’acide brut de Toscane, contenant de l’acide borique en quantité suffisante pour une exploitation régulière.
- Les mémoires et pièces justificatives devront être remis au secrétariat de la Société le 31 décembre 1855.
- Signé Salvétat , rapporteur.
- SÉANCES DU CONSEIL D'ADMINISTRATION.
- PROCÈS-VERBAUX.
- Séance du 11 janvier 1854.
- M. Dumas, président, occupe le fauteuil.
- Le procès-verbal de la séance précédente est lu et approuvé.
- A l’occasion du procès-verbal, M. Alcan présente quelques observations sur la discussion qui a suivi la lettre de MM. Maillard et comp. relative au filage des cocons.
- La Société d'encouragement a proposé un prix pour le battage et la purge des cocons; elle a provoqué la découverte d’un moyen de tirer la soie des cocons sans faire Tome Ier. —- 53e année. 2e série. — Janvier 1854. 8
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- SEANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- un déchet en bourrelte et frison réunis de plus de 10 pour 100 de la matière soyeuse.
- La solution de ce problème a été l’objet des études de M. Alcan, en collaboration avec M. Limet; il s’est formé une Société pour la mise en œuvre des procédés qu’ils ont expérimentés. M. Alcan croyait s’être exprimé de manière à ne laisser aucun doute sur ce point qu’il renonçait non-seulement en son nom, en celui de M. Limet, mais encore au nom de la compagnie dont M. Maillard est le gérant, aux droits que res procédés pourraient avoir au prix proposé par la Société d’encouragement. M. Alcan renouvelle aujourd’hui cette déclaration.
- Correspondance. M. Basset, médecin, à Yaugirard, présente quelques observations au sujet de son travail sur la fritillaire impériale considérée comme plante féculente.
- 1° Il ne signale les bulbes de fritillaire que comme matière première des fécule-ries et non comme bulbes comestibles.
- 2° Il est bien des plantes qui sont féculentes au même degré que la fritillaire; à cet égard, l’auteur rapporte quelques-unes de ses constatations extraites de plusieurs centaines d’observations.
- MM. Chevalier fils et Vincent, quai Saint-Michel, 27, soumettent à la Société un nouveau système d’appareils de fosses d’aisances et d’urinoirs ayant pour but la séparation et la désinfection des matières solides et liquides, qu’ils viennent de faire breveter.
- Les avantages obtenus par la disposition de leurs appareils consistent 1° dans la construction de fosses fixes ou mobiles superposées ou accolées, propres à la séparation des matières solides d’avec les matières liquides; 2° de filtres de formes appropriées placés de manière à faciliter l’écoulement des liquides; de plaques ou cylindres à fentes verticales ou horizontales qui, par leur juxtaposition ou leurs emmanchures, forment des filtres faciles à nettoyer et à remettre en place; 3° dans l’emploi de flotteurs indicateurs à obturateurs hydrauliques; 4° dans un mode de désinfection d’une manière permanente à l’aide d’un tube-siphon ou réservoir à ouvertures graduées ne laissant écouler que la quantité nécessaire de liquide désinfectant au fur et à mesure que les matières solides et liquides tombent dans la fosse; 5° dans un double mode de ventilation des fosses; 6° dans la construction de réservoirs et citernes propres à recueillir les urines; 7° enfin dans la construction d’urinoirs fixes ou mobiles à réservoir désinfecteur, à plusieurs compartiments, avec cuvette à siphons obturateurs. Les auteurs joignent à leur demande une copie de leur mémoire descriptif, ainsi que les plans et les modèles de quelques-uns des appareils qu’ils désirent soumettre à la Société.
- M. Pasteau, à Saint-Denis, expose qu’en 1852 il avait sollicité du gouvernement • l’examen d’un procédé de dégraissage des laines; il communique la réponse de M. le ministre de l’agriculture et du commerce, qui l’informe que les Sociétés savantes, et en particulier la Société d’encouragement pour l’industrie nationale, ont compris dans le cercle de leurs travaux l’examen des inventions de cette nature.
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- SÉANCES DU CONSEIL D*ADMINISTRATION.
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- Il demande*, en conséquence, que la Société veuille bien prendre connaissance de son procédé.
- Madame veuve Margra, rue d’Anjou, 8, au Marais, rappelle que le Bulletin de février 1840 renferme un rapport de M. Gourlier, au nom du comilé des arts économiques, sur les lunettes jumelles de M. Margra. Cette clame a cherché à obvier aux imperfections qui avaient été signalées dans ces lunettes jumelles; elle appelle l’attention de la Société sur les perfectionnements qu’elle a apportés dans leur construction.
- M. de Fonvielle, rue Laffitte, 32, expose que la compagnie marseillaise de filtrage qu’il représente est brevetée pour un appareil de filtrage qu’elle appelle le filtre plongeur. M. de Fonvielle, qui a fait déposer cet appareil dans une des salles de la Société, demande qu’une commission soit nommée pour examiner les avantages de ce nouveau système de filtrage.
- M. Alleati père, à Saint-Jean-d’Àngély (Charente-Inférieure), dépose le dessin et la description du perfectionnement qu’il a apporté à son système de cheminée calorifère fumivore, à réservoir d'air chaud. Il annonce qu’à l’aide de ce système pour lequel on peut employer toute espèce de combustible, les cheminées ne fument plus, chauffent avec une économie des quatre sixièmes, renouvellent l’air dos appartements et les rendent plus salubres tout en activant la combustion.
- M. Loysel, ingénieur civil, rue de Grétry, 2, appelle l’attention de la Société sur l’application qu’il a faite du principe de la pression hydraulique, connu, en physique, sous le nom de principe des tmses communicants, pour obtenir l’infusion du café.
- M. Louis Parquin, constructeur, à Ville-Parisis ( Seine-et-Marne ), adresse 1° le rapport fait à la Société d’agriculture, sciences et arts de Meaux, sur ses instruments aratoires; 2° un extrait du rapport de M. Lefour, secrétaire rapporteur du jury des instruments aratoires au concours général d’Orléans.
- M. Parquin fait connaître que, depuis que ces pièces ont été écrites, il a complètement changé son système d’avant-train de charrue ; c’est cette nouvelle construction qu’il soumet à la Société.
- 31. Berlin-Godot, à Soissons, annonce qu’il est inventeur et constructeur d’une machine à fabriquer les tuyaux de drainage; il offre de communiquer le plan de sa machine et de la faire fonctionner en présence des membres de la Société.
- 31. Farcot, ingénieur-mécanicien, au port Saint-Ouen, adresse la lettre suivante ;
- « Le sens de quelques mots de la lettre que j’ai adressée à la Société,, le 15 novembre dernier, concernant la machine à vapeur construite pour 31. Darblay, pouvant recevoir une interprétation qui n’est pas dans ma pensée, relativement au concours de 3131. Thomas et Laurens, je m’empresse de déclarer ce que j’ai toujours dit en toute occasion, que, dans le cours de nos longues relations qui datent de 1837, les avis de ces messieurs m’ont souvent été utiles; c’est par eux que j’ai connu la théorie des enveloppes, en 1839; c’est de concert avec eux que j’ai étudié divers détails et dispositions qui simplifient notablement et améliorent la construction des machines horizontales, et que je continue à employer la machine horizontale de O.hnuny, que j’ai essayée le 28 oc-
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- tobre, et qui présente, comme la machine de l’huilerie deCorbeil, ces dispositions que j’ai appliquées pour la première fois, en 1847, en collaboration de MM. Thomas et Laurens, sur mes machines et dont j’ai fait servir les principaux modèles pour celle de Chauny. Celle-ci diffère de la première par plusieurs modifications que j’ai cru devoir y apporter, et par l’addition de mes générateurs.
- « Signé Farcot. »
- M. Legavriand, ingénieur-mécanicien, à Lille, adresse les plans d’une machine h vapeur de son invention, accompagnés d’un mémoire descriptif.
- Cette machine présente, suivant l’auteur, de grands avantages sur celle pour laquelle il était breveté de concert avec M. Farinaux, qui a partagé avec lui le prix de 10,000 fr., que la Société avait fondé pour l’amélioration des machines fixes.
- L’auteur annonce que, depuis le mois de mai dernier, deux machines de ce système fonctionnent, l’une de 20 et l’autre de 60 chevaux, sans qu’aucun inconvénient se soit présenté et ait interrompu leur marche. Comme application aux filatures, il pense que ce système présente des avantages très-importants. Comme économie de combustible, il n’a pu encore le juger que d’une manière pratique, n’ayant pu faire d’expériences au frein sur ces deux machines; mais leur emploi industriel, comparé aux machines à deux cylindres, présente un avantage de consommation assez considérable.
- Enfin, comme prix de revient, il y a encore un progrès assez notable, M. Legavriand pouvant livrer ces machines au-dessous de 500 fr. par force de cheval, dans les forces aujourd’hui usuelles de 50, 60 et 80 chevaux.
- Il a livré au prix de 28,000 fr. la machine de 60 chevaux dont il vient de parler, et il en construit une de 80 en ce moment, vendue 36,000 fr. sans générateur.
- L’auteur vient donc faire hommage de ce système à la Société d’encouragement, persuadé qu’elle accueillera les efforts constants qu’il a faits pour améliorer les moteurs à vapeur, et, bien qu’aujourd’hui cette question soit résolue et ne puisse plus être l’objet d’une récompense, il désire que la Société veuille bien déléguer un de ses membres pour visiter cette machine.
- M. Bossin, quai de la Mégisserie, 28, au nom de la Société protectrice des animaux dont il est le trésorier, adresse le compte annuel des travaux de celte Société, en exprimant le désir qu’il soit examiné sous les rapports agricoles, hygiéniques et moraux.
- M. Regnier, artiste peintre belge, rue des Marais-Saint-Germain, 4, adresse une brochure dans laquelle il expose la découverte des matières colorantes et des procédés de peinture employés par Rubens au xvne siècle, et subséquemment par toutes les écoles coloristes italiennes et flamandes des siècles précédents, jusqu’à Itubert et Jean Van Eyck inclus (xive siècle).
- L’auteur expose en même temps qu’en mars 1851 cette découverte fut soumise à l’Académie des beaux-arts de l’Institut, sous le patronage de M. le comte de Nieu-iverkerke, directeur général des musées; et qu’après vingt mois d’examen et d’expériences, l’Académie des beaux-arts, aidée des lumières de M. Chevreul, conclut, le
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- 30 octobre 1852, par un rapport favorable qui fut adressé à M. le ministre, et dont M. Regnier prie la Société d’agréer la copie.
- Si sa découverte entre dans le cadre des travaux de la Société, Fauteur se met à sa disposition pour toutes les preuves et renseignements ultérieurs.
- M. le président fait observer que, parmi les ouvrages dont il est fait hommage à la Société, il en est un dont l’importance n’a pas échappé à l’attention des membres du conseil; c’est celui que M. Tom Richard, ingénieur, vient de publier sous le titre de Aide-mémoire général et alphabétique des ingénieurs.
- Il invite la commission du Bulletin à faire un rapport sur cet ouvrage, qui témoigne de longues recherches, et qui a pour but d’exposer l’ensemble des connaissances que la profession d’ingénieur exige.
- Rapports des comités. Au nom de la commission des beaux-arts appliqués à l’industrie, M. Salvétat lit un rapport sur les travaux de M. Pierrat, restaurateur d’objets d’art, rue Dauphine, 41, qui a soumis à l’appréciation de la Société quelques pièces réparées par lui. La commission des beaux-arts propose de remercier M. Pierrat de sa communication et d’insérer le rapport dans le Bulletin. (Approuvé. Voyez plus haut, p. 33.)
- M. Gourlier, au nom du comité des arts économiques, fait un rapport verbal sur des modifications apportées par M. Jacquet, rue Poliveau, 32, à la construction des croisées. Ces modifications portent sur trois points différents, susceptibles d’ôîre mis en œuvre simultanément ou séparément :
- 1° Garantir les bois des inconvénients de la buée qui se condense et s’écoule à la surface interne des carreaux; à cet effet, M. Jacquet forme les hausses de petits bois sur leur épaisseur de deux parties, laissant entre elles un vide de quelques millimètres, au moyen duquel, les carreaux étant placés verre à verre (ainsi que cela se fait, même souvent sans aucune traverse), l’eau s’écoule jusque sur la traverse inférieure, puis à travers celle-ci et la pièce d’appui.
- Cette disposition est d’un avantage évident; mais le comité doit faire observer que des rigoles et conduits de ce genre ont été pratiqués depuis longtemps, sinon dans les traverses mêmes des châssis, du moins dans les pièces d’appui, et, quant aux traverses de petit bois, on les supprime quelquefois entièrement, lorsque les verres sont bien placés, ainsi que cela résulte des progrès apportés dans la fabrication.
- 2° Remédier aux inconvénients du tassement ordinaire des bâtiments et à la nécessité qui en résulte souvent de donner du jeu aux croisées, et, à cet effet, avoir à désceller et à resceller les croisées.
- A cet effet, M. Jacquet laisse entre le linteau de la croisée et la traverse supérieure du châssis quelques centimètres de distance, et il place des collets dans les montants et deux vis de pression dans la pièce d’appui, au moyen desquelles il pense que le hors de niveau peut être facilement rétabli sans dégradations et réparations coûteuses.
- Pour acquérir la certitude qu’il peut en être ainsi dans tous les cas, il faudrait voir cette disposition fonctionner dans une circonstance un peu difficile.
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- 3° On sait qu’on effiploie ordinairement pour la fermeture, soit des verrous, soit des espagnolettes, soit enfin des crémones de dispositions assez variées, et ayant pour avantage de pouvoir facilement ramener, au moyen d’un système de crochets, toute la surface de la croisée.
- Peut-être cet avantage ne résulterait-il pas aussi généralement du système de bascule de leviers proposé par M. Jacquet. Il aurait, de plus, l’inconvénient qu’étant placé entièrement dans l’intérieur des montants et des traverses du châssis, il ne pourrait, en cas de dérangement, être remis en état qu’après dépose et dégradations plus ou moins considérables. Mais, comme il y a, en effet, une sûreté satisfaisante dans ce genre de fermeture, c’est à juste titre que M. Jacquet la recommande à l’attention des banquiers, notaires, et en général des comptables; à cet égard, elle serait plus applicable encore à des portes d’appartement ou d’armoires qu’à des croisées.
- En définitive, sans reconnaître, dès à présent, que ces diverses dispositions présentent de grands avantages sur celles qui sont connues et en usage, le comité a pensé qu’d pourrait être utile d’en appeler, à ce sujet, à l’expérience.
- Le comité propose de remercier l’auteur de sa communication. (Approuvé.)
- M. Gourlier, au nom du même comité, lit un rapport sur les bitumes et asphaltes laminés de MM. Àuméleger et comp., rue d’Anjou-Saint-Honoré, 78.
- Il propose de remercier les auteurs de leur communication et de faire connaître leurs produits par l’insertion du rapport dans le Bulletin. (Approuvé.) (Voy. plus haut, p. 47.)
- M. Gourlier, au nom du même comité, lit un autre rapport sur les appareils de MM. Rogier et Mothes, cité Trévise, 20, pour fermetures hermétiques des descentes et sièges d’aisances, égouts et éviers.
- Ces divers appareils, que M. le rapporteur décrit, ont paru convenablement conçus, bien exécutés et à des prix proportionnellement peu élevés, enfin de nature à atteindre le but proposé et à concourir ainsi à l’assainissement si désirable des habitations cle toute nature.
- D’après ces considérations, le comité des arts économiques propose de remercier les auteurs de leur communication et de faire connaître leurs appareils, par l’insertion du rapport dans le Bulletin, accompagné des figures des appareils et d’une légende explicative. (Approuvé.)
- Communications. — Photographie. M. Clerget, membre du conseil, appelle l’attention de la Société sur des épreuves de portraits stéréoscopiques coloriés, de M. Gouin, rue Louis -le-Grand, 37, d’après des procédés qui lui sont propres. M. Gouin présente en même temps un appareil composé de deux daguerréotypes fixés sur une même tablette, afin d’en faciliter l’emploi pour obtenir les doubles épreuves que l’on destine à être observées au stéréoscope. Au moyen de cet appareil, les axes des deux instruments convergent toujours avec exactitude vers le même point, et l’écartement des lentilles, suivant les distances, se règle avec une grande facilité. Enfin M. Gouin a imaginé une machiné à polir les plaques dans laquelle les polissoirs sont verticaux, et leurmouve-
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- nient d’une grande rapidité est rectiligne. L’opération est très-prompte et le polissage est complet. M. Clerget dépose les dessins de ces appareils.
- Rocou. M. Âlcan fait connaître qu’il a reçu d’Espagne un échantillon de bixine, couleur concentrée du rocou; on a proposé un prix de la valeur de 10,000 fr. pour la réduction des extraits de cette matière tinctoriale en tablettes. M. Alcan pense qu’il serait utile qüe le programme de ce prix fût porté à la connaissance du public par la voie du Bulletin.
- Cette proposition est adoptée. M. le président invite M. Alcan à remettre le texte de ce programme et les échantillons de bixine pour être examinés par le comité des arts chimiques.
- Lithographie. M. Barreswil fait hommage, en son nom et en celui de MM. Remercier, Lerebours et Damnne, du 1er cahier d’épreuves lithographiques ou impressions obtenues sur pierre à l’aide de la photographie.
- Sur l’invitation de M. le président, M. Barreswil donne la description du procédé qui consiste à couvrir une pierre lithographique d’une couche de bitume de Judée, à y superposer une épreuve négative obtenue par la photographie, à soumettre à l’influence de la lumière solaire pendant un temps que l’expérience a indiqué, à retirer l’épreuve négative ou cliché, enfin à laver la pierre à l’éther; elle est alors prête à être soumise aux opérations de l’impression lithographique.
- M. le président prie M. Barreswil de recevoir les remercîments du conseil pour celte communication, et de faire agréer ces remercîments à ses collaborateurs, MM. Remercier, Lerebours et Davanne.
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- Proposition de prix. M. le président rappelle que le conseil d’administration avait pris en considération la proposition qui lui avait été faite, de fonder trois prix : savoir : 1° pour la découverte d’une composition capable , sans altérer la valeur actuelle des faïences fines et sans en augmenter le prix, de remplacer l’acide borique ; 2° pour la découverte, en France ou dans ses possessions, de gisements exploitables d’acide borique; 3° pour l’introduction, en France, afin d’y être traitées, des matières contenant l’acide borique autres que le tinkal ou l’acide brut de Toscane, en quantité suffisante pour une exploitation régulière.
- M. le président reproduit en peu de mots les motifs qu’il avait fait connaître en faveur de ces propositions de prix, dont le comité des arts chimiques a été chargé de présenter les programmes.
- Le conseil apprendra avec intérêt que M. Lebeuf, l’un des propriétaires des fabriques de Creil et de Montereau, désirant contribuer à la solution du problème, amis à la disposition de la Société une somme de 1,500 fr.
- Le conseil, consulté par M. le président, accepte la somme de 1,500 fr., pour être comprise dans celle qui sera affectée aux prix dont il s’agit.
- Une lettre de remerciaient sera adressée à M. Lebeuf, au nom du conseil.
- M. Sahétat annonce que, dans une prochaine séance, le comité présentera à la sanc-
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- tion du conseil les programmes de prix dont il s’agit, ainsi que l’exposé des motifs de la proposition.
- Tirage de la soie des cocons. Sur l’invitation de M. le président, M. Alcan donne, en son nom et en celui de M. Limet, la description du nouveau procédé qu’ils ont imaginé et mis en pratique pour préparer les cocons dans le filage des soies.
- M. le président exprime à M. Alcan tout l’intérêt avec lequel le conseil a entendu sa communication. Il ajoute que ce procédé peut recevoir de nombreuses applications; que déjà des moyens semblables sont employés pour le mouillage du papier destiné à l’impression des billets à la banque de Londres, où ils sont en activité depuis plus de vingt ans, avec plein succès.
- M. Alcan ajoute que le vide a été appliqué à l’encollage des chaînes des tissus pour obtenir un parage plus régulier des fils. Cette opération, exécutée par les procédés en usage, offre de grandes difficultés.
- M. le président recommande à la commission du Bulletin la publication des procédés employés par MM. Alcan et Limet pour préparer les cocons dans le filage de la soie.
- Erratum.
- En publiant, dans le Bulletin de novembre 1853, l’extrait du procès-verbal de la séance du conseil d’administration du 2 du même mois, nous avons, en parlant d’une communication faite par M. Michelin sur la maladie de la vigne, mentionné une opinion qui n’est pas assez clairement exprimée. Ainsi nous faisons dire à M. Michelin, p. 715, « que la maladie, pour la vigne en pleine terre, paraît ne se porter particulièrement que sur les ceps qui bordent les routes; quoiqu’il n’en soit pas toujours ainsi, les cultivateurs, etc. »
- La phrase doit être rétablie ainsi qu’il suit : « La maladie, pour les vignes en pleine terre, paraît se porter beaucoup moins sur les ceps qui bordent les routes; comme il n’en est pas toujours ainsi, les cultivateurs du Midi n’ont encore trouvé aucun remède, du moins ils n’en ont pas appliqué en grand. »
- PARIS. — IMPRIMERIE DE Mme V® BOUCHARD-HUZARD, RUE DE L’ÉPERON, O.
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- $3* ANNÉE. DEUXIÈME SÉRIE. 3. — FÉVRIER 1834.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L'INDUSTRIE NATIONALE,
- CARBONISATION DU BOIS.
- rapport fait à l'Académie des sciences, par m. balard, sur plusieurs mémoires, présentés par m. violette, sur les charbons de bois.
- Quand on chauffe fortement le bois à l’abri du contact de l’air, il se transforme en une matière noire et cassante, brûlant sans flamme et sans fumée, en produisant une lempérature plus haute que celle qu’on eût pu se procurer avec le bois lui-même ; on obtient le charbon.
- Ce charbon est loin de contenir autant de carbone qu’en renfermait le bois qui l’a fourni. Ce n’est pas, en effet, sous la forme d’eau seule que se sont dégagés l’hydrogène et l’oxygène, autres principes constitutifs du bois. Des produits divers d’origine organique, du goudron, de l’acide acétique, de l’esprit-de-bois, des gaz combustibles, de l’oxyde de carbone et des carbures d’hydrogène, ont entraîné, sous la forme volatile, une partie de ce carbone, et le charbon obtenu, au lieu de représenter les du poids du bois soumis à la carbonisation, se trouve réduit à 15 ou 17 pour 100 dans les procédés de carbonisation ordinaires, ou à 27 ou 28 pour 100 par des méthodes plus perfectionnées, mais qui ne peuvent être appliquées très en grand.
- Quand on réfléchit au mode suivi pour la carbonisation, on comprend que ces pertes sont en quelque sorte nécessaires, et qu’il est bien difficile de les éviter, et même de les atténuer notablement. Chauffé en masse du centre à la circonférence, comme dans la carbonisation en meules, ou de la circonférence au centre, comme dans les fabriques d’acide pyroligneux, le bois est en partie transformé en un charbon élevé déjà lui-même à la température rouge, quand d’autres portions de ce bois n’ont pas encore laissé dégager toute la quantité d’eau dont une température graduellement élevée détermine la production. Or, si l’on se rappelle que le carbone décompose, au rouge , la vapeur d’eau, en produisant de l’oxyde de carbone et des hydrogènes plus ou moins Tome Ier. — 53e année. T série. — Février 1854. 9
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- CARBONISATION
- carbonés, on explique d’une manière toute naturelle les pertes que l’on obtient, pertes qui, dans la carbonisation du bois en vases clos, n’ont pu être atténuées qu’en utilisant, comme combustibles, les gaz qui se dégagent pendant l’opération.
- Ces inconvénients, déjà graves au point de vue de l’économie de la production, quand le charbon doit être employé dans l’économie domestique ou dans l’industrie, le deviennent bien plus encore lorsqu’il doit servir à la fabrication de la poudre de guerre, et surtout de la poudre de chasse.
- On sait que l’inflammation rapide de la poudre et l’effet balistique qu’elle peut produire dépendent, à un haut degré, outre la composition, la grosseur, la densité du grain, etc., de la facile combustibilité du charbon qu’elle contient. Or cette combustibilité diminue d’une manière rapide à mesure que le charbon a été plus fortement chauffé. De là, la nécessité, dans les fabriques de poudre, de modifier les procédés de carbonisation et de faire le triage des produits obtenus. En séparant avec soin les produits d’une carbonisation incomplète, appelés brûlots, ce que produit une carbonisation trop avancée et qui fournit un charbon noir et trop dense, on recueille une certaine quantité de charbon roux propre à la fabrication de la poudre de chasse ; mais on conçoit bien que ce produit ne peut être obtenu qu’avec une composition qui est loin d’être homogène, et au moyen d’une assez grande dépense de chaleur et de temps.
- M. Violette, aujourd’hui commissaire des poudres et salpêtres à Lille, a cherché à obtenir d’une manière sûre, prompte et économique , des produits toujours identiques à eux-mêmes et propres à la fabrication d’une poudre de chasse supérieure et d’une portée constante. Il a eu recours, pour résoudre ce problème important, à l’emploi de la vapeur surchauffée, véritable gaz permanent dans de certaines limites de température, et dont MM. Thomas et Laurens avaient déjà tiré parti pour la révivification du noir animal employé pour la décoloration des sucres et d’autres essais de carbonisation, mode de chauffage avec lequel on peut régler la température en chauffant d’une manière variable le serpentin où passe la vapeur, ou ouvrant plus ou moins le robinet qui la distribue et qui, faisant pénétrer à la fois l’agent calorifique dans toute la masse qu’il s’agit de chauffer, permet de la maintenir, à 1 degré près, à une température comprise entre 100 et 350 degrés, pendant tout le temps qu’on le désire, en éliminant constamment les composés volatils qui se produisent.
- L’appareil qu’il avait construit à la poudrerie d’Esquerdes, dont il était directeur, a justifié, dans une application en grand, les espérances qu’avaient fait concevoir les produits qu’il avait obtenus en petit, et il a rendu compte, dans un mémoire présenté à l’Académie il y a quelques années, des résultats importants qu’il avait constatés (1).
- Nous n’avons pas à parler ici de ce mémoire et de ces résultats. Ils ont obtenu, qu’on nous permette de le dire , mieux encore que la sanction de l’Académie , ils ont reçu celle du temps, de l’expérience et du succès ; car l’administration, après avoir fait
- (1) Voyez un extrait de ce mémoire, Bulletin de la Société, 47e année ( ]848 ), p. 479, et la description ainsi que la figure de l’appareil de M. Violette, p. C97 du même volume.
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- construire à Saint-Chamas un nouvel appareil fondé sur le même principe, tend à introduire le même mode de carbonisation dans d’autres poudreries. Aussi n’avons-nous à rappeler ici cette innovation heureuse que pour féliciter M. Violette d’avoir su en assurer le succès et de l’avoir rendue tout à fait pratique.
- Les avantages obtenus par M. Violette dans la fabrication des charbons roux par la vapeur surchauffée l’ont amené à l’appliquer à d’autres usages.
- L’Académie sait qu’il l’a proposée plus tard pour la cuisson du pain et du biscuit, la dessiccation du bois, la cuisson ou, pour mieux dire, la dessiccation du plâtre , et surtout pour la distillation des amalgames et la séparation du mercure d’avec les métaux précieux qu’il a dissous. Nous n’avons pas à nous occuper encore de ces nouvelles applications auxquelles on en a ajouté d’autres, telles que la distillation des corps gras par exemple, et qui en attendent bien d’autres encore, car ce mode de chauffage nous paraît encore bien loin d’avoir dit son dernier mot industriel. Nous devons nous borner à entretenir ici l’Académie de deux nouveaux mémoires très-importants présentés en dernier lieu par M. Violette, comme complémentaires du premier, et relatifs aux propriétés des charbons de bois obtenus dans des circonstances diverses (1).
- Au moyen de recherches multipliées, exécutées avec beaucoup de soin et résumées dans de nombreux tableaux méthodiques, où se trouve représenté, par une série de nombres, le résultat d’un travail de plusieurs années, M. Violette a étudié les charbons obtenus dans des conditions variées, provenant des bois les plus divers, et il a analysé, à des points de vue nouveaux, les phénomènes de l’inflammation de la poudre.
- M. Violette a d’abord recherché quelles modifications apportaient, dans les charbons provenant d’un même bois, les différentes températures auxquelles ils avaient été obtenus, et cela au point de vue du rendement du bois en charbon, de la conductibilité pour la chaleur, de la combustibilité et de l’inflammation du charbon obtenu.
- Depuis la température de 150 degrés, où le bois de bourdaine, sur lequel il a opéré, se bornant presque à le dessécher, se transforme en ce charbon imparfait que les charbonniers appellent brûlot, jusqu’aux températures les plus élevées, il a étudié la carbonisation de ce même bois dans des limites de température portées jusqu’à 360 degrés par la vapeur surchauffée, et appréciées directement par le thermomètre à mercure, et, pour les autres, comprises entre des points fixes, représentés par la fusion de l’antimoine, du cuivre, de l’argent, du fer et même du platine, qu’il est parvenu, du reste, à fondre dans des creusets et dans des fourneaux ordinaires. Il a vu qu’à 280 degrés le charbon commence à être friable; il est roux, encore inflammable, et propre à la fabrication des poudres de chasse. Un peu au-dessous de 280 degrés, le charbon est encore résistant, incuit, il se rapproche du bois; au delà, il prend une teinte plus foncée, et à 350 degrés il devient du charbon tout à fait noir.
- Dans les températures très-élevées, comprises entre 1,000 et 1.500 degrés, le charbon est devenu très-noir, très-serré, très-résistant, très-peu inflammable. Quand il a été chauffé à la température de la fusion du platine, il se laisse très-difficilement rom-
- (l) Le Bulletin de la Société, 62° année (1863), renferme, p. Vi8, le résumé de ce second mémoire,
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- CARBONISATION
- pre ; il fait entendre un son métallique en tombant de haut, brûle difficilement dans la flamme d’une bougie, où il rougit comme du fer en se consumant très-lentement, et s’éteint aussitôt en dehors de la flamme. Ces propriétés le rapprochent, comme on le voit, de l’anthracite le plus pur.
- Le rendement du bois de bourdaine en charbon varie considérablement avec la température. Il est de 40 pour 100 quand on carbonise à 280 degrés, il se réduit à 15 pour 100 aux températures les plus élevées.
- A température égale, la manière dont on conduit l’application de la chaleur exerce aussi sur le rendement l’influence la plus notable. Par une carbonisation lente, exécutée à une température inférieure à celle de la fusion de l’antimoine, on obtient deux fois plus de charbon que dans une carbonisation qui serait exécutée dans les mêmes limites de température, mais d’une manière très-rapide. On conçoit combien cette observation est importante et combien la pratique peut en faire son profit.
- Obtenus à des températures diverses, les charbons, abstraction faite de leurs propriétés physiques, diffèrent aussi très-notablement les uns des autres par leur nature. Le charbon roux obtenu à 270 degrés contient 70 pour 100 de charbon , 27 pour 100 d’hydrogène et d’oxygène dans les proportions constitutives de l’eau, et 1,6 pour 100 d’hydrogène en excès. A mesure que la température de la carbonisation a été plus élevée, on voit le charbon augmenter. Dans celui qui est produit à la température de 350 degrés, et qui commence à devenir propre à la préparation des poudres de guerre, on trouve déjà 77 pour 100 de charbon, 20 pour 100 des principes constitutifs de l’eau, et 2 pour 100 d’hydrogène en excès. Des traces de cet hydrogène persistent encore dans les charbons obtenus au delà de 1,500 degrés, mais l’oxygène a tout à fait disparu.
- Dans les conditions qui doivent accompagner leur construction en grand, les appareils pour la carbonisation du bois par la vapeur surchauffée ne peuvent atteindre, sans éprouver de détérioration notable, la température nécessaire pour obtenir les charbons noirs à 85 pour 100 de carbone employés pour les poudres de guerre. M. Violette a eu l’idée de faire concourir à la fois un échauffement direct et modéré du vase qui contient le bois, et l’emploi de la vapeur surchauffée. En opérant ainsi, il a pu, à une température inférieure à 442 degrés, point de fusion de l’antimoine, obtenir un charbon identique, quant à ses proportions et à sa nature, à celui qu’on aurait obtenu avec du bois carbonisé à la température de 1,200 degrés. Ainsi, à mesure que la vapeur surchauffée facilite le départ des matières volatiles, soustrait le bois à carboniser à l’influence des vapeurs qu’iLa déjà produites, et le place ainsi dans un espace vide de ces produits, la décomposition est accélérée avec une économie notable de combustible, par un genre d’action que nous retrouvons partout en chimie, et qui amène naturellement à se demander ce qu’il arriverait si la carbonisation avait lieu dans un vase tout à fait clos.
- L’induction porte à répondre que la décomposition devrait, dans ce cas, se retrouver relardée, et le rendement notablement augmenté; et c'est, en effet, ce qu’a constaté M. Violette. En variant ce genre d’expériences, déjà réalisées par notre confrère
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- Cagniard-Latour, il a constaté de nouveau qu’en vase clos, et à une température de 300 degrés, le bois entre presque en fusion , au point de s’affaisser sur lui-même en s’agglutinant au tube auquel il adhère très-fortement, et que le produit, miroitant, caverneux, dur et cassant, ressemble, quant à l’aspect extérieur, à de la houille grasse fondue. Mais c’est là que s’arrête la ressemblance; car ce charbon, qui ne contient que 67 pour 100 de carbone, renferme encore 27 pour 100 d’oxygène, et se montre ainsi bien différent des houilles proprement dites.
- A la température de 180 degrés, on obtient une matière semblable, par les propriétés physiques, au charbon roux qui aurait été produit à 280 degrés dans les circonstances ordinaires, mais dont la composition diffère assez peu de celle du bois pour qu’on puisse le regarder comme du bois lui-même, devenu seulement friable, éminemment combustible, et déjà parfaitement apte, du reste, à remplacer le charbon roux proprement dit. Si l’on parvenait à organiser un appareil qui carbonisât en grand de cette manière, la fabrication de la poudre pourrait ainsi obtenir, avec 110 kilogr. de bois, 93 kilogrammes de ce nouveau charbon, au lieu de 35 à 40 kilogrammes quelle en retire aujourd’hui. C’est là un nouveau perfectionnement dans la fabrication de la poudre que suggère M. Violette, et qu’il lui appartient de réaliser et d’introduire aussi dans la pratique.
- Ces charbons obtenus en vases clos lui ont paru différer encore des résultats de la carbonisation du même morceau de bois, exécutée dans les conditions ordinaires, par la quantité plus considérable de cendres qu’ils contiennent. M. Violette pense qu’il faut attribuer cette différence à ce que, dans la carbonisation à vase ouvert, une partie notable des principes inorganiques du bois a été entraînée d’une manière mécanique, ou dégagée sous la forme de produits volatils analogues aux hydrogènes carbonés , arséniés, etc. Sans nier la possibilité de semblables pertes, nous pensons cependant que c’est surtout clans l’attaque du verre dans lequel M. Violette a exécuté ses essais qu’il faut chercher la cause de ces grandes différences; nous pensons que ses charbons se sont enrichis de toute la potasse et de la silice empruntées au verre qui a été attaqué, et que la carbonisation en vases clos de nature métallique lui aurait probablement fourni d’autres résultats.
- M. Violette ne s’est pas borné à étudier les variations qu’apportent dans les charbons de bois les circonstances de leur production ; il a cherché quelles étaient celles qui provenaient de la nature du bois, et de la partie du végétal où il avait été pris. La carbonisation de soixante-douze espèces de bois, tant indigènes qu’exotiques, également desséchés, et opérée par immersion pendant trois heures dans de la vapeur surchauffée à 300 degrés, a montré que ces bois ne donnaient pas , à beaucoup près , les mêmes quantités de charbon. L’ébénier, qui fournit 50 pour 100 de charbon, et le marronnier, qui en fournit 30 seulement, offrent deux points extrêmes dont la différence, quoique plus considérable qu’on n’eût été tenté de le soupçonner, s’explique cependant d’une manière toute naturelle par les différences que M. Payen a constatées dans la composition des différents bois. L’analyse de ces soixante-douze espèces de charbons a montré que ces différences dans le rendement correspondaient aussi à des
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- différences notables dans la nature et la richesse en carbone qui peut varier de 76 à 62 pour 100.
- Les expériences directes de M. Violette lui ont fait connaître, ainsi qu’on devait s’y attendre , que la tendance des charbons à absorber l’humidité allait décroissant à mesure qu’ils avaient été obtenus à une température plus haute; que cette faculté était moins développée dans le charbon conservé entier que dans le charbon pulvérisé, circonstance qui doit mettre en garde le fabricant de poudre contre les provisions de charbons pulvérisés d’avance. Elles lui ont permis de vérifier que la conductibilité pour la chaleur allait croissant à mesure que la température à laquelle il avait été produit était plus élevée; de telle sorte que le charbon des cornues de gaz a les 0,84 du pouvoir conducteur du fer. Elles lui ont montré que la conductibilité pour l’électricité allait aussi croissant dans le même sens. La lumière électrique, obtenue avec des charbons fabriqués à 1,600 degrés, était beaucoup plus vive , plus brillante , se continuait sans intermittence, en même temps que le charbon avait une durée beaucoup plus grande ; circonstance qui pourrait engager à préparer des charbons de bois pour cet usage dans les fourneaux servant à la fusion de la fonte. Elles lui ont prouvé aussi que la densité des charbons croissait avec la température où la carbonisation avait eu lieu, et que la faculté de continuer à brûler quand ils présentent un point en ignition, qui doit avoir cette conductibilité et cette densité des rapports nécessaires, croissait et décroissait dans le même sens.
- Mais c’est surtout relativement à l’inflammabilité comparative des divers charbons que ces expériences signalent de plus grandes divergences et présentent des résultats plus immédiatement applicables à l’analyse des phénomènes de l’inflammation de la poudre. Le charbon qui prend feu le plus aisément au contact de l’air, quand on le chauffe sur une lame de tôle nageant sur un bain métallique dont la température est graduellement élevée, est précisément celui qui a été obtenu à la température la plus basse ; il s’enflamme spontanément quand on le place sur un bain de salpêtre en voie de fusion, sel qui fond, comme on sait, à la température de 340 degrés. Celle de 370 degrés est déjà nécessaire pour déterminer l’inflammation du charbon noir employé pour la fabrication des poudres de guerre. Les autres charbons, ceux qui sont produits à la température de 1,000 à 1,500 degrés, ne prennent feu que sur un bain d’étain chauffé au rouge, et cette température est elle-même insuffisante pour faire brûler le charbon fait à la température de fusion du platine.
- On conçoit, en voyant cette inflammabilité du charbon se manifester à 340 degrés, combien il faut être en garde contre les accidents que peut produire, dans les poudreries, soit le choc des gobilles en cuivre qui servent à pulvériser le charbon, soit la condensation de l’humidité et de l’air dans ses pores, dont les effets ont été constatés dans le temps par les recherches du colonel Aubert.
- Cette inflammabilité des charbons ne varie pas seulement avec la température à laquelle ils ont été obtenus; le charbon d’agaric de saule, qui déjà se montre inflammable à 300 degrés, tend à prouver que l’état moléculaire du corps organisé n’est pas sans influence sur le phénomène.
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- Cette température, à laquelle le charbon absorbe l’oxygène de l’air, est, du reste , moins élevée que celle qu’il doit posséder pour déterminer la décomposition du salpêtre. Le charbon ne déflagre au contact de ce sel qu’à une température supérieure à 380 degrés et peu inférieure à 432 degrés, température de fusion de l’antimoine.
- Quant au soufre, quoiqu’on admette jusqu’ici qu’il s’enflamme déjà à l’air libre, à 150 degrés, il ne brûle, d’après les expériences directes et multipliées de M. Violette, qu’à 250 degrés au minimum. Mais, si sa combustibilité à l’air est encore plus grande que celle du charbon , il est, d’une autre part, moins apte que lui à décomposer le salpêtre; ce n’est qu’à 432 degrés, température de fusion de l’antimoine, que le soufre produit une déflagration que le charbon réalise, au contraire, à 380 degrés.
- On voit maintenant, d’après ces déterminations des températures auxquelles se produit chacun de ces phénomènes, en quoi consiste l’inflammation de la poudre. Elle brûle d’abord comme une allumette; le soufre s’allume le premier et enflamme le charbon, et la température que détermine cette première combustion effectuée aux dépens de l’air qui enveloppe les grains donne lieu à une déflagration Ultérieure du salpêtre, par le charbon et le soufre réunis. La température de 250 degrés est donc suffisante pour l’inflammation de la poudre, ainsi que l’a constaté directement M. Violette, circonstance qui indique à son tour combien, dans sa fabrication, les précautions pour empêcher l’exhaussement de la température doivent redoubler dans l’exécution des travaux qui ont pour objet la pulvérisation et le maniement soit du soufre, soit du mélange de soufre et de charbon ainsi que de la poudre déjà fabriquée. Cette inflammabilité de la poudre est, du reste, modifiée par l’état pulvérulent ou granuleux qu’elle peut affecter, ainsi que par la grosseur de ces grains eux-mêmes, et ces poudres en grains présentent une inflammabilité moins prononcée que les poudres en poussière.
- La poudre, on le sait, quoiqu’elle ne constitue qu’un simple mélange, est constituée en quelque sorte en proportions atomiques que nécessite la nature des réactions bien déterminées dont s’accompagne sa combustion, nature, du reste, malgré les beaux travaux publiés sur ce sujet, appréciée peut-être encore d’une manière un peu incomplète et qui fait regretter que MM. Pouillet et Peligot n’aient pas jusqu’ici publié les résultats des expériences qu’ils ont exécutées sur ce sujet. La pratique semblerait donc devoir amener partout à des nombres identiques, et fournir des produits doués du même pouvoir balistique; il n’en est pas ainsi cependant. La composition des poudres diffère d’un pays à l’autre d’une manière sensible, ainsi que l’a constaté M. Violette dans ses analyses nombreuses : et, malgré l’uniformité du dosage adopté en France et le même mode de fabrication, la Direction des poudres, qui fait connaître les portées des poudres obtenues dans les différentes poudreries, signale tous les ans des différences notables. Comment en serait-il autrement? S’est-on expliqué suffisamment quand on a dit que la poudre de chasse devait contenir 78 de salpêtre, 10 de soufre et 12 de charbon? Mais, de quel charbon parle-t-on? Peut-on obtenir le même résultat avec celui que l’on emploie dans certaines poudreries, et qui contient 84 pour 100 de carbone, ou bien avec ce charbon roux, qui, lorsqu’il a été bien fait, n’en contient
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- que 68 pour 100 ? Qui ne comprend combien est illusoire un dosage qui, tout en respectant les prescriptions des règlements, emploie comme identiques des matières qui peuvent différer de 16 pour 100 sur le carbone réel qu’elles contiennent, combien devant cette grande cause d’irrégularité disparaissent en quelque sorte celles qui proviennent du soufre et du salpêtre, et combien paraissent relativement peu utiles les précautions que l’on prend pour assurer la pureté et l’identité de ces produits?
- N’est-il pas évident que, si l’on veut obtenir des poudres identiques, il faut de deux choses l’une : ou analyser le charbon de manière à faire varier les dosages selon sa nature, chose qui serait en ce moment peu praticable, ou bien employer un charbon toujours identique à lui-même, ce que l’appareil de M. Violette permet de réaliser d’une manière régulière.
- Mais il ne suffît pas qu’une poudre soit toujours semblable à elle-même, il faut qu’elle soit la meilleure possible. Or, à cet égard, n’y a-t-il plus rien à faire? Les procédés et les dosages employés aujourd’hui ne laissent-ils absolument rien à désirer? Ce legs de l'Orient, qui nous a été conservé par les alchimistes, la chimie actuelle ne pourrait-elle l’améliorer comme elle l’a fait pour les autres arts industriels? Il est permis de croire le contraire et de penser qu’un travail de révision pour le dosage des poudres, qui aurait pour but de mettre les quantités de soufre et de salpêtre en rapport avec les proportions des principes constitutifs des charbons reconnus comme les meilleurs, pourrait amener à l’amélioration générale de ces sortes de produits. En variant ces dosages, M. Violette a obtenu des poudres qui, au lieu de 357 mètres, vitesse de la balle indiquée au pendule balistique avec la poudre fabriquée d’après le dosage réglementaire, lui communiquaient des vitesses de 370 mètres, supériorité déjà notable et qui pourrait probablement être encore dépassée. Sans doute que, lorsqu’il s’agit de procédés qui ont, en quelque sorte, reçu la sanction des siècles, il ne faut innover qu’avec une extrême prudence. Rien ne nous dit à priori qu’ainsi modifiée la poudre ne sera pas brisante, plus hygrométrique, trop peu résistante, et qu’à ces dosages nouveaux qu’on pourrait proposer, nos devanciers n’ont pas renoncé, après les avoir essayés, et cela pour de bonnes raisons. Mais il s’agit d’apprécier la portée de ces objections, et de constater si ces inconvénients, s’ils se présentaient, ne constitueraient pas des difficultés à vaincre plutôt que des obstacles sérieux à surmonter. C’est à l’expérience seule à prononcer à cet égard et à nous apprendre , étant donnée une poudre constituée théoriquement de manière à produire le plus grand effet balistique, quelles sont les modifications que nécessite son emploi pour tel ou tel usage, et à enseigner le moyen de la rendre propre à cet emploi, en modifiant soit le dosage, soit les procédés de fabrication.
- Ce sont là des recherches auxquelles le zèle et le talent d’investigation dont M. Violette a fait preuve ne feront pas défaut, pour lesquelles il trouverait, au besoin, un stimulant de plus dans les encouragements que l’Académie ne peut manquer de lui accorder, et que M. le ministre de la guerre croira peut-être convenable de provoquer lui-même.
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- NOUVEAU ROUGE SUR LAINE.
- mémoire traitant du rouge de murexide sur laine ; par m. Albert schlumberger.
- MM. Liebig et Woehler ont fait connaître, il y a quelques années, une nouvelle substance colorante, dérivée de l’acide urique; mais ils n’en avaient pas encore fait l’application sur les tissus de laine, lorsque M. le docteur Sacc en a eu l’idée.
- En traitant l’acide urique par le procédé recommandé par ces messieurs, et avec les précautions que j’indiquerai plus loin, M. Sacc obtint le corps connu sous le nom d'alloxane , formé de petits cristaux blancs qui, par suite de leur transformation en murexide (1), tachent la peau en rouge, phénomène qui fit penser à M. Sacc que, puisque cette matière teignait l’épiderme, elle pourrait aussi colorer la laine. Il l’essaya, et en effet il obtint une couleur amarante, incomparablement plus belle que celle qui est fournie par la cochenille. C’était donc dans une dissolution d’alloxane qu’il teignit un morceau de laine préalablement préparée; il la fit virer au rouge par des traitements que j’expliquerai. Encouragé par les conseils de M. Sacc, ainsi que par la beauté et la nouveauté de ses produits, je fis une série d’expériences, que je prends la liberté de vous communiquer.
- Pour produire cette coloration, on peut avoir recours non-seulement à l’acide urique pur, mais encore à cet acide, tel qu’il se trouve dans l’urine solide des serpents (particulièrement du boa), lesquels, ainsi qu’on le sait, renferment de 75 à 90 pour 100 d’acide urique pur.
- J’indiquerai d’abord la manière que j’ai employée, avec succès, pour avoir cet acide dans un état de pureté assez grand. J’ai fait bouillir 500 grammes d’urine de serpents dans 40 litres d’eau alcalisée par 1 litre de soude caustique à 38° B. Après une ébullition prolongée jusqu’à dissolution complète de la substance, j’ai filtré la liqueur, composée presque uniquement d’urate de soude. La liqueur claire a de nouveau éié portée à l’ébullition, puis précipitée par un léger excès d’acide chlorhydrique. Au premier moment, le précipité était volumineux et pâteux, puis il a changé d’état; il est devenu cristallin et lourd. J’ai décanté le liquide clair et j’ai jeté les cristaux sur un filtre pour les laver et les sécher; c’est alors de l’acide urique parfaitement blanc. De ces 500 grammes d’urine de serpents , j’ai obtenu 370 d’acide urique. Dans une autre expérience, j’ai traité 900 grammes d’urine du boa du jardin des Plantes, et j’en ai retiré 82 pour 100 d’acide urique.
- Un autre procédé que M. Sacc m’a conseillé d’employer, pour préparer le même acide, est celui-ci :
- (O Le murexide était déjà connu de Proust, sous le nom de pourprate d’ammoniaque.
- Tome Ier. — 53e année. 2e série. — Février 1854. 10
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- On prend 40 kilog. de fiente de pigeons sèche, qu’on fait bouillir dans environ 400 litres d’eau, rendue alcaline par 15 à 16 litres de soude caustique à 38° B. On fait bouillir pendant une heure et demie, puis on laisse reposer assez longtemps pour décanter. Dans cette liqueur, composée de différentes matières organiques et d’urate de soude, on fait passer un courant d’acide carbonique de manière à ce qu’il y soit en grand excès.
- Ce traitement a pour but de tenir en dissolution la presque totalité des matières organiques, de façon à n’en laisser déposer que très-peu avec l’acide urique. (Si, au lieu d’acide carbonique, l’on s’était servi d’acide chlorhydrique, on aurait précipité avec l’acide urique toutes ces matières étrangères.) On a alors un dépôt pâteux, consistant, se filtrant très-mal, composé de 20 pour 100 environ d’acide urique; pour le purifier, il convient de le laver à l’acide sulfurique faible et de le traiter encore une ou deux fois par la soude, pour en précipiter l’acide urique, soit par l’acide carbonique, soit par l’acide chlorhydrique. Les excréments de pigeons, traités ainsi, rendent 1/72 d’acide urique. Dans ce traitement, j’ai toujours obtenu l’acide urique passablement coloré et je ne suis pas parvenu à le décolorer par le noir animal; en doublant la dose de noir animal, tout l’acide urique a été absorbé, car je n’ai plus pu précipiter de la dissolution qui avait passé à travers le filtre.
- J’ai traité aussi quelques kilog. de guano du Pérou de la même manière, et l’acide urique s’en est séparé très-facilement (1) ; le guano que j’ai employé m’en a rendu 4 pour 100.
- Après avoir décrit les modes les plus convenables pour la préparation de l’acide urique, base du principe rose qui nous occupe, je dois dire comment je me suis procuré la matière qui donne naissance au murexide.
- D’abord j’ai réussi à le préparer en traitant directement les urines de serpents par l’acide nitrique, de la manière suivante : j’ai jeté, par petites portions, 35 grammes de cette substance dans 0,1 litre d’acide nitrique du commerce, en faisant attention de ne pas trop échauffer la masse ; lorsque j’en avais mis la dernière portion, c’était juste ce qu’il fallait pour qu’il y en eût un léger excès. J’obtins alors une liqueur jaune, très-acide et jaunissant encore la laine. En chauffant l’acide nitrique, au lieu de le faire agir à froid, on a un autre composé qui colore le bain en rouge pourpre ; toutefois il faut bien conduire l’opération, sans cela fous les produits se décomposent, deviennent jaunes et ne teignent plus. Dans les deux premiers cas, il faut étendre ces liqueurs d’au moins 7 à 8 fois leur volume d’eau, pour pouvoir y teindre la laine sans craindre de l’altérer.
- Ce que je venais de préparer d’un côté était de l’alloxane impure, et de l’autre côté un mélange d’alloxantine, d’acide parabanique, d’acide mycomélinique et de murexide, lequel a produit cette coloration rouge du liquide. Cela n’empêcha pas qu’avec ces produits si différents l’un de l’autre, et tout impurs qu’ils étaient, je n’obtinsse des
- (0 Voir, pour l’extraction de l’acide urique du guano, la Nouvelle chimie organique, de Gehrardt, U I, p. 488.
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- nuances sans pareilles et égales entre elles. Lots donc que j’avais teint la laine ffior-dancée à l’étain, je l’ai laissée sécher, puis, pour lui donner le ton rose-amarante, je l’ai mise, suivant l’avis de M. Sacc, sur une plaque en tôle, chauffée à la vapeur* en repassant de l’autre côté avec un fer, aussi porté à la température d’environ 100°. L’échantillon, qui était blanc, devint, dès le premier effet de la chaleur, d’urt amarante vif et foncé, qui ne disparut pas par le lavage. J’essayai, d’un autre côté» de vaporiser la laine dès qu’elle eut été imprégnée d’alloxane et séchée, mais je n’ai pas eu de résultats favorables. La couleur rose ne s’est pas fait voir » et l’échantillon est devenu jaune. Il est probable que le murexide se sera formé dans le premier moment de l'action de cette température élevée, mais qu’il a été immédiatement détruit par la vapeur d’eau ; chose qui n’arrive point au moyen d’une chaleur sèche. On pourrait aussi admettre qu’en présence de l’acide stannique le murexide ne peut pas se former, passé un certain degré de température.
- Ainsi il est évident qu’il y a eu décomposition, et, suivant M. Sacc, formation d’un acide complexe, résineux, jaune-fauve, l’acide mycomélinique dont j’ai déjà parlé plus haut, et qui est toujours le résultat de la décomposition du murexide. Un fait prouve que c’est la vapeur d’eau, ou l’eau elle-même, porlée à une température élevée, qui détruit le murexide : j’ai vaporisé un morceau de laine, déjà rendu rouge par le fer chaud, et sa coloration a entièrement disparu. Il en était de même d’un échantillon que j’ai trempé dans l’eau bouillante. Ce phénomène ne peut être dû. qu’à la présence de l’acide stannique qui, jusqu’à présent, a été trouvé indispensable à la réussite d’une belle nuance. Après cela, je fis de l’alloxane pure, en traitant l’acide urique des excréments de serpents par l’acide nitrique, d’après les indications de MM. Liebig et Woehler (1), c’est-à-dire en jetant, par très-petites portions, 1 partie d’acide urique dans 4 parties d’acide nitrique, d’une densité de 1,4 à 1,5 ; le tout placé dans un vase d’eau froide, pour empêcher réchauffement qui est nuisible à la formation de l’al-loxane ; celle-ci se dépose, à fur et mesure qu’elle se forme, en petits cristaux grenus et blancs. On les recueille pour les sécher, sur une brique poreuse ou au fond d’un entonnoir, à l’abri de la lumière et de la chaleur (2). Pour l’avoir plus pure,-il convient de reprendre ces cristaux par l’eau et d’évaporer la dissolution au-dessous de 60°, pour laisser recristalliser. J’ai fait diverses dissolutions de ces cristaux, à raison de 30, 40 et 50 grammes par litre d’eau, et j’y ai trempé des échantillons de laine mordancée ; dès qu’ils en eurent été bien imprégnés, je les ai exprimés et séchés. Repassés au fer chaud, ils m’ont donné de très-belles nuances amaranthes. J’ai trouvé que, pour arriver à un ton moyen, il faut avoir un bain de 35 grammes d’alloxane par litre d’eau. Au-dessus de 60 grammes, ou bien lorsqu’on teint deux fois dans un bain de 45 grammes, la nuance est tellement intense, qu’elle vire au grenat ; et, lorsqu’on prend un bain par trop concentré, on risque de jaunir la laine. J’ai épaissi de ces dissolutions à
- (1) Voir les détails de celte préparation dans les Annales de chimie et de physique, t. LXYllt, p. 230. — Gehrardt, Chimie organique, t. I, p. 501.
- (2) 2 parties d’acide urique, traitées par 8 parties d’acide azotique, donnent î partie d’alloxane.
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- la gomme Sénégal, et j’en ai imprimé des échantillons à la planche et au rouleau; après la dessiccation et le traitement que je leur ai fait subir, ils m’ont fourni des nuan -ces semblables à celles du procédé par teinture.
- Puisqu’un mélange d’alloxane et d’alloxantine est capable de donner du murexide, quand on les traite par le carbonate d’ammoniaque, et que cette coloration pourprée est due à cette même substance, je me suis demandé si l’alloxantine, en la soumettant aux mêmes conditions sur les tissus de laine, ne pouvait pas aussi donner les mêmes résultats? A cet effet, je fis de l’alloxantine en faisant bouillir une partie d’acide urique dans 32 parties d’eau, en y ajoutant, goutte à goutte, autant d’acide nitrique qu’il en faut pour dissoudre la masse ; une évaporation convenable laisse déposer des cristaux d’alloxantine.
- L’alloxantine s’obtient mieux encore en réduisant, par l’hydrogène, une dissolution d’alloxane.
- Une dissolution d’alloxantine dans l’eau, dans laquelle j’ai trempé de la laine mor-dancée et traitée dans la suite comme je l’ai déjà indiqué plus haut, m’a fourni effectivement la nuance rose-amarante; j’ai remarqué que, si, avant de repasser la laine, on l’exposait aux vapeurs ammoniacales, pendant une minute, les roses devenaient plus beaux toutefois, si le bain de teinture contenait un léger excès d’acide nitrique ; une exposition trop prolongée dans les vapeurs détruit le murexide.
- Après avoir dit, en peu de mots, comment on prépare les substances nécessaires pour avoir la coloration désirée, j’exposerai les divers essais que j’ai faits pour savoir quelle serait la manière d’agir la plus efficace pour avoir les nuances les plus riches et le moins de perte de matière colorante.
- M. Sacc a trouvé que, pour avoir les tons les plus vifs, il faut faire usage d’une laine mordancée aux sels de bioxyde d'étain, et encore ne faut-il pas prendre le premier mordançage venu. J’ai employé successivement : des laines non mordancées, qui m’ont donné des nuances rouge-brique, il est vrai, beaucoup plus foncées que toute autre ; des laines mordancées en sulfomuriate d’étain, mélange de sel d’étain et d’acide sulfurique, à poids égaux, convenablement étendus d’eau : cette préparation n’a donné que des tons peu vifs et jaunâtres, des laines mordancées en stan-nate de soude dont je n’ai retiré que des amarantes médiocres.
- Entre toutes les préparations que j’ai employées, celle qui a le mieux réussi, et qu’il importe de suivre, est faite avec un mélange à poids égaux de bichlorure d’étain et d’acide oxalique, le tout étendu d’eau jusqu’à environ 1° B. En y laissant la laine tremper une heure, à 30° R., pour ensuite la rincer et la sécher, elle convient à la teinture en alloxane.
- Si l’on prend un mordant trop fort, il y a perte de matière colorante; pour le prouver , j’ai fait les essais suivants : j’ai mordancé de la laine avec des mélanges de bichlorure d’étain et d’acide oxalique, étendant d’eau depuis 6° B. jusqu’à 1°, et j’ai trouvé que la préparation N° 6 avait fait perdre à la couleur au moins 60 pour 100 en intensité et en vivacité, et que progressivement la nuance devenait plus foncée et plus
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- belle avec l’affaiblissement du mordant, de sorte que le N° 1 était de beaucoup le meilleur.
- On peut attribuer ce fait à la présence d’un trop grand excès d’acide stannique, qui pourrait, par sa couleur opaque, masquer le murexide, ou qui, en jouant le rôle d’un acide, pourrait être assez puissant pour déplacer l’ammoniaque du murexide et le décomposer.
- Il vaut beaucoup mieux avoir à sa disposition des laines fraîchement mordaneées, car le ton peut perdre de 20 à 30 pour 100 sur une laine mordancée vieille, compara * tivement à une laine fraîche.
- La laine alunée par une immersion d’une heure dans une dissolution tiède d’alun, à 100 grammes par litre, lavée, séchée et teinte en alloxane, comme la laine à rétain , a donné d’assez bons résultats, quoique de beaucoup inférieurs en vivacité à ceux que l’oxyde stannique a fournis.
- J’ai déjà dit, en parlant de la fixation de cette couleur, que celle-ci nécessite l’action du fer chaud; mais il y a encore de grands avantages, sous le rapport de l’effet colorant, si, au lieu de repasser la laine immédiatement après l’impression ou la teinture , on l’expose d’abord à l’air pendant quelque temps.
- Là , encore, une expérience m’a amené sur la voie d’un fait nouveau : c’est que l’aérage dans une atmosphère humide à 20° R. favorise bien mieux que l’aérage sec, la transformation de l’alloxane en murexide; cependant la chaleur sèche est utile, tandis que la chaleur humide (le vaporisage) détruit le murexide, surtout dans le cas où il y a de l’étain. Il importe aussi de se servir toujours de dissolutions d’alloxane fraîches, car à la longue celle-ci se décompose et fournit des nuances faibles et râpées.
- Le coton seul, mordancé ou non, ou associé à la laine, ne se teint pas; il en est de même du coton animalisé par le procédé de M. Broquette (1). Pour mettre hors de doute la formation du murexide sur le tissu, j’ai voulu voir si le coton seul, non mordancé, lorsqu’on l’imprime d’alloxane, ne se colore pas en rose après le passage au fer chaud et avant le lavage. En effet, l’alloxane ainsi modifiée a donné une coloration rose-jaunâtre, qui est devenue plus intense par une exposition en gaz ammoniac ou simplement par une première immersion dans l’eau; mais malheureusement un lavage un peu fort a fait disparaître complètement la coloration. Ce fait prouve évidemment que le murexide ne se forme pas aux dépens du tissu, mais seulement grâce à la chaleur sèche. Le coton n’a donc point d’affinité pour cette substance.
- Le tissu challys ou la soie pure, chose singulière, puisque c’est aussi une matière animale, ne prend pas non plus la couleur amarante ; du moins, la soie ne fait que se colorer en jaune-rosé. On a , ainsi, un moyen sûr de reconnaître le coton ou la soie de la laine, lorsqu’il y a des mélanges frauduleux.
- On pourrait dire que le rose de murexide est le principe opposé de la carthamine, laquelle se fixe très-bien sur le coton et sur la soie, sans adhérer à la laine. Les propriétés
- (0 Préparation au caséogomme pour les parmes à l’orseille.
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- de cette couleur sont aussi tout inverses de celles delà carthamine, puisque l’une ne se fixe que grâce à la chaleur, et l’autre, au contraire, se détruit au moyen de cet agent. Les rayons solaires sont sans action sur la première, et nous savons très-bien que la lumière est un des plus grands ennemis du carthame.
- La même substance, comparée à l’orseille, se montre beaucoup moins sensible à faction des acides, mais en revanche beaucoup plus sensible à celle des alcalis. Quant à l’effet de la lumière, il est aussi inactif sur le murexide qu’il est actif sur l’orseille.
- Yoici maintenant en peu de mots l’exposé succinct des essais que j’ai faits sur la solidité de cette matière colorante, appliquée sur le tissu.
- Ainsi que je l’ai déjà fait voir, la lumière n’a sur elle presque point d’influence; car j’ai eu un échantillon, teint en rose, exposé pendant deux jours aux rayons directs du soleil sans qu’il ait été altéré le moins du monde (1).
- L’eau bouillante et la vapeur d’eau à 80° R. détruisent complélement l’amarante obtenu par le procédé de M. Sacc; dans l’eau chauffée, la décoloration commence déjà à 55 R., et le progrès de cette décoloration augmente avec le degré de température. Cette destruction de la teinture est indépendante des propriétés du murexide, et uniquement; un effet de l’acide stannique.
- On a vu que la présence de ce corps était nécessaire pour arriver à la teinte la plus éclatante et la plus pourprée ; mais j’ai observé, depuis, que la laine non mordancée , chargée d’alloxane modifiée par une première chaleur sèche, supportait non seulement, jusqu’à un certain point, l’action de l’eau bouillante, mais encore qu’elle y acquérait une teinte égale, si ce n’est plus belle et plus foncée que celles qu’avaient données les laines préparées.
- L’eau chaude semblerait donc constituer la condition indispensable à la formation du murexide, et pourrait remplacer peut-être la chaleur sèche et le mordançage.
- L’alcool froid et l’éther sulfurique n’ont sur ce colorant aucune action, même au bout d’un temps assez long ; à l’ébullition, le premier liquide le détruit, mais sans se colorer en rose comme le fait l’eau.
- Les alcalis (surtout quand ils sont caustiques) lui sont essentiellement funestes ; quand on trempe un échantillon teint de murexide dans une dissolution de soude caustique, la nuance vire au violet-bleu, puis ensuite se décolore. Le savon, agissant comme un alcali faible, finit à la longue par l’altérer.
- Le chlore n’exerce pas d’action immédiate, car j’ai plongé un échantillon rose pendant 5 minutes dans une dissolution de chlorure de chaux à 1° B., sans que la décoloration ait été bien décidée.
- Les acides acétique et oxalique ne sont pas assez énergiques pour détruire tout de suite cette couleur.
- (l) Il faut même plus de deux mois pour qu’un échantillon teint en rose et exposé directement à la lumière solaire soit complètement décoloré.
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- Les acides chlorhydrique, nitrique et sulfurique faibles agissent comme décolorants, mais, cependant, le dernier acide agit moins vite que les deux premiers; et ce qu’il y a de curieux, c’est que, lorsque la couleur a été presque détruite par l’acide sulfurique, elle vire de nouveau au violet-rose par une immersion en ammoniaque.
- Le bichromate de potasse, le chlorate de potasse, l’acétate de plomb et l’acétate d’alumine sont sans action sur le murexide. Il n’en est pas de même des réducteurs, tels que le chlorure d’étain, le sulfhydrate d’ammoniaque et le sulfate de fer, qui détruisent vite la nuance rose ; le chlorure d’étain le bleuit d’abord avant de la décolorer. La réduction du murexide donne naissance à une nouvelle substance, qui, à son tour, peut redevenir murexide par une oxydation bien menée. L’expérience suivante le prouve d’une manière assez remarquable : j’avais imprimé sur de la laine amarante une eou_ leur au sel d’étain, la nuance a été enlevée partout où l’impression s’est réalisée; mais, au bout de 15 jours, en examinant l'échantillon, les points imprimés, qui étaient blancs, ont de nouveau repris leur ton primitif, et le murexide a repris naissance, même avec plus d’intensité.
- On voit, d’après la manière dont se comporte cette matière colorante avec les différents réactifs, que c’est une des couleurs roses, amarantes, violettes, qui, outre la richesse et l’éclat de ses tons, offre encore l’avantage d’être la plus solide. On remarque que les sels oxydants sont généralement inoffensifs à son égard, et que les réducteurs décolorent momentanément cette substance, résultat qui se rattache à ce qu'a dit M. Liebig sur les propriétés du murexide.
- Pour le prix de revient, c’est une question tout à fait à part, puisque jusqu’à présent la matière première n’a été qu’un produit de laboratoire. Si l’on s’est servi d’urines de serpents, ce n’est pas parce qu’on ait voulu en faire un usage exclusif, mais bien parce qu’on en avait par hasard à sa disposition. L’extraction de l’acide urique pourrait ouvrir une nouvelle branche à la fabrication des produits chimiques; car, si l’on conservait les excréments des animaux à cloaque, animaux qui conservent dans leurs déjections intestinales tout l’acide urique qu’ils produisent, on pourrait en obtenir une moyenne de 15 à 25 pour 100 environ.
- Il faut citer, en premier lieu, les oiseaux carnivores, dont les déjections sont très-riches en acide urique. Le guano pourrait, par son bas prix, offrir des bénéfices à celui qui en retirerait cet acide.
- Il reste donc à faire des recherches sur les moyens économiques à adopter pour cette préparation , à songer à l’emploi des excréments de poules, de pigeons, etc., au lieu de les jeter sur le fumier comme on l’a fait jusqu’à présent. Quoique cela puisse servir d’engrais, le cultivateur trouverait avantage à se livrer à cette spéculation. Ce sont là des conditions essentielles, si l’on veut faire usage de cette belle matière colorante; car il est à espérer que, tôt ou tard, on en verra l’emploi se répandre dans plusieurs localités manufacturières.
- Enfin il se pourrait encore qu’à force de recherches la chimie nous fournît le moyen de produire l’acide urique artificiellement, comme elle l’a fait pour l’urée.
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- Que l’on ne s’effraye donc pas du prix de revient de cette riche substance, car les travaux qui se feront dans la suite devront en changer complètement les moyens de préparation.
- Pour clore ce travail, je me permettrai, Messieurs, de vous exposer en peu de mots la liaison qui pourrait exister, suivant M. Sacc, entre la matière colorante des cochenilles, des kermès, etc., etc., et du murexide qui se formerait par l’oxydation de l’acide urique produit en proportions assez fortes par ces insectes.
- Ce qui donne du poids à celte idée, ce sont les expériences que M. Sacc a faites sur l’alimentation des oiseaux et la nature de leurs déjections. Ce chimiste a trouvé que, pendant que les poules et particulièrement les oiseaux à plumes brillantes, les perroquets, par exemple, sont en mue, ceux-ci ne rendent plus de traces sensibles d’acide urique ; tandis que la proportion du même corps est très-forte, après que les plumes ont atteint leur développement. Où se porte donc tout cet acide urique lorsque le moment arrive où il ne se trouve plus expulsé du corps? Ne devrait-il pas alors se transformer en une substance capable, comme l’alloxane, de colorer les plumes, en vertu d’une métamorphose encore inconnue? Car, en somme, la matière qui fait affecter aux plumes et à l’épiderme de certains animaux à cloaque ces différentes couleurs est-elle une substance végétale? Non, je ne le crois pas. Tout porte donc à croire que cette coloration peut être due à l’acide urique. Il n’est pas dit que le murexide soit simplement rose, loin de là; on y remarque, en outre, des reflets métalliques bleus et verts. Puisqu’elle reflète des rayons verts, il faut nécessairement que ce soit avec le secours d’un rayon jaune, qui n’a jusqu’à présent pas encore été isolé; de là, on a le droit de conclure qu’une substance qui a la propriété de refléter le rouge, le bleu et le jaune (je dis jaune, puisque, sans cela, il ne peut pas y avoir de vert) peut aussi avoir la propriété de réfléchir toutes les couleurs possibles. Si l’on admet cette manière de voir pour les oiseaux, il faut l’étendre aux reptiles, aux insectes, et en général à tous les animaux à cloaque. Pourquoi ne voit-on de couleurs vives que sur les plumes des oiseaux, la peau des serpents, des lézards, les ailes de papillons, etc., etc.? Pourquoi les mammifères n’ont-ils que des couleurs ternes et sans reflets métalliques? C’est une grande question à résoudre; il s’agit donc de déterminer si cela tient à la présence de l’acide urique ou de l’un de ses dérivés dans les membranes épidermiques de ces différents animaux à cloaque : en cas d’affirmative, la chimie physiologique aura fait un grand pas sur la question des colorations animales.
- A l’appui de cette note, je remets à la Société industrielle une collection d’échantillons teints et imprimés en alloxane et rendus amarantes par le procédé indiqué.
- En voici la liste :
- 1° Laine mordaneée en étain, teinte en alloxane impure, séchée et repassée au fer chaud, lavée et séchée.
- 2° Laine mordaneée fraîche, teinte dans une dissolution d’alloxane pure, à raison de 50 grammes par litre d’eau, puis rendue rouge.
- 3° Laine mordaneée vieille, teinte avec le n° 2.
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- 4° Laine mordancée fraîche, teinte dans une dissolution de 30 grammes d’alloxane par litre d’eau et modifiée par le fer chaud.
- 5° Chaîne-coton (mi-laine), teinte en alloxane.
- 6° Laine mordancée, teinte à 50 grammes par litre, séchée, aérée à l’étente humide (1) pendant deux jours, repassée, lavée et séchée.
- 7° Laine mordancée, teinte à 50 grammes par litre, mais aérée dans un séchoir sec et chaud, repassée, lavée et séchée.
- 8° Laine mordancée à l’alun, teinte comme n° 6 et traitée de même.
- 9° Laine blanche non mordancée, teinte comme le précédent.
- Une série d’échantillons imprimés sur laine mordancée, fond blanc; un échantillon soie et laine imprimé d’alloxane, qui fait voir que la soie ne se teint pas comme la laine.
- Une autre série teinte et imprimée sur laine, mordancée et imprimée d’abord d’un fond puce , gros-vert et gros-bleu.
- Enfin un échantillon vaporisé, qui fait voir que la couleur a été entièrement détruite.
- Ce mémoire a été l’objet d’un rapport très-favorable de M. Daniel Doit fus fils ; on y remarque le passage suivant :
- L’alloxane pure, préparée par l’action de l’acide nitrique concentré sur l’acide urique, est le point de départ du travail dont nous nous occupons.
- On en dissout 30 grammes environ dans 1 litre d’eau, et l’on imbibe de la liqueur le tissu de laine que l’on veut teindre; on exprime convenablement, et pour cela nous pensons que la machine à foularder ordinaire est l’appareil le plus convenable. On sèche à une chaleur douce et, après une exposition de vingt-quatre heures, on fait monter la nuance par l’application, sur le tissu, d’un fer chauffé à 100°; ou mieux encore, on tend le coupon sur un tambour chauffé à la vapeur, de manière à ce que toutes ses parties soient en contact direct avec la surface chauffée. La machine à sécher, à plusieurs tambours en cuivre bien poli, servirait parfaitement, si l’on agissait en grand; il suffirait, pour cela, de faire passer les pièces de laine imprégnées d’alloxane, successivement autour de chacun de ces tambours, en évitant soigneusement les plis. Pour la laine en écheveaux, on se servirait d’une étuve chauffée à la vapeur. A mesure que la chaleur se communique au tissu, on voit apparaître, comme par enchantement, une magnifique teinte amarante, plus belle que toutes celles que l’on a produites jusqu’à présent au moyen de la cochenille ammoniacale ou des bois rouges. L’intensité de la nuance varie suivant la force de la dissolution d’alloxane qui a servi à imprégner le tissu de laine. Il suffit de laver l’étoffe à l’eau froide, pour donner à la nuance tout son brillant.
- M. Albert Schlumberger a été amené, par les expériences qu’il a faites, à se servir de laine mordancée préalablement à l’étain, et il a trouvé que le mordançage le plus convenable était celui obtenu par l’immersion de la laine dans une dissolution, renfermant
- (0 L’étente humide marquait 20° R. et 16° au roséomètre.
- Tome Ier. — 53e année. 2e série. — Février 1854.
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- en poids des quantités égales de deutochlorure d’étain et d’acide oxalique, étendue d’eau de manière à marquer 1° B.
- Les tissus non mordancés ne lui ont pas donné de résultat aussi satisfaisant, malgré une exposition prolongée dans une atmosphère chaude et humide; les autres modes de mordançage expérimentés par lui ne lui ont pas paru aussi convenables que celui que nous avons relaté plus haut.
- Nous avons répété soigneusement les différents essais que M. Albert Schlumberger a retracés dans son Mémoire, et nous en avons pu constater l’exactitude.
- Pressé par le temps et désireux d’obtenir de suite* après l’immersion en alloxane, des nuances aussi vives que celles des échantillons joints au Mémoire, nous avons pensé que, puisque l’ammoniaque était nécessaire à la formation du murexide (substance résultant de la transformation de l’alloxane par l’ammoniaque, et présentant la belle teinte amarante à laquelle est due la coloration de ces échantillons), nous avons pensé, dis-je, qu’en faisant usage de cet alcali nous arriverions au but que nous nous proposions. En effet, nous avons pris trois échantillons de mousseline de laine, l’un non mordancé et les deux autres mordancés, l’un au stannate de soude, l’autre au deutochlorure d’étain additionné d’acide oxalique; nous les avons imbibés d’alloxane, séchés, et immédiatement après exposés à des vapeurs ammoniacales très-fortes. Dans cet état, l’action de la chaleur a été presque instantanée, et nous avons vu apparaître, sur nos coupons, une superbe nuance qui, après le lavage, avait tout le brillant de celles que l’on obtient par une exposition prolongée dans un air humide et chaud. Pour nous bien assurer de l’effet utile de l’ammoniaque, nous avons pris un coupon de laine non mordancé et nous l’avons imprégné d’alloxane pure, ainsi qu’un autre coupon mordancé au stannate de soude ; nous en avons exposé quelques parties seulement à l’action des vapeurs ammoniacales, pendant une minute à peu près, puis nous avons soumis le tout à la chaleur du tambour à vapeur. Ainsi que nous l’avions prévu, les parties qui avaient subi l’action de l’ammoniaque, ont immédiatement pris la teinte pourpre du murexide, tandis que le reste des coupons présentait à peine des traces de coloration.
- Cette action de l’ammoniaque n’expliquerait-elle point la différence des résultats que M. Albert Schlumberger a obtenus, quand il s’est servi de tissus mordancés ou non, et peut-être aussi la nécessité d’une exposition prolongée à l’air?
- En effet, le murexide, auquel on doit attribuer cette belle nuance qui nous occupe, ne se forme que sous l’influence de l’ammoniaque et de la chaleur, et ne résiste aucunement aux agents désoxydants, tels que le chlorure stanneux et l’acide sulfureux.
- De plus, on sait qu’après les opérations de blanchiment la laine contient encore, malgré des lavages répétés, une certaine quantité d’acide sulfureux que l’on ne peut lui enlever que par des passages répétés en eau bouillante, ou par l’action d’alcalis qui viennent s’y combiner. Les coupons qui ont servi à M. Albert Schlumberger contenaient probablement une quantité d’acide sulfureux assez grande pour empêcher la formation du murexide, ou du moins pour le décomposer au moment de sa formation; tandis que ceux que nous avons exposés aux vapeurs ammoniacales et sur lesquels nous
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- avons opéré ne contenaient plus d’acide sulfureux libre, et même renfermaient dans leurs fibres la substance essentielle au développement du murexide, qui sans doute venait en faible quantité pénétrer les coupons imprégnés d’alloxane, que M. Albert Sehlumberger exposait à un air humide et chaud pendant plusieurs heures.
- Cependant il n’est pas indifférent de faire agir l’ammoniaque avant ou après l’exposition à la chaleur : plusieurs essais répétés nous ont prouvé que l’ammoniaque n’avait plus d’action quand le coupon avait été préalablement exposé à une chaleur de 100°; il nous a été impossible de faire reparaître la nuance , même par une seconde application sur le tambour. Il paraîtrait que l’alloxane se décompose au contact de la laine et donne naissance à un autre produit incolore , que l’action de l’ammoniaque et de la chaleur n’ont plus la propriété de transformer en murexide. Tous ces dérivés de l’acide urique ont, du reste, une stabilité si peu grande, surtout en présence de la chaleur, que ce fait ne doit point nous étonner.
- Nous avons vu que le murexide résistait parfaitement à un lavage à l’eau froide, ce qui prouverait bien qu’il y a eu combinaison avec la laine; il n’en est pas de même de l’alloxane avant sa décomposition : un simple lavage à l’eau froide suffit pour la dissoudre complètement, du moins quand on agit immédiatement après le séchage. Après quelques heures d’exposition à l’air, il y a, au contraire, fixation d’une partie de l’al-loxane; le passage en vapeurs ammoniacales détermine une fixation complète, sans coloration, car un lavage bien complet ne fait rien perdre au coupon de la propriété de se colorer en amarante par la chaleur. De ces différents faits nous sommes amenés à conclure que l’alloxane subit différentes modifications avant de passer à l’état de murexide, modifications incolores et dont nous n’avons pu saisir la nature.
- Il résulterait de ce que nous venons de dire qu’une exposition aux vapeurs ammoniacales remplacerait, avec avantage , l’aérage dans la fixation de l’alloxane, et que la production du murexide sur l’étoffe pourrait avoir lieu sans la présence de l’acide stannique; cependant il nous a semblé que, dans certains essais, cet acide stannique, par son opacité et son interposition entre les molécules de murexide, ajoutait au brillant de la nuance.
- Quand, au lieu de se servir de mordants à l’acide stannique, on emploie ceux au chlorure stanneux, on a beaucoup plus de peine à arriver à la formation du murexide, et souvent ce dernier se décompose au moment de sa formation, en raison de l’action réductrice de l’oxyde stanneux.
- Il est un point sur lequel l’auteur du mémoire n’a peut-être pas assez appuyé, c’est celui de la stabilité de cette nouvelle couleur, relativement à celles qui s’en rapprochent par la nuance : c’est, à notre avis, un grand point, et que sans doute bientôt on sera à même d’apprécier. Pour les tapis, les tentures, les broderies, il manquait une couleur pourpre, résistant, sans s’altérer, à l’action si éminemment destructive des rayons solaires. Pour les belles tentures des Gobelins, on n’hésitera pas, sans doute, à en faire usage immédiatement, quoique aujourd’hui le prix en soit un peu plus élevé que celui des couleurs à la cochenille.
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- LITHOGRAPHIE
- LITHOGRAPHIE PHOTOGRAPHIQUE.
- IMPRESSION LITHOGRAPHIQUE DE GRAVURES PHOTOGRAPHIQUES; par MM. LEMERCIER, LEREBOÜRS , BARRESWIL et DAVANNE.
- Pour obtenir sur pierre, par la photographie, une image qui présente les mêmes propriétés que le dessin lithographique, il faut une substance qui réunisse les conditions suivantes :
- Former sur la pierre une couche uniforme et régulière ;
- Être sensible à la lumière, de telle sorte qu’un lavage ultérieur puisse mettre à nu toutes les parties blanches du dessin, et dégager les demi-teintes ;
- Conserver assez d’adhérence sur la pierre pour préserver celle-ci de l’action du mordant ;
- Enfin présenter un enduit susceptible de recevoir l’encre lithographique ordinaire.
- Le bitume de Judée, primitivement employé par Nicéphore Niepce, depuis, sans application à la photographie, nous a paru réunir toutes ces conditions, et nous sommes parvenus, en effet, par des procédés qui nous sont communs avec MM. Lemercier et Lerebours, à obtenir, au moyen de cette substance , des épreuves d’une grande finesse et d’une vigueur remarquable ; on opère de la manière suivante :
- On cherche, parmi les différentes qualités de bitume de Judée que l’on trouve dans le commerce, celui qui paraît le plus sensible à la lumière.
- Il suffit, pour cet essai, de faire une dissolution de bitume dans l’éther, de l’étendre en couche mince sur une surface quelconque, une feuille de verre par exemple, et de l’exposer à la lumière. Le bitume le meilleur est celui qui, après l’exposition, résiste le mieux au lavage à l’éther.
- On prend de ce bitume une certaine quantité que l’expérience peut seule déterminer, puisque la solubilité de tous les bitumes diffère sensiblement. On le broie en poudre fine, et l’on en fait une dissolution dans l’éther. Celte dissolution éthérée doit être faite de telle sorte que , répandue sur la pierre, elle y laisse une couche très-mince, régulière et formant non pas un vernis, mais ce que les graveurs appellent un grain; en observant la pierre avec une loupe, on doit constater que cette couche présente sur toute sa surface une sorte de cassure régulière et des sillons où la pierre est mise à nu. La finesse de ce grain , que l’on obtient avec un peu d’habitude, dépend beaucoup de l’étal de sécheresse de la pierre; de la température, qui doit être assez élevée pour produire une volatilisation rapide; enfin de la concentration de la liqueur.
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- PHOTOGRAPHIQUE.
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- IL nous paraît qu’on facilite la formation du grain en ajoutant à l’éther une faible proportion d’un dissolvant moins volatil que*celui-ci.
- La dissolution de bitume étant ainsi préparée, on prend une pierre lithographique ordinaire, on la met parfaitement de niveau sur un pied k caler, on y passe un blaireau pour enlever la poussière et on y verse la quantité de liquide ( filtrée avec soin ) nécessaire pour couvrir toute la surface ; l’excédant déborde et tombe de chaque côté, et pour empêcher le retour du liquide sur lui-même, ce qui formerait double épaisseur, on passe sur les arêtes de la pierre une baguette de verre qui facilite l’écoulement.
- On doit éviter, pendant cette opération, la moindre agitation dans l’air, provoquée soit par l’haleine, soit par des mouvements trop brusques du corps qui produiraient des ondulations sur la surface du liquide ; le bitume serait alors d’inégale épaisseur, et l’opération serait à recommencer.
- Quand on juge l’opération terminée, on enlève le négatif et on lave la pierre à l’éther : partout ou la lumière a pu traverser, le bitume, devenu insoluble, reste sur la pierre ; il se dissout, au contraire, partout où il a été protégé par les noirs du négatif.
- Lorsque la couche est parfaitement sèche, on y applique un négatif (1) obtenu par un procédé quelconque, sur pierre, sur verre albuminé ou collo-dionné, et on expose à une vive lumière pendant un laps de temps plus ou moins long que l’expérience peut seule indiquer.
- Si le temps de pose a été trop court, l’image sur la pierre est trop légère et n’offre pas de demi-teintes; s’il a été trop prolongé, l’image est lourde et les finesses sont perdues. Le lavage à l’éther doit être fait largement; sans quoi, il se formerait des taches que l’on ne pourrait plus enlever.
- L’épreuve, bien réussie et sèche , reçoit alors les mêmes préparations lithographiques qu’une épreuve faite au crayon; elle est d’abord acidulée à l’acide faible additionné de gomme pour ménager les blancs et donner plus de transparence au dessin, lavée ensuite à grande eau , s’il y a lieu , à l’essence de térébenthine, et enfin encrée avec l’encre lithographique ordinaire. Une pierre bien préparée, convenablement acidulée, dont le bitume n’a pas été brûlé par une exposition trop longue, doit prendre l’encre immédiatement quand on passe le rouleau, et donner un dessin d’un grain serré et régulier, sans qu’il soit nécessaire d’y faire la moindre y'etouche. On tire avec cette pierre comme avec toute autre pierre lithographique; le dessin s’améliore beaucoup au tirage, il devient plus transparent et plus brillant. On peut
- (0 Pour la lithographie ?! les planches en relief, on emploie un négatif; pour les planches en creux, on se sert d’un positif.
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- DRAINAGE.
- obtenir un même nombre d’épreuves qu’avec la lithographie ordinaire; jusqu’ici, nous n’avons pas vu une seule pierre qui fût fatiguée, pourtant nous en avons préparé un grand nombre , et nous avons eu l’occasion de faire un tirage assez considérable pour les spécimens de la lithophotographie.
- On joint ici un de ces spécimens.
- DRAINAGE.
- note sur les lois relatives au drainage promulguées en Angleterre; par m. Ernest dumas.
- Le drainage proprement dit (1) n’était pas connu à l’état de méthode avant 1833, et les principes et règles générales qui devaient l’indiquer plus tard comme un puissant moyen d’amélioration du sol n’avaient encore été ni reconnus , ni constatés solidement, ni surtout réunis de manière à en former une des branches les plus importantes de la pratique agricole.
- Depuis longtemps, il est vrai, dans différentes parties des îles Britanniques, on avait coutume de se débarrasser des eaux souterraines à l’aide de tranchées qu’on remplissait de pierres. Ce mode de dessèchement, connu sous le nom de méthode d’Elkington, consiste à rechercher les sources nuisibles au champ, et à leur pratiquer un nouveau lit à l’aide d’empierrements établis souvent à une grande profondeur. Mais, il y a vingt ans, personne n’avait encore imaginé d’appliquer ces méthodes comme moyen d’amélioration et de fertilisation du sol pour de grandes étendues de terrain à fond imperméable, alors même qu’elles ne présentaient point de sources nuisibles.
- Jusqu’en 1833, le drainage rentrait donc simplement dans la classe des moyens employés par les cultivateurs et par les ingénieurs pour le détournement des sourcés ; il ne formait, d’ailleurs, qu’une imperceptible portion des immenses travaux entrepris dans ce dessein, sur les différentes parties du royaume.
- (l) Le mot anglais drainage correspond exactement au mot français dessèchement, et le mot drain signifie fosse d'égouttement ou saignée.
- Ces deux termes, drainage et drain, en passant dans la langue française, n’ont point conservé leur signification première. Nous les employons en France pour indiquer un cas particulier de dessèchement du sol, c’est-à-dire la méthode consistant à creuser dans les champs humides à sous-sol imperméable un ensemble de tranchées étroites, plus ou moins profondes, que l’on remblaye ensuite, après avoir garni la partie inférieure de tuyaux, tuiles courbes, pierres ou autres substances destinées à donner un libre passage aux eaux contenues dans le terrain, et à les conduire, à l’aide d’une pente convenable, dans des fossés d’écoulement. Cette opération s’exprime en anglais par îand drainage, et se trouve renfermée dans le terme général de drainage (dessèchement). Or, quand nous avons employé le mot anglais drainage dans la traduction qui suit, il doit être entendu que nous nous en sommes servis dans le sens anglais, et que les lois et documents qu’elle renferme ne s’appliquent pas seulement à la méthode particulière d’assèchement du sol qu’on désigne en français sous ce nom, mais bien à tous les autres procédés de dessèchement, tels que les comprend le mot anglais drainage dans son sens le plus général.
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- Car l’attention des cultivateurs s’était portée depuis longtemps sur les moyens de dessécher les sols marécageux, de rendre à la culture de vastes étendues de terrains fréquemment inondés par les eaux pluviales, de diminuer enfin les désastres auxquels les exposaient toujours l’inconstance du climat et la nature particulière d’un sol où prédominent les formations argileuses.
- Les vastes dessèchements entrepris depuis plus d’un siècle dans les comtés de l’Est, les travaux de tous genres exécutés sur un grand nombre d’autres points de l’Angleterre et de l’Écosse, montrent quelle importance l’agriculture avait toujours attachée à l’aménagement des eaux nuisibles. Sous la pression de ce premier besoin, les propriétaires avaient même formé de nombreuses associations, et, soit en réunissant pour ces travaux d’ensemble leurs efforts et leurs ressources individuelles, soit en adhérant aux opérations formées par des sociétés d’ingénieurs, ils avaient toujours vu le succès récompenser leur entente intelligente. Le gouvernement secondait, du reste, leurs efforts d’une façon puissante , soit en autorisant ces associations ou ces sociétés d’ingénieurs à jouir du bénéfice d’une contribution spéciale levée sur les terres améliorées par leurs nouveaux travaux, soit en se chargeant même de leur en assurer le recouvrement, qu’il faisait opérer parles agents publics.
- Mais, en 1832, le gouvernement entra dans une nouvelle voie, et voulant provoquer les efforts des cultivateurs irlandais, dont les ressources étaient trop faibles pour leur permettre d’effectuer des améliorations individuelles, il décida que l’Etat sechar-gerait’lui-même, en Irlande, des travaux nécessaires, et qu’à l’aide de commissaires de travaux publics il exécuterait les drainages, dessèchements et autres améliorations foncières pour le compte des particuliers.
- Cette loi, quoique très-incomplète, semble avoir été mise immédiatement en pratique; car, dès l’année suivante, paraît l’acte du 24 juillet 1833, établissant que les propriétaires ne pouvant payer les rentes ou contributions en retard pour les améliorations foncières faites sur leurs terres par l’État verront leurs biens saisis et vendus jusqu’à payement de leur dette.
- J)ans le cours de cette même année 1833, le drainage recevait en Écosse une forme nouvelle; il était élevé au rang de méthode, par Smith de Deanston, qui, après un grand nombre d’essais tentés sur des terres humides, était parvenu à y assurer, à son aide, la production de bonnes récoltes. Encouragé par ses succès, M. Smith publia le résultat de ses expériences, fit connaître un système complet d’assèchement et d’amélioration des terres, et trouva bientôt des imitateurs parmi les cultivateurs écossais. Invité, quelque temps après, par les grands propriétaires anglais, à venir démontrer ce système à leurs fermiers, il se voua, dès lors, aux améliorations agricoles en Écosse et en Angleterre.
- Une commission d’enquête, nommée en 1836 par le parlement anglais pour étudier l’état de l’agriculture dans tout le royaume, constatait déjà les grands progrès faits par cette méthode d’assèchement, principalement en Écosse, et indiquait cette opération comme excellente pour la préparation des terres à fond imperméable.
- Mais il fallait écarter deux obstacles qui pouvaient arrêter l’extension de ces amélio-
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- DRAINAGE.
- rations nouvelles : l’absence de capitaux, celle d’agents possédant une connaissance un peu complète de la pratique du drainage. La loi de 1840 vint lever toutes ces difficultés, et le gouvernement, poursuivant le système dans lequel il était entré en 1832, se mit à la disposition des*propriétaires de l’Angleterre et de l’Irlande, leur offrant de se charger lui-même des opérations, et de faire exécuter par ses commissaires des travaux publics tous les dessèchements et drainages capables d’assurer au sol une amélioration permanente. Les propriétaires, d’après cette loi, doivent payer d’avance les premiers frais de levé des plans, etc., et s’engager à rembourser les dépenses faites par le gouvernement au moyen d’annuités disposées de façon à amortir la dette tout entière dans l’espace de douze à dix-huit ans au plus. Une hypothèque prise par l’Etat sur les terres drainées assure au trésor le remboursement des sommes qu’il a avancées.
- Le Gouvernement venait ainsi puissamment en aide à l’agriculture; cependant, il restait encore à traiter un côté important de la question du drainage et à résoudre des difficultés qui, pendant deux années, entravèrent sa mise en pratique.
- Quels seraient les droits et les devoirs des commissaires du drainage? Quels seraient surtout leurs pouvoirs en fait d’expropriation? Comment feraient-ils justice des oppositions nombreuses qui s’élèvent à chaque pas, lorsqu’il faut créer des débouchés aux eaux qu’on enlève du sol par le drainage, ou qu’on a des ruisseaux ou rivières à canaliser? Toutes ces questions, si importantes pour la pratique du drainage, furent réglées par le parlement, qui, dans une loi de 1842, soumit le drainage , les dessèchements , l’amélioration de la navigation et l’emploi des eaux comme force motrice à une même législation, et les mit sous la surveillance des mêmes commissaires.
- Ce qui frappe surtout dans cette loi de 1842, c’est l’étendue des pouvoirs donnés à ces commissaires, qui, au nombre de trois pour l’Irlande et de deux pour l’Angleterre, reçoivent les demandes des propriétaires , désignent les ingénieurs chargés de l’exécution des travaux, fixent les indemnités et tranchent toutes les questions difficiles qui leur sont soumises dans chaque comté par le grand jury et par les commissions spéciales composées de juges de paix.
- Ajoutons que, malgré les circonstances complexes et délicates qui entouraient la question du drainage, l’Etat n’eut qu’à se louer d’avoir confié des pouvoirs aussi étendus à un petit nombre d’hommes spéciaux, nommés directement par les cinq commissaires du trésor royal, sous la garantie de trois d’entre eux, qui étaient eux-mêmes responsables, auprès du Gouvernement, des mesures prises par leurs mandataires.
- L’année suivante (1843), les commissaires de la trésorerie vinrent rendre compte au parlement de l’effet qui avait été produit en Irlande par les lois de 1840 et de 1842. Leur rapport constate que des demandes avaient déjà été faites pour le drainage de près de 10,000 hectares de terres, et qu’en général, le drainage, combiné avec les opérations générales de dessèchement, rapporterait annuellement 10 pour 100 des sommes qui y seraient employées.
- En résumé, pendant cette période de douze années (de 1833 à 1843), le drainage avait fait des progrès bien marqués. Cependant, l’extension donnée à cette nouvelle mé-
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- thode d’assèchement du sol était loin d’atteindre les proportions que semblait nécessiter le nombre considérable de propriétés connues comme reposant sur un sous-sol imperméable. En Ecosse, les cultivateurs étaient, il est vrai, entrés d’eux-mêmes dans la voie nouvelle de ces améliorations; mais, en Angleterre et en Irlande, les travaux n’avaient été entrepris que par de grands propriétaires. Tous les autres reculaient devant la dépense ou craignaient, en faisan! exécuter les travaux par le Gouvernement, de grever leurs fermes de charges nouvelles, bien lourdes, on pouvait le penser, à uneépoque où la situation précaire de l’agriculture préoccupait tous les esprits.
- On approchait, en effet, d’un moment critique, prévu depuis longtemps, celui où, par suite de l’accroissement considérable de la population industrielle et commerçante, la question du prix des céréales devait dominer toutes les autres et exiger une solution définitive. Déjà, en 1828, on avait dû adopter la mise en pratique de l’échelle mobile. Le chiffre de 32 francs par hectolitre (73 schell. par quarter) était pris comme type du prix moyen du blé. Le droit s’élevait progressivement depuis létaux de 43 centimes par hectolitre (1 schell. par quarter). Lorsque le prix du blé tombait à 23 francs (53 schell. par quarter), l’importation cessait.
- En 1842, sir Robert Peel avait encore admis ce tarif; mais une série de mauvaises récoltes avait presque toujours maintenu le cours au chiffre primitif de 32 francs l’hectolitre. L’échelle mobile avait donc été insuffisante, et six enquêtes ouvertes par lepar-dement pendant les quinze dernières années n’avaient fait que prouver plus vivement combien le prix élevé des blés pesait sur les classes inférieures de la société. Au com-meneementde 1846, lebruitse répandit que la récolte des pommes de terre s’annonçait mal en Irlande, qu’une nouvelle famine y était à craindre, et qu’en Angleterre même la récolte des céréales paraissait menacée.
- A ces symptômes, sir Robert Peel comprit que le moment était venu de rapporter les lois sur les céréales, et, se mettant lui-même à la tête du mouvement, il obtint bientôt des deux chambres (en juin 1846) cette réforme populaire, qui donnait libre accès aux grains étrangers, en les soumettant seulement à un droit fixe de 43 centimes par hectolitre (1 schell. par quarter).
- Mais, par suite de ces nouvelles mesures, il faut l’avouer, la position faite aux cultivateurs anglais était de nature à préoccuper bien vivement les hommes d’État. Sir Robert Peel sentit que le Gouvernement devait venir en aide aux propriétaires et aux fermiers. Il chercha à développer en eux l’espoir de soutenir avantageusement la lutte. Il s’appliqua à augmenter leur confiance dans les ressources du sol natal, et à leur montrer des voies nouvelles d’amélioration agricole. Il était convaincu, par sa propre expérience, des bienfaits du drainage. Il en avait lui-même, depuis 1840, essayé et comparé les diverses méthodes sur plus de 1,000 hectares. Il s’était assuré qu’à l’aide de ce procédé on pouvait, en peu de temps, tout à la fois accroître la surface des terres arables, le produit des récoltes et le travail des ouvriers des campagnes, enfin, apporter au sol une amélioration permanente. Sir Robert Peel n’hésita pas à engager les fonds de l’Etat dans des opérations nouvelles sans doute, mais que son expérience personnelle lui avait permis de bien juger. Au mois d’août de la même année 1846, il fit voter Tome Ier. — 53e année. 2e série. — Février 1854. 12
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- l’acte important qui établit que tout propriétaire ou fermier pourra, sur sa demande, obtenir du Gouvernement, à titre de prêt, les sommes nécessaires pour exécuter lui-même sur ses fermes les opérations du drainage. Cette loi ouvre un crédit de 75,000,000 de francs aux commissaires du trésor, sur lesquels sont affectés .
- 9 millions à l’Angleterre,
- 41 millions à l’Ecosse, et 25 millions à l’Irlande.
- Une rente annuelle de 6 1/2 pour 100 pendant 22 ans assure à l’État un intérêt de 3 1/4 et l’amortissement complet des sommes avancées.
- Le Gouvernement était, dès lors, entré dans la voie qui pouvait seule assurer le succès du drainage, et imprimer à l’agriculture le mouvement que les circonstances exigeaient. Il laissait le propriétaire exécuter lui-même les opérations, arrêter les méthodes d’assainissement et choisir l’époque des travaux. Il se contentait de faire surveiller l’exécution et d’estimer la qualité de ces travaux, n’accordant son argent que pour ceux qui avaient été effectués suivant des méthodes reconnues comme étant bonnes. Il exigeait même qu’il fût constaté qu’ils étaient de nature à procurer au sol une amélioration durable, et qu’ils pourraient rapporter, chaque année, au moins 9 à 10 pour 100 des sommes employées. Grâce à cette liberté d’action presque complète laissée aux cultivateurs, le gouvernement put voir bientôt ses nouvelles mesures mises à profit sur tous les points du royaume, et le drainage prendre une extension qu’il n’aurait jamais atteinte, si on avait voulu s’en tenir à la loi de 1842, et si l’État eût persévéré à se charger de l’exécution des travaux.
- Lorsque enfin, au moment des désastres de 1847 et de la famine causée en Irlande par la disette des pommes de terre, sir Robert Peel eut étendu aux travaux de défrichement et de mise en culture l’application des sommes votées précédemment pour le drainage, le mouvement agricole devint, on peut le dire, tout à fait général, et les cultivateurs entrèrent pleinement dans la voie du progrès.
- On vit, en effet, dans l’espace bien court de quatorze jours, les demandes s’élever pour l’Angleterre et l’Écosse à 25 millions, et au moment où l’argent du trésor fut reçu par les commissaires, elles s’accroissaient encore d’une somme de 12 millions 1/2.
- L’impulsion était donnée. A partir de celte époque, on sentait de tous côtés que l’agriculture était placée dans des conditions vraiment nouvelles, exigeant de la part des exploitants de fermes une instruction et une initiative qu’il n’était pas nécessaire de déployer avant 1846. On reconnaissait l’opportunité d’appliquer à la fois à la culture plus d’industrie et plus de capitaux que par le passé. Pleins de confiance dans les ressources du sol, les propriétaires n’hésitèrent plus à consacrer leurs économies à des opérations qui rapportaient souvent plus de 10 pour 100. Il devenait impossible, du reste, de continuer l’exploitation des terres par les anciennes méthodes pour les petits propriétaires ou fermiers. Toujours menacés de ces désastres imprévus, dont la consé-quence>était auparavant de faire monter le prix réel du blé de 17 fr. 50 cent, par hectolitre ( 40 schellings par quarter ) à 35 francs et quelquefois même à plus de 52 francs (80 schellings et 120 schellings par quarter), ils étaient sûrs, pourtant, de voir le taux
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- delà vente se maintenir entre 15 fr. et 17 fr. 50 cent. (35 à 40 schellings par quarter), par suite de l’importation des blés étrangers.
- De là une disparition bien marquée de la petite propriété, et une tendance des exploitations à prendre, dès ce moment, les dimensions nécessaires à l’adoption d’un mode de culture plus économique, fondé sur l’emploi d’instruments perfectionnés et d’un capital souvent considérable. Le drainage devint désormais la base de toutes les améliorations que l’exploitant voulait entreprendre sur ses terres humides, et à l’aide de ce moyen puissant, le cultivateur parvint bientôt à créer dans ses sols même les plus froids les conditions de perméabilité et de filtration des eaux nécessaires pour le bon aménagement des engrais.
- L’importance du nouveau mode d’assèchement du sol fut, du reste, comprise immédiatement par les agriculteurs anglais, et en 1849 les commissaires des travaux publics indiquaient, dans leurs rapports au parlement, que les fonds votés en 1846 avaient été entièrement épuisés, et que les demandes s’étaient élevées à plus de 100 millions de francs.
- Le Gouvernement, par la loi du mois d’août de la même année, autorisa alors les particuliers à avancer de l’argent pour le drainage des terres : il leur accorda les mêmes sûretés qu’il s’était réservées pour ses propres avances ; il chargea ses commissaires des travaux publics de régler le montant des sommes prêtées sur chaque propriété, et de fixer le taux de leurs intérêts.
- Une commission nommée par la chambre des lords fit, en 1849, un rapport duquel il résultait que, après avoir interrogé plusieurs agriculteurs distingués de différentes parties de l’Angleterre, les lords commissaires de la trésorerie qui la composaient restaient convaincus que le drainage est un excellent moyen d’améliorer les terres, surtout lorsqu’elles pèchent par un excès d’humidité, et que ce moyen n’est pas très-dispendieux relativement aux bénéfices qu’il procure, puisque les fermiers peuvent payer à 6 1/2 pour 100 l’intérêt des sommes qui leur ont été prêtées pour l’exécution de ces travaux.
- Le drainage exécuté avec des tuyaux de terre, à 4 pieds de profondeur, revient, disent-ils, environ à 5 liv. 15 sch. l’acre (c’est-à-dire à peu près à 250 fr. l’hectare). Or, sans engrais, une terre qui a subi cette opération produit plus que si elle avait été fumée sans avoir été drainée. Plusieurs fermiers leur ont déclaré qu’ils aimaient mieux payer 5 à 6 pour 100 en plus sur leur fermage et avoir à travailler des terres drainées. D’autres ont été plus loin, et ont prétendu qu’ils ne voudraient pas affermer gratis, avec obligation de la cultiver, une terre qui n’aurait pas subi cette opération.
- Cette commission déclare, au sujet des compagnies qui se sont formées pour être les intermédiaires entre le Gouvernement et les particuliers, qu’elles fonctionnent très-régulièrement, qu’elles épargnent aux particuliers des frais généraux considérables, et qu’ayant l’habitude de ce genre de travail elles l’exécutent à meilleur marché, mieux et plus rapidement que les propriétaires eux-mêmes.
- Enfin, en 1850, eurent lieu les dernières avances faites par l’État. Elles s’élevaient à 50 millions de francs pour la Grande-Bretagne et à 5 millions pour l’Irlande. Afin de
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- répartir l’argent du trésor entre tous ceux qui avaient formulé des demandes, cette loi décidait qu’aucun propriétaire ne pourrait recevoir de l’Etat plus de 125,000 fr.
- Après cet ensemble de mesures énergiques, prises de 1846 à 1850 par le Gouvernement pour développer la pratique du drainage, le rôle de l’Etat est maintenant terminé. L’industrie privée peut sans danger parcourir d’elle-même la voie qui lui a été tracée. Peu à peu, l’État rentre dans ses avances, qui, loin d’être, comme on l’avait supposé d’abord, des dons déguisés, conservent bien le caractère de prêts, dont les commissaires doivent, chaque année, rendre compte au trésor. C’est ainsi, qu’en avril 1852, un rapport établit que, de 4,792,813 francs qui étaient dus à l’État comme annuités par les agriculteurs, une somme de 4,615,380 francs a été payée , et que la différence de 177,433 francs doit être entièrement attribuée au manque d’attention des officiers chargés de la perception.
- Un fait digne de remarque, c’est que, dans cette immense application du crédit foncier, les commissaires n’ont rencontré que quatre cas dans lesquels ils ont été obligés de recourir aux rigueurs indiquées par la loi, et de procéder à la saisie des terres et à leur mise en adjudication pour obtenir le remboursement des sommes avancées.
- Les efforts du gouvernement anglais ont donc été, comme on le voit, couronnés d’un succès complet. Le drainage, loin d’être à l’état de question en Angleterre, y est maintenant un fait accompli. Il constitue une pratique dont l’excellence n’est mise en doute par aucun agriculteur. Jointe à l’emploi des méthodes perfectionnées de culture, et h l’usage de quantités considérables d’engrais et d’amendements, elle a beaucoup contribué à donner ces résultats surprenants que l’on constate dans un grand nombre d’exploitations de l’Angleterre et de l’Écosse.
- Il serait impossible, assurément, en l’absence de tous documents statistiques, de fixer par un chiffre exact l’importance actuelle du drainage; mais les remarques suivantes en donnent la mesure. La plus grande partie des 130 millions alloués parl’É'at en 1846 et en 1850 est, aujourd’hui, mise à profit par les cultivateurs; de plus, un nombre considérable de fermes ont été drainées par les propriétaires ou par les fermiers sur leurs propres ressources. Dans certaines parties du royaume, l’application de ce procédé est presque générale; en Écosse , dans les cinq ou six meilleurs comtés, les 4/5 des terres cultivées sont maintenant drainés. De cet ensemble de faits on peut conclure, avec la certitude d’être au-dessous de la réalité, qu’un million d’hectares de terres, au moins, ont été actuellement rendus à la culture par cette seule méthode d’assèchement souterrain.
- Remarquons, en terminant cette histoire abrégée du drainage en Angleterre, que les progrès frappants faits par ce procédé doivent, sans le moindre doute, être attribués au soin pris par le gouvernement anglais d’aborder, dès le principe, la question do la législation des eaux, et de résoudre immédiatement toutes les difficultés qui accompagnent l’aménagement des eaux nuisibles.
- Un travail analogue est aujourd’hui nécessaire pour la France. L’insuffisance actuelle de la loi de 1845, en ce qui règle les servitudes des conduites d’eau et les expropriations foncières, arrête chaque jour nos cultivateurs dans leurs tentatives d’assèchement
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- des terres. Une révision de notre législation des eaux peut seule ouvrir largement cette voie d’améliorations agricoles rapides, dont le drainage est devenu le point de départ. L’examen des mesures législatives dont nous donnons l’analyse simplifiera ce travail. Nous nous estimerons heureux, si leur connaissance vient faciliter, pour noire pays, l’introduction des pratiques nouvelles que l’Angleterre considère aujourd’hui comme la base de toute amélioration des terres marécageuses, humides ou froides.
- Nous nous estimerons heureux, surtout, si ce court tableau des progrès du drainage en Angleterre, en montrant la grande portée pratique de cette mémorable découverte, fait voir clairement à tous les yeux comment on pourra trouver, dans les campagnes mêmes, de larges compensations de travail, en faveur de la classe ouvrière, par les opérations de drainage, lorsque les grandes voies de fer seront terminées et les embellissements de Paris accomplis; comment, de plus, l’accroissement du rendement en céréales, que le drainage assure toujours, sera pour notre pays une des meilleures garanties contre les disettes qui le visitent périodiquement.
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- PROCÈS-VERBAUX.
- Séance du 25 janvier 1854.
- M. Dumas, président, occupe le fauteuil.
- Le procès-verbal de la séance précédente est lu et approuvé.
- Correspondance. M. Lequien, directeur de l’école municipale de dessin et de sculpture du 8e arrondissement, rue Ménilmontant, 14, fait hommage à la Société d’un exemplaire de l’ouvrage qu’il vient de publier, sous le titre de Essai d’un cours élémentaire de dessins d'ornement destiné aux écoles communales de la ville de Paris.
- L’administration municipale ne trouvant pas, dans le commerce, des modèles assez simples, a chargé M. Lequien de composer quelques modèles élémentaires à la portée des enfants auxquels ils sont destinés.
- M. Chevalier fds, quai Saint-Michel, 27, adresse un mémoire ayant pour titre,De la nécessité, dans Vintérêt de l’hygiène publique, d’assainir les abattoirs, les chantiers d’équarrissage, les halles, et de recueillir les urines des villes et des campagnes pour faire servir le sang, les viandes, les détritus de poissons et les liquides urinaires à l’amélioration du sol.
- L’auteur indique les essais qu’il a faits pour arriver à conserver sans décomposition le sang, la chair musculaire, les détritus de poissons, les urines, de telle sorte que ces matières, utiles à l’agriculture, n’aient perdu aucune des parties azotées qui en font la richesse.
- U joint des échantillons de ses essais, tels que du sang coagulé soit par l’acide sulfu-
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- rique, soit par l’acide hydrochlorique ; du sang coagulé desséché soit au soleil, soit à l’étuve; du sang desséché granulé, pulvérisé; de la viande de cheval après traitement ; la même viande broyée, etc.
- M. Pelouze fils, quai Conti, hôtel des monnaies, expose que l’essence de houille purifiée, et particulièrement celle qui provient du cannel-coal, substituée à l’essence de térébenthine, se comporte, comme cette dernière, avec le blanc de zinc et la céruse; mais elle présente sur elle l’avantage de s’évaporer plus rapidement et sans se résinifier, de telle sorte qu’un appartement devient habitable trois ou quatre jours après avoir été peint.
- M. Thirissocq, rue Montmartre, 49, adresse un Nouveau traité théorique et pratique de la coupe des vêtements.
- M. de Beau fort, rue de Bellechasse, exprime le désir de soumettre à la Société un système de signaux ayant pour but de diminuer les chances de collision sur les chemins de fer.
- M. Detouche, horloger-mécanicien, rue Saint-Martin, 228, présente une petite horloge pour laquelle M. Houdin et lui ont pris un brevet d’invention.
- A l’aide d’une nouvelle sonnerie, elle frappe les quarts et, à chaque fois, elle répète l’heure.
- M. Meller, rue des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois, 47, adresse une notice sur les courants atmosphériques et une brochure intitulée, Phare aérostatique, loch compteur, va-et-vient nautique, etc.
- M. Ducros, rue du Bouloi, 25, présente un nouveau système d’aérostation.
- M. Couvreux annonce être l’auteur d’un système de brise-glace, dont l’expérience a eu lieu, le 11 janvier dernier, sur le canal Saint-Martin ; il en sollicite l’examen.
- M. Louis Montaigut, à Tarbes (Hautes-Pyrénées), adresse deux paquets cachetés, dont le premier porte pour suscription Besoin de la vie domestique, et l’autre Production de l'électricité, en priant la Société d’en accepter le dépôt.
- Le dépôt est accepté.
- M. Serres, médecin, à Dax (Landes), sollicite l’intervention de la Société, à l’effet de l’aider à surmonter les difficultés qu’il éprouve pour faire parvenir à la connaissance de l’administration de l’assistance publique et des hôpitaux de Paris sa découverte d’un fébrifuge qui, selon lui, a une puissance égale au quinquina et n’en a pas les inconvénients, et qu’on recueille dans les terrains marécageux.
- L’auteur n’indique pas le nom de la plante qui fournit ce fébrifuge. D’ailleurs, l’objet n’étant pas delà compélence de la Société, le conseil décide que les pièces transmises seront renvoyées à l’Académie de médecine^
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- M. Mazaise, président de la Société centrale d’agriculture du département de la Seine-Inférieure, a adressé, à M. le ministre de l’agriculture, du commerce et des travaux publics, une demande à l’effet d’obtenir la promulgation d’une loi concernant la police des engrais.
- Cette Société pense que, si toutes les sociétés agricoles de France appuyaient simultanément cette demande, il y aurait plus de chances d’obtenir la mesure législative propre à mettre un terme aux abus nombreux qui se sont introduits dans le commerce des engrais au détriment des cultivateurs.
- Enseignement du dessin. M. le président dépose sur le bureau un exemplaire du rapport adressé à M. le ministre de l’instruction publique et des cultes sur l’enseignement du dessin dans les lycées. Ce rapport renferme des documents qu’il serait utile de faire connaître par la voie du Bulletin.
- M. le président rappelle que la direction à donner à l’étude du dessin, dans les lycées et écoles, a été l’objet de délibérations dans le sein du conseil d’administration de la Société d’encouragement; que les vues émises dans ces discussions ont été prises en considération par la commission instituée auprès du ministre de l’instruction publique et des cultes.
- M. le président recommande ce rapport à l’attention de la commission du Bulletin.
- Rapports des comités. M. Huzard, au nom du comité d’agriculture, lit un rapport sur un mémoire adressé par M. Sellier, à Rouen, et qui est intitulé, Réflexions sur la péripneumonie dans la race bovine.
- L’auteur aurait dû, dans le titre, mettre sur les causes de la péripneumonie, car c’est principalement des causes qu’il parle.
- Le reste du travail roule sur les soins hygiéniques et prophylactiques qui doivent être donnés aux animaux; ils sont ceux que les vétérinaires écrivains et praticiens instruits recommandent.
- Le comité propose de remercier l’auteur de sa communication. (Approuvé.)
- M. de Silvestre, au nom du comité des arts économiques, fait un rapport sur un nouveau mode employé par M. Poulet pour tréfiler le plomb.
- Le comité propose de remercier l’auteur de sa nouvelle et intéressante commuftica-tion et d’ordonner l’insertion du rapport dans le Bulletin.
- Le conseil approuve le rapport et en adopte les conclusions, et décide que le pli cacheté contenant la description du procédé de tréfilage du plomb sera déposé dans les archives de la Société.
- M. Benoît, au nom du comité des arts mécaniques, lit un rapport sur un coupe-racine, inventé et présenté par M. Durant, de Blercourt (Meuse).
- Le comité propose 1° d’approuver le coupe-racine de M. Durant, qui, vu la modicité de son prix, sera employé avec avantage dans les exploitations rurales n’ayant pas assez d’importance pour utiliser des machines à couper des racines mues par un
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- moteur artificiel ou par la force des animaux; 2° de remercier railleur de sa communication; 3° d’insérer le rapport dans le Bulletin, avec le dessin de l’outil dont il s’agit. (Approuvé.)
- M. Benoit, au nom du même comité, lit un rapport sur un outil à ficher les échalas inventé par M. Duguay, mécanicien, à Argenteuil (Seine-et-Oise).
- Le comité propose 1° d’approuver le fiche-échalas de M. Duguay; 2° de remercier cet inventeur de sa communication ; 3° de provoquer l’adoption de cet outil spécial, le seul jusqu’ici de son genre, par l’insertion du rapport dans le Bulletin, accompagné d’un dessin. ( Approuvé.)
- M. Calla, au nom du comité des arts mécaniques, lit un rapport sur la facture des pianos par M. Woelfel.
- Le comité propose 1° de remercier l’auteur pour sa communication, et de le fé liciter sur les succès qu’il a obtenus dans la facture des pianos; 2° d’insérer le rapport dans le Bulletin, avec la gravure des parties essentielles des instruments dont il s’agit. (Approuvé.)
- M. Calla, au nom du meme comité et de la commission des beaux-arts appliqués à l’industrie, lit un rapport sur la construction et la facture des grands orgues par M. Cavallié Coll fils.
- Les commissions réunies proposent 1° d’adresser à M. Cavallié Coll fils les félicitations de la Société, pour les progrès remarquables qu’il a fait faire à la facture des orgues; 2° d’insérer le rapport dans le Bulletin, avec la gravure des principales dispositions de l’orgue de l’église Saint-Vincent-de-Paul. (Approuvé.)
- Ouvrages présentés. M. Barresivill, membre du conseil, fait hommage à la Société ;
- De la part de M. Dupontès, d’un ouvrage intitulé, Commerce extérieur de la France en 1852, et travaux de la commission permanente des valeurs pour les exercices de 1849 à 1852.
- De la part de M. Ozanne, de deux volumes intitulés, France. —Législation commerciale.
- Il sera adressé des remerciments à MM. Dupontès et Ozanne, pour l’hommage de ces ouvrages.
- Erratum.
- Dans la note au bas de la page 41 du Bulletin de janvier n° 2, au lieu de donne les plus belles espérances par son zèle qu’il apporte, lisez donne les plus belles espérances par son zèle.
- PARIS. —IMPRIMERIE DE Mme V® BOUCHARD-HUZARD, RUE DK l’ÉPERON, 5.
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- DEUMtlE SERIE. S" i. — FEVRIER 1854.
- BULLETIN
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- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- DYNAMOMÈTRE.
- description d’un dynamomètre destiné à l’agriculture; par m. amédée-durand (1).
- Cet instrument a été construit en vue de procurer un moyen facile et exempt de calcul, pour faire connaître l’effort sous lequel un animal, tirant par son poitrail, a effectué un travail déterminé. Cet effort est exprimé par une seule indication qui offre une moyenne entre toutes les variations de la résistance vaincue, quelque prolongé qu’ait été le travail, et à quelques vicissitudes atnfosphériques qu’il ait été exposé.
- Dans tout dynamomètre à indications persistantes, deux éléments distincts sont employés : d’abord des ressorts qui mesurent la force dépensée, sans en conserver de traces ; ensuite un organe graphique, animé d’une vitesse uniforme, et dont le mouvement est, dans les uns, fonction du temps écoulé, et, dans les autres, fonction de l’espace parcouru. Quand ce dernier système est employé, il faut de toute nécessité une roue quelconque qui mesure cet espace par son développement sur le sol ; moyen qui admet, comme élément du trajet, les inflexions accidentelles du sol, évidemment étrangères à la mesure de la distance entre les deux points extrêmes du parcours.
- (l) Cet outil n’est pas nouveau ; il existait antérieurement au concours pour un dynamomètre à charrues, ouvert en 1833, et fut produit dans le comité des arts mécaniques lors de la discussion du programme. Le 45e volume du Bulletin, année 1846, contient à la page î24 un procès-verbal qui ea donne une description sommaire.
- Le cours d’agriculture de M. de Gasparin, publié en 1847, termine par ces mots la mention qu’il en fait : « C’est par son moyen qu’ont été obtenus la plupart des résultats consignés dans cet ouvrage. >
- Tome Ier. — 53e a/n/née. 2e série. — Février 1854. 13
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- DYNAMOMÈTRE.
- Quand l’indication de la force dépensée est donnée en fonction de temps, on a employé, jusqu’à présent, un mouvement d’horlogerie, soit qu’on veuille obtenir un tracé développé sur une longue bande de papier, soit qu’on admette un instrument totaliseur. Ainsi donc, on est fondé à considérer comme nécessaire l’emploi de ces deux moyens, à savoir : un ou plusieurs ressorts exprimant les variations de la force, et un mouvement uniforme servant à recueillir l’expression de ces variations.
- Le dynamomètre dont il s’agit présente, comme moyen non encore employé, une expression graphique sans mécanisme particulier.
- Il emprunte ce moyen au mode suivant lequel l’animal donne sa force, en l’appliquant par son poitrail. Cet animal, qui est le plus communément le cheval, ne peut marcher en tirant sans que l’emploi alternatif de chacune de ses épaules ne produise des oscillations dans la force qu’il développe. Ces oscillations sont nettement distinctes dans le résultat total de la traction obtenue, et, de plus, sont entièrement étrangères aux oscillations de la résistance. On les a donc considérées comme pouvant constituer l’action régulière chargée d’inscrire la moyenne des efforts développés. Cette moyenne est exprimée par une encoche qui se forme sur la tranche d’une lame métallique, sous l’action d’un racle ou grattoir en acier fixé à l’une des extrémités extensibles de l’instrument, tandis que la lame est liée à la partie opposée. L’écartement plus ou moins grand de ces parties mesure l’intensité de la résistance vaincue, et l’action incessante et uniforme des oscillations dues au mouvement des épaules de l’animal inscrit, par l’érosion du métal, le signe qui fera connaître sous quel effort moyen le travail a été opéré.
- Ce dynamomètre, particulièrement destiné à l’agriculture, a été organisé en vue d’en mettre l’exécution à la portée des forgerons de village.
- Fabriqué comme il est représenté ici, son prix ne doit pas dépasser 30 fr., alors même qu’un seul serait fait isolément. Dès lors, on comprend qu’un instrument, construit dans les conditions des outils communs, ne peut présenter une permanence d’exactitude qui permette l’emploi d’une échelle graduée. Pour obtenir en poids la valeur de la moyenne exprimée par l’encoche, on devra donc suspendre l’instrument à un point fixe, comme on ferait d’un peson, et le charger jusqu’à ce que le racle vienne se loger dans la partie la plus profonde de l’encoche. Toutes les lames ainsi entaillées par une succession d’expériences, si nombreuses qu’elles aient été, doivent être replacées exactement comme elles étaient pendant le travail, et soumises à l’évaluation par les poids, pour avoir la valeur de la moyenne dont chacune d’elles porte l’indication.
- Par tout ce qui précède, on voit qu’on peut facilement convertir un fort
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- DYNAMOMETRE.
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- peson ordinaire en instrument dynamométrique. Pour mesurer le travail des animaux tirant par leur poitrail, il suffirait d’y ajouter une disposition analogue à celle qui constitue ici l’appareil graphique.
- Il paraît superflu d’ajouter que, si on veut totaliser la force dépensée, on devra multiplier la valeur de la moyenne obtenue par le temps qu’aura duré le travail.
- En terminant, on doit faire cette observation fondamentale, que l’exactitude des résultats dépendant de la périodicité des oscillations dues à Faction successive des épaules de la bête de trait, cette périodicité perdrait de son exactitude si on attelait plusieurs animaux sur un même dynamomètre. Alors on aurait des oscillations variant beaucoup entre elles comme temps et comme intensité ; elles seraient produites tantôt par un surcroît fortuit d’efforts dans la traction, tantôt par une augmentation passagère de la résistance, et entre ces deux effets disparaîtrait la périodicité indispensable pour servir de terme de comparaison dans la mesure des efforts irréguliers en durée et en intensité, qui se développent pendant la traction opérée par les animaux.
- Explication des figures de la planche 4.
- Fig. 1. Le dynamomètre vu en dessus, sans le palonnier.
- Fig. 2. Le même vu en section sur la ligne Y, Z de la fig. 1 : on y voit la disposition du racle produisant F encoche indicatrice de la moyenne de la force dépensée.
- Le palonnier y est représenté en section.
- Fig. 3. Détails de l’assemblage des lames à leurs extrémités. Cette figure représente une section sur la ligne V, X de la fig. lre.
- Fig. 4. Profil que prend la lame par la formation de l’encoche.
- Fig. 5. Vue du racle de face et de profil.
- Explication des lettres.
- A, A. Lames de ressorts. Elles sont simplement forgées et non limées ; les extrémités en sont roulées comme dans la carrosserie, de manière à ce que tout maréchal puisse les exécuter.
- B, B. Deux chapes portant les lames de ressorts fixées par de simples coins E E.
- D. Tenon appartenant à l’une des deux chapes et glissant dans la fente C, pour former un buttoir.
- E. E. Coins servant à fixer les lames des ressorts A, A dans les chapes.
- F. Lame en métal, ordinairement en zinc ou en fer-blanc. Son épaisseur ou sa résistance h l’érosion n’a que peu d'importance* faction du racle étant réglée à volonté pal* une vis de pression K.
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- G. G. Plates-bandes formant mordaches pour fixer la lame de métal F : elles se rapprochent au moyen de vis se serrant à la main.
- H. H. Vis servant au rapprochement des mordaches qui retiennent la lame F.
- I. Racle en acier trempé produisant sur la tranche de la lame métallique F l'encoche indicatrice delà moyenne de la force dépensée. Son bord tranchant présente deux cannelures, ce qui forme trois languettes aiguës, dont celle du milieu est légèrement plus saillante que les deux autres, pour éviter le broutage qui pourrait avoir lieu dans le cas d’un taillant unique. Il suffit que ce racle ait 1 millimètre d’épaisseur. La fig. 5 le représente de grandeur naturelle.
- J. Yis de pression assujettissant le racle.
- K. Yis de pression agissant sur un ressort L dont le plus ou moins de tension détermine le degré d’action qu’on veut donner au racle sur la tranche-lame : l’intensité de celte action devant être déterminée d’après la durée de l’expérience, et aussi d’après la résistance que l’épaisseur de la lame opposera à l’action du racle.
- L. Ressort ayant une fonction analogue à celle des ressorts des couteaux pliants. Il permet de relever la monture articulée qui porte le racle quand on ne veut pas que cet organe travaille, et de déterminer le moment oix commence son action et celui oii elle doit finir. Il a encore pour objet, comme on l’a vu à la lettre K, de régler l’action qui détermine l’encoche.
- M. Porte-racle. Cette pièce est articulée de manière à ne mettre le racle en prise avec la lame que pendant la durée de l’opération. Dans tout autre moment sa position est verticale.
- Y N. Traverses en fer servant à lier l’instrument d’un côté à la charrue ou au véhicule mis en expérience, et de l’autre au palonnier du cheval.
- O. Palonnier réuni à l’instrument par une liure en fil de fer recuit ou en corde.
- P. Moyen de réunion des lames de ressorts à leurs extrémités. Il consiste en un fort fil de fer ployé et dont chaque bout porte une encoche dans laquelle vient se loger la plate-bande Q. Pour engager ces mentonnets dans cette plate-bande, il suffit de presser avec la main les deux lames de ressorts pour que le fil de fer fléchisse convenablement. L’action du cheval ayant pour effet d’écarter l’une de l’autre les deux lames, la plate-bande reste solidement établie, et on a ainsi évité la façon des assemblages ordinaires.
- Q. Plate-bande en fer servant à la réunion des deux lames de ressorts.
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- rapport fait à VAcadémie des sciences sur le concours pour le prix extraordinaire
- sur l’application de la vapeur a la navigation ; par M. le baron Ch. dupin (1).
- Historique préliminaire.
- Au mois de novembre 1834, sur la proposition du ministre de la marine, un prix de 6,000 francs est fondé par ordonnance royale, pour le travail ou mémoire qui aura fait faire le plus grand progrès à l’application de la vapeur à la navigation et à la force navale.
- Depuis cette époque jusqu’en 1848, de grands perfectionnements ont eu lieu sur l’objet du prix que nous avons à décerner; mais ce n’était pas dans notre pays que ces perfectionnements étaient d’abord pratiqués.
- Deux nations étrangères trouvaient dans la vapeur un avantage commercial incomparablement plus considérable que la France ne pouvait en espérer. C’était d’un côté l’Angleterre, pour communiquer immédiatement entre ses îles d’Europe, et par degrés avec ses grandes possessions éparses dans toutes les parties du monde. C’étaient, de l’autre côté, les Etats-Unis, pour seconder la rapidité singulière des accroissements de leur commerce d’outre-mer, et longtemps avant pour développer leur navigation intérieure sur des lacs immenses, et sur des fleuves dont la grandeur se prêtait merveilleusement aux services de la vapeur.
- Il est résulté de là que le commerce de l’Angleterre et celui des États-Unis ont dû, chaque année, accomplir des constructions de navires à vapeur incomparablement plus nombreuses, et sur des dimensions plus grandes que les autres nations. Les inventions, les perfectionnements que nécessitaient ou qu’appelaient de telles constructions, ont naturellement eu lieu chez les deux États maritimes ainsi favorisés par la nature et par les circonstances.
- La Grande-Bretagne, la première, en 1836, inaugurait la navigation régulière transatlantique par bâtiments à vapeur. Les Américains, qui, plusieurs années auparavant, avaient une fois traversé l’Océan en employant ce genre de navires, entrèrent promptement avec les Anglais dans une lutte dont les résultats furent merveilleux.
- Pour suppléer au commerce de nos ports, qui n’osaient rien entreprendre avec leurs moyens trop limités, le gouvernement conçut le dessein d’effectuer sur un vaste plan ce genre nouveau de navigation océanique. La marine militaire fut chargée, pour le compte de l’administration des finances, d’exécuter des constructions importantes et nombreuses de navires à vapeur ayant une force motrice de 450 chevaux. Il aurait fallu les exécuter successivement et suivant une gradation bien ménagée, en profitant
- j Ce prix a été fouclé sous le ministère de M. le banrn Charles Dnpin.
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- d’une expérience croissante qui nous eut été si précieuse ; mais on prescrivit de construire à la fois tous les paquebots transatlantiques, calculés sur un même plan. Cette simultanéité, quand nous avions à créer les moyens mêmes de construction des machines et le personnel capable de les bien exécuter, cette simultanéité rendit les travaux plus lents ; aussi, lorsqu’on eut achevé cette tâche, l’art avait beaucoup marché. On possédait, des bâtiments, estimables sans doute, mais inférieurs, surtout au point de vue économique, à ceux que les Anglais et les Américains avaient produits en dernier lieu.
- Il est regrettable qu’à l’époque dont nous parlons il n’ait pas été fait l’expérience au moins d’un voyage transatlantique, et pour un seul des bâtiments construits à si grands frais. On avait fini par calculer que la recette probable serait inférieure à la dépense. Sans autre considération, l’administration, de qui ressort le service des postes, fit abandon de ce riche matériel à la marine militaire, pour laquelle les soi-disant transatlantiques devinrent les bâtiments de transport les plus puissants et les meilleurs. Ils rendirent, à la défense de l’Algérie, des services de premier ordre. Enfin, lorsqu’en 1849 il fallut entreprendre l’expédition de Rome, ils suffirent à transporter une armée entière et le matériel d’un siège important.
- Jusqu’en 1845, la force navale combattante n’avait retiré que des services bien secondaires de la vapeur pour ses bâtiments de guerre. L’armement des batteries latérales était empêché par la position et la grandeur des roues à aubes qui faisaient marcher les navires, et c’était simplement un service de transport ou de remorquage que rendaient à nos flottes les bâtiments à vapeur. L’hélice allait permettre un pas de plus.
- Lorsque les événements de 1840 eurent fait penser à l’Angleterre que la paix universelle pourrait un jour être rompue, même dans l’Océan européen, elle imagina de créer, sous les dehors les plus paisibles, des ports de refuge, qui, suivant le programme confidentiel et remarquable du premier ministre, le célèbre sir Robert Peel, dussent être, non-seulement propres à la défense, mais à l’attaque.
- Pour compléter ce système, on imagina des garde-côtes à vapeur. C’étaient les plus petits vaisseaux qui restassent à la marine militaire, dont on rasait les hauts, qu’on armait d’un nombre réduit de canons, mais incendiaires, et qu’on munissait de machines à vapeur d’une force modérée, avec [’hélice pour moyen nouveau de propulsion.
- Les essais furent lents, imparfaits d’abord, puis plus heureux, et l’on finit par obtenir des vitesses de sept à huit nœuds par heure, la mer étant calme et les vents n’étant pas contraires.
- On perfectionnait ainsi de soi-disant garde-côtes, qui pouvaient en cent heures aller les garder à 300 lieues de distance, et devenir au besoin de formidables assaillants. Cela complétait le programme des ports de refuge, si bien tracé par sir Robert Peel.
- L’un de nous a fait connaître, dans un mémoire à l’Académie des sciences et dans un rapport à l’une des chambres législatives, les données numériques et les faits principaux de ces innovations.
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- De la vapeur appliquée aux bâtiments de guerre français.
- Dès 1846, l’administration française avait posé le programme de vaisseaux à rendre mixtes, pour ne pas rester en arrière du nouveau progrès que nous venons de signaler. On ouvrit, dans le corps du génie maritime, un concours dont l’objet était d’appliquer une force auxiliaire et modérée de vapeur aux vaisseaux de ligne existants.
- Du vaisseau de ligne à grande vitesse.
- Sans s’arrêter à ce premier pas, un ancien élève de l’école polytechnique, M. Du-puy de Lomé, officier supérieur du génie maritime, se proposa de résoudre un problème plus difficile. Il entreprit de faire les plans et les calculs d’un vaisseau neuf de 90 canons, qui serait muni d’une machine assez puissante pour procurer une vitesse de moitié supérieure à celle que les Anglais n’avaient encore obtenue que pour leurs plus petits vaisseaux ; de donner au sien un approvisionnement de vivres pour trois mois, et cent coups à tirer pour chacun de ses canons.
- Ce n’est pas tout. Au lieu de céder au préjugé qui, sous prétexte de progrès, prétendait abandonner la force du vent pour tout sacrifier à la vapeur, M. Dupuy de Lôme voulut conserver en entier cette force gratuite, et par là si précieuse.
- Dès le mois d’avril 1847, il produisit ses plans et ses calculs, qui furent examinés parle conseil d’amirauté. Au mois de janvier 1848, ils reçurent l’approbation définitive. La construction du vaisseau de 90 à vapeur fut ordonnée, et c’est à Toulon qu’on prescrivit de le construire, sous la direction de l’auteur.
- En même temps, la construction de la machine double à vapeur, ayant la force théorique de 960 chevaux, fut exécutée dans l’arsenal d’Indret, vers l’embouchure de la Loire ; M. Moll, habile et savant officier du génie maritime, fut chargé de ce travail, dont il a composé les plans, et dont l’exécution ne laisse rien à désirer.
- Dans l’été de 1850, lors du séjour à Toulon de la commission d’enquête de la marine, on mita la mer le vaisseau de M. Dupuy de Lôme, qui s’appelait alors le Président, et qui, peu de mois plus tard, s’appela le Napoléon.
- Les dimensions principales de ce vaisseau, nécessairement considérables, ajoutaient beaucoup aux difficultés à vaincre du côté de l’architecture navale.
- Afin qu’on puisse mieux juger de l’innovation, nous mettons en parallèle les dimensions principales de la carène du vaisseau de 90, simplement à voiles, et du vaisseau de 92, unissant les voiles à la vapeur.
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- DIMENSIONS COMPARÉES. VAISSEAU DE 90 seulement à voiles. VAISSEAU DE 92 (*) à voiles et à vapeur.
- mètres. mètres.
- Longueur principale à la flottaison 60,271 71,230
- Largeur principale à la flottaison 16,210 16,800
- Tirant d’eau moyen 6,070 8,960
- Volume de la carène, le vaisseau complètement armé. tonneaux. 4,058 2/10 tonneaux. 5,120
- 0 On avait voulu d’abord donner au Napoléon moins de 90 bouches à feu ; on a fini par Par-
- mer de 92 canons ou obusiers.
- Avec son armement complet, la batterie basse dn vaisseau s’est trouvée de 2 mètres 3 centimètres au-dessus de la flottaison, hauteur jugée suffisante pour le combat, même par une mer assez fortement agitée.
- Il était à craindre qu’un vaisseau simplement à deux ponts, et néanmoins plus long que les plus grands bâtiments à trois ponts, ne prit à la mer un arc considérable, c’est-à-dire une déformation fâcheuse occasionnée par l’inégalité des masses, prépondérantes aux extrémités, et à la répulsion de l’eau, prépondérante au milieu du navire.
- Pour obvier à ce danger, M. Dupuy de Lomé a mis en usage les moyens que peut offrir le système de constructions diagonales (1). Il ne s’est pas contenté du remplissage ordinaire et complet entre les membres, dans tout le fond de carène. Il a fixé, sur le vaigrage longitudinal, des bandes obliques en fer représentant les diagonales des parallélogrammes formés par les directions des membres et des bordages.
- Voici quels ont été les résultats de ces dispositions. Après la mise à l’eau du vaisseau, lorsqu’il était lége encore, l’arc qu’il a pris était mesuré par une flèche de 1 décimètre, pour une corde de 60 et quelques mètres.
- Après l’armement complet du vaisseau, l’arc s’est, trouvé mesuré par une flèche de 11 centimètres.
- On se formera l’idée d’une aussi faible courbure d’après cette simple observation : le rayon d’un cercle qui passerait par le sommet et les extrémités d’un pareil arc aurait 4 kilomètres et 827 mètres, c’est-à-dire plus d’une lieue de longueur.
- Les épreuves d’une mer agitée ont ensuite démontré que la charpente du Napoléon n’était pas seulement capable de résister à d’énormes différences de pression dans Tétât de repos. Sans que ces liaisons aient souffert, il a supporté les plus grands efforts de lames profondes. Enfin, pour éprouver sa solidité dans le sens perpendiculaire à la
- (l) Les avantages de ce système ont été démontrés, dès 181G, dans un mémoire fait par l’auteur de ce rapport et que l’Angleterre a publié, quoiqu’en français, dès 1817 , dans les Tranaactions philosophiques de la Société royale de Londres.
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- quille, on Ta fait courir parallèlement à de fortes lames, afin d’obtenir les roulis de la plus grande amplitude. Ces roulis ont été doux; ils n’ont pas dépassé des limites modérées, et la construction du navire a bien supporté cette épreuve.
- Les conditions de stabilité se trouvaient favorisées par le tirant d’eau considérable du vaisseau, et n’offraient, pour être remplies, aucune difficulté.
- Il n’en était pas de même des autres qualités nautiques de vitesse et d’évolution, considérées dans leurs rapports avec les actions séparées du vent et de la vapeur.
- Qualités du vaisseau mû par le vent.
- Depuis plusieurs années, les officiers de la marine française se plaignaient que la voilure des vaisseaux était trop considérable, ce qui rendait trop volumineux et trop pesants les mâts et les vergues. Delà résultaient, dans les gros temps, des difficultés extrêmes pour les marins d’une taille ordinaire, lorsqu’il s’agissait de prendre les ris ou de serrer les voiles. On a maintenant résolu d’opérer une réduction notable dans ia surface de la voilure des vaisseaux : nous formons des vœux pour qu’on ne dépasse pas le but désirable.
- En suivant cet ordre d’idées, et par anticipation, dès 1847, M. Dupuy de Lomé donnait à la voilure du Napoléon des proportions considérablement réduites.
- Pour des navires de même rang, toutes choses égales d’ailleurs, on proportionne la superficie totale des voiles principales à la surface de la plus grande section transversale et verticale de la carène (1) ; la première superficie représentant la force du vent, et la seconde représentant la résistance de l’eau.
- Si nous comparons, comme nous l’avons déjà fait, le vaisseau normal à voiles de 90 canons et le Napoléon, de 92, nous trouvons, par mètre de section transverse maxima de la carène :
- mètres carrés.
- Pour le vaisseau normal à voiles................. 31,00 de voilure.
- Et pour le Napoléon.............................. 28,44
- Dans les épreuves qu’on a faites du Napoléon pour comparer sa marche avec celle des vaisseaux à voiles, il est juste de remarquer que ceux-ci conservaient toute leur ancienne voilure.
- Il en est résulté que, par de beaux temps et lorsque le vent était faible, les vaisseaux à voiles marchaient un peu plus vite que le Napoléon réduit au seul usage de ses voiles.
- Mais voici le fait important : à mesure que le vent devenait plus fort, la différence de marche diminuait, et le Napoléon déployait des qualités croissantes.
- Il s’est trouvé facile et sûr dans ses évolutions; surtout pour l’opération, toujours délicate, de virer vent devant.
- (i) C’est la partie immergée du maître couple.
- Tome Ier, — 53e armée. !2e série.
- Février 1854.
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- Le seul inconvénient qu’on ait remarqué, c’est qu’à raison de la plus grande longueur du navire il évoluait, en parcourant, des arcs d’un phis grand cercle ; ces arcs, pour un même nombre de degrés, exigeaient un temps proportionné pour être parcourus.
- Qualités du vaisseau mû par la vapeur.
- On venait de résoudre ainsi la moitié du problème, et celle qui présentait le moins de difficultés nouvelles. On avait obtenu d’un vaisseau de ligne à vapeur que, réduit simplement à ses voiles, il pût tenir son rang au milieu d’une escadre où tout était sacrifié à la seule force du vent.
- Examinons actuellement la solution de la seconde partie, celle qui concerne l’application de la vapeur.
- Nous commencerons par dire que M. Dupuy de Lôme et M. Moll n’ont pas eu la faculté d’atteindre à des résultats aussi complets qu’ils auraient désiré de le faire. Ils n’ont pas eu la permission d’employer plus de deux cylindres à vapeur, ni de communiquer la force des pistons à l’hélice par une transmission immédiate. De là s’en est suivi plus de poids dans les mécanismes, plus de frottements, et des vibrations plus fortes, occasionnées par les mouvements alternatifs de pistons énormes, dont les diamètres étaient de 2ffi, 49 chacun.
- L’appareil entier des machines à vapeur et de leurs chaudières est au-dessous du plan de flottaison. Entre ces machines et la muraille du vaisseau sont établies les soutes ou magasins au charbon ; elles servent d’abri contre les projectiles, afin que les boulets de l’ennemi ne puissent atteindre aucune partie de l’appareil moteur. C’est la première fois qu’un vaisseau de ligne présente cet avantage capital dans un combat.
- Les soutes à charbon sont divisées en compartiments revêtus en tôle de fer, et parfaitement étanchés. Par ce moyen, si l’on opère de fortes dépenses de charbon, on peut, dès qu’une soute est vide, remplacer par de l’eau de mer la houille qui vient d’être consommée ; il suffit de tourner un simple robinet.
- On s’est ainsi procuré le moyen de maintenir toujours le plan de flottaison entre les limites de hauteurs qui conviennent à la stabilité d’une part, et de l’autre à la marche la plus avantageuse.
- Au point de vue de l’exécution, la précision rigoureuse des assemblages pour les parties fixes, le forage parfait des cylindres et le travail des arbres de couche les plus volumineux que nous eussions encore forgés et tournés, tout offre le résultat d’une précision mathématique. Les juges compétents, après un examen sévère, ont reconnu que les meilleurs ateliers d’Angleterre n’auraient pas accompli pareil ouvrage mieux que ne l’ont fait les ouvriers et les maîtres de notre arsenal d’Indret, sous l’enseignement et la direction de M. Moll.
- La machine est à basse pression, d’après le système de Watt. La solidité du système permet d’élever dans les cylindres la pression jusqu’à 119 centimètres de hauteur de mercure, c’est-à-dire jusqu’à une atmosphère et 43 centièmes.
- Il y avait fies dispositions difficiles et délicates à prendre pour assurer Ja transmis-
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- sien d'une force dont le maximum dépasse celle de 180,000 kilogrammes élevés à 1 mètre par seconde ; transmission qu’il faut opérer à la distance de 30 mètres qui sépare la machine de l’hélice ; et cela, non-seulement pour un navire au repos, mais pour un navire agité simultanément par le vent et par les lames de la mer, sous tous degrés possibles d’obliquité de ces forces perturbatrices.
- Les dispositions imaginées par M. Dupuy de Lôme pour communiquer le mouvement de l’arbre de couche à l’essieu de l’hélice sont ingénieuses, et leur succès ne laisse rien à désirer.
- Cet ingénieur a, le premier, mis en pratique le système de la permanence de l’hélice. Au lieu de la retirer de l’eau quand on veut substituer la force du vent à celle de la vapeur, il en dégage, ou, comme on dit, il en désembraye l’essieu ; il la laisse alors libre de tourner comme une aiguille affolée.
- La première expérience de ce système ayant réussi sur le Caton, petit navire à vapeur de 260 chevaux, construit par M. Dupuy de Lôme, on en a fait usage ensuite pour le Napoléon et pour des vaisseaux de tout rang.
- C’est un service considérable rendu à la solidité des grands bâtiments à propulseurs hélicoïdes, et nous souhaitons que son succès continue. Il fallait, auparavant, affaiblir l’œuvre-morte de la poupe par une énorme coupure transversale, dans la cavité de laquelle on remontait l’hélice autant de fois qu’on voulait substituer la voile à la vapeur.
- Ces dispositions expliquées, il nous reste à faire connaître les qualités du navire mis en mouvement par la force de la vapeur.
- Le Napoléon n’a pas atteint dès le premier jour sa vitesse maxima : des frottements accidentels contre l’essieu de l’hélice, ainsi qu’en d’autres parties, la diminuaient, et n’ont été corrigés que successivement, à mesure que l’expérience les révélait.
- On a fini par obtenir le plus grand résultat dans le trajet entre Marseille et Toulon, fait par le prince Louis-Napoléon, au mois de septembre 1851, sur le vaisseau qui porte son nom.
- Les machines à vapeur donnant 25 \ coups de piston par minute, et l’indicateur à mercure adapté aux cylindres marquant 106 \ centimètres de hauteur, le Napoléon a parcouru par seconde 7m, 129, ce qui fait par heure 26 kilomètres
- C’est-à-dire plus de 6 lieues et demie par heure.
- Dans le langage des marins, c’est une vitesse de 13 noeuds par heure.
- Il est juste de remarquer que cette vitesse, conclue mathématiquement d’après l’espace parcouru entre deux points déterminés, dépassait de ^ de nœud la vitesse indiquée par l’observation du loch. Cela semblait révéler qu’un faible courant ajoutait quelque chose à la vitesse qu’aurait eue le vaisseau dans une mer immobile.
- Effectivement, pour une partie du même voyage, entre le cap Sicié et le sommet de l’île Riom, les deux méthodes offrent des vitesses un peu moindres et presque identiques, savoir :
- Observations par la distance des objets fixes.... 13,77 noeuds.
- Observations par le loch......................... 13,50
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- On peut donc établir avec certitude que, dans une mer immobile, la vitesse maxima du Napoléon, mû par la seule force de la vapeur, n’est pas moindre de 13 nœuds 50 par heure.
- Les paquebots transatlantiques des Anglais et des Américains, favorisés par des courants dont ils profitent, accomplissent en dix jours au moins le trajet entre Liver-pool et New-York, avec une vitesse de douze nœuds.
- Yoilà, par conséquent, un vaisseau de ligne dont les murailles ont une épaisseur calculée pour résister aux combats, avec un lourd armement de 92 bouches à feu, sa carène plongée dans la mer assez bas pour que 900 chevaux de vapeur soient complètement au-dessous de la flottaison ; ce vaisseau qui, satisfaisant à ces conditions, dépasse encore la vitesse des meilleurs paquebots transatlantiques, construits avec autant de légèreté qu’il en faut pour la marche, et dans les proportions les plus favorables de longueur, sans que cette dimension soit limitée par aucune condition au point de vue de la durée des évolutions.
- L’ingénieur-constructeur du Napoléon n’avait compté que sur une vitesse de onze nœuds, en prenant pour terme de comparaison les expériences de MM. Moll et Bour-gois, sur des bâtiments à vapeur ayant une force comprise entre cenl et deux cents chevaux.
- L’expérience du Napoléon a mis en évidence le fait le plus précieux poür l’application de la vapeur aux armées navales.
- Prenons la plus grande section verticale et transversale de la carène (c’est la partie plongée du maître couple) ; multiplions sa superficie, exprimée en mètres carrés, parle cube de la vitesse du vaisseau : nous aurons un premier produit approximativement proportionnel à la résistance que la mer fait éprouver au navire.
- Formons un second produit en multipliant le nombre de kilogrammes qu’élève h 1 mètre de hauteur, dans une seconde, la force motrice de la vapeur ; abstraction faite des frottements, ce produit sera proportionnel à la force transmise par l’arbre de couche à l’hélice, et par l’hélice au navire.
- On n’espérait pas que ce second produit fût exactement proportionnel au premier, etqu’ainsi leur rapport fût constant. On admettait cependant que la différence ne serait pas considérable, et c’est d’après cette idée que M. Dupuy de Lomé et M. Moll avaient fixé la force de la machine, qui devait donner au Napoléon la vitesse de onze nœuds par heure.
- En divisant le premier produit par le second, MM. Bourgois et Moll avaient trouvé, pour le petit navire soumis à leurs expériences, un rapport dont le maximum maximorum avait été 0,08877.
- Les mêmes calculs, appliqués aux voyages du Napoléon, donnent un résultat moyen de 0,1793(1).
- (I) Les nombres suivants feront connaître le mérite du degré d’utilisation auquel M. Dupuy de Lôme est parvenu sur le Napoléon :
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- Ainsi la mesure d’utilisation de la vapeur fait voir qu’on obtient, sur la vitesse du vaisseau de 92, un effet plus que double de celui qu’on obtenait sur un petit navire de 120 chevaux.
- Nous comprenons ainsi comment la vitesse effective maxima du Napoléon, au lieu d’être de onze nœuds, s’est élevée à 13 nœuds et demi ; et cela, quoique la force nominale de la machine, au lieu de s’élever à 960 chevaux nominaux, n’eût pas dépassé 900.
- Il ne suffisait pas que la grandeur du navire ait été favorable à l’obtention de pareils avantages.
- Pour qu’on ait atteint la vitesse maxima de 13 1/2 nœuds, il a fallu que l’hélice fût calculée d’après les meilleures proportions, et composée non pas simplement d’ailes engendrées, comme la vis d’Archimède, par une génératrice rectiligne tournant en spirale autour de l’axe , mais par une génératrice concave, et d’une courbure donnée concurremment par l’expérience et le calcul.
- Il a fallu, de plus, que l’ingénieur-constructeur dirigeât les lignes d’arrière de sa carène suivant les inclinaisons les plus favorables à l’action de l’hélice.
- Pour faire apprécier l’importance de cette dernière condition, il nous suffira de rapporter le fait suivant :
- En 1846, les Anglais possédaient un navire à vapeur, le Dwarf, éprouvé comme bon marcheur.
- On rendit sa carène plus volumineuse, plus renflée h la poupe, en appliquant trois couches de doublage en bois sur son bordage ; on eut soin, d’ailleurs, que les nouvelles lignes d’eau ne cessassent pas d’être régulières, continues, et ne changeassent rien à la surface du maître couple.
- Primitivement le navire, avec toute sa force de vapeur, filait 9 | nœuds par heure. Après ce simple changement fait à l’arrière, la vitesse fut réduite à 3 | nœuds.
- Cette épreuve achevée, on retira le doublage extérieur, en laissant les deux autres doublages appliqués sur la carène ; le navire alors devint susceptible de parcourir 5 | nœuds par heure.
- D’autres éléments sont aussi d’une haute importance ; par exemple, la surface du cercle décrit par les points de l’hélice les plus éloignés de l’axe doit être la plus grande qui puisse être produite : proportion gardée avec la surface transverse principale de la carène.
- Pour le Napoléon, ce rapport est = 0,2658.
- Utilisation successivement obtenue sur les vaisseaux garde-côtes qu'on a munis de machines à
- vapeur en Angleterre.
- Dates des épreuves. Vaisseaux. Rapports indicateurs de l’utilisation. Vitesses obtem en noeuds.
- Décembre 1848. — VAjax, minimum. . , . 0,038 240 6,458
- 6 août... 1849..— VAjax . 0,057 942 7,147
- Juiu 1849. — Le Bleinheim. . . . 0,026 281 5,816
- 1850. — La Hogue , . 0,079 872 7,809
- Id, — Id . . 0,098 839 8,328
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- On pouvait craindre que l’hélice, avec son mouvement giratoire, n’imprimât à l’eau de la mer, en avant et si près du gouvernail, un mouvement perturbateur qui rendît le navire moins sensible à l’action de ce gouvernail ; l’expérience faite sur le Napoléon a prouvé qu’une telle crainte était sans fondement.
- On pouvait craindre aussi, quand le navire marchait seulement à la voile avec son hélice affolée, que l’on perdît une portion notable de la force par ce mouvement devenu sans effet utile. Après divers perfectionnements pour réduire au minimum les frottements que l’essieu de l’hélice éprouve entre ses coussinets, on a reconnu que la perte devenait extrêmement peu considérable.
- L’expérience a fait voir un dernier résultat de la plus haute importance : c’est la petitesse du ralentissement dans la marche du navire, par le jeu de l’hélice dans un milieu parfaitement libre, comme l’eau de la mer.
- Si l’hélice, au lieu de tourner dans un fluide, tournait dans un corps solide qui fût pour elle un écrou fixe, à chaque tour complet d’hélice, le navire avancerait d’une longueur égale au pas de cette hélice.
- Ici le pas n’est pas le même pour toutes les spirales dont se compose la surface héli-coïde de propulsion.
- Le pas d’entrée de ces spirales est de...... 7,30 mètres.
- Le pas du milieu............................ 8,50
- Le pas de sortie............................ 9,40
- La spirale intermédiaire, qui pourrait représenter la force concentrée de toutes les autres, en évaluant leur action par les moments d’inertie, est d’un pas plus grand que celle du milieu, mais l’excès est peu considérable.
- Dans la réalité, l’eau étant libre, elle recule un peu quand le navire avance par la pression de l’hélice sur le fluide ; mais le recul est rendu moindre encore par l’effet 4’un remous qui s’opère autour de la poupe.
- On a soigneusement mesuré pour chaque vitesse du Napoléon la quantité dont avance le vaisseau par tour d’hélice.
- Dans les voyages ayant donné les vitesses les plus grandes, on a trouvé qu’a chaque tour d’hélice le Napoléon avançait de 8m,60.
- D’autres expériences, avec des vitesses très-variées, ont donné, pour l’espace moyen parcouru par tour d’hélice, 8 mètres ^5.
- Le vaisseau le Napoléon n’est pas propre seulement, dans des circonstances exceptionnelles et rares, à prendre de très-grandes vitesses, de 12 } à 13 \ nœuds; il peut prendre avec facilité des vitesses beaucoup moindres. En allumant le feu de quatre chaudières, au lieu de huit, il donnera des vitesses de 10 à 11 nœuds. En ne faisant servir que deux chaudières, il donnera la vitesse de 8 nœuds. Enfin, si l’on combine la détente avec une introduction réduite de la vapeur dans les cylindres, on obtiendra des vitesses moindres encore.
- Ici la vitesse du navire diminue comme l’inverse du cube de la vapeur employée.
- Il en résulte qu’on peut épargner d’énormes quantités de charbon lorsqu’on par-
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- court un même espace avec de moindres viiesses ; l’économie du combustible est en raison inverse du carré des vitesses obtenues.
- Par conséquent, telle doit être la loi impérieuse de tout capitaine intelligent : accomplir chaque service à rendre par la vapeur avec la moindre vitesse commandée par la nature de chaque mission que le bâtiment est chargé d’accomplir ; c’est le moyen de conserver disponible, soit pour la marche, soit pour le combat, le maximum de la force calorifique emmagasinée, laquelle représente l’efficacité possible du navire.
- Du vaisseau à vapeur employé pour remorquer d’autres vaisseaux.
- Il nous reste à parler d’un genre de services très-important du vaisseau de ligne ci vapeur ; c’est celui du remorquage.
- On a fait les expériences les plus remarquables sur la puissance de remorquage du vaisseau le Napoléon. Il a pris successivement à la traîne deux et trois vaisseaux à la fois, dont un à trois ponts : dans cette opération, le remorqueur imprimait encore à l’ensemble une vitesse de plus de cinq nœuds par heure, quoiqu’on n’ait pas acquis toute l’habileté désirable dans l’attache et la manœuvre de la remorque.
- Plus tard, lorsqu’il s’est agi de franchir le détroit des Dardanelles, malgré les résistances réunies d’un fort vent contraire et d’un courant opposé, d’au moins cinq nœuds, le Napoléon a pris à la remorque notre vaisseau amiral à trois ponts ; il l’a conduit avec une vitesse supérieure à toutes les remorques données dans la flotte britannique.
- On conçoit par là combien quelques vaisseaux ayant la puissance du Napoléon offriraient de secours dans une armée navale, soit pour conduire des vaisseaux à voiles aux points d’attaque, avec une extrême promptitude, soit pour retirer du danger les vaisseaux désemparés.
- Expériences progressives sur l’hélice.
- D’après la seconde partie de ce rapport, on peut voir le rôle important que l’hélice remplit aujourd’hui dans la marine militaire. Cachée sous la mer, elle permet aux vaisseaux à vapeur le complet et libre usage de leurs batteries, tandis que d’énormes roues à aubes, employées comme propulseurs, auraient, comme nous l’avons déjà dit, empêché les bâtiments de guerre de consacrer à l’artillerie la plus avantageuse partie des entre-ponts, pour y placer des batteries.
- Ce qui doit frapper l’observateur, c’est la rapide adoption de l’hélice depuis un petit nombre d’années, et pour les bâtiments de guerre et même pour les bâtiments de commerce.
- L’idée n’en était pas nouvelle. Dès le milieu du dernier siècle, l’Académie des sciences de Paris proposait ce prix, en quelque sorte prophétique : Chercher le meilleur moyen de mettre en mouvement les grands vaisseaux, sans employer l’effort du vent (1). L’illustre Daniel Bernoulli, le quatrième des grands géomètres de ce nom,
- (l) Voici quels étaient les termes très-remarquables du programme de l’Académie : « Trouver la ma-« nière la plus avantageuse de suppléer à l’action du vent sur les grands vaisseaux, soit en y appliquant " les rames, soit en employant quelque autre moyen que ce puisse être. *
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- remporta le prix par un très-beau mémoire, en 1753, Il proposait d’employer des plans inclinés qui, pressant obliquement l’eau, tourneraient autour d’un axe longitudinal et parallèle à la marche du navire. C’était inaugurer l’hélice employée par éléments isolés : système dont on a fini par se rapprocher, après beaucoup d’essais et de perfectionnements.
- En 1768, Paucton, dans un Traité sur lavis d’Archimède, faisait revivre une idée que Hook avait eue le premier, ot qu’on retrouvait ensuite dans le Traité du navire de Bouguier; il proposait de faire servir la vis d’Archimède à la marche des navires, en l’appliquant soit aux côtés, soit à l’avant du vaisseau.
- La même idée, mise en pratique en 1792, par William Littleton , sur un bateau et dans l’eau calme d’un dock de Londres, ne produisit qu’une vitesse de 3 f kilomètres par heuie, ce qui la fit abandonner.
- En France, dans l’année 1803, Dallery proposa d’appliquer l’hélice à la propulsion d’un navire : ses moyens de transmettre la force de la vapeur étaient très-imparfaits, et le premier consul, auquel il s’adressa, ne put les faire pratiquer.
- Aux États-Unis, en 180i, J. Cox Stevens fait une tentative poussée plus loin, avec-une hélice composée d’ailes isolées comme celles d’un moulin à vent, et qui devait manœuvrer à l’arrière du navire. Le généreux Livingston vient à l’aide de l’inventeur ; mais les essais restent infructueux. Bientôt après, le même Livingston prête ses secours à Fulton pour employer les roues à aubes, dont le succès devient complet (1).
- Ainsi la lutte entre les deux moyens de propulsion, l’hélice et la roue, commençait à l’origine du siècle ; elle donnait, de prime abord, au mouvement des aubes parallèles la supériorité, pour aboutir de nos jours à des avantages toujours croissants, gagnés par le mouvement hélicoïde.
- Des brevets d’invention se multiplient en Angleterre, en Écosse, en France, à partir de 1811, pour essayer de faire réussir le système de propulsion par l’hélice.
- En 1823, Delille, un capitaine du génie militaire, comme l’avaient été Carnot et Coulomb lors de leurs travaux scientifiques, Delille présente un des projets les mieux conçus d’après ce système. A l’arrière et dans le plan milieu du navire, il enchâsse, sur un axe horizontal, cinq segments égaux de surface spirale, lesquels laissent au centre un espace vide circulaire. On doit regretter que cette disposition n’ait pas été l’objet d’une épreuve à la mer.
- Un autre Français, M. Sauvages, muni d’un brevet d’invention, a mis en expérience un système plus compliqué : c’est celui de deux vis d’Archimède, établies à droite et à gauche de la carène, sous les façons de la poupe. Une telle disposition présentait des difficultés d’installation, et d’autres inconvénients qui n’ont pas permis qu’elle fût définitivement adoptée (2).
- (1) On sait qu’en France, longtemps auparavant, M. le marquis de Jouffroy avait fait marcher sur la Saône un bateau à vapeur muni de roues à aubes, mais sans qu’on ait tiré parti d’un essai si remarquable.
- (2) Voyez les Comptes rendus de l’Académie des sciences, pour 1842, pages 647 et 730.
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- Sans nous arrêter sur un plus grand nombre de projets, arrivons sur-le-champ au premier système que la pratique sanctionne par un succès toujours croissant. En 1835, un fermier de Middlesex, M. Francis Peter Smith, encadre horizontalement une vis d’Archimède à l’arrière et dans la partie la plus pincée de la carène : cette vis est continue ; elle a deux révolutions complètes. L’auteur prend son brevet le 31 mai 1836.
- Deux mois après, M. John Ericson, ce capitaine suédois aujourd’hui si célèbre, proposait un système de propulsion singulièrement analogue à celui du capitaine Delille, quant à la disposition des aubes spirales formant une roue placée à l’arrière. M. Ericson , malgré son rare talent et des épreuves remarquables, n’est pas accueilli par l’Angleterre. L’amirauté le dédaigne ; il porte aux États-Unis son brevet d’invention, et réussit parfaitement.
- Revenons au fermier Smith. Aussi peu savant dans le principe que le barbier Arkwright, il avait la même persévérance et le même indomptable courage. Ces deux qualités morales l’ont fait triompher de tous les obstacles. M. Smith, pendant deux années, essaye son bateau sur la Tamise et sur le canal de Paddinglon. Dans ce canal, par un accident heureux, une révolution de sa vis d’Archimède est brisée, et le navire marche plus vite qu’auparavant. C’est un trait de lumière, et l’on finira par n’employer qu’une moitié, qu’un tiers, et même une moindre partie de révolution d’hélice. Par ce moyen, on pourra loger le propulseur dans une étroite ouvertute verticale, en avant du gouvernail, entre deux étambots.
- D’essais en essais, M. Smith se hasarde à lutter contre les difficultés de la mer. Avec un navire extrêmement petit, il s’aventure dans la Manche, et brave une mer toujours si dure, en essuyant des temps mauvais ; son courage inspire une faveur universelle.
- L’amirauté d’Angleterre prend un vif intérêt à des essais tentés si courageusement et couronnés par le succès ; elle demande à M. Smith un essai plus considérable et la construction d’un navire à hélice de 200 tonneaux, avant de conclure à l’adoption du nouveau système. En conséquence, Y Archimède, de 237 tonneaux, est construit et mis à la mer. L’Amirauté se serait montrée satisfaite, si, dans les expériences demandées, le bâtiment eût parcouru 5 nœuds par heure ; il en parcourut près du double. Malgré le vent et la marée, il ne mit que vingt heures pour aller de Gravesend à Portsmouth.
- Convaincue par ces épreuves, l’amirauté d’Angleterre accepte l’hélice pour ses propres navires. En 1841, elle fait commencer à Sheerness son premier bâtiment à propulseur hélicoïde, le Rattler, du port de 888 tonneaux, bâtiment qu’on mit à la mer au printemps de 1843. On multiplia les expériences sur ce navire, et l’amirauté, complètement édifiée, ordonna de construire à la lois vingt bâtiments de l’État, à propulseurs hélicoïdes.
- Dès 1845, on prescrivit d’installer des machines à vapeur sur les petits vaisseaux de 70 et de 74 tonneaux, en leur donnant de pareils propulseurs ; ce furent les garde-côtes dont nous avons déjà parlé.
- Tome Ier. —. 53e année. 2e série. — Février 1854.
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- Expériences françaises et théorie de l’hélice.
- La marine militaire française ne pouvait pas rester indifférente à des essais si nombreux, à des succès si remarquables.
- On exécuta dans l’arsenal à vapeur d’Indret plusieurs séries de propulseurs héli-coïdes, et M. Bourgois, alors enseigne de vaisseau, fut chargé de les essayer. Les résultats de ces expériences ont été l’objet d’un rapport du plus haut intérêt, rédigé par notre savant confrère M. Poncelet. Ces premiers travaux, qui datent de 1844, ont été publiés en 1845.
- Une autre série d’expériences doit nous occuper ici. En 1847, 1848 et 1849, MM. Bourgois, aujourd’hui capitaine de frégate, et Moll, sous-directeur des travaux d’Indret, ont fait, avec le secours du Pélican, navire à vapeur de 120 chevaux, une très-belle série d’expériences sur la propulsion opérée par le moyen de l’hélice (1).
- Us déterminent, au moyen de formules vraiment simples et pratiques, le rapport entre la force transmise par la vapeur à l’hélice et la résistance du navire.
- La fraction d’unité qu’on obtient ainsi représente l’utilisation de la vapeur, comme nous l’avons indiqué déjà.
- Les auteurs ont calculé séparément l’utilisation du travail de l’hélice, c’est-à-dire le rapport de la force qu’elle reçoit à celle qu’elle transmet, et le recul qui représente la perte opérée par l’effet de la transmission ; ils ont fait varier la courbure de l’hélice, le nombre de ses ailes, le diamètre du cylindre enveloppant l’espace parcouru par les ailes comparativement à la surface du maître couple, etc.
- Dans un rapport très-développé, notre savant collègue, M. Morin, au nom d’une commission qui comptait pour membres MM. Arago, Ch. Dupin, Poncelet et Du-perrev, a fait connaître la nature des expériences, le système des formules qui s’en déduisent, et les résultats principaux que les auteurs en ont conclus.
- Ajoutons que ces expériences ont beaucoup servi M. Dupuy de Lomé dans la construction du vaisseau le Napoléon, et M. Moll lui-même dans l’établissement des mécanismes à vapeur destinés à ce bâtiment.
- Les Anglais ont témoigné toute l’estime qu’ils accordent aux expériences faites par les officiers français. Dans un ouvrage remarquable sur le propulseur à hélice (2), M. Bourne, constructeur civil de la marine anglaise, s’est empressé d’insérer avec étendue les résultats des expériences faites à bord du Pélican par MM. Bourgois et Moll, et d’en reproduire la théorie avec de justes éloges.
- M. Bourgois a l’avantage d’avoir fait le plus longtemps des expériences sur l’hélice, et d’avoir opéré sur le bâtiment qu’il commandait ; mais il les a faites avec des mécanismes dont les principaux ont été construits sous la direction éclairée de M. Moll.
- De son côté, M. Moll a le double mérite de sa participation à la grande série d’expériences de 1847, 1848 et 1849, et d’avoir construit les mécanismes à vapeur du
- (l) Voyez Bulletin de la Société, 49e année (1850), p. 78. 00 t"n vol. in-i°. Londres, 1 852.
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- vaisseau le Napoléon, mécanismes dont il a composé les plans et calculé les proportions.
- Par les efforts réunis de MM. Dupuy de Lôme, Moll et Bourgois, la marine militaire française a fait un grand pas vers le perfectionnement. Il y a dix ans, elle ne comptait pas encore parmi les marines qui réussissaient à combiner la vapeur à l’hélice. Maintenant, elle présente le vaisseau à grande vitesse qui réunit le plus de qualités dans le nouveau système, et Vutilisation de la vapeur la plus considérable qu’on ait encore obtenue.
- Le but du prix proposé en 1834 se trouve donc aujourd’hui complètement atteint. Ce but est marqué par un accroissement notable de la puissance relative à notre force navale ; le progrès est obtenu par une heureuse combinaison de l’expérience et de la science.
- Les prix décernés.
- D’après ces motifs, nous proposons d’accorder, sur les 6,000 francs du prix proposé :
- AM. Dupuy de Lôme, un prix de 2,000 francs, pour la conception et la construction du vaisseau à voiles, à vapeur, avec hélice, le Napoléon, qui réunit l’ensemble le plus remarquable de vitesse et de qualités à la mer ;
- AM. Moll, un prix de 2,000 francs, pour avoir calculé les mécanismes du Napoléon, et construit avec perfection ces mécanismes, et pour avoir fait, de concert avec M. Bourgois, les expériences sur l’hélice, dont les résultats sont aujourd’hui la règle des ingénieurs ;
- A M. Bourgois, un prix de 2,000 francs, pour l’ensemble de ses travaux persévérants sur l’hélice, et pour ses considérations sur la transformation progressive du matériel de la marine militaire actuelle en marine mixte à voiles et à vapeur.
- Quel que soit l’éclatant succès obtenu dans cinq ans d’efforts récents, ce serait une grande erreur que d’y voir le dernier terme des résultats qui sont possibles.
- Au contraire, il faut n’y voir que le gage de très-grands succès futurs, en continuant les mêmes efforts pratiques dirigés par le génie de la science.
- Le grave défaut du système actuel d’application de la vapeur à la navigation, c’est la dépense considérable du combustible. Il en résulte que l’approvisionnement, toujours trop restreint à bord, oblige à d’énormes sacrifices d’approvisionnements de vivres, si précieux pour des bâtiments de guerre.
- Dès à présent, par le seul emploi des machines à moyenne pression de quatre à cinq atmosphères, on pourrait épargner considérablement le combustible ; on pourrait fonctionner avec des machines plus légères, moins encombrantes et moins coûteuses.. Les Américains emploient ce système pour le commerce, et n’y trouvent pas de plus grand péril qu’avec la basse pression. La crainte de ce danger, que l’expérience dément, ne doit pas pouvoir arrêter des marines militaires.
- D après les considérations aussi savantes que neuves développées par un de nos honorables collègues, M. Régnault, on peut voir combien est grande la chaleur
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- perdue dans les machines à basse pression, et même dans les machines à pression plus ou moins élevée.
- Il reste à faire de ce côté des conquêtes considérables. Elles seront incomparablement plus précieuses pour nous que pour les Anglais et pour les Américains.
- La cherté de notre combustible est un des obstacles qui, jusqu’à ce jour, ont ralenti et presque paralysé l’introduction de la vapeur dans notre marine commerçante.
- Toute réduction notable dans la consommation de la houille sera donc pour nous une économie beaucoup plus grande que pour nos émules.
- Aussitôt que la dépense du combustible sera notablement réduite à bord de nos bâtiments, l’emploi de la vapeur prendra dans notre marine commerçante un essor dont elle est aujourd’hui déplorablement éloignée.
- O11 en jugera par ce simple tableau du tonnage de trois marines à vapeur, pour la dernière année des expériences auxquelles nous donnons le prix.
- Tonnage effectif des bâtiments marchands à vapeur.
- 1° Des Américains......................... 481,805 tonneaux.
- 2° Des Anglais ........................... 187,600
- •3° Des Français........................ . 13,925
- On peut mesurer par là le vaste champ qui nous reste à parcourir, si nous voulons approcher du développement atteint par la navigation à vapeur des deux puissances qui nous ont devancés. Marchons à grands pas de ce côté.
- Nous pourrions parler aussi de la substitution d’autres gaz, et surtout de l’air chaud à la vapeur. Il faut étudier des innovations pompeusement annoncées, exagérées à coup sûr, mais qui, cependant, recèlent le germe de progrès dont il est impossible encore d’assigner le terme.
- L’architecture navale doit continuer ses efforts pour adapter la forme des carènes aux exigences du nouveau mode de propulsion ; les poupes, et surtout les proues des vaisseaux, ne sont pas encore arrivées au dernier terme de la perlection.
- Il est des vibrations fâcheuses qu’il faut faire disparaître lors des grandes vitesses, surtout à l’arrière.
- Des machines à vapeur moins encombrantes et le combustible économisé permettront de diminuer le tirant d’eau des vaisseaux de ligne à vapeur, ce qui sera favorable à la vitesse.
- En présence d’un tel état transitoire, la commission croit devoir, à Vunanimitê, émettre le vœu suivant :
- « L’Académie des sciences, et par les prix qu’elle a souvent proposés, surtout dans « le siècle dernier, et par les marins, les savants et les constructeurs célèbres qu’elle « a possédés comme membres ou comme correspondants, les Borda, les Fleurieu,
- « les Bouguer, les Sané, les Forfait, les Hubert, etc., l’Académie a rattaché son his-« toire à tous les progrès notables de l’art naval. Nous souhaitons qu’elle demande au « gouvernement de proposer, sur la meilleure application de la vapeur à la navigation « et à la force navale, un nouveau prix, dont la valeur ne soit pas inférieure à celle
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- GRAVURE HELIOGRAPHIQUE.
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- « du prix aujourd’hui décerné ; ce prix serait réservé pour un grand progrès à venir. » D’après les connaissances, et théoriques et pratiques, actuellement possédées par les ingénieurs sortis de l’école polytechnique et par de savants officiers de vaisseau, qu’une heureuse harmonie rapproche de plus en plus, nous croyons pouvoir affirmer qu’il faudra, pour remporter le nouveau prix, un temps bien moindre qu’il n’en a fallu pour trouver à décerner celui que nous proposons de donner aujourd’hui.
- GRAVURE HÉLIOGRAPHIQUE.
- MÉMOIRE sur la GRAVURE HÉLIOGRAPHIQUE Sur PLAQUES D’ACIER; par MM. NIEPCE DE
- SAINT-VICTOR et LEMAITRE.
- J’ai l’honneur d’annoncer que, conjointement avec M. Lemaître, graveur, je viens de faire une nouvelle application des procédés de mon oncle (Joseph-Nice'phore Niepce).
- Ces procédés se trouvent décrits dans la communication officielle de M. Arago, séance du 19 août 1839 (comptes rendus, tom. IX, page 155).
- Mon oncle se servait de bitume de Judée, dissous dans l’essence de lavande, de manière à former un vernis semblable, quant à l’aspect, au vernis des graveurs. Il l’étendait, au moyen d’un tampon, sur une plaque de cuivre ou d’étain, et appliquait ensuite le recto d’une gravure vernie sur la plaque préparée, la recouvrait d’un verre, et l’exposait à la lumière. Après une heure ou deux d’exposition, il enlevait la gravure et recouvrait la plaque d’un dissolvant composé d’huile de pétrole et d’essence de lavande.
- Cette opération avait pour but de faire apparaître l’image qui était invisible, en enlevant le vernis dans toutes les parties qui avaient été préservées de l’action de la lumière, tandis que celles qui avaient été impressionnées par son action étaient devenues insolubles; il s’ensuivait que le métal était mis à nu dans toute la partie correspondant au noir de la gravure, et en conservait, bien entendu, toutes les demi-teintes.
- Il chassait ensuite mécaniquement le dissolvant, en versant de l’eau sur la plaque, la séchait, et l’opération était terminée.
- J’ai l’honneur de présenter à l’Académie deux épreuves que M. Lemaître a fait imprimer avec les planches gravées sur étain par mon oncle ; ces planches lui avaient été envoyées de Châlons sur-Saône, le 2 février 1827 (i).
- Mon oncle, dans le principe de sa découverte, n’avait d’autre but que de préparer, par la lumière, une planche susceptible ensuite d’être gravée à l’eau-forte, sans le secours du burin ; plus tard, il changea d’idée et chercha à produire une image directe sur métal, dans le genre de celle que l’on connaît aujourd’hui, sous le nom d’image daguerrienne.
- C’est pour cela qu’il abandonna la plaque de cuivre pour celle d’étain, et enfin la
- (1) Lettre originale entre les mains de M. Lemaître.
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- GRAVURE HEL10GRAPHJQUE.
- plaque d’étain pour celle d’argent, sur laquelle il travaillait à l’époque de sa mort.
- J’arrive maintenant aux modifications que M. Lemaître et moi avons apportées aux procédés de mon oncle.
- L’acier sur lequel on doit opérer ayant été dégraissé avec du blanc de craie, M. Lemaître verse, sur la surface polie, de l’eau à laquelle il a ajouté un peu d’acide chlorhydrique dans les proportions de 1 partie d’acide pour 20 parties d’eau ; c’est ce qu’il pratique pour la gravure à l’eau-forte, avant d’appliquer le vernis ; par ce moyen, celui-ci adhère parfaitement au métal.
- La plaque doit être immédiatement bien lavée avec de l’eau pure, et puis séchée.
- Il étend ensuite à l’aide d’un rouleau recouvert de peau, sur la surface polie, le bitume cle Judée dissous dans l’essence de lavande, soumet le vernis ainsi appliqué à une chaleur modérée, et, quand il est séché, on préserve la plaque de l’action de la lumière et de l’humidité.
- Sur une plaque ainsi préparée, j’applique le recto d’une épreuve photographique directe (ou positive) sur verre albuminé ou sur papier ciré, et j’expose à la lumière pendant un temps plus ou moins long, suivant la nature de l’épreuve à reproduire, et suivant l’intensité de la lumière ; dans tous les cas, l’opération n’est jamais très-longue, car on peut faire une épreuve en un quart d’heure au soleil, et en une heure à la lumière diffuse. Il faut même éviter de prolonger l’exposition, car, dans ce cas, l’image devient visible avant l’action du dissolvant, et c’est un signe certain que l’épreuve est manquée, parce que le dissolvant ne produira plus d’effet.
- J'emploie pour dissolvant trois parties d’huile de naphle rectifiée et une partie de benzine (préparée par Collas) : ces proportions m’ont, en général, donné de bons résui-. tats ; mais on peut les varier en raison de l’épaisseur de la couche de vernis et du temps d’exposition à la lumière, car plus il y aura de benzine, plus le dissolvant aura d’action. Les essences produisent le même effet que la benzine, c’est-à-dire qu’elles enlèvent les parties du vernis qui ont été préservées de l’action de la lumière. L’éther agit en sens inverse, ainsi que je l’ai découvert.
- Pour arrêter promptement l’action et enlever le dissolvant, je jette de l’eau sur la plaque en forme de nappe, et j’enlève ainsi tout le dissolvant ; je sèche ensuite les gouttes d’eau qui sont restées sur la plaque, et les opérations héliographiques sont terminées.
- Maintenant reste à parler des opérations du graveur ; M. Lemaître se charge de les décrire.
- Composition du mordant.
- Acide nitrique à 36°, en volume................. 1 partie.
- Eau distillée................................... 8 parties.
- Alcool à 36°.................................... 2 —
- L’action de l’acide nitrique étendu d’eau et alcoolisé dans ces proportions a lieu aussitôt que le mordant a été versé sur la plaque d’acier, préparée comme il vient d’être dit, tandis que les mêmes quantités d’acide nitrique et d’eau sans alcool ont l’incon-
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- PHOTOGRAPHIA! ZOOLOGIOUE oubliée nar A.ROUSSEAU et A DEVEHIA
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- GRAVURE HÉLIOGRAPHIQUE.
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- vénient de n’agir qu’après deux minutes au moins de contact. Je laisse le mordant fort peu de temps sur la plaque, je l’en retire, je lave et sèche bien le vernis et la gravure, afin de pouvoir continuer et creuser le métal plus profondément sans altérer la couche héliographique. Pour cela, je me sers de résine réduite en poudre très-fine, placée dans le fond d’une boîte préparée à cet effet. Je l’agite à l’aide d’un soufflet, de manière à former une sorte de nuage de poussière que je laisse retomber sur la plaque, ainsi que cela est pratiqué pour la gravure à l’aqua-tinta ; la plaque est alors chauffée, la résine forme un réseau sur la totalité de la gravure; elle consolide le vernis qui peut alors résister plus longtemps à Faction corrosive du mordant (acide nitrique étendu d’eau, sans addition d’alcool). Elle forme dans les noirs un grain fin qui retient l’encre d’impression et permet d’obtenir de bonnes et nombreuses épreuves, après que le vernis et la résine ont été enlevés à l’aide de corps gras chauffés et des essences.
- Il résulte de toutes ces opérations que, sans le secours du dessin, on peut reproduire et graver sur acier toutes les épreuves photographiques, sur verre et sur papier, sans avoir besoin de la chambre obscure.
- Les épreuves que nous avons l’honneur de présenter sont encore imparfaites, mais elles ne sont pas retouchées; un graveur pourrait, avec peu de travail, en faire de bonnes gravures.
- Nous espérons pouvoir atteindre bientôt le degré de perfection que nous désirons. Ces procédés, étant publics, deviendront de nouveaux moyens pratiques ajoutés à l’art de la gravure.
- PHOTOGRAPHIE ZOOLOGIQUE; par MM. L. ROUSSEAU et A. DEVERIA.
- Le 14 mars de l’année 1853, l’Académie des sciences recevait les premières planches de photographie appliquée aux sciences naturelles. Ces essais, obtenus par les procédés ordinaires, sortaient des ateliers photographiques de M. Lemercier, qui s’était adjoint, pour cette partie de ses travaux, MM. Bisson frères.
- Plusieurs mois après, un spécimen de 10 planches et une première livraison du livre indiqué ici étaient soumis au jugement de l’Académie, et une commission nommée à l’effet d’examiner ces résultats voulait bien, le 6 juin, par l’organe de son illustre rapporteur, 31. Milae - Edwards, encourager les auteurs à continuer leurs recherches et à faire de nouvelles tentatives de perfectionnements.
- Pour satisfaire aux vœux exprimés par cette illustre compagnie, M3I. Rousseau et Reveria faisaient une nouvelle tentative à l’effet de rendre la photographie pratique et accessible à tous ; ce nouvel essai était l’application de la gravure héliographique pour la reproduction des planches de leur livre.
- M. Niepce de Saint-Victor, dans une note communiquée à l’Académie et qui est reproduite plus haut, indiquant la manière de faire apparaître une image sur plaque d acier, présentait un résultat de ses recherches, et M. Lemaître, graveur, enseignait le moyen de fixer cette même image.
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- CHEMINS DE FER.
- M. Niepce, homme modeste et désintéressé, livrant à tous le fruit de ses essais, trouvait en M. Mante un imitateur heureux, et M. Riffaut, habile graveur, atteignait le même but que son prédécesseur, M. Lemaître.
- Quoique ces premières gravures fussent faites sur une très-petite échelle, et qu’il fût véritablement téméraire de vouloir s’en servir utilement, les auteurs n’hésitèrent pas à entrer dans cette nouvelle voie de progrès. Bientôt, par le concours de ces nouveaux artistes, on obtenait des résultats qu’on était loin de prévoir, et qui montraient tout ce qu’on était en droit d’attendre de cette merveilleuse découverte. En juin, M. Chevreul voulait bien soumettre à l’Académie des sciences 4 planches gravées faisant partie de la première livraison; la seconde suivit bientôt; enfin, en décembre, M. Milne-Edwards présentait une troisième livraison formant en tout 18 planches gravées dans l’espace de quelques mois. L’Académie, voulant donner une preuve de l’intérêt qu’elle prenait à de semblables résultats, accordait aux auteurs, à titre d’encouragement, une somme de 2,000 francs.
- Pour faire apprécier l’utilité de cette nouvelle application, il suffit de rappeler que toute épreuve photographique est altérable et d’un prix élevé ; qu’il est très-difficile, sinon impossible, de mettre au jour une publication régulière, tant l’inconstance des tirages d’épreuves est grande et la perte considérable ; qu’au contraire, par la gravure héliographique, lorsqu’une plaque d’acier a reçu l’image et que celle-ci y est fixée, l’impression ordinaire remplace le papier photographique, et une planche peut produire 3,000 épreuves.
- La publication du livre dont il est question a pour but de faire connaître les riches collections du muséum. La vérité incontestable des planches et la facilité des tirages, bientôt le bas prix des épreuves, donnent l’espoir de voir se produire dans tous les grands musées ce moyen, qui, pour un illustre académicien , M. Dumas, est une industrie nouvelle créée en France, et qui sera pour les sciences naturelles une ressource immense et inespérée.
- Les deux planches présentées ici sont dues, pour la partie héliographique, à Pauline Riffaut, élève de M. Niepce.
- CHEMINS DE FER.
- Des inconvénients de la neige sur les chemins de fer actuels; par M. Seguier.
- Le développement que prennent, chaque jour, les voies ferrées, qui ont déjà et auront, à l’avenir, plus encore des points culminants à franchir dans les pays de montagnes, ne permet pas de laisser cet admirable moyen de communication soumis à tous les inconvénients des neiges, puisque pour les localités élevées ce sera un fait météorologique habituel tous les ans pendant plusieurs mois. Il importe donc de rechercher s’il n’y a pas moyen de lutter efficacement contre l’invasion de la voie ferrée par la neige avec les forces mécaniques dont dispose une exploitation de chemins de fer; car i! ne serait pas pos-
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- CHEMINS DE FER.
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- sible, partout et en toute occasion, d’avoir recours aux bras d’hommes nombreux, comme certaines compagnies l’ont fait en réclamant auprès de l’autorité le concours des soldats pour déblayer les voies sur lesquelles le service était suspendu.
- L’auteur pense qu’un chemin de fer, avec un matériel approprié, pourrait toujours tenir sa voie en état de circulation, et qu’il serait possible de lutter d’une façon assez puissante contre l’invasion de la neige, pour empêcher l’encombrement de se produire au point d’arrêter le service.
- Mais pour qu’il pût en être ainsi, il faudrait renoncer au mode de traction actuellement en usage, et arriver à celui proposé par l’auteur depuis plusieurs années, et qu’il appelle locomotion par laminage, système dans lequel le cheminement de la locomotive n’est plus, comme aujourd’hui, le résultat de l’adhérence de ses roues sur les rails par suite du poids seul de toute la machine , mais bien la conséquence forcée du rapprochement de deux rouleaux laminant entre eux un rail sur lequel la locomotive se toue comme les bateaux toueurs le pratiquent sur les fleuves à l’aide de la chaîne dormante qui leur sert de point d’appui.
- Dès que la surface des rails est recouverte de neige, le coefficient du frottement de la roue contre le rail change; il diminue notablement. L’emploi des traîneaux, dans les pays où la neige reste sur la terre pendant un certain temps, prouve combien est facile le glissement du fer sur une surface glacée. Dans ces circonstances, les locomotives actuelles perdraient la faculté de remorquer un convoi si un sablier ne laissait écouler continuellement du gravier entre les surfaces frottantes de la roue et du rail ; dès lors, une partie des avantages de la voie ferrée se trouve perdue, puisque c’est en quelque sorte sur une voie engravée que s’opère le cheminement. Mais là n’est pas encore la seule cause principale de l’obstacle opposé par la neige ; il faut le chercher dans l’insuffisance de la force initiale de la locomotive qui ne peut être jamais au démarrage que le résultat de la pression de la vapeur sur la surface des pistons divisée par le coefficient de frottement résultant de la masse seule de la locomotive. Or, comme dans les circonstances les plus favorables, il est nécessaire d’atteler les waggons entre eux avec des chaînes suffisamment molles pour que le démarrage soit successif et que l’inertie totale du convoi soit partiellement vaincue par la locomotive, on concevra la difficulté qu’éprouverait une machine à lutter, sans vitesse acquise, contre une masse de neige de quelque importance, alors même qu’elle serait pourvue de socs ou versoirs destinés à déblayer la voie à la façon d’une charrue qui retourne la terre pour ouvrir un sillon. La locomotive ordinaire n’aura jamais pour ce service exceptionnel que sa puissance habituelle diminuée de tout ce que la circonstance de la neige ou du verglas aura soustrait au coefficient du frottement, qui ne résulte que de sa seule pesanteur; avec le mode de traction proposé par l’auteur, il en serait tout autrement.
- Il est possible, en effet, de construire une machine spéciale à grands pistons, à longues manivelles, à très-petits rouleaux de laminage ; la puissance d’une telle locomotive pourvue des organes convenables pour fouiller la neige et la rejeter sur les bas côtés de la voie n’aurait que deux limites, et l’ingénieur pourrait les reculer à sa volonté; nous voulons dire la surface de ses pistons et la solidité de fixation au sol du rail Tome 1er. — 53e année. 2e série. — Février 1854. 16
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- sur lequel les rouleaux laminants prendraient leur point d’appui. L’auteur est convaincu que le passage d’une telle machine sur la voie, à des intervalles de temps en relation avec l’abondance de la chute des neiges, tiendrait la voie suffisamment libre pour que le service ne fût jamais interrompu. En effet, la machine n’eût-elle pour ses pistons et manivelles que les proportions d’une locomotive actuelle, elle pourrait exercer un effort supérieur de toute la différence du rayon des roues motrices d’une machine ordinaire à celui des rouleaux laminants du moteur spécial; en d’autres termes, la puissance s’exercerait en raison inverse des vitesses de cheminement. Or, comme pour déblayer une voie on pourrait faire le sacrifice de la vitesse, une machine de dimensions ordinaires, pourvue de rouleaux laminants de petit diamètre, posséderait aussi une puissance capable de lutter contre un amoncellement de neige.
- La traction, par le laminage, d’un rail pressé entre des rouleaux laminants aurait encore, si elle était adoptée, bien d’autres avantages. Par l’adoption de ce système, on pourrait obtenir queles essieuxquisupportent la locomotive ne pesassent pasplussur les railsque ceux des waggons avec charge ordinaire; c’est-à-dire qu’on pourrait, pour l’établissement de la voie, borner l’échantillon du rail à la force suffisante pour porter les essieux deswag-gons, sans être obligé, comme maintenant, de leur assigner des proportions capables de les faire résister au passage des essieux moteurs de la machine chargés ordinairement d’un poids plus que double que tous les autres.
- Le poids du moteur ne jouant plus, pour l’adhérence qui détermine le cheminement, le rôle principal, il sera très-possible de le diminuer. En divisant la locomotive en deux, c’est-à-dire en plaçant le générateur sur un train et le moteur sur un autre, il sera possible de répartir la charge totale sur un tel nombre d’essieux que chacun ne subira qu’un effort voisin que subit tout essieu de waggon chargé à l’ordinaire.
- Dans le système de M. Seguier, la compression des rouleaux laminants contre le rail étant sollicitée par la résistance même du convoi, on a l’avantage de cheminer avec un frottement minimum des axes moteurs qui reste constamment proportionnel aux résistances même variables du convoi entraîné.
- Une telle division du générateur et du moteur présente, au point de vue de l’économie du matériel, d’utiles conséquences.
- Un même générateur maintenu toujours en feu pourrait passer d’un moteur à un autre toutes les fois que ceux-ci auraient besoin d’être réparés : le nombre des générateurs pourrait ainsi devenir moindre que celui des moteurs ; ceux-ci, installés dans des waggons vitrés, seraient préservés de toutes les influences si préjudiciables à la durée de leurs organes. Les moteurs, séparés des générateurs, seraient abordables de tous côtés ; tous leurs organes pourraient fonctionner sous la surveillance incessante d’un mécanicien. Les causes de destruction pourraient être combattues même durant la marche à mesure qu’elles se produisent.
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- LAMPE A MODERATEUR.
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- LAMPE A MODÉRATEUR ; MACHINES A AIR CHAUD.
- rapport sur le concours ouvert par VAcadémie des sciences pour le prix de mécanique
- pour Vannée 1853; par m. combes.
- L’Académie a décerné ce prix à M. Franchot, 1° pour l’invention delà lampe connue sous le nom de lampe à modérateur, construite par lui en 1836 et 1837, et dont l’usage est devenu aujourd’hui général ; 2° pour les essais de construction de machines motrices à air chaud qu’il poursuit avec une persévérance soutenue depuis l’année 1836.
- La lampe à modérateur doit le succès qu’elle a obtenu à une ingénieuse combinaison d’organes simples qui en assure le jeu régulier pendant longtemps sans exiger des soins d’entretien minutieux et permet de livrer des appareils de ce genre à des prix peu élevés. Une grande capacité cylindrique ménagée dans le pied de la lampe sert de réservoir d’huile. L’ascension du liquide au bec est déterminée par l’action d’un ressort à boudin et à spires inégales, afin qu’il puisse, lorsqu’il est comprimé à fond, tenir un espace dont la hauteur dépasse à peine le diamètre du fil métallique dont il est formé. Ce ressort, logé dans la partie supérieure du réservoir, presse sur un piston garni d’un cuir embouti, dont le large rebord, tourné vers le bas, est maintenu appliqué contre la paroi cylindrique du réservoir par la pression de l’huile. Le piston est percé, à son centre, d’un trou auquel est adaptée une tige cylindrique creuse. Dans l’axe de celle-ci s’engage un fil métallique terminé inférieurement par une pointe conique et fixé par le haut à la partie supérieure de la lampe. L’huile qui est sous le piston, pressée par faction du ressort, monte dans la tige creuse et arrive à un espace mis en communication avec le porte-mèche par le conduit à section annulaire rétrécie, qui résulte de l’enfoncement du fil métallique dans cette tige. A mesure que l’huile est dépensée, le piston s’abaisse, le ressort à boudin s’allonge; la pression qu’il exerce et qui détermine l’ascension de l’huile diminue. En même temps le fil métallique est dégagé de plus en plus de l’intérieur de la tige du piston. L’huile a à parcourir un trajet de plus en plus long pour arriver au bec ; mais la portion rétrécie et capillaire du conduit diminue de longueur. Delà résulte, pour des proportions convenablement déterminées, une compensation par suite de laquelle l’huile afflue à la mèche avec une régularité complètement satisfaisante, quelle que soit la position du piston. Quand, après plusieurs heures, celui-ci est arrivé .près de la limite de sa course descendante, il suffit de le remonter au moyen d’une clef fixée à demeure sur l’axe d’une petite roue dentée qui conduit une crémaillère liée au piston près de la tige creuse. L’huile en excès qui a découlé du porte-mèche goutte à goutte, et est retombée sur le piston, passe au-dessous entre la paroi du réservoir et le rebord de cuir qui fait ainsi le double office de garniture, pour refouler l’huile dans le canal ascensionnel, et de soupape s’ouvrant de haut en bas pour laisser passer au-dessous du piston l’huile qui est au-dessus. Si la tige creuse et mobile par laquelle l’huile monte vient à être obstruée par quelque impureté, elle est nettoyée
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- MACHINES A AIR CHAUD.
- naturellement par l’enfoncement du fil métallique fixe, toutes les fois qu’on remonte le piston (1).
- Les organes que nous venons de décrire, dont quelques-uns étaient déjà connus et d’autres indiqués au moins dans leur principe comme pouvant être appliqués à la construction des lampes, ont été combinés et mis en oeuvre pour la première fois par M. Franchot dans sa lampe à modérateur, qui jouit, depuis l’origine, d’une faveur bien méritée.
- Les premières études de M. Franchot sur les machines à air chaud remontent à près de vingt ans; il a publié, dans le Bulletin de mars 1836 du Journal des travaux de l’Académie nationale, agricole, manufacturière et commerciale, un projet de machine de ce genre où la chaleur de l’air rejeté, après avoir agi sur un piston, était utilisée pour le chauffage de l’air pris à l’extérieur, et qui devait le remplacer : à cet effet, il faisait parcourir aux deux masses d’air, dans l’appareil nommé caléfacteur, un long trajet dans lequel elles étaient séparées par des lames métalliques minces très-étendues, et marchaient en sens inverse l’une par rapport à l’autre.
- Le 10 août 1840, il a présenté à l’Académie des sciences un mémoire où il établit, en partant des idées théoriques émises par Sidi Carnot, en 1824, que les machines à air chaud convenablement disposées auraient, sous le rapport de l’économie du combustible, des avantages marqués sur les machines à vapeur ; il donne la description d’une machine modèle exécutée par lui, et les résultats de quelques expériences auxquelles il l’avait soumise. Elle se compose de deux capacités cylindriques dont les extrémités opposées sont maintenues à des températures différentes entre elles de 250 à 300 degrés. Des refouloirs qui ne les remplissent qu’en partie obligent, par leurs déplacements alternatifs, l’air qui y est enfermé à se porter de l’extrémité chaude à l’extrémité froide, et viceversâ; il résulte, des températures inégales que prennent simultanément les masses d’air égales contenues dans les deux capacités, des différences de pression qui déterminent le mouvement alternatif d’un piston dans un cylindre alésé, et communiquent, par ses deux bouts, avec les extrémités froides des capacités où se meuvent les refouloirs. Le passage de l’air de la partie chaude à la partie froide, et inversement, s’opère par l’intérieur des refouloirs, soit, est-il dit dans le mémoire, •« en glissant entre « les surfaces concentriques, soit en parcourant un canal intérieur rempli de toiles mé-« talliques ou de fragments de métal très-divisés. » L’auteur annonce avoir reconnu par l’expérience que l’échange de chaleur entre l’air et le métal s’opère très promptement, de telle sorte que la chaleur de l’air, dans son trajet de la partie chaude à la partie froide, reste emmagasinée dans le métal, et est restituée à l’air lorsqu’il retourne de la partie froide vers la partie chaude, même lorsque le trajet de l’air a lieu dans un temps très-court.
- M. Franchot a conçu, en 1848, un nouveau système qu’il a fait exécuter en petit et qui ne comporte ni tiroirs, ni soupapes, ni refouloirs. C’est celui dont il propose main-
- (i) Voyez une description détaillée et la figure de cette lampe Bulletin de la Société, 37® année, p. 172, 174.
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- Senant l’adoption : il est combiné de manière à utiliser le mieux possible le travail moteur du calorique, soit que l’on admette les principes de Sidi Carnot, ou que l’on se fonde sur la nouvelle théorie dynamique de la chaleur, qui semble prévaloir aujourd’hui. Les masses d’air enfermées entre deux pistons mobiles subissent, en effet, des variations continues et graduelles de pression et de température, et reviennent périodiquement à leur état primitif sans aucune variation brusque et sans cesser d’agir sur les pistons qui transmettent à l’extérieur le travail moteur et résistant exercé par l’air, alternativement échauffé et refroidi sur leur surface.
- Ce n’est pas le lieu de discuter les questions de priorité d’invention et de mérite relatif entre M. Franchot et les personnes qui ont dirigé leurs travaux et leurs études vers le même but que lui, telles que MM. Robert et James Stirling en Écosse, Ericson en Amérique, et peut-être encore d’autres ingénieurs français et étrangers. Les conceptions propres à M. Franchot sur un sujet d’un intérêt si grand suffiront, dans tous les cas, pour lui assigner un rang très-élevé parmi ses compétiteurs. La commission les a donc considérées et les signale à l’Académie comme un titre aux encouragements et aux récompenses dont elle dispose.
- La somme restant disponible pour le prix de mécanique en 1853 n’est que de 665 fr. La commission exprime à l’unanimité le vœu que la valeur du prix soit augmentée de 2,000 fr.
- Cette proposition a été votée par l’Académie.
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- statistique de la production de la soie; par m. jourdan, professeur, à Lyon.
- Notre statistique agricole publiée par le Gouvernement en 1840 indiquait, pour la production de douze départements du Midi, 10,539,766 kilogrammes de cocons ayant une valeur de 41,486,458 francs. Les recherches que j’ai faites dans chacun des arrondissements de ces douze départements m’ont donné, pour production moyenne des huit dernières années, 23,262,100 kilogrammes de cocons, vendus 88,188,580 francs. Ces derniers chiffres, qui résultent de mes études, quoique doubles des premiers, sont en harmonie avec la consommation de matières premières faite par nos fabriques, tout en tenant compte de la part de cette même matière première qui est importée des pays étrangers, et principalement d’Italie.
- M. Porter, dans la dernière édition de son livre qui a pour titre The progrès» of the nation, évalue à 238 le nombre des manufactures de soie dans les trois royaumes, et à 34,233 le nombre d’ouvriers employés pour le tissage. Il résulte, de mes recherches directes et des documents qui m’ont été fournis par plusieurs négociants anglais, que le nombre des manufactures dépasse aujourd’hui 680 , le nombre des métiers 85,000, et celui des ouvriers 140,000. Ces chiffres, quoique quadruples de ceux de M. Porter, se rapprochent beaucoup de la vérité; car l’Angleterre consomme, pour la fabrication
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- SÉANCES DU CONSEIL d’ADMINISTRATION.
- de ses soieries, près de 3 millions de kilogrammes de matières premières, et un métier n’emploie, durant l’année, qu’un poids total de soie qui varie entre 36 et 38 kilog.
- Nos relevés des douanes pour 1852 contiennent que nous avons importé des Etats sardes pour 64,961,712 francs de soie grége, soie ouvrée, etc. Or les résultats que j’ai obtenus par les recherches que je viens de faire dans les huit provinces du Piémont n’élèvent sa production de soie qu’à la somme de 41,580,000 francs, dont on a exporté, en France seulement, pour 21,520,000 francs. C’est un chiffre trois fois plus faible que celui désigné par notre administration des douanes; c’est que cette administration indique, comme pays de provenance, le dernier point de départ de la frontière étrangère. Ces soies, indiquées comme provenant des Etats sardes, nous arrivent, pour les deux tiers au moins, du royaume lombardo-vénitien, de Bologne, de Fossombrone et des duchés de Parme et de Modène. Dans les Etats italiens, j’ai relevé, pour chaque année, depuis 1845, une production moyenne de 54,518,000 kilogrammes de cocons vendus 190,285,150 francs.
- SÉANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- PROCÈS-VERBAUX.
- Séance du 8 février 1854.
- M. Dumas, président, occupe le fauteuil.
- Le procès-verbal de la séance précédente est lu et approuvé.
- M. Jomard fait hommage à la Société d’un ouvrage qu’il vient de publier sous le titre de Souvenirs sur Monge.
- Correspondance. M. Pef'in, directeur de la Compagnie générale des bois incorruptibles et incombustibles, passage Saulnier, 18, demande que la Société nomme des commissaires pour examiner son système.
- M. de Montureux, membre de plusieurs Sociétés savantes, à Arracourt, près Moyen-vie ( Meurthe), adresse une note sur la fabrication des vêtements imperméables à l’eau, fondée sur l’emploi des intestins de baleines et d’autres grands poissons ou des phoques.
- L’auteur joint à sa lettre un numéro du journal Y Écho de la Seillet contenant un article sur une sorte de coton tiré des feuilles des pins et sapins. C’est une ndustrie déjà exercée avec succès dans quelques parties de l’Allemagne, dont il lui paraît que l’introduction en France pourrait avoir d’importants résultats (1).
- - (l) Le Bulletin de la «Société d’encouragement, 51e année ( 1852 ), renferme, p. 839, la description de ce procédé.
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- SÉANCES DU CONSEIL I)’ADMINISTRATION.
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- M. le baron Seguier entre dans quelques explications sur une demande de récompense qui a été faite au gouvernement par M. Cabanis, pour la fabrication du papier avec les aiguilles de pins converties en pâte, procédé sur lequel le comité consultatif des arts et manufactures a été appelé à donner son avis.
- M. le président de la Société philomathique de Bordeaux annonce que cette Société ouvre, cette année, une exposition industrielle pour tous les produits de la France et des colonies françaises.
- M. W. Stewart, ingénieur civil, à Bordeaux, offre à la Société une brochure contenant des observations qui lui ont été suggérées par une discussion soulevée à Bordeaux, relativement à l’emplacement de la gare du chemin de fer du Midi.
- M. Charles Chéron, mécanicien, à Heimsprung, canton de Mulhouse ( Haut-Rhin), expose qu’il est parvenu à travailler et nettoyer le bois, afin de le rendre propre à entrer dans la fabrication du papier.
- M. Guilbaut, à Saintes ( Charente-Inférieure ), adresse une notice sur un nouvel appareil de distillation continue au moyen de la vapeur.
- M. Ch. Chevalier fait hommage, de la part de M. le docteur Fau, de deux exemplaires d’un ouvrage intitulé Douze leçons de photographie, description de procédés simples et faciles au moyen desquels on obtient presque infailliblement des épreuves sur verre et sur papier.
- M. Willaumez, fabricant de conserves alimentaires, à Lunéville (Meurthe), soumet à la Société un perfectionnement de son appareil dit dilatateur, qui dans le travail des conserves alimentaires simplifie le travail du bouchage.
- M. le ministre de Vagriculture, du commerce et des travaux publics fait connaître que la commission des pétitions du Conseil d’Etat vient de lui renvoyer une lettre adressée à S. M. l’Empereur, dans laquelle M. Muller, lithographe, exprime le désir de voir propager, dans l’intérêt d’une classe d’ouvriers, l’usage d’un appareil de son invention, destiné à préserver les ouvriers imprimeurs des pernicieux effets produits par l’application, à l’air libre, sur les épreuves fraîchement tirées, des couleurs outremer, vert, argent, rouge, etc., au moyen de poudres impalpables et volatiles.
- M. le ministre de l'agriculture, du commerce et des travaux publics transmet une brochure publiée par M. Aué, horticulteur, à Mulhouse, et traitant d’un remède qu’il aurait découvert contre la maladie de la vigne.
- M. Ramon de la Sagra, membre correspondant de l’Institut, fait part de la publication d’un journal en langue espagnole, destiné aux États de l’Amérique méridionale centrale et aux colonies espagnoles dans les Antilles et en Asie.
- M. Desfontaines, horloger, Palais-Royal, 13 et 15, appelle l’attention de la Société
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- SÉANCES DU CONSEIL D ADMINISTRATION.
- sur un quantième perpétuel applicable aux montres, et sur un échappement de pendule donnant la seconde morte ; il joint les dessins et la description de ses appareils.
- M. Martin, à Tarare (Rhône), demande que la Société nomme une commission pour examiner sa fabrication de la peluche pour chapeaux d’hommes à doubles pièces supei'-posées.
- Rapports dks comités. M. de Silvestre, au nom du comité des arts économiques, lit un rapport sur un procédé de M. Pigalle pour purger et teindre les peaux.
- Le comité propose d’insérer le rapport dans le Bulletin. (Approuvé.)
- M. Gourlier, au nom du même comité, lit un rapport sur des appareils diviseurs pour les fosses et sièges d’aisances, présentés par M. Leullier, gérant de la compagnie dite la Salubrité.
- Le comité propose d’insérer le rapport dans le Bulletin accompagné des figures des appareils. ( Approuvé. )
- M. le président annonce que M. Kuhlmann lui a appris que l’examen d’un procédé de fabrication de sucre de betterave, en cours d’expérimentation, ayant réuni à Cologne des fabricants de sucre et des manufacturiers venus des diverses parties du Zollverein, de l’Autriche et de la France, il avait été manifesté le regret, dans cette réunion, de voir les progrès de l’industrie retardés dans leurs développements et leur généralisation par l’isolement où se trouvent la plupart des fabriques, et le peu de rapports personnels qui existent entre les fabricants de divers pays. Dans l’espoir de voir établir entre tous les producteurs de sucre une communauté d’efforts tendant au perfectionnement de leurs travaux, on a proposé l’organisation d’une association des industriels qui s’occupent de la fabrication du sucre et des industries annexes sur tout le continent.
- L’utilité et l’opportunité de la création d’une pareille association ont été unanimement reconnues. Elle prendra Je titre Association continentale pour le perfectionnement de l’industrie sucrière.
- M. le président fait remarquer que la commission d’organisation compte dans son sein non-seulement M. Kuhlmann, mais encore M. Edmond Bocquet, de Corbehem (Pas-de-Calais), Cail, de Paris, et Périer, de Flavigny-le-Martel (Aisne).
- M. le président ajoute qu’il n’a pas besoin de faire ressortir les avantages qui résulteront, pour la France, des réunions de cette association. La première réunion aura lieu à Aix-la-Chapelle le 1er août 1854, la deuxième à Paris.
- La Société d’encouragement, qui, par ses prix, ses médailles, son initiative, a si puissamment aidé au maintien et au perfectionnement des sucreries de betterave, voudra, sans doute, prendre part à cette association par sa souscription et la nomination de délégués.
- M. Barreswil lit une note sur le procédé imaginé par M. Vernaut pour mettre le sucre d’orge à l’abri des détériorations que lui fait subir l’humidité de l’air.
- PARIS. — IMPRIMERIE DE Mme Yc BOUCHARD-HUZARD, RIJE DE L’ÉPERON, 5.
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- S3« ANNÉE. DEUXIÈME SÉRIE. X» 5. — MARS 1854.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE,
- ENSEIGNEMENT DU DESSIN.
- De V enseignement du dessin dans les lycées.
- La Société d’encouragement a témoigné, dès longtemps, de sa vive sollicitude pour l’enseignement du dessin. Elle y a vu le levier puissant au moyen duquel le sentiment et le goût du beau pouvaient se répandre dans les masses. Elle l’a envisagé comme étant une arme indispensable au maintien de la supériorité reconnue de nos industries de luxe. Ses membres liront donc avec intérêt un extrait du savant rapport adressé par M. Ravaisson à M. le ministre de l’instruction publique au nom d’une commission spéciale (1). Us accueilleront avec reconnaissance l’arrêté qui termine ce rapport, car cet arrêté donne aux arts du dessin une base solide désormais dans l’éducation nationale.
- Les corps, indépendamment de toutes leurs autres propriétés, sont tous situés dans l’espace et ont tous une certaine figure; ce sont là leurs attributs essentiels et fondamentaux, ce sont ceux que considère la géométrie, ce sont ceux aussi qui sont l’objet du dessin : la géométrie les explique, le dessin les représente.
- Les situations et les figures résultent des rapports des grandeurs; en d’autres termes, des proportions. Le dessin considéré d’une manière générale, et dans tous ces arts différents qu’effectivement on appelle du nom commun d'arts du dessin, peut donc être défini la représentation des proportions, comme la géométrie peut en être définie la science.
- En représentant les proportions des choses, abstraction faite, autant que possible, de toutes leurs autres qualités, l’art nous apprend à les mieux connaître, mais d’une manière
- (t) La commission était composée de MM. F. Ravaisson, Brongniart, Ingres, Picot, Simart, Belloc, Eugène Delacroix, Hippolyte Flaudrin, Meissonnier, Joufïroy, Duc et Pillet.
- Tome Ier. — 53' année. 21e série. — Mars 1851. 17
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- et pour une fin qui lui sont propres. On ne connaît véritablement que les choses que l’on comprend, c’est-à-dire celles que l’on connaît dans leur rapport, dans leur connexion avec leurs principes. L’art doit donc, comme la géométrie, nous faire connaître les proportions en nous en faisant voir les principes. Mais par le principe d’une chose on entend soit les éléments dont elle est composée, soit, au contraire, la forme qu’elle doit avoir et qui est le but pour lequel ses éléments sont réunis, ou, ce qui revient au même, la pensée qui l'a faite ce qu’elle est. C’est au premier de ces deux points de vue qu’est placée la géométrie; le second est proprement le point de vue de l’art.
- La géométrie nous fait donc comprendre les proportions en les analysant, en les décomposant ; l’art nous les fait comprendre en faisant ressortir, en rendant plus sensible le caractère de la forme qui fait leur unité. « Les mathématiques , » dit Léonard de Vinci, à la fois artiste et géomètre , « considèrent les proportions, mais ne se met-« tent pas en peine de leur qualité (1). » Ce dont l’art se met en peine , au contraire, c’est cette qualité qui fait ce que l’on nomme le caractère des choses, cette qualité par laquelle elles ont chacune leur signification, et qui, par conséquent, est l’expression de l’esprit dont elles procèdent.
- En représentant les proportions des choses, c’est donc l’esprit que l’art a pour objet d’exprimer.
- D’abord, dans les êtres animés, les situations relatives des membres et de la partie mobile des traits sont variables au gré des affections ou des volontés qui en déterminent le mouvement; par ces situations s’expriment donc les volontés et les affections, détermination^, mouvements intérieurs du principe immatériel qui anime et qui meut la matière. De là la possibilité manifeste de représenter par le dessin l’esprit même.
- « L’art a deux choses à faire, dit Léonard de Vinci; il doit représenter le corps de « l’homme; et, par les gestes et les mouvements de ses parties, il doit représenter « aussi son esprit (2). » Et la même idée est exprimée presque par les mêmes termes dans la conversation de Socrate et de Parrhasius que rapporte Xénophon (3).
- Non-seulement c’est une des parties de l’art que de représenter les mouvements ; c’en est, suivant Léonard de Vinci (4), suivant Michel-Ange (5), suivant le Poussin (6), comme aussi suivant les anciens (7), la partie la plus relevée et la plus difficile Et, en effet, c’est à l’invention des mouvements que se font reconnaître avant tout les grands maîtres; c’est avant tout, par le caractère des attitudes et des gestes que se révèle dans l’ébauche la plus incomplète , ou dans les débris les plus maltraités par le temps, le génie d’un Léonard de Vinci, d’un Fra Bartolommeo, d’un Pérugin, d’un Raphaël, d’un Michel-Ange, ou le génie plus sublime encore d’un Phidias.
- (1) Trattalo delta Piltura (Roma, 1817,4°), p. 11, 29.
- (2) Delta Piltura, p. 110.
- ( 3) Memorabil. ÏU, 10.
- (4) Délia Piltura, p. 90, 107, lio, 113.
- ( 5 ) Condivi, Fila di Michelagnolo Buonarroti, 60.
- (6) Poussin, Osservazioni sopra la pitlura (Bellori, File de pittori, etc., p. 460). (7 ) Voy. Aristote, Polit., 1. VIII, c, 5; Poet., c. 6; Pline, ffist. mt., 1. XXV, c. 10.
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- La partie la plus haute du dessin est donc « de représenter la pensée par des raou-« vements et des gestes qui s’accordent avec elle (1). »
- Si c’est par les mouvements que l’esprit se manifeste avec le plus de clarté et d’évidence, la figure aussi le fait connaître et porte son empreinte. Le défaut dans lequel tombent souvent les peintres de faire à leur propre ressemblance les figures qu’ils inventent est une preuve , suivant Léonard de Vinci, que notre corps est tel que notre âme s’est plu à le former. « Ce défaut, dit-il, doit être fortement combattu, parce « qu’il est né avec le jugement. Car l’âme qui règne en ton corps est la même qui « est ton propre jugement, et volontiers elle se plaît à des ouvrages semblables à celui « qu’elle a fait elle-même en se composant son corps (2). » Quoi qu’il en soit de cette opinion , et soit que l’on admette que c’est cet esprit même par lequel nous pensons qui a donné la forme à notre corps, ou bien un autre esprit, il est toujours certain que la figure de chaque corps est dans toutes ses parties la manifestation d’une seule et même pensée, une et indivisible dans son caractère particulier, comme l’est toute pensée, comme l’est l’esprit même. De là vient, dans tout ce qu’a formé la nature, cet accord de toutes les proportions , qui en fait une harmonie, et que l’art doit avant tout observer.
- « Que chaque partie d’un tout, dit Léonard, soit proportionnée avec ce tout; si un « homme est gros et court, fais qu’il soit de même en tous ses membres; qu’il ait les « bras courts et gros, les mains larges et grosses, les doigts courts, et ainsi de tout le « reste. Et je dis cela d’une manière générale pour tous les animaux et toutes les « plantes (3). »
- Pour les choses dont la nature n’offre pas le modèle à l’art, pour les édifices, par exemple, même règle, même loi de proportion. «De même, dit Léon-Baptiste Alberti,
- « que dans un être animé les membres doivent correspondre aux membres, de même « dans un édifice les parties doivent répondre aux parties. D’où est venu ce précepte, « que d’un grand édifice les membres aussi doivent être grands; précepte que les an-« ciens ont observé avec tant de scrupule, que, dans les édifices publics et de vastes « dimensions, ils ont eu soin que les briques mêmes fussent plus grandes que dans « les constructions privées (4). » — « Que les parties soient de telle sorte, dit en plu-« sieurs endroits Palladio, qu’elles correspondent au tout et se correspondent entre « elles (5). »
- C’est que, comme un être animé, quel qu’il soit, un édifice doit être, suivant tous les grands maîtres, un tout dont les parties concourent avec l’ensemble à une même destination, et par conséquent à l’expression d’une seule et même pensée.
- f l ) Lionardo da Vinci, délia Piltura, p. 113.
- (2) Délia Piltura, p. îs. — Michel-Ange disait : Ogni pitlore ritrae se medesimo bene. (Vasari, Vila di Michelagnolo Buonarrotti, Firenze, 1823, 8°, t.V, p. 137.)
- (3) Délia Pitiura, p. 191.
- (4) De Re œdificaloria ("Paris, 1512, 40), f. 12.
- ( 5 ) Iquattro libri delV Archiletiura. ( Venez, if> (6, f I. II, p. 3. — Scamozzi, delY Architel-tura, P, i,|. r, r.?0i
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- Ainsi, quoi que fasse l’art, par cela même que son objet est de représenter les proportions, qui font les situations et les formes, et de les faire comprendre dans leur essence et dans leur vérité, ce n’est point le matériel de ces proportions qui est, à proprement parler, son objet, mais leur esprit, et c’est pourquoi l’accord des proportions ou l’harmonie, expression de l’unité de l’esprit, est la première loi de l’art (1).
- Maintenant l’art n’a pas seulement pour objet d’exprimer l’esprit propre, le caractère individuel et distinctif de chaque chose; il a encore un objet plus relevé, une fin plus haute.
- D’où vient que les situations, les formes, les proportions, en un mot, nous intéressent et nous plaisent par elles seules, et d’où vient que l’art s’attache à les représenter? C’est que par cette harmonie, reflet et signe de l’unité de l’esprit, elles on! de la beauté. La beauté, telle est, en dernière analyse, cette qualité des proportions que l’art a pour office propre d’exprimer. Et telle est la raison dernière de celte différence que nous avons signalée, en commençant, entre la géométrie et le dessin. « Les mathématiques « ne s’étendent qu’à la connaissance des quantités, mais elles ne s’inquiètent point de « la qualité, laquelle est la beauté des ouvrages de la nature et l’ornement du « monde (2). » Quoique les mathématiques considèrent l’ordre, la proportion, la grandeur, qui sont les éléments de la beauté (3), elles ne considèrent pourtant point la beauté même, et, au contraire, la beauté est la vraie cause pour laquelle l’art s’inquiète de ce que c’est que grandeur, qu’ordre et que proportion. Aussi le Poussin dit-il, d’accord avec Léonard : « La peinture est plus occupée de l’idée du beau que rie « toute autre. D’où vient que quelques-uns ont voulu que cette idée fût seule l’objet « et le but de tous les bons peintres; et la peinture qui adore et poursuit la beauté « est la reine de l’art (4). »
- Par cela seul que, dans tous les ouvrages de la nature, les proportions se correspondent les unes aux autres, et par suite forment toujours quelque harmonie, nul ouvrage de la nature ne saurait être sans quelque beauté. Les monstres mêmes, grâce à l’esprit qui les a produits et qui les vivifie, sont encore, dans leur difformité ( comme l’anatomie philosophique l’a fait voir ), conformes à eux-mêmes jusqu’à un certain point, et, jusqu’à un certain point, si disgraciés qu’ils soient, participent encore de l’universelle harmonie. Mais de même que, parmi les esprits, il en est dans la perfection desquels semble se manifester à découvert l’esprit supérieur duquel ils tirent leur origine, de même, entre tant de formes, il en est dont les proportions, selon l’expression de Léonard de Vinci, paraissent être divines. Ce sont celles qui, par excellence et entre toutes les autres, composent, comme il le dit encore, et comme le dit aussi Palladio , un concert harmonique (5); ce sont celles, en un mot, auxquelles appartient la beauté.
- (1 ) Lionardo da Vinci, délia Piltura, p. 29.
- ( 2 ) Lionardo da Vinci, délia Pittura, p. i l.
- ( 3 ) Aristot., Metaphys., XIII, 3.
- (4 ) Poussin, Ossercazioni, etc.
- (•’>) Lionardo da Vinci, délia Pittura, p. ie. — Palladio, Lettera (Carteggio d’artisti,publieato dal Dre Gave, Firenze, 8", t. III, p. 398).
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- Comme à l’esprit divin remonte tout esprit, à ces proportions divines se réfèrent aussi toutes les proportions différentes que nous étale la nature. De l’harmonie parfaite des proportions divines procèdent toutes les harmonies imparfaites, et dans la beauté se trouve, pour ainsi dire, l’esprit même de tant d’esprits divers.
- D’où il suit qu’en définitive, pour représenter les proportions des choses dans leur vérité et leur essence, c’est la beauté que l’art doit représenter.
- En ne se bornant pas à reproduire la lettre des formes et des proportions, en en exprimant le sens, le caractère, l’esprit propre, l’art s’élève de l’imitation à l’interprétation. En exprimant par la beauté la raison même des choses, il s’élève plus haut encore; il n’énonce plus seulement ce que sont les choses, mais ce qu’elles doivent être; il représente, il expose ce que la philosophie explique : la cause, le principe.
- « La poésie, dit un grand philosophe, est une chose plus sérieuse et plus philoso-« phique que l’histoire ; car la poésie dit plutôt le général, et l’histoire les choses parti ticulières. Le général est ce qu’un personnage de tel caractère devra probablement « ou nécessairement dire ou faire, et c’est ce que représente sous des noms propres la « poésie; le particulier est ce qu’un tel a fait ou ce qui lui est arrivé (1). »
- L’art n’est donc pas toujours, comme l’histoire, une simple reproduction des types mêmes que la réalité nous présente. Il retranche, il rapproche; mais ce qu’il retranche, ce sont les accidents qui troublent l’expression de la pensée, de l’intention de la nature; ce qu’il rapproche, c’est ce que des accidents ont séparé et qu’il est dans l’esprit de la nature de réunir. Comme le savant, en présence des monuments du passé, cherche à les restituer tels que les avait conçus leur auteur; de même, en modifiant les types que la réalité nous présente, l’art ne fait autre chose que dégager des obstacles qui l’empêchaient de se faire jour, l’esprit de la nature, et, pour mieux dire encore, l’esprit dont elle procède.
- C’est donc toujours la nature qu’imite l’art (2) ; la nature, telle qu’elle se fait voir plus ou moins dans toutes ses œuvres, et telle que partout et toujours elle veut être.
- Maintenant, de ce que l’art, entendu dans le sens le plus relevé, en imitant la nature telle qu’elle doit et qu’elle veut être, c’est-à-dire en en représentant l’idéal, ne représente point tel ou tel individu, avec les circonstances accidentelles qui lui sont particulières , mais bien le général, s’ensuit-il que l’idéal se réduise uniquement, comme on l’a dit, au général; que, par conséquent, l’art n’ait rien à faire avec l’individualité, et qu’elle doive être absente de ses œuvres ?
- L’idéal, en toute chose, est le général, parce que c’est le type dont les différents individus d’un même genre offrent des images plus ou moins ressemblantes, et qui, par conséquent, renferme toutes les perfections qui leur sont communes; mais cela n’empêche pas qu’il ne soit en lui-même d’une parfaite individualité. — L’idéal, en toute chose, est le type de la perfection ; tout type de perfection ne saurait rien contenir
- (l; Aristot., Poet, c. 9.
- (2 ) Lionardo da Vinci, délia Pithira, p. G, 7, S, 14, 90,204, 205, etc. Poussin, Osservazioni, etc.: F. Paehecn, de la Pinlura, su antirpiedad ygrandozas ( Se villa, 1649. 4°;, p. 322.
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- d’incomplet et d'indéterminé. Or toute généralité est nécessairement quelque chose d’indéterminé et d’incomplet. Dans les œuvres de la nature, en particulier, l’essentiel c’est l’esprit, principe et fin de tout le reste. Or l’esprit, c’est la vie, et, par suite, l’individualité même. Comment donc une forme ou règle générale, exclusive de l’individualité, pourrait-elle être, pour quelque chose que ce soit dans la nature, le véritable idéal?
- Les règles générales n’expriment que les conditions de la perfection. L’idéal, bien différent de ces règles, c’est la perfection même, inséparable de l’individualité; la perfection, que la nature nous offre éparse çà et là dans les individus qu’elle a formés, et dont la source première est l’individualité supérieure d’où la leur procède, savoir celle de l’Esprit, universel et suprême idéal.
- Aussi l’objet principal que le véritable artiste se propose, en réalisant l’idéal, est-il de nous offrir, non la froide personnification de règles abstraites, mais, comme fait la nature, dont il est l’imitateur, de réelles et vivantes individualités; aussi est-ce par la contemplation assidue des formes individuelles créées par la nature que, se pénétrant de l’esprit de vie dont elles sont animées, il se rend capable d’animer, à son tour, du même esprit ses propres créations (1) ; et c’est ainsi, en effet, qu’ont entendu l’art et que l’ont pratiqué ces grands maîtres qui ont su, pour exprimer les aspects divers de l’universel idéal, former, avec les éléments que leur présentait la nature, des caractères empreints d’une si forte individualité, les Homère, les Shakspeare , les Phidias, les Léonard de Vinci, les Raphaël. Aussi, bien loin que les œuvres de l’art doivent présenter, comme on l’a dit (2), un caractère tout différent de celles de la nature, au contraire, selon tous les maîtres, le dernier effort de l’art doit être de faire en sorte que l’art disparaisse, et que ses œuvres semblent être les œuvres de la nature elle-même (3).
- Les proportions réelles des choses sont l’objet principal du dessin proprement dit, comme elles sont celui de tous les arts du dessin. Les images superficielles ou projections des choses, avec les diminutions perspectives des grandeurs, avec les lumières et les ombres et leurs affaiblissements, composent le langage par lequel le dessin, proprement dit, exprime et fait comprendre les proportions réelles.
- Juger des proportions géométrales des choses, juger, en outre, des proportions de
- (!) C’est ce que Quatremère de Quincy méconnaît, lorsqu’il dit que l’art doit représenter non un homme en particulier, mais l'homme (Essaisur l’imitation dans les beaux-arts, 1823, in-8°J; proposition qui, entendue dans le sens qu’il lui donne (après Winckelmann), résume la théorie, contraire à la pensée de tous les grands maîtres, d’après laquelle, sous le nom usurpé d'idéal, la convention ( d’où procède le style appelé académique ) devient la règle de l’art.
- ( 2) Voy. les ouvrages de Quatremère de Quincy, Toppfer, etc.
- (3) Soleva dire Michel Agnolo Buonarroti, quelle sole figure esser buone, delle quali era cavata la fatica, cioè condotle con si grande arte, che elle parevano cose naturali e non di artilizio. Gello , cité par Mariette dans ses Observations sur Condivi. —Poussin, Osservazioni, p. 461 : La strullura o compositione delle parti sia non ricercata studiosamente, non sollecitata non faticosa, ma simigliante a naturale,
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- leurs apparences, c'est-à-dire des modifications des proportions géométrales par la perspective, tel est donc, en résumé, le double problème que doit résoudre l’œil. De quelle manière, par quelle suite d’études peut-on le plus promptement et le plus sûrement s’en rendre capable ; en d’autres termes, par quelle méthode peut-on apprendre le mieux possible et dans le moins de temps possible à dessiner? C’est ce que nous allons, à l’aide des principes que nous venons d’établir, essayer maintenant de déterminer.
- Tous les arts s’apprennent, au moins en grande partie, par la pratique. Fabricando fit faber, a-t-on dit, et l’on peut dire de même qu’on apprend à dessiner en dessinant.
- Mais, s’il est certain que, comme tous les arts, l’art du dessin ne peut pas s’apprendre sans la pratique, la pratique seule, sans aucun ordre ni aucune sorte de règle, suffît-elle ? On l’a prétendu de notre temps, on le prétendait déjà du temps de Léonard de Vinci. « Quelques-uns croient, dit-il, que, sans autre science, il suffit de « la pratique de copier les choses naturelles. » Mais il ajoute : ce II n’est chose qui « nous trompe plus que de nous fier à notre jugement sans autre raison, comme le cc prouve toujours l’expérience, ennemie des alchimistes, nécromanciens et autres « simples esprits (1). »
- Et, en effet, combien la pratique sans nulle règle, ou la routine aveugle, ne produit-elle pas en tout genre d’erreurs qu’il faut ensuite perdre beaucoup de temps à redresser? Quand on marche sans guide dans un pays inconnu, sur la foi seule d’un jugement qui n’est pas formé encore et que rien ne dirige, combien de chances de se tromper de chemin 1 et, qui pis est, n’ayant pendant longtemps aucun moyen de s’apercevoir en quoi on se trompe, combien de chances de se faire, d’une fausse manière de voir et de juger, une irrémédiable habitude ! Si donc il est vrai qu’on ne saurait apprendre l’art sans la pratique, il est vrai aussi que quelque théorie est nécessaire à la pratique pour la diriger.
- « Ceux qui s’éprennent de la pratique seule sans nulle science sont comme des « navigateurs qui vont en mer sur un navire sans gouvernail ni boussole, et qui ne « savent jamais avec certitude où ils vont. Toujours la pratique doit être édifiée sur « la bonne théorie ; sans celle-ci rien ne se fait bien, non plus dans la peinture qu’en « toute autre profession (2). »
- Il est évident, d’abord, qu’entre tous les objets qu’on peut étudier, il en est dont l’étude est plus profitable ; c’est au moins une première règle qui doit gouverner la pratique que celle qui lui apprendra à quels objets elle doit de préférence s’adresser.
- De tout ce que produit la nature ou que l’art ait jamais inventé, la figure humaine n’est pas seulement celle qu’il est le plus important de bien connaître et de savoir le mieux représenter, parce que dans l’art comme dans la nature c’est à l’homme que revient partout la première et la principale place. — Fait, entre tous les corps, pour servir d’habitation et, d’instrument à l’esprit, pour obéir à ses volontés et pour exprimer ses affections, le corps humain est de tous celui qui, dans ses mouvements, dans ses
- (1) Delta Pittura, p. 356.
- (2) Lionardo da Vinci, délia Piitura, p. 69.
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- formes, dans toutes leurs proportions, présente à la fois et le plus de variété et le plus d’unité ; c’est celui dont les types divers sont le plus empreints d’un caractère propre, d’une individualité distincte, celui enfin qui est susceptible de la plus grande beauté. De là il résulte que les erreurs dans la représentation d’une figure humaine sont plus sensibles que dans celle de toute autre figure, et que celui même qui les a commises les reconnaît plus aisément. Dès lors, pour instruire à bien juger, en toutes choses, des proportions, c’est-à-dire, comme nous l’avons dit, à dessiner, rien de mieux que de proposer, pour premier objet d’étude et d’imitation, la figure humaine. C’est un point sur lequel il n’y a guère de dissentiment.
- Mais, de ce que la figure humaine est la plus complexe et dans ses mouvements et dans ses formes, il suit aussi que c’est de toutes les figures la plus difficile à bien voir et à bien représenter. Dans la nature vivante on à la variété des formes s’ajoutent celle des couleurs et la mobilité inséparable de la vie, la complexité est telle, qu’il est manifestement impossible à un commençant de ne point s’y perdre. De là, la nécessité sur laquelle tout le monde, ou peu s’en faut, est encore unanime, d’une première simplification, de celle qui consiste à donner pour modèle non la nature même, mais une image de la nature sans mouvement et sans couleur ; c’est ce que l’on appelle ordinairement une bosse.
- Mais une semblable image, s’il s’agit d’une figure entière, n offre-t-elle pas encore un ensemble composé de trop d’éléments divers, dont il est impossible à un œil inexpérimenté de saisir et de reproduire les rapports ? Sur ce point encore, sur l’impossibilité de donner au commençant pour modèle une figure entière, nul dissentiment.
- Or, il est une partie de la figure humaine dans laquelle, plus encore que dans le reste, les proportions sont savantes et délicates, qui possède plus que tout le reste l’individualité de caractère, qui est enfin susceptible d’une beauté plus exquise que tout le reste, et qui de plus forme à elle seule en quelque sorte un tout, déjà bien suffisamment complexe et difficile à comprendre. Cette partie est la tête.
- La moindre simplification qu’il soit nécessaire de faire, la moindre restriction aux entreprises hasardeuses d’une routine aveugle, c’est donc de ne donner d’abord pour modèles que des bosses et parmi les bosses de simples têtes.
- Ne faut-il pas aller plus loin encore ? Ne faut-il pas donner aux commençants pour premiers modèles, au lieu de bosses, des estampes, dessins ou photographies, où les apparences visibles se distinguent plus aisément des proportions réelles qu’elles expriment, où les lumières et les ombres sont plus simples et plus aisées à comprendre ; ne faut-il pas aussi, au lieu de têtes entières, faire imiter d’abord les parties seulement dont la tête se compose ? C’est l’opinion qui a eu dans tous les temps le plus de crédit ; c’est ce que dans tous les temps on a généralement pratiqué, comme l’attestent les écrits de Cennino Cennini (1), Léonard de Vinci (2), Benvenuto Cellini (3), Vasari (4),
- (1) Trattato délia Pittura (Roma, 1821, 8°), c. 8.
- (2) Délia Pittura, p. 57.
- (3) Discorso sopra i principi e’I modo d'impararc Varie del disegno ( Opéré, Milano isi i, 8", t. Ili j.
- (4) Introduzione aile ire arti del disegno, c. 15. — Fila di Michelagnolo Dnonarroli. p. 120.
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- Lomazzo (1), Armenini (2), de Piles (3), etc., comme le prouvent les recueils de Principes de dessin qui ont été publiés à différentes époques (4). C’est enfin ce que l’on pratique encore de nos jours dans la plus grande partie des écoles, et on peut même dire dans presque toutes.
- De tout temps on a donc généralement tenu pour vrai ce principe : que ce n’est qu’après avoir appris ce qui est facile et simple que l’on doit aborder ce qui est difficile et composé. D’après ce principe, on imite des images dessinées ou gravées avant d’imiter des reliefs ; on imite les parties avant d’imiter les ensembles. De plus, de chaque chose que l’on étudie, on s’applique à imiter exactement la forme, et par conséquent à représenter avec soin les lumières et les ombres qui la rendent visible, et qui déterminent les inclinaisons relatives, la fuite ou le relief des surfaces.
- On s’est plaint que par cette méthode il fallait trop de temps pour arriver de degré en degré, à partir de l’imitation des parties de la tête, d’après des estampes, jusqu’à celle de têtes et de figures entières d’après la bosse ; on s’est plaint que de plus trop de temps se passait, en faisant chaque dessin, à imiter les lumières, les ombres, les demi-teintes; que dans les minuties de ce travail on contractait une habitude vicieuse de se préoccuper à l’excès des détails, qui ne permettait plus de comprendre des ensembles. On a dit, enfin, que le résultat qu’on devait se proposer était de conduire, dans le moins de temps possible, à reproduire l’ensemble et l’aspect général des choses, et qu’après plusieurs années employées à cette étude patiente, à partir des éléments de la figure humaine, à peine approchait-on d’un semblable résultat.
- De là différents systèmes dans lesquels le dessin commence par l’imitation de têtes en relief.
- Dans le plus hardi de ces systèmes on donne, dès l’abord, à imiter de semblables modèles, sans nul secours. C’est ce que proposait, comme une application de ses vues générales pour la simplification de l’enseignement, l’auteur de la méthode dite universelle, Jacotot. L’expérience a démontré, comme il était facile de le prévoir, qu’une tête en relief, celle de l’Apollon du Belvédère, par exemple, qu’on donnait pour premier modèle à tous les commençants, leur offrait, par ses proportions multiples, compliquées de tant d’effets mystérieux de perspective et de clair-obscur, des difficultés qu’ils ne pouvaient surmonter; ou ils perdaient courage, ou bien, passant outre, en dépit des fautes les plus graves, dont ils ne pouvaient se corriger, ils prenaient pour toujours l’habitude pernicieuse de faire de mauvaises choses et de s’en contenter.
- Dans le système proposé par M. Alexandre Dupuis, il y a plus de vingt ans, système qui a obtenu des suffrages considérables, et qui, aujourd’hui encore, a ses partisans, le premier modèle qu’on donne à imiter est encore une tête en relief, mais c’est une tête simplifiée.
- (1) Trattato délia Pittura.
- (2) Precetti délia Pittura, c. 3.
- (3) Eléments de peinture pratique, P. I. c. 1.
- (4) Voir notamment ceux qui ont été gravés d’après les dessins de Palme le jeune, de Prospero Fon-tana, d’Annibal Carrache, du Guerchin, etc.
- Tome Ier. — 33e année. série. — Mars 1834.
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- Par là M. Dupuis a cru, conservant les avantages que Jacotot se promettait de sa méthode, en retrancher les inconvénients.
- En conséquence, M. Dupuis donne aux commençants pour premier modèle un buste qui ne présente que des masses très-générales ; après ce buste, un autre qui offre quelques indications de plus, puis un troisième où les détails sont plus nombreux et plus décidés encore, et un quatrième, enfin, qui complète la série, et qui seul est à peu près conforme à la nature. Ces quatre bustes (dont chacun est, en outre, placé dans trois situations différentes : la tête droite dans le premier, levée dans le second, penchée dans le troisième), ces quatre bustes présentent ainsi quatre états successifs d’une même figure, depuis l’ébauche la plus grossière jusqu’à l’entier achèvement ; ce sont les degrés par lesquels l’auteur de la méthode veut que l’on conduise l’élève, de l’indication générale de l’ensemble à la représentation complète, comprenant tout le détail des parties.
- De la sorte, dit M. Dupuis, tout en commençant le dessin par la tête entière, par un tout, comme dans la méthode de Jacotot et dans toutes les méthodes par lesquelles on a cherché à abréger l’étude du dessin, on commence néanmoins par un objet simple et facile, et l’on ne passe que successivement, comme dans la méthode ordinaire, quoiqu’en suivant une marche inverse, du simple au composé et du facile au difficile. En outre, pense-t-il encore, procéder ainsi, c’est procéder conformément à ce grand principe, que l’ensemble doit commander au détail, et que, par conséquent, toute œuvre d’art doit être commencée par l’ensemble (1).
- En effet, si on peut appeler simple, par rapport à une quantité, ses diverses parties, et c’est en ce sens que les membres sont simples par rapport au corps, on peut, d’un autre point de vue, considérer comme simple, par rapport à un objet complètement déterminé, un état moins déterminé de ce même objet, et qui, par suite, présente une complexité moindre; et c’est en ce sens que l’ébauche d’une figure, où les traits particuliers ne se trouvent pas encore, est plus simple que la figure achevée. Or, cet état antérieur et plus simple, on l’appelle souvent par ellipse l’ensemble, le tout; par ellipse, car ce n’est point le tout avec toutes les parties qui le composent une fois réalisé, et qui seules en font réellement un tout; c’est le tout sans les parties, c’est l’ensemble abstraction faite des détails, ou, si l’on veut, l’ensemble renfermant les détails d’une manière purement virtuelle et idéale.
- Mais le caractère du tout abstrait de ses parties, c’est d’être, par rapport au tout réel dont il est l’ébauche, encore indéterminé, indéfini. De là il suit que, pour celui qui ne connaît point les détails que l’ensemble abstrait ne contient que virtuellement, cet ensemble n’a qu’une signification indéterminée; et une signification indéterminée n’en est pas une. Donner à imiter à un commençant un tel ensemble, c’est donc lui proposer un modèle qui est, pour lui, insignifiant. Un modèle semblable n’a rien, par conséquent, qui soit propre à enseigner à celui qui l’imite l’exactitude et la précision,
- (\) De Venseignement- du dessin sous le point de vue industriel, par Alexandre Dupuis (Paris, lR.lfi, 8° ), p. 2« et suiv.
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- et l’habitude prise au début de ne faire qu’en gros et qu'à peu près, lorsqu’on arrivera graduellement aux détails, ce ne sera toujours qu’en gros et qu’à peu près qu’on saura les comprendre et les représenter.
- Sans doute, quelque chose qu’on veuille faire, c’est l’ensemble, c’est le tout, le tout sans le détail des parties qu’il faut commencer par établir; car c’est ce tout, où les parties viendront successivement se placer, qui doit d’abord être juste, et les détails les plus heureux ne sauraient en compenser les défauts; c’est ce que Léonard de Vinci invite incessamment les artistes à ne point perdre de vue (1).
- C’est enfin une vérité dont les Grecs en particulier se sont montrés profondément pénétrés; car, s’il est une qualité entre toutes, par laquelle leurs ouvrages l’emportent de beaucoup sur ceux des modernes, c’est l’intelligence de l’ensemble. Mais il n’en est pas moins vrai que cet ensemble sans parties, par lequel il faut nécessairement commencer tout ce qu’on fait, n’a de signification que par rapport au tout complet, dont il est la préparation et le premier état. Pour l’artiste qui l’indique et qui sait ce qu’il y doit ajouter, ce premier ensemble a donc un sens déterminé, et de là il arrive inévitablement que les esquisses d’un maître, même les plus sommaires, au lieu de rester bornées à une généralité systématiquement informe, laissent toujours percer par endroits les idées déterminées, précises et définies dont elles sont le projet. Mais ces indices même, pour un œil inexpérimenté, ne sont que des énigmes. L’esquisse, en somme, n’a un sens que pour son auteur, et pour ceux que l’expérience et la science ont mis en état de s’associer à sa pensée, et d’en anticiper avec lui la réalisation. Pour un commençant, elle n’en a point, ou elle n’a qu’un sens vague et confus. La lui proposer à imiter pour son début, c’est donc, encore une fois, lui donner pour première leçon de se contenter d’un sens mal défini ; c’est lui en faire contracter l’habitude ; c’est lui ôter, par une telle habitude, le désir, et bientôt même le pouvoir de parvenir, en quelque objet que ce soit, jusqu’au défini et au déterminé, c’est-à-dire jusqu’à la réalité. D’où l’on voit que de ce qu’en toute chose c’est par l’ébauche qu’il faut commencer ce qu’on veut faire, il ne suit nullement, comme M. Dupuis l’a pensé, que les premiers modèles doivent être des ébauches. Loin de là, s’habituer dès le début à imiter des objets systématiquement indécis et informes, c’est se rendre incapable de comprendre jamais les formes véritables, par suite de faire même jamais une simple ébauche, telle du moins que celles qui sortent de la main des maîtres, et où dans ce peu qui y est, et que l’on y voit, se laisse au moins entrevoir déjà ce qui doit être.
- Cependant il faut convenir que les modèles proposés par M. Dupuis ne présentent pas cet aspect d’indétermination qui est, en général, le caractère des ébauches ; cela tient à ce qu’ils sont tous façonnés par plans et par angles. Le premier de ces modèles ne présente que quelques grandes masses ainsi indiquées ; le second ne diffère du premier, et le troisième du second, que par des plans et des angles plus nombreux, et le dernier même, qui se rapproche le plus des formes de la nature, retient encore beaucoup de ce même caractère. Par là surtout ces modèles diffèrent essentiellement des
- (i) Délia Pittura, p. 58, T2.
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- ouvrages qui sortent de la main des maîtres, et ils ressemblent beaucoup plus aux états successifs par lesquels l'ouvrier, le praticien rapproche peu à peu, d’une manière mécanique, la pierre ou le marbre du modèle que l’artiste l’a chargé de reproduire.
- L’objet de la préoccupation constante des maîtres, le but où ils visent toujours, étant, comme nous l’avons dit, l’expression du caractère ou de l’esprit des formes, leur pratique constante a été de l’indiquer tout d’abord dans l’esquisse même la plus légère et la plus fugitive, et, par conséquent, en ébauchant la figure d’un être animé, et principalement une figure humaine, de faire tout d’abord sentir la nature de ces courbes sinueuses ou serpentines (comme les appelaient Léonard et Michel-Ange) (1), qui en sont le caractère distinctif et en révèlent l’esprit. C’est ce que nous voyons dans les dessins du Titien et du Corrége, comme dans ceux de Raphaël, de Léonard de Vinci, de Fra Bartolommeo et de Michel-Ange, comme dans les ébauches en cire (2) et en terre ou même en marbre (3) qui nous restent de ce grand artiste.
- Une manière toute différente a commencé à régner dans certaines écoles au dix-septième et au dix-huitième siècle (4), à mesure que le sentiment véritable de l’esprit des formes s’y affaiblissait : c’est celle qui consiste à remplacer les lignes et les surfaces courbes par des droites et des plans; borné d’abord au détail des figures, aux plus petites parties qui les composent, ce procédé a de plus en plus été appliqué à de grandes parties, et il a fini de notre temps, chez beaucoup de dessinateurs et de peintres, par s’étendre au dessin tout entier.
- Les modèles proposés par M. Dupuis présentent, de ce procédé , une application systématique, et dont les commençants qui les imitent doivent nécessairement contracter l’habitude.
- Or, en premier lieu, habitué à tout voir sous un aspect unique, l’œil doit peu à peu devenir incapable de comprendre la variété infinie que la nature nous offre ; il doit devenir incapable, surtout, de comprendre et de représenter ces formes souples et flexueuses, qui sont le caractère distinctif de la nature humaine, ces formes que Michel-Ange comparait au mouvement ondoyant de la flamme (5). En second lieu, l’effet particulier de ce procédé qui consiste à tout exprimer, ou presque tout, par des plans, c’est de dissimuler, sous la précision de surfaces si arrêtées, l’indétermination réelle des formes, et de donner ainsi à l’impéritie de celui qui n’a pas su en démêler et en reproduire le caractère véritable un faux air de savoir. De là l’aggravation des inconvénients de la méthode.
- Si, par l’habitude prise de copier de simples ébauches, telles, encore une fois, que
- (1) Linnardo da Vinci, delta Pitlura, p. 89. Lomazzo, Trattalo, etc., 1. VI, c. 4.
- (2) Voir celles qui appartiennent à M. Gherardini, de Florence, et qui sont en ce moment à Paris..
- (3) Voir les Esclaves que possède notre Musée, le S. Mathieu de l’Académie des beaux-arts de Florence, la Madone et le Jour de la chapelle des Médicis.
- (4) On la connaissait déjà auparavant, et Lomazzo l’appelle quadratura (Idea del tempio delta Pitlura, C. 4 ).
- (h; Lomazzo, Trattalo. etc., 1. T, c. i.
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- sont les ébauches des maîtres, on ne sait rien exprimer qu’en gros et qu’à peu près, si, par conséquent, on n’arrive pas jusqu’à la vérité, du moins n’est-on pas, pour cela, à proprement parler, dans le faux, et l’indétermination même à laquelle on s’arrête peut avertir que, pour toucher au but, il reste du chemin à parcourir. Mais prend-on, de plus, une manière de faire qui donne à tout ce qu’on fait un semblant de précision et de parfaite détermination, on se cache à soi-même sa faiblesse ou son ignorance, et on pose ainsi à ses propres progrès une borne presque impossible à franchir.
- La méthode de M. Dupuis a été conçue pour servir à enseigner le dessin à la classe ouvrière, à cette classe -qui a besoin, pour l’exercice d’une foule de professions plus ou moins mécaniques, d’une connaissance élémentaire du dessin, et qui ne peut consacrer que peu de temps à l’acquérir. El il semble qu’elle est assez bien appropriée à cet usage. Si, en effet, il résulte de ce que nous venons de dire que cette méthode ne peut conduire bien loin, d’un autre côté on ne peut nier que, en faisant commencer par l’imitation de simples ensembles, elle ne soit propre peut-être à mettre plus rapidement qu’une autre en état de saisir l’ensemble des proportions, et de mettre à peu près à leur place les masses principales ; et, si ce n’est pas assez pour l’art, c’est assez pour ce que demandent de dessin la plupart des métiers.
- Cette méthode, encore une fois, peut donc convenir assez bien à l’enseignement des artisans, pour lesquels elle a été imaginée ; mais ce n’est pas une raison pour la transporter, comme on a voulu le faire, de ces écoles populaires où elle a rendu, dit-on, des services, dans des écoles d’un ordre supérieur, et surtout dans les lycées.
- Cependant, s’il est une méthode par laquelle on puisse, en effet, acquérir plus promptement que par une autre une certaine connaissance du dessin, si limitée qu’elle soit, peut-être sera-t-on tenté de croire qu’elle devrait être adoptée de préférence par toutes nos écoles, à l’exception de celles qui sont spécialement destinées à former des artistes. Partout, dira-t-on peut-être, et de notre temps surtout, c’est du plus grand nombre qu’il faut principalement se préoccuper ; or, le plus grand nombre a besoin de savoir le dessin d’une manière très-élémentaire, dans la mesure qu’exige non la pratique de l’art, mais celle des diverses professions industrielles où le dessin a quelque part. Ce qui importe le plus, c’est que ceux mêmes qui ne pourront consacrer que peu d’années à l’étude en général et à celle du dessin en particulier puissent, dans ce peu d’années, en apprendre ce qu’il faut pour représenter avec quelque justesse les situations et les grandeurs des choses ; et s’il est une méthode de l’emploi de laquelle on puisse attendre un pareil résultat, dût-elle ne pas servir, dût-elle même, jusqu’à un certain point, faire obstacle à ce qu’on allât plus loin, cette méthode imparfaite, mais expéditive, est celle qu’il faudrait encore préférer.
- Nous ne pouvons partager cette manière de voir.
- En admettant même, ce qui est bien loin d’être incontestable, que, pour la pratique des différentes industries, on n’ait jamais besoin de dessiner avec la même précision et la même délicatesse que doivent savoir le faire les artistes, c’est un des premiers intérêts de l’industrie, et par conséquent du grand nombre qui l’exerce, qu’entre les mains du moins de ceux qui pratiquent l’art, il ne déchoie pas. C’est de l’art que toutes
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- les industries qui y ont quelque rapport reçoivent leurs inspirations. C’est lui qui leur fournit les types qu’elles multiplient en les accommodant à nos besoins divers ou à nos diverses fantaisies. Toutes sont incessamment occupées à approprier à tout ce qui nous entoure les formes dont les imaginations sont éprises, et dont l’art qui règne à chaque époque est la source ; toutes profitent de la séduction que l’art exerce, et de la faveur qui s’attache à tout ce qui porte son empreinte.
- Lorsqu’un grand maître paraît, et vient faire voir toutes choses sous un aspect ignoré jusqu’à lui, car tel est le privilège du génie, il faut que tout ce qui est soumis à la puissance humaine revête ces proportions, ces harmonies nouvelles qu’il est venu révéler. Pour répandre ainsi et pour appliquer en tout sens sa pensée, les arts anciens se transforment et se régénèrent, et des arts nouveaux prennent naissance. Et à ce labeur immense concourent encore de loin, pour en fournir les matériaux, les industries mêmes qui semblent le plus étrangères au dessin. Qui pourrait dire ce qu’ont dûau génie d’un Raphaël les professions même les plus mécaniques, non-seulement l’art des Marc-Antoine, non-seulement celui des potiers de Faenza, de Gubbio, de Pesaro et d’Urbino, non-seulement les fabriques de tapisseries de Flandre et les émailleries de Limoges, qui ont reproduit sous tant de formes ses créations, mais toutes les industries de son siècle et des siècles qui l’ont suivi ; combien d’hommes ont vécu des fruits de sa pensée, et de quelles richesses en tout; genre elle a été la source? Qui pourrait calculer ce que doit depuis trois mille ans la moitié de l’univers à cet art grec duquel dérivent encore, quoique modifiées par tant d’influences diverses, non-seulement les formes de tous nos monuments, mais celles même de nos vases et de nos ustensiles les plus vulgaires?
- Pour l’industrie française en particulier, si elle est à tant de titres au premier rang parmi les industries européennes, à quoi en est-elle redevable, sinon à ce que le premier rang appartient depuis longtemps déjà à nos peintres et à nos statuaires, et que dans l’art, aussi bien que dans la littérature, aucune nation ne peut le lui disputer?
- Quel plus mauvais service serait-il donc possible de rendre au plus grand nombre, en tout pays et dans le nôtre surtout, que de faire partout prévaloir des méthodes d’enseignement propres à borner à la mesure de la médiocrité le développement des talents, et, par un zèle mal entendu pour la foule, d’arrêter ainsi l’essor des génies d’élite qu’elle recèle toujours dans son sein, et que la Providence destinait à être ses bienfaiteurs ?
- Dira-t-on que les esprits d’élite savent se faire jour, quelques difficultés qu’ils rencontrent, et qu’il est inutile de se préoccuper d’eux ? Les exemples abondent dans l’histoire, et dans l’histoire de l’art en particulier, de génies heureusement doués, dont une mauvaise éducation a pour toujours faussé les voies et détruit les destinées.
- En second lieu, et en supposant même qu’on ne doive pas se préoccuper de ce petit nombre, de cette élite qui doit pratiquer l’art avec succès et répandre ses bienfaits sur la foule, ni même de ceux, plus nombreux déjà, à qui il serait utile, dans la carrière qu’ils doivent parcourir, de posséder à un degré assez élevé la connaissance du dessin, il importe assurément que, chez le plus grand nombre possible, le goût soit sain. D’abord, si l’état de l’art, et par suite de toutes les industries qui relèvent de l’art, dé-
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- pend du génie et de l’éducation des artistes, il dépend aussi pour une très-grande part du jugement du public, qui, par son approbation ou son improbation, peut soutenir les artistes dans telle ou telle voie, ou les en détourner. Or, comme le disait Paul Véro-nèse, « ceux-là seuls peuvent bien juger des choses de l’art, qui ont été bien instruits « dans l’art (1). » — Ensuite, puisque le goût, c’est la juste appréciation du beau, puisqu’entre le beau, le vrai, le bien, il y a une étroite connexion, et pour ainsi dire une intime solidarité, quel intérêt plus général que de diriger l’enseignement du dessin de manière à donner, autant que possible, à tous ceux qui y prennent part, un goût juste et délicat, un discernement sûr de la beauté? Si cela est vrai pour toutes les écoles, à combien plus forte raison cela n’est-il pas vrai pour les écoles où se donne l’enseignement secondaire, et où s’élèvent ceux qui par leurs lumières, comme par la place qu’ils doivent occuper dans notre société, sont destinés à exercer sur l’esprit de leur temps la plus forte influence ?
- Par ces diverses considérations, nous ne pouvons être d’avis d’établir dans nos lycées aucune de ces méthodes expéditives qui ne conduisent, si ingénieuses qu’elles soient, qu’à une appréciation inexacte et erronée des formes et de leur caractère. La seule méthode que nous pourrons proposer à votre haute approbation, monsieur le ministre, sera celle qui conduira, fût-ce au prix d’un peu plus de temps et d’efforts, jusqu’au but de l’enseignement du dessin, tel que nous avons dû le définir, d’après les maîtres de l’art : la possession de ce bon jugement de l’œil, par lequel on apprécie avec justesse les proportions et on en comprend l’esprit et la beauté.
- Nous avons vu que la tête humaine est un objet trop complexe pour servir de premier modèle, qu’en cherchant dès son début à l’imiter, un commençant ne pouvait que prendre l’habitude de l’erreur : nous avons vu que, d’un autre côté, proposer pour premier modèle un ensemble abstrait et sans parties, c’est enseigner encore, quoique d’une autre manière, l’erreur et la confusion.
- Dès lors nous sommes nécessairement ramenés à la méthode qui a presque toujours prévalu, et que confirme l’autorité de tous les maîtres de l’art, à celle qui ne laisse aborder les ensembles qu’après l’étude approfondie des parties.
- « La vue, dit Léonard de Vinci, a une action des plus promptes qui soient, et em-« brasse en un moment une infinité de formes ; néanmoins, elle ne comprend qu’une « chose à la fois. Supposons, lecteur, que tu regardes d’un coup d’œil toute cette page « écrite : tu jugeras à l’instant qu’elle est pleine de différentes lettres. Mais tu ne con-« naîtras pas dans ce peu de temps quelles lettres ce sont, ni ce qu’elles veulent dire ; « il te faudra donc marcher mot à mot, ligne à ligne, pour comprendre ces lettres. « Ou encore, si tu veux arriver en haut d’un édifice, il te faudra monter de degré à « degré ; sans quoi il est impossible que tu parviennes en haut. Et de même, je te dis
- (î)Bartol. dal Pozo, le File de pitlori, de gliscultori et architetli Feronesi, Verona, 1778, 4°, p. 113.
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- « à toi, que la nature tourne vers cet art du dessin : Si tu veux avoir la vraie connais-« sance des formes des choses, tu commenceras par leurs parties, et tu n’iras pas à la « seconde que tu n’aies bien dans ta mémoire et dans ta pratique la première. Et si tu « fais autrement, tu perdras le temps, ou du moins tu allongeras l’étude. Je te le ré-« pète encore, apprends l’exactitude avant la prestesse (1). »
- Mais, dit-on, d’un autre côté, si l’on ne peut commencer par le tout, pourquoi ne pas descendre à des fragments plus petits que ceux par lesquels on commence d’ordinaire, pourquoi ne pas descendre jusqu’aux doigts, jusqu’aux ongles ?
- C’est que, en conseillant de ne point commencer parle tout de la nature visible, ni môme par un ensemble tel que la tête humaine, trop complexe encore, bien que ce ne soit aussi qu’un fragment, pour' un œil inexpérimenté, néanmoins, afin de satisfaire à ces deux principes également certains que nous ne pouvons commencer par un tout très-complexe, et qu’un tout seul se peut comprendre, la raison veut que nous commencions par des parties qui forment encore des touts, et par conséquent des objets intelligibles. Nous nous arrêterons donc, comme on l’a toujours fait, à des fragments qui. ont, dans une certaine mesure, leur destination particulière, leur caractère propre, leur individualité distincte; tels sont l’œil, l’oreille, la bouche, la main, etc. Assez simples pour ne pas dépasse!' l’intelligence d’un commençant, de semblables parties sont encore des ensembles ; à ce titre, et comme telles, on peut les connaître par elles seules. Comme parties d’un tout plus complexe, on ne saurait, il est vrai, les connaître sans ce tout. C’est donc en arrivant, après les avoir étudiées séparément, au tout où elles s’agencent les unes avec les autres et s’harmonisent ensemble, que l’on achèvera de les comprendre.
- Après avoir pris pour point de départ, comme on le fait en toute science, ce qui est moins intelligible en soi, mais plus accessible, c’est en dernier lieu, selon l’ordre que comporte notre faiblesse et que la sagesse conseille, que nous nous élèverons à ce point culminant de la science complète, qui est comme un faite élevé d’où l’on embrasse tout et d’où l’on comprend tout.
- Enfin, pour ne laisser, dès le début même, sur la signification des parties de la ligure humaine que cette part d’obscurité que le moment n’est pas venu encore de dissiper, on ne négligera point de faire voir tout d’abord aux commençants quel est, d’une manière générale, le rapport qu’elles ont avec l’ensemble et la place qu’elles y tiennent. C’est encore ainsi qu’en toute science un exposé général et préliminaire précède l’enseignement des détails, et prépare cet exposé ultérieur et philosophique, où les détails recevront , réunis et accordés en un ensemble, leur dernière et pleine explication.
- Tel est donc l’ordre que la théorie prescrit à l’étude pratique du dessin. Mais la détermination de cet ordre, est-ce toute la part que doit avoir la théorie dans l’enseignement ? Et par conséquent, l’ordre de l’étude pratique une fois déterminé, est-ce assez pour apprendre les éléments du dessin, que cette étude qui consiste à commencer par l’imitation des parties de la tète pour finir par celle de la figure entière ?
- (l) Délia Pittura, p. 51.
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- Après avoir démontré par le raisonnement et par l’autorité de Léonard de Vinci, de Michel-Ange, des artistes de l’antiquité, etc., la nécessité de l’étude de l’anatomie des os et des muscles et de celle des proportions, M. F. Ravaisson continue ainsi :
- Enfin on a vu plus haut que le dessin proprement dit est la représentation des proportions des choses telles qu’elles paraissent à l’œil. On a vu également que, si nous avons peine à bien juger de la réalité par l’apparence visible qui en est pour nous le signe, d’un autre côté, par l’habitude que nous avons de ne voir dans le signe que ce qu’il signifie, nous avons peine aussi à voir l’apparence telle qu’elle est. De là des difficultés continuelles, soit, lorsqu’on invente, pour donner aux choses qu’on imagine les formes qu’elles doivent avoir, soit même, lorsqu’on imite, pour bien juger des apparences et pour les reproduire fidèlement. De là une incertitude dont on ne sort guère sans beaucoup d’erreurs.
- Or le rapport des apparences visibles aux proportions réelles, pour un point de vue et une distance quelconques, est réglé par des lois géométriques ; par ces lois, qui sont celles de la perspective, on peut à coup sûr prévenir l’expérience, et détruire sans erreur l’apparence de la réalité ou la réalité de l’apparence. Qui pourrait donc douter que la connaissance n’en puisse être très-utile pour assurer le jugement de l’œil et le garder de l’erreur? Aussi, à l’époque où le dessin chez les modernes a atteint le plus haut point de perfection, voyons-nous la perspective en honneur.
- Après Brunelleschi, Paolo Uccello, Lorenzo Ghiberti, qui furent les premiers à en bien entendre les règles (1); après Pietro délia Francesca, qui fut, dit-on, le premier à en donner la théorie (2), les maîtres dont les travaux illustrent le milieu et la seconde moitié du quinzième siècle, Masaccio, Filippino Lippi, Pisanello, Signorelli, le précurseur de Michel-Ange % Melozzo de Forli (3) dont les fresques enseignèrent probablement au Corrége l’art des plafonds [solto in su), Vincenzo Foppa, les deux Bellin, Mantègne, Ghirlandajo, le Pérugin , se montrent consommés dans la nouvelle science; Léonard de Vinci en fait le sujet d’un livre, aujourd’hui perdu, qui est devenu la source des principaux ouvrages où l’on en a traité au seizième siècle; Raphaël, enfin, à qui le Pérugin l’a enseignée, la possède à ce point d’en donner des leçons au grand peintre florentin Fra Bartolommeo. Et l’on ne saurait douter que la connaissance et la pratique habituelle de la perspective n’aient effectivement contribué pour beaucoup à donner au dessin, chez les peintres du siècle d’or de l’art, cette exquise justesse et par suite cette élégance achevée dont on s’est dans la suite écarté de plus en plus, à mesure que comptant davantage, pour dissimuler les erreurs, sur le jeu de la lumière et de l’ombre et sur l’effet de la perspective aérienne, on s’est fié de plus en plus au seul jugement de l’œil (4).
- fl) Van Eyck possédait parfaitement aussi la géométrie et la perspective, comme l’affirme Bartolommeo Gatio dans l’éloge qu’il a fait de lui, et comme le prouvent ses tableaux.
- (2) Outre la vie de ce maître, par Vasari, voy. Luca Pacioli, de divina proportione ( Venet., 1509, O, fos23et33.
- (3) Voy. Luca Pacioli, Summa de arilhmetica, præf., et de divina proportione, f. 18.
- (4) De tant d’aiitres maîtres, postérieurs à ceux qui viennent d’être nommés, et qui possédèrent à fond
- Tome Ier. — 53e armée. 2e série. — Mars 1854. 10
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- Ce n’est pas que, lorsqu’on apprend à dessiner, on doive mettre fréquemment en usage les règles de la perspective pour trouver la place et la grandeur des contours et des ombres. Nous l’avons déjà dit, construire géométriquement les formes, ce n’est pas plus dessiner que de les calquer; et, par conséquent, ce n’est pas davantage ce qui peut enseigner à dessiner. Mais en même temps qu’elle nous fournit un moyen exact de construction géométrique et de vérification, la connaissance des principes de la perspective, unie à l’habitude de les appliquer, doit nécessairement, en nous rendant attentifs aux diminutions perspectives des proportions et aux lois qu’elles suivent, nous conduire à les observer mieux, à les apprécier et à les représenter avec plus de justesse.
- Or, si la connaissance de la perspective peut servir à bien juger de toutes les formes visibles, de celles des os et des muscles, comme de celles de la surface extérieure, ne s’ensuit-il pas que c’est par la perspective que doit être commencé l’enseignement du dessin? « La pratique doit être édifiée sur la bonne théorie, de laquelle la perspective « est la porte et le guide (1). »
- Objecterait-on que c’est allonger beaucoup l’enseignement du dessin que d’y joindre celui de la perspective, ainsi que de la structure et des mesures de la figure humaine? Bien loin de là, ce sont des notions qui, en même temps qu’elle doivent éclairer la pratique, et par suite rendre sa marche plus rapide ainsi que plus sûre, peuvent s’acquérir dans un temps relativement très-court. C’est peu de chose, dit ce même Léonard de Vinci, qui recommande instamment de commencer par l’étude des principes scientifiques de l’art, c’est peu de chose que ces principes auprès de l’art lui-même (2).
- Apprendre d’abord la perspective , en second lieu la structure de l’homme et ses mesures; en troisième lieu seulement, dessiner la figure humaine, d’abord les parties, ensuite le tout ; tel est donc l’ordre que prescrit Léonard de Vinci à l’étude du dessin (3), et qui n’a pas cessé d’être l’ordre qu’il convient le mieux de suivre.
- Cela n’empêche pas néanmoins que l’enseignement des principes scientifiques de l’art ne puisse être utilement précédé d’un certain nombre de leçons consacrées à des exercices purement pratiques, exercices qui pourraient consister dans l’imitation de figures simples, telles que celles des solides réguliers, de quelques parties de végétaux, etc. Dans ces premiers essais, on s’habituerait à tracer des contours, à indiquer des ombres ; on s’habituerait surtout à observer des proportions et des formes ; et les difficultés mêmes que l’on éprouverait pour en bien juger et pour les bien reproduire disposeraient à reconnaître la nécessité et à comprendre l’usage des principes dont l’application méthodique servira, dans l’enseignement régulier, à résoudre successivement les problèmes du dessin (4). Ces exercices divers formeraient ainsi une
- la perspective, nommons seulement Jules Romain, Jean Goujon, Jean Cousin, le Baroche, Cigoli ( qui a laissé sur cette science un traité estimé ), Pablo Cespedes, Louis, Augustin et Annibal Carrache, le Poussin.
- (1) Lionardo da Vinci, délia Piltura, p. 69.
- (2) Délia Pittura, p. 33.
- (3j Délia Pittura, p. 50J.
- (i) Voyez sur ce point les judicieuses réflexions de Josh. Reynolds, Annotations to the art of paintaingof 6’. A. Du Frasnoy, York, 1783, 4°, p. 70.
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- sorte de préparation au cours régulier des études, qui commencerait par la perspective.
- Dans nos lycées, où l’enseignement ne peut être, à tous égards, que très-élémentaire , l’étude de la perspective sera nécessairement bornée aux principes généraux et aux applications les plus utiles pour la pratique du dessin. On aura soin surtout de faire voir comment cette science, qu’on n’applique guère aujourd’hui qu’à la représentation en raccourci des formes régulières qui peuvent être géométriquement dessinées, telles que celles d’un édifice, s’applique également à toute espèce de formes et en particulier à la figure humaine.
- L’étude des mesures ne s’étendra qu’à celles qu’il est le plus important de connaître et qui sont le plus constantes; et l’on s’attachera à faire comprendre, par des exemples empruntés principalement aux chefs-d’œuvre de l’art antique, comment se concilie avec la règle générale, qui est la loi de l’espèce, la variété infinie des formes individuelles. L’étude de la structure anatomique sera aussi limitée à ce qu’il est le plus nécessaire de savoir et que l’on peut apprendre d’après des moulages, des estampes ou des photographies, sur la situation et les fonctions des muscles et des os.
- Mais, d’un autre côté, ce ne serait point assez pour les principes scientifiques de l’art que quelques leçons plus ou moins abstraites précédant la pratique. Dans l’art, la pratique est le but, la théorie est un moyen pour y atteindre. Dès le début, la théorie doit donc être rapportée à son usage pratique, et la pratique doit jusqu’au bout s’éclairer de la théorie et en prendre incessamment conseil.
- En conséquence, lorsqu’on exposera aux élèves de nos lycées les principes de la perspective, on aura soin de les leur rendre sensibles en leur en montrant et en leur faisant faire à eux-mêmes des applications immédiates à des objets analogues à ceux qu’ils devront plus tard dessiner. Et réciproquement dans le cours de l’étude pratique, et pendant sa durée entière, on ne négligera aucune occasion de leur faire voir comment les problèmes qu’offrent à l’œil les raccourcis de toute nature que le relief implique rentrent tous sous les lois générales de la perspective, et comment elle conduit à les résoudre. Ainsi se vérifiera dans tout l’enseignement cette maxime, que « la perspective est la bride et le timon de la peinture (1). »
- De même, en donnant les notions nécessaires sur la structure anatomique de l’homme, au point de vue du dessin, et sur ses proportions principales, on aura soin d’en faire voir tout d’abord par des exemples l’utilité pratique. Puis, au fur et à mesure qu’on fera dessiner les différentes parties de la figure humaine, ou même des figures entières dans différents mouvements, on en fera étudier de nouveau, d’une manière plus approfondie, soit la structure, soit les proportions. Pour cela, nul moyen n’est peut-être meilleur que celui que proposait Alessandro Allori (2), et qui n’était que l’application à l’enseignement de la manière ordinaire de procéder de Michel-Ange (3); moyen qui consiste, soit, avant de faire dessiner chaque partie du corps telle quelle est dans sa
- (1) Lionardo da Vinci, délia Pittura, p. 254 : La prospettiva è briglia etimone délia pittura.
- (2) Baldinucci, Pila di Alessandro Pilori.
- (•3J Mariette, Observations sur la vie de Michel-Ange écrite par le Condivi, g 45 : « On ne voit
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- forme superficielle, à faire dessiner d’abord les os qu’elle renferme, ensuite les muscles ou cartilages que recouvre la peau ; soit du moins à placer quelquefois, à côté des modèles d’après lesquels on fait reproduire la figure superficielle des objets, la représentation de leur structure anatomique, représentation qui explique en partie leurs apparences et qui conduit ainsi, comme le fait à d’autres égards la connaissance des lois de la perspective, à les mieux comprendre, et par suite à mieux les dessiner.
- En prévenant l’expérience, selon l’expression que nous avons empruntée à Leibnitz, la science réduit les chances d’erreur, que l’expérience comporte toujours, et n’en laisse subsister, comme on l’a dit aussi de la sagesse à l’égard du hasard, que ce qu’on ne peut retrancher. C’est ce qu’on fait encore, à l’égard de l’étude des ensembles, l’étude préalable des parties. Les parties une fois bien connues dans leurs éléments constitutifs, dans les principales variétés de formes et sous les divers aspects qu’elles peuvent présenter, lorsqu’on arrive à un ensemble, on le connaît à demi, et, déjà familiarisé avec des éléments analogues à ceux dont il se compose, on le comprend plus vite et on le représente mieux. C’est pour cela, comme nous l’avons dit, qu’il faut étudier les parties avant l’ensemble; c’est pour cela aussi que rien ne sert de les étudier, si on ne les étudie assez profondément pour les bien connaître, et que, par conséquent, « il ne « faut point passer d’une première à une seconde qu’on ne possède la première (1). »
- De là dérivent pour la pratique plusieurs conséquences. En premier lieu, les parties de la figure humaine doivent être, en général, soit dans les modèles, soit dans les copies qu’on en fait faire aux élèves, de dimensions égales à celles de la nature ou du moins qui en approchent ; car dans les choses de petite dimension on est plus exposé à ne pas tout voir, et, par la même raison, « dans de petites choses on ne voit pas ses fautes comme on le fait dans de plus grandes (2). » — Une fois maître du détail des parties, on pourra, au contraire, parvenu aux figures entières, leur donner, sans inconvénient, des dimensions plus petites. En dessinant de semblables figures, il faut, pour mettre en proportion les unes avec les autres les diverses parties de la copie qu’on en fait, l’embrasser d’un seul et même regard; et l’usage s’est établi avec raison de ne point donner aux dessins de figures entières des dimensions supérieures à celles d’une feuille ordinaire de papier à dessiner. Il y a plus; ces dimensions sont celles aussi qu’on donne ordinairement aux modèles ; or, comme on n’apprend à dessiner que
- plus guère de peintres qui dessinent dans la manière de Michel-Ange, comme on n’en voit plus aussi qui étudient comme lui l’anatomie. Avait-il à faire une figure, il commençait par en établir la carcasse, c’est-à-dire qu’il en dessinait le squelette, et, quand il était assuré de la situation que les mouvements de la figure faisaient prendre aux os principaux, alors il commençait à les re\êtir de leurs muscles, et puis ensuite il couvrait ces muscles de chair. Et qu’on ne dise pas que ce que j’avance ici est une pure fiction ; je suis en état d’en donner la preuve : j’ai plusieurs études de Michel-Ange pour sa statue du Christ, delà Minerve, dans lesquelles on peut le suivre dans toutes ses opérations. » Plusieurs des modèles en cire appartenant à M. Gherardini de Florence, et dont j’ai parlé plus haut, sont des exemples de cette méthode.
- fl) Lionardo da Vinci, délia Pillura, p. 5i.
- (2) Ibid., ihid., p. 81.
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- par les jugements qu’on porte sur les rapports des grandeurs, ou les proportions, comme, par conséquent, il importe que les commençants ne puissent pas s’habituer à prendre sur le modèle des mesures qui les dispensent de ces jugements, c’est une chose utile que de les exercer à donner à leurs dessins, représentant des figures entières, des dimensions différentes de celles des modèles. Il sera donc bon, si les modèles n’ont, en général, que la hauteur d’une feuille entière de papier, d’en faire quelquefois des copies encore plus petites. Mais par cette raison que dans les petites choses on ne juge pas bien de ses fautes, et pour qu’on ne s’habitue point à se contenter d’imitations inexactes, les dimensions des dessins des figures entières ne devront descendre, en aucun cas, au-dessous de celle d’une demi-feuille de papier à dessiner.
- En second lieu, on ne connaît bien les objets que par les lumières et les ombres, qui en rendent sensible le relief. Si le trait qui marque les limites extérieures suffît pour représenter en abrégé la figure et la faire reconnaître, ce n’est que par les lumières et les ombres que présente sa surface qu’on en connaît d’une manière exacte et complète et les proportions et le caractère et la beauté propre. Afin de remplir ce précepte d’après lequel, dans toute la série de ses études, on ne doit pas passer d’un objet à un autre qu’on ne connaisse bien le premier, il est donc nécessaire que, pour chaque objet que l’on dessine, depuis les parties les plus simples jusqu’aux ensembles les plus composés, on ne s’en tienne pas au trait, ni même à une indication grossière du modèle, mais qu’on s’attache à reproduire, et à reproduire avec exactitude, les lumières et les ombres.
- « Si tu veux, ô dessinateur, dit Léonard de Vinci, faire une bonne et utile étude, « va doucement, juge bien entre les lumières quelles sont celles, et en quel nombre, « qui tiennent pour la clarté le premier degré, et de même entre les ombres quelles « sont celles qui sont plus obscures que les autres, et de quelle manière elles se mêlent « ensemble, et compare-les toujours les unes avec les autres; et enfin que tes ombres « et tes lumières soient unies sans traits ni points, et se fondent comme la fumée. Et, « quand tu te seras fait la main et le jugement à cette exactitude, la pratique te vieil-« dra si vite que tu ne t’en apercevras seulement pas (1). »
- Pour exprimer, avec le même crayon qui sert à indiquer le contour, le caractère exact des ombres, pour en rendre la douceur et, selon l’expression italienne, le sfu-malo, par des hachures juxtaposées ou croisées, il faut un grand travail, qui demande beaucoup de temps. Avec une estompe, on peut imiter, et plus facilement et plus vite, et les ombres et le passage des ombres aux lumières. Il semblerait donc qu’il conviendrait de prescrire, pour l’imitation des ombres, ainsi qu’on l’a proposé, l’emploi de l’estompe plutôt que du crayon.
- La commission pense néanmoins que pour l’enseignement, pour former l’œil à bien juger des formes et de leur caractère , le crayon est préférable à l’estompe. Le crayon représente des ombres par de simples traits. Ces traits, suivant le sens dans lequel on les trace, peuvent contrarier les formes dont ils doivent servir à exprimer le relief, ou,
- (1) Délia Pittura, p. 63.
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- au contraire, en se conformant à elles, concourir, par leur direction même, à les faire mieux comprendre. Pour mettre les ombres avec le crayon, il faut donc observer à chaque instant et l’ensemble et les détails des formes, avec les changements que leur fait subir le raccourci (1). Chaque trait, chaque hachure devient ainsi un enseignement du caractère des choses, de leur construction anatomique et de leur perspective. C’est ce que nous font voir les dessins des meilleurs peintres et les estampes des meilleurs graveurs, chez qui mettre les ombres n’est toujours rien autre chose que dessiner. — De plus, on n’a pas toujours des estompes; au contraire, on a toujours à sa disposition ou un crayon, ou une plume, ou quelque chose qui peut en tenir lieu et faire le même office. Il importe d’apprendre, dès le principe, à se servir surtout du moyen qui peut le moins faire défaut et de savoir enfin peindre les ombres avec la même pointe qui sert cà faire le trait.
- Si donc l’emploi de l’estompe peut être quelquefois autorisé, si même il est utile d’apprendre de bonne heure à la manier, ne fût-ce que pour se rendre indépendant de tout procédé et de toute manière particulière d’exécuter, néanmoins l’instrument habituel, et surtout au début, doit être le crayon.
- De ce qui précède, il suit que l’objet qu’on devra se proposer en indiquant les ombres, ce ne sera pas tant de plaire à des yeux ignorants ou mal instruits, par la régularité du travail, que d’exprimer d’une manière aussi parfaite que possible la figure et le caractère des objets. De la sorte, en consacrant au modelé et au clair-obscur tout le temps nécessaire, on ne consumera pourtant pas, comme il arrive souvent, la plus grande partie du cours dans une imitation minutieuse des travaux du burin et de la pointe des graveurs. En outre, une fois qu’on se sera rendu capable, par un exercice suffisant, d’exprimer complètement les demi-teintes, à défaut desquelles les lumières et les ombres n’ont point leur caractère véritable, mais qui sont la partie la plus difficile du modelé et celle qui exige le plus long travail, on pourra, sans les omettre, épargner néanmoins le temps nécessaire pour les bien représenter avec le crayon. Il suffira, pour cela, de dessiner sur un fond dont la teinte les supplée. C’est ce que l’on faisait habituellement dans le meilleur temps de l’art, en prenant pour papiers à dessin des papiers légèrement colorés, sur lesquels on indiquait les ombres avec du noir, et les lumières les plus vives avec du blanc. Et suivant Léonard de Vinci, qui maniait le crayon comme la plume avec une si surprenante habileté, c’est, en effet, pour dessiner d’après les modèles en relief, la meilleure méthode (2).
- Nous avons vu que si c’est par les parties de la figure humaine, et non pas par le tout, qu’il faut commencer, c’est par cette raison qu’en toutes choses la route qu’il faut prendre est celle qui conduit du simple au composé. Par celte même raison, ce ne seront point des reliefs qui devront être les premiers modèles, mais des imitations du relief sur un plan. « Commencez, dit Léonard de Vinci, par copier des dessins des
- (1) Lionardo da Vinci, délia Pittura, p. 64. —Monge, Géométrie descriptive , éd. 1811, p. 162 : « Pour chaque objet et pour chaque partie de la surface d’un objet, il y a des contours, des hachures plus propres que tous les autres à donner une idée de la courbure de la surface, etc. »
- (2) Délia Pittura, p. 128.
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- bons maîtres, vous copierez ensuite des figures en relief (1). » Des dessins, en effet, ou des estampes, et même des photographies, n’offrent point des effets de perspective aussi trompeurs ou aussi énigmatiques que le font des reliefs; les lumières et les ombres n'y ont point la même magie, et s’y laissent mieux comprendre. Enfin le travail même par lequel l’auteur du dessin ou de l’estampe a imité le relief est, pour celui qui cherche à l’imiter à son tour, une initiation nécessaire aux difficultés de l’art. On ne dessinera donc pointées figures en relief qu’on ne soit en état de reproduire, avec une exactitude suffisante, des dessins et des estampes.
- Les dessins ou les estampes, soit qu’ils représentent des parties de la figure humaine ou des figures entières, devront être la reproduction fidèle des types empruntés aux meilleurs maîtres de tous les temps. La photographie, aussi, pourra venir en aide au crayon et au burin, soit en multipliant des dessins de bons auteurs ou des estampes rares, soit même en offrant des reproductions immédiates de chefs-d’œuvre de la peinture ou de la sculpture, ou des représentations de la nature.
- Quant aux modèles en relief, c’est parmi les chefs-d’œuvre de la sculpture antique qu’ils devront presque tous être choisis.
- Sous l’influence de systèmes erronés sur l’objet et le but de l’art, l’usage s’est établi de choisir presque exclusivement, pour servir de modèles dans l’enseignement du dessin , parmi tous les monuments qui nous restent de la statuaire antique, des figures du genre de celles que l’on appelait idéales, et où l’on croyait trouver, avec le moins d’individualité possible, la représentation delà nature humaine dans sa plus abstraite géné-; ralité; sans s’apercevoir que celles de ces figures, qui sont plus remarquables par la régularité des formes que par la vérité, sont, pour la plupart, des copies ou des imitations d’où le caractère propre que présentaient les originaux a plus ou moins disparu pour ne laisser subsister que les proportions générales, c’est à ces ouvrages de seconde main que l’on s’est trop souvent adressé de préférence. Et de là il arrivait qu’en apprenant à dessiner, on n’apprenait aussi à estimer qu’un type conventionnel de formes et de mouvements, et on devenait incapable de comprendre les beautés infiniment variées de la nature.
- Par suite de la découverte qui a été faite au commencement de ce siècle d’un grand nombre d’ouvrages originaux de la plus belle époque de la statuaire grecque, et qui a frappé avec force les imaginations; par suite aussi de la réaction que devait naturellement produire, en sens contraire, l’insipidité de tant de productions inspirées par le culte d’un faux idéal, les opinions qui régnaient dans le domaine de l’art et dans celui de la critique se sont modifiées. L’individualité, la vérité, la vie sont rentrées dans leurs droits; et l’on peut même douter si, après avoir incliné longtemps vers l’un de ces deux pôles entre lesquels l’art moderne a presque toujours oscillé, on ne s’est pas aujourd’hui trop rejeté vers l’autre.
- Quoi qu’il en soit, l’enseignement élémentaire a continué presque partout de suivre les mêmes errements que par le passé. Pour y couper court, on avait proposé, dans la
- (î) Ibid,, p. 5t.
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- commission , de ne laisser prendre à l’avenir pour modèles, entre tant de monuments qui nous restent de la sculpture antique, que ceux qui portent au plus haut degré le caractère de l’individualité et de la vérité, c’est-à-dire les portraits.
- La commission a été d’avis que si cette proposition ne doit pas être admise dans ce qu’elle a à son tour d’exclusif, que si, au contraire, on ne peut trop tôt mettre sous les yeux des jeunes gens les chefs-d’œuvre où la forme humaine , la plus parfaite des formes de la nature, a été représentée à son plus haut point de perfection , et pénétrer ainsi ces imaginations encore neuves des principes et de l’essence de la plus excellente beauté, néanmoins, pour leur enseigner à comprendre et à aimer la nature dans son inépuisable variété, il est bon de donner aussi à étudier et à reproduire, dès le principe, un certain nombre de ces chefs-d’œvre d’un autre genre, où l’art a exprimé avec le plus de naïveté, sans chercher à les réduire à une beauté plus haute, les beautés propres des types individuels les plus particuliers et les plus singuliers.
- De plus, on choisira les figures mêmes qu’on peut, dans un certain sens, appeler avec raison idéales , les figures des Dieux, des Déesses, des Héros, des Héroïnes, parmi les monuments des plus belles époques, où les maîtres, épris de la nature et pleins de son esprit, ont su toujours unir dans leurs ouvrages l’individualité et la vérité à la beauté. Tels sont les monuments qui nous restent de Phidias ou de ses contemporains, et des grands sculpteurs qui les ont suivis de près.
- « Le peintre, dit Léonard de Vinci, et l’on peut dire la même chose du dessinateur, « doit étudier avec règle et ne laisser chose qu’il ne se mette dans la mémoire (1). » Et c’est pourquoi il recommande, après qu’on a fait d’un modèle une copie aussi exacte qu’on est capable de la faire, de s’exercer à la reproduire de souvenir. Par cet exercice, en effet, on fortifie et la mémoire, sans laquelle il n’est point d’art ni de science, et l’attention, qui n’est autre chose que l’intelligence même tendue et appliquée par la volonté; et enfin, ces types qu’on a appris à comprendre par la comparaison attentive de leurs proportions, conservés et sans cesse présents dans l’imagination, deviennent un sujet permanent de réflexions, de comparaisons et d’enseignements nouveaux.
- Au dessin d’après les modèles on joindra donc autant que possible cette pratique du dessin de mémoire qui, longtemps négligée, a été, comme nous avons déjà eu occasion de le dire, introduite avec succès depuis plusieurs années dans l’enseignement de l’école spéciale de dessin. Mais, comme nous l’avons dit aussi, pour que cette pratique n’ait point les inconvénients qu’entraîne après elle l’habitude de travailler de tête, et qu’elle n’éloigne point de l’observation et de l’imitation naïve de la nature, il importe que, selon la recommandation expresse de Léonard de Vinci, un calque fidèle serve à vérifier incessamment les inexactitudes du dessin de souvenir et à les corriger; c’est sous cette condition qu’une telle pratique pourra , sans nul danger , affermir dans l’esprit les résultats de l’imitation des modèles.
- En faisant étudier et reproduire les différents modèles, le professeur devra enseigner à se rendre compte, avant tout, de leur caractère essentiel, caractère qui est tout d’a-
- (i) Délia Piltnra, p. 59.
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- bord visible dans l’ensemble, et qui se retrouve le même dans les moindres détails; il enseignera donc à exprimer dès l’abord dans le tout le caractère général, puis à ne le perdre point de vue et à en poursuivre la recherche jusque dans lë'détail des plus petites parties. 11 s’attachera à faire comprendre ainsi à ses élèves comment dansles chefs-d’œuvre de l’art, aussi bien que dans les œuvres de la nature, les différentes parties sont analogues entre elles dans leurs mouvements, leurs proportions et leurs formes ; comment, en conséquence, bien qu’elles aient chacune leur nature et leur esprit propres, elles expriment néanmoins, par leur correspondance et leur accord mutuel, l’esprit indivisible, qui est l’âme et le principe du tout ; comment, enfin, la variété y est ainsi soumise à la loi de l’unité, ce qui en forme un ordre et une harmonie.
- Dans les chefs-d’œuvre où régnent en particulier ces proportions auxquelles on peut donner, avec Léonard de Vinci, le nom de divines, il s’attachera à faire voir comment., à plus de variété encore, se joint une plus parfaite unité ; comment ces deux éléments opposés de l’harmonie, s’élevant pour ainsi dire à la fois à une plus haute puissance, et l’unité devenant plus sensible par le contraste même de la diversité qu’elle soumet à sa loi, il en résulte l’harmonie supérieure qui constitue la beauté; comment, enfin, dans toute beauté véritable, alors même que le caractère des mouvements et des formes est plutôt la grâce que la force, ou l’élégance que la majesté, néanmoins, par la prédominance du tout sur les parties, de l’unité sur la variété, l’ordre devient de la grandeur, et à la beauté proprement dite se mêle plus ou moins ce qu’on' appelle le sublime.
- Par lâ, il apprendra peu à peu à ses élèves à reconnaître dans la beauté véritable l’image de cet Esprit, qui en est le divin et mystérieux principe, et il les rendra, par degrés, capables de comprendre cette pensée d’un grand maitre, peintre et philosophe, que le beau, tout en se manifestant dans les corps, est de sa nature incorporel (1).
- Mais, pour apprendre à bien juger de l’esprit des formes et de la beauté, ce qui est l’objet le plus élevé de l’enseignement du dessin, ce n’est pas assez de l’étude qu’on peut faire des modèles qu’on copie ou qu’on reproduit de mémoire. Le nombre en est toujours nécessairement trop restreint. « Ce n’est pas assez de dessiner, dit Léonard de « Vinci, il faut encore voir et comparer des ouvrages de différents maîtres (2).
- Les élèves de nos lycées ne pouvant aller chercher cà et là les œuvres d’art dispersées en tant d’endroits, ni même visiter, sinon très-rarement, les Musées où elles sont rassemblées en grand nombre, seront-ils donc privés de ce complément nécessaire d’éducation? On leur en procurerait le bienfait dans une certaine mesure, si l’on faisait, autant que possible, de chaque lycée un musée. C’est à quoi on arriverait sans beaucoup de dépense, en plaçant non-seulement dans la salle de dessin, mais dans le parloir, dans le réfectoire, dans les escaliers, sous les vestibules, dans les salles d’étude, partout où la disposition des lieux le comporterait, et d’une manière qui s’harmonisât avec
- (1) Poussin, Osservazioni, p. 462 : E qui si conduite cbe la pitlura allro non è che una idea deiie cose incorperee, quantunque dimostri li corpi, etc. — Carducho , Dialogo , etc., f° 38, attribue la même pensée à Albert Dürer.
- (2) Delta Pitlura, p. 50. Poussin, Osservazioni, p. 460.
- Tome Ier. — 53e année. 2e série. — Mars 1854.
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- cette disposition, des reproductions par le moulage, par la gravure ou parla photographie, des chefs-d’œuvre en tout genre de l’art des anciens et de celui des modernes. La puissante et favorable influence s’en exercerait ainsi partout et à tout instant sur l’esprit de la jeunesse; nourri de la poésie d’Homère et de Virgile, de Corneille et de Racine , il se nourrirait aussi, à chaque instant du jour, et presque sans s’en apercevoir, de celle des Phidias et des Raphaël, des Jean Goujon et des Poussin.
- À ce programme d’études, la commission croit devoir vous proposer , monsieur le ministre, d’ajouter un enseignement qui, jusqu’à présent, n’a point trouvé place dans celui du dessin, tel qu’il était donné dans nos lycées, et qui, nulle part peut-être, n’a encore été régulièrement organisé : c’est celui du dessin spécialement appliqué aux formes qui sont entièrement la création de l’art, et que, par opposition à celles des choses de la nature, on peut appeler les formes artificielles (1). Ces formes sont celles des objets divers que l’art invente pour les besoins divers de la vie ou pour la satisfaction de ce que Michel-Ange appelait l’insatiable fantaisie humaine : édifices, meubles, vases, ustensiles, ornements de toute sorte.
- Les êtres que crée la nature sont tels, dans leur matière et dans leurs formes, que le demandent les différentes fins qu’ils doivent accomplir ; et, en même temps, ils composent, soit par leur figure, soit par leurs couleurs, des harmonies qui satisfont à une fin supérieure et universelle-, laquelle est la beauté. Les objets que l’homme crée pour son usage sont déterminés aussi, et dans leur matière et dans leurs formes, par la nature même des besoins auxquels ils doivent servir. Mais, comme la nature, l’homme poursuit en même temps une fin plus haute. Entre toutes les matières, entre toutes les formes, il choisit autant que possible pour ses créations celles qui satisfont le mieux aux conditions de la beauté. Ce n’est pas tout : à ces formes mêmes il en ajoute d’autres qui servent, soit à mieux exprimer l’idée de laquelle procèdent les premières, soit à rehausser leur beauté ; ces accessoires, au moyen desquels les objets disent en quelque sorte avec plus de clarté, de force et de grâce, et d’un style plus relevé, ce qu’ils veulent dire, ces accessoires qui sont le caractère poétique des formes principales, et qui les accompagnent en les embellissant, comme l’harmonie accompagne et fait valoir le thème mélodique, ce sont les ornements. En premier lieu, les formes que l’art crée pour les objets nécessaires aux différents usages de la vie; en second lieu, les ornements dont elles sont susceptibles, tel serait donc le double sujet de cet enseignement nouveau, que la commission croit devoir vous proposer d’instituer.
- Le temps que l’on peut consacrer dans les lycées à l’étude de l’art ne suffisant pas, à beaucoup près, pour en approfondir toutes les parties, et non pas même une seule, il est évident qu’au lieu de les parcourir toutes, de manière à n’apprendre de chacune que très-peu de chose, le mieux est, généralement parlant, de s’appliquer à pousser aussi loin que possible l’étude de ce qui est le plus difficile comme le plus important, et que l’on ne connaît point sans être capable d’apprendre en peu de temps tout le reste, c’est-à-dire l’étude de la figure humaine. Car quiconque est en état de bien représenter
- (l) Cette dénomination a déjà été employée en ce sens, notamment par Seamozzi.
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- la figure humaine dans ses proportions, son caractère et sa beauté apprendra, sans peine et en peu de temps à représenter de même les proportions, le caractère, la beauté des animaux, du paysage et des fleurs, etc. ; tandis que la proposition inverse n’est pas vraie. Dès lors, il semblerait que dans les lycées il ne peut y avoir lieu non plus à faire du dessin des formes que nous venons d’appeler artificielles un objet d’enseignement. Ces formes, en effet, composées des mêmes éléments que eelles des objets naturels, ne les surpassent point, pour la plupart, ne les égalent pas même en complications et en difficultés. Aussi tel jugera assez bien des proportions d’un candélabre ou d’un vase, qui ne saurait juger de même de celles d’une grande partie des êtres qu’a créés la nature. Tel, au contraire, qui sait bien voir et par suite bien dessiner des animaux et des plantes, saura bien apprécier, et par suite dessiner comme il faut un vase, un candélabre, une volute. Combien mieux encore celui qui est capable de comprendre et de retracer les savantes lignes d’une figure humaine!
- Mais, quoique dans le dessin delà figure humaine soient renfermés les principes universels du dessin des autres genres de formes, néanmoins chacun de ces genres a encore ses principes propres. Delà il suit que, pour bien dessiner les formes qu’ils comprennent, par conséquent pour bien juger de leurs proportions, de leur caractère, de la beauté particulière dont elles sont susceptibles, il faut à l’étude du dessin de la figure humaine joindre des études spéciales. Si cela est vrai pour les formes des objets naturels, peut-être cela est-il plus vrai encore de celles dont l’imagination humaine est la source. Les formes naturelles, en effet, plus ou moins analogues à la nôtre, répondent, par une secrète harmonie, à la constitution intime de notre âme, et de là vient que ceux-mêmes qui n’ont de l’art nulle teinture jugent passablement des beautés de telles formes, soit dans la nature même, soit dans les ouvrages d’art qui la représentent. Pour celles, au contraire, qui sont des créations de l’art, la culture seule du goût, par la vue et l’étude des chefs-d’œuvre, nous met en état d’en juger.
- D’un autre côté , par cela même que ces formes sont eelles des objets qui servent aux usages les plus ordinaires de la vie et que le besoin ou les variations de la fantaisie nous invitent continuellement à renouveler, nous avons à en juger incessamment; c’est encore une raison pour qu’il soit désirable que des études spéciales nous mettent en mesure d’en porter des jugements éclairés.
- A cette considération s’enjoint une autre tirée de l’intérêt même de ces arts auxquels se rattachent, dans notre pays surtout, tant d’autres intérêts. Si la destinée de l’art, en général, dépend en grande partie de l’opinion plus ou moins éclairée du public, cela est vrai surtout des arts qui sont étroitement liés à l’industrie et qui ne peuvent se passer de son concours. Séparé du public par des intermédiaires plus ou moins nombreux, à peine connu de lui, l’artiste même qui déploie dans ces arts, considérés comme secondaires, la plus rare habileté, ne lui impose point par l’autorité de son nom, et n’exerce sur le jugement du plus grand nombre qu’une faible influence. Si, d’ailleurs, pour juger des tableaux, des statues, on veut bien déférer dans une certaine mesure à ceux qui sont versés dans la connaissance et dans la pratique de la peinture et de la sculpture, et qui, par conséquent, en sont nécessairement les meilleurs juges, pour ces choses usuelles dont on est entouré et dont, à tout moment, on fait usage, il
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- n’en est pas de même, et chacun se croit volontiers capable d’en juger aussi bien que qui que ce soit.
- Ajoutons enfin que, si de toutes les parties de l’art le dessin des objets que l’industrie doit approprier aux divers usages de la vie n’est pas la plus relevée, ni celle, par conséquent, qui peut contribuer le plus à l’éducation de l’âme et de l’esprit, c’est celle qui, d’un autre côté, à l’avantage de servir à juger des choses dont nous avons le plus souvent besoin , unit cet avantage encore, qui est une suite nécessaire du premier, de trouver un emploi immédiat dans le plus grand nombre des professions et des métiers.
- En donnant dans l’étude des éléments de l’art la première et la plus grande place au dessin de la figure humaine, qui en est la partie la plus haute, il semble donc qu’il y a des motifs suffisants pour faire aussi une place à cette partie de l’art qui en occupe en quelque sorte l’autre extrémité , et dont les applications directes sont les plus nombreuses de beaucoup, et, matériellement du moins, les plus utiles.
- Les formes qui sont la création de l’imagination se divisant naturellement, comme nous l’avons dit, en deux grandes classes, savoir : les figures mêmes des édifices, meubles, ustensiles, etc., et les ornements dont ces différents objets peuvent être revêtus, l’enseignement du dessin des formes artificielles se diviserait aussi en deux parties répondant à ces deux classes d’objets.
- Dans la première partie de cet enseignement, on ferait étudier des profils choisis, d’abord, de quelques-uns des principaux membres dont les édifices se composent, ensuite de vases, de consoles, de vasques, de balustres, de candélabres, etc., en joignant quelquefois, pour les formes architecturales, l’étude des plans à celle des profils. Dans l’étude de ces objets, comme dans celle de l’homme, on s’attacherait à faire voir comment les proportions des différentes parties dépendent les unes des autres et varient les unes avec les autres; comment, à cet accord et à cette correspondance qui donnent à toute œuvre de l’art, avec un caractère défini, une beauté propre, se fait reconnaître la pensée, l’esprit qui l’a produite; comment, du concert harmonieux de ces proportions que Léonard de Vinci appelle divines, résulte enfin la parfaite beauté.
- A cet enseignement se joindrait l’indication , par un nombre suffisant d’exemples, des modifications que les formes doivent subir et des caractères particuliers qu’elles doivent prendre, selon la diversité des matières, et d’après la nature différente du marbre, de la pierre, du granit, du bois, de l’ivoire, du fer, du bronze, des métaux précieux, etc.
- Dans l’étude spéciale de l’ornementation, on ferait connaître, et les types principaux que l’art a créés, et ceux qu’il emprunte le plus ordinairement, soit au règne animal, soit au règne végétal ; on montrerait surtout comment il modifie les éléments que la nature fournit, et les transforme au gré de la fantaisie.
- Pour toutes les parties de cette étude , les modèles seraient, en général, empruntés à l’art grec, qui, dans ce genre comme dans tous les autres, a su unir à la plus parfaite convenance des formes avec la destination des objets et avec leur matière la plus grande originalité de caractère, le plus haut style et la plus excellente beauté. On y
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- ENSEIGNEMENT DU DESSIN.
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- joindrait néanmoins d’autres modèles empruntés à l’art romain, à l’art oriental, à celui du moyen âge et de la renaissance, qui, sans atteindre au même degré de suprême perfection , ont néanmoins produit aussi en ce genre une foule de chefs-d’œuvre.
- Au dessin des formes artificielles et de leurs ornements s’appliquerait comme à celui de la figure humaine, et avec le même fruit, l’exercice de la reproduction de mémoire, qui en graverait dans les imaginations les types les plus achevés.
- Peut-être à ces études pourrait-on ajouter quelques leçons pratiques sur l’emploi de la couleur dans l’ornementation, leçons qui initieraient dans une certaine mesure à la connaissance des rapports et de l’harmonie des tons.
- Enfin, comme pour le dessin de la figure, outre les modèles de formes artificielles et d’ornements qu’on pourrait reproduire dans la durée du cours, d’autres chefs-d’œuvre de l’art, placés partout dans les lycées sous les yeux de la jeunesse, achèveraient de la pénétrer de l’esprit qui les a produits, de cet esprit universel duquel procèdent également et les contours héroïques^es marbres du Parthénon et le profil du moindre des vases de terre que recèlent les sépultures d’Athènes ou de Yulci.
- Pour embrasser l’ensemble d’études dont nous venons de tracer le plan , il serait à souhaiter que l’enseignement du dessin commençât dès la classe de sixième, où on lui ferait une place à côté de celui de l’écriture, et qu’il fût poursuivi jusqu’à la fin de la dernière classe, qui est celle de logique.
- En sixième et en cinquième, une leçon seulement par semaine serait consacrée aux exercices préparatoires, dont nous avons indiqué plus haut l’objet et le but.
- En quatrième et dans les classes suivantes, deux leçons par semaine seraient consacrées à l’enseignement régulier et approfondi du dessin. 11 comprendrait, en quatrième, ce que nous avons appelé avec Léonard de Vinci les principes scientifiques de l’art et les éléments du dessin de la figure humaine; il comprendrait dans les classes suivantes le dessin de la figure et celui des formes artificielles. A cette dernière partie de l’enseignement serait employée, dans chacune des classes de troisième, seconde, rhétorique et logique, une leçon par quinzaine, les trois autres leçons demeurant consacrées au dessin de la figure.
- Afin que l’enseignement du dessin, ainsi réglé, porte les fruits que la commission croit que l’on peut s’en promettre, il est encore une condition importante à remplir, c’est que les maîtres qui seront chargés de le donner soient de tous points à la hauteur de leurs fonctions.
- Jusqu’à présent, ces maîtres ont été choisis par les proviseurs des lycées, sans aucune sorte de garantie légale, et, quoiqu’il se soit toujours trouvé et qu’il se trouve encore parmi eux des hommes de beaucoup de savoir et de talent, il faut avouer que la situation qui leur était faite à tous égards n’était point de nature à tenter le mérite.
- La commission croit devoir vous proposer d’établir en principe qu’il y aura, pour les aspirants aux emplois de maîtres de dessin, un examen spécial de capacité dont un règlement déterminera les matières ; que ceux qui auront subi cet examen avec succès pourront seuls , à l’avenir, être chargés d’enseigner le dessin dans les lycées avec le titre de professeurs, et qu’à ce titre seront attachés des émoluments suffisants. Le même titre de professeur, avec les avantages qu’il entraînerait, pourrait néanmoins être
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- ËNSEIGNENENT DU DESSIN.
- conféré, immédiatement et sans examen, aux maîtres qui ont rendu, dans les divers établissements d’instruction publique, de bons et longs services.
- Nul établissement ne saurait se conserver, si une vigilance constante n’écartait tout ce qui tend incessamment à le détruire. Pour l’enseignement du dessin, comme pour toutes les branches des études, des inspections fréquentes sont donc, aux yeux de la commission, absolument nécessaires. Ces inspections devraient naturellement être confiées à des hommes pourvus des connaissances spéciales qu’elles exigent.
- Enfin il serait utile, sinon même nécessaire aussi, qu’un comité spécial fût chargé d’examiner les observations transmises par les inspecteurs, de discuter les propositions qui pourraient y être jointes, et de vous soumettre les mesures qui paraîtraient propres, soit à préserver de toute cause de dégénération l’enseignement du dessin, tel que votre sagesse l’aura constitué, soit même à le perfectionner de plus en plus.
- Tel est, monsieur le ministre, le plan d’études que nous avons cru le plus convenable pour l’enseignement du dessin dans les lycées de l’Empire, et telles sont les mesures administratives qui nous semblent le plus propres à en assurer le succès.
- Agréez, monsieur le ministre, l’expression de mon profond respect,
- Félix RAVAISSON,
- inspecteur général de l’enseignement supérieur.
- Voici l’arrêté pris par M. le ministre de l’instruction publique et des cultes.
- Art. 1er. L’enseignement du dessin commence à la classe de sixième; il est continué d’année en année jusqu’à la classe de logique inclusivement.
- Cet enseignement est donné à tous les élèves internes et aux élèves externes qui sont admis aux conférences.
- Il a lieu, pour chaque classe, à des heures et à des jours différents.
- Art. 2. Dans les classes de sixième et de cinquième, une leçon d’une heure par semaine est consacrée à des exercices préparatoires. Ces exercices ont pour objet, en premier lieu, Limitation de figures simples telles que celles des solides réguliers, et les éléments que l’ornementation emprunte le plus ordinairement au règne végétal ; en second lieu , l’imitation des parties de la tête.
- Art. 3. En quatrième, les deux leçons hebdomadaires ont pour objet 1° l’étude théorique et pratique des éléments de la perspective; 2° l’étude élémentaire de la structure de l’homme et des proportions du corps humain au point de vue du dessin; 3° le dessin des parties de la tête et de la tête entière, d’après les estampes ou photographies.
- Trois leçons par quinzaine sont consacrées,
- Dans les classes de troisième et de seconde, au dessin de la tête et des extrémités, d’après des estampes ou photographies et d’après la bosse ;
- Dans les classes de rhétorique et de logique, au dessin de torses et académies, d’après des estampes ou photographies et d’après la bosse.
- La quatrième leçon de la quinzaine, à partir de la classe de troisième inclusivement, a pour objet le dessin des formes artificielles, parties d’édifices, meubles, vases, candélabres, etc,, etc., ornements.
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- INDUSTRIE SUCRIÈRE.
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- A la fin de la dernière année du cours, les élèves reproduiront quelques modèles d’ornements en couleur.
- Art. 4. Les modèles sont tous empruntés aux grands maîtres de l’art.
- Ils ne sont admis dans les classes de dessin qu’après avoir été approuvés par le ministre de l’instruction publique.
- A la fin de chaque année, les élèves sont tenus de présenter un nombre déterminé de feuilles dont l’ensemble constituera un cours gradué de dessin.
- Art. 5. Les professeurs de dessin des lycées sont nommés par le ministre de l’instruction publique.
- A partir du mois d’octobre 1855, nul ne sera nommé professeur de dessin dans les lycées qu’après avoir subi un examen spécial dont la forme sera ultérieurement déterminée. -
- Art. 6. Le traitement des professeurs de dessin est fixé de la manière suivante :
- Lycées de Paris................................................. 2,500 fr.
- Lycée i lreclasse (10)................................ 2,000
- des I 2e classe (20)................................ 1,800
- départements, f 3e classe (nombre indéterminé)................ 1,500
- Art. 7. Outre les inspections ordinaires qui embrassent toutes les parties des études, l’enseignement du dessin, dans les lycées, est soumis à des inspections spéciales.
- Art. 8. Le cours de dessin, dans les classes de troisième, seconde, rhétorique et logique, sera immédiatement organisé d’après les dispositions du présent arrêté, en ce qui concerne le dessin de la figure.
- Il sera organisé, pour les classes de sixième, cinquième et quatrième, et pour le dessin d’ornement, à dater de la prochaine rentrée des classes.
- Les dispositions contenues dans l’article 6 ci-dessus ne sont également exécutoires qu’à dater du 1er octobre prochain.
- INDUSTRIE SUCRIÈRE.
- association continentale pour le perfectionnement de /'industrie sucrière.
- L’examen d’un procédé de fabrication de sucre de betterave en cours d’expérimentation ayant réuni à Cologne un certain nombre de fabricants de sucre et de manufacturiers venus des diverses parties du Zollverein, de l’Autriche et de la France, M. Kuhl-mann, de Lille, l’un des membres de la réunion, a manifesté le regret de voir les progrès de l’industrie retardés dans leur développement et leur généralisation par l’isolement où se trouvent la plupart des fabriques, et le peu de rapports personnels qui existent entre les fabricants. Dans ces préoccupations, et avec l’espoir de voir établir, entre tous les producteurs de sucre, des liens de cordiale confraternité et une communauté d’efforts tendant au perfectionnement de leurs travaux, il a proposé l’organisation d’une
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- INDUSTRIE SUCRIÈRE.
- association sur d’assez larges bases pour y admettre tous les industriels s’occupant de la fabrication du sucre et des industries annexes sur tout le continent.
- Réunir en un faisceau des lumières éparses, faire fructifier des idées heureuses, mais stériles en résultats lorsqu’elles ne sont pas réglées dans leur application par une discussion contradictoire, les faire converger vers l’intérêt de tous, sans aucun froissement des intérêts individuels et des intérêts nationaux, et donner, aux administrations financières des divers pays, des moyens de comparaison entre les diverses méthodes d’appliquer l’impôt sur le sucre ; tel serait le but essentiel de l’institution nouvelle.
- Dans des réunions annuelles, cette association s’occuperait de la situation de l’industrie dans chacun des États de l’Europe, des progrès qui y ont été accomplis, de l’examen des procédés nouveaux ou des machines d’une application récente, des résultats des essais de culture de la betterave, des conditions où les diverses contrées sont placées au point de vue de l’impôt et de l’étude des divers systèmes de perception, comme aussi de l’influence qu’ils exercent sur la marche des progrès, soit de l’industrie elle-même, soit de l’agriculture.
- L’utilité et l’opportunité de la création d’une pareille association, tant au point de vue des intérêts généraux des États qu’à celui de l’industrie en général, et de chaque industriel en particulier, ayant été unanimement reconnues par la réunion, il a été arrêté que tous ses membres se constitueraient en commission d’organisation, avec le mandat, pour chacun des commissaires, de faire, dans son rayon d’action, les plus grands efforts pour arriver à une organisation définitive de l’association, et pour lui assurer une importance en rapport avec l’immense intérêt que sa création a en vue.
- L’association prendra le titre d'Association continentale pour le perfectionnement de l'Industrie sucrière.
- La commission d’organisation est composée de MM. Edmond Bocquet, de Corbehem (Pas-de-Calais); J. F. Cail, de Paris (Seine ) ; L. H. Fischer, de Calbe (Prusse); Louis de Haber, de Prague ( Bohême ); G. F. Hecker, de Strassfurt ( Prusse ); A. C. de Herz, de Waghaeusel (Bade) ; Frédéric Kuhlmann, de Lille ( Nord ) ; A. Périer, de Flavy-le-Martel ( Aisne ) ; Emile Pfeifer, d’Ossendorf ( Prusse ) ; C. D Salzger, de Vienne ( Autriche) ; R. Schorisch, de Saint-Miklos (Hongrie) ; F. Waagner, de Prague ( Bohême ) ; F. Wrede, de Halberstadt ( Prusse ); Zawost, de Vienne ( Autriche ).
- . Ainsi constituée, elle arrête :
- 1° Une première réunion de l’association aura lieu à Aix-la-Chapelle, le 1er du mois d’août 1854.
- 2° La session durera trois jours.
- 3° Après la formation du bureau et de commissions spéciales, l’association s’occupera de la discussion des questions comprises dans un programme, qui sera rédigé par les soins de la commission d’organisation, et dont les membres de l’association auront communication deux mois avant cette réunion.
- 4° L’assemblée, avant de se séparer, arrêtera les statuts de l’association ; elle fixera la cotisation annuelle de ses membres pour pourvoir aux frais de publication des comptes rendus de ses séances et autres frais occasionnés par les réunions générales.
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- SÉANCES DU CONSEIL D ADMINISTRATION.
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- 5° Pour l’année 1854, la commission d’organisation fixe à 10 thalers (3T fr. 50 c.) la cotisation de chacun de ses membres et des industriels qui adhéreront aux présentes résolutions, et qui, à ce titre, seront inscrits au nombre des membres de l’association.
- 6° Toutes autorisations qui pourraient être nécessaires pour la constitution de l’association et pour la tenue de ses séances seront demandées à l’autorité compétente, par les soins des membres de la commission d’organisation, dans leurs Etats respectifs.
- 7° La direction de l’association pour l’industrie sucrière du Zollverein sera priée de centraliser les travaux préparatoires et de recevoir les cotisations des membres de l’association continentale.
- Fait à Cologne, le dix-sept janvier mil huit cent cinquante-quatre.
- SÉANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- PROCÈS-VERBAUX.
- Séance du 22 février 1854.
- M. Dumas, président, occupe le fauteuil.
- Le procès-verbal de la séance précédente est lu et approuvé.
- Correspondance. M. Munier aîné, rue des Postes, 5, soumet le plan d’une cbarrue de son invention, accompagné de la description de cet instrument.
- M. Caroz, à Villemonble, près Paris, adresse le dessin et la description d’un appareil propre au dévidage des soies de toute espèce et des fdaments en général.
- M. Ch. Borden, rue de Seine-Saint-Germain, 72, adresse un mémoire et un plan descriptif d’un télégraphe électrique, d’un aiguiller mécanique, et de quelques autres améliorations qu’il se propose d’introduire dans le matériel des chemins de fer, pour obtenir sur ces voies une sécurité absolue.
- M. Caubet, géomètre, à Bourges, soumet le projet d’un enrayage instantané, propre à empêcher les accidents sur les chemins de fer.
- M. Laborde, ingénieur-mécanicien, rue du Faubourg-du-Temple, 54, sollicite un nouvel examen de son piano dit à constant accord, pour lequel il a obtenu de la Société une médaille de bronze en 1851.
- M. Farcot, ingénieur-mécanicien, adresse une lettre contenant des observations sur une contestation qui s’est élevée entre lui et MM, Thomas et Laurens, au sujet de la construction d’une machine à vapeur horizontale, en priant la Société de se rendre juge de ce conflit.
- Tome Ier, — 53e élimée. -2e série, — Mars 1854, %\
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- SÉANCES DU CONSEIL d’ADMINISTRATION.
- M. Bornet, rue de la Chaise, 8, annonce avoir fait, dans renseignement du dessin, la découverte d’une méthode à l’aide de laquelle les élèves sont affranchis du dégoût dont ils sont atteints dès la première année.
- M. Rivet, à Dunkerque (Nord), expose qu’en étudiant la fabrication du sjucre indigène telle qu’elle se pratique actuellement, il a été amené à reconnaître qu’il ne serait peut-être pas impossible d’extraire, au moyen d’un nouveau procédé, une plus grande quantité de sucre que renferme la betterave, tout en diminuant d’ailleurs, dans une mesure imposante, les frais généraux de fabrication.
- Ce procédé consiste à soumettre d’abord les betteraves à la cuisson, à les râper, h en extraire le jus, et à concentrer celui-ci jusqu’à ce qu’il ait atteint la consistance de miel, puis à séparer, par l’alcool, les matières étrangères au sucre.
- M. Victor Dardonville, rue du Faubourg-Saint-Denis, 54, soumet un appareil propre à faire des eaux ferrugineuses, et qui, suivant lui, est destiné à apporter des améliorations aux races chevaline, ovine et bovine.
- M. Charles Chevalier, ingénieur-opticien, dépose, de la part de M. Laborde, professeur de physique, à Piguelin, près Nevers, une note sur un perfectionnement relatif à la photographie. Il soumet des épreuves photographiques obtenues, à l’aide de ses objectifs, par M. Roman, de Wesserling.
- M. Collas, pharmacien, rue Dauphine, 8, présente un échantillon d’essence de mit -hane (nitro-benzine de Milcherlich) préparée par lui; cette essence, qui a une odeur très-prononcée d’amandes amères, est produite par Faction des acides nitrique et sulfurique sur la benzine.
- M. Guinier, rue de Grenelle-Saint-Honoré, 25, appelle l’attention de la Société sur plusieurs appareils de son invention, savoir : 1° un appareil dit à cuiller fixe ou cuvette-siphon, qui a pour objet de former obturateur et d’empêcher les émanations des fosses d’aisances; 2° un appareil séparateur et désinfecteur des matières fécales; 3° de nouvelles dispositions applicables aux cuvettes dites à la Deparcieux, pour égouts, caniveaux, etc., et à la ventilation des fosses fixes et mobiles.
- M. Chouillou, fabricant de produits chimiques, à Maromme, près Rouen, prie la Société d’accepter le dépôt cacheté de la description d’un nouvel appareil à fabriquer l’acide nitrique.
- Le dépôt est accepté.
- M. Barreswill dépose un spécimen de l’imprimerie de 31. Mallet-Bachelier, (juc dirige M. Bailleul.
- Rapports des comités. M. Salvétat, ou nom de la commission des beaux-arts appli-
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- qués à l’industrie, lit un rapport sur un ouvrage intitulé le Cachemire, publié par M. Planchon, aux Batignolles.
- La commission propose de donner son approbation à cet ouvrage en le faisant connaître par l’insertion du rapport dans le Bulletin. ( Approuvé.)
- M. Iluzard lit un rapport sur un appareil de M. le capitaine Violet; cet appareil est destiné à arrêter les chevaux qui s’emportent.
- Il propose de faire insérer le rapport dans le Bulletin.
- Après une discussion sur les inconvénients et sur les dangers d’appareils de ce genre, il n’est pas donné suite aux conclusions du rapport.
- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE.
- Ministère de l’agriculture, du commerce et des travaux publics. — Annales du commerce extérieur.
- M. le ministre a compris la Société d’encouragement pour l’industrie nationale au nombre des établissements qui reçoivent cette importante publication, et lui a fait don des numéros depuis son origine.
- Le dernier numéro qui a paru est celui de novembre 1853.
- Guide-manuel de l’inventeur et du fabricant. Répertoire pratique et raisonné des législations française et étrangère sur la propriété industrielle en matière de brevets d’invention, dessins et marques de fabrique, dépôts de modèles, produits artistiques et industriels, suivi d’un appendice sous le titre de : Simples conseils aux inventeurs ; par M. Ch. Armengaud jeune, ingénieur-conseil. Familiariser l’inventeur et le fabricant avec les législations, qui, en France et à l’étranger, réglementent la propriété industrielle sous la dénomination de brevets d’invention, marques et dessins de fabrique, dépôts de modèles, etc., les éclairer sur leurs droits, et par là stimuler, dans l’intérêt général de l’industrie et du commerce, l’esprit novateur et reproducteur , telle est la tâche que s’est imposée l’auteur.
- Description générale des phares et fanaux et des principales remarques existant sur le littoral maritime du globe, A l’usage des navigateurs; par M. Coulier. 11e édition,
- in-12.
- Transactions de la Société royale d’Edimbourg. Vol. XX, part. IV, pour la session 1852-53.
- Annales de la Société d’horticulture de Paris et centrale de France, fondée le 11 juin 1827, déclarée d’utilité publique par décret du 30 novembre 1852. Napoléon III, protecteur. (Les douze numéros de l’année 1853.)
- Société d’horticulture de la Seine. — Bulletin des travaux de la Société et journal des améliorations pratiques en matière de jardinage. (Les douze numéros de 1853. )
- Cosmos, revue encyclopédique hebdomadaire des progrès des sciences et de leurs applications aux arts et à l’industrie, fondée par M. B. R. de Montfort et rédigée par
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- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE.
- M. l’abbé Moigno, in-8°. (La deuxième année, 3e volume, 1833 ; la troisième année, 4 e volume, lre livraison, 1854.)
- Bulletin du musée de l’industrie, publié sous la direction de M. J. B. A. M. Jobard, directeur du musée belge, à Bruxelles. (Numéro de janvier à novembre 1853.)
- Le Musée universel, journal du palais de l’industrie. Moniteur des expositions nationales et étrangères. (Deuxième année, n° 1, 1854.)
- L’Education nouvelle, journal des mères et des enfants, publié à Paris, sous la direction de M. Jules Delbrück. (6e année, n° 3, janvier 1854.) La Société d’encouragement a reçu, depuis sa fondation, les numéros de cette publication, sur laquelle M. Herpiri a fait un rapport favorable.
- Revue des beaux-arts, tribune des artistes, fondée sous les auspices de la Société libre des beaux-arts. Directeur, M. Félix Pigeory, architecte de la ville de Paris. (lre livraison, 1er janvier 1854.)
- Le Génie industriel, revue des inventions françaises et étrangères, annales des progrès de l’industrie agricole et manufacturière, in-8 avec planches, par MM. Arrnen-gaud frères, ingénieurs civils.
- Le Technologiste ou archives des progrès de l’industrie française et étrangère , sous la direction de MM. F. Malepeyre et Ch. Yasserot. In-8 avec planches.
- Revue générale de l’architecture et des travaux publics , journal des archéologues , des ingénieurs et des entrepreneurs, publié sous la direction de M. César Daly. Grand in-4 avec planches. ( Dix vol.—13e année.—Nos 11 et 12.)
- Annales de l’agriculture française, fondées par M. Tessier, 4e série, éditées par Mme Ve Bouchard-Huzard.
- Journal d’agriculture pratique et de jardinage, fondé par M. le docteur Bixio, publié par les rédacteurs de la Maison rustique, sous la direction de M. Barrai, ancien élève et répétiteur de l’école polytechnique. In-8.
- La fabrique, la ferme et l’atelier, journal illustré du progrès industriel, agricole, sous la direction de M. Julien Turgan. In-8. ( 2e année, n° 7. )
- Annales des ponts et chaussées. In-8 avec planches. (Juillet et août 1853. )
- L’Invention , journal de la propriété industrielle , littéraire , artistique et commerciale, publié par M. Gardissal. In-8.
- Bulletin du comice agricole de l’arrondissement de Saint-Quentin ( Aisne ). In-8.
- ( T. Ier, numéros de 1 à 12. )
- PARIS. — IMPRIMERIE DE Mme Ve BOUCHARD-HUZARD, RUE DE l’ÉPERON, 5.
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- 53 ANNÉE. DEUXIÈME SÉRIE. Pi» 6. — MARS 1854.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE,
- SONNERIE TELEGRAPHIQUE.
- rapport fait par m. clerget, au nom du comité des arts économiques, sur des sonneries électro-télégraphiques de m.mirand , rue du Petit-Pont, 10.
- La télégraphie électrique fait, chaque jour, les plus importants progrès. Les lignes se multiplient, se prolongent non-seulement sur les voies de terre, mais encore en traversant les mers, et l’emploi de cet admirable moyen de communication, qui semblait tout d’abord plus particulièrement applicable aux grands services publics, ne s’étend pas moins, aujourd’hui, aux dépêches privées, et deviendra probablement, sous ce rapport, entièrement usuel. C’est, du reste, à rendre la force d’émission puissante et régulière sur les grandes lignes, quelles que soient les distances, comme aussi à obtenir sur ces mêmes lignes un système de lecture complète rapide et facile, ou à produire des transmissions graphiques, que s’appliquent surtout les efforts des physiciens les plus célèbres, des mécanicieus les plus habiles. De cette ten dance il est naturellement résulté que T attention a été distraite des avantages, sans doute d’un ordre moins élevé, mais offrant encore beaucoup d’intérêt, que l’on pouvait trouver dans des dispositions économiques et d'une pratique simple, appropriées à des besoins domestiques ou à des services spéciaux de diverses natures. Une lacune existait à cet égard ; M. Mirand, mécanicien, à Paris, a eu l’intention de la combler en construisant les appareils qu’il a présentés à la Société, sous la dénomination de sonneries électro-télégraphiques, appareils pour lesquels il a pris un brevet d’invention.
- Tome Ier. — 53e année. 2e série. — Mars 1854. 22
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- 166 SONNERIE TÉLÉGRAPHIQUE.
- La force dont M. J. Mirancl fait usage émane d’une pile dite deDaniell, alimentée avec de l’eau ordinaire et du sulfate de cuivre. Six éléments suffisent pour donner à cette pile la puissance que comporte sa destination. Elle est contenue dans une boîte d’une dimension restreinte (30 centimètres de longueur, 20 de largeur et 15 de hauteur), qui se place facilement dans des endroits où elle ne peut occasionner de dérangement. Aucune odeur, aucune émanation, aucune action nuisible sur les corps environnants n’indique sa présence, et son entretien se réduit à verser, tous les deux mois à peu près, une petite quantité d’eau dans les vases, pour réparer la perte résultant de l’évaporation partielle du liquide, et à remplacer le sulfate de cuivre dissous et réduit par quelques nouveaux cristaux de ce sel.
- Les fils de communication sont en laiton, entouré, lorsqu’ils ont à.parcourir des endroits humides, de gutta-perclia, ou autrement de coton, dont on assortit la couleur avec celle des boiseries ou des tentures sur lesquelles passent ces fils, si on croit convenable de ne pas les rendre apparents. La pose en est aussi prompte que facile. Lorsque des trous de sonnettes se trouvent déjà pratiqués dans les appartements ou les bâtiments où on les établit, il est bien, sans doute, d’en profiter pour diminuer l’étendue des parcours ; mais, si ces trous n’existent pas ou s’ils sont difficiles à percer, il suffit de conduire les fils vers les portes ou les fenêtres, et de leur faire suivre, pour les franchir, les angles des encadrements. Leur ténuité est telle, qu’ils ne nuisent en aucune manière au mouvement des fermetures. i
- Les fils ainsi dirigés atteignent les sonneries qu’ils sont destinés à faire fonctionner. Ces sonneries, dont la simplicité constitue un des principaux mérites des appareils de M. J. Mirancl, marchent sans le secours d’aucun des rouages d’horlogerie qui accompagnent le plus ordinairement, surtout en France, les télégraphes électriques; elles consistent dans un timbre muni d’un marteau mû directement par la force électrique, et, ainsi que dans les appareils de Siemens, le courant passe par l’armature d’un électro-aimant. Celte armature, dont la position est verticale et à laquelle tient la tige du marteau, est portée par une lame d’acier fixée à son extrémité inférieure, et qui tend à l’écarter des fers de l’aimant en l’appuyant, vers son extrémité opposée, sur une autre lame faisant aussi ressort comme la première, mais d’une moindre force. C’est par cette seconde lame que le courant atteint l’armature et la traverse. Sur chaque point du parcours d’où l’on veut faire partir les communications est posé un transmetteur; c’est un disque en bois d’ébénisterie de quelques centimètres de diamètre, au milieu duquel est un bouton mobile en ivoire. En appuyant le doigt sur ce bouton, on détermine le contact de deux lamelles de laiton qu’il recouvre, et, comme ces lamelles
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- sont jointes, par des vis de pression, au fil conducteur des deux côtés de l'intersection qu'il présente en cet endroit, le circuit de la pile, que l’écartement dû à leur élasticité naturelle interrompait, se trouve fermé; l’électricité circule; les fers doux deviennent magnétiques, attirent l’armature, et le marteau qu’elle porte vient frapper le timbre. Cependant l’armature se trouve aussitôt séparée du fil conducteur, et l’attraction cesse, pour se reproduire dès que l’armature est ramenée au contact par la lame-ressort qui la supporte : de là un renouvellement rapide du même effet et une continuité de chocs sur le timbre, c’est-à-dire un roulement qui dure aussi longtemps que le circuit reste fermé par le maintien de la pression du doigt sur le bouton transmetteur ; mais, si on n’appuie qu’un instant sur ce bouton, le marteau ne frappe qu’un seul coup. Or M. Mirand, en distinguant entre les coups isolés et les roulements, obtient de nombreuses combinaisons qui se placent avec facilité dans la mémoire et qui expriment, à volonté, soit des phrases convenues, soit des lettres, soit des nombres. Peu d’instants suffisent pour se mettre au courant de ce système et pour savoir pratiquer les transmissions et les comprendre. Lorsque le service auquel on applique les sonneries le comporte, une disposition particulière permet à celui qui reçoit la communication de donner la réponse, ou tout au moins de faire savoir qu’il a entendu. À cet effet, au-dessus du transmetteur, est placé un très-petit électro-aimant obéissant à un second transmetteur établi près de la sonnerie. Vient-on à toucher le bouton de celui-ci, immédiatement on voit tomber, devant une ouverture pratiquée sur une planchette en bois poli, une plaque de métal sur laquelle est gravé le mot entendu, ou bien encore une baguette, mise en mouvement, comme la plaque, par le petit électro-aimant, vient frapper un disque de bois sonore de quelques centimètres de largeur et répète, en produisant un bruit faible, mais suffisant pour être perçu par l’auteur de la première transmission , des vibrations non moins significatives que celles du timbre. Est-il question du service soit d’une administration, soit d’un grand hôtel, service pour lequel il est nécessaire que les transmissions puissent émaner de beaucoup de points différents, à chacun de ces points correspond, dans le lieu où elles doivent être comprises, une plaque spéciale qui, en s’abaissant en même temps que la sonnerie se fait entendre, indique, par le numéro qu’elle porte, de quel endroit est parti l’avertissement, l’ordre ou la demande, et c’est toujours le même courant qui satisfait à ces besoins divers. Ce courant suffira encore pour beaucoup d’autres dispositions, soit, par exemple, pour établir, a très-peu de frais, chez le concierge de la plus vaste maison, ou même de ces réunions de maisons qui prennent le nom de cités, une série de boutons transmetteurs faisant marcher des sonnettes d’annonce chez tous les loca«
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- les
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- taires de ces maisons, comme aussi, pour placer chez ce concierge, un tableau à plaques mobiles au moyen desquelles chaque locataire pourra faire connaître si son intention est ou non de recevoir, etc.
- Nous avons tenu à nous assurer que les personnes qui déjà font usage des appareils de M. Mirand en sont satisfaites. Nous avons, à cet effet, pris des informations particulièrement près de deux des principaux manufacturiers de l’Alsace et du propriétaire d’un grand domaine du département de Seine-et-Oise. Nous déposons au dossier de la présentation qui fait l’objet du présent rapport les réponses que nous avons reçues. Elles contiennent les assertions les plus précises sur la régularité, l’infaillibilité même de ces appareils pour des parcours de près de 1 kilomètre, auxquels ils sont appliqués ; elles déclarent que leur emploi est extrêmement utile, exempt de toute difficulté et infiniment préférable à celui des moyens ordinaires de communication. Nous ajouterons à ces témoignages ceux que nous pouvons donner personnellement. Depuis neuf mois, nous faisons nous-même usage des sonneries électro-télégraphiques de M. Mirand, et depuis lors elles n’ont pas éprouvé le moindre dérangement ; la pile n’a pas diminué de force, quoique fonctionnant toujours avec les mêmes zincs, et les fils qui parcourent les différentes pièces de l’appartement oii ils sont placés, en mettant deux étages en communication, n’ont éprouvé aucune altération. Nous invoquerons encore l’opinion de M. Dumoncel, connu par ses importants travaux sur l’élec-tro-magnétisme, et à qui l’on doit l’anémographe électrique. M. Dumoncel fait aussi usage, depuis longtemps, des appareils de M. Mirand, et les considère comme très-utiles et très-heureusement combinés.
- Nous n’avons fait mention, dans l’exposé qui précède, que des applications que nous avons directement vérifiées ; mais il en est d’autres que propose M'. Mirand, et que nous regardons comme très-praticables, qui méritent d’être signalées. Elles ont pour objet la transmission des ordres sur les navires, et surtout d’établir des moyens d’avertissement entre l’arrière et la tête des grands convois de chemin de fer, quelles que soient les variations du nombre des waggons dont ils se composent, et que l’on ajoute ou que l’on retire au moment même des départs. Il est, du reste, à observer que, si M. Mirand présente ses appareils comme plus particulièrement appropriés à des services d’une étendue limitée lorsqu’il emploie une seule pile et deux fds conducteurs, il n’éprouve cependant aucune difficulté à en faire usage sur de très-grands parcours ; il lui suffit alors de se servir, sans changer les dispositions principales du système, de deux piles placées, l’une au point de départ, l’autre au point d’arrivée, et de les faire agir comme relais l’une par rapport à l’autre, en ayant recours, suivant ce qui se pratique sur les grandes
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- lignes télégraphiques, à la conductibilité de la terre. Ce mode de transmission, en conservant, nonobstant la distance, toute l’énergie de la force électrique nécessaire pour faire marcher les sonneries, a en même temps l’avantage d’être économique, la dépense de la seconde pile étant plus que couverte par la suppression du second fil.
- En définitive, nous reconnaissons que les sonneries électro-télégraphiques de M. Mirand sont très-ingénieuses, fort bien étudiées et parfaitement exécutées; qu’elles sont d’un usage peu dispendieux et facile, et qu’elles peuvent rendre des services importants dans un grand nombre d’applications.
- Le comité des arts économiques vous propose, en conséquence, de remercier M. Mirand de sa communication, et d’autoriser l’insertion, au Bulletin de la Société, du rapport que nous avons l’honneur de vous soumettre, avec la notice explicative que nous y réunissons, et la reproduction, par la gravure, de ses différents appareils.
- Signé Clerget, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 30 novembre 1853.
- Explication des figures des planches 5 et 6.
- PL 5, fig. 1, Coupe longitudinale de la pile et de la boite qui la contient.
- Fig. 2. Coupe transversale de la pile. .
- Fig. 3. Plan de la même.
- Fig. 4. L’un des éléments de la pile avec ses développements.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans les figures 1 à 4.
- À. À, boîte de la pile.
- EE, éléments.
- L, lames conductrices en cuivre.
- Z, pôle zinc.
- N, pôle cuivre.
- B B, vase extérieur en verre.
- 11, cylindre en zinc.
- P P, vase poreux.
- G G, godets en verre percés de trous ei destinés à recevoir le sulfate de cuivre.
- C, tiges de cuivre rouge traversant librement les godets de verre.
- V V, vis de pression mettant en communication les fils conducteurs avec la pile.
- Fig. 5. Sonnerie.
- A, l’un des fils conducteurs émanant de la pile.
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- B B, électro-aimant recevant le courant par le fil À.
- C, armature.
- D, lame-ressort supportant l’armature et qui tend à l’écarter des fers doux de rélectro-aimant.
- E, seconde lame-ressort exerçant une action en sens opposé à celle de la première, et sur laquelle s’appuie l’extrémité de l’armature C.
- F, second fil conducteur retournant à la pile.
- H, marteau supporté par l’armature.
- V Y', vis de pression fixant les fils conducteurs.
- Fig. 6. Tableau à numéros destiné à faire connaître de quel point on a sonné.
- G, guichets devant lesquels paraissent les numéros.
- B, plaques mobiles ( lignes ponctuées ) s’abaissant et se relevant derrière les guichets, et sur lesquelles sont gravés les numéros : elles ne sont représentées que pour les guichets 1 et 4.
- C, boutons des plaques servant à les relever lorsque le numéro a été aperçu, ce qui fait en même temps paraître au point de départ le signe destiné à indiquer que l’ordre donné a été entendu.
- DD, rainures dans lesquelles glissent les boutons des plaques.
- Y', vis de pression destinée à réunir un fil, arrivant de la pile en traversant la sonnerie, à un conducteur collectif, lequel communique tà l’un des bouts du fil de chaque électro-aimant. Un fil embranché au fil de la pile, avant la rentrée de celui-ci dans la sonnerie, est mis en communication avec le bouton Y", ensuite à l’un des piliers X, fig. 8 et 9, et par conséquent aux plaques elles-mêmes, par la traverse Y, fig. 9.
- V Y, vis de pression destinées à réunir au second bout de fil de chaque électro-aimant chaque fil F des transmetteurs à réponse, fig. 15 et 16, pl. 6, transmetteurs dont le nombre est égal à celui des plaques numérotées.
- Z , vis de pression destinée à établir la communication des fils E de chaque transmetteur à réponse fig. 15 et 16, pl. 6, avec le fil H de chaque ressort E isolé en I, fig. 8 et 9.
- Fig. 7. Vue d’ensemble ( profil ) des organes placés derrière chaque couple de guichets superposés du tableau fig. 6.
- ÀÀÀA, petits électro-aimants correspondant à chaque plaque numérotée.
- V Y, traverses sur lesquelles sont fixées les pièces de chaque système.
- Fig. 8 et 9. Vue de face et vue de profil ( grandeur naturelle ) des pièces
- que font fonctionner les électro-aimants représentés par la fig. 7.
- B, plaque à numéros.
- K, armature de rélectro-aimant,
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- P, saillie angulaire de l'armature K : elle retient la plaque B lorsque cette plaque est relevée.
- M, coulisses de la plaque B.
- C, bouton servant à relever la plaque.
- E, ressort en argent fixé entre les deux pièces d’ivoire ï T.
- F, saillie angulaire du ressort isolé E.
- R, ouverture pratiquée dans la plaque B pour recevoir la saillie P.
- O, ouverture pratiquée dans la plaque B et dans la coulisse M pour isoler la saillie F du ressort E.
- X, piliers qui fixent la coulisse M de la plaque B devant l’électro-aimant.
- H, fil communiquant au ressort E.
- Fig. 10 et 10 bis. Transmetteur simple : coupe transversale et plan.
- A, disque en bois servant de support.
- B B', fils conducteurs.
- C C, vis de pression fixant les fils conducteurs.
- D, lame-ressort en contact avec le fil conducteur B.
- E, bouton d’ivoire adhérant à la lame D.
- F, lame fixe, en cuivre, communiquant au fil conducteur B'.
- G G, buttoirs en argent pur destinés à empêcher l’oxydation des laines D et F lorsqu’elles sont en contact.
- Fig. il et 11 bis. Transmetteur double destiné à fermer deux circuits en même temps : coupe transversale et plan.
- Fig. 12. Interrupteur. Dans son état normal, la lame-ressort L est en contact avec la lame fixe L'; mais, lorsqu’une pression est exercée sur le bouton B, ces deux lames se séparent.
- Fig. 13. Commutateur servant à déterminer simultanément une transmission et une interruption. En appuyant le doigt sur le bouton B , l’interruption d’un courant a lieu en I en même temps que le circuit se ferme en C.
- Fig. 14. Transmetteur à porte cochère, coupe transversale.
- A A, disque en porcelaine.
- B, bouton de transmission en cuivre.
- RR, rainure pratiquée sur l’épaisseur du disque pour qu’on puisse le sceller dans les murs.
- G G', pièces en métal destinées à faciliter le montage sur le disque en porcelaine du ressort de contact et de la pièce fixe correspondante.
- L, lame-ressort fixée, au moyen d’une vis, sur la pièce G. En appuyant sur le bouton B , auquel celte lame est adhérente , elle arrive au contact du retour d’équerre de la pièce G'.
- I, pièce d’ivoire sur laquelle s’appuie la lame L dans son état de repos.
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- PL 6, fig. 15. Transmetteur à réponse ; coupe transversale et verticale.
- Fig. 16. Même transmetteur vu de face et en section.
- Mêmes lettres pour les deux figures.
- B, bouton de pression.
- H, ressort adhérant au bouton B.
- IF, lame fixe recevant le contact du ressort H.
- F, fil communiquant au ressort H' et allant rejoindre l’un des boutons Y du tableau à numéros fig. 6, pl. 5.
- F' F', fil émanant de la pile et communiquant par embranchement à un bout du fil de l’éleclro-aimant et au ressort H.
- E, second bout du fil de l’électro-aimant allant rejoindre Je ressort E, fig. 8 et 9.
- Voir, pour les autres pièces, la description des fig. 8 et 9, dont les dispositions sont semblables, avec la seule exception que , dans le transmetteur à réponse, on supprime le ressort d’argent E et ses appendices.
- Fig. 17. Indicateur à permutation de signes visibles et persistants, vu de face.
- Fig. 18. Même indicateur; coupe transversale.
- Mêmes lettres pour les deux figures.
- B, barreau aimanté.
- P, pont maintenant le pivot du barreau aimanté.
- G, guichet, fig. 18, devant lequel se présentent les signaux.
- H, plaque fixée au barreau aimanté, et sur laquelle sont gravées les lettres servant de signaux.
- C, contre-poids réglant l’équilibre du barreau aimanté.
- E, électro-aimant.
- T, platine sur laquelle sont fixées les pièces ci-dessus décrites.
- Fig. 19. Second système d’indicateur à permutation de signes visibles et persistants, vu de face.
- Fig. 20. Même indicateur; projection horizontale.
- Mêmes lettres pour les deux figures.
- B, barreau aimanté.
- B', barreau transversal en cuivre portant la plaque des signaux.
- G, bobine de galvanomètre.
- F, buttoirs en fer doux recouverts de cuivre.
- Fig. 21. Transmetteur à inversion des pôles, vu de face.
- Fig. 22. Même transmetteur vu de profil.
- Mêmes lettres pour les deux figures.
- B B', boutons de pression.
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- E, équerre destinée à recevoir le contact du ressort R.
- R, ressort adhérant au bouton R' et se prolongeant pour toucher, dans son état normal, l’équerre E.
- R', second ressort dont les extrémités sont fixées sur les boutons R et B'.
- F F' F" f f' f", fils conducteurs.
- C, pièce en argent louchant le fil f et destinée à recevoir le contact du ressort R'.
- C', pièce en argent touchant le fil f' embranché sur le fil f.
- C", pièce en argent touchant le fil F" en contact avec l’équerre E.
- Trcmsmission de signaux entre les extrémités des convois en marche sur les
- chemins de fer.
- Fig. 23. Système placé sur le premier waggon que monte le chef du train, vu en plan.
- À, pile de six éléments.
- S, Sonnerie disposée ainsi que celle de la fig. 1, pl. 5, mais de plus grande dimension.
- E, petit électro-aimant que contient, dans l’application, la boîte de la sonnerie S. Dans son état normal, il donne passage à un courant continu émanant de la petite pile B, fig. 24 ; mais, lorsqu’on interrompt ce courant, son armature P, séparée de ses pôles et en communication avec le fil F F, donne passage, par le contact C, au courant de la pile À, et celui-ci se rend, par le fil F", à la sonnerie S qu’il fait fonctionner.
- I, interrupteur à positions persistantes.
- T, transmetteur simple semblable à celui représenté fig. 10, pl. 5.
- F F, fil émanant du pôle zinc de la pile A, et aboutissant à l’armature P en même temps que par embranchement au transmetteur T qu’il traverse, lorsqu’on fait agir celui-ci, pour se rendre à la sonnerie S', fig. 24.
- F' F', fil émanant du pôle cuivre de la pile A et se rendant à la sonnerie S.
- f, l’un des fils de lelectro-aimant E, embranché sur le fil F', et se rendant au pôle zinc de la pile B, fig. 24.
- f\ second fil de l’électro-aimant E, se rendant, en traversant l'interrupteur F, au pôle cuivre de la pile B, fig. 24.
- G, griffe mettant en rapport les fils F, f et f\ chacun séparément, avec trois tresses métalliques contenues dans un ruban de parcours. Yoir, pour les développements, les fig. 27 et 28.
- R, ruban de parcours.
- Fig. 24. Système placé sur le dernier waggon où se tient le sous-chef du train.
- Tome Ier,. — 53e année. 2e série. — Mars 1854. 23
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- B, pile à trois éléments agissant directement sur le petit électro-aimant E, fig. 23.
- S', sonnerie semblable à la sonnerie S, fig. 23.
- F, interrupteur semblable à celui que représente la fig. 12, pl. 5.
- H, treuil destiné à enrouler le riiban de parcours.
- G', griffe de jonction des tresses métalliques du ruban de parcours avec les fils conducteurs.
- F ff, arrivée des fils de la fig. 23 portant ces lettres.
- f'\ fil du pôle cuivre de la pile B, se rendant à la sonnerie S', et par embranchement à l’interrupteur I'.
- Fig. 25. Treuil d’enroulement du ruban de parcours, vu de profil.
- Fig. 26. Même treuil; coupe transversale.
- Mêmes lettres pour les deux figures.
- B, bobine.
- C, cliquet d’arrêt.
- E, rochet d’encliquetage.
- P P, ponts sur lesquels pivote le treuil.
- R, ruban de parcours.
- Fig. 27. Griffe de jonction du ruban de parcours avec les fils conducteurs , vue de face.
- Fig. 28. Même griffe vue de profil.
- Mêmes lettres pour les deux figures.
- E L L, lames flexibles sous un effort puissant.
- B, pièce de bois sur laquelle sont fixés les lames L et les trois fils conducteurs.
- OOO, ouvertures pratiquées dans la lame L et dont les parois sont couvertes de platine.
- T T T, tiges métalliques. Chacune est terminée par une saillie rectangulaire recouverte de platine. Cette saillie, dont les angles latéraux S S entrent dans les ouvertures 0 des lames L, s’y trouve fixée par la forte tendance de ces lames à se rejoindre.
- B', pièce de bois réunissant les tiges T au ruban de parcours.
- Explication sur l’usage et les fonctions des systèmes.
- Pile ( fig. 1, 2, 3, 4 ). — Après avoir disposé les vases concentriques, les zincs et les cuivres, dans l’ordre indiqué par les figures, on charge la pile 1° en mettant du sulfate de cuivre concassé dans les godets de verre G; 2° en remplissant complètement d’eau ordinaire les vases poreux P, et en en ver-
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- saut dans les vases de verre B jusqu’à ce que la hauteur du niveau s’élève à 3 centimètres environ au-dessous des bords. On établit ensuite le contact des fils conducteurs avec les extrémités zinc et cuivre de la pile, en les assujettissant au moyen des vis de pression Y. L’entretien de l’appareil consiste à ajouter, tous les mois ou tous les deux mois à peu près, un peu d’eau et du sulfate de cuivre dans les godets en verre. Du reste, alors même que cet entretien serait négligé, il n’en résulterait pas d’interruption immédiate dans le courant électrique. La durée des zincs est de deux ans environ.
- Sonneries (fig. 5). — Il suffit, pour installer une sonnerie, de fixer les fils conducteurs sous les vis de pression Y Y'. Rien n’est à ajouter aux explications dont les dispositions et le jeu des sonneries sont l’objet dans le rapport et dans la description des figures. Il existe cinq modèles de sonneries qui ne varient que par les dimensions en rapport avec l’usage auquel on les destine.
- Tableau à numéros (fig. 6, 7, 8 et 9). — Chaque plaque à numéro de ce tableau s’abaisse à chaque transmission émanant du point auquel elle correspond. La demande formant l’objet de cette transmission étant entendue, la personne à qui elle est adressée doit relever la plaque, non-seulement afin qu’elle puisse fonctionner de nouveau, mais parce que le mouvement qu’on lui donne ainsi se trouve utilisé pour faire paraître, au point de départ, le signe de réception. Voici comment ces effets se produisent : le courant émanant de l’un des pôles de la pile arrive en Y, traverse l’électro-aimant À, le fil collectif réuni à la vis de pression Y, la sonnerie elle-même, et sort de celle-ci pour rejoindre le second pôle. Ce courant anime l’électro-aimant À, et l’armature K étant attirée, sa saillie angulaire P se dégage de l’ouverture R et laisse tomber la plaque B. En même temps cette plaque, recevant, par un des piliers X, par la traverse Y et par la vis Y", le courant du second pôle de la pile, le transmet au ressort en argent E, au fil H, de là à l’électro-aimant du transmetteur à réponse, fig. 15 et 16, et en définitive, par le ressort H, mêmes figures, au premier pôle de la pile.
- Transmetteur simple ( fig. 10 ), transmetteur double ( fig. 11 ), interrupteur ( fig. 12 ), et commutateur ( fig. 13 ). — Les fonctions de ces appareils se comprennent à la simple vue des figures. Pour tous, c’est la pression exercée sur les boutons mobiles qui détermine les séparations ou les transmutations.
- Transmetteur à porte cochère ( fig. 14 ). — Son mode particulier de construction a pour objet de lui donner une grande solidité, de le mettre à l’abri des effets de la malveillance et de le maintenir, au moyen de l’emploi de la porcelaine, dans un état constant de propreté.
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- Transmetteur à réponse ( fig. 15 et 16 ). — Peu d’explications sont à donner sur ce transmetteur, ses dispositions principales étant les mêmes que celles des systèmes déjà décrits du tableau à numéros, fig. 6, 7, 8 et 9. C’est par le transmetteur à réponse que le courant est envoyé à ce tableau. La circulation s’établit comme il suit : le courant, émanant de l’un des pôles de la pile par F', arrive en H, passe en H' lorsque l’on presse le bouton B, et se rend par le fil F à l’un des boutons V du tableau à numéros pour suivre la marche déjà indiquée à l’occasion de ce tableau. Pour les transmissions qui ont lieu du tableau au transmetteur à réponse, le courant arrive du ressort en argent E du tableau, par le fil H qui le touche, parvient au fil E du transmetteur à réponse pour traverser son électro-aimant et en sortir par le fil de la pile F' embranché au ressort II.
- Indicateur à permutation de signes visibles et persistants (fig. 17 et 18 ). — Cet appareil, qui peut avoir différents emplois, s’utilise notamment en le plaçant chez les concierges pour indiquer si on est ou non dans l’intention de recevoir ; il peut remplacer le mécanisme du transmetteur à réponse avec cet avantage qu’il est possible de faire disparaître un signal transmis pour en indiquer un second et faire disparaître celui-ci pour reproduire le premier, etc. Il peut aussi servir de télégraphe visuel et indiquer les mêmes signaux que ceux donnés par des timbres. S’il est réuni à une sonnerie , il forme avec elle un télégraphe auditif et visuel en même temps. Ainsi, par exemple, en le plaçant derrière un guichet pratiqué dans la boîte de la sonnerie, on peut faire paraître un point ou un trait alors que la sonnerie fait entendre un coup ou un roulement ; ces différentes combinaisons ne nécessitent aucun fil supplémentaire. Les pièces fonctionnent ainsi : un des bouts du fil du petit électro-aimant E reçoit le courant émanant de l’un des pôles de la pile ; le second bout de fil de ce même électro-aimant va rejoindre le second pôle. Sous Faction du courant, l’extrémité du barreau aimanté B, placé entre les pôles de l’électro-aimant, est attirée par le pôle contraire au sien en même temps qu’elle est repoussée par celui qui lui est semblable, et, lorsque le courant cesse d’agir, le barreau aimanté reste adhérent au pôle, qui l’attire par l’effet non-seulement du magnétisme qui lui est propre, mais encore par celui du magnétisme rémanant de l’électro-aimant. En changeant le sens du courant, on détermine une inclinaison du barreau aimanté contraire à la première , et telle est la fonction du transmetteur à inversion des pôles, fig. 21.
- Deuxième système du même indicateur (fig. 19 et 20). — Ce système diffère
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- du précédent sous les rapports indiqués ci-après : le barreau aimanté agit sous l’influence non plus d’un électro-aimant, mais d’un courant qui l’enveloppe dans le sens de sa longueur, au moyen du fil enroulé sur la bobine G. En prenant l’inclinaison que le sens du courant détermine, le barreau s’arrête sur l’un des buttoirs en fer F et y reste fixé par son propre magnétisme, alors même que le courant est supprimé. Les buttoirs sont recouverts de cuivre pour que l’action du fer sur le barreau aimanté soit moins énergique, et ne mette pas obstacle au mouvement en sens opposé que doit déterminer l’inversion du courant. On doit employer ce système de préférence au premier, lorsqu’on agit à de plus grandes distances, à cause de sa plus grande sensibilité.
- Transmetteur à inversion des pôles (fig. 21 et 22). — Pour expliquer comment a lieu l’inversion, on supposera que le bout de fil arrivant au ressort R représente le pôle cuivre de la pile, et que le bout arrivant au ressort R' représente le pôle zinc. Dans cet état des choses, le courant du pôle cuivre, passant en R, trouve une issue par l’équerre E et le fil /*", tandis que le ressort R' n’en présente pas au courant du pôle zinc. Mais, si on presse le bouton B qui adhère à ce dernier ressort, on le met en communication avec la pièce d’argent C touchant au fil f. Alors le fil f" représente le pôle cuivre et le fil /*le pôle zinc; mais, si on presse le bouton B', on sépare le ressort R de l’équerre E, on le met en contact avec la pièce d’argent C' communiquant avec le fil f' et par embranchement avec le fil f. La même pression met aussi en contact le ressort R' avec la pièce d’argent C", laquelle touche au fil F", et, en traversant l’équerre E, le courant sort par le fil f", qui devient alors le pôle zinc, en même temps que le fil f devient le pôle cuivre.
- Système applicable aux convois des chemins de fer ( fig. 23, 24, 25, 26, 27 et 28). — Ce système a pour objet d’établir, comme il est expliqué par le rapport, un moyen de correspondance entre les deux extrémités des trains, et, de plus, de prévenir immédiatement le conducteur d’une séparation fortuite des waggons.
- Communication entre les deux extrémités des trains. — Si c’est l’agent du service placé à l’arrière qui veut se faire entendre du conducteur placé à la tête du convoi, il presse le bouton de l’interrupteur F, fig. 24 ; alors le courant de la pile B qui arrivait par la tresse métallique supérieure du ruban de parcours R au petit électro-aimant E, fig. 23, et revenait à cette pile par le fil f et la tresse métallique du milieu du ruban, cesse de passer par le fil f ' et
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- d’agir sur ce même électro-aimant. L’armature P de celui-ci, qui reçoit par F un pôle de la pile A, transmet ce pôle au contact C, le fait arriver par F'' à la sonnerie S, et cette sonnerie, où il rencontre le second pôle arrivé par F', fonctionne aussitôt.
- Quant aux transmissions qui ont lieu de la tête à l’arrière, c’est le bouton du transmetteur T, fig. 23, que le conducteur du train doit presser. Ce transmetteur étant placé sur le fil F, le courant du pôle zinc de la pile À parvient par la tresse métallique inférieure du ruban de parcours jusqu’au fil F de la figure 24, pour entrer dans la sonnerie S', qu’il fait marcher en allant rejoindre le pôle cuivre de la même pile. Celui-ci, parti de cette pile À, est entré dans le ruban de parcours par la tresse métallique du milieu; en passant de cette tresse dans le fil /*, fig. 24, il a traversé la petite pile B, pour une fonction spéciale qui sera expliquée ci-après, et enfin a suivi le fil f" qui l’a conduit à la sonnerie S'.
- Avertissement donné au mécanicien, conducteur du train, de la séparation fortuite des waggons.
- Lorsque cette séparation vient à se produire, c’est-à-dire lorsqu’il y a rupture de la barre d’attelage et des chaînes de sûreté, l’agent de service placé à l’arrière du train ne saurait en prévenir le mécanicien, puisqu’il n’y a plus de communication entre eux ; mais l’avertissement est donné par le seul fait de la disjonction du ruban de parcours R de son point d’attache en G ; on reconnaît, par l’examen des figures, qu’en effet cette disjonction a pour résultat d’interrompre le courant de la pile B dans l’électro-aimant E, et de déterminer l’action de la pile À sur la sonnerie S. D’ailleurs, comme la disjonction a lieu, non pas seulement dans les cas d’accident, mais aussi par suite de manœuvres opérées dans les gares, il importe de pouvoir suspendre à volonté, pendant leur durée, la marche de la sonnerieS, alors inutile. Telle est la fonction de l’interrupteur à position persistante I, fig. 23.
- En ce qui concerne la fonction de la sonnerie S' dans les simples cas de transmissions du chef du train à l’agent placé à l’arrière, une objection pourrait naître sur la marche du courant telle qu’elle a été indiquée ci-dessus. On pourrait se demander pourquoi le courant de la pile À, en sortant de la sonnerie S', ne se rend pas plutôt par l’embranchement fait sur le fil f en passant par l’interrupteur I', par le fil f' et l’électro-aimantE à l’embranchement du fil f, sur le fil F' pour rejoindre le second pôle de la même pile. C’est que le chemin est plus long par cette voie, un électro-aimant étant compris dans le parcours, et qu’en outre le retour ne pourrait avoir lieu
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- par le fil f' qui reçoit un courant continu et en sens opposé à celui dont il est question. Tout au contraire, la marche de ce dernier à travers la pile B et par le fil f, ayant lieu dans le sens du courant de cette pile, se trouve, par cela même, facilitée ; en même temps le petit électro-aimant E n’en reçoit pas moins la quantité d’électricité nécessaire à son action.
- Pièces de détail.
- Ruban de parcours R (fig. 27 et 28). — Trois tresses plates métalliques entrent dans la composition de ce ruban. Elles sont fabriquées avec un fil laminé qui recouvre une âme en coton ou en lin. Chaque tresse est séparément enveloppée par un ruban de gutta-percha enroulé en hélice, et que l’on chauffe ensuite suffisamment pour déterminer l’adhérence des bords. Enfin les trois tresses ainsi préparées sont assemblées et maintenues par un fil de chanvre ou de coton qui les entrelace et constitue une tresse plate collective d’une grande solidité. On augmente encore la consistance de cette tresse, en même temps qu’on la rend imperméable, en la goudronnant ou en la recouvrant d un vernis quelconque.
- Treuil d'enroulement du ruban de parcours ( fig. 25 et 26) . — On place ce treuil sur l’impériale du waggon de l’arrière : il fournit le moyen de donner avec la plus grande rapidité au ruban de parcours le développement que comporte la longueur des trains. Il suffit, pour opérer cette manœuvre, 1° de prendre l’extrémité de ce ruban et de la porter, en marchant sur les waggons, jusqu’à la griffe G ; 2° d’attacher, en revenant au waggon d’arrière, l’extrémité intérieure du ruban à la griffe G'.
- Griffe de jonction (fig. 27 et 28). — A la vue seule des figures, on comprend que les dispositions de cette griffe rendent l’attache du ruban convenablement résistante pour que la jonction se maintienne pendant la marche régulière des convois, mais pour qu’elle cède à l’effort que détermine la séparation des waggons dans les cas d’accident, ou même seulement par suite des manœuvres opérées dans les gares.
- Fils conducteurs.— Pour soutenir les fils dans leur parcours, M. J. Mirand fait usage de très-petits pitons en fer émaillé ; c’est un moyen d’isolement commode et économique. D’ailleurs, l’émail n’a pas seulement pour effet d’isoler les fils ; sa surface étant très-lisso, le frottement contre les pitons ne fait éprouver aux fils aucune altération lorsqu’on les tend.
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- Tableau synoptique des signaux.
- Avertissement. Voyez les chiffres. Voyez les lettres.
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- Les signaux que les sonneries peuvent transmettre sont indiqués par des traits et des points qui représentent, les traits des roulements, et les points des coups isolés. En limitant le nombre des roulements ou des coups à 5 au plus pour chaque signal, afin de conserver aux transmissions la rapidité convenable, on a trouvé les 62 combinaisons consignées dans le tableau. Les trois premiers signaux ont les significations invariables que fon a précisées en toutes lettres. Le sens des 58 autres est facultatif, et se règle sur les besoins que l’on peut avoir. Les espaces en blanc ménagés sur le tableau sont destinés à recevoir les indications adoptées. Toute transmission d’ordre ou de demande doit être précédée du signal n° 1, c’est-à-dire d’un roulement. Ce signal, qui correspond au mot avertissement, est seulement destiné à appeler initialement l’attention. Le deuxième, qui a cette signification : Voyez les chiffres, sert à faire connaître que fon va indiquer le nombre des objets que l’on demande, en faisant usage des dix combinaisons consignées dans la 4e colonne du tableau, combinaisons dont chacune représente un chiffre. Le troisième signal : Voyez les lettres, avertit que les signaux qui suivront, et dont l’emploi aura pour but de désigner, pour des cas exceptionnels, une chose non prévue dans les phrases écrites, auront chacun la valeur d’une des lettres de l’alphabet, valeur indiquée dans la 3e colonne.
- L’ordre suivant lequel les signaux sont inscrits sur le tableau est réglé dans le but de faire connaître au premier coup d’œil leur signification.
- Selon qu’un signal commence par un roulement ou par un coup, on sait tout d’abord s’il appartient à la série de la première colonne ou à celle de la seconde.
- Si un second roulement ne suit pas le premier, le signal rentre dans les nombres 1 à 16 ; deux roulements consécutifs donnent lieu de se reporter aux nombres 17 à 24 ; trois roulements, aux nombres 25 à 28 ; quatre, aux Jiombres 29 et 30; et cinq, au nombre 31. Après ces séries principales, ^viennent les subdivisions également méthodiques que marquent les coups frappés à la suite des roulements, et le renouvellement des roulements ou des coups. C’est dans un ordre entièrement analogue à celui qui vient d’être indiqué, que sont distribués les 31 signaux de la deuxième colonne, avec cette seule différence que dans celle-ci les coups isolés prennent la place des roulements, et les roulements celle des coups isolés, et toujours la signification cherchée se présente instantanément.
- Dans le cas ou pour des services particuliers le besoin se ferait sentir de beaucoup augmenter le nombre des signaux, on pourrait obtenir cet accroissement en disposant les 62 numéros correspondant à ces signaux en table quadrangulaire à double entrée. On inscrirait alors, dans chaque case pro-Tome Ier. — 53° année. 2e série. — Mars 1854. 24
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- duite par l’intersection des colonnes, de nouvelles phrases dont le nombre serait égal au carré de 62, soit de 3814.
- Il est bien entendu que, si plusieurs signaux doivent être transmis consécutivement, il faut, pour prévenir toute confusion, les séparer par un temps d’arrêt suffisant.
- M. Mirand propose encore un second système de signaux, plus particulièrement approprié au service d’un intérieur de maison. Il consiste à affecter aux coups et aux roulements une valeur numérique. Suivant ce système, un coup vaut 1, deux coups valent 2, un roulement vaut 3, et trois coups consécutifs indiquent un zéro. Ces indications, que retient très-facilement la mémoire, suffisent pour exprimer les nombres les plus élevés, en convenant que les coups et les roulements consécutifs représentent les chiffres, et que les dizaines sont marquées par des intervalles. Voici comment se note cette numération :
- Trois coups consécutifs............................ 0
- Un coup............................................ 1
- Deux coups......................................... 2
- Roulement.......................................... 3
- Roulement et un coup................ . . 4
- Roulement et deux coups. . . . ... 5
- Deux roulements.................................... 6
- Deux roulements et un coup......................... 7
- Deux roulements et deux coups...................... 8
- Trois roulements................................... 9
- Exemples de nombres exprimés par deux ou plusieurs chiffres.
- • • • • Un coup, un intervalle et trois coups consécutifs. . 10
- • — .. Un coup, un intervalle, un roulement et deux coups. 15
- — • — Un roulement, un intervalle, un coup, un intervalle
- et un roulement......................................313
- Avec ce système, la liste des ordres ou des demandes s’établit en se bornant à attribuer des numéros à ces ordres ou à ces demandes.
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- OUVRAGES NOUVEAUX.
- rapport fait par m. salvétat, au nom de la commission des beaux-arts appliqués
- à rindustrie, sur un ouvrage intitulé le cachemire, présenté par m. planchon, dessinateur y boulevard Monceau, 58 ( Batignolles ).
- Messieurs, vous avez soumis à l’examen de votre commission des beaux-arts appliqués à l’industrie l’ouvrage ayant pour titre le Cachemire 3 présenté par M. Planchon, dessinateur; nous venons, aujourd’hui, vous rendre compte de cet examen.
- Nous avons eu l’honneur, il y a quelques mois , à propos d’une publication analogue à celle de M. Planchon, de vous exposer les motifs qui nous portaient à demander votre approbation pour les ouvrages spéciaux mettant entre les mains des industriels une grande variété de dessins bien choisis et de bon goût. Votre commission ne saurait changer d’avis au moment où l’exposition de 1855 préoccupe tous les esprits, au moment où le Pouvoir, confiant l’organisation de cette exposition à une commission mixte composée de deux sections spéciales, l’une des beaux-arts appliqués à l’industrie, l’autre- des arts industriels, semble partager les opinions tant de fois émises au sein de votre conseil, opinions qui toujours ont inspiré votre rapporteur.
- Nous nous bornerions donc à rappeler l’incontestable opportunité de ces sortes de travaux et l’avantage que nos diverses manufactures doivent en retirer dans un avenir qui n’est plus éloigné, si le genre cachemire, qui se distingue si nettement des autres genres de décor, n’entraînait pas à des considérations toutes particulières.
- On conçoit difficilement que ce genre de dessin , qui s’adapte avec tant de succès et à tant d’étoffes, n’ait pas été, jusqu’à ce jour, traité comme tous les autres ; on s’explique peu comment ce genre, qui, chez nous, a créé l’industrie des châles si notoirement française aujourd’hui, n’a pas été jusqu’à présent l’objet d’un recueil spécial. On se demande pourquoi les dessinateurs semblent avoir dédaigné, dans leurs publications, le style de l’ornementation originaire des Indes, qu’ont imité tour à tour les impressions de Rouen, de Jouy, de Munster, de Mulhouse, d’Amiens et de Reims, que reproduisent encore actuellement les fabriques du Rhône, de la Seine , de la Seine-Inférieure, du Haut-Rhin, ce style qui doit se renouveler si vite au gré de la mobilité parisienne.
- On en trouve cependant la cause dans les obstacles que l’artiste rencontre pour varier d’une manière satisfaisante des dessins d’un caractère si original
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- et pour reproduire avec harmonie le sentiment général du coloris; même dans le châle genre renaissance, l’ornement et la fleur de fantaisie doivent toujours rappeler le style indien.
- M. Planchon n’a pas craint d’aborder ces difficultés. L’ouvrage qu’il publie se compose de douze livraisons par année, réunissant des compositions chromolithographiées applicables à la haute nouveauté ; il espère, en éditant l’ouvrage intitulé le Cachemire, rendre quelques services à des industries qui occupent, dans l’histoire de nos manufactures, une place importante, et combler une lacune regrettable dans nos publications modernes.
- Votre commission des beaux-arts, quoique convaincue que l’étude des livres ne peut dispenser des travaux d’ateliers peut-être plus directement et plus immédiatement utiles, croit néanmoins devoir applaudir à ces efforts : elle vous propose, en conséquence,
- 1° De donner votre approbation à l’ouvrage intitulé le Cachemire, album du fabricant ;
- 2° De remercier M. Planchon de sa communication ;
- 3° De faire connaître son ouvrage par l’insertion du présent rapport dans le Bulletin de la Société.
- Signé Salvétat, rapporteur.
- Approuvé en séance, le %% février 1854.
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- rapport fmt par m. e. de silvestre , au nom du comité des arts économiques, sur un procédé inventé par m. pigalle pour purger et teindre les peaux.
- Messieurs, M. Pigalle, demeurant rue Taitbout, 13, a soumis à votre examen des peaux de moutons chamoisées teintes au moyen d’un procédé qui lui est propre, et qui sont en grande partie enrichies à l’impression de dessius en couleurs plus ou moins variées. M. Pigalle destine ces peaux à l’ameublement ainsi qu’à, la confection de diverses espèces de vêtements.
- On sait que les peaux reçoivent très-bien le mordant et peuvent être sou mises aux opérations de la teinture, à la condition expresse d’être convenablement préparées, c’est-à-dire purgées de toute matière grasse. Or cette préparation a toujours opposé à l’industrie des difficultés qui, aujourd’hui encore, sont loin d’être vaincues. Aussi la teinture des peaux offre-t-elle généralement peu de solidité et présente-t-elle des inégalités, des marbrures qui les rendent impropres à beaucoup d’usages auxquels on pourrait les destiner.
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- M. Pigalle annonce qu’il a trouvé un moyen de purger les peaux de manière à leur donner la propriété de recevoir une teinture solide et régulière. Comme M. Pigalle n’a pas fait connaître son procédé, votre comité n’a pu le juger que d’après les résultats qui ont été renvoyés à son examen. Or, ces mêmes résultats, dont vous avez sous les yeux d’assez nombreux échantillons, portent avec eux le témoignage que, en tant qu’il s’agit de la teinture en uni, le procédé de M. Pigalle laisse encore quelque chose à désirer.
- Peut-être M. Pigalle n’a-t-il pas réussi à purger complètement les peaux qu’il emploie ; peut-être n’a-t-il pas fait une étude assez approfondie des mordants qui conviennent à la teinture de ces peaux; toujours est-il que les tons unis présentent encore trop d’inégalités, et que, parmi les teintes variées qui sont appliquées par les moyens en usage dans l’impression des étoffes de laine, il en est quelques-unes qui ont moins de fixité sur les peaux que sur les draps.
- Pourtant nous devons nous hâter d’ajouter que la plus grande partie des échantillons imprimés que M. Pigalle a soumis à l’appréciation du conseil offrent des qualités incontestables. L’étoffe unie et veloutée est d’un effet agréable, et, à une petite distance, imite les draps ouvragés de manière à tromper la vue ; de plus, les couleurs sont assez solides pour que l’étoffe puisse être nettoyée par les moyens dont on se sert communément dans le dégraissage du drap. Ces avantages rendent les peaux en question très-propres à être employées à l’intérieur comme tentures ; elles peuvent aussi servir à garnir les meubles et les voitures, et même à confectionner diverses sortes de vêtements. Toutefois, sous ce dernier point de vue , en supposant qu’on puisse regarder comme concluants quelques essais heureux qui ont été tentés, il resterait encore à M. Pigalle à chercher les moyens de rendre, autant que possible, ses étoffes imperméables. La peau, étant spongieuse, hygrométrique et d’inégale épaisseur, se dessèche inégalement ; et l’expérience prouve que les vêtements qui en sont faits se déforment en partie lorsqu’ils ont été mouillés, à moins qu’on ne les laisse sécher sur le corps, ou que, par de certains soins minutieux, on n’empêche ce fâcheux effet.
- Quoi qu’il en soit, Messieurs, votre comité regarde comme heureuse l’idée qu’a eue M. Pigalle d’appliquer sur peau la teinture ouvragée ; il pense que cette industrie est, moyennant quelques nouvelles recherches, susceptible de s’étendre et de prospérer. Si le prix de ce genre d’étoffe est encore élevé, cela tient à ce que M. Pigalle n’est malheureusement pas en mesure de donner à sa fabrication un développement suffisant qui lui permette de diminuer la main-d’œuvre.
- Comme conclusion, l’avis de votre comité des arts économiques est que
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- LOGEMENT DES OUVRIERS.
- M. Pigalle mérite d’être encouragé ; c’est pourquoi nous avons l’honneur de vous proposer, Messieurs, de lui donner un témoignage de votre bienveillant intérêt, en le remerciant de sa communication , en l’engageant à persévérer dans ses efforts pour améliorer et développer une industrie qui a de l’avenir, enfin en approuvant l’insertion du présent rapport dans le Bulletin.
- Signé E. de Silvestre, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 8 février 1854.
- LOGEMENT DES OUVRIERS.
- Recherches sur le logement accordé aux ouvriers dans les fabriques ; par m. a. chevallier (1).
- Messieurs, le travail lu par M. Muller à la Société d’encouragement, dans la séance du 30 novembre 1853, ayant vivement impressionné la Société, parce qu’il avait trait au bien-être des travailleurs, nous avons pensé qu’il y aurait utilité à faire connaître ce qui s’est fait antérieurement dans une localité du département des Vosges et ce qui se fait encore aujourd’hui dans cette même localité.
- Voici ce qui est relatif à la fabrique de fer-blanc de Bains ( Vosges ), fabrique qui appartient à MM. Fallatieu et Chavane, fabrique qui date du commencement du xvme siècle , puisqu’elle fut établie en 1733 en vertu de lettres patentes du duc François III, lettres patentes qui furent confirmées en 1745 par le roi Stanislas de Pologne.
- Des recherches que nous avons faites il résulte 1° que les travaux faits dans les établissements de MM. Fallatieu et Chavane consistent dans la fabrication des fers fins laminés et martelés de toute nature, du fer-blanc, de la fonte, des pièces de constructions et de mécaniques propres à tous les grands emplois que peut réclamer l’industrie, dans la fabrication des aciers naturels et cémentés, dans celle des fils de fer et fils d’acier, des tôles de fer, tôles qui sont étamées ou plombées, enfin dans la fabrication de la grosse quincaillerie; outre ces travaux, l’établissement exploite des scieries.
- 2° Qu’à l’établissement principal, qui a son siège à Bains, sont annexés six autres établissements qui sont les suivants : Grurupt, le Moulin-au-Bois, la Pipée, Fréland, le Pont-du-Bois, le Bas-du-Mont.
- 3° Que le nombre des ouvriers employés est de 350 à l’intérieur des établissements et de 635 au dehors ; ces derniers sont employés pour les transports, l’exploitation des forêts, la carbonisation des bois, etc.
- 4° Que presque tous les ouvriers employés aux travaux alternatifs de jour et de nuit sont logés dans les usines; que les logements qui leur sont donnés se composent d’une,
- (îs) Cette note a été lue dans la séance du conseil d’administration du 9 mars 1854.
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- LOGEMENT DES OUVRIERS.
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- deux et trois pièces, suivant l’importance des ménages; qu’à ces logements sont joints des caves, jardins et dépendances, suivant la nécessité (1).
- 5° Que les ouvriers ne payent pas de logement, qu’ils sont chauffés aux frais de rétablissement ; qu’outre ces avantages ils sont aussi bien rétribués qu’ils le seraient dans d’autres usines.
- 6° Que, il y a cinq ans, l’administration a fait rebâtir à neuf une centaine de logements qui forment une rue bien alignée dans laquelle se trouvent des habitations qui sont entièrement semblables; qu’au centre de cette rue s’élève un grand pavillon qui domine les autres bâtiments; dans ce pavillon on a disposé des appartements pour les commis, qui sont convenablement logés.
- Nous avons pensé , ces données acquises , qu’il serait utile de savoir quels sont les résultats de cette manière de faire sur le moral des ouvriers. De l’enquête que nous avons faite il résulte
- 1° Que les ouvriers sont, en général, satisfaits d’être logés, puisque ceux qui, par défaut d’espace, ne le sont pas, réclament sans cesse cet avantage;
- 2° Que la surveillance sur les ouvriers logés étant plus directe, il est plus facile de maintenir leur moral dans une bonne voie ;
- 3° Que les ouvriers logés sont moins sujets à l’inexactitude au travail que ceux qui viennent du dehors ;
- k° Que, pour ce qui concerne la sobriété et l’économie, la question du logement ne peut pas servir de règle invariable, qu’elle dépend uniquement du caractère des individus ; on doit dire que beaucoup d’ouvriers , par leur position à la fabrique, ne connaissent pas la valeur de la location ni celle de l’achat du bois , qu’ils sont peu portés à y regarder de près.
- Nous avions voulu savoir s’il y avait avantage, pour l’administration , de loger les ouvriers; il fut répondu à la question que nous avions posée : qu’en général, par cela même que la surveillance est plus directe et plus facile, il y a avantage, pour les ouvriers de même que pour les patrons, dans l’intérêt d,u travail, à accorder le logement aux ouvriers.
- À l’usine de Bains, non plus que dans les annexes, il n’existe point, comme dans certains établissements, de caisse de retraite, il n’est fait aux ouvriers aucune retenue sur leurs salaires; mais, lorsqu’ils arrivent à un âge avancé, qu’ils ont consacré leurs années au service de l’établissement et qu’ils ne peuvent plus travailler, il leur est fait, sur la caisse des propriétaires, une pension mensuelle pour subvenir à leur existence.
- Notre correspondant dit, dans un passage de ces renseignements , que les commis sont, comme les ouvriers , pensionnés par l’établissement, et que tout commis qui a usé sa jeunesse au service de la fabrique Fallatieu et Chavane reçoit une pension de retraite; que plusieurs de ces commis étant décédés dans l’établissement, leurs veuves
- (O M. Cardé, à qui nous avions demandé des renseignements, s’exprime ainsi relativement aux logements des ouvriers : Ces logements sont d’un tel confortable, que beaucoup de bourgeois se trouveraient heureux d'être ainsi logés.
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- MORTIERS HYDRAULIQUES.
- ont été pensionnées par les propriétaires de la fabrique de Bains, et que la pension s’élève de 6 à 800 francs.
- J’ai cru, Messieurs, que ces détails, qui se rapportent aux classes ouvrières dont vous cherchez, par tous les moyens possibles, à améliorer le sort, pourraient vous présenter quelque intérêt; aussi ai-je cru devoir vous les faire connaître. II serait à désirer qu’on pût obtenir des renseignements sur les établissements de Thann, de Wesserling, où les ouvriers, comme ceux de Bains, sont logés, en même temps que les chefs des établissements prennent des précautions relativement à la nature des aliments qui sont livrés aux ouvriers, à l’éducation qu’on donne aux enfants, etc., etc.
- MORTIERS HYDRAULIQUES.
- Recherches sur Vaction destructive que Veau de la mer exerce sur les silicates connus
- sous les noms de mortiers hydrauliques, ciments et gangues à pouzzolanes quelconques; par M. Yicat.
- Ces recherches ont conduit aux résultats préliminaires suivants :
- 1° Que les hydrosilicates doubles d’alumine et de chaux susnommés sont des combinaisons très-peu stables;
- 2° Que tous, sans exception, quels qu’en soient l’âge et la dureté, étant réduits en poudre aussi fine que le comportent les moyens mécaniques et sous cette forme, noyés dans une quantité d’eau pure suffisante, y abandonnent une notable quantité de chaux lorsqu’ils n’ont subi en aucune manière ou du moins que très-ineompléte-ment l’influence de l’acide carbonique;
- 3° Que si. dans les mêmes circonstances , on substitue à l’eau pure une dissolution très-étendue de sulfate de magnésie, la plus grande partie et souvent la totalité de la chaux de ces silicates passe à l’état de sulfate, à moins qu’il ne s’y soit introduit de l’acide carbonique, dans lequel cas il reste en chaux carbonatée tout juste ce que cet acide est capable de neutraliser;
- A° Que toutes les pouzzolanes, quelles qu’en soient l’origine et la composition, n’exigent, pour leur saturation complète, qu’une quantité de chaux bien moindre que celle qu’on leur donne en pratique, eu égard surtout à leur défaut de finesse et à la manière grossière dont on confectionne les mélanges ;
- 5° Que l’affinité de l’acide carbonique pour la chaux combinée dans ces divers silicates est si puissante, qu’à l’aide d’un certain degré d’humidité, et lorsque son introduction est possible, il la neutralise toujours en totalité, laissant en dehors tous les autres principes qui, combinés ou non entre eux, ne se trouvent plus alors qu’à l’état de mélange dans le composé.
- Il suit de ces résultats que l’eau de mer détruirait tous les ciments, tous les mortiers et toutes les gangues à pouzzolane possibles, si elle pénétrait d?ms le tissu des masses
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- immergées. Or, comme certains de ces composés résistent parfaitement à une immersion constante tant dans les eaux de l’Océan que dans celles de la Méditerranée , il est nécessaire qu’ils ne soient pas pénétrés par l’eau de mer. Son introduction est donc empêchée par leurs surfaces, et la cause de cet empêchement réside principalement dans un enduit superficiel de chaux carhonatée, qui se forme soit antérieurement, soit postérieurement à leur immersion, et augmente en épaisseur avec le temps; à cet empêchement principal s’ajoutent, dans quelques circonstances , 1° l’effet d’une espèce de cémentation produite par l’introduction d’une certaine quantité de magnésie dans le tissu superficiel, où elle passe à l’état de carbonate; 2° l’effet des incrustations et des végétations sous-marines.
- Mais il n’est pas donné à tous ces enduits de se maintenir avec une égale persistance autour des masses enveloppées; les différences observées sous ce rapport tiennent tantôt à la constitution chimique et à la cohésion propres des silicates, tantôt à leur situation sous-marine, relativement aux coups de mer et aux galets qu’elle lance; de là les différences observées parles constructeurs dans la durée des bétons dont les silicates forment la gangue.
- Les développements qui expliquent en quoi consiste cette constitution chimique des silicates résultants, comparée à celle de ceux qui ne résistent pas, et qui montrent le rôle prépondérant de la silice dans ces phénomènes , et de plus l’exposé d’une méthode simple et certaine de classer tous les composés de ce genre sous le rapport de leur aptitude ou non-aptitude aux travaux à la mer, en abrégeant considérablement le temps qu’exigent les épreuves en mer libre, forment le sujet d’un mémoire que M. Vi-cat communiquera ultérieurement. ( Académie des sciences, 23 janvier 1854.)
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- procédé ‘pour déterminer la valeur industrielle du noir animal; par m. corenwinder.
- Dans la séance du conseil d’administration de la Société d’encouragement, du 19 octobre 1853, M. Peligot a communiqué un procédé de M. Corenwinder, pour déterminer la valeur industrielle du noir animal, en exprimant le désir que ce procédé reçût une prompte publicité.
- Nous le donnons aujourd’hui tel qu’il est consigné dans le n° 16 du compte rendu des séances de l’Académie des sciences, 2e semestre 1853.
- L’auteur fait observer d’abord que, lorsqu’on veut apprécier la valeur industrielle du noir animal, on cherche actuellement à déterminer le rapport comparatif de son pouvoir décolorant avec un noir connu par ses propriétés, en le plaçant, autant que possible, dans le même état physique que celui qui sert de terme de comparaison.
- Le pouvoir décolorant du noir d’os doit, sans doute, être pris en considération ; mais il est une autre propriété de cette matière à laquelle on n’a pas fait attention d une manière sérieuse, c’est son pouvoir absorbant.
- Tome Ier. — 53* année. série. — Mars 185i. 2->
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- Dans l’état actuel de la sucrerie, ce dernier est certainement plus important à considérer que le pouvoir décolorant, puisque avec les appareils centrifuges on parvient à dépouiller parfaitement les cristaux de sucre du sirop plus ou moins coloré qui les baigne. Du reste, le pouvoir absorbant du noir agit dans le même sens que le pouvoir décolorant, qui est dû évidemment à l’absorption des matières plus ou moins foncées qui sont en dissolution dans les jus ou dans les sirops.
- La valeur comparative du noir animal peut donc être établie d’après la quantité de chaux qu’un poids déterminé de cette matière est susceptible d’absorber. Ayant observé souvent que cette absorption, qui est considérable pour le noir neuf, l’est beaucoup moins pour le noir révivifié, M. Corenwinder a pensé qu’on pouvait fonder sur cette propriété un procédé satisfaisant, pour donner à ce produit un titre, un cachet déterminé, et ce d’autant plus, que cette propriété est, sans contredit, la plus importante pour le fabricant, puisqu’elle a pour effet de dépouiller les sirops d’un corps qui nuit à la cuite et qui empêche la cristallisation d’une certaine quantité de matière sucrée.
- Voici la méthode que l’auteur emploie pour déterminer la valeur industrielle du noir animal.
- L’auteur suppose qu’on ait préparé une dissolution de sucrate de chaux ; il est facile de déterminer combien il faut de degrés de la dissolution d’acide sulfurique employée dans les essais alcalimétriques, pour saturer un volume connu de ce sucrate (50 centimètres cubes, par exemp'e).
- Cela fait, s’il y a plusieurs échantillons de noir à essayer, on commence par les amener, autant que possible, dans le même état de division, en les passant séparément sur le même tamis ; puis, mettant un poids déterminé (50 grammes) de chacun des échantillons dans des flacons séparés, on y ajoute un même volume (1 décilitre) du sucrate, et on laisse le contact s’opérer pendant une heure.
- Ce temps écoulé, on filtre séparément les liquides, et on prend successivement 50 centimètres cubes, et, déterminant séparément ce qu’il faut de degrés d’acide sulfurique normal pour compléter la saturation , on connaît par différence les degrés proportionnels de chaux qui ont été absorbés par chaque échantillon de noir animal; celui qui en absorbe le plus est, sans contredit, le plus favorable pour le consommateur, celui auquel il doit donner la préférence.
- Ce procédé d’appréciation est simple et facile à exécuter ; toutefois, pour lui donner plus de précision, l’auteur a été conduit, après quelques essais, à préparer le sucrate de chaux et la dissolution d’acide sulfurique de la manière suivante :
- Il commence par disposer un liquide acide composé de 20 grammes d’acide sulfurique monohydraté pur, étendus d’eau jusqu’au volume exact de 1 litre.
- D’autre part, il prépare une dissolution de sucrate de chaux (1) telle, que le vo-
- (i) Pour obtenir un;* dissolution d’un poids donné de chaux dans une dissolution sucrée, l’auteur fait dissoudre dans l’eau 125 à 130 grammes de sucre blanc; il y ajoute 15 à 20 grammes de chaux vive, et il porte le liquide à l’ébullition : il filtre pour séparer ce qui n’est, pas dissous, et il complète
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- lame de 1 litre soit exactement saturé par ce litre de dissolution d’acide sulfurique ; de cette manière, un volume quelconque de ce suc-rate (50 centimètres cubes, par exemple) sera nécessairement saturé par une burette graduée, contenant aussi 50 centimètres cubes d’acide sulfurique normal.
- Opérant ensuite avec les échantillons de noir d’essai de la manière indiquée plus haut, l’auteur cherche combien il faut de degrés de la burette pour compléter la saturation de 50 centimètres cubes du liquide filtré, après son contact avec le noir. S’il en faut 35, par exemple, 100 — 35 ou 65 représente la proportion de chaux absorbée par le noir : c’est donc, comme convention établie, le chiffre qui peut représenter son titre ou son degré.
- On peut opérer avec une burette dont le zéro de graduation se trouve à la partie inférieure ; de cette manière, on lit directement le degré du noir essayé.
- Acclimatation des poissons ; par M. Coste.
- L’auteur avait mis, l’année dernière, sous les yeux de l’Académie des sciences, des saumons qui venaient d’éclore dans son appareil du collège de France. Ces saumons, conservés dans un bassin d’eau dormante de 5 mètres de surface et de 40 centimètres de profondeur, y ont prospéré au point d’avoir acquis, dans l’espace de dix mois, une longueur de 14 à 18 centimètres. Des résultats analogues ont été obtenus par M. de Vibraye, dans l’établissement qu’il a fondé sur les bords de la Loire ; par M. Desmé, dans son domaine des environs de Saumur ; par M. Blanchet, dans le département de l’Isère. L’acclimatation des espèces dans des localités différentes de celles où elles ont coutume de vivre n’est pas aussi difficile qu’on l’avait supposé ; aussi l’auteur a pu déjà introduire, avec le même succès, dans certaines eaux de la France, le saumon du Danube, l’ombre chevalier, le fera (coregunus fera Jur.), et dans le Ballon (Vosges), en particulier, la grande truite des lacs de la Suisse.
- SÉANCES I)U CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- PROCÈS-VERBAUX.
- Séance du 8 mars 1854.
- M. Dumas, président, occupe le fauteuil.
- Le procès-verbal de la séance précédente est lu et approuvé.
- environ 1 litre avec le liquide filtré. Il essaye ensuite sur 50 centimètres cubes de cette dissolution combien il faut de degrés d’acide normal pour en faire la saturation. En supposant qu’il en faille i25, on fait celte proportion 125 : 100 : : 100 : x = 80. Donc, en prenant 80 centilitres du sucrale préparé, les étendant d’eau jusqu’à 100 centilitres, on obtient une dissolution de suerate de chaux titrée saturant exactement son Volümè de là dissolution d’acide sulfurique, et qui peut servir pour les essais;
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- Correspondance. M. Brice, cultivateur-horticulteur, aux Menuls, près Montfort-l’Amaury (Seine-et-Oise), propose une méthode pour guérir les pommes de terre, les arbres, les vignes et les légumes des maladies qui les affectent.
- M. Fleury Lacoste, propriétaire , à Cruet, près Montmélian ( Savoie ), transmet une brochure intitulée Maladie de la vigne, nouveau système de culture qui prévient la maladie dite oidium Tucheri, et moyen de guérir les ceps nouvellement atteints.
- M. Salomon, rue du Faubourg-Saint-Martin, 52, annonce que, pour agir contre la maladie de la vigne, il convient d’employer les plâtres, les plâtras et autres analogues ayant servi à l’épuration du gaz destiné à l’éclairage.
- M. Déjardin, ingénieur civil, à Cologne (Prusse), adresse un mémoire sur un moyen de détruire la maladie de la vigne.
- M. Gentil, propriétaire, à Villenoxe ( Aube ), annonce qu’il a découvert, dans les environs de cette commune, un gisement de pierres lithographiques.
- MM. Louit frères, à Bordeaux, font remettre des flacons de la moutarde qu’ils fabriquent.
- M. le ministre de la guerre adresse la lettre suivante en réponse à celle par laquelle la Société lui annonçait avoir l’intention de décerner des récompenses à ceux des produits de l’Algérie qui figurent à l’exposition permanente.
- A M. le baron Charles Dupin, secrétaire de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale.
- Paris, 23 février 1854.
- « Monsieur le baron, vous avez bien voulu me faire connaître l’intention exprimée par la Société d’encouragement, pour l’industrie nationale de décerner des récompenses à ceux des produits de l’Algérie qui figurent à l’exposition permanente de la rue de Bourgogne, et qu’une commission déléguée par la Société aurait jugés dignes de cette faveur.
- « Je ne puis, monsieur le baron , que remercier la Société d’encouragement de la bonne pensée quelle a eue et de son désir de contribuer au développement de l’agriculture et de l’industrie de notre colonie d’Afrique.
- « Je serais heureux que la commission d’examen voulût bien visiter l’exposition permanente, qui lui sera ouverte chaque fois qu’elle le demandera, et désigner les produits dont elle désirerait avoir des échantillons pour les examiner plus attentivement.
- « Vous trouverez ci-joints cinquante billets d’entrée pour l’exposition permanente, qui, d’ailleurs, comme je viens de le dire, sera ouverte à la commission tel jour qu’elle voudra bien choisir et que je vous serai obligé de me faire connaître à l’avance lors de sa première visite.
- « Le maréchal ministre secrétaire d’Etat de la guerre,
- « Signé À. de Saint-Arnaud. »
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- M. le ministre de Vagriculture , du commerce et des travaux publics annonce que l'administration des mines ayant souscrit pourquarnnte exemplaires de la carte géologique de la Flandre française exécutée par M. Mengi, ingénieur des mines, la Société d’encouragement a été comprise dans la distribution de cette carte; il en adresse plusieurs exemplaires.
- Le conseil vote des remerciments à M. le ministre.
- M. Coignet, manufacturier, rue de Surène, 13, fait hommage d’un mémoire qu’il vient de publier sous le titre de Une solution de la question des houilles.
- M. Forney, rue Poissonnière, 12, présente un régulateur fondé sur la différence de dilatation du fer et du zinc.
- M. Zambeaux, maire adjoint de Saint-Denis, appelle l’attention de la Société sur un nouveau système de chaudière tubulaire applicable aux chemins de fer, à l’industrie manufacturière et à la marine à vapeur.
- MM. Godemard et Meynier, manufacturiers, à Lyon , inventeurs d’un nouveau procédé de montage de métiers à tisser, adressent une brochure dans laquelle sont décrites six dispositions différentes appelées montage à arcades et collets de secours ; ils joignent à cet envoi des échantillons d’étoffes tissées par ce procédé.
- M. Larivière , gérant de la compagnie des ardoisières d’Angers , annonce que cette compagnie a fait établir une scierie mécanique ayant pour but le travail du schiste ar-doisier sous toutes les formes utiles aux arts et surtout à l’industrie du bâtiment ; il adresse des échantillons d’ardoises de toutes dimensions travaillées dans son usine.
- M. le président communique une lettre de M. Evrard, faisant connaître la situation de l’industrie à laquelle il se livre, la fonte et la purification des suifs ; il dit avoir appliqué son procédé à l’extraction de l’huile de baleine qu’il obtient incolore et presque sans odeur.
- M. Amédée-Durand présente , de la part de M. Daguet, un sécateur dans lequel le ressort en acier est remplacé par un ressort en caoutchouc vulcanisé.
- Rapports des comités. M. Laboulaye, au nom du comité des arts mécaniques , lit un rapport sur un moyen de sûreté appliqué aux armes à feu par M. Briand, arquebusier, aux Herbiers ( Vendée ), et sur un polissoir pour polir les canons de fusil dans le sens de la longueur et effacer les irrégularités produites par le travail de l’alésage.
- Le comité propose de remercier l’auteur de sa communication et d’insérer le rapport dans le Bulletin. ( Approuvé. )
- Le même membre, au nom du même comité, lit un rapport sur un nouveau sys-
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- tème d’engrenage dit engrenage à coins, de M. Minotto, destiné à remplacer les engrenages ordinaires et les roues dentées,
- Le comité propose de remercier l’auteur de sa communication et d’insérer le rapport dans le Bulletin avec le dessin de l’engrenage. ( Approuvé. )
- M. Laboulaye, continuant de porter la parole au nom du comité des arts mécaniques, lit le rapport suivant :
- « La Société a renvoyé au comité des arts mécaniques une lettre de M. Farcot, relative à la part d’invention réclamée par MM. Thomas et Laurens, dans les machines à vapeur que lui ( M. Farcot ) a établies à Saint-Gobain.
- « Après avoir examiné le rôle que la Société pouvait jouer dans cette affaire, et nous être rendu compte de l’impossibilité de juger cette contestation en l’absence de l’une des parties, nous vous proposons de ne pas donner suite à une communication déjà livrée à la publicité dans le journal intitulé le Génie industriel. »
- Le conseil approuve les conclusions du rapport.
- Communications. M. A. Chevallier, membre du conseil, lit une note sur les recherches faites à Bains (Vosges) sur le logement des ouvriers employés dans les fabriques.
- M. le président adresse à l’auteur les remercîments du conseil pour sa communication, qui est renvoyée à la commission du Bulletin. ( Voyez plus haut, p. 186.)
- M. Clerget, membre du conseil, à l’occasion du prix proposé pour l’introduction et la culture en grand de plantes étrangères à l’Europe, lit la note suivante :
- « Bien que ce prix paraisse plus particulièrement applicable à l’importation des plantes propres à être cultivées en France, ne serait-ce pas remplir encore le but de notre institution que de faire participer à des encouragements l’introduction, dans nos colonies, de plantes utiles à la culture de leur sol? L’éloignement où nous nous trouvons de nos possessions au delà des mers, la difficulté d’apprécier des faits qui s’y produisent sont, sans doute, des motifs pour n’entrer qu’avec réserve dans cette voie; mais si, dans certaines circonstances, une notoriété positive vient attester la réalité de ces faits, ne semble-t-il pas qu’il n’y ait lieu alors de distinguer, quant à ce témoignage d’intérêt, entre la France et ses colonies ?
- « La métropole n’a pas seule à souffrir de l’altération profonde que plusieurs végétaux de grande culture éprouvent depuis un certain temps.
- « Si, en France, les pommes de terre, les betteraves et surtout la vigne sont atteintes par un mal désastreux, dans nos colonies la plante qui constitue presque exclusivement leur richesse, la canne à sucre, éprouve aussi, depuis près de dix ans, les effets d’une maladie qui porte le plus grand préjudice aux planteurs. Cette maladie a surtout été très-intense à Bourbon ; mais l’importation, dans cette colonie , de deux nouvelles espèces de cannes que l’épidémie n’a pas atteintes, a été du plus grand secours. C’est à M. Diard, connu par ses travaux d’histoire naturelle et d’agriculture, et par les importantes recherches auxquelles il s’est livré pendant son long séjour dans les Indes orientales, et particulièrement à Java, qu’est due cette introduction.
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- « Le succès de la propagation, à Bourbon, des deux cannes dont il vient d’être question est attesté par les pièces jointes à la présente note.
- « J’ai l’honneur de proposer au conseil de renvoyer l'examen de ces pièces au comité d’agriculture, afin qu’il puisse juger si les indications qui s’y trouvent consignées méritent d’être prises en considération. »
- M. le président, en remerciant M. Clerget de cette communication, la renvoie à l’examen du comité d’agriculture.
- M. le président appelle l’attention de la Société sur les procédés de conservation des substances alimentaires par M. Lamy, de Clermont-Ferrand.
- L’auteur ne peut faire connaître encore ses procédés, étant en instance pour la prise d’un brevet. Les échantillons de fruits, légumes, viandes et préparations anatomiques sont sous les yeux du conseil.
- M. Lamy fait observer que la différence qui existe entre ses préparations et celles en usage , c’est que les substances conservent leur volume et leur aspect primitifs, et que son procédé s’applique aux fruits les plus délicats et aux fruits à noyau.
- M. Lamy ajoute que, parmi les pêches, il y en a quelques-unes dont la surface était envahie par une espèce de champignon lorsqu’elles ont été cueillies. Ces fruits se trouvaient dans un état peu favorable à leur conservation ; ils n’ont subi aucune altération, la partie malade s’est desséchée, et la partie saine se termine , dans le voisinage , par un bourrelet qui oppose une barrière à la maladie.
- Un phénomène de la même nature se produit dans la pomme de terre, avec celte différence que la partie malade, une fois desséchée , ne présente plus à son intérieur que des globules d’amidon séparés de la partie saine ( qui n’a rien perdu de son volume) par une espèce de pellicule.
- M. Lamy pense que le procédé n’enlève point à cesHubercules ni aux amandes des fruits leurs propriétés germinatives ; il fait voir que les amandes des fruits à noyau sont aussi fraîches que si le fruit était attaché à l’arbre qui l’a produit. Les raisins n’ont aucune ride, et les grappes conservent leur verdeur primitive.
- Appliqué en grand à la betterave, le procédé ne modifie point la matière saccharine; il empêche celle-ci de s’altérer avec le temps.
- M. Lamy présente un échantillon de sucre et de mélasse obtenus, le 1er septembre 1853, avec des betteraves de l’année précédente, par une simple évaporation à l’air libre. Les légumes, traités par ce procédé, restent dans un état parfait de conservation; les petits pois sont conservés dans leurs cosses.
- M. Lamy soumet ensuite , au jugement de la Société, des échantillons de viandes crues et cuites conservées depuis plusieurs années, et qui ne présentent aucune altération.
- M. le président rappelle que les différents modes de conserver les viandes, autres que celui de la salaison, ont été l’objet de la sollicitude de la Société , qui, dès 1813, avait fondé un prix pour la dessiccation des viandes.
- Le motif qui avait engagé la Société a préférer le procédé de dessiccation, c’est que,
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- BIBLIOGRAPHIE.
- à cette époque, depuis dix ans, il existait à l’hôtel des monnaies de la viande desséchée par M. Vilaris, pharmacien, à Bordeaux, laquelle avait été gardée sans précaution dans un lieu qui ne pouvait la défendre ni de la poussière ni des variations atmosphériques. Cependant cette même viande, après avoir été lavée et cuite, a fourni un potage assez bon; elle-même était très-mangeable et conservait la saveur des viandes nouvelles.
- Feu M. d'Arcet père ne paraît pas avoir eu connaissance du mode de dessiccation de M. Yilaris ; il dit seulement que ce procédé n’a pas été rendu public.
- Les faits qui viennent d’être rapportés, ajoute M. le président, donnent un nouvel intérêt à la communication de M. Lamy, et il invite les comité des arts chimiques et économiques à examiner ses procédés et les applications qu’il en a faites.
- M. Alcan fait déposer, de la part de M. Montel, à Cayenne, une note sur le rocou et sur la bixine, mémoire qui est accompagné d’échantillons.
- M. Barresml présente, de la part de M. Victor Masson, des épreuves du procédé de l’impression naturelle en relief et de la gravure en couleur, procédé au moyen duquel M. Louis Auer, directeur de l’imprimerie impériale de Vienne, et son prote , M. Wo-ring, sont parvenus à réaliser divers résultats.
- M. Barreswil donne en peu de mots la description du procédé.
- Si l’on place une matière inanimée quelconque, plante, fleur, etc., outre une plaque d’acier et une lame de plomb, et si l’on fait passer le tout entre deux cylindres serrés, on s’aperçoit, en séparant les deux lames , que l’original a laissé en creux sur la lame de plomb l’empreinte de son image. Comme cette lame de plomb ne saurait fournir un long tirage, on a recours, pour la reproduire, au procédé de la galvanoplastie.
- M. Barreswil annonce que M. Masson offre de donner à la Société, pour le Bulletin, un spécimen de ce procédé avec sa description.
- Le conseil vote des remerciments à M. Masson et renvoie sa proposition à la commission du Bulletin.
- M. Champonnois, du département de la Haute-Saône, demande que la Société nomme une commission pour examiner un procédé de distillation des betteraves pour lequel il a pris un brevet d’invention.
- BIBLIOGRAPHIE.
- Traité des arts céramiques, ou des poteries considérées dans leur histoire, leur pratique et leur théorie, par M. Al. Brongniart, membre de l’Institut. 2e édition revue et accompagnée de notes et d’additions par M. Salvétat. Paris, chez Béchet jeune, rue Monsieur-le-Prince, 22 ; 2 vol. in-8 accompagnés d’un atlas contenant 60 planches.
- PARIS. — IMPRIMERIE DE Mme Ve BOUCHARD-HUZARD, RTJE DE L’ÉPERON, 5.
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- Sï< ANNÉE. DEUXIEME SÉRIE, N* 7. — AVRIL 1874.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE,
- PEINTURE.
- rapport fait par mm. gourlier et salvétat, au mm de la commission des beaux-arts appliqués à l'industrie, sur les procédés de peinture a l’huile de m. de lamare, rue de Vaugirard, 32.
- Messieurs, la peinture à l’huile a, comme toute science, comme tout art, ses difficultés matérielles que l’expérience ne permet pas toujours de lever facilement. Quel est l’élève qui n’a pas été rebuté dans ses premiers essais par l’embarras de peindre sur une peinture molle, délayable sous le pinceau chargé de couleurs nouvelles?Quel est le maître qui ne s’est pas, avec regret, trouvé dans la nécessité de remettre au lendemain un travail presque terminé, parce que le tableau qu’il aurait pu finir, alors qu’il se sentait inspiré, n’était suffisamment sec ni pour recevoir les glacis ni pour être verni?
- Tout le monde sait que, dans la peinture à l’huile, la couleur doit être convenablement fluide pour pouvoir être étendue sans peine, mais qu’elle doit se sécher ensuite, dans certaines conditions,
- 1° Pour permettre, sans altération des dessous, l’application soit des empâtements qui fournissent les lumières, soit des retouches légères et transparentes qui donnent ces tons fins et vaporeux qu’on appelle glacis;
- 2° Pour ne contracter aucune adhérence avec les poussières qui voltigent sans cesse au milieu de l’atmosphère ;
- 3° Enfin pour acquérir, sous une couche de vernis protecteur, la résistance, le brillant, l’inaltérabilité convenables. Certaines préparations nommées siccatifs communiquent aux couleurs délayées dans l’huile cette propriété remarquable de perdre leur mollesse, leur viscosité poisseuse ; les délayants se lome Ier. — 53e année. 2e série. — Avril 1854. 26
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- PEINTURE.
- sèchent en se résinifiant et enveloppent la matière colorante qui devient suffisamment dure. Mais, comme toutes les couleurs portent avec elles ce mélange siccatif, dans certaines conditions elles sèchent trop vite au gré de l’artiste, et c’est encore un inconvénient qui met des entraves à la rapidité du travail, à la facilité de l’exécution.
- Dans l’état actuel de l’art, mettre entre les mains du peintre un moyen de rendre, à volonté, molle et facilement délayable une peinture sèche et non délayable, un moyen de rendre, suivant ses désirs, sèche et non délayable une peinture molle et poissante, c’est rendre tout à la fois aux beaux-arts et aux artistes un service important.
- M. de Lamare a consacré plusieurs années à chercher une solution à ce problème, et dès 1844 il soumettait à l’Académie des beaux-arts des peintures obtenues à l’aide de sa méthode. L’opinion de la commission de l’Institut, les conclusions du rapport de M. II. Yernet en ce qui concerne la valeur artistique du procédé, les observations scientifiques de M. Chevreul pour ce qui regarde la conservation des tableaux peints et terminés avec la pratique recommandée par M. de Lamare, toutes ces considérations ne nous auraient pas permis de revenir sur des travaux analysés avec tant de talent par des hommes si haut placés; mais de nouvelles recherches inspirées à leur auteur par le désir de répondre à quelques objections l’ont conduit au résultat nouveau qu’il soumet au jugement de notre Société, à la découverte d’un second procédé, d’une application plus générale et plus facile. On peut, en effet, s’en servir pour des peintures exécutées avec toutes sortes de couleurs, sur toute espèce de toile ou toute espèce de fond.
- Dans le premier procédé, l’opération est des plus simples. On met à profit une propriété bien connue des argiles, de la terre à foulon, celle d’absorber les graisses et les corps huileux. On fait usage de toiles absorbantes dontM. de Lamare indique lui-même la préparation ; il suffit de composer la première couche qui recouvre la toile d’un mélange de céruse, d’huile de lin et d’essence de térébenthine ; cette dernière, en s’évaporant, détermine une infinité d’interstices qui laisseront passer, au besoin, de l’envers à l’endroit ou de l’endroit à l’envers, l’huile siccative ou non siccative qu’on ajoute et l’huile qu’on veut enlever. Quand on commence un tableau, on n’a d’autre précaution à prendre que celle d’étendre à l’envers de la toile une couche d’huile d’olive, pour la bien imbiber; on peint alors à l’endroit comme sur les toiles ordinaires. Sans détruire le travail commencé, on peut, à volonté, rendre la couleur plus épaisse en essuyant avec un linge la partie correspondante de l’envers; il est possible de la rendre plus fluide en abreuvant, par places , les endroits qui nécessitent plus d’huile. La peinture reste, dans ces conditions,
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- aussi longtemps humide qu’on peut le désirer, par exemple pendant tout le temps que le tableau demeure inachevé.
- Veut-on maintenant enlever à la peinture, soit pour retoucher par glacis, soit pour vernir, l’excès d’huile non siccative, rien n’est plus facile ; il suffit d’appliquer à l’envers de la peinture, sur toute la surface de la toile, une couche de terre de pipe pulvérisée. En très-peu de temps, l’huile d’olive est entièrement absorbée ; la peinture ressemble alors au pastel, si toute l’huile a disparu.
- Veut-on donner à la peinture plus de durée, plus de résistance, il faut ajouter le siccatif ; on l’étend encore par l’envers, sous forme d’une couche d’une même épaisseur. Par capillarité, l’huile siccative traverse la toile absorbante, pénètre la couleur, et la réaction chimique qui est la cause de la dessiccation de la peinture, l’absorption de l'oxygène s’opère simultanément sur les deux faces, sur l’envers et sur l’endroit.
- En résumant les avantages que ce procédé peut offrir, on voit immédiatement qu’il permet d’avoir constamment une palette chargée de couleurs fraîches d’une fluidité ou d’une consistance convenables ; on voit encore que le peintre est assuré de ne jamais emprisonner sous des retouches des parties fraîches qui, séchant plus tard, font craquer les couches supérieures, et souvent le vernis.
- Voilà pour les avantages. Voyons si la solidité du tableau peut être garantie. Les essais que M. de Lamare a faits devant la section de peinture datent de neuf années; nous avons sous les yeux un extrait du procès-verbal de la séance du ^0 août 1853, constatant que la section de peinture déclare que ces essais sont restés intacts et sans apparence d’altération sensible.
- Reste actuellement à examiner la pratique facile du procédé.
- Dans la séance du 17 décembre 1853, M. Horace Vernet, dont personne ne récusera la compétence, rendit compte des expériences qu’il avait faites pour s’assurer, par lui*même, si les moyens indiqués par M. de Lamare présentaient réellement plus de facilité d’exécution que la méthode ordinaire, et l’illustre rapporteur s’est convaincu que ce nouveau système joint à la commodité de peindre sans cesse dans la pâte la possibilité d’employer les glacis, de superposer les tons les plus opposés sans qu’ils se mélangent ensemble, enfin de faire usage de toutes les ressources de la peinture à l’huile siccative, sans cependant détruire la simultanéité de la dessiccation qu’on obtient par ce nouveau procédé, comme celle d’un tableau fait cm premier coup. Votre commission ne peut hésiter à demander votre approbation pour les travaux de M. de Lamare, lorsqu’un artiste du mérite de M. Horace Vernet déclare que ces innovations aux anciennes coutumes permettent de reprendre toutes les parties d’un tableau,
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- PEINTURE.
- de les harmoniser, de les refondre, de les changer mêmef sans embu, et quelles laissent aux peintres de portraits, par exemple, l’immense avantage de les continuer à volonté dans les meilleures conditions.
- Mais comment, dira-t-on, cette invention si notoirement utile est-elle tombée dans l’oubli? Tout simplement parce qu’elle changeait les habitudes des artistes. Ils réclament constamment de meilleures couleurs, de meilleures huiles, de meilleures toiles; mais ils refusent, constamment aussi, de modifier les procédés avec lesquels ils ont commencé ; ils redoutent les altérations rapides de leurs travaux, mais ils ne font rien de ce qu’il faut pour en assurer la conservation, ni même de ce qui pourrait en prolonger la durée.
- Pour répondre à toutes les objections, pour aplanir toute difficulté, M. de Lamare s’est remis à l’étude, afin de trouver, dans de nouvelles méthodes, des moyens qui ne changeassent pas la pratique ordinaire de la peinture à l’huile; il vous a soumis le résultat de ses efforts.
- Par le second procédé de M. de Lamare, on peut
- 1° Faire sécher immédiatement une peinture faite avec les couleurs ordinaires et sur des toiles non absorbantes;
- 2° Retoucher immédiatement et sans embu toute peinture ainsi séchée ;
- 3° Donner à la peinture le degré de mat ou de brillant que l’on désire ;
- 4° Vernir un tableau, sans danger pour la solidité, de suite après la dernière retouche.
- Les épreuves faites sous le contrôle de votre commission, celles opérées sous les yeux de M. Villot, conservateur des peintures du musée du Louvre, ont prouvé l’exactitude de tout ce que M. de Lamare avait avancé. L’innocuité de sa méthode est complète, et l’un de vos rapporteurs, auquel la communication des procédés avait été faite, peut affirmer qu’il n’y a rien dans les corps dont on fait usage, qui soit de nature à détériorer les couleurs ou susceptible de les altérer par des réactions chimiques de quelque nature que ce soit. L’auteur n’emploie ni sel de plomb, ni préparation métallique; il ne se sert que de matières complètement inertes; de sorte, en un mot, qu’on peut prédire la parfaite conservation des peintures exécutées dans les conditions d’un bon choix de matières colorantes. Les habitudes du peintre ne sont pas changées ; circonstance bien propre à faire entrer le nouveau procédé dans la pratique des beaux-arts, et sans doute aussi dans celle de l’ornementation intérieure.
- La nature même de la méthode de M. de Lamare, le silence et l’isolement dans lesquels les artistes travaillent, la disparition, sur le tableau séché par le nouveau moyen, de toute trace de l’emploi de ce moyen; tous ces motifs s’opposent à ce que l’auteur puisse se réserver, par un brevet, les avantages
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- qu’il aurait le droit d’en retirer. Bien que la publication du premier procédé, généreusement abandonné depuis plusieurs années à la masse des artistes, ait été faite dans la Gazette universelle des beaux-arts, l’auteur ne croit pas encore venu le moment de faire connaître le principe sur lequel repose sa seconde méthode (1).
- M. de Lamare, en communiquant sa note à votre Société, désirait faire savoir qu’il avait trouvé le moyen de rendre quelques services à l’art ; l’examen que votre commission vient de faire des méthodes de l’auteur lui a permis de constater des avantages réels qu’il est permis de voir sortir du domaine de l’art pur. Nous venons donc, au nom de la commission des beaux-arts appliqués à l’industrie, vous prier d’accorder à M. de Lamare la publicité qu’il demande , en votant, avec vos remercîments pour la communication intéressante de son premier procédé, l’insertion de ce rapport dans le Bulletin; elle exprime en même temps le désir que M. de Lamare fasse connaître bientôt les moyens si simples dont il fait usage.
- Signé Gourlier et Salvétat, rapporteurs.
- Approuvé en séance, le 22 mars 1854.
- CRISTAUX INCRUSTÉS.
- rapport fait par m. salvétat, au nom du comité des arts chimiques, sur les colorations incrustées dans le verre par m. tissot, rue Truffaut, 14, aux Batignolles.
- Messieurs, vous avez renvoyé les échantillons de cristaux incrustés que vous a présentés M. Tissot, verrier, anciennement fabricant de cristaux, à Lyon, à l’examen du comité des arts chimiques.
- L’art de la vitrification est tellement répandu maintenant, les objets variés qu’il peut produire exercent sur le goût public une telle influence, que votre comité des arts chimiques a pensé devoir ne rien négliger de ce qui pourrait ajouter encore à la variété des produits vitreux.
- Les échantillons que vous a présentés M. Tissot sont de nature différente ; ceux qui ont paru mériter une mention plus spéciale sont les spécimens obtenus au moyen de l’incrustation. Bien que dans l’antiquité, peut-être au
- (1) Il paraît que M. Boilly possédait un moyen analogue au moins dans ses résultats; on connaît la quantité considérable des portraits qu’il a faits et la promptitude avec laquelle il les livrait terminés et vernis.
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- LORGNETTES.
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- moyen âge, on ait fait, plutôt que fabriqué, quelques objets qui ont quelque analogie avec ceux qui sont soumis à votre examen, nous ne croyons pas qu’il y ait rien aujourd’hui dans le commerce qui représente une fabrication courante semblable à celle que M. Tissot propose. Les produits qui s’en rapprochent le plus sont les presse - papier à fleurettes obtenus au moyen de tubes filigra-nés ; mais ils présentent un aspect totalement différent de celui qui résulte de l’incrustation en surfaces étendues égalisées au moyen du tour à polir.
- Votre comité pense que les procédés de M. Tissot pourraient, étant introduits dans la grande fabrication, donner quelque nouveauté : il regrette que les spécimens qui lui ont été soumis ne soient encore que le résultat d’essais en petit; toutefois il n’a pas cru que cette circonstance mît obstacle à ce qu’ils fussent l’objet d’un rapport favorable. Sans doute, la mise en pratique de Y incrustation nécessitera quelques tâtonnements, entraînera quelques difficultés; mais, on le sait, l’art du verrier fait de notre temps d’assez sérieux progrès pour qu’il soit permis d’espérer que ce moyen de décoration pénétrera bientôt dans l’industrie verrière. Il fut certainement employé par les verriers anciens; plusieurs pièces restées jusqu’à ce jour sans imitation ont été faites par incrustation. Nos verriers, qui ont en si peu de temps retrouvé les filigranes des Vénitiens et qui rivalisent actuellement avec les fabricants de la Bohême, peuvent bien aussi reproduire tous les verres incrustés que les différents peuples de l’antiquité nous ont transmis.
- M. Tissot, à diverses époques de sa carrière industrielle, a rendu quelques services aux arts de la vitrification; il mérite des encouragements, et votre commission n’hésite pas à vous proposer de rendre publics, par l’insertion du présent rapport dans le Bulletin de votre Société, ceux que vous lui donnez aujourd’hui.
- Signé Salvétat , rapporteur.
- Approuvé en séance, le 22 mars \ 854.
- LORGNETTES.
- rapport fait par m. e. de silvestre , au nom du comité des arts économiques, sur les lorgnettes jumelles dites a pliants et échelles parallèles, construites par Mme ve margras, rue d'Anjou, 8, au Marais.
- Messieurs, M. Margras, opticien, à Paris, adressa, en 1839, à la Société, des lunettes jumelles auxquelles il avait appliqué le mécanisme connu sous le nom de zigzag, et qui furent, à cette époque, l’objet d’un rapport fait par
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- M. Gourlier, au nom du comité des arts économiques. Bien que ce rapport fut favorable dans ses conclusions, quelques observations critiques furent cependant adressées à l’inventeur sur ce que l’instrument laissait encore quelque chose à désirer sous le point de vue de la solidité, et aussi en raison de ce que le mécanisme, tel qu’il était appliqué, n’assurait pas le parallélisme des branches.
- Depuis cette époque, M. Margras chercha les moyens de perfectionner son invention ; mais la mort vint le frapper avant qu’il eût pu obtenir quelque résultat satisfaisant. Sa veuve, Mme Margras, qui jusque-là n’avait pas cessé de prendre une part active aux travaux de son mari, crut devoir les continuer, et ce sont les résultats de ses efforts qu’elle vient soumettre à l’examen de la Société.
- Nous allons dire en peu de mots quels sont les perfectionnements que Mme Margras a apportés à l’ancien système de son mari, lequel système a été, en 1839, décrit et figuré dans votre Bulletin. L’écrou mobile, au lieu d’être dirigé dans son mouvement par deux fils d’acier qui le traversent de part en part, est façonné de manière à pouvoir glisser entre deux montants à coulisse solidement établis, et à recevoir, par le moyen de la vis, un mouvement parfaitement régulier. >lme Margras a ajouté aussi quelque chose à la solidité de son système, en remplaçant par deux tiges parallèles l’unique pièce qui, du côté de la molette, servait au mouvement de va-et-vient des extrémités du zigzag. Enfin, pour assurer d’une manière plus complète le parallélisme des branches, Mme Margras a eu l’heureuse idée de remplacer par deux bras régulateurs en acier les tiges directrices en forme de croix qui, dans l’ancien système, servaient au même but.
- Àu moyen de ces perfectionnements, les nouvelles lorgnettes jumelles, comparées à celles qui furent primitivement fabriquées par M. Margras, ont, d’après l’opinion de votre comité, non-seulement l’avantage de conserver leur légèreté, leur peu de volume et leur bon marché, mais d’offrir aussi plus de solidité, plus de régularité dans leur développement et plus de constance dans le parallélisme des verres.
- Manière de se servir des lorgnettes jumelles.
- On commence par ouvrir le manche, on le tient dans la main droite pendant qu’avec deux doigts de la main gauche on tourne la rondelle qui, de gauche à droite, fait développer l’échelle ainsi que les pliants, et de droite à gauche fait fermer la lorgnette : il faut bien se garder de s’en servir autrement, car alors on briserait ou fausserait l’échelle. Si, par oubli, on prenait la jumelle par l’un des pliants, ce qui l’aplatirait, il faudrait dévisser la bonnette
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- SIEGES DAISANCES.
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- qui tient l’oculaire et passer le doigt dans l’intérieur, pour lui faire reprendre sa forme.
- Votre comité des arts économiques a l’honneur de vous proposer, Messieurs, de remercier Mffie Margras de sa communication et d’autoriser l’insertion du présent rapport dans le Bulletin.
- Signé E. de Silvestre , rapporteur. Approuvé en séance, le 22 mars 1854.
- SIEGES D’AISANCES.
- rapport fait par m. gourlier , au nom du comité des arts économiques, sur les appareils orturateurs de mm. rogier et mothes, pour fermeture hermétique des descentes et sièges d’aisances, puisards, égouts et éviers, etc.
- MM. Rogier et Mothes, cité Trévise, 20, ayant soumis leurs appareils à la Société, le conseil en a renvoyé l’examen au comité des arts économiques, qui, après avoir visité les ateliers de fabrication et pris connaissance des brevets d’invention, ainsi que d’une notice imprimée et d’autres documents qui lui ont été communiqués par ces messieurs, m’a fait l’honneur de me charger d’en présenter le compte suivant.
- MM. Rogier et Mothes ont pris en novembre 1850, ainsi que dans les trois années suivantes, deux brevets d’invention de 15 années, et plusieurs brevets d’addition pour leurs appareils obturateurs et pour des sièges portatifs en forme de meubles divers, avec ou sans réservoir; ils ont successivement étudié ces divers objets, les ont appliqués dans un assez grand nombre d’édifices publics et particuliers, et les ont décrits dans une notice publiée en 1853 , accompagnée de figures et dont suit extrait :
- Ces messieurs rappellent d’abord les inconvénients signalés tant de fois ( et notamment par la Société ) des émanations des fosses d’aisances, et insistent sur l’insuffisance des moyens employés jusqu’ici pour y obvier. Les tuyaux d’évent exigés sont, sans doute, généralement utiles ; mais souvent aussi le vent qui s’y engouffre repousse les émanations dans l’intérieur des habitations. Indépendamment des soins qu’exigent les appareils de fermeture des sièges, la tige à peu près généralement indispensable pour les faire mouvoir exige une ouverture qui, s’agrandissant à la longue , peut laisser passage aux gaz délétères, etc.
- Pour remédier à ces inconvénients, ils indiquent les appareils ci-après :
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- SIÈGES D’AISANCES.
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- Grand appareil pour chaque cabinet.
- Cet appareil, ordinairement en fonte, s’emboîte avec la descente (soit en même temps que sa construction, soit ultérieurement et sans avoir besoin de pénétrer dans la fosse ) « de façon à amener toutes les matières de la mai-« son dans un petit réservoir intermédiaire fermé dans sa partie inférieure « par une cuiller ou soupape qui s’abaisse sous le poids de ces matières pour « se relever immédiatement par l’effet d’un contre-poids, et se vidant ainsi
- « de lui-même dans la fosse à mesure qu’il se remplit.......La cavité de la
- « cuiller, se prolongeant en arrière...... forme une réserve de liquide pour
- « balayer les solides et laver chaque fois l’appareil.... mais de façon qu’il
- « reste assez de liquide pour rendre la fermeture hermétique, etc. »
- Lorsqu’il existe un cabinet d’aisances au rez-de-chaussée, le siège peut s’en adapter immédiatement sur ce grand appareil.
- Petit appareil pour chaque cabinet.
- Cet appareil, de disposition analogue, a pour objet d’éviter les émanations qui pourraient provenir de la partie de tuyaux correspondante ; il est susceptible d’être adapté avec ou sans réservoir d’eau et soit à un siège ordinaire, soit aux cabinets d’aisances dits à la turque, etc.
- Sièges mobiles de diverses sortes.
- Ces sièges sont fondés sur l’application des mêmes principes et d’appareils analogues, aussi avec ou sans réservoirs.
- Appareils obturateurs pour pierres d’évier, puisards et égouts.
- Ces divers appareils sont également analogues aux précédents, de façon à obtenir les mêmes résultats dans ces différents cas; ils ont paru, en général, à votre comité convenablement conçus , bien exécutés et à des prix proportionnellement peu élevés, enfin de nature à atteindre le but proposé et à concourir ainsi à l’assainissement si désirable des habitations de toute nature. Sans aucun doute pour les fosses d’aisances particulièrement, des améliorations plus notables, une réforme presque radicale sont à désirer, comme la Société l’a tant dç fois proclamé, dans l’intérêt de la salubrité ainsi qu’en vue de la mise à profit de produits qui pourraient être si utiles pour l’agriculture. Mais les constructions existantes, les habitudes prises, les intérêts divers feront subsister longtemps encore l’état de choses actuel ; et l’on ne peut, dès lors, que savoir gré à tous ceux qui coopèrent sinon à en détruire entièrement, du moins à en diminuer notablement les inconvénients.
- Tome Ier. — 53e année. T série. — Avril 1854.
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- D'après ces considérations, yotre comité des arts économiques a l’honneur de vous proposer
- 1° De remercier MM. Rogier et Mothes de leur communication et de les féliciter sur le mérite de leurs travaux,
- 2° De faire connaître leurs appareils par l’insertion du présent rapport dans le Bulletin.
- Signé Gourlier , rapporteur.
- Approuvé en séance, le 11 janvier 1854.
- ALCOOL.
- Sur la fabrication de Z’alcool de betterave; par m. aimé girard.
- § Ier.
- Les alcools, ces corps doués de propriétés si remarquables, peuvent se présenter avec des caractères physiques bien différents ; tantôt ils possèdent une odeur, une saveur agréables, ils sont parfaitement incolores, et tantôt ils sont fortement colorés, altérés par un goût et par une saveur détestables. Les différences que l’on remarque dans ces liquides, qui, en somme, ne constituent qu’un seul et même corps, sont dues à la présence d’impuretés, de matières étrangères que l’alcool a entraînées avec lui, lorsqu’on l’a extrait des liqueurs qui le contenaient, impuretés qui décèlent son origine, et tantôt en font un liquide précieux comme le rhum, le kirsch-wasser, le tafia, etc., tantôt le rendent complètement impropre à la consommation, comme les alcools de pommes de terre, de grains, de betteraves. Néanmoins la science apprend que l’alcool, de quelque matière qu’il provienne, est un produit unique que l’on peut toujours séparer, difficilement quelquefois, des impuretés qu’il a entraînées.
- Les liqueurs spiritueuses sont toutes des dissolutions aqueuses d’alcool, dans lequel sont dissoutes des huiles essentielles qui lui donnent des parfums et des goûts variables.
- De toute antiquité, les hommes ont su préparer des liqueurs fermentées, mais ce n’est qu’à une époque bien avancée déjà, vers le milieu du vu* ou vers le vme siècle, qu'ils en surent extraire ce qui en faisait la partie active, l’alcool. Marcus Græcus, qui vivait au vme siècle, est le premier savant dans les écrits duquel on retrouve des traces de la fabrication de l’eau-de-vie et de l’alcool.
- Le vin fut la première boisson alcoolique préparée par les hommes, mais ce ne fut pas longtemps la seule; ils surent, de très-bonne heure, fabriquer des liqueurs fermentées avec les grains et les fruits. Lorsque la distillation du vin eut été découverte, la similitude de l’ivresse produite par cette boisson et par les autres liqueurs fermentées fit penser que ces dernières pouvaient contenir le même principe que le vin, ou du moins des principes analogues. C’est de ce moment que date l’extraction des eaux-de-
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- vie de grain, de bière, etc., etc. Plus tard, quand la chimie eut donné là théorie de la fermentation, quand on sut que ce phénomène tenait à la décomposition dés matières sucrées, on dut chercher à opérer directement sur ces matières, pour produire des fermentations artificielles. La liste des corps pouvant fournir de l’alcoôl s’augmenta, dès lors, d’une façon considérable. On utilisa, d’une part, des matières sucrées qui ne trouvaient aucun emploi, les mélasses de raffinerie, par exemple, qui donnèrent le rhum dans les colonies et l’alcool de mélasse dans notre pays ; d’autre part, ôtt essaya de soumettre à la fermentation des végétaux, des racines dont la pulpe contenait une certaine quantité de matière sucrée. C’est à cette catégorie qu’appartient la fabrication que nous allons étudier, celle de l’alcool de betterave.
- C’est une idée bien ancienne que celle qui consiste à faire fermenter les betteraves, pour les distiller ensuite. Les premiers essais entrepris dans cette voie, essais infructueux, il est vrai, sont presque aussi anciens que les essais d’extraction du sucre de la betterave ; cependant, jusqu’en 1817, il semble que cetté idée soit restée bien incomplète et bien arriérée. En effet, M. Lenormand, dans son Traité de l'art du distillateur, après avoir insisté sur la fermentation et la distillation des carottes, opération découverte et pratiquée en Saxe vers 1770 par M. Forster, passe sans S’arrête? sur la distillation des betteraves, qu’il considère comme une chose très-secondaire, disant seulement (1) : « Les substances telles que les betteraves doivent se traiter comme les carottes ou les pommes de terre. »
- M. Dubrurifaut est le premier qui, dans son Traité de l’art de la distillation, publié en 1824, se soit arrêté d’üne manière Sérieuse à la fabrication de l’alcool de betterave. Cette opération êst considérée par lui comme une ressource en cas de mauvaise récolte, et l’on remarque dans son ouvrage ces lignes qui reçoivent aujourd’hui une triste réalisation (2) : « Dans des années peu favorables, un fabricant de sucre de betterave, ne retrouvant point ses frais de fabrication dans la quantité de sucre que le végétal lui donne, peut trouver une ressource précieuse dans la distillation. »
- D’après les conseils donnés par M. Dubrunfaut dans ce premier aperçu sur la fermentation des betteraves, il faut, pour obtenir des résultats satisfaisants, opérer de la manière suivante : on prend les racines, on les râpe et on les soumet à la presse pour en extraire le jus ; on obtient ainsi environ 75 à 80 pour 100 d’üne liqueur marquant de 5 à 9° à l’aréomètre. Le jus retient deux sortes de sucres, l’un cristailisable et l’autre incristallisable ; il contient, en outre, de l’eau, un levain et quelques matières extractives.
- « Le liquide, séparé par la presse, peut être mis immédiatement en fermentation ; il porte de la levûre avec lui, et il entre promptement en travail. »
- On peut, par ce procédé, obtenir de 1,000 livres de betteraves 30 litres d’eau-de-vie de bonne qualité à 19°.
- Ainsi, dès 1824 , on avait reconnu dans le jus de betterave la présence d’un levain
- (1) Lenormand, Traité de l'art du distillateur, t. I, p. 124. (2j Dubrunfaut, Traité de l'art de la distillation, 1.1, p. 90.
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- qui devait influencer la fermentation ; mais M. Dubrunfaut n’entre pas dans de plus amples détails à ce sujet.
- A partir de cette époque, c’est dans les brevets pris pour la fermentation des betteraves que nous devons examiner les progrès que fait cette intéressante question. Nous allons les passer successivement en revue, étudiant d’abord ceux qui sont aujourd’hui dans le domaine public , en faisant ressortir les points saillants, sans nous embarrasser dans les longues descriptions qu’ils comportent, et nous arrêtant ensuite aux brevets actuellement en vigueur, et notamment à ceux de M. Dubrunfaut.
- Le premier brevet que nous rencontrons est un brevet de dix ans , pris le 31 janvier 1832, par MM. Louvet, Gilles et Jallu, de Péronne, pour la distillation du jus de betterave fermenté et autres liqueurs vineuses, à l’aide de l’appareil perfectionné de Derosne (1). Dans ce brevet, que nous reproduisons en détail, parce qu’il est le premier sur cette matière, on trouve les indications suivantes :
- Les betteraves sont nettoyées, râpées et pressées, comme cela se pratique lorsqu’on a pour but d’en extraire le sucre.
- Les pulpes ou résidus de la presse sont mis dans un bac, avec partie égale, en poids, d’eau à 50° Réaumur; on les y laisse macérer pendant une heure, et on les soumet de nouveau à une pression ; ces jus réunis sont amenés à la température de 26° Réaumur, et conduits dans une cuve de fermentation , en y ajoutant 1 litre de levûre de bière par 2 hectolitres ; la fermentation ne tarde pas à s’y développer avec énergie ; au fur et à mesure de la fermentation de l’alcool, celui-ci précipite toute l’albumine végétale de la betterave, laquelle entraîne avec elle toutes les matières insolubles et infermentescibles qui gêneraient la distillation : il s’y opère enfin une véritable défécation.
- MM. Louvet, Gilles et Jallu décrivent aussi, dans leur brevet, un procédé de distillation dans lequel ils emploient la betterave préalablement cuite à la vapeur; après avoir subi cette opération, la racine est soumise à la presse, et le jus porté dans des cuves; on ajoute alors de la levûre de bière et l’on fait fermenter comme précédemment.
- Le second et le plus important de ces brevets est celui pris le 8 décembre 1838, par MM.Nicolle, Watringue, Brongniart et Monroy, à Arras (Pas-de-Calais), pour un procédé propre à obtenir de l’alcool de jus de betterave (2).
- C’est dans ce brevet que, pour la première fois, on voit apparaître l’emploi de l’acide sulfurique. Mathieu de Dombasle, il est vrai, s’en était servi déjà dans la fermentation des mélasses; mais là, il n’avait d’autre but que de saturer l’excès d’alcali qu’elle contenait, tandis qu’ici cet acide remplit un rôle tout différent. Les betteraves étant bien lavées, on les râpe de manière qu’elles soient en bouillie, on les presse ensuite pour exprimer le jus, qui doit avoir la densité de 4 à 7° Baumé; ce jus est mis, immédiatement après, dans des cuves à 25° de chaleur pour en opérer la fermentation. On ajoute, pour une cuve d’une capacité de 15 hectolitres,
- (1) Description des brevets, t. 33, p. 56.
- (2) Même ouvrage, t. 51, p. 137.
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- lk,500 acide sulfurique,
- 2k,500 levûre de bière pressée,
- 2k, » préparation spéciale.
- Cette préparation spéciale, qui a pour but d’empêcher la fermentation de devenir tumultueuse, se compose de
- 16k, » farine de seigle moulu grossièrement,
- 9k, » son de blé froment,
- 1\500 beurre non salé,
- 2k,500 savon de Marseille, lk, » salpêtre,
- 20k, » eau bouillante.
- Après la distillation, on ajoute, par fût de 6 hectolitres, 2 litres de vinaigre et 1/2 litre d’acide sulfurique, pour que l’alcool ait meilleur goût, et l’on rectifie.
- Dans un brevet pris le 29 octobre 1844, M. Lalenne-Delagrange, distillateur, à Valenciennes (Nord), décrit un procédé de fermentation de la betterave cuite à la vapeur (1). Nous avons déjà vu un procédé analogue, décrit dans le brevet de MM. Louvet, Gilles et Jallu. Ici, les betteraves sont soumises à l’action de la vapeur dans un tonneau, puis écrasées; on les laisse ensuite macérer avec un peu d’eau chaude et de courte paille d’avoine ; on ramène la température à 25° centigrades par de l’eau froide, on ajoute 5 litres de levûre de bière par 1,000 kilog. de betteraves et on laisse fermenter.
- M. Douay-Lesens a pris, le 11 septembre 1844, un brevet pour l’extraction de l’alcool de la betterave (2). Son procédé, qui ressemble assez au précédent, consiste à faire cuire les betteraves en vases clos, et en laissant écouler les premières eaux, jusqu’à ce qu’elles n’aient plus ni saveur ni odeur; de cette manière on débarrasse la plante des huiles essentielles, qui donnent un mauvais goût à l’alcool qui en provient. On met ensuite fermenter avec 1 pour 100 d’orge maltée, et en employant 6 à 8 litres de bonne levûre de bière pour 20 à 22 hectol. de jus. On obtient, de cette manière , 70 à 80 litres d’alcool pour 1,000 kil. de betteraves.
- Tels sont les différents procédés employés jusqu’en 1846 pour la fermentation des betteraves. Tous ces brevets sont tombés dans le domaine public, et tout manufacturier peut en faire usage comme il l’entend.
- Il en résulte que, depuis très-longtemps , on a distillé directement le jus de betterave, après l’avoir soumis à la fermentation avec de la levûre de bière seule, et que, dès 1838, MM. Nicolle, Watringue, Brongniart et Monroy faisaient fermenter le jus en le traitant par l’acide sulfurique et la levûre de bière simultanément, dans la proportion de lk,500 d’acide sulfurique et 2k,500 de levûre pour 15 hectolitres de jus, proportion qui équivaut à 100 gr. d’acide et 165 gr. de levûre par hectolitre.
- (1) Description des brevets, t. 62, p. 99.
- (2) Même ouvrage, t. 61, p. 219.
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- § II.
- Occupons-nous maintenant des procédés actuellement en vigueur et monopolisés par des brevets non encore expirés.
- M. Douay-Lesens, distillateur, à Marly, près Valenciennes (Nord ), a pris, le 27 août 1846, un brevet de 15 ans pour un procédé de fermentation vineuse ou alcoolique applicable à la betterave.
- Ce procédé consiste à traiter le jus de la betterave par l’acide sulfurique à chaud, pour opérer une défécation complète et transformer le sucre cristallisablle en sucre incristallisable. M. Douay-Lesens fait bouillir 40 litres de jus avec 65 millilitres d’acide sulfurique.
- Lorsque ce mélange a été maintenu quelque temps à l’ébullition, après que toutes les écumes ont été enlevées, on laisse refroidir, on ajoute une certaine quantité de graine de lin broyée, pour empêcher la fermentation de devenir tumultueuse, et 60 millilitres de bonne levûre fraîche. L’opération continue ensuite comme par les méthodes précédentes.
- Dans un deuxième brevet de 15 ans, pris le 5 octobre 1846 (1) et dans une addition à ce brevet du 19 octobre de la même année, M. Douay-Lesens décrit un procédé de fermentation vineuse ou alcoolique applicable à la betterave après dessiccation de cette racine. La betterave, coupée en petits morceaux au moyen d’un coupe-racine, est amenée à l’état de cossettes par la dessiccation sur des toiles métalliques; on la lave alors complètement avec un mélange d’eau chaude et d’acide sulfurique, et la liqueur acide est mise à la fermentation comme dans le premier brevet.
- MM. Cheval frères, cultivateurs, à Etrœux, près Valenciennes (Nord), ont pris, le 4 juin 1847, un brevet de 15 ans pour un procédé d’extraction de l’esprit de la betterave par la distillation.
- Le procédé employé par MM. Cheval n’offre, avec ceux que nous venons d’examiner, aucune différence importante; c’est toujours la cuisson du jus, avec l’acide sulfurique, puis la fermentation effectuée au moyen de la levûre de bière.
- Nous en dirons autant d’un brevet de 15 ans pris, le 27 janvier 1852, parM.Genot, cultivateur, à Saint-Ladre, près Metz (Moselle), pour un procédé de fabrication de l’alcool de betterave, et nous arriverons aux brevets qui ont donné à cette question une si haute importance, aux brevets de M. Dubrunfaut; nous les analyserons, avec le plus d’exactitude possible, en faisant ressortir les points les plus saillants.
- M. Dubrunfaut a pris son brevet principal, le 9 octobre 1852, pour la fabrication de l’alcool et pour l’emploi des résidus de cette fabrication; il a pris depuis trois brevets d’addition, le premier en décembre 1852, le deuxième en février, et le troisième en septembre 1853.
- Dans son premier brevet, M. Dubrunfaut dit avoir reconnu que les acides éner-
- (t) Ce brevet est publié dans le vol. 8, p. 227 de la description des brevets pris sous l’empire de la loi de 1844.
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- giques, minéraux ou végétaux, ont la propriété d’empêcher la fermentation, tout en changeant le sucre cristallisable en sucre incristallisable. C’est là un fait connu depuis longtemps; mais il continue en disant que ces mêmes acides, employés à une dose moins considérable (1 pour 100 environ du poids du sucre), ont la propriété de précipiter le ferment naturel de la betterave, ferment qui réagit alors sur le sucre, et donne naissance à une fermentation parfaite, sans qu’on ait besoin de recourir à la levûre de bière. Il y a, comme on le voit, une idée parfaitement neuve dans cette fermentation sans employer de levain.
- M. Dubrunfautajoute que, pour déterminer plus rapidement la fermentation, on peut mettre dans la cuve une petite quantité, soit de levûre, soit de vin pris sur une cuve en grande fermentation (1). On peut toujours, pour plus de sûreté, faire cette addition. Par une petite quantité de levûre, M. Dubrunfant entend quelques millièmes du poids du sucre.
- Si l’on avait ajouté trop d’acide, et que la fermentation eût de la peine à se déclarer, il faudrait saturer l’excès au moyen de la chaux, et ajouter alors un peu de levûre. La fermentation part entre 18° et 20°; elle ne doit jamais s’élever au delà de 28°.
- M. Dubrunfaut parle encore, dans ce premier brevet, d’un procédé consistant à faire macérer, à froid, la betterave, avec une grande quantité d’acide sulfurique (3 pour 100 du poids du sucre), de manière à amortir les racines et à détruire les circonstances favorables à la fermentation du sucre. Lorsqu’on veut ensuite travailler cette matière, on sature l’excès d’acide par la chaux.
- M. Dubrunfaut entre ensuite dans quelques autres détails de moindre importance. En somme, il demande privilège pour
- 1° L’emploi des acides minéraux et végétaux pour régulariser et opérer la fermentation directe du jus de betterave, sans ferment de bière, ou avec une dose minime de cette substance;
- 2° L’amortissement des racines par les acides , et la macération à froid;
- 3° La dessiccation des betteraves par les méthodes connues, pour faire de la distillation des betteraves une opération annuelle;
- 4° L’extraction des sels de potasse et de soude des résidus de la distillation directe des betteraves.
- Dans son premier brevet d’addition, M. Dubrunfaut entre dans quelques détails sur la nature du ferment contenu dans la betterave, ferment qui offre beaucoup d’analogie avec la levûre de bière. La quantité de ce ferment, que renferme la betterave, est, d’après lui, triple de celle qui serait nécessaire pour mettre en travail la quantité de sucre que contient cette racine. C’est donc une opération à la fois facile et avantageuse que Gelle qui consiste à utiliser cet excès de levain pour une autre fermen-
- (l) L’idée d’employer le vin en fermentation comme levain se retrouve déjà dans l’ouvrage de M. Dubrunfaut, publié en 1824. Il y est dit : « Pour activer la fermentation, on pourrait ajouter à la cuve une petite portion de jus vierge que l’on aurait mis à fermenter isolémentj et qui vient là servir comme pied de levain. »
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- tation. Pour cela, on laisse, dans la cuve où le jus a déjà fermenté, un fond de h ou 5 centimètres, sur lequel on verse une charge de mélasse, qui entre bientôt en travail sans qu’on ait besoin d’y rien ajouter.
- M. Dubrunfaut s’occupe ensuite, dans ce brevet, des moyens de transformer une sucrerie en distillerie, et de la préparation d’un ferment d’excellente qualité qu’il extrait du jus des topinambours.
- Le deuxième brevet d’addition est du mois de février 1853. Il y est dit : Après la fermentation d’une cuve, on enlève le liquide, en laissant un fond de quelques centimètres, puis on recharge sur ce fond une nouvelle quantité de jus, qu’on laisse fermenter naturellement, et ainsi de suite, de manière à produire une fermentation continue et indéfinie, sans avoir besoin de levûre, et en utilisant le ferment que le jus de betteraves a laissé déposer. M. Dubrunfaut s’occupe ensuite beaucoup de son procédé de macération à froid avec l’acide sulfurique , et d’extraction directe de l’alcool de la betterave, préalablement coupée ou ramenée à l’état de cossettes.
- Dans son troisième brevet d’addition , qui date de septembre 1853, il s’occupe, avec beaucoup de détails, de la transformation des sucreries en distilleries; il parle des moyens à employer pour transporterie jus acidulé, de 1 pour 100 de son poids d’acide sulfurique , et indique les moyens d’utiliser l’outillage de la sucrerie, les râpes, les presses, les monte-jus, les chaudières à déféquer, etc. D’après lui, on peut réduire à 25,000 francs la dépense qu’exigera la transformation en distillerie d’une sucrerie traitant 80,000 à 90,000 kilogr. de betteraves par jour.
- Tels sont les procédés de M. Dubrunfaut; quelques autres brevets ont été pris, dans le cours de 1853, par différents industriels, mais ils semblent rentrer dans les précédents, et, par suite, nous ne nous y arrêterons pas. Cependant nous ne pouvons passer sous silence les résultats si remarquables obtenus à Troyes, dans le cours de cette année, par MM. Huot et Champonois. Changeant le point de vue auquel on se place généralement pour considérer la distillation directe des betteraves, ils ont regardé cette opération comme une annexe, non pas d’une sucrerie, mais d’une exploitation agricole. La pulpe a été pour eux le produit important, l’alcool n’a été que la conséquence de la fabrication. La betterave, traitée par eux, n’a perdu aucune de ses propriétés nutritives , et, mélangée avec des menues pailles, des fourrages hachés, elle a fourni aux bestiaux une nourriture très-avantageuse et sur laquelle ils se jettent avec avidité. Nous citerons encore le système de macération de M. Leplay, qui, cette année, a donné, dans le Nord, de si bons résultats.
- Nous venons de passer en revue tous les documents que nous avons pu recueillir sur cette intéressante question de la distillation directe des betteraves; nous croyons n’en avoir omis aucun d’important. Simple historien , nous nous sommes contenté de réunir les faits, de les mettre sous les yeux de nos lecteurs, sans en tirer aucune conclusion. En effet, ce n’est pas ici le lieu d’entamer une polémique, à laquelle nous aurions, à coup sûr, donné naissance, si nous avions fait suivre ces différentes pièces d’une appréciation, quelle qu’elle fût. Nous dirons seulement, en nous résumant, que l’idée de distiller la betterave est très-ancienne ; néanmoins ce n’est qu’en 1824,
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- dans le Traité de l’art de la distillation de M. Dubrunfaut, que l’on trouve, pour la première fois, cette question étudiée d’une manière régulière. Les premiers brevets pris pour effectuer cette opération datent de 1832 ; ils reposent sur l’emploi de la levûre de bière. En 1838, MM. Nicolle, Watringue, Brongniart et Monroy introduisent l’acide sulfurique dans cette fabrication, et l’emploient simultanément avec la levure. Enfin, en 1852, M. Dubrunfaut supprime la levûre de bière, et trouve dans le jus de betteraves lui-même le levain nécessaire pour transformer en alcool le sucre qui y est contenu. Ce sont là les trois phases par où a passé cette industrie, si délaissée, il y a deux ans à peine , et à laquelle les circonstances exceptionnelles où nous nous trouvons aujourd’hui ont donné une importance si considérable.
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- résumé de deux leçons faites à la faculté des sciences de Caen sur le drainage , par M. Isidore Pierre, membre correspondant de VInstitut, professeur de chimie générale et de chimie appliquée à Vagriculture à la facidté des sciences de Caen, etc.
- I. Idée générale du drainage.
- Autant l’admission de l’eau sur certains sols peut y produire de bons effets, lorsqu’elle n’y séjourne qu’un temps déterminé, autant cette eau peut détériorer le sol, comme valeur productive, si elle y séjourne trop longtemps et trop abondamment sans pouvoir s’en écouler.
- On s’accorde à reconnaître que la présence de l’air, surtout celle de l’oxygène qu’il renferme, est indispensable pour que les graines puissent germer, pour que les plantes usuelles puissent végéter et se développer d’une manière utile et avantageuse.
- Or la présence simultanée de l’eau stagnante et celle de l’air sont à peu près incompatibles. Il est facile de rendre ce fait évident par une expérience fort simple : que l’on remplisse, aux trois quarts, de terre un peu sèche, un bocal ou un grand verre, et qu’ensuite on achève rapidement de le remplir d’eau, l’on verra immédiatement s’en dégager une multitude de bulles d’air qui, auparavant, se trouvaient interposées entre les vides que laissent toujours entre elles les particules de terre.
- Les radicelles des plantes, en contact avec l’eau stagnante , se désagrègent et s’altèrent, en éprouvant les effets d’une putréfaction plus ou moins active, à laquelle résistent seules quelques plantes aquatiques de peu de valeur agricole.
- Lorsque le séjour de ces eaux se prolonge pendant une partie de l’année, les prairies changent de nature, parce que la plupart des plantes fourragères périssent sous l’influence d’un pareil régime, et cèdent la place à des végétaux aquatiques, généralement impropres à la nourriture du bétail.
- A certaines époques de l’année, alors que le niveau des eaux s’est abaissé assez pour Tome Ier. — 53e année. 2e série. — Avril 1854. 28
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- ne plus noyer complètement la surface du sol, la décomposition putride des matières organiques s’y produit sur une plus grande échelle, dans des conditions particulières, et donne lieu à ces émanations miasmatiques qui déciment les populations d’alentour. C’est un fait reconnu depuis bien longtemps que l’insalubrité et l’infertilité des terrains marécageux.
- Lorsque arrive l’époque où l’air, en raison d’une plus grande élévation de sa température, est devenu capable d’enlever au sol une plus grande quantité d’eau, il se produit, dans les couches supérieures d’un sol humide, une évaporation considérable ; et comme l’eau exige, pour passer à l’état de vapeur, une grande quantité de chaleur, cette dernière, fournie par le sol, en abaisse d’autant la température et produit l’équivalent d’un changement de climat.
- Il serait assez difficile de préciser, d’une manière générale et absolue, l’abaissement de température produit dans une masse de terre par l’évaporation d’une quantité connue d’eau; cet abaissement dépendra de la nature du sol, de la rapidité de l’évaporation , et d’une foule d’autres circonstances. Mais on ne s’éloignera pas beaucoup de la vérité en admettant que, pour chaque kilogramme d’eau qui s’évapore, 100 kilogram. de terre éprouvent un abaissement de température d’environ 12° à 15°. Le nom de terres froides, donné à certaines terres humides , se trouve donc justifié par les données scientifiques, de meme que tant d’autres dénominations et usages dans lesquels le praticien intelligent avait deviné les résultats auxquels devait plus tard parvenir le savant.
- Il y a bien longtemps que l’on s’occupe d’assainir les terres en facilitant l’écoulement des eaux surabondantes qu’elles renferment.
- On a fait usage de tranchées ouvertes, dans lesquelles venaient se réunir les eaux des parties voisines; on sacrifiait ainsi une partie du sol pour améliorer le reste, c’était déjà un sensible progrès. Mais on reconnut à cette pratique plusieurs inconvénients : d’abord la perte d’une partie du terrain, et ensuite la gêne opposée par ces fossés à la circulation; enfin l’embarras d’un curage plus ou moins fréquent, par suite des ébou-lements qui se produisaient, soit spontanément, soit sous l’intluence d’une foule de circonstances et d’accidents qu’on n’était pas toujours maître d’empêcher.
- On a remédié à ces inconvénients en pratiquant des rigoles ou tranchées couvertes dont le fond, assez étroit, est rempli soit de petites pierres, soit de fascines faites de branchages de divers bois. Ces pierrées, ces fascines sont recouvertes de mousse ou de gazon, et l’on achève de remplir la tranchée avec la terre qui en avait été extraite. A défaut de pierres, on a fait des conduits en tourbe dans les sols tourbeux, des conduits en gazon; on a battu le fond des rigoles des terrains argileux pour en faire des espèces de conduites d’argile; on s’est servi de tuyaux de sapin, etc.
- Mais les méthodes d’assainissement ne sont devenues d’une application facile , économiques et générales, que depuis les perfectionnements qu’elles ont reçus dans ces derniers temps, par l’emploi des tuiles et surtout des tuyaux en terre cuite. Ces tuyaux ont reçu le nom de drains; de là le nom de drainage appliqué aujourd’hui d’une ma-
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- nière générale aux opérations dans lesquelles on se propose de faire écouler au dehors les eaux surabondantes du sol.
- Les travaux de drainage consistent presque toujours, maintenant, à ouvrir, dans la terre à assainir, une série de tranchées étroites, à une profondeur variable dont la moyenne est habituellement comprise entre lm,10 et lm,25. Au fond de ces tranchées on dispose, bout à bout, des tuyaux en poterie que l’on recouvre ensuite de la terre extraite de la tranchée, en ayant soin de mettre de préférence, pour commencer, la partie la plus riche en gravier, afin de faciliter l’infiltration des eaux jusqu’aux tuyaux.
- C’est par l’intervalle compris entre les bouts de tuyaux consécutifs que l’eau d’infiltration pénètre dans ces derniers. Pour empêcher qu’il n’y pénètre en même temps des parcelles de terre en quantité appréciable, on recouvre le joint, soit d’un morceau de tuile courbe ou de tuyau plus large, soit d’une pierre plate, soit de mousse ou de gazon.
- Les tuyaux communiquent entre eux, d’abord sur une même ligne; puis, plusieurs séries de lignes semblables, ordinairement parallèles entre elles, viennent déboucher dans des lignes de tuyaux plus larges, appelés drains principaux ou drains collecteurs. Ces derniers viennent déboucher à l’air libre, au point le plus bas de chaque système de rigoles.
- Les eaux en excès qui imprègnent le sol arrivent, par infiltration, jusqu’aux tuyaux, s’y réunissent et s’écoulent, en suivant une pente convenablement régularisée, par leur extrémité la plus basse.
- L’espacement des lignes de drains, leur profondeur, leur pente, et un certain nombre d’autres précautions et attentions pratiques, dépendent du climat, de la nature du sol, de sa configuration, etc. La pente peut être plus faible pour des tuyaux que pour des pierrées, parce que l’écoulement des eaux s’y fait plus facilement. Cette pente est habituellement comprise entre 2 millimètres et 1 décimètre par mètre.
- La profondeur des tranchées devra être d’autant plus grande que la nature du sol fait remonter plus haut, par capillarité , l’eau excédante des couches aquifères, et que le sol est moins perméable, que le mouvement de l’eau dans les petits canaux interstitiels est plus difficile.
- Des terres demeurées humides après un drainage opéré à une certaine profondeur sont devenues bien meilleures par suite d’un drainage plus profond.
- L’écartement des lignes de tuyaux est habituellement compris entre 4 mètres et 12 ou 15 mètres.
- Ces lignes doivent être plus rapprochées dans les terres très-fortes et difficilement perméables, plus écartées dans les terres très-poreuses.
- La grosseur des drains dépend du volume des eaux à écouler; leur diamètre intérieur varie depuis 25 millimètres jusqu’à 7 centimètres.
- Le volume d’eau à écouler dépend
- 1° De la quantité de pluie qui tombe annuellement sur le sol;
- 2° De la quantité d’eau qui parvient au sol par infiltration des terrains supérieurs;
- 3° Enfin de la proportion d’eau qui s’évapore annuellement à la surface du sol.
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- II. Effets généraux du drainage.
- Pour bien comprendre les effets généraux du drainage, arrêtons-nous d’abord un peu sur la constitution physique de la couche superficielle du sol.
- Le sol se compose, d’une manière générale, de particules, de débris de formes et de natures diverses, plus ou moins volumineuses.
- En raison de leur grande variété de forme et de grosseur, ces débris ne sont jamais en contact parfait.
- Il existe entre eux des vides communiquant les uns avec les autres et formant de véritables canaux.
- Ces vides ou cavités sont de deux espèces : les uns existent entre les particules de terre qui constituent le sol; les autres existent dans l’intérieur même de ces particules, dont chacune peut être assimilée à une éponge, tandis que le sol serait assimilé à'une couche plus ou moins épaisse de petites éponges superposées.
- Si nous supposons un sol très-sec, les cavités intérieures et les canaux extérieurs sont remplis d’air et plus ou moins complètement privés d’eau.
- Si les vides extérieurs et les vides intérieurs sont complètement remplis d’eau, la terre est noyée, et les plantes aquatiques seules y peuvent prospérer.
- Si les canaux extérieurs sont remplis d’air et que les vides intérieurs seuls soient plus ou moins complètement remplis d’eau, le sol est alors plus ou moins humide, mais non noyé; il se trouve alors dans l’état le plus favorable à la végétation.
- Le rapport des vides intérieurs aux canaux extérieurs constitue la principale cause de la plupart des différences physiques observées dans les propriétés des sols par rapport à l’eau. La nature chimique des éléments du sol, qui peut avoir, à d’autres égards, une si grande influence sur la qualité des terres, ne joue pas le principal rôle dans les propriétés hygrométriques.
- Supposons, maintenant, qu’on fasse arriver de l’eau sur un sol très-sec, elle pénétrera dans les canaux extérieurs d’abord ; de là cette eau pénétrera dans les vides ou pores intérieurs, en vertu de l’action capillaire.
- On appelle action ou force capillaire, ou encore capillarité, la cause en vertu de la-quelle un liquide s’élève ou se maintient, dans des canaux très-étroits, à une hauteur souvent très-différente du niveau naturel auquel il se tiendrait dans un réservoir spacieux. Le nom de capillarité vient de ce que l’on compare souvent le diamètre de ces petits canaux à celui d’un cheveu, en latin capillus.
- C’est ainsi que, si l’on plonge, dans un bocal contenant de l’eau colorée, des petits tubes de verre ouverts par les deux bouts et bien propres à l’intérieur, on voit l’eau s’y élever au-dessus de la surface libre du liquide contenu dans le bocal. La surélévation est d’autant plus considérable que les tubes ont un diamètre intérieur plus étroit. Remplaçons nos petits tubes par un monceau de sable sec; versons au pied du monceau quelques seaux d’eau : celle-ci s’élèvera, en vertu de la capillarité, jusqu’au sommet du monceau, eût-il 1 mètre de hauteur.
- Revenons, maintenant, au cas habituel d’un sol arable sur lequel arrive une certaine
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- quantité d’eau. Si la totalité de l’eau qui pénètre dans les petits canaux extérieurs passe dans les pores intérieurs et se trouve remplacée par de l’air, le sol restera dans de bonnes conditions ; si la quantité d’eau qui arrive est suffisante pour remplir tous les vides et si le sous-sol est imperméable, il y aura surabondance d’eau, et le sol sera mouillé ou marécageux.
- Que , dans un pareil terrain , on ouvre une tranchée un peu profonde , et que l’on garnisse de tuyaux d’écoulement cette tranchée, qu’on la garnisse de fascines ou de pierres, l’eau contenue dans les canaux ou grandes fissures du sol descendra, sous l’influence de la pesanteur, vers les drains, où elle se ressemblera, tandis que l’eau des pores, retenue par l’action capillaire, pourra résister à l’action de la pesanteur et rester dans le sol pour subvenir aux besoins des récoltes.
- Cette différence d’état de l’eau dans un sol permet d’expliquer comment une terre drainée peut cesser d’être mouillée, sans, pour cela, cesser de conserver une fraîcheur suffisante.
- En d’autres termes , nous pouvons comprendre, par là, comment le drainage enlève l’eau inutile ou nuisible, sans priver le sol de l’humidité qui lui est nécessaire pour assurer sa fertilité.
- Comme l’action capillaire ne s’exerce pas seulement par l’intermédiaire des pores intérieurs, qu’elle s’exerce encore, d’une manière très-sensible, dans les canaux extérieurs formés par les vides que laissent entre elles les particules du sol, il s’ensuit que le niveau général des eaux stagnantes sera toujours supérieur à celui du drain, et la différence, qui peut servir de mesure à la force capillaire, sera d’autant plus considérable qu’on s’éloignera davantage du drain.
- Cette différence constituera la pente nécessaire pour assurer l’écoulement de l’eau dans les fissures, et elle dépendra beaucoup de la nature du sol, du nombre et du diamètre de ces fissures qui occasionnent deux sortes de résistances à l’écoulement, l’une provenant du frottement, l’autre de l’action capillaire.
- 11 résulte de là que, dans l’intervalle compris entre deux lignes de drains, la surface supérieure des eaux surabondantes représentera une sorte de planche bombée, dont la partie la plus élevée correspondra sensiblement au milieu de l’intervalle qui sépare les deux lignes de drains. La forme que présentera cette surface dépendra surtout de la perméabilité du sol et de l’écartement des drains.
- La limite des eaux surabondantes d’un champ drainé sera donc représentée par une surface ondulée, qui rappellera celle d’un champ labouré en planches bombées.
- Dans un champ non drainé, le niveau supérieur des eaux peut être assez élevé pour gêner le développement des racines des végétaux et faciliter, par l’ascension capillaire du liquide, une évaporation considérable, pouvant abaisser d’une manière notable la température de la couche arable du sol. Par un drainage bien fait, au contraire, la surface des eaux stagnantes et celle de l’eau élevée par capillarité sont assez abaissées pour que ces deux graves inconvénients ne puissent se produire d’une manière trop sensible.
- Le rapide écoulement des eaux de pluie à travers le sol, rabaissement du plan des
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- eaux stagnantes à une profondeur suffisante pour ne plus nuire au développement des racines, tels sont les deux premiers effets directs d’un bon drainage.
- De ces deux effets généraux résultent d’autres effets indirects d’une grande importance, que nous allons maintenant étudier.
- III. Réchauffement du sol.
- Pendant une grande partie de l’année, la température de l’eau de pluie, lors même qu’elle n’est pas plus élevée que celle du sol, devient supérieure à celle des couches un peu profondes, lorsqu’elle a traversé la couche la plus superficielle du terrain, échauffée par l’action directe des rayons solaires. Cette eau pluviale a donc , dans beaucoup de cas, une température supérieure à la température moyenne de la masse du sol arable. Si, par le drainage, on aspire, en quelque sorte, de haut en bas, l'humidité des couches supérieures, on entraîne, parla, les eaux pluviales plus rapidement à travers le sol arable, on les oblige à pénétrer plus profondément dans la terre, aussitôt après leur chute, on augmente la chaleur du sol de toute celle que ces eaux lui communiquent.
- En abaissant le niveau de l’eau stagnante à une profondeur telle que l’ascension capillaire dans les canaux interstitiels ne puisse plus l’attirer jusqu’à la surface, on diminue, dans une forte proportion, l’évaporation qui tend à refroidir les couches superficielles où s’accomplissent les principaux phénomènes de la végétation.
- D’autres circonstances encore tendent à accroître la température des terres drainées, pendant la période de temps où s’accomplissent les phénomènes principaux de la végétation.
- Il existe toujours, à une certaine profondeur au-dessous de la surface du sol, une couche dont la température, invariable en toutes saisons , est de beaucoup inférieure à la moyenne des températures atmosphériques des mois pendant lesquels se développent le plus vigoureusement les plantes cultivées. Cette couche, insensible aux variations de la température extérieure, est assez profondément située, dans les terres sèches, pour n’avoir aucune influence bien sensible sur le développement des racines ; mais elle se trouve, au contraire, très-voisine de la surface, quand un sous-sol imperméable maintient, à une faible profondeur, une nappe d’eau stagnante. C’est que l’eau est un très-mauvais conducteur de la chaleur, et qu’elle n’en transmet presque rien de celle que reçoit la couche superficielle. Il en résulte que , dans les terrains saturés d’eau, l’influence de la chaleur solaire ne peut transmettre son action qu’à une profondeur réellement insignifiante; en un mot, de pareils terrains ne peuvent profiter de la saison qui produit, sur les terrains sains, de si énergiques résultats, et la végétation y doit être et y est, en effet, toujours maigre et chétive.
- Jusqu’à présent, nous n’avons fait que pressentir, d’une manière purement théorique, le réchauffement des terrains drainés; des expériences directes sont venues confirmer ces prévisions de la théorie.
- M. Parkes a fait, dans un marais tourbeux en partie drainé, des observations dont voici les résultats principaux : la température du sol naturel non drainé s’élevait à 7°,7, depuis la profondeur de 30 centimètres jusqu'à celle de 9m,10.
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- A 18 centimètres de profondeur, le thermomètre a constamment marqué 8°,3 pendant la durée des expériences.
- Enfoncé à 78 centimètres de profondeur dans la partie drainée, le thermomètre marquait 8°,9, et à 18 centimètres il s’est élevé jusqu’à 18°,8; c’est-à-dire que, à une même profondeur de 18 centimètres, le sol drainé a constamment présenté une température supérieure à celle du sol non drainé, et la différence a, parfois, dépassé 10 degrés.
- M. Parkes a trouvé, sur trente-cinq observations, une surélévation moyenne de 5°,5 de la température du terrain drainé, par rapport à celle du même terrain non drainé, à la même profondeur.
- D’autres expériences de M. Modden ont porté la différence à 6°,5, et toujours dans le même sens.
- Un autre fait confirmatif du précédent a été observé par M. Josiah Parkes, c’est qu’avec le temps l’eau qui s’écoule des drains collecteurs acquiert une élévation très-sensible de température.
- D’après cet habile draineur, l’eau qui s’écoule des drains situés à lm,50 de profon-fondeur ne dépasse jamais 11°, 1 à 11°,6 pendant la première année, tandis que sa température peut s’élever à 15 ou 16 degrés les années qui suivent.
- Enfin il est un résultat qui devait être la conséquence toute naturelle de ceux qui viennent d’être signalés, c’est la plus grande précocité des récoltes dans les terres drainées avec soin ; la différence peut aller de quinze jours à un mois.
- On montre avec satisfaction, dans beaucoup de potagers anglais, des arbres, et notamment des cerisiers, dont les fruits n’arrivent à maturité que depuis le drainage de ces terrains.
- IV. Modification et ameublissement du sol.
- Un bon drainage doit amener l’écoulement des eaux surabondantes, sans cependant produire une dessiccation complète du sol, dessiccation qui serait aussi funeste qu’une trop grande humidité.
- Pour empêcher cette dessiccation extrême , qui serait un véritable désastre pour l’agriculture, la nature emploie des moyens dignes de fixer un moment notre attention : ordinairement, l’évaporation qui se produit à la surface du sol cesse, pendant la nuit, pour recommencer le lendemain , lorsque la chaleur du soleil vient échauffer de nouveau la surface de la terre ; au contraire, l’action capillaire qui tend à porter à la surface une partie de l’humidité des couches inférieures s’exerce sans interruption, et conserve une intensité sensiblement égale pendant le jour et pendant la nuit; l’évaporation ne s’exerce donc que pendant la moitié du jour, tandis qu’il y a vingt-quatre heures d’action capillaire pour réparer les pertes et maintenir, dans la partie active du sol, un état d’humidité à peu près uniforme et régulier.
- Une autre cause de réparation qui vient, dans la saison sèche, s’ajouter à l’action capillaire, ce sont les rosées qui, sauf d’assez rares exceptions, sont précisément fort abon-
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- dantes dans la saison où l’évaporation est le plus active , et viennent balancer, pour une part sensible, les effets de la dessiccation diurne.
- On se demande souvent comment des canaux placés à une grande profondeur, dans des sols argileux, compactes et imperméables , peuvent recevoir les eaux qui tombent à la surface ; comment, en un mot, de pareils terrains peuvent acquérir, par le drainage, une porosité relative qui paraissait incompatible avec leur nature.
- C’est que l’argile, c'est que toutes les terres, en se desséchant, se fendillent, et donnent lieu à une foule de petites crevasses, à un grand nombre de petits canaux dans lesquels l’eau peut pénétrer et circuler plus facilement que dans les pores intérieurs de la masse.
- La marche progressive de ce fendillement se manifeste, d’une manière très-évidente, par l’accroissement successif du produit de l’écoulement des drains pendant les premières années de leur établissement.
- On peut se faire une idée de ce travail intérieur d’un terrain drainé, par ce que nous voyons, chaque jour, se produire, dans les champs, sur les grosses mottes de terre qui se fendillent et se désagrègent en se desséchant.
- Il en résulte que la couche arable du sol devient plus facile à travailler; que les racines des plantes trouvent plus facilement à s’y établir et à y prospérer.
- Enfin, ce qui, mieux que toute espèce de raisonnement, prouve le bon effet des opérations du drainage, c’est l’amélioration progressive du sol et l’accroissement, souvent considérable, qu’il éprouve dans sa fertilité.
- On a cité des exemples dans lesquels l’accroissement annuel de produit fourni par des terres drainées s’élevait à 15, 20 et même jusqu’à 25 pour 100 des dépenses occasionnées par le drainage.
- V. Circulation de l’air.
- Nous avons insisté sur la difficulté que l’air éprouve à pénétrer dans les terres chargées d’une surabondance d’eaux stagnantes; l’écoulement de ces eaux, facilité par le drainage, fournit à l’air les moyens de pénétrer dans le sol. Les petits canaux dont nous avons tant de fois parlé se remplissent d’air à mesure que l’eau s’en écoule et chaque fois que l’eau s’en écoule.
- On a dit beaucoup de choses contestables au sujet de cette admission de l’air dans le sol, sous l’influence du drainage : c’est, ainsi que beaucoup de personnes pensent que la circulation de l’air s’effectue dans la terre par le moyen des drains ; en d’autres termes, que ce sont les tuyaux qui fournissent directement au sol l’air qu’il reçoit par suite de l’écoulement des eaux surabondantes.
- Il est hors de doute que le sol drainé doit recevoir, par les tuyaux, une certaine quantité d’air; mais il est facile de montrer que cette quantité d’air, fournie par les drains, ne doit être qu’une faible partie de celui qui vivifie le sol.
- Reportons-nous à la manière dont se fait l’égouttement d’une terre drainée; l’eau s’écoule de haut en bas, en suivant une pente plus ou moins inclinée, dans les petits canaux extérieurs formés par les vides que laissent entre elles les particules de terre. Or
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- il est évident que, tant que la partie inférieure de ces petits canaux ne sera pas complètement vide d’eau, l’air ne pourra s’y introduire par le bas; comme ces petits canaux, plus ou moins tortueux, se continuent jusqu’à la surface du sol, et qu’ils sont ainsi en communication avec l’air extérieur, ce dernier s’y introduira par leur partie supérieure, par un effet inverse de celui des pompes aspirantes, et les petits canaux se trouveront entièrement pleins d’air, précisément au moment où ils laisseront écouler la dernière goutte d’eau qui obstruait leur ouverture inférieure, c’est-à-dire avant de pouvoir être en communication aérienne avec les drains. Ceux-ci ne peuvent donc fournir au sol que bien peu d’air, s’ils lui en fournissent, dans cette première période de l’assainissement du sol.
- Nous pouvons même aller plus loin encore, et dire que l’égouttement ne sera possible , que l’écoulement de l’eau ne pourra s’effectuer, dans les petits canaux interstitiels, qu’à la condition que ceux-ci seront en communication avec l’air par leur partie supérieure. Le fait peut être mis aisément en évidence par une expérience bien simple : si l’on remplit d’eau complètement un tube étroit formé d’une substance quelconque et ouvert par les deux bouts , qu’on le place verticalement ou dans une position inclinée, et que, laissant libre son ouverture inférieure, on bouche avec le doigt son ouverture supérieure, l’eau ne s’écoulera pas; mais si l’on ôte le doigt de manière à mettre l’ouverture supérieure en communication directe avec l’air, à l’instant même l'eau coulera, et le tube se remplira d’air à mesure qu’il se videra d’eau.
- Considérons maintenant le cas des petits canaux déjà vides d’eau : il est certain qu’il peut alors y avoir communication entre les drains et ces petits canaux interstitiels; mais il suffit de comparer tout à la fois et les résistances à vaincre, et les espaces à parcou-rir, et les surfaces d’arrivée, pour concevoir que, même dans ce cas, la prépondérance d’effet doit encore appartenir à l’atmosphère extérieure et non aux tuyaux.
- VI. Accroissement de la fertilité du sol.
- Lorsqu’une terre est trop mouillée, lorsque les eaux surabondantes en remplissent tous les vides, la partie soluble des matières fertilisantes qu’elle contient se dissémine dans toute la masse d’eau et peut être entraînée loin des racines.
- D’un autre côté, c’est un fait bien connu de tous les praticiens, que les engrais analogues au fumier se décomposent mal lorsqu’ils sont noyés; par suite, ils ne peuvent agir avec la même promptitude et la même énergie que lorsqu’ils sont exposés aux influences de l’air, avec l’intervention d’une petite quantité d’humidité seulement.
- Le drainage, en plaçant les engrais dans la dernière de ces conditions, en activera donc la décomposition et favorisera leur action, c’est-à-dire qu’il semblera produire un effet équivalent à celui d’une addition de fumier.
- Lorsqu’une terre est médiocrement humide, le dessèchement partiel de la couche supérieure y détermine, par capillarité, une ascension assez active et considérable de l’humidité des couches inférieures et des matières fertilisantes que cette humidité tient en dissolution; lorsqu’une pluie survient, elle détermine un mouvement en sens inverse de ces mêmes éléments de fertilité. Ces mouvements alternatifs , qui ne peuvent Tome l*', — 53e <mme. 2e série, — Avril 1834. 29
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- DRAINAGE.
- s’accomplir dans une terre noyée, ont pour effet d’apporter à proximité des racines, et à plusieurs reprises, la nourriture dont elles ont besoin, qu’elles ne peuvent aller chercher, et qui aurait pu , sans cette circonstance , rester longtemps inutile hors de leur portée. Il me paraît évident que l’on doit attribuer à ces mouvements de va-et-vient de l’humidité de sol, et des matières solubles qu’ils entraînent, une part notable de l’accroissement d’activité qui se manifeste dans la végétation , précisément à l’époque où doivent se produire avec le plus d’énergie ces mouvements de transport dont je viens de parler.
- Par tous ces motifs, nous pourrions donc prévoir que le drainage doit augmenter la fertilité du sol, en supposant, d’ailleurs, les circonstances extérieures exactement les mêmes; les faits sont venus, depuis longtemps, confirmer cette prévision.
- VII. Assainissement des contrées où le drainage est pratiqué sur une grande échelle.
- Les conditions de chaleur et d’humidité du sol étant changées par le drainage , la décomposition des matières organiques ne s’y fait plus de la même manière, et ne donne plus naissance aux mêmes produits. La décomposition s’y effectue d’une manière plus complète, et ces mêmes substances azotées qui, dans un terrain humide ou marécageux, donnent lieu aux émanations miasmatiques qui font la désolation de certains pays, peuvent, au contraire, devenir, dans un terrain plus sec, en changeant de nature, des sources de fertilité.
- Lorsque le drainage est exécuté sur une échelle un peu considérable , on a souvent vu disparaître les brouillards locaux; par suite , l’état sanitaire du pays s’améliore en même temps que la valeur du sol, et l’on cite, à cette occasion, des résultats vraiment remarquables.
- Les fièvres intermittentes, la clavelée des moutons, la pourriture ne se manifestent plus dans les troupeaux entretenus sur des champs drainés.
- M. Sponner affirme que, dans certaines contrées, la diminution de mortalité des bestiaux, produite par le drainage, a suffi pour couvrir, en peu de temps, les frais occasionnés par les travaux.
- VIII. Utilisation des eaux de drainage.
- On a cherché à utiliser les eaux qui s’écoulent des rigoles de drainage.
- Elles sont généralement très-bonnes pour les usages domestiques et peuvent toujours être employées, lorsque la disposition des lieux le permet, pour des usages industriels.
- •Dans beaucoup de localités, en Angleterre surtout, les eaux de drainage alimentent les fontaines et les abreuvoirs nécessaires au service de fermes importantes et même de villages entiers.
- Cela n’a rien qui doive nous surprendre, puisque les sources naturelles ne sont autre chose, comme les eaux de drainage, que le produit d’infiltration de l’eau pluviale è travers des couches plus ou moins profondément situées à la surface du globe.
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- DRAINAGE*
- La végétation naturelle du fond et des bords des canaux de décharge des eaux de drainage, généralement très-vigoureuse, est l’indice d’eaux de bonne qualité susceptibles d’être employées avantageusement pour l’irrigation.
- C’est une indication qu’il est utile de mettre à profit toutes les fois que la disposition des lieux le permettra.
- Cette combinaison du drainage et de l’irrigation, quand celle-ci aura lieu avec des eaux enrichies à l’aide d’engrais liquides ou facilement solubles, constituera certainement, du moins quant à présent, l’un des plus hauts degrés de perfection où puisse atteindre l’art agricole.
- IX. Obstruction accidentelle des tuyaux.
- Le drainage rencontre parfois, dans le sol, soit d’utiles auxiliaires naturels, soit des causes de dégradations assez gênantes, mais heureusement assez rares.
- Le ver de terre est un des auxiliaires les plus actifs du draineur, parce qu’il multiplie considérablement dans les terres drainées.
- La plus grande perméabilité du sol drainé pour les racines, surtout dans la tranchée où la terre a été plus ameublie, fait que celles-ci pénètrent parfois jusqu’au drain. Lorsque pareille chose arrive , de simples radicelles , celles des arbres surtout, finissent par former, dans les drains mêmes, des touffes de chevelu qui peuvent, ou bien les obstruer complètement, ou bien y faciliter des dépôts susceptibles de gêner l’écoulement des eaux.
- 4 II est donc prudent, pour éviter ces inconvénients, d’écarter* autant que possible, les lignes de drains des haies et des arbres.
- Les tuyaux sont encore obstrués quelquefois, mais en partie seulement, par des matières ferrugineuses, ou par des enduits glutineux. On peut éviter en grande partie ce dernier inconvénient en augmentant la pente qui détermine l’écoulement.
- Enfin certains animaux peuvent, en s’introduisant dans les tuyaux par leur partie ouverte, y trouver la mort et les obstruer momentanément. On évite cet inconvénient en adaptant, aux ouvertures de décharge, soit des grilles, soit des pierres percées de trous assez grands pour laisser couler l’eau, mais trop petits pour que les animaux d’un volume un peu notable et gênant puissent s’y introduire.
- En résumé,
- 1° Le drainage abaisse le niveau des eaux stagnantes à une profondeur suffisante pour qu’elles ne puissent plus nuire au développement des racines des récoltes.
- 2° Il facilite le passage, à travers la couche arable et active, des eaux pluviales et des éléments de fertilité qu’elles peuvent apporter sur le sol qui les reçoit.
- 3° Il facilite à l'air le moyen de pénétrer dans le sol jusqu’à la portée des racines , et jusqu’au contact des engrais dont il active la décomposition au profit des récoltes.
- Il contribue à l’ameublissement des terres fortes.
- 5° Il augmente la chaleur du sol, en diminuant l’évaporation superficielle de l’eau et, par suite, en atténuant le refroidissement que cetle évaporation produit toujours.
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- 6° Il augmente la fertilité du sol, par suite d’une introduction plus facile, d’un transport plus régulier, d’une transformation plus avantageuse des gaz et des substances propres à contribuer au développement des plantes cultivées.
- 7° Enfin il produit une amélioration considérable dans l’état sanitaire des contrées où des travaux de cette nature sont exécutés sur une certaine échelle.
- ALUMINIUM.
- De /'aluminium et de ses combinaisons chimiques ; par m. h. sainte-claire deville.
- On sait que M. Wohler a obtenu l’aluminium pulvérulent en traitant le chlorure par le potassium. En modifiant convenablement le procédé de M. Wohler, on peut régler la décomposition du chlorure d’aluminium de manière à produire une incandescence suffisante pour voir les particules de ce métal s’agglomérer et se résoudre en globules. Si l’on prend la masse composée du métal et du chlorure de sodium (il vaut mieux employer le sodium), et si on la chauffe dans un creuset de porcelaine au rouge vif, l’excès du chlorure d’aluminium se dégage, et il reste une masse saline à réaction acide, au milieu de laquelle se trouvent des globules plus ou moins gros d’aluminium parfaitement pur.
- Ce métal est aussi blanc que l’argent, malléable et ductile au plus haut point. Cependant, quand on le travaille, on sent qu’il résiste davantage, et l’on peut supposer que sa ténacité le rapprochera du fer. Il s’écrouit, et le recuit lui rend sa douceur. Son point de fusion est peu différent du point de fusion de l’argent. Sa densité est 2,56. On peut le fondre et le couler à l’air sans qu’il s’oxyde sensiblement. Il conduit très-bien la chaleur.
- L’aluminium est complètement inaltérable à l’air sec ou humide ; il ne se ternit pas et reste brillant à côté du zinc et de l’étain fraîchement coupés, qui perdent leur éclat. Il est insensible à l’action de l’hydrogène sulfuré. L’eau froide n’a aucune action sur lui ; l’eau bouillante ne le ternit pas. L’acide nitrique, faible ou concentré, l’acide sulfurique faible, employés à froid, n’agissent pas non plus sur lui. Son véritable dissolvant est l’acide chlorhydrique ; il en dégage de l’hydrogène, et il se forme du sesqui-chlorure d’aluminium. Chauffé jusqu’au rouge dans l’acide chlorhydrique gazeux, il produit du sesquichlorure d’aluminium sec et volatil.
- On comprendra combien un métal blanc et inaltérable comme l’argent, qui ne noircit pas à l’air, qui est fusible, malléable, ductile et tenace, et qui présente la singulière propriété d’être plus léger que le verre, combien un pareil métal pourrait rendre de services s’il était possible de l’obtenir facilement. Si l’on considère, en outre, que ce métal existe en proportions considérables dans la nature , que son minerai est l’argile, on doit désirer qu’il devienne usuel. L’auteur a tout lieu d’espérer qu’il pourra en être ainsi, car le chlorure d’aluminium est décomposé avec une facilité remarquable
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- à une température élevée par les métaux communs, et une réaction de cette nature, que l’auteur essaye, en ce moment, de réaliser sur une échelle plus grande qu’une simple expérience de laboratoire, résoudra la question au point de vue de la pratique.
- A la suite de cette communication , M. Thénard fait remarquer combien il serait à désirer que des expériences qui semblent promettre de si beaux résultats pussent être poursuivies activement. « Ces expériences étant coûteuses, je crois, dit le savant chimiste, que l’Académie hâterait l’achèvement du travail en mettant à la disposition de M. Deville les fonds nécessaires. » (Académie des sciences, 6 février 1854.)
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- PROCÈS-VERBAUX.
- Séance du 22 mars 1854.
- M. Dumas, président, occupe le fauteuil.
- Le procès-verbal de la séance précédente est lu et approuvé.
- correspondance. M. Soyez , rue des Trois-Bornes, 26 , annonce avoir trouvé une règle pratique simple et sûre pour déterminer les proportions exactes des clairs et des ombres dans les dessins comme dans les objets d’art; il pense que cette règle serait d’un grand secours pour les artistes et les industriels.
- M. Heurtier, directeur général de l’agriculture et du commerce, au nom de M. le ministre de l’agriculture, du commerce et des travaux publics, expose que des plaintes nombreuses s’étant élevées dans la ville de Lille, au sujet des irrégularités que paraissent présenter les compteurs mécaniques employés dans la plupart des établissements publics pour constater la consommation du gaz d’éclairage , une commission spéciale a été chargée, par l’administration municipale, de se livrer à l’examen des questions qui se rattachent à l’usage de ces appareils.
- Cette commission, après avoir signalé les défauts des compteurs, a exprimé le vœu que la Société d’encouragement voulût bien user de son influence pour appeler l’attention de l’industrie sur la construction de compteurs à gaz pouvant, par des moyens simples et pratiques, être réglés et surveillés.
- Le rapport qu’elle a adressé à M. le maire de Lille a été soumis, par M. le ministre, à l’examen du comité consultatif des arts et manufactures. Ce comité a reconnu que, quelles que soient les modifications qui aient été apportées à la construction des compteurs, môme à ceux de Clegg et de Cowley généralement en usage, ces appareils laissent cependant encore beaucoup à désirer. Il a, en conséquence, adopté les conclusions de la commission spéciale de Lille.
- M. le ministre communique le rapport de cette commission en invitant la Société
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- d’encouragement à examiner ce qu’il serait possible de faire dans l’intérêt des améliorations réclamées.
- M. Combes, après avoir donné lecture du rapport de la commission chargée d’étudier le système des compteurs à gaz de la compagnie orientale à Lille, expose qu’un service de vérification et de poinçonnage des compteurs par des agents spéciaux de l’administration de M. le préfet de police est institué à Paris depuis plusieurs années, et paraît avoir produit des résultats satisfaisants tant pour le public que pour les compagnies d’éclairage : il rappelle que la Société d’encouragement s’est plusieurs fois occupée des appareils de jaugeage et de distribution du gaz; il indique spécialement les rapports faits, au nom du comité des arts mécaniques, sur le compteur à gaz perfectionné de MM. Bauduin, Martin,' Barthélemy et comp., et sur le régulateur de M. Pau-wels.
- M. G. Lanoé-Bidard, conducteur des ponts et chaussées, à Laval ( Mayenne ), rappelle que, dans son Traité de mécanique industrielle, M. Christian, à propos du laminoir, a signalé les inconvénients qui résultent de l’engrènement plus ou moins profond des pignons des cylindres lamineurs quand, pour laminer plus ou moins épais, on est obligé d’augmenter ou de diminuer l’intervalle qui sépare les deux cylindres.
- M. Lanoé-Bidard croit avoir complètement détruit ces inconvénients en remplaçant les roues extrêmes des cylindres qui engrènent l’une dans l’autre par d’autres roues qui engrènent avec des vis sans fin en sens contraire et fixées sur un arbre vertical.
- M. Leœandowshi, ingénieur civil, rue de Lancry, 50, ayant appris que M. Carpentier, à Paris, avait présenté, il y a quelque temps, à la Société un nouveau système d’appareil qui a la propriété de dévider la laine, le fil, la soie, etc., en écheveaux croisés, réclame la priorité de cette invention.
- M. E. d’Argy, aux Batignolles, présente le modèle d’un appareil ayant pour but de transmettre et de distribuer les forces à toute distance ; c’est une roue à aubes complètement immergée, à laquelle une soufflerie amène de l’air qui déplace l’eau des aubes de la roue et lui imprime le mouvement.
- M. Le Chalelier, membre du conseil, écrit que M. Garella, ingénieur en chef des mines, à Lyon, l’a chargé de remettre à la Société deux épreuves de daguerréotype panoramique qu’il a obtenues par un procédé simple imaginé par lui en 1848.
- M. Mendia, chef de bureau au ministère des finances d’Espagne, adresse le Bulletin officiel de ce ministère, et en demande l’échange avec le Bulletin de la Société.
- M. Sarrazin, rue Louis-Philippe, 47, demande une avance de fonds à l’effet de prendre un brevet d’invention pour une nouvelle méthode propre à opérer les dépôts galvaniques de l’or et de l’argent sur les pièces d’orfèvrerie et de bijouterie.
- M. Tiffereau, à Grenelle, appelle l’attention de la Société sur son nouveau procédé d’irrigation et de drainage, principalement à l’usage de la grande industrie agricole.
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- M. Émile Dupont, à Boulogne-sur-Mer, annonce avoir fait des expériences comparatives sur la résistance à la rupture des ciments romains et de Portland et de ceux de sa fabrique.
- Les résultats en ont été, suivant lui, des plus satisfaisants, et ont démontré la supériorité du ciment de Portland naturel de Boulogne sur le ciment de Portland artificiel d’Angleterre.
- M. Planche, pharmacien, rue Lafayette, 4, sollicite l’examen de tampons chimiques pour timbres humides, griffes, etc.
- M. Brebar, de Lille, soumet trois spécimens de peintures à base de zinc imitant les marbres, les pierres, les granits, etc.; il dépose un paquet cacheté renfermant les détails de son procédé.
- M. Plon, imprimeur, rue de Vaugirard, 36, ayant eu connaissance que la Société avait reçu un mémoire relatif au mélange du bois trituré dans la fabrication du papier, réclame ses droits à la priorité de cette invention.
- A l’appui de sa réclamation, M. Plon remet trois échantillons de bois à des degrés differents de préparation ainsi que des spécimens de papier.
- Parmi les publications imprimées, M. Peligot cite 1° un article de M. Calvert, inséré dans le Philosophical magazine, et qui traite de l’altération des huiles; la traduction de cet article paraîtra dans le Bulletin.
- 2° Un prix proposé par l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen sur cette question : «Trouver des moyens sûrs, d’une exécution facile et économique, afin de prévenir les accidents qui résultent, pour les ouvriers, de l’usage des appareils mécaniques dans les manufactures, de manière à permettre de réglementer cette partie importante de l’administration publique. »
- Cette proposition de prix donne lieu à quelques observations, de la part de M. le pré-sidentetde M. Combes, sur les obligations que l’autorité peut imposer aux propriétaires et exploitants des établissements classés, assujettis au régime des permissions.
- Rapports des comités. MM. Salvétat et Gourlier, au nom de la commission des beaux-arts appliqués à l’industrie, font un rapport sur les procédés de peinture à l’huile de M. de Lamare.
- La commission propose de remercier l’auteur de sa communication et d’insérer le rapport dans le Bulletin. ( Approuvé. ) (Voyez plus haut, page 197.)
- Au nom du comité des arts chimiques, M. Salvétat lit un rapport sur les colorations incrustées dans le verre de M. Tissot.
- Le comité propose de remercier l’auteur de sa communication et d’insérer le rapport dans le Bulletin. ( Approuvé. ) (Voyez plus haut, page 201.)
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- M. Barreswil lit un rapport sur un mémoire de M. Corenwinder relatif au titrage du noir animal.
- Le comité des arts chimiques propose de remercier l’auteur de sa communication et de renvoyer son mémoire à la commission du Bulletin. ( Approuvé. )
- Au nom du même comité, le même membre lit un rapport sur un mémoire de M. A. Chevallier fils relatif aux engrais.
- Après une discussion, le rapport et le mémoire sont renvoyés au comité.
- M. Gourlier, au nom des comités réunis des arts chimiques et des arts économiques, lit un rapport sur la fabrication de pierres artificielles de M. Dumesnil.
- Après une discussion, les comités sont invités à présenter de nouveau le rapport à la délibération du conseil, en tenant compte des observations faites par plusieurs membres.
- M. de Silvestre, au nom du comité des arts économiques, lit un rapport sur les lorgnettes jumelles de Mme Ve Margras.
- Le comité propose de remercier l’auteur de sa communication et d’insérer le rapport dans le Bulletin ( Approuvé. ) (Voyez plus haut, page 202.)
- Communications. M. Amédée-Durand présente, de la part de M. Ignard-Dejardin , une série d’épreuves de dessins de fleurs, d’aqua-tinte, etc., imprimées en couleur sur plusieurs planches.
- Sur la proposition de M. le président, la commission des beaux-arts appliqués à l’industrie est invitée à examiner les procédés de M. Dejardin et à en rendre compte.
- M. Barrai communique, de la part de M. Lévêque , un procédé de fabrication de vases de fer doublés de plomb.
- Ce procédé sera l’objet de l’examen du comité des arts chimiques.
- PAMS. — IMPRIMERIE DE Mme Ve BOUCHARD-HUZARD, RUE DE L’ÉPERON, 5.
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- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE,
- PIANOS.
- rapport fait par m. g alla, au nom, du comité des arts mécaniques, sur la facture des PIANOS de m. wolfel, rue des Martyrs, 26 et 27.
- Messieurs, votre comité des arts mécaniques a visité les ateliers et les pianos de M. Wolfel, et son attention s’est plus particulièrement portée sur un piano à queue soumis à votre examen.
- Dans ses instruments, M. Wolfel s’attache avec le plus grand soin à tout ce qui peut assurer la puissance et la qualité des sons, ainsi que leur stabilité. L’augmentation de sonorité qu’il a obtenue lui a permis de réduire les dimensions générales du piano à queue sans perdre une partie notable de ses effets.
- Les divers perfectionnements introduits par M. Wolfel dans la facture des pianos s’appliquent 1° à la table d’harmonie ; ils augmentent sa sonorité, le volume des sons et assurent leur pureté;
- 2° Aux sommiers, qui ont pour objet d’augmenter la solidité et la durée de l’instrument ;
- 3° Aux chevilles d’attache et de tirage, pour faciliter l’exactitude de l’accord et en maintenir la conservation ;
- 4° Au mécanisme du clavier et des touches.
- La table d’harmonie est construite comme pour tous les instruments de musique, en bois de sapin, car cette nature de bois, par l’alternative qu’elle présente de veines très-dures et de veines très-molles, offre les meilleures conditions de vibration et de sonorité.
- La forme et le système que M. Wolfel a adoptés pour cette table nous pa-
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- PIANOS.
- paissent rationnels et basés sur les lois les plus sûres de la science; le facteur a considéré les veines dures et roides du bois comme autant de cordes tendues, et, reconnaissant que le point par lequel une corde tendue peut être plus facilement et plus fortement mise en vibration est évidemment situé au milieu de sa longueur, il en a conclu que, pour obtenir d’une table d’harmonie les vibrations les plus libres, les plus régulières, les plus fortes et les plus prolongées, il fallait que la ligne du chevalet passât exactement au milieu de la longueur du bois.
- Il a voulu aussi, pour laisser à la table d’harmonie la plus grande facilité possible à la vibration, continuer régulièrement la courbe du chevalet au lieu de rompre sa ligne à l’endroit où la progression dans la longueur des cordes cesse pour faire place à la progression dans la grosseur.
- Ici M. Wôlfel a rencontré une autre difficulté : les premières cordes, placées près de la transition, sont entourées d’un fil fin enroulé en hélice et d’une extrême ténuité ; ce fil se rompait facilement à l’endroit des points d’appui ; le facteur a imaginé de le fixer sur la corde , jusqu’à 1 centimètre de chaque point d’appui, au moyen de la soudure.
- Les avantages de cette soudure ont été promptement appréciés, et elle est aujourd’hui généralement employée dans la facture des pianos ; mais il nous paraît constant que cette heureuse idée est due à M. Wôlfel.
- Ces différentes bases fondamentales, étant bien expérimentées, ont justifié les raisonnements du facteur, qui les a adoptées définitivement pour la figure et la construction de ses tables d’harmonie.
- Les deux sommiers, et surtout le sommier de cheville, qui est la partie vitale , en quelque sorte , du piano, ne sauraient être trop solides ; les essais qui ont été tentés par plusieurs facteurs pour substituer le fer au bois n’ont pas produit les résultats présumés, en raison de la forme que l’on donne habituellement aux chevilles et qui ne peut se combiner convenablement avec des sommiers en fer.
- M. Wôlfel, en appliquant à ses pianos le système de chevilles à vis, qu’il a imaginé et adopté depuis un certain nombre d’années, a pu, sans inconvénients, employer des sommiers en fer.
- Dans les pianos que nous avons examinés, nous avons trouvé les deux sommiers en fer reliés entre eux par sept barres de même métal qui sont parallèles aux cordes ; l’ensemble de cette partie de l’instrument offre les meilleures conditions de solidité ; les variations de la température n’ont point d’influence sur les cordes, puisque la dilatation et la contraction des barres d’assemblage des deux sommiers suivent exactement la dilatation et la contraction des cordes.
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- Les chevilles d’attache présentent un perfectionnement incontestable : nous ne voyons plus les cordes se terminer par une boucle tordue qui, sous l’action de la tension et de la vibration, tend à s’allonger, à se détordre et à déterminer la rupture ; la corde traverse une fente pratiquée au sommet de la cheville même, s’enroule à plusieurs révolutions autour d’elle, et la quitte suivant une tangente normale.
- La cheville de tirage consiste en une pièce principale en bronze dont la partie supérieure est en forme de tube ouvert et décrit, avec le sommier, un angle de 45 degrés ; une petite poulie à gorge est fixée vers sa base au moyen d’une vis qui lui sert de pivot ; l’extrémité inférieure est ronde, traverse le sommier et y est fixée par un écrou ; le petit tube supérieur reçoit une vis terminée par un talon ovale dans lequel est pratiqué un trou pour recevoir la corde ; l’extrémité supérieure de la vis s’engage dans un écrou à chapeau qui recouvre et emboîte le tube ouvert ; c’est sur cet écrou que l’accordeur doit agir pour régler la tension des cordes.
- Le trou pratiqué dans le talon de la vis reçoit la corde qui s’enroule autour de ce talon et passe dans la gorge de la poulie.
- Il est facile d’apprécier les facilités que ce système de chevilles donne pour l’accord des pianos, et les garanties qu’il offre pour la conservation de cet accord.
- Nous n’entreprendrons pas la description du mécanisme des touches ; elle ne pourrait être comprise qu’à l’aide de dessins, et sera réservée pour la publication que nous vous proposons d’en faire dans votre Bulletin; mais nous ne saurions nous dispenser de faire l’éloge des soins intelligents que M. Wolfel donne à cette partie de ses instruments.
- M. Wolfel produit peu , sa fabrication n’excède pas quarante pianos par année ; mais ses instruments atteignent, dans leur exécution , un degré de perfection qu’il est rare de rencontrer ailleurs ; toutes leurs parties révèlent l’esprit intelligent, rationnel et éclairé de cet habile facteur; on voit qu’il a pensé à tout et qu’il n’a rien négligé. Le prix de ses pianos est assez élevé, mais nous les avons entendus, nous avons recueilli le témoignage des personnes qui en possèdent depuis longtemps, et nous croyons qu’ils méritent pleinement les éloges que les savants et les artistes s’accordent à en faire.
- Nous avons l’honneur de vous proposer, Messieurs, 1° d’adresser à M. Wolfel vos remercîments pour sa communication, et vos félicitations sur les succès qu’il a obtenus dans la facture des pianos ; 2° d’insérer le présent rapport dans le Bulletin, avec la gravure des parties essentielles des instruments dont nous venons de vous rendre compte.
- Signé Calla, rapporteur.
- Approuvé en séance 3 le 25 janvier 1854.
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- Légende explicative des planches 7 et 8.
- Fl. 7, fig. 1. Table d’harmonie d’un piano droit à cordes obliques, ou d’un piano carré, vue en plan.
- Fig. 2. Table d’harmonie d’un piano à queue, ou d’un piano droit à cordes verticales, vue également en plan.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans ces deux figures.
- À, table d’harmonie. B, veines du bois. C, lignes qu’occupe le chevalet. D, cordes tendues obliquement dans la fig. 1, et droites dans la fig. 2.
- Fig. 3. Mécanisme de répétition d’un piano droit à cordes verticales.
- Fig. 4. Le même mécanisme disposé dans un piano droit à cordes obliques.
- Le mouvement et les effets de ce dernier mécanisme sont semblables à celui de la fig. 3. Les mêmes lettres s’appliquent aux mêmes pièces dans ces deux figures.
- E, marteau. E', sa tige. F, barre du marteau. G, support du marteau. H, échappement. I, bascule de la répétition. J, ressort à boudin sur lequel elle s’appuie. K, axe servant à fixer ce ressort et à régler sa force. L, pilote ou tige de communication entre la bascule I et le marteau E. M, contre-touche servant à déterminer la marche de la bascule et celle de l’échappement H. N, barre des étouffoirs O. P, tête des étouffoirs. B, touche. S, corde. T, attrape-marteau. U, clavier.
- Fondions de ce mécanisme. On ne s’occupe ici que de la description des pièces qui donnent à ce mécanisme la propriété de répéter les notes rapidement et avec facilité, et au clavier un toucher léger et agréable* tout en lui conservant la qualité essentielle de l’énergie dans les attaques vigoureuses.
- En appuyant sur la touche R, le mécanisme se met en mouvement, le marteau se dirige vers la corde S tandis que l’étouffoir s’en éloigne.
- Dans ce mouvement, la bascule I de l’extrémité opposée à son pivot, qui le lie à l’échappement H, atteint la contre-touche M au moment où le marteau est arrivé à environ 20 millimètres de distance de la corde ; alors l’action qu’exerce le ressort J sur le marteau par la bascule I et son pilote L se trouve annulée. Toutes les autres pièces continuent cependant d’agir, et le marteau, après avoir frappé la corde, revient pour s’appuyer sur l’attrape-marteau T.
- Aussitôt que le doigt permet à la touche de se relever, la bascule I la secondant dans ce mouvement par le ressort J, et le pilote tenant de son côté le marteau en suspens, l’échappement reprend la noix du marteau, et dès ce moment tout le mécanisme est prêt à fonctionner de nouveau, quoique la touche ne soit pas encore remontée au niveau du clavier.
- La fig. 5 de la pl. 8 représente une coupe verticale d’un piano à queue.
- a, table d’harmonie, b, chevalet, c, corde, d, sommier d’attache en fer. c, cheville d’attache, f, sommier en fer des chevilles, g, bois du sommier des chevilles, h, barre des sillets en cuivre fixée sur le sommier f par des broches à écrou, i, sillet.
- Le mécanisme de ce piano possède les mêmes propriétés que ceux décrits fig 3 et 4, pl. 7. Les mêmes pièces sont indiquées par les mêmes lettres.
- Fig. 6. Cheville de tirage vue séparément, de face et de profil.
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- ARMES A FEU.
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- j, pièce principale en bronze, k, écrou à chapeau en cuivre jaune. I, vis de tirage, m, poulie en cuivre jaune, n, pivot en acier vissé dans la pièce j.
- Fig. 7. Sillet en cuivre jaune vu de profil, en coupe et en plan. ( D. )
- ARMES A FEU.
- rapport fait par m. ch. laboulaye, au nom du comité des arts mécaniques, sur un moyen de sûreté appliqué aux armes a feu , inventé par m. r. briand , arquebusier, aux Herbiers ( Vendée ).
- M. Briand, arquebusier, aux Herbiers, a dirigé ses efforts vers un but que la Société serait heureuse de voir atteindre ; nous voulons parler des moyens de sûreté appliqués aux armes à feu, en vue d’éviter les accidents funestes qui signalent, chaque année, l’époque des chasses.
- Le système de M. Briand est de la nature de ceux qui fonctionnent indépendamment de tout soin de la part du]chasseur. Gomme dans le système Guérin, que vous avez couronné il y a quelques années (1), ce n’est que quand l’arme est appuyée à l’épaule, dans la position convenable pour tirer, que le chien peut s’abattre. Cet effet est produit par une pièce mobile qui dépasse la crosse de l’arme sous la pression d’un ressort]; un fil de fer assemblé à ce ressort accroche la gâchette, qui ne peut se mouvoir que lorsque celle-ci retrouve sa liberté, grâce à la pression de l’arme contre l’épaule.
- Nous laisserons aux chasseurs à apprécier si, comme il est probable, cette disposition remplit toutes les conditions d’une pratique journalière, nous bornant à nous féliciter de voir se multiplier les inventions de moyens simples et d’une exécution facile qui tendent à rendre d'affreux accidents presque impossibles.
- Il est, dans le système de M. Briand, une disposition nouvelle et fort heureuse , combinée en vue d’éviter tout accident lorsque l’arme est dans la position verticale, quand même .un fâcheux concours de circonstances ten -drait à faire partir le chien pendant que l’arme serait appuyée à terre. Elle consiste en un petit talon qui, basculant autour d’un axe, vient empêcher tout mouvement de la pièce mobile en buttant contre elle quand l’arme est verticale et ne peut en rien gêner quand l’arme est horizontale, puisqu’il pend alors parallèlement à la partie qui doit être appuyée à l’épaule.
- M. Briand a aussi soumis à la Société les dessins d’un polissoir de son invention pour polir les canons de fusil dans le sens de la longueur et effacer
- (l) Yoy. Bulletin de la Société, 45e année (1846), p. 229, pl. 989.
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- ENGRENAGES.
- les moindres irrégularités du travail de l’alésage du canon produit par une action circulaire. Des expériences faites devant des arquebusiers de Paris ont montré que ce travail assurait aux armes une précision remarquable. Nous pensons que l’auteur a parfaitement raison de recommander cette opération pour les armes de luxe, dans lesquelles on ne saurait trop éviter tout ce qui peut faire obstacle à la sortie facile des projectiles et être une cause de déviation.
- Vous voyez, Messieurs, que l’armurier d’une petite ville de la Vendée, qui nous communique le résultat de ses travaux, est digne de votre intérêt, et que ses efforts ne sont pas sans importance pour notre belle industrie de la fabrication des armes de luxe.
- En conséquence, nous vous proposons
- 1° De remercier M. Briand de sa communication ,
- 2° D’insérer le présent rapport dans le Bulletin.
- Signé Ch. Laboueaye, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 8 mars 1854.
- ENGRENAGES.
- rapport fait par m. ch. laboulaye, au nom du comité des arts mécaniques, sur un nouveau système d’engrenage présenté par m. minotto.
- M. Minotto, vice-directeur des télégraphes, en Piémont, a présenté à la Société d’encouragement les modèles et la description d’un nouveau système d’engrenage dit engrenage à coin, qu’il propose pour remplacer avantageusement, dans nombre de cas, les roues dentées ordinaires.
- L’étude complète qu'il a faite de cette intéressante question mérite tout l’intérêt de la Société, car ce n’est pas un médiocre progrès que l’invention d’un organe mécanique doué de propriétés spéciales; c’est un élément de plus pour accomplir de nouveaux progrès.
- Tout le monde connaît la propriété du coin, de multiplier sur ses faces latérales l’effort exercé sur sa tête, en raison de son angle, ce qui s’exprime, en mécanique, en disant que la force qui agit sur la tête du coin isocèle exerce, sur chacune de ses faces, une pression qui est dans le rapport de la hauteur du coin à la demi-longueur de cette tête ; de telle sorte que, si la charge est de 1 kilog., la hauteur verticale 20, la base 1, l’effort exercé par chacune des faces sera de 10 kilog., et pour les deux faces de 20 kilog.
- C’est sur cette propriété que se fonde M. Minotto pour accroître l’adhé-
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- ENGRENAGES.
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- renee des roues, sans faire croître la pression sur leurs axes dans la même proportion.
- Ainsi, si l’on veut conduire deux axes parallèles par le contact immédiat de deux poulies montées sur ces axes, on sait qu’il faudra , pour éviter les glissements, les presser fortement, pour peu qu’il s’agisse de transmettre des forces quelque peu notables, et par suite faire naître des frottements considérables sur les axes. Il n’en sera plus de même si l’on creuse, dans la couronne extérieure de l’une des poulies, une gorge tronconique en forme de trapèze, et si on tourne la couronne de l’autre en forme conique, de manière qu’elle puisse s’engager en partie seulement dans la gorge de la première, fig. 1.
- Toutes les propriétés du coin reparaissent ici, c’est-à-dire qu’en raison de l’acuité plus ou moins grande de l’angle commun au vide et au plein des deux roues, dont la section représente à la couronne un coin tronqué, une pression médiocre sur les axes pourra faire naître une très-grande pression au contact, et par suite une adhérence ou engrènement moléculaire, en vertu duquel une roue pourra entraîner l’autre et surmonter la résistance qui s’oppose à son mouvement.
- Le principe du système étant établi, cherchons à nous rendre compte des avantages ou des inconvénients de son emploi.
- Du glissement. — Le caractère le plus remarquable de ce système d’engrenage , c’est que , par suite d’une variation dans les forces, un glissement peut avoir lieu. Cette propriété, qui le rend impropre à remplacer les roues dentées, dans les systèmes où celles-ci ont surtout pour objet d’assurer des rotations d’angles voulus, comme dans les appareils d’horlogerie, le rend, au contraire, extrêmement précieux pour les applications, lorsque la force résistante peut éprouver des variations considérables, cause perpétuelle de rupture avec les roues dentées. Cette similitude avec les systèmes d’embrayage connus sous le nom de cônes de friction doit être soigneusement observée, et constitue une propriété importante du nouveau système.
- Du frottement. — Il semble que le frottement de glissement qui s’exerce sur les faces en contact, surtout au delà des circonférences primitives, doit être une cause d’infériorité pour ce système ; mais il est à remarquer que, dans le pivotement instantané des surfaces de contact autour du point moyen qui définit les circonférences primitives, les parties les plus éloignées de ce point s’usent beaucoup plus vite que celles qui roulent seulement, et par suite la face du coin tend à prendre une forme convexe qui tend à réduire beaucoup la valeur du travail du frottement, fig. 2. D’après le calcul, le nouveau système offrirait une supériorité notable sur l’engrenage à dents, quand l’angle au sommet du coin demeure au-dessous de 20 degrés sexagésimaux.
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- KNGltKNAGES.
- De plus, Fauteur a observé que le graissage, qui diminue beaucoup le frottement, n’a que peu d’influence sur l’adhérence au contact, ce qui s’explique par l’expulsion, presque complète, de l’enduit interposé au point où s’exerce la plus grande pression.
- De l’usure. — La rapidité de l’usure dans ce système d’engrenage, et par suite la nécessité du rapprochement graduel des axes pour proportionner toujours la pression et l’adhérence à la résistance à surmonter, paraissent les obstacles les plus notables à l’adoption de ce système pour les grandes machines, bien que ce rapprochement soit souvent facile à obtenir. Quant à l’usure en elle-même, bien que Fauteur ait fait des expériences qui lui fassent admettre qu’elle est peu rapide, elle nous paraît la partie faible du système, toutes les fois qu’il n’est pas possible de multiplier le nombre des roues placées sur les deux axes, que le tour permet d’exécuter avec facilité. De la sorte, la pression en chaque point de contact pouvant être toujours très-inférieure à celle pour laquelle la désagrégation du métal est rapide, on peut employer pendant longtemps ce système, pourvu que l’on puisse, de temps en temps, rapprocher les axes et que la gorge tronconique soit assez profonde pour correspondre à une usure considérable.
- Nous citerons encore ici les dispositions imaginées par M. Minotto pour éviter l’usure et y remédier : au premier point de vue, le graissage pour éviter les grippements; au second, l’emploi de disques constituant des roues par leur réunion à l’aide de boulons, roues dont on fait varier l’épaisseur en changeant la rondelle interposée entre les disques.
- Applications. — Le système de l’engrenage à coin peut produire non-seulement des mouvements de rotation, mais aussi des mouvements rectilignes par des dispositions analogues à (elles des crémaillères, des cames, etc. M. Minotto propose deux applications, l’une au mouvement rectiligne, l’autre au mouvement de rotation, que nous devons indiquer.
- L’une de ces applications, relative aux chemins de fer, consisterait dans l’emploi d’une roue à gorge engrenant sur une barre de fer placée au milieu de la voie pour accroître l’adhérence des locomotives et gravir de fortes pentes.
- L’autre application que propose M. Minotto consisterait à employer les engrenages à coin multiples à la transmission du mouvement rotatoire des grands arbres moteurs des bâtiments à vapeur aux hélices, qui doivent marcher avec rapidité pour agir utilement sur le liquide.
- Nous ne faisons qu’énoncer ces deux applications, qui n’ont pas encore été expérimentées et étudiées en détail, mais qui offrent de l’intérêt.
- En résumé, le (ravail de M. Minotto vous paraîtra, nous l’espérons, fort intéressant, et nous proposons à la Société
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- CARREAUX EN PIERRE FACTICE.
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- 1° De le remercier de son intéressante communication ;
- T D’insérer dans le Bulletin le présent rapport et le dessin de l’engrenage.
- Signé Ch. Laboulaye , rapporteur. Approuvé en séance3 le 8 mars 1854.
- Fig. 1.
- Fig. 2.
- La lig. 1 représente l’engrenage à coin composé d’une roue supérieure, creusée en gorge, avec les faces latérales inclinées d’un certain angle sur son plan, et embrassant, comme un coin, la roue inférieure dont les bords sont chanfreinés.
- La fig. 2 représente la forme que prennent les roues après un temps très-court de service, et se commandant sur les circonférences primitives avec presque le seul frottement de roulement.
- CARREAUX EN PIERRE FACTICE.
- rapport fait par m. gOurlier , au nom du comité des arts économiques, sur les carreaux en pierre factice de m. duménil, à Mareuil-lès-Meaux.
- M. Duménil, entrepreneur et fabricant de plâtre, etc., à Mareuil-lès-Meaux, ayant présenté, à la Société, des carreaux en pierre factice pour lesquels il est breveté, et l’examen en ayant été renvoyé aux comités réunis des arts chimiques et économiques, plusieurs membres de ces comités se sont rendus Tome Ier. — 53e année. 2e série. — Avril 1854. 31
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- CARREAUX EN PIERRE FACTICE.
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- à l’usine et y ont pris connaissance des matières et procédés de fabrication ainsi que des produits ; ils se sont également rendus à Crécy, à la Varenne-Saint-Maur, à Champerreux, près Neuilly, ainsi que dans une maison, rue Bergère, 20, à Paris, et y ont examiné plusieurs constructions où ces matériaux ont été employés depuis quelques années ; ils se sont, en outre, livrés à des essais et expériences, et j’ai été chargé d’avoir l’honneur de vous soumettre le rapport suivant.
- Dans les localités où, comme à Paris , on a à sa disposition tant de matériaux naturels d’un emploi éprouvé, il pourrait paraître inutile de rechercher de nouveaux matériaux factices. Cependant, si l’industrie pouvait procurer ou à des prix équivalents des matériaux plus satisfaisants, ou à des prix moindres d’autres d’un mérite égal, il ne faudrait pas hésiter à en faire un emploi mesuré, ne fût-ce qu’à titre d’expérimentation. Les pierres artificielles ont toujours été plus ou moins employées ; plusieurs auteurs s’en sont occupés, notamment de la Faye, Fleuret, Rondelet ; enfin M. Yicat, dont la Société a publié les indications et honoré les travaux. D’un autre côté, plusieurs fabrications du genre de celle qui nous occupe ont eu lieu à diverses époques et dans différentes localités; par exemple, de carreaux pleins ou creux en plâtre pour cloisons, etc.
- Les carreaux de M. Duménil sont composés principalement de plâtre et de sable, en plus petite quantité de chaux, d’alun, de gélatine et d’ocre jaune, enfin, dans quelques cas, de cailloux ou meulière concassée.
- La gélatine étant dissoute dans l’eau, on y ajoute l’ocre et on se sert de ce liquide pour mélanger, pour gâcher les autres matières qui sont alors versées dans des moules en bois, où la prise a lieu en peu de temps; le séchage s’opère sous des hangars à l’air libre, de manière à dissiper toute humidité. Les dimensions , susceptibles de varier suivant les besoins de la construction , sont habituellement de 65 centimètres à 1 mètre de longueur, de 30 centimètres de hauteur, et l’épaisseur varie de 40 à 7 et même 5 centimètres. L’intérieur peut être évidé de façon à employer moins de matière, à rendre les carreaux plus légers tant pour le transport que pour la construction, et moins conducteurs des sons et de la chaleur.
- Les parements sont ou entièrement lisses, ou avec feuillures, moulures, etc., et les autres faces sont cannelées de manière à favoriser la jonction à l’aide du plâtre ou du mortier.
- La pesanteur spécifique est à peu près celle des maçonneries ordinaires, et le transport s’opère avec facilité au moyen des précautions nécessaires pour éviter toute écornure , et rien n’empêche, d’ailleurs , que la fabrication n’ait lieu à pied d’œuvre même. Enfin la pose s’effectue promptement
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- comme tous les matériaux stratiformes, sans exiger aucun enduit d’où puisse provenir une nouvelle cause d’humidité ; ces carreaux forment ainsi des murs et cloisons de toutes les épaisseurs voulues, ayant l’apparence d’une maçonnerie parfaitement enduite ou même de pierre de taille.
- Quant aux prix, d’après les tarifs présentés , ils sont généralement à peu près les mêmes que ceux de maçonneries en moellons recouverts d’enduits , mais inférieurs à ceux des cloisons de charpentes maçonnées et enduites, ou en briques, plus encore au-dessous des prix des constructions en pierres de taille.
- Comme résistance à l’écrasement, il résulte, des expériences qui ont eu lieu, que ces matériaux sont supérieurs au plâtre, mais inférieurs à la brique et plus encore à la pierre.
- Quant à la résistance à l’humidité et à la gelée, les carreaux employés dans plusieurs constructions se sont bien comportés jusqu’ici ; il en a été de même de carreaux qui, bien que récemment fabriqués, ont été abandonnés sur le chantier pendant l’hiver ; et des constructions ainsi exécutées à la fin de la campagne dernière n’ont point offert après cet hiver, même à peu de.distance au-dessus du sol, les dégradations que des enduits en plâtre y auraient certainement éprouvées.
- Toutefois vos comités pensent que l’emploi de ces carreaux à des constructions extérieures et portant charge ne saurait être recommandé qu’après une expérience plus prolongée, et surtout par suite soit d’une composition plus susceptible d’offrir, par elle-même, plus de garantie, de durée et de solidité, soit de précautions telles que l’application, sur les surfaces extérieures, ou de peintures à l’huile ou de solutions de silicates, etc., perfectionnements dont, au reste, M. Duménil s’occupe avec soin et intelligence,.
- Mais vos comités n’hésitent pas à vous proposer de donner, dès à présent, votre approbation à l’emploi de ces carreaux pour des constructions et des distributions intérieures et à l’abri de l’humidité , applications pour lesquelles ils satisfont à toutes les données de bonne disposition , de bon marché comparativement aux matériaux ordinaires, ainsi que de salubrité, de bonne exécution et de bon aspect, la régularité de leurs surfaces permettant, à volonté, ou de les laisser apparentes ou de les recouvrir, à peu de frais, de peinture.
- Vos comités ont également l’honneur de vous proposer l’impression du présent rapport dans le Bulletin.
- Signé Gourlier, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 5 avril 1854.
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- FILAGE DE LA SOIE.
- FILAGE DE LA SOIE.
- note communiquée par mm. alcan et limet sur leur nouveau procédé de préparation des cocons dans le filage de la soie.
- Le filage de la soie grége comporte deux manipulations essentielles :
- 1° La préparation des cocons, qui a pour but de désagréger les fils disposés en couches plus ou moins régulières et de les mettre suffisamment en liberté pour en rendre le dévidage facile ;
- 2° Le dévidage ou filage de ces brins, en en réunissant un certain nombre, pour obtenir un fil assez résistant, et les disposant sous forme d’écheveaux à l’état de soies grèges, c’est-à-dire renfermant encore la matière gommeuse.
- Dans l’état actuel de l’industrie du tirage de la soie, la préparation des cocons se fait généralement par leur immersion dans l’eau bouillante, pour ramollir la matière gommeuse qui réunit le fil superposé, afin de permettre son développement ou dévidage.. Les cocons, qui sont remplis d’air, surnagent à la surface de l’eau; l’immersion ne suffit pas pour atteindre également toutes les couches que forme le fil superposé, malgré les soins continuels que l’on prend d’arroser les cocons avec de l’eau bouillante. Arrivé cependant à un certain degré de cuisson, on est obligé de s’arrêter pour ne pas trop déformer le cocon et ne pas augmenter la difficulté du dévidage.
- Lorsqu’on suppose l’immersion suffisante, on procède à ce qu’on nomme le battage. La fileuse prend un balai de bruyère, de chiendent ou de bouleau, qui peut varier de forme ; elle attaque les couches de la surface du cocon , avec plus ou moins de régularité ou de ménagement, jusqu’à ce qu’elle suppose être arrivée au fil unique ou maître brin, qui devrait se dévider jusqu’à l’entier épuisement du cocon, s’il avait été convenablement préparé.
- Quelque soin que l’on apporte à la préparation des cocons par cette méthode, il y a des causes de déchets considérables, d’infériorité et d’imperfection dans les caractères de la soie et de dépenses qu’on peut éviter.
- En effet, si les couches supérieures du cocon ne sont que suffisamment atteintes, les couches intérieures, qui enveloppent la chrysalide, ne le seront pas assez, et nécessiteront une nouvelle préparation dans le courant du travail; si, au contraire, on a convenablement atteint ces dernières, ce sera évidemment au détriment des premières, et dans les deux cas il y aura un déchet considérable en frison : il n’est pas au-dessous de 30 pour 100 en moyenne de la soie grége obtenue. Pour éviter les conditions les plus défavorables, on ne donne aux cocons qu’un certain degré de cuisson pour commencer le travail, que l’on aide ensuite par la température de l’eau de filage qu’on élève souvent jusqu’à 80°, et qui ne suffit cependant pas pour dévider entièrement le cocon, sans le soumettre à de nouvelles préparations et à de nouveaux battages, avant d’arriver à son dépouillement complet. Ces nécessités prouvent surabondamment l’im-
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- FILAGE DE LA SOIE.
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- perfection de la préparation actuelle et indiquent les causes du déchet disproportionné et de certains défauts graves reprochés à la plupart des soies, et entre autres leur aspect duveteux, une certaine altération dans leur ténacité et leur élasticité. On est généralement d’accord à reconnaître que le duvet est la conséquence du repliement du fil sur lui-même, et qui, lors de son développement, n’est pas suffisamment mis en liberté pour être complètement redressé. La résistance que le cocon oppose au dévidage par le même motif exerce une tension sur le fil humide, qui s’allonge d’une certaine quantité, sans qu’il puisse reprendre sa longueur naturelle, puisqu’on est obligé de le laisser sécher; sous l’influence de cette tension, il y a évidemment une cause d’altération d’élasticité et de ténacité. Ces inconvénients du mode actuel de préparer les cocons ne sont pas les seuls à énumérer : le concours de l’eau bouillante d’un côté et des balais de l’autre contribue souvent à percer les cocons, surtout s’ils sont pointés, faibles ou tachés; il en résulte, par suite, des déchefs et des pertes particulières connues dans les filatures sous le nom de bassinât». Enfin le dégagement de la vapeur dans les ateliers , surtout dans les temps pluvieux et brumeux , est tel et a de tels inconvénients pour la soie sur laquelle elle vient se condenser, que la saison: du travail est généralement limitée à six mois au maximum.
- La nouvelle méthode de préparation évite tous ces inconvénients, et permet de préparer les cocons, quels que soient leur âge , leur origine, leur race, avec une régularité parfaite, de manière à atteindre également toutes les couches au degré nécessaire pour obtenir le maximum de rendement, d’éviter l’emploi des balais, et de filer à une température sensiblement plus basse que par le procédé ordinaire avec un dégagement beaucoup moindre de vapeur, de ne faire, en moyenne, que 15 pour 100 de frison au lieu de 30, d’augmenter d’autant le rendement et d’obtenir de la soie remarquable par l’éclat, la couleur, l’absence du duvet, et offrant une augmentation de ténacité et d’élasticité, sur les plus belles soies obtenues jusqu’ici..
- Description du nouveau procédé.
- Le principe de la nouvelle préparation repose sur l’action alternative de la vapeur, du vide et de l’eau chaude.
- Par la vapeur on ramollit uniformément la gomme et on facilite le développement du fil sans effort ni rupture ; mais, pour pouvoir prolonger l’action de la vapeur sans nuire à la matière, il convient de pénétrer, au préalable, les cocons d’eau; pour que leur immersion dans le liquide soit uniforme et intime, on a recours au vide , effectué à l’aide d’un jet de vapeur condensé , après avoir expulsé l’air en commençant l’opération. Une fois que l’eau chaude a pénétré les cocons par la pression atmosphérique, on les expose de nouveau pendant quelques minutes à la vapeur, qui les dilate sans les déformer. Alors ils sont si bien préparés, qu’il suffit de les vider dans la bassine, où ils sont filés, après les avoir agités quelques instants dans les sacs en filet, qui les contiennent, lors de la préparation , pour que tous les bouts s’attachent aux mailles du filet, de manière que la fileuse puisse les réunir à la main
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- FILAGE DE LA SOIE.
- pour les éclaircir, sans qu’il soit nécessaire d’avoir recours au balai, pour les filer comme à l’ordinaire.
- Avec une dépense de 200 à 300 fr., on peut établir un appareil pour cent bassines et cent tours qui n’ont besoin de recevoir aucune modification ; ainsi, l’industrie de la soie, sans aucuns frais particuliers de matériel, peut réaliser les avantages suivants :
- Amélioration sensible du produit;
- Production de plus de 10 pour 100 plus élevée que par les moyens connus jusqu’ici;
- Économie notable de combustible ;
- Économie sensible de temps et de main-d’œuvre ;
- Facilité plus grande dans la préparation, et par conséquent plus d’uniformité et de régularité dans le travail ;
- Simplification de moyens et concentration, en une seule main, de l’opération la plus délicate de la filature;
- Absence de vapeur, dans l’atelier et disparition de ses conséquences fâcheuses;
- Possibilité de filer toute l’année sans aucun inconvénient pour les ouvrières, qui n’auront plus les ongles fendus par l’élévation de température de l’eau des bassines, et ne seront plus exposées aux inconvénients d’être constamment soumises à de véritables brouillards causés par l’évaporation de l’eau trop chaude.
- Légende explicative de la planche 9.
- Fig. 1. Coupe verticale de l’appareil servant à la préparation ou cuisson des cocons.
- Fig. 2. Plan de l’appareil, la cloche étant enlevée.
- Les mêmes lettres désignent les mêmes objets dans les deux figures.
- A, maçonnerie servant de base à l’appareil et entourant la cuve en zinc B : il est nécessaire que la partie supérieure a a de cette maçonnerie soit recouverte en zinc pour prévenir la dégradation que l’eau pourrait occasionner.
- C, tuyau de vapeur arrivant dans la cuve B et se bifurquant 1° en un tuyau I) percé de trous, avec son robinet E destiné uniquement au chauffage de l’eau ; 2° en un tuyau horizontal F, muni d’un robinet G, et recevant quatre petits tuyaux verticaux b b b percés de trous à l’intérieur seulement et au-dessus du double fond du premier, de manière à ne donner de vapeur qu’aux cocons.
- H, panier cylindrique en fil de fer galvanisé : il est destiné à contenir des petits sacs I, faits avec du filet et renfermant les cocons.
- J, fond du panier en fil de fer qu’on fixe à une hauteur qui ne doit pas dépasser le niveau de l’eau contenue dans la cuve lorsque la cloche est soulevée , afin que les sacs à cocons qu’il sert à supporter ne baignent pas dans l’eau.
- K, double fond mobile, semblable au précédent, qu’on met au-dessus des sacs I, pour les maintenir pendant l’opération de la cuisson ; on fixe ce double fond au moyen d’une tringle mobile d’une longueur excédant un peu le diamètre du panier.
- L, cloche en tôle galvanisée, avec un rebord M destiné à la retenir dans les arrêts N N
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- lorsqu’elle est descendue dans la cuve B. Cette cloche est suspendue par une corde passant sur des poulies et munie d’un contre-poids.
- Au lieu d’un contre-poids, on peut attacher l’extrémité de la corde N à un petit treuil avec déclic, ce qui facilite la manœuvre.
- O, entaille pratiquée dans le rebord M, afin de laisser descendre complètement la cloche L sous les arrêts N : il suffit alors d’imprimer un mouvement à la cloche pour qu’elle se trouve retenue.
- P, robinet de purge.
- Q Q, pièces de bois formant trépied placées au fond de la cuve B, et sur lesquelles reposent le panier et la cloche.
- Le tuyau de vapeur D, servant à chauffer l’eau, passe sous ce trépied; l’autre tuyau F est établi au-dessus au moyen d’une entaille d’une grandeur suffisante pour l’y faire entrer complètement; afin de l’y maintenir, on le recouvre d’une petite plaque en zinc.
- R, robinet et tuyau de vidange de la cuve B. Au-dessus de cette cuve est placé un robinet et tuyau quelconque amenant l’eau froide.
- On peut surmonter l’appareil d’une hotte munie d’un tuyau pour le dégagement de la vapeur; toutefois elle n’est point indispensable; on peut l’établir ou la supprimer suivant les besoins de la localité.
- Fonctions de l’appareil. On remplit la cuve d’eau froide jusqu’au niveau indiqué (1), et on ouvre le robinet à vapeur F pour chauffer l’eau à environ 87° C. (70°R.); après avoir fermé le robinet, on place les cocons I dans le panier H, on abaisse la cloche L sur le panier et on l’y maintient par les arrêts N N soudés à une forte frette intérieure de la cuve B. On ouvre alors le robinet G, et la vapeur arrive sur les cocons par les tuyaux b b. Cette vapeur chasse tout l’air contenu sous la cloche et dans les cocons ; cette évacuation de l’air est hâtée en ouvrant le robinet de purge P.
- Au bout d’une minute au plus, on ferme le robinet G; la vapeur contenue sous la cloche et dans les cocons se condense, le vide s’établit, et l’eau de la cuve B monte brusquement sous la cloche en pénétrant les cocons. Pour hâter cette condensation, on peut humecter d’eau froide la partie supérieure de la cloche.
- En ouvrant le robinet P, l’eau redescend immédiatement; on ouvre alors de nouveau le robinet G pour gonfler les cocons par la vapeur, en ayant soin de refermer le robinet P. Le temps de cette seconde exposition à la vapeur varie de trois à cinq minutes. selon la nature et l’état des cocons.
- Pour terminer l’opération, on fait remonter l’eau une deuxième fois dans la cloche de la même manière que la première, c’est-à-dire en faisant le vide; puis on la chasse par une nouvelle et dernière introduction de vapeur qui ne doit durer que quelques minutes. ( D. )
- (1) La quantité d’eau nécessaire dans la cuve doit être calculée d’après la contenance de la cloche, c’est-à-dire qu’on doit en mettre assez pour que le volume qui se trouve au-dessus du trépied Q servant de base a la cloche puisse remplir complètement cette dernière.
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- DÉCRETS IMPÉRIAUX.
- DÉCRETS IMPÉRIAUX.
- Premier décret.
- Napoléon, par la grâce de Dieu et la volonté nationale,
- A tous présents et à venir salut;
- Sur le rapport de notre ministre secrétaire d’État au département de l’agriculture, du commerce et des travaux publics,
- Vu l’art. 910 du Code Napoléon;
- Vu l’ordonnance royale du 21 avril 1824, qui a reconnu la Société d’encouragement pour l’industrie nationale comme établissement d’utilité publique,
- La disposition testamentaire faite le 24 janvier 1840, au profit de ladite Société, par M. le baron d’Aboville, décédé le 19 janvier 1843 ,
- La demande présentée par la même Société afin d’être autorisée à accepter le legs ci-dessus ;
- La section des travaux publics, de l’agriculture et du commerce du conseil d’État entendue,
- Avons décrété et décrétons ce qui suit :
- Art. 1er. Le président de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale est autorisé à accepter, au nom de cette Société, le legs particulier à elle fait, par le baron d’Aboville,- dans un testament olographe du 24 janvier 1840, et consistant en une somme de 1,000 francs, qui doit être remise à la Société pendant dix années, pour la fondation d’un prix à décerner suivant les conditions énoncées dans ledit testament.
- Art. 2. Notre ministre secrétaire d’État au département de l’agriculture , du commerce et des travaux publics est chargé de l’exécution du présent décret.
- Fait au palais des Tuileries, le 16 mars 1854.
- Signé Napoléon.
- Deuxième décret.
- Napoléon, par la grâce de Dieu et la volonté nationale,
- Vu la disposition testamentaire faite, le 12 août 1845, en faveur de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale, par M. Paul-Benjamin Delessert, décédé en 1847,
- La demande présentée par la même Société afin d’être autorisée à accepter le legs mentionné ci-dessus ;
- La section des travaux publics, de l’agriculture et du commerce du conseil d’Etat entendue,
- Avons décrété et décrétons ce qui suit :
- Art. 1er. Le président de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale est autorisé à accepter, au nom de cette Société, le legs particulier à elle fait, par M. Paul-Benjamin Delessert, dans un testament olographe du 22 août 1845, et consistant en une somme de 3,000 francs.
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- BATEAU A VAPEUR.
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- Art. 2. Notre ministre secrétaire d’État ou département de l’agriculture, du commerce et des travaux publics est chargé de l’exécution du présent décret.
- Fait au palais des Tuileries, le 16 mars 1854.
- Signé Napoléon.
- Troisième décret.
- Napoléon, par la grâce de Dieu et la volonté nationale,
- Vu la disposition testamentaire faite le 17 mai 1841, au profit de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale, par le baron François de Silvestre,
- La demande présentée par la même Société afin d’être autorisée à accepter le legs mentionné ci-dessus ;
- La section des travaux publics, de l’agriculture et du commerce du conseil d’Etat entendue,
- Avons décrété et décrétons ce qui suit :
- Art. 1er. Le président de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale est autorisé à accepter, au nom de celte Société , le legs particulier à elle fait, par le baron François de Silvestre, dans un testament olographe du 17 mai 1841, et consistant en une somme de 1,000 francs.
- Art. 2. Notre ministre secrétaire d’Etat au département de l’agriculture, du commerce et des travaux publics est chargé de l’exécution du présent décret.
- Fait au palais des Tuileries, le 6 avril 1854.
- Signé Napoléon.
- BATEAU A VAPEUR.
- note sur un bateau a vapeur de 22,000 tonneaux et de 2,600 chevaux , actuellement
- en construction en Angleterre.
- La compagnie anglaise de navigation orientale fait construire en ce moment, à Mil-wall, près de Londres , dans le chantier de M. Scott Russell, un bateau à vapeur qui doit fixer l’attention des constructeurs. Ce bateau, qui doit être terminé dans deux ans, aura 213m,50 de longueur sur le pont et 207m,40 de longueur de quille. Sa largeur maximum sera de 25m,30, et son creux de 17m,80. Enfin son tonnage, mesuré d’après la règle suivie par les constructeurs, sera de 22,000 tonneaux, c’est-à-dire vingt-deux fois plus grand que celui des plus grands navires du commerce.
- Le mode de construction de cet immense bâtiment n’est pas moins remarquable que la grandeur de ses dimensions. La muraille est formée de deux parois en tôle de fer, éloignées l’une de l’autre de 0m,76 et réunies par une multitude de petites cloisons transversales étanches. Son intérieur est pareillement divisé en compartiments étanches par treize cloisons transversales et deux cloisons longitudinales. Ce système, Tome Ier. — 53e année. 2e série. — Avril 1854. 32
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- BATEAU A VAPEUR.
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- qui porte le nom de cellulaire, a le double avantage de localiser les voies d’eau qui pourraient survenir dans la carène et d’augmenter la résistance de la coque aux fatigues de la navigation.
- Le bâtiment recevra une puissante voilure, qui lui permettra de mettre à profit la force du vent, lorsqu’il sera favorable. Toutefois son principal moteur consistera dans un appareil à vapeur de la force de 2,600 chevaux, en construction chez M. J. Watt, à Soho. Cet appareil est destiné à donner le mouvement à deux propulseurs à la fois. L’un d’eux sera un système de roues à aubes ordinaires placées sur les côtés du navire; l’autre sera une hélice placée près de l’étambot. Cette combinaison d’un double propulseur ale mérite de faire disparaître les risques, s’il en existe, que peut présenter la transmission d’un travail de 2,600 chevaux par l’intermédiaire d’un opérateur unique, nécessairement très-limité dans ses dimensions. A cet avantage s’en ajoute un autre, qui consiste en ce que les conditions de chargement, dans lesquelles le propulseur à roues est le moins efficace, sont précisément celles où le propulseur à hélice donne les meilleurs résultats, et réciproquement.
- Le but que la compagnie anglaise se propose, en faisant construire ce gigantesque navire , dont la valeur dépassera 10 millions , est de pouvoir exécuter les transports de passagers et de marchandises à un prix très-inférieur à celui demandé parles paquebots à vapeur ordinaires. La géométrie nous apprend, en effet, qu’en augmentant proportionnellement les dimensions des navires on augmente leurs capacités dans le rapport des cubes de ces dimensions. L’expérience, de son côté, nous fait connaître que les résistances qu’éprouvent les coques, c’est-à-dire les forces qu’il est nécessaire de leur appliquer pour en obtenir une vitesse donnée, augmentent tout au plus comme les carrés de ces dimensions(1). Il faut donc dépenser moins de force motrice pour transporter un tonneau de marchandises sur un grand navire que sur un petit.
- Les propriétaires du navire que nous décrivons espèrent que , avec les 2,600 chevaux qu’ils lui appliquent, ce qui fait un cheval pour 8t-,4 de jauge, ils obtiendront la même vitesse que réalisent aujourd’hui les meilleurs transatlantiques anglo-américains, dont la force est calculée à raison de 1 cheval pour 3 tonneaux. La capacité qui restera disponible par cette diminution de la force motrice sera consacrée à augmenter l’emplacement destiné à la cargaison et aux passagers. On estime ainsi pouvoir loger 5,000 tonneaux de marchandises et 500 cabines pour passagers de lre classe, en outre de l’emplacement destiné aux passagers des classes inférieures.
- En augmentant ainsi les capacités disponibles, les armateurs se proposent un autre but. Leur bâtiment pourra emmagasiner dans ses soutes 10,000 tonneaux de charbon ; ce qui suffira à une consommation d’environ 38 jours de 24 heures à toute vapeur, et ce qui permettra de faire un trajet d’au moins 3,600 lieues marines par faction seule
- (l) On a cru longtemps, conformément aux conclusions de Bossut, que la résistance des corps flottants, pour une même vitesse, augmentait proportionnellement a leur plus grande section immergée. Les faits recueillis depuis quelques années donnent à penser que l’accroissement est encore moins rapide.
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- TEINTURE.
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- des machines. Ils espèrent que, moyennant le secours qu’on tirera de la voilure dans les brises favorables, le nouveau paquebot pourra accomplir le voyage d’Angleterre en Australie, aller et retour, sans se détourner de sa roule et sans s'arrêter nulle part pour faire du charbon, ce qui permettra d’exécuter la traversée avec une rapidité sans précédents.
- En portant ces faits à la connaissance des constructeurs et des armateurs français, on peut ajouter que l’accroissement des dimensions doit procurer une diminution dans le nombre des marins; car le personnel nécessaire pour une capacité donnée est d’autant plus nombreux que les bâtiments sont plus petits.
- TEINTURE.
- Emploi de /'acide molybdique dans la teinture et /'impression.
- Sous le nom d’indigo minéral, on désigne, en Allemagne, un bleu très-stable qui se produit quand on met l’acide molybdique en présence de corps réducteurs, tels que le zinc, l’étain , le fer et certaines matières organiques. Les qualités propres à cette couleur avaient depuis longtemps éveillé l’attention des imprimeurs ; les coloristes s’étaient mis à l’œuvre et avaient fait de vains efforts pour fixer ce bleu sur les étoffes. L’insuccès tenait notamment à la difficulté d’obtenir la matière colorante dans un état suffisant de pureté, et de lui trouver un dissolvant convenable à un degré de concentration appropriée ; il ne serait, sans doute, pas encore question d’appliquer le bleu de molybdène à l’impression sur étoffes, si des recherches récentes, faites par MM. Svanberg et Struve, n’avaient appris à préparer une combinaison particulière qui lève les principales difficultés et promet d’acquérir une certaine importance, entre les mains des praticiens.
- Quand on verse de l’acide chlorhydrique dans une dissolution formée d’un mélange de molybdate et de phosphate alcalins, on obtient, d’après MM. Svanberg et Struve, un précipité formé d’acide molybdique et d’un peu d’acide phosphorique ; il possède une couleur jaune citron, dont on avive considérablement la nuance en ajoutant quelques gouttes d’acide nitrique. Peu soluble dans l’eau, ce précipité se dissout facilement dans les alcalis caustiques et carbonatés ; les acides le déplacent sans lui avoir fait éprouver de modification. Or, en mordançant de l’étoffe avec une dissolution préparée avec cet acide molybdique phosphoré et de la soude caustique, et en introduisant l’échantillon dans un bain acide, le docteur Relier, de Spire (1), parvint à fixer cette matière colorante sur la fibre végétale; en variant ses essais, il obtint une série de nuances de la plus grande pureté, et qui réussirent surtout sur la soie.
- Le précipité jaune d’acide molybdique phosphoré est d’une sensibilité extraordinaire
- (i) Dingler’s peLt;. l.n. jm.rnal, t. y. 4ü:>.
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- TEINTURE.
- à l’égard des métaux et des dissolutions réductrices ; les réactions qui se produisent dans cette circonstance fournissent, d’après M. Keller, des couleurs variées. En frottant une lame d’étain avec une pincée de cette poudre jaune déposée sur un bouchon et en y ajoutant une goutte d’acide chlorhydrique , on obtient toutes les nuances qui existent entre le jaune et le bleu foncé. Il paraît qu’au moment du contact avec l’étain une petite quantité d’acide molybdique est réduite ; il se forme du molybdate molybdique qui est bleu, et qui produit du vert léger en se mélangeant avec le jaune restant ; mais, à mesure que l’action chimique se propage, le vert devient de plus en plus foncé, passe au bleu et finit par devenir tout à fait noir. Celte dernière couleur correspond à l’acide molybdique complètement réduit.
- Ces faits une fois constatés, M. Relier cherche à les appliquer, et voici, en peu de mots, comment il s’y prend : après avoir lavé l’étoffe teinte en jaune dont nous avons parlé plus haut, il l’introduit dans un bain de protochlorure d’étain : le changement de couleur est immédiat ; toutefois la nuance dépend de la concentration du bain et varie entre le bleu clair et le bleu foncé. Quand le bain est épuisé , l’étoffe se teint en vert.
- Une fois précipitée sur la fibre, la matière colorante résiste à l’eau pure ou alcaline; son ton peut être avivé au moyen de traitements convenables.
- S’il est, d’ordinaire, assez difficile de produite un bleu pur sur fond jaune, il parait en être autrement quand on emploie l’acide molybdique; en arrosant de protochlorure d’étain la forme qui sert à imprimer sur une étoffe mordancée au molybdate, on obtient un bleu magnifique dont la nuance peut être variée à volonté.
- Ces faits, constatés par le docteur Keller, ont été, de la part du docteur Kurrer (1), l’objet d’une étude attentive, dont voici les principaux résultats.
- Teinture de la soie.
- Le bleu le plus foncé que M. Kurrer ait pu obtenir sur soie est une combinaison formée de molybdate molybdique et de molybdate stannique. L’étoffe ayant été imprégnée de molybdate d’ammoniaque, on la fait sécher et on la passe dans un bain d’acide chlorhydrique; de là on l’introduit immédiatement dans un bain de sel d’étain, dans lequel elle se colore en bleu; après quoi on lave à l’eau et on fait sécher.
- Pour obtenir le bleu dans ses diverses nuances, depuis le bleu clair jusqu’au bleu cendré, il suffit d’étendre le molybdate d’ammoniaque d’une quantité convenable d’eau de rivière.
- Une étoffe de soie mordancée avec une dissolution de molybdate d’ammoniaque marquant 20° B., séchée ensuite et passée au bain d’acide chlorhydrique, puis à celui de sel d’étain, acquiert un beau bleu moyen. Un volume de molybdate de soude a 20° B., étendu de son volume d’eau de rivière, fournit un bleu un peu plus clair que le précédent. Un bleu plus clair encore est obtenu avec un volume de molybdate sur trois volumes d’eau de rivière. A une dilution plus grande, les bleus produits devien-
- (1) Dingler’s journal, t. CXXIX, p. 130.
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- nent déplus en plus clairs, et finissent par former des couleurs d’un gris bleuâtre d’un bel aspect.
- On obtient un bleu moyen assez agréable en passant la soie, en écheveaux ou en tissu, deux fois de suite, dans un bain formé de
- Molybdate de soude cristallisé.. . . 500 gr.
- Eau de rivière pure................. 1500 —
- Ammoniaque caustique................ 15 —
- On fait sécher après chaque passage, puis on introduit dans un bain chlorhydrique, et de là dans le protochlorure d’étain. En étendant le bain ci-dessus de son volume d’eau et y passant l’étoffe deux fois, il se produit un bleu moyen assez beau : un seul passage au bain de molybdate ne donnerait qu’un gris cendré peu teinté.
- Les nuances qu’on peut ainsi obtenir sur soie, avec les molybdates et le se! d’étain, se distinguent par leur inaltérabilité. M. Kurrer les a exposées toutes, pendant trois mois, à l’air et à la lumière, sans apercevoir le moindre changement. Si à ces qualités on joint le prix peu élevé des combinaisons molybdiques , on conviendra, avec l’auteur, que l’emploi des molybdates dans la teinture de la soie offre un bel avenir.
- Il en est autrement de l’impression sur soie; dans ce cas, comme pour le cas de l’impression sur coton, les molybdates ne trouvent qu’un emploi restreint et ne peuvent servir qu’à produire des bleus d’application.
- " Teinture du coton.
- Les couleurs unies du molybdène ne réussissent pas sur le coton aussi bien que sur la soie. Le ton le plus foncé et le plus pur est fourni par le molybdate d’ammoniaque. La nuance faiblit considérablement quand ce molybdate est étendu de trois fois son volume d’eau ; la couleur qui en résulte est d’un gris bleuâtre : toutefois la nuance n’est pas désagréable.
- Deux passages dans une dissolution de molybdate de soude à 20° B. suivis de dessiccation , et ensuite d’une immersion dans le bain chlorhydrique et dans celui de sel d’étain, produisent un bleu clair ; en étendant le molybdate d’une quantité d’eau qui peut varier de 1 partie à 8, on obtient successivement des nuances grises de plus en plus pâles.
- Des nuances semblables aux précédentes se produisent avec une dissolution formée de Molybdate de soude phosphoré. . . 500 gr.
- Eau...................................... 1500 —
- Ammoniaque caustique....................... 15 —
- et en allongeant successivement cette dissolution.
- Ces diverses nuances sont inaltérables à l’air et à la lumière ; mais elles peuvent être détruites avec un rongeant convenable. Pour cela , on mordance au chromate de potasse l’étoffe couleur unie, et on passe à l’acide ; le blanc apparaît partout où l’acide a exercé son action.
- C’est là à peu près tout ce que M. Kurrer a pu obtenir quant à l’impression sur
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- calicot. L’étoffe fixait à peine la couleur jaune du molybdate phosphore après son passage à l’acide chlorhydrique, et cette couleur disparaissait rapidement au contact de l’eau ; en présence du sel d’étain , les étoffes lavées ne prenaient qu’un ton bleuâtre ou grisâtre de mauvaise apparence.
- L’emploi de l’acide molybdique dans la fabrication de l’indienne serait donc très-restreint pour le moment; sauf la réserve de blanc sur un fond bleu dont il a été question plus haut, M. Kurrer n’a pu obtenir que du bleu d’application qu’il produit de la manière suivante :
- Une dissolution de molybdate de soude à 20° B., additionnée d’albumine, est appliquée sur l’étoffe ; on fait sécher, et, après l’avoir fait passer au bain chlorhydrique, on introduit l’étoffe dans le sel d’étain, ce qui développe un bleu moyen assez vif lorsqu’il est sur fond blanc.
- Au lieu d’albumine, on peut employer d’autres épaississants, tels que la gomme adragante ou le léiocome.
- La fibre du lin ne paraît pas susceptible de fixer le bleu de molybdène, ou du moins elle n’a, pour cette couleur, qu’une affinité extrêmement faible ; M. Kurrer n’a pu lui communiquer que des nuances inférieures d’un bleu plus ou moins grisâtre, suivant le degré de dilution.
- Préparation de Vacide molybdique.
- L’acide molybdique est assez abondant dans le commerce de l’Allemagne, depuis qu’on a découvert de nouveaux gisements de minerais de molybdate de plomb, que l’on traite en grand de la manière suivante :
- On introduit dans un creuset en fer parties égales de minerai et de soude calcinée; on fait fondre , on décante le molybdate de soude formé, et on le fait dissoudre dans l’eau chaude. Après avoir concentré le liquide, on ajoute de l’acide nitrique en excès, et on fait bouillir jusqu’à ce que l’acide molybdique se soit déposé à l’état de précipité jaune serin ; on lave bien et on fait sécher ; le produit correspond au tiers environ du minerai employé.
- Ainsi obtenu, l’acide molybdique n’est pas d’une pureté irréprochable; mais il suffit aux exigences de la teinture, et c’est avec ce produit que le docteur Kurrer a fait ses expériences.
- Le molybdate de soude phosphoré est fourni, par les fabriques de produits chimiques, sous la forme d’un beau sel blanc, cristallin, effiorescent, et qu’il est bon de conserver en vase clos.
- Le molybdate d’ammoniaque, employé dans les recherches dont il vient d’être question, a été préparé de la manière suivante :
- On introduit peu à peu, dans de l’ammoniaque caustique, de l’acide molybdique pulvérisé, jusqu’à refus. L’acide se dissout avec un fort dégagement de chaleur, et fournit un liquide jaune, à odeur fortement ammoniacale qu’on conserve dans des flacons bouchés.
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- TEINTURE.
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- teinture en noir de la corne, et notamment des peignes.
- Les fabricants de peignes ont l’habitude de teindre en noir les peignes tachés et de leur donner l’apparence du buffle. L’agent employé dans ce but se compose ordinairement d’une bouillie formée de chaux délitée, de minium et d’eau; on plonge les objets dans cette bouillie pendant 12 ou 24 heures, après quoi on les retire, on les lave avec de l’eau additionnée cl’acide acétique, puis on les fait sécher pour les soumettre au polissoir; les peignes acquièrent ainsi une belle couleur noire.
- La théorie de cette espèce de teinture est bien simple : la corne contient du soufre qui s’y trouve dans une sorte d’état latent; l’intervention de la chaux hydratée a pour effet de le faire apparaître sous forme de sulfhydrate de chaux soluble dans l’eau et capable de précipiter en noir les sels de plomb en formant un sulfure. Cependant cet effet ne se produit qu’à une faible profondeur, de sorte que la corne n’est jamais teinte de part en part. Quoi qu’il en soit, ce procédé, très-usité, se recommande par le bon marché et fournit, en général, d’assez bons résultats; cependant il a plusieurs défauts qui en limitent l’emploi. Ainsi il est inapplicable aux peignes fins, parce que la chaux en courbe les dents et en dérange le parallélisme; d’autres peignes sont entièrement déformés. Mais ces inconvénients sont insignifiants en présence d’un défaut qui se déclare, surtout chez les peignes conservés dans un local humide : au bout de quelque temps, en effet, ces objets se recouvrent d’un dépôt blanc qu’on ne peut enlever que temporairement par un second polissage et qui nuit, dans tous les cas, à l’apparence de la marchandise ; ce dépôt blanc n’est autre chose que du sulfate de plomb qui s’est formé par l’oxydation du sulfure de plomb à l’air humide ; cette oxydation se produit surtout en mer.
- Frappée de ces inconvénients, l’Association industrielle de Nuremberg chargea le professeur Rudolf Wagner de rechercher un procédé de teinture qui en fût exempt. Ce chimiste, après bien des tâtonnements, est arrivé à des résultats jugés très-satisfaisants par les hommes compétents.
- Comme les résultats négatifs ont aussi leur enseignement, nous rapporterons brièvement quelques-uns des principaux essais que l’auteur a tentés :
- La noix de galle ou le campêche ne conviennent pas; à froid ils restent sans action et à chaud ils déforment la marchandise.
- Le bain composé de campêche et de chromate de potasse réussit mieux, en ce qu’il agit à une température que les peignes supportent sans inconvénient ; mais le noir obtenu n’est pas bien stable, il cède facilement à l’action des dissolutions alcalines faibles.
- Il s’agissait donc de trouver un mordant minéral qui n’offrit pas les inconvénients du mordant à base de chaux et de minium. Parmi les sulfures, il n’y en avait que deux qu’on pût essayer avec quelque chance de succès; ce sont le sulfure de mercure et celui de bismuth. Ce dernier résiste, en effet, à l’oxydation à l’air humide; mais M. Wagner n’a pu réussir à en tirer un parti utile.
- Mêlé à l’état d’oxyde avec de l’hydrate de chaux délayé dans l’eau, le mercure est
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- HUILE.
- sans action sur le soufre contenu dans la corne. Ne pouvant pas se servir du soufre appartenant à la substance , l’auteur fait intervenir ce corps directement, combiné avec un sel soluble de mercure. La combinaison mercurielle qui réussit le mieux est la liqueur nitro-mercurielle proposée, il y a quelque temps, par M. Millon , comme réactif des combinaisons protéiques ; pour obtenir cette liqueur on prend :
- Mercure.........................125 grammes.
- Acide nitrique concentré........125 —
- Eau............................ 500 —
- On ajoute l’eau lorsque le mercure est complètement dissous.
- On plonge les peignes dans cette dissolution; on les y laisse une nuit, puis on les lave jusqu’à ce que l’eau de lavage ait perdu sa réaction acide.
- Par ce traitement, les peignes contractent une couleur rouge passant au brun, si la liqueur mercurielle a été employée à un état peu concentré. Celte coloration peut servir à donner à la corne des teintes locales; il suffît d’une trace de sel mercuriel pour la produire; pour teindre les peignes en noir, on n’a plus qu’à les introduire dans un bain sulfuré composé de la manière suivante :
- Sulfure de potasse Eau...............
- On laisse tremper pendant deux heures au plus; après quoi on lave à l’eau pure, puis à l’eau acidulée et de nouveau à l’eau pure; on sèche ensuite et on polit.
- Ce noir est inaltérable et offre une grande solidité ; néanmoins il ne pénètre pas bien avant, ce qui exige quelques précautions de la part du polisseur.
- Ces effets de coloration se produisant avec de très-petiles quantilés de nitrate mercuriel, M. Wagner ne doute nullement de l’économie du procédé. Qu’il nous suffise de rappeler que la corne est une substance sulfuro-azotée, voisine, par sa composition, de l’albumine, et que, à l’aide du liquide nitro-mercuriel indiqué, M. Millon a pu reconnaître 00 d’albumine à la coloration rouge produite.
- 1 partie. 1 litre.
- HUILE.
- Sur / ÉPURATION de /'huile de navette.
- On sait que le chlorure de zinc se comporte, dans bien des cas , comme l’acide sulfurique , modifiant, comme lui, certaines substances organiques et donnant lieu à des combinaisons nouvelles. C’est ainsi qu’il peut servir à transformer l’alcool en éther; il peut môme, d’après M. Rudolf Wagner, décomposer l’alcool et le transformer en gaz oîéifiant, mieux que ne le fait l’acide sulfurique, dont l’emploi entraîne toujours à des produits secondaires.
- M. Wagner a mis cette propriété du chlorure de zinc à profit pour épurer l’huile de
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- MINERAIS DE FER.
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- navette (1) ; employé en proportion convenable, ce chlorure dissout les parties mucila-gineuses de l’huile, les carbonise ou les détruit au bout d’un certain temps.
- Les expériences faites par ce chimiste n’ont été exécutées que sur une petite échelle; néanmoins les résultats sont encourageants. De l’huile de navette, brute, fut agitée, pendant quelque temps, avec une dissolution de chlorure de zinc de 1,85 de densité. L’huile jaunit d’abord, elle brunit ensuite et laissa déposer des flocons bruns; après avoir été exposée à un courant de vapeur d’eau et avoir été laissée reposer pendant quelque temps, elle se clarifia et se sépara entièrement de la dissolution plus dense de chlorure de zinc.
- M. Wagner applique également le chlorure de zinc au traitement de la garance, dont la matière colorante est inattaquable par cet agent, tandis que la fibre ligneuse se détruit facilement; fauteur s’occupe de convertir la garance en garancine à l’aide du chlorure de zinc et sans le secours de l’acide sulfurique.
- MINERAIS DE FER.
- Grillage des minerais de fer sous l'influence de la vapeur d'eau (2).
- La vapeur d’eau, employée dans une certaine mesure, exerce, comme on sait, une influence très-heureuse dans les hauts fourneaux , en éliminant une notable quantité de soufre du fer brut. Un etfet analogue se produit quand on fait intervenir la vapeur dans le grillage des minerais contenant des pyrites ou d’autres sulfures. Les premiers essais entrepris dans cette direction furent tentés, en 1843, par M. Nordenskjold, surintendant des mines de Finlande; il s’agissait de griller du fer magnétique pyri-leux. Le grillage, avec le concours de la vapeur d’eau, fut opéré dans des fours à la Rumford, usités dans cette contrée et chauffés à la flamme. La pyrite fut entièrement décomposée, et, après un traitement au haut fourneau, le minerai s’était transformé eu un fer brut qui devint, après un affinage, du fer doux d’excellente qualité.
- Depuis cette époque , on grille les minerais de fer à la vapeur d’eau , tant en Fin lande que dans l’Oural ; le chauffage se fait au bois ou au gaz des hauts fourneaux. En 1845, M. Nordenskjold perfectionna la construction des fours en les disposant à la manière des fours à griller usités en Suède et en Norwége, et qui sont chauffés à la flamme. La vapeur qui intervient dans ce système perfectionné est produite au dehors; elle est amenée par un tube en fer qui la répand dans le four, au moyen d’une rangée de trous pratiqués latéralement : le tube est disposé de manière à ce que la vapeur puisse se mélanger avec les gaz combustibles. Un courant d’air suffisant afflue au moment convenable, et fournit l’oxygène nécessaire à la combustion et au grillage.
- (î) Dingler’s journal, t. CXXX, p. 423.
- (2; Dingler’s journal, t. CXXXT, p. 212.
- Tome 1er. — 53e année. 2e série. — Avril 1854.
- 33
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- BETTERAVES.
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- Il est aisé de se rendre compte de la théorie de ces opérations. En présence de a vapeur d’eau, le sulfure de fer donne lieu à de l’oxyde de fer et à de l’hydrogène sulfuré qui brûle à la faveur de l’oxygène amené par le courant d’air.
- En rendant compte de ce procédé, dans son ouvrage sur la métallurgie, M. Scheerer ajoute quelques considérations sur les avantages des différents modes de grillage; il insiste sur deux points principaux : la quantité de combustible nécessaire et le degré d’oxydation produit. Sous le rapport du combustible employé, le grillage au four est le plus avantageux. D’après Afï Uhr, le combustible nécessaire pour le grillage en masse est, au combustible à employer pour le grillage au four, comme 17 : 11.
- Les fours à la flamme dépensent un peu plus de combustible que les fours dans lesquels ce dernier est mélangé avec le minerai; mais, sous le rapport des effets oxydants, ces derniers sont inférieurs à tous les autres, car le courant gazeux produit dans ces fours agit plutôt comme réducteur que comme oxydant. Il suit de là , d’après M. Scheerer, que les fours à flamme sont ceux qui conviennent le mieux au grillage des minerais de fer, surtout lorsque ces fours sont disposés de manière à admettre le concours de la vapeur d’eau.
- BETTERAVES.
- PROCÉDÉ de CONSERVATION DES BETTERAVES applicable ÜUX POMMES DE TERRE et autres tubercules ; par m. schattenmann.
- Lors de la récolte, l’auteur rentre les betteraves avec leurs feuilles, qu’il fait couper ; puis il les place dans un cellier bien sec, en tas de toute dimension ; il répand sur le sol une faible couche de cendre de lignite, et lorsqu’il a une couche de betteraves de 1 mètre de hauteur, il la couvre, à la pelle, de cendre de lignite qui coule dans les interstices que laisse l’empilage des betteraves jusqu’à ce que la cendre s’arrête à la surface de la couche; puis il place une nouvelle couche de betteraves de 1 mètre de hauteur qu’il recouvre de la même manière de cendre de lignite, et il continue de procéder ainsi jusqu’à ce^que le tas soit complètement formé; il le recouvre ensuite d’une couche de cendres capable de garantir les racines de l’influence de l’air, de la lumière et du froid.
- A défaut de cendre de lignite, on peut employer avec le même succès les cendres de houille ou de tourbe, et, à défaut de ces sortes de cendres, du sable sec, qui a cependant, moins que les cendres, la propriété d’absorber l’humidité.
- Les betteraves conservées ainsi par l’auteur depuis plusieurs années sont restées parfaitement saines, et il a pu en donner à ses bestiaux en bon état de conservation pendant les mois de juin et de juillet. ( Académie des sciences, 5 septembre 1853.)
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- JÏJRISPRUDENCE lNJU'STRIELLE.
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- JURISPRUDENCE INDUSTRIELLE.
- TRIBUNAL CORRECTIONNEL DE LA SEINE ( 8e CHAMBRE ).
- Affaire de Vadmission en transit d’articles de contrefaçon fabriqués en pays
- étranger.
- II s’agissait, dans la cause dont nous allons rendre compte, de savoir si les contrefaçons de marchandises, en général, sont admises en transit en France, et si elles peuvent, en transit, être saisies et devenir l’objet cl’une poursuite quelconque. Jusqu’à ce jour, toutes les fois que , dans un procès, la déclaration de transit était alléguée, les tribunaux décidaient qu’elle n’était pas sérieuse, qu’elle était frauduleuse, et la question et la difficulté résultant de la question de transit restaient sans solution. Il importait cependant de savoir comment devaient être interprétées et appliquées les lois sur la propriété industrielle et les lois de douane qui assurent une égale protection à l’industrie et au commerce de transit.
- Cette question importante a été jugée par le tribunal dans les circonstances les plus propres à en faire comprendre l’intérêt.
- Me Blanc, avocat des fabricants français MM. Goupillât., a exposé ainsi les faits de la cause :
- Les capsules de chasse des fabriques françaises ont été pendant longtemps en possession exclusive du. marché des États-Unis ; mais ces capsules, depuis quelques années, sont imitées en Allemagne, et les fabricants allemands ont expédié en Amérique leurs produits, portant les noms et les marques des fabricants français. Le prix de ces capsules étant de 5 pour 100 au-dessous du prix des capsules françaises, celles-ci n’ont pu supporter la concurrence, et aujourd’hui les capsules contrefaites d’Allemagne sont les seules qui se vendent aux États-Unis.
- C’est ainsi que , dans le courant de novembre 1853 , des négociants américains ont écrit à M. Glaenzer, leur commissionnaire à Paris , de leur faire fabriquer et expédier, par MM. Brün et Bloeme, de Ronsdorf, en Prusse, cinq cents millions de capsules, portant le nom et la marque de MM. Goupillât, de Paris. M. Glaenzer a transmis cet ordre , cette commission à M. Morin , commissionnaire et représentant, à Paris, de MM. Braün et Bloeme. M. Morin, à son tour, a transmis cette commission à ces derniers. Les capsules ont été fabriquées et expédiées ; elles sont arrivées à Valenciennes; là elles ont été déclarées au transit de France, en destination des États-Unis. Toutes les formalités du transit ont été remplies ; un acquit-à-caution a été délivré en indiquant le poids, la quantité, l’espèce, la qualité, la nature de la marchandise, le lieu d’embarquement ( le Havre), le délai dans lequel le transit devait s’effectuer. Les capsules ont traversé la France ; elles sont arrivées au Havre ; on a vérifié , constaté leur identité ; l’acquit-à-caution a été revêtu de son certificat de décharge; et enfin les capsules allaient être embarquées, lorsqu’elles ont été saisies à la douane à la requête
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- JURISPRUDENCE INDUSTRIELLE.
- de MM. Goupillât, qui avaient été prévenus, par une lettre de M. le ministre du commerce, que des marchandises portant leur nom, leur marque avaient été présentées en transit au bureau d’entrée de Valenciennes.
- MM. Goupillât ont assigné MM. Morin et Glaenzer devant le tribunal correctionnel de la Seine, et ont demandé, par leurs conclusions, la confiscation des capsules et 100,000 fr. de dommages-intérêts.
- Après cet exposé, Me Blanc aborde la discussion. Il y a lieu à l’application de la loi du 28 juillet 1824, dit-il, MM. Morin et Glaenzer se trouvant précisément dans le cas prévu par le paragraphe premier du premier article de cette loi. Ce sont eux, en effet, qui ont commis, en réalité, le délit d’usurpation de nom et de marque, en donnant l’ordre, la commission à MM. Braün et Bloeme, de Ronsdorf, de fabriquer, d’expédier des capsules portant le nom, la marque de MM. Goupillât. Ce sont eux qui ont été comme la tête qui ordonne, qui commande la fabrication de l’objet formant le délit, tandis que MM. Braün et Bloeme n’ont été que les instruments passifs, les ouvriers, les bras qui exécutent.
- Le second paragraphe de l’article premier de la loi de 1824 est également applicable à MM. Morin et Glaenzer. Ce paragraphe punit le commissionnaire qui a mis en circulation...Or MM. Morin et Glaenzer sont bien des commissionnaires ayant mis en
- circulation les capsules saisies au Havre, puisqu’ils les ont fait expédier de Ronsdorf en Prusse ) à Valenciennes, et de Valenciennes au Havre.
- Il importe peu que les capsules aient traversé la France, ne se soient trouvées en France qu’en état de transit en destination d’un pays étranger, les États-Unis. Les lois de douane, en admettant au transit certaines marchandises, doivent être seulement entendues dans ce sens qu’elles laissent entrer en France, pour le transit et sans les soumettre à aucun droit, des marchandises dont l’entrée est interdite d’une manière absolue ; mais ces lois ne veulent pas dire que les marchandises en transit, si elles renferment, si elles portent avec elles un délit de contrefaçon , ne puissent pas être saisies et confisquées.
- Un corps de délit est saisissable et doit l’être partout où il se trouve ; s’il ne l’était pas en transit, il faudrait donc laisser circuler librement en France les contrefaçons des produits des fabriques françaises. On viendrait ainsi en aide aux contrefacteurs allemands qui font aux fabricants de France la plus redoutable et la plus déloyale concurrence.
- La preuve la plus irréfutable que les lois de douane excluent du transit les contrefaçons et en permettent la saisie, c’est la lettre même de M. le ministre du commerce à MM. Goupillât. Si les contrefaçons étaient admises au transit et ne pouvaient être saisies, pourquoi donc M. le ministre du commerce aurait-il écrit expressément à MM. Goupillât pour les prévenir que des marchandises portant leur nom et leur marque avaient été présentées et déclarées, à leur entrée en France, pour le transit en destination des États-Unis? Que signifierait une pareille lettre , si son but n’était pas de dénoncer au fabricant français le fait du transit de la contrefaçon, pour qu’il ait à se mettre en mesure de saisir la contrefaçon et de poursuivre les contrefacteurs?
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- Les lois de douane donnent donc bien le droit de saisir les contrefaçons en transit, puisque leur interprète le plus compétent, le ministre du commerce, informe lui-même le fabricant français du transit de ses produits contrefaits.
- Les fabricants français, ajoute Me Blanc, sont déjà assez malheureux de ne pas pouvoir atteindre la contrefaçon étrangère, le contrefacteur étranger lui-même en pays étranger. Il faut se garder d’aggraver encore leur position en leur refusant le droit de saisir la contrefaçon étrangère quand elle entre en France, sur le terriloire soumis à l’empire de la loi française. Que le contrefacteur étranger puisse échapper à la juridiction de nos tribunaux, parce que nos tribunaux n’ont pas de juridiction au delà de nos frontières, rien de plus vrai et de plus raisonnable; mais, au moins, que ceux, en France, qui, comme commissionnaires ou autrement, se font les intermédiaires actifs de la contrefaçon étrangère, ceux qui en retirent des profits, ceux qui l’alimentent en envoyant à l’étranger des ordres de commissions de fabrication, que ceux-là au moins payent pour les autres et soient condamnés d’autant plus sévèrement.
- Me Lançon, avocat de M. Morin, après avoir rappelé, dans l’intérêt du commerce de transit, les lois qui gardent le silence sur l’interdiction du passage, par la France, d’objets de fabriques françaises contrefaits à l’étranger, déclare que, selon lui, M. Morin ne peut être poursuivi, en France, à l’occasion d’un délit commis à l’étranger.
- M. Rolland de Villargues, substitut du procureur impérial, partageant cette opinion, a conclu au renvoi de M. Morin des fins de la plainte.
- Mais le tribunal, contrairement à ces conclusions, a rendu le jugement suivant :
- « ....En ce qui concerne Morin et Glaenzer;
- « Attendu que la contrefaçon des capsules et l’usurpation des nom et marque de la maison Goupillât ne sont pas même contestées;
- « Attendu qu’il est établi que c’est sur l’ordre de Morin et par l’entremise de Glaenzer que la fabrication frauduleuse a été opérée à l’étranger, et que c’est le même Morin qui a fait introduire en France les marchandises contrefaites;
- « Attendu que le transit n’est lui-même qu’un mode de circulation sous le plomb de la douane, et que la loi du 28 juillet 1824 s’applique à toute circulation sans distinction ;
- « Attendu que, dans ces circonstances, Morin doit être considéré comme le véritable auteur du délit, et Glaenzer comme son complice :
- « Par ces motifs, faisant application à Morin et Glaenzer des art. 1er de la loi du 28 juillet 1824 et 423 du Code pénal;
- « Condamne Morin à 500 fr. d’amende, Glaenzer à 100 fr. d’amende ;
- « Ordonne la confiscation des marchandises saisies, et, pour la réparation du préjudice causé, condamne Morin à payer à la maison Goupillât la somme de 3,000 fr. à titre de dommages-intérêts; ordonne l’insertion du présent jugement dans deux journaux au choix de la maison Goupillât ;
- « Condamne solidairement Morin et Glaenzer aux dépens. »
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- séances dû conseil d’admïnistEàTion.
- SÉANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- PROCÈS-VERBAUX.
- Séance du 5 avril 1854.
- M. Dumas, président, occupe le fauteuil.
- Le procès-verbal de la séance précédente est lu et approuvé.
- Correspondance. M. le secrétaire donne communication de deux décrets en date du 16 mars dernier qui autorisent la Société à accepter les legs à elle faits par M. le baron Benjamin Delessert d’une part, et de l’autre par M. le baron d’Aboville.
- Le conseil arrête que ces décrets seront insérés dans le Bulletin. ( Vov. nlus haut, p. 244.)
- M. Périn annonce avoir établi, rue Basfroi, 17, une scierie à lames sans fin dont il met les produits sous les yeux de la Société.
- M. Combes donne lecture d’une notice adressée par un membre de la Société, sur la construction entreprise, en Angleterre, d’un navire à vapeur de 22,000 tonneaux et de la force de 2,600 chevaux.
- Cette note est renvoyée à la commission du Bulletin. (Voy. plus haut, p. 245.)
- M. Parod, rue du Faubourg-Saint-Martin , 95 , prie la Société d’accepter un dépôt cacheté qu’il déclare contenir le dessin et la description d’un appareil de direction pour les bâtiments à vapeur.
- Le dépôt est accepté.
- M. Maccaud, boulevard Montmartre, 5, a imaginé un moyen pour découvrir les fuites de gaz qui peuvent exister dans un établissement; ce moyen repose sur un essai préalable des tuyaux de conduite, à l’aide d’une pompe de compression.
- M. Vaussin-Chardanne, ingénieur civil, à Villeneuve-Saint-Georges ( Seine-et-Oise ), adresse le plan et la description des moyens qu’il croit propres à prévenir les accidents qui surviennent dans l’éclairage au gaz.
- M. Salomon, rue du Faubourg-Saint-Martin, 52, pense qu’il serait possible d’éloigner les usines à gaz de Paris, en faisant arriver le gaz d’éclairage par le moyen d’un courant d’appel et à l’aide de tuyaux de conduite aspirateurs dans des conditions indiquées par lui.
- M. le baron Seguier fait observer qu’un semblable projet avait été produit en 1848; il en signale les difficultés de mise à exécution.
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- SÉANCES DU CONSËIL D’ADMINISTRATION.
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- M. Lebrun , directeur de l’école impériale des arts et métiers de Châlons-sur-Marne, adresse le tableau du résultat de l’examen du 1er semestre de l’année scolaire de 1853-1854, concernant les élèves nommés aux places réservées à la Société d’encouragement.
- M. Htiard, à Cambray ( Nord), annonce qu’il s’est longtemps occupé de l’emmagasinage et de la conservation des blés; il dit avoir imaginé un système qui permet l’agglomération d’une grande quantité de grains et les moyens mécaniques propres à les conserver indéfiniment.
- Deux hommes et une machine à vapeur suffisent pour emmagasiner, retourner et ventiler 20,000 hectolitres de grains. Ces opérations, qui peuvent se continuer à volonté, ont pour résultat de purger le blé des insectes destructeurs et de le débarrasser de pailles, poussière, grenailles, enfin de le rendre propre à la mouture à la sortie des capacités dans lesquelles il est renfermé.
- M. Gosset, entrepreneur de bâtiments , rue du Vert-Bois , 5, présente des tubes en poterie pour cheminées, etc.; il annonce que les matières dont se composent ces tuyaux leur donnent la propriété de durcir avec le temps et de résister à l’action du feu au môme degré que la terre réfractaire.
- M. Roret, libraire, fait hommage d’un exemplaire du Nouveau manuel cotnplet de galvanoplastie, ou Éléments d’électro-métallurgie, par M. Smee, ouvrage publié par M. de Valicourt.
- M. Barreswil dépose sur le bureau les statuts de la Société philomathique de Bordeaux et les pièces relatives à la neuvième exposition des produits de l’agriculture, de l’industrie et des arts industriels qu’elle organise à Bordeaux et dont l’ouverture aura lieu le 1er juillet prochain.
- M. le président fait connaître que M. de Luca, rue Copeau, 8, l’a prié de donner communication d’une lettre que M. Bonelli, directeur des télégraphes électriques du Piémont et inventeur du métier à tisser électrique à la Jacquard, a adressée, le 31 mars dernier, à la direction du journal YAtheneo ilaliano.
- M. Bonelli a pris les mesures nécessaires pour la construction d’un modèle démonstratif de son métier électrique à la Jacquard, modèle qu’il destine à la Société d’encouragement dont il sollicitera le jugement éclairé.
- Rapports des comités. M. Gourlier, au nom des comités des arts chimiques et économiques, donne une deuxième lecture du rapport sur les carreaux en pierre factice de M. Duménil.
- Les comités proposent de remercier l’auteur de sa communication et d’insérer le rapport dans le Bulletin. ( Approuvé. ) ( Voy. plus haut, p. 237. )
- M. Silbermann, au nom du comité des arts économiques, lit un rapport sur le filtre plongeur de MM. Fonvielle, Brun et comp.
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- SÉANCES DU CONSEIL DADMINISTRATION.
- Le comité propose de remercier les auteurs de leur communication cl d’insérer le rapport dans le Bulletin, accompagné du dessin du filtre et d’une légende explicative. ( Approuvé. )
- Communications. M. le baron Seguier a eu l’occasion de visiter les ateliers de M. Ma-zeline, au Havre ; il entretient la Société des machines à vapeur propres à la navigation qui sont construites dans cet établissement, avec des modifications que cet habile ingénieur se propose de soumettre à la Société.
- M. Barrai, membre du conseil, fait hommage de l’ouvrage qu’il vient de publier sous le titre de Manuel du drainage.
- M. le président adresse à M. Barrai les remercîments de la Société.
- M. Guérin-Méneville communique des documents sur le brossage de la vigne, ses résultats, et sur l’économie de celte méthode.
- M. Guérin-Méneville est remercié de cette communication.
- PARIS.--IMPRIMERIE DE Mme V* BOUCHARD—HUZARD, RUE DE L’ÉPERON, 5-
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- 53° ANNÉE. DEUXIÈME SÉRIE. N° 9. — MAI 1854.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- FILTRATION.
- rapport fait par m. silbermann , au nom du comité des arts économiques,
- sur le FILTRE PLONGEUR de MM. FONVIELLE, BRUN ET COMP., TUe Laffitte, 32.
- Tous avez renvoyé à votre comité des arts économiques l’examen du filtre que M. de Fonvielle vous a présenté.
- Le comité, pénétré de la haute importance qu’aura, pour l’industrie et l’économie publique, un filtre réunissant les conditions d’un filtrage parfait, rapide, commode, et surtout à bas prix, a cherché à s’assurer des résultats que promet celui-ci ; en conséquence, son rapporteur a entrepris quelques recherches avec l’appareil exposé présentement dans vos galeries.
- Avant d’entrer dans le détail des expériences, nous décrirons ce nouvel appareil, que son auteur nomme filtre plongeur; sa construction est la suivante :
- Appareil.—Deux réservoirs de capacité différente sont placés l’un au-dessus de l’autre, le fond du premier étant supporté à 0m,50 au-dessus de celui du second. Le premier de ces réservoirs est haut de im,25, long de 0m,80 et large de 0ra,ê0; il contient l’eau à filtrer et le premier appareil de filtrage. Le deuxième réservoir, de dimension plus petite, n’a que 0m,50 de hauteur sur 0m,50 de long et 0m,30 de large; il renferme le deuxième appareil de filtrage et l’eau filtrée. Ces deux appareils sont réunis par un tuyau de cuivre de 5 centimètres de diamètre, de la forme d’un S; ses deux extrémités traversent les parois contiguës du réservoir, à 15 centimètres au-dessus de leur fond. Ce tuyau porte un robinet vers le milieu de sa partie ascendante, afin
- Tome Ier. — 33e année. 2e série. j— Mai 1854. 34
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- FILTRATION.
- de pouvoir, à volonté, intercepter la communication entre les deux réservoirs.
- Les appareils de filtrage fixés aux deux bouts de ce tuyau se composent de deux gros cylindres en tôle galvanisée, perforés et renfermant les matières filtrantes ; le premier de ces cylindres, nommé dégrossisseur, est vissé horizontalement sur l’entrée du tuyau dans le réservoir supérieur ; l’autre cylindre, que je nommerai finisseur, se trouve vissé pareillement horizontalement sur l’orifice de sortie dans le réservoir inférieur.
- Le cylindre dégrossisseur a 53 centimètres de long sur 20 centimètres de diamètre. Son fond antérieur, qui s’ajuste sur le tuyau, porte, à cet effet, un tube fileté à l’extérieur; une plaque percée de trous, au niveau du fond, sert de garde aux matières filtrantes; et, pour empêcher les trous de se boucher, une poignée de gros gravier, étendue sur tout ce fond, livre passage à l’eau, à travers ses vides, jusqu’au tuyau. Sur ces cailloux se trouve entassé environ 1 kilogramme de laine de première qualité, bien lavée, formant une couche de 18 à 20 centimètres d’épaisseur. Les 35 centimètres restants du cylindre sont remplis par un mélange, à volume égal, de fin gravier et de charbon concassé, criblés par des ouvertures de la grosseur d’une demi-lentille; enfin ces 15 litres de matières grenues sont retenus par un disque ou couvercle fixé à vis sur l’extrémité du cylindre. Ce fond et le bout du cylindre, sur une longueur de 15 centimètres, sont criblés de trous de 3 millimètres de diamètre et distants de 16 millimètres les uns des autres; c’est par ces trous que l’eau peut pénétrer dans le cylindre. Cette portion trouée est coiffée d’une chausse en tresses de jonc ou de foin, pour arrêter les matières les plus grosses avant leur entrée dans le filtre.
- Le cylindre finisseur a 30 centimètres de long sur 20 centimètres de diamètre ; le tube fileté, qui se visse sur l’orifice du tuyau et après être soudé au fond du cylindre, le traverse dans toute sa longueur, et, à son extrémité opposée, se termine par un boulon à vis dont l’écrou sert à retenir le disque qui ferme le gros cylindre. Ces deux cylindres concentriques ont toute leur surface cylindrique criblée de trous de 3 millimètres de diamètre, mais plus rapprochés sur le cylindre intérieur ; l’espace annulaire compris entre les deux est occupé par 2 kilogrammes de laine pareille à celle qui est dans le dégrossisseur.
- Filtrage. — Pour l’acte de la filtration, le réservoir contenant sa charge d’eau trouble, les matières les plus lourdes se déposent d'abord sur le fond du réservoir; puis, le robinet du tuyau de communication étant ouvert, l’eau traverse la chausse de tresse, ou elle abandonne une autre partie de son limon, pénètre dans le cylindre par les trous et occupe bientôt toute la section
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- de sable et de charbon qui la purifient des matières gazeuses et organiques ; puis elle traverse la couche de laine tassée, oh elle abandonne les corps les plus fins qu’elle avait retenus ; prend le tuyau de communication en descendant, pour se distribuer le long du cylindre intérieur du finisseur, passe par les trous de celui-ci pour finir de se filtrer à travers la couche annulaire de laine, et sourdre par les trous de la surface du cylindre extérieur, pour remplir le réservoir; un robinet d’écoulement, placé âu ras de son fond, sert à la soutirer.
- Nettoyage.—Pour le nettoyage, les parties les plus lourdes, qui se déposent d’abord sur le fond du réservoir, s’évacuent par une soupape de décharge , d’où elles sont conduites dans un canal d’écoulement.
- Quand il devient nécessaire de nettoyer les filtres, on fait d’abord écouler toute l’eau des réservoirs ; on enlève les deux cylindres et on les remplace par d’autres tout prêts, afin d’interrompre le service le moins possible.
- Pour épurer les matières filtrantes contenues dans ces cylindres, après les avoir ouverts, on réunit les matières de même nature, pour les laver chacune séparément; la laine n’éprouve pas de déchet dans cette opération, elle est remise en place ; le gravier n’en éprouve pas non plus, mais le charbon qui y est mêlé subit un petit déchet, que l’on compense par une poignée de nouveau charbon concassé. Alors les cylindres, rechargés et refermés, sont prêts à rentrer en fonction.
- Expériences. — Votre commission les a faites avec l’appareil qu’elle avait à sa disposition. Son rapporteur a déterminé le rendement de ce filtre sous diverses charges d’eau, tant dans le réservoir supérieur que dans le réservoir inférieur, sans perdre de vue la qualité des eaux filtrées.
- Pour l’alimentation on s’est servi des eaux de notre fontaine. Pour avoir des eaux sales, on a jeté dans le réservoir supérieur environ 20 à 30 litres de terre et d’immondices ramassées dans les ruisseaux. Ce réservoir, rempli d’eau, donne une charge de 1 mètre de hauteur sur l’axe du cylindre dé-grossisseur; de cet axe à celui du cylindre finisseur il y a encore 0m,50 ; la charge totale est donc de lm,50. Dans les trois premières expériences le niveau supérieur n’a pas subi de variation.
- Dans la première expérience, le cylindre inférieur ne plongeait pas dans l’eau ; le produit de la filtration a été de presque 8 litres par minute, d’une eau parfaitement limpide et sans odeur, s’écoulant sous une pression moyenne de lm,50.
- Dans la deuxième expérience, le cylindre inférieur a été noyé juste ; le produit de la filtration a été de 71U,,50 par minute, sous une pression de lm,40.
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- m
- Dans la troisième expérience, le réservoir inférieur plein d’eau, le produit de la filtration était encore de 7Ut,,50 par minute, sous une pression de lm,20.
- D’après ces trois expériences, on voit que, tant que le niveau supérieur reste invariable, le produit varie peu , malgré la différence de charge de 30 centimètres entre ces trois expériences. Il ne s’agissait donc plus que de faire varier le niveau d’eau supérieur, et, pour l’exactitude du jaugeage, garder le niveau constant dans le réservoir inférieur, ce qui a été fait en prenant la troisième expérience précédente comme première de cette nouvelle série :
- lre Pour lm,20 de niveau à niveau, on a eu en 1' 7Iil,50 T — 0”,95 — — 6 40
- 3e — 0m,70 — — 5 00
- 4e — 0m,50 — — 2 50
- Le résultat de ces recherches serait 1° qu’il n’est pas nécessaire et qu’il est peut-être défavorable au rendement que le filtre finisseur soit immergé ;
- T Que deux appareils, chacun de 0m,70 de différence de niveau, qui, par leur superposition, auraient lm,40 de hauteur, donneraient 10 litres par minute, tandis qu’un appareil unique de lm,50 de différence de niveau ne donne que 8 litres, quoique sa pression soit un peu plus du double de celle de l’un des précédents ;
- 3° Que le résultat uniforme, dans la première série, paraît devoir sa régularité , au moins en partie, à une force endosmique résultant de la nature et de la succession des couches fdtrantes, ou probablement à la lame seule ;
- 4° Que la limpidité des produits a été constamment telle, qu’à la loupe il n’a pu être observé de traces de corps flottants, malgré la souillure qu’elle renfermait à l’origine.
- Ainsi cet appareil de filtrage, dans le cas ordinairement usité, c’est-à-dire les deux cylindres plongés, et ayant une pression de 1 mètre de liquide, sur le cylindre supérieur, dont le produit est de 7Ht ,5 par minute , donne, par heure, 450 litres, et en vingt-quatre heures, ou par jour, 10,800 litres, ou environ 10 mètres cubes d’eau parfaitement limpide et sans odeur.
- M. de Fonvielle assure qu’il a vu fonctionner ses appareils pendant deux et même trois mois sans être renouvelés, mais ce renouvellement doit se faire, terme moyen, tous les dix jours; dans les cas les plus défavorables et qui sont infiniment rares, le rendement normal s’est encore soutenu pendant deux jours. Dans les lavoirs publics de Marseille, où l’on se sert de ce filtre pour
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- clarifier les eaux de la Durance, qui contiennent quelquefois de grandes quantités de matières argileuses très-difficiles à séparer de l’eau, le renouvellement des filtres ne se fait que tous les dix jours, et fournit constamment 40 mètres cubes d'eau filtrée par vingt-quatre heures.
- D’après le nombre et la grandeur des appareils nécessaires pour un filtrage donné, M. Fonvielle dit que, par exemple, 6,000 mètres cubes d’eau par jour exigeront seize hommes à 2 fr. 50 c., soit 40 francs; il évalue les frais d’entretien à environ 20 francs, ce qui fait, en nombres ronds, 60 francs par jour pour 6,000 mètres cubes, c’est-à-dire 1 centime par mètre cube; dans les autres méthodes de filtrage, il ne paraît pas qu’on descende à ce bas prix.
- Conclusions.—Votre commission vous propose d’encourager les auteurs dans leurs recherches, de les féliciter des résultats obtenus, de les remercier de leur communication, et d’insérer ce rapport dans votre Bulletin, avec le -plan et la légende de leur filtre.
- Signé J. T. Silbermann, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 5 avril 1854.
- Légende explicative de la planche 10.
- Cette planche représente une section verticale du filtre plongeur.
- À, réservoir supérieur contenant l’eau à filtrer, établi sur un bâti B.
- C, réservoir inférieur recevant l’eau filtrée.
- D, cylindre dit dégrossisseur, posé horizontalement sur un appui placé au fond du réservoir supérieur. Ce cylindre est rempli, en partie, de laine tassée, de gravier et de charbon concassé.
- E, plaque du fond de ce cylindre percée de trous à travers lesquels passe l’eau à filtrer.
- F, chausse en tresse de jonc ou de foin pour arrêter les matières les plus grosses avant leur entrée dans le filtre.
- G, tuyau établissant la communication entre le cylindre D et le cylindre du réservoir
- inférieur. -
- H, robinet de ce tuyau.
- I, cylindre dit finisseur, plongé dans le réservoir C : il est percé de trous sur toute sa circonférence et rempli de laine tassée.
- J, tuyau disposé dans l’intérieur de ce cylindre et vissé dans la paroi postérieure du récipient : il communique directement avec le tuyau G.
- K, écrou à oreilles servant à réunir ce tuyau avec la partie antérieure du cylindre I.
- L, robinet pour soutirer l’eau claire.
- M, bonde pour vider le réservoir supérieur. ( D. )
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- SANGSUES.
- SANGSUES.
- rapport fait par m. chevallier, au nom d'une commission spéciale, sur un
- MÉMOIRE DE M. RORNE relatif à la CONSERVATION ET A LA REPRODUCTION DES
- SANGSUES.
- Messieurs, vous avez renvoyé à une commission spéciale le travail qui vous a été adressé par M. Borne, marchand épicier, demeurant à Saint-Arnoult (Seine-et-Oise), travail qui a pour sujet Xélève, la conservation et la reproduction des sangsues.
- Avant de vous faire connaître ce que nous avons constaté, nous vous rappellerons que, il y a seize ans environ, le pays fut sur le point de manquer de sangsues. Ces annélides étaient devenus excessivement rares, et leur prix était tel, que les malades hésitaient de faire usage de cette utile médication.
- C’est à celte époque que la Société eut l’heureuse idée de stimuler par un concours les personnes qui pourraient s’occuper de cette industrie en proposant un prix et des récompenses pour ceux qui viendraient en aide à la médecine en mettant les praticiens à même d’avoir recours à ces annélides, dont on tire un si bon parti dans un grand nombre de cas.
- La Société décida donc, en 1839, après avoir entendu un rapport de notre collègue M. Huzard, 1° qu’il serait accordé un prix de la valeur de 2,500 fr. à celui qui ferait des essais, suivis de succès, sur les moyens de peupler en sangsues les marais et les étangs, soit à eau stagnante, soit à eau courante, qui, en 1840, n’avaient point encore nourri de ces animaux;
- 2° Qu’il serait décerné un prix de 1,500 francs à l’expérimentateur qui ferait connaître des moyens économiques pour dégorger les sangsues ayant servi une première fois à la succion, afin de les rendre convenables pour un nouvel usage ;
- 3° Qu’il serait décerné des médailles d’encouragement aux personnes qui, h partir de 1840, auraient introduit et multiplié, dans nos contrées, des variétés nouvelles de sangsues ;
- 4° Qu’il serait décerné des médailles aux concurrents qui auraient prouvé, par des faits positifs, quelles sont les variétés de sangsues les plus rustiques dans nos climats.
- Le concours ouvert par la Société détermina plusieurs personnes à s’occuper de ce sujet.
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- En 1842, la Société a reçu les travaux de douze concurrents et décerné deux médailles de la valeur de 300 francs chaque (1).
- En 1845, quatorze concurrents se sont présentés, et vous avez décerné sept médailles représentant une valeur de 1,900 francs (2).
- En 1849, quatre concurrents se présentèrent; deux médailles furent décernées, la première de la valeur de 500 francs, la deuxième de 100 francs (3).
- Là se bornent les travaux qui vous ont été soumis. Nous rappellerons encore ici que, en terminant son dernier rapport, notre collègue M. Huzard établissait que la Société devait faire ses efforts près de M. le ministre compétent pour obtenir une mesure législative relative à la pêche des sangsues.
- Les prix proposés par la Société, les récompenses qu’elle a données ont été utiles. En effet, depuis qu’elle s’est occupée de l’élève des sangsues, un grand nombre de personnes se sont livrées à des spéculations sur l’éducation de ces annélides, et la réussite a été telle, qu’un seul éleveur, dans un département de la France, livre au commerce des quantités considérables de sangsues.
- Si vous n’avez pas été tenu au courant des essais tentés et qui ont été suivis de succès, c’est que l’industrie privée n’a pas jugé convenable de vous faire connaître les moyens mis en pratique, moyens à l’aide desquels des profits énormes sont obtenus par suite de la large reproduction de ces annélides. Quoi qu’il en soit, à l’époque actuelle, des marais pour l’élève des sangsues sont exploités dans la Gironde, dans les Landes, dans la Vienne; des essais sont tentés dans d’autres départements, et il est à présumer que bientôt nos marais, exploités sans qu’il y ait danger pour l’hygiène publique, sans qu’il y ait des méthodes barbares de nourriture, seront repeuplés de sangsues. Ces marais, gardés convenablement, pêchés d’une manière régulière et intelligente, fourniront non-seulement à nos besoins, mais permettront encore à la France d’exporter des sangsues qui s’expédient en de très-grandes quantités à l’étranger (4).
- Malgré ces succès, nous ne sommes pas encore parvenus au but. En effet, la sangsue est encore un objet de luxe pour le malade peu fortuné qui ne peut dépenser, pour se soigner, les sommes nécessaires pour acheter dix,
- (1) Les mémoires adressés à la Société ont été publiés dans le Bulletin de la Société, année 1843, pages 199 et 510.
- (2) Bulletin de la Société, année 1846, pages 84, 679, 686.
- (3) Yoir le Bulletin pour 1850, page 275.
- (4) Une enquête administrative a fait connaître que les terrains en marais, qui, dans le département de la Gironde, sont employés pour l’élève des sangsues, présentent une surface de 741 hectares.
- M. Mélier nous a dit, depuis, que les terrains exploités pour la propagation des sangsues présentaient une surface de 3,000 hectares. Seulement il est pénible de voir que, dans beaucoup de ces marais, il y a insalubrité, et que des animaux sont exposés, dans un but de lucre, à souffrir des traitements qui doivent être proscrits, car ils ne sont pas dans nos mœtjrs.
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- quinze, vingt, vingt-cinq, trente sangsues, et quelquefois plus, suivant l’ordonnance du médecin.
- L’élève des sangsues, la vente loyale de ces annélides fera, nous n’en doutons pas, de nombreux progrès, et les publications faites sur ce sujet par MM. Moquin-Tandon, Yayson, Levieux, Masson, Boudard , Soubeiran, Fer-mont, Laigniez, Rollet, etc., etc., seront d’une très-grande utilité sous le rapport médical et sous celui de l’hygiène publique.
- Nous avons dit que les éleveurs de sangsues ne nous avaient pas fait connaître leurs travaux et les résultats qu’ils avaient obtenus; nous avons cependant une exception à faire. En effet, en décembre 1853, M. Borne, épicier, à Saint-Àrnoult (Seine-el-Oise), a soumis à votre appréciation le résultat des recherches et expériences qu’il a tentées sur l’éducation des sangsues. Voici ce qui a été établi par votre commission (1) :
- M. Borne, épicier, à Saint-Arnoult, près Rambouillet, était dans la nécessité d’avoir chez lui un dépôt de sangsues qu’il achetait en gros et qu’il revendait au détail.
- En 1845, voulant échapper à une mortalité qui frappait ces annélides et qui lui causait des pertes assez forles, il conçut l’idée de placer les sangsues dans des conditions plus rapprochées de celles qui leur sont ordinaires et d’aider à leur conservation. A cet effet, il construisit dans son jardin, qui est longé par une petite rivière, la Renarde, un vivier en pierre et en ciment romain ayant 2m,50 de long et lm,50 de large. Le fond de ce vivier fut enduit de terre glaise dans laquelle on planta des herbes aquatiques; celte terre fut tenue couverte d’une couche d’eau de 0m,40 dans quelques parties et de lm,30 dans d’autres. M. Borne ménagea dans ce vivier deux élévations en terre : l’une, exposée au sud, pour que les sangsues pussent s’y réchauffer à l’action du soleil ; l’autre, exposée au nord, pour que les sangsues pussent y trouver le frais en été.
- Ce vivier étant établi, il y déposa quatre cents sangsues de forte taille; puis il les abandonna à elles-mêmes, en observant les habitudes de ces annélides. L’année suivante, s’étant aperçu que son vivier contenait de jeunes sangsues, il conçut alors l’espoir d’obtenir une reproduction. Quoique ne s’étant pas occupé d’histoire naturelle, il comprit qu’il devait étudier pratiquement les conditions favorables aux sangsues. A cet effet, il fit en petit des essais multipliés que nous allons vous faire connaître.
- fl; Le procédé suivi par M. Born.* paraît avoir la plus grande analogie avic un procédé dVlève des sangsues suivi à Smyrne. La Société a demandé des détails sur les opéralions faites dans celle localité; elle les fera connaître aussitôt qu’elle les aura reçus. Ces documents seront publiés.
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- Il construisit assez près de son habitation, pour pouvoir, à plusieurs reprises, dans la journée, faire des observations, un petit marais ayant 30 mètres de long sur 9 de large et 0m, 40 de profondeur. Il ménagea, dans plusieurs parties de ce petit marais, des îlots ; il y planta des herbes aquatiques, et il y introduisit, à diverses reprises, cinq à six mille sangsues marchandes. Pour être à même de mieux étudier les mœurs de ces annélides, il construisit encore, à côté de ce petit marais, une fosse circulaire n’ayant que le quart d’étendue du bassin principal, et il y déposa cinq cents sangsues vaches pesant de 6 à 8 grammes chacune. C’est sur ces marais en petit qu’il fit la plupart des observations qui le mirent à même de pousser plus loin son industrie. En effet, ce petit établissement était facile à surveiller. M. Borne pouvait observer plus sûrement ce qui se passait. Là il apprit à connaître les habitudes des sangsues, leur accouplement, le lieu où elles déposaient leurs cocons; il vit ces cocons fournir de petites sangsués ; il essaya de les nourrir et vit quelle était la nourriture qui leur convenait; il apprit enfin à régler les repas qu’elles devaient prendre.
- Les premiers résultats obtenus par M. Borne ne furent pas très-fructueux, mais il comprit qu’il pouvait risquer des essais sur une plus grande échelle ; c’est ce qu’il fit.
- L’emplacement que M. Borne avait à sa disposition était trop limité pour donner lieu à une exploitation productive ; de plus, il avait reconnu que l’eau qui alimentait les bassins du jardin qui se trouvait près de son habitation, l’eau de la Renarde, était trop vive; que les sangsues y étaient dans des conditions trop éloignées de leurs habitudes naturelles ; qu’elles maigrissaient rapidement dans cette eau ; que les jeunes sangsues ne s’y développaient qu’avec une très-grande lenteur (1). Il abandonna donc les bassins qu’il avait fait construire comme lieu d’éducation, et il les utilisa comme réservoir des sangsues pour la vente au détail ; ce qui était nuisible à ses élèves devenait utile pour la bonne qualité des sangsues destinées aux usages médicaux.
- En effet, ces annélides se conservent bien dans ces bassins, et ils acquièrent un admirable appétit.
- Chaque fois qu’un client se présente, on n’a qu’à battre l’eau pendant quelques minutes ; les sangsues, affamées, viennent avec promptitude se faire capturer.
- Le marais à sangsues exploité maintenant par M. Borne est situé à environ & kilomètres de Saint-Arnoult, dans la commune de Clairefontaine. Son
- (0 D’après M. Borne, cinquante sangsues de deux ans pèsent 10 grammes, de trois ans, 23 gram., de quatre ans, 5G grammes ; la cinquième année, elles sont à l’état de sangsues moyennes.
- Tome Ier. —. 53e année. 2e série. — Mai 1854.
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- étendue est de 1 hectare ; il occupe le fond d une vallée dont le sol est tourbeux.
- L’eau, qui se trouvait naturellement dans ce marais à la hauteur du sol et sous l’herbe, fut utilisée. Les travaux d’appropriation furent bientôt faits ; on creusa le sol, on releva les bords avec une portion de la tourbe enlevée du fond. On obtint ainsi une série de bassins remplis d’eau qui sont naturellement garnis de plantes aquatiques dont il faut, de temps en temps, arrêter la rapide propagation.
- La moitié de l’hectare du marais de Clairefontaine est aujourd’hui occupée par les bassins, qui sont au nombre de vingt-huit (1).
- M. Borne augmente successivement le nombre de ses bassins, qui sont de grandeur ou de forme variées ; il avait cru d’abord devoir les établir sur une grande échelle. Éclairé par l’expérience, il leur donna 6 mètres de longueur sur 3 mètres de largeur, 1 mètre de profondeur.
- Dans ce marais, l’œil embrasse facilement l’étendue des bassins, et on peut s’apercevoir de la présence des ennemis des sangsues, auxquels on doit sans cesse donner la chasse.
- Les moyens de nourrir les sangsues, car il faut que les sangsues, pour prospérer et reproduire, reçoivent de la nourriture (2), ont été étudiés par M. Borne, et au lieu de les alimenter en plaçant du sang sur des planches où les sangsues vont le prendre, au lieu d’introduire, dans les bassins, des chevaux, des vaches, comme le font certains éleveurs qui prétendent que le sang ne convient aux sangsues que lorsqu’elles le sucent elles-mêmes sur l’animal vivant, il nourrit ces annélidés avec le sang des animaux que l’on abat dans la boucherie de la localité qu’il habite ; seulement il a la précaution de prendre le sang encore chaud, il le prive de fibrine, et il le donne aux sangsues, qui se l’approprient.
- Voici le mode de faire suivi par M. Borne :
- On porte les sangsues dans les lieux où l’on abat les animaux, et au moment où le bœuf, le veau ou le mouton viennent d’être abattus, on bat le sang pendant quelques instants pour séparer la fibrine et empêcher la formation du caillot; on plonge alors les sangsues dans le sang liquide (ce n’est pas dans le sang directement que les sangsues sont plongées, mais par l’intermédiaire de sacs de flanelle dont nous parlerons plus bas).
- (1) Ces bassins sont, les uns destinés à la nourriture des sangsues, les autres à la reproduction, les autres à L’éclosion des cocons.
- (2) Cette opinion n’est pas adoptée par tous les éleveurs, car il en est qui ne donnent aucune nourriture aux sangsues.
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- Lors de cette opération, on a soin de mettre ces annélides dans des sacs faits avec une étoffe de flanelle, étoffe qui leur sert de point d’appui ; ce qui les aide lors de la succion (1).
- On laisse les sangsues plus ou moins longtemps dans le sang, suivant leur âge et leur état de santé.
- Lorsque les sangsues ont assez pris de sang, on les retire des sacs, on les lave avec de l’eau tiède, on les remet dans de l’eau fraîche et on les porte dans les bassins.
- Parfois M. Borne transporte le sang aux marais. Alors il prend le sang liquide, sépare la fibrine par le battage ; il enveloppe avec précaution les vases qui contiennent le sang défibriné pour empêcher le refroidissement de s’opérer pendant le trajet. Arrivé au marais, il agit comme nous l’avons dit précédemment.
- M. Borne a reconnu 1° que les grosses sangsues doivent faire un premier repas au printemps et un deuxième repas avant l’époque où elles s’enfoncent en terre pour passer l’hiver. Lors des premières chaleurs, elles sortent de terre, s’accouplent, et les cocons, résultat de cet accouplement, ont toute la belle saison pour éclore. 2° Que, si les sangsues ne reçoivent de nourriture qu’au printemps, elles s’enfoncent en terre pour digérer ; alors elles ne s’accouplent que plus tard, et les cocons ont des risques de destruction à courir pendant l’arrière-saison. 3° Que les petites sangsues nées dans les marais doivent être nourries avec un sang moins substantiel ; aussi ne leur donne-t-il que le sang de veau privé de fibrine. M. Borne a observé que l’avidité de ces petites sangsues est extrême, qu’elles s’attachent aux mains du pêcheur ou à la peau des animaux avec une remarquable voracité. Ces petites sangsues croissent, dans les deux premières années, avec une extrême lenteur; leur accroissement est, après ces deux années expirées, assez rapide pour que, pendant les deux autres années, elles décuplent de poids.
- Tout ce que nous avons lu sur les sangsues, tout ce que nous avons observé, semble démontrer que la grosse sangsue demande sept à huit ans pour être livrée au commerce.
- M. Borne dit que les éleveurs feront bien d’acheter, toutes les fois qu’ils en trouveront l’occasion, des filets ( de la très-petite sangsue ), et de les éjever en leur faisant prendre trois repas par an : le premier doit être léger, car ces petites sangsues peuvent être fatiguées par le voyage; le second repas doit être donné en été et le troisième en automne. M. Borne dit que , sous l’influence
- (i) C’est à tort qu’on a raillé cptte opération et l’emploi des sacs qui la facilite, car elle réussit parfaitement.
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- de ce régime et en ne tenant pas les filets dans l'eau trop vive, des sangsues pesant 20 centigrammes peuvent, en deux ans, arriver à peser de 1 gramme et demi à 2 grammes : alors elles peuvent être mises en vente. Selon lui, dans son marais, ce sont les sangsues grises de Hongrie qui arrivent le plus vite à être marchandes.
- M. Borne, que nous avons été voir dans son marais (1), nous a donné, avec une excessive complaisance, tous les détails que nous lui avons demandés sur la mise en pratique de ses procédés (2).
- Voici quelques-uns de ces détails :
- M. Borne ne veut que de petits bassins parce qu’ils sont plus faciles à surveiller et parce qu’il peut détruire plus facilement les ennemis des sangsues, les rats d’eau (3), les musaraignes d’eau, les hydrophylles, les dytiques, les cour-tilières, les taupes, les canards sauvages, etc. De plus, il a constaté qu’il y a avantage, caries sangsues accumulées dans les bassins n’y trouvent pas un supplément de nourriture végétale qui lui parait être nécessaire ; de plus, les sangsues d’âge égal se conservent mieux que quand elles sont d’âge différent.
- M. Borne nous a fait connaître le laps de temps pendant lequel les sangsues placées dans des sacs de flanelle doivent rester dans le sang, laps de temps qui .varie selon la grosseur de la sangsue et selon son état de santé. D’après M. Borne, les sangsues vaches doivent rester en contact avec le sang pendant cinq à six minutes, les sangsues moyennes pendant dix minutes, les filets pendant quinze minutes; les sangsues toutes jeunes peuvent y rester pendant trente minutes.
- Si on opère sur des sangsues fatiguées, le laps de temps doit être abrégé.
- L’éleveur de sangsues doit, lorsqu’il a fait prendre le sang à ces annélides, les passer en revue, pour voir s’il en est de paresseuses qui n’ont pas mangé; celles-ci sont mises à part et nourries un autre jour.
- Cette précaution est indispensable car, si ces dernières n’étaient pas nourries, l’appétit se faisant sentir plus tard, elles entameraient la peau des sangsues qui ont été nourries, pour aller prendre le sang qu’elles avaient refusé.
- (1) Le marais de M. Borne a été visité par MM. Mélier et Soubeiran. M. Fermont., qui s’occupe depuis longtemps de l’élève des sangsues, et qui doit présenter, prochainement, un résumé sur ses travaux à la Société d’encouragement, nous a accompagnés à Clairefontaine, et il a vu, avec un vif intérêt, les travaux de M. Borne, contre lesquels il avait quelques préventions qui furent dissipées par suite de ce petit voyage.
- (2) M. Borne a, dans son marais, des sangsues hongroises, des sangsues de Géorgie, des sangsues landaises, enfin des sangsues pêchées dans les étangs qui avoisinent son marais.
- (3) Le rat d’eau ne dévore pas la sangsue, mais il pratique des galeries dans lesquelles se réfugie la musaraigne; il en est de même de la taupe ; de plus, les galeries faites par la taupe peuvent être parcourues par les sangsues qui s’éloigneraient du marais.
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- Une sangsue, après chaque repas, doit peser le double de ce qu’elle pesait à jeun. Ces repas, selon M. Borne, sont indispensables pour faire une bonne éducation, pour obtenir l'accouplement et la reproduction.
- Les sangsues nourries donnent, selon cet observateur, des cocons où les petites sangsues sont en plus grand nombre et naissent plus vigoureuses.
- M. Borne nous a fait voir avec détail toutes les précautions qu’il prend pour fournir aux sangsues un lieu convenable où elles puissent déposer leurs cocons et pour qu’on puisse, plus tard, trouver et enlever ces cocons, afin de favoriser leur éclosion et obtenir les petites sangsues qu’ils contiennent.
- Pour faciliter le dépôt de ces cocons, il pratique, dans les berges, des petites galeries destinées au dépôt du cocon. Ces galeries se prolongent de façon à ce que celui-ci soit placé dans un lieu où l’eau ne puisse arriver; ces galeries sont recouvertes de gazons qui s’appliquent immédiatement sur la berge et qui recouvrent les galeries : lorsqu’on les lève, on aperçoit les cocons, qui sont, quelquefois, seuls dans une galerie ; d’autres fois, il en existe plusieurs, à la suite des uns des autres. On peut alors les enlever pour les porter dans un bassin spécial qu’on a appelé bassin d'incubation. Nous allons décire ce que M. Borne entend par cette dénomination.
- Sur les bords d’un petit bassin qui est, comme les autres, creusé dans le sol tourbeux et garni de plantes aquatiques, M. Borne pose des caisses rectangulaires, caisses qui n’ont pas de fond. De petites galeries qui sont pratiquées dans la tourbe partent de la surface comprise entre les côtés de ces caisses, s’enfoncent et vont communiquer avec la vase du bassin. Le sol qui forme le fond des caisses est recouvert d’un lit de mousse, et sur ce lit de mousse on range les cocons sur une épaisseur de trois rangs : on place ces cocons à mesure de la récolte, on les couvre de mousse ; on ferme ensuite la boîte avec un couvercle en bois.
- Pour préserver ces cocons du soleil, on met encore par-dessus la caisse deux ou trois couches de mottes de tourbe. Les sangsues, lors de l’éclosion, sortent successivement des cocons, mais à des époques différentes pour chaque cocon; elles passent à travers la mousse, descendent dans les galeries et vont gagner la vase qui se trouve dans le petit bassin. Les cocons tardifs se conservent jusqu’au printemps, et l’éclosion n’a lieu qu’aux premières chaleurs.
- Pour soustraire, pendant l’hiver, au froid qui les tuerait les petites sangsues, M. Borne les garantit de la gelée en recouvrant la boite avec une couche de tourbe de 40 à 50 centimètres d’épaisseur.
- On voit que M. Borne a pris toutes les précautions convenables et que les cocons sont : 1° pendant les chaleurs, à l’abri de la sécheresse, qui détermine la mort des petites sangsues qui se trouvent dans les cocons ; 2° à l’abri de
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- l’inondation, qui empêcherait les petites sangsues de sortir de ces cocons ; 3° enfin à l’abri du froid pendant l’hiver. Ces précautions sont indispensables ; car M. Vayson, dans son excellent travail, le Guide pratique des éleveurs de sangsues, dit que les Bordelais perdent, chaque année, une grande quantité de cocons, 1° en mettant à sec les marais pendant Vété, %° en les immergeant plus tard ; dans ces deux cas, les uns périssent par suite de l'ardeur du soleil, les autres par l'inondation des marais.
- Les résultats obtenus par M. Borne ont été communiqués par M. Soubeiran à l’Académie de médecine, que la reproduction des sangsues intéresse vivement. L’Académie, sur le rapport de cet académicien, donna à ces résultats sa haute approbation.
- Nous devons dire qu’à ce sujet un hirudoculteur (1), qui n’avâit, malheureusement, pu réussir dans l’élève des sangsues, a réclamé et a cherché à établir qu’il avait appris à M. Borne le moyen de nourrir et de propager les sangsues ; mais la lecture du travail adressé par le réclamant à l’administration de l’assistance publique a démontré que le procédé, sujet de la réclamation, consistait à mettre le sang caillé pour la nourriture des sangsues sur des planches. Or on sait que ce procédé, connu depuis longtemps, est jugé. En effet, on lit dans les bulletins nos 16 et 17 de la Société philomathique, octobre et novembre 1792, que l’on a remarqué que les sangsues qui prennent du sang en caillots s’en remplissent, paraissent plus grosses, mais qu’au bout de quelque temps le sang se coagule dans leurs intestins et jusque dans leurs vaisseaux absorbants qui en sonf injectés, qu’elles ne peuvent le digérer, et qu elles deviennent noueuses et périssent.
- M. Borne, qui n’a pas, nous le pensons, lu les numéros du Bulletin de la Société philomathique, nous faisait connaître, lors de notre voyage à Claire-fontaine , des faits analogues qu’il avait observés en essayant de nourrir les sangsues avec le sang en caillots ; aussi a-t-il renoncé à un mode de faire qui est nuisible à la sangsue.
- De tout ce qui précède il résulte, pour nous, que le travail communiqué à la Société par M. Borne présente un vif intérêt sur la question de l’élève de la sangsue. En effet, cet industriel a fait connaître
- 1° Le choix que l’on doit faire du terrain et quels sont les travaux peu coûteux qui doivent être exécutés pour son appropriation à l’éducation des sangsues ;
- 2° L’influence qu’exercent les eaux vives sur ces annélides ;
- 3° La nécessité qu’il y a de nourrir les sangsues pour obtenir leur augmentation de volume, leur accouplement et leur reproduction ;
- A0 Le mode de nourriture qu’il met en usage ;
- (1} Le nom d’hirudocuiteura été donné par M, Fermont aux éleveurs de sangsues.
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- 5° Les modifications que 1 on doit apporter dans les bassins pour que les sangsues trouvent des abris contre le froid et contre la chaleur, et des galeries bien disposées pour y déposer leurs cocons;
- 6° Les soins constants que 1 on doit apporter à détruire les ennemis des sangsues;
- 7° Les avantages que l’on peut trouver à acheter des filets pour les nourrir et les amener de 1 état de filets à l’état de sangsues commerciales ;
- 8° Les avantages quil y a d’avoir des petits bassins au lieu de grands, et de séparer les sangsues de taille et d âge différents ;
- 9° Les procédés à mettre en pratique pour recueillir les cocons et les dispositions à prendre pour obtenir la sortie des petites sangsues de ces cocons et les amener à l’état de sangsues utilisables.
- Une conviction que nous avons acquise par suite de notre visite à Saint-Arnoult et à Clairefontaine, c’est que l’on pourra, avec des dépenses minimes, en suivant les procédés mis en pratique par M. Borne, établir, sur beaucoup de points de la France, à très-peu de frais et sans qu’il y ait danger pour l’hygiène publique, des marais pour la reproduction des sangsues (1}.
- En résumé, la commission, convaincue que les communications faites par M. Borne ont un vif intérêt, vous propose de le remercier de sa communication et de renvoyer le présent rapport à la commission du Bulletin.
- Signé A. Chevallier, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 3 mai 1854.
- ARTS INSALUBRES.
- rapport fait à VAcadémie des sciences sur le concours pour le prix relatif aux arts
- insalubres; par m. humas.
- Assainissement et conservation des grains.
- La commission chargée par l’Académie d’examiner les pièces présentées aux concours ouverts par M. de Montyon, en faveur de ceux qui ont rendu un art moins insalubre, a été frappée de l’importance des recherches, suite d’une mission dont il avait été chargé par le ministère de l’agriculture, entreprises par M. Doyère pour assurer la conservation des blés et pour débarrasser ce précieux aliment des insectes qui vivent à ses dépens. L’un de ces insectes, l’alucite, déjà étudié par Duhamel en
- (i) II serait à désirer que tous les hirudoculteurs fissent, comme M. Borne , tous leurs efforts pour entretenir dans leurs marais une salubrité constante, afin de faire cesser les effluves miasmatiques qui s’élèvent de certains marais où les sangsues sont nourries par les animaux vivants.
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- ARTS INSALUBRES.
- 1762, semble avoir disparu peu après l’époque où il s’en était occupé. Malheureusement on l’a revu, en France, au commencement du siècle, et il n’a plus cessé, dès lors, d’y étendre ses ravages. Ce ne sont plus deux cents paroisses, comme au temps de Duhamel, que l’alueite se borne à exploiter; on l’observe sur 2,000 lieues carrées, comprises dans quatorze départements plus ou moins infestés : Basses-Pyrénées, Landes, Gers, Haute-Garonne, Lot-et-Garonne, Tarn-et-Garonne, Charente, Charente-Inférieure, Vienne, Indre-et-Loire, Indre, Cher, Nièvre, Allier. Que l’alueite vienne à franchir la Loire et les forêts de la Nièvre, et alors le vaste bassin de Paris, le grenier de la France, sera lui-même atteint !
- Dans les quatre derniers départements cités plus haut, les ravages de l’alueite ont fait disparaître, en 1819 et 1850, une partie très-considérable de la récolte. Dans l’Ailier, par exemple, la perte a été de 20 pour 100 des blés produits en 1850. Elle avait même été plus grande encore en 1849. On a vu, en moins de trois semaines, dans beaucoup de fermes, des blés perdre 80 ou 90 pour 100 de leur substance, et devenir un objet de répulsion et de dégoût même pour les animaux. Les dégâts causés par l’alueite font donc éprouver des pertes incalculables à l’agriculture française. Ils sont, pour les contrées qu’elles frappent, une cause de perpétuelle inquiétude, de découragement, de misère, de maladie. Jamais l’exemple des hommes éclairés ne fut plus nécessaire, l’action du gouvernement mieux motivée. Et cependant, on pouvait se demander si le remède à de tels maux rentrait bien dans la catégorie des inventions que 31. de Monlvon a voulu encourager. Votre commission n’a conservé aucun doute sur ce point.
- Le grain attaqué par l’alueite occasionne de fréquents érésipèles chez les batteurs en grange, et surtout chez les lanceurs. La poussière qui s’en échappe envenime la moindre écorchure; elle rend, la guérison des excoriations ou blessures, si fréquentes chez les ouvriers occupés de tels travaux, fort longue et fort pénible.
- Le pain fait avec du blé alucité est non-seulement l’objet d’un dégoût bien naturel et d’une répugnance que son odeur et sa consistance rendent souvent invincible, mais encore il est considéré comme nuisible. On lui attribue quelques affections des entrailles ou du foie observées dans les localités que l’alueite ravage.
- Il est du moins avéré que les animaux les plus avides de grains laissent de côté le blé alucité : les poules, les souris, les porcs même n’y touchent pas.
- Ces preuves ont paru suffisantes à la commission. Elle a considéré, comme un service éminemment propre à rendre un art moins insalubre , celui qui consiste à débarrasser le grain de l’alueite, sans exposer les ouvriers à l’action des poussières nuisibles qui s’en échappent; celui qui restitue au grain toutes ses qualités, soit en ce qui concerne la fabrication du pain, soit en ce qui regarde son emploi comme semence.
- Les procédés qui débarrassent le grain de l’alueite étant applicables, d’ailleurs, à la destruction de la teigne et du charançon, n’esl-il pas évident que les blés qui forment les approvisionnements de la guerre et de la marine pourront désormais être purifiés, et que le soldat et le marin y trouveront un aliment plus salubre?
- Le nettoyage opéré à Versailles, sur 9 ou 10,000 quintaux de grains attaqués par la teigne, a prouvé, en effet, que le tue-teigne construit par M. Doyère pour la destruc-
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- tion de l’alucite fonctionne avec autant d’économie que de régularité, lorsqu’il s’agit de détruire cet autre ennemi des grains.
- La profession du soldat et celle du marin trouveront, nous n’en doutons pas, un élément important de salubrité dans l’application de ces procédés nouveaux. La commission n’a donc point hésité à leur donner les mêmes récompenses qu’elle avait accordées naguère à des inventions destinées à fournir l’eau douce aux équipages par la distillation de l’eau de mer, ou à leur assurer un bon approvisionnement en légumes par la dessiccation des légumes frais.
- L’importance du sujet a paru même si considérable à la commission, qu’elle a étendu ses récompenses à toutes les personnes qui avaient contribué à la découverte de ces procédés d’épuration du blé qui ont si heureusement obtenu la sanction de l’expérience en grand.
- Elle pense donc qu’il y a lieu de décerner trois prix.
- Le premier est destiné à récompenser le zèle intelligent d’un agriculteur distingué , M. Arnaud, qui, dès 1839, en essayant d’introduire dans son domaine l’utile emploi de la machine à battre, s’est aperçu qu’elle fournissait des grains débarrassés de l’alu-cite. Convaincu, dès lors, de l’immense utilité que son emploi offrirait aux contrées que l’alucite ravage, il s’est efforcé, et il y a réussi, de modifier la machine à battre, de manière à la rendre applicable à ces blés alucités dont la paille se brise trop facilement pour que les machines à battre généralement employées puissent leur convenir.
- La machine à battre spéciale dont M. Arnaud fait usage fonctionne depuis huit années chez lui avec économie et régularité. Au milieu d’une contrée que l’alucite désole, ses récoltes en sont débarrassées. L’insecte ne se retrouve ni dans ses greniers ni dans ses semailles.
- L’administration rendrait un éminent service aux départements que l’alucite a envahis, en y favorisant l’acquisition de machines à battre banales. Ces machines coûtent 1,500 fr. environ; elles sont donc au-dessus des ressources de la plupart des fermiers; mais, comme elles seraient pour les communes un élément de sécurité et de prospérité que rien ne saurait remplacer, les encouragements de l’Etat ne peuvent pas recevoir de plus utile application. •
- La commission, s’associant à la Société centrale d’agriculture, a accordé un autre prix à M. Herpin. De son côté, il observait, en 1842, que les grains attaqués par l’alu-cite en étaient débarrassés par de violentes secousses; il concluait de cette épreuve que le tarare convenablement modifié constituerait un bon instrument d’épuration. Des essais en petit, mais décisifs, ont justifié son opinion. Il est bien à désirer que M. Herpin, poursuivant ses expériences, fasse voir que le tarare ainsi modifié peut fonctionner avec économie, et qu’il est propre à manipuler de grandes masses de blé ; car le tarare, étant très-répandu, permettrait d’effectuer partout l’épuration des blés.
- La commission accorde enfin un prix à M. Doyère. L’histoire de l’alucite, tracée par cet habile naturaliste, est le fruit d’une longue et consciencieuse étude; elle constitue un guide excellent pour l’agronome et pour l’administrateur.
- M. Doyère a soumis à un examen scientifique sévère et à des expériences sur une
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- grande échelle trois systèmes d’épuration ou de conservation des grains : la chaleur, le battage, l’emploi des silos.
- Il prouve que le grain alucité est débarrassé des insectes qui l’attaquent par une simple élévation de température à 55 degrés, laquelle est sans influence sur le germe et sur le gluten. Il reconnaît que des grains alucités, qu’on soumet à des chocs violents et répétés, sont purgés de leurs ennemis. Ces deux principes ont été mis à profit par M. Doyère pour la confection de deux appareils qui ont été essayés en grand avec un succès complet. Dans le premier, l’épuration s’opère par la chaleur seule; dans le second, des chocs répétés en font tous les frais.
- Les expériences faites à Bourges , en grand et publiquement ; le service d’épuration organisé à Versailles dans les magasins de la guerre, n’ont laissé aucun doute sur l’efficacité des appareils de M. Doyère. Le charançon , l’alucite, la teigne , etc., ont disparu des blés soumis à leur action.
- Tout porte à croire que leur emploi deviendra général dans les magasins consacrés à l’approvisionnement et à la conservation des grains. Ils épargneraient de grandes pertes à l’Etat et aux détenteurs de blés, si, avant d’être emmagasinés, les grains étaient toujours débarrassés, à leur aide, de tous les insectes qui y pulluleront plus tard.
- Qu’il s’agisse, d’ailleurs, du chauffage ou du battage des grains, la dépense ne s’élève pas au delà de 15 centimes par hectolitre et se trouve bientôt récupérée par les économies qu’elle permet de réaliser sur les pelletages devenus inutiles ou dont on peut, du moins, diminuer beaucoup la fréquence.
- M. Doyère s’est convaincu que, après avoir passé dans la machine à air chaud , les blés mis en silos avec des précautions faciles à observer dans la pratique en grand offrent les gages d’une conservation qui dépasse tous les besoins. Ses conseils à cet égard, accueillis par le gouverneur de l’Algérie, ont été mis en pratique dans les approvisionnements de l’armée d’Afrique.
- Parachute pour le service des puits de mines.
- La descente et l’ascension journalières par des échelles dans les puits de mines profonds occasionnent aux ouvriers une fatigue qu’ils deviennent incapables de supporter à un âge assez peu avancé et qui, dans la période active de leur vie, absorbe une partie notable du travail musculaire qu’ils sont capables de fournir. Aussi préfèrent-ils descendre et remonter dans les tonnes mises en mouvement par des machines qui servent à l’extraction des minerais. Cette pratique donne lieu à des accidents nombreux causés par les ruptures de câbles, les chocs de tonnes l’une contre l’autre ou contre les parois des puits. On en a éloigné le retour, en ayant soin de s’assurer fréquemment du bon état des câbles, que l’on remplace avant qu’il ne fût utile de le faire d’ailleurs, et surtout en guidant les tonnes au moyen de longuerines en bois ou de tiges en fer établies dans toute la hauteur des puits. On a aussi remplacé les tonnes , dans plusieurs mines de l’Allemagne , de l’Angleterre , de la France et de la Belgique, par de grands appareils exclusivement destinés à l’entrée et à la sortie des ouvriers. La pièce princi-
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- pale consiste en un système de deux longues poutres qui s’équilibrent mutuellement. A chacune d elles sont fixées de petites plates-formes équidistantes, sur lesquelles se placent les ouvriers. Les poutres, mises en mouvement par une machine , montent et descendent alternativement en face et en sens inverse l’une de l’autre. Aux extrémités de ces oscillations, ou points morts, les plates-formes de l’une des tiges se trouvent amenées vis-à-vis les plates-formes de l’autre. Pendant le petit intervalle de repos qui sépare le mouvement dans un sens du mouvement rétrograde, les ouvriers passent alternativement d’une tige à l’autre. Après un certain nombre d’oscillations, ils sont donc amenés du jour au fond du puits, et réciproquement, sans avoir pris d’autre peine que celle de se déplacer horizontalement de temps en temps. Ce mode d’introduction et de sortie des ouvriers n’est pourtant pas tout à fait exempt de dangers; d’ailleurs, l’appareil occupe un puits tout entier ou au moins un grand compartiment de puits; il exige une machine spéciale; il coûte, en conséquence, assez cher et ne peut être appliqué qu’à des mines d’une très-grande importance.
- M. Machecourt, ancien élève de l’école des mineurs de Saint-Étienne, a donné, dans les Annales des mines (1845), la description d’un parachute qu’il avait appliqué aux tonnes dans un puits de mines de houille de Decize ( Nièvre ). Cet appareil, interposé entre la tonne et le câble auquel elle est suspendue , est formé de deux barres de fer qui se croisent et tournent, à peu près comme les deux branches des ciseaux de tailleur, autour d’un même boulon horizontal. Lorsque le câble de suspension est tendu par le poids de la tonne , les deux barres se croisent sous un angle peu ouvert, et les extrémités de leurs branches inférieures sont maintenues à une petite distance des longuerines en bois qui guident la tonne. Cependant des ressorts tendent à augmenter l’ouverture de cet angle ; mais cet effet est prévenu par des chaînes qui rattachent les extrémités supérieures des barres à un point du câble de suspension situé plus haut. Celui-ci vient-il à rompre, sa tension cesse, les ressorts deviennent libres d’agir; les extrémités inférieures des barres du parachute viennent s’appuyer contre les longuerines en bois dans lesquelles elles pénètrent par une arête tranchante, et la tonne reste suspendue au parachute, qui est ainsi accroché aux longuerines-guides. Nous ne savons si l’on a continué à se servir, aux mines de Decize , de l’appareil de M. Machecourt. Son usage, en tout cas, ne s’est pas répandu, malgré la Note imprimée en 1845 dans les Annales des mines.
- En 1849, M. Fontaine, chef d’atelier aux mines d’Anzin ( Nord ), a établi, dans un puits appelé la fosse Tinchon, un parachute fondé sur le même principe que celui de M. Machecourt, et dont la construction est mieux entendue. Dans le parachute Fontaine, les deux barres de fer terminées par des griffes qui doivent, au besoin, pénétrer dans le bois des longuerines-guides tournent autour de deux boulons horizontaux parallèles portés par une sorte de chape invariablement fixée sur une tige verticale en fer qui est accrochée au câble de suspension. Lorsque la tonne est portée par le câble tendu, les bras du parachute forment entre eux un angle dont l’ouverture est limitée de manière à ce que les griffes ne touchent pas les longuerines. Le câble vient-il à se rompre, l’action du ressort à boudin lire vers le bas la tige et tout l’appareil parachute.
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- Cet appareil tombe donc plus rapidement que la tonne elle-même, et cette chute, plus rapide, détermine infailliblement, par suite d’une disposition fort simple, un plus grand écartement des bras en fer, dont les griffes viennent s’enfoncer dans les longue-rines. Un chapeau en tôle, heureusement ajouté par M. Fontaine à son appareil, recouvre la cage et reçoit la partie du câble inférieure à la section de rupture , qui, sans cela, tomberait sur la tête des ouvriers et pourrait les tuer ou les blesser grièvement.
- Le parachute de M. Fontaine a déjà prévenu plusieurs accidents; il a sauvé la vie à seize ouvriers. Des essais très-concluants ont été faits en présence de MM. les ingénieurs des mines du département du Nord, et en Belgique, devant les ingénieurs des mines de la province de Hainaut; l’appareil a très-bien fonctionné dans des circonstances que l’on s’était appliqué à rendre particulièrement difficiles.
- En cas de rupture du câble, l’arrêt a lieu après des intervalles de temps et de chemin parcouru assez courts. On pourrait donc craindre que les ouvriers, descendant dans une cage animée d’une grande vitesse, comme 2m,50 à 3 mètres par seconde, ne fussent blessés par suite de la commotion inattendue qu’ils éprouveraient; mais il est facile de prévenir ou du moins d’atténuer beaucoup cette chance de danger, en plaçant les ouvriers sur des planchers supportés par des ressorts ou par l’emploi de dispositions susceptibles de produire un effet analogue.
- La commission propose de décerner à M. Fontaine un prix pour son parachute perfectionné, dont l’efficacité et la bonne construction sont prouvées par une expérience de plusieurs années dans diverses mines , et par des essais concluants faits par les ingénieurs des mines français ou belges.
- Elle propose de décerner à M. Machecourt un prix pour avoir exécuté, employé et décrit antérieurement un appareil du même genre.
- Lampe de sûreté.
- La commission propose d’accorder un encouragement de 500 fr. à M. Chuard, comme indemnité des dépenses qu’il a faites pour la construction d’une nouvelle lampe de sûreté destinée aux mineurs.
- Le principe sur lequel repose la construction de cette lampe n’a pas encore reçu sa forme pratique, mais il est nouveau et ingénieux.
- L’air n’arrive à la flamme qu’après avoir parcouru un tube métallique d’une grande longueur, susceptible d’être fermé par la chute de pistons ou soupapes; s’il est explosif, les cheveux qui tiennent les pistons suspendus sont brûlés subitement, et, comme ces pistons n’ont qu’une course très-petite à parcourir, ils tombent et ferment le corps de pompe pendant la combustion même du mélange détonant, et avant que la flamme ait eu le temps de se propager en dehors de la lampe. Espérons que de nouveaux essais donneront une forme plus applicable à ce premier aperçu (1).
- (î) On trouve, dans le Bulletin de la Société, 44e année, p. 426 et 430, un rapport et la description d’un appareil de M. Chuard destiné au même usage, mais fondé sur un principe différent : il a été récompensé par une médaille de la valeur de 600 francs.
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- Conclusions.
- En conséquence, l’Académie décerne
- 1° Un prix de 2,500 fr. à M. Arnaud, pour avoir constaté, le premier, 1° que, par l’emploi de la machine à battre , le grain obtenu des blés attaqués par l’alucite est purgé d’insectes ; 2° pour avoir imaginé et réalisé par la pratique les modifications de cette machine, qui étaient indispensables pour en permettre l’emploi sûr et économique dans le battage des blés alucités.
- 2° Un prix de 2,500 fr. à M. Herpin, pour avoir constaté, de son côté, 1° que le grain dévoré par l’alucite est, en effet, purgé de ces insectes par des secousses réitérées; 2° pour avoir indiqué comment, avec des dispositions particulières, le tarare pourrait devenir susceptible d’être appliqué à ce nettoyage.
- 3° Un prix de 2,500 fr. à M. Doyère, 1° pour avoir démontré qu’à l’aide d’une température de 55° il est facile de détruire l’alucite et tous les insectes qui attaquent le blé, sans altérer le grain sous le rapport de sa germination, aussi bien que sous le rapport de la panification de sa farine ; 2° pour l'invention de deux appareils purificateurs des grains, dont la parfaite efficacité a été sanctionnée par leur emploi sur une grande échelle, l’un qui est fondé sur l’emploi de la chaleur, l’autre, le tue-teigne, qui repose sur le principe du battage des grains.
- 4° Un prix de 1,500 fr. à M. Machecourt, pour le parachute qu’il a inventé et mis en usage dans les mines de Decize (Nièvre).
- 5° Un prix de 1,500 fr. à M. Fontaine, pour son parachute perfectionné, mis en usage dans les mines d’Anzin et dans plusieurs mines de la Belgique.
- 6° Une indemnité de 500 fr. à M. Chuart, pour l’encourager à poursuivre ses essais relatifs au perfectionnement de la lampe de sûreté employée dans les mines.
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- description de l’appareil parachute, destiné à prévenir les accidents qui peuvent se produire dans les mines de houille par la rupture du câble d’extraction ; par m. fontaine, chef d’atelier au chantier des mines d’Anzin ( Nord ).
- Nous avons rendu compte, dans le Bulletin de l’année 1853, de deux accidents survenus dans le puits d’extraction des mines d’Anzin, par l’effet de la rupture du câble auquel sont suspendues les cages où se placent les ouvriers, accidents dont les suites fâcheuses ont été prévenues par l’emploi de l’appareil de M. Fontaine. Nous donnons aujourd’hui la description de cet appareil.
- Dans la fosse Tinchon ( concession d’Anzin ), qui a 540 mètres de profondeur sur 2m,70 de diamètre, sont établies des longuerines-guides en bois sur lesquelles se meuvent des cages utilisées pour l’entrée et la sortie des ouvriers.
- La fig. i, pi. n} eSt une coupe verticale de cette fosse montrant les cages à deux étages vues de face.
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- Fig. 2. Section horizontale suivant la ligne A B, fig. 1.
- Fig. 3. Section verticale de la fosse où les cages sont vues de profil.
- Fig. 4. Le parachute Fontaine armé de son crochet de suspension vu de face.
- Fig. 5. Le même vu de profil.
- Fig. 6. Le même détaché, en section verticale, avec son assemblage.
- Fig. 7. Section transversale du parachute.
- Ces deux dernières figures sont dessinées sur une plus grande échelle.
- Fig. 8 et 9. Vue, en élévation et en plan, de la traverse supérieure en fer à laquelle est suspendue la cage.
- Fig. 10, 11 et 12. Vue, en élévation, en plan et en coupe verticale, d’une pièce en fer fixe sur laquelle s’appuie la traverse supérieure et qui est terminée, à chaque bout, par des chapes dans lesquelles les bras du parachute sont assemblés à articulation.
- Fig. 13, 14 et 15. Ces bras, armés de leurs griffes, vus de profil, en plan et en coupe horizontale.
- Fig. 16 et 17. Traverse à coulisse vue en élévation et en plan.
- Les mêmes lettres désignent les mêmes objets dans toutes les figures.
- Les longuerines-guides aa, en sapin , assemblées sur des traverses b b , en chêne, sont placées l’une vis-à-vis de l’autre ; il y en a de deux systèmes, l’un a, pour la cage qui monte, l’autre, c, pour la cage qui descend ( voyez fig. 2 ).
- La cage d, qui est à deux étages, reçoit deux waggons e e contenant chacun 5 hectolitres de charbon ; elle se compose de trois châssis horizontaux f f f” réunis par des montants g g appliqués trois par trois sur les longs côtés du châssis : ils laissent entre eux des espaces remplis en partie par des madriers en chêne h.
- Sur le châssis inférieur f et sur l’intermédiaire f' sont établis des planchers destinés à supporter les deux Avaggons chargés de houille. Le châssis supérieur f " est parfaitement libre à son intérieur ; c’est sur les côtés de ce châssis, qui supporte le poids des deux étages, celui des waggons et de la houille qu’ils renferment, qu’est placé et que fonctionne le parachute. Ce châssis est lui-même suspendu à une forte traverse en fer i, qui se termine, à ses deux extrémités, par des fourches j embrassant les deux guides d’un même système et glissant le long de ces guides.
- La traverse et le châssis supérieur sont rendus solidaires par deux fortes barres en fer k k, qui saisissent, en dessous, les longs côtés du châssis. Le châssis, la traverse et la barre dont nous venons de parler forment la charpente sur laquelle vient s’appliquer la couverture de la cage composée de deux portes en tôle /1, fig. 3, mobiles autour de charnières placées sur les madriers h, et s’appuyant, à leurs extrémités, sur des barres de fer qui embrassent à la fois la traverse et le châssis. L’ensemble présente une grande solidité et constitue un chapeau destiné , en cas de rupture du câble , à protéger, contre la chute de ce câble et des chaînes d’attache qui le terminent, les ouvriers placés dans le compartiment supérieur de la cage.
- La cage est suspendue au câble d’extraction de la manière suivante :
- La traverse i, formant l’arête culminante du chapeau, est percée, à son centre, d’un
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- œil dans lequel passe la tige du crochet d’attelage m, qui est saisi par le crochet à ressort n de la corde.
- On voit, fig. 4 et 5, le parachute tel qu’il est monté sur la cage d’extraction. Le crochet m, dessiné séparément fig. 6 et 7, est en fer forgé et présente à l’extérieur une crête ou saillie sur laquelle sont rivées deux feuilles de tôle verticales et découpées de manière à former, par leur juxtaposition, un plan incliné o p ; chacune d’elles porte, en arrière, une bride sur laquelle est fixée à angle droit, sur les deux premières , une troisième feuille q taillée en forme d’éventail : celle-ci s’élève jusqu’au sommet du plan incliné o p, et vient, en diminuant successivement de largeur, se terminer sur la courbure extérieure du crochet. Une lame d’acier r, faisant office de ressort, est attachée sur le bec de ce crochet ; par suite de son élasticité, l’intervalle qui existe entre son extrémité et la tige du crochet peut s’agrandir dans le cas d’une pression ou d’un choc agissant de l’intérieur à l’extérieur.
- Voici le but de ces dispositions. Supposons le crochet à ressort n du câble d’extraction engagé dans le crochet de la cage, et cette cage en mouvement dans le puits. Admettons encore que le câble se rompe sous la charge, et que le parachute produise son effet ; alors la cage restera suspendue sur les guides, et, si le crochet de la corde ne peut pas se dégager brusquement, cette corde et la chaîne d’attelage qui en dépendent tomberont et resteront amoncelées sur le chapeau qui protège les ouvriers : il en résultera d’abord un choc plus ou moins violent, et ensuite une augmentation considérable du poids que le parachute doit supporter; c’est pour éviter ces effets que M. Fontaine a combiné le crochet de la cage. Dès que le câble est rompu, son crochet glisse le long du plan incliné op, et vient nécessairement frapper le ressort qui s’ouvre alors ou se brise, et le câble devenu indépendant peut tomber au fond du puits. Mais l’expérience ayant fait reconnaître quelques inconvénients à ces dispositions, M. Fontaine y a renoncé. Aujourd’hui le crochet de la corde est engagé sur celui de la cage, et par conséquent cette corde, en cas de rupture, restera nécessairement sur le chapeau destiné à garantir les ouvriers.
- Lorsqu’on suspend la cage au câble d’extraction , la tige du crochet d’attelage glisse dans l’œil de la traverse i, jusqu’à ce que la chape s soit en contact avec cette traverse; c’est alors sur la chape que porte directement toute la charge ; la stabilité de l’assemblage est obtenue au moyen d’un boulon qui traverse la chape et d’un écrou serré contre elle.
- La traverse à coulisse t, fig. 16 et 17, fixée sous le châssis supérieur de la cage, est percée, à son centre, d’un œil dans lequel passe l’extrémité de la tige du crochet; elle est pourvue, des deux côtés, de fourches ou coulisses u u ouvertes à leurs extrémités et dans lesquelles peuvent glisser les bras des parachutes : ces coulisses sont terminées, vers le centre, par des plans inclinés v v dont la pente est déterminée.
- Les bras du parachute, fig. 13, 14 et 15, au nombre de deux, sont armés, à l’une de leurs extrémités, de griffes aciérées y destinées à mordre dans les guides ; ils sont mobiles le long des coulisses de la traverse t autour de leur axe de suspension, et peuvent, par suite, former entre eux un angle variable. Quand la cage est suspendue
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- au câble d’extraction, cet écartement est tel que les extrémités des griffes ne touchent pas les guides, comme on le voit dans les fig. 4 et 6, et s’appliquent exactement sur les plans inclinés v v; alors la cage peut monter et descendre dans le puits sans que les griffes touchent les guides. Mais, si l’on suppose que la tige du crochet d’attelage soit rappelée de haut en bas, alors les bras s’écarteront, et les griffes tendront à s’imprimer dans le bois, position indiquée par les lignes ponctuées fig. 6.
- Pour compléter la description du parachute, il ne nous reste plus qu’à expliquer comment est produit le mouvement vertical de rappel de la tige du crochet de la cage; ce mouvement est obtenu à l’aide d’un ressort z, fig. 6, formé d’un boudin d’acier et renfermé dans deux boîtes a s’emboîtant l’une dans l’autre et qui sont destinées à maintenir le ressort dans le cas où il viendrait à se briser; leurs fonds sont percés pour livrer passage à la tige du crochet. Ces boîtes et le ressort qu’elles renferment sont placés sous la traverse à coulisse t, et pressés contre elle par un écrou à'; entre cet écrou et la boite inférieure on interpose une rondelle qui permet, suivant qu’elle occupe une hauteur plus ou moins grande, de donner au ressort le degré de compression voulu.
- Les détails qui précèdent font comprendre les fonctions du parachute.
- Au moment où l’on accroche le câble d’extraction sur la cage et où la machine motrice enlève cette cage, le ressort se comprime jusqu’à ce que la chape s ait été amenée au contact de la traverse supérieure i; toute la charge est alors appliquée sur cette chape. Si le câble se rompt pendant que la cage est en mouvement dans le puits, le ressort s’allonge d’une certaine quantité ; le crochet d’attelage et sa tige sont instantanément rappelés de haut en bas, la chape s est brusquement écartée de la traverse i, et les deux griffes du parachute s’impriment sur les guides. Au même instant la cage tombe d’une hauteur égale à l’allongement du ressort ; dans ce mouvement relatif de la cage, la traverse à coulisse comprime le ressort d’une quantité égale à l’extension qu’il avait reçue d’abord; ce ressort reprend donc sa longueur habituelle, et la traverse supérieure rencontre la chape en produisant sur cette dernière un choc d’autant plus violent que la charge est plus considérable ; ce choc fait pénétrer les deux griffes dans les guides, et la cage reste suspendue sur ceux-ci après être descendue d’une certaine hauteur.
- Le ressort éprouve donc brusquement deux effets égaux et en sens contraire ; il s’allonge d’abord et se comprime ensuite de la même quantité. La cage subit deux déplacements verticaux successifs, l’un constant et égal à l’allongement que le ressort doit prendre pour amener les griffes au contact des guides, l’autre, variable avec la quantité dont ces griffes pénètrent dans les guides, par suite de l’intensité du choc qui se produit au moment de la rupture de la corde. Ou voit donc que l’action de l’appareil Fontaine dépend du jeu du ressort destiné à produire le mouvement relatif de la tige du crochet de la cage. Lorsqu’on veut arrêter celle-ci à une certaine profondeur du puits, on fait manœuvrer les verrous c & qu’on voit fig. 1, et qui sont ramenés par un contre-poids d'; c’est sur ces verrous que s’appuie la cage. ( D. )
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- EXPOSITION UNIVERSELLE.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1855(1). *
- RÈGLEMENT GÉNÉRAL APPROUVÉ PAR DÉCRET IMPÉRIAL DU 6 AVRIL 1854.
- Dispositions générales.
- Art. 1er. L’exposition universelle instituée à Paris pour l’année 1855 recevra les produits agricoles et industriels, ainsi que les œuvres d’art de toutes les nations.
- Elle s’ouvrira le 1er mai, et sera close le 31 octobre de la même année.
- Art. 2. L’exposition de 1855 est placée sous la direction et la surveillance de la commission impériale nommée par décret du 24 décembre 1853 (2).
- Art. 3. Dans chaque département, un comité nommé par le préfet, d’après les instructions de la commission impériale, sera chargé de prendre toutes les mesures utiles au succès de l’exposition, et de statuer, en temps opportun, sur l’admission et le rejet des produits présentés.
- Il sera établi, en outre , si la commission impériale le juge nécessaire , des sous-comités locaux ou des agents spéciaux, dans toutes les villes et centres industriels où le besoin en sera reconnu.
- Art. 4. Des instructions spéciales seront adressées, au nom de la commission impériale, à MM. les ministres de la guerre et de la marine, pour l’organisation du concours de l’Algérie et des colonies françaises à l’exposition.
- Art. 5. Les gouvernements étrangers seront invités à établir, pour le choix, l’examen et l’envoi des produits de leurs nationaux, des comités dont la formation et la composition seront notifiées, le plus tôt possible, à la commission impériale, afin quelle puisse se mettre immédiatement en rapport avec ces comités.
- Art. 6. Les comités départementaux , ainsi que les comités étrangers autorisés par leurs gouvernements respectifs, correspondront directement avec la commission impériale, qui s’interdit toute correspondance avec les exposants ou autres particuliers tant Français qu’étrangers.
- Art. 7. Les Français ou les étrangers qui se proposent de concourir à l’exposition devront s’adresser au comité du département, de la colonie ou du pays qu’ils habitent.
- Les étrangers résidants en France pourront s’adresser au comité officiel de leurs pays respectifs.
- Art. 8. Nul produit ne sera admis à l’exposition, s’il n’est envoyé avec l’autorisation et sous le cachet des comités départementaux ou des comités étrangers.
- Art. 9. Les comités étrangers et départementaux feront connaître , aussitôt que possible, le nombre présumé des exposants de leur circonscription et l’espace dont ils croiront avoir besoin.
- (l) Voir, Bulletin de l’année 1853, p. 149, le décret portant qu’il sera ouvert à Paris, en 1855 , une exposition universelle des produits agricoles et industriels.
- (1) Voyez ce décret, Bulletin de l’année 1853, p. 750.
- Tome I". — 53* armée. 2' série. — Mai 1854.
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- Art. 10. Sur cette communication, la commission impériale fera, sans délai, opérer la répartition de remplacement général, au prorata des demandes, entre la France et les autres nations.
- Art. 11. Cette répartition opérée, notification en sera immédiatement faite aux comités français et étrangers, qui auront eux-mêmes à subdiviser, entre les exposants de leurs circonscriptions, l’espace ainsi déterminé.
- Art. 12. Les listes des exposants admis devront être adressées à la commission impériale, au plus tard le 30 novembre 1854.
- Elles indiqueront
- 1° Les noms, prénoms ( ou la raison sociale ), profession, domicile ou résidence des requérants ;
- 2° La nature et le nombre ou la quantité des produits qu’ils désirent exposer ;
- 3° L’espace qui leur est nécessaire à cet effet, en hauteur, largeur et profondeur.
- Ces listes ainsi que les autres documents venant de l’étranger devront, autant que possible, être accompagnés d’une traduction en langue française.
- Admission et classification des produits.
- Art. 13. Sont admissibles à l’exposition universelle tous les produits de l’agriculture, de l’industrie et de l’art, autres que ceux qui se classent dans les catégories ci-après :
- 1° Les animaux et les plantes à l’état vivant;
- 2° Les matières végétales et animales à l’état frais et susceptibles d’altération ;
- 3° Les matières détonantes, et généralement toutes les substances qui seraient reconnues dangereuses ;
- 4° Et enfin les produits qui dépasseraient, par leur quantité, le but de l’exposition.
- Art. 14. Les esprits ou alcools, les huiles et essences, les acides et les sels corrosifs, et généralement les corps facilement inflammables ou de nature à produire l’incendie, ne seront admis à l’exposition qu’autant qu’ils seront contenus dans des vases solides et parfaitement clos; les propriétaires de ces produits seront, d’ailleurs, astreints aux conditions de sûreté qui leur seront prescrites.
- Art. 15. La commission impériale aura le droit d’éliminer et d’exclure du palais de l’exposition, sur la proposition des agents compétents, les produits français qui lui paraîtraient nuisibles ou incompatibles avec le but de l’exposition , et ceux qui auraient été envoyés au delà des exigences et des convenances de l’exposition.
- Art. 16. Les produits formeront deux divisions distinctes : les produits de l’industrie et les œuvres d’art; ils seront distribués, pour chaque pays, en huit groupes comprenant trente classes, savoir :
- lro division. — Produits de l’industrie.
- 1er groupe. — Industries ayant pour objet principal Vextraction ou la production
- des matières brutes.
- lre classe. Art des mines et métallurgie.
- 2e — Art forestier, chasse, pêche et récoltes de produits obtenus sans culture.
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- 3e classe. Agriculture.
- 2e groupe. —Industries ayant spécialement pour objet l’emploi des forces mécaniques.
- 4e — Mécanique générale appliquée à l’industrie.
- 5e — Mécanique spéciale et matériel des chemins de fer et des autres modes de
- transport.
- 6e — Mécanique spéciale et matériel des ateliers industriels.
- 7e — Mécanique spéciale et matériel des manufactures de tissus.
- 3e groupe. —Industries spécialement fondées sur l’emploi des agents physiques et chimiques, ou se rattachant aux sciences et A l’enseignement.
- 8e — Arts de précision, industries se rattachant aux sciences et à l’enseignement. 9e — Industries concernant la production économique et l’emploi de la chaleur, de la lumière et de l’électricité.
- 10e — Arts chimiques, teintures et impressions, industries des papiers, des peaux, du caoutchouc, etc.
- 11e — Préparation et conservation des substances alimentaires.
- 4e groupe. — Industries se rattachant spécialement aux professions savantes.
- 12e — Hygiène, pharmacie, médecine et chirurgie,
- 13e — Marine et art militaire.
- 14e — Constructions civiles.
- 5e groupe. — Manufactures de produits minéraux.
- 15e — Industrie des aciers bruts et ouvrés.
- 16e — Fabrication des ouvrages en métaux d’un travail ordinaire.
- 17e — Orfèvrerie, bijouterie, industrie des bronzes d’art.
- 18e — Industries de la verrerie et de la céramique.
- 6e groupe. — Manufactures de tissus.
- 19e — Industrie des cotons.
- 20e — Industrie des laines.
- 21e — Industrie des soies.
- 22e — Industrie des lins et des chanvres.
- 23e — Industrie de la bonneterie, des tapis , de la passementerie , de la broderie et des dentelles.
- 7e groupe. — Ameublement et décoration, modes, dessin industriel, imprimerie, musique.
- 24e — Industries concernant l’ameublement et la décoration,
- 25e — Confection des articles de vêtement, fabrication des objets de mode et de
- fantaisie.
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- 26e classe. Dessin et plastique appliqués à l’industrie, imprimerie en caractères et en taille-douce, photographie.
- 27e — Fabrication des instruments de musique.
- 2e division. — OEuvres d'art.
- 8e groupe. — Beaux-arts.
- 28e — Peinture, gravure et lithographie.
- 29e — Sculpture et gravure en médailles.
- 30e — Architecture.
- Réception et installation des produits.
- Art. 17. Les produits tant français qu’étrangers seront reçus au palais de l’exposition à partir du 15 janvier 1855, jusques et y compris le 15 mars.
- Toutefois, les articles manufacturés, susceptibles de souffrir d’un trop long emballage, pourront jouir d’un délai supplémentaire , qui, en aucun cas, ne dépassera le 15 avril, à la condition que les dispositions nécessaires pour leur exposition aient été préparées à l’avance.
- Les produits lourds et encombrants, ou tous autres qui exigeraient des travaux considérables d’installation, devront être envoyés avant la Fin de février.
- Art. 18. Les comités de chaque pays ou de chaque département français sont invités à expédier, autant que possible, en un même envoi, les produits de leur circonscription.
- Art. 19. L’envoi de chaque exposant, qu’il soit expédié avec ceux des autres exposants ou isolément, devra être accompagné du bulletin d’admission délivré par l’autorité compétente. Ce bulletin, en triple expédition, rédigé comme il est dit article 12, portera, en outre , le nombre et le poids des colis appartenant au même exposant, ainsi que le détail et les prix de chacun des articles composant l’envoi.
- Des modèles de ce bulletin seront adressés à tous les comités français et étrangers.
- Art. 20. Les produits français destinés à l’exposition universelle seront expédiés des lieux désignés par les comités départementaux et coloniaux et réexpédiés de Paris aux mêmes lieux, aux frais de l’Etat.
- Les produits étrangers ayant la même destination seront également amenés aux frais de l’Etat, mais seulement à partir de la frontière, et réexpédiés dans les mêmes conditions.
- Art. 21. Ils seront adressés au commissaire du classement au palais de l’exposition.
- Art. 22. L’adresse de chaque colis destiné à l’exposition devra porter, en caractères lisibles et apparents, l’indication
- Du lieu de l’expédition,
- Du nom de l’exposant,
- De la nature des produits inclus.
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- Art. 23. Les colis contenant les produits de plusieurs exposants devront porter sur l’adresse la mention des noms de tous ces exposants, et être accompagnés d’un bulletin d’admission pour chacun d’eux.
- Art. 24. Les exposants sont invités à ne pas expédier séparément de colis ayant moins d’un demi-mètre cube et à réunir sous un même emballage, à d’autres colis de la même classe, ceux qui seraient au-dessous de cette dimension.
- Art. 25. L’admission des produits à l’exposition sera gratuite.
- Art. 26. Les exposants ne seront assujettis à aucune espèce de rétribution, soit pour location ou péage, soit à tout autre titre, pendant la durée de l’exposition.
- Art. 27. La commission impériale pourvoira à la manutention, au placement et à l’arrangement des produits dans l’intérieur du palais de l’exposition, ainsi qu’aux travaux nécessaires pour la mise en mouvement des machines.
- Art. 28. Les tables ou comptoirs, les planchers, clôtures, barrières et divisions entre les diverses classes de produits seront gratuitement fournis aux exposants.
- Art. 29. Les arrangements et aménagements particuliers, tels que gradins, tablettes, supports, suspensions, vitrines, draperies, tentures, peintures et ornements, seront à la charge des exposants.
- Art. 30. Ces arrangements, dispositions et ornementations ne pourront être exécutés que conformément au plan général et sous la surveillance des inspecteurs, qui détermineront la hauteur et la forme de la devanture des étalages, ainsi que la couleur de la peinture, des tentures et des draperies.
- Art. 31. Des entrepreneurs indiqués ou acceptés par la commission impériale se tiendront à la disposition des exposants, et leurs mémoires seront réglés par des agents désignés à cet effet, si l’exposant le désire.
- Néanmoins les exposants pourront employer, avec l’autorisation de la commission, les ouvriers qu’ils jugeront convenables.
- Art. 32. Les industriels qui désireront exposer des machines ou autres objets d’un poids ou volume considérable, et dont l’installation exigera des fondations ou des constructions particulières, devront en faire la déclaration sur leur demande d’inscription.
- Art. 33. Ceux dont les machines devront être mues à la vapeur, ou qui exposeront des fontaines jaillissantes ou des pièces hydrauliques, devront le déclarer en temps convenable, et indiquer la quantité et la pression d’eau ou de vapeur qui leur seront nécessaires.
- Art. 34. Les produits seront disposés par nations dans l’ordre de la classification indiquée à l’art,. 16. Néanmoins, les produits divers d’un individu, d’une corporation, d’une ville, d’un département ou d’une colonie pourront, s’il y a lieu, avec l’autorisation du comité exécutif, être exposés en groupes particuliers , lorsque cette disposition ne nuira pas essentiellement à l’ordre établi.
- Art. 35. La commission impériale prendra les mesures nécessaires pour préserver les objets exposés de toute chance d’avaries. Néanmoins, si, malgré ces précautions, un sinistre venait à se déclarer, elle n’entend point prendre à sa charge les dégâts et
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- dommages qui pourraient en résulter ; elle les laisse aux risques et périls des exposants, ainsi que les frais d’assurance, s’ils jugeaient utile de recourir à cette garantie.
- Art. 36. La commission impériale aura également soin que les produits soient surveillés par un personnel nombreux et actif; mais elle ne sera pas responsable des vols ou détournements qui pourraient être commis.
- Art. 37. Chaque exposant aura la faculté de faire garder ses produits, à l’exposition, par un représentant de son choix. Déclaration devra être faite , dès le début, du nom et de la qualité de ce représentant; il lui sera délivré une carte d’entrée personnelle, qui ne pourra être ni cédée ni prêtée, à aucune période de l’exposition, sous peine de retrait.
- Art. 38. Les représentants des exposants devront se borner à répondre aux questions qui leur seront adressées, et à délivrer les adresses, prospectus ou prix courants qui leur seront demandés.
- Il leur sera interdit, sous peine d’expulsion, de solliciter l’attention des visiteurs ou de les engager à acheter les objets exposés.
- Art. 39. Le prix courant de vente au commerce, à l’époque de l’exposition des produits, pourra être ostensiblement affiché sur l’objet exposé.
- L’exposant qui voudra user de cette faculté devra, préalablement, en faire la déclaration au comité de sa circonscription, qui visera les prix après en avoir reconnu la sincérité.
- Le prix ainsi affiché sera, en cas de vente, obligatoire pour l’exposant à l’égard de l’acheteur.
- Dans le cas où la déclaration serait reconnue fausse, la commission impériale pourra faire enlever le produit et exclure l’exposant du concours.
- Art. 5-0. Les articles Vendus ne pourront être retirés qu’après la clôture de l’exposition.
- Produits etrangers. — Douanes.
- Àrt. 41. A l’égard des produits étrangers admis à l’exposition, le palais de l’exposition sera constitué en entrepôt réel.
- Art. 42. Ces produits, accompagnés des bulletins mentionnés en l’art. 19, entreront en France par les ports et villes frontières ci-après désignés :
- Lille, Valenciennes, Forbach, Wissembourg, Strasbourg, Saint-Louis, les Verrières-de-Joux, Pont-de-Beauvoisin, Chapareillan, Saint-Laurent-du-Vâr, Marseille , Cette, Port-Vendres, Perpignan, Bayonne, Bordeaux, Nantes , le Havre , Boulogne, Calais et Dunkerque.
- Art. 43. Les envois pourront être adressés à des agents désignés par la commission impériale dans chacun de ces ports ou villes; ces agents , moyennant une rétribution tarifée d’avance, se chargeront de remplir les formalités nécessaires envers la douane et d’expédier les produits sur le palais de l’exposition.
- Art. 44. Les produits étrangers ainsi entrés en France seront reçus au palais de l’exposition, où ils seront pris en charge par les employés des douanes.
- Art. 45. L’enlèvément des plombs et l’ouvèrtufe des colis n’auront lieu qu’à l’inté-
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- rieur du palais, en présence des exposants ou de leurs représentants, et par les soins des employés de la douane.
- Art. 46. Un exemplaire du bulletin d’expédition , considéré comme certificat d’origine, restera entre les mains de la douane; un autre sera remis au commissaire du classement de l’exposition , et le troisième au secrétariat général de la commission impériale.
- Art. 47. Les exposants étrangers ou leurs représentants auront, après la clôture de l’exposition, à déclarer si leurs produits sont destinés à la réexportation ou à la consommation intérieure.
- Dans ce dernier cas, ils pourront en disposer immédiatement, en acquittant les droits, pour la fixation desquels il sera tenu compte, par l’administration des douanes, de la dépréciation qui pourrait résulter du séjour des produits à l’exposition.
- Art. 48. Les marchandises prohibées seront exceptionnellement admises à la consommation intérieure, moyennant le payement d’un droit de 20 pour 100 de leur valeur réelle ; ce même droit sera le taux maximum à percevoir sur tous les articles admis à l’exposition.
- Organisation intérieure et police de Vexposition.
- Art. 49. L’organisation intérieure et la police de l’exposition sont placées sous l’autorité d’un comité d’exécution, composé des divers chefs de service, qui prononcera sur toutes les questions entrant dans ses attributions.
- Art. 50. Un règlement qui sera publié avant l’époque fixée pour la réception des produits et affiché au palais de l’exposition déterminera tous les points relatifs à l’ordre du service intérieur; il fera connaître les agents chargés de venir en aide aux exposants et de veiller à l’ordre et à la sécurité de l’exposition.
- Art. 51. Les agents et employés attachés à la partie étrangère devront parler une ou plusieurs des langues des nations avec lesquelles ils sont en rapport.
- Des interprètes officiellement désignés parla commission impériale seront, d’ailleurs, établis sur divers points de la division étrangère.
- Art. 52. Les gouvernements étrangers seront priés d’accréditer près de la commission impériale des commissaires spéciaux chargés de représenter leurs nationaux à l’exposition pendant les opérations de réception, de classement et d’installation des produits, et dans toutes les circonstances où leurs intérêts seront engagés.
- Protection des dessins industriels et des inventions.
- Art. 53. Tout exposant, inventeur ou propriétaire légal d’un procédé, d’une machine ou d’un dessin de fabrique admis à l’exposition et non encore déposé ou breveté, qui en fera la demande avant l’ouverture ou dans le premier mois de l’ouverture de l’exposition, pourra obtenir de la commission impériale un certificat descriptif de l’objet exposé.
- Art. 54. Ce certificat assurera à l’impétrant la propriété de l’objet décrit, et le pri-
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- vilége exclusif de l’exploiter pendant la durée d’un an, à dater du 1er mai 1855, sans préjudice du brevet que l’exposant pourra prendre, dans la forme ordinaire, avant l’expiration de ce terme.
- Art. 55. Toute demande de certificat d’inventeur devra être accompagnée d’une description exacte de l’objet ou des objets à garantir et, s’il y a lieu, d’un plan ou d’un dessin desdits objets.
- Art. 56. Ces demandes, ainsi que la décision qui aura été prise à leur égard, seront inscrites sur un registre tenu ad hoc, et qui sera ultérieurement déposé au ministère de l’agriculture, du commerce et des travaux publics (bureau de l’industrie), pour servir de preuve, pendant le temps déterminé pour la validité des certificats.
- Art. 57. La délivrance de ces certificats sera gratuite.
- Du jury el des récompenses.
- Art. 58. L’appréciation et le jugement des produits exposés seront confiés à un grand jury mixte international. Ce jury s*ra composé de membres titulaires et de membres suppléants, qui seront répaitis en 30 juys spéciaux, correspondant aux 30 classes indiquées dans l’art. 16.
- Art. 59. Dans la division des produits de l’industrie, le nombre des membres, pour
- chaque jury spécial, est fixé comme il suit, savoir :
- Titulaires. Suppléants.
- Pour chacune des classes 3e, 10e, 20e et 23e.... 14 4
- 2e, 6e, 16e, 18e et 24e................................12 3
- 7e, 8e, 12e, 13e, 14e, 17e, 19e, 21e, 25e et 26e. . . 10 2
- Ie, 4e, 5e, 9e, IIe, 15e, 22e et 27e....................8 2
- Dans la division des œuvres d’art,
- La 28e classe aura 20 membres titulaires.
- La 29e » 14 »
- La 30e » 8 »
- Art. 60. Le nombre des jurés à fixer sera, pour la France comme pour chaque pays étranger, proportionnel au nombre d’exposants fourni par chaque pays.
- Art. 61. Le comité officiel de chaque nation désignera des personnes de son choix pour former le nombre de jurés qui lui sera dévolu.
- Les jurés français seront nommés, pour les vingt-sept premières classes, par la section de l’agriculture et de l’industrie de la commission impériale, et, pour les trois dernières classes, par la section des beaux-arts.
- Art. 62. Dans le cas où le comité d’une des nations exposantes n’aurait pas désigné les jurés qui doivent la représenter, il y sera-pourvu d’office par l’assemblée générale des jurés présents.
- Art. 63. La commission impériale fera la répartition des membres du jury international entre les diverses classes ; elle fixera aussi les règles générales qui devront servir de base aux opérations des jurys spéciaux.
- Art. 64. Chaque jury spécial aura un président nommé par la commission impé-
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- riale, un vice-président et un rapporteur nommés par le jury, à la majorité absolue des voix.
- Art. 65. Dans le cas où aucun des membres n’obtiendrait la majorité absolue, le sort prononcerait entre les deux candidats réunissant le plus grand nombre de voix.
- Art. 66. Le président de chaque jury, et, en son absence , le vice-président, aura voix prépondérante en cas de partage.
- Art. 67. Les jurys spéciaux seront, en outre, distribués par groupes représentant les industries liées entre elles par certains points d’analogie ou de similitude.
- Ces groupes sont au nombre de huit, conformément aux indications de l’art. 16.
- Les membres de chaque groupe nommeront leur président et leur vice-président.
- Art. 68. Aucune décision ne sera arrêtée par l’un des jurys spéciaux qu’avec l’approbation du groupe auquel il appartient.
- Art. 69. Les récompenses de premier ordre ne seront accordées qu’après une révision faite par un conseil composé des présidents et vice-présidents des jurys spéciaux.
- Le jury des beaux-arts est excepté de cette règle.
- Art. 70. Chaque jury spécial pourra s’adjoindre, à titre d’associés ou d’experts, une ou plusieurs personnes compétentes sur quelques-unes des matières soumises à son examen. Ces personnes pourront être prises parmi les membres titulaires ou suppléants des autres classes, et parmi les hommes de la spécialité requise, en dehors du jury. Les membres ainsi adjoints ne prendront part aux travaux de la classe où ils auraient été appelés que pour l’objet déterminé qui aura motivé leur appel; ils auront seulement voix consultative.
- Art. 71. Les exposants qui auraient accepté les fonctions de jurés, soit comme titulaires , soit comme suppléants, seront, par ce fait seul, mis hors du concours pour les récompenses.
- Le jury des beaux-arts est excepté de cette règle.
- Art. 72. Seront également exclus du concours, mais dans la classe seulement où ils auront opéré, les exposants appelés comme associés ou comme experts.
- Art. 73. Chaque jury pourra, selon les circonstances, se fractionner en comités, mais il ne pourra prendre de décision qu’à la majorité du jury entier.
- Art. 74. Des commissaires spéciaux, assistés des inspecteurs de l’exposition, seront chargés de préparer les travaux du jury ; de s’assurer que les produits d’aucun exposant n’ont échappé à leur examen ; de recevoir les observations et les réclamations des exposants; de faire réparer les omissions , erreurs ou confusions qui auraient pu être faites; de veiller à l’observation des règles établies, et enfin d’expliquer ces règles aux jurés toutes les fois qu’elles présenteraient matière à interprétation.
- Art. 75. Les commissaires en fonctions près du jury n’interviendront dans les délibérations que pour constater les faits, rappeler les règles et présenter les réclamations des exposants.
- Art. 76. La nature des récompenses à distribuer et les règles générales à prendre pour base des récompenses seront ultérieurement déterminées par un décret rendu sur la proposition de la commission impériale.
- Tome Ier. — 53e année. 2e série. — Mai 1854.
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- Art. 77. Indépendamment des distinctions honorifiques qui pourront être accordées, le conseil des présidents et vice-présidents aura la faculté de recommander à l’Empereur les exposants qui lui paraîtraient mériter des marques spéciales de gratitude publique, à raison des services hors ligne rendus à la civilisation, à l’humanité, aux sciences et aux arts, ou des encouragements d’une autre nature, à raison de sacrifices considérables dans un but d’utilité générale, et eu égard à la position des inventeurs ou des producteurs.
- Dispositions spéciales aux beaux-arts.
- Art. 78. Un jury français institué à Paris prononcera sur l’admission des œuvres des artistes français.
- Art. 79. Les membres du jury français d’admission seront désignés par la section des beaux-arts de la commission impériale.
- Art. 80. Le jury d’admission des beaux-arts se divisera en trois sections :
- La première comprendra la peinture, la gravure et la lithographie;
- La seconde, la sculpture et la gravure en médailles ;
- La troisième, l’architecture.
- Chacune de ces sections prononcera à l’égard des œuvres rentrant dans sa spécialité.
- Art. 81. L’exposition est ouverte aux productions des artistes français et étrangers vivants au 22 juin 1853, date du décret constitutif de l’exposition des beaux-arts (1).
- Art. 82. Les artistes pourront présenter à l’exposition universelle des ouvrages déjà exposés précédemment; seulement ne pourront être admis
- (i) Ce décret est ainsi conçu :
- Napoléon, par la grâce de Dieu et la volonté nationale, Empereur des Français, à tous présents et à venir, salut ;
- Considérant qu’un des moyens les plus efficaces de contribuer au progrès des arts est une exposition universelle, qui, en ouvrant un concours entre tous les artistes du monde et en mettant en regard tant d’œuvres diverses, doit être un puissant motif d’émulation et offrir une source de comparaisons fécondes ;
- Considérant que les perfectionnements de l’industrie sont étroitement liés à ceux des beaux-arts ;
- Que cependant toutes les expositions des produits industriels qui ont eu lieu jusqu’ici n’ont admis les œuvres des artistes que dans une proportion insuffisante ;
- Qu’il appartient spécialement à la France, dont l’industrie doit tant aux beaux-arts, de leur assigner, dans la prochaine exposition universelle, la place qu’ils méritent ;
- Avons décrété et décrétons ce qui suit :
- Art. 1er. Une exposition universelle des beaux-arts aura lieu à Paris en même temps que l’exposition universelle de l’industrie.
- Le local destiné à cette exposition sera ultérieurement désigné.
- Art. 2. L’exposition annuelle des beaux-arts de 1854 est renvoyée à 1855 et réunie à l’exposition universelle.
- Art. 3. Notre ministre d’État est chargé de l’exécution du présent décret.
- Fait au palais de Saint-Cloud, le 22 juin 1853.
- Signé Napoléox.
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- SÉANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION.
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- 1° Les copies ( excepté celles qui reproduiraient un ouvrage dans un genre différent, sur émail, par le dessin, etc. ); m ; .
- 2° Les tableaux et autres objets sans cadre ;
- 3° Les sculptures en terre non cuite.
- Art. 83. Sont applicables aux œuvres d’art les articles 1 à 13, 15 à 30, 35, 36, 40 à 47, 49 à 52, 58 à 77 du présent règlement.
- SÉANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- PROCÈS-VERBAUX.
- Séance du 19 avril 1854.
- M. le baron Seguier, l’un des vice-présidents, occupe le fauteuil.
- Le procès-verbal de la séance précédente est lu et approuvé.
- Correspondance. M. Combes, l’un des secrétaires, donne lecture d’un décret impérial qui autorise M. le président de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale à accepter, au nom de cette Société, le legs particulier à elle fait par M. le baron François de Silvestre, dans un testament olographe du 17 mai 1841, et consistant en une somme de 1,000 francs.
- Le conseil décide que ce décret sera inséré dans le Bulletin.
- M. le ministre secrétaire d’État au département de l’agriculture, du commerce et des travaux publics adresse deux exemplaires du 80e volume des Brevets d’invention pris sous l’empire de la loi de 1791, et deux exemplaires des 12e et 13e volumes des Brevets d’invention pris sous l’empire de la loi de 1844. Ces exemplaires sont destinés à la bibliothèque de la Société.
- M. le ministre sera remercié de cet envoi.
- M. Prosper Meller, ingénieur civil, à Bordeaux, propose l’emploi de freins hydrauliques pour ralentir et arrêter, sans danger, la marche d’un convoi sur un chemin de fer; dans ce frein, l’eau agira comme la vapeur et l’air comprimé, sans en avoir les inconvénients.
- M. le baron Seguier rappelle que, dans la séance du 16 septembre 1846, M. Galy-Cazalat communiqua à la Société un frein hydraulique qu’il avait imaginé en 1833, pour être appliqué aux locomotives des chemins de fer, et dont la gravure et la description sont consignées dans la 45e année du Bulletin, p. 594.
- M. Leménager, à Montmartre, appelle l’attention de la Société sur des outils pour la fabrication des fleurs artificielles.
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- SÉANCES DU CONSEIL D ADMINISTRATION.
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- M. Dosnon, à Joigny, présente huit nuances de couleurs obtenues sans aucun mélange avec des ocres jaune et brune, à l’aide de la torréfaction.
- M. Basset, rue de Vaugirard, 33, présente des boutons en corne colorés.
- M. de Montureuto, à Arracourt ( Meurthe ), adresse deux numéros du journal intitulé Y Écho de la Seille, contenant des articles sur la maladie de la vigne, sur la possibilité de diminuer le prix de revient des imitations et reproductions des statues et bas-reliefs, et sur une charrue monocycle.
- M. Adolphe Sarrazin prie la Société de recevoir un dépôt cacheté renfermant un procédé nouveau d’argenture et de dorure galvanique des pièces d’orfèvrerie et de bijouterie.
- M. Achard, à Nîmes (Gard), fait connaître la composition d’un terreau animalisé.
- M. Defendini, d’Adro, province de Brescia, en Lombardie, adresse une brochure en langue italienne contenant de nouvelles études sur la cause, la nature et le remède de la maladie de la vigne, applicable à la conservation des céréales.
- M. Heyraud, notaire, à Villeneuve-de-Berg, fait connaître que, chargé de recueillir des souscriptions pour la statue que la France propose d’élever à la mémoire d’Olivier de Serres, il demande que la Société d’encouragement veuille bien s’associer à cette oeuvre patriotique.
- M. Audiganne, l’un des secrétaires de la commission impériale de l’exposition de 1855, fait hommage d’un ouvrage qu’il vient de publier sous le titre de, Les populations ouvrières et les industries de la France dans le mouvement social du xix° siècle.
- Le conseil vote des remercîments à M. Audiganne pour le don de cet ouvrage.
- M. Chevallier, membre du conseil, présente, de la part de M. de Luca, rue de Lacé-pède, 8, un chalumeau à jet continu.
- M. Agasse lit un rapport sur la répartition de la somme provenant du legs Bapst pour l’année 1853.
- Les conclusions du rapport sont adoptées.
- paris.
- IMPRIMERIE DE Mme Ve BOUCHARD-HÜZARD, RUE DE l’ÉPERON, 5-
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- 53* ANNÉE. DEUXIÈME SÉRIE. N» 10. — MAI 1854.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- OUTILS.
- Rapport fait par m. benoît, au nom du comité des arts mécaniques, sur un outil a ficher les échalas , inventé par m. duguay , mécanicien, à Argenteuil ( Seine-et-Oise ).
- Messieurs, les vignerons du bassin de la Seine n’y font prospérer la vigne qu’au prix de travaux bien plus pénibles que ceux des vignerons du midi de ]a France, où, dans certaines localités, le concours du labourage par les mules vient même alléger leurs fatigues corporelles.
- C’est principalement dans l’emploi des échalas, si nécessaires, par les hautes latitudes, pour favoriser l’action bienfaisante des rayons solaires sur les pampres, que réside la différence de culture des deux contrées, et la cause des indispositions, souvent graves , qui affligent les vignerons des environs de Paris, telles qu’ecchymoses, abcès, etc.
- En effet, pour ficher en terre un échalas, dont la longueur ordinaire est d’environ lm,50, le vigneron commence par en enfoncer dans le sol le pied taillé en pointe , en étreignant le corps dans les mains , et en lui imprimant quelques mouvements autour de la verticale qu’il doit occuper, tandis qu’il appuie de toutes ses forces pour produire un premier degré d’enfoncement.
- Cette partie de l’opération étant terminée, le vigneron, qui a garni son aisselle d’un fort plastron en cuir, s’appuie sur la tête de l’échalas comme il le ferait sur une béquille, et le choque par l’effet d’une secousse qui procure l’enfoncement de l’échalas au degré voulu.
- On concevra tout ce que de telles manœuvres ont de barbare , quand on saura qu’un homme doit les renouveler six mille fois pour échalasser les dix ares de vignes qu’il embrasse dans son travail journalier.
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- Frappé d’un tel état de choses et désireux d’apporter un soulagement réel aux fatigues du vigneron, M. Duguay, mécanicien et propriétaire, à Argen-teuil ( Seine-et-Oise), a imaginé et vous a présenté un outil à ficher les écha-las, dont il s’est assuré la propriété par un brevet d’invention , et dont vous avez prescrit l’examen par votre comité des arts mécaniques, qui m’a chargé de vous rendre compte de ses appréciations.
- Bien que cet outil soit simple , il n’en assure pas moins des transmissions de force appropriées à l’objet que l’inventeur s’est proposé , et son efficacité ayant été confirmée par l’expérience , un assez grand nombre en a déjà été vendu aux vignerons.
- Il se compose d’une tige de fer carrée d’environ 15 millimètres de grosseur, dont l’extrémité supérieure est coudée et amincie pour recevoir un manche de bois cylindrique, tandis que l’extrémité inférieure est aplatie sur l’enclume, et renvoyée d’équerre, du même côté que le manche, pour recevoir l’action soit du pied, soit du genou du vigneron qui le manœuvre.
- Les organes ou parties de l’outil qui agissent immédiatement sur l’échalas existent du côté de la tige opposé au manche et à la pédale; le premier, placé vers la moitié de la hauteur de cette tige qui est d’environ 55 centimètres, consiste en une sorte de crochet transversal, ayant la forme du crochet aplati d’un bouillon de romaine ; son plan général est perpendiculaire à la tige , et parallèle à celui de la pédale.
- Le second organe est une fourchette ayant la forme dite pied de biche* fixée au bas de la tige de l’outil, à l’opposé de la pédale, et dont les arêtes intérieures, dirigées en contre-bas et légèrement tranchantes, forment, avec cette tige, des angles obtus de même ouverture.
- Pour ce qui est de la manœuvre de l’outil, voici comment la décrit notre honorable collègue M. Amédée-Durand, qui l’a vu pratiquer dans les vignobles d’Argenteuil : « Pendant que l’ouvrier prend d’une main l’échalas, « de l’autre, qui tient le manche, il le saisit avec le crochet, et le plaçant à « terre verticalement, il porte vivement, et par une sorte de saut, l’un de ses « pieds sur la pédale. Par ce mouvement il agit avec la presque totalité du « poids de sa personne, augmenté de sa vitesse acquise, ne laissant à son « second pied que l’appui nécessaire pour diriger l’opération. »
- Dans cette manœuvre, la tige de l’outil étant placée parallèlement à l’écha-las, et à une distance d’environ 3 centimètres, le pied-de-biche d’un côté et le crochet de l’autre , on conçoit que l’action, en porte-à-faux , du vigneron sur la pédale , engage fortement l’échalas dans le pied-de-biche et presse contre lui le crochet supérieur. Par suite de ces effets, les arêtes de la fourchette et la rive intérieure du crochet produisent, sur le bois, des empreintes suffisantes pour s’opposer au glissement de l’outil le long de l’échalas, et
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- pour déterminer très-efficacement le fichage permanent de ce dernier dans le sol.
- Votre comité des arts mécaniques a trouvé l’outil de M. Duguay très-bien combiné, et le croit destiné à rendre de véritables services, tant par les facilités de travail qu’il procure, quelle que soit la longueur des échalas, que par la préservation manifeste de la santé des hommes, précieux résultat de son emploi. Voici, en conséquence, Messieurs, les propositions qu’il vous prie d’accueillir 1° approuver le fiche - échalas de M. Duguay; 2° remercier cet inventeur de la présentation qu’il vous en a faite ; 3° provoquer l’adoption de cet outil spécial, le seul jusqu’ici de son genre (1), par l’insertion du présent rapport dans le Bulletin, accompagné d’un dessin à échelle.
- Signé Benoît, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 25 janvier 1854.
- Fig. 1. Le fiche - échalas de M. Duguay, garni de toutes ses pièces.
- Fig. 2. Poignée et crochet vus séparément.
- Fig. 3. Fourchette détachée de l’outil.
- A, échalas. B, tige en fer de l’outil. C, manche adapté à cette tige. D, pédale sur laquelle l’ouvrier appuie avec le pied. E, crochet embrassant l’échalas. F, fourchette en forme de pied de biche qui saisit l’échalas.
- (1) Le Catalogue officiel des brevets d’invention constate que depuis le brevet de M. Duguay, ayant la date du 12 mai 1851, un second brevet a été obtenu, le 6 mars 1852, sous le n« 13162, par
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- DESCRIPTION d'un MÉTIER A TISSER A MAILLES FIXES Combiné avec la MÉCANIQUE JACQUARD, pour fabriquer des tissus brochés en laine ou en coton, imitant la broderie au cro-chet; par m. joyeux.
- Le 20 décembre 1851, M. Joyeux a pris un brevet d’invention de quinze ans pour-un genre de tissu broché en laine ou en coton, et principalement pour l’application des métiers à mailles fixes ou à chaîne combinés avec la machine Jacquard, métiers déjà employés à la fabrication des tissus brochés en laine ou en coton, ayant de l’analogie avec les broderies faites à la main et nommées broderies au crochet.
- La fig. 1 de la planche 12 est une vue de face du métier; la fig. 2, une section verticale et transversale; la fig. 3, une élévation latérale; la fig. 4, une vue de face et la fig. 5, une section verticale de la roue armée d’un rochet et de vis : ces deux dernières figures sont dessinées sur une plus grande échelle.
- Les mêmes lettres désignent les mêmes objets dans toutes les figures. a, plomb à platines, b, platines à châssis ou barre à platines, c, aiguilles fixées dans le plomb, d e, barres à platinettes destinées à porter leurs fils sur les aiguilles pour former le corps et le fond du tissu, f, ensouple portant la chaîne, f', ensouple recevant l’étoffe fabriquée, g, verges ou tringles supportant les fils de la chaîne, g', verges dirigeant les fils brodeurs, h, platine ou barre brodeuse, i, pointes soudées à cette platine. j, roue dont la circonférence est armée de dents à rochet et de trois rangées de vis z, correspondant aux trois châssis à platines d e h. L’arbre de cette roue est muni d’une poignée/, à l’aide de laquelle on la fait tourner; les vis font manœuvrer latéralement les trois châssis, qui sont renvoyés par de petits ressorts, k, mécanique Jacquard. /, boîte à plomb à entre-deux, m, boîte inférieure, n, broche à basculé, o o, bâti du métier, p, table portant les roquets ou roquetins en fuseaux y y. q, lame de presse mue par la marche q'. r, grande grille, s, cordons en nombre égal à celui des broches n : ils sont mus par la jacquard, u, maillon en verre, v, contre-poids, x, fils formant le broché, y, fuseaux fournissant la chaîne pour faire le broché, z, vis entourant la roue/.
- M. Lasserve, mécanicien, à Paris, pour un étrier ficheur, et un troisième brevet, daté du 26 mars 1852, et ayant le n° 13344, pour un fichoir, par MM. Michel frères, serruriers , habitant l’un à Paris et l’autre à Argcnteuil.
- Par suite d’explications amiables, qui ont eu lieu entre ces derniers et M. Dnguay, ils ont abandonné la fabrication de leur fichoir, qui consiste en une simple fourche emmanchée au bout d’un bâton en bois, dentée à l’intérieur et munie d’une pédale à l’extérieur de l’une de ses branches.
- Quant à l’étrier de M. Lasserve, il est plutôt une sorte d’appareil, qui doit être attaché à la jambe droite de l’ouvrier, qu’un outil; aussi les vignerons ne paraissent pas en faire usage.
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- Avec la disposition primitive du.métier, lorsqu’on produisait le broché sur le tissu imitant la broderie au crochet, les fils brodeurs flottaient et formaient des brides sur l’envers de l’étoffe. Pour pouvoir livrer celle-ci au commerce, il fallait couper ces brides. Cette opération, outre qu’efle exigeait des soins et entraînait une dépense considérable, diminuait la solidité du tissu; pour la supprimer, l’auteur est parvenu à lier et à enlacer les parties de fils formant ces brides avec ceux composant le fond de l’étoffe.
- Pour fabriquer le tissu broché ou celui imitant le crochet broché, on emploie trois barres ou trois châssis portant des platines. Les barres d e, désignées sous le nom de platinetles, servent à transmettre les fils aux aiguilles pour former le fond du tissu, tandis que les châssis h, munis des platines brodeuses, forment le broché.
- Les platines des barres ou châssis d e sont percées, à leur extrémité supérieure, d’un trou dans lequel passe le fil ; elles le distribuent à dfoite ou à gauche sur les aiguilles. Les deux barres fonctionnent en sens contraire pour former le tissu; les fils de ces deux barres sont ourdis surTensouple f ..
- Le broché est fait à l’aide de la troisième barre h, dont les platines brodeuses, munies aussi de fils, sont mues de haut en bas par la mécanique Jacquard; cette barre, de même que celles d e, peut recevoir un mouvement latéral de droite à gauche, et vice versa.
- La jacquard est destinée à faire baisser les platines brodeuses qui ne contribuent pas à la formation du dessin.
- Lorsque ces platines sont descendues et que leurs fils ne travaillent pas, ils forment des brides qui doivent être coupées. On remédie à cet inconvénient par un nouveau procédé d’enlacement des fils du broché avec ceux du fond.
- On obtient ce résultat en faisant prendre périodiquement tous les fils brodeurs sur les aiguilles, ce qui est déterminé par le carton de la jacquard, qui doit servir pour les mailles suivantes.
- En généra], avec les dispositions en usage, la jacquard sert à soulever lès fils qui doivent former le dessin. Le perfectionnement dont il s’agit produit l’effet contraire, c’est-à-dire qu’avec un carton’ blanc on peut faire lever tous les fils brodeurs, ce qui est indispensable pour les lier avec le tissu; mais l’auteur produit l’effet du carton blanc par le carton suivant frappé à demi, et c’est alors qu’il fait passer tous les fils entre les aiguilles. En tournant la roue y par la combinaison des>yis z, on fait mouvoir seule ment le châssis brodeur h; alors tous les fils brodeurs sont placés sur les aiguilles. Un ressort latéral ramène ce châssis dans sa position primitive, et, au lieu de presser les fils brodeurs comme les rangées ordinaires, on décroche le métier, ce qui fait mélanger et avancer la précédente rangée avec ses fils brodeurs dans le bec des aiguilles pour que le tout ne forme qu’une seule rangée. On abandonne ensuite le carton, afin qu’il produise son effet de dessin, et on continue le travail ordinaire pendant la longueur des trous qu’on veut obtenir; alors le châssis brodeur h reçoit un nouveau mouvement à l’aide de la roue/, et ainsi de suite, pendant toute la fabrication de la pièce.
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- Par ce moyen, les fils brodeurs qui ne concouraient pas à la formation du dessin se trouvent liés à ceux du fond à chaque fermeture des trous ou jours de l’étoffe, ce qui évite les brides ou les fils plus ou moins longs qu’il fallait couper.
- On comprend donc l’avantage de cette nouvelle disposition mécanique qui supprime les brides dans le métier à mailles fixes combiné avec la jacquard, et produit des tissus brochés dont l’aspect offre une grande ressemblance avec les broderies au crochet. (D.)
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- description des procédés d'emboutissage des tubes et autres articles de tréfilerie;
- par M. PALMER.
- M. Palmer est un artiste habile et intelligent dont la Société a récompensé le mérite en lui décernant successivement les plus hautes récompenses dont elle dispose.
- A la fin de 1849, M. Palmer présenta plusieurs produits sortis de ses ateliers. Il en fut rendu compte dans un rapport très-développé de M. Alcan, à la suite duquel la Société décerna à M. Palmer, dans sa séance générale du 5 juin 1850, une médaille de platine, pour ses procédés d’emboutissage des métaux de tréfilerie et d’étirage au banc. ( Voyez Bulletin, année 1849, p. 28 et 264. )
- En 1851, nouveau rapport de M. Alcan sur des moules de bougies en fer étiré, remplaçant ceux en étain, qui ont l’inconvénient d’être lourds et d’un prix élevé, et sur d’autres articles emboutis. Dans la séance générale du 7 mai de la même année, une médaille d’or fut accordée à M. Palmer. ( Yoy. Bulletin de 1851, p. 180 et 255.)
- Les rapports que nous venons de citer ne parlant que des produits, sans faire connaître l’outillage employé par M. Palmer, nous croyons devoir y suppléer en donnant la description des machines et appareils qui servent à l’emboutissage et à l’étirage au banc, description puisée dans le brevet délivré à M. Palmer le 25 septembre 1848, et de plusieurs certificats d’addition publiés dans le tome XIY de la Collection des brevets pris sous l’empire de la loi de 1844.
- 1° Machine à emboutir les tubes sans soudure pour les chaudières.
- Cette machine, destinée à remplacer, par l’emboutissage, l’action du balancier et du banc à étirer, peut également servir comme intermédiaire pour faciliter le travail
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- à la sortie du balancier, avant l’action du banc à étirer. On peut emboutir, par son moyen, des tubes de toute dimension en longueur et en diamètre.
- Cette machine, représentée en plan fig. 1 de la pl. 13, et fig. 2 en section verticale suivant la ligne AB de la fig. 1, participe du balancier par le système d’emboutissage par refoulement, et du banc à étirer par sa disposition horizontale ; elle se compose des pièces suivantes :
- a a', deux plateaux disposés sur un banc b et reliés par quatre tringles c c c rete-nues par des écrous.
- Le plateau a est traversé par un écrou d avec lequel fait corps fine roue d’angle e, tournant librement dans l’ouverture centrale du plateau a.
- Un écrou g et un contre-écrou h empêchent le déplacement longitudinal de l’écrou mobile d, à travers lequel passe une longue vis i encastrée dans une traverse k servant de guide conducteur, et qui embrasse diagonalement les tiges c' cf.
- L’extrémité de la vis i reçoit le mandrin l; contre le plateau a' se place la filière m qui règle le diamètre variable de l’emboutissage.
- Avec la roue d’angle e engrène un pignon conique w, dont Taxe/, tournant sur les supports o o, est terminé par la grande roue p Un pignon droit q engrène avec cette-roue, et son axe r reçoit une manivelle s.
- On peut, au besoin, supprimer la roue p et son pignon, et placer alors la manivelle directement sur l’axe jf’.
- La machine ainsi disposée et le mandrin garni du culot à emboutir t étant ajusté au bout de la vis et la filière maintenue contre le plateau «, l’emboutissage du culot s’effectue de la manière suivante :
- La rotation de la manivelle s se transmet par les engrenages à l’écrou principal d; celui-ci entraîne alors longitudinalement la vis i, qui refoule le culot à travers la filière.
- Si la machine a pour objet l’opération entière de l’emboutissage, la plaque primitive destinée à la formationdu tube est refoulée en culot sur cette machine, en procédant comme au balancier. Après plusieurs passes et l’allongement successif du culot, ce dernier enchâsse le mandrin et passe alors à la filière pour être refoulé comme il a été expliqué plus haut; cette action se continue jusqu’à l’emboutissage complet du tube.
- Pour activer le rappel de la vis porte-mandrin, l’auteur dispose, au besoin, l’axe / à glissement avec un chapeau d’encliquetage qui permet de désembrayer le pignon conique n d’avec la roue d’angle e, puis il monte sur le derrière de la vis i un système d’engrenage ou de rappel accéléré.
- 2° Application de Vemboutissage aux réservoirs et becs de lampe et aux cartouches
- en tôle de fer.
- L’auteur effectue soit l’emboutissage complet, soit l’emboutissage et l’étirage de ces objets, de la même manière qu’il emboutit les tubes des chaudières, c’est-à-dire que, pour le corps de la lampe, il prend une rondelle d’un métal quelconque ou alliage
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- ductile, qu’il découpe dans une feuille ou planche, puis qu’il perce au centre. Dans cet état, elle est refoulée en culot de forme cylindro-conique, soit au balancier, soit à la machine, et ensuite emboutie sur un mandrin en acier passant par le trou central de la plaque ou du culot.
- Le culot destiné à former des tubes ou cylindres est recuit, au fur et à mesure des passes successives, pour lui faire reprendre sa ductilité.
- L’application de l’emboutissage à la confection des corps de lampe supprime la soudure latérale et celle du fond qui se trouve d’une seule pièce avec ces cylindres, lesquels sont d’une grande rigidité : il en est de même des becs de lampe, qui peuvent être rendus très-minces et former un tube d’égale épaisseur, s’échauffant uniformément sur son pourtour ; il en résulte que la mèche ne se cbarbonne plus et brûle avec une grande régularité.
- 3° Emboutissage d’objets de peu de résistance, tels que porte-plumes, cartouches métalliques, tubes de lorgnettes, etc.
- Lorsqu’il s’agit d’emboutir ces objets, l’auteur modifie la construction de sa machine et emploie une commande à rotation continue sans retour et sans débrayage. Ainsi le va-et-vient du poinçon est déterminé par la rotation continue de l’arbre principal ; et, si on suppose un poseur mécanique adapté à la machine, le même ouvrier peut soigner plusieurs machines à la fois.
- Cette combinaison peut être réalisée par l’emploi, comme intermédiaire entre la commande et le poinçon, soit d’une manivelle et d’une bielle, soit d’un excentrique et d’une courbe.
- 4° Emboutissage des moules de chandelles ou de bougies.
- La substitution de l’emboutissage au moulage et à la fusion des moules de chandelles et de bougies présente l’avantage d’obtenir des moules plus légers , plus minces, et, comparativement, plus rigides et plus lisses à l’intérieur.
- L’auteur établit ainsi des moules en fer étamé, zinc, étain ou autres métaux ou alliages, garnis d’un enduit préservateur, et qui déterminent un refroidissement plus rapide, avantage qu’on ne peut obtenir des moules en étain.
- La construction de ces moules s’effectue par les procédés et les appareils d’emboutissage décrits plus haut et qui peuvent aussi s’appliquer à l’emboutissage des fourreaux de sabre sans soudure.
- 3° Améliorations et modifications introduites dans le procédé d’emboutissage.
- L’auteur fait observer que, lorsqu’il a commencé à emboutir avec sa machine, il a reconnu qu’il était impossible de fabriquer de bons tubes avec un culot en métal fondu ; il a donc eu recours au laminage.
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- Suivant la dimension de l’objet à produire par l’emboutissage, M. Palmer découpe un premier flan ou disque dans une feuille de cuivre, de zinc ou de tôle choisie à l’épaisseur convenable, puis il traite ce flan de la manière suivante :
- Il le place sur l’ouverture conique d’une matrice u, fig. 3, ou sur une matrice à cône plus évasé et moins profonde, surtout pour la première opération, et il fait prendre au flan le contour intérieur de cette matrice à l’aide d’un mandrin v fixé à un balancier ou à une machine.
- En variant ou rétrécissant successivement les matrices et les poinçons, M. Palmer est parvenu à obtenir un culot cylindro-conique prêt à recevoir le mandrin pour continuer F emboutissage à sa machine.
- La fig. 4 indique un tracé de la transformation successive du flan.
- Ainsi le flan x y, qui est préalablement découpé sous la forme d’un disque circulaire plan, reçoit à la première passe le contour z z, à la seconde le contour b' b’; puis enfin ses bords se rapprochent dans une troisième passe pour recevoir, à l’intérieur, un mandrin d'qui continue l’emboutissage.
- Cette manière d’opérer ne brise aucune partie du métal, comme cela a lieu dans l’emboutissage ordinaire, et dont la fig. 5 donne une idée.
- En effet, le flan é e', après la première passe, est relevé en équerre f' f formant rebord ; la deuxième passe produit un autre rebord plus élevé g' g', pour arriver ainsi successivement à un culot cylindrique h'. Or le flan ainsi traité est brisé, et, dans la suite de l’étirage ou de l’emboutissage, le tuyau se brise aux endroits qui ont subi les premières passes à retour d’équerre.
- Par le procédé de M. Palmer, le flan se courbe sans brisure et le métal conserve toute sa ténacité ; il est recuit dans l’intervalle des passes.
- Lorsqu’il s’agit d’emboutir des bouteilles ou vases à rétrécissements, l’auteur procède de la manière suivante :
- Il emboutit un flan de cuivre, fer ou zinc, suivant la forme cylindrique, fig. 6 ; puis il saisit ce cylindre vers son fond fermé, et il soumet l’extrémité ouverte à un emboutissage opposé qui rétrécit successivement le cylindre primitif et l’amène à la forme indiquée en i', fig. 7.
- Dans cet état, la forme de la bouteille, résultant de deux emboutissages opposés, se plisse à la rencontre du col et du ventre; ce plissage disparaît par l’un des trois procédés suivants :
- Le vase est encastré dans un moule en plusieurs parties, dont toutes les pièces s’assemblent d’une manière parfaitement concentrique. Les parois intérieures de ces pièces ont exactement la forme de la bouteille, de telle sorte que, lorsqu’on y enchâsse la bouteille, elle se redresse quand le moule est assemblé; on monte ensuite ce moule sur le tour : en introduisant alors un brunissoir W dans l’intérieur de la bouteille, tous les plis s’effacent, et la bouteille sort parfaitement nette de son moule.
- Mais ce procédé n’est praticable que lorsque la dimension de la bouteille et de son Tome Ier. — 53e année. 2e série. — Mai 1854. 40
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- col permet l’introduction du brunissoir ; dans le cas contraire, on arrive au résultat désiré soit par la presse hydraulique, soit par le balancier.
- Nous avons dit que, lorsque la bouteille a subi l’action des deux emboutissages opposés, il reste à effacer les plis formés vers l’intersection du col et du ventre. En supposant que le brunissoir ne puisse être employé, on encastre la bouteille V dans son moule en plusieurs parties m ri o p', dont on voit la disposition fig. 8 ; puis on assemble toutes les parties du moule pour redresser la bouteille ; dans cet état, on remplit la bouteille d’eau, et on la soumet à une forte pression par l’action d’une .presse hydraulique dont le conducteur est représenté par le raccord q'.
- Il résulte de cette pression que l’on peut pousser à tel degré qu’il est nécessaire, que non-seulement les plis de la bouteille s’effacent, mais encore que le métal, fortement pressé contre les parois du moule, se loge dans toutes ses cavités pour produire une bouteille d’une forme régulière.
- Le troisième moyen consiste à remplir la bouteille d’eau après qu’elle a été placée dans le moule, et à faire agir une ou plusieurs fois vivement le piston r', fig. 9, d’un balancier ; ce piston étant ajusté à frottement exact dans le col de la bouteille, il s’opère une pression de l’eau contre les parois intérieures de la bouteille.
- 6° Emboutissage des canons de fusil.
- Voici les procédés que l’auteur emploie pour emboutir des tubes en cuivre , zinc, 1er ou acier, dont l’ouverture intérieure serait., par exemple, cylindrique, et dont le diamètre extérieur serait conique.
- Supposons qu’il s’agisse d’un canon de fusil d’une longueur de 60 centimètres. M. Palmer emboutit le flan sur une longueur de 60 centimètres environ , à partir du tonnerre du canon, sur un mandrin cylindrique, puis il introduit un mandrin conique, et il continue l’emboutissage jusqu’à une longueur de 50 centimètres ; dans cette passe, le canon ne fait que s’affaisser dans la première partie emboutie, et le reste s’allonge : alors, pour terminer le canon, on introduit un mandrin cylindrique dont le diamètre correspond au diamètre minimum des précédents mandrins; puis on fait passer le canon, à partir du petit bout, entre deux cylindres à gorge excentrique pour ramener l’ouverture intérieure cylindrique vers le tonnerre et compléter l’emboutissage.
- L’auteur applique avec succès ce procédé à la superposition ou recouvrement successif de tubes de même épaisseur ou d’épaisseur différente.
- A cet effet, s’il s’agit, comme précédemment, d’un canon de fusil, on emboutit séparément plusieurs culots métalliques dont la fig. 10 donne une idée, et on amène chaque culot à une même longueur ou à des longueurs différentes et à des diamètres successifs; on emboutit alors, sur le tube qui doit former l’intérieur du canon et qui sert de mandrin, un second tube qui l’enveloppe sur une partie de sa longueur ; on procède de même pour un troisième, quatrième, cinquième tube, etc., ce qui donne un tube multiple parfaitement adhérent, sans soudure.
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- Ce tube, chaussé par emboutissage, peut simuler des gradins à l’extérieur, comme l’indique la fig. 11, ou former une surface unie, telle que la fig. 12, selon la destination de ce tube.
- Les fig. 13, 14, 15, 16 et 17 indiquent diverses superpositions d’épaisseurs semblables ou différentes. Dans le cas de canons rayés, le tube intérieur présenterait une épaisseur suffisante.
- La fig. 18 est une filière composée de plusieurs fragments dont le nombre varie suivant le nombre de côtés de la tige conique à emboutir ou à étirer. On suppose qu’il s’agit d’une barre quadrangulaire comprise entre quatre fragments a, susceptibles de recevoir simultanément un mouvement rectiligne de va-et-vient.
- Chaque fragment porte une tige filetée b, sur laquelle est monté un pignon d’angle e; une roue conique d, mue par la machine à emboutir ou à étirer, commande à la fois les quatre pignons dans le sens convenable pour agrandir ou rétrécir Couverture comprise entre les quatre fragments de la filière.
- La fig. 19 représente l’ouverture e plus développée ; on comprend que cette ouvert ture, se rétrécissant au fur et à mesure de l’emboutissage de la tige quadrangulaire, étirera cette dernière sous forme pyramidale.
- La filière précédente, sauf la commande de la roue d’angle et des pignons-, peut constituer une filière multiple pour emboutir ou étirer parallèlement des tiges ou barres de différentes grosseurs, et remplacer à elle seule plusieurs séries de filières. L’ouverture de forme quadrangulaire, triangulaire, polygonale, etc., des quatre, trois ou plusieurs fragments de la filière se réglera pour chaque cas particulier.
- Pour emboutir ou étirer un tube ou une tige de section circulaire ou autre sous forme conique, l’auteur adopte, en place de laminoirs excentrés, un système de galefe au nombre de trois, quatre, plus ou moins, constituant une filière conique,
- La fig. 20 représente cette disposition.
- Quatre galets g, réunis et soumis à la même commande rotative, par une transmission analogue à celle de la fig. 18, portent sur leur circonférence une gorge à section se rétrécissant graduellement. Lorsqu’il s’agit d’emboutir ou d’étirer un cône, un tube ou une tige dont le plus fort diamètre correspond à la plus grande ouverture comprise entre les quatre galets, on règle préalablement ces derniers à l’ouverture indiquée, puis, en même temps que la machine à emboutir ou que le banc à étirer fonctionne, une transmission fait tourner simultanément les quatre galets, dont l’ouverture servant de filière se rétrécit pour donner la forme conique sur tout ou sur une partie de leur développement. Les fragments a de la filière fig. 19, ainsi que les galets g de la fig. 20, sont en acier trempé et en nombre facultatif.
- Les filières fig. 18, 19 et 20 se prêtent à l’étirage conique ou même cylindrique de tubes, tiges, baguettes, etc., de toute section.
- C’est ainsi qu’en réduisant la disposition, fig. 20, à deux galets on parvient à étirer ou emboutir des fourreaux de sabre, et en général des étuis analogues. ( D. )
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- HUILES.
- HUILES.
- Sur la falsification des huiles, par M. F. Crace Cal vert.
- Traduit de l’anglais par M. Aimé Girard.
- La grande quantité d’huiles employées aujourd’hui par la mécanique, l’industrie des laines, etc., en a fait introduire, dans le commerce, de nombreuses variétés, et a poussé souvent à mélanger ou falsifier celles d’entre elles qui sont d’un prix élevé. Ayant été, à différentes reprises, chargé d’examiner des échantillons d’huiles, je me suis convaincu que les procédés généralement employés pour reconnaître les fraudes étaient trop généraux dans leur application pour me permettre d’obtenir des résultats satisfaisants. A cette classe appartiennent : le procédé délicat employé par M. Boudet, principalement pour découvrir, dans l’huile d’olive, la présence des huiles siccatives, au moyen de l’acide hyponitrique, et le diagomètre de M. Rousseau, basé sur l’infériorité du pouvoir conducteur de l’huile d’olive, comparé à celui des autres huiles.
- Pour distinguer une classe d’huiles d’une autre, nous avons la méthode de M. Faure, qui repose sur la coloration brune ou noire que prennent exclusivement les huiles de poisson lorsqu’on y fait passer un courant de chlore gazeux, et celle de M. Maumené, dans laquelle on distingue les huiles siccatives des huiles non siccatives, d’après la grande élévation de température que prennent ces dernières, lorsqu’on les mélange avec de l’acide sulfurique concentré; mais quoique M. Fehling ait essayé, récemment, de donner une plus grande précision aux recherches de M. Maumené, cette méthode est encore loin d’être satisfaisante.
- Il y a d’autres procédés dont les caractères ne sont pas suffisamment nets pour pouvoir être employés avec un certain degré de certitude; tel est celui de M. Faure, consistant à ajouter aux huiles une quantité donnée d’ammoniaque caustique, et à remarquer, après le mélange, la couleur blanche ou jaune que prend la masse épaisse ainsi obtenue. On en peut dire autant de celui de M. Heidenreich, reposant sur l’emploi de l’acide sulfurique, et de celui de M. Diesel, avec l’acide nitrique concentré, car, dans ces cas, l’action chimique est si violente, que les colorations caractéristiques produites au premier moment disparaissent rapidement, par suite de la destruction des huiles.
- Ces faits m’ont conduit à examiner quelle serait l’action, sur les huiles, des mêmes acides dilués, et je vais décrire les résultats satisfaisants que j’ai obtenus.
- Les colorations marquées que l’on obtient de cette manière peuvent être considérées comme dérivant de deux actions chimiques distinctes : 1° elles semblent dues à certaines matières étrangères dissoutes dans Jes huiles, et préexistantes dans les substances d’où l’on a extrait ces dernières ; 2° les acides étendus ont probablement une action sur les parties constituantes des huiles elles-mêmes; car si, après avoir, ainsi traité les huiles, on ajoute de la soude caustique,, l’effet produit est différent du résultat obtenu par la même opération avec celles qui n’ont pas été préalablement traitées par les
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- HUILE?.
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- acides ; ce fait se voit clairement avec l’huile de noix , qui, traitée directement par la soude caustique d’une densité de 1,340, donne une masse fluide à demi saponifiée, tandis qu’elle donne une masse fibreuse, si elle a été traitée par l’acide nitrique étendu, avant l’addition de l’alcali.
- Il est intéressant, ici, de remarquer que les huiles de poisson donnent des réactions distinctes de celles fournies par les autres huiles végétales ou animales ; aussi, dans mon opinion, l’huile de foie de morue n’est-elle pas la seule qui, comme l’ont montré les travaux de M. Winckler, possède une composition différente de celle des autres huiles. Il en est probablement de même des huiles de baleine et de dauphin.
- La difficulté la plus grande que j’aie rencontrée a été de me procurer des huiles de la pureté desquelles je pusse répondre; pour y parvenir, j’ai été , dans bien des cas , obligé d’aller chercher les échantillons sur Je continent, à la source même de leur production; j’ai pris, en outre, la précaution de m’assurer de leur degré de pureté, en les soumettant aux divers essais que je décrirai plus loin.
- Le motif qui m’a fait employer tant de réactifs, c’est que les falsifications que peuvent conseiller les intérêts commerciaux sont nombreuses, et que les réactions présentées par les matières organiques, et surtout par les huiles, sont très-délicates. Je recommande d’essayer des échantillons d’huiles pures comparativement avec les échantillons que l’on supposera altérés ; de ne jamais se contenter d’une seule expérience, mais de faire toutes celles qui donnent, avec l’huile à examiner, des réactions caractéristiques.
- C’est avec grand plaisir que je reconnais l’intelligence, l’adresse et les connaissances chimiques déployées, dans ces longues recherches, par mon préparateur, M. Charles Lowe.
- Comme les réactions données par les différentes huiles dépendent exclusivement de la force et de la pureté des réactifs, non-seulement il faut apporter un grand soin à leur préparation, mais encore il faut prendre toutes les précautions et mettre tout le temps nécessaire pour laisser apparaître l’action chimique. J’ai eu soin d’indiquer ces détails à chaque réactif.
- Dissolution de soude caustique d’une densité de 1,340.
- Les réactions indiquées dans le tableau suivant ont été obtenues en ajoutant un volume de la liqueur d’essai ci-dessus à cinq volumes d’huile, mêlant bien le tout et chauffant le mélange jusqu’au point d’ébullition.
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- HUILES.
- COLORATIONS FONCÉES. COLORATIONS CLAIRES.
- HUILES HUILES
- DE POISSON VÉGÉTALES ANIMALES | VÉGÉTALES
- de baleine, j de dauphin, ; rouge, de foiedemor.) J brun de chènevis, j jaunâtre ) épais. de lin, jaune fluide. i de pied ] brun de colza, » de > jaunâtre d’œillette, | . aiu bœuf, j sale. de noix, j jaune de saindoux, blanc rosé, de sésame, J sale'
- de ricin, j d’arachide, jblanc. deGallipoli(l), j d’olive, Maune-
- La soude caustique d’une densité de 1,340 est employée surtout pour distinguer l’huile de poisson des autres huiles animales et végétales, d’après la couleur rouge distincte que prennent les premières, coloration tellement nette que 1 pour 100 d’huile de poisson peut être découvert dans toute autre huile. Ce tableau pourra également être consulté lorsqu’il s’agira, non pas de découvrir des falsifications, mais d’établir la nature des huiles elles-mêmes; ainsi l’huile de chènevis prend une couleur jaune brun, et devient si épaisse que le vase qui la contient peut être renversé sans rien laisser perdre de son contenu, tandis que l’huile de lin prend une couleur jaune plus claire et reste fluide. L’huile d’arachide est caractérisée parce qu’elle donne une masse blanche devenant solide cinq minutes après l’addition de l’alcali, propriété que possèdent encore les huiles de Gallipoli et de navette, à l’exception de toutes les autres qui demeurent fluides.
- Quoiqu’il soit probable que la raison pour laquelle certaines huiles, par l’application de ce réactif, prennent un aspect maeilagi lieux, tandis que d’autres deviennent solides et fibreuses, est la facilité plus ou moins grande qu’elles ont à se saponifier, j’ai ce-» pendant le regret de n’avoir pu examiner à fond cette question.
- Action de l'acide sulfurique étendu sur les huiles.
- L’acide sulfurique m’ayant donné, suivant sa densité, des réactions variables sur les huiles que j’avais à ma disposition, circonstance qui peut être utilisée pour reconnaître certaines falsifications commerciales, j’étudierai séparément chaque série de réactions.
- Acide sulfurique d’une densité de 1,475.
- Pour employer cet acide, il faut en agiter un volume avec cinq volumes d’huile, jusqu’à ce que Je mélange soit complet ; on laisse ensuite reposer pendant quinze minutes environ.
- (i) L’huile de Gallipoli est une huile végétale très-employée en Angleterre, et importée de Grèce et. de la Turquie d’Europe.
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- HUILES.
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- PAS DE COLORATION. COLORATION.
- HUILES HUILES
- ANIMALES VÉGÉTALES DE POISSON ANIMALES VÉGÉTALES
- de saindouxjk1^ d'arachide, de colza, d’oeillette, de ricin. de baleine, jrouge de dauphinj dab-. defoiede) morue, jP«“rP*’e* de pied'i de jaunâtre, bœuf, ) d’olive, ] de Gallip.Jverdât. de sésame,) de lin, vert.
- de chènevis, j,™1.; de noix, brunâtre.
- Parmi les réactions consignées dans ce tableau, les plus frappantes sont celles fournies par les huiles de lin et de chènevis; car la coloration verte qu’elles prennent est telle, que, si on les employait pour falsifier d’autres huiles à la dose de 10 pour 100, leur présence serait indiquée par la teinte verte qu’elles communiqueraient, à ces dernières.
- La couleur rouge que prennent les huiles de poisson avec ce réactif est assez marquée pour permettre d’en découvrir 1 pour 100 dans une autre huile, et c’est surtout au point de contact de l’huile et de l’acide, lorsqu’ils se sont séparés par le repos, qu’on remarque cette coloration.
- Acide sulfurique d’une densité de 1,530.
- Ayant obtenu, par l’emploi de l’acide précédent, un certain nombre de réactions caractéristiques, j’ai été conduit à essayer l’action d’un acide plus concentré; pour cela, j’agitai un volume de celui-ci avec cinq volumes d’huile, et j’abandonnai le mélange au repos pendant cinq minutes.
- COLORATIONS LÉGÈRES. COLORATIONS FONCÉES.
- HUILES HUILES
- A WM CLES VÉGÉTALES DE POISSON VÉGÉTALES
- de saindoux, blanc sale, de pied ) blanc de | brunâtre bœuf, ) sale. d'olive, blanc verdâtre. f blanc de sésame, I verdâtre 1 sale. d’arachide, J d’œillette, ! blanc de ricin, / de colza, rose. de baleine, | „„ ’ 1 rouge, de dauphin, ! de foie de morue, deGaliipoli, J ^ de noix, 5 & de chènevis, vert foncé, de lin, vert sale.
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- HUILES.
- Les huiles de lin, de chènevis, de poisson, de Gallipoli et de noix étant les seules qui donnent, avec ce réactif, des colorations distinctes, on peut reconnaître leur présence dans beaucoup d’autres huiles.
- Acide sulfurique d’une densité de 1,635.
- Cet acide a été employé de la même manière que les précédents, et les colorations notées après deux minutes.
- PAS DE COLORATION. COLORATIONS MARQUÉES. HUILES
- HUILES VÉGÉTALES. DE POISSON ANIMALES VÉGÉTALES
- d’œillette, de sésame, de ricin. — de baleine, \ de dauphin, ( brun de foie de ( f°DC®, morue, J de saindoux, brun clair, de pied de bœuf, brun. d’olive (clair), J de chèn. (foncé),) vert. de lin, j de Gallipoli, » de colza, f , , . > brun, de noix, i d’ara ch. (clair),
- J’appellerai spécialement l’attention sur cet acide, car il donne des réactions de beaucoup différentes de celles qu’on obtient avec les acides précédents. Les colorations qu’il fournit sont si marquées, qu’elles peuvent, avec un grand avantage, être consultées dans bien des cas de falsification. C’est ainsi que j’ai pu reconnaître 10 pour 100 d’huile de colza dans l’huile d’olive, de saindoux dans l’huile d’œillette, d’huile de noix dans l’huile d’olive, d’huile de poisson dans l’huile de pied de bœuf.
- J’ai été frappé de l’intensité de coloration prise par quelques huiles d’après la force des acides qu’on emploie. Ainsi j’ai remarqué que l’huile de Gallipoli, qui restait blanche avec l’acide sulfurique n° 1, devenait brune avec le n° 3; de même, l’huile de pied de bœuf, jaune clair avec le n° 1, devient brune avec le n° 3. Ces résultats montrent clairement l’action décomposante que l’acide sulfurique exerce sur les huiles; ils montrent également que l’acide, à une densité de 1,635, est le plus concentré que l’on puisse employer, car, au delà, les huiles commencent à charbonner, et les colorations nettes disparaissent.
- Action exercée sur les huiles par Vacide nitrique à différents degrés de densité.
- Les motifs que j’ai donnés dans la première partie de ce mémoire m’ont fait employer cet acide étendu, et j’ai obtenu une série de réactions, dont plusieurs, je l’espère, pourront être utiles dans quelques cas particuliers de falsification ; elles sont, d’ailleurs, intéressantes comme montrant l’oxydation graduelle des huiles.
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- HUILES.
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- Acide nitrique d'une densité de 1,180.
- Un volume de cet acide a été agité avec cinq volumes d’huile ; après quelques minutes de repos, les huiles ont pris les différents aspects décrits dans le tableau suivant.
- PAS DE COLORATION. COLORATION.
- HUILES HUILES
- DE POISSON ANIMALES VÉGÉTALES DE POISSON ANIMALES VÉGÉTALES
- de foie de morue. de saindoux. d’arachide, de colza, d’œillette, de ricin. de |jaune baleine, (rose, de dauphin, rose. pj,ed } jaune d’0live’ iverdàtre de Gallipoli,! d de chènevis, vert sale. de noix, \ de sésame \ . (orangé), I jaune. de lin, *
- Cet essai est assez délicat pour qu’on puisse distinctement reconnaître 10 pour 100 d’huile de chènevis dans l’huile de lin , cette dernière prenant alors la couleur verdâtre de la première. Quoique l’huile d’olive prenne aussi une couleur verte, cette coloration est telle, qu’on peut aisément la distinguer de l’huile de chènevis.
- Acide nitrique d'une densité de 1,220.
- J’ai employé cet acide, plus concentré que le premier, en vue d’augmenter les colorations de certaines huiles et les rendre assez marquées pour qu’on puisse certifier leur présence lorsqu’elles sont mélangées avec d’autres. Les proportions d’acide et le temps de contact sont les mêmes que précédemment.
- PAS DE COLORATION. COLORATION.
- HUILES HUILES
- DE POISSON ANIMALES VÉGÉTALES DE POISSON ANIMALES VÉGÉTALES
- de foie de morue. de saindoux. d’arachide, de colza, de ricin. de )jaune baleine,(clair. de ) rouge dauph.,[clair. de j pied ( jaune de [clair, bœuf,' d’œillette, jaune rouge. de Se, iro“Se- deGaliipoli Jve,'d'itre’ (verdâtre de chènevis,] brun ( sale.
- Les caractères principaux que présente la table précédente sont ceux relatifs aux Tome Ier. — 53e année. %ü série. — Mai 1854. 41
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- HUILÉS.
- huiles de chènevis , de sésame , de noix , d’œillette et de dauphin ; ils sont si nets , que non-seulement on peut les employer pour les distinguer des autres, mais qu’ils sont assez délicats pour déceler leur présence lorsqu’elles sont mélangées avec d’autres huiles dans la proportion de 10 pour 100.
- Acide nitrique d’une densité de 1,330.
- Un volume de cet acide a été mélangé avec cinq volumes d’huile, et on a laissé le tout pendant cinq minutes en contact.
- PAS DE COLORATION. COLORATION. HUILES
- HUILES VÉGÉTALES DE POISSON ANIMALES VÉGÉTALES
- d’arachide, de colza, de ricin. de baleine, i de dauphin, [ r 7 / roiiaft de foie de ( ° morue, | (II! saindoux, deS,de H"*"-- d’œillette, ) de noix, ; rouge, de sésame, ) d’olive, i de Gallipoli, J ) brun de chènevis, [ sale ) verdâtre. ) vert de lin, Jtirant sur ) le brun.
- Les colorations que nous venons de décrire sont très-marquées, et peuvent être employées avec avantage pour découvrir quelques cas bien connus de falsification; par exemple, une addition de 10 pour 100 d’huile de sésame ou de noix dans l’huile d’olive; mais la même proportion d’huile d’œillette ne peut être reconnue, la coloration produite n’étant pas aussi intense que les précédentes. Si quelque incertitude existait dans l’esprit de l’opérateur pour savoir si l’huile falsificatrice est celle de sésame, de noix ou d’œillette, il pourrait s’en assurer en faisant les essais décrits dans le tableau suivant, où il verra comment l’huile de noix se change en une masse fibreuse, à demi saponifiée, l’huile de sésame en une masse surnageant une liqueur rouge, et l’huile d’œillette en une masse fluide, mais surnageant une liqueur noire foncée.
- L’application successive de l’acide nitrique d’une densité.de 4,330 et de la soude caustique à 1,340 peut être employée pour reconnaître les falsifications suivantes qui ont lieu fréquemment.
- 1° L’huile de Gallipoli peut être falsifiée avec des huiles de poisson : la première donne, avec l’acide, une coloration nette, et avec la soude une masse de consistance fibreuse, tandis que les huiles de poisson se colorent en rouge par l’acide et deviennent mucilagineuses avec l’alcali :
- 2° L’huile de ricin avec l’huile d’œillette : la première prend, avec l’acide, une
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- HUILES.
- leinte rougeâtre, et la masse avec l’alcali perd beaucoup de son apparence fibreuse.
- 3° L’huile de colza avec l’huile de noix : la première prend , avec l’acide nitrique , une couleur plus ou moins rouge, que l’addition de l’alcali augmente encore, en même temps que la masse demi-saponifiée devient plus fibreuse.
- Les colorations que prennent diverses huiles, sous l’influence des trois acides nitriques précédents, prouvent clairement les remarques que j’ai faites au commencement de ce mémoire, savoir,.que, si les chimistes qui m’ont précédé dans ces longues recherches ne sont pas arrivés à des résultats satisfaisants pour distinguer les huiles et leurs diverses falsifications, cela tient à ce que les acides qu’ils employaient étaient si concentrés, que les colorations délicates étaient détruites, les huiles devenant de suite jaunes ou oranges. D’un autre côté, je pense que les réactifs précédents viendront en aide au procédé de M. Boudet, comme fournissant un moyen très-utile pour préciser les huiles mélangées à l’huile d’olive.
- Soude caustique d'une densité de 1,340.
- Les réactions suivantes ont été obtenues en ajoutant dix volumes de la liqueur d’essai à cinq volumes d’huile traités auparavant par un volume d’acide nitrique.
- LA MASSE DEVIENT FIBREUSE. LA MASSE RESTE FLUIDE.
- HUILES HUILES m |
- ANIMALES VÉGÉTALES DE POISSON ANIMALES VÉGÉTALES
- de pied \ de Gallip.,] de baleine, de saindoux. d’olive, ),, , , J blanc, de colza, ) de lin, jaunâtre.
- de > blanc, bœuf, ) d’arachide,) blanc, de ricin, ) de dauphin, de foie de morue.
- de noix, rouge, de chènevis,} **»*»• |3T -, I S- ( Æ Isurnageant § de sésame,(une liqueur! «
- ( brune, ( |
- Ayant donné, dans un paragraphe précédent, quelques-unes des réactions les plus importantes consignées dans ce tableau, j’appellerai l’attention sur les mélanges suivants , pied de bœuf et colza , Gallipoli et œillette, ricin et œillette, chènevis et lin , baleine et noix , Gallipoli et noix. Il est à remarquer que la liqueur brune dans laquelle nage la masse demi-saponifiée de l’huile de sésame donne une réaction délicate et très-caractéristique.
- Acide phosphorique.
- Un volume d’acide phosphorique trihyclraté sirupeux a été agité avec cinq volumes d’huile, et a donné les résultats suivants :
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- HUILES.
- PAS DE COLORATION. COLORATION.
- HUILES HUILES
- ANIMALES VÉGÉTALES DE POISSON VÉGÉTALES
- de saindoux, d’arachide, de baleine, \ d’olive \
- de pied de bœuf. de colza, de dauphin, ( rouge (pâle), 1
- d’œillette, de foie de j foncé. deGallipoli /
- de sésame, morue, * ( pâle ), l ygp^
- de ricin. de chènevis,!
- de lin |
- (jaune brun),/
- de noix, jaune brun.
- La seule réaction à noter est la couleur rouge foncé, devenant rapidement noire, que l’acide phosphorique communique aux huiles de poisson; cette réaction est si nette, que l’on peut reconnaître 1 pour 1,000 de ces huiles mélangées avec toute autre huile animale ou végétale, car, malgré cette minime proportion, le mélange prend une coloration bien distincte.
- Mélange d’acides sulfurique et nitrique.
- Les résultats énoncés dans le tableau suivant ont été obtenus en agitant cinq volumes d’huile avec un volume d’un mélange d’acide sulfurique à 1,845 et d’acide nitrique à 1,330, à volumes égaux, et laissant reposer le tout pendant deux minutes.
- HUILE DE POISSON HUILES ANIMALES HUILES VÉGÉTALES
- de baleine, ) de dauphin, ( brun de foie de | foncé, morue, ' de saindoux, ) de pied de ? brun, bœuf (foncé),) de Gallipoli, ) de colza, > brun foncé. de noix, ) de sésame, ( devenant rouge foncé ), ) deK1™8’ gênant noir, J™1- d’olive ( orangé clair ), 1 • d’œillette ( clair ), j jaune‘ d’arachide, blanc orangé clair.
- Comme trois huiles restent à peine colorées, savoir celles d’œillette, d’olive et de noix, on y peut reconnaître la présence de beaucoup d’autres. Quand les huiles d’olive ou d’œillette sont falsifiées avec l’huile de sésame, la couleur verte qui prend immédiatement naissance est plus persistante qu’avec cette dernière seule; par conséquent, dans ce cas, il est nécessaire que l’acide et l’huile suspecte restent en contact pendant environ dix minutes, pour obtenir enfin la couleur rouge brunâtre donnée par l’huile de sésame, couleur si intense, qu’on peut employer cette réaction pour reconnaître, dans d’autres huiles, la présence de celle-ci.
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- HUILES.
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- Eau régale.
- Les résultats obtenus avec l’acide nitrique m’ont conduit à essayer l’action de l’eau régale; mais j’ai trouvé que, si l’on emploie, pour la préparer, les proportions ordinaires de trois volumes d’acide chlorhydrique pour un volume d’acide nitrique, les réactions produites coïncident avec celles que donne ce dernier acide. J’ai donc préparé différents échantillons dans lesquels j’ai augmenté la proportion d’acide chlorhydrique; et, après les avoir essayés, j’en ai adopté un composé de vingt-cinq volumes d’acide chlorhydrique à 1,155, et un volume d’acide nitrique à 1,330; j’ai laissé le mélange en repos pendant cinq heures. Les réactions suivantes ont été obtenues en mélangeant cinq volumes d’huile avec un d’eau régale, agitant et laissant reposer pendant cinq minutes.
- PAS DE COLORATION. COLORATION.
- HUILES HUILES
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- ANIMALES VÉGÉTALES DE POISSON ANIMALES VÉGÉTALES
- de saindoux. d’olive, de Gallipoli, d’arachide, de colza, de baleine, 1 jaune de dauphin,) clair. (jaune. morue, de pied de) jaune bœuf, ( clair. de noix, , de sésame, ja,me de lin i ( verdâtre),/
- d’œillette, de ricin. chènevis, jver(*àt.
- Si l’on compare ces réactions avec celles précédemment décrites, on est frappé de leur uniformité, et l’on est conduit à dire qu’il n’y a pas eu d’action ; mais cette conclusion est erronée, car beaucoup de ces huiles prennent une coloration vive et distincte, lorsqu’on y ajoute ensuite une solution de soude de 1,340, comme on peut le voir dans le tableau suivant.
- LA MASSE DEVIENT FIBREUSE. HUILES LA MASSE RESTE FLUIDE. HUILES
- ANIMALES VÉGÉTALES de poisson ANIMALES VÉGÉTALES
- de pied ) jaune de Gallipoli I de saindoux, rose. d’olive, blanc.
- de bœuf,( brunâtre. (jaunâtre), 1 d’arachide, \blanc, de colza l ( jaunâtre),} de ricin, rose pâle, de noix, orangé. dechènevis,j^“ de baleine, ! |d de dauphin, [ £ de foie de l g morue, * s d’œillelle, j™» f orangé « } nageant ^ ! \ dans une liqueur “ V brunç. de lin, orangé. .
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- HUILES.
- Les caractères décrits dans ce tableau sont tels, que l’on peut, dans bien des cas de falsification, reconnaître 10 pour 100 d’une huile donnée; par exemple, d’huile d’œillette dans les huiles de colza, d’olive, de Gallipoli et d’arachide, ces dernières prenant alors une couleur rose; lorsque l’huile d’œillette est mêlée avec l’huile d’olive ou l’huile de ricin, la masse demi-saponifiée perd de sa consistance. À l’aide des réactifs précédents, on peut certifier la présence de 10 pour 100 d’huile de noix dans celles d’olive ou de lin, la masse saponifiée augmentant alors de fluidité, et celle de l’huile de noix dans les huiles de colza, de Gallipoli ou d’arachide, au moyen de la coloration orangée que prend alors la masse blanche; de même la présence de l’huile de lin dans l’huile de chènevis est décelée en ce qu’elle donne un aspect mucilagi-neux à la masse fibreuse que présente cette dernière.
- L’huile de sésame donne, avec ces agents, la même réaction qu’avec l’acide nitrique et l’alcali; l’huile d’œillette se distingue des autres en ce qu’elle donne , dans ce cas, une masse demi-saponifiée d’une belle couleur rose.
- Pour montrer quel usage on peut faire des tableaux précédents , je supposerai un échantillon d’huile de colza altérée par quelque autre huile très-difficile à reconnaître. J’emploierai d’abord la liqueur alcaline , qui, en donnant une masse blanche, prouvera l’absence des huiles de poisson, ainsi que des huiles de lin et de chènevis ; l’échantillon en question ne formant aucune réaction nette avec les trois acides sulfurique et nitrique, nous éliminons les huiles d’œillette et de sésame, qui auraient rougi; il ne reste donc plus à rechercher que les huiles de pied de bœuf, de saindoux, d’arachide, d’olive et de ricin. Pour découvrir laquelle de ces huiles est mélangée avec l’huile suspecte, j’en agite une partie d’abord avec l’acide nitrique ( densité 1,300 ), puis avec la soude caustique; ces deux actions, réunies, excluent les huiles de pied de bœuf, d’arachide et de ricin, l’échantillon ne donnant pas, dans ce cas, une masse fluide à demi saponifiée. En appliquant l’acide phosphorique sirupeux, on n’obtient pas de coloration verte; l’huile d’olive se trouve éliminée. Quant à l’huile de saindoux, on reconnaîtra sa présence en ajoutant de la soude caustique à l’huile préalablement traitée par l’eau régale, l’huile de colza seule donnant une masse jaunâtre demi-saponifiée, tandis que l’huile de saindoux donne une masse rose fluide.
- En résumé, je suis persuadé que les réactifs décrits dans ce mémoire, et la nouvelle méthode consistant à en appliquer deux successivement à certaines huiles, seront utiles non-seulement pour reconnaître les nombreux mélanges que j’ai signalés , mais aussi pour trouver et certifier, dans une huile donnée, la présence de quelqu’une des autres que nous avons étudiées. Pour faciliter les recherches dans toute falsification, je joins ici un tableau général de toutes les réactions précédentes.
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- Tableau général des réactions,
- SOUDE ACIDE SULFURIQUE. ACIDE NITRIQUE. ACIDE SOUDE ACIDE ACIDES SOUDE
- HUILES CAUSTIQUE. NITRIQUE. -J- CAUSTIQUE. PHOSPHO- SULFURIQUE EAU -)- CAUSTIQUE.
- BIQUE RÉGALE.
- Dens. = 1,340. Uens.== 1,47b Dens.= 1,530 Uens.= 1,035 Dens.= 1,180 Dens.e= 1,‘220 Dens.sba 1,330 Dens. 1,340. et nitrique. Dens. => 1,340.
- sirupeux.
- D’olive Jaune clair. Teinte verte. Blanc verdât. Vert clair. Verdâtre. Verdâtre. Verdâtre. Masse Manche Vert clair. Jaune orangé. Masse blanche fluide.
- fluide.
- De Gallipoü id. id. Gris. Brun. id. id. id. Masse blanche id. Brun foncé. * Masse fibreuse
- fibreuse. blanc jaunâtre.
- D'arachide Blanc épais* » Blanc sale. Brun clair. . » m id. Blanc orangé. * Masse blanche
- fibreuse.
- De colza Blanc jaunâtre. » Rose. Brun. » * Masse blanclie Brun foncé. Masse fibreuse 1
- fluide. blanc jaunâtre. 8
- D’œillette. ...... id. * Blanc sale. w Jaune orangé. Rouge. Jaune clair. Masse fluide 0 rose foncé. B
- rouge clair.
- id. Brunâtre. Gris. Brun. Jaune. Rouge. Rouge foncé. Masse rouge Jaune brun. Brun foncé. Jaune. Masse fibreuse 1
- fibreuse. orangée. !
- eSLSame id. Teinte verte. JUanc sale id. id. Masse rouge fluide surnageant une Vert devenant rouge foncé. id. Masse fl. orangée surnageant une
- verdâtre.
- liqueur brune. liqueur brune.
- De ricin Blanc. » Blanc sale. . » Masse blanche Rouge brunâtre „ Masse fibreuse
- fibreuse. rose pâle.
- De chènevis Jaune brunâtre Vert foncé. Vert foncé. Vert foncé. Vert sale. Brun verdâtre sale. Brun verdâtre sale. Masse fibreuse brun clair. Vert. Vert devenant Vert. Masse fibreuse brun clair.
- épais.
- De lin. Jaune fluide. Vert. Vert sale. Vert. Jaune. Jaune. Vert devenant brun. Masse jaune fluide. Brun vert jau ne. id. Jaune verdât. Masse fluide orangée.
- De saindoux..... Blanc rosé. Blanc sale. Blanc sale. Brun clair. Jaune très-clair. Masse fluide. Brun. Masse rose fluide.
- De pied de bœuf.. Blanc jaunâtre Teinte jaune. Blanc brun Brun. Jaune clair. Jaune clair. Brun clair. Masse blanche •*> Brun foncé. Jaune clair. Masse fibreuse
- sale. sale. fibreuse. jaune brunâtre*
- De baleine Rouge foncé. Rouge clair. Rouge. Brun foncé. id. id. Rouge. Masse fluide. Rouge foncé. id. id. Masse fluide
- jaune orangé.
- De dauphin...... id. id. id. Cramoisi. id. Cramoisi. id. id. Rose. Rouge clair. id. id. id. id. id. id. id. id. td. Jaune. id. id. S
- De foie de morue.
- HUILES
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- PONTS.
- PONTS.
- Sur le pont en tôle construit à Asnières, près Paris, pour le passage des chemins de fer de Versailles, Saint-Germain et Rouen.
- Les travaux de reconstruction de ce pont ont été terminés le 22 décembre 1853.
- L’ancien pont en bois qui traversait la Seine, à Asnières, fut incendié en 1848. Lors de cet accident, on s’empressa de rétablir la circulation au moyen d’un pont provisoire en charpente qui devait être ultérieurement remplacé par un pont en tôle en poutres droites.
- Le pont en bois portait trois voies, le pont en tôle devait en porter quatre et se composer de cinq poutres tubulaires réunies par des entretoises supportant elles-mêmes les voies. Le pont en bois fut donc composé de quatre grandes fermes réunies transversalement et dans les plans supérieur et inférieur, par des croix de Saint-André. Trois des poutres du pont en tôle devaient pénétrer dans l’intervalle laissé par ces fermes; les deux autres devaient être placées extérieurement.
- Les conditions du montage ont en partie déterminé le système du pont en tôle. Il fallait, en effet, que le levage des poutres, l’assemblage des pièces de pont, la pose de la voie définitive pussent se faire sans la moindre interruption dans le mouvement des trains qui se succèdent au nombre de six ou sept par heure sur le pont provisoire. Toutes ces difficultés ont été surmontées sans accident.
- Les deux poutres de tôle ont été d’abord montées et posées sur les piles dans toute la longueur du pont. Les croix de Saint-André, qui reliaient les fermes du pont en bois, furent alors coupées successivement dans l’intervalle des fermes, dans le plan vertical et dans le plan horizontal inférieur des poutres, sur une certaine longueur. Les poutres intermédiaires en tôle, construites par portions d’environ 16 mètres de longueur, ont été introduites par la partie inférieure, levées entre les fermes du pont en bois et mises en place bout à bout. Les diverses parties de chaque poutre ont alors été rivées en place.
- L’ensemble du pont en tôle avait été conçu de façon que ces pièces pussent passer entre les croix de Saint-André longitudinales dont l’ensemble constituait les grandes fermes du pont provisoire.
- Le pont en tôle se trouvant ainsi complètement monté dans l’intérieur du pont provisoire , on put soutenir les voies de ce dernier sur les poutres en tôle au moyen de cales, et on procéda à l’enlèvement des fermes du pont en bois. Les voies définitives du pont en tôle se trouvant à lm,25 plus bas que celles du pont en bois et les axes des voies de ce dernier correspondant aux axes des poutres, il ne restait plus alors qu’à abaisser le niveau des voies et à les déplacer horizontalement pour les faire correspondre avec les voies définitives. Cette opération se fit par trois abaissements successifs avant le pont sur une longueur d’environ 100 mètres, et sur le pont au moyen de l’enlèvement des cales. Chacune de ces opérations fut exécutée en moins d’une nuit.
- Le poids total du pont d’Asnières est d’environ 1,000 tonnes de tôle. Les tôles des parois verticales ont 8m,16 de longueur et 0m,70 de hauteur et 7 millimètres d’épais-
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- PROPULSION.
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- seur. Les tôles des parois supérieure et inférieure ont 6m,12 de longueur; leur largeur est de 1 mètre, leur épaisseur maxima est de 13 millimètres. Le pont d’Asnières se compose de cinq travées; les deux extrêmes ont 32m,09, et les trois autres 32ra,70; longueur totale, 162m,34.
- PROPULSION.
- Nouveau mode de propulsion des navires par la vapeur; par m. seguier.
- M. Accarié, convaincu que l’organe mécanique désigné à l’exposition de Londres sous le nom de centrifugal pump, c’est-à-dire que le ventilateur à ailes courbes de M. Combes, appliqué à mouvoir l’eau au lieu de l’air, pourrait devenir un excellent organe de propulsion si la vitesse de rotation qu’il exige lui était donnée directement et sans aucune transmission, a eu l’heureuse pensée de fixer sur l’arbre même du ventilateur à eau un bras à réaction à vapeur. En accouplant ainsi deux organes à grande vitesse, il a pu, avec un dispositif d’une extrême simplicité, obtenir un effet supérieur à ceux qu’il eût réalisés dans les mêmes circonstances avec de la vapeur dépensée dans les conditions ordinaires de son application la plus habituelle.
- Par l’accouplement du moteur et du propulseur sur un même arbre, M. Accarié s’est affranchi de toutes les pertes de force absorbée par les organes de transmission et de conversion de vitesse, alors que l’on doit convertir la puissance d’un moteur à mouvement de va-et-vient assez lent en mouvement rotatif très-rapide.
- Le ventilateur à eau, aspirant le fluide par son centre et le lançant par la tangente tout autour de lui dans l’espace où il est renfermé, force l’eau à s’échapper par un orifice placé à l’arrière du navire, et lui imprime ainsi un mouvement de translation par réaction sans que le pivot du ventilateur, dont le travail s'équilibre tout autour de sa circonférence, reçoive la moindre poussée d’axe; il en est de même du bras de réaction installé sur l’arbre du ventilateur et ayant son pivot commun avec lui. Les orifices de sortie de la vapeur étant percés aux extrémités du bras à réaction de façon à lui communiquer une tendance à s’élever par suite de l’obliquité de ces orifices avec le plan de rotation, à l’instar de certaines pièces de pyrotechnie, le poids de tout l’appareil se trouve combattu et le pivot inférieur complètement déchargé.
- M. Accarié a pris de telles précautions pour éviter les pertes si considérables par le frottement des axes dans ces sortes d’appareils à grande vitesse, qu’il a voulu que le joint du tuyau de vapeur avec l’axe moteur creux dans sa partie supérieure pour servir de canal à la vapeur se rendant dans le bras à réaction ne constituât pas un frottement métallique, mais s’opérât comme sur un matelas de vapeur; pour cela, il laisse un jeu sensible entre l’extrémité du tuyau de vapeur et celle de l’axe moteur, s’en rapportant à la tendance qu’il a donnée à tout l’appareil à s’élever pendant le mouvement giratoire pour faire ce joint. Pour cela, il a obliqué les trous placés aux extrémités des bras à réaction suffisamment pour que, en sus de la très-faible mesure de l’appareil tournant, la pression de la vapeur sur l’extrémité supérieure de l’axe fut à très-peu près compensée. ( Académie des sciences, 27 février 1854. )
- Tome Ier. — 53e année. 2e série. — Mai 1854.
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- ÉLECTRO-MAGNÉTISME.
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- ÉLECTRO- MAGNÉTISME.
- Nouvelle machine électro-magnétique; par m. marié davy.
- Une machine électro-mqgnétique se compose essentiellement d’une série d’électroaimants en fer doux, d’armatures également en fer doux ou disposées en électro-aimants, de divers accessoires destinés à transmettre l’électricité fournie par une pile ou une machine magnéto-électrique, d’un commutateur ou d’un interrupteur afin d’avoir un mouvement circulaire ou un mouvement de va-et-vient continu.
- Ces diverses parties, dans les machines construites jusqu’ici, ne réunissent pas toutes les conditions désirables pour utiliser toute la force mise en action : une source continue puissante d’électricité à bon marché n’existe pas encore ; le fer doux, n’étant jamais pur ni parfaitement malléable, conserve, pendant plus ou moins de temps, à chaque interruption, une portion de l’aimantation passagère que le courant lui a communiquée; le courant primitif et l’extra-courant produisent des effets contraires qui se nuisent réciproquement; les commutateurs ou interrupteurs présentent fréquemment des altérations quand on ferme le circuit.
- M. Jacobi, qui a fait une étude approfondie de l’emploi des machines électro-magnétiques dans l’industrie, a été conduit à cette conséquence que l’effet mécanique ou le travail, vu les dépenses qu’exige leur entretien, est de beaucoup inférieur à celui des autres moteurs usuels. Mais ce n’est pas là, toutefois, le dernier mot de la science; car, si elle parvient à découvrir des sources d’électricité plus économiques et plus puissantes que celles qui sont en usage aujourd’hui et à éviter une partie des inconvénients signalés précédemment, l’électricité et le magnétisme pourront venir se placer à côté de la chaleur comme force motrice.
- M. Marié Davy a pensé que, pour obtenir le maximum d’effet dans les machines électro-magnétiques, il fallait que les électro-aimants et les armatures agissent jusqu’au contact, attendu que la force électro-magnétique, comme il l’a trouvé par le calcul et l’expérience, décroit si rapidement avec la distance, qu’en employant deux électroaimants, lorsque ceux-ci s’approchent de l’infini jusqu’au contact, ils développent une quantité de travail telle , que les cinq sixièmes le sont dans le dernier millimètre , et moitié du reste dans l’avant-dernier. En remplaçant le deuxième électro-aimant par une armature en fer doux, les trois quarts de la quantité de travail sont produits dans le dernier millimètre de parcours de l’armature, et plus de la moitié du reste dans l’avant-dernier.
- Dans la plupart des machines électro-magnétiques rotatives construites jusqu’à ce jour, les armatures mobiles passent rapidement devant les électro-aimants fixes, suivant une ligne perpendiculaire à l’axe, sans arriver jusqu’au contact; ainsi on n’utilise pas toute la quantité de travail que l’on pourrait obtenir. M. Froment a construit une machine dans laquelle une roue intérieure munie d’armatures en fer doux vient rouler sur les faces terminales d’électro-aimants fixes, de manière à profiter de l’attraction magnétique jusqu’au point de contact des surfaces aimantées; il en résulte seulement, lorsque la machine fonctionne, une succession de chocs ou d’ébranle-
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- ÉLECTRO-MAGNÉTISME.
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- ments qui s’opposent à la construction d’une machine puissante d’après ce modèle.
- M. Marié Davy fait rouler les électro-aimants mobiles ou les armatures de manière à les approcher des électro-aimants fixes dans le sens de l’axe et jusqu’au contact, sans secousse. Tel est le principe qui a servi de base à la construction de deux électromoteurs, l’un à rotation continue, l’autre à oscillation. On ne s’occupera ici que du premier appareil, qui a fonctionné sous les yeux des commissaires de l’Académie des sciences (1).
- La machine à rotation continue se compose de soixante-trois électro-aimants disposés à égale distance autour d’un cercle en bois garni, intérieurement, d’un cercle en cuivre. Tous ces électro-aimants ont leurs axes dirigés vers le centre de la roue, et leur surface coïncide avec la surface concave du cercle en cuivre.
- Dans l’intérieur de cette grande roue sont disposées deux autres dont le rayon est le tiers de celui de la première, et qui sont garnies également d’un cercle en cuivre; ces roues portent, chacune, vingt et un électro-aimants équidistants dont les axes sont dirigés vers leur centre réciproque, et dont les surfaces polaires coïncident avec la surface concave des roues en cuivre ; les petites roues peuvent donc rouler sans glissement dans l’intérieur de la grande et entraîner dans leur mouvement l’arbre de la machine qui coïncide avec l’axe de la grande roue. Les électro-aimants mobiles viennent se mettre successivement en contact avec les électro-aimants fixes. Les grandes et les petites roues sont munies d’un engrenage destiné à maintenir la coïncidence une fois établie.
- La machine est pourvue, en outre, de diverses pièces destinées à mettre successivement chacun des électro-aimants en communication avec la pile et à donner une aimantation différente aux deux électro-aimants en présence, à l’instant où ils agissent l’un sur l’autre.
- M. Marié a fait un changement qui paraît avantageux; il a remplacé les roues intérieures par d’autres qui, au lieu de porter des électro-aimants, sont entourées d’un cercle de fer doux formant armature; la partie mobile est ainsi plus légère et les engrenages deviennent inutiles.
- La machine a exigé une pile de 24 éléments de Bunsen pour obtenir une force de 1/28 de cheval; mais, suivant les calculs de M. Marié, il n’en faudrait pas une aussi énergique, et peut-être même une de moindre intensité, pour produire une force 300 fois plus considérable avec une machine de grande dimension, attendu que les frottements ne croîtraient pas comme la force de la machine, les galets qui servent à établir la communication électrique ne changeant pas, et la force produite par l’attraction des aimants pouvant être multipliée dans une forte proportion si l’on faisait usage de gros cylindres en fer doux.
- Le rapport entre le travail calculé d’après la force magnétique développée dans l’éleetro-aimant et la force pratique réelle a été comme 4 est à 3. ( Acad, des sciences, 15 mai 1854.)
- (î) Un modèle de cet appareil a été exposé dans les salles de la Société d’encouragement lors de la séance générale du 17 mai dernier.
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- SAUVETAGE.
- VERRE.
- Nouveau procédé de fabrication du verre dont sont formées les lentilles des lunettes astronomiques ; par m. de peyronny.
- Dans l’état actuel de cette fabrication, la masse de verre étant amenée à l’état de fusion dans un creuset, on se borne à brasser la matière pour la rendre homogène et pour chasser l’air qu’elle renferme; mais on ne parvient jamais à atteindre ce double résultat, et l’opération du brassage, telle qu’elle est exécutée, occasionne la formation de stries nombreuses, ce qui oblige de rejeter une grande partie du cristal brut que l’on retire du creuset comme impropre à la construction des lentilles. De là vient surtout la difficulté d’obtenir des objectifs de grande dimension.
- M. de Peyronny croit avoir trouvé la solution de cette difficulté, c’est-à-dire le moyen de fabriquer du verre exempt de défauts, en imprimant au creuset qui contient la matière en fusion un mouvement de rotation assez rapide autour d’un axe vertical ; la force centrifuge aurait pour effet, selon lui, de réunir toutes les bulles d’air vers le centre de la masse vitreuse, tandis que les stries engendrées par le brassage disparaîtraient pour la plupart, et que, d’ailleurs, celles qui persisteraient seraient circulaires et d’un faible inconvénient si l’on avait soin de donner pour axe à la lentille l’axe de figure de la masse primitive. ( Académie des sciences, 15 mai 1854. )
- SAUVETAGE.
- note sur un appareil de sauvetage pour les vaisseaux naufragés ; par m. le capitaine tremblay (1).
- L’objet que l’auteur s’est proposé a été de mettre à bord de chaque navire un appareil de sauvetage, destiné à établir une communication avec la terre, dernier espoir d’un équipage naufragé, ainsi qu’on y a déjà placé des bouées de sauvetage de jour et de nuit, dernier espoir du matelot tombé à la mer.
- L’appareil que l’auteur a inventé pour atteindre ce but, et qu’il nomme caisse de sauvetage, est destiné à lancer une corde armée d’un grappin ; il porte avec lui tout ce qui est nécessaire au tir, force motrice, grappin, corde, affût, accessoires.
- La fusée de guerre est employée comme force motrice. L’obus que ces projectiles portent en tête est remplacé par des crochets en fer et un chapiteau en bois de forme ogivale. Ce chapiteau est percé, suivant son axe, d’un trou central destiné à recevoir les instructions écrites, soit de bord à terre, soit de terre à bord. La fusée est dirigée par une baguette à laquelle est attachée une chaîne en fer qui reçoit la corde à transporter. L’extrémité de cette corde est recouverte en basane sur une longueur de 2 mètres pour
- (1) Celte note a été lue dans la séance de la Société du 25 janvier 1854.
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- SAUVETAGE.
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- la garantir du feu. La fusée est ainsi convertie en un véritable grappin porte-amarre, dont toutes les parties peuvent supporter un effort de 1,000 kilog. Les trous par lesquels doivent s’échapper les gaz enflammés sont filetés à leur partie inférieure et bouchés par des tétons taraudés en bronze, ainsi que le trou central destiné à recevoir la baguette. Ces tétons taraudés auront un double effet : rendre les préparatifs du tir plus prompts, faire du grappin porte-amarre un corps inerte à l’abri du feu et de l’humidité.
- La corde logée dans la caisse est enroulée en bobine autour d’un arbre en bois, qui, retiré après l’opération, laisse un creux dans lequel se placent les verges des grappins. Le développement commence par la couche centrale, à travers un trou de même diamètre ménagé dans la cloison extérieure de cette caisse.
- La résistance de la corde, de 13 millimètres de diamètre, a atteint, dans des expériences faites à Toulon, le chiffre de 1,600 kilog. ; on pourra donc facilement donner à cette corde une résistance normale de 1,000 kilog.
- Le pointage en hauteur se fait à l’aide d’un double quart de cercle, tracé sur un des côtés de la caisse. Sur ce même côté sont placées deux tringles pour le pointage en direction ; sur le couvercle est adapté un auget dont les côtés sont mobiles et à rabattement : c’est dans cet auget, comme affût, qu’est placé le grappin de sauvetage.
- Dans le tir de bord à terre, le grappin s’enfonçant profondément dans la vase, ou s’accrochant aux anfractuosités du sol, est destiné à fixer la corde sur une côte, qui est un but immanquable. La puissance de l’appareil est augmentée en raison de l’intensité du vent contre lequel l’équipage a vainement lutté.
- Dans le tir de terre à bord, le grappin sert à fixer la corde au navire sur lequel elle est tombée, et l’appareil est lancé contre le vent.
- Cet appareil, placé à bord de chaque navire, ne servira pas seulement à établir une communication avec la côte, il pourra encore être employé dans les cas suivants :
- 1° A communiquer avec un bâtiment que l’état de la mer empêcherait d’approcher; on ne serait plus exposé à voir un navire ne pas porter secours à un autre bâtiment en péril, parce qu’il y aurait danger à le faire ; 2° à lancer une remorque à un bâtiment, opération qui n’est pas toujours facile ; 3° à sauver un matelot tombé à la mer, et que le mauvais temps oblige quelquefois à abandonner. Une disposition très-simple des bouées de sauvetage permettrait d’utiliser dans ce but le grappin porte-amarre. Le matelot qui tombe à la mer, quand le navire est sous voile, sait que les bouées de sauvetage le suivront, qu’il n’aura qu’à se placer sur l’une d’elles et à s’y cramponner, en attendant qu’une embarcation vienne le prendre et le ramener à bord ; mais il sait aussi que, si le vent est trop violent, la mer trop grosse, il ne peut être secouru : c’est une triste nécessité, mais qui heureusement peut disparaître. Voici le moyen que l’auteur propose pour arriver à ce but :
- Imaginons que les deux bouées de sauvetage, suspendues à l’arrière du navire, soient reliées par un cordage lové sur chacune d’elles, et dont les extrémités seront fixées sur leur tige. Lançons ces bouées, ainsi installées, au moment où le marin tombe à la mer, et voyons-le se saisir de l’une d’elles ; il défera la glène de corde amarrée sur cette bouée, qui naturellement s’éloignera, et lui-même pourra distancer les bouées
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- SÉANCES DU CONSEIL d’ADMINISTRATION.
- reliées par leur corde de réunion, de manière à former un but d’une grande étendue, sur lequel on pourra diriger le grappin porte-amarre. Le cordage sauveteur projeté par ce grappin, étant déposé sur le cordage de réunion des bouées, il n’y aura plus qu’à haler sur le premier pour faire crocher le grappin dans le second, et ramener ainsi le marin, sans compromettre la vie de ceux qui désiraient voler à son secours.
- Pour convaincre chacun de l’utilité du grappin de sauvetage, et de l’importance de la question du porte-amarre, il suffirait de laisser parler les faits. L’auteur se contente de citer les naufrages des navires de guerre français la Truite, le Superbe, le Rhône, la Marne, le Papin, le Caraïbe, l’Alcmène, etc., et celui plus récent du brick français le Précurseur, qui, en octobre 1852, fit côte à quelques mètres des jetées du Havre.
- L’auteur termine sa note en exprimant le désir que les Sociétés de sauvetage et les capitaines des navires de guerre et de commerce de toutes les nations suivent l’exemple que viennent de leur donner la Société de Boulogne et le commandant des yachts de Sa Majesté, en demandant à M. le ministre de la marine l’appareil si simple et si puissant à la réussite duquel ont concouru un grand nombre d’officiers de la marine et de l’artillerie.
- SÉANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- PROCÈS-VERBAUX.
- Séance du 3 mai 1854.
- M. Dumas, président, occupe le fauteuil.
- Le procès-verbal de la séance précédente est lu et approuvé.
- Correspondance. M. Ârmengaud aîné, professeur de dessin au Conservatoire des arts et métiers, rue Saint-Sébastien, 45, soumet au jugement de la Société , de la part de M. Lethuillier-Pinel, constructeur-mécanicien, à Rouen, les dessins et un mémoire descriptif d’un appareil que son auteur nomme niveau d’eau à flotteur magnétique et à sifflet.
- MM. Yot, Schrecket comp., rue du Faubourg-Saint-Denis, 162, demandent que la Société veuille bien faire examiner leur mode de fabrication des pianos.
- M. Fox, propriétaire d’une tuilerie mécanique, à la Moche, canton de Saint-Ge-nis-Laval ( Rhône ), appelle l’attention de la Société sur des tuiles de nouvelle forme, en poterie et en verre, pour lesquelles il a pris un brevet d’invention.
- M. le président fait observer que l’usage économique des tuiles en verre est très-répandu en Angleterre, et que ce système de couverture est digne d’intérêt; il ajoute que l’emploi du verre tend à se généraliser. Ainsi MM. Hulter et comp., de Rive-de-
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- Gier, ont établi, dans leurs verreries, la fabrication de tuyaux en verre pour la conduite du gaz d’éclairage.
- M. Allouis (Henri), rue Saint-Jacques, 218, annonce avoir imaginé un système mécanique applicable aux chemins de fer, qu’il nomme régulateur électrique de la marche des trains, et qui, suivant lui, rend impossible toute espèce de rencontre.
- Le même M. Allouis communique la description d’un procédé de photographie pour lequel il a pris un brevet en 1852. Ce procédé a pour objet la composition d’un vernis dont l’application sur la plaque métallique et sur le verre, après la reproduction de l’image, la garantit contre toute espèce d’altération; ce vernis fait l’office d’émail.
- MM. Delicourt et comp., fabricants de papiers peints, rue de Charenton, 155 et 157, recommandent un de leurs employés pour obtenir l’une des médailles que la Société décerne annuellement aux ouvriers et contre-maîtres.
- M. le capitaine Viollet, rue de Grenelle, 174, demande que la commission qui a présenté un rapport sur son appareil pour empêcher les chevaux de s’emporter veuille bien examiner de nouveau cet appareil.
- M. le ministre de l'agriculture, du commerce et des travaux publics adresse deux exemplaires du 14e volume des Brevets d’invention pris sous l’empire de la loi de 1844, pour être déposés dans la bibliothèque de la Société.
- M. Bitterlin fils adresse un mémoire sur le sauvetage des animaux domestiques en cas d’incendie. Il résulte des observations et des recherches de l’auteur que, lors d’un incendie, les animaux herbivores, par l’effet, de la terreur qu’ils éprouvent, se serrent les uns contre les autres, et qu’il est impossible de leur faire quitter la place. M. Bi-berstein propose de leur envelopper la tête d’une couverture épaisse ou mouillée d’eau froide; de cette manière, on les fait aisément sortir des écuries ou des étables.
- M. Chérot père, cultivateur, à Bou-Ismael, canton de Castiglione (Algérie), annonce que, après examen d’une commission nommée par le préfet d’Alger, ce magistrat a envoyé à la Société d’horticulture ses produits agricoles pour figurer à son exposition et être ensuite déposés au musée des produits de l’Algérie formé à Paris par les soins du ministère de la guerre.
- M. le président rappelle qu’il va s’ouvrir, à Bordeaux, une exposition locale des produits de l’industrie. La chambre de commerce de cette ville et les notables qui ont organisé cette exposition ont manifesté l’intention qu’un membre du conseil fît partie du jury, et que plusieurs membres de la Société fussent chargés d’examiner les produits qui seront exposés.
- M. le président fait connaître un jugement du tribunal correctionnel de la Seine concernant une affaire d’admission en transit d’articles de contrefaçon fabriqués à l’étrangefi
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- Il s’agissait de savoir si les contrefaçons de marchandises, en général, sont admises en transit en France, et si, dans cet état, elles peuvent être saisies et devenir l’objet de poursuites judiciaires. Jusqu’à ce jour, toutes les fois que, dans un procès, la déclaration de transit était alléguée, les tribunaux la déclaraient frauduleuse, mais laissaient sans solution les difficultés résultant de la question de transit. Il importait cependant de savoir comment devaient être interprétées et appliquées les lois sur la propriété industrielle et celles des douanes qui assurent une égale protection à l’industrie et au commerce de transit.
- Le tribunal a jugé cette importante question dans l’intérêt de notre industrie.
- Le conseil est d’avis de faire connaître les motifs de ce jugement par la voie du Bulletin. ( Voyez Bulletin d’avril, n° 8, p. 255. )
- Rapports des comités. Au nom d’une commission spéciale, M. Chevallier lit un rapport sur les travaux de M. Borne, relatifs à l’élève, la conservation et la reproduction des sangsues.
- La commission propose de remercier l’auteur de sa communication et d’insérer le rapport dans le Bulletin. ( Approuvé. ) ( Voyez Bulletin de mai, n° 9, p. 266. )
- Communications. M. Carmignac-Descombes présente, sur les tourbes et les terrains tourbeux , des considérations à la suite desquelles il émet le vœu qu’on ajoute au programme sur la carbonisation de la tourbe les questions suivantes :
- 1° Un prix pour l’analyse complète et précise de tourbes exploitées sur six points différents de la France;
- 2° Un prix pour déterminer avec précision la cause qui rend la tourbe infertile, et pour indiquer le moyen de détruire cette cause, avec économie et sans trop de dépense;
- 3° Un prix pour la découverte d’un moyen propre à détruire les joncs sans être obligé de recourir à l’extraction de leurs racines ;
- 4° Enfin un prix pour vérifier l’assertion de Jauffret, et déterminer la puissance de l’engrais qu’on peut obtenir par le mélange de la chaux et de la tourbe que ce fabricant d’engrais conseille.
- M. Barrestvil, en déposant sur le bureau diverses reproductions en zinc fondu obtenues dans des moules de zinc par M. Miroy, fait remarquer l’avantage que présente le moule en zinc sur ceux en fonte sous le rapport de l’économie et de la durée,
- me
- PARIS.--IMPRIMERIE DE M
- Ve BOUCHARD-HUZARD, RUE DE l’ÉPERON, 5.
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- B3* ANNIE. DEDXIlHE SÉRIE. N' Al. — JUIN AKîI.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ORGUES.
- rapport fait par m. calla, au nom du comité des arts mécaniques, sur la construction et la facture des grandes orgues de m. Aristide cavaillé-coll, rue de Vaugirard, 94fit 96.
- Messieurs, le comité des arts mécaniques et la commission des beaux-arts nous ont chargé de vous rendre compte de l’examen qu’ils ont fait des grandes orgues construites par M. Aristide Cavaillé-Cçll pour l’église Saint-Vincent-de-Paul.
- Cet instrument contient 46 jeux, 12 pédales de combinaison et 2,576 tuyaux. Le buffet d’orgue, composé par M. Hiltorff, architecte du monument, comporte, dans sa décoration, 161 tuyaux de montre, dont 111 dans la façade principale et 50 dans les faces latérales.
- Les claviers sont situés sur un meuble isolé dans le milieu de la tribune
- sous la voûte qui divise le buffet. Voici la nomenclature des jeux : Clavier de pédales de ut en ut,
- 25 notes.
- 1 Bourdon de...............32 pieds.
- 2 Contre-basse ou flûte de. . . 16
- 3 Basse ou flûte de... ..... 8
- 4 Octave ou flûte de. .... . 4
- Jeux de combinaisons.
- 5 Basse-contre (anches libres) de. 16
- 6 Bombarde de.............16
- 7 Trompette de............ 8
- 8 Clairon de. ....... . 4
- Tome Ier. — 53e année. 2e série.
- Clavier du positif de ut en fa, 4 octaves 1J3,54 notes.
- î Salcional de................. 8 pieds.
- 2 Flûte harmonique de......... 8
- 3 Bourdon de................. 16
- 4 Bourdon de.................. 8
- 5 Flûte octaviante de......... 4
- 6 Dulciana de................. 4
- Jeux de combinaisons.
- 7 Doublette de................ 2
- 8 Trompette de................ 8
- 9 Cromorne de................. 8
- *0 Clairon de. ....... . 4
- Juin 1854.
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- Clavier dît grand orgue de ut à fa,
- 4 octaves 7, > S4 notes, tt0 partie dont les tasses figurent enmontre.
- 1 Montre de.................. 1!6 pieds.
- 2 Gambe de.................... 16
- 3 Montre de.................... 8
- 4 Gambe de..................... 8
- 5 Montre de.................... 4
- 6 Voix céleste de.............. 8
- 2e partie à l’intérieur de l’orgue.
- 7 Bourdon de.................. 16 pieds.
- 8 Bourdon de................... 8
- !) Flûte harmonique de.......... 8
- I o Flûte octaviante de........ 4
- II Saleional de................ S
- 12 Prestant de................. 4
- 13 Doublelte de................ 2
- 3e partie, jeux de combinaisons.
- 14 Quinte de.................. 3 pieds.
- 15 Fourniture de............... 4 rangs.
- 16 Cymbale de.................. 3
- 17 Bambarde de................ 16 pieds.
- 18 Trompette de................ 8
- 19 Basson et hautbois de...... 8
- 20 Clairon de................. 4
- 3e davier du récit expressif de ut à l'a, 4 octaves 72, 34 notes.
- 1 Voix humaine de.............. 8 pieds.
- 2 Cor anglais de............... 8
- 3 Bourdon de................... 8
- 4 Flûte harmonique de.......... 8
- 5 -Flûte octaviante de......... 4
- Jeux de combinaisons.
- 6 Quinte de. . . .............. 3
- 7 Doublette de................. 2
- 8 Trompette harmonique de. . . 8
- 9 Clairon harmonique de..... 4
- Résumé du nombre de jeux et de tuyaux dans leurs intonations respectives.
- JEUX DE NOMBRE DES
- DÉSIGNATION DES CLAV1E11S. X! 2
- du CO du du du jdu a? g X 3 cÇ
- 00 CO CM .5 3
- ~Su
- 1° Pédales. ..... 1 3 2 2 0 0 0 8 200
- 2° Positif 0 1 3 3 0 1 , 0 10 340
- 3° Grand orgue, lre partie. 0 2 3 1 0 0 0 6 324
- 4° Grand orgue, 2e partie. 0 1 3 2 0 1 0 7 378
- 5° Grand orgue, 3e partie. 0 1 2 1 1 0 fÜ: 2 7 648
- 6° Récit expressif. . 0 0 3 2 : 1 1 fejêk 0 9 486
- Totaux 1 8 20 11 2 3 2 47 . 2376
- Dès le premier examen de cet ensemble, on remarque un caractère particulier de dispositions parfaitement motivées qui décèle l’artiste instruit et habile*
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- Nous vous prions de nous permettre de vous rappeler qu’en 1834 notre honorable collègue M. Mallet vous rendait compte d’une ingénieuse scierie circulaire que M. Cavaillé venait de vous soumettre et pour laquelle vous lui décernâtes, l’année suivante, une médaille de bronze. M. Mallet terminait son rapport par ces mots :
- « Chacun s’est empressé de rendre justice à l’intelligence et à l’esprit « aussi appliqué qu’inventif dont M. Cavaillé paraît doué... Ce jeune artiste « vient se fixer à Paris, et augmenter ainsi le nombre des hommes distin-« gués qui, chaque année, se disputent à l’envi une de ces palmes que « vous décernez avec tant de satisfaction au vrai mérite, et dont il ne tar-« dera pas sans doute à se montrer digne. »
- Dix-neuf années se sont écoulées depuis cette époque, et la plupart d’entre vous ont suivi avec intérêt les remarquables travaux par lesquels M. Cavaillé justifiait l’heureuse prédiction de notre collègue.
- Votre comité des arts mécaniques et votre commission des beaux-arts, en examinant le grand orgue de l’église Saint-Vincent-de-Paul, expression la plus récente des améliorations que M. Cavaillé n’a cessé d’apporter à la facture de ces nobles instruments, y ont trouvé le résumé en quelque sorte des travaux auxquels cet habile facteur s’est livré depuis que vous l’encouragiez par une première récompense.
- Au risque de répéter ce qui a été dit souvent des œuvres de M. Cavaillé, nous sommes heureux de constater qu’il n’est aucune partie de la construction des grandes orgues dans laquelle il n’ait apporté des soins et une précision d’exécution jusqu’alors inusités, et qui, même aujourd’hui, se rencontrent rarement ailleurs.
- Les orgues de Notre-Dame-de-Lorette, de la basilique de Saint-Denis, de la Madeleine , de l’église Saint-Vincent-de-Paul, indépendamment d’un certain nombre d’instruments d’une moindre importance, révèlent dans chacune de leurs parties cet esprit d’application intelligente , cet esprit inventif et judicieux que vous vous plaisiez à reconnaître en lui dès ses premiers travaux.
- Nous ne pouvons vous rendre compte de toutes les améliorations introduites par M. Cavaillé dans la facture des orgues.
- Les rapports du jury, lors des expositions générales de 1839, 1844, 1849, les rapports spéciaux qui ont été faits sur chacun des grands instruments exécutés à Saint-Denis , à la Madeleine , à Saint-Vincent-de-Paul, etc., forment des volumes entiers, dont l’analyse seule dépasserait les limites des travaux ordinaires de notre conseil d’administration. Nous indiquerons seulement quelques-uns des éléments principaux des instruments de M. Cavaillé,
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- et plus particulièrement les perfectionnements qu’il a introduits dans l’orgue de Saint-Vincent-de-Paul.
- Soufflerie. La soufflerie principale est située dans une chambre attenante à la tribune; elle sert à alimenter six grands réservoirs d’air placés dans la base même de l’instrument. M. le capitaine Piobert a démontré que la manière la plus avantageuse d’utiliser la force de l’homme consiste à lui faire élever le poids de son corps ou autrement dit que c’est par l’effort musculaire des jambes que l’homme développe la plus grande somme de travail dynamique. Pour mettre à profit cette indication, M. Cavaillé a imaginé une disposition que nous allons décrire.
- Il a remplacé le levier sur lequel l’homme agissait avec les bras par deux pédales sur chacune desquelles le souffleur pose un de ses pieds. Le poids du corps de l’homme pèse donc en entier sur les deux pédales, et, s’il soulève une jambe, le poids total de son corps repose en entier sur la pédale voisine qui descend pendant que l’autre s’élève ; la manoeuvre contraire produit le mouvement opposé. Un appui quelconque fixé à proximité des mains aurait pu suffire pour assurer la stabilité de l’homme ; mais une telle solution n’eut soulagé la manœuvre qu’aux dépens de la puissance recueillie. Pour que l’appui fourni à l’homme tournât encore au profit de l’instrument, M. Ca-vaillé a placé, à proximité des mains, deux tringles verticales reliées entre elles à la partie supérieure par un balancier et articulées, à la partie inférieure, à chacune des deux pédales. De la sorte, chaque mouvement des jambes est accompagné et secondé par le même mouvement des bras , et les facultés musculaires se trouvent utilisées dans leur entier.
- Si du moteur nous passons aux soufflets et aux réservoirs à air, nous rencontrons des dispositions tout aussi remarquables par l’esprit d’observation qui les a conçues et par la simplicité des moyens d’exécution. La soufflerie ou les réservoirs à air des grandes orgues consistent, comme chacun le sait, en de grands rectangles en bois formant le dessus et le dessous de l’appareil, et en plusieurs châssis solides auxquels viennent se fixer les plis qui forment et complètent le soufflet.
- Alterner le sens des plis, c’est-à-dire mettre successivement un pli rentrant et un pli sortant pour contre-balancer l’influence contraire de chacun d’eux, était une indication normale qui n’a pas échappé à M. Cavaillé ; mais il fallait éviter de voir certains plis presque constamment fermés ou s’ouvrant avec paresse, et une série de plis presque constamment ouverts et ne redescendant que péniblement; il fallait obtenir, en définitive, le résultat cherché, c’est-à-dire la compensation réelle, résultant de l’équiangle des plis contraires. À cet effet, M. Cavaillé a tout simplement relié entre eux les diffé-
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- rents châssis qui séparent chaque pli par des tringles de parallélogrammes qui portent aux plis paresseux l’excès de tendance à l’ouverture des plis actifs. M. Cavaillé obtient ainsi à la fois un équilibre réel entre l’action de tous les plis, c’est-à-dire une tendance égale à l’ouverture et à la fermeture, et un équiangle exact de tous les plis, quel que soit le degré de la course du soufflet.
- Entre la soufflerie proprement dite et les tuyaux de l’orgue , l’air est reçu et emmagasiné dans des réservoirs d’air régulateurs placés à proximité des tuyaux qu’ils doivent alimenter; l’air est contenu dans chacun de ces réservoirs sous une pression différente et normale aux jeux auxquels il est destiné.
- Sommiers. Comme dans toutes les orgues, la partie inférieure des tuyaux repose sur des appareils en bois qu’on nomme sommiers; c’est dans ces sommiers que sont pratiquées les ouvertures qui donnent passage à l’air venant des conduits du porte-vent, les ouvertures qui communiquent aux tuyaux, puis des canaux qu’on nomme gravures et qui établissent les communications nécessaires entre ces différents orifices. Sous ces sommiers sont placées les soupapes d’admission de l’air dans les tuyaux, et ces soupapes sont renfermées dans des boites nommées laies. On conçoit facilement que, en raison de cette construction assez compliquée et pendant le jeu de l’orgue, l’air doit subir, dans sa pression, des altérations, des oscillations sensibles qui doivent nécessairement compromettre la justesse de l’intonation et l’ensemble des effets de l’instrument.
- Pour régulariser la pression de l’air à l’endroit même ou il est près d’entrer dans les tuyaux, M. Cavaillé a transformé une des parois habituellement rigides de ces boîtes ou laies en une paroi élastique formée d’une feuille de caoutchouc revêtue, dans sa partie centrale , d’une planchette peu épaisse , sur laquelle pressent de très-flexibles ressorts. La pression de l’air se trouve ainsi régularisée dans les moments ou, par la nature de l’exécution, le vent se dépense d’une manière brusque et saccadée.
- D’un autre côté, les combinaisons des différents jeux de l’orgue ont conduit à placer sur un seul et même sommier plusieurs séries de tuyaux qui doivent, à la volonté de l’artiste, parler séparément ou simultanément.
- Dans les orgues ordinaires, une seule soupape donne accès à l’air dans tous les tuyaux correspondant à la même touche du clavier; or, ces tuyaux étant de dimension différente, il doit en résulter inévitablement que l’air, arrivant par un seul et même canal, doit pénétrer dans ces différents tuyaux sous des pressions différentes : c’est une conséquence naturelle de la dimension de leurs orifices respectifs, et de la longueur, quelquefois assez considérable, des canaux de communication.
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- Dans ses sommiers complexes, que M. Cavaillé nomme à doubles laies, il a doublé les soupapes et divisé en deux la boîte ou laie qui les renferme, réunissant ainsi en deux groupes séparés, d’un côté les tuyaux des basses, de l’autre les jeux à tons plus élevés ; il a pu même alimenter ces deux divisions sous des pressions initiales différentes,, et il a obtenu ainsi une très-notable amélioration dans la pureté et la stabilité de l’intonation et dans la puissance des sons.
- Cette amélioration a étendu le champ des combinaisons des jeux entre eux, en faisant disparaître les inconvénients que nous venons d’indiquer. Aussi les nouvelles orgues de M. Cavaillé offrent-elles une variété et une richesse d’effets qui n’avaient pu être obtenues jusqu’alors.
- Les sommiers des six jeux de la montre des orgues de Saint-Vincent-de-Paul sont construits sur des principes tout nouveaux. Chaque tuyau est muni de sa soupape propre, et l’avantage de l’alimentation directe est trop évident pour nécessiter une démonstration : l’augmentation du nombre des soupapes aurait pu foire craindre une augmentation dans les fuites d’air ; mais ces soupapes sont tellement construites, que, lorsque le jeu auquel elles s’appliquent ne parle pas, elles s’opposent absolument à toute déperdition.
- Dans ces mêmes sommiers, les registres ou lames à tiroir qui ouvrent ou ferment l’ensemble des jeux de montre sont remplacés par des soupapes dont le mouvement présente beaucoup moins de résistance que celui des registres, de sorte que, par une seule pédale dont la manœuvre est.très-facile, l’organiste peut appeler les 6 jeux de la montre, soit tous ensemble , soit combinés par 2, 3, 4, etc., comme l’exige le morceau qu’il veut exécuter.
- Voici le tableau de l’ensemble des pédales de combinaison de l’orgue de Saint-Vincent-de-Paul.
- Disposition des pédales de combinaison dans l’ordre qu’elles occupent en
- commençant par la droite de T organiste.
- Expression. lre pédale servant à ouvrir et fermer la boîte expressive des jeux du récit.
- Trémolo. 2e d° faisant agir le mécanisme du trémolo.
- Copula. 3e d° faisant agir le mécanisme qui réunit le clavier du récit au positif.
- Copula. 4* d° servant à réunir le clavier du positif à celui du grand orgue.
- Appel, d° servant à appeler les jeux de combinaisons du récit pour les joindre aux jeux de fond de ce même clavier»
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- Appel. 6e pédale servant à appeler les jeux de combinaisons du po-
- Appel. sitif pour se joindre aux jeux de fond.
- 7e d° servant à appeler les jeux de combinaisons du grand orgue pour se joindre aux jeux de fond.
- Accouplement. 8e d° faisant agir un mécanisme servant à accoupler les octaves sur le clavier du positif.
- Accouplement. 9e d° faisant agir un mécanisme servant à accoupler les octaves du clavier du grand orgue.
- Appel. 10e d° faisant agir un mécanisme servant à appeler les six jeux de la montre, combinés de telle manière qu’il plaît à l’organiste.
- Appel. 11e d° servant à appeler à volonté les jeux de combinaisons du pédalier.
- Accouplement. 12e d° servant à accoupler au pédalier les basses du clavier du grand orgue, ce qui permet d’augmenter à volonté la puissance des basses d’accompagnement.
- Nous sommes obligé d’abréger cette analyse et de nous borner à vous indiquer quelques autres améliorations introduites par M. Cavaillé dans la construction des grandes orgues, et particulièrement des orgues de Saint-Vincent-de-Paul , telles que le meilleur choix des matériaux employés, la main-d’œuvre si remarquablement soignée, les nouvelles pédales de combinaisons, l’application de doubles parois en verre à la boite expressive. Nous ne pouvons non plus vous décrire le succès avec lequel il a vaincu les difficultés résultant de la construction générale du buffet; mais nous devons une mention particulière à l’importante application qu’il a faite à ces orgues d’un appareil nouveau nommé levier pneumatique.
- Dans les orgues anciennes, les différentes touches d’un même clavier présentent aux doigts de l’organiste des résistances différentes dépendant soit du diamètre du tuyau à déboucher, soit de l’éloignement des tuyaux, et souvent de ces deux causes réunies ; il en résultait, d’une part, de la fatigue pour l’organiste, et, d’autre part, de la lenteur et de l’hésitation dans l’émission de certains sons. Un Anglais, M. Barker, a entrepris de corriger ce vice originel.
- Les combinaisons des machines à vapeur sont telles, qu’un enfant manœuvrant une très-petite valve peut faire mouvoir et rendre dociles des masses de plusieurs milliers de kilogrammes. M. Barker en a conclu qu’ayant sous la main, dans le réservoir d’air toujours tendu pour le jeu de l’orgue , une puissance analogue à celle de la vapeur, il serait facile d’appliquer cette puissance au soulèvement des mouvements.
- La pression des doigts n’aurait qu’à ouvrir la petite soupape, et c’est l’air,
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- en se précipitant par cette faible ouverture et en agissant sur une surface en rapport avec les obstacles à vaincre, qui triomphera de toutes les résistances passives du mécanisme. Ce raisonnement une fois établi, il a eu la pensée de compliquer les orgues, instruments déjà si compliqués, d'un piston de machine à vapeur pour chacune des touches qui transmettent le mouvement du clavier aux grands tuyaux de l’orgue. Pour M. Barker, le principe était simple, le résultat utile, l’application facile, et il lui sembla qu’il lui suffirait de l’offrir pour qu’on s’empressât de l’accueillir.
- Mais une conception de génie a le plus souvent besoin de rencontrer un autre génie pour être comprise et appréciée, et il quitta son pays sans avoir pu trouver un seul facteur qui voulût l’écouter.
- A Paris aussi quelques portes se fermèrent devant lui ; mais il rencontra M. Cavaillé, qui eut non-seulement le mérite de comprendre et d’apprécier toute la portée de sa découverte, mais qui coopéra puissamment à sa matérialisation et, par ses soins et ses lumières, en assura le succès.
- Il nous reste à vous entretenir d’une amélioration bien importante introduite depuis longtemps déjà par M. Cavaillé, car c’est dans les grandes orgues de Saint-Denis qu’il en a fait la première application. Ce perfectionnement lui a permis d’introduire, dans ces nouveaux instruments, une nombreuse série de jeux nouveaux que l’on a nommés jeux harmoniques. Chacun sait que les instruments à vent qui n’ont pas de trous latéraux, comme le cor et la trompette, expriment les différents tons par la variation que l’exécutant donne à la pression du vent ; c’est en raison de ce phénomène que M. Cavaillé, voulant assurer la justesse de l’intonation des jeux de ses orgues, a porté le plus grand soin à maintenir la régularité de la pression de l’air qui devait les alimenter ; mais les expériences que M. Cavaillé faisait à ce sujet l’ont conduit au résultat remarquable que nous avons à vous signaler.
- On sait qu’un tuyau bouché, d’une longueur donnée, rend la même note qu’un tuyau ouvert d’une longueur double ; mais, quant à l’intensité, le son du tuyau ouvert est à peu près égal au double de celui produit par le tuyau bouché.
- D’un autre côté, l’expérience a démontré à M. Cavaillé un fait qui se rattache à celui qui précède; c’est que, en augmentant dans les proportions voulues la longueur des tuyaux d’une part et la pression de l’air de l’autre, on obtenait, par les sons harmoniques, le même ton qu’auraient donné des tuyaux établis dans les conditions de longueur et de pression habituellement employées dans la facture des orgues, mais avec une intensité, un volume et une qualité de son de beaucoup supérieurs à ceux obtenus par le système usuel.
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- Tel est, en peu de mots, le principe des jeux harmoniques de M. Cavaillé, qu’il a introduits dans tous les instruments sortis de ses ateliers depuis l’orgue de Saint-Denis, et qui se trouvent au nombre de huit dans les orgues de Saint-Vincent-de-Paul.
- Les personnes qui voudraient se rendre un compte plus complet de cet important progrès trouveront des détails étendus dans le savant rapport publié sur l’orgue de Saint-Denis, en 1843, par M. Adrien Delafage.
- Nous avons entendu à plusieurs reprises l’instrument que M. Cavaillé a soumis à votre examen, et nous avons été frappé de ses qualités remarquables comme effet d’harmonie et de puissance. Sous les mains de l’habile et modeste organiste de la paroisse, M. Cavallo , cet instrument a produit les effets les plus variés, les modulations les plus heureuses et a pleinement justifié ce que nous attendions de cette nouvelle œuvre de M. Cavaillé.
- En résumé, Messieurs, nous avons l’honneur de vous proposer 1° d’adresser à M. Aristide Cavaillé-Coll vos félicitations sur les progrès remarquables qu’il a fait faire à la facture des orgues; T d’insérer le présent rapport dans le Bulletin avec la gravure de l’orgue de Saint-Vincent-de-Paul.
- Signé Calla , rapporteur.
- Approuvé en séance, le 25 janvier 1854.
- Légende explicative des figures des planches 14, 13 et 16 représentant le grand orgue
- de Véglise Saint-Vincent-de-Paul.
- La planche 14 est le plan de la tribune et de la disposition générale de l’orgue.
- La pl. 15 est une coupe longitudinale et verticale sur la ligne AB, pl. 14, du mécanisme intérieur et des tuyaux.
- La fig. 1 de cette planche est une section verticale du clavier placé au centre de la tribune, et les fig. 2 et 3 deux appareils pneumatiques dont le premier correspond au clavier du positif et le second à celui du grand orgue. Des fds conducteurs partant du clavier fig. 1. mettent en mouvement les soupapes et les registres des différents sommiers.
- La fig. 1 de la pl. 16 est une section transversale de l’orgue sur la ligne CD du plan.
- La fig. 2 est une section verticale du clavier et de son mécanisme, montrant le système de tringles attachées aux touches et mettant en jeu les soupapes et les registres.
- La fig. 3 est une coupe verticale des leviers pneumatiques et la fig. 4 une section transversale de la grande soufflerie alimentaire.
- Les figures 2 et 3 sont dessinées sur une plus grande échelle.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans toutes les figures des trois planches.
- Tome Ier. — 53e armée. T série. —
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- La tribune est divisée eu trois compartiments par les colonnes A A, pl. 14. Celui du milieu, surmonté de la rosace qui éclaire la nef, est spécialement affecté au clavier de l’instrument. Le compartiment de droite renferme le grand orgue et une partie de la pédale, et celui de gauche le positif, le récit et l’autre partie de la pédale.
- La montre de l’orgue, séparée du corps de l’instrument par les passages B B, est établie sur des sommiers particuliers C C qui alimentent directement les grands tuyaux de la façade. Ces sommiers, placés de chaque côté du buffet à la hauteur de la base des tuyaux, contiennent six jeux dont les basses sont empruntées à la montre.
- D, fig. 3, pl. 16, laie du sommier donnant entrée à l’air qui gonfle le soufflet. D', autre laie pour la sortie de l’air.
- E, coupe du soufflet composant le levier pneumatique.
- F F, parois mobiles de ces soufflets.
- G, fig. 4, porte-vent principal servant à conduire l’air comprimé par la soufflerie alimentaire dans les réservoirs régulateurs placés dans l’intérieur de l’orgue.
- H, fig. 1, abrégé en fer pour transmettre le mouvement du clavier au sommierj du grand orgue.
- I, sommiers particuliers placés au-dessus des appareils pneumatiques, fig. 2 et 3, pl. 15, et destinés à alimenter directement les deux rangées de tuyaux de la montre.
- K K' K" K"’ K"" K'"", six réservoirs régulateurs alimentés par la grande soufflerie et disposés dans une chambre attenant à la tribune : ils ont pour objet de régler la pression de l’air alimentant les divers jeux près des sommiers où se fait la distribution de l’air dans les tuyaux.
- L L' L" L'", orifices établissant 1a communication d’un réservoir avec l’autre.
- M N M' N’, sommiers des pédales.
- O P, fig. 1, pl. 16, laie supérieure du sommier contenant les basses du grand orgue, vue en coupe.
- O' P', autre vue des sommiers à double laie contenant les dessus du grand orgue.
- QQ\ laies inférieures.
- R, sommier de la montre sans registre, vu en coupe.
- S, fig. 2, meuble des claviers d’orgue.
- T T' T", trois rangées de claviers superposés, savoir : T, clavier du récit correspondant aux jeux de ce nom ; T', clavier du grand orgue auquel se réunissent tous les autres claviers; T", clavier du positif qui peut être joint à volonté à celui du récit.
- U, registre des nouveaux sommiers de la montre agissant sur des soupapes.
- V, pédales d’accouplement et de combinaison.
- X, touche du clavier de pédale* forme allemande.
- Y Y, fig. 4, pompes ou pistons destinés à introduire l’air dans les réservoirs.
- Z Z, pédales sur lesquelles le souffleur agit par le poids de son corps et par la force musculaire de ses jambes.
- a ab b', tables inférieures des réservoirs d’air E'" et K/'", pl. 15.
- c c', d d\ tables supérieures des mêmes réservoirs,
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- OIUiUESi.
- ‘j
- 3»
- e e, conduits élastiques réunissant tes réservoirs. f fy soupapes régulatrices placées au bas de ces conduits.,
- g, tiges de fer fixées aux tables supérieures et dont l’extrémité fourchue s’appuie sur les soupapes f f.
- h ht pl. 16, système de parallélogrammes destinés h maintenir le parallélisme des tables mobiles du réservoir d’air et l’équiangle des plis de ces réservoirs : ils sont réunis par les traverses y.
- i h, ï h', pl. 15, leviers principaux, communiquant avec les appareils pneumatiques et mettant en jeu les abrégés correspondants du grand orgue.
- I m, V m'„ autres leviers faisant agir les abrégés du positif et ceux de la montre., n o, ri o', leviers obliques produisant l’accouplement de l’octave. p p, cloisons qui séparent les gravures O P O' P'.
- q, fig. 2, pl, 16, levier dont le centre peut s’élever au moyen d’une pédale pour réunir à volonté le clavier des pédales avec les claviers à main.
- r r' r" r"', soupapes renfermées dans les boîtes ou laies des sommiers O P O' P' et aboutissant aux claviers.
- s sy canaux par lesquels l’air pénètre dans les sommiers R.
- I, rouleau dit d’abrégé faisant mouvoir les soupapes u qui s’ouvrent dans ces canaux.
- vy fig. 2, talon mobile au moyen d’une pédale communiquant avec l’équerre x x pour réunir à volonté le clavier du positif avec celui du grand orgue.
- y, Zy contre-levier de la pédale X aboutissant, par le point y, aux sommiers des pédales et, par le point z, à la tirasse des claviers à main.
- a' a'y équerres en cuivre pour renvoyer les mouvements correspondants des différents claviers aux soupapes de leurs claviers respectifs.
- b', ressort en caoutchouc pour régler la résistance des pédales. c', fig. 3, laie du sommier particulier de la montre de la tribune. d\ soupapes particulières pour chaque tuyau.
- e', abrégé pour transmettre te mouvement des leviers pneumatiques au sommier de la montre.
- f \ soupape d’introduction de l’air dans 1e petit soufflet. g'r soupape de fuite.
- h' i", levier communiquant* par le point i" r au clavier correspondant.
- 1i'y petit levier muni d’un ressort pour régler la résistance du clavier qui fait agir l’appareil.
- fig. 4, pl. 16, barres en fonte fixées sur la table supérieure de la soufflerie alimentaire pour maintenir la rectitude des bois et charger en même temps cette table du poids nécessaire pour la compression de l’air. m', table supérieure du réservoir.
- ri ri, cadre pour maintenir l’équiangle des plis renversés o' o'.
- p' p', table inférieure du réservoir sur laquelle sont fixées les pompes Y Y.
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- q'y levier communiquant avec les pédales Y par l’intermédiaire des bielles en bois t’t1, sur lesquelles le souffleur, en s’appuyant avec ses mains, exerce un effort utile à l’action du soufflet.
- s' s", soupapes ouvrant la communication entre les doubles laies des sommiers fig. 1, pl. 16.
- Description des principales parties de Vorgue de Saint-Vincent-de-Paul
- et de leurs fonctions.
- 1° Soufflerie à diverses pressions. Ce nouveau système consiste dans une série de réservoirs superposés, égale au nombre de pressions qu’on veut obtenir et communiquant entre eux au moyen de conduits élastiques et de soupapes régulatrices. Les tables inférieures de ces réservoirs a a', b b1, pl. 15, reposent sur leurs supports respectifs; les tables supérieures cc', dd! sont mobiles de haut en bas pour comprimer l’air contenu dans l’intérieur des réservoirs : chacune d’elles est chargée des poids nécessaires pour obtenir cet effet. Le réservoir inférieur étant plus fortement chargé que le réservoir supérieur, il en résulterait que l’air contenu dans le premier réservoir devrait pénétrer sans difficulté dans le réservoir supérieur. Si les soupapes régulatrices restaient constamment fermées, la communication ne pourrait avoir lieu; mais on l’établit au moyen d’une tige fourchue g h attachée à la table supérieure, et qui, en appuyant sur les soupapes, les fait ouvrir; alors l’air afflue dans le réservoir supérieur et s’y dilate, pour se mettre en équilibre avec la pression correspondante au poids de la table comprimante du réservoir supérieur. On comprend que, à mesure que le vent de ce réservoir se dépense, il est remplacé par celui contenu dans le réservoir inférieur, tout en maintenant la même distance entre les tables mobiles des deux réservoirs.
- Lorsque la soufflerie alimentaire ou les pompes du réservoir inférieur gonflent ce réservoir, le réservoir supérieur éprouve le même effet, en sorte que, aussitôt qu’une petite quantité d’air pénètre dans le premier réservoir, celui qui lui est superposé reçoit également sa part. De cette manière, on obtient instantanément, dans chaque réservoir, l’air à la pression qu’on a déterminée.
- En admettant qu’un nombre quelconque de ces réservoirs soient ainsi superposés et communiquent entre eux par des conduits élastiques et des soupapes régulatrices, on parviendra à régler dans chacun d’eux l’air à une pression différente, quoique étant tous alimentés par la même soufflerie.
- Les réservoirs régulateurs à pressions diverses ont pour objet, ainsi qu’il a déjà été expliqué dans le rapport de M. Calla, d’alimenter la basse, le médium et le dessus des jeux de l’orgue par des pressions distinctes en rapport avec l’intensité des sons des tuyaux, de donner aux jeux plus d’homogénéité de timbre, et d’éviter les altérations dans la pression de l’air et, par conséquent, dans la tonalité des sons.
- 2° Sommiers à doubles laies et nouveau système de pédales de combinaison. Le système de sommiers représenté fig. 1, pl. 16, contribue à la bonne alimentation des
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- ORGUES.
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- jeux et donne lieu à de nouvelles combinaisons qui offrent à l’organiste de nombreuses ressources pour varier à son gré l’intensité des sons.
- On nomme laie du sommier la boîte dans laquelle se rend l’air de la soufflerie et qui renferme les soupapes mises en jeu par le clavier. Outre la laie habituelle placée à 1 une des extrémités du sommier, M. Cavaillé a établi, à l’autre extrémité du sommier, une seconde laie. La longueur du conduit a été divisée en deux par une cloison, de sorte que chaque soupape n’a plus à alimenter que la moitié des jeux. Les jeux de fond sont alimentés par une laie, et les jeux de mutation, les pleins jeux et les jeux d’anches par l’autre; d’où il suit que les deux systèmes de jeux peuvent parler à la fois sans altération possible et à l’avantage de la tonalité et de la puissance de l’orgue.
- Outre cet avantage des doubles laies, il est résulté de leur application un autre perfectionnement important qui offre à l’organiste des ressources nouvelles pour la combinaison des jeux agissant au moyen de pédales nommées de combinaison, et qui sont indiquées en Y, fig. 2, pi. 16. Ces pédales ont pour objet de mettre à volonté les deux laies en communication par des soupapes s' s", fig. 1.
- Voici comment ces combinaisons s’opèrent : on remarquera d’abord que les soupapes correspondantes rr', fig. 1, pl. 16, des deux laies s’ouvrent en même temps sous la pression du clavier. La soupape r a laissé pénétrer l’air dans la gravure de O en p, et la soupape r' de P en p; mais il ne peut entrer dans les doubles laies qu’en traversant les soupapes s' s" qui agissent par les pédales de combinaison. Il résulte de cette disposition que tous les jeux de la deuxième laie, de r' et r", peuvent être tirés ensemble ou séparément, ou combinés d’une manière quelconque par l’organiste, et que les combinaisons ainsi préparées seront appelées instantanément au moyen des pédales dont nous venons de parler.
- Ainsi, en agissant sur une simple soupape, les nouvelles pédales obéissent avec autant de prestesse que les touches du clavier, et admettent autant de combinaisons différentes que le comporte le nombre de jeux placés sur la deuxième laie. S’il y avait seulement 8 jeux sur la double laie, on obtiendrait 255 combinaisons avec une seule pédale.
- 3° Sommiers sans registres établis pour les jeux de la montre. Dans les sommiers qu’on voit en R, fig. 1, pl. 16, chaque jeu est appelé au moyen d’une simple soupape qui laisse pénétrer l’air dans les canaux s s, et chaque touche fait mouvoir, par l’intermédiaire d’un rouleau t, autant de soupapes qu’il y a de jeux sur le sommier. Chacune de ces soupapes ouvre dans les canaux destinés à alimenter les tuyaux correspondants à chaque jeu.
- Si, au moyen des soupapes u u, qui remplacent les registres, on laisse pénétrer l’air dans deux des canaux seulement, la touche, tout en mettant en jeu les six soupapes par l’intermédiaire du rouleau t, ne fera sonner que les deux tuyaux correspondants à ces canaux; il en serait de même pour les autres tuyaux dans lesquels on peut, à volonté, laisser entrer l’air ou l’interdire pour faire sonner ou faire taire les tuyaux correspondants à chaque jeu.
- Ce système de sommiers simplifie notablement le mécanisme, puisqu’il remplace les
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- oftGtm.
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- registres par de simples soupapes qui obéissent àfe moindre traction, il a donné lieu à une nouvelle combinaison de pédales qui permet, à volonté, de faire entrer les différents jeux combinés en raison des divers mélanges des jeux 4e ce sommier, c’est-à-dire de soixante-trois maniérés différentes, comme le comportent les six jeux de montre dent nous venons de parler.
- V3 Nouveau système de leviers pneumatiques, simplification du premier appareil de M. Barker. Çie système, représenté en coupe fîg. 3, pl. 16, est surmonté du sommier particulier de la montre de la tribune où sont établis les claviers.
- Le levier h' i" correspond, par son extrémité i", à la touche du clavier; il ouvre et ferme alternativement les soupapes f et g'. L’air de la soufflerie arrive directement dans la laie ï). 'Quand la touche ou le levier h' i" baisse, la soupape f' s’ouvre et Pair pénètre aussitôt dans le petit soufflet E, qui se gonfle instantanément, et opère, par le mouvement de sa paroi mobile F, le tirage des abrégés correspondants aux soupapes de l’orgue. Quand la touche -ou le levier se relève, la soupape d’introduction f' se ferme, la soupape de fuite g' s’ouvre, et -l’air contenu dans le petit soufflet s'échappe par le conduit IL. La paroi F s’abaisse instantanément, et, par suite, les soupapes des sommiers auxquelles effle aboutit par le mécanisme intermédiaire se referment également. Le petit levier k' règle la résistance qu’on veut avoir au clavier qui fait marcher l’appareil.
- On comprend que le mouvement alternatif du levier h' i", communiqué par la louche, se transmet à la paroi mobile F; or celle-ci agit en raison de sa surface et de la force élastique de l’air qui la fait mouvoir. Ces deux conditions doivent être combinées de manière à donner, au point delà paroi mobile où viennent aboutir les résistances du mécanisme, la puissance d’action nécessaire pour vaincre tous les obstacles.
- On conçoit également que la louche du clavier, n’ayant à faire agir que les deux petites soupapes f et g', cédera facilement sous l’impression du doigt.
- 3° Jeux ‘harmoniques. Les jeux de l’orgue , tels qu’ils ont été établis jusqu’ici, sont formés de tuyaux qui donnent le son fondamental. Ces jeux, dont les notes graves rendent un volume de son convenable, ne 'donnent que des sons faibles ou maigres à mesure qu’on arrive dans les tons élevés. Ce défaut paraît intimement lié à la disposition des jeux qu’on a employés jusqu’à présent.
- On sait, en effet, que chaque jeu est composé d’une série de tuyaux égale au nombre de touches du clavier, et que chaque tuyau donne l’intonation que représente la touche à laquelle il correspond; on sait également que les dimensions des tuyaux sont sensiblement proportionnelles en raison inverse du nombre des vibrations.
- En prenant 1 Vf, le plus grave du clavier égal à l’unité, on obtiendra les séries suivantes :
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- m
- INTONATION. ut 1 ut 2 ut 3 ut 4 ut 5
- Vibrations. . .. . . 1 2 4 8 16 ;
- Dimensions linéaires. . 1 7* v4 Vg 7i6 ’
- Volumes 1 Vg V64 V516 /4 0 9 6
- En admettant que le volume du son d’un tuyau augmente ou diminue avec le volume d’air qu’il renferme, on se convaincra, par le tableau précédent, de la rapidité de décroissance en volume du grave à l’aigu, des sons d’un jeu, et on ne sera plus étonné de la faiblesse et de la maigreur des tons élevés de l’orgue comparativement aux basses.
- Les sons harmoniques des tuyaux n’avaient pas encore été appliqués à l’orgue. On sait que ces sons ont une puissance et une rondeur qu’on ne peut obtenir des tuyaux qui ne rendent que le son fondamental. La colonne d’air contenue dans les tuyaux qui donnent les sons harmoniques se partage en deux, trois, quatre ou un plus grand nombre de parties vibrantes; elle modifie les sons en leur donnant une meilleure qualité et permet d’en augmenter la puissance sans qu’ils deviennent criards.
- Règle générale, les sons gagnent en rondeur et en volume à mesure que la colonne d’air qui les modifie devient plus considérable.
- Nous avons dit plus haut que les notes graves des différents jeux de l’orgue donnent un volume de son convenable à l’aide du ton fondamental du tuyau; mais les notes intermédiaires du grave à l’aigu perdent de plus en plus de leur rondeur et de leur volume à mesure que les tons deviennent plus élevés. Pour remédier à cet inconvénient, M. Cavaillé a établi plusieurs jeux dont les tuyaux de la première octave de la basse parlent au ton fondamental, ceux de la seconde font entendre le premier harmonique, et ainsi de suite. De cette manière, à mesure que les tons deviennent plus élevés, la colonne d’air des tuyaux augmente par rapport à leur intona.tion, et la qualité du son est rendue, par ce moyen, homogène dans toute leur étendue.
- Il est à remarquer que les sons harmoniques exigent une pression de vent de plus en plus forte à mesure que la colonne d’air des tuyaux contient un plus grand nombre de parties vibrantes. C’est surtout dans les tuyaux à anches que cette augmentation de pression devient nécessaire pour donner aux sons de ces jeux toute la rondeur et la puissance qu’ils peuvent acquérir.
- Le nouveau système de soufflerie à diverses pressions, indépendamment de l’influence qu’il exerce sur les jeux ordinaires de l’orgue, est en même temps d’un grand secours pour donner aux jeux harmoniques toute la qualité de son dont ils sont susceptibles. ( D. )
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- PEINTURE.
- rapport fait par m. barreswil , au nom du comité des arts chimiques, sur l’application de Vessence de houille aux travaux de peinture à l’huile
- par m. pelouze fils.
- Messieurs, dans une lettre qu’il vous a adressée le !25 janvier dernier, M. Pelouze fils a appelé votre attention sur l’avantage qu’il y aurait à appliquer l’essence de houille purifiée, et particulièrement celle qui provient du cannel-coal, aux divers travaux de peinture à l’huile.
- Vous avez renvoyé cette lettre à votre comité des arts chimiques, afin qu’il eût à se prononcer sur le mérite de cette substitution.
- Votre comité vient aujourd’hui vous présenter le résultat de ses expériences et vous soumettre ses conclusions.
- E’essence que M. Pelouze fils livre aux peintres est un liquide incolore, très-fluide, entièrement volatil. Versé sur un verre de montre ou sur un papier blanc non collé, il s’évapore sans laisser de résidu. La lumière ne le colore pas, et l’air ne parait en aucune façon en modifier les propriétés. Son point d’ébullilion n’est pas fixe, et sa composition n’a pas lieu d’être rigoureusement définie. L’essence de houille rectifiée est le mélange de divers carbures d’hydrogène ( benzine, benzoïne, cumène, etc. ) connus ou encore indéfinis, qui passent à la distillation entre 100 et 168 degrés. C’est, comme on le voit, le second produit de la distillation intermédiaire entre les carbures trop volatils et l’huile lourde qui ne pourraient être employés pour les mêmes applications.
- L’odeur de l’huile de houille rectifiée est pénétrante ; elle rappelle celle du gaz d’éclairage, mais elle disparaît en entier aussitôt que le liquide est complètement évaporé.
- M. Pelouze fils, qui rectifie des quantités déjà considérables d’essence brute dans son usine de Champerret, a mis à la disposition de votre comité l’essence purifiée nécessaire pour ses expériences; il s’est empressé de fournir les occasions d’expérimenter dans diverses conditions.
- La question d’hygiène a été le point de départ du travail que vous a soumis M. Pelouze ; il a conclu de ses expériences personnelles et des faits acquis que l’essence de térébenthine n’est pas étrangère aux reproches que l’on a adressés à la peinture à l’huile, et que conséquemment ces inconvénients pourraient être évités ou tout au moins amoindris, si l’on substituait à l’essence ordinaire un autre liquide qui s’échappât de la peinture dans un
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- moindre espace de temps. Après des essais multipliés faits par lui ou par des peintres en sa présence, il a acquis la conviction que l’essence rectifiée est parfaitement convenable pour remplacer l’essence de térébenthine au point de vue de l’hygiène.
- Il est bien évident que si les essences ont sur l’économie animale une influence positive, et les travaux de MM. Reynoso et Robin, entre autres, ont mis ce fait hors de doute, il est évident, dis-je , que plus rapidement ces essences se dissiperont, moins on aura de chance, toutes choses égales d’ailleurs, d’être exposé à des émanations dangereuses par le fait de l’habitation précipitée d’appartements fraîchement décorés ou restaurés.
- Cette conclusion toute naturelle pouvait conduire à la crainte que les ouvriers peintres qui doivent employer l’essence rectifiée se trouvassent en contact pendant un même temps avec une vapeur plus abondante que lorsqu’ils emploient l’essence de térébenthine, ou fussent plus disposés à en ressentir de funestes effets. L’expérience seule permettait de répondre à cette objection faite à priori. Votre comité a constaté , en suivant le travail des ouvriers et ce qu’il avait appris par leur témoignage, que l’odeur de l’essence rectifiée, plus forte et plus pénétrante que celle de la térébenthine, pouvait être supportée par eux sans qu’ils en ressentissent aucun malaise inattendu qu’ils pussent attribuer au produit qu’on leur faisait employer.
- La question économique est d’une importance secondaire en présence de la question d’hygiène. Toutefois votre comité a dû se préoccuper du prix de revient de l’essence rectifiée, et les documents que lui a fournis M. Pe-louze fils lui ont démontré que son prix, qui, dans les circonstances actuelles, n’excède guère celui de l’essence ordinaire de térébenthine, lui sera bientôt notablement inférieur lorsque la nouvelle industrie aura pris un plus grand développement.
- La question du plus ou moins de facilité d’emploi a été également examinée avec soin par votre comité. Il résulte de ses propres recherches et des renseignements pris auprès de peintres expérimentés que , malgré sa volatilité , l’essence de houille rectifiée, mêlée à l’huile d’œillette ou de lin, se conserve dans le camion aussi bien que l’essence de térébenthine, et que les teintes ne sont pas sensiblement modifiées pendant le travail par le fait d’une évaporation trop rapide.
- Les diverses épreuves auxquelles s’est livré votre comité ont porté sur l’essence rectifiée seule, sur l’essence mêlée à l'huile de lin et sur les peintures à l’huile, soit au blanc de zinc, soit à la céruse.
- Première expérience. Deux feuilles de papier semblables ont été imprégnées à refus, l’une d’essence rectifiée, l’autre d’essence de térébenthine. La pre-
- Tome Ier. — 53e année. 2e série. — Juin 1854. 45
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- mière a été sèche au bout de trois heures ; la seconde a mis cinq heures à se sécher complètement. L’odeur de l’essence rectifiée a complètement disparu du jour au lendemain ; celle de l’essence de térébenthine a persisté pendant trois jours.
- Seconde expérience. Les deux essences ont été mêlées avec trois fois leur volume d’huile, et l’un et l’autre mélange a été exposé à l’air sous la même surface, le fond de soucoupes pareilles, et à la même épaisseur de 2 millimètres. L’odeur de l’essence rectifiée a été dissipée au bout de trois jours ; celle de l’essence de térébenthine était persistante même après une semaine.
- Troisième expérience. On a préparé, dans deux camions, de la couleur à l’huile dans la même proportion. Un échantillon a été mêlé d’un cinquième d’essence rectifiée, l’autre d’un cinquième d’essence de térébenthine. On a peint, dans les mêmes conditions, une surface de t mètres de haut sur 0m,50de large dans des cabinets obscurs et complètement clos. Après vingt-quatre heures, on a ouvert les deux cabinets, et on a constaté dans l’un et l’autre une odeur prononcée de l’essence employée. Les portes ayant été ouvertes, on a examiné les couleurs appliquées. Vingt-quatre heures après, l’odeur avait complètement disparu du cabinet peint à l’essence rectifiée; elle existait encore dans celui peint à l’essence de térébenthine.
- Quatrième expérience. On a peint deux portes pleines, l’une à l’essence rectifiée, l’autre à l’essence de térébenthine. Les peintures étaient exposées à l’air direct et à la lumière , elles ont été examinées après vingt-quatre heures. La peinture à l’essence rectifiée n’exhalait plus aucune odeur ; l’autre exhalait une odeur très-prononcée d’essence de térébenthine.
- Cinquième expérience. On a peint deux corridors en employant pour l’un l’essence rectifiée, pour l’autre l’essence de térébenthine. Au bout de quarante-huit heures, on a constaté que dans le premier l’odeur avait disparu et qu’elle était encore sensible dans le second.
- Sixième expérience. On a exécuté des travaux de restauration dans un appartement en employant de l’essence rectifiée au lieu de l’essence de térébenthine, et on a constaté qu’au bout de quarante-huit heures l’odeur avait complètement disparu, ce qui n’a jamais lieu quand on emploie l’essence de térébenthine.
- Les expériences comparatives que nous venons de mentionner ont permis de conclure que l’essence rectifiée de houille peut être substituée à l’essence de térébenthine pour les travaux de peinture à l’huile, et que ce délayant a l’avantage de se dégager plus vite que l’essence de térébenthine, et par conséquent de permettre d’habiter plus tôt les appartements peints à l’huile
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- FER.
- Ml
- sans s’exposer aux inconvénients que l’on a attribués aux émanations de l’essence.
- L’introduclion de l’essence de houille dans le commerce des couleurs aura pour efïét de maintenir et, par la suite, de réduire le prix de l’essence de térébenthine. Elle assurera l’industrie contre l’éventualité des récoltes ou d’arrivages insuffisants, et par suite nous affranchira, au moins pour une partie, du tribut que la France paye annuellement à l’étranger.
- Par ces motifs, votre comité vous propose de remercier M. Pelouze fils de sa communication et d’insérer le présent rapport dans le Bulletin.
- Signé Barreswil, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 3 mai 1854.
- CIMENT.
- Nouveau mode de fabrication du ciment de portland et autres; par m. William aspdin, de Blackwal, comté de Durham.
- Cette invention consiste à employer le résidu de la fabrication des alcalis, pour fabriquer, avec les produits qui en résultent, du ciment de Portland et autres. Ce résidu est mêlé intimement avec de l’eau, de manière à former une masse épaisse, et broyé de la même façon qu’on broie et qu’on lave l’argile dans la fabrication des briques ; l’on y ajoute une certaine quantité de terre argileuse, soit 1 partie pour 7. Lorsque ces matières ont été bien lavées, on décante, et on laisse reposer dans des auges ou cuves. On conserve le liquide surnageant, pour faire cristalliser le carbonate de soude et recueillir le soufre qui y est contenu.
- Les matières déposées dans des auges ou cuves sont moulées en masses et séchées; on les calcine alors, on les vitrifie, puis on les réduit en poudre fine. Il n’est pas absolument nécessaire de broyer dans l’eau le résidu alcalin, car on peut le mouler, le sécher, le calciner elle vitrifier, sans avoir recours à cette opération. Il est, néanmoins, préférable d’employer le premier procédé. Par ce moyen, on obtient un excellent ciment de Portland avec un produit vil et jusqu’ici rejeté, et en négligeant le broyage et le lavage, d’autres ciments moins bons, inférieurs au Portland, et dont la valeur dépend absolument de la qualité du résidu de fabrication d’alcalis que 1 on a employé. ( Repertory of patent inventions, octobre 1853. )
- FER.
- Procédé pour recouvrir le fer de cuivre et de laiton; par mm. Charles w att et
- hugh burgess, de Londres.
- Ce procédé consiste à bien décaper le fer, soit en plaques, soit en barres, ou sous toute autre forme, à le recouvrir d’ünc solution dun sel de cadmium ou de Zinc* le
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- SOUDE ET POTASSE.
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- sécher, puis le tremper dans un bain de cuivre ou de laiton fondu, pour l’introduire ensuite dans une atmosphère de vapeur et d’acide carbonique. Quand la forme de l’objet le permet, le meilleur moyen de le sortir du bain et d’égaliser les surfaces est de le laminer entre deux cylindres.
- Les objets à recouvrir sont d’abord bien décapés dans l’acide sulfurique par les procédés ordinaires, puis on les passe avec soin dans une solution étendue de chlorure de zinc. La solution employée par les inventeurs s’obtient en étendant de 5 parties d’eau une solution saturée de chlorure de zinc préparée en dissolvant du zinc dans l’acide chlorhydrique jusqu’à refus. Les auteurs ne se bornent pas à l’emploi du chlorure de zinc; ils se servent également des autres sels de zinc, d’étain ou de cadmium, et même du carbonate et de l’oxyde de zinc. Les objets, ainsi traités, sont séchés avec soin, puis chauffés à 250° environ, ou à une température plus élevée, mais pas assez pour volatiliser ou décomposer la préparation qui recouvre le fer ; on les plonge alors dans un bain de cuivre ou d’alliage fondu.
- On a remarqué que les meilleurs résultats étaient produits non pas par le cuivre pur, mais par un alliage de 97 de cuivre, 2 de zinc et 1 d’étain.
- Le temps pendant lequel les objets doivent rester dans le métal fondu dépend de la température de ce dernier, et sera déterminé par l’expérience; pour une barre de 2 centimètres environ, trois secondes suffisent. La surface du métal doit être très chaude et recouverte de charbon en poudre, de sable, ou de toute autre substance.
- Aussitôt l’objet sorti du bain, on l’introduit dans une chambre ou réservoir contenant une atmosphère de vapeur d’eau et d’acide carbonique, qui y pénètrent par jets, et là on le laisse refroidir. Au lieu d’employer l’acide carbonique, on peut se servir de gaz hydrogène carboné, ou. de tout autre gaz réducteur; l’avantage que l’on rencontre dans l’emploi de l’hydrogène carboné consiste en ce que la chaleur du fourneau de fusion suffit pour produire tout l’hydrogène nécessaire; il suffit de placer dans le feu du fourneau une petite cornue à distiller le charbon. ( Reperlory of patent inventions, novembre 1853. )
- SOUDE ET POTASSE.
- Préparation de la soude et de la potasse ; par mm. Christian bohringer et Gustave clemm , de Heilbronn, grand-duché de Bade.
- Ce procédé repose sur la transformation des sulfates de potasse et de soude en sul fures au moyen des substances carburées. Les sulfates sont mélangés avec du charbon et placés dans un fourneau construit de telle sorte que la flamme puisse passer sur la masse et aider à la réduction, que l’on doit opérer aussi lentement que possible. Une fois les sulfures obtenus, on les traite et on les décompose par les bicarbonates des mêmes bases. L’hydrogène sulfuré, dégagé par cette décomposition, est transformé en acide sulfureux, et l’on retrouve par la combustion de ce dernier tout le soufre contenu dans l’acide sulfurique des sulfates.
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- LÉGISLATION INDUSTRIELLE.
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- Les bicarbonates nécessaires pour ce procédé sont constamment reproduits en exposant les carbonates au courant de gaz provenant de la combustion dans les différents fourneaux de la fabrique; ces gaz consistent en effet, pour la majeure partie, en acide carbonique, qu’on a préalablement débarrassé de l’acide sulfureux, et des autres gaz acides qu’il peut contenir, en les faisant passer dans un appareil disposé à cet effet. Après avoir décomposé les sulfures par les bicarbonates, on calcine la masse doucement, puis on dissout dans l’eau, on évapore, et on recueille les carbonates à la manière ordinaire. ( Repertory of patent inventions, décembre 1853. )
- LÉGISLATION INDUSTRIELLE. loi sur les brevets d’invention délivrés en Belgique.
- Léopold, roi des Belges,
- A tous présents et à venir, salut.
- Les chambres ont adopté et nous sanctionnons ce qui suit :
- Art. 1er. Il sera accordé des droits exclusifs et temporaires, sous le nom de brevet d’invention, de perfectionnement ou d’importation, pour toute découverte ou tout perfectionnement susceptible d’être exploité comme objet d’industrie ou de commerce.
- Art. 2. La concession des brevets se fera sans examen préalable, aux risques et périls des demandeurs, sans garantie, soit de la réalité, soit de la nouveauté ou du mérite de l’invention, soit de l’exactitude de la description, et sans préjudice des droits des tiers.
- Art. 3. La durée des brevets est fixée à vingt ans, sauf le cas prévu à l’art. 14; elle prendra cours à dater du jour où aura été dressé le procès-verbal mentionné à l’art. 18.
- Il sera payé, pour chaque brevet, une taxe annuelle et progressive ainsi qu’il suit :
- lre année........................ 10 francs.
- 2e —....................... 20 —
- 3e —............................. 30 —
- et ainsi de suite jusqu’à la vingtième année, pour laquelle la taxe sera de 200 fr. La taxe sera payée par anticipation et, dans aucun cas, ne sera remboursée.
- Il ne sera point exigé de taxe pour les brevets de perfectionnement, lorsqu’ils auront été délivrés au titulaire du brevet principal.
- Art. 4. Les brevets confèrent à leurs possesseurs ou ayants droit le droit exclusif :
- a. D’exploiter à leur profit l’objet breveté ou de le faire exploiter par ceux qu’ils y autoriseraient ;
- b. De poursuivre devant les tribunaux ceux qui porteraient atteinte à leurs droits, soit par la fabrication de produits, ou l’emplci de moyens compris dans le brevet, soit en détenant, vendant, exposant en vente ou en introduisant sur le territoire belge un ou plusieurs objets contrefaits.
- Art. 5. Si les personnes poursuivies en vertu de l’art. 4, litt. b, ont agi sciemment,
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- LÉGISLATION INDUSTRIELLE.
- les tribunaux prononceront, au profit du breveté ou de ses ayants droit, la confiscation des objets confectionnés en contravention du brevet et des instruments et ustensiles spécialement destinés à leur confection, ou alloueront une somme égale au prix des objets qui seraient déjà vendus.
- Si les personnes poursuivies sont de bonne foi, les tribunaux leur feront défense, sous les peines ci-dessus, d’employer, dans un but commercial, les machines et appareils de production reconnus contrefaits et de faire usage, dans le même but, des instruments et ustensiles pour confectionner les objets brevetés.
- Dans l’un et l’autre cas, des dommages et intérêts pourront être alloués au breveté ou à ses ayants droit.
- Art. 6. Les possesseurs de brevets ou leurs ayants droit pourront, avec l’autorisation du président du tribunal de première instance, obtenue sur requête, faire procéder, par un ou plusieurs experts, à la description des appareils, machines et objets prétendus contrefaits.
- Le président pourra, par la même ordonnance, faire défense aux détenteurs desdits objets, de s’en dessaisir, permettre au breveté de constituer gardien, ou même de mettre les objets sous scellé.
- Cette ordonnance sera signifiée par un huissier à ce commis.
- Art. 7. Le brevet sera joint à la requête, laquelle contiendra élection de domicile dans la commune où doit avoir lieu la description. Les experts nommés par le président prêteront serment entre ses mains, avant de commencer leurs opérations.
- Art. 8. Le président pourra imposer au breveté l’obligation de consigner un cautionnement. Dans ce cas, l’ordonnance du président ne sera délivrée que sur la preuve de consignation faite. Le cautionnement sera toujours imposé à l’étranger.
- Art. 9. Le breveté pourra être présent à la description, s’il y est spécialement autorisé par le président du tribunal.
- Art. 10. Si les portes sont fermées ou si l’ouverture en est refusée, il sera opéré conformément à l’art. 587 du code de procédure civile.
- Art. 11. Copie du procès-verbal de description sera laissée au détenteur des objets décrits.
- Art. 12. Si, dans la huitaine, la description n’est pas suivie d’une assignation devant le tribunal dans le ressort duquel elle a été faite, l’ordonnance, rendue conformément à l’art. 6, cessera de plein droit ses effets, et le détenteur des objets décrits pourra réclamer la remise du procès-verbal original, avec défense au breveté de faire usage de son contenu et de le rendre public, le tout sans préjudice de tous dommages et intérêts.
- Art. 13. Les tribunaux connaîtront des affaires relatives aux brevets comme d’affaires sommaires et urgentes.
- Art. 14. L’auteur d’une découverte déjà brevetée à l’étranger pourra obtenir, par lui-même ou par ses ayants droit, un brevet d’importation en Belgique; la durée de ce brevet n’excédera pas celle du brevet antérieurement concédé à l’étranger pour le terme le plus long, et dans aucun cas, la limite fixée par l’art. 3.
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- Art. 15. En cas de modifications à l’objet de la découverte, il pourra être obtenu un brevet de perfectionnement, qui prendra fin en même temps que le brevet primitif.
- Toutefois, si le possesseur du nouveau brevet n’est pas le breveté principal, il ne pourra, sans le consentement de ce dernier, se servir de la découverte primitive et, réciproquement, le breveté principal ne pourra exploiter le perfectionnement sans le consentement du possesseur du nouveau brevet.
- Art. 16. Les brevets d’importation et de perfectionnement confèrent les mêmes droits que les brevets d’invention.
- Art. 17. Quiconque voudra prendre un brevet sera tenu de déposer, sous cachet, en double, au greffe de l’un des gouvernements provinciaux du royaume, ou au bureau d’un commissariat d’arrondissement, en suivant les formalités qui seront déterminées par un arrêté royal, la description claire et complète, dans l’une des langues usitées en Belgique, et le dessin exact et sur une échelle métrique de l’objet de l’invention.
- Aucun dépôt ne sera reçu que sur la production d’un récépissé constatant le versement de la première annuité de la taxe du brevet.
- Un procès-verbal, dressé sans frais par le greffier provincial ou par le commissaire d’arrondissement, sur un registre à ce destiné, et signé par le demandeur, constatera chaque dépôt, en énonçant le jour et l’heure de la remise des pièces.
- Art. 18. La date légale de l’invention est constatée par le procès-verbal qui sera dressé lors du dépôt de la demande du brevet.
- Un duplicata de ce procès-verbal sera remis, sans frais, au déposant.
- Art. 19. Un arrêté du ministre de l’intérieur constatant l’accomplissement des formalités prescrites sera délivré sans retard au déposant et constituera son brevet. Cet arrêté sera inséré par extrait au Moniteur.
- Art. 20. Les descriptions des brevets concédés seront publiées textuellement ou en substance, à la diligence de l’administration, dans un recueil spécial, trois mois après l’octroi du brevet. Lorsque le breveté requerra la publication complète ou par un extrait fourni par lui, cette publication se fera à ses frais.
- Après le même terme, le public sera également admis à prendre connaissance des • descriptions, et des copies pourront en être obtenues moyennant le payement des frais.
- Art. 21. Toute transmission de brevet par acte entre-vifs ou testamentaire sera enregistrée au droit fixe de 10 francs.
- Art. 22. Le brevet sera nul, de plein droit, en cas de non-acquittement, dans le mois de l’échéance, de la taxe fixée à l’art. 3. Cette nullité sera rendue publique par la voie du Moniteur.
- Art. 23. Le possesseur d’un brevet devra exploiter, ou faire exploiter, en Belgique, l’objet breveté, dans l’année à dater de la mise en exploitation à l’étranger.
- Toutefois le gouvernement pourra, par un arrêté royal motivé inséré au Moniteur avant l’expiration de ce terme, accorder une prorogation d’une année au plus.
- A l’expiration de la première année, ou du délai qui aura été accordé, le brevet sera annulé par arrêté royah
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- L’annulation sera également prononcée lorsque l’objet breveté, mis en exploitation à l’étranger, aura cessé d’être exploité en Belgique pendant une année, à moins que le possesseur du brevet ne justifie des causes de son inaction.
- Art. 24. Le brevet sera déclaré nul, par les tribunaux, pour les causes suivantes :
- a. Lorsqu’il sera prouvé que l’objet breveté a été employé, mis en œuvre ou exploité par un tiers, dans le royaume, dans un but commercial, avant la date légale de l’invention, de l’importation ou du perfectionnement ;
- b. Lorsque le breveté, dans la description jointe à sa demande, aura, avec intention, omis de faire mention d’une partie de son secret ou l’aura indiqué d’une manière inexacte ;
- c. Lorsqu’il sera prouvé que la spécification complète et les dessins exacts de l’objet breveté ont été produits antérieurement à la date du dépôt, dans un ouvrage ou recueil imprimé et publié, à moins que, pour ce qui concerne les brevets d’importation, cette publication ne soit exclusivement le fait d’une prescription légale.
- Art. 25. Un brevet d’invention sera déclaré nul, par les tribunaux, dans le cas où l’objet pour lequel il a été accordé aurait été antérieurement breveté en Belgique ou à l’étranger.
- Toutefois, si le demandeur a la qualité requise par l’art. 14, son brevet pourra être maintenu, comme brevet d’importation, aux termes dudit article.
- Ces dispositions seront appliquées, le cas échéant, aux brevets de perfectionnement.
- Art. 26. Lorsque la nullité ou la déchéance d’un brevet aura été prononcée, aux termes des articles 24 et 25, par jugement ou arrêt ayant acquis force de chose jugée, l’annulation du brevet sera proclamée par un arrêté royal.
- Art. 27. Les brevets qui ne seront ni expirés ni annulés à l’époque de la publication de la présente loi continueront d’être régis par la loi en vigueur au moment de leur délivrance.
- Néanmoins il sera libre aux titulaires de faire, dans l’année qui suivra cette publication, une nouvelle demande de brevet, dans la forme qui sera déterminée par arrêté royal.
- Dans ce cas, le brevet pourra continuer à avoir cours pendant tout le temps nécessaire pour parfaire la durée de vingt ans, sauf ce qui est dit à l’art. 14.
- Les brevets pour lesquels on aura réclamé le bénéfice de cette disposition seront régis par la présente loi ; toutefois les procédures commencées avant sa publication seront mises à fin, conformément à la loi antérieure.
- Les titulaires de ces brevets qui auront acquitté la totalité de la taxe primitive payeront, après l’expiration du terme qui avait d’abord été assigné à leur privilège, les taxes afférentes aux années suivantes, d’après ce qui est déterminé à l’art. 3.
- Quant aux titulaires des brevets qui n’auraient point soldé la taxe fixée comme prix d’acquisition du brevet primitif, il leur sera tenu compte des versements qu’ils auront déjà opérés, et les annuités seront réglées d’après les versements faits, conformément à l’art. 3.
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- Promulguons la présente loi, ordonnons qu’elle soit revêtue du sceau de l’État et publiée par la voie du Moniteur.
- Donné à Laeken, le 24 mai 1854.
- Siqné Léopold.
- Arrêté royal qui règle Vexécution de la loi sur les brevets.
- Léopold, roi des Belges,
- A tous présents et à venir, salut.
- Vu la loi du 24 mai 1854 relative aux brevets d’invention, d’importation et de perfectionnement ;
- Voulant déterminer les mesures générales pour l’exécution de cette loi ;
- Sur la proposition de notre ministre de l’intérieur.
- Nous avons arrêté et,arrêtons :
- Art. 1er. Toute personne qui voudra prendre un brevet d’invention, d’importation ou de perfectionnement devra déposer une demande à cet effet, au greffe de l’un des gouvernements provinciaux du royaume, ou au bureau de l’un des commissariats d’arrondissement situés hors du chef-lieu de la province.
- A cette demande seront joints, sous enveloppe cachetée ,
- 1° La description de l’objet inventé ;
- 2° Les dessins, modèles ou échantillons qui seraient nécessaires pour l’intelligence de la description ;
- 3° Un duplicata, certifié conforme, de la description et des dessins;
- 4° Un bordereau des pièces et objets déposés.
- Art. 2. Le dépôt des pièces mentionnées à l’art. 1er ne sera reçu que sur la production d’une quittance constatant le payement de la somme de 10 francs, formant la première annuité de la taxe.
- Cette quittance sera jointe aux autres pièces.
- Art. 3. La demande sera rédigée sur papier timbré; elle indiquera les nom, prénoms, profession et domicile réel ou élu de l’inventeur, dans le royaume. Elle énoncera un titre renfermant la désignation sommaire et précise de l’objet de l’invention. Chaque demande ne comprendra qu’un seul objet principal avec les détails qui se rattachent h cet objet, et les applications qui auront été indiquées.
- Lorsqu’il s’agira d’un brevet d’importation, la requête fera connaître la date et la durée du brevet original et le pays où il a été concédé. Si l’auteur de la demande n’est pas le titulaire du brevet étranger, mais son ayant cause, celui-ci devra justifier de sa qualité au moyen d’un acte en due forme.
- Art. 4. La description devra être rédigée en langue française, flamande ou allemande.
- La description qui ne serait pas rédigée en français devra être accompagnée d’une traduction en celte langue lorsque l’auteur de la découverte ne sera pas domicilié en Belgique.
- La description devra être écrite sans altération ni surcharge; les mots rayés comme nuis seront comptés et constatés, les pages et les renvois paraphés.
- Tome Ier. — 53e année. 2e série. — Juin 1854.
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- La description fera connaître d’une manière claire et complète l’invention, et elle se terminera par l’énonciation précise des caractères constitutifs de celle-ci.
- Art. 5. Les dessins devront être tracés à l’encre et sur échelle métrique; ils représenteront, autant que possible, l’appareil ou machine à breveter en plan, coupe et élévation. Les parties des dessins qui caractérisent spécialement l’invention auront une teinte différente de celle des autres parties.
- Art. 6. Toutes les pièces devront être datées et signées par le demandeur ou par son mandataire, dont le pouvoir, dûment légalisé, restera annexé à la demande.
- Art. 7. Un procès-verbal dressé par le greffier du gouvernement provincial ou par le commissaire d’arrondissement constatera la remise de chaque paquet aux jour et heure qu’elle aura été effectuée ; l’invention y sera désignée sous le titre sommaire et véridique que le demandeur aura indiqué.
- Ce procès-verbal contiendra les nom, prénoms, qualité et domicile du demandeur ou de son mandataire : il indiquera également, lorsqu’il s’agira d’un brevet d’importation, la date et la durée du brevet d’invention dans le pays d’origine, et le nom du breveté ; enfin mention y sera faite du payement de la première annuité.
- Ce procès-verbal sera signé par le déposant et par le rédacteur, et sera fixé sur l’enveloppe du paquet contenant les pièces relatives à la demande du brevet.
- Une expédition du procès-verbal sera délivrée sans frais au déposant.
- Art. 8. La date légale de l’invention est constatée par ledit procès-verbal.
- Art. 9. Les bureaux des greffiers provinciaux et ceux des commissaires d’arrondissement seront ouverts, pour les demandes de brevets, tous les jours, les dimanches et fêtes exceptés, de dix à deux heures de relevée.
- Art. 10. Toutes les pièces relatives aux demandes de brevet seront transmises dans les cinq jours au département de l’intérieur.
- Art. 11. A l’arrivée des pièces au département de l’intérieur, les demandes seront enregistrées, dans l’ordre de date de leur entrée, sur un registre spécial, que le public pourra consulter tous les jours, les dimanches et fêtes exceptés, de dix heures du matin à deux heures de relevée.
- Art. 12. En cas d’omission ou d’irrégularité dans la forme, les demandeurs seront invités à effectuer les rectifications nécessaires.
- Il sera tenu note de la date de ces rectifications sur le registre spécial, mentionné h l’article précédent.
- Art. 13. Il sera procédé sans retard à la délivrance des brevets qui auront été demandés d’une manière régulière.
- Un arrêté de notre ministre de l’intérieur, constatant l’accomplissement des formalités prescrites, sera délivré au demandeur et constituera son brevet.
- Art. 14. Le brevet mentionnera expressément que la concession en est faite sans examen préalable, aux risques et périls des demandeurs, sans garantie, soit de la réalité, soit de la nouveauté ou du mérite de l’invention, soit de l’exactitude de la description, et sans préjudice des droits des tiers.
- Art. 15. La première expédition des brevets sera remise sans frais. Toute expédition
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- ultérieure demandée par le breveté ou ses ayants cause donnera lieu au remboursement des frais.
- Art. 16. Les descriptions des brevets seront publiées textuellement ou en substance, à la diligence de l’administration, dans un recueil spécial, trois mois après l’octroi du brevet.
- Lorsque le breveté voudra obtenir la publication complète de ses spécifications ou d’un extrait fourni par lui, il devra en donner avis à l’administration, au moins un mois avant l’expiration du terme fixé par le paragraphe précédent, et consigner la somme qui serait nécessaire pour couvrir les frais de cette publication.
- Art. 17. Après le même terme de trois mois, le public sera admis à prendre connaissance des descriptions, et des copies pourront en être obtenues moyennant le remboursement des frais.
- Art. 18. Le breveté qui voudra obtenir une prolongation de délai, dans le cas prévu par l’article 23 de la loi, pour la mise à exécution de l’objet breveté, devra adresser sa demande au ministre de l’intérieur deux mois au moins avant l’expiration du délai fixé par ledit article.
- Cette demande devra être suffisamment motivée, et indiquer, dans la limite légale, le terme nécessaire pour la mise en œuvre de l’invention.
- Art. 19. Toute cession ou mutation, totale ou partielle, de brevet devra être notifiée au département de l’intérieur.
- La notification de la cession ou de tout, autre acte emportant mutation devra être accompagnée d’un extrait authentique de l’acte de cession ou de mutation.
- Art. 20. Les titulaires dont les brevets ne sont ni expirés ni annulés, à l’époque de la publication de la loi du 24 mai 1854, pourront obtenir que leurs titres soient placés sous le régime de cette loi, en formant leur demande avant le 25 mai 1855.
- Les brevetés qui n’auraient point payé, au moment où ils demanderont à jouir du bénéfice de cette disposition, une somme égale au montant des annuités échues, d’après la base établie à l’art. 3 de la loi, seront tenus d’effectuer ou de compléter ce payement et d’en justifier au moyen d’une quittance qu’ils joindront à leur demande. Faute d’accomplir cette obligation, la demande sera considérée comme non avenue.
- Une déclaration constatant que le brevet est placé sous le régime de la loi nouvelle sera envoyée à l’intéressé.
- Art. 21. Les concessions de brevet, les actes de cession ou de mutation , ainsi que les déclarations mentionnées dans l’article précédent, seront publiés au recueil spécial des brevets.
- Il en sera de même des arrêtés prononçant l’annulation ou la mise dans le domaine public du brevet.
- Art. 22. A l’expiration des brevets, les originaux des descriptions et dessins seront déposés au musée de l’industrie.
- Art. 23. Notre ministre de l’intérieur est chargé de l’exécution du présent arrêté.
- Donné à Laeken, le 24 mai 1854.
- Signe Léopold.
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- BETTERAVES.
- BETTERAVES.
- EXPÉRIENCES SUR LA VALEUR ALIMENTAIRE DE PLUSIEURS VARIÉTÉS DE BETTERAVES introduites dans la ration des bœufs de travail, par m. baudement.
- Ces expériences ont eu lieu, en 1851, à l’institut agronomique de Versailles, sur six variétés de betteraves. Afin d’apprécier la valeur nutritive de ces variétés, on a choisi des bœufs de travail au nombre de vingt-quatre, appartenant aux races normande, ni-vernaise, charolaise, morvandelle, ch oie t te, agenaise, limousine et d’Aubrac, c’est-à-dire aux grandes races travailleuses de la France. Ils composaient six attelages formés chacun de deux couples, et furent employés par attelage ou par couple, soit à défricher des bois, soit à débarder des arbres, soit à herser au scarificateur dans des terres fortes, soit à conduire du blé, soit à charrier du fumier, soit enfin à labourer.
- La ration distribuée en trois repas se composait de foin de pré et de betteraves; le foin fut consommé dans la proportion de 40, 44, 50 ou 55 kilogrammes par jour et par attelage , suivant les besoins des bœufs.
- L’expérience fut divisée en deux périodes; la première de dix-huit jours, la seconde de vingt et un jours. Les bœufs furent pris au commencement et à la fin de chaque période, quatre fois durant la première et cinq fois durant la seconde.
- Les aliments consommés furent analysés.
- Voici les résultats de ces expériences ;
- 1° A ration égale, les bœufs ont perdu en poids, en raison directe du travail qu’ils ont produit ; les gains et les pertes répondent généralement à la quantité plus ou moins grande de matières assimilables, c’est-à-dire de matières azotées et de matériaux destinés spécialement à la respiration que contient la ration d’entretien.
- 2° En dehors de ces deux causes, il se manifeste aussi, dans le poids des animaux, des oscillations dues à des causes physiologiques encore inappréciées.
- 3° Toute compensation faite entre les causes de variation dans le poids vif des bœufs de travail, on trouve que les six variétés, objet de l’expérience, se sont montrées douées d’une valeur nutritive presque semblable à poids égal. Cette valeur est en harmonie avec la richesse en matières azotées et en matières destinées à la respiration.
- 4° Ces deux ordres de substances essentielles se trouvant, suivant les aliments, associés de manières différentes avec l’eau et les matières qui échappent à la digestion, et étant ainsi présentés aux animaux sous des volumes très-divers, les fourrages ne se peuvent comparer, quant à leur effet utile, qu’autant que leur constitution générale et leur état sont analogues. On est donc conduit à distinguer, parmi les fourrages, des catégories dont la différence résulte de la différence de constitution physique et chimique des climats.
- 5° Quelle que soit la méthode de rationnement et quels que soient les aliments employés, les animaux ont besoin de recevoir pour leur entretien une quantité déter-
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- minée de matières azotées et de matériaux respiratoires, qui n’est pas rigoureusement proportionnelle à leur poids vif; elle est plus considérable pour les animaux d’un poids moindre.
- Le résumé suivant met ce résultat en évidence en même temps qu’il précise la quantité de matières assimilables nécessaire à l’entretien des animaux de poids différents.
- Pour 100 kilogr. de poids vif et par jour,
- Les chevaux du poids de 400 à 450 kilogr.
- — — de 500 à 550 —
- Les bœufs du poids de 600 à 650 —
- — — de 700 à 750 —
- — — de 750 à 800 —
- matière azotée, matière respiratoire.
- exigent 207 gr. 670 gr
- — 193 6 31
- — 164 626
- — 140 626
- — 135 620
- 6° Les conséquences qui précèdent sur la valeur physiologique des six variétés de betteraves, sur l’importance et le rôle des matières assimilables qui les composent, sur les exigences des animaux, fournissent une base pour apprécier la valeur économique de chacune d’elles.
- En comparant le rendement utile en matières assimilables au rendement en poids brut par hectare, on trouve que ces deux rendements ne sont pas proportionnels pour les six variétés de betteraves. Le rendement utile est donc celui qu’il est nécessaire de connaître, et un moyen de l’apprécier est de compter le nombre de rations que chaque variété peut fournir à l’hectare. Cette quantité trouvée et toute compensation faite des frais de culture et de récolte, il résulte, en dernier analyse, que les betteraves globe rouge, disette blanche et globe jaune se placent à peu près sur la même ligne dans l’ordre où elles viennent d’être nommées, et forment un premier groupe de valeur économique plus élevée; que la betterave grosse jaune prend rang un peu au-dessous de cette première catégorie et un peu au-dessus de la seconde, qui est formée par les betteraves champêtre et silésie. La double supériorité physiologique et économique de la variété globe rouge, la plus riche en matières azotées, semble la désigner à l’attention des agriculteurs comme devant se prêter avantageusement à la création d’une variété spécialement destinée à la nourriture du bétail.
- 7° Il ne faudra pas perdre de vue que toutes ces conséquences ne se rapportent qu’aux animaux à l’entretien; elles seraient bien différentes s’il s’agissait de bêtes à l’engrais ou de femelles laitières (Académie des sciences, 29 mai 1854).
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- SÉANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- SÉANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- PROCÈS-VERBAUX.
- Séance générale du 31 mai 1854.
- Cette séance, présidée par M. Dumas, a été cffnsacrée, en partie, au renouvellement du bureau et des divers comités.
- correspondance. M. Lucas Richardière, à Auray (Morbihan), réclame la priorité d’invention d’un modérateur propre à régler la vitesse des convois sur les chemins de 1er, dont il a adressé le dessin et la description en 1846, et pour lequel un Américain, M. Pitcher, a pris un brevet d’importation en septembre 1851.
- M. Hervé, employé au ministère de la justice, rue St.-Hyacinthe-St.-Honoré, 0, adresse la description d’un mécanisme ayant pour but de transmettre un mouvement de rotation à une ou plusieurs machines, quand même elles seraient placées à une grande distance de ce moteur.
- M. Armengaud aîné, professeur de dessin au Conservatoire des arts etaétiers, rue Saint-Sébastien, 45, adresse, de la part de M. Letuillier Pinel, constructeur-mécanicien, à Rouen, les dessins et un mémoire descriptif d’un appareil qu’il nomme niveau d’eau à flotteur magnétique et à sifflet.
- M. Valadon, agent voyer, à Limoges, présente la description et le dessin d’une machine hydraulique mue par une chute artificielle.
- MM. Yot, Schreck et comp., rue du Faubourg-Saint-Denis, 162, au nom de la Société des facteurs de pianos, demandent que leur fabrication de pianos soit l’objet d’un examen.
- M. Henrg ( Jean-Valentin ), serrurier, à Montmartre, soumet une serrure de sûreté sans garniture.
- M. de Montureux, membre de plusieurs Sociétés, à Arraeourt ( Meurthe ), appelle l’attention de la Société sur l’idée de produire, sans combustible, du calorique applicable aux arts, au moyen d’un verre ardent, tel qu’il a été exécuté sous la direction de Buffon. Il transmet également de nouveaux documents, 1° sur le moyen qu’il a indiqué pour la production de la vapeur et l’obtention de températures élevées par le Irottement de cônes métalliques ; 2° sur les moyens de diminuer les frais de percement de puits artésiens et l’emploi de la sonde dans l’intérieur de la terre.
- M. Combes donne lecture d’une lettre par laquelle M. Bigot Dumaines, rue Boucher, 3, annonce avoir fait une nouvelle application du diamant brut pour tourner et raboter les pierres de granit, et qui pourrait aussi servir au travail des marbres et des porphyres.
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- M. Hermann, mécanicien, rue de Charonne, 92, revendique la priorité de cette application du diamant brut pour l’usage indiqué dans la lettre de M. Bigot Dumaines ; il ajoute que les membres du comité des arts mécaniques pourront voir fonctionner, dans ses ateliers, les outils munis de diamants bruts pour tourner les cylindres en pierre dure, dresser les surfaces, etc., de pierres de même espèce.
- M. Amédée-Durand fait observer que M. Barrère emploie, dans son tour à portraits, le diamant pour graver les pierres fines, et que le comité des arts mécaniques s’en convaincra lors de l’examen de ce tour à portraits.
- M. de Létang, directeur de la Société pour l’exploitation des pouzzolanes volcaniques d’Auvergne, rue Tronchet, 18, appelle l’attention de la Société sur les avantages que peuvent offrir ces pouzzolanes volcaniques, non-seulement pour les travaux hydrauliques, mais aussi pour l’établissement des silos et pour quelques industries qui emploient des bassins, des cuves nécessitant une force et une durée considérables.
- M. le capitaine Violet, rue de Grenelle-Saint-Germain, 174, demande que le conseil veuille bien inviter la commission qui a présenté un rapport sur son appareil destiné à arrêter les chevaux qui s’emportent, à procéder à un nouvel examen de cet appareil.
- M. Vedel,«administrateur d’une compagnie de filtrage des eaux, rue Taitbout, 6, adresse le dessin et la description d’un nouvel appareil de filtrage.
- M. François Fox, propriétaire de la tuilerie mécanique, à la Moche, canton de Saint-Genis-Laval (Rhône), présente des tuiles de nouvelle forme en terre et en verre.
- M. Richard, horloger, à Pornic (Loire-Inférieure), transmet des documents pour prendre part au concours que la Société a ouvert pour les constructions incombustibles, etc.
- M. Âllouis, rue Saint-Jacques, 218, se dit auteur d’un système qu’il nomme régulateur électrique de la marche des trains sur chemins de fer, et qui a pour objet de rendre impossible toute espèce de rencontre.
- M. Vanden Corput, pharmacien, à Bruxelles, adresse un mémoire sur les feuilles du caféier comme propres à remplacer les différentes variétés de thé avec lesquelles elles ont, suivant lui, une grande ressemblance, sous le point de vue de la constitution chimique.
- MM. Montigny et Manne, négociants commissionnaires, place de la Bourse, 8, frappés, pendant l’un de leurs derniers voyages en Irlande et en Ecosse, des immenses avantages que présentait un certain système pour la préparation du lin, annoncent être chargés, par l’inventeur et les propriétaires du brevet, de l’introduction en France et de l’exploitation de ce procédé; ils adressent une note sur le système de M. Watt pour la préparation du lin.
- M. Demolon, avenue des Champs-Elysées, 24* annonce avoir emptoyé, pendant de
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- longues années, les poissons comme engrais; les bons résultats qu’il en a obtenus lui firent naitre l’idée de les réduire à l’état de poudre sèche, afin de leur conserver toute leur richesse sous le plus petit volume et d’en faciliter le transport et la conservation.
- M. Demolon décrit les procédés qu’il emploie et dépose un échantillon de son engrais.
- M. Kessel, rue de la Harpe, 121, annonce avoir découvert des procédés à l’aide desquels on peut souder le fer sur l’acier, et qui rendent son grain fin.
- M. Tiffereau, ancien préparateur de chimie à l’école professionnelle de Nantes, appelle l’attention de la Société sur une brochure intitulée, Les métaux ne sont pas des corps simples, mais bien des corps composés.
- M. Que-nard, de Courtenay (Loiret), adresse une communication relative à l’industrie et à l’élève des sangsues.
- Communication. M. Jules Maistre fils présente un thermomètre électrique au moyen duquel on pourra entretenir à une température constante et déterminée un appartement ou une chaudière quelconque.
- L’assemblée procède ensuite aux opérations relatives au renouvellement du conseil et des divers comités. ( Voyez, pour les détails de ces opérations, Bulletin de janvier, n° 1, p. 29. )
- PARIS. — IMPRIMERIE DE Mme Ve BOUCHARD-HUZARD, RIJE DE L’ÉPERON, 5.
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- 53e ANNÉE. DEUXIÈME SERIE. N# 12. — JUIN 1834.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- THERMOMÈTRES ÉLECTRIQUES. rapport fait par m. clerget, au nom du comité des arts économiques,
- sur un THERMOMÈTRE ÉLECTRIQUE de M. MAISTRE,
- rue et hôtel Fontaine-Molière.
- M. Maistre, jeune étudiant, a adressé à la Société, le 18 mai dernier, un thermomètre dit électrique, dont l’emploi a pour but, soit de faire connaître par un timbre d’avertissement, soit de régler par sa propre action, la température du milieu dans lequel on le place.
- En construisant ce thermomètre, le souffleur fait pénétrer, dans la boule ou le cylindre formant le réservoir, un fil de platine dont l’extrémité touche le mercure que contient cette boule ou ce cylindre; il introduit aussi dans la tige de l’instrument, par sa partie supérieure , avant d’en fermer l’ouverture à la lampe, un second fil de platine, qu’il fait descendre jusqu’au degré de l’échelle indiquant la température qu’il s’agit de signaler ou de maintenir constante. Si cette température est au-dessus de celle de l’atmosphère, sous l’influence de cette dernière, il y a solution de continuité entre le mercure de la colonne et la pointe du fil de la tige. Dans le cas contraire, c’est-à-dire si la température qu’il est question d’obtenir ou de surveiller est inférieure à la température de l’air ambiant au moment où l’on met en place le thermomètre, celle-ci maintient le fil de platine de la tige immergé dans le mercure. Ier. — 53e année. T série. — Juin 1854. 47
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- THERMOMÈTRES ÉLECTRIQUES.
- Les choses étant ainsi réglées, il suffit de réunir les extrémités extérieures des deux fils aux conducteurs d’une pile, pour que, au moyen d’une des nombreuses dispositions connues qui servent à utiliser les forces électro-magnétiques, l’effet nécessaire se produise. Il est facile de concevoir que l’élévation ou l’abaissement de température, en amenant le mercure de la tige thermométrique au contact du fil de platine supérieur ou en l’en séparant, pourra mettre en mouvement soit le marteau d’un timbre avertisseur, soit un regis-gistre déterminant ou interrompant une émission régulatrice d’air, de vapeur, ou d’un liquide chauffé ou refroidi.
- Nous avons essayé deux thermomètres de M. Maistre, en les plaçant sur un courant traversant une sonnerie, et leur marche, ainsi que l’indiquait suffisamment la théorie, a été très-régulière. Chaque fois et aussi longtemps que le mercure a fermé le circuit électrique par son contact avec le fil de platine supérieur (il était ici question d’une température plus élevée que celle de l’air ambiant), la sonnerie a parfaitement fonctionné.
- De nombreuses applications peuvent être faites de semblables thermomètres. Ils fourniront aux chimistes et aux physiciens le moyen de régler, pour beaucoup d'expériences, les températures sous lesquelles, seulement, s’opèrent diverses réactions. Ils deviendront, sans doute, d’un emploi important dans l’industrie, soit, par exemple, pour les séchoirs, les bains de teinture, les cuves à fermentation. Ils pourraient être également employés dans les établissements thermaux , les serres chaudes ou tempérées , pour les fours, les cylindres à révivifier le noir animal, dans les hôpitaux, les lieux d’assemblée, comme aussi pour la surveillance des plantes de couches ou d’espaliers.
- La première application des communications électriques aux thermomètres et aux différents instruments de notations météorologiques parait être due à M. Wheaston. Depuis onze ans déjà, en 18L3, ce célèbre physicien a installé, dans les observatoires de Woolwich et de Kiexv, des thermomètres, des baromètres et des psychromètres électriques de son invention. Ces instruments non-seulement signalent les changements qui surviennent dans l’atmosphère , mais encore les écrivent périodiquement. S’ils sont du plus haut intérêt pour la science, ils n’ont pas toutefois, ceux du moins dont la publication nous est connue, un caractère pratique propre à satisfaire à des applications usuelles de la nature de celles que nous avons citées. D’ailleurs, ils doivent être d’un prix élevé et paraissent devoir exiger des soins particuliers à cause de la délicatesse de leur construction. Il est, en outre, à observer que ces thermomètres de M. Wheaston sont à tiges ouvertes à l’air libre. Or on sait que cette disposition a l’inconvénient de déterminer,
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- après un certain temps, une légère oxydation du mercure et des condensations de vapeur qui vicient les instruments et quelquefois déterminent des solutions de continuité du métal dans le tube d’ascension. Les thermomètres présentés par M. Maistre sont, au contraire, à tige fermée et purgée d’air. Dans les conditions où ils sont établis et en ayant égard au rapport de la force et de la longueur du fil intérieur de la tige au volume du mercure du réservoir , en supposant, d’ailleurs, l’emploi d’une pile d’un pouvoir convenablement modéré, on n’aperçoit pas de cause probable de dérangement. La construction de ces instruments se trouve dans le domaine public, car M. Maistre n’a pas pris de brevet. La simplicité de cette construction permettra, sans doute, de porter leur prix peu au-dessus de celui des thermomètres ordinaires, en n’y comprenant pas, bien entendu, les dispositions relatives a la pile, aux sonneries ou aux registres régulateurs, dispositions nécessairement variables suivant les cas, mais qui ne sont pas très-dispendieuses.
- En définitive, et sans traiter une question de priorité qui n’est pas soulevée , le comité des arts économiques considère la présentation faite par M. Maistre comme digne d’intérêt; il vous propose de l’en remercier et d’autoriser l’insertion du présent rapport dans le Bulletin de la Société avec représentation par gravure des thermomètres dont il est question.
- Signé E. Clerget, rapporteur*
- Approuvé en séance, le H-juin 1854.
- ÉCLAIRAGE.
- rapport fait par m. silbermann , au nom du comité des arts économiques, sur le cherche - fuite du gaz d’éclairage de m. maccaud, boulevard Montmartre > 5.
- M. Maccaud a soumis à l’appréciation de la Société d’encouragement un dispositif de son invention, destiné à découvrir les fuites de gaz dans les appareils d’éclairage.
- Nous n’entrerons pas dans le détail des inconvénients et des dangers de diverses natures inhérents aux fuites de gaz dans les systèmes d’éclairage, effets signalés par la détérioration des objets, la mauvaise odeur, les incommodités, et même l’asphyxie des personnes, ou enfin les explosions qui mettent en danger hommes et choses; chacun de nous connaît ces divers fai (s; nous savons comment ils sont produits, mais jusqu’à ce jour il n’avait pas été indiqué de remède certain pour son efficacité et à l’abri de tout danger.
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- Tous ces effets redoutables nous menacent d’une manière permanente; pour s’en convaincre il suffit de savoir que les compagnies de gaz comptent une perte de 25 pour 100 par les fuites jusqu’au bec pour les éclairages à leur charge, et que celle qui a lieu dans les établissements munis de compteurs est encore plus forte.
- Toutes ces fuites sont l’effet d’une mauvaise pose des appareils, due, en grande partie, à l’ignorance ou à l’insouciance de ceux qui sont chargés de leur service ou entretien.
- Pour vérifier l’état des appareils, la police et les compagnies n’emploient que le flambage, c’est-à-dire qu’ils parcourent successivement la surface extérieure des ramifications avec une flamme qu’ils en approchent ; le gaz sortant par une fuite s’allume et indique le lieu à boucher. Chacun comprendra combien ce procédé est dangereux dans son application dans les lieux confinés, dans les soupentes, etc.
- Dans ses travaux, M. Maccaud remarqua que le gaz sort quelquefois avec sifflement par les fuites ; il étudia ce phénomène, d’ailleurs connu dans tous les laboratoires de physique et de chimie pour éprouver les appareils à circulation de gaz, où l’on emploie des procédés encore plus précis quand on veut s’assurer d’une clôture parfaite. Combien n’y a-t-il pas de procédés scientifiques, pareils à celui-ci, employés depuis longtemps dans les laboratoires , et qui, comme celui-ci, sont obligés d’attendre que l’homme pratique vienne soit les ramasser, soit les inventer à grands frais? Nous ne pouvons que féliciter ceux qui appliquent des procédés aussi sûrs dans leurs effets que certains dans leur application.
- Chacun a déjà deviné que le procédé de M. Maccaud consiste à introduire dans les tubes un gaz sous une pression assez forte pour que sa sortie par les tubes se fasse avec sifflement ; et, comme la nature du gaz importe peu dans ce phénomène, l’air atmosphérique est le plus convenable et le plus facile à se procurer.
- Voici la disposition de son appareil : une garniture à trois ouvertures est fixée au mur près de la naissance de l’artère de distribution intérieure; l’ouverture supérieure reçoit le tube de communication avec l’artère; l’ouverture latérale communique à un manomètre, et enfin la troisième ouverture, l’inférieure, sert à établir la communication entre les conduits à gaz et une pompe de compression pareille à celles employées dans les laboratoires.
- Un robinet qui se trouve sur cette garniture, entre la deuxième et la troisième ouverture, sert à clore la communication quand la pompe a cessé d’agir.
- Pour faire fonctionner cet appareil, il suffira de fermer le robinet distri-
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- buteur à l’orifice du tube de distribution d’une part, et d’autre part tous les robinets des becs. Quelques coups de piston feront bientôt entendre un sifflement à la sortie du gaz, s’il y a des fuites dans le parcours des tuyaux; ce sifflement local indique le lieu de la fuite, fût-elle cachée même sous les boiseries ou dans les maçonneries, et l’oreille attentive fera toujours mettre le doigt sur la plaie. Après avoir successivement bouché toutes les fuites découvertes , et quand le sifflement n’accusera plus de fuites, on comprimera de plus en plus l’air jusqu’à 3 ou 4 atmosphères et plus ; si alors, après un certain temps, le manomètre reste invariable, il est évident que toutes les fissures auront été bouchées ; dans le cas contraire, pour découvrir ces dernières ouvertures, il faudra parcourir de près, avec grand soin et silence, toutes les parties de la ramification.
- Dans les grands établissements, M. Maccaud fractionne son opération, soit par étage, soit par salles, suivant l’étendue des distributions.
- Il est bien rare que, dans une seule soirée (de minuit au matin), il n’ait pas terminé tout son travail d’exploration et de rebouchage.
- C’est ainsi que M. Maccaud a assaini, au Palais-Royal, le café des Mille Colonnes et le café-estaminet de Paris, celui du Vaudeville, place de la Bourse, et celui de la Madeleine, rue Royale, 17.
- Dans la maison rue Jacob, 46, l’opération a été faite sous les yeux de l’un de nos honorables secrétaires, M. Combes, et de M. Henri Fournel, tous deux délégués par le conseil de salubrité. Je laisserai à M. Combes le soin de vous faire connaître son appréciation, et je suis sur d’avance qu’il adhérera, comme moi, à ce paragraphe de la note de M. Maccaud, savoir :
- « Le moyen de vérification que j’ai imaginé est à la fois simple, facile,
- « prompt, et son résultat est immanquable ; quelques minutes suffisent pour « s’assurer qu’il n’y a pas de fuites dans un établissement quelque vaste qu’il « soit. »
- Par le même dispositif, M. Maccaud opère le nettoyage de toute la ramification de l’éclairage, sans aucun démontage, en injectant, au lieu d’air, tout liquide propre à dissoudre les matières solides, durcies par un long séjour dans les tuyaux. Cette dernière opération offre un précieux avantage de plus que possède son procédé pour assurer le bon service des appareils d’éclairage.
- Votre comité vous propose de donner votre approbation à ce procédé, de remercier M. Maccaud de son intéressante communication et d’insérer le présent rapport dans votre Bulletin, accompagné d’une esquisse de ce dispositif.
- Signé J. T. Silbermann, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 28 juin 1854.
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- Légende explicative de la figure du cherche-fuite de M. Maccaud.
- A, plaque en laiton fixée au mur, et portant une garniture à trois ouvertures et un robinet en À.
- B B, tuyau de distribution s’abouchant avec l’artère principale par le robinet de garde de l’administration d'éclairage ; c’est sur ce tuyau que prennent naissance les tubes qui se rendent aux divers becs; ils communiquent directement avec l’ouverture supérieure de la garniture sur la plaque A.
- CG, manomètre mis en communication avec la deuxième ouverture de la garniture. D, ouverture inférieure de la garniture. EEE, pompe à main, à piston plein, rendue aspirante et foulante au moyen de deux soupapes contenues dans sa base. L’une des deux soupapes, celle de droite, s’ouvre de l’extérieur vers l’intérieur, et permet à l’air ou à un liquide d’être aspiré par le piston, pour remplir le corps de pompe ; la deuxième soupape s’ouvre de l’intérieur vers l’extérieur ; elle sert, au moment du refoulement, à faire passer le fluide du corps de pompe dans les tubes.
- F F, tube de communication entre la soupape d’injection du pied du corps de pompe et l’ouverture inférieure D de la garniture.
- Ainsi le fluide quelconque aspiré par la pompe est refoulé dans les tubes , par son passage dans le tube F F, et en passant dans la garniture exerce sa pression sur le manomètre par le tube qui y communique, tout en remplissant les ramifications sur le tube B jusqu’aux robinets des becs. Ce réservoir, de forme particulière, sera parfaitement étanche si, après avoir accumulé de l’air dans son intérieur jusqu’à 3 ou 4 atmosphères de pression indiquées par le manomètre, ce dernier ne varie pas quand on aura fermé le robinet A pendant quelques minutes; dans le cas contraire, on entendra un sifflement sür l’étendue de la distribution, et son lieu indiquera les fuites à boucher.
- Le nettoyage de l’intérieur des tubes est trop simple pour devoir réclamer une explication quelconque; il se fera après avoir bouché les fuites. Mais, après le nettoyage, on s’assurera de nouveau si quelques fissures n’auraient pas été mises, à découvert par cette opération, afin d’y remédier avant de livrer la distribution à son service.
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- BATEAUX A VAPEUR.
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- MACHINES A VAPEUR.
- rapport fait par m. ch. laboulaye, au nom du comité des arts mécaniques, sur la machine a vapeur construite par m. farcot.
- La Société a renvoyé au comité des arts mécaniques la lettre (1) que M. Farcot lui a adressée relativement à la part d’invention que réclament MM. Thomas et Laurens dans les machines qu’il a établies pour M. Darblay et à Saint-Gobain.
- Après avoir examiné le rôle que la Société pouvait jouer dans cette affaire, après nous être rendu compte de l’impossibilité de juger sûrement cette contestation, en n’étant admis comme juges que par une des parties et en dehors des observations de la partie adverse qui lui seraient nécessaires dans un semblable arbitrage, nous pensons devoir vous proposer de ne pas donner suite à une communication déjà livrée à la publicité dans le Génie industriel, où avait paru la lettre de MM. Thomas et Laurens, à laquelle elle répond.
- Signé Ch. Laboulaye , rapporteur.
- Approuvé en séance, le 8 mars 1854.
- BATEAUX A VAPEUR.
- Tableaux et résultats déduits du livre de loc du Pacific, steamer de la compagnie collins, naviguant entre New-York et Liverpool; par m. j. b. a. isherwood, ingénieur en chef de la marine des Etats-Unis (2). ( Traduit par m. j. b. viollet. )
- Les quatre steamers, le Pacific, V Atlantic, \eBaltic et l'Arctic, qui exécutent le service de la compagnie Collins, ont à peu près les memes dimensions principales et déplacent
- (1) Voyez Bulletin de janvier 1854, n° 2, p. 59.
- (2) Toutes les mesures énoncées dans ce mémoire sont des mesures anglaises que l’on comparera
- facilement aux nôtres en se rappelant que :
- 1 pied linéaire anglais répond à..............•............? •. ometre lm- ,3048
- 1 —carré — — ............................. 0mèt‘™é. ,0929
- 1 — cube — — ............................. 0“ètre cube )0283
- 1 pouce linéaire anglais — ............................. 0décimèt-h“-,2540
- 1 —carré — — ............................. odéciœ-carré ,0645
- 1 —cube — — ............................. 0décim-c,,be ,0163
- 1 tonneau ( de 2240 livres anglaises )......................... 1015kil°s,ammes ,6500
- 1 mille géographique (de 6082 2/3 pieds anglais ).... i853mètrcs ,9350
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- BATEAUX A VAPEUR.
- le même volume d’eau, mais leurs formes présentent quelques différences. Ainsi l’élancement de l’étrave est plus grand dans Y Atlantic que dans le Pacific, mais la poupe du Pacific est plus effilée que celle de Y Atlantic. Les machines de ces deux bâtiments sont semblables et ne diffèrent de celles du Baltic et de YArclic que par l’étendue de la course de leurs pistons, étendue qui est de 9 pieds, tandis que sur les deux derniers elle est de 10 pieds.
- Les chaudières des quatre navires sont construites sur les mêmes principes et présentent les mêmes dispositions , mais lçs dimensions en sont très-différentes. Celles du Pacific et de Y Atlantic sont semblables entre elles, mais celles du Baltic et de YArctic, aussi semblables l’une à l’autre, ont reçu plus de capacité, afin de fournir l’excédant de vapeur réclamé par les dimensions supérieures des cylindres.
- Je dois, continue M. Isherwood, à la gracieuse obligeance de M. D. B. Martin, ingénieur en chef de la marine des États-Unis, la communication des documents relatifs aux voyages qu’il a exécutés sur le Pacific, dont il a été pendant quelque temps l’ingénieur en chef. Ces documents, qui se composent de tableaux tirés du journal de loc et de diagrammes nombreux, font connaître avec exactitude la quantité de la vapeur dépensée, ainsi que d’autres détails pratiques importants, et j’ai cru que la publication en serait fort utile. Je les ai donc résumés avec soin et j’y ai ajouté les principales dimensions de la coque et des machines du navire.
- Dimensions de la coque.
- Longueur totale............................................
- — mesurée sur le pont...............................
- — entre les fronteaux d’avant et d’arrière, dans œuvre.
- — à la quille.. ...................................
- Largeur au maître bau ( maximum )..........................
- Creux, à partir du gaillard................................
- — à partir du pont. . ..............................
- Tonnage calculé par l’administration des douanes...........
- Tirant moyen, avec cargaison complète, mais avec demi-provision
- de charbon seulement.....................................
- Aire de la section transversale immergée, pour un tirant d’eau
- de 19 pieds..............................................
- Poids de l’eau déplacée pour ce tirant. . .................
- — — par pouce d’enfoncement, avec le même tirant.
- Dimensions des machines.
- 290 pieds.
- 282
- 280
- 271
- 45 6 pouces.
- 32
- 24
- 2775 tonneaux.
- 685 pieds carr. 3724 tonneaux. 22
- Ces machines ont deux balanciers latéraux, des condenseurs, des soupapes équilibrées, et sont à détente fixe; la vapeur est interceptée à 4 pieds du commencement de
- la course du piston.
- Diamètre des cylindres...................................... 95 pouces.
- Courses des pistons......................................... 9 pieds.
- Volume engendré par les deux pistons dans leur course. . . 886 p. cub.,032
- Espace occupé par la vapeur entre les soupapes et les pistons
- à l’extrémité des deux cylindres.......................... 25 pieds cub.
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- BATEAUX A VAPEUR.
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- Détails sur les palettes des roues.
- Ces palettes sont construites selon la méthode ordinaire et dirigées dans le sens du rayon.
- Diamètre des roues, hors d’œuvre, d’une extrémité à l’autre de
- deux palettes opposées.................................. 35 p. 6 pouces.
- Longueur de chaque palette. .............................. 10 6
- Largeur................................................... » 21 et 1/2
- Profondeur de l’immersion du bord inférieur d’une palette,
- lorsque le navire tire 19 pieds d’eau................... 7
- Nombre des palettes de chaque roue........................ 28
- Hauteur de l’eau dans une roue, pour 19 pieds de tirant. . . 7
- Aire de deux palettes..................................... 37 p. car.,625
- Aire totale des palettes immergées, à 19 pieds de tirant. . . 263 ,375
- Rapport de l’aire de deux palettes à l’aire de la section maximum immergée, pour 19 pieds de tirant..................... là 18,206
- Rapport de l’aire totale des palettes immergées à l’aire de la section dont il vient d’être question..................... là 2,601
- Chaudières.
- Quatre chaudières en fer à tubes verticaux. L’eau est contenue dans les tubes , à l’extérieur desquels le feu est appliqué. Les chaudières sont disposées par paires, dos à dos, et n’ont qu’une seule cheminée. Les deux paires seraient semblables si elles ne différaient par leur largeur, par celle de leur fourneau et par le nombre de leurs tubes. Chacune des deux chaudières de l’avant a une largeur de 12 pieds 10 pouces, avec un fourneau de 30 pouces, et a 1184 tubes. Les deux chaudières de l’arrière, au contraire, ont 14 pieds de largeur avec des fourneaux de 33 pouces 1/2; elles ont 1332 tubes. Le nombre total des tubes est donc de 5032 pour les quatre chaudières. Ces tubes sont en fer, et ont 2 pouces de diamètre extérieur ; 2516 d’entre eux portent 5 pieds de longueur, tandis que les 2516 autres n’ont que 4 pieds 6 pouces. Dans le sens de la longueur des chaudières, la distance entre les centres des tubes est de 2po,944, mais, dans le sens transversal, elle atteint 3po,5625. Vis-à-vis du double fourneau de la paire des chaudières d’arrière, se trouvent neuf rangs de tubes, et-vis à-vis du double fourneau des chaudières de l’avant, on en compte huit rangs. Pour les deux paires, le nombre des tubes de chaque rang est de trente-sept.
- Nous allons transcrire maintenant un certain nombre de données numériques.
- Longueur de chaque chaudière, sans les
- communications.....................
- Hauteur, sans le tuyau de conduite de la
- vapeur...............................
- Largeur de chacune des chaudières d’avant. Largeur de chacune des chaudières d’arrière. Nombre des foyers pour chaque chaudière.
- 21 pieds 5 p.
- 13 8
- 12 10
- 14 »
- 8 »
- Tome Ier. — 53e année. 2e série. —
- Juin 1854.
- 48
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- BATEAUX A VAPEUR.
- Surface de chauffe dans les fourneaux des
- deux chaudières d’avant. . . 1864 pieds car.,0
- — — des boîtes des tubes............ 944 »
- — — des communications de l’arrière. 697 ,4
- — — des tubes...................... 5889 ,3
- — — de chauffe pour ces deux chau-
- dières.........................................
- — — dans les fourneaux des deux
- chaudières d’arrière. . . . 2000 »
- — — des boîtes des tubes....... 974 »
- — — des communications de l’arrière. 733 »
- — — des tubes..................6625 ,4
- — — de chauffe pour ces deux chaudières.................
- Total de cette surface pour les quatre chaudières.............
- Surface des grilles pour les deux chaudières
- de l’avant..............................
- — — de l’arrière....................................
- Total de la surface des grilles, pour les quatre chaudières............................................
- Aire de la section transversale de l’espace compris entre les tubes pour les deux
- chaudières d’avant. ... 44 pieds car. ,333
- — pour les deux chaudières d’arrière. . 49 ,083
- 9394 p. car. ,7
- 10332 ,4
- 19727 ,1
- 230 »
- 256 ,83
- 486 ,83
- Total de cette aire pour les quatre chaudières............................................................ 93 ,416
- Total des sections des espaces compris entre le bas des tubes et le pont construit derrière les quatre chaudières................................ . 63 p.car. ,500
- Aire de la section transversale de la cheminée........................ 78 ,540
- Hauteur de la cheminée au-dessus du niveau des grilles. ... 75 »
- Capacité de l’espace laissé à la vapeur, dans les quatre chaudières. 3630 pieds cubes. Poids de l’eau de mer contenue dans les quatre chaudières (calculé). 244400 livres.
- Rapports.
- (Rapports de la surface de chauffe à la surface des grilles. . 40,521 à 1
- — de la surface des grilles au total de la section
- transversale de l’espace compris entre les tubes. 5,211 à 1
- — de la section totale des espaces compris entre le bas
- des tubes et le pont construit derrière les chaudières. 7,667 à 1
- — de la surface des grilles à l’aire de la section trans-
- versale de la cheminée....................... 6198 à 1
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- Moyennes. Totaux.. g s» S' ^ . t/J NS N3 NS frO Nî- NS Moyennes. Totaux.. rq e-i S £ < 3 • *< CCCONSNSNSNSNSInSNS WWkm.OcOOOMCîC’^C: ce «c DATES.
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- BATEAUX A VAPEUR.
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- 14,664 M*l-k|-kt-kta-A)-kl--.l—kh-kM* Ci O* 1+^ C' 4i> ^ ^ rfN )4^, h^CW OJOOvtWOO<J 0>000<^0w^«ûû0 h-k ce C^COCfCOCOCOCOCO^tOCO ^vJODW^OCOi^^O t^OOhpstCCOCJiO^çOC^i^s NOMBRE MOYEN des doubles courses exécutées en une minute parle piston.
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- 6485 livres par heure. 696 ^f^tO-^^JIC-^Cî'Cï'Cï' CrOOWÜ<<ôKOïWüi P ST 7280 livres par heure. 797 ©©fs.0i»v»^NSh(s.O000J CHARBON BRULÉ exprimé en tonneaux de 2240 livres. 3 9 4
- 12,712 par heure. 3056 WWWMWKCiWOJW ©©©w**a-KS©>—.©-^ œMO®»oo»o«u "S m 0 0 12,157 par heure. 3144 CO NS NS NS NS NS Nî> NS te NS NS COÇOQO-<ICCQO*<IO*^QOC7i WCOC5CÔ^C'CCiC505 MILLES GÉOGRAPHIQUES parcourus d’après l’observation. 4 1 H e
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- Le temps a été beau et le bâtiment a porté toutes ses voiles pendant la durée entière du : voyage. e »? • T Pendant cette traversée, on a brûlé de la houille de Cumberland, qui donnait si peu de vapeur, que l’on a dû tenir les soupapes à gorge en partie fermées. Un n'a pas tenu noie du temps. OBSERVATIONS. S e e
- BATEAUX A VAPEUR
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-
-
-
- Tension moyenne de la vapeur dans la chaudière, par pouce carré, en sus de la pression atmosphérique, exprimée en livres.
- 33*0)0)0*030)0)0)030
- 330^0)0000)1^)^
- NOMBRE MOYEN des doubles courses exécutées en une minute par le piston.
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- TEMPS,
- heures et minutes
- CHARBON BRÛLE exprimé en tonneaux de 2240 livres,
- OOM*J*3*t*3*3M©©
- MILLES GÉOGRAPHIQUES parcourus d'après l’observation
- COOîWWOiCOOiûîhSOi
- LATITUDE,
- LONGITUDE.
- Septième voyage de jïew-ïork à Isi ver pool.
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-
- 374
- BATEAUX A VAPEUB
- Huitième voyage de Xew-ïorfe à lii ver pool.
- i il ^ c a. fi fi c S * ivres. c/5 5 W .fi
- 5 ^ Z J c 1 O » % a >
- DATES.. enne de la vap par pouce carr atmosphérique en livres. U — O >< g « O H £ £ K 2 ^ g g ® TOTAL les courses de \ TEMPS, res et minutes J et p *2 g -3 « * s s o g ë I GÉOCRAPHI d’après l’obser LATITUDE. W A U H 3 Z o observations. 8
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- IBS!. *
- Juin. 22 17,0 13,43 18824 23—22 68 286 40° 54’ 68° 07’ Vent faible; mjer calme. 1
- 23 17,8 13,62 19135 23—25 72 292 43—36 62—36 Lég. ventdehoul; mer assez douce.
- 24 18,0 14,21 20210 23—42 74 296 46—00 56—58
- 25 17,3 14,70 20848 23—39 76 298 47—15 50—00
- 26 17,8 15,17 21387 23—30 79 297 48—39 42—54
- 27 17,3 15,47 21885 23—35 82 304 49—50 35—22 V ent fiais debout ; mer foi le.
- 28 17,1 15,15 21360 23—30 86 288 50-36 27—59
- 29 16,7 15,63 22100 23-34 92 297 51—25 20—16 Vent deb. ordin.; mer assez douce.
- 30 17,0 16,31 23150 23—39 89 308 51—23 12—07 Léger vent debout ; mer calme.
- Juillet. 1 16,5 16,79 23150 23—00 89 328 Manche. A tioly-
- 2 non 17,34 7005 6—44 35 100 Head.
- inscrite.
- Totaux.. 219054 241—30 842 3094
- Moyennes 17,3 15,118 7810 12,812
- livres par par B
- heure. heure.
- Huitième xoyage «le Uinerpool à Xew-ïorfe.
- Juillet. 10 18,0 12,75 15116 19—46 60 225 A Balacotton.
- 11 18,0 13,07 19229 24—31 68 286 51—27 15—34 Brise fraîche debout; mer manîab.
- 12 17,9 13,27 19495 24—30 70 280 51—23 23—01 Brise forcée debout ; mer grosse.
- 13 16,3 11,03 16162 24—25 59 208 51—16 28—35 Vent violent; mer grosse.
- 14 17,0 13,27 19500 24—30 71 282 50—28 35—28 Vent fort ; mer grosse.
- 15 17,0 14,27 20995 24—32 81 311 49—39 43—20 Vent bon frais ; mer maniable.
- 16 17,5 14,67 21511 24—26 86 294 48—53 50—43 îd., if?.
- 17 17,0 14,10 7614 9—00 31 122 45—38 54—50 Vent fort.
- Moyennes. 17,3 13,247 6707 11,431
- (0 livres par par
- heure. heure.
- Résultat «le la maeliine «le tribord seule, après la rupture de l’autre;
- la vapeur était interceptée aux 7/9 de la course du piston.
- Juillet. 17 11,0 9,00 828!) 15—20 30 132 45—38 54—50 Veut fort debout ; mer maniable.
- 18 13,7 10,34 15068 24-18 47 210 44—37 59—34 Vent debout et mer maniables.
- 19 14,2 10,60 15503 24—23 45 195 43—56 63—58 id.
- 20 13,9 10,90 15880 24—16 43 200 41—28 67—13 id.
- 21 14,0 10,73 15677 24—21 43 227 48—40 72--00 id.
- 22 14,0 11,92 6676 9—20 20 97
- Moyennes. 13,5 10,533 4187 8,863
- (2) livres pai heure. par heure.
- (1) Avant la rupture < e la machine de bâbord. — (‘2) Après la rupture de cette I'' -f tn-i-HMglTri-ij JiP i machine.
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- BATEAUX A VAPEUR
- 375
- Neuvième voyage de Aeu-1 ovk à - —^ Livei*|iool.
- DATES. |Tension moyenne delà vapeur dans la chaudière, par pouce carré, en sus de la pressionatmosphérique, exprimée en livres NOMBRE MOYEN des doubles courses exécutées en une minute par le piston. TOTAL des doubles courses de piston. TEMPS, heures et minutes. 1 CHARBON BRULÉ j exprimé en tonneaux de 2240 livres. MILLES GÉOGRAPHIQUES parcourus d’après l’observation. LATITUDE. LONGITUDE. OBSERVATIONS.
- 1831.
- Août. 17 16,0 12,81 14855 19—20 65 245 43» 48’ 69» 11' 4 h. 1/4 perdues par l’abordage d’un brick.
- 18 17,6 13,52 17545 21—38 74 269 42—58 64—00 Stoppé pendant 1 b. 2/3. Lég.brise debout.
- 19 17,3 13,94 19612 23—27 76 294 45—48 58 -56 Vent bon Irais ; mer maniable.
- 20 16,8 14,02 19913 23—40 83 302 45—56 52—04 »
- 21 16,5 14,02 19854 23—35 80 311 48—22 44—38 Vent maniable.
- 22 17,2 14,34 20188 23—28 83 311 49—54 37—05 »
- 23 17,0 15,41 21668 23—26 84 310 50—52 29—05 Bon vent par le travers; mer maniable.
- 24 17,0 15,36 21664 23—30 81 310 51—35 21—19 »
- 25 17,2 15,92 22446 23—30 84 308 51—20 13—10 Bon vent par le travers ; mer grosse.
- 26 15,7 16,11 22780 23—34 81 312 Dans la Manche. Vent bon frais par le travers ; mer grosse.
- • 27 16,6 15,85 8762 8—40 4 120 A Liverpool.
- Totaux.. . 209278 238-08 795 3072
- Moyennes. 16,8 14,647 7478 12,294
- livres par
- par
- heure.
- Neuvième voyage de Iiiverpool à îfew-ïork.
- Sept. 4 17,4 13,00 17731 22—21 65 265 Dans la Manche". Faible vent debout ; mer calme.
- 5 17,6 13,75 20269 24—34 78 310 52» 01’ 17» 19’ Bon vent; mer maniable.
- 6 17,3 13,81 20264 24—27 81 312 51—36 25—40 *
- 7 17,1 13,41 19705 24—29 82 265 51—19 32—41 Vent frais debout ; mer grosse.
- 8 17,4 13,63 20093 24—34 84 270 50—41 39—15 *
- 9 16,3 12’06 17632 24—22 62 222 49—45 44—50 Vent forcé debout; mer grosse.
- 10 17,0 14,79 21705 24—28 87 291 47—36 51—23 Vent faible debout; mer maniable. -
- 11 16,6 16,15 23712 24—28 84 326 45—19 58—35 Vent faible debout ; mer calme.
- 12 16,7 16,03 23533 24—28 81 3:8 42—22 64—39 Vent frais debout ; mer maniable.
- 13 17,0 16^51 24100 24—20 84 312 40—50 71—15 *
- 14 14,5 18,67 13720 12-15 55 178 A New-ïork.
- Totaux.. . 222464 254-46 843 3069
- Moyennes. 16,9 14,553 7412 12,047
- livres par
- par
- heure.
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- BATEAUX A VAPEUR.
- RÉSUMÉ DES TABLEAUX PRÉCÉDENTS.
- De New- York i a lit ver pool.
- NUMEROS DES VOYAGES. DATES. TOTAUX. MOYENNES.
- NOMBRE TOTAL ] des doubles courses de piston. i TEMPS TOTAL d'un dock à l’autre , heures et minutes. TOTAL DU CHARBON j brûlé, exprimé en tonneaux I de 2240 livres. 1 NOMBRE TOTAL des milles géographiques par- courus, d’après l’observation. Tension moyenne de la vapeurt dans les chaudières, par pouce 1 carré, en sus de la pression 1 atmosphérique, exprimée en livres. J NOMBRE MOYEN des doubles courses exécutées en une minute par le piston. NOMBRE MOYEN des livres de charbon brûlées en une heure. VITESSE MOYENNE ' du navire, par heure, exprimée en milles géographiques de 6082 2/3 pieds. l
- En brûlant de la houille bitumineuse de Cumberland.
- 1881.
- 5e Jauvier et février. 212340 282—33 710 3138 11,9 12,525 5629 11,106
- 6* Mars 208546 258—37 797 3144 14,7 13,440 7280 12,157
- Moyennes... 210443 270—35 753 1/2 3141 13,2 12,962 6418 11,608
- En briîlant de Vanthracite de Pensylvanie.
- 7» Mai 214577 235—14 738 3078 16,3 15,203 7028 13,085
- 8e Juin et juillet.... 219054 241-30 842 3094 17,3 15,118 7810 12,812
- 9» Août 209278 238—08 795 3092 16,8 14,647 7478 12,294
- Moyennes.... 214303 238—17 791 2/3 3088 16,8 14,988 7442 12,729
- En brûlant de l'anthracite du pays de Galles.
- 5e Février et mars.. 220820 294—561 794 3205 14,9 12,480 6035 10,857
- 6e Avril 211510 240—24 696 3056 16,4 14,664 6485 12,712
- 7e Mai et juin 219149 246—44 786 3093 16,2 14,480 7136 12,536
- 8e Juillet 216706 » » 3069 » )) )) „
- 9e Septembre 222464 254—46 843 3069 16,9 14,553 7412 12,047
- Moyennes.... 218130 259—12 7793/4 3098 16,0 13,972 6745 11,979
- Des tableaux sommaires qui précèdent, il résulte que, si l’on omet les chiffres relatifs à la vapeur et au combustible dans le cinquième et le sixième voyage de New-York à Liverpool, voyages pendant lesquels la qualité inférieure du combustible n’a pas fourni assez de vapeur pour que l’on pût faire fonctionner les machines avec les soupapes à gorge complètement ouvertes, la moyenne distance parcourue dans les traversées est de 3104- milles géographiques. D’après Mercator, cette distance est de 3084 milles; selon d’autres données du même auteur, et en mesurant le grand cercle de la sphère terrestre, on trouve qu’elle est de 3023 milles géographiques. Le trajet effectivement parcouru ne dépasse donc la distance la plus courte que de 81 milles, et ne l’excède que de 2centièmes,68 de cette distance. Le nombre moyen des révolutions
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- BATEAUX A VAPEUR.
- 377
- que doivent faire les roues pendant la traversée de New-York à Liverpool est de 212,759; pour revenir de Liverpool à New-York, il est de 218,130, et, par conséquent, il présente en plus une différence égale aux 2ccnliin,c,,52 du premier nombre.
- La consommation moyenne de l’anthracite a été de 785 tonneaux de 2240 livres. La pression moyenne de la vapeur dans les chaudières a atteint 16 livres par pouce carré, en sus de celle de l’atmosphère. La vitesse moyenne du navire dans ses voyages de New-York à Liverpool a été de i2millessé°s'ap-j729 par heure, et, en revenant de Liverpool à New-York, de llmi,,csséogiop^gYp aussj par heure; cette dernière présente en moins une différence qui correspond aux 6cenliimes,26 de la première. Le nombre moyen des révolutions des roues, par minute, dans les voyages de New-York à Liverpool, a été de 14,988 , et, dans les voyages de Liverpool à New-York, de 13,972. Ce dernier est donc moindre, et la différence est égale aux 7<*nt**n,es)27 sa grandeur.
- Pour la formation du tableau suivant, qui indique un certain nombre de résultats, la tension de la vapeur dans les cylindres a été relevée d’après l’indicateur. Dans le calcul de l’évaporation produite par le combustible , on a compris la perte qui est résultée de la nécessité d’évacuer des quantités d’eau assez considérables pour maintenir constamment le liquide à un degré de concentration saline dont le rapport avec celui de la concentration naturelle n’excédât pas 1 3/4. On y a tenu compte aussi de la vapeur nécessaire pour remplir les tuyaux et pour la mise en train. La température de l’eau d’alimentation était élevée à 110° Fahrenheit (43° centig.), et la chaleur latente de la vapeur a été déduite des expériences de M. Régnault.
- La perte d’effet produite par l’obliquité de l’action des palettes a été calculée proportionnellement aux carrés des sinus de leurs angles d’incidence sur l’eau.
- Tome 1er. —* 53e année. 2e série. — Juin 1854.
- 49
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- BATEAUX A VAPEUR.
- Tableau des résultats déduits de la navigation du Pacifie.
- DE NEW-YORK en brûlant de la houille bitumineuse de Cumberland. A LIVERPOOL, en brûlant de l’anthracite de Pensylvanie. DE LIVERPOOL A NEW-YORK, en brûlant de l’anthracite du pays de Galles.
- RÉSULTATS OBSERVÉS. Vitesse du bâtiment, par heure, en milles géographiques de 6082 pieds 2/3 11,608 12,729 11,979
- Révolutions des roues par minute 12,962 14,988 13,972
- Tension de la vapeur dans les chaudières, en sus de la pression atmosphérique, exprimée en livres par p*ouce carré. 13,200 16,800 16,000
- Tension (initiale) de la vapeur dans les cylindres , en sus de la pression atmosphérique, exprimée eu livres par pouce carré 9,200 14,100 13,300
- Livres de charbon brûlées par heure 6418 7442 6745
- Tonneaux de charbon brûlés en 24 heures 68,764 79,736 72,268
- RÉSULTATS CALCULÉS. Pression moyenne effective sur les pistons, en livres par pouce carré 14,490 18,320 17,700
- Travail des machines en chevaux-vapeur 1450,650 2122,010 1912,330
- Glissement du centre d’impulsion de la palette, exprimé en centièmes de sa vitesse 15,620 19,980 19,220
- Action oblique des palettes 21,630 21,630 21,630
- Livres de vapeur dégagées, en une heure, par la combustion d’une livre de charbon ; l’eau de mer était portée à un degré de concentration représentant 1 3/4 de la concentration ordinaire, et la température de l'eau d’alimentation était de 110 degrés Fahren. (43 degrés centigrades) ; dans ce calcul on a compris la perte qui est résultée de l’évacuation de l’eau, nécessaire pour maintenir ce degré de concentration, ainsi que les déperditions de vapeur dans les tuyaux et pour la mise en train.... 7,070 8,443 8,494
- Livres de charbon brûlées par pied carré de la surface des grilles 13,183 15,287 13,855
- En examinant le tableau qui précède, on reconnaît que les chaudières possédaient une grande puissance d’évaporation, la plus grande probablement que l’on atteigne dans la pratique. On y voit aussi que les effets de vaporisation des anthracites de la Pensylvanie et du pays de Galles sont sensiblement égaux et surpassent de beaucoup ceux des houilles bitumineuses du comté de Cumberland. Si l’on prend, en effet, le résultat moyen des deux anthracites, et qu’on le compare avec celui de la houille de Cumberland, on voit que le premier présente un excès égal aux 19cent!èmes,8du dernier, et le Pacific a dû surtout à un temps très-favorable la rapidité avec laquelle il a exécuté deux voyages en brûlant de la houille de Cumberland, ce que prouve évidemment la petitesse du glissement des roues pendant ces traversées (15,62 seulement).
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- BATEAUX A VAPEUR.
- 379
- D’après des résultats consignés dans le journal de Y Institut de Franklin (janvier 1853, page 42), le carbone fixe contenu dans l’anthracite de Pensylvanie est estimé à 88,540 pour 100, et celui de l’anthracite du pays de Galles à 88,882 pour 100, quantités dont la moyenne est 88,711. Le carbone fixe contenu dans la houille de Cumberland est d’ailleurs évalué par le professeur W. R. Johnson à 75,05 pour 100, moyenne observée entre cinq variétés. Par conséquent, les deux anthracites qui ont été employés contiennent un excédant de carbone équivalent aux 18tcnli;:me5,2 de la quantité de ce corps combustible contenue à l’état fixe dans la houille de Cumberland. On a vu plus haut que la puissance d’évaporation des deux anthracites a surpassé celle de la houille de Cumberland de i9centiim(,s>8 de la puissance de cette houille. L’évaporation effectuée par les deux combustibles est donc sensiblement proportionnelle aux quantités de carbone fixe qu’ils renferment, et l’on peut regarder cette loi comme démontrée par un vaste ensemble d’expériences exécutées sur des chaudières à vapeur, bien que l’on ait observé une exception accidentelle. Au reste, ce principe est maintenant universellement admis par les autorités les plus considérables de l’Europe.
- Les résultats qui précèdent ont été conclus de la combustion de 1507 tonneaux de houille de Cumberland , et de 5494 tonneaux d’anthracite, dont la consommation a été dirigée par des ingénieurs et par des chauffeurs habiles, dans des circonstances où aucun effort n’était épargné pour obtenir de chacun des deux combustibles le maximum de son effet utile.
- Le journal de Y Institut de Franklin a donné, en janvier 1853 , un exposé des résultats observés sur YArctic. Il en résulte que les chaudières de ce bâtiment effectuent la vaporisation avec beaucoup moins d’économie que celles du Pacific. Cependant le système et la disposition des chaudières de ces deux bâtiments sont exactement semblables, si ce n’est que les tubes verticaux qui forment la principale partie de la surface de chauffe sont plus longs de 6 pouces sur Y Arctic. Le parcours des produits gazeux de la combustion, la section et la hauteur des cheminées sont les mêmes sur les deux bâtiments.Le combustible était de la même nature; il a été consommé sous la direction du même ingénieur; et cependant on a obtenu sur le Pacific une économie qui s’élève à 13 centièmes de la dépense faite sur Y Arctic.
- Pression 0
- Course du pistou.
- pieds.
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- CHEMINS DE FER.
- Le tracé représenté sur le diagramme ci-dessus indique une moyenne très-exacte des tensions observées sur chacune des extrémités des deux cylindres. Il y a fort peu de différence entre les tensions de la vapeur dans les chaudières et dans le point de départ de la détente. Ce que ce diagramme indique de plus remarquable, c’est une insuffisance dans la distribution de la vapeur, et une contre-pression pendant son écoulement. Cependant c’est avec cette disposition des tiroirs que les machines ont exécuté leur meilleur travail.
- (Journal of the Franklin Inslitule, décembre 1853.)
- CHEMINS DE FER.
- Note sur les chemins de fer atmosphériques, en employant comme moteur l'action de l'air libre dans les tunnels d'une longue étendue; par m. séouin aîné.
- Le mode que l’auteur propose de substituer à celui généralement adopté aujourd’hui est basé sur la facilité avec laquelle on peut mettre de grandes masses en mouvement par l’intermédiaire de l’air. 11 a été indiqué dès l’année 1810 par l’Anglais Medhurst. En 1826, M. Yallence entreprit, à Brighton, quelques essais pour réaliser l’application de ce système. A cet effet, il établit un cylindre en bois d’environ 67 mètres de long et de 3 mètres de diamètre, recouvert en toile; il plaça dans cette espèce de tunnel une cloison en planches à laquelle il fixa une voiture qui reçut, à diverses reprises, un grand nombre de curieux. Cette voiture était mise en mouvement au moyen cl’une pompe aspirante qui produisait une raréfaction équivalente à une soustraction de pression de 1/5C de millimètre de mercure, ce qui suffisait pour communiquer à la voilure une vitesse d’environ 2 lieues à l’heure, bien qu’il restât un intervalle de 27 millimètres entre le pourtour du diaphragme et les parois du tunnel.
- Convaincu que la transmission de mouvement des moteurs aux convois, par l’inter-termédiaire de l’air, était le moyen le plus simple, le plus sûr et le plus économique de satisfaire aux exigences de l’époque, M. Séguin s’est attaché à l’étude d’un système qui paraît devoir mieux procurer ces résultats que ceux essayés sans succès jusqu’à ce jour.
- L’auteur admet que la ligne qui devra être parcourue (ou le chemin de fer) soit divisée en sections de 4, 6, 10 et même 12 kilomètres, déterminées par les distances entre les points où il sera nécessaire d'établir des stations. Ces stations auront une étendue d’environ 1,000 mètres; elles seront disposées partie à ciel ouvert, partie sous des hangars, et plus élevées de 3 à 4 mètres dans le milieu que vers les extrémités, formant ainsi un dos d’âne sur lequel les convois s’élèveront en vertu de leur vitesse acquise et redescendront ensuite par l’effet de la gravité.
- Les convois, pour parvenir de l’une à l’autre de ces stations, traverseront des tunnels de forme elliptique, maçonnés ou cuvelés d’une manière quelconque et exactement clos de toute part pour empêcher la communication avec l’air extérieur; leur
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- section sera de 7 à 8 mètres carrés, un peu supérieure à celle qu’occupe une voiture destinée au transport des voyageurs, et ils pourront, au besoin, être éclairés de distance en distance sur tout ou partie de leur longueur partout où il sera praticable de le faire.
- La voie du chemin de fer sera formée par deux lignes de rails inférieurs pour supporter les voilures, et deux autres rails plus faibles sur les côtés pour les empêcher de sortir de la voie. Les convois seront mis en mouvement, dans ces tunnels, par l’effet d’un courant d’air qui sera déterminé au moyen de pompes aspirantes et foulantes mises en jeu par de puissantes machines à vapeur. La pression de l’air extérieur déterminée par l’aspiration imprimera au convoi une vitesse qui ira en augmentant jusqu’à ce qu’il se trouve en face de la machine, et, arrivé là, l’air refoulé derrière lui par cette machine lui fera continuer son mouvement avec une vitesse décroissante jusqu’à la sortie du tunnel.
- On calculera la vitesse de manière qu’elle soit encore de 10 mètres à la sortie du tunnel, afin que, par l’effet de la vitesse acquise, le convoi puisse atteindre la partie la plus élevée de la station et se remettre ensuite en mouvement par la seule cessation de l’action du frein sur les roues.
- Les machines destinées à mettre les convois en mouvement aspireront l’air dans un grand réservoir et le refouleront dans un autre. Ces réservoirs seront disposés de manière à pouvoir être mis en communication, à volonté, avec la partie en amont ou en aval du percement.
- En face de chaque machine il y aura, dans les tunnels, deux cloisons distantes l’une de l’autre de 200 mètres, fermées chacune par deux portes pour isoler d’un côté l’espace où s’opérera le vide partiel, et de l’autre celui où s’opérera la compression. Ces portes seront ouvertes pour laisser passer le convoi, et ensuite refermées par l’effet alternatif de l’air dilaté et comprimé qui s’introduira dans une chambre derrière les portes. Des soupapes que le convoi commandera au moment de son passage feront exécuter avec précision ces mouvements.
- La principale dépense de ce système consistera dans la difficulté de mettre en mouvement de longues colonnes d’air avec de grandes vitesses. Avant le passage des convois, lorsque l’air agira par aspiration, et après son passage lorsqu’il agira par compression, il y aura des portes qui s’ouvriront ou se fermeront par le moyen de détentes à ressort que le convoi lui-même fera partir au moment de son passage, afin d’établir une communication entre l’intérieur du tunnel et l’air extérieur, de manière à ne mettre en mouvement que la portion d’air comprise entre la machine et le convoi.
- Des cantonniers seront placés dans des loges mises en communication avec l’air extérieur par une double porte remplissant l’office d’une écluse à air; ils surveilleront et exécuteront, au besoin, ces mouvements.
- Il est évident que, par suite de ces dispositions, les convois pourront parcourir successivement toutes les stations par le seul effet des machines qui se les transmettront de l’une à l’autre; l’ouverture, la fermeture des portes et des soupapes auront lieu par l’effet même de leur passage, de la même manière que s’exécutent les choses dans le mécanisme d’une machine à vapeur, avec cette analogie encore que des gardiens, dis-
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- posés partout pour veiller à ce que ces mouvements s’exécutent avec exactitude , pourront les suspendre ou au besoin les intervertir s’il y avait nécessité ou convenance de le faire.
- La différence de pression avec l’air extérieur nécessaire pour obtenir des vitesses que l’on pourra porter à 25 ou 30 mètres par seconde et plus ne s’élèvera jamais au-dessus de 2 à 3 centimètres; cette différence de pression sera tout à fait insensible et ne pourra être de nature à incommoder les voyageurs, ni même à être appréciée par eux.
- Il résultera de cet ensemble
- 1° Que la ligne sera complètement isolée de tous les lieux habités, à l’exception des points de station où elle se trouvera nécessairement en contact avec les autres voies de communication;
- 2° Que tout accident par suite de rencontre de convois ou de déraillement deviendra impossible, puisque la couche d’air qui séparera les convois maintiendra toujours entre eux une distance assez grande pour les empêcher de trop se rapprocher les uns des autres et encore moins de s’entre-choquer;
- 3° Que l’on évitera le poids énorme des locomotives, et que l’on pourra rendre le nombre des voitures qui composeront les convois aussi grand et par suite leur masse aussi faible que l’on voudra;
- 4° Que les inconvénients résultant des grandes vitesses se trouvant éliminés, on pourra voyager aussi vite que le comporteront les moteurs sans courir aucun danger;
- 5° Qu’il sera très-facile d’interrompre brusquement de quelques mètres la régularité de la pente lorsque le passage d’un pont, d’une route, les abords d’une ville ou tout autre obstacle pourront l’exiger. ( Acad, des sciences, 5 juin 1854. )
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- RECHERCHES SUR LES IMPRESSIONS COLORÉES PRODUITES LORS DE L’ACTION CHIMIQUE
- de la lumière; par m. e. becquerel.
- L’auteur a été conduit, il y a plus de six ans, à l’observation de ce fait, qu’il est possible de préparer une surface chimiquement impressionnable à la lumière, de façon quelle se colore précisément de la teinte des rayons lumineux qui la frappent. La matière sensible que possède cette propriété remarquable est un chlorure d’argent que l’on peut appeler le chlorure violet, ayant moins de chlore que le chlorure blanc et se présentant, en général, mélangé avec ce dernier.
- Le chlorure d’argent pouvant être mis dans des conditions telles qu’il ne soit affecté qu’entre les limites de réfrangibilité des rayons perceptibles à l’organe de la vision, il était important d’étudier attentivement de quelle manière il se coa.porterait dans l’appareil nommé actinomètre électro-chimique; quels seraient les effets résultant de l’ac-
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- tion des différents rayons lumineux dont on ferait varier l’intensité dans des limites déterminées; et enfin s’il serait possible d’établir une méthode photométrique fondée sur des principes différents de ceux qui sont habituellement en usage.
- L’auteur a déjà fait connaître différents moyens à l’aide desquels on peut obtenir des surfaces enduites de chlorure d’argent violet donnant des impressions colorées ; mais celui qui donne les meilleurs effets consiste à décomposer rapidement, par un courant électrique, une dissolution d’acide chlorhydrique dans l’eau et à faire arriver le chlore sur une lame d’argent placée au pôle positif de la pile. On rend ce procédé d’une application facile et certaine, en déterminant, dans chaque circonstance et à chaque instant, la quantité de chlore qui se transporte sur la lame d’argent. On interpose à cet effet, dans le circuit voltaïque, un voltamètre à eau, de sorte que le courant qui décompose l’acide chlorhydrique et transporte le chlore sur l’argent décompose également l’eau acidulée. Les décompositions électro-chimiques ayant lieu en proportions définies, il se porte autant de chlore en volume sur la lame d’argent qu’il se dégage de gaz hydrogène dans l’éprouvette placée au-dessus de l’électrode négative du voltamètre. On garantit le verso de la lame à l’aide d’un vernis afin que le chlore ne se porte que d’un seul côté.
- En employant une couche sensible plus épaisse que celles de 0,00158 indiquées dans le mémoire de l’auteur, les résultats obtenus ne seraient pas aussi satisfaisants. On doit opérer entre les limites de 4 à 7 centimètres cubes de chlore, à la pression ordinaire, par décimètre carré de surface d’argent ; mais, dans ces conditions, plus la couche est mince, plus la substance est impressionnable, mais moins les nuances obtenues sont belles.
- Si l’on projette sur une surface impressionnable ainsi préparée un spectre lumineux, on ne larde pas à avoir une impression qui commence dans le jaune et l’orangé, c’est-à-dire dans les parties les plus lumineuses de l’image prismatique, et s’étend jusqu’aux extrémités rouges et violettes. Cette impression reproduit les différentes nuances colorées du spectre ; mais les nuances, quoique très-vives, sont assez foncées, et du côté du rouge l’impression tourne au violet et fonce rapidement.
- Si des rayons lumineux mélangés viennent frapper la surface sensible, ils laissent, comme les rayons du spectre, une empreinte colorée de même nuance que celle qu’ils possèdent.
- Mais cette même substance, lorsqu’elle est soumise à l’influence de la chaleur ou de la lumière avant l’action des rayons lumineux, conduit à des résultats remarquables.
- L’action de la chaleur modifie profondément le chlorure d’argent violet. Une élévation de température de 100 à 150 degrés fait changer la teinte de la lame préparée sans lui faire perdre de traces de chlore , mais en même temps elle change le mode d’action des différents rayons lumineux ; la lumière diffuse ou la lumière solaire directe agit en blanc au lieu de donner une impression de teinte grise, et en outre les nuances colorées sont claires, au lieu d’être sombres, avant le recuit ; mais ce qui est remarquable, c’est qu’en maintenant la température entre 30 et 35 degrés, pendant plusieurs jours, on atteint le même but et avec de bien meilleurs résultats. Les teintes
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- jaunes et vertes, qui, lors de l’action du spectre lumineux sur une plaque recuite à haute température, ne se reproduisaient pas avec netteté, paraissent dans ces conditions ; en outre, la matière sensible est plus rapidement impressionnable. Ainsi on peut utiliser les plaques préparées de cette manière pour les reproductions des images colorées de la chambre obscure.
- On ne peut attribuer à une action chimique l’effet produit sur le chlorure d’argent par une différence de température aussi faible, mais soutenue pendant plusieurs jours. Il se manifeste probablement, dans cette circonstance, une modification de l’état physique de la substance impressionnable ; ce serait alors un effet du môme genre que celui qui a lieu lors de la formation du phosphore rouge.
- L’action exercée par les rayons les moins réfrangibles de la lumière est également fort curieuse; car elle conduit à un résultat analogue à celui que l’on obtient en prolongeant l’élévation de température des lames. Il semble donc que, dans l’un et l’autre cas, il se produit des effets moléculaires du même ordre. Le spectre lumineux agit de la manière suivante sur le chlorure d’argent modifié par les rayons rouges extrêmes : l’action commence, comme précédemment, dans l’orangé, le jaune et le vert, puis s’étend peu à peu vers le violet et vers le rouge. Toutes les teintes correspondantes aux couleurs du spectre sont claires comme si les plaques étaient recuites ; mais l’impression prismatique est beaucoup plus belle, et même le vert, le jaune et l’orangé ont des nuances plus vives qu’avant l’action des rayons rouges extrêmes. Ainsi, à l’avantage que possède le chlorure modifié par les rayons les moins réfrangibles sur celui qui a subi le recuit, de donner un fond noir sur lequel viennent se peindre les différentes nuances prismatiques, se joint celui de conserver parfaitement les teintes vertes et jaunes.
- On obtient, sur la matière ainsi modifiée par la chaleur ou par la lumière, de très-belles reproductions colorées du spectre lumineux. Les figures des anneaux colorés et celles que donnent les lames cristallisées traversées par la lumière polarisée sont également bien représentées avec leurs nuances. On peut aussi reproduire les images de la chambre noire, qui se trouvent, pour ainsi dire, peintes par la lumière; mais ces reproductions, quoique ayant des nuances plus vives que celles précédemment obtenues, n’ont justifié, jusqu’ici, qu’un intérêt purement scientifique.
- On voit donc que la substance impressionnable dont la méthode de préparation est ci-dessus indiquée permet d’obtenir non-seulement des effets de coloration très-remarquables, mais encore des résultats parfaitement comparables lors de son emploi pour observer des effets électriques dus à l’action chimique de la lumière. ( Académie des sciences, 3 juillet 1854.)
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- THERMOMÈTRE.
- régulateur électrioue pour la chaleur ayant pour but de rendre constante et de porter à un degré voulu la température d’un espace limité; par m. dumoncel.
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- Cet appareil consiste dans un thermomètre à tube ouvert dont la colonne mercurielle peut réagir sur deux circuits électriques en rapport avec deux électro-aimants ayant action sur deux bouches de chaleur. Le thermomètre est placé dans l’intérieur de la cage de verre ou du globe, dont les bords sont soigneusement rodés, afin d’éviter l’introduction trop facile de l’air ambiant à l’intérieur. Les deux bouches de chaleur sont placées de chaque côté du globe et communiquent par des tubes métalliques, l’une avec un foyer calorifique placé à distance , l’autre, avec un ballon rempli de glace et hermétiquement fermé.
- Enfin les électro-aimants fixés à l’intérieur du globe ont leur armature articulée à un levier qui peut, en tournant un disque troué placé derrièie les bouches de chaleur, ouvrir une communication entre l’intérieur du globe et les sources calorifiques et réfrigérantes.
- Un des pôles d’une pile de Daniell communique métalliquement au mercure du thermomètre, tandis que l’autre pôle, en rapport avec les électro-aimants, correspond, d’une part, à une pointe de platine soutenue au-dessus du mercure du tube par une tige à crémaillère et, de l’autre, à une capsule remplie de mercure également montée sur une crémaillère ; ces deux crémaillères sont mises en mouvement par deux pignons d’un assez grand diamètre pour qu’un tour complot accompli par eux corresponde à la longueur de l’échelle thermométrique. En divisant donc la circonférence du bouton qui leur correspond en autant de parties-égales qu’il y a de degrés sur l’échelle ther-mométrique, on peut, au moyen d’un repère, savoir de combien de degrés du thermomètre on avance ou on recule la pointe de platine ou la capsule en tournant ces boutons. D’un autre côté , le mercure du thermomètre supporte un petit flotteur qui, par l’intermédiaire d’un fd de platine recourbé, peut indiquer au dehors l’élévation ou l’abaissement de la colonne mercurielle par rapport à l’échelle thermométrique, et comme ce fil de platine, dans l’ascension et la descente du flotteur, peut se mouvoir au-dessus de la capsule remplie de mercure, on se trouve avoir, de cette manière, deux systèmes au moyen desquels un circuit électrique peut être fermé suivant l’ascension ou la descente du mercure dans le thermomètre, ou, ce qui revient au môme, suivant l’élévation ou l’abaissement de la température. Voici alors ce qui arrive quand on veut maintenir l’intérieur du globe à une température constante, par exemple à 5 degrés.
- On abaisse d’abord la pointe de platine circulant dans le tube à 5 degrés , ce qui est facile, puisqu’il ne s’agit que de faire arriver le n° 5 du bouton devant le repère ( le bouton, bien entendu, est fixé à l’extérieur ). Si la température ambiante du globe est Tome Ier. — 53e année. 2e série. — Juin 1854. 50
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- plus élevée, la pointe plonge dans le mercure d’une certaine quantité ; par conséquent, le circuit électrique est fermé à travers l’électro-aimant de la bouche réfrigérante. La température s’abaisse donc jusqu’à ce que le mercure du thermomètre se soit retiré au-dessous de la pointe de platine ; alors le courant se trouve interrompu, et la bouche réfrigérante est fermée. On fait alors arriver la capsule remplie de mercure un peu au-dessous du cinquième degré, et il peut en résulter deux choses : ou la température du globe, après cet abaissement forcé, tendra à monter; ou bien elle tendra à descendre. Si elle monte, le mercure du tube thermométrique rencontrera la pointe de platine sous l’influence de laquelle il s’était déjà abaissé, et il fléchira de nouveau; si elle baisse, le fil du flotteur rencontrera le mercure de la capsule, et le thermomètre montera. Le globe se trouvera donc forcément avoir une température qui ne pourra varier que d’une quantité aussi petite qu’on le voudra. ( Acad, des sciences, 5 juin 1854.)
- PEIGNES.
- Sur la fabrication des peignes en caoutchouc.
- M. Morey, négociant des Etats-Unis et cessionnaire de plusieurs parties des patentes de M. Goodyear, vient de faire établir, à Beaumont (Oise), une usine importante pour fabriquer, d’une part, du caoutchouc élastique et mou, et, de l’autre, du caoutchouc dur en plaques propre à la confection des peignes de toute espèce.
- Les morceaux de caoutchouc brut, après avoir été passés entre des laminoirs chauffés par la vapeur, s’écrasent, s’échauffent par leur contact et tombent au fur et à mesure sur une sorte de caisse plate en bois placée au-dessous ; l’ouvrier chargé de ce travail les reprend et les remet immédiatement sur les cylindres afin qu’ils soient écrasés de nouveau; ils ne tardent pas à s’agglomérer par l’effet de la chaleur et, en rapprochant les rouleaux, à ne former bientôt plus qu’une espèce de plaque ou de peau grossière, rugueuse, présentant une suite d’aspérités.
- C’est dans cet état qu’on mélange le caoutchouc de fleur de soufre; à cet effet, l’ouvrier, qui n’a pas cessé de rapprocher graduellement les cylindres, laisse envelopper la plaque autour de l’un d’eux, puis il la saupoudre de soufre en poudre sur toute la longueur ainsi que la surface du cylindre de devant qui est à nu. Cette poudre pénètre, par la rotation, dans les molécules du caoutchouc, et en renouvelant l’opération pendant un certain temps on voit le caoutchouc changer de couleur; de noir il devient gris-paiile. Mais, pour que la couleur soit bien régulière et que le mélange soit parfaitement homogène, il faut soumettre le caoutchouc à plusieurs laminages successifs, en le repassant trois ou quatre fois entre les cylindres et en ayant soin, pour cela, de Je reployer sur lui-même et de le faire entrer dans des sens différents, en sorte qu’il est laminé tantôt en longueur, tantôt en largeur ou obliquement. Pour les feuilles destinées à la fabrication des peignes, et qui doivent avoir une certaine dureté pour imiter
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- la corne ou le buffle, on ajoute dans le mélange une certaine quantité de magnésie en poudre très-fine.
- M. Fauvelle, fabricant de peignes, à Paris, s’est chargé d’exploiter l’application du caoutchouc dur à la confection des peignes de toute espèce. A cet effet, il a monté, dans l’usine de Beaumont, des ateliers spéciaux où il reçoit les feuilles préparées et vulcanisées et où le travail se fait exactement comme celui du buffle ou de la corne, c’est-à-dire que l’on découpe les feuilles en morceaux qui ont la forme extérieure des peignes; puis on taille la denture à l’aide de petites machines à fraise qui travaillent avec une extrême rapidité. On forme aussi des dessins sur certaines parties comme sur la tête des peignes à chignons, au moyen de petites fraises rotatives que l’on monte à l’extrémité d’un tour; enfin on les termine par le polissage, qui s’effectue généralement à la main.
- Les peignes de caoutchouc dur sont préférables aux peignes de buffle ou de corne, parce que, d’un côté, ils ne sont pas susceptibles de se fendiller comme ceux-ci, et, par suite, de casser les cheveux, et que, d’un autre côté, ils sont d’un service beaucoup plus durable. ( Publication industrielle de M. Armengaud, t. IX. )
- PISCICULTURE.
- Note sur les frayères artificielles du parc de Maintenon; par m. coste.
- Il s’agit, dans cette note , d’une expérience dont l’application en grand concourra au repeuplement des eaux dans une proportion non moins considérable que la fécondation artificielle et qui permettra de réserver cette dernière pour les espèces dont les œufs ne s’attachent pas à des corps étrangers, telles que la truite, le saumon, l’ombre chevalier, ‘etc.
- Cette expérience, faite dans le parc de Maintenon, sous les auspices de M. le duc de Noailles et de M. le duc d’Ayen, par les soins de M. le docteur Lamy, consiste à déterminer, au moyen d’un artifice, tous les poissons d’un étang ou d’un cours d’eau à venir déposer leur frai dans les lieux qu’on leur assigne, et d’où on entraîne ensuite ce frai dans des réservoirs où on les met à l’abri de toute cause de destruction. Il s’agit de ces frayères artificielles dont il semble que l’on doive faire remonter l’origine aux Chinois. On sait, en effet, que de temps immémorial ce peuple a coutume de couvrir, tous les ans, dans une étendue de plusieurs lieues, ses fleuves avec des nattes sur lesquelles il recueille la semence pour la transporter dans les eaux de l’intérieur.
- M. Lamy vient de nous mettre en mesure d’apprécier tous les services que l’industrie doit attendre de l’emploi d’une pareille méthode. Il a fixé à des claies des bouquets de menus bois placés à côté les uns des autres, de manière à former des massifs flexibles destinés à remplacer les herbes aquatiques sur lesquelles les poissons frayent naturellement, herbes aquatiques qu’il faut avoir la précaution de supprimer à l’époque des pontes.
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- SÉANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- Ces massifs flottants, retenus fixes et immergés à l’aide d’un lest, n’ont pas tardé à être chargés des œufs que les femelles sont venues déposer dans le menu branchage et que les mâles ont arrosé de leur laitance.
- Plusieurs millions d’œufs de perche et de gardon ont déjà été obtenus de la sorte ; des millions de jeunes poissons en sont sortis et quittent le parc de Maintenon pour se répandre dans les eaux de l’Eure.
- On attend, dans ce moment, la ponte d’autres espèces, et particulièrement de la carpe. ( Académie des sciences, 5 juin 1854. )
- CONSTRUCTIONS.
- gare des marchandises construite pour le chemin de fer de l’Ouest, par m. e. flachat.
- Cette gare, construite par la compagnie du chemin de fer de Saint-Germain, est située entre les ateliers de cette compagnie et les fortifications de Paris. Les hangars dont elle se compose sont entièrement en métal; chaque hangar est supporté par des colonnes en fonte supportant un entablement également en fonte et sur lequel est assemblée la couverture en feuilles de tôle ondulées, toutes de même dimension. La couverture cintrée est formée d’une suite d’anneaux emboîtés et rivés par leurs cannelures extrêmes; elle est assemblée avec les entablements au moyen d’une cornière fixée à chaque ondulation inférieure.
- Ce système de couverture, dont le prix de revient est de 16 fr. 62 par mètre carré, peut s’appliquer à toutes les portées; il est d’un montage facile et peut recevoir un éclairage suffisant, en substituant un anneau de verre à un anneau de tôle; il permettrait aussi l’emploi des tôles plates, ce qui diminuerait considérablement le poids en simplifiant la construction. ( Publication industrielle de M. Armengaud , t. IX. )
- SÉANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- PROCÈS-VERBAUX.
- Séance du 14 juin 1854.
- M. Michelin, membre de la commission des fonds, occupe le fauteuil.
- Le procès-verbal de la séance précédente est lu et approuvé.
- Correspondance. M. le maréchal de France, ministre secrétaire de la guerre, adresse à M. le président de la Société la lettre suivante :
- Paris, 8 juin 185-1.
- « Monsieur le président, j’ai l’honneur de vous adresser trois exemplaires du rapport que j’ai récemment présenté à l’Empereur sur la situation de l’Algérie en 1853.
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- SÉANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION.
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- « J’ai pensé que vous liriez avec intérêt ce document en raison des divers renseignements qu’il renferme sur nos possessions du nord de l’Afrique.
- « Un de ces exemplaires vous est personnellement destiné. Je vous prie de vouloir bien faire déposer les autres dans la bibliothèque de la Société.
- « Recevez, monsieur le président, l’assurance de ma considération la plus distinguée.
- « Signé Vaillant. »
- M. le président communique à la Société les observations que lui a adressées M. Gradis, de Bordeaux, au sujet des progrès que fait en France la culture de la betterave, et qu’il a consignées dans un mémoire intitulé, De la nécessité de mettre un terme aux faveurs qui ont pour objet d’encourager la culture de la betterave.
- M. Rigault, à la Ferté-sous-Jouarre, après avoir rappelé le mode employé pour braser les métaux, fait connaître les circonstances dans lesquelles celte opération manque ou ne réussit pas complètement. Il a observé que l’acide borique cristallisé dispense des précautions qu’on avait considérées jusqu’ici comme nécessaires. Il suffit d’ajouter au borax environ un tiers de son poids d’acide borique pour obtenir des résultats satisfaisants à une température moins élevée que dans le procédé usité, et les pièces ont été beaucoup mieux préservées de l’oxydation.
- MM. Dumesnil et comp., à Paris, rappellent que la commission de la Société chargée d’examiner, à Mareuil et à Crécy, leur fabrication de pierres factices a eu l’occasion de voir fonctionner un nouveau système de four à cuire le plâtre ; ils demandent qu’il en soit rendu compte à la Société.
- M. Hoffmann, pharmacien, rue de la Chaussée-d’Antin, 68, occupé, depuis quelque temps, de recherches sur la fermentation des végétaux de la famille des graminées, annonce avoir obtenu, par un procédé simple et économique, de l’alcool de chiendent.
- M. Calard, fabricant de feuilles métalliques perforées, rue Leclerc, 8, soumet un système de paniers ou pannetons métalliques perforés destinés à remplacer ceux en osier employés dans la boulangerie.
- M. Fumet, confiseur-glacier, rue du Helder, 25, appelle l’attention de la Société sur un appareil conservateur des aliments.
- M. Bouscasse, professeur de génie rural à l’école impériale d’agriculture de Grand-Jouan, présente un régulateur adapté aux charrues sans avant-train, inventé par M. Édouard Bouscasse, directeur de la ferme-école de Pailboreau.
- MM. Jametel, Vincent et Guinier, rue Saint-Dominique, 43, présentent des appareils hydrauliques qu’ils nomment vases, bacs et jardinières siphoïdes, applicables à l’arrosage constant et gradué des végétaux.
- M. Gomart, à Saint-Quentin ( Aisne ), expose que la commission de statistique in-
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- stituée dans cette ville, en vertu du décret du 1er juillet 1852, a rassemblé et contrôlé les documents fournis par les commissions cantonales de l’arrondissement, en réponse aux questions adressées par le gouvernement. Ces documents, que M. Gomart a rassemblés et résumés en quarante tableaux, lui ont paru intéressants à conserver et à faire connaître.
- M. Gomart adresse un exemplaire de ce travail.
- M. Dumont, rue de Seine, 55, a conçu et exécuté l’idée de faire déposer du cuivre, par la voie galvanique, sur une pierre portant un dessin lithopbotographique; il en a obtenu une planche de cuivre avec laquelle il a tiré l’épreuve qu’il présente à la Société.
- M. E. Gand, dessinateur pour l’industrie, à Amiens, adresse une notice sur un métier électrique «à lisser dans lequel les cartons sont remplacés par un carton continu.
- M. Koeppelin, secrétaire perpétuel de la Société d’agriculture du Haut-Rhin, à Colmar, adresse la description de deux appareils, l’un consistant en un nouveau système de pressoir qui est une application de la presse hydraulique, l’autre un hydrostat pour remplacer les balances, dont le principe est fondé sur la construction des aréomètres.
- Rapports des comités. Au nom du comité des arts chimiques, M. Barreswil lit un rapport sur une communication de M. Pelouze fils relative à l’application de l’essence de houille purifiée aux divers travaux de peinture à l’huile, en remplacement do l’essence de térébenthine.
- Le comité propose de remercier l’auteur de sa communication et d’insérer le rapport dans le Bulletin. ( Approuvé. )
- Au nom du comité des arts économiques, M. Clerget lit un rapport sur un thermomètre électrique présenté par M. Maistre fils, et qui est propre à régler, par sa propre action, la température du milieu dans lequel on le place.
- Le comité propose de remercier l’auteur de sa communication et d’insérer le rapport dans le Bulletin avec le dessin du thermomètre. ( Approuvé. ) (Voyez plus haut, p. 360.)
- Au nom du meme comité, le même membre lit un rapport sur une boisson gazeuse présentée par M. Grimaud et composée d’une dissolution de sucre et d’eau dans laquelle on a fait macérer de la canne à sucre desséchée.
- Le comité, considérant que cette boisson peut être d’un emploi utile soit pour la consommation en Iran ce, soit pour l’exportation, propose d’insérer le rapport dans le Bulletin.
- Après uue discussion, le conseil décide que le rapport sera déposé aux archives.
- Communications. M. Benoît, membre du conseil, a la parole pour une proposition
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- relative à la régularisation du chauffage et de la ventilation de la salle des séances de la Société.
- « La salle des séances de la Société laisse certainement quelque chose à désirer sous le rapport de la régularisation du chauffage et de la ventilation , puisque nous avons eu des réunions pendant lesquelles la chaleur y était insupportable, tandis que d’autres jours le froid s’y faisait trop sentir.
- « J’ai souvent médité sur les moyens de remédier à ces inconvénients, et je crois qu’aujourd’hui cela est non-seulement devenu facile, mais qu’on peut même le réaliser, avec le plus heureux à-propos, sans faire une dépense que l’état des finances de la Société ne lui permette pas d’y consacrer.
- « En effet, tout en faisant une chose nécessaire, on donnerait ainsi un exemple du parti que l’on peut tirer, pour la solution d’un problème d’une grande importance, de l’application de deux appareils récemment présentés à la Société, savoir le thermomètre électrique de M. Jules Maistre et Véleclro-aimant de M. Marié Davy.
- «S’il fait trop chaud dans une salle, que faut-il faire pour en modérer la température et la ventiler en même temps? Il suffit, évidemment, d'ouvrir au plafond une ouverture d’évacuation de Vair chaud qui s’élève toujours, d'ouvrir au parquet une ouverture d’introduction de Vair frais extérieur et de fermer les bouches de chaleur par lesquelles Vair chauffé arrive du calorifère dans la salle.
- « Ces opérations peuvent être faites soit séparément, soit simultanément, en combinant les deux appareils mentionnés avec un pendule conique employé, non plus comme il l’a toujours été jusqu’ici, pour modérer et régulariser la vitesse de rotation des machines, mais bien comme organe mécanique spécial,
- « On conçoit facilement que la douille du pendule développé ouvre et maintienne ouverts les obturateurs des ouvertures du plafond et du parquet et ferme et maintienne fermé le registre de la bouche de chaleur du calorifère, pendant tout le temps que l’électro-aimant fait tourner ce pendule avec une vitesse constante, convenable.
- « On conçoit de même que, lorsque l’électro-aimant cesse de mouvoir le pendule, cet organe rentrant sur lui-même, sa douille produise des effets contraires à ceux précédemment indiqués, c’est-à-dire qu’elle ferme et maintienne fermés les obturateurs du plafond et du parquet, et qu’elle ouvre et maintienne ouvert le registre de la bouche de chaleur du calorifère, pendant tout le temps que le pendule reste au repos.
- «De là, la possibilité de forcer mécaniquement la température de la salle à ne varier qu’entre deux limites très-rapprochées, au-dessus et au-dessous du point de l’échelle du thermomètre électrique, auquel on fait correspondre l’extrémité du fil de platine supérieur de cet instrument, tout en opérant la ventilation nécessaire en ce cas.
- « Il est évident que la même combinaison du thermomètre électrique de M. J. Maistre, de l’électro-aimant de M. Marié Davy et du pendule conique utilisé, comme je le propose , comme organe mécanique spécial, peut être employée pour rafraîchir la salle, au besoin; il suffit, en effet, en été, de lui faire manœuvrer les seuls registres d’évacuation de Vair chaud au plafond et d'introduction de Vair frais au parquet.
- « Le croquis tracé sur le tableau n’exprime graphiquement que les indications gé-
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- nérales que je viens (Vénoncer, en faisant voir, néanmoins, que les résistances passives du mécanisme peuvent être réduites à fort peu de chose. Mais, si le conseil trouve ma proposition de nature àœtre discutée, et en renvoie l’examen soit à un de ses comités, soit à une commission spéciale, je fournirai un tracé à échelle, coté, avec légende explicative et des nombres à l’appui de mon projet, qui régulariserait le chauffage et la ventilation en hiver, et assurerait aussi la ventilation en été. »
- Cette proposition est renvoyée à la commission du local.
- M. Gourlier fait connaître que, dans !e congrès d’hygiène publique qui s’est tenu à Bruxelles, il s’est agi d’un système d’aérage et de chauffage de M. le docteur Yanhert ; ce système lui paraît mériter d’être étudié.
- M. A, Chevallier dit avoir eu l’occasion de s’entretenir avec M. Davenne, directeur de l’assistance publique, de différents systèmes ayant ce but; il cite les expériences faites pour chauffer et ventiler la salle des séances de l’Institut. Ces expériences ont été dispendieuses et donnent peu de résultats. M. Chevallier pense qu’il est utile d’attendre les expériences qui se poursuivent pour faire une application au local de la Société.
- M. Benoît fait ressortir l’économie qu’il trouve dans le système qu’il propose pour le renouvellement de l’air.
- MM. Bisson frères mettent sous les yeux de la Société une vue photographique de l’intérieur de la cour du Louvre, qui n’a pas moins de 105 centimètres de longueur sur 45 centimètres de hauteur.
- Cette photographie est composée de trois clichés; les négatifs en sont pris de manière à n’offrir à l’œil qu’un seul plan de la façade.
- MM. Bisson exposent en peu de mots la marche qu’ils ont suivie dans leur travail; ils déposent des épreuves photographiques de la porte méridionale de l’église Notre-Dame, de la porte de la bibliothèque du Louvre, de l’ensemble de l’hôtel de ville, de l’arc de triomphe du Carrousel, du palais des Tuileries, de l’école impériale des beaux-arts, du pavillon de l’horloge du Louvre, de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois, de la façade ancienne de l’hôtel de ville ; de la reproduction des dessins de Mlle Rosa Bonheur, des gravures de Rembrandt et d’Albert Durer, etc.
- M. le président adresse à MM. Bisson les remercîments du conseil pour la communication de leurs travaux photographiques.
- PAfllft, — IMI’HUUKIUK DK Mwé Ve nOUCIIAUD-HUZAKD, R U K DK l.‘ Kl*F.lî OK, 5.
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- 53e ANNÉE. DEUXIÈME SÉRIE. N» 13. — JUILLET 1834.
- BULLETIN'
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L'INDUSTRIE NATIONALE.
- CONCOURS.
- rapport fait par m. barral, au nom d’une commission spéciale, sur le concours ouvert en 1853 pour les meilleurs travaux relatifs à /'histoire et à la guérison de la maladie de la vigne.
- Messieurs, l’an dernier, presque à pareille époque, le conseil d’administration de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale , ému du péril que court l’une de nos plus belles industries, l’industrie viticole, proposa des prix destinés à récompenser les praticiens et les savants qui, par des observations bien faites, des expériences authentiques, des recherches convenablement dirigées , auraient jeté quelque lumière sur l’origine et la marche de la maladie de la vigne, sur sa nature intime, sur les effets obtenus par l’emploi de divers moyens préventifs ou curatifs appliqués à la combattre.
- Un premier prix de 3,000 francs était destiné à l’auteur du meilleur travail sur les caractères et la nature de la maladie.
- Un second prix de la même valeur de 3,000 francs devait être décerné à l’inventeur du traitement le plus efficace.
- Enfin 6,000 francs devaient être distribués en neuf récompenses, savoir trois de 1,000 francs et six de 500 francs, à ceux des concurrents qui, sans l’atteindre, auraient approché du but ou auraient jeté, par leurs travaux, des lumières nouvelles sur quelques-unes des circonstances essentielles de l’histoire du redoutable fléau qui menace la fortune industrielle de plusieurs de nos plus riches contrées.
- Le concours a été fermé le 3L décembre dernier.
- Tome Ier. — 53e année. 2e série. — Juillet 1854.
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- 394 CONCOURS.
- Jamais une plus louable émulation ne s’est emparée des chercheurs dont vous avez excité le zèle. Cent seize concurrents ont envoyé leurs mémoires en temps utile. Depuis le 1er jahvier de cette année, il est arrivé, en outre, plus de quarante mémoires qui n’ont pu être admis au concours actuel. Cette grande affluence de concurrents n’est pas seulement le résultat des belles promesses de vos programmes de prix, elle dénote toute l’étendue du mal que vous avez voulu essayer de combattre, toute la gravité des craintes dont sont saisies les populations qui vivent de l’industrie viticole.
- Les cent seize mémoires admis au concours ont été renvoyés à l’examen d’une commission spéciale composée de vos deux comités d’agriculture et des arts chimiques, auxquels a bien voulu s’adjoindre M. Montagne, dont les connaissances profondes en mycologie étaient indispensables pour bien juger plusieurs des travaux de recherches soumis à votre appréciation. Les membres de la commission se sont partagé l’examen de tous ces mémoires, et, dans de nombreuses séances que l’illustre président de la Société est souvent venu présider, il a été rendu compte successivement de chacun d’eux. Ils ont été même divisés en trois classes sous les chiffres n° 1, n° 2 et n° 3 » le chiffre n° 1 indiquant les mémoires mis en première ligne. Une sous-commission composée de MM. Leblanc, Montagne , Louis Yilmorin et moi a été ensuite chargée de reviser tous les travaux et de présenter le tapport que j’ai l’honneur de vous soumettre au nom de la commission entière.
- Votre commission a jugé, Messieurs, que les deux questions principales mises au concours, c’est-à-dire celle du traitement le plus efficace de la vigne malade et celle de la nature de celte maladie, n’étaient pas encore complètement résolues; mais elle a reconnu qu’un assez grand nombre des mémoires qui vous avaient été envoyés jetaient des lumières nouvelles sur plusieurs phénomènes importants, et que leurs auteurs avaient assez approché du but pour mériter les encouragements que vous aviez promis pour exciter leur zèle. Dans cette situation, votre commission vous propose de rouvrir un nouveau concours qui serait fermé à son tour le 31 décembre 1854. Une circonstance nouvelle s’est, d’ailleurs, présentée; elle témoigne de la manière dont a été appréciée, pat* le gouvernement, votre sollicitude éclairée pour les intérêts de l’industrie nationale. Le gouvernement a voulu s’associer à l’œuvre de haute utilité que vous poursuivez, et une somme de 7,000 fr. a été ajoutée, par une décision en date du 19 juin, à l’un des prix que vous aviez fondés. À cette occasion, M. le ministre de l’agriculture, du commerce et des travaux publics a adressé à votre illustre président la lettre suivante.
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- Paris, le 19 juin 1854.
- « Monsieur, depuis l’apparition de la maladie qui attaque nos vignes, l’administration s’est fortement préoccupée de la marche du fléau et de la fâcheuse influence qu’il peut exercer sur cette branche importante de notre production territoriale. Aussi ai-je vu avec un véritable intérêt la Société d’encouragement, qui a déjà rendu tant de services à l’industrie et à l’agriculture, instituer des prix et récompenses dans le but de combattre cette altération si funeste dans ses résultats.
- « J’ai même jugé à propos de m’associer, en cette circonstance, à ses utiles efforts. J’ai, en conséquence, l’honneur de vous informer que j’ajoute une somme de 7,000 francs au prix promis par le programme de la Société « à l’inventeur du moyen préventif ou destructeur le plus efficace pour la maladie de la vigne. »
- « Je vous serai obligé, Monsieur, de vouloir bien m’accuser réception de la présente dépêche et de prendre toutes les mesures que vous jugerez convenables pour donner à la décision dont j’ai l’honneur de vous faire part toute l’utilité dont elle est susceptible.
- « Recevez, etc.
- « Le ministre de l’agriculture, du commerce et des travaux publics,
- « P. Magne. »
- Vous voyez, Messieurs, qu’en laissant au concours la somme de 3,000 fr. promise à l’inventeur des moyens préventifs ou curatifs appliqués à combattre la maladie de la vigne , de manière à constituer, avec les 7,000 francs mis à votre disposition par M. le ministre de l’agriculture, un prix total de dix mille francs, vous remplirez complètement et les vues du gouvernement et celles que vous vous étiez proposées en instituant votre programme.
- Mais la question de la nature et des caractères de la maladie n’a pas perdu de son importance. Si l’on connaissait bien la manière dont elle est née, ses causes, son développement, sa marche, on aurait des éléments bien précieux pour en combattre le retour dans l’avenir, pour se mettre à l’abri de ses nouvelles attaques. La découverte de moyens curatifs tout à fait efficaces n’ô-terait aucun mérite à un tel travail, car des moyens curatifs donneront toujours lieu à des frais qui grèveront la production. Votre commission vous propose donc de garder aussi, pour le nouveau concours, la somme de 3,000 fr. promise par votre programme à l’auteur du meilleur travail sur la nature de la maladie qui sévit sur presque tous les vignobles de l’Europe.
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- CONCOURS.
- Tous les droits des concurrents au concours clos le 31 décembre 1853 seraient réservés pour le nouveau concours ; les auteurs qui ont envoyé des mémoires postérieurement seraient aussi admis à entrer en lice. Vous feriez un appel à toutes les lumières, à toutes les recherches, à toutes les bonnes volontés. Afin que les auteurs des travaux antérieurs qui vous ont déjà été soumis conservassent leurs avantages, votre commission a même décidé que les mémoires qui ne lui ont pas encore paru devoir remporter des encouragements ne seraient pas analysés dans ce rapport, et que nous ne vous rendrions compte que des travaux par lesquels nous allons vous proposer de voter des récompenses. Les auteurs de ces travaux seraient, d’ailleurs, admis également au prochain concours avec de nouveaux mémoires.
- Mais deux prix seulement, quelle qu’en soit l’importance, n’ont pas paru à votre commission être suffisants pour le but que vous avez voulu atteindre. Il faut que beaucoup de concurrents soient invités à se livrer à de nouvelles recherches expérimentales, soit sur Y Oïdium lui-même, soit sur les modes de culture de la vigne, sur leurs effets, sur l’action des divers engrais, sur l’emploi de divers appareils, dont l’idée pourra être suggérée par les faits que* nous allons faire connaître, etc. Toutes ces recherches peuvent avoir des résultats considérables, et elles méritent d’être récompensées. Aussi votre commission vous propose-t-elle de voter une nouvelle somme de 6,000 fr. pour des encouragements de 1,000 et de 500 fr. qui seraient promis, selon les termes de votre ancien programme, quoiqu’elle vous demande de décider, dès aujourd’hui, que des encouragements seront décernés, dans une prochaine séance spéciale, aux auteurs des travaux que nous allons analyser succinctement.
- Parmi toutes les substances qui ont été essayées jusqu’à ce jour pour débarrasser la vigne de Y Oïdium, celle qui a produit les meilleurs effets est, incontestablement, la fleur de soufre. Cette matière a donné d’excellents résultats , dès 1848, à un horticulteur anglais, M. Keyle, de Lyton. Elle a été essayée avec succès dans le potager de Versailles, en 1851, par les soins de M. Duchartre, alors professeur à l’institut national agronomique. Mais il fallait un moyen commode de la répandre. M. Gontier a imaginé, dans ce but, un soufflet dont l’efficacité et le bon marché nous ont semblé, ainsi qu’aux très-nombreuses personnes qui en ont fait usage, réunir toutes les conditions désirées dans la pratique. M. Gontier a obtenu une guérison complète en 1851, 1852 et 1853. Il faut opérer dès le début de la maladie. On doit commencer par arroser les ceps avec une pompe portative, qui est également de l’invention de M, Gontier; on dirige le jet de la pompe de bas en haut, pour
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- mouiller à la fois le dessus et le dessous des feuilles; en outre, à l’aide du soufflet, on chasse sur la vigne une sorte de nuage de fleur de soufre qui s’y attache. On économise quelquefois l’emploi de la pompe quand la vigne est suffisamment mouillée par la rosée.
- La méthode de M. Gontier a été employée en grand, non pas seulement dans des serres, mais encore dans des vignobles, notamment à Thomery, près Fontainebleau. On s’est même servi du soufrage à sec avec un succès certain, mais en faisant toujours usage du soufflet Gontier. Des vignes non traitées par le soufre sont devenues malades à côté de celles qui avaient été soumises au procédé curatif de M. Gontier, de sorte que l’expérience comparative ne laisse aucun doute. Il a fallu trois soufrages successifs, et on estime la dépense à 33 fr. par hectare pour ce genre de vigne. Il est évident que, dans tous les vignobles donnant un vin estimé ou fournissant des raisins de table, ce surcroît de dépense ne sera pas considéré comme trop élevé.
- Mais l’emploi du soufre n’aura-l-il aucun inconvénient? Des expériences faites au muséum d’histoire naturelle de Paris ont inspiré quelques appréhensions sur les mauvais effets qui pourraient en résulter pour l’état des vignes traitées. Cette circonstance a engagé votre commission à attendre de nouveaux essais et à ne pas vous proposer de décerner le prix. Mais le mémoire présenté par M. Gontier indique un homme judicieux, un bon observateur, qui ne cherche pas à se lancer dans des théories étrangères au sujet et à la nature de ses connaissances. En lui décernant votre premier encouragement de 1,000 francs, vous aurez accompli un acte de justice et récompensé des essais déjà couronnés de succès.
- Nous vous proposons également de décerner un encouragement de 1,000 fr. à MM. Adolfo Targioni Tozzetti et Emilio Bechi, de Florence. Ces deux savants distingués vous ont envoyé un mémoire remarquable sur la nature de la maladie qu’ils ont décrite avec exactitude ; ils se sont surtout livrés, avec le concours de MM. Cozzi et Thomas Funk, à un grand nombre d’analyses chimiques qui nous ont paru d’un grand prix. Ils ont analysé, comparativement, plusieurs variétés de raisins malades et de raisins non atteints de la maladie, à l’état sec et à l’état normal ; ils ont aussi fait une sorte d’analyse mécanique, consistant à séparer la pulpe, la peau et les pépins des divers raisins, et ensuite ils ont analysé chimiquement ces diverses parties du fruit de la vigne. On voit que ce travail aurait un mérite réel au point de vue de la physiologie végétale et de l’industrie viticole, lors même qu’il n’aurait aucun rapport avec la maladie qui sévit sur les vignes. Mais les auteurs ont trouvé que le raisin malade contenait une proportion d’azote beaucoup plus considérable,
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- souvent le double ou le triple de celle existant dans le raisin sain. Chose remarquable, c’est particulièrement dans le jus que se trouve l’excès des substances azotées qu’ils signalent. Le raisin malade contient aussi beaucoup plus de sels minéraux, mais il renferme moins de matière sucrée. Les auteurs ont aussi analysé d’autres plantes atteintes également de diverses affections révélées par la présence des cryptogames qui ont été signalés dans beaucoup de localités. Leur travail est ainsi abondamment pourvu de faits importants, et en leur accordant un encouragement de \ ,000 francs vous aurez récompensé un zèle digne des plus grands éloges, et des recherches utiles à l’industrie viticole.
- Les autres travaux dont il nous reste à parler ont paru à votre commission être placés à assez de distance des premiers pour qu’elle ne vous proposât pas de décerner le troisième encouragement de 1,000 francs promis par votre programme; mais elle a pensé que ces travaux étaient en assez grand nombre et avaient assez de mérite pour que la somme de 1,000 francs, restant ainsi disponible, fut partagée en des récompenses de 500 francs chacune.
- En tête des autres mémoires qui recevraient des encouragements de 500 fr., votre commission a placé les recherches de M. Gasparini, de Naples; son travail, considérable et écrit en italien, a été étudié avec le plus grand soin par M. Montagne, qui a bien voulu en traduire toute la partie utile. La peine qu’a prise notre savant collègue donnera une grande garantie au jugement que nous vous proposons de porter. En résumé, M. Gasparini a décrit la maladie de la vigne avec un talent remarquable, en examinant le parasite dans toutes les phases de son évolution; il a donné une bonne histoire de la germination des spores de Y Oïdium Tuekeri, quoiqu’il l’ait suivie et observée dans des conditions anormales de développement. Il a donc rendu un service, rempli une des conditions de votre programme.
- C’est encore de deux concurrents italiens que nous allons maintenant vous entretenir. Le grand nombre des documents qui vous ont été envoyés d’au delà des Alpes, l’importance des recherches qui y ont été faites, et qui est dénotée par les grands travaux dont nous vous entretenons, démontrent toute la gravité de la maladie de la vigne en Italie.
- Vous savez, Messieurs, qu’il n’y a pas d’expériences plus difficiles, plus délicates que les expériences agricoles ; rarement elles sont comparatives, presque toujours elles laissent des doutes, et la science de l’agriculture ne peut marcher qu’avec les plus grandes précautions. M. le docteur JeanPolli, professeur de chimie à l’école technique de Milan, et M. Emmanuel Bonza-
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- nini, ingénieur civil dans la même ville, se sont distingués par la bonne direction donnée à leurs expériences, qui ont porté sur l’emploi de dissolutions de sulfhydrate de chaux, de chlorure de chaux, de sel marin, de sulfate de zinc, sur l’eau ammoniacale provenant de l’épuration du gaz de houille, sur l’emploi du plâtre en poudre, de l’essence de térébenthine délayée dans de l’eau, et enfin de l’eau provenant du mouillage des feuilles de tabac dans les manufactures , mouillage qui s’opère avec une dissolution de sel marquant de 3 à 4° à l’aréomètre de Baumé. Les auteurs ont opéré sur une vigne de 6 hectares et demi ; ils laissaient des rangées de ceps sans aucun traitement entre les rangées de ceps qui recevaient l’application des divers ingrédients que nous venons de nommer. Des certificats bien en règle attestent la réalité des expériences et leurs résultats. L’eau de tabac seule a eu un succès complet, ce qui est regrettable à cause de la difficulté qu’il y aurait à s’en procurer dans toutes les localités. Il serait intéressant de rechercher si, dans l’emploi de l’eau de tabac, c’est la nicotine qui agit, comme nous le pensons ; dans ce cas, la nicotine pourrait être remplacée par quelques-uns des alcaloïdes dont la science a été récemment enrichie, et qu’il serait facile de préparer en grand et à peu de frais; on les emploierait à l’état de sels. L’usage d’une décoction de tabac avait déjà été proposé par M. Fox, qui en avait éprouvé les bons effets. Mais, nous le répétons, c’est pour la bonne direction des expériences faites par MM. Bonzanini et Polli que nous vous proposons de leur décerner votre deuxième encouragement de 500 francs.
- M. Camille Leroy, doyen de la faculté des sciences de Grenoble, a rédigé un bon mémoire intitulé Essai sur la maladie de la vigne et son traitement. Ce mémoire présente une histoire exacte de la maladie, ce qui était une des questions de votre programme. L’auteur a fait aussi des essais bien dirigés avec des substances diverses employées comme moyen curatif; il a réussi partiellement avec de l’essence de térébenthine placée sur les feuilles. Mais c’est surtout pour son histoire de la marche de la maladie que nous vous proposons d’accorder à M. Camille Leroy une récompense de 500 fr., car il a ainsi rendu un service réel.
- Le grand travail accompagné de nombreuses planches parfaitement dessinées que vous a soumis M. Guérin-Méneville est un bon complément des mémoires de MM. Gasparini et Camille Leroy dont nous venons de vous entretenir. Il était important que Y Oïdium fût parfaitement décrit graphiquement dans ses différentes phases, que la vigne malade fût dessinée dans ses divers aspects; vingt-six grandes planches ont été consacrées à ce soin par M. Guérin-Méneville, qui a aussi joint à ses figures les dessins de quelques autres
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- plantes affectées par des cryptogames. Vos collections seront enrichies, par le travail de M. Guérin-Méneville, d’un atlas iconographique précieux oii toutes les personnes qui auront à étudier la maladie trouveront des documents indispensables. Un encouragement de 500 fr. récompensera justement le soin et la précision de l’auteur.
- M. Heuzé, professeur d’agriculture à l’école impériale d’agriculture de Grignon, a rédigé un mémoire très-considérable ; il examine successivement toutes les questions indiquées dans votre programme. Ce mémoire contient une analyse complète de tout ce qui avait été précédemment écrit sur la maladie de la vigne ; il rend compte de tous les essais qui avaient été effectués, et à cet égard il sera consulté avec fruit. M. Heuzé a rendu un autre service. Ayant reçu une mission de l’administration de l’agriculture, il est en grande partie cause, par sa propagation zélée, de l’expérience qui a été faite en grand à Thomery pour l’emploi de la fleur de soufre ; c’est donc un des hommes qui ont le plus travaillé utilement pour arriver à combattre le mal contre lequel luttent les viticulteurs. En lui accordant une récompense de 500 francs, vous aurez justement encouragé des efforts qui se continueront.
- Il est un fait qui doit être remarqué, sans que nous voulions cependant en tirer des conclusions définitives. Lorsqu’on débarrasse le raisin de l’Oï-dium, le fruit continue à mûrir sans encombre, et la récolte est sauvée. Bien des moyens de chasser YOïdium ont été proposés par les concurrents. Un de ceux dont la réussite est la mieux démontrée par une expérience bien faite, avec certificats sérieux à l’appui, consiste dans l’emploi de la vapeur d’eau bouillante. M.Guillot, jardinier-pépiniériste, à Montfavet-d’Àvignon (Vaucluse), a complètement réussi à sauver une vigne de la maladie, entre deux autres vignes dont la récolte a été perdue, en injectant sur les fruits, immédiatement après la floraison, de la vapeur d’eau provenant d’un arrosoir chauffé et placé sur une brouette qu’on traînait entre les ceps. Un autre concurrent vous a présenté une machine construite dans ce but ; malheureusement elle n’avait pas encore été appliquée à la vigne. Nous vous proposons de donner à M. Guillot une récompense de 500 francs pour l’encourager à recommencer, avec le même soin et sur une grande échelle, des expériences nouvelles.
- MM. Collinet et Malapert, pharmaciens, à Poitiers, ont fait un grand nombre d’expériences sur les diverses substances qu’on a eu l’idée d’employer contre la maladie de la vigne. Ces expériences, quoique exécutées sur une petite échelle, ont été conduites d’une manière judicieuse ; elles ont appris qu’une sorte d’engobage effectué avec de l’eau de savon mêlée d’un peu d’ar-
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- ile fine préserve de YOïdium, et elles ont ainsi ajouté un fait nouveau aux faits qui peuvent nous éclairer sur la nature de la maladie. Votre commission a pensé que le zèle et le talent expérimental de MM. Collinet et Malapert méritaient d’être récompensés par un encouragement de 500 francs.
- Pour terminer notre tâche, nous vous signalerons, non pas le procédé curatif présenté par M. Lefevre-Chabert, et consistant dans l’emploi de liquides goudronnés, mais une enquête intéressante accomplie par ses soins sur la maladie de la vigne. Il vous a envoyé trente-trois exemplaires de questions imprimées adressées par lui à divers agriculteurs, et qui contiennent leurs réponses en regard. Si cette enquête était continuée, étendue à un grand nombre de localités, elle contiendrait des faits précieux que vous avez précisément voulu rassembler. En votant un encouragement de 500 francs à M. Lefevre-Chabert, vous l’engageriez à continuer son œuvre de manière à compléter des renseignements qui, dès aujourd’hui, sont de nature à rendre des services.
- En résumé, votre commission vous propose de voter deux encouragements de 1,000 francs chacun,
- 1° A M. Gontier pour l’application de la fleur de soufre (1) ;
- 2° A MM. Targioni Tozzetti et Bechi, pour leur mémoire sur la nature de la maladie, et leur travail d’analyse chimique sur le raisin (2).
- Huit encouragements de 500 francs chacun,
- 1° A M. Gasparini, pour la description de YOidium Tuckeri et l’histoire de son développement (3) ;
- 2° A MM. Polli et Bonzanini, pour la bonne direction de leurs expériences sur divers procédés curatifs (4) ;
- 3° A M. Camille Leroy, pour son histoire de la marche de la maladie (5) ;
- 4° A M. Guérin-Méneville, pour ses planches oh sont dessinés YOïdium dans ses diverses évolutions et les vignes attaquées à diverses époques de l’invasion du mal (G) ;
- 5° A M. Heuzé, pour ses efforts à répandre l’emploi de la fleur de soufre et à faire et à diriger des expériences sur une grande échelle (7) ;
- (1) Première question du programme.
- (2) Deuxième question du programme.
- (3) Paragraphe premier des encouragements promis par le programme.
- (4) Paragraphe quatrième des encouragements promis par le programme.
- (5) Paragraphe premier des encouragements promis par le programme.
- (6) Paragraphes premier et septième des encouragements promis par le programme.
- (7) Paragraphe quatrième des encouragements promis par le programme.
- Tome Ier. —. 53e année. 2e série. — Juillet 1854.
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- CONCOURS.
- 6° A M. Guillot, pour ses expériences sur l’emploi de la vapeur d’eau bouillante (1) ;
- 7° A MM. Malapert et Collinet, pour leurs nombreuses expériences sur divers moyens curatifs (2) ;
- 8° A M. Lefevre-Chabert, pour son enquête sur la marche et les diverses phases de la maladie (3).
- En second lieu, votre commission vous demande d’ouvrir un nouveau concours qui serait fermé le 31 décembre 1854, et de proposer à tous les concurrents, anciens ou nouveaux,
- 1° Un prix de 10,000 francs, qui serait celui du gouvernement et de la Société d’encouragement, pour l’inventeur du moyen préventif ou destructeur le plus efficace pour la maladie de la vigne ;
- 2° Un prix de 3,000 francs pour l’auteur du meilleur travail sur la nature de la maladie qui attaque la vigne ;
- 3° Des encouragements de 1,000 ou de 500 francs, montant ensemble à la somme de 6,000 francs, pour les auteurs qui approcheront le plus du but ou qui auront fait les meilleures expériences ou recherches sur la cause de la maladie, sur la propagation de Y Oïdium, sur les moyens curatifs ou préventifs à employer, sur les appareils les plus propres à appliquer les remèdes signalés, sur tous autres faits, enfin, de nature à apporter des lumières nouvelles sur la question.
- Votre commission pense que l’impression de ce rapport, suivi des considérants du programme de l’an dernier, expliquera d’une manière suffisante le but que vous voulez atteindre avec le concours du gouvernement, et les conditions auxquelles devront satisfaire les concurrents.
- Par le concours actuel et par le nouveau concours que nous vous proposons d’ouvrir, vous aurez ajouté une belle page à l’histoire de votre Société et rendu au monde un service pour lequel vous est déjà acquise la reconnaissance de tous les hommes de bien.
- Signé Barral, rapporteur»
- Approuvé en séance, le 1 4 juillet 1854.
- (1) Paragraphe huitième des encouragements promis par le programme.
- (2) Paragraphe sixième des encouragements promis par le programme.
- (3) Paragraphes premier, quatrième et sixième des encouragements promis par le programme.
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- rapport fait par m. barral, au nom d’une commission spéciale, sur F ex position
- DES PRODUITS DE L AGRICULTURE, DE L’INDUSTRIE ET DES ARTS INDUSTRIELS, OUVertC
- à Bordeaux le 15 juillet 1854, par la Société philomathique de cette ville.
- Messieurs, sur la demande qui a été faite à notre illustre président par la Société philomathique de Bordeaux, vous avez décidé qu’une commission spéciale composée de MM. Chevallier, Huzard, Salvétat, Silbermann et Barral se rendrait dans cette ville pour y étudier l’exposition des produits de l’agriculture, de l’industrie et des arts industriels, ouverte le 15 juillet 1854. Votre commission a consacré huit jours entiers soit à l’examen des produits exposés dans une salle fort remarquable construite sur la place des Quinconces, soit à la visite des principaux établissements industriels et agricoles de Bordeaux et de ses environs. Je suis chargé de vous faire un rapport général, mais sommaire, sur notre mission, qui doit établir des liens durables entre la Société d’encouragement pour l’industrie nationale et la Société philomathique bordelaise. Cette Société est issue, comme la notre, de l’initiative d’hommes dévoués à leur pays, désireux d’exciter les progrès de son industrie et de son agriculture ; ils sont arrivés à des résultats importants dans une contrée aujourd’hui rattachée à Paris par une voie ferrée , à toute la France par plusieurs canaux, de belles routes, bientôt des chemins de fer, au monde entier par un fleuve magnifique ayant issue dans deux mers. C’est à vous faire apprécier l’importance de la solennité qui consacre aujourd’hui des résultats bien acquis que je devrai m’attacher. Mes collègues se sont chargés de vous faire connaître plus en détail les diverses industries qu’il nous a été donné d’étudier, dans des rapports spéciaux qu’ils vous présenteront successivement dans vos prochaines séances.
- La réception qui a été faite à votre commission par la Société philomathique de Bordeaux a été pleine d’affabilité ; les prévenances dont elle a été l’objet nous ont démontré que vos efforts pour encourager, dans toutes les parties de la France, le progrès de toutes les industries étaient appréciés, et nous avons été heureux d’être chargés de vous témoigner, au nom de cette Société , la reconnaissance de l’industrie bordelaise. Dans un banquet offert à votre commission par le conseil d’administration de la Société philomathique de Bordeaux, son président, l’honorable M. Àlphand, ingénieur des ponts et chaussées, s’est fait l’organe de cette gratitude générale pour votre constante solli-
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- citude à vous associer à la propagation de toutes les découvertes utiles. Une circonstance particulière rehausse la valeur de ces témoignages : en effet, la Société philomathique de Bordeaux est presque contemporaine de la Société d’encouragement ; elle date de 1808. Elle a été fondée pour répandre le goût de l’industrie dans une cité vouée aurtout au commerce, et elle s’est attachée à augmenter l’instruction du peuple; elle remplit ce double but par des expositions qui ont lieu tous les trois ans, et par des cours d’adultes qui se font le soir, et oii plus de deux mille ouvriers reçoivent gratuitement des leçons de lecture, d’écriture, de grammaire, de calcul, de dessin linéaire, de physique, de chimie, de mécanique, etc. Le nombre des membres de cette Société s’élève aujourd’hui à environ cent vingt, parmi lesquels on remarque les noms des personnes les plus distinguées de la ville. La municipalité bordelaise a compris l’importance de l’œuvre ainsi accomplie, et elle s’est associée par une forte subvention à la solennité dont nous avons à vous rendre compte. La chambre de commerce de Bordeaux et le conseil général du département de la Gironde ont également voté des fonds destinés à couvrir une partie des frais.
- L’exposition actuellement ouverte à Bordeaux est la neuvième de ce genre ; la première a eu lieu en 1827. Le progrès de ces solennités triennales est manifeste ; les chiffres suivants le démontrent. L’exposition de 1841 comptait 105 industriels; celle de 1844, 120. En 1847, il y en avait 215 ; en 1850, 225. Cette année, nous en avons compté 548. Les exposants n’étaient point tous du département de la Gironde. La Société philomathique de Bordeaux avait voulu que son concours fût général, que toutes les parties de la France fussent appelées à y prendre part. Le but qu’elle s’est proposé d’atteindre a été défini très-heureusement par son honorable président, M. Alphand, dont le discours d’inauguration contient ce passage que nous vous demandons la permission de reproduire.
- « Jusqu’ici, a dit M. Alphand, il n’y avait pas en France d’exposition uniquement industrielle en dehors de Paris. Souvent l’industrie locale avait été appelée, dans un rayon limité, à compléter une exhibition d’œuvres d’art ; mais le seul concours sérieux offert aux travaux et aux efforts de nos industriels était celui des expositions organisées tous les cinq ans dans la capitale par les soins du gouvernement.
- « On comprend que, pour réunir, dans une exhibition de toutes les forces industrielles du pays, un assez grand nombre de productions remarquables, il faille éloigner autant les expositions générales ; mais , pendant ce temps , un grand nombre de découvertes dans les sciences et dans les arts, des pro-
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- cédés pratiques qui contribueraient au progrès de l’industrie et à la richesse publique restent ignorés.
- « La Société philomathique a pensé qu’il pouvait être utile d’offrir chaque année, dans l’une des grandes cités, centre naturel d’une partie de la France, un concours plus modeste aux idées nouvelles, à toute apparence de progrès réalisé. Les grandes industries viendraient y comparer leurs produits, et réaliser de nouveaux progrès avant de paraître aux expositions générales , qui doivent rallier, sous les auspices du gouvernement, toutes les merveilles, toutes les splendeurs de l’industrie nationale. »
- L’appel fait au gouvernement avait été entendu ; M. le ministre de l’agriculture , du commerce et des travaux publics avait délégué, pour le représenter à l’inauguration, M. Heurtier, directeur général de l’agriculture, afin de témoigner tout l’intérêt qu’il portait à l’œuvre accomplie à Bordeaux. M. Heurtier a prononcé, à ce sujet, un discours dont nous croyons aussi devoir consigner ici quelques passages significatifs :
- « C’est un spectacle digne d’éloges, a dit M. Heurtier, que de voir une réunion particulière composée d’hommes distingués dans toutes les carrières, obéissant à une impulsion spontanée, substituer son action propre à celle de l’Etat dans le cercle des intérêts de l’art et de l’industrie, et agglomérer à un jour donné, et sur un point du territoire, les produits remarquables de nos divers genres de fabrications ; c’est là de la bonne décentralisation et un véritable progrès dans les mœurs publiques.
- « Je vous félicite d’en avoir donné le signal et d’avoir compris que l’Etat ne peut tout faire , et qu’il reste encore dans son véritable rôle de tutelle et de protection en accordant à cette solennité et aux récompenses qui la suivront une sorte de caractère officiel de nature à en augmenter la valeur.
- « L’autorité supérieure, l’administration municipale, la chambre de commerce ont uni leurs efforts à ceux de la Société philomathique pour atteindre le but que se proposait son intelligente initiative. Je les en remercie sincèrement, au nom du ministre. Si le temps des Mécènes est passé, il faut les faire revivre dans les sociétés vigoureusement organisées, curieuses de l’art, ardentes à s’instruire, véritables foyers de lumière dont le rayonnement s’étend chaque jour davantage, et va porter, par les mille canaux de l’encouragement et de l’émulation, la chaleur et la vie dans nos ateliers et nos manufactures. »
- De telles paroles vous paraîtront, sans doute, une preuve que la voie dans laquelle votre Société est suivie par la Société philomathique de Bordeaux est hautement approuvée par le gouvernement soucieux des progrès du pays et
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- désireux de voir le drapeau industriel de la France flotter au-dessus de toutes les bannières dans la lutte solennelle qui s’ouvrira l’an prochain, et pour laquelle toutes les nations préparent à l’envi leurs plus beaux produits.
- Votre commission a été frappée, dans les visites qu’elle a faites dans divers ateliers et dans de grandes usines, de voir avec quelle ardeur les industriels se sont mis au travail pour enfanter des chefs-d’œuvre ; ils nous ont tous déclaré qu’ils espéraient arriver à Paris avec des produits bien supérieurs à ceux qu’ils avaient pu envoyer à Londres en 1851. L’exposition de Bordeaux nous est une preuve que l’attente générale ne sera pas trompée.
- Nous ne pourrons pas vous citer tout ce qui, dans la belle salle des Quinconces, mérite l’attention du visiteur éclairé. Nous choisirons seulement les produits les plus importants dans la revue rapide que nous allons faire. Comme nous vous l’avons annoncé, nos collègues suppléeront à mon insuffisance.
- L’industrie du fer était représentée par un produit extrêmement remarquable, par les beaux aciers en lingots et en barres laminés que MM. Jackson font aujourd’hui à Saint-Seurin-sur-l’Isle (Gironde) ; leur usine est venue, de la manière la plus heureuse, se placer près des forges nombreuses des Landes , pour compléter l’industrie du fer dans un pays où se fondent, dès aujourd’hui, de grands ateliers de construction. Les anciens ateliers de Bordeaux, de leur côté, ceux de MM. Maldant, Cousin, Yietz, etc., renouvellent leur matériel, achètent de nouveaux outils, reculent leurs murailles; tout s’apprête pour créer une concurrence sérieuse, mais légitime, à nos usines les plus célèbres. Des machines à vapeur, des organes de divers grands outils attestent qu’on s’est déjà mis à l’œuvre.
- La plus grande usine actuelle de Bordeaux est incontestablement celle de MM. Vieillard et comp., pour la poterie fine et la porcelaine. Leur exhibition était extrêmement remarquable par la grandeur de quelques pièces et par la beauté des autres. La faïence nous a paru avoir une grande finesse, de l’éclat, de la solidité ; la porcelaine, qui est toute nouvelle dans le pays, présente aussi un blanc parfait et des formes assez droites, quoique la pâte soit peut-être d’une composition qui exige les plus grandes précautions à la cuisson. Dans l’usine dirigée avec une habileté hors ligne par M. Vieillard, nous avons vu, avec le plus vif intérêt, des fours pour cuire à la houille, établis d’après un système qui pourrait servir de modèle. La vapeur a substitué son action, dans presque tous les ateliers, à celle de l’homme. Presque partout les femmes et les enfants avaient cessé de tourner la roue des tours; nous avons vu établir les communications de mouvement qui allaient faire disparaître ce péni-
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- ble servage, dans lequel un homme tient toute une journée de jeunes femmes tournant la manivelle devant lui. Cette substitution de la force motrice brute à la force motrice intelligente ne saurait, d’ailleurs, diminuer le nombre des bras appelés au travail. Les ateliers de MM. Vieillard et comp. s’agrandissent chaque jour, et dès maintenant ils produisent par an, tant en poterie fine qu’en porcelaine, pour 1,200,000 fr. de marchandises.
- La Haute-Garonne, la Dordogne et le département d’Indre-et-Loire étaient aussi représentés par les poteries diverses envoyées par MM. Fouque , Du-bourdien, Àvisseau , etc. A côté des poteries, on voyait les produits de plusieurs verreries, qui forment une industrie importante dans ces pays, dont le vin est aussi renommé que celui des divers crus du Bordelais. Il y avait de très-nombreuses bouteilles, et non moins encore de vases pour conserves diverses. On comprend quel intérêt présentent, pour l’exportateur, des conserves alimentaires ou des conserves de fruits, truffes, assaisonnements divers, légumes, etc. ; c’est une grave affaire pour Bordeaux que la fabrication de ces produits. Aussi étaient entrés en lice plus de quarante concurrents, parmi lesquels MM. Chollet, Morel-Fatio, Rouget de Lisîe et Jaillon, etc., c’est-à-dire tous ceux qui, à Paris, ont cherché à renouveler l’industrie de la préparation des légumes conservés. Comme la principale difficulté, pour beaucoup de conserves, tient à la fermeture des vases, on voyait un nombre immense d’inventions diverses pour obtenir un bouchage plus hermétique.
- La fabrication des produits chimiques et pharmaceutiques se fait aussi à Bordeaux sur une grande échelle, soit pour fournir des médicaments à la miarne soit pour livrer des matières premières à l’industrie de la teinture, qui a beaucoup d’importance. A côté des teintureries, ou plutôt annexées aux teintureries elles-mêmes, se trouvent des filatures de laine ou de coton et des fabriques de tapis. Nous citerons notamment les usines de MM. Laroque et Jacquemot, Boinot, Guibbert, etc. MM. Laroque et Jacquemet ont sur le métier un beau tapis de 10 mètres sur 7 pour l’exposition universelle de 1855. Ces fabricants ont un atelier dans un pénitentiaire de jeunes enfants; ils font faire ainsi l’apprentissage d’un état où l’on trouve un travail presque assuré à des nnfants d’abord placés sur une mauvaise voie, et qui deviennent, nous ont-ils assuré, d’excellents ouvriers.
- Les arts industriels n’étaient pas seulement représentés à Bordeaux par de beaux tapis; on y voyait aussi des vitraux assez remarquables, des bronzes, de la bijouterie. Nous citerons notamment les gravures par impressions colorées de M. Isnard-Desjardins, l’intéressante machine de M. Barrère pour graver les médailles, et les meubles remarquables de M. Reaufils, qui peuvent
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- certainement lutter avec ceux que fournissent au monde entier l’ébénisterie et la tapisserie de Paris. La décoration des appartements joue un grand rôle dans un pays riche comme le Bordelais, où la beauté du ciel, la magnificence de la parure de la terre incitent à orner la demeure des hommes pour la faire lutter, par l’éclat des couleurs et l’harmonie des formes, avec l’œuvre du Créateur. Les édifices sont beaux, bien décorés, peints à l’huile pour la plupart; aussi, à Bordeaux, l’industrie du blanc de zinc que vous avez encouragée est-elle reçue avec faveur. M. Barruel a envoyé un nouveau siccatif pour la peinture au blanc de zinc, qui méritera d’être examiné avec attention.
- La nature paraît avoir fourni au Bordelais une huile toute spéciale, extraite facilement des résines que produisent les forêts des Landes. C’est avec intérêt que nous avons visité l’usine où M. Menjaud distille une grande quantité de brai de résine pour en extraire des huiles employées en grande quantité aujourd’hui pour la peinture , à cause de leur bonne qualité et de leur bon marché. M. Frezolier tire un autre parti de la résine ; il a fait des vêtements imperméables pouvant remplacer, dit-on, les vêtements en caoutchouc.
- Nous touchons aux produits agricoles. Le lin, le chanvre, le riz, le froment, les engrais, la soie se faisaient remarquer. Nous citerons, comme dignes du plus haut intérêt, les rizières de la Teste, habilement dirigées par M. Féry, sur lesquelles il vous sera fait un rapport ; la magnanerie de 60 onces et la filature de cocons de M. Royer ; les lins de M. Terwangne, etc.
- L’industrie la plus importante des Bordelais est l’industrie viticole, aujourd’hui en souffrance. Noqs avons visité plusieurs des crus les plus célèbres du pays ; nous avons vu avec douleur l’état des vignes. Il n’y aura peut-être pas le cinquième d’une récolte ordinaire. La coulure a causé un désastre qu’on ne saurait peindre, et l’oïdium se montre en beaucoup d’endroits et menace de détruire le peu de grappes qui apparaissent çà et là.
- Une industrie qui ne date que de peu d’années s’est implantée dans le Bordelais; elle mérite l’attention par la grande quantité de produits qu’elle fournit au commerce et par la faveur toute spéciale dont elle paraît jouir. En ce moment, il s’est créé ou il se crée plus de 2,000 hectares de marais à sangsues. C’est une fièvre générale qui s’empare de tous les propriétaires grands et petits. Il se forme des marais jusque clans Bordeaux, et c’est avec peine que nous avons vu des terres enlevées à la culture pour être de nouveau transformées en marécages, après avoir été jadis arrachées à l’infertilité. Votre commission s’est beaucoup préoccupée cle celte question ; elle en a fait une élude attentive; elle a visité de nombreux marais, parmi lesquels les plus célèbres, ceux de Parempuyre , de Blanquefort, de Bacalan , de Sainl-Mé-
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- dard, etc., établis par MM. Bechade et Laurens, Frankeski, Rollet, Ville-mann, Pechot, etc. Elle a yu des marais où les sangsues étaient nourries par #des chevaux ; d’autres où des vers, des vaches, du sang dans des vessies servaient de pâture aux annélides. Les uns étaient à régime d’eau constant; d’autres étaient mis à sec pendant la ponte ; dans d’autres, on cherchait à économiser le terrain, etc. C’est vous dire que l’un de nous, M. Chevallier, a réuni tous les documents nécessaires pour vous faire sur la question un rapport plein d’intérêt, qui jettera bien du jour, nous l’espérons, sur une matière si intéressante pour l’hygiène publique.
- Dans tout pays où il y a des marais, le drainage est indiqué comme devant produire les meilleurs effets. Cependant, lorsque l’on cherche à propager cet admirable moyen d’assainir les terres, de doubler, de tripler souvent leur fécondité, on vous objecte qu’il n’est bon que pour le Nord, où l’humidité seule est en excès; qu’il ne pourrait pas, sans’ doute, réussir dans le Midi; que dans des vergers, notamment, il serait impossible. Votre commission a été heureuse de voir le drainage établi sur une grande échelle dans le Bordelais, où M. de Bryas a déjà employé environ 70,000 tuyaux, et M. le comte Du-chatel environ 30,000 ; ce qui prouve que plus de 40 hectares ont été drainés. M. de Bryas nous a fait voir, dans sa belle propriété du Taillant, combien l’opération avait eu de succès. De nombreux tuyaux exposés par MM. Clama-geron, Robert et plusieurs autres fabricants montraient, d’ailleurs, que l’exemple serait contagieux, et que l’on pouvait proclamer que le drainage produirait non moins de bienfaits sous le ciel ardent du Midi que dans les prairies pluvieuses du Nord.
- Ainsi on voit que, sous tous les rapports , Bordeaux marche rapidement dans la voie du progrès. Son industrie et son agriculture vont atteindre à la hauteur de son commerce. Admirablement placée par sa position géographique, elle va devenir une seconde capitale de la France. De toutes parts des usines s’y fondent ; en deux ans, les machines à vapeur se sont élevées de 70 à 120. Dans peu de temps, nous le croyons, nons pourrons citer Bordeaux à côté des magnifiques cités industrielles de l’Angleterre.
- Signé Barral , rapporteur.
- Approuvé en séance, le 26 juillet \ 854.
- Tome Ier. — 53e année. 2e série. — Juillet 1854.
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- TEINTURE.
- TEINTURE. ,
- SUE LES MOYENS DE RECONNAITRE LÈS PRINCIPES COLORANTS QUI COMPOSENT LA COULEUR D’UNE ÉTOFFE TEINTE (l).
- On a souvent besoin de s’assurer de quels principes colorants se composé la couleur d’une étoffe et de quelle manière cette couleur a été produite ; la vue seule et les connaissances pratiques y suffisent rarement, et en face d’une étoffe teinte en bleu ort aurait de la peine à dire si le fond se compose d’indigo pur, de bois de campêche, ou s’il résulte du concours de l’un et de l’autre, et enfin s’il ne contient pas du bleu de Prusse, etc. Pour acquérir une certitude à ce sujet, il faut avoir recours à des agents chimiques et examiner l’attitude des différentes couleurs à l’égard de ces agents.
- Pour reconnaître les mordants employés, il n’y a rien de mieux à faire qu’à incinérer une certaine quantité d’étoffe, à recueillir les cendres, à les faire dissoudre dans un acide et à rechercher ensuite l’oxyde métallique par les procédés connus.
- Nous De parlerons ici que des moyens qui donnent un résultat immédiat et qui dispensent le praticien de l’emploi de procédés longs et compliqués.
- Couleurs bleues. “ Les couleurs peuvent être de Y indigo, du bois de campêche, du bleu de Prusse, de Y outremer.
- Le bleu d’indigo est de diverses espèces : l’indigo ordinaire, fixé à froid; le bleu de faïence, qui est un bleu sur fond blanc, fixé d’après le principe de la cuve à froid ou moyen de la chaux et du sulfate de fer; le bleu d’application , dans lequel l’indigo est réduit par le stannite de potasse (protoxyde d’étain et de potasse ), et enfin le bleu de carmin d’indigo.
- Les trois premiers ne sont attaqués ni par les acides faibles ni par l’alcali, mais le chlore et l’acide nitrique les détruisent. En rinçant les échantillons dont la couleur a été détruite par le chlore et qu’on cherche à teindre au bois rouge, on remarque que l’étoffe ne prend pas de coloration lorsqu’elle a été teinte en indigo ou en bleu de faïence, puisqu’elle ne contient pas de mordant, tandis que l’étoffe qui avait reçu du bleu d’application sd teint en rouge par suite du mordant d’étain qu’elle a retenu.
- Le bleu du Carmin d’indigo ainsi que celui du bleu de Prusse s’accordent en ce qu’ils sont destructibles par une lessive de potasse; dans ce cas, cependant, ils ont une dissemblance qui permet de les distinguer. Après avoir été détruit, le bleu d’indigo laisse un fond blanc, tandis que le bleu dé Prusse laisse Un fond couleur de rouille dft au fer qui entre dans sa composition : on peut, d’ailleurs, s’en assurer en versant sur le fond une goutte de prussiate jaune aiguisé d’un acide ; s’il y a du fer en présence, la nuance bleue ne tarde pas à apparaître.
- Il est surtout utile de faire cet essai avec les couleurs vertes.
- (ij Verhandl. des nieder-oester. Gcwerbe-Vereins, J 853, p. 115.
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- On reconnaît le bleu de Prusse en ce qu’il n’est détruit ni par une lessive alcaline ni par l’hypoclilorite de chaux, tandis que l’indigo ne résiste pas à ce dernier agent.
- Le bleu de Prusse ordinaire se distingue, à simple vue, du bleu de France, qui s’obtient avec le premier et du sel d’étain.
- Le bleu de campêche rougit en présence des acides faibles; ce caractère est parfaitement marqué et n’appartient à aucun des bleus qui viennent d’être cités.
- Supposons, maintenant, qu’il s’agisse d’un bleu composé, par exemple, du bleu de campêche avec du bleu de Prusse ou de l’indigo; au moyen d’un acide faible on détruit le bleu de bois de campêche, on rince, et avec le chlore ou la potasse on décide la question de savoir si le fond était teint en indigo ou en bleu de Prusse.
- L’outremer se reconnaît ordinairement à sa couleur particulière; en brûlant l’étoffe on retrouve la matière colorante dans la cendre.
- L’acide chlorhydrique détruit ce bleu en dégageant de l’hydrogèno sulfuré. Il arrive parfois que cet acide n’attaque pas franchement, cela lient alors h un peu de vernis provenant de l’impression ; dans ce cas, on lave préalablement avec un peu d’éther.
- Couleurs rouges. — A l’exception du rose de carthame, les couleurs rouges exigent toutes, avant la teinture, une préparation d’alumine et d’étain.
- On reconnaît le rose de carthame en ce qu’il est facilement destructible par la potasse et la soude.
- On reconnaît les couleurs de la garance en ce que, traitées par l’acide chlorhydrique, elles virent au jaune ou à l’orangé sans contracter de teinte ponceau; si ensuite on les traite par un lait de chaux, elles deviennent violettes là où l’acide avait exercé son action. Ce violet se conserve assez longtemps, mais il se convertit instantanément en rose quand on le fait bouillir avec du savon.
- Les couleurs de garance sont d’autant plus insensibles à l’action des acides qu’elles ont été plus fortement avivées au savon à une température élevée.
- Les rouges et les roses de garance se divisent en plusieurs variétés : le rouge d’An-drinople et le rose ; le rose et le rouge ordinaires ; le rouge d’application et les couleurs de la garancine et du garanceux.
- Le rouge d’Andrinople se caractérise par la vivacité de sa couleur et son inaltérabilité en présence des acides.
- Par la couleur et la solidité, le rouge ordinaire, avivé, se distingue à peine du rouge d’application; la différence se trouve dans le mode de préparation. Avant l’impres sion, le dernier est préparé à l’étain et vaporisé après; le blanc, qui devient ainsi jaunâtre, se teint dans une décoction de campêche.
- Le rouge et le rose de garancine et de garanceux ne supportent pas l’avivage du savon, des acides et des alcalis; traités par de l’acide chlorhydrique, ils passent à l’orangé, ne deviennent pas bleu violet dans un lait de chaux, mais acquièrent simplement une couleur d’un bleu mat.
- Les couleurs de garancine et de garanceux se reconnaissent aux nuances; les nuances de garanceux sont orangées. Lorsque le rouge est mêlé de violet, la distinc-
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- tion est encore plus aisée, car la garancine fournit un violet presque aussi beau que la garance, tandis que le violet du garanceux est grisâtre.
- En présence de l’acide chlorhydrique et du sel d’étain, les rouges de campèche et de cochenille deviennent rouge groseille; traités ensuite par un lait de chaux, ils forment un violet peu stable qui disparaît entièrement dans l’eau de savon bouillante; les couleurs de garance, au contraire, acquièrent leur plus bel éclat par ce traitement.
- Le rouge de cochenille diffère du rouge de campêche par la nuance et par son attitude à l’égard de l’acide sulfurique concentré ; le premier devient rouge cerise, le second passe à l’orangé.
- Couleurs jaunes. — Le jaune de quercitron est détruit par le chlore et l’acide cliloreux; ni la potasse ni le sel d’étain ne le transforment en orangé.
- Le jaune de nerprun est également détruit par le chlore; une dissolution de potasse le fait passer au jaune vif; le sel d’étain le rend orangé, l’acide sulfurique lui communique une couleur de pierre.
- L’orangé et le nankin dubois jaune et de la fisette deviennent rouges en présence de l’acide sulfurique ; avec la potasse ils deviennent couleur cachou; l’acide nitrique les détruit.
- Le jaune de sumac est avivé par les sels d’étain; l’acide nitrique le rougit; l’acide sulfurique le modifie peu ; avec le sulfate de fer il devient gris.
- Le jaune et l’orangé de l’orléan sont peu attaqués par le chlore ; l’acide sulfurique verdit ces couleurs; avec l’acide nitrique, elles deviennent d’abord plus sombres, puis elles disparaissent.
- Le jaune de chrome n’éprouve aucune modification par la chaleur ou par l’acide chlorhydrique faible ; l’acide concentré le détruit ; une lessive caustique le détruit également; l’eau de chaux en ébullition le convertit en orangé, et cette couleur devient verdâtre en présence des acides faibles.
- Couleurs noires.—Noir de campêche. Le mordant de cette couleur est à base de fer, parfois mêlé à l’alumine ; dans ce dernier cas, la couleur possède une teinte bleue. Le chlore détruit le noir de campêche ; il reste une couleur jaune de rouille provenant du fer.
- 1 L’acide chlorhydrique et le sel d’étain rougissent ce noir : avec le premier, la couleur est rouge cerise; avec le second, rouge violet.
- Les noirs provenant des substances astringentes sont également détruits par l’acide chlorhydrique; la couleur qui se produit est orangée. Avec le sel d’étain, ces noirs deviennent d’un olive sale.
- Le noir de chrome se caractérise par la résistance qu’il oppose aux dissolutions d’hypochlorite de chaux; tandis que cet agent détruit les autres variétés de noir, il se borne à donner au noir de chrome une nuance châtaigne.
- Avec les couleurs composées, les recherches sont un peu plus compliquées; mais, comme ces couleurs sont, en général, préparées avec les substances qui viennent d’être mentionnées, il sera facile, au moyen de ce qui précède, de savoir de quelle manière et avec quels moyens ces couleurs ont été produites.
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- EMPLOI DU STANNATE DE SOUDE DANS LA TEINTURE.
- Les couleurs produites avec le stannate de soude s’obtiennent, comme on sait, en traitant l’étoffe par le stannate et, immédiatement après, par un acide très-faible, ce qui détermine un précipité d’oxyde stannique qui se fixe sur la fibre végétale; après un lavage convenable, on passe au bain de teinture, et on obtient ainsi une couleur différente suivant la matière colorante employée. Cependant les étoffes mordancées à l’oxyde d’étain seul ne contractent pas toutes les nuances; elles se refusent notamment aux teintes sombres; ces dernières ne se produisent qu’avec le concours de l’alumine et de l’oxyde de fer. Pour obtenir ces diverses nuances d’une manière pratique, M. Grune (1) précipite à la fois l’acide stannique et l’oxyde de fer ou d’alumine; il se sert, pour cela, d’un sel à base de l’un de ces oxydes, de façon à obtenir une double décomposition. Ainsi, en remplaçant l’acide par de l’alun, on obtient un précipité contenant de l’acide stannique et de l’oxyde d’aluminium; avec le nitrate ferrique, il se produit de l’acide stannique et de l’oxyde de fer. D’après cela, rien n’empêche de varier les nuances en employant en même temps plusieurs sortes de sels, et d’associer ainsi l’oxyde de fer à l’alumine et à l’acide stannique.
- Les opérations en elles-mêmes sont peu compliquées : après que l’étoffe a été suffisamment imprégnée de stannate, on exprime et on passe au bain salin, après quoi on rince et on teint; cette dernière opération se fait déjà à froid, cependant elle réussit mieux à chaud ; le bain reste parfaitement limpide et peut être épuisé complètement.
- FABRICATION DU STANNATE DE SOUDE (2).
- Le procédé de fabrication suivant permet, en même temps, d’utiliser le sulfate de plomb qui se produit en si grande quantité dans la teinture et dans l’impression sur étoffes. On introduit de l’étain en lames ou en grenailles dans de la lessive de soude caustique de 15 à 20° B.; on ajoute de la litharge ou du sulfate de plomb, et on fait bouillir. L’oxyde ou le sulfate de plomb se réduisent dans cette circonstance ; ils cèdent leur'oxygène à l’étain qui, passant à l’état d’acide stannique, se combine avec la soude. Quant au plomb réduit, il se réunit au fond du vase sous forme de poudre fine. L’opération est terminée quand le sulfate de plomb ne change plus de couleur lorsque, à l’aide d’une spatule, on en introduit dans le bain.
- Le plomb réduit s’oxyde facilement, surtout à chaud ; il peut donc de nouveau ser-
- (t) Verhandl. des oieder-oest. Gewerbe-Vereins, 1853, n° 1, p. 26. (2) Ibid., p. 259.
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- TEINTURE.
- vir clans celte opération ; dans tous les cas, il a une valeur de beaucoup supérieure à celle du sulfate de plomb d’où il provient.
- TEINTURE DES OS ; par M. KELLERMANN (1).
- Rouge. On place d’abord les objets dans un bain composé de
- Eau douce............... 7 litre,
- Acide nitrique. ... 13 grammes.
- On laisse tremper pendant vingt ou vingt-cinq minutes à froid, ou pendant dix ou douze minutes à chaud; après quoi, on retire les objets pour les placer dans un autre vase contenant un demi-litre d’eau à laquelle on ajoute, en agitant vivement, du sel d’étain de la grosseur d’un grain de riz; au bout de trente minutes, les objets sont introduits dans un bain presque bouillant formé de
- Vouède...............)
- Bois jaune...........) ’
- Eau..................... litre.
- Quand les objets ont pris une teinte jaune clair, ce qui a lieu au bout de cinq minutes au plus, on les passe au bain de teinture qu’on prépare de la manière suivante :
- On prend avec une pointe de couteau un peu de carmin rouge surfin, que l’on fait dissoudre dans 6 ou 8 gouttes d’ammoniaque caustique, on chauffe légèrement ou bien on laisse reposer à l’air pendant une heure, on ajoute un demi-litre d’eau et on fait bouillir après avoir introduit les objets à teindre ; lorsque ces objets sont 'devenus rouges, on les passe au bain acide qui a servi au début, puis de nouveau au bain de teinture; au bout de peu de minutes, l’opération est terminée, on n’a plus alors qu’à retirer les objets et à les faire sécher à l’air.
- BLEU DE PRUSSE SOLUBLE; par M. READE (2).
- Des échantillons de ce produit ont figuré à l’exposition de Londres. On l’obtient en traitant une dissolution concentrée de prussiale jaune par de l’iodurede fer contenant un excès d’iode. Le précipité bleu qui se forme est recueilli, lavé et desséché; il est parfaitement soluble dans l’eau. Quant à l’eau mère, elle est incolore et contient de l’iodure de potassium.
- La solubilité de ce bleu dans l’eau rend cette couleur applicable à la teinture et à l’écriture.
- Il ne se dégage pas d’acide iodhydrique dans la préparation de ce bleu ; quand l’io-
- (1) Oesterreich. Gewerbeblalt, 2e livr., p. 53.
- (2) Même journal, même livraison.
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- dure de fer ne contient pas un excès d’iode, îe précipité produit est blanc ; cependant il bleuit rapidement à l’air et devient alors soluble dans l’eau.
- PROCÉDÉ ÉCONOMIQUE POUR OBTENIR DU BLEU ET DU VERT SUR COTON.
- Pour.215 kil. de coton, fil ou toile, on prend 5 ou 6 kil. de bois de campêche qu’on épuise par l’eau, et on fait tremper le coton pendant une heure dans la décoction chaude ; ensuite on retire , on exprime et on ajoute au bain une dissolution préparée avec 240 gr. de vert-de-gris et 420 gr. d’alun. On remet le coton dans le bain et on fait bouillir pendant une heure; puis on exprime et on fait bouillir dans l’eau de savon, on lave et on fait sécher.
- La couleur produite sur les 25 kil. de fiî de coton est d’un beau bleu foncé. Le même bain peut encore servir à produire, de la même façon, un beau bleu clair.
- En remplaçant le bois bleu par du quercitron ou par un mélange des deux, on obtient les différentes nuances du vert.
- SAVONS.
- SUR LES SAVONS ET LEUR EMPLOI DANS LES FABRIQUES; par M. CAL VERT (1).
- Les savons se divisent en deux classes , en savons durs et savons mous; les premiers sont à base de soude, les autres à base de potasse. De plus, les savons mous contiennent tous les principes constituants du corps gras employé, tandis que les savons à base de soude sont exempts de l’un de ces principes, la glycérine. Ces différences proviennent du mode de fabrication ; quand la saponification à la potasse est opérée, on concentre convenablement et on laisse refroidir; le produit est le savon noir. Dans la fabrication du savon à base de soude, la lessive est étendue d’une assez grande quantité d’eau pour tenir en dissolution la glycérine qui s’est produite durant la saponification.
- Comme les corps gras employés varient autant que les modes d’opérer, les savons produits diffèrent beaucoup par la composition; on ne sait rien de positif sur la composition des qualités les plus usitées, et on ignore quelle est la composition qui correspond à la meilleure qualité de savon. On sait cependant que chaque industrie a ses préférences, et que le savon des manufactures de laines est différent de celui des manufactures d’indiennes.
- A la suite d’un grand nombre d’analyses exécutées sur des savons de provenances
- (1) Nieder oest. Çewerbeblatt, 1853, n° 4, p. 255.
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- SAVONS.
- et de destinations diverses, M. Calvert est arrivé à quelques résultats généraux que nous allons rapporter.
- La composition suivante a été rapportée à 30 pour 100 d’eau.
- 1,000 parties contiennent :
- SAVON DES TOILES PEINTES. SAVON DES TEINTURIERS SUR SOIE. SAVONS DES MANUFACTURES DE LAINE.
- Corps gras. . . 640 619 614
- Soude 60 81 86
- Eau 300 300 300
- D’après ce tableau, on voit que les savons employés renferment plus ou moins d’alcali suivant le but auquel on les destine ; ainsi 1,000 parties de savon servant à dévider la soie contiennent 21 parties d’alcali de plus que le meilleur savon employé au lavage du violet de garance. On peut en conclure qu’il est important de déterminer la composition d’un savon avant de l’employer dans un but déterminé. L’imprimeur gâterait son violet, s’il voulait employer le savon usité dans le lavage de la laine; d’un autre côté, le filateur de laine qui emploie le savon de l’imprimeur n’obtient que des résultats imparfaits, car son savon n’est pas assez alcalin pour dégraisser la laine.
- Un point important à noter dans l’impression sur étoffes, c’est l’influence que le savon peut exercer sur la nuance de l’étoffe teinte en garance; le savon légèrement alcalin, destiné cà l’avivage du rouge ou du rose foncé, compromet le violet. Dans le premier cas, le coloriste ne se propose pas seulement de fixer et d’aviver la couleur, mais il veut encore enlever la matière colorante jaune et en partie la rouge ; il n’en est pas de même dans le second cas, aussi le violet de garance exige un savon aussi peu alcalin que possible. Voici la composition des qualités de savon qui correspondent le mieux au but proposé :
- SAVON POUR VIOLET. SAVON POUR ROSE FONCÉ.
- Corps gras 60.4 59.23
- Soude 5.6 6.77
- Eau 34.0 34.00
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- Divers échantillons d’un même savon diffèrent quelquefois beaucoup entre eux, ainsi qu’il résulte des analyses faites par M. Calvert sur des échantillons de savon prélevés sur des fournitures faites à diverses époques, dans l’espace de douze mois, à une manufacture de toiles peintes. Les différences constatées entre ces savons s’élevaient parfois jusqu’à 25 pour 100; les acides gras variaient de 46 à 66 pour 100. On voit par là à quelles pertes le fabricant s’expose, s’il ne donne pas aux savons qu’il emploie l’attention que cet objet mérite.
- Les fabricants de savon font, depuis quelque temps, une grande consommation d’oléine; cette huile, qu’on retire du suif par expression dans la fabrication des bougies de stéarine, renferme une petite quantité de margarine et de stéarine. M. Calvert a constaté que ce savon donne des résultats peu satisfaisants avec les étoffes teintes en garance, et que sous ce rapport il est inférieur aux savons végétaux , ainsi qu’aux savons fabriqués avec des graisses animales formées de stéarine, de margarine et d’oléine.
- Dans quelques manufactures, M. Calvert a trouvé des savons contenant au moins 10 pour 100 de résine; au point de vue de la toile peinte, ce savon ne vaut pas mieux que celui qui se rencontre aussi quelquefois dans les manufactures, et qui renferme de la gélatine.
- EXAMEN d’un SAVON POUR LA BARBE, par M. FAIST.
- Ce savon, d’origine italienne, jouit, d’après l’auteur, d’une réputation méritée. Il contient, sur 100 parties,
- Acides gras................................. 57.14
- Potasse unie aux acides gras................ 10.39
- Sulfate de potasse...................... j
- Chlorure de potassium..................j
- Carbonate de potasse................... trace.
- Silice....................................... 0.46
- Eau......................................... 27.68
- Les acides gras possèdent les caractères du suif do mouton, Ce savon diffère des savons ordinaires en ce qu’il est exclusivement à base de potasse; qu’il est proportionnellement plus riche en alcali, l’équivalent de la potasse étant plus élevé que celui de la soude ; qu’enfin il est parfaitement neutre, tandis que les savons préparés à la lessive caustique sont généralement alcalins.
- De la composition ci-dessus indiquée, il résulte que ce savon a été préparé avec de la potasse du commerce; mais, comme la potasse carbonatée ne saponifie pas le suif et qu’elle n’agit que sur les acides gras, il faut que ces acides aient été préalablement séparés du suif, ce qui a pu se faire avec 12 pour 100 environ de chaux délitée qui sa-Tome Ier. — 53e année. 2e série. — Juillet 1854. 54
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- BLANCHIMENT.
- ponifie le corps gras. Un traitement par l’acide sulfurique ou l’acide chlorhydrique sépare ensuite les acides gras, que l’on saponifie définitivement avec 30 pour 100 de potasse du commerce à 90 degrés (1).
- BLANCHIMENT.
- BLANCHIMENT DE LA GOMME ET DE LA FÉCULE.
- M. Hall blanchit la fécule au moyen du chlore ou de l’acide sulfureux; il pratique cette opération soit en faisant arriver le gaz dans de la bouillie de fécule, ou en faisant tomber celle-ci à travers une passoire, dans une atmosphère de gaz chlore ou de gaz sulfureux; quand le blanchiment est opéré, on traite la fécule par de l’eau aiguisée d’acide sulfurique, puis on lave à grande eau et on fait sécher. Ce même procédé est employé pour le blanchiment de la gomme arabique et de la gomme Sénégal que l’on réduit d’abord en dissolution pour ensuite les soumettre au chlore ou à l’acide sulfureux. A l’aide d’un traitement au carbonate de soude, on débarrasse le liquide de son acidité, et on fait évaporer et dessécher dans l’air raréfié.
- FABRICATION DU SULFURE DE BARIUM; par M. GRUNEBERG (2).
- Du sulfate de baryte, 3 parties, et 1 partie de poussier de houille grasse, sont mélangés ensemble et réduits en pâte avec du goudron de houille chaud; au moyen de eette pâte, on forme des briques de 2 1/2 pouces de hauteur, autant de largeur, et 5 pouces de longueur; on les enduit d’une couche d’argile maigre, et on expose à l’air. Quand la dessiccation est opérée, on met les briques au four. Ce four est muni d’une grille mobile; pour le charger, on commence par placer sur la grille une couche de 4 pouces d’épaisseur environ de coke incandescent, que l’on fait suivre d’une couche de 3 pouces d’épaisseur de coke froid, puis une couche de briques suivie d’une nouvelle couche de coke, et ainsi de suite jusqu’à ce que le four soit rempli. Cela fait, on ferme le four par en haut à l’aide d’un registre, on le met en communication avec une bonne cheminée.
- Au bout de deux heures de cuisson, le contenu du four a considérablement diminué ; on recharge le four avec des couches alternatives de coke et de briques à sulfate de baryte, tandis qu’on retire par le bas les briques cuites. Ces briques sont incandescentes; après le refroidissement, on trouve, dans leur intérieur, du sulfure de barium
- (1) Vcrhantfl. des nieder-oest. Gewerbe-Vereins.
- (2) Journal fur prakt. Chem., 1853.
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- d’une couleur brune; jamais il n’est blanc, ce qui prouve qu’il ne se forme pas de sulfate aux dépens du sulfure produit, comme cela arrive facilement par les méthodes ordinaires.
- Ce sulfure retient, toutefois, 15 pour 100 de sulfate qui n’a pas été décomposé; en traitant les briques par l’eau, ce sulfate reste pour résidu; on le met de côté pour une nouvelle opération.
- L’enveloppe protectrice en argile est toujours vitrifiée après l’opération ; souvent elle est intacte, parfois aussi elle est gercée.
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- PROCÈS-VERBAUX.
- Séance du 28 juin 1854.
- M. Dumas, président, occupe le fauteuil.
- Le procès-verbal de la séance précédente est lu et approuvé.
- Correspondance. M. le ministre de l’agriculture, du commerce et des travaux publics adresse à M. le président de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale la lettre suivante :
- « Monsieur, depuis l’apparition de la maladie qui attaque nos vignes, l'administration s’est fortement préoccupée de la marche du fléau et de la fâcheuse influence qu’il peut exercer sur cette brancàe si importante de notre production territoriale. Aussi ai-je vu avec un véritable intérêt la Société d’encouragement, cpii a déjà rendu tant de services à l’industrie et à l’agriculture, instituer des prix et des récompenses dans le but de combattre cette altération si funeste dans ses résultats.
- « J’ai jugé à propos de m’associer, en celte circonstance, à ses utiles efforts. J’ai, en conséquence, l’honneur de vous informer que j’ajoute une somme de 7,000 francs au prix promis par le programme de la Société à Vinventeur du moyen préventif ou destructeur le plus efficace pour la maladie de la vigne.
- « Je vous serai obligé, Monsieur, de vouloir bien m’accuser réception de la présente dépêche, et de prendre toutes les mesures que vous jugerez convenables pour donner à la décision dont j’ai l’honneur de vous faire part toute l’utilité dont elle est susceptible.
- « Recevez, Monsieur, l’assurance de ma considération distinguée.
- « Signé P. Magne. »
- Le conseil accepte avec reconnaissance la somme que M. le ministre met à la disposition de la Société pour augmenter la valeur des prix affectés à la solution d’une des questions du programme de prix relatif à la découverte d’un moyen préventif ou destructeur le plus efficace pour la maladie de la vigne.
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- M. le conseiller d’État, directeur général de l’agriculture et du commerce, adresse deux exemplaires du Catalogue des brevets d'invention pris en 1853.
- M. Adrien Chenot, à Clichy-la-Garenne, fait part d’une récente application qu’il a imaginée pour les métaux à l’état d’éponge, en raison de la facilité avec laquelle ces corps se compriment, en prenant, dans cette action, les empreintes les plus délicates. M. Chenot propose, pour les métaux, le moulage à froid et sans fusion de leurs éponges.
- M. Busson du Maurier écrit de Londres, le 15 avril 1854, qu’il a eu connaissance, par un journal imprimé en Angleterre, que la Société d’encouragement avait proposé un prix de la valeur de 3,000 francs à accorder à celui qui présentera le meilleur procédé de fabrication économique, au moyen de la tourbe, d’un combustible applicable à l’économie domestique et aux arts.
- Parmi les nombreuses expériences que M. Busson du Maurier a faites sur la tourbe, il en est une dont le but se trouve en rapport avec le procédé que la Société s’est proposé d’encourager.
- Dès l’année 1850, M. Busson du Maurier, ayant observé que la houille bitumineuse, quand elle est distillée, se dilate considérablement, et qu’au contraire la matière végétale, telle que la tourbe, est plutôt disposée à se resserrer et par conséquent à s’amoindrir assez, du moins à un certain point de chauffe et à mesure que l’eau et les goudrons s’en dégagent, pour céder à une légère pression , pensa à opposer l’une à l’autre ces différentes propriétés des deux matières, à presser la tourbe pour ainsi dire sans mécanisme; il espérait que la houille, dans le cours de sa distillation, saisirait la matière végétale de manière à former une masse compacte, enfin un coke solide et tenace.
- L’expérience a justifié ces prévisions. M. Busson du Maurier a obtenu ainsi un charbon moitié minéral, moitié végétal, qui a été trouvé excellent pour les usages des fabricants d’acier, pour les travaux d’art métallurgique, pour la cuisine, etc.
- MM. Breton frères, ingénieurs en instruments de précision, rue Dauphine, 23 bis, présentent une nouvelle machine pneumatique perfectionnée à mouvement de rotation et à soupape mécanique.
- M. Thuasne, entrepreneur de serrurerie, rue d’Assas, 28, présente un modèle de plancher en fer pour lequel il a pris un brevet le 16 juillet 1851. Ce système, extrêmement simple, laisse au fer toute sa solidité, ne se trouvant altéré par aucun perçage de trous. Toutes les solives constituant le plancher se trouvent reliées entre elles par des entretoises assemblées et goupillées dans les chaises qui les reçoivent et les unissent.
- M. Gasté, rue de Paradis, 58, soumet à l’examen de la Société des registres à
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- dos métallique apparent pour la reliure desquels il a pris un brevet d’invention le 1er février 1853.
- M. Corties, rue Laffitte, 56, directeur gérant de la Société française d’aérage et de chauffage par les procédés du docteur Yanbecke, de Bruxelles, ayant appris que la Société d’encouragement s’occupe, en ce moment, d’un projet de chauffage et de ventilation du local de ses réunions, saisit cette occasion pour soumettre à son appréciation les procédés de M. Vanhecke.
- M. Lussereau, piqueur des travaux de la maison impériale de Charenton, adresse le plan et la description d’une fermeture de sûreté des baignoires des maisons d’aliénés et autres grands établissements.
- M. Gosset, rue du Faubourg-Poissonnière, 8, adresse un ouvrage intitulé, La boulangerie régénérée ; le'pain à un prix toujours fixe, invariable.
- M. le comte Vanderstraten Ponlhos, rue et hôtel Castiglione, fait hommage à la Société de la seconde édition de son mémoire sur le drainage, lu à l’Académie impériale de Metz.
- M. Delacolonge, capitaine d’artillerie, membre de l’Académie de Bordeaux, communique un travail fait par lui au sujet des roues à aubes courbes du système de M. le général Poncelet, qu’il a eu l’occasion d’appliquer dans plusieurs circonstances.
- M. Amable Cavé, rue du Faubourg-Saint-Denis, 216, adresse 1° un dessin de roues nouvelles en tôle pour locomotives, tenders et woggons ; 2° un dessin de nouveaux rails; 3° une description des caractères et avantages de ces roues et de ces rails.
- M. Réville, à Paris, soumet à la Société le dessin et la description des roues hydrauliques flottantes.
- M. le baron Espiard de Colonge, rue Saint-Thomas-d’Àquin, demande que la Société fasse examiner un appareil dit puits métallique, destiné à l’exploitation du lit des eaux.
- M. Gardissal, rue Racine, 9, soumet à la Société 1° une machine avec manchon à mouvement continu pour égrainer le grain et le nettoyer sans briser la paille; 2° une machine à carder la laine et le crin.
- M. le comte de Montureux, à Arracourt ( Meurthe ), adresse 1° des observations sur le filage du chanvre, coton, laine, matières textiles mêlées; 2° un numéro de Y Écho delaSeille, renfermant un article de lui, intitulé Possibilité d'introduire la culture du riz dans le département de la Meurthe.
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- M. Alfred Gerente, peintre-verrier, quai d’Anjou, 13, informe la Société qu’ayant été chargé, depuis plusieurs années, de remplacer les magnifiques verrières à l’abbaye de Saint-Denis qui datent du xne siècle, et qui sont détruites depuis longtemps, sauf quelques fragments, il vient de terminer la sixième verrière, et qu’elle est, dans ce moment, exposée dans son atelier.
- M. Gerente exécute aussi une immense fenêtre pour la cathédrale d’Amiens, dans le style du xme siècle; quelques panneaux montés chez lui peuvent donner une idée de l’ensemble de ce travail.
- M. Gerente pense que ces travaux pourraient intéresser la Société d’encouragement.
- M. Aurouoc, rue Rossini, annonce qu’il a établi la base d’une Société civile ayant pour but de garantir aux inventeurs toutes les chances de la contrefaçon des produits pour lesquels ils auraient obtenu des brevets, marques de fabriques ou signes distinctifs. Voulant, autant qu’il dépend de lui, seconder les efforts de cette Société, M. Au-roux propose d’assurer gratuitement, pour les personnes pauvres auxquelles elle s’intéresserait, les brevets qu’elles pourraient obtenir.
- La proposition de M. Au roux sera examinée par le bureau.
- Rapports des comités. Au nom du comité des arts économiques, M. Silbermann lit un rapport sur un dispositif de l’invention de M. Maccaud, destiné à découvrir les fuites de gaz dans les appareils d’éclairage, et en même temps d’opérer le nettoyage de toute la ramification des tuyaux, sans démontage, en injectant, au lieu d’air, un liquide propre à dissoudre les matières solides, durcies par lin long séjour dans ces tuyaux.
- Le comité propose de remercier M. Maccaud de sa communication et d’insérer le rapport dans le Bulletin, accompagné d’une esquisse du dispositif. ( Approuvé. )
- 11 est donné lecture d’un rapport de M. Moll, au nom du comité d’agriculture, sur le trieur des grains présenté par MM. Vachon et perfectionné par eux.
- Le comité propose de remercier les auteurs de leur communication et d’insérer le rapport dans le Bulletin avec la gravure et la description de leur appareil. (Approuvé.)
- Communications. M. Pcligot, en son nom et en celui de M, Levol, met sous les yeux des membres de la Société les dessins des fourneaux pour les essais d’or en employant le gaz comme combustible, établis par eux à la Monnaie de Paris ; il entre dans quelques développements sur leur construction et les facilités qu’ils donnent pour les essais.
- M. le président remercie, au nom du conseil, MM. Peligot et Levol de leur communication qui est renvoyée à la commission du Bulletin.
- M. le président annonce que M. Ilulot, adjoint au graveur général des monnaies, l’a chargé de présenter un travail relatif à des planches destinées h l’impression typographique des cartes à jouer à deux têtes, commandées par la direction générale
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- des contributions indirectes et en cours d’exécution depuis deux ans, et qu’il obtient par le moyen de la galvanoplastie.
- M. le président prie M. Hulot, présent à la séance, de donner quelques explications sur ce travail.
- M. Hulot énonce qu’en 1846 il fut chargé, par la direction, de faire des planches de cartes à jouer à une tête, avec recommandation de se rapprocher le plus possible des dessins types dus à M. Gatteaux père ; il parvint à restituer aux cartes leur type primitif et à fournir quatre planches composées chacune de vingt-quatre figures. Les moyens mis en usage pour ce travail, qui fut terminé en 1849 avec quelques modifications appropriées, lui ont servi successivement à la multiplication des billets types de la banque de France, notamment des billets de 100 francs dont cet établissement possède trente multiplications identiques, et à la composition ainsi qu’à la reproduction des planches de timbres-postes, dont le nombre, par suite de changements du type ou de la valeur des timbres, se trouve déjà porté à plus de cinquante. En raison de l’urgence qui lui était prescrite, M. Hulot a cherché et est parvenu à presser le dépôt galvanique de manière à obtenir une épaisseur de près de 1 millimètre par vingt-quatre heures; le métal formé conservant la densité du cuivre fondu et prenant de la dureté ou restant mou à volonté.
- Pour donner une idée de la célérité qui, le plus souvent, lui est imposée dans ses travaux, M. Hulot dit que, le 12 du mois dernier, on lui commandait huit planches de timbres-postes de 20 à 80 centimes, et dix millions de timbres livrables à l’administration des postes du 1er au 20 de ce mois. Les changements en raison de la différence de prix, la confection des planches, le montage, la mise sous presse, la mise en train et le tirage ont été exécutés si rapidement, que, le premier du mois courant, il livrait un premier million. Il a dû ralentir les travaux, car la fabrication serait aujourd’hui du double de la commande.
- M. Hulot fait observer que ses planches avaient, avant le montage, 7 millimètres d’épaisseur d’un métal dur et d’une perfection irréprochable. Deux feuilles imprimées par deux presses différentes et superposées l’une à l’autre offrent, dans toute leur étendue, la preuve de la coïncidence parfaite de tous les traits de la gravure. La mise en train d’une planche peut servir à une autre.
- C’est un perfectionnement semblable que M. Hulot voulait atteindre et qu’il a, en effet, obtenu dans l’exécution des cartes à deux têtes. Ces cartes étant enluminées avec des patrons, les mêmes patrons peuvent servir aux épreuves provenant indifféremment de toute planche quelconque. En terminant, M. Hulot fait remarquer que, dans la même carte, les deux figures sont identiques entre elles et avec le type original.
- M. le président adresse à M. Hulot les remercîmenls du conseil pour son intéressante communication.
- M. Stanislas Julien, membre de l’Institut, dépose sur le bureau le premier numéro d’un journal publié en langue chinoise par les Chinois résidant à San-Francisco en
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- Californie. Sur l’invitation de M. le président, M. Stanislas Julien donne la traduction des passages de ce journal qui lui paraissent dignes d’intérêt.
- M. le président témoigne à M. Julien tout l’intérêt avec lequel la Société a écouté sa communication, et sachant qu’il s’occupe de la traduction d’une encyclopédie japonaise, il le prie de faire jouir la Société de la connaissance des procédés de l’industrie japonaise qui pourront procurer quelques avantages à notre propre industrie.
- M. Julien assure la Société de son empressement à satisfaire à son désir, et à lui procurer tous les renseignements qu’elle jugera utiles; il annonce qu’il a réuni en un volume, qui sera publié prochainement, la description des procédés chinois relatifs aux arts chimiques.
- M. Ch. Laboulaye entretient le conseil d’une communication qu’il a reçue de M. De-bette, ingénieur des mines, à Lyon, dans laquelle il signale l’établissement d’un haut fourneau, muni d’une disposition particulière due à M. Ebelmen, pour brûler l’oxyde de carbone.
- M. Amédée-Durand rapporte que, dans une visite faite par le comité des arts mécaniques dans l’établissement de M. Hermann, ses collègues et lui ont remarqué l’emploi d’une grille fumivore de M. Tailfer posée depuis 1847. M. Amédée-Durand fait ressortir les bonnes dispositions de cet appareil.
- M. Dumas fait hommage, au nom de M. Auer, membre de l’Académie impériale de Vienne, d’épreuves du procédé d’impression naturelle.
- Le conseil entend M. Amédée-Durand sur les applications de ce procédé.
- M. Auer sera remercié de cet hommage.
- Madame de Vernède-Corneillan adresse les dessins et la description d’un système de grenier à silos suspendus pour la conservation des grains, afin de faire constater la priorité d’invention de ce système dû à feu Philippe de Girard, et qui a figuré à l’exposition des produits de l’industrie en 1844.
- PARIS. — IMPRIMERIE DE M**® Ve BOUCHARD-HUZARD, RUE DE L’ÉPERON, 5.
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- 53e ANNÉE. DEUXIÈME SÉRIE. N» 44. — JUILLET 4854.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- GRAINS.
- rapport fait par m. moll, au nom du comité d’agriculture, sur le trieur du blé, présenté par mm. vaction, de Lyon.
- Messieurs, en octobre 1846, vous avez récompensé, par une médaille de platine, l’ingénieuse invention pour le nettoyage du blé que MM. Vachon père et fils, négociants à Lyon, ont soumise à votre examen sous le nom de trieur Vachon.
- Nous ne reproduisons pas ici la description qu’à cette époque nous vous avons présentée de cette machine (lj.
- Nous vous rappellerons seulement que le trieur repose sur cette idée nouvelle , que des trous d’un diamètre convenable, percés dans une tôle de 3 millimètres environ d’épaisseur et fermés en dessous de manière à former des espèces d’alvéoles, offrent un logement aux graines rondes et graviers, sans retenir les grains de blé que l’on veut nettoyer. Nous ajouterons que votre suffrage s’adressait plus peut-être au principe du trieur qu’à l’application qui en avait été faite.
- En effet, tout ingénieuse qu’elle était, cette application laissait encore à désirer, du moins au point de vue agricole. Le trieur Vachon n’était alors qu’une machine exclusivement destinée à séparer des céréales les graines rondes, vesces, gesses, lentillons, agrostemmes, etc., qui, dans certaines localités et dans certaines années, s’y trouvent mêlées en quantité plus ou moins considérable, au grand détriment du producteur et du consommateur,
- (i) Voyez Bulletin de la Société, 45e année ( 1846 ), p. 559.
- Tome Ier. — 53e année. 2e série. — Juillet 1854.
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- et que les moyens employés jusque-là, cribles et tarares, ne parvenaient à expulser que très-incomplètement. Or il s’en faut que ces graines constituent partout et toujours l’unique et même la principale portion des matières étrangères qu’il importe de séparer du grain. Il y a encore la poussière, le gros gravier, les balles et otons, et cette foule de graines de forme analogue à celles des céréales, notamment l’ivraie enivrant et la folle avoine, dont la présence n’est pas moins nuisible que celle des graines rondes mentionnées.
- Le trieur ne suppléait donc à aucun des engins employés dans les exploitations rurales pour le nettoyage du grain ; il les complétait seulement et encore d’une façon trop coûteuse, peut-être, pour beaucoup de cultivateurs, par suite du prix assez élevé et de la somme minime de travail du trieur agricole (trieur à bascule et à travail intermittent). C’est cette considération qui, seule, empêcha la commission des instruments aratoires, à l’exposition universelle de Londres, de décerner la grande médaille à MM. Va-chon.
- Ces habiles constructeurs ont compris cette lacune, et, après bien des essais, ils ont enfin réussi à créer un appareil très-simple, exigeant peu de force (chez moi, un enfant de quatorze ans le fait marcher pendant une journée entière), d’un prix modéré (350 francs), faisant presque autant de travail qu’un tarare ordinaire (de 10 à 18 et 20 hectolitres de blé en douze heures avec un homme et un enfant), et accomplissant cependant, simultanément et parfaitement, les quatre opérations suivantes, nécessaires à une bonne épuration.
- 1° Il ventile, c’est-à-dire chasse du grain la poussière, les balles, et en général tous les corps plus légers ;
- 2° Il èmotte, c’est-à-dire purge le blé des graines, gravier, terre, etc., en un mot de tous les corps plus gros;
- 3° Il crible, c’est-à-dire sépare du bon blé les blés maigres, la folle avoine, la majeure partie de l’ivraie, des bromes, en résumé presque tous les corps étrangers plus petits ;
- 4° Enfin il trie, c’est-à-dire purge les blés des graines rondes ou à peu près, des graviers, des terres, etc., de même grosseur que le blé, ainsi que le faisaient les précédents trieurs.
- Description.
- Comme on peut le voir par la figure annexée au présent rapport, MM. Vachon ont donné à celte nouvelle machine, mais dans des dimensions beaucoup plus restreintes, une forme analogue à celle des grands trieurs de meunerie,
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- c’est-à-dire que l’organe qui opère le triage est cylindrique et porté sur deux montants jouissant d’une certaine mobilité; mais ils ont ajouté, par devant, un ventilateur placé en arrière de la trémie, et sous cette dernière un émot-teur d’une disposition fort ingénieuse et placé devant l’orifice du cylindre. La partie antérieure de celui-ci est percée de trous allongés sur un quart de sa longueur environ, et remplit les fonctions de sasseur.
- Enfin vient le trieur proprement dit, garni, intérieurement, des alvéoles mentionnées plus haut, et avec la conche fixe en tôle, destinée 5 recevoir les graines rondes qui se sont logées dans les alvéoles. Comme dans les grands appareils de meunerie que la Société connaît déjà, le cylindre reçoit ici un double mouvement : un mouvement horizontal de va-et-vient et un mouvement de rotation. Il est à peine nécessaire d’ajouter que la manivelle qui sert à imprimer ces mouvements fait également tourner le ventilateur et donne à l’émotteur le mouvement saccadé de va-et-vient qui est nécessaire à son action.
- Nous n’entrerons pas dans plus de détails sur celte utile machine qui commence aujourd’hui à être appréciée et à se répandre dans les grandes fermes; nous ajouterons seulement que le rapporteur de votre comité en emploie une depuis près de deux ans dans son exploitation, et qu’il ne saurait trop insister sur les services qu’elle lui a rendus. Elle a été si bien appréciée par les cultivateurs de son voisinage, que beaucoup d’entre eux, malgré leur répugnance pour les innovations, sont venus, l’année dernière, lui demander, comme faveur, la permission de faire passer au moins leur grain de semence par le trieur Vachon. L’importance fondamentale de l’objet et la manière ingénieuse avec laquelle MM. Vachon ont su résoudre le difficile problème du nettoyage parfait du grain l’engagent à vous demander de remercier MM. Vachon de leur intéressante communication, d’insérer le rapport dans le Bulletin avec la gravure et la description de leur appareil.
- Signé L. Moll, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 28 juin 1854.
- Légende explicative des figures de la planche 17.
- Fig. 1. Section longitudinale et verticale du trieur de grains de MM. Vachon, et du ventilateur qui y est adapté.
- Fig. 2. Le même vu par derrière.
- Fig. 3. Section transversale du cylindre trieur, sur la ligne A B, fig. 1.
- Fig. 4. Section d’une partie de ce cylindre, montrant la manière dont les grains sont engagés dans les alvéoles percées dans le trieur ; cette figure est dessinée sur une plus grande échelle.
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- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans toutes les figures.
- Le bâti sur lequel est établi l’appareil se compose de deux montants A A fixés sur un patin à croix B, de deux arcs-boutants en fer C C boulonnés d’une part sur ce patin, et de l’autre à une traverse D.
- E, grande trémie munie d’une vanne F qu’on ouvre pour laisser tomber le grain sur le crible G garni de tôle percée de trous triangulaires et remplissant les fonctions d’émotteur.
- H, double fond en tôle pleine qui conduit le grain émotté dans le cylindre à trous longs I, à la suite duquel il entre dans le trieur J, percé d’alvéoles de forme ronde semblables à celles qu’on voit fîg. 4.
- Le cylindre J, consolidé à l’extérieur par deux larges cercles en fer plat K K, fait de cinq à sept tours par minute; il est traversé par un arbre L autour duquel il tourne dans le sens de la flèche fig. 3, et qui prend lui-même un mouvement de va-et-vient horizontal. Cet arbre repose d’un bout sur une fourchette à goupille M, fixée au haut d’un ressort en bois N, et de l’autre sur un galet a mobile entre deux guides boulonnés sur le devant de la traverse D.
- Dans le cylindre trieur J est placée une eonche en tôle O, suspendue à l’arbre L par deux tiges pendantes b b.
- P, ventilateur à quatre ailes adapté à l’appareil et qui dirige un courant d’air sur le grain à mesure qu’il sort de la trémie. La poussière, les balouffes et tous les corps légers sont rejetés au-dessus du plan incliné Q.
- R, manivelle montée sur l’axe S et au moyen de laquelle on imprime le mouvement à la roue dentée T qui le transmet au pignon U fixé sur l’arbre coudé Y, portant le volant X.
- Y, boîte dans laquelle tombe le grain entièrement nettoyé. Z, autre boîte qui reçoit les graines noires, graviers, terres, etc., qui ont pu rester mêlés au blé émotté.
- c, poulie entourée d’une courroie qui enveloppe le cylindre trieur et le fait tourner ; elle est montée sur un axe indiqué par les lignes ponctuées fig. 1, et portant une autre poulie d, qui, par une corde, correspond avec une troisième poulie e. Cette poulie est fixée sur l’arbre S, qui reçoit à son autre extrémité une poulie f, sur laquelle passe une corde qui embrasse une poulie g. Cette dernière fait partie du système à double marteau dont nous parlerons plus bas.
- Le ventilateur est mis en mouvement par une poulie h, montée sur l’axe coudé Y, et est entouré d’une corde qui correspond avec une poulie i, fixée sur l’axe portant les ailes du ventilateur.
- Voici la manière dont le mouvement est transmis aux diverses parties de la machine.
- L’ouvrier, saisissant la manivelle R, détermine simultanément la rotation de la roue dentée T, et celle des poulies e et /’. Le pignon U, par son engrenage avec la roue T, fait tourner l’axe coudé V dont la manivelle imprime un mouvement de va-et-vient à l’arbre L, par l’intermédiaire des tringles k k qui y sont attachées. Ce mouvement, facilité par le ressort en bois N qui renvoie l’arbre, est partagé par le cylindre trieur rendu solidaire avec cet arbre par des croisillons /1 retenus dans des collets m m.
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- Il résulte de cette disposition que, en même temps que le trieur tourne, il reçoit un mouvement de vibration favorable au passage du grain, lequel se trouve dépouillé de toute matière étrangère, après avoir éprouvé un premier nettoyage sur l’émotteur G. Celui-ci prend un mouvement de va-et-vient par l’effet d’un butoir n attaché au-dessous du double fond H, et contre lequel vient heurter une touche o fixée sur l’arbre L.
- Les trieurs de meunerie sont munis d’un double marteau composé de deux boules en fer p p, qui occupent les deux bouts d’une traverse q mobile sur son axe, à laquelle sont attachées des cordes correspondant avec une espèce de fléau de balance r; celui-ci s’appuie sur un montant s, terminé par une tige ronde qui s’engage dans un fourreau t. Sur l’axe de la poulie g est montée une came u qui, chaque fois que cette poulie tourne, fait monter et descendre alternativement la pièce s, et par suite les boules p p, lesquelles, en frappant sur les cercles de fer K K, dégagent les grains de blé cassés ou les graines rondes qui adhèrent trop fortement dans les alvéoles.
- Dans les trieurs d’agriculture, les fonctions de ce marteau sont remplacées par l’ouvrier, qui, tout en faisant marcher la machine, frappe de temps en temps avec un maillet de bois quelques coups secs sur les cercles extérieurs K K.
- Fonctions de la machine. On commence par ouvrir la vanne F; le grain contenu dans la trémie tombe sur l’émotteur, après avoir reçu le souffle du ventilateur. Cet émotteur reçoit au-dessous de son double fond autant de secousses que l’arbre L a de mouvements de va-et-vient par minute; ces Secousses font dresser le grain qui, étant triangulaire sur sa face la plus longue, passe sans difficulté à travers les trous de cette forme, tandis que les grosses graines, les graviers, terres, etc., étant retenus par les arêtes des triangles, ne peuvent passer à travers les trous de l’émotteur, et sortent par un orifice pratiqué derrière le crible G.
- Après avoir passé à travers les trous de l’émotteur, le grain, suivant le double fond en tôle pleine H, arrive dans le crible à trous longs I, où il se décharge des blés maigres, ivraie, rougeotte, etc., en général de tous les corps étrangers plus petits qui y sont mêlés.
- L’arbre L étant légèrement incliné, le grain passe du cylindre I dans le trieur J, où s’accomplit le triage. Le mouvement de va-et-vient force le grain mélangé à descendre; chemin faisant, toutes les graines, les molécules de terre ou de gravier, s’arrêtent dans les alvéoles du cylindre, tandis que le grain, plus long que le diamètre et la profondeur des alvéoles, en est facilement chassé par le mouvement de va-et-vient; il arrive ainsi à l’extrémité du cylindre, d’où il tombe dans le récipient Y.
- Les graines rondes, graviers, etc., logés dans les alvéoles, sont enlevés par le mouvement de rotation du cylindre, qui les verse dans la conche 0. La graine une fois dans la conche en suit la pente, et sort par son extrémité pour tomber dans le récipient Z.
- Par cette quatrième et dernière opération de triage, le blé est purgé de toutes les graines rondes ou à peu près rondes, graviers, terres, etc., de même grosseur, de manière qu’il n’en reste plus dans le ble nettoyé, et, ce qui est bien plus important encore, plus de bon blé dans le déchet.
- La machine s’applique à l’épuration des seigles, des orges et des avoines. ( I). )
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- FOURNEAUX.
- note sur les fourneaux a essayer les alliages d’or; par mm. peligot, vérificateur des essais, et levol , essayeur, à la Monnaie de Paris.
- Les appareils dont nous avons l’honneur de mettre le dessin sous les yeux de messieurs les membres de la Société d’encouragement ont été récemment construits, d’après nos indications, au laboratoire des essais de la Monnaie de Paris, avec l’agrément de la Commission des Monnaies. Us permettent à deux essayeurs d’exécuter en même temps, d’une manière sûre, commode et salubre, une double série de quinze essais d’or. La substitution du gaz de l’éclairage au charbon de bois et à la braise de boulanger que nous employions, ainsi que tous les essayeurs, avant la construction de ce fourneau, pour faire le départ, c’est-à-dire pour dissoudre, au moyen de l’acide azotique, l’argent ajouté à l’or dans Y inquartation, cette substitution, disons-nous, rend l’ébullition de l’acide plus continue, plus régulière, la température fournie par le gaz étant à peu près uniforme, tandis que le charbon s’éteint, se recouvre de cendres au bout d’un certain temps, ou se rallume trop vivement lorsqu’on vient à l’attiser en époussetant les cendres, ainsi qu’on a coutume de le faire. L’économie du combustible est, d’ailleurs, considérable; on fait deux cents essais d’or environ avec 5 mèl. cubes de gaz, coûtant, à Paris, 2 francs. Nous estimons que le prix du gaz ne représente que le sixième du prix du charbon de bois et de la braise de boulanger que nous consommions antérieurement.
- Le gaz de l’éclairage est employé depuis longtemps en Angleterre dans les laboratoires de chimie. MM. Graham et Claudet s’en servent depuis quelques années, à Londres, pour les essais d’or. Nous avons profité de quelques indications qu’ils nous ont données ainsi que des excellentes dispositions adoptées par M. d’Arcet pour le départ complet des vapeurs d’acide azotique, en apportant à ces appareils plusieurs modifications dont l’expérience nous démontre journellement les avantages.
- Légende explicative des planches 18 et 19.
- Planche 18, fie;. 1. Élévation de l’appareil, a, a, a, becs de gaz implantés sur le tube A A'A" A"', qui amène le gaz d’un gazomètre placé extérieurement. Ce tube porte, en A', un gros robinet au moyen duquel on peut intercepter la communication entre le gazomètre et les becs; chaque bec porte, en outre, un robinet particulier pour régler la flamme qui doit être très-petite, et produite par une telle quantité d’air qu’elle présente constamment la couleur bleue.
- La forme particulière de ces becs est représentée, fig. 4, sur une plus grande échelle.
- B B, ouvertures dans lesquelles s’engagent les cols des matras pendant le dégagement des vapeurs acides.
- DD, étagères sur lesquelles on place les malras après l’ébullition. Leurs cols se
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- 'ioamV.lm j.üoit.'M • iv iv ^ivd's'nivj om vnvv.voiv ri vm \io,d kivs’s"! s”.ri u.io<i 'iTm.'hu vus .n'vmno.-i
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- présentent alors sous les plaques à charnières d, d, d, d, qui recouvrent les ouvertures C C, et qui sont en fer émaillé de M. Pâris , de même que la crémaillère qui repose sur l’ouverture B et qui supporte le col des matras.
- E, tableau d’ardoise pour noter le temps d’ébullition des essais.
- F F, fontaines en porcelaine contenant, l’une de l’acide azotique à 32° B, l’autre de l’eau distillée.
- G, niche contenant trois entonnoirs en porcelaine b, b, b étiquetés nitrate d’argent, acide nitrique, eau de lavage : ils sont garnis de plaques de platine percées de trous dans lesquels passent les liquides provenant de la décantation du nitrate d’argent , de l’acide des deux traitements subséquents et de l’eau de lavage des cornets d’or. Ces liqueurs se rendent, par les tubes de grès H H' H", dans trois flacons distincts placés dans l’armoire I, comme le montre la figure. Dans le fond de cette armoire, de même que dans la niche G et dans celles où sont placées les deux fontaines, on a pratiqué des ouvertures communiquant avec la cheminée du fourneau de coupelle ( pl. 19 ) ; il en est de même des grandes ouvertures B, B, C, C ; de sorte que l’appel de l’appareil, et par suite le départ des vapeurs acides, est toujours commandé par la température élevée de ce fourneau.
- J J, armoires pour les creusets à essais d’or, etc., etc.
- K, cuvette de porcelaine recevant les gouttes qui tombent dès fontaines.
- Fig. 2. Coupe verticale de l’appareil suivant la ligne A B.
- Les niêmes lettres indiquent ici les mêmes objets que dans la fig. 1.
- Fig. 3. Coupe verticale de l’appareil sur la ligne C D.
- Les lettres A", E, F, G, H', I indiquent ici les mêmes objets que dans la fig. 1 ; K' K" sont des ouvertures au moyen desquelles l’armoire I, la niche G et celles des fontaines communiquent avec la cheminée.
- Fig. 4. Voir la description de la fig. 1, 2e paragraphe.
- Fig. 5. Grille ou plaque percée en platine : cette grille a pour objet de retenir, lors de la décantation, les fragments de charbon dont on se sert pour régulariser l’ébullition des essais d’or.
- Fig. 6. Entonnoir en porcelaine, d’une forme particulière, avec la grille en platine qu’il supporte : on le voit en place, en L, fig. 3.
- Fig. 7. Pince en bois pour enlever les matras au moment de la décantation des liqueurs chaudes, après l’ébullition.
- Fig. 8. Clef en bois pour tourner les robinets des becs a, a, a, a.
- Le fourneau est revêtu extérieurement de plaques de faïence blanche ; les plaques de la partie supérieure sont d’un seul morceau.
- Planche 19, fig. 1. Coupe verticale du fourneau de coupelle. Ce fourneau est construit en briques réfractaires; il se trouve dans une baie, de manière à être chargé dans la pièce contiguë à celle dans laquelle se font les essais d’or.
- a, grande moufle placée à la partie antérieure du fourneau.
- b, petite moufle placée au côté opposé.
- Ces deux moufles sont fermées au moyen des portes en terre c, d.
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- COLONISATION ET COMMERCE.
- e, porte du gueulard : elle se meut en tournant sur la charnière f. On ouvre ou on ferme celte porte à volonté, de la partie antérieure ou postérieure du fourneau, au moyen de la bascule indiquée en g, g\ g'\
- h, tablette en tôle pour poser les casiers, les coupelles, etc.
- *, grille en fer à barreaux mobiles. k, porte latérale.
- /, î, l, Z, tablettes à la hauteur des moufles. m, cheminée du fourneau.
- Fig. 2. Coupe horizontale du fourneau de coupelle, suivant la ligne C I) ( tig. 1 ). Fig. 3. Coupe verticale selon la ligne brisée C D ( fig. 1 ).
- Fig. 4. Coupe horizontale selon la ligne E F ( fig. 1 ).
- Les mêmes lettres indiquent, dans ces trois figures, les mêmes objets que dans la fig. 1.
- Fig. 5. Casier en laiton garni de coupelles.
- Fig. 6. Plan et coupe d’une coupelle.
- COLONISATION ET COMMERCE.
- EXTRAIT D’UN RAPPORT PRÉSENTÉ A L’EMPEREUR SUR LA SITUATION DE l’àLGÉRIE EN 1853 , PAR M. LE MARÉCHAL VAILLANT, MINISTRE DE LA GUERRE.
- Fertilité de l’Algérie.
- ....Je n’irai pas demander à l’histoire ancienne un certificat de fertilité en faveur de
- l’Algérie, en rappelant que cette contrée était autrefois surnommée le grenier de Rome. Il suffit de constater qu’en 1853 notre colonie a fourni à la France près de 1 million d’hectolitres de céréales, d’une valeur de plus de 14 millions de francs; qu’elle produit des blés tendres, comme jamais il n’en a été récolté en France, pesant 86 et 88 kilogrammes l’hectolitre, au lieu de 75 et 76 kilogrammes; que ses seigles ont un grain d’une si belle apparence et si nourri, qu’on a pu les confondre souvent avec des blés durs; enfin que certains grains de blé ont produit 150 épis, et certains grains d’orge jusqu’au chiffre merveilleux de 312 épis.
- Je n’ai pas la pensée de présenter ce fait comme un résultat normal; mais, tout exceptionnel qu’il est, il servira à faire apprécier la fertilité de cette terre redevenue vierge par un repos de tant de siècles.
- Sans doute, le million d’hectolitres de céréales exportés d’Algérie est peu de chose, si l’on considère l’étendue du pays qui les a produits; il est beaucoup, si l’on s’arrête à cette pensée, qu’avant la loi des douanes notre colonie tirait la majeure partie de son blé de l’étranger, et que, depuis deux ans à peine, les colons ont commencé à donner quelque extension à leurs ensemencements.
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- Culture des plantes industrielles.
- Quels que soient les profits qu’on peut retirer de la culture des céréales, il est hors de doute que ces profits ne sauraient entrer en comparaison avec ceux qu’assure la culture de certaines plantes industrielles dont l’acclimatation en Algérie ne fait plus aujourd’hui question. De ce nombre sont le tabac, le coton, la garance ; j’y ajouterai l’éducation de la cochenille et l’industrie séricicole.
- . Pour bien se rendre compte des progrès d’un pays, il ne suffit pas de connaître quelles sont les sources de sa richesse; c’est par le développement qu’elles y reçoivent qu’il faut les juger. J’ai donc pensé que Votre Majesté lirait avec intérêt quelques détails, quelques chiffres qui seront pour elle la meilleure preuve des progrès agricoles que l’Algérie a réalisés en 1853.
- Culture du tabac.
- L’un des faits les plus curieux de la colonisation algérienne est, sSns contredit, la progression qu’a suivie, dans ces dernières années, la culture du tabac.
- En 1850, on comptait à peine, dans les trois provinces, quelques centaines de
- planteurs.
- En 1852, leur nombre s’était déjà élevé à...............................1,073
- Il a été, en 1853, de.......................................... 1,752
- Augmentation.............................. 679
- Sous le rapport des espaces ensemencés, la culture du tabac a suivi une progression plus rapide encore.
- En 1852, on signalait comme plantés en tabac.................... 1,095 hect.
- Le chiffre s’est élevé, en 1853, à..............................2,277
- Augmentation.......................1,182
- c’est-à-dire qu’en une seule année les espaces cultivés ont plus que doublé.
- Il ne m’est pas possible de faire connaître d’une manière rigoureusement exacte à Votre Majesté le rapport de ces 2,277 hectares. Cependant, indépendamment de la consommation locale, indépendamment des quantités restées entre les mains des colons, on peut constater officiellement le placement de près de 1,800,000 kilogr., sur lesquels la régie a acheté 1,427,276 kilogr., pour une somme de 1,303,000 fr.
- Mais, circonstance digne de remarque, en même temps que les ensemencements augmentent, une amélioration sensible se manifeste dans la qualité des tabacs.
- Ainsi, tandis que le prix moyen des tabacs achetés, en 1852, pour le compte de la
- régie, n’avait été que de........................85 fr. 19 c. les 100 kilogr.
- Il s’est élevé, en 1853, à.......................91 30 —
- Augmentation. . . 6 11 —
- Cette amélioration dans la qualité, dont témoignent déjà suffisamment les prix plus
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- COLONISATION ET COMMERCE.
- élevés payés par la régie, est encore constatée par les rapports des agents de l’administration des tabacs.
- Votre Majesté permettra que je place sous ses yeux l’extrait suivant d’une dépêche qui m’a été adressée par le chef de la mission des tabacs en Algérie; ce document me paraît digne de lui être signalé.
- « Les tabacs algériens, dit cette dépêche, laissent déjà loin derrière eux ceux d’Égypte, de Macédoine et de Grèce, auxquels ils avaient d’abord été assimilés; les tabacs de Hongrie ont un goût moins agréable; ceux du Kentucky ne sont ni plus fins ni plus combustibles; enfin les tabacs du Maryland ont un défaut d’élasticité et un goût d’amertume qu’on ne saurait reprocher à ceux de l’Algérie. »
- L’avenir dira si les colons de l’Algérie réussiront à apporter de nouvelles améliorations dans la qualité de leurs tabacs; mais, en admettant qu’ils n’y parviennent point, n’est-ce pas déjà un beau résultat que de voir leurs produits classés plus avantageusement que des tabacs qui, sans occuper la première ligne, ont cependant une grande réputation ?
- Cette culture promet donc d’être fructueuse pour l’Algérie. La France, trouvant, à ses portes, des tabacs préférables à ceux qu’elle achète en Hongrie et en Amérique, demandera , sans nul doute, à notre colonie d’Afrique une partie de ceux qu’elle tire de l’étranger.
- Les colons ont parfaitement compris l’avenir de cette riche culture; de nombreux ensemencements ont été effectués depuis la récolte de 1853, et les agents de l’administration des tabacs estiment qu’en 1854 la production du seul département d’Alger sera de 3 millions de kilogrammes.
- Industrie séricicole.
- Si la culture du tabac a pris le plus rapide développement à raison des avances peu considérables qu’elle exige, il est d’autres éléments de richesse dont l’avenir paraît tout aussi assuré et qui ne tarderont pas à attirer l’attention à un degré égal.
- Dans l’ordre de ces produits, l’industrie séricicole, dont je parlerai ici parce qu’elle touche en un point à la culture, se classe après le tabac, mais, il est vrai, à une assez grande distance encore.
- En effet, les progrès de cette industrie sont subordonnés à l’accroissement des mûriers comme nombre et comme rendement, et ralentis encore par l’importance du capital qu’entraîne toute plantation.
- Mais ce que l’on peut signaler dès ce moment, c’est que, sous le rapport de cette industrie, notre colonie a fait de notables progrès; c’est que la qualité supérieure des soies algériennes, consacrée déjà par deux médailles à l’exposition de Londres et par les prix élevés auxquels elles sont cotées sur le marché de Lyon, ne permet plus de douter que l’Algérie ne prenne une place distinguée dans ce groupe de pays qui doivent aux vers à soie une bonne part de leurs richesses.
- Pour constater ces progrès, il me suffira de placer sous les yeux de Votre Majesté un
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- tableau indiquant quelle a été, clans le seul département d’Alger, la progression de cette industrie, et comme nombre d’éducateurs et comme produit :
- En 1850, 89 éducateurs ont récolté 3,778 kilog. de cocons ;
- En 1851, 184......................... 5,888
- En 1852, 272......................... 9,323
- En 1853, 335........................ 14,000
- Soit pour le département d’Alger 5,000 kilog. d’augmentation sur l’année précédente.
- Les nouvelles plantations de mûriers qui se font journellement dans les trois provinces témoignent suffisamment de la volonté des colons de donner à cette industrie tout le développement dont elle est susceptible.
- Culture de la garance.
- Les premiers essais de culture do la garance datent de quelques années à peine, et déjà une médaille d’honneur obtenue à l’exposition venait les signaler à l’attention du commerce.
- Depuis lors, trois rapports, l’un de M. Chevreul, membre de l’Institut, directeur des teintures à la manufacture impériale des Gobelins; l’autre, de la chambre consultative de l’arrondissement de Louviers; le troisième, enfin, de la Société industrielle de Mulhouse, ont reconnu la supériorité des garances de provenance algérienne sur celles de Chypre, qui sont les plus estimées.
- Mais, pour l’avenir de cette culture en Algérie, il ne suffisait pas que cette supériorité fût prouvée, il fallait encore que la différence entre le prix de vente et le prix de revient fût suffisamment rémunératrice.
- Or il résulte des calculs de plusieurs colons que le prix de revient est de 70 francs par 100 kilog., tandis que les cours de la bourse de Rouen attestent que le prix de 100 kilog. de garance varie entre 140 et 155; fr., soit au moins 100 pour 100 de bénéfices pour le colon.
- Je n’ai pas besoin d’insister sur ce rapprochement de chiffres.
- Education de la cochenille.
- Le même avenir est réservé à une industrie plus lucrative encore que celle de la garance, à l’éducation de la cochenille.
- Pour en juger, il suffit de rappeler que la cochenille, originaire du Mexique, fut importée aux Canaries en 1831 seulement. La première année, la production de ces îles fut de 4 kilog., et, dix-neuf ans plus tard, en 1850, les Canaries exportaient, pendant les neuf premiers mois de l’année, 233,374 kilog. de cochenille, qui, au prix moyen de 15 fr. le kilog., ont rapporté 3 millions et demi.
- N’est-il pas évident que, l’éducation de. la cochenille étant reconnue possible, l’Algérie doit, à raison de sa proximité de l’Europe, de la différence du fret, faire une concurrence victorieuse, non-seulement au Mexique, mais aux Canaries elles-mêmes?
- Celte possibilité n’est plus aujourd’hui douteuse, les résultats de plusieurs années le prouvent; aussi ont-ils déterminé un certain nombre de colons à se mettre résolûmenl
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- à l’œuvre; quelques-uns ont consacré toute leur fortune à la culture du nopal. Les produits, sont, d’ailleurs, assez beaux pour tenter leurs efforts; car il résulte des calculs faits jusqu’à ce jour qu’un hectare planté de 15,000 pieds de nopal donne un produit brut de 10 à 12,000 fr., dont 2,000 doivent être prélevés pour les dépenses.
- Le departement d’Alger compte actuellement 29 nopaleries et 500,000 pieds de nopal.
- Culture du coton.
- L’illustre colonisateur de File de France a dit : « Il suffit d’une plante pour faire la richesse d’une nation. »
- Ce mot, dont l’histoire de plusieurs peuples atteste la vérité, devra une consécration nouvelle à l’histoire de l’Algérie. La sensation produite dans ce pays par la révélation inattendue des premiers résultats sérieux obtenus par la culture du coton ; l’essor merveilleux qu’a pris cette culture en quelques mois, presque en un instant; ce sentiment des masses qui rarement se trompe, tout prouve que cette plante est trouvée.
- Jusqu’en 1853, on ne peut qualifier que d’essais les efforts qui avaient été tentés pour la culture du coton; et cependant l’Angleterre, si bonne appréciatrice en ce genre de produits, accordait, à l’exposition de Londres, onze récompenses aux échantillons provenant de l’Algérie. Depuis 1853, cette culture est définitivement acquise à ce pays.
- Pour justifier les espérances auxquelles a donné lieu l’introduction de la culture du coton en Algérie, pour bien se rendre compte de l’influence qu’elle est appelée à exercer sur ce pays, j’ai besoin de rappeler des faits et de produire quelques chiffres.
- En 1736, il y a un peu plus de cent ans, le cotonnier, qui fait aujourd’hui la richesse de l’Amérique du Nord, n’y existait qu’à l’état de plante d’agrément.
- En 1790, l’exportation était de 80 balles.
- Actuellement, les États-Unis produisent 3,200,000 balles.
- On peut juger, par ce simple rapprochement, de la rapidité avec laquelle cette culture a progressé dans l’Amérique du Nord.
- A côté de la production des États-Unis, il n’est pas inutile de se rendre compte de la consommation du coton en Europe ; la voici :
- En 1853, l’Angleterre a importé de tous pays 2,264,170 balles, soit près de 350,000,000 de kilogrammes.
- Pendant la même année, la France a importé 460,000 balles, soit près de 69,000,000 de kilogrammes.
- Les autres contrées européennes consomment environ 800,000 halles, d’un poids de 120,000,000 de kilogrammes.
- Soit, en totalité, 3,524,170 balles, et 532,000,000 de kilogrammes.
- Tel est le marché qui s’ouvre devant la production algérienne, à une époque où l’exportation américaine diminue, parce que les États-Unis fabriquent actuellement les tissus dont ils fournissaient seulement autrefois la matière première , à une époque où les manufacturiers commencent à se préoccuper sérieusement du renchérissement des cotons.
- Comme si la Providence n’avait point voulu marchander à l’Algérie l’étendue de son
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- bienfait, il est aujourd’hui reconnu que les deux variétés de coton qui réussissent le mieux dans ce pays sont celle dont le prix est le plus élevé, parce que l’Amérique n’en peut fournir que 30,000 balles, ou celle dont le rendement est le plus considérable.
- L’Algérie a compris quelle influence cette productive culture doit avoir sur ses destinées : Européens et Arabes se sont mis à l’œuvre, et en une année le département d’Alger a décuplé ses ensemencements en coton.
- C’est au milieu de cette émotion générale que sont intervenues les mesures que Votre Majesté m’a ordonné de lui soumettre pour encourager et développer en Algérie cette source féconde de richesses. Aussi un immense cri de reconnaissance a-t-il accueilli ces décrets, et notamment celui par lequel Votre Majesté a fondé, pendant cinq années consécutives, et indépendamment des encouragements accordés sur les fonds de mon département, un prix de 20,000 francs en faveur du planteur des trois provinces qui sera jugé avoir récolté sur la plus vaste échelle les meilleurs produits en coton.
- Cette grande, généreuse et politique mesure a montré à l’Algérie l’importance qu’elle devait attribuer au développement rapide de l’industrie cotonnière, et augmenté la reconnaissance de ses habitants pour Votre Majesté.
- Commerce des huiles.
- Je ne saurais terminer ce tableau des richesses agricoles de l’Algérie sans parler d’une dernière source de prospérité que la loi des douanes a ouverte pour ce pays : du commerce des huiles.
- L’olivier atteint en Algérie les proportions de nos arbres de haute futaie ; certaines contrées, notamment la Kabylie, sont couvertes de cette précieuse essence. Il importait, pour notre commerce, de tirer parti d’un produit qui avait été négligé tant que le marché de la métropole lui avait été fermé.
- Depuis 1852, le commerce des huiles a pris dans notre colonie un développement rapide. Un grand nombre de colons ont construit des moulins destinés à la trituration des olives, et les Kabyles ont apporté, sur les marchés de Bougie, de Dellis et de Djid-jeli, de grandes quantités d’huiles qui ont été immédiatement achetées par des négociants français. Malheureusement les procédés grossiers employés par ces montagnards pour la trituration des olives donnent un rendement inférieur de près de moitié au rendement normal. Mais des usines bien dirigées par des Européens ont été établies au milieu même des montagnes kabyles; d’un autre côté, des élèves indigènes reçoivent, dans nos pépinières, des notions pour greffer les oliviers. Tout annonce donc que ce commerce prendra bientôt une grande extension.
- Il ne faudrait pas juger de la production des huiles en Algérie par la récolte de 1853, qui a été au-dessous de la moyenne des deux années précédentes. Cependant le chiffre des exportations s’est encore élevé à 2,914,450 kilogrammes, quantité inférieure de près de moitié à celle de 1852.
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- Pépinières du gouvernement.
- If y aurait oubli, de ma part, à ne pas faire connaître les services rendus à la colonisation par les pépinières que le gouvernement a établies en Algérie.
- Produire un grand nombre de jeunes arbres et les livrer aux colons aux plus bas prix possible, essayer la culture des diverses plantes industrielles qui font la fortune de certaines parties de notre globe, et rechercher s’il est possible de les acclimater en Algérie, tels sont les deux buts que l’administration s’est proposé d’atteindre en fondant ces établissements.
- Ses espérances n’ont point été déçues, car c’est à la pépinière centrale du gouvernement que l’Algérie doit la culture du coton, celle de la garance, l’éducation de la cochenille et l’industrie séricicole. C’est à elle que notre colonie devra peut-être l’acclimatation, tentée non sans quelque succès, du caféier et de l’arbre à thé. C’est enfin au jardin d’essai de Biskra que les oasis sont redevables de la culture du riz de Chine, qui croît au pied des palmiers, sans nécessiter des soins spéciaux.
- Compagnie genevoise pour la colonisation des environs de Sélif.
- Une tentative importante pour le peuplement et la mise en culture du pays a été faite en Algérie pendant l’année 1853; je veux parler de la compagnie qui s’est fondée sous le patronage de plusieurs des hommes les plus considérables de la Suisse pour la colonisation des environs de Sétif par des émigrants suisses.
- Permettez-moi de m’arrêter quelques instants sur cette entreprise, qui me parait destinée à trouver des imitateurs.
- Jusqu’au décret du 26 avril 1853, qui a fait concession à la compagnie génevoise de 20,000 hectares dans les environs de Sétif, l’État avait été, pour ainsi dire, le seul entrepreneur de colonisation en Algérie. La connaissance imparfaite du pays, le défaut de sécurité qui, dans les premières années, devait éloigner les capitaux privés, tout contribuait à effacer et à absorber l’initiative individuelle à qui la France est redevable de tant de grandes entreprises.
- Le moment est arrivé où cette situation anormale doit cesser.
- Aux termes des conventions intervenues entre l’État et la compagnie génevoise, les 20,000 hectares affectés à la colonisation de Sétif sont divisés en dix sections de 2,000 hectares chacune. Sur chaque section, la compagnie s’engage à faire construire un village de cinquante maisons, sans pouvoir bénéficier sur le prix de la maison, qui ne peut s’élever au-dessus de 2,000 francs.
- L’État abandonne à la compagnie le choix des colons; mais, avant de les diriger sur les villages dont les travaux d’utilité sont seuls à la charge de mon département, elle doit avoir reçu au moins la moitié du prix de leur maison, et, en outre, un dépôt de 2,000 francs qui est versé entre les mains de l’État pour être ensuite rendu aux colons au fur et à mesure de leurs besoins.
- De cette manière, chaque famille trouve, en arrivant, une maison construite; elle peut immédiatement se mettre au travail, et le dépôt de 2,000 francs qu’elle a effectué assure son existence jusqu’à la récolte suivante.
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- Deux ans avaient été accordés à la compagnie génevoise pour commencer les travaux des dix villages qui doivent être achevés en dix années, et cependant huit mois s’étaient à peine écoulés depuis la signature du décret de concession par Votre Majesté, qu’un premier village était non-seulement construit, mais encore entièrement peuplé; un second village était en voie d’exécution, et, sous l’influence de renseignements fournis par les premiers colons arrivés, les demandes adressées à la compagnie par des familles réunissant toutes les conditions voulues devenaient tellement nombreuses qu’elle se voyait dans l’obligation d’en rejeter un grand nombre.
- Le succès qui a couronné cette entreprise paraît avoir déterminé plusieurs compagnies, tant françaises qu’étrangères, à suivre l’exemple de la compagnie génevoise. Combien ne serait-il pas à souhaiter, cette première expérience faite, que les conseils généraux reprissent un projet sur lequel mon département, de concert avec celui de l’intérieur, avait appelé leur attention, à savoir : la création de villages départementaux peuplés par des habitants d’un même département et portant le nom de ce département !
- La réalisation d’un semblable projet, exécuté avec ensemble, serait digne de la France et aurait des résultats aussi profitables pour la métropole que pour l’Algérie.
- Commerce et industrie.
- Votre Majesté connaît actuellement la situation présente de l’Algérie sous le rapport agricole; elle a pu apprécier le développement qu’a pris ce pays, sa fécondité, et bien que je n’aie pas cru devoir l’entretenir spécialement de certaines cultures qui promettent également des résultats avantageux, telles que celles du lin, de l’arachide, du sésame, de la canna-root, j’espère, néanmoins, en avoir dit assez pour lui faire partager les espérances que fait concevoir notre conquête.
- Ces espérances sont d’autant mieux justifiées, que la marche ascendante qu’ont suivie le commerce et l’industrie en 1853 vient apporter une nouvelle preuve des progrès accomplis.
- Commerce des laines et des peaux brutes.
- L’une des branches les plus considérables du commerce actuel de l’Algérie, celle qui depuis 1851 a reçu l’impulsion la plus vive, est, sans contredit, le commerce des laines.
- • Il n’est pas nécessaire de rappeler que la production intérieure de la France ne suffit pas à sa consommation ; que nous sommes obligés de tirer de l’étranger une grande partie de notre approvisionnement; que, en présence de besoins sans cesse croissants, chaque jour doit augmenter le prix de cette matière.
- L’Algérie est appelée à atténuer les inconvénients de cette situation.
- En 1852, l’exportation de laines de l’Algérie était de. . . . 3,244,432 kilogr.
- En 1853, elle s’est élevée à....................... 4,354,490
- Augmentation.......................1,110,058
- Pendant celte même année, il a été exporté pour 2,067,847 fr. de peaux brutes.
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- Industrie métallurgique.
- L’industrie métallurgique a suivi une progression analogue.
- Les exploitations des mines de cuivre de Mouzaïa et de Tenès ont été activées au moyen de permissions temporaires d’exportation à l’étranger, en attendant que l’usine de Caronte eût fait ses dernières dispositions pour le traitement de ce minerai. Aujourd’hui cet important établissement a commencé ses travaux.
- Du côté de notre frontière de l’est, la mine de plomb argentifère de Kef-oum-The-boul a continué d’être fructueuse pour les concessionnaires; il a été exporté 3,112,516 kilogrammes de minerai.
- Les mines de fer et les hauts fourneaux de l’Alélik, dont les produits rivalisent avec les aciers de Suède, ont pris un élan qui assure la prospérité non-seulement de la compagnie, mais encore celle de la contrée entière.
- Outre ces mines déjà en cours d’exploitation, de nombreux permis d’explorer ont été accordés, en 1853, pour des gisements de natures diverses :
- De cuivre et de plomb argentifère, au mont Bouzareah et dans la vallée de l’Oued-Aidès ( province d’Alger ) ;
- De plomb, près de Sétif et dans la vallée du Bou-Merzougj de plomb et de cuivre, au mont Filfila et au Sidi-Reghis ( province de Constantine ) ;
- De plomb et de plomb argentifère, près de Lalla-Maghnia et Rouban ( province d’Oran ).
- Chaque année apporte enfin une preuve de la nouvelle richesse métallurgique de l’Algérie.
- Carrières de marbre et d’onyx translucide.
- L’attention de Votre Majesté s’est portée sur les carrières de marbre blanc du mont Filfila, qui ne le cède en rien aux plus beaux marbres de l’Italie. L’exploitation de ces carrières a commencé, et tout porte à croire que leurs produits seront adoptés par la statuaire.
- D’un autre côté, une carrière d’onyx translucide des plus précieux, et qui porte encore toutes les traces de travaux romains, a été découverte près de Tlemcen. L’ingénieur des mines, désigné pour aller la reconnaître, considère cette matière comme aussi belle que la cornaline et la chalcédoine, et susceptible d’être vendue de 1,500 à 6,000 francs le mètre cube. L’exploitation de cette carrière se prépare sur une vaste échelle.
- Pêche du corail.
- La mer qui baigne le littoral de l’Algérie apporte aussi son contingent de prospérités à ce pays. Il est à regretter que les étrangers nous donnent ici l’exemple et accaparent à leur profit un produit important trop négligé en France : la pêche du corail.
- 156 bateaux corailleurs ont exploité, en 1853, les parages de Bone et de la Galle, et ont récolté, en moyenne, 230 kilog. par bateau, soit, en totalité, 34,880 kilog. Au prix de 60 fr. le kilogramme, la valeur de la pêche a été de 2,152,880 fr.
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- Je m’empresse d’annoncer à Votre Majesté que l’est de l’Algérie ne paraît pas devoir conserver le monopole de la pêche du corail qu’il possédait depuis des siècles ; sur les côtes de la province d’Oran, des bancs considérables ont été découverts récemment, et cinquante balancelles espagnoles sont venues y chercher un riche butin.
- Afin de faire concourir nos nationaux à l’industrie du corail, industrie tellement productive que dans quelques mois elle a assuré à chaque bateau pêcheur une moyenne de 14 à 15,000 fr. de bénéfice net, j’ai donné mission à un officier de la marine impériale d’aller étudier à Naples les procédés de fabrication usités dans cette ville. A l’aide des documents recueillis, je me propose d’organiser un système de primes d’encouragement au profit des industriels de l’Algérie qui se livreront au travail du corail.
- Richesses forestières.
- La France, voyant chaque année, et cela par des causes diverses, diminuer sa richesse forestière, avait grand besoin de rencontrer, de l’autre côté de la Méditerranée, une compensation pour combler le vide qui se faisait chez elle. Cette compensation, elle l’a trouvée. Le domaine forestier de l’Algérie aujourd’hui connu comprend 1,200,000 hectares environ.
- Malheureusement, il ne faut pas juger du peuplement de ces forêts d’après leur étendue. Sous la domination des Turcs, elles étaient, à proprement parler, la propriété de tout le monde, et chacun venait y puiser selon ses besoins. Après la conquête, et pendant les dix-sept premières années qui la suivirent, les Arabes ont continué le même système ; aussi, une chose doit-elle surprendre, c’est qu’elles soient dans l’état où elles se trouvent actuellement. Mais il ne saurait être douteux que, dans un avenir prochain, les mesures prises pour les protéger n’amènent une amélioration sensible et ne leur rendent une beauté qu’elles ont conservée sur beaucoup de points.
- Les essences de chênes-liége composent une grande partie des forêts de l’Algérie. Déjà 12,000 hectares de ce bois, d’autant plus précieux qu’il commence à manquer ailleurs, sont exploités par les compagnies concessionnaires. Sur la ligne du Tell, et surtout auprès de Batna et de Teniet-el-Had, on rencontre des forêts de cèdres dont quelques-uns atteignent de 4 à 5 mètres de circonférence. Un ingénieur de la marine a visité récemment toutes les richesses forestières de l’Algérie ; il a reconnu et signalé à l’attention du département de la marine et des colonies l’existence de très-beaux bois propres à toutes les constructions navales. Leur éloignement de la côte en a rendu jusqu’à ce jour l’exploitation difficile ; mais, avec le développement des routes que nous ouvrons de tous côtés, nous pourrons bientôt aller chercher, en Algérie, des approvisionnements précieux pour les chantiers de notre marine.
- D’autres essences me paraissent également appelées à prendre une place importante dans la confection des meubles de luxe; parmi elles figurent en première ligne le té-rébinthe, le genévrier, le thuya, l’olivier, le noyer noir, qui ne le cèdent, par leurs dispositions et leur solidité, à aucun des arbres de l’Amérique.
- Tome Ier. — 53e année. T série. — Juillet 1854.
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- Exposition permanente des produits algériens.
- Sire, j’ai passé en revue les différentes sources de la richesse agricole, industrielle et commerciale de l’Algérie. Mieux connues, mieux appréciées en France, elles eussent, sans doute, appelé dans notre colonie plus de bras, plus de capitaux ; mais la vérité finira par se faire jour : mon département ne néglige aucun moyen de la mettre en lumière.
- Parmi ces moyens, celui qui devait naturellement Fixer mon attention consistait h convier le public à vérifier lui-même les résultats obtenus en Algérie, à s’assurer, par ses propres yeux, des richesses de ce pays. C’est dans ce but qu’une exposition permanente des produits algériens a été établie à Paris : elle est accessible à toute personne qui m’en adresse la demande.
- Sans doute, cette collection est loin d’être complète; cependant, toute réduite qu’elle est, elle présente pour l’observateur une étude du plus haut intérêt. Les cotons algériens, les soies, la garance, le tabac, la cochenille, les bois, les métaux, les huiles y sont représentés d’une manière satisfaisante. On peut, en outre, suivre des yeux les essais tentés dans les divers autres genres d’agriculture ou d’industrie.
- A côté du produit brut figure le produit manufacturé; près des cotons égrenés sont placés ces mêmes colons filés et tissés; ils ont été appliqués aux tissus les plus fins comme aux plus grossiers.
- Cette exposition, Sire, ne pouvait manquer d’attirer l’attention des hommes spéciaux à qui leurs travaux imposent la nécessité de suivre les progrès de l’industrie à laquelle ils se sont voués. Plusieurs manufacturiers ont témoigné hautement leur admiration pour les produits algériens, et cette admiration s’est traduite, de leur part, en demandes de concession.
- C’est là un résultat dont le gouvernement ne saurait trop s’applaudir.
- Mouvement commercial.
- Si l’exposition des produits algériens est la constatation de l’essor agricole de l’Algérie, il y a encore un moyen très-simple de juger de la situation de ce pays sous le rapport commercial; il suffit de se reporter aux comptes rendus de la banque et aux documents de la douane. Les uns indiquent plus spécialement les résultats des affaires qui se font sur place ; les autres sont la représentation fidèle du mouvement commercial avec l’extérieur. Or, si je consulte les relevés de la banque d’Alger, je remarque une première et très-sensible amélioration en 1853.
- Banque d’Alger.
- La banque d’Alger, créée en exécution de la loi du h août 1851, a commencé à fonctionner le 1er novembre suivant,
- Avec un capital de 1,250,000 fr., voici quelles ont été les opérations de cet établissement de crédit pendant les deux premières années de son existence :
- En 1852, les valeurs qu’il a escomptées ont été de :
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- En nombre. .................................... 11,906 effets.
- En sommes...................................... 8,756,000 francs.
- En 1853, les valeurs se sont élevées,
- En nombre, à................................... 17,369 effets.
- En sommes, à............................ 13,728,000 francs.
- L’augmentation a donc été, en 1853,
- En nombre, de................................... 5,463 effets.
- En sommes, de............................... 4,972,000 francs.
- Justement frappée de ces résultats, Votre Majesté a autorisé, en 1853, la création, à Oran, d’une succursale de la banque d’Alger, et il n’est pas douteux que cette institution ne rende, dans la province de l’ouest, des services analogues à ceux que la banque d’Alger rend, chaque jour, dans la province du centre.
- Relevés de la douane.
- Mais à mes yeux, Sire, le compte rendu de la banque d’Alger est encore moins significatif que les relevés de la douane.
- Ces relevés prouvent que, pendant l’année 1853, le mouvement commercial de l’Algérie a été,
- A l’importation, de.................... 72,788,015 fr.
- A l’exportation , de................... 30,782,592
- Total........................ 103,570,607 fr.
- En 1852, le chiffre des exportations de l’Algérie avait été seulement de21,554,519fr., d’où il ressort en faveur de 1853 une augmentation de 9,228,073 fr.
- Afin de bien juger du rang d’imporlance qu’occupe l’Algérie dans le commerce de la France, il ne sera pas sans intérêt de rechercher quels sont les pays qui entretiennent avec nous un commerce plus considérable que l’Algérie.
- Or, en se reportant au dernier tableau général des douanes, on voit que les seuls Etats avec lesquels la France ait entretenu, en 1852, un commerce dont les résultats se traduisent par un chiffre supérieur à 103,500,000 francs sont l’Angleterre, les États-Unis, la Belgique, la Sardaigne et la Suède. L’Algérie passe avant l’Espagne, qui n’a donné lieu qu’à un mouvement commercial de 97 millions.
- D’où il résulte que l’Algérie occupe le sixième rang dans le commerce général de la France.
- Conclusion.
- Maintenant, Sire, ma tâche est terminée. J’ai cherché, dans ce résumé, à vous montrer l’Algérie telle que l’année 1853 nous l’a faite, à l’ombre de la paix qui a régné dans ce pays. Malgré les espérances que peuvent faire naître dans l’esprit des agitateurs les préoccupations résultant, pour nous, de la guerre d’Orient et la diminution de l’effectif de l’armée d’Afrique, cette paix n’a pas encore été troublée au moment où j’ai l’honneur de soumettre ce rapport à Votre Majesté; c’est un fait que je suis heureux de constater.
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- Si les mesures que je viens de rappeler ont produit de bons résultats, c’est un devoir pour moi d’en rapporter, en très-grande partie, le mérite à la sage et habile administration du gouverneur général, au concours si éclairé et en même temps si efficace prêté au ministère de la guerre par le comité consultatif de l’Algérie et par le conseil d’Etat. Il ne faut rien moins que l’espoir de voir se continuer l’utile assistance de ce grand corps politique pour encourager mon département à marcher avec confiance dans la voie si ardue de la création d’une société nouvelle de l’autre côté de la Méditerranée.
- Cependant, quels que soient les progrès que j’ai eus à signaler dans la situation de l’Algérie, de grands sacrifices sont encore nécessaires pour donner à notre colonie tout son développement. Toutefois j’ai la satisfaction de faire remarquer à Votre Majesté que, bien que l’Algérie ne soit encore soumise ni à l’impôt foncier ni à l’impôt personnel, les recettes qu’elle procure au Trésor s’augmentent à chaque exercice, et qu’en 1854 elles couvriront les dépenses, celles de l’armée d’occupation exceptées.
- Sans doute les charges sont encore lourdes, mais plusieurs circonstances se sont déjà présentées où la France, loin d’avoir à les regretter, s’est applaudie de trouver, dans les vertus militaires dont l’armée avait fait l’apprentissage en Algérie, un point d’appui précieux pour assurer la défense de la société. Aujourd’hui même elle emprunte, aux troupes qui ont combattu en Afrique, les principaux éléments de l’armée à laquelle Votre Majesté vient de confier l’honneur de nos aigles.
- Je ne me le dissimule pas, Sire, le contre-coup de cette guerre peut se faire sentir en Algérie et des difficultés momentanées peuvent venir contrarier l’essor pris par notre colonie dans ces dernières années; mais ce temps d’arrêt, s’il a lieu, ne sera que partiel et n’atteindra que quelques branches de l’activité européenne : dans tous les cas, il ne saurait influer que passagèrement sur l’avenir.
- L’Algérie est définitivement sortie de la période des essais. Chaque jour révèle de nouvelles ressources, et augmente, en les groupant, les forces de production. Les efforts de tous répondent aux incitations et à la sollicitude du gouvernement. Après de si longues hésitations et de si douloureuses épreuves, le but apparaît enfin ; le succès rayonne à l’horizon, il est assuré : j’en ai pour garants la situation présente comparée à la situation de 1851, et la bienveillance constante de Votre Majesté pour un pays qui est peut-être destiné à devenir les Indes de la France.
- Je suis, avec le plus profond respect,
- Sire,
- de Votre Majesté
- Le très-humble et très-obéissant serviteur,
- Le Maréchal de France ministre secrétaire à'État de la guerre,
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- BÂTIMENTS A VAPEUR.
- SUR LA VITESSE, LES DIMENSIONS ET LES PROPRIÉTÉS DES GRANDS BATIMENTS A VAPEUR
- transatlantiques. ( Extrait par M. J. B. VIOLLET. )
- M. Henderson, dans un mémoire qu'il a lu devant la Société des ingénieurs civils de Londres, le 8 novembre 1853, a traité avec étendue celte importante question. Il y a joint une discussion sur les méthodes qui servent en Angleterre à déterminer le tonnage légal des navires, mais nous avons cru devoir omettre toute cette partie de son travail, parce qu’elle nous a paru présenter peu d’intérêt pour les constructeurs français.
- L’auteur s’est reporté d’abord à un mémoire lu par lui en 1847, dans la même institution, mémoire où il a exposé la fausseté des conclusions auxquelles on parvient en employant comme élément du calcul de la vitesse des steamers, leur tonnage déterminé officiellement, et le nombre théorique de leur puissance, en chevaux-vapeur. M. Henderson a discuté ensuite un tableau contenant des détails étendus sur les dimensions, la forme, les proportions et la vitesse des steamers transatlantiques, détails extraits des rapports adressés au parlement par l’administration des postes et par l’amirauté, et de documents communiqués par l’inspecteur de la marine. Il a démontré ainsi que, de 1845 à 1851, pour un total de 2356300 kilomètres, parcourus par les paquebots des postes, la vitesse obtenue n’a été moyennement que de 7nœuds,945 (1) par heure, et qu’elle a, par conséquent, été beaucoup moindre que celle que l’on attribuait généralement aux paquebots de l’administration. La vitesse maximum a été de 8" 1/2, par heure, entre Marseille et Alexandrie, et a été atteinte par les bâtiments de la marine royale, affectés au service des postes, tandis que la moindre’a été de 7“ 1/4, par heure, entre Ceylan et la Chine, pour des navires appartenant à des entrepreneurs du transport des dépêches.
- Passant ensuite à la discussion d’un document publié sous forme de tableau par le comité de la navigation à vapeur pour l’Inde, M. Henderson a fait voir que six paquebots de la marine des Indes, dans un trajet de plus de 602500 kilom., sont parvenus à la vitesse moyenne de 8n,082, par heure, tandis que onze paquebots appartenant à l’entreprise particulière dite Peninsular and oriental company, n’ont atteint qu’une moyenne de 7n,972, par heure, dans une étendue totale de 989400 kilom. On remarque dans ce tableau que le bateau à vapeur en fer, le Pékin, a parcouru 7n,733, par heure, tandis que les steamers Lady Mary Wood et Braganza, construits en bois à une époque antérieure, n’ont franchi que 7n,378, et 7n,249, par heure.
- Après quelques réflexions sur les proportions, les formes et la résistance des paquebots transatlantiques, l’auteur a insisté sur la difficulté d’établir des principes sûrs pour comparer avec précision la marche de ces navires, et a fait observer à l’assemblée
- (î) Le nœud ou mille marin anglais, est de 6082 feet 2/3 ou de I853m,93 5.
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- qu’elle pourrait tirer des éclaircissements d’un autre tableau dans les colonnes duquel on voyait que le rapport de la longueur et de la largeur des navires soumis aux expériences avait varié entre 5 1/4 et 8. Ce tableau a même donné lieu à une remarque digne d’attention; c’est que dans cinq navires qui ont parcouru 8U 1/2, par heure, la longueur n’atteint pas le sextuple de la largeur, tandis que dans ceux qui ont franchi moins de 7" 1/2, le rapport de ces deux dimensions dépasse 7 1/2.
- Lors de la discussion qui s’est engagée sur le mémoire de M. Henderson, le 15 et le 22 novembre 1853, dans les séances de l’institution des ingénieurs civils anglais, on a rappelé d’abord la capacité de plusieurs navires anciens, puis celle de quelques bâtiments anglais de récente construction. Nous ne parlerons que de ces derniers, auxquels les méthodes officielles de jaugeage assignent les tonnages suivants :
- Great Western...................... 1260 tonneaux ( mesure française ).
- Great Britain...................... 3496
- Arclic ( américain )............... 2786
- Himalaya........................... 3580
- Enfin, selon le prospectus de la Compagnie pour la navigation orientale à vapeur, les bâtiments en fer qui vont être construits, jaugeront 23286 tonneaux, calculés selon une des méthodes, et seulement 10150, selon une autre.
- On s’est ensuite occupé de l’effet des grosses mers sur les navires de 122 à 183 mètres de longueur.
- D’après les observations de plusieurs capitaines des lignes de paquebots américains, les vagues de l’Océan atlantique atteignent souvent une élévation de 6 mètres environ, une longueur de 48 mètres et une vitesse de 46 à 56 kilomètres par heure. Le docteur Scoresby, dans son mémoire sur les vagues de l’Atlantique, a évalué semblablement la hauteur*moyenne des lames par un fort vent debout grand frais. Dans une circonstance spéciale, par une brise carabinée, accompagnée de fortes rafales, quelques vagues, en petit nombre, ont atteint 13 mètres de haut, 180 mètres de long et une vitesse excédant 56 kilomètres par heure. D’autres autorités citent même des grandeurs plus considérables encore.
- La solidité nécessaire pour résister au choc de semblables vagues, doit varier selon la longueur et la capacité du navire, ainsi que selon la nature des matériaux dont il est construit; et, comme les expériences exécutées sur le pont de Britannia ( Britan-nia Bridge ) ont démontré qu’un poids de 476000 kilog. mû avec une vitesse de 56 kilomètres par heure, peut être soutenu par un tube cellulaire de 140 mètres de portée, on doit conclure que l’emploi du fer permet de donner à un navire une solidité aussi considérable que l’exigent les circonstances. Comme d’ailleurs la stabilité résulte du choix de proportions convenables, on peut construire, de quelque dimension que ce soit, des navires propres à un bon service. C’est, au reste, ce qui a été démontré par l’accident survenu au Great Britain, puisque ce bâtiment, échoué pendant plus d’un mois sur des rochers, a pu être remis à flot sans avoir éprouvé de graves avaries.
- Il est cependant de fortes objections contre l’emploi exclusif du fer dans les construc-
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- lions nautiques; aussi a-t-on essayé plusieurs autres combinaisons, telles que l’usage du chêne d’Angleterre, du pin de grand échantillon, de trois bordages composés de planches croisées diagonalement, et enfin d’une charpente en fer, revêtue de bordages épais. Ce dernier système, joint à l’établissement de tirants à l’avant et à l’arrière, et de cloisons transversales bien étanches, a surtout été recommandé comme le plus sûr et le plus économique.
- Des membres ont insisté sur l’avantage de donner à la longueur le sextuple de la largeur, et ont fait observer que ces dimensions sont celles que les livres saints assignent à l’arche de Noé.
- L’assemblée a passé ensuite à la discussion de l’effet des fortes lames sur les bâtiments d’une grande longueur, principalement lorsque ces bâtiments se trouvent dans le travers de la lame, et lorsqu’ils n’ont pas assez d’espace pour évoluer par l’action du gouvernail. On a fait observer qu’alors on pourrait utilement recourir à l’effet d’un gouvernail auxiliaire, établi à la proue, et d’un propulseur disposé de manière à faire virer de bord plus facilement; et l’on a ajouté que la grandeur extraordinaire des bâtiments projetés, obligerait de construire des docks plus vastes, des bassins plus profonds, et que même, jusqu’à l’achèvement des travaux, ces bâtiments gigantesques devraient nécessairement recourir à des allèges pour entrer dans les rivières ou dans les ports*
- Après quelques réflexions incidentes, l’assemblée a établi que, dans la combinaison des entreprises, l’examen doit principalement porter sur la détermination scientifique des limites à donner au tonnage des navires, à la puissance de leurs machines, à leur capacité utile pour transporter, avec le plus grand avantage pécuniaire possible, les passagers et le chargement, en tenant compte des séjours que les bâtiments doivent faire dans les ports, puisque le résultat commercial n’est pas moins du ressort de l’ingénieur que le plan ou l’exécution des opérations.
- Des projets très-vastes étaient alors en préparation, et tendaient à faire passer les lettres de Holyhead à Dublin avec la vitesse de 36 kilomètres par heure; à établir un service entre Liverpool et New-York en six jours, à raison de 22 nœuds par heure ; à faire le voyage de Calcutta avec une vitesse de 15 nœuds par heure, sans embarquer de charbon pendant le cours entier du voyage qui comprend en tout 46300 kilomètres pour l’aller et le retour.
- Ces plans gigantesques sont devenus l’objet des délibérations de l’assemblée; et on les a discutés en les comparant à des données soigneusement recueillies sur la marche d’un bâtiment de la marine royale, le Raltler, dont on connaît les proportions et la puissance motrice.
- Mais d’autres membres ont réclamé contre l’adoption du chiffre 7n 1/2, par heure, comme mesure de la marche moyenne des vapeurs transatlantiques que l’on construit maintenant, et ont soutenu que cette moyenne n’a pu être déduite que des voyages des anciens steamers, et que l’on n’y a pas compris les résultats obtenus depuis par ceux des lignes de Cunard et de Collins. On a d’ailleurs fait observer que le Railler devait d’autant moins être considéré comme un type pour des calculs de ce genre, qu’il
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- n’avait pas exécuté une série de longs voyages, en variant beaucoup son tirant d’eau, dans des circonstances de température assez différentes, pour donner les éléments nécessaires à l’exactitude de conclusions d’une telle importance.
- L’avantage d’augmenter la longueur proportionnellement à la largeur paraît évident, si l’on admet que dans le vaisseau la capacité propre à l’arrimage de la cargaison, puisse, sans faire croître notablement la résistance directe du fluide, être augmentée par cette disposition, pourvu que l’on ne change pas le maximum de section transversale. Néanmoins, la détermination de la proportion qu’il convient d’établir entre la longueur et la largeur dans un paquebot transatlantique d’un bon service, est encore une question fort obscure. Si l’on considère, par exemple, la Wave Queen, dont la longueur est égale à 13 fois la largeur mesurée au maître bau, ces dimensions qui conviennent pour la Tamise et permettent d’y atteindre une grande vitesse, peuvent rendre le bâtiment incapable de soutenir, dans plusieurs circonstances, la navigation de la Manche. On doit s’exprimer de la même manière sur les paquebots qui sont affectés au service des rivières en Amérique et qui, dit-on, se meuvent avec une rapidité presque fabuleuse, mais dont les proportions transportées dans les bâtiments destinés aux traversées de l’Océan, ne conduiraient qu’à des revers, et à la perte des navires pendant les tempêtes.
- Dans une des séances suivantes ( celle du 29 novembre 1853 ), l’assemblée a repris la discussion, et s’est occupée des qualités que doit réunir un bâtiment de ce genre pour demeurer sûrement en panne. La solution n’a pas semblé pouvoir être déduite d’une comparaison entre ces bâtiments et les vaisseaux de guerre ou les corsaires qui sont chargés du poids énorme de leur armement et de leurs agrès; d’ailleurs, on ne doit pas confondre les vagues qui produisent l’oscillation, avec celles qui tendent à opérer la translation. C’est ce que démontre l’exemple d’un vaisseau désemparé qui court peu de danger aussi longtemps qu’il flotte, mais qui se brise, dès qu’il touche le fond, parce que les vagues, au lieu de le faire seulement osciller, tendent alors à le transporter.
- La proportion de 6 à 1, que l’on a proposé d’établir entre la longueur et la largeur, ne peut être solidement appuyée sur l’exemple d’une construction aussi ancienne que l’arche de Noé qui n’était destinée ni à voyager sous voiles, ni à être mue par la vapeur, mais seulement à flotter au gré des vagues, avec son immense chargement. On ne peut donc citer cet exemple à l’occasion des navires propres à la locomotion rapide; et, en réalité, les constructeurs modernes ont abandonné, pour les fins voiliers, ces proportions dont l’usage avait été longtemps perpétué, par les anciennes lois sur la mesure du tonnage, parce que ces lois forçaient, aux dépens de la vitesse, les ingénieurs maritimes de donner aux navires du commerce des dimensions propres au transport de cargaisons considérables. Des membres ont, de plus, fait observer que l’adoption de la vapeur comme moyen de propulsion, rend l’analogie encore moins apparente, et ont cité comme un exemple de l’avantage présenté par l’allongement des bâtiments, les navires de la Compagnie de la navigation à vapeur, pour le nord de l’Europe. Ainsi, la City of Norwich, de 55m,75 de long, et de 8m,23 de large, jaugée pour
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- 478 tonneaux, et mue par une puissance de 200 chevaux, a pu transporter 220 têtes de bétail avec une vitesse de 10 nœuds par heure, mais en souffrant beaucoup du roulis dans une mer qui la frappait par le travers, tandis que le Tonning, de 67m,65 de long, de 8m,23 de large, de 745 tonneaux de charge, et de 200 chevaux de puissance, a pu porter 360 têtes de bétail avec une vitesse de 12 nœuds par heure. Ce navire est très-maniable et a prouvé jusqu’à quel point il tient bien la mer, en côtoyant sans accident l’Ecosse pendant les dernières tempêtes de septembre.
- Ainsi, sans changer la puissance motrice, il a suffi de porter de 8 à 1, au lieu de 7 à 1, le rapport de la longueur et de la largeur, pour faire croître de près de 60 centièmes le rapport de l’espace utile, pour augmenter la vitesse de 2 nœuds par heure, et pour rendre le bâtiment beaucoup plus capable de bien naviguer. Un membre a fait aussi remarquer que les proportions relatives du Tonning sont presque identiquement les mêmes que celles des immenses bâtiments en fer dont la construction est projetée par la Compagnie de la navigation orientale à vapeur.
- Si l’on regarde la Wave Queen comme représentant la limite extrême, puisque la longueur y est de 64m,90, tandis que le maximum du travers ne mesure que 4m,57, ce qui donne le rapport de 13 à 1, avec un tirant de lm,52 seulement, et si l’on en compare la marche avec celle du Christiania, bon navire de 51m,80 de long, où le rapport de la longueur à la largeur est seulement d’environ 6 à 1, on remarque que le second, frappé à son avant par des vagues d’une hauteur ordinaire, embarquait continuellement de l’eau, tandis que le pont du premier, dans les mêmes circonstances, restait parfaitement sec. L’orateur a rapporté cette observation comme faite par lui-même.
- Quant aux savants calculs dans lesquels on est entré sur les trois grands projets de navigation, avant d’admettre l’exactitude des résultats annoncés, il convient de dire que le Raltler proposé comme un type, a été édifié à l’époque la moins avancée, scientifiquement parlant, des constructions maritimes dans les arsenaux de Sa Majesté. Ce navire porte 53m,64 de long, sur 9m,77 de large au maître bau, et donne, par conséquent, le rapport de 5 1/2 à 1. Or, d’après ce qui a été publié, il a évidemment exécuté tout ce que l’on devait attendre de ses proportions. A l’époque où ses machines ont été établies, les ingénieurs de la marine venaient d’adopter et avaient à peine mis en pratique l’usage de la vapeur à une tension un peu élevée, et de la détente qui permet de réaliser une économie importante de combustible. Or, les calculs de la consommation pour les voyages d’une grande étendue, seraient encore moins acceptables, s’ils étaient fondés sur les anciennes données et non sur les nouvelles qui, dans les bâtiments bien construits, n’indiquent pas plus de lkil-,585 par cheval-vapeur effectif.
- Il faut donc reconnaître que toutes les conclusions fondées sur le relevé des vitesses et des autres qualités du Raltler sont extrêmement erronées. On a démontré combien l’allongement du Tonning en a augmenté la vitesse et la capacité pour le transport utile, quoique la puissance motrice n’ait pas été modifiée; et il est raisonnable de penser par analogie que si, dans le Rallier, le rapport de 5 1/2 à 1 avait été porté presque Tome Ier. — 53e année. 2e série, — Juillet 1854. 58
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- de 8 à 1, l’amélioration eût paru beaucoup plus frappante encore, et que ce navire eût présenté un type beaucoup plus digne de confiance, pour les calculs relatifs à la possibilité de construire et d’employer utilement de grands bâtiments dans le service du commerce. Par conséquent, tout ce qui précède, joint à plusieurs autres exemples, démontre évidemment qu’il n’est pas exact d’assigner le rapport de 6 à 1, comme préférable pour les navires de quelque espèce que ce soit.
- D’ailleurs, en expédiant de grands vaisseaux pour l’Inde ou pour l’Australie, on commettrait une erreur si on les destinait à exécuter le voyage sans renouveler leur approvisionnement de combustible. Il vaudrait mieux, en effet, ne les charger que du charbon nécessaire pour qu’ils pussent atteindre leur but, sans être obligés de relâcher dans les ports intermédiaires, parce que, sauf le cas où ils ne pourraient trouver une cargaison plus avantageuse que le charbon destiné au retour, on trouverait plus d’économie à leur faire porter d’avance, par des bâtiments à voiles, cette matière dans le port qui est le terme extrême de leur traversée.
- L’Institution, au reste, n’a pas admis les résultats des calculs basés sur un type tel que le Rattler, et n’a eu que l’intention d’ouvrir la carrière aux investigations scientifiques sur les magnifiques expériences commerciales que l’on tente en ce moment, et pour le succès desquelles tous les vœux ne peuvent être qu’unanimes. Les ingénieurs, en effet, à moins qu’ils ne soient formellement appelés à se prononcer sur les chances du succès commercial des entreprises, ne doivent généralement considérer que les moyens d’exécuter les constructions au meilleur marché possible, sans compromettre la sûreté publique ou la durée de leurs ouvrages; mais c’est surtout aux spéculateurs qu’il appartient de discuter l’étendue des bénéfices probables.
- Or, les armateurs commencent généralement à reconnaître qu’il est plus avantageux d’employer un petit nombre de bâtiments d’un très-fort tonnage, qu’une grande quantité de navires d’une faible capacité ; et un document publié dans le Times du 22 novembre 1853, d’après le Liverpool Albion du 21 novembre, présente même sous une forme remarquable les résultats d’une expérience de ce genre.
- Mais, malgré l’évidence qui semble résulter de cette pièce, il ne serait pas sage de conclure précipitamment que les vaisseaux d’une grandeur gigantesque conviennent dans toutes les circonstances; et, ce qui décide réellement de l’avantage de construire de forts bâtiments, c’estla simultanéité d’un commerce considérable et d’une grande distance à parcourir. Par exemple, on peut, à l’exception de quelques branches d’échanges qui ont pris un vaste développement, révoquer en doute l’opportunité d’employer, pour le cabotage d’un port à l’autre de la Grande-Bretagne, des navires d’un très-fort tonnage.
- Il est évident que, pour un voyage d’une certaine longueur, et pour des relations d’une étendue déterminée, il existe une grandeur spéciale qui convient le mieux pour les navires; et, en effet, dans ce cas comme dans beaucoup d’autres opérations des arts mécaniques, les circonstances exercent une influence décisive sur les dimensions des constructions. Si l’on prend pour exemple les relations ouvertes entre l’Angleterre et l’Amérique par le bateau à vapeur Je Great Western, ce navire, tel qu’il a été projeté d’abord, quoique dépassant de beaucoup en grandeur les autres bâtiments alors en
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- usage, était cependant de la dimension la plus petite qui pût être employée pour cette destination. Pendant qu’on le construisait, on a meme reconnu la nécessité d’en augmenter la longueur à un point qui la faisait alors considérer comme dangereuse.
- Depuis cette époque , à mesure que les échanges commerciaux se sont accrus , tous les navires destinés à exécuter le même trajet ont reçu des tonnages de plus en plus considérables; mais, ainsi agrandis, ces bâtiments se sont encore trouvés trop petits pour les voyages d’Australie qui sont de 46300 kilomètres; et la nécessité de rendre plus forte la quantité du charbon a fait sentir celle d’accroître la longueur de la coque, afin de maintenir les mêmes bénéfices pour les voyages dans l’Australie ou dans les Indes. On a donc reconnu qu’un bâtiment semblable au Great Western devrait être porté à une longueur de 158 mètres, pour effectuer le trajet ; et l’on a ainsi conclu que des voyages d’une étendue extraordinaire exigent des navires d’une grandeur également extraordinaire.
- Quant à l’intérêt pécuniaire de la question, les négociants qui se livrent au commerce des Indes et de l’Australie, ont supputé, d’après les données recueillies dans l’exécution de leurs entreprises, le nombre des passagers et le poids du chargement qui leur sont nécessaires. Ce calcul a démontré la nécessité d’augmenter la capacité des bâtiments, pour satisfaire aux exigences des relations existantes. C’est ainsi que ces relations ont fixé réellement les proportions des nouveaux et vastes bâtiments dont on propose la construction.
- Quant à la stabilité de ces bâtiments, il n’existe entre les ingénieurs aucune divergence d’opinion, pourvu que la matière employée soit le fer. Au contraire, les vaisseaux en bois ne peuvent recevoir qu’une étendue restreinte par les dimensions que les arbres tiennent de la nature, tandis que les laminoirs sont capables de donner de la tôle et des fers de toutes les grandeurs. On doit observer aussi que la résistance du bois scié diagonalement est si faible que deux planches ne peuvent être assemblées de manière à être également fortes dans toutes leurs parties, tandis que deux feuilles de tôle bien rivées, offrent sur tous leurs points une solidité presque uniforme.
- De plus, en ce qui concerne la résistance opposée aux lames par les grands navires, puisque les vagues de l’Atlantique ont une étendue qui ne dépasse pas des limites connues, puisque ces vagues sont indépendantes de la capacité des navires qui les sillonnent, il est évident que leur grandeur relative est, par rapport aux vaisseaux, d’autant moindre que ces vaisseaux sont plus vastes; en sorte que, dans une tempête, un grand bâtiment rencontre des lames qui ne sont à son égard que ce que sont, par un fort vent seulement, pour un bâtiment moindre de moitié, des lames aussi moindres de moitié; or, les dimensions linéaires des plus forts bâtiments projetés ne dépassent pas le double de celles des vaisseaux existants.
- Quant aux effets du choc des lames, on doit se rappeler qu’un navire qui s’élève sur une vague, devient, en quelque sorte, une partie de cette vague, qui se meut avec elle comme le faisait la masse d’eau qu’il a déplacée. Les fortes vagues de l’Atlantique, observées par le docteur Scoresby, ne frappent pas les navires, mais les élèvent et les abaissent, en les soumettant à des oscillations lentes qui durent environ seize secondes, temps trop long pour que le choc puisse être violent.
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- SÉANCES DU CONSEIL DADMINISTUATION.
- Ce sont seulement les petites vagues poussées par le vent avec une vitesse différente de celle du vaisseau, qui peuvent produire des coups de mer; et Lvhauteur des bâtiments proposés est, au-dessus de la flottaison, telle que les ponts ne seront sans doute jamais mouillés que par le jaillissement.
- On a fait observer enfin qu’un vaisseau qui, par quelque faute de construction , ou par l’insuffisance de la puissance motrice, est sujet à descendre dans le travers des lames, peut, par l’effet de cette situation, essuyer de très-graves accidents; et l’on a cité comme exemples deux navires, l’un de 800, l’autre de 1200 tonneaux, qui, frappés par les lames dans des cas semblables, ont perdu tous leurs agrès, et ont eu leurs ponts complètement rasés. Ces faits d’expériences prouvent que ce qui vient d’être dit de l’oscillation lente produite par les vagues, ne doit être admis que sous de justes réserves. Mais on a répondu que, pendant une tempête, les vagues sont ordinairement de deux sortes : les unes, longues et basses, produisent de simples oscillations; les autres, beaucoup plus petites et plus courtes, s’élèvent sous l’action immédiate du vent. Ce sont ces dernières qui frappent les petits vaisseaux avec tant de violence, lorsqu’elles s’élèvent sur la crête des autres vagues, mais le pont des très-grands vaisseaux sera beaucoup trop élevé pour qu’elles puissent l’atteindre autrement que par rejaillissement. ( Méchantes Magazine. )
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- PROCÈS-VERBAUX.
- Séance du 12 juillet 1854.
- M. Dumas, président, occupe le fauteuil.
- Le procès-verbal de la séance précédente est lu et approuvé.
- Correspondance. M. Pailleux-Salats, imprimeur sur verre, à Chatou ( Seine-et-Oise ), appelle l’attention de la Société sur une industrie nouvelle. M. Pailleux-Salats applique mécaniquement sur verre à vitre les émaux du commerce ; il en opère la cuisson dans des fours semblables à ceux dont on faisait usage à Choisy.
- M. Forey, chef-monteur au chemin de fer d’Orléans, demande que la Société veuille bien lui venir en aide pour construire une machine à vapeur de la force de 2 chevaux, qu’il se propose de présentera l’exposition de 1855, machine dont il fait connaître les principales dispositions.
- M. Chauvin, conducteur des ponts et chaussées, aux Batignolles, présente un ouvrage sur un niveau de pente et sur une nouvelle méthode d’opérer les nivellements, suivi d’une instruction sur l’entretien des routes.
- M. Girard, horloger, à Liège, adresse les dessins et la description d’un pendule électrique qui fonctionne dans son établissement.
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- M. Faure, menuisier-mécanicien, à Rélhel (Ardennes), recommande, comme digne de participer à la distribution des médailles de contre-maîtres, M. Tailleur ( Dominique ), âgé de soixante ans, son contre-maître depuis vingt-cinq ans.
- M. Salomon, du Finistère, rue de Bondy, 34, annonce qu’il est auteur d’un liquide propre à éteindre les incendies, et qu’une expérience doit être faite en présence de commissaires nommés par M. le préfet de police.
- Parmi les ouvrages imprimés adressés à la Société se trouve un traité dans lequel M. Louis Piette, directeur de la papeterie de Dilling, en Prusse, décrit les essais qu’il a faits sur la coloration des pâtes à papier et sur la fabrication directe des papiers de tenture d’après un nouveau procédé ; cet ouvrage est accompagné de 350 échantillons et contient un aperçu sur l’état actuel de la fabrication du papier et sur l’assortiment des couleurs.
- Rapports des comités. Au nom du comité des arts chimiques, M. Bussy lit un rapport sur un produit présenté à la Société sous le nom d ‘‘essence de mirbane, résultant de l’action de l’acide nitrique sur les huiles volatiles extraites de la houille.
- M. Colas, pharmacien, et M. Laroque, fabricant de produits chimiques, ont présenté séparément chacun un échantillon d’essence de mirbane ; ces échantillons, qui sont presque identiques, consistent en un produit liquide qui a le caractère extérieur des huiles essentielles; il est incolore, plus dense que l’eau, volatil à la manière des huiles essentielles, d’une odeur forte très-diffusible, semblable à c|lle des amandes amères. L’odeur de l’essence se confond si bien avec celle de cette dernière, que M. Colas a eu l’idée d’employer ce produit artificiel aux usages de la parfumerie, et particulièrement pour parfumer les savons de toilette.
- Ce résultat est dû en grande partie à l’initiative de M. Colas, aux sacrifices d’argent et de temps qu’il a faits pour répandre dans l’industrie l’essence dont il s’agit; il est dû aussi à M. Laroque, qui, par une fabrication intelligente et soignée, s’est mis en mesure de fournir au commerce un produit toujours identique, convenablement purifié et à un prix qui a permis d’en étendre beaucoup les applications.
- Après des observations sur l’essence de mirbane comme composé chimique, M. le rapporteur propose d’adresser à MM. Colas et Laroque des remercîments pour la communication qu’ils ont faite à la Société et d’insérer le rapport dans le Bulletin.
- M. Benoît annonce que, ayant employé du savon parfumé avec l’essence de mirbane, il a été obligé d’y renoncer par la raison que ce savon, tout en ayant conservé une odeur agréable, a perdu celte odeur peu de temps après, pour en prendre une autre très-désagréable.
- M. Bussy attribue ce fait à ce que l’essence de mirbane avait servi à masquer l’odeur d’un savon composé de mauvaises matières.
- M. le président exprime le désir que le rapport renferme des expériences sur la véritable nature du produit et indique un moyen de s’assurer de sa qualité.
- M. Bussy fait remarquer que la nitro-benzine a été obtenue, pour la première fois,
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- par M. Mitscherlieh en faisant réagir l’acide azotique sur la benzine. Plus tard, M. Laurent signala le même produit en opérant sur les huiles essentielles de houille. Dans le courant de 1848, M. Colas obtint aussi de la nitro-benzine avec l’huile légère de houille. Sans s’attacher à la préparation d’un produit pur, il a introduit dans l’industrie le produit complexe auquel il donne le nom d'essence de mirbane.
- M. Jacquelain regarde ce travail comme présentant de sérieuses difficultés; il fait connaître qu’en 1852, s’occupant d’un travail sur l’acide carboazotique, il fut amené, en faisant usage d’huile de houille rectifiée prise à différentes sources, à se rencontrer avec M. Colas sur la préparation de la nitro-benzine du commerce, que M. Colas, à son insu, avait obtenu et vendu commercialement depuis plusieurs années. Or il résulte de ces expériences que l’huile de houille bien épurée, quoique très-complexe, ne se colorant pas sous la double influence de l’air et de la lumière, offre, par ce seul caractère, une garantie de succès pour la préparation d’une nitro-benzine commerciale ou huile essentielle de mirbane de bonne qualité, sous la condition de rectifier cette huile par distillation, de manière à obtenir un produit parfaitement limpide et incolore.
- Dans cet état, l’huile essentielle de mirbane possède une odeur suave lorsqu’on la respire et qu’on l’emploie à faible dose pour aromatiser les savons; tandis que l’odeur du savon est toujours désagréable quand cette huile n’a pas été rectifiée.
- M. Jacquelain demande que ses observations au sujet de l’huile de bouille et de l’essence de mirbane soient consignées au procès-verbal.
- Cette demande est accueillie.
- M. Bussy fait observer que, comme composé chimique, l’essence de mirbane est un produit complexe, mal défini, dont l’étude chimique laisse encore beaucoup à désirer; il ne connaît d’autre moyen de la distinguer que par son odeur plus ou moins suave.
- Après une discussion, le rapport est renvoyé au comité.
- M. Barrai fait connaître verbalement le résultat de l’examen, fait par la sous-commission de la vigne, des pièces envoyées au concours pour des recherches et des expériences sur l’origine et la marche de cette maladie et pour des moyens préventifs ou curatifs appliqués à la combattre.
- Sur l’observation d’un membre, que le rapport n’a point été délibéré en commission, M. le président propose au conseil de se réunir en séance extraordinaire le vendredi 14 de ce mois pour délibérer sur les conclusions du rapport.
- Cette proposition est adoptée.
- Communications. M. Lainel, membre du conseil, présente des planches lithographiées représentant le palais de cristal de Munich.
- M. le président remercie M. Lainel de cette communication.
- MM. Gérard et Aubert, fabricants de caoutchouc, à Grenelle, adressent de nouveaux produits qu’ils ont obtenus dans leur établissement.
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- Ces produits sont 1° des feuilles laminées, imprimées et gaufrées; 2° des tuyaux faits à la filière ; 4° du caoutchouc dit alcalin; 5° des pièces moulées.
- Jusqu’ici les feuilles de caoutchouc ont été obtenues de deux manières : la première consiste dans le sciage d’un bloc de caoutchouc par un moyen analogue à celui pour scier des feuilles de placage ; seulement la scie à dents employée pour le bois est remplacée, pour le caoutchouc, par une lame tranchante constamment arrosée par un filet d’eau. La feuille de caoutchouc ainsi obtenue est connue sous le nom de feuille sciée, de feuille anglaise. Le second moyen consiste à dissoudre le caoutchouc dans l’essence de térébenthine ou autre dissolvant, et à l’appliquer ensuite par couches successives jusqu’à l’épaisseur voulue, sur une toile préparée à cet effet ; on laisse évaporer le dissolvant ; puis on relève avec précaution la feuille de caoutchouc de dessus la toile.
- Le moyen que MM. Gérard et Aubert emploient consiste simplement à pétrir d’abord intimement une certaine masse de caoutchouc jusqu’à ce qu’elle soit bien homogène, et à la laminer entre des cylindres chauffés à 120 degrés; ces cylindres marchent avec assez de lenteur pour que le caoutchouc ait le temps de se recuire et par suite puisse conserver, au moment où il les quitte, la forme que le laminage lui a donnée. La feuille est recueillie sur une toile sans fin qui l’entraîne au sortir du cylindre.
- Les feuilles de couleur s’obtiennent en mélangeant, avant le laminage, des substances colorantes à la masse de caoutchouc.
- Ces feuilles sont ensuite enroulées fortement entre des étoffes ou des tissus ornés de dessins et soumises à la pression et à une haute température, dans de l’eau ou de la vapeur d’eau; le caoutchouc se ramollit, se gonfle, se reconstitue en conservant l’empreinte que les dessins des tissus ont laissée à sa surface; il se vulcanise en même temps, s’il est mélangé de soufre et si la chaleur a été poussée assez loin.
- MM. Gérard et Aubert obtiennent des tuyaux sans soudure par un moyen qui offre quelque analogie avec celui signalé plus haut pour produire des feuilles. Au lieu de faire passer la masse de caoutchouc entre des cylindres chauffés à 120 degrés, ils la font sortir par pression à travers une filière disposée de façon à ce que toutes ses parties soient chauffées à cette même température. Ces tubes sont aussi recueillis sur des toiles sans fin; ils sont faits d’une pièce sans soudure et présentent une solidité remarquable. •
- Ces fabricants font un caoutchouc auquel ils ont donné le nom d'alcalin ( à cause de sa réaction alcaline ) ; il jouit des propriétés suivantes :
- 1° Après sa vulcanisation, il ne durcit pas à la longue et ne devient pas cassant ;
- 2° Il a une ténacité et une résislance plus grandes que le caoutchouc vulcanisé ordinaire ;
- 3° Il supporte une température de 150 à 160 degrés et au-dessus, sans se durcir ni se détériorer en aucune façon, qu’il soit placé dans l’eau ou la vapeur, dans l’huile ou entre les corps solides secs. Cette propriété le rend apte à former les joints de conduites et tuyaux de vapeur, à fermer les trous d’homme des bouilleurs et chaudières à vapeur, à garnir les pistons des machines, etc.
- MM. Gérard et Aubert font des feuilles de caoutchouc ornées de rayures, marbrures
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- et arabesques. Voici le moyen qu’ils emploient pour les obtenir : ils prennent des feuilles de couleurs différentes et les découpent en rondelles de diamètres semblables ; ils placent ensuite ces rondelles suivant l’ordre régulier des rayures de couleurs qu’ils veulent obtenir, les unes au-dessus des autres, jusqu’à ce que leur superposition ait donné soit un disque ou un cylindre en rubans ou en feuilles par les procédés ordinaires, en suivant une ligne décrivant une spirale de la circonférence au centre. On conçoit que ce ruban ou cette feuille sera ainsi formé d’autant de rayures qu’il y aura eu de rondelles de feuilles superposées, le découpage ayant lieu suivant une ligne parallèle à l’axe du disque ou du cylindre. Ces feuilles peuvent être imprimées et gaufrées comme les feuilles à couleurs unies.
- Enfin, au moyen de cette même application de la chaleur, ces manufacturiers arrivent à mouler et vulcaniser les pièces les plus compliquées.
- M. Bloch, préparateur du cours de teinture au Conservatoire des arts et métiers, donne la description suivante d’un appareil qu’il appelle féculomètre.
- L’importance que la fécule a acquise dans la fabrication de la glucose et dans celle des gommes, dans la préparation des apprêts et des couleurs a engagé M. Bloch à rechercher un moyen convenable pour évaluer sa richesse réelle. Cette question a été souvent débattue par les fabricants de glucose et spécialement par ceux qui emploient la fécule humide dite fécule verte.
- 11 existait plusieurs modes d’opérer : 1° par la dessiccation ; 2° par la prise de la densité ; 3° par la méthode des liqueurs titrées ; 4° par la mesure du volume qu’occupe un poids constant de fécule arrivée à son maximum d’hydratation.
- M. Bloch s’est surtout attaché au dernier mode, vu la facilité de l’opération, et ensuite parce que l’indication du titre est directe.
- M. May expose les changements et les perfectionnements qu’il a apportés dans son système de fusils se chargeant par la culasse.
- M. Chuard, rue Carnot, 6, donne la description d’une lampe de sûreté inventée par lui pour prévenir les accidents qui arrivent dans les mines de houille par l’explosion du gaz.
- M. le président remercie M. Chuard de cette communication.
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- PARIS.—IMPRIMERIE DE M
- Ve ROUCIIARD-IIUZARD , RUE DE I. EPERON , 5.
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- 53« ANNÉE. DEUXIÈME SÉRIE. N» 13. — AOUT 1834.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ALCOOL.
- rapport fait par m. clerget, au nom des comités d’agriculture, des arts chimiques et des arts économiques réunis, sur la fabrication de l’alcool de betterave dans les établissements agricoles, par le procédé de m. champonnois, rue du Mail, 10.
- Messieurs, nous venons vous rendre compte de l’examen, auquel nous nous sommes livrés, du procédé de M. Champonnois pour la fabrication de l’alcool de betterave. Le but que s’est proposé M. Champonnois a été de rendre cette fabrication praticable dans les établissements agricoles, et de lui donner le caractère d’une industrie annexe, propre à créer des travaux pour l’hiver, à faciliter la variété des assolements, à augmenter l’alimentation du bétail et, par conséquent, les engrais. Bien des efforts ont été faits pour arriver à de semblables résultats au moyen de la fabrication du sucre; mais ils sont demeurés jusqu’à présent sans succès, et les grandes fabriques spéciales de sucre ont seules continué à prospérer. C’est que la fabrication du sucre exige une main-d’œuvre compliquée et difficile, ainsi qu’un outillage dispendieux et généralement hors de la portée des cultivateurs. Le matériel d’une fabrique de sucre bien organisée se compose de machines à vapeur, de grands générateurs, de râpes mécaniques, de presses hydrauliques, d’appareils à cuire dans le vide et de purgeurs centrifuges. La fabrication de l’alcool est évidemment moins complexe, et aussi celle des alcools ordinaires a-t-elle été toujours pratiquée par un grand nombre de cultivateurs. On compte en France plus de dix mille propriétaires de vignes qui distillent eux-mêmes des vins et des marcs de raisin. En Allemagne, les distilleries agricoles de grains et de pommes de terre sont extrêmement multipliées ; dans le seul district de Mayence , il Tome Ier. — 53e année. 2° série. — Août 1854. 59
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- en existe plus de quatre cents. Cet état de choses prédispose à penser qu’une méthode judicieuse peut donner la solution de l’intéressant problème de l’installation, également danà leâ campagnes, de la fabrication de l’alcool de betterave.
- Peu d’explications nous suffiront pour indiquer les dispositions fondamentales du procédé de M. Champonnois, et toutefois nous renverrons, pour plus de détails , au dessin et a la légende annexés au présent rapport.
- Les betteraves sont d’abord lavées dans un dèbourbeur d’un usage très-répandu depuis longtemps dans les fabriques de sucre, et dont M. Champonnois est l’inventeur. Il consiste dans un cylindre formé avec des douves espacées, incliné et tournant sur son axe. En sortant du dèbourbeur, les betteraves sont soumises à un coupe - racine à roue verticale qui les divise en rubans minces et étroits. La pulpe, ainsi traitée, tombe sur le sol, et si l’état des betteraves l’exige , c’est-à-dire si elles paraissent avoir éprouvé quelque altération, cette pulpe est aspergée, au moyen d’un balai, avec une solution au dixième d’acide sulfurique du commerce. Cette solution est employée dans la proportion d’un demi - millième environ d’acide monohydraté pour un de betterave.
- Du coupe-racine la pulpe est transportée dans un des cuviers en bois, au nombre de trois , dits macérateurs. Chacun de ces cuviers, de 1 mètre environ de diamètre et de hauteur, peut contenir une charge de 400 kilog. Cette charge est répartie avec le plus de soin possible, afin qu’elle se tasse régulièrement et seulement par son propre poids ; elle repose sur un double fond en tôle percé de trous ; ce double fond est distant du fond réel de quelques centimètres. Lorsque la charge est complète, on la recouvre avec un second disque constituant aussi un crible , et on fait arriver par jet continu de l’eau bouillante sur la pulpe. Tandis que cette eau coule et remplit le cuvier, un second macérateur est aussi chargé de pulpe ; puis on ouvre le robinet d’un tuyau partant du double fond du premier cuvier et s’élevant extérieurement jusqu’à la partie supérieure du second, dans lequel il pénètre. Le jus de la pulpe de la première charge sur laquelle l’eau bouillante qui continue à affluer agit par macération, endosmose et déplacement, se déverse par ce tuyau sur la seconde charge, et, aussitôt que celle-ci en est complètement baignée, on donne issue au jus qu’elle fournit à son tour, par un tuyau disposé comme le précédent, c’est-à-dire partant du fond du cuvier et se relevant extérieurement jusqu’au niveau du liquide. Ce tuyau conduit le jus à l’une des quatre cuves dites à fermentation ; puis on arrête l’écoulement au moyen d’un robinet quand on reconnaît, à la hauteur du jus dans la cuve, qu’il est en quantité égale à la charge du macérateur d’où il provient.
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- Pendant la durée de l’écoulement, qui a été d’une demi-heure environ, on a chargé de pulpe le troisième macérateur. Le premier, sur lequel l’eau pure a continué jusqu’alors de se déverser, ne contient plus, en ce moment, qu’un jus faible ; on suspend l’écoulement de l’eau, pure, et ce jus faible est soutiré du cuvier par une pompe qui le porte dans une chaudière dite à réchauffer. Ensuite on le conduit bouillant de cette chaudière sur le deuxième macérateur, et on ouvre le robinet de la conduite qui fait communiquer le fond de ce cuvier à la partie supérieure du troisième, lequel fournit, par suite , à la cuve à fermentation , une charge de jus fort égale à celle déjà obtenue du deuxième cuvier; mais, pendant cette opération, la pulpe du premier macérateur, épuisée et égouttée , a été retirée de ce cuvier et remplacée par une nouvelle charge de pulpe fraîche. De ce moment, la macération s’opère par un roulement continu ; c’est le second jus du troisième cuvier que l’on conduit sur le premier, en même temps que le jus faible et réchauffé du deuxième est déversé sur le troisième , sur lequel on fait arriver une charge d’eau pure. En définitive, chaque cuvier prend successivement à son tour le premier, le deuxième et le troisième rang dans la macération méthodique ainsi pratiquée. Cette macération à l’eau bouillante est continuée jusqu’à ce que la cuve à fermentation qui reçoit les déversements se trouve remplie, ce qui comporte une journée de travail. Dans cette cuve on a délayé à l’avance, et pour une seule fois pendant la durée des travaux de toute la saison, une quantité de levure de bière en rapport avec la capacité du récipient, soit environ 1 kilog. pour 5 hectolitres de jus. Bientôt, sous l’influence de cette levure, le jus fermente ; l’effervescence dure à peu près vingt-quatre heures, et, quand elle est arrêtée, on ouvre un robinet qui fait communiquer la cuve pleine avec l’une des trois autres cuves vides, de telle sorte que le liquide fermenté se partage également entre deux cuves. On procède à de nouvelles macérations pour compléter, avec leurs produits, la charge de ces mêmes cuves, et l’on voit le nouveau liquide qui vient se joindre à celui déjà fermenté entrer aussi en effervescence sans nouvelle addition de levûre. C’est le ferment auquel les principes azotés du jus ont donné naissance sous la première action de la levûre qui agit dans cette circonstance, et désormais il dispense de l’emploi d’un ferment additionnel. Les cuves étant refroidies, on commence à distiller le jus fermenté de l’une d’elles dans un alambic à colonne et à double chaudière, et alors c’est exclusivement avec les vinasses bouillantes, extraites de la chaudière inférieure de l’alambic , que l’on procède, en pratiquant un roulement semblable à celui qui vient d’être indiqué pour la macération initiale des pulpes à l’eau pure. Suivant!. Champonnois, ces vinasses, dont l’emploi constitue une partie très-caractéristique de sa méthode, ont la propriété de déplacer le jus des pulpes
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- avec beaucoup plus d’énergie que ne le ferait de l’eau seule ; il pense que cette propriété est due à l’action , sur les cellules de la betterave, des acides organiques devenus libres.
- Il est facile de concevoir les principaux avantages que présentent ces dispositions.
- Par le découpage des betteraves, suivi de la macération, on évite l’usage des presses hydrauliques dont on se sert quand on râpe les racines dans les procédés ordinaires, pour en extraire le jus mécaniquement.
- D’un autre côté, les vinasses, employées comme moyen de déplacement du jus, tiennent lieu de l’eau que réclamerait une macération ordinaire, et que, dans beaucoup de fermes, il serait difficile de se procurer.
- Mais on doit surtout se fixer sur ce point très-important : alors que le procédé de l’extraction du jus par les presses ne laisse à l’agriculteur, pour la nourriture du bétail, que 20 pour 100 de pulpe à peu près et entraîne la perte de tous les principes solubles autres que le sucre contenu dans les 80 pour 100 de jus que l’on sépare et que l’on soumet à la fermentation, la macération par les vinasses conserve la totalité de la pulpe et lui rend ces mêmes principes. Dans les procédés d’extraction du jus par les presses, ces principes non-seulement ne sont pas utilisés, mais encore les liquides qui les contiennent sont souvent une cause sérieuse d’embarras sous le rapport de l’odeur fétide qui s’en dégage lorsqu’on se trouve obligé de les faire écouler sur la voie publique.
- Enfin, ce que le nouveau procédé présente encore de remarquable , c’est la régularité extrême des fermentations qu’il permet d’obtenir. Dans l’application des procédés ordinaires, l’effervescence est souvent difficile à régler. On jette dans les cuves, pour empêcher la mousse de se former, une quantité notable de corps gras ; sans cette précaution, le liquide monte et déborde : souvent aussi une température trop élevée et que l’on ne peut maîtriser fait passer le liquide à la fermentation acide.
- La méthode adoptée par M. Champonnois prévient cet inconvénient. En effet, le jus de macération, déversé par jet continu, étant toujours à une température inférieure à celle de la cuve en travail, vient compenser l’excès de chaleur qui s’y développe , et ce jus subit immédiatement la transformation alcoolique sans être exposé à aucune cause d’altération ; il n’est soumis qu a la seule action du ferment utile en suspension dans le liquide auquel il se réunit, et l’on n’a pas à redouter l’influence, sur le sucre du moût, ou sur l’alcool naissant, de levures usées ou décomposées, attendu que, chaque soir, la cuve dont on a distillé le contenu et qui doit servir aux fermentations du lendemain est nettoyée avec soin, et qu’il n’y reste aucune trace des résidus de l’opération précédente. D’ailleurs, guidé par les indications d’un ther-
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- momètre, l’ouvrier chargé de la conduite des cuves sait toujours s’il doit, en recourant aux moyens faciles dont il dispose, élever ou abaisser la température pour assurer le succès de l’opération.
- La commission s’est attachée à constater les résultats obtenus par M. Cham-ponnois, en visitant les trois établissements ou il a mis, cette année, son procédé en application.
- Le premier essai a été pratiqué chez MM. Huot, propriétaires de la ferme de la Planche, près de Troyes. Le travail a commencé le 12 janvier, et s’est terminé le 6 avril. La commission s’est rendue, le 17 mars, à la Planche; MM. Huot avaient eu nécessairement à surmonter des difficultés de début : aussi leur établissement réclamait-il quelques améliorations. Les appareils étaient installés dans un local dont la hauteur ne permettait pas d’élever assez l'alambic pour que l’écoulement des vinasses pût avoir lieu par une pente naturelle de la chaudière dans les cuviers à macération. Une pompe devait servir pour les déverser sur ces cuviers ; mais les soupapes en avaient été altérées par la haute température du liquide, et elle fonctionnait mal. Le coupe-racine, mû à bras d’homme, ne débitait pas avec assez de rapidité; mais la circonstance la plus fâcheuse tenait au mauvais état des betteraves, qui n’avaient pas été cultivées en vue de la fabrication, et qui étaient, en général, de l’espèce dite disette, laquelle prend souvent de fortes dimensions et ne contient qu’une faible quantité de sucre. Le titre saccharin de ces betteraves était seulement de 5,5 pour 100 : mal conservées , elles étaient, pour la plupart, tellement défectueuses, que plusieurs femmes employées à les nettoyer suffisaient à peine pour en séparer les parties complètement altérées. Quoi qu’il en soit, nous avons reconnu que la macération de la pulpe s’effectuait bien, que les fermentations marchaient régulièrement, et que le titre alcoolique des vins ( jus fermentés j était sensiblement en rapport avec la quantité de sucre que le moût représentait. La distillation donnait des flegmes de 47 à 48° : ils étaient de mauvais goût, comme le sont généralement les alcools de betterave de ce titre peu élevé ; mais ils ne se trouvaient pas dans des conditions particulières qui dussent faire penser qu’il pourrait être difficile de les purifier par rectification. Enfin nous avons assisté à la distribution de la pulpe dans les étables, et nous avons vu les animaux la manger avec avidité ; MM. Huot assuraient que cette nourriture leur était très-profitable.
- Après notre visite à la ferme de la Planche, nous avons dû attendre, pour continuer notre examen, la mise en activité de l’usine également annexe d’une ferme que créait à Brégy, près de Meaux, un agriculteur habile, M. d’Huicques/La durée du travail, dans cette usine, a été de vingt-neuf jours : commencé le 20 avril, il a fini le 18 mai.
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- Nous avons trouvé, à Brégy, un établissement très-méthodique. jÉvidem-ment, on avait mis à profit l’expérience acquise à la Planche. Ici le dèbour-beur et le coupe-racine, mis en mouvement par un manège auquel est attelé un cheval, fonctionnaient sans peine et avec régularité. Les élévations relatives de l’alambic, des macérateurs et des cuves à fermentation étaient.bien ménagées, et les opérations se conduisaient avec une grande facilité. Le bétail , vaches, taureaux et moutons, mangeait avec prédilection la pulpe macérée additionnée de menue paille, et M. d’Huicques, en nous montrant les relevés de la production du lait, nous a fait remarquer une augmentation de plus d’un tiers dans cette production depuis l’emploi de la pulpe. Le mélange qu’il pratiquait était ainsi réglé : trois parties de pulpe en poids et une partie de menue paille, ce qui répond, en volume, à une partie de pulpe et trois de menue paille. M. d’Huicques donne cette nourriture jusqu’à concurrence de 30 à 35 kilog. de pulpe chaque jour par tête de gros bétail. On évalue, en général, la nourriture d’un mouton au sixième de celle d’un bœuf ; d’où il suit qu’environ cent vaches, bœufs ou taureaux, ou six cents moutons, sont nécessaires pour consommer par jour 3,200 kilog. de pulpe macérée provenant de 4,000 kilog. de betteraves.
- Nous n’avons trouvé de regrettable, à Brégy, que la qualité des betteraves. Ces racines, de fortes dimensions , nous ont été désignées par M. d’Huicques comme étant d’une espèce métisse participant de la globe jaune et de la disette ; nous avons constaté que leur titre saccharin était seulement de 4,4 pour 100. C’est encore une infériorité bien marquée sur celui des betteraves de la Planche.
- Il nous restait à visiter la troisième et dernière usine installée, cette année, par M. Champonnois, celle de l’établissement agricole et pénitencier de Petit-Bourg, que dirige M. Allier. C’est seulement le 5 mai que cette usine a été mise en activité, et elle n’a marché que jusqu’au 29 du même mois , ayant, à cette époque, épuisé la quantité de betteraves qui avait été mise en réserve pour ce premier essai. L’usine, disposée avec toute l’économie que comporte le caractère de l’institution de Petit-Bourg, ne le cède pas, dans l’installation bien entendue du matériel principal, à celle de Brégy; toutefois il n’y existe pas encore de débourbeur, et le coupe-racine est mis en mouvement par des hommes. La plus grande propreté est apportée dans la tenue des récipients, et c’est un point très-essentiel; aussi avons-nous remarqué une extrême régularité dans les fermentations. L’odeur du liquide fermenté était franchement alcoolique, sans aucune émanation indiquant cette altération visqueuse, lactique ou butyrique qui se manifeste parfois dans le traitement des betteraves. Il faut, à la vérité, faire observer que l’on opérait ici sur des betteraves à sucre dites de Silésie, et dont la conservation était satisfaisante, malgré
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- l’époque très-avancée de la saison. On sait que c’est cette espèce qui présente, en France, dans des conditions régulières de culture, une richesse moyenne que l’on s’est accordé jusqu’à présent à porter à 10 pour 100. Nous n’avons trouvé toutefois, dans celle de Petit-Bourg, que 6,8 pour 100 de sucre ; ce que l’on peut attribuer soit à une perte matérielle due à une conservation trop prolongée, soit à une fumure trop récente donnée aux terrains dans lesquels elles avaient été cultivées. La production avait été très-abondante. M. Allier nous a fait connaître qu’il avait récolté 60,000 kilog. par hectare. Quant à la nourriture du bétail, les animaux de races pures et variées, élevés et entretenus avec beaucoup de soin à Petit-Bourg, avaient refusé la pulpe de l’opération initiale simplement macérée à l’eau, tandis qu’ils ont très-bien accepté la pulpe macérée à la vinasse, surtout après quelques jours de con-servajion et de mélange avec le menu fourrage dont on l’additionne. Du reste, dans le procédé Champonnois, les pulpes n’abandonnent pas entièrement leur sucre par la macération ; elles en retiennent, suivant nos recherches, à peu près un sixième. Sous l’action des éléments contenus dans le fourrage ajouté, cette petite quantité de sucre paraît subir une fermentation utile pour l’alimentation.
- Nos essais, déjà mentionnés, des betteraves traitées devant nous dans les trois usines ont porté sur des racines prélevées avec les soins nécessaires pour qu’elles fussent l’expression de la qualité moyenne des lots auxquels elles appartenaient. D’un autre côté, nous avons constaté attentivement le titre en alcool absolu des jus fermentés provenant des mêmes betteraves, et nous avons remarqué les résultats suivants :
- USINES. TITRE SACCHARIN des betteraves. TITRE ALCOOLIQUE, en volume, des jus fermentés.
- La Planche. . . . 5,5 p. % 2,73 p. 70
- Brégy 4,4 2,16
- Petit-Bourg. . . 6,8 3,40
- 16,7 8,29
- Moyenne. . . 5,56 2,76
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- Ces rapprochements indiquent de la constance dans le procédé : on voit que, pour les trois localités, le titre alcoolique des jus fermentés est resté presque rigoureusement proportionnel au titre saccharin des betteraves ; que le rapport , dans chaque exemple, est sensiblement d’un demi-litre alcool absolu pour 1 kil. de sucre ; que, d’ailleurs, déduction faite de la quantité de sucre évaluée au sixième qui reste dans les pulpes macérées, la perte en alcool sur le sucre excédant est très-faible. En effet, suivant cette théorie admise que le sucre cristallisable C12, H11, O11, soumis à la fermentation, se transforme d’abord en sucre incristallisable C12, H12, O12, et qu’un équivalent de ce dernier sucre produit A équivalents d’acide carbonique et % équivalents d’alcool, le rendement de 100 kilog. de sucre devrait être de 67 litres alcool absolu ; or, en déduisant du titre moyen des betteraves, reconnu de. 6,56 Un sixième pour le sucre retenu par la pulpe macérée, soit. 0,935 Il reste, pour le sucre d’un quintal de betteraves soumis à_______________
- la fermentation.............................................4\625
- Ce sucre aurait dû donner, théoriquement, un volume d’alcool absolu
- de.............................................. 3liu,09
- Il a produit.............................................2 ,76
- Perte....................................................0liu,33
- Soit un peu plus d’un dixième.
- Nous ne nous sommes pas tenus à ces essais ; nous avons jugé convenable, pour plus ample information, d’attendre que les travaux des trois usines fussent terminés, afin de connaître leurs résultats pratiques et de les comparer avec ceux de nos analyses. Yoici le tableau de ces rapprochements :
- USINES. : NOMBRE de jours de travail. QUANTITÉ de betteraves traitées TITRE SACCHARIN des betteraves. SOMME DU SUCRE contenu dans les betteraves. RENDEMENT théorique en alcool absolu. RENDEMENT RÉEL en alcool absolu déduit des quantités et du titre des flegmes de lre distillation.
- parjour. en totalité.
- kilog. kilog. kilog. litres.
- La Planche 84 2,250 189,000 5,5 10,395 6,964 5,922
- Brégy 28 4,000 112,000 4,4 4,928 3,301 2,226
- Petit-Bourg 20 2,915 58,300 6,8 3,964 2,656 1,769
- On voit que la fabrique de la Planche aurait produit, déduction faite du
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- sixième de sucre restant dans la pulpe macérée, un peu plus que le rendement théorique ; mais il est à observer que les betteraves que nous avons analysées au mois de mars, et sur lesquelles nous avons établi ce rendement, provenaient de la récolte de MM. Huot, et étaient très-probablement moins riches que celles qu’ils avaient traitées précédemment et qu’ils avaient achetées dans les environs de Nogent. Au contraire, à Brégy et à Petit-Bourg, les betteraves, ayant été toutes récoltées sur les mêmes terres, étaient plus homogènes ; aussi les analyses qui s’y rapportent sont-elles beaucoup plus concordantes avec les rendements , et si, proportion gardée, le rendement réel de Petit-Bourg se trouve cependant un peu inférieur à celui de Brégy, cela tient à ce que, dans les premiers jours du travail de Petit-Bourg, des opérations d’essai avaient laissé à désirer. Le chiffre du produit total de l’usine de la Planche ne nous a pas été fourni directement par MM. Huot; nous l’avons déduit du titre de 47°, que nous avons reconnu à l’alcool de première distillation recueilli en notre présence, et du rendement que l’on nous a assuré avoir été de 180 litres par jour.
- Quoi qu’il en soit, suivant l’ensemble des chiffres qui précèdent, le procédé de M. Champonnois a donné un rendement beaucoup plus élevé que celui que l’on attribue généralement aux procédés ordinaires de fabrication par les râpes et les presses. Lorsque l’on pratique ces procédés, on humecte ordinairement la pulpe sur les râpes , ainsi que pour la fabrication des sucres, avec 20 pour 100 d’eau à peu près , afin de la mieux épuiser de sucre , et, comme le rapport du poids de la pulpe pressée à celui de la betterave non additionnée d’eau est aussi de 20 pour 100 environ, c’est sensiblement un sixième du sucre normal de la betterave que l’on abandonne dans la pulpe. Nous avons expliqué qu’il restait également un sixième du poids de ce sucre dans les pulpes soumises au coupe-racine et macérées par les vinasses; mais, sur les cinq sixièmes de sucre que représentent les jus extraits par les presses, on perd, dans la fermentation, la distillation et la rectification, plus d'un tiers. C’est du moins ce qui ressort de cette donnée généralement admise que les betteraves à sucre dites de Silésie, cultivées pour la grande fabrication, contiennent en moyenne 10 pour 100 de sucre, et que ces mêmes betteraves ne fournissent cependant en alcool trois-six, pour 1,000 kilog. de racines, que l’équivalent de 36 litres d’alcool absolu. Or ces 1,000 kilog. de betteraves, supposés contenir 10 pour 100 de sucre, soit 100 kilog., représentent, dans les jus extraits, pour les cinq sixièmes de ce poids, 83 kilog. 34 de sucre, lesquels devraient donner 55 litres 83 alcool absolu, soit 67 litres pour 100 kilog. de sucre.
- En ce qui concerne la pulpe macérée telle qu’elle est donnée aux bestiaux,
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- ALÇQQL.
- nous avons cru devoir nous préoccuper de la question de savoir quelle était sa teneur en ozote. Nous devons à l’obligeance de M. L. Vilmorin, qui se livre, en ce moment, à des recherches d’un grand intérêt sur la betterave, le dosage de l’azote dans les betteraves fraîches et la pulpe macérée que nous avons rapportées de la Planche, et nous avons nous-mêmes soumis à des essais de même ordre, parle procédé d’analyse de MM. Willet Warrentrapp, heureusement modifié par M. Peligot, des produits semblables provenant de Petit-Bourg ; nous les avons, de plus, étendus à de la pulpe ordinaire conservée dans les silos; enfin nous avons cru devoir aussi doser l’azote des fonds de cuves de M. Champonnois, que chaque matin on verse dans la chaudière supérieure de l’alambic et ensuite sur la pulpe. Nous joignons ici un tableau de ces analyses :
- Dosage d’azote.
- POIDS DES MATIÈRES fraîches analysées. POIDS RÉDUIT par la dessiccation à 100°. PERTE DE POIDS j par la dessiccation. LIQUEUR ALCALINE I POIDS ABSOLU d’azote. RAPPORT DU POIDS de l’azote à celui des substances fraîches.
- Volume correspondant à 10CC acide normal, soit à i 05,175 azote. f i Volume employé à neutraliser | l’excès d’acide.
- îos 15, 313 86,9 p. % 26cc,3 22e c,2 Og ,02726 0,00273
- 10 1 ,339 86,6 26 ,3 22 0 ,02861 0,00286
- 10 0 ,816 91,8 26 ,3 23 ,7 0 ,01730 0,00173
- 10 0 ,847 91,5 26 ,3 23 ,6 0 ,01796 0,00180
- 8 ,210 1 ,320 83,9 29 ,2 25 ,6 0 ,02157 0,00263
- 14 ,405 1 ,330 90,0 29 ,2 • 24 ,4 0 ,02534 0,00175
- 7 ,372 1 ,430 80,6 29 ,2 26 ,2 0 ,01797 0,00243
- 15 ,147 1 ,417 90,6 29 ,2 8 ,6 0 ,12345 0,00815
- NATURE ET PROVENANCE
- des matières soumises aux essais.
- Betteraves non macérées
- de la Planche........
- Betteraves macérées de
- la Planche...........
- Betteraves non macérées
- de Petit-Bourg.......
- Betteraves macérées de
- Petit-Bourg..........
- Pulpe râpée et pressée
- conservée en silo....
- Fonds de cuves à fermentation de Petit-Bourg
- Suivant ce tableau, la richesse en azote des pulpes macérées soumises à nos essais est inférieure, dans le rapport d’un quart, à celle des pulpes des presses, et d’un tiers à celle des betteraves fraîches. Quelle est la cause de ces différences ? Nous hésitons à l’attribuer à une perte matérielle d’azote ; car, pendant le travail, on ne s’aperçoit d’aucun dégagement ammoniacal qui pourrait l’expliquer. On doit plutôt penser que les différences résultent seulement de ce que nos analyses ont été faites sur des pulpes recueillies vers la
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- ALCOOL, |f>7
- fin du travail de chaque journée, macérées, par conséquent, avec des vinasses provenant de la distillation des couches supérieures des cuves à fermentation, et par suite beaucoup moins chargées que les couches inférieures de matières en suspension. On voit, en effet, en se reportant aux résultats de l’analyse des fonds de cuves, combien ces dépôts sont chargés d’azote. Dans tous les pas, et alors qu’on devrait admettre les chiffres que nous venons de présenter coinme non susceptibles de rectification, on reconnaîtrait encore, en ayant égard au poids des pulpes macérées, quatre fois plus considérable que celui des pulpes de silo , que le procédé de M. Champonnois laisse à l’agriculture trois fois plus de matières azotées que le procédé des presses.
- Après cet exposé, il reste encore, pour apprécier le procédé de M. Champonnois, à discuter le prix de revient de l’alcool obtenu.
- Des polémiques se sont produites à cet égard dans les journaux; nous nous abstiendrons de les suivre. Nous croyons suffisant de donner les indications que nous avons recueillies à ïusine de Bçé^ <;elk OM te imdil flGHS d pdf« se rapprocher le plus des conditions dans lesquelles pourront se trouver placés les agriculteurs qui croiront devoir faire usage du procédé.
- Usine de Brégy.
- Frais de fabrication par jour pour un traitement de 4,000 kilog. de bette-
- raves, et en supposant l’alcool purifié et concentré à 94° :
- Un distillateur suffisamment expérimenté............................ 6 fr. »
- Un chef d’ouvriers.................................................. 3 »
- Deux ouvriers ordinaires à 2 fr. 50............................. 5
- Un aide de 15 à 18 ans.............................................. 1 50
- Un cheval au manège................................................. 6 »
- Intérêts et amortissement d’un fonds de 10,000 fr. pour le matériel et en calculant sur 200 jours de travail....................... 5 »
- Amortissement, en deux années, d’une prime de 3,000 fr. demandée par l’inventeur.............................................. 7 »
- Loyer du local et réparation........................................ 2 »
- Charbon, 1 hectol. 1/3 à 4 fr....................................... 5 30
- Prix de 4,000 kilog. de betteraves à 20 fr. le 1,000............... 80 »
- Frais de rectification..............................................10 »
- Total................... 130 80
- A déduire pour 3,000 kilog de pulpe macérée à 20 fr. le 1,000. 60 »
- Reste
- 70 80
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- ALCOOL.
- Or 4,000 kilog. de betteraves au titre saccharin de 4,4 p. 0/0 ont donné \ hectol. 59 alcool à 50°, soit environ 75 litres alcool rectifié à 94°. Ce sont donc ces 75 litres qui coûtent, 70 fr. 80 c.; mais, si on suppose l’emploi de betteraves au titre de 10 pour 100 de sucre, on devra doubler au moins le produit, et on aura environ 1 hect. 50 alcool rectifié pour ce même prix, ce qui porterait l’hectolitre à 46 fr. 60 c., alors qu’on paraît admettre généralement que le prix de revient de l’alcool par le procédé des presses est de 90 fr. au moins par hectolitre.
- Telles sont, Messieurs, les appréciations que nous avons l’honneur de vous soumettre. Nous considérons, en définitive, la communication de M. Cham-ponnois comme méritant beaucoup d’intérêt ; nous vous proposons de l’en remercier et de faire insérer le présent rapport dans le Bulletin de la Société, avec représentation des appareils par la gravure.
- Signé E. Clerget, rapporteur.
- Approuvé en séance3 le 26 juillet 1854.
- Légende explicative de la planche 20.
- Fig. 1. Usine, section longitudinale sur la ligne A B, fig. 3.
- Fig. 2. La même, section transversale sur la ligne C D, fig. 3.
- Fig. 3. La même vue en plan.
- Fig. 4. Développement des cuviers dits macérateurs; projection verticale.
- Fig. 5. Les mêmes vus en plan.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans toutes les figures.
- A, manège.
- B, débourbeur.
- C, coupe-racines.
- D, cuviers macérateurs.
- E, chaudière à réchauffer les jus de macération.
- F, pompe prenant les jus faibles des cuviers épuisés pour les remonter dans la chaudière à réchauffer.
- G, cuves à fermentation.
- H, réservoir à vinasses.
- I, appareil distillatoire.
- J, cheminée.
- K, pompe remontant le vin des cuves dans l’appareil distillatoire.
- L, tuyau conduisant à celte pompe les jus fermentés des cuves.
- M, cases à résidus.
- N, magasin à futailles et à alcools.
- O, lieu de dépôt des betteraves.
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- J} uILetiSls do la. Société- d-ËnCOUTOUfeme/l/, fffawiar/c Serie-j lY"Jd.
- FABRICATION DE L'ALCOOL 1)K BETTERAVE DANS LES ÉTABLISSEMEN S AGRICOLES ( %coc£d, >
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- COUTELLERIE.
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- Détails des cuviers macérateurs.
- P, tuyau d’alimentation conduisant les vinasses et les jus réchauffés des chaudières aux cuviers.
- Q, tuyaux de vidange des cuviers.
- R, bifurcation des tuyaux Q.
- S, tuyaux d’ascension des jus.
- T, tuyau conduisant les jus des cuviers macérateurs aux cuves à fermentation.
- U, tuyau de translation des jus du dernier cuvier au premier.
- V, tuyau de communication des cuviers macérateurs à la pompe F.
- A1 A2 A3, robinets simples mettant en communication le tuyau P avec chaque cuvier à volonté.
- B1 B'2 B3, robinets à trois eaux conduisant les jus à volonté, soit d’un cuvier maeé-rateur à un autre, soit aux cuves à fermentation.
- G1 C2 G3, robinets simples mettant en communication chacun des cuviers avec le tuyau Y.
- X, robinets simples ouvrant sur chaque cuve, à volonté, le tuyau T, fig. 4.
- Y, robinets simples mettant en communication les cuves à fermentation avec le tuyau L, fig. 3. C’est au moyen de ce même tuyau et de ces mêmes robinets qu’on partage le contenu de chaque cuve achevée avec une cuve vide pour établir la continuité de la fermentation.
- Z, réservoirs pour les flegmes.
- COUTELLERIE.
- rapport fait par m. priestley, au nom du comité des arts économiques, sur un
- MOYEN DE RÉUNION DES LAMES AVEC LES MANCHES DES COUTEAUX ; par M. MASSA ,
- rue de la Monnaie, 7.
- Messieurs, M. Massa a exécuté un nouveau mode d’assemblage de la lame et du manche des couteaux sur lequel il appelle l’attention de la Société d’encouragement.
- On connaît le mode d’assemblage ordinairement employé. Le manche creusé reçoit un mastic résineux dans lequel s’implante l’appendice ou queue dont la lame est garnie et que l’on rive quelquefois à l’extrémité du manche. Par l’usage ou par les variations de température que le couteau subit, le mastic peut cesser d’adhérer au métal, de le maintenir, et la lame tourne ou vacille alors dans le manche.
- Au mode d’assemblage précédent M. Massa joint le suivant :
- Le manche du couteau est emboîté dans une douille elliptique faisant
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- BATEAUX EN FER.
- corps avec la lame. On conçoit alors que la queüe de la lame, rivée, en outre, à l’extrémité du manche et maintenue par le mastic, peut difficilement remuer même par un long usage.
- L’exécution de ce mode d’assemblage n’était point sans difficulté. Le mastic dont se sert M. Massa paraît avantageux : le comité pense donc que les couteaux qui vous sont présentés peuvent être d’un bon usage ; il a l’honneur de vous proposer, Messieurs, de remercier M. Massa de sa communication et d’insérer le présent rapport dans le Bulletin.
- Signé Priestley, rapporteur.
- m s&mce, te riC juillet
- BATEAUX EN FER.
- NOTE SUR LES NAVIRES A COQUE DE FER.
- (Extrait d’un ouvrage de M. Dupuy de Lôme intitulé : Mémoire sur la construction des bâtiments en fer.)
- Les navires en îer, qui sont acUieWement adopYés génévaXemenY eY se propagent do plus en plus, joignent à une légèreté très-grande une solidité et une résistance aux efforts de la mer bien plus grandes que ceux en bois ou en bois revêtu de cuivre. Les pièces qui forment la coque sont rivées sur tout leur contour, de telle sorte que l’enveloppe, avec la quille, l’étrave et l’étambot, ne forme qu’une seule et même pièce métallique indépendante de la membrure : celle-ci n’est pas absolument nécessaire pour relier les bordages entre eux ; son rôle est de les consolider en résistant aux chocs et aux pressions extérieures, et d’anéantir les trépidations de la coque ; de servir de points d’attache supérieurs invariables pour les machines et de transmettre, en le répartissant d’une manière égale, le poids du pont et du chargement de la cale sur la surface intérieure des tôles.
- Les cornières en fer présentent un grand avantage pour former de la membrure un réseau continu. L’établissement facile de cloisons transversales, qui offre un moyen de liaison très-puissant, augmente considérablement la sécurité, puisque, en faisant ces cloisons étanches, on peut diviser l’intérieur du navire en compartiments isolés les uns des autres, de telle sorte que si, par suite d’une avarie, l’un des compartiments faisait eau, les autres suffiraient pour maintenir les navires à flot.
- La durée des bâtiments en fer est beaucoup plus longue que celle des navires en bois; l’oxydation, qui a lieu d’une manière parfaitement uniforme sur tout l’extérieur du métal, attaque la coque bien moins que la pourriture du bois. Parmi les divers préservatifs que l’on a imaginés contre l’oxydation , celui qui a prévalu , jusqu’à ce jour, malgré son peu de durée, est la peinture au minium. On procède, en général, de la manière suivante : dès le montage de la quille, de l’étrave, de l’étambot et de la membrure, on donne une bonne couche de minium. Cela fait, on enlève successive-
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- BATEAUX EN FER.
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- ment toutes les pièces, on perce les trous des rivets, puis on assemble et on monte entièrement le navire. Le bâtiment terminé, on brosse à l’intérieur et à l’extérieur toutes les parties en fer, on passe une couche d’huile mêlée de térébenthine, puis une nouvelle couche de peinture au minium. Un peu avant le lancement, on donne une nouvelle couche de minium sur la carène ; on renouvelle cette peinture une fois par an.
- La corrosion de l’intérieur des tôles de la membrure, des barrots, etc., est presque nulle; en outre, l’intérieur de la cale se conserve très-propre, il est exempt d’exhalaisons fétides et de vermine.
- La capacité intérieure à même enveloppe extérieure est sensiblement plus vaste dans les bâtiments en fer que dans ceux en bois, en raison de la moindre épaisseur de la carène.
- On avait opposé à l’adoption des navires en fer pour la marine deux objections importantes : la boussole, disait-on, située au milieu d’une masse de fer, ne sera plus d’aucune utilité; en second lieu, ces carènes en tôle souffriront beaucoup plus de l’effet des boulets, qui en arracheront des plaques entières, que les carènes en bois, dans lesquelles le boulet pénètre en faisant un trou.
- On est parvenu à parer au premier de ces inconvénients en compensant la déviation qui se produit en réalité sur l’aiguille aimantée, le bâtiment devenant lui-même un véritable aimant dont le pôle nord varie suivant la position du navire par rapport au méridien de la terre; à cet effet, il est important de ne pas changer la boussole de place.
- Quant à la seconde objection, l’expérience a démontré qu’elle était sans fondement ; en effet, lorsqu’un boulet frappe la carène d’un navire en fer, le projectile traverse en faisant hn trou sans arracher les rangs des rivets.
- Détails de construction des coques en fer. Les principales pièces servant à relier les deux côtés de la coque du navire sont la quille, l’étrave et l’étambot.
- On distingue, dans les navires en fer, deux espèces de quilles, les quilles hautes et les quilles basses. Dans ces bâtiments, on fait surtout usage des quilles basses, et particulièrement dans ceux destinés à la navigation fluviale, afin de pouvoir traverser les bas-fonds. Ces quilles sont, en outre, massives ou creuses. Les premières sont formées de barres de fer de section trapézoïdale ou rectangulaire de 6 mètres de long. Ces pièces sont réunies par un joint oblique et forment une barre qui s’étend sous le navire dâns toute sa longueur. Le bord inférieur des tôles du bordage se replie à angle droit pour venir se river aux faces latérales de la quille.
- Les quilles creuses sont, en général, formées de pièces de tôle recourbées quatre fois à angle droit dans toute leur longueur, et qui viennent se river au gabord ou planche de tôle inférieure du bordé de chaque côté. Les écarts des pièces qui composent ces quilles se forment en les plaçant bout à bout et en y adaptant, à l’intérieur, une pièce de tôle fixée par trois rangs de rivets à chacune des deux pièces qu’elle assemble.
- On sait que l’étrave est une pièce qui, placée à la proue du navire, forme le prolongement de la quille et sert à relier la partie antérieure des tôles du bordé. On distingue deux sortes d’étraves, les étraves massives et les étraves creuses ; les premières sont
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- m
- BATEAUX EN FER.
- formées généralement d’une pièce de fer unique à section rectangulaire, à laquelle vient se river l’extrémité des tôles du bordé. Ces étraves s’allient avec toutes sortes de quilles.
- Les étraves creuses sont généralement formées d’une pièce de tôle courbée suivant sa longueur, de telle sorte que sa section soit arrondie ou parabolique ; cette pièce se rapporte avec la tête du bordé, sur laquelle elle s’assemble, au moyen de bandes de tôle placées intérieurement sur les deux joints.
- On raccorde les étraves creuses avec la quille en leur donnant une courbure aussi petite que possible sans altérer l’homogénéité du métal.
- L’étambot est une pièce qui remplit, à l’arrière du navire, un rôle analogue à celui de l’étrave à l’avant ; il forme, avec la quille, un angle presque droit, cette pièce devant supporter le gouvernail. Les étambots sont aussi pleins ou creux ; les premiers se réunissent avec la quille de la même manière que les étraves pleines au moyen d’un talon venu de forge.
- Les étambots creux sont formés de bonne tôle courbée deux fois à angle droit ; ils se réunissent avec les extrémités du bordé en se juxtaposant bord à bord, et se fixent au moyen de bandes de tôle intérieures de la même manière que les étraves creuses, A la face postérieure de l’étambot se fixe, dans toute sa longueur, une barre de fer dont la surface contiguë au gouvernail est évidée circulairement, pour recevoir la mèche arrondie du gouvernail ; cette barre évidée est assujettie par des boulons fraisés. Les ferrures du gouvernail emboîtent le tout, se fixant avec un boulon sur les côtés de l’é-tambot.
- Les bâtiments en fer qui ont une hélice dans le plan diamétral sont munis de deux étambots ; le premier est traversé par l’arbre de l’hélice, et le second supporte l’extrémité de cet arbre en même temps que le gouvernail.
- La membrure se compose de membres simples ou doubles disposés suivant des plans transversaux au bâtiment, à des distances variables les unes des autres. Les membres simples sont faits d’une cornière en deux ou trois pièces réunies qui se rivent à la carène du bâtiment d’un bord à l’autre. Les cornières sont simplement des fers d’angle dont la section présente la forme d’une équerre à côtés égaux ou inégaux.
- Les membres doubles se forment en rivant à la face libre de chaque cornière une seconde cornière disposée inversement, c’est-à-dire que son autre face, au lieu de s’appliquer contre la carène, s’étend dans une courbe parallèle à cette dernière à la distance de toute la longueur de sa face normale. Cette disposition donne une force beaucoup plus considérable que si les deux cornières, ayant leurs faces normales appliquées l’une contre l’autre, étaient toutes deux rivées à la tôle par leur autre face.
- L’emploi des membres doubles est de beaucoup préférable à celui des membres simples.
- Dans la plupart des navires on renforce encore les membres par des varangues, espèces de chevrons ou cloisons transversales servant à relier le fond du navire. Ces pièces doivent aussi supporter la carlingue, la plus grosse et la plus longue pièce du fond de la cale, qui s’étend dans la longueur du navire au-dessus de la quille.
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- Les carlingues se font encore quelquefois en bois ; ces pièces, qui se fixent par le moyen d’équerres en fer aux cornières des varangues, servent à porter la machine.
- On fait aussi des carlingues composées de quatre faces en tôle, réunies intérieurement par des cornières longitudinales qui en forment les angles. Ces pièces sont munies, à l’intérieur, de cloisons transversales qui servent à les consolider.
- Le bordé ou la tôle qui constitue la carène proprement dite est formé de pièces de tôle de 2m,40 de long sur 0m,60 de large à l’endroit de la carène dont la section est la plus grande. Ces pièces de tôle, qui ont de 5 à 9 millimètres d’épaisseur, vont en rétrécissant vers le bout du navire.
- Une série de tôles rivées et formant une bande qui s’étend dans toute la longueur du navire, de l’étrave à l’étambot, prend le nom de virures. Les virures supérieures s’étendent dans les arrières ronds jusqu’aux environs de la jaumière, ouverture qui traverse'la partie supérieure de la mèche du gouvernail, et elles se continuent d’un bord à l’autre parallèlement au plat-bord. Les virures inférieures aboutissent ou à l’é-tambot ou aux virures supérieures.
- Les bandes intérieures qui servent à former ou à consolider les écarts des tôles d’une même virure et ceux des virures entre elles forment tout un réseau intérieur ; on met ordinairement un remplissage en métal entre les bandes transversales et le bordé.
- Un puissant moyen de liaison usité, en outre , dans les navires en fer est l’emploi des cloisons transversales, au nombre de quatre, une à l’avant, une à l’arrière, et deux au milieu'entre lesquelles est située la chambre des machines. Elles sont en tôle et se fixent au bordé par le moyen de deux cornières qui les encadrent. Ces cloisons s’élèvent jusqu’au pont des gaillards ou seulement à 40 ou 50 centimètres des ponts, pour permettre la circulation de l’air ; elles sont munies de portes en tôle que l’on peut, au besoin, calfater parfaitement et rendre tout à fait hermétiques en cas d’avarie d’un des compartiments du vaisseau ou en cas d’incendie.
- Il est certaines pièces des navires en fer que l’on fait encore quelquefois en bois, telles que les baux, les bauquières, bordages d’épaisseur qui régnent intérieurement dans toute la longueur du vaisseau et sur lesquels portent les barrots ; les élongis, sortes de consoles extérieures dont les principales supportent les paliers de l’arbre des roues, les panneaux, les étambrais servant à affermir et à tenir les mâts, etc. Néanmoins toutes ces pièces se font aussi en fer.
- Les seules pièces que l’on préfère, en général, exécuter en bois sont les épontilles, pièces verticales servant à soutenir les ponts supérieurs.
- Malgré quelques essais tentés pour introduire l’usage du fer pour le bordé des ponts, on a continué à le faire en bois, en particulier celui des ponts des gaillards.
- Le gouvernail se fait aussi en fer ; il y en a de deux espèces, ceux à mèche pleine et ceux à mèche creuse en tôle. Ces dernières sont nécessairement d’un diamètre plus considérable que les autres; mais, à résistance égale, elles sont beaucoup plus légères.
- Tome Ier.
- 53e année. 2e série. — Août 1854.
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- CONSTRUCTIONS.
- AU
- CONSTRUCTIONS.
- sur l’emploi de la fonte et du fer dans les constructions.
- Documents tirés d’un ouvrage de M. W. Fairbairn, membre de la Société royale de Londres, correspondant de l’Académie des sciences , etc. (1).
- {Extrait par M. J. B. Viollet. )
- § 1er. Sur les sommiers ordinaires en fonte.
- M. Fairbairn, ainsi qu’il le dit dans sa préface, s’est proposé de rassembler les résultats pratiques des connaissances actuelles sur l’emploi de la fonte et du fer dans les constructions à l’épreuve du feu.
- La haute réputation de Fauteur et l’importance du sujet ne pouvaient manquer d’attirer l’attention sur son utile et savant ouvrage; aussi plusieurs publications étrangères en ont-elles donné des fragments assez étendus. Nous nous sommes efforcé de faire plus encore ; et, bien que les limites qui nous sont imposées aient exigé des abréviations très-nombreuses, nous espérons être parvenu à en indiquer sommairement les résultats les plus usuels.
- L’emploi de la fonte dans les arts, dit M. Fairbairn, date d’une époque très-incertaine; cependant on en trouve des traces dans la fabrication des bouches à feu, peu de temps après l’invention de la poudre à canon.
- Ce fut beaucoup plus tard que l’on y songea pour la construction des édifices; néanmoins, on voit en 1755 Smeaton combattre les opinions qui s’opposaient à cet usage, et qui soutenaient que, puisque les plus fortes poutres résistent seulement pendant un temps assez limité, la fonte, bien plus fragile, ne peut faire espérer qu’une durée beaucoup moindre.
- Cependant, en 1801, le premier exemple d’un succès remarquable fut donné en grand par MM. Walt et Boulton qui tracèrent les dessins des colonnes et des solives en fonte employées dans la construction de la filature de colon de MM. Philips et Lee, de Manchester.
- Malgré la nouveauté de celte tentative, la forme des solives fait le plus grand honneur à la perspicacité de Watt, tant elle offre d’analogie avec la disposition que les recherches des géomètres et des expérimentateurs ont fait reconnaître depuis comme donnant le maximum de résistance.
- Cette forme est représentée dans la fig. 1.
- (1) Cet ouvrage est intitulé : On lhe application of casl and wroughl iron to Building Purposes. Londres, Weale, 1854; in-8.
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- CONSTRUCTIONS.
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- L’usine de MM. Philips et Lee était assurément une application pratique importante, puisqu’elle avait 42m,67 de longueur environ , 12m,80 de largeur et sept étages de hauteur. La superficie de chacun de ces étages était de 540 mètres carrés.
- Les solives qui traversaient l’édifice, espacées de 2m,74 et divisées en trois longueurs, étaient soutenues par les murs et par deux rangs intermédiaires de colonnes; les intervalles en étaient remplis par des arcades en briques de 0m,228 d’épaisseur à la naissance, et de 0m,114 au sommet de la courbure. %
- Cette usine, alors fort remarquable, a été le premier signal donné aux constructeurs d’édifices à l’épreuve du feu, système aujourd’hui si répandu dans les districts manufacturiers de l’Angleterre.
- Pendant près d’un quart de siècle, de 1801 à 1824, la forme des sommiers et des solives en fonte ne reçut presque aucune modification, et l’usine de MM. Philips et Lee servit de modèle pour les établissements du même genre. Ce ne fut même qu’en 1827, que M. Hodgkinson commença dans les ateliers de construction de M. Fairbairn, à Manchester, ses expériences si connues sur la résistance des solives en fonte, expériences dont l’exécution habile n’exigea pas moins de plusieurs années. L’importance de l’économie de la matière était si évidente, et le plan de l’expérimentateur si judicieux, que tous les moyens d’épreuve furent mis avec empressement à sa disposition. Comme on le sait, les résultats de ses recherches sont réunis dans les beaux mémoires qu’il a publiés et qui font partie des Memoirs of the Manchester philosoph. Soc.,\ol. V.
- Avant les travaux de M. Hodgkinson, M. Fairbairn, chargé de la construction de plusieurs édifices incombustibles, avait cru devoir entreprendre par prudence, sur une grande échelle, une série d’expériences dont il rapporte les détails dans l’ouvrage que nous analysons et où il a eu soin de noter les flèches de courbure observées sur les solives en fonte, pour des charges progressivement croissantes.
- Ces expériences ont démontré que l’on devait augmenter la section transversale des nervures ménagées par Watt et Boulton, à la partie inférieure de leurs solives.
- Ce fut en 1824, à peu près à la même époque, que Tredgold publia la’seconde édition de son ouvrage sur la résistance du fer fondu, et qu’il recommanda comme étant la meilleure pour les solives, la forme représentée en coupe dans la fig. 2, forme où la nervure supérieure et la nervure inférieure sont égales. Celte disposition n’est cependant pas la plus avantageuse, ainsi que l’ont démontré les expériences de M. Fairbairn et celles de M. Hodgkinson auquel le premier attribue l’honneur d’avoir indiqué aux constructeurs le tracé qui donne la plus grande résistance.
- Nous regrettons de ne pouvoir rapporter les détails des nombreuses expériences comparatives de M. Fairbairn , mais nous nous bornons à en mentionner le résultat qui consiste en ce que les deux nervures, au lieu d’être égales, doivent être telles que la section de la nervure inférieure, soit à la section du reste de la solive : : 4,4 : 1,83, et à celle de la nervure supérieure : : 6 : 1.
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- CONSTRUCTIONS.
- En se rompant, dans ce cas, cette nervure supérieure ne paraît pas même encore subir de compression, et l’on n’y observe aucune altération; mais la fracture arrive parce que la partie intermédiaire et verticale de la solive qui n’est jamais parfaitement homogène, cède d’abord latéralement par ses points les plus faibles, et subit aussitôt de la part des forces opposées de tension et de compression, une torsion autour de la fibre de longueur invariable.
- Les expériences ont également démontré que la forme elliptique fort allongée, donnée aux barreaux ou aux solives, permet d’obtenir une résistance égale, avec une économie d’un quart au moins sur l’emploi de la matière.
- L’auteur conclut enfin la règle pratique suivante :
- Les poids qui opèrent la rupture dans les sommiers de même longueur, sont en raison directe des hauteurs multipliées par les aires des sections moyennes de leurs nervures inférieures, et, lorsque les longueurs sont différentes, ces poids sont en raison inverse des longueurs. Ainsi, en appelant P le poids de rupture, a l’aire de la section moyenne de la nervure inférieure mesurée au milieu de la solive, d la hauteur de cette solive, l la longueur mesurée entre les supports, et c une quantité sensiblement constante qui doit être déterminée par des expériences, on a :
- T. cad
- Il ne faut pas perdre de vue que cette formule ne se rapporte qu’à des barreaux et à des solives exactement semblables à celles dont l’auteur recommande la disposition, et que la quantité c ne peut être constante que si la qualité de la fonte et le mode de la coulée ne subissent pas de variation. Ainsi, l’on ne saurait comparer exactement des solives fondues debout avec d’autres jetées en moule sur le côté.
- L’auteur, en terminant cette partie de son travail, conclut que la forme adoptée par Watt et Boulton ne donne pas une force beaucoup plus grande que la moitié de celles des solives dont M. Hodgkinson a indiqué la disposition pour le cas de la résistance maximum. Il ajoute que le système où la nervure inférieure est plus forte, système introduit anciennement par lui et par M. Lillie, ainsi que celui de Tredgold, où l’on ménage deux nervures égales, a dû être abandonné pour le modèle perfectionné de M. Hodgkinson.
- Depuis cette époque, la confiance des ingénieurs dans la sûreté des constructions en fer fondu est devenue telle que la portée entre les appuis ou les colonnes des édifices incombustibles a été étendue de 4m,26 à 6m,10.
- Cet accroissement de la portée a été d’autant plus apprécié, qu’à l’époque où l’on en a reconnu la possibilité, l’extension des proportions des principales machines servant à la filature du coton, rendait nécessaire un élargissement considérable dans les bâtiments des usines.
- L’assurance, au reste, est devenue telle que l’auteur lui-même a construit des édifices de six ou sept étages, et de 15m,84 de largeur, où il n’a employé qu’une seule rangée de colonnes, supportant dans chaque pièce deux sommiers sur lesquels viennent s’appuyer les solives qui ont ainsi 7m,92 de portée.
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- On a reconnu que ce mode de construction présente toute la sécurité désirable pour les magasins dont les planchers ont à soutenir des charges considérables, et que l’on peut l’employer sans aucune crainte pour les ponts, lorsque les travées n’ont pas plus de 12m,19 d’ouverture, si l’on prend toutes les précautions convenables pour obtenir des pièces bien saines et de parfaite qualité.
- Dans une occasion même, on a construit un pont à sommiers en fonte, d’un seul jet de 23m,16 de portée. Ce pont, coulé en Angleterre, pour MM. John Dixon et comp., d’Amsterdam, a été établi sur le parcours du chemin de fer de Haarlem.
- Cependant, malgré les perfectionnements apportés à la construction des solives en fonte, l’emploi n’en est pas encore absolument exempt de dangers, lorsque le dessin et la construction ne sont pas confiés à des personnes habiles, et l’auteur cite plusieurs désastres causés par la rupture de sommiers de cette matière, dans des manufactures où des ouvriers se trouvaient entassés en grand nombre.
- § 2. Sur les sommiers en fonte, munis d’armatures en fer.
- M. Fairbairn, dans l’enquête dont il a été chargé, à l’occasion d’un des malheureux événements dont nous venons de parler, trouva la confirmation des doutes qu’il avait conçus depuis longtemps sur les dangers des armatures en fer, établies diagonalement pour consolider les solives en fonte et recommandées par des personnes dont le savoir rendait nécessaire une discussion très-approfondie de la question.
- L’emploi de ces armatures a été suggéré par l’observation des qualités dominantes de la fonte et du fer. On sait que la première de ces deux matières oppose beaucoup plus de résistance à la compression qu’à l’extension, tandis qu’au contraire le fer cède plus facilement que la fonte à la compression, mais oppose à la rupture par extension, une ténacité plus considérable. On a donc cru que des solives mixtes participeraient des propriétés des deux matières employées et réuniraient de grands avantages, si elles étaient disposées de telle sorte que la fonte résistât surtout à la compression, tandis que le fer s’opposerait principalement à l’extension.
- On a donc disposé sur les côtés et diagonalement des tirants en fer, qui soutenaient une traverse placée sous le milieu du sommier. Ces tirants devaient s’opposer à l’extension que subit, comme on le sait, la partie inférieure d’une solive chargée, tandis que la fonte, occupant la partie supérieure, devait résister à la compression. La fig. 3 représente le profil de ce système.
- Fig <3.
- Malheureusement, plusieurs des propriétés de la fonte sont trop opposées aux propriétés analogues du fer, pour que cette idée ait pu être utilement appliquée dans la
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- pratique, et M. Fairbairn, faisant ressortir tous les contrastes, insiste principalement sur la différence qui existe entre les allongements subis par le fer et par la fonte avant leur rupture, sur l’inégalité des dilatations de ces matières par l’influence des variations de la température, sur l’opposition qui existe entre la ductilité, la flexibilité de l’une et l’inextensibilité, la rigidité de l’autre.
- L’auteur, dans une discussion étendue et savante qu’il appuie sur de nombreuses expériences, prouve le désaccord que la dissemblance de ces propriétés introduit dans les résistances; et, après avoir dit qu’une solive en fonte, et surtout en fer, peut, dans certains cas, être chargée jusqu’aux deux tiers du poids qui en occasionnerait la rupture, il ajoute que l’on ne saurait aller aussi loin sur une poutre en fonte, munie d’une armature en fer, parce que, dans le cas le plus favorable, dans celui de la disposition parfaite, la fonte aurait dépassé sa limite de rupture, avant que le fer eût atteint les deux tiers de sa résistance à la tension.
- Au reste, il paraît impossible d’obtenir cette disposition parfaite, et d’assurer la solidité maximum de la solive pour toutes les circonstances. Les deux matières possèdent des propriétés physiques et mécaniques trop différentes, pour que le concert exact de leurs résistances subsiste dans toutes les occasions, même ordinaires; et, supposé que l’on parvînt à construire une de ces solives dans des conditions irréprochables, l’assemblage ne se maintiendrait sans doute pas longtemps. Outre les perturbations causées par l’inégalité des allongements temporaires et des déformations permanentes, les chocs brusques, les variations de la température et plusieurs autres causes tendraient constamment à rompre la relation des efforts de résistance.
- Enfin, le principal défaut des solives à armatures, consiste peut-être moins dans l’accroissement de la dépense que dans l’absence de stabilité, puisque, entre des limites assez étroites de tension, une solive de ce genre peut passer d’un état de sûreté parfaite à un état de danger imminent.
- Ces réflexions nous dispensent d’insérer dans ce court extrait les détails des expériences que l’auteur a exécutées pour déterminer les formules de résistance des solives armées en fer, et pour reconnaître si, dans certains cas, elles présentent quelques avantages sur celles qui sont construites en fonte seulement.
- Il résulte, en résumé, de ces expériences, que l’addition d’une armature en fer n’apporte pas une augmentation considérable à la solidité d’une solive en fonte, déjà construite; et que, quand cette addition paraît commandée par les circonstances, il importe de ménager sur le fer une forte nervure supérieure pour résister à la compression ; enfin que l’on doit régler les dispositions de l’armature avec assez de précision pour que sa résistance concoure exactement avec celle de la solive.
- Mais ce qui est infiniment préférable à tout, c’est l’emploi de sommiers et de solives en fer malléable, auxquels on peut donner à peu près toutes les dimensions et toute la force que l’on désire, même en atteignant des portées de 150 à 300 mètres.
- Ce qui rend, au reste, la fonte essentiellement et radicalement inférieure au fer forgé dans les constructions que l’on veut mettre à l’abri de l’incendie, et qui exigent
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- une grande solidité, c’est surtout l’incertitude qui, même lorsque cette matière a reçu les formes les plus parfaites, résulte de la plupart de ses propriétés.
- On sait, en effet, qu’elle peut déjouer tous les calculs par la contraction inégale qu’elle subit souvent dans son refroidissement, par sa fragilité, par les imperfections et les soufflures cachées qu’elle contracte quelquefois dans son moulage, enfin par la fâcheuse propriété qu’elle a de se rompre sans avertir.
- En ce qui concerne la première cause d’accidents, on reste toujours dans une incertitude complète sur la contraction produite par le refroidissement. Aussi une pièce de fonte, même bien proportionnée, peut-elle se briser tout à coup sans aucune cause apparente. L’exposition à la pluie, un froid intense pendant la nuit, en occasionnent souvent la rupture, accompagnée d’un bruit semblable à la détonation d’un pistolet. En examinant avec attention les tronçons, on reconnaît qu’immédiatement auprès de la fracture, il a dû exister une immense tension ; que la pièce s’est ordinairement dilatée, et que l’on ne peut, sans un effort extrêmement considérable, en rapprocher les deux parties.
- L’inégalité si dangereuse de la tension paraît provenir de deux causes ; soit d’une différence dans la durée du refroidissement des parties, différence qui trouble la disposition des molécules, soit d’une imperfection dans le mélange des fontes brutes. Cette imperfection rend le retrait plus considérable dans une partie que dans l’autre, et il en résulte des disproportions notables dans l’état moléculaire de ces parties. On ne saurait donc apporter trop de soin dans l’exécution des procédés pratiques de la coulée, dans la disposition des modèles, ainsi que dans l’emploi des moyens propres à assurer la lenteur et l’uniformité du refroidissement.
- Quant à la seconde cause d’accidents, on sait que tous les corps cristallins sont relativement plus cassants et présentent moins de sécurité que ceux qui sont d’une nature fibreuse; et, comme le fer possède à un degré beaucoup plus élevé cette dernière qualité, il est évidemment plus propre que la fonte à soutenir l’effort des poids et des chocs. La grande résistance qu’il oppose à la traction, donne de plus à son emploi dans les constructions, une importance de premier ordre. Cette qualité n’est pas d’ailleurs la seule qui le recommande, puisque les formes que l’on est parvenu récemment à y donner en le fabriquant, le rendent éminemment capable de remplacer la fonte avec beaucoup d’avantages. On sait qu’il est souvent impossible de découvrir, même par l’examen le plus attentif, les défauts de cette dernière, défauts qui sont cependant assez fréquents et qui entraînent les plus graves dangers; mais on n’a rien à craindre de semblable dans l’usage du fer, parce que les différentes opérations de sa fabrication, telles que le puddlage, la forge, la soudure des trousses et le laminage, suffisent pour faire découvrir tous les défauts qui peuvent compromettre la sûreté.
- Il arrive quelquefois, à la vérité, que des parcelles de scories ou de battitures se trouvent interposées entre les lames dont les barres ou les tôles sont formées; mais il n’en résulte pas un affaiblissement considérable dans les solives en fer, et ces défauts n’ont qu’une légère importance, si ce n’est dans les chaudières à vapeur, où ces matières étrangèresproduisentdes soufflures, lorsqu’elles sont exposées à une grande chaleur.
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- § 3. Influence du temps et de la température sur la résistance de la fonte.
- L’influence de la durée des tensions et celle de la température sur la résistance de la fonte de fer, ont aussi attiré l’attention de M. W. Fairbairn, dont les expériences sont rapportées dans l’ouvrage que nous analysons, et même, avec de plus amples détails, dans un mémoire qu’il a publié antérieurement et qui fait partie du 6e volume des Transactions of the British Association for the Advancement of Science.
- De ces expériences que le défaut d’espace ne nous permet pas de transcrire, il résulte que le tiers de la charge de rupture, généralement adopté comme la proportion convenable pour que l’élasticité n’éprouve pas d’altération, n’est qu’une quantité arbitraire dont la détermination ne repose pas sur une base solide. Des expériences anciennes avaient, en effet, déjà démontré à l’auteur que cette élasticité pouvait, dans certaines circonstances, être considérablement altérée par un poids égal au cinquième ou au sixième de la charge de rupture. Aussi l’importance de ce fait le conduisit-elle à examiner avec une attention toute particulière la flexion permanente indiquée par les expériences précédentes, et à s’assurer si, à partir du point où l’élasticité commence à s’altérer, la continuité de l’action de la charge ne suffit pas pour rompre enfin la barre après un intervalle de temps plus ou moins long.
- Au fond, la question dominante de toutes ces recherches, était celle-ci : Jusqu’à quel point peut-on charger la fonte sans compromettre la sûreté ?
- Or, la proportion du tiers de la charge de rupture, généralement admise, est une règle sage pour les cas ordinaires; et même, lorsque l’on construit des ponts ou des magasins, il est prudent de ne calculer que sur le cinquième ou le sixième de cette charge, à cause des chocs imprévus ou des tensions accidentelles.
- Cependant des charges considérables qui ont varié entre les 0,551 et les 0,925 de la charge de rupture indiquée par le calcul, ont pu être supportées pendant cinq ans par des barres de fonte, sur lesquelles, à la vérité, elles ont produit des courbures dont la flèche a progressivement augmenté. Or, on peut supposer que l’accroissement graduel de cette flèche sous une charge permanente annonce une rupture inévitable dont l’époque est seulement incertaine.
- Il est intéressant de faire observer que, quand les charges ont été comparativement moindres, l’accroissement de la flèche de courbure a été plus rapide pour les fontes fabriquées à l’air chaud que pour les fontes à l’air froid, tandis que, sous l’action de charges plus pesantes, les différences de l’accroissement se sont manifestées dans l’ordre précisément inverse.
- Cependant les fontes à l’air chaud se sont assez ordinairement trouvées un peu plus faibles que les fontes à l’air froid.
- Les expériences ont pleinement démontré aussi qu’une pression uniforme et permanente, même lorsqu’elle approche de celle qui produirait la fracture, agit d’une manière toute différente et beaucoup moins nuisible que les charges discontinues qui causent alternativement des accroissements et des diminutions de tension, modifient l’état respectif des molécules, troublent les forces dans leurs actions contraires, et dé-
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- iruisent fréquemment pour un temps quelques-unes des puissances d’où résulte l’équilibre.
- Ces variations, si elles se répètent un assez grand nombre de fois, entraînent beaucoup plus rapidement la destruction des barres. Ce point important n’a pas été démontré moins irréfragablement par les expériences de M. Hodgkinson que par celles de M. Fairbairn, et ce dernier ne doute pas qu’un poids qui paraît peut-être faible, mais qui est capable de produire une flexion permanente, c’est-à-dire une flexion qui subsiste après que la charge est enlevée, ne suffise à rompre une barre, si on le retire et qu’on le replace un nombre de fois assez considérable (1).
- Quant aux effets de la température sur la résistance du fer fondu, l’ensemble des recherches de l’auteur prouve que la fonte de qualité ordinaire perd généralement de sa ténacité, lorsqu’on la chauffe au delà de 49° centig. et qu’elle devient peu sûre, lorsqu’on la refroidit au-dessous de 0° centig.
- Malgré l’importance des recherches de ce genre, les mélanges opérés par les différents fondeurs ne sont encore devenus l’objet d’aucune règle fixe, ni d’aucune donnée certaine. Aussi distingue-t-on des fontes douces ou dures, des fontes fortes ou faibles, et plusieurs autres variétés qui causent des embarras que l’on devrait s’efforcer de faire disparaître.
- M. Fairbairn rapporte aussi plusieurs résultats intéressants, relatifs aux fontes tenaces ( toughened) de M. Morris Stirling, fontes qui résultent de l’union, dans un cubilot, de certaines quantités de fonte de première fusion et de fer malléable. Ces résultats ont été déduits d’expériences exécutées en 1847, par M. Owen, inspecteur des métaux de l’amirauté, qui a reconnu que le procédé de M. Morris Stirling double presque la résistance opposée par la fonte à la tension.
- Un mélange du même genre, tenté par M. Lillie, pour des fontes destinées à être tournées, a donné lieu à des remarques analogues.
- L’auteur termine ces considérations sur le fer coulé, par un tableau des résultats observés sur cinquante et une espèces de fontes de diverses usines d’Angleterre, tableau dans lequel il exprime les densités de ces fontes, leurs coefficients d’élasticité, les flexions et les circonstances les plus remarquables des expériences.
- § 4. Sur l’emploi des sommiers ou des solives en fer malléable, pour la construction des planchers ou pour d’autres usages.
- Les sommiers ou les solives en fer malléable sont d’invention récente, et, sauf quelques exceptions, n’ont été employés qu’avec trop de parcimonie dans des constructions où, par la supériorité de leur force et par la sûreté qu’ils présentent, ils eussent été d’un usage extrêmement avantageux. On en a beaucoup varié les formes pour la construction des navires en fer, et ils ont déjà rendu des services immenses dans l’établissement
- (1) On sait que les chargements et les déchargements répétés d’un solide donnent lieu à des déformations beaucoup plus étendues que celles qui correspondent à la même charge dans l’état statique.
- Tome Ier. — 53e année. 2e série. — Août 1854. 62
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- des ponts destinés à supporter de pesants fardeaux, tels que les convois des chemins de fer; enfin, ils sont maintenant presque exclusivement employés pour soutenir les tabliers des ponts tubulaires construits par M. Fairbairn.
- Les sommiers creux, dits tubulaires, dont la fig. 4 exprime la section transversale, ont d’abord été considérés comme préférables aux sommiers plats représentés en coupe dans la fig. 5. On a ensuite employé alternativement les uns et les autres dans plusieurs constructions, mais l’auteur a enfin donné décidément la préférence aux sommiers plats de la fig. 5, à cause de la simplicité de leur construction. Ces sommiers sont, à la vérité, un peu plus faibles que les sommiers creux, mais ils possèdent plusieurs autres propriétés assez importantes pour en assurer ordinairement la supériorité.
- Si l’on compare, poids pour poids, les deux systèmes, on reconnaît que la résistance des sommiers creux est plus grande que celle des sommiers plats, et que le rapport est de 1 à 0,93.
- La différence provient seulement de ce que la forme du sommier creux, offrant une plus large section transversale, est plus roide et plus propre à résister aux efforts de torsion auxquels les lames métalliques cèdent généralement plus tôt qu’aux puissances de tension et de compression.
- Mais si, comme dans une travée de pont ou d’édifice, le sommier plat est maintenu contre le déplacement latéral, sa résistance devient presque égale à celle du sommier creux, auquel il est préférable sous d’autres rapports, parce que la construction en est plus simple, moins dispendieuse et plus durable. La lame unique du sommier plat est, en effet, plus épaisse que chacune des deux lames latérales du sommier creux; et, par conséquent, elle est plus capable de résister aux variations atmosphériques dans les climats où ces variations exercent une grande influence sur la durée des métaux. De plus, on peut facilement en visiter et en peindre toutes les parties.
- C’est pour ces motifs que M. Fairbairn préfère ces sommiers, et l’expérience qu’il possède des constructions, lui permet d’assurer que les sommiers ou les traverses de ce système donnent d’excellents résultats pour les ponts des navires en fer, et même pour tous les bâtis des machines, lorsque des mouvements irréguliers ou alternatifs tendent à disloquer ou à séparer les pièces.
- Ces sommiers conviennent aussi à tous égards pour la construction des édifices incombustibles. Ils présentent beaucoup plus de sûreté que les sommiers en fonte, et préviennent les accidents qui sont quelquefois causés par ces derniers et qui ont fait une si forte impression sur l’esprit du public. Ils permettent d’ailleurs d’obtenir des portées plus grandes, d’élargir les édifices et d’y supprimer en partie ou même en totalité les rangées de colonnes qui sont souvent si gênantes, principalement dans les établissements destinés à la filature.
- M. W. Fairbairn cite notamment une grande usine à blé qu’il a construite récemment pour MM. Morton, de Wolverhamplon. Dans cette usine, élevée de cinq étages,
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- plusieurs arcades, soutenues par des sommiers plats, semblables à ceux de la flg. 5, ont, aussi bien que les sommiers, prouvé l’étendue de leur force, puisqu’elles portent des quantités considérables de céréales et de farines, souvent amoncelées jusqu’au plafond, et qu’elles résistent en outre au mouvement de vibration produit par dix-huit paires de meules qui sont maintenues presque constamment en action.
- Après avoir donné plusieurs détails et plusieurs dessins propres à guider les hommes pratiques dans l’établissement de ces importantes constructions, M. Fairbairn compare la dépense des deux systèmes, et fait voir que, malgré la différence qui existe entre le prix du fer et celui de la fonte, un sommier de fer, ne pesant pas beaucoup plus du tiers d’un sommier de fonte, ne coûte presque que le même prix (1) ; et d’ailleurs, sa légèreté permet de compenser par d’autres économies, sa faible infériorité sous ce rapport. De plus, cette comparaison concerne les sommiers composés de plusieurs pièces et semblables à celui de la fig. 5; mais si la demande en devenait assez importante, il n’est pas douteux que l’industrie ne parvînt bientôt à les fabriquer au laminoir; et, comme il en résulterait une économie fort grande, l’avantage de l’emploi des sommiers en fer serait alors considérable.
- Nous regrettons de ne pouvoir analyser les expériences étendues et variées de M. Fairbairn sur la résistance des sommiers dont nous venons de parler; mais nous devons absolument nous borner, et nous prions les lecteurs de se reporter à l’ouvrage d’où nous avons extrait ces notes, ou à celui que le même auteur a publié sur les ponts tubulaires de Conway et de Britannia.
- On a employé tout récemment dans la construction de plusieurs édifices importants, entre autres dans celui qui a été élevé pour la dernière exposition des produits de l’industrie à Dublin, des sommiers en treillis ( trellis-girders ), c’est-à-dire des sommiers composés de châssis métalliques consolidés par des tirants disposés en forme de croix de Saint-André. L’auteur rapporte plusieurs expériences qu’il a été chargé d’exécuter pour déterminer les propriétés de ce système sur la solidilé duquel plusieurs personnes avaient élevé des doutes.
- M. Fairbairn a joint à son travail si remarquable et si utile, un mémoire étendu et riche de détails et de dessins, sur la construction des magasins incombustibles ; la description d’une magnifique usine à l’épreuve du feu, élevée récemment à Saltaire, dans le Yorkshire, et un appendice où il traite de plusieurs sujets qui se rattachent à l’objet principal de son ouvrage.
- (1) Environ J/130 de plus; mais on ne doit pas perdre de vue que la comparaison se fait en Angleterre.
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- moyen de prévenir ou de faire cesser Vaction et les effets désastreux de /'oïdium sur les fruits de la vigne ; par m. payen.
- Ce moyen consiste à répandre, à l’aide d’un soufflet approprié, de la fleur de soufre sur toutes les parties de la vigne, à trois reprises; d’abord un peu avant la floraison, puis , presque aussitôt après, lorsque le fruit est formé ; enfin peu de temps avant la maturité.
- C’est à l’aide de ce procédé que les habiles horticulteurs de Thomery sont parvenus à sauver la presque totalité de leur belle récolte depuis plusieurs années : d’abord ils mouillaient le raisin et les feuilles avant de les saupoudrer de soufre; mais ils ont reconnu que le fruit en restait taché, et depuis lors ils saupoudrent à sec et évitent l’inconvénient en question. Un grand nombre de propriétaires de treilles ont obtenu d’aussi bons résultats du même moyen.
- Les horticulteurs primeuristes, qui s’occupent avec tant de soin de la culture forcée des raisins de table, parviennent aussi à récolter de très-beaux produits en employant de la fleur de soufre; ils ont obtenu également de bons effets du soufre pulvérulent répandu sur les tuyaux de chauffage des calorifères à circulation d’eau. La température de 50 à 80 degrés de ces tubes suffit pour déterminer la dissémination du soufre dans l’air ambiant, et en couvrir les feuilles et les fruits d’une couche imperceptible, à peu près suffisante, toutefois, pour paralyser la végétation parasite.
- Des récompenses décernées par la Société impériale et centrale d’agriculture et par celle d’horticulture ont constaté ces remarquables résultats.
- Un autre moyen, basé sur le même agent autrement employé et déjà essayé en France, paraît avoir eu, dans des conditions particulières, un véritable succès dans les serres à cultures forcées d’Angleterre. Ce procédé consiste dans l’emploi d’une solution, à 8 ou 10 degrés, de pentasulfure de calcium; à la fin de l’automne ou au printemps ( avant que les bourgeons soient développés), on imprègne toute la superficie des sarments de cette solution.
- Sous l’influence (le l’acide carbonique de l’air ambiant, il se forme du carbonate de chaux; le soufre, en partie, se précipite à l’état d’extrême division et assez adhérent pour qu’il persiste pendant tout le temps de la végétation annuelle et répande des émanations efficaces contre l’oïdium. ( Acad, des sciences, 3 juillet 1854. )
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- SÉANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- PROCÈS-VERBAUX.
- Séance du 26 juillet 1854.
- M. Michelin, membre de la commission des fonds, occupe le fauteuil.
- Le procès-verbal de la séance précédente est lu et approuvé.
- Correspondance. M. Pascal, rue Guénégaud, qui a pris part au concours relatif à la découverte des moyens curatifs ou préventifs de la maladie de la vigne, exprime le regret que son mémoire, qui avait pour objet les effets du plomb sur les cryptogames, n’ait point été mentionné.
- M. Coulleau, employé comptable au chemin de fer de Paris à Lyon, fait connaître les résultats satisfaisants qu’il a obtenus de l’emploi du soufre pour la guérison de la maladie de la vigne et des autres végétaux.
- M. Cathala, à Lesignan ( Aude ), communique le moyen qui lui a réussi contre la maladie de la vigne, en enduisant les grappes d’une couche d’huile.
- M. Dupont, ancien garde général des forêts, à Meaux, adresse une note concernant une préparation, due au hasard, qu’il a employée avec un succès complet contre la maladie de la vigne.
- M. le directeur de l’agriculture et du commerce transmet des observations de M. Louis Blanc, à Tours, sur les moyens de combattre avec succès, par le soufre, la maladie de la vigne.
- M. Faslier, avenue de Neuilly, 209, adresse la description d’un appareil pour soufrer la vigne.
- M. Ourse père, à Draguignan ( Var ), signale plusieurs procédés pour la guérison de la maladie de la vigne.
- M. Guillot, horticulteur, à Monfavel (Vaucluse ), ayant été informé que la Société lui a accordé un encouragement pour ses expériences sur l’emploi de la vapeur d’eau bouillante dans le traitement de la vigne, envoie un échantillon de ses raisins.
- M. Tellier, aux Batignolles, demande à donner communication de deux mémoires, l’un sur une industrie nouvelle à créer au profit de celle du bâtiment en général, l’autre relatif à un nouveau mode de récolte des céréales.
- M. Ramon de la Sagra, correspondant de l’Institut, fait hommage d’un rapport fait à l’Académie nationale, agricole et industrielle, sur son mémoire adressé au gouvernement espagnol relatif à l’exposition universelle de 1851.
- M. Cailletet, pharmacien, à Charleville, adresse deux mémoires, l’un concernant le
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- SÉANCES DU CONSEIL ^ADMINISTRATION.
- dosage de la fécule de pommes de terre mélangée avec de la farine de blé, l’autre sur la semence d’ivraie, sa détermination dans les farines, le dosage des farines par le gluten et des liqueurs normales, etc.
- M. Migneron, à Belleville, adresse des échantillons d’essence de térébenthine rendue inodore après quelques heures d’emploi.
- M. le ministre secrétaire d’État au département de l’agriculture, du commerce et des travaux publics adresse deux exemplaires du 15e volume des Brevets d'invention pris sous Vempire de la loi de 1844.
- M. Dubois, à Saint-Denis, appelle l’attention de la Société sur des feuilles de bois préparées pour le lisage et le repiquage des dessins qui s’exécutent au moyen de la mécanique à la Jacquard.
- M. Armengaud aîné, ingénieur civil, dépose, de la part de MM. Trottier et Schweppe, manufacturiers, à Angers, le dessin et le mémoire descriptif d’un nouveau système de tuyaux en bois et coltar combinés pour la conduite des eaux, du gaz et autres.
- M. Dugard, serrurier, rue Palatine, 5, met sous les yeux de la Société un modèle d’horloge à réveil et à répétition.
- M. Colombe, rue Monsieur-le-Prince, 47, annonce avoir inventé une machine à balayer les rues, dont les essais ont été accueillis assez favorablement par l’administration de la salubrité, qui attend, pour mieux juger les services qu’elle peut rendre, des rectifications, des perfectionnements sur une grande échelle, qu’il ne peut encore opérer faute de fonds suffisants.
- M. Eyerre, rue de la Vierge, au Gros-Caillou, adresse la première partie d’un ouvrage sur la charpente dont il vient de commencer la publication.
- M. Mercier, propriétaire, demande que la Société d’encouragement fonde un prix pour la construction de combles droits ou cintrés pour les gares de chemins de fer et les salles de réunion, de 30 à 40 mètres de portée.
- M. Raboisson, inventeur d’un pétrin mécanique admis à l’exposition de la Société philomathique de Bordeaux, demande que la commission de la Société d’encouragement examine son appareil.
- M. Guillemot, fabricant d’instruments de précision, rue du Faubourg-Saint-Denis, 30, dépose un paquet cacheté contenant le plan et la description d’un mécanisme pour diriger les ballons captifs.
- Le dépôt est accepté.
- Parmi les ouvrages imprimés adressés à la Société, M. Peligot mentionne plusieurs brochures de M. Stanislas Jullien, membre de l’Institut, sur l’industrie chinoise, savoir, 1° des documents sur l’art d’imprimer à l’aide de planches en bois, de planches en pierre et de types mobiles, inventé en Chine longtemps avant que l’Europe en fît usage; 2° des graines d’une plante textile envoyée de Chine par un missionnaire fran-
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- çais ; 3° une substance anesthésique employée en Chine dès le commencement du me siècle de notre ère, pour paralyser momentanément la sensibilité.
- La lettre suivante, dont nous donnons un extrait, a été adressée, par M. Riche, à M. le président de la Société.
- « Vieux soldat de l’Empire, fait prisonnier à la retraite des Français, en 1812, et établi à Grenade, en Espagne, j’ai été à même de faire, au sujet de la maladie de la vigne, quelques observations que je prends la liberté de vous transmettre.
- « Lorsque l’oïdium se présenta pour la première fois en Espagne, il y a trois ans, j’habitais une petite maison où se trouvait une treille dont je vis le fruit se couvrir d’une espèce de poussière appelée ici ceniza (cendre) ; je vis ensuite toutes les grappes se pourrir lorsqu’elles commençaient à mûrir, se détacher de la treille et tomber sans pouvoir en sauver aucune.
- « Je m’occupais alors à faire des essais sur le guano artificiel : je faisais brûler des matières animales dans une marmite de terre, et je recevais les produits de la combustion dans deux autres marmites dont le fond était percé de plusieurs trous, et que j’avais placées sur la première ; ces deux marmites étaient pleines de tablettes de plâtre ou de sulfate de chaux ; le plâtre s’imprégnait de carbonate d’ammoniaque, et surtout d’huile empyreumatique.
- « Ayant mêlé 2 parties de ce plâtre (en poids) avec 1 partie du résidu charbonneux de la combustion des matières animales et 1 partie de cendres de bois ou de lignite, j’obtins un excellent engrais, et je me suis convaincu, par plusieurs expériences, que 1 quintal de ce guano est supérieur en qualité à 50 quintaux du meilleur fumier.
- « J’eus l’idée de faire une dissolution de 1 livre de plâtre, ainsi chargé des produits de la combustion, dans 20 livres d’eau commune ; j’en frottai bien la treille, et même je l’arrosai de ce liquide. Je fus agréablement surpris de n’y plus voir, l’année suivante, 1853, aucune trace de maladie, et d’en recueillir le fruit dans toute sa maturité .
- « J’ai adopté , depuis, la composition suivante : on distille des matières animales comme pour faire du sel ammoniac; lorsque la liqueur des récipients, devenue froide, marque environ 3 ou k degrés au pèse-acide, on en prend une quantité quelconque, on la mêle avec le quart de son poids de sulfate de chaux calciné, pulvérisé et réduit en bouillie claire avec de l’eau commune; on mêle ce plâtre avec la liqueur ammoniacale, en laissant vingt-quatre heures en macération et remuant de temps en temps.
- « Au bout de ce temps, on filtre la liqueur, et c’est avec elle qu’on prépare le liquide pour arroser la vigne. On en prend une certaine quantité qu’on mêle avec cinquante fois son poids d’eau commune, on en verse environ 2 livres sur chaque cep , et sur les treilles une plus grande quantité, selon leurs dimensions.
- « Cette opération devra se faire trois fois : 1° lorsque la vigne est nouvellement taillée ; 2° lorsqu’elle commence à pousser ; 3° enfin lorsque la fleur est déjà passée et que le raisin commence à se former.
- « Le remède est simple, peu coûteux et d’une facile application ; il ne s’agit plus de frotter la vigne avec une brosse, il n’est question que de l’arroser.
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- « J’ai arrosé avec cette liqueur plus de quarante treilles ayant tous les symptômes de l’oïdium et dont le raisin, déjà formé, était couvert de ceniza.
- « Non-seulement la maladie n’a pas gagné les grappes qui n’étaient pas encore attaquées, mais les autres se rétablissent; la ceniza tombe peu à peu, le raisin grossit, perd son aspect terne et acquiert la couleur verte qu’ont naturellement les grappes avant de mûrir. »
- Rapports des comités. Au nom d’une commission spéciale, M. Barrai lit un rapport sur l’exposition des produits de l’agriculture et des arts industriels ouverte à Bordeaux le 15 juillet 1854, par la Société philomathique de cette ville.
- Le conseil, après avoir entendu plusieurs de ses membres sur l’élève des sangsues, l’éducation des vers à soie et la maladie de la vigne, approuve le rapport et en ordonne l’insertion dans le Bulletin.
- Au nom des comités des arts chimiques, des arts économiques et d’agriculture, M. Clerget lit un rapport sur le procédé de fabrication de l’alcool de betterave par M. Champonnois.
- Les comités proposent de remercier M. Champonnois de sa communication et d’insérer le rapport dans le Bulletin avec le dessin de l’établissement. (Approuvé.) (Voyez plus haut, p. 457. )
- Au nom du comité des arts économiques, il est donné lecture, pour M. Priestley, d’un rapport sur un nouveau mode d’assemblage des lames et des manches de couteaux présenté par M. Massa, coutelier, à Paris.
- Le comité propose de remercier l’auteur de sa communication et d’insérer le rapport dans le Bulletin. ( Approuvé. )
- Communications. M. Gourlier rappelle que M. Cavaillé-Coll, auquel la Société a décerné une médaille d’or dans sa séance générale du 17 mai dernier, a invité les membres de la Société à entendre un orgue d’église destiné pour l’Espagne. Cet instrument, touché par M. Simon, habile artiste, a été entendu avec intérêt.
- M. Gourlier propose de mentionner au procès-verbal le témoignage de la satisfaction de ses collègues pour l’artiste et pour le facteur d’orgues dont la Société a encouragé les premiers pas dans la carrière industrielle.
- Cette proposition est adoptée.
- PARIS. — IMPRIMERIE DE Mme Ve BOUCHARD-HUZARD, RUE DE L’ÉPERON, 5.
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- 53 ANNÉE. DEUXIÈME SÉRIE. N» 16. — AOUT 1864.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- PORCELAINE.
- rapport fait par m. salvétat, au nom de la commission des beaux-arts appliqués à l’industrie et du comité des arts chimiques, sur la porcelaine tendre fabriquée par m. de bettignies, à Saint-Amand-les-Eaux (Nord).
- On donne le nom de porcelaine à toute poterie incolore et translucide.
- En ne faisant usage que de matériaux privés d’oxydes colorants, on obtient une pâte et une glaçure incolores; c’est un fait sans controverse.
- La transparence, au contraire, peut être le résultat de diverses méthodes qui conduisent à des produits de nature différente.
- Tantôt la masse vitreuse, qui donne la translucidité, se trouve tout naturellement formée ; des silicates alumino-alcalins, le feldspath, en général, la composent. Seuls, ces corps prendraient l’aspect vitreux, à moins d’une température modérée ; ils se déformeraient. On leur donne une plus grande consistance , la possibilité d’être facilement façonnés, la résistance au feu , etc., en les additionnant de kaolin, matière argileuse naturellement formée par l'altération du feldspath. La pâte, ainsi faite, peut être recouverte d’un mélange de quartz et de feldspath qui forme la glaçure; ce produit constitue la porcelaine dure ou naturelle : on en trouve le type dans la porcelaine de Chine.
- Tantôt la pâte est composée, non plus d’une matière naturelle plastique , facile à travailler, mélangée dans les proportions voulues à la matière vitreuse, mais de craie et de marne, c’est-à-dire d’une substance presque complètement aride, alliée, par quantités convenables, à du silicate de soude incomplètement fondu, aride lui-même, et qu’on nomme fritte. Le corps de pâte est Tome Ier. — 53e année. %e série- — Août 1854. 63
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- recouvert d’une glaçure fusible, contenant encore plus de plomb que le cristal ordinaire n’en renferme. Cette poterie a reçu le nom de porcelaine tendre, de porcelaine à fritte, de porcelaine artificielle; il conviendrait, sans doute, de la nommer, comme on l’a fait dans l’origine, porcelaine de France. Le type de cette porcelaine est la porcelaine dite vieux Sèvres.
- Entre ces deux produits se placent les porcelaines anglaises , dans la pâte desquelles il entre ou des frittes artificielles ou de la pegmatite, ou du phosphate de chaux, et, dans tous les cas, du kaolin, quelquefois de l’argile plastique. La glaçure est formée d’un cristal plombeux auquel l’addition du borax donne une certaine dureté.
- Ces poteries si diverses offrent-elles des différences notables dans les applications variées qu’on en peut faire? Quels sont les avantages et les inconvénients des unes et des autres? Telles sont tout d’abord les questions qu’il importe de résoudre, afin de bien comprendre s’il y aura, de tout temps, intérêt à fabriquer simultanément ces trois sortes de porcelaines.
- Et, pour simplifier encore la question , mettons hors de cause les porcelaines anglaises, plus fragiles que les porcelaines dures, moins propres à la décoration que les porcelaines tendres françaises, mais qui trouvent teur raison d’être dans la rapidité d’exécution qu’elles présentent à l’ouvrier qui les façonne , dans les prix auxquels il est possible de les établir, et dans la facilité de leur appliquer des impressions à la fois nettes, vives et flatteuses que le consommateur accepte et recherche. Comparons seulement la porcelaine dure et la porcelaine tendre française.
- La porcelaine dure, cuite à très-haute température, n’offre pas une fragilité très-grande, quand elle n’est pas rendue trop vitreuse par une économie mal entendue qui fait exagérer la quantité de feldspath ; elle présente, à l’usage, une résistance plus considérable qu’aucune autre poterie, par suite de la variété de sa glaçure, que l’acier le plus dur n’entame pas sans effort : c’est donc, comme poterie d’usage, la poterie par excellence. Mais l’infusi-bilité de la glaçure devient un obstacle dans la décoration ; les couleurs dont on fait usage pour peindre ne pénètrent pas dans la couverte, elles ne sont que superposées. L’emploi du blanc opaque est rendu très-délicat à cause de l’écaillage ; il faut peindre comme à l’aquarelle : de là, dans les lumières, des parties beaucoup plus ternes que dans les parties vigoureuses ; de là, manque d’uniformité dans le glacé de la décoration.
- Sous le rapport de la peinture, la glaçure de la porcelaine tendre française, qui, par sa composition, se rapproche beaucoup de celle des couleurs préparées pour peindre, offre les plus grandes ressources au décorateur. On n’a pas à craindre le défaut d’écailles, et la possibilité d’employer des blancs pour
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- empâter donne à cette poterie un relief, un ressort qui rappelle la peinture à l’huile. Les couleurs se fondent avec la glaçure, la pénètrent même, et font corps avec elle ; ces conditions ajoutent au mérite d’un glacé bien brillant toutes les qualités de l’émail. Enfin certains fonds de couleur de la nature des émaux, très-vifs, qu’il est impossible d’appliquer sur la porcelaine dure, s’accommodent parfaitement du vernis de la porcelaine tendre, et font la principale richesse des objets confectionnés avec cette matière.
- Examinée au point de vue de l’usage domestique, en dehors des considérations de prix, la porcelaine tendre se raye avec une trop grande facilité ; et si, de plus, elle ne présente pas une fragilité considérable, si même elle acquiert une certaine résistance au choc, c’est sous la réserve d’une épaisseur incompatible avec l’élégance et la légèreté qu’on aime à retrouver dans les objets de prix destinés aux usages de la table.
- Ainsi, à des titres différents, les deux produits qui présentent à première vue le même aspect ont chacun leur valeur, leur mérite particulier et, partant, leur raison d’être. C’est pour avoir méconnu ces principes, que la manufacture de Sèvres a délaissé la fabrication de la porcelaine tendre, qui, depuis son origine jusque vers 1800 , avait attaché tant de gloire à son nom ; c’est parce qu’on en tient compte aujourd’hui, qu’on fait marcher de front les deux fabrications. Mettant à profit toute l’expérience céramique d’un demi-siècle, utilisant les progrès réalisés dans la fabrication de la porcelaine dure, en cherchant à reproduire d’abord, à surpasser ensuite les pièces qui ont jeté sur sa réputation un si vif éclat, la manufacture de Sèvres prouvera, lors de la prochaine exposition, qu’elle est digne de son passé.
- Les développements dans lesquels votre rapporteur vient d’entrer ont paru nécessaires à votre commission des beaux-arts appliqués à l’industrie, pour vous faire bien comprendre le but que M. de Beltignies se proposait, en ajoutant à sa fabrication de poteries la fabrication de la porcelaine tendre française , lorsque ses relations commerciales avec Paris l’engagèrent à prendre pour type de celle fabrication les anciennes pièces dites vieux Sèvres, que la mode a placé si haut.
- Les détails qui vont suivre semblent indispensables à votre comité des arts chimiques pour justifier les conclusions qu’il a l’honneur de vous présenter, d’accord avec votre commission des beaux-arts appliqués à l’industrie.
- La pâte de Saint-Àmand-les-Eaux est composée d’une fritte à base de soude et de potasse, de craie et de marne. Les anciennes recettes de Sèvres conseillaient, pour composer la fritte, un mélange très-complexe de sable, de gypse, de soude, de nitre, d’alun et de sel marin. M. de Bettignies la forme d’une manière plus simple : il prend du sable, du nitre et du carbonate de
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- soude ; il rejette comme inutiles l’alun, le gypse et le sel marin. Ce n’est pas ici le lieu de discuter le rôle de chacun de ces éléments ; nous ferons seulement observer, en passant, que le sel avait, sans doute, pour but d’enlever au sable l’oxyde de fer dont il était souillé, en l’amenant, par décomposition, en présence de la vapeur de chlorure de sodium, à l’état de chlorure de fer, qui se volatilisait ou se condensait à la surface de la masse frittée en croûte colorée; on épluchait la fritte de manière à rejeter les parties visiblement ferrugineuses.
- La fritte exige, pour être convenable, un feu vif et soutenu, qui cependant ne doit pas être trop violent. Trop fondue, elle communique à la pâte des défauts qui entraînent un façonnage difficile. Lorsqu’elle n’est pas assez fondue , elle reste altérable sous l’influence de l’eau , qui lui enlève sans cesse de l’alcali et la rend de moins en moins fusible.
- La cuisson de la pâte façonnée présente encore des difficultés sérieuses; si le feu n’est pas assez violent, le biscuit conserve une porosité désagréable, en même temps qu’il prend une coloration rosée qui n’apparaît que dans les points qui manquent de transparence. Cette irrégularité de teinte amène postérieurement la fracture de la pièce lorsqu’on la passe au vernis, car elle entraîne une inégale répartition de la glaçure sur toute la surface de la pièce. Quelquefois encore , bien que toute coloration ait disparu, la pâte non suffisamment cuite absorbe au feu de vernis et souvent même au feu de peinture la glaçure qui peut être complètement ressuyée. La décoration est alors terne et bouillonnée. Enfin, si le feu dépassait la limite voulue , une action chimique , se développant au contact du verre alcalin et de l’excès de la chaux constitutive de la pâte, déterminerait une infinité de cloquages et de bulles, les unes crevées, les autres pleines. Il faut, d’ailleurs, craindre, lorsque cet effet auquel peut ne pas être étrangère l’atmosphère réductive du four ne se produit pas, des déformations par affaissement ou bien un excès de translucidité qui communique à la porcelaine une fragilité nuisible.
- La mise en vernis présente, à son tour, d’assez grandes difficultés : le biscuit n’est plus absorbant comme dans beaucoup de fabrications; les procédés d’application sont alors d’une pratique plus embarrassante. La composition de la glaçure, l’épaisseur sous laquelle on la met, le réparage des pièces vernissées, la température à laquelle il convient de les cuire, telles sont encore des conditions d’une grande importance et qui sont resserrées dans des limites très-rapprochées.
- Ce qui précède démontre que la porcelaine tendre, appliquée à la confection des objets d’art, est une poterie très-difficile à faire. M. Brongniart, si bon juge en pareille matière, a dit qu’il a fallu plus de recherches , plus de
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- génie même pour créer cette porcelaine artificielle que pour obtenir la porcelaine dure, résultant du simple mélange de deux matières naturelles. Nous ajouterons qu’il a fallu de la part de M. de Bettignies, même avec la porcelaine de Tournai comme point de départ, une grande persévérance à poursuivre des traditions perdues, pour amener cette fabrication au point où vous la présentent les spécimens que vous avez sous les yeux. Ces difficultés ont été vaincues dans l’espace seulement de quelques années; car, en 1849, le jury français encourageait, par une médaille de bronze, les débuts de M. de Bettignies comme fabricant de porcelaine tendre à l’instar du vieux Sèvres, et l’exposition de Londres, en 1851, en constatant des progrès réels, lui faisait décerner par la commission royale une médaille de deuxième classe avec une mention spéciale. C’était bien près d’une médaille de prix ; mais on sait que les règlements réservaient pour les inventions les récompenses de premier ordre.
- Les pièces exposées par M. de Bettignies se distinguent par des dimensions considérables et par une réussite que les Anglais eux-mêmes , très-amateurs du vieux Sèvres, ont unanimement proclamée. Nous espérons que M. de Bel-tignies , par de nouveaux perfectionnements, se rapprochera davantage encore des modèles qu’il a choisis, et qu’il ne négligera rien pour donner à ses produits la blancheur caractéristique des pièces qu’il a prises pour type.
- Nous avons indiqué plus haut que le point de départ des porcelaines d’art de Saint-Amand était la porcelaine tendre qu’on fabriquait à Tournai depuis 1761, dans la famille de M. de Bettignies, et qu’on y fabrique encore aujourd’hui. Lors de la séparation de la France et de la Belgique, des difficultés commerciales, accrues par des droits de douane très-élevés, déterminèrent M. Maximilien de Bettignies à se séparer de son frère, pour transporter sa fabrication en France même et conserver des débouchés anciennement acquis. Depuis lors, entre ses mains la prospérité de l’établissement a toujours été croissante, et depuis quelques années la valeur considérable donnée par les amateurs aux produits de l’ancienne fabrique de Sèvres conduisit la manufacture de Saint-Amand à perfectionner la porcelaine de Tournai pour se rapprocher davantage de la porcelaine de France.
- La manufacture de Saint-Amand compte aujourd’hui parmi les plus intéressantes usines du nord de la France ; elle fait, environ, par an, 150,000 francs d’affaires, en négligeant la plus-value que l’application des arts ajoute à Paris aux objets qu’elle livre à la décoration, et qui s’élèvent en valeur à peu près à 60,000 fr. par an.
- M. de Bettignies fabrique concurremment, avec les porcelaines d’art, des ustensiles d’usage domestique en poterie de grès et en faïence stannifère ; et,
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- comprenant que celte dernière poterie doit disparaître un jour devant les cailloutages, il se propose de joindre, au premier moment, cette fabrication nouvelle aux produits dont il s’occupe actuellement. Une usine bien disposée pour un accroissement progressif lui permettra bientôt de lutter, dans le Nord, avec les fabriques de Sarreguemines et de Creil.
- Votre rapporteur, qui a visité dans ses plus grands détails la manufacture de M. de Bettignies, partage les espérances que l’arrondissement de Valenciennes fonde, avec raison, sur l’avenir d’un établissement qui représente seul aujourd’hui chez nous la fabrication de la porcelaine tendre française, et qui a contribué puissamment déjà, par ses produits, à l’introduction des porcelaines dans l’ameublement.
- Votre comité des arts chimiques et votre commission des beaux-arts appliqués à l’industrie ont l’honneur de vous proposer de remercier M. de Bettignies de sa communication et d’insérer le présent rapport dans le Bulletin de la Société.
- Signé Salvétat, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 9 août 1854.
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- RECHERCHES EXPÉRIMENTALES SUR LA RÉSISTANCE DES CHAUDIÈRES DES LOCOMOTIVES, ET
- SUR LES CAUSES QUI EN DÉTERMINENT LES EXPLOSIONS (1); par M. W. FAIRBA1RN ,
- membre de la Société royale de Londres, correspondant de l’Académie des sciences.
- ( Extrait par M. J. B. Viollet. )
- M. W. Fairbairn a été conduit à des recherches sur cet important sujet, par l’explosion d’une chaudière de locomotive, survenue à Manchester dans la division orientale du chemin de fer dit London and Norlh-Westem Railway.
- Un des côtés de la boîte à feu de cette chaudière avait été violemment arraché ; et, à l’exception de l’enveloppe métallique extérieure, la machine entière ne présentait plus que l’aspect d’une ruine.
- Cependant cette machine avait été parfaitement établie en 1840 par d’excellents constructeurs, MM. Sharp, Roberts et comp., de Manchester; elle avait exécuté sans accident un parcours total de 168500 kilomètres, le plus souvent sans charge ou presque sans charge, parce que ses cylindres étaient d’un trop faible diamètre pour qu’elle pût remorquer les trains ordinaires.
- (i) Ces recherches sont publiées dans le rapport de l’Association britannique pour l’avancement des sciences, et dans une brochure séparée. Londres, Taylor et Francis, 1854, in-8.
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- Au moment de l’explosion, la boîte à feu, d’abord de 0m,01il d’épaisseur, se trouvait réduite à un peu plus de 0m,0095; mais elle paraissait encore en si bon état, que l’on aurait pu croire qu’elle venait d’être remise à neuf. On n’y apercevait ni pailles ni pièces, et certainement elle aurait pu parcourir encore 160000 kilomètres. Il en était de même de l’enveloppe extérieure, qui avait conservé presque toute son épaisseur primitive. Trois mois avant l’accident, pendant la réparation de la machine, les boulons (1) de la boîte à feu avaient été éprouvés au marteau comme à l’ordinaire, et regardés par les ouvriers, ainsi que par le contre-maître, comme étant tous parfaitement sains. A l’époque de leur fabrication, leur diamètre était de 0m,0174, et ils pouvaient alors supporter une traction décuple de celle à laquelle ils devaient être exposés. A l’exception d’un seul qui faisait partie de la rangée supérieure, le plus oxydé de ces boulons avait conservé un diamètre de 0m,0127; et, pourvu que le cuivre de la boîte à feu eût résisté, il eût pu soutenir encore une traction égale à plus de 6 fois 1/2 celle qu’il éprouvait de la tension de la vapeur pendant le travail normal, c’est-à-dire une traction correspondante à 27kil,,40 de tension, par centimètre carré.
- Le seul doute que l’on puisse concevoir sur le bon état de la chaudière, ne porte donc plus que sur la résistance exercée par les filets du cuivre de la boîte à feu; mais des expériences de M. Ramsbottom, dans lesquelles on a arraché plusieurs des anciens boulons d’une lame de cuivre semblable à celle de la boîte à feu, lame dans laquelle on les avait vissés sans en réparer les filets et sans les river, ont prouvé que la chaudière n’avait pu éclater sous une pression moindre de 21kil,,08 par centim. carré. Un de ces boulons dont les filets avaient été endommagés en partie, lorsqu’il avait été tiré hors de la boîte à feu par l’explosion, a même été vissé à la main dans une autre lame de cuivre, au moyen de son ancien filet, jusqu’à une profondeur égale à celle de l’épaisseur de cette boite; et, bien qu’il n’eût été ni réparé ni rivé, il a fallu, pour l’en extraire, exercer un effort sans choc ( dead weight ) de 3719 kilog. Or, puisque chaque boulon n’avait à protéger qu’une surface totale de 174 centimètres carrés, l’effort nécessaire pour l’arracher, correspondait à une pression de 21kiK,35 exercée par centimètre carré sur la surface de la chaudière.
- Un autre boulon, éprouvé dans des circonstances analogues, a exigé une traction représentant la tension de 23klI,,89 par centimètre carré.
- Les expériences de M. Fairbairn ont confirmé d’une manière satisfaisante ces premières approximations obtenues sur des boulons altérés déjà par un long usage; et l’auteur estime que s’ils eussent été neufs, la tension nécessaire pour les extraire, eût atteint 26kiI‘,70 par centimètre carré de la surface de la chaudière.
- Dans le cas où les boulons, au lieu d’être seulement vissés, auraient de plus été rivés, l’auteur évalue de 31kil ,62 à 35kll,,13 par centimètre carré, la tension nécessaire dans la chaudière, pour dépouiller les vis de leurs filets, ou pour en rompre les tiges.
- M. Fairbairn est même parvenu à des résultats plus élevés qui démontrent d’ailleurs
- (1) Comme on le verra plus loin, c’étaient des boulons et non des rivets qui reliaient les parois de la boîte à feu.
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- la supériorité des boulons filetés et rivés sur ceux qui ne sont que filetés. Un des premiers, en effet, de 0m,0190 de diamètre, n’a été dépouillé de ses filets et arraché que par une traction de 10945 kilog., tandis qu’un des derniers a subi les mêmes dommages sous un effort de 8279 kilog. seulement.
- L’auteur, prenant la moyenne de ses expériences et de celles de M. Ramsbottom, a trouvé que l’effort nécessaire pour produire une rupture dans les rivets ou dans les parois de la boîte à feu, était de 55lil-,16 par centimètre carré.
- Dans les locomotives d’une construction plus récente, où les rivets ont reçu des dimensions un peu plus fortes, et où chacun d’eux maintient une surface ayant seulement de 0m,1016 à 0m,1143 de côté, la résistance atteindrait vraisemblablement 59kiL,73 ou 63kil-,25 par centimètre carré, c’est-à-dire 7 ou 8 fois la tension que la pièce supporte pendant le travail.
- Les expériences de M. W. Fairbairn ont aussi démontré que les rivets de la boîte à feu ne sont pas la partie la plus faible d’une chaudière de locomotive, mais que l’on a plus à craindre du dôme, qui cède presque toujours le premier sous une tension considérable. L’auteur recommande donc aux mécaniciens d’apporter le plus grand soin dans la construction de cette partie, de donner non-seulement aux entretoises toute la force nécessaire, mais encore de rendre égale la résistance des boulons qui maintiennent la partie supérieure de la boîte à feu, d’éviter des discordances entre les résistances et de donner à toutes les parties une puissance suffisante pour soutenir sans accident une tension de 35kil-,13 au moins, par centimètre carré.
- Ces expériences ont été exécutées au moyen d’une presse hydraulique, sur une locomotive mise à la disposition de l’auteur par les directeurs de la compagnie du London and North- Western Railway.
- Les pressions étaient mesurées par les poids dont on chargeait une soupape de sûreté d’une section égale à 6cent- ca,'-,45.
- La locomotive soumise à ces pressions était, sous tous les rapports, semblable à celle qui avait éclaté; elle avait d’ailleurs été établie à la même époque et par les mêmes constructeurs; elle avait exécuté à peu près le même service; cependant la boîte à feu, les rivets et les tirants étaient assez visiblement altérés ou affaiblis.
- Le premier défaut de résistance fut signalé par des fuites qui se manifestèrent à quelques joints sous une pression de 7kll-,73 par centimètre carré.
- Ces fuites s’accrurent progressivement, en même temps que la pression, et enfin, lorsque la charge atteignit 14kil-,58, par centimètre carré, la rupture du boulon d’un des tirants de la boîte à feu, obligea de discontinuer l’expérience, parce que les fuites devinrent telles que la pompe de pression ne put suffire à introduire assez d’eau pour tenir lieu de celle qui s’échappait.
- L’auteur estime cependant que la chaudière employée pour cette série d’expériences, n’eût pas éclaté avant d’être soumise à une tension de 21kil,,08 ou de 24kil*,59, au moins, par centimètre carré, et que la fracture d’un seul boulon ne donne pas la mesure de sa résistance, mais ne doit être considérée que comme un accident capable seulement de diminuer cette résistance, et non d’en marquer les limites extrêmes.
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- Il a en outre été confirmé dans son opinion par l’examen de la partie supérieure de la boîte à feu, partie qu’il a trouvée dans un état excellent.
- En comparant d’ailleurs la chaudière qu’il venait d’éprouver avec celle qui avait éclaté, il a conclu, comme il l’avait déjà supposé, que la tension de la vapeur, poussée à un très-haut degré, avait pu seule être la cause de l’accident.
- La crainte d’étendre trop cet extrait nous empêche d’analyser d’autres expériences destinées à déterminer le temps nécessaire pour élever progressivement la tension de la vapeur au-dessus de 4kil-,22, par centimètre carré, sous laquelle la soupape de sûreté fonctionnait avant d’avoir été fixée, circonstance qui paraît avoir été l’objet d’une contestation. Nous dirons seulement que dans une expérience où la tension a été mesurée par un manomètre de M. Bourdon, et où la température a été constatée au moyen de deux thermomètres très-sensibles de M. Dalgetti, 21 minutes ont suffi pour porter dans une chaudière ayant à peu près les mêmes dimensions cette tension de 0kil-,83 par centimètre carré, à 7kiL,64.
- M. Fairbairn, discutant les résultats de ses expériences sur ce sujet, établit une relation entre la durée de l’application de la chaleur et l’accroissement de la tension intérieure, et il en conclut qu’à partir du moment où la tension était de 4kil-,21 par centimètre carré, il suffisait de 28 minutes pour la porter à 21kll ,08 dans la locomotive, objet de ses investigations, et pour produire l’explosion si la chaudière n’était pas assez forte pour résister.
- Il en infère la nécessité de prendre toutes les précautions convenables contre la rapidité de cet accroissement, et fait observer que presque tous les accidents de ce genre, surviennent pendant que les machines sont en repos et que probablement la soupape de sûreté est fixée, tandis qu’un feu vif est allumé sous la chaudière.
- M. Fairbairn eût regardé ses recherches comme incomplètes si, après avoir déterminé la force des boulons ou des rivets des boîtes à feu, il n’eût pas soumis à des expériences précises la résistance des parties plates de la boîte à feu des locomotives.
- Il a donc fait construire deux boîtes ayant chacune 0m,559 de côté et 0m,076 de profondeur; l’une représentait exactement la boîte à feu qui avait fait explosion; l’autre se composait de planches métalliques de la même épaisseur, mais elle était disposée de telle sorte que les boulons ou les rivets, au lieu de correspondre à des carrés de 0m,127 de côté ou de 161 centimètres carrés de surface, comme ceux de la chaudière éclatée, répondaient à des carrés de 0m,102 de côté, ou 103 centimètres carrés de surface seulement.
- La première représentait ainsi les boîtes à feu de l’ancienne construction et la seconde celles de la nouvelle.
- La première de ces boîtes se composait, d’un côté, de planche de cuivre de 0m,0127 d’épaisseur, et, d’un autre côté, de tôle de fer de 0ra,0095 d’épaisseur; chaque rivet protégeait une surface de 161 centimètres carrés.
- Elle a éclaté sous une pression de 57kll*,27 par centimètre carré, parce que la ductilité du cuivre a permis à la tête d’un des rivets de traverser ce métal.
- Ces expériences prouvent que les parties plates d’une chaudière de locomotive ainsi
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- construite offrent une résistance plus considérable que le dôme ou même que les parties cylindriques. Mais celles qui ont été exécutées ensuite sur la boîte où les rivets, plus rapprochés, ne correspondaient qu’à des surfaces de 103 centimètres carrés, au lieu de 161 centimètres carrés, ont fait reconnaître une résistance immense beaucoup plus considérable que celle que l’on peut obtenir dans toute autre partie de la chaudière, quel que soit le mode de construction, si parfait qu’on le suppose.
- Dans la dernière, en effet, la caisse métallique s’est rompue sous un effort de 114kil-,2 par centimètre carré, parce que la tête d’un des rivets a été arrachée au travers de la tôle de fer, après avoir soutenu l’effort pendant plus d’une minute et demie.
- Il est digne de remarque que la partie la plus faible de cette boîte, n’a pas été la planche de cuivre, mais la tôle de fer, qui a cédé par l’arrachement de ses filets.
- L’auteur a observé que la décroissance effective de la résistance, lorsque l’on augmente la distance des rivets, est réellement plus rapide que celle qui est indiquée par la théorie.
- Il a reconnu aussi que la résistance d’un boulon fileté et rivé, est à celle d’un boulon simplement fileté, comme 100 est à 76.
- Les expériences qui viennent d’être analysées, ayant été exécutées à une température qui n’excédait pas 10° centig., on peut se demander quelle est sur la résistance l’influence de la température beaucoup plus élevée de l’eau qui entoure la boîte à feu, et surtout du combustible incandescent qui agit sur le côté opposé des planches métalliques.
- Comme le fait observer M. Fairbairn, cette question n’est pas facilement résoluble. D’un côté, la température du fourneau, et de l’autre celle de l’eau, font croître la difficulté, et rendent très-peu concluantes toutes les données connues. Cependant, en se reportant aux observations et aux expériences pratiques, l’auteur est disposé à croire que la résistance des deux métaux n’est pas considérablement diminuée. Ses recherches sur la fonte (1) prouvent, en effet, que la force de cette matière ne subit pas une diminution considérable, au-dessous de 315° centig. Si l’on suppose que le cuivre et le fer suivent la même loi, et que l’on tienne compte de la conductibilité plus rapide du calorique dans le premier de ces métaux, on peut croire que la résistance des planches métalliques et des rivets des locomotives, n’est pas considérablement amoindrie par l’élévation de la température à laquelle ces pièces se trouvent portées dans un travail régulier. Cependant la question réclame un examen ultérieur, car elle intéresse à un haut degré l’intérêt public et les progrès pratiques de la science.
- De plusieurs essais faits sur des boulons et des rivets en fer et en cuivre, expériences dont les détails sont rapportés dans un court appendice, l’auteur tire les conclusions suivantes, utiles pour la construction des chaudières de locomotives ou de machines marines et, en général, de toutes les chaudières où se rencontrent des surfaces planes exposées à de grandes tensions et à l’action de la vapeur à haute pression.
- (1) Voyez les Transactions de l'Association Britannique pour Vavancement des sciences, t. VI, p. 406.
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- 1° Les tôles et les rivets en fer sont beaucoup plus résistants que les planches et les rivets en cuivre. Cependant, on ne peut conseiller de construire en fer l’intérieur de la boîte à feu, parce que ce métal est moins bon conducteur de la chaleur que le cuivre, et qu’il est d’ailleurs d’une moindre durée; mais, si on ne l’envisageait que sous le rapport de la force, il serait de beaucoup supérieur au cuivre.
- 2° L’assemblage d’un boulon en fer non rivé et d’une planche en cuivre n’offre pas beaucoup plus de la moitié de la résistance d’un appareil où ces deux pièces sont en fer.
- 3° Les rivets en fer, filetés et rivés dans des tôles de ce métal, possèdent une force qui surpasse dans la proportion de 1000 à 856, celle des rivets en fer, filetés et rivés dans des planches de cuivre.
- 4° Les rivets en cuivre, filetés et rivés dans des planches du même métal, n’offrent qu’une force à peu près égale à la moitié de celle des rivets en fer, filetés et rivés dans des tôles de fer.
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- soupape de décharge et régulateur pour les machines à vapeur navales; par m. robert waddell, de Liverpool. ( Traduit par m. j. b. viollet. )
- M. Waddell a décrit ces appareils dans un mémoire dont il a donné récemment lecture à l’association des ingénieurs-mécaniciens de Birmingham, et dont nous allons transcrire un extrait.
- On sait, dit l’auteur, que depuis quelques années les machines à cylindre horizontal ont été accueillies avec beaucoup de faveur dans la marine royale d’Angleterre, parce que, combinées avec les propulseurs à hélice, elles présentent l’avantage d’être mieux que les machines verticales à l’abri de l’atteinte des projectiles. On peut, en effet, les placer entièrement au-dessous de la ligne de flottaison.
- Leurs chaudières sont également établies aussi bas que possible au-dessous de cette ligne; mais, si toutes les chaudières sont sujettes à projeter de l’eau dans les cylindres, cet inconvénient se fait surtout sentir pour celles qui sont renfermées dans l’espace restreint que les exigences des constructions navales permettent d’accorder à leur installation. Aussi les cylindres reçoivent-ils alors avec la vapeur des quantités d’eau assez considérables.
- Sans aucun doute, la présence de cette eau occasionne la plupart des accidents qui arrivent aux machines, et c’est à elle que l’on doit attribuer presque tous les défonce-ments des cylindres, les ruptures des pistons, ou les torsions de leurs tiges, événements assez fréquents dans la navigation.
- Il est facile de se les expliquer, si l’on se rappelle l’effet énergique que l’une des machines exerce sur l’autre, lorsque le cylindre de cette dernière contient une accumulation d’eau. Les deux machines étant accouplées par des coudes à angle
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- droit, il suffît que l’un des cylindres renferme quelques centimètres de ce liquide, pour que le piston ne puisse atteindre le fond à la fin de sa course, qui correspond au moment où le piston de la seconde machine, parvenu au milieu de la sienne, possède une puissance considérable et se meut avec sa plus grande vitesse, tandis que celui de la première est presque au repos. L’eau du cylindre de l’une des machines est donc alors soumise à une violente pression, provenant de l’action du piston de l’autre, et de la force vive accumulée dans toutes les parties mobiles des appareils. Le volant des machines fixes produit souvent aussi des effets analogues.
- Les soupapes de décharge que l’on a jusqu’à présent appliquées aux cylindres pour en retirer l’eau et prévenir les accidents que nous venons de signaler, n’ont que faiblement répondu à l’attente des ingénieurs. La principale cause des déceptions a été l’insuffisance de ces soupapes qui ne permettent à l’eau de s’échapper, qu’au moment où elle reçoit la pression du piston, pression souvent très-puissante et très-rude, à cause de la petitesse de l’aire de l’ouverture.
- En construisant l’appareil décrit dans son mémoire et représenté, fig. 5, pi. 21, M. Waddell s’est proposé de retirer l’eau pendant la marche de la machine, au lieu de la laisser s’accumuler, jusqu’à ce qu’elle reçoive le choc du piston.
- M est un cylindre horizontal ordinaire, dont les deux extrémités G, G, sont munies d’une soupape de décharge, construite d’après le système de l’auteur.
- B est un petit cylindre additionnel attaché au fond G du grand cylindre. Il contient un flotteur F surmonté d’une tige liée par des écrous aux deux soupapes A et C. La soupape supérieure A est disposée comme un piston , afin d’empêcher, lorsqu’elle s’élève, la fuite d'une forte quantité de vapeur. Elle est d’un diamètre un peu plus grand que celui de la soupape inférieure C, afin que la pression de la vapeur contribue avec la présence du liquide à soulever le système composé du flotteur et des deux soupapes, lorsque l’eau s’accumule dans le petit cylindre B.
- Le flotteur doit être assez léger pour occasionner l’ascension de ces deux soupapes, lorsqu’il est élevé par l’eau rassemblée dans le cylindre B, et pour laisser ainsi cette eau s’écouler par l’ouverture de la soupape inférieure C.
- Lorsque le vide se forme dans le cylindre additionnel B, les soupapes sont maintenues fermées par la pression de l’atmosphère qui, à cause de la différence ménagée entre l’étendue de leurs surfaces, agit plus puissamment sur la soupape supérieure que sur l’inférieure. Quand, au contraire, la masse de l’eau accumulée suffit pour élever le flotteur, les soupapes s’ouvrent et l’eau s’écoule, jusqu’à ce que le vide les ferme en se formant de nouveau.
- La fig. 6, représente une soupape de décharge de ce système, destinée à une machine de 400 chevaux, dont le cylindre a 2m,36 de diamètre. Les soupapes de décharge ont environ 0m,152, et le flotteur à peu près 0m,330 de diamètre. Indépendamment de la différence de pression exercée par la vapeur sur les soupapes, il possède'donc un volume assez grand pour soulever les soupapes avant que l’eau l’ait entièrement couvert.
- On sait que, dans les machines marines, il importe aussi d’employer un bon ré-
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- gulateur, pour arrêter l’admission de la vapeur, lorsque les roues ou l’hélice s’élèvent au-dessus de l’eau. Le régulateur ordinaire des machines fixes a été essayé dans cette vue, mais il n’a pas été trouvé d’un bon usage, parce que l’action en est trop lente et que d’ailleurs le jeu en est contrarié par le tangage et par le roulis du bâtiment. Aussi a-t-il été abandonné.
- Lorsque les machines s’emportent ( are racing ) dans une forte mer, parce que les roues ou l’hélice cessent d’être immergées, le moyen auquel on recourt actuellement est le règlement de la soupape à gorge par le mécanicien qui, tenant la manette de cette soupape, l’ouvre ou la ferme lui-même, selon le besoin. Dans un voyage transatlantique, il faut souvent poursuivre avec vigilance et sans interruption celte pénible lâche pendant plusieurs jours, parce que la vitesse du bâtiment est ralentie d’une manière fort préjudiciable par la diminution de l’ouverture de la soupape, dès que l’immersion des roues ou du propulseur rend superflue cette diminution. D’ailleurs, lorsque les roues ou l’hélice sortent de l’eau, la vapeur qui passe dans les cylindres est perdue, et comme les machines n’éprouvent aucune résistance qui absorbe le travail dynamique développé, leur mouvement s’accélère assez pour les exposer à des ruptures.
- Le régulateur qui va être décrit peut s’appliquer aux machines fixes aussi bien qu’aux machines marines , lorsque le travail exécuté n’est pas constant, lorsqu’il consiste, par exemple, dans le sciage du bois ou dans le laminage des métaux. On sait, en effet, que lorsque la scie cesse d’agir sur le bloc, ou lorsque le fer échappe à la pression des cylindres, la machine motrice n’éprouvant plus aucune résistance, précipite notablement son action avant que le régulateur ordinaire ait pu restreindre suffisamment l’admission de la vapeur.
- La figure 7 représente le régulateur proposé par M. Waddell II est supposé fixé sur le conduit de la vapeur, de manière qu’il puisse agir sur la soupape ordinaire à gorge; mais on pourrait l’établir pour une soupape spéciale. A, A, est le conduit de la vapeur; B, la soupape à gorge; C, un petit cylindre muni d’un piston et d’une tige et fixé par des boulons au-dessus du conduit. Les deux extrémités de ce cylindre communiquent avec le conduit par des tuyaux dont l’un aboutit au-dessus et l’autre au-dessous de la soupape. Lorsque la machine s’emporte par suite de la diminution de la résistance, la pression de la vapeur est aussi diminuée au delà de la soupape qui, si l’on peut s’exprimer ainsi, lui fait subir une sorte d’étirage. La surface antérieure du piston du petit cylindre C se trouve ainsi soumise (à peu près) à la même pression que la vapeur qui s’échappe de la chaudière, tandis que la surface opposée de ce même piston ne supporte qu’une pression moindre. Le piston C s’avance donc lorsque la différence des tensions est assez grande pour surmonter l’inertie et le frottement; et, par une liaison convenable qu’il est facile d’imaginer, il ferme la soupape à gorge jusqu’à ce que la pression devenant égale ou à peu près égale sur les deux surfaces, le piston soit repoussé par l’action du ressort à boudin S, et rouvre la soupape en reculant. Des arrêts H, H, disposés sur le prolongement de sa tige, sont ajustés par
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- PLANCHERS INCOMBUSTIBLES EN FER.
- le moyen de vis de pression, dans la situation convenable pour régler selon le besoin l’ouverture et la fermeture de la soupape.
- En examinant le jeu de ce régulateur, on reconnaît que la soupape à gorge, lorsqu’elle est fermée, conserve cette position, jusqu’à ce que l’équilibre de pression se soit établi des deux côtés du petit piston dans le cylindre C et que le ressort ait pu éloigner ce piston et rouvrir le passage de la vapeur (1). ( Mechanics Magazine, janvier 1854, page 4. )
- PLANCHERS INCOMBUSTIBLES EN FER.
- planchers incombustibles en fer construits à Belfast, dans la maison de commerce de m. th. jackson. ( Traduit par m. j. b. yiollet. )
- M. Th. Jackson a fait édifier dernièrement à Belfast une maison considérable de 15m,24 de façade et de 12m,19 de profondeur. Cette maison est élevée de cinq étages; et les planchers, ainsi que le comble, ont été construits selon le système de MM. Fox et Barrett, si ce n’est que des arcades en briques partent des solives en fer et forment des courbes très-surbaissées, liées par du ciment romain. C’est afin de rendre les planchers incombustibles que l’on a substitué ces arcades aux bardeaux en bois, adoptés par MM. Fox et Barrett.
- La fig. 1, pl. 21, représente l’élévation d’une des colonnes creuses qui supportent le premier plancher ; elle exprime aussi la coupe des arcades en briques, ainsi que celle des solives. La fig. 2 est la section des sommiers dont les portées sont encastrées dans les vides que l’on voit ménagés au haut des colonnes.
- Sur une plus grande échelle, la fig. 3 est la vue partielle de la colonne, des solives et des sommiers ; enfin la fig. 4 en est la coupe horizontale.
- On voit en A une colonne de l’étage inférieur, et en B deux sommiers en fer laminé de 0m,203 de hauteur. Ces sommiers portent des rebords de 0m,101 de saillie qui traversent les chapiteaux des colonnes en fonte et soutiennent les solives C en fer laminé, de 0m,127 de hauteur, dont les rebords ont 0m,063 de saillie. D, D, sont les arcades en briques évidées, partant des rebords des solives et formant des courbes très-plates ; ces arcades sont couvertes d’une couche de béton E, sur laquelle on a étendu un dallage en asphalte de Seyssel.
- On arrive aux étages supérieurs par un escalier tournant, en pierre de taille, construit par derrière dans une tour adossée au mur de l’édifice qui est destiné à servir de magasin pour le chanvre, les fils et les toiles. Ainsi que dans une partie considérable de la ville de Belfast, le sol est très-compressible; il se compose d’un banc de
- (l) M. Poncelet a indiqué l’usage de la flexion des ressorts pour le jeu d’un régulateur instantané , dans son cours de mécanique appliquée aux machines, professé à l’ccole du génie et de l’artillerie de Metz. ( Sect. II, p. 35, lithographies de 18-30. )
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- MOULAGE.
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- sable, de coquilles et d’autres dépôts d’alluvion, d’une épaisseur de 1 lm,58, sous laquelle on trouve un gisement d’une argile bleuâtre et solide. On a donc établi un pilotis composé de pieux de 12m,19 de longueur. La rangée est double sous les murs et quadruple sous les colonnes. Les têtes des pieux sont enfoncées à lm,37 environ, au-dessous de la surface du sol, et supportent de forts grillages à la Memel, dont les raci-naux sont liés par des boulons et des tirants et dont les intervalles, ainsi que les côtés, sont garnis d’une maçonnerie en briques fortement liées par du mortier hydraulique. Par-dessus, on a posé une première assise de libages en grès, de lm,22 de large et de 0m,25 d’épaisseur, consistant en longues pierres de bas appareil, grossièrement équar-ries et piquées, qui entourent de tous côtés la fondation.
- La façade du rez-de-chaussée, où se trouvent les bureaux, est, ainsi que les corniches, les chaperons, les chaines, les plates-bandes et les pieds-droits, construite en grès taillés, assemblés à tenons et à cannelures. (Civil Engineers’ and Ârchilects Journal, juin 1854. )
- MOULAGE,
- MOULAGE DES MÉTAUX PAR LE VIDE.
- M. Julien Bernard, de Londres, a pris, le 25 avril 1854, un brevet d’invention, pour de nouveaux procédés de fonte des métaux et de moulage des matières plastiques de toute nature, par lesquels on obtient une netteté et une finesse d’arêtes bien supérieures à celles que donnent les procédés ordinaires. Us s’appliquent à la fonte des métaux et au moulage des matières plastiques de toute sorte , tels que le fer, le cuivre, le bronze, la gutta-percha, le caoutchouc, la porcelaine et les poteries en général. Pour effectuer la fonte ou le moulage par ce moyen, on fait préalablement un vide partiel dans les moules ou les formes dans lesquels le métal doit être coulé.
- L’appareil qu’emploie M. Julien Bernard est le suivant : le moule est constitué à la manière ordinaire; seulement il est muni de deux robinets, l’un à la partie supérieure, l’autre à l’inférieure. Le robinet supérieur communique avec le fourneau dans lequel est le métal que l’on veut mouler en fusion ; l’inférieur est en communication avec une pompe pneumatique ordinaire. Lorsque le moule a été amené à l’état convenable pour le moulage, on ouvre le robinet du bas, et l’on fait le vide dans l’intérieur de l’appareil, jusqu’à un point qu’indique l’expérience. Cela fait, on ferme, et l’on ouvre aussitôt le robinet supérieur, par lequel le métal se précipite sans rencontrer aucune résistance. Une fois le moule plein, on laisse le robinet ouvert pour que le métal soit soumis à la pression atmosphérique ; on peut même, si cela est nécessaire, le soumettre à une pression mécanique.
- Ce procédé s’emploie, à ce qu’il paraît, avec avantage, lorsque l’on a besoin d’arêtes fortes et vives; il prévient également la présence des bulles d’air, et évite la porosité, qui, si souvent, endommage les objets fondus et moulés. ( Repertory of Patent inventions, mars 1854. )
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- MÉTAUX.
- CAOUTCHOUC.
- PERFECTIONNEMENTS APPORTÉS A LA FABRICATION DES TISSUS IMPERMÉABLES
- en caoutchouc; pciv m. Charles Goodyear.
- Cette invention a rapport à la fabrication des étoffes imperméables obtenues avec des tissus réunis entre eux au moyen d’une dissolution de caoutchouc. Jusqu’ici, dans la fabrication des ouvrages de ce genre, on employait le caoutchouc en dissolution dans un véhicule convenable, sans qu’il fût mélangé à d’autres matières. Le procédé dont il s’agit aujourd’hui a pour but d’ajouter, à la dissolution de caoutchouc, des fibres analogues à celles que l’on veut recouvrir; on se sert ensuite de cette dissolution comme de la pâte de caoutchouc ordinaire. De cette manière, les fibres de la pâte et celles du tissu s’entremêlent et se combinent en donnant des résultats bien supérieurs à ceux que l’on obtient avec la pâte seule de caoutchouc.
- Ainsi, à la pâte de caoutchouc ordinaire on substitue une pâte contenant une certaine quantité de fibres analogues à celles dont sont formés les tissus que l’on veut réunir; il est bon d’en mettre autant que la pâte peut en absorber, en laissant, toutefois, celle-ci assez fluide pour qu’elle puisse s’étendre librement à la surface des étoffes. Quant au reste, cette pâte s’emploie comme la pâte ordinaire, et la fabrication des étoffes imperméables se continue par les procédés usités. ( Repertory of Patent inventions, avril 1854. )
- MÉTAUX.
- dilatation de la fonte par des échauffements réitérés.
- La fonte qui s’est dilatée sous l’influence de la chaleur ne reprend plus son volume primitif lorsque la chaleur cesse d’agir; mais elle conserve une partie de l’allongement qu’elle a acquis dans cette circonstance; il en est ainsi pour chaque échauffement suivi de refroidissement.
- Ce fait a été, pour la première fois, observé par Princep; ses expériences ont été faites avec une cornue en fonte, laquelle, après trois échauffements suivis de refroidissement, avait acquis une dilatation linéaire permanente de 3.76 pour 100, c’est-à-dire un peu plus d’un vingt-septième.
- Cette propriété de la fonte se manifeste habituellement dans les barreaux de grils, qui se courbent lorsqu’ils ne peuvent pas s’étendre faute d’un jeu suffisant. Dans le but de déterminer la part cà attribuer à ces effets de dilatation, M. Brix a entrepris de nombreux essais dont voici les résultats :
- Un barreau de gril, long de 3 pieds, avait augmenté de de pouce au bout de
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- LAITON GALVANIQUE.
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- trois jours; après dix-sept jours, l’allongement permanent était devenu de tq de pouce, et de pouce, environ 2 pour 100, après trente jours de chauffage.
- Un autre barreau, semblable au précédent, avait acquis un allongement permanent de près de 3 pour 100 après un usage prolongé.
- Mais, à côté de l’allongement partiel que les barreaux conservent après le refroidissement, ils acquièrent un allongement passager bien plus considérable lorsqu’ils subissent le contact du feu; il est donc indispensable de ménager à ces barreaux un jeu suffisant; d’après M. Brix, ce jeu doit être de c’est-à-dire un demi-pouce par pied de longueur.
- Les expériences, dont nous rapportons les résultals, ont été faites avec les barreaux du gril d’une chaudière à vapeur. L’auteur ajoute que l’allongement permanent acquis par les barreaux à la suite d’échauffements, se rapproche d’un maximum à mesure que ces opérations se réitèrent, et qu’il arrive un moment où le barreau refroidi ne garde plus rien de l’allongement subi en présence du feu. (Mittheilungen des Han-nov., Gewerbevereins, 1853, n° 4. )
- SUR LE LAITON GALVANIQUE.
- Le cuivre est plus électronégatif que le zinc et se sépare plus facilement de ses dissolutions qu’un métal moins négatif. Si donc, pour obtenir, par voie galvanique, un dépôt de laiton, on emploie une dissolution renfermant les deux métaux composants, cuivre et zinc, dans les proportions suivant lesquelles ils entrent dans la constitution du laiton, il ne se produit, sous l’influence de la pile, qu’un dépôt de cuivre rouge; le zinc, moins aisé à réduire, reste en dissolution. Ce qu’il y a donc à faire pour obtenir la précipitation simultanée des deux métaux dans les proportions voulues, c’est de retarder la précipitation du cuivre ou d’accélérer celle du zinc. C’est à quoi l’on arrive en donnant au bain un grand excès de zinc et très-peu de cuivre.
- M. Heeren donne les proportions suivantes comme ayant parfaitement réussi :
- On prend, Sulfate de cuivre...................... 1 partie.
- Eau chaude................................. 4 parties.
- iis Sulfate de zinc........................ 8
- Eau chaude.................................16
- Cyanure de potassium.......................18
- Eau chaude.................................36
- On fait dissoudre séparément chaque sel dans la proportion d’eau prescrite, et on mélange les dissolutions; il se forme d’abord un précipité que l’on fait dissoudre soit par l’agitation seule, soit en ajoutant un peu de cyanure de potassium; au reste, le liquide peut, sans danger, conserver un léger trouble; après avoir ajouté 250 parties d’eau distillée, on fait intervenir la pile composée de deux cléments Bunzen ser-Tome Ier. — 53e année. 2e série. — Août 1854. 65
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- vis par de l’acide nitrique concentré et de l’acide sulfurique au dixième. On fait chauffer le bain à l’ébullition, et on l’introduit dans un verre à pied dans lequel on fait plonger les deux électrodes; au pôle positif on suspend l’objet à recouvrir, tandis que le pôle négatif reçoit une lame de laiton. Les deux pièces métalliques peuvent être plar cées très-près.
- Le dépôt se forme vite, si le bain est bien chaud ; au bout de peu de minutes il s’est produit une couche de laiton dont l’épaisseur augmente rapidement.
- Des dépôts de laiton ont été ainsi obtenus sur du cuivre, du zinc, du laiton et du britania metall; ces métaux ont été préalablement bien décapés : le fer aussi peut être ainsi recouvert; mais la fonte se prête difficilement à cette opération.
- BEAUX-ARTS.
- PROCÉDÉ DE DORURE GALVANIQUE; par M. BRIANT (1).
- Ce procédé, vérifié par M. Jacoby, a été de sa part l’objet d’un rapport très-favorable à l’Académie des sciences de Saint-Pétersbourg. Il consiste dans la substitution de l’oxyde d’or au chlorure d’or, et dans l’emploi d’un courant très-faible engendré par un élément Daniell. Voici les détails du procédé :
- On prend 52 grammes d’or que l’on fait dissoudre dans l’eau régale, puis on évapore de manière à obtenir du chlorure d’or sec et aussi peu acide que possible. Après avoir fait dissoudre ce chlorure dans 5 kilog. d’eau chaude, on ajoute 100 grammes de magnésie bien tamisée, et on laisse digérer à une température modérée. L’oxyde d’or qui s’est séparé se trouve en combinaison avec la magnésie. Ce dépôt, bien lavé, est ensuite traité par de l’eau acidulée d’acide nitrique, dans la proportion de 375 gram, d’acide sur 5 kilog. d’eau; par son contact avec ce liquide, le dépôt cède la magnésie et ne constitue plus, dès lors, que de l’hydrate d’oxyde d’or, qu’on lave sur un filtre jusqu’à ce que l’eau de lavage ne colore plus le papier de tournesol.
- C’est avec cet oxyde d’or que M. Briant compose le bain ; il prend
- Prussiate jaune.................. 500 gram.
- Potasse caustique................ 120
- Eau................................ 5 kilog.
- Après avoir fait dissoudre, on ajoute l’oxyde d’or avec le filtre, et on fait bouillir pendant vingt minutes. L’oxyde d’or se dissout, et il se forme en même temps un précipité de sesquioxyde de fer. On laisse refroidir, on filtre et on obtient un liquide jaune propre à servir. Les objets à dorer doivent être bien nettoyés; on les fixe au pôle-zinc de l’élément Daniell, tandis que le pôle-cuivre reçoit une lame de platine.
- (l) Oesterreich. Gewerbeblatt. Var,, n° 3, p. 142.
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- La dorure peut se faire à chaud et à froid ; dans le premier cas, le dépôt se forme plus rapidement, mais avec moins de netteté. Pour obtenir un dépôt durable et analogue à la dorure au feu, il faut plusieurs heures. Quand le liquide est épuisé, on rajoute de l’oxyde d’or, ce qui produit une nouvelle précipitation d’oxyde de fer.
- Ainsi obtenue, la dorure supporte parfaitement le brunissoir ainsi que les autres opérations usitées dans la dorure au feu pour produire le mat.
- M. Jacoby ajoute ce qui suit : Un des problèmes les plus difficiles à résoudre dans cette fabrication est la production du mat. Quoique l’on connaisse les méthodes et les manipulations du procédé, il n’y a que les ouvriers parisiens qui sachent réussir complètement sur ce terrain; aussi, ces opérations sont-elles toujours conduites par des praticiens français, tant dans les fabriques régnicoles que dans les établissements étrangers de quelque importance.
- La production du mat entraîne toujours à des pertes en métal, attendu qu’elle nécessite un système de corrosion produite par du chlore. Cependant le procédé Briant permet d’obtenir, par la voie galvanique, un mat qui ne le cède en rien au meilleur mat de Paris et qui n’exige, d’ailleurs, aucune des opérations subséquentes de l’ordre de celles qui sont exigées par la dorure au feu. Ce mat se produit spontanément dès que la couche d’or a acquis une certaine épaisseur; il est plus beau quand la réduction a été faite à froid. On peut donner à ce mat une teinte plus ou moins rougeâtre ou plus ou moins blanche à l’aide d’un artifice bien simple; il suffit, en effet, d’allonger le bain d’une plus ou moins grande quantité d’eau.
- Voici encore quelques autres faits pratiques bons à remarquer : quand les objets à dorer sont polis et brillants, la dorure galvanique sera elle-même brillante, et il faudra un temps plus long et une couche d’or plus épaisse pour obtenir le mat. II est donc important de donner, de prime abord, à ces objets une surface mate par le procédé usité dans la dorure au feu, ou, plus économiquement, en les recouvrant d’abord, par voie galvanique, d’une légère pellicule de cuivre qui est, comme on sait, facile à obtenir d’un beau grain mat ; mais, dans l’un et l’autre cas, il est indispensable d’éliminer les dernières traces d’acide qui pourraient adhérer aux objets; il faut, pour cela, laver à l’eau alcalisée, puis à l’eau pure.
- Un point important à considérer est le choix de la substance que l’on emploie pour protéger les points qui ne doivent pas être dorés, car on se souvient que le bain do dorure est alcalin ; pour cela, l’auteur emploie du plâtre imprégné d’une dissolution alcoolique de gomme laque.
- M. Jacoby mentionne encore une autre recette pour obtenir une bonne dorure galvanique : on fait dissoudre dans l’eau régale un ducat d’or laminé, on évapore à sic-cité et on fait dissoudre le produit dans un liquide contenant 576 grains de prussiate jaune et 144 grains de potasse caustique; on fait bouillir pendant une demi-heure. On filtre ensuite et on étend d’eau en quantité suffisante pour donner au bain un poids de 340 grammes. D’après cela, le bain se trouve composé de la manière suivante :
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- CORNE ARTIFICIELLE.
- Or....................... 1 partie.
- Prussiate jaune. ... 12 parties.
- Potasse caustique. ... 3
- Eau.....................120
- SUR LA PIERRE ARTIFICIELLE.
- La pierre artificielle, employée aujourd’hui dans les constructions, dans les ornements architectoniques, etc., a été, de la part de M. Heeren, l’objet de quelques recherches dont voici les résultats pratiques. Cette pierre est formée de sable, de chaux, de litharge et d’huile de lin ; ces deux dernières forment le ciment. Fraîchement préparée avec ces matériaux, la pierre offre peu de solidité; mais, au bout de quelques semaines, elle acquiert la dureté du grès ordinaire, et au bout de quelques mois elle a durci au point de faire feu au briquet.
- La chaux n’est point indispensable à la confection de la pierre artificielle; la poussière qui se produit dans le travail du grès peut servir au même titre. Une pierre anglaise, analysée, était formée, en 100 parties, de
- Sable....................35
- Pierre à chaux. ... 62
- Litharge.................3
- En cherchant à imiter cette pierre, M. Heeren a reconnu qu’un excès de pierre à chaux en diminue la dureté, qu’une trop petite quantité de cette matière en augmente la porosité. L’auteur a obtenu un résultat parfait avec de la poudre de grès mélangée de 10 à 12 pour 100 de litharge. L’huile la meilleure est celle qui est la plus ancienne. Quand le mélange est opéré, on le foule dans des formes, ou on le comprime.
- Les objets sur lesquels on veut appliquer cette pierre artificielle doivent être, préalablement, enduits d’huile de lin ou de vernis à l’huile.
- FABRICATION DE LA CORNE DE CERF ARTIFICIELLE.
- Les bois employés dans cette fabrication sont, entre autres, l’érable et le poirier. On donne aux pièces une dimension triple de celle qu’elles doivent avoir; on en polit la surface et on les fait plonger, pendant six ou sept jours, dans une lessive de savonniers étendue d’eau; on chauffe un peu au commencement. Par ce moyen, les fibres ligneuses se ramollissent et deviennent propres à absorber la matière colorante. Cette dernière se compose de
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- VERS A SOIE.
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- Brun de Cassel. . . 125 grammes.
- Fernambouc. . . . 500
- Potasse 90
- Dissolution d’étain. . 60
- Eau 3 litres.
- Vinaigre 1 litre.
- On introduit les objets dans ce bain, et on fait bouillir pendant cinq ou six heures. Au sortir du bain, on met les objets sous la presse, on chauffe la plate-forme, et on réduit les pièces au tiers de leurs dimensions primitives; ensuite on les enduit d’un vernis à l’alcool composé de
- Benjoin...................125 grammes.
- Sang-dragon............... 60
- VERS A SOIE.
- NOTE SUR L’INTRODUCTION, EN FRANCE, D’UNE ESPÈCE DE VER A SOIE, DE l/lNDE, QUI VIT SUR LE RICIN COMMUN; PAR M. MILNE-EDWARDS.
- On sait que le ver à soie du mûrier n’est pas la seule espèce de bombyx que les agriculteurs de l’Inde élèvent en domesticité pour en obtenir des matières textiles, et parmi ces espèces, dont les produits sont à peine connus en Europe, il en est une surtout qui est l’objet d’une industrie importante. C'est Varrindy arria des Indous ou bombyx cynthia des entomologistes. Sa chenille vit sur le ricin commun, et la soie qu’elle donne, quoique beaucoup moins belle que celle des bombyx du mûrier, est utile, car elle est d’une solidité remarquable. 11 paraît que dans plusieurs parties de l’Inde elle sert à l’habillement journalier de la classe pauvre pendant toute l’année, et h celui de toutes les classes pendant la saison froide.
- Le ver à soie du ricin est très-productif. Sa croissance est rapide, et les générations se succèdent à des époques si rapprochées, qu’on obtient d’ordinaire six ou sept récoltes par an.
- La plante dont les feuilles servent de nourriture à ce bombyx est d’une culture facile non-seulement dans l’Inde, mais jusqu’en France. Il serait donc avantageux d’introduire ce nouveau ver à soie en Algérie; mais la rapidité avec laquelle les œufs éclosent et le peu de durée de la période de réclusion de la nymphe semblaient devoir rendre le transport de ce ver à soie de l’Inde en Europe très-difficile. Toutefois M. Milne-Edwards est parvenu à élever un certain nombre de ces vers dans son cabinet au jardin des Plantes. Les œufs qui lui avaient été remis par M. Decaisne, le 24 juillet dernier, furent placés dans les conditions qui paraissaient devoir être les plus favorables à l’éclosion, et, le 2 août, les jeunes chenilles se montrèrent. L’éclosion
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- s’acheva le lendemain, et on obtint'ainsi environ cinquante individus en parfait état. Depuis lors, les vers ont déjà changé de peau quatre fois ; ils sont fort sédentaires et paraissent être faciles à élever. Afin de mieux étudier les circonstances favorables à leur développement, l’auteur en a placé dans des conditions différentes. Les uns ont été mis en plein air sur les larges feuilles d’un pied de ricin en pleine végétation, et abrités seulement par un cadre garni de mousseline; d’autres ont été nourris avec des feuilles détachées et posées sur une claie, dans son cabinet, où la température est restée à peu près constante entre 20 et 24 degrés; enfin d’autres encore ont été placés dans le même local, mais sur des feuilles de ricin dont le pétiole plongeait dans de l’eau.
- Ces chenilles ne tarderont pas à filer et à se transformer en chrysalide; suivant toute probabilité, elles achèveront assez promptement leurs métamorphoses, et si, comme il est à espérer, cette première génération de vers à soie du ricin fournit un nombre considérable d’œufs fécondés, l’auteur en distribuera de la graine aux personnes qui pourront continuer cette expérience dans des conditions favorables soit dans le midi de la France, soit en Algérie. ( Acad, des sciences, 28 août 1854. )
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- CONSIDERATIONS SUR LA PHOTOGRAPHIE AU POINT DE VUE ABSTRAIT;
- par M. E. Chevreul.
- Suivant que la matière sensible à l’action de la lumière est d’origine inorganique ou d’origine organique, il existe deux procédés généraux de photographie.
- Premier procédé. — Dans le procédé le plus anciennement suivi on a employé une matière d’origine inorganique, généralement un composé d’argent et en particulier Je chlorure de ce métal.
- Ce composé devenant d’un violet noir sous l’influence de la lumière, les images qu’il donne sont ombrées à l’inverse du modèle, puisque les parties les plus éclairées de ce modèle développent les tons les plus foncés dans le chlorure. L’image a été appelée improprement négative; la qualification d'inverse est plus correcte, pourvu qu’on sous-entende le mot ombré; car autrement, le mot direct étant le corrélatif d "inverse, on pourrait croire que ces expressions se rapporteraient à la position de l’image relativement à son modèle.
- Il existe une autre expression dont je me crois obligé de relever le sens, c’est celle de fixer l’image, employée souvent pour dire qu’on la fait apparaître sur la surface qui a vu la lumière : l’expression véritable est la dégager. Car les procédés photographiques consistent essentiellement à étendre en couche mince bien également, sur une surface plane, métallique ou de papier, la matière sensible, puis à l’exposer à la lumière réfléchie ou transmise par le modèle; enfin à enlever, sitôt après la produc-
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- tion de l’image et dans l’obscurité, la portion de matière sensible qui n’a point été frappée par la lumière. La manifestation de l’image n’est donc quun dégagement : si l’on n’enlevait pas cette portion de matière sensible, l’exposition ultérieure à la lumière lui ferait éprouver le même changement qu’à la portion représentant l’image ; dès lors celle-ci se confondrait avec la première. Le mot fixer n’est applicable qu’à un procédé qui rend l’image plus stable; sous ce rapport on peut dire que la dextrine fixe les clairs de l’image daguerrienne que l’on considère comme de l’argent amalgamé.
- Il n’y a aucune difficulté à faire avec une image inverse une image directe; c’est ce qui a lieu en appliquant le chlorure d’argent sur une surface transparente comme le verre, ou translucide comme le papier blanc. D’abord on obtient une image inverse, puis en appliquant l’image inverse sur une surface où se trouve une couche de chlorure d’argent, et exposant le tout au soleil, les noirs de l’image inverse absorbent la lumière, et les clairs, la laissant passer, vont noircir la seconde surface et y produire ainsi les noirs où ils étaient dans le modèle.
- Deuxième procédé. — Le second procédé, où la matière sensible est de nature organique, est dû sans contestation à Joseph-Nicéphore Niepce, l’oncle de M. Niepce de Saint-Victor; s’il ne fut inventé qu’après l’emploi du chlorure d’argent, reconnaissons qu’avant N. Niepce on n’avait pas tiré de ce chlorure le parti qu’on en tire maintenant.
- Voici le procédé de Nicéphore Niepce :
- Un vernis de bitume de Judée et d’essence de lavande est appliqué, au moyen d’un tampon, sur une plaque d’étain ou d’argent, puis exposé pendant huit heures au foyer d’une chambre noire.
- Après ce temps, la plaque est soumise, dans l’obscurité, à un dissolvant composé de 9 parties de pétrole contre 1 partie d’essence de lavande. Le vernis non modifié par la lumière est dissous, et celui qui a été modifié ne se dissout pas : c’est précisément cette partie qui représente les clairs; l’image est donc directe.
- , Il fallait huit heures pour obtenir un résultat à cause du peu de sensibilité du bitume, et cette lenteur d’action avait un grave inconvénient à cause du changement d’éclairage qu’éprouvait le modèle dans ce laps de temps.
- Quoi qu’il en soit, N. Niepce copia un portrait gravé du pape Pie VII, et reproduisit des paysages.
- En outre, il constata que, en versant un liquide acide convenable sur la plaque d’étain ou d’argent, le métal mis à nu était corrodé, tandis que l’image représentée par du bitume modifié ne l’étant pas, on pouvait se servir de la plaque comme d’une planche gravée à l’eau-forte.
- Tant que vécut N. Niepce, le traité qu’il avait passé en 1829 avec Daguerre constatait que Niepce était l’inventeur du procédé, et que Daguerre l’avait perfectionné, en substituant à l’objectif biconvexe de la chambre noire une lentille périscopique achromatique de Wollaston.
- De 1835 à 1837, Daguerre substitua au bitume de Judée une matière d’origine
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- inorganique, Yiodure d’argent, et l’impression de l’image devint de soixante à quatre-vingts fois plus rapide que dans le procédé de N. Niepce.
- Daguerre soumit la plaque, à sa sortie de la chambre obscure, à la vapeur de mercure développée par une température de 30 à 60 degrés au plus.
- Enfin il la passa à l’eau de chlorure de sodium ou d’hyposulfite de soude, qui dissout l’iodure d’argent non modifié par la lumière, et laisse l’argent amalgamé sur les parties correspondantes aux clairs du modèle. La surface du métal qui a cédé son io~ dure à l’hyposulfite en représente les ombres lorsque l’œil du spectateur occupe une position telle qu’il ne reçoit pas la lumière réfléchie spéculairement par l’argent.
- Comme je l’ai dit, l’image daguerrienne correspond aux dessins des étoffes de soie composées de Y armure satin et de dessins de Y armure taffetas. Lorsque l’œil n’est pas placé de manière à voir le satin en clair, l’image du taffetas lui apparaît en clair sur un fond foncé; c’est l’inverse, s’il reçoit la lumière réfléchie spéculairement par le satin.
- Voilà, je crois, en peu de mots, l’histoire des découvertes faites successivement par N. Niepce et Daguerre.
- Indubitablement la découverte première appartient à N. Niepce.
- Mais Daguerre a eu le mérite d’employer l’iodure d’argent, beaucoup plus sensible que ne l’est le bitume de Judée, et il est ainsi revenu au premier procédé où l’on fait usage d’une matière d’origine inorganique. Cependant, pour rendre justice à tous, N. Niepce lui avait indiqué l’action de l’iode sur l’argent et l’emploi qu’il en faisait pour renforcer les ombres des images produites sur le bitume.
- Voyons la direction actuelle de la photographie.
- Outre le peu de sensibilité du bitume de Judée commun, la viscosité du vernis qu’il produisait avec l’essence de lavande obligeait N. Niepce de l’appliquer avec un tampon sur la plaque métallique, et cette pratique avait l’inconvénient de rendre la couche sensible plus ou moins inégale.
- Que fait maintenant M. Niepce de Saint-Victor? Il perfectionne, avec la persévérante habileté que l’Académie lui connaît, le procédé de son oncle, et voici comment :
- Il a reconnu qu’un bitume de Judée aussi pur qu’il a pu se le procurer, dissous dans la benzine, additionnée d’essence de zeste de citron obtenue par expression, ou, ce qui vaut mieux encore, additionnée d’essence d’amandes amères, constitue un vernis doué des deux qualités qui manquent au vernis de Nicéphore Niepce; le nouveau vernis est parfaitement liquide et s’étend également sur la plaque sans l’intermédiaire du tampon. En outre, au lieu de huit heures d’exposition à la lumière pour recevoir l’image du modèle, il suffit de vingt-cinq minutes à une heure au plus dans la chambre obscure, et, quand il s’agit d’une impression par le simple contact, de quatre à huit minutes seulement.
- Voilà donc un perfectionnement réel et considérable. M. Niepce de Saint-Victor emploie un dissolvant composé de 3 parties de naphte et de 1 partie de benzine, pour dégager l’image. Enfin le bitume altéré ou modifié par la lumière résiste assez aux
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- acides qui mordent sur le métal mis à nu, pour qu’il soit possible de graver à l’eau-forte une plaque métallique soumise au procédé perfectionné.
- M. Niepce de Saint-Victor présentera bientôt à l’Académie un travail qui justifiera, je le crois, tous les éloges que je lui donne aujourd’hui; et le désir que l’Académie a eu de voir l’honorable officier dans une position où il aurait le loisir de se livrer d’une manière suivie à ses inspirations se trouve aujourd’hui satisfait par sa position de commandant du Louvre.
- Ces préliminaires étaient nécessaires pour que l’Académie appréciât les observations que je vais avoir l’honneur de lui soumettre.
- Le 2 janvier 1837, je lus à l’Académie un mémoire qui ne compose pas moins de soixante -seize pages de ses Mémoires : le sujet était l’examen de l’action de la lumière sur les étoffes teintes.
- A cette époque, j’ignorais, comme le public, les travaux qui avaient occupé Nicé-phore Niepce, et ceux qui occupaient Daguerre en ce même temps. Mon travail développait une proposition que j’avais exprimée dans mes considérations sur l’analyse organique immédiate : c’est que les matières d'origine organique sont, en réalité, plus stables qu'on ne le croyait généralement ; car, disais-je, telle matière que l’on dit altérable sous l’influence de la lumière, sous celle d’une certaine température ne s’altérerait pas dans ces circonstances, si l’air n’était pas présent. Or l’objet du mémoire dont je parle montre que des matières qui passaient pour s’altérer à la lumière ne s’altèrent pas sous son influence, si elles sont placées dans le vide, dans le gaz hydrogène, etc.
- Je montrai à la fois la nécessité de la simultanéité du contact de la lumière et de l’air pour altérer l’indigo fixé par voie de la cuve à froid sur un croisé de coton.
- Une bordure, à dessin blanc sur fond bleu, appliquée sur un morceau d’étoffe à fond bleu uni, ayant été exposée plusieurs mois à la lumière du soleil, le fond bleu de l’endroit de la bordure fut rongé sans que l’envers le fût; mais le fait remarquable , c’est que la lumière qui passa à travers le dessin blanc rongea les parties d’indigo du morceau d’étoffe fond bleu correspondant à ce dessin, de sorte que celui-ci se trouva reproduit en blanc sur le fond.
- Il est entendu que je m’étais assuré que le fond bleu, dans le vide lumineux, n’éprouvait aucun changement, même par une exposition de plusieurs années.
- On voit, d’après cela, que l’oxygène atmosphérique et la lumière peuvent produire des images directes sur des surfaces colorées qui deviennent incolores sous cette double influence.
- Ce que j’ai à dire maintenant à l’Académie, c’est que les images de Nicéphore Niepce, qui apparaissent sur le bitume de Judée, ne sont pas seulement le résultat de l’action de la lumière, mais le produit de l’influence simultanée de la lumière et de l’air; de sorte qu’elles ne se produisent pas dans le vide lumineux.
- Voici une double expérience parfaitement contrôlée qui a été faite aux Gobelins, sous mes yeux, par M. Niepce de Saint-Victor.
- Tome Ier. — 53e année. T série. — Août 1854.
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- On a pris deux plaques de cuivre plaqué d’argent, on les a couvertes du vernis de
- M. Niepce :
- Benzine...............................90 parties.
- Essence de citron...........• . . 10
- Bitume de Judée....................... 2
- On a laissé sécher pendant cinq minutes dans l’obscurité.
- Toujours dans l’obscurité, on a appliqué sur chacune d’elles une épreuve photographique sur verre albuminé.
- On a placé l’urie d’elles dans le récipient de la machine pneumatique, on y a fait le vide à 1 centimètre de mercure près. On a placé l’autre sous un récipient semblable mis à côté de la machine. Avant de faire le vide, les deux récipients étaient couverts d’une étoffe noire. On a ouvert une fenêtre, et le soleil a donné sur les deux cloches pendant dix minutes. Après ce temps, on a fermé les volets, enlevé les épreuves photographiques, passé sur chacune des plaques de cuivre argenté un dissolvant formé de 3 parties d’huile de naphte et 1 partie de benzine. L’image a apparu sur la plaque qui était restée dans le récipient plein d’air, et il n’y a eu rien de semblable sur la plaque qui avait subi le contact de la lumière dans le récipient vide.
- Une seconde expérience a été faite, dans laquelle on a substitué, au récipient dans lequel on avait fait le vide, celui qui était placé à côté, et réciproquement.
- Les résultats de la deuxième expérience ont été identiques à ceux de la première.
- Il reste à savoir comment l’air agit : l’oxygène est-il absorbé simplement par la matière sans que les éléments de celle-ci se séparent, ou bien y a-t-il réaction sur les éléments de manière qu’il y ait production d’eau et d’acide carbonique, etc.?
- Ou enfin, y aurait-il des actions de présence?
- Quoi qu’il en soit, il est certain aujourd’hui que le contact de l’air et celui de la lumière sont nécessaires pour produire l’image de Nicéphore Niepce sur une plaque de métal enduite de bitume de Judée.
- M. Niepce de Saint-Victor se propose de répéter les expériences photographiques dans divers gaz, et particulièrement dans l’oxygène. (Acad, des sciences, 28 août 1854.)
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
- NOTICES INDUSTRIELLES TIRÉES DES PUBLICATIONS ÉTRANGÈRES (1).
- ( Extraites par M. J. B. Viollet. )
- Fabrication des conducteurs électriques et moyens de les isoler. ( Patente anglaise du 12 août 1853, prise par M. Allan, de Londres. )
- L’auteur substitue aux fils de cuivre ceux de fer ou les cordes de fil de fer. Il regarde l’emploi de ces cordes comme préférable à celui d’un seul fil. Il fait observer que le fer, bien isolé, peut n’être pas galvanisé, et qu’il conserve ainsi toute sa ténacité, en permettant de réaliser une économie considérable.
- La matière destinée à produire l’isolement doit différer de celles dont on s’est jusqu’à présent servi, et le patenté recourt à un composé de caoutchouc, de soufre et de goudron de houille, ou de matières présentant des propriétés analogues.
- L’auteur indique ensuite un mécanisme qui permet de revêtir à la fois de la matière isolante tous les fils destinés à être réunis pour former par leur assemblage une corde ou un câble conducteur de l’électricité. ( London Journal, juin 1854, p. 442.)
- Nouveaux vasistas en glace taillée ; par M. Mellish.
- M. Mellish se sert de bandes de glace sur les bords desquelles il fait pratiquer des entailles tellement disposées que, lorsqu’elles sont réunies dans un châssis, elles forment des ouvertures qui présentent des dessins élégants et variés. Ces ouvertures étant nombreuses, mais fort petites, admettent beaucoup d’air, et divisent assez le courant pour que l’impression n’en soit ni nuisible ni désagréable. Les tranches sont d’ailleurs taillées en biseau et bien polies, ce qui les fait participer du prisme, et rend très-beau l’aspect qu’elles présentent. Enfin les bandes, étant disposées de’ manière à n’offrir aucune saillie, sont très-faciles à nettoyer. ( Mechanics1 Magazine, mai 1854, page 445. )
- Modifications dans la fabrication des tuyaux en cuivre. ( Patente anglaise du 19 octobre 1853, prise par M. Russell, étireur de tuyaux, à Birmingham. )
- L’auteur dispose un appareil dans lequel le tuyau de cuivre, avant d’être achevé, est plus mince que lorsqu’il est terminé, c’est-à-dire que les procédés de fabrication réduisent progressivement le diamètre du tuyau dont ils augmentent l’épaisseur. L’auteur propose cependant aussi un moyen de faire croître le diamètre, lorsqu’il le juge à propos. (Mechanics Magazine, mai 1854, page 446. )
- (1) En publiant ces notices, la Société d’encouragement se propose seulement d’indiquer la direction des efforts et des essais de l’industrie étrangère, mais elle ne recommande ni ne critique des procédés sur lesquels l’éloignement l’empêche de se procurer des documents complets et d’entendre les personnes intéressées.
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
- Machine à exécuter des mortaises dans le bois. (Patente anglaise du 19 octobre 1853, prise par M. France, de Paddington. )
- La pièce de bois est placée sur un établi, et l’ouvrier, en appuyant avec le pied sur une pédale, fait descendre le ciseau qu’un ressort remonte lorsque le pied, en se relevant, cesse d’exercer une pression. ( Mechanics' Magazine, mai 1854, page 446. )
- Emploi de la fonte pour la fabrication des aimants artificiels; par M. Crahay.
- M. Crahay a observé, il y a déjà quelques années, que la fonte peut acquérir par la trempe une puissance coercitive, suffisante pour qu’elle retienne, d’une manière permanente, une forte aimantation. La fonte grise est préférable pour cet objet; la fonte blanche est trop cassante, et les qualités les plus estimées de la fonte ordinaire ne donnent que de médiocres résultats.
- La durée du magnétisme dépend de la trempe. Un barreau trempé au rouge sombre seulement, peut être fortement aimanté, mais perd en vingt-quatre heures cette propriété. S’il est trempé au rouge rose vif, non-seulement il la prend aussi facilement, mais encore il la conserve indéfiniment. L’expérience a fait voir que, pour tremper les barres d’une grande dimension, le meilleur procédé que l’on puisse suivre, consiste à les faire rougir dans un fourneau à vent, puis à les retirer une à une, à les saupoudrer alors de prussiate de potasse jaune, sur les trois quarts de leur longueur, et à les plonger immédiatement dans une grande masse d’eau froide, où on les agite avec beaucoup de rapidité. Il convient de donner aux barreaux de fonte un peu plus d’épaisseur qu’aux barreaux d’acier. ( Mechanics’ Magazine, mai 1854, page 470. )
- Moyens d’orner et de colorer les étoffes. ( Patente anglaise d’importation du 27 octobre 1853, prise par M. Brooman. )
- L’auteur prépare les fils avant ou pendant le tissage, en les imprégnant d’un mastic ou de toute autre substance propre à les rendre visqueux, lorsqu’ils sont soumis à l’action de la chaleur ou des huiles essentielles. Puis, lorsque l’étoffe est formée, il applique à ces fils les couleurs qu’il juge convenables. Les mastics ou les mordants qu’il préfère, sont les substances bitumineuses ou résineuses, et les préparations de caoutchouc ou de gutta-percha.
- Les couleurs qu’il emploie sont celles que l’on appelle couleurs - vapeur; ce sont des couleurs combinées ou mêlées avec des sels ou des mordants propres à les faire adhérer, au moyen de la vapeur, sur les étoffes préalablement fabriquées. ( Mechanics’ Magazine, juin 1854, page 470. )
- Modifications dans les fourneaux des machines à vapeur. ( Patente anglaise du 4 novembre 1853, prise par M. Nasmyth, de Londres. )
- L’auteur se propose d’employer la chaleur qui se dissipe ordinairement à travers les briques des fourneaux, et de l’utiliser pour chauffer l’air qui se rend au foyer. Il ménage donc, dans les parois du fourneau, des carnaux où l’air s’échauffe, et d’où il se
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
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- rend au pont, construit de manière à comprendre un espace creux entre deux murs. Là, ce fluide élastique se mêle avec les gaz en ignition, et en rend la combustion plus complète. ( Mechanics Magazine, mai 1854, page 495. )
- Machine à coudre les voiles. ( Patente anglaise du 10 septembre 1853, prise par M. Gilbert, fabricant de voiles, à Limehouse. )
- L’auteur dit que jusqu’à présent les macbines à coudre ont été disposées de telle sorte qu’elles restent fixes tandis que l’étoffe les traverse. Il propose, au contraire, des machines qui s’avancent progressivement le long de l’étoffe immobile, et qui reçoivent un mouvement proportionné à la rapidité avec laquelle s’exécute la couture.
- Pour satisfaire à ces conditions, il établit un bâti d’une longueur déterminée par l’étendue nécessaire de la course; et la machine glisse sur ce bâti, par l’effet d’un rochet ou de tout autre mécanisme propre à produire un mouvement progressif de translation. Cette disposition est surtout utile pour la couture des voiles ou des autres ouvrages d’une grande étendue et d’un grand poids, dont le mouvement présente des difficultés. M. Gilbert s’applique à toutes les machines à coudre qui donnent de bons résultats.
- Pour la fabrication des voiles ou de toute autre espèce d’objets, où l’on doit exécuter plusieurs rangées parallèles de points, l’auteur combine sur le nombre nécessaire de rails, deux ou plusieurs de ces machines.
- Les coutures d’ailleurs sont aplaties par leur passage entre des cylindres qui font partie de ces machines, et qui les pressent lorsque les appareils exécutent leur mouvement rétrograde. ( Repertory of Patent inventions, juin 1854, page 503. )
- Modifications dans la fabrication du papier. (Patente anglaise du 12 novembre 1853, prise par M. Delarue, de Bunhill-Row. )
- L’auteur propose de mélanger du blanc de zinc, avec la pâte ordinaire, pour donner au papier un caractère particulier, et le dépouiller de l’apparence graisseuse que l’on y trouve souvent, et qui est si désagréable lorsque l’on écrit.
- Par l’addition du blanc de zinc, dit-il, le papier est rendu beaucoup plus convenable pour l’impression en taille-douce ou en lettres, ainsi que pour le tirage des estampes lithographiques, parce qu’il prend l’encre avec beaucoup de facilité, même lorsqu’il est imparfaitement mouillé.
- Enfin ce papier est fort avantageux pour la fabrication des agendas, sur lesquels on écrit avec un style métallique, dont les traces sont indélébiles.
- Les proportions peuvent varier depuis 0,05 jusqu’à 0,50 du poids de la pâte sèche ; l’oxyde doit d’abord être broyé dans l’eau et réduit en poudre très-fine. ( Repertory of Patent inventions, juin 1854, page 531. )
- Télégraphes électriques pour les armées en campagne. ( Patente anglaise du 14 octobre 1853, prise par M. Cadogan, de Londres. )
- M. Cadogan construit une voiture divisée en deux compartiments, dont l’un est garni de tablettes et de cases, où l’on établit les appareils propres à l’excitation des courants
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- électriques. Dans l’aulre se trouve une table sur laquelle repose le mécanisme télégraphique ; on y place aussi des sièges pour les personnes qui transmettent ou qui observent les signaux. La partie supérieure de ce compartiment peut s’ouvrir et se replier sur les côtés. Des cylindres chargés de fils convenablement isolés, sont soutenus par des supports dans la voiture même ou en dehors, et munis d’une petite roue dentée que l’on fait mouvoir à volonté par un engrenage pour rouler ou dérouler les fils. Enfin, la voiture transporte un mortier à la Manby, ou tout autre appareil propre à jeter un fil sur le bord opposé d’une rivière ou sur une île, et à établir ainsi des communications. ( Mechanics’ Magazine, mai 1854, page 424. )
- Impression des tissus et de plusieurs autres surfaces. ( Patente anglaise du 19 octobre 1853, prise par M. Roy, imprimeur de calicots, à Renfrew. )
- Le cylindre, porté par un chariot, traverse la surface à imprimer, au lieu de la parcourir longitudinalement. Les mouvements en sont réglés par une crémaillère que soutient un bâti fixe. La périphérie du cylindre se meut avec un peu plus de rapidité que le chariot, et tend ainsi la surface en l’attirant. (Mechanics’ Magazine, mai 1854, page 426. )
- Fabrication d’un papier propre à prévenir les faux. (Patente anglaise du 15 octobre 1853, prise par M. Applegath, imprimeur, à Dartford. )
- L’auteur propose d’imprimer simultanément sur une souche et sur les formules des litres, des dessins identiques de plusieurs couleurs. (Sans doute, les encres employées pour l’impression de ces dessins sont très-susceptibles d’être altérées par les agents chimiques, afin que les fraudes soient indiquées par les différences observées entre la souche et les titres falsifiés.) ( Mechanics’ Magazine, mai 1854, page 424.)
- Modifications dans les appareils à préparer et à filer le coton et les autres matières analogues. (Patente anglaise du 13 octobre 1853, prise par M. Elce, constructeur de machines, à Manchester. )
- La patente comprend
- 1° Un presseur, applicable aux ailettes des machines à filer en gros : ce presseur, pendant que la bobine se garnit de fil, est équilibré et maintenu en contact avec la fusée par l’action d’un contre-poids;
- 2° La suppression du secteur denté et du pignon qui, dans les filatures mécaniques de Roberts, forme une portion du mouvement de renvidage ; et l’établissement d’une liaison, par un chaînon et par des leviers, entre l’arbre de ce secteur, et celui qui imprime le mouvement de descente au chariot;
- 3° Des dispositions propres à rendre simultanée la mise en mouvement du chariot et de l’étirage. ( Mechanics' Magazine, mai 1854, page 422. )
- Fabrication des boulons, des écrous, des rivets, des broches, des chevillettes et d’autres objets semblables en fer, ou en métal. ( Patente anglaise du 13 octobre 1853, prise par M. Robinson, fabricant de boulons, à Manchester. )
- L’auteur fabrique ces objets en les estampant entre des coins-matrices par une suc-
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- cession rapide de coups. La machine est munie d’une cisaille qui coupe à la longueur convenable les pièces amenées à la forme demandée. Ces pièces sont alors poussées hors de l’appareil par un système de leviers que la machine même met en mouvement. ( Mechanics’ Magazine, mai 1854, page 422. )
- Modifications dans les machines de préparation pour la filature du coton, etc. ( Patente anglaise du 8 mars 1853, prise par MM. Weewers et Ashworth, filateurs, à Littleborough. )
- L’objet de la patente est relatif aux machines employées pour préparer à la filature le coton ou les autres matières filamenteuses. On peut surtout l’appliquer aux machines d’étirage et aux métiers en gros. Les auteurs se sont proposé d’arrêter ces machines aussitôt que la matière se forme en nappe autour des cylindres d’étirage, ou bien dès que les rouleaux de pression se trouvent engorgés par cette cause ou par quelque autre. Cet effet est produit par un levier qui s’appuie sur l’extrémité de chacun des systèmes de cylindres d’étirage, et qui est lié par des moyens convenables à l’appareil ordinaire d’arrêt, de manière à suspendre l’action de la machine, aussitôt qu’il vient à être soulevé par l’effet d’un dérangement dans la marche. ( London Journal , juin 1854, p. 411. )
- Modifications dans les scies circulaires, destinées à refendre les planches et les bois. (Patente anglaise d’importation du 2 mai 1853, prise par M. Loradoux Bellford, de Londres. )
- L’auteur s’est proposé d’améliorer l’usage des scies circulaires qui, à beaucoup d’égards, présentent de nombreux avantages sur les scies à mouvement alternatif, mais qui n’ont pu encore être appliquées à la refenle des planches ou des bois, si ce n’est dans les cas où les bois sont fort minces, parce que les scies construites pour débiter des bois épais, doivent recevoir des diamètres tels que leurs lames se ploient, à moins que l’on n’y donne une épaisseur considérable, qui entraîne beaucoup de perte de matière et de puissance.
- À la vérité, on a pu remédier à ce défaut pour la fabrication des bois de placage par la scie convexe du côté de la feuille très-mince et très-flexible qui se détache du bloc, mais ce moyen n’a pu jusqu’à présent être employé pour la refente des planches ou des bois épais dont la roideur et la rigidité sont trop grandes pour que ces bois glissent le long de la scie, lorsque toute la convexité est ménagée d’un seul côté. Si même on répartit cette convexité sur les deux parois de la scie, la lame se trouve tellement serrée qu’elle éprouve de grands obstacles dans son mouvement de rotation.
- L’auteur s’est proposé néanmoins d’obvier à ces inconvénients, et il annonce y être parvenu, en donnant à la scie une forme convexe sur ses deux faces latérales, tout en laissant fort mince la périphérie où se trouvent les dents; mais il place derrière la lame, une portion de circonférence métallique, dont le côté qui se présente à la fente produite dans le bois, est disposé en forme de coin assez épais pour écarter les deux
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- pièces que la scie vient de séparer, et pour conserver, en entrant dans le trait, toute la largeur de voie qu’exige la facilité de la pénétration (1). (London Journal, juin 1854-, page 416. )
- Modifications dans la mouture des grains. ( Patente anglaise du 18 juin 1853, prise
- par M. Young, de Heath.)
- L’auteur fixe au haut de l’œillard de la meule courante, deux tuyaux terminés à leur extrémité supérieure, chacun par deux embouchures analogues au pavillon d’un cor de chasse. Pendant la marche de la meule, l’air s’engouffre dans ces tuyaux, et pénètre entre les surfaces qui agissent sur le grain. Des garnitures en cuir ou en toute autre matière forment des espèces de soupapes qui empêchent l’air de se répandre dans de fausses directions. De plus, un ventilateur placé au delà de l’anche, l’attire ainsi que la boulange, dans une chambre où se dépose la farine. ( London Journal, juin 1854, page 423. )
- Modifications dans les machines à doubler. ( Patente anglaise du 2 avril 1853, prise par M. Mowbray, mécanicien, à Bradford. )
- Jusqu’à présent, dit le breveté, pour doubler la laine et les autres matières filamenteuses, on s’est borné à placer sur des broches fixes les bobines qui portent les fils destinés à être réunis. Ces bobines ne recevaient donc d’autre mouvement que celui qui leur était communiqué autour de leur axe, par le dévidage des fils; aussi ces fils ne prenaient-ils d’autre torsion que celle qui résultait des révolutions de l’ailette. Au contraire, dans les nouvelles machines proposées, chacun des systèmes de bobines destinées à fournir les fils dont l’assemblage doit former un fil retors, est porté par un bâti qui reçoit un mouvement de rotation, et qui imprime une torsion aux fils élémentaires dans le trajet qu’ils font pour se rendre aux cylindres d’étirage, torsion qui précède celle que leur donne ensuite l’ailette. (London Journal, juin 1854, page 429. )
- (1) Nous regrettons de ne pas trouver dans cette description les moyens dont Fauteur se sert sans doute pour commencer l’écartement de la pièce de bois.
- PARIS. — IMPRIMERIE DE Mme Ve BOUCHARD-HUZARD, RUE DE L’ÉPERON, 5.
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- Bulletin/ de' la/ SoczSte d'jSneüuraÿeme/it, /'Deiuxèm* Série J Nfl7.
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- NOUVELLE SCIERIE A LAMES' CIRCULAIRES, PAR M, P, BOILEAU.
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- 53' ANNÉE. DEUXIÈME SÉRIE. N" (7. — SEPTEMBRE 4834.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- SCIERIE A LAMES CIRCULAIRES.
- Description d’une nouvelle scierie a lames circulaires ; par m. p. boileau, professeur à l’école d’application de l’artillerie et du génie, à Metz.
- Les scies circulaires, telles qu’on les construit actuellement, ont l’inconvénient de ne pouvoir débiter d’un seul trait que des pièces de faible dimension ; en effet, le plateau central de renforcement, qui sert à fixer la lame sur son arbre de rotation, doit avoir un diamètre égal au moins à 1/6 de celui de cette lame, de sorte que la plus grande hauteur de bois qu’elle puisse entamer est inférieure aux 5/6 de son rayon, que l’on ne peut augmenter sans accroître son épaisseur, et par suite la résistance au sciage, ainsi que le déchet de matière.
- M. Boileau, en cherchant une combinaison d’outils au moyen de laquelle il serait possible d’obtenir d’un seul trait le débit des pièces les plus épaisses,, a reconnu que le problème pouvait être résolu en employant deux lames circulaires placées dans le même plan, l’une au-dessous et en arrière de l’autre, et de telle sorte que la tangente horizontale inférieure de la lame supérieure passât un peu au-dessous de la tangente horizontale supérieure de la seconde lame.
- La fig. 1 de la pl. 22 présente une élévation longitudinale d’une scierie établie sur ce principe.
- La fig. 2 est une élévation latérale.
- Les mêmes lettres désignent les mêmes objets dans les deux figures.
- Les arbres de rotation A À', portant les deux lames B B', sont soutenus horizontalement, d’un côté par un support triangulaire double CC' en fonte, de l’autre par un support simple D. La force motrice est transmise à l’arbre supérieur par une courroie embrassant une poulie E, accompagnée d’une poulie folle E', et de celui-ci au second arbre par une autre courroie F. Ces deux arbres ont une rainure longitudinale a a, et les disques de renforcement G G' des lames une rainure semblable , pour les caler au Tome Ier. — 53e année. série. — Septembre 1854. 67
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- moyen d’une clef. On pourra ainsi établir ces lames dans un même plan, sinon rigoureusement, au moins assez approximativement pour beaucoup de cas; mais, si le trait doit avoir une grande régularité, il faudra rendre très-précise la position des lames. A cet effet, les coussinets en bronze des tourillons de leurs arbres sont disposés de manière qu’on puisse les soulever ou les abaisser un peu, ce qui permettra de leur donner une horizontalité parfaite ; en outre, chaque extrémité de l’arbre supérieur A est en contact avec la pointe d’une vis de rappel H.
- Au lieu du chariot lourd et volumineux qui, dans les grandes scieries alternatives, supporte le bloc de bois à débiter, M. Boileau emploie un madrier longitudinal I, en chêne, de fort équarrissage, portant en dessous, dans des mortaises, une série de roulettes à gorge creuse engagées sur un rail directeur saillant J. Sur ce madrier sont placés deux supports en fonte K K', dont le premier est fixe et l’autre mobile le long du chariot, pour être arrêté par une vis de pression vis-à-vis de l’extrémité postérieure du bloc à débiter. Le bloc L est posé sur deux ferrures à angles droits b c, assemblées avec les supports K K'; ceux-ci présentent une rainure verticale dans laquelle glisse une pièce métallique d, retenue par des coulisseaux et traversée par un prisme e se terminant, du côté intérieur, par une tête taraudée qui reçoit une vis de pression horizontale f. La mobilité de cet appareil dans sa rainure permet de l’appliquer à des bois de différentes hauteurs; en outre, à la partie inférieure des supports K K' est disposé un appareil semblable. De cette manière, le bloc à débiter étant porté en dessous et serré, en même temps, à ses deux extrémités par quatre vis agissant dans le sens de sa longueur, est parfaitement maintenu de ce côté ; il ne s’agit plus, pour compléter le système, que de le supporter de l’autre côté. A cet effet, on applique, à chaque extrémité, une chape en fonte g dont la face h est armée d’aspérités aiguës qui pénètrent dans le bois. Les branches de cette chape portent une roulette allongée i s’appuyant sur le sol, rendu plan et solide. On arrête ces chapes sur le bois par une vis j. L’excavation M, correspondant à la scie inférieure, en permet le déplacement; elle interrompt le sol en cet endroit : pour y suppléer, on pose sur les deux extrémités de cette excavation un rail mobile k assuré, par des coins, dans la position convenable.
- Le mouvement est transmis au chariot I par une manivelle montée sur l’arbre N et par une série d’engrenages plans O établis entre les deux supports C C', et commandant un pignon P qui conduit une crémaillère Q fixée à la face extérieure du chariot I. Pour le débit des bois tendres, la manivelle se fixe sur le second arbre R.
- L’emploi simultané de deux lames circulaires pourrait faire naître cette difficulté, que leur usure progressive augmentant la distance réciproque de leur circonférence, il resterait entre elles, après un usage prolongé, une petite portion de bois non scié. A cet égard, l’auteur fait observer que les bonnes lames, employées par des ouvriers exercés, ne s’usent, au plus, que de 0m,02 par année, de sorte qu’en établissant, par exemple, la partie inférieure de la scie supérieure à 0m.04 en dessous du sommet de la seconde scie, on pourra travailler au moins pendant un an sans que l’inconvénient dont il s’agit se produise. A ce moyen s’en joint un autre, consistant en ce que les coussinets qui enveloppent les tourillons de l’arbre de rotation A de la première lame s’en-
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- SCIERIE A LAMES CIRCULAIRES.
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- gagent dans des rainures verticales pratiquées dans leurs supports C et C'; ces coussinets s’appuient sur des coins ou clavettes accouplées l a, et leur partie supérieure est pressée par une vis verticale S, de sorte qu’il sera facile de faire descendre la lame supérieure de la quantité nécessaire lorsque le premier moyen sera devenu insuffisant ; il en résultera, à la vérité, des variations dans la tension des courroies motrices, mais on la conservera au moyen de couteaux de tension.
- Voici les avantages que l’auteur attribue à sa machine :
- Les plus grandes scieries verticales alternatives sont établies pour débiter des blocs de 0m,90 de hauteur, cette limite est même rarement atteinte ; or, en désignant par R le rayon des deux scies circulaires de la nouvelle machine, la hauteur de bois que l’on pourra refendre pendant la première année de travail sera égale à
- 1,67 R — 0m,04.
- En remarquant, d’ailleurs, que les bois précieux n’ont jamais un très-fort équarrissage, on admettra sans doute que le débit des plus gros corps d’arbre soit effectué sans inconvénient par des lames de 0m,004 d’épaisseur, ce qui permet un rayon de 0m,62, avec lequel on pourra refendre des blocs de 1 mètre. Pour débiter des pièces d’un faible échantillon, on se servira de la scie inférieure ou d’une autre lame plus petite et plus mince, calée sur le même arbre.
- Quant à la rapidité du travail, la vitesse des dents des scies, qui, dans les usines, est moyennement de 20 mètres par seconde, paraît devoir être réduite à 12 mètres, pour ne pas trop échauffer les lames. L’auteur admet, d’après ses propres observations, que la bonne vitesse du bois de dureté moyenne, comme le chêne, sera les 3/1000 de celle des dents, ou 0m,036 par seconde; c’est-à-dire que le trait avancera de 2m,160 par minute. Or, dans les grandes scies alternatives, on ne peut sans inconvénient, à cause du temps perdu, du poids des pièces oscillantes et des effets de l’inertie, faire avancer le corps d’arbre et le lourd chariot qui le porte que de 0m,270 par minute, s’il s’agit de l’essence précitée. Ainsi la nouvelle machine pourra faire huit fois plus d’ouvrage, dans le même temps, que les anciennes.
- L’économie du travail mécanique dépensé sera aussi très-notable, quoique moins grande que celle du temps. D’après des expériences faites sur les scieries circulaires et sur les scieries rectilignes fonctionnant dans les meilleures conditions, on peut évaluer la proportion des pertes d’effet aux 33/1000 du travail transmis par la courroie motrice dans la première, et aux 55/1000 dans les secondes, qui subissent, en plus, celles qu’occasionnent les articulations des bielles, le glissement du châssis dans ses coulisses, l’inertie des masses et le mouvement du chariot. En portant le premier de ces rapports à 0,40 pour la machine qui nous occupe, il en résulte que le travail moteur dépensé sera les 45/60 seulement de celui qu’exigent les scieries rectilignes, c’est-à-dire que l’économie sera d’un cheval-vapeur sur quatre.
- Enfin la nouvelle scierie circulaire pourra marcher avec plusieurs lames travaillant simultanément, pour le débit rapide des bois équarris en madriers et en planches. Dans ce cas, on séparera les lames montées sur le même arbre par des disques ayant
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- MACHINES A BURINER.
- une épaisseur égale à celle des pièces que l’on voudra obtenir, et calés sur cet arbre ; les plateaux de renforcement seront reportés aux deux extrémités de ce système, qui sera traversé et fortement serré par des boulons parallèles à l’axe de rotation. (D.)
- MACHINES A BURINER.
- MACHINE A BURINER LES FORTES PIÈCES DE MÉCANIQUE; PAR M. RENSHAW, DE NOTTINGHAM.
- ( Extrait par M. J. B. Yiollet. )
- Nous avons adopté l’expression de Machine à buriner, pour indiquer l’usage de l’appareil dont nous allons donner une description succincte; mais, si nous n’eussions été retenu par la crainte de nous éloigner trop de la désignation anglaise ( Shaping machine), nous eussions préféré celle de Tour universel.
- Cet appareil est, en effet, une sorte de tour en l’air où l’outil, maintenu dans un chariot au-dessus d’un mandrin analogue aux mandrins dits universels, attaque la matière tantôt parallèlement, tantôt perpendiculairement, tantôt obliquement à l’axe de rotation du mandrin et de la pièce.
- Comme d’ailleurs ce mandrin et cette pièce peuvent, ainsi que l’outil, prendre des situations diverses et recevoir des mouvements variés, l’appareil permet d’exécuter la presque totalité des opérations pour lesquelles on recourt maintenant à des machines-outils de plusieurs espèces.
- Aussi l’auteur le destine-t-il non-seulement à creuser des rainures et à planer, mais encore à finir de fortes manivelles, des balanciers, des roues et d’autres objets dont l’exécution réclame ordinairement dans les ateliers l’emploi successif de plusieurs mécanismes très-différents. Il se propose surtout de l’employer à buriner des pièces pesantes d’une dimension considérable, et à remplacer pour ces pièces un tour vertical complet.
- Nous regrettons de ne pouvoir décrire dans leur entier les moyens nombreux qui servent à produire des effets si divers; mais, outre que ces détails manquent presque tous dans l’ouvrage anglais auquel nous empruntons notre notice, nous ne parviendrions à les rendre intelligibles, si nous les possédions, qu’en y consacrant plusieurs planches.
- Nous devons donc nous borner à une description sommaire, suffisante pour faire concevoir en quoi consiste l’invention de M. Renshaw.
- La machine présente deux parties essentiellement distinctes ; l’une, destinée à porter et à mouvoir l’outil; l’autre, ayant pour objet de soutenir et de mouvoir la pièce.
- Il est nécessaire de se rappeler que, dans la situation la plus ordinaire, l’axe de rotation du mandrin et de la pièce est vertical. Dans cette même situation, l’outil et les coulisses de son chariot, sont également perpendiculaires à l’horizon, et le système entier présente de l’analogie avec un tour en l’air devant lequel on aurait disposé un support à chariot pour creuser une pièce, mais que l’on aurait renversé de manière à rendre verticaux l’arbre et le ciseau.
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- MACHINES A BURINER.
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- Occupons-nous d’abord de l’outil et de ses mouvements.
- Dans la situation la plus ordinaire de l’appareil, avons-nous dit, cet outil est vertical; ses efforts s’exercent alors dans une direction verticale aussi qui, par conséquent, coïncide avec l’axe de rotation de la pièce, ou bien est parallèle à cet axe.
- L’outil est alors comparable à celui d’une machine à creuser des rainures pour les clavettes, dans les moyeux des roues de fonte.
- Cependant cet outil peut aussi prendre une position perpendiculaire à celle dont nous venons de parler, et devenir ainsi parallèle à l’horizon. Il est alors perpendiculaire à l’axe de rotation du mandrin, et peut par conséquent tourner l’extérieur des surfaces cylindriques montées sur ce mandrin.
- Ce n'est pas tout; il peut être mû de telle sorte que son extrémité décrive, dans le plan de l’axe de rotation du mandrin ou dans un plan parallèle à cet axe, des cercles dont la concavité ou la convexité regarde la pièce qui, animée aussi d’un mouvement de rotation dont l’axe est parallèle au plan du mouvement circulaire de l’outil, peut, par conséquent, être arrondie en forme concave ou convexe.
- Nous n’avons considéré encore qu’un seul mouvement du mandrin, son mouvement autour d’un axe de rotation vertical et fixe; mais ce mandrin et par conséquent la pièce peuvent être déplacés excentriquement, par leur glissement dans deux coulisses à queue-d’aronde qui se croisent à angle droit et qui sont ordinairement parallèles à l’horizon.
- Cette disposition, analogue à celle de quelques mandrins de tour en l’air, permet de changer l’appareil en une machine à planer, puisqu’il suffit de rendre l’outil fixe et de donner au mandrin un mouvement longitudinal de va-et-vient sur une de ses coulisses, et un mouvement latéral progressif sur l’autre coulisse perpendiculaire à la première.
- Le mandrin porte sur sa surface cylindrique une division semblable à celle des équerres-graphomètres cylindriques d’arpenteur. Cette division permet de mesurer le déplacement de rotation que l’on donne quelquefois aux pièces, et de l’évaluer en fractions de la circonférence ; de le fixer, par exemple, à un sixième.
- Si donc on fait alors monter et descendre l’outil verticalement, comme dans une machine à creuser les rainures, et que l’on donne au mandrin un mouvement de déplacement progressif et latéral, au moyen de ses coulisses, on peut buriner des prismes droits, à base polygonale ; et, dans le cas spécial dont nous parlons, à base hexagonale.
- Enfin, le mandrin peut s’élever ou s’abaisser, parce que l’arbre qui sert de pivot, tourne dans un autre arbre creux, solidement fixé au milieu d’une fondation massive; et l’on peut même, en le calant convenablement, l’incliner sur l’horizon.
- Il nous serait facile d’augmenter encore ces détails, mais puisqu’ils ne sont pas éclaircis par des dessins, nous croyons devoir les limiter ici. Ce que nous avons dit suffit pour faire concevoir combien un appareil qui possède un si grand nombre de mouvements, peut fournir de combinaisons et rendre de services, si la complexité de la machine ne nuit ni à sa précision ni à sa solidité.
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- CHEMINS DE FER.
- Nous allons tenter néanmoins de donner une idée de l’ensemble du système.
- La première partie, celle qui porte et meut l’outil, est commandée par une poulie folle, par une poulie fixe, puis par deux cônes de poulies de différents diamètres. On peut ainsi varier dans des limites assez étendues, la vitesse du burin.
- Des engrenages droits transmettent à un arbre muni d’un excentrique le mouvement reçu des poulies de commande, et une bielle le communique au porte-outil monté sur un chariot que soutient une forte colonne en fonte. Sauf les organes accessoires et les pièces de rechange, nécessaires pour les différentes fonctions de l’outil, cette partie offre de l’analogie avec une machine à creuser verticalement les rainures.
- La seconde partie, celle qui a pour objet les mouvements du mandrin, est un peu comparable, comme nous l’avons dit, à un arbre de tour en l’air que l’on aurait disposé perpendiculairement à l’horizon dans un massif de fondation, et que l’on aurait surmonté d’un de ces mandrins mécaniques que l’on voit dans les magasins d’outils ou qui sont décrits plus ou moins complètement dans les traités sur l’art du tour.
- Des engrenages, des communications de mouvement, des bielles, des vis sans fin et d’autres pièces dont l’énumération, à défaut de planches, serait absolument inutile, exécutent automatiquement tout le travail qui peut être accompli de cette manière; mais on conçoit que l’intelligence et la main de l’homme doivent intervenir, lorsqu’il s’agit de modifier les dispositions de l’appareil; d’en enlever quelques pièces ou d’y en substituer d’autres; de le faire passer, par exemple, de l’état de machine à planer, à celui de tour pour les surfaces cylindriques.
- Lorsqu’il est complet, cet appareil peut tourner, forer, exécuter des rainures, tailler des pièces circulaires, rectilignes ou prismatiques. On peut y fabriquer des objets inclinés ou angulaires, y terminer la plus grande partie des pièces employées dans les machines, y exécuter une multitude de lignes et de surfaces, depuis la ligne droite jusqu’à l’hémisphère convexe ou concave, ainsi que toutes leurs combinaisons, et faire de nouvelles et nombreuses applications que l’imagination découvre facilement. (Extrait du Practical Méchantes Journal, juin 1854 , page 230. )
- CHEMINS DE FEU.
- SUR LES FREINS DES CHEMINS DE FER, PAR M. W. B. ADAMS (1).
- ( Traduit par m. j. b. viollet. )
- On sait que pour mettre un convoi en mouvement sur un chemin de fer, il faut produire des efforts beaucoup plus considérables que pour le maintenir à sa vitesse normale, au moins lorsqu’il parcourt une ligne horizontale et plane. On observe néanmoins des circonstances où la puissance dépensée au départ est moindre que celle
- (lj Ces notes sont tirées d’un chapitre de l’ouvrage intitulé : JRailway Machinery, par M. D. K. Clarke.
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- CHEMINS DE FER.
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- qui est réclamée pour le maintien de la marche ordinaire. Par exemple, le train peut se mettre en route sur un plan incliné, et continuer de le descendre, ou bien rencontrer une voie inégale et accidentée sur laquelle la force initiale soit moindre que la force normale de traction. Lorsque l’on monte une rampe rapide ou que l’on parcourt une route très-mauvaise, il peut aussi n’exister aucune accumulation de force vive dans le train, et les véhicules peuvent s’arrêter au moment même où la machine cesse de tirer.
- Mais le mouvement rapide d’un convoi suppose s’il se soutient, que le chemin est au moins passablement bon, autrement la force vive accumulée vers le commencement de la course serait promptement absorbée par les résistances. Lorsque les stations sont nombreuses, il est même à propos d’atteindre une grande vitesse qui compense les temps d’arrêt; et, par conséquent, il faut anéantir avant chaque pause une quantité considérable de travail dynamique. Comme la destruction subite de cette force équivaudrait à un choc violent, il est indispensable d’adopter un procédé qui permette de retarder progressivement le train, et de dépenser sans danger toute la force vive.
- Il se présente immédiatement à l’esprit un moyen fort simple d’obtenir cet effet. C’est de faire en sorte que le train perde sa vitesse acquise, en franchissant une rampe avant de s’arrêter, comme un cheval emporté se calme et cesse de courir en épuisant ses forces à monter une colline.
- Mais ce moyen étant incommode ou même impossible dans beaucoup de circonstances, les hommes pratiques ont recouru à l’absorption du travail dynamique par le frottement. Le procédé le plus généralement usité consiste à exercer en apparence ce frottement sur les roues, mais à faire réellement en sorte qu’il agisse entre les roues et les rails. En effet, les freins, en commençant par retarder, puis en arrêtant les roues, les changent en une espèce de traîneau assez médiocrement disposé, car la surface frottante en est fort petite, ce qui a pour résultat de former des plans sur la circonférence des bandages, de pousser en avant les rails qui peuvent même quitter leurs coussinets, d’en ratisser la surface et de former des creux à leurs points de jonction. Aussi, en examinant l’état de la voie près des stations, reconnait-on combien l’usure y est plus rapide que sur les autres parties de la ligne.
- Les premiers freins employés sur les chemins de fer ont sans doute été d’une extrême simplicité; probablement, c’étaient des pièces de bois passées entre les rais des roues ; et, si l’auteur a reçu des informations exactes, ce mode de ralentissement est encore usité sur le plan incliné de Lickey, comme ressource accidentelle, lorsque des waggons dépourvus de freins se trouvent faire partie d’un convoi. Ce moyen présente de l’analogie avec celui qui consiste à lier avec une corde un des rais d’une roue sur une grande route, lorsque l’on n’est pas muni d’un sabot d’enrayure. Mais comme on n’a pas toujours des pièces de bois à sa disposition, et que l’emploi en est d’ailleurs incommode, on fit ensuite un pas vers le progrès, en fixant sur le côté du waggon un fort levier en fer mobile autour d’un axe, et en plaçant à l’extrémité de son bras le plus court un épais morceau de bois destiné à presser la roue, lorsque l’on décrochait le long bras et qu’on le laissait agir par son propre poids. Ce frein peut, jusqu’à un
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- certain point, être regardé comme automatique ,au moins en ce sens, qu’après avoir été mis en action, il ne tend nullement, jusqu’à ce que le bois soit usé, à laisser diminuer la pression exercée sur le bandage de la roue, à moins que celle-ci ne soit arrêtée. C’est la forme presque généralement adoptée pour les freins des waggons.
- L’espèce de frein qui a paru après celle que nous venons d’indiquer, est établie sur le même principe, c’est-à-dire sur la pression exercée contre les roues par une pièce de bois, mais elle en diffère dans ses dispositions. Quatre segments en bois, suspendus à des barres verticales, sont attachés au corps du véhicule par un arbre transversal dont les révolutions sont soumises, par l’intermédiaire d’un levier et d’une manivelle, à l’action d’une vis verticale que fait tourner le conducteur du train. Par l’effet de ce mouvement, les quatre segments sont fortement pressés contre les roues ; et, si l’on continuait d’agir sur la vis, pendant assez longtemps, ils seraient promptement détruits à moins que le véhicule ne s’arrêtât.
- Outre l’inconvénient d’user la circonférence des bandages et d’y creuser des surfaces planes, ce frein présente encore un autre désavantage. Il établit entre les roues et le corps du waggon une liaison rigide qui paralyse l’action des ressorts. Cependant c’est celui dont on s’est le plus servi, et l’on a beaucoup varié les moyens mécaniques de l’appliquer.
- Sur le chemin de fer le Great-Western, où les roues de plusieurs waggons à six roues étaient très-rapprochées, on a recouru à un dispositif fort simple. Des barres de pression étaient attachées au nombre de deux sur des axes, portaient chacune un segment en bois et formaient avec la verticale un angle d’environ 45°. Une vis perpendiculaire à l’horizon, manœuvrée immédiatement par le conducteur, poussait les barres de pression, augmentait l’amplitude de l’angle et portait avec force les pièces de bois sur les bandages. La pression produite par çp moyen était fort énergique ; mais la liaison qui s’établissait entre les roues et le corps du véhicule s’opposait au jeu des ressorts, et faisait tomber dans les mêmes inconvénients que la disposition précédente.
- Le mode d’action de tous ces freins présente donc des désavantages d’autant plus grands que l’effort de la résistance à la pression se trouve porté sur les coussinets des essieux et tend à comprimer les collets de ces derniers contre les boîtes en fonte. Si l’on écarte cet inconvénient, il reste encore une tendance à forcer les supports des essieux. C’est probablement ce qui a fait imaginer les freins qui serrent à la fois les deux côtés des roues, appelés souvent freins de tender. Ces freins sont mis en action par des barres qui passent des deux côtés des roues et qui poussent les segments contre les deux surfaces latérales de leur circonférence. Ces freins, comme les précédents, suspendent l’action des ressorts.
- Afin d’obvier à la rudesse de celle des segments en bois, M. Joseph Beattie employa vers l’année 1840 une pièce d’acier élastique, couverte d’une certaine épaisseur de chanvre tressé qui, entrant progressivement en prise, empêchait la violente secousse rendue si fréquente par l’usage des segments ordinaires en bois.
- Comme le frottement d’un frein destiné à ralentir un convoi dépend beaucoup du poids du véhicule, on avait adopté la coutume d’appliquer aux voitures de première
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- classe, c’est-à-dire aux voitures les plus pesantes, les freins mis à la disposition des conducteurs. Lorsque l’effet élastique des ressorts se trouvait annulé par l’application des freins pendants ordinaires, l’ébranlement communiqué à toute la masse du convoi devenait fort incommode pour les voyageurs. La stabilité des roues sur les rails était diminuée aussi. Ce fut pour y remédier qu’en 1838 à peu près, M. Nathaniel Wordsell rechercha les moyens d’appliquer des freins aux roues sans établir un contact direct avec le corps même de la voiture. Le résultat de ses recherches fut le frein à glissement, consistant en des barres plates et droites, disposées de chaque côté du véhicule, s’étendant d’une boîte à l’autre des essieux, et portant une paire de pièces de bois et des supports en fer propres à glisser sur la barre. Cet appareil est mû par la vis et par le levier ordinaires. Il satisfait à la condition de supprimer l’ébranlement de la caisse; il prévient aussi l’effort exercé sur les supports des essieux, mais il ne résout pas la difficulté qui résulte de la pression des collets contre les coussinets, ni celle du dommage qu’éprouvent les bandages par la formation de surfaces planes sur leur circonférence.
- Si l’on se reporte aux moyens employés pour enrayer sur les grandes routes, on ne trouve que rarement l’usage de convertir la roue en une sorte de traîneau. Ordinairement, on place sous sa circonférence un sabot qu’elle y maintient elle-même ; le frottement s’exerce ainsi sur ce sabot, et la roue n’éprouve aucun dommage.
- Les avantages de ce système sont trop évidents pour que l’on n’ait pas tenté de l’introduire sur les chemins de fer; aussi M. Lee a-t-il pris en 1842 une patente pour une enrayure de ce genre, consistant en une pièce de fer, attachée à l’extrémité d’un levier dont le centre de rotation était fixé sur l’essieu, et qui portait au besoin cette pièce sous le bandage.
- Il est aisé de voir que si le frein dont nous parlons est placé devant la roue, et qu’il la touche, cette roue tend à passer par-dessus, pourvu qu’elle trouve assez d’espace. Si on l’établit derrière, le conducteur ne peut l’y maintenir qu’en exerçant une pression soutenue ; mais cet inconvénient est beaucoup moindre que ceux que l’on rencontre en plaçant le frein par devant. Si la masse descend entre le rail et la roue, elle donne lieu à une forte secousse, toujours dangereuse pour les convois des chemins de fer, lorsque la vitesse est très-grande. Sur les routes, les effets ne sont pas les mêmes, car on arrête la voiture pour placer ou pour retirer le sabot, mais il serait fort incommode de suspendre pour cette opération la marche du convoi sur les chemins de fer.
- Évidemment, le but que s’est proposé M. Lee, a été de placer sous la roue ou sur le rail un large sabot que l’on pût retirer à volonté ; mais l’application par l’extrémité d’un levier est désavantageuse.
- L’emploi d’une variété de ce frein , connue sous le nom de frein de Handley, a pris pendant quelque temps une certaine extension, ün y remarquait un double segment et des leviers.
- En 1842, M. Bodmer fit patenter un autre frein destiné à s’appuyer sur les rails et sur les roues. Ce frein, appliqué spécialement au tender, est suspendu, non aux essieux, comme ceux de M. Lee et de M. Handley, mais au corps même de ce tender qui Tome Ier. — 53e année. 2e série. — Septembre 1854. 68
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- a six roues. Un sabot ou traîneau est placé entre chaque paire de roues consécutives; et, par conséquent, les sabots sont au nombre de quatre. Us sont munis de rebords semblables à ceux des roues, et sont un peu plus courts que la distance qui sépare les circonférences des bandages sur les rails. Entre le châssis et ces sabots, sont disposés des leviers articulés qu’il suffît de tendre en tournant la vis, pour faire avancer les sabots vers les rails. On peut, sous le rapport mécanique, critiquer la disposition de ce frein qui agit en soulevant les roues et qui même y occasionne des entailles.
- Le frein de M. Gooch , en supprimant l’action des ressorts, fait reposer le corps du waggon sur les sabots ; il nuit donc à la fois au véhicule et au chemin de fer. De plus, le frottement, tel qu’il est produit par l’appareil, diminue la stabilité et la sécurité.
- Au reste, les principales conditions que doit remplir un bon frein sont les suivantes :
- 1° Faire passer le véhicule de l’état de corps roulant à celui de corps traîné ;
- 2° Laisser complètement libre le jeu des ressorts de suspension ;
- 3° Faire porter le poids sur les points frottants du traîneau ;
- 4° Ne gêner en rien le mouvement des roues, et ne pas user la surface des bandages ;
- 5° Agir également pendant la marche en avant et pendant la marche en arrière.
- L’auteur, peu satisfait de tous les freins qu’il avait vus, et reconnaissant qu’aucun n’accomplissait ces conditions , entreprit en 1846 d’en construire un qui les remplît toutes. Voici ce qu’il imagina :
- Les deux boîtes de l’essieu furent reliées ensemble de chaque côté par une forte barre horizontale. Les traîneaux, munis d’un rebord à leur surface inférieure, furent attachés à cette barre par d’autres barres articulées, analogues à un appareil propre à tracer des lignes parallèles. Une de ces barres prolongée s’élevait perpendiculairement à l’horizon et formait un levier soumis à l’action de la manivelle du conducteur. Une goupille l’empêchait de dépasser le terme de sa course.
- Ce frein satisfaisait à toutes les conditions posées ; cependant il n’accomplissait qu’imparfaitement la dernière, celle de fonctionner pendant la marche et le recul. Lorsque le train s’avançait dans une direction, l’action des rails tendait à maintenir les traîneaux sans exiger beaucoup d’efforts sur la manivelle ; mais lorsque l’appareil fonctionnait en sens contraire, les traîneaux tendaient constamment à s’élever et à quitter le rail.
- Pour obvier à cette difficulté, l’auteur, en 1851, forma deux autres combinaisons indépendantes de la caisse du waggon, et destinées à opérer pendant la marche en avant ou en arrière. Dans une de ces dispositions, une barre, de chaque côté du chariot, relie les boîtes des essieux. C’est sur cette barre que sont assemblés à charnière les traîneaux ou sabots au nombre de huit. Un mécanisme intermédiaire les attache à la manivelle gouvernée par le conducteur. Lorsque celui-ci veut faire agir l’appareil, les sabots descendent deux à deux sur les rails où ils exercent une pression plus ou moins puissante. Pour les relever, il suffit de faire tourner la barre dans le sens opposé.
- Cet appareil, dit l’auteur, satisfait à toutes les exigences de la question. Il ne nuit en aucune manière à la liberté des ressorts , car la caisse peut s’élever ou s’abaisser dans
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- ses oscillations, le long de l’arbre vertical manœuvré par le conducteur. Les bandages des roues ne sont pas même touchés, et le poids de tout le waggon porte sur les sabots. Les boîtes des essieux sont pourvues de coussinets disposés de manière à alléger la pression lorsque les traîneaux quittent les rails, et ces traîneaux peuvent être munis de rebords ou d’arrêts destinés à limiter l’élévation du véhicule.
- La seconde espèce de frein donne les mêmes résultats, mais le mécanisme qui opère l’abaissement des traîneaux sur les rails ou qui les relève, présente des différences de détail. Les leviers et les traîneaux y sont tous reliés ensemble par des barres transversales, et par conséquent agissent simultanément.
- Ce frein fonctionne également pendant la marche ou durant le recul du convoi.
- Le frottement du rail tend, il est vrai, à soulever les deux premiers sabots , mais il porte le poids sur les derniers, ce qui établit une compensation. Les traîneaux d’ailleurs ne touchent pas les roues , quoique l’on pût les établir ainsi ; mais ce serait un désavantage.
- Outre la question de savoir s’il est opportun d’opérer le frottement entre la roue et le rail, ou bien entre le sabot et le rail, il en est encore une autre non moins intéressante. C’est celle qui consiste à déterminer s’il convient que le jeu des freins soit remis à la main de l’homme, ou s’il est préférable de le faire dépendre de la force vive du train. Si c’est la main qui doit l’opérer, il importe, au moins sur les convois de voyageurs, de confier chaque frein à un préposé spécial. Comme cette disposition entraîne une assez grande dépense qui d’ailleurs n’est pas la seule raison contraire à son adoption, plusieurs ingénieurs ont proposé des freins automatiques qui, plus d’une fois, ont été soumis à l’expérience pratique et qui sont ordinairement mis en action par les tiges des tampons. Lorsque, en effet, la vitesse d’un convoi est retardée par quelque résistance, les waggons se rapprochent et ces tiges glissent dans les coussinets. On a donc attaché à leurs extrémités des leviers qui agissent sur les freins et les mettent en contact avec les roues. Mais cet effet, s’il est produit par un mouvement rude et privé d’élasticité, expose à des soubresauts et à des ruptures ou même à des déraillements.
- Il est évident que l’action de ces appareils dépend du déplacement des tiges des tampons. Mais comme l’amplitude de ce déplacement varie avec la force vive et le poids des différentes parties du convoi, les ressorts destinés à donner de l’élasticité au système général, devraient aussi, rigoureusement parlant, être de force variable, c’est-à-dire posséder leur maximum de puissance près de la locomotive, et devenir progressivement de plus en plus faibles, jusqu’aux dernières voitures du train. Mais on sait que les exigences pratiques du service des chemins de fer ne sauraient se plier à des attentions aussi minutieuses.
- Si l’on supposait que les freins ne dussent produire leurs effets automatiques que dans le cas où les tiges parviendraient à l’extrémité de leur course, ils n’agiraient guère que quand la machine heurterait brusquement un obstacle. Mais alors on ne voit pas quelle en serait l’utilité. Car si la locomotive pouvait repousser à fond tous les tampons et s’arrêter elle-même, le train ne passerait sans doute pas par-dessus, et les freins seraient superflus.
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- Si l’on supposait, au contraire, que ces freins dussent être mis en action lorsque les tiges se seraient enfoncées jusqu’à la moitié de leur longueur, on éprouverait souvent l’inconvénient de retarder inutilement le convoi.
- L’auteur conclut en émettant une opinion contraire aux projets qui ont pour but d’arrêter, par des freins automatiques, les trains animés d’une vitesse rapide, et croit que ces freins ne seraient d’aucun usage dans le cas d’une collision. ( Mechanics Magazine, juin 1854, pages 559 et 585.)
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- Extrait d’un rapport de m. callon sur un mémoire de m. cousté, relatif à r incrustation des générateurs a vapeur.
- M. Cousté commence par faire ressortir l’importance de la question en remarquant que de la suppression des incrustations, si l’on parvient à la réaliser, résulteront, en général, une meilleure conservation des générateurs, une plus grande sécurité contre les explosions, et surtout une grande économie de combustible ; et pour les bateaux marins en particulier une extension de leur tonnage utile et la possibilité d’employer de la vapeur à haute pression, d’utiliser la détente sur une plus grande échelle, et par suite, une nouvelle économie de combustible indépendante de la première.
- L’auteur expose et discute ensuite les moyens, au nombre de quatre, qui lui paraissent pouvoir être employés pour combattre les incrustations.
- Le premier, qui repose sur le principe de l’évacuation, consiste à extraire, soit d’une manière intermittente, soit d’une manière continue, une certaine quantité de l’eau plus ou moins saturée de la chaudière dont la proportion est réglée par la condition qu’il sorte ainsi de la chaudière une quantité de matières salines égale à celle qu’y introduit l’eau d’alimentation.
- Ce procédé, quoique incomplet pour la basse pression et radicalement impuissant pour la haute pression, mérite cependant de fixer l’attention.
- Le second moyen, qui repose sur ce que M. Cousté désigne sous le nom à’alimentation monhydrique et exige l’emploi de condenseurs fermés, ne peut mener à aucun résultat pratiquement utile, attendu que, la condensation n’étant pas instantanée, il subsiste, dans le cylindre, une contre-pression nuisible perdant une partie trop considérable de la course du piston.
- Le troisième moyen repose sur le principe de la condensation monhydrique, qui consiste à employer, pour condenser la vapeur, une seule et même eau condensante qui, chaque fois qu’elle aura passé au condenseur, sera suffisamment refroidie pour qu’elle devienne apte à condenser de nouveau.
- Ce moyen permet l’emploi d’un condenseur ordinaire où la vapeur et l’eau sont en contact immédiat et où, par conséquent, il y a condensation instantanée; mais il exige
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- l’emploi d’un réfrigérant très-puissant. M. Cousté en propose un qui lui paraît remplir toutes les conditions désirables, et qui présente des dispositifs convenables pour faire les nettoyages, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des surfaces réfrigérantes, par une manoeuvre prompte et facile et sans même arrêter la machine.
- Enfin le quatrième moyen proposé, qui appartient en propre à M. Cousté, consiste à alimenter avec de l’eau surchauffée, c’est-à-dire portée à une température d’au moins 150° avant d’être introduite dans le générateur.
- L’auteur admet que les sels calcaires seront entièrement précipités.
- Ce moyen exige l’emploi d’un appareil spécial nommé surchauffeur et d’un appareil à filtrer pour séparer le précipité.
- Comme conclusion de son travail, M. Cousté, comparant les divers moyens qui viennent d’être énumérés, pense que le dernier devra être préféré pour la navigation soit maritime, soit fluviale, et exclusivement employé pour les locomotives, tandis que le troisième, plus encombrant, pourrait être appliqué aux machines de terre placées dans des conditions de local convenables.
- En parlant de l’économie de combustible à attendre de la suppression des incrustations, l’auteur essaye d’apprécier numériquement cette économie. A cet effet, il compare deux chaudières identiques et placées dans les mêmes conditions, sauf que l’une est revêtue d’une incrustation calcaire sur toute l’étendue de la surface de chauffe directe et indirecte, tandis que l’autre est sans incrustation et seulement recouverte d’une légère couche d’oxyde; il les suppose conduites de manière à produire des quantités égales de vapeur dans des temps égaux. Il en résulte qu’il faut augmenter l’intensité du feu sous la chaudière incrustée, d’où une plus grande perte de chaleur par les gaz qui s’échappent dans la cheminée et par le rayonnement extérieur du fourneau.
- L’auteur, en cherchant à évaluer la première de ces deux causes de perte, arrive à ce résultat que la suppression d'une incrustation qui n’a que 3 à 5 millimètres d’épaisseur peut amener une économie de 40 à 30 pour 100.
- M. le rapporteur, tout en admettant le fait de l’économie en général, mais dans une beaucoup moindre mesure que le calcul l’indique, fait observer que, si l’on brûle, sous une chaudière incrustée ayant une grande surface de chauffe et sous une chaudière décapée ayant une surface moindre, des quantités égales de combustible, et si l’étendue de ces surfaces est proportionnée de manière à compenser l’inégalité de leur conductibilité intérieure et extérieure et à faire en sorte que les gaz arrivent au bas de la cheminée à la même température, il semble que le combustible doive être utilisé dans les deux cas.
- En d’autres termes, un état donné d’incrustation peut ne pas amener d’augmentation dans la consommation du combustible, si la surface de chauffe est en même temps très-étendue. M. Cousté montre que cette consommation, pour une surface donnée, croît rapidement, si l’épaisseur de l’incrustation augmente assez pour obliger de pousser le feu avec une activité anormale et d’envoyer à la cheminée du gaz à une trop haute température.
- M. Cousté distingue les dépôts des chaudières marines, qui sont formés à peu près
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- exclusivement de sulfate de chaux et ne contiennent aucune trace de carbonate de chaux, de ceux des chaudières alimentées à l’eau douce, qui sont formés de sulfate et de carbonate de chaux en proporlion variable selon les localités.
- Quant à la nature presque exclusivement séléniteuse, elle est très-facile à concevoir.
- L’acide sulfurique est plus que suffisant pour saturer toute la chaux, et, comme d’ailleurs le sulfate de chaux est le moins soluble de tous les sels qui peuvent se former, il est tout naturel que ce soit lui qui se précipite.
- M. Cousté explique comment, dans le premier cas, il se précipite, en même temps que le sulfate de chaux, une très-petite quantité de magnésie qui reste pulvérulente.
- Il distingue aussi les dépôts simplement vaseux qui sont formés principalement par les matières en suspension dans l’eau ou par celles qui, comme la magnésie, l’oxyde de fer, la silice, etc., se précipitent sans avoir tendance à se cristalliser, et les dépôts inconstants qui commencent à se former lorsque, par le progrès de l’évaporation, l’eau est arrivée à saturation par rapport aux sels dont ils sont formés.
- Enfin le fait capital qui ressort des observations de M. Cousté est que cet état de saturation arrive d’autant plus tôt que la température de l’eau est plus élevée, c’est-à-dire que la solubilité du sulfate et du carbonate de chaux diminue dans une proportion rapide à mesure que la température s’élève ou descend de 100° et qu’elle est sensiblement nulle aux températures voisines de 150°, qui correspondent à 4 ou 5 atmosphères, pression habituelle de la plupart des chaudières à haute pression. Ce fait rend compte d’une circonstance jusqu’ici difficile à expliquer, c’est que, dans les chaudières à haute pression munies de bouilleurs réchauffeurs et alimentées avec des eaux séléniteuses, c’est principalement dans le bouilleur réchauffeur le plus élevé que se fait l’incrustation et non dans les premiers bouilleurs, où l’eau n’est pas encore assez chaude, ni dans la chaudière, où cependant a lieu la formation de la vapeur. Il semble donc évident que la sursaturation est produite non par l’évaporation , mais sur le seul fait de l’élévation à une température suffisante; de sorte que le dépôt se fait dès le moment que l’eau atteint cette température.
- M. Cousté explique, par ce même fait, les difficultés qu’a présentées jusqu’ici l’emploi de la haute pression dans les chaudières marines. En effet, tous les constructeurs s’accordent à reconnaître que, lorsqu’on veut marcher à haute pression, on est extrêmement gêné par les dépôts. Aussi, malgré les avantages économiques bien connus qui pourraient résulter de l’emploi de la haute pression et de la détente sur une large échelle, la plupart des bateaux marchent-ils encore à basse pression, c’est-à-dire à 1 atmosphère 1/2; d’autres marchent à 2 et même à 3 atmosphères.
- Suivant M. Cousté, il serait impossible d’aller plus loin tant qu’on n’aura pas un moyen d’éviter les incrustations. Il motive son opinion sur ce que l’eau de mer à 150° étant déjà saturée par rapport au sulfate de chaux, le procédé d’évacuation n’offre dans cela aucune ressource pour diminuer les incrustations, de sorte que tout le sulfate de chaux introduit avec l’eau doit se retrouver dans les incrustations.
- M. le rapporteur observe que, pour que cette conclusion fût rigoureusement vraie,
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- il faudrait être certain qu’on ne trouvera pas quelque dispositif qui, sans empêcher le dépôt du sulfate, empêche au moins la formation d’un dépôt adhérent.
- Or, pour éviter cet inconvénient, on pourrait établir dans la chaudière une circulation d’eau rapide qui non-seulement empêcherait l’adhérence du dépôt, mais encore entretiendrait les surfaces parfaitement décapées.
- On peut penser aussi qu’il ne serait pas impossible d’appliquer jusqu’à un certain point le procédé de l’évacuation, même dans le cas de la haute pression. Dans les chaudières tubulaires, par exemple, où l’ébullition est fort vive, les matières solides sont portées à la surface du liquide, et une extraction continue opérée près de la surface peut avoir de très-bons résultats.
- M. Callon émet la même opinion au sujet de la condamnation que porte l’auteur contre ce qu’il nomme Y alimentation monhydrique. Admettant même le calcul par lequel il trouve une perte de 30 pour 100 pour une machine à basse pression, cette perte serait certainement beaucoup moindre pour une machine à haute pression dans laquelle le vide du condenseur n’aurait pas besoin d’être aussi parfait. Dans la pratique, l’efficacité d’un condenseur fermé serait d’autant plus grande et son action d’autant plus rapide que l’on admettrait dans ce condenseur une température plus élevée.
- Les procédés de la condensation monhydrique et de l’alimentation avec l’eau surchauffée sont fondés sur des principes rationnels, et les détails d’exécution en sont ingénieux.
- En résumé, M. le rapporteur, sans admettre dans leur entier ce que les conclusions de l’auteur ont, sur certains points, de trop absolu et sans se prononcer, quant à présent, sur le mérite de dispositions qui n’ont point encore-été expérimentées, pense que le travail de M. Cousté présente des faits et des observations propres à jeter un grand jour sur la question importante des incrustations des chaudières à vapeur en général, et spécialement des chaudières marines. (Annales des mines, t. Y, lre livraison de 1854.)
- VÉLOCIMÈTRE.
- Instrument, nommé vélocimètre, pour mesurer le sillage des navires et déterminer la vitesse des courants d'eau et d'air; par mm. overduyn et droinet.
- Le principe de cet instrument repose sur la contraction de la veine liquide, dont l’effet, constaté, il y a un siècle, par Daniel Bernoulli, a été appliqué, depuis, par Ven-turi, au moyen du tube à double cône qui porte le nom de ce savant.
- C’est la pression négative ou plutôt l’aspiration à laquelle elle donne lieu dans la section rétrécie, à l’intersection de deux cônes, dont le tube de Yenturi est formé, que M. Overduyn a utilisée pour créer le vélocimètre.
- Un tube, construit dans les proportions du tube de Venturi, est attaché au navire parallèlement à son axe, la base du plus petit cône tournée vers l’avant. Un trou de quelques millimètres de diamètre est percé, dans la paroi, à l’intersection des deux
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- cônes ; à ce trou est adapté un petit tuyau ; dès que le navire se met en mouvement, la pression négative se manifeste et augmente avec la vitesse de la marche.
- Cet effet produit, il ne s’agissait plus que de mesurer exactement les pressions négatives croissantes avec les vitesses, afin d’en conclure celles-ci. C’est ce qui a été obtenu en prolongeant le petit tuyau communiquant au tube plongeur jusqu’à une boîte manométrique de M. Yidi, celle que cet ingénieur emploie à la construction de ses baromètres anéroïdes. Elle reçoit le tuyau dans lequel se produit l’aspiration. Ses deux fonds se rapprochent ou s’éloignent selon le vide déterminé, et ce mouvement vertical des fonds de la boîte, transformé à l’aide d’un levier ou mouvement horizontal, fait tourner une aiguille qui indique sur un cadran le chiffre de la vitesse.
- On conçoit qu’une colonne de mercure pourrait fournir les indications voulues.
- On conçoit également qu’on pourrait tirer parti de ces indications et y ajouter un totalisateur qui donnerait le chiffre des vitesses obtenues après un temps donné.
- Pour déterminer la vitesse des courants dans un fleuve ou une rivière, il suffit de plonger le tube dans l’eau; l’aiguille du cadran indique cette vitesse : on l’obtient ainsi à toutes les profondeurs, selon qu’on plonge le tube plus ou moins profondément.
- On mesure les courants d’air de la même manière ; mais, pour cela, le tube à double cône doit être construit dans de plus grandes dimensions, en observant toujours les mêmes proportions.
- On rend l’action aspiratoire du tube plongeur bien plus sensible en l’enfermant dans un autre tube plus grand, en ayant soin de placer l’orifice antérieur du tube intérieur dans le plan d’intersection des deux cônes du plus grand tube. (Académie des sciences, 3 juillet 1854.)
- MÉTAUX.
- Sur deux procédés de préparation de /'aluminium et sur une nouvelle forme du silicium ; par m. h. sainte-claire-deville.
- Voici de nouveaux faits concernant la préparation et les propriétés de l’aluminium, ce métal propre à l’argile et dont nous avons donné, d’après M. Deville, quelques détails dans le Bulletin d’avril n° 7.
- L’auteur fait observer d’abord qu’il a fait frapper, avec l’aluminium, des médailles d’un grand module, qu’il en a préparé des lames qui n’ont pas éprouvé d’altération à l’air; des petits lingots, maniés chaque jour, n’ont pas perdu leur éclat; enfin cette matière est tellement inoxydable, qu’elle résiste à l’action de l’air dans un moufle chauffé à la température des essais d’or.
- L’aluminium ne s’allie pas au mercure et prend à peine quelques traces de plomb; il donne, avec le cuivre, des alliages légers, très-durs et très-blancs, même quand Je
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- cuivre entre pour 25 pour 100 dans la composition du mélange. Il est caractérisé par la faculté de former, avec le charbon, une fonte grise grenue et cassante, cristallisable avec la plus grande facilité, contenant surtout du silicium, qui se sépare, à l’état de pureté, lorsqu’on a prolongé l’action de l’acide chlorhydrique bouillant.
- Yoici les deux procédés de préparation que donne Fauteur :
- 1° Procédé par le sodium. On prend un gros tube de verre de 3 à 4 centimètres de diamètre; on y introduit 200 à 300 grammes de chlorure d’aluminium, qu’on isole bien entre deux tampons d’amiante. Par une des extrémités du tube on fait arriver de l’hydrogène bien purgé d’air et sec. On chauffe dans ce courant de gaz le chlorure d’aluminium, à l’aide de quelques charbons, de manière à chasser l’acide chlorhydrique, le chlorure de silicium et le chlorure de soufre dont il est toujours imprégné. On introduit ensuite, dans le tube de verre, des nacelles aussi grandes que possible, contenant chacune quelques grammes de sodium préalablement écrasé entre deux feuilles de papier à filtrer bien sec. Le tube étant plein d’hydrogène, on fond le sodium, on chauffe le chlorure d’aluminium, qui distille et se décompose avec une incandescence qu’on modère très-bien. L’opération est terminée quand tout le sodium a disparu et que le chlorure de sodium formé a absorbé assez de chlorure d’aluminium pour en être saturé. Alors l’aluminium baigne dans un chlorure double d’aluminium et de sodium, composé très-fusible et volatil. On extrait les nacelles du tube de verre ; on les introduit dans un gros tube de porcelaine muni d’une allonge et traversé par un courant d’hydrogène sec et exempt d’air. On chauffe au rouge vif; le chlorure d’aluminium et de sodium distille sans décomposition ; on le recueille dans l’allonge, et l’on trouve après l’opération, dans chaque nacelle, tout l’aluminium rassemblé dans un ou deux gros globules au plus. On les lave dans l’eau, qui enlève encore un peu de sel à réaction acide et du silicium brun. Pour faire un seul culot de tous ces globules, après les avoir nettoyés et séchés, on les introduit dans une capsule de porcelaine, dans laquelle on met, comme fondant, un peu du produit distillé de la précédente opération, c’est-à-dire du chlorure double d’aluminium et de sodium. La capsule étant chauffée, dans un moufle, à une température voisine du point de fusion de l’argent, on voit tous les globules se réunir en un culot brillant, qu’on laisse refroidir et qu’on lave. Il faut, enfin, maintenir le métal fondu dans un creuset de porcelaine couvert jusqu’à ce que les vapeurs du chlorure d’aluminium et de sodium, dont le métal reste toujours imprégné, aient entièrement disparu. On trouve le culot métallique enveloppé d’une pellicule d’alumine légère, provenant de la décomposition partielle du fondant.
- 2° Procédé par la pile. C’est au moyen du chlorure double d’aluminium et de sodium qu’on opère. A cet effet, on prépare le bain d’aluminium, en prenant deux parties en poids de chlorure d’aluminium, et y‘ajoutant une partie de sel marin sec et pulvérisé. On mêle le tout dans une capsule de porcelaine chauffée à 200 degrés environ. Bientôt la combinaison s’effectue avec dégagement de chaleur, et l’on obtient un liquide très-fluide à 200 degrés et fixe à cette température. On l’introduit dans une capsule de porcelaine vernie, que l’on maintient, avec quelques charbons, à une température de 200 degrés environ. L’électrode négative est une lame de platine sur la-Tome Ier. —. 53e année. 2e série. — Septembre 1854. 69
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- quelle se dépose l’aluminium mélangé de sel marin sous forme d’une couche grisâtre. L’électrode positive est constituée par un vase poreux parfaitement sec, contenant du chlorure d’aluminium et de sodium fondu, dans lequel plonge un cylindre de charbon qui amène l’électricité. C’est là que se portent le chlore et un peu de chlorure d’aluminium provenant de la décomposition du sel double. Le chlorure double et fixe se reconstitue, et les fumées cessent. Un petit nombre d’éléments est nécessaire pour décomposer le chlorure double, qui ne présente qu’une faible résistance à l’électricité.
- On enlève la plaque de platine quand elle est suffisamment chargée du dépôt métallifère; on la laisse refroidir; on brise la masse saline rapidement, et l’on introduit de nouveau la lame dans le courant. On prend un creuset de porcelaine, qu’on enferme dans un creuset de terre, et l’on y fond la matière brute détachée de l’électrode. Après le refroidissement, on traite par l’eau, qui dissout une grande quantité de sel marin, et l’on obtient une poudre métallique grise, qu’on réunit en culot, par plusieurs fusions successives, en employant comme fondant le chlorure double d’aluminium et de sodium.
- Les premières portions de métal obtenues par ce procédé sont presque toujours cas • santés. On peut cependant, par la pile, avoir un métal aussi beau que par le sodium ; mais il faut employer du chlorure d’aluminium plus pur. En effet, dans ce dernier procédé, on enlève, au moyen de l’hydrogène, le silicium, le soufre, et même le fer qui passe à l’état de protochlorure fixe à la température où l’on opère, tandis que toutes ces impuretés restent dans le liquide que l’on décompose par la pile et sont enj levées avec les premières portions de métal réduit. (Acad, des sciences, 14 août 1854.)
- Procédé de préparation de /'aluminium, par m. bunsen.
- On prend de l’oxyde d’aluminium obtenu soit par la calcination de l’alun ammoniacal , du sulfate d’alumine, ou par la décomposition de l’alun par le chlorure de barium; on mélange cet oxyde avec du charbon , et on introduit le mélange dans un ballon de la capacité d’environ 2 litres, et enduit d’une couche épaisse d’un ciment formé d’argile et de battitures de fer. La cornue est installée dans un four à réverbère; le col de la cornue, placé horizontalement, sort du four d’une longueur de 3 à 5 pouces environ et s’engage dans le col d’une cornue de verre destinée à recevoir le chlorure d’aluminium, qui va se sublimer dès qu’on fera intervenir le chlore. Pour faire arriver ce gaz, on pratique un trou dans la panse de la cornue de verre à la hauteur du prolongement du col, et on y engage un tube, d’un grand diamètre, en verre peu fusible, qu’on fait arriver jusque dans la panse de la cornue de grès. Cela fait, on chauffe celle-ci au rouge sombre, et on y dirige un courant de chlore lavé et bien desséché. Le chlorure d’aluminium se forme alors avec facilité, et au bout de quelques heures le récipient renferme au moins 1/4 de kilogramme de produit. Quand ce chlorure est bien refroidi, on le mélange avec son équivalent de chlorure de sodium fondu et pul-
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- vénsé, et on chauffe. Le mélange fond à une température inférieure à 200 degrés centigrades ; on l’introduit dans un creuset de porcelaine fermé, divisé en deux par une paroi de porcelaine qui ne plonge pas tout à fait jusqu’au fond, et on ferme à l’aide d’un couvercle également en porcelaine et qui est percé par deux trous destinés à livrer passage aux conducteurs de la pile. Six ou huit couples de Bunsen suffisent pour séparer l’aluminium. Si la température reste à 200 degrés centigrades, le métal se dépose en poudre; pour l’obtenir de suite en masse compacte, on introduit peu à peu du chlorure de sodium fondu et pulvérisé dans le mélange, jusqu’à ce que le liquide ait atteint la température du point de fusion de l’argent. Après le refroidissement, on trouve, dans la masse, de grosses boules d’aluminium, que l’on réunit en les projetant dans du sel marin en fusion. Les lingots qu’on en retire possèdent tous les caractères de l’aluminium de M. Deville. (Annales de Poggendorff, t. XCII, p. 648.)
- CHAUX HYDRAULIQUES.
- Recherches sur la résistance des chaux hydrauliques et des ciments à Vaction destructive de Veau de mer; par mm. mai.aguti et durocher.
- * M. Vicat, en cherchant à expliquer l’action destructive exercée par l’eau de la mer sur les mortiers hydrauliques, a montré que cette eau agit, par sa tendance, à dissoudre la chaux des mortiers, qui est alors remplacée par de la magnésie; mais jusqu’à présent on n’a pas indiqué de moyens efficaces pour empêcher ou neutraliser cette influence dissolvante; seulement on sait que, en général, les mortiers hydrauliques les plus énergiques, les ciments ou les mélanges de chaux et pouzzolanes qui font prise le plus rapidement, sont ceux qui paraissent le mieux résister aux causes de décomposition. Néanmoins, même parmi les mortiers à ciment d’une vitesse de prise semblable et d’une énergie à peu près égale, il en est qui possèdent des facultés de résistance très-différentes, sans que l’on puisse, à priori, ni par une analyse ou un essai rapide, reconnaître ceux dans la stabilité desquels on pourrait avoir une entière confiance.
- Au milieu de ces incertitudes, les auteurs ont pensé que par l’étude des ciments qui résistent à l’influence décomposante de l’eau de mer, conjointement avec l’analyse des chaux hydrauliques et des ciments dépourvus d’une telle résistance, ainsi que des produits de la décomposition, on pouvait espérer de jeter quelque lumière sur cette question, dont la difficulté égale l’importance.
- Les échantillons sur lesquels les auteurs ont expérimenté sont les chaux hydrauliques de Paviers et de Doué; les mortiers qui en sont composés, les ciments de Boulogne, de Portland, de Pouilly, Yassy et Parker. La marche suivie dans leurs recherches consistait à examiner les modifications qui ont été produites dans les proportions des divers éléments, en comprenant les compositions des produits immergés dans de l’eau de
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- mer avec celles des matières semblables qui n’y ont pas été plongées; mais, comme ils n’avaient point d’échantillons de mortiers de chaux et de sable que l’on eût fait durcir dans de l’eau douce pour les comparer avec ceux immergés dans de l’eau de mer, l’examen de ces derniers n’a pu être fait qu’en comparant leur composition avec celle de la chaux employée à leur confection. Dans ces rapprochements, les auteurs ont dû faire abstraction du sable et ramener la composition obtenue pour les mortiers à ce qu’elle eût été s’il n’y était pas entré de sable.
- Deux cylindres de chaux hydrauliques de Paviers ont été immergés, pendant dix-huit mois, dans de l’eau de mer et dans des conditions égales : l’un d’eux a perdu une énorme quantité de chaux et a gagné très-peu de magnésie, mais, en revanche, il a fixé une quantité d’acide carbonique presque suffisante pour saturer les deux bases terreuses; quant à l’acide silicique, une portion notable a été entraînée avec un peu d’alumine. L’altération de l’autre cylindre a été moins considérable : la perte en chaux et le gain en acide carbonique ont été moins forts; mais, par compensation, la quantité de magnésie substituée à la chaux y a été le double, et la perte en silicate d’alumine y a été un peu plus forte. Un fait analogue s’est répété pour un mortier fait avec cette même chaux hydraulique de Paviers.
- Deux prismes de ce mortier ont été immergés, pendant dix-huit mois, dans de l’eau de mer; l’un paraissait peu altéré, l’autre l’était beaucoup. Dans le prisme peu altéré, la chaux avait été éliminée, une forte proportion d’acide carbonique s’était fixée, les proportions de la magnésie, de la silice et de l’alumine n’avaient pas subi de changement notable. Le prisme dont l’altération était très-avancée avait subi une véritable transformation sous le rapport de la composition. Une quantité considérable de chaux avait été remplacée par une quantité atomiquement plus grande de magnésie, et l’acide carbonique n’avait pas sensiblement changé ; au contraire , l’acide silicique et l’alumine avaient notablement augmenté.
- L’altération éprouvée par le mortier provenant de la chaux de Doué s’exprime par une perte considérable de chaux sans substitution de magnésie et par la fixation d’une grande quantité d’acide carbonique.
- Quant aux altérations des ciments, le ciment de Boulogne, préalablement durci par l’eau douce, a commencé à se crevasser après huit mois d’immersion dans de l’eau de mer ; cependant sa composition chimique n’a pas changé sensiblement. 11 en a été autrement pour le ciment de Portland, qui, sous l’action de l’eau de mer, s’est fendillé, a fixé presque autant d’acide carbonique qu’il en contenait à l’état normal, et enfin il a perdu un peu de chaux, qu’une faible quantité de magnésie a remplacée. Un mortier, préparé avec un volume de ciment de Portland et deux volumes de sable quartzeux, après avoir été immergé, pendant un an, dans l’eau de mer, n’a présenté aucune altération, si ce n’est qu’il s’est enrichi d’acide carbonique.
- Il résulte des faits qui viennent d’être exposés que la décomposition des chaux, ciments et mortiers par l’eau de mer ne s’opère pas constamment de la même manière; la substitution de la magnésie à la chaux a lieu souvent, mais pas toujours, et, comme elle est accompagnée d’addition d’acide carbonique, le mortier altéré présente la réu-
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- nion d’un hydrosilicate alumineux et d’un carbonate double. Mais il y a des cas où il y a disparition de la chaux sans introduction de la magnésie, et le phénomène paraît alors se passer comme s’il avait lieu dans une eau salée, mais qui serait chargée d’acide carbonique. En outre, dans l’altération des mortiers moyennement hydrauliques, il y a partage des éléments du mortier en deux composés, l’un riche en carbonate terreux, l’autre riche en alumine, venant former à la surface du mortier un dépôt neigeux que les vagues enlèvent. Le partage n’a pas lieu dans les ciments ou mortiers très-durs et faisant prise rapidement. L’altération que ces derniers manifestent consiste en un simple fendillement de la masse et dans la disparition d’une petite quantité de chaux, avec ou sans remplacement par de la magnésie, et dans les deux cas il tend à se produire un changement de volume d’où résulte le fendillement de la masse.
- Quant aux ciments regardés comme résistant le mieux à l’action de mer, ceux de Pouilly, Vassy et Parker passent pour les plus stables; ces ciments sont très-riches en oxyde de fer, surtout celui de Parker, qui est le plus résistant. En effet, les auteurs ont trouvé environ 7 pour 100 d’oxyde de fer dans les ciments de Pouilly et de Vassy, et 14 pour 100 dans celui de Parker. Ils ont dû rechercher jusqu’à quel point cet oxyde est susceptible de former, par voie humide, des combinaisons avec la chaux. Dans ce but, ils ont formé de toutes pièces des sortes de pouzzolanes en composant des mélanges de silice et d’un peu de chaux avec de l’alumine et de l’oxyde de fer, puis ils ont étudié l’action de l’eau de chaux sur ces mélanges, préalablement chauffés au rouge sombre. Après quelque temps d’immersion, ces matières ont augmenté de volume ; chacune d’elles s’est partagée en deux composés distincts, l’un desquels s’est greffé au fond du flacon, et a contracté une cohésion et une adhésion considérables, tandis que l’autre a pris l’aspect floconneux, et, se gonflant de plus en plus, s’est élevé jusqu’à 15 ou 16 centimètres au-dessus du fond. En analysant ces différents composés, on a reconnu que la quantité de chaux précipitée est indépendante de la présence de l’alumine, tandis qu’elle est augmentée par la présence de l’oxyde de fer; en outre, on a reconnu que le composé floconneux était le plus riche en alumine et que le dépôt concrétionné était le plus riche en oxyde de fer.
- La non-inertie de l’oxyde de fer dans les matériaux hydrauliques paraissant démontrée, les auteurs en ont conclu que la présence de cet oxyde peut contribuer à donner de la stabilité aux mortiers et aux ciments immergés dans l’eau de mer. Il reste, à la vérité, à constater si les ciments ou chaux hydrauliques artificielles, formés par l’association de la chaux avec des argiles ferrugineuses ou des mélanges d’argile ou d’hydroxyde de fer, seront inattaquables par l’eau de mer; mais ces essais exigent un temps considérable.
- Dès ce moment, deux faits restent bien constatés : 1° que les ciments réputés comme les plus résistants à l’action de l’eau de mer contiennent toujours des quantités notables d’oxyde de fer ; que certaines combinaisons de silice, alumine et chaux donnent, toutes choses égales d’ailleurs, des réactions fort différentes, suivant qu’elles sont dépourvues ou qu’elles contiennent beaucoup d’oxyde de fer. [Académie des sciences, 24 juillet 1854.)
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- AGRICULTURE.
- NOIR ANIMAL.
- Procédé de révivification du noir animal; par m. pelouze.
- Le procédé est fondé sur la propriété des alcalis caustiques ou carbonatés de dissoudre les matières colorantes contenues dans le noir animal qui a servi à la fabrication ou au raffinage des sucres.
- Le noir animal plus ou moins saturé de ces matières colorantes, et qui ne le cède ni à l’eau, ni à la chaux, ni aux acides, les abandonne, au contraire, avec une grande facilité, surtout à chaud, à de l’eau contenant une faible proportion, soit de carbonate de potasse ou de soude, soit de potasse ou de soude caustiques. La dissolution se colore fortement en jaune, et le charbon a retrouvé ses propriétés décolorantes.
- Cette sorte de dégorgement du vieux noir et le lavage qui doit le suivre peuvent être effectués dans des chaudières des formes les plus diverses, dans des vases en bois, à l’aide de la vapeur, etc.
- Il suffit de quelques centièmes de carbonate de soude ou de soude rendue caustique par la chaux pour révivifier le noir en poudre ou en grain.
- Le lavage du noir qui a ainsi subi l’action d’un alcali ou d’un sel alcalin doit être exécuté avec soin. Après l’avoir commencé avec de l’eau bouillante, il est utile de l’achever avec de l’eau contenant une petite quantité d’acide, afin de neutraliser les dernières traces d’alcali ou de sel alcalin, dont la présence dans le noir affaiblirait considérablement le pouvoir décolorant. Dans certains cas, lorsque les noirs épuisés sont chargés d’une trop grande quantité de chaux ou de carbonate de chaux, il faut augmenter la proportion d’acide ou de sel acide dans l’eau de lavage.
- Les liqueurs alcalines tenant en dissolution les matières colorantes enlevées au vieux noir ne doivent pas être jetées. On peut en retirer par divers procédés, et principalement par l’évaporation et la calcination , la potasse ou la soude. Les alcalis libres ou carbonatés servent à de nouvelles révivifications. (Description des brevets, t. XVI.)
- AGRICULTURE.
- NOTE SUR LA CULTURE DU COTONNIER CHEZ LES ARABES.
- Extrait et traduit du traité d'agriculture d’Ibn al Awam, de Séville ; par J. J. CLEMENT-MULLET.
- On sait combien l’attention est maintenant portée vers l’agriculture; on sait aussi combien le gouvernement fait d’efforts pour assurer les progrès d’un art si important, sous quelque point de vue qu’on veuille l’envisager. Cette tendance des esprits trouve
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- encore un nouveau et un vif stimulant dans la nécessité d’utiliser une quantité énorme de terrains improductifs en Algérie et même dans la mère patrie. Mais aussi, une circonstance qu’on s’explique peu, c’est l’insouciance qu’on apporte à l’étude de l’agriculture des anciens Arabes qui, dans des écrits assez peu nombreux, il est vrai, nous ont légué tant de bonnes traditions et de procédés utiles. Au contraire, par suite d’une direction d’idées dont on se rend compte difficilement, c’est vers l’agriculture chinoise que tous les yeux se tournent. C’est à elle qu’on se plaît à faire les honneurs des perfectionnements et des bonnes méthodes qui, suivant les enthousiastes, ont été importés chez nous par les voyageurs et surtout par ies missionnaires. On ne peut assurément révoquer en doute le développement de l’industrie agricole en Chine; c’est un fait établi et prouvé par des témoignages irrécusables. Pourtant il me semble qu’on peut aussi, à bon droit, revendiquer en faveur des Arabes de grandes connaissances dans la culture des champs. Le traité si remarquable de l’agriculture nabathéenne, dont Ibn ai Awam, de Séville, qui vivait vers l’an 600 de l’hégire, c’est-à-dire vers le xne siècle, a donné des extraits, est là pour montrer à quel point de perfection ils avaient porté l’observation et la pratique.
- Les Nabathéens étaient un peuple qui habitait dans le voisinage de l’Egypte (1), et ce pays, qui, du temps de Joseph, fournissait du blé à toutes les contrées d’al«ntour, et qui avait si bien perfectionné l’art d’élever les oiseaux de basse-cour, devait nécessairement avoir fait de grands progrès dans les sciences agricoles. Et, pour le dire en passant, rien n’est laissé à désirer, comme pratique, dans le chapitre qui traite des engrais. Nous avons pensé devoir présenter la traduction du chapitre qui traite de la culture du coton, dans un moment où le gouvernement fait tant d’efforts pour encourager et propager la culture de ce précieux végétal.
- Manière de semer le coton. Abou Hanifa rapporte, d’après les Arabes Scénites du mont Calbo (2), que, chez eux, le cotonnier s’élève à la hauteur des arbres, et qu’il atteint celle de l’abricotier; sa durée est de vingt ans (3).
- Abou’l Jair et d’autres auteurs disent que le coton peut être semé dans les terrains susceptibles d’irrigation aussi bien que dans ceux qui sont élevés. Abou Abdallah Ibn el Fazel affirme qu’en Espagne les terres rudes au toucher et celles qui sont maigres et pulvérulentes lui conviennent bien. Cultivé dans ces deux natures de sol, il fournit des produits précoces, très-avantageux, qui n’éprouvent jamais de retard. Certains auteurs prétendent qu’un sol frais lui convient fort bien aussi quand on le sème dans un terrain élevé.
- Le même auteur dit qu’en Sicile on consacre à cette culture les terres les plus
- (1) Voir un mémoire dé M. Étienne Quatremère sur les Nabathéens, Journal de la Société asiatique de Paris.
- Les Nabathéens étaient les habitants de la Babylonie, avant le règne des Chaldéens. On comprend sous ce nom les Ghananéens et les habitants de la Syrie.
- (2) Le mont Calbo est une montagne de l’Arabie, dans l’Yemen, à un jour de distance de Médine.
- (3) On voit qu’il s’agit ici du cotonnier en arbre, probablement celui à feuilles de vigne.
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- mauvaises. On fait de même sur le littoral de l’Espagne, et on en obtient un bon résultat. Dans l’Hedjaz, en Égypte, à Ascalon, à Bassora, on sème le coton dans les terres sablonneuses après une irrigation ; on le repique de la même manière que les plantes maraîchères; on laisse entre chaque plant un intervalle de 8 palmes (lm,64) (1), parce que, dans ce pays, le cotonnier atteint la dimension du figuier chez nous. Il dure plusieurs années pendant lesquelles il fournit d’abondantes récoltes. On le traite comme la vigne, on lui donne une bonne culture et des arrosements; alors il se renouvelle, se rajeunit, et l’on obtient, tous les ans, des résultats profitables.
- L’époque de lasemaille du coton, en Espagne, dans les terrains élevés, s’étend depuis le 1er février jusqu’au milieu de mars. On commence, dès le mois de janvier, à préparer la terre ; on donne plusieurs labours jusqu’au moment de semer, au moyen de sept à dix socs (2). On amende le sol avec du fumier usé ou du fumier de mouton , et la terre n’étant ni trop sèche ni trop humide, on profite d’un jour favorable pour faire son semis. Auparavant, on a eu soin de débarrasser les graines de tout le duvet qui les enveloppait pour qu’elles ne restent point adhérentes entre elles, ce qui contrarierait leur distribution bien égale sur le terrain. Voici le procédé suivi : on arrose la graine de coton avec de l’eau; on projette ensuite, dessus, du fumier sec, pulvérisé*et passé au crible; on peut aussi employer le crottin des bêtes de somme préparé de cette manière. Puis cette^graine étant placée sur le sol de l’habitation même, bien propre, ou sur le fond d’un panier, on opère avec les pieds un mouvement de friction jusqu’à la disparition complète de tout le duvet; alors on fait son semis dans la terre préparée ainsi que nous l’avons dit; on le fait clair de manière qu’il puisse y avoir entre chaque graine l’intervalle de 1 palme ( 0m,23,25 ) ; on remue ensuite la terre avec un râteau (3) pour qu’elle se mêle avec la graine et la recouvre bien.
- Le semis du coton, dans les terrains susceptibles d’irrigation, se fait, en avril, dans des carreaux préparés à l’avance par une bonne culture et amendés avec les engrais que nous avons indiqués. La terre doit être mise dans un état de fraîcheur convenable au moyen d’un arrosement; mais, si cette condition provenait de la pluie même, ce serait de beaucoup préférable.
- Le même auteur écrit qu’en Syrie, quand on veut faire un semis, on s’y prend environ un an d’avance pour fournir à la terre des engrais de bonne nature, pur-
- (1) J’ai pris pour base le palme de Valence, qui est de 0m,23,25, suivant l’Annuaire du Bureau des longitudes. Il me paraît convenir par un double motif : d’abord l’auteur était Espagnol; ensuite il diffère peu du palme ou chabre d’Égypte, auquel les auteurs de la description de l’Égypte donnent 0,23,09.
- (2) C’est ce que dit le texte traduit littéralement ; mais doit-on entendre l’emploi d’espèces de charrues ou bien de houes à cheval à plusieurs socs? M. Sontheimer, dans une traduction allemande de ce chapitre, l’entend du nombre des labours.
- (3) J’ai suivi le traducteur espagnol, qui traduit par arado {râteau); peut-être faudrait-il traduire par charrue, comme le ferait penser M. Bové, qui dit qu’on emploie aujourd’hui une charrue pour cette opération. Ce mot, du reste, se trouve dans les dictionnaires.
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- gés de pierres ou de tous corps étrangers. On donne une bonne culture, on dispose des carreaux qu’on entretient frais avec de l’eau; puis, quand on juge le sol bien disposé , c’est-à-dire ni trop lége- ni trop compacte, on plante la graine de coton dans des trous de la profondeur d’un demi-doigt; on dépose dans chaque trou deux ou trois graines, on rapporte dessus un peu de terre meuble ; on ménage entre chaque trou une distance de 1 palme et 1/2 (0m,34,37) ; on laisse ensuite le semis sans lui donner d’eau jusqu’à ce qu’il ait atteint la hauteur de 1 palme. On sarcle alors le jeune plant à plusieurs reprises; puis, quand il a pris une nouvelle croissance, on recommence l’arrosement; quand la terre est bien disposée et que sa superficie est suffisamment ameublie, on procède à un nouveau sarclage. Ensuite on reprend les irrigations, qu’on réitère plusieurs fois. On les pratique, dit Ibn el Fazel, tous les quinze jours, jusqu’au 1er août, époque à laquelle commencent à se montrer les boutons à fleur. On cesse alors de donner de l’eau pour faire languir l’arbuste, retarder l’exubérance de la sève et rendre la fructification plus abondante. Mais, s’il arrivait qu’il fût trop vigoureux, on abattrait les branches superflues en les frappant avec des baguettes pour les détacher (1), afin que, la sève étant forcée de rétrograder, le fruit noue en plus grande quantité. La récolte des capsules se fait quand elles commencent à s’ouvrir et à laisser entrevoir le duvet, ce qui a lieu au mois de septembre. On s’y prend le matin, on évite l’ardeur du soleil pour qu’elles conservent une certaine humidité ; on extrait le coton des capsules avec beaucoup de précaution, de crainte que l’enveloppe, venant à se briser, ne se mêle au duvet. On expose ensuite le coton au soleil pour le faire sécher, puis on l’emporte pour le serrer.
- Ibn Hedjaj dit que la culture du cotonnier n’est réellement profitable que dans les terrains plats, dans les îles et dans les terres non montagneuses. On sème au mois de mai ( ajar ), après avoir donné à la terre plusieurs labours, et, quand la plante est levée, on la sarcle plusieurs fois ; alors elle pousse bien et donne un bon produit.
- ^Suivant l’agriculture nabathéenne, les terrains qui peuvent convenir au cotonnier sont les sols argileux d’une teinte rouge ou noire, mais complètement exempts de salure (2). On le cultive avec succès dans les terres de bonne nature. Sa tige n’atteint pas tout à fait la taille ordinaire d’un homme; ses rameaux sont grêles, ses fruits arrondis. Us se fendent par la pression du duvet qui se montre au dehors. Le moment convenable pour semer est à la fin d’avril (nizan); il a atteint tout son développement vers la fin de juin ( haziran ) : il peut être quelquefois bon de différer la semaille jusqu’à la fin de mai ( ajar). D’autres fois on commence dès les premiers jours d’avril
- (1) C’est un véritable ébourgeonnement pratiqué d’une manière informe. On voit que, dès alors, on en reconnaissait Futilité.
- (2) Il est probable que, par cette expression, l’auteur entend parler du nitre, qui souvent, dans ces contrées, paraît à la surface sous forme d’efflorescence. M. Bové affirme que, quand le nitre ne se <f trouve qu’en petite quantité dans le terrain, il est un bon engrais pour le cotonnier comme pour les « autres végétaux, mais que, lorsqu’il couvre la terre, il fait périr une grande partie des coton-« niers. »
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- ( nizan ), et la récolte se fait soit à la fin de juillet (tamouz), soit à la fin d’août (ab), qui est le mois du Lion. Souvent, après la récolte des capsules, on coupe avec un instrument tranchant les pieds qu’on veut rajeunir. La récolte, quelquefois, commence dans les premiers jours d’août (ab ), et se prolonge jusqu’aux premiers jours de septembre ( eileul ). S’il croît trop rapidement, la chaleur peut l’atteindre comme tous les autres semis, qu’elle peut même faire périr. Le remède à employer dans ce cas, c’est de bassiner les branches et les feuilles avec de l’eau ; quand on donne Veau d’irrigation , on dispose, dans les rigoles, du fumier consommé, composé de bouse de vache, de feuilles de courge et de feuilles de sébestier (1). On projette aussi cet engrais à l’état pulvérulent sur les feuilles avant que le fruit ne soit noué ; mais il faut bien se garder de le faire après que le fruit est noué et la capsule formée. L’engrais que nous avons indiqué est celui qui convient le mieux; il influe sur le nombre des capsules et sur la quantité du duvet. 11 faut avoir soin d’arracher les herbes qui croissent au milieu du semis et de les rejeter hors du champ, particulièrement celles qui ont de l’analogie avec le cotonnier. On les enlève en totalité . racines, feuilles et graines; on en fait un tas dans lequel on arrange les parties sèches en dessus et en dessous, de façon que celles qui sont vertes occupent le centre; on les presse avec les pieds et on y met le feu. On recueille les cendres qui ont de l’analogie avec la soude , et on obtient ainsi un amendement de très-bonne qualité, qui, répandu sur le cotonnier quand il est à la moitié de sa croissance , lui donne de la vigueur et fait développer une riche végétation.
- Tels sont les préceptes que nous ont laissés les Arabes sur la culture du cotonnier ; nous y trouvons la manière de cultiver les deux espèces : 1° celle arborescente dans les extraits d’Ibn el Fazel; 2° celle herbacée dans l’extrait de l’agriculture nabathéenne.
- Nous y voyons, en somme, que toutes les espèces de terrains peuvent convenir au cotonnier, mais plus particulièrement les plaines qui bordent la mer et les sols aré-nacés et argileux. Ce qu’il exige surtout, c’est une bonne culture, une terre bien préparée, des arrosements en temps convenable et assez fréquents, des sarclages plusieurs fois répétés. Les Nabathéens, qui savaient tirer parti de tout, conseillent de brûler les mauvaises herbes et d’en recueillir les cendres; car il n’était point échappé à ces intelligents cultivateurs avec quelle énergie la cendre agit comme amendement.
- Si, maintenant, nous jetons un coup d’œil sur ce qu’ont dit quelques agronomes modernes, nous voyons des prescriptions analogues. Ainsi les auteurs de la partie agricole de la Description de l’Égypte disent, t. VII, p. 104, que, pour le semis du coton, on dispose des carreaux, et qu’on sème sur le bord et sur des sillons pratiqués dans l’intérieur, les intervalles étant remplis par des plantes potagères. Un plant de cotonnier arborescent, bien conduit, dure, suivant les mêmes auteurs, huit à dix ans.
- Ces mêmes auteurs insistent sur les arrosements; ils entrent dans d’assez grands détails sur la manière dont on les pratique et sur la dépense qu’ils exigent.
- (î) C’est le sébestier sébesle ( Diel. Déterv.j, cordia sebeslanea de Sprcngel. H. rei lierb., p. 261
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- À l’article Cotonnier du Dictionnaire d'histoire naturelle de Déterville, M. Dufour donne, sur la culture du cotonnier en Espagne, des détails qui rappellent ceux que nous lisons chez les Arabes, sauf quelques modifications amenées, sans doute, par des circonstances locales et par l’expérience. Ainsi, avant de semer la graine, on la fait tremper dans l’eau pendant vingt-quatre heures. Ils pensent qu’il convient d’arroser les jeunes plants, mais que, quand ils sont plus grands, il faut retirer l’eau, même dans les terrains sableux, les rosées de la nuit pouvant suffire. Planté dans un bon terrain, garanti du froid et réchauffé par le pied, le cotonnier durera quatre ans, et donnera plus de duvet que ceux replantés tous les ans. L’auteur de l’article indique également la taille de l’arbre à la manière de la vigne. Il parle encore de la possibilité de cultiver le coton herbacé dans les contrées méridionales de la France, culture qui, nécessairement, serait très-profitable suivant lui.
- M. Bové , dans sa brochure Sur les cultures de l’Égypte, entre dans des détails dont quelques-uns sont déjà indiqués par les agronomes arabes et que nous ne répéterons point. Le coton qu’il a vu cultiver en Arabie serait l’espèce à feuille de vigne ( Gos. vitifolium ) indiquée déjà par Théophraste ( Hist. plant., 1. IV, c. 9 ) ; mais les Arabes de l’Yémen paraissent avoir perdu une bonne partie des excellents procédés nabathéens. Après avoir parlé des soins dans la culture et des arrosements, M. Bové se plaint de ce qu’on néglige l’ébourgeonnement du cotonnier chez les Égyptiens, pratique qu’il regarde comme étant de la plus grande importance, puisqu’elle augmente de beaucoup les produits; il indique encore une nouvelle méthode pour les semis qu’il estime comme devant être fort avantageuse.
- M. Bové signale un ennemi du cotonnier qui se loge dans la capsule et qui peut causer de grandes perles; c’est un charançon dont on peut arrêter les ravages par le simple soin de visiter les cotonniers, de détacher les capsules attaquées et de les brûler.
- Les auteurs de la Description de l’Égypte entrent, ainsi que M. Bové, dans quelques détails sur la manière de séparer le coton et sur les machines qu’on peut employer. On trouve aussi, chez eux, des calculs assez curieux sur le produit du coton et sur la dépense qu’exige la culture. Nous nous contentons d’indiquer ces documents qu’on pourra utilement consulter.
- NOTICES INDUSTRIELLES.
- NOTICES INDUSTRIELLES EXTRAITES DES PUBLICATIONS FRANÇAISES ET ÉTRANGÈRES,
- par M. J. B. VIOLLET.
- Législation des patentes américaines pour inventions.
- Dans le dernier rapport de la commission des patentes des États-Unis, M. Ch. Ma-son, auteur de ce document, s’élève, par des motifs puissants et généreux, contre l’é-
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
- normité de la taxe imposée aux étrangers ( 300 et 500 dollars ), pour l’obtention de titres que les habitants du pays ne payent que 30 dollars ( 1 dollar vaut environ 5 fr. 40 cent. ).
- Les considérations de ce rapport sont empreintes d’une si haute raison, que nous espérons apprendre tôt ou tard l’adoption des demandes de M. Mason, qui conclut à l’abolition de toutes les différences de prix fondées sur des situations géographiques, et qui propose même de ne soumettre les patentés qu’à une taxe représentant la juste rémunération du travail dont leur demande charge l’administration. ( Repertory of Patent inventions, juin 1854, page 551. )
- Quelques données sur la fabrication du fer.
- Nous extrayons, en les abrégeant beaucoup, d’une lecture faite devant l’Institution royale de Londres par le docteur Noad , professeur de chimie, à l’hôpital Saint-Georges, quelques résultats relatifs à la marche et aux produits de l’usine de Cwm Celyn, résultats recueillis par M. Lewick, directeur de cette usine et de celle de Blaina.
- Le premier des fourneaux était alimenté à l’air froid ; le second l’était à l’air chaud.
- N° 1. Haut fourneau à l’air froid. — Résultats observés pendant la semaine terminée le 7 avril 1854.
- Fonte produite...............................
- Combustible brûlé par 1000 kil.
- Houille....................... 1039 kil.
- Coke.......................... 484 kil.
- 184172 kil. 1523 kil.
- N° 2. Haut fourneau à l’air chaud. — Résultats observés pendant la semaine terminée le 7 avril 1854.
- Fonte produite...............................
- Combustible brûlé par 1000 kil.
- Houille.......................801 kil.
- Coke.......................... 338 kil.
- 240352 kil. 1139 kil.
- Ainsi, dans ces usines, l’emploi de l’air chaud a permis de fabriquer pendant une semaine 56180 kil. de fonte de plus que celui de l’air froid, avec une quantité beaucoup moindre de combustible. Encore faut-il observer que les appareils destinés à chauffer l’air venaient d’être réparés, et que le fourneau même exigeait une allure propre à le dégorger.
- On emploie d’ailleurs avec une rare perfection dans cette usine les gaz combustibles émanés des hauts fourneaux. Des tuyaux dont les principaux ont lm,82 de diamètre, distribuent ces gaz sous les chaudières à vapeur et dans les foyers à chauffer l’air. Deux hauts fourneaux seulement donnent la quantité de gaz nécessaire pour le chauffage de l’air qui les alimente, et en outre pour sept chaudières. Ces dispositions qu’aucun établissement bien dirigé ne peut maintenant omettre, produisent annuellement une économie de 10150000 kil. de houille par an. (Méchantes’ Magazine, juin 1854, page 512. )
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- Moyens de produire des rêglures d’ornement. (Patente anglaise du 14 novembre 1853,
- prise par M. Smith, d’Ayr. )
- L’auteur indique des moyens d’exécuter des rêglures d’ornement par l’action simultanée d’un certain nombre de plumes disposées sur un appareil qui permet de reproduire en tout ou en partie le dessin modèle.
- Il propose aussi des appareils qui répètent en lignes multiples, le modèle sur deux ou sur plusieurs parties de l’objet que l’on veut décorer, ce qui donne des ornements symétriques. Enfin les plumes traçantes peuvent être fixées sur un levier analogue à une branche de pantographe et décrire le dessin sur une plus grande échelle. ( Mechanics’ Magazine, juin 1854, page 520. )
- Moyens mécaniques de tirer les modèles hors des moules. ( Patente anglaise du 14 novembre 1853, prise par M. de Bergue, ingénieur, à Londres. )
- Sur plusieurs points du modèle, l’auteur fixe des barres qui glissent entre des guides et sont disposées de manière à permettre de retirer du sable avec précision et promptitude, dans une direction perpendiculaire à la surface moulée, le modèle ou les parties de ce modèle. ( Mechanics’ Magazine, juin 1854, page 520. )
- Machine et appareil à dépiquer les blés. (Patente anglaise d’importation, du 16 novembre 1853, prise par M. Johnson, de Londres. )
- Dans la machine décrite par le patenté, le cylindre batteur, autrement nommé cylindre à dépiquer, est conduit par un engrenage que meut un manège, ou bien il reçoit, au moyen d’une courroie, l’impulsion d’une machine à vapeur. Sous ce cylindre, on dispose une plaque métallique percée de trous dans lesquels doivent passer la balle et le grain. Ce dernier tombe sur une toile mobile sans fin ; de là Si se rend dans un récipient. Immédiatement au-dessous de la grille et du cylindre à dépiquer, se trouve un châssis double, garni de toile métallique, animé d’un mouvement alternatif, et destiné à recevoir et à trier les grains ou les balles qui y tombent avant d’atteindre la toile sans fin. En sortant de ce double crible, ces grains égarés descendent dans le même conduit que les autres ; et les balles, ainsi que la poussière, sont transportées au dehors par l’action d’un ventilateur. ( Mechanics’ Magazine, juin 1854, page 521.)
- Modifications dans la construction des chaudières marines à vapeur. (Patente anglaise du 16 novembre 1853, prise par MM. Bristow et Atwood, de Londres. )
- -ifLes auteurs mettent en communication les foyers adjacents des chaudières marines à vapeur, afin de faire passer sur le feu clair du foyer voisin la fumée dégagée par chacun de ces foyers, lorsqu’on le recharge, et de brûler ainsi cette fumée. Tous les foyers sont donc rattachés les uns aux autres par des ouvertures latérales qui traversent près des portes l’espace occupé par l’eau, et qui permettent d’établir, lorsqu’on le veut, la communication entre les foyers de chaque groupe. (Mechanics’ Magazine, juin 1854, page 521. )
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- Signaux pour les chemins de fer. ( Patente anglaise du 17 novembre 1853, prise par MM. Dugrnore et Millward, de Birmingham. )
- Les brevetés établissent entre les trains voyageant sur le même chemin de fer, une communication de signaux par des moyens électriques. Cette communication qui se fait par des fils spéciaux ou par les rails mêmes, doit être permanente et subsister soit que les trains se meuvent, soit qu’ils demeurent stationnaires. (Mechanics’ Magazine, juin 1854, p. 522. )
- Modifications dans la fabrication des tresses. ( Patente anglaise du 17 novembre 1853, prise par M. Ashton, de Manchester. )
- L’inventeur a eu pour but principal de rendre uniforme la tension des fils ou des brins. Il place des deux côtés du bâti de la machine, deux ou plusieurs cylindres métalliques, soutenus par de petits coussinets. Entre ces cylindres qui servent à étirer et le bâti il fixe une barre percée d’autant de trous qu’il y a de brins.
- Les fils que l’on veut tresser, se dévident de dessus les bobines, disposées ordinairement à la partie supérieure du métier, et traversent d’abord les trous dont il vient d’être parlé, puis parviennent aux cylindres d’étirage d’entre lesquels ils se rendent, comme dans les appareils connus, aux trous ou œils pratiqués au pied de la machine, pour parvenir enfin aux broches. ( Mechanics1 Magazine, juin 1854, page 522. )
- Machine électro-magnétique pour la gravure, par M. Hansen.
- On éprouve de plus en plus, dit l’auteur, la nécessité de découvrir un moyen économique et rapide d’illustration propre à être employé concurremment avec l'impression en lettres. La gravure sur bois, à laquelle on recourt actuellement, donne de bons résultats, mais exige un travail préparatoire assez long, exécuté par un habile artiste. Les procédés chimiques ont été tentés, à la vérité, mais ils n’ont pas encore parfaitement répondu à l’attente des expérimentateurs. D’autres personnes ont essayé l’emploi des moyens mécaniques, et M. Hansen vient de créer une machine dont les résultats seront sans doute bientôt connus.
- Cette machine a quelque analogie avec celle qui, dans les ateliers de construction, est employée à planer les métaux.
- Le dessin que l’on veut copier et la planche sur laquelle on se propose de le graver, sont placés côte à côte sur le plateau de la machine. Ce plateau est mobile et tous des traits du dessin, décrit sur une surface métallique, avec une encre non conductrice de l’électricité, passent successivement sous une pointe à calquer, susceptible de transmettre facilement ce fluide.
- Au-dessus de la planche qui doit être gravée, un levier porte un burin vertical dans une situation analogue à celle de l’outil de la machine à planer. Ce burin est soumis à l’action de deux électro-aimants, dont l’un le presse contre le métal, quand un pre-
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- mier courant est établi, et dont l’autre le relève, lorsque ce courant est rompu.
- Sauf ces mouvements d’élévation et d’abaissement, le burin est d’ailleurs stationnaire, et c’est la translation du plateau qui en promène le taillant sur la planche, tandis que la pointe à calquer parcourt les traits du dessin.
- Or, lorsque cette pointe passe sur l’encre résineuse, le courant qui maintient le burin élevé se rompt ; mais un appareil commutateur en établit aussitôt un autre dans le second électro-aimant destiné à presser l’outil contre la planche et à le forcer de tracer une ligne pour laquelle l’égalité de pression assure l’égalité de profondeur.
- Lorsque le dessin est achevé, on en prend le cliché que l’on emploie comme une gravure sur bois. ( Méchantes Magazine, juin 1854, page 540. )
- Modifications dans la fabrication des roues pour les chemins de fer. (Patente anglaise du 19 novembre 1853, prise par M. Wharlon, de Birmingham. )
- La roue est divisée en deux parties qui portent une nervure. On creuse sur le tour dans l’intérieur du bandage, une rainure dont les deux côtés ont une légère inclinaison , en queue-d’aronde. Pour assembler la roue, on chauffe d’abord légèrement le bandage et l’on chasse de force les deux moitiés de la roue, dans cette bande, jusqu’à ce que le contact soit parfait et que la bande tienne fortement sur la nervure taillée à queue-d’aronde dans la circonférence de la roue. On consolide le système par des écrous et des boulons, puis on place des étais entre les rais. On peut alors enlever les boulons et les remplacer par des rivets solidement assujettis. ( Mechanics’ Magazine, juin 1854, page 544. )
- Fabrication des fils métalliques. ( Patente anglaise du 23 novembre 1853, prise par M. Empson, de Birmingham. )
- L’auteur fait sortir d’un creuset un jet de métal,liquéfié, qu’il solidifie à l’instant même. ( Mechanics’ Magazine, juin 1854, p. 566. )
- Construction des chemins de fer. ( Patente anglaise du 23 novembre 1853, prise
- par M. Kinder, de Dublin. )
- M. Kinder propose de fabriquer des rails creux en ménageant à leur partie supérieure un surplus d’épaisseur. Les barres d’abord laminées avec ce renflement, sont ensuite amenées à leur forme définitive par des passages entre des cylindres convenablement disposés. Le patenté projette aussi de rendre plus solides les coussinets des chemins de fer, en les coulant sur le corps même des rails, afin que leur retrait les y affermisse. ( Mechanics Magazine, juin 1854, page 566. )
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- Filature et renvidage des fils retors. (Patente anglaise du 24 novembre 1853, prise par
- MM. Mason et Ilugb, manufacturiers, et Jones, constructeur de machines, à Manchester.)
- Les patentés ont disposé leurs machines à doubler et à retordre, de manière à ren-vider par une seule opération les fils en cannettes susceptibles d’être livrées immédiatement aux tisserands. (.Mechanics’ Magazine, juin 1854, page 567.)
- Peignage de la laine, du coton et des autres matières filamenteuses. (Patente anglaise du 24 novembre 1853, prise par M. Lister, manufacturier, à Manningham.)
- Le breveté emploie une lame qui enfonce la matière entre les dents, et qui l’appuie sur le fût du peigne. Une autre modification, applicable à la laine et au coton qui ont été soumis à l’action des peignes mobiles, consiste à monter sur un arbre plusieurs cylindres munis de dents courbes comme celles des cardes, et à les disposer de telle sorte que le système général du cylindre de la machine tourne dans un sens, tandis que les cylindres cardeurs dont il vient d’être fait mention, tournent dans des directions opposées. (Mechanics Magazine, juin 1854, page 567.)
- Roues pour les routes ordinaires ou pour les chemins de fer. (Patente anglaise du 25 novembre 1853, prise par M. de Montferrier, de Paris. )
- L’inventeur forme ses roues de deux parties distinctes dont l’une, fixée au véhicule selon la méthode ordinaire, roule dans la seconde qui consiste en une bande circulaire. C’est cette dernière qui porte sur la route ou sur le railway. (Mechanics Magazine, juin 1854, page 567.)
- Cardage du coton et des autres matières filamenteuses. (Patente anglaise d’importation, du 25 novembre 1853, prise par M. Johnson, de Londres.)
- Le trait principal des modifications indiquées par M. Johnson, consiste à employer un mécanisme qui élève un ou plusieurs cylindres d’une carde, et un autre mécanisme qui nettoie ces cylindres pendant qu’ils sont ainsi élevés et qui les abaisse ensuite. (.Mechanics’ Magazine, juin 1854, page 568.)
- PARIS.
- IMPRIMERIE DE Mme Ve BOUCHARD-HUZARD, RUE DE l’ÉPERON, 5.
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- 53' ANNÉE. DEUXIÈME SÉRIE. N» 18. — SEPTEMBRE 1854.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUB L’INDUSTRIE NATIONALE*
- LOCOMOTIVES.
- PERFECTIONNEMENTS DANS LA CONSTRUCTION DES LOCOMOTIVES; par M. MAC-CONNEL.
- Ces perfectionnements ont pour objet 1° l’élargissement de la boîte à feu et son prolongement au corps cylindrique" de la chaudière, en augmentant les surfaces de chauffe directes par une disposition de partitions introduites dans le foyer qui permettent de donner au toit une forme semi-cylindrique et de supprimer les tirants généralement en usage pour consolider les toits horizontaux des chauffes ordinaires, diminuant sensiblement le poids de cette partie de la chaudière sans diminuer sa solidité et sa force; 2° le raccourcissement des tubes, la diminution de leur diamètre et l’augmentation de leur nombre, ce qui permet d’abaisser le centre de gravité de l’appareil tout en employant des roues motrices de grand diamètre et en pratiquant une courbe rentrée dans la partie cylindrique inférieure de la chaudière; 3° l’emploi d’entretoises tubulaires formant des espèces de tuyères pour l’admission réglée de l’air chaud ou froid nécessaire à la combustion complète des combustibles dans le foyer; 4° l’application d’un piston concave en fer forgé d’un poids très-réduit, d’une grande force, d’une très-grande solidité, très-simple de construction et complètement hermétique; 5° l’application de ressorts en caoutchouc et de diverses dispositions dans la boîte à fumée qui permettent d’échauffer l’eau d’alimentation avant son introduction dans la chaudière et d’échauffer aussi l’air nécessaire à la combustion des gaz carburés qui s’échappent du foyer, ^t ce au moyen du calorique utilisé après le passage dans la chaudière des gaz chauds produits dans le foyer; 6° enfin l’emploi d’essieux creux et de cylindres en fer forgé. (Publication industrielle de^M. Armengaud, t. IX.)
- Tome Ier. — 53e année. %e série. — Septembre 1854.
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- ÉTOFFES.
- CHEMINS DE FER.
- ventilation des waggons sur les chemins de fer. ( Patente américaine, prise par m. ruffan, de Coburg. (Traduit par m. j. b. viollet.)
- L’essai de l’appareil inventé par M. Ruffan, a été exécuté vers le milieu de mars dernier sur un waggon du chemin de fer de New-York à Erié. L’auteur s’est proposé de renouveler l’air du waggon, en le puisant sur le haut ou sur les côtés de la caisse au moyen d’une ouverture conique; de le faire passer, sous le fond du véhicule, dans un réservoir d’eau destinée à le laver et à le délivrer de la poussière de la route et du coke; et enfin de l’introduire dans le waggon par un double poêle en hiver et par un piédestal en été. Pour sortir, le courant d’air chaud traverse toute la longueur de la voiture sous les pieds des voyageurs, et rentre dans l’atmosphère à l’arrière du waggon.
- L’expérience a paru extrêmement satisfaisante. Tous les conducteurs en ont parlé très-favorablement et ont assuré que les voyageurs s’étaient accordés pour approuver cet appareil. Une seule plainte s’est élevée; elle émanait d’une personne qui trouvait que l’air était trop froid ; mais cette plainte ne pouvait être bien fondée, puisque le thermomètre, ce jour-là, indiquait 18° centig. La température a été très-uniforme dans le waggon; et, bien que tous les sièges fussent occupés et qu’il y eût même plusieurs personnes debout dans le passage, on éprouvait, en entrant de là dans un autre waggon de construction ordinaire, qui ne renfermait cependant que douze personnes, une sensation désagréable, causée par la différence de l’odeur de l’air dans les deux voitures. (Scientific American, 25 mars 1854, page 221. )
- ÉTOFFES.
- MACHINE A APPRÊTER LES ÉTOFFES; par MM. HUGUENIN, DUCOMMUN et DUBIED, à Mulhouse.
- Cette machine, en usage aujourd’hui dans un grand nombre d’établissements, est particulièrement destinée à appliquer l’apprêt sur l’envers de la toile, afin d’éviter de ternir les couleurs en mettant l’apprêt à l’endroit. A cet effet, l’étoffe passe d’abord entre deux rouleaux en cuir. Le rouleau supérieur est entouré d’une enveloppe de calicot, et le rouleau inférieur plongé dans un bassin rempli d’amidon liquide. Ce second rouleau est gravé en mille points. Les creux de la gravure se remplissent d’amidon, et une racle enlève d’une manière continue tout l’apprêt qui se trouve en dehors ou ailleurs que dans la gravure. L’apprêt vient alors s’imprimer sur l’envers de l’étoffe, qui continue sa marche vers un cylindre ou tambour en tôle sur la surface duquel elle se sèche en s’y appliquant par l’endroit. Un ventilateur placé au-dessous d’une cheminée d’appel enlève les vapeurs qui se dégagent pendant l’opération.
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- FILATURE.
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- On peut placer, sur la machine, des rouleaux portant plus ou moins de gravure, et par ce moyen arriver à appliquer, selon les besoins, plus ou moins d’apprêt sur l’étoffe.
- Le tambour est disposé pour être chauffé à la vapeur.
- Pour que l’étoffe reste constamment bien tendue en passant des rouleaux apprêteurs sur le tambour sécheur, MM. Huguenin, Ducommun et Dubied emploient un système d’élargisseur importé d’Angleterre et qu’ils appliquent non-seulement aux machines à apprêter, mais encore aux machines à imprimer au rouleau et à d’autres appareils. Cet élargisseur maintient l’étoffe parfaitement tendue dans le sens de la largeur; nous en avons parlé dans la 42e année du Bulletin, page 25.
- FILATURE.
- préparation économique du coton pour filature; par m. risler, de Cernay
- (Haut-Rhin).
- On sait que, dans la filature du coton, après les passages successifs des batteurs, il faut encore deux cardagespour obtenir un bon fil; mais ce double cardage, quoique utile, occasionne trop de frais, et trop de déchet par le débourrage souvent répété des tambours et des chapeaux de cardes, déchet qui se compose non-seulement des impuretés proprement dites, mais encore d’une partie de filaments de coton qui auraient très-bien pu être utilisés.
- La machine inventée par M. Risler, et qu’il désigne sous le nom d'épurateur, modifie F opération des batteurs et remplace les cardes en gros. Elle conserve aux filaments plus de nerf, plus de force, tout en diminuant le déchet d’une manière très-notable; elle supprime, de plus, le débourrage des chapeaux de cardes.
- Le principe du nettoyage de l’épurateur est de séparer et d’éloigner les boutons et les impuretés du coton, au moyen de l’action de la force centrifuge, par des brosses élastiques qui, malgré leur souplesse, acquièrent, par la vitesse de leur mouvement, suffisamment d’énergie pour opérer le nettoyage avec une grande perfection sans fatiguer le coton.
- L’épurateur, par ses alimentations multipliées et sa construction solide, produit, avec du coton très-ordinaire d’Amérique, en douze heures de travail, 90 à 100 kilog. de coton en nappe parfaitement ouvert et épuré surpassant le meilleur cardage en gros.
- Il résulte de ce qui précède 1° que les cardes en fin, alimentées par des nappes d’épurateurs, donnent un travail supérieur à celui produit par des nappes de cardes en gros; 2° que le coton traité par l’épurateur donne un fil d’un numéro plus régulier, que la machine dispense de l’emploi des pignons de rechange, et supprime le ruban supplémentaire qu’on ajoute ordinairement aux cardes pendant le débourrage des tambours et l’aiguisage des cardes; 3° que le batteur éplucheur se trouve également supprimé; 4° que l'économie est de 6 à 8 centimes par kilogramme de fils nos 30 et 40. (Publication industrielle de M. Armengaud, t. IX.)
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- CHAUDIÈRES A VAPEUR.
- NAVIGATION.
- APPLICATION DU CHLOROFORME AUX MACHINES BINAIRES.
- Des expériences ont été commencées sur une machine binaire de 120 chevaux, à vapeur d’eau et à vapeur de chloroforme, placée à bord de l’aviso le Galile'e, qui alors était en état d’armement à Lorient; mais un défaut reconnu dans la confection d’une pièce de la machine, qu’après une première sortie à la mer on a jugé utile de refaire à neuf, a retardé les essais jusqu’à ce jour.
- Cette courte sortie du Galilée a été très-satisfaisante, en montrant qu’à une vitesse égale à celle d’un autre bâtiment semblable, de même puissance, mais à vapeur d’eau seule, la consommation du combustible a été moitié moindre, et tout porte à penser qu’après les perfectionnements qui vont être accomplis prochainement l’économie sera plus grande encore.
- Le premier appareil binaire qu’ait employé la marine est en service depuis 1850 dans un des ateliers du port de Lorient, et développe une puissance de 20 chevaux. Les résultats qu’il a donnés ont été assez satisfaisants pour décider l’administration supérieure à faire l’application en grand du système, et c’est de cette détermination qu’est résultée la construction de l’appareil du Galilée.
- Cette première machine de 20 chevaux avait primitivement fonctionné à l’éther. L’emploi subséquent du chloroforme n’a pas donné des résultats supérieurs comme puissance et économie; mais c’est cependant à ce dernier liquide que l’on s’est arrêté, attendu qu’il n’est point inflammable, tandis que l’éther l’est éminemment. Il a , de plus, sur ce dernier, l’avantage de se condenser à une température plus élevée ; en sorte que son emploi paraît plus sûr dans les régions intertropicales, où l’eau extérieure serait trop chaude pour condenser suffisamment l’éther après l’action de la vapeur dans l’appareil. ( Annales des mines, t. IV, 5e livraison de 1853. )
- CHAUDIÈRES A VAPEUR.
- MOYENS D’ASSURER LE JEU DU FLOTTEUR DANS LES CHAUDIÈRES A VAPEUR;
- par m. akins. ( Traduit par m. j. b. viollet.)
- M. Akins, d’Ithaca, propose un moyen de rendre plus sûres les indications du flotteur dont on fait usage pour connaître le niveau de l’eau dans les chaudières à vapeur. On sait que le bouillonnement du liquide nuit à la certitude des services rendus par ce flotteur qui, malgré la généralité de son emploi, induit souvent en erreur sur le véritable niveau.
- L’inventeur, dans la vue d’augmenter la régularité de cet appareil, propose de l’envelopper dans un compartiment spécial qui s’étende depuis le dôme jusqu’à la situation la plus basse où puisse descendre le flotteur. Ce compartiment ne doit communiquer
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- avec la chaudière que par un certain nombre de petites ouvertures suffisantes pour maintenir dans son intérieur le même niveau de l’eau et la même tension de la vapeur que dans le reste du générateur. Le liquide doit donc rester calme dans cette capacité, quelle que soit partout ailleurs la vivacité de son mouvement, et le flotteur, beaucoup moins agité, peut indiquer le niveau fluide avec plus d’exactitude. (Scientific American, 8 avril 1854, page 236.)
- CHAUDIÈRES A VAPEUR AMÉRICAINES, EN FORME DE RUCHE; PAR M. T. D. STETSON.
- ( Traduit par m. j. b. viollet. )
- On remarque dans les bateaux à vapeur employés à la navigation des lacs de l’Amérique du Nord, l’usage assez fréquent de chaudières d’une forme particulière, désignées par plusieurs appellations, entre autres par celle de Chaudières en ruche, qui les caractérise très-nettement.
- La figure ci-jointe en représente la coupe verticale, prise à travers le corps entier du générateur, et aussi à travers une enveloppe d’eau dont les plus grands de ces appareils sont toujours accompagnés, et qui en devient réellement une portion inté-
- La chaudière proprement dite se compose de deux parties superposées et munies de moyens de communication qui permettent à son contenu de circuler librement. Un tuyau de cuivre, partant du point le plus élevé de l’enveloppe d’eau, se rend près du fond du principal compartiment dans lequel on prétend qu’une certaine quantité d’eau portée au maximum de la température de la chaudière, passe continuellement en entraînant un peu de vapeur (1). Ce tuyau est le seul moyen de communication qui existe entre ces deux parties. La soupape d’arrêt ( qui limite l’arrivée de l’eau ), n’est pas représentée dans la figure, mais elle est fixée près de la base inférieure de l’enveloppe; et, bien que les appareils exigent rarement que l’on fasse fonctionner des pompes alimentaires indépendantes, la chaudière reste en tout temps suffisamment pleine d’eau.
- Quatre tuyaux a, a, distribués à des distances égales sur le plan horizontal, établissent la communication entre les deux parties de la chaudière.
- Deux autres tuyaux b, 6, permettent à des courants d’eau très-chaude et de vapeur, de monter de la partie inférieure dans la partie supérieure de la chaudière, tandis que
- Fig. 1.
- (1 ) Il est probable que ce tuyau part, au contraire, du point le moins élevé de l’enveloppe, et que le diamètre en est assez grand pour permettre la circulation d’un double courant de liquide.
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- les communications situées plus bas, dont la section est plus grande, livrent passage à des courants opposés. C’est au moins ce que l’on peut croire pour un certain nombre de circonstances, sinon pour toutes. Au reste, il suffît d’être assuré par l’expérience, que les matières solides, abandonnées par l’eau réduite en vapeur, se déposent toujours au fond du compartiment le plus bas. Aussi, sur ce point, comme à l’extrémité inférieure de chacune des parties extérieures, toutes les mesures sont-elles prises pour que l’on puisse facilement extraire ces dépôts.
- Sur les lacs où l’eau est douce et claire, ces chaudières ont constamment réussi, et quoique les difficultés des réparations, la nouveauté de la forme, et même quelques considérations théoriques pussent faire croire au prompt abandon de ces dispositions, il paraît, par une expérience qui date déjà de quelques années, que les appareils ont plus de durée qu’on ne l’avait pensé. Aussi ce système jouit-il déjà d’une sorte de popularité locale qui semble susceptible de prendre de l’extension.
- La chaudière du bateau le Troy, esquissée dans le croquis ci-dessus, croquis malheureusement aussi incomplet que la description, a déjà exécuté sans aucune réparation un service de trois années.
- Le Boston, petit bâtiment portant un cylindre de 0m,41 de diamètre, et naviguant entre Cleveland et Ogdensburgh, est le premier navire qui ait reçu de ces générateurs, dont les réparations jusqu’à ce jour n’ont pas coûté plus de 135 fr. C’est M. L. Par-malee, constructeur de chaudières, à Cleveland, qui a pris l’initiative dans cette voie expérimentale, et c’est aussi lui qui a établi jusqu’à présent toutes ou presque toutes les chaudières de ce genre. La surface de chauffe y paraît être un peu plus influente que dans les autres systèmes usités, à en juger par l’évaporation réalisée. Ainsi la chaudière du Troy compte environ 65 mètres carrés de surface de chauffe, et 2mc,,93 de surface de grilles. Ces dispositions fournissent avec abondance assez de vapeur très-sèche, à la tension de 5M1-,62 par centimètre carré au-dessus de la pression atmosphérique, à un cylindre de 0m,71 de diamètre, dont le piston exécute par minute 55 courses de lm,06. La détente commence aux 5/8 de la course, et la soupape à gorge reste toujours complètement ouverte.
- La chaudière du Troy ayant été construite lorsque le cours de la matière première était beaucoup moins élevé que maintenant, son prix ne fournirait aucun élément réel de comparaison. Aujourd’hui une chaudière de même forme et de même capacité coûte 12150 francs. Sa disposition et ses dimensions admettent des variations considérables dans le niveau du fluide, sans qu’aucune de ses parties supporte, privée d’eau, l’action directe du feu.
- L’aire étendue et libre de la surface liquide permet d’obtenir une séparation assez parfaite de la vapeur et de l’eau, résultat rarement atteint dans les chaudières verticales ; la quantité de l’eau mécaniquement tenue en suspension est en outre beaucoup moindre que dans les chaudières ordinaires. La prise de vapeur se fait, en effet, dans la partie la plus élevée du compartiment supérieur, et le tuyau, après s’être un peu abaissé, sort par le côté, ainsi que le représentent les lignes ponctuées de la figure.
- Le procédé qui consiste à couvrir de feutre ou de quelque autre matière non conduc-
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- rice le cylindre et les tuyaux, est un perfectionnement auquel on n’atteint pas encore dans ces cantons; mais le tirage étant ordinaire et l’alimentation des feux se faisant avec du bois dur, conformément à l’usage habituel, on obtient sur plusieurs bâtiments les résultats exprimés par les nombres que nous allons rapporter. On se rappellera que, dans tous les cas, la vapeur est abondante, que la pression atteint de 4kiL,77 à 5kll,,61 par centimètre carré, enfin que la soupape à gorge ne se ferme jamais.
- 1° Le Niagara, avec une surface de chauffe de 53mc-,41, des grilles de 2m-c-,63 de superficie, et un cylindre de 0m,56 de diamètre, donne par minute, 56 coups de piston de lm,06 de course. La détente commence aux 5/8 de la course.
- 2° Le Forest-Queen, dont la chaudière présente une surface de chauffe de 49ra-c,,88 et dont le cylindre a 0m,71 de diamètre, donne par minute, 56 courses de piston de lm,06. Le départ de la détente est à la moitié de la course.
- 3° Le Westmoreland, beau navire de 61 mètres de longueur, qui possède 65mc,,96 de surface de chauffe, des grilles de 4mc-,09, un cylindre de 0m,71 de diamètre, donne 58 courses de piston par minute et commence la détente aux 5/8.
- 4° Le Prairie State, le Michigan, et YOgdensburgh, dont chacun compte 65"’c-,03 de surface de chauffe, 3mc-,58 de grilles, et dont les cylindres ont 0m,56 de diamètre, donnent, à pleine charge, de 54 à 60 courses de piston de lm,06. La détente y com mence respectivement à la moitié, aux cinq huitièmes et à la moitié de la course.
- La consommation du combustible dans les fourneaux de ces chaudières que les rapports officiels de l’administration désignent sous le nom de chaudières verticales coniques, est exprimée par les chiffres suivants :
- Niagara. . . . 2 lires,72 par heure
- Forest-Queen. . 3 ,17 id.,
- Westmoreland. . . 3 ,62 id.,
- Boston 2 ,72 id.,
- Prairie State. , 3 ,62 id.,
- Michigan. . 2 ,72 id.,
- Ogdensburgh. . 2 ,72 id.
- On compte maintenant onze de ces chaudières et peut-être même un plus grand nombre employées à la navigation sur le lac Erié. L’espace ménagé pour l’eau est uniformément de 0m,102 autour des fourneaux. Les enveloppes de ce liquide ont un peu moins de largeur à leur base, et se réduisent à 0m,051 environ dans leur partie supérieure. La tôle porte à peu près 0m,016 d’épaisseur dans le corps de la chaudière, et 0ra,006 dans l’enveloppe; les rivets qui préviennent l’écartement, sont disposés de 0m,140 en 0m,140.
- Des soles d’eau peuvent sans doute y être appliquées sans difficulté, mais on en use encore peu, et on les remplace généralement par de simples bassins portés sur des barreaux unis de 51 millimètres en carré, environ.
- (1) Les États-Unis ayant conservé les mesures anglaises, nous pensons que, près du lac Eiûé, les dimensions de la corde de bois sont les mêmes que dans la Grande-Bretagne, et nous avons converti en conséquence les mesures énoncées.
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- COURROIES.
- Ces bassins garantissent les carlingues un peu moins directement que la brique, mais ils fournissent facilement de l’eau, en cas d’accident, et laissent apercevoir les commencements d’incendie plus promptement qu’une sole en maçonnerie.
- Les chaudières maintenant en usage varient de lm,37 à 2m,23 de diamètre extérieur, et de 3m,05 à 5m,18 de hauteur. La construction en est libre, aucune patente n’ayant été prise. ( Mechanics Magazine, juin 1854, page 52, d’après le Journal of the Franklin Institute. )
- COURROIES.
- SUR LES MOYENS D’ASSEMBLER LES COURROIES SANS FIN DES MACHINES.
- ( Traduit par m. j. b. viollet. )
- Un mécanicien qui ne se nomme pas, écrit au Scientific American les réflexions suivantes sur un sujet assez intéressant, l’assemblage des courroies continues employées à transmettre la puissance dynamique dans les usines.
- Pendant trente-cinq ans d’une active pratique, dit ce mécanicien, j’ai vu employer une infinité de moyens pour attacher les courroies qui commandent les machines. Par exemple, j’ai vu de ces courroies dont on a superposé les extrémités amincies, et que l’on a assemblées par des boulons et des écrous munis de rondelles. D’autres fois, j’ai vu remplacer les boulons par des rivets fixés dans le cuir et même dans des lames métalliques appliquées sur le cuir, dans toute l’étendue de la jonction.
- Mais l’emploi des boulons ou des rivets doit être sévèrement critiqué parce que ces pièces, formant des saillies, saisissent et déchirent tout ce qui s’en approche, et j’ai eu moi-même plusieurs fois les mains blessées de cette manière.
- J’ai vu encore coudre les courroies avec des lanières de peau de mouton ou de cuir, après qu’on les avait superposées, collées et bâties avec des fils cirés. Ce moyen est très-bon, mais celui que je préfère à tous les autres, consiste à superposer les extrémités comme à l’ordinaire, puis à les enduire de colle forte, à les serrer entre des sergents munis de vis à main ou de toute autre manière, jusqu’à ce que la colle ait pris parfaitement, puis à compléter l’assemblage par des chevilles de cordonnier que l’on trempe dans la colle avant de les enfoncer, et dont on emploie le nombre que l’on juge nécessaire. On arase ensuite ces chevilles à l’affleurement des deux surfaces amincies, dont le joint ne doit pas avoir plus d’épaisseur que le reste de la bande. Si la courroie est exposée à une atmosphère humide, il est à propos de remplacer la colle forte par quelque matière glutineuse qui n’ait rien à craindre de l’influence de l’eau ; mais, dans le cas contraire, je conseille d’employer la colle forte, et je puis assurer que le joint durera aussi longtemps que la courroie. ( Scientific American, 25 mars 1854, page 217. )
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- MÉTAUX.
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- MÉTAUX.
- fabrication de l’étain en feuilles. (Patente américaine du 7 février 1854, prise par M. Cooke. ) ( Traduit par M. J. b. viollet. )
- L’auteur s’est proposé de diminuer les frais de cette fabrication, sans nuire aux qualités principales des produits. Il annonce y être parvenu, non en combinant à l’état d’alliage, avec l’étain, le plomb qui est d’un prix moins élevé, mais en formant avec ces deux métaux un assemblage mécanique de pure superposition, où l’étain occupe lés surfaces, tandis que le plomb est enfermé à l’intérieur des feuilles.
- Pour l’exécution du procédé , on prépare d’abord un lingot d’une disposition particulière, dans lequel les deux métaux qui doivent être convertis en feuilles, sont juxtaposés et fixés de telle sorte que l’action des laminoirs ne puisse les séparer, ni en étirer un plus vite que l’autre. Il est évident, en effet, que le plomb qui est plus mou et plus ductile que l’étain, ne tarderait pas à être étendu beaucoup davantage, s’il n’en était entouré de toutes parts.
- L’auteur fabrique donc ses lingots, en construisant d’abord une lingotière métallique dont la cavité peut avoir environ 0m,152 de largeur, 0m,025 de profondeur et 0m,254 de longueur. Il fond ensuite une mesure de plomb dont les dimensions sont moindres de toute la quantité indiquée par la proportion de l’étain. La masse en question peut, dans le cas que nous considérons, avoir 0m,140 de largeur, 0m,240 de longueur et 0m,012 d’épaisseur. Ce lingot, suspendu au centre du moule, y laisse de toutes parts un vide pour l’étain que l’on va y couler.
- Afin de suspendre ainsi le lingot, l’auteur emploie des morceaux d’étain d’une longueur égale à l’espace réservé entre le plomb et les parois de la lingotière, et il les dispose de manière à soutenir tellement le plomb, que ce métal occupe exactement le centre de la masse qui va être formée.
- La surface du plomb doit être très-propre ou même être étamée d’avance, avec un alliage de plomb et d’étain. On verse ce dernier métal dans la lingotière, jusqu’à ce que celle-ci soit complètement emplie et que le plomb soit environné de toutes parts. Les morceaux d’étain disposés d’avance pour le soutenir, se combinent ou se soudent avec le métal liquide, et ne constituent qu’une seule masse après son refroidissement.
- Le lingot est alors prêt pour le laminoir, et peut être étiré en feuilles aussi minces qu’on le désire, sans que le plomb s’échappe et se sépare de l’étain avec lequel il s’étend uniformément, ce qui donne la certitude que dans toutes les parties des feuilles les proportions des deux métaux demeurent exactement les mêmes. On obtient ainsi des feuilles qui peuvent être employées avec beaucoup d’économie pour un grand nombre des usages auxquels on consacre ordinairement de l’étain pur, comme les enveloppes pour le tabac, les capsules métalliques pour la fermeture des bouteilles et qui peuvent servir encore dans plusieurs autres cas. (Scientific American, mars 1854, page 219.)
- Tome Ier. — 53e année. 2e série. — Septembre 1854. 72
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- modifications dans la fabrication du fer laminé. ( Patente anglaise du 26 novembre 1853, prise par M. Stenson, de Northampton. )
- ( Traduit par M. J. b. viollet. )
- M. Stenson vient d’introduire dans le laminage du fer des moyens qui, à en juger d’après les échantillons examinés par les rédacteurs du Mechanics Magazine, paraissent donner des produits de qualité supérieure.
- Pour préparer les fers laminés par les procédés ordinaires, on fait d’abord passer les fers puddlés, portés au rouge, entre des cylindres dégrossisseurs qui les convertissent en barres brutes plates. Ces barres, coupées à la longueur requise, sont ensuite disposées les unes sur les autres et réunies en trousses que l’on élève à la température soudante, et que l’on passe entre d’autres cylindres pour les réduire en barres ayant les dimensions fixées par le maître de forges. Mais il arrive souvent que les barres ainsi fabriquées, se soient imparfaitement soudées sur plusieurs points de la surface des pièces dont la trousse était composée, et qu’elles contiennent des criques et des gerçures qui correspondent aux lignes de jonction incomplète et que l’on aperçoit quand on veut percer les barres ou les mettre en œuvre.
- M. Stenson s’est proposé de remédier à ce défaut par son procédé.
- Dans cette vue, il emploie des cylindres dégrossisseurs, cannelés de manière à produire des barres brutes qui, au lieu d’être plates, comme à l’ordinaire, sont cannelées, rayées en zigzags, ou couvertes de creux et de saillies dont la forme est arbitraire, mais qui suivent en général la direction longitudinale des barres brutes.
- Il cisaille alors ces barres en morceaux d’une longueur convenable, qu’il place les uns sur les autres en nombre suffisant pour composer une trousse. La surface inférieure de la première barre de la trousse est plate, ainsi que la surface supérieure de la dernière, mais dans l’intérieur toutes les surfaces voisines pénètrent les unes dans les autres, parce que les saillies en sont disposées de manière à se loger dans les creux de la barre la plus proche. L’auteur regarde comme très-important, que les surfaces extérieures de la première et de la dernière barre soient plates; autrement le laminage redresserait les barres élémentaires des trousses et en effacerait les saillies. Les trousses, formées comme il vient d’être dit, sont placées dans un four à réchauffer et traitées par les procédés ordinaires du laminage.
- Je fais observer, dit M. Stenson, que la forme des cannelures peut être variée dans de certaines limites et que l’on peut adopter toutes les dispositions que l’expérience fera trouver avantageuses pour l’exécution du procédé et pour la suppression des criques longitudinales ou des gerçures transversales. Les barres brutes peuvent recevoir toutes les largeurs que l’on juge nécessaires. Il en est de même du nombre des cannelures; cependant je préfère qu’il soit impair, parce que, dans le cas contraire, on serait obligé de donner des formes différentes l’une de l’autre à la barre supérieure et à la barre inférieure de chaque trousse, et qu’il en résulterait un surcroît de dépense.
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- Par cette raison, je préfère de donner aussi aux cannelures des dispositions telles que les trousses puissent être commencées et terminées par des barres d’une seule et même forme. La largeur des barres brutes, leur longueur et leur nombre sont déterminés par la nature des produits que l’on veut obtenir. Les avantages de ce procédé consistent dans l’absence des gerçures transversales et dans la diminution ou même la suppression des criques longitudinales du fer laminé. La surface des soudures est d’ailleurs considérablement accrue et la liaison des barres élémentaires de la trousse devient beaucoup plus parfaite. ( Mechanics Magazine, juin 1854, page 337. )
- SUR LA FABRICATION DES PLUMES D’OR, EN AMÉRIQUE.
- ( Traduit par m. j. b. viollet. )
- L’or destiné à la fabrication des plumes est d’abord réduit en bandes minces de 0m,0008 environ d’épaisseur. La surface en est alors noirâtre et semblable à celle du laiton en planche. On le divise ensuite et l’on en forme des ébauches, petites lames terminées par un angle aigu d’un bout et coupées carrément de l’autre. Cette opération s’exécute à l’emporte-pièce.
- Les ébauches sont alors soumises à l’action d’une machine où leur extrémité angulaire est dentelée pour recevoir les pointes qui formeront définitivement le bec des plumes.
- On y attache ces pointes qui sont composées de rhodium, métal dur et fragile comme l’acier, mais inoxydable (dans les circonstances ordinaires). Ce métal doit d’abord attirer particulièrement l’attention.
- La qualité de celui que l’on rencontre dans le commerce est fort variable, puisque certaines sortes, tout à fait supérieures, ont été payées jusqu’à 22 fr. 80 c. le gramme, tandis que d’autres n’ont atteint que le prix de 7 fr. 60 c., 5 fr. 70 c., 3 fr. 80 c. et même 2 fr. 30 c., le gramme. On le trouve dans les minerais de platine, accompagné de l’iridium, de l’osmium et du palladium. Le premier de ces trois métaux, l’iridium, a été parfois employé pour former les pointes des plumes d’or, mais le rhodium, quoique plus cher, est préférable. Tout ce que les Etats-Unis en consomment actuellement, provient des mines de la Russie ou du Pérou, mais on assure que la Californie en renferme des quantités abondantes. On dit même qu’on l’y trouve pur, à l’état natif; qu’il y est mêlé avec des sables, et que l’on peut l’isoler, sans recourir à des opérations chimiques, comme pour obtenir celui qui est renfermé dans les mines de platine de l’Oural. Les chercheurs d’or de Californie devraient s’efforcer de recueillir ce métal qui a beaucoup plus de valeur que l’or. La couleur en est blanchâtre, vitreuse et analogue à celle de l’acier. Il est en petits grains arrondis, semblable à du sable. Les globules sphériques sont les meilleurs pour les plumes, et dans une certaine quantité de rhodium, il n’y a quelquefois que la soixante-dixième partie qui puisse être employée à la fabrication des pointes. Tout le reste doit être rejeté.
- On soude à l’extrémité de chaque ébauche, dans l’entaille de la pointe, une petite
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- MÉTAUX.
- parcelle de ce métal. La soudure se compose presque entièrement d’or, car si l’on employait un autre métal (plus oxydable), l’encre ne tarderait pas à le corroder et à détacher la pointe de rhodium. C’est ce qui arrive fréquemment pour les plumes de médiocre qualité, exécutées par les fabricants d’un ordre inférieur.
- Lorsque les pointes sont soudées, on lamine les plumes entre des cylindres où sont ménagées de petites cavités, destinées à loger et à épargner les globules de rhodium. Ce laminage amène l’ébauche à la longueur et à l’épaisseur convenables. Il donne aussi à l’or l’élasticité nécessaire pour que les plumes aient du ressort, élasticité que ce métal ne peut acquérir sans l’étirage ou le martelage. La chaleur indispensable pour la soudure, en modifiant les positions respectives de ses molécules, la lui fait perdre et le rend presque aussi mou que l’étain. C’est par cette raison que l’on ne peut réparer les plumes usées en y soudant de nouvelles pointes.
- Les plumes que plusieurs fabricants se dispensent de faire marteler après le laminage, ne sont même jamais aussi bonnes que celles qui ont subi cette opération.
- Les plumes sont ensuite estampées et amenées à leur forme définitive par un emporte-pièce finisseur. On y frappe le nom du fabricant; puis on les roule en forme de tuyau.
- On les fend avec un petit disque de cuivre très-mince, mais tournant avec une si grande rapidité que, malgré sa mollesse, ce métal coupe le rhodium qui est incomparablement plus dur. L’or du tuyau est ensuite divisé par une autre machine. Ainsi la fente totale de la plume exige deux opérations.
- On aiguise la pointe sur une meule en cuivre tournant avec une vitesse considérable. Cette opération est difficile, et les ouvriers qui l’exécutent obtiennent, quand ils sont habiles, un salaire fort élevé.
- Les plumes sont alors passées sur la pierre, c’est-à-dire qu’on les frotte, à l’intérieur et à l’extérieur, avec des pierres fines de Water-of-Ayr. Cette opération s’exécute à la main, avec des pierres arrondies, longues et minces, sur un banc établi le long d’une cuve pleine d’eau; et, en l’accomplissant, on ménage sur les plumes une partie moins épaisse que le reste, afin de donner au tuyau toute la souplesse désirable.
- Enfin, on polit ces plumes sur des cylindres de cuivre animés d’une vitesse considérable de rotation, et on les finit en les frottant d’une poudre fine étendue sur une peau de chamois.
- Pour fabriquer une plume, on doit donc opérer douze manipulations. Il n’en faut pas autant, à la vérité, pour les plumes de moindre qualité, mais ces dernières ne tardent pas à laisser apercevoir leur infériorité. (Méchantes* Magazine, juin 1854, page 587, d’après le Canadian Journal.)
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- SUR LA COMPOSITION ET L’EMPLOI DE L’ALLIAGE appelé BRITANNIA MÉTAL;
- par M. KARMARSCH.
- Le métal dominant du britannia métal est l’étain, le traitement de cet alliage est donc calqué sur celui de l’étain, et les opérations qui ont pour objet de le faire fondre et de le couler ont la plus grande analogie avec celles qui sont usitées dans la fonderie en étain ; c’est, d’ailleurs, dans cette industrie que cet alliage a pris naissance. De tout temps, en effet, on a associé du plomb à l’étain destiné au coulage, car on avait remarqué que l’étain additionné de plomb remplissait mieux les formes que l’étain pur ; mais, comme le plomb coûte moins cher que l’étain, on fut souvent tenté de dépasser les proportions voulues, et on obtint ainsi une marchandise de qualité inférieure, car cet alliage est d’autant plus mou et ternit d’autant plus vite qu’il contient plus de plomb.
- Certains fondeurs qui travaillaient avec de pareils alliages ont, depuis longtemps, cherché à améliorer ceux-ci en y incorporant d’autres métaux; on employa, entre autres, l’antimoine, qui augmente la dureté ; parfois aussi on ajouta du cuivre, du zinc, du bismuth; cependant on n’opéra pas d’après des principes déterminés, et comme l’intervention de ces autres métaux n’avait, en définitive, d’autre but que d’améliorer un étain rendu mauvais par un excès de plomb, ces sortes d’alliage ne trouvaient pas grand accueil. Depuis quelques années, toutefois, cette question a fait des progrès; le plomb fut écarté en grande partie, et à sa place on fit intervenir de l’antimoine ou de l’antimoine et du cuivre, et parfois aussi du zinc.
- Voici, d’après M. Karmarsch, la composition de quelques-uns de ces alliages :
- MÉTAL D’ALGER. MÉTAL ARGENTIN. MINOFOR.
- Étain 94.5 85 5 67.53
- Cuivre 5 00 00.0 3.26
- Antimoine 0.50 14.5 17.00
- Zinc — 8.94
- Le premier sert notamment à confectionner des sonnettes de table; avec le métal dit argentin et le minofor, on confectionne des fourchettes, des cuillers, des théières, etc., etc.
- Mais aucun de ces métaux ne vaut celui appelé britannia, qui se coule aussi bien que l’alliage d’étain et plomb, et est susceptible d’acquérir un très-beau poli. Ces qualités
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- ont contribué à donner au britannia métal beaucoup d’importance ; aujourd’hui on le trouve en lames dans le commerce. L’Angleterre en fait une consommation considérable. Les objets en britannia se fabriquent surtout à Birmingham et Sheffield, qui en exportent pour toutes les parties de la terre. L’Allemagne commence à entrer dans cette voie : Elberfeld et Ludenscheid fabriquent du britannia métal ; on en a également tenté un essai en. Hanovre.
- Composition. Les ouvrages varient singulièrement au sujet de cet alliage. Deux échantillons rapportés d’Angleterre par M. Karmarseh, et analysés par M. Heeren, ont donné les résultats ci-après :
- FONDU. LAMINÉ.
- Étain 90.71 90.57
- Antimoine 9.20 6.40
- Cuivre.. • 0.09 0.03
- Plomb Fer .. Traces. Traces.
- 100.00 100 00
- Le fabricant avait certainement en vue d’obtenir un alliage homogène formé de neuf parties d’étain sur une d’antimoine. Le plomb, le cuivre et le fer, qui s’y rencontrent en si petite quantité, ne sont certes pas. essentiels et s’y sont introduits comme substances étrangères.
- M. Karmarseh rapporte la composition de quelques autres alliages appartenant à la catégorie du britannia métal. Voici quelques nombres qui s’appliquent à des alliages employés :
- Hfo 1. X° ». lï» 3 HT® 4.
- Étain 85.72 89.30 81.90 77.812
- Antimoine 10.39 7.14 16.25 19.375
- Bismuth.. 0.00 1.78 0.00 0 000
- Cuivre 0 98 1.78 1.84 2.781
- Zinc 291 0.00 0.00 0.000
- 100 100 100 100.000
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- Le na 1 est de la tôle retirée d’Angleterre et analysée par M. Koller.
- Le n° 2 est connu sous le nom de plaie pewter.
- Lesnos 3 et k, analysés par M. Baumgaertl, sont connus l’un sous le nom de bri-tannia métal, le second sous le nom d’Ashberry’s patent métal.
- Quoique bien plus dur que l’étain, cet alliage est attaqué par les acides aussi bien que lui, ainsi que M. Karmarsch l’a constaté. Cette circonstance rend peut-être le bri-tavmia un peu moins inoffensif que l’étain pur, car l’antimoine, qui se dissout par la même occasion, est loin d’être sans action sur l’économie.
- D’après M. Karmarsch, le britannia perd de sa densité par le laminage; ce techno-logiste rapproche ce fait des observations que Lebrun a faites sur d’autres métaux qui diminuent de densité par le laminage et le martelage.
- Cet alliage est extrêmement élastique, il s’étire aisément en fils. Un fil de britannia épais de 0,026 pouces de Paris ne se rompit que sous une charge de 3 1/2 livres de Cologne; c’est à peu près la ténacité de l’étain pur.
- Le britannia métal se déchire assez facilement pendant le laminage. En Angleterre, le coulage se fait, en général, dans des formes en fer ou en laiton composées de plusieurs pièces. Les objets les plus divers se coulent ainsi, et M. Karmarsch a assisté au coulage.d’une théière dont la forme a coûté, à elle seule, 70 livres sterling. L’auteur donne quelques détails sur les diverses manipulations dont cet alliage est l’objet, suivant le parti que l’on veut en tirer; la soudure se fait à l’étain, avec le concours du chalumeau et de la flamme à gaz. Le polissage s’opère avec du tripoli sec, après une usure préalable faite avec un sable fin appliqué sur une peau tendue sur du bois. Le sable (trent sand) provient de la rivière Trent; il est d’un gris brun, et se compose de grains extrêmement petits.
- Mais la majeure partie des objets en britannia métal est destinée à être argentée. L’argenture se fait à la pile, et la marchandise y gagne tellement qu’elle se distingue à peine des objets en argent massif. Le polissage des objets argentés a lieu, soit au brunissoir, soit à la sanguine ; les parties trop délicates sont traitées avec du cuir saupoudré de rouge.
- Le nettoyage exige de grandes précautions ; on emploie, pour cela, du rouge très-fin délayé dans de l’eau. Pour enlever la poudre qui s’est logée dans les creux, on lave à l’eau de savon chaude, on fait sécher et on frotte avec une peau de chamois.
- On donne aussi parfois à ces objets une couleur tombac, et on les appelle alors si-milor; cette couleur, qui rappelle celle de l’or, est ohtenue à l’aide d’un dépôt galvanique formé de cuivre et de zinc. M. Karmarsch pense qu’on ajoute au bain galvanique une petite quantité d’une dissolution d’or, afin de rehausser la teinte de l’enduit jaune. Toutefois cet artifice ne protège pas les objets contre l’action du temps, car ils noircissent à la longue. ( Verhandl. des nieder oest. Gewerbever. 1853, n° 1, p. 3.)
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- MÉTAUX.
- fabrication du peroxyde de plomb; paru, woehler.
- On prépare d’abord une dissolution d’acétate de plomb que l’on précipite par le carbonate de soude, puis, sans séparer la bouillie et sans la laver, on y fait passer un courant de chlore jusqu’à ce que le carbonate de plomb, qui est blanc, soit transformé en peroxyde, qui est brun ; on s’assure facilement de la complète transformation en versant un acide sur un petit essai du précipité, car il y a effervescence tant qu’il y a du carbonate en présence. Lorsque tout l’acide carbonique est séparé du précipité, on sépare celui-ci par décantation et on lave. Si l’on a soin d’employer un léger excès de carbonate de soude, on peut être certain qu’il ne se forme pas de chlorure de plomb, car le chlore, ou plutôt l’acide chlorhydrique provenant de la réaction, se porte sur l’acétate de soude formé, en dégage l’acide acétique et forme du chlorure de sodium.
- Les proportions à employer sont :
- Acétate de plomb cristallisé. . . 4 parties.
- Carbonate de soude................3 — 1/10.
- Ces proportions fournissent 2 parties 1/2 de peroxyde. ( Annales de Liebig, t. XC, p. 383. )
- platinage des métaux; par mm. lanaux et roseleur.
- Le procédé suivant permet de platiner à épaisseur.
- On prend 750 grammes de phosphate de soude ou 400 grammes de pyrophosphate de la même base, on fait dissoudre dans 15 litres d’eau ordinaire et on filtre.
- D’autre part on prend 15 grammes de chlorure de platine bien évaporé, pour le priver d’acide autant que possible, on fait dissoudre dans 200 grammes d’eau distillée, et on précipite à l’état de phosphate double de platine et d’ammoniaque au moyen de 160 grammes de phosphate de cette base. On verse ce précipité et le liquide qui surnage dans le phosphate dissous précédemment, on fait bouillir pendant quatre heures; l’ammoniaque se dégage, le bain, d’alcalin qu’il était, devient fortement acide, la liqueur perd sa couleur jaune, et peut alors être employée avec succès pour le dépôt de platine. Lorsque, par un usage trop prolongé, le bain est devenu par trop acide, on peut le ramener à la neutralité au moyen de la soude ou de ses carbonates sans que, pour cela, la blancheur et l’adhérence du métal déposé soient altérées. On peut également faire un bain de platinage par un mélange de pyrophosphate et d’hyposulfite de soude; mais, outre que le dépôt est moins blanc, il demande, pour s’effectuer, une pile plus forte et, par conséquent, une plus grande dépense d’électricité.
- Les inventeurs ont reconnu que l’iodure double de platine et de potassium a donné d’assez bons résultats; mais les sels qui conviennent le mieux sont ceux à base de soude ou d’ammoniaque, surtout lorsqu’ils sont associés.
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- MÉTAUX.
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- Bien des tentatives de platinage ont été faites avant MM. Lanaux et Roseleur. M. de Ruolz appliquait le platine au moyen du cyanure double de platine et de potassium ; M. Becquerel obtenait la réduction au moyen du chlorure double de sodium et de platine, ou encore au moyen du platinate de soude. Les inventeurs pensent qu’ils sont les premiers qui aient trouvé un bain qui permette de platiner à épaisseur. (Brevets d’invention, t. XVI, p. 270, 15 janvier 1850.)
- NOUVEAU MODE DE FABRICATION DE L’OXYDE DE FER EMPLOYÉ A POLIR LE VERRE ET LES MÉTAUX; par M. VOGEL.
- La poudre rouge, dite rouge d’Angleterre, rouge à polir, etc., qu’on emploie ordinairement pour polir le verre, les plaques daguerriennes et les métaux en général, se prépare par divers procédés, qui ont tous l’inconvénient de nécessiter des lavages prolongés, dans le but de séparer les particules ténues de celles plus grossières. Ce lavage demande beaucoup de temps sans fournir un produit toujours irréprochable, à cause des grains plus ou moins gros qui échappent facilement au lavage le mieux conduit. C’est aux soins exigés par cette opération qu’il faut attribuer la cherté de la poudre à polir, car l’oxyde de fer rouge ordinaire est très-bon marché.
- Ces considérations ont engagé M. Vogel à chercher un mode de fabrication plus simple et plus économique ; il pense avoir réussi en partant de i’oxalate de protoxyde de fer. Calciné à l’abri de l’air, par conséquent en vase clos, ce sel se réduit en ferpyro-phorique, c’est-à-dire en fer qui se trouve dans un tel état de division qu’il s’échauffe au contact de l’air, devient incandescent et se convertit en oxyde rouge de fer.
- Pour préparer I’oxalate de fer, on prend du sulfate de fer que l’on fait dissoudre dans l’eau en quantité suffisante pour empêcher le sel de cristalliser, on filtre et on ajoute, peu à peu, une dissolution concentrée d’acide oxalique, jusqu’à ce qu’il ne se produise plus de précipité jaune; on recueille ce précipité sur une toile, on lave à l’eau tant que l’eau de lavage est acide. Quand le terme de l’opération est arrivé, ce qui ne tarde pas, on exprime fortement le précipité, et on le place sur une plaque de tôle à bords relevés, pour le soumettre à la chaleur. Vers 200 degrés centigrades, la décomposition du sel commence ; à une température un peu plus élevée elle s’opère complètement, et l’oxyde rouge apparaît dans un degré de ténuité et de division extrêmes, car la température à laquelle on a opéré n’a pas été assez forte pour agglutiner les molécules d’oxyde de fer et en faire ces grains plus ou moins grossiers dont l’enlèvement rend la fabrication par l’ancien procédé si dispendieuse. Toutefois l’auteur croit avoir reconnu que le rouge à polir, préparé avec I’oxalate, conserve sa ténuité, même lorsqu’on a employé une température très-élevée; ibcroit même avoir reconnu que le produit a gagné en dureté.
- Dans cette préparation, l’acide oxalique peut être remplacé par le sel d’oseille (oxalate acide de potasse) ainsi que par I’oxalate d’ammoniaque; cependant cette substitution Tome Ier. — 53e année. T série. — Septembre 1854. 73
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- n’offre pas d’avantages, car le précipité d’oxalate de fer exige des lavages plus prolongés.
- Comme l’acide oxalique est plus coûteux que le sulfate de fer, on peut arrêter la précipitation dès que la dissolution est à peu près débarrassée du fer.
- Le rouge à polir obtenu par le procédé qui vient d’être décrit vaut, sous tous les rapports, le rouge ordinaire, et sa préparation demande moins de temps que celle de ce dernier; les lavages considérables que celui-ci exige ont, d’ailleurs, souvent préoccupé les chimistes, et on peut trouver, dans le premier volume de ce Bulletin, une note de Fréd. Cuvier, dans laquelle on cherche à simplifier les opérations en agissant directement sur de la limaille de fer. (Voy. Bulletin de la Soc. iïenc., 1802, p. 35; voir aussi Bulletin 1835, p. 277.)
- M. Yogel a essayé comparativement son rouge à polir et le rouge ordinaire; il a reconnu que l’or et l’argent acquièrent, dans très-peu de temps, le poli le plus délicat, et que son rouge se prête à merveille au polissage des plaques daguerriennes et du verre.
- Le kilogramme de ce produit se monte à peu près à 12 francs (6 florins) ; il reviendrait certainement moins cher dans une fabrication systématique.
- Le procédé qui vient d’être décrit est applicable dans d’autres circonstances. Ainsi on peut préparer de l’oxyde d’étain pur avec de l’oxalate d’étain ; les oxalates de cobalt, de cuivre, etc., fournissent des oxydes très-légers et très-ténus dont l’industrie saura tirer parti, et si cette fabrication par l’oxalate prend l’extension qu’elle paraît devoir mériter, elle ouvrira en même temps un large débouché à celle de l’acide oxalique. (Dinglers polytechn. journal, t. CXXXII, p. 275.)
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- VERNIS D’OR, INALTÉRABLE A L’AIR ET A LA LUMIÈRE.
- Les matières colorantes qui entrent dans la composition des vernis d’or sont ordinairement : le sang-dragon, l’orléans, la gomme-gutte, la teinture de bois de santal, le safran. Ces matières sont loin d’être inaltérables à la lumière; le safran résiste le mieux.
- La matière colorante employée dans le vernis dont voici la composition est l’alizarine dont on connaît la solidité. 60 grammes de garancine furent digérés, pendant douze heures, dans 180 grammes d’alcool à 90 pour 100 ; au bout de ce temps on exprima le liquide, qui était d’un rouge intense. D’un autre côté, on fit dissoudre, à froid, delà gomme laque orangée, dans de l’alcool de même force que le précédent, et on filtra. On laissa évaporer ce vernis jusqu’à consistance sirupeuse, puis on l’additionna de teinture de garancine jusqu’à ce qu’une goutte de liquide appliquée sur la surface polie d’un métal eut acquis, après dessiccation, une belle couleur d’or.
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- Des objets enduits de ce vernis se sont conservés pendant des années avec la couleur que le vernis leur avait primitivement communiquée. ( Oester. Gewerbebl. 1853, n° 2, p. 158. )
- PRÉPARATION DE LA PATE A BRONZER LES FIGURES DE PLATRE.
- On fait bouillir de l’huile de lin avec une lessive de soude caustique; quand le savon est produit, on ajoute une dissolution de sel marin et on continue à faire bouillir jusqu’à ce qu’il se forme une forte lessive surnagée d’une masse grenue de savon; on passe le tout à travers une toile, et on soumet à la presse; après quoi, on fait dissoudre le savon dans l’eau de pluie, et on filtre la dissolution à travers une toile. Ensuite on prend :
- Sulfate de cuivre, 4 parties,
- Sulfate de fer, 1 partie.
- On fait dissoudre dans l’eau de pluie, on passe à travers une toile, et, après avoir introduit, dans un vase en cuivre bien propre, une partie de la dissolution, on fait bouillir, et on y introduit de la dissolution de savon jusqu’à ce qu’il ne se forme plus de précipité. Le dépôt floconneux est recueilli et introduit dans le restant de la dissolution de sulfate, et le tout est chauffé à l’ébullition. Après avoir fait bouillir pendant quelque temps, on enlève le liquide que l’on remplace par de l’eau chaude jusqu’à ce que le précipité soit bien lavé ; ensuite on recueille ce dernier sur une toile, et on l’exprime fortement.
- Pour se servir de ce savon de bronze, on l’allie avec de la cire et un vernis préparé avec 1 kilog. et demi d’huile de lin et 375 grammes de litharge en poudre fine. Voici les proportions à employer :
- Savon de bronze, 250 grammes.
- Vernis, 470
- Cire blanche, 150
- On fait fondre dans un vase en faïence, à une douce température, et on maintient pendant quelque temps en fusion pour chasser toute l’humidité contenue dans la matière.
- Avant d’appliquer le vernis, on place l’objet en plâtre dans une étuve à 70° Réaumur, puis à l’aide d’un pinceau on applique le bronze. Si, pendant l’opération, l’objet se refroidit au point que le vernis ne le pénètre plus, on le remet à l’étuve, et on continue ainsi jusqu’à ce que la couleur soit convenablement absorbée; après quoi, on remet à l’étuve les objets bronzés, et au bout de quelque temps on les retire, pour les abandonner pendant plusieurs jours à l’air. Lorsque l’odeur du vernis a disparu, on frotte les objets avec du coton et on applique aux parties saillantes un peu d’or en feuilles ou de poudre de bronze.
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- MATIÈRES TEXTILES.
- On se borne, pour bronzer des objets de petite dimension, à les immerger dans la couleur, à les exposer ensuite au feu de charbon ou à une flamme exempte de fumée pour faire pénétrer le bronze.
- PRÉPARATION DE L’ÉMAIL NOIR OU NIELLÉ POUR L’ORNEMENTATION DES TABATIÈRES EN
- ARGENT ; par M. knowlys.
- On fait fondre au creuset :
- Argent, 15 grammes.
- Cuivre, 90
- Plomb, 150
- Quand la masse est en fusion, on brasse avec un bâton en bois sec jusqu’à ce que le mélange soit devenu homogène; ensuite on prend :
- Soufre, 750 grammes.
- Sel ammoniac, 15
- On mélange ces deux substances réduites en poudre, et on les incorpore à l’alliage, en continuant à chauffer jusqu’à ce que l’excès de soufre soit volatilisé; après quoi, on coule la matière dans un vase approprié dont le fond est garni de fleurs de soufre; et on recouvre soigneusement. Quand la masse est refroidie, on la fait fondre de nouveau et on la coule en barres.
- Pour appliquer ce produit sur les objets d’or ou d’argent, on procède de la manière suivante : on grave sur ces objets un dessin en creux, et avec un pinceau on enduit ce creux d’une composition faite avec le niellé ci-dessus, réduit en poudre fine et délayé avec de l’eau de gomme; on fait sécher et on fait fondre le niellé, soit à feu nu, soit dans le moufle ; après le refroidissement, on n’a plus qu’à polir d’après les procédés usités dans le polissage de l’argent.
- MATIÈRES TEXTILES.
- SUR UNE NOUVELLE VARIÉTÉ DE LIN; PAR M. SCHEIDWEILER.
- De même que le seigle, le lin appartient à cette catégorie des plantes cultivées dont on ne connaît que peu de variétés. Le lin compte deux espèces et une seule variété ; la variété à fleur blanche, qui ne se distingue, d’ailleurs, que par ce caractère, les propriétés usuelles étant identiques à celles de l’espèce. Mais, depuis quelque temps, on parle beaucoup d’une nouvelle variété de lin, le lin royal (linum usitatissimum,
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- MATIÈRES TEXTILES.
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- var. regale ), dont la graine, un peu plus petite que la graine do lin ordinaire, se reconnaît, en outre, à sa coloration moins foncée.
- M. Scheidweiler a semé de ces graines dans un terrain argileux, compacte, afin d’observer leur développement. Les jeunes plants étaient d’abord semblables à ceux du lin connu; mais, au bout de quelques semaines, ils acquirent une puissance considérable et ne tardèrent pas à atteindre une hauteur de près de 4 pieds : leur grosseur augmenta en proportion.
- Les graines recueillies furent semées, quelques années après, dans un sol sablonneux très-pauvre en argile. La végétation se produisit d’une manière très-énergique , et la plante mère arriva à 4 pieds.
- Cette dernière expérience fut faite, en 1851, avec des graines âgées de dix ans et conservées dans un endroit sec et chaud. ( Verhandl. d. nieder oest. Gewerbebl. 1853, n° 1, p. 26. )
- ENCRE ROUGE POURPRE POUR MARQUER LE LINGE.
- La base de cette encre est le bichlorure de platine. Avant de s’en servir, on trempe le linge dans une dissolution faite avec
- Carbonate de soude. )
- Gomme arabique. . j Eau...................
- On fait sécher et on polit; ensuite, on prend de
- Bichlorure de platine.
- Eau distillée. . . .
- et on écrit sur la partie imprégnée. Lorsque l’écriture est devenue sèche, on suit chaque ligne avec une plume trempée dans une dissolution formée de
- Protochlorure d’étain. . 4 gr.
- Eau distillée.............64
- Aussitôt les caractères prennent une belle couleur pourpre, parfaitement inaltérable et résistant au savon. ( Verhandl. des nieder oesterr. Gewerbever. 1 853. )
- 12 gr.
- 45
- la dissolution de platine formée de
- . 4 gr.
- . 64
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- BOUGIES.
- BOUGIES.
- TRAITEMENT DES MATIÈRES GRASSES ET PRÉPARATION DES BOUGIES; PAR M. MICHEL
- servan , de Philpot-Lane.
- Le procédé que vient de faire breveter M. Servan consiste à faire agir une certaine quantité d’acide sulfurique sur l’élaïdine ou l’acide élaïdique, substances obtenues par l’action de la vapeur nitreuse sur les corps gras. La quantité d’acide sulfurique varie suivant la qualité de l’élaïdine.
- On soumet à l’opération 500 kilog., par exemple, de corps gras placés dans un vase construit de telle façon que le gaz employé pour la préparation ne puisse s’échapper dans l’atmosphère; si le corps gras est naturellement solide, on le fait fondre pendant trois heures. On fait passer à travers la masse fondue un courant d’acide hyponitrique, préparé au moyen de l’acide azotique et d’un corps organique, tel que de la sciure de bois, par exemple. La quantité de gaz produite, en faisant réagir 3 livres d’acide azotique sur 1 livre de sciure de bois, suffit à peu près pour produire la transformation de 500 kilog. de corps gras ou d’huile. Lorsque la réaction est complète, le corps gras, s’il était originairement neutre comme le suif, est converti en élaïdine ; mais, s’il était acide, comme l’acide oléique, le résultat de l’opération sera sa transformation en acide élaïdique.
- Dans tous les cas, la matière grasse ainsi transformée est lavée à l’eau, jusqu’à ce que toute trace d’acide ait disparu ; on la chauffe ensuite à une température assez élevée pour la dessécher. Alors, suivant la nature des corps gras que l’on a traités, à 1000 parties de matière on ajoute de 100 à 170 parties d’acide sulfurique à 66° Baumé. Les corps gras qui ont le point de fusion le plus bas sont ceux qui nécessitent les plus grandes proportions d’acide; d’ailleurs l’expérience apprend bientôt à l’ouvrier la quantité d’acide à employer pour obtenir les meilleurs résultats. L’acide est ajouté graduellement par portions pendanfhuit heures , la masse grasse étant maintenue à une douce chaleur. Lorsque tout l’acide a été ajouté , on .élève la température à environ 230° Fahr. : l’opération entière dure environ seize heures, après quoi la matière noire formée par l’action de l’acide est abandonnée au repos; on enlève le corps gras, on le lave jusqu’à ce que toute trace d’acide ait disparu, et enfin on le sèche comme précédemment. Lorsque ensuite on le soumet à la distillation à l’abri de l’air, par le procédé ordinaire, on obtient une substance excellente pour la fabrication des bougies. (Newton's London Journal, février 1854.)
- Même sujet ; par m. wimmer.
- Depuis quelques années on se sert, en Allemagne, de bougies stéariques connues sous le nom de bougies solaires, et qui se vendent à 40 pour 100 au-dessous du prix
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- des bougies stéariques ordinaires. Ces bougies sortent de la manufacture d’Albert Cramer, à Môgeldorf, près de Nuremberg ; le procédé de fabrication est tenu secret. Malgré leur bon marché, ces bougies équivalent, dit-on, aux bougies stéariques des autres manufactures, et n’en diffèrent que par une teinte jaunâtre, facile à masquer au moyen d’un enduit d’acide stéarique blanc, ainsi qu’on le fait habituellement pour les bougies de qualité inférieure.
- Le procédé de fabrication des bougies solaires a exercé la sagacité de plusieurs chimistes; M. Wimmer, de Landshut, qui croit l’avoir trouvé, le décrit dans les termes suivants :
- On prend 50 kilog. de suif qu’on fait fondre avec 1 litre d’eau, puis on verse, peu à peu, un mélange formé de
- Acide sulfurique concentré. . . 500 gr.,
- Eau............................... 3 litres.
- On agite constamment, et on ajoute 250 grammes de bichromate de potasse en poudre. Le suif brunit aussitôt et dégage, avec effervescence, une odeur forte d’acroléine provenant, comme on sait, de la décomposition de la glycérine. Bientôt cependant, l’écume brune passe au vert clair; l’effervescence diminue en même temps que le dégagement d’acroléine. Lorsqu’il ne se développe plus de gaz odorants, on ajoute encore 3 litres d’eau, on augmente un peu le feu, on entretient celui-ci pendant environ une heure et demie, et on laisse refroidir. Le produit figé a durci sensiblement; il est devenu très-blanc, tout en conservant une teinte verdâtre provenant de l’oxyde de chrome interposé. On peut complètement enlever ce dernier en soumettant le corps gras à des fusions réitérées dans l’eau; mais on comprend que cette opération n’est indispensable qu’autant que l’on tient à avoir un produit d’une blancheur parfaite.
- M. Wimmer a fabriqué, avec ce corps gras, des bougies à mèches de diverses sortes; ces bougies possèdent une bonne dureté, brûlent tranquillement sans couler et sans produire de fumée ou d’odeur désagréable. Leur pouvoir éclairant paraît égal à celui des bougies stéariques usitées, et leur lumière est d’un beau blanc.
- Cette fabrication donne lieu à un résidu qui est loin d’être sans valeur; c’est de l’oxyde de chrome dissous dans de l’acide sulfurique : on peut l’utiliser de diverses manières, et il va sans dire qu’on peut toujours le séparer en neutralisant le liquide acide avec du carbonate de soude. (Buchner’s Repertorium, nouv. série, t. I, p. 327.)
- TEINTURE. ^
- SUR UNE FIBRE PARTICULIÈRE DE COTON QUE L’ON NE PEUT PAS TEINDRE ;
- par m. w. crum.
- Cette fibre a été observée par M. Daniel Kœchlin, de Mulhouse, et c’est sur quelques spécimens de calicot imprimé sur fond violet et remis par cet habile manufac-
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- TEINTURE.
- turier, que M. Crum a fait les observations qui suivent : chacun de ces spécimens contenait une partie de coton qui était blanche, quoiqu’elle eût été soumise au même traitement que le reste de la toile, et que les fils qui formaient la trame sur les fils restés blancs eussent été uniformément teints. La partie du fil restée blanche était habituellement plus épaisse que le reste ; elle avait un peu plus d’un quart de pouce de long. L’étoffe avait été entièrement blanchie avant l’impression, si bien qu’elle ne contenait ni graisse ni autre impureté capable d’empêcher la fixation de la matière colorante.
- Les taches blanches pareilles à celles-ci ne sont pas inconnues parmi les fabricants de calicots de ce pays; elles ont aussi attiré leur attention. M. Kœchlin rapporte que le coton dont elles sont formées est connu sous le nom de coton mort, et en Écosse on l’appelle de même coton mort, dead coton. M. Kœchlin a été le premier à suggérer qu’il consiste en un coton cru, et que sa fibre est pleine, manquant du creux de la fibre ordinaire ; il ajoute que, s’il était, en effet, dans ce cas, sa manière d’agir sur les matières colorantes peut apporter des preuves matérielles pour éclaircir la question du genre d’union du coton avec la teinture, et si cette union est de nature mécanique ou de nature chimique.
- D’après M. Thompson, la fibre ordinaire du coton est un tube originairement cylindrique, mais qui se déforme en séchant : il a alors l’apparence de deux petits tubes joints ensemble, si bien qu’une section transversale du filament ressemble, en quelque sorte, à la figure d’un 8. Jusqu’à pleine maturité, le cylindre est gonflé par l’eau où des bulles d’air sont même souvent perceptibles.
- En plaçant un petit nombre de fibres de coton mort sous le microscope, M. Crum a trouvé qu’elles se composaient de tubes minces et transparents, dont quelques-uns sont comme salis, tandis que d’autres sont si transparents qu’ils en deviennent presque invisibles, excepté sur les bords. Ces fibres sont aisément distinguées de celles du coton ordinaire par leur aplatissement, sans aucun vestige de cavité, même aux bords, et par leur transparence à la fois très-grande et très-uniforme; elles sont souvent aussi plus larges que la fibre ordinaire, et elles montrent de nombreux plis dans le sens à la fois longitudinal et transversal, mais elles ne sont jamais tordues dans la forme en tire-bouchon qu’affecte la fibre ordinaire.
- L’auteur a pensé que ce coton, tel qu’il vient d’être décrit, pouvait être découvert dans le coton brut tel qu’il est importé. Il a, en conséquence, cherché quelques parties qui avaient une apparence différente du reste, et, les ayant réunies et examinées, il en a trouvé une espèce dont les filaments avaient exactement l’apparence, sous la microscope, du coton mort, dans l’échantillon de M. Kœchlin. On le rencontre sous la forme d’une petite touffe emmêlée et d’un éclat soyeux; à son centre se trouve habituellement le fragment d’une graine, ou peut-être une semence abortive : elle se compose de courtes fibres ayant peu de ténacité. On en trouve en abondance des échantillons parmi les mottes ou parties dures appelées graisses, rejetées par la machine à nettoyer dans la préparation pour le filage ; quelques touffes cependant passent, par accident, à travers le crible de la machine à nettoyer, et alors leurs fibres étant trop
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- courtes pour être travaillées dans la machine à carder, ou pour former les fils dans les opérations subséquentes du filage du coton, restent comme de petits tas ou nœuds sur les fils d’une meilleure qualité.
- Quoique l’apparence microscopique de la fibre en question soit celle d’une simple lame unie, le caractère cellulaire du tissu organique admet rarement un pareil mode de formation. On doit plutôt supposer que, comme la fibre du coton est à l’état sain, le tissu était, originairement, une cellule allongée ou tube rempli de liquide, que la semence autour de laquelle elle commençait de croître était morte peu de temps après son développement, et pendant que les fibres qui le revêtaient étaient encore molles et compressibles; enfin que l’aplatissement du tube a été occasionné par la pression que déterminait le développement abondant du coton attaché à d’autres semences renfermées dans la même cosse.
- De cette structure particulière, l’auteur tire cette conclusion que le coton et les matières colorantes sont tenus ensemble par un pouvoir purement mécanique, et non pas en vertu de l’affinité chimique, comme on l’admet généralement; il en voit la preuve dans la manière dont l’échantillon de M. Kœchlin a été teint.
- Pour produire la teinture violette de cet échantillon, la toile a dû être d’abord imprégnée de fer. Dans ce but, on lui a fait absorber une faible solution de protoacétate de fer, et ensuite on l’a fait sécher. Par suite de l’exposition à l’air pendant quelques jours, le sel a été décomposé; son acide acétique s’est évaporé, et l’oxyde de fer, devenu alors peroxyde, est resté dans la fibre. La toile a été ensuite soumise à divers lavages à l’eau chaude et froide ; mais le fer dont elle était chargée n’a pas été dissous. La question, maintenant, est de savoir comment il a été retenu en connexion avec le coton. M. Crum maintient que c’est par une action mécanique, l’oxyde de fer s’étant fixé dans l’intérieur des fibres creuses, où il est entré à l’état de solution , et dans lesquelles il a été précipité. D’autres partagent l’opinion de Bergman, savoir que la combinaison est d’espèce chimique, et ce point de vue a été si pleinement adopté par M. Runge, dans sa Chimie des couleurs, qu’il affirme que les cotons colorés sont des combinaisons formées par ce qu’il appelle Y acide cotonnique, avec les diverses bases en proportions définies et même multiples. Ainsi une très-faible teinte chamois produite par l’oxyde de fer est appelée percotonnate de fer, une autre est appelée bico-tonnate de fer, et une autre teinte plus prononcée cotonnate et cotomate basique de fer.
- Mais la nouvelle fibre, par le même traitement, est incapable de retenir le mordant ferrugineux, et cependant l’une et l’autre fibre ont la même composition chimique et la même structure moléculaire ; la seule différence est que l’une est formée, à l’intérieur, de tubes creux ou sacs capables de retenir les matières insolubles dans l’eau, c’est-à-dire tous corps qui peuvent être recueillis sur un filtre, tandis que l’autre ne possède pas la même propriété de pouvoir rien renfermer.
- Ce n’est donc qu’à une attraction de surface que l’on doit, d’après M. Crum, attribuer ces cas de teinture où le coton peut, par simple immersion, décomposer les matières solides en solution et les séparer de leur dissolvant. Tel est le cas, quand Tome Ier. — 53e année. 2e série. — Septembre 1854. 74
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- on emploie la solution d’indigo réduit dans la chaux, ou le plombile de chaux, ou les divers sels d’étain, et beaucoup d’autres solutions. Le colon agit alors comme le charbon de bois et autres corps poreux, et dans ce cas l’attraction en question ne doit pas être restreinte à la surface interne de la fibre-coton.
- L’auteur ne range pas le mordant d’alumine dans la classe des corps ainsi attirés, parce que, quand le coton est plongé dans une solution d’acétate d’alumine, il n’a pas le pouvoir d’en séparer la base. Pour que cela ait lieu, il faut que la solution soit appliquée au coton et séchée sur lui; ce n’est qu’alors que l’alumine adhère ou perd le pouvoir d’être emportée par l’eau, en même temps que l’acide acétique est écarté par l’évaporation. On ne doit pas voir ici une décomposition chimique effectuée par les poils du coton, car le même sel peut être décomposé par l’évaporation dans un vase de verre. Dans ce cas, M. Crum représente l’alumine comme étant retenue dans l’intérieur de la fibre, comme le sable l’est lui-même dans un sac dont les interstices sont trop étroits pour permettre à ses particules de passer au travers.
- Il est vrai qu’en évaporant une solution d’acétate d’alumine dans un vase de verre, cet acétate ne se décompose pas aussi parfaitement qu’en séchant la même substance sur le calicot. Quoique l’auteur soit porté à assigner cette différence à une division plus grande éprouvée par le sel par son extension sur le coton, il n’entend pas nier que la présence du coton, à un moment particulier de l’évaporation, n’accélère la décomposition du sel, et que ses fibres n’attirent ainsi une partie de l’alumine sur toute leur surface. S’il en est ainsi, l’action du coton mort prouve au moins que la matière colorante adhérant en dehors n’est pas aussi permanente que celle qui est tenue dans la fibre du coton développée dans des conditions normales.
- Ni l’un ni l’autre point de vue ne se montrent, d’ailleurs, favorables à la théorie chimique. L’action des corps poreux pour attirer certaines substances et même pour décomposer quelques autres, sans se combiner chimiquement avec les substances qui se précipitent, est bien connue, et la preuve, c’est qu’aucun des oxydes métalliques dont ils déterminent le dépôt n’éprouve de changement soit pour la couleur, soit pour le caractère chimique, parleur union avec le coton. L’oxyde hydraté de cuivre, par exemple, précipité sur calicot, devient carbonate ou arsénite, quand il est exposé à l’acide carbonique ou à l’acide arsénieux. Le protoxyde de fer change promptement dans l’air en sesquioxyde rouge, et il peut de nouveau être converti en bleu de Prusse, ou en laque noire, violette. Chacun de ces nouveaux composés adhèrent ensuite fortement à la laine, uniquement parce qu’il est insoluble. ( Proceedings of the philoso-phical Society of Glasgow, vol. III. )
- MOYEN D’AUGMENTER LA RICHESSE DE TONS DES ÉTOFFES TEINTES A L’iNDIGO ;
- par M. GUILLOUET.
- Ce procédé consiste à exposer les étoffes teintes par l’indigo à la pression de la vapeur d’eau à une température élevée.
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- La matière colorante bleue de l’indigo est insoluble, et pour pouvoir la fixer sur les étoffes il est nécessaire de le désoxyder au moyen du sulfate de fer et de la chaux. En trempant les étoffes dans une solution d’indigo ainsi désoxydé, on obtient des tons plus clairs ou plus foncés, suivant la durée de l’immersion.
- L’indigo est volatil; c’est là une de ses propriétés caractéristiques. M. Guillouet a cherché à utiliser cette propriété en exposant les étoffes teintes par l’indigo à une haute température, et qui puissent résister à une pression suffisante pour réagir sur les molécules de l’indigo et les incorporer aux fibres de l’étoffe en produisant un changement physique dans la constitution de la matière colorante.
- La forme des vases à employer est peu importante, mais ils doivent être munis d’une soupape de sûreté et d’un robinet par où puisse s’échapper l’air atmosphérique lorsqu’on introduit la vapeur.
- Les étoffes teintes par l’indigo sont placées les unes au-dessus des autres, sur un plateau en bois, et entourées d’un drap qui empêche leur contact avec les parois du vase, et sert aussi à absorber la vapeur qui se condense au premier instant. Lorsque les étoffes sont ainsi disposées dans le vase en question, on laisse arriver la vapeur à une pression de 2 à 6 atmosphères. Après vingt minutes environ ou une demi-heure, on ouvre l’appareil, on enlève les étoffes et on les laisse refroidir.
- Cette opération donne à l’indigo une teinte violette, sans nuire, en quoi que ce soit, aux autres couleurs fixées sur l’étoffe, celles-ci devenant, au contraire, plus belles et plus brillantes. Le tissu, dans cette opération, perd beaucoup en longueur ; mais la diminution en largeur est à peine sensible, et il prend en même temps plus de corps, plus de moelleux, et une texture plus épaisse et plus belle. (Extrait, par M. A. Girard, du Journal ofthe Franklin Institute, mai 1853. London, Chemical Gazette, n° 241.)
- PERFECTIONNEMENTS DANS LA PRODUCTION DU BLEU DE FRANCE SUR LAINE.
- La méthode suivie jusqu’ici pour la production du bleu de France sur laine consiste à faire bouillir l’étoffe dans un bain contenant du prussiate rouge de potasse, un acide et du chlorure d’étain jusqu’à ce qu’on soit arrivé à la teinte bleue désirée. Dans le cours de cette opération, une grande quantité de cyanogène s’échappe sous la forme d’acide cyanhydrique. La perte de cette substance, si importante pour la formation de la couleur bleue, a donné l’idée de modifier le procédé, autant que possible, de manière à retenir dans le bain tout ou du moins la majeure partie du cyanogène, et à le précipiter en combinaison avec le fer sur les fibres de la laine. Des expériences entreprises à ce point de vue ont montré que l’on pouvait parvenir à ce résultat en ajoutant au bain un sel ferrique, et notamment du perchlorure.
- L’opération se pratique de la manière suivante : on fait d’abord dissoudre le prussiate rouge de potasse, on ajoute une petite partie de l’acide que l’on doit employer, puis le chlorure d’étain et le chlorure de fer. Le bain est, en ce moment, clair et d’une couleur brune. On immerge la laine, bien lavée et tiède, et l’on chauffe le tout jusqu’à
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- ébullition. Le tissu prend immédiatement une couleur vert foncé, et par l’ébullition et l’addition du reste de l’acide il arrive à une belle couleur bleue.
- Ce procédé a toujours donné de bons résultats; il fournit une teinte déterminée avec 25 pour 100 de prussiate de moins que par le procédé ordinaire. On obtient les meilleurs effets en employant, en perchlorure de fer, un poids égal à la moitié ou aux trois quarts de celui du prussiate de potasse, une plus grande quantité donnant une teinte moins foncée. Il est nécessaire de prendre des précautions pour ajouter l’acide par ce procédé, où l’on doit en employer moins que dans le procédé ordinaire. L’acide tartrique est celui qui a donné les meilleurs résultats. Le prussiate rouge que l’on emploie doit être exempt de prussiate jaune, sans quoi l’addition du perchlorure de fer occasionnerait un précipité de bleu de Prusse. Les composés que l’on rencontre dans le commerce peuvent parfaitement servir à ce travail, si on les trouve exempts de prussiate jaune de potasse. (Journal of the Franklin Institute, mai 1853.) (A. Girard. )
- REMPLACEMENT DE LA BOUSE DE VACHE PAR LE GUANO.
- On a souvent cherché à remplacer la bouse par des combinaisons chimiques dites sels à bouser. Le succès n’était pas toujours certain ; mais ce qui encourageait dans ces recherches, c’était la nécessité d’avoir une matière uniforme et à effets toujours semblables, ce qu’on n’obtient pas de la part de la bouse de vache. Dans une localité de l’Allemagne où il était difficile de se procurer en quantité suffisante de la bouse homogène, on a remplacé celle-ci, avec quelque succès, par du guano, qui est solide et qui, par les sels ammoniacaux qu’il contient, satisfait à l’une des principales conditions que la bouse doit remplir.
- EXTRACTION DU BOIS DE FERNAMBOUC.
- On suit, dans quelques ateliers d’Allemagne, un procédé qui permet d’obtenir la matière colorante du bois de Fernambouc bien plus rapidement que par l’extraction pure et simple. Ordinairement, avant de traiter à l’eau bouillante, on commence à arroser le bois colorant avec de l’eau froide.
- Or l’expérience a montré qu’en ajoutant à cette eau de mouillage 1 kilog. de gélatine par 50 kilog. de bois et en faisant macérer quelques jours, l’extraction subséquente devient plus facile; la décoction renferme 10 à 15 pour 100 de matière colorante de plus que celle qui est obtenue, dans le même temps, par les procédés ordinaires.
- Comme la gélatine a la propriété de précipiter le tannin, on pense que, dans ce procédé, elle agit précisément en s’emparant du tannin , et en dégageant ainsi la matière colorante retenue par lui. ( Deutsche Musterzeitung, 1853, nos 5 et 6. )
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- MÉTAUX.
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- SUR LA FABRICATION DU JAUNE D’URANE.
- Le jaune d’urane est, depuis quelques années, très-usité dans les verreries et les cristalleries ; aussi le gouvernement autrichien a pris ses mesures pour organiser la fabrication industrielle de cette substance en profitant du minerai si riche qu’on exploite dans le Joachims Thaï, en Bohême. Ce minerai contient, en moyenne, 45 pour 100 d’oxyde uranoso-uranique, accompagné d’antimoine, d’arsenic, de soufre, de plomb, de bismuth, de fer, de manganèse, de zinc, de nickel, de cobalt, etc.
- La fabrique, qui fonctionne depuis une année, a produit, dans cet intervalle, près de 700 kilog. de jaune d’urane qui s’est promptement écoulé.
- Voici la description du procédé telle que la donne son auteur, M. Patera : après avoir réduit le minerai en poudre fine, on le mélange avec de la pierre à chaux également en poudre, et on soumet au grillage; le minerai se transforme ainsi en une combinaison formée de chaux et d’oxyde uranique que l’on verse dans des cuves en bois pour les traiter par l’acide sulfurique faible. La dissolution s’opère assez promptement, surtout si l’on a la précaution d’agiter de temps à autre, et le résidu ne contient plus guère qu’un demi pour 100 d’urane.
- La dissolution, d’un beau vert, contient l’urane à l’état de sulfate de sesquioxyde; de plus, elle renferme de petites quantités des autres métaux que l’on précipite par une dissolution de carbonate de soude. Le sesquioxyde d’urane se précipite en même temps; mais, comme il est soluble dans le carbonate de soude, on n’a qu’à ajouter un excès de ce dernier pour séparer l’urane des matières étrangères. Pour rendre cette séparation complète, on traite le résidu une seconde fois par le carbonate de soude en faisant bouillir cette fois, on laisse reposer ensuite, on décante et on ajoute au liquide de l’acide sulfurique tant qu’il se produit une effervescence; par cette opération, l’urane se sépare à l’état d’uranate acide de soude peu soluble, qu’on lave convenablement et qu’on exprime ensuite. Le produit sec est réduit en poudre et versé sous cette forme dans le commerce.
- Le jaune d’urane obtenu d’après ce procédé est bien plus pur que le jaune d’urane ordinaire préparé, d’ailleurs, par des procédés plus coûteux et moins pratiques, puisque la désagrégation du minerai s’y fait au moyen de l’acide nitrique. ( Sitzungsb. der Kaiserlich. Akad. der Wissensch., XI, p. 452, et Journal fur praklische chemie, 1854.)
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- PHOTOGRAPHIE,
- DISSOLUTIONS SALINES.
- CLARIFICATION RAPIDE DES DISSOLUTIONS AU MOYEN DU LAIT.
- Forcé de purifier rapidement plusieurs centaines de kilogrammes de salpêtre du Chili, M. Ungerer, chimiste-manufacturier, à Pforzheim, eut recours au procédé suivant : il fit dissoudre le salpêtre dans l’eau bouillante, de manière à former une dissolution saturée, et il ajouta à 20 litres de ce liquide un quart ou un demi-litre de lait écrémé, étendu de 3 parties d’eau et aiguisé d’acide nitrique, de façon à obtenir un commencement de coagulation. Après quelques instants d'ébullition, le liquide salin était devenu limpide , et les impuretés s’étaient déposées en grands flocons avec le-caséum du lait. On passa rapidement à travers une toile grossière ; l’écoulement se fit tellement vile, que le salpêtre n’avait pas le temps de se séparer de la dissolution.
- Depuis cette opération, M. Ungerer a employé avec succès ce procédé partout où il est indispensable d’obtenir un liquide limpide et où on ne peut se servir de papier à filtrer , pourvu , toutefois, qu’il n’y ait pas d’inconvénient à introduire dans le liquide les substances salines du lait, ainsi que l’acide employé pour produire la coagulation de celui-ci. ( Dinglers Journal, CXXIX, p. 319. ) *
- PHOTOGRAPHIE.
- FABRICATION DE L’ACIDE PYROGALLIQUE; PAR M. GRUNEBERG.
- On prend de la galle de Chine qu’on écrase grossièrement et qu’on épuise par deux décoctions dans l’eau ; on exprime à la presse et on évapore à siccité : le produit s’élève à 60 pour 100 de la matière première employée. Après l’avoir réduit en poudre, on l’introduit dans l’appareil à sublimer ; c’est une capsule plate, en tôle, dont le fond est d’un diamètre de 18 pouces, tandis que le rebord s’élève à 3 pouces ; à la hauteur de 1 pouce et demi, on a pratiqué un trou destiné à recevoir un tube dans lequel doit s’engager un thermomètre. Après avoir étalé de l’extrait de galle sur le fond de la capsule, on recouvre celle-ci avec de la gaze, et on applique par-dessus un cône en papier d’environ 15 pouces de hauteur; ensuite on installe l’appareil dans un bain de sable. Lorsque le thermomètre est arrivé à 120° R., on modère le feu, car la température ne tardera pas à monter à 150 ou 160°, en même temps l’acide pyrogallique se dégage vivement et se sublime dans le cône de papier.
- 250 gr. d’extrait de galle fournissent ainsi 15 grammes d’acide pyrogallique blanc après trois heures de feu. {Buchners Repcrtorium, nouv. série, t. III, p. 271.)
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- MUSIQUE.
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- DE LA PHOTOGRAPHIE SUR PIERRE LITHOGRAPHIQUE.
- On a bien des fois essayé de fixer sur la pierre lithographique les images produites dans la chambre obscure, afin de pouvoir ensuite reproduire ces images par les procédés ordinaires. M. Hermann-Halleux assure avoir réussi même à fixer les images des objets animés. Les procédés à suivre varient avec les objets à reproduire; en attendant que l’auteur fasse connaître tous ses moyens, voici comment il opère pour fixer et reproduire les images des objets architectoniques:
- On choisit une pierre lithographique qu’on a soin de ne pas prendre trop lourde, et on la serre dans le cadre d’exposition, puis on l’use à la meule afin de lui donner le grain exigé pour le dessin à la craie ; ensuite on l’imprègne avec une dissolution faible et neutre d’oxalate de sesquioxyde de fer, et on a soin de faire pénétrer le liquide aussi avant que possible. Ainsi préparée, la pierre se conserve longtemps, pourvu qu’elle se trouve à l’abri de la lumière.
- La pierre qui doit être exposée dans la chambre obscure doit être non pas mouillée, mais humide; la durée de l’exposition varie. Au sortir de la chambre noire, la pierre porte déjà l’image en brun. En versant dessus une dissolution de carbonate d’ammoniaque, l’image se fixe et devient plus nette; un lavage à l’eau permet d’éloigner les sels solubles qui imprègnent la pierre.
- Pour reproduire l’image au moyen de la presse, on commence à faire ronger la pierre avec un acide, puis on passe l’image à l’encre d’imprimerie, et on procède comme d’habitude.
- Le rongeant à préférer est l’acide oxalique très-étendu. (Dingler’s Journal, CXXIX, page 281.)
- MUSIQUE.
- DIAPASONS CHROMATIQUES.
- M. Greaves de Sheffield a construit des diapasons à l’aide desquels on peut, à volonté, hausser ou baisser le ton ; à cet effet, chaque branche de l’instrument est munie d’une petite masse en argent, mobile et maintenue contre la branche au moyen d’un ressort. En déplaçant les masses métalliques on varie les tons ; des traits tracés sur les branches guident dans cette opération très-simple. Les tons obtenus sont parfaitement purs malgré l’adjonction des masses métalliques; mais il est impossible de parcourir toute l’échelle chromatique avec un seul diapason, il en faut deux, qui peuvent, du reste, être très-petits.
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- PROCÉDÉS DIVERS.
- MASTIC POUR FIXER LE VERRE SUR LE MÉTAL OU LE MÉTAL SUR LE BOIS.
- Ce mastic est formé de gomme laque contenant son poids de pierre ponce en poudre fine ; on fait d’abord fondre la gomme laque à une température aussi basse que possible, et on incorpore la pierre ponce dans la résine en fusion. L’expérience a prouvé que ce mastic lie beaucoup mieux que la gomme laque pure.
- NOUVEAU PROCÉDÉ POUR CONFECTIONNER DES AIMANTS PERMANENTS.
- Une des circonstances qui influent le plus sur la force et la constance des aimants artificiels, c’est la trempe de l’acier employé dans la confection de ceux-ci. Quand les pièces ont été inégalement trempées, elles sont inégalement dures, ne s’aimantent pas régulièrement et possèdent une force peu constante. Pour rendre la trempe de l’acier aussi régulière que possible, M. Walker opère de la manière suivante : il introduit les pièces d’acier rapidement dans un bain de plomb fondu et les laisse dans le métal en fusion jusqu’à ce qu’ils en aient pris la température; après quoi, il les retire promptement et les plonge dans de l’eau bouillante. Des aimants longs de 6 pouces et pesant 600 grains ont porté quatorze fois leur poids lorsque la trempe a été opérée d’après le procédé Walker.
- CONFECTION d’ÉLECTROPHORES.
- Colophane, 1 kilog.
- Térébenthine de Venise, 125 grammes.
- Suif, 15
- Faites fondre et coulez.
- Ou bien : Gomme laque, 500 grammes.
- Colophane, 250
- Térébenthine de Venise, 62 Suif, 15
- Ce dernier mélange est plus cher que le premier; mais il donne de meilleurs résultats. ( Sitzungsb. des nieder oest. Gewcrbever. )
- PARIS. — IMPRIMERIE DE Mme Ve BOUCIIARD-HUZARD, RUE DE L’ÉPERON, 5.
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- 53« ANNÉE. DEUXIÈME SÉRIE. N» 19. — OCTOBRE 1854.
- «
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- MACHINES-OUTILS.
- MACHINE GIGANTESQUE A FORER, fabriquée par MM. HARVEY, DE GLASGOW. j ( Traduit par m. j. b. viollet.)
- Cette machine est peut-être la plus grande de ce genre qui existe dans l’univers, et l’on peut la citer comme un spécimen remarquable des machines-outils qui se fabriquent de temps en temps dans les ateliers de Glasgow.
- Les mécaniciens qui ont atteint un certain âge, se rappellent l’époque où les métaux étaient presque toujours travaillés à la main, avec de faibles forets ou des tours de dimensions fort restreintes. Les usages nombreux auxquels le fer est maintenant appliqué , et les proportions considérables des machines, surtout des machines à vapeur que l’on exécute actuellement, ont fait disparaître des ateliers tous ces petits outils. Une simple plate-forme à forer, représente aujourd’hui une construction plus importante que ne l’étaient, il n’y a pas longtemps, beaucoup de machines à vapeur, et celle dont nous parlons dépasse par ses dimensions un grand nombre de ces machines qui sont encore en activité.
- Ce magnifique appareil qui a été fabriqué pour un des ateliers de M. Robert Napier, ne pèse pas moins de 60,000 kilog. et s’élève à 7m,62 au-dessus du sol. La hauteur de l’entablement du bâti est de 4m,57 et la largeur atteint 4m,26.
- La machine se compose principalement de deux colonnes verticales, surmontées par un élégant couronnement, au-dessous duquel les roues qui communiquent le mouvement à l’outil sont portées sur une forte traverse de grande dimension. Le foret reçoit toutes les vitesses comprises entre une révolution dans deux minutes et demie, et seize révolutions par minute ; il peut percer dans du fer massif un trou de 0m,254 de diamètre, ou aléser un cylindre de 3m,05 de diamètre; il peut aussi enlever des copeaux Tome Ier. — 53e année. 2e série. — Octobre 1854. 75
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- MACHINES A VAPEUR.
- en fer de 0m,0006 à 0m,022 d’épaisseur (1), par chacune des révolutions du foret; enfin la course de l’outil permet de percer jusqu’à la profondeur de 2m,33.
- Cet appareil est destiné à forer des manivelles, des bielles, des cylindres et d’autres organes pour les machines marines. (Scientific American, 3 juin 1854, p. 299. )
- ANÉMOMÈTRE.
- ANÉMOMÈTRE MÉCANIQUE; par M. WEBSTER.
- ( Traduit par M. j. b. viollet. )
- M. Webster, dans une des séances de l’Association américaine pour l’avancement des sciences , réunie en avril dernier, à Washington (États-Unis), a décrit un anémomètre aussi simple qu’ingénieux, destiné à enregistrer les variations du vent.
- Cet instrument consiste en une horloge ordinaire, dont le poids, au lieu de descendre dans une boîte, est placé à l’extrémité d’une corde qui côtoie un cylindre vertical. Deux poulies de renvoi facilitent cette disposition, et le poids, dans lequel on fixe un crayon horizontal, se meut parallèlement à l’axe du cylindre.
- Autour de ce cylindre, on enroule une feuille de papier blanc, portant trente-deux lignes verticales qui correspondent aux trente-deux rumbs du compas, et vingt-quatre lignes horizontales indiquant les heures du jour. L’axe du cylindre se compose d’ailleurs d’un arbre vertical qui est lié à une girouette, et qui, tournant avec elle, entraîne le cylindre dans son mouvement.
- Le crayon porté par le poids est assez proche du papier pour que sa pointe appuie légèrement dessus.
- Aussi, lorsque l’air est calme, cette pointe, en descendant, trace-t-elle seulement une ligne verticale ; mais, si le vent vient à souffler, la ligne dévie, soit à droite, soit à gauche. Lorsque le mouvement est brusque, la trace est horizontale; mais, quand il est lent, elle procède diagonalement. ( Scientific American, 13 mai 1854, page 278. )
- MACHINES A VAPEUR.
- SUR LA POSSIBILITÉ D’EMPLOYER LA PUISSANCE DE LA VAPEUR , POUR LA MANOEUVRE
- des vaisseaux; par m. shuldham, capitaine de la marine royale anglaise.
- (Extrait par m. j. b. viollet. )
- Un officier distingué de la marine d’Angleterre, M. Shuldham, vient de publier un opuscule dans lequel il propose de faire servir la puissance de la vapeur à l’exécution
- (1) (From 1/40 th to 7/8 of an inch. ) Nous avons dû traduire ces chiffres, mais il est évident que le dernier constitue une faute d’impression.
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- ÉCLUSES.
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- de plusieurs manœuvres qui exigent un grand nombre de bras, et de réduire par là de moitié le personnel des équipages ainsi que les approvisionnements.
- Après avoir fait observer que la marine de l’État, chez les différentes nations, va bientôt être forcée de prendre part à l’espèce de concours qui existe déjà aujourd’hui dans celle du commerce, et qui a pour objet de perfectionner les formes et la disposition des vaisseaux, afin d’obtenir la meilleure marche, soit à la voile, soit à la vapeur, M. Shuldham soutient que la longueur des bâtiments ne tardera pas à être considérablement augmentée, ce qui non-seulement entraînera de plus fortes dépenses de construction, mais encore forcera d’accroître les dimensions des docks, des cales et des établissements maritimes.
- Après avoir exposé les conséquences d’une forte diminution dans le nombre des hommes qui composent les équipages, M. Shuldham entre dans les détails techniques de son projet, et discute successivement les moyens de faire exécuter par la vapeur le service le plus rude d’une partie de l’artillerie du bord, de déployer les voiles ou de les carguer, de jeter ou de lever les ancres, de mettre en jeu les pompes, d’accomplir plusieurs autres travaux, et de placer autant que possible à l’abri des coups de l’ennemi les organes mécaniques destinés à l’accomplissement de toutes ces opérations.
- Quelque étranger que soit à l’industrie le sujet traité par cet officier, l’importance générale en est si grande, que nous avons cru devoir dire quelques mots de ses recherches. On pourra trouver, si on le désire, de nombreux détails dans le recueil périodique où nous avons puisé les éléments de cette courte notice. (Mechanics Magazine, juillet 1854, pages 74 et 99. )
- ÉCLUSES.
- note sur un gaisson mobile, employé pour fermer une cale sèche, à l’arsenal royal de Keyham (Devon) ; par m. w. fairbairn.
- ( Traduit par m. j. b. viollet. )
- M. W. Fairbairn, dans la séance de l’institution des ingénieurs civils de Londres, du 9 mai 1854, a lu un mémoire dont nous trouvons un extrait dans les journaux anglais, et dont l’objet était de décrire un caisson mobile, employé à l’arsenal de Keyham, en guise de porte d’écluse.
- La substitution des caissons, dit l’auteur, aux portes ordinaires d’écluses, pour la fermeture des passages de grande étendue, qui servent d’entrée dans les docks, a pris une certaine extension malgré tous ses inconvénients. Ces appareils, en effet, sont fort incommodes, parce qu’il faut beaucoup de temps pour en extraire l’eau avec des pompes, pour les remettre à flot, et pour les éloigner entièrement de l’ouverture, afin de livrer passage au bâtiment qui doit la franchir. Aussi n’a-t-on pu encore user des caissons que dans des situations toutes spéciales.
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- ÉCLUSES.
- Cependant la largeur de la voie nécessaire pour les vaisseaux de guerre , en a généralisé l’usage dans les chantiers de construction de la marine royale, et notamment dans le nouvel arsenal de Keyham , où l’on a jugé convenable de prendre les dispositions les plus avantageuses pour les bâtiments de fort tonnage que l’on construit maintenant.
- L’étendue de l’écluse et la profondeur du bassin ont fait sentir l’utilité d’essayer un nouveau système de caisson dont les dimensions et la capacité fussent telles que l’appareil pût résister à la pression et au choc des vagues, fermer exactement l’entrée, et cependant être d’une manœuvre assez facile pour que les bâtiments pussent passer en tout état de la marée.
- Les docks de Keyham , commencés en 1844, se composent principalement de deux vastes bassins, à plusieurs entrées ou écluses ouvrant sur la mer. On a désiré pouvoir employer au besoin comme cale sèche un de ces bassins qui porte 79m,24 de longueur, 24m,38 de largeur, et 13m,10 de profondeur. L’entrée intérieure, située près du dock, était fermée par un caisson ordinaire , et c’est à l’ouverture extérieure donnant sur le canal, que l’on a essayé le nouveau caisson.
- La forme de cet appareil est celle d’un vaisseau rectangulaire, ayant 25m,14 de longueur, dans sa partie la plus élevée, et 20m,87 à son fond, 12m,80 de hauteur, et 4m,ll de largeur. Il est construit en tôle de plusieurs épaisseurs, variant entre 0m,016 au fond, et 0m,009 à la partie supérieure. Ces tôles sont assemblées sur une carcasse rigide en fer consolidée par des nervures et par des pièces de renfort, ainsi que par deux ponts en fer et par un troisième pont en bois. Ces ponts, établis en vue des dispositions intérieures, fortifient considérablement tout le système.
- Les feuilles de tôle sont assemblées à affleurement, et les joints sont recouverts de bandes attachées par de doubles et de quadruples rangs de rivets. Les extrémités et le fond sont doublés en chêne; ce bois porte contre le buse et les bajoyers lorsque le caisson est en place. L’arrangement intérieur est tel que, quand on veut retirer l’appareil et rendre libre l’ouverture, il suffit de lever une vanne qui laisse échapper une certaine quantité d’eau de la capacité supérieure. Le caisson s’élève aussitôt à 10 ou 15 centimètres au-dessus du radier ; et au lieu de le tourner, comme on fait ordinairement, pour l’entraîner à quelque distance, on le tire en arrière avec des chaînes dans un canal en maçonnerie, construit perpendiculairement à l’axe de l’écluse dont on dégage ainsi entièrement la porte. Après le passage du navire, on ramène le caisson à sa place ordinaire , et l’on ouvre une autre vanne qui laisse entrer assez d’eau pour le rendre stable dans sa position.
- L’auteur du mémoire a ajouté que l’entrée d’un vaisseau de ligne ne demande que dix-huit minutes, dix pour ouvrir le passage et huit pour le fermer.
- Le caisson pèse 294,000 kilog., porte 33,500 kilog. de lest en fonte , et peut contenir 328,000 kilog. d’eau.
- L’auteur a de plus donné des explications très-étendues sur les dispositions mécaniques de cet appareil, et sur ses effets qui ont paru fort satisfaisants. Il a fait connaître aussi les flexions supportées par le caisson, pour des hauteurs différentes de la retenue
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- RÉSISTANCE DES METAUX.
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- d’eau; et le peu d’étendue de ces flexions a fait considérer la construction comme possédant une force plus que suffisante pour résister non-seulement à la pression statique de l’eau, mais encore au choc des vagues qui battent souvent avec violence l’entrée des docks. (London Journal of Arts, juin 1854, page 454.)
- RÉSISTANCE DES MÉTAUX.
- SUR LA FATIGUE DES MÉTAUX ET SUR LA RUPTURE QUI EN EST L’EFFET;
- par m. Braithwaite, membre de ïinstitution des ingénieurs civils de Londres.
- ( Traduit par m. j. b. viollet. )
- M. Braithwaite a lu, le 16 mai 1854, devant l’assemblée des ingénieurs civils de Londres, un mémoire où nous remarquons des vues intéressantes sur un sujet (la rupture des métaux) qui intéresse au plus haut degré l’art des constructions.
- L’attention de l’auteur a été attirée sur ce point par plusieurs accidents dont les causes ont d’abord été regardées en quelque sorte comme mystérieuses. Cependant M. Braithwaite s’étant appliqué à en discuter toutes les circonstances , et à examiner l’état des métaux fracturés, a été enfin conduit à regarder presque tous les faits de ce genre comme provenant d’une détérioration progressive qu’il a cru devoir désigner par l’expression de Fatigue.
- A l’état statique, les métaux, quoique soumis à une forte pression ou à une tension considérable, peuvent continuer pendant longtemps à supporter la charge sans fracture, quoiqu’ils éprouvent la flexion due à l’action du poids dont ils supportent l’effort. Il suffit pour cela que leur repos ne soit pas troublé, et que leur tension ne soit pas intermittente ni trop souvent répétée ; mais si les alternatives de relâchement et d’effort se succèdent, leurs molécules éprouvent des vibrations et des déplacements, la structure du métal s’altère, et la partie soumise aux tensions réitérées se détériore enfin jusqu’à se rompre (1). Ce fâcheux effet peut résulter encore de chocs brusques éprouvés par le métal soumis à l’action d’une certaine charge ; il peut même être l’effet d’un simple changement d’état, subitement produit par l’enlèvement rapide de cette charge.
- A l’appui de son opinion , M. Braithwaite a cité plusieurs exemples, parmi lesquels on remarque l’accident survenu à Londres dans une brasserie où un réservoir d’eau , supporté pendant plusieurs années par des solives en fonte, est tombé tout à coup par suite de la rupture de ces solives et a tué ou blessé plusieurs ouvriers.
- En remontant aux causes de cet événement, on a reconnu que les solives n’étaient pas assez fortes pour porter indéfiniment la charge, et que le poids intermittent du réservoir tantôt plein, tantôt plus ou moins vide, avait occasionné des flexions très-fré-
- (l) Telle est aussi l’opinion de M. W. Fairbairn. ( Voyez l’extrait de son ouvrage, dans le Bulletin de cette année, n° 16, page 494. )
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- CHEMINS DE FER.
- quentes, alternant avec les changements de forme qui résultaient des réactions élastiques, et que, par suite de ces mouvements, la constitution physique du métal s’était progressivement altérée, au point d’arriver jusqu’à la rupture.
- L’auteur, comme nous venons de le dire, a cité d’autres exemples ; il a discuté aussi les effets de l’espèce de gonflement que la résistance des pistons des locomotives et la pression de la vapeur tendent à produire par réaction sur les surfaces planes où sont engagés les tubes, et il a soutenu que ce gonflement peut occasionner des ruptures par une action purement mécanique.
- Enfin , M. Braithwaite a assuré que, pourvu que l’on donne des dimensions suffisantes aux charpentes métalliques, et que l’on n’excède pas la charge indiquée par le calcul, on ne doit redouter aucun danger ; mais il a ajouté que la répétition des flexions à de longs ou à de courts intervalles, si elle suffit pour produire une altération permanente dans la forme, fait courir des dangers qui ne peuvent être écartés que par le remplacement des pièces trop faibles, et par une surveillance active. Cette surveillance qui doit être exercée sur les parties chargées des édifices, sur les organes des machines et sur le matériel fixe des chemins de fer après le service , peut seule faire éviter les accidents, et rendre de plus en plus générale, la confiance dans l’usage des métaux pour les constructions. {London Journal of Arts, juin 1854, page 455.)
- CHEMINS DE FER.
- ROUES POUR LES VOITURES DES CHEMINS DE FER(l).
- (Patente américaine délivrée le 21 mars 1854 à M. mott, de New-York.)
- M. Mott donne à la partie extérieure de ses roues la disposition qu’il juge convenable, et fixe, comme à l’ordinaire, le moyeu central sur l’essieu ; mais il développe en forme de cône la partie intérieure et la termine par un second moyeu également fixé sur l’arbre, près du milieu. Le système extérieur porte donc la roue, tandis que le système intérieur conique l’affermit contre toutes les impulsions latérales et pour un même poids de métal, dit l’auteur, donne plus de solidité que tout autre système connu. La couronne de la roue, appuyée sur l’essieu et arc-boutée par la cloche métallique, peut mieux résister aux impulsions transversales; déplus, un des points d’appui se trouvant transporté à une plus grande distance du plan de la roue, cette disposition diminue , si elle ne les anéantit, la tension de l’essieu et les dangers de rupture ; enfin on peut disposer les roues de manière à les rendre ensemble ou séparément libres de tourner dans les courbes indépendamment de l’essieu.
- La roue se compose d’un moyeu monté sur l’arbre près des tourillons et rendu fixe ou libre de tourner selon qu’on le juge à propos. Une plaque métallique, qui peut être
- (l) Ces roues, si l’expérience pratique confirme les espérances de l’auteur, ne sauraient être employées que pour les véhicules dont le bâti serait susceptible de les admettre.
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- remplacée par des rais ou par toute autre disposition convenable, sert de liaison entre le moyeu et le bandage de la roue ; une autre plaque métallique, conique ou presque conique, s’étend intérieurement en forme de cloche depuis le rebord de la roue jusqu’à l’arbre sur lequel elle est ajustée, de manière à tourner ou à rester fixe selon qu’on le croit utile.
- Pour faciliter la coulée de ces roues, on peut donner un peu de courbure à la plaque extérieure entre le moyeu et la jante, ainsi qu’à la cloche; l’intérieur est coulé sur un noyau de forme convenable, soutenu par les moyens ordinaires. Quant à l’écrou de retenue fabriqué d’avance en fer forgé, il peut être engagé dans le noyau en sable, ou bien introduit dans le creux après le moulage, par les ouvertures ménagées sur la plaque extérieure.
- Le diamètre de l’essieu doit être plus fort entre les roues que dans leur intérieur, ou du moins il doit être muni de deux portées sur lesquelles viennent s’appuyer les cônes des roues. A une distance suffisante de ces portées, l’arbre est fileté pour recevoir les écrous; tandis qu’on l’introduit dans la roue, on glisse les écrous dans l’intérieur, et en les vissant on les applique contre le flanc du moyeu de la cloche. Au lieu de ces écrous, on peut aussi employer des rondelles assujetties par une clavette ou par un boulon. (Scientific American, 6 mai 1854. )
- HORLOGE MARINE.
- NOUVELLE HORLOGE MARINE; par M. PANISSET.
- L’auteur a adressé à l’Académie des sciences la description d’une horloge marine destinée à indiquer constamment, pendant toute la durée d’une navigation , la longitude et la latitude du lieu où se trouve le navire.
- Le mouvement est imprimé à ce mécanisme par un piston qui traverse la paroi antérieure du navire et dont la direction est parallèle à la quille. Un appareil, disposé en arrière de la tige, est destiné à décomposer la pression exercée par la résistance de l’eau en deux autres pressions perpendiculaires entre elles, et agissant par deux systèmes de rouages munis chacun d’un cadran destiné à indiquer, l’un le déplacement dans le sens du méridien , l’autre le déplacement dans le sens du parallèle du lieu. (Acad, des sciences, 21 août 1854. )
- GRAVURES.
- PRODUCTION DES GRAVURES ORIGINALES EN RELIEF ( GALVANOTVPES) ; par M. NETTER.
- On prend une planche en cuivre que l’on vernit et noircit comme à l’ordinaire, ou
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- STÉATITE.
- encore à l’aide d’un corps gras formé de cire jaune 2 parties, térébenthine de Venise 1 partie, cire vierge 4 parties; on ajoute un peu de noir d’ivoire. On étend très-uni, et, quand la couche est bien sèche, on y dessine à la manière usitée, pourvu qu’on enlève exactement la cire qui recouvre la plaque. Quand le dessin est terminé, on prend un pinceau, on le plonge dans la composition indiquée plus haut, et on passe sur toutes les parties du dessin qu’on désire mettre en lumière, donnant ainsi à ces parties, sur la planche, plus ou moins d’épaisseur. Après cette opération de relevage, on expose pendant quelques instants le dessin à la vapeur provenant de l’ébullition, puis on place la planche dans une dissolution de sulfate de cuivre en communication avec une pile, et on la laisse dans ce bain de trois à huit heures; on la retire ensuite, et on bronze avec du bronze en poudre les parties de la planche apparaissant en noir ou restées intactes, puis on remet dans le bain de sulfate de cuivre de vingt-quatre h quarante-huit heures, où le dessin se grave tout seul. Une fois gravé, on l’applique sur un morceau de bois en lui donnant, au moyen d’un mastic, la hauteur des caractères d’imprimerie. ( Brevets d’invention, t. XIII, p. 115, 4 janvier 1848. )
- MÉTAUX.
- NOUVELLES APPLICATIONS DU ZINC A LA FABRICATION DES COUVERTS DE TABLE; par MM. BOUCHER, ROSKLEUR et DELPRAT.
- Les auteurs ont eu l’idée d’appliquer le zinc à la fabrication des couverts et de tous les ustensiles analogues. Leurs couverts, fabriqués surtout par procédés mécaniques, tels que laminoirs, mouton, balancier, emporte-pièce, présentent unrecrouiet une résistance infiniment plus grands que les couverts qu’on emploie actuellement.
- La couleur du métal ne permettant pas de l’employer seul, les auteurs ont eu recours à l’étamage pour lui donner le degré de blancheur qui lui manquait. L’étamage par voie galvanique et par voie d’immersion a donné le moyen de parer à des inconvénients que d’autres ont rencontrés. L’étamage, qui sert à dissimuler la couleur du zinc, le préserve de l’action atmosphérique comme de celle des acides faibles. ( Description des brevets, t. XVI. )
- STÉATITE.
- SUR LES DIVERS USAGES DE LA STÉATITE OU PIERRE DE SAVON.
- La stéatite, silicate de magnésie, dont les gisements sont très-rapprochés de ceux de l’amiante et de la serpentine, a reçu dans l’industrie et les arts industriels un grand nombre d’emplois, qui lui ont donné une importance assez considérable.
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- STÉATITE.
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- L’attention ayant été récemment appelée sur cette substance en Amérique, par suite de projets consistant à l’employer dans les constructions, il est intéressant de rappeler ici ses divers usages. La composition de la stéatite est variable, suivant les localités d’où on l’extrait; cependant elle est composée, en majeure partie, de silice et de magnésie : on y trouve aussi de l’alumine, de l’oxyde de fer et de l’eau.
- Cette substance exige, pour entrer en fusion, une température extrêmement élevée; aussi en a-t-on fait d’excellents creusets qui acquièrent au feu une grande dureté. On l’emploie pour faire des moules, dans le moulage des métaux. On s’en sert, en Angleterre, dans la fabrication de la porcelaine.
- La stéatite a été travaillée en camées auxquels on a donné un beau brillant par la cuisson. Ces camées acquièrent ainsi une dureté assez grande pour faire feu au briquet (1). Comme elle a pour le verre une grande affinité, on s’en sert avec succès, après l’avoir réduite en poudre et mélangée avec des couleurs, pour peindre sur verre. On s’en sert aussi, comme d’un crayon sympathique, pour écrire sur les glaces; les caractères figurés de cette manière ne laissant aucune trace lorsqu’on frotte le verre avec un linge de laine, redevenant visibles lorsqu’on souffle à sa surface, et disparaissant de nouveau lorsque celle-ci redevient sèche. Les brodeurs sur soie la préfèrent à la craie pour dessiner, parce qu’elle dure plus longtemps, et qu’elle n’altère pas les couleurs de l’étoffe. Elle a la propriété de s’unir aux huiles et aux corps gras; aussi l’em-ploie-t-on dans le dégraissage de la soie et des étoffes de laine. Elle sert aussi de base à quelques couleurs; elle donne un beau brillant au marbre, au gypse, à la serpentine. Mélangée avec de l’huile, elle sert à polir le verre et les glaces. Si l’on vient à en saupoudrer un cuir récemment préparé, qu’on le laisse sécher et qu’on le frotte ensuite avec une corne, elle lui communique un lustre magnifique.
- La stéatite est employée pour glacer le papier; pour cela, on l’étend en poudre très-fine à la surface de ce dernier, ou mieux encore on la mélange avec la matière colorante, et on glace ensuite en frottant avec une brosse. La poudre de stéatite est, grâce à sa texture savonneuse, une des substances qui donnent le plus d’aisance au jeu des vis et des écrous, et qui diminuent le mieux le frottement des roues. Lorsqu’on la mélange avec du suif, on en obtient une matière excellente pour la conservation des machines. Cette substance se coupe aisément avec une scie; on la travaille au tour et on la polit avec un rabot, aussi facilement. On peut donc, sans difficulté, lui donner une forme déterminée, puis ensuite lui communiquer, par la cuisson, la dureté qui convient à l’objet que l’on s’est proposé de fabriquer. ( Scientific American, 22 juillet 1854. )
- (l) Cette application de la stéatite n’est pas nouvelle. Dès 1803, le Bulletin de la Société d’encouragement publiait un article étendu de M. de Dalberg sur l’emploi de cette substance dans la fabrication des camées, sur la manière de colorer ces derniers, sur la dureté qu’ils acquièrent, etc. (Bulletin, tome II, page 203. )
- Tome Ier. — 53e armée. série. — Octobre 1854.
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- TEINTURE.
- TEINTURE.
- PRÉPARATION DES COULEURS-VAPEURS ET DES ENLEVAGES | par M. GATT Y.
- Cette invention consiste dans l’application de l’acide arsénique et de l’acide phospho-rique à la préparation des couleurs-vapeurs et d’enlevages sur fils et tissus de coton, de laine ou d’autres matières textiles.
- La substitution de ces acides à l’acide tartrique et autres acides, dans le but de fixer certaines couleurs et d’obtenir l’enlevage d’autres couleurs sur les différentes parties de fils et tissus sur lesquels les acides ont été appliqués, constitue, selon l’auteur, un perfectionnement important dans les procédés d’impression et de teinture.
- En effet, l’auteur annonce avoir obtenu des résultats tout à fait semblables et même supérieurs à ceux dus à l’emploi de l’acide tartrique et d’autres acides organiques, et cela d’une manière très-économique.
- M. Gatty prépare les acides arsénique et phosphorique d’après les procédés connus: pour les usages manufacturiers il en fait des solutions aqueuses d’une densité égale à à 1,85; cependant, suivant les circonstances, les deux acides peuvent être aussi employés à l’état sec et pulvérulent.
- Dans la préparation des couleurs désignées, ordinairement, sous le nom de couleurs-vapeurs, et particulièrement dans celles qui contiennent des prussiates alcalins ou métalliques, on peut substituer aux acides tartrique et oxalique les acides arsénique et phosphorique, en mélangeant ces derniers, tout en imprimant, vaporisant et procédant, du reste, comme cela se fait ordinairement dans l’impression des tissus, lorsqu’il s’agit de produire des couleurs-vapeurs. L’auteur a trouvé, dans la préparation de ces couleurs, qu’un kilogramme d’acide tartrique peut être remplacé par environ 1,25 à 1,50 d’acide arsénique ou d’acide phosphorique liquide.
- Dans la préparation de décharges ou d’enlevages sur toiles teintes en rouge d’An-drinople ou en autres couleurs, on peut très-avantageusement substituer à l’acide tartrique les acides arsénique et phosphorique en les épaississant et en les imprimant sur les parties de la toile colorée desquelles la couleur doit être enlevée.
- La solution épaissie des acides arsénique et phosphorique est employée et appliquée absolument de la même manière que la solution épaissie d’acide tartrique ; elle servira non-seulement à produire le blanc, mais aussi des couleurs telles que le bleu, le jaune, le vert, en la mélangeant avec différentes matières, telles que le bleu de Prusse, les sels de plomb, etc., employés à cet usage.
- On opérera, du reste, d’après les procédés connus, c’est-à-dire qu’après l’impression delà décharge ou l’enlevage on passe au chlorure de chaux et, suivant le cas, au chro-ibate de potasse.
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- SUR LA TEINTURE A L’ORSEILLE ; par M. CLENCHARD.
- On sait que l’orseille est une pâte colorante, d’un rouge violet trës-foncé, que l’on prépare avec deux genres de lichens différents : les uns croissent sur les rochers au bord de la mer, et principalement sur les côtes d’Afrique, du cap Vert, de Madère et de l’Archipel grec, ce sont le roccella tinctoria et le rocceila fuciformis; les autres viennent particulièrement sur les roches d’Auvergne et des Pyrénées, ce sont des vario-laria. Ces lichens ne contiennent pas la matière colorante toute formée; pour produire celle-ci, on réduit les lichens en poudre, que l’on met en bouillie avec de l’urine, et on laisse pourrir à l’air. Au bout de quelque temps on mêle au produit un alcali fixe qui met l’ammoniaque à sec, et on arrose, de temps en temps, avec de nouvelle urine. Le produit constitue la matière colorante appelée orseille.
- L’orseille en pâte, en extraits à divers degrés, en carmin, l’orseille bien desséchée ou pulvérisée et connue, sous cette dernière forme, dans le commerce sous le nom de cudbear, l’orseille en cristaux donnent des nuances plus ou moins rouges ou violettes. L’inventeur obtient, par son procédé, plusieurs autres couleurs sans ajouter des matières tinctoriales. Ce sont les couleurs jaunâtre, gris, marron, ventre de biche et les nuances qui en dérivent.
- Fabrication. Les substances désignées sous le nom d’orseille doivent, pour produire une plus grande vivacité de nuances, être époussetées et triées afin d’en extraire les matières étrangères.
- Cette orseille, en nature, est ensuite mise dans une chaudière contenant de l’eau dans laquelle on a fait dissoudre 12 à 15 kilog. de chaux grasse par 300 ou 400 litres; on ajoute de 2 à 4 kilog. de sel de soude par 100 kilog. d’orseille en nature, on chauffe à feu nu ou à vapeur, et, dès que le liquide est arrivé à l’ébullition, on y introduit les étoffes qu’on veut teindre, on laisse bouillir plus ou moins longtemps suivant qu’on désire des nuances plus ou moins foncées; après quoi on les retire, on les lave, puis on les place dans une cuve contenant du bouillon en quantité suffisante pour les humecter, en ayant soin de porter et de maintenir la cuve à une température située entre 20 et 40°.
- Après avoir laissé légèrement refroidir la cuve, on y verse de 15 à 30 kilog. d’alcali par 100 kilog. d’orseille employée. On agite, on ferme la cuve, on chauffe et on remue quatre ou cinq fois par jour, jusqu’à ce qu’on ait obtenu la teinte désirée. On obtient ainsi toutes les nuances indiquées ci-dessus, la plus foncée demandant plus de temps que les plus claires; le brun foncé demande sept à huit jours.
- Voici les couleurs pour l’impression :
- On prend un bain obtenu de la même manière que pour la teinture, on réduit sous forme d’extrait, que l’on emploie ensuite de la manière ordinaire.
- Pour les couleurs qui ne supportent pas la chaux, on fait bouillir l’orseille dans de l’eau ordinaire, et on agit sur le bouillon ainsi qu’il a déjà été dit.
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- PRODUITS CHIMIQUES.
- L’imprimeur qui se servira des couleurs ainsi préparées devra, après l’application de celles-ci et après les avoir passées à la vapeur, les remonter par l’alcali, ce qui donnera des tons de couleurs différentes suivant la force de l’extrait employé. (Brevets d’invention, t. XV, p. 222,20 décembre 1849.)
- SOUDURE.
- SOUDURE DE CUIVRE ROUGE; par M. DOMINGO.
- L’inventeur a cherché un alliage dont on puisse se servir pour braser le cuivre rouge, ayant la même couleur que ce métal et permettant de se passer du concours du borax actuellement employé. Le métal qu’il a obtenu peut être limé et forgé ; il est très-fusible et se prépare avec le plomb et le cuivre employés dans les proportions suivantes :
- 100 parties de cuivre et 25 parties de plomb donnent un alliage d’assez belle couleur rouge. Il est fusible, solide et tendre. Avec 100 parties de cuivre et 20 parties de plomb, on obtient un métal très-solide, fusible, d’un rouge brillant. Avec 16 ou 18 parties de plomb sur 100 parties de cuivre, l’alliage possède des propriétés à peu près analogues.
- Pour obtenir une bonne soudure de cuivre rouge, il faut employer 1 kilog. de cuivre rouge sur 200 gr. de plomb. On fait fondre le cuivre dans un creuset, on y projette, de temps à autre, une petite quantité de tartre pour contribuer à la ductilité; on ajoute le plomb au moment du coulage, on brasse pour rendre l’alliage homogène et on verse dans une lingotière. On réduit ensuite cette soudure en grenailles par les procédés usités pour la soudure de cuivre jaune actuellement en usage. (Brevets d’invention, t. XVI, p. 336, 9 avril 1850.)
- PRODUITS CHIMIQUES.
- NOUVEAU PROCÉDÉ DE FABRICATION DU SULFATE DE SOUDE ET DES ACIDES CHLORHYDRIQUE ET NITRIQUE; par MM. PELOUZE ET KUHLMANN.
- Le prix, souvent très-élevé, de l’acide sulfurique nous a conduits à essayer de substituer à cet acide, dans la décomposition des chlorures et des nitrates, les sulfates susceptibles d’abandonner, dans des conditions données, leur acide, qui, dès lors, agit de la même manière que s’il était libre.
- Notre brevet s’applique plus particulièrement à la décomposition des chlorures et des nitrates par des magmas d’alun, ou directement par des schistes pyriteux qui ont subi l’action de l’air ou du grillage.
- Pour éviter que l’acide chlorhydrique ne soit mêlé d’acide sulfureux et qu’une partie
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- de l’acide nitrique ne soit transformée en acide hyponitrique, il convient de peroxyder le fer du sulfate.
- Pour fabriquer l’acide chlorhydrique, nous faisons réagir les sulfates d’alumine et de fer, isolés ou mélangés, naturels et artificiels, sur les chlorures, et principalement sur le sel marin, le chlorure de potassium, le chlorure de manganèse, résidu de la fabrication du chlore, ou sur le chlorure de magnésium ou de calcium. La décomposition a lieu à une température peu élevée, voisine du rouge obscur ; pour la rendre complète, nous l’effectuons sous l’influence de la vapeur d’eau. Nous faisons également intervenir l’action de l’eau dans la décomposition des nitrates.
- Lorsque notre procédé est appliqué à la décomposition du sel marin, il fournit du sulfate de soude; mêlé d’alumine et de sexquioxyde de fer, on le sépare de ces oxydes par l’intermédiaire de l’eau, ou bien on emploie directement le résidu même à la fabrication de la soude artificielle.
- Notre procédé ayant pour base l’application, à l’industrie, du fait très-remarquable de la facile décomposition des chlorures et des nitrates par certains sulfates sous l’influence de l’eau, nous croyons inutile de décrire aucun des appareils propres à sa mise en exécution. (Brevets d’invention, t. XVI, p. 321, 11 avril 1850.)
- BARYTE.
- SUR DIVERSES APPLICATIONS DES SULFATES DE BARYTE ET DE STRONTIANE ;
- par M. ASSELIN.
- Ces applications doivent être faites avec des sulfates purs et à l’état de division atomique ; elles excluent donc l’emploi des sulfates naturels, toujours impurs et souvent mélangés d’oxydes métalliques et de matières étrangères qui produisent des colorations fâcheuses. Les applications mentionnées dans le brevet sont
- 1° L’emploi à l’état isolé ou à l’état de mélange avec l’oxyde de zinc pour l’apprêt des tissus de coton ou de lin ;
- 2° L’application, dans la peinture à l’huile ou à la colle, de l’espèce de céruse formée d’oxyde de zinc et de sulfate de baryte précipité ;
- 3° L’emploi comme blanc inaltérable pour les papiers peints et comme blanc d’application sur les indiennes ou toiles peintes;
- 4° L’emploi comme corps fixe pour laques, et en général pour toutes les couleurs à l’eau;
- 5° L’application à la fabrique de papier et à celle de la céruse, carbonate de plomb, où le sulfate de baryte décomposé et régénéré remplace, avec un avantage signalé, la poudre du sulfate naturel employé, jusqu’à ce jour, dans ces deux industries.
- Le procédé suivi par l’auteur pour obtenir le sulfate à l’état de précipité permet d’obtenir, en même temps, un oxyde métallique. Sur la sole d’un fourneau à réverbère et dans un creuset on chauffe un mélange, à équivalents égaux, de sulfate natif pulvé-
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- BARYTE.
- risé et de chlorure de calcium ; on y ajoute 4 pour 100 de charbon de bois pulvérisé. Quand le mélange est chaud, on le fait tomber dans un creuset qui se trouve entre la sole et la grille du foyer; on chauffe jusqu’au rouge et on remue, au moyen d’un ringard, jusqu’à parfaite décomposition ; on retire cette masse du creuset au moyen d’une cuiller, et on la remplace par un autre mélange placé d’avance sur la sole qui est au-dessus du creuset. On fait dissoudre le produit dans l’eau bouillante et on le décante ; la liqueur limpide contient du chlorure de barium.
- La dissolution de chlorure de barium est mise en contact avec une quantité suffisante de sulfate métallique dont on veut avoir l’oxyde; par cette seconde réaction, on obtient le sulfate de baryte à l’état de précipité. Le bain surnageant contient le chlorure métallique ; on le décompose par un lait de chaux ajouté peu à peu, puis on jette sur un filtre; on lave et on fait sécher; ensuite, par l’évaporation du bain restant, on obtient du chlorure de chaux qui sert à de nouvelles décompositions de sulfate de baryte naturel.
- Cette seule opération fournit donc du sulfate de baryte précipité, l’oxyde métallique dont on a employé le sulfate, et on retrouve le chlorure de calcium primitivement employé.
- Par le procédé suivant, on obtient un oxyde alcalin en même temps que du sulfate de baryte. On calcine, dans un four double, le sulfate de baryte ou de strontiane pulvérisé et mêlé avec 20 pour 100 de charbon de bois ou 35 pour 100 de houille fine ; on remue au moyen d’un ringard et on chauffe au rouge vif jusqu’à décomposition convenable. Le four employé dans cette opération est à deux soles, il permet de décomposer à vase ouvert et d’éviter la manutention des briquettes. On peut aussi, de cette manière, titrer la masse en travail et s’assurer du progrès de la décomposition ; quand celle-ci est arrivée au point convenable, on retire les produits, et on les remplace par la charge mise préalablement sur la seconde sole et qui s’est échauffée par la chaleur perdue de la décomposition opérée sur la première. On a toujours soin d’opérer dans une atmosphère réductrice; à cet effet, la grille du four est disposée de manière à être descendue pour recevoir une épaisseur de 50 à 60 centimètres de charbon. L’air, passant à travers cette masse incandescente, se dépouille de son oxygène et ne peut plus réagir sur les matériaux en œuvre.
- Le sulfure de barium obtenu par cette décomposition est dissous dans l’eau bouillante; le dépôt qui se précipite se compose de charbon, de silice, des oxydes métalliques contenus dans la poudre, ainsi que de la baryte qui a échappé à la décomposition. La dissolution de sulfure de barium est décantée avec l’un des oxydes soit de zinc, de fer ou de cuivre produit dans la première opération. Le résultat est un précipité de sulfure métallique et une dissolution de baryte. Le sulfure peut être ramené à l’état d’oxyde par un léger grillage à l’air, ou être régénéré en sulfate par l’exposition à l’air humide. L’hydrate de baryte peut être appliqué à la décomposition d’un sulfate, tel que le sulfate de zinc, ce qui fournit un mélange, à équivalents égaux, de sulfate de baryte et de blanc de zinc. ( Brevets d’invention, t. XVI, p. 342, 15 février 1850. )
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- HUILES A GRAISSER.
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- FONDANTS.
- SUR UN NOUVEAU FONDANT BORACIQUE; par M. CLOUET.
- Pour remédier aux inconvénients inhérents au borax ordinaire ( borate de soude ) employé comme fondant dans la verrerie et la cristallerie fines, M. Clouet emploie du borate de potasse qu’il prépare de la manière suivante : on fait dissoudre dans l’eau 400 parties d’acide borique qu’on sature par 120 parties de carbonate de potasse du commerce dite potasse perlasse. On décante la liqueur pour séparer les sels étrangers en majeure partie formés de sulfate de chaux et de sulfate de potasse ; on concentre la liqueur jusqu’à consistance sirupeuse, et on laisse le sel se dessécher spontanément à l’étuve.
- S’il s’agit de préparer du sous-borate de potasse, on double la quantité de potasse pour la même quantité d’acide, et on opère de même pour le surplus.
- L’inventeur prépare, en outre, un borate double à base de potasse et de soude, auquel il reconnaît des qualités spéciales : pour l’obtenir, il commence par préparer du borate de potasse ainsi qu’il a été dit, puis, avant de le porter à l’étuve, il y incorpore une quantité de carbonate de soude égale à celle de la potasse employée pour faire le sel neutre; lorsque le mélange est intime, il le porte à l’étuve, comme cela se pratique pour le borate de potasse. ( Brevets d’invention, t. XVI, p. 337, 10 avril 1850.)
- HUILES A GRAISSER.
- FABRICATION D’UNE HUILE A GRAISSER LES MACHINES; par M. LIARD.
- Cette huile est employée sous le nom d’huile de sève; elle se compose d’huile de colza et de caoutchouc dans la proportion de 200 gr. de caoutchouc par kilogramme d’huile. On opère la dissolution du caoutchouc en faisant bouillir l’huile; mais, comme cette dernière ne bout qu’à 280°, il arrive qu’elle se carbonise en partie à cause de la haute température qu’on est obligé de donner aux parois de la chaudière : le produit s’épaissit alors et devient peu marchand. Un procédé plus pratique est donc le suivant : le caoutchouc, réduit en petits fragments, est mis en macération dans l’huile pendant quatre ou cinq jours; ensuite cette huile est portée à la température d’environ 120° : le caoutchouc se dissout complètement, et on obtient une huile qui devient parfaitement limpide par la filtration.
- Par ce procédé, on peut saturer complètement l’huile avec le caoutchouc et s’en servir ensuite pour préparer de l’huile de sève en l’étendant d’une suffisante quantité d’huile de colza.
- Cette huile est destinée à remplacer l’huile de pied de bœuf pour la lubréfaction des pièces frottantes des machines; n’étant pas siccative, elle conserve longtemps sa fluidité.
- L’huile pour l’horlogerie se fabrique avec de l’huile d’olive.
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- PAPIER.
- En augmentant la dose de caoutchouc, l’huile devient éminemment protectrice pour les matières qui sont exposées à l’eau et à l’air.
- Les fers, les aciers, les tôles qui doivent être emmagasinés ou transportés à de grandes distances, les câbles en fil de fer, etc., peuvent être préservés de l’oxydation au moyen d’une couche d’huile de sève.
- L’auteur a encore observé qu’on peut épurer l’huile pour lampe au moyen du caoutchouc en en employant 50 gr. par kilog. ; il trouve que le caoutchouc dissous augmente environ d’un cinquième le pouvoir éclairant de l’huile. ( Brevets d’invention, t. XVI, p. 6, 28 août 1849. )
- SUCRE.
- EMPLOI DES SILICATES DANS LA FABRICATION DU SUCRE; par M. PEUTIN.
- L’auteur s’est proposé de précipiter tout ou la majeure partie des substances tenues en dissolution dans les jus sucrés, et de n’y conserver que le sucre. Dans ce but, il emploie du silicate de potasse ou de soude, qu’il ajoute, dans des proportions convenables, aux sucs déféqués ou non. Il trouve que les sucs saccharifères ainsi traités se conservent plus longtemps que les sucs déféqués par les procédés ordinaires. ( Brevets d’invention, t. XV, p. 16, 23 novembre 1849. )
- PAPIER.
- FABRICATION DES PAPIERS VELOUTÉS ; par M. DELICOURT.
- Quelques étoffes, par la combinaison de la trame et de la chaîne, produisent des tons différents, suivant qu’elles sont regardées sous un jour ou sous un autre. L’inventeur a cherché à produire cet effet sur les papiers veloutés, et on peut arriver à ce résultat en inclinant la laine, dont on saupoudre la surface du papier, tantôt dans un sens, tantôt dans un autre. Pour cela, on passe légèrement une brosse sur la poudre de laine quand elle n’est pas encore bien adhérente.
- Il faut que le mordant ordinaire ne soit pas complètement sec, sans quoi on ne pourrait pas coucher les filaments secs et courts de la laine; il ne faut pas non plus que l’opération se fasse trop tôt, sans quoi la laine se détacherait.
- Après cette première couche, on en applique une deuxième en inclinant dans un autre sens.
- Si, au lieu d’incliner tous les filaments d’une même couche dans une même direction, on n’en incline qu’une partie, on obtiendra deux nuances, savoir une nuance claire dans la partie inclinée et un effet mat dans celle qui est restée droite. On peut varier tous ces effets à l’infini. (Brevets d’invention, t. XV, p. 296, 25 janvier 1850.)
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- MINERAIS DE FER.
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- MINERAIS DE FER.
- DE L’EMPLOI DU SEL MARIN DANS LE TRAITEMENT DES PYRITES DE FER; par M. MOSÈS POOLE.
- L’auteur a cherché à retirer utilement des minerais de fer tout le soufre qu’ils contiennent, en les traitant d’une façon spéciale par le chlorure de sodium. L’emploi de cette dernière substance est depuis longtemps usité dans l’industrie métallurgique, surtout dans le traitement des minerais sulfurés argentifères; mais les proportions de sel employées par l’inventeur, la bonne disposition de ses fours lui permettent d’obtenir, dans ses opérations, des résultats nouveaux, par suite de la transformation presque totale du soufre en sulfate de soude.
- Dans ce procédé, l’on doit d’abord se rendre compte de la quantité de soufre contenue dans le minerai que l’on veut mettre en travail, puis, une fois cette quantité connue, le mélanger avec du sel marin à la dose de 150 pour 100 du poids du soufre. L’opération doit être menée doucement; il faut appliquer au mélange une chaleur graduée; pour y parvenir aisément, on emploie un fourneau d’une longueur de 20 mètres, dont la sole n’est pas plane, mais composée de quatre soles égales en longueur et disposées à la suite, chacune étant un peu plus élevée que celle qui la précède ; la plus basse est celle qui est placée le plus près du foyer. On peut, au moyen de cette disposition, placer le mélange d’abord sur la sole la plus élevée, c’est-à-dire la plus éloignée du foyer, puis, au moyen d’ouvertures latérales, et lorsque le travail paraît arrivé à un point convenable, le faire tomber sur la deuxième sole, où il reçoit une chaleur plus élevée, et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’il arrive sur la dernière, où il est alors soumis à une chaleur considérable. Les ouvertures latérales servent, en outre, à brasser la masse au moyen de ringards en fer.
- C’est seulement en employant des quantités de sel aussi considérables que celles indiquées plus haut, que l’on parvient à enlever aux pyrites ou autres minerais sulfurés la totalité, ou à peu près, du soufre qu’ils contiennent. Le sel doit être employé sec; on l’amène aisément à cet état en le disposant près des tuyaux par où s’écoule la chaleur perdue du fourneau.
- On retire, environ toutes les vingt-quatre heures, une charge du lit qui est sur le devant, l’on fait descendre chacune des trois autres sur le lit qui les précède, l’on dispose une nouvelle charge à l’extrémité, et ainsi de suite au fur et à mesure.
- Le résidu de l’opération se compose surtout d’oxyde de fer et de sulfate de soude. On lessive cette masse, et l’on utilise immédiatement les eaux qui en résultent pour la fabrication de la soude, sans avoir besoin de les concentrer préalablement. Pour cela, après en avoir pris la densité, on les fait arriver dans un bac, où l’on a disposé une Tome Ier. — 53e année. 2e série. — Octobre 1854. 77
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- MÉTAUX.
- quantité de chaux vive récemment cuite, correspondante à la dose de sulfate de soude contenue dans ces eaux. La chaux s’éteint, et l’élévation de température qui se produit ainsi volatilise la plus grande partie de l’eau, sans dépense de combustible. On obtient d’ailleurs, par ce moyen, un mélange de sulfate de soude avec son équivalent de chaux, plus parfait que par le procédé ordinaire, consistant à mêler seulement la chaux éteinte avec le sulfate de soude sec en poudre.
- Le mélange de sulfate de soude avec la chaux, traité par un carbonate, avant de le placer sur la sole du fourneau, se trouve dans l’état ordinaire dans lequel il est employé.
- Quant aux oxydes de fer, résidus de la lévigation, ils sont traités ensuite par les méthodes habituelles, et fournissent du fer de très-bonne qualité. ( Brevets d'invention, tome LXXXI. )
- MÉTAUX.
- NOUVEAU PROCÉDÉ DE FABRICATION DE L’ACIER', par M. BREMME.
- L’acier, qui est un composé de fer et de carbone, prend différents noms suivant les procédés qui ont servi à le préparer. Ainsi on distingue
- 1° L’acier naturel, retiré directement des minerais;
- 2° L’acier de forge, obtenu par l’affinage partiel de la fonte;
- 3° L’acier de cémentation, préparé par la cémentation du fer forgé;
- 4° L’acier fondu, provenant de la fusion de l’un des aciers ci-dessus.
- L’acier naturel s’obtient, dans les forges catalanes, par le traitement de certains minerais en roche, purs, riches et fusibles. L’acier de forge provient de fontes grises ou blanches affinées, produites avec des minerais spalhiques, manganésifères, à l’aide des diverses méthodes appelées, suivant les localités, méthodes de l’Isère, de la Thuringe, de la Westphalie, de la Styrie, de la Carinthie. Dans ces méthodes, la charge de fonte sc fait avec des scories plus ou moins riches, et l’affinage s’obtient par la réaction des scories sur la fonte et dans les fourneaux à insufflation d’air.
- L’acier de cémentation s’obtient par la carburation du fer de forge, sous l’influence prolongée d’une haute température, au contact du charbon de bois.
- L’acier fondu est fabriqué avec l’acier de forge ou l’acier corroyé, fondu dans un fourneau à courant naturel.
- La présente invention a pour objet de fabriquer de l’acier avec de la fonte brute dans le fourneau à réverbère ou à puddler.
- Le puddlage, travail qui s’exécute dans les fourneaux à réverbère, est l’affinage proprement dit, ou l’opération par laquelle on convertit la fonte en fer ductile. Dans le
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- procédé ordinaire, cette opération consiste à faire fondre la fonte sur la sole du four, à l’air libre, et à brasser, avec des scories riches, à la flamme oxydante, pour lui enlever une grande partie de son carbone. Le produit est une loupe que l’on soumet à des corroyages successifs pour produire le fer marchand.
- Pour fabriquer directement de l’acier avec de la fonte brute, mélangée ou non avec du fer forgé, l’inventeur procède de la même manière que pour le puddlage du fer, avec la précaution, toutefois, de n’élever la chaleur que peu à peu et lentement, jusqu’à ce que la masse soit fondue ou arrivée à l’état fluide. A cette température, le carbone, lié mécaniquement avec la fonte brute, se sépare, comme on le reconnaît au rebouilli de la masse fondue qui donne des étincelles bleues. Alors on augmente la chaleur en continuant les manipulations du puddlage jusqu’à ce que la masse, arrivée à un état de rebouilli plus intense , s’élève dans le four et pousse des flammes pointues ou bleues, lesquelles proviennent du carbone lié chimiquement dans la fonte brute et volatilisé à l’état d’oxyde de carbone.
- Au bout de cinq ou dix minutes, il se forme de petits grains dans la masse en fusion, et c’est alors qu’il y a de l’acier fondu, mais non encore corroyable. A ce moment, on attise le feu, et on ferme les registres du four pour interrompre le courant d’air dans la cheminée, puis on observe la formation de la masse jusqu’au moment où les grains commencent à se réunir en balles ; alors l’acier est arrivé à l’état corroyable, et on le forme sous le marteau ou par le laminage.
- Dans le cas où l’ouvrier, négligeant l’opération, aurait laissé échapper le moment précis, de sorte que la masse serait trop ferrugineuse, on ajoute une certaine quantité de fonte brute, variable suivant l’état de la masse, puis on remue et on mélange le tout ensemble. Le carbone de la fonte se répand dans la masse et la ramène à l’état d’acier.
- On admet, en chimie, que le charbon se trouve sous deux états dans l’acier : à l’état de mélange et à l’état de combinaison ; par un traitement convenable, ces deux espèces de charbon peuvent être séparées de la fonte, le charbon simplement mélangé avec le fer qui se sépare le premier. Ainsi, au rouge et dans un four à puddler, le charbon allié mécaniquement se sépare ; ce qui reste est une combinaison chimique de fer et de charbon qui se détruit à son tour et donne du fer malléable en puddlant la fonte à la chaleur blanche.
- Ces faits s’appliquent de diverses manières, soit dans un four à puddler, soit par adoucissage.
- Voici comment l’inventeur traite la fonte dans le four à puddler :
- La fonte est soumise à une forte chaleur, on ajoute des scories provenant des laminoirs ou des marteaux à cingler les loupes; ensuite on traite la masse comme pour la fabrication du fer à cassure grenue. Le charbon, lié mécaniquement, s’oxyde et se dégage en flammes bleuâtres de la masse fondue, laquelle s’élève peu à peu dans le four au point que souvent les laitiers s’écoulent par la porte de travail. A ce moment, les flammes bleues diminuent, et le fer ou plutôt l’acier se fait voir en petits grains à la surface de la matière fondue.
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- Le puddleur a maintenant surtout à observer que la chaleur ne dépasse pas le rouge clair, et que l’acier qui ne se trouve plus sous la couche de laitiers soit à l’abri du courant d’air; à cet effet, il ferme presque entièrement le registre de la cheminée. On commence à former les loupes tout en tenant la masse métallique autant que possible sous le laitier; chaque loupe doit être défournée immédiatement après sa formation et transportée sous le marteau à cingler.
- Si l’on voulait produire du fer, au lieu de fermer le registre dans le moment où les petits grains se montrent à la surface des laitiers, on exposerait plutôt la masse au courant d’air en la remuant; on pousserait la chaleur au blanc soudant, et on ferait des loupes qui, pour être soudées, resteraient encore quelques minutes au four avant d’être cinglées.
- Les fontes destinées à la fabrication de l’acier doivent être aussi pures que possible. Pour éloigner le silicium qui s’y trouve souvent en assez grande quantité, on jette de l’argile pure et pulvérisée dans le four au moment où la fonte commence à se liquéfier. Le soufre est chassé au moyen du sel marin.
- Fabrication de l’acier par adoucissage de la fonte ou d’un mélange de fer et de fonte.
- 1° Adoucissage avec de l’argile. Des plaques de fer et de fonte, de 7 à 20 millimètres d’épaisseur, sont enduites d’argile réfractaire un peu mouillée et empilées dans un grand four à réverbère de manière que les surfaces des plaques soient bien exposées à la flamme. Suivant l’épaisseur des plaques, celles-ci resteront chauffées au rouge pendant vingt-quatre à soixante heures; pendant ce temps, on retire quelques barres d’essai du four pour voir si le changement du fer et de la fonte en acier s’est opéré dans toute la masse. Lorsque l’acier a un degré de dureté convenable, on refroidit le four et on forge ensuite les plaques en barres.
- 2° Adoucissage à l’air. Des plaques de fonte ou de fonte et de fer, telles qu’elles sont décrites plus haut, seront empilées dans un four cylindrique en briques réfractaires, que l’on ferme ensuite des deux côtés par des carreaux de pierres réfractaires. Par ces carreaux on passe des tuyaux en fer de 27 à 51 millimètres de diamètre intérieur ; un de ces tuyaux est dirigé en haut, l’autre en bas, et chacun d’eux est muni d’un registre qui ferme exactement le tuyau.
- Lorsque le cylindre est ainsi préparé, on commence à le chauffer jusqu’à ce que les plaques soient portées à la chaleur rouge ; arrivé à ce point, on ouvre les tuyaux pour établir un courant d’air facile à régler et que l’on entretient jusqu’à ce qu’on ne voie plus pousser de flammes bleues d’oxyde de carbone. Alors on fait refroidir le four; l’acier est prêt à être forgé. ( Description des brevets, t. XVI, p. 20. )
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- CHAUX HYDRAULIQUES.
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- CHAUX HYDRAULIQUES.
- CONVERSION EN CHAUX DE SABLES CALCAIRES MARINS; par M. HOSLIN.
- On emploie , sur le littoral de la Bretagne, comme engrais, à l’état naturel, des sables calcaires formés de menus débris de madrépores ou polypiers, affectant la forme de petits coraux.
- L’auteur, ayant fait l’analyse de plusieurs de ces sables, a reconnu qu’ils renfermaient, dans des proportions convenables, toutes les parties constitutives des chaux éminemment hydrauliques; il est parvenu à obtenir leur conversion en chaux par le procédé suivant.
- La grande difficulté de cuisson était le passage de l’air nécessaire à la combustion à travers des matériaux de dimensions aussi exiguës que ces coraux qui n’ont que quelques millimètres de longueur, et la nécessité de rapprocher le plus possible le combustible du calcaire pour n’avoir qu’une faible perte de chaleur. A cet effet, l’auteur a établi dans la construction de son four un foyer inférieur où l’on allume un feu de bois sec et bien flambant. Au-dessus est disposé un grillage formé de barreaux mobiles, espacés seulement de 3 à 4 millim. Au centre du four se trouve un tuyau vertical percé, sur toute sa longueur, de petits trous semblables à ceux des pommes d’arrosoir ; il est ouvert à sa partie inférieure et fermé en dessus. Ce tuyau est destiné à faire passer dans toutes les couches une quantité d’air suffisante pour permettre la combustion de la houille, qui ne pourrait pas s’opérer sans cette précaution à cause de la ténuité des matières calcaires. Pour les transformer en chaux, on recouvre le grillage d’une couche de houille qui s’allume au moyen de la flamme du foyer inférieur. Quand elle est bien embrasée, on répand dessus une couche de sable, puis une seconde couche de houille recouverte d’une nouvelle couche de calcaire, et ainsi de suite jusqu’à ce que les diverses couches soient toutes allumées et que le four soit plein.
- Quand la première couche est froide, ce qui indique que le combustible est entièrement consumé, on retire successivement les barreaux, et l’on fait tomber le sable cuit jusqu’à ce que le feu apparaisse. On remplit, par en haut, le four d’une nouvelle couche de combustible et de sable, et l’on continue ainsi indéfiniment.
- La chaux obtenue de cette manière jouit de propriétés éminemment hydrauliques ; elle est maigre, ne fuse que plusieurs heures après l’extinction par aspersion, pèse environ 40 pour 100 de moins que le sable, et se réduit d’un cinquième du volume primitif. En la mêlant avec un volume de sable égal au sien et en mettant le mortier sous l’eau, on ne peut plus, au bout de douze heures, le faire céder à la pression du doigt. La cendre de houille qui se trouve mélangée avec la chaux augmente son hy-daulicité et son énergie fertilisante pour les terres. ( Brevets d’invention, tome XYI, 24 décembre 1849. )
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- ESSENCES.
- ESSENCES.
- PROCÉDÉ D’EXTRACTION ET ü’ÉPURATION DES ESSENCES, DES HUILES ESSENTIELLES, ET DE TOUTES LES SUBSTANCES VOLATILES , PAR L’EMPLOI DE LA VAPEUR d'EAÜ ;
- PAR M. VIOLETTE.
- Ce procédé consiste à faire traverser la matière qui contient la substance volatile, par un courant de vapeur d’eau très-divisé ; la vapeur, agissant à la fois comme agent calorifique et comme agent mécanique, enlève la substance volatile et va se condenser avec elle dans un réfrigérant voisin. Ce procédé d’extraction convient au traitement des térébenthines, goudrons naturels, goudrons provenant de la carbonisation d’un combustible quelconque, baume, pétrole, naphte, asphalte, bitume ; en un mot, à toutes les matières dans lesquelles la substance volatile est mélangée.
- Ce procédé convient également à l’épuration, par distillation, des substances volatiles impures, en les séparant, avec promptitude et facilité, des matières étrangères qui les souillent.
- Ce double procédé d’extraction et d’épuration s’opère soit avec de la vapeur d’eau ordinaire à la température de 100° centig., lorsque la matière qui contient la substance volatile la laisse facilement échapper, comme la plante odorante, ou lorsque la matière qui contient en mélange la substance volatile est liquide, comme le coaltar, ou lorsque ladite matière peut se liquéfier à cette température, comme un bitume ; soit avec de la vapeur d’eau surchauffée , lorsque ladite matière exige une température supérieure à 100° pour se fondre, ou lorsque la substance volatile se volatilise plus facilement et plus abondamment à cette température.
- L’emploi de la vapeur d’eau surchauffée convient également au traitement des matières qui ne contiennent pas la substance volatile à l’état de mélange, mais qui, sous l’influence d’une chaleur plus élevée , échangent et combinent à nouveau leurs éléments moléculaires, de manière à former de nouvelles substances volatiles, comme il arrive dans la distillation sèche des résines, du caoutchouc et de tous les combustibles'; dans ce cas, la vapeur d’eau entraîne la substance volatile au fur et à mesure de sa formation. L’auteur entend par vapeur d’eau surchauffée celle qui, au sortir du générateur, circule dans l’intérieur d’un serpentin métallique chauffé par un foyer spécial, et s’y échauffe au degré voulu par l’effet à produire ultérieurement.
- En parlant de substances volatiles qui ne se volatilisent qu’à une température supérieure à 106° centig., l’auteur a voulu désigner le mercure, qui n’entre en ébullition qu’à 350° environ ; plongé dans un courant de vapeur surchauffé un peu au delà de cette température, ce métal se volatilise , môle ses vapeurs avec celles de l’eau, et se condense avec elles dans un réfrigérant.
- Le procédé de distillation permet de purifier le mercure et de le séparer de tout amalgame naturel ou artificiel et de tout mélange d’une nature quelconque.
- L’appareil de distillation se compose d’un récipient bien clos en fonte ou en fer, con-
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- PlSClCULÏURE.
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- tenant le vase ouvert dans lequel est déposé lë mercure, son amalgamé où son mélange; un serpentin en métal, chauffé par un foyer particulier ou par celui d’une chaudière à vapeur, communique d’une part avec cette chaudière, et d’autre part avec le récipient. La vapeur d’ëau engendrée par la chaudière, entre et circule dans le récipient, s’y échauffe au degré convenable, pénètre dans le récipient, enveloppe le vase, immerge le métal en laissant sa surface découverte, l’échauffe, détermine par distillation la formation des vapeurs mercurielles, les entraîne avec elle en sortant par une extrémité du récipient, et va se condenser avec elles dans un réfrigérant voisin. {Brevets d’invention, t. XVI, 2 mai 1849 )
- PISCICULTURE.
- suù Les fécondations naturelles des œufs de poisson; par m. millet.
- L’auteur, après avoir étudié les habitudes et les mœurs des poissons , a cherché à déterminer les meilleurs moyens de repeupler les eaux en bonnes espèces comestibles. Pendant cinq années il a fait de nombreuses expériences sur les fécondations artificielles appliquées à l’élève des poissons; il a recherché, en même temps, s’il ne serait pas possible d’obtenir des résultats au moins aussi satisfaisants en se rapprochant encore davantage des conditions naturelles du frai, de manière à rendre les opérations pïtté simples, plùs économiques et plus sûres.
- Parmi lés diverses espèces de poissons, on distingue 1° celles qui frayent dans les eaux vives ou courantes ; 2° celles qui frayent dans les eaux tranquilles, dormantes ou stagnantes. Dans la première catégorie sont placés les saumons, les truites, les Ombres, etc.; daùs la seconde, les carpes, les tanches, etc.
- Là truité fait un véritable nid au moment dé la ponte ; elle choisit un fit do gros gravier ou de cailloux lavés par des eaux claires et vives ; elle les remue et les nettoie pO'Ür en faire sortir toutes les matières ténues et tous les matériaux étrangers déposés par' l’eau ; puis elle creuse des trous au milieu des cailloux, elle fait écouler ses œufs én se plaçant à une faible distance contré le courant. Au fur et à mesure de la sortie dés œfïfs, le mâle les féconde par quelques gouttes ou jets de laitance ; la truite recouvre ensuite son nid attec les cailloux qu’elle avait déplacés.
- On peut établir des frayères même dans les cours d’èau. Si le lit est garni de gros gravier ou dé cailloux, on utilise ces matériau* sur place ; on se borne alors à les remuer' évéc nne pelle ou un râteau pour en former des tas, des monticules ou de petites digues éri péùte douce. L’établissement de ces frayères ne présente aucune difficulté et n’occasionne qu’une très-faible dépense. Quand le fond de l’eau ne contient pas de matériaux convenables, on y introduit du gros gravier, des cailloux ou des pierres.
- L’établissement de ces frayères artificielles a, parmi beaucoup d’autres avantages, celui de retenir les truites dans les cours d’eau que l’on veut repeupler. Leur efficacité
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- PISCICULTURE.
- est si réelle, que l’auteur a pu faire frayer des truites dans des trous ou des fossés d’anciennes tourbières où l’on avait jeté, avant l’époque ordinaire de la ponte, quelques brouettées de pierres cassées servant à l’empierrement des routes.
- L’ombre-chevalier fraye souvent à des profondeurs considérables.
- Pour le barbeau, le chevenne, le goujon, etc., on forme, dans les endroits où l’eau est courante et peu profonde, des grèves en pente douce, des tas ou des monticules de pierres et de gravier de rivière, en ayant le soin de remuer et de nettoyer ces matériaux à la pelle et au râteau.
- Le chabot et le véron frayent parfaitement dans les mêmes eaux que la truite, surtout dans les fontaines ou les ruisseaux. Le chabot choisit les pierres dont le dessous offre quelques cavités, dans lesquelles il colle ses œufs par petits groupes. Mais il procède toujours à un travail préparatoire, qui consiste à approprier la place où il veut faire son nid ; il creuse alors une galerie ou un couloir qui a une entrée et une sortie. La femelle glisse sous la pierre, se retourne brusquement sur le dos et présente son ventre contre la face de la pierre, où elle dépose une portion de ses œufs, qui s’y collent immédiatement ; le mâle pénètre alors dans le nid, et, par un mouvement semblable à celui de la femelle, il éjacule, en se retournant sur le dos, quelques gouttes de laitance sur les œufs qui viennent d’être pondus. Le chabot garde son nid, et se tient à l’entrée de la galerie pour chasser les animaux nuisibles.
- Pour la carpe, la brème, la tanche, etc., on dispose les frayères dans une eau tranquille et douce que les rayons solaires peuvent porter à une température tiède. La carpe notamment fraye parfaitement dans des mares dont l’eau est complètement stagnante. On peut établir des frayères mobiles à l’aide de fascines ou de clayonnages que l’on pose, à proximité des bords, en plan peu incliné, et que l’on charge de quelques mottes de gazon ou de jonc.
- La perche fraye d’une manière toute spéciale. Ses œufs, soudés les uns aux autres par petits groupes, forment un large ruban. Ce poisson n’a qu’un seul ovaire; il le vide complètement en une seule fois. Dans un grand nombre d’étangs, de lacs et de viviers, on récolte des œufs de perche avec des fagots ou fascines plongés dans l’eau. A l’époque du frai, la perche quitte les cours d’eau et gagne les lieux tranquilles. Pour préparer ces frayères, on met dans l’eau des mottes de joncs ou d’herbes, des fascines ou branchages, ou, mieux encore, on pique sur les rives, à une profondeur de 0m,50 à 1 mètre environ, quelques branches garnies de légers rameaux; des branches de saule, par exemple. Il est toujours facile de recueillir les œufs, car il suffit de soulever les rubans avec un bâton ou une petite fourche.
- Les frayères artificielles appliquées à la ponte de quelques cyprins, notamment de la brème et du gardon, et à celle de la perche, ont été employées, pour le repeuplement des eaux, dans un grand nombre de localités. (Acad, des sciences, 10 juillet 1854.)
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- TANNAGE.
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- TANNAGE.
- NOUVEAU PROCÉDÉ DE TANNAGE; par M. CARRIÈRE.
- Ce procédé, qui a pour objet la prompte infiltration des principes tannants à travers les parties constituantes de la peau, n’exige aucun changement dans les manipulations pratiquées aujourd’hui en tannerie et connues sous les dénominations de lavage, écharnage, débourrage et travail de rivière. Le perfectionnement ne s’applique qu’aux peaux qui ont subi ce dernier travail.
- Au sortir de la rivière, les peaux sont mises dans un bain que la tannerie nomme passement; la base du passement décrit dans ce procédé est un oxyde métallique, notamment l’oxyde de cuivre, qui augmente la puissance d’absorption de la peau au point qu’elle peut être saturée de principes tannants dans l’espace de trois mois, tandis que, par les procédés anciens, elle en demande dix-huit.
- Voici quelques recettes.
- Pour cinq peaux de bœuf :
- 1° Eau en quantité nécessaire pour l’immersion ;
- 2° Excréments de chiens ou fiente de volatiles traitée à l’eau chaude : on prend 20 kilog. de ces matières supposées à l’état sec ;
- 3° Oxyde de cuivre, 1,500 gr.
- Les peaux sont mises dans ce passement, dont la durée est de cinq jours.
- Pour cinq peaux de vaches :
- 1° Eau en quantité suffisante;
- 2° Excréments ou fiente, 18 kilog.;
- 3° Oxyde de cuivre, 1,325 gr.
- Durée du passement, quatre jours.
- Pour quinze peaux de veaux :
- 1° Eau en quantité suffisante ;
- 2° Excréments ou fiente, 18 kilog.;
- 3° Oxyde de cuivre, 1,200 gr.
- Durée du passement, trois jours.
- Les peaux doivent être fréquemment remuées, afin de renouveler les points de contact. Au sortir du passement, les peaux seront rincées et mises dans un second passe-
- ment ainsi composé :
- PEAUX DE
- BOEUFS. VACHES. VEAUX.
- Eau. .... Acide sulfurique à 66° Quantité suffisante. 10 centilitres par 100 litres d’eau. Quantité suffisante. 8 centilitres par 100 litres d’eau. Quantité suffisante. 6 centilitres par 100 litres d’eau.
- La durée de ces passements est de vingt-quatre heures; après quoi, on rince à l’eau Tome Ier. — 53* armée. 2e série. — Octobre 1854. 78
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- TfelftTÜftÉ.
- êio
- fraîche et on remet dans un nouveau passement dont la composition et la durée sont exactement les mêmes que les précédents $ puis elles sont de nouveau rincées et égouttées.
- Les peaux ont atORâ §Ubi toutes les préparations nécessaires, éft peuvent être traitées par les procédés suivis dans toutes les tanneries, et dont la série commence par la mise en couleur et continue pàf les refaisages, qui peuvent êtte acidulés.
- Enfin, après les refaisages, vient la taise en fosses jusqu’à parfaite saturation. ( Brevets d’invention, t. XIII, p. 336 , 8 août 1848. )
- TEINTURE.
- application et fixation des couléürs insoluPi.es; par to. pâraf.
- On prend du gluten que Ton traite par de la potasse ou de la soude ; le gluten se liquéfie et se divise en deux parties, l’une liquide et l’autre en flocons. On y ajoute de l’eau froide, on y mélange la couleur réduite en poudre fine, et on applique ce mélange sur les corps qui doivent le recevoir soit avec la forme, la planehe, le rouleau, la brosse, ou tout autre instrument ou machine.
- Quand la couche de gluten est à peu près sèche, les tissus Recouverts du mélange sont soumis à l’action de la vapeur d’eau, dont le calorique coagule le gluten en faisant adhérer sur les corps la matière colorante qui s’y trouve mêlée.
- Le gluten et l’albumine étant, à l’état coagulé, insolubles dans l’eau ordinaire et dans les eaux de savon, la fixation se trouve complète, comme elle l’est aujourd’hui pour l’albumine animale.
- Pour mettre cette matière dans le commerce ou pour la conserver, on la dessèche à l’étuve à 39 ou 40° de chaleur. Le gluten sec, avant tout traitement paF les acides ou les alcalis, est pilé et alors seulement il est délayé dans l’eau et traité ainsi qu’on l’a dit.
- Comme le gluten ainsi préparé se coagule à la manière de l’albumine, l’inventeur se réserve de l’appliquer aux usages auxquels l'albumine est propre; ainsi il s’en sert pour la clarification des sucres, des acides stéariques, des boissons telles que vin,- cidre, bière, etc.; il l’emploie pour l’apprêt des étoffes. Il le mêle d’une substance blanche destinée à remplir les mailles du tissu, ou d’une substance colorée, pour donner au tissu une couleur en même temps qu’un apprêt. ( Brevets d’inventéorty t. XIII, p. 354, 16 octobre 1848. )
- TEINTURE EN BLEU SANS INDIGO; par M. RYDIN.
- Pour obtenir une belle couleur bleue, bon teint, sur coton ou sur fil, il faut employer, comme mordant, l’oxyde de chrome- dissous datas un acide, oU bien de l’alun
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- ACIDE STÉARIQUE.
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- de chrome. Pour teindre 15 kilog. de coton, par exemple, on prend autant de sel de chrome qu’on en a obtenu, par la réduction, de 5 grammes de bichromate de potasse employé comme matière première, et on le met dans une décoction de 15 kil. de bois de campêche ou de bois d’Inde.
- La teinture peut se faire en une seule opération, en mettant ensemble !e sel de chrome, le bois et le coton, et en chauffant le tout; ou bien, on peut faire mordre le coton dans le sel de chrome, à chaud ou à froid, et le mettre dans le bain de bois de campêche, jusqu’à ce qu’on ait obtenu la couleur désirée.
- Le fil se teint de la même manière, mais avec moins de matières tinctoriales ; on peut, en faisant varier les proportions de ces matières et en les diminuant, obtenir des nuances très-délicates de gris, de lilas et d’agate. (Brevets d’invention, t. XIII, p. 127, 13 janvier 1848.}
- ACIDE STÉARIQUE.
- FABRICATION DE L’ACIDE STÉARIQUE; par M. DELAPCHIER.
- La principale innovation qui se trouve dans ce brevet consiste dans la substitution des vases clos aux cuves ouvertes, dans lesquelles se faisait, jusqu’ici, Fopération de la saponification, celle de la décomposition par l’acide sulfurique et les lavages successifs.
- Il résulte de ce perfectionnement que les opérations qui, jusqu’ici, ne pouvaient avoir lieu qu’à une température peu différente de 100° cent, peuvent avoir lieu à des températures plus élevées, à la condition de charger les soupapes desûreté, dont les appareils sont munis, de poids répondant à des pressions plus ou moins fortes, selon le degré de température jugé nécessaire au succès. La pression qui a le mieux; réussi jusqu’à ce jour est comprise entre une atmosphère un quart et une atmosphère et demie; elle répond, par conséquent, à une température de 106 à 112° cent.
- L’opération en vase clos permet, en outre, d’employer la vapeur, autrefois perdue, qui se dégage des matières renfermées dans le premier vase, pour'opérer la cuisson de celles du second, et ainsi de suite jusqu’au dernier; et la vapeur dégagée de ce dernier pourra encore servir à chauffer les presses et autres ustensiles de fa fabrication, qui ont besoin d’une température moins élevée que les opérations de la saponification, celles de la décomposition et du lavage.
- Il résulte de ce qui précède
- 1° Une notable économie de temps sur la durée des opérations; ces dernières, ayant Heu à une température supérieure à 100°, se font plus rapidement qu*autrefois.
- 2° Les opérations sont plus complètes, plus homogènes et les produits sont plus beaux que ceux provenant du procédé ancien ; le rendement du suif en acide stéarique est également plus beau par ce procédé que par l’ancien.
- 3° Les opérations exigent une consommation de vapeur bien moindre que dans les procédés anciens, et permettent de réaliser une économie notable dans le combustible. [Brevets dlinvention, t. XIII, p. 270, 10 mars 1848.).
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- SAVONS.
- SAVONS.
- PERFECTIONNEMENTS APPORTÉS DANS LA FABRICATION DES SAVONS; par M. MOUVEAU.
- Depuis plusieurs années on fabrique, en Angleterre, le savon à l’aide de la machine autoclave dans laquelle on renferme toutes les matières qui entrent dans la composition de ce produit, et en proportions telles que, la réaction opérée, le savon puisse en sortir tout fait. L’autoclave est munie de soupape, de manomètre, de trou d’homme et de robinets.
- On chauffe soit à feu nu, soit à l’aide d’une double enveloppe recevant la vapeur d’un générateur. La température est portée rapidement à 150° centig., et maintenue une heure; la saponification se complète pendant ce temps. On tire le savon par le robinet, et on le fait couler dans les moules.
- Ce procédé a, comme on sait, divers inconvénients : ainsi les matières grasses et huileuses n’ont pas toujours la même constitution et exigent, par conséquent, des proportions d’alcali différentes; d’ailleurs il faut mettre tous les ingrédients du premier coup, et l’expérience a prouvé que la saponification ne se produit avec facilité qu’au-tant que les premières lessives sont étendues de beaucoup d’eau.
- L’appareil de M. Mouveau est destiné à remédier à tous ces embarras; il est disposé de façon à recevoir, sans suspension de travail, les matières nécessaires à la fabrication au fur et à mesure des besoins.
- Il se compose d’une chaudière de métal de forme quelconque, contenant un agitateur que l’on peut manœuvrer du dehors; elle est enveloppée, sur toute sa surface, excepté en dessus, d’une chemise, pour former double fond destiné à recevoir soit la vapeur qui est amenée du générateur par un tuyau, soit l’eau froide que l’on fait venir d’un réservoir quelconque par un gros tuyau. Ces tuyaux sont, chacun, munis d’un robinet pour ouvrir ou fermer à volonté la communication avec l’intérieur de l’enveloppe.
- Deux autres tubes inférieurs, également munis de robinets, servent à donner issue, le premier à la vapeur condensée, et le second à l’eau froide, lorsqu’on le juge nécessaire ; un robinet de vidange, qui débouche dans la chaudière, permet de donner écoulement aux matières lorsque l’opération est terminée. De plus, l’appareil porte un robinet de sûreté, et un robinet à essence, analogue à celui à graisse, dont le tuyau communique à la pompe foulante au moyen de laquelle on peut injecter les matières dans l’intérieur de la chaudière; cette dernière est, d’ailleurs, munie de soupape de sûreté, de soupape atmosphérique, de trou d’homme et de thermo-manomètre.
- Dans la fabrication des savons mous, la vapeur étant dans le générateur à six atmosphères et la soupape de sûreté en place, on introduit dans la chaudière à savon les lessives faibles. Le trou d’homme fermé, on ouvre les robinets de sûreté, afin de aisser échapper l’air; on met alors le générateur en communication avec l’enveloppe
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
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- de la chaudière, afin de porter à 60° centig. la température de la lessive introduite; on ferme ensuite le robinet de sûreté. Puis, à l’aide de la pompe à injection, on introduit successivement l’huile ainsi que de la lessive de plus en plus forte; on brasse le mélange à l’aide de l’agitateur, et on fait monter la température brusquement à 150° centig.; au bout d’une heure, on ajoute la quantité d’eau nécessaire à la qualité du savon en fabrication, puis on ferme la communication du générateur avec la chaudière et on ouvre le robinet de sortie d’eau. Il faut toujours avoir le soin de s’assurer que la soupape atmosphérique, appelée reniflard, fonctionne bien. On ouvre de même le robinet; l’eau froide qui arrive dans l’enveloppe, par son contact avec la chaudière à savon, ne tarde pas à abaisser la température de celle-ci au même degré qu’elle; dans cet état, le savon a absorbé l’eau donnée, sa transparence est parfaite, il ne reste qu’à le mettre en baril.
- Pour la préparation du savon de suif, on introduit le suif avec la lessive faible, dont on élève la température à 60° par la communication de la chaudière avec le générateur; on brasse le mélange en y mêlant de la lessive forte. On élève ensuite la température à 150°, et, après une demi-heure, on ajoute la lessive salée. Au bout d’un quart d’heure, on ferme la communication du générateur avec la chaudière. On ouvre le robinet de sortie d’eau, puis le robinet à eau froide, la vapeur inférieure étant condensée. On ouvre enfin le robinet de vidange, qui laisse écouler la lessive salée avec les impuretés, et à l’aide de la pompe foulante on injecte de la lessive faible qu’on laisse écouler.
- Si le suif est frais et pur, cette opération suffit : on ajoute alors l’eau nécessaire avec la pompe pour qu’il puisse être moulé; on le remet en contact avec le générateur, on élève la température à 160° pendant un quart d’heure, et on refroidit comme il a été dit.
- Dès que la communication du générateur est fermée, on introduit dans l’appareil l’essence en quantité nécessaire pour parfumer, on agite et on moule.
- Les savons d’huile d’olive se préparent de la même manière, on les relargue suivant la pureté et la qualité des huiles. ( Brevets d’invention, t. XIV, Hl janvier 1849. )
- NOTICES INDUSTRIELLES.
- NOTICES INDUSTRIELLES EXTRAITES DES PUBLICATIONS FRANÇAISES ET ÉTRANGÈRES,
- par M. J. B. VIOLLET.
- Moyens d’arrêt pour les métiers mécaniques. (Patente anglaise du 28 novembre 1853, prise par MM. Walmsley, d’Accrington, et Ingram, de Blackburn).
- Les auteurs ont combiné un mécanisme automatique, au moyen duquel le métier cesse de fonctionner, dès que la navette s’arrête dans sa course, ou manque d’entrer
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
- dans la boîte qui doit la recevoir. Un toc fixé sur le volant du métier, se trouve alor en contact avec un levier ou avec des leviers qui agissent sur la fourchette et font passer la courroie sur la poulie folle. (Méchantes’ Magazine, juin 1854, page 569.)
- Nouvelles armes à percussion. (Patente anglaise d’importation du 29 novembre 1853,
- prise par M. Bellford, de Londres.)
- La batterie, le marteau et la capsule sont cachés dans l’intérieur de l’arme; la percussion s’effectue sur une cheminée montée à un point quelconque de la culasse. Le marteau ordinaire n’a d’autre usage que de tendre la batterie, et le trait distinctif de la nouvelle arme consiste en une culasse mobile, disposée entre le canon et l’appareil de percussion. ( Mechanics’ Magazine, juin 1854, page 570.)
- Peignage de la laine et des autres matières filamenteuses. (Patente anglaise du 2 décembre 1853, prise par M. Lister, de Bradford.)
- M. Lister propose d’alimenter les peignes en même temps qu’il travaille la matière filamenteuse. Un bras oscillant parcourt la circonférence d’un secteur circulaire, et porte à son extrémité, un peigne, une carde ou un autre instrument armé de pointes. Lorsque ce bras est étendu d’un côté, il reçoit la matière d’une carde ou d’un autre appareil alimentaire quelconque; et, lorsqu’il parvient au côté opposé, il place cette matière sur un peigne fixe ou sur un peigne mobile. (.Mechanics’ Magazine, juin 1854, page 591.)
- Moyens de tirer des étoffes une matière filamenteuse, propre à recevoir un nouveau tissage. (Patente anglaise du 9 décembre 1853, prise par M. Ruttre, de Paris.)
- L’auteur emploie la vapeur d’eau, seule ou combinée avec d’autres vapeurs, et élevée à la température la plus convenable pour le travail. Il soumet à l’action de ce fluide élastique, les débris d’étoffe, un peu avant qu’ils soient saisis par les cylindres alimentaires, ou bien précisément à ce moment. Il continue d’ailleurs cette action pendant que les matières se rendent des cylindres alimentaires à celui qui doit les effiler. U propose encore une disposition qui permet de varier la pression des cylindres alimentaires. Enfin il recourt à l’action de la force centrifuge pour séparer les filaments complètement déliés, d’avec les morceaux qui n’ont pas subi suffisamment l’action de la machine. Il fait même servir cette force à trier les filaments et à isoler les plus pesants des plus légers. ( Mechanics’ Magazine, juin 1854, page 594.)
- Moyen de compter les aiguilles. (Patente anglaise du 9 décembre 1853, prise par
- M. James, de Redditch.)
- Le trait caractéristique de cette invention, consiste dans un disque animé d’un mouvement de rotation, et muni sur sa circonférence d’une denture dans laquelle les aiguilles se logent, lorsqu’elles sont étalées côte à cote sur un plan où l’on fait rouler
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- le disque divisé. J^es aiguilles se trouvent ainsi comptées, et le mouvement du disque, eu les déplaçant* les isple de celles qui ne le sont pas encore. (Mechanics’ MagazinVi juin 1854, page 595.)
- Emploi des télégraphes électriques contre les incendies.
- On a établi depuis quelque temps à Boston ( Etats-Unis ) un système de télégraphie électrique qui permet de signaler instantanément à tous les postes de pompiers les incendies qui se déclarent, et la situation des maisons où le feu vient d’éclater. Les secours arrivent donc avec une promptitude extrême, et cette utile institution a déjà prévenu de grands désastres, ( Scientific Ameripan, 1§ màFS 1854, page 213. )
- Moyen de sauver les personnes surprises par un incendie.
- L’administration de Londres a dernièrement adopté un moyen fort utile pour sauver les individus qui sont en danger de périr dans les incendies. On tend devant la maison envahie par les flammes, de fortes toiles préparées d’avance et sur lesquelles se jettent ses habitants. Ce moyen a déjà été essayé avec le succès le plus satisfaisant, On a même observé que des personnes auxquelles on n’avait pu persuader de descendre parles échelles des pompiers, ont sauté sur les toiles sans la moindre hésitation. ( Scientific American, 1er avril 1854, page 225. )
- Navires construits en Amérique pour VAngleterre.
- M. Donald Mac Kay, d’East-Boston, construit dans ses chantiers un clipper de 3000 tonneaux, à trois ponts, consolidé par des entretoises diagonales en fer. Ce beau navire sera bientôt lancé. Le même constructeur a aussi déjà établi la carcasse d’un autre clipper de 4000 tonneaux. Ces deux bâtiments sont destinés à MM. J. Baines et comp., de Liverpool, et doivent faire partie de leur ligne de paquebots pour l’Australie. ( Scientific American, 1er avril 1854, page 230. )
- Récompense donnée à un inventeur de propulseur hélicoïde.
- Le gouvernement anglais a accordé à M. Low, inventeur du système d’hélice employé par la marine royale de la Grande-Bretagne, une récompense de 270000 francs. ( Scientific American, 1er avril 1854, page 230. )
- Sur des courroies de grande dimension pour les usines.
- Un journal de Boston s’extasiait dernièrement devant une courroie de 38m,71 de longueur, qu’il proclamait comme la plus grande qui eût encore été fabriquée aux États-Unis. Mais il se trompait, car des courroies beaucoup plus considérables avaient déjà été faites en caoutchouc ou en gutta-percha.
- M, Thoridey, notamment, en 3 vendu dernièrement une de 69“,19 de long. Uno
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
- autre, de 46m,33, composée de caoutchouc, en six bandes superposées, a été récemment exécutée par M. Maginnis, de Pottsville, et doit servir à l’exploitation d’une houillère; elle porte 0m,56 de large, et pèse 272 kilog. Au reste, la plus forte courroie de ce genre qui ait jamais été faite, vient d’être terminée par M. Thornley. Elle est destinée à l’extraction du charbon de terre; elle se compose de douze bandes de caoutchouc et porte 0m,019 d’épaisseur et 27m,18 de longueur; enfin elle pèse 103 kilog. La ténacité bien connue du caoutchouc la rend capable de résister à tous les efforts du travail qu’elle doit exécuter. ( Scientific American, 8 avril 1854, page 235, d’après le Philadelphia Ledger. )
- Pont gigantesque projeté sur le Saint-Laurent.
- On fait actuellement les préparatifs nécessaires pour la construction d’un pont à Montréal, sur le Saint-Laurent. Ce pont doit avoir 3220 mètres de long; il sera porté par vingt-trois piles et deux culées; il aura donc vingt-quatre arches dont chacune sera de 73m,10 d’ouverture. On a profité de l’existence des glaces pour percer, dans les rochers, des trous disposés selon l’axe des piles, et l’on y a fixé d’énormes chaînes terminées par des bouées, pour faciliter la construction des batardeaux dans lesquels doivent être érigées les piles. ( Scientific American, 6 mai 1854, page 265. )
- Papier blanc de paille.
- Le Dollar Newspaper et le Philadelphia Ledger ont paru dernièrement en Amérique, imprimés sur du papier blanc fabriqué par le procédé Mellier. Ce papier est réellement beau et excellent. Il résiste beaucoup plus que celui de chiffons; il est ferme, dur comme du papier de toile et aussi blanc que tout autre papier imprimé dans ce pays. ( Scientific American, 6 mai 1854, page 269. )
- Moyen de délivrer de la fumée et des étincelles les convois sur les chemins de fer.
- ( Patente américaine prise par M. Rollins, de Hornellsville. )
- L’auteur fixe au sommet de la cheminée une boîte creuse, munie de nervures héli-coïdes, et percée de plusieurs ouvertures dans lesquelles l’air est chassé avec force. Il prend donc, en parcourant l’appareil, un mouvement spiral d’ascension, et s’échappe de la cheminée en tourbillonnant.
- Ce courant entraîne la fumée et les étincelles, assez haut pour qu’elles ne puissent pénétrer dans les waggons, ni incommoder les mécaniciens ou les voyageurs. ( Scientific American, 27 mai 1854, page 292. )
- PARIS. — IMPRIMERIE DE Mme Ve BOUCHARD-HUZARD, RUE DE l’ÉPERON, 5.
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- S3' INNÉE. DEUXIÈME SÉRIE. N° 20. —OCTOBRE 1854.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L'INDUSTRIE NATIONALE.
- MACHINES-OUTILS.
- MACHINE A PERCER ET A CISAILLER LES MÉTAUX.
- (Patente américaine délivrée le 4 octobre 1853, à MM. Davie et Stephens, d’Érié. )
- ( Traduit par m. j. b. viollet. )
- Le principal caractère de cette invention consiste dans un moyen d’isoler du chariot, à chaque opération de la machine, et par des procédés automatiques, le poinçon ou le porte-poinçon. Les auteurs atteignent ce but par l’emploi d’un poids, d’un ressort ou de tout autre organe mécanique équivalent dont l’action est liée avec celle d’un coin ou d’une autre pièce convenable. Le poinçon cesse alors d’opérer, jusqu’à ce que le métal soit placé, et il suffît d’un léger mouvement du conducteur de l’appareil, au moment où le chariot s’élève, pour rétablir la communication et faire agir le poinçon. Ainsi la machine se meut constamment, mais elle ne perce que lorsque la feuille métallique est convenablement disposée.
- Les fig. 1,2, 3, pl. 23, représentent cette machine vue de face et de profil.
- La base A et la partie verticale du bâti peuvent être fondues en une seule pièce massive. Derrière ce bâti, un pont en fonte C, qui y est solidement relié, sert de support à l’un des tourillons de l’arbre principal qui soutient le volant; l’autre tourillon est appuyé sur des coussinets fixés dans le bâti.
- Sur le même arbre que le volant, est monté un pignon droit E, qui engrène dans le hérisson F, porté par l’arbre g, sur lequel est également assemblé un excentrique G. Cet arbre aussi tourne librement dans des coussinets.
- Devant la machine, les plaques latérales H et le plateau antérieur I, que l’on voit détaché dans la fig. 3, forment un compartiment rectangulaire dans lequel le chariot J reçoit un mouvement alternatif de va-et-vient.
- Au bas et au haut de ce chariot, sont disposés les cylindres de pression et de roule-Tome 1er. — 53e année. 2e série. — Octobre 1854. 79
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- MACHINES-OUTILS.
- nient K, K, dont les tourillons, engagés dans des coussinets convenables, n’ont reçu qu’un petit diamètre, parce que l’on a voulu éviter les frottements inutiles.
- L’excentrique G est placé entre ces cylindres, et ses coussinels, comme ceux de ces cylindres, sont disposés les uns au-dessus des autres, dans une ligne verlicale. Ceux de l’excentrique G étant fixés sur le bâti qui est immobile, les révolutions de cet excentrique élèvent et abaissent tour à tour le chariot, par l’intermédiaire des cylindres K, K, dont les tourillons sont engagés dans le chariot.
- L’excentrique G reste, en effet, constamment en contact avec ces cylindres dont il entraîne la circonférence par le mouvement de la sienne. Il les élève donc et les abaisse, ainsi que le chariot, sans aucune rudesse, parce que son mouvement est continu.
- Sur l’extrémité supérieure du chariot, on peut placer une des lames a d’une cisaille que des vis à écrous permettent d’ajuster à volonté. L’autre lame c est fixée sur une saillie qui termine la partie supérieure du bâti. On assujettit, par une des méthodes connues, un guide pour conduire la matière présentée à la cisaille, et les pièces, à mesure qu’elles sont coupées, tombent, en suivant la plaque inclinée d. A la partie inférieure du chariot J, est attaché par un assemblage e, à pénétration et à glissement, le porte-poinçon L, sur lequel est disposé un support courbe f.
- Un levier h, forgé en forme de S, est assemblé sur ce support par une articulation, et se termine en bas par une boule métallique pesante i. A sa partie supérieure, ce levier est pourvu d’une clavette plate q, semblable à un coin; cette clavette, lorsque la main de l’ouvrier la fait pénétrer dans le joint à glissement e du chariot et du porte-poinçon, complète la liaison de ces deux pièces et met le poinçon en action. Pendant que le chariot se relève, son poids et celui des cylindres cessant de porter sur le joint à glissement et sur la clef, celle-ci se trouve desserrée et se retire en obéissant à l’action du contre-poids sphérique i qui tend à la mettre hors de prise.
- Le poinçon reste donc stationnaire, tandis que le chariot et les cylindres poursuivent leur course ascensionnelle, ainsi que la lame de cisaille a qui commence bientôt à opérer. Cependant, la machine continue son mouvement, jusqu’à ce que l’ouvrier ait placé convenablement la feuille de métal, ce que la marche de l’appareil lui laisse tout le temps de faire. Alors, en soulevant le contre-poids i, il fait pénétrer de nouveau la clef dans le joint et rétablit l’action du poinçon.
- M est le guide du porte-poinçon, et N une armature mobile que l’on dispose à la hauteur convenable et qui retient la pièce sur le tas p, pendant que l’on retire le poinçon. O est la chabotte qui porte ce tas; on l’amène et l’on en règle la situation sous le poinçon, par le moyen des vis k, k.
- Par cette disposition des cylindres et de l’excentrique dans un chariot nous obtenons, disent les auteurs, une puissance considérable qui, à son maximum, s’exerce dans une ligne droite et verticale au-dessus du poinçon. Comme d’ailleurs les cylindres et l’excentrique sont toujours en contact, et que les cylindres n’abandonnent pas le chariot, l’appareil n’éprouve aucune secousse brusque. Enfin, l’excentrique, en élevant et en abaissant alternativement la cisaille et le poinçon, dispense d’employer des
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- ressorts, des courroies ou tout autre moyen de transmission de mouvement, pour faire agir ces deux outils.
- Une de ces machines est exposée au Palais de cristal, et une médaille a été décernée à ses constructeurs. ( Scientific American, 25 mars 1854, page 217. )
- CHAUDIÈRES A VAPEUR.
- RÉGULATEUR POUR LES FEUX DES CHAUDIÈRES A VAPEUR.
- ( Patente américaine délivrée à M. Clark, de Rahway, le 3 janvier 1854. )
- ( Traduit par m. j. b. viollet. )
- La fig. 4, pl. 23, est une coupe verticale de ce régulateur; le piston et le levier y sont abaissés ; la fig. 5 est une autre coupe verticale montrant le piston et le levier soulevés.
- Les mêmes lettres désignent les mêmes objets dans les deux figures.
- Le trait caractéristique de cette invention consiste à se servir de la pression de la vapeur, lorsque cette pression dépasse son intensité normale, pour faire fonctionner le registre de la cheminée et arrêter le tirage, ou pour fermer le registre du ventilateur, et suspendre l’arrivée de l’air.
- A est une base ou plate-forme en fonte sur laquelle on fixe, par des écrous et des boulons, le cylindre B qui est aussi en fonte. C est un tuyau qui part de la chaudière et la met en communication au point D avec le cylindre B. Ce tuyau est assemblé à vis dans la plate-forme A sur laquelle est boulonné le cylindre.
- Le tuyau C est ployé en forme de siphon renversé, afin qu’il puisse retenir une certaine quantité d’eau destinée à empêcher la vapeur d’entrer en contact avec le diaphragme E. Ce diaphragme peut être fabriqué en caoutchouc vulcanisé ou en toute autre substance élastique, très-tenace et imperméable à l’eau. On le voit dans la fig. 4 interposé entre le piston F, et l’eau contenue dans le tuyau C. Il est de forme cylindrique et assez long pour permettre une course suffisante du piston; cette course est ordinairement assez étendue, lorsqu’elle atteint 0m,025, mais elle pourrait être considérablement augmentée, si les circonstances l’exigeaient. Une des rondelles de ce diaphragme, la supérieure, est fermée; l’autre, l’inférieure, est percée et entourée d’une bordure de 0m,025 de largeur environ, qui a le double effet de la maintenir à sa place et de prévenir toute fuite entre le cylindre et le dessus de la plate-forme sur laquelle il repose.
- Une rondelle de caoutchouc vulcanisé pourrait très-bien être employée pour diaphragme , si la distance parcourue par le piston n’excédait pas 0m,025.
- Le diamètre intérieur du cylindre doit dépasser la grosseur du piston, assez pour permettre au diaphragme de prendre la position représentée en S, fig. 4, ou en S, fig. 5.
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- F est une pièce ronde, servant de piston et ayant du jeu dans la partie supérieure du cylindre; elle est creusée d’un trou conique qui la traverse presque entièrement selon son axe, et qui est destiné à recevoir la tige G. Cette tige ne remplissant pas toute la cavité qui la contient, peut suivre facilement les variations de la situation du levier H qui repose sur son sommet.
- I est une boule pesante, susceptible de glisser en avant ou en arrière sur le bras du levier, ce qui permet de la placer de manière qu’elle fasse équilibre à la tension normale de la vapeur sur la base du piston. La tringle K lie le levier H à la manivelle du registre.
- Lorsque la machine qui vient d’être décrite, est mise en relation avec la chaudière et le registre, le piston reçoit la pression de la vapeur. Cette pression, dès qu’elle surpasse l’effort du contre-poids, soulève le levier et occasionne ainsi la fermeture du registre ; mais, dès qu’elle diminue, la boule et le levier redescendent et rouvrent le passage de l’air. ( Scientific American, 20 mai 1854, page 281. )
- MACHINES A VAPEUR.
- PERFECTIONNEMENTS DANS LES PISTONS DES MACHINES A VAPEUR, par M. RAMSBOTTOM ,
- de Manchester. ( Traduit par m. j. b. viollet. )
- Les détails dans lesquels nous allons entrer sont tirés d’un mémoire lu en mai dernier par l’inventeur, M. Ramsbottom, dans l’assemblée générale des ingénieurs-mécaniciens, à Birmingham.
- L’utilité, dit M. Ramsbottom, de construire pour les machines à vapeur un piston aussi léger, aussi simple, aussi étanche, aussi exempt de frottement que possible, ne sera révoquée en doute par aucune des personnes qui connaissent l’importance de cet organe mécanique, ni surtout par celles qui, comme l’auteur, sont chargées de l’entretien de machines locomotives.
- Le piston, objet de ces réflexions, approche beaucoup de réaliser les avantages désirés; et, autant que le peu de temps écoulé depuis sa construction a permis d’en juger, il donne tous les résultats que l’on pouvait attendre.
- Le but principal que l’on s’est proposé, a été de maintenir l’uniformité de la pression par unité de surface, et de prévenir la déperdition de la vapeur, en diminuant le plus possible, l’étendue des surfaces exposées au frottement.
- On y est parvenu, dans la proportion de 141 à 42 pour un piston de 0m,457 de diamètre, et M. Ramsbottom, sans doute à cause de la disposition de son appareil, pense que le frottement a été réduit dans le même rapport, parce qu’il le regarde comme approximativement proportionnel à la surface frottante, dans le cas dont il s’agit.
- La fîg. 6, pl. 23, représente ce piston qui consiste en une simple pièce de fonte A, sans couvercle, sans boulons et sans écrous.
- On le fixe sur la partie conique de sa tige, au moyen d’un écrou. Trois rainures,
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- B, B, dont chacune a 0m,006 de largeur, situées à 0m,006 de distance Tune de l’autre, et profondes de 0“,008, sont creusées au tour sur la circonférence, et reçoivent des garnitures annulaires élastiques. Ces garnitures qui peuvent être en laiton, en acier ou en fer, sont tirées à la filière et portent des dimensions convenables pour remplir les rainures; on leur donne ensuite la courbure nécessaire en les roulant sur un cercle dont le diamètre est d’un dixième environ plus grand que celui du cylindre. On les comprime pour les introduire dans les rainures du piston que l’on place en même temps dans le cylindre, et l’on évite de les disposer de telle sorte qu’elles débordent dans les lumières.
- Ces garnitures annulaires sont pressées contre la paroi intérieure du cylindre par leur propre élasticité qui suffit pour s’opposer aux fuites de la vapeur.
- Les joints des anneaux sont croisés et distribués dans la moitié la plus basse du cylindre (1). Le corps du piston pesant sur la paroi de cette moitié, empêche la vapeur de s’introduire entre les deux surfaces. Cependant, si par quelque accident, elle pouvait dépasser le premier joint, le corps du piston ne la laisserait certainement pas parvenir jusqu’au deuxième, ni, à plus forte raison, jusqu’au troisième.
- Pour employer ce piston dans les machines ordinaires à couvercle plat, et remplir l’espace nuisible qui occasionnerait des pertes de vapeur, on attache avec des rivets, un bloc C, C, à la partie intérieure du couvercle. L’autre couvercle ne portant pas de bloc semblable ne reçoit aucune augmentation de poids et devient par conséquent plus facile à manœuvrer.
- D’après l’auteur, les avantages que ce piston permet de réaliser, sont les suivants :
- 1° Une grande diminution de poids; car un piston en fonte, de ce système, de 0m,381 de diamètre, pèse seulement 39l,90, tandis que le plus léger de tous ceux d’ancienne construction que l’auteur a pu examiner, pèse plus de 53\96. Si le nouveau piston était fabriqué en fer ou en laiton, le poids pourrait encore en être fort diminué.
- 2° Beaucoup de simplicité et d’économie dans la construction, puisque le piston est tout d’une pièce, sauf ses trois anneaux, et ne réclame d’autre main-d’œuvre que celle qui est nécessaire pour tourner la partie cylindrique et les trois rainures, ainsi que pour forer le trou central. Les garnitures étant tirées à la filière, et seulement ployées, peuvent être exécutées moyennant une très-faible dépense.
- 3° L’impossibilité du dérangement, puisque ce piston ne comprend ni boulons, ni écrous, ni clavettes, ni chevillettes, susceptibles de s’échapper et de causer des accidents. D’ailleurs aucun organe ne peut se relâcher, puisque tous les anneaux sont enclavés dans leurs rainures.
- 4° Une diminution dans le frottement, diminution résultant d’abord de la réduction du poids du piston, puis de celle de la surface élastique qui presse contre le cylindre. La proportion de cette surface pour le nouveau piston de 0m,457 de diamètre, est en-
- (i) L’auteur parle ici des cylindres de locomotives, placés dans une situation horizontale ou inclinée.
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- viron les 42/141 de celle des garnitures ordinaires de 0m,063 d’épaisseur, et M. Rams* bottom attribue surtout à cette différence l’économie qu’il a obtenue et dont nous parlerons plus loin.
- 11 y a déjà seize mois ( on se rappelle que l’auteur écrit en mai 1854 ), il y a déjà seize mois que la première paire de cylindres de ce système a été employée dans le service pratique, et depuis on en a successivement mis en activité d’autres paires qui répondent toutes aux espérances que l’on avait conçues. Une garniture neuve de trois anneaux coûte 3 fr. 25 c., et peut servir pour un trajet de 4800 kilom. à 6400 kilom. En ce qui concerne la dépense, l’entretien de ces garnitures est un peu moins coûteux que si le piston était simplement entouré d’étoupe.
- Un relevé exact des frais de combustible dans les quinze premières locomotives qui ont reçu ces pistons, locomotives qui ont fonctionné pendant des espaces de temps compris entre quatre et seize mois, et qui ont parcouru une distance totale de434,378k., a fait reconnaître dans la consommation une diminution équivalente à lk,60 par kilomètre, comparativement à la dépense moyenne des mêmes machines, pendant les quatre années qui ont précédé l’emploi de ces pistons.
- Ce résultat, observé avec soin, tend à prouver que le nouveau piston, soit à cause de l’exactitude plus complète avec laquelle il s’oppose aux fuites de vapeur, soit par la diminution du frottement, est fort supérieur à ceux qu’il a remplacés.
- M. Ramsbottom, en terminant sa lecture, a exposé un nouveau modèle de son appareil, un piston qui avait fonctionné pendant quinze mois et parcouru 31,636 kilomètres, enfin un spécimen des anciennes et des nouvelles garnitures.
- La discussion ayant été ouverte sur les faits qu’il venait d’énoncer, le président lui a demandé s’il pouvait communiquer des documents précis sur le travail des machines avant et après l’introduction de ces pistons, et mettre ainsi l’assemblée en état de procéder à une comparaison approfondie.
- M. Ramsbottom a présenté un état de la consommation du combustible dans les machines munies des nouveaux pistons, et dans les mêmes machines pendant les quatre années antérieures. Cet état indiquait une économie de 12 pour 100 sur le combustible, à des époques où les machines n’avaient cependant subi ni altérations ni réparations notables.
- M. Jobson a exprimé alors la pensée que la seule amélioration du piston n’avait pu produire une économie si considérable, et que les machines étaient sans doute en mauvais état auparavant.
- M. Ramsbottom a répliqué que l’entretien de ces machines était moyennement égal avant et après ses expériences, et que l’on ne pouvait donc reconnaître aucune autre cause de l’économie observée. Il a ajouté qu’il y avait alors sur plusieurs chemins de fer, environ cent vingt de ces pistons, et qu’il croyait que tous avaient fonctionné d’une manière complètement satisfaisante.
- M. Everitt ayant demandé si l’on avait tenté quelques essais sur les machines stationnaires, M. Ramsbottom a répondu qu’il avait jusqu’alors fait seulement une ou
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- deux expériences de ce genre, mais que le plus grand piston auquel il eût encore appliqué son procédé, n’avait que 0m,457 de diamètre.
- M. Mathews a désiré savoir si le nouvel appareil devait être considéré comme plus convenable pour les machines locomotives que pour les machines fixes.
- La position horizontale, telle que celle des cylindres des locomotives, a dit M. Rams-bottom, est la plus favorable pour ces pistons dont le corps pèse sur les joints des anneaux et tend à les clore hermétiquement, parce que tous ces joints sont disposés sur la moitié inférieure de la surface cylindrique. Il a ajouté que jusqu’à présent il n’avait eu connaissance de l’application de son piston qu’à deux appareils fixes, c’est-à-dire à une machine verticale et à un marteau à vapeur, où l’on n’avait éprouvé aucune difficulté pour prévenir les fuites.
- Enfin il a fait observer qu’un grand avantage de ce piston consiste dans sa légèreté, avanlage particulièrement sensible dans les machines locomotives, puisque le piston de 0m,457 de diamètre, ne pesait que 54k,86, au lieu de 117k,90, poids ordinaire des anciens, ce qui constituait une différence de plus de moitié.
- Le président a demandé alors quel était le prix des deux pistons.
- M. Ramsbotlom a répondu que la comparaison devait dépendre du système de construction des pistons, mais que parmi tous ceux qu’il avait employés, aucun ne coûtait moins que le triple du sien. Une économie si considérable provient de ce que le nouvel organe mécanique ne porte pas de pièces dispendieusement ajustées, et de ce que le seul travail exigé pour le construire consiste dans le percement du centre et dans l’exécution de la circonférence sur le tour. Les garnitures ne sont que du fil de fer, terminé par l’étirage dans une filière de la forme convenable, et par un passage entre des cylindres qui le courbent.
- M. Payne ayant exprimé le désir de savoir si l’épaisseur des garnitures devait croître avec le diamètre du cylindre, M. Ramsbottom a dit qu’il n’avait fait d’expériences que sur des garnitures de la dimension de celles qu’il présentait, dimension qui s’était trouvée suffisante; mais que les diamètres des cylindres avaient été compris entre 0m,305 et 0m,457 ; que pour des appareils plus grands, il serait indubitablement nécessaire d’accroître la force des garnitures.
- M. Chellingworth a fait observer que l’on n’avait pas fait mention de quelques moyens propres à empêcher les anneaux de tourner, et que ce mouvement pouvait amener les joints les uns vis-à-vis des autres.
- M. Ramsbottom a répliqué qu’au commencement de ses expériences, plusieurs pistons n’avaient reçu que deux garnitures au lieu de trois et qu’il avait eu d’abord l’intention de fixer dans chaque rainure ces garnitures par un rivet, afin de les mettre à l’abri de tout mouvement circulaire ; mais qu’il avait bientôt abandonné cette idée dont l’expérience lui avait fait reconnaître l’inutilité; qu’au reste, un faible déplacement des garnitures serait avantageux, puisque les surfaces frottantes en seraient améliorées, et que, même dans le cas très-peu probable où les trois joints viendraient à se rencontrer, la perte de la vapeur serait presque nulle pour ce système de piston.
- M, Mathews a fait observer qu’une impulsion circulaire qui tendrait à déplacer
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- les garnitures et à faire rencontrer les joints, aurait aussi pour effet de les faire alterner presque aussitôt après, et de réparer ainsi le mal.
- Le président de l’assemblée, résumant la discussion, a conclu en disant que ce piston était une invention très-ingénieuse, et qu’il se recommandait par une simplicité et une légèreté qui le rendraient fort utile dans beaucoup de circonstances. ( Méchantes Magazine, juillet 1854, page 53.)
- LIQUIDES.
- APPAREIL POUR L’ÉVAPORATION ET LA CONCENTRATION DES LIQUIDES.
- ( Patente anglaise prise le 25 mai 1853, par M. Higginson , de Dublin. )
- ( Traduit par m. j. b. viollet. )
- Cet appareil consiste en une vis creuse dans laquelle passe un courant continu de vapeur, et qui tourne au milieu du liquide destiné à l’évaporation. Les spires de la vis, étant à la fois fort minces et fort larges, enlèvent des couches très-légères de ce liquide où leur mouvement les plonge successivement; elles les échauffent, et les exposent à l’action de l’air où elles les entraînent.
- La fîg. 7, pl. 23, représente la coupe longitudinale de cette machine, qui est principalement destinée à la concentration des sirops dans les fabriques de sucre.
- A est le vaisseau métallique qui renferme le liquide. Ce vaisseau, découvert à sa partie supérieure, est entouré, sur tous ses autres côtés, d’une boîte à vapeur B, formée par l’enveloppe extérieure C.
- A chacune des extrémités du vase, et sur le bord supérieur, sont des paliers D, E, servant de supports à l’arbre principal F, G, qui reçoit un mouvement de rotation aussi rapide qu’on le désire. Ce mouvement est communiqué par le hérisson H qui est assemblé à clavette sur l’arbre, et qui est commandé par un agent mécanique quelconque.
- C’est sur l’arbre principal F G que s’enroule la vis creuse I. Cette vis, dont la coupe transversale, figurée en J, présente une section étroite, à double convexité, peut être construite en feuilles métalliques, martelées et soudées. Elle donne passage, dans toute la longueur de l’appareil, à un mince filet de vapeur qui traverse continuellement le liquide dont le niveau dans le réservoir est représenté en K.
- La vapeur est conduite de la chaudière à l’appareil par le tuyau fixe L qui aboutit h l’une des extrémités de l’arbre.
- Ce tuyau est ouvert et se relie en ligne droite avec l’axe F G, par le moyen de la boîte à étoupe M, qui permet à l’axe de tourner indépendamment du tuyau fixe L, sans déperdition du fluide élastique.
- La portion N de l’arbre porte une ouverture latérale O par laquelle elle commu-
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- nique librement, avec l’extrémité de la vis, dont le creux admet dans toute l’hélice un courant soutenu de vapeur.
- Après avoir traversé le développement entier de la vis, la vapeur s’échappe , à l’extrémité opposée, par une autre ouverture P et parvient dans la capacité Q, qui se trouve à cette extrémité de l’arbre. Là, une seconde boîte à étoupe R , laisse la Vapeur sortir du creux de l’arbre principal sans déperdition par un tuyau fixe qui descend et débouche en T dans la boîte à vapeur B, dont le réservoir est environné. Ainsi le fluide élastique, après avoir échauffé les filets de la vis I, est encore utilisé pour entretenir la température du réservoir.
- Toute l’eau qui résulte de la condensation dans la boîte à vapeur B, trouve une issue par le tuyau U, tandis qu’à l’extrémité opposée de l’appareil, un autre tuyau Y, dont l’ouverture est au fond du réservoir, laisse s’écouler, à des époques périodiques, le liquide soumis à l’évaporation.
- Comme on le voit, la révolution continue de la vis non-seulement expose à l’action de l’air une large surface du liquide échauffé, mais en même temps elle agite constamment la masse fluide. ( Practical Méchantes Journal, février 1854, page 258. )
- FONTE DE FER.
- SUR LA DIMINUTION DE LA TÉNACITÉ DES OBJETS EN FONTE, RÉSULTANT DE l’INÉGALITÉ
- du refroidissement après la coulée; par m. hagen, ingénieur-mécanicien, à Hanovre. ( Extrait par m. j. b. viollet. )
- Après avoir fait observer que la solidité des pièces de fonte ne repose pas seulement sur l’observation des lois connues de la résistance des matériaux, mais qu’elle ne dépend pas moins de l’attention la plus exacte sur les effets du retrait et sur les phénomènes qui se produisent lors de la coulée, l’auteur, à l’appui de ses réflexions, rappelle que souvent, dans les fonderies, des pièces destinées même à soutenir de pesants fardeaux, laissent, dès leur sortie des moules, apercevoir des fêlures et des déchirements, ou du moins manifestent ces défauts après avoir seulement éprouvé quelques secousses.
- Le fondeur, continue M. Hagen, attribue ordinairement ces mécomptes à une tension intérieure de la pièce, ou à un autre phénomène consistant en une sorte de succion qui, comme la tension, résulte de différences dans le retrait et le refroidissement de la matière.
- Ainsi, dans les parties minces, d’une petite section, dans celles qui sont saillantes ou plates, l’abaissement de la température est plus prompt que dans les parties massives d’une grande section, ou dans celles qui sont proches de la masse de l’objet, ou enfin dans celles qui forment des angles rentrants. Le métal qui se trouve en contact avec des portions du moule froides, humides, conductrices du calorique, perd également ce fluide beaucoup plus tôt que celui qui rencontre des points chauds et mauvais Tome Ier. — 53e année. 2e série. — Octobre 1854. 80
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- FONTE DK FER.
- conducteurs. Le fer, d’ailleurs, en parcourant le jet et le moule pour parvenir aux cavités les plus éloignées des orifices de coulée, transmet une partie de son calorique aux surfaces qu’il touche et se fige plus tôt que celui qui reste près des jets, en contact avec les surfaces échauffées par le passage de la matière qui a coulé d’abord.
- Les effets de ces causes et de ces irrégularités ne tardent pas à se faire sentir. Les parties le plus promptement refroidies, en effet, se contractent, et en opérant un vide par la diminution de leur volume, exercent une sorte de succion sur les molécules métalliques voisines. Si celles-ci sont encore fluides, ou du moins conservent une température assez élevée pour céder, on n’a pas à craindre de tension; mais si la fonte de ces parties est déjà solidifiée et ne possède plus assez de mollesse pour obéir, les efforts opposés qui s’exercent à l’intérieur des objets, doivent y détruire ou du moins y diminuer la ténacité.
- L’auteur expose ensuite quelques vues spéculatives sur la manière dont s’effectue la succion exercée par les parties intérieures, à mesure que la solidification s’étend de l’extérieur au centre de la pièce, et conclut que souvent la quantité du fer n’est pas complètement suffisante pour maintenir pleines et massives les parties voisines de l’axe du cylindre. Si l’on brise des pièces affectées de ce défaut, on trouve au centre, sous la masselotte, des soufflures dont les parois se composent de fonte si poreuse que de légers coups de marteau suffisent pour en détacher de petites masses cristallines. En examinant les surfaces de rupture, on reconnaît toujours que la structure, près du milieu, présente un grain spongieux et grossier, et que le métal n’y possède plus de solidité. Si, au contraire, le fondeur, par de petits coups de tringle, entretient ouverts les orifices des jets et y verse de la fonte liquide, tandis que te pièce se refroidit, cette fonte supplémentaire est avidement absorbée, et contribue puissamment à diminuer la quantité des creux.
- Cette succion et la formation d’un grain grossier sont surtout nuisibles dans les pièces massives, dont elles altèrent souvent la ténacité autant que la tension intérieure dont nous avons parlé, diminue parfois celle des autres objets.
- Pour en combattre les effets, le fondeur ne peut guère employer d’autres moyens que ceux qui contribuent à rendre aussi uniforme que possible le refroidissement de toutes les parties de la pièce. Il peut également, après que le métal est jeté en moule, laisser couvertes et chaudes, les parties qui sont susceptibles de perdre le plus facilement leur température, tandis qu’il peut, au contraire, dégager du sable celles qui sont massives et qui retiennent longtemps le calorique. La couleur rouge plus ou moins prononcée du fer lui indique aussi avec certitude les points où il doit ralentir ou bien hâter le refroidissement. Il peut enfin, par une distribution convenablement entendue des jets, par le choix des moules et par plusieurs autres artifices pratiques, diminuer les inconvénients de la déperdition inégale de la chaleur, lorsqu’il reçoit des modèles ou des dessins dont la forme et la disposition vicieuse menacent d’insuccès les procédés ordinaires.
- Des projets bien proportionnés, dans lesquels on prévoit judicieusement les effets dont nous avons parlé, facilitent beaucoup pour les fondeurs la solution de la question;
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- PONTE DE PER.
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- et, comme ces fabricants n’acceptent pas la responsabilité des événements qui peuvent être attribués aux défauts des modèles ou des dessins, il est fort nécessaire pour les constructeurs et les mécaniciens d’apporter beaucoup de prévoyance dans leurs combinaisons.
- M. Hagen passe à l’exposition de quelques exemples spéciaux, rappelle en premier lieu les accidents assez fréquents de rupture dans les cylindres des presses hydrauliques et trouve l’explication d’un grand nombre de fractures dans la manière dont on fond ces cylindres.
- La fîg. 8, pl. 23, représente la disposition à laquelle on recourt ordinairement pour mouler et couler ces pièces.
- On enterre le châssis entier dans le sol fortement pilonné de l’usine et l’on y place debout le modèle dont l’entrée doit être disposée en bas. Le noyau B est en terre étu-vée; on l’affermit parles moyens convenables, et on laisse une ouverture C pour la masselotte. Le métal versé en haut arrive par les jets 6, 6, près de la tête du cylindre, et remonte dans le moule A jusqu’à ce qu’il déborde par l’ouverture C.
- Aussitôt après la coulée, le passage de la fonte à l’état solide commence par la surface extérieure de la pièce, mais reste encore suspendu autour du noyau, parce que la terre se prête mal au refroidissement et que le calorique qui rayonne très-faiblement vers le centre s’échappe plus facilement au dehors, surtout à cause de la plus grande conductibilité des matières dont le moule est formé. Ainsi la solidification et le retrait de la fonte qui se trouve près du noyau sont plus tardifs ; aussi reste-t-il souvent entre les parois, au milieu de l’épaisseur, une structure à gros grain. Toutes circonstances égales d’ailleurs, ces défauts se produisent constamment avec d’autant plus d’intensité que la pièce est plus épaisse, et ils peuvent même aller jusqu’à constituer de petites soufflures. On les observe d’une manière plus frappante encore, dans l’intérieur de la tête du cylindre qui est plus épaisse que ses côtés et notamment aussi sous la masselotte. Lorsque l’on retranche cette partie, on trouve quelquefois des soufflures où l’on peut faire entrer le poing, et qui pénètrent jusqu’auprès de la paroi intérieure, ce qui rend inutiles des pièces assez nombreuses.
- One autre cause d’affaiblissement consiste dans la présence de renflements considérables en fonte, destinés à recevoir des barres en fer forgé pour la liaison du cylindre avec le chapeau de la presse. La succion de la partie la plus mince au préjudice de la fonte encore fluide de la tête produit alors, surtout au raccordement, de petits trous ou du moins des pores dans la matière.
- Après s’être élevé, sans en donner les raisons, contre le moulage en sable vert, dans ce cas particulier, l’auteur recommande aux fondeurs d’entretenir soigneusement avec une tringle un canal ouvert au centre de la masselotte et d’y verser, à des intervalles de temps très-rapprochés, de petites quantités de fonte, pour subvenir aux effets de la succion exercée par l’intérieur de la pièce.
- De son côté, le constructeur doit éviter toute épaisseur inutile dans l’enveloppe cylindrique, et y proportionner la force des autres parties.
- Pour les cylindres grands et massifs, les renflements destinés à recevoir les tirants
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- de la presse ne doivent pas être coulés du même jet. Il vaut infiniment mieux fondre ces cylindres d’égale épaisseur dans toute leur longueur, en ménageant seulement tout autour un rebord qui sert à fixer le renflement que l’on coule ensuite par une seconde opération. Si cependant, pour la facilité des réparations et du travail, on exécute d’un seul jet, les cylindres petits et courts, on doit veiller non-seulement à maintenir autant que possible une bonne proportion entre les épaisseurs, mais encore avoir soin que le renflement circulaire se raccorde avec le reste de la pièce par un fort congé et non par un angle vif, comme dans la fig. 9; car la présence de tels angles, à la rencontre des parties faibles et des parties fortes, donne généralement lieu à des cavités produites par la succion. Ainsi, dans une barre de fonte, dont la section, en forme de croix, est représentée par la fig. 10, les angles rentrants, s’ils sont vifs, laissent surtout apercevoir ce défaut, ou du moins se composent de fonte spongieuse.
- On doit s’attendre à ce qu’un refroidissement inégal, tel que celui qui a lieu dans un cylindre de presse mal disposé, produise aussi dans l’intérieur une tension nuisible. Mais comme ici ce défaut n’a qu’une importance secondaire, M. Hagen en discute, sur d’autres exemples, les effets destructeurs.
- Veut-on, par exemple, exécuter en fonte une croisée dont les petits bois soient fort minces et dont le châssis soit épais : les croisillons se refroidissant le plus vite, exerceront une succion sur les points où ils se joindront au châssis de la croisée, et les affaibliront en y faisant naître une certaine tension. Si ce châssis éprouve aussi une contraction nuisible, et que les croisillons n’aient pas assez d’élasticité pour céder, ils se rompront infailliblement. Or le constructeur peut éviter cet inconvénient, en donnant au châssis une épaisseur qui ne s’éloigne pas considérablement de celle des croisillons, et si le fondeur, dans le cas où il le juge nécessaire, dégage promptement le châssis du sable et en accélère ainsi le refroidissement.
- L’auteur applique ensuite à la construction des roues des machines les principes qu’il a exposés, mais la nécessité de nous restreindre, ne nous permet pas de le suivre dans cette partie de son travail.
- Nous mentionnerons seulement deux observations.
- La première consiste dans le conseil de donner aux croisillons des roues, lorsque l’on redoute la tension, une courbure qui permette à la fonte d’obéir par son élasticité, peu considérable sans doute, mais réelle.
- La seconde, c’est qu’un disque rond, mince près de ses bords, et plus épais au milieu où il porte un renflement, par exemple, un plateau destiné à soutenir la couronne et les aubes courbes d’une turbine, est très-sujet à éprouver, dans le châssis même du fondeur, un déchirement dirigé selon le sens du rayon, parce que l’intérieur, quoiqu’il se refroidisse et se contracte plus lentement que les bords, oppose cependant une si grande résistance à leur retrait, qu’une tension considérable et une rupture en sont souvent la conséquence. La forme concave que l’on donne à ces pièces, et qui est représentée dans la fig. 11, est nécessaire, parce qu’elle permet au plateau de céder latéralement par son milieu à la pression de la couronne.
- L’auteur termine son travail en faisant observer que si, dans les grandes entreprises,
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- PAPIER.
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- il importe extrêmement d’être attentif à la fabrication des objets en fonte, il n’est pas moins nécessaire pour les constructeurs de veiller, en dressant les projets, à ne prescrire que des dispositions qui se concilient avec les exigences d’une bonne exécution. ( Dinglers Polytechnisches Journal, février 1854, page 204, d’après le Notizblatt des hannoverschen Architekten-und Ingénieur-Vereins. )
- DORURE.
- PROCÉDÉ POUR DORER LE ZINC AU MAT; par M. POUCEL.
- On fait un bain avec un mélange d’acide nitrique et d’acide muriatique à 15° au pèse-acide; on trempe à froid la pièce de zinc à dorer; on la retire immédiatement, on la passe à l’eau claire, et on la cuivre, sans la sécher, dans le bain dont voici la composition :
- Sulfate de cuivre..............100 grammes.
- Eau............................ 4 litres.
- On fait dissoudre et on y ajoute du cyanure de cuivre autant qu’il s’en peut dissoudre, on chauffe à 70° et on fait intervenir la pile.
- La pièce étant cuivrée, on la gratte-bosse et on l’argente dans le bain ci-après :
- Cyanure double d’argent et de potassium. 160 grammes.
- Sesquicarbonate de soude....................1,250
- Cyanure blanc................................ 350
- Eau........................................... 20 litres.
- On fait bouillir pendant une demi-heure avant de se servir des bains, et on emploie celui-ci à 70° C. On agite fortement la pièce, afin de la rendre mate; quand elle
- est argentée, on la dore dans le bain suivant :
- Sel double d’or et de potassium. . 150 grammes.
- Cyanure blanc........................350
- Eau.................................. 20 litres.
- On fait bouillir pendant deux heures ; le bain doit avoir 60° C. avant de servir. Quand on retire la pièce, on la rince dans l’eau froide. En gratte-bossant la pièce dorée male on peut obtenir l’or moulu. ( Brevets d’invention, t. XIV, 6 mars 1849.)
- PAPIER.
- FABRICATION DU PAPIER À PATE POLYCHROME; par M. BARTHÉLEMY.
- L’invention consiste dans l’emploi simultané de deux ou plusieurs pâtes de diverses couleurs pour former le papier, soit que ces pâtes soient tenues dans des cuviers séparés et qu’elles donnent un papier rubané, ou qu’elles soient versées dans un seul et même cuvier, et qu’elles donnent un papier chiné.
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- MATIÈRES COLORANTES.
- Dans le premier cas, lorsque les pâtes de couleurs différentes seront mises dans des cuviers séparés, elles seront amenées, par des conduits également séparés, jusqu’à la cuve, où la pâte est ramenée pour la dernière fois avant de se rendre sur la toile métallique. Cette cuve sera divisée en autant de compartiments qu’il doit y avoir de couleurs dans le papier en fabrication. Chaque compartiment aura un agitateur pour remuer la pâte, et ces agitateurs auront un seul et même axe.
- De chacun de ces compartiments partiront des tuyaux mobiles en plus ou moins grand nombre, suivant la largeur qu’on voudra donner aux rubans de papier ; ces tuyaux amèneront la pâte sur le chéneau ou déversoir en cuivre, où leurs orifices seront alternés. Le chéneau ou déversoir en cuivre sera divisé en autant de rigoles qu’il y aura de tuyaux conducteurs et par des cloisons très-minces, pour qu’au sortir immédiat de ces rigoles les différents ruisseaux de pâte forment une seule et même nappe sans aucune solution de continuité, en tombant sur le cuir qui dépose la pâte sur la toile métallique.
- Cette fabrication donnera un papier polychrome dans une disposition rubanée.
- Dans le second cas, lorsque les pâtes de couleurs différentes seront mises ensemble dans un même cuvier, il entrera, dans leur composition, des éléments chimiques tels que le mélange complet des pâtes ne puisse pas avoir lieu, qu’il ne puisse pas se former une seule et même teinte mixte, mais qu’au contraire les différentes pâtes soient seulement mêlées de manière à donner un papier qui ressemble aux tissus dits chinés. ( Brevets d’invention, t. XI, 8 septembre 1847. )
- MATIÈRES COLORANTES.
- SOLUBILITÉ DE LA MATIÈRE COLORANTE DE LA GARANCE DANS LES HUILES FIXES;
- par m. Édouard schwartz , de Mulhouse.
- Après avoir fait bouillir de la fleur de garance pendant un quart d’heure avec huit ou dix fois son poids d’huile de pavot, M. Schwartz obtint une huile fortement colorée qu’il filtra et qu’il laissa se clarifier par le repos ; il la versa ensuite dans de l’eau bouillante et introduisit dans le bain quelques échantillons de toile de coton imprimée avec différents mordants. Ceux-ci se sont saturés peu à peu comme dans la teinture ordinaire, et ont fourni des couleurs aussi vives et aussi résistantes à l’avivage que celles que donne la fleur de garance soumise au traitement habituel.
- De la garancine soumise à un traitement analogue a fourni, en teinture , des couleurs qui résistaient parfaitement aux opérations d’avivage qui, d’ordinaire, usent les couleurs teintes avec la garancine par le traitement usuel. Le résultat a été moins satisfaisant quand, après avoir fait bouillir la garancine avec le pavot, on jeta le tout dans de l’eau bouillante, sans filtration préalable. Les couleurs obtenues dans ce cas ne résistaient pas si bien aux opérations d’avivage et trahissaient par leurs teintes la présence de particules acides dans le bain de teinture.
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- TOILES A TABLEAUX.
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- L’auteur conclut de ces essais que, dans la garancine, ce n’est pas la matière colorante qui est acidifiée; c’est le ligneux qui, à raison de sa porosité, a retenu une partie de l’acide sulfurique ayant servi à la fabrication. Cette petite quantité d’acide, fixée dans la fibre ligneuse, ne s’en sépare pas dans les opérations de lavage à l’eau froide, quoiqu’à Avignon on se serve généralement d’eaux très-claires pour laver la garancine. Ce n’est donc qu’à la chaleur du bain de teinture que cet acide se dégage, et son effet est de modifier les propriétés tinctoriales de la matière colorante en dissolution dans ce bain, de manière que les couleurs produites ne résistent pas aux opérations d’avivage.
- Ces résultats ont été confirmés par une commission prise dans le sein de la Société industrielle de Mulhouse. ( Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse, n° 122, p. 180. )
- BIÈRE.
- LIQUEUR PROPRE A CLARIFIER LA BIÈRE; par M. GRENET.
- Dans une chaudière en cuivre on met 150 kilogr. de tan que l’on fait bouillir pendant une heure avec environ 1,000 litres d’eau; on ajoute ensuite 10 kilog. de sumac et 10 kilog. de noix de galle.
- On continue l’ébullition jusqu’à ce que la décoction soit complète; alors on soutire la liqueur et on la laisse refroidir; enfin, on l’amène à 2° de l’aréomètre de Baumé.
- 1 litre de cette liqueur est propre à clarifier 100 litres de bière; on a soin de bien agiter avec un bâton, puis on abandonne au repos; au bout de vingt-quatre heures la bière est limpide.
- Un demi-litre de cette liqueur suffirait, si elle marquait 4° B. Dans tous les cas, on ne s’en sert qu’à froid. Pour faciliter l’expédition de cette substance tannique, on peut la faire évaporer à l’état d’extrait et la couler sur une table de marbre légèrement huilée, et la rouler ensuite en boules qu’on fait sécher à l’étuve. 60 gram. de ces boules dissous dans l’eau chaude suffisent pour clarifier 100 litres de bière. ( Brevets d’invention,, t. XIII, p. 120. )
- TOILES A TABLEAUX.
- ENDUIT PROPRE A RENDRE INDESSICCABLES LES TOILES A TABLEAUX; par MM. BOURLET DE LA VALLÉE et GARNERAY.
- La Société d’encouragement a décerné à M. Garneray, dans sa séance générale du 11 août 1851, une médaille d’argent pour un enduit propre à préserver les tableaux
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- HUILES.
- de toute humidité et à rendre les peintures ingerçables. La composition de ce vernis est indiquée dans un brevet qui a été délivré à l’auteur le 6 août 1849.
- On prend : Terre de pipe..............................1 partie.
- Baryte........................................1
- Oxyde de zinc.................................1
- Céruse........................................1
- Craie ou carbonate de chaux...................2 parties.
- Glu...........................................1 partie.
- Térébenthine de Venise ou autres résines. . 1
- Caoutchouc dissous............................4 parties.
- Huiles grasses................................2
- Huiles végétales ou essentielles..............4
- Huiles minérales..............................3
- Huiles animales...............................1 partie.
- Les proportions de toutes ces matières peuvent être modifiées selon la teinte, le degré de souplesse ou d’épaisseur, de lisse ou de rugueux qu’on désire donner à l’enduit.
- Les avantages de cet enduit consistent à s’appliquer sur les tissus de toute grandeur et de toute nature et à les rendre imperméables en même temps qu’indessiccables.
- Si l’on veut leur laisser une certaine perméabilité afin de permettre à la couleur de s’emboire, il suffira de diminuer la proportion de caoutchouc.
- Un autre avantage de cet enduit, c’est qu’il ne peut se craqueler que sous le pli d’une pression très-forle, et qu’il est impossible de le séparer de la toile, même à l’aide d’instruments tranchants; qu’il résiste aux intempéries atmosphériques, ainsi qu’aux effets de l’eau bouillante; enfin qu’il permet de rouler les lableaux sans les altérer. ( Description des brevets, t. XV, p. 49. )
- HUILES.
- PROCÉDÉS D’ÉPURATION DES CORPS GRAS; par M. EVRARD.
- Les corps gras de nature végétale extraits par une pression exercée à froid ou à une température peu élevée sont fortement battus avec une lessive très-faible de potasse ou de soude, puis on laisse reposer le tout. Il se forme bientôt deux ou trois couches dans le liquide : à la partie inférieure se réunit la solution alcaline devenue laiteuse ; à la partie supérieure se rassemble l’huile neutre, et dans l’espace intermédiaire on remarque une émulsion qui participe de la nature des deux liqueurs dont il vient d’être parlé. On enlève la solution alcaline laiteuse, et on remet de l’eau rendue encore légèrement alcaline; on agite le tout et on laisse reposer de nouveau. On répète ce lavage en employant de l’eau pure que l’on renouvelle jusqu’à ce que le liquide qui se rassemble à la partie inférieure du vase ne soit plus que légèrement opale. On enlève alors l’huile et le peu d’émulsion qui reste encore quelquefois entre l’huile et
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- RÉSINES.
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- i’eau, et on fait reposer le tout à froid ou au bain-marie, suivant la nature de l’huile et la température de l’air. On filtre ensuite l’huile reposée comme dans la méthode ordinaire d’épuration.
- L’huile de colza ainsi préparée est parfaitement convenable pour l’éclairage; elle brûle avec une flamme plus claire que celle épurée par l’acide sulfurique, et elle ne détermine point aussi rapidement que celle-ci l’oxydation du cuivre.
- Les graisses animales sont traitées en branches par une solution alcaline bouillante. On opère dans une chaudière de tôle ou de fonte; la liqueur alcaline pénètre le tissu, le gonfle et le déchire. La graisse nage à la surface du bain, tantôt transparente, tantôt en émulsion. On l’enlève pour la jeter à travers une toile métallique dans une seconde chaudière contenant de l’eau rendue légèrement alcaline; puis on lave à l’eau pure et on achève le traitement comme il est dit pour les huiles végétales. Le repos doit toujours être opéré dans un bain-marie ; il s’effectue plus vite que pour les huiles végétales, et la filtration dans un sac de toile serrée suffit pour retenir quelques pellicules qui nagent dans la graisse ; celle-ci s’écoule parfaitement limpide.
- Les graisses neutres ainsi obtenues ne rancissent que très-difficilement.
- Les suifs obtenus par ce procédé sont plus blancs et plus durs que ceux préparés par les méthodes ordinaires. ( Description des brevets, t. XV, p. 7. )
- RÉSINES.
- PROCÉDÉ D’ÉPURATION ET DE DISTILLATION DES GOMMES DITES RÉSINES MOLLES;
- par M. HUGUES.
- Les gommes, produit brut des arbres résineux, sont soumises à deux opérations distinctes, l’épuration et la distillation; elles sont d’abord versées dans un premier réservoir placé au bas de la chaudière à épurer; quand ce réservoir est plein, on laisse reposer la matière, qu’on transvase ensuite dans la chaudière chauffée modérément jusqu’à parfaite liquéfaction de la matière. A une certaine distance du fond de celle-ci est pratiqué un déversoir ou tuyau de fuite pour laisser écouler la matière bien chaude et reposée à travers une plaque percée de trous ne permettant le passage qu’aux très-petits corps étrangers qui peuvent se trouver dans la gomme; tout le reste est retenu au fond de la chaudière en contre-bas du tuyau de fuite. Par ce premier filtrage, la matière se trouve aux trois quarts épurée.
- A la sortie de la chaudière, la gomme coule sur un filtre en toile métallique, garni d’une légère couche de paille; ce filtre est placé à l’orifice d’un entonnoir en métal chauffé par deux tuyaux de chaleur qui font le tour d’une seconde grande chaudière.
- De ce second filtre la matière passe à travers un autre filtre en laine destiné à retenir tous les corps étrangers qui ont pu échapper aux précédentes épurations.
- De ce filtre en laine la matière passe par le fond de l’entonnoir percé dans une
- Tome Ier. — 53e année. 2e série. — Octobre 1854. 81
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- SUCRE.
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- grande chaudière chauffée par les deux tuyaux de chaleur dont on vient de parler.
- La matière tenue légèrement chaude dans cette chaudière y est puisée pour se rendre à une chaudière d’attente mise en rapport avec la cucurbite, au moyen d’un tuyau muni soit d’une soupape, soit d’un tampon, soit d’un robinet.
- Cette chaudière d’attente est chauffée au degré voulu par une prise de chaleur au foyer de l’alambic pour que la matière arrive dans ce dernier prête à entrer en ébullition.
- Tous les vases dont on vient de parler doivent être parfaitement couverts, afin d’éviter toute évaporation de la partie essentielle de la gomme.
- Le corps de la cucurbite est un tube tronqué aussi large à son orifice qu a sa base, afin d’éviter tout étranglement et de faciliter l’ascension, le développement et la condensation de la vapeur. On y adapte intérieurement un appareil destiné à diviser la vapeur, à lui procurer un grand développement de parois et à éviter qu’une fois condensée elle puisse retomber dans la cucurbite. Ce système consiste dans la disposition de plusieurs éventails en feuilles de cuivre minces, cannelées, percées à jour dans la partie supérieure des cannelures; tous ces éventails circulaires aboutissent à la base du chapiteau pour transmettre l’essence dans le serpentin.
- Pour éviter les coups de feu qui décomposent la matière chauffée à feu nu, l’auteur a supprimé ce dernier en faisant reposer la cucurbite sur une voûte en briques réfractaires et en ménageant un tour de feu qui chauffe ce dernier à sa base jusqu’au niveau où arrive la matière à distiller.
- L’auteur a compris dans les accessoires de sa fabrication trois appareils , savoir 1° un nettoyeur pour dégager complètement la gomme adhérente aux parois des barriques après qu’on les a vidées; 2° un appareil pour utiliser tous les résidus de l’atelier qui sont imprégnés de gomme; 3° un pressoir pour retirer toute la matière de la chaudière à épurer. ( Description des brevets, t. XV, p. 18. )
- SUCRE.
- EXTRACTION DU SUCRE CRISTALLISABLE DE TOUTES LES MATIÈRES QUI LE RENFERMENT,
- A L’AIDE DE LA FORMATION DES SACCHARATES SOLUBLES ET INSOLUBLES, ET DE LEUR APPLICATION AU RAFFINAGE ; par M. ROBERT DE MASSY.
- Les jus de la betterave, de la canne à sucre ou des matières saccharines, obtenus soit à l’aide de la râpe et de la presse, soit à l’aide de la macération, soit à l’aide des cylindres, soit enfin par un moyen quelconque, sont immédiatement chauffés jusqu’à environ 75° centig. ; on projette par hectolitre 6 kilog. de baryte caustique, préalablement éteinte et réduite en bouillie, ou 12\480 d’hydrate de baryte, en ayant soin d’agiter, puis l’on porte vivement à l’ébullition. A peine la baryte est-elle dissoute, que la défécation est opérée, et qu’aussitôt on voit se précipiter une multitude de petits cristaux de sucrate de baryte.
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- SUCRE.
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- La défécation et la saccharatation se font avec tant de rapidité, qu’il est difficile de distinguer le passage de l’une à l’autre.
- On cesse le bouillon : le sücrate se précipite rapidement ; au bout de quelques minutes on décante la partie liquide, qui est d’une grande limpidité. Le sucrate de baryte, qui a été précipité et qu’on recueille ensuite, retient encore des eaux mères, que l’on peut en extraire soit à l’aide d’un simple lessivage avec une petite quantité d’eau, et dans ce cas on obtient pour résidu du sucrate de baryte à l’état de magma, soit cà l’aide d’une presse, et alors on le recueille à l’état de tourteaux grisâtres que l’on brise en morceaux, et il ne reste plus qu’à isoler le sucre de la baryte.
- Voici comment s’opère la décomposition du sucrate de baryte par l’acide carbonique :
- Quand on emploie la presse, on délaye les morceaux de sucrate dans une fois et un quart de leur poids d’eau. Quand on agit par le lavage, on se sert du magma, auquel on ajoute la quantité d’eau nécessaire pour en porter le poids, comme dans la précédente opération, à une fois et un quart le poids du sucrate pressé; puis on décompose par un courant d’acide carbonique lavé, jusqu’à ce qu’il y ait un léger excès : alors le carbonate de baryte est formé, le sucre est mis en liberté et tenu en dissolution dans le liquide. Arrivé à ce point, on jette le tout sur des blanchets; le résidu est traité par lavage ou par pression.
- Le liquide sucré est évaporé lorsqu’il a atteint 30e de l’aréomètre de Baume ; on le filtre pour en séparer le carbonate de baryte qui s’est précipité pendant l’évaporation. Le sirop filtré est de nouveau évaporé jusqu’au point de cuite; on le verse dans les formes : on obtient ainsi un sucre à peine coloré et exempt de sucre incristallisable.
- Le procédé qu’on vient de décrire s’applique également au raffinage, avec cette seule différence qu’au lieu d’opérer sur des jus on opère sur des sucres fondus, en calculant pour 100 kilog. de sucre environ 60 kilog. de baryte caustique, ou son équivalent en baryte hydratée.
- On conçoit que, bien que la quantité de baryte ait été indiquée soit pour le jus, soit pour le raffinage, elle varie, suivant la richesse saccharine, en sucre cristallisable dans les deux cas.
- Après avoir indiqué l’emploi de la baryté, l’auteur en décrit la préparation et la reproduction .
- Voici les divers procédés ;
- 1° Charbon et carbonate de baryte.
- On prend du carbonate de baryte soit naturel, soit artificiel ; on le réduit en poudre fine, ainsi que le charbon, puis on les mélange intimement. On ajoute au mélange de la colle d’amidon ou toute autre matière susceptible de produire une pâte et de donner, par la calcination, un charbon très-divisé; cette pâte est partagée en boulettes qu’on roule dans le charbon , après quoi on les place dans les pots dont se servent les fabricants de noir, ou dans des cornues, et on les porte au rouge. On obtient ainsi un mé^ lange de baryte caustique et de charbon ; on jette le tout dans l’eau bouillante, on décante, on filtre, et on a un hydrate de baryte cristallisé très-beau.
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- SUCRE.
- 2° Vapeur d’eau et carbonate de baryte.
- On chauffe au rouge blanc du carbonate de baryte soit naturel, soit artificiel, dans des cylindres où l’on fait passer un courant de vapeur d’eau; il se forme un hydrate de baryte à un équivalent d’eau, et il se dégage de l’acide carbonique mélangé de vapeurs d’eau qui est recueilli et peut être employé à décomposer le sucrate de baryte. Cet hydrate de baryte monohydraté est dissous dans l’eau bouillante; on décante la liqueur , qui cristallise par le refroidissement et produit un hydrate à dix équivalents d’eau.
- Les deux procédés précédents procurent l’avantage de reproduire la baryte avec le carbonate provenant de là décomposition du sucrate de cette base par l’acide carbonique, et de régénérer la même matière qui sert indéfiniment.
- Les résultats obtenus par l’auteur sont les suivants :
- 1° Formation des sucrâtes par l’extraction du sucre.
- 2° Emploi de la baryte ou d’autres bases pour cette formation.
- 3° Emploi de l’acide carbonique ou d’autres acides pour la décomposition du sucrate.
- 4° Séparation immédiate du sucre de toutes les matières étrangères qui en gênent la purification.
- 5° Suppression entière et complète de la formation du sucre incristallisable.
- 6° Economie de combustible et production d’une plus grande quantité de sucre. ( Description des brevets, t. XVI, p. 16. ) (1)
- MÉTHODE DE RAFFINAGE DU SUCRE A CHAUD ET A FROID, ET SANS REFONTE DU SUCRE
- brut; par m. cail.
- Le sucre brut provenant des fabriques coloniales ou indigènes est vidé, tel qu’il arrive, dans un vase d’une certaine capacité, 800 à 1,200 kilogrammes. Dans ce vase on mélange avec ce sucre une certaine quantité d’un sirop préparé à l’avance, marquant à froid environ 32 à 34° de densité. La nuance de ce sirop peut être appropriée à celle du sucre brut que l’on traite, de manière que, si le sucre est d’une nuance commune, le sirop soit de qualité analogue.
- La quantité de sirop à mettre ainsi avec le sucre est de 30 à 40 kilog. contre 60 à 70 ; on remue le tout avec un mouveron, de façon à former une pâte aussi homogène que possible. On laisse ainsi la matière en mélange pendant quelques heures; ensuite on charge cette pâte dans un appareil à purgation centrifuge pour en chasser le sirop, lequel, ayant détrempé la mélasse fixée autour des cristaux de sucre, en emporte avec
- (ï) L’application de la baryte hydratée au traitement des jus sucrés est due à MM. Dubrunfaut et Leplay, qui ont été brevetés pour ce procédé le 24 juillet 1849. ( Voyez Description des brevets, t. XV, p. 27. )
- Quant au sucrate de baryte, sur la production duquel reposent ces brevets, sa découverte est due à M. Peligot. (Voyez son mémoire sur la nature et les propriétés chimiques des sucres, Annales de chimie et de physique, t. 67, 1838. )
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- ÉTOFFES.
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- lui une première partie, et, lorsqu’il est évacué, le sucre brut a déjà acquis un certain degré de nettoyage.
- On achève de le blanchir en versant successivement, dans l’appareil centrifuge qui le contient, des sirops de nuances de plus en plus blanches, et le sucre cristallisé, sans se fondre en aucune manière, blanchit de plus en plus et arrive, en employant un dernier sirop tout à fait blanc, à la nuance nécessaire à sa mise en pain.
- Le sucre, entièrement blanchi, se trouve dans un certain état d’humidité laissé par le sirop qui vient de le traverser; on se rend maître de ce degré d’humidité en laissant agir plus ou moins de temps la force centrifuge, qui finirait par rendre le sucre aussi sec que s’il avait passé à l’étuve.
- L’opération doit être arrêtée au moment où l’humidité est suffisante pour que le sucre pelote en le prenant à la main; dans cet état, le sucre blanc est mis dans des formes et moulé, puis les pains sont portés à l’étuve.
- C’est ainsi que le blanchiment et l’épuration des cristaux s’opèrent sans refonte des sucres bruts.
- Ce mode de raffinage à froid et à chaud sans refonte produit une économie de frais considérable sur l’ancien procédé. Les raffineries peuvent se dispenser du matériel coûteux de formes et d’appareils qu’elles emploient aujourd’hui, et du combustible en si grande quantité qu’on y dépense. Les produits fabriqués sont tous de même qualité, et la mélasse produite n’est strictement que celle contenue dans les sucres bruts sortant des fabriques.
- Les pains pour la vente sont obtenus en vert au bout de quelques heures au plus de l’entrée du sucre brut dans la raffinerie; il n’y a rien à ajouter à ce délai que celui nécessaire pour l’étuvage, qui est à peu près le même qu’aujourd’hui.
- Cette méthode de raffinage est applicable dans les fabriques de sucre colonial ou indigène qui veulent livrer leurs produits directement à la consommation. Une fois leur sucre brut obtenu, elles peuvent, sans matériel de raffinerie, formes, purgeries, etc., procéder à la mise en pains de leurs sucres et les expédier. ( Description des brevets,
- t.xv, p. 97.) ^
- ÉTOFFES.
- ÉTOFFE FEUTRÉE ET TAILLÉE POUR VÊTEMENTS; par M. WAHL, à Bitschwiller
- ( Haut - Rhin ).
- Après avoir, par le feutrage, amené une ouate à avoir une consistance suffisante, on la découpe en morceaux comme le font les tailleurs, et on ajuste ces morceaux pour bâtir le vêtement que l’on veut obtenir, avec la précaution de les tailler en vue d’un retrait de l’étoffe. On réunit ces morceaux avec des fils, et on foule l’objet, ainsi bâti, jusqu’à ce que les coutures aient disparu et jusqu’à ce que l’étoffe ait une grande consistance.
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- SOIE,
- Si le vêtement n’a pas exactement la tournure désirée, on l’applique sur une forme convenable, on le mouille et on le laisse sécher sur la forme. ( Brevets d'invention, t. XIII, p. 120. )
- SOIE.
- NOTE SUR QUELQUES ESSAIS DE DÉVIDAGE DE COCONS DU BOMBYX CYNTHÏA ; par M. GUÉRIN-MÉNEVILLE.
- Le 28 septembre dernier, l’auteur a mis en expérience vingt cocons frais qui pesaient 32gr ,450. Dix ont été soumis au ramollissement par la vapeur et l’eau bouillante qui forme la partie essentielle du procédé Alcan, et ils étaient destinés à donner les deux bouts composés chacun de brins de cinq cocons que l’on dévide sur l’asple : ces cocons n’ont été nullement ramollis. On les a successivement soumis à l’appareil Alcan pendant huit minutes, puis pendant cinq autres, puis pendant sept autres, en tout vingt minutes ; mais, quoique l’ouvrière fût parvenue, après avoir enlevé le frison, à trouver le brin, celui-ci ne se détachait pas bien, et elle disait qu’ils étaient durs et qu’il fallait les cuire eneore. Cette fois, on les a laissés dans l’appareil pendant dix autres minutes, ce qui fait en tout trente minutes d’action successive de la vapeur et de l’eau bouillante; mais la gomme qui agglomère les brins a résisté à tout; on n’a pu dévider que peu de ces brins, mais assez cependant pour penser qu’ils ne sont pas interrompus.
- Le lendemain on a soumis les dix cocons qui restaient au même appareil en employant de l’eau alcalinisée, Cette fois, le brin s’est montré plus facile à détacher; on n vu qu’on pouvait en tirer de grandes longueurs sans interruption, et que les cocons tournaient très-bien dans la bassine. L’auteur a reconnu que le brin était continu et susceptible de se détacher comme celui des cocons ordinaires, si l’on parvenait à mieux dissoudre la gomme qui les unit.
- Comme plusieurs des derniers cocons avaient été détruits pendant les tentatives diverses faites dans cette seconde journée d’expériences, quand le brin s’est montré enfin docile à la traction de l’asple, il n’est plus resté assez de cocons pour entretenir les bouts, et il a fallu arrêter là ces essais de dévidage.
- La plupart des cocons du bombyx cynthia sont composés d’une soie de couleur orangée; il y en a d’un blanc plus ou moins jaunâtre. Après la cuisson, cette soie prend une couleur grise, mais avec un lustre, un soyeux semblable à celui de la soie ordinaire.
- Dès aujourd hui il semble résulter de ces essais faits dans des conditions si défavorables,
- 1° Que les cocons du ver à soie bombyx cynthia ont Je brin collé avec une gomme que les procédés ordinaires de dévidage ne peuvent suffisamment ramollir ou dissoudre ;
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- PHOTOGRAPHIE.
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- 2° Que l’addition d’un alcali et une ébullition assez prolongée amènent ce ramollissement ou cette dissolution de la gomme, et permettent au brin de se détacher;
- 3° Que ces cocons, quoique ouverts à l’une de leurs extrémités, semblent cependant composés d’un fil continu susceptible de se dévider en soie grége;
- h° Que, pour arriver à dévider ces cocons, il faudrait se servir de la méthode Alcan, parce qu’elle permet de filer sans que les cocons surnagent, comme ils le font dans l’ancienne méthode.
- Les cocons du bombyx cynthia ne sont pas les seuls sur lesquels nos méthodes perfectionnées de dévidage ont été essayées. Des cocons grossiers provenant de Chine et appartenant au ver à soie sauvage, qui se nourrit de feuilles de chêne, ont pu être dévidés parfaitement, et la soie grége qu’ils ont donnée, sauf la couleur, peut le disputer, pour la beauté et la régularité du brin, à nos soies ordinaires. (Acad, des sciences, 9 octobre 1854. )
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- MÉMOIRE SUR LA GRAVURE HÉLIOGRAPHIQUE SUR ACIER ET SUR VERRE; par M. NIEPCE DE SAINT-VICTOR.
- Quoique je n’aie pas atteint encore le but que j’espérais au point de vue de la sensibilité du vernis, je vais cependant livrer à la publicité le résultat de mes recherches, dans l’espoir qu’elles seront utiles aux opérateurs.
- J’ai observé que le bitume de Judée était le corps le plus sensible à l’air et à la lumière, mais que cette sensibilité était excessivement variable.
- La pureté du bitume, son exposition à l’air et à la lumière, plus ou moins prolongée et dans un état de division plus ou moins grand, sont autant de causes de variations dans la rapidité avec laquelle l’air et la lumière l’influencent.
- Pour s’assurer de ce fait, il suffit d’exposer du bitume de Judée ( pulvérisé et en couches minces) à l’air et aux rayons solaires, pendant plusieurs jours; on verra alors que ce même bitume, étant dissous et à l’état de vernis héliographique, aura acquis une sensibilité beaucoup plus grande que celle qu’il avait avant son exposition à l’air et à la lumière.
- Une autre expérience que j’ai faite, et qui est encore plus frappante, est celle-ci :
- Si, après avoir fait dissoudre du bitume de Judée pour en former un vernis héliographique, on expose ce vernis à l’air et au soleil pendant environ trois ou quatre heures, il acquerra une sensibilité double et triple de celle qu’il avait auparavant, et si l’on prolonge cette exposition pendant quelques heures, on augmentera encore la sensibilité; mais il arrive un moment où il faut soustraire le vernis à ces deux agents, sans cela il ne serait plus susceptible d’être employé : c’est ce qui a lieu après qu’il a subi une exposition de dix à douze heures. On observe alors qu’étendu sur la plaque, il ne reproduit plus une image nette du modèle, car l’image qui se manifeste par l’action du dissolvant est imparfaite; elle est comme voilée, ce qui, du reste, et dans certaines limites, n’est pas un obstacle à l’action de l’eau-forte : je dirai même qu’il est
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- préférable d’obtenir des épreuves de ce genre dans la chambre obscure, pourvu, toutefois, qu’elles ne soient pas trop voilées.
- Des résines ( le galipot, par exemple) et des essences, telles que celles d’amandes amères, de térébenthine, de citron et autres, exposées à l’air et à la lumière, acquièrent aussi de la sensibilité.
- La benzine, qui se colore fortement sous l’influence de l’air et de la lumière, tandis que l’essence de citron se décolore, acquièrent également de la sensibilité; mais une trop longue exposition finit par rendre tous ces corps complètement inertes.
- Un vernis héliographique renfermé dans un flacon plein et bien bouché, tenu dans l’obscurité pendant quinze jours, n’éprouvera aucun changement, tandis que le même vernis, tenu dans un flacon à moitié plein et exposé à la lumière diffuse d’un appartement, acquerra une rapidité deux ou trois fois plus grande que celle qu’il avait dans le principe.
- Quant au dissolvant du bitume de Judée pour en former un vernis héliographique, je n’ai rien trouvé de préférable à la benzine; seulement il est nécessaire d’y ajouter un dixième d’essence pour rendre le vernis plus sensible à la lumière, et pour lui donner plus de liant et de viscosité, afin de remplacer la cire que je supprime.
- On peut, à cet effet, employer plusieurs sortes d’essences, mais toujours dans la proportion d’un dixième avec la benzine.
- Toutes les essences ne sont pas propres à former un vernis héliographique, car elles sont plus ou moins sensibles à la lumière, et elles forment un vernis plus ou moins homogène, par exemple celles d’amandes amères et de laurier-cerise qui sont les plus sensibles, mais qui, à l’état de vernis héliographique, ne donnent pas, après la dissolution, une couche homogène. On peut obvier, autant que possible, à cet inconvénient en chauffant légèrement la plaque vernie pour la sécher promptement; je dis qu’il faut chauffer légèrement, parce que l’action de la chaleur enlève aux essences, et surtout au bitume de Judée, une grande partie de leur sensibilité à la lumière.
- L’essence qui donne le vernis le plus onctueux est celle d’aspic pure non distillée ; mais celle que je préfère à toutes est l’essence de zeste de citron pure ( obtenue par expression ), parce qu’elle donne les plus beaux résultats héliographiques; le vernis qu’elle forme est très-homogène, plus siccatif et plus sensible à la lumière que celui préparé avec l’essence d’aspic; seulement il est plus sec, et c’est ce qui fait qu’il donne des traits plus purs.
- Je divise les essences en deux catégories, parce que les unes ont la propriété de troubler les éthers sulfurique, azotique, acétique et chlorhydrique, et les autres la benzine et l’huile de naphte.
- Celles qui troublent les éthers ne troublent pas la benzine, et celles qui troublent la benzine ne troublent pas les éthers.
- Si l’on mélange une essence qui trouble les éthers avec une qui trouble la benzine, elles se troubleront mutuellement, mais le précipité disparaîtra assez promptement, et les essences mélangées troubleront alors les éthers et la benzine, suivant la quantité prédominante de l’une d’elles.
- Je vais donner pour exemple de ces faits les résultats suivants :
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- HUILES VOLATILES.
- PREMIÈRE CATÉGORIE ( 36 ).
- Troublant les éthers.
- D’anis;
- De grande absinthe;
- D’aneth;
- D’angélique;
- De bigarade;
- De badiane;
- De bois de cèdre;
- De bois de sassafras;
- De citron ( du zeste );
- De cédrat pur;
- De carvi;
- De cumin;
- De chervis ;
- De copahu;
- De céleri;
- De camomille romaine;
- De petit cardamome;
- D’estragon;
- De fenouil amer;
- De fenouil doux;
- De fleurs d’oranger ou néroli;
- De gingembre;
- De genièvre;
- D’hysope;
- De macis;
- De myrte;
- De muscade;
- D’oranger de Portugal;
- De petits grains;
- De persil;
- De poivre;
- De rue;
- De sarriette;
- De sabine;
- De térébenthine;
- De valériane.
- Les quatre liquides suivants troublentles éthers :
- L’huile de naphte rectifiée;
- La benzine;
- Le sulfure de carbone;
- Le chloroforme.
- Tome Ier. — 53e année. 2e série.
- seconde catégorie (34).
- Troublant la benzine.
- D’amandes amères;
- D’aspic;
- De bergamote;
- De basilic;
- De cannelle de Chine;
- De cannelle de Ceylan ;
- De cannelle giroflée;
- De calamus;
- De coriandre;
- De cubèbe;
- De cajeput;
- De girofle;
- De géranium rosa;
- De lavande;
- De lavande ( fleurs de ),
- De laurier-cerise;
- De laurier franc;
- De menthe pure;
- De marjolaine;
- De mélisse;
- De piment Jamaïque;
- De patchouli;
- De pouliot;
- De roses d’Orient;
- De romarin;
- De serpolet;
- De sauge;
- De semen-contra;
- De thym;
- De tamarin;
- De vétiver;
- De vin;
- De verveine de l’Inde;
- De wintergreen ( gaultheria procum-bens ).
- Les trois liquides suivants troublent la benzine :
- Les éthers;
- L’alcool;
- L’esprit-de-bois.
- Nota. L’essence de mirbane ou nitrobenzine ne produit aucun effet; il en est de même d* toutes les essences artificielles.
- Octobre 1854.
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- On peut facilement, d’après ce tableau, distinguer si une essence de la première catégorie est pure ou mélangée avec une de la seconde; de même pour celles de la deuxième catégorie.
- Il est bien important, pour faire ces expériences, d’opérer sur des essences pures et non rectifiées ou distillées, surtout pour celles de la deuxième catégorie, qui par la distillation perdent la propriété de troubler la benzine; mais si une essence de cette catégorie contient une essence de la première, elle troublera les éthers, quoique ayant été rectifiée ou distillée, parce que celles de la première catégorie ne perdent jamais la propriété de troubler les éthers.
- Parmi les essences qui troublent les éthers, je citerai celle de térébenthine, comme produisant le maximum d’effet, sans perdre cette propriété, quand bien même on la porte à l’ébullition ; il en est de même de toutes les essences de cette catégorie.
- Parmi les essences qui troublent la benzine, je citerai celles d’amandes amères et de laurier-cerise, comme produisant le maximum d’effet; viennent ensuite toutes les variétés de lavande, parmi lesquelles celle d’aspic pure, non rectifiée, produit le plus grand trouble dans la benzine; mais dans les deux catégories les essences produisent ces effets à différents degrés, et le précipité n’a plus lieu avec un excès.
- Si l’on chauffe une essence de la deuxième catégorie en vase clos, elle ne perd pas cette propriété; mais si, au contraire, on la chauffe à l’air libre, à une température un peu au-dessous de celle de l’ébullition , elle perd promptement la propriété qui auparavant lui faisait troubler la benzine; mais elle ne la perd pas si on la laisse à l’air libre à la température de l’atmosphère.
- On verra plus loin que j’ai utilisé ce principe des essences de la deuxième catégorie, pour consolider mon vernis héliographique, et reconnu que toutes les essences de la première catégorie sont impropres à cet usage.
- D’après ces observations, j’ai modifié mon vernis de la manière suivante :
- Benzine...........................90 grammes.
- Essence de zeste de citron pur. . . 10
- Bitume de Judée pur............... 2
- Ce vernis, beaucoup plus fluide que celui dont j’ai déjà publié la préparation, a l’avantage de donner une couche plus mince; car plus la couche est mince, plus il y a d’accélération dans l’effet produit par la lumière; plus il y a de pureté dans les traits, plus il y a de demi-teintes, si toutefois l’exposition à la lumière n’a pas été trop prolongée.
- Ce vernis n’a qu’un inconvénient, c’est de ne pas offrir quelquefois assez de résistance à l’action de l’eau-forte; mais, au moyen des fumigations, dont je vais parler, on peut consolider la couche de vernis la plus mince. On procède à cette fumigation après que la plaque a subi l’action de la lumière et celle du dissolvant.
- Voici la manière d’opérer la fumigation :
- On a une boite semblable à celle qui sert à passer la plaque daguerrienne au mer-
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- cure, fermant hermétiquement et de la dimension des plus grandes plaques d’acier sur lesquelles on doit opérer, parce qu’au moyen de deux petites barres mobiles ap^ puyées sur des liteaux placés dans l’intérieur, on éloigne ou l’on rapproche les barres, selon la dimension de la plaque.
- Dans le fond de la boite, qui doit se trouver à une certaine hauteur du sol, on place une capsule en porcelaine dans l’ouverture ronde d’une feuille de zinc ; on chauffe la capsule (contenant de l’essence d’aspic pure non distillée ou rectifiée) avec une lampe à alcool de manière à porter la température de 70 à 80 degrés au plus, afin d’éviter de volatiliser une trop grande quantité d’huile essentielle, car alors le vernis se dissoudrait et ne présenterait plus, comme cela doit être, une couche brillante et de couleur bronze, semblable au premier aspect de la plaque vernie avant l’exposition à la lumière.
- Je recommande, dans ces fumigations, de ne chauffer l’essence que jusqu’à ce qu’il y ait un léger dégagement de vapeur, de prolonger l’exposition de deux ou trois minutes; de chauffer de nouveau' et de recommencer une seconde fumigation, si cela est nécessaire ( la même peut encore servir à une seconde fumigation, mais pas au delà ); laisser ensuite bien sécher la plaque, en l’exposant un instant à l’air, avant de faire mordre à l’eau-forte, et, si les opérations ont été bien faites, on aura une résistance complète, qu’il faut même éviter de porter à l’excès, parce que l’eau acidulée n’agirait plus : dans ce dernier cas, on peut quelquefois faire attaquer la plaque par l’acide, en la retirant de l’eau une ou deux fois et en la soumettant au contact de l’air.
- Toutes les essences de la deuxième catégorie peuvent être employées en fumigations : leur action sera en rapport avec le trouble qu’elles produisent dans la benzine, ce qui fait que certains graveurs préfèrent, par exemple, l’essence de bergamote ( que j’ai indiquée ) à celle d’aspic, qui agit trop fortement et qui graisse un peu la plaque, ce qui nuit souvent à l’action du grain d’aqua-tinta.
- Les images obtenues dans la chambre obscure et qui sont voilées ( ou non entièrement découvertes, comme je l’ai dit ) n’ont besoin généralement que d’être soumises à la vapeur de l’essence de bergamote, qui est moins active que celle d’aspic.
- Les essences propres à composer un vernis héliographique peuvent être aussi employées en vapeur pour augmenter la sensibilité des plaques vernies, mais il est difficile d’en régler l’action.
- Je recommande de ne faire mordre une planche d’acier que lorsque l’opération héliographique aura bien réussi. La première condition pour obtenir une bonne image héliographique est d’avoir une belle couche de vernis sur la plaque d’acier, qu’elle soit exempte de grains de poussière et de bulles d’air, qui forment autant de petits trous après la dessiccation.
- Quant à la durée de l’exposition à la lumière, elle est très-rapide quand on opère par le contact d’une épreuve photographique sur verre ou sur papier, mais elle ne l’est pas encore assez pour que l’on puisse opérer facilement dans la chambre noire ; cependant on obtient des épreuves avec assez de rapidité en opérant avec un vernis
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- composé de bon bitume de Judée et qui a été convenablement exposé à l’air et à la lumière.
- J’ai composé un vernis complètement imperméable à l’acide sans le secours des fumigations : il suffit, pour cela, de mettre dans le vernis 1 gramme de caoutchouc dissous préalablement dans l’essence de térébenthine en forme de pâte onctueuse ; mais alors il ne peut supporter la chaleur à laquelle on est obligé de soumettre la plaque métallique pour appliquer le grain d’aqua-tinta nécessaire pour la reproduction des épreuves photographiques.
- Ce vernis est excellent pour l’application que j’ai faite de la gravure héliographique sur verre. On opère, dans ce cas, comme sur la plaque métallique, puis on soumet la plaque de verre à l’action de la vapeur de l’acide fluorhydrique pour graver en mat, ou bien on couvre la feuille de verre de cet acide hydraté pour graver en creux ; on obtient ainsi de très-jolis dessins photographiques gravés sur verre, et, si l’on opère sur un verre rouge dont la couleur n’est appliquée que d’un seul côté, on a un dessin blanc sur un fond rouge : on pourrait obtenir des dessins blancs sur toute espèce de verres de couleurs.
- Avant de terminer ce mémoire, je citerai, dans l’intérêt de la science, les expériences suivantes que j’ai faites :
- 1° On sait, par la publication de M. Chevreul, qu’une plaque enduite d’un vernis héliographique ne s’impressionne pas dans le vide lumineux.
- Si l’on place une plaque vernie dans l’obscurité, mais à un courant d’air atmosphérique, comme, par exemple, dans un long tube de tôle, il arrivera, au bout de huit jours, que, si l’on verse du dissolvant sur le vernis, il n’agira presque plus; ce sera comme si la plaque avait été soumise pendant quelque temps à l’air et à la lumière.
- 28 J’ai renfermé dans une boîte bien close une plaque vernie qui avait été soumise à l’action de l’air et de la lumière, et dont le vernis était devenu insoluble à l’action du dissolvant; quinze jours après, il était dans le même état : donc le vernis ne s’était pas reconstitué dans son état primitif, comme l’opinion en a été émise.
- Tels sont les faits qui se rattachent à la question de la gravure héliographique, et si, malgré le pas immense qu’elle a fait depuis un an, elle n’est pas encore arrivée au degré de perfection que j’espère lui voir atteindre un jour, on peut juger de son état actuel par le portrait de l’empereur Napoléon III et une épreuve d’un monument (1) que j’ai l’honneur de présenter à l’Académie.
- Avant peu j’espère présenter des épreuves gravées dans la chambre obscure et obtenues en fort peu de temps soit par un vernis très-sensible, soit par le concours d’un gaz répandu dans la chambre obscure. ( Acad, des sciences, 2 octobre 1854. )
- (]) Le Portrait de l'Empereur a été retouché, mais la Vue du Louvre est sans aucune retouche. Les opérations héliographiques ont été faites par Mme Pauline Riffaut, et celles de gravure par M. Riffaut, sculpteur.
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- NOTICES INDUSTRIELLES.
- NOTICES INDUSTRIELLES EXTRAITES DES PUBLICATIONS FRANÇAISES ET ÉTRANGÈRES,
- par M. J. B. VIOLLET.
- Fabrication d’étoffes élastiques. (Patente anglaise du 17 décembre 1853, prise par
- M. Bedell, de Leicester. )
- L’auteur roule côte à côte sur un cylindre, les fils qui doivent composer son étoffe, et les enduit d’une couche de caoutchouc rendu liquide. Il applique ensuite sur cet enduit une feuille très-mince de caoutchouc vulcanisé ou préparé, qu’il a couverte aussi de caoutchouc liquide. Il a soin de mettre en contact ces deux couches qui se soudent et font tellement corps ensemble qu’une partie du fil se trouve combinée ou plutôt interposée dans le caoutchouc. ( Méchante’s Magazine, juillet 185k, page 40.)
- Fabrication des cadres en fer. (Patente anglaise du 20 décembre 1853, prise par
- M. Boydell, de Londres. )
- M. Boydell lamine des barres de fer, portant une rainure longitudinale, propre à recevoir les glaces ou les objets que l’on veut encadrer; puis il les passe de nouveau dans les cylindres, de manière à les courber, et à les forcer de prendre la forme des cadres ordinaires. ( Mechanic’s Magazine, juillet 1854, page 41. )
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- PROCÈS-VERBAUX.
- Séance du 9 août 1854.
- M. Dumas, président, occupe le fauteuil.
- Le procès-verbal de la séance précédente est lu et approuvé.
- correspondance. M. Hivert, rue des Martyrs, 47, adresse une lettre dans laquelle il relate les observations qu’il a été à même de faire sur la fécondation et l’éclosion des saumons et des truites de diverses sortes et de leur croissance quand on laisse agir la nature.
- Il fait ensuite connaître qu’en 1822 et 1823 il s’est livré à la propagation qu’il appelle artificielle; il n’hésite pas à attribuer le saumonage des truites à un petit insecte dont elles se nourrissent et qui donne à leur chair un goût d’écrevisse très-prononcé.
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- M. A. Chevallier fait observer que, vers le milieu du siècle dernier, la question de la fécondation artificielle du poisson et l’emploi de ce procédé pour le repeuplement des cours d’eau et étangs avaient été l’objet d’études et d’expériences; mais il pense que la Société ferait une chose utile de provoquer, par des récompenses, la propagation des procédés de fécondation artificielle des poissons pour venir en aide à l’alimentation générale.
- M. le président expose les motifs qui lui font penser que la Société d’encouragement doit se borner à recueillir les faits qui lui sont communiqués; c’est ainsi qu’il propose de mettre sous les yeux de la commission du Bulletin la lettre de M. Hivert, renfermant des observations qui seront lues avec intérêt.
- Le conseil partage cette opinion.
- M. le ministre de l’agriculture, du commerce et des travaux publics a pris connaissance des mesures adoptées par la Société d’encouragement relativement au concours ouvert en faveur des auteurs de moyens propres à prévenir ou à combattre la maladie de là vigne. Ayant reçu de plusieurs personnes des communications relatives à la maladie de la vigne, M. le ministre a pensé qu’elles pourraient utilement participer audit concours. Il adresse des lettres et des mémoires de plusieurs personnes au nombre de dix-sept.
- M. Dumont, graveur, à Paris, adresse la description d’un nouveau procédé de zin-eographie. Ce procédé consiste 1° dans la composition du crayon ; 2° dans la préparation qu’il fait subir au dessin en le couvrant d’une poudre qui se convertit par la chaleur en un vernis résistant à l’action de l’acide et de l’oxygène ; 3° dans la préparation des empreintes en gutta-percha, afin d’obtenir plus de creux sur le cliché et éviter de recreuser à l’échoppe.
- M. Dumont annonce que, par son procédé, il peut mettre en relief sur zinc et faire ensuite des clichés en cuivre susceptibles d’être imprimés en typographie et d'être tirés en noir et en couleur, 1° les dessins à la plume ou au crayon faits sur zinc ou sur pierre lithographique ou sur papier autographique au moyen d’un report; 2° les photographies par le moyen de la photolithographie et d’un report sur zinc ; 3° les impressions en couleurs teintes au chrome. Enfin tout ce qui se fait en lithographie peut être mis en relief par ce procédé et s’imprimer en typographie.
- M. Dumont joint à sa description 1° une épreuve de gravure faite sur zinc par son procédé et imprimée sur le zinc lui-même; 2° une épreuve de lithographie sur un cliché en cuivre fait avec une empreinte gravée prise sur le zinc ; 3° une épreuve de dessin à la plume.
- M. Parmentw% à Gand ( Belgique ), soumet une nouvelle préparation de chlorhydrate d’ammoniaque et, par suite, de l’ammoniaque et des autres sels ammoniacaux, à l’effet de concourir au prix proposé par la Société.
- M. Bernard, négociant, à Paris, écrit que, depuis un an que les accidents se multiplient d’une manière déplorable sur les chemins de fer, les journaux ont décrit très-
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- SÉANCES DU CONSEIL 1) ADMINISTRATION.
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- succinctement divers systèmes proposés pour les prévenir; il pense que la Société d’encouragement devrait encourager ces recherches et en faire le sujet d’ün prix.
- M. le préfet du département de Seine-et-Oise recommande à la sollicitude de la Société M. Tessier, scieur de long, à Versailles, auteur d’un nouveau système de sciage des bois livrés à l’industrie.
- M. Fusz-y rue des Grès-Sorbonne, 22, écrit qu’il vient d’inventer un nouveau système d’essieux et de ressorts de voitures pour le transport des veaux.
- M. Lambet Miravel, propriétaire, à Carces, près Brignoles ( Var ), annonce avoir imaginé un nouveau mode de construction navale uniquement composé de fil de fer et de ciment hydraulique résistant aussi bien à l’eau douce qu’à l’eau de mer.
- M. Verneuil, rue Mazarine, 13, appelle l’attention de la Société sur un appareil pour diriger les ballons dont il est l’inventeur.
- MM. Vûlbon et Fie/, pharmaciens, à Tours, sollicitent l’examen d’un nouveau système de locomotion.
- M. Barnesche, ancien médecin de la marine militaire, boulevard des Italiens, 9, adresse le texte explicatif d’un frein automoteur.
- M. Henri Robert, horloger, rue de Chabanais, 2, rappelle qu’en 1850 et 1851 il a adressé à la Société six appareils destinés à faciliter l’enseignement de la cosmographie et qui sont actuellement employés dans plusieurs grands établissements d’instruction publique.
- M. Robert a créé deux autres appareils qui paraissent très-utiles, l’un montrant, par des lignes qui se meuvent, que les saisons ne peuvent pas être d’égale durée entre elles, et que la différence de durée varie chaque année; l’autre, destiné à faire comprendre les lois de la mécanique qui produisent la précession des équinoxes en présentant les faits résultant de deux mouvements giratoires dont les axes ne sont pas parallèles.
- M. Robert communique également à la Société un genre de pendules assez remarquables sous le rapport de la régularité de la marche, quoique composées d’éléments très-simples.
- M. Saint-Aubin, rue du Cherche-Midi, 142, fait Connaître qu’il est inventeur d’un système d’appareil pour boucher et déboucher les bouteilles.
- M. le président annonce avoir reçu de M. Hermann, ingénieur-mécanicien, une réclamation de priorité de l’emploi du diamant noir pour le travail des pierres dures, emploi sur lequel M. Bigot-Dumaine a appelé l’attention de la Société.
- M. Hermann expose les motifs qui lui font désirer que la lettre de M. Bigot Dumaine soit mise sous cachet.
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- Sur la proposition de M. le président, le conseil décide que cette lettre ainsi que celle de M. Hermann seront déposées aux archives.
- M. A. Chevallier, membre du conseil, fait hommage, au nom de M. Fermond, pharmacien en chef de la Salpêtrière, d’un ouvrage intitulé Monographie des sangsues médicinales, contenant la description, l’éducation, la conservation, la reproduction, les maladies, l’emploi, le dégorgement et le commerce de ces annélides, suivis de l’hygiène des marais à sangsues.
- Le conseil vote des remercîments à M. Fermond pour l’hommage de cet ouvrage.
- Rapports des comités. Au nom du comité des arts chimiques et de la commission des beaux-arts appliqués à l’industrie, M. Salvétal lit un rapport sur la porcelaine tendre fabriquée par M. Bettignies, à Saint-Amand-les-Eaux ( Nord ).
- Les comités proposent de remercier l’auteur de sa communication et d’insérer le rapport au Bulletin. ( Approuvé. ) ( Voyez Bulletin d’août, n° 16, p. 489.)
- Communications. M. H. Bouilhet, ingénieur civil, rue de Bondy, 56, communique la description d’un procédé à l’aide duquel il donne à une pièce d’orfèvrerie ou de bronze, reproduite par la galvanoplastie, l’apparence et la solidité d’une pièce venue de fonte.
- M. le président remercie M. Bouilhet de cette communication.
- ERRATA.
- Bulletin d'août, n° 16.
- Page 190, ligne 18, au lieu de leur, lisez leur.
- — 493, — 34, au lieu de par an 150,000 fr., lisez par an pour 150,000 francs.
- — 498, — 4, au lieu de ont fait reconnaître, lisez et ont fait reconnaître.
- — 503, — 28, au lieu de métal que l’on veut mouler en fusion, lisez métal en fusion que l’on
- — 504, —
- — 507, —
- — 517, —
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- — 523, —
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- veut mouler.
- 30 et 34, page 505, ligne il, au lieu de grils, lisez grilles, l, au lieu de à chaud el à froid, lisez à chaud ou à froid. 15, au lieu de s’applique, lisez l’applique.
- 10, au lieu de anche, lisez arche.
- Bulletin de septembre, n° 17.
- 5, au lieu de couteaux, lisez rouleaux.
- 30, au lieu de perdant, lisez pendant.
- 40, au lieu de du gaz, lisez des gaz.
- 21, au lieu de ces impuretés, lisez les impuretés.
- PARIS.--IMPRIMERIE DE Mme Ve BOUCHARD-HUZARD, RUE DE l’ÉPERON, 5.
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- 53'' ANNÉE. DEUXIÈME SÉU1E. N 21.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L'INDUSTRIE NATIONALE-
- MACHINES A VAPEUR.
- SUR UNE SOUPAPE A DÉTENTE POUR LES MACHINES A VAPEUR; par M. CHARBONNIER.
- (Extrait par m. j. b. viollet. )
- M. E. Barnat a présenté à la Société industrielle de Mulhouse, dans la séance générale du 28 décembre 1853, une soupape à détente pour les machines à vapeur, inventée par M. Charbonnier qui l’a appliquée, avec beaucoup de succès, à plusieurs des machines de M. Meyer, très-répandues dans le département du Haut-Rhin.
- Ces machines sont verticales et n’ont qu’un cylindre et une bielle sans balancier; la détente y est réglée au moyen d’une soupape, par l’amplitude de l’écart du pendule conique. Comme elles sont souvent employées, dans la plupart des établissements manufacturiers, à exécuter un travail plus considérable que celui auquel le constructeur les avait destinées, les dimensions de plusieurs de leurs organes, notamment celles des orifices d’admission, se trouvent alors insuffisantes. M. Charbonnier, pour y suppléer, a remplacé l’ancienne soupape à détente par une autre pièce d’un diamètre plus grand; et, pour éviter d’augmenter la résistance à la levée, il a eu recours à une soupape analogue à celles qui sont dites sans pression. Cependant sa soupape n’en est pas absolument exempte. Pour rendre notre description plus claire, nous allons rappeler brièvement les dispositions principales des machines de M. Meyer, machines décrites par M. Charbonnier dans un mémoire qui fait partie du Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse, n° 83.
- Dans ces appareils, le régulateur n’agit pas, comme dans la plupart des autres machines, sur une valve qui fait varier la section du tuyau par lequel la vapeur est amenée au cylindre, mais sur une soupape qu’il tient levée pendant une partie de la course du piston, et la durée variable de l’ouverture est déterminée par le jeu du ré-Tome Ier. — 53e année. 2e série. — Novembre 1854. 83
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- gulateur. Lorsque la soupape se ferme, la vapeur cesse d’affluer de la chaudière dans le cylindre, et celle qui y est déjà passée ne presse plus que par son expansion pendant le reste de la course. Si la résistance vient à diminuer, la vitesse s'accroît, et l’accélération de la machine se communiquant aux boules du régulateur, renferme dans des limites plus étroites la durée de l’ouverture de la soupape et par conséquent la quantité de vapeur admise dans le cylindre. L’effet inverse est produit par un accroissement des résistances ou par une diminution de la pression dans la chaudière ou le cylindre.
- La fig. 1, pl. 24, représente cette disposition.
- a, a arbre du volant; b, b' tige verticale qui, par l’intermédiaire de deux roues coniques r, r, reçoit son mouvement de cet arbre. La vitesse de cette tige est toujours la même que celle de l’arbre principal a, a.
- On voit en c une douille fixée sur l’arbre b, 6’, et qui porte deux oreilles auxquelles on assemble à charnière les tiges d, d' des boules p, p'. Ces boules peuvent tourner librement autour des points de suspension, dans le plan vertical passant par ces points et par l’axe de la tige b, b'.
- Aux points e,ë des tiges d, d’, sont assemblées à charnière deux tiges ef, ë f' dont les extrémités /*, f’ s’assemblent aussi à charnière sur une douille i, libre de glisser sur l’axe b, b'.
- k, k', pièce fixée sur l’arbre du régulateur et portant deux coulisses : elle sert non-seulement à limiter l’écartement des boules, mais encore à prévenir les altérations que les assemblages pourraient éprouver des changements de vitesse de la machine. Sur la douille i sont deux saillies où s’assemblent deux tiges l dont une seule est représentée sur le dessin. Ces deux tiges descendent parallèlement à l’axe 6, b' et unissent la douille i avec l’excentrique à détente m.
- Cette pièce , nommée excentrique par analogie, est un cylindre creux dont le diamètre intérieur est égal au diamètre extérieur de l’arbre b, b'. Ce cylindre creux est entaillé de deux rainures, glisse sur deux languettes engagées dans l’arbre 6, b\ et partage le mouvement de rotation de cet arbre.
- L’excentrique porte à sa partie extérieure deux cammes courbes de même longueur. La surface de chacune de ces cammes part d’une des génératrices du cylindre creux et la largeur en est plus grande à la partie supérieure qu’à la partie inférieure.
- Or ces cammes, en pressant la tige t de la soupape à détente, lèvent cette soupape qu’elles tiennent ouverte pendant plus ou moins de temps, selon la hauteur de l’excentrique, hauteur qui dépend de l’écartement des boules, et qui influe sur la largeur que la camme, pendant son passage, présente à la tige t.
- Au-dessous de l’excentrique, on a placé une bride », dans laquelle l’arbre 6, b\ peut tourner librement. Cette bride porte deux oreilles dans lesquelles sont fixées deux tiges o guidées de manière à ne prendre qu’un mouvement vertical de translation. Une seule de ces tiges a pu être représentée sur la planche.
- Les extrémités inférieures des tiges o sont liées par une pièce dont le milieu repose sur un galet s fixé par-dessous. Sur ce galet s’appuie une des extrémités v" d’un le-
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- vier v, v', x>” tournant autour du point d’appui v’. L’autre extrémité v de ce levier porte un contre-poids q. L’effort exercé par le contre-poids tend à soulever la douille » et vient en aide à la force centrifuge qui produit l’écartement des boules.
- Après ces explications, revenons aux soupapes récemment inventées par M. Charbonnier, et en particulier à celle qu’il a employée pour la machine d’une des filatures de MM. Dollfus Mieg et comp., machine à deux cylindres , mais ne différant pas essentiellement de celles du système de M. J. J. Meyer. La puissance en est de 190 chevaux.
- Il existait une déperdition considérable de puissance entre la machine et les chaudières dont l’une n’était timbrée que pour la tension minimum de quatre atmosphères. Cependant il importait d’augmenter la pression dans les cylindres, car des additions projetées réclamaient l’emploi d’un surcroît de force motrice. M. Charbonnier, est parvenu à concilier ces exigences presque contradictoires, en portant de 120 millimètres à 190 le diamètre du tuyau de prise de vapeur. La section, d’abord égale à 0m,0113, a donc atteint 0m,0283, et cet accroissement a supprimé ainsi une grande partie des résistances éprouvées par la vapeur, dans le parcours du tuyau dont la longueur était de 19 mètres. En augmentant la section de ce tuyau, on a dû accroître aussi celle de l’orifice circulaire d’admission dont le diamètre était de 115 millimètres. La section de cet orifice était donc de 0m,0103 et, à la pression de 4 atmosphères, la résistance opposée par la vapeur à la levée de la soupape était de 582 kilog. environ.
- Il importait d’agrandir la section de l’orifice, sans augmenter notablement cette résistance, et M. Charbonnier a résolu la question en disposant l’orifice, non plus en face de la plus petite base du tronc de cône qui composait l’ancienne soupape, mais sur le pourtour de la surface conique de la nouvelle. Cette soupape ainsi construite présente à l’écoulement de la vapeur un orifice de 0m,0193 de section, et la résistance à la levée étant mesurée par la pression de la vapeur sur la projection de la surface conique, se trouve n’être que d’environ 619 kilog. pour une même pression de 4 atmosphères. L’accroissement de la résistance est donc presque nul, bien que l’orifice d’écoulement ait été à peu près doublé; et le fluide élastique dans la boîte à vapeur possède une pression sensiblement égale à celle de la chaudière, puisque la tension étant de 4 atmosphères dans le générateur, atteint 3atm-,8 à 3atm,,9 sur le piston.
- Les fig. 2, 3, 4 et 5, pl. 24, représentent la nouvelle disposition. La fig. 2 est une élévation latérale de la boîte à tiroir. La fig. 3 en donne l’élévation antérieure; le siège de la soupape, la bride et la boîte à étoupe y sont supposés enlevés. La fig. 4 est la coupe de la fig. 2, suivant la ligne A B de cette figure, et montre la disposition du siège, ainsi que la soupape levée.
- Enfin la fig. 5 représente le plan de la soupape qui est en fonte, ainsi que son siège.
- Le tuyau d’introduction de la vapeur se termine en a; la vapeur pénètre dans l’espace 6, 6, et passe par les orifices c, c, c, pour se rendre dans la boîte à tiroir. ( Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse, n° 83, p. 332, et n° 125, p. 449. )
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- MATIÈRE PLASTIQUE.
- LAITIER DE FORGES.
- EMPLOI DES SCORIES ET LAITIERS DES HAUTS FOURNEAUX; par M. GEORGE ROBINSON,
- de Newcastle.
- Les matières auxquelles M. George Robinson veut donner un nouvel emploi sont les scories que l’on obtient dans les différents procédés usités pour fabriquer, puddler et affiner le fer et les autres métaux. L’invention de M. Robinson consiste à convertir le laitier fondu en plaques ou feuilles aussi minces que l’on veut ; pour parvenir à ce résultat, on coule sur une table de fer artificiellement chauffée les scories, lorsqu’elles sont en fusion ; puis, sur cette table même, on les soumet à la pression d’un cylindre, de manière à leur donner l’épaisseur désirée. Les feuilles, encore rouges, sont poussées, pour être recuites, dans des fours construits dans ce but, où on les laisse refroidir.
- Les feuilles ou plaques ainsi obtenues sont employées principalement pour les toitures des maisons; il est, du reste, un grand nombre d’autres usages auxquels elles sont également propres.
- Les laitiers qui donnent les meilleurs résultats sont ceux qui ont, plus ou moins, une structure cristalline, et contiennent du fer ou d’autres métaux combinés avec la silice. On les emploie soit fondus tels qu’ils sortent du fourneau où l’on travaille le fer, soit après les avoir soumis à une deuxième fusion dans un fourneau convenable. Lorsqu’ils ont été laminés, on les recuit, en les plaçant dans des fours où on les laisse refroidir graduellement ( six à huit jours, et quelquefois moins ).
- Ces feuilles laminées, lorsqu’elles sont encore à l’état plastique, peuvent être aisé-ment'coupées, perforées et ornementées de toutes les manières, au moyen de creux et de bosses effectués sur la surface des cylindres lamineurs. ( Repertory of patent inventions, juillet 1854. )
- MATIÈRE PLASTIQUE.
- NOTE SUR DIVERSES APPLICATIONS DES BASALTES; par M. ADCOCK.
- Nous avons parlé, dans le Bulletin de 1853, p. 215, de l’invention de M. Adcock, qui consiste spécialement dans l’emploi des basaltes, laves volcaniques ou autres pierres de même nature dont l’auteur est parvenu à faire des applications très-importantes soit pour remplacer les tuyaux, les cylindres et autres pièces en poterie, soit pour fabriquer des briques, des tuiles, des ornements de toute espèce en usage dans l’architecture, et en général tous les objets pouvant servir dans l’édification extérieure et intérieure des bâtiments.
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- Voici les détails de ce procédé :
- L’auteur fait fondre les matières dont il s’agit en les soumettant à un degré de température convenable et suffisamment élevé, dans des fours à réverbère ; on peut les couler dans des moules en fonte de fer, afin de leur donner les formes et les dimensions voulues suivant les objets que l’on désire. Les parois intérieures de ces moules composés d’une, de deux ou de plusieurs parties, doivent être frottées de plombagine , afin d’éviter l’adhérence de la matière lorsqu’elle est coulée et qu’elle se refroidit.
- L’inventeur recommande de chauffer les moules avant de procéder à la fusion, afin qu’ils acquièrent un certain degré de température et d’éviter, par suite, que la matière en fusion ne soit saisie.
- On coule le basalte ou la lave, rendu suffisamment liquide, dans les parties vides de chaque moule, et on produit ainsi toute espèce d’objets de formes et de dimensions voulues.
- Lorsque la matière est fondue , on obtient, en la laissant refroidir graduellement, des pièces dont la structure paraît avoir beaucoup de ressemblance avec le verre, moins la transparence : on les fait recuire ensuite comme on le fait ordinairement pour les glaces ou le verre, ou bien on soumet les pièces, après qu’elles sont coulées, à un très-haut degré de température dans une étuve, et on les maintient ainsi pendant un temps plus ou moins long, selon les dimensions mêmes de l’objet fondu; puis on les laisse refroidir très-lentement et on obtient des pièces qui conservent toute la dureté et toute la solidité d’une pierre.
- L’auteur annonce qu’il fabrique, par son procédé, des vases creux au moyen desquels on peut effectuer des opérations chimiques en employant des agents très-énergiques ; ces vases présentant une plus grande durée que ceux en terre réfractaire, ne sont pas exposés à se fendiller. Il ajoute que, si on fond dans des moules chauffés suffisamment pour maintenir la matière longtemps à l’état fluide et qu’on la laisse ensuite refroidir lentement, elle devient dure et résistante comme la pierre.
- CAOUTCHOUC.
- PERFECTIONNEMENTS DANS LA DISTILLATION DES DISSOLVANTS DU CAOUTCHOUC;
- par m. joseph fry, de Londres.
- Les dissolvants habituels du caoutchouc et de la gutta-percha, la térébenthine, l’huile de naphte, l’huile de houille, sont soumis, pour être purifiés, à des distillations et rectifications répétées.
- D’après M. Fry, on obtient un résultat favorable lorsque, avant ou pendant la distillation , on mélange avec ces huiles une certaine quantité de caoutchouc ou de gutta-
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- BOUGIES.
- percha. Il semble que ces deux substances servent à condenser les produits les plus colorés et les plus odorants de ces huiles.
- Pour appliquer le procédé de M. Fry, on introduit dans un alambic le caoutchouc avec le dissolvant, et l’on soumet ce dernier à la distillation. Il suffit, pour 1 gallon ( 4 litres 1/2 environ ), d’ajouter de 4 à 6 onces de caoutchouc. La distillation s’opère, du reste, de la manière ordinaire, et le résidu que l’on trouve au fond de l’alambic peut servir pour la fabrication d’articles communs. On obtiendra un excellent produit en prenant les huiles indiquées plus haut à l’état brut, et les soumettant ensuite à une simple distillation avec du caoutchouc.
- M. Fry a pris à ce sujet une patente en Angleterre, dans laquelle il décrit aussi le procédé qu’il emploie pour enlever aux objets manufacturés en caoutchouc ou en gutta-percha l’odeur désagréable qu’ils peuvent avoir contractée par le fait de leur dissolution dans les huiles de houille ou de naphte. Ce procédé consiste à soumettre ces objets, dans un appareil spécial, à un courant de vapeur d’eau, qui entraîne les produits odorants. Le temps pendant lequel ces objets doivent rester exposés au courant de vapeur dépend de la force de l’odeur qu’ils ont contractée. ( Repertory of patent inventions, juin 1854. )
- BOUGIES.
- NOUVEAUX MOULES POUR LE COULAGE DES BOUGIES; par M. AUSTEN.
- On emploie ordinairement, pour couler les bougies, des moules en métal; on a, il est vrai, quelquefois essayé de leur substituer des moules en verre, mais la fragilité de ces derniers en a dû faire abandonner l’usage. M. Austen a imaginé de fabriquer des moules qui réunissent les avantages du métal et ceux du verre; ces moules sont combinés de telle sorte, que le verre en forme la partie intérieure, et que ce dernier est recouvert d’une surface métallique.
- La fabrication de ces moules est très-simple. Après avoir fait un tube de verre ayant la forme convenable, on l’enferme et on l’assujettit dans un moule plus large, en laiton. On prend les précautions nécessaires pour que les axes de ces deux cylindres coïncident parfaitement, et pour réserver le trou par où doit sortir la mèche. Les choses étant dans cet état, on soumet le tout à une température rapprochée du point de fusion appartenant au métal dont on veut recouvrir le verre. Lorsqu’on y est arrivé, on coule entre le cylindre en verre le métal fondu, on laisse refroidir, puis on détache le moule de laiton qui est formé de deux parties.
- On peut employer, pour recouvrir le verre, du plomb, de l’étain, ou de l’alliage fusible, indistinctement; cependant les meilleurs résultats sont fournis par un alliage
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- formé de 3 parties de plomb et de 2 parties d’étain. Les moules ainsi obtenus sont employés exactement de la même manière que les moules ordinaires. (Newton’$ London Journal, septembre 1854. )
- PRODUITS CHIMIQUES.
- PERFECTIONNEMENTS DANS LA FABRICATION DE L’ACIDE SULFURIQUE; par M. WILLIAM
- hunt, du comté de Stafford.
- M. William Hunt a fait breveter, en Angleterre, plusieurs perfectionnements qu’il vient d’apporter à la fabrication de l’acide sulfurique. Le plus important a pour but de diminuer la consommation du nitrate de soude, et par suite de réaliser une économie notable. Il est basé sur cette réaction chimique bien connue, que l’acide sulfureux et l’air atmosphérique, passant simultanément sur un corps poreux chauffé fortement, sur de la pierre ponce par exemple, se combinent pour donner naissance à une quantité correspondante d’acide sulfurique.
- On sait que dans les procédés actuellement suivis pour la fabrication de l’acide sulfurique, soit qu’on brûle du soufre, soit qu’on calcine des pyrites, l’acide sulfureux résultant de cette opération se rend, à travers des tuyaux froids, dans les chambres de plomb où l’acide nitrique, l’air atmosphérique et la vapeur d’eau contribuent, par une série de réactions chimiques, à le transformer en acide sulfurique hydraté. La quantité d’acide nitrique employée dans ce but est une des principales dépenses de cette fabrication.
- Pour diminuer la quantité de nitre que nécessite le procédé usuel, M. Hunt fait passer le gaz acide sulfureux et l’air atmosphérique à travers un large tuyau construit en briques et rempli de pierre ponce; ce tuyau et les matières qu’il contient sont chauffés au rouge. Dans les fabriques d’acide sulfurique au moyen des pyrites, fabriques qui emploient un calorique considérable, on utilise, dans ce but, la chaleur perdue du fourneau à calcination ; on y arrive aisément en donnant à ce fourneau une disposition spéciale décrite dans le brevet de M. Hunt.
- Lorsque ce tuyau est chauffé au rouge, on y fait passer l’acide sulfureux et l’air atmosphérique ; l’oxygène de ce dernier se combine, dans ces circonstances, avec une partie de l’acide sulfureux, le transforme en acide sulfurique, qui se rend dans les chambres de plomb, en même temps que l’excès de gaz, dont l’oxydation se produit alors de la manière ordinaire.
- L’auteur dit que l’on peut, par ce procédé, sans faire aucune dépense nouvelle, puisqu’on utilise la chaleur perdue des fourneaux, transformer une grande quantité d’acide sulfureux en acide sulfurique, la combinaison des deux gaz s’effectuant avec une énergie remarquable, lorsqu’ils se trouvent soumis à une température élevée.
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- M. Hunt décrit, avec de longs détails, les dispositions qu’il donne à ses fourneaux, dispositions qui lui permettent d’utiliser de deux manières la quantité de chaleur qu’il y produit. (Newtons London Journal, juillet 1854. )
- FABRICATION EN GRAND DE LA SOUDE BRUTE, DU CARBONATE DE SOUDE CRISTALLISÉ, DU CHLOROFORME ET DES ÉTHERS; par MM. FOUCHÉ-LEPELLETIER, DORNON-MORANGE et COUPIER.
- Dans des fours en granit, briques, terre cuite, ou dans des cylindres en métal ou terre cuite placés sur des fourneaux ou dans des fours disposés à cet effet, on introduit, par une porte pratiquée sur le devant du four ou du cylindre , une quantité d’acétate de soude ou de potasse préalablement desséchée, de manière à n’emplir que la moitié de la capacité de l’appareil; on chauffe jusqu’à ce que la matière commence à entrer en fusion, on lute l’appareil, et la décomposition s’opère. L’acide acétique de l’acétate employé se décompose; il se forme, d’une part, de l’acide carbonique qui s’unit à la base de l’acétate et constitue un carbonate de cette base. Ce produit reste dans l’appareil à décomposer ; il est souillé de charbon que l’on élimine sans peine en traitant par l’eau qui dissout le carbonate. D’autre part, il se forme de l’acétone qui distille et qu’on reçoit dans une cornue tubulée placée sur un fourneau au bain de sable; dans cette cornue, on verse du chlorure de manganèse provenant de la fabrication du chlore, ou du chlorure de calcium, afin de purifier l’acétone ; on chauffe afin de volatiliser cette substance, et on la reçoit dans un alambic dans lequel on introduit, au moyen d’un tube, de l’hypochlorite de chaux. La décomposition s’opère, et le produit qui se volatilise est du chloroforme sensiblement pur.
- On voit que ce brevet repose sur l’idée de fabriquer des soudes brutes de premier-jet, et sans sulfure de 88 à 94 degrés, des sels de soude qui peuvent titrer jusqu’à 100 degrés, des potasses et des sels également d’une grande richesse, et d’obtenir en même temps, dans la même opération, du chloroforme, de l’acétone et ses dérivés.
- ( Description des brevets, t. XIV, 19 mars 1849. )
- MOYEN D’OBTENIR DU BLEU DE PRUSSE ET DU SULFATE DE FER ET D’ALUMINE DES EAUX ACIDES REJETÉES PAR LES FABRIQUES DE BOUGIES STÉARIQUES ; par MM. RUDIGOZ ,
- DUMORTIER et GAUNY.
- Les eaux acides rejetées par les fabriques de bougies stéariques, et qui constituent un résidu incommode et fort embarrassant, contiennent en dissolution une quantité considérable de fer à l’état de peroxyde, ainsi que du sulfate d’alumine; ces deux sels sont fournis par la chaux employée à la saponification du suif.
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- Le procédé des auteurs consiste à recueillir ces eaux dans des cuves de bois percées de trous à.différentes hauteurs, pour les écouler sans entraîner le précipité.”Les cuves étant pleines, on verse dans chacune d’elles une dissolution de prussiate de potasse ou de soude, jusqu’à ce qu’une nouvelle quantité ajoutée ne bleuisse plus l’eau acide ; alors on brasse avec un râble et on abandonne au repos.
- Après un temps plus ou moins long, le bleu se précipite; alors on tire les chevilles placées sur le côté de la cuve, et toute l’eau surnageante s’écoule; on la remplace par de l’eau pure qui sert à laver le précipité , et ces lavages sont répétés jusqu’à ce que l’eau sorte pure et limpide. Le précipité bleu est alors placé sur des filtres pour s’égoutter , et de là moulé en baguettes et mis à l’étuve pour être amené au degré nécessaire de dessiccation.
- Pour obtenir le sulfate de fer et d’alumine contenu dans ces eaux, on les fait évaporer dans des bassines chauffées soit à feu nu, soit par la vapeur perdue de l’établissement. On place dans ces bassines de la tournure de fer ou de vieilles ferrailles, afin que l’acide libre que retiennent ces eaux, se combine au fer et vienne augmenter la quantité de sulfate.
- Lorsque tout l’acide libre est saturé et que les eaux marquent de 30 à 32° au pèse-sel, on les met à cristalliser dans des baquets de bois; les cristaux qui en résultent sont de nouveau refondus et cristallisés, s’ils sont encore acides; sinon, ils sont immédiatement mis à égoutter et livrés au commerce. (Description des brevets, t. XV, p. 22.)
- FABRICATION DE CERTAINS PRUSSIANO-FERRIDES; par M. POSSOZ.
- Le prussiate rouge de potasse, le seul des prussiano-ferrides employés jusqu’à ce jour dans l’industrie, n’a été livré, jusqu’ici, à la consommation qu’à l’état cristallisé ou de dissolution* La production de ce cyanure sous la forme cristallisée en rend la fabrication dispendieuse et difficile sur une grande échelle. D’un autre côté, livré à l’état de cyanure liquide, il présente l’inconvénient d’une prompte altérabilité, d’une réussite variable dans l’application comme matière colorante, et en outre tous les désavantages qui résultent de son état liquide.
- Ayant observé que les prussiano-ferrides, et principalement ceux à eau de cristallisation, se laissent facilement pénétrer par le chlore gazeux, bien qu’ils soient à l’état solide, et qu’en général la combinaison du chlore se fait d’autant plus promptement et régulièrement que le cyanure est plus divisé, M. Possoz a appliqué cette observation à la fabrication des différents prussiano-ferrides, tels que ceux de potassium, sodium, calcium, barium, etc. On peut employer, dans ce but, un système d’appareils analogues à ceux en usage dans la fabrication du chlorure de chaux solide ; on juge que l’opération est terminée lorsque des échantillons pris dans les différents points de la masse et essayés par un sel de fer ne donnent plus de précipité.
- Tome Ier. — 53e aimée. 2e série. — Novembre 1854.
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- TEINTURE.
- Il convient de dessécher complètement le prussiate avant de le soumettre à l’action du chlore ; sinon, le produit se colore en vert.
- Pour préparer des prussiano-ferrides à l’état sec plus riches que ceux obtenus par le procédé ci-dessus, l’auteur délaye le produit dans l’eau, en quantité suffisante pour dissoudre et entraîner partie ou totalité du chlorure alcalin qu’il contient, et le prussiano-ferride resté indissous est égoutté, pressé et desséché ; ou bien il prend la dissolution du prussiano-ferride obtenu en faisant passer un courant de chlore dans une dissolution de prussiano-ferrure selon le procédé ordinaire, et il fait évaporer jusqu’à ce que le prussiano-ferride, qui est beaucoup moins soluble que le chlorure, se précipite ; alors on le recueille et on le fait dessécher.
- A mesure que l’on continue l’opération, les sels déposés contiennent plus de chlorures et constituent des qualités secondaires applicables, néanmoins, dans la teinture et l’impression.
- On peut traiter, par ce dernier procédé, les eaux mères qui restent après la cristallisation des prussiano-ferrides. ( Description des brevets, t. XIV, 13 janvier 1849. )
- TEINTURE.
- FABRICATION DE L’ORSEILLE EN EXTRAIT; par M. MARTIN.
- Le principe colorant des lichens étant soluble dans l’eau, on procède par décoction ou par infusion. Pour atteindre ce but, on débarrasse d’abord le lichen des matières étrangères, puis on le pile grossièrement au moyen d’une meule verticale; après quoi, on le porte dans une chaudière chauffée à feu nu ou à la vapeur. Après avoir versé la quantité d’eau nécessaire, 5 parties pour 1 de lichen, on porte à l’ébullition que l’on maintient pendant quatre ou cinq heures.
- En procédant par infusion, on verse sur le lichen une quantité moindre d’eau bouillante, et on fait infuser en vase clos. Après avoir opéré de l’une ou de l’autre manière, on retire le liquide au moyen d’un robinet adapté à la chaudière, et l’on soumet le lichen à une forte pression pour en extraire les parties aqueuses. Ces opérations sont renouvelées jusqu’à ce que le lichen soit entièrement épuisé.
- Le procédé par infusion ne fournit pas toutes les parties solubles, mais les produits sont plus beaux.
- Quoi qu’il en soit, on réunit les diverses décoctions; le mélange marque de 3 à 4 degrés de l’aréomètre Baumé ( pèse-sirop); la densité doit varier avec les qualités du lichen, la quantité d’eau employée, la durée et le mode des opérations. Le lichen traité par décoction est réduit à environ moitié de son poids.
- On filtre la liqueur, on la soumet à l’évaporation pour la réduire à environ 10 ou 15 degrés de l’aréomètre. Si on veut avoir un produit limpide propre à l’impression,
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- TEINTURE.
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- on la clarifie par le sang de bœuf dans les proportions de 1/2 kilog. pour 100 kilog. de liqueur. Le sang y est délayé à froid, on agite bien, ensuite on chauffe en continuant d’agiter jusqu’à ce que la température s’élève de 55 à 60° C. ; l’albumine se coagule alors et monte à la surface du liquide. On continue de chauffer pour donner quelques bouillons, qui déterminent une écume assez abondante que l’on a soiil d’enlever.
- La clarification étant terminée, la liqueur amenée au degré de concentration voulu, est versée dans un vase préparé dans ce but. On ajoute 15 pour 100 d’alcali volatil (ammoniaque) à 21°, pour l’extrait titrant 12°. A partir de ce moment, le mélange est remué trois fois par jour avec une spatule, afin de renouveler souvent la surface et de faciliter l’accès de l’air. Pour bien réussir dans cette opération, on emploie un tonneau muni d’un robinet, terminé, à son extrémité inférieure, par une grille semblable à une pomme d’arrosoir. Le robinet est ouvert trois fois par jour, et la liqueur est reçue dans un baquet.
- En passant par la grille, la liqueur qui tombe en filets se trouve exposée, dans toutes ses parties, à l’action de l’air; cette liqueur est reportée dans le tonneau au moyen d’une pompe à main. Vers le troisième jour, le principe colorant commence à se développer et suit une marche progressive jusqu’à ce qu’il ait atteint le maximum de son développement, ce qui a lieu au bout d’environ cinquante jours. Lorsque l’orseille est parvenue à ce point, pour obtenir des teintes plus violettes ou plus rouges, on fait une légère addition de soude pour les nuances violettes, et pour les nuances rouges on met un peu d’acide. Le dosage varie selon l’intensité des teintes à obtenir.
- On voit que le but de l’inventeur est d’extraire la matière colorante des lichens avant de les soumettre aux agents chimiques propres à faire développer la couleur. En effet, d’après les procédés connus, on commence par faire macérer les lichens en poudre avec de l’ammoniaque faible ou avec de l’urine mélangée de chaux, et, lorsque la couleur est bien développée, on livre cette orseille telle quelle aux teinturiers, qui lui font subir une préparation convenable, afin de la rendre propre à l’impression des étoffes.
- Dans ce procédé, la plante du lichen ainsi que la chaux que l’on y fait entrer absorbent en pure perte une partie des agents chimiques, et dans les expéditions, les frais de transport sont plus que doublés par les matières solides que l’orseille contient et qui peuvent même occasionner une fermentation nuisible à la couleur. Enfin, pour extraire la couleur de cette orseille, il faut recourir à l’ébullition, ce qui peut encore altérer la nuance et qui demande, en tout cas, un supplément de combustibles, tandis que pour employer l’orseille de l’inventeur il suffit de la traiter par de l’eau tiède. ( Description des brevets d’invention, t. XIV, 20 mars 1849. )
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- VERNIS.
- COLLODION.
- SUR UN NOUVEAU DISSOLVANT DU COTON-POUDRE; par MM. PLESSY et IWAN schlumberger , de Mulhouse.
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- Ce nouveau dissolvant est l’esprit-de-bois ( alcool méthylique) qui accompagne les produits de la distillation du bois. Les auteurs proposent de s’en servir pour la préparation du collodion, qu’on obtient généralement en dissolvant le coton-poudre dans l’éther employé à l’état pur ou à l’état de mélange avec l’alcool.
- 1 litre d’esprit-de-bois dissout facilement 80 grammes de coton-poudre; le produit est une dissolution gélatineuse épaisse ; avec 40 grammes par litre, on a une dissolution sirupeuse qu’on peut étendre à volonté.
- Le collodion à l’éther sulfurique employé en photographie exige beaucoup de promptitude dans les manipulations, et surtout dans celle qui a pour objet d’en étendre une couche, bien unie, sur une surface un peu grande. Le collodion à l’esprit-de-bois est bien moins volatil et peut, en dissolution plus épaisse, s’étendre avec facilité au moyen de l’alcool à 40°. L’alcool à 36° y forme un précipité quand on en ajoute en trop forte proportion.
- Le collodion à l’esprit-de-bois ne peut pas être employé pur ; pendant une évaporation lente sur une glace, il s’oxyde aux dépens de l’air et donne lieu à de l’acide formique dont on pourrait peut-être éviter la production en chauffant la glace qui doit recevoir le collodion ; l’acide formique n’aurait pas le temps de se produire et de causer la rupture de la couche qui devient adhérente et transparente lorsqu’elle sèche promptement. L’iodure de potassium est plus soluble dans ce collodion que dans celui à l’éther; d’ailleurs le collodion à l’esprit-de-bois s’étend en couches plus épaisses sur les glaces.
- Ces diverses circonstances peuvent le rendre utile en photographie; il n’en sera pas de même en chirurgie, la production de l’acide formique étant un obstacle à son emploi dans cette branche de l’art de guérir. ( Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse, n° 122, p. 187. )
- VERNIS.
- PERFECTIONNEMENTS DANS LA FABRICATION DES VERNIS; par M. JOHN WEBSTER.
- Dans les procédés usités jusqu’à ce jour pour préparer des vernis au moyen de l’huile de lin et d’autres huiles siccatives, on chauffe ces dernières substances à feu découvert. Ces huiles se trouvant dans un vase ouvert à l’air libre, on avait pensé que l’air atmosphérique jouait un certain rôle dans cette opération.
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- SOIES.
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- M. John Webster prétend que l’action de l’air est plus nuisible qu’utile, et que l’on obtient des résultats bien plus avantageux et des produits bien plus beaux, lorsqu’on empêche l’air atmosphérique de rester en contact avec les huiles et les gommes que l’on veut dissoudre par la chaleur. Dans son procédé, on remplace l’air par une atmosphère de vapeur d’eau, ou par un courant gazeux; on peut aussi, après avoir chassé l’air, faire l’opération en vases clos, dans le vide ; on applique la chaleur d’une manière quelconque; cependant le moyen que préfère l’auteur est celui d’un courant de vapeur surchauffée.
- Dans la patente qu’il a prise en Angleterre pour réaliser cette opération, M. Webster décrit l’appareil qu’il emploie. C’est un alambic hermétiquement fermé, dans lequel on introduit d’abord les gommes et les résines, que l’on amène, par un feu doux, à l’état de fusion ; on ajoute ensuite l’huile de lin, et l’on fait arriver sur la masse un courant de vapeur qui expulse l’air atmosphérique. On applique ensuite la chaleur de la manière que l’on juge la plus convenable. (Repertory of patent inventions, juillet 1854.)
- SOIES.
- NATURALISATION, EN ALGÉRIE, DU VER A SOIE DU RICIN; par M. HARDY.
- La durée moyenne de l’éducation a été environ de vingt-cinq jours jusqu’à la formation du cocon ; trois vers seulement sont morts pendant le cours de l’éducation. La nourriture s’est toujours composée de feuilles fraîches de ricin hachées. Les cocons sont de couleur rousse, de forme irrégulière et de construction particulière qui ne peut en permettre le dévidage d’après les procédés qui suffisent pour les cocons ordinaires.
- Le ver, en construisant son cocon, se ménage une ouverture à l’un des bouts, afin d’en sortir plus facilement lorsqu’il sera transformé en insecte parfait. Les bouts sont agencés comme le sont à peu près les soies d’un pinceau; ils se réunissent pour fermer légèrement l’ouverture, de manière à laisser pénétrer l’air et à s’écarter facilement pour donner passage au papillon. En définitive, le cocon n’a pas plus de valeur avant la sortie du papillon qu’après, et il ne sera pas nécessaire d’asphyxier la chrysalide pour utiliser le cocon. Il est probable que ces cocons devront être traités comme de la bourre de soie et filés à la bobine. La soie paraît aussi fine que celle des cocons de la plupart de nos grosses races ordinaires ; mais elle est beaucoup moins fournie dans un même cocon.
- L’avantage de cette espèce consiste, suivant l’auteur, 1° dans cette particularité qu’elle présente de faire sa pâture du ricin, plante qui croît avec la plus grande facilité en Algérie, qui donne des feuilles en abondance et dont on peut obtenir une masse considérable de nourriture pour les nouveaux bombyx, en une seule saison ; 2° dans la propriété qu’elle a d’éclore ses œufs presque aussitôt après la ponte, et de permettre ainsi d’en faire des éducations permanentes.
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- ÉCONOMIE RURALE.
- La naturalisation complète du bombyx cynthia en Algérie n’est pas douteuse. Il reste à poursuivre des expériences au triple point de vue de. la culture du ricin, de la quantité de cocons produits par les éducations régulières, et de l’application industrielle de la soie de ces cocons. ( Académie des sciences, 16 octobre 185k. )
- ÉCONOMIE RURALE.
- recherches sur la destruction de i/eumolpe de la vigne, dit vulgairement écrivain; par m. p. thenard.
- L’écrivain ou eumolpe de la vigne est un coléoptère qui, par les formes, la couleur et les habitudes, est analogue au hanneton : de même que le hanneton, il a ses périodes de retour; mais il est à peine aussi gros que la coccinelle, dite vulgairement bête à bon Dieu. Son nom d’écrivain lui vient de ce que, en entamant les feuilles et les autres parties vertes de la vigne dont il se nourrit, il y laisse des traces semblables à celles qu’on obtiendrait avec une plume sans encre, dont les deux becs seraient bien ouverts. C’était à cette atteinte qu’on attribuait tout le mal. Était-ce bien cependant à ces blessures légères, faites aux parties vertes de la plante, qu’on devait attribuer des dommages souvent tels, que l’on était obligé d’arracher au bout de dix ans une vigne prise d’écrivains, et qui, sans eux, promettait trente années de vigueur et d’abondance? N’y avait-il pas d’autres organes profondément lésés? Voilà la question que je me posai lorsque, dans l’été de 1845, établi à Buny, près Châlons-sur-Saône, dans un vignoble de 2 hectares que j’avais acquis l’année précédente, j’entrepris des recherches sur un sujet dont j’apercevais toute l’importance.
- Dans les vignes atteintes, l’écorce, le bois, la moelle étaient nets : restait à examiner les racines. Pour cela, j’arrachai plusieurs ceps, les uns malades, les autres sains, et, pour faire l’opération avec plus de succès, je les déracinai à l’aide d’un jet d’eau vigoureux, qui, en enlevant le terrain, ménageait les racines, tout en les mettant à nu. Ce fut alors que je reconnus des lésions importantes sur le plus grand nombre des radicelles des ceps malades, et rien d’anormal sur les autres. Ces lésions, en tout semblables à celles des parties vertes, me démontrèrent que là était le mal sérieux ; c’était par les racines et non par les feuilles que la plante périssait, et tout indiquait que ces racines étaient attaquées, non par l’insecte parfait, mais par sa larve, qui, de même que celle du hanneton auquel j’ai comparé l’écrivain, passait en terre toute la première partie de sa vie.
- Partant donc de cette idée, et songeant que cette larve n’avait ni la mobilité ni la vigueur de l’insecte parfait, je compris qu’elle échapperait difficilement à l’action d’un agent vénéneux; seulement je devais trouver un poison qui fit périr l’animal sans faire périr la plante. Le sulfure de calcium, qui sous l’influence de l’air et de l’humidité se transforme si aisément en sulfate de chaux, c’est-à-dire de poison violent en amende-
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- ment utile, fut la première substance qui fixa mon attention. En conséquence, au mois de décembre 1843, au moment où la végétation est presque stagnante, je choisis une pièce de vigne de 1 hectare, ravagée par l’écrivain ; je la partageai en planches égales et parallèles de 8 à 10 mètres de largeur, et je fis semer sur les planches impaires 200 à 230 kilogrammes de sulfure de calcium en poudre, préparé par la calcination d’un mélange de plâtre et de charbon. Les planches paires furent réservées comme témoins : toutefois, comme je faisais enfouir à la pioche le sulfure de calcium au fur et à mesure qu’il était répandu, je fis également piocher les témoins, pour rendre toutes les expériences comparables.
- Cependant, dès le mois de janvier 1846, alors qu’il n’était pas encore possible de constater le moindre résultat, diverses considérations me conduisirent à cette conclusion, que ce procédé, même quand l’expérience en voie d’exécution en montrerait l’efficacité, ne pourrait pas devenir un moyen pratique, et je me déterminai à chercher un autre agent, abondant, d’un transport et d’un emploi faciles, très-énergique contre le ver, innocent pour la plante. Chacun connaît l’action destructive qu’exercent les huiles essentielles sur les insectes, et l’essence de moutarde est certainement une des plus délétères : je pensai donc que, si les crucifères, comme le colza et la navette, pouvaient en fournir des quantités assez notables, leurs tourteaux seraient d’un heureux effet pour la solution du problème. Je me procurai donc des tourteaux, mais traités par l’eau ils ne donnaient pas trace d’essence de moutarde; je me rendis immédiatement chez l’huilier, et tout s’expliqua : cet homme chauffait la graine à plus de 150 degrés, et chacun sait qu’au-dessus de 80 degrés la meilleure farine de moutarde noire perd la propriété de donner de l’essence. Je préparai donc moi-même quatre-vingt-dix-neuf tourteaux, et ceux-ci ne laissèrent rien à désirer. Alors je fis préparer 2,300 à 2,400 kilogrammes de ces tourteaux, en ayant soin d’empêcher de chauffer la graine au-dessus de 80 degrés, et d’employer le moins d’eau possible pour l'extraction de l’huile : ce qui avec de bonnes presses se fait sans perte. Ces 2,400 kilog. furent employés comme le sulfure de calcium et semés comme lui sur des planches alternées pour conserver des termes de comparaison : seulement, au lieu du 10 octobre 1845, l’opération se fit vers le milieu de février 1846, lorsque les vignerons commencent à piocher leurs vignes pour le premier coup et, par conséquent, sans façon spéciale (elle eut lieu sur 2 hectares), le témoin étant compris pour la moitié dans cette surface.
- Chacun se rappelle la terrible sécheresse de 1846; à ce fléau vint se joindre celui de l’écrivain, qui fit de grands ravages. L’année était donc favorable pour les expériences ; aussi, dès le mois de juillet, je m’empressai de retourner à Buny pour en voir les résultats. Celles qui avaient été traitées par le tourteau ne laissaient rien à désirer; la vigne était vigoureuse, la teinte de la feuille d’un vert foncé, les grappes nombreuses, la graine grosse. Les témoins, au contraire, formaient le contraste le plus opposé; si l’expérimentateur avait lieu d’être satisfait, le propriétaire était désolé. Le sulfure de calcium avait produit des résultats moins bons. Cependant la vigne ressemblait à d’autres que l’écrivain avait abandonnées depuis plusieurs années ; il avait
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- donc agi d’une manière évidente contre l’insecte ; mais n’étant pas un engrais comme le tourteau, la vigne n’avait pas autant profité. Mais, chose digne de remarque, les planches servant de témoins au sulfure de calcium étaient presque en aussi bon état. Le coup de pioche donné au mois de décembre avait donc eu une action destructive sur l’écrivain, due probablement à l’ameublissement du terrain, et par conséquent à la plus grande profondeur à laquelle il avait été gelé pendant l’hiver.
- Pour compléter mon examen, je fis arracher quelques ceps de chacune des pièces en expérience, et l’état des racines me confirma dans les conclusions de mes premières observations, c’est-à-dire que les vignes traitées par le tourteau avaient leurs radicelles dans le meilleur état ; à peine si l’on pouvait découvrir quelques traces d’altération sur celles traitées par le sulfure de calcium. Il y en avait un peu plus sur les vignes piochées seulement en décembre. Elles étaient, au contraire, très-nombreuses sur toutes les autres. Le doute n’était donc plus possible, le tourteau l’emportait sous tous les rapports.
- Le tourteau de navette ou colza n’est pas la seule substance avec laquelle j’aie opéré. Celui de cameline et surtout celui de moutarde blanche ont une action plus puissante encore : 300 kilogrammes de tourteau de moutarde blanche répandus tous les trois ans sur 1 hectare de vigne suffisent amplement pour l’entretenir net d’écrivains. Les propriétaires des grands crus pourraient donc en tirer bon parti, sans crainte d’altérer, par la fumure, la quantité de leurs vins. On pourrait redouter que le tourteau de moutarde noire, le plus puissant de tous, mais aussi de beaucoup le plus cher, ne laissât, dans les vignes, des semences d’une destruction difficile.
- Dans ma pratique, je me suis arrêté aux tourteaux de colza et navette, préparés à une température maximum de 80 degrés, et avec le moins d’eau possible, 1 ou 2 pour 100 tout au plus. Chaque année, le tiers du domaine en reçoit 1,200 kilogrammes par hectare. Le tourteau, préalablement réduit en poudre sous des meules d’huilerie, est employé du 15 février au 15 mars, au moment où l’on commence à donner le premier coup à la vigne. Pour cela, chaque vigneron en emporte tous les matins, dans sa hotte, une provision proportionnelle à la quantité de terrain qu’il doit piocher dans sa journée : c’est environ un vingt-quatrième d’hectare, et par conséquent 50 kilogrammes de tourteau. Arrivé à la vigne, il en sème une petite quantité à la volée, et pioche aussitôt la surface de terrain qui l’a reçue ; et il continue ainsi tant que son travail n’est pas interrompu. Il est essentiel que le tourteau soit semé par petites parties et pioché aussitôt : sans cette précaution, en effet, restant longtemps en contact avec l’humidité du sol, il pourrait perdre, dans l’atmosphère, la plus grande partie de l’essence de moutarde qu’il est susceptible de donner ; dès lors il n’agirait plus contre l’écrivain, mais seulement comme engrais.
- Quant aux résultats financiers, la dépense varie suivant le prix du tourteau. Dans ces dix dernières années, il s’est tenu entre 8 et 13 francs les 1,000 kilogrammes; cependant la moyenne doit être fixée à *11 fr. 50 c. : la dépense a donc été "de 138 fr. par hectare fumé tous les trois ans, ou de 46 francs tous les ans. L’augmentation de récolte a été de 15 à 20 pour 100 : or l’hectare rend, année moyenne, 12 pièces de
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- vin ; traité par le tourteau, il a rendu 14 à 15 pièces : soit 14 pièces et demie. Ce vin vaut, année moyenne, 40 francs : c’est donc une augmentation de 100 francs; le bénéfice net a donc été de 54 francs par hectare. Nécessairement mille causes font varier ces chiffres, mais c’est le résultat que j’ai obtenu.
- A ce bénéfice dans le revenu il faut ajouter l’avantage de la durée de la vigne : il paraîtra considérable, si l’on réfléchit que l’arrachage d’une vigne entraîne le propriétaire à une non-jouissance du terrain, qui dure dix ans, tant pour laisser reposer la terre, dont le produit, en général en sainfoin, revient au vigneron, que pour le développement de la vigne nouvelle. A cette perle il faut encore ajouter l’impôt. Or ce n’est pas trop s’avancer que de dire que beaucoup de vignes qui, sans l’écrivain, dureraient trente ans sont réduites à vingt; avec le tourteau, il y a tout lieu de croire qu’elles pourraient aller jusqu’à quarante. (Acad, des sciences, 6 novembre 1854. )
- note sur l’alcool d’asphodèle; par m. clerget.
- Les tubercules d’asphodèle ( asphodelus ramosus ) furent signalés, il y a quelques années, par des colons d’Algérie comme pouvant donner de l’alcool par la fermentation directe. C’est ce que quelques chimistes ont cru devoir contester, ne trouvant dans ces tubercules ni sucre ni fécule. Cependant les faits se sont produits. Il existe aujourd’hui plusieurs fabriques d’alcool d’asphodèle en Algérie, et l’on traite à Gênes, pour en extraire de l’alcool, des cossettes d’asphodèle, c’est-à-dire des tubercules coupés et desséchés, que l’on recueille en Sardaigne, où l’asphodèle est très-commun.
- Quel est le principe fermentescible et producteur de l’alcool dans l’asphodèle ? Je m’occupe, de concert avec M. Jacquelain, de recherches qui ont pour objet de l’isoler et de le définir, et nous espérons pouvoir prochainement soumettre à l’Académie les résultats de notre travail. Mais en attendant, et à l’occasion de l’intéressant rapport de M. Dumas sur le mérite d’un échantillon d’alcool d’asphodèle fabriqué en Algérie, rapport adressé à M. le ministre de la guerre et inséré dans le Moniteur du 22 octobre dernier, je crois devoir consigner ici quelques indications sur des essais qui me sont personnels quant à l’appréciation du traitement de l’asphodèle.
- Au mois de mai dernier, des tubercules frais d’asphodèle et des cossettes de ces tubercules m’ont été adressés. Les tubercules frais étaient dans un très-bon état de conservation; râpés et soumis à la presse, ils ont fourni 81 pour 100 de jus. Ce jus était de la densité de 1082, l’eau étant prise pour 1000. Traitée par l’iode, la pulpe du tubercule ne s’est pas colorée, et le jus à son état normal, ou du moins simplement clarifié par le sous-acétate de plomb, a été reconnu dépourvu de toute action sur la lumière polarisée. Tout porte donc à croire que l’asphodèle ne contient réellement ni fécule ni sucre; mais, acidulé à chaud par l’acide chlorhydrique, le jus a pris un pouvoir sénestro-gyre d’une grande énergie. Enfin, traité par 2 pour 100 de son poids de levûre de bière et par son volume d’eau, il est entré presque immédiatement en fermentation, et lorsque, après trente heures, l’effervescence a été arrêtée, il a donné par la distilla-Tome Ier. — 53e amée. %e série. — Novembre 1854. 85
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- tion 8 pour 100 d’alcool absolu en volume; c’est au moins le double de ce que l’on recueille en fabrique en traitant les jus de betteraves. J’espérais obtenir des résultats de même importance des tubercules à l’état de cossette; mais je n’ai pu réaliser un rendement supérieur à 5 litres d’alcool absolu pour 25 kilogrammes de cossette, représentant 100 kilogrammes de tubercules frais : c’est 3 pour 100 de moins que lorsque l’on traite directement ceux-ci
- Dans un autre essai sur le jus des tubercules frais, j’ai supprimé la levûre en la remplaçant par de la vinasse d’une distillation précédente, et j’ai obtenu une fermentation presque aussi active que celle que détermine la levûre. En grand, ce procédé, qui n’est autre que celui de M. Champonnois, pour la betterave, serait très-économique. Quant à l’emploi que l’on serait tenté de faire de la pulpe pressée pour la nourriture du bétail, il me paraît douteux qu’il réussisse. Bien que quelques auteurs anciens annoncent que les animaux, particulièrement les sangliers, recherchent les tubercules d’asphodèle, j’en ai présenté sans succès à des vaches, à des chevaux et à un sanglier. Les vaches les ont complètement refusés. Un cheval et le sanglier en ont mangé quelques-uns, mais ont abandonné le reste.
- Le défaut d’emploi de la pulpe d’asphodèle pour la nourriture du bétail serait sans doute à regretter, mais l’asphodèle donne si facilement un très-bon alcool et en telle abondance, que ce ne saurait être un motif pour que la fabrication de cet alcool ne fût d’un très-grand intérêt particulièrement en Algérie, et surtout aussi longtemps que, par suite de la pénurie des produits de la vigne, les alcools se maintiendront au prix excessif qu’ils ont atteint. Si l’asphodèle croît naturellement dans les terrains vagues de nos possessions d’Afrique, de la Corse, du midi de la France et même de la Bretagne, doit-on espérer qu’il se prêterait à une culture régulière ? La lenteur du développement de ses tubercules, qui ne paraissent atteindre le maximum, de leur grosseur qu’en deux ou trois ans, s’opposerait peut-être à ce que cette culture fût profitable. Mais on ne peut qu’émettre le vœu que les botanistes et les agriculteurs s’occupent de recherches à cet égard.
- Je n’ai pas mentionné dans la présente note la teneur en azote des pulpes que l’on pourrait utiliser comme engrais. Je présenterai les chiffres fournis par les dosages auxquels j’ai soumis cette pulpe, dans la première communication que j’aurai l’honneur de faire à l’Académie, en commun avec M. Jacquelain. ( Académie des sciences, G novembre 1854. )
- TÉLÉGRAPHIE.
- SUR LA POSSIBILITÉ D’ÉTABLIR UNE LIGNE TÉLÉGRAPHIQUE ENTRE L’EUROPE ET
- l’amérique; par m. turnbull. ( Extrait par m. j. b. viollet. )
- Le magnifique projet de lier la Grande-Bretagne aux États-Unis par une ligne télégraphique , vient de prendre beaucoup de consistance par suite des recherches faites
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- TÉLÉGRAPHIE.
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- sur la profondeur de l’Océan, et sur la nature du fond de la mer, le long de la route que parcourent les navires du commerce, entre l’Europe et les États-Unis.
- 11 résulte, en effet, d’une lettre écrite le 22 février 1854, au secrétaire d’État de la marine, par M. le lieutenant Maury, que M. le lieutenant Berryman venait d’exécuter une série de sondages depuis les côtes de Terre-Neuve jusqu’à celles d’Irlande.
- Or, cette opération hydrographique permet de penser que l’établissement d’un télégraphe transatlantique sous-marin est possible, au moins en ce qui concerne les obstacles matériels inhérents à la nature et au niveau du fond de la mer.
- De Terre-Neuve jusqu’en Irlande, en effet, la distance la plus courte est de 2575 kilomètres (!) ; et le fond de la mer entre ces deux points est une sorte de plateau très-propre à recevoir et à conserver sans dommages les fils télégraphiques. Il porte assez d’eau pour que ces fils, après qu’ils auront été posés, soient à jamais en sûreté contre les atteintes des ancres, des glaces ou de tous les corps flottants ; et cependant, il est assez proche de la surface pour que les fils puissent être immergés sans difficulté.
- La profondeur du bassin, croît par une pente régulière, depuis 2740 mètres sur les côtes de Terre-Neuve, jusqu’à 3660 mètres sur celles d’Irlande.
- Il est vrai que ces données favorables laissent subsister la question de savoir s’il sera possible de trouver un temps assez calme, une mer assez paisible, un fil assez long, et des moyens de transport assez puissants pour l’établissement de la ligne ; mais, en ce qui concerne la hauteur de l’eau et la nature du fond, M. le lieutenant Maury ne doute pas de la possibilité de T entreprise. Seulement, dans son opinion, ce sera près des côtes que l’on rencontrera le plus de difficultés.
- Les sondages sur lesquels il appuie son sentiment, ont d’ailleurs été exécutés par des bâtiments de l’État, d’après les ordres du département de la marine, et sur les instructions de la division de l’artillerie et de l’hydrographie.
- Les eaux, à cette profondeur, sont aussi calmes que celles d’un étang, et une observation conchyliologique permet de supposer qu’il n'y existe aucun courant sensible, ni aucune cause d’usure pour les fils.
- Cette observation, bien futile en apparence, fournit une nouvelle preuve de la liaison qui existe entre tous les faits scientifiques, et de la possibilité de faire jaillir de remarques insignifiantes en apparence, les découvertes les plus intéressantes.
- Elle consiste en ce que des débris du fond, ramenés par la sonde, et envoyés en Angleterre par M. le lieutenant Berryman, n’ont présenté à M. le professeur Baily, qui les a examinés attentivement au microscope, que des coquillages excessivement petits, dans lesquels il n’a pu reconnaître aucune trace de sable ni de gravier.
- Or, s’il existait des courants sensibles à cette profondeur, ces courants transporteraient et mêleraient à ces coquillages des parcelles du fond, telles que du limon, ou
- (1) DucapFrpfils, b Terre-Neuve, jusqu’à Erris Head, en Irlande, on compte 2593 kilom.;etdu cap Charles au cap Saint-Louis, dans le Labrador, jusqu’en Irlande, la distance est estimée 2576 kilomètres.
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- TÉLÉGRAPHIE.
- des grains de matières siliceuses dont l’absence doit nécessairement faire supposer qu’à cette profondeur l’eau n’éprouve ni agitation ni translation notable.
- Les autres difficultés qui viennent d’être signalées ne paraissent pas non plus insurmontables.
- Il ne semble pas, en effet, impossible de trouver un temps favorable pour l’immersion du câble, puisque l’on est parvenu à rencontrer des circonstances assez propices pour opérer sur toute la ligne des opérations délicates de sondage et d’hydrographie.
- Quant à la longueur du conducteur, on peut puiser des données utiles dans les faits existants. Ainsi le câble qui s’étend de Calais à Douvres a 38k,62 de longueur. Il se compose de quatre fils de cuivre, isolés par un enduit de gutta-percha. Ces quatre fils forment une sorte de corde métallique autour de laquelle on a roulé un fil ordinaire. Ce noyau est entouré de dix fils de fer galvanisé, ayant chacun 0m,008 de diamètre, et composés de fractions soudées les unes aux autres en une seule longueur non interrompue de 39k,43. Le câble pèse en totalité 182700 kilog. environ. Il formait un rouleau de 9m,14 de diamètre extérieur, 4m,57 de diamètre intérieur, et lm,52 de hauteur. Il a été fabriqué dans le court espace de vingt jours, au moyen d’une machine inventée par M. George Fenwick, ingénieur des forges de Leaham-Harbour ( Durham ).
- Avec seize de ces machines, on pourrait donc vraisemblablement exécuter en six ou sept mois le câble transatlantique.
- La difficulté qui tient à la capacité du navire ne peut non plus arrêter, puisqu’il suffirait d’envoyer un nombre de bâtiments assez grand pour transporter en plusieurs fractions le câble dont le poids n’excéderait pas 12180000 kilog.
- Il importe maintenant de savoir si un courant électrique pourrait s’étendre jusqu’à une aussi grande distance. Or, les faits connus résolvent encore cette question. Car, les lignes télégraphiques de ce pays (les Etats-Unis), ont été isolées assez parfaitement pour opérer en un seul circuit à des distances de 1280 à 1600 kilomèt. On est même parvenu pendant la gelée à faire donner des signaux par un courant unique de Boston à Montréal, par la voie de New-York, Buffalo et Toronto; la distance cependant est de 2414 kilomètres. Enfin, quoique la longueur totale de la ligne télégraphique qui s’étend de New-York à la Nouvelle-Orléans, par Charlestown, Savannah et Mobile, soit de 3164 kilomètres, on a pu faire jouer le télégraphe d’une extrémité à l’autre de cette vaste distance. A la vérité, il a fallu recourir à l’appareil de M. M’Rea, qui fait agir un courant sur un autre courant, et produit le même résultat que si la ligne entière était franchie par un courant unique.
- Avec cet appareil, il faut environ 30 couples de Grove d’un demi-litre environ pour chaque distance de 160 kilomètres, c’est-à-dire à peu près 480 couples ( 240 à chaque extrémité ), pour l’étendue totale de la ligne. Il est probable que des couples du système de M. Chester, en même nombre, suffiraient amplement. On possède, au reste, des moyens de calcul, notamment la belle formule de Ohm, qui permettent de déterminer d’avance le nombre et la dimension des couples et des éléments, d’après la distance, la nature et la section des fils.
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- PATENTES POUR INVENTIONS.
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- Quelques expériences récentes, dues à M. le professeur Faraday, jettent d’ailleurs une vive lumière sur là question de la conductibilité électrique des fils submergés.
- M. Faraday a fait voir, en effet, qu’un enduit suffisant de gutta-percha, isole si complètement un fil de cuivre, que ce fil plongé dans l’eau sur une étendue de 160 kilomètres èt soumis à l’influence d’une batterie d’intensité de 350 couples, ne dévie que de 5° au plus, un galvanomètre très-sensible. Le fil employé portait 0m,0015 de diamètre, et l’enduit n’avait que 0m,0025 environ d’épaisseur.
- L’auteur, après avoir exposé et discuté plusieurs autres expériences, conclut que l’établissement d’ün télégraphe transatlantique est possible et annonce qu’une compagnie vient de se former pour l’exécution de cette vaste entreprise. Cette compagnie compte au nombre de ses fondateurs, M. Morse et plusieurs autres notabilités très-versées dans la science et dans la pratique de l’électro-télégraphie.
- Ces réflexions sont suivies de quelques lignes sur la nouvelle pile de M. Chester, que l’auteur vient de signaler comme pouvant être appliquée. Mais le Journal de l’Institut de Franklin, auquel ces lignes sont "empruntées, ne fait pas connaître les détails de l’appareil. Il dit seuleinent que le système de M. Chester consiste à employer de l’acide sulfurique étendu avec des éléments; lès Uns en zinc amalgamé, les autres en un métal revêtu de platine que l’on isole d’une manière particulière. Selon le même recueil, l’action locale de l’acide sur le zinc est évitée si parfaitement, que la batterie a pu être maintenue en activité pendant cinq mois sans interruption, et avec une grande économie sur les frais d’entretien de l’appareil. ( Mechanic’s Magazine, septembre 1854, page 291.) ^ ' ‘ 1
- PATENTES POUR INVENTIONS.
- DOCUMENTS SUR L’INSTITUTION DES PATENTES POUR INVENTIONS EN ANGLETERRE.
- {Extraitpar m. j. b. viollet. )
- Ces documents sont tirés d’un rapport présenté au parlement anglais, le 7 août 1854, par les commissaires des patentes. ;
- Après avoir exposé quelques renseignements statistiques qui n’auraient aucun intérêt pour les lecteurs français, les rapporteurs s’expriment ainsi :
- Toutes les spécifications déposées pour les patentes prises sous l’empire de la nouvelle loi, depuis le 1er octobre 1852, jusqu’au 30 juin 1854, au nombre de 3099, ont été imprimées et publiées, avec des planches lithographiées au trait. On les vend séparément, ou par séries annuelles, au prix coûtant de l’impression et du papier. La valeur d’une de ces spécifications accompagnée de ses dessins, est en moyenne de 86 centimes.
- La publication des spécifications déposées depuis la loi nouvelle est au courant. Chacun de ces actes est imprimé et publié dans les trois semaines qui suivent le dépôt à l’office des patentes.
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- PATENTES POTJft INVENTIONS,
- fm
- D’après une disposition récente, la copie imprimée de la spécification, dûment certifiée et scellée au bureau des patentes, fait foi dans tous les tribunaux du Royaume-Uni et de ses colonies. Cette copie coûte 1 fr. 30 c. pour le sceau, plus la dépense nécessaire pour colorier les dessins lithographiés.
- Des copies imprimées et certifiées des spécifications déposées sous l’empire du nouvel acte, ont été envoyées aux chancelleries d’Édimbourg et de Dublin, où le public peut les consulter.
- On a aussi réuni et publié la série complète des spécifications et des dessins des patentes prises pour des machines à moissonner, depuis la première de ces patentes, enregistrée le 4 juillet 1799, jusqu’à l’époque actuelle; on les vend au prix coûtant ensemble ou séparément, avec un appendice qui forme un volume. Cet appendice, rédigé par M. Woodcroft, d’après un grand nombre d’auteurs, décrit tous les instruments employés pour moissonner, depuis l’époque la plus reculée jusqu’à nos jours.
- La série entière des spécifications des patentes prises pour les armes à feu, l’artillerie, les projectiles, les obus, les cartouches, les airnes, les équipements militaires, et les machines propres à fabriquer ces objets, depuis la première patente de ce genre, prise le 15 mai 1718, jusqu’au temps présent, a été imprimée et publiée de la même manière. On prépare aussi un appendice qui ne tardera pas à paraître.
- Le secrétaire d’Etat pour le département de l’intérieur, a requis l’impression de toutes les patentes relatives à la combustion de la fumée, et à la fabrication des poteries propres au drainage et à l’assainissement par écoulement; de son côté, l’Amirauté a demandé la publication des spécifications relatives à la propulsion des navires.. Ces trois séries sont actuellement sous presse.
- En attendant que l’office fasse paraître les anciennes spécifications, entreprise qui exigera nécessairement un certain temps, on peut obtenir des copies imprimées et certifiées, propres à être produites en justice. Le demandeur paye seulement les honoraires du dessinateur-lithographe et du coloriste, tandis que l’administration supporte ceux de l’impression en lettres et du papier. S’il n’y a pas de dessins, le breveté est chargé de ces dernières dépenses. Par cet arrangement, la partie intéressée obtient, à bas prix, douze ou quatorze copies authentiques, et l’office des patentes se trouve possesseur de la composition ou des dessins nécessaires pour la publication future de la spécification. Depuis quelques mois, 100 spécifications anciennes ont été imprimées de cette manière.
- M. Woodcroft a publié récemment, en trois volumes in-8 impérial, des tables chronologiques et alphabétiques de toutes les patentes prises depuis 1617 jusqu’au 1" octobre 1852. Cet ouvrage qui comprend 14539 patentes, se vend 65 francs, prix de l’impression et du papier. Un index, par ordre de matières, dû aussi à M. Woodcroft, est sous presse et ne tardera pas à paraître.
- Des tables alphabétiques, chronologiques et méthodiques, indiquant les patentes prises sous la nouvelle loi, se suivront annuellement avec régularité.
- Les publications officielles se vendent au prix coûtant, sans aucun bénéfice pour l’administration.
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- Les commissaires ont établi au bureau des patentes, une bibliothèque destinée aux recherches, dans laquelle ils réunissent les ouvrages scientifiques et mécaniques de toutes les nations. Cette bibliothèque sera ouverte dans un court délai.
- Un journal ayant pour titre : The Commissioners of Patents Journal, paraît deux fois par semaine depuis le commencement de l’année et sera continué. Il doit contenir un grand nombre de documents et de renseignements utiles aux inventeurs. ( Méchante s Magazine, septembre 1854, p. 272. )
- NOTICES INDUSTRIELLES
- EXTRAITES DES PUBLICATIONS ÉTRANGÈRES, par M. J. B. VIOLLET.
- {Mécanique et constructions.)
- Papier de feuilles d’arbre. ( Patente anglaise du 15 décembre 1853, prise par
- M. Vivien, de Paris. )
- L’auteur emploie les feuilles des arbres et des autres végétaux. Il les recueille dans la saison convenable, les réduit en tourteaux par la compression, et les macère dans de l’eau de chaux ou dans une autre solution alcaline. Enfin la masse est soumise à un lavage, et réduite en pâte par les moyens ordinaires.
- Cette pâte reçoit ensuite le traitement réclamé par la qualité du papier, notamment un blanchiment et un collage. On peut même, si on le juge à propos, la mélanger dans des proportions quelconques avec de la pâte de chiffons ou de toute autre matière. ( Mechanics Magazine, juillet 1854, pages 11 et 17. )
- Planches métalliques destinées à être rivées. (Patente anglaise du 20 décembre 1853,
- prise par M. Burrows, de Wigan.)
- L’auteur ménage sur les planches métalliques qui doivent être assemblées par des rivets, des renflements qui régnent dans toute l’étendue occupée par les rivures. [Méchante* s Magazine, juillet 1854, page 41. )
- Machine-outil pour la construction des navires en fer et de plusieurs autres objets.
- ( Patente anglaise du 9 décembre 1853, prise par M. Bourne, de Port-Glasgow. )
- M. Bourne place en équilibre sur des tourillons une machine à déboucher et à river, à laquelle il communique, par l’axe creux d’un des tourillons, la puissance dynamique nécessaire pour le travail. Cette puissance peut provenir d’une chute d’eau, d’une machine à vapeur ou de tout autre moteur, et son introduction par le tourillon permet de faire pivoter l’appareil lorsqu’on le juge utile. ( Mechanic’s Magazine, juillet 1854, page 14. )
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- Cornues pour la fabrication du gaz. (Patente anglaise d’importation du 15 décembre 1853, prise par M. Rasçol, de Londres. )
- L’auteur construit ces cornues en pièces de poterie réfractaire. Il les fait cuire, les assemble à queue-d’aronde, à recouvrement ou à croisement, et les unit par un lut capable de soutenir la température qu’elles doivent supporter. ( Mechanic’s Magazine, juillet 1854, page 17. )
- Préparation des fils de laine. ( Patente anglaise du 16 décembre 1853, prise par
- M. Smith, d’Horton. )
- Le patenté enroule, autour d’un cylindre creux percé d’un grand nombre de petits trous, les fils de laine mouillés, et fait passer de la vapeur d’eau à travers. ( Mechanic’s Magazine, juillet 1854, page 39. )
- Machines à forger; par M. Hattersley.
- Il existe, comme on le sait, des machines à forger ou plutôt à serrer le fer, qui le réduisent, par l’effet de la pression entre des étampes, à la forme que l’on se propose d’obtenir.
- Ces machines, connues en Angleterre sous le nom de machines de Ryder, consistent principalement en un bâti très-résistant dans lequel des étampes mobiles, animées d’un mouvement de va-et-vient qu’elles reçoivent d’un ou de plusieurs excentriques, descendent comme le coin supérieur d’un balancier à frapper les monnaies et compriment sur d’autres étampes les barres que l’on engage rouges dans l’appareil.
- Des ressorts relèvent les étampes mobiles après que le 1er a reçu la pression ; quant aux étampes fixes, elles sont maintenues par des douilles où pénètre leur prolongement, qui y est assujetti au moyen de fortes vis. Un volant régularise, autant que l’exige la nature du travail, la marche de la machine à laquelle un arbre principal transmet l’action du moteur.
- M. Hattersley, observant que l’on employait jusqu’à présent pour chacune des façons à donner au fer, une paire d’étampes montées entre des guides spéciaux, et que, par exemple, il fallait un appareil pour étirer le métal, un autre pour y former un renflement quelconque, un troisième pour le couper, s’est efforcé d’éviter la perte de temps et de chaleur causée par tous les déplacements.
- Pour y parvenir, il combine sur la même étampe plusieurs formes différentes, dont la proximité favorise tellement le transport du fer de l’une à l’autre, que l’on parvient souvent à fabriquer en une seule chaude des pièces qui, dans les machines ordinaires, en exigent plusieurs.
- Pour donner un exemple, l’auteur termine sa description en exposant les moyens de forger, par ses procédés, une ailette de filature. ( Mechanic’s Magazine, septembre 1854, page 241. )
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- Modifications dans la fabrication du fer. ( Patente anglaise du 14 juin 1853, prise par MM. Talabot, de Paris, et Morris Stirling, de Londres. )
- Les auteurs font couler la fonte provenant du haut fourneau dans des moules de sable où ils ont déposé une couche d’oxyde de fer ou de zinc, mêlé de sciure de bois, ou de quelque autre matière ligneuse ou huileuse pulvérisée. Ils annoncent que ce procédé améliore la fonte et la rend plus convenable pour plusieurs usages, notamment pour la fabrication du fer malléable.
- Ils la coulent aussi dans des coquilles couvertes de sciure de bois mêlée à des oxydes métalliques en poudre, tels que ceux d’étain ou de zinc, afin que ces oxydes se réduisent, s’allient au fer et en modifient les propriétés. (Repertory of Patent inventions, août 1854, page 172. )
- Presse pour les emballages. ( Patente anglaise du 24 avril 1854, prise par M. Smethurst, de Manchester. )
- L’auteur construit un coffre, composé de plateaux mobiles qu’il assemble avec des traverses terminées par des boulons et serrées par des écrous. Ce coffre qui représente assez bien un châssis de fondeur, a pour fond et pour couvercle, deux épais morceaux de bois rectangulaires, qui peuvent glisser entre les parois verticales du coffre. Soumis à l’action d’une presse, ces morceaux se rapprochent et serrent fortement les marchandises empilées sur le rectangle qui représente le fond. Les plateaux verticaux retiennent d’ailleurs ces marchandises et les empêchent de s’écarter latéralement.
- Des rainures pratiquées sur la surface intérieure des pièces qui composent l’appareil, reçoivent les cordes ou les bandes métalliques destinées à serrer la balle qui, après que l’on a retiré une partie des pièces dont elle est entourée, peut ainsi être liée pendant qu’elle est soumise à l’action de la presse. ( Repertory of Patent inventions, août 1854, page 123. )
- Fabrication des briques, des tuyaux en poterie et des tuiles. (Patente anglaise du 8 novembre 1853, délivrée à M. Chamberlain , de Kempsey. )
- L’auteur réunit dans le même appareil la fabrication des briques, des tuyaux et des tuiles ; et sa machine appartient à la classe de celles où la terre, soumise à une forte pression, est forcée de sortir, à l’état plastique, par des orifices d’une forme déterminée. Ces orifices peuvent être réglés ou modifiés; on leur donne une forme et une grandeur peu différentes de celles qui doivent être définitives; et la brique, reçue sur une toile sans fin, passe entre quatre cylindres dont les surfaces, couvertes d’une étoffe claire, reçoivent la même vitesse. La forme des briques se trouve ainsi très-exactement déterminée; et, comme les génératrices du cylindre le plus élevé sont légèrement convexes, la surface supérieure de chaque brique devient un peu concave.
- Par le moyen d’un fil de fer, les briques sont successivement retranchées de la masse continue de terre qui sort de l’orifice; et ce fil, pendant son action, prend la Tme Ier. — 53e armée. V série. — Novembre 1854. 86
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- même vitesse de translation que la masse, ce qui l’empêche de la couper obliquement.
- Pour fabriquer des tuyaux, ou bien des briques et des tuiles creuses, on établit devant l’orifice deux ou plusieurs cylindres cannelés, qui façonnent la terre à sa sortie; et l’on fixe au centre de chaque cannelure, un mandrin qui pénètre dans la masse chassée de la machine par la pression. Ce mandrin forme ainsi le ereux de la pièce et celle-ci, après avoir été coupée à la longueur convenable, tombe sur la toile sans fin qui l’entraîne. ( Repertory of Patent inventions, août 1854-, page 13k. )
- Moyens de fixer les extrémités des ressorts en caoutchouc. (Patente anglaise du 2 novembre 1853, prise par M. Hodges. )
- L’auteur, pour obvier à la grande difficulté que l’on éprouve lorsque l’on veut attacher solidement à des agrafes en métal les extrémités des ressorts en caoutchouc vulcanisé, a proposé dans une patente prise précédemment, de fixer cette matière tandis qu’elle est à l’état de tension.
- Dans sa nouvelle patente, il décrit des moyens qui consistent principalement à employer un tube, ou un anneau, ou enfin une agrafe portant une ouverture de forme quelconque, mais dont la section est beaucoup moins grande que celle du ressort plein ou creux dont on veut assujettir l’extrémité. Afin de passer cette extrémité dans l’ouverture qui doit la recevoir, on tend le ressort assez fortement pour en diminuer beaucoup le diamètre, et on le relâche après l’avoir introduit. Il se raccourcit alors et se gonfle au point d’être fortement retenu entre les parois de l’étroit passage où il se trouve comprimé. On en assure d’ailleurs davantage la solidité, en retournant le bout du ressort, si ce ressort est creux, sur l’extrémité cylindrique de l’agrafe, ou bien en y introduisant une petite pièce qui remplit le vide. Si, au contraire, le ressort est plein, on assujettit, par une pression suffisante, sur la partie qui dépasse l’ouverture de l’agrafe, une espèce de capsule métallique ou quelque autre pièce analogue. (Repertory of Patent inventions, août 1854, page 139. )
- SÉANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- PROCÈS-VERBAUX.
- Séance du 18 octobre 1854.
- M. Dumas, président, occupe le fauteuil.
- Le procès-verbal de la séance précédente est lu et approuvé.
- Correspondance. M. Roche, à Paris, dépose le dessin et la description d’un appareil qui parait avoir pour objet une création de forces.
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- M. Tessier, à Lyon, prie la Société de faire connaître, par la voie de son Bulletin, un mémoire dans lequel il annonce avoir donné une détermination rigoureuse du rapport du rayon à la circonférence.
- M. Combes, l’un des secrétaires, donne lecture de la lettre suivante, par laquelle M. le chevalier Bonelli prie la Société de vouloir bien accepter un modèle de son métier à tisser établi d’après un nouveau système.
- Turin, 29 juin 1854.
- Monsieur le président,
- Je viens de recevoir la médaille en argent que votre Société a eu l’extrême bonté de me faire remettre à l’occasion de ma présence à sa séance du 17 mai 1854. Cette marque de distinction est une des plus grandes récompenses que me vaille mon invention, un des plus puissants appuis à son avenir, car, en fait d’applications des théories à la pratique, vos opinions sont des lois pour tout le monde manufacturier. Je vous prie, monsieur le président, de vouloir bien exprimer à la Société ma très-vive reconnaissance pour une telle faveur, et de l’assurer que je n’épargnerai ni étude ni fatigue pour en donner la seule preuve qu’il me soit permis et qui puisse être agréable à un corps savant tel que le vôtre, c’est-à-dire pour tâcher de perfectionner, autant qu’il me sera possible, les métiers électriques qui m’ont valu votre bienveillance, et les mettre en état de ne pas reculer devant les plus grandes difficultés de l’art textile. î'j l-iï ïü H : r ) ^
- Encouragé par l’indulgence de là Société à mon égard, j’aurai une autre prière à lui adresser, c’est de vouloir bien accepter un petit métier* selon mon système, qui est en construction et que je compte lui adresser; ’ k - fu
- J’ai l’honneur, monsieur le président, d’être avec la plus haute estime,
- s ; f . Votre très-humble serviteur,
- ^ : Signé Bonelli.
- Le conseil, au nom de la Société, accepte avec reconnaissance l’offre de M. Bonelli.
- M. Le Chatelier, ingénieur en chef des mines, membre du comité des arts mécaniques, donne communication, de la part de M. Maldant, constructeur-mécanicien, à Bordeaux, du dessin et de la description d’un système de distribution supprimant la pression de la vapeur sur les tiroirs et les pertes de vapeur occasionnées par la capacité nuisible des cylindres.
- M. Maldant joint au dessin un extrait du rapport de la commission déléguée par la Société philomathique de Bordeaux.
- M. E. Bollaert, à Dunkerque, prie la Société d’admettre à l’examen un travail qu’il a fait pour l’application de la vapeur à la navigation intérieure au moyen d’une machine dite roue de fond oscillante. Le plan et la description se trouvent joints à la lettre de M. Bollaert.
- M. le vicomte Harmand d’Abancourt donne communication du plan et de la des-
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- cription d’une machine hydraulique établie dans son domaine par M. Gérard, ancien capitaine du génie, à Briey ( Moselle ).
- M. Camille, dessinateur, rue Pagevin, 42, présente un mémoire intitulé : Sauvetage des navires et de la garantie, sur les mers et rivières, des voyageurs.
- M. Falconetti, rue de la Harpe, 77, inventeur d un système de voitures sans autre moteur que la main de l’homme, demande que son invention soit examinée par la Société.
- M. Duchesne, aux Batignolles, soumet le dessin et la description d’un appareil qu’il nomme contrôleur de recettes des voitures publiques, déplacé et de remise.
- M. Devinck, rue Saint-Honoré, 285, annonce qu’il a pris, le 15 juillet dernier, un brevet d’invention pour une machine à cacheter le chocolat et tous autres objets.
- M. Drapier, ingénieur-mécanicien, à Rouen, appelle l’attention de la Société sur une machine à filer par le système continu avec marche ordonnée pour les ailettes et pour les broches et fuseaux.
- M. Flamme de Rebey fait connaître que MM. Louis Durand ont fait acquisition, en 1850, de la fabrique d’aiguilles de MM. Massum et fils, et qu’ils ont transporté cette fabrique à Phlin (Meurthe), sous la direction de M. Flamme de Rebey. La fabrication de l’aiguille ordinaire fut abandonnée pour se livrer à celle de l’aiguille superfine.
- MM. Durand sollicitent l’examen de leurs aiguilles qui. suivant eux, occupent le même rang dans le commerce que les aiguilles anglaises.
- M. Mathieu, ingénieur civil, directeur associé de la maison de M. Armengaud, adresse les dessins et un mémoire descriptif d’un système de fabrication de clous dorés imaginé par M. Cormoy, rue au Maire, 21, et organisé mécaniquement par M. Vincent, à Belleville.
- M. J. B. Viollet, ingénieur civil, rue Saint-André-des-Arts, 50, adresse une note sur les moyens de tourner les vis à la volée. Ces moyens s’appliquent à toutes les matières susceptibles de recevoir un filet sous l’action du peigne ; ils permettent de tourner indifféremment des vis à droite ou des vis à gauche, en relief ou en creux.
- M. Martial Germain, ingénieur-mécanicien, rue de la Roquette, 18, prie la Société de faire examiner un moulin à meules verticales de son invention, d’une construction nouvelle fonctionnant chez plusieurs fabricants de chocolat.
- M. Paul Bon, fabricant de papier, à Izeron ( Isère), communique les moyens qu’on pourrait, selon lui, appliquer pour employer l’air comprimé comme réfrigérant.
- MM. Dufour frères, à Paris, soumettent au jugement de la Société un nouveau sys-
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- tème de fusil se chargeant par la culasse, et un moyen de sûretc imaginé par M. Gaucher.
- M. Thiboust, au Neubourg (Eure), dépose un mémoire descriptif d’un appareil antiméphitique et de sauvetage.1 • *
- M. David Macaire, à Passy, appelle l’attention de la Société sur son invention de fûts de sûreté de jauge invariable. ÿ
- M. Combes donne lecture d’une lettre de M. Dumoncel contenant une réclamation de priorité des dispositions du thermomètre électrique de M. Jules Maistre, dispositions sur lesquelles M. Clerget a présenté un rapport au nom du comité des arts économiques.
- M. Clerget avait établi dans ce rapport lés différences qui existent entre les dispositions adoptées par M. Maistre et celles dues bien antérieurement à M. Wheatstone. Le thermomètre électrique de M. Dumoncel est fondé sur les mêmes principes que celui du physicien anglais. , - '
- M. Alexandre Heübronn, rue Notre-Dame-des-Victoires, à Paris, annonce avoir trouvé le moyen d’appliquer sur le zinc une peinture inaltérable et indestructible propre aux usages domestiques ët U l’ornementation.
- >:[• , ; '-rit., -
- M. Barreswill, membre du conseil, adresse des renseignements sur la fabrication de nattes indiennes que M. Duclot a introduite à Bordeaux.
- MM. Auguste Bertrand et Bonnel, rue Fontaine-Molière, 22, annoncent s’être livrés à des expériences pour retirer la matière azotée contenue dans le son et la faire entrer dans la panification.
- M. Boland, membre de la Société, fait Hommage d’un tableau analytique et comparatif des blés français et étrangers au point de l’agriculture en général et de la boulangerie en particulier. ;
- M. le président de la Société philomathique de Bordeaux, en transmettant copie d’un rapport lu dans une des dernières assemblées générales de cette Société sur un enduit imperméable de M. Fritz-Sollier, appelle l’attention de la Société sur les ouvriers et contre-maîtres dont le jury d’exposition a cru devoir signaler les services.
- M. Salmon, du Finistère, rue de Bondy, 60, ayant trouvé le moyen de composer un liquide qui éteint la flamme et anéantit le feu, soumet sa découverte à l’appréciation de la Société.
- M. J. Wiese, orfèvre-bijoutier, rue de l’Arbre-Sec, annonce que le procédé soumis à la Société par M. Auguste Bouilhet pour renforcer la galvanoplastie par des métaux fusibles au feu a été pratiqué depuis longues années par ses confrères et par lui.
- M. de MontureuXy à Arracourt ( Vosges ), adresse des notes sur la possibilité d’employer à la fabrication du papier des matières moins coûteuses que les chiffons.
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- M. Collignoni à Ancy-sur-Moselle, adresse un travail qu’il vient de publier sur le système d’échalassement de la vigne, de treillage et de clôture eh fil de fer dont il est l’auteur.
- M. Eugène Grollier, inspecteur de l’instruction publique, à Ploermel ( Morbihan ),. expose le but qu’il s’est proposé en composant deux ouvrages, l’un intitulé Traité de l’agriculture à l’usage des écoles et des autres établissements d’instruction publique; l’autre, Y Agriculture délivrée, ou Méthode facile pour retirer de la terre quatre fois plus de revenu quelle n’en rapporte généralement. ,
- M. Castels, fabricant de corps gras, à Puteaux, annonce que l’Académie des sciences a reçu un dépôt cacheté contenant un procédé pour la production artificielle de la quinine qu’il a découverte dans une plante fort communè non cultivée en Europe et qui deviendra, par son exploitation, une nouvelle ressource fort importante pour la culture.
- M. Piron, docteur-médecin, à Montpellier, demande à communiquer un procédé de galvanoplastie.
- M. Colins, à Saint-Mandé, près Paris, fait hommage à la Société d’un ouvrage, qu’il vient de publier en quatre volumes, sur les nécessités sociales; plusieurs parties de cet ouvrage rentrent dans les attributions de la Société.
- M. Arnavon, fabricant de savon, à Marseille, présente, pour obtenir la médaille de contre-maître, un ouvrier savonnier attaché à son établissement depuis près de cinquante ans.
- M .A. Chevallier fait hommage d’un exemplaire du rapport qu’il a fait à l’Académie impériale de médecine le 12 septembre 1854, sur un mémoire relatif à l’empoisonnement par les allumettes chimiques, par M. le docteur Severin Causse, d’Albi.
- Dans ce rapport, M. Chevallier indique les moyens à employer pour faire cesser le danger de l’empoisonnement et pour soustraire les ouvriers qui fabriquent les allumettes chimiques à la nécrose. Il a reconnu que le phosphore rouge offre toute sécurité, et que son usage remplacera avec avantage les matières actuellement employées.
- M. le président remercie M. Chevallier, au nom du conseil, pour le don de ce rapport.
- M. Peligot fait hommage, de la part de M. Durand, commissaire général des monnaies et médailles, de nouveaux renseignements synoptiques sur la fabrication des monnaies françaises.
- Le conseil vote des remercîments à M. Durand.
- M. le président expose que M. Rouget de Lisle lui a fait remettre une réclamation de M. André Jean, dans laquelle il rappelle que M. Bronski a présenté à la Société d’encouragement, en 1837, des échantillons de soie et de cocons qui ont été jugés
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- tellement supérieurs, que la Société lui a accordé une médaille de platine. M. Bronski ne s’est pas contenté de cette récompense, il a présenté ces mêmes produits, sous son nom, à l’exposition de 184*9 et à celle de Londres en 1851. Or M. André Jean déclare que sa femme est le véritable auteur de cette industrie, et que M. Bronski n’a aucun droit de se l’attribuer. >
- M. Rouget de Lisle communique, au sujet de cette réclamation, quelques renseignements qu’il a recueillis pendant son séjour à Bordeaux.
- Avant d’émettre une opinion sur cette affaire, le conseil, pour statuer avec connaissance de cause, attendra les documents que M. André Jean se propose d’adresser à la Société.
- Rapports des comités. Au nom du jury d’examen des candidats aux places vacantes dans les écoles d’arts et métiers, M. Benoît lit un rapport dont les conclusions tendent 1° à ce que les candidats Montandon, Cheneau et Dehertogh soient proposés pour occuper les trois places à bourse entière actuellement vacantes et dont la Société dispose ; 2° à déclarer les sept autres candidats qui ont été examinés admissibles aux frais de leurs parents; 3° et dans le cas où quelques-uns des trois premiers candidats, pour une cause quelconque, n’accepteraient pas les places qu’ils ont méritées, à en faire jouir les candidats qui suivent dans l’ordre de leur inscription.
- Ces conclusions sont adoptées. Le rapport sera inséré dans le Bulletin.
- communications. M. Châtelain présente, de la part de M. Audevard, opticien, quai de l’Horloge, 4*1, un niveau à bulle d’air à réflexion simple et différentiel pour les opérations agronomiques, topographiques, etc. Cet instrument donne, par une seule opération, la mesure du niveau et de l’inclinaison des terrains à drainer.
- M. Rouget de Lisle donne communication de divers renseignements recueillis par lui :
- 1° Sur les huiles de résine de M. Mangeot, lesquelles sont de deux espèces, l’une ordinaire, et l’autre désinfectée et rendue propre, au moyen d’une distillation et dune cuisson préalables, à la peinture du bâtiment, pour remplacer l’huile de lin cuite et li-thargirée.
- 2° M. Fritz-Sollier, actuellement établi à Bordeaux, a obtenu un enduit souple et peu susceptible de se résinifier en mélangeant ensemble, dans une proportion suffisante, l’huile de résine désinfectée et l’huile de lin solidifiée à chaud par l’emploi de l’huile azotique étendue d’eau. Cet enduit, qui s’applique indistinctement, soit comme peinture, soit comme moyen d’imperméabiliser, à la manière des fabricants d’étoffes caoutchoutées, à tous les genres de tissus qu’il ne traverse pas, n’est qu’une nouvelle application manufacturière des procédés chimiques indiqués par Liebig ; c’est aussi par un procédé à peu près analogue, c’est-à-dire par la cuisson prolongée de l’huile de lin, que M. Barrat a obtenu, dès 184*5, une matière élastique qu’il appelle caoutchouc artificiel, et qu’il emploie pour garnir les colliers des chevaux. C’est encore avec de
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- SÉANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- l’huile de lin traitée par un procédé particulier que l’on fabrique, à Nuremberg, ces diverses figures élastiques que l’on vend chez les papetiers de Paris.
- A l’aide de l’huile de résine désinfectée par la cuisson à feu nu, M. Fritz-Sollier donne à l’huile de lin solidifiée par le double emploi de la chaleur et de l’acide azotique plus de fluidité, plus d’onctuosité, et la facilité de pouvoir être appliquée soit avec le pinceau, soit avec une racle, ainsi qu’on applique le caoutchouc liquéfié sur les étoffes.
- 3° Sur les machines à tortiller le fil de fer et à ficeler les bouteilles de vin de Champagne, et sur un nouveau procédé pour boucher lesdites bouteilles par M. Desaint, d’Épernay.
- 4° Sur un robinet à deux eaux pour soutirer le vin, par M. Joly.
- M. Rouget de Lisle est remercié de ces communications.
- M. Marié Davy, professeur de physique et de mécanique au lycée Bonaparte, présente le modèle d’un nouveau système de broches pour filature des matières filamenteuses quelconques, la fabrication des fils à coudre, des fils à broder, des cordes et cordages, etc.
- L’appareil combiné par M. Marié Davy peut, ainsi qu’il l’annonce, s’appliquer à la filature de toute espèce de matières filamenteuses, telles que coton, soie, lin, chanvre, fibres d’aloès, etc. Cependant, pour préciser autant que possible sa description, l’auteur suppose comme exemple que l’on opère sur le colon ; il suffira, dit-il, d’appliquer les mêmes observations à toute espèce de matière filamenteuse.
- M. Marié Davy s’est proposé la solution des trois problèmes suivants : 1° le coton étant reçu dans des pots comme dans l’étirage dit à la lanterne, prendre le coton et l’amener, dans une seule opération et par un travail continu, au degré de finesse et de torsion exigé pour le tissage; 2° le fil étant arrivé à un numéro convenable, prendre ce fil et l’amener, en une seule opération et par un travail continu, à l’état de fil à coudre, cordonnet, etc., quel que soit le nombre de brins dont se compose ce fil et de quelque manière qu’ils soient groupés; 3° appliquant aux matières grossières les principes mis en usage dans les deux opérations précédentes, faire une longueur indéfinie de corde dans une pièce de dimensions restreintes.
- M. Benoît, membre du conseil, appelle l’attention de la Société sur un nouveau mécanisme de piano imaginé par M. Gaudonnet, rue Dauphine, 26. Ce facteur fait remarquer que le son est prolongé par un système de pédales sans qu’il soit nécessaire de maintenir les mains sur les touches, pour les pianos à queue, carrés, droits à cordes obliques, mi-obliques et verticaux, et que son système est applicable aux mécaniques à baïonnette.
- PARIS.-IMPRIMERIE DE Mme Ve BOUCHARD-HUZARD, RUE DE l’ÉPERON, 5.
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- 53" ANNÉE. DEUXIÈME SÉRIE. N» 21 — NOVEMBRE 1854.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- CHAUDIÈRES A VAPEUR.
- CHAUDIÈRES A VAPEUR D’UN PETIT DIAMÈTRE; par MM. HOLCROFT et HOYLE, de
- Manchester. (Patente anglaise.) ( Traduit par m. j. b. viollet.)
- L’emploi croissant de la vapeur à haute pression et l’économie importante qu’il permet de réaliser sur le combustible, lorsqu’il est bien entendu, semblent annoncer que bientôt l’adoption en deviendra générale ; tandis que, d’un autre côté, les accidents nombreux et déplorables qui ont été causés par la mauvaise disposition de plusieurs anciens appareils, réclament des modifications capables de rassurer complètement les manufacturiers.
- Pour remplir cette condition, il est nécessaire d’inventer une chaudière qui possède plus de force que les chaudières actuelles, qui n’exige pas une plus grande dépense de matériaux, et qui réunisse les avantages de toutes les modifications nouvelles, sans en présenter les défauts et les inconvénients.
- C’est dans le désir d’atteindre ce but que les auteurs ont combiné la chaudière qui va être décrite, et pour laquelle ils ont pris une patente.
- On voit dans la fig. 1, pl. 25, une coupe transversale et verticale de cette chaudière, suivant la ligne 1, 2 de la fig. 3; dans la fig. 2, une vue de face représentant les portes du foyer et des bottes à fumée ; dans la fig. 3, une coupe verticale, faite selon la ligne brisée 5, 6 de la fig. 4; enfin dans la fig. 4, une coupe horizontale passant par la ligne 3, 4 de la fig. 1.
- La chaudière se compose de trois générateurs distincts A, B, C, disposés triangulai-rement et supportés à leurs extrémités par une maçonnerie en briques D, E, et par deux murs longitudinaux F, F, qui s’élèvent de chaque côté du cendrier.
- Ces générateurs communiquent l’un avec l’autre par les tuyaux H, H, qui descendent au-dessous du cendrier et qui, à ce point, se réunissent par leurs extrémités inférieures, avec le tuyau alimentaire I, muni d’un robinet d’arrêt à tige verticale et à Tome Ier. — 53e armée. 2e série. — Novembre 1854. 87
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- CHAUDIÈRES A VAPEUR.
- manivelle J. Ce tuyau sert aussi à vider la chaudière, et porte en avant un robinet spécialement destiné à cette opération.
- LesgénérateursB, C, sont surmontés par les dômes à vapeurK qui communiquent avec le générateur central A, par le moyen de deux larges tuyaux horizontaux L, L. L’eau, à cause de la liaison établie par les tuyaux H, H, se maintient constamment au même niveau dans les trois capacités. Le générateur central A en renferme toujours moins que les deux autres; il offre donc un vaste espace pour la vapeur qui de là se rend à la machine par le tuyau M. C’est sur ce générateur qu’est fixée la soupape de sûreté N. Un manomètre O est en communication avec le générateur A, sur le devant de l’appareil, et au-dessous se trouvent trois tubes P qui servent à indiquer le niveau de l’eau et dont chacun communique avec l’un des générateurs.
- Le foyer G se trouve immédiatement au-dessous du générateur central A, entre les deux générateurs latéraux B, C, qui descendent presque au niveau des grilles Q. L’action directe du feu s’étend entièrement sur la surface des deux générateurs B, C, dont la partie exposée à la flamme, dans chaque générateur, est formée d’une seule feuille de tôle, ce qui fait éviter les inexactitudes ou les dangers des assemblages à rivets et des inégalités dans les feuilles soumises à l’action de la chaleur.
- Les flammes et les gaz passent au fond du foyer et s’y séparent en deux courants qui circulent dans les carneaux R, établis à l’arrière des deux générateurs inférieurs B, C.
- Ces deux générateurs sont en outre munis de tubes à fumée S que les flammes et les gaz parcourent pour revenir aux boîtes à fumée antérieures T ; de là ils redescendent par les carneaux U et se réunissent dans un seul tuyau souterrain qui communique avec la cheminée. Les chambres à fumée T sont munies de portes W, qui facilitent considérablement le nettoiement des tuyaux. Ces portes permettent aussi d’arriver aux trous d’homme établis en avant des plaques où se terminent les tuyaux, et destinés à permettre d’enlever les sédiments. Deux portes sont également ménagées en X, X, et facilitent le ramonage des carneaux R.
- L’action nuisible des dépôts sur le fond du générateur central A, qui est directement exposé à toute la vivacité du feu, est prévenue par l’interposition de la pièce Y, désignée sous le nom de collecteur. Ce collecteur consiste en une feuille de tôle mince, d’une forme correspondante à celle du fond du générateur, établie à 0m,076 environ au-dessus de ce fond et dont les bords ne sont qu’à 0m,127 au-dessous du niveau de l’eau. L’agitation produite par l’ébullition empêche les sédiments de se déposer facilement sur la surface qui reçoit l’action immédiate du feu, tandis que le calme de l’eau qui se trouve au-dessus du collecteur, en favorise au contraire l’accumulation sur cette dernière surface. Un tuyau d’écoulement qui n’est pas représenté, communique avec le collecteur et permet de le nettoyer périodiquement.
- Les patentés assurent que leur chaudière présente les avantages suivants :
- 1° Une grande résistance due à la petitesse du diamètre. Une chaudière de lm,219 de diamètre, font-ils observer, construite en tôle de 0m,008 d’épaisseur, et soumise à une pression de 5k,270 par centimètre carré, n’est pas plus exposée qu’une chau-
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- i ii AI !M K 1\ F. S A YAl’F.rR, PAR M. Ai. HO l.CKU l’T i'.T HOY1.F.
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- dière de 2m,133 de diamètre, fabriquée en tôle de 0m,011 et supportant une tension de 4k,216 par centimètre carré.
- 2° On trouve un autre avantage dans la diminution de l’espace occupé, puisqu’une chaudière de 60 chevaux du nouveau système n’exige qu’un emplacement de 3m,657 sur 4m,114 et présente cependant une étendue de feu beaucoup plus grande que celle des chaudières dont l’intérieur est occupé par le foyer. La surface de chauffe directe est en outre fort grande. De plus, les tuyaux sont distribués à des distances bien plus considérables que celles qu’il est possible d’admettre dans plusieurs autres systèmes, et par conséquent on n’a point à craindre l’engorgement des intervalles. On se dispense également d’employer les tuyaux intérieurs des chaudières à foyer central, et l’on supprime ainsi la cause de nombreux accidents, car ces tuyaux sont très-sujets à s’écraser ou à être surchauffés. (Practical Méchantes Journal, mars 1854, p. 278. )
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- MÉMOIRE SUR LA PEINTURE SUR VERRE; par M. A. BOULONGNE (1).
- Avant de commencer l’histoire de la peinture sur verre proprement dite et d’entretenir nos lecteurs des diverses phases à travers lesquelles cet art remarquable a successivement passé, nous croyons intéressant et utile, tout à la fois, de faire précéder cette étude de quelques considérations générales sur l’industrie du verre chez les peuples anciens; ceci nous amènera insensiblement à l’heureuse application qui va faire le principal sujet de ce mémoire.
- Le verre est si connu par l’usage presque indispensable qu’on en fait, qu’il serait inutile d’en donner une définition, si l’on ne voulait se soumettre à une parfaite exactitude. Nous définirons donc le verre une substance dure, cassante et transparente, fusible à une température élevée, insoluble dans l’eau et dans presque tous les autres liquides , si ce n’est dans l’acide fluorhydrique qui l’attaque fortement, se produisant à une température très-élevée par la combinaison des silicates suivants : silicates de chaux, de magnésie, de baryte, d’alumine, de fer. Le silicate de potasse, fondu avec le silicate de plomb, donne une espèce particulière de verre que l’on a nommée cristal.
- Les verres bien fabriqués sont considérés comme insolubles dans l’eau, ainsi que nous venons de le dire; toutefois, l’eau, aidée probablement par l’action des agents atmosphériques, agit sur eux à la longue, et tend à les décomposer en silicate alcalin soluble et silicate terreux insoluble ; cette altération rend parfaitement compte de certains phénomènes que nous aurons, plus tard, l’occasion de décrire, lorsque nous nous
- (1) En donnant une plarcà ce mémoire dans le Bulletin de la Société, la commission, qui ne partage pas quelques-unes ies opinions énoncées par l'auteur, s’est réservé le droit de les discuter plus tard. (R.)f
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- occuperons de l’influence bienfaitrice des siècles sur la beauté des vitraux et l’harmonisation des tons variés qui les composent.
- Du reste, l’espèce de digression que nous allons nous permettre nous semble amplement justifiée par l’extrême importance que s’est acquise, de nos jours, cette brillante et indispensable industrie. En effet, le verre étant susceptible, quand il est ramolli par la chaleur, de prendre toutes les formes imaginables, cette propriété en étend l’usage à une infinité de besoins. Employé sous la forme de vitres, le verre transmet dans nos habitations la lumière et la chaleur du soleil, et nous soustrait ainsi à l’intempérie des saisons sans nous ôter la vue des objets extérieurs, sans nous priver du spectacle de la nature. Travaillé en vases, il nous fournit les moyens de conserver sans altération les liqueurs les plus précieuses, tant pour notre utilité que pour notre simple agrément. Sa transparence nous met à même de juger de la couleur et de l’état de son contenu; son imperméabilité à tout autre fluide que la lumière s’oppose à l’évaporation des liqueurs spiritueuses qu’il renferme; et, s’il est vrai de dire qu’il doit sa perfection à la chimie, on peut, sans crainte, affirmer que cette science serait peut-être encore enveloppée des ténèbres de l’ignorance, si cette substance n’avait pas été découverte avant elle. Le verre, en effet, fournit au savant investigateur des réceptacles de toute forme et de toute dimension, dont la transparence lui permet de saisir et de suivre pas à pas des séries tout entières de phénomènes, que l’opacité de toute autre matière dérobait à sa vue. Ce que nous venons de dire de la chimie peut s’appliquer également à la physique ; où en serait l’optique sans le verre? et la photographie, cette nouvelle conquête de l’esprit humain, qui jamais y eût osé songer? C’est encore par lui que l’astronomie nous fait lire dans les cieux, et que le microscope étend à nos yeux les bornes de l’univers, en nous faisant participer à la vie intime des infiniment petits.
- Par le moyen du verre, on corrige les défauts de conformation d’un de nos principaux organes, et on en conserve l’usage aux vieillards ; enfin la chimie , par un mélange de mercure et d’étain répandu également et avec soin sur l’une des deux surfaces des glaces, permet à celles-ci de rendre fidèlement tous les corps qui leur sont présentés. Nous n’en finirions jamais si nous voulions consigner ici tous les avantages que nous procure l’emploi de cette matière. Nous terminerons cet incomplet aperçu en nous bornant à rappeler le plus scientifique des services rendus par cette substance ; on sait, en effet, que c’est à l’aide d’un prisme de verre que l’immortel Newton a, pour ainsi dire, anatomisé la lumière!
- A quelle époque doit-on faire remonter l’origine du verre? Cette question, qui, au premier abord, pourrait paraître très-simple, est, au contraire, extrêmement difficile à résoudre. Quels documents nous reste-t-il, en effet, pour arriver à cette solution? Très-peu de chose, quelques légendes plus ou moins invraisemblables, quelques textes plus ou moins tourmentés; en somme, rien de positif. Il est bien entendu que ce que nous disons ne s’applique qu’à la plus haute antiquité ; car, à l’époque des grandes civilisations grecques et romaines, la solution de ce problème n’offre plus, à vrai dire, aucun doute. Nous allons, du reste, exposer ici tout ce que l’on sait à cet égard : Pline, qui écrivait peu d’années après J. C., raconte ainsi l’origine du verre ; on verra , par
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- la tournure même de son récit, que, de son temps, on n’était pas beaucoup plus que nous fixé sur cette origine. Voici le texte en question (lib. 36, § 65 ) : Fama est, ap-pulsa nave mercatorum nilri, cum sparsi per littus epulas paravent, nec esset cortinis attollendis occasio, glebas nitri e nave subdidisse, quibus accensis permixta arena littoris, transflucentes novi littoris fluxisse rivos, et hanc fuisse originem vitri. Il est évident que Pline n’ajoutait pas plus que nous foi à une pareille histoire, dont toutes les lois de la chimie et de la physique démontrent l’impossibilité; ce qui ne l’a cepen -dant pas empêchée d’avoir cours fort longtemps parmi les gens du métier, puisque nous la trouvons racontée presque littéralement dans les œuvres de Bernard Palissy , qui la fait précéder d’une autre légende dont l’authenticité ne nous semble pas beaucoup plus démontrée; voici comment il s’exprime : Aucuns disent queles enfants d’Israël ayant mis le feu en quelque bois, le feu si grand qu’il eschauffa le nitre avec le sable, iusquà le faire couler et distiller le long des montagnes, et que dès l’ors on chercha l’invention de faire artificiellement ce qui esté fait par accident, pour faire le verre. Autres disent que l’exemple fut pris sur le bord de la mer, là où quelques pirates estoient descendus à bord, et voulant faire bouillir leur marmite et n’ayant aucuns chenets ou landiers, prindrent des pierres de nitre sur lesquelles ils mirent des grosses bûches et grande quantité de bois , qui causa un si grand feu que lesdittes pierres se vindrent à liquider et estant liquifiées descoulèrent sur le sablon, qui fut cause que ledit sablon étant entremeslé avec le nitre, fut vitrifié comme le nitre, et le tout fit une matière diaphane et vitreuse.
- L’historien Josèphe (liv. II, chap. ix de la Guerre des Juifs) raconte des choses merveilleuses du sable du fleuve Bélus, dont parle Pline dans le paragraphe que nous venons de citer. Il dit que, dans le voisinage de cette rivière , se trouve une espèce de vallée de forme ronde, d’où l’on tire, pour faire le verre, du sable qui s’y trouve en si grande abondance , que l’on ne peut jamais l’épuiser, et que, de plus, si l’on dépose quelque métal en cet endroit, cette dernière substance ne tarde pas à se transformer en une matière vitreuse d’une excessive limpidité. Tacite raconte la chose d’une façon plus simple et beaucoup moins surnaturelle ; il dit que le fleuve Bélus se jette dans la mer de Judée, et qu’à son embouchure se trouve un sable dont on se sert pour fabriquer le verre, après, toutefois, l’avoir mélangé avec du nitre.
- Quelques auteurs ont cru trouver, dans l’Ancien Testament, des preuves irrécusables de l’antiquité de l’origine du verre ; il y est dit, en effet, dans le livre de Job (chap. xxvm, verset 17), que ni l’or ni le verre ne valent la sagesse ; mais il faut ajouter que cette expression de vitrum, que l’on rencontre dans la Vulgate, est due à sainLJérôme, et que rien ne prouve que le mot hébreu ait la même signification. Nous serions d’autant plus porté à être de cet avis, que dans d’autres versions on trouve , à la place du mot vitrum, les mots diamant, hyacinthe, cristal, etc.; ce qui tient probablement à ce que chaque auteur a traduit par ce qu’il avait imaginé de plus précieux au monde le mot en litige. Dans le livre de Salomon , on y voit blâmer la sensualité de ceux qui se plaisent à admirer la couleur vermeille du vin au travers de leur coupe; mais ici, encore, il est difficile de décider si la Bible a voulu parler du verre ou du cristal naturel.
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- Il pourrait se faire cependant que les Hébreux, par suite de leurs nombreux rapports avec les Egyptiens et les Phéniciens, aient pu avoir connaissance de ce genre d’industrie. Sans nous arrêter plus longtemps à ces différents textes, et en nous en tenant à des idées toutes spéculatives, partageant sous ce point de vue les idées d’un homme très-compétent, de M. Batissier, nous sommes très-porté à croire que l’art de la vitrification a dû prendre naissance vers l’époque à laquelle on a su cuire dans un four les briques et les poteries, ou même peut-être fondre les différents métaux. Ces diverses opérations, en effet, exigent, pour être faites, l’emploi d’une chaleur très-intense; or il a pu très-bien arriver que des substances vitrifiables aient été introduites par hasard dans ces hauts fourneaux primitifs, et qu’elles s’y soient vitrifiées sous l’influence de ces températures véritablement infernales : ceci, du moins, est possible, et d’accord avec les lois de la physique et de la chimie. Quoi qu’il en soit, il ressort de ce qui précède un fait irrécusable, c’est l’extrême antiquité de l’art du verre. Passons maintenant à quelque chose de plus positif, et abordons la phase vraiment historique de cette industrie, dont l’origine, de même que toutes les inventions primitives des hommes, se perd dans une époque fabuleuse dont nous avons cru devoir rappeler les traditions.
- Les deux peuples qui paraissent les premiers avoir poussé dans l’antiquité l’art de la vitrification dans ses limites les plus extrêmes sont, sans contredit, les Égyptiens et les Phéniciens; viennent ensuite les Perses, les Mèdes , les Grecs, et, dans une époque beaucoup plus rapprochée de nous, les Romains. Ce dernier peuple est arrivé, dans ce genre, à de véritables tours de force, et l’on pourrait dire, à propos du verre, ce que l’on a déjà répété tant de fois en maintes circonstances, c’est que bien des choses que l’on croyait avoir inventées dans les temps modernes n’étaient, à vrai dire, que renouvelées des Grecs ou des Romains. S’il faut en croire Pline, il existait, à Sidon, des établissements où l’on fabriquait le verre avec une certaine perfection , et où l’on connaissait plus d’un moyen d’en varier l’usage. « Et aliud (vitrum) flatu figuratur (liv. XXXVI, § 66), aliud torno teritur, aliud, argenti modo, cœlatur, Sidone quondam iis officiais nobiliy si quidem etiam spécula excogitaverat. Ainsi on soufflait le verre, on le travaillait au tour, on le gravait, on avait même imaginé d’en faire des miroirs ; de sorte qu’on en faisait à peu près tout ce qu’on en fait actuellement, peut-être avec moins de perfection; mais enfin les principaux procédés étaient connus. On s’est longtemps demandé si, par le mot de spécula , Pline avait voulu parler des miroirs ou des verres à vitres; mais il n’y a aucun doute possible à ce sujet depuis que l’on a pu se procurer, dans les différentes fouilles exécutées récemment, des statues égyptiennes, sur le socle desquelles se trouvent, de petits miroirs encadrés dans une pierre blanche au moyen d’un cercle en bois. Le musée de Turin, entre autres, possède quelques-uns de ces précieux spécimens.
- Hérodote et Théophraste racontent qu’il existait dans le temple d’Hercule, à Tyr, une colonne faite d’une seule émeraude, laquelle jetait un éclat extraordinaire; il est très-probable que cette colonne, de même que la fameuse statue de Sérapis dont parle Ap-pien , était formée de blocs de verre teints dans la masse, à moins, toutefois, que ce ne fussent des espèces de marqueteries composées de petits morceaux de verre unis
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- entre un pur ciment particulier, ce qui-, cependant, ne paraît pas probable , attendu que 1 effet, pour la statue surtout, aurait été fort médiocre.
- Les savants les plus compétents sont à peu près tous d’avis que l’on doit considérer les Egyptiens comme les plus habiles verriers de l’antiquité; quelques-uns même ajoutent que 1 art de travailler le verre, et la première fabrique établie dans ce but, ont pris naissance à Diospolis, capitale de la Thébaïde , en même temps qu’à Thèbes et à Memphis, où les prêtres de Vulcain, les plus grands métallurgistes de l’antiquité , en eurent fort longtemps le monopole. Il est prouvé que les artistes de ces antiques cités savaient composer des émaux de diverses couleurs et les appliquer parfaitement sur des poteries dont il nous reste heureusement de magnifiques échantillons. Le musée de Livourne est surtout riche en ce genre ; il possède plus de deux cents porcelaines égyptiennes d’un travail admirable. Ils excellaient surtout dans l’art difficile d’imiter les pierres précieuses et de dorer le verre.
- Ils savaient aussi, comme les Ethiopiens , fabriquer des sarcophages en verre; en effet, Suétone et Strabon racontent que , lors de son voyage en Égypte , Auguste se fit présenter le corps d’Alexandre le Grand , renfermé dans une châsse en verre , où Sé-leucus Eubiosactes l’avait placé , après l’avoir fait extraire d’un coffre en or où il avait été précédemment déposé. Enfin, sous l’empire romain, ce furent encore les Égyptiens qui poussèrent le plus haut l’art de la verrerie.
- Les Grecs, par leurs nombreuses relations commerciales, politiques et militaires avec tous les peuples de l’Asie et de l’Afrique, ne durent pas rester longtemps en arrière du mouvement général industriel de cette époque ; on trouve cependant fort peu de documents précis sur l’état de cette industrie dans leur pays. On cite, comme preuve de leur habileté, la construction de la fameuse sphère d’Archimède, dont Claudien a fait l’éloge dans une fort jolie épigramme. Enfin n’oublions pas que ce sont eux qui, à la suite des bouleversements qui amenèrent la chute de l’empire romain, conservèrent les traditions et les plus beaux secrets de l’art de la verrerie ; c’est encore de l’empire d’Orient que l’Europe occidentale tira beaucoup plus tard ses plus habiles artistes, ses peintres-verriers les plus adroits.
- En résumé, nous voyons qu’avant l’ère chrétienne on savait déjà imiter les pierres précieuses, donner au verre sa forme et son éclat, le tailler par conséquent, l’étendre en couches fort minces à la surface de différentes substances, telles que la terre cuite ou les métaux, ou bien le couler en masses énormes, pour en faire soit des plaques à sarcophages, soit des colonnes de 6 coudées, soit des bas-reliefs et même des statues. Peut-être objectera-t-on , comme nous l’avons déjà dit, que ces colonnes , au lieu d’être faites d’une seule pièce, pouvaient bien n’être que recouvertes de petites mosaïques de verre, ce qui, loin d’en diminuer l’éclat, n’aurait fait, au contraire, qu’en multiplier les feux et doubler l’illusion. Nous répondrons à cela que, lors même que la chose se fût ainsi pratiquée pour ce cas particulier, il nous semble bien difficile d’admettre qu’il en fut de même pour la fameuse statue d’Apollon et les différente bas-reliefs dont l’histoire nous a conservé le souvenir. Vous figurez-vous le nez d’Apollon construit de vingt pièces différentes; l’effet en eût été, certes, fort peu gracieux.
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- Nous avons vu aussi que les Égyptiens savaient dorer sur verre et ornaient le pied de leurs statues de petits miroirs ; enfin l’imitation des pierres précieuses implique nécessairement la connaissance des divers procédés à l’aide desquels on obtient les verres colorés dans leur masse.
- Démontrons maintenant, en passant à l’étude de la verrerie chez les Romains, que là ne s’arrêtent pas les divers progrès réalisés successivement par cette industrie, et qu’elle doit beaucoup plus à l’antiquité qu’aux peuples modernes, dont le travail fut plutôt le perfectionnement que l’invention.
- En consultant les différents auteurs qui ont écrit sur le sujet qui nous occupe, Pline, Tacite, Achille Tatius, Levieil, Batissier, etc., etc., il est facile de se convaincre que les Romains ne connurent pas l’art de la verrerie avant leurs conquêtes en Asie, à peu près vers l’époque de Cicéron; ceci nous reporte au commencement de l’empire. Vers ce temps, en effet, une foule d’ouvriers de toute espèce et de toutes industries afflua subitement à Rome , venant les uns de l’Egypte, les autres de la Grèce, apportant avec eux les secrets des arts luxueux peu connus des Romains de la république. Il est très-probable que de leur arrivée date l’établissement des premiers verriers romains, qui, au rapport de Rosinus et de Martial, s’élevèrent dans le voisinage du cirque flaminien et du mont Cœlius, auprès du quartier occupé par les charpentiers.
- A partir de ce moment, cette industrie prit une extension fort considérable. Auguste et ses successeurs, mais surtout Néron, Adrien, Héliogabale, Constantin et Constant, l’encouragèrent de tout leur pouvoir. Néron, principalement, grand amateur du luxe, poussa l’amour des objets de verre à un tel point, qu’il payait, nous dit Pline, des vases de médiocre grandeur jusqu’à 6,000 sesterces; ces coupes devaient être bien belles, si nous en jugeons par le prix qu’il y attachait, et surtout par les quelques rares échantillons que l’injure du temps a fort heureusement respectés.
- Alexandre Sévère, au contraire, ennemi juré du luxe, frappa la verrerie d’un impôt somptuaire élevé, tandis que nous trouvons, dans le Xe livre du code de Justinien, que l’empereur Constantin exempta les ouvriers et artistes verriers de toute espèce d’impôt; exemple suivi plus tard par les rois de France, qui eurent cet art tellement en honneur, que des chartes établissent, comme nous le verrons bientôt, que tout individu, noble de naissance, pouvait travailler le verre, sans pour cela déroger. Cette industrie fit bien vite de rapides progrès dans ce pays, et déjà, du temps de Sénèque, on soufflait parfaitement le verre, et il n’y avait pas d’homme riche qui n’eût les plafonds de sa maison tapissés de cette substance.
- Ce fut à l’amphithéâtre de Scaurus que l’on fit, pour la première fois, usage du verre sur une très-grande échelle et comme décoration monumentale. Pline nous apprend, en effet, que ce théâtre, décoré de trois cent soixante colonnes, était formé par trois étages superposés, dont le premier était formé d’un revêtement de marbre , le second de grandes plaques ou colonnes de verre colorées , et le troisième d’une boiserie dorée, les colonnes du premier étage avaient 38 pieds de haut ; trois mille statues de bronze mettaient le comble à la magnificence de cet édifice , dont les vastes flancs pouvaient contenir quatre-vingt mille spectateurs. Si nous voulions suivre pas à pas la marche de cette industrie, nous pourrions démontrer facilement qu’il n’est aucune branche de
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- l’art du verrier qui ne fût connue des Romains; ils doraient le verre, le filaient, en faisaient des tresses, et, au moyen de ces tresses, des mosaïques d’un effet ravissant. Ils savaient fabriquer des coupes opaques rouges ; c’est ce que Pline appelle hematinum. Enfin Buonarotti pense que les vases appelés alassonti, dont il est question dans la lettre d’Adrien , étaient ainsi nommés, parce qu’ils possédaient la singulière propriété de présenter des couleurs et des reflets différents, suivant l’angle sous lequel on les examinait.
- Pour terminer ce qui a rapport aux Romains, nous nous contenterons de donner la description de la fameuse coupe du célèbre Glaucus de Scio, et d’indiquer leurs procédés de dorure ; cela nous donnera une idée de la perfection à laquelle ils étaient parvenus. Cette coupe, consacrée aux libations de Bacchus, était en verre ciselé, taillé au rouet; une treille, qui semblait avoir pris naissance dans le fond, s’élevait, en serpentant, jusqu’aux bords du vase, qu’elle couronnait de ses feuillages ; les pampres étaient entremêlés de grappes qui paraissaient vertes lorsque la coupe était vide et mûres lorsqu’on la remplissait de vin.
- Le moine Théophile raconte que les couleurs employées par les Romains, pour la peinture sur verre, étaient puisées dans des verres peints, réduits en poudre. La peinture était exécutée par les mêmes procédés employés pour les vitraux. Souvent, ajoute-t-il, sur des feuilles d’or, que fixaient d’abord quelques gouttes de gomme, l’artiste traçait des fleurs, des feuillages, des figures humaines, ou bien enfin quelque inscription avec un poinçon qui découvrait le fond transparent du cristal; il indiquait également à la pointe sèche, par des hachures légères, les ombres et les modelés; puis, soit que cette image fût destinée à faire partie de la surface ou dût être renfermée dans le pied du vase , on la saupoudrait d’une légère couche de verre pilé, lequel, une fois fondu dans un fourneau, formait sur cette dorure un vernis ineffaçable, ou bien on soudait au fond et au pied du vase, au moyen d’un feu très-violent, la lame épaisse de verre sur laquelle reposait le dessin.
- Nous ajouterons que, dans ces derniers temps, on a découvert un très-grand nombre de petites mosaïques en verre représentant soit des arabesques, soit des oiseaux ou des fleurs sur fond bleu céleste ou rouge, formées par la juxtaposition et l’union, au moyen du feu, d’un nombre infini de petits fils de verre ; que , de plus, la fameuse coupe dite de Portland, conservée autrefois dans le palais Barberini, à Rome , et actuellement à Londres, peut être considérée comme le plus beau morceau de verrerie que nous ait légué l’antiquité , et donner une idée de la perfection extraordinaire que cet art avait atteinte déjà sous l’empire romain.
- Dès que les Romains purent manier le verre à leur fantaisie, le travailler selon leur désir, cette substance devint d’un usage universel; le riche et le pauvre purent jouir, à loisir, des avantages attachés à son emploi. Mais hâtons-nous de le dire, cependant, le verre, dans les premiers siècles de l’ère chrétienne, servit presque exclusivement à orner les palais des empereurs ou des riches patriciens; il acquit même une telle vogue, si je puis m’exprimer ainsi, qu’il devint de mode de couvrir de plaques de verre coloré les plafonds, les murailles, et jusqu’aux parquets même des appartements. De là Tome Ier. — 53e année. 2e série. — Novembre 1854. 88
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- à la création de mosaïques plus compliquées il n’y a qu’un pas ; de plus, comme il est aujourd’hui prouvé que les Romains se servaient, du moins du temps de l’empire, de véritables vitres pour clore leur fenêtres, il est facile de comprendre comment on arriva graduellement à remplacer les vitres de verre blanc par des vitres colorées, les vitres d’une seule pièce par de véritables mosaïques translucides, et ainsi fut créée l’enfance de la verrière, ce que l’on explique facilement en réfléchissant qu’il a dû venir assez rapidement à l’idée de quelque artiste de rompre la monotonie des fenêtres ordinaires, en associant, avec plus ou moins de bonheur, selon son goût, les couleurs variées qu’il avait à sa disposition.
- Quoi qu’il en soit, on est forcé de reconnaître qu’aucun auteur, avant la fin du IIIe siècle, ne parle en termes très-explicites des fenêtres vitrées. Le premier auteur qui fasse allusion à l’usage des vitres est Sénèque; il dit que c’est de son temps que l’on a commencé à se servir de pièces de verre, specularia, qui livraient passage à une lumière brillante. Du reste, les recherches de Winckelmann, les écrits de Gell et de Mazeis, l’un des érudits modernes les plus estimés, basés sur des découvertes faites à Herculanum et à Pompéi, prouvent suffisamment que, déjà du temps où ces villes furent ensevelies, l’usage des vitres était universellement répandu à Rome; ces auteurs en indiquent même la largeur et les dimensions habituelles.
- Mais laissons de côté le verre et l’histoire de son industrie en général pour nous occuper actuellement d’une façon toute spéciale de la peinture sur verre et de son application à la décoration des édifices religieux.
- À partir du ive siècle, il est souvent question des vitraux dans les auteurs grecs et latins, tels que saint Jean Chrysostôme , saint Jérôme, Lactance , etc. Prudence parle des vitraux dont était ornée la basilique de Saint-Paul, hors les murs, à Rome. « La magnificence de ce temple, dit-il, est toute royale, le prince pieux qui l’a consacré en a fait peindre les voûtes à grands frais, et l’a revêtu de lambris dorés afin que la lumière du jour répétât les feux de l’aurore. Dans les fenêtres cintrées se déploient des vitraux de diverses couleurs. Une inscription placée à Sain te-Agnès apprend que cette basilique, rebâtie par l’empereur Honorius, était décorée de vitraux qui produisaient le plus magnifique effet. » ( Voyez Hist. byzant. de Ducange, t. II, p. 39. ) Au VIe siècle, Sainte-Sophie de Constantinople reçut également des verres de couleur. Paul le silentiaire et Procope parlent avec admiration de leur éclat.
- De F Italie et de l’empire d’Orient, l’usage des vitres colorées se répandit bientôt dans les Gaules; en effet, dès le ve siècle, les historiens nous montrent les fenêtres des basiliques chrétiennes garnies de vitres colorées. Grégoire de Tours nous apprend qu’en 521 les soldats de Théodoric pénétrèrent dans l’église de Sainte-Julie de Brioude par une fenêtre dont ils brisèrent le vitrage. Saint Fortunat, évêque de Poitiers et contemporain de Grégoire de Tours, vante aussi, dans ses poésies, l’éclat des verrières colorées; il admire l’effet que produisait sur les murs et les voûtes de Notre-Dame de Paris, construite par Childebert, la lumière décomposée par les vitraux aux premières approches de l’aurore.
- Jusqu’à l’abbé Didier, on employa des châssis en pierre, marbre, plâtre ou bois,
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- pour relier entre elles les diverses pièces du vitrail; ce dernier eut le premier l’heureuse idée de leur substituer des armatures de fer et des châssis de plomb, et cette innovation fut appliquée pour la première fois aux fameuses verrières dont ce prêtre artiste décora le sanctuaire, la façade et la nef de l’église de l’abbaye du Mont-Cassin.
- Dans les premiers siècles de l’Eglise, l’art des verrières consistait uniquement dans l’association plus ou moins artistique, plus ou moins savante de morceaux de verre colorés dans la masse. Une verrière d’alors était une véritable mosaïque; mais l’esprit de progrès renfermé dans le cœur de chaque artiste fit bientôt naître l’idée de raccorder par quelques traits les combinaisons de verres colorés que le fer et le plomb n’indiquaient pas suffisamment; ces traits, peints sans doute dans l’origine avec un mordant quelconque, durent passer promptement dans la fabrication des morceaux eux-mêmes; arrivée à ce point, la peinture sur verre proprement dite était trouvée. Quoi qu’il en soit, il n’existe pas actuellement de traces positives de figures peintes sur les vitraux des églises avant la moitié du xe siècle : cela tient probablement à ce que les verrières plus anciennes auront été brisées; car il est impossible d’admettre, lorsque l’on examine l’état de perfection extrême auquel cet art était parvenu dès le xne siècle, que sa pratique ne fût pas déjà, depuis fort longtemps, en grand honneur dans notre pays. Cette opinion, du reste, ne nous est pas personnelle ; nous sommes heureux de nous rencontrer sur ce terrain avec des hommes aussi marquants et aussi compétents que MM. Emeric David, Batissier, Lasteyrie, etc., etc.
- L’historien de Sainte-Bénigne de Dijon, qui écrivait vers l’an 1052 ( dit M. Ferdinand de Lasteyrie dans son histoire de la peinture sur verre), assure que de son temps il existait encore, dans un monastère, un très-ancien vitrail représentant sainte Pas-chasie. L’église de Sainte-Bénigne fut réparée en 816 environ et vers l’an 1001 ou 1002; par conséquent, il est probable que ce vitrail remonte aux premières années du Xe siècle, et le talent remarquable avec lequel il était exécuté prouve amplement que les peintres-verriers n’en étaient pas, à cette époque, à leurs débuts. Malgré toutes ces suppositions plus ou moins fondées, il n’en reste pas moins avéré que les seules verrières existant aujourd’hui et ayant une date certaine ne sont pas antérieures au xiie siècle.
- Dans le premier âge de l’art, les vitraux se composaient 1° de verres ou teints ou incolores qui faisaient, pour ainsi dire, le fond du tableau; 2° de couleurs appliquées au pinceau et cuites au moufle. ( Félibien pense que, primitivement, on peignait les verres avec des couleurs détrempées à la colle, ce qui pourrait bien être vrai, car on vient de découvrir, à la sainte Chapelle, des verres peints de cette manière. )
- Ces couleurs servaient à marquer les ombres, les plis des draperies, à modeler les chaires, à dessiner les ornements, à donner, en un mot, une imitation plus ou moins juste de la nature; elles consistaient en un trait dont le renflement, placé avec intelligence, donne un relief suffisant ; la composition des verrières de cette époque est toujours claire, car l’artiste s’adressait à la foule ignorante, qui y lisait comme dans un livre. C’était, du reste, le seul moyen que le peuple eût alors d’apprendre»l’histoire de l’Ancien et du Nouveau Testament, et d’étudier le dogme religieux ; car au moyen
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- âge, en effet, les catéchistes expliquaient les légendes des verrières comme aujourd’hui le clergé fait apprendre le catéchisme.
- Les couleurs appliquées de cette manière sont presque toujours des gris, des bruns ou des noirs sans éclat, tandis que les verres teints dans la masse en rouge, en jaune, en vert, en bleu ou en violet sont, au contraire, d’un ton magnifique. Les peintres du xne siècle n’employaient, comme on le voit, que des verres rehaussés de couleurs primitives et repoussaient ces couleurs pâles et composées qui ne produisent que des effets criards. Pour donner plus de solidité aux couleurs qu’ils voulaient avoir, ils repassaient au four leurs verres teints et obtenaient ainsi des verres dépolis légèrement sur une de leurs faces. A la suite de cette opération, les verres, au lieu d’être plans, unis et réguliers comme ceux que l’on emploie généralement aujourd’hui, étaient ondulés, inégaux en épaisseur, ce qui les rendait moins diaphanes, renforçait les teintes et contribuait puissamment à l’harmonie générale. Il est même très-probable, comme nous avons pu nous en convaincre par l’examen direct de morceaux de verre provenant des vitraux de Saint-Denis, que déjà, à cette époque, les peintres-verriers n’obtenaient pas la teinte qu’ils désiraient employer, d’une seule fois, et qu’ils usaient largement d’un stratagème analogue à celui des verres doublés, car nous avons observé, dans les verres en question, de véritables couches superposées de nuances très-différentes et concourant toutes à un même but, c’est-à-dire à la formation d’une teinte unique bien plus belle que si elle eût été obtenue directement. Tous ces détails, d’une importance extrême, ont été admirablement compris et mis en pratique par un des peintres-verriers les plus distingués de notre époque, M. Gérente. Cet artiste, en effet, tant dans la restauration des vitraux de Saint-Denis que dans l’immense verrière qu’il compose pour la cathédrale d’Amiens, est arrivé à une imitation tellement parfaite des vitraux du moyen âge, qu’il n’est plus permis à personne de croire au fameux secret des anciens.
- C’est vers la fin du xne siècle que la peinture sur verre, appliquée à la décoration des édifices religieux, acquit peut-être son plus haut degré de perfection. Sauf quelques rares exceptions, les grandes figures y sont à peu près inconnues ; un vitrail de cette époque est une véritable mosaïque transparente, tout y est sacrifié à l’harmonie, et l’effet général passe en première ligne. C’est dans ces verrières que l’on voit des chevaux jaunes, verts, rouges, suivant les nécessités de la loi du contraste des couleurs si bien formulée par M. Chevreul; c’est là surtout que cette vérité, la peinture sur verre, est un art essentiellement monumental, brille dans tout son éclat. Malgré tout ce que de pareils contre-sens (chevaux verts, rouges, jaunes, etc.) peuvent avoir de choquant pour l’esprit, avec quel plaisir, je dirai même plus, avec quelle profonde admiration ne contemple-t-on pas encore aujourd’hui les précieux vitraux de cette époque. Les verrières du xne siècle n’offrent qu’un assemblage de petites pièces de verre agencées dans des tiges de plomb creusées au rabot, qui ont définitivement remplacé les autres moyens de réunion; ces plombs dessinent les principaux motifs de la peinture, tandis que l’ensemble de la verrière est solidifiée ptar une armature générale en fer.
- A cette époque, la peinture sur verre n’était pas, comme elle le devint plus tard et
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- comme elle l’est aujourd’hui, une œuvre à part; l’architecte de l’édifice déterminait non-seulement la forme générale du vitrail, mais il en traçait encore les divisions qui formaient elles-mêmes une décoration résultant d’une série de dessins géométriques dont la grâce n’est pas moins remarquable à l’extérieur qu’à l’intérieur, et qui se rattachent ainsi à l’ensemble tout en contribuant à la solidité du vitrail.
- Les vitraux du xii® siècle sont très-faciles à reconnaître; la partie supérieure du panneau se termine en ogive, quelquefois en plein cintre. Les compositions empruntées à l’Ancien et au Nouveau Testament sont comprises dans des cartouches circulaires, elliptiques ou de trois à quatre tubes disposés en sautoir ; elles se détachent sur un fond mosaïque réticulé où domine toujours le bleu avec des baguettes rouges, et plus rarement sur un fond rouge avec des baguettes bleues. Les angles du réseau présentent des fleurons ou petites rosaces ; le panneau est encadré dans une bordure qui est souvent perlée ou offre des entrelacs ou des combinaisons de rinceaux dans le goût byzantin. Ces arabesques sont, en général, très-élégantes; pour chaque couleur, il y a une tablette de verre, ce qui fait que chaque panneau se compose d’une grande quantité de pièces de rapport. Les figures sont d’un dessin roide, incorrect; la légende commence toujours par le bas et se développe de droite à gauche en montant. ( Batis-sier. — Histoire de la peinture sur verre. )
- Quant au manuel opératoire proprement dit de la peinture sur verre, voici en quoi il consistait à celte époque : le passage qui va suivre est emprunté à un livre très-curieux et généralement peu connu; les préceptes qu’il renferme sont d’autant plus précieux pour l’histoire de l’art, qu’ils ont été écrits vers le xne siècle environ par un moinetrès-savant nommé Théophile. Pour faciliter l’intelligence de ce paragraphe, nous transcrirons seulement l’excellente et littérale traduction qu’en a. donnée M. Ch. de l’Escalopier, renvoyant ceux de nos lecteurs qui désireraient comparer le texte, à l’ouvrage original. Voici comment s’exprime Théophile :
- « Lorsque vous voudrez composer des fenêtres de verre, d’abord faites une table de bois unie, assez longue et assez large pour que vous puissiez y travailler deux panneaux de chaque fenêtre; prenant de la craie et la raclant avec un couteau par toute la table, aspergez d’eau partout et frottez partout avec un linge. Quand cela sera sec, prenez mesure de la longueur et de la largeur du panneau de la fenêtre, marquez-la sur la table à la règle et au compas, avec du plomb ou de l’étain. Si vous voulez y faire un bord, tracez-le avec la largeur et l’ornement que vous jugerez convenables. Cela fait, tracez les images en aussi grand nombre que vous voudrez, d’abord avec du plomb ou de l’étain, ensuite avec de la couleur rouge ou de la noire, faisant tous les traits avec soin; car il faudra, lorsque vous aurez peint le verre, faire rencontrer les ombres et la lumière selon le plan de la table. Disposant les différentes draperies, marquez la couleur de chacune à sa place, et toute autre chose que vous vous proposerez de peindre, indiquez-en la couleur par une lettre. Après cela, prenant un petit vase de plomb et y mettant de la craie broyée dans de l’eau, faites-vous deux ou trois pinceaux de poil, savoir de queue de martre ou de vair, ou d’écureuil, ou de chat, ou de crinière d’âne; prenez un morceau de verre de l’espèce que vous voudrez, plus grand partout
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- que l’espace qu’il doit occuper, le plaçant à plat sur cet espace. Alors, comme vous verrez les traits sur la table à travers le verre, tracez-y ainsi avec de la craie les traits extérieurs seulement, et si le verre est épais au point que vous ne puissiez apercevoir à travers les traits qui sont sur la table, prenant du verre blanc, traeez-les dessus; quand il sera sec, appliquez le verre épais contre le blanc, et, élevant à la lumière, calquez-les comme vous les verrez. Vous marquerez de même tous les genres de verre soit pour les figures, soit pour les draperies, les mains, les pieds, la bordure ou tout ce que vous voudrez colorier. »
- Cela fait, il s’agissait de découper tous ces morceaux de verre. Voici comment Théophile nous apprend que l’on pratiquait cette opération de son temps : « Vous ferez chauffer au foyer le fer à couper (on ne se servait du diamant que vers le xvi® siècle) : il devra être mince partout, mais plus gros au bout. Quand il sera rouge, appliquez-en le gros bout sur le verre que vous voudrez diviser, et bientôt apparaîtra un commencement de fêlure. Si le verre résiste, humectez-le de salive avec votre doigt à l’endroit où vous aviez placé le fer; il se fendra aussitôt. Selon que vous voudrez couper, promenez le fer, et la fissure suivra. Toutes les parties ainsi divisées, prenez le grésoir ( ou égrisoir ) : ce fer sera de la longueur d’une palme et recourbé à chaque tête; avec lui vous égaliserez et joindrez tous les morceaux, chacun à sa place. Ces choses étant ainsi disposées, prenez la couleur avec laquelle vous devez peindre le verre : elle se compose de la manière suivante : prenez du cuivre mince battu, brûlez-le dans un petit vase de fer, jusqu’à ce qu’il soit réduit en poudre, puis des parcelles de verre vert et de saphir grec, broyées l’une après l’autre entre deux pierres de porphyre; mêlez ces trois choses ensemble de façon que le cuivre soit à la dose d’un tiers, le vert d’un tiers et le saphir d’un tiers. Vous broierez le tout soigneusement sur la même pierre avec du vin ou de l’urine, et mettant dans un vase de fer ou de plomb, peignez le verre en suivant scrupuleusement les traits qui sont sur la table. Si vous voulez faire des lettres sur le verre, vous couvrirez les morceaux entièrement de couleur et vous écrirez avec la queue du pinceau. »
- Dans le chapitre suivant, intitulé Des trois couleurs pour les lumières dans le verre, le moine Théophile indique la manière d’obtenir des ombres graduées au moyen d’une seule couleur, suivant l’épaisseur de la couche employée ; puis il donne d’excellents conseils sur l’ornement de la peinture sur verre, et termine par la description du procédé de cuisson en usage de son temps; il va même jusqu’à indiquer la manière de construire les fourneaux et les moules en bois ou en fer pour fondre, cuire et travailler le verre. Nous ne le suivrons pas dans cette description, cela nous entraînerait beaucoup trop loin.
- Les verrières du xne siècle sont devenues très-rares, il n’en reste que bien peu en France, surtout de parfaitement authentiques; les principales sont : quatre fenêtres de la cathédrale d’Angers, de 1125 environ; deux fenêtres de l’abbaye de Saint-Denis (1140), exécutées par les ordres de l’abbé Suger; quelques verrières d’ornements d’un type byzantin bien caractérisé, la Vierge de Vendôme ( 1180); on en retrouve encore dans l’église de Saint-Père, à Chartres, et peut-être à l’abside de la cathédrale
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- de Bourges, dans le chœur de celle de Lyon, mais l’authenticité de ces dernières n’est pas bien démontrée.
- Dans la plus grande partie des vitraux du xme siècle, dit M. Bontemps, l’art semble continuer, à peu de chose près, l’inspiration qui a guidé les artistes du xne. Ce qui caractérise le plus particulièrement les vitraux de ces deux époques, c’est l’harmonie qui existe entre eux et l’ensemble de l’édifice; à quelque distance que vous les considériez, vous êtes frappés d’admiration par l’élégance de la forme et le prestige de la couleur. Si vous vous approchez, vous découvrez de nouvelles beautés dans ces bordures de dessins si gracieux et si variés et dans les riches mosaïques qui forment le fond du tableau.
- La disposition des verrières légendaires à cartouche sur un fond réticulé à bordure en lacis, avec enroulement de feuillage, resta la même qu’au siècle précédent. Ce genre de verrière occupe de préférence les fenêtres des bas côtés et de l’abside, tandis que pour la grande nef, qui a besoin de laisser passer plus de jour, les artistes commencent à peindre, sur les vitraux, des figures tantôt de proportions ordinaires, tantôt gigantesques et colossales : elles représentent des saints, des prophètes et des patriarches. N’allez pas y chercher de la perspective et des raccourcis, il n’y en a pas; ces figures sont longues, roides, graves et drapées à plis serrés à la manière byzantine. En général, on trouve dans ces grandes figures le même agencement, le même goût que chez celles qui sont peintes ou sculptées dans les monuments du xme siècle. Les ferrures commencent à jouer dans l’ornementation un rôle si important, qu’il est présumable qu’elles étaient exécutées sur les dessins des architectes, et que les peintres-verriers n’avaient plus qu’à remplir suivant des données évidemment traditionnelles.
- Les cartons des artistes du xmc siècle offrent une variété infinie de sujets, et, malgré cela, la composition est d’une extrême simplicité, elle a beaucoup d’analogie avec les documents numismatiques; il semble même, comme le fait très-bien observer M. Laini de Nozan, que ce fut là le premier principe du travail des artistes verriers. Tout est rudimentaire dans les accessoires ; un temple ne se compose que d’un fronton et de quelques colonnes, une église s’explique par une porte et un clocher, un arbre par-une simple branche avec quelques fleurs, une rivière par une bande ondulée. L’artiste veut-il indiquer une forteresse, il se contente de créneler un pan de muraille. Les figures sont, en général, sur un plan unique tout à fait en dehors de la perspective linéaire et aérienne; la composition des sujets mystiques est tout allégorique, et leur explication quelquefois tout à fait impossible.
- Autant nous sommes pauvres en verrières du xne siècle, autant, au contraire, les vitraux du xiii® abondent dans nos cathédrales. Pour 11e citer que les plus remarquables, nous dirons que, dernièrement, M. Langlois a donné la description de huit anciennes verrières existant à la cathédrale de Rouen : elles représentent la vie de saint Séver, de saint Julien le Pauvre, du patriarche Joseph, des scènes de la Passion et des légendes des saints. Il existe encore des verrières authentiques du xiii6 siècle à Sainte-Radé-gonde de Poitiers, à la cathédrale de Bourges; celle de Tours en compte quinze remarquables, celle d’Angers seize. Les verrières de la sainte Chapelle sont de cette époque;
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- les neuf fenêtres de la nef et du sanctuaire de la cathédrale de Reims, Saint-Victor et Saint-Maurice de Strasbourg, les grisailles de la cathédrale de Laon et de Troyes sont aussi du xme siècle. Mais ce qu’il nous en reste de plus remarquable, ce sont, sans contredit, les trois immenses rosaces de Notre-Dame de Paris et les cent quarante -six fenêtres de la cathédrale de Chartres; ces dernières renferment seize cent cinquante-neuf sujets, parmi lesquels on remarque vingt-huit corps de métiers, des figures historiques et des scènes tirées de l’Ancien et du Nouveau Testament. L’effet de ces verrières est magnifique ; lorsque les rayons du soleil viennent à traverser ces harmonieuses mosaïques, on se croirait transporté dans un des fantastiques palais des mille et une nuits. Nous ne taririons pas si nous nous laissions aller à détailler à combien de titres ces vitraux du xme siècle nous charment par leur harmonie riche et calme à la fois, par la science et le sentiment essentiel naïf et religieux de leur composition. Pour nous, nous n’hésitons pas à proclamer que, depuis la fin du xme siècle, l’art des vitraux, et non pas la peinture sur verre proprement dite, n’a fait que décroître jusqu'au xvi6 siècle, tandis que la peinture sur verre, au contraire, a suivi une marche ascendante jusqu’à nos jours, où la manufacture de Sèvres l’a portée à son plus haut degré de perfection.
- Au xive siècle, l’artiste commence à se préoccuper moins de l’ensemble du vitrail ; le verre et la pierre ne forment plus un tout harmonieux, la peinture sur verre ne dépend plus autant de l’architecte, peut-être parce que celui-ci ne sent plus la même puissance en lui. Le peintre verrier cherche une imitation plus parfaite de la nature; il n’a pas encore la prétention de représenter sur un vitrail toute une scène en grandes figures avec les lois de la perspective, mais il compose de grandes figures isolées d’un beau dessin, dont le modelé est plus finement accusé par les ombres. Ce siècle est une époque de transition où l’architecte conserve encore une partie de la sévérité grandiose qui caractérisait le siècle précédent, mais l’anarchie a commencé : l’architecte, n’étant plus doué de la même supériorité, n’imprime plus sa seule volonté ; vienne le xve siècle, et cet architecte ne sera plus qu’un constructeur composant, pour le sculpteur, l’élément de ces charmantes dentelles de pierres, et pour le peintre-verrier les cadres où ce dernier tracera des peintures d’un fini délicieux, mais sans effet à distance. Dans ces verrières, on ne peut méconnaître le talent du peintre au point de vue de l’exécution ; mais le fini des détails , la beauté des formes l’emportent de beaucoup sur l’expression du drame. Les verrières du xive siècle ont un tout autre aspect que celles du siècle précédent ; les meneaux qui divisent les fenêtres en deux ou trois travées favorisent davantage l’emploi des grandes figures d’apôtres, de prophètes, de saints, soit debout, soit assis sous des dais simulacres d’architecture énormément élevés et divisés même en plusieurs étages ; on en trouve de tellement développés, qu’ils forment, en hauteur, le double de la figure dont ils sont le couronnement. Des bordures à larges rinceaux de couleurs variées viennent encadrer le tout.
- Le développement de la peinture sur verre est arrivé, au xive siècle, à son plus haut point ; non-seulement il n’existait pas une seule fenêtre de chapelle qui ne fût remplie par des verrières, mais les palais, les châteaux et même les maisons des riches bour-
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- geois étaient ornés de vitraux représentant les portraits de leurs aïeux, le leur et les armoiries de la famille. Ainsi le Louvre et les autres châteaux royaux possédaient de fort beaux vitraux peints dans ce style. Enfin ce goût devint si général et si dominant, que les rois de France, cédant à l’impulsion générale et imitant en cela l’empereur Justinien, accordèrent leur protection toute spéciale et des privilèges très-considérables à tous les peintres-verriers. La pratique de cet art était considérée comme une noble profession, et tout individu blasonné pouvait l’exercer sans déroger de sa noblesse. Charles V et Charles VII, par lettres patentes octroyées aux peintres-verriers, les déclarent francs, quittes et exempts de toutes tailles, aides et subsides, garde de porte, guet, arrière-guet et autres subventions quelconques, etc.
- Parmi les vitraux de cette époque, nous citerons ceux de l’église Saint-Thomas, à Strasbourg, et les figures de saint Yalère et saint Maxime, à Limoges; la rose de Saint-Nazaire, à Carcassonne; les grandes figures de la chapelle de Saint-Piat, à la cathédrale de Chartres. Enfin la cathédrale de Strasbourg renferme, elle aussi, de remarquables vitraux du xrv® siècle : ils sont dus à Jean de Kircheim, qui vivait vers l’an 1348. Dans la foule de sujets religieux que représentent ces peintures, on remarque surtout avec intérêt plusieurs portraits de dimensions plus fortes que nature, disposés dans les six fenêtres qui regardent depuis la chapelle Saint-Laurent jusqu’au bas côté septentrional. Ce sont des rois et des empereurs qui, la plupart, ont été les bienfaiteurs de cette cathédrale....
- Au xve siècle, la peinture sur verre s’éloigne de plus en plus de la ligne tracée par les artistes du xne et du xme ; c’est à partir de cette époque que les vitraux ont complètement cessé de faire partie intégrante de la décoration générale des monuments religieux. Ce ne sont plus, à proprement parler, des verrières, mais bien de véritables tableaux peints sur verre, dans la conception et l’exécution desquels l’artiste verrier essaye de rivaliser avec la peinture à l’huile. Son œuvre, qui, la plupart du temps, est admirable de fini et de détail, demande, pour être appréciée à sa juste valeur, à être vue de près ; mais, placée à la distance à laquelle se trouvent habituellement les vitraux, elle perd la plus grande partie de son mérite : l’effet en est médiocre, malgré l’extrême talent que le peintre y a dépensé.
- Une telle révolution ne s’accomplit pas par le seul fait d’un revirement d’idées chez les artistes de cette époque; elle fut amenée par deux grandes découvertes dues aux progrès de l’alchimie : la première celle du jaune d’argent, la seconde l’art de fabriquer les verres doublés, c’est-à-dire des lames de verre colorées en rouge ou en toute autre couleur sur une de leurs faces et dans une minime portion de leur épaisseur, tandis que la face opposée conservait la coloration du verre ordinaire. ( Pour fabriquer le jaune d’argent, voici comment on procède : dans une capsule placée sur un bain de sable chaud, on met de l’argent vierge que l’on fait dissoudre dans de l’acide nitrique, puis on y ajoute de l’eau et de l’acide sulfurique. Il en résulte un précipité blanchâtre que Ton lave à plusieurs eaux. Quand on veut l’employer, on le mélange avec de l’ocre jaune, on broie le tout parfaitement et on applique ( à l’eau) à l’aide d’un pinceau sur la lame de verre qu’il s’agit de colorer. Quand la cuisson est terminée, on gratte Tome Ier. — 53e année. %e série. — Novembre 1854. 89
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- la surface du verre, et la poudre ocreuse qui tombe peut encore resservir au même usage. L’intensité de la coloration jaune, qui arrive même quelquefois jusqu’au rouge, varie en raison directe de la proportion d’argent introduite dans le mélange et de l’élévation de la température. ) On comprendra aisément tout ce que ces deux découvertes, faites à peu près à la même époque, durent apporter de facilité aux peintres-verriers dans l’exécution de leurs vitraux. S’agissait-il, en effet, de produire des dessins jaunes sur un fond rouge, bleu, vert, violet, etc., on enlevait à l’émeri la couche légère de couleur qui entrait dans la composition de ce verre doublé, et l’on avait à sa disposition un fond blanc sur lequel on appliquait soit du jaune d’argent, soit un émail d’or ou tout autre, selon le désir du peintre. On a pu, par ce moyen, obtenir une grande variété de tons juxtaposés. Mais c’est surtout dans le siècle suivant que cet art des enlevages, combiné avec l’application des couleurs d’émail, atteignit son plus haut degré de perfection, et nous verrons bientôt que, s’il permit à des artistes d’un immense talent de pouvoir étaler sur le verre toute la magnificence de leurs compositions, couvrir leurs personnages de manteaux étincelants de pierreries, exécuter enfin les tours de force de la peinture à l’huile, c’est à lui aussi que l’on doit, nous ne cesserons de le répéter, la décadence des vitraux considérés comme décoration monumentale.
- Au xve.siècle, le dessin des figures se perfectionne; les têtes se peignent sur verre incolore avec un ton légèrement roux; les personnages, couverts de riches vêtements à plis cassés, comme les faisaient alors les miniaturistes des manuscrits, se détachent sur des fonds de tapisserie, bientôt remplacés par des perspectives architecturales et des paysages.
- Les artistes de cette époque placent, en général, le sujet principal de leur composition vers la partie inférieure du vitrail, réservant la moitié supérieure, quelquefois les deux tiers de la hauteur sous les dais, les clochetons et autres accessoires. Le fond du tableau varie; tantôt il est uni ou damassé, tantôt il est rempli par des monuments, des paysages que l’artiste s’efforce de mettre en perspective ; de plus, très-souvent sur le premier plan, des bouquets de fleurs. Tels sont, à peu de chose près, les qualités et les défauts des verrières du xve siècle. Parmi les vitraux les plus remarquables de cette époque, nous citerons ceux de la cathédrale d’Evreux, de l’église de Walbourg (Bas-Rhin), de la chapelle souterraine de celle de Saint-Benoit, de Jacques-Cœur, de Saint-Loup, de Sainte-Claire, à la cathédrale de Bourges; les belles verrières de Saint-Gervais, à Paris, derrière le chœur ; celles de Saint-Severin, dans la nef, et celles de la sainte Chapelle de Riom; enfin les verrières des hautes voûtes de la cathédrale de Rouen, décorées, sur fond blanc, de figures colossales représentant des prophètes, des Apôtres, des prélats et des abbés vêtus de robes d’un bleu tendre. Mais les plus remarquables peut-être sont celles de Beauvais : elles ont joui d’une immense célébrité; elles sont l’ouvrage d’En-guerrand le Prince, un des peintres-verriers les plus remarquables qui aient jamais existé. Levieil nous raconte que cet artiste, ne reculant devant aucun sacrifice pour assurer la supériorité de ses verrières, envoyait aux plus habiles peintres d’Italie et d’Allemagne le dessin des compositions et ordonnances de la pierre, des vitraux qu’il
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- désirait peindre, afin qu’ils pussent mieux, dans les cartons qu’il leur demandait, en distribuer les figures et les ornements. La plupart des verrières d’Enguerrand le Prince ont été exécutées d’après les cartons de Jules Romain, de Raphaël et d’Albert Durer; c’est dire assez que tous ces ouvrages se recommandent autant par la vivacité des couleurs que par l’exécution du dessin, l’élévation du style et le charme de la composition.
- Dans la première moitié du xvie siècle, les peintres-verriers suivirent exactement les traditions de leurs devanciers, aussi les vitraux de cette époque ne diffèrent-ils en rien de ceux du xve; on y retrouve seulement un peu plus de finesse peut-être, et une tendance déjà prononcée à tout sacrifier à la ligne, au modelé, à remplacer la couleur par la grisaille ou pour le moins par des tons tendres et violacés; c’est la continuation du même système, c’est le triomphe de ce que l’on a nommé, en terme d’atelier, les ficelles du métier. La peinture sur verre devint un travail d’émailleur plutôt que de peintre véritable, tout le talent consiste dans le dessin, les enlevages et l’application des couleurs d’émail; aussi quelle perfection remarquable, quelle beauté infinie de détails, mais quel manque de réelle harmonie ! combien nous sommes éloignés de ces belles mosaïques du xn® siècle qui réjouissent l’œil, le reposent, le captivent, élèvent l’âme et plongent l’esprit dans de délicieuses rêveries! Ici, au contraire, l’esprit a besoin d’être tendu pour apprécier la valeur du vitrail, c’est qu’en effet tout dépend de l’exécution ; la conception, l’ensemble ne sont que secondaires, l’artiste devint une individualité exclusive. Les chairs s’exécutent à la brosse par une espèce de pointillé; les étoffes, les vêtements se couvrent des dessins les plus riches et les plus compliqués. Mais la découverte de l’imprimerie, d’une part, qui fait naître l’usage général des livres de prières, et demande, par conséquent, à ce que l’on puisse lire dans les églises, les guerres de religion, la réforme, d’une autre, augmentent insensiblement l’emploi des grisailles et préparent ainsi l’abandon des vitraux fortement et richement colorés. Aussi, à partir de la fin du xvie siècle, doit-on regarder la peinture sur verre comme un art entièrement perdu, et nous allons la voir décroître rapidement jusqu’à ce qu’une populace ignorante et jalouse vienne, dans son aveugle fureur, anéantir en quelques mois le travail de tant de siècles, les chefs-d’œuvre d’aussi grands génies. Quelques-uns heureusement ont échappé à l’injure des temps et des hommes, et la France possède encore d’assez beaux échantillons des verrières du xvie siècle ; les plus remarquables sont celles d’Auch ( de Jean de Molles,peintre-verrier d’un admirable talent), de l’église Saint-Hilaire de Chartres (exécutéespar Robert Pinaigrier, ainsi que celles de Saint-Gervais, à Paris), de Saint-Étienne du Mont (chefs-d’œuvre de Jean Cousin), de Beauvais, de Brou, de Clermont, de Metz, de Rouen, de Saint-Eustache, enfin les belles grisailles qui décoraient la salle des gardes dans le château d’Écouen ; elles représentaient les amours de Psyché ; Bernard Palissy, alors peintre-verrier, les avait exécutées d’après les cartons de Raphaël. Pour donner une idée de l’état de décadence dans lequel la peinture sur verre était tombée à cette époque, nous allons citer ici un passage très-curieux de Bernard Palissy, dans lequel cet auteur indique les motifs qui l’engagèrent à renoncer à la pratique de
- l’art du peintre-verrier.. « Il se détermina, dit-il, à la quitter (la peinture sur verre)
- pour faire des vaisseaux de faïence émaillée. L’art de verrier est noble, mais plusieurs
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- sont gentilshommes pour exercer ledit art, qui voudraient être roturiers, et avoir de quoi payer les subsides des primes, et vivent plus mécaniquement que les crocheteurs
- de Paris... Il vaut mieux qu’un homme ou un petit nombre d’hommes fassent leur
- profit de quelque art en vivant honnêtement, que non pas un grand nombre d’hommes, lesquels s’endommageront si fort les uns les autres qu’ils n’auront pas moyen de vivre. Il en est de même, ajoutait-il, des émailleurs de Limoges, dont l’art est devenu si vil qu’il leur est difficile d’y gagner leur vie au prix qu’ils donnent leurs œuvres si bien labourées et les émaux si bien fondus sur cuivre qu’il n’y avait peinture si plaisante. »
- Aux xviie et xvme siècles, la peinture sur verre était tombée si bas que les artistes de quelque mérite furent obligés, pour vivre, de quitter la France pour la Suisse, l’Angleterre et la Hollande, où ils étaient sûrs de trouver d’être employés à des travaux dignes d’eux et qui leur rapportassent honneur et profit; car ce n’est guère que dans ces pays, en Suisse surtout, que les traditions de la peinture sur verre seront conservées à cette époque de décadence, et on y exécutait encore, au xvne et même au xviii® siècle, de petits vitraux où l’on retrouve tout le mérite des grands vitraux du xve siècle, c’est-à-dire une grande finesse d’exécution jointe au charme produit par l’opposition de couleurs vives des verres teints dans la masse et de quelques couleurs d’application.
- Telle est l’histoire de la peinture sur verre pendant les siècles passés. La révolution française est venue lui donner le dernier coup, et, si elle a laissé parvenir jusqu’à nous les quelques chefs-d’œuvre dont nous avons parlé, cela tient uniquement à ce que le chimiste Darcet eut le bonheur de prouver à la Convention que, contrairement à l’opinion généralement répandue, les verres rouges ne renfermaient aucune parcelle d’or; sans cela, il est fort probable qu’aucune des magnifiques verrières qui font encore aujourd’hui l’admiration des artistes et des connaisseurs n’aurait échappé au vandalisme révolutionnaire.
- Dans les premières années du xixe siècle, des artistes anglais imaginèrent de peindre, au moyen d’émaux sur des verres blancs rectangulaires, encadrés dans des châssis en fer de même forme, des sujets de toute nature, et, comme la palette actuelle de l’émailleur est, grâce aux progrès de la chimie, d’une richesse extrême, ils obtinrent, par ce moyen, de magnifiques résultats; mais c’était là un véritable travail d’émailleur, c’était le xvie siècle exagéré; il était, de plus, impossible d’appliquer ces données à la restauration des verrières anciennes, aussi cette manière de faire fut-elle bientôt généralement abandonnée.
- De nos jours enfin, l’espèce d’engouement qui saisit tout à coup les différentes classes de la société pour tout ce qui touchait de près ou de loin au moyen âge, le soin tout particulier que l’on mit à restaurer les édifices de cette époque, firent renaître en France le goût des verrières. Aussitôt, peintres et fabricants, artistes et ouvriers, tous rivalisèrent de zèle pour sortir de l’oubli un art aussi séduisant. Parmi les nombreux artistes qui s’adonnèrent presque aussitôt à cette branche particulière de la peinture, et qui tentèrent les premiers peut-être de rendre aux verrières leur véritable caractère, et de ramener la peinture sur verre dans le sentier tracé par les peintres du moyen âge, nous citerons en première ligne MM. Gérente, Hesse et Galimard, Maréchal, Lari-
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- vière, etc. Le premier de ces artistes est, sans contredit, celui de tous les peintres-verriers modernes, qui a le mieux compris et le mieux exécuté la restauration des vitraux du moyen âge, et surtout du xir et du xme siècle, c’est-à-dire de la plus belle époque. La restauration des vitraux de Saint-Denis, la splendide verrière d’Amiens, celles qu’il a exécutées pour les cathédrales d’Angleterre, parlent assez haut par elles-mêmes pour qu’il soit inutile d’insister ici plus longuement en sa faveur. Quant à MM. Hesse et Galimard, au dernier surtout, l’art lui est redevable de nombreuses productions dans lesquelles brillent des qualités remarquables; nous citerons sa Reine des anges, qu’il a exposée, en 1836, au Louvre, ses vitraux pour l’église Saint-Laurent, ceux de l’oratoire de madame la marquise du Plessis-Bellion, différentes productions pour la Russie, et enfin les cartons de la nef de Sainte-Clotilde, etc. M. Hesse a le mérite d’avoir, un des premiers, mis la main à l’œuvre. C’est lui qui peignit les têtes des rois de France pour Rosny; il est aussi l’auteur des vitraux de la chapelle située derrière le chœur de l’église Sainte-Clotide : ces derniers vitraux, dont le fond rappelle le xiii®siècle, pèchent, selon nous, par un trop grand fini d’exécution dans les sujets des médaillons. Cette association de la manière de faire du xvie siècle sur un fond du xme choque un peu les idées archéologiques; hâtons-nous de dire cependant que, malgré ces petites remarques, ces vitraux ont aussi leur mérite ; il y a du sentiment dans les têtes, de la vérité dans les poses, etc.
- Pour ce qui est de M. Maréchal, ses verrières, selon nous, seraient parfaites, si cet artiste n’abusait pas un peu trop du rouge associé au jaune et à l’orangé; le résultat de cet assemblage, qui a du bon en ce qu’il donne du brillant, a l’inconvénient immense de blesser la vue et d’empêcher, par cela même, de pouvoir apprécier les autres qualités. D’autres fois les verrières de cet artiste pèchent par l’excès contraire; elles sont trop sombres. Malgré cela, cet artiste possède deux qualités immenses pour tout peintre-verrier; il compose bien et a une entente parfaite du style. Tous les détails de ses verrières sont en corrélation avec l’époque : ainsi celles qu’il a exécutées pour le chœur de Sainte-Clotilde sontpeut-être les seules jusqu’à présent qui sont réellement du xive siècle; les dais y sont parfaitement compris.
- Puisque nous parlons des vitraux de Sainte-Clotilde, nous ne pouvons nous empêcher de blâmer hautement les vitraux du transept. Il est impossible d’imaginer une association plus disgracieuse, plus criarde de tons, et nous engagerons fortement l’auteur de ces déplorables compositions à mieux étudier qu’il ne l’a fait jusqu’à présent la loi du contraste des couleurs de M. Chevreul, s’il veut approcher jamais de l’harmonie des anciens et ne pas brûler la vue de ses contemporains (ce que nous venons de dire ne s’applique nullement aux rosaces).
- Maintenant que l’histoire de la peinture sur verre est complètement terminée, nous allons exposer le plus brièvement possible les différentes opérations qui s’exécutent aujourd’hui depuis la composition des cartons par l’artiste jusqu’à la mise en plomb des verrières par l’ouvrier.
- La valeur des vitraux dépendant de deux choses, premièrement du mérite des cartons, secondement de la manière dont ils sont exécutés, il est très à regretter que cette
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- dernière opération soit le plus souvent confiée à des gens jaloux ou inhabiles; car, lorsqu’elle n’est pas conduite avec intelligence ou bonne foi, elle fait bien souvent perdre aux verrières le véritable cachet que leur avait imposé l’artiste.
- Les cartons sont des dessins exécutés sur papier collé ou sur toile; on les fait soit au crayon rouge, soit au crayon noir, souvent même à l’aquarelle. On doit, avant tout, indiquer sur ce papier la place des barres de fer qui forment l’armature de la fenêtre. Alors on commence à dessiner les figures ou les compositions, en ayant soin de ne point faire passer une barre de fer dans un endroit important d’un personnage; il faut que l’artiste soit assez habile pour faire oublier, pour dissimuler l’armature; il faut également savoir habiller les figures de façon à amener beaucoup de divisions, afin que les plombs qui entourent les verres puissent être cachés dans l’ombre des plis ou dans leurs contours. La gravité, la simplicité et Y immobilité doivent être le but constant de la peinture sur verre.
- Le carton doit être précis, d’un faire large et positif, rien de vaporeux; il ne faut jamais espérer que l’expression délicate d’une tête sera rendue fidèlement par l’exécutant, à moins que l’artiste n’exécute lui-même : on doit donc se reporter sur la grandeur, la majesté des gestes. Le carton doit toujours être exécuté de grandeur réelle; une fois terminé, on le livre au peintre-verrier. La tâche de l’artiste est terminée, celle de l’ouvrier commence.
- On calque ce carton sur papier végétal, afin de pouvoir couper les verres sans salir le dessin original, que l’on respecte toujours matériellement. Quand le carton a été dessiné et non exécuté à l’aquarelle, l’artiste donne au peintre-verrier une réduction de sa verrière où il marque les couleurs qu’il désire assigner aux draperies, aux têtes, etc. C’est d’après ces données que l’on assortit les verres de couleur teints dans la masse. 11 faut éviter généralement les tons très-foncés qui feraient trou dans le vitrail. Cela fait, on passe à la coupe du verre. Cette opération s’exécute aujourd’hui à l’aide du diamant; autrefois elle se faisait avec un fer chaud. Le verre une fois coupé, on en gruge les bords inégaux et coupants au moyen d’un instrument particulier que l’on nomme égrisoir. On place peu à peu les verres coupés sur le dessin calqué ; il faut avoir soin, dans l’opération précédente, de ménager sur le verre la place que doivent occuper les rebords du plomb.
- On emploie actuellement, dans la peinture sur verre ou plutôt dans la fabrication des verrières, deux sortes de verres : les uns peints dans la masse, composés d’une ou plusieurs couches, ce qui permet les enlevages et facilite l’application du jaune au pinceau; les autres blanc verdâtre, sur lesquels on superpose une couche de verre coloré par les procédés analogues à ceux de la peinture en émail.
- Quand on a fait le trait sur le verre, on ombre toutes les draperies avec une seule et même couleur, d’un ton noirâtre ; elle se compose ordinairement d’un oxyde de fer mêlé avec un fondant destiné à fixer cet oxyde lors de la cuisson au four. Pour les chairs qui sont peintes sur verre à peu près blanc, on doit mettre une teinte de chair en sus du modelé ordinaire ; cette teinte est rougeâtre et ne vise guère à la vérité. Les anciens peignaient leurs figures en violet clair.
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- On étend la couleur en question avec un large pinceau, et on la frappe avec un pinceau court taillé en brosse. On revient alors avec des hachures et en grattant. On peut se servir comme véhicule, soit de l’eau gommée, de l’essence de térébenthine ou de lavande, soit enfin d’une essence grasse, selon les besoins.
- Nous passons maintenant à l’opération de la cuisson, qui s’exécute souvent plusieurs fois de suite, surtout pour les figures. Cela dépend aussi de la grandeur des vitraux et de l’effet que l’on désire obtenir. Quand on doit cuire plusieurs fois, on ne met le jaune d’or qu’à la deuxième ou troisième cuisson; sans cela, il passerait rapidement au jaune orangé. Le jaune au pinceau est, avec la couleur chair, à peu près la seule couleur d’application que l’on emploie aujourd’hui pour les vitraux d’église; les autres tons sont pris dans des verres peints dans la masse. Aujourd’hui on cuit au four en enfournant à froid et en laissant refroidir peu à peu avant de retirer les plaques de verre ; la méthode contraire expose à des fêlures continuelles dues à l’action subite de l’air froid sur le verre chaud. Cette opération dure environ trente-six heures. On cuit généralement sur une plaque de fonte enduite de craie, pour éviter que le verre ne s’attache au fer lui-même.
- Une fois les vitraux cuits et reconnus achevés, on passe à la mise en plomb. On soude les plombs à leur rencontre, et les vitraux sont montés (les anciens étamaient les plombs dans toute leur longueur, ce qui leur donnait plus de solidité) ; puis, pour consolider le vitrail, on y adapte des barrettes de fer rondes, en ayant la précaution de les plier à la forge, dans les endroits où leur direction rectiligne viendrait à couper d’une façon très-disgracieuse quelque pièce importante du sujet, une tête par exemple. Le vitrail est alors entièrement terminé, il ne reste plus qu’à l’assujettir à la fenêtre, et ceci ne nous regarde plus, c’est l’affaire des maçons et des serruriers.
- Au point où nous en sommes arrivé de la question , nous croyons devoir terminer ce mémoire par un exposé des principes qui doivent toujours diriger le peintre-verrier dans l’exécution soit de ses cartons, soit de ses verrières; du reste, les préceptes que nous allons poser ici ne sont qu’une déduction de tout ce qui précède et de l’interprétation la plus pure et la plus logique des faits que nous venons de signaler. Nous poserons donc comme premier principe l’axiome suivant : l’art des verriers étant un art essentiellement monumental, les vitraux doivent toujours être en harmonie avec les monuments qu’ils décorent. Voilà un précepte duquel il n’est jamais permis de se départir; ceci une fois bien établi, nous dirons que l’art des vitraux est un mélange de naturel et de convention , et que la grande difficulté qu’il présente dépend précisément de cette juste mesure qu’il faut savoir tenir entre le naturel et la convention. Pour être bon peintre-verrier, il faut d’abord savoir ce que tout peintre doit connaître ; de plus, il faut joindre à l’art la science monumentale , qui exclut des vitraux bien des détails qui sont, au contraire, une excellente ressource dans la peinture ordinaire.
- Entre les vitraux et les tableaux il y a la même différence qu’entre le bas-relief et la statuaire ronde bosse. On sait, en effet, que le bas-relief ne doit point se permettre les raccourcis, qu’il doit éviter la multiplicité des plans et rechercher, avant tout, la simplicité des gestes et la vérité incontestable des poses, des attitudes ; la loi du bas-relief
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- a donc beaucoup d’analogie avec celle des vitraux. Dans la statuaire ronde bosse, au contraire, ainsi que dans les tableaux, l’artiste a pour but une imitation plus complète du naturel; la convention, si essentielle au style monumental, serait très-déplacée dans cette application de l’art : ainsi donc les vitraux sont l’expression la plus éloignée du genre portrait.
- Pour mieux juger la vérité de ces principes, on n’a qu’à examiner le passé ; on verra que les vitraux sont déjà excellents aux époques où la vérité dans l’art n’existe pas encore, et qu’ils sont détestables lorsque la décadence des doctrines de l’art du verrier fait tenter d’imiter en vitraux toutes les vérités de la nature. Hâtons-nous de dire, toutefois, qu’il y a un juste milieu, une sage mesure qu’il faut savoir garder, et qui demandent un esprit juste et judicieux, en un mot incapable d’entraînement.
- Cette différence essentielle entre le tableau et le vitrail est incontestable, mais les anciens peintres-verriers n’avaient pas à s’en préoccuper; car, dans ce temps, l’art des tableaux n’existait pas encore, la sculpture seule était appelée, avec les vitraux, à la décoration des monuments. Ceci s’applique exclusivement aux xie, xn®, xmeet xive siècles, car, plus tard, les fresques concoururent, conjointement avec les vitraux, à l’embellissement des églises ; et encore est-il vrai de dire que, dans le principe, l’art des fresques reposait à peu près sur les mêmes bases que celui des vitraux.
- Il faut bien remarquer que la renaissance, qui éleva si haut l’art des tableaux, introduisit des principes qui séduisirent les peintres-verriers et les firent, pour ainsi dire, tomber dans un piège. Dès lors, les vitraux cessèrent d’être simples; ils visèrent au mouvement, à l’effet, à la perspective; ils s’éloignèrent rapidement de la ligne tracée par les siècles précéden'ts et s’abaissèrent par degrés, malgré le mérite incontestable des grands coloristes qui voulurent exécuter sur verre les tours de force, les prodiges qu’ils réalisaient sur toile ou sur bois par la peinture ordinaire.
- On le voit, des artistes médiocres firent de beaux vitraux en suivant les principes de l’art monumental, tandis que des artistes supérieurs firent, au contraire, des vitraux de décadence pour avoir méconnu ou négligé ces principes invariables.
- De nos jours, où, grâce aux immenses progrès de la chimie, le peintre-verrier possède la plus riche palette que l’on puisse désirer, on a eu la malheureuse idée de faire répéter en vitraux des tableaux de maîtres célèbres; le résultat a été peu satisfaisant. L’Assomption de la Vierge a fait un très-mauvais vitrail, et cela s’explique facilement. Prudhon, l’auteur de ce tableau, est flou, gracieux, rempli de morbidesse et d’indécision dans les contours ; comment rendre de pareilles choses avec de petits morceaux de verre de couleur réunis par des plombs ? Les vitraux veulent être dessinés durement, pour accompagner les plombs qui suivent tous les traits.
- L’un des caractères les plus essentiels des vitraux est de ne point modeler autant que dans les tableaux; il faut, en cela, suivre la même méthode que dans les bas-reliefs, c’est-à-dire ne modeler que près des contours. Une grande qualité des verrières et du peintre-verrier, c’est la simplicité ; mais, ici comme en tout, il y a des degrés à observer. Quand, par exemple, on fait des vitraux destinés à la restauration d’un monument où il en existe déjà d’une époque bien tranchée, on doit suivre servilement le modèle que
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- l’on a sous les yeux, et se bien garder de restaurer des vitraux du xve ou du xvie siècle, en suivant le style de ceux du xme siècle, sous prétexte que c’est dans ce siècle que l’art est arrivé à son apogée. C’est cependant l’erreur qui a été commise pour une certaine église de Paris. Aux yeux des connaisseurs, cette manière de faire jure autant qu’une pièce rouge sur un habit noir. Quand, au contraire, on est obligé de tout créer, l’artiste peut bien davantage donner un libre essor à son imagination ; mais ce n’est pas chose facile, car là gît une sérieuse difficulté : il faut, tout en dérobant les beautés des anciens, savoir les adapter à notre époque, qui veut, avant tout, voir clair dans les églises, puisqu’à l’heure qu’il est on a remplacé le chapelet par des livres, et qu’il ne suffit plus, comme autrefois, d’avoir des yeux au bout des doigts.
- Le peintre-verrier ne doit jamais compter sur la bonne exécution des parties; c’est Y ensemble, avant tout, qui fait de bonnes verrières. En effet, à la distance à laquelle se trouvent habituellement situés les vitraux, à peine si l’on peut distinguer l’œil ou la bouche d’une tête, tant la distance rapetisse les objets et la vivacité des tons éblouit.
- Il est essentiel de laisser les têtes lumineuses ; c’est par elles que la lumière doit arriver lorsque les vitraux ont besoin d’être vus de loin. La composition exige la plus grande simplicité, surtout très-peu d’effets de raccourcis, pas trop de têtes de profil, peu de détails, qui amèneraient la confusion. Les couleurs les plus vives appartiennent de droit aux principaux personnages, tandis que les teintes binaires ou peu brillantes doivent être l’apanage exclusif des personnages secondaires.
- Il faut se défier du prétendu effet résultant du mélange des rayons colorés qui, venant de loin se confondre en route, font percevoir à l’œil un ton que l’on n’a pas mis en réalité. Cette heureuse métamorphose réussit quelquefois très-bien ; mais ce n’est jamais un effet du hasard, elle doit toujours avoir été savamment calculée : c’est là la plus grande partie du véritable secret des anciens.
- Nous venons de prononcer un grand mot, le secret des anciens; c’est qu’en effet ce prétendu secret a préoccupé bien des intelligences depuis cinquante ans, a fait tourner bien des têtes et intrigué bien des artistes et des savants. Que n’a-t-on pas dit et écrit à ce sujet, dans le but de prouver que la supériorité des verrières du moyen âge dépendait uniquement d’une recette perdue? Mais heureusement, à l’heure qu’il est, personne ne croit plus à une pareille fable, dont de savants écrivains, des artistes compétents, parmi lesquels nous citerons MM. Bontemps, Batissier, etc., ont suffisamment démontré toute l’absurdité. Le grand art et la supériorité des peintres du xme siècle reposent uniquement sur une entente parfaite de l’harmonie des couleurs et de la composition de l’ensemble.
- Il faut bien se garder de s’élever contre les plombs qui servent à réunir les verres colorés; non-seulement ils sont essentiels à la solidité du vitrail, mais ils servent à dessiner, à accentuer fortement les contours des figures, et aussi à faire ressortir d’un vif éclat les différentes couleurs : leur utilité est telle, que nous ne craignons pas d’affirmer que , sans les plombs, il n’y a pas de verrières possibles. Les barres de fer, lorsqu’elles sont placées avec discernement, et que, par exemple, elles ne viennent pas couper une figure en deux, ont aussi leur incontestable utilité. Toutefois il faut un grand Tome Ier. — 53e année. T série. — Novembre 1854. 90
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- art pour se servir avantageusement des plombs et des ferrures qui choquent quelquefois la vue et le raisonnement de la foule. L’utilité des plombs étant suffisamment démontrée, il faut ajouter qu’ils servent de champ neutre où les couleurs viennent s’amortir sans se confondre. L’artiste doit en proportionner la largeur à la distance à laquelle les vitraux seront placés, être sobre dans leur emploi, sous peine de découper trop durement les différentes parties de son vitrail, ce qui nuirait à l’effet général ; tout ceci est, en somme, affaire de goût et d’habitude. Un dernier conseil pour ce qui a rapport aux plombs; c’est que, dans les parties où ils produiraient un mauvais effet, ils doivent être remplacés par un dessin net, précis et vigoureux, et quelquefois même simulés par le pinceau.
- Ce que l’on ne doit non plus jamais oublier, c’est la nécessité dans laquelle se trouve le peintre-verrier , de mesurer l’éclat des vitraux à la force de la vue humaine , et ne pas entasser, par exemple, sous prétexte d’effet brillant, du beau bleu, du beau rouge, du beau jaune à côté l’un de l’autre. Les vitraux demandent à pouvoir être regardés longtemps sans choquer ni faire perdre la vue ; c’est une grave erreur que de vouloir éblouir à tout prix. Une grande partie de l’art, au contraire, doit être employée à charmer, égayer et reposer la vue. C’est une marque de mauvais goût de réunir les tons rouge, jaune, orangé, sous prétexte d’éclat ; jamais les anciens n’auraient commis un pareil attentat, que l’on comprendrait à peine de la part d’un moderne oculiste. L’œil aime les contrastes, non par fantaisie, mais pour se reposer. Le regard, fatigué par le rouge, réclame instinctivement le vert, qui en est la couleur complémentaire ; de même, l’orangé appelle le bleu, et le jaune le violet. On peut poser comme un principe absolu qu’une couleur simple , telle que le jaune , le bleu , le rouge , demande , comme complémentaire, une couleur binaire, c’est-à-dire résultant du mélange de deux couleurs simples.
- La différence dans la couleur n’est pas tout ; indépendamment de la couleur, il y a la hauteur du ton, qu’il ne faut jamais dédaigner. Ainsi, par exemple, en principe, le rouge et le vert vont très-bien ensemble, parce qu’étant deux couleurs complémentaires, ils rétablissent la lumière blanche ; mais ils plaisent encore bien davantage à l’œil si, le rouge étant fort, le vert est faible, et vice versa. Si le rouge est aussi haut de ton que le vert, et réciproquement, il s’établit une lutte fâcheuse entre l’intensité de ton.
- L’art des verriers a cela de difficile, que le tâtonnement et la retouche y sont impossibles; il faut donc avoir une théorie invariable et juste, savoir, avant tout, quelle est la couleur qui doit dominer pour être en rapport avec le sujet, et faire en sorte que les autres couleurs prêtent leur appui au ton principal, sans chercher jamais à usurper la première place.
- En résumé, lorsque les vitraux font mal aux yeux, ils ont tort. Il en est de même de la musique ; elle ne doit jamais dépasser un certain volume de bruit : tout doit s’arrêter aux limites de la perceptibilité humaine.
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- Séance du 15 novembre 1854.
- M. Dumas, président, occupe le fauteuil.
- Le procès-verbal de la séance précédente est lu et approuvé.
- Correspondance. M. le ministre de l’agriculture, du commerce et des travaux publics adresse les cartes suivantes destinées à la bibliothèque de la Société :
- 1° Carte géologique du département de la Corrèze, exécutée par M. Boucheporn , ingénieur en chef des mines;
- 2° Carte géologique du département du Tarn, exécutée par le même ;
- 3° Carte géologique du département du Morbihan, exécutée par M. Lefebure de Fourcy, ingénieur des mines.
- Le conseil vote des remercîments à M. le ministre pour le don de ces cartes.
- M. Charles Chevalier, ingénieur en instruments de précision et d’optique, présente, de la part deM. Gillespie, d’Édimbourg, un instrument ou appareil perfectionné pour déterminer ou établir la pente ou le niveau des fossés, terrasses, plans inclinés ou travaux de toute espèce, soit naturels, soit artificiels, soit sous terre ou sous l’eau.
- M. Debatiste, constructeur-mécanicien, rue d’Angoulême-du-Temple, soumet à la Société trois machines différentes propres à la fabrication du chocolat;
- M. Albert Galibert, rue Saint-Louis, au Marais, 16, un nouveau système mécanique destiné à remplacer les sonnettes des administrations, des hôtels, etc.
- M. Poullien, herniaire-bandagiste, rue Montmartre, 62, expose que l’Académie impériale de médecine et la Société de chirurgie de Paris, ayant reconnu, sous le rapport thérapeutique, les avantages de nouveaux mécanismes qu’il a appliqués aux bandages des hernies crurales et inguinales, ainsi qu’à la ceinture hypogastrique, demandent que la Société fasse examiner ses instruments sous le point de vue mécanique.
- M. Schwickardi, rue de Gléry, 59, ne s’étant pas présenté en temps utile pour prendre part au concours pour les constructions incombustibles, énumère ses travaux antérieurs qui lui paraissent militer en faveur de la demande qu’il adresse pour y être admis.
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- SÉANCES DU CONSEIL D ADMINISTRATION.
- M. Maumené, professeur de chimie et de physique, à Reims, adresse à M. le président de la Société un mémoire intitulé Recherches sur les lignites de Reims ou cendres sulfureuses.
- Renvoyé à la commission du Rulletin.
- M. Jourdier, membre du conseil d’administration , a publié un ouvrage intitulé Le matériel agricole, ou description et examen des instruments, des machines, des appareils et outils au moyen desquels on peut 1° sonder, défricher, défoncer, drainer; 2° labourer, remuer, aérer, fouiller, nettoyer, ensemencer, façonner le sol; 3° récolter, transporter, abriter, emmagasiner les produits; 4° tirer parti de chacun d’eux soit pour les consommer, soit pour les vendre, etc.
- M. Ch. Laboulaye, membre du conseil, fait hommage de son Traité de cinématique ou théorie des mécanismes.
- L’auteur explique que, depuis l’époque où il a fait paraître quelques essais destinés à faire apprécier l’utilité de l’étude de la cinématique considérée comme formant la théorie des mécanismes, notamment la première partie de ce traité, l’enseignement de celte science a été prescrit dans nombre d’écoles. Il a donc cru devoir compléter son traité de cinématique, dans lequel il a fait entrer pour la première fois le tissage, l’horlogerie, les machines-outils, etc.
- M. le président regrette que l’absence de M. Jourdier ne lui permette pas de lui adresser les remercîments du conseil pour l’hommage de son utile ouvrage ; il prie M. Laboulaye de recevoir ceux de MM. ses collègues pour la publication de son traité de cinématique, qui fera apprécier de plus en plus son enseignement compris dans les programmes de l’université.
- M. Jules Gaudry, ingénieur civil, fait hommage d’un mémoire sur la construction des bateaux à vapeur et sur les machines appliquées à la navigation, qu’il a lu à la Société des ingénieurs civils.
- Le conseil vote des remercîments à M. Jules Gaudry.
- M. Bordet, rue des Saints-Pères, 29, soumet à l’examen de la Société une bonde hydraulique de son invention. Cette bonde, en gutta-percha, est établie d’après le même système que celle dont M. Payen est l’auteur.
- M. Colson, rue des Bons-Enfants, 20, ayant disposé, à Clichy, dans l’usine de MM. E. Thomas et Dellisse, un appareil distillatoire, en sollicite l’examen.
- M. Salomon, du Finistère, rue de Bondy, 60, pour compléter la communication précédemment faite par lui, adresse les proportions des agents qui constituent son nouveau liquide pour éteindre les incendies.
- M. Châtelain présente, de la part de M. Daniel, rue de la Verrerie, 11, des encres de toutes les couleurs, des vernis pour le cuir et du cirage.
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- M. le président de la Société d’agriculture des Bouches-du-Rhône, à Marseille, adresse une notice de M. Orange sur l’application de l’eau ammoniacale provenant des usines à gaz aux besoins de l’agriculture.
- M. Laure, agronome et cultivateur, membre correspondant de la Société impériale d’agriculture, à Toulon, expose que la médaille qui lui a été accordée par la Société d’encouragement pour l’introduction de cultures nouvelles l’a engagé à faire le voyage de Rome dans le but de se procurer des graines de fenouil doux dont on fait un si grand usage en Italie, et les renseignements pour cultiver cette utile plante potagère.
- M. Laure fait hommage d’un ouvrage intitulé Guide du cultivateur du midi de la France, de la Corse et de l’Algérie.
- Madame veuve Fugère, rue des Amandiers-Popincourt, 20, appelle l’attention de la Société sur son liquide pour détruire les charançons.
- M. Gaupillat, rue Rambuteau, 50, remet plusieurs exemplaires d’un mémoire intitulé Cour de cassation; mémoire pour MM. Gaupillat, Illig, Guindorf et Masse, fabricants, partie civile, contre le sieur Morin, commissionnaire demandeur en annulation d’un arrêt de la cour impériale de Paris du 14 juillet 1854, qui le condamnait pour avoir fait opérer le transit, par la France, de capsules fulminantes fabriquées en Allemagne et portant l’estampille de M. Gaupillat. (Voir le texte de cet arrêt, Bulletin d’avril n° 8, p. 255. )
- M. Roret fait hommage d’une nouvelle édition du Manuel du bijoutier, du joaillier et de Vorfèvre.
- La Société philanthropique de Bordeaux transmet la liste des récompenses distribuées en séance publique le 9 novembre 1854, à la suite de la neuvième exposition des produits de l’agriculture, de l’industrie et des arts industriels.
- M. Peligot donne connaissance d’une lettre de M. Bouilhet en réponse à une réclamation de M. Wiset sur la priorité d’un procédé pour consolider les épreuves galva-noplastiques.
- M. André Jean adresse un paquet cacheté renfermant la description des procédés inventés par lui et sa femme pour obtenir une race de vers à soie fournissant une soie d’une blancheur éclatante.
- Le dépôt est accepté.
- M. le président fait hommage, de la part de M. Niepce de Saint-Victor, de deux épreuves de ses procédés de gravure héliographique : l’une est le portrait de l’Empereur, dont l’image, recueillie sur acier, a été l’objet d’un travail ultérieur de gravure; l’autre reproduit la façade de la bibliothèque du Louvre, qui acquiert une importance autre pour les artistes, la gravure héliographique n’ayant point été retouchée.
- Sur la proposition de M. le président, des remercîments seront adressés à M. Niepce de Saint-Victor.
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- Rapports des comités. Au nom du comité des arts mécaniques, M. Alcan lit un rapport sur une disposition de montage de métier inventée par M. Prosper Meynier, de la maison Godemard et Meynier, de Lyon.
- Le comité propose de remercier M-. Meynier de son intéressante communication, d’insérer dans le Bulletin le rapport avec les dessins représentant diverses applications du procédé, et d’en adresser un certain nombre d’exemplaires aux chambres consultatives des manufactures et à celles de commerce. ( Approuvé. )
- Au nom du comité des arts chimiques, M. Levol lit un rapport sur les objets d’art moulés en zinc par MM. Miroy.
- Le comité propose de remercier les auteurs de leur communication et d’insérer le rapport dans le Bulletin. (Approuvé.)
- Au nom du comité des arts économiques, M. Gourlier lit un rapport sur un ouvrage intitulé L’appareil et la pratique de la charpente de haute futaie ou charpente civile en bois, par M. Eyère.
- Le comité propose 1° de remercier l’auteur de l’hommage fait, par lui, de la première partie de son travail et de l’engager à le continuer et à le compléter; 2° de lui accorder, à titre d’encouragement, les souscriptions de la Société pour un certain nombre d’exemplaires qui seront destinés à faire partie des livres distribués annuellement aux contre-maîtres et ouvriers qui ont été jugés dignes de ces récompenses; 3° de publier le rapport dans le Bulletin.
- Après des observations sur les rapports verbaux, le conseil adopte les deux premières propositions et décide que le rapport sera compris dans les notices industrielles.
- Au nom du même comité, M. Silbermann lit un rapport sur les robinets de sûreté et la jauge invariable de M. David Macaire.
- Après des observations présentées par plusieurs membres du conseil, M. le président invite le comité à examiner ces observations et à les soumettre de nouveau à ses délibérations.
- Communications. M. le président soumet au conseil un projet de prix pour la fabrication artificielle de la quinine. Des personnes pensent avoir fait la découverte d’alcalis offrant de l’analogie avec ceux des quinquinas; elles n’ont pas fait connaître leurs procédés, mais des essais, des expériences n’ont pas démontré que la solution du problème ait été obtenue.
- La production artificielle de la quinine ne peut plus être mise en doute depuis les travaux de MM. Wurtz et Hoffmann sur la production artificielle des alcaloïdes. Ces chimistes ont ouvert une voie qui permet de parvenir à des résultats analogues; c’est ainsi que M. Hoffmann a produit une substance basique dont l’analogie était telle avec la quinine, qu’il a fallu un examen approfondi pour faire reconnaître qu’il n’avait obtenu qu’un isomère de cet alcaloïde.
- La solution du problème est possible, et M. le président expose les motifs qui lui
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- font penser que l'intervention de la Société ne pourrait s’exercer plus utilement dans un moment où l’importation, en France, des quinquinas diminue tandis que les besoins de la consommation augmentent.
- M. Peligot fait observer qu’un prix a été proposé par la Société de pharmacie pour la production artificielle de la quinine.
- M. le président est d’avis que, en s’appuyant sur les découvertes récentes, la question de prix peut être proposée par la Société.
- Le comité des arts chimiques est saisi de cette question.
- M. Clerget, membre du conseil, lit une note sur l’alcool d’asphodèle. (Voir le Bulletin de novembre, n° 21, p. 665. )
- M. Jomard communique la note suivante sur des moulins à meules coniques construits à Londres.
- On a construit, à Londres, l’an dernier, des moulins à meules coniques dont l’effet a été jugé très-avantageux; l’angle du cône est d’environ 125 à 130°; les meules sont à deux rangs; c’est la meule inférieure qui tourne et non la supérieure. Le grain est d’abord écrasé sous la meule du premier rang; les deux paires de meules font 270 tours à la minute, et le produit est de quarante sacs dans le même temps que mettent les moulins ordinaires à en produire douze.
- Il est question de construire, à Londres, cent moulins semblables; le brevet est au nom de M. Westrup, et date de 1852; le constructeur est M. Middleton; le premier a publié un ouvrage intitulé Conical flour mill, accompagné de figures et d’explications.
- En ce moment, M. Victor Pigeon, ancien élève de l’école polytechnique, ancien député, fait établir un moulin semblable, sur l’Yvette, au hameau de Lozère ( près d’Orsay ). Ayant appris que les fouilles du chemin de fer d’Orsay avaient mis à découvert, entre autres antiquités romaines, des meules coniques de grandes dimensions (comme il en reste dans toutes les ruines du temps des Romains ), il est ailé les voir dans une propriété que possède M. Jomard à Lozère, et il a constaté la ressemblance des meules antiques avec les nouvelles, à cette différence près que l’angle d’inclinaison des premières est plus ouvert ou plus obtus ( de 140° environ ). Les stries sont autant de rayons rectilignes, au lieu d’être coudées comme dans les nouvelles meules.
- M. Boutigny communique la note suivante sur un nouveau générateur à vapeur brûlant de l’hydrogène pur, qui lui a été adressée par M. Jametel, ingénieur civil, à Mulhouse.
- Note sur un nouveau générateur à vapeur brillant de l’hydrogène pur, adressée
- à M. Boutigny.
- Monsieur, j’avais pressenti, comme vous,.que l’évaporation, celle de l’eau en particulier, pouvait être singulièrement favorisée en multipliant la surface qu’elle peut présenter au contact de la surface de chauffe. Je savais également qu’il était possible d’augmenter la quantité de chaleur que transmet un métal en employant des surfaces
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- de chauffe traversées par des barres plongeant d’une certaine profondeur dans les fluides échangeant leurs températures; en effet, outre l’avantage d’une plus grande masse en surface de chauffe, les lames de fluides en contact avec cette dernière ( plaques ou barres comptant également comme surfaces de chauffe) seraient constamment renouvelées par le simple mouvement de translation des fluides eux-mêmes.
- En principe, je fis donc construire une chaudière cylindrique terminée par deux calottes hémisphériques, l’une plongeant dons le feu, l’autre supérieure communiquant avec un dôme muni de tous ses appareils ordinaires de chaudière à vapeur.
- Celte chaudière est entourée d’une double enveloppe où circulent les produits de la combustion; ceux-ci, en s’élevant, rencontrent d’abord des obstacles cylindriques allant se terminer dans la chaudière après en avoir traversé les parois. L’eau d’alimentation descend en sens contraire, rencontrant lesdites barres de plus en plus chaudes en allant vers le bas; s’étant déjà vaporisée avant d’arriver à ce point, elle se surchauffe et donne de la vapeur parfaitement sèche, qu’on doit dès lors prendre là. Les produits de la combustion continuant à marcher rencontrent des toiles métalliques qui leur enlèvent les dernières parties de la chaleur.
- Le tout, chaudière et enveloppe, est placé dans un fourneau en maçonnerie ; mais il y a encore un vide où vient s’échauffer, en léchant l’enveloppe, l’air qui alimente la combustion.
- Quant à la combustion, je vous dirai que l’hydrogène arrive en dessous et à la partie centrale d’une caisse circulaire munie intérieurement de toiles métalliques, la toile du dessus supportant une couche d’amiante à la surface de laquelle vient brûler l’hydrogène sur lequel afflue latéralement l’air nécessaire et préalablement chauffé.
- PARIS. — IMPRIMERIE DE Mme Ve BOUCHARD-HUZARD, RUE DE L’ÉPERON, 5.
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- K3 ANNÉE. DEUXIÈME SÉRIE. N» 23.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE-
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- rapport fait par m. combes, au nom du comité des arts mécaniques, sur un nouvel indicateur de pression pour les machines à vapeur,
- par m. clair.
- Watt a donné le nom d'indicateur à l’appareil dont il a fait usage, pour déterminer les pressions que la vapeur exerce sur l’une des faces du piston d’une machine à vapeur, correspondantes aux positions successives par lesquelles passe ce piston, dans une période complète de son mouvement rectiligne alternatif. L’indicateur de Watt, tel que Tredgold l’a décrit dans la première édition de son ouvrage sur les machines à vapeur, consiste en un petit cylindre métallique calibré, terminé par un appendice qui s’adapte, au moyen d’un pas de vis, à une ouverture pratiquée dans l’un des fonds du cylindre de la machine. Un robinet permet d’établir et d’intercepter à volonté la communication entre la machine et le cylindre de l’indicateur ; celui-ci contient un piston attaché à l’une des extrémités d’un ressort contourné en hélice, dont l’autre extrémité est fixée au couvercle d’une capacité cylindrique qui surmonte le cylindre calibré et sert d’étui au ressort. Un style fixé à la tige du piston suit tous les mouvements de celui-ci. Si l’on admet que les allongements et les raccourcissements du ressort en hélice soient proportionnels aux forces d’extension ou de compression qui les produisent, ce qui, entre certaines limites, est sensiblement exact, la position du style accusera à chaque instant l’excès positif ou négatif de la pres-Tome Ier. — 53e année. 2e série. — Décembre 1854. 91
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- sion de la vapeur qui presse la face inférieure du piston de l’indicateur sur la pression atmosphérique qui presse l’autre face. On pourra donc, en mesurant avec précision la surface du piston de l’indicateur et en déterminant par des essais directs l’allongement ou le raccourcissement que subit le ressort en hélice pour chaque kilogramme de charge, tracer une échelle dont le zéro correspondra à la position du style, lorsque le ressort est dans son état naturel, et dont les divisions égales en dessus et en dessous du 0 représenteront, en dixièmes d’atmosphère, soit en dixièmes de kilogramme par centimètre carré, les excès de pression de la vapeur qui pousse le piston sur la pression atmosphérique extérieure, et les excès de la pression atmosphérique sur celle de la vapeur. Pour obtenir la trace de toutes les positions du style correspondantes aux positions du piston de la machine à vapeur, dans une double excursion complète, Watt faisait mouvoir devant la pointe du style une bande de papier collée sur un cadre rectangulaire, qui était tiré d’un côté par un cordon passant sur une poulie de renvoi et allant se rattacher soit à l’extrémité de la tige du piston, soit à un point du balancier de la machine, et de l’autre côté par l’action d’un poids suspendu à un cordon passant aussi sur une poulie de renvoi. La bande de papier prenait ainsi un mouvement de translation égal ou proportionnel à celui du piston, direct ou rétrograde suivant que ce piston se rapprochait ou s’écartait du fond du cylindre auquel l’indicateur était adapté. La pointe du style traçait donc sur cette bande, dans une double excursion du piston, une courbe fermée dont les ordonnées positives ou négatives, comptées à partir de la ligne du 0, ou des tensions nulles du ressort, appelée par cette raison la ligne atmosphérique, étaient, à l’échelle de l’instrument, la mesure des pressions exercées sur le piston diminuées de la pression atmosphérique. En admettant que les pressions se succèdent dans le même ordre sur les deux côtés du piston, l’aire de la courbe multipliée par un coefficient qui dépend de la section du piston et des échelles proportionnelles des abscisses et des ordonnées, qui sont connues à l’avance, donnera le travail moteur transmis au piston dans une excursion simple. La forme de la courbe met, d’ailleurs, en évidence, par des chutes ou augmentations presque brusques des ordonnées, toutes les circonstances de la distribution de la vapeur dans la machine.
- L’indicateur de Watt était d’une installation assez difficile ; son usage ne se répandit pas d’abord dans les ateliers, et il resta longtemps inconnu à la plupart des constructeurs et propriétaires de machines à vapeur. En 1831, Ai. Macnaught, de Glasgow, rendit cet instrument portatif et d’un usage commode, en enroulant la bande de papier, qui reçoit la trace du style, sur le contour d’un cylindre mobile autour de son axe, lequel est parallèle à celui
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- du cylindre alésé de l’indicateur, et porté sur un support fixé à ce dernier. Au bas du cylindre porteur du papier, il ajouta un ressort en spirale attaché, par une extrémité, à l’axe fixe et, par l’autre, à la paroi cylindrique interne ; il creusa le pourtour extérieur en gorge de poulie sur laquelle s’enveloppe un cordon qui, passant sur une petite poulie de renvoi, doit être attaché, pour l’expérience, à un point pris convenablement sur l’une des tiges en fer qui retiennent dans un arc de cercle l’un des sommets du parallélogramme articulé par lequel la tige du piston est liée au balancier. Quand le piston de la machine s’approche du fond du cylindre auquel est adapté l’indicateur, le cylindre porte-papier est tiré par le cordon et tourne sur son axe ; dans le mouvement du piston en sens contraire, ce cylindre est ramené par faction du ressort en spirale.
- La pointe du style attaché au piston de l’indicateur est appuyée sur le papier mobile et y trace une courbe fermée. Le papier étant, après l’expérience, enlevé et développé en surface plane, faire de cette courbe est sensiblement proportionnelle au travail de la vapeur sur le piston, dans une excursion simple. Dans l’indicateur de Macnaught, la course du piston de la machine est représentée par une longueur de 1 décimètre au plus, parce que cette longueur doit toujours être inférieure à celle de la circonférence développée du cylindre porte-papier, qui ne doit faire qu’un peu moins d’une révolution entière sur son axe. Le cordon n’étant pas, d’ailleurs, attaché à un point de la tige du piston de la machine, les abscisses de la courbe ne sont pas exactement proportionnelles aux espaces parcourus par ce piston.
- Tous les indicateurs dont on a fait usage jusqu’ici en France sont de simples modifications de l’indicateur de Macnaught, dont la description a été publiée, pour la première fois, je crois, dans les Annales des mines, 3e série, année 1839, volume XVI, page 519. Dans celui que MM. Martin et Raymondon présentèrent à la Société, et qui est décrit dans notre Bulletin, année 1843, p. 533, le mouvement du cylindre porte-papier est commandé par un cordon qui s’enroule sur un petit cylindre servant d’axe à une roue d’un plus grand diamètre, sur lequel s’enveloppe le cordon que l’on attache directement à la tige du piston de la machine. Il résulte de cette disposition que le mouvement circulaire du papier est exactement proportionnel, abstraction faite des allongements ou raccourcissements des cordons, aux espaces parcourus par le piston de la machine.
- Dans celui de M. Paul Garnier ( année 1846 du Bulletin, p. 479 ), la section du cylindre alésé est plus grande que dans l’instrument de MM. Martin et Raymondon. Un second cylindre, placé à côté de celui sur lequel s’appuie la pointe du style, porte une bande de papier dont on peut, par un disposi-
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- tif particulier, faire passer les parties successives sur le premier cylindre, ce qui permet de tracer successivement plusieurs courbes fermées, séparées par un petit intervalle, sur la même bande, et dispense de renouveler le papier à chaque nouvelle expérience.
- Le nouvel indicateur que vous a soumis M. Clair présente des dispositions nouvelles et ingénieuses qui constituent des perfectionnements importants. On peut, avec cet instrument, tracer à volonté des courbes fermées, dont chacune correspond à une évolution complète du piston de la machine à vapeur, ou une courbe continue correspondant à un grand nombre d’évolutions successives, sur une longue bande de papier que l’on a enroulée autour d’un cylindre. C’est toujours un cordon accroché, par une de ses extrémités, à un point de la tige du piston de la machine, qui imprime à une poulie et à son axe un mouvement de rotation alternatif. M. Clair a d’abord transmis le mouvement de l’axe de la poulie aux cylindres sur lesquels se développe et s’enveloppe la bande de papier, d’un mouvement continu ou alternatif à volonté, par un double cordon ; mais il arrive assez fréquemment que ces cordons, qui se plient autour d’un axe de très-petit diamètre et frottent contre les bords de parties métalliques, dans le court intervalle compris entre cet axe et la gorge de poulie pratiquée vers le bas du cylindre porte-papier, viennent à se rompre, dans le cours d’une expérience. Il faut, en ce cas, démonter tout l’instrument, pour rattacher ou remplacer le cordon rompu, opération longue et, en outre, assez délicate pour mettre dans l’embarras un expérimentateur peu adroit ou qui ne serait pas très-familier avec les moindres détails de construction de l’instrument. M. Clair a paré à cet inconvénient, en substituant aux cordons un système de vis dont les filets s’engagent dans les dents de roues montées sur les axes de l’un des cylindres. Pour obtenir une courbe continue qui corresponde à une série d’évolutions consécutives du piston de la machine à vapeur, le mouvement circulaire alternatif imprimé à une poulie et à son axe doit imprimer aux trois cylindres sur lesquels passe la bande de papier un mouvement circulaire continu et exempt, autant que possible, de temps perdu. M. Clair obtient ce résultat par les dispositions suivantes : l’axe de la poulie qui prend le mouvement circulaire alternatif porte, sur une petite partie de sa longueur, deux filets de vis d’inclinaisons égales, mais en sens inverse, qui s’interrompent, par conséquent, mutuellement, de manière à ne laisser exister en saillie sur le noyau que des aspérités ou pointes dont les bases, dans le développement de la surface cylindrique, seraient des parallélogrammes ayant pour angle aigu le double de l’inclinaison de chacune des vis sur la base du cylindre. Ces aspérités s’engagent entre les dents taillées, avec des inclinaisons inverses l’une
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- de l’autre, sur le pourtour de deux roues mobiles autour d’un axe commun perpendiculaire à celui des vis. Les deux roues, étant folles autour de leur axe commun, sont conduites à la fois par les deux vis ou plutôt par les aspérités qui s’appuient, par une face, sur les dents de l’une d’elles et, par la face adjacente, sur les dents de l’autre, de manière que, pour une rotation de l’axe de la double vis, elles prennent des rotations égales, mais de sens inverse, autour de leur axe. Si l’on veut que cet axe tourne toujours dans le même sens, de droite à gauche par exemple, il faut qu’il soit nécessairement entraîné dans le mouvement de celle des roues qui tourne de droite à gauche, et jamais, au contraire, dans le mouvement de celle qui tourne en sens inverse. A cet effet, il porte deux étoiles à quatre rayons situées l’une dans le plan de la roue dentée supérieure, l’autre dans le plan de la roue dentée inférieure, et dans l’intérieur de ces roues qui sont évidées en forme de tambours. Les rayons de chaque étoile sont prolongés par des appendices mobiles autour d’une goupille qui les lie aux rayons fixes et dont les extrémités viennent s’appuyer contre les surfaces cylindriques internes des roues ou plutôt des tambours des roues. Le rayon intérieur de ces tambours est un peu plus petit que la somme des longueurs des rayons des étoiles, à partir du centre et des appendices qui les prolongent, de manière que les appendices font un angle très-obtus avec les rayons. Ces angles obtus ayant leurs ouvertures tournées du même côté dans les deux systèmes, il est évident que l’axe sera toujours entraîné par la rotation de celle des deux roues qui tendra, par son frottement sur les extrémités des appendices, à agrandir ces angles et jamais, au contraire, par celle des deux roues qui tendra à les diminuer. Les appendices appuyant toujours sur la surface interne des roues, contre laquelle ils seraient, au besoin, pressés par de petits ressorts très-doux, cette espèce de double encliquetage à la Dobo ne donnera lieu qu’à un très-petit temps perdu, lors de l’interversion du sens de la rotation des deux roues : c’est, en effet, ce qui a lieu dans l’appareil de M. Clair. Il suffit donc de fixer un des cylindres porte-papier, celui-là même sur lequel appuie la pointe du style mobile, à l’axe commun des deux roues par une vis de pression, pour obtenir un mouvement circulaire continu de ce cylindre, qui entraîne avec lui les deux autres.
- Veut-on obtenir une courbe fermée, on desserre la vis de pression dont nous venons de parler ; le cylindre monté sur l’axe qui reçoit toujours un mouvement de rotation continu, redevenu libre, ne participe plus à ce mouvement. On fixe en même temps, par une vis de pression, une roue dentée montée sur l’axe d’un autre cylindre, et qui est conduite par une vis simple taillée dans une autre partie de l’axe de la poulie sur laquelle s’en-
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- roule le cordon lié au piston de la machine. L’axe, participant alors au mouvement circulaire alternatif de la roue dentée, communique ce mouvement au cylindre solidaire avec lui, qui entraîne les deux autres, lorsque le mouvement est dans le sens convenable pour que la bande de papier s’enveloppe autour de lui. Dans le mouvement rétrograde, la bande de papier est maintenue tendue par l’action d’un ressort en spirale que l’on a mis en prise, par le serrage d’une vis de pression, avec l’axe du troisième cylindre sur lequel s’enveloppe alors la bande. Je n’insiste pas sur ces détails et d’autres analogues que les dessins de l’appareil feront comprendre facilement.
- Il arrive très-fréquemment que le jeu du piston métallique dans le cylindre alésé des indicateurs, très-libre et très-doux quand l’instrument est froid, devient difficile lorsqu’il est échauffé par la vapeur. Cela peut tenir en grande partie à des dilatations inégales du piston et du cylindre qui ne sont pas exactement à la même température. Pour prévenir cette cause de grippement, M. Clair entoure le cylindre alésé d’un autre cylindre métallique ; la vapeur est admise à la fois dans l’intérieur du cylindre alésé et dans l’intervalle annulaire compris entre celui-ci et l’enveloppe, ce qui a pour effet d’établir une égalité de température à peu près complète entre toutes les parties actives de l’appareil. Le robinet adapté l’appendice par lequel l’appareil est vissé sur le fond du cylindre est percé d’un petit canal dont l’axe est à angle droit avec celui de l’ouverture par laquelle s’établit la communication entre le cylindre de la machine à vapeur et l’indicateur. Lorsque cette communication est interrompue, ce petit canal met le cylindre de l’indicateur en communication avec l’atmosphère extérieure par une ouverture correspondante, pratiquée latéralement dans le boisseau du robinet. Cette disposition a pour effet de purger l’instrument de l’eau provenant de la vapeur condensée et d’assurer que les deux côtés du piston sont également soumis à la pression atmosphérique.
- On a fait plusieurs essais pour adapter à l’indicateur de pression un totalisateur dont les indications accuseraient le travail moteur exercé sur le piston d’une machine, pendant plusieurs heures consécutives d’activité. Feu M. La-pointe avait construit un instrument de ce genre que le rapporteur a eu lui-même l’occasion d’essayer sur l’une des machines à vapeur qui desservent le chemin de fer atmosphérique de Saint-Germain. Le totalisateur fonctionnait d’une manière assez satisfaisante, quand la machine marchait fort lentement ; mais son jeu était dérangé par les ébranlements, aussitôt que la machine prenait son allure normale. Il sera certainement sinon impossible, au moins très-difficile, que des totalisateurs établis sur les principes généralement appliqués jusqu’ici à la construction des appareils de ce genre donnent des in-
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- dications sûres; il faudrait d’ailleurs toujours qu’elles fussent contrôlées par des courbes des tensions de la vapeur relevées d’intervalle en intervalle sur la machine elle-même. Un simple compteur enregistrant le nombre d’évolutions de la machine pendant plusieurs heures et un indicateur semblable à celui qui fait l’objet de ce rapport, à l’aide duquel on relèverait, d’intervalle en intervalle, soit quelques courbes fermées, soit une courbe continue correspondante à trois ou quatre évolutions consécutives, feront connaître, avec toute la précision désirable, les circonstances du jeu d’une machine à vapeur et le travail total mesuré sur le piston dans un temps donné.
- Votre comité des arts mécaniques est d’avis que M. Clair a perfectionné notablement, et par des dispositions ingénieuses et nouvelles, les indicateurs connus, à l’aide desquels on peut déterminer les tensions variables de la vapeur ou de tout autre fluide élastique dans les machines à vapeur ou à air ; il vous propose, en conséquence, de remercier l’auteur de sa communication, et d’insérer le présent rapport dans le Bulletin ainsi que la gravure et la description du nouvel indicateur.
- Signé Combes , rapporteur. Approuvé en séance > le 29 novembre 1854.
- DESCRIPTION DE L’INDICATEUR DYNAMOMÉTRIQUE APPLICABLE AUX MACHINES A VAPEUR;
- par m. clair, rue du Cherche-Midif 93.
- PI. 26, fig. 1. Elévation, vue de face, de l’indicateur, dont la partie inférieure est coupée, pour faire voir le piston et le corps de pompe.
- Fig. 2. Section horizontale de l’appareil suivant la ligne A B, fig. 1.
- Fig. 3. Autre section horizontale suivant C D, fig. 1.
- Fig. 4. Section verticale du cylindre I'.
- Fig. 5. La vis sans fin à deux filets entre-croisés et les roues à dents obliques dans lesquelles elle engrène, vues séparément.
- Fig. 6 et 7. Tube renfermant un crayon pour tracer sur la bande de papier, en élévation et coupe suivant l’axe.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans toutes les figures.
- A, cylindre-enveloppe de l’indicateur. B, tige du piston. C, piston métallique creux. D, corps de pompe. E, tubulure munie d’un robinet, qui se visse sur le couvercle du cylindre à vapeur et qui supporte tout l’instrument, au moyen d’un raccord. F, ressort à boudin renfermé dans un cylindre supérieur au cylindre A. Ce ressort , indiqué en lignes ponctuées, est attaché , par l’extrémité supérieure, au couvercle G et, par le bas, à une bague vissée dans un tube fixé à la tige B du piston.
- H, robinet à double voie, par lequel on peut mettre le dessous du piston C en communication avec l’intérieur du cylindre à vapeur, pour faire fonctionner l’appareil, ou
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- avec l’atmosphère pour le purger d’eau et rétablir la pression atmosphérique au-dessous du piston C.
- 1Y I", trois cylindres verticaux sur lesquels s’enroule la bande de papier J.
- K, plate-forme qui reçoit les extrémités inférieures des axes des cylindres.
- L, plate-forme qui reçoit les extrémités supérieures de ces axes : elle est portée par deux colonnes Z Z, fîg. 2 et 3, sur la plate-forme inférieure et reliée, par une vis, au corps de l’instrument.
- M, manivelle montée sur l’axe du cylindre I", et servant à lui imprimer un mouvement de rotation pour enrouler la bande de papier.
- N, N', poulies sur l’une desquelles s’enveloppe le cordon O qui va se rattacher, par une agrafe P, à la tige du piston de la machine. On se sert de l’une ou de l’autre poulie, suivant que la course de ce piston est plus ou moins longue, ou que l’on veut la représenter à une échelle proportionnelle plus ou moins grande.
- Q, axe des poulies N, N', tournant dans les coussinets a a et dont le prolongement R porte deux vis sans fin S, T, dont la première est à filets égaux et de sens opposés qui s’entre-croisent. Cette vis S transmet ainsi simultanément des mouvements de rotation de sens inverse à deux roues U, V, munies de dents taillées obliquement l’une à droite et l’autres à gauche, pour engrener à la fois avec les dents de la vis à double fdet. Ces roues sont montées sur l’axe du cylindre I', mais elles sont folles sur cet axe. La seconde vis à simple filet T, commande la roue dentée W montée sur l’axe du cylin -dre I" et folle sur cet axe.
- X, barillet fixé sur l’axe des poulies N, N' et renfermant un ressort en spirale qui tient le cordon O constamment tendu, et imprime à la poulie et à son axe un mouvement rétrograde, quand le piston de la machine descend.
- Y, barillet avec roue à rochet, contenant un ressort en spirale, et monté sur l’axe du cylindre I, avec lequel il peut être rendu solidaire à volonté, au moyen de la vis de pression c.
- A', tringle attachée, par une traverse, à la tige du piston, dont elle suit les mouvements : elle porte une douille B' renfermant un crayon traceur, et que l’on fixe, par une vis de pression, à telle hauteur que l’on veut, sur la tringle A'.
- C', autre tringle filetée à sa partie supérieure et portant une douille B" semblable à la première; on fixe la position de celte tige, et par conséquent de la douille B", au moyen d’un écrou 6 et d’un contre-écrou.
- D', fîg- 2, rouleau de tension agissant sur la bande de papier. Ce rouleau est pressé par un ressort qui peut être tendu plus ou moins.
- c c, vis de pression au moyen desquelles on rend à volonté solidaires le cylindre I' avec son axe et le barillet Y avec l’axe du cylindre I. Une vis de pression semblable permet de fixer à volonté la roue d’engrenage à dents obliques W sur l’axe du cylindre I".
- d, fîg. k et 5, étoiles solidaires avec l’axe du cylindre I', dans les plans des deux poues U et Y.
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- e, appendices articulés sur les extrémités des rais des étoiles et qui viennent s’appuyer sur les surfaces internes des roues U, Y.
- Pour monter une bande de papier sur les cylindres de l’indicateur, on desserre la vis de pression qui sert à fixer la roue dentée W sur l’axe du cylindre I". On arrête, avec de la colle à bouche, une extrémité de la bande sur le pourtour du cylindre I"; puis, en tournant la manivelle M, on enveloppe la bande sur le cylindre. On saisit ensuite la bande par l’autre extrémité, et on la fait passer, en la déroulant, sur le contour du cylindre I', sur le rouleau tendeur D', et l’on va la fixer, avec de la colle à bouche, sur le pourtour du cylindre récepteur I.
- Yeut-on obtenir une série de courbes continues correspondantes à plusieurs évolutions consécutives du piston de la machine, on desserre la vis de pression qui sert à fixer la roue W sur l’axe du cylindre I" et celle qui sert à fixer le barillet avec rochet Y sur l’axe du cylindre récepteur I. On serre la vis de pression c, fig. 4, qui rend solidaire avec son axe le cylindre I'. Alors tout le système des cylindres porte-papier est conduit par la vis sans fin à double filet S, les deux roues dentées U, V munies de leur encliquetage Dobo et le cylindre I'. Afin que, dans ce cas, la bande de papier vienne s’envelopper régulièrement et sans goder, sur le cylindre récepteur I, ce dernier cylindre est commandé par un petit cordon sans fin jeté sur deux poulies dont l’une est alors fixée, par une vis de pression, sur l’axe du cylindre I, et dont l’autre fait système avec l’axe du cylindre I". On voit, fig. 1, la poulie x qui peut être, à volonté, fixée sur l’axe du cylindre I, ou en être rendue indépendante, et le cordon y qui va passer sur la seconde poulie montée sur l’axe du cylindre I".
- Veut-on obtenir une courbe fermée, on desserre la vis de pression c qui fixait le cylindre I' sur son axe, et l’on rend la poulie x folle sur l’axe du cylindre I. On rend, au contraire, par le serrage des vis de pression, la roue W solidaire avec l’axe du cylindre I", et le barillet avec roue à rochet Y solidaire avec l’axe du cylindre récepteur I, et l’on tend à la main le ressort en spirale que contient le barillet Y. Cela posé, c’est maintenant la vis sans fin à simple filet T, qui conduit, par l’intermédiaire de la roue W, tout le système qui reçoit un mouvement circulaire alternatif.
- Avant de commencer les expériences, l’appareil étant garni de papier et mis en place sur le couvercle du cylindre de la machine, on fixe le crayon traceur porté par la tringle A' à une hauteur convenable sur cette tringle, près de la base inférieure des cylindres porte-papier, si l’on opère sur une machine à haute pression et sans condenseur, près de leur base supérieure, si l’on opère sur une machine à très-basse pression et à condenseur, etc. On assujettit, à l’aide de l’écrou et du contre-écrou, la tringle C' dans une position telle que la pointe du crayon traceur porté par cette tringle soit exactement à la même hauteur que celle du crayon traceur de la tringle A', lorsque les deux côtés du piston de l’indicateur sont également pressés par l’atmosphère. On s’assure que les deux crayons tracent alors sur la bande de papier une seule et même ligne.
- Les choses étant ainsi disposées, le crayon de la tringle fixe C' trace, pendant le oours des expériences, la ligne atmosphérique, en même temps que le crayon de la tringle mobile A' trace la courbe des tensions successives de la vapeur.
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- rapport fait par"m. alcan, au nom du comité des arts mécaniques, sur une disposition de montage de métiers a tisser inventée par m. Prosper meynier , de la maison godemard et meynier , de Lyon.
- Le montage d’un métier à tisser les étoffes façonnées relie, comme on le sait, les fils de la chaîne aux transmissions de mouvement qui les doivent faire agir. Soit qu’on l’applique au métier à la tire, à celui de Yaucanson, de Jacquard ou au métier électrique de M. Ronelli, l’exécution reste la même. Son but est la réalisation parfaite d’un dessin, au moyen d’un nombre minimum d’éléments ou, en d’autres termes, un nombre d’éléments étant donné, en obtenir des effets aussi variés, aussi étendus et déliés que possible. Afin de ne pas s’écarter des limites pratiques, le dessinateur est, en général, obligé de faire les entrelacements ou découpures par la réunion de plusieurs fils au même crochet. C’est ce mouvement simultané des fils et leur distribution uniforme qui ne permettent pas toujours d’obtenir la finesse et la variété des effets désirables. Si l’on prend pour exemple une chaîne de 2,000 fils à faire mouvoir par A00 crochets, chacun d’eux recevra 5 fils, et l’étendue des entrelacements ou découpures ne pourra être moindre que l’espace occupé par ces 5 fils. Si, au contraire, ces découpures se font fil à fil, 2,000 crochets deviennent nécessaires. Les lisses auxiliaires qui peuvent rabattre et faire mouvoir une fraction des fils préalablement soulevés par les crochets donnent un même résultat; mais on ne peut, par ces moyens compliqués et dispendieux , produire simultanément, sur une même ligne, des brides et des lisérés de différentes longueurs et, par conséquent, faire varier les apparences de manière à représenter des effets brillants et mats.
- Pour résoudre économiquement ce problème, M. Meynier a modifié la manière d’établir les relations entre les crochets et les maillons par une disposition qu’il nomme collets et arcades de secours.
- Afin de bien établir la différence des deux méthodes, rappelons que, dans le montage ordinaire, chaque crochet ne porte qu’une arcade ou corde et ne fait mouvoir que le nombre de fils passés dans son maillon ; s’il se trouve 5 fils en maillon, chaque mouvement du crochet soulève 5 fils.
- Dans l’application la plus simple du système de M. Meynier, chaque crochet porte trois arcades au moins si on fait le montage par arcades de secours, et une seule si on le fait par collets continus de secours ; dans le
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- premier cas, deux reçoivent les maillons et la troisième met le crochet en communication avec le premier maillon du crochet voisin. Admettant, comme nous l’avons fait déjà, qu’une chaîne soit composée de 2,000 fils et le métier de A00 crochets, chacun d’eux recevra encore 5 fils ; mais, au lieu de les passer ensemble dans un seul maillon, ils seront répartis entre deux, dont l’un recevra trois fils, l’autre deux, et de même pour tout le montage. Il est évident que, si l’on examine deux crochets qui se suivent, le mouvement du premier soulèvera simultanément, 1° les 5 fils contenus dans ses deux maillons ; 2° au moyen de l’arcade de secours, les 3 fils de l’un des maillons du crochet voisin. Un seul crochet peut donc soulever 8 fils sur 10, et l’entrelacement des deux derniers avec la trame former des liages de troiTquarts plus fins que par le procédé ordinaire, ou, à découpures égales, offrir une économie de 75 pour 100 dans le montage; car un de ces fils doit être levé par les lisses de fond. Cette manière de faire présente donc le triple avantage d’une grande économie dans les frais du dessin , dans les matières une grosseur moindre tout en conservant autant de brillant. Les brides et lisérés de longueurs variables qui en sont le résultat, combinés à des découpures étroites, donnent au tissu un aspect nouveau imitant la broderie, et dont les échantillons que la Société a sous les yeux lui peuvent donner une idée.
- M. Mathevon, de Lyon, qui, l’un des premiers, a su apprécier l’importance de ce nouveau montage, nous en a démontré la supériorité remarquable par un dessin tissé d’après les deux méthodes. Quoique la matière fût la même pour les deux étoffes et qu’elles fussent travaillées avec un soin égal, elles ne pouvaient se comparer, tant les moyens de M. Meynier en avaient modifié l’apparence.
- Quant à l’économie principale, deux chiffres suffiront pour la démontrer : une mécanique Jacquard de 100 crochets peut en remplacer une de 900. Le prix des cartons de la première est de 25 fr. le mille ; celui de la seconde, de 00 fr. Soit, en moyenne, pour un dessin de 10,000 cartons; la différence en faveur du nouveau procédé est de 350 fr. La même économie et la même simplification porteraiènt sur les cordes, s’il s’agissait du métier à la tire et sur les électro-aimants du métier de M. Bonelli.
- L’invention de M. Meynier fera époque dans les progrès du tissage, non-seulement par les avantages que nous signalons aujourd’hui, mais encore par la voie nouvelle qu’elle ouvre au montage ; et, pour exprimer notre pensée tout entière, nous croyons que les innovations de cette valeur, promptement appliquées, conserveront à notre pays la supériorité dans les industries textiles. C’est ainsi que la chambre de commerce de Lyon paraît l’avoir compris. De concert avec vingt-cinq des principaux manufacturiers de cette ville,
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- elle a consacré une somme de 50,000 francs à l’acquisition, pour l’industrie lyonnaise seulement, du brevet Godemard et Meynier.
- Nous extrayons du rapport fait à ce sujet à la chambre de commerce de Lyon, par M. Brosset, son président, le passage qui suit : « Considérant qu’il est constant que le procédé dont il s’agit constitue un perfectionnement d’une importance et d’une portée au moins égales à tout ce qui a été fait de plus considérable et de plus pratique pour l’application et l’exploitation de la mécanique Jacquard, et que le prix demandé par les possesseurs du brevet pour l’abandon de leur privilège, quelque élevé qu’il soit, ne saurait être mis en comparaison avec la grandeur et l’étendue des effets qu’on est fondé d’en attendre. »
- Ce témoignage, aussi honorable pour la chambre et pour les industriels qui s’y sont associés que pour l’inventeur, nous autorise à vous soumettre nos conclusions sans les faire précéder d’autres considérations.
- Votre comité des arts mécaniques vous propose, en conséquence, Messieurs, de remercier M. Meynier de son intéressante communication, d’insérer dans votre Bulletin le présent rapport avec les dessins représentant diverses applications du procédé, et d’en adresser un certain nombre d’exemplaires aux chambres de commerce et aux conseils consultatifs, comme une preuve de votre désir de donner à son application toute la publicité qu’elle mérite.
- Signé M. Alcan, rapporteur.
- \àpyprouvé en séance, le 15 novembre 1854.
- description d’un système de montage de métiers a tisser par collets et arcades de secours; par m. Prosper meynier, à Lyon.
- Ce système, en supprimant l’énormité du liage et la régularité des armures par lisses, donne la facilité de modeler le dessin par fil, laisse plus d’éclat, plus de couverture aux trames et donne à l’étoffe un aspect qui dissimule l’économie faite sur les frais de dessin.
- La fig. lre de la pl. 27 représente le dessin, par découpures, d’un crochet, et la disposition avec collets ordinaires et arcades de secours, à cinq fils à la découpure, passés sur lisses.
- Le fond par les lisses, et le dessin par les trames.
- a, maillons, b, crochets portant chacun cinq fils, c, lisses, d, lancé, e, fond, f, arcades de secours, g, arcades ordinaires, dont la première porte le maillon à trois fils; la seconde, le maillon remis à deux fils, qui est réservé pour le liage des trames. La troisième arcade, qui est celle de secours, se réunit à la première arcade du second crochet pour porter le maillon à trois fils de ce second crochet,-et ainsi des autres.
- Fig. 2, dessin par la chaîne et par les trames pour fond lampas. Disposition avec collets doubles de secours à trois branches et arcades ordinaires, six fils à la découpure
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- sur trois maillons à deux fils par un double et un simple ; le simple sur lisses pour envers d’étoffes, les trois maillons envergés sur deux crochets, les trames liées par le fil double.
- L’empoutage est encroisé continu par un maillon remis à deux fils, un double et un simple.
- Le collet, qui est double, garnit le premier et le second crochet.
- Trois arcades pour deux crochets donnent un fil et demi par crochet, et une dégradation de trois maillons pour la découpure.
- Fig. 3, disposition à collets continus de secours avec arcades ordinaires à six fils à la découpure, par un double et un simple; le double sur tringle, et le simple sur lisses.
- Fond double chaîne, dessin par les trames avec liages par fil simple.
- Dessins sur fond lampas, gros de Tours et armures de chaîne, les trames faisant dessin liées par des fils simples.
- Les maillons rayés, porteurs de fils doubles, sont sur tringles.
- Les maillons blancs, porteurs de fils simples, sont sur lisses.
- Le maillon noir du milieu du groupe est seul remis à deux fils par un double et un simple, également sur tringles et lisses.
- Les trois fils doubles doivent être fixés au collet continu, et les fils simples affectés au liage à la branche isolée du collet.
- Au bas de la figure est indiquée la marche régulière de la dégradation par groupe.
- Dans la fig. h, les points noirs indiquent la place des crochets à la planche des collets, et la ligne courbe la marche en lacet des collets continus.
- La fig. 5 représente le dessin par la chaîne et par les trames liées par fil double. On y voit la disposition sur collets doubles et arcades de secours à quatre fils à la découpure, envergés sur deux crochets et passés sur tringles.
- Les collets sont encroisés à leur planche, c’est-à-dire que le premier collet double garnit les premier et troisième crochets, et le second collet double garnit les deuxième et quatrième crochets.
- Chaque collet double porte trois agrafes, dont la première reçoit deux arcades, la seconde une arcade, et la troisième deux arcades; en tout, cinq arcades.
- La découpure est de quatre fils encroisés par un fil.
- D’après cette manière d’encroiser deux collets doubles ou quatre crochets formant un bloc ou deux groupes de quatre fils, il s’agit d’établir la correspondance de bloc à bloc comme elle existe de groupe à groupe, c’est-à-dire du troisième au cinquième fil et du quatrième au sixième.
- Cette correspondance s’établit au moyen de la cinquième arcade de chaque collet double.
- La cinquième du collet double impair se réunit à la planche avec la première du collet double impair suivant, et la cinquième du collet double pair se réunit à la planche avec la première du collet double pair suivant.
- Dans ce genre de montage les rangs pairs des aiguilles ne sont pas retournés.
- h, brides de trame liées par un seul fil. i, dégradation de la découpure.
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- MOULAGE.
- - Fig. 6, dessin pour les trames liées par fil simple. Disposition à collets doubles et à arcades de secours, à six fils triples envergés sur deux crochets, huit maillons et huit arcades ; six maillons sont sur tringles et deux sont sur lisses.
- Le collet est double; l’encroisure se fait à la planche de collets et à celle d’arcades. Le premier collet double impair garnit les premier et troisième crochets ; le premier collet double pair garnit les second et quatrième crochets.
- La première agrafe du collet impair reçoit quatre arcades; la seconde reçoit trois arcades; la troisième reçoit quatre arcades. Il en est de même pour le collet double pair.
- Les quatre crochets forment un bloc ou deux groupes; la correspondance étant établie entre eux, il faut également l’établir de blocs à blocs impairs et de blocs à blocs pairs, par des arcades de secours, pour relever les fils triples et doubles d’une extrémité du bloc, afin de ne laisser en fond que les deux fils simples.
- Dans ce genre de montage les rangs pairs des aiguilles ne sont pas retournés.
- Fig. 7, dessin pour les trames liées par fil simple; fond double chaîne. Disposition à collets doubles et arcades de secours non encroisés, à trois fils triples à la découpure sur six maillons, par un double et un simple, et passés sur tringles ; ce dernier, pour être employé à faire corps ou envers d’étoffe, tandis que le double peut, à l’endroit, faire sergé, satin, cannelé, etc.
- Les collets sont doubles; seize arcades pour les trois arcades du collet double.
- Les grands ronds indiquent les fils doubles, les petits ronds les fils simples non utilisables pour liages, puisqu’ils sont levés par deux arcades. Les points noirs indiquent les fils affectés au liage.
- Les lignes placées au-dessous des ronds marquent la dégradation de la découpure.
- Les rangs des aiguilles ne sont pas retournés. (D.)
- M0UL4GE.
- rapport fait par m. levol, au nom du comité des arts chimiques, sur les objets d’art moulés en zinc par mm. miroy frères, rue d’Angoulême-du-Temple, 10.
- MM. Miroy frères, fabricants de bronzes, à Paris, ont présenté à la Société quelques spécimens d’objets moulés qu’ils fabriquent aujourd’hui sur une assez grande échelle. Ces objets, destinés à imiter les bronzes artistiques, sont en zinc, métal dont la valeur intrinsèque, jointe à la facilité qu’il présente dans le travail, comparativement au bronze, permet de les livrer à un prix qui ne s’élève guère qu’à 50 pour 100 du prix des mêmes objets fabriqués en bronze.
- MM. Miroy opèrent le moulage du zinc par deux méthodes différentes, suivant la grandeur des pièces : pour celles de grandes dimensions, ils ont recours, comme pour le bronze, au moulage en sable à noyau ; ils y emploient le sable vert convenablement préparé : pour les petits modèles,
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- MOULAGE.
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- comme, par exemple, pour les statuettes de 50 à 60 centimètres de hauteur, ils se servent de moules en métal formés de pièces de rapport. On fait ordinairement ces moules en bronze ou en fonte de fer, et, comme ils doivent être fondus, ciselés et ajustés avec le plus grand soin, ils exigent un travail long, difficile, et ils coûtent fort cher. MM. Miroy ont imaginé de les faire en zinc; leurs moules en zinc coûtent moins, sont d’un long service, et permettent d’obtenir un nombre d’épreuves pour ainsi dire illimité , ce qui, par conséquent, présente un grand avantage sur le moulage en sable.
- Pour le plus grand nombre de pièces coulées en moules de zinc, ces messieurs emploient un procédé qui consiste en une véritable décantation et qui paraît avoir été emprunté au moulage de la porcelaine par la méthode de coulage usitée pour les pièces creuses. Pour mettre ce procédé à exécution, les différentes parties du moule étant assemblées, on le monte en bascule et, aussitôt après l’avoir rempli de zfticfondu, on le renverse pour faire écouler de l’intérieur les parties de métal qui ne se sont point encore solidifiées ; à l’aide de cette manœuvre, qui peut être répétée après le temps très-court qui est nécessaire pour dégager le moule et l’assembler de nouveau, on obtient des pièces creuses fort minces et d’un prix peu élevé.
- Le moule n’a pas besoin d’être flambé ; neuf, on l’enduit de plombagine. La première épreuve sert à l’échauffer, et d’ordinaire elle vient défectueuse. Lorsque les moules s’échauffent trop, on les plonge dans l’eau; il s’y produit alors une très-légère couche d’oxyde qui dispense, à l’avenir, de tout emploi de poncif.
- La monture des pièces, qui, à cause de leur forme particulière, ne peuvent être coulées d’un même jet, se fait, et les défauts de fonte, etc., se réparent au moyen de soudures d’étain et plomb.
- Le bronzage s’exécute par les procédés ordinaires, après que les pièces ont reçu à leur superficie une application galvanique de cuivre ou de laiton, et l’on parvient ainsi à communiquer au zinc les aspects variés que peut présenter le bronze lui-même.
- En résumé, la fabrication des objets moulés en zinc se produit chez MM. Miroy avec succès, dans les meilleures conditions possibles pour arriver au bon marché, et les différents ateliers oü la fonte, la ciselure, la monture, le bronzage, etc., etc., s’exécutent, nous ont paru établis avec soin et intelligence. En conséquence, nous avons l’honneur de proposer à la Société de remercier ces messieurs de leur intéressante communication et d’insérer le présent rapport dans son Bulletin.
- Signé Le vol , rapporteur.
- Approuvé en séance, le 15 novembre 1854.
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- ÉCOLES INDUSTRIELLES.
- rapport fait par m. benoît , au nom du jury d’examen, sur les candidats aux écoles impériales d’arts et métiers de Châlons et d’Angers.
- Messieurs, M. le ministre de l’agriculture, du commerce et des travaux publics a informé la Société que trois des bourses entières dont elle dispose dans les écoles d’arts et métiers de Châlons et d’Angers seraient vacantes cette année. En conséquence, votre commission d’examen des candidats inscrits dans vos bureaux, composée de MM. Amédée-Durand, Benoît, Cler-get, Priestley et Silbermann, s’est réunie les 11, 12, 13., IL, 15, 21 et 23 septembre, pour procéder aux examens prescrits par les instructions ministérielles et au classement des candidats par ordre de mérite.
- Les inscriptions étaient primitivement au nombre de cinquante-cinq, mais cinq candidats, appartenant à l’institution de M. Chevalier, à Argenteuil, ayant été admis par le jury du département de Seine-et-Oise, la liste d’inscription s’est trouvée réduite d’autant. Quelques autres jeunes gens, soit par des motifs semblables, soit pour toute autre cause, n’ont pas répondu aux lettres de convocation, de sorte que le nombre de candidats présents à la réunion du 11 septembre n’a été que de trente et un.
- La commission a procédé, comme celle de l’année dernière, à un classement provisoire, d’après les notes données à chaque candidat, pour l’instruction littéraire, pour le dessin, pour le travail manuel et pour les problèmes d’arithmétique et de géométrie. Le chiffre le plus haut que ces connaissances peuvent faire obtenir est 84, d’après la notation prescrite, et les candidats qui mériteraient avec ce nombre le chiffre maximum 28, pour l’examen oral d’arithmétique et de géométrie, réuniraient le chiffre total 112, maximum de l’examen sur toutes les matières exigées. Un aussi heureux résultat n’est que très-rarement atteint; mais, si les jeunes gens qui arrivent au chiffre total 80 ont fait d’assez bons examens, comme le chiffre 6-4 correspond à des examens médiocres, il est évident que le concurrent qui n’aurait obtenu, au classement provisoire , qu’un chiffre inférieur à 36 ne pourrait atteindre le chiffre 64 qu’en faisant les meilleurs examens possibles d’arithmétique et de géométrie, afin de mériter le complément 28, nécessaire pour cela. On peut donc, sans inconvénient, se dispenser de faire subir l’examen oral aux jeunes gens qui n’ont réuni que 40 points dans le classement provisoire mentionné.
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- D’après cette règle admise par la commission,' douze candidats avaient été appelés à cet examen; mais, par suite d’une irrégularité commise par des concurrents, dans l’épreuve consistant à résoudre les deux problèmes d’arithmétique et de géométrie, prescrite par le programme ministériel, la commission a annulé la partie du concours dont il s’agit, et a décidé qu’elle serait recommencée. Le résultat de cette nouvelle épreuve a été de faire admettre à l’examen oral de mathématiques sept autres candidats, et c’est à cette circonstance qu’est dû le nombre insolite de réunions de votre commission.
- Le classement, par ordre de mérite, des candidats qui ont réuni plus de 6L points, justifié par les nombres inscrits dans les colonnes du tableau dé-
- finitif, est le suivant Montandon, Cheneau, Dehertogh, Gillet,
- Labille,
- Lebrun,
- Darvogne,
- Bessières,
- Bonjour,
- Bilbaut.
- Votre commission m’a donc chargé 1° de vous proposer les candidats Montandon, Cheneau et Dehertogh pour occuper les trois places à bourse entière, vacantes, dont la Société dispose ; 2° de déclarer les sept autres candidats admissibles aux frais de leurs parents ; 3° dans le cas oü quelques-uns des trois premiers candidats, par une cause quelconque, n’accepteraient pas les places qu’ils ont méritées, d’en faire jouir les candidats suivants, dans l’ordre de leur inscription.
- Avant de terminer ce rapport, je dois encore vous prier de prendre en considération un vœu unanime de la commission d’examen. Attendu que le nombre de candidats inscrits dans vos bureaux s’élève de plus en plus chaque année, la commission pense qu’il serait convenable de faire des démarches auprès du gouvernement pour obtenir que des places à l’école d’arts et métiers d’Aix fussent mises à la disposition de la Société, et lui donnassent ainsi le moyen de récompenser des jeunes gens méritants, qu’elle a toujours le regret de ne pouvoir déclarer admissibles qu’aux frais de parents que le défaut de fortune met trop souvent dans l’impossibilité de profiter de cette décision.
- Enfin, vu les circonstances fâcheuses qui se sont produites cette année, à l’occasion des examens dont je viens de vous rendre compte, la commission vous propose de faire insérer le présent rapport dans le Bulletin de la Société.
- Signé Benoît, rapporteur.
- Approuvé en séance, le 18 octobre 1854.
- Tome Ier. — 53e année. 2e série. — Décembre 1854. 93
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- DORURE.
- l/entrée aux écoles impériales d’arts et métiers étant fixée au 1er octobre de chaque année, le bureau, avant cette époque, avait transmis à M. le ministre de l’agriculture, du commerce et des travaux publics la liste des candidats dans l’ordre d’admissibilité; par la lettre suivante de M. le ministre, la Société verra, avec intérêt, que, sur dix candidats, sept sont devenus titulaires , à différents titres, de bourses dans les écoles de Châlons et d’Angers.
- Lettre de M. le ministre de Vagriculture, du commerce et des travaux publics, adres' sée à M. le président de la Société d'encouragement pour Vindustrie nationale, relativement aux candidats présentés par cette Société pour les écoles d’arts et métiers de Châlons et d’Angers.
- Paris, le 28 septembre 1854.
- Monsieur le président,
- J’ai reçu la liste des candidats dressée par le jury d’examen de la Société d’encouragement à la suite du concours ouvert pour trois bourses entières vacantes dans les écoles impériales d’arts et métiers de Châlons et d’Angers.
- Conformément aux propositions renfermées dans cette liste, les candidats Montan-don ( Henri-Julien ) et Cheneau ( Emile-François ) sont nommés titulaires de bourse entière, chacun à l’école impériale d’arts et métiers de Châlons. Le candidat Dehertogh, désigné en troisième lieu, a déjà obtenu, par la voie d’un autre concours, une bourse entière ministérielle à la même école. J’ai décidé, en conséquence, que le jeune Gillet ( Henri-Alfred), quatrième candidat désigné, serait appelé à jouir de la bourse entière de la Société d’encouragement à l’école impériale d’arts et métiers d’Angers. Les parents des élèves recevront directement l’avis de ces nominations.
- Les candidats Labille, Lebrun et Darvogne ont été admis à l’école de Châlons ou d’Angers d’après les documents transmis par la préfecture de la Seine. Il en est de même de Gillet qui avait été nommé pensionnaire. Quant aux trois derniers figurant sur votre liste, ils n’ont pu être compris dans les arrêtés de nomination.
- Recevez, monsieur le président, l’assurance de ma considération très-distinguée.
- Pour le ministre :
- Le conseiller d’Etat, directeur général de l’agriculture et du commerce.
- Signé Heurtier.
- DORURE.
- DORURE ET ARGENTURE SUR TOUS LES MÉTAUX SANS LE SECOURS DE LA PILE; par MM. PEYRAUD et MARTIN.
- Ce procédé, qui est une véritable dorure au pinceau, s’exécute à froid et s’applique aussi à l’argenture et à tous les métaux sans distinction; se faisant à la main, il per-
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- VERNIS.
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- met à l’opérateur de répartir d’une manière égale la couche d’or ou d’argent. De plus, il présente l’avantage très-important de permettre de dorer certaines parties d’un objet tandis qu’on en argenterait d’autres, produisant de la sorte des dessins très-variés.
- Après avoir galvanisé, par les procédés ordinaires, les objets à dorer, on les recouvre au pinceau d’une couche d’or ou d’argent préparée de la manière suivante :
- Pour 1 application de l’or, on mélange dans une capsule 10 grammes d’or laminé, 20 grammes d’acide muriatique et 10 grammes d’acide nitrique. On fait évaporer ce liquide en plaçant la capsule sur un feu modéré et en remuant continuellement avec un tube de verre jusqu’à ce que l’or ait passé à l’état de chlorure ; on laisse ensuite refroidir, puis on dissout dans 20 grammes d’eau distillée.
- Cela fait, on prépare une dissolution de 00 grammes de cyanure de potassium dans 80 grammes d’eau distillée, et on mélange ce liquide avec le précédent dans un flacon que l’on a soin de remuer pendant vingt minutes. On filtre ensuite le mélange.
- Enfin on mêle 100 grammes de blanc d’Espagne sec et tamisé avec 5 grammes de crème de tartre pulvérisée.
- On délaye cette poudre mélangée dans une certaine quantité du liquide ci-dessus décrit, de manière à en former une bouillie assez épaisse pour pouvoir l’étendre au pinceau sur l’objet à dorer.
- 11 suffit alors de laver l’objet ainsi recouvert en le nettoyant avec une brosse grossière pour en enlever la poudre, et l’opération est terminée.
- Quant à l’argenture, les auteurs procèdent ainsi qu’il suit :
- Ils font dissoudre 10 grammes de nitrate d’argent dans 50 grammes d’eau distillée, puis 25 grammes de cyanure de potassium dans 50 grammes d’eau distillée; on mélange les deux liquides.
- Enfin on mêle 100 grammes de blanc d’Espagne tamisé avec 10 grammes de crème de tartre pulvérisée et 1 gramme de mercure.
- Les inventeurs se servent de cette poudre et du liquide correspondant de la même manière que pour la dorure. ( Génie industriel, septembre 1854. )
- VERNIS.
- NOUVEAU VERNIS ; par M. HYDE.
- On prend de l’huile de lin que l’on met dans un vase de fer ou de cuivre ayant un couvercle bien ajusté. Le vase ne doit être rempli qu’à moitié; on le place sur le feu et on fait bouillir pendant trois heures environ. Au bout de ce temps, on allume l’huile et on la laisse brûler pendant dix minutes à peu près, afin quelle prenne une certaine consistance. On éteint la flamme, et on met le couvercle que l’on fixe solidement à l’aide d’un poids. Après quinze minutes, on prend des essais. Si la matière a suffisamment de consistance pour ne pas couler sur un morceau de verre, elle est assez cuite; sinon, il faut la traiter comme pour lui faire acquérir la consistance
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- ROUES.
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- nécessaire. On laisse refroidir le vase toujours fermé et, quand la température du contenu est tombée à 25 ou 30° C., on ajoute de l’essence de térébenthine en quantité suffisante pour que la masse puisse s’appliquer à la brosse ; on passe le tout à travers une chausse en flanelle.
- Ce vernis peut s’appliquer sur tous les objets en bois, en métal et en papier mâché ; il doit être fixé par la chaleur en plaçant les objets dans un four. Il protège les objets en fer et en fonte contre l’oxydation.
- On peut, par une addition de matières, lui donner d’autres couleurs que la couleur brune qu’il a naturellement.
- (.Description des brevets d’invention, tome XIY, 21 février 1849.)
- ROUES.
- ROUES EN FER POUR LES VOITURES DES CHEMINS DE FER; par M. CAVÉ.
- Le nouveau système de roues imaginé par l’auteur consiste dans la suppression entière des rais ou bras et dans l’application de la tôle de fer pour réunir la jante au moyeu. Cette substitution a l’avantage de rendre la roue complètement solidaire comme si elle était d’une seule et même pièce, en ne laissant aucun vide comme cela a lieu avec les rayons, et par suite en ne formant pas ces courants d’air qui occasionnent des résistances plus ou moins considérables et entraînent souvent beaucoup de poussière nuisible aux voyageurs.
- Les roues construites d’après le système de M. Cave exigent moins de main-d’œuvre, à égalité de dimension, que toutes celles exécutées jusqu’à présent soit pour le matériel roulant des chemins de fer, soit pour toute espèce de voitures en usage sur les routes ordinaires. Les proportions des différentes parties qui les composent sont telles, que leur poids total n’est pas augmenté.
- Pour construire ces roues, on découpe deux feuilles de tôle de même dimension, suivant un cercle évidé par le centre; on les emboutit pour leur donner une forme légèrement convexe, puis on les rive d’une part au moyeu de la roue qui est en fonte ou en fer, et de l’autre à la circonférence intérieure du cercle ou de la jante qui est en fer corroyé et laminé.
- Cet assemblage a lieu avec une grande facilité, parce que d’un côté on a ménagé à l’extérieur du moyeu un rebord circulaire sur les deux parois duquel on applique les rebords intérieurs des deux feuilles en tôle, et que de l’autre côté on fait aussi venir à la jante une saillie intérieure sur les deux faces de laquelle s’appliquent de même les bords des deux feuilles qui, comme le moyeu et le cercle, ont été préalablement percées du nombre de trous nécessaire pour recevoir les rivets.
- Sur cette jante s’ajuste, comme à l’ordinaire, un bandage en fer qui a la forme voulue et que l’on y retient par un certain nombre de goujons rivés, de vis ou de boulons. ( Génie industriel, octobre 1854. )
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- IMPRESSION.
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- IMPRESSION.
- NOUVEAU PROCÉDÉ D’iMPRESSION DES TISSUS IMITANT LA BRODERIE; par M. PERROT.
- Cette invention, pour laquelle l’auteur s’est fait breveter en 1852, consiste dans un mode d’impression de dessins à l’aide d’un mastic flexible et résistant au lavage, sur lequel on fixe un duvet de tontisse ou tonture de laine, de coton, de soie, etc., blanc ou teint de la couleur qu’on veut obtenir.
- Le mastic est composé de gutta-percha blanchie au chlore d’abord, puis dissous dans le sulfure de carbone ou l’huile de caoutchouc, ou bien encore dans l’huile de naphte ou l’essence de térébenthine, et mêlé ensuite à un peu de poudre de la couleur de la broderie.
- L’impression de ce mastic se fait avec la gravure en relief ou la gravure en creux, ainsi que l’impression ordinaire des tissus ; seulement, lorsque le tissu est assez clair pour que le mastic le puisse traverser, on recouvre le doublier, sur lequel il est placé, d’une couche de tonture qui veloute immédiatement l’envers de l’impression.
- Aussitôt imprimé, le tissu passe dans une caisse où il est recouvert d’une couche de tonture.
- Pour prévenir l’élargissement des parties du dessin résultant de l’affinité du tissu pour les dissolvants de gutta-percha, il est important, à moins d’employer le mastic très-épais, de faire subir un apprêt préalable au tissu. Une eau tenant en dissolution un peu de gomme ou d’amidon forme un apprêt convenable. Pour retarder, suivant la marche de l’impression, la dessiccation du mastic, l’auteur ajoute à celui-ci de l’huile de naphte ou de l’essence de térébenthine.
- Voici les dispositions adoptées par M. Perrot pour imprimer au rouleau.
- Au-dessus du rouleau gravé très-profondément, est placée une auge ouverte contenant le mastic. Chacun des côtés longitudinaux de cette auge est terminé inférieurement par une racle; les petits côtés extrêmes de l’auge, faits en tissu élastique imperméable, s’appliquent, ainsi que les deux racles, sur le rouleau gravé et s’opposent à la perte du mastic.
- Le doublier arrive entre le rouleau gravé et le rouleau presseur dans la situation horizontale, afin de recevoir la couche de tonture qui lui est délivrée par un tamis placé au-dessus. Le tissu descend verticalement jusqu’au niveau du doublier recouvert de tontisse , et là il s’engage, à une petite distance du rouleau gravé, sous un rouleau qui le rend parallèle au doublier avec lequel il passe entre le rouleau gravé et le presseur recouvert de drap. Aussitôt imprimé, le tissu arrive dans la caisse à velouter, où il reçoit une couche de tonture dont l’adhérence est favorisée par de vives secousses.
- Quand on veut avoir des jours dans la broderie, l’impression en fournit encore le moyen. En effet, on sait que les rongeants, lorsqu’ils sont employés trop forts, brûlent les indiennes et y font des trous; c’est donc de ces rongeants qu’il faut faire usage. La
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- TEINTURE.
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- liqueur des Hollandais peut être employée avec succès; on peut ajouter une dissolution de caoutchouc à celle de gutta-percha dans la composition du mastic.
- Au lieu de tonture ou tontisse, on peut déposer, sur le mastic, des poudres quelconques, telles que des poudres métalliques, laques de diverses couleurs, etc., et produire ainsi des effets nouveaux; mais, au lieu de les déposer immédiatement sur les tissus imprimés avec la dissolution de gutta-percha, on peut laisser sécher l’impression, mais alors il faut chauffer le tissu jusqu’à amollissement de la gutta-percha pour y faire adhérer les poudres.
- En opérant ainsi, il est facile de déposer plusieurs impressions ordinaires sur le tissu, en même temps que l’impression de gutta-percha.
- Dans l’impression des étoffes de laine, les tissus couverts de gutta et de diverses couleurs peuvent être passés à la vapeur pour opérer le fixage à la manière ordinaire. L’amollissement de la gutta-percha pour y faire adhérer les poudres peut être obtenu en faisant passer le tissu imprimé sur un cylindre ou une plaque chaude pendant qu’un excès de poudre mis en contact avec l’impression permet à la gutta-percha amollie de se couvrir, On obtient ainsi le double avantage de faire sécher l’impression ordinaire en même temps que la chaleur amollit la gutta-percha!
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- PROCÉDÉS POUR DONNER AUX TISSUS ET AUX FILS TEINTS OU IMPRIMÉS UN APPRÊT ET UN LUSTRE MÉTALLIQUES ; par MM. EDWARD SCHISCHKAR et CRACE-CALVERT.
- Les procédés que MM. Edward Schischkar et Crace-Calvert ont fait breveter en Angleterre le 6 janvier 1854 sont basés sur la décomposition, par l’hydrogène sulfuré, de certains sels ou oxydes métalliques, tels que ceux de cuivre, de plomb et de bismuth; ils s’appliquent aux tissus et aux fils de soie, de laine, ou d’un mélange de ces deux matières.
- Il y a deux manières d’opérer, suivant que l’on veut imprégner le tissu d’un sel soluble ou d’un sel insoluble. Supposons que l’on veuille employer le sulfate de cuivre : on fait une dissolution aqueuse de ce dernier sel, et on y plonge l’étoffe quelques minutes, si elle est peu épaisse et si elle peut supporter une certaine élévation de température ( environ 200 degrés Fahren.) ; s’il n’en est pas ainsi, et si, à cause des couleurs dont l’étoffe est recouverte, on doit opérer à froid, le contact doit être prolongé pendant trois heures. On peut par une action mécanique, par l’agitation, rendre l’incorporation du sel plus complète.
- Au sortir de ce bain, l’étoffe est passée entre deux cylindres, ou placée sous une presse, où elle subit une pression considérable, qui lui enlève, autant que possible, l’excès de sel de cuivre qu’elle contient; on la lave ensuite à l’eau, puis on la soumet à la presse de nouveau. Ce dernier lavage doit être exécuté rapidement, de manière à n’enlever que l’excès de sel sans toucher à celui qui s’est combiné avec les fibres du
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- tissu. Si l’on veut recouvrir ce dernier d’un oxyde métallique, on le passe, après l’avoir imprégné du sel soluble, dans un bain alcalin qui précipite , sur le tissu même, l’oxyde de cuivre, de bismuth ou de plomb. Si l’on veut employer le sulfate de plomb, on imprègne l’étoffe d’un sel soluble de cette base, puis on la plonge dans un bain d’acide sulfurique. Tous ces détails peuvent s’appliquer aussi bien aux étoffes imprimées qu’aux étoffes teintes; il suffit, pour cela, de faire des réserves au moyen de cylindres gravés.
- Les étoffes, ou les fils, après avoir été imprégnés ainsi d’un sel ou d’un oxyde métallique, sont soumis à un courant de vapeur d’eau chargée d’hydrogène sulfuré, dans un vase clos; ils acquièrent, par cette opération, un lustre, un brillant métallique très-remarquable. Il faut avoir soin, dans ces divers traitements, de choisir ceux qui conviennent le mieux aux tissus dont on s’occupe, et ne peuvent, en rien, attaquer les couleurs dont ils sont recouverts. t(Repertory of patent inventions, septembre 1854, p. 236.)
- AUTRE PROCÉDÉ POUR APPRÊTER LES TISSUS; par M. THOMAS IRVING.
- L’invention de M. Thomas Irving, dont le but est le même que celui de la précédente, consiste dans l’emploi des sels solubles d’étain, de zinc et d’argent, conjointement avec des cyanures et un courant de vapeur d’eau. Ce procédé s’applique surtout aux étoffes de laine, et à celles mélangées de laine et coton; on en obtient les meilleurs effets en prenant des étoffes teintes préalablement. Si le métal que l’on veut employer pour donner à ces dernières un lustre et une brillante apparence est l’étain, par exemple, on opère de la manière suivante : on recouvre l’étoffe ou le fil avec une solution de stannate de potasse ou de soude, puis on les fait passer dans un bain de cyanure d’étain ; ces opérations se font à une température de 140 degrés Fahrenheit environ. On les soumet ensuite à l’action de la vapeur dans un vase clos, chauffé de façon que cette dernière ne puisse se condenser. Cette opération doit durer de vingt à trente minutes.
- Le tissu est ensuite lavé et séché ; dans certains cas, il est avantageux de le passer, au sortir du cyanure d’étain, dans un bain de sulfate de soude. Le brillant que prend l’étoffe est proportionné à la concentration des liqueurs. On peut aussi le passer d’abord dans du sulfate ammoniacal de zinc, puis dans du cyanure d’étain. ( Reperlory of patent inventions, septembre 1854, p. 246. )
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- APPAREILS A VAPEUR.
- APPAREILS A VAPEUR.
- ORDONNANCE DE M. LE PRÉFET DE POLICE CONCERNANT LES APPAREILS A VAPEUR.
- Paris, le il novembre 1854.
- Nous, préfet de police,
- Considérant que la fumée des usines où l’on fait usage d’appareils à vapeur donne journellement lieu à de vives réclamations ;
- Que cette fumée obscurcit l’air, pénètre dans les habitations, noircit la façade des maisons et des monuments publics, et constitue une cause très-grave d’incommodité et d’insalubrité pour le voisinage;
- Qu’il importe, dès lors, de faire cesser un semblable état de choses, à une époque surtout où la ville et le gouvernement font des sacrifices considérables pour l’embellissement de Paris et de ses environs , et où l’on s’occupe , avec tant de sollicitude, de l’assainissement des maisons et de la propagation des meilleures règles d’hygiène et de salubrité ;
- Considérant qu’il existe plusieurs moyens pratiques et connus de brûler la fumée dans les fourneaux des appareils à vapeur par la combustion de la houille ; que l’expérience a démontré que ces moyens peuvent facilement et à peu de frais être appliqués aux usines actuellement existantes; que, d’un autre côté, l’emploi des houilles sèches et du coke est souvent économique et ne donne lieu qu’à très-peu de fumée ;
- Considérant, d’ailleurs, que les appareils à vapeur n’ont été généralement autorisés qu’à la condition de ne pas produire une fumée incommode pour le voisinage et qu’en outre les propriétaires des usines sont tenus, aux termes mêmes de leurs permissions, de se conformer à toutes les conditions que l’administration juge convenable de leur prescrire dans l’intérêt de la salubrité ;
- Vu 1° les lois des 14 décembre 1789 ( art. 50 ) et 16-24 août 1790, les arrêtés du gouvernement des 12 messidor an VIII et 3 brumaire an IX;
- 2° Le décret du 15 octobre 1810 et l’ordonnance royale du 14 janvier 1815 concernant les établissements dangereux, insalubres ou incommodes ;
- 3° L’ordonnance royale du 22 mai 1843 concernant les machines et chaudières à vapeur, et l’instruction ministérielle du 23 juillet suivant ;
- 4° L’article 471, paragraphe 15 du code pénal;
- 5° Les rapports des conseils d’hygiène publique et de la salubrité du département de la Seine, et notamment celui du 9 juin 1854,
- Ordonnons ce qui suit :
- Art. 1er. Dans le délai de six mois, à partir de la publication de la présente ordonnance, les propriétaires d’usines où l’on fait usage d’appareils à vapeur seront tenus de brûler complètement la fumée produite par les fourneaux de ces appareils, ou d’alimenter ces fourneaux avec des combustibles ne donnant pas plus de fumée que le coke ou le bois.
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- FOSSES DAISANCES.
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- Art. 2. Les contraventions aux dispositions qui précèdent seront déférées aux tribunaux compétents, sans préjudice des mesures administratives qu’il y aurait lieu de prendre suivant les cas.
- Art. 3. Les sous-préfets des arrondissements de Sceaux et de Saint-Denis, les maires et les commissaires de police des communes du ressort de la préfecture de police, l’ingénieur en chef des mines chargé du service spécial des appareils à vapeur, le chef de la police municipale, les commissaires de police de Paris, l’inspecteur général de la salubrité, l’architecte-commissaire de la petite voirie et les préposés de la préfecture de police sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de tenir la main à l’exécution de la présente ordonnance, qui sera imprimée et affichée (1).
- Le préfet de police,
- Signé Pietri.
- FOSSES D’AISANCES.
- ORDONNANCE CONCERNANT LA DÉSINFECTION DES MATIÈRES CONTENUES DANS LES FOSSES
- d’aisances et l’écoulement des eaux vannes aux égouts.
- Paris, le 29 novembre 1854.
- Nous, préfet de policé,
- Vu 1° les ordonnances de police des 12 décembre 1849 et 8 novembre 1851, concernant la désinfection des matières contenues dans les fosses d’aisances de la ville de Paris ;
- 2° Le décret du 10 mars 1852;
- 3° La loi des 16-24 août 1790 et les arrêtés du gouvernement des 12 messidor an VIII et 3 brumaire an IX;
- 4° Les rapports du conseil d’hygiène publique et de salubrité du département de la Seine, et notamment ceux du 19 mai 1854 ;
- Considérant que, par suite d’expériences déjà anciennes et suffisamment répétées, il est reconnu qu’on peut désinfecter rapidement et économiquement les matières contenues dans les fosses d’aisances ; qu’en outre il est aujourd’hui démontré que cette désinfection peut être assez complète pour que les matières liquides, extraites des fosses, soient écoulées dans les égouts sans inconvénient ; que la division des matières dans les fosses fixes ou mobiles est peu coûteuse à établir, qu’elle est tout entière dans l’intérêt du propriétaire, et qu’elle permet d’obtenir une désinfection plus prompte et plus complète ;
- Considérant enfin qu’il importe d’encourager les systèmes qui tendent, d’une part,
- (1) Nous donnerons, dans un prochain numéro du Bulletin, une notice sur les procédés, appareils et documents relatifs à la suppression de la fumée s’élevant des fourneaux industriels.
- Tome Ier. — 53e année. 2e série. — Décembre 1854.
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- FOSSES DAISANCES.
- à prévenir toutes causes d’insalubrité sur la voie publique, et, d’autre part, à faire disparaître les inconvénients que présente la vidange des fosses;
- Que, à ces différents points de vue, l’écoulement direct et souterrain des eaux vannes dans les égouts complétera les améliorations apportées déjà dans cette partie du service ;
- Vu la délibération de la commission municipale de Paris en date du £0 décembre 1850, approuvée par M. le ministre de l’intérieur,
- Ordonnons ce qui suit :
- Art. 1er. Il est expressément défendu de procéder à l’extraction et au transport des matières contenues dans les fosses d’aisances, avant que la désinfection en ait été complètement opérée.
- Il devra être procédé à cette désinfection, autant que possible, dans la nuit qui précédera l’extraction des matières, et toujours dans les limites de temps fixées par les règlements pour la vidange des fosses, sauf les exceptions que nous jugerons convenable d’autoriser.
- Art. 2. Tout entrepreneur de vidange devra nous faire connaître son procédé de désinfection, et ne pourra l’employer qu’après que ce procédé aura été approuvé par nous, sur l’avis du conseil de salubrité.
- Art. 3. Les matières liquides désinfectées provenant des fosses à proximité des égouts ne pourront être écoulées dans ces égouts, lors de la vidange, qu’au moyen d’une conduite souterraine préalablement autorisée par M. le préfet de la Seine.
- L’administration déterminera les conditions dans lesquelles cette conduite devra être établie pour prévenir tout écoulement qui ne serait point autorisé par la préfecture de police.
- Ces dispositions seront obligatoires après la première vidange qui suivra la publication de la présente ordonnance.
- Partout où il serait impossible d’établir une conduite souterraine, les matières liquides désinfectées pourront être écoulées au moyen d’un tuyau aboutissant à la bouche de l’égout le plus voisin.
- Si l’éloignement de l’égout ou toute autre circonstance ne permet pas ce mode d’écoulement, les liquides seront transportés au dépotoir.
- Les liquides des fosses pourront encore, à mesure de leur production, être écoulés directement et d’une manière permanente dans les égouts, au moyen d’une conduite souterraine, à la charge, par les propriétaires, de se pourvoir des autorisations nécessaires et de se conformer à toutes les conditions qui leur seront prescrites pour que ce mode d’écoulement n’ait aucun inconvénient, soit pour la salubrité, soit pour le service des égouts.
- Art. 4. Tout entrepreneur qui voudra faire écouler les liquides dans les égouts devra , préalablement, nous en faire la déclaration, en prenant l’engagement de payer à la ville, conformément à la délibération ci-dessus visée, 1 fr. 25 c. par mètre cube de matières solides ou liquides extraites des fosses; il devra se soumettre, en outre, à toutes les conditions qui lui seront imposées pour l’opération dont il s’agit.
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- FOSSES D’AISANCES.
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- Art. 5. Les entrepreneurs qui feront écouler les liquides dans les égouts pourront transporter les matières solides dans des locaux autorisés, où elles seront de nouveau désinfectées, s’il est nécessaire, de manière que la désinfection soit permanente, à défaut de quoi les matières seront enlevées et portées à Bondy, à la diligence de l’autorité et aux frais du contrevenant.
- Art. 6. Quand les liquides ne seront point écoulés dans les égouts, ils devront, ainsi que les matières solides extraites de la même fosse, être transportés au dépotoir ou au port d’embarquement de la Villette, jusqu’à ce qu’il en soit autrement ordonné, et sauf, d’ailleurs, les exceptions que nous jugerions convenable d’autoriser, dans l’intérêt de l’agriculture ou de l’industrie.
- Art. 7. Les fosses mobiles continueront à être disposées de telle sorte que la séparation des matières solides et liquides s’opère dans ces fosses ainsi qu’il a été prescrit par l’ordonnance précitée du 8 novembre 1851.
- Les fosses en maçonnerie devront également, lors de la première vidange, recevoir les dispositions ou appareils nécessaires, pour y assurer la séparation prescrite pour les fosses mobiles.
- Ces mêmes dispositions devront être immédiatement observées lors dé la construction des fosses neuves.
- Art. 8. Il est expressément interdit d’attendre que la fosse soit pleine pour en opérer la vidange; on devra toujours laisser au moins le vide nécessaire pour l’introduction et le brassage des matières désinfectantes.
- L’ouverture d’extraction de toute fosse, après la vidange, devra, jusqu’à fermeture définitive, être tenue couverte de manière à prévenir les accidents, et ce par les soins du propriétaire.
- Art. 9. Les ordonnances et arrêtés des 5 et 6 juin 183k, 23 septembre 1843, 26 janvier 1846, 24 mai et 12 décembre 1849 continueront de recevoir leur exécution en tout ce qui n’est pas contraire aux dispositions qui précèdent.
- Art. 10. L’ordonnance de police du 8 novembre 1851 est rapportée.
- Art. 11. Les contraventions à la présente ordonnance seront constatées par des procès-verbaux ou rapports, conformément aux lois et règlements, sans préjudice des mesures administratives qui pourront être prises contre les contrevenants, notamment le retrait temporaire ou définitif de l’autorisation des entrepreneurs.
- Art. 12. La présente ordonnance sera publiée et notifiée aux entrepreneurs de vidange.
- Le chef de la police municipale, les commissaires de police de Paris, l’inspecteur général de la salubrité et les officiers de paix en surveilleront et assureront l’exécution, chacun en ce qui le concerne.
- , Le préfet de police,
- Signé Pietri.
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- SÉANCES DU CONSEIL D ADMINISTRATION.
- SÉANCES DU CONSEIL D'ADMINISTRATION.
- PROCÈS-VERBAUX.
- Séance du 29 novembre 1854.
- M. Dumas, président, occupe le fauteuil.
- Le procès-verbal de la séance précédente est lu et approuvé.
- Correspondance. M. Régnault, chef de la traction du chemin de fer de Paris à Saint-Germain, soumet à la Société divers appareils de télégraphie électrique qu’il a combinés pour l’exploitation des chemins de fer à simple voie.
- M. Régnault joint à sa lettre un livret de chemin de fer dont les planches gravées indiquent les divers systèmes d’appareils.
- MM. Castets et Muller, rue de la Madeleine, 55, adressent un paquet cacheté contenant la description de leur système de chauffage fumivore.
- Le dépôt est accepté.
- M. Foucault, rue de Harlay, 4, appelle l’attention de la Société sur un nouveau système de siphon dont il dépose les modèles.
- M. Parceint, rue de Charonne, 9, sollicite l’examen d’un système atmosphérique remplaçant la vapeur et propre à la propulsion et à la locomotion au moyen de l’air comprimé.
- M. Gaiewski, horloger-mécanicien, àCorbeil, présente un appareil de son invention servant de compteur pour le nombre de bennes ou de waggons sortis d’un puits de mines dans le courant de plusieurs journées.
- MM. Grangoir père et fils, serruriers-mécaniciens, rue Sainte-Appoline, 22, demandent que la Société veuille bien faire examiner divers perfectionnements qu’ils ont ajoutés aux serrures à lames et à pompe, et qu’ils appellent serrures à gardes mobiles.
- MM. Durand frères, tanneurs, rue de Lourcine, 7, annoncent avoir découvert des moyens d’améliorer et d’abréger la fabrication des cuirs forts pour semelles.
- M. Castets, à Puteaux, dépose un paquet cacheté contenant la description de ses travaux sur la production artificielle de la quinine.
- Le dépôt est accepté.
- M. Antoine Sey, à Figuières, en Espagne, fait connaître qu’il est auteur d’un appareil propre à appliquer le collodion sur verre.
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- M. Lussereau, mécanicien de la maison impériale de Charenton, présente un petit instrument propre à nettoyer les peignes à cheveux.
- MM. Froment-Meurice, Odiot, Thouret, Gueyton et Wisset, orfèvres, à Paris, rappellent que, le 10 août dernier, M. Bouilhet a sollicité de la Société d’encouragement l’examen d’un procédé ayant pour objet de donner à une pièce d’orfèvrerie ou de cuivre reproduite par la galvanoplastie l’apparence et la solidité d’une pièce venue de fonte ; ils citent des faits tendant à prouver que, longtemps avant le brevet pris par M. Bouilhet, ce procédé était employé depuis qu’on fait de l’estampage, de la fonte, du repoussé ou de la galvanoplastie.
- Ces messieurs demandent que la Société veuille bien faire constater que dans leurs ateliers le procédé revendiqué par M. Bouilhet est généralement appliqué et pratiqué.
- M. Brossard, agriculteur, à Grojat, près Sarlat (Dordogne), adresse un mémoire pour le concours relatif au traitement de la maladie de la vigne.
- MM. Tolhausen et Gardissal adressent les deux premiers volumes de leur Dictionnaire technologique, en trois langues.
- M. Guilmer dépose plusieurs épreuves de son procédé d’impression polychrome par un seul encrage.
- M. Rousseau, pharmacien, à Rennes, appelle l’attention de la Société sur un procédé de traitement des blendes cadmifères et argentifères qui permet d’obtenir le cadmium à l’état de sulfate et le zinc à l’état d’oxyde. Ce procédé repose sur les principes suivants : 1° lorsqu’on expose une blende cadmifère à une température de 800 à 900 degrés et qu’on la maintient à cette température pendant huit heures, le cadmium qu’elle contient se trouve à l’état de sulfate; 2° on fait passer sur l’oxyde de zinc qui reste l’acide sulfureux provenant d’un nouveau grillage ; il se produit du bisulfite de zinc qui est très-soluble et qui se convertit, par la chaleur, en oxyde de zinc et en acide sulfureux.
- Rapports des comités. Au nom du comité des arts mécaniques, M. Combes lit un rapport sur un nouvel indicateur de pression pour les machines à vapeur présenté par M. Clair.
- Le comité propose de remercier l’auteur de sa communication et d’insérer le rapport dans le Bulletin avec la gravure et la description de l’instrument. (Approuvé. ) ( Voyez plus haut, p. 713. )
- Au nom du même comité, M. Callon lit un rapport sur un nouveau flotteur présenté par M. Lethuillier-Pinel, mécanicien, à Rouen, et qu’il indique sous le nom d'indicateur magnétique de niveau.
- Le comité propose de remercier l’auteur de sa communication et d’ordonner l’insertion du rapport dans le Bulletin avec le dessin de l’appareil et une légende explicative. (Approuvé.)
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- Au nom des comités des arts économiques et des arts mécaniques, M. de Silvestre lit un rapport sur quelques nouveaux appareils uranographiques présentés par M. H. Robert.
- Les comités proposent de remercier l’auteur de sa communication et d’ordonner l’insertion du rapport dans le Bulletin avec les figures et la description des quatre nouveaux appareils présentés. ( Approuvé. )
- Au nom du comité des arts économiques, M. Silbermann donne une nouvelle lec-ure de son rapport sur un fût de sûreté de jauge invariable de M. Macaire.
- Le comité propose de remercier l’auteur de sa communfcation et d’insérer le rapport dans le Bulletin accompagné de figures et d’une légende explicative. (Approuvé.)
- Communications. M. Jomard, en rappelant la communication qu’il a faite dans la dernière séance, d’un système de moulin à meules coniques, fait connaître que ce moulin, qui a fonctionné à Lozère-sur-1’Yvette, est le même que celui établi à Auber-villiers.
- Le propriétaire actuel a pris tous les soins qu’exige la construction de cette machine dont l’exécution est remarquable.
- M. Jomard dépose sur le bureau un exemplaire de l’ouvrage intitulé Conical flour mill.
- M. Clerget communique une lettre de M. le général Le vaillant, dans laquelle il fait connaître qu’en Algérie des colons emploient avec succès les oignons d’asphodèle à la nourriture des porcs, qui les mangent sans répugnance. La pulpe résultant de l’extraction de l’alcool peut donc recevoir la même destination. Dans les mois de mai, juin, juillet et août, la proportion du principe fermentescible peut atteindre jusqu’à 12 pour 100, presque le rendement en sucre de la canne et le double du rendement de la betterave.
- Cette considération et les documents qu’il a reçus engagent M. Dumas à proposer un prix pour la construction d’un appareil distillatoire portatif avec lequel on pourrait aller traiter successivement sur divers points les oignons d’asphodèle arrachés dans les défrichements. Il est, d’ailleurs, presque certain que les tiges d’asphodèle, dont la hauteur est de 1 à 2 mètres, suffiront, desséchées, à entretenir le feu nécessaire à la distillation , qui se ferait ainsi presque sans dépense.
- Un concours pourrait être ouvert pour la construction ou l’établissement d’appareils portatifs à distiller, et le comité des arts économiques en déterminerait les conditions.
- Cette proposition est adoptée.
- M. le président appelle l’attention de la Société sur une autre plante plus abondante en Algérie, la scille maritime (scilla maritima ), dont les oignons, très-durs et d’un gros volume, se pressent dans le sol, n’y laissent aucun vide, et apparaissent à la surface. Des expériences ont démontré à M. Fée, professeur de botanique à la faculté de Strasbourg, que la scille renferme près de 30 pour 100 de matière sucrée ou transformable en alcool. On sait que la scille contient un principe âcre et vénéneux qu’il sera
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- peut-être difficile de séparer de l’alcool obtenu ; c’est donc une matière d’un haut intérêt à soumettre à l’étude.
- M. Clerget annonce qu’il doit recevoir de l’Algérie des oignons d’asphodèle, et il offre de demander de joindre à cet envoi des oignons de scille. Cette offre est acceptée.
- Relativement à un concours à ouvrir pour un appareil distillatoire portatif, M. Clerget pense que celui de M. Colson pourrait donner des résultats satisfaisants.
- M. Beuvière demande la parole, à l’occasion du rapport que M. de Silvestre vient de faire sur les instruments que M. H. Robert destine à faciliter l’enseignement de la cosmographie dans les écoles.
- Il déclare qu’il n’a pour but ni de présenter aucune objection contre les termes du rapport ni d’élever une réclamation de priorité. Il se borne à dire que, s’occupant de la constatation d’un fait cosmographique compris parmi ceux dont l’un des appareils dé M. Robert donne le simulacre, il désirerait exposer le but qu’il poursuit et les principes et moyens qu’il a combinés pour l’atteindre.
- tle but est analogue à celui que M. Foucault a atteint, d’une manière si brillante, par le pendule et le gyroscope. M. Beuvière tend à constater, par un signe sensible et facilement observable, le fait de la rotation de la terre autour d’un axe. Au fond, ce sont les principes du gyroscope qu’il met en œuvre ; mais, en faisant hommage de ces principes au physicien qui les a découverts et si ingénieusement appliqués, il déclare que l’idée première du dispositif employé par lui est due à Serson, physicien anglais.
- On sait que frappé, sans doute, de la persistance que l’axe de la toupie des enfants met à conâçrver sensiblement sa verticalité, nonobstant les inclinaisons, très-notablement différentes, que l’on fait prendre au plan sur lequel sa pointe repose, Serson voulut en tirer un horizon artificiel, dont les marins pourraient se servir à bord des vaisseaux, malgré les oscillations que la mer leur imprime, pour observer la hauteur des astres, même dans les temps où l’horizon naturel serait caché, jusqu’à une assez grande hauteur, par des brumes épaisses; que pour remplir cet objet il employa une sorte de toupie qui, avec les perfectionnements qu’elle reçut postérieurement du célèbre ingénieur Smeaton, consistait en un simple disque de métal, rendu spéculaire par le planage et le poli de sa surface supérieure, et facilement rotatif, à la manière de la toupie ordinaire, par sa suspension, au moyen d’une chape d’agate, sur un pivot d’acier, fixé au fond d’une boîte circulaire, formant le pied de l’instrument et le développement rapide d’un ruban enroulé sur un appendice concentrique à l’axe du disque. Dans ce dispositif, la face supérieure du disque prenait et conservait sensiblement, par l’effet de la rotation, une direction horizontale, et par son miroitement elle permettait d’observer par réflexion les objets extérieurs; l’appareil avait ainsi les qualités générales des horizons artificiels.
- Cet instrument ingénieux n’eut pourtant pas le succès que son auteur s’était promis; mais le fait mécanique qu’il met en évidence était assez curieux et intéressant, au point de vue de la science, pour lui conserver tous ses droits à l’attention des mécaniciens, et surtout parce que ce fait posait une difficulté de théorie à résoudre.
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- Or, avant l’invention du gyroscope, avant les efforts que les mécaniciens ont faits pour rattacher ses effets aux principes fondamentaux de leur science, la théorie de l’appareil de Serson (comme, du reste, celle de la toupie ordinaire) présentait des difficultés telles, que les plus capables pouvaient seuls les aborder sans témérité. Mais, depuis les découvertes de M. Foucault et les études qui en ont été la suite, ces difficultés ont été assez aplanies pour qu’on puisse espérer d’être parvenu à réunir le gyroscope, la toupie de Serson et leurs effets respectifs dans une théorie commune qui a même déjà fait prévoir quelles modifications il faut faire éprouver à celle-ci.
- Le moment d’exposer cette théorie n’étant pas encore arrivé, M. Beuvière se borne à annoncer par quels moyen il est parvenu à faire de l’appareil de Serson un gyroscope.
- Pour cela, il lui a suffi d’amener l’extrémité du pivot, ou point d’appui du plateau, exactement au centre de gravité de ce dernier : en effet, par ce mode de suspension, le disque devient complètement indifférent aux actions de la pesanteur, et, comme la rotation qu’on lui imprime vient fixer la direction de son plan dans l’espace, on voit que, si la pointe de suspension se terminait par un point mathématique, son action pour changer cette direction devenant nulle, on pourrait, dans des limites étendues, donner au pivot toutes les inclinaisons possibles, sur le plan du disque, sans que la direction de ce plan fût influencée ; ce qui est précisément la propriété que Serson a voulu mettre en œuvre.
- Si, au lieu de supposer le pivot solidaire des mouvements d’un vaisseau, on le rend seulement solidaire des mouvements de la terre, en l’appuyant simplement par son pied à sa surface, il est évident que le mouvement diurne de celle-ci changera continuellement la direction du pivot par rapport au plan du disque, dont la direction restera sensiblement ce qu’elle était à Vorigine de l’expérience, c’est-à-dire sensiblement perpendiculaire au méridien passant par le pivot.
- Par conséquent, le plateau paraîtra, par son bord tourné vers l’ouest., s’incliner, sur la surface de la terre et sur l’axe du pivot supposé vertical, de quantités qui pourraient à l’équateur atteindre 15° par heure et à la latitude de Paris plus de 11°.
- Le phénomène de la rotation de la terre serait donc, en très-peu de temps, facile à constater, même directement et à l’œil nu, et ce ne serait que pour le rendre plus tôt et plus énergiquement apparent, qu’il serait nécessaire d’employer des artifices optiques.
- Tels sont le but, les principes et les moyens des expériences que M. Beuvière a entreprises et dont il fera connaître ultérieurement les résultats.
- PARIS. — IMPRIMERIE DE Mme Ve BOUCHARD-HUZARD, RUE DE L’ÉPERON, 5.
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- 53e ANNÉE. DEUXIÈME SÉRIE. N» 24. — DÉCEMBRE 1854.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
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- rapport fait par m. jacquelain, au nom des comités des arts économiques et chimiques, sur un four a chaux de m. a. simoneau, de Nantes.
- Messieurs, vos deux comités des arts économiques et chimiques réunis viennent vous rendre compte des faits recueillis à Regneville, chez M. Bunel, par MM. Chevallier et Jacquelain, sur la marche d’un four à chaux de M. Simoneau.
- Description du four.
- On peut considérer la cavité de ce four comme engendrée par la révolution d’une ellipse autour de son grand axe. Cet ellipsoïde, tronqué inégalement à ses deux extrémités, offre une section horizontale supérieure qui correspond au gueulard, et possède un diamètre d’ouverture de 3 mètres, tandis que la section horizontale inférieure correspondant à la grille n’a plus qu’une ouverture de 80 centimètres de diamètre.
- 4u niveau de cette grille, le four présente une ouverture destinée au détournement de la chaux et fermant au moyen d’une porte à registre en tôle épaisse.
- Au-dessous de cette même grille, se trouve le cendrier du four, revêtu, à l’intérieur , de briques réfractaires , et pourvu , aussi, d’une porte à registre en tôle très-forte. Une grande excavation voûtée, au bas du four, mène directement à ces deux orifices et permet à l’ouvrier d’opérer le détournement sans être incommodé par la chaleur.
- D’autre part, à 3 mètres environ au-dessus de la grille, viennent aboutir, dans le four et sur le même plan horizontal, quatre conduits ou chauffes, op-
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- posés deux à deux et symétriquement dirigés de chaque côté du four. Entre les deux conduits, d’un même côté, s’élève un massif en maçonnerie pleine, revêtu de briques réfractaires et servant de point d’appui à la voûte des chauffes.
- Vers le milieu de leur longueur, ces conduits sont pourvus d’une grille en fer à barreaux volants, sur laquelle on dépose le combustible.
- Quant aux extrémités de ces conduits qui sont extérieures au four, elles débouchent deux à deux dans une chambre, l’une à droite, l’autre à gauche du four, lesquelles chambres servent toutes deux de logement aux chaufourniers.
- Directement au-dessous de ces quatre ouvertures antérieures des chauffes, on trouve enfin les orifices des cendriers munis de leurs portes à registre, également en forte tôle, et qui s’ouvrent comme les chauffes, dans les logements des chaufourniers.
- Disons de suite, pour ne plus y revenir, que les portes des chauffes par lesquelles on introduit le bois ou les ajoncs fonctionnent surtout à la manière du registre d’un cendrier, lorsqu’il s’agit, pour le chauffage à la tourbe, à la houille, à l’anthracite, stratifiés par couches, d’augmenter régulièrement l’entrée de l’air dans le four.
- Afin de compléter l’idée précise que nous voulons donner de ce four, nous ajouterons qu’à l’intérieur il est revêtu d’une première chemise en briques réfractaires, puis d’une seconde sous-jacente en briques ordinaires, laquelle est consolidée, à l’extérieur, par unmassifen maçonnerie dont l’épaisseur diminue surtout pour la partie du four adossée à un escarpement et formant rampe pour monter à la tête du four.
- Toutes les côtes sont indiquées dans la légende.
- On voit, d’après la description précédente, que le four de M. Simoneau se range dans la catégorie des fours à feu continu, à flamme ascendante et à plusieurs foyers latéraux.
- Si, par le nombre de ses chauffes, il se rapproche des fours employés à Ru-derdorf, en Prusse (1), il s’en distingue cependant
- 1° Par la distance plus grande qui sépare les grilles de l’orifice des conduits débouchant dans le four ;
- 2° Par la facilité que donne l’ensemble des dispositions pour cuire la chaux soit avec du bois, des ajoncs, de la tourbe , soit avec de la houille, de l’anthracite ;
- 3° Par une grille en plan incliné, composée de plusieurs barreaux de fer espacés de 3 centimètres, et servant, pendant le défournement de la chaux, à
- (1) Voyez la description et la figure de ces fours Bulletin de la Société d’encouragement, 11e année (1812J, p. 241.
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- tamiser les cendres et la poussière de chaux, qui ne manqueraient pas de fatiguer l’ouvrier chaufournier.
- 4° Un des avantages non moins précieux de ce four, c’est de permettre au chaufournier, selon l’urgence, de changer de combustible, d’activer ou de ralentir le feu à volonté, au moyen des divers registres à coulisse ; de suspendre le travail de la cuisson pendant trois à quatre mois, sans être obligé de laisser refroidir le four, de le charger et de l’allumer à nouveau ; enfin de fournir de la chaux très-blanche bien décarbonatée, ainsi que des cendres d’une grande finesse, exemptes de mâchefer ou de laitier (1).
- Ainsi le premier des quatre fours de M. Simoneau construits chez M. Bu-nel, propriétaire, à Regneville, ayant été coiffé depuis le 1er décembre 1852 jusqu’au 1er mars 1853, a pu reprendre sa marche ordinaire à l’aide d’une cinquantaine de fagots d’ajoncs. La même quantité de bourrées suffirait également pour le remettre en feu, en brûlant le combustible par les chauffes.
- Il nous reste maintenant à vous faire connaître en peu de mots la marche à suivre pour charger ce four et le chauffer avec l’un des combustibles désignés plus haut.
- Chauffage à grande flamme.
- Lorsqu’il s’agit d’un chauffage continu à grande flamme, au moyen d’ajoncs marins, de bruyères, d’épines, de menus branchages ou de bourrées on commence par remplir le four, depuis la grille jusqu’au gueulard, avec du calcaire en morceaux de 30 à 40 centimètres de circonférence ; on ferme ensuite la porte de défournement et celle du grand cendrier, puis on allume en même temps les fagots de combustibles déposés sur les quatre grilles, et l’on ferme aussitôt les chauffes, afin de ménager le courant d’air. Au bout de trois ou quatre heures, la flamme et la fumée peuvent s’élever et traverser les interstices de toute la masse calcaire.
- En chauffant graduellement d’abord, on arrive à obtenir et à maintenir la température convenable, si l’on remplace le fagot, sur chaque grille, dès qu’il a été consumé.
- Lorsqu’on juge la proportion de chaux calcinée suffisante pour remplir et au delà la cuvette du four, on retire du calcaire jusqu’à l’arrivée de la chaux cuite ; on recharge ce calcaire par le gueulard, en soutenant le feu jour et nuit, tandis que, d’autre part, on remplit de calcaire le vide qui se fait près du gueulard, au fur et à mesure du défournement. On ne doit défourner que lorsque la pierre est assez refroidie pour être tenue à la main.
- (1) Nous ajouterons que, au dire de M. Simoneau , le fort tirage dont il dispose à volonté dans son four lui permet de liquéfier rapidement et d’anéantir les collages dès qu’ils se produisent.
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- Les précautions indispensables à observer sont d’ouvrir le grand cendrier, seulement pour le vider de la poussière de chaux ; de vider également les cendriers des chauffes ; de faire tomber l’excédant de braise sous les grilles, afin d’avoir un tirage plus régulier, et de garantir, selon la direction du vent, telle ou telle chauffe du courant d’air trop vif, au moyen de claies bien garnies de bruyère ou de paille.
- Enfin, chaque fois que le chaufournier charge une grille, il doit fermer le cendrier, pour se garantir du rayonnement.
- En général, comme le défournement de la chaux descendue dans la cuvette n’a lieu qu’après le refroidissement, il s’ensuit qu’une partie de la chaleur acquise par la chaux rayonne utilement sur les couches supérieures du calcaire.
- Chauffage à la houille.
- La conduite du four est un peu différente, lorsque la cuisson de la chaux doit se faire à la houille. Ainsi, après avoir rempli de calcaire la cuvette du four jusqu’aux orifices des chauffes, on forme, avec des ajoncs, ou des menus branchages et des fagots, une couche de 50 centimètres d’épaisseur; pardessus on étale 7 hect. de houille, puis 5 mètres de calcaire, et ainsi de suite jusqu’au gueulard, ce qui correspond à peu près à une couche de houille de 9 à 10 centimètres pour une épaisseur de calcaire de 60 centimètres.
- Nous sommes convaincu de la possibilité d’obtenir 8 hect. de chaux par hectolitre de houille en faisant marcher le four sans interruption, c’est-à-dire en évitant le coiffage, opération qui entraîne toujours une dépense de 2 à 300 francs pour remettre le four en pleine activité (1).
- Alors il faut allumer les fagots dans les quatre chauffes , modérer l’appel de l’air en fermant aussitôt la décharge et le cendrier, qu’on ouvre de nouveau dès que le bois est consumé, ce qui permet d’activer rapidement le tirage, d’embraser les couches de houille et d’expulser au dehors les gaz de la combustion.
- Dès que le feu a gagné jusqu’au gueulard, on tire de la cuvette toute la pierre crue, que l’on rejette dans le four en faisant la stratification du calcaire et du combustible , dans le rapport que nous avons indiqué plus haut pour
- (i) S’il eût été question de signaler les fours qui ont rendu des services à l’agriculture par la chaux fabriquée dans ce but, nous en aurions un grand nombre à citer ; mais aucun n’avait de l’analogie avec celui de M. Simoneau et n’approchait de son rendement.
- Dans les départements de la Sarthe et de la Mayenne, les fours, quoique bien réglés, ne rendent que 3 à 3,5 de chaux pour l d’anthracite, et pourtant l’application de la chaux à l’agriculture a suffi pour donner à l’exploitation de l’anthracite des environs de Sablé une très-grande extension.
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- chaque chargement. Quand toute la pierre remplissant le four à l’origine a été retirée, on commence, avant de charger, par diminuer les interstices du calcaire, soit en rapprochant les morceaux à l’aide d’une longue fourche à dents recourbées, soit aussi en jetant de la menue pierre en éclats. C’est un moyen de faciliter la stratification de la houille et de maintenir sa combustion dans la même zone, condition indispensable pour que chaque couche de calcaire soit entièrement convertie en chaux de bonne qualité ; de transformer en chaux des petits débris de calcaire qui ne sauraient être employés dans les autres fours, d’un tirage moins puissant, que lorsqu’il est question de coiffer ces fours, c’est-à-dire d’en suspendre le travail.
- La durée moyenne de la calcination est de quarante-huit heures; mais il faut au minimum soixante-douze heures pour obtenir le refroidissement de la chaux.
- Une remarque très-importante à considérer, c’est qu’au poussier de chaux vient s’ajouter toute la cendre fournie par la houille; par conséquent, il y a, lors de l’emploi de ce combustible, nécessité absolue de vider le grand cendrier aussitôt après chaque chargement.
- Chauffage à l’anthracite, à la tourbe.
- Toutes ces prescriptions conservent leur importance dans le cas du chauffage à l’anthracite ou à la tourbe.
- Mais, pour ce dernier combustible, d’ailleurs si léger, si riche en cendre, il faut diminuer la couche de calcaire de moitié ou des trois cinquièmes; il faut très-exactement, d’heure en heure, tirer 1 hectolitre de chaux, afin de faire écouler les cendres et d’aviver le feu.
- Lorsqu’on s’est bien rendu compte du chauffage d’un four Simoneau par l’un des combustibles mentionnés, et lorsqu’on possède bien la manœuvre de tous les registres, on peut, à volonté, changer de combustible, ou bien encore employer simultanément le bois et l’un des autres combustibles, sans interrompre la marche du four et sans nuire à la qualité de la chaux (1).
- (l) D’après un traité fait avec M. Bunel, propriétaire au château de l’Ile-Manière, commune de Saint-Quentin, près Avranches, département de la Manche, M. Simoneau, après s’ètre chargé de construire un four d’après son brevet d’invention, mit le feu à ce four le 2 novembre 1851, et le continua jusqu’au 10 du même mois, en se servant de fagots d’ajonc, sans interruption.
- Au bout de ce temps, M. Simoneau continua le feu à la houille de Fresne, près d’Anzin, en France, et obtint, comme il l’avait promis, 7 hectolitres de chaux pour 1 hectolitre de houille ; ce résultat fut constaté même avec le calcaire bleu compact et cristallin de Regneville, dont les propriétaires de fours à chaux refusaient de se servir, trouvant plus facile à calciner un autre calcaire gris et poreux de Regneville.
- C’est à la suite de ces expériences que M. Bunel devint cessionnaire du brevet de M. Simoneau et
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- Enfin, s’agit-il de coiffer ce four, on retire d’abord assez de chaux pour faire un vide de 80 centimètres de hauteur, à partir du gueulard ; on lute toutes les portes à registres, puis on remplit l’espace vide avec de la poussière de chaux bien tassée, jusqu’à former, au-dessus du gueulard, un cône qui déborde son ouverture de 33 centimètres. Bientôt, sous l’influence de l’eau et de l’acide carbonique, il se produit, à la superficie de ce cône, une couche épaisse, assez dure et assez continue pour s’opposer à l’infiltration des eaux pluviales, sans déperdition notable de chaleur, à travers cette épaisseur de chaux pulvérulente.
- Considérations générales.
- Ici se termine la description du four Simoneau (1), et l’exposé des règles à suivre pour conduire ce four en y brûlant des ajoncs ou du bois, de la tourbe, de la houille ou de l’anthracite.
- À la suite de ces renseignements, votre comité croit indispensable d’appeler en quelques mots l’attention du conseil sur les principaux résultats auxquels doivent conduire les perfectionnements ingénieux que M. Simoneau vient d’introduire dans l’art du chaufournier et sur les importants services rendus par ce four.
- Par suite d’expériences nombreuses entreprises, depuis un demi-siècle environ, sur des sols très-divers et dans des climats très-différents, la chaux est aujourd’hui considérée comme un amendement des plus efficaces, d’abord pour établir dans le sol une répartition convenable de l’eau, de la silice, de l’argile et du calcaire, matières les plus essentielles à la constitution des terres arables ; ensuite parce que cette base à l’état caustique désagrégé assez promptement les plantes, les herbes des sols humides et marécageux ; parce qu’elle tue beaucoup d’insectes; parce qu’elle se retrouve, sans exception, dans la trame ligneuse des racines, des tiges, des feuilles, des fleurs, des fruits de tous les végétaux.
- entreprit de faire construire quatre fours de 120 mètres cubes, pouvant calciner, chacun, 40 mètres cubes de chaux par vingt-quatre heures, et par suite alimenter les communes de la majeure partie de la chaux qui leur est nécessaire, soit pour les constructions rurales, soit pour l’agriculture.
- Un four à chaux de 40 mètres cubes de capacité coûterait, suivant la localité, de 7 à 8,000 fr.; un four de 120 mètres cubes reviendrait à 18 ou 20,000 fr. Du reste, les fours du système Simoneau ne doivent occasionner au plus que les dépenses relatives aux portes à registres et aux barreaux des grilles en fer.
- La chaux deM. Bunel provient d’un banc de calcaire compact et saccharoïde. L’un des membres du comité des arts chimiques devait faire un rapport sur les marbres de M. Bunel ; mais toutes les questions qui furent adressées à cet habile industriel sont demeurées sans réponse.
- (lj En présence des brevets français et des ouvrages spéciaux , nous n’hésitons pas à dire que le four de M. Simoneau est une invention véritable ; mais nous ne saurions affirmer , sans témérité , qu’à son insu un four semblable n’ait pas été construit avant le sien quelque part en France ou à l’étranger.
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- Il n’est pas de sol exempt ou pauvre de principe calcaire qui ne gagne en fécondité par l’emploi de la chaux ; seulement la dose varie avec les propriétés physiques du sol et se trouve peut-être trop subordonnée à l’expérience traditionnelle des agriculteurs.
- Ainsi, dans le département de la Sarthe, la chaux s’emploie, tous les trois ans, à la dose de 10 hectolitres par hectare.
- Dans le département du Nord, on consomme, tous les douze ans, -40 hectolitres par hectare ;
- Dans celui de l’Ain, de 60 à 100 hectolitres.
- En Angleterre, on porte la dose jusqu’à 120 hectolitres.
- De vastes marais desséchés, contenant 1 à 2 mètres d’épqisseur de tourbe, dans le département de la Marne, et qui ne donnaient qu’un foin de mauvaise qualité, que de faibles récoltes, fournissent maintenant, à la faveur de la chaux employée après leur défrichement, des foins abondants et des récoltes productives en grains fort estimés.
- Des expériences faites à Roville, à Grignon démontrent que, même sur des terrains calcaires, la chaux remplace avec supériorité la marne ; cela se conçoit, puisque la marne n’est, le plus souvent, que du carbonate de chaux mêlé d’argile. Il suit de là que des capitaux importants, au lieu d’aller s’enfouir dans l’opération du marnage, seront, avec plus de profit, rendus à la circulation.
- Depuis quinze années environ , l’établissement des fours à chaux, dans la Bretagne et la Bresse, a permis non-seulement de doubler la production des céréales, mais encore de cultiver la luzerne, les sainfoins et les trèfles sur des terrains considérés, avant l’emploi de la chaux, comme très-défavorables à ces productions.
- Le problème de la cuisson économique de la chaux est donc une question d’utilité agricole très-élevée.
- Or, dans les arrondissements de Coutances et de Saint-Lô, on compte plus de trente fours à chaux, annexés les uns à de grandes fermes et fournissant 80 à 100 mètres cubes de chaux par an, pour employer la récolte d’ajoncs marins dont la ferme dispose ; les autres produisant de 14 à 19 mètres cubes de chaux par four et par vingt-quatre heures.
- Ces fours vendaient, en 1851, leur belle chaux 24 fr. les 1,000 kilos, et 10 fr. les 1,000 kilos de menue chaux mêlée de cendres de houille.
- A Regneville, M. Bunel, propriétaire de quatre fours construits par M. Si-moneau, a vendu, en 1851, 1852 et 1853, la belle chaux, prise au pied du four, 14 fr. les 1,000 kilog., et 7 fr. la menue chaux.
- Si l’on ajoute qu’en 1853 M. Bunel a livré 22,500 mètres cubes de chaux
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- FOURS A CHAUX.
- avec un rabais de 8 fr. par mètre cube, on arrive à une économie de 1 80,000 fr. pour l’agriculture et les constructions rurales des localités qui ont consommé cette chaux.
- Cette économie a dû se répéter proportionnellement à la quantité de chaux vendue par tous les fours qui ont accepté la baisse de prix pour écouler leurs produits; aussi des communes qui, depuis très-longtemps, faisaient usage de la tangue se sont-elles décidées à la remplacer par la chaux.
- Cet abaissement dans le prix de la chaux exercera, sans aucun doute, sa part d’influence dans l’amélioration agricole de la Sologne , pour laquelle le gouvernement vient de donner une nouvelle preuve de sollicitude, en prenant avec le chemin de fer d’Orléans un engagement pour transporter, à prix réduit, la marne et la chaux.
- Grâce aussi à l’initiative hardie et généreuse de M. Agasse, l’un des membres du conseil, dont le dévouement est bien connu de la Société, un four Simoneau a été construit à Maurevert, près Chaume, au pied d’un banc de calcaire découvert par M. Agasse, dans sa propriété.
- Déjà la Société d’agriculture de Melun ainsi que le département applaudissent à l’installation de ce four, qui, depuis 1853, permet à M. Agasse de livrer à 18 fr. le mètre cube une belle qualité de chaux qui, avant l’emploi du four Simoneau, se payait 30 à 35 fr. le mètre cube.
- Cet éminent service a été d’autant plus apprécié , que le département de Seine-et-Marne se trouve être un de ceux qui ont le plus besoin d’amendements calcaires.
- Le conseil apprendra avec intérêt que la Société d’agriculture de Melun a décerné à M. Agasse une médaille d’or, comme témoignage de sa vive reconnaissance.
- Conclusions.
- Vos deux comités, prenant en considération les services déjà rendus par un système de four qui permet une forte réduction dans le prix d’un produit si utile à l’agriculture, aux arts chimiques, aux constructions urbaines et rurales , vous proposent
- 1° D’insérer dans le Bulletin le présent rapport, ainsi que la gravure et la description du four à chaux de M. Simoneau;
- 2° De remercier M. Simoneau de son intéressante communication, en le félicitant d’avoir, comme propagateur zélé de l’emploi de la chaux, travaillé avec persévérance à l’amélioration du système agricole.
- Signé Jacquelain, rapportent'.
- Approuvé en séance, le 13 décembre 1854.
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- \ni 'Y K \l KÜ(.Il A C'IJ.\r\. PAU Al. S] MONTAI
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- POTERIES.
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- Légende explicative des figures de la planche 28.
- Fig. 1. Section verticale du four à chaux de M. Simoneau, sur la ligne A B, fig. 2.
- Fig. 2. Section horizontale suivant C D, fig. 1.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans les deux figures.
- A A, sole de fondation. B, ouverture de la porte à registre du grand cendrier central. C, intérieur du cendrier revêtu en briques. D, grille. E, ouverture de la porte à registre pour le détournement. F, F, F, ouverture de la grande voûte au bas du four, conduisant aux portes de détournement et du cendrier. G, cavité du four. H, gueulard du four. I, chemise en briques réfractaires sur la paroi intérieure du four. J, massif en maçonnerie pleine. K K, chambres des chaufourniers. L L, voûtes en pierres de taille ou en briques, en avant des chauffes et comprises dans les chambres. M M, ouvertures antérieures des conduits des chauffes, pour l’introduction des combustibles, tels que ajoncs ou bourrées, et munies de leurs portes à registre. N N, grilles en fer à barreaux volants. O O, ouvertures des chauffes dans l’intérieur du four. P P, voûtes en briques réfractaires au-dessus des chauffes. Q Q, ouvertures des cendriers appartenant aux chauffes et munies de portes à registre. R R, cendriers des chauffes. S S, massifs en maçonnerie, formant voûte au-dessus des conduits des cendriers. T T, massifs en maçonnerie pleine, revêtus en briques réfractaires , séparant les chauffes et servant de point d’appui aux voûtes de ces dernières. U , massif en maçonnerie pleine, n’ayant que l’épaisseur figurée, lorsque le four s’adosse à un massif de terre ou de pierres, formant rampe pour monter à la tête du four.
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- Rapport fait par m. salvétat, au nom de la commission de Bordeaux et du comité des arts chimiques, sur la manufacture de produits céramiques de Bordeaux, dirigée par m. vieillard.
- Messieurs, la fabrication de la paterie n’est point, en France, concentrée comme en Angleterre, dans une même localité. Pratiquée dans des établissements considérables, comme nous l’avons dit, M. Ebelmen et moi, dans notre rapport sur les produits céramiques exposés à Londres en 1851, «la fabri-« cation des faïences fines dures est exercée dans plusieurs centres impor-« tants, et c’est à cette circonstance, nous devons le constater, que sont dues « jet la rapidité des progrès et la persévérance avec laquelle le succès fut « poursuivi. La difficulté du transport, le bas prix de ces produits ont forcé le « producteur à se placer dans un centre.bien éloigné, de manière à se mettre « à la portée des consommateurs, sans avoir à redouter une concurrence « ruineuse ou par trop menaçante. Grâce à ces précautions, la plupart de Tome Ier. — 53e armée. T série. — Décembre 1854. 96
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- « nos fabriques de cailloutages , assurées du placement de leurs produits, « montées avec des capitaux suffisants, débarrassées d’une rivalité qui n’au-« rait d’autre effet que d’amener des baisses de prix malencontreuses, sont « dans un état assez prospère. »
- J’ajoute aujourd’hui que cette disposition industrielle met les fabricants à l’abri de ces coalitions qui sont si fréquentes en Angleterre, et qui s’opposent, au détriment du fabricant, du consommateur et de l’ouvrier lui-même , à l’introduction de méthodes nouvelles qui peuvent devenir avantageuses dans la pratique.
- L’exposition agricole et industrielle de Bordeaux nous a donné l’occasion d’étudier en détail la fabrication de la porcelaine dure et de la faïence fine dans l’un de ces grands centres.
- Votre commission tout entière avait remarqué, dans les salles de l’exposition, les produits de la manufacture de Bordeaux , et la visite faite par elle dans les ateliers a prouvé que les objets exposés n’étaient pas simplement des pièces de choix, mais bien le résultat d’une fabrication bien conduite et très-soignée, pratiquée sur une très-grande échelle.
- La manufacture de Bordeaux, qui appartient, depuis 1845, à MM. Vieillard et comp., est, sans contredit, comme le disait M. Barrai dans un rapport d’ensemble fait au nom de votre commission, la plus grande usine actuellement en activité dans la ville de Bordeaux.
- Fondée en 1 836, par les efforts, par les soins et aux frais de M. David Johnston, depuis maire de la ville, elle fabriqua d’abord du grès et de la porcelaine tendre, façon anglaise. Elle se présenta pour la première fois, trois ans plus tard, en 1839, à nos expositions nationales, et le jury, « tout en re-« grettant que cet établissement ne fût pas entré dans la lice commerciale, « crut convenable de lui décerner, dès sa naissance, une médaille d’argent, « dans le but d’encourager une importante manufacture , établie dans une « position très-favorable au commerce, avec de grands sacrifices d’argent de « la part d’un haut fonctionnaire, qui voulait rendre un service à son pays. »
- Cinq ans plus tard , l’exposition de 1844 permit au jury de constater que les produits de la manufacture de Bordeaux, exposés sous le nom de Johnston et comp., étaient supérieurs à ceux de 1839. On doit remarquer, dit l’illustre rapporteur, «cette demi-porcelaine que les Anglais nomment ironstone, et « qui, moins belle que la porcelaine tendre et même que la faïence fine dure « et blanche, jouit d’une réputation méritée de dureté et de solidité contre « les chocs, qualités que nous avons constatées, aussi bien qu’il est possible « de le faire, par des chutes de très-haut, sous lesquelles se sont brisées toutes « les faïences fines, mais auxquelles a résisté cette demi-porcelaine.»
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- Un rappel de médaille d’argent a confirmé cette appréciation.
- En 1845, la manufacture de Bordeaux occupait de trois cents à quatre cents ouvriers. A cette époque, la liquidation de M. Johnston amena la vente de son établissement ; il fut acheté par M. Vieillard, et depuis lors de nombreuses annexes y furent ajoutées d’année en année. La porcelaine opaque , la faïence fine dure y prirent une très-grande extension, et vers 1849 la fabrication de la porcelaine dure y fut installée sur une échelle considérable.
- L’exposition de l’année 1849 mettait encore le jury dans l’obligation de constater l’amélioration dont les produits de la manufacture de Bordeaux avaient été l’objet. Transcrire ici le texte même du rapport, c’est faire acte de justice envers un établissement dans lequel chaque année conduit à des perfectionnements.
- « La manufacture de Bordeaux, disait le rapporteur de la première sec-« tion des arts céramiques, occupe six cent cinquante ouvriers. Sa position « dans une grande ville maritime du midi de 1a. France lui procure de grands « avantages pour ses débouchés ; les produits s’écoulent à l’intérieur et aux « colonies. La direction de la fabrique de Bordeaux est entièrement confiée,
- « depuis la retraite de M. David Johnston, son fondateur, à M. Vieillard. « L’intelligence et l’activité de cet habile fabricant donnent à ce grand éta-« blissement tout le développement qu’on pouvait attendre : il fabrique pour « un million de produits très-variés; leur bonne fabrication en rend l’écoule-« ment facile.
- « Nous avons examiné avec attention la fabrication de cette maison, et « nous devons constater les notables progrès qu’elle a faits depuis 1844. Le « biscuit de la faïence est blanc, dense et sonore ; l’émail est très-bien glacé « et réunit les conditions de solidité qui font une bonne poterie. Les formes « sont gracieuses et commodes, les impressions soignées et faites avec de « belles couleurs. Mais c’est surtout les engobes qui sont remarquables dans « cette exposition ; ils sont obtenus avec une netteté qu’on n’a pas vue en-« core, et multipliés avec une variété qui peut satisfaire tous les goûts.
- « La poterie de fer, que les Anglais appellent ironstone, est aussi fort bien « fabriquée ; nous nous sommes assurés qu’elle réunit les avantages de solidité « que cette vaisselle a de résister au choc sans se briser.
- « La manufacture de Bordeaux, lors de sa création, tirait d’Angleterre les « matières premières et le combustible. M. Vieillard a compris le danger « d’une semblable position ; il extrait maintenant sa terre de Périgueux, son « silex de Bergerac et son kaolin de Bayonne. Le charbon de terre avec le-« quel il cuit tous ces produits lui vient du département de Lot-et-Garonne. « Toutes les couleurs servant aux fonds comme aux impressions sont eom-
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- « posées dans le laboratoire de la fabrique. Nous devons féliciter M. Vieillard « d’avoir su se placer dans ces conditions d’indépendance.
- « La sollicitude de ce fabricant pour ses ouvriers est constatée par le rap-« port des autorités locales; une caisse de secours est établie dans la manu-« facture pour les ouvriers malades. Malgré le défaut de commerce pendant « les années 1848 et 1849, M. Vieillard a constamment occupé ses ouvriers ; « pendant la cherté des grains, il a fait établir un four à pain dans lequel on « fait encore, chaque jour, le pain nécessaire à la consommation des ouvriers : « par ce moyen, il procure à ces derniers un aliment de première nécessité, « meilleur et à des conditions plus douces. »
- Au moment où votre commission visitait la manufacture de Bordeaux, la fabrication était principalement divisée en deux branches, la faïence fine dure, appelée porcelaine opaque, dénomination impropre et vicieuse qu’il faudrait faire disparaître de notre langage technologique, et la porcelaine dure. Cette double fabrication était suivie par huit cents ouvriers, cinq cents hommes, cent cinquante femmes et cent cinquante enfants. Les journées des hommes sont payées de 3 fr. 50 c. à 4 fr. ; celles des femmes, de 1 fr. à 1 fr. 50 c.; celles des enfants, de 50 à 75 centimes. C’était une somme de 2,165 fr. qui se répandait par jour dans une classe laborieuse, intelligente et digne d’intérêt.
- L’établissement, approprié parfaitement en vue de l’industrie pour laquelle il a été créé, est séparé, en deux parties distinctes, par un canal creusé pour amener par eau, jusqu’au centre de l’usine, les charbons et les terres. L’aile de gauche est affectée tout entière à la fabrication de la faïence fine ; celle de droite est réservée pour la fabrication de la porcelaine dure. Des dispositions sagement combinées , des voies de fer, etc., simplifient le travail, rendent la surveillance facile, évitent les frais de transport, car ni les matières ni les objets fabriqués ne font jamais un pas en arrière.
- Trois machines à vapeur, représentant une force moyenne totale de soixante-quinze chevaux, fournissent à l’usine toute la force motrice nécessaire aux différents travaux. Le combustible qui les chauffe est le gaz provenant des fours à coke installés dans l’établissement. La principale de ces machines communique le mouvement aux outils qui servent à broyer toutes les matières dures employées à la fabrication des deux produits principaux de l’usine, à mélanger et tamiser les matières premières, à moudre les émaux et les couleurs qui se font encore dans l’établissement. Les autres machines sont employées à la mise en mouvement des tours.
- Le nombre des fours et leurs dimensions, la fréquence de leur mise en feu dénotent une grande importance de la fabrication. L’aile gauche, exclusivement consacrée, comme nous l’avons dit, aux ateliers de cailloutages, contient
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- neuf fours, dont trois à biscuit, ayant 7 mètres de diamètre intérieur et pouvant contenir de cent vingt mille à cent trente mille pièces. Les six fours à vernis peuvent cuire de dix-huit mille à vingt mille pièces; on en chauffe un chaque jour. La moyenne des ventes de la faïence fine s’élève , par mois, à 1,000,000 de francs. La cuisson des fours se fait indistinctement avec le charbon de terre ou le coke qui, depuis 1850, est employé dans l’usine avec un grand avantage résultant des améliorations successives dont l’établissement des fours à coke a été l’objet dans la manufacture elle-même , chargée de la préparation du combustible consommé par le chemin de fer.
- Dans les batiments de l’aile droite sont trois fours à porcelaine dure, de 6 mètres de diamètre intérieur; ils cuisent à la houille. Votre commission a remarqué la simplicité de ces appareils, la bonne disposition des foyers, la régularité de la cuisson. L’emploi du combustible minéral, introduit dans la manufacture de Bordeaux par la persévérance du directeur, lui fait le plus grand honneur. La fabrication de la porcelaine dure, dans cet établissement, était impossible dans toute autre condition. Le prix élevé du combustible végétal, dans la localité, ne pouvait permettre de lutter avantageusement avec les fabriques existantes. On sait que la valeur du combustible représente à peu près le tiers du prix de la porcelaine dure.
- On fait deux fournées de porcelaine dure par semaine, et la valeur des ventes s’élève, par mois, à 25,000 fr.
- Nous ne pouvons relater ici toutes les améliorations de détail que votre commission a remarquées ; mais nous ne saurions passer sous silence la substitution capitale de la force motrice inintelligente de la vapeur à la force intelligente de l’homme. Lors de notre visite, les tours à faïence étaient mus par la vapeur ; la vitesse du tour était modifiée, accélérée on ralentie par le tourneur lui-même, à l’aide de dispositions très-ingénieuses, et ces dispositions allaient être appliquées de même à la fabrication de la porcelaine dure ; ce problème, dont votre rapporteur a vu la solution , était, il y a six mois à peine , regardé comme insoluble ; ce seul fait motiverait vos encouragements.
- Pensant que les faits que renferme ce rapport sont de nature à éveiller surabondamment l’intérêt de la Société, votre commission de Bordeaux et le comité des arts chimiques ont l’honneur de vous proposer
- 1° D’adresser vos félicitations à M. Vieillard pour les progrès qu’il a réalisés dans la fabrication des poteries et pour l’habileté de son administration ;
- 2° D’insérer le présent rapport dans le Bulletin de la Société.
- Signé Salvétat , rapporteur.
- Approuvé en séance, le 13 décembre 1854.
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- FUT DE SURETE.
- FUT DE SÛRETÉ.
- rapport fait par m. silbermann, au nom du comité des arts économiques, sur un
- FUT DE SURETE A JAUGE INVARIABLE de M. DAVID MACAIRE , à PaSSy.
- Les moyens de sûreté que M. David Maeaire, ancien négociant en vins, vous a présentés pour la sûreté des liquides en fûts, soit en circulation, soit en dépôt ou en vidange, consistent en une cannelle et une bonde de forme spéciale et d’un cerclage en fer des fûts qui doivent contenir ces liquides.
- La cannelle, qu’il serait trop long de décrire ici, peut être scellée ou mise sous clef; elle porte, intérieurement, une soupape qui empêche de pénétrer à l’intérieur par son bec; elle peut, en sus, porter un tube accusateur qui retient une portion du liquide qu’on aurait tenté d’introduire par elle.
- La bonde présente des sûretés analogues à celles de la cannelle, c’est-à-dire que, laissant pénétrer l’air à volonté, elle fait obstacle à l’introduction d’un liquide étranger, et garde aussi une portion de ce liquide comme moyen accusateur.
- Dans le transport des vins, les fonds des tonneaux sont percés de trous de vrille que l’on bouche par des faussets ; pour supprimer des perçages multiples, M. Maeaire propose un fausset qui peut être adapté au tonneau et ne permettre qu’aux ayants droit de l’ouvrir.
- Enfin M. Maeaire, après un long usage sur grande échelle fait par lui, propose pour les tonneaux un cerclage en fer ; par ce moyen, il a gardé 4,000 fûts sans nouvelle dépense pendant les six ans qu’il est resté à la lête de son commerce. Quelques-uns de ces tonneaux, qu’il a pu revoir après douze ans de confection, s’étaient conservés intacts; si en vidange les douves se disjoignaient, il lui suffisait de jeter un litre d’eau bouillante dans le tonneau pour le rendre étanche par la vapeur, sans avoir besoin de serrer les cercles. Cela étant, il a pensé relier entre eux les cercles sur les douves au moyen de vis et de bandes transversales en tôle. C’est après cette expérience qu’il se croit fondé de considérer son fût comme étant à jauge invariable.
- Conclusion. — Nous avons reconnu 1° que la cannelle et la bonde des fûts de sûreté de M. Maeaire étaient convenablement disposées pour empêcher toute introduction frauduleuse de liquide étranger dans ces fûts, et qu’elles peuvent être utiles dans un grand nombre de cas ; T qu’il serait par trop difficile de percer ces fûts sans que cela ne fût facile à découvrir ; 3° enfin que ledit mécanisme de sûreté paraît constituer une estampille suffisamment sûre en faveur des liquides qu’il protège.
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- FUT DE SURETE.
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- En conséquence, nous vous proposons de remercier M. David Macaire de sa communication, et de faire insérer dans votre Bulletin le présent rapport accompagné de figures et d’une légende explicative.
- Signé J. X. Silbermann, rapporteur -Approuvé en séance, le 29 novembre 1854.
- Légende explicative des figures de la planche 29.
- Fig. 1. Fût de sûreté à jauge invariable disposé pour l’expédition.
- Fig. 2. Section verticale de la bonde métallique aérifère vissée dans sa douille : elle se loge dans le fût et est recouverte d’une plaque de fer ; une clef particulière sert à la dévisser.
- Fig. 3. Accusateur accessoire qui retient une portion du liquide qu’on tenterait de faire pénétrer frauduleusement dans le fût par le bec de la cannelle.
- Fig. k. Clapet vissé à l’extrémité postérieure de la cannelle de sûreté : il laisse une libre issue au liquide à sa sortie du fût et bouche le conduit de la cannelle dès qu’on cherche à faire pénétrer un liquide quelconque par son bec.
- Fig. 5. Cannelle inviolable, à pivot, œil unique et fermeture par estampille ou cadenas. Un léger mouvement de rotation, imprimé à la partie antérieure de cette cannelle, suffit pour la fermer et suspendre l’émission du liquide.
- Fig. 6. La même cannelle vue en coupe longitudinale.
- Fig. 7. Coupe du fût de sûreté aérifère.
- Fig. 8. Partie du fond antérieur du fût avec sa cannelle fermée, vue en dessus.
- Fig. 9. Coupe d’un fausset de sûreté métallique vissé dans sa douille et se rattachant au fût avec estampille. Dans le système de l’auteur, on emploie un double fausset métallique, dont l’un communique avec le tube aérifère et donne accès à l’air dans le fût, et l’autre avec le liquide et favorise sa sortie.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans toutes les figures.
- , fig. 1, bandes de fer placées longitudinalement sous les cercles et empêchant leur écartement.
- , plaque de tôle à charnière à laquelle s’attache l’estampille de l’expéditeur : elle recouvre la bonde logée dans l’intérieur du fût.
- c, couvercle qui protège la cannelle pendant le transport du fut.
- d, fig. 2, cylindre renfermant un clapet qui n’interdit le passage de l’air qu’au cas où l’on chercherait à introduire un liquide quelconque par l’orifice inférieur de ce même cylindre.
- e f, clapets s’opposant à la fuite du liquide contenu dans le fût, quand même la clef du robinet à air serait ouverte.
- g, robinet permettant, à volonté, l’introduction de l’air ou sa suppression.
- h, œil servant à visser et à dévisser la bonde ainsi qu’à la rattacher avec l’estampille à sa douille.
- i, fig. 5, clavette traversant les portées latérales j, k. I, portée avancée fixée
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- à des cannelles adaptées aux fûts aérifères. m, lien terminé par une: estampille et ne permettant qu’à celui qui a le droit de l’enlever de retirer la Cannelle du fût de sûreté.
- n, fig. 7, canal creusé dans l’intérieur du fond du fût et des douves, auxquels àdKèrent la tonde etdâ'cànneîîFr il a pour o^f cri^rô“dûlfe7a WôlMrt’aTf danslle fût chaque fois qu’un ouvrira la cannelle, ou d’interdire son accès.
- o, cannelle pliée en équerre et fermée, bouchant, dans cette position, le conduit aé-rifère du tonneau.
- " p, bondé métallique pleine së rattachantToîflTsa rivés
- aux cercles les plus rapprochés. * * ^ ^
- q, pomme d’arrosoir adaptée à l’extrémité du tube aérifère et renfermant utt clapet. ( D. ) 5
- CHAUFFAGE DES LOCOMOTIVES
- RÉSULTATS D’EXPÉRIENCES SUR L’EMPLOI DE LA HOUILLE POUR LE CHAUFFAGE DES
- locomotives; par mm. woods et marshall. (Extrait par m. j. b. viollet.)
- MM, Woods et Marshall ayant été chargés,, en juillet dernier, par le conseil d’administration de la compagnie du chemin de fer dit London and Nortli Western Railway, d’exécuter une série d’expériences sur l’emploi de la houille dans les foyers des locomotives, ont fait sur leurs recherches un rapport d’où nous allons- Ç3ftaire...des,résul;-tats intéressants.
- Les deux machines sur lesquelles ces ingénieurs ont opéré, étaient, l’une du système de M. Mac-Connell, l’autre de celui de M. Bloomer. ’ ' ‘ *
- La houille avait été extraite des mines de Hawksbury; elle était dure, exempte d’un excès de matières bitumineuses, et l’on n’y voyait pas de pyrites. .^y:- -o On en a essayé deux qualités, la houille en fragments que l’on trouve en fortes masses, et Tés menus que l’on vend au tas, mais qui sont exempts de poussier. Cette dernière qualité est moins dure que la première. . .:;,7 p;
- Pour comparer d’une manière plus frappante le prix relatif de :kL traction par les deux procédés, on a choisi le meilleur coke, c’est-à-dire le coke de Pease’s West.
- Chacune des machines était alimentée pendant un jour entier, avec de la houille ou avec du coke, alternativement, et parcourait 264 kilomètres, distance totale pour l’aller et le retour entré Rugby et Londres. :5 a
- Les résultats des deux premiers jours ont été rejetés, parce qu’ils ont été considérés seulement comme préparatoires, que le temps avait été orageux et défavorable ; enfin que les chauffeurs- uvaient-dû acquérir 4< la houille. . j
- Une locomotive.du système Mac-Connell a conduit, durant six jours, un train montant, le matin, et un train descendant, le soir; pendant trois de ces jours, elle a été ch^^:‘SVétî"dÛ'l^kë^l4^as4s'. West ; dura n t les ’ trois autres 7~èITe
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- CHAUFFAGE DES LOCOMOTIVES.
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- avec la houille en morceaux de Hawksbury. Les deux trains étaient à peu près du même poids et ne laissaient apercevoir entre eux que de légères différences.
- Une première série d’expériences a donné les résultats suivants :
- Locomotive n° 303.
- SATURE du combustible. D1STANCB parcourue. POIDS MOYEU des waggons. VITESSE moyenne par heure. COMBUSTIBLE brûlé par kilomètre. EAU ÉVAPORÉB par kilog. de combustible.
- Coke. . . . Kilom. 793 Kilog. H,310 Kilom. 50,89 Kilog. 7, 14 8,59
- Houille. 793 13,390 53, 52 10,02 5,78
- Comme il était nécessaire de s’assurer de la possibilité d’appliquer la houille à la traction de trains plus pesants, on a employé la même machine à de nouvelles expériences, analysées dans le tableau suivant.
- Locomotive n° 303.
- NATURB du combustible. DISTANCE parcourue. POIDS MOYEN des waggons. VITESSE moyenne par heure. COMBUSTIBLE brûlé par kilomètre. EAU ÉVAPORÉB par kilog. de combustible.
- Kilom. Kilog. Kilom. Kilog.
- Coke 264 19,480 47, 33 7,55 8,82
- Houille en more. 264 20,910 46,60 11,73 5,86
- Menus de houille. 264 29,740 44,67 14,50 5,97
- Enfin on a encore fait une expérience avec une machine du plus grand modèle des locomotives ordinaires, que l’on a chauffée avec de la houille en morceaux de Hawksbury. Elle a donné les résultats suivants :
- Locomotive n° 293.
- 1 NATURE i i DISTANCE du , , i parcourue, combustible. POIDS MOYEN des waggons. VITESSE | COMBUSTIBLE moyenne ; brûlé j par heure. par kilomètre. eau ÉVAPORÉE par kilog. de combustible.
- Kilom. Houille en more. 264 Kilog. 14,310 Kilom. | Kilog. 53, 04 ; 13, 45 4,52
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- La question de la possibilité de brûler de la houille dans des locomotives de ces systèmes, a été résolue affirmativement par ces recherches, car les machines ont sans difficulté développé la quantité de vapeur et atteint la vitesse de locomotion qui étaient jugées nécessaires.
- En général, la locomotive n° 303, pendant qu’elle consommait de la houille, a satisfait à la condition de brûler la fumée ou plutôt de n’en pas produire.
- Cette machine, soit en marche, soit en repos, a été, en effet, presque constamment exempté d’un dégagement de fumée; il fallait l’observer très-attentivement pour en découvrir des traces; et, lorsqu’elle en a laissé échapper, la quantité n’a jamais été assez forte pour nuire. Cependant on doit excepter les moments où l’on allumait le feu et où on levait la vapeur, parce que la combustion était alors trop imparfaite pour que l’on pût éviter de laisser dégager des gaz incomplètement brûlés.
- Il importe aussi de faire observer que l’exemption de fumée pendant le travail normal, dépend beaucoup de l’adresse et du soin du conducteur et du chauffeur, et qu’elle exige de leur part beaucoup de vigilance.
- Les conditions nécessaires pour obtenir ces résultats, sont : 1° d’opérer avec une grande surface de grille, une couche mince de combustible et des barreaux beaucoup plus serrés que pour l’usage du coke. La grandeur de la surface des grilles et la faible épaisseur du combustible permettent, en effet, à l’air de passer sous un grand volume, quoique le tirage ne soit pas considérable. 2° Il faut alimenter souvent le foyer, par petites quantités, afin de rendre égal le développement des gaz, et empêcher qu’il ne s’en échappe à la fois, par moments, des quantités trop fortes pour que l’air admis puisse les brûler totalement. Cette alimentation fréquente exige beaucoup d’attention de la part du chauffeur, et lui impose un travail très-notable. En moyenne, il doit faire des charges quatre ou cinq fois plus nombreuses pour la houille que pour le coke, c’est-à-dire une charge tous les 4000 mètres environ au lieu d’une tous les 18 à 20,000 mètres.
- En projetant le combustible, il doit le répartir avec assez de soin pour maintenir l’égalité d’épaisseur sur la grille. Cette épaisseur doit être de 0m,100 à 0“,150 environ.
- 3° Lorsque la boîte à feu est divisée longitudinalement par une cloison en deux compartiments dont chacun est pourvu d’une porte, on peut charger alternativement l’un des deux foyers, et conserver un feu clair dans l’un, tandis que l’autre est momentanément ralenti par l’addition de la houille froide.
- 4° Dans la chambre à combustion, s’opère le mélange des produits gazeux des deux foyers, avec la quantité d’air qui est indispensable pour opérer complètement la combinaison avec l’oxygène. Cette chambre présente d’ailleurs l’espace nécessaire pour que la combustion ait lieu avant que les gaz passent dans les tubes. Combinée avec l’établissement d’une double boîte à feu, cette disposition rend les locomotives de M. Mac-Connell plus propres que les locomotives ordinaires à opérer la suppression complète de la fumée.
- 5° La houille doit être en morceaux assez gros pour conserver la liberté du tirage et prévenir la génération instantanée d’un volume trop considérable de gaz, génération
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- qui suivrait l’addition d’une petite quantité de combustible menu à un feu vif et clair. La dureté de la houille est une qualité qui tend à diminuer la proportion du poussier formé par le froissement. Cette matière doit être aussi peu bitumineuse que possible et laisser en brûlant peu de cendres et d’escarbilles.
- 6° Il importe que le registre qui sert à régler l’admission de l’air, puisse être fermé totalement ou partiellement; car, s’il en était autrement, on dégagerait de la fumée, et l’on brûlerait inutilement du combustible aux stations.
- Toutefois, il faut remarquer que ces conditions observées lorsque le travail de la machine n° 303 était satisfaisant, peuvent recevoir clés modifications pour l’emploi de la houille dans des locomotives autrement disposées.
- Les résultats de l’expérience faite sur la locomotive n° 293, n’ont pas été aussi satisfaisants sous le rapport de la combustion de la fumée. Un nuage brun s’est presque constamment montré au-dessus de la cheminée; et, quoiqu’il fût souvent très-léger, il a été fréquemment assez fort pour être considéré comme sujet à des objections très-réelles.
- A la vérité, le chauffeur de cette machine, n’avait pas encore acquis beaucoup d’expérience sur la combustion de la bouille, combustion qui exige une méthode tout à fait différente de celle que l’on suit pour l’usage du coke.
- Quoi qu’il en soit, les auteurs pensent que les locomotives ordinaires ne sont pas bien disposées pour la combustion de la fumée ; et il est certain que, dans la machine n° 293, la boîte à fumée se trouvait surchauffée par une masse considérable de poussier de houille à l’état d’ignition partielle. Ces effets, au contraire, étaient complètement prévenus dans la machine n° 303, sans doute par l’existence d’une vaste capacité devant l’entrée des tubes, capacité qui arrêtait et recevait les parcelles de houille, et les empêchait de franchir les tubes.
- Quant à l’effet utile respectif de la bouille et du coke, la comparaison des deux expériences du premier tableau indique, pour la houille, une consommation supérieure à celle du coke, dans le rapport de 140 à 100, pour des circonstances égales; mais le travail exécuté n’était pas beaucoup moindre, ainsi que le démontre la consommation totale de l’eau évaporée (1).
- L’examen des deux premières expériences du deuxième tableau, qui correspondent à des trains plus pesants et moins rapides, fait voir que, dans ce cas, la consommation de la houille a surpassé celle du coke, dans le rapport de 135 à 100.
- Si l’on prend la quantité d’eau évaporée pour mesure approximative des résistances qui ont été surmontées, on trouve que 148 kil. de houille, correspondent à 100 kil. de coke, au moins quand on les brûle dans la locomotive n° 303, et l’excès est même beaucoup plus grand pour la machine n° 293.
- Cette différence considérable porte à supposer qu’il y a, dans les machines soumises aux expériences, quelques dispositions qui les rendent peu propres à la combustion
- fl) On observera, pour l’intelligence de ce passage, que si 1 kilogramme de bouille a évaporé moins d’eau que i kilogr. de eoke, la quantité employée du premier combustible a été plus considérable,
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- de la houille; et, ce qui confirme cet aperçu, c’est que des essais tentés à Wolverton sur la chaudière d’une machine fixe, ont indiqué seulement le rapport de 120 à 100, dans la consommation de la houille et du coke, pour produire le même travail. Dans ces essais, l’évaporation par kilogramme de coke était de 7l,99, et par kilogramme de houille de 6k,77.
- Enfin, bien que les expériences exécutées sur la machine n° 303, soient satisfaisantes sous le rapport de la combustion de la fumée, il est à croire que la consommation de la houille y a été trop forte, et que l’on peut encore découvrir des moyens de perfectionner la combustion, ainsi que d’utiliser la chaleur qui se dissipe inutilement. ( Mechanics Magazine, septembre 1854, page 269.)
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- notes sur la situation industrielle des états-unis d’amérique, comprises dans un rapport officiel, fait en Angleterre par M. whitworth, sur Vexposition de New-York. ( Extrait par m. j. b. viollet. )
- Les classes ouvrières, dit M. "Whitworth, sont relativement peu nombreuses en Amérique, mais cette infériorité même est la cause de l’ardeur avec laquelle les travailleurs demandent le secours des machines dans presque toutes les branches de l’industrie. Partout où un mécanisme peut être substitué à une opération manuelle, il est universellement réclamé. Mon rapport en contient des preuves irréfragables et multipliées; mais je puis citer spécialement les charrues qui sont construites au nombre de trente, chaque jour, par huit hommes seulement; les portes en menuiserie dont l’exécution est tellement rapide, que vingt hommes établissent quotidiennement cent portes à panneaux ; les formes pour les chaussures dont la fabrication n’exige qu’une minute et demie; la couture mécanique où une seule femme peut accomplir l’ouvrage de vingt autres ; enfin le tulle dans la fabrication duquel une femme en remplace cent. C’est à ce régime du travail et à cette ardeur avec laquelle les agents mécaniques sont recherchés, ainsi qu’à l’instruction supérieure et à l’intelligence de leurs habitants, que les États-Unis doivent surtout leur prospérité. Cette prospérité est souvent attribuée à la possession d’un sol naturellement très-fertile et très-riche; mais, bien que les terres soient indubitablement telles dans plusieurs cantons formés d’al-luvions, j’ai, au contraire, en traversant des centaines de milles dans les États du nord, acquis la conviction qu’en général elles sont peu fécondes plutôt que productives.
- Je ne conteste cependant pas l’immensité des ressources naturelles qui existent aux États-Unis, la possibilité d’y multiplier et d’y varier indéfiniment les produits, et l’abondance presque illimitée des richesses minérales ; mais le bien-être matériel n’y dépend pas moins en grande partie de la facilité avec laquelle le pays lire de ses productions le maximum de leur utilité , en même temps qu’il réduit autant que possible le labeur corporel de l’homme.
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- Il suffit de considérer comment on exploite le bois dans cette contrée pour reconnaître une preuve frappante de ce que j’avance. Les premiers planteurs, en effet, trouvèrent, dans les forets qu’ils avaient à éclaircir, un approvisionnement illimité de matériaux , qu’ils se virent contraints d’utiliser par tous les moyens. Ils s’en servirent pour la construction de leurs maisons, la fabrication de leur mobilier et de leurs ustensiles domestiques, l’exécution de leurs travaux de tout genre et l’établissement de leurs routes pavées en troncs d’arbres. Le bois fut donc pour eux une matière universelle, et la rareté des ouvriers rendit indispensable l’introduction des machines qui suppléaient à la disette des bras. L’impulsion donnée ainsi à l’une des branches de l'industrie devint ensuite progressivement commune à toutes les autres. Pour la taille des pierres, par exemple, un seul homme put bientôt remplacer vingt ouvriers; et dans les filatures, les perfectionnements devinrent même tels qu’un conducteur desservant un métier de 1088 broches, accomplit maintenant aux Etats-Unis le travail qui, dans l’Indostan où l’on file encore à la main, forme la tâche quotidienne de 3,000 ouvriers. Mais l’Angleterre fournit un exemple plus frappant encore de la supériorité des opérations mécaniques sur la fabrication manuelle. La dentelle d’un dessin ordinaire, en effet, s’exécutait autrefois à la main sur un coussin, à raison de trois points par minute. Maintenant, à Nottingham, une machine, dirigée par une seule personne, produit de la dentelle du même genre, à raison de 2i,000 points par minute , en sorte qu’une surveillante suffit aujourd’hui pour remplacer 8,000 personnes.
- Les résultats obtenus aux États-Unis par l’emploi du travail mécanique, partout où il a été possible de l’appliquer aux manufactures, sont d’autant plus remarquables que l’on n’a pas connaissance de ligues formées pour s’y opposer. Les ouvriers acceptent avec satisfaction tous les progrès dont ils savent apprécier l’importance et la valeur, et qu’ils considèrent comme les affranchissant de la tâche pénible d’exercer des efforts inintelligents.
- En Angleterre, au contraire, où le travail personnel est plus offert, et où l’on obtient plus difficilement une occupation lucrative, les classes laborieuses doivent éprouver moins de sympathie pour le progrès des inventions. Cependant la différence entre l’opinion de nos ouvriers et celle des ouvriers des États-Unis, ne dépend pas seulement du nombre relatif des bras. Les principes qui règlent les rapports entre l’ouvrier et son chef semblent mieux appréciés en Amérique qu’en Angleterre, et la loi qui limite la responsabilité des intéressés dans une entreprise (1), rend beaucoup plus facile, dans ce dernier pays, l’obtention des capitaux , en sorte que l’artisan instruit et intelligent peut tirer tous les fruits possibles de son habileté sans rencontrer d’obstacles de la part de ses compagnons de travail. Il arrive même rarement que, faute d’éducation et d’instruction générale, un homme qui se distingue se trouve, comme on le voit souvent en Angleterre, hors d’état de parvenir à la position de directeur d’une fabrique. Enfin , dans tous les États de l’Union , les écoles communales et la diffusion des notions utiles
- (ij_ Dans îe Royaume-Uni, le* actionnaires des compagnies sont généralement solidaires.
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- par la presse industrielle mettent à la portée de toutes les classes une instruction professionnelle qu’elles s’empressent d’acquérir.
- Nous croyons inutile de suivre l’auteur dans la comparaison qu’il établit entre les institutions industrielles de la Grande-Bretagne et celles des Etats-Unis; nous dirons seulement qu’il considère l’instruction technique des ouvriers comme supérieure dans ce dernier pays, et que cette différence lui paraît être une des causes du développement de l’esprit d’invention et de la rapidité des progrès réalisés dans la plupart des genres de fabrication , progrès tels que les objets qui semblent être de luxe à une époque quelconque, sont regardés dans l’époque suivante comme presque nécessaires à l’existence. ( Practical Méchante s Journal, mai 1854. )
- PRODUITS CHIMIQUES.
- FABRICATION DE LA SOUDE ARTIFICIELLE SANS EMPLOYER L’ACIDE SULFURIQUE;
- par M. BREMME.
- M. Bremme croit être arrivé à résoudre le problème de la production de la soude artificielle sans employer d’acide sulfurique, c’est-à-dire à transformer le sel marin en carbonate de soude sans lui faire prendre l’état intermédiaire de sulfate de soude. Le procédé de M. Bremme consiste à calciner le sel marin avec le sulfure de fer, de manière à obtenir du chlorure de fer volatil, et du sulfure de sodium qui reste fixe, et qu’on transforme ensuite en carbonate, au moyen de la craie et du charbon. Le sulfure de fer qu’on emploie est simplement la pyrite ferrugineuse.
- On prend 77 kilogrammes de sulfure de fer et 146 kilogrammes de chlorure de sodium privé d’eau; on pile et on réduit cette masse en poudre , on en fait un mélange, puis on l’introduit dans un fourneau à réverbère. On pousse alors à une chaleur rouge, la masse se fond, on ouvre les portes de travail, et on la remue avec des crocs en fer, jusqu’à ce que le mélange soit complet, Il faut continuer cette opération jusqu’à ce qu’il cesse de se former des vapeurs blanches; quand cela arrive, on retire la masse du fourneau, et on obtient le carbonate de soude en ajoutant une quantité convenable de carbonate de chaux et de houille pulvérisée et en calcinant le mélange.
- Les substances volatiles consistant en perchlorure de fer, etc., qui se produisent dans cette opération, sont amenées dans des compartiments qui communiquent avec lé fourneau, pour en faire ensuite l’emploi le plus utile. ( Description des brevets, t. XVII, mai 1850. )
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- fabrication de la potasse; par m. stqecklin , de Colmar.
- L’auteur s’est proposé de préparer, d’une façon économique et avec les ressources de notre pays, une potasse entièrement semblable à la potasse rouge d’Amérique; son brevet renferme un compte de fabrication où il établit que, d’après ses procédés, 25 hectolitres de cendres communes lui donnent 125 kilogrammes de potasse variant, en richesse alcaline, de 66 à 70 degrés; l’alcali ainsi préparé lui revient à 66 fr. 80 c. les 100 kilogrammes. Or on peut admettre, comme prix moyen de la potasse d’Amérique, 100 francs le quintal métrique ; il resterait donc une marge de 32 fr. 20 c., qui permettrait d’abaisser le prix de cet alcali, dont nos fabriques font un si grand emploi.
- Les procédés de fabrication de M. Stœcklin lui permettent d’atteindre à un rendement supérieur à celui qu’on obtient habituellement avec les cendres communes. Voici comment il opère : les cendres sont placées par tas de 10 hectolitres, on y introduit la chaux vive réduite au préalable en petits morceaux, et cela de telle manière qu’une partie de la chaux se trouve répartie dans tout le tas. le surplus est placé au centre de celui-ci; on recouvre la chaux avec des cendres, en ayant soin de ménager, au sommet du cône, une petite ouverture qui permette l’immersion de l’eau, ou, ce qui est mieux, de la petite lessive; cela fait, on verse par la petite ouverture peu à peu, et on projette en même temps, sur tous les tas, de la lessive faible et bouillante, en quantité suffisante pour obtenir une haute température. La chaleur produite par l’hydratation de la chaux se communique aux cendres; celles-ci ne tardent pas à s’échauffer elles-mêmes, à tel point qu’en y enfonçant un morceau de bois il s’allume promptement. Il est important que la chaux ne se prenne pas en bouillie; elle doit tomber en poussière, afin de bien se mélanger aux cendres après le refroidissement. La proportion de 10 kilog. de bonne chaux sur 100 kilog. de cendres est celle qui a le mieux réussi.
- L’auteur pense que, dans cette opération, la température est suffisamment élevée pour qu’une partie du sulfate de potasse contenu dans les cendres soit décomposée en présence du carbonate de chaux formé par la réaction de la chaux sur le carbonate de potasse, et du charbon qui se trouve toujours en certaine quantité dans les cendres; il obtient, en effet, un rendement en alcali supérieur à celui que devrait fournir le carbonate de potasse contenu dans les cendres.
- Lorsque le tas est bien refroidi, on mélange toute la masse, on la soumet à un lavage méthodique, et on soumet à l’évaporation les lessives, en ayant soin d’agiter, et en donnant, à la fin, un bon coup de feu pour achever la combustion des matières organiques qui viennent brûler à la surface. La potasse est ensuite coulée dans des vases en fonte où on la laisse refroidir. En cassant ces masses de potasse, l’intérieur, si toutefois l’opération a été bien conduite, est d’une belle couleur rose veinée, et absolument semblable à la plus belle qualité de potasse d’Amérique; sa richesse alcaline, de 66 à 70 degrés, est au moins aussi grande que celle de cette dernière potasse. ( Description des brevets, t. XVII, septembre 1850. )
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- PRÉPARATION DE L’ACIDE PICRIQUE ; par M. BOUVY.
- L’acide picrique, ou carbazotique, dont la teinture sur laine et sur soie fait, depuis quelques années, un si fréquent usage, se prépare habituellement en faisant réagir l’acide nitrique sur l’indigo ou sur l’huile de houille. Cette dernière n’eu..fournit qu’une quantité peu considérable; aussi le prix de cet agent tinctorial reste-t-il assez élevé. Des belles teintes jaunes obtenues par l’acide picrique font, de sa production économique, un sujet intéressant.
- M. Bouvy assure être parvenu à obtenir l’acide picrique plus facilement qu’on ne l’a fait jusqu’à présent, en soumettant à l’action de l’acide nitrique la cire de canauba, produit cëroïde d’un arbre du Brésil. En faisant réagir, à une douce chaleur, dans un vase de porcelaine, l’acide nitrique sur cette cire, il se produit une matière jaune offrant tous les caractères, toutes les propriétés de l’acide picrique, et que M. Bouvy désigne sous le nom d’acide nitro-canaubique, pour indiquer les matières au moyen desquelles on la prépare. Les proportions indiquées par l’inventeur sont de 75 grammes d’acide nitrique à 40 degrés pour 100 grammes de cire végétale; on chauffe doucement, jusqu’à ce que, la matière étant complètement dissoute, les vapeurs rutilantes de l’acide hypo-azotique aient disparu; il faut agiter continuellement, pour éviter que la matière ne déborde; on obtient ainsi au moins 30 pour 100 d’acide cristallisé, et un résidu que l’on mêle soit à du suif, soit à de la cire du commerce : on se procure ainsi une substance applicable à certains usages auxquels la cire est aujourd’hui employée. ( Description des brevets, t. XVII, 3 septembre 1850. )
- SÉANCES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- PROCÈS-VERBAUX.
- Séance du 13 décembre 1854.
- M. Dumas, président, occupe le fauteuil.
- Le procès-verbal de la séance précédente est lu et approuvé.
- Correspondance. M. Gaiffe, graveur, rue du Faubourg-Saint-Denis, 162, a lu, dans le Bulletin de la Société du mois de septembre, n° 17, la description d’une machine électro-magnétique pour graver sur des planches de cuivre à l’aide d’une autre planche de métal sur laquelle est tracé le dessin avec une encre non conductrice de l’électricité, inventée par M. Hansen, en Angleterre.
- M. Gaiffe annonce avoir inventé, il y a deux ans, une machine du même genre,
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- SÉANCES DU CONSEIL ft’ADMINISTRATION.
- avec cette différence qu'elle est destinée à graver des cylindres de cuivre pour l’impression des étoffes.
- M. Calardy rue Leclerc, 8, faubourg Saint-Jacques, en rappelant à la Société sa fabrication de feuilles métalliques perforées et de ses pannetons métalliques pour la boulangerie, présente un lit fermé en tôle perforée. C’est une sorte de cage renfermant la personne couchée dans le lit et qui la préserve contre certaines influences nuisibles venant du dehors.
- M. Calard signale la substitution faite, à la manufacture de tabacs, du cuivre perforé de très-petits trous aux toiles métalliques pour le tamisage. Après examen , il a été reconnu que le produit était plus régulier et le rendement supérieur de 10 pour 100.
- M. Foucauld, rue de Harlay, 4, expose les motifs qui lui font désirer de participer au don de M. Christofle, afin de lui faciliter la prise d’un brevet d’invention pour un nouveau système de siphon.
- M. Lamain, auteur d’un calorifère produisant le gaz propre à l’éclairage, adresse une semblable demande.
- M. Kraft, à Cobourg, royaume de Saxe, ayant eu connaissance de la fondation de plusieurs prix par la Société d’encouragement, tels qu’un prix de 2,000 fr. pour l’indication de matériaux incombustibles, un prix de 2,000 fr. pour le meilleur ciment hydraulique et un autre de 10,000 fr. pour des chaux hydrauliques résistant aux effets de l’eau de mer, annonce l’envoi de divers échantillons de ces produits.
- M. Cavaillé-Coll, facteur d’orgues, rue de Vaugirard, 94 et 96, recommande à la Société un de ses contre-maîtres, à l’effet d’obtenir une des récompenses réservées pour exciter le zèle, l’activité et l’intelligence des ouvriers.
- M. Moussard, constructeur de voitures, avenue Montaigne, 68, aux Champs-Elysées, adresse la même demande en faveur de son contre-maître.
- M. Gueyton, rue du Grand-Chantier, 4, présente divers objets de galvanoplastie qui ont été soudés, en 1860, à la soudure de cuivre et à celle d’argent; il ne doute pas que cette communication ne mette fin aux préteutions élevées par M. Bouilhet, par le brevet pris le 23 mai 1863.
- M. Wiese dit Wiset, orfèvre-bijoutier, rue de l’Arbre-Sec, 48, soumet à l’appréciation de la Société quelques objets en galvanoplastie renforcés de soudures en laiton ; il réclame avec d’autres industriels qui, comme lui, ont fabriqué des objets de ce genre sans avoir songé à les faire breveter.
- M. Thouret, orfèvre, place de la Bourse, 31, présente aussi plusieurs objets de galvanoplastie fabriqués en cuivre et en laiton, soudés à la soudure forte avec un alliage"de cui-Tom&*ln. — 53e année. 2e série. — Décembre 1854. 98
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- vre et de zinc qui varie suivant la fusibilité des pièces à souder; il emploie aussi la soudure à l’étain.
- MM. Ch. Christofle et H. Bouilhet énoncent que s’il leur est pénible de prolonger le débat soulevé par MM. Wiset, Odiot, Froment-Meurice et Thouret, et s’ils ne peuvent, en présence des éventualités qui pourraient surgir, laisser sans réponse la lettre de ces messieurs, ils ont encore plus à cœur de prouver qu’ils n’ont point appelé légèrement l’attention de la Société sur ce qu’ils appellent une invention considérable dans ses résultats futurs.
- M. Coquillard, à la Yillelte ( Seine ), pésente de nouveaux pavés en bitume et mâchefer.
- M. Frezon, à Saint-Denis, appelle l’attention de la Société sur ses procédés de fabrication de l’orseille.
- M. Pommier, quai Jemmapes, 224, communique une nouvelle méthode d’extraction de la matière colorante des lichens qui fournissent la même matière colorante.
- M. Vergnaud-Romagnesi, à Orléans, adresse 1° un mémoire sur le parti avantageux qu’on peut tirer des bulbes de safran comme substance alimentaire; 2° un échantillon de fécule obtenue de ces bulbes; 3° quelques oignons naturels; 4° des oignons épluchés prêts à être réduits en pulpe; 5° des enveloppes brutes de l’oignon.
- M. de MontureuX) à Arracourt ( Vosges ), communique deux numéros du journal VÈcho de la Seille, contenant 1° le projet d’un appareil destiné à porter secours aux ouvriers puisatiers enfermés sous des éboulements; 2° des conjectures sur les plantes à cultiver pour remplacer les pommes de terre.
- M. Tenten, fabricant de cuirs, petite rue de Reuilly, 10, présente un échantillon de cuir noir dont la base de la fabrication est la même que celle du cuir de Hongrie.
- M. Petitjean, à Vaugirard, annonce avoir inventé un moyen propre à empêcher la vigne de geler et aux raisins de couler.
- M. Chevallier fils adresse deux notes, l’une sur l’asphodèle, l’autre sur l’emploi de la tourbe en agriculture.
- M. Roret, libraire, fait hommage d’un ouvrage sur la sténographie, par M. Hippo-lyte Prévost.
- Rapports des comités. Au nom des comités des arts chimiques et de la commission de Bordeaux, M. Salvétat lit un rapport sur la manufacture de produits céramiques de Bordeaux dirigée par M. Vieillard.
- Le comité propose 1° d’adresser les félicitations de la Société à M. Vieillard pour les
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- progrès qu’il a réalisés dans la fabrication des poteries; 2° d’insérer le rapport dans le Bulletin. ( Approuvé. ) ( Voyez plus haut, page 753. )
- Au nom des comités des arts chimiques et économiques, M. Jacquelain lit un rapport sur un four à chaux de M. Simoneau.
- Les comités proposent 1° d’insérer dans le Bulletin le rapport accompagné d’une planche représentant le four avec une légende explicative; 2° de remercier M. Simoneau de son intéressante communication en le félicitant d’avoir, comme propagateur zélé de l’emploi de la chaux, travaillé avec persévérance à l’amélioration du système agricole.
- Après quelques observations de M. Agasse sur le chauffage du four au bois ou à la houille, auxquelles répond M. le rapporteur, M. le président cite l’exploitation du bassin anthracifère du Maine, aux environs de Sablé ; ce bassin renferme le combustible et le calcaire-marbre employés à la fabrication de la chaux. Les mines d’anthracite de la Mayenne et de la Sarthe fournissaient d’abord le combustible pour la fabrication du fer; mais des pertes considérables ont fait renoncer à l’emploi de ce combustible lorsque l’application de la chaux à l’agriculture, qui date d’un demi-siècle, a donné à l’exploitation de l’anthracite, comme combustible, une grande extension.
- Cette application de la chaux à l’agriculture a donc fait de rapides progrès, grâce h la présence du combustible minéral; il serait utile de citer ces faits dans le rapport.
- M. Jacquelain annonce qu’il prendra des renseignements sur les faits qui viennent d’être énoncés par M. le président, et qu’il les joindra au rapport.
- Les conclusions du rapport sont adoptées. (Voyez plus haut, page 745. )
- Communications. M. Dameron, carrossier, rue du Dragon, 25 et 31, communique le résultat de ses recherches sur le tirage des voitures particulières par rapport à la longueur des trains.
- Le comité des arts mécaniques est chargé de l’examen de cette communication.
- M. Jules Duboscq expose les perfectionnements qu’il a apportés à l’appareil servant à produire la lumière électrique.
- Ces perfectionnements seront l’objet de l’examen du comité des arts économiques.
- Séance du 27 décembre 1854.
- M. Dumas, président, occupe le fauteuil.
- Le procès-verbal de la séance précédente est lu et approuvé.
- Correspondance. M. Michel Szteyn, rue Saint-Jacques, 224, pour compléter le mémoire qu’il a adressé à la Société, présente quelques chiffres établissant, d’après
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- des agronomes praticiens, les avantages que les topinambours offrent comme succédanés du café.
- M. Maligant dpnne la composition de biscuits de mer dans lesquels il fait entrer un mélange de farine et de pommes de terre.
- M. Guichard, rue du Senlier, 8, inventeur de procédés nouveaux pour les dessins des tissus, demande à soumettre à la Société le résultat des travaux.
- M. Peligot, l’un des secrétaires, donne lecture d’une lettre dans laquelle M. Beau-chesne maire de Romorantin (Loir-et-Cher), expose que, pour employer les bras inactifs dans les moments de chômage, il a eu la pensée d’appliquer, en Sologne, les procédés suivis en Allemagne pour convertir la feuille de pin en une sorte dé coton ou de laine.
- Ces procédés ayant été décrits dans la 51e année du Bulletin, M. le maire prie la Société de mettre ce volume à sa disposition.
- M. Alcan n’a pu avoir connaissance du procédé chimique au moyen duquel M. Pannewitz retire des longues et menues feuilles de pin une substance filamenteuse très-fine qui se frise et se file comme la laine ordinaire. Les feuilles de pin contiennent des quantités notables de matière résineuse dont l’extraction est loin d’être sans difficulté. Il serait intéressant de chercher à se mettre en rapport avec la fabrique qui, près de Breslau, en Silésie, est indiquée comme convertissant les feuilles de pin en une sorte de coton ou de laine.
- M. Jacquelain pense que l’intervention d’une dissolution de potasse dégagerait les fibres de la feuille de pin de la matière résineuse qui les enveloppe.
- M. Hulot met sous les yeux des membres de la Société une planche gravée en taille-douce d’une grande valeur, ainsi qu’une reproduction de cette planche obtenue au moyen d’un moulage pris directement par voie de dépôt galvanique sur la planche originale. Cette planche, due au burin d’un de nos plus habiles graveurs, est d’un travail très-léger; elle devra être reproduite plusieurs fois.
- Le but de M. Hulot, en présentant celte reproduction, est de montrer que toutes planches gravées autres que celles destinées à figurer les lignes géométriques ne peuvent être moulées utilement que par dépôt galvanique direct; encore la planche originale, avant l’immersion dans le bain électro-chimique, doit-elle avoir été purgée de toute impureté.
- Les enduits de matière grasse ou de plombagine, recommandés pour certains ouvrages comme préservatifs contre l’adhérence du dépôt galvanique à l’original, ne l’empêchent nullement; si l’opération est mal dirigée et qu’il se forme un grain à la surface du dépôt matrice, le noir d’impression se loge dans ce grain et couvre les épreuves imprimées d’un voile gris-noir ou nuageux qui en ôte tout le prix.
- Dans le cas de la reproduction opérée par M. Hulot, la gravure disparaîtrait complètement, sous un semblable voile.
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- Le moulage à la gutta-percha est tout à fait impropre à la reproduction des planches gravées.
- M. le président remercie M. Hulot pour cette intéressante communication.
- M. Doizy, rue de Montyon , 17 , adresse un spécimen de ses anches de clarinettes rendues imperméables par un moyen de son invention qui, loin de nuire à la qualité du son, lui donne, au contraire, plus de rondeur.
- M. Crepin, rue Saint-Martin , 300, se dit l’auteur d’un appareil simple pour remplacer les échelles et marchepieds dans les musées, bibliothèques, etc.
- M. Perrier, rue Lafayette, 6, annonce avoir inventé un nouveau système de bouilleur de chaudière à vapeur offrant une grande économie de combustible, conservant les chaudières et prévenant les coups de feu.
- M. Zambeaux, maire adjoint de Saint-Denis, adresse le dessin et la description d’un nouvel appareil fumivore de son invention.
- M. Gengembre, fabricant d’agrafes, ruedeBondy, 74, demande la nomination d’une commission pour faire un rapport sur l’industrie des agrafes qu’il exploite sur une grande échelle au moyen d’une série de machines de son invention.
- M. Havé, rue Saint-Paul, 10, présente, au nom de MM. Laforest et Boudeville, de Reims, le dessin, la description et un spécimen d’un système de joint métallique applicable aux tuyaux et conduites de toute espèce.
- M. Gillet, capitaine au long cours, rue de Richelieu, 22, dépose le modèle d’un cabestan et le plan d’un guindeau.
- M. Dietz, rue Fontaine-Saint-Georges, 33, présente un nouveau système de piano à queue verticale.
- M. Mangeot, de Bruxelles, fait hommage de son Traité du fusil de chasse et des armes de percussion.
- M. Dubosq, constructeur d’instruments d’optique, rue del'Odéon, 21, présente les titres de deux de ces employé comme dignes de participer aux médailles destinées aux ouvriers et contre-maîtres.
- M. Blazy-Jallifer, lampiste, rue Galande, 31, adresse une semblable demande en faveur de M. Leroux, son premier ouvrier.
- M. Combes signale, dans un journal anglais publié à Dublin sous le titre de The
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- Monthly journal of industrial progress, un second article sur la tourbe et ses emplois; il est à désirer que la Société possède ce travail en entier.
- M. Àmable Cave adresse une brochure renfermant la description de son système de roues pleines en tôle pour chemins de fer et autres, ainsi qu’un appareil de sûreté pour l’exploitation des mines, qui lui est commun avec M. Dutertre.
- M. Peligot annonce l’envoi d’un mémoire destiné au concours intitulé, Recherches sur les matériaux connus, dans l'art de bâtir, sous les noms de chaux, ciments et pouzzolanes, en tant que propres aux travaux de la mer.
- M. le président dépose un mémoire, pour le même concours, sur les combinaisons hydrauliques par voie humide des pouzzolanes.
- M. Guérin-Méneville présente un mémoire intitulé, Coup d'œil général sur la nature de la maladie qui attaque la vigne.
- M. le président dépose, pour prendre part au même concours, un mémoire de M. Belloumeau, desservant de l’église de la commune de Laruscade (Gironde).
- M. le président fait hommage, de la part de M. Marcelin Berthelot, préparateur de chimie au collège de France, de son travail intitulé, Combinaison de la glycérine avec les acides, et reproduction artificielle des corps gras neutres.
- M. Berthelot sera remercié de cet hommage.
- M. le président donne lecture de la lettre suivante de M. Kuhlmann, en adressant le procès-verbal du monument érigé h Napoléon Ier, dans l’enceinte de la bourse de Lille :
- « Messieurs, la chambre de commerce de Lille a obtenu l’autorisation de consacrer, par une médaille, le souvenir de l’inauguration du monument qu’elle a érigé dans l’enceinte de la bourse.
- « En demandant cette autorisation, la chambre s’est proposé, non-seulement de compléter une œuvre de reconnaissance envers le grand homme auquel la France, et surtout les départements du nord, doivent la création et la prospérité de leurs manufactures, mais encore d’offrir un témoignage de sa vive gratitude aux personnes qui l’ont aidée de leur concours et de leurs sympathies dans l’accomplissement de cette œuvre nationale.
- « Je viens , au nom de la chambre, vous prier de vouloir bien accepter un exemplaire de la médaille qu’elle a fait frapper, et que je'joins à cette lettre.
- « Veuillez agréer, Messieurs, l’assurance de mes sentiments les plus distingués.
- « Au nom de la chambre de commerce,
- « Le président,
- « Signé Fréd. Kuhlmann »
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- Rapports des comités. Au nom du comité des arts mécaniques, M. Callon lit un rapport sur la scierie à ruban de M. Périn.
- Le comité propose de remercier l’auteur de sa communication , de le féliciter sur le degré de perfection auquel il a porté son importante industrie, et d’insérer le rapport dans le Bulletin avec la gravure de la scierie. (Approuvé.)
- Au nom du comité des arts économiques, M. Combes lit, pour M. Gourlier, un rapport sur les ardoises d’Angers.
- Le comité propose 1° d’écrire à M. Larivière, gérant de ces mines d’ardoises, pour le féliciter sur les nouveaux efforts qui ont été faits et les nouvelles applications réalisées- par les ardoisières d’Angers, et à l’engager à persévérer dans une aussi bonne voie ; 2° d’insérer le rapport dans le Bulletin. (Approuvé.)
- Communications. M. Alcan , membre du conseil, met sous les yeux de la Société un appareil dynamique pour essayer la résistance des fils; il décrit cet appareil , ses fonctions et ses applications pour apprécier la force des fils et le degré de torsion qu’il est nécessaire de leur donner pour la confection des différents genres de tissus.
- M. le président remercie M. Alcan de cette communication, qui est renvoyée à la commission du Bulletin.
- M. Jacquelain communique un nouveau procédé de M. Fritz-Sollier, destiné à empêcher les huiles de traverser les étoffes lorsqu’on les applique sur les tissus pour les rendre imperméables.
- Le conseil entend plusieurs de ses membres sur la production du caoutchouc artificiel par l’action de l’acide nitrique sur l’huile de lin, et M. Alcan sur la fabrication, à Nuremberg, de modelages en pâte élastique sans l’intervention de l’huile de lin.
- M. le président annonce avoir reçu un mémoire sur l’asphodèle et ses produits; il donne lecture de quelques passages de ce mémoire, dont des extraits étendus pourront trouver place dans le Bulletin.
- M. Clerget rappelle qu’il a entretenu déjà la Société de la récolte de l’asphodèle, des quantités d’alcool variables que donne ce tubercule suivant le lieu de croissance, les saisons, etc., ainsi que des recherches qu’il a entreprises de concert avec M. Jacquelain.
- M. Chevallier cite les essais auxquels il s’est livré sur l’asphodèle. Désirant multiplier ses expériences et mettre ses collègues à même de poursuivre celles qu’ils ont entreprises* il a demandé , dans le département de l’Hérault, des quantités qui permettront de suivre ces travaux sur une plus grande échelle.
- M. Barrai, après avoir cité ses premiers travaux sur l’asphodèle, annonce avoir reçu
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- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE.
- de M. le maire de la ville de Lure (Haute-Saône) la communication du fait suivant : en recueillant la vapeur de l’eau contenue dans le pain pendant sa cuisson dans un four du système Rolland, il y a trouvé de l’alcool et des traces de sulfate deîèr.
- M. le président fait observer que, depuis longtemps, la production de l’alcool provenant de la fermentation panaire a été l’objet de recherches en Angleterre et en France, et qu’on a exagéré la quantité d’alcool obtenue; il n’a pas été donné suite à ces expériences.
- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE.
- Sociétés correspondantes.
- 1° Société libre d’émulation de Rouen. — Bulletin des travaux pendant l’année 1852-1853.
- 2° Société académique de Saint-Quentin. — 1° Travaux de 1851; 2° travaux de 1852.
- 3° Bulletin de la Société d’agriculture du département du Cher. —N° 55 (1853); n°* 56, 57 et 58 ( 1854 ).
- 4° Annales de la Société d’agriculture, sciences, arts et belles-lettres du département d’Indre-et-Loire. — Année 1852 et 1er semestre de 1853.
- 5° Société impériale d’agriculture, sciences et arts de l’arrondissement de Valenciennes. — Revue agricole, industrielle et littéraire. — Directeur, M. U. Feytaud, membre titulaire et rapporteur général de la Société. T. V, 5e année, n° 1; 6® année, juillet 1854.
- 6° Société impériale et centrale d’agriculture.—Bulletin des séances, compte rendu mensuel, rédigé par M. Payen, secrétaire perpétuel; n° 7.— Séance générale tenue le 23 juillet 1854.
- 7° Annales de la Société impériale d’horticulture de Paris, etc. -- Numéros d’août et septembre 1854.
- 8° Bulletin mensuel de la Société pour l’instruction élémentaire. — Juillet, août, septembre et octobre 1854.
- 9° Société d’horticulture de la Seine. — Août 1854.
- 10° Société impériale des sciences, de l’agriculture et des arts de Lille. — Publications agricoles. — 1854, n° 5.
- 11° Recueil agronomique, industriel et scientifique publié par la Société d’agriculture de la Haute-Saône. — T. VI, n° 3.
- 12° Bulletin de la Société d’agriculture, industrie, sciences et arts du département de la Lozère. — Nos 40 et 41, avril et mai 1853; 42, juin 1853; 43 à 48, de juillet à décembre 1853.
- 13° Séance publique de la Société d’agriculture, commerce, sciences et arts du département de la Marne. — Année 1853.
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- 14°, Annuaire de la Société météorologique de France. —-T. II, 1854; 2e partie; tableaux météorologiques; feuilles 4-8. — Bulletin des séances, feuille 10 à 13.
- 15° Mémoires et compte rendu des travaux de la Société des ingénieurs civils. — Deux livraisons formant le 1er semestre de 1854.
- 16° Société des anciens élèves des écoles impériales d’arts et métiers. — Annuaires de 1853 et 1854, publiés par le comité de la Société.
- 17° Société industrielle de Mulhouse. — Nos 122, 123, 124 et 125 de son Bulletin.
- 18° Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen. — Programme des prix proposés pour les années 1855, 1856 et 1857.
- 19° Société philomathique de Bordeaux; neuvième exposition des produits de l’agriculture, de l’industrie et des arts industriels, 1854.—Programme des récompenses distribuées en séance publique le 9 novembre 1854.
- Ouvrages 'périodiques.
- 20° Ministère de l’agriculture, du commerce et des travaux publics. — Annales du commerce extérieur.— Les nos de 765 à 778.
- 21° Journal d’agriculture pratique, Moniteur de la propriété et de l’agriculture, fondé en 1837 par M. D. Bixio, publié sous la direction de M. Barrai. —T. II, 20 octobre 1854.
- 22° L’Été, journal du promeneur. — Du n° 20 à 29 ( 1854 ).
- 23° Annales de l’agriculture française ou recueil encyclopédique d’agriculture, pu blié sous la direction de M. Londet, rédacteur en chef, et de M. L. Bouchard, gérant. — 5e série, t. IV; du n° 3 au n° 6 ( 1854 ).
- 24° Journal des économistes. — Août, septembre et octobre 1854.
- 25° Revue municipale et Gazette réunies. — Des 16 août, 1er et 16 septembre, 1er octobre et 1er novembre 1854.
- 26° Journal des mères et des enfants. — Sous la direction de M. Delbruck, n° 12, 1er octobre 1854.
- 27° L’Industrie, journal des chemins de fer, du crédit foncier, etc. — Du n° 32 à 44, 1854, 3e année.
- 28° Le Courrier du commerce.— Nos des 27 août, 3 et 10 septembre 1854.
- 29° Le Musée universel, journal du palais de l’industrie.— 2e année, octobre et novembre 1854.
- 30° Revue des beaux-arts, sous la direction de M. Félix Pigeory, architecte de la ville de Paris. — 15 août, 1er et 15 septembre, 1er octobre et 1er novembre 1854.
- 31° Le Cultivateur de la Champagne, publié par M. Ponsard, cultivateur, à Omey, et par M. Aumignon jeune, médecin vétérinaire, à Pagny. — 6e année, juillet 1854.
- 32° L’Utile et l’Agréable et Journal universel des ménages réunis, sous la direction de M. Bailly de Merlieux. — Août, septembre et octobre 1854.
- 33° Réforme agricole, scientifique et industrielle; rédacteur en chef, M. Nérée-Boubée.—Juillet et août 1854.
- 34° L’Ateneo italiano raccolta di documenti e memorie relative al progresso délie Tome Ier. — 53e année. 2e série. — Décembre 1854. 99
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- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE.
- scienze fisiche, compilato da S. de Luca, ed Muller.—Anno primo, n° 12, 15 settem-bre 1854.
- 35° Le Technologiste, ou Archives des progrès de l’industrie française et étrangère, sous la direction de MM. G. Malpeyre et Ch. Yasserot. — Nos de septembre, octobre et novembre 1854.
- 36° Le Cosmos, revue encyclopédique hebdomadaire des progrès des sciences et de leurs applications aux arts et à l’industrie, fondée par M. B. R. de Montfort, rédigée par M. l’abbé Moigno. — 3e année, 5e volume, de la 6° à la 18e livraison, 1854.
- 37° Bulletin du musée belge de l’industrie, publié par M. Jobard, directeur du musée.— Août 1854.
- 38° Revue générale de l’architecture et des travaux publics, publiée sous la direction de M. César Daly, architecte. — 12e volume, nos 7, 8, 9, 1854.
- 39° Annales des ponts et chaussées. — Juillet et août 1854.
- 40° Le Propagateur, photographie, arts, industrie. — Du n° 38 à 51.
- 41° Moniteur industriel, sous la direction de M. Darnis. — Du jeudi 10 août au jeudi 5 novembre 1854.
- 42° Palais de l’industrie. — 22 octobre 1854.
- 43° L’Industrie parisienne. — lre année, n° 8, 1854.
- 44° La Lumière, revue de la photographie. — Octobre 1854.
- 45° Le Génie industriel, revue des inventions françaises et étrangères, par MM. Ar-mengaud frères, ingénieurs civils.— Septembre 1854.
- 46° The Monthly, journal of industrial progress, edited by William Sullivan, che-mist of the muséum irish industry. — Juin 1854.
- 47° Annales des mines. — 5e série, t. Y; 2e livraison de 1854.
- Ouvrages non périodiques,
- 48° Nouvelle école électro-chimique, ou chimie des corps pondérables et impondérables; par M. Emile Martin, de Yervins. — 2e livraison.
- 49° Sucrage des vendanges avec les sucres raffinés de canne, de betterave, etc.; par M. Dubrunfaut.—In-8.
- 50° De l’annexion de l’ex-principauté de Monaco à la Sardaigne; par M, Norbert Duclos. — In-8.
- 51° Recueil des délibérations et des vœux du conseil général des Bouches-du-Rhône, session de 1854, publié sous la direction de M. Auguste Prat, secrétaire du conseil général. — 1 vol. in-8.
- 52° Étude historique et morale sur le compagnonnage et sur quelques autres associations d’ouvriers, depuis leur origine jusqu’à nos jours; par M. C. G. Simon, membre de la Société académique de Nantes. — In-8.
- 53° Nouvelles observations sur la culture et la maladie de la pomme de terre ; par M. Chatel.
- 54° Maladie de la vigne, du cerisier, du noyer, du mûrier, du pêcher, du fraisier, du poirier, du pommier, de la pomme de terre; par le même.
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- BULT.ETJX BIBLIOGRAPHIQUE.
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- 55° Du bétail en ferme; traité populaire extrait des œuvres de Jacques Bujault, mis en ordre par M. N. Basset. — 1 vol. in-12.
- 56° L’Épigéonosie, ou la peste universelle du globe terrestre, surtout des vignes; par M. J. B. Rhodes, de Plaisance ( Gers). — 1 vol. in-8.
- 57° Nouveau manuel complet du fabricant d’objets en caoutchouc , en gutta-percha et en gomme factice; par M. Paulin-Désormeaux. — 1 vol. in-18.
- 58° Colins. — Qu’est-ce que la science sociale? — 5 vol. in-8.
- 59° Découverte du principe de la maladie de la vigne et des moyens préventifs ou curatifs contre cette maladie; par M. Cazenave, propriétaire, à Gratentour, canton de Fronton. — Brochure in-4.
- 60° Traité d’agriculture à l’usage des écoles et autres établissements d’instruction publique; par M. Grollier, avocat et inspecteur de l’instruction primaire. — 1 vol. in-18.
- 61° L’Agriculture délivrée, ou moyens faciles pour retirer de la terre quatre fois plus de revenu qu’elle n’en rapporte généralement ; par M. Eugène Grollier, avocat, à Louhans ( Saône-et-Loire ). — 1 vol. in-8.
- 62° Mécanique industrielle. — Cours complet et pratique de filature de coton, etc.; par M. D. Drapier, ingénieur-mécanicien, à Rouen.
- 63° Description et manœuvre des sondes d’exploration pour recherches de minières, tourbières, etc.; par M. Ch. Laurent, ingénieur civil. — In-8.
- 64° Nouveaux procédés d’irrigalion, de dessèchement et de drainage. Appareils servant à régulariser l’écoulement des liquides et leurs applications à l’industrie agricole et manufacturière; par M. Théodore Tiffereau, préparateur de chimie à l’école professionnelle de Nantes. — Brochure in-8.
- 65° Lois du chant d’église et de la musique moderne; par M. A. Herland, de Brest, ancien organiste. — 1 vol. grand in-8.
- 66° Cartes géologiques du Morbihan ; par M. Théodore Lorieux, ingénieur en chef des mines, et E. de Fourcy, ingénieur des mines.
- 67° Explication de la carte géologique du département de la Corrèze; par M. de Boucheporn, ingénieur des mines. In-8.
- 68° Les accidents sur les chemins de fer, leurs causes, les règles à suivre pour les éviter; par M. Émile With. In-12.
- 69° Traité de cinématique ou Théorie des mécanismes; par M. Ch. Laboulaye. 1 vol. in-8, 1834.
- 70° Le matériel agricole; par M. Jourdier. 1 vol. in-12.
- 71° Nouveau manuel complet du bijoutier, du joaillier, de l’orfévre et du graveur sur métaux; par M. Julia de Fontenelie. Nouvelle édition, 2 vol. in-12.
- 72° Maladie de la vigne en Alsace et en Franche-Comté, vers 1777 ; documents recueillis par M. Guillory aîné. In-8.
- 73° Instruction théorique et pratique sur la fabrication des eaux-de-vie de grains et de pommes de terre; par M. Mathieu de Dombasle. 2e édition, in-8.
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- LISTE
- DES MEMBRES TITULAIRES, DES MEMBRES ÉTRANGERS, DES MEMBRES CORRESPONDANTS
- ET DES SOCIÉTÉS CORRESPONDANTES
- DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ------- msn gngw —
- MM.
- Âccarier, propriétaire, à Arc, près Gray (Haute-Saône).
- Agard, négociant, à Aix (Bouches-du-Rhône).
- Àgasse, notaire honoraire, trésorier de la Société, rue du Bac, 86, à Paris.
- Alcan, ingénieur civil, professeur au Conservatoire impérial des arts et métiers, rue d’Aumale, 21, à Paris.
- Allaud, Moulon et comp., rue Saint-André-des-Arts, 47, à Paris.
- Allié aîné, fabricant de chapeaux, rue Simonie-Franc, 21, à Paris.
- Amans de Lamarque (B. de Saint-), ancien maire, poste restante à Agen (Lot-et-Garonne).
- Amédée-Durand, ingénieur-mécanicien, membre de la Société impériale et centrale d’agriculture, rue de l’Abbaye-Saint-Germain, 10, à Paris.
- Ancel, ingénieur civil, boulevard du Temple, 18, à Paris.
- André (madame veuve), àThann (Bas-Rhin).
- Ardisson, mécanicien-sculpteur sur bois , à la Mulatière, faubourg de Lyon (Rhône).
- Armengaud jeune , ingénieur civil, rue des Filles-du-Calvaire, 6, à Paris.
- Armengaud aîné, ingénieur civil, rue Saint-Sébastien, 45, à Paris.
- Armet-Delisle, fabricant de couleurs minérales, à Nogent-sur-Marne (Seine).
- Arnavon, fabricant de savons, à Marseille (Bouches-du-Rhône).
- Arnould (Ed.), fabricant de sucre, à Braisne-sur-Vesle, arrondissement de Soissons (Aisne), rue Madame, 7, à Paris.
- Arnoux, ancien élève de l’école polytechnique, rue Mont-Parnasse, 3 bis, à Paris.
- 'Arpin (Auguste-Honoré), propriétaire, fabricant de pistons pour les pompes hydrauliques, à Villers-Cotterêts (Aisne).
- Artur, professeur de mathématiques et de navigation, associé correspondant de l’Académie de Caen, rue Saint-Jacques, 56, à Paris.
- Aubergier, pharmacien, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).
- Bailleul, président de la Société des protes , directeur de l’imprimerie de M. Mallet-Bachelier, quai des Grands-Augustins, 55, à Paris.
- Balard, membre de l’Académie des sciences, professeur de chimie au collège impérial de France et à la faculté des sciences, rue de l’Ouest, 73, à Paris.
- Ballay et Conchon, libraires, quai de Retz, à Lyon (Rhône).
- Bapsterosses, manufacturier, à Briare (Loiret).
- Barbier et Daubré, négociants, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).
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- Barillon, propriétaire, rue Neuve-Luxembourg, 41, à Paris.
- Barrai, ancien élève de l’école polytechnique, professeur de chimie, rue Notre-Dame-des-Champs,.82, à Paris.
- Barre, graveur général des monnaies, hôtel des Monnaies, quai Conti, 11, à Paris.
- Barreswil, professeur de chimie à l’école Tur-got, rue de la Ferme-des-Mathurins, 7, à Paris.
- Basely, fabricant d’aiguilles pour l’horlogerie, rue de Constantine, 11, à Paris.
- Batilliat (H.), ancien élève de l’école polytechnique, architecte, à Vichy (Allier).
- Baudard ( Alexandre-Louis ), ingénieur des ponts et chaussées et du service municipal de la ville de Paris, quai de Billy, 6, à Paris.
- Bande, ingénieur en chef au corps impérial des ponts et chaussées, rue Rovale-Soint-Honoré, 13, à Paris.
- Bande (Elphège), ingénieur au corps impérial des ponts et chaussées, rue de Grenelle-Saint-Germain, 22, à Paris.
- Baudet (Armand) , fabricant de chaînes, rue ' Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, 28, à Paris.
- Baudouin, fabricant de cuirs vernis, rue des Récollets, 3, à Paris.
- Baudouin (Michel-Hippolyte), gérant de la maison Baudouin et comp. pour la fabrication de bougies et d’acide stéarique, rue au Maire, 20, au Grand-Charonne, près Paris (Seine).
- Baudry , maître de forges, rue du Petit-Carreau, 10, à Paris.
- Bayvet, membre du conseil général du département de la Seine, rue Saint-Louis, 44, au Marais, à Paris.
- Béarn ( le comte Hector de ), sénateur, rue de Verneuil, 32, chez M. Doré, avocat, à Paris.
- Beaufumé (le docteur), ingénieur civil, à Villedieu (Indre).
- Behr, directeur des forges de Vierzon (Cher).
- Belot, élève de l’école centrale des arts et ma- . nufactures, rue Madame, 19, à Paris.
- Benoit, ingénieur civil, ancien professeur à .
- l’école d’application d’état-major, rue Jacob, 50, à Paris.
- Benoist Duportail (A.), ingénieur civil, ancien élève de l’école centrale des arts et manufactures , rue des Couronnes, 3, à la Chapelle-Saint-Denis (Seine).
- Becquerel (Edmond), professeur de physique appliquée aux arts au Conservatoire impérial des arts et métiers, rue Cuvier, 57, à Paris.
- Béranger, balancier-ajusteur, cours Morand, 39, à Lyon (Rhône).
- Bérard, ancien conseiller d’État, ancien receveur général du département du Cher, rue des Écuries-d’Artois, 13, à Paris.
- Bérard et fils, fabricants de produits chimiques, à Montpellier (Hérault).
- Berendorf, mécanicien, rue Mouffetard, 300, à Paris.
- Berjot, droguiste, à Caen (Calvados).
- Bertrand, capitaine de frégate en retraite, rue Neuve, 37, à Bar-sur-Aube (Aube).
- Bertsch, membre de la commission du cadastre,
- f rue Fontaine-Saint-Georges, 27, à Paris.
- . etz (Pénot), ancien meunier, à Hulai, commune de Gretz, près Nemours ( Seine-et-Marne).
- Bezançon, fabricant de céruse, à Ivry (Seine).
- Biétry, manufacturier, président du conseil des prud’hommes pour les tissus, rue Richelieu, 102, à Paris.
- Binet, ingénieur civil, rue Rochechouart, 45, à Paris.
- Biondetti de Thomis (J. Henri), bandagiste-her-niaire, mécanicien-orthopédiste, rue Vi-vienne, 48, à Paris.
- Blanquart-Évrard, à Lille (Nord).
- Blatin , docteur en médecine, rue Bonaparte, 30, à Paris.
- Blavier (A.), ingénieur des mines , ingénieur du matériel et de traction au chemin de fer de l’Ouest, boulevard Mont-Parnasse, 44, à Paris.
- Blazy-Jallifier, lampiste, rue Galande, 31, près la place Maubert, à Paris.
- Block (Maurice), sous-chef au ministère de Ta-
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- griculture, du commerce et des travaux publics, rue Jacob, 28, à Paris.
- Boileau, capitaine d’artillerie, professeur à l’école impériale d’application de l’artillerie et du génie, à Metz (Moselle).
- Bohmd , propriétaire, rue et île Saint-Louis , 60, à Paris.
- Bon ( Paul ), fabricant de papiers, à Izeron (Isère).
- Bordet (Louis), à Froidevaux, par Recey-sur-Ource , arrondissement de Châtillon-sur-Seine (Seine).
- Bordier-Dîibignon, propriétaire, rue de Cli-chy, 56, à Paris.
- Borrani et Droz, libraires, rue des Saints-Pères, 9, à Paris.
- Bossange, libraire, quai Voltaire, 25 bis, à Paris.
- Boucart, ingénieur civil, rue de Grenelle-Saint-Honoré, 14, à Paris.
- Bouchard-Huzard (madameveuve), imprimeur-libraire de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale, etc., rue de l’Éperon, 5, à Paris.
- Boucher ( L. ), fabricant de fils à cardes et à carcasses et fils de zinc, rue des Vinaigriers, 25, à Paris.
- Bouchon, ancien élève de l’école polytechnique, à la Ferté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne).
- Boudet (Félix), ancien pharmacien, rue du Cherche-Midi, 21, à Paris.
- Bouillon, ingénieur-mécanicien, rue de Chabrol, 65, à Paris.
- Boudard, notaire honoraire, rue Bonaparte, 21, à Paris.
- Boullay, membre de l’Académie impériale de médecine, rue de Provence, 21, à Paris.
- Boullé, archiviste-paléographe, rue des Postes, 34, à Paris.
- Bourdin, horloger-mécanicien, rue de la Paix, 28, à Paris.
- Bourdon (Eugène), ingénieur-mécanicien, rue du Faubourg-du-Temple, 74, à Paris.
- Bourgeois, membre de la Société impériale et centrale d’agriculture, propriétaire-cultivateur, boulevard Saint-Martin, 25, à Paris.
- Boursier, receveur général, àSaint-Lô (Manche).
- Boutarel (Aimée), teinturier-manufacturier, à Clichy-Ia-Garenne (Seine).
- Boutigny, d’Évreux, ancien pharmacien, rue de Flandre, 52, à la Villette ( Seine).
- Brame , ingénieur des ponts et chaussées, rue Saint-Dominique, 71, à Paris.
- Bréguet, horloger, quai de l’Horloge, 79, à Paris.
- Bréguet fils , artiste du Bureau des longitudes, quai de l’Horloge, 79, à Paris.
- Bresson , ingénieur civil, rue de la Corderie-du-Temple, 13, à Paris.
- Breton frères , fabricants de papiers, à Grenoble (Isère).
- Brongniart ( Adolphe ), de l’Académie des sciences, professeur au muséum d’histoire naturelle, rue Cuvier, 57, à Paris.
- Braguette, chimiste , à Seine-Port, canton de Melun (Seine-et-Marne).
- Bruère-Perrin, parfumeur, à Rennes ( Ille-et-Vilaine).
- Busche (le baron) , membre de la Société impériale et centrale d’agriculture, ancien préfet, rue des Saints-Pères, 5, à Paris.
- Bussy, membre de l’Académie des sciences, professeur de chimie, directeur de l’école de pharmacie, rue de l’Arbalète, 13, à Paris.
- Buyer, maître de forges, à Chaudeau , près Luxeuil (Haute-Saône).
- Buzonnière (Louis de), membre de P Académie d’Orléans, à Orléans ( Loiret).
- Cagniard de Latour (le baron), membre de l’Académie impériale des sciences, rue du Rocher, 50, à Paris.
- Cahours, examinateur à l’éeole polytechnique, essayeur à la Monnaie, quai Conti, 11, à Paris.
- Cail, ingénieur-mécanicien, quai de Billy, 46, à Paris.
- Calard ÇT. F.), ingénieur-constructeur de machines, etc., rue Leclerc, 8, à Paris.
- Calla, ingénieur-mécanicien, rue Lafayette, 11, à Paris.
- Callon ( Jules), ingénieur des mines, profes-
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- seur suppléant à l’école impériale des mines, rue de l’Odéon, 20, à Paris.
- Çallon, ingénieur-hydraulicien, rue Royale-Saint-Antoine, 16, à Paris.
- Camon (Étienne de), à Annonay (Ardèche).
- Carillon, ingénieur-mécanicien, rue Neuve-Popincourt, 8, à Paris.
- Caristie, architecte, membre de l’Institut et du conseil des bâtiments civils, passage Sainte-Marie, 2, à Paris.
- Carie , imprimeur-lithographe , rue Jean-Jacques-Rousseau, 12, à Paris.
- Camille, fabricant de briques, cornues à gaz et à coke, fours, etc., à Chantilly, près Alais (Gard).
- Castets (Auguste), fabricant de produits chimiques, rue de Paris, 8, à Puteaux (Seine).
- Caumont (le vicomte de), correspondant de l’Institut de France, membre du conseil général de l’agriculture , du commerce et des travaux publics, à Caen (Calvados).
- Cavaillé-Coll, facteur d’orgues, rue de Yaugi-rard, 94 et 96, à Paris.
- Cavé, ingénieur-mécanicien, rue du Faubourg-Saint-Denis, 222, à Paris.
- Chabrol, architecte du Palais-Royal, des Go-belins, etc., cour des Fontaines, 5, à Paris.
- Chagot, Perret, Morin et comp., exploitants de houille, à Blanzy-sur-Boubince, arrondis-semènt d’Autun (Saône-et-Loire).
- Chaix, de l’île Maurice, quartier Malbousquet, à Toulon (Var).
- Chappe (Émile), à la Flèche (Sarthe).
- Chapelle, ingénieur-mécanicien, rue du Chemin-Vert, 3, à Paris.
- Charbonnier, ingénieur civil, rue du Faubourg-Saint-Denis, 222, à Paris.
- Charles, architecte de la préfecture de la Seine, inspecteur divisionnaire de la grande voirie, rue de l’Odéon, 13, à Paris.
- Charrière et fils, fabricants d’instruments de chirurgie de la faculté de médecine et des hôpitaux civils et militaires , rue de l’École-de-Médecine, 6, à Paris.
- Châtelain, ingénieur civil, rue Saintonge, 10, à Paris.
- ; Chatin, professeur à l’école de pharmacie, rue du Faubourg-Saint-Honoré, 208, —hospice Beaujon, à Paris.
- ;iChaussenot jeune, ingénieur civil, rue d’An-goulême-du-Temple, 56, à Paris.
- Cherbuliez, libraire, rue de la Monnaie, 10, à Paris.
- Chevallier, membre de l’Académie impériale de médecine et du conseil de salubrité, professeur à l’école de pharmacie, quai Saint-Michel, 27, à Paris.
- Chevalier (Charles), ingénieur-opticien , cour des Fontaines, 1, à Paris.
- Chevalier, manufacturier, rue Saint-Antoine, 232, à Paris.
- Chevalier-Appert, fabricant de conserves alimentaires,rue des Trois-Bornes, 15, àParis.
- Chevandier ( Eugène ), à Cirey-les-Forges , arrondissement de Sarrebourg (Meurthe).
- Chouiüou, fabricant de produits chimiques, à Maromme, près Rouen (Seine-Inférieure).
- Clément-Désormes, ancien ingénieur du chemin de fer de Saint-Étienne à Perrache, à Lyon (Rhône).
- Coignet, manufacturier, rue de Surène, 13, à Paris.
- Collas, pharmacien, rue Dauphine, 10, àParis.
- Christofle, manufacturier, rue de Bondy, 56, à Paris.
- Clerget, chef à l’administration des douanes, rue de Condé, 5, à Paris.
- Collardeau, ingénieur en instruments de physique, rue du Faubourg-Saint-Martin, 56, à Paris.
- Colmont [de), ancien secrétaire général du ministère des finances, rue Saint-Dominique, 182, Gros-Caillou, à Paris.
- Colomb, ancien chimiste , rue Madame, 26, à Paris.
- Combes, membre de l’Académie des sciences et de la Société impériale et centrale d’agriculture , inspecteur général des mines, l’un des secrétaires de la Société d’encouragement, ruejlu Regard, 3, à Paris.
- Cornillon, négociant, à Arles (Bouches-du-Rhône).
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- Costaz (Ci.-Anthelme), ancien chef de division des arts et manufactures au ministère de l’intérieur, secrétaire honoraire de la Société d’encouragement, rue Joubert, 23, à Paris.
- Couche, ingénieur des mines, professeur d’exploitation des chemins de fer et de construction à l’école impériale des mines, rue du Dragon, 30, à Paris.
- Couder (Amédée), artiste dessinateur pour l’industrie, rue Rochechouart, 67, à Paris.
- Courtépée-Duchesnay, tanneur-corroyeur, rue Française, 6 et 8, à Paris.
- Courtilloles (Hippolyte), propriétaire, à Alençon (Orne).
- Courtois, ingénieur en chef au corps impérial des ponts et chaussées, rue de l’Abbaye-Saint-Germain, 14, à Paris.
- Courtois ( Ferdinand de), à Arles-sur-Rhône (Bouches-du-Rhône).
- Couvreux (Charles) , maître de forges , à Châ-tillon-sur-Seine (Côte-d’Or).
- Crespel-Dellisse (Tiburce), propriétaire-cultivateur , fabricant de sucre de betterave , à Saulty ( Pas-de-Calais ); à Paris, rue de Berlin, 10.
- Grillon (Prosper de), place de la Concorde, 10, à Paris.
- Croix [de), rue de Grenelle, 29, à Paris.
- Croy (le prince Emmanuel de),- rue Saint-Dominique-Saint-Germain, 113, à Paris.
- Cuvillier aîné, fabricant de conserves alimentaires, rue de la Paix, 16, à Paris.
- Bailly, de la Société impériale et centrale d’agriculture, rue Pigalle, 6, à Paris.
- Damas (le comte de), au château d’Hautefort, arrondissement de Périgueux (Dordogne).
- Damas (le comte Edmond de), rue Saint-Dominique, 81, à Paris.
- Dameron, fabricant de voitures, rue du Dragon, 25 et 31, à Paris.
- Darblay, membre de la Société impériale et centrale d’agriculture, vice-président de la Société d’encouragement, rue de Lille, 74, à Paris.
- Davane, chimiste, rue Neuve-des-Petits -Champs, 82, à Paris.
- Davrainville, ancien facteur d’orgues, rue Saint-Louis, 92, à Paris.
- Debatiste, mécanicien-constructeur, rue d’An-goulême-du-Temple, 27, à Paris.
- Debladis, gérant de la Société des fonderies d’Imphy , rue du Parc, 4, à Paris.
- Decaux (Ch.), préparateur de chimie aux Go-belins, ingénieur civil, boulevard Saint-Jacques, 84, à Paris.
- Decoster, ingénieur-constructeur, rue Stanislas, 9, à Paris.
- Decoster, fabricant de couleurs, à Lille (Nord).
- Dehaut, docteur-médecin , rue du Faubourg-Saint-Denis, 148, à Paris.
- Déjardin, ancien directeur d’établissements métallurgiques, rue Rumford, 3, à Paris.
- Delacroix, ingénieur des ponts et chaussées, à Orléans (Loiret).
- Delamarre, directeur de l’établissement de la Martinière, à Lyon (Rhône).
- Delamolère, propriétaire, à Chartres ( Eure-et-Loir ).
- Delanoue (J.), à Raismes (Nord).
- Delapierre, fabricant de papiers, à Saint-Dié (Vosges).
- Delaunay, ingénieur au corps impérial des mines , professeur de mécanique à la faculté des sciences, rue Notre-Dame-des-Champs, 78, à Paris.
- Delespine (Émile)), rue de Lille* 54, à Paris.
- Delessert (François), membre de l’Académie impériale des sciences, rue Montmartre , 176, à Paris.
- Delessert ( Benjamin ), rue Montmartre, 176, à Paris.
- Delisle (Louis), négociant, aux Granges-lès-Grenoble (Isère).
- Delisle de Sales, directeur de la Compagnie française d’éclairage minéral, de Cardesse,
- ( Haute-Saône ).
- Delondre, rue Papillon, 6, à Paris.
- Delorme, ingénieur civil, à Alais (Gard).
- Demond, directeur de l’école municipale supérieure d’Orléans.
- Denfer frères, fabricants de colles et gélatines, à Ivry (Seine).
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- Denuelle, fabricant de pâtes à porcelaine dure, rue des Beaux-Arts, 4, à Paris.
- Derosne aîné, ancien pharmacien , rue Saint-Louis, 110, au Marais, à Paris.
- Derrien (E.), élève de Roville, fabricant d’engrais, à Chantenay, près Nantes (Loire-Inférieure).
- Derney, fondeur-graveur pour la typographie, rue Notre-Dame-des-Champs, 12, à Paris.
- Desbordes, ingénieur - constructeur d’instruments de précision, rue des Fossés-du-Tem-ple, 22, à Paris.
- Descat-Crouzet (Théodore), manufacturier, député au corps législatif, à Roubaix (Nord).
- Desfossés (Jules), fabricant de papiers peints, rue du Faubourg-St.-Antoine, 223, à Paris.
- Deshours-Farel, à Mezouls, près Montpellier (Hérault).
- Despous, ancien receveur général du département de l’Hérault, à Montpellier (Hérault).
- Detouche, horloger-mécanicien, rue Saint-Martin, 160, à Paris.
- Deurbroucq (Gaston), propriétaire, rue Blanche, 32, à Paris.
- Devannes, ingénieur des travaux hydrauliques de la ville, à Bordeaux (Gironde).
- Devillers, inspecteur général des ponts et chaussées , au panorama des Champs-Elysées, 2, à Paris.
- Devinck, député au corps législatif, membre du conseil général du département de la Seine, rue Saint-Honoré, 285, à Paris
- Didot fils (Paul), rue Jacob, 58, à Paris.
- Diéterle, artiste chef à la manufacture impériale de porcelaines de Sèvres, à Sèvres (Seine-et-Oise).
- Digeon, ancien notaire, à Argentan (Orne).
- Do b 1er, manufacturier, à Lyon (Rhône).
- Docquin, brasseur, à Sedan (Ardennes).
- Dollfus (Daniel), fabricant de toiles peintes, à Mulhouse (Haut-Rhin).
- Doilfus (Émile), manufacturier, à Mulhouse (Haut-Rhin).
- Doppeld, marchand de métaux, rue du Temple, 74, à Paris.
- Dournay et comp., aux mines de Lobsann, à Tome Ier. — 53* année. 2e série. —
- Soultz-sous-Forêts, par Haguenau (Bas-Rhin).
- Don (Jules), ingénieur en chef du département de l’Aude, à Carcassonne (Aude).
- Drouin (J.), droguiste, fabricant de produits chimiques, rue Sainte-Croix-de-la-Breton-nerie, 21, à Paris.
- Drouillard, concessionnaire des mines, rue de Grammont, 21, à Paris.
- Dru (A.), élève de l’école centrale des arts et manufactures, rue du Château-d’Eau, 56, à Paris.
- Dubrunfaut, chimiste - manufacturier, rue Brèche-aux-Loups, 10, à Bercy (Seine).
- Duchesne, fourbisseur, rue Saint-Honoré, 153, à Paris.
- Ducray- Chevallier, ingénieur-opticien, place du Pont-Neuf, 15, à Paris.
- Dulong, capitaine d’artillerie, rue du Regard, 5, à Paris.
- Dumas, sénateur, membre de l’Académie impériale des sciences et de l’Académie impériale de médecine, vice-président du Conseil supérieur de l’instruction publique , professeur à la faculté des sciences , membre du Conseil général du département de la Seine, président de la Société d’encouragement, rue de Vaugirard, 58, à Paris.
- Dumas (Ernest), directeur de la fabrication à la Monnaie de Rouen, à Rouen (Seine-Inférieure).
- Dumas (Justin), négociant en soieries, rue de la Banque, 16, à Paris.
- Dumas, horloger, à Saint-Nicolas-d’Aliermont ( Seine-Inférieure ).
- Duméry, ingénieur-mécanicien, rue du Château-d’Eau, 54, à Paris.
- Dumoncel ( le baron ), rue de la Ville-l’Évê-que, 1, à Paris.
- Dupin (le baron Charles), sénateur, membre de l’Académie impériale des sciences , professeur au Conservatoire impérial des arts et métiers, secrétaire de la Société d’encouragement, rue du Bac, 24, à Paris.
- Dupont (Honoré-Guillaume), entrepreneur de Décembre 1854. 100
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- charpentes, à Issy, Grande Rue, près les fortifications (Seine).
- Duport, ingénieur-mécanicien, rue des Francs-Bourgeois-Saint-Marcel, 16, à Paris.
- Durand, commissaire général des monnaies, hôtel des Monnaies, quai Conti, 11, à Paris.
- Durand, négociant, rue Marie-Stuart, 8, à Paris.
- Durenne, fabricant de chaudières de machines à vapeur, rue des Amandiers-Popincourt, 7, à Paris.
- Dussauce (Auguste), artiste peintre, avenue Dauphine, 13, plaine de Passy (Seine).
- Duvelleroy, fabricant d’éventails, passage des Panoramas, 17, à Paris.
- Duverger, imprimeur - typographe , rue des Grès, 11, à Paris.
- Duvernois frères, négociants, à Bitschwiller (Haut-Rhin).
- Egrot (Alfred), fabricant d’appareils de distillation, rue du Faubourg-Saint-Martin, 266, à Paris.
- Engler, chimiste, quai Voltaire, 3, à Paris.
- Evrard, manufacturier, rue de Popincourt, 71, à Paris.
- Forçât, ingénieur-mécanicien , rue Fontaine-Saint-Georges, 34, à Paris.
- Faure (Pierre-Auguste), ingénieur civil, professeur à l’école centrale des arts et manufactures, boulevard Saint-Martin, 55, à Paris.
- Fauveau, directeur des constructions navales, membre du conseil de l’amirauté, à Brest (Finistère).
- Favrel (Auguste), fabricant d’or en feuilles, rue du Caire, 37, à Paris.
- Feray (Ernest), ancien membre du conseil général des manufactures, manufacturier, à Essonne ( Seine-et-Oise).
- Fèvre, fabricant de produits chimiques, rue Saint-Honoré, 398, à Paris.
- F lâchât, ingénieur civil, rue Lavoisier, 1, à Paris.
- Flamet (jeune), fabricant de bas et bretelles en caoutchouc, rue Saint-Martin, 143, à Paris.
- Flaud, ingénieur-mécanicien, rue Jean-Goujon, 27, à Paris.
- Fontaine, plombier, rue du Faubourg-Saint-Honoré, 58, à Paris.
- Fontenay ( Eugène de ), directeur des verreries, à Baccarat (Meurthe).
- Fordos et Gelis, fabricants de produits chimiques, rue Meslay, 47, à Paris.
- Fossin père et fils, bijoutiers, rue de Richelieu, 62, à Paris.
- Fouché-Lepellelier, député au corps législatif, membre du conseil générai du département de la Seine, rue Barbet-de-Jouy, 20, à Paris.
- Foœ, fabricant de carreaux-briques émaillés, à Saint-Genis-Laval (Rhône).
- Franck, libraire, rue de Richelieu, 67, à Paris.
- Frémy (Edm.), professeur de chimie au muséum d’histoire naturelle, rue Geoffroy-Saint-Hi-laire, 16, à Paris.
- Frémy , fabricant de papiers et toiles à polir, rue Beautreillis, 21, à Paris.
- Frère, ancien pharmacien , rue Jacob, 19, à Paris.
- Fresnel, ingénieur en chef au corps impérial des ponts et chaussées, rue de Lille , 52, à Paris.
- Fritz-Sollier, rue de la Commune, 5, à Bordeaux (Gironde).
- Frœlich, ingénieur civil, rue Saint-Sébastien, 26, à Paris.
- Froment fils, ingénieur en instruments de précision, rué Ménilmontant, 3, à Paris.
- Gahbert, mécanicien, rue Saint-Louis au Marais, 16, à Paris.
- Gand (Édouard), dessinateur industriel, place Saint-Denis, à Amiens (Somme).
- Gardisaal, ingénieur civil, directeur de l’agence centrale des brevets d’invention, boulevard Saint-Martin, 29, à Paris.
- Garella, ingénieur en chef au corps impérial des mines , cour Lesbrosses , 8 , à Lyon (Rhône).
- Gargan (de), ingénieur des mines, à Hayange, près Thionville (Moselle).
- Garnier (Paul), horloger-mécanicien, rueTait-bout, 16, à Paris.
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- Garnier (Ch.), négociant droguiste, rue de Paradis, au Marais, 14, à Paris.
- Garot, pharmacien, rue Jacob, 19, à Paris.
- Gauché, fabricant de sommiers élastiques dits de Saint-Alban, rue du Faubourg-Saint-Antoine, 116, à Paris.
- Gaudry (Jules), ingénieur civil, rue des Pyramides, 6, à Paris.
- Gaugler de Gempen, lieutenant au 2e bataillon des chasseurs à pied, rue de Lille, 57, à Paris.
- Gaulthier de Rumilly, ancien conseiller d’État, rue Taitbout, 47, à Paris.
- Gaultier de Claubry, membre de l’Académie impériale de médecine, professeur de chimie à l’école de pharmacie, rue des Fossés-Saint-Victor, 45, à Paris.
- Gaupillat, fabricant d’amorces fulminantes , rue Rambuteau, 50, à Paris.
- Gauthier, fabricant de presses et de caractères typographiques, rue de la Parcheminerie , 10 et 12 , à Paris.
- Gautier, sénateur, sous-gouverneur de la banque de France, rue de la Vrillière, 3, ù Paris.
- Gautier, directeur de la Société d’éclairage par le gaz des villes de Calais et de Saint-Pierre-lès-Calais (Pas-de-Calais).
- Gavelot, libraire, rue des Bons-Enfants, 26, à Paris.
- Gay, propriétaire, rue Doudeauville, 35, à la Chapelle-Saint-Denis (Seine).
- Gayot (Jean-Baptiste), ingénieur civil, àCusset (Allier).
- Gengembre , ingénieur - mécanicien, fabricant d’agrafes, rue de Bondy, 74, cité Riverain, à Paris.
- Gérard et Aubert, fabricants de caoutchouc, à Grenelle, près Paris (Seine) ; rue d’Haute-ville, 12, à Paris.
- Gilbert, fabricant de crayons , à Givet ( Ardennes) .
- Gillon, ancien député du département de la Meurthe, à Bar-le-Duc (Meuse).
- Girard, chimiste, rue Pavée-Saint-André-des-Arts, 12, à Paris.
- Girardin (J.), correspondant de l’Académie impériale des sciences, professeur de chimie
- industrielle, membre de plusieurs sociétés savantes, à Rouen (Seine-Inférieure).
- Glaizot, propriétaire, rue des Saussaies, 10, à Paris.
- Gobley, professeur agrégé à l’école de pharmacie, rue du Bac, 60, à Paris.
- Godard-Desmaret ( E. ) , administrateur honoraire de la compagnie des cristalleries de Baccarat, cité Bergère, 1, à Paris.
- Goldenberg, manufacturier, à Zornhoff, arrondissement de Saverne (Bas-Rhin).
- Gouin (E.), ancien élève de l’école polytechnique, ingénieur-constructeur, avenue de Cli-chy, aux Batignolles (Seine).
- Gourdin, horloger-mécanicien, à Mayet, par Écommoy (Sarthe).
- Gourlier, architecte, inspecteur général, membre du conseil des bâtiments civils, rue Bonaparte, 43, à Paris.
- Granger, ingénieur-manufacturier, rue d’El-beuf, à Rouen (Seine-Inférieure).
- Gras (Scipion), ingénieur en chef des mines, rue du Mont-Thabor, à Paris.
- Grenier, propriétaire, rue d’Enfer, 13, à Paris.
- Grivel (Georges), filateur de coton, à Auchy-lès-Hesdin (Pas-de-Calais).
- Gros (J. B. L., baron), ministre plénipotentiaire en disponibilité, rue Saint-Lazare, 104, à Paris.
- Gros (Aimé), fabricant à Wesserling (Haut-Rhin).
- Gros, Odier, Roman et compagnie, manufacturiers, à Wesserling (Haut-Rhin).
- Grossmannet manufacturiers d’articles
- en caoutchouc, rue du Faubourg-Poissonnière, 2, à Paris.
- Gruner, directeur de l’école des mineurs, à Saint-Étienne (Loire).
- Guichard (E.), artiste dessinateur pour l’industrie, rue du Sentier, 8, à Paris.
- Guimet, ingénieur des mines, fabricant de bleu d’outremer, rue de la Martinière, 5, à Lyon, (Rhône).
- Guinon , teinturier , aux Broteaux , à Lyon
- j (Rhône).
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- ffalley (Gustave-Henri), fabricant de calorifères, rue d’Angoulême-du-Temple, 56, à Paris.
- Havrincourt ( marquis d’), ancien officier d’artillerie , rue de Varenne, 43, à Paris.
- Héard de Boissimon (Charles), propriétaire, à Noyant près Baugé (Maine-et-Loire).
- Hébert (Frédéric), fabricant de châles cachemires, rue du Mail, 13, à Paris.
- Hédiard (Alexandre), ingénieur civil, rue Tait-bout, 25, à Paris.
- Hennecart, fabricant de tissus pour bluterie, rue de l’Échiquier, 30, à Paris.
- Henry (Hippolyte), dessinateur pour l’industrie , rue des Marais-Saint-Martin , 69, à Paris.
- Hermann, ingénieur-mécanicien, rue de Cha-renton, 102, à Paris.
- Hermary (Hippolyte), ingénieur civil, à Lam-bres , par Aire-sur-la-Lys (Pas-de-Calais) , chez M. Novine, boulevard Beaumarchais, 62, à Paris.
- Herpin, docteur en médecine, propriétaire, à Reboursin, prèsVatan (Indre); rue Taranne, 7, à Paris.
- Heyraud, notaire, à Villeneuve-de-Berg (Ardèche).
- Hoch (A.), propriétaire, au parc de Madrid, à Neuilly (Seine).
- Hochet (Jules), maître de forges, rue des Minimes, 12, à Paris.
- Hoffmann, mécanicien, à Nancy (Meurthe).
- Honoré (Édouard), fabricant de porcelaine, boulevard Poissonnière, 6, à Paris.
- Hulot, adjoint au graveur général des Monnaies, quai Gonti, 11, hôtel des Monnaies, à Paris.
- Hurel, inspecteur général honoraire des ponts et chaussées , passage Saulnier , 4 bis, à Paris,
- Hurtauœ, docteur-médecin, rue du Bac, 86, à Paris.
- Huzard, membre de la Société impériale et centrale d’agriculture, de l’Académie impériale de médecine et du conseil de salubrité, rue de l’Eperon, 5, à Paris.
- Imbert de Corneillan, propriétaire, au château
- de Saint-Urcisse, par Montauban (Tarn-et-Garonne).
- Imécourt (le comte), rue Boudreau, 1, à Paris.
- Jacquetain , chimiste, ingénieur-mécanicien * rue Soufflot, 10, à Paris.
- Jacquemart, ancien élève de l’école polytechnique, rue de Montreuil, 39, à Paris.
- Jamin, ingénieur-opticien, rue Saint-Martinr 127, à Paris.
- Jaubert de Passa , correspondant de l’Institut, à Perpignan (Pyrénées-Orientales).
- Jay, architecte des travaux publics, professeur à l’école impériale d’architecture, rue d’En-fer, 19, à Paris.
- Jean, propriétaire, rueSaint-Jean-de-Beauvais, 10, à Paris.
- Joly, constructeur de charpentes en fer, à Ar-genteuil (Seine-et-Oise).
- J omar d, membre de l’Institut, conservateur-administrateur de la bibliothèque impériale, rue Neuve-des-Petits-Champs, 14, à Paris.
- Josselin , ingénieur-mécanicien, rue Louis-le-Grand, 37, à Paris.
- Jouffray aîné et fils, mécaniciens-constructeurs, à Vienne (Isère).
- Jourdier, propriétaire-cultivateur, membre de plusieurs sociétés d’agriculture, rue Saint-Louis, 5, à Versailles (Seine-et-Oise).
- Jouvin ( veuve ) et comp., fabricants de gants, à Grenoble ( Isère ), et à Paris, rue Rougemont, 1.
- Julien, chef de division du commerce intérieur, au ministère de l’agriculture, du commerce et des travaux publics, rue de Varenne, 78, à Paris.
- Kaeppelin ^lithographe , quai Voltaire , 17, à Paris.
- Kergorlay (le comte Hervé de), membre de la Société impériale et centrale d’agriculture, rue de Varenne, 58, à Paris.
- Kergorlay (Afin de), rue Saint-Dominique, 23, à Paris.
- Kerris, ingénieur de la marine, à Toulon (Var).
- Kestner (Charles), fabricant de produits chimiques, à Thann (Haut-Rhin).
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- Klein, teinturier-apprêteur , juge au tribunal de commerce, rue Saint-Honoré, 361, à Paris.
- Knab, ingénieur civil, rue de Seine, 72, à Paris.
- Kœchlin (André) et comp., constructeurs de machines, à Mulhouse (Haut-Rhin).
- Kolb (Bernard), fabricant de sucre de betteraves, à Lille (Nord).
- Kuhlmann (Frédéric), chimiste-manufacturier, président de la chambre de commerce, à Lille (Nord).
- Labêlonye, pharmacien , rue Bourbon-Villeneuve, 19, à Paris.
- Laborde (Jean-Baptiste), mécanicien-constructeur, rue du Faubourg-du-Temple, 54 , à Paris.
- Laborde (comte Léon de), membre de l’Institut, rue Saint-Dominique, 11, à Paris.
- Laboulaye (Charles), ancien élève de l’école polytechnique, rue Madame, 30, à Paris.
- Lackastre (le comte de), rue de Varenne , 7, à Paris.
- Lacoste, ancien fabricant de produits chimiques, rue Chariot, 14, à Paris.
- Lacretelle, directeur de la société houillère de la Haute-Loire, à Grosménil, par Lempdes, arrondissement de Brioude (Haute-Loire),
- Ladoucette (baron Eugène de), ancien sous-préfet, député au corps législatif, rue Saint-Lazare , 58, à Paris.
- Lagoutte, maître de forges, rue des Ardennes, route de Pantin, à la Petite-Villette (Seine).
- Laine, droguiste, rue Culture-Sainte-Catherine, 27, à Paris.
- Lainé-Laroche, filateur de chanvre et fabricant de corderie, à Angers (Maine-et-Loire).
- Lainel, ancien membre du conseil général des manufactures, rue Basse-du-Rempart, 10, à Paris.
- Lalanne, ingénieur des ponts et chaussées, rue Madame, 53, à Paris.
- Lamaille , ancien juge au tribunal de commerce, rue de la Ferme-des-Mathurins, 16, à Paris.
- Lambert, ancien juge, rue de Tournon, 12, à Paris.
- Lamoureux, imprimeur en taille-douce, rue Saint-Jean-de-Beauvais, 12, à Paris.
- Lanier, entrepreneur de menuiserie, rue Gam-bey, 17, à Paris.
- Lannes (la maréchale), duchesse deMontebello, rue de Varenne, 73, faubourg Saint-Germain, à Paris.
- Lanne ( Etienne), fabricant de coutellerie, rue du Temple, 120, à Paris.
- Larivière, gérant de la commission des ardoisières d’Angers, à Angers (Maine-et-Loire).
- Lamage (le comte de), à Tain (Drôme).
- Laurens , ingénieur civil, professeur à l’école centrale des arts et manufactures, rue des Beaux-Arts, 2, à Paris.
- Lavallée, directeur de l’école centrale des arts et manufactures , rue de Thorigny , 7 , à Paris.
- Lebœuf (Adrien), manufacturier , place Vendôme, 20, à Paris.
- Leblanc ( Félix), ingénieur civil des mines, répétiteur à l’école impériale polytechnique, rue de la Vieille-Estrapade, 9, à Paris.
- Lebret, associé - régisseur gérant des mines d’Anzin, rue Tronchet, 9, à Paris.
- Lebrun, orfèvre, quai des Orfèvres, 40, à Paris.
- Lebrun (Désiré), fabricant d’instruments de mathématiques, rue Greneta, 4.
- Lecarpentier (Bruno), propriétaire, à Cricque-ville, près Dozulé (Calvados).
- Le Chatelier, ingénieur en chef des mines, rue de Vaugirard, 84, à Paris.
- Leclaire, entrepreneur de peinture, rue Saint-Georges, 11, à Paris.
- Leclerc, constructeur de machines à vapeur, de pompes et d’appareils de sondage, rue Ménilmontant, 16, à Paris.
- Lecœuvre, ingénieur civil, rue des Amandiers-Popincourt, 36, à Paris.
- Lefèvre, chimiste, à Vallerysthal, arrondissement de Sarrebourg (Meurthe).
- Lefèvre, fabricant de céruse, à Moulins-lès-Lille (Nord).
- Legal, constructeur d’appareils à vapeur et de haute chaudronnerie , à Nantes (Loire-Inférieure).
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- Legavrûm, ingénieur-constructeur , à Lille (Nord).
- Legray, peintre-photographe, chemin de ronde de la barrière de Clichy, à Paris.
- Lelong ( Pierre-Arsène ) , à Château-du-Loir (Sarthe).
- Lemaire, statuaire, membre de l’Académie impériale des beaux-arts (Institut de France), rue Jean-Bart, 3, à Paris.
- Lemaire, fabricant de capsules pour armes à feu, rue Notre-Dame-desVictoires, 30, à Paris.
- Lemercier , imprimeur-lithographe , rue de Seine, 55, à Paris.
- Lemoign , ingénieur-civil , rue Senac , 82 , à Marseille (Bouches-du-Rhône).
- Lemoine (Jules) , pharmacien, à Courbevoie (Seine).
- Lepaul, serrurier-mécanicien, rue de la Paix, 2, à Paris.
- Lerebours (N. P.), ingénieur opticien, artiste adjoint au Bureau des longitudes, place du Pont-Neuf, 13, à Paris.
- Lét range, propriétaire d’un établissement métallurgique, près Paris, rue d’Anjou, 8 (au Marais), à Paris.
- Levavasseur frères, lampistes, rue Montmorency, 18, à Paris.
- Levol, essayeur à la Monnaie, hôtel des Monnaies, quai Gonti, 11, à Paris.
- Lissajoux, professeur de chimie et de physique au lycée Saint-Louis, rue de Vaugirard, 43, à Paris.
- Loiseau (Louis François-Achille) , fabricant d’instrnments de mathématiques, opticien, quai de l’Horloge, 35, à Paris.
- Lorieux, ingénieur en chef des mines, rue du Cherche-Midi, 36, à Paris.
- Lorilleux, fabricant d’encres d’imprimerie, rue Suger, 14, à Paris.
- Louit frèrés, fabricants de chocolats , de produits alimentaires, à Bordeaux (Gironde).
- Lourmand, homme de lettres, rue Saint Louis, 26, au Marais, à Paris.
- Lussereau, piqueur de la maison impériale pour
- le traitement des aliénés, à Saint-Maurice, poste de Charenton-le-Pont (Seine).
- Magnier , ingénieur civil, place Louis-Napoléon, 18, à Toulouse (Haute-Garonne).
- Magnin-Jonard, fabricant de pâtes alimentaires, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).
- Mailand, notaire, rue de l’Échiquier, 40, à Paris.
- Maire (le) de la ville de Vitry-le -Français (Marne).
- Maistre, manufacturier, à Villeneuvette, poste de Clermont-l’Hérault (Hérault).
- Malagutti, doyen de la faculté des seiences, à Rennes (Ille-et-Vilaine).
- Malapert, pharmacien, à Poitiers (Vienne).
- Malfilâtre, bijoutier, rue du Temple, 120, à Paris.
- Mallet-Bachelier, imprimeur-libraire, quai des Augustins, 55, à Paris.
- Malouet (le baron), conseiller référendaire à la cour des comptes, quai Voltaire, 7, à Paris.
- Malteau, ingénieur-manufacturier, à Elbeuf (Seine-Inférieure).
- Manceaux (Jules), fabricant d’armes, quai Napoléon, 27, à Paris.
- Marchand, peintre-verrier, rue d’Angoulême-du-Temple, 27, à Paris.
- Marcus, sous-directeur et ingénieur de la verrerie de Saint-Louis, arrondissement de Sar-reguemines, poste de Bitche (Moselle).
- Marguerite, directeur de la compagnie anglaise pour l’éclairage au gaz, rue Saint-Georges, 1, à Paris.
- Marié-Davy, professeur des sciences physiques au lycée Bonaparte, rue Neuve-Ménil-montant, 17, à Paris.
- Marquiset, négociant, à Besançon (Doubs).
- Marret (Hippolyte), joaillier-bijoutier, rue Vi-vienne, 16, à Paris.
- Masson ( Georges ), membre de la Société d’agriculture de la Meurthe, à Nancy (Meurthe).
- Masson (Victor), libraire, place de l’ÉcoIe-de-Médecine, 1, à Paris.
- Masson (Achille), propriétaire, à Bouges, par Levroux (Indre).
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- Massue, fabricant de peignes d’ivoire, rue au Maire, 3 et 5, à Paris.
- Mathias fils, libraire, quai Malaquais, 15, à Paris.
- Maurel (Toussaint), fondeur-mécanicien, rue des Vignerons, 13, à Marseille (Boùches-du-Rhône).
- Mauviette (madame veuve) et M. Rockenbach, fabricants de bluteries, rue Coquillière, 14, à Paris.
- Mazeline, ingénieur-mécanicien, constructeur de machines à vapeur, au Havre (Seine-Inférieure).
- Mcixmoron-Dombasle, fabricant d’instruments d’agriculture, à Nancy (Meurthe).
- Mellier, libraire, rue du Jardinet, 13, à Paris.
- Ménier, fabricant de produits chimiques, rue Suinte - Croix - de - la - Bretonnerie , 37, à Paris.
- Meyer ( Jean et Charles ), ingénieurs civil, rue d’Altkirch, à Mulhouse (Haut-Rhin).
- Mianville [de), juge au tribunal de première instance, place de l’Étape-au-Vin, à Chartres (Eure-et-Loir).
- Michal, ingénieur en chef des ponts et chaussées, rue du Regard, 5, à Paris.
- Michel, du corps impérial des ponts et chaussées, ingénieur au chemin de fer de Rhône-et-Loire, quai de la Charité, 37, à Lyon (Rhône).
- Michelet-Peyron, rue de la Palud, 33, à Marseille (Bouches-du-Rhône).
- Michelin (Hardouin), doyen des conseillers référendaires à la cour des comptes, membre de la Société de géologie, rue Saint-Guillaume, 16, à Paris.
- Michelin (Th.), négociant, rue de Provence, 18, à Paris.
- Mignard-Billinge, mécanicien, propriétaire de la tréfilerie d’acier, de métaux, boulevard du Cpmbat, 18, à Belleville, près Paris (Seine).
- Mieg (Georges), fabricant de draps, à Mulhouse (Haut-Rhin).
- Millet, sous-chef à l’administration des forêts, à Laon, rue de Castiglione, 14, à Paris.
- Milliet (Gracien), négociant, rue du Faubourg-Poissonnière, 30, à Paris.
- Mimerd, de Roubaix, sénateur, rue Neuve-des-Mathurins, 29, à Paris.
- Miroude, fabricant de cardes, à Rouen (Seine-Inférieure).
- Mirroy frères, fondeurs artistiques, rue d’An-goulême-du-Temple, 10, à Paris.
- Moll, membre de la Société impériale et centrale d’agriculture, professeur d’agriculture au Conservatoire impérial des arts et métiers, etc., rue d’Enfer, 55, à Paris.
- Moll, architecte, rue Fontaine-Saint-Georges, 28, à Paris.
- Mony-Colchen (le comte d."), conseiller référendaire à la cour des comptes, rue Chauchat, 14, à Paris.
- Montai, facteur de pianos, boulevard Montmartre, 5, à Paris.
- Moniesquiou ( le comte Anatole de), maréchal de camp, rue de Varenne, 60, à Paris.
- Mont luisant [de), capitaine d’artillerie, rueDe-sèze, 13, à Paris.
- Montmorency (le duc Raoul de), rue Saint-Dominique, 119, à Paris.
- Montureux [ le comte de), membre de plusieurs sociétés savantes, maire de la commune à Arracourt par Moyenvic (Meurthe).
- Moré, chez M. Allouard-Kœppelin , rue de Seine, 12, à Paris.
- Moreaux frères, fabricants de devants de chemise unis et brodés, rue d’Enghien, 22, à Paris.
- Morny (S. Exc. le comte de), député, président du corps législatif, avenue des Champs-Ély-sées, 15, à Paris.
- Mosselman (A.), passage Sandrié, 6, à Paris.
- Motel, horloger de la marine, rue du Foin, 4, au Marais, à Paris.
- Mouchel, membre du conseil général des manufactures, à l’Aigle (Orne).
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- Moulfariney ancien ingénieur-méeanicien, à Villiers-le-Bel (Seine-et-Oise).
- Moussard (Alexandre), carrossier, allée de Montaigne, 58, aux Champs-Élysées, à Paris.
- Moysen, membre de la Société d’agriculture des Ardennes, à Mézières (Ardennes).
- Mulot, mécanicien - sondeur, rue Roche -chouart, 69, à Paris.
- Nell de Bréauté, membre correspondant de l’Académie des sciences, à la Chapelle par Longueville, près Dieppe (Seine-Inférieure).
- Nepveu, ingénieur civil, ancien élève de l’école centrale des arts et manufactures, boulevard Montmartre, 14, à Paris.
- Neuburger, lampiste, rue Vivienne, 4, à Paris.
- Nicklès, professeur de chimie à la faculté des sciences de Nancy.
- Nicod, secrétaire de la Société de lecture, à Annonay (Ardèche).
- Nicot, secrétaire perpétuel de l’Académie du Gard, à Nîmes (Gard).
- Nocus (Joseph), fabricant de verres, à Saint-Mandé, chemin du Rendez-Vous, 32 (Seine).
- Obry fils, Bernard (Jules) et comp., fabricants de papiers, à Pouzel, près Amiens ; rue de l’Ancienne-Comédie, 14* à Paris.
- Odent fils aîné , l’un des associés de la manufacture de papiers de Courtalin , près Far-moutiers (Seine-et-Marne) ; chez M. Roui hac, place Saint-André-des-Arts, 9, à Paris.
- Odier (James), banquier, rue Laffitte, 42, à Paris.
- Oeschger, affineur de métaux, rue Saint-Paul, 28, à Paris.
- Ogereau, ancien membre du conseil général des manufactures, rue des Petites-Écuries, 30, à Paris.
- Ozouf (H.), pharmacien, rue de Chabrol, 36, à Paris.
- Palmer (J. L.), mécanicien pour l’étirage et l’emboutissage des métaux sous toutes formes, rue Amelot, 64, à Paris.
- Pape, facteur de pianos, rue des Bons-Enfants, 19, à Paris.
- Parent, balancier-ajusteur, rue Jeannisson, 15, à Paris.
- Pasquier (le duc), membre de l'Académie française, rue Royale-Saint-Honoré, 20, à Paris.
- Pastoret (le marquis Amédée de), sénateur, membre de l’Institut, place de la Concorde, 6, à Paris.
- Pastoureau, ingénieur de la marine, au port de Brest, à Brest (Finistère).
- Patras, libraire, à Montpellier (Hérault).
- Payen , membre de l’Académie impériale des sciences, secrétaire perpétuel de la Société impériale et centrale d’agriculture, professeur de chimie au Conservatoire impérial des arts et métiers, à Grenelle (Seine).
- Péchiney, fabricant de métal argentan, passage Saint-Sébastien, 8, à Paris.
- Péan de Saint-Gilles fils, chimiste, place de la Concorde, 8, à Paris.
- Pêclet, ancien inspecteur général de l’université, professeur à l’école centrale des arts et manufactures, rue de l’Ouest, 38, à Paris.
- Peligot, membre de l’Académie des sciences , professeur de chimie au Conservatoire impérial des arts et métiers et à l’école centrale des arts et manufactures, vérificateur des essais à la Monnaie, hôtel des Monnaies, quai Conti, 11, à Paris.
- Perdonnet, ingénieur civil, professeur à l’école centrale des arts et manufactures, au chemin de fer de Strasbourg, à Paris.
- Perier (Joseph), régent de la banque de France, rue Royale-Saint-Honoré, 6, à Paris.
- Périgord (le duc de), rue Saint-Dominique, 115, à Paris. 3
- Pernollet, ingénieur civil des mines, directeur de l’usine de Saint-Louis , près Marseille (Bouches-du-Rhône); rue du Faubourg-Poissonnière, 153, à Paris.
- Perpigna (Antoine), ancien avocat à la cour impériale de Paris, rue Sainte-Anne 46, à Paris.
- Perrelet, horloger-mécanicien de l’Empereur, rue de Richelieu, 31, à Paris. .
- Pesier (Edmond), membre de la Société d'agri-
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- culture, sciences et arts de Valenciennes, professeur de chimie industrielle, à Valenciennes (Nord).
- Peyot (F.), ancien fabricant, professeur de fabrique en soieries, place Croix-Paquet, 6, à Lyon (Rhône).
- Peyrue-Cousins, ingénieur-mécanicien, directeur des ateliers du Mourillon, à Toulon (Var).
- Philippe (Victor), négociant, rue Richer, 23, à Paris.
- Phillips, ingénieur des mines, rue Neuve-Luxembourg, 45, à Paris.
- Piat fils, fabricant d’engrenages et de pièces détachées pour machines, rne Saint-Maur-Popincourt, 38, à Paris.
- Picault, coutelier, rue Dauphine, 52, à Paris.
- Pichenot (madame veuve), fabricant de faïence ingerçable, rue des Trois-Rornes, 5, à Paris.
- Pihet (Eugène), ancien constructeur-mécanicien, rue Saint-Gervais, 3, à Paris.
- Pleyel (Camille), facteur de pianos, rue Roche-chouart, 22, à Paris.
- Plon frères, imprimeurs de l’Empereur et de la banque de France, rue Servandoni, 8, à Paris.
- Poggi (Paul), ingénieur civil, sous-directeur de la vicinalité de Corse, à Ajaccio (Corse).
- Poirier, ingénieur-mécanicien et graveur, rue du Faubourg-Saint-Martin, 33, à Paris.
- Polonceau, ingénieur civil, professeur à l’école centrale des arts et manufactures, entrepreneur de traction des chemins de fer d’Orléans et du Centre, boulevard de l’Hôpital, 4, à Paris.
- Pommereux (Armand de), propriétaire, au Héron , commune de Darnetal, hôtel Pommereux, rue de Lille, 67, à Paris.
- Poncelet, général du génie, membre de l’Institut, Académie impériale des sciences, rue de Vaugirard, 58, à Paris.
- Ponsard, agriculteur, membre du conseil général de la Marne, à Omey, arrondissement de Châlons-sur-Marne (Marne).
- Pouillet, membre de l’Académie des sciences, rue du Faubourg-Poissonnière, 75, à Paris.
- Tome Ier. — 53e année. 2e série. —
- Pouillien, bandagiste, rue Montmartre, 68, à Paris.
- Pour talés (Robert de), à Raudeville, près Dour-dan (Seine-et-Oise).
- Preschern (Henri), rentier, boulevard-Saint-Martin, 67, à Paris.
- Prévost, pour la bibliothèque, à Melun (Seine-et-Marne).
- Priestley (Ch.), professeur-répétiteur à l’école centrale des arts et manufactures, rue Saint-Gilles, 17, à Paris.
- Quentin-Durand et fils, fabricants d’instruments d’agriculture et de jardinage, rue des Petits-Hôtels, 27, à Paris.
- Quijano et comp., commissionnaires, à la Havane, rue Cadet, 19, à Paris.
- Rabiot, fabricant de lits mécaniques pour les malades, rue de la Harpe, 55, à Paris.
- Rastignac (de), maréchal de camp, membre correspondant de la Société impériale et centrale d’agriculture, rue de l’Université, 33, à Paris.
- Rattier, négociant, rue des Fossés-Montmartre, 4, à Paris.
- Reboul, ancien administrateur des forêts, membre du conseil général de Seine-et-Marne, rue Saint-Lazare, 96, à Paris.
- Redier, horloger-mécanicien, cour des Petites-Écuries, 16, à Paris.
- Reech, officier du génie maritime, directeur de l’école impériale du génie maritime, rue de rUniversité, 13, à Paris.
- Reinwald, libraire, rue des Saints-Pères, 10, à Paris.
- Renouard, libraire, rue de Tournon, 8, à Paris.
- Reulos, tanneur, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 15, à Paris.
- Reveil, professeur agrégé à l’école de pharmacie, rue des Fossés-Saint-Victor, 43, à Paris.
- Richard, ingénieur-opticien, rue Fontaine-au-Roi, 13, à Paris.
- Richardière (Lucas), propriétaire, chez M. Ro-pert, banquier, à Auray (Morbihan).
- Riess (Martin), fabricant de colle et gélatine, à Dieuze (Meurthej.
- • Décembre 1851. 101
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- Rieussec, propriétaire, ancien horloger, à Saint-Mandé (Seine).
- Rigault, membre du conseil municipal, à là Ferté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne).
- Robert (Louis), chef des ateliers de peinture à la manufacture impériale de porcelaine, à Sèvres (Seine-et-Oise).
- Rolland (Eugène), ancien élève de l’école polytechnique, ingénieur-inspecteur des constructions de l’administration des tabacs, rue de Bellechasse, 21, à Paris.
- Rondot ( Natalis ), délégué de la chambre de commerce de Lyon, rueMeslay, 24, à Paris.
- Roret, libraire, rue Hautefeuille, 10, à Paris.
- Rostaing (le marquis Henri de), rue Tronchet, à Paris.
- Rouget de Liste, ingénieur-manufacturier, rue de Tracy, 8, à Paris.
- Rousseau et comp., négociants, à Àlais (Gard).
- Rousseau, libraire, rue de Grammont, 13, à Paris.
- Rousseau (Francisque), décorateur de porcelaines, rue de Bondy, 42, à Paris.
- Rousseville, fabricant de couverts Wolfram, rue Chariot, 62, à Paris.
- Rouvenat, bijoutier, rue d’Hauteville, 62, à Paris.
- Roy, Berger et Véron, meuniers, fabricants de gluten granulé, à Ligugé, arrondissement de Poitiers (Vienne).
- Sabatier-B lot, peintre en miniature, Palais-Boyal, 129, à Paris.
- Sabouraud, ingénieur civil, à Auzais, prèsFon-tenay-le-Comte (Vendée).
- Saint-Ferréol [de], agent voyer en chef du Gard, avenue Feuchères, maison Boissier, à Nîmes (Gard).
- Sajou, dessinateur et éditeur de dessins de broderie, rue Rambuteau, 52, à Paris.
- Saladin (Émile), ingénieur-mécanicien, d’Hut-tenheim, à Nancy (Meurthe).
- Salvétat, membre de la Société philomathique, chimiste de la manufacture impériale de porcelaine de Sèvres, à Sèvres (Seine-et-Oise.)
- Sandoz, horloger-mécanicien, place Dauphine, 1, à Paris.
- Santi (Augustin-Joseph-Nicolas), ingénieu-opticien, rue de la Cannebière, à Marseille (Bouches-du-Rhône).
- Saulnier (J. F.), ancien ingénieur-constructeur, ancien membre du conseil général des manufactures, rue d’Enghien, 46, à Paris.
- Samresse, ingénieur civil, rue des Marais-du-Temple, 42, à Paris.
- Savary et Mosbach , joailliers fabricants , rue Vaucanson, 4, à Paris.
- Schneider , membre du conseil supérieur du commerce, manufacturier, rue de Provence, 54 bis, à Paris.
- Schweiger (Joseph) , docteur-médecin , rue Haute-Chiffolière, 16, à Laval (Mayenne).
- Schwickardi (Louis) dit Aubert, ingénieur civil, rue de Vaugirard, 57, à Paris.
- Scrive ( Jules), manufacturier, à Lille (Nord).
- Seguier (le baron A.), membre de l’Académie impériale des sciences et du comité consultatif des arts et manufactures, avocat à la cour impériale, vice-président de la Société d’encouragement , rue Garancière , 11 , à Paris.
- Sentis, ingénieur des mines, à Grenoble (Isère).
- Silbermann aîné (J. G.), conservateur du musée du Conservatoire impérial des arts et métiers de Paris, rue Saint-Martin, 292, à Paris.
- Silvestre (le baron Édouard de), ancien élève de l’école polytechnique, rue de Verneuil, 33, à Paris.
- Simon fils, imprimeur-lithographe, à Strasbourg (Bas-Rhin).
- Simoneau, ingénieur civil, à Nantes (Loire-Inférieure).
- Séguin, correspondant de l’Académie des sciences, à Montbard (Côte-d’Or ).
- Six, rue Jemmapes, 49, à Lille (Nord).
- Solon, sculpteur, fabricant de sculptures en ciment romain et carton-pierre, artiste photographe, rue Petrelle, 30^ faubourg Poissonnière, à Paris.
- Sommier, raffineur de sucre, rue de Flandre, 139, à la Villette (Seine).
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- Soudan, fabricant de café-chicorée, rue Saint-Martin, 94, à Paris.
- Tailfer, fabricant d’aiguilles à coudre, à l’Aigle, (Orne).
- Tailfer (J. B.), ingénieur-constructeur de machines, rue Notre-Dame-de-Gràce, 4, à Paris.
- Tangre (Constant), fabricant de toiles métalliques, tamis et blutoirs, rue Saint-Maur-du-Temple, 131, à Paris.
- Taurines, ancien professeur aux écoles d’artillerie navale , rue Lemercier , 12 , aux Bati-gnolles (Seine).
- Thauvin, ingénieur-constructeur d’appareils de chauffage, rue Saint-Martin, 328, à Paris.
- Thénard (le baron), membre de l’Académie impériale des sciences, président honoraire de la Société d’encouragement, place Saint-Sulpice, 6, à Paris.
- Thénard (Paul), place Saint-Sulpice, 6, à Paris.
- Thier, ingénieur-mécanicien,passageChoiseui, 39, à Paris.
- Thomas, ingénieur civil, professeur à l’école centrale des arts et manufactures, rue des Beaux-Arts, 2, à Paris.
- Thomas de Colmar, directeur de la compagnie d’assurance dite du Soleil, rue de la Victoire, 52, à Paris.
- Tollenare (Charles de), agent voyer en chef du départem. de la Loire-Inférieure, à Nantes.
- Trébuchet, avocat , chef du bureau sanitaire à la préfecture de police , secrétaire du conseil de salubrité, rue de l’Est, 1, à Paris.
- Tresca, ancien élève de l’école polytechnique, sous-directeur au Conservatoire impérial des arts et métiers , rue Saint-Martin , 292 , à Paris.
- Tr eut tel et Wurtz, libraires, rue de Lille, 19, à Paris.
- Trop Ion g (S. E. Msr), président du sénat, premier président de la cour de cassation, au Petit-Luxembourg, à Paris.
- Vachon père et fils , négociants , propriétaires des moulins à vapeur de Vaise, place Satho-nay, 1, à Lyon (Rhône).
- Valois {de), régent de la banque de France, rue Joubert, 31, à Paris.
- Vantülart (Victor) , fabricant d’aiguilles , à l’Aigle (Orne).
- Vauoillicrs, ancien conseiller d’Etat, ancien secrétaire général de la marine, rue de la Ferme, 34 bis, à Paris.
- Vernaut, manufacturier, rue Ventadour, 5, à Paris.
- Ver son (Marins), fabricant bijoutier, rue de la Providence, 17, à Marseille.
- Vervelle du Tilloy, propriétaire, rue du Faubourg-Saint-Honoré, 157, à Paris.
- Vétillart fils (Marcellin), propriétaire, à Pont-lieue, près le Mans (Sarthe).
- Viale et comp., distillateurs, à Orléans (Loiret).
- Vibrage (le marquis Paul de), au château de Cheverny, près Blois (Loir-et-Cher).
- Vibrage (Fernand de), propriétaire-cultivateur, à Bazoches près A vallon (Yonne).
- VMette (A.) et Vaillant (L.), mécaniciens-constructeurs, à Saint Quentin Aisne .
- Vilmorin aîné, membre correspondant de l’Académie impériale des sciences, membre de la Société impériale et centraled’agriculture, rue du Bac, 39, à Paris.
- Vilmorin (Louis), membre de la Société impériale et centrale d’agriculture, quai de la Mégisserie, 28, à Paris.
- Violaine [de. frères, propriétaires de la verrerie de Vauxerol près Soissons (Aisne).
- Violart, fabricant de dentelles, rue de Choiseui, 4, à Paris.
- Vivaucc frères, maîtres de forges, à Dammarie près Lagny (Meuse).
- Voilier, ingénieur civil, gérant de la brasserie du Luxembourg, rue d’Enfer, 77, à Paris.
- Voruz aîné, propriétaire de fonderies, président du conseil des prud’hommes, à Nantes (Loire Inférieure).
- Vu igner (Emile), inspecteur des canauxde Paris, rue du Faubourg Saint-Denis, 146, à Paris.
- Wagner neveu, horloger-mécanicien de l’Empereur, rue Neuve-des-Petits-Champs, 47, à Paris.
- J Wagner, horloger-mécanicien, rue du Cadran,
- I 39, à Paris.
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- Weber, chimiste-coloriste, de Mulhouse; rue de Fleurus, 42, à Paris.
- West (Gratien), sous-intendant militaire, àFon-tainebleau (Seine-et-Marne).
- Willaumez, fabricant de conserves alimentaires, à Lunéville (Meurthe).
- Winnerl, horloger-mécanicien, avenue de l’Observatoire, à l’angle de la rue Cassini, à Paris.
- Wœlcker (Charles), à Benfeld (Bas-Rhin).
- Wœlcker (Daniel), propriétaire des fabriques de chicorée de Lahr et Benfeld, à Benfeld (Bas-Bhin).
- Woelfel, facteur de pianos, rue des Martyrs, 26, à Paris.
- Wolowski, professeur de législation industrielle au Conservatoire des arts et métiers, rue des Trois-Frères, 5, à Paris.
- Wurtz, professeur de chimie à l’école de médecine, rue Saint-Guillaume, 25, à Paris.
- Yver, ingénieur au chemin de fer du Nord, rue Saint-Lazare, 82, à Paris.
- Zambeaux, maire adjoint, à Saint-Denis (Seine).
- Zuber (Jean) et comp., fabricants de papiers peints, à Rixheim (Haut-Rhin).
- CORRESPONDANTS ÉTRANGERS SOUSCRIPTEURS.
- MM.
- Anici, à Gênes (Piémont).
- Basolsy et comp., GaliciaVivero (Espagne).
- Berti (Pichat), à Turin (Piémont).
- Biolley et fils, à Verviers (Belgique).
- Bocca , libraire , à Turin, chez M. Chamerot, rue du Jardinet, 13, à Paris.
- Bohr, manufacturier, à Mettlach, près Sarre-bruck (Prusse).
- Boutowski (de), gentilhomme de S. M. l’empereur de Russie, rue de la Madeleine, 54, à Paris.
- Caarlesen, chez M. Allouard, libraire, rue de Seine, 12, à Paris.
- Castellani (Fortunato Pio), rue de Corse, 174, à Rome (Italie).
- Castillon du Portail, ancien élève de l’école polytechnique, à Bruxelles (Belgique).
- Corsini (Jérôme), architecte, académicien et chevalier Ertel Péréoulose, maison Khrous-tschoff, 16, à Saint-Pétersbourg, empire de Russie ; chez M. Mellier, rue du Jardinet, 13, à Paris.
- Courvoisier ( Frédéric ), à Chaux-de-Fonds, canton de Neuchâtel (Suisse).
- Decq, libraire, à Bruxelles, royaume de Belgique.
- Diezgardt, fabricant de soieries, chevalier de l’Aigle rouge, à Viersen, prèsCrefeld (Prusse rhénane).
- M. le Directeur des postes, à Augsbourg (Bavière).
- M. le Directeur des postes, à Sarrebruck (Prusse).
- M. le Directeur du bureau de poste de la Tour-Thaxis, à Hambourg, une des villes libres hanséatiques (Allemagne).
- Dumolard, libraire, chez M. Chamerot, rue du Jardinet, 13, à Paris.
- Figuieredo (le marquis de), à Coimbre (Portugal) , chez MM. J. P. Aiîlaud , Monlon et comp., rue Saint-André-des-Arts, 47, à Paris.
- Hérosé (Gabriel), manufacturier, à Constance, sur le lac de ce nom (Suisse).
- Isackoff (Basile), libraire, à Saint-Pétersbourg, rue Pavée-Saint-André-des-Arts, 12, à Paris.
- Jugel, libraire, à Francfort; chez MM. Le-doyen et Giret, libraires, quai des Grands-Augustins, 9y à Paris.
- Kaiser, ingénieur des mines, à Nuremberg (Bavière).
- Kramer (Édouard), poste restante à Gênes (Piémont).
- Lacambre, ingénieur civil, rue de Haeght, à Bruxelles (Belgique).
- Mishielé, ingénieur civil, offices, 57, àHoliwel, Street-Westminster, à Londres (Angleterre).
- Piette (Louis), fabricant de papiers, au château du Pont-d’Oie, prèsArlon (Belgique).
- Ramon de la Sagra, membre correspondant de
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- ( 797 )
- l’Institut impérial de France, passage Saul-nier, 22, à Paris.
- Reynoso Alvaro, délégué du gouvernement espagnol pour l’étude des sciences, rue des Beaux-Arts, 15, à Paris.
- Silva, chez MM. Rey et Belhatte, libraires , quai des Augustins, 45, à Paris.
- Silvola, officier supérieur des postes, à Milan (Italie).
- Thaï (Robert de), rue Belliard, 33, à Bruxelles (Belgique).
- Villeroy, manufacturier, à Vaudrevange, près Sarre-Louis (Prusse rhénane).
- Vanbachenees, chez MM. Schulz et Thuiilié, quai des Grands-Augustins, 7, à Paris.
- Wanacker, chez M. Mellier, rue du Jardinet, 13, à Paris.
- Zeller (Jean), à Zurich (Suisse).
- Ztdz-Berger-Ziégler, constructeur de machines a Winterthur, canton de Zurich (Suisse).
- ÉTABLISSEMENTS , SOCIÉTÉS CORRESPONDANTES.
- Bibliothèque communale deChâlons-sur-Marne (Marne).
- Bibliothèque de la ville de Paris, à l’hôtel de ville (Paris).
- Bibliothèque de la faculté des sciences, à la Sorbonne (Paris).
- Bibliothèque du Conservatoire impérial des arts et métiers, rue Saint-Martin, 292, à Paris.
- Bibliothèque de la ville, à Amiens (Somme).
- Administration des postes , bureau d’affranchissement, à la poste (Paris).
- Ministère de l’agriculture, du commerce et des travaux publics, division du commerce intérieur, les préfets des départements.
- Chambre de commerce, à Lyon (Rhône).
- Chambre de commerce, à Reims (Marne).
- M. le directeur de la verrerie de Saint-Gobain, rue Saint-Denis, 315, à Paris.
- École centrale des arts et manufactures, rue deThorigny, 7, à Paris.
- École impériale d’artillerie,àBesançon (Doubs).
- École impériale d’artillerie, à Douai (Nord).
- École impériale d’artillerie, à la Fère (Aisne).
- École impériale d’artillerie, à Metz (Moselle).
- École impériale d’artillerie, à Rennes (Ille-et-Vilaine).
- École impériale d’artillerie, à Strasbourg (Bas-Rhin).
- Ecole impériale d’artillerie, à Toulouse (Haute-Garonne).
- École impériale d’artillerie, àVincennes (Seine).
- Ecoie impériale d’arts et métiers , à Châlons-sur-Marne (Marne).
- École impériale des arts et métiers, à Angers (Maine-et-Loire).
- École impériale des mines, rue d’Enfer, 34, à Paris.
- Institut Franklin (États-Unis d’Amérique).
- M. l’Inspecteur de la manufacture impériale d’armes de Chàtelierault (Vienne).
- M. l’Inspecteur de la manufacture impériale d’armes de Mutzig (Bas-Rhin).
- M. l’Inspecteur de la manufacture impériale d’armes de Saint-Étienne (Loire).
- M. l’Inspecteur de la manufacture impériale d’armes de Tulle (Corrèze).
- M. le Directeur des salines de Dieuze (Meurthe).
- M. le Directeur de l’usine de Graffenstaden , près Strasbourg (Bas-Rhin).
- M. le Directeur des salines de Gouhenans, près Lure (Haute-Saône).
- M. le Président du Cercle, maison Bottier, à Bourg (Ain).
- M. le Président de la Société d’encouragement et d’émulation, à Bourg (Ain).
- Société d’agriculture, à Bourges (Cher).
- Société philomathique de Bordeaux (Gironde).
- Société des sciences, belles-lettres et arts, à Orléans (Loiret).
- Société industrielle d’Angers et du département de Maine-et-Loire, à Angers (Maine-et Loire).
- Société d’agriculture, commerce, sciences et arts, à Châlons-sur-Marne (Marne).
- Société d’agriculture, sciences et arts de l’arrondissement de Valenciennes (Nord).
- Société industrielle de Mulhouse (Haut-Rhin).
- Société impériale et centrale d’agriculture, rue de l’Abbaye, 3, à Paris.
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- Société impériale d’horticulture de Paris et centrale de France, quai Malaquais, 3, à Paris.
- Société séricicole pour l’amélioration de l’industrie de la soie, quai Malaquais, 3, à Paris.
- Société des ingénieurs civils, rue Buffault, 26, à Paris.
- Société impériale d’agriculture de Seine-et-Oise, à Versailles (Seine-et-Oise).
- Société libre de commerce, à Rouen (Seine-Inférieure).
- Société d’émulation, à Abbeville (Somme).
- Cercle scientifique de l’union ouvrière de la ville d’Avignon, rue Dorée, 5, à Avignon (Vaucluse).
- Musée Calvet, à Avignon (Vaucluse).
- Société anonyme des forges et fonderies de Montataire, rue de Vendôme, 19, à Paris.
- Société d’encouragement de Prusse, à Berlin; chez M. l’Ambassadeur, rue de Lille, 78, à Paris.
- Société de lecture de Neuchâtel, par Pontar-lier (Suisse).
- CORRESPONDANTS ÉTRANGERS.
- MM.
- Dingler, chimiste et fabricant, à Augsbourg (Bavière).
- Edhem-Pocha (Son Excellence), ministre des affaires étrangères en Égypte ; chez M. Jo-mard, rue Neuve-des-Petits-Champs, 14, à Paris.
- Jobard, chevalier de la Légion d’honneur, directeur du mnsée de l’industrie, à Bruxelles (Belgique).
- Marlms, membre de l’Académie royale de Belgique , professeur de chimie, à Louvain (Belgique).
- Tchefkine (le général), chef d’état-major du corps des mines de Russie, rue de la Madeleine, 54, à Paris.
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- TABLE ALPHABETIQUE
- DES NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS DANS LA CINQUANTE-TROISIÈME ANNÉE DU BULLETIN.
- A
- MM.
- Aboville (<f), legs de 1,000 fr. fait à la Société, 244.
- Accariê, propulsion des navires à vapeur, 321.
- Adams, freins pour chemins de fer, 526.
- Adcock, application des basaltes, 652.
- Aga sse, four à chaux, 752.
- Akins, flotteur pour chaudières à vapeur, 556.
- Albert, contre-maître (méd. br.), vi.
- Alcan, montage des métiers à tisser, par M. Meynier, 722 ; — appareil pour mesurer la résistance des fils, 775.
- Alcan et Limet, préparation des cocons pour le filage de la soie, 240.
- Allen, conducteurs électriques, 515.
- Allori, enseignement du dessin, 147.
- Alphand, discours lors de l’inauguration de l’exposition de l’industrie bordelaise, 404.
- Amédée-Durand, dynamomètre destiné à l’agriculture, 98.
- André-Jean , réclamation au sujet de l’éducation des vers à soie, 678.
- Applegath, papier pour prévenir les faux, 518.
- Argenteuil, situation de son legs, 12, 13.
- Arnaud, assainissement des blés, prix de 2,500 fr. du legs Montyon, 281.
- Ashton, fabrication des tresses, 550.
- Aspdin, ciment de Portland, 347.
- Asselin, application des sulfates de baryte et de strontiane, 597.
- Aubert et Gérard, caoutchouc (méd. plat.), x, 22 : — tuyaux en caoutchouc, 455.
- Aubinel, contre-maître (méd. br.), v.
- Audevard, niveau à bulle d’air, 679.
- Auméteyer, bitumes et asphaltes laminés, 47.
- Austen, moules pour le coulage des bougies, 654.
- B.
- Balard, sur le charbon de bois de M. Violette, 65.
- Bapst, situation de ses legs, 13.
- Baranowski, taxe-machine (méd. br.), ix, 18.
- Barrai, concours pour la guérison de la maladie de la vigne, 393; — exposition des produits industriels ouverte à Bordeaux, 403.
- Barreswil, essence de houille appliquée aux travaux de peinture, par M. Pelouze fils, 344.
- Barthélemy, papier à pâte polychrome, 629.
- Baudement, expériences sur la valeur alimentaire des betterave*’, 356.
- Beauchesne, emploi du procédé pour convertir les feuilles de pin en coton ou en laine, 772.
- Becquerel, impressions colorées produites par l’action chimique de la lumière, 382.
- Bedell, étoffes élastiques, 645.
- Belford, armes à percussion, 614.
- Benoît, coupe-racine de M. Durant, 51; — outil pour ficher les échalas, par M. Duguay, 297 ; — chauffage et ventilation des salles de la Société, 391 ; —sur les candidats pour les écoles d’arts et métiers, 728.
- Bernard (J.), moulage des métaux par le vide, 503.
- Bettignies {de), porcelaine tendre, 489.
- Beuvière, appareil pour démontrer la rotation de la terre autour d’un axe, 743.
- Bisson frères, épreuves photographiques, 392.
- Bloch, appareil dit féculomètre, 456.
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- ( 800 )
- Bohringer et Clemm, préparation de la sotfde, 348.
- Boileau, scie à lames circulaires, '521, 522.
- Bonelli, métier à tisser, 675.
- Bontemps, peinture sur verre, 695^
- Bonzanini et Polit, encouragement de 500 frv pour un moyen de guérir la maladie de la vigne, 399.
- Borne, multiplication des sangsues (méd . arg.}, ix, 20, 266.
- Boucher, Boseleur et Delprat, couverts en zinc, 592.
- Bouilhet, procédé de galvanoplastie, 648.
- Boulard, rapport sur les recettes et les dépenses de la Société pendant l’exercice de 1852, 5.
- Boulongne, mémoire sur la peinture sur verre, 683.
- Bourgois, prix pour des expériences sur l’hélice, 115.
- Bourlet de la Vallée et Garneray , enduit pour rendre indessiccables les toiles à tableaux, 631.
- Bourne, machines-outils pour la construction des navires en fer, 671.
- Boutigny, nouveau générateur à vapeur, 711.
- Bouvy, acide picrique, 768.
- Boydell, cadres en fer, 645.
- Braithwaite, rupture des métaux, 589.
- Bremme, fabrication de l’acier, 602; — de la soude artificielle, 768.
- Briand, moyen de sûreté pour les armes à feu, 233.
- Briant, dorure galvanique, 506.
- Bristow et Àtwood, chaudières marines à vapeur, 549.
- Brix, expériences sur la dilatation de la fonte, 504.
- Broommn, moyen d’orner et de colorer les étoffes, 516.
- Bryas {de}, opérations de drainage dans le Bordelais, 409.
- Bunel, four à chaux, 745, 749.
- Bunsen, préparation de l’aluminium, 538.
- Burrows, planches métalliques, 671.
- Basson du Maurier,charbon minéral, 420.
- Bussy, sur l’essence de mirbane de M. Colas, 453.
- ' v C- . ’ '
- Cadogan, télégraphe électrique, 517.
- Cail, raffinage du sucre à chaud et à froid , 636.
- Calard, lit en tôle, 769.
- Calla , pianos de M. Woelfel, 229 ; — orgues; de M. Cavaillé-Coll, 329 ; — scierie à rubans de M. Périn, 775 .
- Cation, mémoire de M. Cousté relatif aux incrustations des générateurs à vapeur, 532.
- Colvert, falsification des huiles, 308 ; — emploi des savons en fabrique, 415 ; —lustre métallique pour les fils et les tissus, 734.
- Carmignac-Descombes, sur les tourbes et les terrains tourbeux, 328.
- Carrière, nouveau procédé de tannage, 609.
- Carville, four de boulangerie, 43.
- Castets, quinine artificielle, 678, 740.
- Camillè-Coll, orgues (méd. or), x, 25; — orgues d’église, 329.
- Cavé, roues pour voitures de chemins de fer, 732.
- Chamberlain, tuyaux en poterie, 673.
- Champonnois, alcool de betterave, 457.
- Charbonnier, soupape à détente pour machines à vapeur, 649.
- Chevallier (A.), sur les logements des ouvriers, 186 ; — conservation et reproduction des sangsues, 266 ; — empoisonnement par les allumettes chimiques, 673.
- Chevallier fils et Vincent, fosses d’aisances, 58
- Chevreul, considérations sur la photographie, 510.
- Chuart, lampe de sûreté pour les mines, 280; indemnité de 500 fr., 281, 456.
- Clair, indicateur de pression pour les machines à vapeur, 713.
- Clark, régulateur pour les feux des chaudières à vapeur, 619.
- Clément-Mullet, culture du cotonnier chez les Arabes, 542.
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- ( 801 )
- Clenchard, emploi de Torseille en teinture, 595.
- Clerget, sur les épreuves photographiques de M. Gouin ,62; — sonnerie électro-télégraphique de M. Mirand, 165 ; — sur un prix proposé pour l’introduction, en France, de plantes étrangères à l’Europe, 194 ; — thermomètre électrique de M. Maistre , 361; — boisson gazeuse, 390 ; — alcool de betterave, 457 ; — alcool d’asphodèle, 665,742.
- Clouet,fondant bôraeique, 599.
- Cognet, contre-maître (méd. br.), v.
- Colas et Larogue, essence de mirbane, 453.
- Colombe, machine à balayer les rues, 486.
- Combes (Ch.)-, rapport à l’Académie des sciences sur le prix de mécanique pour l’année 1853, 123; — sur un nouvel indicateur de pression pour les machines à vapeur, par M. Clair, 713.
- Cooke, fabrication de l’étain en feuilles, 561.
- Corenwinder, moyen de déterminer la valeur industrielle du noir animal, 189.
- Coste, acclimatation des poissons, 191 ; — frayères artificielles, 387.
- Cousté, incrustation des générateurs à vapeur, 532.
- Crahay, aimants artificiels, 516.
- Crum, sur une fibre particulière du coton qui ne prend pas la teinture, 575.
- Ctmy, contre-maître (méd. br.), v.
- D.
- Daguerre, procédé photographique, 512.
- Dameron, tirage des voitures, 771.
- Davie et Stephens, machine à percer et cisailler les métaux, 617.
- Debergue, moyen de tirer les modèles hors des moules, 549.
- Delabry, contre-maître (méd. br.), v.
- Delapchier, acide stéarique, 611.
- Delarue> fabrication du papier, 517.
- Delessert, legs de 3,000 fr. fait à la Société, 244.
- Delicourt, papiers veloutés, 600.
- Tome I'r. — 53® a/rmée. 2e série. —
- De Molon, emploi des poissons comme engrais, 360.
- Deron, contre-maître (méd. br.), v.
- Desaint, bouchage des bouteilles, 680.
- Devéria, photographie zoologique, 119.
- Diard, moyen de guérir la maladie des cannes à sucre, 194.
- Dolfus, préparation de l’alloxane, 81.
- Domingo, soudure de cuivre rouge, 596.
- Doyère, assainissement et conservation des grains, 275; — prix de 2,500 fr. du legs Montyon, 281.
- Dubosq, lampe électrique, 771.
- Dubrunfaut, alcool de betterave (méd. or), x, 27.
- Ducommun et Dubied, machine pour apprêter les étoffes, 554.
- Dugmore et Millward, signaux pour chemins de fer, 550.
- Duguay, outil pour ficher les échalas (méd. arg.), ix, 20, 297, 299.
- Dumas, discours prononcé dans la séance générale du 17 mai 1854, xn ; — rapport à l’Académie des sciences sur le concours relatif aux arts insalubres, 275 ; — proposition d’un prix pour un appareil distillatoire portatif pour le traitement de l’asphodèle, 742 ; — moyen de tirer l’alcool de la scille maritime, ib.
- Dumas (Ernest), sur les lois anglaises relatives au drainage, 86.
- Duménil, carreaux en pierres factices, 237.
- Dumoncel, régulateur électrique pour la chaleur, 385.
- Dumont, zincographie, 646.
- Dupin (Ch.), rapport sur les concours ouverts pour l’année 1852, 3 ; — rapport sur le prix relatif à l’application de la vapeur à la navigation, 101.
- Dupuis, enseignement du dessin, 137, 138.
- Dupuy de Lôme , prix pour la construction du vaisseau le Napoléon, 115; — bateaux en fer, 470.
- Durant, coupe-racine, 51.
- Dussauce, peinture encaustique à la cire i 36, — papiers peints, 40.
- Décembre 1854. 102
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- ( 802 )
- E.
- Ebelmen, sur les produits céramiques exposés à Londres en 1851, 753.
- Empson, fils métalliques, 551.
- Evrard, épuration des huiles, 632.
- Eyère, pratique de la charpente, 710.
- F.
- Fabry, aérage des mines (méd. or), x, 26.
- Fairbairn, constructions en fonte et en fer, 474 ; —résistance des chaudières des locomotives, 494 ; — caisson mobile pour fermer une cale sèche, 587.
- Faist, savon pour la barbe, 417.
- Falatieu et Chavanne, logements des ouvriers dans leurs usines, 186.
- Farcot, machines à vapeur, 367.
- Ferrouil, moulage des roues d’engrenage (méd. br.), ix, 18.
- Flachat, construction de la gare de marchandises du chemin de fer de l’Ouest, 388
- Flamand, contre maître (méd. br.), v.
- Fontaine, métier à corsets (méd. plat.), x, 24.
- Fontaine, appareil de sûreté pour l’exploitation des mines, 278; — prix de 1,500 fr., 281.
- Fonv telle, filtre plongeur, 261.
- Forest, contre-maître (méd. br.), v.
- Foucault, gyroscope, 743.
- Fouché-Lepelletier, Donon-Mor&nge et Coupier, fabrication de la soude et du carbonate de soude, 656.
- Fox, tuiles de nouvelles formes, 326.
- France, mortaises dans le bois, 516.
- Franchot, lampe à modérateur, 123 ; — machine à air chaud, 124.
- François, contre-maître (méd. br.), vm.
- Freiling, contre-maître (méd. br.), vu.
- Fritz-Sollier, caoutchouc (méd. plat.), x, 23 ; — enduit imperméable, 679.
- Fry (Joseph), dissolvants de caoutchouc, 653.
- G.
- Gaiffe, machine électro-magnétique, 768.
- Gasparini, encouragement de 500 fr. pour son
- procédé de guérison de la maladie de la vigne, 398.
- Gatty, préparation des couleurs vapeurs, 594.
- Gaudonnet, mécanisme de piano, 680.
- Goupillât, capsules de chasse contrefaites à l’étranger et saisies en France, 255.
- Gengembre, agrafes, 773.
- Gérard et Aubert, fabrication de feuilles et de tuyaux en caoutchouc, 455.
- Gerente , verrières de l’église de Saint-Denis , 422 ; — peinture sur verre, 692, 701.
- Gilbert, machine à coudre les voiles, 517.
- Gillespie, instrument pour déterminer la pente ou le niveau des fossés, 707.
- Girard, alcool de betterave, 206.
- Gontier, moyen de guérir la maladie de la vigne, 397 ; — encouragement de 1,000 fr. ib.
- Goodyear, tissus imperméables en caoutchouc, 504.
- Gouin, épreuves photographiques, 62.
- Gouin (E.;, construction de machines (méd. or), 26.
- Gourlier, bitumes et asphaltes laminés de M. Auméteyer, 47 ; — croisées de M. Jacquet, 61 ; — appareils diviseurs des fosses d’aisances, parM. Leullier, 128; — appareils obturateurs de MM. Rogier et Mothes, 204; — carreaux en pierres factices deM. Dumé-nil, 237 ; — ardoisières d’Angers, 775.
- Grandin, contre-maître (méd. br.), vu.
- Granthomme, contre-maître (méd. br.), vi.
- Greaves, diapasons chromatiques, 583.
- Grenet, liqueur à clarifier la bière, 631.
- Grimaud, boisson gazeuse, 390.
- Grumel, contre-maître (méd. br.), vu.
- (irune, emploi du stannate de soude, 413.
- Gruneberg, fabrication de la fécule, 418; — acide pyrogallique, 582.
- Guérin-Méneville, encouragement de 500 fr. pour un moyen de guérir la maladie de la vigne, 400 ; — dévidage des cocons du bombyx cijnthia, 638.
- Guillol, encouragement de 500 fr. pour ses expériences sur l’emploi de la vapeur d’eau bouillante pour guérir la maladie de la vigne, 402.
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- ( 803 )
- GuiUouet, moyen d’augmenter la richesse des couleurs des étoffes teintes, 578.
- H.
- Hagen, diminution de la ténacité de la fonte, 625.
- Hall, blanchiment de la fécule, 418.
- Hansen, machine électro-magnétique pour la gravure, 550.
- Hardy, sur le ver à soie de ricin, 661.
- Harvey, machine à forer gigantesque, 585.
- Hattcrsley, machine à forger, 672.
- Heeren, laiton galvanique, 505; — pierre artificielle, 508.
- Henderson, sur les bateaux à vapeur transatlantiques , 445.
- Hermann, emploi du diamant brut pour tourner et raboter les pierres dures, 359.
- Hermann-H alleux, photographie sur pierre lithographique, 583.
- Herpin, assainissement et conservation des grains, 277 ; — prix de 2,500 fr. , 281.
- Hesse et Galimard, peinture sur verre, 701.
- Heurtier, son discours lors de l’exposition des produits de l’industrie bordelaise, 405.
- Heuzé, encouragement de 500 fr., pour ses travaux sur la maladie de la vigne, 400.
- Higginson, évaporation et concentration des liquides, 624.
- Hilson, contre-maître (méd. br.), vii.
- Hivert, éclosion des œufs de saumons, 645.
- Hodges, ressorts en caoutchouc, 674.
- Hoffmann, quinine artificielle, 710.
- Holcroft et Hoyle, chaudières à vapeur, 681.
- Hornus, ruban compteur (méd. br.), ix, 17.
- Hoslin, chaux des sables calcaires marins, 605.
- Huard, moyen de conserver et d’emmagasiner les grains, 259.
- Hugues, épuration et distillation des résines, 633.
- Huicques (cf), alcool de betterave, 461, 462.
- Hulot, planches pour l’impression typographique des cartes à jouer, 422 ; — timbres-poste, 423; —- reproduction, par la galvanoplastie, de planches gravées, 772.
- Hunt (William), fabrication de l’acide sulfurique, 655.
- Huot, expériences sur le procédé deM. Cham-ponnois pour extraire l’alcool des betteraves, 461.
- Huzard , mémoire deM. Sellier relatif à la péripneumonie de la race bovine, 95 ; — appareil pour arrêter les chevaux qui s’emportent, par le capitaine Violet, 163.
- Hyde, nouveau vernis, 731.
- I.
- Igninrd-Dejardin, épreuves de dessins de fleurs imprimés en couleur, 228.
- Irving (Thomas), moyen de donner un lustre métallique aux fils et aux tissus, 735.
- Isherwood, sur la navigation des bateaux à vapeur américains, 367.
- J.
- Jackson, fabrication de l’acier, 406.
- Jackson (Th.), planchers incombustibles en fer, 502.
- Jacquelain, préparation de la nitro-benzine, 454 ; — four à chaux de M. Simoneau, 745 ; — procédé pour empêcher l’huile de traverser les étoffes rendues imperméables, 775.
- Jacquet, construction des croisées, 61.
- James, moyen de compter les aiguilles, 614.
- Johnson, cardage du coton, 552.
- Johnson, machine à dépiquer le blé, 549.
- Johnston ( David ), fabrique de produits céramiques, 754.
- Jomard , rapport des censeurs sur les comptes de M. le trésorier, 16 ; —moulin à meules coniques, 711, 742.
- Jourdan, sur la production de la soieenFrance, 125.
- Jourdier, ouvrage sur le matériel agricole, 708.
- Joyeux, métier à tisser à mailles fixes, 300.
- Julien ( Stanislas), journal chinois publié à San Francisco, 424.
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- ( 804 )
- K.
- Karmarsch , sur un nouvel alliage métallique, 565.
- Relier, emploi de l’acide molybdique en teinture, 247.
- Kellermann, teinture des os, 414.
- Kinder, chemins de fer, 551.
- Knowlys, préparation d’un émail noir, 572.
- Kuhlmann, association pour le perfectionnement de l’industrie sucrière, 159; — lettre sur l’érection de la statue de Napoléon Ier à Lille, 774.
- Kurrer, teinture de la soie et du coton au moyen de l’acide molybdique, 248, 249.
- L.
- Laboulaye, sur une contestation entre MM. Thomas , Laurens et Farcot relative à un système de machine à vapeur, 194, 367 ; — armes à feu de M. Briand, 233; — engrenage de M. Minotte, 234 ; — traité de cinématique, 708.
- Lacombe, fleurs en émail (méd. br.), ix, 19.
- Lamare, peinture à l’huile, 197.
- Lamy , conservation des substances alimentaires, 195.
- Langonet, contre-maître (méd br.), vi.
- Larivière, ardoises d’Angers, 775.
- Lasteyrie (Ferdinand), histoire de la peinture sur verre, 691.
- Lavau, contre-maître (méd. br.), vi.
- Leblanc (Félix), rapport sur le four de boulangerie de M. Carville, 43.
- Lecloirec, contre-maître (méd- br.), v.
- Lefèvre-Chabert, encouragement de 500 fr. pour un mémoire sur la maladie de la vigne, 402.
- Legavriand, machine à vapeur, 60.
- Lemaître, gravure héliographique sur plaque d’acier, 117.
- Lemercier, impression de gravures photographiques, 84.
- Lemoine, contre-maître (méd. br.), vii.
- Léonard de Vinci, sur les proportions des corps et la manière de les représenter, 130 ; —enseignement de dessin, 137.
- Lequien, école de dessin (méd. arg.), ix , 22.
- Lerebours, impression de gravures photographiques, 84.
- Leroy, papiers peints (méd. arg.), ix, 21.
- Leroy (Camille), encouragement de 500 fr. pour son histoire de la maladie de la vigne, 399.
- Lethuillier-Pinel, flotteur pour chaudières à vapeur, 741.
- Leullier, fosses d’aisances, 128.
- Levèque, vases de fer doublés de plomb , 228.
- Levol, fourneau à essayer les alliages d’or, 430 ;
- — sur les objets d’art moulés en zinc , par M. Miroy, 726.
- Liard, huile à graisser les machines, 599.
- Lister, peignage de la laine, 552, 614.
- Loradoux-Belford, scies circulaires, 519.
- Low, récompense pour un propulseur hélicoïde, 615.
- Luca (de), chalumeau à jet continu, 296.
- Lu<sereau, sièges d’aisances (méd. br.), ix, 19.
- M.
- Macaire (David), fût de sûreté, bonde, cannelle aérifère, 758.
- Maccaud, cherche-fuite du gaz d’éclairage, 363.
- Mac-Connel, perfectionnements des locomotives, 553.
- Mac-Kay, construction de navires, 615.
- Machecourt, appareil pour faciliter l’exploitation des mines, 279 ; — prix de 1,500 f., 281.
- Macnaught, indicateur de pression des machines à vapeur, 714.
- Maistre, thermomètre électrique, 361.
- Malaguti et Durocher, résistance des chaux hydrauliques, 539.
- Malapert et Coilinet, encouragement de 500 f. pour leurs expériences sur divers moyens curatifs de la maladie de la vigne, 402.
- Maldant, machines à vapeur, 675.
- Mangeot, huile de résine, 679.
- Maréchal, peinture sur verre, 701.
- Margras (madame) , lorgnettes jumelles , 202
- Marié-Davy, machine électro-magnétique, 322 ;
- — système de broches pour filature, 680.
- Martin, fabrication de l’orseille, 658.
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- ( 805 )
- Mason, sur la législation des patentes américaines pour inventions, 547.
- Mason et Hugh, nouveau système de filature, 552.
- Massa, moyen de réunion des lames aux manches des couteaux, 469.
- Masson, procédé d’impression naturelle en relief et de la gravure en couleur, 196.
- Mauvielle (Mme), bluteries (méd. br.) , ix , 19.
- May, fusils et cartouches (méd, br.) , ix , 19.
- Mazeline, machines à vapeur pour la navigation, 260.
- Mellish, vasistas en glace taillée, 515.
- Menjaud, distillation de la résine, 408.
- Meyer, machines à vapeur, 649.
- Meynier, montage des métiers à tisser, 721.
- Michel-Ange, enseignement du dessin, 148.
- Millet, fécondation des œufs de poisson, 607.
- Milne-Edwards, introduction d’une espèce de vers à soie de l’Inde, 509.
- Minet, contre-maître (méd. br.), vu.
- Minotto, nouveau système d’engrenage, 234.
- Mirand, sonnettes électro-télégraphiques, ix, 22, 165.
- Miroy, moulage d’objets en zinc, 725.
- Moll, prix pour les mécanismes du vaisseau le Napoléon, 115.
- Moll, sur le trieur du blé de M. Vachon, 425.
- Montferrier, roues pour chemins de fer, 552.
- Morey, fabrication des peignes en caoutchouc, 386.
- Morin et Glainzer, condamnés à l’amende pour avoir introduit en transit, enFrance, des articles contrefaits à l’étranger, 257.
- Mott, roues pour les voitures des chemins de fer, 590.
- Moussard, voitures de luxe (méd. arg.), ix, 21
- Mouveau, fabrication du savon, 612.
- Mowbray, machine à doubler la laine, 520.
- N.
- Nasmyth, fourneaux des machines à vapeur, 516.
- Netter, production de gravures en relief, 591.
- Nicklès, contre-maître (méd. br.), vi.
- Niepce (Nicéphore), procédé photographique, 511.
- Niepce de Saint-Victor, gravure héliographique sur plaques d’acier, 117, 639, 709; — ses travaux en photographie, 513.
- Noad, sur la fabrication du fer en Angleterre, 548.
- Nordenksjold, grillage des minerais de fer, 253.
- O. •
- Overduyn et Droinet, vélocimètre, 535.
- P.
- Palmer, emboutissage des tubes, 302.
- Panisset, nouvelle horloge marine, 591.
- Paraf, application et fixation des couleurs insolubles en teinture, 610.
- Pascal, rapporteurs en corne (méd. br.) , ix , 17.
- Paiera, fabrication du jaune d’urane, 581.
- Payen, moyen de guérir la maladie de la vigne, 484.
- Peligot et Levol, fourneaux à essayer les alliages d’or, 430.
- Pelouze, ré vivification du noir animal, 542.
- Pelouze et Kuhlmann, fabrication du sulfate de soude et de l’acide chlorhydrique, 596.
- Pelouze fils, emploi de l’essence de houille dans la peinture à l’huile, 344.
- Périn, scierie à rubans, 775.
- Perreaux, machine à essayer la résistance des tissus (méd. plat.), x, 24.
- Perrot, impression des tissus, 733.
- Pealin, emploi des silicates dans la fabrication du sucre, 600.
- Peyraud et Martin, dorure et argenture des métaux, 730.
- Peyronny {de), fabrication du verre pour lunettes, 324.
- Planchon , ouvrage intitulé le Cachemire, 183.
- Picault, rasoirs (méd. arg.), ix, 20.
- Pigalle, procédé pour purger et teindre les peaux, 184.
- Pierrat, émaux, 31.
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-
- ( 806 )
- Pierre (Isidore), leçons sur le drainage, 213.
- Plessy et Schlumberger, dissolvant du coton-poudre, 660.
- Pline, sur l’emploi du verre en architecture,
- 688.
- Poirel, outil pour éviter la poussière dans la taille des meules (méd. br.), ix, 19.
- Ponteau, contre-maître (méd. br.), yii.
- Poole (Mosès), emploi du sel marin dans le traitement des pyrites de fer, 601.
- Possoz, fabrication de certains prussiano-fer-rides, 637.
- Potdevin, contre-maître (méd. br.), vi.
- Poucel, dorure du zinc, 629.
- Poulet, fils de plomb, 49.
- Priestley, coutellerie de M. Massa, 469.
- R.
- Raguenet-Roland, peignes de tisserand (méd. br.), ix, 18.
- Ramsbottom, pistons des machines à vapeur, 620.
- Rascol, cornues à gaz, 672.
- Ravaisson, rapport sur l’enseignement du dessin dans les lycées, 129.
- Reade, bleu de Prusse soluble, 411.
- Régnault, appareils de télégraphie électrique pour chemins de fer, 740.
- Regnier, matières colorantes des peintures employées par Rubens, 60.
- Renshaw, machine à buriner les pièces de mécanique, 524.
- Rey, contre-maître (méd. br.), vii.
- Riche, moyen de guérir la maladie de la vigne, 487.
- Risler, préparation économique du coton pour filature, 555.
- Robert (H.), appareils pour l’enseignement de la cosmographie, 647, 742.
- Robert de Massy, extraction du sucre cristal-lisable de toutes les matières qui le renferment, 634.
- Robinson ( George ), emploi des scories et laitiers des hauts fourneaux, 652.
- Robinson, boulons, écrous et rivets, 518.
- Rogier et Mothes, sièges d’aisances, 204. ?
- Rollins, moyen d’éviter la fumée et les étincelles sur les convois des chemins de fer, 616.
- Roseleuret Lanaux, platinage des métaux, 568.
- Rouget de Lisle, huile de résine, enduit, 679.
- Rousseau, photographie zoologique, 119.
- Rousseau, traitement des blendes cadmifères et argentifères, 741.
- Roy, impression des tissus, 518.
- Rudigoz, Dumortier et Gauny, fabrication du bleu de Prusse et du sulfate de fer, 656.
- Rujfan, ventilation des waggons des chemins de fer, 554.
- Russel, tuyaux en cuivre, 515.
- Rutter, traitement des étoffes, 641.
- Rydin, teinture en bleu sans indigo, 610.
- S.
- Sace, teinture rouge au moyen du murexyde, 73, 75.
- Sainte-Claire Deville, aluminium, 224, 536,
- Salvétat, rapport sur les travaux de M. Pierrat, 33 ; — programme de prix relatif à l’emploi de l’acide borique et du borax, 53; — sur un ouvrage de M. Planchon intitulé le Cachemire, 183; — procédé de peinture à l’huile de M. Lamare, 197 ; — colorations incrustées dans le verre, par M. Tissot, 201 ; — porcelaine tendre de M de Bettignies, 489 ; — produits céramiques de M. Vieillard, 753.
- Schattenmann, conservation des betteraves , 235.
- Schddweiler, nouvelle variété de lin, 573.
- Schisch/car, moyen de donner aux tissus un lustre métallique, 734.
- Schlumberger, rouge de murexyde sur laine, 73.
- Schwartz, solubilité de la matière colorante de la garance, 631,
- Scott Russel, construction d’un bateau à vapeur gigantesque, 245.
- Seguier, inconvénients de la neige sur les chemins de fer, 120 ; —propulsion des navires à vapeur, 321.
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- ( 807 )
- ♦
- Seguin, sur les chemins de fer atmosphériques, 380.
- Sellier, sur la péripneumonie de la race bovine, 95.
- Serson, horizon artificiel, 743.
- Servan (M.), fabrication de bougies stéariques, 574.
- Shuldham , application de la vapeur à la manœuvre des vaisseaux, 586.
- Silbermann, filtre plongeur de M. Fonvielle, 261 ; — cherche-fuite du gaz d’éclairage par M. Maccaud, 363; — fût de sûreté, bondes et cannelles de M. Macaire, 758.
- Silvestrc père (de), legs de 1,000 fr. fait à la Société, 245.
- Silvestre, fils de plomb de M. Poulet, 49 ; — procédé pour purger et teindre les peaux par M. Pigalle, 184 ; — lorgnettes jumelles de Mme Margras, 202 ; — appareils pour l’enseignement de la cosmographie, par M. Robert, 742.
- Simonectu, four à chaux, 745.
- Smethurst, presse pour emballage, 673.
- Smith, réglures d’ornement, 549.
- Smith, fil de laine, 672.
- Stenson, fabrication du fer laminé, 562.
- Stetson , chaudière à vapeur en forme de ruche, 557.
- T.
- Talabot et Morris Stirling, fabrication du fer, 673.
- Targioni Tozetti et Bechi ; encouragement de 1,000 fr. pour un moyen de guérir la maladie de la vigne, 397.
- Thénard (Paul), destruction de l’eumolpe ou écrivain, 662.
- Théophile, peinture sur verre, 689, 693, 694.
- Thomas et Laurens, machines à vapeur, 367.
- Tissot, incrustations dans le verre, 201.
- Thuasne, planchers en fer, 420.
- Tremblay, appareil de sauvetage, 324.
- Turnbull, ligne télégraphique entre l’Europe et l’Amérique, 666.
- ü.
- Ungerer, purification du salpêtre, 582.
- V.
- Vachon, trieur du blé, 425.
- Vaillant (le maréchal), rapport sur la situation de l’Algérie en 1853, 432.
- Vergniaux Romagnesi, safran, 770.
- Verlais, contre-maître (méd. br.), vi.
- Vernaut, moyen de garantir le sucre d’orge de la détérioration, 128.
- Viez, contre-maître (méd. br.), vm.
- Vicat, recherches sur l’action de l’eau de mer sur les mortiers hydrauliques, 188.
- Vieillard, fabrique de produits céramiques, 754.
- Violet (J. B.), moyen de tourner les vis à la volée, 676.
- Violet, appareil pour arrêter les chevaux qui s’emportent, 163.
- Violette, charbon de bois, 65, 66;—extraction et épuration des essences, 606.
- Vivien, papier de feuilles d’arbre, 671.
- Vogel, fabrication de l’oxyde de fer, 569.
- Vulliamy , échappement d’horlogerie ( méd plat. ) , x, 24.
- W.
- Waddell (Robert), soupape et régulateur pour les machines à vapeur, 499, 500 (pl. 21).
- Wagner, teinture en noir de la corne et des peignes, 251 ; —épuration de l’huile de navette, 252.
- Wahl, étoffe feutrée et taillée pour vêtements, 637.
- Walker, fabrication d’aimants permanents, 584.
- Walmsley, métiers mécaniques, 613.
- Watt, indicateur de pression des machines à vapeur, 713.
- Watt et Hugh Burgess, moyen de recouvrir le fer de cuivre et de laiton, 347.
- Weber, reliure mobile (méd. arg.), ix, 20.
- Webster (John), fabrication des vernis, 660.
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-
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- ( 808 )
- Webster, anémomètre mécanique, 386. Weewers et Àshworth, filature du coton , 519. Westrup, moulin à meules coniques, 711. Wharton, roues pour chemins de fer, 551. Wimmer, fabrication de bougies stéariques, 574.
- Woehler, fabrication de protoxyde de plomb, 568.
- Woelfet, pianos (méd. or), x, 25, 229.
- Y.
- Young, mouture du grain, 520.
- Z.
- Zambeaux, appareil fumivore, 773.
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-
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- 809 )
- TABLE
- ALPHABFTiOUE ET ANALYTIQUE
- DES MATIÈRES
- CONTENUES DANS LA CINQUANTE TROISIÈME ANNEE DU BULLETIN.
- A.
- Acide borique, prix relatif à son emploi, 53 ; — quantités importées et exportées, 54.
- — chlorhydrique , de sa fabrication, par MM. Pelouze et Kuhlmann, 596.
- — molybdique, son emploi pour la teinture et l’impression, 247; — sa préparation, 250.
- — nitrique sert à reconnaître la falsification des huiles, 313. (Voy. Huiles.)
- — picrique, de sa préparation, parM. Bouvy, 768.
- — pyrogallique fabriqué par M. Gruneberg, 582.
- — stéarique, de sa fabrication, par M. l)e-lapchier, 611.
- — sulfurique sert à reconnaître la falsification des huiles, 310, 311 ; — de sa fabrication , par M. William Hunt, 655.
- Acier, fabriqué par M. Jackson, 406; — nouveau procédé, par M. Bremme, 602.
- Aiguilles, moyen de les compter, par M. James, 614.
- Aimants permanents, par M. Walker, 584 ; — artificiels, par M. Crahay, 516.
- Air libre, de son action comme moteur dans les tunnels, par M. Seguin, 380. [Voy. Chemin de fer.)
- Alcool de betterave, de sa fabrication , par M. Girard , 206 ; — par M. Champonnois,
- Tome Ier. — 53e année. 2e série. —
- 457,463, 465, 467, 468 (pl. 20) ;—retiré de l’asphodèle, par M. Clerget, 665. (Voy. Asphodèle, Betteraves.)
- Algérie, sa colonisation et son commerce, 432 ; — sa fertilité, ib.
- Alliage métallique d’étain et d’antimoine dit britannia métal, 565.
- Alloxane, de sou emploi eu teinture, 73, 81.
- Allumettes chimiques, danger de leur emploi, par M. Chevallier, 678.
- Alucite, de sa destruction dans les grains, par M. Doyère, 276.
- Aluminium, de ses combinaisons chimiques, par M. Sainte-Clair Deville, 234 ; — sa préparation, 536 ; — par M. Bunsen, 538.
- Anatomie , son étude nécessaire pour la pratique du dessin, 142, 147.
- Anémomètre mécanique, par M. Webster, 586.
- Anthracite, employé pour la cuisson de la chaux, 749. (Voy. Four à chaux.)
- Appareil et pratique de charpente, ouvrage de M. Eyèrc, 710.
- Appareil pour la préparation des cocons, par MM. Alcan et Limet, 242 ; — pour faciliter la descente dans les puits de mines, par M. Fontaine, 282 (pl. 11); — de sauvetage par M. Tremblay, 324;—pour découvrir les fuites du gaz d’éclairage, par M. Maccard, 366; — pour extraire l’alcool de la betterave, 468 (pl. 20);—pour l’évaporation et la Décembre 1854. 103
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-
-
-
- v 81
- concentration des liquides, par M. Higgin-son , 624 (pl. 23);—distillatoire portatif pour le traitement des oignons d’asphodèle, prix à proposer, 742. (Voy. Alcool, Cocons, Gaz, Mines.)
- Appareils uranographiques deM. Robert, 742.
- Armes à feu, moyen de sûreté, parM. Briand, 233 ; — par M. Belford, 614.
- Arrêt de la cour impériale de Paris au sujet d’articles contrefaits à l’étranger et admis en transit en France, 237.
- Arrêté du ministre de l’instruction publique pour l’enseignement du dessin dans les lycées , 158. (Voy. Enseignement du dessin.)
- Arrêté du roi des Belges, qui règle l’exécution de la loi sur les brevets, 353.
- Arts insalubres, concours relatif aux, 275.
- Asphodèle, moyen de retirer de l’alcool de ses tubercules, par M. Clerget, 665 ; — ses oignons propres à la nourriture des porcs, 742.
- Association continentale pour la perfection de
- : l’industrie sucrière, 159. (Voy. Sucre.)
- B.
- Basaltes, de leurs diverses applications, par M. Adcock, 652.
- Bateau à vapeur de 22,000 tonneaux et de 2,000 chevaux construit en Angleterre, 245.
- Bateaux à vapeur américains de la compagnie Collins, sur les, par M. Isherwood, 357 ; — leurs voyages de New-York à Liverpool et retour, 371; — transatlantiques, sur leur vitesse, leurs dimensions et leurs propriétés, par M. Henderson, 445 ; à coque en fer, par M. Dupuy de Lôme, 470.
- Bâtiments à vapeur du commerce, leur tonnage, 116.
- Baryte, de son emploi dans la fabrication du
- ^ sucre, 635. (Voy. Sucré.) ê . ;
- Becs de lampe, de leur emboutissage, par M. Palmer, 303. (Voy Emboutissage.)
- Benzine, son emploi en photographie, 513. (Voy. Photographie.)
- Betteraves, de leur conservation, par M. Lamy,
- o.;
- 195 ; — par M. Schattenmann, 254;—expériences sur leur valeur alimentaire, par M. Baudement, 356; — moyen d’en extraire l’alcool, 458, 460;—expériences pour s’assurer de la quantité d’alcool qu’elles contiennent, 464, 466.
- Bibliographie, 196, 773.
- Bichlorure de platine employé pour la fabrication d’une encre rouge, 573. (Voy, lEncre.)
- Bière, liqueurpropre à la clarifier, par M. Gre-net, 631.
- Bitumes laminés, par M. Auméteyer, 47.
- Bixine, prix proposé pour la réduction en tablettes des extraits de rocou, 63.
- Blanc de zinc employé pour la fabrication du papier, 517. (Voy. Papier.) ,.
- Blé, appareil pour le nettoyer, par M. Vachon, 426; — machine pour le dépiquer, par M. Johnson, 549.
- Blendes cadmifères et argentifères, de leur traitement, par M. Rousseau, 741.
- Bleu employé en teinture, 410; — moyen économique de l’obtenir sur coton, 415 ; — de France sur laine, 579 ; — obtenu sans indigo, 610.
- Bleu de Prusse soluble, par M. Reade, 414;— extrait des eaux rejetées par les fabriques de bougies stéariques, par MM. Rudigoz, Du-mortier et Gauny, 656.
- Bœufs, de leur nourriture avec la betterave, 356. . _ . . ;; o,,
- Bois de Fernambouc, manière d’en extraire la couleur, 580.
- Boisson gazeuse, par M. Grimaud, 390. T/ f (
- Bonde métallique, par M. Macaire, 758, 759 (pl.29). \
- Borax, prix relatif à son emploi, 53.
- Bordeaux, visite des commissaires de la Société dans les établissements industriels de cette ville, 406. ’ ..
- Bougies stéariques fabriquées par M. Michel Servan, 574;—par M. Wimmer, ib.;—moules pour leur coulage , par M. Austen , 654.
- Boulons et écrous, par M. Robinson, 518.
- Brevets d’invention délivrés en Belgique , loi sur les, 349.
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-
-
- Briques fabriquées par machin es, par M. Cham-berlaine, 673.
- Britannia métal, alliage métallique d’étain et d’antimoine, par M. Karmarsch, 563.
- Broches pour filature, par M. Marié Davy, 680.
- Bulletin, mesures relatives à sa rédaction, x.
- Bulletin bibliographique, 163 ; — sociétés correspondantes, 773; —ouvrages périodiques, 774 ; — ouvrages non périodiques, 775.
- C.
- Câble contenant des fils électriques, possibilité de l’établir entre l’Europe et l’Amérique, 667.
- Cachemire [le) ; ouvrage de M. Planc.hon , 183.
- Cadres en fer, par M. Boydell, 645.
- Caisson mobile pour fermer une cale sèche, par M. Fairbairn, 587.
- Cannelles aérifères, par M. Macaire, 758, 760.
- Canne à sucre, moyen de guérir la maladie dont elle est atteinte, par M. Diard, 194.
- Canons de fusil, de leur emboutissage, par M. Palmer, 306. (Yoy. Emboutissage.)
- Caoutchouc appliqué à la fabrication des peignes, 386 ; — dit alcalin , par MM. Gérard et Aubert, 455 ; — nouveau dissolvant pour le, par M. Fry, 653.
- Capsules de chasse françaises contrefaites à l’étranger et admises en transit, 255.
- Carbonate de soude, de sa fabrication, par MM. Fouché-Lepelletier, Donon-Morange et Coupier, 656.
- Carreaux en pierre factice, par M. Duménil, 237.
- Cartes à jouer, gravure des planches pour les, par M. Hulot, 423.
- Cartons, manière de les porter sur verre, 702.
- Censeurs, leur rapport sur les comptes de M. le trésorier, 16.
- Chaleur, moyen de la régler par l’électricité, 385.
- Chalumeau à jet continu, parM. de Luca, 296.
- Charbon de bois, de sa fabrication, par M . Vio-
- lette, 66; —minéral, par M. Busson-Du-maurier, 420.
- Chaudières des bateaux à vapeur américains, 369; —des locomotives, de leur résistance, par M. Fairbairn, 494.
- Chaudières «à vapeur pour la marine, par MM. Bristow et Atwood, 549 ; —en forme de ruche, parM. Stetson, 557 ; — régulateur pour les feux des, par M. Clark, 619; — d’un petit diamètre, par M. Holcroft et Hoyle, 681, 682 (pi. 25) ; — par M. Bouti-gnv, 711.
- Chauffage et ventilation de la salle de la Société, 391.
- Chaux extraite des sables calcaires marins, par M. Hoslin, 605; — qualité de celle obtenue dans le four de M. Simoneau, 750.
- Chaux hydrauliques, sur leurs résistances, par MM. Malaguti et Durocher, 539.
- Chemins de fer, inconvénients de la neige sur les, parM. Seguier, 120; —atmosphériques, par M. Seguin, 380; — de l’Ouest, gare de marchandises, par M. Flachat, 388; —freins pour les, par M. Adams, 526; — de leur construction, parM. Kinder, 551;—moyen d’éviter la fumée et les étincelles sur les convois, 616.
- Chevaux, appareil pour arrêter ceux qui s’emportent, 163.
- Chloroforme, de son application à la navigation, 556; — moyen de l’obtenir, par MM. Fouché - Lepelletier, Donon-Morange et Coupier, 656.
- Chlorure d’argent, de son action en photographie, 382. (Voy. Photographie.)
- Ciment de Portiand, de sa fabrication, par M. W. Aspdin, 347.
- Cochenille, de sa culture en Algérie, 435.
- Cocons, de leur préparation dans le filage de la soie , par MM. Alcan et Limet, 240,242 ( pl. 9 ) ; — du bombyx cynthia, de leur dévidage, parM. Guérin-Méneville, 638. (Voy. Vers à soie.)
- Collodion, de sa préparation, par MM. Plessy et Schlumberger, 660.
- Colonisation et commerce de l’Algérie, 432.
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- ( 812 )
- Compagnie genevoise pour la colonisation des environs de Sétif, en Algérie, 438.
- Compte rendu des travaux du conseil d’administration en 1852,1 ; — des recettes et des dépenses deM. le trésorier, son examen par les censeurs, 16.
- Concours, ouverts par la Société pour 1852, 3.
- Conducteurs électriques, leur fabrication, par M. Allen, 515.
- Conseil d’administration , sa composition en 1854, 1 ; — ses travaux en 1852, ib.
- Constructions en fonte et en fer, par M. Fair-bairn, 474.
- Contre-maîtres et ouvriers des établissements agricoles et industriels, médailles qui leur ont été décernées, iv.
- Coques en fer des bateaux, leur construction, par M. Dupuy de Lôme, 471. (Voy. Bateaux à vapeur.)
- Corail, de sa pêche en Algérie, 440.
- Corne, de sa teinture en noir, 251 ; — artificielle, de sa fabrication, 508.
- Cornues pour la fabrication du gaz, par M. Ras-col, 672. (Voy. Gaz. )
- Corps, leurs proportions et la manière de les représenter, 130, 131.
- Cosmographie , appareils pour l’enseignement de la, par M. Robert, 647.
- Coton, de sa teinture au moyen de l’acide mo-lybdique, 249 ; — de sa culture en Algérie. 436 ; — de son cardage, par M. Johnson, 552 ; — de sa préparation économique pour filature, par M. Risler, 555; — fibre particulière qui ne prend pas la teinture, 575.
- Coton-poudre, nouveau dissolvant pour le, par MM. Plessy et Schlumberger, 660.
- Cotonnier, de sa culture chez les Arabes, par M. Clément Mullet, 542.
- Couleurs des étoffes teintes, moyen de reconnaître leurs principes colorants, 410; — bleues, ib.\ — rouges, 411 ; — jaunes, 412 ; noires, ib.; — insolubles, de leurs application et fixation en teinture, par M. Paraf, 610; — employées pour la peinture sur verre, 692.
- Couleurs-vapeurs, de leur préparation, par M. Gattyr 594.
- Coupe-racine, par M. Durant, 51, 52 (pl. 2).
- Courroies des machines, moyen de les assembler, 560 ; — de grande dimension pour les usines, 615.
- Couteaux, moyen de réunir les lames avec les manches, par M. Massa, 469.
- Couverts en zinc, par MM. Boucher, Roseleur et Delprat, 592. -
- Croisées, leur construction, par M. Jacquet, 61.
- D.
- Décrets autorisant l’acceptation de legs faits à la Société, 244.
- Dépenses de la Société pendant l’année 1852,
- 6,8.
- Dessin, sur son enseignement dans les lycées, 129 ; — quel est son but, 134, 135 ; — système de M. Dupuis, 137, 138; — ébauche, 140; — influence qu’il exerce sur l’art, 142;
- — doit être enseigné à la classe ouvrière, ib.\ — principes à suivre pour le pratiquer, 149, 150, 152; —on ne peut traiter l’ensemble qu’après l’étude des parties, 143 ; —-de son application à l’industrie, 155, 156 ;
- — manière de diviser son enseignement dans les lycées, 157 ; — arrêté du ministre de l’instruction publique sur l’enseignement du, 158.
- Dessins de fleurs imprimées en couleur, par M. Ignard Déjardin, 228.
- Diamant brut appliqué à tourner et raboter le granit, par M. Hermann , 359.
- Diapasons chromatiques, parM. Greaves, 583.
- Discours prononcé dans la séance générale du 17 mai 1854, par M. Dumas, xii; — de M. Heurtier, lors de l’exposition des produits de l’industrie bordelaise, 405.
- Dissolvants pour le caoutchouc, par M. Fry, 653. (Voy. Caoutchouc.)
- Dorure galvanique, par M. Briant, 506; — du zinc au mat, par M. Poucel, 629 ; — des métaux sans le secours de la pile , par MM. Peyraud et Martin, 730.
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- ( S13 )
- Drainage, lois relatives au, promulguées en j Angleterre, par M. E. Dumas, 86 ; — leçons sur le, par M. Isidore Pierre, 213; — pratiqué en grand dans le Bordelais, 409.
- Dynamomètre destiné à l’agriculture , par M. Amédée-Durand, 98, 99 (pl. 4).
- E.
- Eau, de sa filtration dans l’appareil de M. Fon-vielle, 263.
- — de mer, action qu’elle exerce sur les mortiers hydrauliques, par M. Vicat, 188.
- — régale, de son emploi pour reconnaître la falsification des huiles, 317.
- Échalas, outil pour les ficher, par M. Duguay, 297, 299.
- Écoles industrielles, récompenses qui leur ont été décernées, vm.
- Ecoles d’arts et métiers de Châlons et d’Angers, candidats présentés, 727 ; —lettre du ministre, 729.
- Écrivain, insecte qui attaque la vigne, moyen de le détruire, par M. P. Thénard, 662.
- Église Saint-Vincent-de-Paul, dispositions prises pour y placer l’orgue de M. Cavaillé-Coll, 332.
- Électricité, appliquée pour régler la chaleur, 385.
- Électro-magnétisme appliqué au mouvement des machines, 322.
- Électrophores, moyen de les préparer, 584.
- Élèves des écoles industrielles, récompenses qui leur ont été décernées, viii.
- Émail noir ou nielle pour orner les tabatières en argent, parM. Knowlys, 572.
- Émaux composés par M. Pierrat, 34; — invention des, 687.
- Emboutissage des tubes, par M. Palmer, 302.
- Encre rouge pour marquer le linge, 573.
- Enduit pour rendre indessiccables les toiles à tableaux, par MM. Bourlet de la Vallée et Garneray, 631; — nouveau, par M. Fritz-Sollier, 679.
- Engrenages, nouveau système, par M. Briand,
- 234 ; — ses applications, 236 ; — par M. Mi-notto, 234.
- Enseignement du dessin dans les lycées, 129. (Voy. Dessin.)
- Épreuves photographiques de M. Gouin, 62; — par MM. Bisson frères, 392. (Voy. Photographie.)
- Essence de houille, son application aux travaux de peinture à l’huile, par M. Pelouze fils, 344.
- — de mirbane, par MM. Colas et Laroque, 453.
- Essences, de leurs extraction et épuration, par M. Violette, 606.
- Étain en feuilles, de sa fabrication, par M. Cooke, 561.
- États-Unis d’Amérique, situation de leur industrie, 764.
- Étoffe feutrée et taillée pour vêtements, par M. Wahl, 637.
- Étoffes, moyen de les orner et de les colorer, par M. Brooman, 516; — machine pour les apprêter, par MM. Ducoïnmun et Dubied, 554 ; — moyen d’augmenter la richesse de leurs couleurs, 578 ; — d’en tirer une matière filamenteuse, par M. Rutter, 614 ; — élastiques, par M. Bedell, 645.
- Eumolpe de la vigne, moyen de détruire cet insecte, par M. P. Thénard, 662.
- Évaporation et concentration des liquides, par M. Higginson, 624 (pl. 23).
- Exposition universelle de 1855, règlement général, 285 ; — des produits de l’agriculture, de l’industrie et des arts industriels à Bordeaux, 403; — permanente des produits algériens, 442.
- F.
- Fausset pour tonneau, par M. Macaire, 759.
- Faïence , de sa fabrication à Bordeaux, 406, 755.
- Fécule, de son blanchiment, par M. Hall, 418.
- Féculomètre, par M. Bloch, 456.
- Fer, procédé pour le recouvrir de cuivre et de laiton, par MM. Watt et Hugh Burgess, 347; —progrès de son industrie à Bordeaux, 406;
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- (8 U )
- — de son emploi dans les constructions, par M. Fairbairn, 474; — de sa fabrication en Angleterre, 548 ; — machines pour le forger, par M. Hattersley, 67*2; — laminé , sa fabrication perfectionnée, parM. Stenson , 562.
- Feuilles pour toitures formées de laitier de forges, par M. Robinson, 652.
- — de caoutchouc imprimées et gaufrées, par MM. Gérard et Aubert, 455.
- Figure humaine, manière de la reproduire, 135, 136.
- Filature du coton, par MM. Weewers et Ash-worth, 519.
- Fils, moyen de leur donner un lustre métallique, par MM. Schischkar et Crace-Calvert, 734 ; — par M. Irving, 735 ; —de laine, de leur préparation, par M. Smith, 672; —métalliques fabriqués par M. Empson, 551 ; — de plomb de M. Poulet, 49 ; — retors, de leur renvidage, par MM. Mason et Hugh, 552.
- Filtre plongeur de M. Fonvielle, 261, 265 (pl. 10).
- Flotteur pour chaudières à vapeur, par M. Akins, 556; — par M. Eethuillier-Pinel,
- 741.
- Fondant boracique nouveau , par M. Clouet, 599.
- Fondations confiées à la Société, 12.
- Fonds d’accroissement et de réserve, 10, 11.
- Fonte de fer, de son emploi dans les constructions, par M. Fairbairn, 474 ; — de sa dilatation par des échauffements réitérés, 504;
- — diminution de sa ténacité, par M. Hagen, 625; — de sa fabrication, par M. R. Tala-bot, 673.
- Forêts, leur exploitation en Algérie, 441.
- Fosses d’aisances, par MM. Chevalier et Vincent, 58; — par M. Leuillier, t28; — ordonnance du préfet de police sur leur désinfection, 737.
- Four de boulangerie, par M. Carville, 43, 46 (pl. 1).
- — à chaux, par M. Simoneau, 745; — sa description, 762 (pl. 28) ; — son mode de chauf-
- fage à grande flamme, 747 ;—sa consommation en combustible, 751.
- Fourneaux pour essayer les alliages d’or, par MM. Peiigot et Levol, 430 (pl. 18, 19).
- — des machines à vapeur, par M. Nasmyth, 516
- — fumivores, ordonnance du préfet de police sur les, 737.
- Frayères artificielles du parc de Maintenon, par M. Coste, 387.
- Freins des chemins de fer, par M. Adams, 526.
- Fumée, ordonnance du préfet de police sur sa suppression dans les fourneaux des appareils à vapeur, 736.
- Fût de sûreté, par M. D. Macaire, 758; — sa description, 759 (pl. 29).
- G.
- Galvanoplastie, par M. Bouilhet, 648.
- Garance, de sa culture en Algérie, 435; —solubilité desa matière colorante dans les huiles, par M. Schwartz, 630.
- Gare de marchandises du chemin de fer de l’ouest, par M Flachat, 388.
- Gaz d’éclairage, appareil pour découvrir ses fuites, par M. Maccaud, 363, 366.
- Générateurs à vapeur, de leur incrustation, par M. Cousté, 532; —brûlant l’hydrogène, par M. Boutigny, 711.
- Grains, moyen de les emmagasiner, par M. Huard, 259 ; — de leurs assainissement et conservation, par M. Doyère, 275; — par M. Herpiri, 277 ; -— appareil pour les nettoyer, par M. Vàchon, 426.
- Gravure, nouveau système, par M. Hansen, 550 ; — héliographiqué sur plaques d’acier, par M. Niepce de Saint-Victor, 117 , 639 , 709.
- Gravures photographiques, de leur impression lithographique, 84 ; —en relief, de leur production, par M. Netter, 591.
- Guano employé, en remplacement de labouse de vache, en teinture, 580.
- Gyroscope construit par M. Beuvière, 744
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- C *** )
- H. .
- JHélice appliquée aux bâtiments à vapeur, expériences sur 1’, 111.
- Horloge marine nouvelle, par M. Panisset, 591.
- Houille servant à la cuisson de la chaux, 748; — expériences sur son emploi, 760.
- Huile de navette, de son épuration, par M. Wagner, 252 ; — à graisser les machines, par M. Liard, 599.
- Huiles, moyep de reconnaître leur falsification, parM. Crace-Calvert, 308; — leur commerce en Algérie, 437 ; — de leur épuration , par M. Evrard, 632; — de résine fabriquée à Bordeaux, 408 ; — par M. Mangeot, 679 ; — essentielles, de leurs extraction et épuration par M. Violette, 606.
- I.
- Impression lithographique de gravures photographiques , par MM. Lemercier et Lere-bours, 84 ; — naturelle en relief et gravure en couleur, par M. Masson, 196; —des tissus, par M. Roy, 518 ; — imitant la broderie, par M. Perrot, 733 ; — colorée produite par l’action chimique de la lumière, par M. Becquerel, 382.
- Incendie, moyen de sauvetage, 615.
- Incrustation des générateurs à vapeur, moyen de la prévenir, par M. Cousté, 533,
- Indicateur de pression pour les machines à vapeur, par M. Clair, 713 ; — sa description, 719 (pi - 26} i
- Indigo, ses diverses espèces employées en teinture, 410; — minéral,, de son emploi en teinture, 247.
- Industrie sucrière, association pour son perfectionnement, 159; — séricicole en Algérie, 434; __ métallurgique, 440; — sa situation aux États-Unis d’Amérique, 764.
- Instrument de précision, par M. Gillespie, 707.
- lodure d’argent, son emploi en photographie. 512.
- - J.
- Jaune d’urane, de sa fabrication, 581.
- Jaunes employés en teinture, 412.
- Jetons de présence, xi.
- Journal chinois publié à San Francisco , 424.
- L.
- Laine, de son commerce en Algérie, 439; — de son peignage, par M. Lister, 552, 614.
- Laitiers de forges, de leur emploi -, par M. George Robinson, 652.
- Laiton galvanique, sa composition, par M. Hee-ren, 505.
- Lampe à modérateur , par M. Franchot, 123; —de sûreté pour prévenir les accidents dans les mines, parM. Chuard, 280, 456 ; — électrique, par M. Dubosq, 773.
- Législation des patentes américaines pour inventions, 547.
- Legs faits à la Société par M. le baron d’Aboville, par M. Delessert et par M. le baron de Silvestre, 244.
- Lentilles de lunettes astronomiques, de leur fabrication, par M. de Peyronnv, 324.
- Lettre du ministre de la guerre sur l’exposition des produits de l’Algérie, 192; —du ministre de l’agriculture, du commerce et des travaux publics augmentant de 7,000 fr. le prix pour la guérison de la maladie de la vigne, 395; — du même ministre, au sujet de l’admission des élèves aux écoles d’arts et métiers, 729
- Lichens, moyen d’en èxtraire la matière colorante, par M. Martin, 658.
- Lin , nouvelle variété , par M. Scheidweiler, 572 i
- Liquides, appareils pour l’évaporation et la concentration des, par M. Higginson, 624 (Pl- 23).
- Liste des membres du conseil d’administration,
- 1.
- Lit en tôle de M. Calard, 770.
- Local nouveau de la Société, sa dépense, 9.
- Locomotives, perfectionnements dans leur
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- construction, parM. Mac-Gonnel, 553;— de leur chauffage, par MM. Woods et Marshall, 760. ;
- Logements accordés aux ouvriers des fabriques,
- J86.
- Loi sur les brevets d’invention délivrés en Belgique , 349 ; — arrêté pour son exécution , 353. :
- Lois relatives au drainage promulguées en Angleterre, 86.
- Lorgnettes juihelles, par M“e Margras, '202.!‘r "
- Lumière, de Son onction chimique pour produire des impressions cblofées, par M. Becquerel, 382.
- Lycées, manière dont ori doit y enseigner le dessin, 129.
- M.
- Machiné électro-magnétique, par M. Marié-Davy, 322 ; — pour la gravure, par M. Hansen, 550 par M. Gaiffë, 770.
- Machine à air chaud, par M. Franchot, 124 ; —à doubler la laine, par M. Mowbray, 520 ; — à buriner les pièces de mécaniques, par M. Renshaw, 524; — à forer gigantesque, par M. Harvey, 585; — à percer et cisailler les métaux, par MM. Dàvie et Stephens; 617 ( pl. 23);—à tortiller le fil de fer pour bouchage, par M! Desaint, 680.
- Machines présentées' dans la séance générale du 17 niai 1854, xi; —h forger le fer, par M. Hatléisley, 672 ; — à vapeur, par M. Legâvriand, 60 ; — propres à la navigation , par M. Mazéline ) 260 ; '— de M. Farcot, réclamation de MM. Thomas et Laurens, 367; ^ péifectiohnements dans les pistons des, pair4 M. Ramsbottom, 620 (voy. Pistons; ; — soupape à détente pour les, par M. Charbonnier, 649 ; — indicateur de pression pour les, par M. Clair, 713. (Voy. Indicateur.)
- Machines-outils pour construction de navires en fer, par M. Bourne, 671.
- Marais de sangsues établis par M. Borne, 269. (Voy. Sangsues:) ' '
- Mastic pour fixer le verre sur le métal, 584.
- Matériel agricole (lé); ouvrage de M. Jourdier, 708.
- Mécanique Jacquard combinée avec un métier é tisser à mailles fixes, 300, 301.
- Médailles décernées aux contre-maîtres dans la séance, générale du 17 mai 1854, iv (voy. Contre-maîtres) ; — d’encouragement, ix, 17
- ; Membres de la Société admis depuis le 1er janvier 1854; 31. . ;
- Métauxy dé leur moulage par le vide * par M. J. Bernard, 503 ; — de leur platinage, par M. Roseleur, 568g — de leur rupture , par M . Braithwaite, 589;—deurs dorure ét argenture sans le secours de la pile, par MM. Pey-raud 'èt Martin, 730. ; *
- Métier à tisser à mailles fixes combiné avec la mécanique Jacquard, par M. Joyeux, 300 (pl. 12) ; — par M. Bonelli, dépôt d’un modèle, 675.
- Métiers à tisser mécaniques, par M. Walmsley, 613 ; — montage des, par M. Meynier, 721, 723 pl. 27).
- Minerais de fer, de leur grillage sous l’influence de la vapeur d’eau, par M. Nordenskjold, 253.
- Mines, appareil pour faciliter leur exploitation par M. Fontaine, 278, 281 (pl. 11), par M. Machecourt, 279.
- Modèles, moyen de les tirer des moules, par M. Dëbergue, 549.
- Mortaises, moyen dé lés exécuter dans le bois, par M. France, 516 !
- Mortiers hydrauliques, effets qu’ils éprouvent de l’action de l’eau de mer, 188.
- Mosaïqués en vfe'rré trouvées à Borne, 689.
- Moulage des métaux par le vide, par M. Bernard, 503 ; — d’objets en zinc, par MM. Mi-roy, 725.
- Moules de chandelles et de bougies, de leur emboutissage, par M. Palmer, 304 (pl. 13) ;
- — de leur fabrication, par M. Austen, 654;
- — pour le coulage de la fonte de fer, par M. Talabot, 673.
- Moulin à meules coniques, par M. Jomard, 711, 742.
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- p.
- Mouture du grain, par M. Young, 520.
- Murexide, matière colorante rouge ,73.
- N.
- Navigation à la vapeur, prix pour la, 101.
- Navires, de leur propulsion par la vapeur, par M. Seguier, 321; — de leur sauvetage, par M. Tremblay, 324 ; — moyen de mesurer leur sillage, par MM. Overduyn et Droinet, 535 ;—mus par la vapeur et le chloroforme, 556 ; — construits en Amérique, 615.
- Nitro-benzine de M. Colas, 454.
- Niveau à bulle d’air, par M. Audevard, 679.
- Noir animal, procédé pour déterminer sa valeur industrielle, par M. Corenwinder, 189 ; — de sa ré vivification, par M. Pelouze, 542.
- Noirs employés en teinture, 412.
- Notices industrielles, 515, 547, 613, 645, 671, 768.
- O.
- Oïdium, maladie qui affecte la vigne, 396.
- Ordonnances du préfet de police sur la suppression de la fumée dans les fourneaux des appareils à vapeur et la désinfection des fosses d’aisances, 736, 737.
- Orgue d’église de M. Cavaillé-Coll, 330; — sa description, 337, 340 (pl. 14, 15, 16).
- Ornement, nécessité de le dessiner, 126.
- Orseille, de son emploi en teinture, par M. Clenchard, 595; — de sa fabrication, par M. Martin, 658.
- Os, de leur teinture en rouge, par M. Keller-mann, 414.
- Outil pour ficher les échalas, par M. Duguay, 297, 299.
- Ouvriers, manière dont ils sont logés dans les usines de MM. Falatieu et Chavanne, à Bains, 186.
- Oxyde de fer pour polir le verre et les métaux, nouveau mode de fabrication par M. Vogel, 569.
- Twne Ier. — 53* armée. 2e série. —
- Pacific, bateau à vapeur américain, sa navigation, 378.
- Pain, de sa cuisson dans le four de M. Carville, 44.
- Papier, de sa fabrication, par M. Delarue, 517;
- — pour prévenir les faux, par M. Applegath, 518 ; — blanc de paille, 616 ; — à pâte polychrome, par M. Barthélemy, 629; — de feuilles d’arbre, par M. Vivien, 671.
- Papiers peints, de leur fabrication, parM. Dus-sauce, 40 ; — par M. Delicourt, 600.
- Parachute pour les puits de mines, par M. Fontaine, 279, 281, 282 (pl. 11). (Voy. Mines.)
- Patentes américaines pour inventions, législation des, 547 ; — anglaises, documents sur les, 669.
- Peaux, moyen de les purger et de les teindre, par M. Pigalle, 185.
- Pêches, moyen de les conserver, par M. Lamy, 195.
- Peignes de corne, de leur teinture en noir, 251 ; — en caoutchouc, 386.
- Peintre-verrier, principes qui doivent le diriger dans son travail, 703, 704, 705.
- Peinture encaustique à la cire, par M. Dus-sauce, 36.
- — à l’huile, par M. Lamare, 197 ; — essence de houille employée aux travaux de, 344.
- — sur verre, de la, par M. Boulongne, 683 ;
- — son antiquité, 690, 691, 692 ; — son état au xve siècle, 697 , 698 ; — aux xvie et xviie siècles, 700; — manière de l’exécuter, 702,704.
- Peintures employées par Rubens, 60.
- Pépinières en Algérie, 438.
- Péripneumonie de la race bovine, par M. Solfier, 95.
- Peroxyde de plomb, de sa fabrication, par M. Woehler, 658.
- Perspective, nécessité de son enseignement, 145, 146.
- Photographie zoologique, par MM. Rousseau et Devéria, 119 ; — sur la, sous le point de vue abstrait, par M. Chevreul, 510 ; — sur
- Décembre 1854. 104
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- pierre lithographique, par M. Hermann Halleux, 583. ,
- Pianos de M. Woelfel, 229, 232 (pl. 7 et 8) ; — nouveau mécanisme, par M. Gaudonnet, 680.
- Pierre artificielle, sa composition, parM. Hee-ren, 508.
- Pierres calcaires, de leur cuisson dans le four de M. Simoneau, 747. (Voy. Four à chaux.) Pistons des machines à vapeur, par M. Rams-bottom, 620 (pl. 23). (Voy. Machines à va-peur.),
- Planchers incombustibles en fer, par M. Th. î Jackson, 502 ( pl. 21 ) ; — par M. Thuasne, 420.
- Planches métalliques, moyen de les assembler, par M. Burrows, 671.
- Platinage des métaux, par MM. Lanaux et Roseleur, 568.
- Plâtre, moyen de le bronzer, 571.
- Plomb, manière de le tréfiler, par M. Poulet, 49.
- Plumes à écrire en or, de leur fabrication en Amérique, 563.
- Poissons, de leur acclimatation, par M. Coste, 191; — de leur fécondation artificielle, par le même, 387 ; — fécondation naturelle de leurs œufs, par M. Millet, 607 ; —employés comme engrais, par M. de Molon, 360. Pont en tôle construit à Asnières, 329 ; — gi-? gantesque projeté sur la rivière de Saint-Laurent, en Amérique, 616.
- Porcelaine tendre de M. de Bettignies, 489 ; —
- ? dure fabriquée à Bordeaux, 756.
- Potasse, de sa préparation , par MM. Bohrin-ger et Clemm, 348 ; —— par M. Stœcklin, 767.
- Poteries fines, leur fabrication à Bordeaux, 406, 407,753, 755.
- Poudres de guerre, charbons employés pour c leur fabrication, par M. Violette, 71.
- Presse pour emballage, par M. Smethurst, 673. Prix décernés pour l’application de la vapeur à la navigation, 115; — pour la guérison de s la maladie de la vigne, 393; —augmentés de 7,000 fr. par le gouvernement, 395.
- Procès-verbaux. (Voy. Séances du conseil d’administration.)
- Produits chimiques, de leur préparation à Bordeaux, 407; —céramiques, par M. Vieillard, 753.
- Proportions des corps, leur définition, pâr Léonard de Vinci, 132.
- Propulseur hélicoïde, récompense accordée en Angleterre à l’inventeur d’un, 615.
- Prussiano-ferrides, de leur fabrication, par M. Possoz, 657.
- Pulpe de betteraves, moyen d’en extraire l’alcool, 458. (Voy, Betteraves.) 0
- Pyrites de fer, de leur traitement, par M. Mo-sès Poole, 601.
- q.
- Quinine, de sa production artificielle, par M. Castets, 678 ; — projet de prix pour sa fabrication, 710.
- R.
- Recettes de la Société pendant l’année 1852, 6.
- Règlement général pour l’exposition universelle de 1855, 285 ; — dispositions générales, ib. ; — admission et classification des produits, 286 ; —produits de l’industrie, ib.; — réception et installation, 288; — produits étrangers, douanes, 290;— organisation intérieure et police de l’exposition, 291 ; — protection des dessins industriels et des inventions, ib.; — du jury et des récompenses, 292; — dispositions spéciales aux beaux-arts, 294.
- Régiures d’ornement, moyen de les produire, par M. Smith, 549.
- Régulateur électrique pour la chaleur, par M. Dumoncel, 385 ; —pour les machines à vapeur, par M. Robert Waddell, 499 ; — pour les feux des chaudières à vapeur, par M. Clark, 619 (pl. 23).
- Résines, de leurs épuration et distillation, par M. Hugues, 633.
- Ressorts en caoutchouc, moyen de les asserns-j bler, par M. Hodges, 674. ^
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- Rhodium, de son emploi pour la fabrication des plumes à écrire, 563.
- Rida, sert à la nourriture des vers à soie, 509.
- Rocou,;;prix pour l’extraction de sa matière tinctoriale, 63. <
- Roues pour chemins de fer, par M. Wharton, 551 ; — par M. Montferrier, 555 ; — par
- ; M. Mott, 590 ; — par M. Cavé, 732,
- Rouge de murexydesur laine, par M. Schlum-berger, 73.
- Rouges divers employés en teinture, 411.
- Rues, machine pour les balayer, par M. Colombe, 486.
- S.
- Sables calcaires marins , leur conversion en chaux, par M. Hoslin, 605.
- Safran, ses bulbes peuvent servir de substance alimentaire, 770.
- Salle des séances de la Société, proposition relative à son chauffage et à sa veutilation,
- 391.
- Salpêtre , moyen de le purifier, par M. Unge-rer, 582.
- Sangsues, de leurs conservation et reproduction, par M. Borne, 266 ; — de leur multiplication dans les marais des environs de Bordeaux, 408.
- Saumons, de leur acclimatation, par M. Coste, 191 ; — éclosion de leurs œufs, par M. Hi-vert, 645.
- Sauvetage des navires, par M. Tremblay, 324. (Vov. Appareil.)
- Savons, de leur emploi dans les fabriques, par M. Calvert, 415; — pour la barbe, par M. Faist, 417 ; —perfectionnés par M. Mou-veau, 612. *
- Scie circulaire, par M. Loradoux-Belford, 519; — allâmes circulaires, par M. Boileau , 521 (pl. 22). ‘ :
- Scille maritime, moyen d’en extraire la matière sucrée, 742.
- Scories des hauts fourneaux, de leur emploi, par M. George ltobinson, 652.
- Séances du conseil d’administration du 11 janvier 1854, 57 ; —du 25 janvier, 93 ; — du
- 8 féviier, 126; ^— du 22 février, 161 ;• -— du 8 mars, 191; — du 5 avril, 258 ; — du 19 avril, 295 ; — générale du 17 mai, ni ; — du 31 mai (élections), 358 ; —du 14 juin, 388; — du 28 juin, 419; — du 12 juillet, 452; — du 20-juillet, 485 ; — du 9 août, 645 ; — du 15 novembre, 707 ; — du 29 novembre, 740; — du 13 décembre, 770; — du 27 décembre;, 771.
- Sel marin , de son emploi dans le traitement des pyrites de fer, par M. Pooie, 601.
- Sièges d’aisances , par MM. Rogier et Mothes, 204.
- Signaux, moyen de les transmettre d’une extrémité à l’autre d’un convoi de chemin de fer, par M. Mirand, 173 ; — tableau synoptique, 180 ; — nouveaux, par MM. Dug-more et Milhvard, 550.
- Silicium, de sa préparation, par M. Sainte-Claire Deville, 536.
- Société philomathique de Bordeaux; exposition des produits industriels, 404.
- Soie, sa production en France, 125 ; — de son filage, par MM. Alcan et Limet, 240 ; — de sa teinture au moyen de l’acide molybdique, 248.
- Sonnerie électro-télégraphique, par M. Mirand, 165, 169 (pli 5 et 6).
- Soude, de sa préparation, par MM. Bohringer et Clemm, 348 ; — caustique, de son emploi pour reconnaître la falsification des huiles, 309, 315;-—brute, de sa fabrication, par MM. Fouché - Lepelletier, Donon-Mo-range et Coupier, 656 ; —artificielle, de sa fabrication, par M. Bremme, 766.
- Soudure du cuivre rougé , par M. Domingo , 596.
- Soufre, de son emploi pour guérir la maladie de la vigne, 397, 484.
- Soupape de décharge pour les machines à vapeur, par M. Robert Waddell, 499 ; — à détente pour les mêmes, par M. Charbonnier, 649;, 651 (pi; 24). ( Voy. Machines à vapeur. ) • ;
- Stannate de soude, de son emploi en teinture, 413 ; — de sa fabrication, ib. ‘ ^
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- Stéatite, ses divers usages, 592.
- Substances alimentaires, moyen de les conserver, par M. Lamy, 195.
- Sucre, emploi des silicates dans sa fabrication, par M. Peutin, 600; — cristallisable* son extraction de toutes les matières qui le renferment, par M. Robert de Massy, 634=;— de son raffinage à chaud et à froid, par M. Cail, 636. =
- —- d’orge, moyen de le garantir de la détérioration, par M. Yernaut, 128.
- Sulfate de baryte, ses diverses applications -, par M. Asselin, 597.
- — de fer, moyen de le retirer des eaux acides rejetées par les fabriques de bougies stéariques r par MM. Rudigoz, s Dumortier et Gauny, 656.
- — de soude, de sa fabrication, par MM. Pe-louze et Kuhlmann, 596,
- — de strontiane, ses diverses applications, par M. Asselin, 597.
- Sulfure de barium, de sa fabrication, par M. Gruneberg, 418.
- T.
- Tabac, de sa culture en Algérie, 433.
- Tableau général des réactions pour les huiles, 319. --
- Tableaux synoptiques du système électro-télé-graphique de M. Mirand, 180.
- Tannage, nouveau procédé, par M. Carrière, 609.
- Teinture sur laine au moyen de murexide, 73;
- — en bleu sans indigo par M. Rydin, 610.
- Télégraphe domestique, par M. Mirand, 166;
- — électrique, de son emploi contre les incendies, 615 ; — moyen de l’établir entre l’Europe et l’Amérique, par M. Turnbull, 666;
- — appliqué aux chemins de fer, par M. Régnault, 740; — électrique, par M. Cado-gan , 517.
- Terre, moyen de constater sa rotation autour de son axe; par M. Reuvière, 743.
- Thermomètre électrique de M. Maistre, 361 :
- — à tube ouvert, par M. Dumoncel, 385.
- Timbres-poste, de leur gravure, parM. Hulot, 242. < -
- Tissus brochés en laine, de leur fabrication, par M. Joyeux , 300; — imperméables en caoutchouc, par M. Goodyear, 504 ; — imitant la broderie , par M. Perrot, 733; — moyen de leur donner un lustre métallique, par M. Crace-Calvert, 734; — par M. Ir-wing, 735.
- Toiles à tableaux, enduit pour les rendre in-dessiccables par MM. Bourlet de la Vallée et Garneray, 631.
- Tour universel, par M. Renshaw, 524.
- Tourbes, de leur exploitation, par M. Carmi-gnae-Déscombes, 328 ; — employées pour la cuisson de la chaux, 749.
- Tourteaux de colza, dé leur emploi pour détruire un insecte qui attaque la vigne, par M. Thénard, 663.
- Traité de cinématique, par M. Ch. Laboulaye, 708.
- Transmetteurs du système électro-télégraphique de M. Mirand, 175, 177. (Voy. Sonnerie.)
- Travaux du conseil d’administration en 1852,1.
- Tresses, de leur fabrication, parM. Ashton, 550.
- Trieur du blé de M. Vachon, 425 ; — sa description, 426, 427 (pl. 17).
- Tubes , de leur emboutissage sans soudure, parM. Palmer, 302, 303 (pl. 13).
- Tuiles de nouvelle forme par M. Fox, 326; — parM. Chamberlain, 673.
- Tuyaux en caoutchouc > par MM. Gérard et Aubert, 455 ; — en cuivre, par M. Russel, 515 ; — en basaltes et en lavis volcaniques, par M. Adcock , 652 ; — en poterie, par M. Chamberlain, 673.
- Y.
- Vacances du conseil, xi.
- Vaisseaux de guerre mus par la vapeur, 103, 106 ; — qualités de ceux mus par le vent, 105 ; — employés pour le remorquage, 111; — manœuvrés au moyen de la vapeur, 586.
- Valeurs appartenant à la Société, 14.
- Vapeur, prix pour son application à la navi-
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- ( m )
- gatison, 101 ; — appliquée aux bâtiments de guerre français, 103;— moyen de l’employer
- , pour la manœuvre des vaisseaux, 586;— de sa distribution dans les machines, par M. Maldant, 675.
- Vases de fer doublés de plomb, par M. Levè-que, 228.
- Vasistas en glace taillée , par M. Mellish, 515.
- Vélocimètre pour mesurer le sillage des navires, par MM. Overduyn et Drôinet, 525.
- Vernis d’or inaltérable, 570 ; — nouveau, par M. Webster, 660; — par M. Hyde, 731.
- Verre, moyen de le décorer, par M. Tissot, 201; — son origine et les usages auxquels il est employé, 684 ; — histoire de sa découverte, 685, 686 ; — les Égyptiens et les Phéniciens habiles verriers, 687 ; — fabriqué à Rome, 688 ; — son usage comme décoration monumentale, ib.\ —pour lentilles de lunettes, de sa fabrication, par M. de Peyronny, 324.
- Verreries, de leur fabrication à Bordeaux, 407.
- Verrières de l’église de Saint-Denis, par M. Gé-rente, 422; — anciennes, très-rares, 694;— description de celles du xve siècle, 698 ; — du xvie siècle, 699 ; — des xvne et xvme siècles, 700;— par M. Maréchal, 701; —leur fabrication, 702.
- Vers à soie de l’Inde, sur leur introduction en France, par M. Milne-Edwards, 509; — du ricin, de leur naturalisation en Algérie par M. Hardy, 661 ; — de race améliorée, par M. André Jean, 679.
- Vide, de son emploi pour le moulage des métaux, 503.
- Vigne, concours pour la maladie de la, 393 ; concurrents qui se sont présentés, 396,397; prix et encouragements décernés, ib., 398, 399 , 400; —moyen de guérir sa maladie, par M. Payen, 484 ; — par M. Riche, 487 ;
- — moyen de détruire un insecte qui l’attaque, par M. P. Thénard, 662.
- Vis , moyen de les tourner à la volée, par M. Viollet, 676.
- Vitraux colorés, leur antiquité, 690, 691, 692 ;
- — manière de les composer, 693; —leur état au xive et au xve siècle, 696, 697 ; — des églises, 698 — de l’église de Sainte-Clotilde, 701 ; — leur valeur, 702.
- Voiles, machine pour les coudre, parM. Gilbert, 517.
- Voitures, sur leur tirage, par M. Dameron, 773.
- W.
- Waggons pour chemins de fer, de leur ventilation, par M. Ruffan, 554.
- Z
- Zinc, de son emploi pour les couverts de table, par MM. Boucher, Roseleur et Delprat, 592;
- — de sa dorure au mat, parM. Poucel,629;
- — de son moulage, par MM. Miroy, 725. Zincographie, parM. Dumont, 646.
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- PLANCHES.
- PL 1, double. Four de houfa'Àgêrieëh^bffô à’la fiouillè; par M. CarVillë, p. 46. ' :
- PI. 2, simple, Cou pécari héi pâr’Ml Bü^nf/p. &2. 1 ! u ;
- PL 3, simple. 'Câdfârnsolaire de I<4 ëyttiëdrâfe’de Chartres, gravure photographique ; par M. Leinercier, p’. 861 " -!i n ' 1 : : •
- PI. 4, sifhple. %hamomèîre dcstîftWà*’Pàgricàïtürë'; par M. Affiédée-Durancf, p. 97.
- Reptiles, famille des varaniens, photographie zoologique; par MM. Rousseau et Devériâ, p. 119. ’ •’
- f ° •Àstrophytoh1vërrUêoSüm, photographié zoologique; par les mêines; t6. '
- PI. 5, double. Sonnerie électro-télégraphique ; par M. Mirand, p. ldO. :
- PL 6, double1:' Silité dô la-sonnerie élèelro-télëgraphique; par le même,ib.
- PL 7, double. Tables d’harmonie et mécanisme de' répétition de1'pianôs droits, à cordes verticales et obliques: par Ml Woelfcl, p. 232. v •
- PL 8, double. Coupé verticale d’un piano a queue ét cheville de tirage des cordes ; par le même, ib. i - ! ' f -
- PL 9, simple. Appareil pour la préparation des cocons; par MM. Alcan et Limet; p. 242.
- PL 10, simple. Filtre plongeur; par MM. Fonvielle, Brun et comp., p. 265.
- PL 11, triple. Appareil dit parachute, pour prévenir les accidents causés dans les mines de houille par la rupture du câble d’extraction ; par M. Fontaine, p. 281.
- PL 12, triple. Métier à mailles fixes combiné avec la mécanique Jacquard pour fabriquer des tissus en laine ou en coton, imitant la broderie au crochet; par M. Joyeux, p. 300.
- PL 13, double. Emboutissage et étirage des tuyaux, tubes, bouteilles et autres objets; par M. Palmer, p. 303.
- PL 14, triple: Projection horizontale de l’orgue de l’église Saint-Vincent-de-Paul, construit par M. Aristide Cavaillé Coll, p. 337.
- PL 15, triple. Section longitudinale et verticale de l’orgue de l’église Saint-Vincent-de-Paul; par le même, ib.
- PL 16, triple. Détails du clavier, des leviers pneumatiques et de la soufflerie alimentaire, et section transversale de l’orgue de l’église Saint-Vincent-de-Paul; par le même, p. 338.
- PL 17, double. Appareil pour ventiler, émotter, cribler et trier les grains; par MM. Vachom p. 427.
- PL 18, triple. Appareil établi à la Monnaie de Paris pour faire les essais d’or; par MM. Peligot et Levol, p. 430.
- PL 19, double. Fourneau de coupelle pour les essais d’or de là Monnaie de Paris; par les mêmes, p: 431. * ‘ ‘” ’î£<f '
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- PI. 20, double. Fabrication de l’alcool de betterave dans des établissements agricoles ( procédé Champonnois ), p. 468.
- PI. 21, simple. A, planchers incombustibles en fer. B, soupape de décharge et régulateur pour les machines à vapeur navales; par M. Robert Waddell, p. 499.
- PI. 22, triple. Nouvelle scierie à lames circulaires; par M. Boileau, p. 521.
- PI. 23, double. A, machine à percer et à cisailler; par MM. Davie et Stephens. B, ré-: gulateur pour les feux des chaudières à vapeur; par M. Clark,. C, piston de machines, à vapeur; par M. Ramsbottom. D, appareil pour la concentration des liquides; par M. Higginson. E, résistance de la fonte; par iM. Ilngen, p. 617. ; y {
- PI. 24, double. Soupape à détente pour les machines à vapeur; par M. Charbonnier, p. 650., V;.- .
- PI. 25, double. Chaudières à vapeur; par MM. Holcroft et Hoyle. p, 682.
- PI. 26, double. Indicateur dynamométrique applicable aux machines à vapeur; par M. Clair, p. 719.
- PI. 27, double. Système de montage de métiers à tisser par collets et arcades de secours; par M. Mevnier, p. 724.
- PI. 28, double. Nouveau four à chaux ; par M. Simoneau, p. 753.
- PI. 29, simple. Fût de sûreté, fausset métallique, bonde et cannelle aérifère; par M. David Macaire, p. 759.
- PARIS. — IMPRIMERIE DE Mmc Ve BOUCHARD-HUZARD, RUE DE L’ÉPERON, 5.
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